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E.BIBL.RADCL 



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iju. no hit J. I Go 



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Paris. — Jmpyimerie F61ii Maheste et Cie, me $ts Deni'-Portes-Saint-Sa^veur, 22. 



I/UNION MEDIC ALE 



JOURNAL 



DES intMts scientifiques et pratiques 



■ORAM ET PROFESSIONALS 



DU CORPS MEDICAL 



Rbdacteur en Chef : M. le docteur Ambdbb LATOUR, 
Gerant : M. le docteur RICHELOT. 



TROISIEME SERIE. 

TOME ONZIEME 



PARIS, 



AUX BUREAUX DU JOURNAL, 

RUE DE LA GRANGE-BATELIERE, 11. 

ANNtiE 1871. 



No 1 I/UNION MEDICALE Samedi 7 Janvier 1871 

A nos Lecteurs 

L'Union M^dicale commence la vingt-cinquieme annee de sa publication dans 
des conditions bien douloureuses ; mais au milieu des mines amoncelees sur le 
sol de notre chere et malheureuse patrie, elle n'aura pas le mauvais gofit de se 
lamenter sur ses propres infortunes; elle subit avec resignation le sort qui incombe 
en ce moment a toutes les branches de l'industrie "humaine, et, comme tout ce qui 
survit encore dans cet immense engloutissement de la fortune publique, elle souffre, 
elle attend, elle espere'. 

Depuis et meme avant Tinvestissement de Paris, un grand silence s'est fait dans 
la Presse medicale, scientifique et litteraire. L 'Union Medicale n'a pas cru devoir 
imiter la prudence de la plupart de ces journaux. Obligee de la restreindre, elle n'a 
pas voulu suspendre sa publication, et en face des plus grands embarras, dans la 
disette de papier, de compositeurs, de gaz et de chauffage, elle a fait tous ses efforts 
pour donner au moins a ses lecteurs un numero par semaine. Elle espere pouvoir 
continuer ainst jusqu'au jour de la delivrance. Elle a pu, de cette facon, tenir ses 
lecteurs au courant des evenements de ce siege celebre , pendant lequel le Corps 
medical de Paris, a son eternelle gloire, a rendu, est encore appele a rendre de si 
eminents services. 

Un journal comme I'Union Medicale ne pourrait subsisteravec*sesseuls sous- 
cripteurs de Paris ; mais ils peuvent trfes-efficacement, gr&ce a leur nombre, lui 
preter un precieux concours et lui permettre d'attendre le jour espere ou elle pourra 
renouer ses relations avec les departements et i'etranger. Ce concours, elle n'hesite 
pas a le solliciter de nos confreres parisiens; elle espere qu'ils lui tiendront 
compte de son devouement, de ses efforts et de ses sacrifices pour maintenir au 
Corps medical un organe qui a toujours defendu avec resolution les int6r#ts de tout 
genre du Corps medical. 

Qu'il lui soit permis de rappeler, en ce moment si grave et si penible, qu'avant 
Tinvasion des canons Krupp et des fusils Dreyse la science medicale francaise a 
subi 1'invasion de la scienpe upscale allemande , invasion deplorable a laquelle 
les EcolesJ les Academies, la^Presse ouvrirent la porte avec un empressenient mal- 
heureux. A peu pres seule dans la Presse, 1'Union Medicale a resists a Fengoue- 
ment general, et cela sans tenir compte des murmures et des critiques que son 
opposition lui suseitait. Ce n'est pas a l'esprit de progres que 1'Umon M£dkuu5 a 
resiste, comme le disent ses accusateurs. Elle n'a jamais pu voir le progres dans 
cette pretendue science germanique rogue et hautaine qui nous faisait presager la 
politique implacable et feroce dont nous subissons les' terribles effets. Un jour 



FEUILLETON 



OAUSEBIES 



Au nombre des remerciments que j'adressais dernierement au roi GuiHaume, j'en dois 
ajouter un autre dont le sujet m*a 4t6, comme a vous tous sans doute, chers confreres, parti- 
culierement agreeable dans la semaine qui vient de sMcouler : c'est de nous avoir exonergs, 
cette ann^e, des visites officielles et des cartes de visite. Si le si(*ge de Paris pouvait Gteindre 
cet usage chinois, a queltfue chose au moins cet aflfreux malheur aurait 6te* bon. Mais ne 
nous flattens pas trop de cela; les usages les plus absurdes sont les plus teaaces, comme son t 
les plus vivaces les piantes parasites. Eofin, q'est toujours cela de gago6. 

Cependant , j'ai fail une visile le premier Janvier, mais celle-la je ne Tai consider ni 
comme obligatoire, ni comme offlcielte, mais comme agreabie, incite par raffection et coinme 
un t&noignage de reconnaissance publique. 

II parait que je n'ai pas ele" le seul k avoir eu cette ide*e-la, car des une heure arrivaient a la 
file, couverts de leurs kgpys et de leurs vareuses d'ordonnance, tous nos confreres et Aleves 
appartenant aux ambulances de la Presse, tous les pliarmaciens qui se sont de"vou6s h leur 
service, les Sconomes, les aumOniers et & leur tele Mgr Bauer qui depuis rinvestissement de 
Paris a fait prenve du courage du soldat h cdte" de la charite" du pretre. 

Oil allions-nous tous ainsi et ou nous sommes-nous retrouvGs comme par un mot d'ordre? 
Chez notre Cher, excellent et celebre confrere Ricord, notre chef chirurgic&l et medical' des 
ambulances de la Presse, dont les initiateurs ont eu l'heureuse ictee de lui confier la direction 
supreme. En septembre dernier, Rioord fait son premier appel et aussitdt trofe on quatre 
cents m^decins et Aleves lui offrent leur concours, et aussitOi fiforganise cette admirable 
institutiM dont les aervjoes fwent dee les premiers jours si eclaiante, <pe f adraimstration de 
Tome XI, — Troisibne 9 trie. 1 



I/UNION MfiDICALE. 



viendra, et nous l'esperons prochain, ou cette science tudesque, qui a fait tant de 
victimes parmi nos plus belles intelligences, sera jugee a 1'egal de la diplomatic de 
ce peuple, c'est-a-dire arrogante et menteuse. Oui, c'est la conviction de tous ceux 
qui ont suivi le mouvement scientifiqne de ces dernieres annees, avec le sentiment 
de la tradition, de Thistoire et de 1 observation clinique; tout ce bruit qui s'est 
fait autour de ces innovations d'outre-Khin est destine a s'eteindre bientot, et le 
jour de la delivrance approche aussi bien pour la science medical e que pour la 
Patrie. 

L' Union M£dicale peut se rendre ce t£moignage d'avoir contribue dans les 
limites de son action a jeter au moins le doute sur cette fantastique science medi- 
cale allemande qui s'ecroulera bientot, c'est notre ferme espoir, sous le souffle 
fecond de la regeneration intellectuelle et morale qui naitra de nos malheurs. 

Que nos confreres de Paris veuillent nous aider dans cette entreprise, aussi patrio- 
tique que scientifique; TOnion M£dicale veut que la France reprenne le sceptre de 
la medecine quelle a longtemps porte sans conteste ; que ses Ecoles redeviennent 
le rendez-vous de la jeunesse du monde entier; que sa litterature, comme jadis, 
soit partout repandue ; que ses Academies conservent le lustre dont elies ont joui 
jusqu'aloirs; elle veut, enfin, que le nom de medecin fran£ais, comme cela a tou- 
jours ete depuis Fernel jusqu'a Laennec , soit synonyme d'homme savant, probe et 
humain. * 

La science a pour but social d'adoucir les mceurs, de rapprocher les hommes et 
les peuples, de developper tous les sentiments bumains et civilisateurs. 

A ce criterium, qu'on juge la science allemande et qu'on se demande quelle idee 
humaine et civilisatrice elle apporte dans notre chere et malbeureuse France avec 
ses depredations savamment calculees, ses exactions mathematiquement executees, 
avec cette lente agonie par la famine que froidemment elle premedite sur deux 
millions d'etres humains. 

L'Union Medicals n'a pas voulu consentir a servir d'organe a cette science basee 
sur la force brutale, n'invoquant que le fatalisme des lois physiques et chimiques, 
enlevant a l'humanite ses esperances et ses. cQn^ola^ons pour la reduire a un 
assemblage fortuit de cellules dont le microscope et Je reactif donnent'la supreme 
raison d'etre. 

Non, la veritable science medicale n'est pas la, et c'est avec conQanceque F Union 
M6dicale dit a ses lecteurs : D61ivrons-nous des Allemands et restons Francais. 

A. L. 



la guerre voulut se l'associer, l'assimiler a son service ambulancier et lui donner les insignes 
et Funiforme de Tarm^e. 

Voila pourquoi, dimanche dernier, nous alliens tous serrer la main et donner l'accolade a 
notre g£n£ral Ricord, qui a 6t6 ce qu'il est toujours, charmant d'expansion, de cceur et de 
mots heureux. 

« L'an pass6, nous a-t-il dit, a pareil jour, affubte d'un habit brodd d'or, j'allais chez le 
souverain et chez ses minislres payer un tribut banal et officiel de convenance r6glement6e; 
je me trouve aujourd'hui couvert de la modeste, mais glorieuse vareuse d'ambulancier, et je 
me sens si heureux, si fier, si reconnaissant de vous voir autour de raoi, que je ne sais si 
jamais j'ai 6prouv6 une Amotion pareille; je vous remercie, mes amis. 

— C'est nous qui vous remercions, s'gerie une voix, car vous nous avez guides. 

— Je vous ai guides? dites-vous, rtpond Ricord. Non, certes, c'est vous qui m'avez poussG. 

Et sur ce mot, Ricord a parte avec accent et un veritable eulhousiasrae des services rendus 
par ses nombreux collaboraieurs dans les ambulances fixes et mobiles, de Festime et de la 
reconnaissance que notre association avait conquises dans le monde, de la consideration et du 
respect qui en rejaillissaient sur la profession tout enttere, et du bonheur qu'il gprouvait de 
pouvoir nous en porter le t&noignage. 

Mgr BauSr a ajoutg que Tadministration de nos ambulances recevait journellement de l'au- 
torite militaire les compliments les plus flatteurs ; les postes les plus p^rilleux, nous informe- 
t-elle, sont toujours reserves aux Ambulances de la Presse. 

II est vrai que nos dignes chefs nous donnent l'exemple du courage, et sur tous nos champs 
de bataille on a vu bravement Ricord et Mgr Bau£r. — Ne confondons pas, comme l'a fait 
derniferement un journal et ne disons pas comme lui : Nous avons vu au poste le plus avanc6, 
et sous le feu de rennemi, le docteur Bauftr et Mgr Ricord ! 

Toujours est-il que nous sommes tous revenus de cette vWte charmta et encourages. Le 



L' UNION MEDICALE. 



CLINIQUE CHIRURGICALE 

BO PftONOSTIC DBS LESIONS TBAGMATIQIJES ET DBS OP^BATIONS CHI BITBGIC ALBS 

CHEZ LBS ALGOOLIQCBS ; 

Lu a l'Acad6mie de m6decine, dans la stance du 13 dteembre 1870 , 

Par M. le professeur Verneuil. 

II y a quelques semaines je proposais a l'Academie la reprise (Tune discussion 
interrompue sur la pyohemie. La triste perspective de combats meurtriers en faisait 
une question d'actualite. 

II fut repondu que, dans la disposition presenters esprits, il etait impossible 
d'aborder un sujet si vaste, si controverse, si difficile. 

Depuiscette epoque vousavez, sans oublier vos angoisses patriotiques, recouvre un 
calme apparent et poursuivi, sinon avec ardeur, au moins avec sang-froid, le cours 
accoutume de vos travaux ; j'ai done pense que vous accorderiez votre attention a une 
question tout aussi importante, tout aussi actuelle que celle dont vous avez decide 
Tajournement, mais beaucoup plus circonscrite et n'exigeant ni lectures nom- 
breuses, ni experimentations nouvelles, ni travail minutieux de clinique. A Tobser- 
vation clinique revient surtout la tache de resoudre les problemes que je vais 
vous soumettre. Vous y parviendrez sans peine en interrogeant vos souvenirs et en 
considerant de plus pres des faits trop communs pour vous avoir echapp6, mais sur 
lesquels votre attention ne s'est point sans doute assez appesantie. 

Je formule d'abord la proposition fondamentale de cette note : Le pronostic des 
lesions traupialiques presente, toutes choses egales d'ailleurs, une gravite exception- 
nelle chez les svjeis entach6s d'alcoolisme chronique. 

Si la proposition est demontree, nous aurons a rechercher d'abord les causes de 
cette gravite, puis les mbyens de l'attenuer autant que possible. 

Ce qui est vrai des blessures ac ci den te lies, Test tout autant des operations chi- 
rurgicales. Nous aurons done a voir encore : 

.1; Jusqu'a quel pomt la notion acqmse peut influencer les indications et contre- 
indications operatoires; 

2° Jusqu'a quel point les operations pratiquees chez les alcooliques peuvent pren- 
dre place dans les statistiques generates destinees a juger la valeur relative et abso- 
lue des precedes et metbodes operatoires. 

Je vous ai annonce un sujet circonscrit, et voici que je trace un programme 
etendu. Mon but etant de signaler I'importance de la question, j'ai du en montrer 

' ' " "" " ' ' "' ' "' ' ' r I ■..!-!■ " . |rj | ^ ■-■■-■■ ■ 

Corps medical de Paris aura certes une belle page dans l'hisloire du stege, el, sans Vouloir 
6lablir aucune distinction entre les diverges ambulances, oar elles rivalisent toutes de cwirage 
et de d^vouement, nous osons dire que les ambulances de la Presse. tiendront une place hono- 
rable dans celte histoire. 

Le m£me jour les internes d'un grand hdpital de la rive droite c61ebraient aussi le l er Jan- 
vier du nouvel an par un festin fantaisiste. — Je dis fantaisiste, Monsieur de Bismark, car 
vous pourriez croire que nous en sommes reMuits a ces extr6mit6s gastronomiques, et je vous ' 
pr6viens que vous vous mettriez le doigt dans roeiL 

Voici done le menu de ce banquet, qui restera cdfcbre dans les annales de la salle de garde 
de cet hdpital : 

Potage a la queue d 1 ane ; 

RelevS : Gibelotte de chat; 

Entree : Salmis de rals ; 

Roti : Gigot de chien ; 

Salade d'escarolles; 

Legumes : Pommes de terre frites. 
Un des jeunes convives a traduit airisi ses impressions : 
Potage exquis et rappelant la fameuse soupe des Anglais a la queue de bofluf ; 
Gibelotte de cbat parfaite; 
Salmis de rats excellent; 

Gigot de chien succulent et d'aussi bon gout que le meilleur gigot tie mouton. 
Peut-Gtre qu'a Page heuretix de ces jeunes convives on est moins difficile; mais a Fage des 
«ouvehirfr on aime mieux croire que d'y aller voir. 



L'UMON M£D1CALE. 



les faces diverses ; il dependra de vous de la restreindre ou de l'embrasser dans 
son entier. 

L'actualiie n'est point douteuse, puisque, parmi les faits que je vais prendre 
comme texte a commentaires, deux sont relatifs a des blessures par armes de 
guerre et ont ete observes dans ces derniers temps. 
Developpons d'abordla proposition fondamentale. 

Depuis une vingtaine d'annees d'admirables recherches ont ete entreprises sur 
l'alcoolisme, fleau redoutable de notre epoque, endemie de jour en jour plus envahis- 
sanle, qui, pour frapper sporadiquement les societes modemes, soi-disant civilisees, 
ne les decime pas moins que les epidemies les plus meurtrieres'. 

Les hygienistes et les medecins, aussi bien comme moralistes ou philosophes 
que comme savants, ont insiste et insisteront sans cesse sur les ravages toujours 
croissants de Talcool et de ses composes. lis ont decrit toute une pathologie spe- 
ciale que la nature, malgre sa funeste fecondite , n'aurait jamais creee et que 
1 homme seul a eu la folie de s'imposer. 

Us ont montre que, a la maniere des agents toxiques les plus nuisibles et les 
plus tenaces, Talcool alterait a la longue tous les elements anatomiques, tous les 
tissus, et modiflait toutes les proprietes organiques ; que cette ruine pouvait s'ac- 
complir silencieusement, sournoisement, de sorte qu'un beau jour Tedifice, mine 
molecule a molecule, s'effondrait sous l'effort de la moindre cause occasionnelle. 
lis ont prouve que l'alcoolisme devait elre range parmi les 6tats constitutionnels, a 
cote de la syphilis, de la scrofule, de l'arthritisme, etc., et que, plus grave encore 
que ces maladies generates , il place. l'organisme dans une situation des plus 
precaires et sous nmminence d'accidents trop souvent mortels. 

lis sont alles plus loin encore en indiquant, sans y insister il ast vrai, que la 
moindre lesion traumatique pouvait acquerir chez Tivrogne une gravite exception- 
nelle. 

La separation si malheureuse de la pathologie en deux sections, medicale et chi- 
rurgicale, ne permettait plus a nos confreres , medecins proprement dits, d'en dire 
davantage; mais on ne peut leur reprocher une lacune dont la responsabilite 
retombe de tout son poids strr les chirurgiens; 

Ceux-ci, il faut bien Tavo'uer, sont restes muets ; par indifference ou par toute 
autre cause, ils n'ont pas prispart & la discussion et, si Ton arguait de leur silence, 
on pourrait croire que Tintoxicatioii alcoolique et les lesions traumatiques, alors 
qu'elles coexistent, ne s'influencent nullement. 

Quelques observations eparses dans les recueils periodiques font bien allusion a 
cette influence ; mais les livreS classiques, qui devraient, k defaut de descriptions 
completes, mentionner au moins les points nouveaux de la science, ne renferment 
a peu pres rien. 

Le seul cote entrevu est relatif au delire qui eclate parfois chez les blesses et les 
operes. On sait que Dupuytren l'a decrit sous le nom de delire traumatique, mais 
qu'il en a meconnu tout a fait la nature. Leveille a ete plus perspicace, ainsi que 
Roberts ; mate tout ce bagage est bien leger, et d'ailleurs fort incomplet. Si les 
chirurgiens avaient, en realite, voulu s'occuper de la question, ils Tauraient etudi^e 
a deux points de vue : 

1° Ils auraient recherche comment les lesions traumatiques agissent sur la consti- 
tution generale des ivrognes, 2<> et reciproquement , quelles modifications l'etat 
anterieur d'alcoolisme apporte a la s6rie des phenomenes reparateurs ou destruc- 
teurs dont les blessures deviennent inevitablement le siege, pour s'acheminer vers 
la guerison ou pour entrainer la mort. 

Ce rapport reciproque me preoccupe depuis plusieurs annees. En 1867, dans une 
communication faite au Congres de Paris, j*en parlais incidemment, car j'avais deja 
constate bien souvent Tissue fatale des blessures et operations chez les ivrognes, 
qui se rencontreut en si grand nombre dans nos services de chirurgie. 

Depuis cette epoque, mon attention, constamment eveillee, a recueilli bien 
d'autres preuves, et mes convictions se sont affermies. 

Certes, je tiens le plus grand compte des conditions d'insalubrite si evidentee du 
milieu nosocomial ; je deplore l'enoombrement et la dissemination des germes 
morbides ; mais conjointement et parallelement a ces causes d'insucces et d'acci- 
dents. je place sans hesiter Tetat organique deplorable qu'engendre 1'abus de lalcool 
chez nos clients habituels de Thopital. 



L'UNION MEWCALE. 



C'est pourquoi j'affirme hautement qu'un bon nombre de nos revers doit etre 
attribne a cette cause, dont la frequence extreme, si elle est soupconnee, n'est a 
coup stir point exprimee en des termes a6sez energiques, et, notez-le bien, ce n'est 
pas seulement dans les cas de cachexie alcooliquev d'ivrogfterie averee et inveteree 
que ces resultats lamentables s'observent. On voit tous les jours, chez des hommes 
de quarante a soixante ans, a forte constitution, a charpente athletique, a sante 
inebranlabte, suivant leur dire, durs a la fatigue, ardents au travail comme au 
plaisir, on voit, dis-je, les moindres blessures devenir, en depit de la therapeutique 
la plus rationnelle, le point de depart d 'accidents graves que rien ne peut entraver, 
Iymphangite, phlegmons diffiis superficiels ou profonds , erysipete de mauvaise 
nature, sphacele envahissant, hemorrhagies consecutives ; le tout accompagne de 
fievre intense, de septicemic rapide, de delire furieux, puis a Tinterieur de conges- 
tions et de phlegmasies vi see rales a marcbe foudroyante. 

Si chez ces memes sujets la lesion primitive presente une grande etendue ou des 
ddsotdres profonds, comrae dans les contusions violentes, l'ecrasement des membres, 
les fractures compliquees, etc., la mort pent survenir en quelques beures , deux ou 
trois jours au plus, sans qu'on ait pu constater le developpement de ces accidents 
locaux enumeres plus haut. A Fautopsie, on ne trouve souvent dans les visoeres 
aucun desordre de date recente, mais seulement les lesions anciennes imputables a 
1'alcoolisme, e'est-a-dire l'epaississement des meninges, Tinduration cerebtale, la 
teinte ardoisee de l'estomac, les degenerescences granuleuse ou graisseuse du foie 
ou des reins, etc. 

Get etat anterieur des visceres reagit non-seulement sur les plaies ouvertes, mais 
encore sur des affections chirurgicales dans lesquelles les degats traumatiques sont 
tre&-peu prononces et les sacrifices operatoires fort rest rein ts. 

J'ai traite, des leur debut, deux cas de pustule maligne, tres-circonscrite, siegeant 
a la main et a Tavant-bras ; j'employai la cauterisation avec vigueur de facon a 
detruire surement le foyer virulent, Le mal ne fut point arrete, un gonfleinent 
enorme s'empara rapidement du membre tout entier, de nouvelies eschares se 
formerent, le delire furieux s'alluma et la mort termina la scene en quarante-huit 
heures environ. Dans les deux eas, les sujets employes a Tabattoir Rochechouart 
etaient d'une vigueur exceptionnelle, ages de quarante a cinquante ans, mais 
buveurs emerites. L'etranglement herniaire, lesion purement mecanique en appa- 
rence, est difficilement curable chez les ivrognes. La kelotomie, si efficace chez les 
sujets ordinaires lorsqu'elle est pratiquee en temps opportun, ne reussit presque 
jamais chez les alcooliques. La levee de l'etranglement n 'arrete ni ne previent la 
peritonite, et les malades succombent bientdt apres dans l'agitation ou dans la 
prostration. i 

Enfln, est-il besoin de rappeler que les fractures simples, les plus Mnignes en 
apparenceet portant sur le perone, larotule, laclavicule, comme j'en ai vudes 
exemples, provoquent parfois chez ces malheureux une attaque de delirium tremens 
qui les enleve en deux ou trois jours. Certainement, vous avez tous vu des cas 
semblables et vous devez vous etonner avec moi qu'ils n'aient encore ete Fobjet 
daucun travail d'ensemble. 

Ce travail existe pourtant, mais seulement depuis une annee a peine. Mon eleve 
et ami le docteur Peronne a, sur mes instances, choisi pour sujet de the$e : 
Valcoolisme dans ses rapports avec le tranmatnme. Cette ceuvre est magistrate et 
par le fond et par la forme. C'est une monographic remarquable que j'ai presentee 
naguere a T Academic La communication que j'ai l'honneur de vous faire aujour- 
d'hui confirme et complete peut-etre les donnees etablies par M. Peronne. Je 
reviens sur ce sujet, parce qu'une these, si bien faite qu'eile soit, n'a qu'une 
publicite restreinte et risque d'etre longtemps oubliee. C'est dans une compagnie 
comme la votre que les grandes questions retentissent et que les grandes diffl- 
cuites s'aplaaissent; or T M, Peronne, comme l'instigateur de son travail, a laisse 
beaoceup de points indecis et, entre autres, le meilleur moyen de conjurer et de 
combattre les accidents si formidables de l'alcoolisme chez les blesses. Si mon 
appel est entendu, vous pourrez jeter sur cette question une vive lumiere et faire 
cesser mainte incertitude. 

La these de M. Peronne renferme pres de trente observations, la ptapart in^dites; 
quelques-unes m'appartiennent ou ont et6 recueillies dans mon service et sous mes 
yeux. Je pourrais les reprendre ; mais les cas de ce genre sont si communs que j'ai 
pu sans peine, et dans l'espace de quelques jours, en colliger une nouvelle serie. 



L'UNION MEDICARE. 



Je vais vous en donner une analyse sommaire. 

Obs. I. — Contusion et dichirures du foie, des reins et de la capsule surrenate. — Hemato- 
cele peri-rSnat du c$U droit — Mori rapide. — Steatose ancienne du foie, pneumonic a 
gauche. 

Un cocher de fiacre, &ge* de 57 ans, est apporte* a Fhdpital Lariboisifcre dans la writ du 
31 octobre dernier. Deux heures auparavant, dans un 6tat d'ivresse, il est tombe* de son stege 
sur le cdte droit. A peine releveY il se plaint d'une oppression trfes-vive et (Tune violente 
douleur dans l'hypochondre droit. L'interne de garde, sou peon nan t une fracture des dernieres 
c6tes, fait appliquer dix ventouses scarifies et prescrit une potion calmante. La nuit fut tres- 
mauvaise. Le lendemain, a la visite, le calrae est a peu prfcs r£tabti. X... est robuste et jouit 
d'un embonpoint marqne\ Son intelligence est nette ; il affirme &lre bien portant d'ordinaire, 
mais reconnalt sans difficulty son gout pour les boissons alcooliques. Le visage est tres-pale, 
couvert de sueur, le pouls petit, frequent, deprime* ; l'oppression et l'anxie'te' sont extremes. 

L'examen, quoique p^nible, permet d'&arter l'hypothfcse d'une fracture de c6te. Le pou- 
mon et la pfevre de ce c6t6 sont indemnes. La douleur, Ms-intense et que le moindre attou- 
chement exagpere, sfege plus bas au niveau de Fhypocondre droit et de la region lombaire ; 
elle s'irradie a la moitte correspondante de l'abdomen, qui est tendu et balloon^. Soif vive, 
quelques nausges, point de selles. L'urine rendue en petite quantity n'a pas 6te recueillie. Je 
aiagnostique une contusion du foie ou du rein droit, des deux peut-&tre,et, en raison des 
antecedents du sujet, je porte d'embtee un pronostic Ires-grave, soup^onnant bien que les 
visceres contus sont le siege d'alte'rations ant6rieures. 

Dix ventouses nouvelles sur le flanc droit," cataplasmes sur le ventre, lavement laxatif. 
Boissons delayantes. 10 centigrammes d'opium fractionnes. 

La journe'e se passe tant bien que mal sans amelioration ni aggravation, un peu de deMire 
la nuit. 

Le lendemain matin, 2 novembre, le ventre plus balloiro£ que jamais est indolent a gauche, 
tres-douloureux a droite au niveau du foie et du rein. Nausees sans vomissements. Consti- 
pation ; le lavement de la veille a 6t6 rendu sans matures, il ne renfermait pas de sang. Soif 
vive, inapp&ence absolue, langue seche et couverte d'un enduit brunatre, face vultueuse non 
gripped, pouls petit, tres-fr£quent sans concentration. Nulle trace d'ictere. 

L'examen des urines offrait un grand intereX La somrae totale rendue en vingtquatre 
heures est tres-minime, a peine 300 grammes, d'une couleur orangee ; elle ne renferme ni 
sang, ni sucre, ni alnumine. Les envies d'uriner sont tres-fre"quentes, et comme le raalade se 
dit atteint d'une ancienne affection des voies urinaires et de dysurie habiluelle, j'explore 
1'appareil. Le cathe'te'risme et l'exploration par le rectum ne reWGlent aucun obstacle du reste. 
La vessie est vide. Il y a done diminution tres-notable de la secretion. 

D'apres cet ensemble de sympt6mes, je m'arrSte a i'id£e d'une contusion resale avqc 
nephrite commencante et anurie. L'oppression augmentant, la poitrine est examinee a 
nouveau ; on ne trouve rien a droite. Mais a gauche, au niveau de la base du poumon, du 
souffle et du rale sous-crepitant sont perens dans une Vendue d'un diametre carre\ II y a la 
un point de pneuraonie, ou tout au moins de la congestion pulmonaire. 

L'e'tat general interdit toute emission sanguine et les douleurs abdominales contre-indiquent 
les vomitifs. Je prescris l'huile de ricin, de nouvelles ventouses a peine scarifiers , un large 
v6sicatoire sur le cMe" gauche du thorax. 

Tout reiste inefflcace ; une selle abondante n'amene pas raSme du soulagement 

La mort arrive dans la nuit, cinquante heures a peine aprfcs l'accident. 

Autopsie. — Intestins tres-distendus. Nulle trace de pgritonite. Suffusion sanguine sous- 
peritoneale dans la region lombaire droite. Ecchymoso du meaoc61on et du colon ascendant 
dans I'&endue de 7 a 8 centimetres. L'intestin n'est que contusion^. 

Le rein droit est entour6 de sang infiltr6 dans son atmosphere et formant m&ne en arriere 
un veritable foyer. Ce sang, en partie fluide, en partie coagute, est tres-noir et ne renferme 
aucun vestige de pus. En recherchant la source de Tepanchement , on dgcouvre a la face 
poste'rieure du rein, un peu au-dessus du hile, une dechirure transversale de 3 centimetres 
de longueur, de 4 a 5 millimetres de profondeur, a bords 16gerement ^carte's et remplis d'un 
caUlot noir et adherent. 

Plus haut, la capsule surr6nale semble perdue au milieu des caillots; ceux-ci entrataGs, on 
constate une lesion rare et grave de cet organe. La capsule semble d'abord au moins double 
de volume. Son centre, en effet, est occupfe par un caillot solide, gros comme une amande 
verte, en plusieurs endroits. Le tissu glandulaire est d6chire\ un fragment de la glaode est 
m6me completement d6tache* et flotte au milieu de l'gpanchement sanguin. 

Le foie pr&ente des lesions analogues ; d'abord une longue fissure a la face inferieure, puis 
une de*chirure plus large et plus profonde sur le bord poste"rieur, enfin, a diverses distances 
de ce bord et dans l'epaisseur de l'organe plusieurs foyers de contusions irreguliers et de 
dimensions qui varient entre quelques millimetres et 2 ou 3 centimetres. Fissure, dechirure 
et foyers interstitiels tous remplis de caillots tres-noirs, tres-adhe*rents, confondus k leurs 
limiles avec le parenchyme h6patique. 

Quant au foie lui-mftme, il est trfes-volumineux et'offre un type accompli de la dGgdnfres- 



L'UWON .MCUIC&LK. 



cence graisseuse; aussi lea diveraes eoupes au niveau des foyers sanguins reproduisent exacle- 
roent Fapparence que donneraiens (qu'on me passe cette comparison; des tranches de pate 
de foie gras truffe. 

La nephrite que j'avais admise n'existait pas, mais les deux reins presentaient a egal degre 
des traces non douteuses d alterations anciennes. Adherences de la capsule fibreuse qui, de 
distance en distance, offre des epaississements et des taches blanches. Kystes multiples disse- 
mbles a la surface et dans la profondeur. En plusieurs points, depression atrophique de la 
substance corticate ; un grand nombre de tiibuli remplis ?a et la de granulations grais- 
seuses, etc. 

Plfcvre et poumon droit sains, sauf un peu de congestion de ce dernier. A gauche, conges- 
tion generate beaucoup plus intense; puis au point ou nous avions soupgonne la pneumonie, 
ramollissernent rouge passant m6me a son centre a Fhgpatisation grise. 

La cavity cranienne n'a pas ete ouverte. 

(La suite a un prochain numero.) 



ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



ACADEMIE OE NEDECINE 
Settee du 3 Janvier 1871. — Presidence de M. Wdrtz. 

M. Denonvilliers, president sortant, M. Wurtz, pr&ident pour Fannie 1871, et M. Barth, 
vice-president pour cette ro6me annee, prononcent, selon Fusage, des allocutions qui sont 
accueillies par les applaudissements de Fassistance. 

M. Larrey presefnte, de la part de M. Colin, professeur au Val-de-Grace, une note relative 
a des cas nombreux de rougeole que ce dernier a eu Foccasion d'observer recemment et dans 
lesquels il a remarque la predominance des localisations thoraciques, 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion relative a Pinfluence de Palcoolisme sur la 
marche et le traiteniertf des lesions traumatiques. ♦ # 

M. Larrey, qui etait inscrit pour prendre la parole, s'excuse en disant qu'il ne lui a pas 
ete possible de se preparer d'une manure suffisante. Il se borne a faire remarquer qu'au 
nombre des preuves de Finfluence facheuse de Tabus des boissons alcooliques sur l'organisme 
on pourrait citer les combustions spontandes, necessairement liees, comme on sait , a cette 
detestable habitude. 

M. Behier s'attache a montrer qu'il faut rechercher Finfluence de toutes les phases de 
Fatcoolisme sur Involution des lesions traumatiques. II croit que si Ton veut categoriser les 
faits avec rigueur ; on est conduit a accepter, raeme pour les cas de maladies internes, la 
dgsastreuse influence accordee par M. Verneuil a Palcoolisme. 

Une difference trfcs-profonde exisle, suivant lui, entre tel ou tel alcoolique. Il ne pense pas, 
avec M. Hardy, que chez un individu adonne habituellement aux exefcs alcooliques les pheno- 
menes qui viennent compliquer les maladies aigues medicales ou les divers traumatismes acci- 
dentels ou therapeutiques soient les caraclfcres d'une intoxication. M. Gubler lui parait etre 
plus dans le vrai quajad il remarque que les accidents ont lieu quand le poison est ^limine 
sous une forme ou sous une autre. A part les phenomfenes aigus de Fivresse, les accidents 
divers que Ton 'observe chez les alcooliques ne r&ultent done pas de Tip toxica tion actuelle et 
ne la caracterisent pas a vrai dire , mais ils retracent les desordres survenus dans divers 
organes consecutivement a Faction de la substance toxique. 

Or, ces desordres examines d'une fa$on generate sont de- divers ordres. Ce sont d'abord 
des congestions momentanees (d'ou la stimulation) ; puis, a un degr6 plus avance, Fetat scie- 
rotique de oertains organes, sclerose dont les consequences varient selon les organes. Dans 
le foie, ce sont les signes de Focclusion du systfeme de la veine porte; dans le systfeme ner- 
veux e'est : 1° le tremblement habitue! qui se rapproche tant, quoiqu'il soit moins fixe et 
moins intense, de Fetat chor6ique de la sclerose en plaques des centres nerveux; 2° l'obtu- 
sion de Fouie, de la vue, la-perte de la memoire et de Tintelligence, les paralysies locahsees, 
plus fr&juentes dans les membres inferieurs, ce qui retrace Finfluencp si constante de Falcool 
sur le train de derrtere des animaux cxperimentalement erappisonnes par cette substance. 

Enfin, a un degr6 de plus de l'alcoolisme, se manifestent Falteration graisseuse des tissus, 
la steatose- des differents organes. 

Telies sont, en resume , les consequences organiques de Taction exercee sur lYconoraie par 
Falcool. 

La sclerose et la steatose represented, suivant M. Behier, les termes importants de la ques- 
tion posee par M. Verneuil. Ces lesions constituent pour reconomie, surtout la steatose, un etat 
de degradation qui abaisse sensiblement la force de resistance aux depressions produiles soit 
par la maladie, soit par le traumatisms Or cette alteration, cette mortification graisseuse des 
organes est trfes-g£neralisee sous Finfluence de Faction prolongee de Falcool. 

On Fa constat© dans. les glandea de Festomac, dans le foie (Addison, Budd, Poters, Fre- 



8 L'UNION MfiDlCALE. 



richs), dans le rein, dans le muscle eardiaque et differents autres muscles, dans le sang lui- 
m6me qui, suivant l'observation de Magnus-Huss el de plusieurs autres, conttent une grande 
quantite de globules de graisse, en meme temps que la ill trine semble alteree dans sa quality 
comme les globules rouges dans leur quantite relative; enfin cette meme alteration steato- 
sique a ete constatee egalement dans les capiliaires sanguins et dans les tubes nerveux eux- 
memes de Fencephale, qui est de tous les organes, comme on sait, du moins d'apres les expe- 
riences de Lallemand. Perrin et Duroy, celui qui partage avec le foie la propriety de retenir 
la plus grande quantity de Palcool ing6re dans ('economic 

Get envahissement generalise' de la steatose est, pour i'organisme qui en est arrive la, un 
etat de misere veritable, une opportunite* morbide considerable, el on n'a pas lieu de s'eton- 
ner, apres la constatation de cette generalisation, que l'economie^insi ruinee soit incapable de 
conduire a bien un desordre morbide un peu intense, spontanement ou accidentellement d6ve- 
loppe, soit la maladie, soit le traumatisme. 

La premiere consequence de la maladie ou du traumatisme est une depression plus ou 
moins considerable de tout l'individu. C'est alors que, chez ces sujets, se montre un ordre 
particulier d'accidents generaux qui ne peuvenl etre rigoureusement caracterises, selon 
M. Behier, par les mots (Tataxie et (T adynamic Get etat se rapproche de Fun et de l'autre, 
mais il n'est pas nettement Pun ou Tautre, ni meme cette variete composee et intermediaire 
dite ataxo-adynamique ; c'est une situation dans laquelle on n'a pas Pensemble de l'etat qu' ex- 
prime Pancien mot d'etat put ride, mais une depression generale d'ordre analogue. 

11 n'y a pas non plus d'etat veritablement ataxique, pas de veritable mbdelirium, mais une 
incertitude du mouvement, une faiblesse, une titubation intellectuelle, qui n'est pas le deiire, 
mais qui est Paffaissement, le vague de Pintelligence profondement deprimee. 

En m6me temps qu'exisle cet etat general , les perturbations locales ne suivent pas la voie 
reparatrice. et, par exemple, s'il s'agit d'une pneumonia, elle ne peut se resoudre, elle s' eter- 
nise ; le souffle se melange de r&les humides, comme si la resolution allait survenir, mais tout 
s'arrete la ; la maladie manque de franchise d'allure, et le poumon semble rester inerte, sans 
defense contre Inflammation qui l'a envahie en meme temps que les symptomes generaux 
deja indiques se montrent avec plus d'obstination. 

De meme, chez les sujets de cette sorte, l'erysipele, en tant qu'alteration de la peau, reste 
inegalement reparti, vaguement circonscrit, il n'a pas, pour ainsi dire, la force de s'accuser 
avec precision, en meme temps que les phenomenes generaux restent sans la vigueur de ce 
que Ton a appele la reaction et sans Pexpression deiirante caracteristique. 

Le delirium tremens, suivant M. Behier, appartient k une phase de Talcoolisme differente 
de celle marquee par les etats precedents, a une phase peut-etre moins avancee, tout au moins 
a un etat qui reieve plus specialement d'une modification du systeme cerebral. Ainsi que i'a 
dit M. Gubler, ce n'est nullement un deiire par stimulation, c'est un deiire depressif, un deiire 
d'epuisement. La preuve , c'est que l'alcool donne k doses fractionnees, c'esl-&-dire k doses 
capables de soutenir et de reveiller Taction du systeme cerebral, amene la cessation des 
phenomenes. 

L' alteration steatosique, qui produit l'impuissance de Torganisme a resister aux causes de 
depression spontanees ou traumatiques, offre, suivant M. Behier, des analogies avec ce qui se 
passe dans la glycosurie. Comme la steatose, Tetat glycosurique permet la vie avec certains 
malaises, certaines defaillances qu'un medecin exerce peut bien relever et demeier, mais qui 
passent inapercus pour le sujet lui-mfime et pour ceux qui Tentourent ; vienne un accident 
spontane ou traumatique, et Teconomie flechit et succombe sous une influence incapable de 
produire un resultat aussi desastreux si le milieu organique qui en est le siege n'etait a 
lavance mine en quelque sorte par une cause morbide encore a Tetat virtue!. M. Behier 
regrette, k ce point de vue, que Tetat des urines n'ait pas ete recherche avec soin dans les 
observations de M. Verneuil, d'autant plus que la glycosurie et Talbuminurie se rencontrent 
chez les alcooliques, le foie et le rein etant frappes de steatose. 

Peut-on prevoir et reconnaltre que l'economie est arrivee, sous l'influence de l'alcool absorbe 
en exces, a la p^riode des alterations organiques dont il s'agit? C'est une chose assez difficile. 
Cependant il est une coincidence dont il faut lenir compte, k savoir, la surcharge graisseuse 
du tissu connectif. Il est deux faits qui semblent acquis : 1° la surcharge graisseuse du cceur, 
du meseniere et dequelques autres regions chez les alcooliques; 2° l'embonpoint tres-marque 
des sujets chez lesquels se manifestent les symptomes graves dont il s'agit k propos d'une 
maladie ou d'un traumatisme. 

Chez les individus steatoses toute affection accidentelle peut revetir des caracteres graves 
tout a fait insolites, et la steatose generalisee est une des consequences presque inevitables 
de Talcoolisme; seulement elle constitue une phase, un degre distinct de ces lesions cons6- 
cutives. 

La steatose est encore la consequence de beaucoup d'affections aigufcs dans lesquelles on 
ne Pa pas encore signage, parce qiron n'a pas eu Tidee de la rechercher. M. Henri Liouville 
a constate, chez un grand nombre de sujets morts de variole grave, un etat de steatose du 
foie, des reins, du coeur et d'autres muscles de l'economie, comme aussi des capiliaires de 
Pencephale et de la moelle. 

Ces recherches, rapprochees de la steatose qui fait partie des lesions anatomiques de la 
flevre typhoide, montrent que Tetat de maladie aigue peut apporter son contingent k retat 



L' UNION MEbiCALE. 9 



/ 



d'altfration graisseuse de l'&onomie. Qu'est-ce done quand cette demure est d6ja, au loud, 
alterta de la n)6me manure ? 

Une lesion purement accideotelle, comrae le traumatisme imprlvu ou th6rapeutique, exerce 
6UF l'economie une perturbation bien plus profonde que la maladie n^e spontangment ou pur 
mouvement interne. Les faits douloureux de chacua des jours actuels montrent clairement 
cette difference. 

Ainsi, les lesions organiques ne sont pas les mfcmes dans les divers cas d'alcoolisme et la 
variation dans Pexpression des symptomes retrace des degr6s varies, comrae aussi Tdbranle- 
ment accidentel de l^conomie est different dans les cas purement m^dicaux et dans les cas 
de traumatisme. 

D'aprfcs cela, on voit que l'emploi des preparations alcooliques, souvent utile quand il est 
mSthodique, dans les cas ou le d6lire special, d£lire d^pressif, quoique violent, vient com- 
pliquer les maladies aiguSs, ne trouve plus une place efficace quand il s'agit de combattre les 
accidents qui paraissent r^sulter de l'6tat de sttatose gen^rali66e. Cette dernifere constitue 
une lesion organique veritable, une misere organique dont le remfcde nous 6chappe, si tant 
est qu'il soit possible ; il en est d'elle comme de T6tat de glycosurie qu'on mod&re sans le 
gutfrir, et qui resie une deplorable opportunity morbide. Le terrain est minS, tout support 
fldchit chez ces sujels, tout secours est inefficace. Dans ces cas, la remarque de M. Verneuil 
est absolument vraie ; son pronostic vSritablement facheux est rigoureusement exact, Tim- 
puissance therapeutique est a peu prfcs absolue, et les reconstituants les plus fermes, comme 
les stimulants les plus 6nergiques, sont rest6s entterement inefficaces jusqu'ici. 

M. Verneuil se propose de rtpondre aux diverges argumentations de MJV(. Hardy, Gubler, 
Gosselin et B6hier. 

M. Hardy a pos6 en quelque sorte la question prealable; avant de discourir sur la gravity 
particulfere des tesions traumatiques chez les alcooliques, il serait bon, dit-il, de s'assurer 
que cette gravR6 existe r&llement. M. Hardy incline a croire que les craintes de M. Verneuil 
sont exaggrees; il a observe bien souvent le delire et ses formes vivaces chez des sujets 
atteints de pneumonia, de variole, d'drysipfele, etc, Il reconnait que la coincidence de ces 
affections avec l'alcoolisme constitue un fait s6rieux et implique un pronostic defavorable ; 
mais il a obtenu en somme, dans ces conditions mauvaises, un grand nombre de sucefcs. 

Sans doute M. Hardy pense qu'une variole est tout aussi grave qu'une plaie, et que si un 
pneumonique ivrogne se sauve un alcoolique blessg peut tout aussi bien guerir. 

M. Verneuil dit qu'il pourrait rtpondre en invoquant les dangers de Tinduction quand il 
s'agit de faits d'ordre different ; il pourrait citer plusieurs affections comme l'grysipfele, le t6ta- 
nos, la phfcbite, gvidemment hwins graves lorsqu'elles naissent spontanement que lorsqu'elles 
succ&dent a des blessures. Mais il prefere en appeler a ses collogues les chirurgiens* qui d6ci- 
deront du sort et de la valeur de sa proposition fondamentale. 

M. Verneuil examine la question du delirium tremens ou d4Ure 4brieux , sur Jaquelle 
MM. Hardy et Gubler ont presque exclusivement concentre leur argumentation. 

M. Hardy adopte une opinion d£ja ancienne qui attribue I'explosion du delire gbrieux a la 
privation subite et complete des boissons alcooliques; produit par la suppression d'un exci- 
tant devenu normal, ce delire serait sans doute comparable a celui que provoque ('inanition 
ou un regime insuffisant pendant la convalescence; la di&te alcoolique agirait comme la di&te 
alimentaire. Cette hypolh6se prend de la consistance quand on remarque que I'agitation cer6- 
brale survient d'ordinaire trois ou quatre jours aprfcs le dgbut de l'affection aigue principale 
et qu'elle cfcde souvent a premiere requisition, grace a {'ingestion d'une certaine quantity de 
vin ou d'un qompos£ alcoolique , tout comme le d&ire a stomaeo vacuo s'6vanouit a l'aide de 
quelques aliments bien choisis. 

SMI est vrai que la privation de I'opium et du haschich engendre les m£mes sympl6mes 
dglirants, I'existence du delire alcoolique par di&te d'alcool £n recoit un degrl de plus de pro- 
bability; mais cette hypothfese est contredite par les faits suivants : 

1° Le dllire alcoolique, chez les blesses , se montre parfete , il est vrai , le troisieme ou le 
quatrifeme jour, mais souvent douze, quinze, vingt-quatre heures aprfcs Taccident, alors que 
la privation n'a pu produire ses effets. 

2° Il manque chez un tres grand nombre de blesses soumis par une cause quelconque a un 
regime assez s£v&re. 

3° II se montre chez d'autres qui, atteints d'une blessure assez tegfere, continued a boire 
du vin dans une proportion raisonnable. 

k° Un sujet btess6 en ^tat d'ivresse a plus de chance d'etre atteint de d61ire et surtout de 
delire pr&ooe que s'il 6tait , lors de r accident, dans une pgriode de temperance ; ce qui Con- 
corde avec cette donnde bien etablie que le delire 6brieux spontane delate tr&s-souvent aprfcs 
un exefcs alcoolique et devient de plus en plus rare chez les ivrognes qui essayent de se 
corriger. 

5° Si Ton songe qu'avec la r&orme, trfes-utile d'ailleurs, introduce depuis quelques anndes 
dans le regime des blesses et des op6r£s, la difete alcoolique complete est fort rare, que chaque 
malade recoit une ration suffisante de vin de bonne quality, que, nonobstant, le delirium tre- 
mens se montre de plus en plus frequent, on arrive a se demander si Ton doit suspendre 
absoluinent ou d^cupler <au contraire les doses d'une substance qui parail agir d'une facon si 
irrdgulifere. 



10 L UNION M£MCAL£. 



Gette question du regime des operas a ete de tout temps diversement jugee par les chi- 
rurgiens, depuis Guy de Chauliac, qui proscrivait le vin, Theodoric et Henry, qui le toieraient, 
jusqu'a Lisfranc et Philippe Boyer, dont Tun soumettait les operes a une diete rigoureuse et 
dont l'autre les nourrissait genereusement. L'usage du vin comme celui des autres agents 
doit Stre soumis a des indications positives et negatives. 

M. Verneuil a vu ce liquide determiner souvent des vomissements et n'etre toierG que le 
troisieme ou quatrfeme jour ; en revanche, il lui est arrive d'arreter des vomissements opi- 
ntetres avec le rhum et les vins mousseux. 

Lorsqu'il existe un etat saburral ou une dyspepsie (chose si commune chez les ivrognes), le 
vin est mal totere. Parfois les blesses le prennent avec plaisir, mais sans benefice, car il 
n'eteint pas la soif, sfcche la langue et perpetue Tanorexie. On ne saurait davantage le pres- 
erve quand Taccident est survenu pendant un acefcs d'ivresse suivi d'une reaction qui dure 
souvent plus de vingt-quatre heures, ou bien encore lorsque le chloroforme laisse a sa suite 
des naus6es, du malaise et de la cephalalgia 

Par contre, M. Verneuil a vu le vin faire des miracles, mais chez des sujets qui n'etaient 
rien moins qu'alcooliques. II cite deux exemples qui prouvent Tefficacite de la stimulation 
alcoolique dans les cas d'adynamie. Mais comment expliquer les succ&s obtenus par Temploi 
de Talcool dans le delirium tremens? Suivant lui, les preparations alcooliques rendent de 
grands services, sans pour cela devoir etre considers comme specifiques. En eflfet, bien 
d'autres preparations ont fait leur preuve contre le delire ebrieifx : ainsi Topium, la digitale, 
le bromure ae potassium, le chloral, le tartre stibie, etc. II n'est pas jusqu'a Texpectation 
franche ou deguisee qui ne compte des succfes, puisqu'il n'est pas rare de voir ce symptdme 
abandonne a lui-mftme cesser spontanement au'bout de deux ou trois jours. La reussite 
d- agents si divers empruntes a tous les cadres de la matfere medicate ne peut se comprendre 
qu'a la condition de reconnattre au delire plusieurs causes ou plusieurs mgcanismes. 

M. Gubler etablit deux varietes : dans Fune il ne s'agirait que d'une simple nevrose ; dans 
Tautre Fappareil vasculaire du cerveau serait turgescent et tout pret a fourair Texsudation 
inflammatoire. Dans le premier cas, Topium et ses xongenfcres seraient indiques; dans le 
second, il faudrait faire contracter les capillaires et arreter le processus inflammatoire naissant 
ou deja realise. 

Gette distinction, fondee sur l'anatomie pathologique, utile a la therapeutique, sert encore 
a expliquer le pronostic si variable du delire. Cependant M. Verneuil prefere s'attacher a 
la pathogenie qui, suivant lui et dans Tespfece, conduit plus surement aux deductions 
pratiques. 

Au point de vue purement chiraigical, un premier fait est irrecusable : la frequence du 
delirium tremens aprts une lesion traumatique, frequence telle qu'il est impossible de n'y pas 
voir une relation de cause a effet. 

Comment une lesion stegeant a la peripheric du corps, au bras ou a la jambe, par exemple, 
vient-elle a reagir sur le cerveau ? 

Les anciens auraient invoque la sympathie; il n'y a pas si longtemps qu'on admettait 
encore une relation probiematique entre les plaies de tftte et les abefcs du foie. Aujounfhui 
le mot sympathie ne suffit plus a notre besoin duplications. . 

Une loi de pathologie generale porle que lorsque, chez un sujet atteint d'une lesion primi- 
tivement locale, on voit survehir des lesions secondares ou des troubles fonctionnels dans 
un organe eiofgne et appartenaut a un appareil different, Taction a distance ne comporte que 
deux explications : la transmission par le sang ou Tirradiation par les nerfs. Au lieu done 
d'invoquer une affinite mysterieuse, il faut chercher lequel des deux grands systemes orga- 
niques est niis en cause : le systfcme vasculaire ou le systfcme nervenx. Est-il possible d'expli- 

3uer a Taide de la loi preefcdente Tapparilion du delire aprfcs les 16sions traumatiques et 
'en admettre m&me deux varietes : Tune, imputable a une alteration du sang, l'autre a une 
action desordonnee des nerfs ? 

M. Verneuil repond par l'affirmative. Pour le prouver il suffit, suivant lui, de demontrer 
que les susdites lesions peuvent modifier la composition du sang et provoquer des manifesta- 
tions insolites de Taction nerveuse. 

L'alteralion du sang consecutive aux lesions traumatiques n'a pas besoin d'etre discutee ; 
sans etre constanle, heureusement, elle peut toujours se produire lorsque le foyer de la bles- 
sure est envahi par Tint) animation, la suppuration ou la gangrene. Le cas est trfes-conamun 
dans les plaies ouvertes ou dans les plaies cachSes en communication avec les cavhes et 
reservoirs internes : si les fluides deietfcres engendres dans ce foyer sont absorbes, il y a 
fatalement alteration du sang indiquee nettement par un ensemble de symptdmes connus 
sous le nom de ftevre traumatique, fifcvre de suppuration et qu'on designerait plus brifcve- 
ment et plus scientiflquement par le mot de septicemic traumatique. Or, la septicemic trau- 
matique se range dans le cadre nosologique tout a cdte des pyrexies, des maladies typhiques, 
infectieuses, contagieuses et virulentes, e'est-a-dire de toutes celles qui s'accompagnent 
tres-communement du delire. Ce symptome, dans les services de chirurgie, se montre a 
chaque instant dans Terysip&le, Tangioleucite , le phlegmon diffus, la gangrfene, la pustule 
maligne, les piqures anatomiques, la periostite phlegmoneuse, les grandes contusions et les 
larges blessures ; toutes les fois, en un mot, que sur un point de Teconomie se trouve un 
foyer putride ancien ou recent. 



L'UNION MfiDICALE. 11 



L'ivrogne, en taot que htesse ordinaire, aurait done chance de deiirer tout comme un 
autre ; mais il est aisd de comprendre pourquoi il deiire plus qu'un autre quand on observe 
ce qui se passe chez lui au niveau de la blessure. Tout dans le foyer traumatique semble 
concourir a la formation de produits deletfcres septiques, inflammatoires ou gengreneux et a 
leur facile introduction dans le torrent circulatoire. II est dQnc probable que, dans un grand 
nombre de cas, le deiire, chez les alcooliques, est de nature septicemique ou infeclieuse et 
qu'il traduit une alteration profonde du sang. 

Quant a la frequence tres-grande et a la gravite speriale du symptdme chez les alcooliques 
elles pourraient s'expliquer encore par d'autres causes que i'anomalie du travail reparateur. 
L'etat particulier du sang avant la blessure, les lesions latentes du cerveau et de ses mem- 
branes jouent sans doute un rdle adjuvant. 

Cette variete du deiire etant admise, e'est par les toniques, les excitants, les stimulants dif- 
fusibles, le sulfate de quinine, le quinquina en nature, le vin, Falcool et les teintures stimu- 
lantes qu'il est logique de la combattre ; les stupefiants, Fopium a haute dose, les Amissions 
sanguines sont contre-indiqu^s. 

Toutefois, le traitement cordial et stimulant n'est pas heroique, car le deiire n'est qu'un 
symptdme en cet etat tres-complexe de Feconomie que pr6sentent les ivrognes. Les compli- 
cations gastriques sont Ires-fr^quentes chez eux et s accommodent mal d'une medication trop 
excitante. Le deiire cesse, mais Fadynamie lui succede avec la s6cheresse de la langue, la 
constipation, Fanorexie absolue, la soif intense, etc. 

L'alteration du sang par des produits pulse's dans la plaie explique convenablement le deiire 
quand celui-ci se montre vers le troisieme jour, et plus tard quand il coincide avec la fievre 
traumatique primitive et secondaire, avec Feievalion de la temperature et Faceeieration du 
pouls; mais il est impossible de reconnaitre les m6mes conditions pathogeniques dans d'autres 
cas, qui sont loin d'etre rares. 

Le deiire delate a la suite de blessures ouvertes peu d'heures apres Faccident, alors qu'au- 
cun produit septique n'a pu etre absorbe ni mftme engendre ; il se developpe encore aw6s 
des lesions traumatiques sous-cutanees fort simples : contusions, entorses, fractures ne s ac- 
compagnant d'aucune inflammation locale, d'aucune alteration du sang. 

L'action a distance sur le cerveau ne peut alors se concevoir que par Fintermediaire du 
systeme nerveux. 

Le deiire sympathique, qui se declare si facilement chez les ivrognes a Foccasion d'une 
blessure, d'une fracture, d'une pneumonie ne peut etre explique, dit Monneret, que par Fexci 
tabilite plus grande du cerveau et de la moelle et la mise en jeu du pouvoir reflexe. On com- 
prend«que Foprum puisse calmer et guerir ce trouble psychique. 

M. Verneuil adopte ent&rement cette maniere de voir. Les lesions traumatiques a leur debut 
sont, a son avis, aes affections locales et peuvent rester telles pendant toute leur duree; mais 
tres-souvent aussi elles entratnent la participation de Feconomie tout entiere; elles s'accom- 
pagnent done de phenomenes locaux, de phenomenes generaux, de symptomes de voisinage, 
de symptdmes a distance, tels que la syncope, le frisson, le vomissement, le hoquet, remission 
inWontaire des urines et des feces, les spasmes traumatiques, les attaques epileptiques ou 
eclamptiques, certaines douleurs situees hors de la sphere anatomique de la region bles- 
see, etc. Aucun organe n'est soustrait a ces retentissements lointains qui se traduisent d'or- 
dinaire sous forme de contractions musculaires, de congestions viscerales ou de flux secre- 
taires avec ou sans modification chimique. Tous ces troubles peuvent apparattre et disparaitre 
subitement sans provoquer de mouvement febrile et sans interesser les orgaues voisins. lis 
offrent la plus complete similitude avec les phenomenes dits reflexes que Ton provoque exp£- 
rimentalement. II n'est pas douteux que le deiire puisse naitre par action reflexe. Oo ne voit 
pas pourquoi Fencephale echapperait a la loi generate etablie plus haut ; ensuite Fexistence 
des troubles fonctionnels de cet organe ou nevroses cerebrales n'est point contestable; enfin, 
les caracteres memes de certains deiires confirment absolument cette hypothese. 

En effet, on le voit apparaitre subitement, de trfes~bonne neure ou tres-tardivement, et 
s'evanouir sans laisser de trices. II se montre souvent a heure fixe, la nuit, pour cesser tota- 
lement le matin, attestant ainsi, ne serait-ce que par son intermittence, la nature essentielle- 
ment temporaire de la cause. Enfin, il recidive sous des influences precises sans troubler 
notablement la sante generate et parfois sans provoquer la moindre fievre. 

Par ces motifs, M. Verneuil admet chez les alcooliques une forme de deiire reflexe Irfes-dif- 
f6rente du deiire septicemiqne, beaucoup moins grave, tres-susceptible de guerison spontanee 
et cedant sans peine a- des agents comme Fopium, le bromure de potassium ou le chloral qui, 
tous, ont sur les actions reflexes en general une influence resile. 

En terminant cette premiere partie de son argumentation, M. Verneuil croit devoir protes- 
ter, avec M. Gubler, contre une pratique qui s'intitule Mtdecine des symptdmes. et qui vou- 
drait opposer partout et toujours une sorte de specifique a chaque manifestation moroide. Il 
n'y a guere plus d'antidote qu'il n'y a de symptdme pathognomonique ; il n'y a que des phe- 
nomenes morbides a cause le plus souvent multiple et qu'on ne peut combattre franchement 
qu'en tenant compte de leur origine premiere. 

En admettant deux formes de deiire ebrieux souvent distinctes et isoiees, M. Verneuil recoh- 
nait la possibility de leur association; il ne lui repugne nullement de croire que le delirium 
tremens ne sous Finfluence reflexe peut se continuer et s'aggraver par Falteration septicemique 
du sang, ce qui necessite un revirement dans la medication. 



12 I/UNION MflMCALE. 



II est tout aussi certain qu'une congestion reflexe prolong^ ou une seme de congestions 
recidivant a courte echeance peuvent changer en alteration grave du parenchyme nerveux la 
simple repletion de son appareil vasculaire. Geci explique encore la gravity du delirium tre- 
mens chez les ivrognes dont 1'encephale est de longue date plus ou moins altert. 

(Dans la prochaine stance M. Verneuil se propose de rgpondre a MM. Gosselin et B6hier.) 

— La stance est levee a cinq heures et quart. 

CORRESPONDANGE 



Paris, 8 Janvier 1871. 

A. Monsieur Am6d£e Latocr, redacteur en chef de l'Uiuon M£dicale. 

Cher et affectionne confrere, 
On m'a fait observer que, pn ajoutant a la lettre de MM. Benolt-Champy et de Marval» un 
post-scriptwn ou il eiait relate qu'au moment de recevoir sa blessure notre commandant 
Franchetti ri*avait avec lui que douze hommes, j'ai fait involontairement un recit incomplet, 
et cela est juste : ce jour-la, comme les autres, Tescadron etait en en tier a cheval, et com- 
mande de service sur divers points du champ de bataille, comme il Ta ete encore a la der- 
niere afiaire du Bourget, le 21 de'cembre. 

Agreez, etc. D* Lerot d*£tlolles. 

i -' ■ I. .... i i i i i ■ i ..■.,.■■■■ ■■■ i ■ ■ ii i i i. „ ii . ■- »-■ ■ I ii». mil 

f 

Ephem^rldes Medicates. — 7 Janvier 1858. 

Un de nos plus ceifcbres et plus spirituels sp&ialistes 4crit a un artiste qui d&irait faire 
son portrait : 

« Mon cher ami, 
o Vous voulez faire mon portrait ? Tftchez qu'il soit assez ressemblant pour que les ingrats 
« m£me soient forces de le reconnaltre. 

« Votre affectionne, « Ricord. » — A. Ch. 

COURRIER 



Au nombre des notables habitants de province emmenls en Allemagne comme dtages et 
internes dans une forteresse, se trouve M. Paul Thenard, le chimiste, membre de l'lnstitut. 
Dans sa derntere stance, l'Acad&nie des sciences a tenu a protester au nom de la science, 
non-seulement franchise, mais universelle, contre cet acte de pure sauvagerie. Le president, 
M. Liouville, sVst fait Hnterprfcte de l'assemblee en disant : 

« Si M. Paul Thenard a ete pris les armes a la main, defendant son pays, je n*ai rwn a 
objecter a cette mesure, comme president de cette Academie ; nous n'en estimerons que davan- 
tage notre honorable coltegue. 

(( Mais si c'est en raison de sa situation sociale, si c'est comme membre de l'lnstitut, comme 
savant, qu'on a fait prisonnier M. Thenard et qu'on Ta envoys en Prusse servir d'6tage, je ens 
que c'est une infamie, dont chacun de vous, Messieurs, devra conserver le souvenir toute la 
vie, et qu'un jour Dieu saura punir. » 

Societe m£dicale des h6pitaux. — La Societe a procede, dans sa derniere stance, au 
renouvellement de son bureau pour l'annee 1871. En voici la composition : 

President, M. Marrotte; — vice-president, M. Moissenet; —secretaire general, M. Lailler; — 
tresorier, M. Labric; — secretaires des stances, MM. Ball et Brouardel. 

Conseil d? administration : MM. Besnier, Colin, Desnos, Laboulbfcne, Moissenet. 

Conseil de familte : MM. Bergeron, Blachez, Champouillon, Gubler. 

Comite de publication : MM. Ball, Brouardel, Dumontpallier, Lailler, Villemin. 

Necrologie. — Un honorable medecin de Paris, M. le docteur Samazeuilh, vient de mourir 
a Auteuil, dans un age peu avance. 

Madame Samazeuilh avait quitte Paris avant Tinvestissement en compagnie de madameB..., 
son amie, et dont le mari vient aussi de mourir dans la rue de la Paix. Ces deux dames igno- 
rent encore sans doute la perte cruelle (ju'elles viennent de faire. 



Bulletin hedboinadaire des d6cfcs causes par les principals maladies regnantes, 
d'apr&s les declarations a 1'etat civil. 

Paris (du 25 au 31 d&embre 1870). — Causes de dtces : Variole l&lu — Scarlatine 5. — 
Rougeole 19. — Fifcvre typhoide 250. — Erysipele 10. — Bronchite 258. — Pneumonie 201. 
— Diarrhee 98. — Dysenlerie 51. — Cholera » . — Angine couenneuse 13. — Croup 16. — Affec- 
tions puerperales 8. — Autres causes 1,897. — Total 3,280. 

^ Le Gerant, G. Richjklot. 

Fahis. — Typographic Felii Maltbstb et C«, rue des Denx-Portes-Saint-Siuvfur, 22. 



No 2 L'UNION ME1DICALE Samedi 14 Janvier 1871 



•* " -' -■ , *~ ~~ — • W T II * — ^«- 



Le Bombardement 

Les obus prussiens n'ont pas empeche nos Academies hi nos Societes savantes de 
tenir leurs seances hebdomadaires , et quoiqu'elles siegent toutes sur cette. rive 
gauche de la Seine, objectif de la rage allemande, elles ont brave la pluie de pro- 
jectiles qui depuis huit jours tombe avec fureur sur nos etablissements scientifiques 
et hospitaliers. 

Ce journal veut et doit conserver le souvenir de ces atroces violences et des pro- 
testations qu'elles suscitent. Cette rive gauche de la Seine, si riche en etablisse- 
ments scientifiques, en bibliotheques, en collections d'un prix inestimable,- est 
precisement devenue le point de mire de ces barbares teutons. Le Museum, TOb- 
servatoire, l'Ecole normale, le College de France, «la Sorbonne, l'Ecole de droit, 
FEcole de medecine, la bibliotheque Sainte-Genevieve , l'Ecole de pharmacie, ont 
vu les obus prussiens crever leurs voMes, ebranler leurs murs, endommager leurs 
collections 1 ; ils boriibardent nos hospices, nos hopitaux, nos lycees, nos ecdles; ils 
tueat des vieillards, des blesses, des malades, des enfants.^oila les hauts faitsde 
ces pretendus apotres de la civilisation et de l'humamte ! 

ficoutons le cri d'indignation que suscitent ces pjoeedes barbares. 

A TAcademie des sciences M. Chevreul prononce les paroles suivantes : 

« Le Jardin des plantes medicinales, fonde a Paris par edit du roi Louis XI'H/i la 
date du 3 Janvier 1626, 

« Devenu le Museum d'histoire naturelle le 23 de mai 17,94, 

« Fut bombarde sous le regne de Guillaume I er , roi de Prusse, comte de Bismark, 
chancelier, par l'armee prussienne, dans la nuit du 8 au 9 de Janvier 1871 . 

« Jusque-la, il avait ete respecte de tous les partis et de tous les pouvoirs natio- 
naux et et rangers. . 

« Paris, le 9 Janvier 1871. . 

« Et je signe, dit en terminant le venerable doyen : E. Chevreul, directeur. >* 

L'Academie decide que cette piece figurera en tete du prochain Compte rendu. 

Est-il besoin, ajoute M. de Parville, de rappeler les souvenirs imperissables qui 
se rattachent au Museum d'histoire naturelle, et qui semblaient mettre Fetablisse- 
ment a I'abri de toute insulte de 1'ennemi. 
* La, Buffon a ecrit son ceuvre immortelle. 

La, Jussieu crea la methode naturelle et la classification par families fcdoptee par 
les savants du monde entier. 



FEUILLETON 

* • t * '• I 

DES AMBULANCES. 

Troisieme Lettre. 

Mon eher confrere, . > 

Quelle heureuse id6e vous ave'z eue de nous faire goiter par anticipation les joies de la 
d&ivrance, afin de mieux nous encourager a supporter l^preuve I Avec quel sentiment dis- 
cret et sympathique vous nous avez montr6 le charme du retour, la ou revivent les souvenirs 
de Tenfance, ou dorment les regrets du pass6, les foyers , les berceaux et les tombes ; en tin 
mot, tout ce qui fait la Pa trie! 

Mais puisqu'une cruelle n&essite nous retient encore aux ambulances, laissez-moi de nou- 
veau arr&er notre reflexion sur les douleurs de Fheure pr^sente et vous parler de nos ma- 
lades. 

D'autres plus autorisSs vous diront les singularity chirurgicales de leur pratique, la nature 
des.traumatisroes observes, leur evolution, leur gravity et leur nombre, — h£las! ils en 
auront, je le crois, bien long a vous dire. — Moi, je m'arr&te aux malades, bien nombreux 
aussi, et dont T6tude n'offre pas moins dMnter^t. 

Ce qui nous frappe tout d'abord dans le mois qui vient de s^couler (du 7 novembre au. 

7 d6cembre), c'est la frequence des ftevres typhoides et des diarrhees ; 24 fifcvres lyphoi'des, 
sur un total de 136 malades, cela reprtfsente un chiffre vraiment considerable. C'etaient les 
dysenteries qui dominaient le mois pr6c6dent, soit 13 sur 65 malades, et je ne comptais que 

8 fifcvres typhoides : on voit quelle est la difference. 

La malignity dont je vous signalais Tapparition dans ma derntere lettre s'est manifest4e, de 

Tome XL — Troisieme serie. 2 



14 L'UNION M£ DIC ALE. 

La, Cuvier fonda Panatomie comparee et la restitution des especes perdues. 

La, Geoffrey Saint-Hilaire fonda la philosophie anatomique. 

Buflbn, Jussieu, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, quatre noms eclatants qui brille- 
ront toujours d'une gloire sans conteste! 

II fallait des canons prussiens pour imprimer une marque sacrilege sur les her- 
Wers de Jussieu, sur les preparations classiques de Cuvier et de Geoffroy Saint- 
Hilaire!! 

Ajoutons aussi, pour tout dire, que la ou tombent les obus prussiens est installee 
une ambulance renfermant 200 blesses. 

Pendant la nuit du 8 au 9 Janvier, dit le Journal offUriel , l'hopital de la Pitie a 
ete crible d'obus. Le batiment de 1'administration et les divers batiments qui con- 
tiennent des malades ont ete gravement atteints. 

Dans une salle de medecine affectee au traitement des femmes, les projectiles 
prussiens ont fait une morte et deux blessees r les dames Morin, tuee sur place; 
Mirault, qui a eu le bras droit emporte; Archambault, atteinte au bras et a la cuisse 
(fracture) et grievement blessee au bas- ventre. • 

L'hopital de la Pitie se trouvant place a l'extreme limite du tir de l'ennemi, on 
n'avait pas suppose, dfes le premier jour, qu'il eut une intention particulLerement 
hostile a l'etablissement; mais, la nuit derniere, les obus, envoyes exactement dans 
la meme direction, sont venus tomber et eclater sur les memes points ; et, s'ils 
n'ont pas occasionne de nouveaux malheurs, e'est que les precautions avaient ete 
prises pour mettre les malades en surete. 

Cet acharnement semblerait' demontrer qu'il ne s'agit plus d'un bombardement 
ordinaire, mais d'une cruaute sauvage qui s'attaque de preference aux etablisse- 
ments hospitaliers, dans la pensee d atteindre plus profondement la population et 
de lui occasionner les plus dures et les plus poignantes emotions. 

II devient utile de publier de tels faits, qui ajoutent une page odieuse k l'histoire 
de nos ennemis, et de protester, au nom du droit, de la civilisation, de Thumanite, 
contre cet attentat premedite, qui n'a eu de precedent dans aucune guerre. 

Voici la protestation de nos confreres de la Salpetriere et de quelques hopitaux : 

« Paris, 12 Janvier 1871. 

« La Salp&triere est un hospice ou sont recueillis en temps ordinaire : 

« 1° Plus de 3,000 femmes agees ou infirmes; 

« 2° 1,500 femmes alinees, et, par surcrolt, en ce moment de supreme douleur, les popu- 
lations r6fugiees des asiles d'lvry et 300 de nos blesses. 

« C'est la une reunion de toutes les souffrances qui appelle et commande le respect ; mais 
l'ennemi qui nous combat aujourd'hui ne respecte rien. 

fait, par une predominance tres-accusee des accidents adynamiques. La plupart de ces fievres 
eurent, en effet, ce cachet de prostration considerable qui permet a Fceil le moins exerce de 
les reconnaltre des le premier abord. Les localisations abdominales furent surtout observes, 
et plusieurs malades presentment, meme dans le cours de leur maladie, une diarrhee tene- 
ment intense qu'elle dut appeler tout specialenient, Tattention et determiner une indication 
tberapeutique. 

Gette tendance au flux de la muqueuse gastro-intestinale se manifestait encore par le 
nombre exagere. des diarrhee* simples ou catarrhales que je viens de noter ; elle alia m&ne, 
dans deux cas observes par moi, jusqu'a s'accompagner d'accidents choieriformes : selles 
extremement frequences et abondantes, feculentes, accompagnees de crampes, de vomisse- 
ments, d'anurie, et du fades hippocratique le mieux dessine. 

Dans le premier cas il s'agissait d'un jeune homme en convalescence d'une varioloide; le 
second etait un jeune volontaire qui avait pris un fort catarrhe bronchique^Nix tranchees de 
nos avant-postes. 

Sur cette derniere muqueuse les manifestations catarrhales n'ont pas manque non plus, et 
a tous les degree, depuis le simple rhume du larynx seul, ou du larynx et des grosses 
bronches, jesqu'a la vraie broncnite capillaire, jusqu'au veritable catarrhe suffocant. Le 
chiffre s'en est eieve a 20. 

Et tandis que ces affections se caracterisaient et se multipliaient de la sorte, les dysenteries 
diminuaient considerablement et tombaient au chiffre de 7. N'est-ce Das la une preuve nou- 
velle du r61e secondaire que l'aliraentation doit jouer dans la production de cette maladie ? 
Au debut du siege, en effet, alors que ralimentation laissait a desirer sans doute, mais gar- 
dait encore une certaine abondance, alors que les salaisons n'y figuraient qu'en une propor- 
tion restreinle, nous voyions les dysenteries aflluer et constituer le cinquieme des maladies ; 
aujourd'hui, les conditions alimentaires etant plus defavorables et par la quantite et par la 
qualite, les dysenteries tombent presque au vingtieme du chiffre total des maladies. Il est 



L'UNION Bl£DlGAL£. 15 



« Dans la nuit de diinanche a lundi, du 9 au 10 Janvier, il a pris pour point de mire les 
hopitaux de la rive gauche, la Salpetrifcre, la Pitie, les Enfants-Malades, le Val-de-Grace et les 
cabanes d'ambulance. A la Salpetrifcre, nous avons recu plus de 15 obus. Or noire d6me, trfes- 
eieve, est surmonte du drapeau international; il en est de meme du ddme du Val-de-Grace. 
C'est un acte monstrueux contre lequel protestent les medecins soussigne's, et qu'il faut 
signaler a Findignation de ce sieele et a celle des generations futures. 

« Docteurs Cruveilhier , chirurgien en chef de la SalpGtriere ; 
Charcot, medecin de la Salp^triere; Luys, medecin de la 
Salpfttriere; Fermon, pharmacien en chef; A. Voisw, me*- 
decin de la Salp&triere; Baillargbr, medecin de la Salpft- 
triere; Trjslat, medecin de la SalpGtriere; J. Moreau (de 
Tours), medecin de la Salpfitriere. » 

« Les soussigne's, medecins de Fhopital de la Charite (annexe)* protestent contre le bombar- 
dement dont cet etablissement a ete Tobjet. Huit obus sont tombed sur cet h6pital, qui ren- 
ferme 800 malades et blesses, tant civils que militaires, Plusieurs autres projectiles ont edate 
dans son voisinage imme'diat. 

(i Docteurs Lannelongue, Fereol, B. Ball, £. Lance- 
reaux, P. Brouardel, E. Labb£, A. Ollivier. » 

« Monsieur le redacteur , 
. « A la liste deja trop .tongue de nos etablissements hospitaliers atteints par le bombarde- 
ment, vous pouvez ajouter rinstitution Sainte-Perine, a Auteuil. Depuis trois on quatre jours 
les obus prussiens font rage sur cette maison. II en est tombe dans le repertoire, dans la cui- 
sine, dans Finfirmerie, dans la cbambre d'uhe pensionnaire, dans celle de Finterne, devant la 
porte de Fhonorable directeur de institution, sans compter les toits enfonces, lea degats occa- 
sions dans les cours et jardins, etc . 

« On voudrait croire, pour Phonneur de Fhumanite, que le hasard seul ici est en cause. 
Mais cette explication est difficile a admettre quand on songe que Sainte-Perine est situe*e sur 
une hauteur qui domine le cours de la Seine, que les vastes batiments dont elle est composed 
attirent le regard a une grande distance et se distinguent avec la plus grande facilite des hau- 
teurs de Ghatillon et de Meudon. 

« 11 y a lieu de se demander, en presence d'un tel acharnement, s'il n'y a pas la un veri- 
table parti pris. Les Prussiens, croyez-le bien, connaissent Sainte-Perine aussi bienque vous 
et moi. Chercher a jeter Tepouvante dans une maison de retraite oil 300 vieillards inoffensifs 
comptaient achever paisiblement leur carriere, n 1 est-ce pas la un des moyens psychologigues 
familiers a nos ennerais? Inutile de dire que le drapeau de Geneve flotte sur la maison : nous 
savons depuis longtemps le cas qu'en font les Prussiens. 

« Quoi qu'il en soit, je crois utile de signaler le fait a l'indignation de Popinion piublique. 

v Veuillez agreer, etc. « D r Maurice Raynaud, 

« fitedecin de ttnstitution Sainte-P6rine. » 

Nous avons recu la protestation suivante contre le bombardement des hopitaux: 

vrai que les diarrheas catarrhales, a peu pres nulles le mois passe*, ont constitue ce mois-ci 
une proportion qui equivaut au huitieme ou neuvieme des malades. 

Je dois insister encore sur la gravile* que nVont para presenter les fievres typholdes, qui 
m'ont donn6 trois d6ces. II est vrai que Pun de ces malheureur n'a sejourne que vingt-quatte 
heures dans Fambulance, ou on Pa amene dans un 6tal de prostration absolue et meme de 
cyanose asphyxique, qui en faisait deja presqne un cadavre. 11 faut dire encore qu'u'n grand 
nombre ont eu a lutter contre des accidents thoraciques graves, occasioned par le froid de 
la temperature, contre lequel un chauffage insuffisant ou inintelligent les protegeait mal. L'un 
d'eux a en effet succorabe" a une pneumonie consecutive. 

Un autre, actuellement encore dans le service, apres la fievre typhoide et la pneumonie qui 
Pa sulvie, a ete pris d'une phlegmatia de tout le membre inferienr gauche, accident dont il 
semble en voie de guerir. 

En somme, une mortality de 2 ou 3 sur 24 est encore un chiffre modeste et qui, heureu- 
sement, ne justifie pas complement les apprehensions que m'avaient fait concevoir la gravity 
et la multiplicity des complications observers deja le mois passe dans ces fievres, et dans 
lesquelles je craignais de voir les indices de malignite. 

Un fait a noter encore a ce sujet, e'est Pabondance de Irruption outanee, qui prit chez plu- 
sieurs malades des proportions tout a fait inusitees, s'etendant a tout le tronc et meme aux 
membres, se muttipliant en une sorte de confluence , se developpant en papules saillantes et 
parfois s'etalant en une base ecchymotique qui justifiait Pexpression de ptttchies, si souvent 
employee a tort pour designer cette eruption. Ges caracteres de Peruption ne nous ont pas 
paru, d'ailleurs, avoir de signification particuliere quant a une forme speoiale ou a nn degre 
de gravite quelconque de la maladie. 

Enfin, deux de ces fievres observees, Pune chez un' jeune officier des mobiles de Bretagne, 
Fautre sur un soldat du train, furent suivies de veritables rechutes, avec reproduction d'une 
eruption qui, pour n'avoir pas ete abondante, n'en fut pas nioins aussi significative que Tad?- 



16 L'UISION MED1CALL. 



« Au nom de rhumanite, de la science, du droit des gens et de la convention internationale 
de Geneve, meconnus par les armies allemandes, tes medecins soussignes de Th6pital des 
Enfants-Malades (Enfant-Jesus) protestent contre' le bombardement dont cet h6pitaf, atteint 
par cinq obus, a ete Tobjet pendant la nuit derniere. 

« lis ne peuvent manifester assez hautement leur indignation contre cet attentat pr&nedite 
k la vie de 600 enfants que la maladie a rassembies dans cet asile de la douleur. 

« Docteurs Archambault, Jules Simon, Labric, 
Henri Roger, Bouchut, Giraldes. » 

Comme les etablissements de bienfaisance , tous nos etablissements scientifiques 
sont situes sur la rive gauche de la Seine: II n'en est guere a cette heure qui n'ait 
ete plus ou moins visite par les obus ennemis. 

Des le 5 Janvier l'Ecole normale avait recu quatre obus, dont un etait tombe dans 
1'ambulance, mais sans atteindre pefsonne. 

Au lycee Oorneille, au contraire, dans la nuit du 8 au 9 Janvier, trois malades 
de 1'ambulance ont ete atteints dans leur lit. L'un d'eux a eu le bras fracture et 
trois cotes brisees. Les autres. malades onl du etre transportes dans les caves. Le 
lycee a subi en outre d'assez graves degats materiels. 

La Sorbonne a ete atteinte par plusieurs obus, dont trois ont cause de serieux 
dommages; deux sont entres dans le mur de la chapelle ; un autre a brise Y\xn des 
pignons de la facade. 

Un obus a brise de meme le chapiteau de la derniere colonne a droite de la facade 
de l'Ecole de droit. A l'Ecole de medecine une bombe, tombee dans la cour de 
l'Ecole pratique, y a defence plusieurs paves, et est ensuite allee se perdre dans la 
rue Hautefeuille. 

Les lycees Saint-Louis et Descartes ont ete atteints; ce dernier assez legerement. 

Les fenetres de la cour principale c|u musee de Cluny ont ete effleurees par des 
eclats d'obus. 

Quant a l'Observatoire, qui par sa situation semblait le plus expose de nos eta- 
blissements scientifiques, il n'avait a la date du 10 subi aucun degat. 

An Museum d'histoire naturelle, un des grands pavilions des serres chaudes a 
ete en partie detruit. Aucun projectile n'est encore tombe dans la Menagerie. 

Enfin, aux Gobelins, un obus a penetre dans l'ecole de dessin, voisine d'une 
ambulance, mais sans blesser persoane. 

Voila le tableau d'une semaine de bombardement. Voila les fruits de cetle civili- 
sation que nous apporte TAllemagne si nous ne resistons pas avec la rage du 
desespoir contre 1'aneantissement projete de notre infortunee patrie. 

O'est la force brutale qui s'est ruee sur la France. Et a ce propos nous nous rap- 

haiiiie et Petat febrile dans lesquels ces deux malades retomberent apres en etre k peine sorlis. 

Influencee par les rigueurs de la saison, la constitution medicale ne s'est pas bornee aux 
affections des surfaces et au mode catarrhal, et 7 pneumonies ont temoigne que rinflammalion 
veritable et parenchymateuse devait etre regardee comme un de ses eftets. Des pleuresies 
venaient aussi s'ajouter k ce* chiffre des affections thoraciques aigues , nees probablement cl 
frigore, 

Comme fait pouvant se rattacher k la meme cause et occupant le centre circulatoire, je 
citerai le suivant, bien autrement remarquable par la mort subi te' qui s'ensuivit : D..., age 
fie 26 ans, arlilleur, entre k F ambulance le 2 decembre, elant malade depuis quinze jours. Il 
presente tous * les signes physiques et rationneis d'une endo-pericardite aigue febrile ; matite 
considerablement augmentee d'etendue, bruits sourds, souffles aux deux temps, battements 
du coeur profonds et irreguliers* pouls petit, vibrant, inegal, peu irregulier, frequent et vite ; 
dyspnee, cyanose, cedeme & la base des deux poumons. 

Les troubles symptomatiques s'etant fort accuses le 5 au matin, je decide qu'une saignee va 
etre pratiquee k la fin de la visite. Pendant que celle-ci s'acheve, le malade se leve precipi- 
tamment pour se mettre sur la chaise perc6e et se recouche aprfcs avoir fait quelque effort. 
Au bout d'un instant nous nous approc'hons de lui pour le voir succomber dans un etat 
d'asphyxie p&le, que la respiration artificielle ne put empeoher. 

L'autopsie moutra une p4ricardite aigue avec epanchement considerable, une notable hyper- 
trophic du cceur, une alteration profonde des deux orifices ducceur gauche, dont les valvules, 
snrtout la valvule mitrale, etsient couvertes de concretions fibrineuses, dechiquetees et adhe- 
rentes par leur bord, de facon k produire tout k la fois un certain degre de retrecissement et 
d'insuffisance. 

Les poamons etaient sains, k part la serosite" spumeuse qui les engouail; le foie avait l'as- 
pect muscade; quant au cerveau, par suite d'lin deplorable accident, il n'a pu etre examine. 



L' UNION MfiOlCALJli. 17 



pelons une assertion que nous a souvent repetee notre illustre et venere maitre, 
M. Serres, dont on connait les investigations ingenieuses et savantes. Un des carac- 
teres de la bestialite, disait-il, est la longueur de l'intestin. Or, la race teutone a 
Tintestin d'un demi-pied plus long que la race gallo-romaine. 

L 'occasion se presente de verifier 1'exactitude de ce caractere anthropologique. 
Chirurgiens des hopitaux et des ambulances, pratiquez done l'autopsie des blesses 
allemands qui succambent dans vos services. A. L. 

CLINIQUE CHIRURGICALE 



DU PRONOSTIG DES LESIONS TRACMATIQtJES ET DES OPERATIONS GH1RCRGIGALIS * 

CHEZ LBS ALGOOLIQUBS (*) ; 

Lu a l'Academie de medecine, dans la stance du 13 decembre 1870 , 

Par M. le professeur Verneoil. 

En resume, contusion de visceres anterieurement alteres, et alteres evidemment 
par Taction de l'alcool; pneumonie intercurrente, cause tres-probable de laxnort. 

Voici encore un exemple de mort rapide ; mais cette fois la lesion traumatique 
atteignait exclusivement des organes extern es. 

Obs. II. — Fracture de I'humirus droit par coup de feu. — Sympl6me$ graves tfalcootisme. 

— Mort rapide, sans complications locales apparentes. 

M. W..., 53 ans, de taille eiev6e, de constitution athletique, est blesse au bras dans la nuit 
du 19 novembre, vers minuit II est amene a l'hdpital Lariooisiere , a deux heures du matin. 
L'interne fait un premier pansement et fixe le. membre dans une gouttiere. Le blesse, qui 
paraissait tres-fatigue, mais a peu pres de sang-froid , s'endort et Unit la nuit sans grande 
agitation. x 

Le 20 novembre, au matin , je constate : une large plaie a la partie externe du bras droit, 
au niveau de l'inserlion du deltoide; une seconde plaie moins etendue a la face interne du 
bras, en arriere du faisceau vasculo-nerveux, au niveau du chef interne du triceps. Les deux 
plaies, siegeant a peu pres a la meme hauteur, sont reunies par un canal direct tres-Iarge et 
dans lequel on pourrait passer sans pein,e deux doigts reunis. 

L'humerus a ete brise en eclats par le projectile. 

Point d'hemorrhagie notable, point de gonflement au pourlour des plaies ni dans Tepaisseur 
dn membre, le pouls radial persiste, aucun rierf important n'a ete l^s6. 

Le blesse" n'accuse guere de douleurs, meme pendant Texploration de la plaie. II jouit de 

(1) Suite. — Voir le numero du 7 Janvier 1871. 



«M«i 



Un jeune rhumatisant, mobile de Seine-et-Oise, a encore presente une complication d'endo- 
cardite grave, dont il tend actuellement a se guerir, autant que cela est du moins possible. 

Enfin un ancien soldat rappele a ete vu par moi, souffrant d'une toux quinteuse, sans modi- 
fication apparenle de la muqueuse bronchique, et qui m'a paru lie*e a une affection cardiaque 
ancienne de l'endocarde, que les rigueurs de la campagne avaient remise en acuity momenta- 
nement, ainsi qu'en temoignait un souffle cardiaque tres-net cpmme souffle organique. 

Quaut aux accidents graves de nos fievres typhoides, ils ne se sont pas accrus ; ils semblent 
meme avoir retrograde sous l'influence du froid sec et rigoureux qui a regne pendant la fin 
de novembre et les premiers jours de decembre ; mais en meme temps que la constitution 
medicale perdait son caractere septique et malin, elle revetait la forme inflammatoire et mul- 
tipliait les localisations Ihoraciques qui lui sont pour ainsi dire familieres. Et n'etait la gravity 
que donnent a ces affections l'importance et la delicatesse des organes touches, on pourrait dire 
qu'elles sont de beaucoup pref^rables aux precedentes, par la regularity de leur marche, par 
la nettete de la reaction dont elles s'accompagnent, par la facility enfin avec laquelle elles 
entrent en defervescence; car il ne faut pas compter dans leur cycle morbide les effets des 
reliquats anatomiques qu'elles laissent attaches aux visceres : Hceret lateri.... 

Quoi qu'il en soit des causes de ces accidents et de leurs effets, il y a dans leur observation 
une indication qu'on ne saurait nier el que je me suis efforce de satisfaire , e'est celle des 
alcooliques et des stimulants toniques. L'usage de l'alcool sous forme d'infnsion de the alcoo- 
lisee, de vin, de vin de quinquina, de lotions a l'eau-de-vie camphree a ete par moi large - 
ment pratique. 

L'usage au carophre intus et extra m'a paru encore doublement indique, et a cause de la 
propriete stimulante de cet agent et a cause de son action antiseptique. Aussi Tal-je donne en 
potions, en lavements et en lavages cutanes, et cela avec les resultats en apparence les plus 
favorables, e'est-a-dire que, sous cette influence, il m'a paru que les accidents ataxo-adyna- 
miques etaient enrayes et que les fonctions nerveuses reprenaient cet equilibrc si necessaire 



18 L'UNION MfiDICALE. 



toute son intelligence, mais semble se preoccuper mediocrement de l'accident ; du molns il ne 
manifeste ni crainte pour le present, ni inquietude pour l'avenir. 

II dit avoir ete frappe au moment ou il rentrait paisiblement chez lui. II ne connait pas 
1'agresseur et pense avoir ete frappe de loin, car ayant entendu une detonation d'arme a reu 
et se sentant atteint, il ne vit autour de lui aucun hemme arme. II ajoute que, quelque temps 
aprfes, il a ete secouru par plusieurs personnes, qui Font conduit a l'h6pital. 

Ce r6cit etait peu vraisemblable. Tout indiquait que le coup avait ete tir6 de trts-prfes 
avec une arme de gros calibre, car un projectile volumineux etait seul capable d'avoir fait une 
perte de substance aussi cnorme. 

W... etait probablement en etat d'ivresse, il le nie et avoue.seulement qu'il avait pris dans 
la soiree deux ou trois verres de bifere. A son entree a l'hdpital il etait, au dire de la soeur du 
service, a pe« prfcs a l'etat uormal. 
•Le blessg, comme je l'ai dit, est de constitution hercuteenne. 

11 s'exprime avec facility et dans des termer choisis. Il m'apprend , qu'ancien fonctionnaire 
public en province, il est venu a Paris prendre un cabinet d'affaires et qu'il est fort actif et 
fort occupe. Sa sante est excellente et peut braver tout. Il mange peu et ne se plaint que de 
quelques troubles gastriques a son r£veil. Malgre ces renseignements vagues, je soup^onnai 
fortement le blesse d'etre adonne a la debauche. 

Le visage en porte l'empreinte , et la parole rapide, un peu saccadee , trahit une excitation 
cerebrate que le medecin seul est apte a reconnattre. Le recit de l'accident est evidemment 
inexact. Enfln, la source principale de mon hypoth&se se tire du changement de position 
indique par le blesse. Sans meconoaitre les coups immerites de la fortune, il faut bien avouer 
que les d£cheances sociales sont bien souvent le fait de Tinconduile. Or, l'abandon d'une pro- 
fession honoree et fructueuse en province pour des operations souvent douteuses dans la grande 
ville ne plaide pas d*ordinaire pour la moralite du personnage. 

Bref, avec le diagnostic de l'alcoolisme trfcs-arr&te dans mon esprit, je portai le pronostic 
le pins grave. 

Pour n'y plus revenir, je dirai que mon accusation n'etait que trop fondle. J'ai appris, en 
effet, par la famille de W..., qu'il etait trfcs-debauche et qu'avec tous les elements du bonheur 
materiel et moral, il menait la vie la plus deregiee; il avait deserte son domicile depuis deux 
jours entiers quand il a ete frappe, sans doute a la suite d'une rixe , dans un quartier mal 
fame. 

Nonobstant ces conditions, il fallait prendre un parti cnirurgical. L'expectation ne promet- 
tait rien de bon. La disarticulation de repaule etait une mesure bien radicale, puisque nerfs 
et vaisseaux etaient respectes. Je pris un terme mixte. 

Je debarrassai le trajet des nombreuses esquilles detachees et projetees de toute part dans 
les masses musculaires et les interstices celluleux circonvoisins. J'emoussai avec la scie a 
chalne et la piace de Liston les extremites aigues des fragments superieur et inferieur. Un 



au jeu regulier des organes, et dont la signification a une si grande valeur chez quelque 
malade qu'on l'observe. ' 

J'insiste sur Futilite que Ton peut retirer ce cet agent, parce que en ce moment ou nos 
ressources medico-therapeutiques sont mesurees, il n'est pas sans utilite de pouvoir employer 
un agent succedane du muse plus repandu que lui et d'un prix de revient beaucoup plus 
modeste. Nous n'en sommes plus aujourd'hui a rechercher si le muse est utile pour combattre 
ces accidents ataxo-adynamiques des fifcvres graves, et Trousseau a trop bien etabli comment 
il peut, avec le sulfate de quinine, constituer pour ainsi dire la veritable medication de ces 
modalites pathologiques. Mais il m'a paru bon de rappeler qu'a cdte de cet agent il y en a un 
plus simple et plus abordable, presque aussi efficace , d'un maniement facile et d'une utilite 
incontestable. 

Avez-vous remarque, mon cher confrere, combien la therapeutique tend, a notre epoque, a 
se simplifier en mftme temps qu'elle devient plus rationnelle et plus scientifique 1 N'est-ce pas 
que le medecin qui se rend au champ de bataille ou m6me a Fambulance doit se preoccuper 
d'avoir a sa disposition, outre les moyens de pansement, de l'alcool? Eau-de-vie, rhum ou 
esprit-de-vin, e'est le meilleur agent des pansements immediats ou definitifs ; hemostatique 
et reconfortant, et plus tard antipyretique et antiseptique, dites-moi, que trouvez-vous de 
mieux a administrer a yos malades et a vos blesses? Un peu d'opium avec cela et voila, si Ton 
veut les manier avec la mesure scientifique et Fexperience profession nelle, de qupi repondre, 
sinon a tous les besolns, du moins a toutes les exigences immediates du champ de bataille et 
de 1'ambulance. Cela ne vaut-il pas mieux que l'affreux perchlorure de fer, dont on abuse tant 
encore aujourd'hui, malgre ce qu'en a si justement dit le professeur Verneuil dans ses confe- 
rences a propos des pansements extemporanes ? 

Aussi a un aumdnier qui demandait recemment un conseil sur les substances dont il pou- 
vait le plus utilement se munir pour seconder efficacement l'intervention du chirurgien, ai-je 
repondu : Emportez de l'eau-de-vie et encore de l'eau-de-vie. Le reste peut etre utile ; cela est 
toujours necessaire et souvent suffisant. 

Le D r X..., 
Aide-major de la garde nationale. 



L'UNION MfiDICALE. 19 



gros drain fut passe* dans le trajet pour assurer l'ecoulement facile des fluides. Enfin, le bras 
fut convenablement assujetti dans une gouttiere coudee. 

Pendant le cours de Tope'ration j'avais constats une particularity de mauvais augure r je 
veux parter d'une crepitation emphysemateuse dans la gaine des vaisseaux k plusieurs centi- 
metres de distance de la plaie. J'expulsai ces gaz a Faide de pressions douces et j'appliquai 
un bandage metbodiquement route sur l'avant-bras et la partie infgrieure du bras. 

Le chloroforme avail ete administre, mais le sommeil ne fut obtenu qu'avec peine et apres 
une agitation violente et prolonged. Nouvel indice d'alcoolisme (1). La journee se passa sans 
incident notable. Le blesse fut cependant tourmente" par une soif vive et quelques vomisse- 
ments, mais il n'accusait point de douleurs au siege de l'op6ration. A six heures la fifcvre etait 
vive, la temperature k 39 degre*s. W... me demanda avec instance une preparation narcotiqne 
pour avoir du sommeil, dont il etait prive depuis plusieurs jours, disait-il. A neuf heures 
madame W..., ayant appris Faccident survenu & son mari, vint le voir k l'h6pital. Il est pro- 
bable que cette visite agita le blesse qui, assez tranquille jusqu'alors, commenca bient6t k 
deiirer et passa une Ires-mauvaise nuit. Il tenta k plusieurs reprises de sortir de son lit, defit 
son pansement et fut en proie k la plus vive agitation que n'apaiserent ni 10 centigrammes 
d'extrait thebaique, ni une potion avec 2 grammes de chloral. 

Le 21, au matin, l'etat general semblait meilleur. Le blesse avait la parole breve, mais ses 
reponses etaient claires et precises; il ne souffrait pas et la plaie n'etait point enflammee. 
Cependant la temperature avait encore raonte, et le pouls, faible et precipite, battait 130 fois; 
a quatre heures on ne pouvait plus le compter. La face etait p&le, les extremites froides. La 
niort survint k neuf heures du soir, quarante-six heures environ apres Faccident, trente-cinq 
heures apres l'operation. L'agonie de courte duree fut calme. C'est Fembarras progressif de 
la respiration qui termina la scene. 

L'autopsie ne fut pas autorisee; elle eut, sans aucun doute, reveie des lesions viscerales 
anciennes. Je ne pus que constater l'habitus exterieur. Le ventre etait ballonne ; malgre la 
saison froide, la , decomposition cadaverique marchait deja. avec rapidite. La plaie, du reste, 
n'etait le siege d'aucun travail inflammatoire ni reparateur; ses bords etaient Basques et 
livides et la suppuration etait a peine ebauchee. 

A defaut d'autopsie, les antecedents etablissaient nettement Texistence de l'al- 
coolisme, que j.'ai vu deja plusieurs fois amener la mort aussi proraptement et avec 
le meme cortege de symptomes. 

Dans les deux observations qui suivent la termihaison fut moins rapide. Les 
plaies devinrent le point de depart d'accidents bien connus, c'est-a-dire de phleg- 
mons qui ne furent conjures par aucun des moyens usites en pareil cas. L'inflam- 
mation tranmatique ne sut pas se borner, elle s'etendit sans relache, et les opera- 
tions radicales, l'amputation de la jambe et du bras, employees comme derniere 
ressource, ne firent peut-etre que hater le denouement. 

Cette forme de mort lente ou du moins retardee est la plus commune : on l'attri- 
bue volontiers a des complications fortuites comme peuvent en offrir toutes les 
lesions traumatiques. Mais, en realite, c'est la constitution des sujets qui la prepare 
et la rend sou vent inevitable. 

Obs. III. — Fracture de Castr agate par coup de feu. — Extirpation de cet os. — Fusees 
purulentes. — Phlegmon profond. — Amputation au tiers supirieur de La jambe. — 
Pyohemie. — Mort. 

B..., 45 ans, teinturier, blesse le 17novembre, entre k Fhopital Lariboisiere le lendemain. 
C'est un homme de petite taille , assez chetif, k teint blafard. Etant alie marauder pres de 
Saint-Denis, il a re$u au pied gauche une balle, qui a traverse le tarse un peu en avant des 
malieoles. De la situation des orifices, je conclus que l'astragale a du etre atteint. Les ten- 
dons ont ete menages, car le blesse, qui d'ailleurs parait peu sensible k la douleur, execute 
tous les mouvements du pied. 

L'exploration avec le petit doigt permet de constater dans le trajet de nombreux fragments 
osseux, que je me dispose & enlever apres avoir debride les plaies d'entree et de sortie. J'ex- 
trais, en effet, la tete de l'astragale en plusieurs pieces ; mais mutant apercu chemin faisant 
que l'articulation tibio-tarsienne etait ouverte k sa partie anterieure, je crus utile d'enlever le 
reste de l'os, operation qui m'a dej& donne de bons resultats. La manoeuvre est assez labo- 
rieuse; mais, des qu'elle est terminee, la plaie, largement ouverte, permet au pus un ecoule- 
ment facile, que j'assure d'ailleurs a l'aide de deux drains volumineux. Le membre est conve- 
nablement assujetti dans une gouttiere. 

Les plaies sont remplies de charpie alcoolisee, et des compresses mouiliees du meme liquide 
recouvrent le pied et la partie inferieure de la jambe. 

(1) On a avance, j'ignore en verite" sur quelles preuves, qae les ivrognes etaient refractaires k 
Fanesthesie : c'est une erreur. Le chloroforme provoque seulement une excitation souvent tr^s-violente , 
et, dans les heures qui suivent, un malaise prononc6. 



20 L' UNION MfiDlCALE. 



L'op^ration avait ete pratiquee a quatre heures du soir. La nuit fut agitee, et le malade 
eut le deiire pendant quelques heures. 

Le lendemain matin, il etait calme, insouciant, presque gai; il n'accuse aucune douleur, et, 
malgre ma defense, agite continuellement ses orteils pour me montrer que tout va bien. La 
fievre est moderee, Fappetit conserve. 

Les jours suivants se passent bien, qnant a retat general. Le sommeil seul fait defaut, en 
depit de Topium, donne a la dose de 10 centigrammes. 

L'£tat local est moins satisfaisant. Les plaies sont blafardes, recouvertes d'un enduit grisatre 
et ne se detergent pas. La suppuration est sanieuse et de mauvaisc odeur, malgre le renou- 
vellement frequent des pansements et des injections avec Talcool etendu et la liqueur de 
Labarraque. 

Les gaines tendineuses peri-malieolaires se prennent, ainsi que le tissu cellulaire lAche du 
dos du pied. — Je pratique quelques debridements, que le malade supporte sans accuser de 
souffrance. * 

Le 23, la nuit a ete mauvaise el trouble par des rftves caracteristiques. B... a vu des rats 
descendre du plancher et courir sur son lit. Les mains sont agitees a'un petit tremblement 
aussi significatif. La peau est chaude, le pouls frequent, la temperature elevee. Soif vive, inap- 
petence absolue. Au reste, toujours le meme sourire un peu hebete. Nulle inquietude sur son 
etat, nul soupcon sur la gravity du mal. Reponses breves et monosyllabiques. Le laudauum. a 
la dose de 1x0 gouttes, administre dans du vin, produit une nuit meillenre, mais le pblegmon 
remonte toujours, et je suis force de faire, le 27, de nouvelles incisions vers la partie moyenne 
de la jambe, pour ouvrir une large fusee en nappe, qui separe la soieaire des muscles de la 
coucbe profonde. Plusieurs drains sont places de baut en r>as, et transversalement, afin de 
pousser des injections isoiees matin et soir. 

Cette operation, assez longue, est supportee avec stoicisme ou indifference; a peine le patient 
se plaint. 

Le 29, je constate une nouvelle fusee dans la gaine meme des vaisseaux tibiaux posterieurs. 
Le pied est tumefie, ainsi que la jambe dans les deux tiers inferieurs. La suppuration est trfes- 
abondante et infecte. Le malade maigrit et prend line teinte terrense. Je tente , comme der- 
nifere ressource, Tamputation de la jambe au fieu detection, avec Taide du chloroforme, qui 
produit une vive agitation. 

Cette nouvelle secousse ne modifie retat general ni en bien ni en mal, et 1q lendemain nous 
retrouvons notre bomme dans les mfimes conditions que la veille. Le moighon n'est point 
gonfle, point douloureux ; cependant un frisson s'est montre la veille au soir et ia nuit a ete, 
encore agitee par des rfcves. Le l er , a dix heures du matin, le malade s'&eint dans le calme le 
plus parfait, quarante-huit heures apres Tamputation. 

Autopsie. — Foie et reins un peu pales, mais sans lesions prpfondes; rate assez volumineuse, 
difflnente ; trois abcfcs metastatiques dans le poumon gauche. A droite, cinq ou six abcfcs dans 
le lobe inferieur. Pleuresie exsudative interlobaire et parietale ; epanchement s6ro-purulent 
peu abondant. La cavite cranienne n'a pas ete ouverte. 

Point de phiebite du moignon ni de la cuisse. Nulle ebauche de travail reparateur a la 
surface de la plaie. 

L'examen du membre ampute nous avait montre des fusees purulentes dans tous les inter- 
stices musculaires, une infiltration de meme nature des muscles peroniers et jambier poste- 
rieur, de nombreuses traces de phiebite dans les veines intra-musculaires et dans les veines 
tibiales anterieures et posterieures. De plus, une inflammation de Particulation calcaneo- 
cuboldienne. 

Bien que l'alcoolisme soit evident, d'apres Tensemble des symptomes, les lesions 
viscerates n'etaient pas encore tres-prononcees; aussi n'a-l-on pas observe de 
symptomes violents. 

La pyohemie a eu le temps de se produire. Elle a ete preparee par les lesions 
locales du membre blesse, c'esl-a-dire par le pblegmon diffus profond, la suppura- 
tion des muscles et surtout les nombreux foyers de phiebite. Le nombre et Tage des 
collections metastatiques pleurales et pulmonaires, Tabsence d'inflammation du 
moignon demontrent que cette pyohemie existait deja quand a ete pratiquee la sec- 
tion du membre ; mais elle ne s'etait revelee par aucun signe pathognomonique, 
sans quoi je me serais certainement abstenu. Au reste, je donne ce fait comme un 
type de ceux oil tous les jefforts de la therapeutique sont condamnes presque fatale- 
ment a l'impuissance.. 

Peul-etre l'amputation sus-malleolaire pratiquee le premier jour eut-elle sauve 
la vie; mais, outre qu'une mesure aussi extreme eut enfreint tous les preceptes de 
la chirurgie conservatrice , rien ne prouve qu'elle eut empeche 1'evolution funeste 
etprevenu le phlegmon et l'infection purulente, tant ces complications sont fre- 
quentes a la suite des amputations traumatiques primitives pratiquees dans nos 
hopitaux. 

(La fin a un prockain numdro.) 



L'UNION MED 10 ALE. 21 



ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



ACADEHIE OE MEDECINE 
Stance du 10 Janvier 1871. — Pr&idence de M. Wdrtz. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion relative a t rinfluence de Falcoolisme sur la 
marche et le traitement des lesions traumatiques. 

M. Verneuil continue son discours en reponse aux observations dont son travail a ete 
Tobjet de la part de MM. Hardy, Gubler, Gosselin et Behier. La premiere partie de ce dis- 
cours, dans laquelle l'orateur a repondu a MM. Hardy et Gubler, et dont nous avons rendu 
compte dans notre dernier numero, se resume dans les conclusions. suivantes : 

1° Le delirium tremens se d6veloppe trfes-souvent apr&s les lesions traumatiques et com- 
porte alors un pronostic serieux. 

2° La difcte alcoolique ne saurait expliquer ni cette frequence ni cette gravity dont il faut 
recbercher surtout les causes dans le siege, le genre et les phases de la blessure. 

3* Celle-ci peut troubler les fonctions cerebrates par des mecanismes divers : directement 
quand la violence atteint la boite cranienne et son contenu ; indirectement et suivant deux 
modes : 1° par Tintermediaire du sang altere quantitativement et quaiitativement. — II y a 
deiire par ane"mie et par infection. — 2° Par Tentremise, du syst&me nerveux, dont Tirritation 
partie du point blesse arrive au centre et provoque un deiire reflexe ; cette variete, que Ton 
conteste a tort, est facile a demontrer. 

U° Ces trois causes determinantes impriment au deiire des caractferes particuliers autori- 
sant a admettre trois formes qui, distinctes sans doute sous le rapport anatomo-palhologique, 
le sont assuremenl au point de vue du pronostic. Les inter£ts de la therapeutique exigent que 
ces formes et leur association soient reco amies au lit du malade, ce qui est le plus souvent 
praticable. 

5° Il n'existe pas de remfcde specifique contre le delirium tremens. Le traitement doit varier 
suivant les formes et retat presume du cerveau et des autres organes de reconomie. Les 
agents qui ont le plus promis et tenu et qui, admioistres avec discernement, r6ussissent le 
mieux, sont Talcool et ses derives, les toniques et les stimulants en cas de deiire infeclieux; 
1' opium, le bromure de potassium, le chloral en cas de deiire reflexe. Lorsque ce dernier est 
leger, l'expectation peut suffire. 

6° D'autres moyens encore : le tartre stibie, les purgatife, la digitale, les antiphlogistiques 
locaux, les revulsifs eux-m&mes seront utiles si retat du ceryeau et de ses enveloppes et des 
autres grands visceres en indique Temploi. 

Passant ensuite a I'argumentation de MM. Gosselin et Behier, M. Verneuil rappelle que ses 
lionorables collegues ont donne de Tinfluence de l'alcool sur Torganisme des explications 
hypolhetiques en admettant : le premier, la senitiU prtcoce, le second, la sttalose g6neralisee. 
M. Verneuil reproche a M. Gosselin d'avoir ete timide dans ses conclusions. Aprfcs avoir 
etendu le cercle de la question et annonce que, d'aprfcs son experience, Talcoolisme rend plus 
graves toutes les suppurations diffuses, les affections des voies urinaires et les lesions m^me 
legfcres de l'encepliale; aprfcs avoir, en parlant.des operations, declare que les plus minimes 
d'entre elles lui inspiraient des apprehensions lorsqu'il devait les pratiquer chez des sujets 
adonnes aux boissons spiritueuses, il manifeste des doutes a propos des grandes blessures et 
des operations majeures. Les blessures graves, les fractures compliquees , les grandes opera- 
tions entralnent si souvent la mort dans les h6pitaux qu'on ne saurait dire quelle part y prend 
Falcoolisme. 11 faudrait a M. Gosselin des observations nombreuses pour affirmer que les 
alcooliques fournissent un contingent de re vers plus considerable que les autres sujets. 

M. Verneuil, sans pretendre comparer son experience personnelle a celle de M. Gosselin, a 
observe pendant sept ans, soit a Saint-Louis, soit a Lariboisifcre, un bon nombre de fractures 
compliquees. Chez les sujets reellement sains, il a obtenu une moyenne trfcs-satisfaisante de 
succfes a Taide de r occlusion, des appareils perfectionnes ou des appareils ordinaires, des pan- 
sements. multiplies, du drainage , et enfin des grandes operations, amputations ou resections, 
primitives ou secondaites. Trois fractures de cuisse compliquees de plaie ont gueri sans trace 
de suppuration. 

En revanche, chez les alcooliques, a peine a-t-il pu obtenir deux ou trois succfcs a Taide 
d'ampntations primitives. 

M. Peronne consigne dans sa thfcse sept observations ; il y a six morts ; le septifcme sujet 
vigoureux, encore jeune, ampute immediatement et dans un petit hdpilal de province, par- 
vint a guerir malgre des complications survenues le septterae jour et qui le mirent a deux 
doigts de sa perte. 

Voila pourquoi, dans les cas de fracture avec plaie chez les alcooliques, M. Verneuil porte 
d'embiee un pronostic trfcs-grave trop souvent realise, malgre Intervention chirurgicale la 
plus active et la plus energique. 

• Avec un peu d'attention il est souvent facile, dnV M. Verneuil, de reconnaitre l'influence 
oxen-ee par la dyscrasie organique. Atteints d'nne blessure identique, Thomme sain et le dia- 
thesique peuvenl mourir ou guerir, mais ils ne mourront ni ne gueriront pas de la m£me ma- 



22 [/UNION M£D1GAL£. 



mere. On ne voit pas un jeune snjet vigoureux et sain succomber en quarante-huit heures a 
une fracture de la jambe avec plaie de 2 a 3 centimetres ; la mort, pour Patteindre, exige plus 
de temps, et, pour ainsi dire, plus de formalite's pathologiques. Au contraire, un diathesique 
ampule" peut survivre, mais on constatera presque toujours quelque complication du cdte de 
la plaie. Par exemple , M. Verneuil n'a jamais vu un succes de la reunion immediate. Loin 
d'abreger la gue>ison, cette pratique si prtrieuse en certains cas Iui a paru perilleuse, en ce 
qu'elle provoque le plus sou vent rinflammation du moignon et plus tard sa conicite. 

M. Verneuil rappelle que M. Gosselin est d'accord avec lui sur Fimpuissance de la the>a- 
peutique dans les cas de blessures chez les alcooliques. Quant aux causes de la gravity excep- 
tionnelle de ces cas, M. Gosselin incline a accuser les alterations viscerates, et, dans les cas ou 
ces lesions font defaut, il compare les alcooliques aux vieillards qui , sans presenter d'altera- 
tion organique manifeste, supportent mal les suppurations diffuses, les blessures et les opera- 
tions. Chez les uns et les autres Forganisme serait impuissant a effectuer la guerison en vertn 
d'une senilite conlre laquelte on n'a point encore trouve de remede. 

M. Verneuil adopte Fopinion de M. Gosselin. I| admet Tinfluence funeste des lesions visce- 
rates chez les blesses, alcooliques ou non, influence prouvee par des faits nombreux et decisifs. 

Reste seulement a expliquer comment une cirrhose, une nephrite, une steatose hepatique 
ou renale, une gastrique chronique, un epaississement des meninges, un depdt cancereux ou 
tuberculeux peuvent re*agir sur une fracture de la jambe et provoquer soit un phlegmon dif- 
fus, soit un e>ysipele, une osteomyeiite ou une hemorrhagic secondaire, et aussi comment, 
dans des cas qui ne sont pas tres-rares, on voit, dans de telles conditions organiques, la mort 
survenir en un petit nombre de jours ou m6me d'heures, sans que la blessure presente de 
complications notables. 

Cette explication est difficile a donner dans Fetat actuel de la science ; en attendant que la 
lumiere se fasse, M. Verneuil pense qu'il faut se tenir provisoirement pour satisfait quand une 
alteration viscerate importante a ete reconnue pendant la vie ou a Pamphitheatre. Dans les 
cas rares ou ces lesions font defaut, M. Gosselin explique la gravite des blessures chez les 
alcooliques par une sorte de s&niliU precoce. Ce mot heureux exprime une idee exacte. Oil 
sait que la fibre, la cellule, Pacinus, le capillaire ne sont pas identiques morphologiquement 
et chimiquement aux divers ages de la vie, et que leurs proprietes organiques, leur nutrition, 
par exemple, ne sont pas les monies chez le vieiilard que chez Fadulte ou renfant 

Les elements anatomiques du vieiilard vivent lentement , comme le feu sous la cendre ; ils 
se forment a grand'peine, s'usent avec parcimonie et meurent comme a regret ; vienne par 
accident une deperditiou subite, une usure exageree, la repartition, qui n'est en somme qu'une 
annexe de la nutrition, ne sera ni assez prompte ni assez energique; la reaction locale et gene- 
rale qui Faccompngne normalement se fera attendre ou restera au-dessous de sa t&che, et la 
cause de destruction, ne trouvant ni barriere ni resistance, pourra envahir et ruiner Forganisme 
tout entier ; de la Fexplication tres-simple de ee travail reparateur imparfait chez le vieiilard 
blesse, de ces gangrenes partielles, de ces inflammations diffuses, de ces suppurations de 
mauvais aloi, de ces granulations miserables, et enfin de ces absorptions funestes que rien 
n'entrave et qui produisent bient6t Fadynamie. 

Si Ton suivait.un aun, pas a pas, les nombreux actes dont une plaie devient le siege depuis 
sa production jusqu'a sa terminaison par la guerison ou la mort, on pourrait expliquer jusque 
dans leurs moindres details toutes les anomalies du travail reparateur et comprendre toutes 
les consequences facheuses qui en decoulent. 

Mais Page n'a pas seul le triste privilege d'alterer les elements anatomiques et de rendre 
la nutrition languissante ; plusieurs maladies generates realisent ptus ou moins vite les memes 
resultats, entre autres Fintoxication lente par Falcool. La senilite alcoolique est d'autant plus 
admissible que Fanatomie.et la physiologie pathologiques demontrent une similitude presque 
complete entre Fetal materiel des organes et la decheance fonctionnelie chez le vieiilard et 
chez Fivrogne. 

Au scalpel et au microscope m6me surcharge graisseuse dans les lieux detection du tissu 
adipeux et dans Fintimite meme des elements ; meme induration sciereuse en divers points, 
aux meninges, a la charpente fibreuse des glandes, meme atropine des elements secreteurs, 
meme tendance a Fatherome arteriel. • 

Au point de vue physiologique, Falcool, s'il agit comme excitant, amene Fusure preniaturee 
des organes en les provoquant a une action incessante et excessive ; s'il agit au contraire 
comme agent d'epargne ou en retardant la desassimilation, il rend la nutrition languissante et 
surtout la reparation imparfaite, puisqu'elle n'a pour facteurs que des elements anatomiques 
ayant deja trop vecu pour etre feconds. 

Des lors, au point de vue pathologique, il devient aise de comprendre et utile d'accepter le 
rapprochement ingenieux etabli par M. Gosselin et que Fobservalion confirme pleinement. 

— La seance est levee a quatre heures et demie. 



L'UNION MfiDICALE. 23 



SOCIETE DE GHIftUft&lE 

Stance du 7 decembre 1870. — Prtsidence de M. Alphonse Gdebjn. 

Sommaire. — Blessure de l'artere humerale par arme a feu ; garrison spontanea de la plaie arterielle, 
absence de suppuration de la plaie des parties molles. Discussion sur les plaies par projectiles de 
guerre. 

M. Vrrneuil a fait une communication qui est devenue le point du depart d'une discussion 
alaquelle les evenements actuels fournissent malheureusement de quoi s'alimenler pour un 
grand nombre de stances. 

Le sujet de I'observation de M. Verneuil est un jeune officier de la garde mobile, qui fut 
blesse* au bras gauche dans la matinee du 18 octobre dernier par un coup de revolver invo- 
lontairement decharge sur lui. 

La douleur fut.minime; mais une hemorrhagie abondante se declara, que Ton arreta au 
moyen d'une pression moderee, du repos. et des applications froides. 

Appele aupres du blesse* par le medecin habituel de ce dernier, M. Verneuil le vit dans la 
soiree du roeme jour. Le bras, ftechi a angle droit, reposait sur un coussin; Hemorrhagic ne 
s'etait pas reproduite; quelques caillols peu volumineux recouvraient seulement la plaie 
d'entree. Pas de douleur, sensation d'engourdissement et de pesanteur dans l'avant-bras et la 
main, avec legere diminution de la temperature appreciable au toucher, mais conservation de 
la sensibility et du mouvement dans loute retendue du raerabre. 

Absence complete du pouls aux arteres radiale et cubitale, au pli du coude et dans le tiers 
inferieur du bras ; il reparait au tiers superieur. Au tiers moyen on constate une legere tume- 
faction sur le trajet de Partere humerale, et la, dans une Vendue deplusieurs centimetres de 
longueur, sur trois de largeur, existent des pulsations tres-6videntes avec expansion appre- 
ciable. L'auscultation rTest point pratiquee dans la crainte d'imprimer au membre des mou- 
vements nuisibles. 

M. Verneuil conclul de ces constatations qu'il y a section de l'artere humerale avec com r 
mencement d'anevrysme faux primitif. 

Ce diagnostic s'appuie sur les commemoratifs et sur l'examen de la blessure. En effet, le 
projectile est cylindro-conique et de petit calibre (7 millimetres de diametre). Les blessures 
laites par ces balles ne donnent lieu qu'a une hemorrhagic insigniflante quand elles ne tra- 
versent que les tissus cutane et musculaire. Or le blesse affirme que le sang est sorti en abun- 
dance et en bouillonnant. Un vaisseau important a done ete atteint, et comme en ce point 




de la face interne avec la face posterieure du bras. En raison du grand developpement des 
muscles, la distance entre le trou d'enlree et celui de sortie mesure environ 9 a 10 centimetres. 
On comprend tres-bien que l'artere humerale ait ete atteinte , etant comprise dans ce tra- 
jet. On peut seulement s'etonner que les nerfs satellites n'aient point ete tranches; Le petit 
volume du projectile explique seul cet heureux hasard. 

Les trous d'entree et de sortie sont a peu pres egaux et de petite dimension, remplis seu- 
lement par un caillot de quelques millimetres. 

Malgre* la benignite apparente de la blessure, on pouvait craindre le retour de l'hemorrhagie 
ou l'accroissement de l'anevrysme faux. M. Verneuil songea done a prevenir au plus tot Tune 
et Pautre de ces eventuality en decouvrant le point blesse" et en liant les deux bouts de la 
plaie arterielle. 

L'absence de gonflement et d'inftammation, la proportion minimeder^panchement sanguin 
auraient rendu facile cette petite operation, le point blesse* devant se trouver necessairement 
a l'intersection du trajet de la blessure et de la ligne fictive qui indique la situation normale 
du vaisseau. Diverses causes firent ajourner Toperation, qui cTailleurs n'etait pas urgenle. 

Une attelle de bois leger en forme d'Gquerre^ et convenablement garnie fut placed sous le 
membre et assujettie de facon a assurer l'immobilite complete. Des compresses pliees en plu- 
sieurs doubles et inibibees d'un liquide resolutif et refrigerant furent appliquees sur le oras 
avec recommandation de les renouveler sans cesse. Quelques grains d'opium furent presents 
pour assurer une nuit tranquille. 

Le lendemain , a onze heures, aucun changement notable n'etait survenu dans l'etat du 
blesse ; l'epanchement sanguin n'avait pas augmente ; les battements semblaient rneme 
amoindris; pas de douleur locale, pas d'indice d'inflammation ni aux orifices, ni dans la pro- 
fondeur de la plaie. M. Verneuil crut devoir attendre encore, encourage d'ailleurs par le 
conseil de M. Larrey. 

Les jours suivants ne furent marques par aucun incident. La tumeur sanguine disparut peu 
a peu remplacee par une induration diffuse assez etendue. Les battements cesserent vers le 
quatrieme jour, et les plaies recouvertes d'une petite croute noiratre se cicatrisfcrent sans 
suppuration. L'immobilisation complete du bras a l'aide de l'attelle coudee fut neanmoins 
main ten ue pendant une quinzaine de jours. 

M. Verneuil a revu le malade le 5 et le 20 novembre. Sauf l'absence du pouls et une legere 
raideur tenant a l'immobilite prolongee et a l'induration persistante de la galne du vaisseau, 



24 L'UNION MfiDICALE. 



le membre £tait clans des conditions telles qu'il lui a paru apte a reprendre ses fonclions nor- 
males. 

Cette observation fournit un exemple assez rare de gu6rison spontanea d'une blessure art£- 
rielle' par projectile de guerre. Le petit volume de celui-ci, r6troitesse et la longueur du trajet, 
surlout Tabsence d'inflammation et de suppuration, rimmobilite* du membre, ont certaine- 
ment contribue* a divers titres a rhe*mostase spontanea, d'abord provisoire, puis definitive, 

Ce fait peut elre rapproche* d'un fait semblable communique* l'annge derniere par M. Ver- 
neuil a la Soci&e de chirurgie, et dans lequel une balle de revolver ayant blesse* la carotide 
et la jugulaire, il en rdsulta un anevrysme arte>io-veineux, qui persiste encore aujourd'hui, 
mais qui n'a jamais determine* d'accident grave. La plaie s'6tait egalement cicatrisee sans sup- 
puration. La chance d'arr&t dtfinitif d'une hemorrhagic apres h^mostase provisoire ne doit 
pas cependant faire abroger ia regie d'aller a la recherche du vaisseau blesse* et d'en lier les 
deux bouts. Un ou deux faits exceptionnels ne peuvent pas faire loi. 

L'abstention est re*ellement indiqutte si le trajet de la plaie n'est pas expose* a s'enflammer 
et a suppurer, si le malade est d'une bonne constitution et n'est pas menace* d'accidents g£n£- 
raux, si enfin le milieu est favorable. Dans les conditions conlraires, les h£morrhagies secon- 
dares sont si menacantes et si probables qu'on ne doit pas h&iter a prendre contre elles la 
precaution par excellence, c'est-a-dire la ligature des deux bouts du vaisseau blessed 

(La suite au prochain numtiro.) 

* ■ - ■! I'll... " ' 

FORMULAIRE 



IllLECTUAIRE ANTIRHUMATISMAL. — - GRAVES. 

Quinquina jaune pulverise* k grammes. 

Gafac jaune pulverise" U — 

Creme de tartre soluble pulverisge .... 32 — 

Soufre sublime et lave* 2 — 

Gingembre pulverise* k — 

Sirop simple q. s. 

Pour un e*lectuaire, qu'on administrera a la dose d'une petite cuillere*e, trois fois par jour, 
dans le cas de rhumatisme articulaire chronique. Ge remede a ordinairement pour effet de 
produire une Evacuation abondante dans les vingt-quatre heures. — N. G. 



Eph£merides Medicates. — ilx Janvier 1649. 

La Seine a tellement grossi qu'elle d^borde de tous c6te*s a Paris ; les Ecoles de la rue de 
la Bucherie sont sous Teau ; Jacques Gamare ne peut y recevoir le bonnet ; il est recu doc- 
teur au college de Presles. — A. Ch. 

COURRIER 



Messieurs les me*decins qui desireraient faire un service dans les bataillons mobilises de la 
garde nationale sont invite*s a se presenter tous les jours, de deux heures a quatre heures, au 
palais de TElyse*e, bureau du service me*dical. 

Les bataillons de marche de la garde nationale comprennent un chirurgien-major qui doit 
etre docteur en me*decine , et un aide-major, qui peut Sire docteur ou officier de sante*, ou 
Sieve en me* decine' ayant un certain nombre d'inscriptions. 

Le jury de revision pour les bataillons de marche sie*ge le mercredi et le samedi, de deux 
heures a quatre heures, au palais de TElys^e. 



Bulletin hedbouiadaire (les d£ces causes par les principales maladies rggnantes, 
d'apres les declarations a l'6tat civil. 

Paris (du l er au 6 Janvier 1871). — Causes de dtces : Variole 329. — Scarlatine 13. — 
Rougeole 31. — Fievre typhoide 251. — Erysipele 9. — Bronchite 343. — Pneumonie 262. 
— Diarrh6e 151. — Dysenterie 52. — Cholera 3. — Angine couenneuse 19.— Croup 20.— Affec- 
tions puerperales 11. — Autres causes 2,186. — Total 3,680. 

J. GARNET— TRAITE PRATIQUE DES MALADIES DES YEUX ET DE LA VUE; traitement de la 
Cataracte et de la Loucherie par les nouveaux procedes (Cours fait a rfecole pratique de 
Paris). Un volume avec figures, 3* Edition : 5 fr. Chez Adrien Delahaye. 

Le Gerant, G. Richelot. 
Paris. — Typographic Felix Malteste et C e , rue des Dciu-Portes-Saint-Sauveur, 22. 



No 5 LtTNION MfiDICALlE . Samedi 21 Janvier 1871 

Apr&s dcmze Joans de bombardment sur Aotre Htfe gatftbte, bttet de^HSdilectidh 
des obos civil! sateurs du roi Ouillftume, m& Afaa&toies ortt 6yritmue aVefe la l Mme 
staeuite leurs travaux hebdomadhires. An nomfere <te nds ^toblfssertienfe'icifenti- 
fiipies et< hqs^italteip qui out serrt de piilit 4e roir& aux tfWjecltfl&s prussiens,11 
fautajouter, cette semaine, le -nunto Itapoytttn, la miftefe Ortllfc, "1'fifttlte ifes 
Min^s, rhopiWiiochin, l'lastitatton fles Stands' ert -Meets, rinetitution ^ksJednes 
Ayeuglea^toua 6tabUsscmttrts : qui on* -en leurs ^tietrraes hiinlaines et; qui Otttfsdfei 
de$ degits plus on atoinseOB&hieraiJlefij.U^ 

awifon* de|a sub* tea injure* pmseieunes n'ont pa* eOe plus epargn^s icpie la selttftiile 
pass6e. Quelle eternelle honte pour rAllemagfcel .it'!.! "■• 

On a signal e un trait fort iutttttjgfcnt d'iin obo$ priiB&teft Wmte ; &u¥- 'fEjpoWdes 
Mines. Le secretaire perpetuel, M. Elie de Beaumont, a fttft;& oe atfjdt te fcOrtmtiiit- 
-cation siriYtote •? '«• ,4> ] - v 

M. le Secretaire perpetuel lit une lettre que lui adresse M. de Cha*H*M«^s;tag4- 
uieur en chef des mines, bien connu de r Acadtetify prttfefcBtffcr k ME&fle dfe^jifiAes, 
sur des coincidences curieuses. ■:■.....". \ '■ -■ 

On sait que I'Sooto de* Mines, cowoae i*plapa*rt de h<m priikipwit *B4)lW9fei^ent8 
4'ep^n,enierit superior, la'a^pae ef&apfti ftu bombardment v> : 

Deux obus sont tombes #ur l'Ecole. C'est a ce propos que M. <fe CteftduttfMs 

M. Leopold de Buch, president db L'Aoademie des s6ieai6$tieltefi1tt, k sottklet 5 - 
xii$r jpoppagt a Paris l'anneejqui ap©6oede sa inert, m cmdit ■>& PEuokrital Mines 
pour eiuxuirier dea echairtttloaa vtniis du Chili* dont la ddtenniHaUon d$Mitedfe*it 
une de ses vues geologiques. •• :<■.;-:». 

Or* Q'wt^sftetaK&it a 1& pJace ou sb troufaient »efc ecfcahtillons , 1M1S l&'lc&Itec- 
tion de paleontologies et lh *>u par eoasefuen^ s'etottijartfttd ;l ? l|liy«tr^Tflfief d& |6d L 
lo^es ayeaiaj^ds 1( ,qu ? est ,venu editor a tracer* le toit -mansairde ie pirrtw^ obus 
tomne dau^ la huit du 11 am 13 j^nvifliv SinguJkrteiflrck La plaoe-eiait prddtistinte. 

Mais ce nest pas le seul obus intelligent qu'ait recti L'Ecole <Ae& Mines . 

Le second obus, tombe dans la nuit do tftaa 13*& fourrfll'becaMdtf ft lift SibH 
der¥c^,d^j^^,un^uiferapproefceiw«nt. ■ '•• 

Cet^CbttS a peaeUte sans «olater dftns le caking de M. Datibr^, et est Vetiti se pbs^f 
debout sous la table du profaflseur, ; . : . .: ;■ S: '' ;i ' 

0^ sait (Wpuis loQgt^io#0 qil« tea. aerolithes: sont prln«^l«m^t f <b*ii^9 de iter, 
etohya reconnu ensuite d'autres metaux, puis du-aoifre, dti^b^ft^ etft. L^ur 
con^po^iUw e^k dpqe>a#0togltait:c*Ue do$Wus:N^t-Upafe1r^s4VapWrii d^voi^un 
de ws bolides ar4,iikaels aFriyer pmofaejRie^t au^Bge du SAvamtffHiemlo^te qui; 
dam qes deraiers teu4p6, : 3e*ait fett uote sortc de fcpccieftltB. d^ 1'etude d^^ld^ 
patwels.? .. .... . ...-;•,. -., *: '■••■ • ■ ' ; ' "*■' "^'! " •" 

fl est v>n de nos illu^tres posqpAtrioKa qui pafait'a^ir a*fe^ rr^it^Ja r^nctifle 
des pbu^ prussi^os, c'est le mvant trttdbcieui* diiippoc^ate, M. Littre, doM la rrW- 
deste deme^e a eu i'bomjeur, de, rw^oh* on prajEhBlito;oivilte«<ettMttAo8 d& $te^ 
teau de.Chfitill^L: etqui p rui* ea.«jiet).0s 1'buoiWe mobiliePLde cti msp&ttabte ^fci- 
losophe, M r LitLre ^ beuxeusen)ej)fc' ?b$QXi\, de , P^tq ^ bf^triiwaTf^ir aq»i ayjel Ut 
main pieuee et prudente de M. Daremberg 4tftf4<atiBi »i l'^Wi^ k«i &TB(WB WJrfi(jgl^ 
phiques collectionnes par M. Littre. Rien d'irreparable na ate^ea d o m m age, . - -•■•- 

II est en On vraisembJaMe>4oe latd^QtrUw swpbite9^¥W) de notre chef et ami 
Ricord, — qui, a rheu*&o& i!dt!$' 66fiioH3 TOs1ngties",^^tWavement sur le champ 
de bataille de Munlretout ", —a catisS queTques"*desagrements"aux obus d ( u roi 
GialUflaia^f'tt m Wtmmte titfpremlei* JnSte tti'hcetlvlti sec6n : d dans le jardin 
de son hotel de la rue de Toarnoft* ' " ,# : * A x l * ; 

En parcouraxijt auift^4!b^ «$BW <<$ti£ JfMP ,de T6WtfB©a^«*ttfi/rt(jtiB- disions que si 
la lunette de M. de Bismark pqrtait iuscjue-la, il,crpirait au resultat de son fameux 
efifet psychologique. Tous Its magasins y sont fermes comme un saint jour de 
Paq>*fc ^mple.^e^re^prt^tutiony d'ailieirs, mt ^^ab?Wmt^ ny ^ont r/^ptn^ 
craintirs ni plus emua qtf ailleur^. ^i/est ps& ^Sdttr6ment'qu f il ne faille recon- 
naitre aye. Jes natures n^jffuses.jeti JiflpfWiftWaWes ^^ »e, [; dQW«ol f jWWtttir.'/de 
fecheuses atteintes des Amotions morales que nons subisson§. Tous nos confreres 
s'accordent a reconnaltre que l' , 61*kri^tt^ , Til^^tBhift« ^ HWttilWef ! Bft ce Wdnidttif dans 

Tome XL — Troiiiim* 9iri$. 3 



26 L'UNION MfiDICALp. 



•^•++^+vm ^— ^— +omm mmmmm. ■ »»ii A fci 



la constituti o n mcdrcaie. ffcms sommes 6galement ififorme que les perturbations 
intellectuelles de tout genre sont dam ee moment tres-nombreuses, ce qui jette 
un grand embarras dans les families comme dans ['Administration; car, la plupart 
d$s roaisops de sante. des environs de Pari*, ayatit ete evacuees, il est difficile de 
placer les malheureyx atienes que les families nei peuvent pas garder chez elles. 

M Dufrunfaut, qui s'occupe avec un grand zele de tons les moyens d'augmenter 
les elements de falimentation pendant le siege, a communique a r Academic dies 
sciences nne note sur la fabrication du lait artificiel. 




M 

tent en grande quantity dans la vilie. Tout le procede repose 

corps gras dans un serum alcalin offirant une constitution analogue, sinon iden- 

tique, au serum du lait. Yoici la recette : 

On d»$out dans un demi-litre d'eau 40 a 50 grammes de matiere sucree (lactine, 
sucre 4e canne ou glucose) ; 

20 a 30 grammes d'albumine seche (blanc d'oeuf sec , qui se trouve dans le com- 
merce papain) ; 

I ^l 2 grammes cristaux de soude; 

Et Ton y emulsionne par les moyens connus : 

5^ a 60 grammes d'huite d'olive on autre corps gras comestible. 

L'emulsion s'effectue mieux a chaud qu'a froid, et il sufflt d'une temperature die 
50 a 60 (teres. 

• Le liquide laiteux ainsi prepare a la consistance d'une crtme, qui prend I'aspect 
du lait des qual'oalea double le volume avec de l'eau. 

M. DMbnmfatlt recommande aussi l'usage d'une crfime alimentaire plus riche que 
la preparation precedents en matiere grasse. II stiffit, dans la recette indiquee, de 
substituer a l'albumine la gelatine. 

On peut aussi intooduire* 100 grammes de matiere grasse emulsionnee dans un 
litre de serum, qui peut ne contenir que % a 3 grammes de gelatine. 

II doit y avoir fen ee moment, a Paris, bien pres de 20 millions de kilogrammes 
de n»Uecea grasses, ecritM. Dubrunfaut. Toutes les gelatines du commerce peuvent 
servir a la fabrication du lait dont nous parlons. On voit les quantitts toormes de 
lait qui ppurraient etre ain3i livrees a la consomma'tion. 

II est evident, d'ailleurs, que la substitution de la g6latine a !a castine dans le lait 
ne peut ajp/r d'inconvpnient, puisque les recentes communications de MM. Dumas, 
Fremy, Cnevreul etablissent que la gelatine est une matiere alibile. 

On.peut.done eonrtilierla vulgarisation du nouvel aliment, appete en ce moment 
a rendre de verttables services. 

A I'Awtemie de medecine, la discussion sur i'influenee de l'alcooli^me chro- 
niqye sjar le tmumatiame a continue plactdement par un excellent discours <fc 
M, Riciuet f . dpa t nous publions l'analyse. D'accord au fond avec M. Yerneuil, l'hono- 
rable professeur ne trouve pas suffisantes les preuves invoquees par son Savant 
eollegiw. Les observations de M. Yerneail, If. Kichet les a passees au crible d'one 
critique &6v&re, et, quoique tros^oavaincu de la nocivtte de l'alcoolisme, M. Richet 
n'en a pas ftQUTO la demonstmtipn dans les observations de son collegue. 

Mais le ewpon groride et riotre armto est atui prises avec les Pruseiens. Le moment 
est pfu fevorakfe ara. digressions, et comme vous tous, chers confreres, nous atten- 
ckmft Onfcieuai les rasultats de la bataille. A. L. 



^•^MMAvriM^^a^^^^^^ 



CLINIOUE CHIRURGICALE 



i ' 

DO TOONOSTIC IBS L&IOttS TBADlftATIQOES B? MS 6MGBATO1I» OHimNAUl 

GHBI LBS ALCOOLIQUBft (*> j 

• Lb It l'ABtdtait de rtdeciae, dans la stance do IS dfeemltoe 1870, 

Par M. le professeur Verneuiju 

as? itf. r~ Frwturt du condyU kym&rnl mee piaic. — PkUgptMi super fieul et ptofimd* — 
. ,,. |. . , , Arthri te purulenU, -*- Amputation* — Mart* 

M..«, U3 «as, ionttr *ui* bois. fentrt k llripftal le 1" d&embre, a onze heures du spir, en 

(l) Suite el fin. — Voir les nonpros des 7 qt 14 Janvier 1871. 



L UNION MfiDIGALE. 27 



dtat d'iVresse. Deux heures auparavant, il a ete renverse par une voitureet porte en plusieurs 
points du corps des traces de contusion, la plupart sans gravity ; la seule lesion serieuse siege 
au coude gauche. L&, M. Richelot, interne de service, reconnatt., avec sagacity, une fracture 
du condyle avec subluxation du coude en dedans. Une plaie de quelques millimetres k peine 
d'gtendue se remarque a. 3 centimetres environ de Finterligne articulaire, au nive&u du bord 
externe de Fhumerus. Elle fournit du sang noir en abondance; partout ailleurs, sur la peri- 
pheric de la jointure, les teguments sont indemnes. 

La reduction est faite avec la plus grande facility et sans douleurs notables. La petite plaie 
est obturee avec la baudruche et le collodion. Le membre, convenablement immobilise dans 
la demi-flexion, est place sur un coussin. La region blessee est couverte de compresses reso- 
lutives. En un mot, les premiers soins sont donnas avec autant d'opporlunite que ^intelli- 
gence. Le lendemain matin, Fapprouve ces soins, et les choses etant en fort bon etat, je 
n'entreprends pas meme d'expioration nouvelle. La douleur est nulle et le $onflementmod£r6; 
rocclusion est parfaite. 

Mod attention se porte surtout vers Fetat general. M... est de taflle moyenne, grfcle sans 
maigreur. La face est pMe ; le pouls apyretique. C'est un de ces ouvriers intelligent* , moitie 
artistes, k figure energique, k barbe longue, k ceil brillant, s'exprimant avec one certaine 
recherche empreinte d'affectation. Chez lui, point de trace d'abrutissement, mais, au con- 
traire, indices d*un etat habituel d'exaltation. 

