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Full text of "Manuel de biographie, ou, Dictionnaire historique abrégé des hommes célèbres: depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours"

p:^ 






I ^4 

t £3^ 

v. I 

MANUEL DE BIOGRAPHIE, 

OD 

DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

ABRÉGÉ 

DES HOMMES CÉLÈBRES. 



PREMIERE PARTIE. 



MANUEL DE BIOGRAPHIE, 

00 

DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

aseége 

DES HOMMES CELEBRES, 

DEPUIS LES TEMPS LES PLUS EECDLÉS JOSQt'A NOS JODRS; 

COHPOii 

SLA LE PLAN DO DICIIOKKAIBB OB LA FABLE DB CHOMPAÉ ; 

PabM. J. A. JAGQUELIN, 

UKUBBB D8 LA LiGlO^ - o'aOlfStVi , 
BEVC ET AUGMENTÉ 

Par m. NOÉL, 

ÀAciia Uembre du Conseil dlnstractloD publique, laspecteur gratrtl 
boDoraire dss etudeii Cberalier d» la Légioa-d'hoiio«ur. 

SECONDE ÉDITION, 

y * 



J'0^^»mfk^ 



PREMIERE PARTIE. 



A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET , 

lOB HADIBPBOILLK , K* 10 BIf . 



1855. 



l«.'4WV\'V»n/VV«'VVV\VVVÏiWV»'VVVVW»/W»IV*VVln'»^*»V\%»WV»'W/V»WV\ 



AVERTISSEMENT. 



Jamais on n'a tant publié de Biographies et de Dic- 
tionnaires des grands hommes que dans le temps où 
nous vivons; mais la partialité la plus révoltante s'y 
montre à chaque article , et , quoiqu'on veuille bien 
la décorer du nom de Couleur, ce ne sera jamais celle 
des honnêtes gens. On a trop oublié de nos jours 
qu'un livre de ce genre exigeait surtout une grande 
probité littéraire; nous avons le noble orgueil de 
croire qu'en publiant celui-ci , nous n'avons fait ac- 
ception de personne , et que chacun y est traité sui- 
vant son mérite : tel a été notre but principal, et nous 
espérons l'avoir atteint. Les jeunes gens peuvent le 
feuilleter sans danger , ils n'y trouveront que de 
saines doctrines politiques et littéraires ; en un mot 
c'est un Ttlotiuiiudli c fait en couscicnce, et la nôtre ne 
nous reproche rien sur les jugemens que nous avons 
portés. Ensuite , nous avons cherché à ce qu'il fût 
aussi complet qu'il peut l'être dans le cadre que nous 
avons adopté ; LA Bible 5 l'Histoire ancienne, le moten 
Age, l'Histoire uodbrnb , même celle de nos contem- 
porains , tout a été mis à contribution , en sorte que 
cet Abrégé peut s'appeler avec vérité une Biographie 



complète. Nous en avons rejeté tous ces prétendus 
grands hommes qui ne font qu'enfler certains dic- 
tionnaires , et ne servent qu'à vendre du papier im- 
primé. 

Kous avons puisé aux sources les plus pures et suivi 
les autorités les plus respectables ; les dates ont été 
scrupulcusemcut véri6ées sur un grand nombre d'ou- 
vrages du même genre : le nôtre est une miniature ; 
mais ; nous aimons à le répéter , rien d'essentiel n'y 
manque , et ce résumé véritablement impartial peut 
tenir lieu d'un grand nombre de Dictionnaires volu- 
mineux et fort chers pour la plupart ; nous offrons 
économie ds temps et d'argent , ce double avantage 
n'est pas à dédaigner. Nous avons suivi pour la com- 
position de ce Dictionnaire , le plan que Chompré a 
adopté pour son petit Dictionnaire de la fable, parce 
que, depuis long-temps, il a été approuvé par les 
bons esprits , et que trente éditions en ont montré 
Futilité. Puisse le nôtre obtenir le même succès ! Nous 
le méritons par noire ardent amour pour la vérité , 
par les soins que nous nous sommes duuués et le 
désir que nous avons eu de plaire à la fois à la jeu- 
nesse instruite et aux gens du monde. 

Iniocti d'ueant , ammt memlHlin pêriti. 

Nous avons pour les jeunes gens des pension» et 
des Collèges donné à ce Dictionnaire la forme d'un 
cour» de littérature , ce qui n'avait pas encore été fait, 



et noue avon* fondu nos opinions dans celles de nos 
meilleurs littérateurs; pour les gens du monde , nous 
raTonâ parsemé d'anecdotes piquantes qui lui ôteront 
sans doute cette sécheresse de style , ordinaire apa- 
nage de ces sortes délivres. Nous avions d'abord formé 
le projet de donner la liste des autorités qui ont servi 
à la confection de ce Dictionnaire : mais elle pren- 
drait une place inutile , et le lecteur s'apercevra faci- 
lement qu'il nous a fallu consulter un grand nombre 
de bons livres ; on ne crée pas en ce genre, mais bien 
choisir c'est créer , et nous nous plaisons à répéter 
qu'on trouvera chez nous des idées saines des hommes 
et des choses; nous avouons que la franchise, la 
bonne hameor et l'impartialité nous paraissent pré- 
férables k la médisance, k la satire et à l'esprit de 
coterie , et que la littérature du beau siècle de 
Lonis XIV nous parait l'emporter sur l'ÉcoU roman- 
tique; en dernière analyse, tel est notre avis au lec- 
teur ; il se décidera en conséquence ; mais nous ai- 
mons îk croire qu'il est beaucoup de gens de notre 
opinion. Quant à celle que nous avons en politique , 
ceux qui chercheraient à la pénétrer seraient extrême- 
ment embarrassés: la politique n'entre pour rien dans 
ce Dictionnaire ; elle devrait être bannie de la litté- 
rature où elle ne sert qu'à embrouiller les idées les 
plus claires; notre politique consiste à chérir notre 
Roi , à obéir aux lois, à respecter la religion de nos 
pères et à suivre la ligne de nos devoirs. Puissent les 



vjij 
jeunes gens > ou plutôt tous les Français , n'avoir j» 
mais d'autres principes ! 

Ce Dictionnaire fait partie de la collection de Ma 
nuels formant une Encyclopédie des sciences, des arts et 
des belles-lettres, que le libraire Roret a l'heureuse 
idée de publier dans le format in-i8. Ils sont tous à 
la hauteur des connaissances actuelles, et ils offrent à ! 
bon compte la substance des traités élémentaires que I 
leur cherté ne met pas à la portée de tout le monde. 
Les jeunes gens des collèges et les hommes de la so- 
ciété qui n'ont besoin que de connaissances super- 
ficielles , trouveront dans celui-ci , les uns , de quoi 
satisfaire leur désir d'apprendre ou de se souvenir de 
ce qu'ib ont appris , les autres, le moyen de se donner 
facilement une teinte d'érudition , et de pouvoir pro- 
noncer avec sûreté, sur les grands hommes qui ont 
honoré la terre et font encore la gloire de la France. 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

BKS HOMMES CÉLÈBEES. 



ABA 

AARON, (ils d'Ainram et de Jo- 
.•al.e.1 . de la liîbu de i.evl, frère 
aîné dp ^Joy>€ ft |)reull(-l'f;r:itid-|>uu- 
lifv di'8 Juif!', iiai|uil en li(;j|)li- l'au 
dit iiioudp 245o. 11 ti;ourut àf;é de 
i23 ans, el fut enien-^- duus une ca- 
Yi^rtie de la nioiiiii^iiede Ilnr. Il avait 
|)a^sù lio aijs daii'^ l'cxercirr du hacer* 
«Inre. Il y a |ilu(ieur» Kuirrs /laron 
«■ilèbri'6. entre autres «aiiit Aaroii, 
fotidaii'ur ilu i^rtaiier fnon.iotcn* qui 
ait rté éleifé en 1trel:igiiR , iiiorl eu 
5So : et Aat-ûn ou lîaroun ^ suruoiunié 
Al Ré' livd , le -uste , cinquième Kha- 
life a2)l.àc.\Jo et l'un des princes les 
plus reîëbres de ba d^^a^tie. îl Qiuu- 
rul en mars 809 , âge de 47 aiif. 

ABAILAIÎI), II- l'an 1079, mort 
le s 1 avril 1 lia , fui supérieur à ^nll 
siècle par la profoujleur et la lariélé 
<le ses connaissances , pur les cbarme;i 
de soo style et de Bon érudition pro- 
fonde et lleurie. Sej amours aiec 
1kloise,Dicce du chanoiiie Fulbert, et 
la Teijpeauee cruelle que celui-ri exer- 
ça sur lui, l'ont rend;i plu» célèbre que 
«es ouvrages mainienant oubliés. On 
voit au cimetière du Père lu Chaise le 
nionuiueiit qui renferme ses cendres 
et celle» de la tendre lléloîse , dont 
les lettre» , écrites en latin, sont bien 
supérieures à celle» de son amant. 

AliiNriDAS, lils de Paséas, usur- 
pa le pouvoir à Svcione , vers l'an 
J67 av.Mit J -C, en tuant Cliiiias, 
J>èrc d Araiiis , qui était à la tète du 
pni.veriiement. Ahanlid;.s poursui- 
vait avic fureur tous les parens el les 
amis de ce vertueux erto\en,niais 
Aialus échappa 6 ses recherche». 
L'usu paaur ii plai>aii lii:auto>i,j à 



A. ABA 

entendre disputer I>inia« et Arislole 
le dialecticien ; ces deux philosophes 
\uul.uM délivrer leur patrie, lui dres- 
sèrent une embuscade et le tuèrent. 
Sie^one ne ileviiit p»s libre pour 
cela, car Paséas , père du tyran, su 
mit sur Ic-champ a sa place. 

ABATI, famille noble Uorentine, 
à laquelle le liante a donné de la 'é- 
Icbrité. Il a placé dans le trente- 
deuxième chant de son K"f<r , Uocca 
des Abuti parmi les traîtres à leur 
pairie , pour .-ivuir contribué à la tlé- 
l'aile de Mont-Aperli U2Gu),et allivA 
sur Florence le plus grand désastre 
que ^-etlii république eût éprouvé. 
Le Dante se représente lui-même 
frappant et mallrailant dans l'enfer 
la lèle de ce traître, qu il y trouve 
enfoncée dai>s des fjlaces éternelles, 
et dont il arrache les cheicux pour 
lui faire dire son nom. 