Quiconque a observe avec quelque soin la classe ouvriere de Paris sait que le type que je 
viens d'esquiseer se livre malheureusement k des excfcs alcooliques sinon violeftts, au rooms 
contmus. 

J'enoncai tout haut mes soupcons; M... protesta avec vivacity et dans des termes qui ne 
firent que les conraroer. J'appris d'ailleurs que notre bles&e vivait assez mat dans son manage ; 
que depuis six mois il etait oisif, faute d'ouvrage, et qu'il menait line vie peu reguljew. Il 
m'avoua lui-meme que depuis longtenaps il dig6rait mal, avait perdu Fappetit et surtout le 
sommeil. « 

Ses parents ajout&rent quelques informations. M...,jadis excellent ouvrier, quolque toujours 
excitable, avait 6prouv6 un vif chagrin deux ann6es auparavant ; alors 11 avait commence k 
boire de Fabsinthe en petite quantity, il est vraf; six mois de ce poison avaient sraffi pour ame- 
ner des vertiges et de Faffaibussement des membres. 

Ces symptftmes avaient beaucoup augments depuis la cessation du travail 

Ces renseignements etaient dej& decisifs ; le developpement des accidents locaux cotitribua, 
de son c6te, k me convaincre. 

Des le lendemain, en effet, le mal s'etait singuliferement aggrave. La petite piaie, lok de se 
reunir, s'etait agrandie et fournissait sous Fopercule de baudruche une suppufttiep s&o-gan- 
guinolente. Le coude avait gpnfle ; les teguments etaient d'un rouge livide et asses largement 
d&olies. Une premiere eschare s'etait formee au niveau du radius, une seconde au niveau de 
l'epitrochiee. Jrincisai la premiere et passai un drain sous la peau decoliee. 

Le 4, au matin, le phlegmon avait encore prpgresse ; la rougeur et le gonflement compre- 
naient les moities supierieure de Favant-bras et inferieure du bras. Le pus sortait en abon- 
dance des ouvertures pratiques ; Farthrite du coude etait evidente ; un stylet, introduit avec 
grecaution, constatait fa denudation de Fepicondyle. Les injections, deux debridements super- 
ciels. les pansements desinfectants reiteres ne purent arrftter les progrto du: phlegmon, et je 
dus, des le 5, songer k une action chirurgicale plus energique. 

L'etat general s'aggravait simullanement. Soif presque inextinguible. Appetit nul. Constipa- 
tion opini&tre. Vomissements muqueux de temps k autre. Inquietudes contjnuelle& Insomnie 
persistante, malgre Fopium, k la dose de 10 centigrammes. La temperature et la frequence du 
pouls etaient moderees le matin, mais le soir il y avait une recrudescence tres-marquee, Le 
thermometre alors depassait 39 degres et le pouls montait k plus de 100. M..., taciturne, 
stoique, et resigne en apparence le matin, etait atteint le soir d'une veritable divagation. II se 
croyait perdu, accusait des douleurs' insupportables, certainement imaginaires, et me suppliait 
d'employer le chloroforme pour Fexaminer, s'offrant k te payer si le medicament etait trop 
cher. II se deolarait d'ailleurs prepare au sacrifice de son bras, redoutant qu'il fut dejb trop 
lard pour l'amputation. 

Le lendemain matin cet erethisme avait cesse, mais laissait aprfcs lui une depression trfcs- 
considerable. L'opium etant impuissant k procurer le sommeil, j'essayai la digitate k la dose de 
2 grammes de temture : m&me insuccfes. 

Voyant enfin que le phlegmon gagnait toujours, que le pus sortait k la fois de l'articulation, 
de la region sous-cutanee largement decoliee, et mtoe des interstices musculaires de Favant- 
bras, je me decidai k pratiquer Famputation du bras; il me fallait aller jusqu'au quart supe- 
rieur dans repaisseur m^me du deltoWe pour depasser les limites de Talteration de la peau. 

J'avais un instant songe k pratiquer la resection du coude, mais je fus arrete par la crainte 
d'une suppuration prolongee et de la continuation des phenomfenes inflamtnatoires. La chi- 
rurgie radicale me parait, dans ce cas, plus efficaee et plus conservatriceque la chirurgie con- 
servatrice elle-meme. L'examen du membre demontra d'ailleurs que Famputation etait indis- 
pensable. En effet, autour de la jointure et k plusieurs centimetres de distance , taut sur le 
bras que sur Favant-bras, le pus avait fuse, detruit le tissu cellnleux, infiltre les muscles et 



28 L'UMOjy MfcDftAlE. 



form6 plusieurs foyers sans communication avec Ja plaie principale,. La. ^section eAt clone dte, 
a peu prts Inutile. ' 

Tamputai par le procWS & dfeux lambeaux, interne et externe, qui s'affrohtferenit naturelle- 
ment et que je V^ums dans la nlus grande partie de leur Vendue avec quelques bandelettes de 
baijdrdc^e #t lp coJlodipB., . . . . 

i'ondjratjpg, comme dang le cad pr&ddent, n'apporta tout d'abord a F6tat g6n6ral pi anua- 
lioration nl aggravation sensibles. Lessympt6mescontiau^rentetsecompliqu^rent d'unboquet 
intermittent trfcs-incommode, ph^nomfcne coinmun chez les buveurs d'absinthe et qu'on sus- 
pendit de temps a autre a Faiae de fa glace, de Topium et des boissons gazeuses. La plaie rie 
fuf a Texterieui* le si6ge d'aucun travail inflamihatoire, les lambeaux restferent pales et mous ; 
mais, dans la profondeur, le tissu cellulaire de la gatne des vaisseaux et des interstices mus- 
culaires devint noiratre et putrflagineux, comme s'il 6tait frapp6 de sphacfele. Un suintement 
sanguin apparut $ la fin du troisifcmejour, et se renouvela plus intense le lendemain, quelques 
heures avant la mort Le malade , pns d'un d61ire tranquille et d*un affaissement progressif, 
succomba sans souffrance, un peu plus de quatre jours aprfes Famputatien. 

Les fails quipr6cedent reprfeentetit pfesque tous les types de revolution inexo- 
rable que je voulais mettre en lumiere. Us ont eu laumeme terminaison aprea remploi 
des methodes variees de la therapeutique chirurgipaje. lis se ressemblent eflppore en 
cela que le$ lesions initiates epargnant les organes essentiels a la vie eussent ete, 
dans d'autrq* circonstances, tres-susceptibles de guerisoa, Une blessuce 4u pied, 
du coude, du bras, alors meme que les os sont interesses, ne compromettent pas 
directement 1 Existence, et il nous arrive bien souvent d'en obtenir la cure. Dans ce 
moment meme je Bonduk a bien trois hlessures d'armes a feu ayamtle meme sitae 
et que j'ai traitees par la resection de l'humerus, du coude et des os du pied. Ala 
vGrite, tes stijefe sotA exempts de toute tare organique. 

Che^ le cocher, les lepjons etaient plus serieuses, puisau'elles atteignaient les 
viscere$,abdominaux. Mais, eij sommef, il n'y avait que des fissures di^ rein, du foie 
et de la capsule surrenale, avec epanchemerit saijguin circonscrit. Le travail repa- 
rateur aurait pu fort bien s'operer a Tabri du contact de 1'air, comme la science en 
possede de nombreux exemples. II n'y avait d'ailleurs an siege meme de ces desor- 
dres nulle trace d'inflawjnation, nul vestige de suppuration^ et e'est par le poumon, 
non atteint par la violence, que la mort parait s'etre produite. 

Si dans les deux derniers oas la biessure ou les operations pratiqueesont pu faille 
naitre des accidents locaux capables d'ehtrainer la mort au bout d'un temps assez 
long, il n'eh fut pas de meme pour les deux premiers, ou la terminaison fatale est 
survenue inopitt&nent avec une rapidite telle aue les complications ordinaires 
n'avaient pas encore eu le temps de se montrer. II n'est done pas possible de refu- 
ser a ces cas une physionomie speciale et de nier 1'existence d lin element particu- 
lier de maligflite. .. 

Le lien cftptuxujn de tautes ces issues f unestes est, sans aucun doute, l'alcoolisme. 

En • piwenaie detels Mte, plusieurs questions s'imposenta Tesprit. Quellti peut 
etre la cause d'une disproportion si evideiite edtne la gravite des lesions primitives 
et la gravitede leur Evolution? 

FauMl attribuer celle-ci aux lesions visterales anterieures, a une alteration sur- 
aigpe du sang, a Tadulteration de ce fluide par les liquides absorbes a la surface de 
la plaie? Toutes ces hypotheses reposeiit sur des bases acceptables, mais aucune 
d'elles , ne peut s v appliquer a la generality des cas. Admettons que les lesions du 
foie, des reins, de 1 estomac, des meninges amenent la mort ; comment expliquer 
qv^e deux ou. trois jours avant la blessure ces lesions soient presqite ignorees et com* 
patible^avBC una* sante donvenable en apparence? Coqiment expliquer qu'une frac- 
ture ou une plaie les aggrave aussi rapidement? 

L^bsorptflendGs matieres es^ a coup sftr fort nuisiblft etlorsqu'elle s^Btectue dans 
de grati'dfcs proportions par de larges siirfeces, que les fluides sont tres-deleteres et 
quasi-virulen^ts, la mort s'explique assez bien, quelle que soit la constitution des 
sujjets. 'Mais eri cas de petites plaies et m§me de lesions sous-cutanees qui n'engen- 
drent pas de matieres pytrides, on voit de temps en temps surgjir chez les alcoQ- 
liques (\es accidents tout au^si graves, tout aussi foqdroyants que ceux do»t m& 
observations nous fournissent des exemples. 

J'aime done mi^iR^m-arreter dans la voie des suppositions et vous laisser le soin 
de meclaarer sur latpathogeim de la mort dans de teiles conditions. • 

Une secdride questidn rion moins pressarite est celle-ci : fttani d6pn6 w blesse, 
conamejat ^avpir a^it^t s'il est aicoojique? II ne faut gy^reL center sm; se§ ,ax^^ 



L'UNibtt MftDFCALE. ' 29 



directs. Tel homme du pe'uple se croit sobre en absorbaiif quoticftennement trois on 
quatre litres de vin et une demi-douzaine>de Verres de liqueur. SMI a une profession 
un peu rude', il s'imagine ne prendre qu'unls quantity de boisson tout a fait raison- 
nable, utile m&ne a l'entretien et a la conservation de ses forces. Dans une classe 
plus 61evee , on cache avec plus de soin encore les habitudes d'internperanee, ou 
bien on vit avec ce prfjuge que les boissons de bonne qualite ne saur&ient fetre nui- 
sibles k la sante. 

Toujours est-il que c'est par surprise le plus souvent et en procedant avec tact et , 
perspicacite qu'on soupconne et qu'on reconnait 1'alcbolisme. 

Lorsque je possedais moins d'experience et que j'etais moins preoccupe de cette 
grande question de Tetat organique des blesses j'arrivais bien a i*econnaltre les effete : 
de l'alcool, soit a l'apparition du delire. soit en raison des anomalies du travail 1 
reparateur; mais deja if etait bien tard, et je m 'attache aujourd'hui en diagnostic a 
prevoir avant de constater, comme je voudrais en therapeutique preyenir plut6t que 
combattre. 

Par boriheur, les difficultes du diagnostic pr6coce nesont pas tres-grandes pour 
quiconque a 1 'esprit en eveif et s'est mis au courant de la symptomatologie de Tal- 
coolisme si habilement expose par nos confreres les medecins. Mais apres le dia- 
gnostic pose et le pronostic etabli, le redoutable probleme de la therapeutique medi- 
cale et chirurgicale se dresse in^vitablcment, et c'est ici que je fais un appel direct 
a vos lumieres, en declarant avec humilite et regret qu'apres de tongues meditations 
j'en suis encode a la pfoiode de doute et dlncertitilde. 

Aux therapeutistes, aux medecins je demanderai , tin alcbolique 6tant blesse, ce 
qu'il convient de faire pour conjurer Tefxplosioil des accidents generaux et aux cas 
oh ceux-ci ont apparu , comment il faudra combattre. J'ai essaye les alcooliques, 
l'opium a doses faibles ou fortes, le bromnre de potassium, le chloral, la digitate; 
j'ai sauve quelques malades, ou du moins je le crois. J'en ai perdu d'autres dans 
des conditions identiques en apparency. Mors j'ai dout6, j'ai varie le^ essais, j'ai 
employe, abairdonne et repris le mftme agent, et aujourd'hui je n'ai plus gtiere de 
conviction ni d assurance. 

Aux chirurgiens, a leur tour, je demanderai de mettre uh terme a mes perplexites 
et de m'offrir un moyen de chasser le decouragement profohd dont je suis saisi. 

J'ai essaye tous les pansements, j'ai tente l'expectation vigilante avec toutes ses 
ressburces, j'ai liitte pied a pied avec tous les accidents locaux, avec toutes les 
complications prevues et imprevues. En cas de fractures compliquees, j'ai fait detf 
resefctions, puis des amputations, j'ai dte tour a tour conservateui 4 et radical! J'ai 
agi de bonne heure, puis j'ai essay* de n'operer qu'apres le premier orage trauma- 
tique, et comme apres toutes ces recherches j'ai consign© bfcaucoup de revers et a 
peine quelques succes, je n'ai pu encore me poser a moi-meme que des preceptes 
empirfquefe stftis btees valables. 

Au bout de six ann6es pour le moihs fl'6tudeg cotascidicieuses, je ne sais pas 
meme a l'avance par quelle voie la mort va attaquer mes blesses. L'nn succombe au 
delirium tremens, l'autre a un etat gastrique mal determine, cehri-ci a la septicemic 
aigue, celui-la a la pyohemie classique, un cinquieme devint albuminurique , un 
sixieme hydropique par lesion du foie; Themorrhagie consecutive prend aussi sa 
part dans les desastres , et devant tous ces ennemis je ne suis assure que de mon 
impuissance presque absMufe. 

II m'en couterait peu, Messieurs, de faire devant vous une aussi triste confession 
et de m'accuser d'imperitie, si vous pouviez m'apprendre ce; que j ignore et m'aider 
a reparer le mal que j'ai peut-efere oommis innoeemment. Je serais encore heureux 
si vous me prouviez que j'ai assombri le tableau et que j'ai eu affaire a des series 
malheureuses. Bien que la classe des ivrognes ne soit pas tres-interessante et que la 
mort ne soit pour un tres-grand nombre d'entre eux que le ch&thnent presque 
merite d'une vie inutile, sinon dan^erduse a la society nous de von s comme mede- 
cins d^plorer la lethalite terrible qui les frajipe. 

Les insucces ordinaires de la chirurgie chez les alcooliques ont encore un grave 
inconvenient sur lequel j'appelle en terminant votre attention. 

L'experienee isdlee d'nn homme, si raste qu'on la suppose, est impuissante a 



30 L'UNJON M&D1CALE. 



Pour juger comparativement les methodes therapeutiques, les precedes opira- 
toires, la chirurgie conservatrice mise en regard de la chirurgie radicale, les resec- 
tions opposees aux amputations, etc., il faudra rassembler Deaucoup. de faits, les 
classer et les compter. Mais comment faire entrer dans les stalistiques dichotomiques 
telles qu'on les dresse aujourd'hui des fsLits ou ni l'opportunite de Taction., ni 1'ex- 
cellence des methodes, ni l'habilete des operateurs, ni la sollicitude des aides ne 
jouent le role principal, ou tous les calculs sont dejoues par l'usage anterieur du 
vin Wane, de l'eau-de-vie ou de l'absinthe, ou comptent a peine dans les previsions 
le milieu, la blessure, mais seulement l'etat organique du blesse? 

Mettre en serie des fails aussi speciaux, n'est-ce pas introduire dans la methode 
numerique un facteur 6videmment vicieux pour arriver a des resultats certainement 
inexacts et trompeurs? 

II suffit, je crois, d'enoncer une proposition aussi elementaire pour qu'a Tavehir 
une categorie particuliere soit instituee dans nos statistiques chirurgicales pour l>e 
cas oil nos operations, si elles ne hatent pas parfois la mort des malades, sont le 
plus souvent impuissantes a les sauver, parce que ceux-ci, de leur fait meme, sont 
presque iriexorablement condamnes a mourir. 

CONCLUSIONS. 

lo Les lesions traumatiques offrent une gravite exceptiQnnelle chez les sujets 
entaches dalcoolisme. 

2° La mort survient parfois avec une rapidite foudroyante, sans qu'il soit pos- 
sible de te. prevoir et de i'expliquer. 

3° Dans d'autres cas elle est causee soit par des accidents generaux ayant pour 
origine les organes internes, soit par des accidents nes de la blqssure et dus a 
l'absence des phenomenes reparateurs naturels. 

4° La cause premiere de ces accidents peut etre attribute souvent , mais non tou- 
jours, a des lesions viscerales anterieures. L 'alteration primitive ou consecutive du 
sang joue sans doute un certain role, mais la science ne l'a pas encore nettement 
etabli. 

5» Le diagnostic de . 1'alcoolisme anterieur a la blessure est ordinairement assez 
facile; il importe beaucoup de le poser avant le developpement des accidents locaux 
ou generaux. 

6° La ther^peutique preventive ou curative est encore mal flxee, etceci s'applique 
aussi bien au traitement pharmaceutique qu'ay traitement chirurgical, 

7« Les indications et contre-indications operatoires sont encore vagues et incer- 
taines. Avec toutes les methodes qp recueille plus de revers que de succes, et il en 
sera ainsi tant que la prophylaxie et la therapeutique medicates ne seront pas plus 
avancees. 

8© Les resultats obtenus par la chirurgie conservatrice ou radicale cfyez les sujets 
alcooliques doivent etre mis a part dans les .statistiques general es. 

« 

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ACADEMIES ET SOCIETES SAYANTES 



ACADEMIC OE NEDECINE 
Stance du 17 Janvier 1871. — Presidence de M. Wurtz. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion relative a Pinfluence de Palcoolisme sur les 
legions chirurgicales. — La parole est a M. Richet. 
L'orateur analyse d'abord les observations sur lesquelles repose le travail de M. VerneuiL 
Dans la premiere, il s'agit d'un cocher 4g6 de 57 ans qui, &ant en 6tat d'ivresse, tomba de 
son siege; M. Verneuil diagnostique une contusion du foie ou du rein droit, des deux peut- 
fetre, et, en raison des anUcidents, porte d'emblee un pronostic Ms-grave. Le lendemain sur- 
vient une anurie, puis le malade est pris de suffocation et on trouve un point pneumonique a 
gauche ; bref le malade succombe cinquante heures apres Faccident. A l'autopsie, on d&ouvre 
un e'norme epancheraent sanguin autour du rein et de la capsule surr^nale. Gette derniere, 
doubled de volume, contient un gros caillot et est de*chiree a tel point mf un morceau flotte 
au milieu de Tepanchement sanguin. Quant au rein , on decouvre a sa race pbst6rieure une ' 
dechirure ded millimetres de longueur sur A a 5 de profondeur ; les bords en sont ^carte's ; 
le foie preseoje des teskvns analogues, et* en outre, des foyers de contusions irreguliers et de 
dimensions qui varient entre quelques millimetres et 2 ou 3 centimetres. Fissure, dgchirure 
et foyers interstitiels sont remplisde caillots tres-noirs; le foie, tr^s-volumineux, a l'apparenoe 



L'UNlOry MfeHCMiEs 31 



d^un foie gras truffi. Point de nephrite. Depression atropine de la substance corticale ; un 
grand norabre de tubuli remplis $a et la de granulations gratsseuses. 

Congestion g6n£rale du poumon gauche. 

Le crane n'est pas ouvert; il n'est pas question du cceur, ni des arteres, ni de Pestomac 

M. Verneuil conclut ainsi : Contusion des visceres anterieurement alt6r£s et alteres evident- 
ment par Palcool ; pneumonie intercurrente, cause trfes-probable de la morU • 

Cette observation ne paratt pas concluante a M. Richet. Il faudrait d'abord, dit-il, etablir 
autrement que par une affirmation que les organes stege de la contagion etaient Gvidemment 
alteres par Taction anterieure de Palcool; puis, et cela mftme etant admts, on ne voit pas 
comment ces alterations anterieures ont pu acceterer la mort, et, par consequent, autoriser le 
pronostic si grave porte d'embUe en raison de cette circonstance. Les faits de oet ordre ne 
soirt pas fort rares en chirurgie ; pour son compte, M. Richet ne pent voir dans cette mort si 
rapide et qui, en raison des lesions si graves trouvees a Pautopsie, aurait pu Petre bien davan- 
tage encore, qu'une oons&juence toute naturelle d'un ebranlement aussi violent de Porga- 
nisme, auquel est venue se joindreune congestion pulmonaire peut-etre egalement provoqu£e 
par la chute et auquel Fetat d'ivresse a pu aussi contribuer pour une certaine part. 

La deuxieme observation de M. Verneuil est intitutee : Fracture de Phume'rus droit par cou{> 
de feu ; symptdmes graves d'alcoolisme ; mort rapide sans complications locales apparentes. 

M. Richet a cherche vainement dans cette observation les graves symptdmes d'alcoolisme 
indiques dans le titre. D'abord le malade nie energiquement s'etre adonne a la boisson ; il 
n'^tait point ivre au moment de Paccident ; rien dans Pexamen du malade ou de la plaie qui 
puisse le faire soupconner. C'est uniquement d'apres des inductions tirees de la position sociale 
du blesse, de ses habitudes anterieures et du recit des personnes qui viennent le voir que 
M. Verneuil concoit des soupcons d'alcoolisme. En vertu de ce diagnostic, le pronostic le plus 
grave fut porte; neanmoins la resection fut pratiqule, mais le malade ne put reagir et sac- 
comba quarante-six heures apres Paccident, trente-cinq beures apres Poperation. L'autopsie n'a 
pu etre faite. 

Ici la cause de la mort n'est pas facile a reconnaltre. On a dit de ces sortes de blesses 
qu'ils mouraient par ebranlement, par suite d'une sorte de stupeur generate et locale. Ces cas 
de mort rapide ne s'expliquent pas mieux par I'alcoolismequepar la theorie de Pebranlement. 
Dans le cas dont il s'agit, la preuve de Pempoisonnement par Palcool n'existe pas. Il n'y a que 
des soupcons habilement deduits de circonstances anterieures ; mate cela ne suffit pas. Quand 
il s'agit de faire une preuve, on a le droit d'etre phis exigeant, et Pabsence, d'une part, de 
symptdmes d'alcoolisme bien etabii, et, d'autre part, d'autopsie, oblige d'ecarter ce fait 
comme le precedent 

L'observation troisieme se rapporte 4 une fracture de Pastragale par coup de feu. Extirpa- 
tion de cet os, fusees puruleotes, phlegmon profond,. amputation au tiers superieur de la 
jambe, pyohemie, mort. 

Dans cette observation il n'est pas question des antecedents du malade; on se borne a dire 
qu'il a kb ans et a recu un coup de feu en allant a la maraude a Saint-Denis. Comme symp- 
tdmes de Palcoolisme , M. Verneuil dit que le sommeil est trouble par des reves caractdris- 
tiques; le malade a vu « des rats descendre du piancher et courir sur son lit; » les mains 
sont agitees d'un petit tremblement aussi significatif. Enfin le malade meurt, et, a l'autopsie, 
on trouve le foie et les reins assez pales, mais sans lesions profondes. Des abces metastatiques 
nombreux et deja anciens dans les deux poumons eta^liasent que la pyohemie a'etait effectuee 
avant Pamputation. 

Ajnsi, ce qui ressort de la lecture de cette observation, c'est. que, a part les reves soi-disant 
carcbcUristiques (les rats qui courent sur le lit) et le trembloteraent des mains qui s'explique a 
merveille par la pyohemie, il n'y a rien qui soit de nature a etablir Pexistence de Palcoolisme, 
pas plus dans les antecedents que dans rautopsie, ou Pon n'a rien trouve qui se rapporte a 
Pintoxication par Palcool. 

Enfin, dans l'observation quatrieme, il s'agit d'une fracture du condyle humeral avec plaie; 
phlegmon superficiel et profond ; arthrite purulente, amputation, mort. 

Le malade, malgre ses denegations, est declare buveur; on apprend de ses parents qu'il 
buvait de Pabsinthe en petite quantity qu'il avait des vertiges et de l'affaiblissement des mem* 
bres. Malgre P occlusion de la plaie, qui fut faite le jour meme de Paccident-, la suppuration 
diffuse dans les muscles du bras qui survint, ainsi que Parthrite purulente du coude forcerent 
de pratiquer Pamputation du bras six ou huit jours apres. Le malade succomba au bout de 
quatre jours, ayant presente un hoquet intermittent (que M. Verneuil declare caracleristique 
de Pintoxication alcoolique par Pabsinthe, comme s'il n'existait pas egalement dans beaucoup 
d'autres cas), un deiire tranquille et un affaissement progressif sans souffrance. Pas d'autopsie. 

Ici encore, malgre la consommation de Pabsinthe en petite quantiU, il est impossible de 
trouver les preuves d'un empoisonnement alcoolique quelconque. 

En resume, la lecture attentive et reflechie de ces quatre observations ne permet pas d'6ta~ 
blir une relation nette entre la gravite des accidents qui ont occasionne la mort et Pempoi- 
sonnement de Peconomie par Palcool.. Bien plus, si, dans la premiere observation, il est a la 
rigueur permis d'admettre qu'il y avait d^nerescence graisseuse anterieure du foie et des 
reins par Paction lente de Palcool, ces lesions sont tout a fait inadmissibles dans les tvois 
aqtres ca$* , I^a pseuve prinejpale de Palcoolisme y ,(aU done absolument defauu Pesterait^ 



33 L'tfMoN MEDfCALE 



etaJMir que, dans Fa premlferg obserVafibn dfle-meme, cette degenerescence paisseufe etait 
bien le resultat de Pintoxication alcoolique, et que,' si le malade etait Men rterlement alteint 
d'alcoolisme, sa mort rapide doit etre attribute a eette intoxication, ce qui est loin d'etre 
demontre. 

M. Richet est loiu de nier Pinfluence nocive des habitudes alcooliques inv6ter6es sur la 
marche, le pronostic et la terminatson des affections chirurgicales. Gomme M. Verneuil il croit 
a cette lacbeuse influence ; seulement il Pexphque d'une autre facon. 

M. Verneuil pense que le princiipe alcoolique, en s'introduisant peu a peu, progressivement, 
et, pour ainsi dire, quotidiennement dans le sang, empoisonne les organes lea plus essentiels k 
la fie, tels que le foie, les reins et le systfcme nerveux. Sur le foie et les reins , Taction de 
Palcool se manifeste par. une transformation ou degeneresoence graissfcuse des elements cons- 
titutifs de ces glandes, tandis que, du cote de Pencephate, les lesions s'accusent principaleaent 
par des epaississements des meninges, des. plaques laiteuses, des secretions exager£es dans le 
tissu cellulaire sous-arachnoidiea* Que chez un individu dodt les organes sont ainsi prepares 
et le sang empoisonne, survienne une legion chirurgicale,.meroe legfcre et de peu a'impor- 
tance, il faut s'attendre, dit-il, a voir 6clater brusquement les accidents les plus graves, Les 
plus insolites, conduisant mtoe parfois rapidement les blesses a la mort, quoi qu'oa fasse 
d'ailleurs pour les arreter. 

Pour que cette doctrine de ML Verneuil fut inattaquable il faudrait, suivant M. Ricjiei, demon- 
trer : 1° que tous les buveurs ou supposes tels qui succorabent ainsi rapidement a des lesions 
guerissables chez d'autres out offert a Pautopsie un ou plusieurs des caracteres anatomiques 
signals precedemment; 2° que le plus sou vent, sinon constamment, alors qu'on a rencontre 
ces iD&raes lesions chez des blesses, on avait observe pendant la vie les symptdmes non dou- 
teux de Palcoolisme. 

Les rapports de cause k effet et rlciproqtiement se trouvant ainsi nettement 6tablis, la con- 
viction naitrait d'elle-mtoe dans P esprit. Or c'est la ce que Pon cherobe vainement dans le 
travail de M. Verneuil. Dans trois de ces observations , sur quatre, les preuves aoatomiques 
font defaut, et, dans celle oil Pon trouvela degenerescence graisseuse du foie el des reinB (le 
crane n'a pas ete ouvert), les symptdmes observes pendant la vie n'offrent rien de earacteris- 
tique et qui ne puisse etre rapports a d'aussi graves lesions survenues chez des individus non 
entaches d'alcoolisme, 

Ge n'est pas afinsi, selon M. Richet, que s'etablit chez les roalheureux ouvriers qui peuplent 
les h6pitaux, ce qu'il appelle depuis bien longtemps la misete ou la degradation physiologiaue, 
denomination qui correspond a la semliU pricoce de M. Gosselin. K 

Tous les auteurs qui ont parie de Palcoolisme chronique ont signaieia frequence des vomis- 
sements glaireux ou muqueux chez les buveurs ; on a m&me donne a cesymptdme le nom de 
gasirorrhee. €es» vomissements sont produits par une secretion plus abondante des glandules 
stomacales, secretion qui n'est elle-meme que la consequence de Pirritation constante de la 
muqueuse gastrique par les liqueurs alcooliques. Cette irritation de la membrane muqueuse de 
Pestomac est constante chez les buveurs, et elle se traduit a Pautopsie, ainsi que le constatent 
tous les auteurs, par une teinte grise ardoisee de ki surface, un ramollissement notable, par 
places, avec injection plus ou moins vive du T^seau sous-muqueux; parfois m6me on rencontre 
deveritables ulcerations. L'examen mfcrographique a fait voir, dans ces cas, que les glandes 
eltes-memes de la muqueuse etaient augmenteesde volume, reellement hypertrophiees, et que 
leurs parbis etaient infiltrees de granulations graisseuses. 

En resume* il existe, chez les buveurs, une veritable gastrite chronique, variable dans son 
intensite et ses degres, parfaitetoent etablie par les necropsies et s'accusant pendant la tie 

{>ar des symptdmes ittecosables : irritation factice de Pappetit, suhle bientdt de degout pour 
a riourritnre, d'une veritable anorexie et plus tard d'une dyspepsie caracteristique cottnue 
generalement sous le nomr de dyspepsie dtk ivrognes. Plus Palcool est concentre, comme dans 
le gin, le vermouth ou V absinthe, plus il produit son action deietere sur les elements anato- 
miques; et c'est surtout chez les individus qui, comme le plus grand nombre des ouvriers, 
prennent ces boissons a jeun, c'est-a-dire alors qu'aucun aliment ne s'oppose au contact direct 
de la liqueur toxique sur les parois du viscere, que s'observent les plus facheux efTets. 

Cette gastrite chronique existe chez tous les buveurs a des degres variables, deternrine des^ 
dyspepsies, et, comme consequence , une reparation jnsuflisante. Si a cette cause on ajoute 
que, pour reveiller Pappetit, les buveurs, dans la classe du peuple, font usage des stimulants 
les plus energiques, tels que le poivre, le vinaigre, le piment et le sel qui assaisonnent tou- 
iours en exces leurs mets de predilection, la charcuterie et la salade, on comprendra combien 
recbnomie doit souffrir d'un pareil regimej 

Tout le monde sait, d'ailleurs, que Pouvrier des grandes villes, celui de Paris en particuher, 
consomme en vingt-quatre ou quarante-huit heures le produit de son travail de cincr oti six 
jours, et que, pendant ce,s heures de travail souvent epuisant, il se nourrit fort mat. A ces 
abus de regime s'ajoutent des exces d'un autre genre qui achevent de miner la constitution 
des ouvriers qui peuplent les h6pitaux. 

Il y a lieu de se demander si c'est a Palcool qu'il faut imputer les accfdVnts si graves et si 
insolites qu'on observe souvent mv ces' matheureux ldrsqu'ils sbnt attelnts de lesions chi- 
rurgicales. 

Selon M. Richet, on peut et on doit admettre deux sortes diction de Palcool sur Pico* 



L'UNUW JlftlHGAUi. 33 



nomje ; V une action directe, immediate #ur la imnbrate.gaatriqtie, sartout qvajid il est 




mani&re de Fether, du chloroforme, etc 

L'action directe, physico-chimique , produit la gastrite et ses consequences, les dyspepsies, , 
ramaigrissement, l'apauvrisseraent du sang, Taffaissement des forces, leur usure precoce, et, 
finalement, ce que Ton peut appeler la miskre et la degradation physiotogique. 

A Taction iodirecte, c'est-a-dire a Fabsorption de l'alcool, k son passage dans le sang et 
del^i dans tous les Organes; se rapporteraient plus specialement les lesions de ces organes 
eux-memes, se produteant lentement, c'est-a-dire la steatose du foie, des reins, du ceeur, la 
sclerose des meninges et de Fencephale. 

L'action directe sut lb muqueuse gaslrique suffit a elle seule pour engetidrer cet etat de 
degradation physiotogique, qui peut amener comme consequence les accidents les plus graves 
chez les individus blesses sous l'empire de Falcoolisme chronique, II n'est pas besoin pour 
cela que leurs organes internes, que le foie ou les reins s&ient steatoses, que les meninges 
soient epaissiea; il suffil que la muqueuse stomacale soit desorganisee dans ses elements et 
ne puisse plus fonctionoer. En se pla$ant a ce point de vue on s ? explique un certain nombre 
de fails rapport^s par iff. Verneuil et qui, sans cela, resteratent tout k fait incomprehensibtes ; 
ce sont les observations dans leaquelies on a constate des habitudes alcooHques inveterees 
et des symptdmes d'alcoolisroe chronique et ou Ton n'a cependant ripn trouve de caracteris- 
tique dans les viscferes. Il a ete donne k M. Richet d'observer quelques cas de ce genre. 

Quant a Tinfluence plus ou mains directe que peuvent exercer sur la marche des aflectk>n$ , 
chirurgicales les degenerescences viscerales, consequence de Fintoxication alcooJique chro- 
nique, M. Richet avoue que depuis dix-huitmois que' son attention a ete sp6cialement attiree 
sur cette question, il n'a pu encore saisir aucun rapport bien net de cause a effet. 

En ce qui concerne la therapeutique chirurgicale, M. Richet, comme MM. Verneuil et 
Gosselin, la considfcre comme ahsolument impuissante contre les accidents graves provoqu& 
par les lesions traumatiques chez les individus atteints d'alcoolisrae. Voici, du reste, quelle 
est sa regie de conduite dans les cas dont il s'agit : 

Partant de ce principe que la muqueuse stomaeale est malade et le blesse epuise, il cherche 
a relever les forces sans irriter Festomac. 11 adniaistre Fopiora em lavement ou en supposi- 
toire, il donne pour boiason de Finfusion de cafe leg&re, et, enfin, il altmente le malade le 
plus qu'il le peut avec du the de bmuf* de la viande erne et du vin de Bordeaux » Voila pour 
Vetat general. 

Quant a Fetat local, il a surtout recours anx pansements a l'alcool, rarement a 1'acide phe- 
nique, et enfin, chirurgicalement, il use de large* debridements, afind'empeoherlefi liquides 
de sojourner dans la plaie. Autant que possible il s'abstiebt de mutilations qui presque jamais 
ne reussissent, surtout quand on les pratique alors que deja la fifcvre de reaction a commence. 
Dans les caa ou Fhgsitation sur le parti a prendre n>st pas possible, il opfere dans les vingt- 
quatre heures qui suivent Faccident, ou bien il. s'abstient jusqu'^ ce que la fifcvre trauma- 
tique ayant disparu on puisse, pour agir, profiler d'une eelaircie favorable. 

— La seance est levee a oinq heuresi 



SOCIETE DE CHIRUR&IE 
Stance dbu 7. dtoemfrre 1870. — Pr&idenoe de M. Alpbtnse Gdb*in, 

Sommaibe. — Blessure de l'artfere hum£rale par arme a feu ; gu£rison spontan6e de la plaie arterielle , 
absence de suppuration de la plaie des parties raolles. Discussion sur les plaies par projectiles de 
guerre: 

(Suite. — Voir le n«m6r« du 14 jaimer.) 

M. Boinet a eu Foccasion de voir au Palais de Findustrie un cas analogue k celui de >M« Ver- 
neuil. II s'agit d'un individu qui avait regu une balle a la partie sup^rieure du bras, au niveau 
de Forigine de fartfere numerate. On ne sentait le pouls ni h Farlfcre radiate,. ni k Tart^re 
cubitale. Il y avait paralysie du sentiment et du mouvement dans toutes les parties animees 
par le nerf cubital et le nerf median. Ge malade a gueri radicatement apr6s une longue suppu- 
ration, sans anevrysme faux consecutiL 




une 
commence 



^v nwa iwf w ^ — — — — —.-—-. w— w- — r — " — — ■- ^^-^--- ,- --— ~-~- — -- - 7 ■— — — , — »- — — — 

tait pas de paralysie des tferfe median et cubital. Une hemorrhagic survint, qui put etre arr£tee 
par la compression indirecte. M. Boinet n'ayant pas d'aide ne put pratiquer la ligature. Une 
deuxieme hemorrhagic se manifesta quelques jours apr^s et fut arrGfcee de la memo maniere. 
Enfin au bout de quinze jours, alors que k.guerison semblait assume, se declara une troisi&me 
hemorrhagic pour laquelfe M. Boinet se decida k. faire la ligature de TaxiUaire k sa termioai- 
son. La ligature ne porta que ^ur le bout superieur de Tart^re blessee. Depuis un mois le ma* 
lade va bien, et M. Boinet le consid^re ^mm^gu4rk . 



34 LONION MfiDICALE. 



M. Alph. Gubrin demande h M. Verneuil si son malade a e*prouve* une sensation de.dou- 
leur a la main. La sensation de douleur a Fextr^mite* d'un membre blesse* est un signe presque 
constant que la blessure a intgresse* Fartere principale de ce membre. 

M. Verneuil repond que son attention n'a pas e*te* suffisamment e'veille'e sur ce poiut. Du 
reste chez son malade, vu le petit volume du projectile, la blessure n'avait pas 6te* accora- 
pagne*e de de*gats considerables. 

M. Boinet dit que ses deux malades se sont plaints de vives douleurs dans le poignet et la 
main, qui ont n£cessit£ ^application en permanence de compresses laudanis&s. 

M. Giraldes ne saurait approuver la conduite de M. Boinet, qui s'est contents de lier le 
bout sup6rieur de Fartere hume*rale blessde. La regie en chirurgie est, dans les cas de ce 
genre, de lier les deux bouts de Fartere. En n'observant pas ce pre*cepte on s'expose k des 
htoorrhagies secondaires d'autant plus graves que le malade est aeja 6puis6 par des he*mor- 
rhagies anterieures. Le caillot du bout infe>ieur, plus faible, plus petit que celui du bout sup6- 
rieur, est chasse" par la circulation recurrente, dont F6nergie augmente par la ligature du bout 
supeneur seul. Le fait de M. Boinet doit done etre consider comme exceptionnel. 

M. Boinet partage entierement sur ce point Fopinion de M. Giraldes ; s'H n'a pas lie* les 
deux bouts, e'est que, apres avoir lie* le bout sup£rieur et avoir attendu un certain temps, il 
n'a pas vu Fhemorrhagie se reproduire. Du reste, s'il n'a pas pratique^ la ligature des Pappa- 
rition de la premiere hemorrhagic secondaire, e'est qu'il manquait d'aide. 

— M. Verneuil croit devoir, a Foccasion de sa communication, appeler Fattentioh de ses 
collegues sur un certain nombre de faits de plaies par arme a feu gueries sans suppuration. 
Les faits de ce genre sont consid£res comme exceptionnels dans les trails de chirurgie mili- 
taire. En voici cependant quelques exemples : 

Un me*decin de province, en maniant imprudemmeht un revolver, fit partir cette arme, dont 
la balle vint le frapper k la fosse temporale , contourna Fapophyse orbitaire externe, pe"n6tra 
dans Forbite, puis dans la fosse nasale, pour aller se perdre dans une region inconnue. II en 
resulta une plaie assez e*tendue en communication avec Pair exte*rieur et qui, cependant, 
gugrit sans suppuration, malgre" un e*panchement sanguin considerable dans la cavite* orbi- 
taire. 

Dans Faffaire de Pattaque de la caserne des pompiers de La Villette, au mois d'aout der- 
nier, un seiigent de ville recut une balle de revolver d'assez gros calibre qui p£n£tra dans la 
partie supe*rieure de la poitrine, traversa le sommet du poumon et se perdit dans FGpaisseur 
des parois thoraciques, ou elle est restee. Il en resulta une plaie a trajet 6troit, anfractueux, 
qui gue*rit sans suppuration par cicatrisation sous-culan4e. 

Un individu portait un revolver a sa ceinture; Farme partit, et la balfe p6n6trant dans la 
cuisse de haul en bas vint se loger sous la peau, au-dessus de la rotule, ou il £tait facile de 
la sentir. Gette plaie, d'une etendue de 20 centimetres environ, gue>it apres une suppuration 
Ires-legere de Porifice d'entree du projectile, qui est reste* dans les tissus. 

Un maraudeur de haute taille, a large thorax. recut a la partie poste>ieure de cette region, 
du c6te* droit, une balle qui, ayant p£n&W au niveau de l'epine de Fomoplate, sortit apres 
avoir parcouru dans le dos un trajet de* 1 35 centimetres environ. La plaie gue*rit sans acci- 
dent, apres une legere suppuration des orifices d'entree et de sortie de list balle, le trajet 
interme'diaire n'ayant e"t6 le siege d'aucun travail d'inflammation suppurative. Le traitement a 
consists simplement dans Papplication d'une rondelle de baudruche recouverte d'une couche 
de collodion sur les trous faits par le projectile. 

Un jeune soldat recut a la partie antgrieure de la cuisse une balle qui sortit a la partie 
posteneure de la hancbe apnea avoifr contourae" le col du femur. Gette plaie a trajet assez 
6tendu a gue>i sans presenter Fombre d'un travail d'inflammation suppurative, 

Un medecin allemand, M. Guslave Simon, a propose* pour les plaies par arme a feu un trai- 
tement qui parait assez singulier au premier abord. Il conseille d'aviver les bords contus des 
orifices d'entree et de sortie du projectile au moyen d'une incision semi-elliptique, puis de 
faire la suture des levres des plaies et d'exercer une compression convenable sur le trajet 
interm&liaire. II pretend obtenir ainsi la cicatrisation par reunion immediate. Malgre* les 

Suelques faits de guerison sans suppuration des plaies par arme a feu qu'il a eu Foccasion 
'observer, M. Verneuil avoue qu'il n'est nullement tente* d'adopter cette singuliere pra- 
tique. 

Dans un certain nombre de cas de plaies par arme a feu qu'il a essaye* de traiter par Foe- 
elusion a Faide d'un morceau de baudruche recouvert de collodion, M. Verneuil n'a eu que 
des insucces, entre autres un cas dans lequel il a failii perdre son malade atteint de plaie de 
Fepaule avec fracture de Faoromion.' La fracture n'avait pu etre constats tout (Fabord , et 
Poeclusion n'4tant pas compatible avec P exploration de la plaie n'avait pas permis au chirur- 
gien de rectifier un diagnostic insufSsant. 

Dans un autre cas, Poeclusion avait 6te* appliquee sur une plaie dans laquelle un fragment 
du projectile 4tait reste enfierme* ; naturellement Poeclusion ne pouvait reussir. 

Ce mode de traitement doit done fctre employe avec reserve, parce que, ponr rtussir, 
il exige que le chirurgien ne fasse pas l'exploration de la plaie, ce qui empecne de recon- 
naltre si celle-ci se complique ou non de corps stranger dont la presence dans la plaie amene 
forcement Finsucces de toute tentative de reunion immediate. 



L' UNION MfiDlCALfi. 35 



"»*•■ 



M. Verneuil pense que les plaies par arme k feu peuvent guen'r sans suppuration; raais 
c'est, suivant lui, l'exception, et il rejette le traitement de ces sortes de plaies par reunion 
immediate. 

M. Blot a observe* rtoemment deux cas de gu£rison, sans suppuration * de plaies par arme 
a feu faites par des projectiles de petit volume. Dans le premier, il s'agit d'une femme qui 
avait recu un coup ae fusil charge a plomb. Dans le second, il s'agit d'un jeune officier de 
zouaves, dont la jambe avait ele" traverste par un eclat d'obus peu volomineux ; la plaie, longue 
de 15 centimetres de Forifice d'eotrge a Forifice de sortie, pr&enta un gonflement inflamma- 
toire qui disparut en qnelques jours sous l'influence de I'&gvation du membre et de Implica- 
tion de cataplasmes, sans ombre de suppuration* 

M. Giraldes fait observer que la question soulevee par M. Vertreuil en comprerid trois : 
1° la cicatrisation, sans suppuration, des plaies par arme a feu; 2* leur reunion immediate; 
3° Fexploration des plaies. 

M. Giraldes a eu Foccasion de voir recemment, au Val-de-Grace, quelques exemples de cica- 
trisation de plaies par arme a feu sans suppuration. Pourquoi certames de ces plaies gugris- 
sent-elletf s) faeitement, tandis qu'a c5t£ tant d'autres suppurent longuement? 1 

Gela depend : 1* de la constitution de l'individu ; 2° de la forme du projectile; 3° de la force 
d'impulsion qui Fanime. 

Les balles du fusil Dreygse, en forme d'olive, anim&g d'une force d'impulsion considerable, 
peuvent ne traverser que les parties molles sans interesser les os ni les gros vaisseaux; elles 
font des plaies dont l'ouverture de sortie n'est pas d6chir6e, et si l'individu est d'une bonne 
constitution, ces plaies peuvent guerir sans suppuration. 

Les balles des chasseurs bavarois, seroWables & celles de nos carabines Minte, cylindro- 
coniques, font une plaie d'entr6e nette et une plaie de sortie tr&s-d&hirge , comme les plaies 
des balles du fusil Ghassepot, plus graves et plus difficiles a guerir que celles des projectiles 
lancet par le fusil Dreysse. 

M. Girakite a observe de ve'ritables s£tons pratiques a travers les parties molles par des 
projectiles, s6tons qtri ont gueri sans suppuration ; mais ces cas sont exceptionnels. 

Quant a la reunion immediate des plaies par arme a feu, M. Giraldes rappelle que Larrey 
F avait conseillee pour les plaies de la face. Gette m&hode de traitement a 6te* generalised eu 
Amerique pendant la guerre de la secession ; elle a 616 applique'e surtout aux plaies de poi- 
trine par le chirurgien Hatnon, qui pratiquait l'avivement des bords de la plaie, les reunissait 
ensuite par la suture et se contentait d'y faire un pansement simple. On avait ttabli un hdpi- 
tal special, place* sous la direction de M. Hamon, ou toutes les plaies de poitrine produites par 
projectiles de guerre etaient trait£es de la sorte. Il paraft, d'apres une note pubhfo a ce sujet 
x par M. Longmoore, que cette mtthode de traitement n'a pas donne* de r&ultat satisfaisant 
M. Giraldes ne serait done pas dispose a la mettre en usage, si ce n'est pour les cas de plaies 
de la face. 

II en est de m6me du traitement qui consiste a faire une injection irritante dans le trajet de 
la plaie et a obfite'rer ensuite les orifices d'entree et de sortie avec un morceau de diachylon. 

En g6n£ral, la reunion immediate des plaies d'entrte et de sortie se fait aux dgpens de celle 
dn trajet interm&liaire, doit la suppuration amene des accidents cons&utift d'etrangiement 
plus ou moins serieux; 

Il ne faudrait done pas g6n£raliser la pratique de la reunion immediate des plaies par 
annes a feu. 

En ce qui concerne Fexploration des plaies par projectiles de guerre, M. Giraldes dit qu'elle 
est lrta-utile torsqu'il s'agit de plaies ayant leur siege dans les regions des articulations, au 
voisinage des os. Au fond de ces plaies, en effet, lorsqu'il n'y a pas d'orifice de sortie, existent 
le plus souvent des corps strangers, fragments de projectile, de cartouches, morceaux de v&te- 
ments, eta ^'exploration de ces sortes de plaies est done indispensable. Tous les jours on voit 
des plaies qui ne marchent pas vers la cicatrisation , parce que des corps strangers y ont tte 
oubh£s ou m&onnus. L'exploration avec le doigt, de preference a la sonde cannelle, suflfit 
pour indiquer aii chirurgien la cause de la non-cicatrisation de ces plaies. 

M, Marjolin a Cte* teinoin de quelques cas rares de plaies par arme a feu gurries sans 
suppuration. II fait remarquer que des plaies par arme a feu, que Fon considere comme des 
plaies simplement contuses, ne guGrissent pas parce qu'elles sont parfois accompagn&s de 
fractures comminutives me*connues, source d'accidents vane's dont on ignore la nature tant 
que, par une exploration com/enable, on n'a pas constate Fexistence de la complication. 
At Marjolin cite des cas de ce genre. 

D* A. Tartivbl. 



mm 



Bulletin hedbomadalre des dexes cause's par les principales maladies regnantes, 
d'aprds.feB declarations a 1'^tat civil 

Paris (du 7 au 13 Janvier 1871). — Causes de dices : Variole 339. — Scarlaline 11. — 
Rougeole 40. — Fievre typholde 301. — Erysipele 10. — Bronchite 457. — Pneumonie 390. 
— Diarrhte 143. — Dysenterie 46. — Cholera 3. — Angine couenneuse 22. — Croup 20. — Affec- 
tions puerpe" rales 11. — Autre* causes 2,189. — Total 3,992. 



•• ' 



96 LUN10N M&D1CALB. 

FORMULAIRE 

Mixture contre la carie dentaire. — Magitot. 

Chloroforme. . ♦ , . . ) AA tr9mmMM - 

Creosote pure '. /.. { M ' • 2 « ranJmes ' 

Laudanum de Sydenham. 2 — 

Teinture de benjoin . to — 

Metez. 

On imbibe une boulette de coton avec ce melange et on Pintroduit dans lii cavity de la 
.dent cariee. Le paoswent est renouvele cheque jour. — N. G. 

■■ I ,Hmi-i "'""'" " ■ ' ■ - -■ f ■ ' |J " f" 'I » ■ " '< ' 

t 

Ephem^rideg Medlealeg. — 21 Janvier 1596. 

* < i • 

Jean Rochon, natif du diocese d'Aulun, meurl a Paris; deux fois doyen de nosficetos 
(1566 et 1567), fl fut aussi le premier professeur de cbirurgie qu'il y etif. eu jamais aupara- 
vant. Sa mort est annoncde ainsi par Pierre de Lestoille : 

« Le dimanche 21, mourut a Paris le m^decin Rochon, d'une bargne qull na voulut jamais 
o permettre qu'on lui ostaL On disoit qu'il mouroit regrette de tous les bpna, ligueurs de 
« Paris, qui estoient bargneux comme lui. » — A. Ch. ' . 

■... ■ r, i Mi/ji '..i ; inini| ;/nn .nn li Ijl inn 

COURRIER 



IWW^»M»W 



Nous recevons les protestations suivantes : 

. Pari?, to t3 Janvier 1*71; 

Nous soussignea, medecins et cbirui$iens de rhdnital Necker, ne pouvons contenir les sen- 
timents d'indignation que npus inspirent les proc&tes infames d'uua bombardeaaent qui e'at- 
taque avec une premeditation de plus en plus 6vidente A tous les grands etablissemente 
hospitaliers de la capitale. 

Cette nuit, des obus sont venus eclaler sur la chapelle de rhftpital. Necker, rempHe momen- 
tanement de malades; c'est le point central et le plus elev& de oe grand hdpUal, qui sert ainsi 
4e point de mire aux projectiles de I'eonemi. 

Ge n'est plus la de la guerre ; ce sont les destructions d'une barbarie rafflnge, qui ne res- 
pecte (ien de ce que les nations ont appris a ven^rer* 

Nqus proteston* au nem et pour I'honneur de te civilisation moderne et cferdtfenne. 

d&ormeaux, gdton, potain, delpech, 
. Laboulbene, Ghauffard. 

Parlfv 13 jawrier tsrh 
^Institution nationals des Jeunes Aveugles, sise boulevard des Invalids*, est u« vaste bail- 
ment iso!6, parfaitement visible a l'oeil nu des hauteurs de Chatillon et de Meudon: Ge bati- 
.m^nt, hospitalisant 200 blesses et malades militaires, ^t surmente du drapeao de Gaiev*, a 
et£ le 12 janvier, vers trois heures de l'aprfes-midi , par un temps clair, vis6 et atteiat par 
les canons prussiens, Plusieurs projectiles ont d'abprd siflte sur t'ddjiice et dans le jroisiaage; 
puis, le tir ayant 6t6 rectifi6, deux obus ont, coup sur coup, effon<jr£ Faite ganohe du bails- 
men t en blessani trois malades et deux iofironers. Des malheureux aUeirtfs de fkixion de 
poitrine et de fi^vre typhoide ont du &tre transporter dans les oaves. •> ... 

Le personnel m&ijcal de Tlnslitutioo. protest©, au nam de rhumanite, oontre ce* actbs de 
barbarie accompli syst&natiquement par on ewemi qui ose invoqoer Dieu dans foti* stfs 
manifestos* 

W lUWA^Dv inapecteur gfoeral des etabtisi de< irierifasanott 
directeur de ^Institution; I^j^bard, m^a^ifl en cheX de 
^Institution ; D^sormjeau^, chirnrgi^n, e^ chfbf y.M^w^ 
m^decin traitant; Glaisss, m^decio traitaut et.medeqin 
adjoint de PInstitution ; Baohei^et^ aide-njajot. . , 

. Lkghwu ^honneur. — Par d^cret en dale du 11 janvier 1871, out 6t6 promus eu nomimAs 
dans Tordre national de la Legion d'honneur les mgdecios dent led noms- s«iveHt j 1 etii rtttortf- 
pense.^e lpjor bril(antf conduite pendant le bombardement des forts du Sud : 

Au grade tTofflcier : MM* Gcanet, m^de cin d»4 re -etesse- 4e- la mari ne ; — Bonnet, m^decin 
de l re classe de |a marine ; — Braqqi^, m^decin de l re classe d$ 1^ xo^ri^e^ , * .; , . 

Au grade de chevalier : MM. Beaumanoir, m^decin de l rc classB de la marine ;*H-ii©w^«de- 
m^dejcin de la marine., 

' i ■ y iii I ■ — ^-»w | wn .>!!■■■■ ■ >yy m 

■ ' , . ■ — - — !■' ■ ■ - 

*akis. — Typographie Felu MAtrmrv et C«, fne des &ftix-Pt>rtes-Saliit t 'S*uvetrr, 22. 



N«* 4 LUWON KEJDlCAliE Samedi 28 Janvier 187* ? 



r - 



BULLETIN 

LES MALADIES REGNAIHTES ; — MORTALITY NORMALE ; — L'tiYAT TYPHIQtJE ; — 

LES AMBULANCES S(JR LA SEINE. ' 

Nos anxieases preoccupattoas 'dans les critiques et solennelles circonatances ou 
se trouve la palm viearient. tristemeat se oompliquer eoeiore des peaibles condi- 
tions de la sante publique dans notre malheureuse capitate. Le ftuilotui hehdoma'- 
daire dress© par la municipalite ncjus arrive toutes les semaines av.ee una aggnava- 
tion considerable dans le chiffr^ de la mortalite. Noas avions hesite jusqu'jci a, en 
faire la ranaaxque, esperaat que nous ne subis3ion& ( qqi'ur> resqltat passager de cir- 
constances exceptionneUes : concentration.de cent mille mobiles de la province, 
immigration dans Paris de la population suburbaine et des departments voisins, 
changement brusque et radical des habitudes, du regime et de la maniere de vivre 
de cette immense aWqrq^ration d'etres vivants , enun recrudescence de l'epidemie 
variolique qui, pendant pres de trois mois en effet, a considerablement accru le 
chiffre des deces. De toutes ces circonstances il faut certainement tenir compte dans 
les causes de la mortalite actuelle. Mais evidemment elles ne sont pas les seules, 
et tout en cherchant a eviter tout ce qui peut jeter 1'inquietude et l'alarme dans les 
esprits, un journal de medecine majiquerait a tous ses devoirs en ne signalarit pas 
celles qui paraissent agir de la facon la plus nocive. 

De 1,300 a, 1,40Q qu'il etait dans les dernieres semaines d'aoiit jet les premieres 
seroaines de septembre, le chiffre de la mortality s'est graduellement eleve a c&lui 
de 4,465, chiffre de la derniere semaine qui a fini le 20 Janvier. Ce chiffre est 
enornae, et Ton voit que s'il continuait dans celte proportion et que le siqge <)e 
Paris durat un an, Paris aurait perdu au bout de cette annee plus de 230,000 dp ses 
habitants; si ce chiffre s'accroissait epcore, c'est le quart de la population qui 
aurait disparu. Nous le disions naguerfi, la maladie fait plus de victimes q^e le 
canon ou le fusil. Le Bulletin donne la triste demonstration de ce fait, quoiqiie 
malheureusement il n'indiqiie pas le nombre des blesses du champ die bataille qui 
ont succombe dans les h&pitaux ou dans les ambulances. 

En parcourant lefc colonnes de ce Bulletin, on. est frappe du chiffre elev6 de Ja 
mortalite occasionnee par des maladies qui ne presented pas d'ordiiiaire une ausfci 
grande lethalite. Ainsi, la bronchite a donne 598 deces, la pneumonie 426, et Ja 
diarrhee 137! 

Eh bien, noils osons dire que cette mortalite excessive de la bronchite, de.la 
pneumonie et de la diarrh6e n'est pas vraisemblable.. II y a certaihemeht, 0ans les 



• A .» ■ ■ i 



FEUILLETON 



II. LE 0OCtEI7K PALtlBt. 

Un noble ecear vient <!e cesser de battte. Uae belle ittteltige»ee tient fle s'eieindre, PAea- 
demie de medecine vient de perdre une de ses lumieres. M. le docteur Falret qni, petfdant 
sa tongue eft laborieuse existence, a 6t6 parrai neus un 4es phas respectables r^presentants de 
la science medicale et de la digrtite professionneile, a succombe* le 28 octobre demfer; dtfhs 
son pays natal, A ia lon«oe et doutouneose maladie doot les pNigrbs vitfbte* aflRgfcaieni ses 
amfe. Son digne tils, M. Jules Palret, run de nOs phis distingtife et das plnMavahts confreres, 
rest* It Paris, n'a eon&u que «ee jours-ci le mallear qui Fa trappy il y a trois mois. 

Voici sur cet homme 4g bien et de sdenee tine notice tiwit lea elements ami m reoueiihs 
par tine main pieute, homm^e que nous- mus empoesiotts de rendre a mas rwtooim Ahere 
etvtiaerte. 

M. le docteur J, -P. Falret est n6 a Marcillac (Lot) en mal 1794* D'abord e*lfc ve.de la 
Faculte" de Montpellier, il est venu a Paris en 1811. 

C'est a rhos.pice de la Salpetriere qwie s'est tout d'abord dessin^e sa vocation. Eleve de 
Pinel et d'Esquirol, il s'est attache' a renseignement de ces mattres illustres, et rattraction 
tonte particuliere qu'a exerc6e sur lui cet enseignement a de*cid6 de son avenfr. 

Interne des {tipiiaux de Paris en 1613, il fut re^u docteur en w^depine en 1819. Pendant 
ces six annees, son attention se porta toujours avec predilection sur 1 6tude des maladies 
c^rdbrales et znentales. Sa these pour le doctoraL subie le 31 dgcembre 1819, dan^ qgelques 
pages c^naacr^es a la refutation de F opinion de Pinel sur Texistence de. hmqnte sqns telire, 
coptiei^t ^n^e^me |es id^es qu'il a plus tard d^ljendues avec perseverance pendant tout le 

Tome XL — TroUieme sir it. k 



38 LIJNtON MtiMCALE. 

releves de la Mairie de Paris, des indications, nous ne dirons pas erronees, mais 
incompletes. 

Nos confreres des hopitaux et des ambulances peuvent fournir a cet egard 
des indications precieuses, et voici celles que nous nous permettons de soumettre 
a l'attention de nos lecteurs, non-seulement comme resultat de nos propres obser- 
vations dans 1'ambulance dont le service medical nous est confie, mais encore, et 
surtout par les renseignements que nous avons pris pros' de quelques grands ser- 
vices nosocomiaux et des ambulances. 

Oui, il est trts-vrai que les malades se presentent en grand notabre, en ce mo- 
ment, dans les hopitaux et dans les ambulances, n 'accusant, le premier et m6me 
le second jour, et quelquefois plus loin, que les symptomes d'une broncbite simple, 
d'une pneumonie legere et limitee, ou de diarrhee peu intense. 

Dans ces affections pectorales, Fauscuitation ne traduit d'abord que des rales 
sibilants et jnuqueux, ou une legfere crepitation, Le mouvement febrile est k peine 
accents. L'expectoration est ou simplement muqueuse ou a peine teintee de quel- 
ques filaments sanguins. , 

Sur les diarrh6iques, le ventre est souple, indolore; i!s accusent trois, quatre 
selles en vingt-quatre heures ; il ne se trouvent pas trop mal si n'etait une iinpres- 
sion de faiblesse generate. 

Mefions-nous de ces apparences benignes : Laiet anguis in herba. Cette bronchite 
hier simple a pris aujourd'hui un caractere grave : elle a passe subitement a Fetat 
de broncho-pneumonie, ce que Fauscuitation aussi bien que rexjjectoratlon tra- 
duisent avec evidence, le pouls est devenu frequent, la langue se seche, les levres 
deviennent fuligineuses, il y a abattement des forces, et si Tony regarde, on trouve 
des taches rosees lenticulaires sur le tegument, en ibeme temps qu'on percoit le 
gargouillement ileo-coecal. 

* De meme pour ces pneumonies a d6but 16ger, mais insidieux, et qui dans les 
vifcgt-quatre heures passent a la forme la plus grave de la typholde pectorale. 

Encore ainsi de ces diarrhees presque insigniOantes et qui en moins de quelques 
jours se sont transformees en Tetat typhique abdominal le plus serieux. 

Pour nous qui nous sentons corrobore par r opinion de plusieurs de nos con- 
freres des hopitaux et des ambulances,. la constitution medical e actuelle est essen- 
tiellement et presque exclusivement typhique. De sorte que, aux 375 deces de fievre 
typholde accuses par le Bulletin, d'apres ce que nous voyons tous les jours et 
d'apres ce que nos confreres observent de leur cote, nous n'hesiterions pas a placer 
dans la ih£ me categorie les deces par bronchite, par diarrhee , et un grand nombre 
de ceux attribues a la pneumonie. 

cours de sa vie scientifique sur la non-existence de la monomanie, c'est-i-dire d'un deiire 
limits k une seule s^rie u'id&^ou k un seal ordre de faculty 

En 1822, il publia son TraiU de Chypockondrie et du suicide , oui est devenu classique et 
a €t€ traduit dans plusieurs langues. Dans la m6me ann6e, il fonda, conjointement avec le 
docteur F£lix Vofoin, I'gtablissement priv6 de Vanves pour le traitement des alitor, etablis- 
6ement bas6 sur le principe, alors complement nouveau, des pavilions s6par£s, disperses 
sur un vaste emplacement de terrain, et qui, aprtequaranle-huit ans de durde, subsiste encore 
aujourd'hui. ■ • 

En 1828 et 1829, le docteur Falret obtint, k l'lnstitut de France, deux m6dailles d'or pour 
des recherches statistiqties, roalheureuseinent resides incites, sur les causes des suicides, des 
apoplexies et des morts subites. (Yoir le rapport sur ce travail public, 4 cette 6poque, dans les 
Gwnples rentus par M. Serres, membre de I'Acad&nie des sciences.) 

A la meme 6poque, M. le docteur Falret fut nomn>6 membre adjoint de l'Acactemie de m£- 
decine. II devint ensuite membre titulaire de cette Acadgmie aprfcs la revolution de 1830. 

En 1831, il fut nomm£ ro&lecin de l'hospice de la Salpttrifere, fonctions qu'il a .exerc&s 
depuis lore sans interruption pendant trente-six ans avec un zfele et une exactitude exem- 
plaires. 

En 1837 , il coopfra activement, avec Esquirol et Ferrus, h la confection de la loi sur les 
ati6n& dti 30 juin 1838. cette loi , inspire par une pens£e essentiellement m£dicale et par 
une connaissance exacte des vrais besoms des ali6n£s et des exigences de Tordre social , 
r&istera longtemps encore aux attaques passionnSes dont elle est aujourd'hui Fobjet, parce 

Si'elle a 4t£ longuement et s6rieusement £labor£e par des esprits gmments et pratiques. Les 
bfervations sur le projet de loi de 1837 (qui a pr£c£d6 la loi elle-mQme), publics k cette 
£poque par le docteur Falret, dans la Gazette nUdicale , et r&mprioiges depuis a la fin de son 
ouvrage en 1863 , mfritent encore aujourd'hui d'etre consultees par tous ceux qui dlsirent 



L'UNION MED1CALE 39 



Nous disons constitution typhique, sans qu'U soit possible, croyons-nous , de 
Preiser davantage. Mais cet etat sanitaire porte un enseignement dont il est souve T 
rainement .utile et urgent de se preoccuper. 11 est un mot sinistra que nous ne you- 
lons pas ecrire, mais ce <jue ce mot signifle on peut l'eviter, on peut au moins en 
amolndrir les lugubres resultats en faisant tout pe qu'il est possible de faire pour 
eviter Fencombrement, l'agglomeration dans les hopilaux et dans les ambulances, 
condition qu'il n'est pas toujours possible de remplir. 

Aussi doit-on accueillir avec faveur et sympathy les moyens proposes pour don- 
ner a nos pauvres raalades de Fair,, de l'espace, de la lumiere ; a cet egard, nous 
devons signaler une idee qui paralt heureuse, celle de 1'etablissement d'ambulances 
sur la Seine proposee par M. le docteur Felix Rochard. Voici en quels termes un 
homme competent, M. le baron Larrey, a expose et apprecie cette idee a TAcademie 
des sciences: 

Ce systeme d 'ambulances sur l'eau, dit M. le baron. Larrey, §usceptible a volont£ 
d'acquerir une extension plus ou moins grande, a pour but de suppleer a Tinsuffi- 
sance et aux imperfections des etablissements hospitallers, constiluant sous diffe- 
rents titres les ambulances disseminees sur tous les points de la capitale. 

Etablie au milieu de la Seine, dans un endroit large, borde des vastes berees et 
avoisine par des jardins ou des espaces libres, cette ambulance st*ait baignee par 
un courant d'air salubre, en pleine lumiere et soumisea Taide d'un systeme simple 
a une temperature uniforme. On pourrait utiliser les baraquements du Luxembourg 
qu'il a fallu evacuer d'urgence. 

Cette ambulance navale permettrait immediatement de degager les hopitaux, 
d'assurer l'evacuation de6 ambulances, de diminuer partout l'encombrement, 
d'ameliorer la constitution medicate, de diminuer la frequence et la gravite des 
maladies regnantes. 

Une objection frappe tout d'abord, fait remarquer M. Larrey. Une ambulance sur 
la Seine! Mais, et l'humidite? 

Ne provoquera-t-on pas ainsi des complications ou des accidents chez les malades 
ou les blesses ; des affections de poitrine, des rbumatismes, la fievrq purulente, la 
pourriture d'hopital, le scorbut, etc.., 

L 'experience est le meilleur guide en pareille matiere. Or, les rfisultats d'obser- 
vations a cet egard sont concluants. 

L'evacuation par eau, dit M. Larrey, des convois de malades ou de blesses a tou- 
jours eu pour avantage d'ameliorer au lieu d'aggraver leur etat. C'est ce qui avait 
ete remajque par mon pere au retour.de l'expedition d'Egypte, c'est ce que M. Ro- 
chard a constate lui-meme eii 1830, pendant une station aux Indes, en accojft* 

iSmSmmEmmmmmmmSmmmmmm^ 

etudier les motife qui ont preside It 1* redaction de. cette loi, si violemment et si lnjustemant 
attaqu6e. 

En 1838, M. le docteur Falret fit paraltre, dans le Dictionnmre des itudes midicaies pra- 
tiqu£s r xm article Alienation mentak, reprodiritplus tard dans son ouvrage, et qui contient les 
notions les plus senates et les plus pratiqufes sur le diagnostic general de la folic Get article 
fut suivi, en 1839, dans le m&me dictionnaire, de I'artfcle DMire, certaioement Ton des plus 
remarquables qui aient jamais ete publics sur ce symptome important envisage dans son accep- 
tion la plus generale. 

Eu I860, M. le docteur Falret prononca un discours sur la tombe de son maltre Esquirol, 
disconrs qui est ^galement reproduit dans ses ceuvres; completes. > ' 

En 1843, M. le docteur Falret commen$a, a l'hospice de la Salp&trifere, la longue serie de ses 
Lecons diniques sur les maladies mentales qui , pendant plus de quinze ans , furent suivies 
assidument par de nombreiises generations ireieves fran$ais et Strangers. En f absence de 
tout enseignement official sur cette branche si interessante et malheureusement si negligee de 
nos connaissances medicales , ces le$ons contribufcrent puissamment h repandre parmi les 
notrrelles generations le go&t de ces etudes et les notions pratiques sur les maladies mentales. 
La plupart des medeeins qui, depuis lors, se sont voues a la specialiie des maladies mentales 
et qui ont dlrige des asites d'aiienes, oht passe par cette ecole de la Salpetrfere et y ont poise 
ies plus utiles enaeignements. 

Vers la nȣme epoque, le docteur Falret commen$a la fondation d'une ceuvre de charite a 
laquelle il a consacre, depuis lore, une grande partle de son activity Nous, voulons parter de 
la creation de ftauvre du patronage des alienes sortis gueris desasiles de laSalpetrifer^et dp 
Bicfttre.La bienfaisauce pubtique avait borne, jusque la, son attention aux alienes soignee dws 
les aailes. 

M. le docteur Falret pensa que, non content des'ooeuper de ces malades* pendant k 4ur6e 
de leur a fectfen* il impwkut, an plus haut degr$* que Ji <?h*rite Jen auivM «A«ore if rfca |eur 



*0 L'UNION MffiMCALfc. 



pagnant un nombreux convoi de rtralades de Madagascar a l'ile de la Reunion, et en 
18§5 dans un service de canots organise par lui a la Guadeloupe; c'est ce qui a et6 
observe pendant les guerres d'Afrique, de Crim6e, du Mexique; c'est ce que j'ai vu 
moi-m&ne en 1859, en revenant de la campagne d'ltalie. 

' Enfin, faut-il rappeler TH6tel-Dieii de Paris, dont toute une partie semble plongee 
dans la Seine? N'est-il pas, d'apres la statistique medicale, un des hopitaux les plus 
salubres, en raison meme du courant d'eau qui tend a assurer a ce vieil edifice 
hospitalier une aeration reguliere et continue. 

' Tout r&semment ehcore, comme le* fait tres-bien remarquer M. le baron Larrey, 
on s'est trfes-bien trouve de Tevacuation des blessfe par les petits bateaux omnibus 
de la Seirie. 

' SignaKms, dans la derniere seance de TAcademie de medecihe , le tres-beau dis- 
course M. Chauffard sur l'alcoolisme. Nous sommes heureux de pouvoir offrir 
tiette 61o<iufente oraisen a nos lecteurs. 

■ ' ' ' I ' ' I ■ ■ l| I m i III I I I 

HYGIENE PUBLIQUE 

N#n» atift LES SOPIIAlJ*~lAftAQt)«S DU LUXEMBOURG bt »u iamir IBS plawtb*; 

Par M. Michel L£vy, m^decin inspecteur de Farmed, etc. 

I 

, Malgre les pattriotiques anxietfe du moment present,' il n'est pas inopportun 
d'appeler Pattention des medecins et des administrateurs sur un episode de l'his- 
toire medicale du siege de Paris : nous voulons parler des h6pitaux-baraques qui, a 
notre instigation et d'apres nos indications detaillees, ont ete construits sur les 
terrains restes en dehors du jardin du Luxembourg, et sur un emplacement du Jar- 
des Plantes compris entre les serres et une de ses allees principales. 

La guerre n'etait pas encore declaree, que, dans un entretien avec M. ledirecteur 
de 1' administration de la guerre, j'insistais sur la necessity de sortir des vieilles 
routines du service de sante, de nous inspirer de l'experience et des exemples des 
Etats-Unis pendant les guerres de la secession, et d'imiter sur une large eehelle 
leur sy steme d'installations temporaires des blesses et des malades (i), depr£fe~ 
pence a 1'oecupation pr6cipitee de couvents, de casernes, d'eglises, de vieux bati- 
ments njal appropries a cet usage, etc. 

(I) toyez Schalz, titude sur let hopitaux sous tent* (Annates a* hygiene, 1870, t. XXXIV, 2« partie, 
page***). 

&rtie des dtabRssements qui leur (Staient eonsacrist L'extrtone susceptibility nervause que ces 
malades conservent alors et les pr6jug£s nombreux qu'ils rencontrent dans la socttte, les 
eftpusfcnt, hon-seuteihent k wne misere preaque certaine, inais a des danjgerfe de tout urdre et 
stfrtoot k de frgquentes reehutes. Ge'nfedecin philanthrope fut persuade que; aprfcs avoir cher- 
\M k anteltorer le sort des aliene>et conlribu^ k lepr .gntrim, il ne devait pas borner la son 
action et que, loin d ? abandonner ses malades k leur sortie des asites, il devait les suivre partout 
bfrite poftftraient lews pas. C'est dans ce but qu'i! cr6a l'oeuvre de charity, a la fois phi- 
lanthropique et medicale qui dure encore aujourd'hui et qui, grace k l'activitt perse* vdrante 
de sou rondatear, est doa^e d'une vitaHt6 assez pnis^ante pour i pouvoir survivre k celui qui 
en 6tait Tame et qui lui coasniuniquait la vie. Les comptes rendus officiate de cette ceuvre, 
publies depuis 1865. jusqu'* rannee.dernt&re, temoignent k la fois des nombceux services 
qu'ette a rend us depuis vingt-cinig. ans et de sa forte vitalile. 

Pendant qu'il consacrait ainsi une grande partie de son activity a celte oeuvre de.bieniai- 
sance, M. le docteur Falret ne negligeait pas cependant la culture de la science. En 1843* il 
pubtia,' dans; le Diotonnaire de mfdedm usuelte, un- article iutitul6 : Considerations gintrrtes 
sur ties maladies mentaies, reproduit dans son ouvrage en 1863, et qui contient les docu- 
ments les plus inl^ressants sur les diverses parties de la ngdecine mentale* 

Bti 1865, il fit coDnattre egalement ses • princq»les id6es .sur fat fbndation et Torganisation 
des etablissements d'alien^s, dans deux articles qui parurent dans les Amtalesm^aHco^peych&to- 
qiques et intitules : Visit & a Citablissement tfaLttnte tfUlenmk ( grand -dueMde Bade), et 
Considerations ghUraies sur les asiles tfaiiines. Ce travail comprend, en un petit nombre de 
pages, la plupart des idees Guises par Fauteur sur ce sujet important. Ges ide^a, commiir- 

Suees par lui, avec Lous tes d^taik que cqmporiait leur mise eh pratique 4 desi medecins et 
es architectes francais ou etrangers charges, de la construction de nouveaux 6tabliss«nente 
d*alieB^s, ont a>uvehtservi de base poor la fondaton deces mites. 
En iWO, M. !e docteur Falretiipublia Hu«kdlm0 >les Annate* mMteo-ptycMofiqM im* 



L'UJHION MEDICAID. 41 



e tjue j'ignorais alors et ce qui donne lieu a un rapprochement significatif, c'est 
deja, sur l'avis pressant de Virchow, on construisait a Test de Berlin un h&pital 



Ce 
que 

en haraques, communiquant directemeut avec le chemin de fer et destine a rece- 
voir 1,500 lits. 

. En meme temps, je,proposais au ministre de la guerre d'affecter a Torganisation 
des ambulances la promotion des medecins stagiaires du Val-de-Grace, tous pourvus 
du doctorat, et les deux divisions les plus avancees de l'Ecole de Strasbourg, sous 
la reserve d'un prochain appel aux medecins et aux eleves civils ayant douze ins- 
criptions, au besoin aeulement huit. 

Vers le 15 juillet, le ministre de la guerre me prescrivit de soumettre a des 
epreuves d'aplitude relative les diverses categories de candidats qui, des registres 
d'inscriptiion ayant ete ouverts aux mairies, a la Faculte, au Val-de-Grace, etc., 
s'etaient empresses d'offrir lews .services. Je passe sous silence les eqibarras, les 
lenteurs* les erreurs nes de la multiplicite des centres description ; l'instinct des 
masses redresse le vice des reglementatians : rimmense.majorite des candidats 
prit le chemin du Val-de-Grace. II ne serai t pas juste de ne pas consacrer ici, meme 
au prix d'une digression, le souvenir du noble enthousiasme des medecins, des 
pharmaciens et des eleves civils; 2,000 se sont presentes devant les quatre sections 
d'un meme jury, sur lesquels 1 ,292- ont ete recojinus admissibles aux emplois de 
medecins ou de pharmaciens auxUiaires de l'armee, depuis le grade de chef de ser- 
vice jusqu'a celui dai de-major. Les doyens de la pratique medicate a Paris, les 
agreges, les chirurgiens et medecins du Bureau central, les internes, les laureats 
des hdpitaux et de la Faculte, les internes des hopitaux de province sollicitaient 
l'honneur et Toccasion de se devouer, desprofesseurs eminents de la Faculte ne Tout 
pas declioee, et its savent avec quelle deference leur concoursa eteaccepte, et com- 
bien qui, retenus au loin, dans les departements ou par des empechemeats divers, 
m'ont ecrit pour obtenir leur inscription d'office sur les listes de repartition du per- 
sonnel medical volontaire. Des septuagenaires se sont offerts a diriger des services 
situes dans leurs quarters, a prendre charge des ambulances dans leurs arrondis- 
sements. Est-il besoin d'ajouter que les garanties de Inexperience et,de la speeialite 
hien etabiie ont ete recherchees avec soin pour les emplois de chefs responsables? 
Quant, aux foaotions en sous-wdre, le doctorat nous a paru les autoriser suflisam- 
m$nt ; les internes n'ont eu a subir qu'une epreuve de mesdecine operatoire. 

Le desinteressement de tous les candidats merite auasi une mention. Parmi tant 
de zele patriotique, de courage et d'iniUative, pas une preoccupation, d'interet, pas 
une question concernant les moyens de voyager, d'exister ,: car, a cette epoque 
(juillet et aoftt 1 870)., la perspective s'eteudait encore au dela de Paris. B pour- 

autres articles sur VEmeignement clinique des maladies mentales. Pans ce travail ou la pra- 
tique vient sans cesse a l'appui des considerations theoriques, Tauteur qui, dans ses lemons 
de la SalpGtriere, joignait tous les jours I'exemple au pr£cepte, indique de main de mattre 
les regies a suivre pour rgaliser l'enseignement clinique des maladies mentales et refute victo- 
rieusement toutes les objections trop souveut renouveldes contre ce genre d'enseignement. 

fin 1854, M. le docteur Falret se decida en&n a publier une par tie de ses Lecons cliniques 
de la Saipelriere sous le litre de : Symptomatolagie generate des maladies mentales, Ges dix 
legons, pr£c&l£es d'une lecon d'ouverture remarquable sur la direction a imprimer a Tobser- 
vation des ali^nes, renJferment les documents les plus precieux et les conseils les plus pra- 
tiques pour tou> ceux qui veulent se livrer a r6tu.de si difficile des maladies mentales,. . 

Dans la m&me ann6e (1854), le docteur Falret fit paraitre, dans les Archives gto&rales de 
mHficine 7 un article ayhnt pour tiire : De la nom-eaistenee d!t la monomanw. Cette these, 
Ynm d*s phis considerables que Fauteur ait ohercha a etablir pendant tout le cours de sa car- 
rifcre stientifique, et a laquelle il attachait, avec raison, la plus grande importance, ne se 
reduisait pas, comnae on la trop souveut rep6t6, a une simple discussion de msts ;.slle repreV 
sentoit ube veritable question de doctrine, ayant son retentissenert suv toutes les branches de 
la H)£decine menfade et offrait le criterium le plus sur que nous poss^dions encore poor le 
diagnostic de la folie. Tout ali^ne* delire w meme temps sur un certain nombre de points et 
non sur un seul. Cette proposition, une fois^tabliescientifiquement (et r observation dechaque 
jour en d6ntontre de plus en plus Texaete ve'rite'), il devient facile de dastinguer un exccm- 
trique on un homme passionne, doming par une direction unique d'id^es ou de sentiments, 
d'un alien6 veritable, don t le trouble mental porte a la fois sur plosiieurs sgries d'idees fausses 
et sur plusieurs ordres de faculte's J6s6es. Ce principe ge*n6ral, f6cond en consequences utiles, 
que le docteur Falret a, plus que personne, contribue" a d^.montrer scienlifiqueraent, sera 
cOB^Mere*, dans Tjivettir, comtne une des plus pre*cieuses coujufitfes de la. ifterocine menlale 
de aotre epoqoe. ^ l , / 



42 I/UNION MfiDICALE 



tant la tradition administrative ne permettait aucune illusion sur les conditions 
remuneratrices de la requisition dans le service de sante ; je Tai vue cotee a 50 francs 
par mois, a 1,200 francs par an, et au maximum a 1,800 francs. J'avais decide 
M. l'intendant general Bosc a reclamer un tarif de solde convenable en faveur de 
nos auxiliaires ; mes fixations n*ont pas prevalu ; mais, telles que les a dispensees 
le ministre, elles constituent un progres : 3,000 francs au medecin civil charge 
d'un service de chef d'hopital , 2,500 francs ah docleur chef d'tine division de 
malades, 2,100 francs a Taide-major docteur, 1,800 francs au simple elfeve fai- 
sant fonction d 'aide-major (decision ministerielle du 9 aofit 1870). 

II 

Apres le personnel, les locaux et le materiel. Dans les derniers jours de juillet, 
une Iettre ministerielle me prescrivit de me joindre a M. l'intendant Bosc pour 
rechercher et visiter des locaux au point de vue de leur appropriation au service des 
ambulances et des hfipitaux. On n'avait encore en vue que les evacuations succes- 
sives de blesses et de malades sur Paris et au dela; la prevision du siege actuel 
entrait si peu dans les esprits, que M. l'intendant general Bosc n'hesita pas a me 
conduire, sur ma demande, dans une localite situee a 6 kilometres de Meaux, qui, 
par la nature de son sol (sable), la richesse de ses eaux (Marne, D'huys, sources), sa 
proximite du chemin de ffer, etc., se serait pr&ee merveilleusement a une vaste et 
salubre installation de baraques. Dans un nouvel entretien avec M. Blondeau, direc- 
teur de 1'administration, et des ma premiere conference avec M. l'intendant general 
Bosc, j'accentuais mes preferences pour les baraques bien construites sur les locaux 
et Mtiments detournes de leurs usages primitifs. Je n'ai cesse d'en demander, et, 
finalement, c'est au Luxembourg, comme annexe du Val-de-GrS.ce et au Jardin des 
Plantes, que j'ai obtenu, a titre d'essai, l'ereetion d'un certain nombre de bataques 
hospital ieres, bien mieux comprises et mieux confectionnees que celles d'Orient 
(1854-1855). Leur construction ne commenca que le 5 septembre. L'honorable 
colonel de Courville, directeur du genie de la rive gauche, donna l'ordre au capi- 
taine Dreysse de se concerter avec moi k ce sujet. M. de Courville avait !ui-m6me, 
a Constantinople, dirige l'edification d'un hopital en baraques, celui deGulhatie 
(pointe du vieux serail) ; il avait assiste a une partie de mes luttes pour Tassainis- 
sement de nos hopitaux (1). M. Dreysse ayant ete envoye a Saint-Denis, M. le lieta- 
tenant-colonel du genie de Laussedat lui succeda et apporta a cette oeuvre la meme 
liberalite de vues et la decision d'un esprit convaincu. Dans Tintervalle, i'architecte, 



(l) Voyez Michel L^vy, Discussion sur V hygiene des hopitaux (Bulletin de VAcad. de 
362, t XXVII, p. 611) et Traiti d* hygiene, V edit. Paris, 1869, t. II, p. 443. 



med., Paris, 
1862, ~~ — • --.- - -• - -- 



Dans la meme ann£e (185/1) M. le docteur Falret (a Poccasion d'une communication faite 
sur le mfime sujet par M. Bail larger), lut, a PAcademie de medecine, un m^moire important 
sur une forme nouvelle de maladie mentale, caract^rise'e par la succession reguliere d'un 6tat 
d'excitation maniaque et d'un ^tat de depression melancolique , espece de maladie mentale a 
laquelle il donna le nom pittoresque de fotie circutaire , pour indiquer par ce mot que Pexis- 
tence entiere de ces malades roulait dans un cercle perp&uel et presque fatal d'etate maladifs, 
se succ6dant dans le m^me ordre et avec une regularity d6sesp£rante qui d&oncertait tous 
les efforts de la medecine. M. Baillarger, dans Ta communication qu'il lit en m6me temps, 
a PAcad&nie, a pr6f£r6 designer a cette espece de maladie mentale le nom de fotie a double 
forme, tout en donnant a cette expression un sens plus £tendu que celui r£serv6 par M. Fal- 
ret au mot de fotie circutaire. 

En 1861, a 1 occasion de la discussion souleve'e a l'Acad&nie de medecine par le professeur 
Trousseau sur la cougestion appolectiforme , M. le docteur Falret fit, sur les rapports de cette 
congestion et de lMpilepsie, une lecture qui fut alors tres-remarqu4e et qui figure dans les 
Bulletins de PAcademie de medecine, ainsi que dans ses oeuvres completes. 

Enfin, en 1863, M. le docteur Falret qui, pendant toute son existence si remplie, avait 
constaroment nourri le projet de publier un traits complet des maladies mentales et n'avait 
jamais trouve* le temps n£cessaire pour le rtaliser, prit le parti de r&inir en un seul volume 
touies ses publications jusqoe-la isotees sur les maladies mentales et les asiles d'aMnls, et 
dans le but de restituer au moins* a Fensemble de ces articles s6par6s, Punitg de la pens£e, k 
dtfaut de Punite de redaction et de coordination qui leur manquait n&essairement, il fit pre"- 
c6der ce volume d'une longue introduction de 70 pages, qui vaut a elle seule tout un our 
vrage (1). ■ ' 

(1) Des maladies mentales et des asiles d'atttnts, considerations gtnerales et lecons cbntatw, par 
M. le docteur J- -P. Falret, medecin de la Salp&rfere et membre de PAcademie de medecine. Caez 
J.-B. Bailliere et flls, Paris, 1863. 



L'UNION lf£ DIG ALE. 43. 



M. Jaeger, iristruit, judicieux, au courant de ee qui s'est fait en Amerique pendant 
la guerre de la secession, et ayant visite recemment a Berlin les baraques du docteur 
Vircfaow, m'avait communique ses plans et pris note de mes desiderata. Je ne sau~ 
rais trop me louer ici de la deference intelligente et eclairee qu'ont rencontree mes 
avis, soit dans le service du genie, soit aupres de l'entrepreneur, et surtout de 
M. Jaeger, Tarchitecte par excellence de ces chalets hospitallers, suivant Theureuse 
expression de M. le docteur Guardia (1). M. Jaeger a ete lui-meme bien seconde par 
M. Sabourand, inspecteur des constructions. II est pourtant deux points oil je n'ai 
pas obtenu satisfaction : 1° entre les extremites de deux baraques, j'avais stipule un 
espace libre de 15 a 20 metres pour leur isolement, pour prevenir entre elles toute 
solidarite atmospherique, tout echange d'effluves miasmatiques : c'est le tiers environ, 
de cet intervalle qu'on a laisse entre les bouts, et, par un temps tiede et calme, 
ceUe proximite de portes alors ouvqrtes peut avoir ses inconvenients, voire meme 
ses dangers ; 2° les annexes, rejetees sur le bord du boulevard Saint-Michel, sont , 
excentriques et trop distantes de la plupart des baraques. 

Quoi qu'il en soit, etant donnes les terrains disponibles de l'ancienne allee du 
Luxembourg a l'Observatoire, avec la regie de construire sur les parties bitumees 
de cet espace, on en a tire le raeilleur parti (fig. 1). C'est en juillet que j'avais 
reclame d'ur^ence ce baraquement, comptant le voir utiliser d'aout jusqu'en octobre, 
terme des previsions de guerre a cette epoque. Divers retards n'ont permis de l'oc- 
cuper qu'en novembre, dans les conditions d'une installation d'hiver, qui, bien 
surveillees, auront pour resultat de demontrer la possibilite d'approprier les hopi- 
taux- chalets aux diverses saisons. Outre l'avantage d'une exposition libre et aeree 
sur un des points culminants de Paris, ces terrains presentent une division a peii 
pres reguliere, par des rues bitumees en pente douce, qui, deslinees a recevoir les 
baraques, leur fournissent, sous leurs parquets eleves en moyennede 50 centimetres 
au-des$us du sol, une surface unie, compacte, impermeable, susceptible d'etre entre- 
tenue dans un etat constant de proprete; des trottoirs tout etablis faciliteront la 
circulation des voitures tricycles couvertes, chargees de porter les medicaments et 
les aliments jusque dans Tinterieur des baraques a l'aide d'un petit plancher de, 
raccord Comme les egouts et les conduites d eaux passent sous toutes ces rues, il a 
ete facile de pourvoir a Tirrigation et a I'approvisionnement d'eau des baraques, 
ainsi qu'a Fecoulement des eaux sales et aux previsions de stirete en cas d'incendie. 
Un chateau d'eau de 150 metres cubes d'eau a ete construit sur le point le plus 
eleve de l'emplacement avec un systeme de distribution independant de celui de la 
ville. Cette contenance, tous les besoins de Thopital assures, comporle une ample 

(1) Traitement et hygiene dee blend* (Temps, 2 dtcembre 1870). 

Gette introduction renferme, sous la forme la plus condensge, les idees principaies emises 
par l'auteur pendant tout le cours de sa carriere scientifique, sur les diverses branches de la 
medecine mentale. Elle esl, de plus, une sorte de confession publique ou de testament scien- 
tifique. L'auteur y indique, avec une loyaut&qui Fhonore, les phases successives qui ont mar* 
Sue* revolution de ses opinions et les motifs qui, apres ltri avoir fait abandonner les idees 
e sa jeunesse et de son Age mur, Font porte en definitive a adopter les principes qui lui 
paraissent les plus conformes aux vrais progres de la science et qui ont ete pour lui le re- 
sultat murement refiechi d'une longue experience. Aux doctrines trop exclusives des anato- 
mistes et des psychologues purs, qu'il avait d'abord adoptees, il croil devoir, a la fin de sa 
carriere, proclamer comme plus exacte et plus vraie la doctrine essentiellement clinique qui 
assimile les maladies mentales aux maladies ordinaires, et il engage les medecins ali^nistes k 
appliquer a l'etude * des maladies mentales les process et les methodes employees par les 
medecins pour la connaissance clinique de toutes les autres maladies. 

Par cette introduction, qui resume brievement et magistralement toutes ses idees, l'auteur 
a clos sa longue carriere scientifique. 

Pendant quelques anne*es encore, il a continue* a remplir ses fonctions de medecin de Thos- 
pice de la Salpetriere, qu'il ne pouvait ge resoudre a abandonner, tant etaient grands chez lui 
rattrait de ces etudes spteiales et Taltachement pour ses raalades. En mars 1867, cependant, 
il se decida a se relirer, apres 1 trente-six airs de service, et il donna, a son grand regret, sa 
demission. 

Il partagea des lors sa vie entre sa maison de sante de Vanves, la direction de sa Society 
de patronage, qui a toujours ete son oeuvre de predilection , et son pays natal, pour lequel il 
avaft conserve ('affection la plus vive, et oil il termina, au raois d'octobre dernier, selon le 
voeu bien souvent expriroe par lui, son existence si laborieuse, mais si utitement et si bono* 
rablftme«t remptiel 



44 L'UNIOJK MEWCAJLE 



r&erve d'eau, si un incendies'y declare ou dans le voisinage. A CM eflfet, chaque 
baraque a son reservoir de secours muni d'un robinet que denonce au loin ceite 
inscription en grands caracteres : Robinet d'ineendie, et un autre robinet, etabli en 
dehors de r enceinte des baraques, visible sur tout le carrefour de l'Observatoire, 
alimentera les pompes en cas d'incendie dans les quartiers environnants. 

Si la configuration du terrain et le trace des voies bitumees ont commande la 
disposition des baraques, le square, avec ses gazons, ses plates-bandes a fleurs, ses 
beaux afbres, ses statues, n'en ont pas souffert ; dans la plupart de nos baraques, 
chaque malade jouit dans son lit raeme de cette delectable vue; convalescent, il 
trouve a sa porte la promenade salubre et menagee, en ete, des ombrages qui 
l'abritent. 

Les principes qui m'ont guide et que j'ai ete heureux de faire adopter par le 
colonel du genie, M. de Laussedat, comme a son intelligent architecte M. Jeeger, 
ont ete les suivants : 

lo Large dissemination des chalets-hopitaux surtoutel'etendue de remplacement 
du Luxembourg dont la surface est de 83,600 metres. 

2* Aeration prompte et facile de I'interieur de chaque baraque, percee sur ses 
deux facades longues de vingt fenetres al'opposite, qui descendent jusqu'a 0»,65 
au-dess*us du parquet; par les portes etablies aux deux extremites, renouvellement 
de l'air en sens longitudinal ; sous le parquet, circulation libre de 1 'air, nulle sta- 
gnation d'eau pluviale; mais ce qui donne a chaque salle, a chaque baraque une 
garantie d'aeration permanente et de salubrite, c'est le toit a deux pentes avec lan- 
terne au faitage, avec chassis vitres et mobiles ; cette lanterne occupe le tiers de la 
longueur du toit ; ces chassis ouvfants ont l m ,10 de hauteur, et les fenetres des 
longs cotes de la salle ayant lm,io de large pour 2«,io de haut, les ouvertures 
d'aeration sont aux trumeaux dans le rapport de 4 1/2 (M. Jaeger). 

3° Par un liberal espacement des lits assure aux malades , mfrne lorsque les 
basses temperatures du dehors exigent la fermeture de toutes lgs ouvertures, une 
reserve d'air considerable en sus du cube d'air alloue par les reglements (fig. 2). 
Xhaque baraque a 38 metres de long sur 9 a 10 metres de large; en hauteur, 4 
metres du parquet a l'egout du toit et 8 metres jusqu'au faitage d'une lanterne de 
3 metres de large pour 1 metre 50 de haut. Etant retranchee, a chaque bout, une 
travee de 4 metres affectee a des services dont il sera parl6 plus loin, et le volume 
d'air de la travee d'entree devant s'aiouter a celui de la salle, M. Jaeger estime ainsi 
le cube d'air de chaque baraque a 34»,00 (longueur) X 10 m ,00 (largeur) X 6 ra ,00 
(hauteur, moyenne reduite) = 2,040 m ,00, soit par malade 102 metres cubes d'air, 
avec 20 malades par baraque ; c'est le cbiflfe que j'ai fixe comme une limite 
salubre. Au dela, c'eaLuae experience qui commence et dopt les resultats deyront 
etre enregistres avec soin. 11 se trouvera peut-etre des praticiens, habitues aux 
encombrements nosocomiaux, qui accepteront 30 malades avec 68 metres cubes 
d'air, et merae 40 avec 51 metres cubes d'air pour chacun ; mais reservation les 
rendra plus exigeants, surtout en faveur des blesses et des operes, si permeables au 
poison subtil de 1'infection putride. Oui, reservez-leur les 102 metres cubes d'air, 
sous la condition encore d'une aeration r£petee plusieurs fois par jour, meme en 
hiver ; des que la temperature s'adoucit, ne craignez pas d'ouvrir les fenetres, les 
chassis de la lanterne. Et sans systems de ventilation artificielle, sans fumigations 
ni disinfectants, ces chalets si bien places, inondes de lumiere et d'air, aideront an 
succes de nos savants chirurgiens. 

{la suite a un prachain numero.) 



r i ,i i "',' ,, i i i ■■ ,4 '"■■> ; • ' . i . f., i ,, mi", r.i 'in n ,"i iuuj. 



ACADEMIES ET SOCIfiTfiS SAVANTES 



ACAfrEME DE HEDEGINE 
Seance du 24 Janvier 1871. — Presidenee de M. Wum. 

La correspondance non-officielle comprend une oole de M. B6zard de Wouves sur la cause 
et le traitenaent de la pourriture d'h6pital. 

M» Larrjby pr&ente une brochure de M. le cfccteur F^lix-Rochard relative a un projel 
d'aatfmknce sur la Seine. 

M. le President a le regret d'annoncer a FAcad6mie la nouvelle de la mort de Vm de ses 
membres titulaires, M. Jules Falret. 



L'UMION M£0ICAL£, 45 



M. Chatw donne lecture d'un rapport sar une CwU gfopraphttfw d$ Ul matttre nMUaU, 
par M. Leon Sonbeyran. 

Les condusions da rapport sont : 1° le depdt de cetle carte dans la bibliotheque de FAca- 
deroie ; renvoi a Fauteur (Tune lettre de remercienients. • 

Ce* conclusions sont adoptees. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion relative a Finfluence de Falcoolisme sur les 
lesions ehirurgicales. — La parole est a M. Chauffard. 

M. Chaoffard : Messieurs, malgre les tristesses et les angoisses de Flieure presente, FAca- 
dgmie ne saurait avoir de plus legitime preoccupation que celte d'etudier les grands fleaux 
qui menacent la prosp^rite de notre race, son de'veloppement physique, ses forces d'expansion 
et de resistance. Apres la discussion sur la tuberculose, sont veous les debats sur la mortality 
des nourrissons; ces debate finissent a peine, et la question de Falcoolisme est posee : tuber- 
culose, mortality des nouveau-nes, alcoolisme, ce sont la peut-etre les causes les plus actives 
de destruction et d'affaibhssement de nos populations, surtout des populations ouvrieres et 
UFbatnes. Aussi n'est-ce pas a un concours de circonstanoes fortuites qu'il faut attribuer ce 
double fait,*a savoir, que de telles questions sont portees devant FAcademie et qu'elles y sus- 
citent un long examen, je dirai presque une laborieuse agitation. C'est la force roeme des 
choses qui le veut ainsi, c'est la conscience des dangers publics, c'est le sentiment de son 
devoir et de sa mission qui pouasent et soutiennent FAcademie dans cette voie d'etudes et de 
recherches. Quand elle ne ferait que consacrer ainsi et raettre en pleine lumiere Fimportanne 
douloureuse de ces questions, quand elle ne ferait qu'appeler tous les medecins a se liguer 
contre ces maux qui devorent tant de vies humaines, FAcademie remplirait une mission emi- 
uemment utile, la mission a la fois scientifique et sociale qui est vraiment la sienne. 

II ne faut done pas eraindre , il faut desirer de voir ces discussions se prolonger. II est ban 
que les aspects divers d'un si vaste sujet soient tour a tour mesures et compares ; ces aspects, 
si differents qu'ils semblent, ne sont pas isoies, en effet ; ils se tiennent les uns les autres, et 
on Infe possede chacun que par une vue generate portee sui tous, que par la connaissance et la 
hierarchy des rapports qui les retient, par le disceraement des faits essentiels et des faits 
secondaires , lequel nous permet de eomprendre la genese et la necessity des faits successive- 
ment Hvres par Fobservation. L'Academie done me pardonnera mon intervention apres tant 
d'orateurs autorises. Son attention est peut-etre fatiguee ; el, Dependant, j*ai a la lui demander, 
pour exposer un ensemble de vues et de considerations que je voudrais restreindre en detroites 
limites, mais dont, malgre moi , je n'entrevois le terme qu'eloigne et &u bout d'une trop loo- 
gue carriere; je fais, en consequence, appel k tout son bon vouloir et a sa plus iodulgeate 
patience. 

Totftefois, je ne compte pas, Messieurs, deplacer le debal, ni Feiargir outre mesune ; je me 
renfermerai dans les limites tracers par le promoteur lui-meme de oette discussion ; j'etudierai 
Falcoolisme dans ses rapports avec le traumatism^; la question est assez large pour n'aveir 
pas besoin d'etre agrandie; M. Verneuil en a, d'ailleurs, determine" le cadre etendu, de fagoo a 
ne laisser en dehors audun des traits essentiels de rempoisoooeaient chronique par Fataool. Je 
n'ai d'autae ambition que de rechercher, a mon tour, les causes organiques et vitales des com- 
plications traumatkfues lides a FalcooUsme, demontrer pdurquoi et comment ces complications, 
ces troubles cache's ou manifested, sent iascrits a Pavance dans les tissus dege»e>es sous Tin- 
fluence prolonged des abus alcooliques, d'etudier la pathogenie et la suecessios oltkoqnee de 
tous ces dtaordres morbides; je voudrais ensuite en poureuim F4tode partico here dans notre 
race propre, et a travers nos habitudes hygieniques, nhysiotogiques et sociales; voir, enfini, 
quels remedes nous avons a opposer au mal, quels obstacles nous devons dresser contre un 
envahissement croissant et funesle. Je retrouverai dans le chemin que je dois naroourir quel- 
ques-unes des opinions emises deja dans le cours de la discussion ; j'aurai a les appuyer de 
considerations nouvelles ou parfois a les combattre; je tacherai d'lviter d'iuutiles repetitions, 
et de n'insister que sur les points foodamentaux et uecessaires au developpement de mes 
idees. 

Permetlez-moi, Messieurs, de poser des 1'abord et dans ses terroes les. plus g^neraux, le 
probleme pathologique qui est le toodemenl meme de la chirurgie^ j'entends parfer de la cW- 
rurgie purs, cetle du traumatisme et de Faccident , qui surprend et suppose Fbomtne dans 
Fetal de sante, et ne met en ceuvre que ses forces regulieres de conservation et de vie ; bien 
dtiftrente en oela de la medeeme preprement dite, de Faiection spontanee ou provoquee, qui 
suppose toujours la vie primittrement trouble et deviee de son fonctionnement legitime, de 
son evolution harmonique: 

Or, quelle est la base de la chirurgie du traumatisme? A quelles fonotions organiques fait- 
elle appel, quelle activite vivante met-elle en jeu ? A la bien considerer, Fceuvre naturelle sur 
laquefle repose toute chirurgie decouie iraraediatement de Factivite nutritive des tissus vivants, 
et la reprGsente dans un but special, la reparation des tissus frappes par Facoideat trauma- 
lique. Cette activite nutritive ainsi constderee dans ea fin nouvelle et reparatriee, on pent 
Fappeler facolte plastique. Oe dernier terme, d'ailleurs, n'implique ni une faculte, ni une 
force particutiere, mais senlement le but nouveau que doit attekwre la faculte fond&mentale 
dft'Fetve, cVssti^Mire, Factivile nutritm. lies fovees plastiques doat la ckirargie poursuit, 

" - M \ exelte le travail^ sont done uasimfi©»pe<H, un< effet 4irect delantrMion nonaak ; 



46 L'UMION MEDICALE. 



et ce qui porte atteinte a celle-ci les frappe d'embtee, les altere plus ou moins gcavement. Je 
n'ai pas besoin d'insister sur ces verites ae physiologie et de pathologie generates, tant elles 
sont incontestables ; j'ai tenu neanmoins a m'appuyer sur elles des l'abord, alio que Ton ne 
'suppose pas que j'attribue aux faculty plastiques, dopt j'aurai a rechercher les conditions 
organiques et les troubles palhologiques, une existence mysterieuse ou cachee qui les place 
en dehors du fonctionnement ordinaire de l'organisme. 

Comme la nutrition, dont elles sont une representation Gdfeje, les forces plastiques sont 
susceptibles de s'alterer de plusieurs facons que Ton peut ramener a trois principles : En 
premier lieu, les forces plastiques sont affaiblies dans leur puissance, diminuees dans leur 
activity synergique, sans etre autrement alterees dans leur fonctionnement, sans que les tissus 
vivants qui en sont le support presentent des lesions qui nuisent profondement et essentiel- 
lernent a la reparation plastique. Tel est le cas qui se pr&ente chez les sujets affaiblis par 
des lesions locales, diathesiques ou autres, corame les tumeurs blanches, les productions 
heterologies siegeant sur tel ou tet point de l'organisme. Dans ces cas, la force plastique affai- 
blie sans doute, n'en reste pas moins suffisante et apte a amener la gugrison de traumarismes 
considerables, souvent provoques par un art salutaire. Moins d'accidents inflammatoires, on 
ceux-ci reduits dans leur intensite, rendent m&me nombreux les succfes immediats obtenus 
dans ces cas, a la suite des grandes operations, des amputations des membres, par exempte. 
Nous n'aurons plus a nous occuper de cet abaissement des forces plastiques qui n'entrave pas 
notablement leurs operations regulieres. 

En second lieu les operations plastiques peuvent etre entravees et comme taries a leur 
source par les desordres et les deviations de la nutrition generate ou de la nutrition des parties 
locales, par les alterations lentement acquises ou rapidement provoquees des tissus vivants que 
le traumatisme vient de teser. Parmi les desordres locaux de la nutrition, nous mentionneroos 
les inflammations aigues ou subaigu&s qui nuisent si manifestement, tant qu'elles persistent, & 
)a reparation plastique des tissus ; et parmi les desordres ou les perversions de la nutrition 
generate, nous citerons uniquement la degeneration granulo-graisseuse des tissus, la steatose 
generalised, dont nous analyserons bientdt Tinfluence. 

Enfin, et en troisieme lieu, la nutrition et les forces plastiques semblent libres, et leur 
action parait assuree : les tissus sont en eux-memes sains, leur composition moleculatre a con- 
serve son integrate; les fondements de la vie plastique paraissent n'avoir subi aucun ebranle- 
ment. Mais I'orgairisme est une hierarchie mouvante et impressionnable, dont la vie plastique 
ou commune est la base, et dont la vie nerveuse est le sommet le plus eieve ; tout mouve- 
ment retentit et monte de Tune a l'autre pour redescendre ensuite et vivifier les profondeurs 
cachees de toute la mattere organisee. Le trouble peut partir de la vie commune, se mam- 
fester d'abord dans les echanges nutritife et plastiques qui en sont la base, et se reflector de 
la dans la vie nerveuse, s'y reproduire en desordres secondaires, lesquels a leur tour devien- 
nent cause propre de nouveaux troubles, de nouvelles dissociations organiques. Mais le 
trouble premier peut aussi avoir son point de depart dans l'ebranlement du systeme nerveux, 
dans la perversion de son fonctionnement regulier, et se prolonger ensuite secondairement 
dans les actes de la vie commune, dans les, operations plastiques qui relevent d'elle, de facon 
a denaturer ces actes et ces operations, et a dooner un caractere funeste aux lesions trau- 
matiques en apparence les plus inoffensives. Quel est le clururgien qui ne voit trop souvent 
ses blesses ou ses operas, menaces dans une guerison que tout semblait promettre, par suite 
de troubles nerveux primitifs, de phenoraenes ataxiques qui alterent et ruinent inopinement 
la vie plastique des tissus? 

Tela sont les trois modes de souflrance dont les forces plastiques, sur lesquelles repose toute 
l'osuvre de la chirurgie, peuvent etre atteintes : faiblesse, perversion primitive, troubles 
secondaires. Le premier, nous le repetons, ne doit pas nous preoccuper ici ; les exces alcoo- 
liques lui demeurent etraogers ; les deux autres modes constituent le vrai terrain oil se con- 
centrent tous les rapports de Talcoolisme et du traumatisme chirurgical. C'est ce terrain que 
nous desirons explorer a la lumiere de la physiologie generate et de l'anatomie pathologique. 

Quel rule joue Falcool au point de vue de la nutrition et des forces plastiques? L'erreur qui 
le considerait comme un aliment, m£me uniquement respiratoire, et comme contribuant par 
consequent a I'entretien de reconomie et de ses forces, cette erreur est deja loin de nous. 
Malgre quelques tentatives de retour, eile demeurera eloignee. MM. Perrin et Lallemand en 
ont lourni la demonstration experimentale : ralcool ne nourrit pas; il n'est pas decompose au 
sein et pour le service de nos tissus ; ou du moins cette decomposition, si ' elle existe, ne 
compte que pour une bien faible part; ralcool, presque en totaike, est ehmine en nature; il 
circule tel quel dans le sang; c'est )e propre des substances qui ne concourent pas a la nutri- 
tion. Nous verrons bientdt ce qu'il faut penser du concours indirect qu'il prftterait a cette 
fonction; nous le demontrerons, ce pretendu concours indirect estun leurre. 

En dehors de la preuve experimentale fournie par MM. Perrin et Lallemand, il en est une 
autre toute puissante a nos yeux, et qui nous permet a elle seule d'affirmer que l'alcool est 
un type des medicaments ou des poisons antiplastiques. Non-seulemeut il n'est pas un ali- 
ment, il en est le contraire ; non-seulement il ne contribue pas a la nutrition, il l'offense et 
la detruit peu a peu. Et cette preuve, nous la tirons de ce fait, c'est que ralcool est un agent 
direct et puissant de steatose. Et ici, j'entends parter no* de cette steatose qu'on pourrait 
. appeler exterieure, qui enveloppe les prganes, s'amasse en nappe sous le tegument extern*, 
sans alterer d'atileurs la composition des humears, sans modifier la structure des tissus, sans 



L'UMON MfcDlCALB. 47 



ptottrer et transformer profonttement leg elements histologiques. Cette steatosis, tant quelle 
ne surcharge pas I'economie, taut qu'elle ne la fatigue pas par une masse demesuree de depot 
adipeux, demeure compatible avec une bonne vitality des tissus, avec le libre jeu des organes, 
avec unbon etat des forces plastiques; et lorsque par l'exces de son developpement elle 
devient nuisible, c'est d'une fa$on indirecte, c'est par la gene que sa masse impose, c'est parce 

tu'elle entoure ies tissus, ceux qui vivent de la vie histologique et vraie, d'ua tissu inferieur, 
'une vitality abaiss6e, enclin aux degradations, aux mortifications Vendues et rapides. 
Ge n'est pas cette steatose qui peut rester physiologique que j'accuse ; non, c'est la stea- 
tose toujours et vraiment patbologique, la steatose intime et penetrante qui substitue aux 
humeurs et aux tissus vivanls des elements inertes et depourvus de vie ; qui peu a pen depos- 
sede, annihile l'eiement histologique, racine de fa vie el de la fonction, et le remplace par 
un compose* granulo-graisseux uniforme qui s'inflltre dans l'organe pour y etouffer, sous une 
lente etreinte, la vie et la fonction. Cette steatose qui detruit insidieusemept les tissus, qui 
est toujours une diminution de la vie et devient un acheminement graduel a la mort, porte 
en elle, et par excellence, le caractere antiplastique ; elle est F oppose* de la nutrition ; elle 
amene fatalement un ralentissement de plus en plus maraud dans les actes de composition et 
4e decomposition organiques. Un tissu steatose s'immobihse et s'appauvrit , malgre les appa- 
rences parfois contraires. Tout agent done qui pousse a la steatose vraie est, de sol, un agent 
antiplastique. Mon Eminent collegue et ami, M. Behier, .vous a deja signaie l'importance capi- 
tate de la degeneration granulo-graisseuse dans la question de l'alcoolisme; 11 vous a montre 
que cette alteration anatomique eiait la source necessaire de desordres et de lesions consecu- 
tives dans le cours des maladies, soit d'ordie medical, soit d'ordre cHirurgical. Qu'il me soit 
permit, a son exemple, d'etudier cette influence etd'fnsfster.suf ta physiologic medicale de 
cet etat morbide. On verra que duplications en decoulent pour la pathologic chirurgicate ; 
c'est la que se trouve, pour une bonne part, la raison des feita aliegties par notre savant col- 
Ifegue M. Verneuil. 

On peut cerlainement compter parmi les plus fecondes rechercbes de ce temps celles qui 
dot permis a l'anatomie patbologique et a la toxicologie de constituer l'bistoire de la steatose 
el de ses agents. II est tout un groupe de poisons et d'agents therapeutiques qui ont pour 
effet coramun de produire une degeneration granulo-graisseuse generaiisee dans tous les 
tissus organiques. Le phosphore, F arsenic, le tartre stibie, l'alcool sont les principaux de ces 
medicaments*poi8on8, que la therapeujique utilise, mais quelle ne manie pas longtemps et 
de facon a engendrer 1 etat steatosique, m6me commen^ant, sans conduire a des dangers 
caches peut-&tre, mais certains. En outre de ces facteurs de steatose, il en est d'autres que je 
vais hardiment placer a c6te, quoiqu'au premier abord ils ne semblent pas cqmparables, je 
veux parler de 1 inanition et de la senilite. L'inanition, ainsi que Ta demontre I un de mes 
distingues collegues des b6pitaux, M. Parrot, engendre la steolose gjeneralisee. Medecin de 
fhospice des Enfants-Assistes, il voit tous les jours succomber a Pinamtion, de pauvres petits 
etres auxquels manque le lait abondant de la mere ou d'une bonne nourrice. En meme temps 
gue ces enfants prennent l'aspect cachectique et senile qu'il est effrayant de voir sur de si 
jeunes {fetes et de si petits corps, la degeneration granulo-graisseuse s'empare de leurs tissus : 
lis meurent steatoses. Le vieillard decrepit, a mesure que sa vie s'abaisse , est pareillement 

Senetre et eteint par la steatose. Les deux extremes de la vie se touchent et se decomposent 
e meme. 

Eh bien, je ne crains pas de le dire, tous ces modes de steatose sont comparabtes. Tous ces 
agents divers, poisons, inanition , decrepitude senile, tous sont antiplastiques ; tous sont }ies~ 
tiles aux oeuvres de reparation que le traumatisme necessite; tous sont des occasions de 
desordre et de mine, soil dans les affections internes, soit dans les affections chirurgicales. 
LTristoire de chacun eclaire les autres, et c'est dans ce but que je les ai rapproches. Poor les 
sujets qui ont subi l'inanition au point d'etre steatoses, pour les vieillards dont les tissus 
granulo-graisseux n'ont qu'un reste impuissant de vie, je n ai pas a le demonlrer. Quel est le 
medecin qui ne sait que la plus legere atteinte morbide les entratne? Quel est le chirurgien 
dni ne reaoute pour eux le moindre choc traumatrque, la plus insignifiante pression des 
tissus, la plus inoffensive operation? Les phlegmons et la gangrene frappent et s'etendent sur 
leurs tissus sans rencontrer ni resistance ni barriere. Il faut, en cbirurgie, que le malade 
puisse se nourrir pour que les reparations plastiques aillent a bonne fin; rextenuation pro- 
duce par la faim prolongee ou par Page avancg sont parmi les ennemis que les chirurgiens 
ont appris & redouter le plus. 

Pour les poisons steatogenes, Taction antiplastique semble moins evidente. 11 en est 
meme, comme l'arsenic, l'alcool, le tartre stibie qui, pris a dose minime et refractee, 
paraissent stimuler 1'appetit et la nutrition, exciter les forces ou tes reconstftuer. Mais ce 
n'est la qu'une action transitoire et passagere. Aussitdt le medicament cesse , l'excitation dis- 
patait, la reconstitute s'evanoiiit, et peut-etre m&me la debilite est-elle plus marquee apres 
qu'avant. En outre, quoique l'euet favorable en soil tres-superfieiel, il faut suspendre souvent 
ces medicaments, car si on en prolongeait l'usage, l'anorexie succederait bientot au re veil des 
fonctions digestives, et la steatose, penetrant les tissus, amenerait in&vitablement une debilite 
radicale qui rendrait la medication funesle. L'emploi des medicaments steatogenes ne tient 
done pas tout ce qu'il promet, tout ce que quelques medecins en esperent. II en est ainsi, 
meme pour I'arsenic dont peut-etre on exalte trop sans reserve le pouvoir l-econstituant. On 
sait deja que ses effete therapeutiques ne durent pas; on sait qu'il en faut cesser et reprendre 



48 LUtOOr^MfiMCALE. 



sou vent radministratfem , mate on rie sait peut-etre pas encore si les sujete ainsi artifldelte- 
ment et moinentanemeni releves par Patsenic ne lombent pas ensuite pkrs subttemeat et phis 
compietement que d'autres sous le choc des influences exterieures, alors m6me que celles-ci 
ne s offrent pas avec une nocuite excessive. Tout n'est pas dit sur ce sujet, et il y a \k, sans 
doute, bien des observations k recueilKr et k peser. En attendant, il est bon que le praticien 
ne perde jamais de vue que Parsenic est un agent de steatoee et par consequent 4e mine plus 
ou moins prochaine. 

(La suits a un prochain nume'ro.) 



^W**^ *mm^mmm m——mm~m*mmmm m i n— t*t«« m»i i. >««-»— ^-i-yrwgj 



II | ■ I > n | I I II -w *^*- 



COURRIER 



Le Requiem de Cherabini a ete execute hier jeudi , h fa Madeleine, a« profit des Ambu- 
lances de la Presse, et devant une assemble nombreuse et distinguee, par forchestre et tes 
choeurs de !a Societe des concerts du Conservatoire, dirigee par M. G. Hainl. Ge . chef- 
d'oeuvre a produft un immense effet. Cne exhortation eloquente prononcee par M. le Cur6 
Deguerry a fart ouvrir unites les bourses. La qufcte a dft £tre abondante; on parle «e 
20,000 francs. 

Legion d'hohneur. — Par decret du 7 jahvier, ont ete promus dans 1'ordre national die 
la Legion d*hoaneur : 

Au grade de commandeur ; M. Lustreman, m&lecin inspecteur. 

Au grade (Cofficier : MM. Perrin, medecin principal de 2* ciasse; — Massie, pharmacies - 
major de i re elasse. 

— Hier jeudi, ont eu lieu les obsfeques de M. Coindet, m6decin principal de 1" classe, qui 
a ete tue le 22 Janvier. Il se rendait, dit le Soir, k I'lripital Saint-Martin, oil iiseoondaft wc 
une rare intelligence M. Gabrol, le savant medecin en chef. Par matheur, il avait oubtte un 
instrument M. Coindet remonte chez lui, traverse un salon et tombe, frappe par une batte 
fran$aise qui tranche 1'artfcre crurale. En vain, le baron Larrey, Gabrol, son maMre et son 
ami, Verneuil, Panas ont prodigue leurs soins au blesse : il est mort hier, et ce savant, qui 
avait brave les perils des campagnes de Crimee, du Mexique, et s'^tait Ichappe de Sedan au 
prix de mille perils pour venir se consacrer k 1'armee de Paris, a ete frappe par un projective 
parisien. 

Nous recevons la protestation suivante : 

Paris, 13 janvier i«7l f 

Le bombardement continue toqjours contre les hdpitaux si nombreux de la rive gauche. Le 
drapeau de la convention de Geneve flotte sur leurs clochers; mais, loin de les proteger* il 
semble servir de point de mire aux batteries prussiennes. 

A rhdpital du Midi, situe boulevard de Port-Royal, prfcs du Val-de-GrAce, les projectiles 
tombent journellement. Dans une de nos divisions, remplie de vieillards infirmes etde 86- 
vreux civils ou militaries, des obus ont tue w malade; quatre ont ete plus ou moins gri&ve- 
ment blesses. 

Si» contre un systeme de guerre implacable pt sans precedents, les protestations sont inu- 
Ules, il faut du moins que toutes ces atrocites, froidement calcqlees, soient connues et vouees 
k Pei^cration de tous. 

Quant k la situation deg malades, elle devient de plus en plus intolerable. Il est urgent d'y 
mettre un terme en les^vacuant sur la rive droite. Qu'on se figure le supplied de pauvres 
malheureux, privgs de sommeil par les sifflements et les detonations des obus, et. tortures par 
celte horrible. pensee quils peuyent, k claque instaqt,, etre tues ou mutUes dans leurs (its oil 
les cloue la mauadia 1 

Docteurs Charles MAymAG» i>p Saist-Gk^main, 
SiWNKCT, medecios de* h6pitaux» 

— On lit dans le Soir : « L'hdpital de la Maternity a ete bombards hier (19 janvier); toutes 
les femmes en couches qui se trouvaieM \k ont &b etre transport's dans un autre h&pit*l. 
M. Jules Ferry p^srdait k cette evacuation. Le gOuvernement altendra-t-41 qoll y ait eno6re 
d'autres morts dans les hdpitaux de la rive gauche pour mettre tes maladeB a l'abri? 



• i 



B«llelitt hedhomtadaire des dec^s causes par les principales miladies regnantes, 
d'apr^s les declarations It retat civil. 

Paris (du Ik au 20 janvier 1871). — Causes de dices : Variole 380. — Scarlatine 8. r- 
Rotogeole Uk — Fifcvre typhoMe 375. — Eryeipfele 18^ — Bronchite 698. — Pneumonia 4*6. 
— Diarrhee 137^ — Dysenterie Zi2. — Cholera ». — Angine couenneuse 13. — CroGp 27. — Affec- 
tk>ns poerperales 15. — Aulres causes 2,382. — Total /i,465. 

Le Girant, G. Richelot. 
Fahis. — Ty^ographie F|tix Maltbsts et C«,@ruedei Qeut-ViMiMM6lrinl*SaaT<ur, 22, 



«• « LTOW iM^QKALE Samedi 4 FAwier 1871..". 

BULLEtlfr 

■fORTALITE HEBDQMADAIRE DANS PARIS; — MODIFICATIONS DANS LA FORME DU 
BULLETIN; — RECENSEMENT DE LA POPULATION DE PARIS AU 7 JANVIER 1871 ; 
— KOfiTitlTE EFFRAYANTE DES ENFANTS; — TRANSFORMATION DE .NOTRE §TSTEME 
PLAHETAljlE. 

Signalons avec une satisfaction temperee use legem diminution dans la morta- 
lTteae Pans 'pendant la" semame qui~a 'flni'Te 57* Janvier. 'De"4j4fl8'"qn*elte Glult la 
semaine prfcedente, elle est tambeea 4,37$, soit une diminution de 89 deees. 
Cette diminution a porta surtout sur la variole, sur la flevre typholde, sur^la bron- 
chite et sur la diarrhee. Sur la pneumonic, au contraire, il y a eu augmentation, 
ainsi que sup la scarlatine etsur Perysipele, qui n'onL fournid'ailleors; — ces deux 
dernieres maladies, — tju'un nombre tres-restreint de deees. Cependant, la morta- 
lite par brodchite, par pneumanje et par diarrhee est encore excessive , et' ! nbus ne 
saurtons voip-, dans la miriime decroissancei de leur lethalite, une presomptipn Favo- 
rable a la cassation de ^influence typhique que nous signalions dans 'noire dernier 
numero. Quknt a I'armee, depuis la suspension des hoslflites, la situation sanj^aire 
va sans dome s'amiliorer, puisque nos soldatfi ne sont plus exposes aux influences 
deleteres qufils subissaient depuis six moia, soit dans, des casernements et baraque- 
ments impatfaltSj soit aUx tranchees et aux. avant-postes. Pour la population eSfile, 
helas 1 les conditions ne s'ameliorent pas encore, an contraire, et le pain , {'aliment 
principal dn peuple friiicais, est deve'nu impossible. Examine au microscope ou 
sen'ement q la "dupe, on.trouve, dans cette .masse noiratre, compacte ef lourdeqii'on 
nous distrihue tous les matins toute une encyclopedic Vegetate : toiites les cereales 
do la creation y sont representees, .non-seulament, helas! avec leursprincipes fari- 
neux, mais lencore avec les enveloppes de leur grafne et qiielquefois avec leur tige. 
Encore, si toutes. ces dures souffrancea ayaient pa aboutirt... Hats refoulons dans 
notre Sme nos amertumes et nos douleurs. 

Ce que nous signalerons avec une satisfaction plus viveyc'est rheucense. modifi- 
cation qu'a subfe dans sa forme le Bulletin hebdomadoire de la mairie de Palis. 
Nous la devons a M. le docteur Jules Worms , inspectenr du service de sanle, et, 
pour la fair* apprecier 4» nos lecteurs, nous reproduiaons aujourd'hui dans sa 
teneuf ce Bulletin ou, ponr la premiere fois , Us deees sont classes par age, et las 
deees de I'armee separes de ceux de la population civile : 

FEUIUETOH 

LES HOP[TADI-B***OOES MS AMBULANCES M U HMI A PUIS 

II q'eet jamais trap tard pour bien faire, dit le i it bien cqn- 

venir ai«« qu'it n'efit jamais trap tilt pour se metlre at failOme : 

La routine prim* U progr'es est lout aussi vfai que I droit, vt\a~ 

cipe banal dont un logicien- ,u'out.re-IUua viexit tie ra nos depens 

une application dont nous. fie connaissons pas encori 

Il est (Mieux que les Ambulances de la Presse guerre pour 

rompre avec la routine et pour installer a Passy df nrs blesses. 

L'uiilite, la supfiriorite' du nouveau sysleme sur Ti 'hygiene des 

blesses et desmalades, Clant reconnues en princiL_ __ .__. wide, ori'se 

demande pourquoi il n'a pas ete inaugure des le debut du siege de Paris, ^t poDrquof Von a 
altendu, pour le faire, d avoir en quelque sorte la main foreee par la mortality fles bleis&, 
des oneres el des ma lades dans tea tiopitnux et Ifcs hotels, grands «U petifs, oil avaiont'eie 
elablies des ambulances, au centre de Paris. , " ; 

Mais il est indiscret de loujours demander le ponrquoi des cboses; mieux vaut dire simpte- 
menl ce quise fait debien tout' en regrettatif qiie' l'oh n'ait pas songfikle feire ptns WtJ 

Les hopitaux-baraquea des Ambulances de la Presse sont elablis k Passy, dans un assez 
vaste emplacement conipris entre les rues de la'Pompe, Dittier, Longchamps, et le boulevard 
de m&ine nom. La situation dans uu quarlier eicentrique, au voisinage des liautSurs du Tro- 
cadero, dans un lieu salubre, decouvert, Sieve" etlargement aSre", nepouvail, corome on voit, 
elre nu'eux cboisie. Elle ne laisse rien A d£sirer aii point de vue des conditions hygle'niques. 

Les baraques ne sont qu'une imitation pure et simple de Miles qui ont ete etablies par 
Ministcreide la guerre au Luseqibourg et au Jardin des PlanLes, a ''instigation et d' a pros les 
indications de M, Micboi Layy. Nous (erons done grjee l nos Iec.tcurs.de leur description, 
Tome XL — Troiriimi tirit, 6 



L'UNION MEDICALS. 



BULLETIN HEBDOMADAIRB dti dices dictarH, h Cilat civil du 21 att 27 Janvier. 


CAUSES DE TiiCbS. 


.mum 


WISH 1 

ds 1 an 
1 


lafiitimta 
delS ass 


IMl: 

deSOans 


ArlMEE. ' 

Tronpe 
garde mobile. 


TOTAUX. 




42 
10 

■2 
91 
30 
31 

1 

1 

a 

688 


40 
3 
22 
35 

113 
A0 : 
69 
8 

11 

8 

368 
2 
9 


197 
4 

68 
2 

71 

104 

9 

12 

1 
2 
13 

447 
54 
4? 


25 

5 

3 

161 

145 
24 : 

20 

3 

661 

4 
14 


23 

2 ■ 
,7 
; 205' 

112 

, 159 
- 1 

..■■,.7 
2 

76 
171 

17- ! 


















. " ../7 




548 : 




: 'IS 




















Affectlwu ehroniques et accidents 


' 2,140 




231 




B7 


Totaux 


800 


728 


1,001 


1,065 


■782 









Vo : I' Inspect eur du service ihidical, V Jules Works, 

On ne peut voir qu'avecune profonde douleur dans ce tableau, I'effravante mor- 
talite qui sevit sur les enfants de premier age; 800 deees dans une semaine chez l«s 
enfants au-dessous de unan! Les souftrances et les privations de tout genre que le 
siege de Paris a fait subir a la ville de Paris s'accuseal ici de la maniere la plus 
tristement evidente et ces innocentes viclimes de'la fureur et de l'jmbecillite des 
hommes devraient exciter de terribles remords cbez les auteurs de ces lamentables 
deaastre3,s!il3etaient.susceplibies deremords. . . 

Remarquons encore dans ce Bulletin le.chiffre donne par le dernier recensement 



puisqu'ils l'ont aclue I lenient sous leu re yeux, faite par une plume inurnment plus competente 
et plus adtovisee que la noire: calleds M; Michel Levy hiwnrtine. . -. .,-■ 1*1 

bs de Passy, destinees aux blesses, sont au nombre de 21, con tenant 
un ensemble de 420 liismi9aladispositfondesmalatSes,'A Tepbque 
4 la fin de Janvier, a salles seulement venaient d'etre fluveitts, et 
te encore, laissait beau coup a desirer. Sans uul doute elle aura du 
Timpulsion de MM. RicoVd et Demarquay, qui ontpris la direction 
service des inflrmiers est confie" aux freres deB ecoles chrettennes. 
Non loin des hopitaux-boraques de Passy sont e tab lis, avenue du general Uhrich (ancienne 
avenue de I'lmperalrice), les hflpitaux sous-tente des ambulances americaincs. ' Nods avons eu 
l'occasion de les visiter tout recemment, grace a l'obligeance del'un des chirurgiena dont nous 
regrettons d'ignorer le nom et qui nous en a fait les honneurs aver, une cordialite charmante. 
L'ambulance amerieaine se compose de plusieurs.lentes reunies a la suite Tune de ["autre : 
chaeune de ces tenles a 3 metres 50 centimetres de hauteur au centre ; 1 metre 2.5 centimetres 
sur les cotes, et 5 metres environ en longueur et en largeur. Elle est formee de deux toiles 
superposees et ^cariees de 8 a 10 centimetres; ces toiles sont en u'ssu de colon (Collon-Ducl) 
impermeable 4 I'eau, La double enyeloppe a pour but, au moyen de la couche d air maUvaise 
conductrice qu'elle emprisonne, de proleger 1 interieur de la tente contre le refroidfssement en 
, hiver et les ardeurs du soleil en ete". Le jour, en penetrant dans ttnterieur 4 travers celte 
double enyeloppe, y nipand une luraiere douce et cg'ale. Sur le sol repose Un plancher 4 claire- 
voie; tout autour est creuse, pour 1'ecou lenient 'des eaux.'un caniveau dontla let-re esl rejelee 
sur le bas de la tenle. Conlrairement aux hopitaux-baraques chaufTes par des poeies a tuyaux 
aeriens, le cliaulTage des tentes americaines se fait park sol a I'alde de caloriferes et de tuyaux 
disposes dans une tranchee ouverle soqs le plancher de la tenle; des bouebes sont ouverles 
de distance en distance pour le passage' de lair chaud dans : Fihterienrde la teste, qui con- 
serve, dans les plus grands froids, une temperature moyenne de 42 a 15 de'gres centlgrades. 



L'UNHJW ttffilffGAgC; H 



de la population civile, areete le 7 janvien 1 871 •, et qui -s-'iMra a 2,019,877 habitants, 
a laquelle il faut ajouter les 200,000 hommes de Tarmee de Paris. 

Pauvres fous que nous sommes de nous entre-egorger pour la possession d'une 
portion plus ou moins grande d une planete fatal&tient destinee a s'eteindre et a 
disparaitre! Renseigaez*v<Mis sur ce> point aupres de M. Stanislas Meunier, qui, 
luiyH dernjer,. ,presentajt al'Acadqmie /les sciences un, inemoire tres-emouyant sur 
les meteorites. Ces meteorites ne sont, pour ce savant, — et cela d'ailleursavait'ete 
ditavantlui, — que des debris d'une planete qui, apres avoir subi toutes ses 
phases devolution ,• s'est disloquee, et dont quelques fragments, sollicites par i'at- 
traction, terrestre viennent de temps a autre tomber sur noire globe. Les conse- 
quences tfreds par M. Meu'nier de ce simple fait sont tres-graves. II y trouve une 
loi generale s'appliquaht a tout notre syst&me planetaire qui passe successivement 
par des phases prevues et fatstles. A l'epoque oil nous sommes, par exemple, nous 
assistons, et la plupart de nous inconscients, a cette inexorable evolution de tout 
corps planetaire qui subit quatre phases : Tincandescence, le refroidissement, la. 
dislocation et le retour des globes morts aux globes encpre viyants. Ainsi, la ma- 
tiere inorganique serait soumise aux memes lois que la matiere organique. 
Dans notre ; systeme planetaire , le soleil est encore incandescent, mais il. est 
destined se refroidiret a se peupler d A une flore et d'une faune. La terre se trouve 
dang une periode assez avancSe de refroidissement et est condamnee a perdresoa 
atmosphere, et ses eaux. devolution de la lune est plus avattcee encore ; depute 
longtemps elje a perdu l'air et Teau etelle est en traih,{ie s6 dislbquer, ce que 
M. Stanjslas.Meunier voit tres-disti^ctement par les nombreuses fentes. ou failles 
qui vont s'agraridissant tous les jours. ; Enfin m meteorites, ainsi que nqu^ venons 
de le dire, sont.les debris errants dans l'espace d'un aatre disloque. 

Combien de siecileS s'ecouleront-ils aivant Ut complete 1 evolution de ces phases? 
M: Stanislas Meunier" ne le sait pas sans doute et ne peut le preciser. Assez de mil- 
liers d'ajunee§ se passeront pour que ce miserable grain de sable oh nous nous 
agitons,soit encore tropjsouyent le theatre de rimbeciliite despeiiples et de lafolie 
de ceux qui les conduisent. 

Aux douloureux spectacles dont nous sommes les temoins , on regrette en verite 
du de n'avoir pas vecu aiix premieres epoqufes : de Tage de pierre, de b ? avoir pas ete 
contemporain de Yelephas primigenius, oil la force primait aussi le droit, du de ne 
pas assister tout de suite au fatal cataclysme predit par M. Stanislas Meuhifer. 

. , ■ ., . • .. i"* •-.■'-• , ■ . •■*•.■■••/..! 

• ■ • ■ ' 1' ■•■>>;. * . 1 . 1 • . . 



-KPW-Wi 



A L'aide. de ces boucjies et des ouvcrlures, pratiques dans les parois de la tente, le renouvel- 
lemeM <te Fair y est aussi pocaplet qwe possible, et ce mode de ventilation ne paratt avoir 

auown AueQ»v6pient pour Les maladeg, ,, , ,'••;■• ; 

JSoiUs avow ptattr&.dans toutes lestentes ou sopt reiinis un nombre relativement conside- 
rable. de bless&^et nous, poiuvons dire quj^.nous n'y avons sentl aucune mauvaise odem\ &e 
.diiyuiigie^ die F ambulance nous a affinal a*y ayoir.observ^ni.diphth^rUe, ni pourritured'Tbt^- 
'pitakaiapfectipn puruiente, ni t^ta^^. Et cependant il, a eii ,4 pratiquer bon nombre de 
.gr^ndes amputations et a, Waiter divers cas de plaies des memoes a vec fractures comminutives. . 
. mx m qhiffre,.de 300 bjeis^senyiro^itn'ea aur^itper^Uque 16, $i iotre m^moire est fidfele: 
Les paq^iaepts, dans la chirurgie amisripajne, .different fr certains ^gards. de qeui s en us^ge 
en FranWvQn emplpie de Tetoupe goudronn^e faite avec de vieux cordages et qu oh applique 
directemeftt sAr les plaies. Dans certains cas on stimule celles-ci avec de la charpie imbibGe 
d'eau aiguis^e d'acide nitrique; on lave les plaies-, o»4njecte les trajets des blessures avec de 
l'eau. pbeniquj6e. On recouvrQ.le§ pansepaepts avec des compresses tremp6es dans Teau tifede, 
enveiopp^es elles-tn6mes|de taffetas gomm6.Le service des ambulances am^alnes est fait 
g6neralenti6ht par des pefsoriries du monde. : * '' ' ' • 

: Te1!e est eii-o/itelqiies'nlot^et saris entrer dans de pins amples dSUite rcfcgitoisation des 
li6()itaux so\is-teHte des atnbiilances am^iicairie^. Nous avons voulu lis ^lader en regard dies 
h6pitaux-baraqiies des ambulances de la presse situ^es a leur Voisinage, pdiir indiquer It rios 
lecteurs la difference des deux systtoes. ' ' - 

. INdus pourrops apprecLer.plus. lard- et par comparaison les services qu'ils auront rendus. II 
etait utile, il.^^it necessairequ'uqe experience se fit en grand, sur la y^leur du systeme des 
installations temporaires des bosses et des malades compart a roccupaJtion des converts, des 
casernep, des eglises, des vieux batiments ,ou des hdpitaux ordinaires. II fallait sortir dela 
routine et essayer i^n systtoe noyveau qpj avaj.t d^ja W experiments aux fitats-Unis pendant 
la guerre de quatre ans, et dont les avantages avaient 6t6 reconnus par tox^ les chirurgiens de 



A litUKftW MGWCALE 



AibABfilW ET' SOCUSTts SAYAtfTES 



ACADEHIE DE NEDEQINE 
Stance da 24 Janvier .1871. — Prfeidence de M. Woixz; 

. DiacuMion relative k ^Influence die I'alcoollsme mar les l&alons ehlriirgicaiea* 

M. Ghatjfeari> continue ainsi : 

Les mftmes considerations splendent a l'alcool, quoiqne son action toxiqne soft mom* 
immediatement redoutable que celle de I'arsenic. D&s que la dose est poussee au point 
vomlu et de fa^oh k engendrer une impregnation durable, l'alcool devient le typo complet 
ie Fagent steategene; il $n pro>duit ejt ; en accuraule tous les efTets. Apres avoir stimuli les 
fonction^ digestives, il Ie$ d^prime et amene lanorexie. Qui ne connait Fanorexie des bu- 
veurs,7 Apres avoir stimul'e les forces musculaires et agissantes, il les abaisse progressivement; 
et 1* paresse, la debility, rimpressionnabilite au froid et aux influences exterieures, lie defaut 
de resistance vitale deviennent extremes chez les alcooliques; niitelligence s'ehgourdil;' des 
manifestations deiirantes et deg hallucinations nocturnes 6e declrirent ; les excretions dimi- 
nuent, Pacide carbonique est exhale en moindre quantite; la proportion d'uj^e tfamomdrit et 
tombe au^dessous de la moyenne normals; a travers Taspect pnrfois florissant du visage, fa 
misfcre organique, suivant une expression que notre maltre M> Bouohardat affectionne, la 
arisfere organique est reelle. Ge tableau est-if seulement celui de ralcoolisme? Dans tous ses 
traits essentiels, n'est-il.pas celui de Tinanite ou celui de la decrepitude senile? < Ou est entre 
le^ deux la difference sensible? Nulle part, si ce n'est parfpis dans cette apparence trorapeuse 
du visage qui masque, sous tin faux air de richesse, une absolue pauvrete. Cela est si vrai, 
que la plupart des observateurs qui ont decrit les effets de ralcoolisme, et il n'est que juste 
ae mentiotiner tres-bonorablement parmf eux un jeune et laborieux confrere, tf. ledocleor 
Lancereaux, ont resume^ ces effiBts en oette idee que ralcoolisme conduisait a' une decrepitude, 
k une senilite premature?- G'est la comparaison que notre savant college, M. Gosselin, a 
invoquee, et donjt M. Verneuil a, dans son second discours, poursuivi le developpement. Si 
done, au fond, alcoolisme, decrepitude senile, et j'ajoute inanition, sont des etats compara- 
bles, comment s'etonner que l'alcoolisme devienne, pout le chirurgien, une desastreuse con- 
ditibn ; qu'il erigendre des gangrenes, des' phlegmons ditfus, un etat adynamique irremebiafble? 
Nous verrons plus tard a determiner la provenance et le caractere des etats nerveux <jpf it fiaut 
lUi rapportei! : bornons-nous, en ce moment, a ces premiers fails de debilite et d'asthenie 
radicaie 4ui ont chez Talcoolique la meme raison d'etre que chez l'inanitie et le vieillard 
cachecUffue. 