AlîATCCt'.l (CiiAKi.Es) , d'une de» 
premières famillesde Corse, général de 
division en France , défendit Tlunin- 
gue contre les Autrichien» , cl fut tué 
à j6 ai. s , en 1 79f> , dans la grande île 
du Rhin. Ou lui éri;;ea un monument 
en iSoj.aux einirous de Râle. 

ABAUZIX (Finals), né i Uzès en 
Languedoc, le 11 novembre 1679, 
mort à Genève, à S7 ans, le 20 m.irs 
17*17. Il se fit une grande ré[iutalion 
dans tontes les sciences. Tous ceux 
qui le voyaient admiraient son 
•^oïl jugetnenl et 
Lesplusgrandshoi 
sa correspondance 
sur les questions les plus dilBeiles, 

Ne.vton est de cenoniliic. J.-J UouB- 

5I..U a ùil d'Ab„uiil, oi« vivant, 

I 



érudition, 
esiectierchaient 
I le consultaient 



ABD i 

on magnîflqoe élo?c dans la Jfoavlîr 
Bcloltc. Se- crviTri'.i ont élé publiera a 
Londres (Uollande ), en 1775 , a vol, 
in-$°. 

ACBABIK iJkOTts), né â Nay, en 
féarn eu i6S7,morl en Anpielerrc 
le >5 srpl^mbre 1717. Il a fait un 
liTre lotilulc: l'Jrt de te connaître soi- 
même ^^Win de I.i meilleure p|jîIo>n< 
pliio el de recherclies profondes sur 
les sources de la morale. Il est fîc 
plus auteur d'un traité de la Terile de 
la religion chrétientie et d'un com- 
mentaire >-ji' l'Apucalypse , dans le- 
quel il s est égaré. Ahbadie fut un de 
cLS Français qui , à la révocation de 
l'édit de Nantes, pnrièreni leurs t.i 
lens loin de leur pairie. 

AUD.'ir.LAU, père de Blaliomet , 
né en Arabie, élaii delà céléhre tribu 
«les l'.oréieh , et fui plus distingué par 
sa beauté et U purelé de ses nicrurs 
que p.ir ses ricLcsies. Abdel-Moiha- 
Icb , son père, dont il avait mérité 
toute la tendresse , le cliargea d'arbe- 
ler pour leur stérile pairie les proù- 
tions don! elle manquait. Abdallah 
pjriit eHato:i<;a jusqu'à Yalreb (au 
jourd'liui Mé.l.nr ou il mourut, ne 
laiiS.iul, dil'on , pourbcrila^e à son 
fils, âj^c de deux mois . que cinq cba- 
ntr.dux el une esclave ctliinpienne, 
£:<:lon les .ii::eurs arabes, Abi'idiab 
fot reciiffclié par une reine de Syrie . 
charmée de «,i lieauté et de ses vertus; 
Uiaii il eiil évident que. pour donner 
quelque criai ? IVrifine de leur pro- 
pbèle , ces u^^letirsonl environne Ibis 
ioirc de son péri d'aulanl de fa I les 
que celle de Maliomel lui-même. 

AnnCMLI.KCil . eunuque cibio. 
(.ieii de la tiiatsmdu roi SCdecias : 
:l «l>:iul la delitrutirr du prophète 
J r n''', que ce prince avait ;'ait jeter 
dm» ime f r!^ou iljfL-rte. 

.^ill•a^.\(;o o.i AZAHiiS, l'un 

')■• ii'ni< jeune.» liébn lit roiiipapnnus 
f. 'i.H.iel, qui fi;| jeté dans I.. f(.ii,. 
r i.rdente par Tordre de iN'abn- 

I '^ /''Losor. pour irinuir pas voulu 
■.•'•.■j.T la Statue que ce prince aiait 
U: '->er. 

• . 1' i'*'lî.\H , pouverncnr . ott vice- 

1 I ;...:ne sou» le r .:if.f Y. lid . 

I I i>jnce en ; .t5 , a l.i têti- 

. uc vi:i':e furniidable, paicjuiul 



ABD 

>o «oinqoenr toutes li'« prorioces " 
UiJi, et porîa ses ravages jusqi: . 
ri.nrgogni. Enlin il fut vaincu au n) 
d'ociobic 755, parl'h.irles Mariel , et 
périt dans celte bataille dont le succès 
^auva la France du joug d's .\rabis , 
el fnl l'époque de leur décadence. 

AliDliS. Il y a quatre Abdias con- 
nus dans la Bible. L'un intendant de 
la maison d'Aebab,roi d'Israël, •: 
temps du prophète Elie: lorsque J' 
Z'ibcl poursuivait les -prophètes pc - 
les faire périr, el il <n sauva cfi:l 
qu'il cacha dans deu\ cavernes , où il 
les nourrit de pain et d'eau. L'aulre 
Aidas est le quatrième des do> , 
pciils prophètes :il écrivit un chapi: 
contre les Iduméens. (Jn ne sait r. 
de son paysnide ses pnreiis: on igu'-i •- 
même le temps auquel il a vécu. L' - 
ni. s le foni contemporain d'Amo^ . 
d'Osée et d'Isaîe ; d'autres cro'' : ' 
qu'il a écrîl depuis la ruine de Jir^ 
Salem par les r.baldécus- Des i!> ■■ - 
aulies ^Mfns,run est père de ' 
maias du lempsde Haviil : l'autre, 
vile, dclaftimillc deMéraii, fui ' ; 
plojr sous Josias à la réparation C 
leniple de Jirusalem. 

A linOLONY .U 1;, issu du San? rcy ni 
de Sidon , fut réduit a faire le nu lirr 
de jardinier pour vivre. Alexandre-' 
Grand s'étanl rendu maître de Siil : , 
permit à Kpbestion d'en nommer r i 
qui il voudrait, à la place de Stratrn 
attaché à Darius. Ephrsiion oiTril la 
rour'inne à deux frères cbei lesquels 
il logeait , mais il» la refusereul en al- 
Icgnani nue selon leurs lois elle ne 
pouvait être portée que par quelqu'un 
du sang royal. Sur la demande qui 
leur fut faite de designer celui à qui 
elle appartenait de droit, ils noui> 
mèreni Abdolonyme. £pheslion char- 
gea Us deuv frères de lui porler la 
couronne et les vëlemens royaiiv. Ils 
• iliéirenl. et le IrouverenI béiliant sou 
jardin. Ils le conduisirent à Alexandre, 
qui conliroia sa nomination. Olle 
histoire i-sl rapporlie plus an long par 
Quinle-Curcr et Justni , rt M.DeliUe 
en a fait un bel épisode de ton poème 
des Jardins. 

Alil»>N, 61s d'IMrl, de la Iribn 
d'Ephraim. douzième juge dNiaèi, 
qui succéda à AbiluD et gouvcru* ! 



ABC 

ppiidoni Ijiiil ans. <l ljU«a qiiarunt 
iilsi'l iKMile pcIMs-lln. Il Diriuriit ! III 
du nion(l<- iS5o II y a eu iro:- auiii: 
Jbdon, dont l'un , lils de Miilia , Tiil 
eiiToji- par le roi J««ias à la jirO|iti('- 
ttsSL' Iluld.i, peur lui diitiandrr sou 
»y s sur If litr<' de la lui qui ataii élu 
IrouTé dans le JVmple. 

ABtr. , «cruiid li:.i (l'Adam, était, 
fe!i>ii l'oninii)!* eunininiie i*i d'.i;>ié> 
^ll■^tOl iell Jofcplie , frère junipau de 
Caïii. l*lu>iciirs le font n:ii<re a|M'èj> 
ÉOii irère , c'e>l à-dire la deuxii-nie 
année du niond'; d'antres lui doiincnl 
quinze anj el quelques uns eoliu 5o 
ans (le mniiis. ('.aïii était lalinuieur, 
et Abel se lierait à la vii |i,siora e. 
riusi urs pèr»s de l'église ont cm 
qu'Ai el il,-il mort laus aroirétc ma- 
rié, ei e'esl >ai]» doute ectie opiii)u 
qui donna lieu à une leeie (j'Inré 
liques qui s'éleva anx environs d'Iltp 
pone , en Afrique , et qui pi il le non 
d'ALéliles ou d'Abeloniles. Celle l.e- 
r(sie consistait a rnndanuier l'us.- 
dn mariage. Au rapport de qu.iqi... 
»o.v.i;;eurs, CM montre à |6 milles de 
Pansas un touilieaii que l'on dit élre 
celui d'Abel; la truiliiioti consranie 
de? Hébreux était qu'Abel avait été 
lue par (lain dan» la rontrée qui en- 
ïironne celle ville. Cesner a fait ua 
pnëine sur la mort d'Abel , el M. Le- 
gi.uvé une tra<:>'dic. 

AllKliCr.OMBV (su Rstpn), né en 
Eco>se , vers 1740 , s'éleva de grales 
en grades, aux plus baules dignités 
mililaires, pi il part à plusieurs ram- 
p.ipues en Flan.lrc , en Uol!i.nde, 
commanda en Irlande , conduisit l'ar- 
mée anglaise en Ki'vple , où il fut 
Messe mortellement à la bataille de 
Canope.leji mars 1 Sol , cl mourut 
sept jours après. 

AbESA\, de la tribu de Juda, 
dixième inge d'|ir;!i;l, qui succédai 
Je; blé. Ajirés sept .-m;» iIc gouverne- 
nniil, il mourut il R'-Ibbem. laissant 
trente fils, Irenle lilles et aulantde 
l»tMc5 lilles el de gendres. 

ARl'.APiE, nom de plusieurs snu- 
Terains qui régnèrent mr l'Oi-h- 
roëiie , pajs de bi Mésopolaraio , dans 
le(|(iel élaii fidesse. L'un des plus cé- 
lèbres est Abgarre .Maunu«, que qnel- 
^uBs 1,'sluficu» appellent aussi Aba 



A ni 

rn», Ariane CI .\rbare,qui monta (nr 
le Irène vers l'an f; a.aipl J.-C, 
époq'ie àlaquelle laMes^poiamieélait 
soumise aux Humains. Il tenait par 
eons( queni d'eux son autorité. A hgare, 
l'un des .snccelsenr» du précédent , 
vivait du temps de J -C, et Prorope 
dit <|u'il jouissait de Ja faveur d'Au- 
Kn>tc. 

AlilA.scrond Tds drSamnaiI fut 
établi avec son frère J;>c'l par son père 
pour l'aider dans le gouvenicment du 
peuple eiradminisirnlion'le la justice, 
l'an jjoS: mais le peu; le s'élanl ■en- 
levé eoiilie eux, obligea bamuèl de 
lui donner un roi. 

.M'>I.\,lils de Jéroboam, premier 
roi de.ndix tribus. Il y a deux autres 
.ii>ia:lun fils el sncctssçur de Ro. 
boam , qui régna Irois ans , remporta 
une grande virioire sur Jen^Loam , 
roi d'Israël, et mouiul l'an ^,oSo; l'au- 
tre est l'un des deseendaiu d'Eléazar, 
fils d'Aaroii , cbef d'une des vingt- 
(|uaLre classes desprélres, suivant la 
division qui en fut faite par David. 

AI;IAT(Un. Gis dAcbimelcrh , 
de !a famille d'Ilbamar, grand-prvtra 
des Jui!s. Il érbappa à la vengeance 
de Sdiil. qui Cl massacrer son pè -^ 
parce qu'il avait reiîu David chez lui, 
et se relira auprès de ce prince dans 
le déscri. Il exerça la grande sacrili- 
rature usqu'à re que s'étant attaché 
au service d'Adonias , il en fut privé 
p. r Salomon , qui en laissa jouir Sa- 
do<! .de la famille d'Eléazar , que Saut 
en avait revêtu en bjine d'Abiathar. 

ABIUAN, lils de <:■ déoD.de la iriba 
de Benjaiî'hi , se Itouva chef de sa 
tribu an temps d>' la sortie (i'Egjple 
cl de l'éreilioo du Tabernacle. 

ABl'iAlL,, femme de Nabal, qui 
deoieunil surle Slonl-Carniel . après 
la mort duquel elle épousa David (t 
en eut deux fils , Cbéléab et Danifl. 

AnUAEL. lils de Jectan , peupla 
l'Arabie , selon quelques-uns , et se^ 
Ion d'aulTLS l'Aiménie el les p.ivs toi- 
iiiis. 

ABIMIXECn. Il y en a deux : l'ua 
roi de Gérare, dansIA labie Pélrée , 
^ni lit enlever bara , fenirie d'Ahra- 
lani, la cro\ ant sa sœur, et la lui ren- 
dit avec de grands pré?ens. i. 'autre, 
lils de GérléoD et d'une coucubiui 



ABL ( 

tioromé* Hiiiiiia , o.\aii! (!.ipiié les ha 
bilans de ?iclnni par sa in^re, qn. 
était de ck paw, leva une lr.->iipe .li- 
tapabonds , et alla atrc eiii à la niii- 
aoii de son père , où il tnahoDera , «ur 
une même pierre , le» «oixanlp (lis df 
Gidion , et se lit élire roi par le> SI- 
ehiniite». Jfoaljjan, le plut jriine , 
écliappa seul au cariiase. ALinelerli 
gonterna I»ra<;l pendant trois ans. 
mais ses sujets se révolièrrnl coniri' 
lui ; il les Tainqnil. prit leur fille, 
et la détruisit eiiiieiem<!nt. Pe là il 
partit assiéger Tliélies . et il nieltail 
déià le feu à une tour, lorsqu'une 
femme jela d'en li.iut un luorreaii de 
meule de niuuliii el le bies.sa tnor- 
lellenient. IlonieuT de mourir de la 
main d'une fionne , il se lil tuer par 
son écuver.l'an 1255 arantJ.-i;. 

AEIRAM , lils aine d Uiel de Bé- 
tkel, qui relJlil la ville de Jérirho. 

AIiIKO.\, Ulsd'Eliab, de la tribu 
fle Ruben. Il s'ile,;, atec Coré el Da- 
tbau contre Moïse et Aaron , voutaut 
avoir part au pouTernemenl. 

ACISAG, jenrie lille sunamile, 
d'une prande beauté, qui fut clioisie 
pour servir David dan» sa vieilli.ssp. 

ACISAI, lil>deZuri e| de Sonia , 
fcpur de David . était un de» plus vail- 
lans hommes de ton temps. Il lil de 
grands eiploils, cl fut toujours dans 
iesiuléièls de DaiiJ.ponr lequel il 
tèmoipia en laute occasion un rtle 
vifel ardcDI. Il paitcipa au meurtre 
d'Abner. 

ARI.AXCOTJRT (\iroi.«s.Pi!«.nT , 
«ieur d' ), de l'académie français»; , né 
en 1606 à 4!hàlnn.s-snr-}|arne , moit 
é AblancQUrl en it'C^. Il >Vst rendu 
ulile par ses traductions. tr>-s*esli- 
mies de son temps, el qui méritaient 
«le l'ttie, p.ircc qu il écrivait avec 
èléf;ance. 

ABLAVIUS ou AEI.ABICS, vi- 
vait sous Ixnstantin , fut préTei du 
préinire depuis l'an .îjfi jusqu'en l'an 
237 , el oblitil un prand ciedilàla 
cour de re prince. En .'ji. Ablaviu» 
fut consul avec Rassua . Lnrsque Cons- 
tantin inourui , il le nomma conseil 
tle son m» (Constance : mais cet em- 
pereur lui ôta sa charfje e| le lil tuer 
par uue odieuse Iraliispn, en fei|:i>a"< 
(1« l'alMicier à lt.uii>irc. Ablaùus or 



ACO 

sa qu'une tille nommée Olvm- 



ABXER , fils de Ner, cousin ger- 
main el général des armées de Safil , 
•erlil ce prince dans toutes !••« ocrû- 
sions avec beaucoup de lldélité et de 
courage. Apres la mort de Saûl, Al>- 
iier mil sur le irône Isboselh, fils de 
■e priiic • , el le servit jusqu'à ce 
qu'ayant reçu quelque raccnulcnle- 
luenl de lui, il passa du côté de Havid, 
â qui il soumit les principauv du 
peuple, îlais Joab , craiRiiant le ni. 
rite d'Abner . le tira à l'écart comnie 
pour lui parler eu secret, el le tua. 
David, outré de cet a.-sassinat . 01 • 
donna un deuil publique pour Abner. 
et lui éleva un n>aj;uirique lonihe.i'i 
sur lequel on jrava une épilapb* qu'il 
avait composée lui-même. 

ABOr - BEKR , le premier de.^ 
quatre khal.vfes successeurs immé- 
diats de Mahomet. 11 se nommait 
Abou-Kaab avant l'islainisme, et il ."e- 
(.ul , après avoir embra5j»é cette reli- 
gion . le nom d'Abdallah (serviteur 
de Dieu ). Le Coran , dont les feuilles 
eiaienl jusqu'alors eparses, fut réuni 
par ses ordres en corps d'ouvr;ipe. H 
mourut le 9 anûtG34de J.-C. ,à l'â^e 
di: 65 ans. et après un repne de deuç 
ans et quatre mois. 11 ne prit jamais 
dans le trésor que de quoi entretenir 
nu chameau cl un esclave , et à si 
ui'>rl on lui trouva pour tout bitu 
trois drapïue». 

ACOUL - CACEM . nommé par 
quelques historiens «recs Apelcha- 
sein , s'empara de Nicée après la ba- 
laille où périt Soléiman 1 . siilthan* 
sedjoMcide d'Ieiinium , et diripeaiit 
ensiiile ses elTort» contre les(»rees, 
ilpènélra jusqu'à la Proponlid<'.Loni:- 
temps en guerre contre Alevis Coni- 
nêne , qui occupail alors le trône de 
Cnnstanlinnple, il fiiiil paréire élran- 
plé. Ce prince était renommé par 
se» )>ranftes richesses el Ton dit en- 
coie aujourdhui lis trésors d'Aboul- 
C-.em. 

AROCL-FARADJ-AI.T, célèbre 
auteur arabe, issu d" ïlervran , der- 
nier khal.vfe de» tJmm^ades. naquit à 
Ispahan l'an S.j? d« J. C. . el fut élevé 
[à Baglidàd. l.e Kilab A;;han.ï ou re. 
,cuiil d<s ancii'iiue» cbaiuoiia»<'.li«>. 



ABR 

où il .1 <l""po«* lu fiuil cU «PS (laïain 
«1 un ntuiiiiniriit l'ri'iiim pou 
riiisloiie du la lilliTaliiie ui^ilif. 1,: 
lillillulhr<|ii<^ <]li rni (kishpiI'' un i xrin 
plaii«<i<? ciUouïiagr in i vol. in-l'ol 
iap|iiii'it' d'ii^'jpte , cl qu'on a l>ii rli 
rnupcnnnrt' inroiiipkt. il mourut > 
Uiigbciiii! Il' so novembre of>7. 

Al!OIJI,.FAZI-{l<-cl..jkli Alnmy) 
le plus i^li'f!jint pcriiain île llncfc 
suivant l<'eri<'l)Iah , reiuplil à la iot< 
Ir.s l'onrlionn .le premier visiret .liiis 
toriof;raplie du ^land mo^ol Akbar 
11 fui a.s-dssiné en i6ii4 par les ordre: 
de l'iiérilier piésoniptirde la couronne 
S^iviii* nonnné ensuite Djiljànguvr , 
jaloux de la laveur dont il jouissail 
auprès de .«on père. AIjouI Fal/, aiail 
traduit du «ani.ikrit en persan l'Hi 
lodésa de Yielinou-Sarma , ipii paraîi 
tire le proloi.vpe de» fables ail ri buée. 
B l'idpaî. .Son érudilion «lait ini 
niense,el sa répuialiun dans l'Inde 
a^dit donné liett à ce proverbe :« I.e^ 

• monarques delà terre redonleni en- 

• core plus la plume d'Aboul-Fa/.l-xju 
.l'épéed'Akbar. . 

AliOU -SAin-M\RZA, arrière 
pelii-lils de Tanierlan, périt en i46p 
par les ordres d Ussun-Cassan à rà;;è 
«Jequaranle-denx ans. après en avoir 
ré(;ne ïiiif!t. Avec lui linil l'ioipire de 
Tanierlan. Il laissa onze unCaiis ijui 
démeinbièrenl son bêrila^ïe. 

AIIOVlI,l.fi(FB.-MAr,in, Cte. b"). 
pair de France, liculenanl général 
en 173a , commanda l'arlillerie des 
armées du Nord et des Ardeniies, ei 
en i8o5el 1809 les gardes nationales 
de plnsieur» départements. Il mou- 
ml en iSiy. On lui doit linveulir.n 
d<'S roues à /jousso/rpour le service de 
l'artillerie. Sonlils, iugnsleGabriel, 
\u- en J773, est mort en 1S20, mare- 
clial deeamp, et l'un des inspecteurs 
derarilllene. 