Ces fafts devaient frapper les chirurgiens> 4 ceiix surtout qui jjratiquent au milieu des popu- 
lations ou regrie ralcoolisme. Notre savant cbllfcgue, M. ferneuil, les signale a Paris : Carpen- 
ter les avait deji nettement indiques k Londres ; qu'on en juge par cette citation que j'em- 
prunte a l'excellent article de M. Fournier dans le Nouveau Dictionnaire de midecine et de 
chirurgie pratiques : a II est des buveurs, dit Carpenter, qui, malgre leurs exces habituels, 

ce pays. Esperons que cette nouvelle experience ne sera pas sterile et quelle vfendra cohfit- 
'mer les risultats deja obtenus. Lorsque le genie de la destruction muftipiie les ravages et 
accumule les ruines, e'est une consolation de penser que le genie de ia conservation, moins 
puissant heids, a pu faire' eh meme temps un pas en avant. II fant s ? estifirferiietireux, ao'mi- 
lieii des orgies sanglarites de^ la force, d avoir r^ussi a sauver quelques existences humaines 
de plus. Ge serait notre uniqiie consolation des epouvantables desastres dela guerre' adtueWe, 
desastres dont nous ne cdnnaltrons idute Mendue qne lorsque le flot de Fin vasicm se sera 
retire du sol de notre malheureux pays. Piiisse venir un jour ou, en tete du code de ses lote, 
1'humanite reg^her^e Jpourra ecH^e, en regard de 1'axiome aujourd'hui triomphant de la bar- 
ialiie, ce principe anterieuf et guperieur de la civilisation : le drotf prime la force 1 • 

D* A. tAHTlVUL. ' 

■ * ■• . . i * *. 

i J ,' 'ii Hl ; i | j \ t ' 

* * 

,), Lfioiojf^'flasiNKuk .—• Pa^ decret enjdate du 2S Janvier 187^L, ont ete liomines dans Tprdte 
national de la Legion d'honneur les medecins de la marine aont les noms suivent : 

An grade de chevalier :!AfM* Go^stan, medecin de 2 e clause deja marine. Ambulance de 
la marine. — M. Thaly, medecin aide-major au 3* regiment dlnfant^e d^lamaqpe. Faits 
<de :guenje- •*-»M< Gaj^li0,i.pharmacien de T clause' de iajnarine. Ambulance de la marine; 
services distingues k Bazeilles. , ;: , 

1 . • — Le mSriistfe de Ik guetfe a decide, le 47 de ce moisi que les h6pitaux et les ambulances 
ijfes dix groupes former pour les besoins des armees de Id Defense nationale seront soiimis k 
une inspection qrij portera sur leuf fealubrite, stir la situatron des blesses et des malades, sur 
le' degre d'ehcombrement, etc., etc., ainsi que sur le pei^bnnei et les titres qu'il acquiert aux 
remunerations honoHfiques. Sont designes pour cette inspection : MM. les inspectefurs Michel 
Levy; Caxalas et LTWtremann. „ : ,: : • ^ : • - 



L'UNIQN m£djcm<e, {$ 

pr^sentent une reinarquable apparence d$ force cprpprelle. Ces hp.mum, cependant, ne sont 
pas dans des conditions de vigueur et de saute" ve>ifobles ,, car le it constitution s'afifere avant 
F&ge, si meme, comme cela arrive souvent, la mort ne les frappe de bonne heure, k propos 
de quelque maladie ou de quelque accident de peu d'importance. (Test un fait bien connu de 
tous ceux qui ont la pratique des h6pitaux de Londres, que les sujets de cet ordre succombent 
faci lenient quand ils viennent a etre atteints d'une inflammation ou d'un trouble locaL.... 
Leurs inflammations prennent le caractere asthSnique ; loin de se limiter par PefTusion plas- 

tique, elles s'&endent au loin dans les tissus; elles ne supportent pas la saignde Gbez ces 

sujets, la plus petite ggratignure, la meurtrissure la plus legere est souvent suivie d'un 6rysi- 
pfele mortel. Quand les visceres s'enflamment dans ces conditions, ils s'infillrent rapidemenf 
de pus ou Se gangrenent Aussi les chirurgiens h^sitent-ils k praliquer sur ces individus quelque 
operation d'importance, sachant bien qu'elles ont peu de chances de succes. » Ne croiraii-on pas 
entendre M. Verneuil et saisir l'&ho des conclusions qu'il vous a soumises? 

Je ne puis abandonner cetle &ude physiolosique des agents st6atogeh.es sans dire un mot 
d'une opinion que de recents debats ont amenee a cette tribune, et qui tendrait k leur attri- 
buer des effets men differentsde ceux que je viens de retracer. Cette opinion donthos savants 
collogues, MM, Gubler et S£e, se sont faits les propagateurs, s'adre§se sprtout k, Faction de 
Farsenic et de TalcooL Ge sont des agents antideperaiteurs, dit M. Gubler ; ce sont des moyens 
d'Spargne, dit M» S6e. Ils nous empecheraient de nous dgnourrir, ce qui dquivaudrait presquje 
a nous nourrir; au lieu d'etre des agents de mine, ils seraient agents de conservation; lo^p 
de Qonduire k Tinanition et a la d$cr£ptyitude par un chemin d^guise*, ils seraient une source 
indirecte de richesse et d'accroissement pour nos tissus; conclusion inverse de celle que nogs 
avons presented C'est \k une id£e ing&iieuse, subtile, propre a se'duire, facile a propager, et 
aui devaijt avoir son lieure de succfcs irre'fle'cbK Elle avait, en outre, la fortune de nous venir 
d'AUemagne, d'ou nous sont arrives, depuis quinze a vingt ens, tant d'erreurs pour quelques 
rares verity, tant de prejug^s et une si fausse direction gdn^rale, comme quasi, je le recon- 
nais, tant d'ardeur et de patience dans la recherche, et parfois tant de finesse dans Fanalyse, 
Et en m'exprimant ainsi, Messieurs, au suiet des savants d'outre-Rhin, je ne cede en rien 
aux entratnements de l'heure pr&enta, k la legitime indignation que gravent en nous ces 
haines jalouses, cescupiditis flroces, 6clatant, aprte avoir 416 mal contenuea, en basses insulted 
et en joies fonfyronnes, et cela jusque dans les chaires officielles de Berlin. Non, la saine 
science pl^ne au-dessus de teller passions, et ses jugemejnts ne doivent pas flotter au gr£ des 
maljieijr*, nu des trioniphes du jour. 

Je revlens Ala quahfcation de moyens d'epargne appliqu6e& certains agenls.steatogfcnes : 
sur quoi se fonde-trelle? Sur ce fait que ces agents determinant souvent une sorte (Femban- 
point et qu'en m&rae temps ils ameient, point capital, la diminution des excretions d'aciAe 
carbonique et.d'uree, lesquellea t£moignent de l'activite ou du ralentissement de la fonqtion 
nutritive* suivant qu ? elles augmentent ou qu'elles diminuent. Cette double base est bien fra- 
gile pour y edifler une opinion qui va contre les enseignements de la clinique et conjure ies 
temoignages yisibles de ranatomiepathologique. 

L'embonpoint do l'alcoolique n'est qu'une lllusoire apparence ; il peut ne cacher que mai- 
greur et marasme; si sous la bouffissure adipeuse on recherche Foment sain vivant et fpnc- 
tionnant, sj Fgn retrwche des humeurs et des tissus toute Finfiltration granulo-graisseuse qui 
les p^netre et les tumGfie, on obtiendra un organisme ^eduit et en voie de consomption plus 
ou mains avanc6e* Get tot est, jusqu'k un certain point, comparable k ceiui d'une aoasarque 
g6n&&lis6e; que les liquides s&eux qui infiltrent les tissus s 6coulent, et le malade apparatt 
avecraspect,4u marasme ppuss6 souvent aux deweres limites.' 

Quant au ralentissement des echanges nutritifs, k la diminution des produitsde combustion 
respiratoire et d'oxydation organique, en quoi prouve-t-on qu'ii faut les attribuer k l'epargne 
de oos tissus? On pouwait le soutenir si nm tissus se maintenaient inta^ts, :avec t^qte leur 
tottgrifcg organique, avec toute lew ^nergie fonctionnelle. Mais, loin de \k; sous rinfluence 
de T-alecool circukoten nature dans le sang, ce liquide et les ^ments histologiques>qui 
puisent en luU sechargeat rapidement de granulations graisseuses; au lieu d'uqe intussus- 
ception vivante et acjlive de matieres albuminoides, vous avez une penetration granulo-grais- 
seuse preaque passive; Tamve'e des maWriaux nutritifs s'appauvrit. quoi d^tonnant que le 
depart se ralenlisse? Conwaent les produits 4e combustion respiratoire et d'oxydation de tissu 
se naaintiendraient-jis intacts alors que le3 principes organiques qui doivent fournir ces produits 
s'anjwndrosentidans les humeurs et dans les tissus? L'inaniti^ et le vieillatd exhalc^xt aussi 
meins d'acide oarixwaque et s^cretent jpaoins d'ur^e; ira-t-on pr^tendre que rinanition et, la 
vieilieese sont des agwts antideperditeurs et de bobs moyens d'^pargne? Ira-t-pp en coot 
settler Ifeswploi ou en vanter les effiets pour soutenir et relever les forces d&aillanjes ? Qtf^nd 
done Tajrseoic et TalcooU pris k doses rtfropt^es, semblent ranimer les forces ot$aniques, e'ef ( 
k la stimulation speciale quMls exercent sur le systeme nerveux, qu'il faut rapporter cet 
filet, et non It une sevte de vertu economique. Loin d'toonomiser les tissus, ils les laissent se 
d6p«aserpeu k peu, en tariasant les moyens de reparation. Gela fait un singulier moyen 
tfepargnej Aussi fautTil de temps k avtreen suspendre l'emploi, aftn que la ruine (Mfinitivene 
s^tablisse pas sous la forme d'une st^atose durable. Ge sent 1A .les enseignements de rexp4^ 
rieneeet d'une physiol^gie rationnelle. • 

J^i 4u, Messieujrfl, ewuiper et r^M^.c^tt^ thgorie de raclion de Talcno), j$ree quelle ^Uit 

to cpnir^Uq^pn dirwte te wibfm wmm&wwvlvAw ^ff^pejwieux observes d^n& le 



54 iAJtflON MfiDICALE 



traumatisme sous Hmlueiicede cet agent. Je ne voutais pas laisser plarter un dqtite accredits 
sur la.physlologie et Tenchalnement des phenom^nes pathologiques dus a Tintoxicatiori alcoo- 
lique. Je reviens a la poursuite. (Je cette. derniere etude; nous joe Pavons pas $)uisee, 4 .tarjt 
s'eri faiit, et nous aurons a lni demander encore bien des liimifcres pour rihteUf^ence' ides 
accidents chirurgicaux de Talcoolisme. • . . ' ,. 

L'alcool, on Ie sait, passe en nalure dans le sang ; de la il arrive au cpntacl de. tou& les.^te- 
mcnts vivants et il en pervertit la nutrition. Mais son action de contact ne se fyorne pas & la 
perversion des ^changes nutritifs; il exerce urie action irritaliye directe sur lesJissus, et, en 
parjUculier, sur le tissu primitif et comme universel de • rofgahisme, sur le liss^ti copjonctif. 
Cette. irritation morbide du tissu conjonctif engendre la sclerose, sur laquell§ M, Beftjef a 
deja appele Pattention de TAcademie. La steatose et la sclerose se partagent Tanatomie patho- 
logique de Palcoolisme. Mais si la steatose importe surtout au point de vue Qhii'nrgical,. |a 
sclerose importe surtout au point de vue medical /Je ne conteste pas que la sclerose ne con- 
coure pour sa part a certains accidents nerveux , que le chirurgien observe aussf bien que le 
medecin. Mais cette part est faible, compare a celle qui revient a la sturiulatiorr directe et a 
la debilite steatosique de Teiement nerveux. Totis les autres accidents qui se rappdrtetil a la 
sclerose sont d'ordre medical; ils sont graves et hombreux; la cirrhose du/foie, la maladie 
de Bright, la pachy-meningite et les hemorrhages m6ning6es qui la suivent ii'ei) temofgrient 
que trop. Malgre leiir importance, je ne m'y arrfcterai pas, les accidents chirtifgicaux de! Pal- 
doolisme ^tant seuls en cause aujourd'hui.- ' ,] lM ' 

" Nous voici conduits en face des accidents nerveux de Palcoolisme, trop Souvettt terriblks et 
jnsidieux, que nous, medecins, nous avons appris a redouter sous tbutes leurs formes, soit 
16rsqu*ils sont isoles et primitifs, soit lorsque, secondares, ils viennent imprimer a une affec- 
tion aigufc un caractfcre funeste et inattendu; Aux chirurgiens, ces accidents ont'sembl£'jps- 
pirer jusqu'ici moins de terreur. lis en envisageaient Tissue avec plus de confiance : et,' il 
faut le reconnaltre, les fails semblaient' donner raison a ces pronostics wic-ins Sgrvferes., Le deli- 
rium tremens, qui representait a leurs yeux le type des accidents rlerv^ux'alcoolfques,ab6utit 
souvejnt, en effet, a une crise favorable ; ils en concluaient qiie Talcoolisme est rarement hos- 
tile a la cure des affections chirurgicales. L'avenir, je le crains, ne repondra pas a ces espe- 
rances leguees par le passe. En dehors du delirium tremens, il est bien d'autres formes 
ifataxie et de deiire qui arafcnent , en chirufgie, la riiort subite ou rapidela 6d la guerison 
semblait promise. Le delirium tremens' ltri-mftme semble contracter tine gravff,^ gu'autrefois 
on ne lui connaissait gufcre. L'alcoolisme, en corrompant plus pT6(bndfement ' lfe$ 'populations 
sur lesquelles il sevit, devoilera de plus en plus ses forrties cachees et malten^i'etle fnal 
qii'ilproduit, mieux connu, sera juge dans toute sa gravity. 11 importe ddnfe'tt'Mtudier, ^ dans 
leurs formes diverses, les accidents nerveux imputables a Talco61feme <)ans le cours 'des affec- 



L'alcool est un toxique direct des centres nefVfctrx : il feur apporte une ^xclt^rlon sp^fate 
et desordonn^e, bientdt suivie d'un' accablement; d'une depression des faculty stimulees. 
L*ivresse est le typfe de cette excitation toxique "dans Pabus-transitoire et accMehtel de^'al-- 
cool; le delirium tremens est le type paraftele dans Talcoolisme chromqtte, dans Te i xcHation 
^brieuse devenue habituelle et comme permanente. Nous h'avons pas a nobk^ ctecupet de 
HvreSse; elle passe et Tie constitue pas- une source de complications durables dans -les #lats 
trauinatiques. Le delirium tremens est, au contraire, un des accidents les pltis fr^quefi^m^nt 
observes en chirurgie; il n'est pafc 16 seul m let phVs redoutable ; mais il est 'le *$}& ™niieste, 
le plus simple peut-fetre dans ses conditions organiques; c'est lui qui doit : ndiis oecuper 

• t& fbnd r6el du delirium tremens est une 1 excitation sp6ciale» toxi* generis, dies' cemlres 
nerveux. Sous les stimulations r4p6tees de Tateobl, le systfetne nerveux se 'Jtfsse'eiitraMer pe« 
a peu a une stimulation anormale, k urte impressionnabilite excessive, 'qui deviennentparoxys* 
tiques au moindrechoc accidentel; au plus i^ger ^bfanlement -de Id sensibility cfrganiqtie. Get 
6tat paroxystique, d6clap(5, a ses'p^riodes d'augmemy dMtat , de d^olin, comme? tows les 
paroxysmes, et se r6sout par une crise de sueur et de sommeil. Un calme reiatif, 'tiwft J d6pres- 
siori g^n^rale etsalutaire surviennefft ensuite^ et avecewx la gu^rison. Si^ aTaidede-l'frbaer- 
vationcliriique, de Tanatomie pathdlogique, de la physiotogie g^n^rale, on analyse les<5^ndi- 
tions du delirium tremens, on voit qutelles reinvent' toutes de^ troubles fonctionnete, :*ef que 
cet accident morbide, tout en stipposant une imfyr^gnation alcoolique durable , ne s'alKe pas 
6troitement aux lesions profondes de Taicoolisme inv^t^. II ne marche ni arec une st^atose 
kvahe^e des 616ments nerveux, ni avec une sclerose prononc6e du tissu donnectif qti& tornie la 
irame et le support de ces 61^ments. Si, en effet, la steatose des ^16riienl» hefveux-6tait telle 
que la fonction de T^ment fut s^rieusement compromise, ia slfmfflationiv qwii^t'le^arac- 
t^re pfopre du delirium tremens^ manquerait de la base qui lui est n4cessaire pours?^tabllri 
A la place de tous les ph6nom&nes paroxystiques vous nuriez la depression!, Taftaiasemetrti le 
cbllapsus irremediable et funeste de la vie nerveuse. Im sc6ne ooserv^e Defalt toot; autre, 
comme tout autres les conditions organiques qui la supporteraient. 

La sc^ne change egalement si, autour des elements rterveux, la seierbse'du tissu tftmiectlf 
deVientlefait\ittiatomiquedomman!. Une nouvelle forme du deiire«lcocflqtfesiir / git* l ildffei La 
scierdseest le teme%nage rtim ti'un eiat submffemmat^e'^e ^ gabgw ^dridtlttt^ feile 



[/UNION &GWCALE.' 55 



MMdiM 



am.ene, cbmfee.fait consecutif, une sorte d)£U>uffemeht de Ferment Mslotogiquequ'eBe enve- 
loppe et soutient; eTle comprime et opprime-peu a pew cet element quel qu'il soit, de fee on & 
en amoindri'r d'abord, k en supprimer ensuite la fonctton. II en est surtout ainsi dans lesys- 
teme nerveux pii letissu conjonctif oITre une organisation si fine, une trame si developpee, 
si intinlement H6e a la contexture et a la vie des elements propres da systeme. Aussi le deli- 
rium tremens, delire ^excitation pure, ne saurait-il re*pondre a une sclerose tres-accerituee 
des centres neryeux. Au lieu de ce delire paroxystique, critique et curable, on aurait alors ce 
melange; trop souvent 6bserv6 dans le d&ire alcoohque, tie symptdmes mehingitiques sulrve^ 
nant d'emblee et se terminant brusquement, d'urie facon subite et inattendue, parun collapsus 
niortel. Tel est, par exemple, 1'appareil symptdmatique saivant : phrinomenes corivulsifs 
variables et passagers ; face pile, gripped, aveo contractions telaniques partielles et expression 
do ulou reuse profonde ; pupiues resserre>s ou Tune resserr£eetl'autredilat6e? par ihtervalles, 
oris ddlirant9; jactitation ; tete allernativement et par soubresauts jel6o a droite et k gauche ; 
respiration irreguliere, entrecoupee ; vomiturations verdures ; pools profond, pen frequent au 
de*but, s'acceterant ensuite jusqu'a une frequence extreme. Cet ensemble symptomatique de 
inauvais augure parfois se detend tout a coup; IMnlelligence semble revenir, quoiquelente et 
obtuse encore ; une sorte de camie et de mieux-etre reparalt; on croftVet personnellement 
poirs y avons ete trompe" souvent, h une heureuse transformation dirmal; raais cet etat ! n'est 
aue ravant-conreur d'une prompte agonie; le : itaalade me semble revenir aumieux que pour 
etonner davantage par sa mort toute pfochaine. D'autres fois, sans cette lueur trompeuse, le 
collapsus ultime succede sans transitipn ni raison apparente aux symptdmes inflammatoires 
qui paraissaient tradirire le caractere memede lamaladie. C'est qu'ici la raison apparerite n'est 
pas la raison reelfe ; celle-ci est cachee. Si d'une: part la - sclerose^ dans ce genre de delire 
alcooli'que, eh expTique Failure inflammatoire primitive, d ? autre part 1'oppression concomitante 
de l'elejnent nerveux, la steafose ijui accoinpagne he*cessairement la sclerose a tui,tiegre plus 
ou mofns prononce,'n'expiiquent que trop la chute/ subite et irremediable de Pinnervation.et 
dela vie. On voit que tout ce tableau est bien different de celui du delirium tremens : cause 
organique, marche, pronostic, traitement, tout change; ainsi s'interpretent les opinions differ 
rentes 4mi6e$ sur les accidents ataxiques qui viennent compliqoer le traumatisme; les .uns ne 
considerant que les accidents simples et durables du delirium tremens* les autres etendant 
leiir vue et la portant sur: les accidents complexes^ a marche insidieuse* k tertninaison, funepte. 
A cdtG des deux formes' de delire alcoolique dont nous venous de tracer rapidement les 
caracteres cliniques et Phistoire pathogtenique, nous en avons a signaler une troisieme et der- 
niere. Ils'agit d'une espece de delire, ou pluttt d'un mode d'ataxiei nerveuse se declarant 
chez les alcoolid;ues inverts ou radic&lement degrades, elsurvenant sort k la suite, d'un trau- 
matisme ou d'un e"branlement accld^tel , soil primitivement et par la seule action del ? alcoo-T 
lisme. Ce delire est k forme aslhe^nique primitive et s'adcompagne do cortege complet.de »tous 
les syinpt6mes adynamiques. Rien de plus caract^rlstique que son expression phenomenale; il 
n'y a plus ici ni l'excitalion, ni les emportements du delirium tremens; rien delces mouve* 
iriehts, de cesctis ihcessMrts et furieux, rien decelte suractivite' circulatoire et de beUe marche 
paroxysttqae. On n'ol^serve non plus ancun de ces phenomenes inflammatoires et meniogi- 
tiques qui marquent ces butres de^lires alcooliques c4i : ^r6demiBentlaf sclerose et lemouve- 
ment irritatif qui la provoque. Non, des le d^but, la prostration est le fait saiUant : stupeun 
immobfhte' des traits, ftce plombe"e ; paroles confuses , marmotements inintelligibles ; jregard 
lent, etonn^ ou e'teint ; injecttdn* passive des sclerbtiques, parfois teinte trouble deJacorn^ej 
pouls normal en apparence, d'autres fois lent, petit, devenant plus tard frequent «t miserable; 
respiration inegate, s'acc^Mrant dan* les demises periodes du mal; Tout cet ensemble, TreV 
quemmertt observe chez les buveurs profondement degrades, ne traduiHl pds «a irr4m6di4ble 
affaissement dir systeirie Aerveux? C'est Texpresslon lugnbre de J'adyriamie alcoolique. lies 
dhlrurgfens 1'observeni accbmpagnee de gangrene* rapido,de phtegmoi dillus, ^ teinte violacee 
ou blafarde, oedematenx, marchant k une extension demesuree;; lMlat chirurgic&l domine^ ^ 
fcurs yeux ! , la prostration debrante; celled pent teur parattro secondaire et symptomatique; 
elle^st, cepentiant, tout auss4 primitive que les desordres looaux;;les:uns: et. les autres, reie- 
vent; au m6me trtt e, de ia metne cause organique, la steatose dea ^l^mentslaistologiques, 
1 -extindioti progressive de* la putesance plastique des tissus , rdn^antissement graduel ide la 
tohction prbpr^ , des < organes. Les elements nerveux subissent, comme ies, autres, la. regression 
granulo-graisseuse ; lorsque la degeneration touche k un certain degre, la vie nerveuee et ses 
tnemlfestfetions faiblissent; parce que ses instroments degenerent et se delruisent. Ceux-ci 
meufent par degr^s au sefn d'une vie apauvrie : quoi de plus naturel que de voir alors sur- 
venir un affaissement de*lirant des fonctions intellectuelles, un collapsus dernkr de rinnerva- 
tion animate et organique? « ,, 

' Ce delire asthe^iq'ae li'a pas d'ailleurs-son unique raison d'etre dans ia degeneration des 
ei^rtients histologiques nerveux^Il ena-une nouvelle, et qui vient fof tifier la pnecai^re, dans 
cette steatose g^neraMse^e qui a ^teint parlout-la vie nutritive et plastique, ou la vie nerveuse 
poise ses forces de devefoppementy troure la base premiere de son energie fonctionuelle. Le 
syst^me > nferv , eux: ne tit pas et ne re*agit pas en dehors de l'organisme dans tequel il plonge et 
puise incessafronient ; il nelui rend en actes spgciaux que ce qu'il kit prendenmatenaux de 
re'pdration'? eeuis^oi venant k lui roanquer, la vie nerveuse faibllt et succombe par .cela meme. 
Bt ce n'est ptt8seulement 4^kwK)liique qui nous offre ces encfealnements ifonctionnete ftk paiho- 
-feg^u^^ieiie^scto JTitwiDiUe et le viei4lard:^e comported de meme; 1'ub fet >l^uire, |>re- 



56 L'UMQft M&MG4LP-; 



-mrmimm-mr—aBS* 



sentcntGBtteraftm^ sorte.de d&ire asth<*mque, ce m6me collapsus adynamlque d,e rin nerva- 
tion. Cfest ainsi que f observation doit interroger les analogies des chqses; il faut, a ces 
clart^s de l'analogie, apprendre a lire dans le livre a peine ouvert de la nature vivante pour 
essayerd'en conaprendre de loin en loin les pages voices, le sens obscur. 

En retracant le tableau des formes diverses du deiire des alcoo.liques, j'ai du simplifier un 
peu le dessin symptomalique, accuser et de^ager les traits essentials. On e;n . est toujours 
l^duit la en pathologic dogmatique, alors qu'il faut discerns et categoriser. Dans la r6alit6, 
lescboses s'isolent moins nettement; elles s'entremeient defacon a farmer des composes o{| 
vienneot s'associer des elements pris de divers c6tes. Il en est ajnsi dans les manifestations 
deiirantes de ralcoolisme, Le delirium tremens, surtout, se dessine d'ordinaire plus ou moins 
vaguement par quelques-uns de ses caracteres, propres sur le fond des autres formes de deiire, 
soit du deiire subinflammatolre, soit du deiire asth6nique primitif. Et cela se con^oit, car la 
stimulation que Talcool exerce sur le systfcme nerveuxpossedeune allure specifique qui ne se 
peut supprimer enticement tant cme ce systeme conserve un reste de vie et d'impressionna- 
mlite. On retrouvera done au moms une ombre de cette excitation toxique speciale projetee 
an devant de tous les symptdmes qu'amenent a leur suite les lesions acquises de la substance : 
tremblement des levres, rapidity ou incertitude de la parole, laqgue vacillante, hallucinations 
nocturnes ; tous oes traits subsistent, plus ou, moins accuse^, dans tout deiire alcoolique ; mais 
ils n'oient a celui-ci la nature, ni Failure propre que lui donne Tetat organique auquel jl 
repond; et les distinctions que nous avons essays djetablir denjeurent, malgr£ lea inevitables 
associations que nous signalons. „ . 

Avant d'en venir aux indications thefapeutiques.qu'il y aadeduire de Fensemble.de ces trop 
tongues considerations* j'aurai a dire qu$lqu$s mots sur les diverses theories pathog^niques 
qui ontete apportees a cette tribune, priucipalement par MM* GuMer et Verneuil, Je cede en 
ceanoment, et malgre moi 9 a un besojn de contradiction, afin d'y chercher une consecration 
nouvdle aux idees que j'ai cru devoir exposer sur un sujet difficile et controverse. Je sais^ 
d'ailleurs, que mes.savants collogues, permeltent et m&ne appellant ces contradictions,. qui 
sont Pane des conditions du mouvement scipntiflque. J'avancerai done sans hesitation* 

M. Gubler nous a decrit avec infiniment de methode et de elarte les deux phases par 
lesquelles passait, d'aprfes lui, le deiire des alcooltq^es. II n'a pas tent£, si meg souvenirs sont 
exacts* d'etablir les differences que pouvait presenter ce deiire suivant les ca$, differences dans 
les symptdmes, dans I'enehatnement et la succession de ces symptfonas, dans Involution et 
dans la tenninaison de la maladie* dans la nature et le degre des liaisons, auxquelles il con- 
vient de les rapporter, II s'est borne a cette opinion qu'en general le 461ire alcoolique offrait, 
au debut, le caractere d'une nevrose et contractait ensuite le caractere inflammatoire ; nevrose 
primitive, inflammation consecutive; et de cette division en deux du d6Ure alcoolique, il a 
dedurt des regies therapeutiques approprie^s. Je ne puis, Messieurs, acceder k ces distinctions. 
Gette division en deux periodes et cette conversion de Tune dans Tautre ne me parajssent pas 
repondre a la realite des cboses. .' . . 

Et d'abord Tintoxication alcoolique, avec ses lesions si bien denies, peuMle s'assimiler 
jamais a une nevrose, qu'il s'agisse soit de Fivresse, soit du deiire de ralcoolisme? Nevrose 
est un terme gengrique .que nous sommes contraints d 1 employer en pathologie lorsque nous n^ 
pouvotis pas remonter (Tun ensemble symptomatique bien defini et emergeant du -systeme 
nerveux, k aucune lesion fondamentale de reiement nerveux lui-mtoe.Qu'il s'agisse de Fhys- 
terie, de repilepsie, dutic douloureux de la face, la nevrose repose toujours sur qe fait, que 
le systeme nerveujc n'a souffert aucun choc immediat, aucune action ou impression mate- 
rielles^ aucune lesion appreciable aUx sens. Des.qu'exipt^ntune atteinte ou une lesion, la mar 
ladie quilte le cadre des n^vroses pour entrer ou dans celui des degenerations orga&iques, ou 
dans celui des troubles par aMion exterieure ou toxique. Atnsi en a-Ul ete pour Fataxi,e loeo- 
motrice et la paralysie agitante; ainsi, croyons-nous, doiWl en 6tre nour rintqwation alcpor 
'lique, quarid intone nousne pourrions ioi oonslater aucune lesion visible, Le d^lire de 1'opium 
et celui de la belladone no sont pas une nevrose. Nous savons qu'il y a* dans ces cas, 
offense directe de l'eiement histologique nerveux par Talcool, pai Fopium pu par la belladone; 
ceiaseul suffit, suivant nous, a effacer i'idee indecise de n^v^qse pour Mi su^sUtuar Tidee 
plus precise d-une atteinte directe du system^ nerveux* ;Et ce n'est pas la une question de 
mots; ce sont des distinctions necessaires, penetrant au sein des realiteft et qui, meconnu^ 
autdriseraient toutes les confusions doctrinaies. . 

Quant a la conversion de la nevrose primitive en inflammation secondaira, elle nous semble 
moins admissible encpre et en contradiction avec renseignement clinique. Durant notre sejour 
ai la Maiion mtmicipak de santi, nous avons observe beaucoup.de deiires aleooliques aboutis- 
sant a une issue funeste. Cette maison est le refuge d'un grand nombre de buveurs, a qui une 
certaine aisancepeimetde satisfaire leur passion pour ralooo). G'est la que nous avons observe 
les diverses formes de detire alcoojiqoe tellesqwe nous les avons decrites. Wous n!avons jamais 
vu les faits se succ6der comme le veut notre savant coltegue. Nous avons vu les phenomena 
iiiflammatodres au debut tomber ensoite d'eux-memes et finir dans on collapsus uUime; nous 
avons vu les- phienomenes d'excitatidn du delirium tremens sejuger par (tes<orises«ou finir 
dans l&m6me collapsus que les precedents; nous avons vu le deiire astMnique psimUif se 
terminer dans radynamie profohde que le debut annoncait; mais jamais nous n'a'vons vu les 
phenpm^nes inflammatoires terminer la setae morbide <et remplacer des ph^eomenes d'un 
au^re ordre. La logifue.ides fails et leur succession rteU* sont i tout autrea. La phiflMW^ 



L'UMON WfcMGAlJKt 47 



pethologique et Panatomte morbdde de l'afcoojitme contredwent an rife que mon honorable 
collegtfe Jssigtto ici a rmflamm&tion. L'asthftnie, et non l'lnflammation, est 1 unique conversion 
et ^inevitable fin de toutes les stimulations dues a f alcoolisme , et que des crises ne jugent 
pas. La raisOu teientifique est done dtaecord avee l'observatjon clioiquepour repousser cette 
throne de la doable phase ne\rosique et inflammatoire de l'alcoolisme. II me faut toutes ces 
aatorites reunies pour register am vnes.inggnieuses de mon tres-savant cottegue. 

M. Veraeuil, temoin des formes diverses que pnSsentait le delire alcooliqoe, le voyant tant6t 
avee un appareit hruyant, tumultueux, paroxystique et une issue souveat favorable , et tant6t 
avee un cortege de symptdmes adynamiques, ptesque typhiques et uiie tenriinaison fatale, a 
ictvoque\ pour rendre ratson'de ces formes opposes, deux hypotheses, deux theories pathogen 
niques bieh distmctes. La premiere rtpondait a un delire par action rtftexe , le traumatisme 
local eta^nt le point de depart, et le centre cdrtbro-sptaal ie point d'amvee de Faction. La 
seconde forme serait due a un etat septicemique du sang qui agirait comme agent toxique sur 
le systerae nerveux, et bet etat reconnaitrait sa cause dans une absorption virulente dont la 
legion chirurgicate foumirait le&prtacipes. J'adtesseraiacette double concepition palhogenique 
tin premier reproche : a- men grand etonnement, elle ne touche en rien aux conditions spg- 
dales de fatooolisme; eft* poorrah s-appliquer a teas lee desires venant compliquer un trau- 
tfatisme et autre* qae le delire alcooliqlie. Qu^n blesse* qui n'a jamais* fait d'exefts d'alqoeJ 
vienne a etre pris de delire, soit qu'il gu6risse, soit qu'il succoabe, M. Yernenil pourra iovo- 
quer a son sujet rune oq Fautre aes hypotheses pathogeniques qu'ii a emtises. Une formule qui 
^apphque k tout, qui ne specialise rien, n ? est pas d'un grand secouts en patholpgie et en 
cliwique ; elle risque fort de nefonrnir qu'une explication illuseire. 

<to sentiment que M. Verrietiil me pardonnera d'exprimer en toute franchise, car iin'enfeve 
rien a la valeur et a la portde de ses observations climquesy ce sentiment ne latt que croilre 
lorBque l'on interroge directeroent la double theorie qui nous est 'proposee.* L'action reflexe, 
qtri est le fond de la premiere^ est dievenue, en pathologie, la plus banate et la ptas insigni- 
fiante explication que Ton puisse invoquef. Ne sortons pas des accidents nerveux liGa fr un 
traumatisme ou a une action locale : qu'a la suite d'uno plaie, souvent legere, un blessed soit 
pris d'accidents tetaniques, on acense Faction refteie; frlatuite d'une fraetdre le patient sera 

Sris de delire tremMant, action reflexe; la presence d'helminles infestinaMft pnoduit-elte la 
ilatation despupilles oudes acces eplleptiformes, action refkxe ; un oatheteiisme *impte, 
sans drosion de la nraqnensei urethral provoque-t-il des acces febrile* & fofme periodkjue, 
action reflexe; en pathologic interne, Taction reflexe et la' paralysie des ncrfe vase^neieura, 
r^pondent egalement aUx affeotionis les plus disparates. VraiiHe»t croit-on savoSr et apprendpe 




tout. Gela n'indique pas relativement an caractere propre eta la nature vraie de rinmression 
transmise et de Parte produit; ct e'est cette conHaissance qui importe, qiti U?aduit fa cause 
reelle et la nature memefda frit pathotogiqise. 

ftente Interpretation 4n deihe aloooHqne par un e*tat- septiceraique. Ici encore rateooliwae 
s'efface; et ta septicenrie demeuueseule. Le delire <tevient un delire eepiicemique; rien ne le 
distni^oe de 1 ceox que M. VemeuH acoepte sons cette pure deaignalion< ,Gar mon savant oo^- 
lfegwe ne pretend pas que les plates chez ksaAooeiiquesengendnant un produtt septicemique 
sp&dal ; elles Be (iotopertent a cat egartl comme les autses piaies. Les accidentsinfectieux ou 
viruients qu'elles>prDvoque»l; «ent done cdmparables a oeux tyie Ton observe dans led antres 
9iauvaises condition^ des piaies. La patbopeaie du delire septioemiqae chez les aleooliques 
devient done k pethog^me du deiire^ptfcenuque en general. C'est «kja 'Ik une premiere 
faate ?«ai"le d«ml , c alceolique, quelque forme qtfilrevefe, qu'il »k primitif on aeoandaire, 
est un delire ^pecial^ qoe Pon ne eoonatt bienr qu'en le tbustiogaant de tout autre, Mais il y a 
plus,et s*il faut diretpute ma pensee'v lo delire septice'mique tel que ML Yerneuileacemprend 
rorigtoie et la cause, est une fiction theerique. CeUe fiction repond a celle que mon savant 
collegue a hnportte de Ntmoger pour exphqoer la geaeee de ^infection puruiente, j'entends 
parler»ie FeraStenoe d'un vinos trauntatique. 

Je sais quMci je touche a Tune des plus cfaeres adoptions de M. Vemeuil; noua Tavons 
entendu, nans «n comaencetnent de discoaskm sur rinieotkm puruieate, taire a ce aujet une 
profession de Joi aans reserve* et nous presenter la conception d*pn virus irauknatique 
comme le grand progresVea^ daos la theorie 4e rinfection purulente; progres qui k comme 
iant d'autres ae valant pas mien*, nous vie&drait d'Allemagne. Si la discussion -eogagtie out 
alora suivi soneours, je n'anrais pas resists au devoir d'exprimer toute ma pens6eaoetegard. 
Four moi, le vkrus traumatique eat une pure chimere : vouloir exptiquer h son aide toute 
tore traumaliqne, depuis.le plus leger aoees ; febrile jusqu'a la fievre pwrulente, ;est une 
entrepriae qui va contre toute observation dinique. La coastitution meme de cette vaste 
finite qui eoroprend des^ohoses aussi disparates que 1'acces que. juge une sueur facile, et que 
le* typhus purulent qui enteve tant de blesses, cette constitution est une eatreprise destined 
a avorter en pathologie et que le sens pratique repoussera malgre toutes les inductions tem6- 
raires. Mi VerneuiL me. pardonnera Fenengie de cette protestation; mais d'importantes Veritas 
sont en jeu, et je laisae a mes convictions toute la liberie de leur allure. Rien, dans les 
iiquide^ qui a'exbalent a laiauiisoe dee piaies, aVst comparable a Fekhoration intisoe, regime, 
^pecjfique iquj ja^ide A feij§H*ae das mu* iapiaia^ -aio« memo q|ifr«esli9iiaj8ftabaies 



5S LJUMION MfiDJCALE.; 



s'alterehl, k 11 suite outfomme manifestation dHra maurafe 4tat general,- jamais ihki»;piB0eB| 
a 1 Tetatde virus proprement dil, et surtout ce n-est pas lew resorption a la- surface de ia plaie 
qui produif la fievre trtfumatique ou Pirifection puralente* H n'ya qtTuto cas ou peut-&re nne 
plaie secrtte des produfts speciflqbes, inoculaWes, vraiment vfrulents, c'est ceiui de la pOurri- 
ture d'hopkal ; et ce cas est predsement distinct deceuxoii se developpe ririfection purulente, 
Certainement Projection dans les veines d'un animal- du'liquide'altere d'uneplaie n'est pas 
moffehstve, non plus que eelle du pus d ? un abces, m d'aucune mature putride* * mai& en 
induire que toute plaie secrete uri virus et donner a celui*ci le surnom de tr&umatique* pre* 
tendre que* tout blesse fabriquenn poisos destine a rempoisonnerlui~meme,empoi8an,ngment 
que rien ne trahit dans certains cas, comme si le poison n'exisfait pas,— empoison nepaent qui 
toe en d'autres cas avec une plus funeste .surete qu'aucun poisoa connu, -*- toufoir reunir 
tous ces fails inconciliables et pons dire : voila le progres, nous ne saurions ysouscrire. tfous 
osons dire a Tencontre : voila une mode qui passera, voila une th^orie qui sera oubli& dans 
vingt ans, a regal de tant d'autres qui naissent au loin, nous arrivent apportees par racoour de 
lanouveaute, briUent un instant, disparaissent ensuite devant ks enseigneraents de oequijfie 
passera jahiaisdaiwr notre science, la clinique et les fait 8. IPour en . revenir au deiire sepfic^- 
iftityue de raJcoolismeV je dois confessef que. je ne paurafe.le cooipreAdre en itaot: qai'appar^r 
nant cfn propVe aTalcoolisme, et que je : ne saurais I'admettre emle rattaohant k la pr&endue 
septicemic de> toute fievre traumatique. . - .)...■; . , ( . -., 

Je crams d> avoir lasse* la xrienveillante patienee do l'Acacfemie : cependant, Megs&urc, jene 
voddrais pari quitter Fetude de Talooolisme et de ses rapports avec le traumatisms, aa#ns< voos 
soumettlre mes reflexions, mes presumptions surun point deticat et coutroversable, roaiftdont 
lMmportinee est isdnsicterable au point de vue ducaractere et de la prosperite de *rotfre race. 11 
est un fait proprea frappemc'est la difference des eifetsproduits parPakool suivant lies in4ividu8, 
c*est la resistance si : variable que les. diversesipersonnes'opppsent a i'intoxieatioa alcoolique, 
^it 'a 1' intoxication acciden telle et aigue de Fivresse, soil a Hnioxication chroilique, aTalcoo- 
*isme. Je sais bien que ces differences s'obs^rvent a regard de tout : poison, .mais:noo4 ce m4me 
tfegre, startonl enceqtri eoncerneles eflets chroniques, les seulsque nous, ayons h envisager 
icl/ be* nns tombent dans* FalcooKsme, alors que d'autres ne ressententauoun trouble facjifcux, 
qudlque' Pabus ait 6te Je <meme dans lbs deux cas, oumeme qu'il ait ;&£ plus considerable 
• dahs le second; Pour «remonter a la cause de ces differences,; ii iaut set: rappelet .,les effets 
pyopires de i'aloOol^ son action antinutritive et antiplastique. Si donc^ « les • unS» cedent^ et $i 
le^ anlres re^sistent a Talcoolisme,. il est logique d'en inftrer une ^iff6renee corr^gpondante 
dans la for'ce de resistance des iacultes nutritives et plastiques, Gette energie variable des 
forces plastiques, les chirurgiens Tobservent tous ies, jours : cbez certains : Wesses, ello eat 
d'une faiblesse^et chn d , autreg,d , une puiissance, qui, pareillemeot quoiqu'en sens inverse, 
1 frappent' le pratfcien d'etonnement Les uns ne surmontent pas les btessures.les plufi leg^ces, 
lefs plus irtoffensiveB enapparence; les autres supportent, sane perturbation appr^eiablei de 
vastes et profionds deiabrements qui semblent dgfter toutes les rtissources de la nature et de 
Tart. La mort vient la ou la guerison paraissait assurde, la.gueriaou ae fait alors que la mort 
senibiait inevitable; ^t cela sans qu'aucun; incident partioulier Venint des circonrtanc«s am- 
'biantes puisse expliqner ces issues inattendues, Lea chirurgiena'&iaissent li *ir le fatt> et 
jusc|(ie dans ses manifestations 'extrtoee^ la variabilite dee forces 'plastiques. Les m6(tecins 
peuvent^'de kur cdte^en sodpeonner rexistence-fibitpar la inaniere dont les divers individus 
■ resisteht a des impressions morb^fiqiids ideritiquesy s^it par-la facon diuntles maladies aigu^s 
s'expriment et se comporfent dans les cas divers. U est tel naaiade cbez lequelsune.pbJegtotBie 
etendue, accJdentellem^t 1 survenue, eveillera'ane reaction generate a peine seesibiev n'aug- 
rnentera pas notab^ment la temperature et ies dechets drganiques, n'eteindra patf rappetit, 
qui pourra se nourrir moderement sans que la fievre crpisse^ tt gardera lalibertef de*«es man- 
vement^et'de se^facultes irteHerjftieBt&; ceTnaladeilaupossfede une pvtssance plastiqiieoakne, 
' forte;soKde sur sa base, la nutrition orgamque. Le 'tableau (oppose, quej^in'aip&^besoin^ 
' relraoer, et qui ne se voitque trop dans nos grandesvillesyit^oigner«'deconditio!QeHU^ 
.f^^est-an pas aatorise- a: pcesdmdr mta ces diHe^ences dans r^nergieiplastiqiie t^glemiies, dif- 
ferences observers dans les eflets de ralcoolisme,iexpliquerjt id Jesi degeneration^ napid^-et 
eMr^me*, et lkie mafntitfh de la bonne vkalrtedes tissus? : ^ •-•: •.,;>-!, 

Depareilles- differences se rencontrent, smvarrt moi,'<tans te&'t&m*. 11 est oMs jfatee9>qui 
su^portent mieux que- d^titt!es tes grands- ebfftnlements' traumatizes, et qtii acoooapJlsatpt 
plus surement tes reparations plastiques que ceux-ci n^eessitent "La race- angluHsaxomieirae 
semble pouvoir, sans flechir, toiler les tTaumatiemes considerables. La race fmncfti^e, au 
riontraire, telle que Ta constitueei a travers de longs- siecles,'rincessant melange des nationa- 
lites primitives, successivement etablies et absorbees sur !e sol des Qaules; ceUeraceowi 
* ressent si vWement toutes les excitation^yqiti sesou^re et reagil iotijotirs''de faflwv aitroubler 
•sans cesse le6 oBuvres de la tie - nutritive qnrtauleht arrant tout le calme et comme Tinertae 
de la vie de relation, cette race, dis-je; est mal disposee aux grandes restatiraUons plastiques, 
suppdrte diffldlemettt les 1 deiabrement* d'un traumatismeetendui Si Tou'veut reflechiret 
comparer tous les caracteres moraux, physiques et patlvoiogiques de ces races, les habitudes 
de leur vie sociale et physiologique, on sfeconvaincra de Textrfeme probability de Topinion que 
je defends ; elle s*offrira comme une opinion logique, comme une conclusion manifeste. Mais a 
qui repousserait ces comparaisons et la valeur de ces probabiUtes, il n"y-a qu-a'opposer'la 
nrutaM et le nombre des faite : pour- quel que grande op^ratiOB quew wit^ la statistique 



U'UNHSMVfiDlGALIg. (ft 



.j^t.;-. -.■*... . .— — . ..■>—., , . ^- - ...■■■ - 1| 



^hiotitre : q^e'les si4^c^ obtefflttsor 1ft> race Ang)o-feat(^ne d^pawent, #.t defoeaurmip.iiep 
sticcfes ebtenu$ ! <5he»'notr8J Cffet I^l uri ftft j jgetf&a],absoHi, qui n-est paaflabUdutierf<fc telte ite- 
ration , a teL chfrurgferil a let feise&r i de'*t&ttetique, mais qui ressort de tons Ies elements de 
comparaisonqne ia scletote fobrnit ; qui* est -attests mgme par led cbinujgiens fraricais qui pnt 
ete eh si{^t^n'^6' < d6taJ)are^ dl^sde^cohditioos en'appa^fl0eiideritJques;le88U()c6s.eb<ieliU6 
strr Ies deux races* Tappellerai en temoignafceUe limdei notre savant colltene, M* Legoue&t, 
Tratti de' chirurgte tfarmM, qui montre 1 que, di» edte de nos elites en Grimee, on perdait 
datiS Ies op&attons 27 ^2&pour 140,'tatadfo q*ie>Aoos/pdur lies m£tnes operation&V'iioiw vpov 
dkms 'TD pour 400: Iia disproportion 4st telle qgg 13on «e #eut settlement en accuser iesidiflfr- 
t^tices dans *tes condittows speciales' o^ise troutai&nt places* teg; operts des deux* aro£es; 
fl'siutatit pins, je terepfcte, q«&«a tf est pas la in* fait fsote oo excepttenbeL, ; roais un faftde 
rfegle; cb&firme par tous - Ies documfenits serieUx. II est «' done perois de ! M> dire* les fbrefes ptas- 
tiques dabs la ! race ataglo^txonne sout !plu*;fixes at. plus r^sistantes que^datis notre race fran- 
$aise, et oe caraetftre, jbiwt a* une.ppissariteiftconditg, me parait 6tre le sagiie distinatff 'dbe 
eeite race qui possfcde deja tnoe mortis du> monde. Je>n'entends jpas par la etatyir sVsuperiof- 
rit&> lies' ratteshumataes soht'cotam'e Jea indmdua qui Ies coaaposent, elles tkent sOrtout. li*<r 
dignity, ieur ^eiai etfeur graudfeuriide iFesfffiL^ui; ies aiiime/.de.iamisaiotiuwiral^q^llfis 
^cotopli8bentideSi<EtfviesiqiiPeHe8 realiseni dsj^l^ regions sup^rkqrefl dm beau eMu vrai. 
SOUS toUs^es'mpptfrts inftis pontons le dirt,<>non!*ans.fierte,;la.:rAce- fr&Bcaise<nVaucua£ 
comparison fcpeu\>u tier;* il n'en est pas qui ail rempH le'natondeideplus dexfevouement et de 
lui&tere. Nous powvons done, sans.fausse.honte* reconnailre rinstabiKte. et en quelque sorle la 
fragility aVsa vie plastfqtfey G'est lace que nous avons a fortifiers ea elle» cap e'est par. la 
quelle peat d^ohokv Qr; Mfessieurs, .en ce sens, Pateoolisrae «st pour elle Tun flea plus redbu- 
taWes fieaux; elite y i^sisteraitooinsbienqu'aucune. autre race ^ lei autiplastiques mi con- 
viennent d'auttant moinatque la plasticity orjgineUe est mains puissant^. .::/,: 

Et comme s'il fallait que tout vint converger pour nqqs rendre Tabus alcooliq^e plus, uui- 
sible, notons que la manifere dont nos populations urbaines consomment I'alcooi est la plus 
funeste qq'elles pussent choisir. L'Anglo-Saxon. mange beaucoup et souvent ; m&rie dans Tetat 
febrile il ne veut pas de Tabstinefloe e^a^aJpperlte'^nat. Quand il prend de Talcool, e'est 
done avec un estomac occupy, avec des vaisseaux qui absorbent en nieme temps des materiaux 
nutritifs. Les effetsalcooliquesensDntd'aurtaat dkninu^s; Oteznous, aucontraire,c'est le matin 
a jeun, e'est avant le repas t que les bommes, adonngs a Palcool, \e consomment. Le poison, 
ainsi ing6r6, saisit un ofganisme Sans d6feris6,'et fees proprifet^s ^tdxiques s'en accroissent 
d'autant. Sans compter que^festomac s'offense de cette introduction awlede liquides irri- 
tants, et que bientdt une atforexie deplorable- s-'empare- &\i* buveur; it / boit beaucoup, et ne 
mange plus, ou mange d'une fa$otv insuffisante; double cause de ruiae pour la : vitality plas- 
tique, double caute pour idoauertoute son ae^ivit^i la i^gressionjgranulo-gralsseu&e. L'alco^- 
lisme, s'il continue a se propager ainsi, rendra de. plus en plus ^ouffueteuses, d^gradees et 
inf^condes les populations ouvrteres.de nos villes, etportera a la rape francaise une nouvelle 
et funeste atteinte. ' • * '"•'■ ' ir - ir ■ * 

Ou. sont done les remfedes, et quels sont les obstacles a opposer a ce nial mepacant? t Ici, 
Messieurs, je iserai tres4)ref, car Je r^poridrai mal au pressant appel que nous' ad're&e nbtre 
colleglie M.* Ve'rneuii. Je iy'ai pas U f mtoe confiance que lqi dans les ressources possibles de 
raft l je n'di pasffcstioirqu'en fnterrogeant de cM et d 1 autre la thj^a^eutique', n<Wis ; 'arriViehs 
a arti^nbrer la situation lactuelle. Je n'ai pas i*bptftnisnfe' rassurant fle M. *'fi[ardy, , qtii attWbcm, 
suivant moi, uheefficatftetrop g6n6rale a rem{)loi de l'aicool dfenfe les at^cid'ents divers'' de 
PalcoblismeJ je rie partage pas lesesp^rances de hotre collteue M. Gubler, datifc la stictiessidn 
q^ilnonsJJrtipofeede'moyeris th^ra^eutiques, 2 auctfession qui r^pott.4 a c^lfe d^^MroSe et de 
congestion inflammatoire. Non, j'ai vu Talcoolisme dans^ses accident "redt>bt«A4lea ; j^di f^nt6 
~et jWe^i^ de gu^rir; j'ai 4fe -^cu^dans merteiit^ives, dans des esp4rance^qui, souvent, 
me paraissaient fondles; j'ai cherch^i rp^n^^.j^ nature du mal, a me rendre compte de 
cette tendance funeste. que. rien ne'pouvau enrayer ;..et.^. ces 6tudes, je dois Tavouer, j'ai 
perdu Ja meilleure part de ma confiance dans la puissance de l'art. Si le delirium tremens est 
1 pur /&nV degeneration dtiganlque pr6fonde, slf ^st vralment d6Hre de stimulation et p'aroxys- 
tique, fl aura le plus souvetrt sa guerison dans des crises natufettes;'ropium a' haute dose, 
conseilie par les vieux mattres de Part, restera, dans les cas difficiles, le medicament le plus 
sur; il cfflmera Texk^s de ta stimulation toxiqne, il favorisera retablissement des crises; le 
chloral agit sans doutei-dan&ile m6me sens; ^experience d^cidera si ce nouveau. medica- 
ment est preferable. a/l r opium.ou mtoe le vaut.' Si ledelire de forme tremblajUe. plus ou 
moins adcen*u6e s'associe a une degenerationrbrganique avancee, de facon.a faire redou- 
ter un aflaissemedt subit de la stimulation, et «n meme temps de.la vie nerveuse, ii feut 
sodtenir cette fitimukition, devenue necessaire et momentanement bienfaisante, par l/'em- 

{)lo*-hardi de rakxwl, par: l!ac6tate; d'ammonitque, par Tusage du cafe* peut-etre, comme 
e conseilie notre > savant •poliegtie M, Hichet. Ge.cas est le plus frequent dans,, les idejires 
akooliques ^ssQcies ^ux,affectjions j( de cause ia-tepne;. ici la .cause morbiQque yient ajouter sea 
. effets a <?,euxde la'fatble^se orgapique du systente neryeux, elle ebrahle le, forictionnement.de 
ce systeme et le rend plus t spjet a defaillk subitemen^ Aussi, lesm^decios ont-ils ete les pro- 
moteurs de.rinterventioii thirapautiqiie de..raicool^ et. il. faut.' rapporler Fhonneur de cette 
pratique exceilerte ^ yw . ftomme dont le sens medical dominait tous les systemes du temps ou 
d v4vait, a Ghomel, qui snl mon tr en jqu^ralcool pouvail calmer. k delue^Jalt qui sexablait un 



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m L'UNlGNHfiOIOftLB 



paradoxe daigerettx actus oai a'adroettafent alors que le«enfeignem^tft4ej|a w^deqine cUfce 
«xacte et physiotogique. Ejv dehors de cette' iadicatioro ^r6s-restneinte4^»ft .^ftobJeU i'admi- 
nistratfeA de 1'alcoaL ne saurait 6(re cTauqun -seGewvs; il Be peot rien dans#as cjelires alcoo- 
liquasdoat la forme primitive est.m6ningitiqoe et si&inflammatoure, rJeu daps eeux q4 i'asthd&ie 
est ie:faii dominant desle d£but Dans tons eea ca* t turn, frequents, le.lb&apeutfquB est radi- 
.ealenent itfpuisaattte; elle ue peut pas ro&fce retarder {'issue funesle; toute prise noanqi^e a 
one action salutaireprorgane a. 6te silencjeusement dgfouit, la port ne fait qpe ieroMaer u*e 
<BUjm entrepriBe dfee longtemps et conduite si pito de sa fin que oelte-ci utytf. plus qu'#*e 
4ertriere et inevitable oowiuaton, 11 en eat pareilleaent ainsi asm towx&ow\&wto<<wixv r - 
gicaux, pbtelgraons et jpipparstiofts diffuses, .gangrfcpes qua s'&eudeot sa*s se lifl^ter o^tte- 
memti ftat de pjtosbwtioa qui descend pMiroteroent a; rex Unction derofen& La rajsoi) de tops 
oei fails d^sedp^tdemeufepaneille^t fctale;. I'trt n&peiftt ici queiC#nt0i?u>lerJa;flMHl, 

Voub le vdyez, Messieurs, notee idle mtdieal dans ralcoolisme est pauvre et I rjafei. tfeat a 
d'autos quenonc frlfowiiir le rqmfede die ce mal hoBteu*. fietle taebe metmbe 4 ceux qjtfi 
facoonen* et qui tivifient I'espritet ie coeur des generations, aetaetipb Ces geQ&ratiaosv *( faut 
let' iftstruire eteurtoutles mpntiser. Sachots-febien, i'inatriictioii aerie datoeu&era wputs- 
s4bte* On aura beau apprendre a nos r populations les funestes effete deTafcfoftlisitte, qua, du 
reste, elles n'ignwen* pas y eUes ne se laisseront pas mom* entratner 4Ja &atisfat3sU)Q/4e c#s 
gvossttres . jomssances. Jamais le sentiment de . ietrr interH n'a retenu ka : masses humaiiwe. 
Four arreler les homines en fate detours passions* ilfeut les pengtrer.d'ide'esi morale*, d'ij&es 
de devoir (et de dgvouetiJent, d' abrogation et de sacrifice. Que le me^emove* lemoratkrte waar- 
cheqt de conoert a cette oaovre devemue difficile ; pour nous surtoiit, disone-noua bien qu^n 
rawon meme del'autbrite qqeirouatdonae notre science, il nous faut^lusqte d'att4reay ftviter 
de causer le;moindue ebranlement a l'edifice de la morality bumatkie; disotis-neue bien.^uil 
faut respecter tout ce/(ui la sert, tout ee qui la propage, tout ce qui Vatfermittet l'&ftve*. . 

— La stance est lev*e a cinq heureB. • " • 

• . * ' ' ' ■ 

" ' ■ ^ ' ill ■ I < i I i i n . || , 1 ,111 il I fc i I I I I I 111 l« II | , ' ■ | i^ — 



FORMULAXRE 



SUPP081TOIRE VAGISAL. 

A.cide tannique . • ' gr. 60 centigr. 

Cire blancfie , , 25 grammes. . 

Axonge ...•....•,.••......, 5 . — . 

'Meiez en fofldanta tnie douce chaleur et laissez refroidir dans un moule. -nCe stippo&ttoire 
est utile dans le eas de leucorrWe. On conseille en outre des injections astriogeotes. — N. G. 

' ■ • ■■ . »! ■ I | ! ■ I I I I I . I II I 11 '> 111,1 I l> | - |l ,, , I 

Ephem£iideg M^dlcales. — U F^vrier 1670. 

le& mucins d'AU en Provence toiyent a la Faculty de Paris pour lui deipander aide, 
cooseil et assistance. Il s'agjt d'une chaire de chimie qu'on veut cre'er a Aix, et donl, nos 
docteurs »e veulent pas. Il s'agit aqssi de Claude Brochier auquel cette chaire a M promise 
et a\ont on nf v^t pas davanta^e. Ceite lettre, trfes-longqe, est Ltpnnante : la cbimie u'y est 
iqulun « act in^caaniqu.e^nanuel;^. » une « entree a la fausse iponnaie;.,. » la « corruption 
; de& wsurs et de la jeunesse;*,. » une « chafbqnn&rel., » Vqus demaodez les noms des 
illustres.oui oni sig^ cette cuistierie? Les void; Broglia^ doyen esiu.de, la Fa£ujt6 et profcs- 
,peur royal; Martini, syndic — A. Cb. ( 

COtJRRIER ' ' 

' -^ I • 

t- par d^crejl, en date du 29 Janvier 1871, rendu sur la prppositfon duministre de la 
guerre^ out et6 promua w nomtn^s dans I'ordre national de la Mgion .dwmieur, les cbirur- 
giens-maiors de la garde nationale dont les noms suivent : 

Au grade tfofjicier c 11* l^giment, M« Poignet chimargien-major au; 24* bataHlon. 

Au grade de chevalier: 2* regiment, M. Boutin, ctrirurgieh-major au 4* bataillon; — 3* re- 
giment, M. Cahours, chirurgien-major au 8* bataillon ? — M. Pondevaux* chirurgien -major ; 
— 8" regiment, M. Roussin, ckirurgien*major au 58* bataillon ; — 10* regiment, M. Terrier, 
ehirurgien-major au 18* bataillon; — 11* regiment, M. Le Maguet, chkurgien-major au 
19a* balaillon ; — 18* regiment, M. Duplessis, cbirurgien^major au 416f .batailloo ; -« 19* re- 
giment, M. Ddaunay, chirurgien-raajor au 48* bataillon; -* M. Lem^naget, chirurgieni-saajior 
au Mo* bataillon; — 20' regiment, M. Borchard, chirurgien-major.au 4Zi9* bataillon. 

— Par de"cret en date du 81 Janvier 1871, rendu sur la proposition du minfetre de la 
guerre, M. Quod (Mathieu-Albertl), mGdecin aide-major de l r * classe : 7 ans de service, 
5 campagnes, a 6t6 nomme" dans Pordre national de la L6gion d*honneur. 

Le GeYant; S. RlC&ELOT. 
Famis. — TypograpUie Hux Maltbstb et C«, rue des Deux-PortM-Saint-Stuveur, 22. 



No 6 LTJNION MfiDICALE Samedi 11 Fevrier 1871 

BULLETIN 

CONSTITUTION SANITAIRE. — AUGMENTATION DE LA MORTALITY. — ESH&IIANCE tfUNf 
DIMINUTION PROGHAINE. — LE8 AMBULANCES DES D^PARTEMENTS. — B^N^DICTIOIC 
DE LA CHAPELLE DES AMBULANCES DE LA PRESSE. 

Noire satisfaction avait raison d'etre moderee, samedi dernier, d'une legere 
diminution signalee dans la mortalitede Paris; elle eftt ete, dans tons lescas, de 
bien oourte duree, car le dernier Bulletin annonce une augmentation tres-sensible 
de 295 deees sur la mortal He de la semaine precedents Sommes-nous au bout de 
cette aggravation? II est permis de l'esperer. L 'alimentation, dopuis deux jours, est 
a la fois plus abondante, plus variee et plus reparatrice. Le pain, le veritable pain, 
a feit sa rentree pas triomphale, heias ! mais bien venue, car elle etait bien attendue 
et bien desiree. Son rationnement est supprime, et nous ne savons, en verite, quel 
Gbnseil d'hygiene avait ete con suite prealablement au decret du Gouvernement qui 
fixait le rationnement du pain a 300 grammes. Nous aimons a penser qu'aucun 
veritable hygieniste n'a donne un conseil semblable, pas plus que celui de distri- 
buer pendant un mois, a une population de deux millions d'habitanis, cette masse 
informe et cahotique ironiquement designee sous le nom de pain. L'alimentation 
est non-seulement plus abondante, mais aussi plus variee, et nous savons tous 
combien cette derniere condition est necessaire a la nutrition. A ce regime force 
de la viande de cheval pendant plus de quatre mois, nous pouvons aujourd'hui 
substituer le boeuf, le mouton, le veau, la volaille, le pore. Les legumes aussi onf 
reparu, ct leur assaisonnement, au lieu de cette graisse infecte et suifeuse que 
nous avons si longtemps subie, peut se faire avec du beurre de qualite suffisanle. 11 
y a done lieu de penser que Amelioration dans l'alimentation conduira a Famelio- 
ration sanitaire. 

Une autre condition de cette amelioration, qui serait bien necessaire, serait le 
desencombrement immediat des hopitaux et des ambulances. Signalons i cet egard 
iine tentative dont nous ignorons encore le resultat, foite par notre honorable con- 
frere M. le docteur Gallard, medecin en chef de la ligne d'Orleans, et qui avant et 
pendant l'investissement de Paris avait Organise et echelonne sur tout le parcours 
de cette vaste ligne un tres-grand nombre d'ambulances dans les petites villes et le$ 
campagnes, ambulances qui n'ont pu etre toutes utilisees. M. Gallard est venu sol- 
licker les autorisations necessaires pour faire transporter nos blesses et nos malades 
dans ces ambulances, ce qui, en ameliorant evidemment leur position, desencojn- 



mm*mm—mmm*mmmmmm+mmm—m+mmm**+4m 



FEUILLETON 

DBS AMBULANCE*, 

QUATRIEME LETTRE, 

Monsieur le redacteur, 

Comment s'abstr&ire, commeBt se recueiilir, au milieu de cet infernal concert que flftus 
font les sifflements des obus qui passent, et les detonations de ceuxqui eelatent prts de ntus? 

Eh bien, l'ambulance peut donner cela : vous l'avez eprouve, me disiez-vous hier, et je le 
ressens mieux que jamais, aujourd'hui que, retenu par mon service prfcs d'un de nos bastions 
du Sud, je suis assourdi par ce brutal fracas. 

L'ambulance fourait un double but a 1'esprit et au coeur; c*est l'observation et e'est la con*- 
passion, e'est la science et e'est la charity. En cullivant ce double et saint objet, rtytfe 
s'elfcve, elle pardonne le mal, elle accepte l'epreuve, elle oublie la souffrance; les douleurs de 
toute sorte qui fondent sur nous au moment present, avec toutes les preoccupations de Tav^qir, 
tout cela cede, et l'homme se retrouve ce qu'il est et doit etre : intelligence et affection. 

II est vrai que la carrtere ne manque pas. Le mal est grand el multiple a connaltra, il $$t 
digne d'une profonde compassion. Les malades se pressent a nos portes avec les blesses, et la 
mort a fait en ce? derniers temps de grands ravages parmi eux, si j'en joge par le resume 
que j'ai sous les yeux. 

Au chiffre de 152 malades que j'ai eus confies a mes soins le mois dernier, du 7 d&embre 
au 6 Janvier, correspond celui de 15 decks, a peu prty un dixteme. i 

La plus forte part de cette morlatite revient sans coutredit aux fibres typholdes, qui* k 
eUes saules , ne comptent pas moras de decfes. Leur frequence, du reste, a ete eooaderaWe 
pendant le mtoe laps de temps* car cette mertatiite correspond an driffte de 3ft cas, dont » 

Tome XL — Troisieme sirie. 6 



62 h'milOP MfcWqALE. 



brerait Paris au grand profit de l'hygiene generate. Notre zele confrere a-t-il reussi ? 
Nous Tignorons. Nous voudrions lesperer. La penseeest excellente, cequi n'estpas 
une raison pour qu'elle aboutisse, surtoutsi, comme nous le croyons, la permission 
de M» de Bismarck est necessaire. 

Revenant au Bulletin, signalons ladecroissance continue desdecespar la variole. 
L'augmentation de la mortalite a porte surtout sur la fievre typhoi'de, la bronchite 
et la diarrhee. Cependant, c'est dans la population civile que laugmentation de la 
mortalite a surtout porte. Dans 1 element militaire, les conditions semblent s'arae- 
liorer. Grace aux categories etablies par M. le docteur Jules Worms, nous pouvons 
fecilement apprecier quel est celui des deux elements civil et militaire qui est le 
plus eprouve par telle ou telle maladie. Eh bien ! nous croyons que la lethalite de 
la bronchite est encore considerable dans l'armee ou, sur 627 deces par cette mala- 
die, l'armee en a fourni 114, chiffre enorme relativement a la proportion des deux 
elements de la population, relativement surtout a l'age des decodes ; car, si la bron- 
chite est tres-grave aux deux periodes extremes de la vie, il n'en est plus de memo 
dans la jeunesse et dans l'age viril. Nous persistans done a croire que, dans la bron- 
chite aussi bien que dans la pneumonie, qui font depuis quelques semaines tant de 
victimes dans Tarmee, s'ajoute un element morbide de nature typhique sur Lequel 
nous avons cru devoir appeler r attention de nos lecteurs. 

' La derniere stance de 1'Academie des sciences n'a rien presente de relatif aux 
Sciences medicates proprement dites. 

A 1'Academie de medecine, la discussion sur Tinfluence de Talcoolisme sur le 
traumatisme s'est continueepar un excellent discours de M. Giraldes et une reponse 
de M. Verneuil au discours de M. Richet. Le compte rendu de la seance reproduit 
6u analyse ces deux documents nouveaux. 

Dimanche dernier, une cer6monie pieuse et bien interessante reunissait une 
asserablee nombreuse dans les pavilions baraques des ambulances de la presse, rue 
de.la Pompe, a Passy. Mgr Tarcheveque de Paris est venu benir la chapelle edifiee, 
sur la demande de M. Ricord, au centre des Pavilions, et cette chapelle, par une 
courloisie aimabie de notre premier pasteur, a ete placee sous le vocable de saint 
Philippe, patron de notre digne et illustre chef, qui a recu de la bouche de notre 
premier pasteur un eloge aussi delicat que merite. Le personnel des ambulances de 
la presse, en grand nombre, medecins, pharmaciens, economes, frereset soeurs, 
ainsi que beaucoup de dames qui ont participe avec une ardeur touchante aux soins 
donnes aux blesses et aux malades, remplissaient cette petite mais elegante cha- 
pelle, construite en 4>ois et edifiee en quelques jours. Mgr Darboy a prononce une 
allocution etoquente, elev6e, sur le devoir et la discipline, et sa parole persuasive, 

— ■■'■ i i ■ ■ i i ii 

seulement b^nins et legers, auraient pu recevoir rappellation euphemique de fifcvre rau- 
' queuse. Ce chiffre de 38 se decompose d'ailleurs de la lacon suivante : 16 sont sortis gueris, 
13 demeurent en traitement et 9 ont succombe. C'est; ensomme, une mortalite un peu inft- 
rieure au quart des malades, et c'est bien trop pour notre satisfaction. 

Que si vous me deniandez a quel element plus special doit fetre attribute cette malignity des 
fibres typholdes, j'avoue que je ne saurais gufcre avancer un& rgponge precise, 
; , Quant a:te forme aymptomatique qui a accompagne lea.caa les plus graves, ce fat la forme 
adynamique la roieux oaracterisge, cette adynamie profonde dans laquelle lea fbnetioos de 
relation ont perdu leur activity jusqu'a devenir impossibles, et dans laquelle aussi les fonctions 
de nutrition, atteintes elles-memes, maoifestentTinertie dontelles sont frapp6es, par la pauvrete 
et m£me par la suppression des secretions cutanees et muqueuses. La circulation ca pi 1 1 aire est 
atteinte de la raeme inertie , ainsi qu'en temoigne retat de cyanose et de veritable algidite 
dans lequel nous arriv&rent qttelques-uns de ces malades, et dans lequel quelques autres vin- 
rent a tomber sous nos yeux. 

C'est alors que la langue sfcche et inerte, la peau terne et Apre, le malade semble entrer 
dans une periode de momiiication dont la mort est le terme plus ou moins rapproche. 
, Ce que peut etre Tabsorption dans un semblable etat on le devine, et on ne le constate que 
trop. Et cependant la muqueuse gastro-intestinale ne semble pas tarir aussi facilemenf ses 
secretions, ainsi qu'en temoigne parfois la persistance de la diarrhee. Encore celle-ci pemVelfe 
s'expliquer par la simple filtration endosmotique dont cette membrane serait le siege, dans 
ses gland>s normales ou ulcerees, ce qui semble etre le mecanisme de laplupart des diarrhees 
colliquatives. 

Le caractere symptomatique dominant de ces formes graves ce fut done l'adynamie, fait 
i-epuuxraable si Too songe que la plupart des aujets reoueiilis par nous sont des jeunes gens, 
chez lesquels .la gravite de la maladie se lie bien plug souvent a la violence de Pataxieou* 
4es complications ioflammatoites, J'avooe que lest lesions bronpbio-pUlmonaares onit et6 aussi 



L'UNION U&D1CALE. 63 



i^Mfc— »■ i r i ■ it ■ i ■ fi 



tolerante, nous oserions dire philosophique, a produit une des plus douces impres- 
sions qu'tm -oratetrr puissc recherch$r, celle de remotion. 

Une voix de femme merveilleuse, accompagnee par la harpe-et iin violon de 
premiere force, a fait entendre I Ave Maria de Gounod, chante et execute d'une 
fafon superieure. 

HYGIENE PUBLiaUE 

NOTB SDR LEft HOPITAUX-BARAQUBS DII LUXEMBOURG ET DU IARDIN DES PLAWTE8 (*) $ 

Par M. Michel Uvr, m^decin inspecteur de Parage, etc. 

II a ete question des travees extremes de chaque baraque, Tune d'entree, Taiitre 
de sortie, chacune de 4 metres d'etendue : la premiere a un vestibule qui ouvra sur 
la salle par une porte a deux battants facilitant le passage des blesses soutenusipar 
deux aides. Des deux cotes du vestibule sont quatre cabinets , dont Tun serviralaux 
operations, l'autre au medecin, le troisieme aux soeurs et le dernier a un malade 
qu'il conviendra d'isoler. La travee extreme de Fautre bout (fig. 3), contenant les 
bains et les cabinets a l'anglaise, est completement fermee en pignon centre la 
salle des malades, afin de soustraire ces demiers a toute cause d'infection ;, les 
cloisons et plafonds de la salle des bains et des water-closets contribuent a ce 
resultat. La salle des bains admettrait deux baignoires , tant elle est spacieuse ; on 
y accede par le couloir; la baignoire, tres-abordable par la tete et les deux longs 
cotes, est alimentee par un robinet d'eau chaude et par un robinet d'eau froide 
places au-dessus des pieds; elle se decharge par le parquet. L'appareil de chauffage 
pour deux bains recoit directement Teau des conduites de la ville; une demi-heure 
suffit a la preparation du premier bain chaud; etabli dans un cabinet adjacent a la 
salle de bains, sur un dallage en briques, separe des cloisons par des revetements 
en tole; il fait en meme temps Toffice d'un calorifere pour la salle de bains, oil il 
envoie de Fair chaud par de longues .fentes pratiquees dans la cloison moyenne. Le 
mime appareil contient un chauife-linge et fournit de l'eau chaude a un labora- 
toire. II fallait prevenir l'infiltration des vapeurs d'eau et des miasmes.dans les 
surfaces rugueuses des parois en bois : M. Jaeger, qu'il suffisait de rendre attentif a 
une indication pour quelle fut aussitot remplie, les a tendues de calicot peint a 
l'huile, qui permet d'essuyer frequemment la buee. Ainsi dispose, le cabinet de 

(1) Suite. — Voir le numero da 28 Janvier. — Ce travail est extrait du dernier cahier des AnnaUi 
d' hygiene et de me'decine Ugale. 

pour quelque chose dans ces requitals et que dans phisieurs cas la congestion de rappareil 
respiratoire d^passant ses limiles ordinaires est allee jusqu'a la bronchio-pnetuxtonie etmtane 
jusqa'a la veritable hgpatisation lobaire. 

Etant connus les caracteres de cette gravity exceptionnelie de l'affoction qui nous occupy, 
si Ton se demande qnelles causes contribufcrent a la determiner ainsi, la re*ponse est encore 
plus difficile. Une otiose m'a frappe cependanl : Nous 6tkros a la fin de d&embre, il faisait le 
froid intense qne vous savez; raes malades 6taient, pour un grand nombre, dans une saWe 
vaste, froide, carrelee, sise au rez-de-chauss£e, mal close, bien que mal ventitee, et dat»s 
laquelle mtoe, le chauffage, pendant quelques jours, vint a faire totalement itefaut. (Je n'at- 
cuse pas, je constate). Ce fut alors que n'ayant pas encore perdu une fievre typhoide, j'en vis 
mourir cinq en moins d'une semaine, du 21 au 27 dgcembre. 

Je ne voudrais rien conclure de ce seul fait, d'autant plus que depuis lors la temperature 
s'est adoucie, la salle dont je vous parle fut r^gulifcrement chauffer , et la mortality n'a pas 
cessg. Elle a diminug cependant, et le fait vaut la peine d'etre not& 

Apr&s les fibres typhoides* les affections les plus frgquentes furent les rhumatismes (20) 
et les affections thoraciques : 22 cas d'affections catarrhal^ ou inflammatoires des bronchos, 
lx bronchites capillaires, 7 pneumonies v6ritables, 5 pleurisies, 8 cas enfin de catarrhe brop- 
chique et intestinal a la fow.ou se succedant imm&liatement sur le m6me sujet. 

La relation que nous sommes habitues a constater entre la saison que nous- traversons et ce 
genre de maladies est, par la, une fois de plus confirmee ; surtout si Ton songe que nous 
avons affaire a des jeunes gens qui ont du passer les nuits en plein air ou sous Ta tente, plus 
ou moins mal proteges contre la violence d'un froid excessif. . 

Dans cet ordre d'effels* rintensite de la cause roorbifique.s'est traduite toutefois par la mul- 
tiplicity des cas de maladie plus' que par leur gvavile. De lous ces malades deux seqlement ont 
sucQomb6 v deux bronchites capillaires (sur tx); nos 7 pneumonies ont gu£ri, ainsi que toutes 
les autres affections bronchiques et pleur^tiques. , , 



L'UMON MfrUCALE. 




Fig. 1. — Baraq aement d'ambulanee du jardin du Luiembourg. Plan general. 



Toute 1'etendue des toies reapiraloires fut souvent intcressce par Taction de cette tempe- 
rature siberieane ; je n'ai jamais Unt vu, pour ma part, de laryngites; laryngitcs vraimenl 
infiammaloires, douloureuses, avec aphonic plus ou moins complete, primitives ou conseco- 
■ lives, la plupart colncidanl avec une irritation plus ou moins etendue de la trachee et des 
brooches. 

Quant aui rhumatismes, j'en eus peu de franchement aigus, comma lea decrivit si bien 
Bouillaud; ce f urent plutot des formes lenles, benignes, quelquefois apyretiques, astei mobiles 
dans leurs manifestations, avec localisations cardiaques frequentes. L'un d'eux m'offrit iin ery- 
theme noueux , un autre une urticaire aigue. 

Quand j'aurai signale encore la frequence des diarrhees catarrhalea, primitives et surtout 
ser.ondaires, et la rarete des dysenteries veritables (fl seulement) il ue me restera plus a noler 
rien de bien saillant, dans le resume de mon observation anx ambulances, pendant ce mois 
que tant d'epreuves ont rendu penible, 

Mais a cole de ces maladies speciales, il est un ctat morbid e qui m'a nam commun a un 
grand nombre de nos malades et surtout de nos convalescents, et dont les formes les plus 
variees se presentent encore' aujourd'hui nombreuses, dans nos ambulances ; je veux parler de 
l'anemie. 

L'anemie des convalescents de rhumalisme est tin fait mieux connu qu'explique; nons 
avons aussi souvent lieu d'observer l'anemie des convalescents de fievre typholoe, mais il ne 
me semble pas avoir jamais rencontre dans nos hopilaux, ou cependant ces maladies abondent 
louiours, un aussi grand nombre de convalescents anemiques a ce point Ce sont des pSleurs 
de jeune chloroltque, des teints mats comme la clre, et avec cela lous les signes rationnels et 
physiques correspond ants. Des palpitations cardiaques, souvent douloureuses, des douleurs 
muscDlaires peripfaeriques, des nevralgies meme, de ressoufflement, de la faiblesse des mem- 
bres, etc., et cela, malgre les traitements les phis reconslttnants et lee plus tontqitee, malgre 
I'usage largement employe du vin et des alcooliques. 



L'UNION MfiWCALE 



66 



bains que possfede chaque baraque, a plus d'espace en tous sens et plus de comfort 
que la plupart des bains de la ville. II est suivi d'un autre cabinet de 1 metre 20 «* 
1 metre 20, ouvrant sur le couloir et servant au depot provisoire du linge sale ; il 
est aere jour et nuit par des claires-voies dans le revetement de pignon et dans le 
parquet. — Au c6te oppose du couloir existe un petit laboratoire muni d'un evier de 
gres vernisse et de deux robinets, l'un d'eau chaude, l'autre d'eau froide; on y 
depose la vaisselle, les Holes, etc. En fin, la baraque se termine par deux water-clo- 
sets separes auxquels on arrive par un degagement special : sieges de chenepoli, 
cuvettes de porcelaine, lavage a grande eau; la fosse a cheval sous le mur du 




CiiuMi-par RoiUjl* Baric 



rodesto. dtl'* 



Fig. 3. — Abords d'unc baraque (*). 

O A, salle des mala des ; B, salle de bains ; G, vestibule de sortie; D, degagements; E, laverie; 
F, linge sale; G, chauffage; H, water-closets. — a, appareil pour chauffer l'eau des bains ; 5, bain; 
c, robinets d'eau chaude et froide ; d, evier ; e, reservoir d'eau pour laver les cuvettes ; f % tuyaux de 
>idange; g, tuyaux d'eau chaude et froide ; h; tuyau d'eau froide; I, tuyau collecteur portant les eaux 
sales, ainsi que les matieres liquides des tiuettes dans l'egout de la ville. 



II faot avouer que les causes ne manquent pas pour amener un tel resuitat. D'une part 
Talimentation que vous savez, laquelle est fort peu facile a des convalescents, d'autre part 
un .certain encombrement que les circonstances expliquent encore, et je crois aussi, et peut- 
£tre par dessus tout, ce maudit froid, sur le compte auquel vous me voyez encore revenir et 
que je ne puis me defendre d'accuser encore a ce sujeL Et pourquoi ? parce que nous voyons 
tous les jours des rhumatisants et des fi&vres typhoides, que nos hopitaux habituels ne Ieur 
offrent pas une atmosphere bien pure, que leur regime n'est pas de beaucoup preferable au 
regime des malades tie Tintendance militaire et que tout cela ne m'a jamais paru amener a 
sa suite tant et de si profondes anemies. 

Le froid au contraire est exceptionnel, et le rdle qu'il joue pour entraver les fonctions de 
sanguiGcalion et d'heraatose est considerable et bien connu. Dans la chatne des actes qui de 
succedent depuis la digestion de Taliment jusqu'a son assimilation, il n'en est peut-Gtre pas 
un que le froid ne contrarie. Sans compter l'influence considerable et directe qu'un air glace 
doit necessairement avoir dans son contact avec les globules sanguins au sein des voies 
agriennes, pour entraver les fonctions d'hgmatose, lesquelles doivent entratner une depense 
de calorique bien plus considerable. 

Laissez-moi resumer ici l'observation suivante dans laquelle la sanguification fut encore 
plus gravement altgrge que dans Fanemie simple, et si bien atteinte qu'elle causa la mort du 
malade. 

P... ag6 de 23 ans, soldat du train, originaire de la Dordogne, entre a I'ambulance, le 13 
nwembre 1870, etant malade depuis six jours. 11 a tous les signes d'une fievre typholde, 
ce qui ne tarde pas a se confirmer par rapparition d'une eruption lenticulaire papuleuse assez 
abondante. 

Rien de notable d'ailleurs dans revolution de cette fievre typholde, sinon que le cachet 
dominant est radynamie; et un assez grand abatement moral. 

Dans les premiers jours de decembre, les phenomfcnes thoraciques prennent un peu plus 



L'UNION MEDICAID. 



pignon, construite en brlques avee enduits interieurs en ciment, est coropletement 
lsolee de 1'interieur de la baraque par un plancher hourde en platre et en moellons 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Les matieres tombent dans des tinettee 
avec diviseur de t&le galvanisee, et en communication direcle avec l'egout oil sont 
diriges les liquides, tandis que les solides sont retenus hermetiquement. M. Jaeger, 
auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajouteque, pour uti- 
llser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulement a ete ploye en siphon pour empe- 
chcr la remonle des emanations de l'egout a la bonde de la baignoire , et qu'il est 




Fig. 4. — Coupe sur la sallo des malades. 



Trois semaines apres son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fievre, une nou- 
velle eruption se montre, bien qu'iniparfaite, at 1'etat saburral et bllieux persisle, malgrf les 
evacuanls divers qui lui sont administres, jusqu'au 20 decembie. C'esl une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

Malgre la cessation de ces accidents le malade reste bible, pale, abattu, craignant de se 
lever, et presque sans appetit. Le6 Janvier j 
de lipolhymie qui appelle plus specialement 
commencement de purpura. Une epistaxis a 
apres avoir eu une selle noire, le malade sue 

J'ai cite ce fait en particulier, parce qu'il 
de 1'etat d'altCration du sang dans lequel 
remarquera la date des accidents qui ont sui 

F.nlin ce malade me rappelle aussi que pi 
fait une rechule (4 au moins), et que les ace 
par le fait de l'epuisement considerable du s 

Encore un mot sur la frequence des olite 
fievres continues. 

C'est revenir beaucoup , n'est-ce pas , sur 
moment si plein d'enseignements I Ne penscz- 
cbement au moms curieux a faire enlre celt 
particulier que revele notre Stat moral? Cet ■ 
eel etat moral d'engourdissement, cette sorte 
et pas un effort soutenu et efficace. 



J/IJNIOIN MEOttAU*. 67 



greffe sur le tuyau collecteur des tinettes, de maniere a laver continuellementa 
grande eau l'ecoulement des urines. L'ecoulement de l'evier est greffe sur celui des 
bains en avant du siphon, contribuant aussi a ce lavage. Enfin une bonde sipbolde, 
disposee au point le plus elective du radier de la fosse, facilite la sortie des eaux de 
lavage, dans le cas oil des fuites dans les tinettes ou des negligences dans le service 
de leur enlevement, necessiteraient le lavage des fosses. — On comprend combien 
la tenue des water-closets importe a Thygiene de nos baraques, au salut des blesses 
qu'elles recoivent. Ne nous attendons pas a voir reussir tout de suite ce qu'on 
appellera un luxe de proprete et ce qui nous semble pudeur et decence, en meme 
temps que preservation et salubrite. Les cuvettes deborderont d'eau, la soupape sera 
faussee, le siege mouille; mais une surveillance de quelques jours reglera la ma- 
noeuvre des water-closets, et les malades apprecieront, comme nous I'avons vu 
en divers hopitaux, la suppression des latrines a la turque avec ou sans clapet, 
e'est-a-dire le communisme de la puanteur et de la salete. n 

Les baraques sont construites en charpente avec revetement exterieur en planches 
de sapin du Nord de m ,02 d'epaisseur, a doubles couvre-joints a Teiterieur et a 
Tinterieur (Gg. 4). Dans les conditions du climat de Paris, il a paru suffisant d'eta- 
blir le parquet en frises de sapin de m ,027 d'epaisseur, ainsi que le voligeage simple 
de la toiture recouvert en carton bitume. Les premieres pluies ont indique quelques 
points, quelques fissures a calfeutrer; on s'est empresse de le faire, ainsi que le 
doublage les deux faces interieures de chaque baraque par une tenture de toile forte 
avec papier Bulle , pour intercepter les courants d'air; Une cloispn qui monte a 
2 metres de hauteur abrite les malades dans leurs lits contre meme inconvenient. 
Le chauffage a ete confie a MM. Geneste fils et Herscher freres , dont I'appareil a 
obtenu le prix au concours ouvert pour les ecoles municipales de Paris. Chaque 
baraque a deux poeles de fonte et tole a charge continue au coke , avec prise d'air 
exterieur qui circule autour du foyer et s'epanche dans la salle par des bouches de 
chaleur; l'air chauffe s'echappe par deux fentes longitudinales de 3 centimetres, 
toujours beantes a la base des lanternes qui couronnent la toiture; efl'et precieux de 
ventilation continue dont le malade ne souffre pas, parce qu'il se produit a 6 metres 
au-dessus de lui dans la zone de r atmosphere interieure oil passent les tuyaux de 
fumee des deux poeles aupied des lanternes; ajoutonsque leur long developpement 
augmente la surface de chauffe, l'utilisation du calorique produit et le prompt 
echauffement de 1'air froid qui penetre par les fentes. Une experience a laquelle j'ai 
assiste enoctobre dans une baraque non encore occupee par des blesses, a montre, 
la temperature exterieure etant a + 6° c. r que ces appareils, convenablement ali- 
mentes, procurent aisement une chaleur de 4- 15 a 16° c. Depuis, et par ces froids 
de — 4 a 5° (decembre), on a pu obtenir -flla 12° c, quoiqu'on n'eut pas a sa 

N'est-il pas vrai que Thorreur exag^r^e de la souffrance , aussi bien morale que physique, 
est un des traits dominants de la situation ? Pour moi, rien ne m'a plus douloureusement frapp6 
que cetle facilite avec laquelle certains des principaux chefs de notre armge ont couru a la 
mort, soit pour ^chapper aux consequences d'un d^sastre qu'ils ne pouvaient emp^cher, soit 
pour se soustraire a Vhumiliation d'un affront au-dessus duquel ils ne savaient plus se main- 
tenir. Courber la t^te et raourir, n'est-ce pas de Tadynanue morale? Et comment s^tonner 
que la mort physique soit si facile quand le moral est devenu si peu 6nergique dans ses luttes. 

Est-ce le temperament physique qui nous vaut ce temperament moral, ou bien est-ce le 
moral qui forme le physique a sa ressemblance, ou bien tous deux se modifient-ils ensemble 
sous Taction d'influences communes? Laissons aux ecoles dogmatiques la discussion de ces 
problfemes et tdchons, nous, de lutter contre le courant d'adynamie qui nous entratoe, soit 
qu'il s'agis8e de reah'ser de puissants efforts de reaction contre le mal, soit qu'il faille subir 
avec patience les plus douloureuses epreuves et les medications les plus penibles. 

Le D f X.. M 
Aide-major de U garde nationale. 



Ephem^rldes MMIeales. — II FivRiER 1335. 

Dans runiversite de Paris, on adopte un singulier moyen d'eiire les officiers, e'est-a-dire 
les bedeaux : 

On met dans un capuchon autant de feves qu'il y a de maitres ou electeurs ; parmi ces 
ffeves, il. y en a uoe nou*e; chaque maitre tire une feve; celui qui attrape la noire nomme 
cinq autre* maitres ; ces cinq maitres sont declares electeurs et nomment les officiers. —A. Ch. 



68 



L'UNfUN MED1CALE. 






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disposition le combustible le mieux approprie. Les baraques ayant ete construites 
specialement a l'usage des blesses et ceux-ci etant chaudement couverts dans leurs 
lits, on s'y accommode de quelques degres thermometriques de moins que dans les 
services des fievreux : ii n'y a de reserve a faire qu'au profit des blesses a lesions 
traumatiques des voies respiratoires. 

Outre les chalets de traitement, au nombre de vingt-deux (X 20 blesses m 540 
blesses, sans compter les cabinets d'isolement), il y a des baraques pour la phar- 
macie, la tisanerie, le laboratoire, le medecin de garde, les bureaux, le poste des 
infirmiers, la cuisine, la depense. Toutes ces installations, dont on pourra ulte- 
rieurement modifier l'assiette et corrigfer quelques details, sont faites dans un 
esprit de progres : l'eau et l'air circulent partout ; dans le vestiaire, les effets deposes 
par les malades sont ventiles jour et nuit par la cheminee des cuisines, faisant 
appel a un canal qui communique par des creneaux avecces vetements. 

II est un inconvenient qu'il faut signaler, parce qu'il donnera lieu a des doleances 
et a des dentarements : la surveillance de jour et de nuit condamnera les agents, 
16s scfeurs qulTexercent, h s'exposer a des transitions de temperature , aux tioissi- 



t/UNlOiN MEDICALS. €9 



tudes de l'aif, etc. Get inconvenient est le salut des raalades; reliees entreelles par 
de$ corridors couverts et fermes, les baraques ne tarderajent pas a solidariser leurs 
atmospheres comme par des tubes d'aspiration; si jamais, dans l'interet de quei- 

3ues services secondares, on se decide a etablir ces communications, que ce soient 
e simples allees sous une toiture legere, sans murs ni fenetres. 

Ill 

Du 25 juillet au 12 septembre de cette annee, j'ai visite, avec M. l'intendant 
general Bosc, tous les locaux qui ont ete spontanement offerts ou signales par la 
ville de Paris et par diverses autorites comme propres a recevoir des ambulances. 
Je passe sous silence quelques installations de luxe improvisees par la charite la 
plus courageuse, telles que les magniflques salons du petit Luxembourg, ceux de la 
presidence du Conseil d'Etat> ceux du Palais-Royal , prepares d'apres les ordres de 
la princesse Clotilde. II y avait a classer en premiere ligne les belles ecoles recem- 
ment construites pour les enfants des deux sexes , et les salles d'asile dans les 
divers quartiers, particulifcrement dans ceux que Tannexlon a rattaches a Paris. 
Beaucoup de ces batiments, a peine termines, semblaient avoir une double destina- 
tion, hospitaliere ou scolaire, tant leurs conditions hygieniques y rejpondaient d'une 
maniere egalement satisfaisante. Paftout les freres, les soeurs charges de ces 6tablis- 
sements sollicitaient leur transformation en ambulances, et l'honneur de soigner 
de leurs propres mains les blesses, les malades qui leur seraient envoyes. Apres 
cette enorme ressouree de locaux scolaires, neufs ou refondus, et qui attestent l'in- 
telligente liberalite de la ville de Paris pour les jeunes generations qui pullulent 
j usque dans regions les plus excentriques, ce sont les institutions religieuses, ce 
sont les divers clerges, sans acception de communion, qui nous ont adresse les 
appels les plus ardents et fourni un ample contingent de succursales : tout le semi- 
naire Saint-Sulpice, celui de Saint-Nicolas, les belles institutions catholiques de la 
rue Stanislas, y compris le college, celle de la rue de Sevres, 1'eiegant refuge des 
dommieains, les salubres et vastes maisons d'etude des Jesuites de la rue Lhomond 
et de la rue de Vaugirard, qu'ils se sont empresses de mettre tout entieres a notre 
disposition avec le materiel decouchage, etc. Partout ou M. l'intendant general et 
moi nous mettions lepied, nous etions attendus, desires, ecoutes avecfervedr et 
confiance. L'ame tendre et pieuse de l'archeveque de Paris etait partout presente. 
Mfeme accueil chez les diaconesses de la rue de Rueil, dans le grand hopital impro- 
vise au nouveau college Chaptalparun comiteprotestantqui a eu le bonheur d'avoir 
pour inspirateur et pour representant un eloquent pasteur, M. Bersier, Jusque dans 
le modeste hopital Israelite de la rue Picpus, Tune des innombrables bonnes ceuvrps 
de la famille de Rothschild, un batiment qu'on venait d'achever pour cinquante 
vieillards infirmes a ete reserve a Inauguration de nos bless6s isoles chacun dans 
une chambre, disposition si desiree par la chirurgie et l'hygiene. Pourquoi ne pas 
mentionner ici Tune des ambulances les plus saines, les plus eonfortables, les mieux 
desservies , que nous avons ete appeles a visiter au grand Orient? Je ne suis pas 
franc-macon ; mais j'ai trouve la des visages amis, le souvenir du bon general Mel- 
linet, lesgaranlies d'un bon service pour nos blesses; et M. l'intendant g6n6ral 
Bosc n'a pas hesite a sanctionner mes propositions en faveur des jesuites, des pro- 
testants et des francs-masons : l'unite, l'egalite dans la charite, quel spectacle plus 
fortifiant en ces temps de dissolvante exegese a coups de revolutions ! 

II ne m'appartient pas de divulguer totites les offres genereuses, toutes les mar- 
ques de devouemeht et d'abnegation qui se sont multiplies autour de ftous ; mais 
il est une creation qui s'est reveiee d'emblee, avec des ressources financiferes ehormes, 
avec un archipel d'h6pitaux ordonnes par la plus intelligente hygiene, peuples de 
talents et d'energiques volontes, creation presque inapercue d'abord, qui transforme 
en ambulances, pour ses debuts, l'Ecole des ponts et chaussees* le Conservatoire 
des arts et metiers, les ateliers de construction des phares, pres du Trocadero, un 
logement a boudoirs de la rue Saint-Dominique, etc. Sielle est si vive, si expansive, 
si pleine de verve, d'entrain et de puissance pour le bien, c'est quelle a pour ame 
Ricord et Bauer, et elle s'appelle Yumbulance de la Presse, 

Nous en etions la, nous avions choisi des locaux et fait preparer dans Paris 546 
lits pour officiers, 12,398 pour sous-officiers et soldats, quand le 13 septembre 
M. l'intendant general Bosc me notifla gracieusement la fin de sa mission et de la 
micane. Neanmoins, j'ai s^iivi jusqu'a lailn la construction des baraques du Luxem- 
bourg et^ grice aux deux eibinents ofiioiers superteurs du genie^ MM. de Ckmrviile 



70 L'UNION MtiDICALE 



et de Laussedat, je* n'ai pas cesse d'etre consulte sur les details de leur eflnm&ia- 
gement; elles 6taient, jene le cache point, lobjet dema principale preoccupation, 
et grande est pour elles mon ambition. Je voudrars en finir avec le mophitisme s6du- 
Iaire des h&pitaux -monuments; je voudrais que nos baraques pussent devenir les 
hopitaux de Favenir, avec une duree de dix ans, et, au terme de cette perforate, 
detruits et remplaces sur d'autres terrains par des constructions nouvelles, avec les 
corrections que Fexperience aura sugger6es. 

ACADEMIES ET SOCLMS SAVANTES 



ACADtlllE OE M^OCCIME 

Stance du 7 fevrier 1871. — Presidence de M. Womz. 




nieilleur memoire sur les maladies mentales et nerveuses. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion relative aux effels de Falcoolisme sur les 
lesions traumatiques. — La parole est a M. Giraldfcs. 

M. Girald£s s'exprime ainsi : 

La question portee devant FAcadenrie par M. Verneuil me paralt avoir ete envisage au point 
de vine medical ; jancee dans cette direction, die a ete le sujet de developpements tres-remar- 
quables san? doute. mais s'eioignant un peu du but en discussion. Corame la question est 
d'ordre chirurgical, il est peut-etre bon de la faire descendre des hauteurs elevees oti elle a 
ete portee et de la ramener sur le terrain essentiellement chirurgical; c'est pourquoi je 
ffemande la permission, a FAcademie de lui soumettre quelques observations. 

II ne s'agit pas, en effet, de savoir quels sont les desordres produits dans 1'organisme par 

Fabus des liqueurs fortes, par Falcoolisme ; cette question n'est aujourd'hui contested par per- 

' sonne, et si on hesite a admettre que Falcool introduit dans Festomac est elioaine eh nature, 

en totality ou en par lie, ou bien s'il se decompose pour former des combinaisona nouvelles, etq., 

tous les pathologistes reconnaissent les ravages produits par Fintoxication alcoolique. 

La question portee devant FAcademie est celle-ci : Les lesions traumatiques chez les alcoo- 
liques sqnt-elles plus graves; les indications. th6rapeutiques et operations sod t-eiles par ce fait 
modifiees? Enfm, demande M. Verneuil, les operations pratiques chez des alcooliques doi- 
vent-elles 6tre portees au tableau statistique des operations? 

Aux deux premieres propositions notre collegue, se basant sur des donnees physiologiques 
et sur son experience clinique, repond par Faffirmative. Dans le but de leur donner une sanc- 
tion complete, de les faire mscrire comme chose demontree dans les livres de chirurgie, notre 
collfegue reclame poor sa these la faveur d'une (Mseussion academique. Si les propositions sou- 
tenues par M. Verneuil sont vraies, et je leorois, il faut admettre, ainsi que cela lui a &£ dit, 
que les elements qui servent a leur demonstration ne sont pas de premier choix. 

Dans cette occurrence, il est necessaire d'avoir recours a de nouvelles etudes, de recueillir 
de nouvelles observations, et d'etudier le sujet dans cette direction. Sans doute que si on vou- 
lait a priori eiucider un aussi important sujet, on trouyerait dans Fanatomie pathologique des 
alcooliques et dans la physiologie des documents precieux. La physiologie nous apprend que 
Falcpol introduit dans Festomac est rapidement absorbe, rapidement porte dans le torrent cir- 
culatoire et cantonne, en grande partie, dans la pulpe cerebrale. Les observations de Magendie, 
celles de Leveiliee, les experiences et les analyses du docteur Percy (1839), du docteur Car- 
penter (1850), les belles recherches de MM. Lallemand et Perrin, et celles plus recentes du 
docteur Mareet en sont une confirmation complex L'alcool, dit le docteur Carpenter, passe 
dans letissu nerveux cerebral, en change les propriety chuniqueset physiques; ceh> affectee 
par la fibre nerveuse en change la nutrition et les fonctions , et amene , Fatrophie, de cette 
substance. 

Devant cette propriete elective de la fibre cerebrale pour Falcool, il n'est pas meme neces- 
saire de se demander si cet organe ainsi impregne de liquide toxique ne doit pas influencer 
les phenomenes de la nutrition, soit en paralysant les rierfs qui y president, et sur lesquels 
Brown-sequard a parliculierement appele Fattention, soit par tout autre meoanisme. II suffit 
de se rappeler que le centre cerebral, organe dominateur, prisidant a toutes les fonctions, est 
Forgane auquel toutes les fonctions se subordonngnt, pour admettre que cettp roue maltresse 
de Feconomie etant faussee, tous les acles fonctionnels doivent s'en ressenlir; et que, dans 
«es condition^ d'un organisme en detresse, une lesion traumatique survenant, celle-ci doit 
subir une marche differente que dans Fetat normal. Ce sont la des documents importants dont 
on doit tenir grand compte, mais, on en conviendra, {'experience clinique est seule juge en 
dernier ressort. 

Cost done une question clinique nouvelle, d'un haut tateret, qu'ii fant soumettre a une 
observation rigoureuse. Mais, diront quelque&tuns de noftcoUegueeJa.queation n'est pas nou- 



L'UMON IftgDifiALE. 71 



velle, el, pour tfocenluar la note, notre eminent collegue M. GbauflFard emprunte au Uvre de 
Carpenter une citation importante ; sans doute la question n'est pas nouvelle, on pout dire 
qu'elle est dans 1'esprit de tous les cbirurgiens qui pratiquent dans de grands centres indus- 
tries ; mais on peut ajouter qu'elle est letlre raorte dans les livres de chirurgje. D'ailleurs, 
M. Carpenter lui-meme eut ete fort embarrasse de justifler son assertion par des docu- 
ments e'crits. Voulez-vous une preuve de la verite de mon dire? la voici: M. Adams, dans 
un travail remarqnable sur la morlalite chez les ampule's, memoire lu a T Association britan- 
nique et imprime dans les travaux de cette Society , ne souffle pas un mot de Tinfluence de 
Tafcoolisme dans les traumatismes, et cependant ce chirurgfen passe en revue toutes les causes 
generates et locales affgrentes a ce sujet 

De tous les accidents de Talcoolisme, un seul, le delirium tremens, est reconnu par )a ma- 
jority des chirurgiens comme ajoutant une complication grave aux operations ou aux' divers 
traumatismes. Ainsi, pour moi, toules les fois qu'a la suite d'une operation ou d'une reunion 
traumatique le delirium survient, cette complication est un signe patbognomonique que le blesse 
est atteint d'alcoolisme : cet alcoolisme peut exister a des degrts differents. Dans tous les cas 
Fe delirium tremens est la premiere manifestation de I'alcoolisme chronique ; mais il fant dis- 
linguer et ne point confondre le delirium reflexe indique* par Brown-Sequard , le deiire 
Gbrieux, le delire par suite d'abstinence ou bien par intoxication opiacee otr belladonee, etc, 
avec le veritable dtlirium tremens. C'est pour avoir mis au meme rang des choses aussidiffe- 
rentes que le traiiement du delirium tremens erre a Faventure : ici traite par les opfaces k 
forte dose, la par la teinture de digitale, 1'oxyde de zinc, le bromnre ou iodure de potassium, 
et m£me avec les vomitifs 1 Je demands a mes collegues la permission de leur rappeler que les 
caracteres distinctifs de Taccident alcoolique dont nous parlons sont , outre I'insomnie cons- 
tante, le delire vague sur des choses fantastiques ou des occupations usuelles au malade, la 
paleor de la figure, la dilatation de la pupille, le tremblement de la langue, une sudation 
abondante, caracteres indiques en 1801 par Pearson, sous le nom de brain fever, a ces carac- 
teres, dis-je, il fant ajouter une rapidite et depression du pouls donnant un trace sphygmogra- 
phique tres-analogue a celui de la fievre typhoide. 

Le delirium tremens est un accident commun aux alcooliques ; lorsqu'il est spontanea il ne 
pr^sente pas la meme gravity que lorsqu'il survient chez .des operas ou des blesses. On est 
douc oblige d'admeltre que la lesion traumatique, le choc produit, si vous voulez, agissant 
par voie reflexe sur le cerveau, y determine un erethisme dont la consequence est Fappari- 
tion du deiire en question; quelle qu'en soit 1'explication, le faitpersiste, el tout le monde 
est d'accord pour reconnaltre la gravite que presente ce deiire chez les individus blesses. 
Ge grave accident, ainsi que le pensait Dupuytren, est-il susceptible d'etre gueri par l'emploi 
des opiaoes a forte dose? C'est une erreur. Les recherches des uiedeoins qui ont observe le 
delirium tremens sur une grande echelle, Peddie, Laycock, regardent l'emploi de l'opium 
comme tres-nuisible. Un de nos collegues a prdne que la cause reelle du deiire provenait de 
l'abslineuce d'aliments produile par un etat particulier de la muqueuse stomacale: je crois 
que notre eminent collegue est dans 1'erreur. Le detirium tremens, il fauf bien se le rappeler, 
est mr degre de l'alcoolisme produit par Tetat, par l'influence directe de l'alcool sur le sys- 
teme nerveux central. 

Dans la question des lesions trauinatiques chez les alcooliques, il faut tenir grand compte 
de la profession de Vindividu, du milieu ou il vit et de son genre ^'alimentation ; il ne faut 
pas faire passer sur le compte de la race ee qui est la resultante de ces trois facleurs. En 
voutez*vous u|e preuve? Prenez, dans la race anglo-saxonne, un de ces gros charretiers de 
Londres, veritable type de John Bull; d'autre part, prenez un de ces commis de la cite, type 
du veritable cockney de Londres, eh bien, chez les deux alcoolises au meme degre, blesses 
au meme degre, la marche de la blessure ne sera pas la meme. 

Pour me rdsumer, je conclurai en disant : oui, d'apres des donnees d'anatomie patholo- 
giques, d'apres des donnees physiologiques et une experience limitee, je dis que les lesions 
traumatiques chez les alcooliques sont generaleraent plus graves, leur pronostic est plus 
grave, et les consequences therapeutiques et operatoires doivent etre modifies. Pour faire 
admettre cette doctrine, pour Tinscrire dans les traites de chirurgie comme chose demontree, 
il est necessaife que des observations et des statistiques bien faites viennent leur donner une 
entiere consecration. 

En faisant appel a de nouvelles observations, a de nouvelles statistiques, je demande que 
eelles-ci soient dressees avec grand soin, en categorisant les observations ; qu'on se rappelle 
en on mot que le malade a inscrire n'est pas une unite, mais bien une expression algebrique, 
qu'on en tienne grand compte, de la l'exposant qui est tres- variable ; c'est pour avoir me~ 
connu cette donnee eiementaire que nous avons des statistiques comme celle-cu Operation de 
taille (par exemple) : 1 ; mort, 1 ; mortalite,cent pour cent. 

M. Vernedil se propose de repondre aux discours de MM. Richet et Chauffard. 

L'orateur s'occupe , d'abord de defendre les observations qui font la base de son travail 
contreJes critiques dont elles ont ete* l'objet de la part de M. Richet* Il reprochea son hono* 
rable et savant contradicteur de n'avoir pas lu ses observations avec une attention suffisante ; 
— d'avoir en plusieurs passages module son texte dans Pinteret de sa cause, — et enfln de se 
montrer beaucoup trop exigeant sur les preuves et sur la maniere de les acquerir. 

L'orateur entre sur tous ces. points dans de grands details pour prouver que Talcoolisme est 



72 



L'UNION UtiBrCALE. 



tres^bien 66montr6 chez les quatre sujets dont il a rapports rhistofre. II ajonto que , s'il a 
ddfendn longuement ses observations, c'est pour convaincre l'Acadgmie qu'il a puise* ses con* 
victions a la source des fails et non ailleurs, et que Pobservation clinique, et non son imagi- 
nation, lui a permis de formuler une sorte de syllogisme : 
Les organes, les tissus des alcooliques pr&entent, comme regie, des tesions histologiques ; 

Les blessures, toutes choses e'gales d'aiileurs, sont plus frGqueniment suivies d'accidents 
chez ces sujels ; 

Done ces accidents reconnaissent pour cause probable les lesions organiques ante'rieures a 
la blessure. 

Celie conclusion semble dieted par la logique, ajoute M. Verneuil ; cependant M. Richet 
veut : i°que tous les buveursqui succombent rapidement a des blessures gu6rissables oflfrent 
a Pautopsie une ou plusieurs des lesions susdites; ~ 2° que lorsqu'on rencontre ces mfcmes 
lesions chez des blesses on ait observe pendant la vie les symptomes non douteux de Falcoo- 
lisme. 

Cette double exigence est inadmissible, selon M. Verneuil : 1° les legions visce* rales existent 
cerlainement chez la presque totality des buveurs, cependant tel d'entre eux peut succomber 
rapidement au t&anos, a la pyo^mie, a une congestion ce're'brale ou pulmonaire & une e*poque 
ou 'ses organes et ses tissus seront encore a peine alters par l'alcool; — 2° la re*ciproque. 
que reclame M. Richet, ne saurait 6tre conceded; en effet la cirrhose, la steatose du foie, les 
nephrites diverses, etc., pouvant se montrer en dehors de tout empoisonnement alcoolique, 
leur constalation a Tautopsie n'implique nullementchez lessujets qui les pr6sentent la quality 
de buveurs. 

II faut done se contenter provisoirement de noter les coincidences entre les alterations 
cadav6riqu.es et les symptomes ctiniques de l'atooolisme en accordant a ceux-ci la premiere 
place. 

(La suite au prockain numtro.) 



BULLETIN HEBDOMADAIBE des dicks dtctaris h Citai civil 

du 28 janvier au 3 f&vrier 1871. 



CAUSES DB DfiGfiS. 



Variole 

Scarlatine 

Rougeole 

Fievre typholde 

tirysipele 

Bronchite 

Pneumonie. 

Dtarrhee 

Dysenterie 

ChoWrine 

Angine couenneuse 

Croup 

Affections puerpe'rales 

Affections chroniques et accidents 

divers. 

Accidents j Combat 

de guerre j Bombardement 

Totaux 



Population civile d'apres le recen- 

sement arrets le 1 janvier 1871 ; 

8,019,871 habitants. 

AGES 



au-des- 

sous 
de 1 an. 



52 

» 

1 

1 

6 

112 

31 

67 

4 

» 

3 

» 

447 



de 1 an 

a 
IBanB. 



716 



5a 

4 

19 
58 
1 
139 
52 
38 

14 

» 

9 
6 

» 

301 
» 



del 5 ans 

a 
50 ana. 



695 



109 
2 
1 

57 
2 

96 

88 

11 

10 

» 

3 

i) 

14 

594 

273 

9 






1,269 



de 50 ans 

etan- 

desnis. 



22 
» 

15 

3 

166 

138 

43 

26 

» 

1 

» 
» 

946 

14 
9 



arm£e. 



Troupe 

de ligne et 

garde mobile. 



1,353 



21 

2 

8 

193 

» 

114 

156 

1 

9 

» 
» 

» 

134 

» 

n 



H=S 



TOTAUX. 



638 



258 
8 

29 
324 

12 
627 
465 
150 

63 
» 

16 

8 
14 

2,392 
287 

18 



4,671 



Vu : l' Inspect air du service nUdical, D r Jules Worms. 



r ip 



Commission n'HYGiiNE. — Par arrele* du 3 fe*vrier 1871, M. Gavarret, professeur & la FiottltC 
de medecine, a 6td nomine* vice-president de la commission centrale d'hygfene et de salubrite* 



Le Gerant, G. Richest. 



Jams. — Typ6gri|»lrtt P6t ix Maitbstb et €», rue des DeiiXrPortes-Salnt-SitfveHr, »fc9» 



I/UNION 1 MtfMCALE Samodi 18 Fevrier 187V 



LA SASTfi MTBUQCE. — FIN DB LA DISCU8SWW SUR L'ALCoOLISME. 

Legere diminution dads lechiffre de lamortalite parisienne. Le ravitatflainent A 
jHiesi i'elevalioa de la temperature commencent a iaiie Bestir leurs heureusee 
influences. C'est toujours sur la variola que porta la diminution des deces. Kile est 
■sensible aussi Bur la fievre tjphoide et sur la bronchi te. La pneumonia, au con- 
train, a eprouve una legere augmentation. En somme , la situation , sanilaire tend 
w» 1 aauUorttioB, 

La prt^L d'*v»cuaticra des blesses et de* raiiades vBrs lesdnpartsmentBi* abouAi. 
Plusieurs convois sont deia partis pour Poitiers. Les emplacements necessairM soot 
prets a Bourges, a Augouleme et ailleurs. C'est la une eicellente rnesure, qui a cte 
parfaitement conduite par noire lutnore confrere M, le, docteur Gallard. 

La discussion acad e m i qu e relative a 1 'influence de 1'a leooliomo sur les resultats 
des operations chinirgicatea«&t«loe*. l^qHes^on estrelle, resolue? Personne ne le 
pense, pas meme M. Verneuil qui, s'il a eu le merite de la poser, a manque peut- 
etre de prudence dans la maniere de detendre son opinion. Cette opinion etait toule 
faite : cetaifctlsiMe des le premier jour, et tout no faisaat appel a ,ia, discussion, 
tout en invoquant l'experience de ses collegues, il etait evident que l'honorable 
promoteur de ce& debats akordait la tribune a'vec une croyance arretee; son siege 
etait fait. 

Circon stance assez remarquable i tous leaoratfiurs de 1'Acadeniie ont accepts Bans 
conteste le. point de depart de M. Verneuil, mais tous aussi ont con teste la valeur 
des preuves.invoquees par lui. Par une sorte d'intuition, chacun s'est dit : oui, 
1'alcpolism.e chroninue doit exercer une influence facheuse sur les operations; mats 
la demonstration de cette assertion , non-seulement personne ne l'a faite, mais.au 
contraire, tout le monde a attaque les qualre seu'les observations sur Iesqilelles 
M. Verneuil a base son memoire, aussi bienque les explications theoriqucs des raits 
— lui nrvoques. De sorte que lorsque, au debut de f'un tie ses dernlers djscoutti, 
Verneuil se feiicitait de l'accord uhanime que rencontrait sa proposition, life 
esprits qui vont au fond des choses ri'ont pu voir la qu'un accord apparent. Et 
H. Verneuil l'a si bien compris qu'il a du mooter Irois on qualre fois a la tribune 
pour repondre a ses pretendus adherents. 

tela prouve que les ecoles qui se piquent le plus d'exactltiide rigOureuse et de 
positivisme , comrae l'ecole dont M. Verneuil est un des representaflts, ont aussi 
leurs entrainements et ne se font faute hi de suppositions ni d'hypotheses. 

Quo! qu'il en soil, la question soulevee par M. Verneuil est une question esseh- 
tiellemenl chirurgicale. Or, les trois chirurgiens de l'Academie qui seuls ont pris 
la parole dans cette discussion, MM. Gosselin, Ricbet et Gifaldes. se sont rnontres 
tres-prudents, tres-reserves dans leurs opinions, et tout en acceptant & priori tjue 
l'alcoolismc pent constituer.une complication facheuse du traumatisms cnirvjfgiWfl, 
n'ont produft aucuii fait a l'apput de cette idee, qui ne paralt elre encore dans leur 
esprit qua l'etat de presumption. 

Les mcdecins qui sont interTenus dans le debat, MM. Si 
Chaufiard, tout en donnant leur assentiment' a la proposition 
agrandl le champ de la discussion — M. Chauffard surtout — 
■turn a la hauteur de I'uri'des plus ihteressants prbblemes de p 
cela devaii etre, car ce sont les medecins qui ont introduit re 
sahce des graves alterations que produit dans reeonomie 1'; 
C'est la connaissance de ces desqrdres organiques qui fait pri 

Jut) M. Vernetltl pent avoir raison de croire a la nocivUi de 1 alcoblisrne darls le 
raumalisme chirurgieal. Cette presomption est rationneile, et c'est la que'M.'Ve^r- 
neuil merite d'etre encourage, malgrt tout ce qu! manque ericore a la demonstration . 
Cet ardent chercheur s'est jete peut-etre a Tavehtiire dans eel ordre d'ldees - ; mais 11 
ne faut pas dedaigner les aventuriers scientiflques, la science leur doit plus,d'dn 
progres et 1'humanite plus d'une decouverte utile. 

En definitive, il resle de cette interessante discussion que s'il n est pas absbla- 

ment demontre que l'alcoolisme chronique ait une influence facheuse stir les 

resultkts d'c3 operations ^hirurgicalcs, 'lb fait' ' esft ratidnnellemertt tres-probable. 

L'attention portee sur ce poipt par JJ. Xerneuil, las ob^ervaU^ns vont sans doute se 

Tome XL — Troiiiimt lirit. 7 



e 



74i-i ■.•:,, , ; . i .- . -. . fiTWW'P^IWiW^J. ! 



multiplier, et ce qui n'est aujourd'hui qu'une presomption deviendra bient6t une 
certitude. l ' 

M. Yerneuila termine soa -deroier ,<Jj scours en dQONttdaat a I'AcacJemie de 
prendre rinitiative d'une instruction populaire sur les dangers deU'alcoolisme. 
■Quokjue ftotis ayons pen de foi dans les publications hygjeniques dfestinees au 
peuple, quolque depwris longtemps nous professions cette doctrine j^ae l'hygrene 
s'impofee et ne se conseille pas, nous n'appronvons pas motns la proposition de 
M. Verneuil, en cela iAd par ce secTet espoir que, si TAcademie peihfc tel qa'iL-est 
l le tableau de ralcodllsiwe, de ses pnygres et de ses cons&juefooe^ ce ne sara pas par 
yoie de conseils que l'Administration trouvera opportun de proceder* iriais par des 
modifications economiques et comobetreiales dent Fargenee se fait dfc piasiqn plus 
sentir. ■ - • • . ■ i • » • - i 

tHl£RAPEUTiaUE ' 

i ..... 

MS LA MfiTHOtfB HY*OMHMIQ» (<) $ 

» * • 

JLettre 

A M arMfeUr f« tlootour Amtdee • Ltfrotm , r^ddctewr Mi •* &«/ de l'Uuion H£i)igai.e ; 

Par fe docleur Bonnain, de Moncoulant (Deux-S&vres). 

VI 

Apres m'avoir pardonne bifen Volontiers, jfc l'espere, ce petit 61an d'ehthoasiaSme 
exagerfe, vous voudrez bienreconnattrearecmoi, mon cher redacteur, qtke \&mMhode 
hypodermique, au point de vue de notre pratique journali&re et eu egard a la cons- 
titution medicale qui nous gouyerhe en ce moment, doit fetre considferee comme l ? un 
des progres les plus prGcieux de notre temps. ( .' * ; ■ 

Ce progres est du, vous le voyez, a uri bien Tieureux accord entre. Mphysiologie, 
qui a sii reconnaitre la puissance' absorbante des capillaires sanguins, l&plnjtiqtie, 
. qui a fabriqije hotre petit instrument,, et la ckimie, ,qui a compose le" remfecte — le 
Iput au profit (Je dame clinique, maitresse de la maisbn.' '" ' ' • ' 

.. N'est-U pas vrai que, si la sainte alliance que pous souliaitons, mon cher redaQ- 
teur, pouvait toujburs s'accomplir en d'aussi justes conditions, nous vprrions peut- 
ejtre cesser a tout jamais les trjstes querelles de menage, et l$s vilains propos que, 
trop souventhelasl.rious etltendons. . ' '" 

Esperons, et en attendant defti^ridons-noug pi les petits triomphes que jd vieos 
de vous exposer constituent bien tout ce que nous avons a attendre de la in6thode 
hypodermique. Examinons si e'esrf bien la tout ce que npus avons Hui deinander. 

A mon humble avis, mon cher redacteur, les fails de la nature deceux que je 
viens de vou§ signaler doivent, au<sontraire, etre cofisideres comme lec6te le moins 
important de la decouverle du tiocteur Wood. 

Et j'aime a penser. que cet avis sera celui dejout lp monde le jo^ir oii^ quant a 
rihterpretation des phenomenes morbides qui nous soixt soumis, nous serous i^n 
.pen mieux penetres de-la. puissancp immense . et veritablement supreme, 1 qqi doit 
etre attribiiee par le praticieji le plus'modeste, de.meme que par lephysiolbgisfe^u 
le biolQgue 1$ plus transcehdantal, au systeme nerveux; le Jour par consequent ou, 
. sur noire scene pa^hologique, nou$ sauroris dormer sa .veritable place in grand et 
jmis§ant acteur que, trop souvent nous meconnaissons , he nou^ doutaht pas le 
ihoins du monde que le role'dtirit il est charge est souvent celui, qui contientle 
sens veritable et la pensee intime de la piece. 

(Je rolp si important du systeme nerveux n'est point conteste et ne^sauirait Tetre, 
mon #ieir redacteur^ en face de q < uelques-uns des drames les fllus eiaiouYai^ts que 



en est un bien grand nombre deyaht lesquelles les graves et Aiysterieux desOfdres 
de Vinnervaiion devraient fetre pour noiis V objet d'une plus yiye sdllicitude et d'une 
plus grande attention : la pdrilontfe, la dysenlerie, le cfyolira,... et cent autres. ' 
, L& pMtonite sur\jo\xt\ ..«.•. 

. Jp yous avoue, mop cher redacteur, que parmi les points dlnterrpgation q^J §opt 

' (l) Suite. — Voir les muntros des 22 octobre et 10 decembre 1870. •• , 



L'UNION M&1HCALE. 75 



pkilita aiaerrea dans ta champ que nous cultiiWBp, il n'en est peut-etre^pas un en, 
face duquel je<me<soia trpuve plus corapletement obahi que devant celui-ci : 

Fourquoila peritonitis esNelle done una maladie presque toujours suivi* d'un 
danger si terrible? 

Comment eoneevoir que la J>hlegmasie plus ou raoios aigue d'une, cbetive mem- 
brand qui se trouve charges, dans noire econojmie, d'un role si efface et si complex 
tement secondaire, puisse cependant so terminer, le.plus souvent, avec, una Rrgjsa- 
Utwte si epwvantal^e, ,par. la mprt? 

• Que de fois je me suispose cette question sans pouvoir la resoudre! 
. Settlement, je me rappelle tin certain jour avoir excite un bien charmant eclat de 
rire chez un ultra-positiviste de mon voisinage, en lui donnanl ^'explication qufe 
voiei : •>: • • •' . .< ■;;*.... / 

Pourquoi, lui disais-je,serait~il done plus difficile a cemaudit ehnemi, \le geni$ 
tovrbigene, dedonner a Sa Majesty le prmcipe vital lprsqu'il va Je chercher autour 
de ses maisons de plaisance ]m ganglions du grand sympattiique, que lqrsqu'il laV 
laque au set* memo de sa capital^, ie aettwm* wbien de qujelqu'une ,de ses places 
fortes, les poumons> \&caur? 

U est $Ue de rire, n'est-il pa& yw? mon phw re^)Leur v cela est bieji facile;, — 
■mais il le^ serai t peut-etne moins de trouver une. explication meillejure que celle-ci, 

— qu'en pensez-vous? 

Ujie seul$ chose, maJbeureu&eoient, est bien certaine, c'est que, parmi les mala- 
dies que nous avops a combattre, il en est un bien petit pombre qui soient de nature 
& exciter chez nous une, plus vive et plus ; juste inquietude que l^pdrit'onite. 

Et je crois bien ne pas me tromper en supposant que, parmi les causes du danger 
dont je vqus parle, -celje qui doit ette mise par npua ;au premier rang,, c'est la dpu- 

Pour moi oest la une veritequi se irotive ecrite en bien grosses lettrqs a tous les 
4feuilletsd# noire livre, 

* i * 

Cette agitation, en effet, — cettto anxiete, -* ceitte etapeur, — , ops trails crispes, 

— cejjetiti pouls eerre, cofecdntre, precipitin qwiuit a tjre-d'aiie cette sensibilite 
,de la i region jnalftde, a ce point excessive que, ioraque noue en approchoos le bout 
du doigt, lie malade boadit comma si .nous venions de le toucher avec un' fer rouge, 

— tout cela, dis-je, ne nous crie-t-il pas bien haut que, dans la peritonite* le 
symptome qui domine tous les autres et qui tue, ej^Qore une fois, c'est Idi'douleur ! 

Eh bien, si quelquefois dans ceUe fkffreuse maiadie la methode tiypodermique a 
ete pour mA tout auasi impuissante que }as autres njoyens, dans plusieurs cas, au 
contraire, il m'a ete donne d'obtenir des resultats heureux, dont laplusgrandep^rt, 
^SjClon moi, doit aire atJjribuie au,x injeptivns sQui-Mtcwe$s r 

Dysenterie. — tarmi les symptbmes de cette maiadie,* il en est quelques-iins, 
' et des plus graves, qii'il doit nous £tre permis de faire entrer dahs levastedomaine 

de la methode hypodermique. < > 

s , Ces sont ces coliquqs si dQuloureuseSj. ces epreintes si cruelles," ces tenesmes «t 

ces efforts incessanls qui conduisent si vite nos pauvres malades k Vepufsement le 

plus profojid. 

N'est-ilpas evident qu'en amoindrtssant ces symptomes, nous devotts les plaeer 
; dans des conditions meilleures de resistance, et leuf crfer d f hetfrenses thanets de 
'guerisqn.' * < ' ' . ' ' 

C'e'st pour cela que, parmi les moyen$ a Taide desquete nous cherchons 4 letr 
venir en aide, les preparations opiacees constituent le remede que nous devtms 
placer au premier rang. • ■ • • 

Or, que deviendront desormais, je vous le demande; wion cher redacteur, nos 
vieilles et banales formules a cote de la 'puissance, aiijourd'hui si.hieii demon tree, 
de la methode du docteur Wood? Et que de fois deja il m'a ete donna d^ns des cas 
graves de dysenterie de voir s'accomplir d'heureuses terminaisons que, sans Tern- 
ploi de ce moyen, il ne m'aurait pas ete donne d'obtenir! 

Cholera. -r-.Eu atteoadant le jour si flerement anpqnce ou les intrepides et in^pt- 

tigables chercheurs que nous voyons a l'oeuvre en ce moment .seront enfin parvenus 

a nous faire connaitre la veritabje nature et la composition exacte de cesterribles 

; prod«it3 dp.la chimte invisible, les poison? mi^raatiques a c6te de. letirs antidotes 



66 



LUNION MfiDICALfc. 



pignon, construitc en briques avec enduits interieurs en ciment, est completement 
Isolee de IMnt^rieur de la baraque par un plancher hourde en platre et en moellons 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Les matieres tombent dans des tiftettes 
avec diviseur de tole galvanisee, et en communication directe avec l'egout oil sont 
diriges les liquides, tandis que les solides sont retenus hermetiquement. M. Jaeger, 
auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajoute que, pour uti- 
liser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulement a ete ploye en siphon pour empe- 
cher la remonte des emanations de l'egout a la bonde de la baignoire, et qu'il est 




Gravt^ prtr £hu?~ Pan. 



V-U'V 



Podesta. del* 



Fig. 4. — Coupe sur la salle des malades. 



d'importance, et il se developpe a gauche une veritable pleuro-pneumonie qui ne tarde pas a 
entrer en resolution. 

Trois semaines aprfcs son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fifcvre, une nou- 
velle druption se montre, bien qu'imparfaite, et retat saburral et bilieux persiste, malgrg les 
gvacuants divers qui lui sont administres, jusqu'au 20 decembre. C'est une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

Malgre la cessation de ces accidents le malade reste foible, pAle, abattu, craignant de se 
lever, et presque sans appetit. Le 6 Janvier je le trouve, au moment de la visite, dans un etat 
de lipothymie qui appelle plus sp6ciaiement mon attention , et je lui trouve aux jambes un 
commencement de purpura. Une epistaxis abondante et rebelle se montre le lendemain , et, 
apr&s avoir eu une selle noire, le malade succombe le 9 Janvier dans une syncope. 

J'ai cite ce fait en particulier, parce qu'il donne un tableau malheureusement trop complet 
de Mat d'alteration du sang dans lequel se trouvent beaucoup de nos convalescents. On 
remarquera la date des accidents qui ont suivi les grands froids de la fin de decembre. 

Enfin ce malade me rappelle aussi que plusieurs de nos ftevres typhoides out, cooame lui, 
fait une rechute (U au moins), et que les accidents de la seconde phase n'ont paru serieux que 
par le fait de l'epuisement considerable du support 

Encore un mot sur la frequence des otites secondaires, sur tout chez les convalescents des 
ftevres continues. 

C'est revenir beaucoup, n'est-ce pas, sur ce sujet de la ftevre typholde, mais il est en ce 
moment si plein d'enseignements ! Ne pensez-vous pas comme moi, qu'il y a encore un rappro- 
chement au moins curieux a faire enlre cette forme speciale de la maladie et le caracifcre 
particulier que rSvfcle notre etat moral? Cet etat d'adynamie, d'algidite, d'inertie physique, et 
cet etat moral d'engourdissement, cette sorte d'atonie qui ne comporte que de fugaces secousses 
et pas un effort soutenu et effieace. 



J/UMIOJN MEMWdik. 67 



greffe sur le tuyau collecteur des tinettes, de maniere a laver continuellement a 

Srande eau l'ecoulement des urines. L'ecoulement de l'evier est greffe sur celui des 
ains en avant du siphon, contribuant aussi a ce lavage. Enflnune bonde siphoide, 
disposee au point le plus declive du radier de la fosse, facilite la sortie des eaux de 
lavage, dans le cas ou des fuites dans les tinettes ou des negligences dans le service 
de leur enlevement, necessiteraient le lavage des fosses. — On comprend combien 
la tenue des water-closets importe a Thygiene de nos baraques, au salut des blesses 
qu'elles recoivent. Ne nous attendons pas a voir reussir tout de suite ce qu'on 
appellera un luxe de proprete et ce qui nous semble pudeur et decence, en meme 
temps que preservation et salubrite. Les cuvettes deborderont d'eau, la soupape sera 
faussee, le siege mouille; mais une surveillance de quelques jours reglera la ma- 
noeuvre des water-closets, et les malades apprecieront, comme nous I'avons vu 
en divers hopitaux, la suppression des latrines a la turque avec ou sans clapet, 
c'est-a-dire le communisme dc la puanteur et de la salete. \ 

Les baraques sont construites en charpente avec revetement exterieur en planches 
de sapin du Nord de m ,02 d'epaisseur, a doubles couvre-joints a Texterieur et a 
l'interieur (fig. 4). Dans les conditions du climat de Paris, il a paru suffisant d'eta- 
blir le parquet en frises de sapin de m ,027 d'epaisseur, ainsi que le voligeage simple 
de la toiture recouvert en carton bitume. Les premieres pluies ont indique quelques 
points, quelques fissures a calfeutrer; on s'est empresse de le faire, ainsi que le 
doublage les deux faces interieures de chaque baraque par une tenture de toile forte 
avec papier Bulle , pour intercepter les courants d'air; tine cloispn qui monte a 
2 metres de hauteur abrite les malades dans leurs lits contre meme inconvenient. 
Le chauffage a ete confie a MM. Geneste fils et Herscher freres , dont l'appareil a 
obtenu le prix au concours ouvert pour les ecoles municipales de Paris. Chaque 
baraque a deux poeles de fonte et tole a charge continue au coke , avec prise d'air 
exterieur qui circule autour du foyer et s'epanche dans la salle par des bouches de 
chaleur; 1'air chauffe s'echappe par deux fentes longitudinales de 3 centimetres, 
toujours beantes a la base des lanternes qui couronnent la toiture; elfet precieux de 
ventilation continue dont le malade ne souffre pas, parce qu'il se produit a 6 metres 
au-dessus de lui dans la zone de Tatmosphere interieure oil passent les tuyaux de 
fumee des deux poeles au pied des lanternes; ajoutonsque leur long developpement 
augmente la surface de chauffe, I'utilisation du calorique produit et le prompt 
echauffement de Tair froid qui penetre par les fentes. Une experience a laquelle j'ai 
assiste en octobre dans une baraque non encore occupee par des blesses, a montre, 
la temperature exterieure etant a + 6° c. r que ces appareils, convenablement ali- 
mentes, procurent aisement une chaleur de + 15 a 16<> c. Depuis, et par ces froids 
de — 4 a 5° (decembre), on a pu obtenir -j- 11 a 12° c, quoiqu'on n'eut pas a sa 

N'est-il pas vrai que Thorreur exager^e de la souffrance, aussi bien morale que physique, 
est un des traits dominants de la situation ? Pour moi, rien ne m'a plus douloureu semen t frappe 
que cette facility avec laquelle certains des principaux chefs de notre arroee ont couru a la 
mort, soit pour ^chapper aux cons6quences d'un d^sastre qu'ils ne pouvaient emp£cher, soit 
pour se soustraire a Thumiliation d'un affront au-dessus duquel ils ne savaient plus se main- 
tenir. Courber la t6te et mourir, n'est-ce pas de l'adynamie morale? Et comment s'^tonner 
que la mort physique soit si facile quand le moral est devenu si peu £nergique dans ses luttes. 

Est-ce le temperament physique qui nous vaut ce temperament moral, ou bien est-ce le 
moral qui forme le physique a sa ressemblance, ou bien tous deux se modifient-ils ensemble 
sous Taction d'influences communes? Laissons aux Ecoles dogmatiques la discussion de ces 
problfcmes et tachons, nous, de lutter contre le courant d'adynamie qui nous entraloe, soit 
qu'il s'agisse de r^aliser de puissants efforts de reaction contre le mat, soit qu'il faille subir 
avec patience les plus douloureuses epreuves et les medications les plus p6nible& 

Le D r X..., . 
Aide-major de la garde nationals 



Epkem^rMes IMedlcales. — 11 FAvrier 1635. 

Dans rUniversit6 de Paris, on adopte un singulier moyen d'&ire les officiers, c'est-a-dire 
les bedeaux : 

On met dans un capuchon autant de f^ves qu'il y a de mailres . ou electeurs ; parmi ces 
ffeves^i 1 ' y en a ^^e noire; chaque maitre tire une ffeve; celui qui attrape la noire nomme 
cinq autres maltres; ces cinq maltres sont declares electeurs et nomment les officers. — A. Ch. 



66 



LUN10N IftiDICALK. 



pignon, construite en briques avec enduits interieurs en ciment, est completement 
tsolee de Tinterieur de la baraque par un plancher hourde en platre et en moellons 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Les matieres tombent dans des tinettes 
avec diviseur de t61e galvanisee, et en communication directe avec l'egout oil sont 
diriges les liquides, taiidis que les solides sont retenus hermetiquement. M. Jaeger, 
auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajoute que, pour uti- 
liser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulement a ete ploye en siphon pour empe- 
cher la remonte des emanations de l'egout a la bonde de la baignoire, et qu'il est 







> 



o r,4c 



>Jf&r&r. 



GruviCparEaute. I\ir.'.r 



\z.iuv-* 



Podctta. del* 



Fig. 4. — Coupe sur la sane des malades. 



d'importance, et il se developpe a gauche une veritable pleuro-pneumonie qui ne tarde pas a 
entrer en resolution. 

Trois semaines aprfes son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fievre, une nou- 
velle eruption se inontre, bien qu'iniparfaite, et P£tat saburral et bilieux persiste, malgre* les 
evacuants divers qui !ui sont administres, jusqu'au 20 dtoembre. C'est une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

MalgrS la cessation de ces accidents le malade reste faible, pale, abattu, craignant de se 
lever, et presque sans app£tit. Le 6 Janvier je le trouve, au moment de la visite, dans un Stat 
de lipotbymie qui appelle plus sp£cialement mon attention , et je lui trouve aux jambes un 
commencement de purpura. Une gpistaxis abondante et rebelle se montre le lendemain, et, 
apres avoir eu une selle noire, le malade succombe le 9 Janvier dans une syncope. 

J'ai cite ce fait en particulier, parce qu'il donne un tableau malheureusement trop complet 
de Mat d'alteration du sang dans lequel se trouvent beaucoup de nos convalescents. On 
remarquera la date des accidents qui oat suivi les grands froids de la fin de dgcembre. 

Enfin ce malade me rappelle aussi que plusieurs de nos fievres typhoides ont, comme lui, 
fait une rechule (4 au moins), et que les accidents de la seconde phase n'ont paru serieux que 
par le fait de l'£puisement considerable du support. 

Encore un mot sur la frequence des otites secondaires, sur tout chez les convalescents des 
fifevres continues. 

C'est revenir beaucoup, n'est-ce pas, sur ce sujet de la fievre typholde, mais il est en ce 
moment si plein d'enseignements ! Ne pensez-vous pas comme moi, qu'il y a encore un rappro- 
chement au moins curieux a faire enlre cette forme sp6ciale de la maladie et le caractere 
particulier que revfele notre £tat moral? Cet 6tat d'adynamie, d'algidite, d'inertie physique, et 
cet 6tat moral d'engourdissenient, cette sorte d'atonie qui ne comporte que de fugaces secousses 
et pas un effort soutenu et efficace. 



J/UNIOA MEUIUUifc. 67 



greffe sur le tuyau collecteur des tinettes, de maniere a laver continuellement a 
grande eau l'ecoulement des urines. L'ecoulement de l'evier est greffe sur celui des 
bains en avant du siphon, contribuant aussi a ce lavage. Enfmune bonde siphoide, 
disposee au point le plus declive du radier de la fosse, facilite la sortie des eaux de 
lavage, dans le cas oil des fuites dans les tinettes ou des negligences dans le service 
de leur enlevement, necessiteraient le lavage des fosses. — On comprend combien 
la tenue des water-closets importe a Phygiene de nos baraques, au salut des blesses 
qu'elles recoivent. Ne nous attendons pas a voir reussir tout de suite ce qu'on 
appellera un luxe de proprete et ce qui nous semble pudeur et decence, en meme 
temps que preservation et salubrite. Les cuvettes deborderont d'eau, la soupape sera 
faussee, le siege mouille; mais une surveillance de quelques jours reglera la ma- 
noeuvre des water-closets, et les malades apprecieront, comme nous I'avons vu 
en divers hopitaux, la suppression des latrines a la turque avec ou sans clapet, 
c'est-a-dire le communisme de la puanteur et de la salete. n 

Les baraques sont construites en charpente avec revetement exterieur en planches 
de sapin du Nord de m ,02 d'epaisseur, a doubles couvre-joints a l'exterieur et a 
l'interieur (fig. 4). Dans les conditions du climat de Paris, il a paru suffisant d'eta- 
blir le parquet en frises de sapin de m ,027 d'epaisseur, ainsi que le voligeage simple 
de la toiture recouvert en carton bitume. Les premieres pluies ont indique quelques 
points, quelques fissures a calfeutrer; on s'est empresse de le faire, ainsi que le 
doublage les deux faces interieures de chaque baraque par une tenture de toile forte 
avec papier Bulle , pour intercepter les courants d'air; line cloispn qui monte a 
2 metres de hauteur abrite les malades dans leurs lits contre meme inconvenient. 
Le chauffage a ete confie a MM. Geneste fils et Herscher freres, dont l'appareil a 
obtenu le prix au concours ouvert pour les ecoles municipales de Paris. Chaque 
baraque a deux poeles de fonte et tole a charge continue au coke, ; avec prise d'air 
exterieur qui circule autour du foyer et s'epanche dans la salle pair des bouches de 
chaleur; l'air chauffe s'echappe par deux fentes longitudinales de 3 centimetres, 
toujours beantes a la base des lanternes qui couronnent la toiture; ettet precieux de 
ventilation continue dont le malade ne souffre pas, parce qu'il se produit a 6 metres 
au-dessus de lui dans la zone de Patmosphere interieure ou passent les tuyaux de 
fumee des deux ponies aupied des lanternes; ajoutonsque leur long developpement 
augmente la surface de chauffe, l'utilisation du calorique produit et le prompt 
echauffement de l'air froid qui penetre par les fentes. Une experience a laquelle j'ai 
assiste en octobre dans une baraque non encore occupee par des blesses, a montre, 
la temperature exterieure etant a + 6° c. r que ces appareils, convenablement ali- 
mentes, procurent aisement une chaleur de + 15 k 16<> c. Depuis, et par ces froids 
de — 4 a 5° (decembre), on a pu obtenir -(-Ha 12° c, quoiqu'on n'eut pas a sa 

N'est-il pas vrai que Thorreur exager^e de la soufTrance , aussi bien morale que physique, 
est un des traits dominants de la situation ? Pour moi, Hen ne m'a plus d oulou re u semen t frappe 
que cette facility avec laquelle certains des principaux chefs de notre armee ont couru a la 
mort, soit pour 6chapper aux consequences d'un d^sastre qu'ils ne pouvaient emp£cher, soit 
pour se soustraire a Vhumiliation d'un affront au-dessus duquel ils ne savaient plus se main- 
tenir. Courber la t6te et mourir, n'est-ce pas de Tadynamie morale? Et comment s'etonner 
que la mort physique soit si facile quand le moral est devenu si peu energique dans ses luttes. 

Est-ce le temperament physique qui nous vaut ce temperament moral, ou bien est-ce le 
moral qui forme le physique a sa ressemblance, ou bien tous deux se modifient-ils ensemble 
sous Taction d'influences communes? Laissons aux 6coles dogmatiques la discussion de ces 
problfemes et tactions, nous, de lutter contre le courant d'adynaraie qui nous entralne, soit 
qu'il s'agisse de realiser de puissants efforts de reaction contre le ma), soit qu'il faille subir 
avec patience les plus douloureuses epreuves et les medications les plus pgnibles. 

lie *j a.»««, 
Aid«-major de la gurde nationals 



Ephem^rMes MMIeales. — li F£vrier 1335. 

Dans l 1 University de Paris, on adopte un singulier moyen d'&ire les officiers, c'est-a-dire 
les bedeaux : 

On met dans un capuchon autant de f^ves qu'il y a de mailres ou electeurs ; parmi ces 
ffeves, il. y en a une noire; chaque maitre tire une ffeve; celui qui attrape la noire nomme 
tinqautresinattres; ces cinq maltres sont declares electeurs et nomment les offlcjers. — A# Ch. 



66 



L'UNION MtiDICALE. 



pignon, construile en briques avec enduits interieurs en ciment, est eompletement 
Isolee de I'interieur de la baraque par un plancber hourde en platre et en moellons 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Lea matieres tombent dans des tinettes 
avec diviseur de t61e galvanisee, et en communication direete avec l'egout oil sont 
diriges les liquides, tandis que les solides sont retenus hermetiquement. M. Jaeger, 
auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajoute que, pour uti- 
liser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulemenl a ete ploye en siphon pour empe- 
cher la remonte des emanations de l'egout a la bonde de la baignoire , et qu'il est 




Fig. 4. — Coupe snr It 



Trois semaines apres son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fievre, une nou- 
velle Eruption se montre, bien qu'imparfaite, el l'etat saburral et bllieux persisle, malgre les 
evacuanls divers qui lui sont administres, jusqu'au 20 decembre. Cost une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

Malgre' la cessation de ces accidents le malade rcste foible, pale, abattu, migrant de se 
lever, et presque sans appetit. Le 6 Janvier je le trouve, au moment de la visile, dans un etat 
de lipolhymie qui appelle plus specialement mon attention, et je lui trouve aux jambes un 
commencement de purpura. Une e-pistaxis abondante et rebelle se montre le iendemain, et, 
apres avoir eu une selle noire, le malade succombe le 9 Janvier dans une syncope. 

J'ai cite ce fail en particular, parce qu'il doune un tableau malheureusement trop cotnplet 
de 1'iStal d'alte'ration du sang dans lequel se trouvent b 
remarquera la date des accidents qui out suivi les grands £r 

Enfin ce malade me rappelic aussi que plusieurs de nos 
fait une rechute (4 au moms), et que les accidents de la set 
par le fait de l'epuisemeol considerable du support. 

Encore nn mot sur ia frequence des otites secondares, 
nevres continues. 

C'est revenir beaucoup, n'est-ce pas, sur ce sujet de la 
moment si plein d'enseignemenis ! Ne punsez-vous pas comn 
chement au moins curieux a faire enlre celte forme special 
pitrliculier querevele notreetat moral? Get etat d'adynamu 
cet etat moral d'engourdissement, cette sorle d'atonie qui ne 
et pas un effort soutenu et effieaee. 



LHMU0N WfifUflXUE; M 



feraft ; fl delire ^galemart sows Tfafluenee <*es cauw* qbi'exoitent le 4erreau<du praoitf v*qu. 
Si le deiire des iVrognes revftt souvent 6a forme caracteristiqude, eotivent atari il ne dtffi&e en 
rien de eetai qu^on observe dims lea flevres graves, les eranpoisonnettient* et mftne la manfo 
aigufc. • • 

M* Chauffard a )uwn6me decrit tvois formes de desire alcoolique 3 une forms pAroarystiqve, 
tme forme asthHique primitive, qui ressemble fort a la variete septicteiique, ««nfin june forme 
intennediaire, inflammaUnre ou meningitique. Il paralt a M* Vememil que M. Chaufl'ard est 
alle au dela des raits en faisant correspond™ chacune de ces trois formes etiniques a des etate 
anatomiques determines des centres nerveux : le delirium tremens a la simple impregnation 
da oerveau par Talcool, sacs lesions profoades ; — le <*61ire intlammatoire a la sclerose et le 
dehre ady*amique a la steatose e6reb*ale, M. Verneuii en appelle a, cet egarcl & Tobservatiqa 
uiterieure. , 

Un element capital du pronoslic da d$Kre des ivrognes se tire de la .consideration de la 
legion accidentelie otri l'a provoque* et qui, survant quelle est legere ou serieuse, influe sur la 
terminaison favorable ou tuneste. Tout en tenant compte des formes du symptdme et dfi Tetflt 
anatomioue des centres nerveux, il est necftssatre, en cae de tenninaison fuoesle, d> fixer la 
part de (a lesion locale cause oceasioimetfft du desordre c£r£bral .■'..• 

Voulant s'assocfer «qx coasideraikws elevees de morale et de patriotisme par lesquelles 
M. Cbauflard a termini son discours, et pour que eette discussion porte ses fruits borsde. Teq- 
ceinte academique, M. Verneuii soumet a ^approbation de TAcadenue les propositions sui- 
vaates: ■■: .< 

1° Faire rediger par une commission une se*rie de propositions sur les eflets et les gangers 
de Talcoolisme. Ce* propositions serop* assez. claires pour etre comprises par tous, assez courtes 
pour etre rtpandues a uh nombre immense d'exemplaires dans les ateliers , les prisons, les 
hopitaux, les bibliotheques populaires, assez saisissantes dans la forme pour frapper Timagiria- 
tion et faire comprendre Tetendue du peril. L'Academie tout entiere sigrierait ce doci::nent. 

2° Preparer une petition qui serait adressee au prochain pouvoir le'gislatif et re'clamerait en 
termes energiques des lois lonlr^ Tivrowie/ia.,. (Jes lois existent dans la presque totality du 
monde civilise ; par une deplorable exception. la France eh est depourvue. 

M. Chauffard re*pond a M. Verneuii qu r il n'a jamais nie* Taction re*flexe ni le progres 
accompli qiar 1* physiolofcie. modfernev ^di d pemiisd'eiplJguer d'Un* mntre satisfttatttftdes 
phe'nomenes physiologiques ou morbides compris autrefois sous la denomination vague de 
sympathies. 

Mais Taction reflexe ne doune que Implication du mecanisme tie ces actes; elle ne donne 
pas la raison de la modification propre du systems vivant qui engendre Tacte morbide. C'est 
cette cause qu'il s'agit de p6n6trer, et Taction r^flexe n*explique rien parce qu'elle est une 
expression banale qui s'applique a toutes sortes de causes. 

En ce qui concerne Talcoolisme, c'est dans Inflection, dans la vie ah^ree, afPeet^fe (fune 
certain manure qu'il faut chereher la raison d'etre da dellire alcoolique, et non dans cette 
explication banale de Taction reHexe. 

Qoaoi a la forme septidtoique du d61ire chez les ivrognes, il n'y a rien la, survant 
M. Chauffard, qui soit special au delire alcoolique. D'ailleurs, la septictok, cr^ataea deTecole 
aUemande,,est encpre & prouver; M, Chauffard acqepte voloi^lierg |e rendez-voua que M. Ver- 
ueuilluj apropos^ sur ce terrain. 

M. Chauffard s'associe entierement aux conclusions proposees par M, Verneuii et quj serQnt 
le fruit de cette discussion. 

I/orateu'r pre*sente en ferminaht quelques vues g6n6rales sur Talcoolisme conside'r^ dans 
les races et sur les differences de la force plastique propre a chaciin de ces groupes de.Phu- 
manite". La question lui parait digne des meditations des anthropologistes qui juqu'ici semblent 
s^tre botn^e a e^Lu4ier Tbomme par ses caraotere* puremen^ extdrieurs. Or, sous ces, formes 
exterieures existe un fond vivant qui ne merite pas moins d'attirer 1 attention des obsei^vateuars. 
Cette etude reveierait a coup sur des rapports surprenants entre les traits exterieurs et le fond 
plastique des divers types des races humaines. Il y a la suivant M. Chauffard, une mine k 
exploiter plus riche qpuVwi n(J croit g^neraletrient. 

BK VriiMfltiif ^admet pa» atec M. Chauffard que la eeptfeeroie doit xm oreaticw de r^^ole 
allemande; c'est une idee francaise emise par Magendie et M. sedillot, et que les Allemands 
ont eu seulement le merite de d6velopper d'uue maniere letparquable, • , 

XI en a ete de meme de Tanatomie generale et de Thistologie, nees en Jfrance avec 3ichat, 
mais dont nous u'avoxis malheureusement pas su tirer le parti que les Allemands en ont tire, 
Les Allemands ramassent les idees que les Francais laissent tomber et en font leur profit. 

Bdativement a ki question de Talcoolisme dans les races, M. Verneuii rappelle qu^eni867, 
au Congres de Paris, il s*est enquis auprfes des divers representants de la ohirurgie a F6trtto- 
ger de la maniere c(ont les alcooli$ues des divers pays supportent les legions traumatiques et 
les operations chirurgicales. II a appris qu'en Belgique, en particulier, les operations rens- 
sissent tres-bien chez les blesses alcooliques. II s'est demande si Tivresse de la bierre prudui- 
sait les mSmes alterations organiques que celle du vin. Mais il n'a pu avoir, sur ce point de 
renseignemgnts satisfejsantg. La question de Talcoolisme dans les races est encore neiiveet 
merite toui'e 1 raCtetklioh il^la Society d'antbropologie. 



66 



L' UNION MEDIC ALE. 



pignon, construitc en briques avec enduits interieurs en ciment, est completement 
isolee de Tinterieur de la baraque par un plancher hourde en platre et en moelkms 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Les matieres tombent dans des tinettes 
avec diviseur de tole galvanisee, et en communication directe avec 1'egout ou sont 
diriges les liquides, taiidis que les solides sont retenus hermetiquement. M. Jaeger, 
auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajoute que, pour uti- 
liser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulement a ete ploye en siphon pour empe- 
cher la remonte des emanations de 1'egout a la bonde de la baignoire, et qu'il est 




iaa%S0fl0 ^^ 



y/y////////////. 



' r.eknile'fa-tfT'Ooit piwBr7**it*c. 



f.S.- 



Gru vet par Eautz, . ran. 



^■il'V-f 



5Jfat*w. 



Podesta del? 



Fig. 4. — Coupe sur la salle des malades. 



d'importance, et il se developpe a gauche une veritable pleuro-pneumonie qui ne larde pas a 
entrer en resolution. 

Trois semaines aprfcs son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fifevre, une nou- 
velle eruption se montre, bien qu'imparfaite, et Fetat saburral et bilieux persiste, malgr£ les 
£vacuants divers qui lui sont administres, jusqu'au 20 decembre. C'est une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

Malgr6 la cessation de ces accidents le malade reste faible, pale, abattu, craignant de se 
lever, et presque sans app£tit. Le 6 Janvier je le trouve, au moment de la visite, dans un etat 
de lipothymie qui appelle plus sp&ialement mon attention , et je lui trouve aux jambes un 
commencement de purpura. Une epistaxis abondante et rebelle se montre le lendemain, et, 
aprfcs avoir eu une selle noire, le malade succombe le 9 Janvier dans une syncope. 

J'ai cite ce fait en particulier, parce qu'il donne un tableau malheureusement trop complet 
de Mat d'alt£ration du sang dans lequel se trouvent beaucoup de nos convalescents. On 
remarquera la date des accidents qui ont suivi les grands froids de la tin de decembre. 

Enfin ce malade me rappelle aussi que plusieurs de nos ftevres typhoides ont, comme lui, 
fait une rechute (4 au moins), et que les accidents de la seconde phase n'ont paru sSrieux que 
par le fait de l'gpuisement considerable du support. 

Encore un mot sur la frequence des otites secondaires, surtout chez les convalescents des 
fi^vres continues. 

C'est revenir beaucoup, n'est-ce pas , sur ce sujet de la fifcvre typhoide, mais il est en ce 
moment si plein d'enseignements ! Ne pensez-vous pas comme moi, qu'il y a encore un rappro- 
chement au moins curieux a faire enlre cette forme spGciale de la maladie et le caractere 
particulier que r£vfele notre 6tat moral? Cet etat d'adynamie, d'algidite, d'inertie physique, et 
cet etat moral d'engourdissement, cette sorte d'atonie qui ne comporte que de fugaces secousses 
et pas un effort soutenu et effieace. 



J, UJNIOIN MEDIIAU.. 67 



greffe sur le tuyau collecteur des tinettes, de maniere a laver continuellement a 
grande eau Pecoulement des urines. L'ecoulement de l'evier est greffe sur celui des 
bains en avant du siphon, conlribuant aussi a ce lavage. Enfinune bonde siphoi'de, 
disposee au point le plus declive du radier de la fosse, facilite la sortie des eaux de 
lavage, dans le cas ou des fuites dans les tinettes ou des negligences dans le service 
de leur enlevement, necessiteraient le lavage des fosses. — On comprend combien 
la tenue des water-closets importe a l'hygiene de nos baraques, au salut des blesses 
qu'elles recoivent. Ne nous attendons pas a voir reussir tout de suite ce qu'on 
appellera un luxe de proprete et ce qui nous semble pudeur et decence, en meme 
temps que preservation et salubrite. Les cuvettes deborderont d'eau, la soupape sera 
faussee, le siege mouille; mais une surveillance de quelques jours reglera la ma- 
noeuvre des water-closets, et les malades apprecieront, comme nous Tavons vu 
en divers hopitaux, la suppression des latrines a la turque avec ou sans clapet, 
c'est-a-dire le communisme de la puanteur et de la salete. > 

Les baraques sont construites en charpente avec revetement exterieur en planches 
de sapin du Nord de m ,02 d'epaisseur, a doubles couvre-joints a l'exterieur et a 
Finterieur (fig. 4). Dans les conditions du climat de Paris, il a paru suffisant d'eta- 
blir le parquet en frises de sapin de m ,027 d'epaisseur, ainsi que le voligeage simple 
de la toiture recouvert en carton bitume. Les premieres pluies ont indique quelques 
points, quelques fissures a calfeutrer; on s'est empresse de le faire, ainsi que le 
doublage les deux faces interieures de chaque baraque par une tenture de toile forte 
avec papier Bulle , pour intercepter les courants d'air; One cloispn qui monte a 
2 metres de hauteur abrite les malades dans leurs lits contre meme inconvenient. 
Le chauffage a ete confie a MM. Geneste fils et Herscher freres , dont l'appareil a 
obtenu le prix au concours ouvert pour les ecoles municipales de Paris. Chaque 
baraque a deux poeles de fonte et tole a charge continue au coke, avec prise d'air 
exterieur qui circule autour du foyer et s'epanche dans la salle par des bouches de 
chaleur; Tair chauffe s'echappe par deux fentes longitudinales de 3 centimetres, 
toujours beantes a la base des lanternes qui couronnent la toiture; eflet precieux de 
ventilation continue dont le malade ne souffre pas, parce qu'ii se produit a 6 metres 
au-dessus de lui dans la zone de Tatmosphere interieure oil passent les tuyaux de 
fumee des deux ponies au pied des lanternes; ajoutonsque leur long developpement 
augmente la surface de chauffe, l'utilisation du calorique produit et le prompt 
echauffement de l'air froid qui penetre par les fentes. Une experience a laquelle j'ai 
assiste en octobre dans une baraque non encore occupee par des blesses, a montre, 
la temperature exterieure etant a + 6° c. r que ces appareils, convenablement ali- 
mentes, procurent aisement une chaleur de + 15 a 16° c. Depuis, et par ces froids 
de — 4 a 5° (decembre), on a pu obtenir -f- 11 a 12° c, quoiqu'on n'eut pas a sa 

N'est-il pas vrai que l'horreur exag6r6e de la souffrance, aussi bien morale que physique, 
est un des traits dominants de la situation ? Pour moi, Hen ne m'a plus douloureusement frappe 
que cette facility avec laquelle certains des principaux chefs de notre arm£e ont couru a la 
morl, soit pour 6chapper aux cons6quences d'un d^sastre qu'ils ne pouvaient emp£cher, soit 
pour se soustraire a rhumiliation d'un affront au-dessus duquel ils ne savaient plus se main- 
tenir. Courber la tftte et mourir, n'est-ce pas de Tadynamie morale? Et comment s'etonner 
que la mort physique soit si facile quand le moral est devenu si peu £nergique dans ses luttes. 

Est-ce le temperament physique qui nous vaut ce temperament moral, ou bien est-ce le 
moral qui forme le physique a sa ressemblance, ou bien tous deux se modifient-ils ensemble 
sous Taction d'influences communes? Laissons aux Ecoles dogmatiques la discussion de ces 
probl&mes et t^chons, nous, de 1 utter contre le courant d'adynamte qui nous entraine, soit 
qu'il s'agisse de r^aliser de puissants efforts de reaction contre le mal, soit quMl faille subir 
avec patience les plus douloureuses epreuves et les medications les plus p^nibles. 

Le D r X..., . 
Aide-major de la garde nationale. 



Ephemertdes Medlcales. — 11 FAvrier 1335. 



Dans TUniversite de Paris, on adopte un singulier moyen d^Hre l fl °- 4 ^*q. c'est-a-dire 

les bedeaux : 

On met dans un capuchon autant de ffeves qu'il y a de m?* parmi ces 

ffeves,- il, y en a une noire; chaque maltre tire une ffeve; ^ej* e nomme 

cinq autrss maltres; ces cinq maitres sont declares ^ect^ e^7 - A. Ch, 




66 



LUNION MfiDICALfc. 



pignon, construite en briques avcc enduits interieurs en ciment, est completernent 
isolee de Finterieur de la baraque par un plancher hourde en platre et en moellons 
et qui s'ouvre en plein air sur une trappe. Les matieres tombent dans des tinettes 
ayec diviseur de tole galvanisee, et en communication directe avec l'egout oil sont 
diriges les liquides, tandis que les solides sont retenus hermetiquement. M. J$ger, 

uti- 
empe- 



auquel nous empruntons tous ces details (note manuscrite), ajoute que, pour 
liser l'eau des bains, leur conduit d'ecoulement a ete ploye en siphon pour et _ 
cher la remonte des emanations de l'egout a la bonde de la baignoire, et qu'ifest 




F.efieile tic* T-<roit pvur rnat+r. 

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Podesto. del* 



Fig. 4. — Coupe sur la sane des malades. 



< WtlMM«BtM 



d'importance, et ii se dgveloppe a gauche une veritable pleuro-pneumonie qui ne tarde pas a 
entrer en resolution. 

Trois semaines apres son entree, le malade, qui allait mieux, est repris de fievre, une nou- 
velle eruption se montre, bien qu'imparfaite, et Mat saburral et bilieux persiste, malgre* les 
6vacuants divers qui lui sont administres, jusqu'au 20 de'eembre. C'esl une rechute dont les 
accidents durent environ une quinzaine de jours. 

Malgre* la cessalion de ces accidents le malade reste faible, pAle, abattu, craignant de se 
lever, et presque sans app£tit. Le 6 Janvier je le Irouve, au moment de la visite, dans un etat 
de lipotbymie qui appelle plus spe*cialement mon attention , et je lui trouve aux jambes un 
commencement de purpura. Une e*pistaxis abondante et rebelle se montre le lendemain , et, 
apres avoir eu une selle noire, le malade succombe le 9 Janvier dans une syncope. 

J'ai cite* ce fait en particulier, parce qu'il donne un tableau malheureusement trop complet 
de Mat d'alt£ration du sang dans lequel se trouvent beaucoup de nos convalescents. On 
remarquera la date des accidents qui ont suivi les grands froids de la fin de de'eembre. 

Enfin ce malade me rappelle aussi que plusieurs de nos fievres typhoides ont, comme lui, 
fait une rechute (4 au moms), et que les accidents de la seconde phase n'ont paru s£rieux que 
par le fait de Fepuisement considerable du support. 

Encore un mot sur la frequence des otites secondaires, sur tout chez les convalescents des 
fievres continues. 

C'est revenir beaucoup, n'est-ce pas, sur ce sujet de la fievre typholde, mais il est en ce 
moment si plein d'enseignements 1 Ne pensez-vous pas comme moi, qu'il y a encore un rappro- 
chement au moins curieux a faire entre cette forme sp6ciale de la maladie et le caractere 
particulier que r£vele notre etat moral? Cet etat d'adynamie, d'algidite, d'inertie physique, et 
cet etat moral d'engourdissenient, cette sorte d'atonie qui ne comporte que de fugaces seconsses 
et pas un effort soutenu et effieace. 



j 



J/IJPIOM MEMUAU-. 67 



greffe sur le tuyau collecteur des tinettes, de maniere a laver continuellement a 
grande eau l'ecoulement des urines. L'ecoulement de 1'evier est greffe sur celui des 
bains en avant du siphon, conlribuant aussi a ce lavage. Enfin une bonde siphoi'de, 
disposee au point le plus declive du radier de la fosse, facilite la sortie des eaux de 
lavage, dans le cas oil des fuites dans les tinettes ou des negligences dans le service 
de leur enlevement, necessiteraient le lavage des fosses. — On comprend combien 
la tenue des water-closets importe a Phygiene de nos baraques, au salut des blesses 
qu'elles recoivent. Ne nous attendons pas a voir reussir tout de suite ce qu'on 
appellera un luxe de proprete et ce qui nous semble pudeur et decence, en meme 
temps que preservation et salubrite. Les cuvettes deborderont d'eau, la soupape sera 
faussee, le siege mouille; mais une surveillance de quelques jours reglera la ma- 
noeuvre des water-closets, et les malades apprecieront, comme nous l'avons vu 
en divers hopitaux, la suppression des latrines a la turque avec ou sans clapet, 
c'est-a-dire le communisme de la puanteur et de la salete. \ 

Les baraques sont construites en charpente avec revetement exterieur en planches 
de sapin du Nord de m ,02 d'epaisseur, a doubles couvre-joints a 1'exterieur et a 
l'interieur (Gg. 4). Dans les conditions du climat de Paris, il a paru suffisant d'eta- 
blir le parquet en frises de sapin de m ,027 d'epaisseur, ainsi que le voligeage simple 
de la toiture recouvert en carton bitume. Les premieres pluies ont indique quelques 
points, quelques fissures a calfeutrer; on s'est empresse de le faire, ainsi que le 
doublage les deux faces interieures de chaque baraque par une tenture de toile forte 
avec papier Bulle , pour intercepter les courants d'air; tine cloispn qui monte a 
2 metres de hauteur abrite les malades dans leurs lits contre meme inconvenient. 
Le chauffage a ete confie a MM. Geneste fils et Herscher freres , dont l'appareil a 
obtenu le prix au concours ouvert pour les ecoles municipales de Paris. Chaque 
baraque a deux poeles de fonte et tole a charge continue au coke , avec prise d'air 
exterieur qui circule autour du foyer et s'epanche dans la saile par des bouches de 
chaleur; 1'air chauffe s'echappe par deux fentes longitudinales de 3 centimetres, 
toujours beantes a la base des lanternes qui couronnent la toiture; effet precieux de 
ventilation continue dont le malade ne souffre pas, parce qu'ii se produit a 6 metres 
au-dessus de lui dans la zone de Tatmosphere interieure ou passent les tuyaux de 
fumee des deux pofeles au pied des lanternes; ajoutonsque leur long developpement 
augmente la surface de chauffe, l'utilisation du calorique produit et le prompt 
echauffement de Fair froid qui penetre par les fentes. Une experience a laquelle j'ai 
assiste en octobre dans une baraque non encore occupee par des blesses, a montre, 
la temperature exterieure etant a + 6° c. r que ces appareils, convenablement ali- 
mentes, procurent aisement une chaleur de + 15 a 16° c. Depuis, et par ces froids 
de — 4 a 5° (decembre), on a pu obtenir -f 11a 12° c, quoiqu'on n'eut pas a sa 

... .— —.-■■ -■ M - ■■ ■ — — _ ... ■ ■ ^| 1^- _ I. ■■ ■ — - ■ ■■-. « ■ II — ■-»! ■■ — ■--■■ — ■ — ■ ■■ — ■ .. » -«■-. I » - I. l - ■ — ■■■ ■ . _ 

N'est-il pas vrai que l'horreur exageree de la soufTrance, aussi bien morale que physique, 
est un des traits dominants de la situation ? Pour moi, rieri ne m'a plus douloureusement frappe 
que cette facilite avec laquelle certains des principaux chefs de notre armee ont couru k la 
mort, soit pour echapper aux consequences d'un desastre qu'ils ne pouvaient emp£cher, soit 
pour se soustraire k Thumiliation d'un affront au-dessus duquel ils ne savaient plus se main- 
tenir. Courber la tete et mourir, n'est-ce pas de Tadynamie morale? Et comment s'etonner 
que la mort physique soit si facile quand le moral est devenu si peu energique dans ses luttes. 

Est-ce le temperament physique qui nous vaut ce temperament moral, ou bien est-ce le 
moral qui forme le physique k sa ressemblance, ou bien tous deux se modifient-ils ensemble 
sous Taction d'influences communes? Laissons aux ecoles dogmatiques la discussion de ces 
problfemes et t&chons, nous, de 1 utter contre le courant d'adynarnie qui nous entraioe, soit 
qu'il s'agisse de realiser de puissants efforts de reaction contre le maf, soit qu'il faille subir 
avec patience les plus douloureuses epreuves et les medications les plus p£nibles. 

LeD' X..., . 
Aide-major de la garde national*. 



Ephemerideg Medleales. — 11 FivRiSR 1335. 

Dans runiversite de Paris, on adopte un singulier moyen d'eiire les offlciers, c'est-i-dire 
les bedeaux : 

On met dans un capuchon autant de ffeves qu'il y a de mailres ou electeurs ; parmi ces 
ffcvesy iL y en a une noire; chaque maitre tire une ffeve; celui qui attrape la noire nomme 
cinqautrosmaitres; ces cinq maitres sont declares electeurs et nomment les offlciers. —A. Ch. 



88 LUNION MfiHCALE. 



Voici du reste comment, en 1854, jl s'exprimait a l'Academie de medecine surce 
point de pratique chirurgicaie : a On'peut dire des affections cancereuses du col de 
« l'uterus ce qui est applicable au noli me tangere. II faut agir energiquement et 
« ne pas perdre de temps. Si la destruction du col tout entier est necessaire, on 
« ne doit pas hesiter. Pour arriver promptement a ce resultat, la cauterisation de 
« dehors en dedans, ou en trouee, qu'on me permette cette expression, avec des 
« caustiques puissants, gradues, de potasse et de chaux, est ce qui m'a le mieux 
< reussi. Je pourrais citer plusieurs guerisons de cette espece chez des femmes 
<t vOuees a une mort certaine. » 

Dans son savant Traite des maladies de V uterus, M. le docteur Courty s'exprime 
ainsi : « 11 ne nous parait pas douteux que Tepithelioma du col ne puisse etre 
« enleve avec quelque chance de guerison, ou que la marche ne puisse en etre 
« ralentie au point de permettre au medecin de prolonger notablement les jours 
« d'une malade. » 

Jobert (de Lamballe) obtenait de tres-beaux resultats de la cauterisation avec le 
fer rouge, et le fait suivant temoigne de l'avantage qu'offre ce precede sur Temploi 
du bistouri : 

Amputation du col utirin ripetee trois fois. — CauUre aciuel. — Guerison. « 

« Une femme ag6e de 46 ans, avait subi il y a huit ans, Famputation du col utirin par les 
mains de Sanson, a la Pitig, pour une affection probablement cancereusc. Quelques mois plus 
tard, le mal repullulait, et la patiente se faisait recevoir de nouveau a la Pitie. Cette fois elle 
fut re$ue dans le service de M. Gendriu. 

« Ce medecin 1a traila a son tour, et il op£ra de nouveau la malade d'apres le dire de 
celle-ci. On ne peut cependant bieo comprendre si c'est a l'aide de caustiques ou du bistour 
qu'elle fut r6oper6e. Quoi qu'il en soft, elle en sortit gu^rie; mais une nouvelle r^cidive nc 
tarda pas a se faire, et la patiente se dirigea cette fois dans le service de M. Ph. Boyer, a 
Saint-Louis. 

« Ce chirurgien Fop£ra pareillement, en excisant des masses fongueuses qui s'^laient en- 
gendrees sur la cicatrice. 

« Cette operation cependant n'eut pas de resultat plus durable que les prgcedentes, car 
une nouvelle r^cidlve eut lieu. 

« La malade se fit alors recevoir dans le service de M. Jobert. 

« Les trois operations ci-dessus avaient 6t6 pratiques dans Fes pace de deux ans, et la ma- 
lade se trouvait a peu prfcs dans le mfcrae 6tat qu'avant la premiere amputation. Cetlefois, les 
vegetations fongueuses furent attaqu^es a l'aide du fer incandescent; elles furent detruites 
successivement avec la portion restante du col jusqu'au niveau de Fadherencc de la mu- 
qneuse vaginale sur cette partie. 

« La guerison eut lieu; mais il restait a savoir si elle serait plus durable que les pr£c6- 

lite's qui font honorer et respecter Fhomme public comme Fhorame prive\ Medecin en chef de 
la Maternity, acad£micien , praticien tres-recherch6, M. Danyau accomplissait ses devoirs mo- 
destement, sans bruit, fuyant F6clat et le retentissement avec le meme soin que d'autres les 
recberchent, heureux dans Fintimite' de sa vje femiliale et patriarchale, se sentant revivre dans 
un tils, homme distingue, et dans son gendre, M. le docteur Bucquoy, qui a deja pris un rang 
tres-honorable dans la jcune medecine conteraporaine. Quel brave homme et quel digne con- 
frere nous avons perdu! 

Quelques jours avant nous pcrdions aussi un jeune confrere, M. le docteur Cocteau, agrege* 

..dela Faculty, chirurgien des hOpitaux, qu'une mort prematuree, hatee sans doule par les 

fatigues de Fhopital et de Fambulances, enlevait a la science, a sa famille, a ses amis. A i roe's 

-des dieux sont ceuxqui meurent jeunes, a dit la po&ie antique.. Malheureux sont ceux qui 

leur aurviyent et qui les ont aimes. 

Jaurais voulu voua donner aujourd'hui quelques nouvelles de nos malheureux prison niers, 
meilec'ns et pharmaciens internes en Prusse, ou enfermtfs dans les places fortes. Malheureu- 
seinenl, mes renseignements ne sont pas encore assez certains et je craindrais de donner de 
fausses indications. Mais, a propos de nos prisonoicrs en Allcmagne, jc pcux vous ciUsr un 
incident qui touchera votre fibre patriotique. 

Vour, savez, et Flnslitut a fait a cet egard une protestation e*nergique et e*Ioquente, qu'un 
de ses membres, HI. le baron Paul ThSnard, de FAcad6raie des sciences, a cl6 pris comme 
otage a Gray, par les Prussieos et conduit en Allemagne. Au moment du depart, le colonel 
charge de Farreslalion, fit a M. Thenard une proposiliou qui blcssa son patriotismc et son 
honneqr. W- Thenard lui adressa cette belle et fiere r6ponse : 

« Colonel, si vou§ voulez la peau d'un baron et d'un membre de rinstilut, ecorchez-moi ; 

« Si vous voulez ma fortune, volez-la ; 

a Mais, a mon bonueur, vous ne toucberez pas; il est au-dessus de M. dc Bismark et du 
^oi de Paussc 

3 



L'UNION M&DIGALE? 87 



denies. Cette femrae est revenue depuis tous les ans, a rii6pital Saint-Louis, se faire exami- 
ner. Dernierement, elle est revenue encore ; elle a ele* observed au speculum en notre pre- 
sence; la guSrison est parfaite et elle dure ainsi depuis six ans. 

« Le col est entierement dglruit; la muqueuse vaginale forme un veritable bourrelet 
autour d'une cicatrice blanche, infundibuliforme, de la largeur d'nne piece de cinq francs. 
Les effets du cautere actuel ont done, dans ce cas, 6te plus heureux, par la raison peut-etre 
que ce moyen a pu de>uire graduellement toute la partie malade, tandis que le bistouri 
n'avait pu eHendre jusque-la son action (1). » 

Le fer rouge, toutefois, n'est pas le s6ul agent de cauterisation qui se soit trouve 
employe dans l'affectiori qui nous occupe. On a recouru a bien d'autres encore, tels 
que le chlorure de zinc, le chlorure de brome, la pate de Vienne, les acides sulfu- 
rique, azotique, chlorhydriqoe, le nitrate acide de mercure, etc. J'ai vu M. le doo- 
teur Maisonneuve employer des fleches de pate de zinc. 

Pour pratiquer l'amputation du col, M. le docteur Chassaignac s'est servi de son 
ecraseur ; mais cet instrument ingenieux nepeut convenir que dans certains cas. U 
m'a paru propre surtout a enlever les productions carcinomateuses implantees sur 
le col. M. le docteur Courty, qui I'emploie, mais dans certains cas. seulement, lui 
prefere en general la ligature tres-lentement serree. Voici du reste eoftiment il s'ex- 
prirae a ce sujet a la page 894 de son Traite des maladies de L* uterus : « J'ai pu 
« maintes fois, en me servant d'un fll metallique et d'un bon serre-nceud au lieii 
« d'une chaine et d'un ecraseur, et en operant la constriction lentement par des 
« tours de vis repetes de quart d'heure en quart d'heure, pratiquer la section du 
« col en une journee, sans avoir besoin de chloroformiser la malade, et sans deter- 
« miner la moindre hemorrhagic. On peut meme faire durer la section plus long- 
« temps sans inconvenient, pourvu qu'on ait le soin, comme dans le cas d'appli- 
a cation simple de la ligature ulcerative, de faire de temps en temps dans la 
« journee des injections detersives. » 

En 1821 la galvano-caustique thermique fut employee par Recamier et Pravaz 
pour detruire les cancers du col de l'uterus (2). 

En 1857 Middeldorpf adressa a la Societe de chirurgie un memoire sur la gal- 
vano-caustique, dans lequel il signale Femploi de ce mode de cauterisation pour les 
affections carcinomateuses du col. « C'est encore, ecrivait-il, au moyen de Tanse 
« coupante que j'ai enleve une enorme tumeur cancerense du col de 1' uterus* On 
« fit des injections froides pendant r operation pour empecher le rayonnement de 

(1) Rognetta. Annates de therapeuiique, 1845-46, page 438. 

(2) De Vtlectrisation localisee, par le docteur Ducbenne (de Boulogne)) 1855, page 20. '* 

« Partons! » 

C'est beau, c'est antique. 

Je suis assez curieux nour demander quelle reception ont faite a leur collegue francais les 
nombreux, les trop nomoreux associSs et correspondants alleraands de notre Institut. Je vou- 
drais bien savoir aussi cmelle protestation 6nergique ont adress^e ces savants de i'Allemagne 
contre le procede* brutal et sauvage employe envers uri savant francais; mais, n'en doutez pas, 
ils n'auront rien dit, rien fait ces savants allemands qui, plongSs dans les plus obscures pro- 
fondeurs d'une philosophie incomprehensible, detrflnent Dieu, suppriment rame et tremblent 
au froncement de sourcil deM.de Bismark ou devant la schlague d'un caporal. Allez au fond 
de cette philosophic et vous'y trouverez le plus brutal des despotismes. Ce n'est pas M.-dfe 
Bismarck qui a invenle" la fameuse formule : la force prime le droit ; c'est Hegel ; elle est la 
consequence necessaire et fatale de cette philosophic qui, dans ces dernieres ann6es, a irifeste 
notre literature et noire enseignement. Le chancelier de l'Empereur Guillaume ne fait qu'ap- 
pliquer la formule aux applaudissements a peu pres unanimes des philosophes et des savants 
allemands. 

Quel terrible et funcste exemple donne aux peuples comme aux individual Aussi un dfe 
mes amis de province m'6crit ceci, que je livre a vos meditations, mon cher lecteur : ■ 

« Je n'y vois plus clair. J'ai ve*cu jusqu'ici dans ma croyance theMste et spirttualisle ; elle 
faisait mon courage et ma resignation ; le doute noir et anxieux pGnfetre dans mon esprit Je 
cherche la morale, le droit, la justice, l'humanite\ le progres, la civilisation ; je ne vois que la 
force, le pillage, la devastation. De quel droit a-t-on pendu Cartouche et Mandrin ? De quel 
droit incriminez-vous cet homme vigoureux qui s'adresse a sa victime faible et fe'trangie pour 
avoir sa bourse ? Il y a done deux morales et deux justices ? Quoi, un peuple qui se rue sur 
un autre peuple avec tous les engins de destruction qu'il a pu pr6me"diter, qui le ranconne et 
le vole, devaste ses campagnes, ses usines, ses ateliers, qui lui vole une partie de son terri- 
toire apres avoir bombards ses villes et re*duit leurs habitants par la famine, quoi ce peuple 



LtttftfN MEDICARE. 



« la cbaleur. La plaje se cicatrisa, et la malade, dcliVree des hfimorfhagies et de la 
< suppuration icboreuse qui l'epuisaient, reprit prompternent ses forces ; mais elle 
« HM>urut plus tard d'une recidive. » 

Bans eme^ discussion qui eut lieu a la Sociate obstetricale de Lo-ndres en 1861 , 
M. ledtfctmir RcfceTt Ellis rapporta le fait suivant tire de sa pratique : Une dame 
de la province sOuffrait depuis plusieurs anhees d'une tumeur fbngueuse du col de 
l'uterus, qui avait ete traitee sans succes par le eaustiqtie lunaire. Gonsulte ulte- 
rieurenient, notre confrere pratiqua d'abord l'ab.lation de la tumeur au moyen d'une 
ligaVfe appliquee a sa base et forlement serree ; puis, lorsque cette tumeur fut 
tombee, it en eabiterisa Ires-ertergiqflement le point d'iWplantation avec son ga!- 
vano-cautereenporcelaine. La malade retourna chez elle bie« portarite, etvecut 
plusieurs 'anriees encore sans eprouver aucun sympt&me de son aneiefine maladie. 

En 1862 le docteur Grunewaldt (de Saint-Petersbourg), faisant connattre les 
resultats' de sa pratique en gynecologic, rapporte qu'i! avait dGtruit par la galvano- 
caustlque tiierniique une grOsse tumeur cancereuse du col utertfi. L 'operation, falte 
en plusieurs seances, eut pour resultat d'arreter la marche de la maladie. 

Depuis 1852 j'ai eu d'assez frequentes occasions d'employer la galvano-causlique 
thermique dans le traitement des engorgements avec ulceration du col de l'uterus. 
le 'me proposais d'utiliser egalenient ce mode de cauterisation dans le traitement dn 
cancer ; mais cette affection, chez les femmes qui me furent adressees, avait pris'de 
tels developpemCnts qu'il n'etait plus permis d'entreprendre nn traitement chirur- 
gical pour la combattre. Pour les autres malades, en petit norribre d'ailleurs, il me 
fut impossible de determiner d'une maniere assez rigoureuse les limites du mal 
pourpraliquerramputation du col. £efut dans cesdernieres annees seuiementque 
j,'e us 1 'occasion de pratiquer les cinq operations que je vais rapporter : 

Tumeur cancireuse implants sur la livre postiriewt du eat d* ftotiPin. — Ablation ax 
moyen de la galvano-causlique. thermiqttt. — Cicatrisation. , 



te 16 fevrier 1867, M. le docleur de Langenhagen toe pria d'exatniner Nf"L..., affecWe 
d'un oancerde l'uterus. Le toucher me permit de constater la presence d'ntoe tomeur cauca- 
reuse en forme de choux-fleur, volumineuse, implantee sur le col tie I'titerus. Cette dame, 
4g*e de 46 au, d'un terape'raraent nerveux, n'nvait pas eu d'enfaat. Bile avait des pertes 
uterines tres-abenda ntes depuis deux annees. Les ganglions de l'aine gauche etaieni engorges 
et plus dure que ceux du cote droit. 

Consul le dix-buit mois auparavant, notre confrere avait trouve dSja une tumeur grosse 
comme un muf de poule implantee sur le col de Tulerus. Chaque epoque inenslruelle durait 
de dixa quinze jours, pendant lesqgels la malade perdail une graiide quanlite de sang.Entre 
ces heraorrhagies, elle avail un ecoulement blanc d'une odeur cafacterislique. Des injections 

fait-il autre chose que ce que font les bandits des Abruzzes ou des environs d'A'thenes 7 Ne me 
repondez pas par Grotiueou par Vatcl, mais avec Id simple bou sens du paysan dont la grele 
vierit oe ravager le champ et qiii branle la tete au sermon de son cure voulant le convaincre 
que c' est en expiation de ses p£ch£s que Dieu lui a envoye le fleau. II y voit un plienomene 
meteorologique inexorable, impossible a prevenir, et il courbe la tele sous le poids de cette 
fatalite desofanSe. Y a-t-il de ces phenbmenes, de cesouragans devastaleurs dans 1'ordreintel- 
lectuel et moral, obeissarit a des lois pour nous inac/iessibles ? Alors, qu*est-ce que lTiomme 
Bur ce malhgureux globe ? Que deviennent son libre arbitre et sa conscience 1 Quelle est sa rai- 
son d'etre s'il est aussi enigmalique que le galet que la vague de I'Ocenn route, rejelte, reprend 
et rejelte encore sur le rivage ?..... » 

Je iie voudrais pas voue laisser sur ces Iristes et ameres paroles ; mais que vous dire ? Le 
Gouvemement pretendu de la. defense nationale aurait bien du s'en tenir a 1'titiquette de son 
role et ne pas trop e'occupei' d'un. grand nombre de sujets dont il a cru devoir impioviser 
loute ['organisation. Et, par exemple, le nouveau decret qu'en se retiranl il a edlcte sur I'or- 
ros d'orages et de difltcultes. Deja la Societe des mfide- 
«nvoquee a bref delai pour elire les membres du Con- 
e purement el simplement. ce decret illegal el a refuse 
ecessitc y avaft-ildonc a bouleverser ainsi tout un sys- 
, annfies, et au moment oil le service se compliquaft 
i'etalt pas trop de rexpfirieDce, de 1'habitiide et de la 
ae administration, et voila que tout a coup on change 
gratiiitement une perturbation profonde dans des ser- 
a"en vertu de ce perpdtuel et immoral precepte de tous 
: Ote-toi de 1& que je m'y metle. Anssi l'Assistanc* 
hiver. 'Le manque de combustible a etc general dans 
l'approvisionneinent etait considerable et pouvait sub- 



LTJNION MfiDICALE. 



astrmgentes de toutes espeees, le repos sur un canape, des tampons Imbibes de perehlorurfl 
deafer, et enfia des cauterisations avec le caulere actuel employees successfvement n'eurent 
qu'un effet momentanS. La tumeur augments de volume ; les hgraorrhagies continuant ame- 
nerent un Stat d'anemie profonde, el la santc s'altera de plus en plus. Ce fut afore que con- 
naissant les succes que j'avaia obtenus en me servant de la galvano-canstique thermique pour 
rablalron de tumeurs uterines, et pensant que de la sorte ou pourrait peut-Mre enrajer la 
marche de 1'affection, et arreter des hemorrhagies qui ne devaient pas tarder a amener one 
issue fa tale, M. le docteur de Langenhagen me pria de vnuloir bien examiner sa raalade. 
Comme la tumeur etait implantee sur le col de l'uterus, et qu'il n'existait ancone trace 
Fig. 1. Pif . I 



Fig. 1. — M, manehe dn aecatenr. — 1. interrnpteur. — 0, lame dlvolre gradate. 
Fig. 3. — E, eaanle double recouverte d'un ruban et d'un eordonnet da uie. 

venir a tous les besoins ; mais un beau jour, et par une de ces mesures doat on ne g'eiplique 
pas rimprevoyance, la requisition sur le combustible fut appliquee jusqu/aux provisions laites 

Sar r Assistance publique. Quand les mauvais jours arriverent, plus de combustible, II y a eq 
es services da femmes en couches el d I enfants nouveau-oe's oil la temperature est descendue 
au-dessous de 0, el ou la mortality a £te enorme. Qui done a pu concevoir cette mauvaise idee 
de rSquisitionner le combustible des liopilaux ? 

A la Faculte, certaine agitation. La liberie et 1'initiative lui ayant i\A rendues, la Faculte 
s'est occupee de la question dn relablissemenl du concours, ainsi que nous 1'avons annonce" 
dans un precedent numero, une commission a ele cbargec de faire un rapport sur cette ques- 
tion, ce qu'elle a lait jeudi dernier. Ce rapport est I'cauvre de M. Gavarret. Je ne le connais 
pas et je n en peux rien dire. Ce que je sais, e'est qu'il conclut au rStablissement du concbnrB, 
et qu'il presente un projet de reglementation et de tonctioonemenL Hier la Faculte a du se 
reunir pour disculer ce rapport, mais rien ue m'est parvenu du resullat de cette discussion. 
II nous semble que la Faculte suit de vieux et de dangereui erreraents en s'isolant ainsi, en 
deliberant comme dans un sanctuaire ferme a l'mil et a 1'oreille de tout profane. , 

Aucune institution ne peut se soustraire aujourd'hui a. I'opiniDD du dehors, et pen Wire que, 
enr cette question du concours, elle pourrait trouver en dehors d'eile quelques lumierei et 
qnelques sons conseils. Question Ires-difficile, le concours doit etra etuaic avec an- complet 



desinleressemeoL Or, la Faculte n'est pas dans ces conditions; les races professeure qui ont 

ete nominee au concours et qui survivent, trouveront naturellemeol que le concours, tet qu'il 
etait inslitue et qui les a fails ce qu'ils soul, etait la meilleure des institutions possibles. Las 



prolesseurs produit de la presentation penseront, tout aussi nature Heme nt, que ce mode de 
nomination avait du bon, et, tout en adoptanl le concours, il cbercheront un mode de func- 
tion ue meat qui se rapprocbe le plus possible du mode qui les a fails professeurs. II j a peril 
dans ces deux manieres de voir, et e'est ce qu'il serait possible de prouver 4 la Faculte" ii elle 



90 L'UNION MfiDICALE. 



d'affeetion carcinomateuse dans le vagin, je pensai que la galvano-caustique thermique serait, 
dans ce cas, le meilleur mode d'ablation, et qu'en 1 employant on pourrait arreter les perles 
uterines et retarder la mort de la malade. II fut convenu que l'operation aurait lieu apres la 
premiere epoque menstruelle. 

Le 7 mars, assists par MM. les docteurs Chaillou et de Langenhagen, je Qs placer la ma- 
lade sur le bord d'un lit de fer garni de deux matelas et d'une alese, les pieds dans deux 
chaises, comrae pour l'examen au speculum : je saisis le pedicule de la tumeur dans l'anse 
de mon secateur galvanique; puis je placai deux valves en buis dans le vagin pour isoler la 
canule double de l'instrument des parties voisines, et je les confiai aux assistants. Le secateur 
fut mis alors en rapporl avec une pile Grenet. J'operai assez lentement la section, l'appareil 
ne fournissant qu'un foible courant eiectrique, de sorte que l'ablation eut lieu par ecrasement 
et cauterisation, ce qui me donna un peu de sang. La tumeur enlevee, je nettoyai soigneuse- 
ment le vagin avec de petits tampons de coton, et M" e L... se placa dans son lit. Une couche 
de collodion fut appliquee sur toute la surface de l'abdomen; du bouillon pour toute 
nourriture. 

Le soir la malade avait de la fievre et elle ressentait des douleurs dans la fosse iliaque 
gauche. La serviette placed entre les cuisses etait tachee de serosite sanguinolente. 

Le 8 au matin M me L... n6us dit qu'elle n'avait pas dormi. Taches rosees sur la serviette 

Slacee entre les cuisses. Bouillon. Dans la soiree , j'appris que la malade avait eu de la fifcvre 
epuis deux heures jusqu'a sept Un gramme de sulfate de quinine en quatre pilules. Pendanl 
les dix jours suivants la malade eut une fievre quotidienne, que notre confrere continua a 
traiter par le sulfate de quinine. Les taches observes sur la serviette placed entre les cuisses 
furent successivtment sereuses et sgro-purulentes. 

Le 21, les regies parurent et furent peu abondantes. 

Le 26, j'examinai M* e L... avec mon confrere et nous pumes constater que la tumeur avait 
ete enlevee au ras de la levre posterieure. Je cauterisai la plaie a l'interieur du col avec de 
l'acide chromique pur. 

Le 28, la malade se trouvant trfcs-bien , il lui fut permis de se lever et de reprendre gra- 
duellement son genre de vie habituelle. 

Trois autres cauterisations avec l'acide chromique, melange* d'une partie egale d'eau dis- 
tiliee, furent faites sur le col dans le courant du mois d'avril. Vers le milieu du mois de 
mai notre confrere put constater que la cicatrisation du col etait complete. Mais, ulterieure- 
ment, l'affection envahit les ganglions du bassin , el la malade succomba le 14 juillet 1868. 
M. le docteur de Langenhagen, qui avait continue" de dormer des soins a M me L..., m'a assure 
qu'elle n'avait plus eu de pertes depuis l'operation et que le col etait reste sain jusqu'a la 
mort. 

Reflexions. — Lorsque je fus appele a donner mes soins a M m e L..., l'alteration 
profonde de sa constitution, ainsi que le developpement de l'affection en dehors de 
nos limites d 'action, dtaient tout espoir de guerison. Le seul resultat a esperer de 

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se montrait plus liberate envers la Presse qui, dans ce moment, raisonnerait a vide et sans 
texte sous les yeux. 

Allons, Messieurs de la Faculty, secouez un peu le vieil homme, un peu de libgralisme, un 
peu de publicity, vous pourriez bien ne pas vous en trouver plus mal. 

D r Simplice. 



La premiere communication que nous recevons des journaux de medecine des departemenls 
est une simple note intercatee dans une lettre et contenant la triste et douloureuse page 
suivante, extraite de la Revue m&dicale de Toulouse du 20 fevrier dernier : 

« De grands malheurs sont toujours la consequence de la guerre; quelques douloureux 
qu'ils soient, il faut se resigner a les subir ; mais il est des atrocites qui revoltent et que Ton 
ne saurait trop fletrir. De ce nombre est le massacre des blesses et du personnel des ambu- 
lances. Nous ne reproduirons pas les details navrants de ces ignominies; qu'il nous suffise de 
les signaler a l'indignation publique, ainsi que l'a fait le docteur Becour, a propos du meurtre 
d'un medecin par un officier allemand, dans les circonstannes suivantes : 

« Le docteur de Baudre est envoye de Sedan a Mezifcres pour une affaire relative au ser- 
vice des ambulances. II obtient un sauf conduit du commandant des etapes de Sedan et une 
voiture de requisition; muni de ces pieces, revetu du brassard, possedant une carte de par- 
cours, le docteur de Baudre se met en route, le 25 novembre a une heure de l'apres-midi, 
avec un conducteur francais. 

« Arrive a Villers, le poste prussien lui en joint de ne pas avancer ; il declare etre en regie 
et on le laisse poursuivre sa route jusqu'a la Francheville, seul et a pied. 11 se presente chez 
le commandant du poste qui lui defend de passer, le docteur retourne sur ses pas et va a la 
recherche de sa voiture. Dans ce trajet, une sentinelle, sans avertir, sans crier d'arreter, tire 
sur lui sans le toucher; il se retourne, montre son brassard, agite son mouchoir; au m&me 



L'UJNION MfiDICALE. 91 



rintervention chirurgicale que je proposals, etait la cessation d'hemorrhagies qui ne 
pouvaient pas tarder a amener la mort. 

Sous ce rapport, Tabiation de la tumeur telle que je Tai pratiquee a pleinement 
iustifie l'emploi de la galvano-caustique thermique , puisque, depuis ['operation, 
les pertes ont completemeut disparu. 

J'ai note la persistance de la fievre intermittente qui a paru le second jour, et 
Tusage prolonge que mon confrere a du faire du sulfate de quinine. M?> e L... avait, 
dureste, une predisposition a cet accident-la, car elle me ditqu'il s'etait produit 
chaque fois qu'on l'avait cauterisee au fer rouge. 

Un resultat tres-encourageant pour l'emploi de la galvano-caustique thermique 
dans les affections cancereuses du col de l'uterus, c'est-la cicatrisation reguliere de 
la plaie et l'absence de recidive de ce cote jusqu a la mort de la malade. Ne seraiMl 
done pas permis ddns les cas de cette nature, si Ton etait appele a operer quand 
Faffection est toute locale, d'eaperer lin arret dela maladfe pour un nomfere illimite 
d'annees? 

(La suite a un prochain numero.) 



ACADEMIES ET SOCIETES SAVAKTES 



ACADEMIE DE HEDECIME 
Stance du 2t F6vrier 187 J.— Pr6sidence de M. Wortz. 

M. le President a le regret d'annoncer a FAcademie la perte qu'elle vient de faire dans 
la personne de M. Danyau. — D'apres la volonte expresse du d^funt, les funerailles ont e*te 
c6tebr6es sans apparat ; aucun discours n'a £te prononce\ — M. le President pense que FAca- 
demie voudra honorer la m^moire de M. Danyau en ddcidant que, la stance de ce jour sera 
lev6e immediatement apres la lecture du propes- verbal et le depouillement de la corres- 
pondance. 

Avant de lever la stance, M. le President nomme une commission composee de MM. B6- 
clard, Bergeron, Chauffard, Gosselin et Verneuil; cette commission est chargee d'examiner les 
propositions presentees par M. Verneuil dans la derniere seance comme conclusion de la dis- 
cussion relative au pronostic des lesions traumatiques dans Falcoolisme. (Notre dernier compte 
rendu fait connaitre les termes m6mes clans iesquels ces conclusions ont 6t6 formulees par 
M. Verneuil.) 

. — La stance est leve^e a trois heures et demie. 



instant, il revolt une balle en pleine poitrine par un officier qui, voyant le coup manqu6, prit 
un fusil et a 10 mfetres tira sur le malheureux qui tomba; le lendemain le docteur de Baudre 
expirait. 

« Malgre* la presence des Prussiens et le danger qu'il pouvait courir, M. Becour, cliirnrgien 
des ambulances, membre de la Society des Sauveteurs Beiges, n'a pas he"sit6 a fletrir Fabomi- 
nable crime de l'officier allemand. 

« Le discours eloquent de ce courageux confrere se termine ainsi : 

« Quel que soit le meurtrier, ilportera la peine d'un crime de lfese-humanite"; sa conscience, 
« si elle est accessible au remords, luicriera : assassin, la balle a frappe* un neutre ! assassin, 
« tu as vise" un homme inoflensif 1 assassin, tu as tue a bout portant un m^decin, un inviola- 
« ble, un homme d6vou6, sans defense, dont la mission consistait a affronter la mort pour 
« t'apporter la vie. » 

« — M. le lieutenant-colonel Fornel, commandant la 3 e legion des gardes nationaux mobi- 
lises de Seine-et-Loire, pro teste au nom de Fhumanit6 et des droits les plus sacres de la 
pierre, contre Facte inqualifiable de cruaute' et tie barbarie qui a ete" commis sur les membres 
de son ambulance, dans la nuit du 21 au 22 Janvier, par les troupes prussiennes qui Font 
attaque dans le village d'Hauteville. 

L'ambulance avait e*t6 etablie au centre a peu prfcs du village; les medecins et les infirmiers 
e"taient occupes a donner des soins aux blesses, lorsque la maison dans laquelle ils e*taient fut 
envaliie par une troupe de ces sauvages, qui, sans avoir £gard ni a la mission qu'ils remplis- 
saient, ni au brassard de Fambulance internationale qu'ils portaient, et bien qu'ils fussent 
sans aucune arme, les ont lAchement assassin^s. M. le medecin-major Morin are$u deux coups 
de crosse de fusil dans la t6te : un officier lui a tire* un coup de revolver, *et les laches Font 
fini a coup de baionnette. M. le docteur Milliat a e*te egalement assassine, et les infirmiers 
d'H6ret, de Ghampigny, Fleury, Legros et Morin, ont el6 assaillis a coup de crosse de revolver 
et n'ont dti leur salut qu'a Fide*e qu'ils ont eue de faire les morts. 



§»' L'UNION MfiDICALE. 



SOCltTt m£DICALE DES HOPITAUX 

Stance du 14 octobre 1870. — Presidence de M. Berceron. 

SQMMAIRE. — Correspondance. -~ Communication de M. Moissenet, raembre <te Fex-Conseil de sur- 
veillance de l'Assistance publique. Discussion : MM. Ctaauffard, Lailler, MiUard, Siredey. — De la 
ouate imbibe* e de glycerine pour remplacer la charpie, par M. Gubler. — Quclques mots sur I'itri- 
dtrnie de variole, par MM. Leon Colin, Gubler, Fereol, Bocquoy. — Be I' augmentation de mortafite 
dee enfantt en bos dge et du moyen d'y remedier en leur assurant du lait, par M. Arcbamnault. 
Discussion ; MM. Chauffard, Siredey, Bergeron, Barthez, Dumontpdlier* Roger, woillez, Millard. 

Le proces-verbal de la derniere stance a ete hi precedemment. 

Correspondence manuscrite, — Lettre de M. Bouchard, medecin du Bureau central, deman- 
dant A faire partie de la Societe. 

Correspondance imprimee. — Gompte rendu des travaux de la Societe de medecine, chi- 
rurgie et phannacie de Toulouse, 1870. — Archives de nUdeeine novate, 1870, t XIV, n* 9u 
-* Bulletin de la Societe de chirurgie de Paris, 186A, t V, 2* serie, — Bulletin nUdical du 
nord de la France, juillet 1870. 

M. Moissxkst* merobre eiu par la Societe, de Fex-Conseil de surveillance de F Assistance 
publique, fait la communication suivante: 

Messieurs et chers collegues, 

Le decret relatif A la reorganisation de r Administration de l'Assistance publique, insert au 
Journal offlciel de la Republique A la date du 29 septembre 1870, en supprimant la direction 
generate, a sous-entendu sans doute la suppression du Conseil de surveillance ; aussi, bien 
qu'appele par vos suffrages A l'insigne honneur de vous y representer, je ne m'en considere 
pas moins comme releve de mes fonctions. 

Si f etais parvenu sans revolution A Pexpiration regutiere de mon mandat, je n'aurais cer- 
tainement pas manque de vous adresser un rapport detailie sur les principaux actes de ma 

Sestion : f aurais cru de mon devoir de vous mettre au courant de mes efforts pour servir 
ignement la cause des malades et du Corps medical des h6prtaux, et, A defaut de resultats 
sumsants, je vous aurais laisse sur les operations du Conseil de surveillance des documents et 
des memoires susceptibles d'etre utilises avantageusement par mon successeur. tfest ainsi, 
Messieurs et chers collegues, que j'entendais vous remercier une derniere fois de la coniance 
dont vous nFavez honore ; mais aujounThui le pouvoir administratif souverain cree par FAs- 
gemblee nationale le 10 Janvier 1869 n'existe phis. La Republique Fa remplace par une agence 
subalterne, qui n'aura desormais qu'A subir la direction et A extorter les ordres d'un Conseil 
general des hospices. 

Dans ce bouleversement radical, qui a abattu ee qui etait si haut place et relev6, ce qui etait, 
de par la loi, maintenu si bas, A quoi nous serviraient les retours sur le passe? 

Jetons de preference un regard confiant sur Fere nouvelle qui semble s'ouvrir si favorable- 
ment pour oous* Le Conseil geniral des hospices a mission de preparer,, dans le plus bref 



m*mvm—r*m*r*m*mmmm 



« Une fois teur ceuvre achevee, ils ont depouilie le docteur Morin et ont jete son cadavre 
au-devant de la porte ; ils se sont empares du materiel de Fambulance. 

« Un parefl-acte de cruaute n'a pasbesoin de commentaires. 

« Nous nous joignons au commandant Fornel et aux redacteurs du Lyon midicat, dont 
faisaient partie M. le docteur Morin et M. Milliat, interne des hdpitaux de Lyon, pour demander 
qu'une enquftte soit faite, et pour protester, au nom de tout le corps medical, contre cet hor- 
rible forfeit » 



Spfc^meridtai Medicals. — 25 F*vftis& 1805. 

Charles Larisch sootient, A FEcole de medecine de Francfort, cette these : Dissert atio inau- 
gurate de hydrope ovariorum ac tubarum Fallopii (in-8% 25 p.) Le dernier paragraphe est 
consacre A Fextirpation des ovaires. L'auteur, sans se prononcer bien clairement sur cette 
operation, n'est pas cependant eioigne de la proposer. 11 ecrit, en effet, cette phrase remar- 
quable : Longe melior eventus ewspectandus foret ab exstirpatione ovariorum hydropicorum, 
quam nonnulH eemmendarmU — A. Ch. 



Necrologue — Nous apprenons la mort bien regrettable de M. le docteur Ledieu, directeur 
4e FEcole prfparatoure de medecine d 'Arras , president de la Societe locale de medftoine du 
Pas-de-Calais, enleve A sa famille et A ses amis A Fage de 59 ans. 

— La Societe anatomique reprendra ses seances le vendredi, 3 mars, A trois heures de 
Fapres-midi. 



I/UN10N MfiMCALE. 98 



dttai, un proht d y organisation definitive, dont le prindp* ilectif vera ta bate. I* composition 
de ce Conseil qui, sur vingt-sept membres, compte dix redeems ou chirurgiens des hopitaux, 
nous garantit une ceuvre auasi complete que possible. Felicitous nos colleges a qui leur 
science, leur honorabilite" et leur patriotisme ont valu l'avantage de faire partie de ce Cqmite 
d'orgaoisation. — Encourageons-les de toutes manieres dans Taccomplissement de la rude tache 
que Je Gouvernement de la defense nationale leur a imposee au milieu de preoccupations si 
graves et de si nombreuses difficult^ Remercions-les de Tavoir si courageusement acceptee, 
en attendant que nous puissions, autrement que par des paroles, les remercler de Tavoir 
accomplie d'une facon digne d'eux et des intents sacr^s qui s^y rattacheot 

L'allocution de M. Moissenet recoit de la Soctete" les plus chaudes et les plus unaniraes 
approbations. M. Chauflard se fait rinterprele des sentiments de tous, et M, LaiUer exprime le 
regret que M. Moissenet n'ait pas *te compris dans la constitution du nouveau Consefl. 

M. Millard remercie M. Moissenet de ses paroles bienveillantes a regard des membres du 
nouveau Conseil, et il s'associe aux regrets exprimes par M. LaiUer. 11 n'a pas d£pendu de lui, 
dit-il, que M. Moissenet fut compris dans lVgaaisation nouvelle, majs aucun des membres de 
Tancien Conseil n'a 6t6 conserve. La mission qu'il a accepted avec plusieurs de ses collegues 
est toute provfeoire ; les membres du Conseil d6finitif strait nommto par voua, et jusque»i& 3 
ne cessera de s'inspirer des voeux et des conseits de ses eoUeguee. 

M. Sibsbey parte dans Je meme sens que M« Millard, et il ajoute que les membres du Con- 
seil d'organisation se mettront directement en rapport avec leurs ooll&gues dans les bftpitaux 
pour recueillir leurs vceux et leurs avis. 

M. Gubler appelle Fattention de la Socfcte* sur fusage de la ouate rendu* pmninble au 
moyen de la glycerine; il a pu constater que k Ouate ainsi pr6par€e avait acquis la propria 
d'aosorber facilemeat les liquides a la surface des plaies, et que oette pvopritt* est Mutant 
plus utile a utiliser en ce moment que la charpie comme&oe d6ja ft demir rare, 

M. Le'on Colin donne quelques renseignements sur Vepidemie de variole dans la population 
militaire. Il appelle Tattention sur la frequence des cas dans lesquek, avec une variole sim- 
plement coherente a la face, coincide une pustulation conftuente aux txtrtmitte. 

M. Bucquoy a fait une observation analogue a celle de M. Le'on Colin, et il a vu plusieurs 
cas dont la gravity 6manait de cette confluence meme de Feniption aux extr&nittis. 

M. Gubler mentionne deux cas d'drysipele externe survenus chez des varioleax cons&uti- 
vement a Fe>ysipele interne. Dans un cas, origine pharyngee, forme gangre^neuse, mort; dans 
Tautre, forme bgnigne et consecutive a une diarrhet. 

M. F£B£OL signale dans son service de varioleux un certain nombre de cas graves : cinq 
deces chez des soldats non vaccine's. 

M. Gubler signale la frequence des 6rysipfeles, et rappelle que sa eommuaicatioo avait 
sartewt pour objet d'appeler l'attention aur mdiarrhies U6e$ hVJrgsipek inter n%4i qui iomjil 
etre distmgue'es des diarrhees vulgaires. 

M. Archambault appelle r attention de la Soctete sur la mortality croissante des entente «a 
bas age, mortality qu'il considere comme devant etre, en grande partie, attribute au trouble 
apporte dans leur alimentation par la' disette de lait U ajoute que le eeul moyen de parter 
remede a cette situation serait de faire requisitiowier les vaehes par rAd»inistraUoft, laqueUe 
dispensenatt, suivant les besoins, le lait aux enfanla pauvres. 

M. Chauffard considere la mesure proposed par M. Archambault comme iiftuifisftnte, car 
la disette de lait est bien resile. Il pense que c'est plus encore dans la misere de la wfere et 
dans toutes les mauvaises conditions ordinaires et actuelles que reside la cause duwal signal^; 
que Ton doit s'adresser au d^vouement patriotique de <chacun pour laisser te lait aux enlants 
et aux malades, et qu'il n'y a pas lieu a prendre des mesures administratives. 

M. Archambault est peu dispose* a compter sur le de^vouement dont parte M. Chauffard, et 
il persiste a consid6rer comme h6cessaire rmtervention de FAdministration qui,, seule, peut 
dispenser les ressources limit6es que nous laisse le siege aux erifants et aux malades. 

M. St«EDEY, A Tappui de ce qui est avanc6 par M. Archambault, fait remarquer que, depuis 
que, par une mesure reoente, des vaches sont places dans r^tablissement meme des Enfants- 
-Assistes, et que ceux-ci, par consequent, sont mieux allait^s, le chiffre de la mortality £y est 
notablement abaisse\ 

M. B^tbkz a fait la meme observation que M. Archambault sur le nombre croissant des 
affiections inteslinates li^es, chez les enfaata, A la privation de lait. 

M. BCftG^ROff ^Ifeve quelque doute sur raugmentation de mortality dent il est quatiDo, at 
son observatien ne concorde pas absolument a cet e^gard avec celle de M. Barthez. 

M, Henri Roger pense, comme M. Chatrfltard, que cette mertelite est reeHe;TOais^qu'^ ne 
aut pas la rattaeher seulement a la disette du lait ; inde*pendamment des ■eondifiems Idtevd- 



94 I/UNION HfiDlCALE. 



rabies li&s a natre It &at actael , il ne faut pas oublier Hnfluence 6pid<*mique qui se fait 
sentir chaque anne'e a eette gpoque. 

M. Woillez ajoute que ces diarrhe'es se prodnisent journellement chez des enfants allaites 
par leur mere. 

M. Dumontpallier, tenant compte de la diminution croissante du Iait, car, dans les condi- 
tions ou elles sont placets, les vaches donnent de moins en moins, pense que la mesure 
r^clamee par M. ArchambauU ne serait pas suivie des r6sultats qu'il en attend. 

M. Marrotte pense que ce n'est pas a nous, mais a r Administration , a faire appel au 
ddvouement et au patriotisme de la population. 

Apr£s une discussion sur la forme a donner a la proposition de M. ArchambauU, la Soci<H6 
passe a Fordre du jour, aprfcs avoir entendu M. Millard, qui fera part a i 1 Administration des 
sentiments de la SoctetG sur cette question. 



S6ance du vendredi 28 octobre 1870. — Prteidence de M. Bergeron. 

SOMMAIRE, — • Gorrespondance. — Rapport sur les maladies regnantet des mois de juia, juillet, aoat, 
septombre 1870, par M. Ernest Besnier. Discussion : Eruptions secondaries de la variole.UM. Fe- 
re ol» Brouardel, Simon, Bergeron, E. Besnier.— Sur les maladies contractees dans les campements 
et les baraqmments, MM. Lailler et Blachez. — Proposition relative a la n6cessit6 de r6servcr pen- 
dant la guerre tout le lait disponible aux jeunes enfants. 

Le procfcs-verbal de la stance pre"cMente est lu et adopts. 

Gorrespondance manuscrite. — Lettre de MM. Ball, Bouchard, Dujardin-Beaumelz et 
Chalvet, qui demandent a faire partie de la Soci^te*. 

M. Ernest Besnier lit son rapport sur les maladies regnantes pour les mois de juin, juillet, 
aout et septembre 1870. (Ge rapport sera publie" ulterieurement.) 

A propos des faits d'6ruption secondaire de la variole signals dans le rapport et de la note 
de M. Desnos, M. F6r£ol rapporte- deux observations d'^ruplion phlyct^noide des membres 
inferieurs chez des varioleux couches actuellement dans son service. 

M. Brouardel a 6galemeat observe ces Eruptions, et il en sigoale trois formes principals : 
y&icules propremenl dites, ^parses; vesicules confluentes autour d'une pustule variolique; 
veritables bulles ou phlyclfcnes. 

M. Simon a vu fre*quemment ces Eruptions sur les membres, le plus ordinaircmenl dans les 
cas b^nins. 

M. Bergeron a 616 surtout frapp£, chez les enfants, de la frequence des Eruptions consecu- 
tives d'impetigo chez les enfants scrofuleux. 

M. Ernest Besnier insisle sur la frequence et la presque banalite des eruptions secondares 
de la variole. Les Eruptions vesiculeuses et pustuleuses, notamment, qui apparaissent, au mo- 
tnent de la dessiccation, dans les diverses formes de variole binigne, sont extrSmement com- 
munes. Si ceux de nos collogues qui ont des services de varioleux veulent bien dtcouvrir 
complement leurs malades et les examiner avec attention, ils pourront s'en convaincre avec 
une extreme facility sur toutes les regions du corps, et trfcs-facilement aux aines, aux avant- 
bras, etc. 

M. Lailler, consid^rant comme utile d'e'tudier la question des maladies actuellement con- 
tractus par les soldats dans les campements et les baraquements et de tenir plus de compte 
qu'on ne l'a fait de Inexperience ant6rieurement acquise, notamment pendant la guerre d'Anie*- 
rique, appelle notamment l'attention de Ja Socie*t6 sur le chauflage et la ventilation des 
baraques, sur 1'ulilite de la laine porl^e sur le corps, sur la necessity des soins de proprete 1 , 
sur le moyen d'imperm^abiliser le coucher du soldat, et actuellement du garde national, etc. 

M. Blachez partage Pavis de M. Lailler d'une manifcre generate ; il fail observer seulement 
que ce n'est pas de manque, mais d'exefcs de ventilation que soulFriront. prochainement les 
gardes mobiles. Quant aux gardes nationaux, ils sont maintenant pourvus de lits faits avec 
de la sciure de bois recouverte d'une toile grossiere, et qui, a Taide de leur couverture, 
constitue un coucher militaire trfcs-confortable. 

D'autre part, aux uns et aux autres, ajoute M. Blachez, devraient Gtre rappele's les pre*- 
ccptes elemenlaires de Thygtene, les dangers de Tabus de Palcool, etc., et il serait i^cessaire 
de faire un appel individuel aux impresses. II propose, avec M. Lailler, que la Society redige 
et fasse imprimer a ses frais une instruction qui sera repandue a ua grand nombre d'exem- 
plaires. 

M. Lailler prgftrerait le coucher americain aux lits en sciure de bois, qui fournissent lar- 
gement la conservation et la propagation des insectes parasites ; il rappelle combieti fut utile 
aux combattants de l'Amgrique du nord la suppression des buissons iermentges ordonne'e par 
le general en chef. 

ha Sociele acceple avec empresseroent la proposition de M. Blachez ct charge une commis- 
sion de la r^aliser. 



L 9 UNION MiiDlCALE. 95 



La Society vole une somme de 500 francs a la sooscriptioa nationale pour la fonte de 
canons. 

M. Millard re'prend la question de Falimcntalion lactee necessaire mix nouveau-nds, et 
formule la proposition suivante, qui est accepts par la Socfete a la suite (Tune discussion a 
laquelle prennent part MM. Millard, Bergeron, Dumontpallier, Bucquoy, Archambaulf, Bes- 
nier, Labb£, Vidal : 

La Societe" des raeMecins des htipitaux, pre"occup6e de la gravite^t de la frequence des ma- 
ladies gastro-intestinales qui f rap pent actuellement et font mourir un tres-grand nombre 
d'enfants, et convaincue que ces maladies doivent Stre principalement altribuees a la raret6 
el a la cherts croissanles du lait, aliment indispensable du premier age, appelle sur ce point 
toute la sollicitude de {'Administration, et demande que des mesures efficaces soient prises au 
plus tdt pour que la totality du lait disponible dans Paris soil r6servee aux jeunes enrants. 

Le Secretaire, D r Ernest Besnier. 

_ — 

n£crologie 



MOBT ET OBSEQCES DE M. LE DOCTEUR B LAI 11 

Medecin a l'h6pital de Vincennes. 

M. Blain a succombe a une infection purulente, suite d'une piqure qu'il s'etait 
faite au doigt en donnant des soins a un blesse prussien. 

Nous meltons sous les yeux de nos lecteurs le discours qui a ete pronqnei a ses 
obseques, le 6 fevrier 1871, par M. le docteur Mire, medecin aide-major a l'hopital 
de Vincennes : 

Avant que la lerre se soit referm^e pour toujours sur ce cercueil, permettez-moi de dire 
encore a notre malheureux camarade un dernier adieu, et de rehdie a sa m&uoire un hom- 
mage bien me rite. 

Blain fut, lui aussi, une des vie times de cette triste lulte qui vient de ravir a noire pays 
tant de ses meilleurs et de ses plus chers enfants. Marlyr obscur du devoir bien accompli, "il 
a succombe a la peine, presque a la demise heure, apres avoir subi toutes les epreuves, 
endur6 toutes les angoisses du naufrage ou viennent de sombrer nos plus cheres esp6rances. 

Son hisloire fut simple et se pent dire en quelques mots : Au d£but de la guerre, il quiltait 
sa chere Provence pour venir ici pmidre part a Fceuvre de denouement auquel le Corps medi- 
cal tout entier 6lait convfe. Charge de coop^rer au -service- des -blesses, il apporta a ce labeur 
journalier une conscience, une activity et un devouement qui lui eurent bientdt attir6 la sym- 
palhie et Testime de tons. Le vaste champ d'observatibn que nous a oflert depuis quelques 
mois Thdpital de Vincennes n'avail pas el6 pour lui sterile ; il y avait fait une ample moisson 
d'enseignemenls et d'exp^riences, helas I trop chfereroent acheti&e au prix d'une sant6 profon- 
dement 6branl6e par eel affreux miasme qui s'attache oomme un fleau a toutes les agglomera- 
tions de malades et de blesses, Aussi, un accident teger, un rien, une piqure qu'il se fit en 
donnant ses soins a un bless4 enneiiu, d&ermina-l-elle des accidents formidabks et en quel- 
ques jours rapidemenl mortels. 

Puissent ces faibles t6moignages d'aflectueuse estime, de sympathiques regrets -apportes sur 
celte tombe au noro de ses amis etde ses camarades, adoucir queiqnepeu Fimmense douleur 
d'une famille frappe'e aussi cruellement dans ses plus chferes affections!' 

Composition do conseil general des hospices. — . jje gQuvernement . de la defense 
nationale , 

Consid6rant que le de"cret du 29 septembre dernier pprta,nt reorganisation de l'Assistance 
publique a Paris et dans le de'partement de la Seine n'a conslilue. le conseil . general des bos- 
pices qu'a titre provisoire, et qu'aux termes de Particle 9 le.pripcipe electif doit £tre la- base 
de l'organisation definitive de ce conseil, 

DSorfcte : 

Article i e % — Le conseil g6n£ral des bospices sera ddsormais Eompos6 ainsi qu'il suit : 

Deux membres du conseil municipal de Paris, elus par le conseil ; 

Deux maires ou adjoints d'arroudissement, 61us par leurs collides des vingt arrondisse- 
ments municipaux ; 

Un maire ou adjoint de TaiTondissement de Saint-Denis; elus par ses collegues de I'arron- 
dissement; 

Quatrc administrateurs des com i Les d'assislance des arrondissemenis municipaux de la ville 
de Paris, 61us par leurs collfcgues; 

Deux administrateurs des bureaux de bienfaisance des arrondissemenis de Sccaux et de 
Saint-Denis, e\lus par leurs collegues, a raison d'un par arrondissement ; 

Deux mgdecins des hopitaux el hospices de la ville de Paris, e*lus par leurs collegues; 

Deux cbirurgiens des hdpitaux, elus par leurs coll&gugs ; 



96 



L'UNION MfiDlCALE. 



UA professeur de la Faculty de medecine de Paris, £lu par la Faculty ; 

Un m&Iecin 61u par la reunion des m^decins des bureaux de bienfaisance de la ?ille de 
Paris; 

Un mtmbre de la cour da cassation, 61u par la cour ; 

Un conseiller <TEtat ou un maltre des requites, 61u par le conseil ; 

Un membre de la chambre de commerce, 

Un membre de la chambre des notaires, 

Un membre du conseil des pruiThommes, 61us par leurs collegues; 

Quatre membres n'appartenant h aucune des categories ci-dessus indiqu&s, et qui seront 
chobis, a la majority dies vote, par le conseil general, compose* comme il vient d'etre dit 

Art. 2. — Les membres du conseil soot renouvetes par tiers tous les ans. 

Art. 3, — Le conseil est pr6sid£ par le preTet de la Seine, et a son deTaut, par un vice- 
president, £lu tous les ans par le conseil. 

En cas de partage, la voir du president est prtponderante. 

Le secretaire general de Fadministratioo remplit les fonctions de secretaire du conseil. 

Art. 4. — L'agent general des hospices assiste de droit aux stances du conseil g£ne>al 
auquel il fait rapport de toutes les affaires. 

Art 5. — L'agent general des hospices a sous ses ordres tout le personnel de Tadminis- 
tration centrale, de Inspection et cehii des'ttablfssements. 

Les employes de tout grade, lant de Fadministration centrale que de l'inspection et des 
etablissements, sont nommes par le prefet, sur la proposition de l'agent general et Favis du 
conseil general. 

L'agent general a la nomination des surveillants et gens de service. 
Art. 6. — La direction du service des secours a domicile dans la ville de Paris etdans les 
communes du departement de la Seine est attribuee au conseil general des hospices et a 
Fageat general. Un arrftte prtfectoral reglera Forganisation du service. 

Art 7. — Le membra du Gouvernement deiegue a Fadministration du .departement et a la 
mairie de Paris est charge de l'execution du present decret. 
Fait k Paris le 18 Wvrier 1871* 

General Trocau, Glais-Bmchn, Juke Fjbrry. 



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Bulletin hebdomadal™ dee Deces declares a l'£tat civil 

du 11 au 17 fevrier 1871. 

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Fievre typholde. 

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Sfontilute* .*<«••«•••*«*.•<*•. 

Pneumonia *.»..» 

fDiarrliee. ...»........»».««... 

Ssenterie »i 
©ferine.. ..« *.»...... 

Angine couenneuse 

Group 

Affsctions puetp&ales . . ♦ . 
Affections chroniques et accidents 

divers.* 

Accidents 2 ! ttombat 

de guerre j Bombardement. ...... 



Totaux, 



tepubtieii civile d'apse* la reoan 

sement <ar&6te' M 7 janriej 1871 : 

2,019,877 habitants. 

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de 1 an. 



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ARM*)E. 



Troupe 

de ligne et 

garde mobile. 



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1,205 



515 



TOTAUX. 



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35 

298 

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689 

,471 

158 

59 

3 

7 

29 

2,187 

106 

5 



4,103 



Vu ? HnspecUur du service medical, D* Jules Worms. 



Le Gerant, G. RiChelot. 



Fams. — Typographic Faux Mawktb et C«, rue des Deux-Porks-SMnt-Sauveiir, 22. 



j 



*<> 9 . I/UNION MEDICALE Samedi 4 Mars 1871 

BULLETIN 

StR LE PROJET DE R^TABLISSEMENT MJ CONCOUR9 

Quand on ne peut rien faire, le mieux est de ne rien dire. Subisaons done en 
silence, et Tame navree, les malheurs de la patrie. Esperons des jours meilieurs, et 
surtout preparons-en 1'avenement. . 

Le progres de nos institutions medicales doit, pour une part importahte, contri- 
buer au progres social, e'est-a-dire a l'ceuvre de renovation a laquelle tous, et dans 
la limite de nos forces et de notre action, nous devons preter notre plus devoue 
concours. La medecine n'a pas besoin d'exagerer sa valour sociale; elle s'impose 
par la necessity il y a longtemps que les Saintes Ecritures l'ont reeonnu* Mais 
cette necessite lui impose, a elle, des devoirs nombreux sans raceompllsseraent 
desquels elle ne serait, pour la societe, qu'un leurre et une mystificatibn. 

Le premier de ses devoirs est depousserau perfectionneftient de rehseigftement. 
On doit savoir gre a la Faculte de Paris de n'avoir pas recule devant I'examen des 
questions importantes que souleve ce sujet au milieu meme des terribles emotions 
que nous venons de traverser. Mais, si etendu et si compiexe est le programme des 
questions de l'enseignement medical, que la Faculte a cru devoir le scinder, et que 
de ce vaste programme elle n'a voulu d'abord se livrer & r etude que d'un seul 
point, a savoir, le mode de recrutement et de nomination des professeurs. 

A cet effet, elle a nomme une commission qui a ete composGe de MM. Wurtz, 
Denonvilliers, Tardieu, Behier, Broca et Gavarret. 

C'est M. Gavarret qui a ete elu rapporteur de cette commission et qui a presente 
son rapport a la Faculte le 10 fevrier dernier. 

Nous avons sous les yeux le rapport de M. Gavarret, et nous pourrions le publier. 
Nous nous abstenons de cette publication pour deux motifs ; Le premier, e'est que 
nous ignorons si la discussion a laquelle co rapport a etq s^umis en seance de la 
Faculte lui a fait eprouver quelques modifications ; le second , c'est que Tesprit 
public est en ce moment trop trouble pour pouvoir donner une attention suffisante a 
ce rapport. Nous y reviendrons dans des jours mains agites. Nous ne nous sentons 
pas nous-meme assez de liberie d'esprit pour apprecier ce travail qui, oomme toutes 
les choses humaines, presente des parties dignes d'eloges eFd autres.susceptibles de 
critique, 

Annoncons neanmolns, et comme bonne nouvelle, que la commission dont 
M. Gavarret a ete l'organe a plaide liberalement la cause du concours et en a pro- 
pose le retablissement pour toutes les chaires des Facultes de medecine. 

La commission a ete plus loin : elle a cru devoir proposer un plai* de reorganisa- 
tion et de reglementation du concours. G'est dans cette partie de son travail surtout 
que I'examen et la critique trouveront a s'exercer. Nous n'y manquerops pa& pour 
notre compte, et cela parce que, a toutes les epoques, , nous avons defendu le con- 
cours contre les attaques dont il a ete i'objet. C'est un des titres d'honneur de 
1'Union M^dicale d'avoir toujours combattu en faveur de cette institution, d'avoir 
cherche Amelioration de son fonctionnement pendant son regne, de n'avoir jamais 
desespere de son retour pendant son eclipse. Aujourd'hui que les vents et les flots 
paraissent devoir changer, il ne faut pas cependant s'aventurer a la legesrQ sur cette 
mer semee d'ecueils et de rescifs. Le meilleur principe sujeoombe sous le coup d'ap- 
plications vicieuses, et si le principe du concours est incontestablement, un bon 
principe, il faut qu'il trouve sa sauvegarde dans un fonctionnement intelligent, 
liberal et de nature a mettre en relief toutes les garanties qu'il presente pour le 
tripmphe du droit, de la justice et du talent. 

La question du concours r nous l'ayons souvent exprime dans nos publications 
anterieures, est renfermee dans quatre termes d'une egale importance : x 

Le jury; . . 

Les concurrents; 

Lesepreuves; 

Le mode de jugement ou de vote. 

(On pourrait peut-etre, et en souvenir des agitations, qui trop souvent dans ces 
derniers temps ont trouble nos ecoles, ajouler un cinquieme terme, a savoir : Le 
public, Tassistance.) 

C'est dans Tharmonie et dans la convergence de chacun de ces termes vers le 

Tome XL — Troisieme serie. Q 



98 L'UMON M&DICALE. 



resultat qui est le but du concours, c'est-a-dire, selon 1'energique expression de 
Dupuytren, « le triomphe de la force sur la faiblesse, » c'est, disons-nous, dans 
l'homogeneite et la concordance de ces conditions qu'il faut chercher les garantics 
du succes de la justice et de la verite. 

Nous reviendrons avec soin sur ce sujet, qui nous parait d'une supreme impor- 
tance pour nos ecoles, c'est-a-dire pour renseignement ; mais nous supplions 
d'avance notre chere Faculte parisienne de ne voir nf desir d'attaque, ni intention 
d'hostilite dans les remarques que pourra nous suggerer son projet de reglementation 
du concours. Ce projet, telqu'il est sorti du sein de la commission, nous parait non- 
seulement incomplet et insuffisant, mais encore dangereux pour le principe d-u 
concours, perilleux surtout pour la Faculte. M. Gavarret, dont Tesprit eleve est 
ouvert a toute idee grande et genereuse, nous parait ne pas s'etre suffisamment 
soustrait a l'i'nfluence du milieu un peu renferme, un peu claustrai, dans lequel la 
Faculte a le tort de vivre. Ce projet de M. Gavarret accuse de plus en plus cette 
tendance facheuse; ce qui manque a la Faculte, c'est precisement l'expansion, l'ir- 
radiation. 

II y a dans les m<Burs modernes un courant irresistible vers la vie generale et 
commune par la publicite des actes, qu'il est imprudent de meconnaitre ou de bra- 
ver. Malheur aux institutions de tout genre qui veulent vivre comme dans un sanc- 
tuaire, un cenacle ou un temple, a 1'abri des regards indiscretsl 

Nous developperons ces idees a Toccasion de l'examen que nous nous proposons 
de faire prochainement du projet de M. Gavarret. A. L. 

■ ■ ■ ' ■ '• " • * 

HYGIENE PUBLiaUE 

DE ^AGGLOMERATION DES VABIOLEUX; 

Note lue a la Societ6 medicale des h6pitaux, dans la seance du vendredi 25 novcmbre 1870, 

Par le docteur E. Hervieux , m^decin de la Maternite. 

C'est avec une veritable douleur que je vois depuis quelques semaines monter 
comme un flot envahissant le chiffre des deces determines par la variole. Ce n'etait 
pas assez pour nous de sentir attachee a notre flanc la lepre prussienne, il faut 
encore qu'a cet horrible fleau s'ajoute la lepre variolique. Je deplore d'autant plus 
amerement les ravages exerces par la variole a Tinterieur de Paris, que je vo4s dans 
leur progression croissante un obstacle possible au succes de la defense nationale. 
La garde mobile et les troupes regulieres payant un tribut de plus en plus large a 
la maladie qui nous decime, on concoit qu'il puisse arriver un moment ou notre 
effectif se trouve amoindri dans de'telles proportions que la lutte ccsse d'etre 
serieuse et effidace. Et quandbien meme le chiffre de nos forces militaires ne serait 
pas sensiblement diminue, on concoit encore qu'un profond decouragement puisse 
s'en suivre et que la population consternee par ces coups redoubles de la mauvaise 
fortune aspire au denouement, quel qu'il soit, du drame sanglant dont le dernier 
acte se passe en ce moment sous les murs de Paris. 

On a deja tente, l'annee derniere, d'arreter par des re vaccinations la marche de 
l'epidemie. On renouvelle aujourd'hui ces tentatives en soumettant toute la garde 
mobile a Tapplication d'une mesure aussi sage que prevoyante. J'applaudis de toutes 
mes forces a ces louables efforts. Mais je ne vous dissimulerai pas, Messieurs, que 
je considere cette digue opposee auxprogres du fleau variolique comme etant a tres- 
peu de chose pres impuissante, si notre Societe ne prend pas initiative d'une 
modification profonde a apporter dans Installation actuelle des varioleux qui 
ressortissent a Tadmini station de TAssistance puWique. 

Cette installation me parait proton dement defectueuse en ce sen3 qu'elle presente 
tous les dangers de Tagglorperation sans avoir en realite lesavantages de Fisolement. 

11 est un principe qui a ete souvent affirme dans cette enceinte, aussi bieri par les 
membres de la Societe de chirurgie que par mes honores coliegues ici presents, je 
veux parler de l'aggravation considerable qu'entrainent dans le chiffre de la morla- 
lite les grandes agglomerations de malades dans les hopilaux. Mais cc principe 
n'est jamais aussi indiscutable que quand il s'agit de maladies aigues, ct speciale- 
ment de maladies infectio-contagieuses. Quelle est, dans le cadre nosologique, 
1'individualite morbide qui presente a un plus haut degre que la variole le carac- 



J 



L'UNION MfiDlCALE. 99 



i 



tere infectio-contagieux? Accuniuler les varioleux dans une localite determinee, 
e'est done violer Tun des principes les plus elementaires de l'hygiene hospitaliere, 
e'est creer une agglomeration dangereuse an premier chef, e'est grossir le chiffre de 
la mortalite fournie par la variole, e'est etablir un foyer d'ou s'echapperont iiices- 
samment dans toutes les directions des irradiations contagieuses. 

Mais, dira-t-on, ces agglomerations de varioleux ont precisement pour but, en 
isolant les malades, de prevenir des propagations funestes. 

Permettez-moi d'abord, Messieurs, d'insister sur le danger de ces agglomerations 
considerables en elles-memes et independamment de la population au centre de. 
laquelle elles sont placees; puis je rechercherai si le butqu'elles se proposent, 
e'est-a-dire l'isolement des malades, est reellement atteint. 

II ne faut pas avoir dirigc longtemps un service specialement affecte a une espece 
quelconque de maladies infectio-contagieuses pour savoir que la reunion d'un 
nombre, meme reiativement assez restreint de sujets atteints de cette maladie, 
expose ces derniers aux consequences les plus redoutables que puisse comporter le 
mal dont il s'agit. 

Tel sujet qui, afiYanchi de tout rapport avec les malades de son espece, n'eut 
presente que des accidents de la nature laplusbenigne, nous offrira dans un milieu 
dejainfecte les manifestations les plus graves. II eutgueri la-bas, ilsuccombera ici. 
De plus e'est chez les malades ainsi agglomeres que se produisent avec le plus de fre- 
quence et d'intensite certaines formes incontestablementtres-rareschez les malades 
places en dehors de ces conditions. Enfin la marche de la maladie infectio-conta- 
gieuse presente souvent une rapidite proportionnelle au degre de J 'agglomeration, 
(/est ainsi que Ton voit, au fur et a mesure que l'epidemie s'exaspere non seulement 
par le nombre, mais par la gravite croissante des cas, la mort arriver au bout de 
neuf, huit, sept et six jours, parfois meme au bout de quarante-huit heures ou de 
vingt-quatre heures seulement. De ces morts rapides a la mort subite, on concoit 
aisement qu'il n'y ait qu'un pas. J'explique la plupart de ces morts foudroyantes 
par une exaltation demesuree des proprietes du principe toxique. Or, cette exaltation 
elle-meme resulte d'une accumulation des doses de poison absorbees, accumulation 
facilement explicable par la fusion des atmospheres miasmatiques propre a chaque 
malade. 

Ces donnees generates s'appliquent de tout point aux agglomerations des vario- 
leux. Plus ces agglomerations dans un meme lieu sont considerables, plus les 
formes que revet la maladie sont effrayantes de gravite. Vous en avez eu la preuve 
par la predominance dans cette epidemie des formes hemorrhagique, typhoide, 
ataxique, etc., e'est-a-dire des manifestations les plus malignes et les plus insi- 
dieuses de Tintoxication variolique. Jamais aussi, depuis bien longtemps, on n'avait 
eu a constater chiez les varioleux un si grand nombre de morts subites. L'influence 
desastreuse de Tagglomeration s'est done traduite par une aggravation, non-seule- 
ment dans la mortalite des malades, mais dans les allures et les expressions diverses 
de Texantheme varioleux. 

Pour metlre la preuve a cote de l'affirmation , j'ai joint a ce travail un tableau de 
la mortalite des varioleux dans les hopitaux de Paris, depuis le l' er Janvier 1870 
jusqu'au l er novembre dernier. Voici ce tableau : 

MORTALITE DES VARIOLEUX DANS LES HOPITAUX DE PARIS 

Du l <r Janvier au 31 octobre 1870. 

Malades Cas Proport. des Proportion 

Total. cas interienrs D£cMes. desdecfes 
rerii'^. interienrs. p. 100. p. 100. 

Du 1" jauvier au 31 mars. 1,781 251 2,032 12,3 291. 14 

Du l cr au 30 avril 981 79 1,060 7,4 134 17 

Du 1" au 31 moi 1,380 81 1,461 5,5 260 17,11 

Du 1" au 30 juio 1,599 116 1,715 6,7 288 16,7 

Du 1" au 31 juillet .... 1,355 108 1,463 7,3 338 23,3 

Dn l cr au 31 aout 1,025 68 1,093 6,1 228 20,8 

Du l cr an 30 seplembre. . 875 78 953 8,1 202 21,1 

Du 1" au 31 oclobre . . . 1,719 151 1,870 8,0 382 20,4 

Un premier point qui ressort clairement de Texamen de ce tableau statistique, 
e'est que non-seulement le chiflre absolu des deces n'a cesse de grandir, apart 



100 L'UNION MfiDICALE. 



quelques oscillations, depuis la fin de 1'annee derniere jusqu'a ce jour, mais encore 
la proportion de la mortalite pour cent a suivi une progression constamment crois- 
sante. Pendant les trois premiers mois'de cette annee nous voyons cette proportion 
atteindre 14 pour 100, en avril et mai s'elever jusqu a 17, et en juillet depasser 23. 
A dater de cette epoque, pendant le mois d'aout, de septembre et d'octobre, elle 
excecle constamment le chiffre de 20, chiffre navrant et qui arrive a la hauteur d'une 
calamite publique. Qu'on ne vienne pas ici invoquer l'arrivee dans nos murs de la 
garde mobile et des populations sub-urbaines. C'est au mois de juillet, c'est-a-dire 
a une epoque ou la guerre n'etaitpas encore declaree, que le chiffre de 23 pour 100 
se produit avec sa desolante signification. 

Ce tableau nous prouve encore que la concentration des varioieux dans les salles 
speciales n'affranchit nullement les autres salles de la manifestation des cas inte- 
rieurs. Loin de la; nous voyons la proportion pour cent de ces cas qui, au mois de 
mai, n^tait que de 5,5, monter en juillet a 7,3, et dans les mois de septembre et 
d'octobre a 8 pour 100. 

Ce n*est done pas moi, Messieurs, ce sont les chiffres consignes dans ce tableau 
qui font le proces a l'agglomeration des varioieux. Retournez ces chiffces corame 
vous voudrez, je vous mets au defi d'en rien * faire sortir qui ne prouve rinfluenee 
desastreuse de ces agglomerations sur la proportion toujours croissante de la morta- 
lite (fens cette redoutable maladie. 

Mais, objeetera-t-on, ne vaut-il pas mieux, dans ces sortes d'incendies epide- 
miques, faire la part du feu, et, au prix de quelques sacrifices, sauvegarder le reste 
de la population contre les atteintes du fleau? Ah ! sans doute, si toutes ees victimes 
de Tagglomeration formaient, en s'entassant, une barriere qui empechat de nou- 
veaux desastres, si ces holocaustes offerts au monstre variolique assouvissaient sa 
rage; mais, j^ai le regret de le dire, le pretendu isolement des varioieux est un leurre, 
au moins tel qu'il a ete pratique jusqu'a ce jour, et rien, absolument rien, n'em- 
peche une irradiation perpetuelle des foyers infectieux qui ont ete cr$es vers la 
masse du public parisien. A une certaine epoque quelques membres de cette Societe 
se sont plaints de la penetration trop facile des personnes du dehors dans les salles 
de varioieux. J'ignore si cet abus contre iequel on s'est eleve avec juste raison a ete 
reprime. Mais je crains bien que, si une mesure a ete prise, elle n'ait pas ete rigou- 
reusemertt appliquee. La contagion par ces rapports directs des personnes saiftes avec 
les malades est un fait trop bien etabli pour qu'il soit necessaire d'y insister. Done 
il y a eu la et il y a probablement encore une cause presque incessante de propa- 
gation, 

Ce n'est pas tout. Da»s les h6pitaux ou des salles speciales ont ete affectees aux 
varioieux, le personnel de ces salles n'est pas, que je sache, prive de toute espece 
de relations avec le reste de la mai son. Ces salles ne sont pas murees; elles ne 
forment pas un hopital distinel, separe, independant, ayant sa lingerie, sa^buan- 
derie, ses lieux d'aisance, son amphitheatre a lui. Tout est commun. Done 1'isole- 
ment n'existe pas, et tant que vous n'aurez pas etabli la sequestration avec. une 
severite inexorable, je nie cette sequestration et tous les avantages que vous en 
esperez. . 

Je vais plus loin et je dis : quand bien meme vous auriez instaile vos malades 
comme dans un camp retranche avec une triple ligne de circonvallation, le cordon 
sanitaire etabli autour die la place ne sera jamais tellement rigoureux qu'il ne s'y 
fasse journellement un va et vient continuel, ne fut-ce que pour lesbesoins du ser- 
vice. Tousces intermediaires servirontdevehiculeauprincipe toxique, et (in suppo- 
sant meme que vous n'admettiez pas la contagion par les tiers, il faudra bie6 Jaisser 
passer les malades eux-memes, ne fut-ce que pour les renvoyer chez eux apres la 
guerison. Or, je considere comme une verite parifritement demontree, ce fait signale 
par les anciens pathologistes que la variole est eminemment contagieuse pendant 
la convalescence. A cette Veriode en effet il s'etablit souvent des secretions abon- 
dantes soit par la peau, soit par diverses muqueuses (sueuFS, fluxdiarrheique, abces 
sous-cutanes, etc.) secretions que je considere comme autant d'agents eliminateurs 
de la matiere mprblfique. De quelque facon que Ton s'y prenne, l'isolement reel et 
complet des varioleu* est done chose impraticable. 

Si desirable qu'il puisse etre en theorie, le mieux est, pratiquement parlarit, d'y 
renoncer et de revenir a la dissemination qui nous epargnera toutes les graves con- 
sequences de Tagglomeration. 

On ne manquera pas de renouveler cette objection tant de fois reproduite que la 



L'lBNION MfiDICALE. 101 



dissemination active la propagation de la variole, que dans les hSpitaux elle expose 
tous les autres malades a contracter cette maladie. L'objectibn est plus specieuse 
qu'elle n'a de fondement. Oui, sans doute, la dissemination a quelques iticonve* 
nients indiscutables. Mais entre deux maux il faut choisir le moindre. Or, l'agglo- 
meration donne a toute epidemie variolique tine impulsion formidable. En Levant 
l'activite du poison morbide a sa plus haute puissance, elle rend sa transmission 
plus sure et plus'inevitable* Cette transmission acquiert meme un tel degre d'ener* 
gie, qu'elle ne connait plus d'obstacle, elle se joue des vaccinations et des revacci- 
nations, et il n'est pas jusqu'aux varioles anlerieures dont le pouvoir preservateur 
ne s'incline devant cette force aveugle, insensee, si je puis ainsi dire, qui frappe 
indistinctement tous les ages et toutes les constitutions. Vires acquirit eundo : 

La dissemination au contraire, en eparpillant sur un perimetre immense toute 
Fenergie du fleau, l'attenue, le paralyse et le reduit a neant. Sans nul doute il y a 
encore la une propagation inevitable, mais qui va s'amoindrissant de jour en jour, 
parce que les cas particuliers, ne ptiisant plus dans tin foyer central d'iinfefction un 
element nouveau d'intensite, vorit s'amoindrissant sans cesse, et flnissent mkne 
par perdre toute puissance propagatrice. 

Je prevois une derniere objection. En aout 1864, la Societe des hopitaux, en 
adoptant les conclusions du rapport de M. VidaL, a proclame la necessite die l'isole- 
ment. La Societe ne peut se dejuger. Cet argument me touche peu; car.il n'est pas 
d'Assemblee deliberante qui- ne soit frequemment obligee de revemir sur ses deci- 
sions anterieures, et peut-etre qu'en cherchant bien on reconnai trait que ootre 
Societe ne fait pas exception a la regie generate. D'ailleurs, il ne s'agitpas ici d'une 
question d'amour-propre, mais d'une question a la solution de laquelle sont inte- 
ressees des milliers d'existences. D'ailleurs, encore, la Societe des hopitaux ne s'est 
proftoncee que sur la question de l'isolement, que j'approuve en principe, mais que 
je considere comme impraticable dans Implication. Je dirai plus : la Society fe'egt 
montree, dans la discussion du rapport comme dans l'adoption des conclusions, 
hostile a l'agglomeration des varioleux ; et en voici la preuve : 

Dans sa troisieme conclusion, M . Vidal s'exprime ainsi : La crdation d'trn kdpital 
special riest pas necessaire et pourrait avoir des inconvenients, Dans la (Juatrieriie 
conclusion il est dit que la construction dans chaque hopit^l d'un pavilion isole, 
avec service particulier et independant, compose de jhambrfis de deup a quatre lii$ 
pour la variole, de quatre a six pour la varioloide s permettrait deseparer les vari4>- 
leux et de les traiter dans des conditions favorables a la guerison. ' ■ , 

Ces conclusions proposees par M. Vidal et adoptees par notre Societe, ne sont- 
elles pas, je le demande, la condamnafion du systeme qui consiste k agglomfrer 
les varioleux dans des salles speciaies, et fals-je autre chose en combattant ce sys- 
teme que de vous demander la mise en pratique des principes que vous avez poses. 

Le nombre considerable de varioleux que nous avons a traiter s'oppose a ce que 
Ton puisse placer seulement ces malades dans des chambres de deux a quatre Ifts, 
lesquelles n'existent pas ou qu'en tres-petit nombre dans les hopitaux de Paris. 
Aussi viens-je vous proposer de renoncer completement a ce semblant d'isolement 
et de pratiquer resolument la dissemination des varioleux dans tous les hflpitaux 
generaux. 

Si la Societe prend l'initiative de cette mesure, pu plutot si elle rie siiggree la 
pensee a notre nouvelle administration de l'Assistance publique, je rie doute pas 
qu'en supprimant les vastes foyers infectieux crees non-seuiement dans les divers 
hopitaux generaux, mais encore dans certains etablissements, tels que 1'hospice de 
Bicetre, on ne reussisse bientot, a ralentir d'abord l'extension toujours croissante 
du fleau variolique, puis a le reduire aux proportions restreintes qu'ilpresenteeit 
temps normal dans une ville comme Paris. : 

Si ma proposition est repoussee, j'ai la conviction qge ni les vaccinations, ni les 
revaccinations, ni.les moyens de purification les plus energiques mis en usage pour 
1'assainissement des salles de varioleux n'aboutiront a aucun resultat satisfeisant 
Vous vous epuiserez en efforts impuissants contre l'ennemi que vous a»vez largement 
install© et comme a plaisir dans chaque hopital ; l'epidemie poursuivra sa march* 
affligeante, et qui sait, peut-etre en viendrez-vous , comme certains medecins d'une 
graride ville de province ou regnait il y a quelques annees une epidemie meurtrierft 
de variole, a nier les bienfaits de la vaccine. » . .. 

Mais non, je ne puis admettre que mes paroles ne trouvent pas d'6cho dans cette 



102 L'UNiON MfiDlCALE. 



assemblee et que les hommes qui ont pose en principe le danger des grandes agglo- 
merations pour toutes les maladies aigues, et notamment pour les maladies infectio- 
contagieuses, desertent ce principe. Quand il s'agit de la variole, c'est-a-dire de la 
maladie la plus souverainement infectieuse, la plus surement contagieuse que ren- 
ferme le cadre nosologique. 

Quoiqu'il arrive, j'aurai donne satisfaction au cri de ma conscience, j'aurai rempli 
ce que je crois etre un devoir. 

ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



ACADEMIE DES SCIENCES 

Seance du 27 fevrier 1871. — Presidence de M. Fate, vice-president. 

♦ 

Seance bien remplie et en grande paitie consacreo a Thygiene publiquc. 

M. Netter, m&iecin en chef de rh6pital mililaire de Rennes, envoie une note, bonne a (aire 
connailre, sur les experiences qui ont ete faites recemment pour combatlre la pourrilure 
d'h6pital avec du camphre en poudre applique en abondance sur la plaie. Dans son service et 
dans celui de M. Aubry, chirurgien en chef, on avait vainement combattu la pourriture d'ho- 
pital par les moyens usit£s : perchlorure de fer, alcool phenique, etc., le mal gagnait toujours. 
Le camphre en poudre fut appliqu6 trfcs-abondamment, et, en quarante-huit heures, la pour- 
riture d'hdpital disparut. Trois sujets furent ainsi traites et M. Netter obtint trois succfcs. 

Un correspondant demande a F Academic de vouloir bien preoiser les moyens auxquels il faut 
avoir recours pour debarrasser de leurs germes miasmatiques les appartements dans lesquels 
on a soigne des Yarioleux. La question, tres-importante, surtout en ce moment, merite Inat- 
tention. 

M. le President : Je prierai MM. Laugier, Nelaton, Bussy et Payen de vouloir bien rediger 
a cet egard une instruction que nous entendrions lire avec plaisir dans la prochaine seance. 

M. le Secretaire perpetuel : Ce sera d'autanl plus facile a la commission, que deja 
TAssistance publique s'est preoccupee du meme sujet. 

M, Ch. Tellier adrcsse des observations sur les inconv^nients que presente le soufflage des 
animaux de boucherie pendant T6t£. On sait qu'en hiver c'est un proced6 courant que de 
souffler les animaux pour faciliter le depouillement. En eUe , les bouchers y renoncent , parce 
que la viande des animaux ainsi trails s'altfere beaucoup plus vite. C'esl qn'en efTet, le souf- 
flage inlroduit avec l'air une grande quantity de germes fermenlescibles. Aussi M. Tellier 
recommande-t-il avec raison, et ce serait facile, d'etablir dans les abattoirs des appareils ne 
projetant que de Fair pur et d6barrass6 de spores ; on pourrait dfcs lors continuer Pope ration 
du soufflage., 6te* comme hiver. 

. M. . Alfred Durand-Claye, ing6nieur des ponls et chausse*es, auquel on doit, avec M. i'in- 
g6nieur en chef Mille, les belles experiences ^utilisation des eaux cTegout, dans la, plaine de 
Genevilliers, envoie une tres-interessante note sur Tassainissement municipal de Paris, pen- 
dant le siege. C'est un travail qui doit figurer parmi les documents relatifs au siege de Paris, 
il appartient a Thisloire, et, a ce titre, il a sa place marquee ici. 

Le service de Fassainissement municipal de Paris dut force*ment subir de notables modifi- 
cations dans son fonctionnement par suite de Finvestissement et du sieg© de la capitate. La 
nanlieue e* tant. occup^e par Fennenii dans un rayon tres-voisin de Fenceinte, toutes les opera- 
tions qui s'accomplissent hors de la ville proprement dile ccsserent pour la plupart d'etre pos- 
sibles; et, cependant, les exigences de la salubrite etaienl plus grandes que jamais en pre- 
sence d'une population de deux millions d'habitanls, dont un grand ncmbre de r6fugies, en 
presence des maladies nombreuses qui, a la fin du siege, devaient elever la mortalile a 5,000 
deoes par semaine. 

Les detritus, dont la promple disparition assure seule la salubrite de la cite*, sont les 
vidanges, les eaux dugout, les ordures m6nageres. 

En temps normal, les vidanges, extraites presque toutes par pompes et tonneaux, sont 
transporters au depotoir municipal de la Villetle, cFou elles sont refoulGes par machines a la 
voirie deBondy pour 6tre lransforme*es partiellement en poudrctle et en sulfate d'ammoniaque ; 
les eaux-vannes non utilisees redescendent par une conduite spe*ciale dans TCgout colleclenr 
departemental qui les conduit dans la Seine a Saint-Denis. 

Les eaux d'egout, reunies de proche en proche par les galeries souterraines, finissent par 
de*boucher en Seine par deux collecteurs, celui de Glichy et celui de Saint-Denis. 

Les ordures menageres, aprfcs avoir et6 de'posees dans la soiree le long des trottoirs et avoir 
6te* ex ploit^es pendant la nuit par 9,000 chiflonniers, sont enlevees par des tombereaux dans 
la matinee et transporters dans la baniieue oil elles se transforment par exposition a Fair eo 
un engrais nomme* « gadoue. » 

Pendant le siege, ces operations normales furent modifiees de la maniere suivante : 

Le village et la for6t de Bondy setrouverent d&s les premiers moments d'investissement sur 



L'UNION MfiDlCALE. 103 



la limi I e extreme des avant-postes. II devint absolument impossible de con (inner le service 
habiluel du depotoir de la Villette avec refoulement jusqu'a la voirieNle Bondy. Une coupure 
fut pratiquee sur la conduite de reloulement aux environs de Pantin ; puis on elablit une 
communication directe entre cette conduile el le canal de retour tres-voisin par lequel les 
eaux-vannes redescendent habiluellement de Bondy vers le collectevir departmental de Saint- 
Denis. Les machines du depotoir continuerent a fonctionner, refoulant simplement jusqu'a la 
coupure et accusant une diminution de plus de moitie" sur la pression qu'elles ont habituelle- 
ment a supporter. Les malieres descendaicnt ainsi directement dansle collecteur departemental, 
sans qu'aucun inconvenient ait <He signale dans cette solution si simple. 

Quant au service al'interieur de la ville, ils se fit presque constamment suivant les process 
habituels. Les tonneaux venaient toujours se deverser au depotoir ; senlement on ne poussait 
pas la vidange a fond, se conlentant d'enlever daus les alleges les parties suffisamment fluides. 
Les autres malieres furcnt r&ervees pour le relablissement du service normal et de la naviga- 
tion sur le canal de l'Ourcq. C'est en eiret par ce canal qu'en temps ordinaire elles sont trans- 
porters du d6potoir a la voirie. Quant aux solides des systemes diviseurs, ils claient d'abord 
accumule's sur un terrain voisin du depotoir et livres, apres quelques jours de tassage, a la 
compagnie Lesage, a son depot de la Villelte. 

Vers la fin du siege, les requisitions de chcvaux pour ralimentation elan t dcvenues d'absolue 
n6cessite\ une parlie des tonneaux durent arreler leur service, et le coulagc a PegouL fut pra- 
tique* quelquefois pour des maisons munies de branchements parliculiers ou tres-voisins de 
bouches d'egout. 

L'ensemble du service dprouva, du resle, pendant toute cette operation, une reduction 
notable sur son importance normale; les^proprietaires et radministralion ne pratiquaient les 
operations qu'en cas d'urgence et de necessite bien evidcntes. Cest ainsi que le cube moyen 
apporte* chaque jour au depotoir descendit de la moitie environ de sa valeur ordinaire, soit a 
700 metres ou 800 metres cubes. 

Le service des egoutsdaus Paris et leur entrelien se continuerent suivanl les procedes habi- 
tuels. Seulement le cube d'eau, verse aux egouts, fut extrfimementreduit, la distribution jour- 
naliere des eaux publiqties etant descendue de 267,000 metres cubes (juin) a 100,000 metres 
cubes (decembre) et 80,000 metres cubes (Janvier) par suite de la coupure par l'ennemi du 
.canal de l'Ourcq et de 1'aqueduc de la Dhuis. Les lavages qnotidiens des ruisseaux furent en 
outre a peu pres cornpletement laisses de cote par suite de l'insuffisancc d'eau et de Pabsence 
du personnel presque uniquement compose* d'ouvriers prussiens. 

Le cube deverse en Seine a Clichy et a Saint-Denis se trouva ainsi considerablement re*duit. 
Les eaux du collecteur de Saint-Denis, quoiquc chargees directement des malieres du depo- 
toir, ne prtfsenterent pas de difference tranche sur leur ancienne infection, alors qu'elles 
recevaient les eaux-vannes de Bondy. 

Aux deux t&les des collecteurs, des especes de masques en terre et en charpenle furent 
installcs durant toute la dur£e du siege, par la crainte quelque peu chimerique d'ouvrir par 
les galeries un acces aux ennemis pour p^netrer dans la capitale. 

Le service d'epuration et d'utilisalion des eaux d'egout dans la plainc de Genoevilliers fut 
forcement suspendu, le pont de Clichy ayant saute le 20 septembre, par ordre de l'autorite 
militaire; les conduites de refoulement des eaux se trouverent ainsi temporaiment couples. 

Le transport des ordures mSnageres dans la banlieue de Paris dut etre cornpletement aban- 
donne. De plus, les inconve*nientsdu sejonr des ordures sur la voie publique pendant la soiree, 
la nuit et la matinee frapperent l'adminislration municipale. Par deux arreles du 11 sep- 
tembre, rendus, Tun par le Gouvernement de la defense nationalc, l'autre par le maire de 
Paris, l'article l cr de Tordonnance de police du l cr septembre 1853 fut rapporte; le depot 
direct des ordures menagercs dans les rues fut fonnellenient inlerdit; eljes durent etre ren- 
fermees dans des seaux ou autres recipients qui ne purent etre deposes' dans les rues avant 
cinq heures et demie du matin. Les tombereaux d'ebouage circulerent dans la matinee; leur 
approclie fut signalee par le son d'une clochettc; les rctardataires purent ainsi apporler h 
Tinslant meme du passage les detritus qui furent charges avec ceux que Ton avait deja verses 
a Tavance. Les tombereaux pleins etaient dirig6s sur vingt d6pdts situes dans les terrains 
vagues des arrondissemenls voisins de 1'enceinte. Toutes ces operations s'executerent tres-bien; 
la proprete des rues fut satisfaisanle, malgre* la reduction du personnel. Les depots publics 
n'oflfrirent aucun inconvenient, les malieres e*tant rapidement transformers en une sorte de 
de terre brunatre. 

Onle voit, conclut M. l'ingenieur Durand-Claye, l'assainissement municipal put fitre pour- 
suivi d'une maniere Ires-satisfaisanle, malgre la situation anormaie creec par 1'investissement. 
On peut meme considerer comme un progres evident, impos6'a l'administratioh par les cir- 
constauces, la suppression dii service de Bondy et Tinterdiclion du depot des ordures sur 
la voie publique. Le controleur du depotoir municipal, Thonorable M. Daval, a affinne a 
M. Durand-Claye, que la projection des malieres du depotoir dans le collecteur departemental, 
n'avait produit aucune trace d'inconvdnient et qu\iucune piainte n'avait cle clcvee. 

II semble done demontre, ainsi que l'avait affirme M. Tinspecleur general Bclgrand, que 
cetle projection peut rcmplacer le refoulement a Bondy, et Pinfecte exploitation de la voiiie 
n'aplusdc raison d'etre, des 1'instant ou le collecteur departemental csssra de tomber en 
Seine, et sera rjuni a celui de Clichy pour traverser la plaine de Gonevilliers. Quant aax 



104 L'UNION MfiDICALE. 



ordures menageres, il faut esperer, ajoute en terminant M. Alfred Durand-Claye, que les 
administrations futures laisseront subsister les excellents arrfttes du 11 septembre dernier et 
qu'on ne verra plus ees amas immondes de choses sans nom, qui etaient eparpill6s chaque 
soir par le crochet des chiffonniers, sur nos rues les plus frequenters. 

M. Dumas : Il a fallu certainement un concours de circonstances toutes speciales pour faire 
adopter a Paris l'enievement immediat des ordures menageres selon le procede usite deja a 
Lyon et autres grandes villes de France. Pendant quinze ans, nous n'avons pas cessd de tenter 
sa realisation, et toujours la Ville avait echoue par suite de resistances de diverse nature. On 
concoit tout l'inconvenient des anciennes pratiques. Les ordures depos6es sur la voie publique 
et 6parpillees par les chiffonniers constituaient autant de foyers d'infection miasmalique et 
Pair des rues en lechant les detritus emportait les gernies malsains dans toutes les directions. 
On a realise ainsi, comme le dit tres-bien M. Durand-Claye, un grand progres pour Thygiene 
publique. 

J*ai a mentionner encore parmi la correspondance une lettre de M. Fua, qui concerne aussi 
a un autre point de vue Thygiene generale et qui traite d'un sujet d'une veritable gravite. II 
s'agit de savoir s'il y a danger pour rhomme a manger des animaux de boucherie atteints de 
la peste bovine. 

Or, de la discussion qui s'est elevee a ce sujet au sein de la Societe d'agriculture, il resulte 
qtie la maladie n'est nullement transmissible a Thomme. Les faits constates en 1814 et des 
experiences entreprises par des veterinaires sur eux-memes demontrent peremptoirement que 
la viande de l'animal atteint de typhus n'est pas malsaine. 

A ce propos, ajoute M. le Secretaire perpetuel, il est toujours bon de faire remarquer qu'il 
y a avantage a introduce dans 1 alimentation les viandes bien cuiles, celles dont on atu£ par la 
temperature toute trace de germes. 

Ainsi on conserve les viandes en ce moment par trois procedes distincts : le procede d'Ap- 
pert, la dessiccation par le procede Ozouf , et la salaison a l'aide du nitre et du sel. Cette der- 
nifcre methode , qui donne d'excellents resultats, paralt devoir etre reservee pour les animaux 
qu'on ne saurait soupconner d'aucune affection. 

M. Bouley : La discussion soulevee est , en effet, tres-grave, et je demande la permission, 
avant d'y insister tout specialement dans une prochaine seance , d'arreter quelques instants 
sur elle l'attention de 1' Academic 

En ce moment mSme la peste bovine fait d'enormes ravages eh Bretagne, en Normandie, 
dans la Sarthe, la Marne, le Berri, etc. 

Nous ne sommes plus sous un regime ou il faille cacher les mauvaises nouvelles ; il faut que 
la nation francaise soit assez virile pour savoir tout entendre; eh bien, la peste bovine, en 
s'abattant sur nos troupeaux, ne sera certainement pas un des moindres maux que nous aura 
occasionnes cette desastreuse guerre de 1870 ; elle nous coutera bien des millions. 

Quelques troupeaux introduits a Paris sont eux-memes atteints de la maladie; mais, Mtons- 
nous de le dire, la viande des animaux malades de la peste est sans danger pour le consom- 
mateur. Le fait est absolument hors de doute ; il y aurait meme innocuite a manger de la 
viande d'animaux charbonneux, bien que le charbon soit parfaitement transmissible a l'espfcce 
humaine. Pendant le siege de Strasbourg, en 1814 , la garnison n'a mange que des animaux 
atteints de la peste bovine, et sans qu'il en soit resulte aucun inconvenient pour la sante 
publique. Encore une fois la question est, sous ce rapport, parfaitement tranchee. 

A Paris, le stock de La Villelte etait atteint par la peste. On a mange de ces viandes qui ont 
paru excellentes. La provision est, du reste, sur le point d'etre epuisee, elle le sera demain. 
Son innocuite a ete complete cette fois comme toujours. Ce n'est pas au point de vue de Fali- 
mentation qu'il y a lieu de se preoccuper du typhus des betes a cornes, mais au point de vue 
de l'enorme mortalite qu'il engendre dans les troupeaux. C'est une mine pour les pays envahis. 

Depuis les Huns, chaque fois que l'invasion s'est produite de Toucst a Test, la peste est 
subitement apparue dans les contrees ravagees. Et le fait est facile a comprendre. L'approvi- 
sionnement de TAllemagne comme de la Russie se fait parmi les troupeaux des vastes steppes 
de la Russie et de I'Asie. Or, il existe dans TEurope orientale un foyer permanent d'infection ; 
la maladie y est endemique; aussi chaque troupeau transporte devient-il lui-meme un foyer 
actif de propagation. Le mal se developpe sur son passage avec une incroyable energie. Jamais 
la France, quand elle a envahi Test de l'Europeou le sud, n'aapporte avec elle un pareil fleaa. 
Nos troupeaux ne portent pas avec eux le germe de Tinfection. 

Les mesures sanitaires prises par l'administration francaise ont toujours defendu avec succes 
nos animaux contre Tenvahissement de la peste. En 1866, nous avons pu eviter le mal, alors 
que nos voisins voyaient leurs troupeaux declines. Mais aujourd'huila porte est grande ouverte 
au fieau que i'ennemi tralne avec lui. 

II serait urgent que les prefets prissent des mesures energiques pour opposer leplus d'obs- 
tacle possible a la propagation du mal. Il faut eclairer les populations au plus vite et faire en 
sorte que nos cultivateurs n'ignorenl pas que le nouveau fieau qui nous frappe n'est pas un 
des moindres dont le pays ait a redouter les ruineuses atleinles. 

Pour le bien de ma patrie, je n'hesite pas a metlre la plaie a vif el a exprimer toute nia 
pensee : Theure est venue de tout dire en face , et il ne faut pas cacher la verite sous le vain 
pretexte d'eviter de semer la crainte parmi les populations. Je reviendrai bient6t sur ce sujet, 
quand les renseignements que j'attends me seront parvenus. 



L'UNION MfiDlCALE. 105 



Nous ne pouvons nous empecher de rappeler, npres ces paroles de M. Bouley, celles que 
pronon$ait M. Dumas pendant le siege, en recornmanclant les proc&les de conservation des 
viandes. « Les maux caused par la guerre ne finissent pas avec la guerre. L'Europe aura a 
a compter avec une large destruction de bewail causae par la secheresse et le manque de four- 
rages, par Falirnentation destructive des armees en campagne et par la peste bovine que Tar** 
mee prussienne r6pand dans les contrces qu'ellcoccupe; un procfede qui permettrait le trans~ 
port a hon marche et sur une grande echelle des viandes de I'ArncYique ou de l'Australie en 
Europe trouverait probablement dans cet ensemble de circonstances cruelles une occasion 
decisive de temoigner de son efficacite. » On ne pouvait inieux prcvoir et dire plus juste. U 
serait bon de se preoccuper desaujourd'hui du transport des viandes australiennes quiappor- 
teraieat un appoint precieux a la cousoinmalioo. 

M. le docteur Decaisne lit une interessante note sur Ja sante pubiique pendant le siege de 
Paris. 11 cherche a decouvrir les causes de reffrayante mortalite qui a frapp£ la population 
assieg^e, surtout pendant les trois derniers mois, en etudiant les six maladies types les plus 
communes : la variole, la fievre typhoiide, la bronchite, la pneumonie, la diarrhee et la dysen- 
teric* 

Parmi les causes de la recrudescence si marquee' de la variole, a partir des premieres 
semaines du siege, M. Decaisne signale particulierement le sejour des mobiles de province 
chez Inhabitant. Apres avoir, con trade la maladie, ils ont naturellement du contribuer a la 
repandre ensuite dans la population civile et dans Tarmee. i 

Le chiffre 6norme des cas de mort par la fievre typho'ide s'explique, d'apres I'auteur, par 
une particularity biexi connue. La fievre typhoide atteint de preference les jeunes gens nou- 
vellement arrives a Paris, mai log6s, mal nourris, soumis a des fatigues excessives et a la nos- 
talgie. 

Pour la bronchite et la pneumonie, qui ont fait aussi tant de victiuaes, il faudrait en rejeter 
la cause sur la rigueur de Thiver, r alimentation insuffisante, et, par suite, Tanemie, le refroi- 
dissement de tout l'organisme et sa moindre resistance aux influences exlerieures. On peut 
attribuer une origine analogue aux deces causes par la diarrhee : alimentation insuffisante ; 
aliments avartes ou mal prepares ; froid humide, et, dans les derniers temps, le pain ; et, pour 
les enfants, la mauvaise qualite du lait. 

M. Decaisne fait remarquerque la mortalite chez les enfants du premier age a atteint pen- 
dant quelques semaines les trois quarts de la mortalite 1 totale de Paris pour tous les ages en 
temps ordinaire. 

En somme, le travail de M. Decaisne montre sous une forme saisissante comment une ville 
assiegee, de deux millions d'&mes, sans epidemie de typhus et de cholera, peut cependant 
avoir sa populalion d^cimee. 

Des chiffres officiels, il resulle que la mortalite pendant le siege a pr6sent6 jusqu'a une 
augmentation de 300 p. 100 sur les semaines correspondantes de l'annee derniere. 



ACADEMIE DE.MEDECINE. 
Seance du 28 fevrier 1871. — Presidence de M. Wubtz. 

M. le docteur Galezowski lit une note intitulee ; De f influence de Calcoolisme sur la vue> 
dont voici une analyse : 

" On connait generalement combien sont frequents les troubles des sens chez les individus 
atteints de delirium tremens, mais ce qui est moins connu, c'est la forme particuliere d'am- 
blyopie qui survient dans un alcoolisme chronique. Pourtant, dit Tauteur, cette affection est 
tres-frequente a Paris, surtout depuis l'etat de stege, et tandis que sur plus de 3,000 nouveaux 
malades de ma clinique de l'annee derniere, je n'ai rencontre que 19 cas de cette amblyopic, 
il s'est presents plus de 50 de ces malades pendant les cinq derniers mois k 

Cette affection depend evidemment des conditions hygteniques exceptionnelles dans lesquelles 
nous nous trouvions pendant le siege, et comme les classes ouvrieres se nourrissaient mal, et 
qu'un grand nombre d'entre elles remplapait une partie de nourrjture par Talcool qu'ils absor- 
baienl en grande quantite a jeun, il en resultait naturellement une absorption plus, facile de 
ce poison et une intoxication lente. 

C'est surtout dans la classe pauvre qu'on rencontre cette affection ; ceux au contraire qui.se 
nourrissent bien en sont generalement exempts. Evidemment l'intoxicalion se produit plus 
facilement lorsque l'estomac ne contient point d'aliments. Je n'ai vu qu'un seul cas d'am- 
blyopie alcoolique chez les femmes; c'est pourquoi on peut dire qu'eile est exclusivement 
propre au sexe masculin. 

Voici les signes qui caracterisent cette maladie : 

i° La.vue s'affaihlit d'une maniere assez brusque, et elle reste ensuite sans grand change- 
raent pendant des semaines et des mois ; 

2° L'acuite visuelic s'affaiblit au point que les malades peuvent a peine distinguer de tres- 
gros caracteres; 

3° La vision au loin se perd d'une maniere tres-sensible, et a quelques pas il leur est im- 
possible de reconnaitre la figure d'une personne; 



106 [/UNION M&DIGALG. 



li° Le soir, les malades scmblent- voir mieux, le trouble de la vuc est moins accenlug. La 
meme chose a lieu le matin, ct j'ai vu des malades qui pouvaient tres-bicn lire le niatin avant 
de quitter leur lit, landis que, dans la journee, ils voyaient a peine a se conduire. 

5° Par moment, il y a de la diplopie et de la polyopie, ou bien les objeis scmblent se rap- 
procher ou s'eioigner lorsqu'on les fixe. Selon moi, ce pbenomene ne peul etre esplique que 
par un spasme du muscle accommodateur. 

6° Le trouble de la faculty chromatique n'est pas constant, tanl6t le rouge paralt hrun ou 
noir, et le vert devient gris. Souvent on remarque les contrasles successifs des couleurs tres- 
accentu6es. 

7° Les pupilles sont souvent inegales, fortement dilutees et pen mobiles. 

8° A Pexamen ophthalmoscopique, on ne remarque generalemenl aucune alteration. Chez 
.quelques individus, j'ai pu constater pourtant des infiltrations retiniennes semises et des con- 
tractions apparentes dans les arteres. 

9° Cette affection est ordinaifement rebelle au trailement; elle dure tres-long temps et ne 
cede qu'apres la cessation complete de Pusage des alcooliques. 

10° On obtient une amelioration incontestable aprcs Pusage de bromure de potassium porte 
a de hautes doses, comme cela avait ete conseilie par le professeur Gubler conlre Palcoolisme 
en general. 

11° L'exp^rience m'a demontre que le collyre a Teserine (calabarine) instille deux fois dans 
Pceil amene une amelioration immediate; c'est pourquoi je le considcre comme un des moyens 
les plus importants dans le trailement de cetle amblyopic 

12° Cette affect jon n'est pas grave, si elle est .soignee des le debut, autrement il faut 
craindre qu'elle devienne chronique. 

En parlant de Pinfluence de Palcoolisme sur Pceil, il est indispensable de signaler aussi son 
effet desaslreux sur les operations oculaires. J'ai vu quelquefois une simple excision de Piris 
etre suivie d'une iritis ou d'iridochoroidite ; quelquefois la plaie corneenne restaitdeux el trois 
semaines sans cicatrisation. 

Des accidents bien plus graves encore peuvent survenir consecutivement a une operation 
de la cataracle par extraction; on voit apparaitrc des iritis suppuratives et des sphaceles de la 
cornee qui compromettent le succes de 1 operation. 

— La seance est levee a trois hcures ct deraie. 



FORMULAIRE 



Liniment antinevralgique. 

Ammoniaque 10 grammes. 

Essence de lavande 1 — 

Camphre 5 — 

Alcool 30 — 

F. s. art. un liniment. 

Cette preparation est conseiliee contre le rhumatismc chronique et le tic douloureux. On 
mouille une compresse avec ce liquide, on Papplique sur la region douloureuse, et on la 
recouvre avec un linge sec, jusqu'a ce que la peati rjugissc. A ce moment on friclionue lege- 
rement la peau rougie avec une solution de morphine, jusquVx ce que Peflet calmant soil 
obtenu. — N. G. 

1» II • « ■ PBI» I — »■» »■■»■■■■■»■■■■,., - | - ■ > | - m 111 - ,, ■■■■■■ - - ■■■!■--- T 

r 

Epheancridcs Medicates. — l\ Mars 1765. 

Par une leltre que nous possedons en original, Bouvart ecrit ceci a G. de PEpine, son con- 
frere de la Faculle : 

« Monsieur et cher confrere , 

« Je n'apostropherois pas par leur nom les nrklccins etrangers a qui vous ecrives 

E.rcellcntissime Uuxam. Cette maniere, qui etoit (Pusage ches les llomains, ne nous va pas si 
bien. Nous motions dans noire langage plus de polilesse ct moins do familiarity. Je meltrois 
done : Vir eauMcntissimr. J'effaoerois ce qui suit le mot pneeetlit, et mctlrois tout de suite : 
Nee not* tusR in nos benevolcntite ccrtissimum dederint indicin>io, alin de ne pas faire la repe- 
tition d'une memo idee. Neque fulsitatis aryui limendum esse. Je crois qiPil faudrait argni 
posse timendwn esse, ou au moins Pequivalcnl, sans quoi la construction me semble vitieuse.... 

« Bouvart. » 

Pour comprendre cet exlrait de lettre il faut savoir que, dans la grande affaire de Pinocula- 
tion de la polite verole, la Faculto avail decide qu'elle ecrirait aux plus celebrcs medecins 
etrangers et provinciaux pour a^oir leur avis. Un modelede ieltre avait ete iibelle on latin par 
De PEpine, et e'est ce modele que Bouvart critique. — A. Ch. 



L'UNION MEDICAL*,. 107 



COURRIER 



Nous ofli-ons a nos confreres six lubes de vaccin humain recueilli au huitiemc jour sur un 
pnfant tres-sain et tres-bien ptfrlant, par M. le doctcur Baudry (d'Evreux). — La recolte a ete 
faile le 16 fevrier dernier. 

Notre t res-honorable confrere d'Evreux nous ecrit que, s'etant .conslilue le conservateur 
officieux du vaccin humain, il peut constamment tenir a la disposition des medecins qui lui 
en feront la demandc du vaccin dont il garantit la puiete. (Seule condition : Lui adresser un 
limbre-posle dc 20 centimes pour renvoi du tube.) 

Hygiene plblique. — La lettrc suivante a ete adressee, le 2U fevrier, a M. le ministre de 
la guerre : 

Monsieur le ministre, 

Les lpisirs de Tarmislice permettenl aux jeunes gens de frequenter les maisons de prostitu- 
tion, fort mal surveillees depuis quelques mois. Dans les conditions de bouleversements 
consequence de la revolution et de la guerre, la syphilis peut prendre une extension conside- 
rable. 

Les militaires (gardes mobiles et aulres) rentrant dans leurs foyers a la conclusion de la 
paix, seront en plus ou moinsgrand nombre de dangereux agents defection, notamment dans 
les campagnes, ou le service medical ne peut etre organise comme dans les villes. 

Il y a done la un danger seneux et imminent pour Thygiene publique de la France. 

Dans le but de limiter autant que possible la propagation du fleau, ne serait-il pas n£ces- 
saire, Monsieur le ministre, de donncr des ordres pour que tout militaire liberable soit visite" 
soigneusement par un medecin rcsponsable, de maniere a ce que les individus affectes de la 
syphilis, soient relenus dans les h6pitaux jusqu'a leur guerison complete. 

Si ce principe etait admis les congas ne devraient etre delivr6s que sur le vu d'un cerlificat 
de sante du medecin. 

J'ai Thonneur d'etre, etc. Decroix. 

P. S. Nous apprenons que, par decision en date du l et mars , la mesure liygtenique pro- 
posce dans la lettrc ci-dessus, est mise en pratique par ordre de M. le general commandant en 
chef Farmec de Paris. 

Necrologie. — Nons apprenons la mort regrettable dc M. le docleur Marchant (de Cha- 
rcnlon), decode, dans la nuil du 1" au 2 courant, a Paris, ou Finvestissement l'avait contraint 
de se refugier. 

11 a succombe a une bronchite chronique dont les fatigues et les tristesses du siege ont 
prccipite la terminaison funeste. 

Notre confrere cmporle les regrets de tous ceux qui Font connu et appr^cie. Homme de 
coeur el d'intelligence, il etait tout devoue" a ses clients et a la science. L' Ambulance de la 
rue d'Hauleville, n°36, lui doit un juste tribut de reconnaissance pour son active participation 
a ses labeurs pendant le bombardement. 

Notre confrere a publie divers travaux estimables sur YAsphyxie; un Nouveau mode de pan- 
sement des fractures de la rolule; l'emploi du levier dans les accouchements. II etait Age de 
62 ans. 

Que sa famille et ses amis voient dans ces lignes un v hommage supreme de regrets a la m6- 
moire de cet bommede bien, modeste, gen6reux, devoue, laborieux etexmvaincu. 

Typhcs des betes bovines. — Le ministre de Fagriculture et du commerce , 
Vu les renseignements parvenus a mon departement, d'apres lesquels le typhus des betes 
a corncs aurait envahi plusieurs cantons de la France, a la suite des armees alleniandes, 

Arrete : 

Une commission est institpee aupres du minislere de Fagriculture et du commerce, a FefTet 
d'eludier la inarche du typhus des betes bovines et de rechercher les moyens de circonscrire 
ses ravages. 

Sont appeies a faire partie de cette commission: 

MM. Bouley, membre de Flnstitut, inspecteur general des ficoles vet^iinaires, president ; 

le docleur Fauvel, inspecteur general du service sanitaire; 

Magne, membre de la Societe centrale d'agriculture et de FAcademie de medecine, 
directeur de Fticole veterinaire d'Alfort ; 

Reynal , membre de la Societe centrale d'agriculture et de FAcademie de medecine, 

professeur & Ffccole veterinaire d'Alfort; 
Leblanc fils, secretaire de la Societe de medecine veterinaire; 

Ch. Prevost, chef du bureau de Fenseignement agricole et veterinaire, secretaire avec 
voix deliberative. 

— Le Journal des Dtbats cxlrait d'une letlre qui lui est ecrite de Besancon, 19 fevrier, les 
passages suivants : 

« Il me rcste a vous signaler le developpement effrayant de la peste bovine dans 

tous les departments de FEst, depuis la Meuse jusqifaux Vosgcs, Jura* Doubs, etc. 



108 



LHJNIOiN MlilDICjUJS. 



« Ce fteau fait chaqne jour de nouveaux ravages ; il est venu a la suite des armies de Wer- 
der et de Bourbaki. A Besan^on, on demande par affiches des ouvriers pour creuser la nuit, et 
au prix de 5 francs le mfctre cube, des fosses destinies a enfouir les b&tes qui meurent en ville, 
et r^pandent des odeurs pestitenlielles. N'y aurait-il pas des mesures a prendre pour emp£cher 
le mal de se propager par toute la France? Le ravitaillement dfc Paris par bGtes vivantes pent 
engendrer un d^sastre general et augmenter nos mines. 

« Les habitants eux-m£mes ne sont pas 6pargn£s; la variole et le typhus s6vissent dans tout 
PEsfc A D61e, les Prussiens perdent environ 40 hommes par jour sur une garnison de : 7,000 
homines. A Besancon, la mortality militaire est effrayante, et dans le civil elle a franchi de 2/t 
a 160 par seraaine. » 

Arm£e du general Bourbaki. — Le Times publie une letlre du docteur Franck qui con- 
tient des details sur l'armge du general Bourbaki. Cette lettre <6crite a Neufchatel (Suisse), le 
16 fevrier, constate que 800 malades et blesses ont ele traites et soign^s dans le canton. 
I&$ habitants de Neufchatel ont fait preuve de la plus in^puisable charity Au moment de Tar- 
riv6e des malades et des blesses, on a vu des jeunes filles layer les pieds de tous les malheu- 
reux dans les ^glises ou Ton avait commence par les deposer. Ce qui a le plus fait d^faut dfins 
le principe, c'a 6te les vins fins et g6n6reux. Enfin, Ton a pu se procurer des bouteilles de 
Porto qui ont contribue puissamment a reconforter ces infortun^s. 

A Verriere (Suisse), rambulance militaire etait desservie par qualre medecins suisses et 
seize etudiants en theologie francais. Ces dignes infirmiers rivalisaient de zfele.<C'6tajt admi- 
rable. 

Les malades et blesses ^taient parfaiteraent couches. Le personnel de rambulance ne repo- 
salt que sdr des bottes de paille. Les soaurs de charite, dans piusieurs ambulances, ont ete ce 
qtfelles sont et seront toujours, aussi d^vouees que douces et bonnes. II afallu, dans le prin- 
cipe surtout, procSder a ]a ventilation de piusieurs ambulance^. 

Les Francais comptaient peu de blesses, mais, en revanche, beaucoup avaient les pieds geles. 
Les medecins prussiens n'ont pas eu, dans leurs ambulances, d'hommes ayant les pieds geles ; 
en revanche, ils avaient un grand nombre d'lurames atteints par la fi&vre typhoide, la dysen- 
terie, des affections pneumoniques et la petite ve'role. 

Des vins gen^reux des Pyr£n£es ont pu etre distribues aux malades. Les habitants de Neuf- 
chatel ont envoye aussi des v6tements chauds et du lait concentre. 

Le docteur Franck a ete assiste par M. Blervil et par le commissaire Willis. 