ABHADATE, était roi de la Su 
«laiie .qui fa sait alors partie de l'eiu- 
pire d'Assvrie. S'élant brouillé avec 
son souverain , ii l'abandonna pour 
passer du ccMé de Cjriis à qui il ren- 
dit de grands servieè.s. Il fui tué dans 
un combat eontre les Egyptiens. Son 
liistoireei eelledePanlbée soirepouse 
»onl le eu;ei d'uu épisode loucbaul de 
ia Cjroiiédie. 



) AGA 

A B n A II A M , nomme H^l^ort^ 
Alirain , nac|uit à Ur, lille de <;iial- 
dee, lan du- inonde sooS. Il était lils 
<lc Tbaré. Il épousa sa nieee .Sara, 
qui, n'ajant point d'eiilans de lui, 
lui conseilla d épouser Agar sa ser- 
vante ; il aiait alors qtiatre-t iii^t six ' 
ans, el fut père avec elli; d'un lils 
noiuoié Isniaël. Treize ans après, i<a- 
ra . âgée de quatre. viugtdix ans, lui 
d.inna un autie lils . nommé isaae ,• 
il touchait à sa centième année. Après 
la mort de Sara , il prit pour Tminie 
Cclliura , dont il eut su liU , qui l'urenl 
ions ehel» de dilV, rens peuples dans 
l'Arabie, el aux environs de la Pa- 
lestine. Abraham inouiul à cenl- 
sniiantc-quinze ans ei fui enterré 
auprès de Sara dans la caverne de 
.Maphéla, qu'il avait uebetée près de la 
ville ri'KlMon. 

ABSALON, fils de David ei de 
Maaeba. lille de Xi'olmaï , roi de 
(îessnr , s'élant révolté contre bon 
père , il fut vaincu par Joab dans la 
forêt d'EpbraÏQi. Abs.ilon avant pris 
la fuite, sa chevelure s'einbai r.issa 
dans les branches d'un chêne, et il 
j resta suspendu. Joah l'ayant tionvé 
dans cet état , le Ina de sa propre 
main , l'an du monde sjSn, et mal- 
gré les défenses expresses de David. 

AliSALON , archevêque de I.und 
en Scanie , primai des royaumes de 
Uanneiuarck , de Suéde el de ^or• 
wége, ministre el général sous les rois 
Waldemar l" et llanul VI , naquit 
n iisS, àFinnesleo, dans l'île de.^é- 
lande, déploya autant de lalins à la 
guerre que dans radminislralioii , el 
niouriil en 1203. 

AliSTEJlll]& (Lai BEST), savant 
riti<|ue el fabuliste, lloiissaii an coni- 
iirneeincnl du svi* si. ele. Ses re- 
ueils , inliiules lleraloinjlhium pii- 
iiim el Uécutoinyliium secuntlum, eou- 
tiennent 260 fables. 

ACADEUUS ou plulôt HECADE- 
MUS , simple particulier d'Athènes , 
lissa au peuple un terrain assez eon- 
dérable pour en faire une prome- 
nade. Hipparchus, fils de Pisislrale , 
l'entoura itemuis: Cinioii, lilsde Mil- 
liades, le planta d'arbres el en lit un 
lieu très agréable. Il y avait un gvra- 
UiiSu , el c'ctail là <)ui l'Ialou rasseoi- 
1. 



ACH 

binit fPS di>ciijif :j; ce qiii fit donner u 
1.1 ïi-elt; le num d'acadt-iuîqur, «t c'esl 
pour ci'la qvic le*: i-L-uiiiuiiâ de siiviins 
ont pris Je iioiu d'aradéinif. Cicéroii 
donna fe noni d'<i(-a(U'-iiiie à sa maison 
de cauipiigne, située prés du lan d'A- 
«criie,dans!tf lieu appelé uujotird lini 
Pouzzole. où l'on Tojait despoit'muf.s 
et dis jardiiisà 1 irailatiou de l'acadé- 
uiie d'Atlicncs. 

^ ACCIL SXEVICS ou ACTiCS NA- 
VIU5 , l'un de^ au;;urPS roiuaiiis du 
teinpt de Tarquin l'Ancien, qui lui lit 
élever une slatue d'airain qu'on Toyail 
encore à Uoiue du tentas d'Au^u.ste. 
Il y a un antre Accius nu Auius ( Lii- 
cius } , poëtv ti-asique latin , lils d'ini 
affranchi, qui naquit l'an de Itnnii^SS^, 
170 ans aiant J.-C. Il inourul dans 
un â^e 1res aiauré, et l'on ne peut in- 
diquer l'époque de sa mort. 

A(;(:Ul'.SK(F«»xrois ), né à Flo- 
rence en 1 1; I , ei mort à Bologne en 
na.j. O célifliie jurisconsulte Tut le 
preuiier qui réunit en un corps d'oii- 
Trayc toutes les discutions et déci 
wons èpaises de ses prédécesseurs sur 
le droit romain. Il aciiera Pu sept ans 
ton immense collection, qui porte in 
din'éreaimcnl le nom de Grande Glose 
ou Gloâe contiîiue d'Areurse. On le re- 
garde aïec raison comme le premier 
des f;lossalcurs. C'est donc atec plu 
d'espiil que de jnsiice que Boile.u 
li'égaie d.nisson Lutrin aux dépens de 
«e profond jurisconsulte, en disant : 

A l'instant il saisit un lieux infor- 

tiat 
Gros.si des visions d'Accurse et d'AI- 

ciat. 

Il laissa deux fils et une fille. Toute 
famille sans eiceptioo se livra à l'é- 
tude des lois. 

A eu Ali , lils d'Amri, succéda à soi 
père dans le royauiue d'Israël. Il 
épousa Jé'/atiel, iillc d'Elliliaal, 10 
des Sidoniens, femme cruelle. Avnm 
«lé blessé par une llécheausiè^ede lîa 
niiiili-lialaad, son corps fut enip'>rti 
à SaDiniie, où il mourut l'an CjSatan 
J. <:. Il > a un antre Achab , tWyi) 
riinltas, l'un des di-ux faux propliélei 
qui 5.dni»a;enl les Israélites à Dabj 
l..niir Oiieli|ues-un9 croient que cet 
Aebali (ul l'uu des deiu ii>.illaidi<iui 



ACII 

es«aTèrent de corrompre la cbas'.r 
Sn.iaune. 

ACHAX, delà IriLu de Juda, et Jh 
la famille de Zaïc. Ayant c^clie ^me 
partie du butin à la prise de Jérirlm , 

I fut découtert par Josué, et lapi lé 
avec ses femmes et ses enfans dan> la 
va'Ice d'Aehor , au territoire de Jeri- 

liO, l'an du monde 3555. 

ACUAS , roi de Juda , fils de Joa- 
lïian , célèbre par ses crimes ; ilbiûu 
un de ses lils en l'honneur de Molocli. 

II mourut l'an du monde ôi-S , et ne 
fut point enseveli dans le sépulcre des 
tois de Juda. 

ACUE.N'U'ALL, célèbre publiciste, 
fondateur de la Slatistiiiue , né à VJ- 
;, en Prusse , le so octoLic 1713 , 
professeur d'abord à Marhonr^', puis 
i l'université de Goetlinaue, àlajiluiie 
lie laquelle il contribua beaiieoup p^.r 
ses Cl apcs sur l'histoire de rtuiopc. 
sur le Droit public et sur lEcononilt. 
politique; mourut ùan^ cette ville I 
i^r Qiai 177s. 

Ai;iHAS,lilsàTj}!rand prèiieAclM- 
lob , et son successeur dans le sou ^ e- 
rain pontilical. Il laissa en niour.nnl 
cette dignité à son frère Acliituelec'.;, 
qui fut misa mort parl'ardie dcSaii!. 
Il y a d.ins l'EcrilUic irois autres p<i- 
soiincs de ce noin. 

AIGUILLAS, fol principal oiinis'.: 
et général des troupes de rtuléni< - 
Denis, roi d'Et'yp'e. Il s'emp.ira <! 
l'esprit de ce jeune prince, et c!ii.>-.i 
Cleopàlie sa sccur. l'anus avanij. C. 
pour {ïoiiverner sans opposition. Ayai.t 
clé d'avis , a'prés la bataille de Pb.ir 
sale, de massacrer Pompée , qui ti- 
iialtse léfugier en E^typie , il fut I'uti 
des assassins de cet illustre prosciil , 
et envo.va sa tête à César. Mais lorsciiii- 
rv dernier eut déféré la couronne à 
Cléopâlre, Acbillas fui lit déclaier i.i 
îiuerre par Ptoléiuée, et l'assiégea d.ni> 
Alexandrie. César battit les Irouj . 
[l'Acliillas, qui fut pilset luis à uioit 
par ordre du va.rqui-ur. 

ACHILLE TATIL'S ouSTATICS, 
écrivain ftrec. On ade lui un traitesi.r 
la sphère pour seivir d'inlrodiidiuii 
au poènie d'Arattis, et un rom.inavôPl 
pour litre : Les .^miiurs de t'tilopirjn . t 
lie Ixucipiir , éciiten rhéteur. eKl.niS 
lequel Kt tijlei d< la décence Dcsuiit 



Acri 

pni tonjoara obicrvi'tn. I.'cjiuque di; 
lia imic^iiiicti «M in<-oii<mo; il t-lail d^A- 
Ifxanrlrie suiviiiil Siiidjs, vt ayaiil eni- 
lir.is!>ù II: c'lil'i>li;ini.sniu teisl^i lin de »,\ 
vif, I! devint évt'Hif. On croil c|u'il a 
%i<n inirc lc> iii'el le iv" siicle. 

ACIUMAAS, lils du Kia"" |>i'<^"''' 
S^.iilor , <|ui sMcct-da ù son pire vers 
l'an .'nioo, sons !'■ r^Kiie de Saloinon.II 
rendit d<-s tici-i iri-> ini|)nrl4ns à David. 

At:illMi;i.E';il, lils d'Acliitob , 
{;rand'|innliri- des Jii'fs , Tiil tué par 
l'ordre de Saiil, avec fuialre-vin^^tcim] 
buniniet de sa tribn. Ce (ut Doegl'I- 
dunn'i'ii i|ui se uLargeu du celle cruelle 
e.\|ii'diliun. 

At'iliOU, cliefdcs Animoniles, fui 
pcr?i"'culé par llolnpln rne , et inoor- 
pnré au iiinplc d'israijl , eu ! au du 
monde 03^8. 