Bulletin hebdomadal re des Deces declares a V&t&t civil 

du 18au24 fevjier 1871. 



ihMM* 



CAUSES DE DticfiS. 



Variole •••••• 

Scarlatine ...... 

Rougeole 

Fievre typhoide * 

irysipMe 

Bronchite 

Pneumonie 

Diarrh6e 

Dysenterie ' 

Cholerine 

Angine couenneuse 

Group 

Affections puerp^rales 

Affections chroniques et accidents 

divers 

Accidents i Combat 

de guerre ) Bombardement 

Totaux 



Population civile d'apres le jecen- 

seoaent arrete le 7 Janvier '1871 : 

.2,019,877 habitants. . 




AGES 


au-des- 


de 1 an 


del 5 ans 


de 50 ans 


sons 
de i an. 


a 
15 ans. 


a 
BO ans. 


etau- 
dessns. 


22 


21 


62 


8 


»• 


7 


» 


» 


1 
2 


18 

54 


98 


» 
6 


1 


<>• 


1 


» • 


■ 89 


157 


92 


166 


25 


77 


89 


111 


49 


41 


25 


62 


2 


4 


16 


28 


)> 


« 


» 


2 


» 


» 


3 


1 


6 


16 


4 


« » 


» 


» 


14 


» 


325 


289 


626 


775 


)> 


» 


40 


o 
O 


» 


» 


» 


2 


549 


686 


1,071 


1,164 



arm£e. 



Troupe 

de ligne- et 

garde mobile. 



21 
2 
7 

141 

4 

53 

108 
4 
2 
» 
o 

» 
)) 

127 
» 



471 



TOTAUX. 



«M* 



. 134 

9 

27 

301 

8 

557 

410 

181 

52 

6 
26 
14 

2,169 

. 43 

2 



3,941 



V(J : I'Inspecteur du service medical, D r Jnles Worms, 



tjh «i ■ l» » 



Le Ge'rant, G. Richelot. 



tttiMb* 



dAwMMhMH*MM» 



Paris. — Typographic Feiix Mai.testb ft C°, ri!i de Orux-Portes-Sa'.nt-Sauvetir, .22. 



No 10 . L UflHflf 1 iffififffli Samedi 11 Mars lfctf 1 1 



M* 



'• I ' •■; i ,: :'| ; . •; . . ' '! »»'!.'• , •' i , ..." •■ |o li'. » f l:« »M 1 1 ! ", f . ; ' ! 'X | fiJ t 
•|U| i/i'i:iM:l li: > I ! Ul »A" $$8« i AjBO K M E&..I i !< •! 1 1' >l\ ', 1 1 ; » I i'»i I- 1 IM| 

des D6partements et de I'fitranger -| HM ' ,M ,J * 

r ■ . -!•■: .•».• •:',» /i ;< j. n . !•» .,-n . . , . I i o i mmji '. i!»:; . i- j ;i n » |-« -hofl \ 

nos Lecteurs des D(5parteftW*ritfe ^t <fe PEtt*ahge* ^t&il l^date'dU 
4(7r.afejWfeirifei»e dbfaier. « i^'lbftdfemaiw, ^ritfe '^tsatt > itumsti J ^t- Kftej^iis 
bfehtdt isk ; mots' rioufc ftltfyxwii far rept^e^dm' Iqtattjttttlti'hut de# rais* 

tions avec nos Abonn6s eloign^s de Paris. .■•«»!- 1 1 j p 

jft«ttMlAI0Jl J ^d^i»-qb« HW« : tect»ttW 43s b^^W^nt^a'die! rilt^ 



an eanuiuitiiwi d^d&M^iftbuls ^d^atettt'fftfetes'.' 1 



i'i.1 » >'» i'i« so '»•; I 




tttftg '« q«toiqtie! la 1 disfributidh W* s!e& fiMfeWA 1 tie 1 til 
ses Aborts de Pa*isVelle h'a •dtate'tVfe^j^'WhkiMtoit' aiding 
«<m<tt*tgel, aftA cpi'&u job* de 1 la <KlfrVl>feltt<$ se^'Abbta*' tfei Wpfr- 
tem ! dflte'M'd^*^t*ttttk^'litt^h«i , etWilV^ id'eMIe&fofc defe 1 i}ufo'eW& 
fci^'if^ahfrllrivetetfes^ ii-.-n,.,i .!•..•, r ..v 

<>>Cfep&idaift;falise*ice de^iie^eMirtS 'dittos ^dafctetfi^ fe'cofrJ 
cours ppeie^pa* tattle** debris' l^staietit'littli yM^'to&farik! 
et ushfriirgfoaik de$ 'hdpftattt HI 'd^k AAfftftaKtitf; '^-seWic'e' paltr fo- 
ttqug feit 'ai* ^eittplaiHB 'Wi'sft^ ta > 'tt!^fnj^dfe > ltt!ftnfte fcJak le : 'blusl 
g*atoi wwtfbfte <dW otiviWfe de ' ttbtW ' faiflrifttoWer; ' m l rakt& dtt papier 1 , 1 
ld>idi«ette"d^ C^bdatfblel tik | p"lb l, c«tftiffa^e'ldfes i rtikdinyi 1 , 1 'et 1 Ta^ ; 
serial dii '{Ja* pbttr> 1<&! tMmta* '<& MHr,'tbWeeS ' Atoifereti* et ^aVe'sl 



— W— — — — »iarTiT , i 







. vu . r . v . w M . v . vrrv , w- -~, — — ~i{^;'r'-n'r-njtnr-wTmfr'|ti!lU^t 

ii me rjbwaver '^eqVOii^, aprfesi tfAe sj Jopgifife ,?t si p^t^ fihszwx. ,„ «,,.,,, .;,,.,.,.,. , i; 
dft pfta (^9^re? qui ,. (fepuis .k r^bJ^webt 4^s ^mn^fjqif atjobs i o#, i)Wft, v^tfltt m'adrWT. 

* ™^r^n4/reau* aueciueus|55 duestiopsjuu/ me^oW ^dr,eS(S% f . ( Et .yq|*$ cb^ CbaAillOQ*! 
J^l^ ; njaispnue^e 1 $[ votrp jeQi . japStt * ; ^ vp*< f <p9rs 9 . fffc. VQ§ fr»»ifl|^ ^t tYW . pAcbeWfc 

>Ie7^))iiatii9D 4^ MP maHidurew5L yifjage oi| dej^x failles ant ^t^ Uyf^;0(| $a|>t ^bftit - 
m^p.pfuJs^Dn^s ^bdwn^s,,-^- ^ot.utt^ inf etj#, tortus t tMH^jmt}^ rwmjitrditt^. 
— a^aiept pomr, 9%ciif,Jos fprfo et Parfe r lesgp^lj^. k tow JpuMteiaii t'pbjwW^Wtforteifth 
dos frasti-qp3 t du,ipqr d^ppein^. .ftft les flfiaispqs., enOn^QoCjap^es p^fl4artt m { w>mmf >W 
enDftni billam, ^VAlatew. 6t TmpibBigle, 9Pt spljj tout oe qye ^a peuf im^m m Mwlm \ 
i\6'k}di: ddgfadatio'ii^ et d'ordilres. 

Tome XI, <— TroUitone tiric. 10 



"?. i . i. ,| - . L'UWpNJfEDl^e- j 



impediments nous ont obliges, des le 15 octobre, a nMuire notre 
publicity tri-hebdomadaire & la publication d'un seul numero par 
semaine. ,;,,. ■ ■■■■ i s;*- t ->fc .;,» u.:*. . i:.i'.::i "'I hoij 

Nos Abonnes de Paris ont bien voulu nous tenir compte de nos 
efforts et comprendre que nous faisTons, et au prix de grands sacri- 
fice,' tout ce, qu'il e^tait humainement, possible ,de,£ajrfci dans lies 
grayest circopsjanicespil' nous 3tjons places. .'.< -;i ■,' . ■ I -uti 

^i.Nousiespeponaiq'Uenos Abonnes dies De^partements et &e. UE/traii'- 
ger nous tempigneront les m3mes sentiments de bieaveillanCe et.de 
justice. .-■'■' ■-■■/■■■■ -■;■■>' 

i; Done, nous tenons. &la disposition de nos Abo-rule's eloigned de Paris 
la collection, dee num^ros de 1' Union Medicare parus depui&TJjrvws- 
tisseuient. Mais, preroyant que de nombreux ehangements. peuv«nt 
s'etre operas dans le personnel medical depuis. six moisi,i nous ne 
yqulons pas liyrer-.au. .Ijasard l ? enyoi par, la poste,.de c$t$c .Yolmfcii- 
^euse collection. Les , frai^ en seront enormes pour ; notre adminis-: 
^ration, et la prudence npus fait un .devoir de chercher Jes. moyeiH 
de ne pas. re,ndre sterile .cette dppense considerable;. . . „..,... ;/ 
_ Nous prions done- nos AbonntSs- des Departements ,et de l-'Etnangai! 
g,ui ont droft a cette .collection. par. la duree, de leur abptmement* da 
vouloir bien nous en faire la demonde soit par lettrfe[affr.aaiclye,i&<>it 
par.J'entremise de . lejir correspondant. La collection leur. s^ra 
envoyee au fur et a mesure de la reception de leurs. (Jemandes. ( .■-■: 
_ . Ceux de nos Abonnes dont Tabonneraent . a - expire .depuisi ;l-inVea- 
tis^ement de Paris; et|>qui desirent le reflouyeler^ ,son;ti;egia!jeniepit 
invites a, nous faire:Connaltre leur intention, lis, nous! adpfcs&enotot'CM; 
nous, feroiis.topqher.aileur convenance ; la prix de lepr, abonjwenientJ 
Pes. nn^erqs, suppl^ate^taires , publics dans ■■ le cqurant ; de illann^p,: 

Sauvagerie que je n'ai vue encore nulle part sigpalee et que j'ai constatee mni-meme, le plus 
grand nombre des puils de Chatillon soot c<Mublm-6t Mn>oisonnes de matieres organiques en 

E [refaction. Quelles sont ces matieres 7 La wmeur publique accuse ces barbares Teutons 
ivoir jete dans les puits leurs morts et les notres. Je ne peui croire a cet eices d'infamie. 
Ce serait deja assez iufame d'y avoir jete, comme e'est plus probable, les detritus de leurs 
mouton, les pauses, de IjQJuf el tous les residus^dfl le^ ; he$ijujp. 

ma maisori ravages dtf title aui fbndwoenis, mon'mobltier. yol^ H'li, 

a'jardin bouleversS, raon puits empbisoriue, toiis ces' desaslres pour, 

nrpres irreparables, ne constituent pas le plus vif dentoqcfiagrip, 

« eilcore m'etait reserves, et je prend3 la liberie d'en deppsfir Fjfifc- 

.•W- ' '.,.'- '.■, ':,.'. i 

~.. ..v ... .*.«* ( ™. H „„.-nnte ans de jo urn a] is me, -on u'a pas e"le meld aussj ac^vemeut quej 

je'l'ai ete au mouvement acienliflqik, litteralre et professionoel deson ' epoqiie, ori nVpaspriSj 

une part ttust directe aux grandes manifestations qui Be sonl produites deplifa vingt-cioq ans 

u>ns iai medeeitie de son temps, telles que le Congrea medical de 1845, (a creation, de l'Assi> 1| 

ciatioh genSraie des mSdecins de Prance et auires choses encore, sans avoir eu les relattonS, 

rtrtd Scales leB pins' Stendues dans notre pays et a t'etranger. De ces relations, j'avais consem 

lfeitamoignages ecrfts les pins precieitx, et j'avais recueilli une collection d'autographes ae" 

niedoeins dwit j'ovaluais te abinbre des pfeces a plusieurs millters. D'a peu'pres tbaSj les ; 

nttdecins tnbrls ou vivants depuis on demi-siecle et d'une notorize plus ou moins Malinte,' 

nlafe reeiie, je poss^dais une letlre, toot au moins un bnlet. Au moment meme deJCMnlosiotij 

de-la guerrei je m'occupais *i ciassement de cette collection- unique que j'avais eu'.rlmptti; 

dtnee'd'emporter.tt Chatillon oQ, pre'ssS par les evenements, j'ai ete force die !a 'laiwer 1 . ' ; .' , , 

"Je ne i'y ai plus retroUvee, betas 1 A-t-elle ete brulfie, dispersec, jelcc au vent 7 jp n'eu crois 

rien at ■void pourquoi : c'csl qne dans I'armoire quila renfermait. se IrquvaU une graudej^uan-. 



I/BHMW ! MfiMSAIlEl SfiUDL 



idompeftserdnt. les tiuirieros cpue nous A'awns! p&s puif&ire ptarafflfffc 

; t ' "Nbtis'iib potivoris iiser dti m£rne proc6d£ '' envet^'np's Abonn^ jjtb 
|!^t^ngpr., yu la. d»iffic]ulte ,des relatjops qommercial^s ; inous tep 
prions done de nous 'adres6er le prixde leupabonnemetit.- <! ' !• ^ 



yOtvajit ' a ;fl<& ! Abonn^s d#s ' ^partetrierife ' (jti i! Vieiihtertt'.'.si (JdtiWif- 
reusement et p} vioi^mi^eatd^tre.arrpch^pVJa Franc^ its resterpji 
toujiours pour nous de chers »compatriotes;:'L ? UNio* MBDiCAife^ne 




WnJ pa§ gp $0parer d'etix ; dtissi.leur gera-t-elle adress^e sans 
CQflcjljtiqp^.que celles qu'ils voudrout ftiep nous proposer eux-mi&pie^ 
ii'» Proehainement nious indiqiierbns les modifications' que flbute ftotte 
jiro'pdsdils .dMntrb^iilre^afis la reaction ^Q.lTj.moif He^ipale, tfnj. 
f,eprw<jlr^ r 4po$.te .plus court, d41#i possible .„'.«» periodicity tri- 
h^bdotnadaire: ■:•»; ■ f , ! ' !( ,f " 

M Ua"«>ibaine ! pitfchain^ le Jburnal paraltte deti* fpis.JJfeM^l 
Samedi. La semaine suivante, il reprendra sa periodicity habituelje. 

BULLETIN 



'SURLES' STANCES ACADEMIQUES. 

*.l .i;i.M«l» ./■:<*:" :> - ; i ''» ■• •'.* » : *i '**-■.. .;• '•.»;> ;iu ::'!// '«: ,/ '< ,'!!'.I1 

Nous n'avons aujoyrd/hui^que: Uesp&oe 9ftie9S£iw pow.ftppeler toute l'attention 
de nos lecteurs sur nos compte3 ren,du£ des seances de 1'Academie des sciences et 
de l^cademid d^'MdeWAie. A rinititut, M. Henri Saihte-ClaireDevine dans une 
alloculron energique eta deuic trahchants, a solliirft^^-nOdsfWlloiisi'diitea SoHame— 
l'Academje des sciences de se tr^nsformjer,, de se transfigurer, eji puyrajat pljjip l^r- 

Senieht' seg ppftes,a x^ijiitlative ipdiYtf.uelle et Vtoiites/Ips applications de \i $cie$c*} 
brit do$. iportel? ennerais de VAJllemagn^ viennent de monlr^r cpntr,e nous fester^ 
ribles avantages, « Nousavons ate vaincus par la scte«ce % •*; a dit ltaataurv ce qui 
pourrait etre accepteu s'H avail ajbute : « et par le nftrabre. ». Cettci proposition, toe* 
iIJa d'ailleur^unserieiiXet ulterieure^ameisi. :- . - ' > > <> 

La seconde prqpqsitjion ,de rhpnor^le.academicje» ^t f,out.au5sigr^v^ M NQi^,la 
reprodaisons ici, sans commenlaires ni observations, en signalaut cp que luiaomif 

mi4.d?wtrep papiersiswjs significaMim-et leaps v^elkr.. Ehibiert loesupftpierg je ties teiWraveira 
enliers.pn jpariragnwuisrde'niaicoUecUcMa, soigneusement ohemis^e et>)ite par des rtowrroiqi 
jcle sangle, pa&un vegtigel Evidenament uire main mteHigen^eH eoooaisseiuse. a pass^pavi^ 
D^ux i^decins. ailoiQ^Dds sont reit4» pr6s de six .mois a 4phfttilton eu.existtiti ubegiafode 
«mt>u)«npe^ et j« sais positivpm^ot <jue,pin*ieurs. fais-ils ont visil^ mp m«isfe»n, qui 'n!aoes^ 
d'etre habits par.iUoequaraBtaine de Bavarofe. iRieo ne m^jaBQai*^6 plu& p^nible quer de 
faire de$ UDsiaua^tioi?s,d^spWigeaDles pour, des leoufp^res, fussenU-ils allemaada dfais'> quelle 
4entjatjiQD;p0W){le* m^deojaa allemands^ue ces doetiem soigftewsemeot »6tiquejl69 et portant4ds 
noms illustres d'Andral, de Bouillaud, de Rayer, de Ricordy de Troosseitt, de Louis, deSerrds, 
if^80tf3^-ip ^prdat (dfi Moqtp»lHer>, de ,Vig»erie <4e Tpuloiuge) ¥ fatynUiw ftie Bordewx), 
dp BrelQaneau,(de ,Toura), de Forget (de. Siras^oum),. 4e-ta#i d'antree etd'autjres, enaop^ 
rhbnneur et la gloire de la me*decioe fran^aise, sur lacjuelle jamais, jamais. ne,,prtvau^<bi 
m^decine nebuleuse des Universit6s allemandes. 

De cetle perte irreparable je ne me consolerai pas, et je ne peux dire a cjtiel pofrnf elle m'est 
sensible et prejudiciable. Elle me |Hlvefktefe dlemfents d*uo travaH dottt je^ cahetttete fifl^ «vec 
iWaourei, qui^etttp^utt^tre pas ItatanAiDt^r&t.pour quelques (mniculanMs de :ndtre Hfetoire 
BB^dicale, qontemporaiDQ; Elle eonteoait, cette cdleotion,: pntre autrei -diosps, inne letthe dfe 




jerardide Gbomel, de Requio,;de Gtisolte, de Vidal (de Cassis); detous lesTO0rtsoU|illustre», 
9a c^lebf es^ .on &ym\ joui d'une reputation m6rit6e soil dans Paris, soit danalte d^parteroetit^, 
et vwejuenae pour no ) eertainnomWeiare'tuafflg«r. < ; ; > •:;,:<.* • > < n 

:i'{Pour me dasirairei detoutes ces tristesses, je sui»aH6 d^jeuder ee^joars^dernierfi auk WI1& 
Ambulances de la Pressev si: admftrablemnt iwpndvis^s' b Pass Jv au rond^otat de 'LoDg^Wata^i, 
ei^isfiwenfr^ui.cpde kffrtp unmajgoifiqiie hOpHal miiiteine toaraq^^ iet 'dans des conditions 



jam uvmamtBKOLB. 



4'iittpffrt^^ot W'w^hA ie< rarer* ewnent>qifri a en leiiOTrapl dor Itaefarif i« fe 




'mjA I'tasdefelfe d&.flwM'edine* afrtre I <topnie >qfli! «ra t^s^pfobableroept-lf ^rftm* 




dw iptM^TCs, to VMwltota N* ffwift* alfomawb q?n ontiU poranaeif frfsreift ou 

H. Bouley sur la peste bovine qui ravage Paris et la France, autre terrible fl&ttlcfiffe 
'"lmnafleiiQLro malBeiireux pays, , . . ! r . f o 

"* ■ ■*■ * ' i ■ ■ .. ... i 

CLINICXUE IWtLITAIRE 

WITa.IJOri 




PLAIE PftltiTHAlVTB DC CRANE, SUITE B'Clff COUP DB FEU; — GUfiRISON, JIALGBti LA 

48jfefldaift ftteifti fcytidbite^ 'WMBfetile 'M sftttM l£rfes<j& sift mQWmtdkM^H'i'&MlitZ 
enffreni aii-d*|stH( d* tahaissaiitadfi tfdz?/g§ forme «tt <*rr<todte it *e* btftoldgefe&ilifflR 
chirks; son diamfctre est a peu prfcs celui .tf«ne pi6«e-ilt' Wictotnaefj .taiiolarUariite'bofttfo 

^HBHBBBBBBBaBBBBBaBaaBBSBBHBaaBBSBHHaEBBflaaa^ 



^pwtie<dGjaioei^ ir^l^^ 

ytanqa^al)qiie,^0Mgtoxiei hosfittalter ^ii a prtl^f tonixmitfiftri ate MMUMc^^Mft « 
ifaaMfesode Id Mmb.uA rmttiqjffletf tiiitiA lilt >dharHJafltei on* m $mmfa&& "itotttie*- (ft 
l«oe8,iddr<pDWia»tesij»rW^ bu ft 1* fc*AI6de n^ir^cttSFRlfciw^? 

jtietfydtfittQ ^w^e'ter-l^oh«iibs,d« bdtaiMe, faato >de ** bottMv '•?^|M)tti"l&#a!0 i d6'iMfc 
ebfettas! it pfe ptewtfft tfttlD^MM w IMntf d* laf e*is*| ■■*»•** htf; M ''fcM^WflWff^i 
,**qttiai^efldmto«»4'fc*tef eftoAft in ■»& .: "•»'! '* .' ■ ■ : ' :•<'*' i» .'-•'"A b >■-.»<. !i tf V 

.(/l^^rtiieftte^^ft^W^^ 1 *^^ te^J^^^'d^ AtobiitttefA ttidl^ ^ Vt tr)ict ert ^«i 

^y^ i^^^im^im%[mib - • '":< .^-- .'-' ; •; - '■'-■ n?-<. 

- 1 i^IHe* obersfce^&^ifeff^iebera pbijiprades, *i jei(toMiitd^ ^a pffrtni toton 4e 'VdUi jtortwtti 

^^iftafoeifftiwi)fatu (d^T^dewDtid^ Mnr doiihr^jpUictriiiQ ch^tieFn^ /^fim w©& Vi^fanS* 'CfcinB 
Je^Qi»rdBi^ffi»D^n^ttiotfft ^seirtqHft *feDg/cdtes<fle VwMA Ohi/te beftJUe dft^^ attioWe a 
r «w ^iffiplea ietfrc0ahageii^fbr4ocardie^, iiidtfSMieiv^ pHisWurf fowl efci4^ FadhrH-attofi ' ^e 

rieuse; grdce a vous, plus de 6,000 bless6»3»t)dtfe ^ jkiw^ etii^catiiW/l^s ^ 00^^^ 
^pfU? dl^^lw *fj^^r0^pi^jb^i^*om Ja^ilAs^t TmimfeDt frmo^l' Mais irtlqui 

Te^t J^io^o^ye 4^v^emepi«»3te«t et la p«ts6Y^wdo« fate: lfr Qtamfi rl sb < £ -^: v frnA 



MNfftofflW. 



m 




,-.,..-- . .„. fflettt ffi^tfiatiS^, retorribe Siif IS cft-iite. LafVfeion e 

lUW'dm iMMolt ft moment ttc VaSciaeiit. 1 fl fa,-''*** bUtrt.'.'C,. _, ,....._ 
(J manfaste dh sens'de'tonlcJToqie'la fe^ioiftti VvU W' le sie& W'floWNMtftrtJI- 



'lA*ffll* ; ; ! Bi!i,*rfft 
I'lpAHJiMeui' effaMS'M 



vives. Poureviter les vertiges et les etmlMissrtfefnV"" maTnSs?nt laief*. TmrnOnfle' daUs u«e 
jJbVffloft ffflfrfft le ItttafeAfw; «n pj**foefe dufifemi tarrej,'(ta4«feiu'B« fctef : ae"riir»eWde 
WHS.'W'll^flm^lWt'fewSeffflBW la^aWrt'^flfltyjWeis&nB'ttriBWC-^"'' *-■"" '--^ -"-"■ 
I'lnfltrtrfcete laWisilfbn HeWt^W'ltttH.WWcdwH 1 l^clfea-a*!*! 

T**mM*ii ; )lrrtiSni : -i' ■• i -"" , 'i"--i b ' ■ '■ ■ • .:.* -,i m , ; .i ..„■,. 

. Dana laioumjedii 14, la vnk'est rtten^e ^idleiheM&g^e^afcrmH^lfeiky^'Wi 
gii8te'ttjM*frt-««ek parties er M ; Miiiie aMMawM *isfeiwwed ; t»»« , *ift'«rtMaiMirs 

feftftlerihe^tftiK, sotrVpette, TSB-loWBArtttrtl. LNftW]H^*ce'r«le-i*l« ; <eVft (tttU'SB* 
teftl fl). r rt 'nV-tt'p* «( ««•<** Lt'tatl instemrvfeMW*, gr***MltyetiW'Al , 8«*fttWt.rtH«n'^ 
twSa*B, AiwT'bn'a fomiesiliattfe-aose sm WvfWKm ftWft i r*i^ ;i *- i "''.w>i 1 '^ i pu*ff,4fl 

ffrftlWtyijOTr'tariitfWwr 1* McWj-lrfe rtfflamfflafoirtS ifceTon ««Wtt(Il'tlflft«WfcTOfoWBt«i 

ilrn^rlr^&he'mi'kgtan^'jfclM^ 

leWotteflt.ap lVadWtj'mife.'en tiW-7fe #j »'biftett'M ,, ttSUBeai ^uft^aeeaftftef 

b&uewto'fa violence dcs aoufetrtfc (ttyttaUhr ' ,; ' ■' '':' ■ - '' : ■'"■' , ' ■ "■ ' u l' ■'I;;'""" ■*'"""-' 

KMaV gelaerat *a- lOUjoiu* s^rW*Wfijl'l*i 'dM*«»!«»> l 'if«M«Wf'! I'apMifa^- 
mettle ;* la niastidti-w, jwsqiiVors risi^nJhllife/sfi fait avec/pffl* oVftimffie; M toifct as&i 
fatlga'nt, qui suivait CHaqte^^i'tM'S dbrtuwWs^ftijirftb iff AWiWi£ l h~J#'ffi Ja'S 
danura, le somntejl commence a revenir; jl n'est plus aussj'stMeM'fytwrorjipWpar Iferi 'SOti- 

*^^ntt'^brt4k(6mt^^bPq^^^ l Klr*JB^aWh^■' ! ". :,ll ■''<£■<■■■■>•■■■■ -> ■>( ) l ■ ^ i^n^.i i. .ui ■ i 

Une. bronchUe inlercurrente, mafeMlft mefrtissWaete %(6m^x '^Weti ptf li'Wirf, 
ttVrj«i l a¥grSvt< IVsWi^rori.etScltW'Kheiit deja rfefvf SU f aoil lit, HmWonieSt '811' *prf#; Sans 
(fipr*IVw¥L VfeMlge* M'*Wou1s!*eBtettt!?.' l; ' :! ' !l : ' - ' IL,,,,,1! "" ■''!' -'■■■'- '■■ "'" <'''""» 

Le 5 novembre,,il s'est lev* qtfelqW Mst ants' ;' to s itttfr> S'tfrrtm*, ftl'bh'BliW'Uall^S'iMiSri 
aWc'tfc prartdes prtanliririVWiMms, it-eir mafhtaiW to^UV f«H#Ml etMtoe : ^iH*#re. 
, La jplaie, qui a beaucoup 'suppurt' pijldatft;tyfe' imls f&mltifU 1 WmaiM; est, u^JS'fMsjitfe 

2'L't*r#irStfcH *9t T^te'eri Br^Wice; .Cmi He* i*f*stiWs'ti«itaHfc ^.'flHMisf: tthftbal&MMtec 
ittiveumd trtflfe fartliiiliW* q« donna line fcalfa rra?r*«,'j»T'ir«t»*a1tt MMBiiVxI^ii .atylst 



(2) Depuis qa'il est Messe S<9M* , *e-eteM'8*W*!ii!He»'M MgiWitot 1MB y**aar(|ffll*t»vto|la,H« 



«Htai* 



i*| mil alii— tull l»|ill 



ina^®8 

de^aaitpflS 



^ms^m^^^i^^^i & 



ft, mabKe f'^tmad^ 

la ne^ge, ni la maladie contaeieuse ne vous arrelaienL Grace a voqs, 16,000 malades'airiffuW 
l'inleBrfiirtre 1 V#faR ,c atffiSfleWerli ! rjOM6 secours, ont etfi recueillis, rechauffes et, floalement, 

avances, vous ais-jep 

consacree a secoura 

peuvent s*effacer du souvenir de l'armee , q ii i rara a vus et admires. 

■ lei roe revient un souvenir de iwwisWl8D u ItllStiS0iirne fournit 1'occa.sion d'un rappro- 
chement : Eo 1815, la FrauceySubisgail jmuj la seeondeJoU riovasigrj etrangere. Le canon 
retenlissail jusque sur iii'ffikraefffl^'rtRitbl-Dieil. 1 TdJpttytfei? aoTWiaU alors le sceptre de 

parlit (le 1 lMtT-T)mu fiujvi.J^soi tjiwiiLi'ijui eliv.vs et vint,.ai.ix avanl-ijuifi 
de sod arl auxbl'esses. ceile canqinti, 1 (Fun jiMir <)t- Diimivtru) r^BijiTita admffalli 
«%»'"-««»« AttsstfrrH , MBi8*Tipri'efe'ae'ce grvtrtil fthiHlttWttOirt-fl^fniiSW^fa -,, 
rable de sa vie. Eb bien! Messieurs, ce derfttlemftit'-'tt'Mi '>» d« "IW^ririrri'^ii* k 
generation a gloritie, m'engage a lerminer ce-teast en vous proposant de bolre a la same ue 

tn* rexemple du courage et du devouemenL Cello foihjffl <^m mhkiW&WWmmJtM'l 
seigneraent officiel qui paye de sa personne eLdonne Tesemple, cet honneur etail reserve au 



utt umroaiMfiDWAia 



,4'iiWlWBU^ee frt'kHjqtorHA knmah* (Moment .cflri sealeteavragd db:F«Betti*ifr*<*e 
en. men, je Ie .declare iranchement ,'voiei, en mon ame et conscience, ce qap.je 
absolue; leprtffsBwaiin'^irwnvrAllrainiMration^tbot^w . i ••!. ni<!i n-ii-i ; 




MiiA I'iVcadeWfe fa>ior6jredine$ atertrt J drpme >q«it «am t^es^robeJ3leffiept-l« ijtftftii 




H. Bouley sur la peste bovine qui ravage Paris et la France, autre terrible fleattltjtfi 



accpmpn? la rjijne 3e iiQlre maHetfreux pays. , . * , ■ . , o 



CLINiaUE ItttUTATRE 

niTajJOrf 



PLAIB PfifltiTRAirTE DU CRANE, SUITE D'DN COUP DE FED; — GUfiBISON, JFALGRti I LA 



eatiraa Ali^mi <fek haissrataito tfrfzjJBf forme it* tfrtodte it «etf ityMi»l<^feti£ll'd*t 
cbir&; son diamfetre est a peu prfcs ralui JfwiBipi^^lftjctatraft LaioteUariiia bofctf* 

Mjentfitarl 8*a<#tai*ii^tfcfcli0^^ satebrtte; H f K^ii |l aWI 

<fatfi«<d£jedner^ i^^ 

ibobiwde Id Pft*se.A f«tfilW|e#teutMa felt >aharmaate§ *o« Gte tJKWMPflrife^fl&lkMtte*; <tt 
IflooesiiddrqooHtetes™*^ bu ft !*<M^<teii&lr#cHW ftlti&d? 

4b &lTenfWrt>fod«g*e ^ tt-ddigy«M8ar&i0fl [ 'ie *<«:^li«d-#Eltt^- 

4toiit)dtf4tfD itoa^ f ter^*sichirabs.^ l)dmi«^ mal* de s* btflfiW,; -<«OT|^f »lg*fifalf >d* '4A 
€Hstii» tt pfc pa*v|w*ti Wnfrtmim Mit«M d# laf Cti^j cteir M, liii'Selfl'qM fif^'irifl^ 

^^aiWiOlidlfito0ftl'JMl<M<ftogfe*vin •.!> .- -.v.;i -:d ,»:■!' :'«,H ,b .!..• !..iA'b >'>;)> t '!i ^i:.!.f 

«m«9 dWfeti^^»W;X^ilia^y k p6H4 tm tofct V ^ife>amante fidhort^ d^ ttiM^ll 

- :i(i(! We*oh€u^(c0tt&^»^jeheroptaarade5,^ jeictantride^A pnhritoion 4^ <Vdui ^rMMH 
4»a^i]«fe$fcfqiw-p«ften»egmieo»ique'm(TiVb x a pU appt^ 

^tota^oeffitanpfeuj Id^nrerriewntld^ fttoeft^dfllhr Bdctria^ bhipStieBlie ^J H«dl8-lri#anl'^an6 

ie^uvdnptoopn^ctlkidfc ^9Urt€)i« cfong/cwlfes^fle t'a^nid Ohi/to* tttfftto dft^;* a^ioti^ a 

M9 ? ^timples^ ^i«bnc«of*a«ml»fi)r4aeardie^ 9 l«krffe r >tBiv^HUB >pHlsi^UF0 I0i9i 6»il^> radbon-ntklti ! de 

Jaratfei Bainvetteioito^ 

rieuse; grAce a vous, plus de 6,000 bless<& iwhiafe-iffiHtoa^ 

gfilte &W\&im^tirM(lfompfah$\&\^ imimfent frmoittl' Madsfrttjui 




ri:,« 



tHMMPMSffle! 



m 






E.W* )fUnen6u^,WeH''c!Seiiiaif^, ;i H5ioMbe Erf is ^i-n^ei wMfo . ,. 
tinfip dps deux cMs dpputs je rtwwem 8e i'&Kcdent.' fl tV'^trtitrt.'HflHj'Mes- 

ta'ttft HiMBllW dilii 



S tfianiteste 



setts n^'fouleJ Tattle la T^igri'*i;froW*sf'lS '8 



vives. Pour eviter les verliges et les 6(oUMisspfilelits;"l>ii taafrtSdtit'la'IM* tmlrinlmV' da'Hs 

teflon 1 eleveeVie itutifcnsaiu, sii t^nee du bar*n' wtte^m#leciirMi feifcf'iei'shBS 



... trt'^ 
arWi^de 



_ , „.,„ WftnteWHB aam-»Q«iMzW>l**ttH*v'iiiii ( iW9- 

Ttnfio*rtfe"«e la-pusitfon *)e*r^ d*fl# llMP, a ( ati [ c«ki"*i l%cWn^l*9'lp*mteur *t'fafi¥dft 
-&iml1iim-lrrKT&-i> ■'■'»■■■'»'">■■•"■■■ ■ > ■■■■■■ ->--i '■■• •"■-■■ in ■"-! ■<!"<» '"'i- '"I 
. Dana la ionrnee du la, )a vnfe'^t revenue 6Wtfe!]^rt'l , gaWfte>! i 4 t arMfe!; ; tte iba^'flu 
Ml*Be bdflf«i«! Wwm-t^lrtfe«''Hl'hSHirt'ah*(flum«A Sn&en&KNej ; t« l(WWt'«*««MiP8 
Bttmteflhe l ;idfl6Me, sort' pW* TO- iloBfcmVVivtt. PfMelH|*ft* , Hlrt*«tltWWft htttM'ek&P 

JHtowB. qut'tWa uutVucs-fcb.au*! dose OH les |HW*eWjW#ti ifljfcKC'M'O.W |"^|Ml» ff.tt 



J torn que 'i un a uvnatiri uaure nose ura iwj premrera man TBjivj-i — »,o»i puta- v,M 
Mffl) pour tiflpftrfter les' ihSlufKfe MHfimttiatoirtS WukVak rttfouWI'dflicWute^eutSMatti 

lft u »nleut r ae , lVfi(Wht; ,Lni *»^'Bn'tO U9 fe 3 -^Vifr'vdt'etf^eV'hiffllleia ^u^'de'ttifuier 

iiAiiCuttti'fe Vfeieriee desWuleWtftulrta.e^ '"'"I ,,:l ■ ■■'■■ ' "-' '' ; ''"" , '■■ "■ i: "P ■■'■■;■"-•' ■•'» ' 

Vi\it kkm *i'W u ]oVS' s'AHWIforatit'HSNgile* ufertt'feTsjou^s-'dWbW! naUBPA 



„ _ loU>uTS' s'Sm^ra^ 

mMei'Is luistlcSllbir. 5u]tali'alors asscipehlbre/se fait aWc-blb* &W8fiBki L _ 

faWgatat, qui suivait tifi£ilA« 'w^oit; ' tcHm- i Ah^orntrU^ttbit <gq^Hr « *tatuuj<'fe-uo$<fle Jadl 
danum, le somroeil commence a revenir; jl n'est plus ausifi , s^veM%r:en 1 tTuipu'lp&r lessotl- 

iurt&dlif'fe-lHiLlttaWnlfJ- :?■-'>(>■■■ ■■>Fr l /-. i-,.,,,,,,-, j : .;,i ■ j 



^fiSoal assti 



danum, le sommeil commence a reveiur; jl n 
*!^oW l fcrt ; iuribmlri*^ i q^l , ^!'lW)l^ti^a!ehl!J , 

line. bronehUe inlercurrenle, m^W^^l^m^^km^^mii^^^if^, 
ttVpns'a^raW-la'sMiaHou.etffiu^ 

^rtdvetili Wlligei'ni'cbfolffsseltimfe'" 1, ■■'' -■-'■ ■■ ■ ■■■< ' 1 »" 1 -'' 1 iiu:si>-i.'-f:i;-i.,...iiisi-il!;.!!j 

Le 5 DOvembre,,il s'est (eve quelcpws felling tea lutffs SuWhflffifl'i'fcta'ttft'Wfli! 

Mfc'fle'&rainles prte&ulibnViotttWis ; k'*n tiaMtrknimiW$l#tmWtotihtf<< . 
.La i>la|e t qui a.beaucoiip''sllppurB ! pGiidaiit ;tefe' ; trttts' prtmtSM'^m^M^sE.u^JSjWtes.^ue 

'(cvL'e^iomtbn «»-iaite '^ T*-***nc«#wi art DM**feins'ti^wii ijii;m--mm wwriiaipwiMtei 

■MtWieBiathd t«il(i'.^ifU.culiei« qm doniie'UaeDall^m^pMpfta'il'lUMttld) iMMeWW «yl« 



(!) Dfpuis qu'il est blesse S<9»* *B ottewae ^laiaef ■*■ HgWttba qiTirpjfalt fliin*(i»vk;la-»*il 
Mfd|^niMMllMlli:v- .' ■! .^i h .i ji. .y. ■.! j'lii't? ■(rr.'.'l ij'i •jfniii.il m-fc ifd.i 1^9 Jil-npr/J 
inrhM i inn until ■ ■■ rnm; | -luilTn lii m ri >»■« In i rnt; nn il l— w i n agMt—M 

mobiles, aucupe.Soci^ttdeaecqurs.ne nouS a surpasses, feti 'iiiitl, ctiriniw foli 
par Fa 'lifigb, rtn vntafltpliHtf fle elinthift Attihtlanctl mobile i'esrbiia'rife'tfin alh! 
auS^VreTlt^^lle'tMvitl'^ d.^a taipA^^st fDMresllritle qViff" " 



avances, vous ais-jty»i»p»r^ava. qjs pj ews (yywhoWite* 4oni hjvMVfibscwra et cactiee e 
consacree a secoutwAe 1 *bya|euPe^irt ^t '^efrtbdaJta-la flei^!^bfr,-aB pareils s 
peuveot s'effacei' du souvenir de farmed , - qui mas a vus et admires. 

< Ici me revient un souvenir de taWi9ipi)BDi 1 Jlli&OII9B m e fournit t'occqsion d'un rappro- 
chement : En 1815, la FraD/^^ubissail tx>j)f la seconae jois ('invasion etrangere. Le canon 
relentissaii jusque sur r8s'inkrae5'fi l e''rlKi1bl-DieW. 'Dapuftr^ri^ ^nf fi nTtiait alors le sceplre de 
feiSStoffiJfcfr f «^i* WU*tob ^P^Wi^r.e^aM^cisi.de^en^i^^^afil, 
Barlltde lH6tei-TJJeui%i,vi Msm nwnbrciji e&ws <i\ vinr.rtux,;Lva[i.t-».js^.s r p^tjK|ftjBOra 
ae son arl auiblessSs." Cetliicanquile ifun jour de D-.inuylren reoinlil (1 admfratlofl 5es fJlPv'es 
«%*i"rtFrB^i : Aus!Hu7Wtm ioirlpnH%fe^raml"^^ 

rable de sa vie. Eb bieo ! Messieurs, ce devbHernftii-'ufrfl' Hr uii :: bupu^t«n''-q a W loWePH 
generation a glorifie, m'engagn a terminer ce-taast en vous proposant de boire k la sante de 

trer Teiemple du courage et du devouemenL Cette ft 
Beiguemeol offidel qui pafe de sa personne et_donne Teiempfe, 



plus grand et au plus ventre repre'sentanl de, renseignement lib™ ; k M. Ricord, qui ai 



asi en vous piojtosaiii ue ouue a lj sauit 

tlcIofc;^|^*l» ! l9 l n% 1 amwii|q ln «^ 
onne Teierople, eel honneur etail reserve 




114 L'UNION MfiDICALE. 



cicatrisle dfes le commencement de novembre. II reste k peine, un trajet fisiuleux donnant 
eocb're/passage k quelques goultes d'une humeur jaunfttre. ' , ' , 

Le 2$,. la blessure, un instant complement ferm^e, s'est ouverte de nouveau; les tegu- 
ments de la partie inf£rieure du front et sup£rieure du nez, ont oris une coloration fougeatre 
qui s'est elendue bientdt jusqu^a Tangle interne de Forbite droit. Dans toute cette region, les 
parlies nrolles sont emp(U6es,un peu turae*06es et comme gorgets d'un liquidesanjeux dopt la 
te*tenlion provoque quelques accidents qui disparaissent dfcs qu'il a repris un libte cburs. 
. A la fin de novembre, , la cjouleur, d^jk beaucoup attejmee par les narcotiques, quitte la 
region posterieure du crane pour se fixer pendant quelques jours au sommet de la Wte et 
regagner ensuite le front, son premier point de depart. 




loots, 
rieure, 

presque toute leur liberty La r6tine droite est" insensible k la lumiere qui, n&natfun^, pro- 
voque de la douleur et ua ^coulement de larmes tres-abondanU 

, 11 exiete. bien a gauche un, peu de paresse de 1'jris et un certain degre" de pnotophobie, mais 
cet ceH peut encore disiinguer a un metre les traits de rinftrmjer qui, au pied du lit, n'est 
dej& plu& qu'une onibre noire sans contours bien arreted. La lecture estpossihle d$ trfcs-prfes 
et & condition de ne pas durer plus de quelques secondes. Get elat s'aggrave encore pendant 
les premiere jours de novembre. L'oeilj droit, ii est vrai* commence a percevoir vagueraeut et 




disiinguer les caractfcres d'imprimerie de la : plus forte dimension. Contrairement k toule pre- 
vision, k la fin de ce mAme mois, cet organe, loin de conlinuer k faiblir, sample flevenir weil- 
leur, ,et,.Ie i2.d&embre, Schock peut deja faire sa partie de piquet,. tenant ses. carles, £ une 
distance de plus de 30 centimetres. . ,, ,. .. 

Le 16, il re conn ait d6j& le nombre des doigts qu'on lui pr^sen^e et il peut lire facilement les 
caractferes d'imprim.erie, quanfl ils sonj un peu rapproches. 

Pendant que la vision de Tceil gauche a h& ainsi s'ameliorarit* F£tat de roeii droit nXsiriw 
d'autres modifications qu'un retour partiel des mouvements des muscles .droits inlerp.es £t 
externes^ permeltant dejfc quelques mouvements de lat6'ralite\ , ,, ,-. , . f 

I^s, la fin de d^cembre, le bourrelet forme* par la muqueuse a un peu dimique, gr&ce aux 
scarifications et aux excisions qui, plusieurs fois, ont £t6 pratiques. , % ' , , , 

Vers le milieu de Janvier, la plaie est complement ferme*e par un tissu fibreux cicatriciel 
adWwnt La table exterqe dy frontal a subi, k ce niveau, une perte de substance foie-n yecon- 
naissable k une depression presque circuiaire, toute parsemee d'aspgritfc et.de la grafnd*nr 
d'une piece d'un franc environ. La rougeur et I'enip&tement ont disparu dans les tiasus voi* 
su>3, qui w&itepris leur cplor^jtioa et leur consistance habituelles* • i . : <f 

L'appgtit est celui d'un homme en bonne sante*; le sommeil est tres-calme et ri'esl ? phis 
interrompu une seule fois pendant toute la nuit. Schock passe «a journ6e k jouer aux. cartes, 
& se promener dans les corridors et dans les salles. 

I)ans les premiers jours de feVrier* sur sa demande re'ite're'e, on lui permet de quitter, rii6- 
pital poui; entrer au, de;p6t e!tabli pres des invalides pour recevoir les milrtaires ciyjls pu con- 
valescents, .. 

,, (La suite a un prpchain numeroJ) , 



a i i j min i > ji i n > i i ii ■ i , ",\r i i in in. i'i Ii I 1 , ' nii'fi I...I .ji.' i rn ,i i n 1 1 1 , , i h i i .n.rm 

;. , ACADEMIES ET societes savantes :: 

, ,' ' '■ I i . ■ 1 1 < 

■ I >» 



ACADtMIE DE MtOEClNfv ', 

S&mce du 7 mars t87t, — Presid^nce de M. Bart^ .,, '' * ti " ° ; , ' , , 

M.' Jules BiCLARD, secretaire annuel, annonce que le ddlai pout Ik remise des m^oires 
destines aux prix k d^cerner par TAcade^mie est proroge* au l' r maiprochain. 

. La correspondance non officielle comprend une lettre de M. le docteur Leven, accqippagnant 
renvoi d'un pit cachete*, dont le de"p6t est accepte*. 

M. W\t Voisin donne lecture d'une Notice sur M. Falret. Gette lecture est e"cout^e, par 
rasskance avec un int«Jrtl sympalhique. 

M. B^hier monte k la tribune et s'exprime k peu pres en pes termes : Je viens proposer $ 
TAcad^mie de rayer de la lisle de ses membres associe*s ou correspondants Strangers les noms 
de tous ceux qui dppartiennentaux Etats faisant partie de la confederation de PAllenikghe du 
Nord, k ces Elats qui viennent de faire k la France une guerre plus digne de sauv^es et de 
barbares que de peuples civilises. On dit jue nous avons encore du sang germanicjue dsuls le^ 
veinegj pou^r moi je ne le crois pas, et si je le croyais, je n 1 h^siterais pas k me faire'salgner a 



U'IRPOH v$wm 



Wane, aiin de ne plus rieu avoir de commun avcc une .pareilie nation. Les savants de J'AJle- 
magne ont pris part eux-memes aux basses el laches iusultes adVessees par les AHemaftQ^ a, ja 
nation franchise; nous devons done les confondre dans les tnenies sentiments de haiue qui 
tout Francais doit nourrir a jamais au fond du cceur contre lespeuplcs de.l'AI|emagn.e. qiii : qpf 
rjarticipe a celte abominable guerre. ■ ■ ■_■ r 

M. H. Boclet comprend tea sentiments (findighalion quianuiienl.* 
animer tous lea Francais contra las peuples alleraaods. On ne sanra 
conduite que lea Pruasiens el leurs slides ont lenue a regard de la Fr 
demie doit a sa dignile de ne plus avoir desormais aucun rapport avec 
qui out fail a la France cctte guerre barLare;jnais notre haine legitu 
supprimer des litres qui, de Tear nature, sorit inalienables. Nous 'n' 
merae lorsqueceux qui les ont oblenus ont demerit. '., . i ,__ ,..,-, .;,.„), 3 vii(ii-ni.i 

M. Vernedb, parLafre egalement les sentiments d' indignation at ejiorgiqu««aDt> o*pj(imes 
par M. Behier. Parlout la conduite diss Pruasiens et a litres AllRMandfi a tie. i«JHga*.de; peciplw 
cjvilises. M. Vemeuil a vu, a Saint-Gloud, d*sinreuwes fl agr antes de la delotaule'-deriOs^aner 
mis. Apres avoir tout, devaste, lout, pille, lout, vote, ils out repantULipaetowt de ■ lUiuite ijl« 
petrole et ont mis le feu aim habitations pour tl^truire- ainsi lea traces 4b. leiwa hrlcmriicri 
et de leurs rapines, en laissanlcroire que c'etaieot nos pvojeuliles qui avaieui cause- oes ioctjidies. 

M. Vernem) est d'avis que lout honnete nomine doit cesser dasarowis. lout rappotihavfrt Tat 
Allemands. Pour lui, jl est decide a en agir a in si; peut-etre consenlirait-il a revenir & d'autfes 
sentiments le jour oil 1'Allemagne serail. regie par des Institutions poUtiques', sembJat>l«|S,A 
celles que la France vieut de sedonner. ,. ■',•■. " ■' '.-' Ii.'uuij 

Done, jusqu'a nouvel ordre,. lout .rapport dolt cesser enlre Francais et Priissiens j' majs 
M. Vergeuil pense, comiue M. Bouley, que l'Academie n'a.pas le droit de suppiinier.les litre* 
qu'en oulres temps les sayan.ts allemands ont legilimenieai obtenus. ,. . Ut , , ( | (i r .„ in n, 

M. Behier demand* ce que lera l'Academie loraque des Allemands viendranty en *erfu:de 
ccb tilr*!6, agistor a sas seances. < „. > \-\< ■ -■'■■ j,i> i <ii. " 'ijuvm 

Vn'mtmbre : On levdra laseanral " |' '■■ ■ ' '■' ■'!>:!>■. ' "••■ 

M.'H. Bop let : Ce ne serait pas digue deTAcademic ! Si an Allemimd. osaVpfin&lrer'.dii^s 

cetle enceinle, mSenx vandrait (aire le vide aulour de lui. En verlte", les Allemands k ■rajerif 

■ capables de venir a loutes nos seances pour les faire lever. (Hilarilel) m ; . m ;'_ ,', . . {^.J, 

M. Blache : Les savants allemands n'gnt aucun tilre a nos,'egards; nVons^nftHS pas, vu 
les plus illustres d'enlre elix,M. Momtnsen, par exemple, nous prodiguer leurs' injures el ieurs. 
oulrages7 '.,' ' ," .,.-,..,, ■„ 

M. Gaoltier bb Claubkv : L'Academie, qui .a. con fere des litres aux savanla eliaux oaci** 
c.'tm alleataiide, a cerlainemeat le droit de les leur reiirer. flious n'avwts qu'a suivre 1'exeqipie 
de la Societe d'accliinatatioii, qui a rave de la bate de sea membres etrangeis. lorn: les souviti- 
rains et princes de 1'Allemagne. . ., , ,,;.,,) 

M. BAnrii propose que la motion de M. Behier soil renvoj'tiQ a l'ejamen du COMSil dt l'Aolr 
demie, auquel seront adjoinis,MM. Behier et Bouley. .,.......'. ; , IK isUI | ( , . ; „| 

. Pour sa part, il voudra it faire une autre proposition a l'Academie : PlusjeMis ,membreB idja 
la compagnie apparliennenl a des gocietes savanies de i'Allemagna; lui-meme a recu; sans 
Vavoir deuiande, le litre de membra, correspondant de Tune de ces SocieWs. Jl eat iecide.j 
ecrire au president decette Sodele qu'ij lui est impossUile de conserver aucune i«Jaiion ay?e 
des Societe' scieoliGques d'une nation qui n'a pas crarot de lancer des, obus sur yen ClaWisse-t 
meats scieoXiQquea, nos eglises, nos hospices et nos.bopitaux, et dont les .so Id a Is qui ^ony^t 
de souiljures immondes les livres de nos hibliollieques. II Eaut, a joule M. Bartb, que chaqH* 
rnembre de l'Academie. renvois ft 1'Allemagne les litres scieqiifiques qu.elle lui a cw/ares, afin 
de protester ainsi contre une invasion de barbares pire que celie-des Vandales ou .des borde* 
d'Attila,, ...■!,!.,. ■ .■ !■■ ■' ■■■■> 

M. Gaqltikh db Clacbht dit qu'il a deja eivoje aa detnissioo de mqmiro de toutes les 
SacttUa savantf a d'AUemagOe dont II faisait pwtie, ■ '; ■■> ■■■•■■ ••< r<t 

M. Wchel L&n denutnoe que 1'AcaMmie adoptela declaration stttranteiL'Ac&deidtej's'iHsl 
pirant des sentiments eloquemment exprimes par M. Behier, passe a 1'ordre du jour. ■ ■ " ' 

M. BEftiEn rievoudrait pas qu'une resolution fui prise ah (Vaifi.sur.ia,/moiip.n'qu 1 il l |i!, l .'prA T 
teniae. Il pense que sa proposition doit etre njurement .examinee; e'est pourqupi.il accep^Ta 
renvoi au consei! academique proposS par M. le President. ' .. , . , . . ..,,.,'■, (l , 

L'Academie, coosultee, pronopce le renvoi de la proposition de fit. Bonier a T'examen <iu 
conseil da T Academic, auquel seront adjojnla Mil. Behier etfauLey.., ■ •■■ i.-ii .•■■ i-.. M . 

M.Reynal communique a l'Academie les resultals de la mission qui Ma ^le cppfie'eJBar 
le GouvefUeraent d'aller 1 studier rinvasion de la peste bovine en France. 'G l es[ ulj.fl.eau. w'Sbm, 
aajotder a tons ceux que 1'invasion allemande a dechalnes sur noire' malheureui pays. , ir ,. ,., 

11 eiait facile de prevoir que la Prusse s'adressant a la Russia nieridionale, pays. oil la 'peilA 
bovine est endemique, pour I'approvisionnemeot de ses armees, devait necessairement a jeus, 
suite introduire le typhus dans lea parlies de la France envahies par elles. . , ,,;i 



m &%m*mmm\ 



1 itct p$ % ' Vi(fe ' fait 'dahS ces ^art 




pa&atfon dtr foai : ttee bartte de la Mriiih^tSomtt, biT'tte*;* ibe£iir&5 fefflbaci&tf avMt pih 
.UlHMti A'^Wn^^es '^rti^Wsld^ablei '"' ' •''" ' ' ;' /^ " ■; ■/'■' , i , n J,^ ^^ 

Mais c'a 6te surtout dans le Mans, la Mayenne* la Normanctie el la fefetagne que le 'ft&ui a 
te^^^afe 'pits' gwintls ^aVageS: ■ :: v ' "• - ,;I ' ! ,,,) • "/* ' i^-^^tj^ •" •", 
flf, WWr bW cdttt&nu^ la martitfe de la Arte bovftfe fl fatit'fee fc#ffir #6rfeaifelfet M fe 

l^oMetete th&tre de fearigMntei batailles. A Oralis oWavait 'Bimm^^BW ik^ 

feihGnt dfe fori^n hotobte txrosKttrtble d*arifmau* pj^ilesfoifels %8M fcteflfi 'Xpif jtye 1 
i^hte toalhetiredx de la gu^rl; obtigferent defaire r^trogra'detc6 pare WTe^aWs W tm& 
jfcrtfe tte nitre a'rtn& de la Lofts dpiTraitfea r^rait'e, suiv}^ d l ? pttt ^ ramfe 'eirnWnie. te 
commerce des bestiaux fait par des juifs' flfes dfeiix nations atfietia 16 fconiacl IJ et' fe fo^an^dtefe 
twu^ux frails a*ee le* troupeatat aWeiMnds. Trofede^aW#hfciitsr, ftmtftH'te'MMnne 
%t ^Orii© ^Gm%rertt C^to^d te* mages* d$la < tmatfe. ; ^attfe <*& cowti^s' !rie^il(ih*>lMi^*ft 
ittpfetible, :' datifc tett tiffcolftatKfcS fechet^fe 0<i Ton : se thm\^1t 4 ^'pfre^T^' &iioMie/ft^tf^ 
tffidta contte 1* iteau. <&n ^ta!t>Wu*'ile tegirife de la lei' martSater *& duWtftes 'ffttocaiifcfe 
TO**** feK place &^**MoYit&* pt^^ietttt^, qui ded8te»fc*fent, «tJqg«MeM»*V<te -^teftdft 

tfutbtt* xhmm . d% M» tttnitaiife, *0& <s* !$wifctei" de§ cGns*<itt&«i$4 ^ptara&fetfipi tiefte 

tafc^ <^l)& dfeVait aWlr ^^^ ^ v ".'" ] '- Ij:™-^ .If 

r ° ttfe| htttWf ' daliisfe i4e la protJa'gatidh du trial proVetiatt 'dfes 'Kfoi^teipkliv 'tfi V&^id6f¥rat^l^ 
Wf& piafant au^d&fetis de la Wf'tt gchafrparit a toiit, c6ntt6fej a)a inllM„dfe fe'tlMrbkilsa^ 
Uon absolue d^ services adminjsjratifs, ne.faisaieot fli5i v a ietfr Vofobtfe b6 YeWt- fekprice, J liiii^tit 
ftSPajaniauX partbut SutlesfrSutk*, tens hi ^habip^ Stir % Vdi idbH^>tetttt'c^afflt '& et 
tt( fe fcadavrefc d& antoiau* inMs <jui dev&natept d& four's A%fectioh:t$s' aut'6 ( fitp$X a ^w?ft 
m&ne pas a leur disposition d^rifoyenfe detranspbH potir l6s « ^I^e^^t'milbpmalSbiH; 
^Frtt^^^atleMltttt i <&aqtt<a infctant afcft^attatfti&fc '£ah-(ltri#ffl3ft < &mttik'>m&M\h&- 
occup^es de tout autre chose que de precautions hygieniques •* / ^eiM^cfentH*^ i fe / fl^OJ I fc , ^; 
ainsi que la peste bovine s'est propag^e du Mans en BretegnflV'dai9; ite^^tojOrmgft(Stoi«roUtes 
niM^.m)^^^ allw*nde3,>. travel ^89. lq^Utorpar^fu^. par.tes. tfojuf^uijvwus 
{rDAflwfc:\1cSeii ' t^ti^ati^ ', J <6^4^ilit- d^ciiQ^ * |^i: la ,wafajcUe m x^-f^j^^tl^^^^W^ 
^tite de fees aniniaux, transports par la yp^p ferr^e, n'siyafeiils^ l^^jpta^^pa,fl&^M!^n,S 




»1 
autorit6s capables de les prendre. Plus de 700 cadavres d'animaux gisaient abandon ries' stir 1 

«al> formanf ^ttBB'toytm (tlftfelch^n : dte^pft^daflge?«Bk^§* Wdlvltfa^^ul^ imo»4§#^nfMiir 

^.p<Wf?M(^t8ufflre li ^t^'p^Wfeft^l^ Mli^'^^bi^ ^ nflW^>tfti6i>^# f l«V*4 m* 

fWn» deiBrtart,'^ te& fit mfevw m mittiig&& ^^p1t^mu"fbh1^ f ^ , •Pp6feani <) ^ r,, ^ r > jT ?b 

Une des causes de la propagation de la peste bovine a ew'la'fiVet^Ties^o^VW^isiMr^ 

Le typhus avait done ^nvahi tous les d^bartfeye'nts ! 'irMtdf'iit- tes ! 'Mu^^k I, ttt ;! Harfe 
tfOHWftt^-Hi SaMhfe, la : Mayenne/ Vfkte- tt M'fl6bart(hn€rits;d« la 1 -'gfettgnte ;•!%«*# M J %r T 
Ittaiidfe^'HCJd^ intacte;' niais fl 6tail,^d^nt quelle ^rAit' e^VaWe^ §6tt to^W^^^oi^* 
keifetettJt t^p-considSWbfes^taieflt' dirl^sptiHte stiKPaMi, partie M^te 1 W'Wfflfe;'*^ 

"fit 



I^WflA^x^c^ i^'tt raVagef "«an^ U^ d^paf tt T ^ 

oil viennent de se constituer des comites composes de m£decins distingu£s et d'agrieltlteai 
Mei^4ispbfa\ik t ^\&Aeux'<>a^ ^mt^'^ )(feItoiiTiaa&a1ceiiMa|iMis.(#ar 

l'exp^rience. Ges mesures sont connues; ellaii«4 J6t^iiittpdi^;i1 -^jb ^^artnMo^^ldi^ 

Eminent. . .; : .-. -nl.-o"] :;..-../" /■* il'il A, r "•..•: «*.«' ."</0 ino.-uii-ji'pol 4 ; «Jrr)finif!'W 8-.i) Iqii : ; a 

®«te 

tmoo; m/]ftrfa tefaHpt 'samg 
et ne differe en rien de celle des annnaux" exeinp'ts il^ tdiite aitteifite mbAide. Cette vtandfi 
fllistimisffile iqiredaift 1^ ^s-^^TiMttaf^^^tdU^ti^pi V^tt^^ftlmi'Azs 
animaux, leur consommatiOft, Ttltilteatf6b etla^d^t^tteii'teoftipilW'dfe to^ *f^iii fifes' ^^^ 
leurs d6bris sont done les meilleures mesure»-a prendre pour Textinction des foyers 6pi- 
dgmiaues, 




dti 

v6t6rinairie8 
fat^ilr§ 

l'6pid6mie. 



%\r<£% dti pkys : siif'cette coincidence, qui serait 4e nature; a' ibd^iirp, £n erreui* d^s obster- 
■ sttpertlcleis ^t %'\tox? Taii^e prendre ' le change la nature #t ^ myltiM lk W^mS* 



j 



wxmwmaxm m 



'■I'm:- 1 W'frtotkf d* Brie W peste ' WnttMt traj s'es* WpewHtt 1 fr-Wrtf 'aprfesft'ieapiRilalMY* 

«**! fcw*toe< m w* <p»]aws ftflfaeflfe ^a a* *iii* tj'etf '<<tttitod^j'&-rtnMwdii'tM/m 
i^«^^mm^iM^'i\^mef^e1iV^ Wo$r«fl l !pre^ ll «if | eh«W/ : l»MTIiuropt 

■' ' 'A; AH*,: W tfeSftaGoti fife tWttftw) ' eom&iosrle' 'tf ' d* Hxtiftte VrtiHt* AJ^'ti 



« UagfaiiM.'Presqwi sads meow exce'pti&riie^ «ifnia« T rrajjbeV J sont nfirtft ftfltf 'm 'flflfi 
qui a yarie seu lenient en raisqn de, la resistance vitale.des indfyMos.' ' ■ L ;■ ' ''' '■'''' '.' ' !l ' ''" 
" ■'X'tWnfeiiti, desf^ufieiti ,, rfe ,, bffiWsava^ et 

8^(^e'»*S"p«cat[tOnBCOirt^naDlesei]i^nf'eMprfe«pili'ceti3( Jtfui A ma^ShUf^tfl 
y avait la »n stock d'animaux de differentes provenances; 'rti Wte nV ytow.o&hci'. prtfsslefirt«\ 



«r.kp Hw Wt ww ftwirt ^rntfibm ■WiafM'flrJ «"P hnttfefr*en BasrierterfieaiarfsMts, 
— H — ^^-"■ffi I |''||| rT1|1 | n mft| M || [ | ,||, (l |ii in flnhur ippMiialmeikeMv«lrMtMintois 
««>hit«nt ttacetfanncarWetts ******** Wcett* iTOMiwfelde: WW^eltiapi «wfl MdsiAr 
provenance prussienne est Dee la contagion qui s'«t ; .sstrnaaoiftetfi li .F^pypcWiiiia^Wfnatt 



gg 



re 



ilMonj.et'p 

cedes us con£ 



_e pas .perdje la ( viande.<ab»ttue, cecqurir dc npuveiu'aiix covers proceae's 

LA rapidite' de'V contagion a etc telfe que tout le'troupeau fej'tiiv i Vjlj^te,a '0,fim^'&>fl/i 
JpMi]cpu«dB i .r*lwflfljr 1 4U, njarcbe.de la rue, d'AHenjagne.. 



^ . Jf^jnili^ttie& jiontoew*. W'< utiUaeot lea . deaouillea, at t^tdiJwas d^ an trans .inert* A'pnt 
»,lffi|fa,,IWOTJW> : >.«(fiPMH a-ftir* (liij^alU*; latwuamtalipii .da,, ca4*Yi*s pcodjirte.fljr 

c*fe «fc;«p|« nuxlabltV , .-; ,„„., ;., ;., . ...,,,..; ,., . ; -, P .,i .=-,!!,., .-..;.' ,,,,» .-,,-. ,.,>, 

■ itti-eateencOfeSW cstftwett •d'iaiwwiUiqui.gtost .:p»9i.el*en|«ii», .Wqb qu'a ft*rii|*]irde 
flWiCPdftvrw.d'aoiiMOx prfesert .else 4u»axrw wiijn l jatw,,[fii6el,la ■«• grand, jnal-fltuilriauale 
VioiM de la fwte d»sh«Eaw»«sfl8enJe flelie des ipafiUttiafis, iLqa raoai*s do :l'engrenaa>hi*t 
«mtii40a|wrJ*qiKltopt doit, puser dans t»ue nwlhft««uJi: 1 p»jB[ dm twiiM .admi&ktlMtiwt, 
*N«»b,. pari*, fan aeMbDHtaMldM taUlWi.atiMBMlk* litest. ttnpoatriWa.de in »*BatwUa, de* 
«XmU ,fel rMM»abi|ilA-«i ,d'lottiftuve,quic«i^i8flDt;ai riMrtte-taiplua «h«>l»ai«,l*>p1uj 
deplorable. Evidemmeht il J«*ba -ototagsMout eeU.: /.; - '•:.v\,-.;- l :■ > r, v'n 1: iu„I>.v-.fpD i't ,.<h 
- ftuj(»«ril'i(uilo : rDtt.oate:faft*aKnli!aulti.* *iolBoe*tii« stocfc de:lfar4!«* l*OUT9-telle«ent 
fe*ttit 1 q»'il:n>.«"pliw a cnundrerla iwiiMllMpti'lafc'- v,i .- <n . : -.-■: n^m-.'! ,«iio?T -b :>:/ 
'■ *r. ^EtsAi. ijnnt*! : ffoe1t» : (rd(ipeaoj: ttstln* s S fuppfitvlsiiyoHWierit fle 1 
ftuSretiifle 'phrt n^pfortflitfd'jiiria^rtsMffliJQt 1 , dYrtenmrtion M'ie'nW) 



man ou ; 

SB 



, , laient lant par suite de la sficheresse que par le fait des requisitions i 
..leS'pliisttirttHes; Bnontrt Bos' efirifenriS Bp6oV»!^jti! fles entriveTctoritiritie' 
mkMirWis.de ritVilaiWeihertt: ©eSC'trmipeaUx Sont"rtite<j : pewdsirt UBi'deiJ: 
teilfl|ef, 'afteotfant 1 qti'll Slut (fti' atiWrtHa pTQssfennes' de feti!- laSfer 1 cc 
AnW faflla^fisiement ftt'rteFtenn^ort-ue teS-anWjatrt MairtltMlrtmei; i 
•» lefrtinwl rtt^;'fflttrfta te : W maTitfes: On rfoft i s'«p'HdueT'-d^'fe ,, i 
■iHfiA'ijtif^eif'pfodofte'da'tB festrti^Mi^ripi^-fln'ttpbui, (Brf'WHH 
*ffltt»aSttie.H -est rtgreiijibf*. rue I'admifiliiratlM'd* Tii'MBrre; sdcfe 
■eWMfD^Scfe'de'^ jiefrtebtB-fttei'n'ajt pas pH^ des WSuWspduV Irt'Mi 
temen!;?8uf : «« tfe tttefgrtttr ft^nt aluf WW'tHf'fflpHi tWfflt (wtir reV 
Mt*. H' rfldihtHHmttto^avflit eu tin pell pia««tJ' 'ptHopndeim. fl'aara 
■ jflrft ieflne dllu grand iwrnnre d'aniniau* w «t- enc«ubrettetlt ddpiorai 
■We<«B8t«MIH)iPB¥fc' ..«« i >i :■ ■>'■ ::■■.: ■■:•< :l—w . -I A \* 

M. J. Gut am emit devoir renouveler'fes reserves qu'iF a fcjh en ['occasion' de falreau aujel 
*il«'d*awi» : Bd1a:eflW»«ton"'flei.l4'-p*9ti bovine! Asstm»menl, 'fl aeiswralf verifr -i'tekpAt de 
; p*WOnDc-deni#'W'lle c«)!aglo»;"«ia1s peut^eft-e im fflliaVaiWI pas non jilus feife ftuft M 
'Wte'-eMilsiP fl'ce Woife de ietetopperaent. : 'ftittB ! flflcvrfti*: Sbsoiue a deM^'iricDirVeWentii 
* ! tWto«t , ' : d , e'irtpC(ilteh'd'e'CliefCb» ^^'n^«iBteWft : paB■ , (Rto!itr«9■o6ndit1on^ : iIe , genftfifr^i 
-ta naalidie; le seoohitfttfrtler 'egatetnetrt U'TeeHet'eMe^ ffloWns^rtvetitifiaulres 1 ^lifc 'raba 1 
tage en grand des animaux. ■'' ; '■''■■! "' - .■'",- in'im.^/i I i ■ ^i 

; Efl CA:<iai««Keimela^tijeMdU'(yphUs.ae«'i»naaflU^i'ob9«rv'slion.du tjpiMMidte Umfes, 
j^epaflt^cenLaBieuKt ..a rtrele; dea drcmttacwej.iiitf, s(Jp"llquee» par anatogie .a -te ^astt 
bovine, semblent [avorables au doute sur 1'unile' de 1 origine de la maladie. . : ri -iq '-''.un 
II convient de rappeler les conditions dans,;les«uejlea 4*,fle»u a nrit mi»Banoe, Au : jpoi* de 
Janvier dernier, 120,000 beauts ont 616 reunis et parqufe dans quatre stations differentes en 
vue du ravitaillement de Paris; ces animaui, aiusi agglomeres en troupeam de 25 a 30,000 



«$ imam mmum, 



lelefcaiieaoutrt ete exports aux intemnenes, aox privations, if frpii.,4 la Mpaiicgpaii 
o*»t,.,aus conditions le* plus capablcs de les prcdisposer a In production des causes de I'ftyo*- 
lotion raorfaide. 0*i peisque dana certains pajs la peste bovine nail Bpontaaemenl, n'.est-il pM 
rafiwjnel, en attendant que I 'observation ait decouvert lea causes de ceue origin e spontande, 
n]ea|ril'lpaa oationnol-do suppose! que, dans d'aufres pays, une semblabje sopntaneite' puisse 
se protUiiresous rjnflucnc* de causes analogues? II exiate, suivant M. Guano, des preaopKh- 
lions scienlifiques en favour de cetle hypothese. Dans divers pays, en Belgtque, par example, 

f»i-pbseT¥t das cas ,de peste bovine dont il a Sle impossible de decouvrir I'origine positive, 
■a cite encore d'autres bits semblables qui se sent produitscans de.grandes aggloniSraliqi^s 
bOiufs chez cerlains ^leveurs., , . ....,,. ., i.-i 

|,, £n resume 1 ! les-i^ils, nan moins que les considerations Iheoriques, paraissenta fy J., Gue 1 - 
jtm inililej en fcyveur des reserves qu'il a cru, devoir fairc conlre la doctrine absolue de 1 oii T 
gine coiiLagieu^e de ta peste bovine. , ■ ■'-„..; ',■■ : < 

,- ' H. Lnwier demands a'il ne serait pas a propos que 1' Academic, appoyant de sa ptoprc 
«utoriie 1'nulnrite de MM. Bouley et lleynal , fit une demarche aupres d$ 1' Administration!, 
ana de 1'flBgager a prendre les mesures lea phis capablcs de faire cesser ou iu moim 
aeTedvire le* mages (te la peste bovine. ■ 

' III! Bouley Jit que ta demarche proposed par M. Larrey serait un peu tardive, attendu que 

fe T6'yet\ s"eti|nt aujourdTiui de lui-meme faute d'alimenis. L'approvisionnement fle| Paris est 
eduit au minimum de la corisommation journalifere. ' J 

Repondant aux observations fnites par M. J. Guen'n, M- Bouley declare que la doctrine sou- 
lenue par son collegue serait pernicieuse, si elte elait vraie; mais elle est contre'dite par 1'uis- 
toirfe 'enllere de la peste bovine. >" ' ' . 

Ton teg les tois one le typhus des betes a cornes est apparu dans 1'Europe bqcidenlale.'tou- 
jotirfi 1 et tdujoitrs'ft eat venu de l'Enrope orientale ou de 1'Asle. Presque Idujonrs ila'et£ 
apnoHe par la guerre. Depuis Marios, les Cimbres et leS Teutons jusqu'aox descendants 
act ft els fle ces barhareS duNord, bieo supirieurs aleursperesdaost'art detueret dedetrbirei 
presque toujours l'invasion de ra peste bovine a accoinpngne finvasion des hordes germatnes. 
f'"li esfWo'ftc bienprorfte" que Torigfhe du typhus est uniquement la contagion iroporlGe dfens 
1'flui'ope occidentals par les troopeaux verras des steppes de la Russie etde 1'Asiea. la sunt 
des armies envahissantes. Les causes banales et communes, l'entassemeirt, la mfsere; elf;.', 
sent 1 Sncapables; quoiqu'en dise M. J.Gue>in,de donnet naissanoe a ta maladie. CeMe' virile" 
^tuntfclte 1 recavoir une confirmation plus eelatante que par Ffolsloir* du siege de Paris'* 
Penklant qiialre mois et demi , des tronpeaux de braufs out eie entaasds snr divers points de 
J'enccinte; its orrt eubiles plw:dnrescond}(ions de miseie, depgnurie, de privations de loatea 
«Uose», privations aggravees encore pur les speculations ignoble* el barbartw de ceui la Jnemea 
quiidlaient charges ae les' soigneret de les nourrir; itsont *te ^purees par ladlarrlree, l'*tisie, 
etc, et cependant il n'y a eu parmi eux ni mortality, rri contagion. ' J 

: Ce h'sst qo 1 * partir du jour on Paris a en le Boalheor d'ouvrfr ses portes a be nouveau flie- 
val de Troie, l'armee prussienne, que s'est dechatnee sur la eapilalO' la peite boviue,: irlste 
porabrables maux causes a la France par 1'iowisiW) gerraanique. C'e^t la 
p^ruuentale sunerieure a loutes lea Lhcones eL a tftiites les reaerves ifc 

ie par M. , J. Guerin serait funeste, car si i'oji n'avait pas une foi robusle, 
sive f daos "exolicite de la maladie, on acrait LeolC de se re.lac.her des 
it rigoureuses, les seules eflicaces pqur ar'reter le maj, e,L. I'on jwyeraii 
les perlea enormes, comme il est. arrive eu Anglelerre, oil la doctrine 
: qv6 des partisans maiheureusement trop convaiucus. Lea pertes de 1'Au- 
es.au chifTre de 500,000 teles de be tail, e[ de plusieurs coolaines do mil- 
France, grace a I'^nergie des mesqres prises, a ete, a la.meme. tipqque, 
est encore grace a ces mesures que nour parvkndrons a cbasser aujoufT- 
aous aurons fiiii de dibarrasser des Prussiens le sol de uelre pays, . ( 
. , En , resume, la peste bovfoe est d'origine uoiquement conUgieuse; presque toujours elle a 
e(e jraporlee par la,guerre,irarementpar desiaccidejjts da commerce, toujours,,fa«ilemenl Spa- 
rables, parce qu'il est facile alors de localiser le mal et de I'eteindre. a or place ; jamais aw 
n'est le produit, des causes generales, banales et couununes. 

„ M- ,|i (".UKRia. r^poud que la question de science doit toujours doroiner la question -de pia- 
tique. ; ,Biea d'ailleurs.dans la doctrine de la spontaneity ne, met obstacle aux mesures radicates 
prpposeeg par M. Bouley. Bieu plus, cette doctrine aurait poor elTet avantageux d'empechor 
teucombreioent , les grandes agglomerations d'animaux au nombre de 26 ou 30,000,. oojamp 
ou. l'a vu dans cea derniers temps, agglomerations susceplibles,: suivaut M, Guerin, de Javo- 
riser 1'evolution spontanee de la maladie. ■,.,,-., 

.. —.H. VfcnwuiL deoiande rroe I'AcadSroie \enille bien uie'ttre a 1'ordre dtr jour la reprise de 
U discussion aur la pvogenie. L'Academie, conbuliee, decide qne la discussion sflra reprise 
mardi procbain. .i- " i - . . t 

1 — 'La Beance est leveei cinq heureset demie. '"' 



iMAittt ite6iCwiEi m 



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LB CONGOURS ., 



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TrtetdterSimptioer 

Votre dernier numero, tout rempli de respoir de voir renaftre 1^coticdbr^/ttftt'¥^l[iel6 
un entretien avec M. le ministre ' * HBfithscliorf piAllqtie, triors fliTO! daSiraWWre ftlffie'sur 
p lu g ieun q uesttoas-rektivesa ia iwmttwttton desires internes ettles n a & tee ta s ~dana terjb6pt» 
taux, et des professeurs ,^e i'Ecble 4e m6a£cjpe. • \ . > ••'■". 

M. Duruy m'avait convoqul au ministere, et, dans une conversation qui dura plus d'une 
beur^'il me .questionaa beauconp, prit des notes, et s'apercevant que le tercaiu &ail plus 
vaste qu'il ne ravait cFabord soupconnd, il sMnterfompit et, me remerciant d'ayoir bien r voulu 
me reodre a son appel, il me pria de lui r&iiger un rapport sur noire. eptre\ien et siir }<$ 
apercus que je lui avais sommairement dgveloppea.' 




Xavais accompagng le memoire demand^ de la lettre suivanle, lettre d6trt ; je : v6uVetm>fe ( l# 
eopte parte qo'eUe me paralt concord^r avec votre manure •d'envisafcelr la 1 question l <des 
aoncoafa. "' ' : ' ' . '•■'.■' • •• l .» ,.» •• m ■ i '■[» 

« Monsieur le ministre, :..•! -.-./;:nu 

« A Theure meme oil, mardi dernier, j'avafe rhoaneurd^tre recii par vcua, tonorateur 
di$tingu£, M-E&Iard, eafevait triple salve aVapplaudissenjeala, et trausportait ffcnthou- 
siflfcws -et, l'AicadtoJe et i'auditofrten feusant rAloge dta conoaura;il prouvajjt ^que T>epae*gW^ 
ment libre (J-abord, et fo;eoAe(Nirsi*fi*ttH6v 4tafedt les ,deu* mflyens infajilibies/tteimiwil^fe 
l.'artavr guiiswuveille efe<te raninrer k vie |>ret& a a'&ctndre dans Je Corps, Rawigfl ant o » 

« Tessayais moi-meme, Moosiear • I* ministne, de - plaidar « la cause dies cooeours , . >rsnifeda: 
**rtara*pour ootahattre.ceiUe jrfm'/itedoat voos accuses avec rafsofrkes itauke&adtuelfea.* 
.• * Monsieur le mferistre; le concoun est aujourd'hui darts les aapirattotta de toes j vow 
ioHBdrtalSBerex votre Jpassag&au mrnistere -en rttablissajit ces luties glorietttes qui piofitafenf; 
meme aux vaincus, et dont le souvenir emeut et transporte ceax qui, codnne ofcoi* onteWrleai 
t&noins de ces magnifiques tournois sc i ea ti fi que a, 

« Avec tecaQcepjKs, "|es candidate ODnaaprajt a»>fcavait ]fi;tampi>gu'ite ftrdtl* Jijourd'hui 
dans les antichambres ou dans les salons a des sollicitafioos humilianles ; 

« Ave c le concours, le pass6 brillarit que vous regrettez se retrouvera dans Tavernr, et le 
respcci, qui aujjourdTrai manque aux Sieves pour leurs maltres, est assure' au professeur quf 
a fait ses preufes enupublib, alprjs qu'il fait d&faut a P6Iu du pouvoir et de la faveur; 

« Avec la limite <Tage, Monsieur le ministre, vous entrdtenez le feu sacre du travail, vous 
8tinaite!lo ti^li de ceux qui ont le desir et Tespoir d'atteindre le bdtl ^ > • « i '> W. ) 

« Le concours, Monsieur, Je minislre, le concoure, et so^ez assure d'avance des ovations qui 
vous atiendentl si vou* acc^dez a ce d^sir expriine par votre respeclueux serviteur, person- 
nellement d 6sn)t eresse dari ^-1a gnpstinn- „' _. _ 

j « iy Horteloup. » 



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[ « ' HTifjf i A" h TlOri •»!<>*• . r j ■ » m 

'••I.' I i* * » l> » ■ ■ < ! » ^ < ■■ > 1 '■ /.j|/l I'" /■'( 



1 Jfimttair Am6d6e Latqua, reda^fetir 9n chef-d* i'ttmoicMfoicM.E; 

J j ■ . ! ' ■ > > 



'.!'«! • '{ 



/: '/ Monsiur/fertda^teuren.chef, ' . | * j ^. id 

L^ signaUire) de la lettrfe adres^'a MJ 1^ minstre de 'la 'guefTeVpabltee datis i f q rfefniir 
num^ro de fU^iox medicals, affiifme « que depuifiquclques mOis les'niaisads' tie, prostitution 
sonaprt mal slrveill6es. J| ' ; ( ; i . ' ' , '. ^ 

Gette assertion ^st si coatraire i ty v6rile, (< et si bl^ssante pour les medeclns' cli^rg^$ de/ce 
service public, Jqu'il est de 1 mon devoir de |a relevir. »' •"■"* ".'.,., . t ' !( , >r,. j -Jia 

La \*6Jfe hebfloma^aire de cbacune des ^aaisons pe tojerance a eu.lieu aVec la m6me /regu- 
larity pendant tfinvestisseraerU de Pari« qu^ par le pa$s€, aiiciin des meiec iris ^dq O^pcra^ure 
de salubrity n^avaot delaiss^ pu nsglige* son, service! — J'ajouterai que, pendant tpqte la aur^e 
dji hnmhardem tnU Jea maisnns publiques aitutos dani lea quarliers les plus 6prouv6s (boule- 



vards d'l^alie, ( e Greoelle,€tc) opt 6t£ visits avec la meoie exactitude t aim quf Taltestent 
les rapports de4 mMecins (a Dispgnsaire. ', 

Receye» f etc. - ' D r Clerc 

_ Medecin.en chef du Difqiensaire rip, salubrity _ 



i». 



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Calomel a la vapeur 
Jalap pulv6ris& . . 



PILULES TO CALOMEL ET IkLXP. 



gr. 60 centigr. 



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«»4u4 >»i i fl»jj lann li ' i m ml) k> rwivijn i y i v i iu », i ti nuiinniinnu nl l itruiuift' i angiiump i'i ttaaadbri 

Ephemerldes Medieftloe. ^'^1 4tfk^ i^i'"^ '■"■'I < 4 " 1 ' J '> < •" J 

7 '.•-"! 'I' • , '■• ' r ' ' 'J..,' U'.' ' ., '!, I'll "l )i'|) '!."• i,l» 

j-Mf.h. i|i(i: *!ii ' -mi •»:ir;*- in '••lli-u-'' T !;. • •< ' ■ ' ' ,!• '■ •■,:;■ : .;vi'| -^ : pui Vi(b is. ijir*" •'. 

^%m^^^f^^\W^M^Xm^^^^^9m^ .. ,,.,.„.! .,i w-.'iiM..,,T, xi. n.x 
vtimimttym^Qm fciiWtf # t it : te/tf<*^r jtogwae^r^ jq-nefep 4Jb%rgi^; $n<4^f 

de la maison d'altenes de Gharenton. M. Deguise serait encore une victime indireg&^SiJ* 
guerre. Retire dans sa maison de campagne, a Chateauneuf, il aurait succombg par suite des 
mauvais traitements que les Prussiens lui auraient infligk e i. ;"i,.i -if w. ■*'• -uiM. > 

wtfwvtei tfapfts b(* dtactisrtMi «pit* tti K«i&^4*^ia'de1fti&^ 

ttrlftiitiitiv* A* it. ©oudwdat/mrimbr^ de to «omtais$teit wtpirieute 4Thj^iftiiel' ' I> - :! j;i " fl 

« 0» a com^ill* ^^owwV' 1^ raite»€B dec*davr*i d'ttte>&ftffclie de **Wtl0 fl mtitm'J 
ad^iea!de-26')e««tin^es'«irie*ten^^ /ir./ •>.•.•/ 1. » 

• .Semite, ^stafcewl air tes iointos ua^asm/aJ^^^^apideitoffl^defteitwvf^^^^ 

antim* ^zttrpe/ ^t(i)p fem:4e»>«oi}(M». iMt^a. •Cm.fbpbttv y»^ ra^amtv tibom 
JKtQJtfefcJraj^riW^^ : ■■ -< •i>in/i] ■•< "1 in.'. ;•. .-..mm;/ /uii Mii-'uii 



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du 25 revrier au 3 mars ,i8tt, , 



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CAUSES DE DEGJfoi M . 

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y-ari tu&> * «-^ *»*»,».♦••*♦•»»•*•• 
ScarlauneT. .* . ^ . . *. i . !1 ] i . i ~. . \ . 

Rougeole. * 

Fifevre typhoids * .-. ——*-. 

foysip^le . . ., r ,Mi !y-*<vv<>'i v^ 

Bronchite. « . . 

Pndui&baiBtfn. <. .J* /j ui ( J « 

Diarrh6e. . . . . * i 

Croup....... 

''AfflclHm'i^ue^ral^ 
Affections chrpniques et accidents 

k - r " : ffiv«w; , vi, :.'/:...;';■..:; ! - "" 

•A^W^ntsHCtmb^t:.:...; 
M de^h^TBbniba^ineflU 

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Vu : Clnsvecteur du service trUdical, D r Jules Woiks.' 



L« Gerant, G. Richblot. 



Pjjus* — Typographie Felix MiLTisTset C«, rue des Dcux-Portes-SaintStuveur, 22. 



No ii LTJNION MfiDICALB leudi 16 Mars 187^ 

r 

BULLETIN 

SCR LES STANCES 689 ACADEMIES 

* • 

C'est cert&inement avec un sentiment de reconnaissance et d'admiration que lies 
lecteurs des departments et de Petranger apprendront que, darant le long srage de 
la capitale et dans ses plus mauvais jours 9 nos Academies n'ont pas une seale fois 
interrompu leurs stances hebdomadaires. Meme pendant les vingt jours si cruels du 
bombardement, et quoiqu'elles soient situees Tune et 1'autre sur la rive gauche de 
la Seine, c'est-a-dire qu'ellea fussent exposees k la fureur des obus prussiens, elles 
ont continue leurs travaux avec le calme et la dignite de la science; travaux qui) 
d'ailleurs presque tous, etaient relatifs aux conditions douloureuses que nous tra- 
versions et avaient pour but leur attenuation. 

C'est ainsi que, a r Academic des sciences, des communications innombrablea 
ont ete faites principalement, soit sur la recherche de substances alimentaires nou- 
velles, soit sur le meilleur parti a tirer des aliments connus pour les multiplier on 
les rendre plus nutritifs. M. Fremy, M. Pay en, ont fait connattre des recnerches 
interessantes sur les propriet6s nutritives des os et sur les graisses qui sont desti-* 
nees a survivre aux douloureuses circonstances qui les ont inspires. 

C'est ainsi que, a PAcad6mie de m6decine, et -sur la demande du ministre de 
1' agriculture et du commerce, cette Gompagnie, vu la disette du lait, qui a et6 si 
prejudiciable aux enfants nouveau-n6s et aux malades, a discute, apres un savant 
rapport de M. Gubler, la question du lait artificiel, dont le meilleur et dont la com- 
position a peu pres analogue au lait naturel , est le simple et classique lait de 
poule. Halheureusement, on pouvait plus difficilement se procurer le remplajant 
que le remplace, car les oeufs se sont vendus 2 fr. piece. 

Cette compagnie savante a ete 6galement saisie par M. Verneuil d'une question 
crave et a laquelle les circonstances donnaient une supreme importance, celle de 
ralcoolisme chronique sur le resultat des operations chirurgicales. La chirureie, it 
faut le reconnaltre avec douleur, n'a pas ete heureuse pendant le si6ge de Paris. 
Grandes ou petites operations ont ete generaleraent suivies defection purulente, 
qui a entraine la mort des malheureux ope res. A coup sftr les conditions morales et 
physiques des blesses, dans une ville assiegee, doivent avoir eu une grande part 
dans la lethalite des operations. M. Verneuil a cru reconnaltre une autre influence 
nocive, celle des habitudes d'alcoolisme. La question soulevee par ce chirurgien 
n'est pas resolue, elle est a 1' etude, aprte avoir donne lieu a une discussion pro* 
loncee et interessante. 

II convient de rappeler aussi la sollicitude et les efforts de PAcademie en pre- 
sence des ravages de la variole qui avait trouvi des aliments nouveaux et dans 
rimmigration a Paris de la population suburbaine et dans la presence de 100,000 mo* 
biles venus des departements, Les vaccinations et les revaccinations ont ete prati- 
quees a PAcademie sur une grande echelle, et la justice oblige a reconnaltre que 
M. Depaul, directeur de la vaccine, a deploye dans cette circonstance le plus grand 
zele et le plus complet devouement. Le chiiTre des vaccinations et des revaccinations 
pratiquees a PAcademie durant ces derniers mois depasse 14,000. 

II serait injuste d'oublierque la Societ6 m6dicale aes h6pitaux de Paris s'estoccu- 
pee avec le meme z&le et la mime ardeur de toutes les questions relatives k l'epi- 
demie de variole sur laquelle elle a recu des communications d'un grand interfo. 

Si la mftme activity apparente n'a pas regne a la Socitte de chirurgie, c'est qu'a 
peu pres tous ses membres, disperses dans les hopitaux et les ambulances, soit dans 
Paris, soit aux armees des departements, remplissaient avec courage et devouement 
leur humanitaire mission. 

11 nous a paru juste et convenable de rappeler au moins par cette indication som- 
maire le r&le rempli par nos Societes savantes, pendant que les pretendus mission- 
naires de la civilisation et de la moralisation se livraient a toutes les horreurs d'une 
guerre pillarde, devastatrice, et lancaient leurs bombes homicides sur les paisibles 
et humanitaires sanctuaires de la science, des souffrances humaines et de la reli- 
gion. Nos lecteurs trouveront, k cet 6gard, dans notre collection, Penergique etelo- 
quente protestation du venerable doyen de PAcademie des sciences, de Pillustre 
M. Chevreul. 

Pendant la semaine qui s'ecoule, les Academies n'ont pas chome ; le drame s'est 
montre partout. 

Tome XI, — Troi*iem$ 9 trie* ii 



122 L'UtHON MfifflCALE. 



A TAcademie des sciences, la proposition incandescente de M. H. Sainte-Claire 
Deville a deja suscite d'energiques reclamations, soit en seance publique, soit sur- 
tout en comite secret. Ce qui s'est passe dans ce dernier^ nous ne le connaissons 
que par des ouT-dire; la discussion de la seance publique, nous la donnons au 
compte rendu. II est visible que c'est Topinion que nous avions la velleite de soute- 
nir dans notre dernier numero contre M. Sainte-Claire Deville, a savoir : que ce iTest 
as la science ailemande qui a vaincu la France, mais Timperitie, Timprevoyance, 
e defaut de temps, le manque de. materiel, c'est surtout le nombre. La conclusion 
que TAcademie des sciences tireraprobablement de cette discussion, c'est qu'il y a 
urgence a multiplier et a disseminer les centres ^instruction scientifique ; c'est 



I 




3u une Ecole polytechnique et une Ecole centrale d'arts et manufactures, une Ecole 
es ponts-et-chaussees et une Ecole des mines, ce n'est pas assez pour un pays 
comme la France. II faut que chaque departement, ou tout au moins chaque pro- 
vince devienne le centre officiel ou libre d'un grand etablissement destruction 
polytechnique. 
son ; mais qu' 

Pourra-t-on lui dire ? et si au lieu de demander toujours tout a TEtat qui 
berait bientot ecrase sous les immenses charges qu'on voudraitlui imposer, les 
Conseils generaux des departements, avec leurs propres ressources, commencaient 
la fondation de ces precieux Instituts polytechniques, partout ou ce serait possible, 
la province verrait bientot florissants ces grands etablissements a Tinstar des Uni- 
versites allemandes dont il serait si facile d'obtenir Taction et les resultats. 

A TAcademie d« medecine, la proposition de M. Behier a eu le sort qu'elle pou- 
;vait et qu'elle devait avoir. Du reste, Thonorable academicien s'etait rendu lui- 
meme aux motifs qui lui avaient ete opposes, et qui ont ete presentes hier a TAca- 
demie par M. J. Beclard avec une lucidite, un bon sens et une eloquence qui ont 
ete bien legitimement applaudis. L'Academie a adopte un ordre du jour motive qui, 
mieux encore que la radiation de ses listes des associes et correspondants alle- 
mands, fletrit a jamais TAllemagne de la guerre honteuse et sauvage qu'elle vient 
de faire a la France. 

M. Reynal 
la peste bovine 

ce sont les invasions des armees du Nord qui ont importe en France ce desastreux 
fleau. 



il a clos la seance par un lumineux historique des diverses invasions de 
rine dans Toccident de TEurope, et a demontre que, a toutes les epoques, 

• • i f i «t t « . • , r -r* J ' «.__ 



CLINIQUE MILITAIRE 



(Hdpltal militalre de Vlnceiraeft) 

PLAIE P£tf£TRA!VT£ Dfl CRANE, SUITE D'tJIf COUP DE FEU; — GUfclUSON, MALGfi£ LA 

PRESENCE DE LA BALLE DANS L'ENCtiPHALE !*) \ 

Observation recueillie dans le service de M. le m6decin principal Fleschdt, 
Par M. le docteur MiAe, m6decin aide-major h i'hdpital militaire de Vincennes. 

Nous ne croyons pas que Ton j^uisse mettre bien serieusement en doute la pre- 
sence du projectile dans la cavite cranienne. ^exploration de la plaie, faite a deux 
reprises differentes et en presence de temoins competents, les fragments de sub-, 
stance cerebrale ramenes au dehors par Tinstrument, eloignent absolument Tidee 
d'une erreur de diagnostic. 




et 

parties molles contenues dans Torbite sont genefalement regardees 

signes certains d'une blessure de Tencephale ou tout au moins des parties les plus 

profondes de Torbite (2), que la balle n'aurait du reste pu atteindre sans traverser 

le lobe anterieur. En dirigeant un stylet un peu obliquement , de haut en bas, de 

gauche a droite et d'avant en arriere, on a pu Tintroduire tout entier dans la cavite 

cranienne sans parvenir jusqa'au corps etranger. On est done autorise a supposer 

qu'obeissant aux lois de la pesanteur, et, par suite de la position elevee de la tete 

(1) Suite et fin. — Voir le numero du 11 mars. 

(2) Demarquay. Mfrnoire sur les corps elr angers entres dane Vorbile. In Union Mudicale, 1859, 
tome IV. 



L'UMON MEDICALS. 123 



pendant les premiers jours, la balle a du faire du chemin en arriere et aller se 
loger dans le lobe moyen, peut-etre meme dans le lobe posterieur. C'est du reste 
vers cette region que, deux ou trois jours apres l'accident, le blesse ressentait les 
plus vives douleurs, occasionnees, selon lui, par la presence du projectile qu'il 
assurait s'etre arrete a ce niveau, et dont il pretendait meme sentir les displace- 
ments. Les souifrances, les etourdissements causes par la mastication et les mou- 
vements de flexion de la tete, les retentissements douloureux que provoquaient a ce 
point l'eternuement et la toux, semblent devoir donner quelques probabilites a cette 
hypothese, contre laquelle la pbysiologie du cerveau ne nous parait devoir elever 
aucune objection serieuse (1). 

La guerison est-elle definitive? S'est-il forme un kyste protecteur qui preservera 
dans l'avenir les parties environnantes de toute alteration fScheuse? Cette suppo- 
sition ne nous parait point invraisemblable. 

Les exemples de blessures du cerveau n'ayant pas eu une issue funeste ne sont 
point absolument rares dans la science, et malgre les dangers qui en sont la suite, 
il nous semble que les cbirurgiens sont peut-fetre trop portes a exagerer la gravity 
des lesions de cette nature, regardees generalement comme au-dessus des ressources 
de Tart. 

Bon nombre de fractures des os de la tete ont gueri apres l'extraction d'esquilles 
volumineuses implantees profondement dans Tencephale (2), m§me les hernies du 
cerveau, avec perte de substance, qui compliquent parfois les lesions de cette 
nature, n'ont pas toujours entraine la mort. Quelques blesses ont pu survivre k des 
abces volumineux formes dans cet organe a la suite de violents traumatismes, et on 
trouve dans les recueils speciaux quelques observations remarquables oil un corps 
etranger, apres avoir penetre dans les centres nerveux, a pu y sojourner plusieurs 
annees sans amener aucun accident grave. Mais la guerison a toujours ete achetee 
au prix de dangers considerables qui ont compromis le plus souvent Texistence du 
malade et qui, dans presque tous les cas, ont eu pour resultat final la perte de 
quelque sens. Presque toujours les facultes intellectuelles ont ete gravement 
atteintes ; il y a eu des accidents de paralysie et de convulsions qui ont persiste de 
longues annees encore apres la guerison de la plaie. 

Le cas qui nous occupe est remarquable par Tabsence complete de tout symptome 
febrile ; il n'y a pas eu un seul instant de stupeur ou de delire, nul signe de contu- 
sion, de compression, d'inflammation cerebrate. Nous n'osons dire qu'il faille entie- 
rement attribuer cet heureux resultat a Taction des opiacfe qui ont ete administres 
a haute dose, en meme temps que Ton faisait des fomentations froides. Cependant 
il est bon de rappeler que les narcotiques ont joui d'une grande fayeur aupres des 
vieux chirurgiens, qui leur ont toujours attribue de grandes vertus dans le traite- 
ment des blessures de la tete. Cette guerison vient, dans tous les cas, a Tappui de 
la these de Vidal, qui regarde comme les moins graves des plaies du crane celles 
qui penetrent jusqu'a Tencephale ; la violence du choc se trouvant ainsi amortie et 
le pus pouvant trouver alors un libre cours. Nous croyons que, dans un cas pareil, 
il serait prudent d'imiter la conduite du chirurgien de Th6pital de Vincennes, qui 
a su resister aux instances reiterees du blesse, et s'abstenir de toute tentative 
detraction (3). 

Pour arriver surement au but, sans exposer le malade a des delabrements dange- 
reux, il eut ete necessaire d'appliquer une couronne de trepan, afin d^randir 
Touverture, et Ton sait tout le peril que de pareilles manoeuvres ajoutentalagravite 
detelles blessures. Les resultats, a coup sur fort incertains, n'en eussent point 
compense le danger. Nous nous proposons du reste, dans une monographic speciale, 
d'examiner plus a fond ces points de doctrine. Nous nous bornerons a donner ici le 
resume succinct de deux autres observations dont M, le medecin principal, Flesr 
chut, a bien voulu nous communiquer les notes : 

A la prise du col de Mouzaia, mai 1840, le docteur Beugny, chirurgien-mauor des 

(1) Voir les experiences de Flourens et de Vulpian. D'apres Longet (TraittcTanatomieetdephysio- 
logie du syst&me nerveux), apres la perte presque complete d'un hemisphere c6r6bral, l'homme peuf 
encore jouir normalement de presque toutes ses facultes intellectuelles. 

(2) Larrey. JEtude sur la trepanation du crdne, page 15 et suWantes. 

(3) H., Larrey cpnseille aussi, dans des cas pareils, d'attendre pour tr6paner qu'il se soit produit 
quelques-uns des accidents graves qui, seuls, peuvent 16gitimer cette operation. ' ,_, 



m L'DNION MtBICALE. 



-•— ■- - 



fcoiiaves, recut un coup de fbu a la tete en allant donner ses soins k un sous-officier 
Wess6 non loin de lui. 

Atteint par le projectile au moment ou il se baissait, il tomba sans connaissance. 
AFambulance, on constate une plaie longitudinale de 4 a 5 centimetres, situee 
vers le milieu du parietal droit. Le cuir ehevelu , entierement dechir6 , laisse aper- 
cevolr une fracture du crane. Le bord ant6rieur, constitue par une escjuille assez 
volumineuBe, est sensiblement enfonee ; le bord posterieur saliant a ete 6videm- 
ment hetirte par le projectile, dont une partie seulement a dft p6n6trer dans la 
cavit* cr&nienne. 

Apres avoir ete d'abord soigne a Blidah,le malade fut, trois ou quatre mois aprfes, 
4vacu6 sur I'bfipltal du Dey, pour y 6tre traite d'une hemipl6gie, dont il etait atteint 
depuis le jour ou il avait recu sa blessure. 

A sonarrivee, M. Beugny avait deja recouvre quelques-uns des mouvements du 
membre inferieur; mais le bras se mouvait difQcilement et la sensibilite y etait 
encore tres-imparfaite. Les muscles de la face restaient a demi paralyses et la langue 
legerement deviee ; aussi, quoique la memoire fut intacte et Intelligence conservee, 
la parole deraeurait encore un peu embarrassee et difficile, toutes les autres feme- 
tions s'executant, du reste, normalement. 

Malgre l'enfoncement d'une partie du parietal fracture, la plaie etait a peu pres 
cicatrisee et ne laissait plus echapper que quelques gouttes d'un pus de bonne 
nature. 

Apres un traitement de deux mois, la parole etait devenue plus libre, les mouve- 
ments plus faciles ; la cicatrisation presque complete du trajet fistuleux faisait espe- 
rer au blesse une guerison prochaine , lorsqull se decida a quitter l'hopital pour 
g'lnstaller a 1'hotel de la Regence. Trois semaines s'etaient ecoulees, et M. Beugny 
se. croyant deja bors de tout peril, ne sut pas resister a Tenvie de manger des praires 
(ooquillages), dont il crut devoir malheureusement faciliter la digestion, en general 
assez difficile, par quelques verres d'un vin blanc genereux. Dans la soiree du meme 
^our, des accidents graves se developperent, l'hemiplegie reparut plus complete que 
jamais, la parole devint lente, presque impossible. II survint bientot une sorte de 
coma, et la mort eut lieu le lendemain matin , precedee de quelques instants de 
mieux, dont le blesse profita pour prendre quelques dispositions et prier le medecin 
de faire son autopsie avec soin, lui assurant que les resultats en seraient interes- 
sants pour la science. 

On trouva un enfoncement du parietal de 4 k 5 millimetres et la dure-mfcre 
adherente k Tesquille qui depriffiait le lobe moyen (l); la trace du projectile y etait 
marquee par une Ikne grisatre d'une longueur de 3 centimetres , penetrant a unp 
profbndeur de 10 millimetres dans l^paisseur de la substance cerebrale. A ce point, 
on rencontre un noyau resistant form6 par une coque fibreuse renfermant la 
ttioitie d'une balle un peu deformee par sa rencontre avec le bord posterieur du 
Jparietal. Dans le voisinage, la substance c&rebrale avait conserve sa couleur et sa 
consistance norraales. Ni epancheinent, ni congestion a la base ou dans les 
ventricules. 

En 1840, un spahis d'origine francaise ftit apporte a I'hSpital du Dey sans con- 
naissance. II avait recu une balle spherique a 4 centimetres au-dessus du sourcil 
droit, un peu en dehors du sinus frontal, pour sortir k 5 centimetres environ en 
nvant de Toreille, suivant un trajet oblique de haut en bas et de dedans en dehors. 
Le lobe anterieur avait 6t6 certainement traverse, car une sonde introduite par Tou- 
verture ant6rieure amena au dehors , du c6te oppose , des fragments de substance 
ceWSbrale. Le malade resta dans le coma le plus complet et ne commenca a reprendre 
connaissance qu'au bout de trois ou quatre jours. II y avait un epanchement Bfcro- 
sanguin dans le tissu cellulaire des paupteres de 1'oBil droit projete tout entier en 
avant. Apres un sejour de trois mois environ a l'hopital, le blesse fut embarque 
pour la France, avec un conge de convalescence. II ne restait qu'une gene assez 
prononc^e dans la parole et un defaut de memoire pour certains faits et certaines 
dates; mais l'intelligence etait intacte, ainsi que la sensibilite et le mouvement. 

Examine un an aprfes la blessdre, la parole avait recouvre presque toute sa liberte, 
et le dfefaut de memoire ne portait plus que sur certains taote, principalement sur 
les adverbes de temps et de lieu. 

(t) La pitae a m envoy** ail ntista dVmatomie pathologlqtre dtf Val-de-G^ce, oft elle doit se trouver 
encore. 



L'UNION MfiDICALE. 11$ 



MMMMdMMMMHMIAtfaWftMMHaaHMiiBBMB^^i^^AJSr 



La vue etait tout aussi bonne qu'avant l'accident. La saillie du globe/t>culaiifd 
avait completement disparu et le maladeavait pu reprendre son service, qu'il faisait 
depuis plus d'un mois sans eprouver aucune fatigue. 

Malgre leur date un peu ancienne, ces deux observations, presentent un assez 
grand interet. La derniere est encore un exemple des resources inOnies dont dig- 
pose la nature medicatrice pour la cure des plaies du cerveau qui n'interessent 
point les parties profondes de cet organe. 

La terminaison funeste, qui suivit dans Tune d'elles un eimple 6eart de rtgirn*, 
nous montre quelle reserve on doit garder dans le pronostic des Measures qui Ottt 
interesse FencGphale, alors mSme que la gu6rison semble dej& assur6e. 
^ II n'est pas tres-aise de donner la raison de telles differences ; Thistoire des 
lesions du cerveau renferme encore bien des points obscurs, et aujourd'hui, comme 
au temps d'Ambroise Pare, nous voyons « aucuns mourir de bien petite* plaies, 
« d'autres rechapper de tres-grandes , » sans pouvoir en donner de meilleures 
raisons que celles dont se contentait sans doute, faute de mieux, notre vieux chi- 
rurgien. 



s*& 



mi ml 



ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



acadEmie DCS sciences 

Stance da 6 mars 1871. — Prtsidence de M. Firt, vico*pre»ident. 

La parole est a M. Pay en, pour lire le rapport demande dans la derniere stance, sur la 
disinfection des locaux affects durant le Bilge aux personnes atteintes de maladies conta- 
gieuses. Commissaires : MM. Bussy, Laugier, N61aton, Pay en. Notis reproduisons dans sea 
parties essen tie lies l'importante lecture de M. Pa'yen, v 

M. Paten : Depuis longtemps deja, on admet que les affection* contagieuses soflt transmit*' 
sibles par des etres vivants, germes, spores ou ferments animus, microphytes on microzoaires ; 
aussi les efforts de la science se sont-ils ported sur les agents chimiques Its plus propree a 
detruire la vitality de ces organismes rudimentaires et, par suite, a arreter la transmission 
des maladies contagieuses. 

Le comite consultatif d'hygifene et du service medical des bfipitaux s'est deja livr6, a cet 
egard, a des discussions profonge'es. II a attentivement discute et experiments Taction compa- 
rative du chlore, des hypochlorites, de l'acide phenique et de certains agents chimiques tr&s* 
energiques, oxydants susceptibles de tuer les mycrophites et les microzoaires. 

D'un autre cdte\ une sous-commission avait ete chargee, par la direction de J' Assistance 
publique, de determiner les mesures qu'il convenait de prendre pour rendre au service general 
les safles affectees aux choieriques de l'£pidemie de 1865 et 1S66* 

M. J. Regnault, membre de l'Academie de medecine, fut nomine rapporteur et charge" de 
resumer, sous la forme d'une instruction, les prescriptions a prendre pour assainir les locaux 
contamines et purifier les objets mobiliers. 

C'est en partant de ces donne'es, deja contrdtees par une experience decisive, que rtotts 
allons, dit M. Payen, indiquer les moyens qui semblent les plus propres a detruire toute 
transmissibilite des maladies contagieuses par les locaux infectes, les linges et les mobiliers. 

II est bon de dire tout de suite que les personnes qui ont assaini les locaux par les moyens 
qui vont etre indiques, n'ont pas contract* de maladie, et que le personnel des inflrmier* 
charge de la disinfection des objets de literie a ete generafement exempt des atteintes du 
mal. Il conviendra d'ajouter une preuve direote de Taction reelle des procedes mis en usage 
par le conseil d'hygiene et de salubrity on augmentera ainsi la confiance qu'on Bemble 6m 
en droit d'avoir dans leur eflicacite* 

Au premier rang des agents destructeurs des germes infectleux on s'est accord* a placer 
l'acide hypoazotique. Dans son action rapide, ce compose se reduit lni~m£me a retat de 
bioxyde d'azote neutre, qui emprunte aussit6t a l'air ambiant de 1'espace a desinfecter deux 
equivalents d'oxygene pour se reconstituer a retat de vapeur nitreuse et reconquerir toute 
son energie premifere. Ces transformations se renouvellent sans cesse tant qu'il reste dans to 
local des substances organiques a detruire et dans Fair confine de l'oxygfene libre. 

Malheureusement,les vapeurs nitreuses sent veneneuses pour l'homme. Aussi leur utflisntiotr 
ne peut-elle avoir lieu qu'avec de grandes precautions. II faut calfreuter soigneusemettt atec 
des bandes de papier colie tous les joints des croisees et des portes avant de produire l'adde 
hypoazotique. Voici, du reste, les doses adraises : 

Pour chaque lit et 1'espace correspondanl, d'environ 30 & 40 metres cubes, on se servira : 
eau 2 litres; acide azotique ordinaire du commerce, 1,500 grammes; tournure ou pianure de 
cuivre, 300 grammes. 

On aura dispose d'avance pour ces quantity autant de terrines d'une contenance de 8 & 



tW L'UJNION M&DICALE. 

10 litres qu'il y aura de lits ou de capacity de 30 k UO metres cubes dans le local On versera 
dans chaque terrine Teau et Tacide ; puis, en commencant par la terrine la plus eloignee de 
la porte, on placera successivement et sans precipitation les 300 grammes de tournure. de 
cuivre enfermes dans un sac de papier grossier. La porte du local sera entierement close et les 
choses seront laissees dans cet etat pendant quarante-huit heures. 

La reaction chimique donnera lieu k de Tazotate de cuivre et & du bioxyde d'azote qui se 
transformera en vapeur rutilante. 

Apres quarante-huit heures, on entrera dans le local avec Fappareil Galibert, qui permet, 
par sa provision d'air, de pe"netrer dans tous les endroits pleins de gaz dangereux, insalubres 
ou tdxiques, et d'y sojourner meme un quart d'heure; on ouvrira les fenetres. Cette ventila- 
tion eloignera toute trace de vapeur nitreuse. 

Le procede prudent paralt souyerain et il convient de se bien garder de le confondre avec 
les fumigations par le chlore ou les hypochlorites qui de'sinfectent simplement en detruisant 
les gaz odorants; n6anmoins, cette methode est assez compliquee pour Tusage courant et 
reclame des personnes assez habitudes aux manipulations chimiques. 

Aussi doit-on attirer Fattention du public sur un procede beaucoup plus commode et plus 
k la portee de chacun, dont refficacite* parait d'ailleurs parfaitement demontr^e. 

Il s'agit de Tacide phenique. On impregne de la poudre siliceuse ou de la sciure de bois 
d'un tiers de son poids d'acide phenique pur. Ce melange, place dans des terrines, comme 
dans le cas precedent, suffit pour remplir sponlanement fespace de sa vapeur, dont Todeur 
est si caracteristique. On a pu r^eme reduire notablement les doses, employer cet acide 
dissous dans vingt & trente fofs son poids d'eau, en aspersions journalieres, sur le sol des 
chambres et les draps des lits des malades. 

Un tres-grand nombre d'experiences, faites en Angleterre, ont montre que \k ou l'acide 
phenique etait ainsi employe*, on voyait tout aussitOt disparattre certaines epide"mies. N'etait-ce 
pas Ik une simple coincidence? Il fallait aller plus loin et donner une veritable demonstration 
de l'efficaciie du procede ; il convenait de Tessayer et de r6ussir Ik ou Ton avait echoue avec 
les autres methodes. 

II faut remonter k quelques ann6es, k une epoque ou il etait devenu impossible pendant les 
grandes chaleurs de rete de desinfecter la Morgue. Les cadavres en pleine putrefaction dega- 
geatent des gaz infects en si grande quantite" qu'une ventilation 6nergique, le chlore, Its 
hyperchlorites restaient insuffisants pour les chasser ou les transformer en produits inodores. 
On songea k tarir la source rnerue du mal, k arreter la putrefaction en tuant les germes. 

On dissout un ; litre d'acide phenique liquide dans un reservoir contenant 1,900 litres d'eau 
ordinaire servant k Irrigation des corps. La suppression de la fermentation putride a 6te* 
complete. La disinfection a meme ete obtenue en reduisant de moitie la dose. 

« Ainsi, dit le rapporteur de la commission speciale, M. Devergie, il a suffi d'une eau ph6- 
niquee au 4,000* environ pour oblenir pendant les fortes chaleurs la disinfection de la isalle 
des morts sans Paide d'aucun fourneau d'appel, alors que six k sept cadavres sejournaient dans 
cette salle. » 

Par suite, il paratt convenable d'avoir recours k Facide phenique pour purifier nos appar- 
tements, soit dissous dans vingt ou trenle fois son poids d'eau, pour moiriller les planches, 
parquets, escaiiers, etc., soit melange dans la proportion d'un tiers environ avec des corps 

Eulverulents, silice ou sciure de bois, afin de generer k froid du gaz pendant quarante-huit 
eures dans une salle close, et en assez grande quantity pour imprggner fortement tout ce qui 
s'y trouve. Il faudra ensuite laisser ouvertes toutes les issues du local pendant au moins vingt- 
six heures avant de le livrer aux habitants. 

Quant k l'assainissement du mobilier et des objets de literie, void comment le pratique le 
service de r Assistance publique. Les matelas avant d'etre carders sont soumis aux fumigations 
nitreuses et nettoygs ensuite par les procedes ordinaires. Tous les objets en laine peuvent sans 
inconvenient etre immerges durant plusieurs heures, comme le linge, dans les cuves contenant 
une partie de chlorure de soude representant 200 degres chlorometriques et trois parties 
d'eau. Les lits de fer peints k Fhuile, les buffets, tables de nuit, etc., sont soumis d'abord k 
la fumigation, puis au lavage avec la solution de chlorure de chaux. 

Les fumigations chlorees par lesquelles on traite les linges, matelas, etc,, s'effectuent comme 
H suit, d'apres les recommandations de M. Regnault. Dans un sac de toile forte ayant la capa- 
city d'un lit, on introduit 500 grammes de chaux (melange d'hypochlorite de chaux et de 
chlorure de calcium du commerce k 100°); lesac est hermetiquement clos et plonge dans une 
terrine contenant 1 litre d'acide chlorhydrique ordinaire et 3 litres d'eau. La reaction se fait. 
La piece est fermee et on laisse Taction se prolonger vingt-quatre heures. Apres quoi, on 
ouvre les fenetres pendant quarante-huit heures. 10 terrines degageant 500 litres de chlore 
suffisent pour desinfecter 20 k 25 matelas plus ou moins containing 

Telles sont, en resume, les mesures qui paraissent les plus eflicaces k prendre pour debar-* 
rasser un appartement de toute trace d'infeclion miasmatique. 

M. Henri Sainte-Claire Deville lit la note suivante, qui souleve parmi les membres de 
PAcademie et dans le public, de nombreuses marques d'approbation : 
. La science a joue un grand et terrible r61e dans les defaites que nous venons de subir. Les 



L' UNION ME WCALE. 1 87 



d6couvertes d' Ampere, les travaux de nos mecaniciens militaires ont 6t6 cruellement utilises 
contre nous. Enfin, Forganisation liberate des universites allemandes a ete raise au service de 
passions haineuses dirigees contre notre pays. Aussi dit-on de tous c6t6s et avec raison que 
c'est par la science que nous avons ete vaincus. La cause en est dans Ie regime qui nous 
ecrase depuis quatre-vingts ans, "regime qui subordonne les homines de la science aux hommes 
de la politique et de Fadminislration, regime qui fait traiter les affaires de la science, leur 
propagation, leur enseignement et leur application par des corps ou des bureaux ou manque 
la competence et par suite 1'amour du progres. 

Aujourd'hui, Messieurs, il est temps d'agiter publiquement les grandes questions. La reserve 
modeste pratiquee trop souvent par un trop grand nombre de membres de cette Academie 
serai t une faute grave en ce moment, une faute sans excuse. 

Dans des temps calmes beaucoup d'entre nous avaient pu se manager dans leu rs cabinets 
ou leurs laboratoires cetle vie studieuse rendue si douce et si facile par. l'eioignement des 
hommes et de leurs debats inte>esses. II est de notre devoir aujourd'hui d'intervenir tous 
activement et directement dans les affaires du pays et de contribuer de toutes nos forces a. 
une regeneration par le savoir dont la France exprime partout la necessite. 

Dans les temps difficfles, le pays a trouve* chez les membres de cette Academie, et dans 
F Academie tout entiere, le devouement absolu sur lequel il avait le droit de compter. Nos 
stances, si bien remplies pendant la durte du siege, en seront un temoignage memorable. 
Ces services monies, Fautorite morale que nous devons a notre origine, qui est Telection de 
chaque membre par ses pairs, tout, Messieurs, nous oblige de contribuer a cette regeneration 
du pays par Finitiative de chaeun, par Taction de la compagnie tout entiere. 

J'ai done l'lionneur de proposer a F Academie d'admeltre.a Fordre du jour de ses stances 
les grandes questions du de" veloppement et de Fenseigneraent de la science en France et 
toutes les questions d'interet general qui concernent la science et les savants. 

Par exemple, la France possede de grands et glorieux corps scientifiques dont quelques 
membres ont constamment siege dans cette Academic Quel service nous rendrions, si nous 
pouvions faire depouiller ces grands corps de Fenveloppe politique, administrative ou fiscale 
qui les etouffe, qui met en peril le recrutement de la science parmi eux et dans les ecoies 
ceiebres qui leur servent de pepinieres. 

Je Ie repete, je demande a mes confreres d'eiargir le cercle de ses communications et de 
ses deliberations et d'y faire entrer toutes les questions d'interet scientifique, de quelque 
ordre et de quelque nature qu'elles soient, de quelque part qu'elles viennent 

Des commissions choisies dans nos sections et quelquefois dans les autres classes de Flns- 
titut, devraient preparer, resumer et rediger au besoin comme des voeux ou des decisions 
academiques les deliberations de la compagnie. 

Sous cette forme noqvelle qui exclut toute intervention dans les affaires du gouvernement 
(car les affaires destruction publique ne sauraient plus etre politiques), nous ferons arriver 
les conseils de Fexperience et du savoir, et, j'espere, toutes les verites utiles a la connais- 
sance direcle du pays tout entier. 

M. Bouley : C'est avec honneur que je viens d'entendre M. Deville parler ainsi : il nous 
ouvre une voie feconde dans laquelle il faut que nous marchions hardiment ; j'aurai a dire 
comment j'ai 6te si souvent arrete dans Fenseignement professionnel dont j'ai la direction, 

M. le general Morin : Je me bate d'adherer a la proposition de M. Deville ; il y a plus de 
vingt ans que je cherche a developper en France Fenseignement scientifique avec ses nom- 
breuses et fecondes applications. Comment s'etonner de notre inferiorite ! Quand j'ai parcouru 
FAIlemagne en 1864, j'ai constate qu'il existait vingt instituts polytechniques dont le niveau 
des etudes est a la hauteur de celui de notre Ecole polylechnique. En France, pour 34 mil- 
lions d' habitants nous avons l'Ecole polytechnique et ses annexes, puis l'Ecole centrale : une 
Ecole de sciences pour 16 millions d'habitants ; en Allemagne une pour 5 millions. Et chaque 
institut a sa classe speciale d'ingenieurs, d'architectes, de chimistes industries, etc. Comment 
comparer nos institutions a cette puissante organisation scientifique ! 

M. Chasles : C'est clair, et en ce qui me concerne, on me permettra de dire, par exemple, 
qu'il n'existe qu'une chaire de geometrie superieure ; la mienne, est-ce assez ? . 

M. Mathieu : La bifurcation des etudes a beaucoup fait sous ce rapport. II a ete nettement 
reconnu qu'elle avait exerce une influence deplorable sur tout Fenseignement. Les etudes 
litteraires ont baisse ; les etudes scientifiques ont baisse ; c'est un fait hors de doute en ce qui 
concerne l'Ecole polylechnique. M. Duruy, par des mesures sages, a un peu enraye le mal, 
mais nous ne gagnons pas de terrain, et Fon ne saurait trop se preoccuper de chercher un 
remede efficace a un pareil etat de choses. • 

M. de Quatrefages : Je me rallie d'autant plus volontiers a la proposition de M. Henri 
Deville, qu'en ce qui me concerne particulierement j'aurais aussi beaucoup a dire ; mais il 
faut que ces questions soient examinees avec maturite, et avant de les traiter ici, je demande 
que nous examinions en comite secret la demande de notre honorable confrere. Ne pourrait-il 
bien nous preciser toute sa pensee sur les reformes qu'il croit utile d'introduire dans notre 
enseignement superieur? 

M.. Henri Sainte-Claire Deville : Je fais partie de FUniversite depuis longtemps; je vais 



12* L'UNION MtiDICALE. 



avoir ma retratte, eh bienl je le declare franchement, voil& en mon Ame et conscience ce que 
je pense : FUniversit6 telle quelle est organist nous conduirait fcFignoranceabsolue; le pro- 
fesseur n'est rien, l'administration est tout. Je ne reconnais aucun tribunal sup6rieur k FAca- 
d£mie des sciences pour juger en pareille mature; c'est pourquoi je voudrais quelle employ&t 
toute son autorite* k faire sortlr de ses gonds la porte rouiltee quis'est fermee sur notre ensei- 
gnement depuis 92. 

II faut une re7orme radfcale; il faut que l'Acad^mie se pr£occupe de l'enseignement; il 
s'agit de Favenir de notre pays. Depuis quatre-vingt ans, pour parler instruction publique, il 
faut 6tre rainistre, depute* ou chef de bureau. Eh bien! il faut que FAcad^mie fasse cesser ces 
erremente et qu'elle dise nettement : « Voil& la vraie voie k suivre ; voici comment on a r£ussi 
en Allemagne, en Angleterre; secouons le joug et sachons prendre aux autres ce qui fait leur 
force et leur superiority » C'est avec conviction et foi dans Favenir que je pose la question 
devant FAcadtoie. 

* 

M. Dumas : Le suiet qui vient d'etre souleve* a fait, dans ces derniers temps, Fobjet d'un 
examen tres-attentif tors de la discussion sur la liberte" de l'enseignement. II avait 6t6 reconnu, 
k I'unanimitd , que le mode actuel d'enseignement dans notre pays ne pouvait 6tre continue 
sans devenir pour lui une cause de decadence et d'affaiblissement. Les causes en apparence 
multiples de cette de'ge'ne'rescence se riduisent, en fin de compte, k une seule. C'est la cen- 
tralisation appliquee k l'Universite* qui, d'un avis g6n6ral, a tu6 l'enseignement supeneur. 
Tous les e*tabiissements soumis au meme regime, aux memes programmes, attendant la vie 
(Tun centre commun, finissent par s'endormir dans une lourde apathie. Le systeme est tout 
autre en Angleterre et en Allemagne. Les University ont chacune leur vie propre; elles out 
leur autonomie ; elles prosperent. 

G'est en vertu de ce principe que moi-meme, Tun des fondateurs de Fficole centrale et le 
president de son conseif, j'ai toujours tenu k ce que cet dtablissement restAt inde*pendant des 
autres Icoles de FEtat ; l'Ecole centrale est devenue un des plus importants 6tablissements 
scientifiques du monde. 

II y a encore une raison qui milite en faveur de Findgpendance des University. Les villes 
B'int&essent h leur University : chacun y met du sien. Il faut voir comme k B&le, ou nous 
passions il y a plusieurs annees avec M. Deville, on suit avec amour les progres de FUniversit6. 
Maltre, Aleves, Habitants ne font qu'une meme fainille, Ici, k Paris, au contraire, gr&ce h la 
centralisation, tout est bien different. Il faudrait que nos University reprissent leur indgpen- 
dance, comme avant la premiere Revolution. J'6crivais dans la preface de mon TraiU de 
chimie, public* en 1827 : « J'ai fait un traite* de chimie appliquee fond6 sur la science pure. » 
En effet, il faut pour arriver aux applications s^rieuses cultiver la science pure, et je r6pete 
aussi ce que j'ajoutais alors : « Que les jeunes Francais fassent un peu moms de latin et un 
peu de chimie, un peu moins de grec et un peu de physique. » 

Il faudrait qu'& 15 ans nos enfants fussent en e*tat d'entrer dans la vie, comme cela se pra- 
tique en Allemagne. Sinon, nos e*tablissements industriels, nos maisons de commerce iront 
chercher k l'&ranger les jeunes gens capables et les jeunes Francais ne parviendront jamais k 
soutenir la concurrence. 

Je me hate de le r£p6ter, afin d'6viter toute mgprise : pour faire de la science appliquee il 
faut que le niveau de la science pure s'61eve sans cesse; il faut qu'au-dessus de cet enseigne- 
ment pratique plane un enseignement the*orique supgrieur. Aussi, au-dessus de tout, au-dessus 
de Fautonomie des Univ£rsit6s, de leur inde*pendance, placons la science, la science et la me*- 
thode scientifique; cette me*thode scientifique qu'acrgto 1 Academie des sciences de Paris, qui 
a fait son honneur et qui a valu k la France, en rayonnant sur le monde entier , de si grands 
et de si impdrissables titres de gloire. 

M. de Quatrefages : Il • y a vingt-cinq ans que je combats nos institutions dans les diffe'- 
rentes commissions de perfectionnement de Finstruction publique et que je demande k grands 
cris qu'une plus large part soit faite k la science dans nos moeurs. Je la compare k la poule 
aux cBufs d'or. Nous devons faire pour elle ce qui a et6 fait k Fe*poque de la Renaissance pour 
les lettres. Elle nous sauvera , mais ii faut qu'elle pe*netre absolument dans nos habitudes. 

M. Bertrand : Tout k Fheure M. Ghasles se plaignait de ce que Fon avait delaisse* certains 
programmes de FEcole polytechnique. Mais qu'il me soit permis de dire, k mon tour, ce que 
savent tres-bien ceux qui, comme moi, ont fait partie des commissions d'enseignement, jusqu'& 
quel point la manie du programme nous a 6te pre*judiciable. Gertainement, les derniers pro- 
grammes adopted n'dtaient pas plus mauvais que d'autres. La reTorme de 1849 n'est pas plus 
condamnable que toute autre; le vrai mal consiste en ce que le programme est impe>ieux. On 
g'y soumet strictement. Laissez done de la souplesse dans le mode d'enseignement et que cha- 
cun, maitre comme 61eve, ait le droit, dans certaines limites, bien entendu, d'adopter de pr6- 
fe"rence ce qui va k sa nature et & sa disposition d'esprit. II faut que l'enseignement soit libre 
et que le meme cours ait une pbysionomie bien distmcte, meme dans la meme Ccole, suivant 
le temperament du professeur. 

M. Eermite : 11 faut bien que je dise, de mon c6te*, qu'& la Faculte* de Paris, il n'y a 
certes pas eu abondance de programmes ; le mal est tout different. Nous en sommes ici 
encore au temps du premier empire. Le programme du cours d'aualyse est celui de Lacroix. 
Gauchy a beaucoup perfectionne* Fenseignement, mais il est entierement sorti du programme. 
II faut absolument se ddbarrasser dt joug qui nous e* treint et 6 toufle la science franchise. 



[/UNION MfiDICALE. 12ft 



M. Henri Deville : C'est pourquoi, et pour resumer le d£bat, je demande que FAcademie 
examine en comite secret la proposition que j*ai Fhonneur de lui faire et que je lui pr&entft 
en ces termes : 

« Yeut-elle ouvrir le cercle de ses communications et v faire entrer toutes les questions 
tPenselgnement scientiflque, de quelque ordre qu'ellea BOient et de quelque part qxCtWH 
viennent? * 

La question ainsi posee est grave et entratnera d'importantes consequences, je be le dissi- 
mule pas a FAcademie; aussi je compte profiter trfcs-prochainement de son autdrisatioti, 
si elle l'accorde, pour entrer dans le vif du sujet 

M. le general Morin : Je me joins aussi a M. de Quatretoges pour Inslster sur Fexamen 
attentff de la proposition de M. Deville ; car elle est complexe : aprfcs Fenseignement superieur, 
11 y aura aussi lieu de s'occuper de Fenseignement secondaire et de Finstruction de la classe 
xnoyenne. 

M. Combes : II me semble que tous les membres de FAcademie peuvent trailer ici les 
questions de leur competence ; ll n'y a done pas lieu a autorisation spetiale. II faut seulemeni 
prevoir le cas ou des lecteurs etrangers se feraient inscrire ; peut-etre y a-t-il la malifcre a 
infraction au rfcglement Nous ne pouvons en effet toucher aux matures politiques, et il ne 
faut pas que la confusion puisse s'etablir. 

Apr&s une courte disoussion sur le meme sujet entre MM. Combes, de Quatrefages, 
Bouley, etc., M. le president termine le debat en mettant a Fordre du jour pour la prochaine 
stance Fexamen eu comite secret de la proposition de M. Henri Sainte-Claire Deville. 



ACADtMIE DE MEDECINE 
Stance du 14 mars 1871. — Pr&idence de M» Wwn. 

M. Gublek depose sur le bureau de FAcademie une serie nombreuse de brochures sur des 
Sujets varies, dues a un savant medecin beige, M. Van den Gorput, aux cbnnaiesfcnces eney* 
clopediques duquel il saisit Foccasion de rendre hommage. M. Gubler donne une analyse 
succincte de ces divers travaux, 

— M. Larrey presente : 1° au nom de M. de Beiina, medecin-major', une brochure rela- 
tive a la transfusion du sang defibrine; — 2° au nom de M. Didiot, medecin principal de 
1" classe, une Notice biographique sur M. le docteur Goindet, ancien medecin militaire, si 
tristement tue, le 22 Janvier, dans son domicile, sur la place de l'Hdtel de Ville. 

— M. Goblet donne lecture d'une serie de rapports sur les remfedes secrets et nouveaux; 
les conclusions de ces rapports sont adoptees sans discussion, 

M. Jules Beclard, secretaire annuel, au nom d'une commission compose des membres du 
bureau auxquels ont ete adjoints MM. Behier et H. Bouley, fait un rapport verbal sur la mo- 
tion presentee dans la dernfere seance par M. Behier, demandant la radiation des savants de 
la confederation de FAllemagne du Nord de la liste des membres associes et correspondants 
etrangers de FAcademie. 

La proposition de M. Behier a ete discutee par la commission, qui a resume les resultats 
de ses deliberations dans une resolution qu'elle soumet sous forme d'ordre du jour motive au 
vote de FAcademie. 

Avant de donner lecture de la formule de cet ordre du jour, M* Beclard demande la per- 
mission de presenter a oe sujet quelques explications. II rappelie que, il y a quelque temps 
deja, M. le comte Jaubert, botaniste eminent, membre de FAoademie des sciences, depute a 
FAssembiee nationale, adressa au president de la Societe allemande dite des Curievx de la 
nature, pour se demettre du titre de membre de cette Societe. Dans cette lettre, publtee par 
la plupart des journaux, M. Jaubert dit que « la guerre faite a la France par FAllemagne a 
pris depuis quelque temps un tel caractfere que tout Fran$ais un peu soucieux de sa dignite 
ne peut plus entretenir des rapports meme scientifiques avec FAllemagne. » 

De son cot*, M. Bartb, vice-president de FAcademie de medecine, a adresst Unfl lettre 
semblable au president de la Societe physico-medicale d\Erlaagen, dont il faisait partie. 

M. Beclard applaudit a ces resolutions ggnereuses. parce ou'elles sont des actes personnels 
et spontanea, n applaudirait bien plus encore ceux de ses collogues qui, visant droit au but et 
s'adressant, non pas aux Societes savantes, innoeentes en somme des horreurs de la guerre, 
mais aux souverains, aux princes et aux principicules allemands, leur renverraient les decora- 
tions et autres inatgnes honorifiques qu'en d'autres temps ils ont aceeptes, que quelquesmns 
d'entre eux ont sollfcites peut-etre, et dont ils n'oseraient plus sans doute se parer aujourd'hui* 

De tels actes spontanes et personnels meritent d'etre approuves sans reserve ; mais eelui 
auquel la proposition de M. Behier voudrait entratner FAcademie est de tout autre nature* 
L' Academic est un etre collectif, et il s'agit de prendre une resolution collective, une decision 
qui engage FAcademie, non-seulement pour le present, mais encore pour Favenir. Il s'agit de 
faire disparattre d'un trait de plume, de la liste des membres correspondants et associes 
etrangers, les noms des savants les plus eminents de la confederation de FAllemagne du Nord, 



130 L'UNION MfiWCALE. 




c'est-A-dire de l'Allemagne presque tout entire I Et quels sont ces noms ? Ceux de Liebig, 
Vogel, Slrom6ger, Wolher, Arnold, Bischoff, Weber, Lebert, Cheiius, Hering, Wutzer, Meiss- 
ner , Ehrenberg, Jacobi, Bunsen, Virchow, Helmholtz ! * 

M. B6clard laisse k d'autres la responsabilite d'un acte aussi grave ; quaut k lui, il ne croit 
pas avoir le droit de proceder de la sorte. Sans doute, on atteindra ainsi un coupable, M. Vir- 
chow, qui, dans un jour d'ggarement fanatique, n'a pas craint d'apposer sa signature au bas 
d'une aaresse de felicitations k l'empereur d Allemagne k F occasion de ses vietoires et de nos 
defaites ; mais on atteindra aussi du ro&me coup des innocents, des savants qui ont blAing, 
dfes l'origine, cette guerre funeste. On les frappera en masse k la suite d'une espfece de juge- 
ment rendu sans debat contradictoire ! 

Que celui-l& se lfeve, s'ecrie Forateur, qui ne craint pas d'assumer la responsabilite d'un acte 
aussi arbitraire ! Soyons moder6s si nous voulons etre justes ! La vraie force marche de pair 
avec la justice et la moderation. Or, jamais nous n'avons eu, plus qu'aujourd'hui, besoin d'etre 
forts et de dominer nos passions. Bl&mons, condamnons, fletrissons hautement des actes con- 
traires k la civilisation, mais ne nous laissons pas entratner par Amotion du moment k des 
mesures extremes et par consequent injustes ! (Applaudissements.) 

Voici maintenant, ajoute M. Beclard, la formule de Fordre du jour motive que la commis- 
sion, k Funanimite, soumet au vote de FAcademie : 

« I 
notre 
saisit 
tion 
bardement de nos etablissements scientifiques et de nos hdpitaux. » 

M. le Secretaire donne ensuite lecture de la lettre suivante : 

« Paris , 13 mars 1871. 
« Monsieur le President, 

«t J'ai le regret de ne pouvoir me rendre demain k la s6ance de FAcademie, comme j'aurais 
voulu le faire, surtout aprfes la proposition que j'ai eu l'honneur de soumettre k la compagnie 
mardi dernier. 

« Lorsque j'ai formule cette proposition , je desirais surtout etablir la ferme resolution 
qu'aurait alors exprim6e FAcademie de rompre absolument tout rapport avec les savants des 
pays ennemis. 

« Plusieurs de nos collfcgues ont trouve la proposition trop radicals Je respecte assurement 
leurs scrupules, mais je suis toujours loin de les partager. 

« Toutefois comme il importe, ce me semble, que la demarche de FAcademie (si elle en fait 
une), soit aussi unanime que possible, je me rallierai vQlonfiers k Fordre du jour qui expri^ 
mera le plus vivement rindignation et la haine. 

« Veuillez agreer, etc. Behier. » 

« P. S. Notre colfegue, M. Marrotte, m'a envoye la communication imprimee que je joins 
ici. Je regretterais, je Favoue, que FAcademie de medecine ne consentit pas k faire ce que 
FAcademie de Clermont a fait k Funanimiie. » 

(L'Academiede Clermont vient de prendre, k Funanimite. une decision par suite de laquelle 
aucun Allemand ne peut disormais figurer parmi se&membres.) 

M. Beclard fait remarquer la difference qu'il y a entre cette decision de FAcademie de Cler- 
mont et celle que M. B6hier, par sa motion, demandait k FAcademie de Paris. 

M. Chatin propose un amendement tendant k ce que Fexclusion soit prononcee seulement 
contre les savants qui ont pris part aux actes politiques accomplis en haine de la France, par 
exemple contre M. Virchow, qui a signe Fadresse de felicitations au roi Guillaume. 

L'amendement n'est pas appuye. 

M. le President met aux voix Fordre du jour motive propose par la commission : L'Aca- 
demie se prononce k Funanimite pour Fadoption. 

M. H. Bodlet, dans une communication qu'il a faite, hier lundi, & FAcademie des sciences, 
a ete conduit k parler d'experiences instituees, d'une part, sous son contr61e; d'autre part, 
d'aprfes Finitiative de M. le docteur Declat, relativement au traitement de la peste bovine par 
les preparations d'acide phenique. Le redacteur scientifique du Journal o/ficiel, en rendant 
compte de cette communication, fait dire h M. Bouley que les experiences de M. Declat seront 
concluantes. 

» 

M» Bouley proteste contre cette erreur, involontaire ou non; il s'est borne k mentionner ces 
experiences et n'a emis aucune opinion sur leurs resultats encore inconnus. 

M. Bouley est bien aise de donner k cette protestation la publicity de la tribune de FAca- 
demie de medecine; il a ecrit d'ailleurs au Journal o/ficiel pour demander une rectification, 

M. Retnal lit une note sur Fhistorique de la peste bovine. 

— La seance est levee k cjnq heures. 



I/UNION M&MCALE. 131 



« 



FORMULAIRE 

Eau antiscorbutique. — Orosi. 

Feuilles fralches de cochlearia \ AA « 9MmmM 

Id. de cresson et chardon etoiie. ( **• * grammes. 

Feuilles fralches de bardane * \ aa r _ 

Id. de raifort et petite oseille . . > "* ° 



Eau. ........ : 250 — 

Sirop d'oranges . ............ q. s. 

Pistez les plantes fralches avec l'eau, passez avec expression et filtrez. Faites bouillir le 
Kquide obtenu, filtrez de nouveau et edufcorez avec sumsante quantity de sirop d'orarige. 
Dose : 100 grammes par jour, comme depuratif et antiscorbutique. -— N. G. 



m«^ 



Eph£m6rideg HI£dicales. — 16 Mars 1656. 

Louise Geiee, veuve de Jean Guillemot, imprimeur a Paris, ayant imprime un libelle .contre 
la Faculty de medecine, intitule : Aletophania, est condamnee, par le Parlement « k comparoir 
en la chambre criminelle du Chastelet; » et la, apres un bl4me severe, k voir son' libelle sup- 
prime et lacere par le greffier; puis condamnee encore « a 80 livres parisis d'ataendes au 
profit du roi, et k 1,000 livres comme reparation civile envers la Faculty. » Cette sentence fut 
confirmee par un autre arret du Parlement le 20 mai 1656. — A. Ch. 



■4^- 



COURRIER 



MMMMMtMlalBMaM»k^MaBMa^a«nlH««Ma«MM«i 



Association ge^rale des medecins de France. — Lundi, 13 mars dernier, le Gonseil 
general s'est reuni sous la prudence de M. Tardipu, et a decide qu'une circulaire serait 
immediafement adressee a MM. les Presidents des Societes locales qui leur fera connaltre les 
diverses questions qu'il y a k resoudre dans le plus bref delai possible. 

Bienfaiteurs de l' Association generale. — Notre si regrette confrere M. Danyau, dont 
nous deplorons la perte recente, a fait un legs de la somme de 2,000 fr. a F Association gene- 
rate des medecins de France. 

N£crologie, — Nous apprenons la mort bien regrettable de notre honorable confrere M. le 
docteur Assolant (de Senlis), president de la Societe locale des medecins de cet arrondis- 
sement. 

On nous annonce egalement la mort bien imprevue de M. le docteur Daviers, president de 
la Societe locale de Maine-et-Loire. 

— LMntendant militaire de la* premiere division invite MM. les officiers de sante militaires, 
presents k Paris, a feire connaltre leur position acluelle et a donner leur adresse au sous-inten- 
dant charge du service des hfipitaux, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 9/j.. . 

— M. le docteur Barth a adresse la lettre suivante au president de la Societe physico- 
medicale d'Erlangen : .... 

A Monsieur le President de la SocUU physicorvUdicaU dUErlangeru 

Monsieur le President, 
Je ne puis conserver aucun lien avec les Societes scientifiques des fitats conf6der6s dont les 
soldats, apres avoir ravage la France par les exactions les plus iniques/par le meurtre, le 
pillage et Fincendie, ont bombarde, a Paris, nos etablissemenls scientifiques , rios eglises, nos 
hospices et nos hdpitaux. 

Veuillez rayer mon nom de la liste de vos societaires. 
% TdX Thonneur d'etre, Monsieur le President, avec les sentiments que me laissent la devas- 
tation de ma propriete, la destruction et Fenlevement de mes meubles, la dispersion, le vol 

ou la souillure des livres de ma bibliothfcque, ... . . 

. Barth, 
Medecia honoraire des hdpitaux de Paris, 
Vice-president de FAcad£mie de medecine. 

— i Nolls empruntons les lignes suivantes a une correspondence du" journal la Liberti: 

o La misfcre est grande dans les Ardennes, surtout aux environs de Sedan. Le typhus y regne, 
et fait de nombrenses victimes. La ville el les campagnes doivent beaucoup au comite anglais, 
qui, depuis septembre, prodigue les secours de toutes sortes k ces malheureuses contr6es. 
Les habitants de M6ziferes, dont les mobiliers ont ete br&ies, ont recu d'eux jusqu'a des lits. 
Les medecins anglais ont ete magnifiques. II en est un surtout qu*on appelait ici le docteur 
negre, a cause de sa couleur, qui s'est distingue entre tous, et qui est mort k la t&che; il a 



133 



L'UNION MEDICAID 



succomta en soignant les typhoidtyues. Denufo geptembre, il &ait k Sedan, en chemin nuit 
et jour. Chaque mois il recevait de ses correspondants beiges pour 30,000 francs de comes- 
tibles, v&ements et medicaments, qu'il distribuait k ses chers Ardennais. Je tiens ces details 
du docteur P6ronne, qui partageait ses fatigues et ses dangers. Il avait une trentaine d'ann&s 
et etait amGricain. Sa m&noire vivra ici. » 

— Depuis quelque temps, dit un journal de Londres, l'ivrognerie a commence k d&roitre 
dans Farm6e anglaise. Ayant reconnu -quo ni prison, nl pr6v6t n'&aient plus craints, on a 
decide d'imposer une amende aux soldaU qui se rendraient coupables de cette infraction, 



Quoique la somme des amende* soil trfcs-grande, on ae loue cependant beawcoup de ce sys- 
tfeme, qui a eu d'excellents effets, 

Le produit des amendes est dislribuS, k la fin du service, h ceux qui n'ont pas du payer 
a amenaes, e est-4-dire h ceux qui ne se sont pas rendus coupables d'ivresse. 

Bofte aux Leftres 

A M. P..., k Nantes. — Commission faite et merci ! . 

A M. Bt,.» & Florae. — Veuillez envoyer ; sera lu avec intdr^t et rSponse rapldo sera fafte. 

A M. L,., au Havre. — Tout k votre disposition, 

A M, D..., & Rennes. — Gratitude pour retention; mais, de grace, n'&rivez k aucun de 
ces monstres, je m'y oppose JbrmeUement; je ne veux riealevur devoir cnie mopnaeprisetmon 
ressentiment 

A M. B..., k Creil. — Veuillez nous pr&iser votre dtalr, il sera satisfait. 
AM.P...,H Vire. — Mille remerciements. 

AM. W..., k Vichy. — Lettre touchante et qui a fait vibrer toutes-nos sympathies, cher et 
malheureux Alsacien, . 

A M. & Om., & CbarUm — Heureux et toucW de votre affeetueus* sollicitude. 
A M« &»•» k Nantes, •*-» Mille fois merci de votre bonne lettre. 



DulMIn hcMoinadaire des lMc£s d^clai^s a r«5lat elvil 

du4 au 10 mars 1871. 



CAUSES DE p£g£& 



Variole 

Scarlatine, .,♦.,♦., 

Rougeole 

Fifcvre typhoide 

Srysipfcle — ,. «. *...... 

Bronchite. .' ; 

Pneumonic .„..;.,.. 

Diarrh6e. 

Dysenterie 

Cholerine 

Angine couenneuse 

Croup ; 

Affections puerpgrales . . • 

Affections chroniques et accidents 

Accidents i Combat 

de guerre \ Eombardement. 



Totaux, 



Popnlation civile d'apres le recen- 

sement arr&ti le 7 Janvier 187J : 

2,019,877 habitants. 

4.GJN5- 



au-des- 

sons 
de i an. 



*m 



20 
2 
2 
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1 
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19 ans. 



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del 5 ans 

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90 ans. 



31 

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62 
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18 
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1 
» 

10 

456 

15 
1 



749 



de 50 ans 

etau- 

cldssus. 



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ARMfip. 



Troupe 

de ligne et 

garde mobile. 



» 

5 

5 

109 

89 

50 

24 
» 

2 
» 
1 

597 

» 



889 



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16 
1 

: 4 

136 

8 

41 

63 

3 

7 

i> 

5 

» 



81 
» 
» 



33X 



TOTAUX, 



360 



85 
7 

20 
258 

10 
379 
267- 
142 

60 
i 

11 

17 

IS 



.j 



1,700 

15 

1 



2,993 



Vu : I'Inspecteur du service mldical, D r Jules Worms* 



i 



Le Girant, G* Richblot. 



WM«M^Wm 



FlWS. — Typographic Fjblix Maxtist* et C«, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 22. 



i > 



N» IS LTJNION MEDICALE Samedi 18 Man- 1*71 

I 

Pro jet de r&orxne des Institutions sanitaires 

en Angleterre 

Nous trouvons Particle suivant dans le Journal officiel et nous nous empressons 
detexepnodoirf , Plusleure de ces reforms semMt tf^opportut^mdnl ftpjAl&Mey 
a notre systeme sanitaire , et nous appelona notaawaant Vattention sur la partie de 
ce projet qui cousiste a unifier l'organisation et le fonctionnement, en lui dormant 
un centre unique sous le nom de ministers de la sante publique. ' 

L'extenBon, la perslstance et les ravages de certalnes maladies epfde^fgdesV Moment 
de to variola et de la flevre scarlatlne, en Angleterre, ont eveille Pin^uietade et appeie fat- 
tention publique fear les questions de sante, d'hygietie et de ttlubrife. depute pre* de dent 
am, tine conmiii&ion royale potirtuit une enquftte su* lea effota de la legislation actttette* *UF 
la vafeur de Toi^anisalion sanitaire, sur les mesures: propres ft i*ameiio«r auia, k'odmpliteK 
et k mem* fin aux conflits; de Juridiction et de loia qoi out paralyse^ too* les .efforts et rendu i 
vaines toulei les tentative* de iT&forme. 

Voici.queJIes gont, en substance, les conclusions de la commission qui voudrait en, fail* la 
base d'une legislation nouvelle. L'interet n'ea est pas diminu£ # pour le public frao^ais, par la 
difference des institutions. ,...,,. 

Revision complete de toutes les loia concernant la sante' publique et refonte, apres examen,r 
en un sew statut qui serait applique* partout. Les materiaux ont e'te' reunis au pffc d'un im- 
mense travail, et les deux tiers du rapport de la commission en sont remplis. ',' ' 

Unite* d'adminlstralion, et, par suite, abolition de toutes les juridietions d'buualsSelitfes. 
conflits. Une seule amorite juge des questions sanitaires en chaque lieu. i. 

Reunion de f administration de Tassistance des pauvres a celle de la aant6 publique, en ral^i 
son de la connexite des services et en vue d'une gestion meilleure et moins coftteuse* 

Designation par J'antorite sanitaire, en chaque lieu; d'un u oflicier de sante » qui rie serail* 
re*Vocable ( quVec f approbation de I'admimstraition oentrale* Le personnel et le service medi- 
cal des pauvres pourraient etre utilises pour le service de la sante generate. ' • - 

Creatioo d'un ministere de la sante* publique et de l'assUtance des pauvres, qui joUerait k« 
r&le de pouvojr central et auquel se ratyacheraienl le service medical du consetl prlvd, le service, 
general d'enregistrement et d'aulres qui rejevent mainteuant du departement de Jj'int&ieur.j 
et du consefl de commerce. Ij 

Organisation d'un service d'inspection ge*ne*rale potir veiller aux fonctions des aulorite*s San>. 
taires locales, t seralent ^unis les inspecteurs actuellement attaches aux divers de'partemsn.ts* 
L'administration centrale aurait plein pouvoir de contrdler les autoritds locoes et d'agirsur 1 ' 
eltes au besoin par tous les tooyena l*gaux» 

Creation d'un enregistrement des tttaladies, et relbrmes dans Tenregistrem^ttt ties Causes de 
naorL Lesenfaata marts... deux-iaois avast term aeraient inscrib sur lea ragi e trooj ^t dea- 

■ i in ii |H i ill i nllnil* ili I I i I iiini urn ■ ■ H iiggttgppaWHBWS)MB ; 



t» 



FEUILLETON 



(tiCSEBlBS 



'! ! 



Je doi^ dire a notre Academie de me"decine <[\ie son vote de tnardi dernier sur la proposi- 1 
tion de M. BChier, tendant a rayer de la liste de ses membres les associes et les correspon-' 
dante des tlays allemands ayaht pris part a la guerre contre la Prance , a 6te tres-diversemeht 
appreNjie*. Cet 6i-dre du jour motive he paralt satisfaire personne en dehoi*s de TAcademie j leg 
plus calmes ne Font pas trouve* suffisammeut ni assez topiquement motive 1 ; les plus iddigngg 
ne comprennent pas que TAcademie alt recuW devant une execution severe, sans doute, mats 
merited. Entre ces deux opinions, j'en 6mets une autre qui codsiste en ceci : que le vote a &i£ . 
trop precipite. A vrai dire, la proposition Behier n^a pas ete discutee. L'Academie s'est trouvee 
sous le cnarme de la parole entralnante de M. Beclard ; Thonorable secrWitire a faft un dis- • 
cours de sentiment et rAcademie lui a repondu par un vote de sentiment. , 

Voila toute Taffeire* 

Mai*, a la reflexion, on se demande si fAcademie n'avait pas mietix a taire que ce quelle 
a fait* 

ft d'abord, il est une question qui a e'te* a peine iadiquee et pas du tout r^solue : TACadeaaie 
a-t-elle le droit 4e rayer de la lisle de ses zpembres toute une categorie d^associes et de cor- 
respondents? ' , 

Le droit ne peut s'appuyer que sur deux chases f 
Les statuts et les reglements; 
La tradition et les antecedents* * 

Statuts et reglements sont muets; e^videmment Sis n'ont pas pu pr^voii* des cii Constances 

Tom* XL ~ Troiiiim itrie. i2 



134 L'UNION MfiblCALE. 

I* f t i »^t»— <■* 1 I i i i » > i » »»»mJ— i l <«ii.i i ■ i »■ ■ t i i < i | ' MM" ' 

rfeglements sevfcres seraient 4tablis en ce qui concerne Fenterrement des enfanis n4s avant 
terme qui se fait en certains cas sans certiflcals de deces. 

■ ■ ■ ^k+mtm-m ii i >i ' ■ i iii ii t ■ m i i j ■ i ^^^— ii ■ ■ i i i ■■■ ■■ fcii m , m m *,\ > »m m »+ m m i ■ _— 

— — — ^ — ^h^^A^^^ w+k^m*— ^— ^ii^i * S ■■ * ■■■»■■ ■ ■ -i T ■ ■ — ■ ■■ »■ ■■■ ■ . »i ■ — ■ ■ ■ ■■■■■ H ■ 



THERAPEUTIOiUE 



MftMOIBE SUE LB TRA1TB]HBIIT DE LA PNEUMONIE PAE L'ACgTATE NECTEE BE PLMft; 

Pr£sent£ k FAcademie de medecine, le 15 octobre 1867, 
Par le docteur G. Stkohl, professeur agrege a la Faculty de niedecine de Strasbourg. 

Mon intention n'est pas de faire \e proces au traitenaent ordinaire de la. pneumo- 
nie par les emissions sanguines et le tartre stibie ; ce traitement est bon, il a fait 
ses proves, et, pendant ae nombreuses an,nees, je lui ai dude, beaux succes. Nean- 
raoins, je viQns aujourd'hui recommander l'acetate de plomb; les observations de 
U* Leudet et ma propre experience* ne laissent pas de doule sur l'efficacite de ce 
medicament. A ce titre deja il serait le bienvenu, car il est bon d'avoir plusieurs 
cordes a son arc. Effectiyement, les cas dans lesquels 1'autre traitement est d'une 
application difficile ou impossible ne sont pas rares, et le praticien se trouve dans 
un grand embarras pour lui substituer un moyen reellemerit actif. A plus forte rai- 
son devra-t-on accorder le droit de bourgeoisie au plomb si, comme j'en ai la con- 
viction^ i! a sur les autres traitements des avafctages niarques. Le mieux n'6st pas 
toujours Tentaemi du bien. 

C'est le hazard qui m'a mis sur la voie de cette innovation. Vers la fin de 1841, 
je soighais une femme d'une quarantaine d'annees, maigre, faible, atteinte.d'une 
pneumonie assez intense; les emissions sanguines, le tartre stibie et un vesicatoire 
amenerent une guerison complete; mais la femme se remit au travail trop tot et 
eprouva une rechute dont la resolution tarda beaucoup ; les emissions sanguines 
etaient impossibles, les antimoniaux mal supportes. La pneumonie resta bientot 
stationnaire avec souffle et pectoriloquie dans le dos, de gros rales presque caver- 
neux, et une expectoration excessivement abondante. La faiblesse elait extreme, la 
malade dep^rissait de jour en jour, quand Tidee me vint d'agir sur la secretion 
bronchique au moyen du Sucre de Saturne : 5 centigrammes par jour, en augmen- 
tant graduellement jusqu'a 15 centigrammes. Une amelioration rapide et conside- 
rable survint ; la flevre et la soif cesseresnt, Pexpectoration devint moindre, ainsi 
que les rSles ; le souffle et la pectoriloquie disparurent. La guerison totale fut obte- 
nue, mais elle'a ete lente, se faisant attendre des mois, parce que cette femme, 
p^uvre, avait de la peine a lutter contre l'hiverrigoureux. 



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l » 1 't'H 



awsi exeeptiomieltes. Done, envertu de ce principe de justice umverseftement reconnu, 
quoique bien eiastique et souvent dangereux, que ce qui n'est pas defendu est permis, on 
pourrait peut-ejre et a la rigueur soutemr que FAcademie aurait le droit de supprimer de ses 
listes les associes et les correspondanls allemands. 

II n'existe ni tradition ni antecedents sur la question. L'Acadgmie a bien expulse de son 
sein, en deux occasions, je crois, deux de sps membres correspondants qui avaient forfait a 
Thonneur medical ; mais ces executions individuelles ne peuvent, en veriie,,etablir a^ucune 
apparence de jurisprudence eh fayeur de la proposition Behier. , . 

Autre chose : Pour les membres associes, reiection de FAcademie est soumise a Tapproba- 
tion du souverain. Tous les associes allemands le sont done en vertu d'un decret du pouvoir 
executif. 

L'Academie peut-elle annuler et casfcer un decret souverain ? 

La question de droit est done contestable peut-etre, certainement obscure, et rAcaderoie, 
avant d'adopter la proposition Behier, aurait sagement agi en s'eclairant des lumieres des 
jurisconsuites les plus ceiebres. 

Mais FAcademie n'est pas entree dans cette voie juridique, et, selon moi, e41e a bien fait, in 
ordre du jour motive sumsait, a la condition que les motifs en fussent lopiques et directs. 

Or, c'est sur ce point que j'ai entendu faire, et par des confreres serieux, sans aucun esprit 
de malveillance et d'hostilite contre FAcademie, des objections graves el qui m'ont, je Favoue, 
beaucoup frappe. 

Que devait viser cet ordre du jour? disent ces confreres; si ce n'est pas \ei medecins alle- 
mands, membres de FAcademie, on ne voit pas a quoi bon Intervention de FAcademie. Or, 
Fordre du jour ne dit pas un mot deces medecins, n'y fait aucune allusion ni directe, niindi- 
recte, et se borne a protester contre la gueite sauvage qui a ete faite a la France. • 

Maiscela ne s'adresse qu'a Fempereur Guillaume et a M. de Bismarck, qui se soucient 
bien, ma foi, de To^inion de noire Academie de medecine. # 



L'UNION MfiDICALfe.' 135 

Mon diagnostic avait ete : pneumonie chronique, et je n'avais pas Tespoir d'une 
terminaison heureuse, dont je faisais les honneurs a racetate de plomb; mais leg 
pneumonies chroniques sont bien rares, et Toccasion d'essayer de nouveau ce medi- 
cament me manquait. 

Cependant, en considerant la marche et la resolution lentes de certaines pneu- 
monies des vieilla^ds, 1'idee me vint de les trailer comme cette maladie chronique,, 
et le plomb reussit encore dans ces cas. 

En avancant ainsi avec prpdence et prenant peu a peu plus de confiance dans ce, 
medicament et plus d'habitude a le manier, je suis arrive a traiter toutes les pneu- 
monies des vieillards par Tacetate de plomb, avec exclusion presque complete des 
emissions sanguines generates. Le pas le plus difficile etait fait. , . 

Enhardi par mes succes et par ceur de mon collegue et ami M. le professeur Kiiss, 
j'employai jpon traiiement dans d'autres cas qui ne pouyaient plus ; compter parmi 
les pneumonies des vieillards. Ainsi, chez des malades foibles, contre des.affections 
peu aigues, ou ayant resiste a la saigpee et au tartre stibie, ou dans rimpossiWlite 
d'employer ces derniers, ici encore je n'ai eu qu'a me louer des *resultats, et, au 
bout dq quelques annees, je me suis trouve avoir completement abandonne les pre- 
parations antimoniales a haute dose, et a ne plus coriserver la saignee que pour des 
cas exceptionnels. . 

C'est done guide par Tobservation lente et soutenue que j'ai coqouis pas a jiqs 
mon traitement de la pneumonie a tous les ages, sans parti pris aavance, saqs 
engouement de ma part. Aiyourd'hui, je crois devoir completer deux communica- 
tions sommaires, faites prematurement et sous la pression des circoristances dans 
TUnion M£dicale, juillet 1855, et dans la Gazette medicate de Strasbourg, n° 5, 1860, 

J'ai fait quejques recberches sur l'emploi du sucre de Saturne contre la pneumo-. 
nie. En France, il etait tout a fait ignore ; en Allemagne, il parait avoir surgi de 
temps en temps, sans arriver toutefois a etre generalise, meme a une epoqup ou la 
saignee et le tartre stibie n'y a,vaient pas encore ete partoutadoptes. 11 n y a que des 
articles de journaux epars qui en parlent, et beaucoup d'entre eux ne portent que 
sur des cas isoles. D^ailleurs, tous les medecins qui l'ont preconise ont donne le 
plomb concurremment avec d'autres medicaments, de sorte qu'on etait en droit 
d'attribper les bons resultats autant a Tun qu'aux autres. 

Un de ceu'x qui Tont le plus employe est le docteurRitscherXl). Son memoire est 
tres-interessant, njalgre les digressions et les longueurs qu'ij renferme. II y relate 
trente-deux observations d'une grapde diversite de valeur ; un tres-grand nombre ne se 

* . « « • 

(1) Bust Magaz., t. XXXIX, p. 398, 1833. 



i « »-i 



Que fallait-il done faire? Il fallait, ajoutent nos confreres, prendre directement & partis les 
associes et les correspondents allemands, et leur adresser un ordre du jour motive a peu pr&s 
de la mantere suivante : 

* L'Acad6mie, s'associant avec Snergie aux sentiments exprimds dans la proposition BShier, 
mais doutant de son droit de pouvoir effacer de ses listes les noms des associes et' des corres- 
pondants de TAllemagDe qui ont pris part a la guerre contre la France, passe avec regret $ 
rordre du jour. 

« Cependant elle saisit Toccasion de signaler an monde savant le lache silence des raedecins 
allemands qui font partie de l'Acadgmie en presence des actes de barbarie et de sauvagerie 
commis par tes armies allemandes contre nos ambulances, contre nos fetablissements scienti- 
fiques et destruction, contre nos hdpitaux et autres asiles renfermant les blesses, les malades, 
les inflrmes, les vieillards et les enfants. 

a Elle signale surtout a Pindignation g6n£rale la conduitede ce mGdecin allemand, son asso- 
cte, qui s'esl donnd la triste mission de feliciter obs^quieusement son souverain de ces atten- 
tats contre la science, contre la civilisation et contre Fnumanit& » 

Voila, selon nos confreres, un ordre du jour qui eut 6t6 direct et topique, qui edit donn6 
satisfaction a Topinion publique et aprfes lequel, si ces savants allemands ont un peu de deTi- 
catesse et de cmur, ils n'eusseot eu qu'a envoyer leur admission. 

JTavoue, comme disait Arnal, que « e'est raide, » et je doute que TAcad&nie eAt v eu le tem- 
perament d'adopler un ordre du jour ainsi formula M. B6hier seul eut pu le proposer ; mal- 
heureusemenl, il 6tait absent de Paris ce jour-la, el, apr6s avoir lev6 le lifevre, il avait 616 obligS 
d'en abandonner la piste. C'est Mcheux, car avec son 6nergie et sa parole p6n£lrante,' il eSt 
r6ussi sans doute a donner plus d'accent et de signification a rordre du jour un peu b£nin et 
naif adopts par FAcad^mie. 

Du reste, cette question des medecins allemands, qui avaient fait irruption dans notre pauvre 
France si hospitahfere pour eux, va se presenter sous plusieurs abtres formes. m 



136 I/tffll^ MfiD;fiA|,E. 



immamam* 



fapportept pas k $e& pneumonies, mais a des tuberculisations, : des bronchitis aigues 
et chroniques. Jamais, d'ailleurs, t'auscultation n'a ete mise en usage, te qui ne 
dolt pas nous Gtonner, yu 1'epogue oix ces observations ont 6t6 prises (1829 k 1832), 
et oft Tauscultation etait encore inconnue, mfime repoussee dans une grande partie 
de TAllemagne. En ne prenant que les cas de pneumonies v6ritables, on ne peut 
encore s'en servir pour 6tablir peremptoirement l'efficacite du plomb, carle traite- 
ment de Ritscher est trfcs-complexe. Ce praticien emploie les saignees generates 
repetees, et ? pendant les premiers jours, une potion crjntenant du nitre, du sel 
ammoniac et dutartre stibie 4 feible dose. Quand le moment en est venu, il donne 
le plomb, toujours associ6 a I'opium, et le plus souvent avec addition de digitale. 
Sa formula ordinaire est : Pr. sucre de Saturne, 0,15; laudanum de Sydenham, 
1 a 2,00; eau de cerisefe noires, 150,00; sue de reglisse, 6 a 8,00. Une cuillerSe 
toutes les trots, qua t re, cinq heures. En cas d'excitation vasculaire, le vehicule pre- 
sent est remplacg par un infusum d'herbe de digitale, 2,00, ou bien il y felt une 
addition d'extrait de digitale, 0,50. 

Ritscher rationalise son traitement, il est vrai, dans un systeme que nous n'ad- 
mettrionsj que nous ne comprendrions plus mfone aujourd'hui ; mais tout cet appa- 
reil est nfcessaire d'apres lui. II faut, d'ailleurs, 6tre juste et convenir que cette 
potion a eu evidemment un efltet tres-prompt; pour ne pas dire trop prompt parfois, 
dans bon nombre dp maladies graves, et que tout le traitement de hotre confrere 
allemand a eu des succfes remartpiables ; mais comment dtterrer le plomb dans cet 
amalgame tberapeutique ? ' 

Ritscher a eu deis imitateursen Allemagne. Ainsi, je trouve dans : Dierbach (1) 
61tfe les docteurs Chevalier, Scharf, Eichhdrn, Berger, Durr, Thiimen, qui tous se 
louent extrfimement du plomb contre la prieumonie,maispresque tous le combinent 
a l'opium et k la digitale. Le docteur Burkart (2) preconise un traiiement beaucoup 
plug compllque dans lequel entre la formule de Ritscher. 

En PVance, je ne connais que Texcellent memoire du professeur Leudet (3). 
Comme ses resultats concordent avec les miens, je n'ai rien a observer ici ; nous 
retrouverons plus tard les petites differences de detail dans lesquelles nous divergeons. 




(1) Die neueettn ent de Mungen in der materia medjea, t. Ill, premifere partie. 
(i) Wvrterrib. corr., bl. XXV, n« il, dans Graevel'e Notixea, t VUI, 1S55. 
(3) Bulletin de thfrapexUique, t. LXI1I. , 

^ * v • 

Ainsi, je peux annqneer. et je le fais avec une veritable satisfaction que, dans sa dernifcre 
reunion, le Gonseil g6n6rai de }' Association des mSdecins de France a adopts une resolution 
tendant a fafre une d-marche importante et qui sera bien accueiHie d6 Topinipn, mais dont il 
ne serait peut-6tre pas prudent d indjquer encore la nature et le but 
' D'ajllems, dans cette croisade si legitime et patriotique centre PAllemagne, nous pourrons 
tous quelque chose. Ainsi, par example, quel midecin francais aura d&ormais la jfaiblesse de 
conseliler les eaux min&ales d' Allemagne a ses clients ? L*int6r£t des malades n'est pas en 
cause, car nous pos^dons en France toutes les sources miafrales d'outre^bin, n,ous avons 
toutes les eaux ^upilaires, et d$ meilleures encore. De quelque mineralisation ^ue vous ayex 
besoin» vous' la trouyerez, sur lp sol francais, Notre richesse et notre varied hydrolociques 
n'ont a^gales dans auaun pays du monde., De sorte que, §ans $ortir de France, la m^aecine 
peut remplfr abondamment et avec luxe toutes les medications thdrapeutiques possibles, Voila 
ce doqt il feut bien nous p^n^trer* trtercbers confreres, afin que, au detriment de nos richesses 
Rationales, nous u'alUons j)as encore feire la fortune de nos plus cruels ennemis. Que ces 
affreux Badois surtout, qui ont 616 si f&rpces pour notre malheureux Strasbourg, refoivent ce 
cbatiment de l'absence de notre colohie francaise ; elle attirait chez eux le monde enlier ; ce 
grand tripot de Bade dont le grand-due tiralt un si splendide et si immoral revenu, ces fMes 
magnifiques dont nos artistes fran^ais faisaient le plus bel ornement, ces Casinos telatants, 
rendez-vous de la haute cocoterie parisienne, que tout cela soit abandonn^, desert, 6leint, et 
que la nalade de Bade, grelottant Isolde dans sa froide et humide grotte, devienne comme un 
reproche kernel aux stupides slides de Teropereur Guillaume. 

Oui, chacun de nous peut faire quelque chose, comme protestation et comme reprlsaflles, 
Jusqu'au jour de la grande revanche. Que ceux qui appartiennent k quelque Soctete savante 
de rAUemagne imilent Texemple de M. Barth et renvoient leur dipldme. Que ceux qui, oar 
sollicitation ou spontanimenU oitf repu quelq^es iopknes bonorifique des rois, princes ou pnn- 
cipicules d'outre-Rhip ? les renvoient aussllOu Plus rlea, absolument riea de pommun avec c» 



I/UNION MEPJG4W?, *& 



de decembre 1858 que j'ai ingerit tons les cas de pneumonie confirmee qui se spnt 
presentes a moi, en prenant des notes au lit du malade. Quelques-unes de mes 
observations sont ecourtees, tronquees meme, sans quejepuissedirepourquoi ; ellcs 
ne pourront servir que pour le resultat general. On trouvera beaucoup de lacunes 
dans les details de Texpose des symptomes, de leur marche, leur evolution ; la 
thermometrie manque totalement. Mais peu importe ; je ne fais pas un travail sur la 
pneumonie, et ceux qui, comme moi, ont essaye de prendre des observations dans 
la pratique de la ville savent combien il est difficile d'y metlre la memfc exactitude 
de details que dans une salle d'h6pitaL 

Je dispose de trente-trois observations, chiffre insuffisant pour deduire une sta- 
tiatique valable, mais assez grand, je lespere, pour prouver que l'acetate de plomb 
exerce une action favorable sur la pneumonie. Je les diviserai en deux categories : 
les legeres et les moyennes au nombre de dix-huit, et left graves et trfcs-graveft'au 
nombre de quinze. Parmi les cas moyens, j'en relaterai quelques-uns comme types, 
et je serai un peu plus explicite pour les cas graves, dontplusieurt offrent beaucoup 
d'interet, 

Cm llger* et moyen*. ' 

4)B& I. — Pneumonie gauche; eangeuee, acttale de pfomb. GudrisonJ 

Ouvrier de fabrique de 20 ens; constitution moyenne. A la suite de refroidissement, fei- 
blesse, clphalalgie, gpistaxis. Le lendemain, point de c6t6, toux, orachats strips de sang. Je 
Je vois deux jours apres. .. 

8 aodl 1864. Pneumonie du tiers inftrieur, poste>jeur du poumou gauche; expectoration 
visqueuse, incolore. Pouls (106) plein, Langue sfcche, fendiltee, un pen rouge sur lea bonis; 
soif vive; douleur 6pigastrique ; deux selles. C^phalalgie froutale. 

Quinze sangsues sur le point douloureux du tbora^ Acetate de pbmb 0,30 ; eau dist. 100; 
sirop bl. 20. 

9 r Souffle plus eHendu vers le baut, Pouls 92 , plein. Laogue plus humitfe ; deux seller 
M£me potion. 

10. RAles crepitants de retour; crachats peu rouges, Pouls 68; peau fralche: langue 
bumide, un peu rouge sur les bords. Appetence. Meme potion. 

11. Mies et souffle moindres. Pouls 60. Pas de' medicament. 
13. Beaucoup moing de souffle et de r&les. App6tit ban, 

16. Plus rien. Reprend son travail. 

Obs. II. — Pneumonie gauche ; ventouses ; actt. plomb. Guirison. 

Femme de 3f> ans; pa§ forte* Frisson violent; douleur au c6t£ gauche j vomissgrnents le 
lendemain. ' • 

■t i i i i ■ riBJHtlfi i riiMnl liHiHiifiilli uiUllllU /I'liHl'JIh l iil I Jn'il'lll Hl l nlHiU Ul\ l i» iT II ' 7 II J I Ill ' i r i ' ll i'fJU, 

peuple voleur, de>astateur et immonde. Ici, et vierge que nous sommes de tout titre alle- 
mand acad£mique ou honorifique, nous avons fait, journaliste, la seule chose que* nous puis- 
sions faire, nous avons supprime' I'echange de notre journal avec les journaux allemands, C'est 
notre tnaniere, h nous, et la seule k notre disposition, de protester centre la me"decine alle- 
mande, dont pas une voix ne s'est $lev6e contre les atrocite*3 de cette guerre. 

D r Simplick. 

» 

Met£orologie. — Le service de la m^teorologie Internationale n'a point M interrompu 
par la guerre. M. Marie Davy, avant la capitulation de Paris, Pavait organise* d'abord k Tours 
et puis ensuite k Bordeaux. En outre les savatats francais qui habHaient les pays fnvestis ont 
continue ieurs observations malgre* la presence de 1'ennemf . 

Le docteur Be*rigny n'a point interrompu pendant un seul jour sa belle se*rie de Versailles. 

M. Renou a parcouru, comme il en avait Thabitude. les environs de VendOme. II a £te" 
arrets plusieurs fois comme suspect d'espionnage. Parlout, malheureusement, comme h Paris, 
Fhiver a 6t6 exceptionneL Le thermometre est descendu k 12° ^ Venddme, k 16° k Montpel- 
lier, ^l 17° ^i Bordeaux, k 23° k P6rigueux. Nos armies de secours, pour e^prouver des retraites 
de Moscou, n'ont pas eu k sortir de France, Le ge'ne'ral hiver e* tait arrive^ dans les bagages des 
barbares du Nord. 

Mais, sublime consolation ! cet hiver, si rigoureux, si funeste, est le premier qui ait 6te* 

prtdit scientifiquement, en vertu d'une loi de recurrence que M. Renou a de*couverte et publie*e 

dans les Comptes vendue de l'Acad6mie des sciences. 

» 

HdPiTAL de la Charit^. — C Unique chirurgicale. — M. le professeur Gosselin reprendra 

ses lemons de cfeique otorurgicale k rhdpital de la Charity le nfardi 21 nars 1871, k Wiit 

heures du matin. 



138 L'UNION MfiDICALE. 



14 avril 1859. Fievre vive, peau chaude; dyspnee, toux seche. Moitie inferieure-posterieure 
du poumon gauche; pen de respiration; queiques rales crepitants disseraines; leger souffle 
profondement. Vomissements. — Ven louses scarif. Potion avec acet. plomb 0,30. 

15. Moins de douleur de c6l6; souffle superficiel; rales crepitants abondants; toux seche» 
Pou is 100, large, mdu, peau chaude. Bouche amere, langue assez bonne, nausees, soif. Meme 
potion. 

16. Sueur la nuit. Poumon comme hier; toux moins seche; la malade ne cracbe pas. 
Pouls 88. Meme potion. 

17. Pas de point de c6t6; rales crepitants de retour; moins de toux. Pouls 80. Langue 
bonne; pas d'appgtit; une selle. Le malade ne veut plus de la potion. — Acet. plomb 0,30 
en pilules. 

18. Presque plus de souffle; rales crepitants seulement a la base; pas de toux. — Monies 
pilules. 

20. Plus rien a rauscultation. Convalescence tranche. 

Obs. III. — Pneumome droite; acet. plomb. Guerison. 

Garcon de 3 ans, bien portant. A eu, au dire des parents, deux pneumonies depuis un 
mois (?). Malade de nouveau depuis quatre jours. On l'a fait vomir hier. 

l er juillet 1860. Dans le quart supe>ieur et posterieur du poumon droit, fort souffle super- 
ficiel, peu de rfiles ; respiration alTaiblie dans le reste du poqmon. Matite complete en haut, 
moindre ailleurs. Respiration et toux frequentes. Pouls lA/i, large, mou. Peau chaude, face 
rouge. Langue rouge sur les bords, un peu blanche au milieu : inappetence, soif. Se plaint 
de douleurs abdominales; une selle hier. — Potion avec acet. plomb 0,15. 

2. Nuit plus tranquille. Souffle dans presque toute la hauteur du poumon ; peu de rales. 
Bien en avant. Toux moins frequente, moins seche. Pouls 136. — Acet. plomb 0,15. 

3. Meme etat; souffle jusqu'a la base. — Plomb 0,20. . 

k. A dormi presque toute la nuit. Souffle moindre a la base. Pouls 104, moins large. Beau- 
coup moins de chafeur de la peau et de rougeur de la face. Une selle hier. —Plomb 0,20. 

5. Nuit bonne. L'enfant joue ce matin. Respiration revenue S*la base ; souffle moins pur 
dans le reste; cependant, pas de rales distincts. Pouls 96, moins mou, moins plein. Hier, 
trois selles. L'enfant demande instamment a manger. — Plomb a 0,10. 

6. Mine excellente. L'enfant mange avidement pendant ma "visite. Souffle seulement dans 
le sommet; respiration bien marquee dans le reste du poumon, sans Mies distincts. Pouls 112. 
Une selle. — Plomb 0,10. 

7. Plus de souffle dans le sommet; dans une profonde inspiration, legere bouflee de rales 
crepitants. Respiration bonne partout. Pouls 108. Une selle. — L'enfant n'a pris que la moitie 
de la potion ; pas de medicament. 

9. Plus rien du tout 

Obs. IV. — Pneumonie du sommet k droite ; purgatif; plomb. GuMson. 

Garcon de 7 ans, assez souvent malade. Indispose depuis queiques jours ; couche d'hier. 

2 mars 1867. Nuit agitee, delire; fievre et chaleur vives. C6pbalalgie. Langue chargee; 
pas de selle. Legere dyspnee; toux rare. Rien a rauscultation. — Purgatif avec resine de 
scammonee et magnesie. 

3. Deux vomissements, deux selles. Nuit tres-agitee, delire. Dyspnge plus considerable; 
toux plus frequente. Rales crepitants dans les deux tiers superieurs et posterieurs du poumon 
droit Pouls HO, large, mou. Soif. Urine tres-chargee. — Potion avec acet. plomb 0,15. 

lu Nuit bien meilleure; pas de delire. Respiration presque bonne; peu de toux. Rales cre- 
pitants seulement dans le sommet, avec un peu de souffle. Pouls 108. Pas de chaleur a la 
peau. Langue charg6e ; pas de soif. Une selle. Urine moins trouble. — Plomb 0,15. 

5. Nuit tres-honne. Pas de toux; presque plus rien a rauscultation. Psuls 80. Langue 
beaucoup moins chargee; un peu d'appetence. Grande faiblesse. — Pas de medicament. 

6. Meme etat ; a tousse un peu plus. Encore un point de rales tout a fait dans le sommet 
Une selle. — Potion kermetisee. 

7. Moins de toux; rien a rauscultation. Trois selles. — M£me potion. 
9. Est lev6; court dans la chambre. Bon appetit N'a plus rien. 

(La suite au prochain numtro.) 

ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



ACADEMIE DES SCIENCES 
Seance du 13 mars 1871. — Presidence de M. Fate, vice-president. 

M. Liocville demande la parole sur le proces-verbal, a propos de la derniere communi- 
cation deM. Henri Deville. * ■ /, ■. ■ 



L'UNION MfiDKALE. 



L'cntfnent acad6micien regrette tres-vivement qu'on n'ait pas prSalahlement pr^venu les 
membres de l'Acad6mie de la question qui allalt elre soulevge dans son sein. Beaucoup d'aca- 
d6miciens, n'ayant pas 6te" avertis, n'assistaient pas a la stance, et par consequent n'ont pu 
manifester leur opinion. 

II le regrette u'autant plus que l'opirion g<*ne>a1e n'a sans doute pas e*le* representee dans 
la discussion qui s'est elev&e. On a parte de lous les corps savants ; on les a critique's; on a 6 16 
jusqu'a pr^ciser des etnblissements scientifiques qui ne seraient pas au niveau de leur mission, 
on a rabaisse" la science francaise!. 

Est-il besoin de dire que Ton s'est ecarle" de la verite? Non, il n'y a pas decadence chez 
nous. La science francaise occupe son rang comme autrefois ; M. Liouville proteste 6nergi- 
quement contre les paroles qui ont 6te" prononcees dans la derniere seance, et s'll&ve en.par- 
ticulier contre les conclusions de M. Deville qui semble avancer que, dans les circonstances 
actuelles, nous avons £l£ vaincus par la science* • • 

M. H. Sainte-Claire Deville Wpond en* quelques mots : J'aurai e*te bien mal irispireV ^ 
dans ce que j'ai dit, j'ai pu avancjer quelque fait qui ne me iaissat pas en fcommunion d'ideeid 
avec M. Liouville, car s'il est une approbation a laquelle je tienne parliGUlierement, c*estbien 
a celle de notre honorable collfcgue; fai repeMe* simpletnent ce que tout le monde dit. Nous 
avons applique* dans notre pays les progres de la science aux arts de la paix plut6t qu'a la 
guerre ; je crois qtfil n'y a rien la qui ne puisse Gtre que glorieux pour la France. J'ai ajoute" 
que le moment £tait venu d'imprimer une impulsion encore plus vive a Tenseignement scien- 
tifique, ft comme les questions d'inslraclion ne sont pas habitueJlement 'abord^es ici, j'ai 
demande si 1'AcadSmie voudrait bien les admettre parhii les sujets delude. 

Si elle y consent, je les examinerai; si elle s'y refuse, je me soumettrai h sa decision. 

M. le ge*n6ral Morin : II faudrait, en effet, bien s'enlendre sur un point de la communi- 
cation de M. Henri Deville. Je ne saurais admettre que nous ayons ele* vaincus par la science* 
comme il Pa dit, sans doute, dans un sens tropabsolu. C'est au contraire de la France que 
sont venus tous les progres militaires. 

Le tir en breche, qui l'a imagine? Dois-je rappeler les experiences du general Piobert el 
celles que nous avons entreprises en commun? Le canon ray6 n'a-t-il pas donne* la vicloire 4 
la France en 1859, et l'Autriche, n'en a-l-elle pas, en £866 meme, tire grand avantage? Et 
nos fusils? Tout le monde s'accorde a les trouver bien su'peVieurs a ceux de Tarm6e prus- 
sienne. Et les fameux canons & chargement par la culasse ? Mais n'avions-nous pns encore le 
dessus dans le dispositif ? N'avons-nous pas le meilleur systeme? lis n'ont pas ete fabriques en 
temps utile, voila notre seule cause d'inferiorite, qui ne* touche en rien, en somme, Feiement 
scientifique, l'esprit d'invention et la valeur de l'execution? Non, la science francaise n'a pas 
ete vaincue. 

Et M. le general Morin complete sa pense"e en montrant bien que tout le mal provient, non 
pas de l'inferioriie de la science francaise, mais du petit nombre d'eius pour lesquels elle 
devient familiere. La science reste le privilege de quelques travailleurs. Elle ne p6netre pas 
ici, comme eh Allemagne, dans les masses. 

Aussi, pour Gtre vrai, doit-on dire, si Ton peut s'exprimer ainsi, que nous avons ete battus 
aussi au point de vue scientifique, par la quantite et nullement par la qualite. La France 
possede des savants qui peuvent avoii' des egaux a I'etranger, mais non des supe>ieurs. Nous 
n'avons rien a envier sous ce rapport; mais ce qu'il faut desirer, c'est que le niveau general 
de I'instruction s'eieve dans notre pays. 

Il faut que la diffusion se fasse, que la science penetre partout 

M. le general Morin cite a cet egard ce qu'it a vu dans son voyage d'inspection en Alle- 
magne. 

L'Allemagne, dit-il, ne conipte pas moins de dix k douze instituts polytechniquesinstruisant 
chacun 300 ou 600 et m£me 600 eieves ; de* veloppant les connaissances scientifiques dans une 
population d'environ 50,000,000 d'babitants; soit 1 etablisseraerit pour, 5,000,000, quand'en 
France il faut que l'Ecole polytechnique et ses annexes, avec TEcole centrale, suffisent a 
37,000,000; soit 1 6tablissement pour 19,000,000. § 

La diffusion scientifique dans toules les classes, voila la vraie supenorile' qu'a F Allemagne 
sur notre pays, et voila ou nous devons tendre pour rendre a la France le temps qu'elle n'au- 
rait jamais du perdre. 

Ptusieurs membres : N'entrez pas dans la discussion ; tous ces points vont etre examines 
tout a 1'heure en comity secret. 

M. le President : M. Deville aura la parole pour r£pondre, ainsi qu'il a 6te* convenu, en 
comite" secret. Je prie M. le Secretaire perp&uel de proc£der au d£pouillement de la corres- 
pondance. 

M. Dumas : M. Netter transmet une nouvelle note sur l'efficacite* du camphre a haute dose 
dans le traitement de la pourriture d'hdpital. II a trois nouveaux succes h enregislrer,- ce qui 
porte le nombre de ses observations jusqd'ici a quinze. Quinze cas d'une gravfte exceptionnelle 
ont 6te* suivis de gue>ison. 11 recommande done de n'emptoyer aueun autre medicament ; le 
camphre, le camphre seulement, mais en abondance. 

M. Melsens, de l'Acad^mie royale de Belgique, adresse line note sur le passage de 1'fodate 
de potasse dans l'eeonomie animale. '* ■ '■ ' - ; 



lf$ U'VWQN MfilMGALJ;. 




ft _____ r _, __ .. _ , r 

farde on pourrait se servir d'iodure renfermant des traces dModate. I! est done iPdispepsable 
e pe liyrer ft la copsommatjon que de Fiodurq absolumept purifid et par suite fabrique ep 
cppse"quence, 

Ajoutons que I'iodate se re*duit dans f'econonomle contrairement ft ce qui se passfc ordinal- 
reinent ayec les autres sels. II y a, en effet, habituellement oxygenation et non rgdu.ct.op', 

• *^~ 

Bf. Boulkt revient avec details sur la peste bovine qui s6vit avec tant de violence en oe 
moment ft Paris et en province. 

II a dejft dit que la maladie est d'origine ejrangftre, et nous vient dX)rient. Elto a dte im- 
ported phea nous et n'y a pas pris naissance equine quelques personnes saw (frut? intere^ees 
dans la question voudraient le faire supposes La paste bovine est end£nrique dans toute la 
partie de l'Europe comprise entre les monts Garpathes et les monts Ourals, Bile subsjte tou- 
jour* et se perpjetue pans cease par une contagion incessaute, Cfest un foyer gpidej&ique qui 
p s'eteint jamais, 

. On nous a demands pourquoi la race dea steppes existait encore, puisqu'elle est fataleraent 
condamnge ft 6tre frappee sans oesse par la maladie. La reponse est bien simply 11 faut r6fl£- 
Gbir que ces raoea sont douees d'une resistance toute particuliere ft repidemie; l$s n6tpes oe 
possedent pas le m^me ressorU Aiosji, en 186fi, en Angleterre, sur £50 vacbe* laitffcres bol* 
landaises, W3 furept atteintes. A Paris, cette annee, 1 ft 2 p. 100 tout au plus (Je nos betes 
ft, cornes resistent ft 1'epideipie. te reste meurt. fl y a dans la race une tendance toute sp6- 
ciale ft contracter la peste, et tout animal atteint ept mort ou ft trfcs-peu prfes. pans Jers steppes, 
|a maladie est lojn de.frapper si fort. ' , 

M. Bouley passe eh revue les epidemies de peste bovine dopt rhistofre a conserve la trace, 
Elles son(. toujours venues avec les peuples de rE$t, sans exception, depuls .'invasion de 
rouest'de l'Europe par les Cimbres et les Teutons, jusqu'ft ^invasion actuelle. Le fait est bors 
de doute. La peste bovine, qui a ravage suecessivement la Hongrie f r_\utrtche, Pltatie, la 
France, la Hollande, r Angleterre, FEspagne, n'a pas d'autre origine. 

La delegation de Tours avait rassembie dans les environs d'Orieans, en previson dii ravi- 
taillement d> Paris, 3,600 tetes de betail. La marche des Prussiens en avant aipena la conta- 
mination des troupeaux, et la peste bovine envabit aussit6t le betail qui suivait Farmee 
fr^n^ise* etse.repandit ft Laval, ft Morlaix. Les 2,500 animaux ramenes avec pbtre corps 
d'armee jusqu*ft Landernau devinrent ft leur tour un foyer defection, et la maladie s'est pro- 
pagee ainsi da procjie en proche dans la. Mayepne,. la Sartbe, fOrne, la Manege, le Cal- 
vados, etc 

1 Quarante wiTle tjorpme,* 4e Farmee de Glian?y furent suivis, d'aprfts le regjement militaire, 
de$ bestiairx necessaires ft leur subsistance jusqu'ft Poitiers, pays de produption^.On p6?ligea 
d'abandonngr les^^nimaijx m^Jades en. route; et cbacun 4'eux contribua ft teeter toute 
In riche contree proquctricp du Poitou, envabi aujourd'hui et ravage par le JQeatJt it 
r Quel mejlleur example ft citer aux quelques m^decins ou fournis^eur^ qui client "fcucare 
que la peste bovine prend naissance sur place par suite de circonstances. cliipa^riquea ou de 
mauvais soins que ce qui s'est passe ft Paris ? On ne pourrait oflVir da d^QP*tfa|ion plus ss^- 
sissante du mode de propagatiQn de la maladie, 

Nqs be$tiaux enfe?nies dans Paris au compaepcement du siege ; 40,Q00 bcauf^, 220,000 mou- 
tons, ont ete parques dans des conditions exceptionnelles defavorables ; tous ont souffert, 
aucun qnimal pependant n'a presente de trace de la maladie pepdapt la dur4e de. rinve^tis^e- 
went. 

Jj'armistice , est cc^nclq, Le cerple qui nous entourait s'entr'ouyre, De^ ^cbeteqrs se pro- 
purent des bestiaux de provenance prussieime. Aussitdt la peste bovine penetre ft Paris; !• 
stock est infecte : 200 animaux meurent par jour* Ces fails ne parlent-ils pas d'eyx^mes? 

En ^865, e,n Angleterre*, on av^it fait venir du betail des steppes de Bussje, Au dep^rt # les 
troupeaux paralssaient sains; quelques jours apr&s leur arrivee, la peste ^e d^clar^Hi Qn 
attribua le mal au climat et aux grandes chaleurs anormales qui regnaiflpt a}ors. La pesta 
bovine envabit toute TAngleterre; plu§ de 1.500,000 animaux mpuryreht en quelques mois. 
II fallut quelque temps avant qu'on se decidat ft fcer le mal dans sa recipe, ^o&ttre les W- 
maux atteints, 

L'Angleterre mit trois ans ft se debarrasser dn fleau. On avait oublie que les bceufs etaient 
partis avec le germe de la peste et que la maladie ji'avait delate* qu'apres avoir subi son evo- 
lution, quelque temps apres le debarquement des troupeaux. De Tautre c6te du detroit, tout 
le monde est d'accord : on admet sans conteste naaintenant que le fleau est bien originaire de 
roriept. 

, line autre question qu'il imports de ne paa laisser dans Fombre, e'est la parfaite innoeuite 
de la viande des animaux atteints de peste bovine : je ripfete aqjourd'hui qtfil n'y a pas to 

Slus petit inconvenient ft Finlr oduire dans Talimentation et j'insiate sur oe pamt, ear je viens 
^pprendre que, dans Id departement du Nord t op refuse 4'uUUser k^ bwtiaux «HW^ 4» ,a 
peste; on tue meme les animaux suspects et on les enfouit daps W V>U 



L;UNiqN MfiDIfiALE, ^t 



*. --J 



II faut s'elever £nergiquement contre de pareils erremeots. pios . ressources en viande de 
boucherie sflnt asse? prtcaires' pour qu'on ne tblfcre pas' tin pareil gasplllage; et la salubrity 
publique aura de son c6i& a souflfrir de raccnmulation de tant de cadavres t fie joigrions done 
pas par irrtflexion et imprtvoyance up nouveau mal & des calamity aussi grandes que celles 
qui nous frappent depuis cette d&astreuse guerre. Comment, dans le dgpartement du Nord 
on perdrait de la viande trfcs-utilisaMe, on jnfecterait la campagne de cadavres et quand, en 
Bretagne, on a recours a des moyens exlraordinaires pour s'en d^barrasser! On a vn sur le 
bord de la mer s'accumuler jusqu'a 800 cadavres d'aniraaux par jour. II a fallu pour s'en 
d<$barras$er les charger sur do vieux na vires condamri6s, pousser ces allies dans le couranit 
du littoral et les couler a coup de canon dans les eaux de FAtlantique. .' , 

Jte reviendrai ultdrieurement, ajoute M- Bouley, sur le traitement de la peste bovine.' Ofl 
essaie en ce moment, sous ma direction, les effets de facide ph^nique, ratteudraj pour en 
parler plus longuemept, coqelut M. Bouley, que ces essais solent plus avahc^s, 



t«k 



(. 1 



86aj*e dfl U novembre WQ. - Pj#sid*nce de M. ^i&mon. 



SOMMMHK. — De la nfecessite de transporter hors des hftpitaox od lis ont tte recoelllU an comment 
cemefnt'du sfege, les vieillards evscttes des hospices suburbains < MM. Chauflbrd, LaboulbSne, Sfredey, 
1 Fertol.— Sur la rtquiiiiion d* vaehst latt&rtt t MM. GfovDunentpaitiar, fittinardel, Moutard- 
Martin. — Be llagglontiratian dot tioriotai* dans lei haptama, not* hie par M. Hervieex. Disca*- 
sion is MM* Isaabert, Vital, HouUfffHtf artta, E. Besnjer, . 

Le procfes-verbal de la stance pr'feddeate e$t lu et adopts 

M. Chaoffard appene Tattention sur ia situation faite a quelques h4pi4eui de Parte, oil out 
*te recueitlis, au commencement du sfege, les vieillards 6vacuta des hospices de la aone subr- 
nrbame. A Phopital Necker, en particulier, net encombrement met I'ltablissement hors d'<*tat 
de rdpondre aux besoins de la population voisjne, malgri ka Bonbreux Hts supptewentaires 
qui ont ite rostalfes dans cheque salle. A tons 6garda dene, an paint do vue des besom de 
la salubrity de l^tablissement, il est urgent de transporter dans oVautres locaftx lea vieillawta 
et les iofirmes 6vaau£s de l' hospice de BMtre. 

M, Sibedet, membre du Gonseil des Mpitaux, sur finvitation qui lul en est falte pair M. le 
President, donne avis a laSoefeil de mesures &Mk prises en'vue de r$in4dler au mal signate 
J»r M. Chauflfard, frOO lits sont deja assures, et 1 on constrult actuellement des baraqufements 
pour les maladep et les infirmes, 

M. LitBOULnliNE constate la situation indiqude par M, ChaufTard, et fl apnonce que §0 OU 
00 lits ont de*ja M installs daps un Mtim'ept de la rjjeRousselet, et qu'u^ 6vacuatioji par- 
tielle des vieillards est ddja commence • ,. ' . , , 

M, FKftiOL (ait appel a rAdmihistration en favour de :ces malheurem vieillards et infirmes 
qui ne trouveront dans le bailment de la buq Rotwselet, qu'une instalkttion toot a fait ineuS» 
sante, eu 6gard surtoul a la rjgueur de la eeisjon* 

M. UilleA fa.it part' a la Socte*t4 (les d-marches qq'il $ feites et des risuttata quMI a d^JJi 
obtenus pour donner la plus grarkle publicity possible & rinstruction pqur . les gardes natifr- 
naux et gardes mobiles., i/imprimeur d^ la $004616 6tudie en ce moment le raeiUeur proc646 
de publication e"conomique sous forme de brochure, . . 

M. Grqs, faisaat allusion au d^cret recent qui fait requisition &w vaches Laiti^reo pour ttre 
livr^es a la coosommatioQ comme viande fa boucherie, ^met te,YOBu que jes vaches Jaitieres 
soient conserv^es pour fournir le plus longtemps possible du lait ^x ^uv^aurQQs et diminuer 
ainsi. pour eux les chances de mortality , , 

M. Dumoktpallier rappelle que la demande en a $& faite par k fioddt^ mais que cette ' 
demande n'a pas 6(6 suivie d'effet, ce oui d&nontre qpe Tutilit^ de demandes de ce genre 
faites an nom de la Society est contestable. 

M, Brouarpel fait observer qvt les vaches lattices qui appartfennent k des nonrrissetirs 
pouvant garantir leur neurriture pendant un inois he seront pas souraises a la requisition. 

M. Moutard-Martw n'admet pas le principe £rais par M. Dumontpallier rel^tiviament au . 
voeu exprime' par la SocJ^te*, et il estd'avis que, quand la Socidt6 consid^re comme bonne, u^e 
solution, elle doit la formuler hautement, quel qu'en doive 6tre d*ailleurs le r^sultaL 

M, Dcmomtpalubr ne contesle en auoune facon la manure de voir de M. Moutard-Martin^ 
il ajoute que personne ne peut douler de notre sympathie pour Tenfance, et il repfcte que, en 
bit, le proposition 6mise par la Socftt6 n'a jusqu ici amen£ aucun r^sultat 

M. Hervieux lit une npte sur Tagglom^ratlon des varjQleux (Voir ITJnion MfoiciLE du 
h mars 1871.) 

M. Isa^ber? i II m f es.t impossible d'accepter les proposition? de }L. Hervieux y .dans le tra- 
vail duquel ou distingue deux ordres dUdees ; <Je§ cpnsi^drations pat^ologiques et des appli>r 
caUons adwipistr^UYe^ im^diai^ Je r^pondra| s^c^^siyejoaeof aux unes et aux au^a* < 



142 L'UNION titolCALti! 



Pour les premteres, M. Hervieux. invoque un principe dont il est, impossible de aier la 
yerite, en tant que. principe d'hygiene et de pathologie generate. Oui, dirai-je avec lui,, en 
these generate, Tagglomeration des malades est mauvaise : elle augmente les chances de raa- 
ladie ou peut aggraver leur caractere. L'histoire des afTections typhoides en est un exemple 
lrappant 1 et nous reconnaissons Finconvenient de Fencombrement m6me sur les hommes 
Jnen porlants. Mais si Ton sort des donnees generates de Fhygiene, ou de celles de la patho-* 
logie generate, pour entrer sur le domaine de la pathplogie , speciale , il faut y regarder d-un 
peu plus prfcs. Nous savons, en efTet, que cbacune de ces maladies generates, que M, Hervieux 
reunit sous le nom d'infeclio-contagieuses, a son genie particulier, et il n'est pas perrais, de 
concjure de Tune a Faiitrie, du typhus a la variola, par exemple, sans examiner les faits, sans 
recliercher si, en <Jehors de cette influence/generate de Faggforaeration, dont nous reconnais- 
sons avec tous les hy^tenistes les inconvenient^, il y a reellemeot une modification facbeuse 
du genie morbide de chacune de ces maladies lorsqu'on reunit les malades qui en sont 
atteints. 

Il faut done examiner les faits, et e'est ce que nous avons pu faire depuis bienl6t un an 
que nous sommes charge do service special des varioleux de FnApitat Sftint-Antoine. Eh bien, 
je dois le declarer ici, et j'invoquerai aussi le temoignage de nos collogues qui ont ete <x>mme 
moi charges de services speciaux de varioleux, un exaroen attentif ne m'a reveie, aucune 
influence sperifique du milieu daps lequel etaient apportes nos malades. Aucune aggravation 
de la variole ne resultede la* reunion de plus de 30 varioleux dans une m6me salle, fait qui 
avait deja ete consign^ dans le rapport de M. Vidal. TousTes jours, nous voyons entrer dans le 
service special des varioles discretes et mtoe des varioloides si benignes qu'elles se reduisent a 
5 ou 6 pustules; les malades sont places' entie des sujets atteints des varioles confluentes les plus 
graves, ou des varrotes hemorrhagiques les plus foudroyantes, et leur malacHe reste benigne, et se 
termine e r pquelques jours sans avoir Hen a souffrir de.ee voisinage. II y a des instants ou., par suite 
d'un relachement des riguetars de l'epidemie* le service tout entier n'est plus compose que de 
varioloides ou de varioles tntes-discretes, et ce pretend u foyer d'infectioii n'a pas par lui-m^rae 
la puissance d'aggraver tous: oee cas benins. Quand les cas graves reparaissent, e'est qu'ils 
sont apportds du dehors:; et en quelques jours, on voit par ces admissions de Fexterieur le 
service changer de physionomie et se remplir de nouveau de cas graves ou foudroyants; mais 
ces cas graves n'oqt pas pris naissance dans nos sal les. Aussi, assez partisan a, Forigine des 
iflees que vient de d^velopper M. Hervieux, j'ai du les abandonner en presence des fails et 
reconnailre qu'on garde dans un service special de varioleux la varioU que Con avait en y 
entrant; en un mot, qu'un malade n'a jamais que Yespece de variole quit devait avoir. D'ou 
vieunent les differences de gravite que Ton observe chez les differents sujets? 1° de la nature 
du poison donf ils ont ete primitivement; infectes ; e'est la Pinfluence priucipale, ce nescio 
quid qui constiliie le genie morbide, et qui depend de la fluctuation des epidemies el de la 
source ou Ton a puise son mal ; 2° du terrain sur lequel le germe morbide s'est developpe, 
c x esl-a-dire de la constitution indivtduelle de chaque sujet, el il me suffira de ciler comme 
exemple Fextreftie gravite de la periode suppurative chez les sujets scrofuleux, ou le danger 
de la variole chez les femmes enceintes, ou chez les alcooliques. Eu dehors de ces deux 
influences, genie morbide initial el constitution propre du sujet, je suis oblige d'admettre que 
les circumfusa i le milieu qui entoure le malade* et parliculierement le yoisjnage d'aulres 
yaiiioleux, n'onl aucune artion sur la gravite' specifique de la variole, sur la mortahte des ma T 
lades, sur 1$ frequence de telle ou telle forme morbide dans cette grande maladie epide- 
mique et conlagieuse : aucune influence speciale, en tendons-nous bien, car je ne parle pas 
de Finfluence generate de 1'encombrement au point de vue de Fhygiene des convalescents. 

Tel est le' point capital que je voqlais &ablir.coptradictoirement aux assertions de M. Her- 
vieux. Je n'ai pas assez preseiits a la memoire les chiffres relatifs a la marche de repidemie 
pour suivre ou' pour' contredire ceux que vient de vous presenter notre coliegue. Sans con tes- 
ter Inexactitude de ces cbiffres , je dirai toutefois que je n*admels en aucune fa^On les conse- 
quences' qu'il: en tire, et (Jue, par exemple, ce quit dit de la marche fatalement croissante de 
Fepidemie, depuis que> les services speciaux ant ete instates dans nos h6pitaux, eslmanifes- 
tement en opposition avec les souvenirs qui me restent de naon service .de Saint Antoine. 
Ain^i, i^pidemie quj a commence a nous pr6occuper a la fin de 1869, a pris en Janvier 1870 une 
aggravation qui nous a forces a redamer imperieusement Tisolement 9 dont rAdministralion a 
bien tardivement ajors reconnu la necessite; repidemie a suivi une marche croissante en 
fevrier, mars et m6me avril, mais en mai elle devenait stationnaire, en juin elle diminuait sen- 
siblement, et, sMl est possible que quelque oscillation nouvelle se soit produite en juillet, il est 
bien certain qu'en aout el septembre nos seh'ices se vidaient et ne presentaient plus que des 
cas benins. A quoi est due Faggr&valion nouvelle? Peul-etre principaifement au retour de 
Thiver et de la constitution saisonniere qui Favait vue naitre Tannee derniere ; mais, pour une 
grande part, aussi assurement aux circonstances actuelles, a rinvestissement de Paris et a la 
presence dans ses murs de nombreux refugies,et de toute une armee de gardes-mobiles dont 
la pliipart n'ont pas ete revaccin6s. Ce sont, en effet, ces deux categories de Parisiens de 
iQouvelle date qui offrent, si je ne me trompe, le plus grand nombre de viclimes a repidemie 
qui n'avait pas encore disparu de nos murs. . 

" ^arrive aux mesures 'administratives'critiquees par M. Hervieux, a cet isolement qu'il 
declare illusoire, et aiiquel il attribue tous nos maux actuels. Sans doute, Fisbleinent des 
varioleux h'a pas : et^partout"ce qull devait ttre. J'admettrai meine (jfti'il ne ra t\A "ntillepart 



L'UfUOIi MfiDICALE., • 143, 



II y a des h6pitaux, comme l'HOtel-Dieu et la Charity ou Tisolement est reellement impos-, 
sible, puisque tootes les salles se touchent et communiquent au moins par des escaliers com-' 
inuns. Nous avions demand^ a Forigine que des pavilions speciaux, de simpTes baraques, des 
tentes mfcme si Ton voulait, fussent buverts aux varfoleux dans les hdpitaux qui possedent' 
des jardins ou des terrains 61oign& dps salles ordinaires. Les lenteurs administratives n'ont 
, # permis de realiser ce vceu que lout r6cemment. v Cependant On a, dans quelques h6pitaux, 1 
' 'rtalfce' un isolement, sinen parfait, au moins a peu prfes suffisant : A Beaujon, a Lariboteiere, 
a Saint-Louis, a Saint- Antoine, ce qui a #te fait a rendu, de grands services. Pour ne parler 
que de ce que j'ai vu a Saint-Antoine, on a consacre* aux varioleux une salle du rez-de-chaussee ; 
on a mure" avec soin les portes qui communiquaient avec les escaliers g£n£raux de Ph6pital ; 
on a ouvert une entree par une ancienne fenfitre au milieu d'une vaste cour ; on nous a donng 
un materiel special, un service de bains special, un personnel special de raligieuses etd'infir- 
miers. II est yrai ; .que.les extemes, rinterne,.le cjief de service lui-mtoe, malgre" la mesure 
g6n6rale de ne faire la visite des varioleux qu'apres la visite aux salles ordinaires, sont peut- 
6tre plus d'une fois retourn£s dans ces salles ordinaires. ' li est vrai que par les fenfires de la 
salle des varioleux, laiss&s presque conslammeht'entr'ouvertes, les miasmesont duse rgpandre 
dans le resle de l'hdpital ; et cependant, un mois apres la formation de ce service specialties 
cas dits de Vintdrieur, c'est-a-dire les varioles developp&s dans les salles sur des malades 
entrts a Fhopitat pour d'autres maladies, les cas de lint&ieur- disparaissaient presque com- 
pl&ement, et Ton ne rekrouvait plus guere, 4ftns les services de Samt-Antoine, que les vario- 
leux qui y gtaient amends du dehors pendant la p£riode d'invasion, lorsque le diagnostic tHait 
encore incertain. Des que la variole 4evenail manifeste, on faisait passer le malade an service 
special ; mais quelquetois celui-ci 6tant rempli, vingtTquatre heiires ont pu etre perdues, et, 
quelques cas de finterieur se produire encore ; mais, en ge"n6ral». ces cas ont £16 rares ; fai 
vu des semaioes entieres s'^couler sans quMI s'en .prgsenl&t un seul dans.me^ salles, ordi- 
naires. Avant Tisolement, chaque varioleux qui enlrait devenait le point de depart d'une petite 
6pid£mie locale de lx oU 5 cas de variole. Eh bieri ! e'est la, je ne crains pas de le dire, un 
grand bienfait, un grand rtsultat oblenu ; et si, comme M. Hervieox ne craint pas de le 
demander, on revenait a Eancien ordre de choses, si on se remettait a diss^triiner les varioleux 
dans lous les services, nous aurioos bientot a ajouter aux cenlaines de cas de variole que la 
ville nous eavoae, de nouvelles centaines de cas de variole que nous aurions produits nous-> 
m6mes parmi les pensionnaires de nos hdpitaux. , . < 

Et quel moment M- Hervieux choisit-il pour nous proposer ce retour ntfaste aux anciens 
errements ? Justement celui oil. nous obtenons enfin ce que nous avons demand^ au debut : 
Tisolement dans des baraques 61oign6es du centre de rbopital I, Cfest au moins, ce qu'on realise 
en ce moment a Saint-Antoine. Nos varioleux viennent d'etre transports dans des baraques , 
construites au fond d'un vaste terrain, tres^loign6 des batiments de l'hdpital. Je ne doutepas 
que cetle mesure ne porte ses fruits, surtoutsi Ton arrive a supprimer comptetement ou apeu; 
pres comptetement ces visiles des parents, que Ton n'a jamais. pu interdire entierement pour 
a"es motifs qui ont &l£ exposes plus d une fois devant cette Society. Alors, et la vaccine aidant, nous . 
arriverons a att6nuer Tepid^mie en ville, comme nous avons diminue" , le nombre des cas de 
l*int6rieur. Ces derniers pourraient disparaltre entierement si. Ton e"lait plus rigoureux sur le 
diagnostic des entrants, ou si Ton pouvait recevoir, flans un service d'attente, les cas douteux 
qu'on he'site a envoyer du premier coup daps les salles de varioleux.. Quant au danger du 
rayonnement £pid&nique du foyer cohslituS par nos services speciaux, fai montre* que, a Saint- 
Antoine toutau moins, ce rayonnement n'avait pas eu lieu dans les autres parties derhdpitai; 
assez yofeines encore du service, fel qu'on Favait install^, e'est-a-dire a des distances de 10 a 
30 metres. On peut conclure de la ce quMI peut etre pour la ville, dont les premieres malsons 
sont k plus de 200 mfetres de nos batiments. ' ' 

(Ld fin & vn prochain numtro.) ' , ! 



BMPOlSOWlBttBirr PAB tA Sf feYCHN fit* 5 — SCCCfiS DU BftOlOTM PE POtA^SftJH. ' 

Par son action but la tndelle 6pintere> le bromure de potassium est naturellement indiqu^ 
contre les secousses et les contractions t&aniformes produces' par la strychnine. M. le docteur 
Grout Tinferait d^s 1865 de son action, sdr l^pilepsie, et M« le docteur Saison en a fait Tanta- 
gonisme de ia strychnine dans un memoire publie en 1868. (Voir Dictionnaire annuel.) Voici 
un fait affirmatif a Tappui : 

Un homme ayant pris 12 centigrammes de strychnine le M decembre 1870, sur 15 qn'il 
avait achete*s le matin meme chez le docteur Gillespie, tomba aussttdt dans de violentes con- 
vulsions cloniques qui remp^chaient de rester sur son lit Pouls a 70, dur et contracts ; sur- 
face du corps froide ; anxi^t^ extreme de la face ; respiration, vue et oule ndrfnales ; les 
spasmes empechent la deglutition. Les secousses devenaient de plus en plus Violentes el rap- 
proch^es. Deja les muscles de la respiration ^taient atleints lorsque M. Giiiespie r fit prendre au 
patient une cuilleree a the" d'extrait fluide d'hyosciamine en attendant, le bromure- de potas- 
sium qu'il envoya chercher en tftute hate. 30 grammes de ce set furent dusous dans 90 gr. 
<Teauy et 15 grammes de cette solution furent rigoureusement admjnjftlre$ toutes tes demi- 
heures. Les paroxysmes cesserent gradueUemp.nU et, a la dernier«.dose 9 cet homme pouvait 
d^ja se tenir debout et marcher dans ga chambre. Ler lendemain, il n'y avait plus que de la 



144 L'UNldtt MED1CALE. 



pro&tratidn et quelques soubresauls. Treble-six heures apres, ilretournait&ses affaires; (Amor* 
Joum. of med. Sciences, ocfobre.) (Test done Ik un veritable antidote ou la dose, etant pro- 

Sortionnee k celle de la strychnine, peut 6tre employee utilement contre les accidents resultant 
es injections hypodermiques de cette substance dont il n'est pas toujour* facile de determine* 
les doses & Favance, surtout chez les femmes. — P. G. 

■ iiiiiBiiq;fliTn I rt iti'.tiiiihi'.i ft i tin- jiMi.f .h i ; ,i ■ r jiih , i i , i ,, .ImMji iii i i i ii .1 iiv i ruwiiit mi hiiiu 

FORMULAIRE 

•• Castoreuhv pulverise. . i * .«..'»,<»* . gn 30 centigr, 

Valeriana pubertate ...♦...,.♦. 1 gr. 80 eentigr; 

Otfyde de zhic . , ; . . . 1 gramme^ 

Extrait de vaiertene <J. s. 

p. g. jftu si* pilules. 

Trois par joiir conune calmant et antispasmodique. — . N. G. . • * ' 

^^ rr ryprrr^'^^T Maf ^^ mm n imm •'• ■■■'in nv '"' ait , '"*" '" '"■ "' ''■' ',' ■'" * " '■' faM 

EfcMftft4rl«ft* M*di«*fes. — 16 Mars 1712. 

. . u -• 

. tes re^strea dtt secretariat du rol portent ce'cl & Cette date i « Le ftby etant 4 Versailles, 
voulant grtftifief hohorablement le steurGervais, son dhiriirgieil ordinaire, en. consideration 
des services qu'il a rendus k la feue re'yne, k feu Mgr le dauphin soil flis, en quality de kilt 
prettier chirurgfeu, Sa Majesty lot a accorde et fait don de ,1a somflie de 3,000 1 de .pension 
annuelie; » {Arch, gin., secretariat ; vol. E. 3398; foL 75.) — A. Ch. 

AVIsi ~* L'administrattod des posted nous invito k suspends portent quelquesjoum 
encore renvoi.de notre- Collection it nos abounds desdepartements, A cause de reneombreratttf 
des voies ferries par suite de f evacuation des armies ailemandes. Nous repremfcrons eet envoi 

aussitOt que possible. ' • ./ ... 

HfeiiKfl POiLiQUE. — Les details . suivants offrent tin intor$t d'actttatite *t peiiVent Servir 
&4'£tude de la question qui prtooeupe en oe moment tous les hygienislei t 

EH 1614, 0n crafgAttit, cotainfe aujourd'hui, que les notabreu* cadavrefc de soldats {omb& 
atttotif de Id capitals nfe p?oddistesent une dan§ereuse epidefnie. 

' Aprfes fe batMlle du 30 inars (bataiille de Paris), les frranjais etlfes ftu^ses eiiterrerent prd- 
foudement les victim?* hhmaines, mais its n^glig^reut cette prdcatiiioh pour les chevaux. 

le 13 anil, la chaleur, devenue tout & coup extrfimement forte, de\eloppa la putrefaction 
dans tenri ces cadavreS et jeta ralarme dans les Villages stibdrbains* On sesouvint de la crueile 
epidemie ijlii, quelques annees auparavapt, avait ravage ces villages. Le canal de TOurcq etait 
k teec par suite jdes tradchees faites k sfcs digues, et, toute la plaine se trouvant inondee, lea 
cntintes des habitants etaient sufflsanlmeftt fondees. 

11 fat MOrs decide., d'kpres un avis du conseil 4'bygiene 9 que 690 cadaVrei saraieut hruUtf 
pat 1 les woyeh^les plUB ecdhomiques. 

M. P^rtop, iftfip^cteur de la saft&rittt fut, charge de rexfeutioa de oetto< graude entrepme, 
ayec MM. d'Arcet et uohault. 7 • v 

On commenga pdr transformer k Montfaucon, k cM du ctofe, tous. les oedavretdA voisinage ; 
puis oo$aMit dix ^grwids /oy^rs pemposes de longues barres de fer posees sur des pierres et 
formant uh ehorme gril. v 

Sur ces appareils on accumula des *caflavres eutremffies de fagots. On y mit le feu, et, k 
mesute ( que les ioy^ra .^fiffpssaieni, on qcptaUid^ouveawicadavpes* divisea par les eq^ar- 
risseuts, rolls nils en requisition, et qui, tant que les buchers resterent allumes, travaillerent 
sapa rettche, Il.etcut neces^aire d'aagmeater de temp* en teaopa Faetivit^ 4\x feu en y jttaut 
qudqdes pelletees de c)iarBon de terr^., ' t " 

tl convient ii dire que touaces oadavreS avaient et* ^pmiill^ par its equarrteseurs, qui 
s'etaient repandus; les jours, precedents dans la plaine et n'en ataient p«S epargne un seuL 
Cela reiidit plus difficile Tenievement et le transport, qui furent fails It Mde de herses rtn»* 
vera6es et trainees paf des. chevaux. . . jt , 

Commencee le 14, c^tte operation fut terminee la 27. 

Dans respa#e de treize units et quatorze jours, plus de 4,000 cadavres furent Completefli6nt 
consumes^ k la grande satisfaclion de oeux qui kvaient concu des craitites pour la salubrite 
de Fair et sans qu'il 6u couUt k radministration des sommes considerables. 

L'entreprise n-exigea, en efifet, qu'une depend de 8,205 fran&, SOit pour chaque cadavre 
un peu plus de 3 francs. 

On remarqua que Todeur infecte ddgagee par les corps dlspAfalssait cottpietement aussitOt 
qu'il tombait de la pluie, ou m&me lorsqu'il survenait un leger brouiliard. 

Le Gtrtmt, &. Richelot. 
raiis. — Typogtapbjt faux Mmtist* et G«, rue des Deux-Portes-Saint-Sauvcur , 28. 



»• *3 LTNION MEBICALE Mardi 21 Mars 1871 



CLINiaUE MtDICALE 



l>h& COMPLICATIONS CABDIAQUES DANS LA VABIOLE ET NOTAMUENT J»B LA yVOCABMT* 

, VABIOLEUSE (*) $ 

Par MM. L. Desnos, mMecin de FhOpital Laribofefere, 
Et Henri Huchard, interne 4es hOpitaux. 

MYOCARDITE VAJUOLEUSE. 

Sympttmts. 

lo Symptoms CAttMAQtrcs. — Au deb ut, lis sont pea oaracteristiques. Expres- 
sion de l'excitation du cosur qui correspond a l'hyperemie avec etat granuleux des 
fibres musculaires, souvent do courte dur&, lis Be traduisent par la force des pul- 
sations cardiaques et arterielles avec augmentation du choc precordial et preci- 
pitation des battements du ccstir. 

La myocardite est rarement annoncee par des ph6nomenes subjectifs, et nous 
n'avons pas constate cette douleur tres-aigue, comparable, selon quelques auteurs, 
par son intensite et ses irradiations, a celle de Ytmgor pectoris . Toutefois, quelques 
sujets eprouvent une douleur sourde, profonde, sous-sternale, avec sensation d op- 
pression et de resserrement dans la poitrine ; les mouvements respiratoires sont 
acceleres, et cette acceleration s'accompagne d'une dyspnie fort aocus6e. Les lipo- 
thymies et les syncopes qu'on a signalees comme frequentes, s'observent surtout a la 
periode de regression granulo-graisseuse, oil elles sont dues a la paresie de 1'organe. 

Bieritot, les mouvements du coeur diminuent d'6nergie ? le ohoc precordial devient 
moins sensible, le pouls moins fort, el; il ne tarde pas a se developper un souffle 
cardiaque que nous avons vu tres-rarement faire defaut, et que, pour cette raison, 
nous regardons comme un signe important de linflammation du myoeafdt. On 
comprend, de prirae*abord , que Taiteration graisseuse gagnant les muscles papil- 
laires ou leur surface d'insertion puisse determiner, par suite de 1'impuissance 
absolue ou relative de leurs contractions, une insufflsance des orifices mitral et 
tricuspide. Soit que Ton considere ces muscles comme les agents actifs de Tocclu- 
sion des orifices auriculo-ventriculalres (Parchappe, Bouillaud, etc.), soit qu'on ne 
voie en eux que de simples auxiliaires de cette occlusion destin6s h empechef le 
renversement des valvules vers les cavites auriculaires (Chauveau, Faivre, Marey, 
Longet, Skoda), ce souffle est explicable dans Tune comme dans Tautre theorie. 

. 41} Suite. — Voir les numfros des U juin, 23 jntileM «t U ao&t* — 

• ■ ii i ii mi i n i n i'i'i irnn im 

FEUILLETON 

■ » 

•■■^ 

BE L ACCLIMATE HENf DBS £UB0p£bN& Bf DC L'EXlSTfiftCB D'CNB POPULATION CIVILE 

ROMA1NE EN ALG&R1E BfiMONTBtiES PAR L'HISTOIBB $ 

Par M. le docteur BowifAPOwt. 

L'Algfrie, cette conquAte si hnmanltaire, sera a jamais un des plus beaux fleurons de This* 
toire de France, etfera le plud grand honneur au gouvernetnent qui Fa dirig^e et accomplie 
avec sneers. Grace a cette h&ofque expedition, Alger, ce refuge de pirates, ne vit plus que 
dans les souvenirs. Son despotique gouvernetnent fait place insefisiblement a des institutions 
pins libres et a des lois phis sages, et la France, en operant ce grand changement sur la cdte 
d'Afrique, s'est acquis des droits immortels a la reconnaissance de toutes les nations. Quel 
est, en effet, le plus teger navire qui, en traversant ces parages, ne se rappelle pas les dan- 
gers quMi auratt courus avant cette expedition et ne be*nit pas la puissance qui Fa mis k l'abri 
de ces anciens ecumeurs de mer? Malgre ses quarante annees d'occupation europeenne, ce 
pays laisse encore des doutes dans bien des esprits au point de vue de son acclimatement 
et de sa salubrite* ; et pourtant tous ceux qui, k un titre quelconque, ont habits ou seule- 
ment visits ce beau pays il y a plusieurs aone*es, prendraient la peine d'aller le parcourir 
maintenant seraient bien surpris des changements moraux et maWriels qui s'y sont operas 
et dont les heureux re'sultats doivent bien faire augurer de son avenir ; et pour ne parler 
que de la question d'hygiene, la aeule que nous nous croyons apte a jqger, le plus ardent 
antagoniste de cette colonie serait bien oblige de faire quelques concessions, si, en par- 
courant des lieux naguere mare"cageux et tres-insalubres, il y rencon trait maintenant une belie 
et fruclueuse ve'ge'tation avec des habitants y jouissant dy bien-^tre et de la sante. C'est la un 

Tome XI, — Troirieme $6rie. 43 



146 L'UNION MJfiDICALE. 



Depuis quelque temps deja, on avait pressenti l'influence que peuvent exercer les 
lesions organiques ou les troubles fonctionnels des muscles papillaires sur la pro- 
duction de certains souffles cardiaques qu'on expliquait tour a tour par leur con- 
traction exageree ou par leur paralysie. Ainsi, le docteur Hare (1) avait signale cer- 
tains bruits morbides qu'il rattachait, dans la choree cardiague, a la contraction 
exageree et asynergique des muscles valvulaires. C'est a la meme cause aussi que 
beaucoup de pathologistes rattachent les bruits de souffle lies aux palpitations ner- 
veuses, ceux qu'on observe d'une maniere passagere chez les hysteriques et les hypo- 
condriaques, et Stokes (2) se demande meme si, au debut de I'endocardite, alors 
que Texsudat plastique n'est pas encore forme, le souffle cardiaque ne serait pas dft 
a lacontractilite exageree ou a la paralysie inflammatoire des muscles tenseurs. 

Mais dans la myocardite, ou le coeur a subi la degenerescence graisseuse, ou les 
jnuscles papillaires sont affaiblis par suite de cette lesion, ou l'organe, en un mot, 
est atteint dans sa puissance contractile, nous admettons que c'est a la paralysie 
qu'il faut rapporter la production de ce souffle. 

Si, en 1843, Hamerjnk le premier (3), et apres lui Stein (4), Demme (5), Skoda (6) 
firent mention de ce bruit morbide que nous croyons devoir attribuer a la paralysie 
des muscles valvulaires, ils n'en firent pas une etude suivie. Le docteur Kennedy 
(de Dublin) (7), dans un memoire sur la degenerescence graisseuse du coeur, affirma 
n'avoir constate de souffle que dans les cas ou l'alteration regressive avait envahi les 
voiles membraneux. Stokes (8), dans son etude sur Tetat du coeur dans le typhus, 
ne signale que des symptomes d'affaiblissement cardiaque se manifestant par une 
diminution du choc precordial, et surtout par l'affaiblissement du premier bruit. 
Si, dans la fievre prolongee avec rechutes {short and relapsing fever) , et plus rare- 
ment dans le typhus macule, il parle d'un bruit de souffle, il ajoute « qu'il para it 
« du plutot a un etat nerveux ou anemique qu'a une endocardite. » 

* . 

(l).Behrend's und H ildebr and' s journal f. Kinderkrankheiten, t. V et VI, 1857. 

(2) Traiti des maladies du cceur et de Vaorte, par William Stokes, traduit par le docteur Senac, 
1&64, page 102, — Dublin journal of medical science, vol. XIV. 

(3) Carditis als eine bis jetzt nicht gekannte Ursache von Insuflicimz der Kammerhlappen, 1843. 

(4) Untersuchungen uber die Myocarditis Munchen, 1861. Stein 

(5) Beitr&ge zur Anatomie und Diagnostik der Myocarditis Schweixerische ztschrift f. Heilkde, 
1862, pages 79 et 461. 

(6) Allgemeine Wien. Med. Zeitung, 1863. 

(7) Henry Kennedy. Edinburgh medical journal, n° 49. 

(8) Loc. cit., page 370 a page 458. 

fait qu'il n'est permis a personne de contester, et qui doit 61 re pris en sGrieuse consideration 
par ceux dont la position est susceptible d'exercer une influence plus ou moins favorable sur 
les destinees de cette colonie ; mais, heureusement , les faits dgja accomplis ont recu la sanc- 
tion dii temps et sont devenus de trop forts arguments en faveur de cette colonie naissante 
pour, que l'opinion publique puisse en 6tre 6branl6e. 

Rapporter ces fails, comparer l'&at sanitaire de 1'AlgSrie acluelle avec celui de l'AlgSrie de 
1830 a 1840, pr^ciser les transformations salutaires qui s'y sont op6r6es sur plusieurs points 
jadis inhabitables, et dire surtout comment ces changemenls ont eu lieu, telles sont les ques- 
tions qui constitueront notre r&ponse aux arguments d6sesp6rants que quelques publicistes 
out jet6s sur l'avenir de ce beau pays. Nos contradicteurs, au nombre desquefe se trouvaient 
surtout Desjobert et Boudin, discutent plusieurs points essentiels sur lesquels nous n'essayons 
pas de les suivre, d^clinant pour la plupart notre incompetence; mais il n'en est pas de 
m&me de celui qui, par son importance , les domine tous, ou du moins sans lequel la con- 
qu&e d'un pays ne peut 6tre qu'£ph6m&re et la colonisation impossible. Tout le monde a com- 
pris que nous voulons parler de racclimatement. 

Bien des personnes ne le croient pas possible, et ils appuient leur opinion de celles d'hommes 
trfes-recommandables, de m&iecins m&me qui, tous, ont habite* a divers titres FAlgSrie. 

Pour eux le doute n'est pas permis ; 1'AlgGrie a £te et sera constamment un pays inhabitable 
pour des Europeans : mais, pour porter un pronostic si facheux sur une contrSe ou de si 
grands intents se trouvent engages, il aurait fallu que la question de racclimatement eut M 
etudi^e sous un point de vue qui paralt avoir Schappe* aux antagonistes de l'occupation. La 
salubrity d'un pays est une question complexe qui ne peut se r&soudre par un simple aligne- 




normal* 



L'lftUON MEDICALS 147 



Plus tard, dans les ouvrages de Friedreich (1), de Bamberger (2), la pathogfoiie 
des souffles d'origine paralytique fut plus nettementindiquee. Ainsi, Friedreich^ ata 
nombre des differentes sources possibles des souffles qu'on observe dans la myocar- 
dite (endorfardite concomitante ; issue d'un foyer inflammatoire dans la cavite du 
coeur) assigne une place a la paralysie inflammatoire des muscles papillaires. Dans 
un livre recent sur les affections du coeur, Theodor Von Dusch (3) insiste davan-» 
tage sur ces bruits morbides dont le mode de production, selon lui, se rapproche 
tout a fait de ceux que Traube aurait observes chez des chiens empoisonnes par la 
digitale, et qui, dans ce cas, sont attribute a la paralysie du muscle cardiaque; mais 
leurs caracteres cliniques ne sont pas nettement indiques dans les divers ouvrages 
que nous venons de citer. Aussi pensons-nous qu'il sera de quelque interet de con- 
signer ici le resultat de nos recherches a ce sujet. 

Le souffle myocardiaque est doux, profond, dlffus, transitoire, migrateur. 

A. — II est doux, parce cju'il est du a une insuffisance pure et simple de la val- 
vule, laquelle n'est ni alteree, ni epaissie. Dans i'endocardite, on comprend que la 
surface depolie et rugueuse de Tendocarde valvulaire doive etre surlout une cause 

Euissante de renforcement du son, tandis que, dans la myocardite, les bruits mor- 
ides sont simplement produits par le reflux de Tondee sanguine dans l'oreillette au 
moment de la systole ventriculaire, les valvules auriculo-ventriculaires ne pouvant 
fonctionner d'une maniere normale par suite de la paralysie des muscles papillaires. 
Cependant, ce n'est pas uniquement a Talteration de ces muscles qu'il faut attribuer 
l'insufflsance auriculo-ventriculaure. II faut encore faire entrer en ligne de compte 
celle des muscles de la pointe du cceur. Nous avons vu que Tinflammation muscu- 
laire de Torgane debute le plus souvent par.sa moitie inferieure, ou les lesions sont 
predominates. Or, dans ce dernier cas, alors meme que les muscles papillaires 
ne sont pas leses, il peut encore se produire une insuffisance dont nous expliquonsj 
ainsi le mecanisme : 

Les muscles tenseurs des valvules peuvent etre compares, sous le rapport de leur 
mode d'action, aux muscles de la vie de relation. Lorsqu'ils se contractent, ils ont, 
comme ces derniers, des points d'insertion fixes et mobiles. Si leur surface d'ih- 
sertion fixe est malade, si elle est affaiblie, elle rendra quelquefois difficile et tou- 
jours insufflsante leur contraction, places qu'il s sont entre deux extremites mobiles. 
Ce qui arrive dans ce cas est comparable a ce qui se produirait, par exemple, pour 

(1) Krankheiten des Herzens bearrbeitet, von N. Friedreich, 2« Edition, 1867. 

(2) Lehrbuch der Krankheiten des Herzens. 

(3) Lehrbuch der Herzkrankheiien, von Theodor von Duscb, 1868, pages 65 et 135. 



D'apres la statistique dressed par Boudin et ins£r6e dans les Annates d' hygiene publique et 
de m&decine Ugale, qui sert de base a tous les adversaires de racclimatement. il semblerait 
rSsulter que la mortality des Europeans en Alge*rie se maintient dans des chiffres effrayants, 
laquelle, dans fopinion de notre savant et regrette* confrere, ferait sup poser que le s£jour 
prolong^ dans ce pays serait fatal a tous les Europeans. Gertes, si on faisait abstraction du 
passS et de Pavenir et que Ton se bornat a de*duire des quelques fails qui se sont accomplis 
sur des points recemraent habitus, on serait rigoureusement conduit a professer Fopinion de 
Boudin, de M. Vital et de quelques autres publicistes ; car les chiffres pr6sent6s par eux sont 
officiels et pulse's a une source dont personne ne peut mettre en doute F exactitude. Mais il 
faut prendre garde ; la statistique est tin element brut qui peut devenir la source d'erreurs 
d'autant plus graves, si on ne l'a analysed et soumise a la critique, que les erreurs chiffrGe* 
ont un faux vernis de ve*rite* par lequel la masse se laisse trop facilement sSduire. LMllustre 
Morgagni a frapp6 au coin de la plus haute raison cette maxime faraeuse applicable non-seu- 
Itment aux choses qui sont du ressort de sa profession, mais aussi a toutes les sciences. 

Perpendx et non numeranda fimt observationes. 

Si respectables que soient les arguments pre*sente*s en faveur de leur opinion, nous pensons 
qpe les chiffres constituent bien des fails Irre'futables ; mais il s'agit d'apprecier surtout sous 
Tinfluence de quelles causes ces faits se sont accomplis. En un mot il importe de de*montrer 
si la mortality en Alge>ie a 6te* toujours dans des proportions aussi d&astreuses sur les diffS- 
rents peoples europe'ens qui font occupee, si elte n'a pas subi quelques ameliorations par suite 
des transformations salutaires survenues dans le sol par sa mise en culture, et par les desse- 
chements successifs qu'on y a op6r6s. Eh bien ! selon nous, et cela requite des faits que nous 
avons observed sur les lieux mftmes, partout oil le sol de FAlge* rie a e*t6 sufflsamment dessecM 
et cultive*, la salubrit6 a suivi ces phases ^amelioration; et nMtaient les influences qui 



148 L'UNIW AlfiWCALE, 



te muscle biceps si son point d'insertiQo fixe a la eavite glenoi'de etait fracture ou 
atteint de carie, 

Dan& le cours de la myocardite, un souffle d'insuffisance peut done exister sans 
que les muscles valvulaires soient notablement atteints. Pourtant, il ne faudrait pas 
croire que l'intensite du bruit de souffle aille necessairement croissant en raison 
direete de la propagation de Talt6ration granulo-graisseuse a la plus grande partie 
du tissu charnu du ccBur. En voici la raison : a mesure que les muscles papiilaires, 
perdant de leur force contractile, produisent le souffle dont nous Tenons d'exposer 
la physiologie pathologique, le tissu du cceutf , dont la degenerescence augmente et 




qui 1 accompagne est la consequence ae cette impuissance. 
contractions favorise les coagulations sanguines dans les cavites eardiaques, qu'elles 
dilatent, ce qui aggrave encore la difficulty de la circulation. 




droite sous le sternum, h mesure que l'alteration musculaire s'etend du vetitricule 
gauche au ventricule droit, et plus la degenerescence graisseuse envahit le tissu car- 
diaque, plus ce murmure diminue d'intensite. L'alteration musculaire augmented 
elle, le premier bruit normal tend a disparaitre, et avec lui le souffle myocardiaque. 
Celui-oi peut encore s'entendre a droite sous le sternum, alors qtik gauche, sous le 
mamelon, il n'est plus possible de le constater, Souvent aussl on n'efttend plus 
qu'un seul bruit a la region precordiale. 

(Test par cet affaiblissement extreme du coeur, survenu a la suite d'une inflamma- 
tioii, d*une degenerescence graisseuse, que Stein et Stokes ont pu expliquer la 
diminution, la disparition meme d'un souffle organique. 

II se produit, a la derniere periode des maladies du cceur, un phenomene du 
ttiejne ordre. En effet, lorsque tous les symptomes de TasYstolie se manifestent, on 
a note souvent la disparition des bruits morbides lies aux lesions valvulaires. Ceux- 
ci sont alors remplaces par un murmure que M. le docteur Parrot regarde comme 
symptomatique de l'as^stolie, et qu'il attribue a la dilatation des orifices, consecu- 
tive a celle des cavites. Ce murmure asystolique, qui se montre a la derniere 
periode des affections cardiaques* ns trouve-t-il pas aussi son explication dans une 
impuissance d'action des muscles papillaires atrophies ou> degeneres ? Dans les cas 
observes par M, Parrot, le tissu musculaire du coeur etait le plus souvent atteint de 

viennent des contrdes.envirounantes et Bon encore assaimes* la population europdenne n'aurait 
rien a envier au climat de la m&ropole. Nous aurons d'ailleurs ^occasion d'appuyer notre opiw 
nion par des fatts qui m&itent toute oonfianoe ; en attendant, nous croyons nScessaire, pour 
IMdincation des personnes qui prennent int&ret a notre nouvelle conqu6te, et de celles qui 
auraient rintention dialler se fixer dans ce pays* de jeter un coup d'ceil rtftrospectif sur sou 
biltoire, et de chercher surtout a appr^cier l'influence de son climat sur lespeupleseuropeens 
qui Font occupy pendant un espaco de pr&s de mUle ans. 

Si nous parvenons a prouver que Ferapire romain a 6t6 reprdsente en Alggrie pendant prfes 
de huit si&cles par une population nombreuse qui y a cr66 un grand nombre de villes inipor- 
tantes, enrichi le sol de productions de toute nature et jouissant d'une sant6 qui n'est raise en 
doute par aucun auteur de ce temps, il me serable qu'il nous sera facile d'arriver a cette con** 
sequence que, au fur et a mesure que le sol de r Algesic sera ramis en Mat ou il se trouvait 
sous la domination ramafae, les nouveaux Europeans en retireront les memes avantages et y 
jouiront des memes immunity climat6riques. 

Un pays insalubre 6tant donne\ ce qu'il importe avant tout d'examiner, e'est de s'assurer si 
son insalubrity tient a son climat, si elle est $n un mot constitutionnella, ou bien si elle est 
due a des transformations accidentelles du sol, susceptibles d'etre modifies par une adminis- 
tration sage, pers6v&ante et surtout instruite. 

Ayant 6tudte la climatologie de TAlg^rie sous ce double rapport, nous ne pouvons accepter 
eomme absoiument exaotes les considerations par lesquelles on adresse aux partisans de Fac- 
climatoment le reprocbe de prendre Mat sanitaire par chaque province, en ajoutant qu'on 
1'expoge a donner au publiG des notions erronies. Telle n'est pas noire manifere de voir, et 
nous pensons au contraire que, pour edifier le public sur le degre de salubrity de TAlg^rie, il 
importe de l'etablir isoteraent, non-seulement par chaque province, mm encore par des ofr* 
eonscriptiqns plus hmitees, aim de signaler les points qui, etant insalubres* sont devenus treifr- 
habitablfts par suite des travaus d'assainissement que le gouvernement ou les colons y ont fait 



LTJNWN M&DICALE. 144 



d6g6nerescence graisseuse, friable, de couleur jaune, avec disparition des stries 
transversales. « Cette grave 16siori, ajoute-t-il, etait tres-avancee dans les muscles 
papillaires du cceur droit chez le malade de Tobservation VI, et nous sommes trfes- 
tentes, dans ce fait, de mettre l'asystolie sous la d6pendance immediate de cette 
deg6nerescence qui, dans les autres, ne parait avoir eu qu'une influence secon- 
daire (1). » 

On le voit done, Tatrophie ou la paresie des muscles papillaires peuvent 6tre aussi 
invoquees dans l'explication du souffle de l'asystolie, qui pr6sente avec celui de la 
myocardite beaucoup de caracteres communs : son existence, plus souvent constat6e 
a droite, parce que le coeur gauche, plus altere, se contracte trop faiblement pour 
produire un souffle ; son apparition au milieu des sympt6mes de Tasystolie qu'on 
observe si souvent dans la myocardite ; enfln, dans les deux cas, son affkiblissement, 
puis sa disparition rapide au milieu de Tadynamie cardiaque la plus prononcee. 

Ce souffle, d'origine paralytique, peut egaleraent se montrer dans certains cas 
d'endocardite parietale que nous voulons preciser. Lorsque l'inflammation est limi- 
tee a l'endocarde parietal sans propagation a l'endocarde valvulaire, on a pu noter 
Texistence d'un souffle qui, de prime-abord, semble difflcilement explicable. Nous 
croyons qu'il reconnait pour cause une par6sie des muscles papillaires, due elle- 
meme a la phlegmasie de l'endocarde qui les tapisse. En un mot, la pblogose des 
muqueuses et des sereuses a souvent pour effet de paralyser les couches musculaires 
sous-jacentes, comme cela s'observe dans la peritonite. N'y aurait-il pas aussi dans 
cette endocardite une paralysie inflammatoire des muscles tenseurs des valvules 
faisant consecutivement obstacle a leur occlusion et donnant ainsi lieu a un souffle 
d'insuffisance ? 

Le souffle myocardiaque, celui qui est produit par une contraction insuffisante 
des muscles papillaires, a done des caracteres propres qui le font aisejnent recon- 
naitre : il est dou*, profond, transitoire, migrateur et diffus. 

Ce n'est pas que nous voulions dire que, dans cette affection, les bruits n&orfcides 
soient toujours dus a, la n*eme cause ; car, dans certains cas, la tonalite eU'intensite 
du souffle peuvent etre augmentees par une endocardite concomitante oul'existence 
de dep&ts fibrineux sur les valvules. 

Nous avons note aussi le dedoublement du premier, mais plus souvent du 
deuxieme bruit. Celui-ci peut etre, du reste, altere. Si, au debut de la periode d'af- 
faiblissement cardiaque, il est renforce, comme cela arrive dans la plupart des 

(1) Etude sur un bruit de souffle cardiaque symptomatique de Vasystolie 9 par le docteur Parrot, 



in Archives de mtdecine, 1865. 



ex&uier. Cette manifcre de procgder nous parait 6tre la plus rationnelle pour fairo appr&ier 
tout ce qu'on peut attendre de l'avenir de certaines contrdes actuellement malsaines et qui ne 
demandent que d'etre dess£ch£es et assainies par une agronomic intelligente pour se couvrir 
d'une riche v6g£tation. Si rinsalubrite de TAlg6rie dependait de son climat, de sa position 
g£ographique ou des coaditions atmospheriques, nous serious conaptetement de Favis de nos 
adversaires, et, comme eux, nous r£p6Lerions qu'il n*y a qu*une chose a faire pour un pays 
qui, jusqu'a present, a coute a la France tant de sacrifices en hommes et ep. argent, ce serait 
ae rabandonner. 

Mais le sol de TAlg^rie est-il plac6 dans des conditions aussi facheuses ? Il nous est facile de 
r£pondre n6gativement, et, afm d'£tayer notre opinion, nous n'avons ju'a £voquer le t6moi- 
gnage du passe, et surtoul des trente-huit annees de notre occupation. Rappelons d'abord 
la position geographique de FAlg^rie. 

Les climats chauds de la terre sont compris entre les deux tropiques ou jusqu'au 30 e degr6 
de latitude, soit boreal, soit austral; tandis que le 31 e degre, jusque vers le 55* ou 60 e des 
deux hemispheres, se trouvent dans les climats tempers. Or, tout le pays de J'anciefine rtgeace 
d' Alger, et une grande par tie de celle du Maroc et de Tunis, etant sit u^s. entre le30 e et le 
37 e degre de latitude borgale, il en resuite que toutes ces contrgqs font partie de la zone dite 
temperee. 

Toutefois, les regions qui avoisinent les limites du Sud ont une temperature que ^influence 
des sables du desert et le deboisement doivent rendre d'autantplusdbjaudes; mais si ees con- 
trees lointaines ne seront et ne peuvent 6tre que des points d'occupation exoeptionnels , 
pour les Europeens, d'un autre cdte, nous voyons toule la partis septentrionnafe de l'Algerie 
baignee par la mer, laquelle envoie jusqu'a la profondeur de plusieurs lieues les eflets bienfai- 
sants de ses fralches emanations ; en outre , la variete des directions des chaines de mon- 1 
tagnes qui divisent tout le pays en facilitant la formation des courants d'air, produisent des 
varies dans la temperature qui rend son action bien moins p6nible et donne aux habitants 



150 L'UNION MfiDICAJLE. 



insuffisances, ilne tardepas a diminuer d'intensite, surtout lorsque le coeur, parsa 
dilatation et sa faiblesse d'impulsion, laisse accumuler le sang dans ses cavites. 
Alors les battements sont attenues, le choc du coeur est a peine sensible, il finit par 
ne plus offrir au doigt qui le cherche qu'un leger fremissement, qu'une faible ondu- 
lation si bien indiquee par Lancisi sous le nom de tremblement du cwur. A ce 
degre, la matite precordiale est augmentee, les bruitssontextremementsourds, ace 
point que ces signes reunis ont pu, dans deux cas que nous rapportons plus loin, 
faire croire a Pexistence d'une pericardite avec epancheraent. Les irregularites, 
les intermittences, les faux pas du coeur peuventaussi se produire, mais leur duree 
est souvent tres-courte, et les mouvements cardiaques reprennentpromptementleur 
rhythme normal. Au milieu de contractions faibles a peine perceptibles s'en pro- 
duisent d'autres plus fortes; les battements deviennent acceleres, tumultueux; 
mais bientot ces dernieres convulsions du muscle s'eloignent de plus en plus, 
flnissent meme par s'eteindre completement ; les lipothymies sont frequentes, et les 
malades ne tardent pas a succomber au milieu de tous ces desordres ataxo- 
adynamiques du coeur. 

Un symptome que nous avons souvent observe, surtout dans les derniers moments 
de la vie et qui se rattache au cas ou le coeur, se laissant dilater par le sang, con- 
serve cependant assez de force pour le chasser encore en grande partie, c'est Teten- 
due de ses battements, qui paraissent superficiels et soulevent quelquefois ener- 
giquement les regions precordiale et epigastrique. Dans ces cas, le choc precordial a 
lieu plus bas que dans les conditions normales. On le percoit dans le sixieme et meme 
le seplieme espace intercostal. Ce fait ne peut etre explique, selon nous, que par 
Yallongement de Torgane survenant sous l'influence de son ramollissement. Quant 
a l'augmentation d'etendue des battements cardiaques, elle trouve son interpreta- 
tion dans une loi de pathologie formulee en ces termes par Laennec : « L'etendue 
des battements du coeur est en raison directe de la faiblesse et du peu d'epaisseur 
« de ses parois, et par consequent en raison inverse de leur force et de leur epais- 
« seur (1). » 

{La suite a un prochain numero.) 



(1) LaSnnec, Auscultation mtdiale, 3e volume, page 14. 



plus de facility k se soustraire h ses influences. Si k toutes ces causes favorables k racclimate- 
ment de l'Alg^rie nous ajoutons celles non moins avantageuses qui r^sulteront de la culture 
des terres et surtout du reboisement de ce pays, il est impossible de ne pas voir Tavenir de 
cette contre*e se de'pouiller peu k peu de toutes les causes d'insalubrite' qui l'infestent encore ; 
et, au fur et a mesure que le sol se couvrira d'une ricbe et puissante ve*ge*tation, on verra 
la salubrite* reparattre partout ; et, avec elle, les elements qui peu vent re*tablir dans ce pays son 
ancienne prospe'rite'. 

Telle est notre conviction sur l'avenir de cette colonie ; conviction qui se base sur l'ttude 
approfondie que nous en avons faite des r&ultats obtenus dans quelques conlre*es qui 
jouissent maintenant des be'ne'fices d'un bon deTrichement et d'une fructueuse culture; et aussi 
*ur ce qu'6tait toute cette immense contree sous l'occupation des Romains et des Vandales. 

(La suite a un prochain numero.) 



— Par decret en date du 29 Janvier 1871 , ont e*t6 promus ou nomme's dans Tordre de la 
Legion d'honneur : 

Au grade dofficxer : MM. Casal et Autic, me*decins de l r * classe de la marine. 

Au grade de chevalier : M. Roux, me*decin de 1" classe de la marine. 

— Par de'cret en date du 12 fSvrier 1871, ont &6 nomme's dans Pordre de la Legion • 
d'honneur : 

Au grade de chevalier : MM. Gombault , chirurgien-major au 53 e bataillon; — Piit)n, chi- 
rurgien aide-major au 71* bataillon;— Poindron, cbirurgien-major au 123* bataillon; — 
Caen-Mayer, chirurgien aide-major au 190 e bataillon ; — Desroches, me*decin-major au 205* 
bataillon. 



L'UNION MfiDICALE. 15t 



CHIRURGIE 



MORTALITY DANS LES AMPUTATIONS 

L'bopital de Pensylvanie, a Philadelphie, fait recueillir avec soin tous les oas 
d'amputation pratiques depuis quarante ans dans ses salles. Le docteur Norris en a 
publie le resultat a deux reprises dans V American Journal pour les trois premieres 
decades, et voici M. le docteur Morton (jui publie la quatrieme^ c'est-ra-dire de Jan- 
vier 1860 a Janvier 1870. Cette derniere statistique ne comprend pas moins de 
321 grandes operations pratiquees sur 311 individus, dont 227 guerirent et 83 suc- 
comberent. Le nom, l'age, la nature de-la maladie ou de la blessure, la partie am- 
putee, avec le resultat, la date de Tadmission* a Thopital et celle de la sortie ou de 
la mort de ces operes, sont relates en tableaux; le sexe seul ft'est pas distingue, 
mais il y a peu de femmes. En voici le resume : 

29 Amputations de cuisse. 17 guerisons, 12 morts. 

5 — de la hanche 2 — 3 — 

22 — du genou 12 — 10 — 

102 — de la jambe 70 — 32 — 

30 — du pied et du talon ... 22 — 8 — 

10 — de T<§paule 7 — 3 — 

50 — du bras 34 — 16 — 

2 — du coude . ' 2 — » — 

48 — de Tavant-bras 42 — 5 (1 ipfcf retire ptr wdrt). 

23 — du poignet et de la main. 23 — » — • 

321 Amputations, 231 gu&isons, 89 morts. 

Satisfaisants dans leur ensemble, ces resultats ne le sont pas moins dans les 
details. Ainsi, sur ces 321 amputations, 239 pratiquees primitivement ont donne 
176 guerisons et 63 deces; 22 amputations ont donne 11 succes et 11 revers; 
en fin, 60 amputations faites contre des maladies chroniques ont donne 51 gueri- 
sons et 9 d£ces. 

60 faites dans les articulations ont donne 44 guerisons et 17 deces ; 134 ampu- 
tations des extremites superieures ont donne 111 guerisons et 23 deces, tandis que 
187 des membres ihferieurs n'ont donn6 que 124 guerisons et 63 deces, proportion 
bien inferieure de succes. 

Quant a Tage : 

Sur 114 amputes au-dessous de 20 ans, il y eut 98 guerisons, 16 d6c&s. 

84 — entre 20 et 30 — 63 , — 21 — 

65 — de 30 a 40 — 45 — 20 — 

25 — de 40 a 50 — 16 — 9 — 

23 — au-dessus de 50 — 7 — 16 — 



311 amputes, 229 guerisons, 82 d&fes. 

En eclairant Teconomie de cette statistique, ces details en font mieux com- 
prendre les resultats. Ajoutee a celle des trente annees precedentes, elle forme un 
total de 749 amputations executees sur 735 individus de 1830 a 1870, et donnant 
548 sucees et 186 morts; 500 etaient primitives, c'est-a-dire faites dans les vingt- 
quatre heures de Taccidei\t, et a'ont donne que 117 deces, tandis que 105 prati- 
quees secondairement en ont produit 42 ; 144 faites contre des maladies chroniques 
en ont donne 27. 

Suivant Tage : 

Sur 232 amputes au-dessous de 20 ans il y eut 
2*7 — de 20 & 30 — 

152 — de 30 a 40 — 

87 — de 40 a 50 - 

44 — au-dessus de 50 — 

Ajoutons encore que Tether a ete exclusivement employe sans qu'un seul deces 
soit releve de ce fait ; une seule mort subite s'est produite dans un cas ou Tether 



206 guerisons, 


26 d£cfes. 


164 — 


53 — 


105 — 


47 — 


56 — 


31 — 


23 — 


21 — 



153 L'VNION M&MCALE, 




putations rapn 

rendu evident. {Amer. Journ. ofmed. sciences; octobre.) 

Une Btatistique de 403 amputations faites par le professeur Spenee (d'Edimbourg), 
et coramuniquee le 6 juillet dernier a la Societe medico-chirurgicale de cctte ville, 
peat servir de point de comparaison pour juger de la chirurgie en deca et au dela 
de FAtlantique. Voici les chiffres : 

9 amputations de la hanche .... 
155 ~ delacuisse. . , ... 

1 •*• du genou ...... 

53 •— de la jambe. ...» 

82 — du pied et du talon . 

300 amputations, . . 

II s'ensuit une proportion de 72 pour' 100 de succes a Edimbourg, qui n'est que 
de 65 a Philadelphie dans les amputations des membres inferieurs, tandis que, pour 
les membres superieurs, cette proportion, qui est la de 81 pour 100, s'abaisse a 
74 ici, comme en voici la preuve : 

23 amputations de 1'epaule. . : . . 17 guerisons, 6 decfes. 

33 — du bras 21 — 12 — 

A3 '— de Tavant-bras . . 35 — 8 — 

U •— du poignet h — » — 



3 guerisons, 


6 d£cfes. 


100 — 


65 - 


» — 


1 ~ 


37 ~ 


16 — 


76 — 


6 - 


216 -gu^risong, 


M dtata. 



103 amputations, 77 guerisons, 26 d^cfes. 

Malgre ce& differences assez tranchees dans les details, on voit que les resultats 
generaux sont a peu pres les meraes, puisque 403 amputations ont donne ici 
293 succes, soit 72 pour 100, tandis que 321 amputations, a Philadelphie ,. ont 
donne 231 guerisons, soit 71 pour 100. La cause de ces variations dans les details 
peut tenir a la nature du mal, a Fage de. Vopere, et a Tespece d'amputation. 
M. Spenee explique ainsi la difference des resultats par quelques exemples. Sur 
31 amputations eje la jambe pour accidents, \l y.eut 16 succes et 15 t revers, tandis 
que, sur 22 pour maladie, il y eut 21 guerisons et 1 seul deces!,Ce fait frappant 
montre toute la valeur de Taxiome qui doit presider a toute statistique : Non 
numerandx sed perpendae. P. Garnieb. 



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I 1 I I J 



ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES 



SOCIETE DE CHIRURGIE 

R6sum6 des stances des 14 et28 d^cembre 1870, 4, u et 18 Janvier, 8 et 15 fevrier, 8 wars 1871. 

> Seance du 14 dtaembre 187(). — pp^sidence de M. Alp. G<j£ein. 

De la cicatrisation des plaies en s6ton par arme k feu sans suppuration. 

M, Boinet rappalle que, dans la stance du 7 decembre, M. Verneuil: a communique & la. 
Societe de chirurgie plusieurs cas de plaies en seton faites par arme k fei|, gueries sans sup- 
puration, sauf une suppuration trfes-minime aux orifices d'entfee ou de sortie du projectile. 
M. Verneuil a cite ces faits comme des cas assez rares. lis etaient rares, en eflfet, autrefois, 
alors que rpn traitait toutes les plaies par arme & feu par le debridement ; mais aujourd'hui, 
que le precepte du debridement est & peu prfes abandonne , les exemples de guerison des 
blessures par arm.e k feu sans suppuration sont devQnues beaucoup moins rares. 

Gette ann6e, sur 10lx blesses qu'il a eu & soigner dans Tambulance qu'il dirige, M. Boinet a 
eu Toccasion d'observer 18 cas de ce genre. Dans lx cas, ce qui rend le fait beaucoup plus 
remarquable et plus digne d'interet, les projectiles avaient traverse les os de la main, du pied, 
les condyles du femur, la cr£te du tibia. La cicatrisation de toutes ces plaies s'est faite sans 
suppuration, sauf la production d'un peu de pus aux orifices d'entree et de sortie de la balle ; 
le trajet n'a pas suppure. 

II est bien entendu que les trajets de ces blessures ne contenaient ni corps etrangers ni 
"Squilles osseuses. Lorsque cette complication existe, la plaie ne manifeste aucune tendance 



[/union ttfvmifii w 



* ■ . ■ ■ ! ■ _ ■ ■ — —— r* ' . ' v »I 1.9 -sywwg^ 



vers It guerison ; la cicatrisation ne commence qu'apres reiiarioation da corps stranger en trains 
par l'abondance de la suppuration ou ex trait par la maia du cairorgien. 

On obtient done de meilleurs resultats, dans le traitement des plaies en seton qui ne con* 
tiennent pas de corps strangers dans leur trajet, en se bornant g6ne>alement a surveiller les 
plaies et en laissant agir la nature, au lieu d'intervenir d'une facon inopportune par l'avive»- 
ment et le debridement. 

Quant au pansement des plaies par arme a feu en general et particuherement des plaies en 
seton, M. Boinet a obtenu d'exceltents effets. de TempTol d'un melange de teintured'iode et de 
solution de tannin dans les proportions suivantes : 

Eau ........ 500 grammes. 

Tannin. ...... 50 — 

Teinture d'iode ♦ . 25 — * 

On se sert de cette liqueur iodo-tannique pour laver les plaies et injecter leurs trajets: on 
en imbibe des compresses que Ton applique a la surface des plaies jusqu'a ce que la suppura- 
tion se soit etablie; on suspend alors ce mode de pansement pour le reprendre. lorsque lea 
bourgeons cbarnus se sont d^veloppes, afin d'en reprimer l'exuberance* / 

M. Giraldes n'a pas 4coute sans etoimement la communication de M. Boinet II admet par- 
faitement les r&ultats obtenus par son collegue dans les cas de plaies en seton a travers les 
parties molles ; mais poor les plaies en seton ayant traverse les os, e'est plus difficile. Quand 
un projectile traverse les os, il y determine des ctelabrements tres-grands ; y y a eclatement 
du tissu osseux. 

M. Giraldes a eu Foccasion d'observer, dans le service qui lui a ete confie au Val-de-GrAce, 
plusieurs cas de plaies en seton produites par des projectiles de guerre ayant travers* les os. 
Dans uh cas, le projectile avait traverse* le tibia a rextremite supeneure de la crete de Fos, 
au niveau de Fattache du ligament rotutien ; il avait creuse a travers l'os un veritable tunnel. 
Pendant quelque temps, la plaie alia bien, graced Fimmobilisation complete du membre ; 
mais ensuite des portions d'os se necroserent, et de graves accidents se produisirent qui entrai- 
nerent la mort du malade. A Fautopsie, on trouva le tibia fendu dans toute sa longueur da 
baut en bas a partir du tunnel creuse 1 par le projectile. Dans quelques cas de plates en seton a 
travers les os de la main ou du pied, M. Giraldes a vu egalement sarrenir les complication* 
les plus graves. On trouve souvent au bout de la galerie creusee par le projectile a travers les 
os une veritable bouillie ou magma form6e de debris osseux meies aux iiquides alteres. 

M. Giraldes est done extrftmement surprls des re'sultats obtenus par M. Boinet ; il ne croit 
pas que les injections et les pansements avec la solution iodo-tannique puissent conjurer les 
accidents et les complications de ces sortes de plaies, attendu que le plus souvent ces accidents 
et complications tiennent a la presence de corps strangers restes dans les trajets des blessures. 
Les injections sont impuissantes a expulser ces corps etrangers, et ce n'est que lorsque le chi- 
rurgien, soupconnant leur presence meconnue du fond d'une plaie qui ne se cicatrise pas, les 
a reconnus par Fexploration et les a enleves par le debridement, que la blessure peut ' ehfin 
marcher vers la guerison. 

Done, sans pretendre que Fexploration et le debridement des plaies en seton doivent toujours 
etre pratiques, M. Giraldes pense que Ton doit y recourir toutes les fob que Ton a des raisons 
serieuses de soupconner la presence de corps etrangers dans le trajet de la blessure. - 

M. Boinet fait observer quMl n'a jamais employe* les injections de solution iodo-tannique dans 
le but d'expulser les corps etrangers rested dans les trajets des blessures par arme a feu, mais 
seulement pour modifier la surface des plaies. 

Quant a la realite de la guerison, sans suppuration, des trajets des plaies en se*ton produites 
par des projectiles de guerre a travers les os de la main et du pled, a travers les condyles du 
femur, a travers Pextremite superfeure du tibia, elle n'est pats contestable. M. Boinet Faobser- 
vee quatre fois, et il espere pouvoir prochainement placer les sujets de ces observations sous 
les yeux de ses collegues. 

M. Larrey pense qu'il est difficile de fornuder des principes absolus sur la pathologie et la 
therapeutique des plaies par arme a feu ; mais il y a des faits que Ton ne peut pas contester. 
Les plaies par arme a feu suppurent et doivent suppurer. En traversaqt les tissus, les projec- 
tiles produisent leur mortification dans certains points qui doiven't necessairement etre eiimi- 
nes. Les cas de cicatrisation sans suppuration sont tout a fait exceptionnels. 

11 faut dislinguer, dans les plaies en seton, Jes orifices d'entree et de sortie, qui suppurent 
necessairement, du trajet lui-meme qui peut ne pas suppurer. On a observe des cas de ce 
genre dans les plaies en seton des parties molles. 

Quant a la perforation des os par des projectiles de guerre, on peut admettre quelle ptit 
avoir, lieu sans eclatement du tissu osseux a Fepoque ou Ton se servait de balles spheriques ; 
mais aujourd'hui, avec les balles olivaires ou cylindro-coniques,. reclatement est la regie. Les 
degats et les desordres considerables produits par ces sortes de projectiles entralnent presque 
forcement la suppuration. 

Si Ton a use et abuse autrefois du debridement, * dans le traitement des plaies par arme a 
feu, il est regrettable que Ton soit tombe aujourd'hui dans Fexcfcs contraire. Le debridement 
est parfaitement motive toutes les foia qu'il existe des phenomenes d'etranglement ou que des 



154 L'UNION MEDICALS. 



*» • 



corps strangers sont retenus (fans le trajet de la plaie, sans issue libre an dehors. Dans ces 
cas, le debridement methodique est la pratique la plus rationnelle et la seule efficace. On doit 
inciser les tissus en menageant la peau autant que possible. 

Quant a Texpectation, a la temporisation, a la conservation des parties qui sont le siege des 
plaies par arme a feu, il ne faut pas pousser trop loin Implication de ces methodes excel- 
tentes en elles-memes, mais qui, dans aucun cas, ne doivent laisser le cbirurgien desarme. 

En resume, les plaies par arme a feu, dans certaines conditions exceptionnelles, suppurent 
peu ou ne suppurent pas du tout. — Dans la plupart des cas, elles n'arrivent a la guerison 
qu'apres une suppuration normale et reguliere. 

M. Verneuil fait observer que, d'apres les livres classiques, la gue>ison d'une plaie par 
arme a feu, sans suppuration, constitue un fait* tfes-exceptionnel : la plaie d'arme a feu est 
une plaie contuse non susceptible de reunion immediate ; elle ne peut arriver a cicatrisation 
qu'apres l'eiimination des elements anatomiques fletruits par Taction du projectile. L'anatomie 
pathologique de ces sortes de blessures signale, entre autres desordres graves, 1'eclalement 
<les os dans une Vendue parfois extremement considerable, la pulverisation meme des tissus 
osseux, etc. 

Gependant, M. Verneuil a pu reunir un nombre relativement considerable de plaies d'arme 
a feu gurries k peu pres sans suppuration. De son c6te, M. Boinel en a r6uni une proportion 
encore plus belle, et dans laquelle, chose plus remarquable , se trouvent quatre exemples de 
plaies en seton ayant traverse les os et gurries egalement presque sans suppuration. 

M. Verneuil pense que, sans exagerer la frequence de ces faits, on pourrait desormais les 
considerer comme etant moins rares qu'on ne le croyait ; toujours est-il utile d'attirer sur eux 
l'attention des chirurgiens, afin de rechercher les conditions particulieres qui font que cer- 
taines plaies d'arme a feu guerissent comme des plaies simples. Faut-il invoquer des condi- 
tions de milieu en vertu desquelles les traumatismes les plus graves guerissent dans les petits 
hflpitaux de province, tandis que les blessures les plus simples ne guerissent pas dans les 
grands hdpitaux de Paris? 

La question capitale dans le traitement des plaies par arme* a feu est celle du debridement 
preventif. Faut-il ou ne faut-il pas pratiquer le debridement d'une plaie d'arme a feu? La 
science ne saurait admettre de regie absolue. La necessite du debridement preventif ne paratt 
pas demontree ; elle est subordonnee k la marche des pbenomenes et aux complications dont 
les plaies peuvent etre le siege. L'observation demontre que des plaies ont mal tourne, malgre 
le debridement preventif, qui n'a rien prevenu, tandis que d'autres, abandonnees a elies- 
memes, ont gueri sans accident II y a des traumatismes qui se terminent mal, quoi qu'on 
fasse, tandis que d'autres arrivent a une terminaison heureuse, en depit de tout 11 s'agit de 
decouvrir les causes de ces differences. On ne pourra y arriver qu'a la longue par la collection 
de tous les faits, communs ou rares, et par l'indication des conditions particulieres dans les- 
quelles chaque sujet a ete place. 

M. Alph. GciRiN pense qu'il faut attendre les resultats de l'observation ulterieure avant de 
se prononcer sur la meilleure methode de traitement des plaies d'arme a feu. 

M. Giraldes fait observer qu'il y a lieu de tenir compte d'un facteur important dans la 
question du traitement des blessures par armes de guerre ; il veut parler du mode d'alimen- 
tation des blesses. Cette alimentation n'est pas la meme en ce moment, surtout a Paris, a 
cause de i'etat de siege, qu'elle l'a ete autrefois ou qu'elle le sera plus tard II importe de ne 
pas negliger cette condition importante dans l'appreciation des resultats du traitement des 
plaies d'arme a feu. 

M. Depaul dit qu'il ressort, comme consequence de la discussion actuelle, que des plaies 
en seton peuvent guerir sans suppuration du trajet et avec une tres-minime suppuration des 
orifices d'entree et de sortie du projectile. Quant a la cicatrisation de telles plaies sans trace 
de suppuration, M. Depaul croit qu il n'y en a pas d'exemple dans la science. 

(La suite prochainement) D* A. Tartivel. 

FORMULAIRE 

Potion au chlorate de potasse iodur£. 

Chlorate de potasse 2 grammes. 

Iodure de potassium 10 — 

Sirop de quinquina. 50 — 

Eau distiliee 150 — : 

Faites dissoudre. 

Cette potion est conseiliee a la dose d'une a deux cuillerees par jour aux sujets atteints 
d'ulceres phagedeniques. — N. G. 



r 

Epheme>ideg M£dicales. — 21 Mars 1643. 
Par un acte passe devant notaires, Le Waste des Roches, secretaire du cardinal de Richelieu. 



L'UNION M£l)lCAt£. 15$ 

donne k la Faculty de mgdecine de Paris 30,000 livres tournois pour rebatir ses Ecoles, qui 
croulaient de toutes parts. II y a dans cette donation enlre vifs des'considerants longs k noter. 
c Ayant toujours eu en singuliere estime et veneration la Faculty de m6decine de Paris, tant 
pour la rare et eminente doctrine qui la rend recommandable, que pour les grands services 
quelle rend continuellement au public. » — A. Ch. 



COURRIER 



L'Union Medicals reprend aujourd'hui sa publication tri-hebdomadaire. Espe*rons que les 
6venements qui se passent a Paris ne conduiront pas k une nouvelle interruption des relations 
entre la capitate et les departements, 

Faculte de m£decine de Paris. — L'ouvertare des cours dn 2 € semestre de la Faculty de 
mldecine, retarded par les ev£nements, aura lieu le lundi 27 mars. 

Facult£ des sciences de Paris. — Les cours du second semestre de la Faculte* des 
sciences de Paris s'ouvriront le jeudi 16 mars, k la Sorbonne. 

Legion d'honneur. — Par decret en date du 7 fevrier 1871, ont £16 promus ou nomm£s 
dans l'ordre de la legion d'honneur : 

Au grade de commandeur : MM. Gerrier el Ghampouillon, m£decins principaux de I* 9 classe. 

Au grade d'officier : MM. Didiot, medecin principal de l r * classe; — Colin, mddecin prin- 
cipal de 2 e classe; — Castex, Azais et B6raud, medecins-majors de l r< classe; — Darcy, 
m£decin-major de 2' classe ; — de Monteze, pharmacien-major de l re classe. 

Au grade de chevalier : MM. Mabillat, m6decin-major de 2' classe; — Mounier, Li6nard, 
Cug, Qachelet, Jacquemet, Bonnefoy, Coze et Erambert, medecins aides-majors de 1" classe; 
— Gottel, medecin aide-major de 2* classe; — Badal, medecin aide-major de 2' classe auxi- 
liaire; — Judicis, pharmacien-major de T classe; — Gillibeit, veterinaire ; — Blanc, medecin 
aide-major au 3* bataillon de la Dr6me; — Pinard, medecin au 1" bataillon du Finistere ; — 
Bourdon, aide-major au 7* bataillon de la garde mobile de la Seine; — Portefaix, m£decni- 
major aux francs-tireurs de la Presse. 

— ■ Par decret en date du 3 mars 1871, M. le docteur Galler, medecin de la Legion des 
mobilises de r Alsace (colonel Keller), a 616 nomm6 chevalier de la Legion d'honneur, pour sa 
belle conduite au combat de Saint-Valbert, devant Hencourt. 

Grades universiiaires des Alsaciens et Lorrains. — Le Gonseil municipal de Lyon vient 
d'£mettre le vceu suivant : 

« Le Gonseil municipal de Lyon, 

« Considerant que la separation de r Alsace et de la Lorraine ne peut etre que provisoire ; 

« Qu'il est a propos de rattacher'nos freres k la France en leur conservant tous leurs droits 
de Francais, 

« Porte aupres du pouvoir central le vceu suivant : 

« Tous les grades universitaires, toutes les inscriptions d'enseignement sup6rieur et tous 
les dipldmes acquis par des Alsaciens et Lorrains aupres des Ecoles et des Faculty etablies ou 
a etabiir en Alsace et en Lorraine, auront en France la merae valeur, et leurs titulaires joui- 
ront des memes droits que s'ils les avaient acquis en France, sous la seule condition par eux 
d'avoir k justifler de leur origine fraocaise. 

« L' equivalent des grades sera determine' par un reglement special » • 

La variole en Angleterre. — De Paris, ou elle n'a pas encore firif fees courd, la variola 
a passe le detroit, peut-etre avec nos emigrants, et s6vit a Londres avec* uhe grande intensite. 
Tandis que, dans la premiere semaine de mars, les deces ne s'eievaient qu*a' hk sili 4 1,000 dans 
les h6pitaux de Londres, il en est mort 183 en ville; ce qui; k proportion egale, donnait 
environ 4,000 malades pouvant y communiquer la maladie. Elle s6vit'de meme dans plusieurs 
autres localites. — Y. 

Boite aux Lettreg 

A M. t)..., a Coutras.— Merci de vos regrets pour le passe ,. devptre empressem^nt pour le 
present, de vos encouragements pour l'avGnir. 

M. H..., a Arcachon. — Il y a plus de raison, de bon sens et d'intelligence dans les quel- 
ques lignes de votre excellente lettre que dans de gros discours et d'epaisses brochures. 

M. B..., a Toulon. — D'un confrere de votre m6rite, la fideiite est bien encourageante. 

M. R..., k Toulouse. — Merci, cher compatriote et ami. 

M. R..., a Mortagne. — Vos cinq lignes seront conserv6es comcoe. un bijou precieux dans 
la collection que je recommence. 

M. R..., a Nantes. — Votre Constance si sympathiquement exprimee me remplit de grati- 
tude. 
M. F..., a Clermont-Ferrand. — Ge souvenir d'un ancien camarade m'est bien precieux. 



m 



L'UMON lifiWCAftB. 



Ifc R..., a Saint-Florent-le-Vieil. — Oh, 6ui! gue Dieu conserve Votre jolf jarditi ! couvert 
de fleurs! S! j^tais prfes de vous, je serais capable d'aller vous bismarquer quelgues boutures. 

M. L..., au Mans. — Charmant de ddlicatesse et de cceur. 

M. B..., a Bordeaux. — Agr6ez mes respectueu^ remerciements pour votre vieille et si 
honorable fid&ite. 

M. B..., a Montcoutant. — Vous ne vous doutiez pas que, pendant notre triste sfege, vos 
excellent* articles produisaient une utile diVet$tOD ECU: nos lecteurs de Paris. 

M. P..., a Lyon. — Merci; transmis a notre administrateur. 

M. D..» ? a Cette. — M6me r£ponse» . 

, M. G„., a Periguem, — c'eet irfyhbien de ne pas oublier notre cfofere science e& run de 
ses plus humbles propagateurs dans la nouvelle position que vous occupea. 

M, &.„> a Marseille. — Que vous avez raison de garder votre consolanie et fortifiante 
croyance! Merci de vos vceux, de vos sympathies, de vos regrets I J*en sqis prpfond&nent 
touch6. Tespfere que reparation a '6l& faite de Finjustice commise. 

* M. P..., a Nfcrac. — Vos dernferes lignes m'orit singullfcrement &nu. Merci du fiind du cceur! 

M. F...-D..., a Chateauroux. — Quand on est plaint dans son malheur par un cceur et par 
un esprit tels que les vdtres, on se sent moing malheureux. 

M. T..., a Lyon. — Quel doux et puissant s^datif qu'uhe lettre comme la v6tre, trfcs-savant 
profetisem?! Ce sera une perle dans Pterin nouveau que je prepare. 

M. M..., a . — Oui, tout se relfevera, si la grande majority pense comme vous. 

- M. B.;., a Poitiers. — M. B... est encore absent de Park ; dfcs son retour il sera prSvenu. 

M. D..., a Renhes. — Ce qui est. fait est fait, je le regrette, mais je vous aime trop pour en 
garder rancune. Les t616grammes priv£s Staient alors interdits. ' 

' M. G,.., a Angoulfime. — Merci, cher et honors confrere. Nous avons en ce moment.de 
si graves preoccupations & Paris, qu'il convient de laisser dormir la oil Ton a entente la ques* 
tion qui fait Tobjet de votre vive et legitime indigriatlon. 

. M. C.. M a Toulon. — Simple accuse de reception, qui sera»suivi d'uae lettre aussitot que 
possible dans le trouble de nos esprils. 

M. D..., & Vichy. — Personne ne sympathise plus que moi a la pejte de vos fleurs; les 
fleurs renaissent, raais tant d'autres choses perdue s ! 

M. L..., &Besan$on. — Pris note de vos quatre cas, j'en donnerai prochainemenl rindication# 



Bulletin hfebdomtictjilre des t>6ces declares a I'£tat civil 



du 11 au 17 mars 1871. 



>.'\ 



vast 



arose 



*m « » »» »i y ■ i r 



CAUSES DE DicfiS* 



m— trail 



Variole 

Scarlatine , . * 

Rougeole ♦ 

Fifcvre typholde* * . 

^rysipMe ., . . . 

Bronchite..,..' , ♦.. 

Pneumonic ....... ^ ......... . 

Diarrhee 

D j renter ie * 

Cholerine , . 

Angine couenneuse «... 

Croup * 

Affections puerperales 

Affections cbroniques et accidents 

djvers 

Accidents t Combat . ♦. 

de guerre j Bombardement 



Totaux 



Population civile d'apres le recen- 
sement arret* le 7 janvfer 1871 : 


arm£e. 


2,019,877 habitants. 






AGES 






au-dee- 


de 1 an 


de 15 ans 


de 60 ans 


Troupe 
de ligne et 


sons 


a 


* 


etau- 


garde mobile,. 


de 1 an. 


15 ans. 


50 ans. 


de6&ua. 




17 


17 


35 


5 


2ft 


» 


3 


» 


9 


» 


2 


14 


1 


» 


3 


» 


34 


71 


2 


122 


2 


1 


2 


1 


2 


42 


87 


37 


94 


41 


8 


30 


47 


51 


52 


27 


13 


10 


• 46 


8 


5 


3 


11 


20 


10 


3 


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1 


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1 


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1 


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10 


1 


» 


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» 


» 


• 3 


» 


» 


260 


200 


428 


513 


136 


» 


» 


9 


1 


» 


» 




» 


» 


» 


370 


417 


657 


733 


399 



TOTAUX, 



98 

3 

20 

S29 

8 

301 

£88 

104 

49 

5 

7 

14 
3 

1,537 

10 
» 



2,576 



Vu t I'Inspecteur du service midical , D* Jules Worms, 



Le Qirant, G. R1Chei-OT» 



Fiws. — Typographic Fblix MaltbstH et C«», rue des Dcux-Portes-Saint-Sauveur , 2*. 



No 14 L'UMON MMCALE Jeudi 23 Mars 1871 

■ - — - ■■■■ - — * 

BULLETIN 

SDR LA STANCE DE L'ACA»*MIB DE MEBBCINK 

Que notre journal, au lieu de fa ire appel seulement a l'union medicate, voudrait 
pouvoir faire appel aussi a l'union universelle ! Mais il est sans action dans les 
regions ou s'agitent les idees, les passions et les interets politiques. II n'a que des 
vceux a former, et il les fait ardents pour que l'esprit de conciliation penetre toud 
les esprits, pour que notre malheureuse patrie , sur le bord de i'abime, 'n'y soit pas 
precipitee de ses propres mains, 

On ne se serait pas doute hier, a 1 'Academic, de l'agitation qui regne dans Paris. 
Nous etions dans ratmosphere calme et serieuse de la science, et la seance s'est 
passee dans les meilleures conditions. 

M. le docteur Leven, medeein en chef de Phopital d'lvry, a fait une communica- 
tion importante sur le scorbut. Pendant le siege et dans ses derniers temps, le 
scorbut s'est montre epidemiquement a Paris sur la population civile et sur l'armee, 
notamment dans les prisons. A-t-il fait de nombreuses victimes? On l'ignore, car le 
Bulletin hebdomadaire de la mortalite n'a pas indique, c'est regrettable, la morta- 
lity occasionnee par l'epidemie scorbutique. 

Les recherches de M. Leven ont eu surtout pour [but Tanatomie pathologique de 
cette affection. On trouvera au compte rendu de la seance a quels resultats ont con- 
duit ces recherches, tres-delicatement faites, et avec tous les moyens d'investi- 
gation que la science possede aujourd'hui. On sera surtout frappe des alterations 
pathologiques produites par une nourriture insuffisante; car, pour M. Leven, c'est 
la la cause a peu pres unique du scorbut, maladie a laquelle, depuis Lind et sa mo- 
nographic cel&bre, on attribuait une etiologie plus complexe, l'usage des viandes 
salves, la privation de legumes frais, etc. La principale alteration observee, et 
decrite par M. Leven, est la degenerescence graisseuse des fibres musculaires du 
coeur, qui prive peu a peu l'organe de sa force d'impulsion , le*rend flasque, mou et 
impropre a remplir ses fonctions; de la tous les symptomes de diffusions sanguined 
et sereuses sur les muqueuses et sur la peau. 

Cette communication a ete 6coutee avec beaucoup d'interet, et la commission, 
qui a 6te nommee pour son examen, a ete invitee a faire son rapport d'urgence. 

La discussion sur l'infection purulente a ete enfln reprise apres deux an$ d'in- 
terruption, car c'est au mois de juin 1869 qu'elle fut commencee et presque aussitot 
interrompue. C'est par un discours de ML Bouley qu'elle a ete reinauguree, et ca 
discours est certainement un des meilleurs qu'ait prononces le savant orateur. 
Depuis la mort de Rayer, que les agitations de l'Ecole de medecine emp&cherent 
d'occuper cette chaire dont la Faculte lui devait la creation, et dont sa haute raison 
avait compris la haute importance pour les etudes medicates; depuis lors, disons- 
nous, nous avons pousse M. Bouley a avoir une ambition, celle de devenir profes- 
seur de pathologie comparee. Nous esperons bien que s'il se fait une reorganisation 
de Tenseignement medical, quelque ecole officielle ou libre s'emparera de ce talent 
eprouve. Hier, et sur la question importante qui s'agite, M. Bouley a donne de nou- 
veau la mesure de ce qu on pouvait attendre pour 1 elucidation des problemes de la 
pathologie humaine des recherches de la pathologie comparee. 

Negligeant un peu et a dessein sans doute la partie dogmatique du sujet, M. Bou* 
ley a trace un tableau de main de maitre de rinfection purulente chez lesanimaux, 
et principalement sur les races domestiques. Nous ne voulonspas repeter ici ce que 
le lecteur trouvera au compte rendu de la seance, mais il nous appatlient de aire 
combien ce discours a ete interessant et instructif. II en decoule aussi un enseigne- 
ment qui ne sera pas perdu pour la pathologie humaine. M. Bouley a mis en saillie 
ce grand fait, a savoir : que, sur les animaux, c'est l'energie de la plasticite qui 
domine la pathologie. Les betes douees d'une grande plasticite, comme le boeuf, le 




diate et suppuration absente ou faible; chez les autres, reunion des plaies difficile et 
suppuration prolongee. 
II est probable, et cela a ete dit, que l'espece humaine n'echappe pas a cette loi 
Tome XL — Tromeme ttrie. 14 



15? LUNION MtiDlCALE. 



pathologique. La race anglo-saxonne parait etre plus refractaire que la notre a l'in- 
fection purulente. Pourquoi? Voila le probleme. II peut etre eclairci par cette obser- 
vation de M. Bouley : que, dans la meme race, les sujets places dans de bonnes 
conditions hygieniques resistent beaucoup mieux aux influences nocives du trau- 
matisme. Ainsi, le cheval de sang, bien nourri, bien soigne, est comparativement 
plus resistant au traumatisme que le cheval ordinaire et de travail. Le lapin de 
garenne est infiniriient moins apte a l'absorption des matieres infectieuses, que le 
lapin domestique sar lesquels nos experimentateurs font leurs essais. Dans line 
infirmerie de chevaux mal aeree, insufflsamment propre, Tinfection purulente fait 
plus de ravages que dans une infirmerie bien tenue. 
Les rapprochements abondent, et ce discours en est une mine feconde. 



THtRAPEUTIOUE 



TRAITBMENT HU GANGER DU GOL DE L'UTfoVS PAR LA GALVANO-GAVftTIQGE 

THERMIQUE (<) $ 

Par le docteur A. Amdssat fils. 

Tumeur cancireuse de la levre anUrieure du col de I'uUrus; ablation au moyen de la 

galvanO'Caustique thermique ; cicatrisation. 

M" ft G..., ne* k Biache (Pas-de-Calais), ag£e de 36 ans, a perdu son pere et sa me>e d'une 
congestion c£r£brale. Dou6e d'une bonne constitution, quoique lympbatique, elle a vu ses 
regies paraltre a Page de 15 ans, et depuis lors elles ont 6t6 regulieres; mais cependant, le 
plus souvent, elles ont 6te* accompagn^es de douleurs. Marine a Page de 27 ans, elle n'a 
jamais eu de grossesse, et depuis cette e*poque l'6coulement menslruel a diniinue*. 