ACllIS , roi de r,.lb dans la l'ales- 
tinc t \tj-s lequel David se retira deux 
foi» pour fuir la peisérnlion df S.iiil. 
Ai'his lui donna en propre la ville de 
Bicelfi;. 

AClUrOR. grandprélre , Ul» de 
Pliinrc, peiil-l!!s ilu ïiandprètre lie- 
li .fut père d'ilabi.is el d'AcIdr.ielerh, 
qui Inrenl aussi souverains poulifis. 
Il y a eu un autre Achilo'j , père du 
grand prêtre Sadoc. 

ACIIITOPIIEL, nalirde Gilo, après 
avoir élé lonp-teinps ami el lunsi iller 
de David, quitta le parti de ce prini-c 
el se jela dans celui d'Absalon , sous 
lequel il s'élait flatté de };nuverner 
ïonvcraincnient le royaume. Alisaloti 
ajani été vaincu, Achilopbel se relira 
à Gllo et s'v pendil. 

ACILEMENES. lils du T);,riu» el 
frère de Xerxès. Il coniniai;dail l'ar- 
mée navale de ce dernier dans sa l'»- 
men^tt expédition contre la Oièe. 
Avant été cbarpé par Arlaxcrcès de 
«ouniellrc les Egyptiens, qui s'étaieni 
révoltes , il l'ut vaincu par eux et par 
les Alliéniens qui étaient venus à leur 
secours, el perdit la vie dans le corn- 
lat , l'an 462 avant J.-C. 

AI;1IjEC.S, poète grec, natif d'Ere- 
Irle , fds de Puboilore, eonteinpor.iin 
d'EscbvIe , l'ui à la fois poêle Iraiîique 
clsalyrique. Seslragidies , au noiulnc 
de plu» de quarante, eonl toutes per- 
dues, à l'eieepron de quelques fr-'-g- 
iu«u» que Urul tjs a rccjtUlis. £.s 



AGI 

pièces «alyriques «ont égalcmenl prr> 
.lues. Il ne remporl.i U- prix de poésia 
iju'unc seulel'ois. Cn autre poêle grec 
de ce nom , natif de Syracuse, eilè 
par Suidas, a fait aussi des trap;édies 
ijoni on n'a plus rien. Aidlicns , lil» 
{l'.indroniarliu», frère de Laodicé, 
fi-niiue de Selcucus Callinice , s'atia- 
eîia au service de Séleurus Cérannus, 
roi de Syrie , et l'aida à souruetire 
l'Asie en deçà du TaurU", dont lesruit 
de l'ergame s'étaieni eiiip.ins. Anlio- 
ebus, dont il avaitusurpé la enuronno 
pendant quatre ans, lui Cl Irancber la 
téieapiè; l'avoir fait niuliler. 

ACIEUIS CLAlil'.IO ! M».MCS ) , le 
plus célèbre l'oniain de lalaniille Aci- 
lia, qui, ipioique plébéienne, parv.nt 
aux premiers lionnenrs île la répu- 
blique. Son aïeul avait été trois foi» 
Uibun. M.n>ius commença par exer- 
cer dill'erentes cliarges, cl, avec una 
seule lésion , êloutVa en Etrurie nn« 
révolte d'esclaves. L'an de Rome 563. 
( igi i:iis avant J.-C. ) , il fit consul 
avec 1>. Corn. Seipion Na.-ica. I.csort 
le désigna pour eoiiiaiander en Grèce, 
et conibatire Aniiocliitj, loi de .Syrie ; 
il «bllnl les bimncurs du liionipîie. 
(le fut lui qui fil construire ù lîoiue 
le leniplc de la l'iélé : son lils y pla<;a 
la slalne de son père en or pur. Il y a 
un autre vlci/iuj tifuf.rio qui fut con- 
sul sous Doniitien , Tan 91 de J.-C 
avec AI. l'Ipius Trajan , qui depuis 
parvint à i empire. Il comliatlil el lua 
nti Ii.:n dans l'arène. Domilirn, ialoux, 
le bainiitsous un prélexle frivole , il 
le lil mourir quatie ans après comme 
avant voulu troubler l'élat. 
" ACINDYNCS (Skpiimis), consul 
avec Valérius Proculus , l'an 5 jo de 
Konie. Ilesl surtout connu par le fait 
suivant , qui cul lieu à Anliorhe lors- 
qu'il élail gouverneur de celle ville : 
on bomnie, qui ne payait point au li^c 
la livre dVr à laquelle on l'avait im- 
posé, fut mis en prison par son ordre, 
et Acindyiius déclara qu'd le ferait 
mourirsi à un jour marqué il ne s'ac. 
quitlaiî pas. I.c prisonnier avait une 
1res belle femme , dont un liomme 
foririclie était épris. O dernier saisit 
l'occasion, et ofl'iil l.i l'vre d'or à la 
femme, \ condition qu'ctie écoulerait 
sa pajslon. Elle «rul ue devoir prea- 



ACR 

3re aucun parli san? roiinîHiT «ou 
mari.C^elui-ci, plu-S' iisililr à la coli- 
sertatioii d' s>s jour." .(u'à celle <!e 
sou lioiiiieur, lui prcloiina de sp rfo- 
dre à des désirs si peu délina's. Elle 
obéit , et reçut dati'< une bourse l'or 
qui lui avait été proiiiiM mais cet hom- 
me niipiieable y eu .-.ilisiitua une au- 
tre qui ue roiiteuail que de la terie. 
Aussitôt qu'elle eutiecoiiiiu la rr;;ude, 
la femme alla se plaindre à Aciudy- 
nus, et lui raconta iiigénumeiil la mé- 
rité. Celui-ci se reconnut coupable 
d'atoir, par ses ri;;ueurs , réduit le; 
deux époux à celte extrémité ; il se 
cundanina à pajerla livre d'or, et ad- 
jugea à la Temme le champ d'où pro- 
veuait la terre trouvée dans la bourse. 

ACJlÉ.coniideutede Livie. femme 
d'AuRiisle, tut mise à mort poui aïoir 
coulrefait l'écriture de cette priu- 
cesse. 

ACORIS. devint roi d'Egypte après 
Képliéréus; on Dosait paspiéci.'éoienl 
à quelle époque. Use ligua , vers l'an 
S8fi avant J.-C., .lï'c Eiagorai, roî de 
Chypre , les Arabes et les Tyrien» , 
pour f.i ire la guerre à ArtasercésMné 
mon, roi de Peise. Evagoras ayanléié 
vaincu, Aeoris ne voulut plus liiî l'our 
iiir de secours, ei resla tranquille pen 
dant quelque temps. Il reprit lej ar- 
ntes , rasseiulila une armée considé- 
rable couqmsée eu granue partie de 
Grecs qu'il avait pris à sa sold» , et il 
£1 venir Cbabrias d'Athènes pour les 
commander, l.e roi de Perse, qui 
élaitalnrs eu paisavec les Alhéuiens. 
s'etaiit pl.iint à eux de ee qu ils |jer- 
liietlaieul qu'un di- leuis généraux lui 
fil la guerre, ils rappelèrent Chabi ias. 
*l Aeorisse trouvaeans général : mais 
Arlaxercè» avant rétabli la paix parmi 
Jes Cîrces avant de tourner ses armes 
contre l'Egypte, e| t'étant ensuite li- 
»ré à de» préparatifs considérables 
puurcette expéililioit, Acuris mouiut 
dans cet intervalle. 

ACQUAVIVA (Ci.*rBE),d'unc fa- 
mille ancienne cl illustre dn royaume 
de Naples, ué en i543, mort en iCiî, 
(général des jésuites, gouverna sa rom- 
pagnie avec sagesse ; oiais sa fermeté 
dégénéra quelqurfuis en obslinaliuii. 
Il condamna la doctrine du régicide. 

ACRU.N , médecin li'Agrigeiile , lit 



■S 



ACT 



ip prfm'.cr oîîumrr dfs feux dan.-» l^.» 
rucfedAtîièues pour jjuriiier l'air, i'.r*t 
de la grande peste (]\û dépeuphi celle 
ville , 44o ans aïani J.C. 

ACP.OPOLITE ;Geobgb), né à| 
Conslaiitiiinpie vers I an 1 nao , ,1 èrrit I 
uiieclirouique rontenanl. |'lti^tuire de [ 
l'empire grec, depuis la prise de Cuns- ! 
taitûiiople par le» Latin» jusqu'à l'ai) • 
n6r> que celle ville fal reprise par 
Mi<bel Paléolcgne. La silualton où il 
sVtail (rou\é cnuinie liniuuie d éi^it 
lui a dutiiié un {:rand avantage puur 
devenir l'iiislorieu de l'empire grec à 
l'époque oùil vcrul. Il mourul àCcu»- j 
tanlinople vers lan lîSa. 

ACROTATCS, lîls aîné de CI^o- 
mène 11 , roi de Sparte , de la pre- 
mière branche des lleraclides, roiu- 
nijuda une armée que le.sLacédéuio- 
iiitns entoyaieiii contre Ari>lodênie, 
ivran de Megaiopolis, et il Int Iu6 
dans une bataille sanglante nùley Ka- 
cédémouieus fuieni défaits. Il laissa 
un tils uummé Aréuâ. l>n Âcrotaliis , 
lits d*Arêu5, étatil très jeune, défendit 
Sparte contru Pyrrbus, qui, à la solli- 
citation de Ctêonynie, élaîl venu 'illa- 
quer celte ville eu l'absence d^A réu» , 
';l le força à se retirer. H mouta Mir 
le (roue après la mort de son père^ 
vers Tan a6S avant J -C. Il fut tut^ 
l'amiée suivante dansTexpêdilinn eon« 
tre Ariàtudeîue. Plularqne en clTet at- 
tribue cette expédition à ce ^econd 
Acrutatus , ce qui e^l plus Tiaisem- 
blable. 

ACTISANES. roi d'Ethiopie, selo» 
Oîudort; de Sicile, déclara la guerre à 
Aménopbis , roi d'KgypIe , et fut se- 
condé par les Egyptiens » qui 5e jot- 
giiirenl à lui pourchasser leur souve- 
rain. Ils dcfeiérent **iisuit' le seepire 
à Aciiftanès en reconnaissance de eo 
qu'iljes a\ail délivréi» de la (yraniiic 
de leur roi. Âcii«anèA réunit aloi» 
sous son gouverneunnl rK;:ypte «I 
l'Etliiopie. Ses !iujel> furent t-(>nMan<.- 
ment heureux M»n> son rè^ne. 