II y a cinq ans cette dame consulta un mgdecin pour un e'coulement blanc assez abondant 
L'examen qui fut fait permit de constater la presence d'une petite tumeur implantee sur le 
col de l'ut6rus. II en prevint M" e G..., qui se borna a faire des injections legerement astrin- 
gentes. 

Au commencement de 1867 elle fit un voyage dans Fewest de la France. A son retour, 
elle s'apercut que l'&oulement, devenu beaucoup plus abondant, avait de l'odeur. Les dou- 
leurs qu'efie ressentait de temps a autre entre les e*poques e*taient aussi plus vives. Alarmed 
de ce cbangement, elle fit, le 18 mars, demander M. le docteur Maurel, qui lui prescrivit de 
continuer les injections astringentes, lui conseilla le repos, et pratiqua plusieurs cauterisa- 
tions avec le nitrate d'argent et le caustique de Filhos. 

Le 5 juin M. le docteur Maurel pria le docteur Amussat fils de lui donner son opinion sur 
l'aflection de M -€ G..., dont les regies avaient cesse* depuis la veille. L'exploration avec le 
doigt et l'examen au speculum lui permirent de constater la presence d'une tumeur assez 
volumineuse implantee sur la levre ante'rieure du col de Tute'rus. Les cauterisations faites 
anleneurement n'ayant pas amen6 de changement notable dans l'6tat de la tumeur, M. le 
docteur Amussat proposa a son confrere d'en faire l'ablation au moyen de la galvano-caus- 
tique thermique. Cette proposition ayant 6t6 accepted, il fut convenu qu'on laisserait la ma- 
lade se reposer quelques jours avant de pratiquer l'opgration, A la suite de cet examen, 
M"* G... e*prouva des douleurs dans l'abdomen et du ballonnement, lesquels disparurent par 
le repos au lit et l'application de cataplasmes laudanis£s. 

Le 10, il n'existait plus dans le vagin qu'un peu de sensibility et de chaleur. 

Le 12, son e'tat e*tait assez bon pour que l'ope>ation put 6tre fixee au lendemain. 

Le 13, a neuf beures, e*tant placed sur le bord d'un lit de fer et dans la position usit6e pour 
l'examen au speculum, M" e G... fut soumise aux inhalations de vapeurs de chloroforme par 
M. le docteur Halu. 




gum. L ope" ration terminer, M me G... se placa dans son lit Une couche de collodion fut appliquee 
sur l'abdomen, et un sac de baudruche introduit dans le vagin jusqu'au col, en recomman- 
dant d'y introduire r6gulierement de petits morceaux de glace. 

Dans l'apres-midi la malade se trouvant tres-bien , on supprima l'introduction de la glace 
dans le vagin et on lui permit de prendre du bouillon. 

Le 14, M"* G... n'a pas bien domi ; 84 pulsations. Prendre chaque soir une pilule de 1 cen- 
tigramme d'extrait thebaique. 

Le 15, taches ros^es sur la serviette placed entre les cuisses ; potages lexers. Entretenir la 
couche de collodion sur l'abdomen. 

Le 16, taches se*ro-purulentes et matieres ayant une assez forte odeur. 
(1) Suite. — Voir le nuntfro du 25 fevrier 



L'UNION M&DIGALE. 15 , 



Les 17, 18 el 19, laches sanguines sur la serviette ; la malade croit avoir ses regies ; elle a 
sali six serviettes dans les vingl-quatre heures. 

Le 20, ecoulement sereux clair; abdomen parfaitement bien; suppression du collodion; 
l'alimentalion est augments. 

Le 27, la malade est tres-bien ; elle dit ressentir de petites coliques dans le bas-ventre. 

Le h juillet, les regies paraissent comme a I'ordinaire et elles durent trois jours. 

Le 8, dos confreres conseillent a la malade de se lever et de reprendre graduellement eon 
genre de vie habitue!. 

La turaeur enlevee cber cette malade etait charnue, rouge, d'une consistence assez ferae. 
Elle avait la forme et le volume que Ton voit dans les figures ci-jointes : 



Fig. 3. Fig. I. 



Cette neoplasie v£g6tante etait cancereuse. Elle serait devenue, dans un avenir peu eloigns, 
fongueuse, saignanle, et eut amene des desordres mortels. 

Le 22 MM. Amussat et Maurel examinerent M" G... et trouverent dans la levre ante"rieure 
un noyau dar squirrheux, servant de base a la tunieur enlevee. line legere cauterisation au 
nitrate d'argent fut pratiquee seulement, les regies ne devant pas larder a venir. II fut alors 
convenu que, pour assurer le succes de 1' operation , il fallait faire disparaltre ce noyau. M. le 
docleur Amussat propose d'employer 1'eleclrolvse ; mais la malade, effrayee a 1'idee d'un appa- 
reil nouveau, pria ses medecins d employer un autre moyen si cela etait possible. II fut deride 
que Ton se servirait du causlique de Filhos, d' apres le procftde d' Amussat. 

Le 30, apres les regies, le noyau de la levre anterieure fut cauterise avec un baton de 
caustique Filhos, de"couvert longiludinalement dans le tiers de sa circonfSrence, et dans une 
eiendue de 2 centimetres 1/2 environ, introduit dans le col et maintenu pendant quelques 
minutes. 

La levre anterieure fut cauterisee de la meme facon le 6 septembre et le 3 octobre. Apres 
chaque cauterisation, la malade dut garder le lit pendant une semaine, quoiqu'il re survlnt 
aucun accident. 

Au mois de decembre nos confreres constaterent la disparition de la tumeur. Le col etait 
cicatrise et avait sensiblement diminue de volume. 

Au mois d'aout 1869, M" G... vint voir M. le docteur Amussat, qui pat s'assurer que I 
col etait sain et que rien ne faisait craindre de reridive (1). 

Tumeur encipkaloide de la levre antirieure du col de CuUrus; amputation du cot au moyen 
de la galvano~causiique thermiqut; cicatrisation. 

M" C..., ne'e a Lagny (Seine-et-Marue) , agee actuellement de 30 ans, d'un temperament 
Bangui n-lymphatique, a perdu sa mfere et sa grand'mere d'une affection cancereuse de l'ute- 
rus; son pere jouit d'une bonne sante. Les regies, venues sans difficult! 5 , a 1'age de 14 ans, 
furent generalemeot assez abondautes. Mariee a 16 ans, elle n'a jamais eu de grossesse. Pen- 
dant qu'elle Aemeura eu menage, ce qui dura dix ans, elle eut de graDdes fatigues a sup- 
Eorter, et elle eprouva de vifs chagrins ; aussi vit-elle ses regies diminuer, eprouver quelque- 
lis du retard, et elle commence a prendre de l'embonpoint. 

En 1886, elie perdit son mari. Dix mois apres, elle etait placee dans 1'un des hotels les 
plus frequented de Paris, oil elle etait preposee a la direction de la lingerie. Peu de temps 
apres son entree a l'hotel, elle employa durant six semaines une machine a coudre, et elle fit 
un travail excessif. Des lors apparurent les perles uterines sero-purulentes et sanguines, peu 
abondantes d'abord, mais bientot de plus en plus fortes, et k ce point que plusieurs mois 
avant l'operalion elle salissait une chemise par jour et etait dans ('obligation de changer tous 
les deux jours de draps de lit. Ces pertes etaient s^ro-purulentes d'une maniere continue; 
mais plusieurs fois par jour la malade avait sans cause appreciable un ecoulement de sang 
pur qui durait quelques minutes et s'arretait tout seul. Ces hemorrhagies 1'affaiblirent au 
point de ne lui permeltre de remplir ses fonctions, d'ailleurs fatigantes, que d'une maniere 

(0 Casttan. De la gaJvana-eanttique thtrmique. These de Paris, 1870, n* 119. 



J6» L'UNION MfiDICALE. 



tres-incompiete. Pas de douleurs dans Futerus. Elle consulta M. le docteur Baret, qui essaya 
d'arr&ter les pertes et de relever les forces par tin regime approprie. La medication employee 
tt'ayant pas amene de changement notable dans l'etat de M n * C..., notre confrere pria M. le 
docteur Amussat 01s de vouloir bien Fexaminer avec luL C'etait le 18 juillet 1868, immedia- 
tement aprts la cessation des regies, qui, depuis que la malade avait des metrorrhagies con- 
tinuelles, etaient pen abondantes. 

M. le docteur Amussat constate tra developpement assez considerable de la levre ante- 
rieure, borne par un sillon donnant assez exactement a cette partie la forme du gland du 
pewfei EHe etatt mamelonnee avec une saiHie atotero-posterieure plus considerable. 

D'apres cet examen, et en tenant compte des antecedents maternels, nos confreres pen- 
serent qu'il s'agissait d'une tumeur cancereuse dont l'ablation devait avoir lieu sans retard. 
Le galvanisme leur paraissant devoir etre prefere au bistouri et a recraseur, ils examinerent 
les trois precedes auxquels on pouvait avoir recours : 

1° L'eiectrolyse, e'est-a-dire la decomposition chimique de la tumeur; 

2° L'abaissement de Futerus et Famputation du col avec le bistouri galvanique du docteur 
de Sere; 

3° L'ablation avec le secateur galvanique. 

Apres avoir discute les avantages et les inconvenients de chacun de ces precedes, il fut 
convenu qu'on emploierait le secateur galvanique. 

Le 22 juillet, a dix heures du matin, M. le docteur Amussat fit d'abord placer M** G... sur 
le dos, dans la position usitee pour Pexamen au speculum. Mais cette position ne lui parais- 
sant pas favorable pour suivre rop£ration, il la fit placer sur les genoux, avec les coudes 
appuyes sur des oreillers, et il introduisit le speculum de Sims, qu'il confia au docteur Baret; 
placant alors le fil de platine monte sur le secateur galvanique autour du col, dans le sillon 
signaie plus haut, il glissa sous la canule double une valve en buis qui fut confine a un autre 
assistant Le secateur fat mis en rapport arced une pile Grenet, et le chinirgien opera lente- 
ment la section du col. On enleva eosuite avec de petits tampons de coton Te sans qui avait 
striate* pendant ces diffierentes manoeuvres. Il y en avait & peu pres une cuilleree a bouche. 

L'operation terming, M* e C. se nrit dans son lit. Tout Fabdomen fut reconvert d' une 
couche de collodion eiastkrue, et par-dessus on placa une vessie contenant des fragments de 
glace. Repos absolu et du bouillon pour toute nourriture. 

A deux heures, M"* C... etait bien, mais il y avait de rXschurie. 

Le soir, elle avait urine; pas de tension de Fabdomen, pas dMcoulement sanguin. Potion 
avec le sirop diacode pour la nuit. 

Le 23, M me G... etait bien, mais elle avait eu une crise nerveuse dans la nuit pendant une 
heure environ; 76 pulsations; bouillon pour toute nourriture. A deux heures, taches sereuses 
et grisatres sur la serviette; abdomen souple et indolore; 84 pulsations. 

Le 24, quelques taches sereuses legerement rosees sur la serviette; 82 pulsations; potages 
legers* 

Le 25, on renouvelle le collodion , et on supprime la glace, l'abdomen etant dans un etat 
oompietement satisfeisant Garde-robe; absence d'ecoulement 

Le 26, quelques taches sereuses brun&tres sur la serviette; 82 pulsations; la malade va 
bien. Augmenter la nourriture. 

Le 27, crise nerveuse legere ; un peu de dysurie; 86 pulsations; abdomen souple et indolore. 
Le 28, taches brun&tres sur la serviette ; abdomen parfaitement bien. On reapplique une 
cooche de collodion ; et on augmente Faiimentation. 
Le 29, taches brunfttres ayant de Podeur sur la serviette ; garde-robe. 

Le 30, taches sero-purulentes sur la serviette ; abdomen souple et indolore. On reapplique 
une couche de collodion ; selle liquide ; augmenter la nourriture* * 

Le 31, inappetence; 78 pulsations; diete, U vient quelques caillots fusiformes en urinant, 
et il y a des taches sero-sanguinolentes sur la serviette. M. le docteur Amussat fait enlever 
roreiller sur lequel M" C... reposait sa tete et le fait placer sous le bassio. De plus , il lui 
recommande d'uriner rarement, les caillots ne venant que pendant la miction. A neuf heures 
du soir, le sang a complement disparu. 

Le 1" aofit, taches grisatres sur la serviette; l'abdomen est parfaitement bien; on augmente 
la nourriture et on reapplique une couche de collodion. 
Le 2, la malade va parfaitement bien ; quelques taches sero-purulentes sur la serviette. 
Le 3, mfime etat ; 80 pulsations. 

Le 4, etat general bien satisfaisant; 76 pulsations, abdomen touiours tres-bien. Taches sero- 
purulentes sur la serviette. 

Le 6, meme etat; on permet a la malade de se lever, 

A dater de ce jour, M me C... reprit peu a peu ses occupations, en ayant soin d'eviter la 

Le 10, Fexamen au speculum permit a nos confreres de constater que la plaie resultant de 
la cauterisation avait un tres-bon aspect et que les bourgeons charnns qui la recouvraient 
etaient de bonne nature. 



L'UNION MfiDICALE. 



Fig. S. 

Cette figure represente la portion du col amputee, dessinee immediatemeut apres repara- 
tion. Quelques jours aprea elle Tut remise a M. le professeur Robin , en le priant de vouloir 
bien Tesaminer au microscope. Notre savant confrere a fait savoir, que tfitait vm tumtur 
rnciphatoidc , ay ant pour point de dipart Us glandes iibuctet dis fotticuits piUua> de Ut 
livre. Ainsi s'est trouve continue le diagnostic porte par MM. Baret et Amussat en se basant 
sur 1'eiameD attenlif du col, ainsi que sur les antecedents maternels de la malade. 

S'etant apercus que le speculum de Sims en metal s'etait un peu echauQe par le rayonne- 
ment du calorique, M. le docteur Amussat a fait fabriquer par MM. Robert et Collin un spe- 
culum tout en bois, destine a ue pas avoir cct inconvenient. 

Au mois de septerubre nos confreres ont examine la malade au speculum et ont constate 
la cicatrisation complete du coL It existait a 1' orifice une petite, couronne rosee, mamelonnee, 
formee par la membrane interne, souple et saine. 



An mois de Janvier 1870, M. le docteur Amussat a rem M"* C. et s'est assure" que le col 
etait toujours dans le nieme Stat. Elle n'a eu aucune perte depuis son operation, et les metis- 
trues gout toujours regulieres, mais peu abondanles (1). 

Reflexions. — Le diagnostic de cette affection du col etant Men etaMi, et l'em- 
ploi de la galvano-caustique accepte, trois precedes s'oflraienta moi pour faire dis- 
paraltre la portion degeneree. 

1° L'escbari Beat ion de la tumour par la galvano-caustique chimique; 

2° L'abaissement de l'uterus et l'amputation du col avec le bistouri du docteur 
de Sere; 

3° L'ablation avec le secateur galvanique, telle que je l'ai pratiquee. 

La galvano-caustique chimique n'etant pas un mode de cauterisation rapide eut 
ete trop douloureuse pour pouvoir, sans l'emploi du chloroforme, etre supportee 
pendant le temps neeessaire a la destruction d'une tumeur du volume de celle que 
portait M ro » C... Je pense qu'il est convenable de reserver ce mode de cauterisation 
pour les cancroid e 9 a base peu epaisse, quand on no juge pas l'amputation neces- 
saire pour etre assure de depasser les limites de Paffection. 

Pour le cas de m™« C.. m j'avais songe un moment a l'amputation du col avec le 
bistouri galvanique; mais ia necessity d'abaisser fortement l'uterus m'a determine a 
5 reuoncer. 

L'ablation avec le secateur galvanique, vu la delimitation exacte de la tumeur, 
offrait done les avantages de la rapidite d'execution, d'une douleur moindre, et enfln 

(lJ.Castiaii. Luc. cit t 



1QB I/UNION M^DICALE. 



la possibility d'operer sur place , sans faire subir aucun raouvement a Torgane. 
Tellcs sont les considerations qui m'ont determine a donner a ce procede la prefe- 
rence sur les autres. 

Du reste, les trois procedes galvaniques applicables aux affections cancereuses du 
col repondant a des indications differentes, c'est au chirurgien a choisir celui qui 
convient le mieux au cas qui se presente. 

J'ai fait prendre a la malade une position peu usitee pour le3 operations que Ton 
pratique sur Tuterus ; mais, apresy avoir bien reflechi et avoir essaye les autres, j'ai 
trouve que celle-la etait la plus favorable pour ce cas particulier. Si j'avais ete dans 
l'obligatlon d'employer le chloroforme, j'aurais fait placer la malade sur le c&te. Du 
reste, l'operation, au dire de M mc C..., n'a pas ete tres-douloureuse et elle Taparfai- 
tement bien supportee. 

Cette operation est, je crois, le premier cas d'amputation du col de l'uterus pour 
un cancer de cet organe. Anterieurement la meme operation a ete pratiquee avec 
succes pour l'allongcment hypertrophique du col par MM. Braunn (de Vienne), 
Grunewaldt (de Saint-Petersbourg) et Kuechen Meister (de Dresde). Au mois d'oc- 
tobre 1869 mon savant confrere et ami, M. le docteur Pean, a eu Toccasion de prati- 
quer l'amputation du col de l'uterus degenere, en se servant d'un secateur galva- 
nique particulier, fait par M. Mathieu, sur les indications de M. le docteur Cheron. 

' (La fin a un procnain numiro.) 

REVUE OBSTETRICALE 

MALADIES DES FEMMES ET DES ENFANTS 



L'ALUN ABORTIF. — EFFICACIT& DU HASCHICH SUR LA M&TRORRHAG1E DOULOU- 
REUSE. — L'ACIDE PH^NIQUE CONTRE LE CATARRHE UTfttlN. 

De nombreux medicaments, pris a dose toxique pendant la grossesse, peuvent 
determiner l'avortement sans jouir d'aucune action speciale sur l'uterus ni sur son 
produit. lis ne sont pas abortifs comme le seigle ergote, la rue, la sabine, etc., ni 
meme emmenagogues. Ce n'est que par le trouble profond, general, apporte dans 
l'organisme que la vie du foetus est interrompue et qu'il est expulse plus ou moins 
rapidement ensuite par une reaction de l'uterus sur ce corps mort, qui lui est 
devenu etranger. Ainsi s'expliquent beaucoup d'avortements. 

Tel ne parait pas etre le sulfate d'alumine et de potasse dont l'effet abortif a ete 
observe recemment par M. le docteur Mauzette (de Chamounix). Son action astrin- 
gente energique, coagulante, styptique et meme irritante, quand il est employe a 
haute dose, peut bien amener directement la coagulation du sang dans les vaisseaux 
utero-placentaires et determiner une veritable astriction de ces vaisseaux. L'obser- 
vation suivante a du moins cette signification. 

Une jeune femme, enceinte de trois mois, dans son empressement ou plut6t dans son envie 
a boire une lasse de cafe en cachette de son mari, prend par m6garde un morceau d'alun au 
lieu de sucre pour l^dulcorer. Elle avale le cafe d'un trait, malgr6 le goto singulier qu'elle y 
trouve. Bientdt surviennent des douleurs ou plutdt des pincements douloureux a l^pigastre, 
suivis de vomissements : effets ordioaires de cet agent II s'y ajoute ensuite uue sensation 
inconnue dans l'hypogastre; 1 uferus semblait se porter dans une des fosses iliaqu.es. Enfin, 
les symptdmes pr^curseurs d'une fausse couche se manifest&rent, et, au bout de deux jours, 
le travail se termina par l'expulsion d'un foetus qui semblait litt6ralement tanni. Le placenta 
£tait aussi ffetri, d£form6, ratatink (Journ. de mid. et chir. pratiq.; Janvier.) 

II semble done que, malgre le defaut d'examen des vaisseaux par M. Mauzette, 
Falun a exerce ici son effet astringent et coagulant. En tout cas, ce fait constitue 
une contre-indication evidente a l'emploi de ce medicament a haute dose chez les 
femmes enceintes. 

• Le haschisch ou chanvre indien parait aussi avoir une action sedative directe 
sur l'uterus, bien que jusqu'ici il n'en soit pas question dans les traites de thera- 
peutique gynecologique. Churchill l'a ainsi employe contre la metrorrhagie, notarii- 
ipent celle qui precede l'avortement et, M. Hegvood (de New-York) contre les 
epreintes uterines de la dysmenorrhea Si d'autres, au contraire, en ont fait un 
agent propre a activer les contractions uterines dans l'accouchement, son action 



L'UNION MfiDICALE. 16& 



* 

sedative est bien mieux demontree par M. le docteur Sylver, medecin et professeur 
de physiologie a l'hopital Charing-Cross de Londres. 

Sur 5 malades, en effet, dont il rapporte les observations, il a sufii d'administrer 
20 a 25 gouttes de teinture de chanvre indien, deux fois par jour, pour calmer rapi- 
dement de vives douleurs lombaires rappelant celles de l'accouchement, et colnci- 
dant avec une metrorrhagie plus ou moins abondante et melee de caillots. Ces 
accidents durant depuis des mois, des annees, et rebelles a diverses medications, 
avaient reduit les femmes a un profond etat d'anemie. Or, des les premieres doses, 
le soulagement elait manifeste, Tecoulement moindre. II ne sagit plus ensuite que 
de remedier a Tanemie et retablir Tetat general , si la menorrhagie est purement 
fonctionnelle et independante de toute affection organique comme dans ces cas. Gette 
action toutefois, bien qu'evidente, n'est que passagere. Dans un cas de tumeur 
fibreuse considerable, le chanvre indien diminuait, arretait ainsi la perte a cbaque 
epoque.sans pouvoiren prevenir le retour. Dans un cas d'affection de mauvaise 
nature du col, la teinture de chanvre indien suffit, a plusieurs reprises, pour 
arreter la metrorrhagie et les douleurs. II y a done lieu d'y recourir contre toute 
menorrhagie douloureuse indistinctement. (Med. Times., juillet, et Bull, de 
therap., novembre 1870.) 

C'est contre les ecoulements blancs, leucorrheiques chroniques, constituant le 
catarrhe uterin, que le docteur Playfair, accoucheur de l'hopital de King's College, 
a employe avec succes Fusage topique de Tacide phenique dans trois cas qu'il relate. 
Atteintes 'depuis des mois, des annees, et ayant subi divers traitements, ces ma- 
lades, tombees dans un etat cachectique, ne pouvaient plus se livrer a aucun 
travail. L'uterus etait hypertrophic, douloureux, pesant; le col, erode, exulcere, 
entr'ouvert, beant, laissait echapper un liquide glaireux. Un peu de ouate, enroulee 
et fixee a Textremite d'une tige flexible de baleine ou autre, et imbibee d'une 
solution de 80 parties d'acide phenique sur 20 d'eau introduite dans la matrice, a 
sufii pour guerir un etat si grave. L'ecoulement leucorrheique augmente apres la 
premiere application, mais diminue notablement apres les suivantes. Une seule 
application sufflt a guerir les erosions superficielles du museau de tanche ; puis 
l'hypertrophie, le volume du, corps et du col diminuent, Touverture de celui-ci se 
resserre et la guerison ne tarde pas. (Lancetf, juillet, et Bull, de tMrap., novembre.) 

Ces resultats sont tres-remarquables et surprenants; l'iode, si utile en pareil 
cas, n'en produit pas ordinairement de si satisfaisants. Avec une solution si con- 
centree, e'est, ii est vrai, une veritable cauterisation intra-uterine, mais sans danger, 
en raison du procede employe. Si ces resultats se confirment, cette medication 
topique devra done faire abandonner Tusage des injections intra-uterines, qui pre- 
sentent de si redoutables ecueils. Double avantage qui, en simplifiant la Lherapeu- 
tique, la rend plus puissante et plus sure. 

P. Garnier. 



m r 



ACADEMIES ET SOCIETES SAYANTES 



ACADEMIE DE MEDECINE 
Stance da 21 roars 1871. — Pr^sidence de M. Wurtz. 

M. Gobley, au nom de la commission des rem&des secrets et nouveaux, lit une s^rie de 
rapports dont les conclusions sont adoptees sans discussion. 

M. Leven fait une communication verbale relative a un certain nombre de cas de scorbut 
qu'il a eu F occasion d'observer dans ces derniers temps. 

La maladie lui a paru se dgvelopper g^n^ralement apres deux mois environ de mauvaise 
nourriture et d'exposition a un froid rigoureux. Elle commence par un sentiment de faiblesse 
extreme dans les jambes, l'apparition de petites taches violac^es de la peau, le ramollissement 
des gencives et la difficult^ de respirer qui constilue un sympt6me important. A ces sympl6mes 
s'ajoutent bientdt des ecchymoses a la peau, principalement aux environs des regions ou les 
contractions musculaires sont le plus actives, comme dans les plis deflexion des articulations. 
En outre, on constate au cceur un bruit de souffle au second temps, accompagne* d'une fai- 
blesse extreme des contractions de cet organe, cause de syncopes graves et prolong6es qui 
amenent dans certains cas la mort subite des malades. 

A Taulopsie, on trouve des le"sions caract6ristiques qui expliquent les symptdmes observes 
pendant la vie. 



164 L'UNION MfiDICALK. 



M. Leven fait passer sous les yeux des membres de l'Academie des dessins reprtsentant les 
alterations diverses qu'il a observes. Ge sont surtout des degenerescences graisseuses des 
muscles : muscles des masses- sacro-lombaires (d'oii, pendant la vie, l'impossibilite pour les 
malades de se tenir debout ou assis sur leur lit), muscles du mollet, de la cuisse, enfin le 
muscle cardiaque, le premier envahi. Le cceur est atrophia, reduit aux deux tiers ou & la 
moitie de son volume, jaune, semblable a un chiffon mou. Les dessins montrent la disparition 
complete des fibres strides dont les granulations graisseuses ont pris la place. 

La degenerescence graisseuse envahit egalement les organes autres que les muscles ; par 
eatemple, les reins, le foie, les poumons. La rate est hypertrophies Chose remarquable, les 
vaisseaux paraissent exempts d'alteration. 

Gontrairement & ce qui est enseigne dans tous les livres classiques, le sang ne presents pas 
cette diffluence, cette defibrination dont on a fait Tun des principaux caracteres de la maladie. 
Les cavitgs du cmur contiennent des caillots enormes ; les hemorrhagies sont extremement 
rares pendant la vie. A part, quelques epistaxis au debut, on n'observe pas d'hemorrhagies 
intestinales, pulmonaires ou vesicates. 

Lorsque la maladie se termine par la guerison, c'est le coeur, le premier affects, qui revient 
le dernier a son etat normal. Le bruit de souffle au deuxieme temps persiste assez longtemps 
encore apres la disparilion des autres symptdmes. 

En resume, r alteration essentielle et caracteristique de la maladie n'est pas un £tat de defi- 
brination du sang, comme on Fa toujours dit ; elle consiste dans une degenercscence grais- 
seuse des tissus ou organes, principalement des muscles, sous 1 'influence de l'inanition. 
' Ce n'est pas, en effet, suivant M. Leven, a la privation des legumes frais ou d'une alimenta- 
tion vegetale convenable qu'il faut attribuer la cause de la maladie, mais plutdt a rinsuffisance 
de la nourriture jointe a Finfluence prolongee d'un froid rigoureux. * 

Le traitement consiste principalement dans une alimentation convenable au double point de 
vue de la quantity et de la quality. Les jus acides, celui du citron en particulier, paraissent & 
Bf. Leven de peu d'importance pour la guerison. 

M. Leven se propose de completer ulterieurement sa communication en donnant les resul- 
tats des analyses du sang, des urines et des masses musculaires, qu'il fait faire actuellement et 
qui ne sont pas encore termin&s. 

M. Vkrneuil demande que l'Academie veuille bien nommer une commission chargee de 
faire le plus promptement possible un rapport sur la communication de M, Leven. Des faits 
analogues a ceux dont il vient d'etre question ont ete et sont encore observes actuellement de 
divers cdtes. Il serait bon de ne pas perdre l'occasion qui se«pr6senle et qui ne se pr&entera 
peut-etre plus de longtemps, il faut 1'esperer, d'approfondir la question importante de la 
pathogenie de Inflection dite scorbutique. 

M. le President designe une commission composee de MM. Fauvel, see, Verneuil et Vul- 
pian, pour faire un rapport sur la communication de M. Leven. 

M. Vulpian dit que, samedi dernier, a la Society de biologie, M. Hayem a fait sur le m6me 
sujet une communication dans laquelle il a signaie des r6sultats ayant avec ceux de M< Leven 
une extreme analogie. 

Un membre rappelle que M. Leven a adresse a l'Academie, dans la stance du 7 mars, un 
pli cachets relatii a- cette meme question. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur l'infection purulente. — La parole est 
a M. Bouley. 

L'oraleur rappelle que cette discussion, a peine commenced, fut interrompue en juin 1869 
pour laisser un libre cours a la discussion sur la vaccine. Elle devait etre reprise au mois 
d'aout 1870 lorsque survinrent les 6v6nements a jamais deplorabies qui ont afflige notre pays. 

Malgre les preoccupations penibles de toutes sortes de l'heure actuelle, l'Academie doit 
reprendre enfin, en eievant son esprit et fortifiant son cceur, le cours regulier de ses travaux. 

M. Bouley se propose d'examiner la question de l'infection purulente chez les anrmaux 
domestiques. 

II etablit d'abord que l'infection purulente existe chez les animaux domestiques et se mani- 
feste a la suite de traumatismes accidentels ou chirurgicaux, dans un assez grand nombre de. 
cas, chez des individus de certaines especes. 

On voit, dans ces cas, Fanimal presenter, a la suite du traumatisme, une prostration pro- 
fonde, l'abaissement de la temperature generate, un amaigrissement considerable. Apres la 
mort, on trouve dans les visceres, particulierement dans le foie et les poumons, comme aussi 
dans les cavites articulaires, d'enormes collections purulentes. 

Toutes les especes domestiques ne sont pas exposees a la maladie dans la meme mesure. 

M. Bouley se propose d'examiner la question de l'infection purulente : 

1° Au point de vue des especes domestiques ; 

2° Au point de vue des races et des individus; 

3* Au point de vue des conditions qui president au developpement de la maladie ; 

h° Au point de vue des indications qui ressortent de l'observation des faits. 



I/UNION MfiDICALE. 16^ 



1° Parmi les espfcces domestiques, Ie cheval est Tanimal le plus expose a Tinfection puru-r 
lente, d'abord parce qu'il est soumis a des operations chirurgicales plus frequentes, ensuite 
parce que son orgamsme est predispose a la suppuration. II est Evident que la condition 
n&essaire pour qu'il y ait infection purulente est ('existence d'une plaie qui suppure. 

Le cheval est done un animal dont Torganisme manifeste une grande tendance a la pyogenie, 
ce qui semble strange chez un animal dou6 d'une puissance musculaire et nerveuse aussi 
remarquable. 

A part la tenotomie sous-cut an6e toutes les operations chirurgicales que Ton pratique sur le 
cheval, m£rae la saignee, sont suivies de suppuration. Presque aucune plaie ne se cicatrice 
chez lui par premiere intention. 

La tendance a la suppuration, comme la predisposition a la gourme, aux flux catarrhaux, a 
la morve, etc., est le caractere de Torganisme . du cheval. Son sang est dou6 d'un degre de 
plasticity peu considerable ; il est lent a se coaguler. II ne faut done pas s'etonner si Tinfection 
purulente est relativement frequente chez cet animal et si elie constitueune complication avec 
laquelle le chirurgien veterinaire doive compter. 
. Le boeuf presente des conditions absolument differentes. 

La caracieristique de son organisme est la plasticity 

Chez lui, la suppuration est trfcs-lente a s'etablir, et, pour Tobtenir, il faut recourir a des 
moyens extr&mement violents. Tandis que, chez le cheval, il suffit pour cela d'introduire un 
fil sous la peau; chez lebceuf, au contraire, il faudra des sachets avec du sublime corrosif, 

Chez le boeuf, les plaies exposes se cicalrisent avec une extreme rapidite. En un mot, e'est 
un animal refractaire a la suppuration ; rien d'etonnant que Tinfection purulente soit chez lui 
un fait exceptional. 

Chez le mouton, animal dont Torganisme est trfes-impressionnable, les metastases sont beau- 
coup plus frequentes ; on trouve souvent des collections purulentes dans les viscferes. 

Chez le chien, les phenomfcnes d'infection purulente sont rares; cet animal jouit d'un$ 
plasticite remarquable ; chez lui, les plaies se cicatrisent trfcs-vite, par premiere intention. 

Le pore est egalement doue d'une puissance plastique considerable; il n'est pas non plus 
sujet a Tinfection purulente. 

Les oiseaux sont, parmi les espfeces animates domestiques, celles qui possfcdent la force 
plastique au plus haut degre. Leur organisme est refractaire a la suppuration, comme le 
prouvent les resultats des operations les plus graves, de la castration, par exemple, que Ton 
pratique sur les coqs. Malgre Tetendue enorme de la plaie de Toperation , la brutalite des 
operateurs et la grossifcrete des moyens d'union, la plaie se cicatrise rapidement par premiere 
intention. 

Le lapin, au point de Vtie de Tenergie de la force plastique. doit etre distingue en lapin de 
choux et lapin de garenne. L'influence du regime est chez lui considerable, ce dont il importe 
beaucoup de tenir compte quand il s'agit d'interpreter les resultats des experiences de phy- 
siologie ou de pathologie auxquelles il est si souvent soumis. 

En resume, les differentes espfeces domestiques presentent, au point de vue de la resis- 
tance de Torganisme a la suppuration et k Tinfection purulente, une echelle sur laquelle elles 
sont disposees dans Tordre suivant : 1° oiseaux, 2° boeuf, 3° chien, 4* pore, 5° mouton, 
6° lapin, T cheval. 

T Si maintenant nous considerons, dans chaque espfece, les races et les individus, nous 
trouvons que, chez le cheval, il existe une difference fondamentale entre le cheval commun 
et le cheval de sang, au point de vue de la susceptibility a la suppuration et a Tinfection. 
Ainsi, tandis que, chez le premier, la castration, par exemple, est suivie d'un engorgement 
enorme de la plaie par infiltration sereuse et d'une suppuration extremement abondante, chez 
le cheval.de sang, au contraire, la plaie est sfcche, sans engorgement, et se cicatrise genera- 
lement dans un temps trfes-court sans aucune complication. Chez le cheval de sang, qu'il soft 
de race naturelle ou artificielle , Tinfluence de Theredite a developpe une plus grande force 
de resistance plastique, de cohesion, pour ainsi dire, des solides et des liquiaes; a ce resultat 
ont concouru, comme elements, le choix intelligent des reproducteurs, une alimentation 
choisie, Texercice; en un mot, les diverges conditions d'une hygiene bien entendue. L'homme, 
par une direction intelligente, fait, en quelque sorte, de la bonns chair de cheval de beau- 
coup superieure a celle du cheval commun et dou6e d'une plus grande resistance organique. 

Dans l'esptoe bovine, il n'existe pas de difference notable entre les races, au point de vue 
de Taptitude a Tinfection purulente. Toutes les races sont egalement refractaires a la suppu- 
ration, a Tinfection purulente, aux metastases viscerates. 

Il n'en est pas de meme du mouton chez lequel, d'ailleurs, Tinfluence des milieux exerce 
une action considerable, de manifere a modifier Torganisme dans un temps tres-court* L'orga* 
nisme du mouton nourri dans des regions basses et humides ne presente pas , tant s'on faut* 
le degre de resistance du mouton transports dans les regions eievees et s6ches. 

Les m£mes resultats s'observent chez le lapin, dont Torganisme est egalement profondement 
modifie par le regime hygienique, au point d'introduire de grandes differences dans les resul- 
tats des traumatismes infliges a cet animal dans un but d'experimentation physiologique ou 
pathologique. D'ou le precepte, pour Texperimentateur, de soumettre prealablement Tanimal a 
un bom regime, afin d'ebtenir des resultats concluants quand il s'agit, par exemple, d'expe- 
riences d'inoculation de diverses substances dont on veut determiner les effets. 



166 I/UNION MfiDICAJLE. 



3° Parmi les conditions qui favorisent le developpement de l'infection purulente ou putride 
11 faut citer : 

i° La region du corps qui est le siege du traumatisme accidentel ou chirurgical. Les metas- 
tases ont d'autant plus de chances de se produire que la region est plus riche en vaisseaux 
veineux. Ainsi la region du corps du cheval ou un traumatisme quelconque est le plus souvent 
suivi d'infection purulente, est celle du pied. Or, cette region est extrftmement riche en vais- 
seaux veineux. L'infection purulente est egalement trfcs-frequente, chez le cheval, a la saignee 
de la veine jugulaire. Des inflammations traumatiques de la vessie, chez le m&me animal, sont 
aussi suivies de phenomfcnes d'infection purulente. 

2° Les conditions les plus favorables a l'infection purulente sont celles du milieu ou vivent 
les animaux. Les mauvaises conditions hygieniques, surtout celles qui resultent de rencom- 
brement, favorisent le developpement de l'infection purulente ou putride. C'est ce qui rfsulte 
d'observations failes a l'Ecole d'Alfort ou, du temps de Renaud et de Delafond, ces compli- 
cations etaient extr&mement frequentes, tandis qu elles sont devenues beaucoup plus rares 
aujourd'hui, grace a de meilleures dispositions nygfeniques d'installation et surtout d'isole- 
ment des animaux. 

3° Une autre condition du developpement de l'infection purulente tient au mode du trau- 
matisme. Plus celui-ci est complique, plus la plaie est etendue, anfractueuse , phis il y a de 
chance de decomposition organique et, partant, d'infection purulente. C'est ainsi que, chez le 
cheval, les plaies par ecrasement du pied presentent souvent cette terrible complication. 

L'ideal de la chirurgie operatoire, chez le cheval, serait la pratique des operations par la 
tnethode sous-cutanee, si elle pouvait etre g£n6ralis£e. 

Ainsi, plus une plaie est simple, peu Vendue, peu compliquee, plus il y a chance, pour 
l'animal, d'echapper a l'infection purulente. 

Des considerations qui precedent it resulte : 

1° Que les accidents d'infection purulente sont d'autant plus rares chez les animaux, qu'ils 
sont dou6s d'une force plastique plus developpee; ils sont d'autant plus frequents que les 
conditions contraires sont plus marquees. 

2° Ces accidents sont d'autant plus communs que les animaux sont plus exposes al'influence 
de milieu dans lesquels existent des miasmes dus a l'encombrement et a la presence de 
znatiferes organiques en decomposition ; ils sont d'autant plus rares que les conditions hygie- 
niques sont meilleures. 

3° L'infection purulente a d'autant moins de chances de se produire que la blessure est 
plus simple et moins exposee aux phenomfenes de la decomposition putride ; elle est d'autant 
plus a craindre dans le cas contraire. 

A cette refection il est utile d'associer les veritables toniques, agents susceptibles d'exercer 
sur la substance organique vivante une influence capable de lui communiquer une certaine 
propriety d'imputrescibilite. Goyer, auteur veterinaire trfes-estimable , quoique peu connu, 
avait observe que des chevaux auxquels il administrait, pendant un certain temps, une dose 
quotidienne de 50 a 60 grammes de poudre de tannin, offraient, aprfes avoir ete abattus, une 
resistance a la putrefaction de beaucoup superieure a celle dont etaient doues les chevaux qui 
n'avaient pas pris de tannin. 

Le quinquina est probablement dou6 de proprietes antiputrides semblables ; il n'est pas 
deraisonnable de penser egalement que la phtnication continu6e pendant un certain temps 

Sourrait produire des effets analogues. Il est legitime d'esperer que des animaux, soumis pen- 
ant une periode de temps convenable a Hnfluence des toniques , deviendraient plus capables 
de supporter Taction des causes traumatiques que des organismes affaiblis par la misfcre et 
les pnvations. 

Les indications qui resultent de Ik au point de vue de la prophylaxie et de la therapeutique 
sont les suivantes : 

1° Il convient de modifier l'organisme par la refection alimentaire; il faut done nourrir les 
animaux avant et aprfcs les operations. La difete ne leur convient ni dans les maladies 
internes, ni dans les traumatismes; on peut, a cet egard, livrer les animaux malades a leur 
instinct sans crainte qu'ils en abusent La medecine veterinaire est bien revenue aujourd'hui 
pour le grand bien des animaux, des errements funestes ou les doctrines de Broussais avaient 
jete la medecine humaine. 

II importe done de nourrir les animaux blesses ou operes afin de leurdonner la force qui 
doit rendre leur organisme moins impressionnable aux agents exterieurs. 

Une deuxifcme indication est de placer les operes dans les meilleures conditions de milieu 
et de realiser le plus possible l'isolement, aussi utile a l'animal qu'a l'homme. II faut done 
londamner les grands hopitaux ou se produisent de funestes agglomerations de malades ; ce 
ne sont pas des h6pitaux, mais des necropoles. 

Une troisifeme indication est de simplifier le plus possible les operations. 

11 y a peu de chose a dire sur le traitement curatif de l'infection purulente. Lorsque le sang 
est infecte, que le poumon, le foie, la rate, les cavites articulaires sont envahis par des collec- 
tions de pus liquide ou concrete combine, en quelque sorte, avec la trame organique, pourrait- 
on conserver encore l'espoir de conserver l'organisme par un moyen quelconque ? 

Relativement a la doctrine de Pinfection purulente, M. Bouley pense que cette etude est 



L'UNION MED1CALE. lW 



difficile. L'observation des faits montre que Finfection purulente ne peut avoir lieu lorsque 
Forganisme possede une puissance de plasticity telle que la cicatrisation des plaies s'opere 
nettement et franchement par premiere ou par deuxieme intention. Pour que Finfection se 
produise, il faut toujours, k son avis, Fintervention d'un travail de putridity locale dont les 
produits ou elements septiques, absorbs et transported par la voie de la circulation veineuse 
ou lymphatique, vont infecter le sang tout entier et en determiner la disorganisation par la 
repullulation de F6tement ou du ferment morbide introduit d'abord en minime quantity. Telle 
est la condition n^ce^saire, fatale, de Finfection purulente. 

Quant & Fexistence d'un virus special, admis par M. Verneuil sous le nom de virus trau- 
matique, M. Bouley ne saurait la reconnattre d'apresce que nous savons du mode d'action de$ 
virus. Le mot virus implique Finoculation certaine de Fetement virulent et la reproduction de 
la semence morbide ainsi introduite dans Forganisme. Or, Fobservation montre qu'une plaie 
peut fttre mise en contact avec un liquide traumatique sans qu'il en r6sulte les ph^nomenes 
de Finfection purulente. 

A part ce dissentiment, M. Bouley s'applaudit d'etre d'accord avec M. Verneuil sur tous les 
autres points concernant les trois facteurs de Finfection purulente; &savoir : le sujet, lables- 
sure et le milieu. 

— M. Gosselin presente, au nom de M. Simon Duplay, le quatrieme fascicule du troisifeme 
volume du Traiti ilementaire de pathologic externe commence* par E. Follin. 

— La seance est lev6e k cinq heures. 

■ ■ ■ 1 1 i 1 1 ii i i i . .I ■ i » ■■ ii iii ■ i i « i i ■ 1 1 a m , 

FORMULAIRE 



POMMADE RESOLUTIVE. 

lodure de plomb. ............ 2 grammes. 

Ghlorhydrate d'ammoniaque 2 — 

Axonge r&ente 30 — 

Melez. — En frictions, deux fois par jour, sur les tumeurs ganglionnaires. — N. G. 

» . ■. . 

Ephemerides Medieales. — 23 Mars 1656. 

Marguerite P6rier, jeune fille Ag6e de 10 ans, atteinte d'une fistule lacrymale jugee incu- 
rable, est gu6rie « en un moment » par Fattouchement de la Sainte Epine. La merae e*pine 
guent aussi instantan6ment, le 27 mai 1657, Claude Baudran, Ag6e de 15 ans, que les m6de- 
cins allaient ponctionner pour une hydropisie ascite. Je possede une gravure du temps, reprg- 
sentant ces deux bienheureuses fillettes k genoux, devant un autel, et remerciant jDieu du 
miracle qu'il a ope>e" k leur profit Au bas de cette gravure on lit ceci : 

« Les parents de Fune et Fautre, pleins de reconnaissance, et pour conserver k la posterity 
« la m6moire de ces miracles, ont d6di6 ce tableau k la Sainte Epine de J6sus- Christ, notre 
« Sauveur, par la vertu de laquelle ils avaient regu de Dieu ce bienfait. » 

A Paris, chez Gautrou, quay de la Megisserie, k la ville de Rome. — A. Ch. 

COURRIER 



L'assainissement des ^tables. — Les Prussiens nous ont ruin6s me'thodiquement; mais, 
aussi m6thodiquement< — ce qui n'est pas une compensation — ils ont encombre* toutes les 
parties de nos habitations des ordures les plus immondes, au milieu desquelles fourmiilent en 
abondance les diffe'rentes varies d'acarus. 

L'acarus du cheval surtout est fort commun dans les enables des environs de Paris, et Fon 
sait avec quelle rapidite* il se propage. Nous croyons done utile d'indiquer un moyen pour 
assainir les enables infeste*es. 

Nettoyer d'abord parfaitement les ^tables, badigeonner k Feau de chaux les murs et le pla- 
fond, si e'est possible; mais surtout — - et e'est \k le point essentiel pour Fassainissement — 
toucher tous les interstices du local, en fermer les fenetres, de facon qu'il n'y ait aucune 
communication avec Fair exterieur ; placer au milieu de la piece un rgchaud allume\ sur lequel 
on jettera deux ou trois billesde soufre, seion la capacity de ratable, puis fermer la porte 
bien herme*tiquement, et laisser ainsi cios pendant vingt-quatre heures. 

La combustion du soufre amenera la formation d'une quantity d'acide sulfureux jusqu'fc 
extinction d'oxygene ambiant, et cet acide sulfureux de*truira tous les acarus possibles, si bien 
caches soient-ils. 

Nous pouvons ajouter, en outre, que la plus grande partie, sinon tout, de ce que Fon est 
convenu d'appeler les miasmes deleteres precedemment suspendus dans Fair de lMtable, seront 
neutralises par Facide sulfureux. — Jean Tapie\ 



169 L'UNION MfiMCALE. 



— La France nUdicale nous apprepd que, par une circulaire confidentielle adress6e aux 
recteurs, le minislre de 1 -instruction publique recommandedfcs a present, comme itnperieuse, 
Fetude de la langue allemande dans tous les lyc6es de la Republique. Pour appuyer sa recom- 
mandation, le minislre dit en termes exprfcs : 

« Si les generations nouvelles veulent s'opposer a l'envahissement de la race germanique, 
il faut qu'efles la comprennent, qu'elles Fanaiysent et qu'elles puissent, a leur tour, p£n6trer 
dans ses terres et s'y faire comprendre. » 

Statistique dk Londres. — On eerit de Londres, a la LiberU dous la date du 16 mars t 

« Le cotiservateur general (registrar) des actes de naissance, deefcs et mariages fcn Angle- 
terre, vient de publier son rapport annuel sur l'etat de situation de son departement. Nous en 
extrayons les statistiques suivantes, relatives seulement a la ville de Londres : 

« La superficie totale de Londres, d'aprfcs la division cadastrale proprement dite, est de 
77,997 acres, ou 122 milles carres, equivalant a 51,563 hectares, ou 316 kilometres carres. 

« Le nombre des maisons s'eifcve a 412,997, habitees par 7 ou 8personnes en moyenne 
pour chaque maison ; la valeur totale estimative d'aprfes les roles des commissaires repartiteurs, 
en est de 15,261,999 1. st La densite de 1a population est de 102 personnespar hectare, 41 par 
acre, et 26,398 par mille carre. L'eievation moyenne de la ville au-dessus de la marque des 
hautea eaux a Fetiage de la Trinity, est de 11,9 metres. Gette Ovation varie de 3 a 4 metres 
au-dessous du niveau pour le quartier des marais Plumstead, a 131 milles au-dessus de ce 
m£me niveau pour les quartiers de Hampstead. 

« La population totale de la ville s'eifcve a 3,214,707 habitants, divis^s comme suit : sexe 
masculin, 1,499,339; sexe feminin, 1,715,368. La moyenne d'augmentation dela population 
de 1851 a 1861, est de 1,73 p. 100. Les naissances ont ete, pour 1870, comme suit : sexe mas- 
culin, 58,031, sexe feminin, 55,468. Total, 113,499 ; augmentation par 1,000, 35,31. 

« Dans la m&me ann6e, les d£c&s ont ete : males, 39,730 ; femmes, 37,548. Le rapport de 
la mortality avec la population a ete, en moyenne, de 24,12 par 1,000 habitants, savoir : 
26,58 pour les males, 21,96 pour les femmes 

« La population de Londres deborde en ce moment des limites de latille et se jette en 
nombre assez considerable sur les ceintures exterieures des terres environnantes ; en sorle que 
le chiffre de 3,214,707, fixe comme celui de la population urbaine, n'est qu'approximatif et ne 
sera regularise qu'au prochain denombrement de la metropole. Quant a la population habitant 
dans les limites du ressort de la police metropolitans, et attendant sur la surface d'un cercle 
dont Charing-Cross serait le centre, avec un rayon de 15 milles de long, elle est estimee a 
3,753,763 habitants. 

« T compris la metropole, les 20 grandes viiles du royaume avec leur population estimative 
de 7,216,825 ames, embrassent une superficie totale de 383 1/3 milles. Dans ces 20 viiles, il 
est mort 182,819 personnes en 1870, contre 259,910 naissances. La proportion des naissances 
a done ete de 36 1/4 pour 1,000 habitants, et celle des decfes 25 3/4. 

« Dans 17 grandes viiles anglaises, la mortality dans les hdpitaux et autres etablissements 
publics a ete de 14 p. 100 sur le chiffre total. La proportion a varie dans ces differentes viiles. 
A Londres, elle a 6t6 de 16 p. 100 ; a Manchester, 15 p. 100; a Liverpool, 15 p. 100; a Wol- 
verhampton, 4 p. 100, et a Bradford, 3 p. 100. 

« Dans Londres proprement dit, on a remarque que la mortalite est generalement plus 
considerable dans les districts de Test que dans ceux de l'ouest. 

« Dans l'annee 1870, la mortalite generale a depasse ie chiffre de la moyenne annuelle, tant 
dans les dictricts de Test que dans ceux de l'ouest. Mais le systfcme dugouts adapte aux dis- 
tricts marecageux de la partie sud de la ville a eu pour effet de reduire la mortalite dans ces 
quartiers. Depuis 1840 la progression descendante a ete de 26,6 24,4 et 23,2. 

« Dans Fespace de trente et une annees, la petite verole seulement a cause 25,061 decfts 
dans la ville de Londres. Celle qui a commence a sevir a la fin de 1870 est d'une esptee nou- 
velle; elle a ete particulifcrement remarquable par son degre d'intensite* » 

— La maison de sante de M** Rivet, nee Brierre de Boismont, vient d'etre rouverte Grande* 
Rue de Saint-Mande, 120. 



TRAIT* DES FISTULES URO-GENITALES OE LA FEMME,comprenantJesfistule9 vesicovaginal^ 
vesicates cervico-vaginales, ur6thro-vaginales, vesicates cervico-uterines, uretero-vaginales 
et ureterales cervico-uterines, par L. Deroubaix, chirurgien des bdpitaux civils de Bruxellesi 
professeur a FUniversite de Bruxelles. 1870, un volume in-8* de xix-823 pages, avec figures* 
— Prix : 12 fr. 

L'HERPiTISME, pathogenie, manifestations, traitement, pathologie experimentale et conlpjuree* 
par M. le docteur L. Gigot-Suard, medecin consultant aux eaux de GauterGts, medecin da 
rhdpital de Levroux, membre de la Societe d'hydrologie medicale de Paris. Un grand in-8 
de viii-468 pages. — Prix ; 8 fr* 
Ces deux ouvrages se trouvent chez J.-B. Baillifcre et fils, libraires, rue Hautefeuille, 19. 

Le Gerant, G. RicheLOT. 

mmtmtmmmtmmm^^m m un i^^M^mfiiii n ni l tmn m i mil n i umi » i. — »»— pa»^^— —»^^»^ , , , , , h i i i im . ■ 

Paris. — Typographic Jtfuux Maltrstb et C*, rue des Deux-Porte**Saint-Sauveur, 22. 



N» 15 I/UNION BD6DICALE |Samedi 26 Mars 18*1 

HYGlfiNE PUBLIQUE 



<i i i mi hi 



•lHISTtftE DE L'AfcMCULtflAE ET DU COMMERCE 

GOMITI CONSULTATIF D'flTGltftE PUBLIQUE 

ftatfpoft en r6pdn«e 4 noe lettre de M. I© 3ttal«tr© d© PAgrifcitlttire et dtt e<mmteree 
iur f©« ttftsitre* A prendre k l'e*Ard des cttdfttr©* de# vt ©times de h* gtierre , 
Iiititiiae* A ttM© pi>ofaiid©iir in*uftt«iutte tntt dfte** ehatmptt de faotAflie. 

Oojnfciiseaires : MM* Bussy, Fauvel, Michel Levy, H. Bouley, Reynattd, 

ct Amed6e Latour* rapporteur* 

(Publte par autorisatloa <ie M. le ininistre. } 

Monsieur Ministry 

Par voire lettre datee de Bordeaux, le 2 mars dernier, vous avez demand^ au 
Comit6 consultatif d'hygiene publique son examen et son avis sur lea mesures a 
prendre en vue de preserver la sant6 publique des dangers qui pourraient r&sulter 
de rinhumation, a une profondeur insufflsante, des cadavres des combattants date 
la dernifere guerre sur plusieurs champs de bataille autour de Paris et dans les 
departments. 

Le Comite, comprenant l'urgence d'une action rapide et s'associant k votre legi- 
time sollicitude , s'empresse de vous faire connaltre le resultat de sea deliberations 
sur la question que vous lui avez fkit Fhonneur de lui adresser. • 

Et d'abord, Monsieur le Ministre, le Comite ignore dans quelles cotiditiohs ont 
ete enters les morts apr&s les batailles livreies hors de Paris. II est probable que 
les inhuihations se sont faites la comme elles Font 6te aux environs de la capitale, 
et peut-etre mfime dans des conditions plus f&cheuses, les batailles ayant 6te plus 
sanglantes, plus frequentes et livrees par des belligerants beaucoup plus nombreux. 

De la la necessity comme vous le desirez avec tant de raison, de prendre des 
mesures d'ensemble ; de la aussi, pour le Comite, la preoccupation qui l'a guide de 
proposer des mesures partout et facilement applicables. 

Sur la premiere question que vous adressez au Comite, Monsieur le ministre, a 
savoir si ^elevation d'un tumulus en terre sur les tombes renfermant utn plus ou 
moins grand nombre de cadavres offre des garanties assez serieuses* le Comite a 
l'honneur de vous repondre que, vu la saison dans laquelle nous entrons, vu le 
temps qui s'est fooule depute rinhumation et qui a suffl A mettre les ekdavres m 

FEU1LLETON 

DBS AMBULANCES. 

&NQUIEME LETTfcE* 

Monliour le directeur , 

Oh! je ne veu*, croyez-Ie bien, vous parler que mddecine. Le cc&ur dGborde sans doute, st 
les tristesses envahissent et absorbent les facultGs de Pesprit ; mais nous n'avons pas le droit 
de nous abltner dans notre affection \ 11 faut que nos douleurs solent fecondes, il faut que 
Ptyreuve serve de lecon et que Ton en degage renscignement qu'elle comporie, 

Et qui de nous n*a pas quelque reproche k se faire ? En est-il un qui puisse &e declarer coffl- 
pletemenl degage* de tdute responsabilite" vis-&-vis des causes de nos malheurs f 

Un des premiers, mon cher confrere, vous nous avez montre* les dangers de cette science et 
de cette phllosophie qui, affreusement cons^quente avec elle-meme, se glorifife de supprimer 
Ibb plus nobles attributs de Thumanit^, aspirant & remplacer la raison par le fait* le sentiment 
,p&r fa force, la liberty par la fatality. 

Que ceux-ld qui ont sacrifte sur les autels de ce dieu de Tactualite s'avouent les premiers 
Coupables en voyant ce que nous cotite le sacrifice, fit que ceux^-la qui ont applaudi, enivre"s 

§ar la fume'e de Tholocauste, se reprochent aussi les ruines de nos foyers et les d6chiremente 
e notre patrle. 

6ombien croyez-vous quHl y en ait parmi nous qui, pench6s sur une de ces plaies affreuses 

oix la mitraille a confondu dans un putrilage uniforme la peau, les muscles ou les os, ou bien 

en face de ces malheureux plongefi dans un 6tat de stupeurmorbide, de ceux quiiperdent par 

ous les pores un sang empoisonne* et sans vie, qui parmi nous, dis-je, aient fait h ce spectacle un 

Tome XL — Trouitone lirie. 15 



17p L'UNION MfiDlCAJJE. 



• 



pleine decomposition, le Comite emet Topinjon qu'il faut rejeter absolument l'idee 
de Pexhumation immediate d'un aussi grand nombre de cadavres. lln'a pas besoin, 
pense-t-il, d'insister sur les inconvenients que pourraient produire les emanations 
d'une aussi grande quantite de matiere putride. II faut eviter a tout prix cette con- 
dition. 

Dans ce but, le Comit6 estime que le moyen actuellement le plus pratiquable et 
suffisamment sur est d'elever, sur les fosses ou les tranchees renfermant un 
plus ou moins erand nombre de cadavres, un tumulus en terre ne depassant pas 
40 ou 50 centimetres de hauteur. Ce tumulus devrait etre, d'ailleurs, immediatement 
ensemence de graines de plantes a vegetation rapide, et surtout avides d'azote, telles 
que Theliantus (grand soleil), le galliga officinalis, la moutarde, le topinambour ou 
quelques graminees qui, coupees en vert, seraient employees comme fourrage (1). 
Ce moyen facile, qui pourrait d'ailleurs n'etre que provisoire, en permettant d'at- 
tendre l'hiver prochain pour proceder, si c'etait necessaire, au deplacement des 
sepultures, parait au Comite presenter des garanties serieuses pour la sauvegarde de 
la sante publique. 

Mais, un autre cas se presente et il est frequent aux environs de Paris, ou, dans 
un jardin, un clos, un champ, on rencontre plusieurs tombes ne renfermant cha- 
ctme qu'un cadavre, mais inhume a une profondeur egalement insuffisante. Dans 
cette condition, il paraitrait difficile et peu equitable d'imposer au proprietaire du 
sol la servitude de plusieurs tumuli. Le Comite pense que, dans des cas de ce 
genre, l'Administration pourrait prescrire la mesure suivante : 

Creuser parallelement a la fosse qui renferme le cadavre et aussi pres que pos- 
sible d'elle, une fosse de 1 metre 50 a 2 metres de profondeur, dimension prescrile 
par le decret du 23 prairial an XII, enlever la couche de terre recouvrant le cadavre, 
repandre sur celui-ci une quantite suffisante de chlorure d'oxyde de chaux.pour le 
desinfecter, puis a le faire glisser dans la fosse nouvellement creusee , placer 1c 
cadavre sur un lit de chaux vive, dont il serait recouvert avant de le couvrir de 
terre. 

Vous demandez aussi au Comite, Monsieur le ministre, « s'il ne conviendrait pas 
de chercher d'autres garanlies dans l'emploi sur place de certains agents chimiques 
et dans la mise en culture, sur une zone determinee, des terrains les plus rappro- 
ches des points d'enfouissement. » 

Sur le premier point, le Comite croit devoir vous faire observer que l'emploi de 

■ 

(1) LTieliantus (grand soldi) est une plante prtaieuse au point de vue de sa faculty d'absorption des 
produits azotes et dont toutes les parties sont utilisables. Sa graine donne une huile douce excellence, 
ses feuilles font un bon fourrage et sa tige est un combustible leger utile au cbauffage du four. 

retour sur eux-m6mes et se soient dit : A tel jour, a telle heure, j'ai transigS avec ma conscience 
pour exaiter telle thgorie, pour prdner telle 6cole, et je suis entre\ moi aussi, dans la voie qui 
aboulil a ces de*sastres, et pour ma part (Taction et d'influence, si petite qu'elle soit, j'ai poussg 
l'humanit6 dans le sens de ces folies, vers de telles horreurs. 

Mais, avons-nous dit, c'est de m6decine que je veux vous parler !... Pauvres malades, tristes 
ambulances! La mort y a fait de grands ravages ce mois-ci; les maladies y ont 6t6 rapides, 

f raves, funestes pour beaucoup ; les fievres typhoides, les affections pulmonaires ont fait nom- 
re de victimes; et plusieurs fois j'ai pu voir ceux-la qui avaient 6chapp6 aux formes les plus 
s^veres de ces terribles affections, succomber au milieu des ecueiis de la convalescence, a une 
alteration scorbutique du sang, ainsi que je vais le raconter. 

Du 7 Janvier au 6 fevrier, je compte a peu pres 180 observations ou notes recueillies par 
moi ; si j'en exclus 15 qui ont trait a des affections traumatiques et n'ont que peu de rapport 
avec cette 6tude me'dicale, il me reste un chiffre de 165 malades. Sur ce chiffre, je compte 
29 deces, c'est-a-dire la proportion veritablement excessive de 1 sur 6 ou de 17 p. 100. 

Ces chiffres sont plus significatifs encore si, au lieu de les rexinir en masse, on les compare 
en les groupant par nature de maladie : ainsi les fievres continues ont i'ourni 27 malades, dont 
23 fievres typhoides confirmees et l\ fievres de moindre importance, fievres gastriques. Le 
chiffre de leur mortality s'est eleve* a 10, soit un peu plus du tiers. 

Les pneumonies franches, lobaires, avec he*patisation, ont augments beaucoup de frequence 
ce dernier mois; j'en compte 25, dont 7 ont eu une fin fa tale; soit un peu plus du quart, un 
peu moins du tiers. 

A c6l4 de cela, il faut placer les broncho-pneumonies, sur la nature desquelles je me pro- 
pose de revenir, et qui, pour un total de 15 cas, en donnent 7 mortels, soit presque la moitie*. 

Quant aux tuberculeux proprement dits, je n'en compte que 9, dont 3 de*ces, c'est-a-dire 
un tiers. 

Il y a, dans la frequence et la gravite relative de ces diverses affections pulmonaires, un 



L'UNION M&DICALE. 171 



moyens chimiques sur place, soit pour la disinfection, moyens qui sont nombreux, 
tels que le goudron, le coaltar, l'acide phenique, le sulfate et le chlorure de zinc, 
le sulfate de fer, le chlorure de chaux; soit pour la destruction, ia desagregation et 
la carbonisation des matieres organiques, tels que certains acides mineraux concen- 
tres ; que l'emploi de ces moyens, disons-nous , exigerait le deterrement des 
cadavres et expaserait, par consequent, aux inconvenients de l'exhumation repoussee 
par le Comite ; que les cadavres peuvent n'avoir pas ete places cote a cote, mais 
avoir ete superposes, et que, pour penetrer cette masse et agir eflicacement sur elle, 
les agents chirpiques les plus energiques pourraient n'avoir qu'une action limitee 
aux couches les plus superficielles; que, enfin, la quantite considerable qu'il fau- 
drait employer de ces agents rendrait le procede tres-dispendieux et par cela meme 
peu pratique. 

Sur le second point, rien, en effet, de plus rationnel, de plus en harmonie avec 
les donnees de la physiologie et de plus conforme aux prescriptions des decrets et 
reglements qui regissent la police des cimetieres que la mise en culture et les plan- 
tations des terrains rapproches des sepultures. 

Les mesures que le Comite a l'honneur de vous proposer, Monsieur le ministre, 
different en partie de celles qui ont ete conseillees ailleurs, et qui sont, aujourd'hui, 
en pleine voie d'execution aux environs de Paris, d'apres Tordre de M. le ministre 
des travaux publics, sous la direction d'un ingenieur des ponts et chaussees. 
Elles en different en ce que : 1° le Comite ne croit devoir conseiller l'emploi 
d'aucun agent chimique ou disinfectant, prealablement a 1 'elevation du tumulus, 
car ces agents s'opposeraient a la germination et au developpement des graines 
ensemencees, alors que le Comite place, au contraire, toute sa confiance dans les 
phenomenes de la vegetation comme moyen d'absorption rapide des produits de la 
decomposition putride; 2<> en conseillant de diminuer considerablement l'elevation 
du tumulus, aftn que cette absorption par les plantes soit prompte et faciler; 
3<> enfin, par le choix de ces plantes fait parmi celles dont Taffinite pour les ma- 
tieres azotees est le mieux demontree. 

II y a urgence dans l'execution de ces travaux. II existe dans les communes sub- 
urbaines des sepultures ou les corps sont litteralement a fleur de terre, et dont les 
extremites se montrent au-dessus du sol, d'autres dont l'abdomen ballonne par les 
gaz de la putrefaction fait saillie au dehors, montrant l'affligeant spectacle de larves 
de mouches devorant un etre humain. Une foule, avide demotions, se transporte, 
surtout le dimanche, vers ces differents champs de sepulture, et Tun de nous a vu, 
pres des batteries prusiennes du plateau de Cbatillon, des curieux fouiller du bout 
de leurs Cannes, ou meme avec leurs mains, les quelques centimetres de terre qui 

enseignement qu'il faut essayer de degager, dut-on, pour cela, faire quelque emprunt a la 
science allemande. 

La temperature exceplionnel lenient froide que nous avons eu a supporter au mois de Jan- 
vier, explique assez la frequence de ces affections des voies respiratoires. Un moment meme, 
les pneumonies ont 6t6 si multiplies , que sur cinq malades nouveaux , par exemple, on en 
rencontrait toujours au moins trois, sou vent quatre, atteints de pneumonie. 

Mais e'est peu de dire pneumonie si Ton ne cberche a bien determiner plus specialement 
quelle fut la forme de la maladie. Qui dit pneumonie, dit lesion inflammatoire du parenchyme 
pulmonaire ; mais la lesion inflammatoire n'est pas toujours , dans tous ses points et dans 
toutes ses phases, identique a elle-m£me; e'est comme une gamme chromatique dans laquelle 
on peut distinguer nombre de tons divers. 

Nos micrographes pensent que, mis en presence d'un produit specifique, carcinomateux, par 
exemple, ils peuvent determiner non-seulement sa nature, mais encore, jusqu'a un certain 
point, l'organe qui lui a servi de support et de matrice. En un mot, le cancer du foie ne res- 
semble pas absolument au cancer de l'ovaire, et les cancers visc£raux se distinguent du cancer 
des organes de la vie de relation. 

S'il en est ainsi des produits sp&ifiques, a combien plus forte raison n'en sera-t-il pas de 
m^me des affections aigues dans lesquelles Torgane, lese tout d'un coup dans ses elements 
essentiels, voit la puissance fonctionnelle aneantie d'embiee ou plus ou moins profondement 
alteree. 

Aussi, me rappelant l'idee de Sydenham sur l'espfcce d'individualite que presentent les ma- 
ladies chroniques par opposition avec les maladies aigues, je suis porte a croire qu'il vaut 
mieux etendre cette idee a la fois aux maladies aigues et aux maladies chroniques. On s'expli- 
quera mieux alors pourquoi telle pneumonie ressemble si peu a telle autre, pourquoi la pneu- 
monie du sommet diffkre tant de la pneumonie de la base, pourquoi , dans certains moments, 
nous voyons les pneumonies benignes se terminer toutes par la guerisoji, pourquoi, a quelque 



:'*■ 



I7B I/BNHW MfiMCALSk 



recouvrent les cadavres, en mettre a nu, sans repugnance apparehte, certaines 
parties exhalant une odeur infecte. 

Done* aussi bien pour la decence et la morale publique que pour Tint6ret sani- 
taire, il y a lieu de faire cesser, le plus vite possible, ce spectacle attristant. 

Les mesures que le Comite a l'honneur de vous proposer, Monsieur le ministre, 
peuvent jetre partout immediatement appliquees. En resum6, elles consistent en : 

1<> Elevation d'un tumulus en terre de 40 a 60 centimetres de hauteur sur les 
fosses ou les tranchees renfermant un plus ou moins grand nombre de cadavres, et 
ensemence de plantes k vegetation rapide et avides d'azote. 

2° Exhumation rapide des cadavres isoles, desinfectes et places dans une fosse 
creusee parallellement, et le plus pres possible de la fosse ancienne, et couches sur 
nn lit de chaux vive. 

3° Culture et plantation des terrains dans la zone la plus rapprochee des sepul- 
tures. 

L 'execution et la surveillance de ces mesures pourraient etre conflees, hors de 
Paris, aux Conseils d'hygiene et de salubrite des departements et des arrondisse- 
ments qui ressortissent a votre ministere. 
Paris, le 20 mars 1871. 

Le rapporteur, Amedee Latour. 

Approuve par le Comite* dans sa seance du 20 mars 1871 , 
Le president, signe : A. Tardieu. 

■■ ' '""""■ jib w j ■ ■ ■■ jiji.i imp; i i- I'luni 



THfRAPEUTiaUE 



ntimmm sur lb tbaitbmert de la pneomonie pab i/acetatb bbvybe jib pun (<) ; 

Prfesente I l'Academie de medecine, le 15 octobre 1867, 
Par le docteqr G, Strorx, professeur agrege* k la Faculte de m£decine de Strasbourg. 

OBS. V» «*- Bronchite aigui, puis pneumonie double ; h la fin, abchs dupowum? prtparat, 

antimoniales ; ventouses scarif.; acet. plomb* Gufrison, 

Homme de 70 ans, brocanteur; bien conserve ; logeraent humide. Tousse depois quinze 
Jours : exacerbation depute deux jours. 

(1) Suite. — Voir le numero du 18 mars. 

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temps de \k, on rencontre surtout des pneumonies graves par leur 6tendue , leur profondeur, 
lew rapidity devolution, pourquoi enfin, dans d'autres circonstances, vous voyez un si grand 
nombre de ces affections se transformer, pour ainsi dire, en une affection chronique-aigufe, et 
finir en phtbisie galopante, forme k laquelle se rattachent les lesions cas6euses. 

C'est ce dernier mode de terminaison qut m'a le plus frappe* et par sa malheureuse gravity 
et par sa frequence anormale, dans les cas nombreu* que j'ai eus sous les yeux. Et ce fait ne 
pouvait e*chapper k Tobservation quand je voyais la moi'tie" de ces malades qui ^talent entre*s 
avec les signes apparents d'une bronchio-pneumonie, arriver rapidement k une fonte puru- 
lenle du pafenchyme cles poumons et mourir avecune transformation case*euse conside"rable 
de ces organes. 

On peut sans doute trouver dans les conditions anatomiques de Fappareil respiratoire la 
raison de la frequence plus grande des pneumonies h droite. On peut aussi incriminer, coinme 
on vient de le raire si Justement k la tribune de TAead^mie, on peut incriminer les habitudes 
alcooliques de la population, et lui reprocher de mettre Forgane pulmonaire dans un e'tat 
d'imminence morbide inevitable, en le condamnant k un travail d'glimination excessif et beau- 
coup trop rep6te\ On peut accuser encore cette m6me cause d'apporter dans involution de 
J'acte Jnflammatoire, quel que soit d'ailleurs leviscere dans lequel il se produit, une tendance 
k la degeneration graisseuse, soit par le fait de Pinfirmit6 dont la nutrition est directement 
atteinte, soit secondairement, par Tappauvrissement qui acoompagne ngcessairemenl dans les 
tissus les productions scl^rosjques. 

De !& les nSoplasies pauvres, comme Lebert a nomm6 le tubercule; de Ik ces productions 
gpitheliales ou meine simplement nucleaires, dans lesquelles la puissance formatrice n a 
d effort que pour de*poser dans les tissus un element mort-n6, dont toute revolution lie consiste 
qu'en metamorphoses retrogrades, sorte de d£sagregation cadave"rique. 

On a dit mie nous eHions te siecle des avortements : m6dicalement pariant, cela ne vous 
parait-il pas bien exact? 



LTJNION MfiDlCALE. in 



30 njai. Dyspnee, toux frequente, rftles sibilants et muqueux ; douleur pleurodynique & gaucli* 
en arrfere, sans trace d'epanchement Pouls a 90. Langue chargee, nauseeg, douleurs epigas- 
triques. Quinze ventouses scariflees; cataplasme; pilules avec soufre dore et extrait d'aconit, 
La douleur digparalt; la fifevre tombe; la poilrine s'ameliore. Les pilules out fait vomir. 

7 juin. Dyspoee pins forte, toux plus frequente. Un peu de fifevre* Je ne puis ausculter. Trois 
pilules, chacune de tartre stibie 0,03 et extrait d'opium 0,01. 

8. Quelques vomissetnenU. Rales extremement sonores, qui couvrent tous les bruits Mtoes 
pilules. 

9. Dyspnee et toux plus fortes. Dans le tiers moyen et posterieur des deux poumons, souffle 
pur, superflciel. plus etendu a droite qu'a gauche; rales muqueux disstoines au pourfour; 
respiration libre a la base; pas d'expectoration. Pouls 100, plein. 

Peau un peu chaude. Langue tres-chargee. Faiblesse extreme. 
Potion avec acetate de plomb 0,30. 

10. Mfeme etat Plomb 0,30. 

11. Meme etat des poumons; quelques crachats sanguinoleuts. Fievreunpeunroindrejpeatt 
moins chaude. Plomb 0,30. 

12. Nuit meilleure. Moins de dyspnee et de souffle; rales muqueux abondants; expectora- 
tion rouge plus copieuse. Pouls 80, moins plein; pas de chaleur. Langue morns chargle; tine 
selle. Le malade se sent beaucoup mieux. Plomb 0,30. 

13. Le mieux continue; le souffle diminue, rales de retour un peu gros, peu abondanfcj, 
Plomb 0,30. 

14. Moins bien; la fifevre s'est reveiliee; pouls 9$, plein. M6me auscultation, mals expedo- 
ration assez abondante, jus de pruneaux. Peau un peu chaude. Langue tres-chargee. Douleur 
le long des fausses cotes. Une selle. Plomb 0,30. 

15. Moins de souffle; peu de rAles distincts; crachats comme hier, Moins de fievre. Fai- 
blesse extreme. Plomb 0,30. 

16. Le souffle ne s'entend que dans les fortes inspirations, M6me 6tat du reste. Plomb 7 30» 

17. Le malade dit que, depuis quelques jours , il eprouve des accfes de fievre irr^guli^ri, 
mais plus constamment a minuit, ayec toux plus frequente, Ge matin, pouls 95 a 4»0, pjgin, 
sans durete; peau un peu chaude. Expectoration trfes-abondante, un demi-crachoir plein pen- 
dant la nuit, de mauvais aspect, rouge grisatre, diffluente, sans odeur speciale. Il h'^xiste piiir 
ainsi dire plus de souffle; rales humiaes peu caracterises. Legere matitedans le milieu dudos, 
des deux cAtes. Rien dans le reste des poumons. Pas de dyspnee. Faiblesse extreme. ".' ; ■*" 

A partir de ce jour, mes notes sont trop incompletes pour que je puisse m'en servir, Le 
malade a fini par gu£rir apres quelques penpeties et un traitement varie. 

Pneumonie catarrhale double, chez un vieillard de 70 ans, vivant dans de niau- 
valses conditions. La bronxhite aigue du debut avait beaucoup diminue quand la 
pneumonie s'est declaree. La resolution a commence Je cinquieme jour et etait 
presque terminee le neuvieme, mais pas partout a ce qu'il parait. Ii me semble qu'un 

Et quand on sopge que les malheurcux que nous venons de voir ainsi mois$onn£s par ces 
neoplasies retrogrades, a marche aigue, sont reiite physique de la population ; qu'ils ont et6 
choisis dans Page de la force et de la sante, parmi ceux-la seulement, qui en gardent lea? 
attributs, on se prend a s'effrayer de Tavenir, d'un avenir qui va commander tant d*efforts et 
necessiter tant de courage, si 1 on veut Sparer les ruines actuelles. Nous avons tout a refaire, 
le corps et Tame, ou bien il nous faudra, comme les races perdues, descendre de degradation 
en degradation, de honte en opprobre, jusqu 1 a I'impuissance physique et morale, jusqu'au plus 
inerte abetissement 

Vous allez me trouver de plus en plus hard! dans les analogies que congoit mon esprit entre 
Fordre materiel et Pbrdre moral ; mais faut-il done pour etre severe, meconnaltre les harmo- 
nies de notre nature, et qondamner toujours telle ou telle de nos aptitudes, parce qu'en nou$ 
eievant, par exemple, elle nous expose h tomber de plus haut, si Ton vient a errer? 

Non, tous les besoins de Fhumanite ont une raison d'etre que nous pouvons apprecier, mais 

Sue nous ne pouvons nier ; tous put droit h une satisfaction dont il ne faut que determiner les 
ornes ; tous ont pour but de manifester les formes multiples de son activity tous aussi 
impotent des obligations auxquelles on ne peut se soustraire sans s'affaiblir. 

Mais revenons a nos malades : que la lesion soit chez eux lobaire ou lobulaire, brouchique 
ou interslitielle, ce que nous avons constate trop bien $'a ete la facilite avec laquelle l 1 exsudat, 
quel qu'il fit, infarclus nucieaire ou sero-fibrineux, passait a la regression. En somme, il me 
semble que la conclusion a laquelle sont arrives MM. Hdrard et Cornil, a la suite de la savante 
discussion que leur Iivre fait de cetle question, est celle qui explique le mieux ces cas si mul- 
tiples dans leur apparente uniformite. Ce qui fait Tacuite de ces formes de la tuberculisation 
pulmqnaire, ce n'est pas la presence ou la nature des granulations, ceUes-ci sont les memes 
dans i'etat aigu que dans retat chronique; ce n'est pas le ramollissement en masse de tuber- 
cules jaunes se produisant sur une large echelle et d'embiee, car ce fait est loin d'etre cons- 
tant, on ne saurait guere admettre non plus que la phthisie aigue soit une sorte de pyrexie 



t 



174 LUNION H&D1CALE. 



point, echappant a l'auscultation par sa position centrale, a passe a retat d'hepatisa- 
tion grise, puis a la suppuration. Je ne puis m'expliquer autrement la marche des 
symptomes, surtout a partir du 14; les acces de fievre, l'exacerbaiion du 14 avec 
crachats jus de pruneaux, et celle du 17 avec son expectoration remarquable. 

Je ne donne cette observation ni comme un specimen de Taction du plomb, ni 
comme un modele a suivre dans son administration. A cette epoque, 1852, je ne le 
maniais pas encore comme je l'ai fait depuis, et la dose aurait du en etre considera- 
blement augmentee. Tout en faisant beaucoup de bien, il n'apas empeche le ramol- 
lissement d une partie du poumon malade. 

Obs. VI. — Pneumonie droite. Dibut insidieux. Sang sues ; calomel ; plomb. — GirMson. 

Garcon de 6 ans; chetif, malingre. Malade d'hier. 

20avrill859. cephalalgie vive, vomissements reputes, soif. Fifcvre; peau chaude. Respi- 
ration acceieree, toux peu frequenle. Rien a 1'ausculLation que quelques rAles tracheaux. 
Quatre sangsues a la teie. 

21. M6me 6tat Pas de selle. Calomel. 

22. Un peu mieux. 

23. Dans le poumon droit, en arri&re, dans toute la hauteur, excepts dans le sommet 
r&les crepitants et souffle. Pouls 144, un peu mou. Langue blanche ; angine. Une selle. — 
Potion avec ac6t. plomb 0,15. 

24. Nuit assez bonne. Les r&les se sont encore etendus en haut. Pouls 132, plus petit, 
redouble Moins de chaleur. — Plomb 0,15. 

25. Les rdles ont envahi le sommet du poumon. Toux frgquente, pas s&che. Pouls 132, 
petit. Pas de chaleur. Une selle aprfcs lavement. Endolorissement general. — Plomb 0,20. 

26. Nuit bonne. Moins de souffle, moins de rales crepitants en has, oil ils sont devenus 
plus gros. Deux crachats de sang. Pouls 80, petit. Langue moins chargee; un peu d'appe- 
tence; pas de soif; une selle. Faiblesse considerable. — Plomb 0,20. 

27. Nuit bonne; respiration peu frgquente; presque plus de rales crepitants; pas de 
souffle, a l'exception du sommet, et la encore trfes-peu, avec quelques rales crepitants. Rales 
muqueux dans toute la hauteur. Pouls 100, moins petit. Depuis avant hier, plusieurs fois par 
jour, des frissons suivis de chaleur. Pas d'appetit, pas de selle. — Pas de medicament. 

28. Plus rien a l'auscultation. Moins de toux. Pouls 80. N'a plus eu de frisson. L'enfant est 
moins faible; il est leve et demande a manger. 

29. Diarrhee; 30 la diarrhee diminue; 2 mai. Plus rien. 

Au debut, je m'attendais a une affection cerebrale. La pneumonie s'est declaree 
le cinquieme jour; cependant, je ne puis dire si j'ai ausculte le quatrieme; ellea 
envahi rapidement toute la hauteur du poumon. La resolution a commence le sep- 
tieme jour de la maladie et s'est accomplie en deux jours. Le pouls est tombe, en 

essentielle ou de dyscrasie comparable, jusqu'a un certain point, a une fievre eruptive (Four- 
net) ou a. une fievre typholde (Waller), car ces maladies n'ont pas, comme la phlhisie pulmo- 
nale, un type chronique ni un produit morbide special capable d'evoluer a retat chronique 
aussi bien qu'a retat aigu, en suivant exactement les m£mes phases devolution, avec up peu 
plus ou un peu moins de hate et de retentissement sympathique. Rien enfin ne nous autorise 
non plus suffisamment a faire de cette maladie une diath&se a part (la granulie d'Empis). 

II est plus simple de conclure que les par lieu la rites de cette manifestation de la tuberculose 
tiennent a l'6lat inflammatoire de l'appareil respiratoire, dans son element muqueux ou bron- 
chitique, dans son element parenchymateux ou pneumatique, et meme dans son element 
s6reux ou pleuretique. Que la granulation soit primitive ou qu'elle soit secondaire, qu'importe, 
si Ton admet que la cause qui la determine est capable d'imprimer aux exsudats et aux pro- 
duils de 1'inflammation et du catarrhe le plus accidentels, une evolution speciale, une impul- 
sion exclusivement ou surtout regressive. Le tout est de bien etablir qu'il y a des lesions 
caseeuses sans granulation, et alors la sp6cificit6, tout en demeurant attribute a la lesion gra- 
nuleuse, apparliendra avant tout a la cause unique qui fait la granulation et la tendance a 
la regression caseeuse des autres produits morbides. 

On voit quelles consequences il faut tirer de ces considerations : le caractfcre specifique de 
la lesion perdant de son importance, l'espoir fonde sur une saine therapeulique se relfcve dans 
la mfeme proportion. Dut-on se resigner a voir la condition diathesique primordiale echapper 
a tout jamais a nos efforts, ce qui n'est rien moins que demontre, il y aurait encore beaucoup 
a faire, et plusieurs indications partielles resteraient a remplir au grand avantage du malade. 

Ne serait-ce done rien que d'arriver a isoler la lesion primitive en la separant de tout pro- 
cessus d'irritation? Ne 'serait-ce rien que de diminuer Tintensite de ces reactions sympathises 
si douloureuses et si funestes, et cependant si multiples que la tuberculisation aigufe pro- 
voque comme des accidents et non comme des consequences necessaires de son evolution? Ne 
serait-ce rien que d'emp&cher par la tout retentissement des lesions de voisinage et des sym- 



L' UNION MtiDJCAUE, 17$ 



trois jours, de 144 a 80; l'augmentation du 27 tient a uq de ces petits acces tie 
fievre irreguliers qui m'ont ete signales ce jour.* 

Obs. VII. — Symptomes gastriques ; icier e. Pnewnonie droite* Plomb. — Guerison. 

Femme de 65 ans; conslitution moyenne. Malade du 23 Janvier 1862. Vomissemenls bilieux 
tres-frequents dans la nuit. Don leu rs assez vives dans le c6te droit du thorax et de l'abdomen. 
Soif ; pas de selle. Pas de signe d'une affection du foie. Traitemenl simple. Les vomisseraents 
cessent, mais il reste des nausees. Langue chargee, soif. Agitation. Pas de fievre marquee. 
Ictfere assez intense. Urine fortement brune. 

27. Meme etat gastrique. Respiration un peu frequente ; toux rare. Rien a l'auscultation, si 
ce n'est faiblesse de la respiration en arriere, a la base du pouraon droit. Douleurs sous les 
fausses cdles droites (douleur frequente chez cette malade). Le foie ne depasse pas les cdtes 
et ne remonte pas trop haul. Fievre mod^ree; pas de chaleur a la peau. 

28. Dyspnee. Mies crepitants peu abondants dissemines, et respiration un peu souf&ee dans 
la partie inferieure et posterieure du poumon droit. Toux rare; pas de crachats. Pouls 112, 
mou, un peu petit, trfcs-inegal et irregulier. Peau un peu chaude. Pas de selle. Ictfere tou- 
jours intense. — Potion avec acet. plomb 0,30. 

29. Rales crepitants abondants et leger souffle dans la partie inferieure du poumon droit, 
en arrifere et dans le c6te. Respiration frequente, un peu difficile. La douleur du cdte a beau- 
coup diminue. Pouls 140, plus plein, moins irregulier. Peau chaude, soif; nausees toujours 
tres-faciles; deux selles aprfcs lavement. — Plomb 0,35. 

30. Les rales splendent jusque dans la fosse sus-gpineuse et dans 1'aisselle. Tres-peu de 
souffle. Rien en avant ; peu de toux ; pas de crachats. Pouls 140. Agitation. — Plomb 0,50. 

31. Nuit tranquille a partir de quatre heures du matin. En has, moins de rales, pas de 
souffle ; au milieu, le souffle a augments ; dans le sommet , un peu de souffle avec beaucoup 
de rftles crepitants. Diminution des rales dans le cdte. Toux peu frequente; trfcs-peu d'expec- 
toration blanche, muqueuse. Pouls 96, un peu mou, assez plein, un peu irregulier, parfois 
intermittent. Pas de chaleur a la peau; legere moiteur. Langue chargee ; moins de soif; 
moins d'agitation ; moins d'endolonssement. Iclere le m£me. — Plomb 0,50. 

1" fevrier. En bas et dans le cdte, les rales deviennent plus gros. Pouls comrae hier. Moi- 
teur. — Plomb 0,50. Bouillon, laiL 

2. Nuit agitee. En bas et dans le cdte, la respiration commence a se faire entendre, meiee 
de peu de rales. En haut, beaucoup de souffle et peu de rales. Respiration toujours frequente. 
Pouls trfcs-irregulier ; parfois egal pendant plusieurs minutes, alors a 80, pas trop mou ; puis 
tres-irregulier, petit et mou. Moiteur. La langue se nettoie un peu; soif moindre; selle apr&s 
lavement. Urine moins icterique. — Plomb 0,50. 

3. Plus rien dans le tiers inferieur et lateral ; dans le tiers superieur, souffle fort, presque 
sans rales. Pas de toux ni d'expectoration ; moins de dyspnee. Pouls 64, un peu large et mou; 
beaucoup moins irregulier. Moiteur ; pas de selle. — Suspendre le plomb. Potion purgative 
avec manne et rhubarbe. 

palhies eloigners sur une alteration que les fonctions morbides sont si faciles a emouvoir, ne 
iut-ce que par le jeu physiologique des organes dans lesquels elle est deposed ? Ne serai t-ce 
rien, enfin, d«agir au moyen des antiseptiques et de combattre cette resorption putride , cette 
auto-septicemie qui precipite si miserablement les derniers jours des phthisiques? 

Mais j'ai encore d'autres malades que les tuberculeux a signaler a votre attention : 7 diar- 
rhees assez rebelles, suites pour la plupart d'enterite chronique; 5 otites, 3 rougeoles assez 
benignes, 3 erysipfcles de la face, dont un mortel, et des rhumalismes, dont un aussi succomba 
a une singuliere complication ou si Ton veut a une singuliere metastase de la maladie, je veux 
dire a une perilonile. 

Enfin j'ai observe une autre singularite qui meriterait aussi plus d'une reflexion, bien qu'elle 
ne soit pas unique en son genre : c'est un cas de gangrene symetrique des deux orteils. Je 
donne ici le resume de cette observation : 

C., age de 26 ans, mobile du Loiret, entre a l'ambulance le 28 Janvier. Malade depuis 
deux mois, il a eu successivement la variole, puis un erysipele de la face, et il entre aujour- 
d'hui a l'ambulance que je dirige avec une forte dyspepsie et des signes rationnels d'une 
affection thoracique, probablement tuberculeuse. Le sommet gauche en arriere est le siege 
d'une matite relative et de rales presses en ce point. 

Des le lendemain je trouve aux deux gros orteils une inflammation sous-epidermique aigufc 
et assez douiou reuse. La serosite sous-epidermique ne tarde pas a devenir purulente, et le 
2 fevrier apparait une veritable eschare qui s'etend a la plus grande partie de la face plantaire 
et de la face interne des deux gros orteils, presque malhematiquement symetrique en un mot. 

Cette gangrene s'etend peu ; un nouveau point se montre le lendemain a la face plantaire 
du second orteil du pied droit ; puis tout s'arrete la. 

Au milieu des douleurs les plus violentes la separation se fait entre la partie escharifiee et 
la partie vivante, et I'eiimination s'opere en quelques jours. Mais la place reste boui ^onnanie 



m I/UNION IffiDICALE. 



lu Les rAIes, de retour, apparaissent dans le baut; plus rien en bas; presque plus rien au 
milieu. Moins de dyspn^e; toux rare, sans expectoration. Pouls 80, plus r6gulier et plus 
resistant. Pas de moiteur. Urine robins fonce'e. LMctere diminue; plusieurs selles. — Potages. 

5. Presque plus de rales et de souffle en baut. Pouls 80. 

6, Plus rien a Tauscultation ; respiration un peu faible dans le sommet. Appetence. Se leve 
tin peu. Peu a peu les syraptdmes gastriques et Tictere disparaissent, et la convalescence 
marcbe lentement, mais sans arr&t. 

En trois jours, la pneumonie envahit tout le poumon droit, k rcxception de la 

}>artie anterieure * ' ' " " *-•*--- - --*■ * *--- »- j*~^ 

our. Le plomb 
continuelles 

Obs. Yin. Pneumonie gauche de presque tout le poumon, Sangsues, saignh, plomb, 

visicatoire. GuMson. 




vioieni ; respiration irequeme, aimcue ; anxitne,; pas ae toux ; rien a i auscuuauuu ei a ia 
percussion. (Get examen est difficile, parce que la douleur emnfecbe la malade de rester assise, ) 
Fievrevive; peau chaude, Langue chargee; nause'es; quelques pelils vomissements ; soif ; 
selles bonnes. Faiblesse considerable. — Douze sangsues sur le tborax. 

l er Septembre. Point de c6t6 moindre. Respiration obscure en arriere et e» bas du poumon 
gauche ; moins de sonorite\ Pouls frequent, plein, tendu. Mtoe e*tat du resfe. — Saignfe de 
125 grammes. Potion avec ace"t plomo 0,25. 

2. Sang un peu couenneux ; caillot pas r6tracte\ Le point de tbti est per$u seulement dans 
les profondes inspirations. Dans le tiers infe>ieur et poste>ieur du poumon gauche, rales cre- 
pitants un peu gros; pas de signe d^panchement; pas de toux; meme dyspn^e, Pouls 120, 
large, moins tendu, peau chaude; sueur" pendant quelque temps. Langue Blanche; toujour* 
des nause'es. Ventre douloureux a la pression , surtout dans l'hypochondre droit. — 
Plomb 0,35. 

3. Nuit plus tranquille. Respiration meilleure. Les rales ne se sont pas dtendus, mats sont 
plus abondants; teger souffle ; pas de toux ni d 1 expectoration. Pouls irrfegulier ; plusieurs bat? 
tements r^guliers, larges, mous, a peu pres GO par minute, puis 3 a & battements pvfaipH&t 
petits et faibles ; parfois une intermittence. En g6n6ral, a peu prfcs 85 a 90 par minute, 
Moins de chaleur; moiteur. Moins de prostration. Langue moins charged; moins de nausles; 
ventre moins douloureux. Une selle par lavement — Plomb 0,35. 

l\. Nuit agit^e. M6me 6 tat; tres-peu de toux; deux petits crachats ros&u Pouls 86, plus 
regulier. Nauseas; pas de selle.-*- Plomb 0,35 et telnture d'opium, 

5. Nuit assez bonne; moiteur. RMes dtendus au tiers moyen du poumon ; leger souffle a la 
base (malade toujours tres-difficile a ausculter), Pas plus ^oppression , ni de toux ; quelques 



i iij r f i i i ac 



et molle, sans tendance a la cicatrisation, malgre* Fapplication que Ton fait a sa surface de 
quelques modificateurs souvent plus efficaoes : styrax, teinture d'iode, 

Je dois dire que, le malade examine" avec soin a plusieurs reprises, ne m'a jamais oflert 
aucun signe d'affection du cceur, que Te*tat de la poitrine s'est notableinent amende*, ce qui 
me fait douter du premier diagnostic porte* de ce c6te* , et que les seuls accidents qu'il ait 
offerts pendant la maladie ont 6t6 une diarrhe'e facile a se reproduce, sinon constante,' et vers 
la fin un purpura assez abondant avec scorbut des gencives. 

Malgre* tous ces accidents, ce malade me parait aujourd'huj en bonne voie de gue'rison. 

Je voulais encore vous parler des affections scorbutiques que je compte ainsi : 13 purpura 
et 6 scorbuts vrais, ce qui est un chifTre 6norme. Cela vaut la peine qu on s'y arr&te ; ce sera 
robjet de ma, sixiewe et demure lettre, 

Le D r X.,., 
Aide-major de la garde nationals 

La derniere stance de rAcadSinie des sciences n'a rien pre'sentC de relatif aux sciepces 
Dedicates. M. le baron Paul Thdnard, emmene' a Br6me cowme otage par les Prussieps, est 
de retour et a exnrime' avec une vive Amotion sa gratitude It l'Acadtoie pour sa protestation 
6nergique contre le proc^de* dont il a e* t6 la victime. 

— M. le docteur Fort reprendra ses cours, a la fin du mois de mars, dans Tordre suivant ' 

1° Un cpurs public d'anatomie (tete et cou) commencera le roercredi 29 mars 1870, a trois 
beures, dans Tamphithe^atre n° 3 de TEcole pratique, et sera continue* trois fois par semaine ; 

2° Un cours particulier de pathologic externe et depurations commencera le 31 mars, & 
lineheure; 

3° Un cours particulier d'anatomie commencera le m&me jour, a quatre heures et denrify 
chez M. Auzoux, rue Antoine-Dubois, n° 2. 

Ces deux derniers cours destined aux examens, l ,r et 2* de doctorat, V et 3* de fin d'anne'e, 
auront lieu tous les jours. — On s'inscrit^ 51, boulevard Saint-Michel, de deux a trois heures. 



I/UUOM KfiMGALE. 177 



ctteiiats legeremeiit roufltes. Pouls 10ft, regtiller, asse* plein, unpen mou. Chaleur plus fbrte. 
Langue moins charges; soif; moins de nausee. Soupcon d'appetence. — Merne potion. 

6. Nuit tranquille. M^me etat da poumon ; crachats rouilies. Pouls 110, large, mou. Moiteur; 
pen de chaleur. Moins de faiblesse. — Plomh 3,05. Potages. 

. 7. Wuit agitee. R&les et souffle jusqqe dans la fosse sus-epineuse; peu de crachats. Pouls 
110, large, mou, un peu irre'gulier. Sueur; peau plut6t fralche; sentiment de chaleur inte> 
rieure. — Plomb 0,50; vesicatoire sur la poitrine; potages, 

Le soir, etat excessivement grave : sueur froide, prostration extreme, etc, R6chauffement 
artificiel ; un peu de vin t etc. Etat venu subitement, sans precurseur. 

8. Nuit assez bonne; un peu de sommeil; jl ne reste plus rien de retat d'hier soir. Poumon, 
pouls comme bier; cependant un peu de mieux dans retat general Pas de selle depuis trois 
jours, malgre* les lavements, — plomb 0,50, Magngsie (purgatif ordinaire de la malade). 

9. Nuit tranquille; assez de sommeil; une selle hier, Je ne puis auscuUer. Pouls 100, r£gu- 
lier, assez large* Moiteur; la peau n'est pius froide. — plomb 0,50, 

Le soir ; bonne journee. RAles et souffle bien moindres. Pouls 90, A mang6 avec plaiair 
quelques cuisses de grenouilles. — La potion repugne ; la cesser. 

10. Nuit tres-bonne. fitat general beaucoup meilleur. Peu de souffle et de r&les gros, sans 
r&les crepitants. Peu de toux ; pas 4e crachats, Pouls 90, rtgulier. Temperature, bqnne , moi- 
teur ; langue plus nette ; appetence. — Pas de medicament, 

i% Le souffle a dispam ; encore quelques gros rtle*. Pouls 90. Faiblesse considerable. 
Appetence. 
10. Plus rien. Pouls 80. Convalescence tranche, merchant sans entraves. 

Ce cas Wait tres-grave, etpar F&endue et par la inarehe insolite de la pneumonic, 
et surtout par Tetat general de prostration et d'excitation de la malade; aussi il m f a 
fallu toute ma conviction en Tefficacite du Sucre deSaturne, et j'ajouterai, 1'impos- 
sibilite de trouver (juelque chose de meilleur pour me faire perseverer dans le trai- 
tement. Qu'aurais-je pu substituer au plomb? des emissions sanguines plus abon- 
daates et le tartre stibie, la digitale, la veratrine? Je n'en aurais pas eu le courage 
en face de ce pouls si mou et si irregulier, de eette faiblesse si profonde, de ces 
nausfas continuelles, C'eut ete un cas d'aloool ; mais il n'etait pas encore invente 
en France a eette epoque, et aujourd'hui meme il ne me ferait pas mettre le plomb 
de c6te. 

C'est a ce dernier que j'attribue surtout la guerison; les autres parties du traite- 
ment n'ont ete que des adjuvants utiles: Les sangsues et la petite saignee du debut 
etaient dirigees contre le point de cote et roppreesjon, et n'ont pas empeche la 
pneumonie de naitre et de se developper largement; la teinture d'opium a eombattu 
l'agitation et le vesicatoire n'a pas ete pour beaucoup dans l'arret de la maladie, si 
mdme il y a contribue. Notons encore, dans la soiree du 7, la position si critique de 
la malade, que j'attribue a un 6tat syncopal, 

(La suit* a un prochain further©.) 

ACADtoES ET SOClMS SAVAflTES 

SOOllTi HfOICALt DCS H0P1TAUX 

Seance du 11 novembre 1870. — Presidence de M. Bergukm. 

SOftfMAIRE. — De la neoessite de transporter Ijors des hopitaox ou ils ont ete recueiHis an commen- 
cement du siege, le$ vieillards evacues des hospices «ulmrbains : MM. Chaufford, Laboajbeae* Si rede y, 
SereoL — Sur la requisition des vachet laitibres % tyjft. Gros, Dumontpallier, Brouard^l, Uoutard- 
(artin. — Ot t agglomeration des varioleuv dans les hopUaux^ note lue par M. Heryieu^t Discus- 
sion ; MM- Jsambert, Vidal, Moutard-Martin, E. Besmer. 



( Suite et lis. — Voir le numero da 18 mars.) 



M. Hervieux ; Je prends acte de ce que vient de dire M^ Iwml 
difficultes de risolement Notre collegue regrette, comme moi, que des 



Iwmbert relativement aux 
mesures plus efficaces 




et du materiel avec le materiel et le personnel des autres salles. Ce ne sont pas les seuis 
obstacles & Fetablissement d'une sequestration serieuse et eflBcace ; il y aura toujours, quoi 
qu'on fasse, communication des malades sortants avec le reste de la population, et, par suite, 
contamination ulterieure possible d'un certain nombre de sujets. 

Quant h Tagrfomeration, M. Isambert admet que les eflets peuvent en etre ticheux par le 
typhus et les affections typholdes; il n'admet pas qu'il en soit de meme pour la variole. Mais, 



178 L'UNION MfiDICALE. 



de Faveu de tout le monde, est-ce que la variole n'est pas une maladie iofectieuse au pre- 
mier chef; est-ce qu'elle ne revet pas meme souvent le caractere typbique ou typholde ? Est-ce 
que la periode de suppuration de celte maladie n'ajoute pas a son caractere infectieux? Pour 
toutes ces raisons, je considere l'agglomeration des varioleux comme tres-pernicieuse, puis- 
qu'elle aggrave les manifestations de nature typholde. 

M. Isambert nous fait remarquer que Fisolement a ete mis serieusement eh pratique depute 
le commencement de l'annee, et qu'il a produit les meilleurs resultats. Les chiffres que j'ai 
cites sont en contradiction formelle avec cette assertion. En effet, c'est precisement depuis le 
commencement de Tanned que le nombre absolu des varioleux a augments dans Paris dans 
une proportion rapidement croissante. II y a eu, comme dans toute espece d'epideraie, quel- 
ques oscillations, mais a part ces fluctuations inseparables de toute espece de mouvement 
epidemique, la progression n'a pas cess6 de se faire dans des proportions alarmantes. 

Mais il n'y a pas que le chiffre absolu des varioleux qui ait grandi, celui des deces s'est 
eleve' sans cesse, comme le prouvent les bulletins hebdomadaires qui nous sont envoyes tres- 
exactement par la municipality. A la fin de l'annee derniere, ce chiffre n'excedait pas 120 a 
130 par semaine ; aujourd'hui il est de 380. 

Ainsi, depuis qu'on a fait ce que vous appelez de Fisolement, ou plut6t depuis qu'on a fait 
de l'agglomeration, le nombre des malades et des deces a toujours augments d'une maniere 
absolue. Ge n'est pas tout. La proportion des deces pour cent que j'impute a crime a l'agglo- 
meration a presente, elle aussi, un mouvement ascensionnel continu. Cette proportion qui etait 
• de Ik p. 100 du 1" Janvier au 31 mars, e* tait de 17 en avril, de 17,11 en mai, de 16,7 en 
juin, de 23,3 en juillet, de 20,8 en aout, de 21,1 en seplembre, et de 20,4 en octobre. Et si 
dans ces trois derniers mois elle s'est maintenue constamment au-dessus de 20, on ne pourra 
pas dire que ces chiffres sont dus a Tarrive'e dans nos murs de la garde mobile et des popu- 
lations sunurbaines. Car 23,3, le chiffre maximum, s'est produit en juillet, c*est-a-dire a une 
epoque ou la guerre n'etait pas declare. 

L'augmentation progressive des cas interieurs est moins accentu^e. Mais j'ai fait remarquer 
que, de mai en octobre, elle s'etait eievee de 5,5 a 8 p. 100. 

Enfin, M. Isambert, dans le but d'exonerer 1' agglomeration de la part qui lui incombe dans 1'ag- 
gravation de I'epidemie nous a parte de son service el de quelques fails qu'il considere comme 
favorables a l'agglomeration. Ne connaissant pas ces fails, il m'est impossible de les discuter, 
mais je puis parier sciemment de ce qui s'est passe dans mon service depuis le commencement 
de septembre. Quelque temps avant l'investissement, 1' Administration a profile du depart d'une 
grande partie de nos pensionnaires pour installer a la Maternity un service supplemental de 
cinquante lits qui est alimente* par des malades de toute sorte venus du Bureau central. Or, 
il est a remarquer que, depuis deux mois et demi, il ne s'est pas produit dans ce nouveau ser- 
vice, non plus que dans mes salles de femmes en couches, un seul cas interieur de variole. Et 
cependant ces femmes sont soumises, comme les autres malades des hdpitaux, aux m6mes 
influences generates epidemiques ou constitutionnelles. Comment se fait-il qu'elles y aient 
complement e>happe? C'est. qu'il n'y avait pas de salles de varioleux dans la maison, etsi 
Ton en avail etabli, comme l'Administration en avait eu Tintention, nous aurions eu, comme 
dans les difterents hdpitaux, un nombre plus ou moins considerable de cas interieurs. II est 
impossible d'expliquer autrement cette exception a la regie generate. 

M. Isambert : Notre collegue maintient ses assertions et ses chiffres, et ne me paralt 
anporter aucun raisonnement nouveau a l'appui de son argumentation. Tout ce qu'il peuteta- 
blir, c'est que le nombre des varioleux et peut-etre le chiffre de la mortalite a augment^; 
mais que cette augmentation reconnaisse pour cause la reunion des varioleux dans des ser- 
vices sp6ciaux, c'est ce qu'il ne peut demonlrer. Attribuer ainsi le developpement d'une epi- 
demie a une cause unique, sans rechercher si cette cause a une action reelle, c'est ceder a 
une opinion preconcue, c'est raisonner comme les gens du monde toujours enclins a attribuer 
au remede les effets de la maladie elle-meme. Il fallait, au lieu de raisonner ainsi , voir ce 
qui se passait dans les services speciaux , et rechercher s'ils conslituaient reellement des 
foyers d'infection. C'est ce que M. Hervieux n'a pas fait; il n'a rien repondu a ces deux fails 
que je maintiens : a savoir, que les varioles benignes ne s'agravent en aucune facon dans 
ces pretendus foyers, et que, dans les salles d'hftpitai voisines de ces memes foyers, les cas de 
Finterieur ont considerablement dirainue, tandis que la plupart des cas graves nous arrivent 
directement de l'exterieur. C'est la une question ae fait a verifier, od quelques observations 
bien prises l'emportent de beaucoup sur des groupements de chiffres; quant a l'exactitude de 
ce que j'avance, je passe la parole a ceux de nos collegues qui ont pu, comme moi, observer 
ce qui se passe dans les services speciaux. Je m'en refere a leur temoignage. 

M. Vidal : M. Hervieux a souleve une grave question. Bien qu'elle semble definitivement 
jugee, il importe d'y revenir encore, ne fut-ce que pour refuter les conclusions du travail de 
notre honorable collegue et ne pas laisser propager une opinion qui pourrait conduire aux 
resuitats les plus desastreux. L'argumeotation de M. Hervieux porte sur deux points princi- 
paux : les dangers de la reunion des varioleux et Finefficacite de Fisolement. 

Sur le premier point, son raisonnement repose sur une petition de principes. La statistique 
accuse dans les hdpitaux une augmentation dans le nombre des deces par la variole; done, se 
hale de conclure notre collegue, la cause de cette aggravation de la mortalite doit etre attri- 
bute a l'agglomeration des varioleux. II y a la une interpretation erronee par insuffisance des 



L'UNION MftDlCALE. t?9 



filaments de statistique. l\ manque, comme terme de comparaison indispensable, la statistique 
des dices de variole chez lea malades de la ville. Chez ces derniers aussi, la gravity de U 
maladie, et surtout le nombre de cas mortels, ont suivi une progression ascendante. Ces ma- 
lades sont trailers isofcment, par consequent ce n'est pas a l'agglomeration que peut 6tre 
attribute la proportion croissante des deces. C'est que, en effet, oet accroissement tient a 
deux causes principales : en premier lieu, l'gpidemie;, en second lieu, l'arrivee a Paris des 
rtfugies des dgpartements envahis et des jeunes soldats de la province. Presque aucun n'e* tait 
revaccing; beaucoup d'entre eux n'avaient m6me jamais &e* soumis a Finoculation vaccinate. 
Joignez a cela le deTaut d'acclimatement, des conditions hygteniques et morales deTavorables 
et vous avez un milieu des mieux disposers pour la propagation d'une maladie contagieuse. 
JMnsiste a dessein sur ce fait d'6pid6mie dont M. Hervieux ne me semble pas tenir un compte 
suffisanL Ce qui caractlrise l^pidemie, ce n'esl pas seulement la multiplicity des cas, mais 
encore et surtout la manifestation des phenomenes pernicieux, la malignity Ces formes 
hgmorrhagiques, ces varioles confluentes si graves, que nous observons tout aussi bien en 
ville que dans les hdpitaux, n'ont-elles pas tous les caracteres des varioles noires deiriles par 
les anciens et de ces grandes 6pide*mies de la On du xvii* siecle trac&s de main de maitre 
par Sydenham. Y a-t-il done lieu de s'e'tonner de l'augmentation de la mortality en presence 
d'une 6pid6mie qui, sans l'isolement des varioleux et sans la revaccinalion, aurait probable-* 
ment e* 16 presque aussi meurtriere que celles auxquelles j'ai fait allusion ? 

Pour en revenir a la these soutenue par M. Hervieux, je dirai que rien n'est moins d£mon- 
tre* que Tinfluence facheuse de la reunion des varioleux. 

Je me sers a dessein du mot reunion pour eviter Te'quivoque a laquelle peut donner lieu le 
terme aggUmfration employe* souvent dans un mauvais sens avec la signification d'encombre- 
ment. 

C'est de la reunion des varioleux telle qu'on l'a faite dans la plupart des services sans 
encombrement, bien entendu, que je conteste les mauvais re'sultats. Pour juger la question, 
il ne faut pas, comme l'a fait notre collegue, comparer la mortalite* de la variole en phase 
d'epid6mie a celle de la m£me maladie en temps ordinaire. Le parallele doit 6tre elabli entre 
les malades isole's ou disslmines dans les salles communes et les malades rSunis dans les salles 
de varioleux. Dans notre rapport de 1864, en rgpondant a l'objection deja faite par l'Admi- 
nistratioD, et soulevSe de nouveau aujourd'hui, nous avons prouvg, par la comparaison des 
tables obituaires, que la mortalite des varioleux en salles communes dans nos h6pitaux civils 
&ait au moins aussi considerable que celle des hdpitaux militaires et du Small Pox hospital 
de Londres, dans lesquels ces malades sont rSunis. 

Dans les hdpitaux d'adultes rtunis, deduction faite de la Maison municipale de sante\ dans 
laquelle les maladies contagieuses sont sgpartes, la mortalite* par l'affection varioleuse availed; 

En 1861 dc 8,63 pour 100; 
En 1862 de 8,80 pour 100; 
En 1863 de 10,72 pour 100; 

La variole seule avait fourni : 

En 1861 une mortalite* de 21,43 pour 100; 
En 1862 — de 20,58 pour 100. 

Au Small Pox hospital de Londres dans lequel, dit le docteur Marson (1), on ne re$oit en 
general que les affections se*rieuses (les varioles b^nignes e'tant soigne*es a domicile), la mor- 
talite* g6ne*rale de 1836 a 1851 fut de 21,38 pour 100, et en de*falquant les de*ces par compli- 
cations conse*cutives de 19,97 pour 100 sur un total de 5,982 malades. Pres de la moitie*, 65 
pour 100 n'avaient jamais e*te* vaccine's. 

Pendant re*pide*mie de 1863, sur 1,537 malades, dont les quatre cinquiemes e*taient vacci- 
nas, la proportion des de*ces fut de 17 pour 100. 

Dans les hdpitaux militaires, oil les varioleux sont rtonis, la mortalite* e*tait de moitie* 
ffloindre que celle des hdpitaux civils. Le relev6 des ann&s 1861 , 1862 et 1863 donne pour 
Taffection varioleuse une mortalite* de 6,16 pour 100. 

La variole seule compte pour 7,97 pour 100. 

Si je voulais faire aussi une petition de principes je pourrais, m'appuyant sur ces chiffres, 
dire que la reunion des varioleux diminue la mortalite*, et invoquer a l'appui de cette these 
— que je ne veux pas soutenir — les releves des asiles da convalescence, dont les salles de 
varioleux nous fournissent 3,83 d&es pour 100; ceux des hdpitaux de Vienne, dans lesquels 
la proportion des de*ces a e*te* : 

En 1859 de 6,9 pour 100; 
En 1860 de 2,6 pour 100; 
En 1861 de 5,5 pour 100. 

A Dieu ne plaise que, prenant la statistique par un seul cdte*, j'en fasse un semblable abus. 
Quant a la question de Finefficacite* de Fisolement, je laisse la re*ponse a mes collegues, 
MM. Brouardel et Bucqudy. > 

(i). tfedico-chirurgical Transactions, 1853, vol. XXXVI, p. 359. 



180 L'UMION MfiDICAXE. 



]rf« Hiftvrimc t Un grand nombre des Arguments que j'ai fait valoir dans ma reponse a 
It. feambert sotit applicabies de tout point auk objections qui ma aont faitea par M. VidaL J* 
ne lea reproduirai pas. 

Mala M. Vidai me reprocbe d'avoir combattu risotement* j'ai declare au contraire que j'ap- 
prouvais Hsolement dans sod principe* Tel declare settlement qu'il etait h peu prfcs imprati- 
©able d'tfne mani&re sdrieuse et ebsolue, et j'ajoute ceci : voua avez voulu, voua avez cru faire 
da Pisolement, vous n'aves fait qu4 del' agglomeration; et c'eat ra&lam&ation que je combats, 
tfeit elle que je declare responsabia de la gravity actuelle de repidgmie. 

Si flfcfelque chose m-etdnne, tfast qua M# Vidai, qui, datia lte cdnduaidns da son rapport 
a'eat raontr^ hostile a ragglomer&iion* la defende aujourd'hui avec tant da vivacite* M, Vidai* 
flatte sa prfemtere conclusion, disait qu'il ne voulait pas d'hdpitaux spedaux, paroa qu'ito 
avalent des inconvenient*. Dans tine autre conclusion il demande des aalles de S h Ji lit* aa 
plus pour la variole, de A a 8 pour la varioloids Aujourd'hui M. Vidai approute ^agglomeration 
des varioledx, quels du'ils soient, dans des aalles de 25 a 30 lits, et dans l'hospioe da Bicetrc, 
qui sa troiive convert! en un immense hopital de varioleux. Je ne oomprends pas tine revolu- 
tion §i ComhlMe dans les idees de M, VidaL Le mot de reunion qua notre coliague propose dfe 
Substituer a celui d'agglomeratidh ne change lien au fond dea choaaa* at tant que ftL Vidai ne 
m'aura pas explique pourquoi i) defend en 1870 Pagglomeratlon qull a combattu© en 1806, 
je le considere comme acquis a la cause qua je defends* 

M. VidaL : Jfe crains de n'avoir pas ete bieh compris par M. Hervfeu*. Je crdfs aVolr jilWivd 
que la reunion des varioleux n'est paB una cause d'aggravation de la maladie, en prenint tou- 
tefois la precaution dMviter Pencombrement. Je roulais laisser dire a mes collegues charges 
de services de varioleux que Tisolement, tout incomplet qu'il salt encote, a rendu de reels 
services et diminue notablement le nombre des cas interieurs. Mes opinions n'ont pas varie 
pour le tr'altement de la variole, tout aussi Men ^ue pour celui dea autrea maladies; je crois 
fes petitfes aalles preferable* aux salies conlenant un grand nombre de lits, mais lorsque las 
circonstarices nous y obligent, il vaut mietix nous contents d*ua a peu prts, surtotit iorsqoe 
le prlncipe de l'isolemeht, m6me dans ces conditions imparfaites* a deja rendu de reels ser- 
vices. Maintenant que nous sommes debdrdes par un grand nombre de demahdes, que les lits 
de varioleux sont en nombre insuffisant et qu'on est oblige d'ouvrtr de nouveiles salies et 
intone de ftmplir l'hospiee de Bicatre, est-ce le moment de demander ce que nous Voulons 
pour Tavenir t la creation de pavilions speeiaux , dans las conditions d'isolement, de distribu- 
tion at d'aeration fbrmulees dans le rapport de la commission da 1664 1 En reclamer redifiea- 
tion immediate dans les circonstances urgentefl auxqueiies nous avons a faire face he serait 
pas posaibte. Ce ne tarait qu'utt pretext* a d'inutilea jeoriminatiofas. Wotre Soeiete a eleve 
assez solvent la vofx^ alors qu'ii y avait peut-etre encore quelque courage k le faire, pour 
n'avoir pas k encourir le reproche d'avoir manque de prevision. 

M. Moutard-Martin s'inscrit contre Tassertion de M* Hervieux suivant laquelle les cas 
interieurs auraient ete en augmentant; il est, au contraire, de noldriete universelle que leur 
nombre a considerablement diminue. 

M. Ernest Besnier ajoute que les chiffres donnas par M. Hervieox comme indfquatit le 
nombre des cas interieurs doivent etre abaolaineht refates^ car its ont trait a la totaiite des 
cas dits interieurs, mais qui ne le sont que tres-partieltement , notre collegue ne a'etant pas 




en reaiite dea cas absolum&nt exterieura. 
La suite de la discussion est remise a la seance prochaine. 

te Secrkaire, t)' Ernest BfiSBriEiL 

aesBaBBggsssasS i ■ ■■ ' ' ■ t gnnnmuiui r.fc i.k nn jmmn .hi ■ ng aagarss 8 

Kph4m^rlde^ Medteftle*. — 35 Mars 1672. 

baquih, premier medecin du roi» ecrit la lettre suiVante & la facolte de medecine de Paris : 
a A MM* les doyen et docteurs de la Paculti de ttitdecine de Path. 
« Messieurd, 

a tfestime partjculiere que j'ay fait toiita ma vie de vostre FaculU me fait sodbaitej* 
ardemment d'y faire reCepvoir men frere, mais comme je scay que la rigueur de vos statuts 
luy seroit un empeschement invincible a cause de son temps e( de sa jeunesse, je vous sup- 
plie de vouloir vous en relascher en sa faveur, et si ma consideration pouvoit estre aupres de 
vous a quelque chose, obligez-moy de luy accorder la grdce que le vous demande, vous 
asseurant que je prendray un tel soin a Tadvenir de son estude qu'ii ne fera point deshonnaur 
a la compaguie , et que j'en auray toute ma vie la reconnaissance qde foift pOdtflz attenare 
^e Celuy qui eat veritablement, Messieurs, 
t « Vostre tres-humble et tres-obeissant serviteur, * Daqci^ 

« A Versailles, ce 25 mars 1672. » 

Le (Hrant, G. RlCH&LOT. 
Fimis. — Typographie liuz Maltistv et C e , rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur , 22. 



y-ie - L'DMON MEMCAIE — Man* 48-Mars wi • 

■ L i I ■ l i.ii i ./ " - il>' . mm , I I. '- -- . I . nn', 

CLINiqUE CHIRURCICALE ' '! 

Atom cLiimjuB mm uinmcto; i 

Par Guslave Richelot, interne des iiflpftans de Paris, . ".'',. -"'. 

Les eveneraents qui viennent de s'accomplir ont permis aux . chirurei.ens de 
recueillir de nombreus exemples d'accidents traumatiques. An moment oil l'Aeade- 
mie abqrde la question si controversee de l'infection purulente, nous pensons qu'il 
ne serapas inutile d'attirer 1'allentiori sur quelques-uns des fails que nousavon's 
observes'. ' ■' ■■•',' 

Parmi. ces foils, il en est un certain nombre qui, au point de vue du diagnostic, 
ne souleveraient aiicune discussion. II en est dautres que beaucoup de chlrurgieris 
conaf3ereraient comme tres-obscurs, el qui meme, pour queiquesruns, passeraierft 
inapcn-us. "' 

Les.accidents febriles des blesses peuvenl, en eflet.se presenter sous quatre 
formes dfstinctes, bien qu'unies entre elles par des relations evidenles. Un&flev^e 
Icgere,- debutant Ic second ou )e Iroisieme jour du traumalisine, duraut peuetne 
comprometlaht pas la guerison, porte le nom de fiivre. traumaliqvt.. C'est le plus 
ephemere des accidents febriles des blesses. A {'extreme oppose, {'infection puru- 
lentt, avec sen cortege de symplomes typhiques et ses lesions viscerales, ne pr&te a 
aucuno. equivoque, du moins au point de vueclinique. Tout le monde s'entend'sur 
V infection putride de Berard, ou teptieemie chronique, pour nousservir d r «nniotrie 
en France et uslle Surtout'en Allemagne. ' 

La quatrieme forme n'a. pas ele etudiee parmi nous comme elle le merite. Les 
livres classiques J'ont jusqu'ici laissee de cote, et beaucoup de praticiens semblenl 
n'en lenir aucnn compte. Lorsqu'un blesse succombe avec de violents frissons et des 
abces metaslaliques, on dit qu'il est mod d infection purulente; s'il s'estemacje 
lentement, sans frissons ni metastases, il est mort d'infection putride ; mais, s'il 
olTre le meme type de flevre que dans le'premier cas, etat lyphique tres-aigu, ady- 
namic prononcee, amaigrissement rapide, moins les frissons et les abces, on dit 
seulement qu'il a la flevre, qu'il meurt des suites de sa blessure, mais on ne donne 
aucun nom precis a cat etat pathologique. ' ,' 

Cette forme meconnue d'intoxication, c'est la septicemie aigue. Son etude est inse- 
parable de celle.de lapyohemie; mais nous ne voulons pas aujourd'hui chercher ja 
relation qui existe entre ces deux mots. Nous voulons seulement deilnir la septice- 
mie aigue, et en montrer quelques exemples. 

C'est a "tort que ce nom et' cette idee sont considered comme importation alle- 
ipan.de: Les experiences recentes de Billroth et d'O. Weber ont conlribue, sans 
t (jute, a eclttireir la question ;. mats les developpemonU que ces au terms Jul oat 
aonpes ne, sont que la suite nali 
et plus justement apprecies de r 
en 1822, eludia l'infectioli pbt 
ri§nces instittiees afcir' Utle lar'gg 

labUs §es &e§§, et admit pe jf 
fflatispee inkidis, et ime mm 
m mfetmtemnte sepUqufs, 

He fondant SHF da flQuyallea i 

nAm'wrrtfim! 6m prwiuiis' 



mem, nbrfem su aaetenesn 
H8H8 afFfttsF ■ BillFrth et 6: Wei; 
les diverges parties du pas, lis ( 
da figvre, dag foyers metetattqi 
des Mimm tmmsim Iwm 

*\mmt>T la pFOduBiien dg )a ffc 

tm\ fltmp nm mffante i%m 
I'^tipfl 4es fflfttiopes se§tiqnss. 
Siiinet 1« mimes a«t«»Fs,' la flevts tfMfflallffte f?#8fetI6 me MfflMabWBri= 
Terne U - Tnmkm Mt, U 



182 L'UNION MtiDlCALE. 

-gias^j / a g e nt toxiqu e vieat de la legere coaehe d e sphac e le m o leculai r c qui, sur la 
plaie la plus simple, prepijcle l^app^ri^oa.^s i>9vicgftous djarnus et l'etablissement 
regulier de la suppuraddti : rlja^Q)iiic^B!0« , e9t qoHm cfe^pc plus eleve de la fievre 
traumatique. Elle la continue ou la Template lorsque les produits de la plaie 
deviennent fetides, lor^qiwles bordsr serifccdleftt&qoete^ranulations s'affaissent. 
En un mot, la fieyre^augnjenlQ et preiad, le carter?, lyphiquq si jles principes resor- 
bes acquierent ufle septicite plus gran'de. Oh voit alors le maximum de la tempe- 

. wtur^,ge,prQlonger pjus ou moins* et suryenir la jprqste^tion,, la diarchy le subde- 
Jiruji^y l.emac^tlon lenlep.u rapine-. ',', ,> .,,■.,. .,.,.. , ,". ... - 

;. f NQju^avons iftcpeflli,:a Thopital LarJboisiere, dfljifrte service d^.notre pififertiorvne 

jpaaitre, M f yprp£uj)|, ua ban norni*^ fj'pbsepvation&qui offreql, te tableau 'dela.sep- 
ticemie aigue, J telle quelle se mo'ntrc ctiaque jour dans nos services de chiinwg*e. 
EUes ressemWent^ aux pbseryatiqtns .cliques, ^..py^emie,; -mem^ ,fiAvrje r flajeme 
focies, .raecae adynajpie ; cppqadaht efles, n$ respondent pa§..a Haee ^on.se fait 

'encore de rinfectipjx purulentei piiisqu'il.ii'y est question, rii de frjs^n^, viol^nis ni 
d'abces metastatiques. 



r I 

'J' 1 



Obs. I., — Perforation de'Vurethre. ~ Infittration d'urine. — SepHc&hie. -t- Afa/'k — 
'C..,, 72 ans, entre !e k avril 1870 a.Ph6pital Larjboistere, salle Saint-Louis., n* !JQ.. 
rf, ,Ce malade a depuis six ans; dit-il, dcs troubles da cdt6 iles voies urinaites. Ce dfebiit, dans 
'(m'a&e avanig fait stipposer qu'il fc'agit, ndn d'un rdtr&issemeht , mafsd-mtts hypertrophic 

prostfcfiqufe; les accidents actuels de retention fet dMnfiftrirtfon urineuse seraient dug atfuei- 
<que dfcftirae'dt Turfethrefaite par le malade lui-ratae pendant le^th^Pwtne. II dit avoir 
rla flfevre depuilquelques jours; mai^il est dans^un tel 6tat de prostrdtionyicpieilqs renHtigne- 
r,pient6 8(Miit<pw|8 0U iusi&fiifiants. '....... , v . j. / , u • 

Le scrotum et la verge sont le si^ge d'une infiltrajiott GOQ&idftr&bte'r une-tui»6fa$lioB Ndu- 

mjneuse oqcupe la fosse jschio-rectale gauche, , , ., , 

5 avril. On incise le dos de la verge, afin deitrouver le ra^at ui , inair^.;lln ( .gi'Os catheter est 
. arr£t6 par qn r^tr^cissement de la fosse naviculaire; la. sonde .canheWp, introduite a son 
"tour, rencontre un deuxifeme r6tr£cissement p6nien. Ipcision sur la ligne m^diane du scro- 
tum; on trouve toute la paroi inferieure de' riir^hre d^tiud^e. Iricisiqn sur la fosse iscltio- 

^ectale igauche. Oti passe un tube a drainage ! de la verge au sdrotuni, un autre du scrotum a 
Pabc^s p6ri-rectal ^-Pe tJodtes. les incisions! s^chappent<les ^az inlecte'iet detf detritus gan- 
gr^oeux m61te a Furine. — Le faeies du roalade<est celui d'un typhique. Adynamie extreme, 

'langOe s^che, fuligjneuse. Tanip. 3ST/i — Le soirja lamp^mtu*e<i bai$s^ J 37fA. • . . : 

6 avril. Amelioration inattendue. La tumefaction dfcs< bourses a beaucoup ^iminu^w Temp. 
. jp^n 37^3 ; temp, soir 37°^ .., : . : 

K . t 1 avril., Un abc^sise montre subi(ement a la region sus-hyoidienne gaucjje. t?in filtration a 
s enVahi la.r^ion pubieh'ne.,On passes un nouveati drain de celte region hk verg^. 1'^mp, 39°8 

avaiit les nouvelles incisiohs.'Le soirjlemaTaae est presque agbhisant; temj. ou 6 i. 
, 8 avril. Nouvelle amelioration. La respiration est plus 'libre et rinteltfgen&e uri pen ffevenue. 
rTe*ip. , 3tf*. ' .• • • : •• < ■- , ' ; ' : '. '"■■ ; " ' ' 

- > Le soir^i l'asphyxie se prononce de inouveauj temp. 37 9 8:'L'«deUT eKh^Mefmrle'nilllade est 

iufectel, et oressemble a oelledes mac6ration80Dat()iniques.;-r'Mwtdnni hinuitl ■ > . •• 

' . AutopsieS—ltis foyers purulents et'gangrcheuxsitues'au'tour dei'(u:6tbi^ ? , ainsi aue.rabc^s 
* du cou, n'offrent rien de partlculfer.' L6s poumons sont unpeu congestlonnfeet n,e cprifiennent 
pas d'abcfes m6tastaliques. ' , , [ . ' '''..' 

'" Vrethre :' Un ' r&r4cls$emen£ !n)m6diatemeut en arrftre de la fosse naviculaire. Un autre 



Q^'-iBrftis't dttoHQorii'dtfl ^^s^^'-d^jti^mis', ztmM ^ d^itep^ &'d*t$ *\liW$m\k 
f Jdilielatav) asnpBrianwt.jtonte'iFeidlxeriiit^ !et ft)itnahL ii^e^ha WiflW^e 

itqtiia >?eppuss<r.et aiii^bj$ile.pai?eneby«a^ Aii^b»* l4 y s ^de8«ieux«dt6s.* ..i:n!i ^i<< 

.. Obs. II. -r Perityphlic. ~Sap{icMiie aiaue. -n Mort..— .&*;«• Ml, ans, por^Uniefj.ejUn'e 
' ;a' Thdpital L'ariboisftre le"!5 abfi^lWfc " salle Sairit-Auguslin. n<\26. ' , .• ', t .", ' '.' : 
'/ Cet homtne/entr^ d'abofd'darik utie sajfe de niedccine, est eriyby^ feiehlot a la salle SaiiU- 
''Apgiistinvcomme afTebte'de coxalgle. II n*a stibi ericore :' d^auti-e trait'ement que 'Tanpllcation 
»W six veil totfeas -scarifies* au^ui-ife la; handle.;- •.».•>,.;.'«: ^ 
<"? Ortl'inaireni^nt'bien ^farit/'ll souffi^ dfeptiis^Meu* otyiVpta'sfcmafnes a^ube constipation 
J«opteiaif*. fl eprbuvft' depbis quime jbur« 'environ 1 'dgfe* dbUlfein% Vl«' |>iVi& enJ pkis vives au 
. imwiRtt de la liaashB dt^ifa JDnpiiis -unrsemarrie, 1a tinsw fesf tonittdttnttnl^fl^hie tot le 
bassm; Textension complete est impossible. . ^ •.;;»-.*.»• •«'.: .rr, ^ni> n'^ J i 

.'^Etjjl'exauuiiant le ao^fti^*!*,^^ est 



._ ..._ _ L'UNiONJifiDICALE. -..-,...488 

intecta, .que 4e» Jnomrewenls sent libres,i*tqu*ilrty av.aaew 

pression exjerrte .sur -la -paroi abdimintile est .doulourausfc, tto"eui>4teal6Bt{ffTOftnd paratt > 

occ^per toiUe h fosse ijiaque droite; La douceur ne.se continue |>a* : .jdaiig 1? t4giw oruijde« ! 

Depuis quelques jours, le malade a habiluellement la peau chaude, la langue saburrale, un 
peu de c^phalalgie; Tappetit est faible. II urine sans dimculte; la constipation persiste, 

21 aout et jours suivanls. Les douleurs augmenlent et deviennent continuelles ; la flexion 
du membre se prononce davantage. Le mouvement febrile est continu, la temperature alteint 
38% 39° degres. App^tit nul, insomnia et agitation, langue seehe* Bientdt apparatt un peu 
d'cedfemc aux deux pieds; les urines, rouges et peu abondantes* contiennent ieaucoup d'al- 
bumine. L'cedeme apparait ensuite a la partie sup6rieure de la ouisse et * tonfe. la moitte- 
droite de la paroi abdominale* 

25 aout. La peau devient rouge, tendue, luisante, au-dessus de l'arcade crurale. On fait 
une incision Jransversale de 4x^M*»kU'es , a- ce niveau. -.Jl s'6coule iwegnarme. quantity 4e 
pus tres T f6Ude. On ^tablit^dans I'incision un double tube- k drainage* Cfttaplasmes, injectioas-* 
d'acide plidnique plusieurs fois, par jour, ... .» ,\» * . . = '. * • 

Les jours suivants, l'6tat ne s'ameliore pas, malgr6 les lavages da jpycu'^l&jws t r0ste<f6tide. 



4ucii pui uc uans i<t juuruee. jug zo auui, i tiuyiiauiie se jjiuiiuiiuc LiavauiaKc , la uaiuic coi 

embarrassed la respiration p&iibteet acc^rde, le ppuls irregulier. l Pas de frissons. —'Mori 

led* aout. • : • • . . • . • 

Auippsie. — ^prfes avoir ente^rintestin grWe^on trouve que re twecum eUe colon ascen^ 
dant adherent au perUoine,/qui recouyr^ la fosse iliaque. En , jncisant avec precaution .pes 
adherenees,~on, attache entiereiment, rintestin du pentoine* et on constate focileiaent qii'il . 
n'y a pas t de4)erforation ijatestinale. . i: ; ..•■,: 

lies adh^efices lesplus fortes se trouvent nti niveau de foppendice ooacal. Celui-ci-esfctrfcs- 
epaissij volumjweux. Iardac6,. et ^e tercaine par une ampoule qui cmrtientun ealcul bihaire 
gros comme une amande. .lln'est^ailteurs le siege d'auoune perforation, et, en le apparent ■<- 
du p&itoine iliaque, on s'assure qu'il n'y a pas de communication entre la cavite* intestinale 
e We foyer purulent • • • \ ."•■..• m» s . • > 

L'extremit^, sup^rieure dp rein droit, 6paissie et adli^rente* forme la limite sup^rieuredn 
foyer iliaque.' La paroi anterieure de cq foyer est formed par le,p6ritoine. ga paroi posterieure. 
es^ constitute J)ar le psoas fffaque^ dont la surface est r&luite en pulrilage; le muscle est mou \ 
et violac£ dans t6nte son '^paisseur. Le fofet s'^tend de '5 centimetres environ dans la region 
crurale, entourant les vaisseaux f^moraux; ceux-c^ sont parfaitement perm£ables; il en est de 
ni&ape 4ep. vaiss§aux iliacjuesi qui forment la limite interne de Tabc^s. 

Le^ pQu k mpns,.)^a l pl^xres, le C03ur 4 n'of&ent rien d'int^ressant a noter. Le foU est fortement 
congestionn^; la rate ycdumineu&t- et diffluente. Les rrins sont trfes-volumineux »* lebr tissu est 
rouge et forterneixt hyperen^ie. Aucum trace d'abces mUaUatiqms* 

1 

1 • % * * 

Obs. 111. — ' Vlaie contuse du perine"e. — Contusions multiples, -rr Fractmredu tibia. — Sep* 
ticemie aigut. -j- Double qrthrite tibio-tarsienne. — Jjiiort, — T,.,. f 11 abs^ entre & ThOpital . 
Laribofeiftre ; le 21 abflt i 870, salfe Saint-Augtistin. n° 28'. 

Get enfant est tombe"dans nn pnits 'fe matin mfcme de son entree. Ml ne porle actuellemerit 
aucuoe trace* de contusion' snstrtes membres, doht les mouvements paraissent Ubres; mais il 
exisle au p^rine'e une plaie contuse, large et profonde, sur le cote gauche de l'anus;. te doigt ' 
P^(9e jus^ifa la tub4rpsit6 de risehtop, dont le p^riostd est; d'aiMeure intact. 

fi^pfjla djeul^yr queiJuicause i>xplomttoo!de la-piaie^ l^enfantne se'plnint pas; on n*aper- - 1 
coil aucune -auti^ lesion.. - ; -,.. It -, , •. •■ 

Le troisi^me.jouiv 2?,aouj» upipeu.de O^vre se declare. La peau est -chaude, la taingutt 
blanche,. La temperature n'es^pas encore tr^Miev6e (37^), . . # • . , . ..;..*-. 

Le 25,. la plalq 6tapJt ll b](aarde, lqs bourgeons charnus ne se.fomnnt.pAs^on ^ptora ( jde* 
nouveau avec atlention, et on recpnnatt la ne*cessite de debridements .multipteSk II existe, en . 
effet, des decolleiiients 6tendusL On incise dans plusieurs directions, ej on met a nu une large.. , 
surface, qui est ensuite caute"ris6e au fer rouge. — Pansements a racide pb^nique et injec- 
tions plusieurs fois ^61^68 dans les vingt-quatre heures. '-— Temp, matin 38°9 (avant rop6-' ' 
ra lion)4«Qte39°, 1 :, . ..'! , • «• •• • ■ ' ' • -• >z 

Le 26^ la fi^sre est plus vive-iUflgueafcche, anorexie^ c^phalalgie l6sfere, malaise g^n^i«al. '^ 
Pas cle msspns. Xemp. matin AO ^ — L^nfant accuse pour la premfereiois une. douleur 'trfes-- 
vive dans tout le membre supenenr droit, surtout au niveau du pied et dee malteoiesv trfcs-' - 
I6gerement oBdem^lie's. M. Verneuil pense aussitot a une arthrite tibio-tangjeiuie, $oite de:. . 
contosion, et devehife plus graVe, suppura'nt' peut-fctre, sous Tipflluence de la.aeptic6mie« — .". 
Temp, soir 39°6. 

Le 27, la douleur de la jambe droite est toujours aussi violente. Fi^vre plus- forte,. -sans 
frissons; la face s'amaigrit, les trails sont tires, I'aspect ' typhiqne se prononce; u'n p'eli ^agi- 
tation la nuit. — Temp, matin ZiO°l ; soir l\0°i. 

Ui5»* m&fafe^tat ^peial. Lev,wnUMPe inWrieu* gauebe,A^u! jiisqu'ici n'avift "W'ittn^ 
1 attention, est aujourd'hui aussi douloureux et aussi impotent que l'autre. Le moindre attou- 



184 L'UNION MfiDICALE. 



j. 



1 '" !L 



chement arracfredes plaintesau malade. — Pendant ce temps, la plaie du pe"rine> est bla- 
farde, te suppuration est trfe&peu abontfante, f&ide; il ne se forme pa». de granulations, 
mjalgre' lea paoseuients et les injections phdniqueX — Temp, matin 40 a 5; stir /io*3. 

Le 29, m£me 6tat.' Araaigrisfeement extreme de la face. Temp, matin 60*6; soir 40*2. — Pas 
de frissons. 
Le 30, temp, matin 39°1 ; soir 39°. 
Mint' le' 81. 

Autopsie* *r- La plate occupe le pourlour deTanus, la fosse ischto-rectale, la tease gauche. 
Le de^oUement a envahi presque toute r&endue du sacrum. Le nerf sciatique do c6tfc gauche 
est a mi^et tatgne* par la suppuration. Le rectum et l'aftus sont intacts. ■ ' ■ 

On trouve quelques ecchymoses intermusculaires dans les parois thoraciques (contusions 
primitives?) ' 

Les pomhons offrent deux ou trots petites ecchymoses tres-superficielles. Quelques adh£- 
renceB du poumon droit avec la plevre costale. Le"gere hypere'mie bronchique. Le parenchyme 
est d'ailleurs sain et ne pre'sente aucune trace d'abces mttastatiques. 

Foie, volumineux et compWtement gras. 

Bate, volumineuse. Son tissu est raraolli , et les glandules de Malpighi paraissent hyper- 
trophies. ( -. < 

Les reins' offrent des dimensions normales. Leur substance tubuleuse est, pale, jaunatre. . 
Examines au microscope, ils' offrent a un haut degre la de'ge'ne'rescence granuleuse .de F6pi- / 
thelium des tubuli. 

Les deux articutations^ iibio-tarsiennes contiennent une : quantlte* notable, de pus; celui do. 
cdt6 gauche est sanguinolent. Lefe cartilages ne sont pas e'rode's. Mais sur le bord externe.de 
la poqlie astragalienne du cOte droit, on remarque un fragment Cartilagineux arrache*, ve*ri- ' 
table fracture intra-articulaire. En dissequant les muscles de lajambe, on trouve de vastes : 
ecchymoses intermusbulaires, surtout sur la jambe gauche,' et enfin de ce c6te\ on decOuvre 
une fracture du tibia «n> quart infgrieur, presque transversale , et communiquant par true 
scissure longitudinale avec l'articulation du pied. Le p4ron6 est intact 

Ces trois observations offrent le type de Tinfection putride aigue. Dans le premier 
exeftiple, sphacele rapide de tous les tissus touches par Turine, odeur infecte des , 
foyers gangreneux; etat typhoide, temperature elevee &vec oscillations irregulieres 
ne; rfeporidant a aucun type determine, abces . soudain de la region cervicale, tout , 
demontre la resorption des matieres septiques., 

Dans le second cas, l'etiologie est toute differente ; mais e'est encore un foyer : 
putride qui determine les, memes accidents generaux: fievre, insomnie, anorexic, 
secberesse.de la langue ; enfin; prostration extreme; respiration p6nible et irregu- 
laris du pouls. Nous remarquerons deiix feits : Au point de vue clinique, la cbhsti- ' 
pation, phenomene assez commun dans. la septicemic chez rhomme,.bien que la 
diarrhee soit plus ordinaire (chez les animaux, e'est toujours la diarrhee qu'on . 
observe) ; au point de vue anatomique, Taugmentation de volume et la dijfluence 
de la rate, lesion presque constante, et qui rattache la septicemic chirurgicale a 
d'autres intoxications. Nous avons rencontre cette alteration visceraie dans la plu-. 
part de nos autopsies. 