ACÏON. né à Be>aneonen i-ô; . 
fils d'nu médecin irlandais , p».H>a (U 
la marine française a la cour de \.i- 
plei , fut ele\f, pflr la faveur de i.» 
UeiiiP i'aroline, an poste de pn-n^i- r 
ministre, y devint l'inAlrunienl tin va- 
■ bincl anglais, fut rca%o>v eu iâo3 , à 



ADA i 

la(Ii'm.'in<li'dpl'.in)b»f?a'l''ni' fr.mrai?. 
se rftrra m Sirili- , cl y mourut en 
iS"S, cliaigc de l3 haine de» Napoli- 
(aiiis. 

At;rNA ( Tlos lîonnicnBS ) , arclir- 
TÎqiii- «II- I.idiorini-, d'une d<"s plii« 
iliuslifS .nai.nii> .If Torliipal . fui <-ii 
l6iu , un des i-iirfs de |:i (■onjiiritinii 
qui plara la niaiw.n de Bripancf sur 
If trûiie, anVrmîllapuih'anre du hou 
Tenu roi.ei fiioiirnl luTcrr dps Porto- 
giiis «■! regretta de non jouTeriitn. 

Al'A , l'une de» deux fcninirs dn 
I.ainerli, dont il rut Jabel el Jiil-al. 
Il y a une antre J,la, (i!le dTl.-lon . 
|niiiee h^lérn , qu'E^ati ipousa , el 
duril ileul FJIpliaz. 

A II A . reine de Carie . fille d'ITiea- 
lomnns. épousa îl\drién«, son frère , 
irlon la . oulunie des Cari, ns . el , 
«près la mort d'Artémise, régna pen- 
dant srpi ans sur la Carie , ronjoinle- 
ment avec son frère et son » poux. 
Après la moTl de re dernier . les Cii- 
riins defirèrent l'autorité à Ada , qui 
potiTerna seule pendant quaire ans 
Texodarus.lc plus jeune de ses frères, 
Q\cc l'appui du satrape Orontnbatcs, 
favori du roi de Perse, s'élant fjit ac- 
corder riuTeslilnre du royaume de 
Carie, Ada se défendit aTec courage ; 
mais enfin, dépouillée de ses états, elle 
«e relira dans la for'ere>se d'Alinde , 
«1 s'j maintint jusqu'à l'arrivée d'A- 
lexandre en Asie. KMe implora son 
«erours ; Alexandre chassa le satrape 
Oronlutatés, et remit Ada en posses- 
sion de son royaume l'an j54 av,int 
J. C. On ne «ail pas à quelle époque 
tiinurui Ada, qui fut la dernière reine 
de Carie. 

ADAD, lils de Badad . surcéda à 
riusan dnns le rovanuie d'Iduiuée. I! 
botitinl une guerre contre les .Madia- 
iiiles. qu'il délit dans une plaine appe- 
lée le ('.lianip de Moali. (.'est en mé- 
moire de cette victoire qu'il bâtit la 
ville d'Avilli , qui veut dire monceau 
i cause du gr.uul nombre des mort! 
entassés les uns sur les antres. 

A Mil, fils du roi de lldnméenri 
entale, qui s'enfuit en Epjple avec le: 
serviteurs du roi sou père , dans li 
temps que Joab , général des troupes 
lie ijavid . eslrnninait tous les niiiles 
»i» ridumèc. Jl fui bitu reçu par PL 



ADA 

rnnn , ri çng-\A tr!If nipnt fon aTf '•It'in, 
']Mr cf |triinf lui lil «'pou-tT l.i **rur 
(li: la itiiie, Hoiil it oui un til-< noiunié 
(ipiMibat. qui Tul t:!»-»»- av.cl*'st'nUins 
Hii rni. AHad.a.vaiil .ip|>ri> fn innrl île 
I);<Ttd n de JohI), rr»ini dA^K^flll pays. 
pl fui nincmi d*;» fiTMélili s |i(-ndtiitl 
Inut le rrpne de S.<lnnioii. 

adalaïu» ou ADAi.nAnn, né 

vrrs l'pn 755 , eul pour pn e Ip cnnile 
Bernard, fils de Charles MarUl. el fut 
ainsi neveu de r»*pin-|p-Iîrpf'pt ronsiu 
^eruiinn dr (lliîirleni.tpti»*. Il fut cnn- 
spîllpr Pl principal mtiii<>lre de IVpin 
en 79^. Il mourut te a jainrer S»C. 

ADALRKKON . arrhoêque de 
Pipinis et rhanoel'er du royaume sons 
les rt-piies de I.ollMiie pi d. Louis V, 
fui un des plu.s sa\ans prélat» de 
Kratice ?n x^ siècle. En 9S7. il «acra 
IlupuesCapet.quilp continua dans la 
di{;iiiié de grand 'cbancelipr, el mourut 
le 5 janvier 9S8. Il y a un autre Jd.1l- 
f'tfron surnommé Asrelin , tvéqne de 
Laon . lunrt le 19 juillrl io3o , qui 
joua un rôle odieux dans la révolution 
qui lit pa$t-er la couronne des Carlo- 
vingicn» aux Capétiens. 

ÂI^AM , le p'-rc du jrenre humain. 
T)ipu I? lira du néant le sixième jnnr 
de la création. Il Un associa une com- 
pajme formée de sa propre chair. Il 
l'Ut trois enf.ins , Cnîn , Abel el Seili, 
cl il mourut à<;e de 9Ô0 su», dont il en 
avait passé i3o dans le jardin d*£i!en, 
paradis terrestre. L'Ecriture maïqiie 
que c'est à cet âjj"' qu'il <-ciiimenc.i à 
avoir des enfans. L'iiist.ûre d^Adaui 
se conserve plus o»i luuîns altérée 
dans les traditions de tous les anciens 
peuples : sa chule est le fniidf meni de 
presque toute leur tliéoto<;ie. Tous 
les monumetis de raulîquité paîeuue, 
eu s'amalganiant avec ceux d'-l'auli- 
quité juive et chr- tienne, attestent 
une source commune qui. des les 
premiers temps, s'esl transu)î<:<- par 
leB dilTi rens canaux de la tradition, 
soit orale , seît écrite, poui uultre 
hors de conteslalîoD Thisloirc de uos 
precaiers parens. 

ADAM DELA HALLE, nPiîfd'Ar- 
ras, au xiii* siécio, surnnmmr le Kos- 
su , moine de Cahhaye de Vaucelles, 
est regardé comrn<- l'un de vok plus 
anciens poules draïualiqucs. Se^prîu- 



AD\ 



10 



ADH 



ripalej |iicres, te Covs'i» d'Adam^ el 
i< Jcj de Sobin et Harion , dont !■- 
«îrami AWusfy atail donné un extrait 
af-ir. é:ci>i!u , bnlclé récemment pu- 
blias |iar la Société des Bibliopbileâ. 
Al)iM iLlCCEXT-SlC/SEÎtT), sctilp 

leur, né à Nancy, le lo férrier 1700, 
lit ronnnîlre ses (alen5: par dÎTer» tra- 
vaux exécutas aïfc snrcps à Renie et 
en Franie , deTÏnt membre el profrs- 
ti-iirde l'Acadi-mic. et paraît ne pou- 
voir ^uèrcs être plarê que dans la 
Oeuxiènic ou troisième classe des 
ëcuipleurs. Il mourut îe i5 mai 1759, 
ÙL*- de ry ans. — i^on frère , yU-otas- 
Sc'^aatitn, ni à Xancy , le si mars 
1705, et mort le 57 mars 177S , a 
75 ans, ne sVâI pas êleTc au-dessus 
du talent de son aîné; mais on ne 
doit pas rublier que son Pronicthée 
dévoré par le ftiultur^ qui parut au 
salon de 1760 , lit açscz lie bruit pour 
que le roi de l'russe en fit olFrirà l'ar- 
(i.-te So.noo fr. : et qu'Adam enl la 
délicatesse de lépontlre que cet ou- 
Trage, Kiit pour le roi sou maître , De 
lui appartenait pas. 

AIIAM (maître ). Tor. JliLLit-LT. 

ADAMS ( Jou.vJ, né àBrainIrée, 
dans le Ma^sri'-busset , le 19 •'•clobre 
3735, se prononça fortement pour 
l'indépendance, futenioyê aTec Fran- 
kini , obtint Hes secnuispnur l'Amê- 
riqne , et fut un des négociateurs du 
tiailé de pan atec l'Anglelerre , qui 
reciinuut rindépendani-e des États. 
Luis , derinl liee-président en 1787 
sous la présidence de Wasliin;;loii, fut 
réélu sons la même présidence, nom- 
KM' piésident des Etats. soutint dans 
toutes ces plares le même caractère 
de mofléraiiim. IJemp'ncé par JellVr- 
»ou . il se retira ries all'.ùres , et uiuu- 
rut à Xev-yoïk en iSo3 , âgé de 
S> ans. 

ADAMS (Stmii.), né àBoslon. 
un di s piineipaus auteurs de la reTo- 
luiiiin des hlats-l'iiis , membre du 
couplés, homme d'état et littérateur, 
UMxiiut pamre à S> ans. en i?oS, 
On l'a surnommé le Calon de l'Amé- 
rique. 

ADANPON (MirBti. ). holani'ie 
Céli Ire , né eu 1717, e«l surtout rmi- 
nn par »iii UUlMrf naturctie du Séné- 
gel et t« Famillci iet fiant»». 1| muu- 



lul le 3 août if 06 , membre de l'Iiif. 
liiui .1 de la I.égioM.d'noor.eur. 

AlîAl.liZtU , roi de la J<^rie d 
Soba, qui s'étei-dait depuis le I.iL:. , 
jusqu'à rOrnnfc . dn midi au teptt i.- 
InoM. Daïid délit et prince duo» dvui 
grandes batailles. 

ADDISS0.\, célèbre poèic et écrl- 
taiu anglais, ué le !«' mai 1C75, m. r: 
en juin 1719. Il ebanta les >iclr.iii, 
de )ialborcugb. Sa tragédie de Cul. •. 
d'Vtique , et surtout son Spectateur , 
ont rendu son nom imiuuitel. 

ADDO, prophète du royaume <'■ ; 
Jiida. qui écritNtles actions t'es regni ; 
deKoboauietd'Abiu. (I aiait inlili; 
soi; outrage il idrasch o\i Kecli^tcU 
L'Ecriture parle de troisauties Wa :. 
l'un lils de I.eri: l'autre Uls d'Amin 
dab, à qui Salomou doima l'inti - 
dance du canton de Manali.iim ; 1 1 
dernier pcre de Baracbie , et aïeul ci.i 
prc<pliète Zaebarie. 

ADELL.NG ( jEAX-CamsTopna ] 
littérateur et gramiuairieu a.leman I . 
né le 3c. août 1754, ei^ Pomérann 
mort à Dresde, le iS septembre iSiC, 
bibliulbécaire de l'électeur. Un dii 
plus curieux de ses nombreux ouvia- 
j.'es, est sr,u bistoiredes Folies liuimii- 
net ou Biographie des plus célèbres Né- 
cromanciens, Atet'ymistes , Exorcistes , 
Derinl , etc. 

ADEODATUS, fils de Jabare de 
Bcibléem, qui tUa un géant de la tii:u 
d' Goib , nomme Goliath , de ménif: 
que celui qui fut tué par Duiid. bmi 
perc se nommait J.ibare ou fori-t , 
parce qu'il était né dans une forêt. 

ADIIEKRAL, général carthaginois, 
command.^it en Sicile, pendant la 
première guerre punique, et .illail 
être bloqué dans le port de Drépanc 
par les Knuiains, l.ir^qii'il mit eu nn r 
atec un grand nombre de galères, et 
attaqua la llotte de CloJius atant 
qu'elle eût le temps de se ranper i:\ 
bataille. Adlierbal leujporta , l'an 3^0 
avant J..C. , la «icioire natale la plus 
eouiplèle dont aient jauiais pu se g 1u- 
r ner les Cartbag nois. Les Itomaii.s 
perdirent quatre -Tingl ■ trelre «ais- 
seaux, buil mille hommes tant tiit's 
que nu>és, el eurent vin^t mille pri- 
>oiniiers. .\| rès atoir ravit. :il!é L>ii- 
liée «I Srépauc, Àdlicrbal relouitia à 



ADO 



ti 



ADR 



Carlh.iB'" , où il rf<;iil If» honneur» el 
Ifi réconipensfSdii» à son liabikli' fl 
à son couriipu. Il > a un autre Ailhcr- 
bal , roi de Niimidie . (ils He Miripsa , 
allit- di'9 Romains, 'lui lu-riia de hi 
Couroimiie aicc son firrr llicrops.il 
el Jugurtlia son cnnsiii , r]np .Mi<-i|.«;i 
avdil adopté. Jiigiirllia fil a«sa-sin<r 
Adiiribal dans >uii propre palais, l'an 
ll.ïataniJ.'C. 

ADIMANTtJS, général allanicii , 
fui le seul qni , pindaul la gnrrre du 
IVloponè^e , osii s oppo^er à la propo- 
sition qni fui faite par Pliilo'lès et 
«dnpiée par le peuple athénien , de 
couper le pouce droit aux prisonniei> 
que ion ferait, aPui qu'ils ne pufseni 
pas potier la lance , mais seulement 
ramer. Aussi, lorsque l'cseadre allié- 
tiienue fut prise par I.jsaudre à 0Kj;o4 
l'olamos, l'an 4t.3 aTanl J.-C. , fut-il 
le seul que les Laccdémonicnsnc eon- 
daninèrent pas à mort. Il y a un au. 
tre Aitimunius disciple de Mancs et 
lélé propagateur de sa doririne , qui 
\i>a'!| i*-is la (indu m* siècle. 

ADON (Susi), oreheiêqne de 
Vienne en Dauphiné , mort en S'ô , 
5gé de 76 ans , prit part aux alTaires 
publiques , et fonda des h<'>pitaux, 
il laissa une Clu-oniqiie universetie eu 
latin , dont ou loue l'exaclilude. 

ADO\I.\S, quatrième fils de I)a 
»id.et d'ilag^ith, d'un caractère re 
muant et auibilienx. Sainmon le fit 
<uer par liauaias, capitaine de ses gar- 
des , l'an du monde Sffyo. 

ADONlIiKSECIl, ro; de Tîesec dans 
la (erre de Cbanaan. C'élail un prince 
cruel : ayant vaincu soixante-dix 1 
il leur fil couper l'cxlréniilé des pieds 
et des mains ; les Israélites l'ai 
Taiucu à sou tour, lui firent subir le 
même Iraiirnient ters l'an »6ii. 

AlMWir.AM, iiilend.int des tribus 
de S.ilomon , et chef des trente mil 
hommes que ce prince envoyait ; 
Liban pour coiipi-r les buis f[ui A 
Talent .-ertir à ses bâti mens. ('.'» 
peut-être le même que Roboam e 
Tova Tcrs les dix tribus mutinées, et 
qui fut lapidé. 

AUOMSliDECII, roi de Jérusalem, 
apprenant les progrès des I.<raélile6, 
craignit pour ses étals: et, s'étant liffuc 
iTec quatre icis s«a voisins , ils assié 



reni la Wlle de Uabaon. Mai.* losni 
leur ai ant fait U-terlesiese les mil en 
fuite, elles foiça à se retirer dans une 
caTcrne, dont il lit fermer leuirée jus- 
qu'à re qu'il I lit eiitieremeni défait 
leur armée: cti>uile le> ciiii) lois fu- 
nt mi» à nior; et allaeliis à une po- 
nce, ters l'an du monde J5f4. 
ADIiAMMIS, ii.rede Cr.'->U9, 
i lie Lydie, fonda la Tille d'Adia- 
myllîum dans la Uyrlie. 

AUllIi'l'.') ( FiiA.Ccoi.» BE Heacmoxi, 
baron des J , né tu D.^upliinéen i5iâ, 
fameux par sa cruauté encore plua 
|up par sa Taleur, catholique et pro- 
leslanl mur à tour, nwiurul eu ifS6 
bliorré des deux pirtis- Guy Allant a 
crit .*3 /'le. GrenuMe, 1 toI iii-iS'. 

AimiKN" ( P. .EI.1US AUniANL'S 
ou IIADr.IANUS) i5' empercurio- 
luaiu , eut pour père .£lius Adriaiius 
Afer, cnii.-in gt-rniain de Trajati , ei 
pour mère Honiitia Pauliua , d'une 
llusire mai^ou de Cadix. Sa famille 
■lait originaire d'Ilalica in Kspapne , 
ille natale de Trajau, et Eiilrope <lil 
qu'Adrien lui-même y naquit. Selon 
Sparlien , il naquit à Rouie le 34 jau- 
rier de l'an 76 de J -C , sous le sep- 
tième consulat de Ve<;pa>ien et le cin- 
quième de Tilus. Il u'aTail que dix 
ans lorsqu'il perdit son père , et eut 
pour tuteurs "l'rajan, etTalieu, clieia- 
iier romain. Ilvoya^'ea pendant pres- 
que tout son règne. Il gouverna d'a- 
bord avec douceur ; mais , supersti- 
tieux, débauché et cruel, il peut éga- 
lement êire comparé à l'omiiieu oa 
à Tilu5. On lui attribue la eonslruc- 
tiou de l'arciie de Nîmes et du pont 
du Gard. I.e sculpteur Apollodore 
ayant critiqué le plan d'un temple 
qu'il avait éle>é. jl le lit périr. Alrien 
mourut à Rayes h- 10 juillet |3S , à 
soixante-deux ans. Il fut à la fois pein- 
tre, arehiiecte. poète et musicien. Le 
pont sur le Tibre , nommé aujour- 
d'hui le Pont Sailli-Ange . ainsi que 
son mausolée placé près de ce pont, 
et connu sous le nom de (Jiâteau- 
Saiiil-Angc, font partie desnombrr.uz 
édifices que ce prince fit élever. . 

AOIÎlKN VI, né à Clreclil en i459, 
élevé à la papauté en i-'^js, parla pro- 
Icclion dei;iiaile5 Quint, dont il avait 
été le précepteur; ticellenl eccUsias- 



^LI 



la 



JEU 



lît^i;e , mais paj)e m^dinnre , déplut 
uin itoiXHitis par la simplicilé de si-s 
niTUCs Pt p.ir poil désir de réforiupr 
les alius de la coiir de Rome , lui 
exempt cie nép;)(is!iie , et muuriit le 
s4 septembre iôa5, après uu au de 
poijtilii''-t. 

ADP.Y ,' Jcix FÉi.ir.issrMB ), philulo- 
ptie et hi*)lin^r;ipLe, né en 1749.11301't 
«Il 181S. fui biljllolliéeaire delamai 
son de rOratoire , à Parij, jusqu'en 
1790 , inse>-a ijaus les jourtiaux divers 
iirlicies iuléressans , et publia plu- 
sieiïrs éditions d'ouvrages antrit-us et 
niodiriies. 

jE.\t:irif , fils d'Arynibns , roi drs 
Hîolosses ile TEpira , ne suecéda pas 
iuimédia'emeiit à son père, Philippe , 
riii de Macéduiiie, ajaul f.iil uoniiiier 
MU Irôcic Alexandre , fils de Néopto- 
I- uic. et frère d'Olynipias, son épouse. 
Mais . Alexandre ayant été tué en Ita- 
lie . S.ieide devint roi. Après la mort 
d'Alesandic-le Grand, il se laissa en- 
tiér'-njent subjuguer par Olympîas , 
•^ui r<iiliiiina, malgré ses sujets, dans 
)a «ifrre contre Aridée el les Jlaei- 
fbiniens ; et les Upirolcs profilèrent 
de son absence pour noniiuer un au- 
tre roi. i^îaride parvint àse réconcilier 
avec eux ; mais ('assandre s'opposa à 
.sein retour dans l'Epire , et envoya 
ponr cet elfet un« aimée commandée 
par l'bilippe son frère, qui, avant 
reiHîontré ^Eacide averses troupes sur 
la côte voisine des îles (Koiades dans 
I Acarnanie , lui livra nn combat dans 
liM|ucl /Eaiide fut tué. 11 eut pour fils 
Je ciJèbre Pyrrhus. 

.EI.AM , lils de Sem , eut son par- 
ta;^c à l'orient du Tifrre et de l'Assy. 
ne , an nord cl à l'orient des Mcdes. 
La capitale de ee pay^ était Ëlvmalde. 