Le troisieme cas ressemble aux deux autres par Texistence d'un vaste foyer, avec 
decolleipents et suppuration de ma uvaise nature ; mais il offre un curieux detail : 
e'est Pexistence d'une double fracture completement meconnue pendaint plusieurs 
jours. Lea lesions si graves des deux membres iriferfeurs ont passe d'abord inaper- 
§ues, et, vu l'age du malade, auraient probablement gueri si la septicemic n'etait 
survenue. On peut admettre, et e'etait la Topinion de M. VerneuiL que 1'intoxica- 




putride avait place 

Signalons encore le ramollissement splenique' note dans Fobs. Ill ; Talteration 

i;ranuleuse,des reins, decrite par, Virchow comme une lesion septicemique ; enfin, 
a steatose du foie. Chez cet enfant, qu'on ne pouvait naturellement sOupconner 
d'alcoolisme, le foie devait fetre sairi avant la blessure ; e'est done k la septicemic 
qu'il faut rapporter sa deg6nerescence. L'infection putride est, en effet, une cause 
puissante de steatose visceraie. 

, * i ■ 

Onelquefois, la septicemic est foudroyante, 

Obs. IV. — Double fracture camptiquie du membre infMeur* — Amputation de (a ad$U^ 



l/UJSIOIN MfcDJCALE. i8fi 



— Septicemic suraigut. — Mort. —X..., 30 ans, charretier, entre a rh6pital Lariboisifcre le 
12 Janvier 1870, salie Saint- Augustiu, n° 19. 

ftenvers6 par un tombereau , cet homme est apporte a Tlidpital avec une fracture commi- 
nutive de la jambe droite, compliqu£e de plaie, et une fracture du femur du mSme c6t£, avec 
ptaie, issue du fragment sup^rfeur, et* attrition considerable des parties molles. Bonne sant6 
anterieure; pas d'alcoolisme, d'aprfcs letf renseignemehts que donne la famille. — Le malade 
accuse peu de douleur; il parait trfcs-£rapp$. Pouls 100; temp, 38°. 

L'amputation de la cuisse, pratiqu^e au tiers sup^rieur le 13 Janvier, a trois heures el 
demie, donne lieu a une perte de sang considerable (1,000 gr. environ) ; syncope pendant les 
ligatures. Le soir, le ponls est monte a 120, Ja temperature descendue k 36°5. — La nuit est 
assez calme. Un vormssement vers onze heures du soir. 

Le 14, face pale, urines rares; on remarque une certaine exaltation dans les paroles. Le 
pansement est souilte par une s£rosit6 sanguinolente qui d6ja exhale une odeur trfcs-fetide. 
Le moignon est d'une extreme sensibility. Temp. 38 a A. 

A midi, frisson de moyenne intensity, et de courte dur4e. A midi et demi, quelques signfcs 
d'excitation cdr^brale. A une heure , le malade pousse quelques plaintes, puis on le trouve 
sans connaissance, les yeux ouverls, les pupil les tr£s-dilat£es, la face pale; les bruits du 
coeur sont sourds et confus, le pouls insensible, la respiration stertoreuse; un peu d'6cume 
sur les Ifcvres. Les mouvements respiratoires vont s'affaiblissant; la mort arrive au bout de 
trente minutes, vingt-quatre heures aprfcs faccident et vingt-deux heures aprfcs Tamputation. 

Autopsie. — Les poumons sont gorges de s^rosite sanguinolente; la tractive et les bronches 
contiennent une gcume Tosde. 

Le ccntr est flasque, d<*color6, et rempli de sang coaguld. Le ventricule droit contient un 
caillot jaun&tre qui se prolonge jusque dans les plus fines ramifications de I'artfcre pulmonaire. 

Le foie est volnmineux et steatos£. ' 

Les reins, examines au microscope, prgsentent a un haut degr£ la d£g£n£rescence granu- 
Ieuse. 

La rate paratt saine et de volume normal. 

L'exaroen du moignon montre, dans Partfcre femorale, au niveau de la ligature, un caillot 
de 3 a h millimetres de hauteur; dans la veine femorale, qu'on a dO lier aussi pendant 1'opS- 
ration, un caillot de 2 a 3 centimetres seulement, mince, decolor^, granuleux et sans consis- 
tance. Ecchymoses diss^mintes et liquide sanieux dans les interstices musculaires au voisinage 
de la plaie. 

Nous voyons \k un cas.de septicemic suraigue. 

II est bien entendu que c'est l'asphyxie rapide, et non la syncope, qui a termine 
la scene. La mort n'a pas ete subite, elle a ete precedee par une agonie d'une demi- 
heure. En ecartant ainsi la syncope, nous etablissons qu'on ne peut attribuer, }a 
mort, directement du moins, a la perte de sang que le malade avait subie. v f 

On pensa d'abord a une embolie pulmonaire. Les conditions de l'erabolie exis- 
taient, car la veine femorale conlenait un caillot friable qui pouvait avoir verse 
dans la veine cave un ou plusieurs fragments; mais Pexamen du poumon ne con- 
firms pas cette hypothese. 

La septicemic ne souleve pas d'objection serieuse. Le malade y etait predispos6 
par l'hemorrhagie, qui avait dfi l'affaiblir, et augmenter la tendance a l'absorption. 
Viennent a l'appui de cette explication de la mort, la fetidite de la plaie, rapide- 
ment developpee, la sensibilite extreme du moignon, l'aspect granuleux et la mau- 
vaise consistance du caillot de la veine femorale; Televation de la temperature, 
38°4, en depit de Themorrhagie qui d'abord 1'avait fait tomber a 36°5; le. frisson 
qui eut lieu une heure avant la mort ; enfln, la degenerescence granuleuse des reins 
et la steatose du foie, alterations septicemiques. En vingt-quatre heures ces lesions 
etaient produites et Tintoxication achevee. 

Les observations que nous venons de rappprter contribuent, selon nous, a etabiir 
la realite d'une forme d'intoxication chirurgicale qui n'est, quant aux apparences 
ext6rieures, ni l'infection purulente classique, ni I infection putride de Berard. 
Reste a chercher quelles relations unissent entre eux ces trois etats pathologiques. 
C'est ce que nous essaierons dans une prochaine etude. 



[/UNION MGDICALE. 



ClINiaUE MEDICALE 

DBS COMPLICATIONS CARDIAQUES DANS L* VABIOLK ET tlOTAUflEHT DE LA MVOGtBDITB 
VABIOL.BUBE (•); 

Par MM. L. Deskos, inedecin de I'h&pilal Lariboisiere, 
Et Henri Huchard, interne des hopilaux. 

myocardite; — sympt6mes (suile.) 

Le pouls presente differents caracteres suivant les periodes auxquelles on l'ex- 
plore. Ali debut, dans le slade d'excitation du cceur, il peut elre normal ou fori, 
plein et vibrant. Lorsque survient la debilitation de cet organe, il perd de sa force, 
devientondulant, faible, depressible, inegal et irregulier. Reconnaissonscependant 
que cette correlation exacte entre l'etat du cceur et celui du pouls est loin d'etre 
une regie absolue dans la myocardite. Plus d'une fois nous avons ptl reniarquer un 
disaccord tres-sensible cntre les signes fournis par le pouls et la force ou la fai- 

' blesse des contractions cardiaques. Dcja M. Gendrin (2) avait ele Trappe de cette dis- 
cordance qu'on voil en cerlains cas de pericardite survenir entre l'etat du pouls et 
celui du c(eur. Lorsqu'au milieu de cette affection ilvoyait survenir l'affaiblissement 
des diastoles artericlles, en meme temps que le cceur battait avec violence, il pensail 
a une propagation de rinflammation de la sereuse au tissu rausculaire.de l'organe. On 

1 doit aussi, dans ce cas, suivant l'opinion de M. Bouillaud, admettre la presence de 
concretions sanguines qui out pour effet d'augmenter momentanement 1 energie des 
battements cardiaques et de produire raffaibiissement du pouls par suite de la dimi- 
nution dans la quantite de sang projetee a travers les orifices. Mais le disaccord 
n'existe pas seulement dans la force, il existe aussi dans la frequence des pulsa- 
tions. A la precipitation quelquefois extreme des battements cardiaques ne corres- 
Eond pas toujours la frequence du pouls. C'est que, dans ce cas, l'organe central de 
i circulation est trop aflaibli pour que tous ses mouvements puissent relenlir sur 
les pulsations arlerielles. Aussi la pulsation radiate, outre ses irregularites.et ses 
intermittences passageres, est tremblotante, comme hesitante sous le doigt, et nous 
avons pu voir souvent ce dernier caractere inscrit sur quelques-uns de nos traces 
sphygmographiques. Les lignes d'ascension et surtout de descente offrent une serie 
de petites ondulations,. de dicrotismes multiples. Ceux-ci sont expliques par ['aug- 
mentation de l'claslicite arterielle que ne conlrebalance plus la contractilite des 
valsscaux, toujours amoindrie dans les maladies febriles, el aussi par la moindre 
quantite de sang projetee a chaque revolution cardiaque par un organe aflaibli. 
C'est la le pouls ascillatoire, pohjerote de la myocardite. 

Nous reproduisons ici trois de nos traces sphygmographiques qui represented 
assez' fidelement la forme du pouls de la myocardite a la dcuxiemc periode. 



Variole confluenle ; complication cardiaque (myocardite au debut de la dcuxieme perlode 
de regression granulo-graisseuse) ; pouts irregulier. 



Variole confluenle ; complication cardiaque (myocardite au (idbut de la deuxieme periode 
de regression prannlo-graisseuse); pouls irregulier. 

(1) Suite. — Voir les numeros des U juio, 23 juiilet, 6 ct 30 aout 1870 et at mars Iflf i 

(2) Levant sur lei maladies du eosur.parM. A.-N. Gendrin, 18*1, 184!, page 325. 



L'UNION MEDICALE. 



2° Symptohes cerebrai;x et pllmon aires. — . Lorsque la degenerescence grais- 
seuse du creur s'est etendue a une grande partie des fibres musculaires, et surtout 
au moment oil les troubles asystoliques, se declarent. la difiiculto et lembarras de 
la circulation cardiaque retculissent but les poumona et suiv i'.encephale. C'eat alors 
que nous avons vu apparaitre- uri delire dune; signification pronostique .tres- 
serieuse. ■ ,• ,•■>■... i -■ ■ . > ■ 

Sans doule, dans la variole, ce sympt&me cerebral reeonnaU plusienrs causes et 
Be montre dans dilTerenles periodes de la maladie; il peut prendre une mlensite 
extreme et se traduire par une agitation incessant*!, une incoherence eontinuelle 
du langage, et une tendance marquee au suicide. : 

Ce ne sont pas la les accidents encephaliques de lafflyocfirdite-Oux-ei apjMr 
raissent comme phenomenes ultimas de la complication cardiaque, .et pour -ct re 
moins tumultueux, moins desordonnes, ils n'en sont pas moins graves, car ite 
indiquent en meme temps des alterations profondes dans h tiesu> cSarnu du oteur 
et uh trouhledans la circulaliqn de l'encepliale. . ... 

Les lesions que l'autopsie nous a permis de reconnaitre dans ce dernier organe 
se rapportent, soit a une congestion, soit a une anemie, soil, meaica uu_ A'eriiable 
ramollissement. Mais il nous est souyent arriyede-Be^ppuvoir, saisir d'alteration 
bien appreciable des meninges ou' du cervean'. 

Malgre ces quelques resullats negatifs, nous pensons que le delire ou plut&t le 
pubdetirium pent etre quelquefdis impute dans la variole eonfluente al'adynatnie 
cardiaque p&r degenerescence 'graisseuse. SaMs vouloir dormer a ©et egaril'des 
caracteres precis, nous nous bornerons a dire que le delire iJu' a' nntbxication 
variolique a des allures plus violentes que celui qui se montre a la dernjcre periode 
de l'inflammation du coaur. Nous ne pensons pas cependant que les. accidents cere- 
braux de la myocardite puisscnt autoriser, comme l'ont fait quelques. auteursqili 
1'ont etudiee dans l'enfance, a admetlre une forme eerebrale de cette maladie. 

L' existence de ee ddiire myocardiaque, auqufllon^n'avait^pas encore assign^ dans 
■ la variole Ba veritable signification, a ete confirmee dans des travaux anterieurs-'sur 
des affections differentes qui offrent aussi des manifestations du myocarde. Airisl, 
le docteur Hudson (1), dans un memoire on il rendait compte des rapports exis- 
tent en'tre le delire ct certains e'tats du cobiir dans quelques pyrexies, cite deux c#s 
de Oevfe, petechiale ou ce sjroptome ayant ete observe pendant la.'vie,.l'autopsJe 
avail fait constaler, outre une congestion intense des meninges, un ramollissement 
Ires-notable avee disparition des fibres musculairee du .cceurs marqu^a surtout au 
venti'iculr. gauche. Nous pensons aussi que certains cas d'accidents encephaliques 
rapportesamrhumatisme cerebral, de pericardites accompagnoea de'syniptSmes'du 
mime ordre doivent etre, en l'absence detente ieYion materielle du cote des centres 
nerveux, nils Burle'comple d'un deSordre circulatorre snrvctiant sous I'lnfluence de 
la degenerescence graisseuse aigue du cp3ur*(2) ; ' '' " . ....-'"< 

Le delire .n'est pas le seul symptome qui. apparaisse ii la dernjere periode de'Ja 
degunerescence graisseuse. du cajur,..L'aneinie ; eneepbalique, a laquelle elle doane 
lieu, proyoque le plus souveat.dcs convulsions generates ou partiellos, ou quelque- 
fois seulement une legere Uemulation musculaire qui agile les merribreset diverse^ 
partres du corps, signes precursaurs do' cwna : dan8 lequel les malades' ne tafderit 
pas it'lomber. Les respirations, qui elalent acceltirees, deviennent irregulieres, ine- 
gates, saccadete'e't moins frerfU'enles; par' s'uife de rp1igaimie. ; du,buU)e, qui prive 

: (i\ Setherches nir hs rapports existmit entre le dilirt et ctrtalrtt itatt du c&urdatu la fiqvrt, 
par le ciocti'ur'A.'HaiJsDri {Dublin journal of medical science,'!" serio, vol. XX), inalyse par Stokis. " 
(2) Nous irouvons la confirmation de cetle opinion dans une observation intereasanle puhfiee en ; 1870 
i»Sr'w. ^ aocteor Felti, deSIrasbourg (Gai. des ndp., n= 67, annee ii7&, rtsiimfe, olininue par M. Staub, 
Interne du service), sur les accidents nerveux du rhumatiime et lean rapporii dvtt la deyeneresctnee 



188 LUNION MfiDICALE. 

• » 

le coeur de Taction de ses nerfs moderateqrs, les mouvements cardiaques se preci- 
pitenl, tout en diminuant de force. Ces palpitations ultimes ont done une signifi- 
cation diflferente de celle des palpitations initiates. Ces dernieres, en effet, sont 
dues a Texcitation des ganglions automotenrs intra-cardiaques et meritent bien le 
nom d'irritafives que M. Germain See leur a donne; les premieres sont paralytiques^ 
puisqu'elles sont dues a la cessation d'action des nerfs vagues par ischemie 
bulbaire. 

L^ myocardite a encore un funeste retentissement sur la circulation des poumons 
.ju la congestion passive, s'ajoutant aux lesions pustuleuses des bronches, que nous 
avons souvent observees dans les varioles confluentes, retrecit de plus en plus le 
tttiamp respiratoire, rend difficiles les echanges gazeuxentre Fair etle sang, et con- 
Jribue pour urie grande part a determiner les symptomes de l'asphyxie. Sous cette 
influence, Teruption palit et s'affaissei Tareole inflammatoire qui entoure les pus- 
tules prend line teinte violacee; lapeause couvje d'une sueurfroide, la temperature 
quelquefois s'abaisse, et Ton voit promptement survenir la cyanosede la face etdes 
extremites. C'est ainsi qu'en parcourant le cercle de ses complications secondaires, 
la complication primitive du coeur devient d'un pronostic extrfemement grave, et 
que cette triade pathologique de la myocardite en se determinant vers le coeur, les 
poumons et le cerveau, precipite le terme fatal; 

Les troubles de la circulation centrale affecteilt encore divers organes qu'ils frap- 
pent d'hypereraie et dont ils modifient le fonctionnement. 

Ainsi Dn a note, du cote des feins, la diminution de la s6cr6tion urinaire, Talbu- 
itoinurie et Toxalurie (Demme). 

Notts- avons besoiri de completer nos recherches a ce point de vue pour 6tre en 
mesure de donner une affirmation positive sur ces alterations de l'urine. 

. (La suite a un prochain numiro.) 

JURISPRUDENCE PROFESSIONNELLE 



,L$S PENTISTES SONT -ILS TENUS , POUR EXERCER LEUR ART, *E SE MUNIR D'UN 
DIPLOME QUELCONQUE? — FAUT-IL,, AU CONTRAIRE, CONSIDERER CETTE PROFES- 
. SION COMME ENTIEREMENT LIBRE? 

Pour soutenir que les dentistes etaient entierement libres, on a aliegue en fait que beaucoup 
de gens sont plus habiles a arracber une dent que les medecins eux-mfemes ; que, d'afts les 
tiftpitaux, lesgarcons de salle rendent souvent ce service aux malades; que, a Paris, les 
medecins dedaighaient de se liv^er ft l'art dentaire ; que, dans les campagnes, il serait sou- 
vent trop long d'aller chez le medecin pour la simple extraction d'une dent, etc*... 

Nous ne voulons pas examiner cbaeune de ces objections ; nous faisonsf seuleraent observer 
que la plupart d'entre elles s'appUquent aussi bien a certaines autres operations chirtirgicales; 
que les rebouteurs, par exemple, pourraient les invoquer, et que cependant, oeqx-ia mtoes 
qui pfedient la liberie du dentiste, prGchent en m&ne temps les poursuites contre, tous les 
autres charlatans. C'est assez prouver qu'un pareil raisonnement pfeche par sa base, et ne 
taur&it devenir nn systfcme serieux. Passons done stir ce point pour rechercher line splution 
vrairoent juridicrue et reposant sur un principe certain* II ne faut pas, en effet, raisonner sen- 
lement avec le l>on sens en faisant abstraction des regies traces ; il faut, au contralre, et avant 
tout, mettre en paralieie les dispositions legislatives avec la profession qu'il s'agit de classer. 
Noire premier soin est done d'examiner si la profession du dentiste est etrangfere a Tart de 
gulrir, ou si elle n'en est pas une branche determines 

• Constatons d'abord que Tart dentaire fait par lie de I'enseignement chirurgical dans nos 
Ecoles : c'est une premiere et grave presomption ; d'un autre cdte, quand appelle-t-on le den- 
tiste ? — Quand il y a douleur et que le patient demande a Gtre'guM du mal dont il souflfre. 
— Le dentiste a done le devoir d'examiner quelle est la cause du mal : a recbnnaltre si la 
doulenr accus^e n'a pas pour origine une affection des nerfs dentaires ; a voir si l'etat d'in- 
flammation plus ou moins intense des gencives on des parois internes de la bouche ne com- 
mande pas eertaines precautions prealables, etc En admettant qu'il ait su discerner qu'elleest 
la dent ou se trouve le veritable siege du mal, et qu'il procfede a son extraction, il va evidem- 
meiit faire une operation de petite chirurgie qui peut entralner certains accidents (pour deve- 
lopper ce point, nous aurions besoin de la collaboration d'un homme de l'art; nos lecteurs 
suppieeront a notre insuffisance), par exeraple : certains accidents de conformation dans la 
machoire peuvent necessiter des precautions parliculteres. Dans certains cas, l'extractiop des 
dents entralne des hemorrhagies dangereuses qui redament des soins m^dicaux imme- 
diats, etc. 

II faut done admettre que le dentiste possede de$, connaissances speciales sur l'anatomie ti 
la pathologie de la bouche. 



.—- ^ 



L'UNIOJM^DIC^E, : t89 



Geci.dit, quels sont les termes de.la loi du 19 vtflfytee.tn XI,. art 35: « Six mois apr^s la 
« publication de la pr£sente loi, tout individu qui cotmnuerait d exercer la m6decine ou la 
« cbirurgie, on de pratiquer Part des accouchements sans &re sur les listed dont.il est parte 
« aiix art. p5, 26 et 3/i, et sans avoir de dipldme, de certificat oil de leltre.de reception, sera 
(f poursuivi et condamne* a une amende enyers les hospices. » . 

Si ce que nous avons dit de la profession de dentiste est exact, le dentiste exer6e incontes- 
tablement Fart de gue>ir, in -parU qua, et torabe des lors sous Implication de cette loi. 

Ne rechercbons pas si la loi est bonne ou mauvaise ; elle existe, et taut qu'elle n'a pas 6M 
modiftee, elle doit recevoir son application sans distinctions ni privileges autres que ceux qui 
sont formellement contenus au texte. Autreraent, on verrait certains m^dicastres poursuivis, 
tandis que d!autres ne le seraient pas; F£galit6serait viole>, et des gens qui peuvent 
nuire par leur incapacity a la sant6 publique resterajent iinpunis, cequi est inadmwsible. film- . 
t-on que, si le dentiste a Jait preuve d'une ignorance ou djupe maladr^sse grossiere, ,jl sera, 
poursuivi pour blessures par imprudence, et que telle est la seule sanction qu-oo, puisse .rgcla- 
mer? Un pareil argument deplace la question sans, la rtsoudre. Les officiers de sant£, les doc - 
teurs m6mes sont. respon sables des fautes lourdes qu'ite. peuvent commetlre dans Fexercicede 
leur art, ce qui n'empeche pas qu'ils ne puissent exercer sans; dipl6jae. : II ne s'agit pas de , 
punir, mais surtout de prevenir le mat que.peut faire un ignorant qui exerce la cbirurgie. li 
faut surtout protfger le malade contre le charlatanisme ;• si on exige un dipl6me, une autori- 
sation quelconque des dentistes, le public y trpuve une garantie ; qui le met, en general, a , 
Fabri de graves accidents, tandis que, Vils exercent librement et saps contrdle, eHant semV 
ment responsables devaht la loi du. fail; accompli et des blessures- faites, le patient, ma]gr6 la 
condamnation prononcee contre, le delinquant, n'en aura pas mojns la machoire brisee quune 
autre infirmity C'est pr6eis6ment pour £viler de pareils r&ullats' que la loi de Tan XI a 6t4 
4dict6e et doit s'appliquer, nous ne saurions trop le rep^ter, a tous ceux qui exercent, dans 
une mesure quelque minime qu'elle soil, Tart de la cbirurgie, comme le font les dentistes, .', 

Toufcfois, batons-nous de dire que, la Gour de cassation ne Fa pas juge" aiosi ; le dernier 
arrftt sur la mature, gmanant de la Gour supreme, esj, croyoos-nous, un arret du 15 mai 1846 
rendu au profit de Williams Rogers, conforme cFailleurs a une pr&$dente. decision du 23fevrier . 
1827. Quelques, auteurs, notamment Merlin, ont egalement adopts cette solution. Malgrt Fau- 
torite qui s attache a de pareils documents, notre opinion n'en reste.pas moins la meme. Nous 
reproduisons- les motifs donnes par la Gour en 1846, pour les combattre et justifier notre sys- 
teme, qu'avaient adopts le tribunal et la Gour de Paris, dans les decisions que la Gour supr&ne 
aannufees. 

, Void les termes de Farret : .. . . 

« Vu les art. 1, 2, 3, 23, 25 et 35 de la loi du 19 venose an XI relative a Fexercice de la 
me*decine ; 

« Attendu que. la loi pVecitee n'a pas eu seulement pour bin de fixer, pour Favenir, les cori- 
ditions d'examtoret de reception qu'elle a imposes a tout individu qui voudrait embrasser la 
profession de m6decin, de chirurjgien ou d'officier de eante\ mais qu'elle a encore eu pour' 
objet de regler, par un© disposition transitoire, le sort et la position des docteurs en ntede- 
cine et des . chirurgiens recus paries anciennes Facult^s de m^deoine, les Colleges de chirur-j' 
gie et les Gommunautts de chirurgiens, et qui se trouvaient, au moment de la promulgation 
de cette loi, en possession de Texercice de Tun^ de ces professions ? que, en consequence, elle 
a dispose par son art. 3 qu'ils continueraient d'avoir le droit d'exercer Fart de gue>ir comme * 
par le pass6 ; - 

« Attendu que, a F^poque ou la loi du 49 ventose an XI fut promulgu^e, la liberty de Fexer- * 
cice des. professions, arts ou metiers, avait 4t^ proclamee par le d^dret du 2-17 mai 1791, et 
que les Facultes de m6decine et de chirurgie, ayant ^te* supprim^es par le d^cret du 18 aoOt 
1792, il n'existait plus auqun mode de reception ; que la loi'pr£cit6e dut, en consequence, 
pourvoir, ainsi qu'elle Fa fait, aux n^cessft^s qui 6taient r^suH^es de cetetat de choses ; cfu'en 
disposant, par son art. 1, que nul ne pourra embrasser ta profession de m6decin, de chirtir- 
gien et d'officier de sant£, et obtenir le droit d'exercer Fart de guerir sans avoir 416 examine 
etrecu, sutvant le mode, qu'elle present, it r^suite de son art* 3 que ces dispositions n'6taient 
applicables, en ce qui concerne ceux qui exercaient Fart de guerir en 1791, qu'aux docteurs 
en m&Jecine et aux chirurgiens recus par les anciennes Faculte's de m^decine et de cbirurgie, 
et les Communautes de chirurgiens. ; 

« Attendu que, d'apres les art. 126 et 129 de F^dit du mois de mai 1758, il existait, indg- 
pendamment des docteurs en medecine et des chirurgiens recus dans les formes indiqu^es par ; 
Fart. 3 de la loi du 19 vent6se an XI, des 1 experts dentistes qui se livraient seulement a la 
cure des dents ; que cet art. 3 ne comprend pas evidemment, parmi les docteurs en medecine 
et les chirurgiens, les experts dentistes; que Fon ne peut,des lors, admettre que Findividu 
qui n'aurait obtenu, dans la forme et suivant les conditions ^tablies pat Fedit du mois de 
mai 1768, que le titre d'expert dentiste put, en remplissant les conditions prescrites par les 
art. 3 et23 combines de la loi de vent6se an XI, acquenr le droit d'exercer la medecine et la 
chirurgie, m£me avec les restrictions imposes par ladite loi au simple officier de sant^ ; 

« Attendu qu'il re*sulte de cet ensemble de dispositions que la loi du 19 vent6se an XI n'a 
point classg parmi les personnes qui s'occupent de l'art de gulrir et qui sont soumistf aux 
conditions pr^alables d $ 6tude, d'examen et de reception qu'elle present, ceux qui n'exercent 



190 r L'lhHON AfiDICXLE: 



r farr&t attaqug, en 
annSes an{e>jeures, la 



que : la'ntofesVs<Jn'de d^nli^td'; ktteb'du qu£, 'darts cet £tat de'Ja legislation, I 
se fbpdapt, en fatf. stir ce ^ue Williams itofeers a exerce\ eri.l8/i5 et .arine^ «ju^ M *m«>, *« 
profession de denUsfe'^anstdute Wtendue. quelle comporje, sans 6lre mufy dedipWme, cer- 
tftlcat; lettre de 1 reception ou ^ut'oHsatiori cpiclconque, cl sans felreportg'sur les lisle's dressees 
en execution des art. 25, 26 et 34 de la loj da 19 ventose an XI, a confirm6 le jugement du 
Tribunal d''--"- •—--——--««- ^ ^ *- »~ «-•- *— ^ ** ^ — ^ "« 

par lequel 

de contravention .. _ _. . 

pre*cite a faussement appliqti6 et viole* ledit article ; — Casse. » 

Gette -decision' feposeV a notre sens, sur une petition de principes. II suflit, pour lc'recon- 
nattfe, de rechercher quel est Fesprit de la loi de Tan XT. Cette loi porte Pempreinle d'une 
reaction salutaire contre les abus-qui s'e'taient produits au detriment des masses ; le 16gisla- 
tedr a i vbulu crter, en faveur de la sante* publi^ue, des garanties rendues plus ne'cessai^s par 
T6tat de* la legislation dolors', qUI Idissafy.a- Pignoratice ou aii* charlatanisme une J)lus grande 
pWse sur la'credulUe* publitjtie. Dans ce but* une regie gSneYale et absolue a. Gieposte, et II a 
6t£ ordorine\qu8 nul ne ftourraitexercer Part degugrir sans les conditions formulas 3 dans la' loi. 

'Or, la Cour de cassation raisonne- ainsi Ml n'estpas pHe" des dentistes," done its' $otif aiito- 
ristfs, acontinuer d'exerfcer librement letrr aft. Nous disons ail cbhtraire : pnisqite aueune 
excdplidn n'a Ste* faile en faveur dels dentistes, ils soht soumis aux monies conditions qtie" les 
autres'sp6ciaMes : ;'autrement; il faut admettre que les oculi^tes, les reboilteurs,'' etc. ? 'sbnt 
egalement autoris&, car 11 n'est'pas non plns.question d'eux fl'une facon'particulie'fe dans la 
loi de* Pan XI. 1 — II r a pill*;' cette loi contient une* exception en 'faveur a>s Hccouchemeirts, 
(sans donte a cause de TUsage : ancien et si ge"n6ralemerit re^mdti d*eri : charger, les femm'es, 
sertout fit la campacne), et celte exception mfitne prouve queles dentistes tbinbent sous la'loi 
commune, sans qiroi 'lis auraieht 616 GgaTement nominaiivement executes. PourqqOi donci enr 
presence d'un -texle clair et precis, chercher la raidon de : decider' dans des nypotMses; et 
setyposerque; le tegiskteuF,, sans enrien dire, a eu.tiu ttu avoir IMntenftori ddfeisse^entiece- 
inei&t libre la ! profession de : dent?Ste? Pour soutenii* une pareille the^elogiqiVement, H'faudrait 
prfctttfrfc oomme point -de depart que le defoliate ifex-eTce rii de prfcs ni de loin fart di gu6rir; 
raais-qufr ostitait p**£fencfre. qu'on tfappelle pas le dentiste pour 6tfe gueri ^DlVa-t^h que- T6x- 
tracWon des dents licnt du me*canisme plutdt que de la chfrurgie ? Que les detits fctfftt une 
pa^lie Wen minime et bien insignifrante du corps humain? Nous protes'tons e*nergiquement 
contre une pareille the*orie : les dents sont fort utiles ; les dentistes eux-m6mes, les' plus.... 
dentistes, ont soin de proclamer que les bonnes dents sont ies aides ntfeessaires ' d*un bon 
e&tomac. Et notra confrere Paillet plaidait'jadis, devabt la- Cour, « que nos dents ne soht pas 
« moins dignes que nos yeux de la protection des Tribunaux 1 » 

-ka Cour cjiercbe ^o, vain -un argument : dans 1-wieienne legislation. Bn effet, Tart 102 des 
statute de }a Gomm^naujLe! des cbirurgiens de Paris, approuves par leUres palente9 du roi 
Lqujs Xiy, eai date du moie de septenabre : 1699, mettajt sur la mgme ligne les dentistes, les 
oculjstes,. ies> renoue,ufg d'os, les litbotoniistes, et il e* tait tleJeddu a tou*de prendi^e d'atitres 
titles que celui d'eaptrt pour k partie de k ohirurgie sur laquelle il aurait 6t€ recu. Des le 
xy^i* siecl€ # ,parr,con64queH^Jes dentistes e"taieat •soumis iun examen quekonqwe, do meme 
qufi jes autrea sp^cialistdsy et, lorsque.k 16g43la4eur a r^glenoentd dhine,;fa$on •ge'nerale rexer- 
ciqft;4e Ja.m^ckdne et de k cbirurgie dans la loi de Fan Xly on sou t(e ad rait qu'il a lalas^* de 
c6te* les dentistes? C'est inadmissible, et les Tribunaux auraient tort, dans ce cas, de;con- 
danioen, .pomme jls le foat.tpus.les jou^s, les rebout^rs qui r6diri5eat { w>e entoi^e I , ' 

les^flecinsqnt' souvent agit^ celte> question. Dans* le, sens que nouasoutenone, se raB^eat 
M^Marjolin, /Vklgaigne, Lisfranr, Rouk, Velpeau, etc;.*. Qtielques-wns ont admis FdpiiiSon 
conHraire, notamnoent le docteur Flandln* .. »:. •..••,,, . -: 

aftiows, youdrions ilayer notre opinion suMdes aptoritefl-et.riwd^ci^oilB de Justice. Mafeeu* 
rei^einenUn.dus.i&eYon^ Vavouer, elks sont pares. Taut^foia, ttous cftetfonsparmi kes julriscon- 
suHe^v Gomnieres^ qwi a souteQU*(£fetycfopirfflfc du Mr6H y <S° Art j)B"Gu6hiRv ri* ^2) que 
le. dentiste, comma lVa*list«, etaittenu.dese^-iaeDTrd'.nndiii^me'de m6decM bn da cbirnf" 
gie,n« Bans la jupsprudeaee, nous retnarquons «faey peu de joftr^«pres FerrM d* cassation que 
nous Yedaons de ciler, ^U coittrairemeiitva ceiwrM^'le Tribunal de Boulogne condamisait, le 
15 juin I8/16, un dentiste pour avoir exerce sans diplome ni certificate ni iettrede reception. 
Nous vottlons espe'i^'-que cette jurispirudenqe sera, odopte^e, ear nous k crayons ooofenne a 
l^sprit etau textenuerne de la Ion .,..»... »•• -v ■ x, 

j ,.',-,. 1,4 GUERaii:Ry avocat a k Gomr derParis:; 

^.. ,. ,i, i .., » fy i n i»»i > . ^ ^ | .| m| ,iI| iii U jI M III I m , „ ,«.. ,■!. i .,,, M .., ., ? i , 1 >» ?r n...;i i ■ . ' ■! i l ■ ' '- ■■ 

' , . ." ,.V 1CADUMIES ET SOCIETES ; SiVANTES '-. ■'■■' '• ■= 



u '. • ■ '" ••» 



. ' Seance ,d)i 2,S, d^cembre 1870,— Presideac^ da.y« Alp,, Gckbkx. {, ,. .. ,, ,j , 
ieds tofprftsskn de ta eopi^ssfon^prefafobfd des art^f eS p^mj^aWs 'des Membfes'dadM^'dinptitations. 

A Toccasion de la presentation d'uhe brochure d'un de ses e*leves, M. H. Petit, siir la sup- 



i i/ 
Iteds 



LUNJpN MfrWCAJJf. m 



pressipn de.la compression preventive ^es uteres dans let ; anip«[a}jojis, M« Yfiw«fr,entce 
flans quelques details Jiu sujetde pelie methode dont il a pris riniuative,- ■.,.,,.-.. ■.-,,, 
. Ep'proposaniilesuuprioier la compression: ties arleres, M. Verueuil a pris eoin d'indiqser'Je 
riouyeau precede',, qui doit remplacer la pratique classiquo,, ,; 7i . , >n! . i -i ..i ':> < :': 11 

11 propose d'enlever un menibce, quel $u'il .soil, ooomhs on ■ eidhve'UB« tumeur, tanloffln 
t a: la BMhflrirfle.flej'MteroB el les 

----- ,. -.- -.... — ,.a Beciioti::dettv»is»auSi Kfi^irot^- 

dant de la sor,le, on ue perd plus ou pres.que pjtia desaoginM: •>. ■ , u'" ,, ifl n «j ■!..■■ t.-Ti'ii. i*i 
■ .Les.m0lifsqui.or1t engage. M. Verneuil a, porter ainsi ia oaain-sur urns pratiqae ■Sneiw-uc el 
classique..6o#t.te* suivanls-i.ij y a d'abgrd il* difficult^ ; trte-reelle q« .Ita»^de:BoflMBlrlfer 
de ; b^s aides rout fairelaoompws8ioBdas:art«ses..iH6iae:*PaTis,il-est:r[iftidB tHMVfr'ttes 
internes qui sachent parfaitement comprimer la' femorale on t'hu morale. 'Qua tit al'aflfcrft'M'H- 
. laira cljc est ciftTjrneniwi^ diffioilt; a comprimer;'d»ns la. desarlioglatkm <)e j'cpaule; torerfu'on 
arrive ace lemps de Toj^ratifin, qui oonaistsa faire saisir t'arlere' axillaire dans Fepaisseur flu 
lambeau, si Vm n"a pas sous la main un. aide e\cvce, habile et qui saehe:conBerv«r«oh satag 
fnjid lorsqqe ]e couteau du chirurgien vte.ttt.raser.la surface lie aes,dojgbi, on; ouurtjle risque 
de faire pcrir l'onere d'hemorrbagic foudroyanLe. Des.caadece- genre si tont.pr4aeoles'f»lus 
(Tune fols. ' " . , '.'■' . . ,.„. . , .,.'■.. ■.■,:, ■ 

La disarticulation de la cuisse, a cause de la difficulteextreme.de la comptession ar^cieBe, 
est.une operation qu'il taut savqir pratiquer eri quelque sorte aveola rapidity d'une.maniBUvre 
de prestidigitation, pour dviler une he'morrbiigieimtnedUteiaeJptmoi'telle; ■ :-,'<.; j '■ ■; 

Oulie la .dilTiculle de ti'ouver des. aides- capable s de llien (aire la. compression,' outre la 
.iieecssite d'economiser le-.sang des sujets ea ; vue du succes de ^operation , ai;y.a racoro le 
danger de laphlchite, qui pout etrq la suite d-'nae compression mat falle ionqoe les' doigts 
,ile laidc ont appuye lrop fortemenl sur rartere.et ont pr«d«it, I* eontugionide la'ventt'-situfte 
a cole de I'arlere principale, du raembre. On.irotive dans le tr»vBil de/M. ■ Henri iPatit-Ses 
Observations de.pldebites inguinales cut, suivant M. Verneuil, semblenl.'dtwrtit&Jre alteibiiees 
4 des-cplqpreasjqni defectuetjseB, Sf, Yenieiiil B Im^neme observe, danvcaS'de : f)fllie^te!M§w- 
rialfl dans lesquelle? taction de cette cause ne Iq). pa'rall pa* dputeuee;, ■eliOu 1'onfloeouMe 
aisement la relation inlime entre la compression mal faite et le develop'pement de la phlKltite 

inguinale et de la pyemie. .. t ., , . ■ , . .■ 

■" M-' Vefneifll salt que M. Haisonnetive a prkiiqn^ cerUlnea Speraiibni sans foire comprin^r 
reS arteres, 1 mais il ne croit pas que ce chirurgien ait e^rige" ce tie. pratique en melhode gene'- 
rale applicable a loutes les, amputations. ■■■■'■■ ■; , I . :3 - 1 

M.' Venieuil nTiesite pas o' proposer la suppression de la compression arl^r,iell& comuie w6- 
thodtf generate ; il ajouie que tette 'proposition n'eat pas le produit d'une conception ^>wp- 
ment theorique; il a eu. plusieurs fola o^jft 1'occasiOB fl'appliquer cetle metaode ayeo-des 
resirtlatBlrSsrsntiSIiiisants. '0 a prafiqurt ainsi qiiatre iKsatticulatioiis t\i fepaulo, deux d«siu'- 
tieulntfonS d*e ia'banchp, tine ahi|Hilaiinn ilu bras ;u\ flt'rs nifn.'tieuL' el unc ar«p(italifu^ do. in 
' iambe.-Dnns totites cck Operations, eicepl^ dans la derniere, uii il otail. Irfes-inteji^cii'iiiient. 
"seebbd* par' son interne, M. Gustavo Rioholol, \1, Vpnieiiil iravail. a s;i disposition aucu.H, :»ido 
meaical^ou cliirurgical. il a fall foperatidfi (cut sVu'l, nma ainsi 1 dire, el (es, biaJqd^Bujitont 
' perriQ qu'une quantite'fnsigrfitiantf de Bang. LU diir® de t'operatiori a etc do QBatom^ffij- 
sept minutes, tout compris, meme le temps employe a la clilorofoimisatibn du'raaladey 

RieA"de'facrte au monde, suivant M. Verneuil, comme ' ['execution de cette npuvelle 
fl»e^twteop#a4«re,-* ftiEceptiOTi, BOHrtfltit.de" l'amrmla"1ion de la .criisse-dontTe^pVocede 
exige tine etude parljcwlieije, ■■ ... .-, ■(«'>■( .;.■. , '■it->-.\ •I 1 ,'! 

M. Tarnier donne le detail suivant sur la pratique de M. Maisonneuve. Lorsque ce chirur- 
gien pratiquaune anu>.nta^on,,iI a soiu de.se.rouiiir.de petiles ,pjiq^,a . xto)U)id;ajd#tles- 
gneltqs'i] aaig;t' les 'arteres du mcmWc au fur eta "mesure de IfUfniewOOt; le naoigoon -ffl 
^a4ns;couyfirt t '' au (f ,1 f^ ,ces "pe^W pincep qu'jly » d'nrlereaideaointdujsangu: i- .=■ •■■4 
(^.q«iiMA»JiM.i^^»qlrtuilie*d»*ppr.lttierU*c%rflpi*s*(oo ie* ttPtfereS' danB^ies***]!^*- 
lions, if vaudrait mieux apprendre aux elfeves a la bicn iaiie. La compress io*iieh firlle a «dAfie 
une grande security au ehirurgi BB qu i pe nt ains i pratiquer -res-operations les plus graves sans 

t -. f U {jaSplin.iispci'c nuv Sl-yfiu.wu^ voudra lMeiii,loi'squ;i|a^wi;i*c*^lli:^l^or*b^-sv*QB»|t 
;d-03srjf^uoiw, funiniuftiiiuei^i ^■^ift'i.Je.cwwfgw .KyjilafalAtMiitt rtte|;i,reiUkW» qtfirowi 
'oblonus par sa n'ouvc:le unUiiodo. On pra^ia f:ompa:-f.j- res i-o.sultats avec ceux de la . njaJAnDe 

ordinaire el juger la valeur de la a>6 thode. En attendant, oi 

faft r n>-', : d<in.! [ps polits'lifipitaM ilr> pvoviuhe ofl de l'avls' 

TMlnS bfe* , ftSt0 rju'a Paris', oil observe rnot'ns Be WWeWles ( 

(fescau.^'l'ilns i)u!Ss;)iil"E : qTie cellp iiivo'jue'o pnr IT. 'Ve i 

■ J»!vmdi's'op'."riitioii9 dan's" l^s Ivrtpitnux de I'aris. r.-t lenlenr 

nrtthadfe IndHjilfe par M. Vemeu'il 'semble" a M. Harjpftn i 

!-seWeuS; ! ■■■'■■ ■'■ ■ ■ " ' ' ■ ■ ■■ .■ I ■ ■ '''l 1 '■'" ■ ■ -^ . 

M. Piiraldls djl que les. da nge rs de la. cpmaressiQn.jjena.l j s P ar M - K EMBl lil :. pJjJehile, 
"pTiToiivmi. oie t . Ji'.'i ( iej ui^o I'juiiabileie. des aides idiav-Os du la coinpiession, et cette inliabi- 
jeleJjciit ellc-juiinje a ce qua dam UanwjgnpiBw l An ti '"rtiiarinn MrfwWw i i» ftewW , 

tel qu'il5(siale.'(l«pui8 ■ la-'ftnrt' *»- Wandhi, •d«p^8t+«-McBp<-imercer.tti'c1eves a la 



102 L UNION lUEDIGALE. 



pmtiqti* de fcr compression des arleres. En g£ne>a1, Faide charge dela compression croit que 
bien comprimer c'est comprimer avec force ; il s'en suit que ses doigts se fatiguent rapidement, 
s'togourdissent et lajssent bienlot echapper Farfere, dont its ne senlent phis les pulsations. 
Q faut comprimer moderement pour comprimer bien et longtemps. La compression faite par 
Mr aide dont les doigts a'engouraisaent est une compression mal faite. 

la juttbode de la ligature prtalable des arleres au fur et a mesure de fa division des tissos, 
p w pf &Lt par-M. VerMril poor remplacer la compression, a €t€ employee de*ja de diverges 
maaito par bon nombre de chirorgiens, surtout cbez les individusttfaiblis ; elle Fa et6 avec 
dttMWOdificatMtti >partkoiieres , pourTamputation de la cuisse, dans la guerre d'AmeYique, 
dai*«udqnes caadifikties.,M. Giraldes a mis tai-mftme en pratique le procSde" amencaib chez 
un tetaet'de 10 aot, et il Fa tromri <Tun emploi asset commode torsque Fan n*a pas sous la 
main unaide snffisatmtattt exerc& 

En resume la mgtbode propose* par M. Verneuil roente, suivant M. Giraldes, d'etre seneu- 
sement examines; mais il y a lieu de penser que, dans certaines conditions et pour certaines 
sections des membres, poor la jambe, par exemple, elle sera d'une. application difficile. . 

M. VEaffsuiL repood a M. Marjolin que la mlthode de la ligature prealable a donnd de'ja 
d'excellents resoltats dans de grandes operations telles que la d6sarliculati6n de Fe^pauleoii 
tous les sujets ainsi operes ont gu£ri. Sans faire intervenir le procede operatoire dans Fappre- 
ciation de resultals qui ' dependent dements tres-complexes, dn mdins est-il permis. de 
penser que : la nouvelle meHhode ne nuit pas aux malades, puisqu'elle leur fait perdre rooins 
de sang et qu'elle ies preserve de la phleoite. D'autre part, tout le monde convient que la 
compression est difficile a bien faire. Sans doute, il est utile de perfectionner la methode de 
la compression et d'y exercer les eleves; mais une me*thode qui perroet de se. passer de la 
compression n'est-elle pas encore preferable? Si, comme Pa ditM. Giraldes, des tentatives ont 
6t4 wites avec succes dans la meme direction, pour des cas difficiles, n'est-ce pas le meilleur 
argument a faire valoir pour Femploi de la m&hode dans les circonstances ordinaires? 

Quant aux difficulty ^'application que M. Giraldes suppose devoir se presenter pour Fam- 
pulation de la jambe, M. Verneuil se fait fort de demontrer, quand on vondra, que Fampu- 
tatkra de la jambe par la nouvelle mlthode est une operation des plus simples et des plus 
fadtes. 

M. Pan as ne croit pas. que M. Verneuil soil autorise\a attribuer a la compression, les acci- 
dents de phlgbite inguinale sighales dans JLes observations auxquelles il a fait allusion ; lors- 
qu'il s'agit d'accidents graves dans lesquels la phtebite, Fangioleucite, le phlegmon dittus, Fos- 
leomy61ile, etc, enlrent comme elements, il est difficile de faire la part exacle de Finfluence 
de la compression. En province, ou la compression est ge'ne'ralement faite par des aides inha- 
bits, on observe rafimmerit njeins de phlebites qu'a Paris. 

M, Panas a eu Foccasion de pratiquer, sans compression, la disarticulation de Fepaule par le 
proce'de' de F6pauletle dans un cas ou le sphacele des tissus ne lui laissait a tailler qu'un lam- 
beau tres-court; a sa grande satisfaction, ce lambeau, au lieu de manifesler de ja tendance a 
se re'tracter par en haul, a 616 attire en 2>as et s'est allonge" de maniere & donner une cica- 
trice reguJfere el peu e'lendue. Le procede' de Fe*paulelte a done cet avantage d'etre applicable 
a des cas ou la disposition des parties ne permet de tailler qu'un lambeau tres-petit, celui-ci 
ouissattt de la propria de s'allonger plus lard. , ' 

(La suite prochainement.) D r ,iu Tartivxi* 



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Ephemerldeg Medicates. — 28 Mars 1813. 



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No 17 L'UNION MfiDlCALE Jeudi 30 Mars 187J. : 

HYGIENE ET TOXICOLOGIE 

sua l'existence du cuivre dans CERTAINES EAUX POTABLES. — SUR UN CAS 

D'EMPOISONNEMENT PAR LE CYTISUS LABURNUM. — EXTRACTION DE LA CYflSINE. 

Toutes les recherches entreprises sur la composition chimique de Teau irrteresseqt 
a un haut degre le medecin ct l'hygieniste; aussi ai-je cru devoir reproduire uii 
extrait de travail de M. le professeur Roux relatif a ce sujet (1). II s'agit de Tana- 
lyse de plusieurs echantillons d'une eau recueillie dans la ville de Saint-Jean d'Aflk 
gely et a laqoelle on attribuait le developpement d'une fepidemie, qai regnait dans 
un quartier de la ville. La premiere eau qui fat examinee, avait 6te fournie par une 
pompe connue dans le pays sous le nom de Pompe du Minage, et qti'on supposait 
rendue insaiubre par le voisinage d'une chaudronnerie. 

L'eau du Minage, limpide, inodore, insipide, marquait 40°,$0 a Th^drotimfetre, 
et donnait par l'evaporation un residu du poids de gr. 610, compose de sels c(e 
chaux et demagnesie, de silice, d'alumine, d'oxyde de fer etde traces de cuivre. La 
presence de ce dernier metal a ete decelee en traitant par un melange decides azb- 
tique et-chlorhydrique purs, 4 gram. 880 milligr. de residu obtenu par Peroration 
de huit litres d'eau. La liqueur, diluee et Filtree au papier Berzelius lave, a et6 l soti- 
mise a un courant de gaz acide sulfhydrique. La solution s'est legerement colorize 
en brun, en laissant precipiter, apres vingt-cjuatre heures d'attente, un produit que 
Ton a dissous dansquelques gouttes d'eau acidulee. Cette derniere liqueur, evaporee 
et traitee par un leger exces d'ammoniaque, a pris une teinte bleu pale, (jui he pou- 
vait Stre attribute qu'a l'existence d'un sel de cuivre. En effet, la solution ariimo- 
niacale concentree, additionnte d'un peu d'acide , a 6te pr6cipitee de noiiveau £&r 
1'hydrogene sulfure ; le sulfure forme a ete recueilli et dissous dan£ Tkcide azotiqu^; 
on a evapor6 avec precaution, et le residu repris par l'eau a fourni une solution qui, 
traitee par t'ammoniaque, 1'hydrogene sulfure, le ferrocyanure de potassium, et |a 
lame de fer decapee, presentait toutes les reactions de cuivre. [ 

Ce premier resultat obtenu, M. le professeur Roux examina trois autres : Echantil- 
lons d'eau : le premier provenant d'un puits place a 50 metres du Minage, le second 
recueilli a 90 metres de ce point, et le troisieme extrait d'un puits eloign^ de 
150 metres du Minage. — L'eau du premier puits etait essentiellement differente de 
l'eau du Minage par ses degres chlorometriques et hydrotimetriques; elle donnait 
par litre un residu du poids de 1 gr. 10 centigr. et contenait des traces' de cuiVre 

(t) Archives de mtdecinc riavale, juillet 1870. 



FEUILLETON 

BE L'ACCLIMATBMENt DBS EDROPtiBNS ET DE L' EXISTENCE D'UIIB POPULATION CITIES 

ROMAINE Ell ALGfiRIE DtiMOHTB£S PAR L'HISTOIRE (<) J 

Par M. le docteur Bonnafont. 

» 

Apr&s avoir d&pontr£ par des foits r^cents et irr&usables la possibility de l'aocliniateMAnt 
des Europeens sous le climat de l'Alg&ie, il nous restera a pjrouver, afia de d&roire jusque 
dans ses fondations l'ddifice construct par nos adversaires, que ce pays n'a $te jtffractaire 
pour aucun peuple qui estvenu Foccuper. Ainsi, Roroains^Vandales, Maures, Arabes, Turcs, 
y oat trouv6 une riche et heureuae hospitality ; et si ces cooqueranfcs Tout tour, a tour aban- 
donng, cela n'a tenu ni au climat, ni a rinfertilite de son sol, mais bien a des gvgnemeiits 
inhgrents aux revolutions qui ont agit6 a $ertaines gpoques les divers, peuples, surtoutcenx 
qui, dou6s (Tune exuberance de force, cUerchaient dans les expeditions lointainea el dandles 
conqufttes le moyen de l'utiliser au profit de leur pays. 

Pour etre aussi court que possible, nous allons nous borner a de simples citations pus&s 
dans les auteurs les plus authentiques. 

Dans ces recherches, nous avons l'intention, de r&uter 4eux arguments sfrieuxi avanc& 
d'abord par Desjobert, Boudin, Vital, et tout rtcemment par quelquespublicistes, a savpir ; 

1° Que J'Afrique n'a jamais 6t6 bien cultiv^e par les domains; 

2° Que ce peuple conqu&ant n'a jamais ete represents dansee pafs que par ses : Mgiotos 
mjlitaireset .nullementpar une population .civile et agricote, rj 

(1) Suite. — Voir le numero du 21 mars. 

Tome XI. — Troisieme strie. 17 



194 L'lfolON MfiDICALE. 



encore plus prononcees quQ cette derntere. L'eau du second puits n'en renfermait 
pas la inoindre quantite, et la troisieme, quoique la plus eloignee du Minage, en 
fournissait plus que toutes les eaux examinees. 

De ces diverses analyses, il ressortait evidemment, qu'on ne devait point attribuer 
aux residus de la chaudronnerie situee sur la place du Minage, la presence du 
cuivre decouvert dans certaines eaux de Saint- Jean d'Angely , et qu'on ne pouvait 
Fcxpliquer que par I'usure des pompes en cuivre qui debitaient ces eaux. Cette 
maniere de voir s'est trouvee confirmee par cette circonstance, que Teaii qui n'avait 
point fourni de cuivre a Tanalyse etait puisee a l'aide de seaux de bois, et par Tabsence 
absolue de cuivre dans les eaux de source et de riviere distributes a l'hopital de la 
marine. Par contre, Texistence du cuivre a ete constatee dans l'eau de tous les puits 
de Rochefort munis de pompes de cuivre, et l'auteur a cru reconnaitre que la pro- 
portion de ce met" 1 *~" : *~ : * Ji ~~ * — * ^ :^^«ui« — ~ i«„ ,^*— *«« A*o?«r>f 

moins anciennes, 
corps de ppmpes, 
Le cuivre ne 

haute temperature qu'il la decompose, avec production d'oxyde et degagement 
d'hydrogene. Mais a la temperature ordinaire, l'eau qui tient en dissolution de 1'air, 
c|e Tacide carbonique ou differents sels tels que les chlorures alcalins, attaque, use 
et corrode promptement le cuivre, qui se dissout alors a l'etat de bicarbonate ou de 
chlorure. Or, c'est la precisement ce qui se passe dans les corps de pompes, qui sont 
constamment en contact avec une eau plus ou moins riche en chlorures alcalins, et 
saturee d'air par l'agitation; 

Lefait signals par M. le professeur Roux est d'une grande importance au point de 
vue de l'hygiene publique, car on comprend que, dans certains cas particuliers, il 
peut arriver que des eaux, amenees par de longs tubes de cuivre et distributes a 
l'aide de pompes de meme metal , se soient.chargees d'une proportion assez consi- 
derable de sel cuprique, pour determiner chez les personnes qui en font un usage 
habituel, des coliques, des douleurs d'estomac, des digestions laborieuses, une colo- 
ration sp^ciale du bord libre des gencives, et, en un mot, tout le cortege des symp- 
tomes qui resultent d'une intoxication lente par les preparations de cuivre. Pour 
n 'avoir point a redouter de pareils accidents, l'auteur conseille de remplacer les 
pompes de cuivre, par des pompes en fer bitume ou etame a retain fin, qui mettent 
arabri de toute souillure, 1 eau destinee a l'alimentation eta de si nombreux usages 
domestiques. 

Empoisonnement par le cytisus laburnum. — Extraction de la cytisine. — 
Le cytisus laburnum ou faux ebenier (famille des legumineuses) croit spontane- 

■ I i ' i i 

Or, corame cette opinion est en contradiction manifeste avec tout ce que l'histoire nous 
apprend, il suffira de rapporter les faits principaux inherents a cette 6poque deja si recuse et 
pourtant si prospfcre, et si instructive, pour (Jemontrer combien elle ne^t pas soutenable. 

D'abord, les Rpmains ont-ils occupe 1' Afrique civilement, c'est-a-dire y avait-il, en outre 
des legions militaires, une population civile occupant les villes et une autre purement agricole 
etcolonisa trice? 

Personne ne saurait douter de l'existence d'une population civile, puisque, dans chaque 
vitte, il y avait une Administration regulferement constitute avec des administrateurs pour 
chaque chose et des fonctionneires plus ou moins eieves , suivant 1'importance des locality. 
Or, il est certain que, sous les Romains comme chez nous , ces centres administrates agis- 
saient sur des circonscriptions territoriales plus ou moins elendues; jusque-la, il ne saurait y 
avoir de doute sur ('existence d'une population urbaine, mfeme fort considerable, comme on 
le verra lorsque nous ferons la recapitulation des villes que le peuple conquerant avait edifiees 
dans ce pays; mate la question parait un peu plus difficile a juger pour la population des 
campagnes de laquelle les auteurs parlent peu, et que quelques puWicistes pretendent- avoir 
ete composee uniquement d'indigfcnes. A defaut de documents etendus sur fa mature, pous 
allons extraire des divers auteurs des citations dont le texte et Fesprit ne peuvent laisser 
aucun doute sur l'existence d'une population agricole* 

Ainsi saint Augustin nous dit (page 51) : a La propriety romaine fut lente a s'etablir en 
Afrique, et les Romains attendaient prudemment que la cdnquete fttt complete pour se sub- 
stituer aux proprietaires du pays ; mais, une fois commencee, cette substitution fut rapide et 
Id propriete s'organisa en Afrique comme elle s'etait etablie en Italic » 

Sous le rfcgne de N6ron, dix proprietaires de cette contree etaient devenus si riches et si 
influents qu'il les fit mourir comme lui portant ombrage. 

L' Afrique etait en effet, a cette epoque, le grenier de Rome, et ces personnages, par la 



L'UNION MfiDICALE. 195 



ment dans les hautes montagnes, et est cultive pour l'ornement des jardins. G'est 
a cette circonstance qu'il doit d'avoir occasionne deja plusieurs empoisonnemente. 
Cependant, comme ces empoisonnements sont rares, on lira, j'espere, avec interfet 
la relation de celui qui vient d'&re observe par M. Thomas Tinley (1). 

Le 22 mai, entre cinq et six heures du matin, le docteur Tinley fut appele pres 
de Marie B.. M agee de 18 ans, qu'on disait atteinte de crampes d'estomac. Elle 
accusait, en effet, une vive douleur dans la region epigastrique , et faisait de vains 
efforts pour vomir. Son pouls etait a 100, moder&nent developp6 ; la langue cou- 
verte d'un enduit blanchatre, la soif intense. Une grande anxiete etait peinte sur la 
nhysionomie; la face et les levres etaient pales, les pupilles dilat6es; la malade 
etait constamment menacee de defaillance, meme dans la position horizontale, et 
quand on Fasseyait sur son lit, elle retombait immediatement en arriere, et y restait 
pendant quelque temps entierement epuisee. Le seul renseignement fpurni par les 
personnes qui J'entouraient, fut qu'elle avait fait la veille une longue promenade 
dans la campagne, qu'elle etait rentree tres-fatiguee, et que les accidents s'etaient 
developpes une demi-heure apres son retour. — Du calomel fut administre a dose 
purgative, en meme temps qu'une mixture effervescente de citrate d'ammoniaque. 
Meme etat le lendemain et le surlendemain. Interrogee avec insistance sur ce qu'elle 
pouvait avoir pris dans les champs pendant la journ6e du 21, elle resta tres- 
longtemps sans pouvoir repondre ; puis enfin elle se souvint qu'elle avait detache 
une branche d'arbre dont les fleurs etaient jaunes , et qui, grace & la descriptioii 
qu'elle fit de Tarbre et de la region qu'il occupait, fut reconnu pour 6tre le cytisus 
laburnum. La branche en question avait la grosseur du petit doigt et deuxou trois 
pouces de longueur. La malade l'avait machee pendant deux ou trois heures ; elle 
avait egalement porte des fleurs a sa bouche, mais elle ne pensait pas' les avoir ava- 
lees. C'est une demi-heure environ apres cette mastication^ que les accidents 
avaient commence, et ils avaient graduellement augmente d'intensite, jiisqu'au mo-i 
ment de la visite du docteur Tinley. 

Le 24 mai , la douleur, conflnee a Tepigastre est beaucoup plus vive que la vdille, 
et s'accompagne d'une angoisse des plus penibles. On administre une once d'huile 
de ricin, et apres Teffet purgatif une forte dose d'opium. l>es compresses imbibeeg 
d'essence de terebenthine sont appliquees d'abord sur Tepigastre, et remplacees 
plus tard par des cataplasmes chauds. — Le 86, amelioration notable; la douleur a 
beaucoup dimiriue, mais il y a plus que jamais de faiblesse, et le moindre mouve- 
ment determine de la fatigue. — Le 28, le mieux s'accuse de plus en plus, quoique 
la malade ne puisse encore se soutenir; elle commence a prendre du the debcBuf et 

(I) The Lancet, 6 aoCit 1870. 

haute position qu'ils occupaient, auraient pu facilement proyoquer une revolution dans cette 
capitalc du monde en retardant les arrivages de b\€ pour l'affamer. . 

Toutefois, cette constitution de la propria ne s'entend (jue de Pinterieur des terres, car stir 
la cdte, Rome avait organist de nombreuses colonies, soit agricoles, soit militaires resultant 
de la concession faite par les premiers empereurs, qui avaient tant d'anciens soldats k 
r&ompenser. 

Du temps de Pline, la Numidie avait douze colonies romaines ou saliques, cinq numiques 
et trente et une ville libres; les an t res etaient soumises a un tribut. On se figure a peine 
combien de centres interieurs de civilisation, d'entrepdts pour les ^changes mutuels, s'&aiemi 
cr6es en Afrique. * 

Considerons maintenant la manure dont fut colonised r Afrique par les Remains aprfcs lew 
occupation et nous verrons que tout en Tadministrant militairement et civilement its ne 
negligeaient pas d'y faire fleurir Fagriculture qui, dans ce pays extrfcmement fertile, procurak 
aux citoyens Romains une fortune rapide, impossible a acquerir ailleurs, 

Aussi les moins fortunes demandaient-ils k fttre transports en Afrique et b^nissaient-ils 
les hommes qui favorisaient cette migration. 




misere 
celui 

Gonnaissant cette tendance, les tribuns s'en faisaient un instrument d*6tevation pour eux- 
memes et d'abaissement pour leurs adversaires. Plutarque nous repr6sente Caius Gracchus et 
Drusus se disputant la faveur du peuple par la promesse d'6dits pour le repeuplement de plu- 
sieurs villes ditalie, de Grfcce et d' Afrique. 

Gaius Gracchus partit, en effet, pour Carthage avec 6,000 families aiugqueiles.il distribua 
des Urres qui devinrent leurs prapriitds. Plus tard, Appien nous dit de la facon la plus 
explicite que, aprfcs la guerre intestine, fruit de la Tivalite de Pomp6e et de Cesar, celui-ci 



196 L'UNION MfiDlCALE. 



du kit additionne d'eau-de*vie. — Le 29, on administre 25 grains de chloral sous 
forme de sirop, pour combattre l'insomnje; meme remede le 30. Le sommeila 
reparu, le pouls est a 90; la maiade peut se soutenir, mais elle se plaint beaucoup 
de vertigeSt que Ton combat a l'aide d'une potion tonique, dans laquelle on fait 
entrbr de 1 esprit d'ammoniaque compose. — Le 1** juin, vomissement et diarrhee : 
oa present une mixture de craie avec teinture d'opium. Les vomissements cessent, 
et le 5 la convalescence commence. 

Las experiences de MM. Tollard et Vilmorin avaient deja demontre que les pousses 
et les fauilles du cytisus laburnum etaient vomitives et purgatives. MM. Chevallier et 
Lassajgne en avaient analyse les semences, et avaient reussi a extraire de ces der- 
nieres une substance particuliere,qu'ils avaient designee sous lenom de cytisine, et 
qui, administree a faible dose aplusieurs animaux d'especes differentes, avait pro- 
doit des vomisssements et des convulsions suivies de mort. Cette substance, d'abord 
impure et dun jaune brunatre tres-fonce, avait ete ensuite obtenue d'un blanc jau- 
natre ; elle presentait l'apparence de la gomme arabique , etait tres-deliquescente, 
et,a la dose de 40 centigrammes, avait cause une.sorte d'empoisonnement sur l'iin 
des experimentateurs. 

Les recherches de MM. Chevallier et Lassaigne ont ete reprises recemment par 
MM. Husemann et Marme, et ils ont reussi a obtenir la cytisine a Tetat de purete. 
Veici le precede auquel ils ont eu recours pour isoler ce nouvel a^caloide (1). 

; Les sentences eoncassees du icytisus laburnum sont mises a macerer pendant 
quarante^huit heures dans de l'eau aiguisee d'acide sulfurique ; la liqueur fUtree, 
nfeutraltsee par la chaux, pneeipitee par l'acetate de plomb et debarrassee par Tacide 
sulfhydriquede l'acetate de plomb en exces, est neutralisee de nouveau par le car- 
boaate de soude et ivaporee. Lorsqu'il ne restq plus qu'un petit volume de liqueur, 
oaprecipite par, une solution de tannin, tout en maintenant le melange alcalin 
plutot qu'acide. Le precipite blanc floconneux obtenu ayant ete lave rapidement, 
est' delay e dans de l'eau, et le melange chauffe au bain-marie avec de la litharge 
jUsqu'a. ce qu'il ne se colore plus par le perchlorure de fer, on le desseche et on le 
traite par Talcool. Cette derniere liqueur, filtree et evaporee , foiirnit un sirop qui, 
trait6 par Tacide azotique concentre et additionne de 6 a 8 volumes d'alcool, laisse 
depoSer par le refroidissement d'jabord des matieres resineuses, puis de beaux cris- 
taux d'azotate de cytisine, que Ton purifle. Pour isoler Talcaloide lui-meme, on 
melange le nitrate desseche et pulverise avec une solution de potasse extremement 
eoftoentree, et on chauffe jusqu'a ce que la cytisine se separe sous.fprme d'une ma- 
tiere huileuse. Apres un lavage a Teau et un second traitement a la potasse, on la 

_X0 JfournaJ de nhartfMcie^t de chimie,)\im 1870. 

transporta, h leur demande i dans la m6me ville, 3,000 citoyens. « Quelques auteurs traduisent 
pur 3,000 chefs de.famille, e'est-a-dire 3,000 menages, » qui lui demandaient des terres, et 
ces terres ils durent 6videmment les cultiver eux-m&mes, car leur pauvrete ne leur permet- 
tait pft$ d'avoir des escjaves; ils formaient done line population, non militaire, mats bien 
entierement civile et agricole. Le commerce et la culture de ces fertiles terres ne tarda pas a 
taa enrichirj aussi Carthage sortit bientdt de ses mines et redeviut rapidement florissante. 
L6 cgl&bre g^ographe Strabon vient encore donner une nouvelle force a cette opinion en 
sous montrant dans le repeuplement de Carthage une veritable colonisation ; car, d'apres lui, 
C^sar envoya dans cette ville tous les citoyens romains qui voulurent y aller el settlement quel- 
ques seldats. Et encore, ces soldats, sous quel titre y allaient-ils ? C'6tait, personne n'en sau- 
lait douter, sous celui de colons recevant des terres , recompense de leurs services, et qui, 
pour les cultiver, de soldats devenaient commer^ants et laboureurs. 

Que Ton compare maintenant ce passage avec cette phrase de Boudin, laquelle a servi de 
texte k fobs les arguments qu'on a produits centre la colonisation algtoienne : a Que le Romain 
habitait le sol africain, non en cultivateur, mais en dominateur; il ne transportait pas sa 
famille, mais il transformait les Africains en citoyens romains (1). » Or, jamais TArabe ne 
s^esft COnfcftdu avec le peuple conqueYant. Ni Romains, ni Vandales, ni Turcs, malgre' leurs 
efforts, n'ont pu atleindre cet heureux rgsultat; car TArabe, fier de. sa race et de sa nationa- 
lity, a v6cu tofujours a cot6,. mais non avec ces divers peuples vainqueurs. Serons-nous plus 
heureux?^. Peut-fttre. 

BOildin B'avance pas seulement que, en raison de rinsalubriteet de rinCertilite de Y Afrique, 
il est dangereux et inutile d'y former des 6tablissements agricoles ; il va plus loin, et a Ten 
eroire, personiie, enauoun temps, n'aurait cultiv6 ce pays qu'au point de vue de FhorUcul- 
ture. il appelle jardinage ces grandes et belles cultures dont Diodore de Sicile.nous trace un 

(1) Colonisation frangaise en Algeria, p. 16; 1848. 



L' UNION MftDlCALE. 197 



lave une sccondc fois a l'eau, et on l'expose a un courant de gaz carboniquc,' des- 
tine a transformer en carbonate la potasse libre qu'elle retient. II suffit albrs de la 
dissoudre dans Talcool absolu, d'evaporer la liqueur en consistance sirupeuse, et de 
laisser refroidir pour voir l'alcalolde se solidifier en yne masse cristailisee. 

La cytisine n'est pas deliquescente ; elle a une saveur axnere et ensuite caus- 
tique; elle fond a 154 degres et se sublime, a une temperature plus elevee, en 
aiguilles dont la longueur depasse parfois 1 centimetre. Elle est soluble presque 
en toute proportion dans Teau et dans l'alcool aqueux , a peu pres insoluble dans 
Tether, le chloroforme, la benzine et le sulfure de carbone. C'est un desalcalis 
vegetaux les plus energiques; car, a la tempierature ordinaire, elle deplace l'am- 
moniaque de ses combinaisons salines. Le nitrate de cytisine cristallise en prismes 
renfermant quatre* equivalents d'eau de cristallisation.Le chlorhydrate peut etre. 
obtenu egalement cristallise, tandis que les autres sels a acides mineraux cristal- 
lisent diuicilement ou pas du tout. 

Les auteurs. ont reconnu que la cytisine existait dans toutes les parties de la 
plante, a Texception du bois, mais qu'elle etait particulierement abondante dans 
les semences. lis l'ont meme rencontree dans toutes les espece^ du genre cytisus, 
qu'ils ont soumises a Tanaiyse. En etudiant ses proprietes physiologiques , 
M. Marine a reconnu qu'elle provoquait facilement des vomissements , et que quel- 
ques decigrammes de cette substance, injectes sous la peau d'un gros chien, suffi- 
saient pour determiner la mort. Selon lui, le poison agit «n produisant 1'asphyxie; 
desorteque, en pratiquant la respiration artificielle pendant une demi-beure ou 
une heure, on peut combattre avec succes les effets du toxique. N. G. 

THtRAPEUTKXUE 



MEMOIRE SUB LB TRAITEMENT DE LA PNEUMOME PAR L'ACgTATE NBUTRE DE PLOHB (*1$ 

Pr6sent6 I l'Acad6mie de m^decine, le 15 octobre 1867, 
Par le docteur G. Strohl, professeur 8grdg6 & la Faculte de ra^decine de Strasbourg. 

Obs. IX. — Pneumonie droite ; faiblcsse considerable ; vomissements cause's par le plomb. 

Guirison* 

La dame de robservation prgcddente est de nouveau tomb6e raalade dans la nuit du 22 au * 
23 octobre 1865, Frissons, fifcvre ; vomissements r6p6t£s. 

(1) Suite. — Voir les num£ros des 18 et 25 mars. 

si riche tableau ! Jardinage I ces fertiles campagnes qui, peu d'ann6es aprfcs la bataille de 
Zama, montraient aux ambassadeurs romains que leurs ennemis 6taient encore puissants et 
possgdaient de nombreuses ressources territoriales et agricoles. 

M. Yanosky, qui a 6crit conjointement avec Dureau de la Malle, Thistoire de Carthage dans 
YUnivers pittoresque, dit que les Carthaginois ne se portfcrent pas exclusivement vers le com- 
merce et l'lndustrie, mais qu'ils faconnferent de bonne heure les populations indigenes fc l*agri- 
culture, rt qu'ils se tivraient eu.v-m$nies avec succes awv travaux des champs* Le savant 
Hecren va m6me jusqu'ft professer, dans son grand ouvrage sur la politique et le commerce 
des peuples de I'anliquite, que, chez les Carthaginois, l'amour de ragriculture semble avoir 
d6passe leur passion pour le commerce. 

Voici un fait bien caracteristique et qu'on a pourtant remarquG k peine. Carthage, chez 
laquelle le sentiment des arts et des lettres etait infiniment moins d6velopp£ que dans Ta Grfece 
et parmi les latins, Carthage ne cite qu'un philosophe et un livre, et ce livre c'est le grand 
Traiti a" agriculture de Magon. Cet ouvrage fort 6tendu, divise en vingt-huit parties, a eu 
Thonneur d'une traduction latine (D. Silvanus, & Rome) ; il a fait loi dans la matifere; Caton, 
Columelle, Pline et beaucoup d'auteurs le citent avec 61oge et s'appuient sur lui comme sur 
une imposante autoritd. Carthage avait recouvr^ & un si haut point son ancienne splertdeur 
que, lors de la prise de Rome par Alaric, Tan 610 de J6sus-Christ, les habitants les plus riches 
abandonnfcrent la capitate de l'ancien monde, pour aller chercher vers son ancienne rivale les 
plaisirs qu'elle ne pouvait plus leur donner ; mais ce n'est pas de Carthage seule qu'on peut 
vanter l'opulence ; 1'Afrique tout entifcre ne lui c&iait en rien sous ce rapport, et cela 6tait si 
ave>6 que Salvien s'Gcrie : « (Ou y a-t-il des tre'sors plus grands que ceux des AfricainS? Oft 
trouver un commerce plus florissairt et des magasins plus pleins ? » Le prophfcte Ez6chiel disait 
k Tyr : « Tu as rempli tes triors d'or et d'argent par Mendue de ton commerce. » Moi, je 
dirai de 1'Afrique que son commerce Tenrichissait tenement que, non-tfeulement ses tr6sors 
Saient pleins, mais qu'elle paraissait pouvoir remplir tous ceux de Funivers. » Les autres villes 



in 



L'UNKW MfcMCALE. 



pfotiqlfte de la compression des arteres. En general, l'aide charge dela compression croit que 
bicn com primer c'est comprimer avec force; il s'en suit que ses doigts se fatiguent rapidemebt, 
s'angourdissent et lajssent bicnt6t echdpper rarfere, dbnt ils ne setilent plus les pulsations. 
H faut comprimer moderement pour comprimer bieri et longtemps. La compression faite par 
mat aide dont les doigts .s'engourdissent est une compression mal faite, i > 

it mettade de la ligature prealable des arteres au fur et a mesure de ia division 4 fles tissue, 
properte par ftl. Vermmil poor remplacer la compression, a ete''emplbyee dejaAe /diverse* 
masmtm par boa nombre de chirotgfens, surtout chez les individusaffiiblis; elle Pa ete avec 
<bs»f«90^ficatiDOS,parAktiiieres, pouH'anput&lion de la cuisse; dins la guerre d'Am&ique, 
dai»«niftlques cas difiktJes.;M. Giraldesa row tui-meme en pratique le procede amSrieaito chez 
un <aoWt de 10 atit^ et il Pa trouve d'un emploi asset commodfe lorsque Ton n'a pas sous la 
main un, aide suffisamifceBt exeree* 

En ; resum& la metbode propose* par M. Verneuil roerite, suivant M.Giraldes, d'etre serieu- 
sement examinee; mais il*. y a lieu de penser que, dans certafne* conditions et pour, certaines 
sections des membres, poor la jambe, par exemple, elle sera d* une. application difficile. . . 

M. Verneuil repond a M. Marjolin que la methode de !a ligature pr&latye. a donne 4$j* 
d'excellents resultats tfans de grandes operations telles que la disarticulation de T^ule ou 
tous les sujets ainsi operas ont gueri. Sans faire intervenir le procede op^ratoire daus ^appre- 
ciation de resultats qui ' de* pendent d'elements ires-complexes, du moins est-il permit <$e 
penser que la nouvelle roeHhode ne nuit pas aux malades, puisqu'elle leur fait perdre n?oios 
de sang et qu'elle les preserve de !a phlemte. D'autre part, tout, le monde convient qite' la 
compression est difficile a bien faire. Sans doute, il est utile de perfectionner la m£thode de 
la compression et d'y exercer les eleves; mais une methode qui permet dese, passer de ia 
compression n'est-elle pas encore preferable ? Si, comme Pa ditM. Giratdes, des tentattves ont 
ate Bites avec sucees dans k meme direction, pour des cas difflciles, n'est-ce pas le meill'eur 
argument a faire valoir pour l'emploi de la methode dans les circonstances ordinaires? ' 

Quant aux difficuKes duplication que M. Giraldes suppose devoir se presenter pour Tarn- 
putation de la jambe, M. Verneuil se fait fort de demontrer, quand on vondra, que Famptt- 
tation de la jambe par la nouvelle methode est une operation des plus simples et des plus 
fatites. 

I 4 

M. Panas ne croit pas. que M. Verneuil soit apprise* a attribuer a la compression les acci- 
dents de phtebite inguinale signals dans Jes observations auxquelles il a fait allusion; lors- 
qu'il s*agit d'accidenls graves dans lesquels la phlebile, Pangioleucite, le phlegmon dittus, Fos- 
teomy6Ute, etc, enlrent comme elements, il est difficile de faire la part exacte de Finfluence 
de la compression. En province, ou Ia compression est gendralement faite par des aides inha- 
biles, on observe mfinimerit moins de phlebites qu'a Paris. . ' , 

IVi Panasa eu Toccasion de pratiquer, sans compression, la disarticulation de Pepaule par le 
procede de r<5f>aulette dans un cas oil le aphacele des tissus ne lui laissait a tailler qu/un lam- 
beau tres-court; a sa grande satisfaction, ce lambeau, au lieu de manifester de fa tendance a 
se retraeter par en baut, a.ete attire en has et s'est allonge de maniere a donner une cica- 




(La suite pruchainement.) 



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Medlcales. — 28 Mars 1813. 





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L'UNION MBDICALE Jeudi 30 Mars 18» ; 

HYGIENE ET TOXICOLOGIE 



SUB L'EXISTENCE DC Ct'IVRE DANS CERTAINES EAUX POTABLES. — SUTt UN GAS 
D'EMPOISONNEMENT PAR LE CYTISUS LABURNUM, — EXTRACTION DE LA CYTIS1NE. 

Toutes lesrecherchesentreprises sur la composition chimique de l'eau irrteressent 
a un haut degre le medecin et 1'hygieniste; aussi ai-je cru devoir reproduire im 
extrait de travail de M. le professeur Roux relatif a ce sujet (I). II s'agit de l'ana- 
lyse de plusieurs echantillons d'une eau recueillie dans la ville de Saint-Jean d'An- 
gely et a laqnelle on attribuait le developpement d'nnc 6pidemie, qui regnait dans 
un quartier de la ville. La premiere ean qui fat examinee, avait ete fournie par une 
pompe connue dans le pays sous le nom de Pompe du Minage, et qu'on supposait 
rendue insalubre par le voisinage d'une chaudronnerie. 

L'eau du Minage, limpide, inodore, insipide, marquait 40°,80 a l'hydrotimeti'e, 
et donnait par l'evaporation un residu du poids de gr. 610, compose de sels de 
chaux et demagnesie, de silice, d'alumine,d'oxyde de fer et de traces de cuivre. La 
presence de ce dernier metal a ete deceiee en trailant par un melange d'acides azo- 
lique etchlorhydrique purs, 4 gram. 880 milligr. de residu obtenu par evaporation 
de huit litres d'eau. La liqueur, diluee et filtree au papier Berzelius lave, a el6'soti- 
mise a un courant de gaz acide sulfhydrique. La solution s'est legerement colore* 
en brun, en laissant precipiter, apres vingt-quatrc beures d'altente, un produft que 
Von a dissous dansquelques gouttes d'eau acidulee.Cettederaicre liqueur, evaporee 
et traitee par un leger cxces d'ammoniaque, a pris une teinte bleu pale, qui lie poo- 
"vait etre attribute qu'a 1'existence d'un set de cuivre. En effet, la solution artimp- 
niacale concenlree, additionnee d'un peu d'acide , a ete precipitee de nouveau par 
t'hydrogene sulfure ; le sulfure forme a ete recueilli et dissous dans 1'acide azotlque_; 
on a evapore avec precaution, etle residu repris par l'eau a fourni une solution qui, 
traitee par 1'ammoniaquc, l'hydrogene sulfure. le ferrocyanure de potassium, el la 
lame de fer decapee, presentait toutes les reactions de cuivre. 

Ce premier resultat obtenu, M. le professeur Roux examina trpis 
Ions d'eau : le premier provenant d'unpuits place a 50 metres du W 
recueilli a 90 metres de ce point, et le troisieme extrait d'un j 
150 metres du Minage. — L'eau du premier puits etait essentiellem 
l'eau du Minage par ses degres cblorometriques et hydrotimetriqi 
par litre un residu du poids de 1 gr. 10 centigr. et contenait des 

(1) Archives de midtcine naval;, juillet 1870. , 

FEUILLETON 

BB L'ACGLIHATBHENT DBS ECHOPgENS F.T DB L'EXISTENCE D'UNE POPCLSTION CITIES 
ROMAINE Elf ALGERIE DEHOlfTBBS PAR LBISTOIBB (t) ; 

Par M. le docteur Bohnafont. 

Apres avoir demontre par des fails receots et irreeusables la possibility de racclimatepflnt 
des Europeans sous le cliraat de 1'Algerie, il nous restera a prouver, ana de detrnira jusque 
dans ses fond alio ns 1'ediflce construct par nos adversaires, que ce pays n'a ete i^fracjajre 
pour aucun peuple qui estvenu I'occupcr. Ainsi, Romaios,Viindales, Maures, Arabes, Turos, 

J out irouve une riclie et lieurauae bospitalite ; et si ces eoaquerauts l'ont tour, a dour abao- 
onne, cela n'a tenu ni au climal, ni a l'infertiltte da sqn sol, itiais bien a des evsneoeitfs 
inherents aux revolutions qui out agile a certaines epoques les divers . peuples, aurtout ceux 
qui, doues d'une exuberance de force, cuerchaieat dans les eipedilions lointaines et uajaa.ks 
conqueies le moyeo de l'utiliser au profit de leur pays. 

Four etre ausai court que possible, nous allons nous burner a de simples citations pnilees 
dans les auteurs les plus authentiques. , 

Dans ces Monarches, nous avons rinlention de reuiter daus arguments sdrieux, avances 
d'abord par Desjobert, Baudin, Vital, et tout r^cemmeat par quelques publiciates, a savoir ; 

1" Que I' A/rique n'a jamais ete bien cultivee par les Remains.; ... ... 

2° Que ce peuple conqqerant n'a jamais ete - represents dans ee pars que par sea legions 
railitaires ct nullement par une population civile et agricol.e, _,,,,,;, 

(I) Suite. — Voir le numiro du H mars; ...,.,.. 

Tome XI. — Troiritm itHt. if ' ' 



200 L'UNION MtfDICALE. 



fosse sous-epineuse, souffle pur, sans rdles; jetentissement de la voix? submatit& — M&me 
potion. 
31. Presque plus de souffle. Plus de diarrhea. Reste longtemps leve\ Pas de medicament* 

7 Novembre. Plus rien. Gu6rison totale. 

En tenant compte de la duree de la pneumonie , de l'etat du pouls, de la nature 
de l'expectoration et de l'etat general, on peut admettre avec quelque raison 
Texistence du troisieme degre. Peu importe d'ailleurs, l'etat du malade etait extre- 
mement grave et la guerison doit etre attribute au plomb. Des deux vesicaloires 
presents, Tun n'a pas pris et 1 'autre n'a pas ete applique; l'extrait d'opium, donne 
pendant quelques jours contre le delire et l'agitation, n'a pas eu d'iniluence sur la 
pneumonie. 

Obs. XI. — Pneumonie droite. Sangsues. Plomb. — GuSrison. 

Homme de 81 ans, bien conserve. Malade depuis deux jours avec des symptdmes d'indi- 
gestion. Je le vois le 

8 Mai 1865. Fievrevive; douleurs a Fepigastre et a rhypochondre droit; nauseas; quel- 
ques selles. — Dix sangsues a Fepigastre; cataplasme. 

9. Moins de douleurs. Dans le poumon droit, lateralement dans presque toule la hauteur, 
souffle avec peu de rales; dyspnee. Pouls 124, plein. Peau chaude. Langue charged. — Potion 
avec ac&. plomb 0,35. 

10. Nuit meilleure. Sueur abondanle. Souffle un peu plus etendu; rales diss6min6s; sub- 
matitS; respiration meilleure; peu de toux; le malade avale les crachats. Pouls 112, large-, un 
peu irre*gulier. Langue tres-chargee. — Plomb 0,35. 

11. Nuit mauvaise ; agitation. Rales sous-crgpitants plus abondants ; un peu d'efxpeotoration 
non coloree; toux fre*quente. Pouls 120, plein. Pas de selle. — Plomb 0,45. 

12. Nuit meilleure. Beaucoup. moins de souffle et de rAles vers la base, mais ils s'gtendent 
en haut, jusque dans le sommet, et en arriere, jusqu'a la colonne vertGbrale; II n'y avait de 
libre que la partie anterieure. R&les muqueux abondants a la base du poumon gauche ; peu 
de toux et d'expectoration jaunatre. Pouls 120, plein. Moins de chaleur. Langue moins 
chargee; moins de soif ; pas d'appetit. Une selle par lavement. — Plomb 0,45; 

13. Nuit Iranquille. tnorme diminution a droite; plus rien a gauche. Pouls 108, plein, 
regulier. Pas de chaleur, moiteur. — Plomb 0,45. 

14. Nuit tres-bonrie. Plus rien a droite; pas de dyspne*e. Le pouls, calme au commence- 
ment, s'eleve chaque fois que je veux compter, et monte a 100. — Pas de medicament. 

15. Pouls 80. App&it. 

Le malade est tout a fait remis quelques jours plus tard. 

L'extension de la pneumonie et la rapidite.de sa marche, chez un vieillard de 
81 ans, rendaient la'maladie tres-grave; neanmoins, rinflammation s'est resolue 
en quelques jours. 

Obs. XIL — tpanchement pleuritique gauche ; pneumonie droite, Plomb ; visicatoire* 

Mort. 

Femme de 63 ans, un peu chetive ; tousse tous les hivers. Malade depuis le 27 Janvier 1860. 
Je la vois le 

6 fe* vrier. Point de cdte gauche, en arriere et en bas. fipanchement pleur&ique de 15 cen- 
timetres de hauteur, sans rales. A droite, quelques rAles crepitants diss6mine's. Toux fre*- 
quente; expectoration abondante, blanche, filante. Pouls 120, assez plein. —Potion avec 
ace"t. plomb 0,35. Grand ve'sicatoire volant a gauche. 

7. Mtoe e*tat. — Plomb 0,40. 

8. L'epanchement est le m6me. A droite, en avant, rales crepitants dans toute la hauleor 
du poumon; respiration souffl6e en quelques endroits. En arriere, crepitation a la base. Res- 
piration fr6quente, difficile. Crachats rougeatres. Pouls 140, un peu petit. — Plomb 0,45. 

9. L'e'panchement augmente. Moins de rales ; pas de souffle a droite. Crachats rougeatres. 
Pouls 130, moins mou et petit. — Plomb 0,50. 

10. M6me 6tat; moins de toux; crachats moins colored; respiration fre*quenle. Pouls 120.— 
Plomb 0,50. 

11. M6me 6tat Pouls 128, plus plein. — Plomb 0,50. 

12. Affaissement Diarrhe*e abondante. Morte dans la matinee du 13. 

fipanchement pleurethjue gauche; pneumonie de presque tout le poumon droit 
ne presentant que des ebauches de resolution, mort le huitieme jour, voila le 
resume de cette histoire. L'asphyxie lente a ete certainement pour beauc&up dans 
ce resultat; les deux poumons fonctionnaient incompletement. 



L'UNION MfiDICALE. 201 



Obs. XIII. — Bronchite chronique. Pneumonie droite, Plomb; visicatoire. — Mort. 

Femme de 68 ans, faible, usee, portant une vieille bronchite, avec dyspnea et expectoration 
abondante. Malade depuis quelques jours, je suis appele le 

29 avril 1861. Dans les deux tiers posterieurs et inferieurs du poiimon droit, rales crepi- 
tants tres-abondants; souffle dans le tiers supdrieur, Rien en avant. Pas de point de cdte. 
Toux frequente; expectoration sanglante, visqueuse. — Potion avec ace*l. ploinb 0,60. 

30. Le souffle a augments ; rales tres-abondants, fins et gros. Expectoration exlr&mement 
copieuse, rougeatre, nlante, en partie avec de grosses bulles d'air; dyspnGe plus forte. 
Pouls 120, plus large, mou. Peu de chaleur; pas de selle. — Plomb 0,45. Lavement. 

!•* mai. Nuit beaucoup meilleure. Expectoration moins abondante ; toux moins frequente. 
Rales crepitants de reiour en haut. En avant , dans le tiers sup6rieur, souffle et rales crepi- 
tants. Pouls 128, tres-mou, large. Langue chargee. Selle. — Plomb 0,50. 

2. En arriere, en bas, on n'entend plus rien; moins de rales en haut. En avant, plut6t 
diminution du souffle et des rales.. Rales tracheaux. Dyspn£e. Expectoration moins abondante, 
moins rouge. Pouls 116, mou, un peu petit. Faiblesse considerable. Moiteur. Pas de selle. 
— Plomb 0,50. Lavement, vesicatoire sur la poitrine. 

3. Repos la nuit. En arriere,dans la moitie inferieure, souffle avec rales fins et gros. En 
haut le souffle et les rales ont dispafu ; moins de rales en avant. Respiration meilleure ; tres- 
peu de toux et d'expectoration rougeatre, visqueuse. Pouls 120, mou, plus large. Pas de 
chaleur. Faiblesse considerable; la malade est couchee, les yeux constamment fermes. — 
Plomb 0,60. Vin. 

U. Presque plus rien en avant, en haut; meme etat en arriere. Toux peu frequente; 
expectoration peu abondante, mais plus coloree, jus de pruneaux. Rales tracheaux. Pouls 120, 
petit, tres-mou. Sueur. Affaissement profond. — Suspendre le plomb. Potion avec sel amnion. 
3,00. Vin. 

5-6. Meme etat. — 7. Morte dans la matinee. 

j i 

La marcbe de cette pneumonie est remarquable par ses alternatives de diminu- 
tion et de recrudescence; plusieurs fois la diminution a eu l'air de remporter. 

Obs. XIV. — Pneumonie compliguie, Plomb; ventouses; vesicatoire. — Mort 

Femme de 72 ans, bien portante habituellement, ayant fait un ecart de regime le 29 oc- 
tobre 1861. Elle aete prise de vomissements abondants dans la nuit. Le 30, les vomissements 
ont cesse. Accablement profond, somnolence: respiration un peu frequente; rien a 1'auscul- 
tation. Pouls un peu frequent, developpe. Le lendemain, pneumonie en arriere ; meme etat 
general. La pneumonie a continue de s'etendre rapidement; le coma est devenu complet, et 
la mort est survenue le h novembre au matin, sixieme jour de la maladie. 

Cette obseryation est beaucoup trop ecourtee dans mes notes pour qu'elle puisse 
etre de quelque utilite. Je la rapporte parce que la maladie a eu une issue funeste. 
Etait-ce une simple pgeumonie, ou plutot n'y avait-il pas en mfeme temps une 
affection cerebrate concomitante? Cette derniere supposition me paratt la plus pro- 
bable. 

Sur les 33 observations qui servent de base a ce travail, 29 representent toutes 
les pheumonies frahehes que j'ai rencontrees dans ma pratique depuis le mois de 
decembre 1858; 4 datent d'une epoque anterieure; je'les ai ajout6es aux autres, 
parce qu'elles sont interessantes et qu'elles sont les seules dont j'ai retrouve les 
traces. Mes cas portent done sur un grand nombre d'annees, ne sont pas influences 
par une constitution saisonniere ou annuelle speciale, et ne forment pas une serie 
heureuse dont le pourquoi doit etre cherche dans d'autres circonstances que dans le 
traitement. 

Quant au sexe, mes 33 marades se divisent en 18 hommes et 15 femmes; mais la 
proportion change si nous deduisons les enfants, dont le plus age avait 13 ans 1/2. 
lis sont au nombre de 7, et, par le plus grand des hasards > tous des garcons. Res- 
tent alors 26 adultes de 20 a 81 ans; 11 hommes et 15 femmes, ce qui rentre a peu 
pres dans la regie commune. 

L'dge se meut entre 3 et 81 ans, ainsi que le montre le tableau suivant : 

De 3 a 15 ans, 7 ; — de 20 a 50 ans, 7 ; — de 50 a 60 ans, 5 ; — de 60 a 70 ans, 
8 ; — au dela de 70 ans, 6. — Total : 33. 

Je trouve inutile de decomposer l'age de 20 a 50 ans , le prqnostic restant a peu 
pres le meme dans cette periode, tandis qu'il change pour les ages suivants. En 
prenant tous les 33 malades, nous arrivons a une moyenne generate de 45 ans 
7 mois; en ne tenant cjompte que des adultes, cette moyenne est de 56 ans, moins 
quelques jours. 



202 L'UMON MfiDlCALE. 



Je crois inutile de detailler les constitutions et les temperaments^ ils spnt tous 
representes; la majorite est formee toutefois par les constitutions affaiblieset usees. 

Le sidge de la pneumonie est connu dans 29 cas ; il etait dans le poumon droit 
18 fois, dans le gauche 8 et dans les deux, 3 fois. Sa localisation au debut, ou au 
moins au moment ou la pneumonie a commence a fetre traitee, etait 5 fois dans 
presque toute la hauteur du poumon; 12 fois dans la partie inferieure, 7 dans la 
superieure, et j5 fois dans la partie moyenne. 

Un grand nombre des pneumonies etaient franches, quelques-unes evidemment 
catarrhales; mais un bon groupe offre des syraptomes catarrhaux avec ceux d'une 
pneumonie ordinaire, et Ton pourrait les ranger avec autant de raison dans Tune 
ou l'autre de ces classes. 

La duree de la pneumonie anUrieure au traitement a ete tres-variable. 

Duree de 1 jour, 5 fois ; — 2 jours, 6 ; — 3 jours, 4 ; — 4 jours, 4 ; — 5 jours, 2 ; 
— 10 jours, l. — Total : 22 fois. 

Je ne parle que de 22 cas, parce que, dans les autres, la duree n'est pas rigoureu- 
sement specifiee. 

(la suite a un prochain numero.) 

ACADEMIES ET.SOCIETES SAVANTES 



ACADtMIE DE MEDECINE 
Stance du 28 mars 1871. — Presidence de M. Barth. 

La correspondance non officielle comprend : 

1* Une lettre de M. Lecanu, dans laquelle il exprime le regret de n'avoir pas assists & la 
demise seance; il aurait combattu la proposition de M. B6hier et vote pour l'ordre du jour. 

2° Une lettre de M. Jeannel relative aux inconve'nients du depavage des rues au point de 
vue de l'hygiene publique. Voici cette lettre : 

« Paris, 28 mars 1871. 

o A Monsieur le President de VAcadimie de m&decine. 

« Monsieur le President, 

a Les rues de Paris sont partiellement d6pav6es dans beaucoup de points, surtout dans les 
quartiers de Menilmontant, Belleville, Montmartre , etc, Les eaux m6nageres ont coule dans 
les excavations laisse*es par les pave's qui ont servi a la construction des barricades ; elles y 
croupissent. 

« Je pense qu'il est urgent de signaler cette cause d' infection, qui devient dangereuse pour 
la sante" publique. 

« Je suis, etc. ' D r J. Jeannel. » 

3 8 Une lettre de M. Lafosse, professeur a Tfeole v6te*rinaire de Toulouse, accompagnant 
Fenvoi d'un travail sur le typhus des b&tes a corne. (Com. MM. Bouley, Barthe et Reynal.) 

M. Demarquay pr&enle, au nom de M. Dequesne, une brochure intitule : La machine a 
coudre et la sanU des ouvrieres. 

M. BrfcLARD pr&ente, au nom de M. le docteur Amussat, un opuscule ayant pour litre : 
SicaUur galvanique. 

M. Devilliers lit une Note sur C organisation et le fonctionnement des secours aux malades 
et blessSs des armies sur le riseau des chemins de fer de Paris a Lyon et a la Miditerrannee. 

En provision 'des dventualites qui pouvaient surgir, dit M. Devilliers, j'avais du, des Tori- 
gine, me tracer un plan general (font les diverses parties ne devaient etre raises k execution 
que selon les necessity : - 

1° Procurer des soins el des secours aux militaires malades ou blesses pendant leur trans- 
port sur les voies ferries ; 

2° Leur faire donner autant que possible les secours necessaires au moment de leur pas- 
sage et de leur arrfet dans les principals gares ; 

3° Organiser dans ces memes gares des ambulances dans lesquelles pussent fctre re$us, 
pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, les malades et blesses les plus graves et se trou- 
vant daus rimpossibilite de poursuivre immediatement leur route jusqu'i destination ; 

U° Dans ces memes gares encore, faire un triage des differents malades ou blesses destines, 
soit a continuer leur route, soit a recevoir des soins temporaires a l'arobulance et a la gare, 
soit enfin a etre dirigds sur les hdpitaux militaires ou les ambulances de la ville; 

5° Enfin, dans le cas d'eWacuation des gares par suite de l'appnxJhe de Pennemi, transfor- 



L'UNION MfiDlCALE. 203 



mer les salles de ces gares en ambulances qui devaient non-seulement servir d'asile aux 
blesses des armies, mais aussi preserver les Datiments de ces gares de la destruction en y 
arborant le pavilion de la convention de Geneve. 

Les diverges parties de ce programme ont ete mises k execution partout od cela a ete pos- 
sible. Toutes les mesures furent prises pour que les malades et blesses militaires fussent 
accompagnes pendant leur voyage par les medecins de la Compagnie , qui se succedaient de 
section en section medicale jusqu'a destination , ayant pour mission de veiller aux soins dont 
ils pouvaient avoir besoin et de parer aux accidents impre*vus qui pouvaient se presenter. Le 
depart de chaque train etait annonce* par le teiegraphe aux gares suivantes, de maniere que 
tous fussent avertis de l'heure de son passage et se tinssent prets a Faccompagner. Toutes les 
precautions etaient prises d'aiileurs pour le chauffage des wagons a Taiae de bouies d'eau 
chaude, la disinfection des voitures a Faide de lavages a l'eau phe*nique*e k un centieme, la 
sequM^ation des malades atteints de maladies contagieuses. 

2°'<f)es ambulances de passage furent etablies dans les gares les plus importantes, dans les 
salles memes des b&timents principaux ou accessoires des gares de'tourne's de leur destination 
ordinaire et transformed par des cfoisons convenables en salles de malades avec tous les acces- 
soires necessaires pour les soins medicaux et pour Falimentation. 

M. Devilliers entre dans de longs details relatifs k Installation de ces diverses ambulances. 
U termine «n demandant une enquete relative k des actes de barbarie commis par les Prus- 
siens sur nos soldats blesses. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur Finfection purulente. 

M. Gosseun lit un discours dont nous regreltons de ne pouvoir, aujourd'hui, mettre 1'ana- 
lyse sous les yeux de nos lecteurs, Fauteur n'ayant pas laisse* son manuscrit au secretariat de 
1 Academic 

— La stance est iev6e k cinq beures. 



SOCIETE DE CHIRURGIE 
Resume des seances des 14 et 28 decembre 1870, 4, 11 et 18 Janvier, 8 et 15 fevrier, 8 mars 1871. 



Seance du 4 Janvier 1871. — Presidence de M. Alphonse GuEam. 
Suite de la discussion sur la methode des amputations sans compression des arleres. 

M. Verneuil communique deux observations d'amputations de la cuisse pratiques avec 
succes par M. Gusco sans compression de Fartere femorale. Apres la ligature pr^alable de 
Fartere, M. Gusco, avant de proceder a Famputation, a attendu trois k quatre minutes pour 
laisser au systeme vasculaire du membre le temps de se vider ; puis il a terming Foperation, 
qui n'a fait perdre au malade qu'une quantite* de sang ventablement insignifiante. 

M. Verneuil a lui-meme, dans la matinee, pratique* Famputation de la jambe, sans compres- 
sion artenelle, pour un eas de plaie par arme k feu avec fracture de Fextremite inferieure du 
tibia, ayant amen£ des fusees purulentes et l'epuisement du malade par Fabondance de la 
suppuration. L'operation n'a presente aucune difficult^ ; Fartere tibiale anterieure a pu etre 
aisement reconnue et liee. Pour pratiquer cette operation M. Verneuil s'est prive volontairement 
du concours intelligent de ses aides. 

M. Larhey rappelle que son pere attacbait une grande importance a la compression arte- 
rielle dans les amputations des membres. Pour la disarticulation de Fdpaule en particulier, il 
ne prenait que des aides de choix, declarant qu'il tenait plus k la perfection de la compression 
qvfk celle de Famputation elle-meme. 

II professait la meme opinion au sujet de la disarticulation de la cuisse, bien qu'il eut ete 
un des premiers a faire la ligature prtalable de Fartere femorale. Apres trois ou quatre 
amputations de ce genre, il avait renonce* a la ligature pre*alable a laquelle MM. Verneuil et 
Gusco reviennent aujourd'hui. 

M. Larrey ne pense pas il y ait lieu d'eriger en systeme general la pratique des amputations 
sans compression arterielle par crainte exage>6e de la phiebite. Tout en admettant que la 
compression doit etre faite avec management de maniere a ne pas confondre et froisser les 
vaisseaux, il ne faut pas oublier que ce moyen est une garantie precieuse contre les accidents 
des amputations et surtout contre l'hgmorrhagie. 

M. Giraldes n'a pas d'objection a faire contre la methode des amputations sans compression 
artenelle, lorsqu'elle est mise en usage par un chirurgien habile ; mais il croit que si cette 
methode s'introduisait dans la pratique, elle pourrait amener des consequences desastreuses 
entre les mains de chirurgiens inexperimentes qui ne savent ni trouver une artere ni faire 
une ligature ; e'est le cas de ces jeunes chirurgiens militaires qui, a peine sortis des bancs de 
l'Ecole, sont obliges actuellement de pratiquer des operations dans les ambulances od les chi- 
rurgiens capables font defaut. 

M. Verneuil repond k M. Larrey qu'il a eu Foccasion de pratiquer cinq fois la desarticula- 
tion de l'epaule, sans compression et sans aide, et qu'il a pu se convaincre que le nouveau 



2Q4 L'UNION MfiDICALE. 



proc6de" est. infiniment plus facile que tons les autres„ Larrey pfere exigeait un aide de choix 
et une compression bien faite ; ces deux conditions ne sont plus 1 n&iessaires, grace a la nouvelle 
m&hode. Aprfcs avoir fait les branches de la raquette, le chirurgien incise couche par couche 
jusqu'a la rencontre de l'artere axillaire qu'il trouve battant sous ces yeux ; il la denude avec 
ia sonde cannetee et passe sous elle un fil a ligature a Taide de Taiguille de Deschamps. L'ar- 
tere lie*e, le reste de Top^ration s'accomplit avec une s6curite parfaite ; on ne trouve plus 
d'autre vaisseau que la scapulaire supGrieure qui donne un petit jet de sang facile a arr&er. 

Pour la disarticulation de la hanche, il serait dangereux de pratiquer la ligature pr6alable 
de la f6morale au niveau m&me de l'arcade crurale ; niieux vaux lier l'artfere au point de ren- 
contre des deux lambeaux dissequ^s couche par couche. 

M. Giraldfcs objecte a la nouvelle m£thode qu'elle pourrait avoir de graves inconv6nients 
appliqute par un chirurgien inexperimente ; M. Verneuil r6pond qu'il en est ainsi de toutes 
les operations de la chirurgie. Du reste, en ce qui concerne la ligature des arteres, il n'est pas 
plus difficile de savoir ou est le vaisseau pour le lier que pour le comprimer. Les arteres, 
m&me celles de ia jambe, se trouvent avec la plus grande facility on les voit battre sous ses 
yeux. 11 suffit de rgpeter trois ou quatre fois le proce*d6 a ramphithdatre pour 6tre capable 
de l'appliquer sur le vivant. 

M. Larrey foit remarcjuer que l'amputation de la jambe a 6t6 consid6r6e comme trfes-diffi- 
cile a cause de ia ligature des arteres; Larrey, pfcre, Ribes, etc, d6clarent avoir perdu beau- 
coup de malades emportes par l'h^morrhagie de la tibiale anterieure. lis insistaient beaucoup 
sur les difficult^ de la ligature. 

M. Verneuil connalt, pour les avoir 6prouv& plus d'une fois, les graves inconvtatents de 
Faraputation de la jambe par l'ancien proc6d£, a cause des difficulty que Ton trouve a lier 
les arteres, la tibiale aiiterieure en particulier qui, apres section, sc r&racte dans les chairs 
ou il est p6nible de Ia chercher et de la retrouver. Avec la ligature pr6alable on est sur de 
ne pas la perdre. G'est la un avantage de la nouvelle me"thode appliqu^e a Tamputation de la 
jambe. Le proc£d£ est tout aussi facile, pour ne pas dire plus facile que les autres, puisqu'on 
a les arteres sous les yeux, qu'on les voit battre et qu'il est ais6 d'y placer des ligatures. 

M. Verneuil appelle en passant l'atlention sur un accident de l'amputation de la jambe par 
l'ancien proc6d& Quand on a coupe" les parties molles, ycompris celles de l'espace interosseux, 
il arrive qu'en p6n&rant de nouveau dans cet espaee la pointe du couteau va piqugfl l'artere 
a plusieurs millimetres au-dessus de la section du moignon ; il en r&ulle des hemorrhages 
trfcs-difficiles a arr^teiv 

M. A. Gu^rin declare que l'accident signal^ par M. Verneuil est impossible quand on suit 
bien exactement les regies tracers pour Pamputation de la jambe et qui en font une ope- 
ration en quelque sorte mathgmatique, presque comme s'il s'agissait de la manoeuvre de la 
guillotine. 

La ligature prgalable des trois arteres de la jambe, dans le proc£d£ recommande* par 
M. Verneuil, paralt a M. Guerin une complication bien grande pour une operation bien simple. 
Il ne faut pas s'exagerer les difficultes de la ligature des arteres dans le moignon apres ram- 
putation. Ces arteres, peu sujettes a des anomalies, ont une place fixe que Ton connait 
d'avance et ou il n'est pas bien difficile de les chercher et de les d^couvrir. 

En ce qui concerne la disarticulation de l'epaule, M. Gue*rin ne voit pas quel avantage peut 
avoir le proc6d6 de M. Verneuil sur le procMe" g6n6ralement employed et qui consist© a tailler 
en dernier lieu le lambeau interne dans iequel un aide va saisir et comprimer l'artere a^ant que 
le chirurgien opere la section du lambeau. Les chirurgiens habitue's au proce'de' ordinaire 
trouveronl certainement le precede* de M. Verneuil moins facile et plus complique*. 

M. A. Gu6rin pense qu'au lieu de supprimer la compression, il vaudrait mieux apprendre 
aux 6l6ves a la bien faire et les engager a s'y exercer dans les hdpitaux sur les malades con- 
valescents. Les 61feves devraient s'habituer surtout a comprimer les arteres avec un seul doigt, 
sans y mettre de force et sans empfccher les malades d'ex6cuter des mouvements. 

[La suite prochainement) D' A. TAWrojL. 

i. . . . i .,' ■ 1 1 ' i i . ' i = 

FORMULAIRE 

Mixture biuntfTiotJE, — Graves. 

Emulsion d'amandes douces «♦.«... 300 grammes* 
Nitrate de potasse ...*♦.**.. de A a 8 grammes. 

Alcool nitrique de 3 a lx grammes. 

Sucre pulverise' ... * 50 grammes. 

Faites dissoudre. 
Cette mixture est conseille'e a la dose de deux cuillerGes a bouche toutes les deux heures, 
aux personnes atteintes de la maladie de Bright. Quand FafFection est rScente et aigue, on 
commence le traitement par les emissions sanguines. — N. G. 

he Giran t, G. Richelot. 
Paris. — TypograpUie Felix Mutest b et C«, rue des Deux-Portes-Saint-Stuveur, W. 



N.|ff ... LTJNION MfiDtCAU Samedi W Avril 1871 



«•** 



• i 



n — n—: — m TT ^r-^r-rr^^rr-r 



INTfiRfiTS PROPESSIONNEtS 



ASSOCIATION G&I&BAXE BE PR^VOYANCE ET DE SBCOUHS UUTtJBLB »fc* ||£DE<Uftft 

DE FBANGE. 

M. le President de r Association generate vient 'd'adres&ef 1st circulaire suivante k 
MM. les Presidents des Societes locales : 

Paris, lg 25 mars 1871. 

Monsieur et tres-honore President, 

Le Gonseil general de notre Association attendait avec impatience le moment de 
renouer avec vous des relations si cruellement et depuis si longtemps ifltertompiies, 
et son premier Soin, des qu'il l'a cru possible, a ete de me charger de tb'enqtierir 
de Fetat de chacune des Societes locales. Je m'empresse de remplir ce devoir^ 
heureux de faire cesser 1'isolement dans lequel nonsavons vecu les uns a 1'egard 
des autres, mate sana pouvoir me defendre d'urt sentiment de douloureuse angoisse. 
Dans le deuji public combien de deuils particuliers allons-nous compter au sein de 
la famille medieaJe;. dans le desastre de la patrie que de desastres prives nous 
allons avoir a reconnaitre! Pourrons-nous les secottrir tous? Notes le tenterons du 
moins> et nous'l'esperons de toute la force de notre foi dans la puissance dfc TAbso- 
ciation. Si triste que soit, en eflfet, la preuvoqui nous en est fournie par la durete 
des temps, elle ecjate jieanmodns de telle fajon qu'il faudrait aujourd'hui instituer 
et organiser notre OEuyre de setours et de prevoyance, si elle n'efart heureusfenient 
dans toute sa vjgueur etprete a tous les sacrifices pour venir en aide a ceux d'entre 
nous qui auront le plus souffert etdont les malheiirsauront depasse lesressources. 

Je vous demaade done, cher et honors President, de vouloir bien avant to&t 
m'adresser le releve des pertes qu'a faites le personnel dfe VOtre Sbciete et d$£ 
demandes de secOurs que votos avez dejat recues ou que vous prevoyez, ainsi que des 
moyens dont tous disposes pour y faire face. 

Le moment approetie ou chaque annie ramene notre Assemble geri^f ale; le plus 
ardent desir du Conseil eftt ete de nous' voir suivant la coutume tous feunis pom 4 
travaillera l'OEuvre commune. Cependant il n'a pas crti pouvoir preildre ^ur lui 
de vous convoquer a P6poque habituelle, e'est-a-dire dans moins d'un riiois; caf 
quelqu'interet qu'il y ait pour T Association a puiser de nouvelles forces dans una 
entente parfaite de tous ses representants et de ne pas laisser en suspens des ques- 
tions tres-urgentes, le 1 Conseil a pehse que des diflicultes de plus d'un genre jtour- 
faient arreiter un ires^grand nombre de Presidents et-dfc D61egues, et, avant de 



FEUILLETON 

POSTfi A<E08TATIOCE DE METZ 

Apr^s rinsucefca d^fioitif de la grande sortie du 31 aotif, rinvestissement sur -Tin pe^imfetre 
de 50 kiknottres de la ville de Metz et des forts, rintemiption de toutes les communications 
ext&ieures, les 3,000 tuesou blesses qu'avaient cotites Iefc derqiers combats en avant du fort 
Saint-Julien, tout cela (Mmontrait la superiority des forces de rennemi et commengait a molir 
Ver des provisions sinistres. Cependant, nous pensions que des debris importants de la pre- 
toiere armee avaient d6.se ratlier vers Chalons sous les ordres de Mac-Mahon, que desrenferte 
ayaient dii anriver dans cette ville de tous les points de ; 1a France, et que, fenfin, line tfrmfce 
victorieuse s'avancerait vers nous pour nous degager* 

Le l ,p septembre, je devisais avec le docteurE. Papillon, medecin aide-major a l'ambulahce 
cie la garde, espri^yentureux.et.,frondein\ mais vifet cultive, grand porteur de nouvelles, 
polemiste a tous vents, eh somme aimable et gai compagnon. Nous regrettions surtdut que 
Jwzaine et MaoMahon ne pussent pas combiner leurs operations ; evidemment, pendant que 
««zaine par son attaque altirait les forces ennemies vers TEst d^ la forteresse, un mouv^ment 
oiiensif de Mac-Mahon vers TOuest aurait pu reussir ; mais toutes nos combinaisoris strat,e- 
SJ3ues echouaient, faute d'entente possible entre les deux commandants de Tarmee de Ch4- 
ons ct de Tarmee de Metz. « Je ne congois pas, « me dit le docteur E. Papillon, » qu'on n'ait.pajB 
« songe a envoyer des depGches chiffrees au moyen de quelques aerostats ; une grande ville 
* ^ mme Metz doit offrir des ressources industrielles de toutes sortes ; ce serait ciffairfe a vous, 
rua Jeanne '* * Je repondis. qu'on ne pouvait pas devenir aeronaute du jour au lendemain, et 
notre conversation se detourna sur d'autres sujets.., Nous sous quittames. 

^pendant,' Hdee d'entrer eh communications ayec la France aa moyen d'aerostats lances 
Tome XI — Troisihne urie. 18 



206 I/UNION tMfiDICALE. 

• - ' . 



prendre un parti, il a tenu a vous consulter. Je vous prie done de vouloir bien me 
faire savoir san3 retard qi#l-est votre sentiment our ies trqis. propositions suivantes 
entre lesquelles les avis peuvent se partager : Convient-il de tenir TAssemblee 
generale le 16 avril prochain? Convient-il de I'ajourner a l'annee prochaine? Con- 
vient-il enfln de la reporter pour eette annee seulementa la flri du mois d'octobre? 
II est bien entendu que, dans tous lescas; il rie s'agiraitque d'une reunion d'affaires 
sans solennite et sans apparat d'aucune sorte. Vous nous permettrez de decider 

x entre ces trois partis suivant les reponses que je recevrai de chacun des Presidents. 
J'ajoute seulement cette consideration, e'est que plus l'Assemblee serait prochaine, 
moins le Secretaire general serait en mesure de faire. son rapport general annuel 
dont tous les elements lui font defaut. , 

Alors m&me qu'ii n'y aurait pas d'Assemblee generale, il est une question 
qui s'impose et sur laquelle des a present je sollicite votre examen et votre avis ; 
e'est celle de la situation qui est faite aux Presidents des Societes locales et au Pre- 
sident de 1'Association generale par le decret du 27 octobre 1870, dont je vous 

, demande la permission de remettre le texte sous vos yeux : « Le Oouvernement de 
« la defense natioriale, vu Tart. 3 du decret du 26 mars 1852 sur les Soci&es de 
« secours mutuels, en. vertu duquel les Presidents des Society approuvees on decla- 
re rees d'utilite publique etaient nommes par l'Empereur; cofisid6rant qu'il y a 
,« urgeace de regler le mode de nomination des Presidents desdites Societes, avant 
« tpute revision de la legislation sur les Societes de secours mutuels^'decrfete : l'ar- 

.,« ticle 3 susvise est ahroge : les Presidents des Societes susmentionntes seront 61us 

, « par les Societaires. » A vrai dire, oe decret ne constitue pas pour les divers ele- 
ments denotre OEuvre une innovation; car l'autorite superieure s'est presque sans 
exception, partout et toujours, bornee a sanctionner les ohoix que lui avaient desi- 
jpes les libres votes de nos societaires; le remplacement du President de T Associa- 
tion; generale, :luiTmeme, s'etait fajt: sur la presentation d'une lisfe dressee en 
A^semblee generate par les suffrages des Presidents et delegues. Ainsi que je vous 
le faisais pressentir des l'annee derniere, ce qui n'etait qu'une tolerance est devenu 
un droit. C'est done par Telection directe que les Societes locales aurdnta proceder 
a l'avenir a la nomination de leurs Presidents et a pourvoir aux vides qui existent 
dans cjuelques-unes de nos Societes. Mais le Conseil n'a pas cm qu'il y ait lieu a 
une reelection de tous les Presidents actuellement en exercice, qui n& doivent leur 
titre et leur m&ndat qu'a la conflance.deja manifestee de leurs confreres associes. 

En cequi touche le President de V Association, il me sera permis d'ajouter que je 
vou£ serai particiilierement reconnaissant de soumettre a la deliberation de la 
Societe que vous presidez, dans sa plus prochaine reunion, le mode suivant lequel 

,devrk etre nomine celuiqui aura desormais l'honaeur d'etre place a la tete de "TAs- 

{>ar-dessus les lignes prussiennes s'empara de mon esprit, et je rdftechis aux moyens de la rea- 
iser. Je trouverais bien chez les marchands de la vilte quelque tissu leger qu'il serait possible 
de rendre impermeable au moyen d'un vernis au caoutchouc. 1 metre cube d'hydrogfene pur 
ne pesant que 90 grammes,, le meme volume d'air pesapj; 1,300 grammes, il resterait 
1,210 grammes pour le poids'de f enveloppe et des d^peches, et pour la force ascensionnellc. 
Le,s ballots de : petite dimension, de 1 m&tre cube de capacity seuiement v *seraient ti^une cons- 
truction et d'un raaniement faciles ; ils n'exigeraient pas graade dgpensd, et, eotome dans ces 
conditions oft pourrait les laqcer en nombre iijdefini, il me pataissait indobitdble i}ue q^elques- 
tms iraient tbmber au deludes Mgnes ennemiepi et seraient trouvto par des gens qui s'em- 
presseratent de porter lifes, d^ches aux bureaux de.poate. , .«; 

Lq 2 septerabre au matin, je proposal •« mon projet en qnelques mots par eftrit au ge*D^ral 
JftrTOj.dxef d'etat-major de r*wn^e du Rbin, presque aussitdt je re^us de lui Idiettre suivatite ; 



KWtl DU RHIN « Au grand qwrtier ghtirak 

'. t- « Au Ban-Saint-Martin, 2 septembre 1870. 

W^f - MAJOR GENtBAL. 

, . . « Monsieur le pharmacien en clief^ ' ' 

a Le m'are'chal commandant en chef approuve l'id^e, que vous lui avez soumise sur la cons- 
truction d? petits aerostats, et" il desire qti'elle soit inise a execution. Je vous prie.donc de 
venir me Wouver le plus t6t possible, afin que je puisse m'entendre avec yous sur les moyeps 
ft mettre en (BilVre comnie sur les process a employer. 

« Recevez^ etc. « I* chef £ Hat-major gtnirat, 

« Pa» ordre : 
<c Le colonel a" Mat-major, signe" : G. D'ANPjbAU,^ 



L' UNION MfiDlCALE. 207 



sociation generate. Sera-t-il elu direotcment par lous las sociotaires votant au siege 
dechaque Societe? Continuera- t-il a §tre elu par PAssemblee des Presidents et 
Delegues representants naturels de l'QEuvre? J'attendrai la decision dont vousvou- 
drez bien vous faire Tinterprete, pour fixer le moment de toute maniere prochain 
oil devra etre elu a nouveau le President de l'Association. 

Un sujet hien douloureux et bien grave a encore occupe le Conseil general ; et, en 
vous transmcttant sa resolution, je ne doute pas de l'assentiment unanime qu'elle 
rencontrera, bien sur de n'avoir fait que devancer, monsieur et cher President, vos 
plus intimes convictions. Dans le dechirement de la France, faut-il laisser sebriser 
les liens qui unissent si 6troitement a notre QEuvre plusieur^ Societes .locales que 
nous comptons parmi les plus florissantes et les plus fecondes? INous h'avons pas 
meme voulu que la question soil posee. Et nous avons decide, certains de votre 
approbation, que les membres de TAssociation residant dans Tun des departements 
violemment arrachfe du sein de? la patrie, non-seulement continueraient a compter 
parmi nos associes, mais encore trouveraient dans notre OEuvre le meme appiii 
materiel et moral, la meme mutualite confraternelle que par le passe, Pas plus qtife 
nous ils ne voudront desesperer de Tavenir. 

Enfin, cher et honore President, il est un dernier point sur lequel le Conseil a 
desire avant d'agir prendre yotfe avis et celui de votre Societe. II nous a paru qull 
serait digne de l'Association generate des Medecins de France de prendre pres des • 
pouvoirs competents Finitiative d'une mesure qui ferait disparaitre, dans la limite 
ou s'arrete le droit, :les autorisations d'exercice de lamedecine en France trop sou- 
vent prodiguees a titres de simples favours ministerielles, et concernant les mede- 
cins que leur nationality rattache a Tun de ces pays allemands qui se sdnt mis 
d'eux-memes hoi's la loi de J'humanite et de la civilisation, et qui ne doivent * 
plus compter sur les trop faciles liberalites de l'accueil et du caractere francais. 
Veuillez me dire si, en donnant suite a cette idee, le Conseil general sera Winter- 
prete fidele des sentiments de l'Association et le defenseur bien inspire de ses inte- 
rets. "'.-,■ 

Je termine cette longue lettre, Monsieur et tres-honore President, en vous redisant 
encore, au nom du Conseil et au mien, tous les vceux que nous formons pour que 
votre Societe et vous-meme n'ayez pas ete trop eprouves, et la confiance que nous 
mettons en vous pour affermir et etendre notre Association bienfaisante, et 1'aider 
a reparer tout ce qui n'est pas irreparable dans les malheurs que nous avons mission 
desoulager. 

Veuillez agreer, Monsieur et cher president, l'expression de mes sentiments de 
haute estime et Rentier devouement. A. TAftniEU. 



? ■ ■ f * ■■ 



Aprfcs une conference de quelques minutes, le general Jarras mit a ma disposition un credit 
de 1,000 francs pour faire des experiences dont je devrais lui rendre compte. Je me mis a 
"ceuvre immediatement. Je m'adjoignis M. Vidau, jeune pharraacien aide-major trfes-instruit et 
tres-actif qui s'etait concilie* Festime et Faffection de tout le personnel de l'ambulance de la 
garde ; Tespoir de concourir au succes d'une entreprise, dont pouvait dependre le salut de 
larme'e et peu>6tre Theureuse issue de la guerre, Fenflamma d'enthousiasme. 

J'etablis notre laboratoire au fort Moselle, dans un des greniers de i'h6pital militaire. Pour 
lous mes preparatifs, je recus le concours le plus empresse de la part de M. Leprieur, phar- 
macies en chef de retahlissement et de la part de tout le personnel place* sous ses ordres. . 

Je songeai d'abord a la baudruche pour, confectionner les enveloppes ; mais il n'en existait 
pas dans la ville. J'essayai le taffetas inipermeabilise* par le vernis au caoutchouc (solution de 
caoutchouc dans la benzine) dont se servent les fabricants de tissus impermeables ; mais ce 
vernis ne s&cbe que. tr&s*lentement, et d'ailleurs retofle qui 6n est irapvegnee acquiert un 
poids trop considerable pour qu'il soit possible d'en confectionner des aerostats de petite 
dimension. Decu de ce cdte, j'iraaginai cTenduire le taffetas de collodion ricine. J'essayai de 
gonfler un ballon spherique compose de losanges cousns et construit d'apres cette donnee* 
fflaisil avait deux default dont un seul, betas! suffisait k le condamner : il etait plug lourd 
que son volume d'air, et il ne gardait pas l'hydrogene. Sanstrop me laisser d6courager par 
ces insucces et soutenu par l'infatigable ardeur et Pin larissable gaieie demon jeune acolyte, 
jentrepris de nouveaux essais en me servant de papier k calquer, dit papier vegetal. Lespape- 
uers en avaient un approvisionnement assez considerable pour les besoins de l'Ecole dupli- 
cation du genie et de rartitlerie ; ce papjer est. fin, leger, souple et trfes-resistant J'en fis, un 
simple sac de l m ,50 de hauteur sur l m de largeur au moyen de graudes feuilles de format in- 







«W I/UNION MtlMCALE, 



CLINIQUE CHI RURGICALE 



WM 



?E« RAPPORTS QBI UNISSENT LA S EPTIC£HIE ET JLA PYOJStiftllE; 

p ar t Gustavo Richelot , inter ne des hdpitaux de Paris. 

Dari'stforeth^ *™}<l™s exemples (Tune form* 

d'intoxicatteri cbimfgicak ^^Ff^^^^. pratique: la septicemic 
aigue. Aujourd-jfof-rtous A ^F^j£S?l}" r f lat ! 0DS 3 u l uni ^nt la septi- 
cemic, aigue ou cf&otfiqjiev k une autre forme P lus classique de la meme infection, 
Japyohemie. , . , _, 

Ces relations, encore mafldgft. ™? s da ? s l es P rit d « n bon nombre de chirurgiens, 
cessent toutefois d'etre obscoresy l ^1 a *}f s avo J r coordonne les notions peniblement 
acquises par les auteurs francafe* *. auemands, on cherche a raettre en regard les 
riisultats les plus positifs de I'exp&k mentatl °n et les, phenomena eliniques jour- 
tenement oteerves. 

Les vieux auteurs, A. Pare, Boenftk ' ave ' Moreagni, attribuerent les accidents 
febriles des blesses a la penetration dw > ^- Veipoau, en 1823, admit que le pus 
penetrait dans la circulation, soit par imhk W101 * , ou f n ^psmose, soit par absorption 
tymphatique, soit par les extremites veineusv °' s l,ean tes a la surface de la plaie. La 
doctrine de la phlebite vint bient6t regner *. >n s °uveraine (Dance, Blandin, Cru- 
yeilhier) ; te ,pus, secrete par la membrane inter* n ? de Ja veine » penetrait par imbi- 
bition le caillot obliterates, se colileetait d'abord h ' son centre, puis etait verse dans 
le sang; Tessier chercha vaitiement a demontrer qt '® ^ caillot obliterait la veine 
d ? une raaniereefficace, et la protegeait toujours contrt' * entree du pus. 

Quant' aa* mode die formation des abees metastatlqufc^ s > + c'etait, pour Yelpeau et 
Marecti&l, le* depot du pus- en nature ; pour Cruveilhier, c'fec*^ kphlebite c^pillaire, 
les globules purirlents jouant le role d*un irritant local suT * e parenchy.me des 
visceres : Tembolie, corame on le-voit, n'etait pas loin. D'autre^ chirurgiens ratta- 
cherent vaguement les suppurations disseminees a une alteration quelconqufe du 
&ang par le pus, explication qui n'ea etait pas urie, comme Berard le reconnut Jui- 
meme. 

A c6te de l'infection purulente se developpa l'idee d'une infection par le* ma- 
tieres putrides. Les deux formes de P'enipoisonnement furent tout d'abord distin- 
goies Tune de l'autre, et Sedillot separra. nettement les effiets toxiques du pus 
louable de ceux du pus altere a 1'air. Aussi beaucoup de chirurgiens croient^fls 
encore legitime cette distinction pathogeniqwev Les injections experimentales dei 



mm* 



devait gervir a Introduction du gaz hydrogfene. Get apparell, dont la construction n'exigea 
pas plus de trois heures de travail, se gonfla trfcs-bien et gagna le plafond du laboratoire avec 
tine force ascensionnelle de 90 grammes, et un lest de 60 grammes. La capacity gtait de 
§00 litres environ (1). 

G'6tait un commencement de succfes. Mais combien de temps cet a&ostat se sotitiendrait-il ? 
Ici, nouvelle deception. Au bout de 10 minutes, il se mit a redescendre; il fallot le d^lesler; 
bref, au bout de 35 minutes, il ne se portait pas lui-m6me et regagnait le sol. Augmenter s'il 
6tait possible rimperm^abilitd naturelle du papier par l'application d'ua vernis semblait indi- 
qu6; le collodion ricin^ s'offrait naturelieipent a 1'esprit. Le ballon d4gonfl6, ^tendu stir une 
table, fut done badigeonn6 de collodion medicinal ; mais ce collodion, trop consistant pour 
bien p6n6trer le tissu du papier, laissait une membrane trop sfeche. Je T6tendis de son volume 
d'&her et je l'additionnai de 1 pour 100 d'huile de ricin. 

Modifi6 par ce vernis, notre ballon, de nouveau gonfte d'hydrogtae puf, se maintint pen- 
dant trois heures au plafond du laboratoire avec 35 grammes de lest Un second ballon de 
m^mes dimensions fut aussitdt construit avec du papier verni au collodion sur les deux faces;; 
le collodion rempjaga la gompae pour accoler les feuilles; alors, enfin, nous obttnmes un 
ballon qui, gonfl£ aux troi§ quarts ^ peu pr6s, se §oulint dans Tatmospb^re avec 40 grammes 
de lest pendant cinq beures. 

Un vent moder6, dont la Vitesse mpyepne est de 5 mfelres par seconde parcourant en cinq 
heures un trajet de 90 kilometres et up vent frais ayant une vitesse double, j'^tais autoris^ ^ 
affirmer que notre aerostat transporteraij 35 gramines d,e d^p^cbes a une distance bien plus 
que suffisante pour gchapper a rennemi. 

(t) L'bydrogene 6tait prepare dans un baril de 150 litres ait moyen de vieilles ferrailles, d'eauetd'ad^ 
sutfurique; avant d'etre dirigi veri I'orlfice de l'aerostat r U dait }$vb par tarbotage dans an lait 4« 
cbaux. » . . • 



L'UW M&JfWX. 2flf>, 



Castelnau .et Ducrest, de Sedillot, scmblaicqt la ccmflrmer, en montrant sous un 
certain jour la part des globules, de la'serositej du pus louable ou, putride, dans la 
production des phenomenes pyohcmiques. 

En resume, ce qui appartienta hi France, dans cette difficile et intereasante ques- 
tion, c'est la conception de la pnlehite telle que la comprenait Cruveilhie/, celle de 
I'infeelion putride fondee sur une serie d'expariences savamment institutes, enfln 
une idee generate que personne ne songeait a contester : la pyoherqje morpholo- 
gique, produit ohlige de l'ecole histologique de J-ebert. . ,.' 

Centre cette idee furent dirigees les premieres attaques. de Virchow. II nia la 
resorption du pus en nature par les vaisseaux: intacts et par le systems lympha- 
tique. II nia l'endophlebite primitive, et, a la theorie de Cruveilhier, subsUtuala 
thrombose; a la suppuration de la membrane interne des veines, le.ramolUssement 
puriforme du caillot, et la migration des fragments emboliqu.es. Les globules hlancs 
du sang et les leucocytes du pus uese distinguant paraucun caractpre, la pyohemie 
morpoologique n'etait plus soutenable; elle fut remplaioee par la .leucoeytose'. . ,. 

Hontrer comment 1'embolie Csplique les infaretus pulmonaires, i;L comment elle 
seule les explique, ce serai t plaider une cause qui nous parait bien et dument 
gagnee; mais nous tenons aresumer en quelques mots l'opinion developpCR.par 
Virchow dans la pathologie cellulaire : la pyohemie n'est pas le resultat de riafec- 
tion directe du sang par le pus. Ce mot designe collectivement trois etats morhides 
qui ne se trouvent pas forcement reunis : a. Dyscrasie chimique (et non morphq]p- 
gique),.produitepar des liquides infectieux n'ayantpas de rapports ,necessaires a,vec. 
le pus ; b. irritation ganglionnaire suivie de leucoeytose ; c. thromboses veineuses et. 
embolies viscerales. .',.,..-.; n 

Que penser aujourd'hui de la pyohemie? Berard, en decrivant sous le nom d'in-*, 
lection putride la forme rjironique de la septicemic, avait admis qu'elle- elait due « 
la penetration des liquides putrefies; el, conservant :le nom d'infection purulcnto 
aux formes cliniques carac ten sees paries frissons et lesabces 
attribuait pour cause la resorption du pus de bonne nature. T 
nant pour supprimer cette distinction pathogenique ; et cepent 
grande partie, dans les ecrits de ceux-la meme qui ont travail 
Billroth {Pathologie generate), apres avoir decrit ja septicemie 
nait pour cause la penetration des matieres piitrides de U plaic 
el la traite a part, sans l'avoir Ires-nette'ment definie. Huter (C 
etBillrolh), elablitsans hesiter rd'une part, produits deputri 
tique - ? d autre part, pus en nature, serum inaltere et fievre pyeV'que., . , . 

Pour' nous, la septicemie ct la pyohemie seconfohdent etroitement etne consli^ 

Tous ces tatonnemenls ayaient dure trois jours. Le 5 seplembre, M. le, general Jarras eut.la 
lionte de mc presenter an marechal Bazaine, a qui j'expliquai que j'avais deux pewits aerostats' 
lout ptets i parlir comme deux Chovaux a Peeurie, et qtie, s'il vonlail me conller des depeches, 
je )es expgdierais des que la direction du vent serait favorable. Naturellement, il ne fallaft pas 
confier uos ballons au vent d'ouest, qui portait en Prusse. ' '■ '' ' 

Le marechal me remercia. II me dit que, pour le moment, il ji'ayait pas besom des inoyeng 
(le communication que je lui offrais ; mais qu'il m'autorisjiil a ulilisei' les deux ballons prat? a 
partir pour la transmission des corresponds nee s particulieres des officlers dq Tarmac, p 

Le 6, j'ecrivis au geueral Jarras pour lui demander 1'au tori sal ion de lancer de pouveam 
ballons que' j'avais preparts ; je recus de sa part la reponse que voici : 

AFWEE DU RHI» ■■ « Au grand quartier gtntnl. ■' " ' 

^i*T-iiuoa GiisKMi. " Ban S*int-Kartin ,' B septembre 1870. 

« Monsieur le docteur, 
« Le general chef d'etat major general me charge d'avoir I'honneur de vous faire savoir que 
vons etes autorist? ft lancer vos ballons quand vous le jngerez convenable. It ajonte que' les 
lettres particulieres ci-jointes lui ont etft env'oyees pour elre expedites eti Prance par cette 
voie. II vous prie de les confer a vos ballons. 

« Agrees, etc. ' *Le eheftTetcadrotiit'itat-major 

dc itrvicc au grand quartltr ginirat, 

a CI. TlERSONNIEB. a 

Jecoaclus que le marechal Bazaine ne gqulail.pasmon sy$terae de communications asros- 
tatiques et ne les jugeait pas assez sures poiir ses depeches. J'appris bienlot, sans beaucoup 
de surprise, que d'excellents confreres, console* jpax. lui sur le dcjre de confia,nce que men- 



210- L'UNION MtiDlCALE. 



tuent qu'une seule maladie. En effet, il est impossible, dans les experiences et au 
lit du malade, de faire une distinction pathogenique absolue entre ces deux ordres ' 
de faits. Dans un grand nombre de cas, les sympt&mes qu'on attribue theoriquement 
a la pyohemie se trouvent confondns avec ceux de la septicemic propremerit dite ; il 
en est de mSme des lesions visceraies. C'est ainsi que, chez le meme malade, on 
observe des frissons intenses et repetes, symptomes de pyohemie, en m6me temps 
que des diarrhees prof uses, sympt6mes d'infection septique. D'autres ibis, la forme 
clinique pyohemie ne s'accompaghe pas d'abces metastatiques, ou inversement, 
ceux-ei se rencontrent chez un malade qui n'a presente ni frissons ni remittances. 
Le mot pyohemie perd ainsi beaucoup de sa valeur, car il designe seulement une 
septicemic accompagnee de grands frissons et d'infarctus visceraux. Or, si nous en 
croyons nos observations : le frisson, d'une part, est un sympt6me d'empoisonne- 
ment qui n'est lie par aucun rapport necessaire a la production des embolies ; 
d'aiitre part, l'infarctus n'est pas, par lui-m6me, l'origine d'un ensemble de symp- 
tomes constituant une maladie a part ; il n'est qu'un accident, et n'a d'autre valeur 
que celle d'un fait ana torn i que: Ainsi, ces deux elements, frissons et abcfes, ne 
peuvent etre reuhis sous un nom collectif. 

Suivant nous, les matieres organiques absorbees k la surface d£s plaies agissent, 
quelle* que soit leur origine, en vertu d'une propriete qui leur est commune, la 
septicite. Dans un travail recent .{Arch. gen. de mid., octobre 1870), notre collegue 
Blum avance que le seul moyen d'eclaircir la question est de conserver au mot 
pyohemie sa signification etymologique : infection par le pus. Nous sommes loin 
de partager son opinion. Ce fait, qu'une meme qualite chimique, la septicite, pro- 
duit le meme ordre de symptomes et de lesions, qu'elle appartienne au pus de la 
pteie oti au caillot intrarVeineux, nous engagerait plutot a rayer le mot pyohemie 
qu'a lui conserver son sens le plus etroit et le plus absolu. En resume : 

' a. La fievre traumatique, due a la resorption des produits de la plaie , est une 
intoxication legere et pour ainsi dire normale. 

t. La septicemic lui succede ou la remplace; elle n'en est qu'un degre plus eleve, 
et se confpnd avec la fievre infiammatoire secondaire, qui marque l'apparition d'un 
phlegmon, d'un erysipele, d'une lymphangite, au voisinage de la plaie. — La sep- 
ticemic est aigue ou chronique. Dans, le premier cas, elle peut s'accompagner de 
violents frissons et d'embolies visceraies : c'est a la coincidence de ces deux phe- 
nomenes qu'on donnait le nom de pyohemie. Chronique, elle repond a l'ancienne 
denomination d'infection putride. 

Tout en admettant que la septicemic et la 'pyohemie ne different pas au fond, 
M. Verneuil, se placant sur le terrain de la clinique, etablit une distinction entre 

tail mon entreprise, lui avaient demontre qu'elle 6tait absurde. Mes petits ballons n'6taient 
que des jouets d'enfants; ils ne devaient pas a!lei\au deli de 3 ou 4 kilometres, et pouvaienl 
tout au plus servir k livrer nos secrets aux Prussiens. N6amnpins, je continuai mon service de 
poste a6rostalique avec l'aide de deux ouvrteres qui furent bientdt au courant de la fabrica- 
tion. Bien que l'arm6e n'eut pas 616 officiellement prevenue, on me confiait plus de letties 
aue je n'en pouvais envoyer. Je pris le parti de require k 1 decigramme le poids de chaqnft 
d6p6che. Je distribuais moi-raeme comme papier, k lettres des petites feuilles de papier pelure 
de la dimension d'un papier k cigarettes, qui devaient 6tre simplement pltees en deux. 

Le capitaine Marchanl, convalescent d'un coup de feu recu a la bataille de Gravelotle, 
m'offrit ses services : il voulut bien remplir les fonctions de directeur des posies ; il recevait 
le public pendant que je surveillais la fabrication et le gonflement des aerostats, 

Pour terminer ce compte rendu, je me borne k donner l'extrait du rapport que j'ai adressd 
k M. le ministre de la guerre lors de mon arriv6e k Bordeaux, le U Janvier 1871. 

« Monsieur le ministre, 

VJe crois devoir vous rendre compte des tentatives que j'ai faites avec quelque succfes pour 
etablir les communications de I'armGe de Metz avec l'exterieur, pendant le blocus, au moyen 
de ballons perdus. 

a Le 2 septembre, j'ai obtenu de M. le general Jarras, chef d'6tat-major general, l'aulori- 
satiou de construire et de lancer un nombre illimite de petits aerostats destines k emporler