.KMIj'.s SliXTlls'l'EfUS CATL'S. 
jurisconsulte célèbre . vécut lians le 
6^ siècle de la fondation de Rome; 
l'ut sncressivemenl édite, consul et 
censeur, et donna son nom à une 
partie dn droit romain, Nninnié con- 
sul , l'an 55i>de la fondalion de Ho- 
nte . à la lin du la seconde fïuerre pu- 
nique , ^^lins se fit remarquer par la 
Iti^idilé dnses mneiirs, maii^-iant dans 
dv la vaisselle de lerie. et refnsani 

I- v s d'orient que lui olfr lient le^ 

auiVa---'adeui9 éloliiiij. l'aneuu u la 



censure, avec M. Cclhégiis , I! ;it<i- 
f;na au sénat dans les jeux puli'ic^ 
une place distincte de celle ilu peu) le, 
Ji .NES IDE un, philosopl,.' p.mtI.... 
niin de Gnossiis . dans l'ije de (lien- . 
fut disciple d'IIéruclide <lu Pont ,1 
çonter.iporaiii de C.icéron. Un lui 
donne quelqui-fiiis le snrnoin d -î 
lcj;andrîn , parce qu'il eiiseipuu Ij 
pbilosupliie à Alexandrie. .Eiiesidiiii.; 
fut le resiaurateur de la secte de \'\ r- 
rhon , qui, depuis la mort de Tinic.ri 
de Phliase , était peu considérée. 11 
I, au rappnrtde Dioaène Laërce, 
huit livres de ia phiiosuplûe scitptàfue , 
loiit il ne nous reste qu'un evtr.iil 
ans Photius. 11 partît "avoir encore 
té très-partisan des opinions d'Il.'ia- 
clite. On ignore î'épo<pie de sa nimt. 
*.P1NDS(F. H. Ui-ii- Taion j, uù 
à Rosicrk, le j5 décembre ITS^ , 
mort à Dorpt en Livotiie, en ïSoi , 
s pbvsiciens les plus rcconiui;:n- 

dables. Le plus rein...quable d s 

ijies est intitulé : Tci.lm.u'n th.o- 

Uctrlciiaiis él mtl^^uei'-Sitii , l'è- 

teisbourg, 1 vol. in-4'' M' Hauy en 

publié un abrège CD français . i'}^';^ 

in-S°. 

STIIEniUS, architecte Rfcc, fl.- 
iss.ait vers l'an 600. tlii lui attjil 
a grande muraille de i3 lieues 
011^ et so pieds de lar^<-nr, i|< 
l'empereur Anasiase 1" lit conslrnnu 
pour garantir (^onstanlinopie des m 
suites des JUuus, des Go. lis et c.'i 
bulgares. 
Ji flON, vayci Etios. 
JÎÏIUS , général romain , n« \ 
Dorostliore, dans la Mtesie. Gandenca 
son père, scylbe d'origine, parvint 
aux prcinîerâ euiplois luilitaires. el 
fut tué dans les Gaules par des sol- 
dats inuliués. £tius, élevttpainii les 
gardes de l'eiiipercnr , et donné bi> n- 
lùt en otage au ledoulable Alarie, 
apprit l'art de la guerre sous ce con- 
quérant , cl profita de son séjour cbei 
les barbares ponr se faire aimer d« 
ces peuples qu'il devait nu jour avoir 
alternalivemeiil pour ennemi» et pour 
allies, jr.tius joignit Attila, roi ilen 
llnniipiés de Cbùinns en <:h.im|<a- 

:;iie , dailR les clianips (•il/(ï//iflrlf.;'(f ,«, 

i-t lui présenta la bataille en '•-''i- l--t 
uuit vint I o.itiir la (ci.ailu d'A'li) 



AFH 



ij 



AGA 



»t rafhfr eux deui parl'u l'Iiorreiif 
du curriape. Prés de Irois cent miile 
mnrU joiichaicnl U terre. Throrloric, 
rui de» Vi»;, nlh» , fui trom^ |iciri'- 
d'un dard. JILimf Tul tué de la ii),<in 
dp rempeicor V«leiilinipu , en iJi, 
Ses btlles aciinns ont fait oublier Ie5 
inlri;>iie» el les *iles innoœuïre» aux- 
qurlU-n il s'al>a<»st peur pirdre M:s 
rÎT'iux et fCK eniiL'ini». 

AFER (Cs. PoBiTirs!, célèbre ora- 
teur »i>us 1er régiiei de Caligula , de 
Claude et de \rioD , ctt né à Ninies . 
) »ii |5 ou 16 av. J.-C, de parens 
oh>eur.>. Modirli- des dt'laleur» . il dé- 
fini cher à 1 ibère , qui le ii'ininia 
préteur. Flalleur de Caliguia. qui lui 
donna les faisceaux ron^ulairrs , il 
CfMifcerva loute sa l'aveur tout Claude 
et sou» Néron. Il fui retêlu pendant 
leur règne d'emploi» imporlan» , el 
luuniut d*inlenipêranre sous l'empire 
du dernier, l'.io .^9 di }.-C Afera 
ele le maître de Qninlilicii : r'ett cr 
qu'on peut dire de plus honorable en 
faveur de ses tatens pour diminuer le 
iDcpi'15 qu'inspirt'Ol »e» tiees. Il ne 
nous reste de lui que quelque» seii- 
leiires dans Quintilien, dans Diuu el 
dans Pline le jeune. 

AFRAMICS (L.l, poète e 
latin, vécut environ luo an 
].-C. Cirèron dit qu'il imit.v Titiws, 
et loue la rine««e de son i-^p 
que la l'aeiliié de scn Myle. Horace 
parle de lui ccmnie d'un itniiateu 
de Menandre. Afr.inius ii'emjirnul, 
poini ses sujets au théâtre çrt-c com 
Die .ses devancier-: il s'altacba sur 
tout à peindre les couti:m>-5 de son 
temps el de son pays, re qni lit pren 
dre à U roHiédie l«- nom de Iii~a1a, 
de la lo<:e romaine , an lien de pal 



AC.SG, roi des Amalecile.. SaCI 
l'éparpi» cunlie l'ordre de Dieu , 
mais haniuel le cuiip.i m morceaux» 
à Cul^ala, devant l'.iutel d» Seipneiir. 

AGAR. Egjpti.nne. servante de 
.'îara . femme d'Abiabam, el mère 
d'Ismacl V. ABsiniM. 

AGASIAS . «-ulptenr d'E|ihèse. 
Les particularités de la vie de cet ar- 
tis'e sont toiil-a-fail ignorées: il n'en 
esl p»s moins céb lire dans Tbisloire 
d< s arl« . puisqu'on doit à son riseini 
la belle >lalne connue snus le nom da 
Gladiateur rie la villa IVirchese . trou- 
vée avec l'JpnlIon du Bnhéder à Net- 
tuno . autrefois Antinm , lieu dr la 
naissance de Néron . où cet empereur 
avait rassemble un grand nombre de 
clitf» d'œnvre enle>e6 eu Grèce par 
l'aOranchi Aeratus. 

AGASICLÈS, nn'Hérodole nom- 
me Ilégé.-iclès, ^■l^ d'Arrbidamus, de 
'.a ser.iude brai'Cbc des rois de Sparte, 
monta sur le trône vers Tan 5bA avant 
J.C. Les Lacédémnniens lirent sou» 
son règne la guerre aux '1 égéaies. maia 
sans .succès. Il eut pour successeur 
Ârir-on son lils. 

AGATHAnr.HlDKS, géograpl.e et 
liislorien , né a (ïnide . avait êle dans 
sa jeunesse lerleur de l'Iitsiorieii llé- 
raclide , surnommé Lt inbns , el fut 
par la suite tuteur de Pinleniée 
Alexandre . qui régna sur l'Egvpte 
vers l'an mi avan 1 J.-C. 

AGATnAr.n'„E , peintre , fil» 
d'Kndemus, vil le jour â Sanios; mail 
ce fni à Athènes qu'il exerça son 
art. 11 peignait aiee un é;:al succès 
les anim.iux , les urneinenstt les dé- 
corations, Alcibiade voulut avoir une 
maisr>ii décorée par cet artiste. On 
pense qu'il y a en deux Agcthariju 



fiotâ, du mot pa/'ium , maitteau grec, i dent l'nn llorissait j^hh ans ou envi- 



Ijninlilien vanta les talens d'Afr 
en lui reprochant des peintures Irni* 
obseènes. Une de .-es comédies était 
intitulée : t'Jnccr.die. Il ne reste de 
cet at'.ienr que quelques fragmens 
dans terorpus/Toetariim de Mail taire et 
da:>« la CjtUetio piitaurenàs. Il y a un 
anire Afranlni yépos (L ). qni avait 
servi sous Pompée . qui le fit nommer 
ron-nl l'an de Rome 6gi, lorsqu'il 
roinnienra à redouter César. Il ['eril 
mas^Hicre par des .-uidiiis. 



rr.D avant J.-C.t et l'autre So ans plus 
tard. 

AGATHIAS, dit le Scholastique. 
poète et bistorjeii . né â Jlirine, ville 
de l'Asie, a continué Vlitt-toire de Pra- 
copr- de Césarée , depuis l'an £ôa, jus- 
qu'à l'an 559 de noire ère. Cet ou- 
vrage a été traduit eo français par le 
pré«idpnt Cousin. 

AGaTHoCLKS, t>ran de Svra- 
rnse . |il> d'un potier de terre nommé 
i^eicinus, 4U1 , banni de Rcggio sa 



AGI 



ï4 



AGI 



\iHc nalale, sVlait établi à Tbeimos 
eu Sicile, osl né vils l'an 35? av. J.C. 
Il exerça d'abord la même profeffior 
que son pérc. et Ffiiit eiisiiile coni- 
tn<; simple soldai: devint elief d'une 
liande de biif,'anils , véiut de ra|.ini- 
à leur lêle . s'empara du pouvoir son- 
ïi-rain, et lil massacrer quatre iniile 
jiersoniies dans Syracuse. Il pojla la 
puerre en Afrique , cl la fil toujours 
jusqu'à sa mort, arrivée l'an 2S7 
avant J.C. , à l'âge de 7» ans , après 
en avoir régné aS. Quelques écrivains 
ont révoqué en doute son empoison- 
nement au moven d'un cnredent que 
lui donna Jlénon son favori. La pru- 
dence , l'babilelé et la valeur d'Aga- 
Ibocles , ont été eflacées' par ses per- 
fidie* et sa cruauté. 

AGATllO.N, d'Atbènes, poêle as 
(.ez distingué de son temps , et don! 
Aristole cite des pensées, avait com- 
posé des tragédies et des comédies. 
Sa première tragédie fut couronnée 
aux jeux olympiques. Il était magni- 
(iipie dans" la dépense de sa table. 
Quelques auteurs prélindent que le 
iJiin.;>ii( de Platon, son contemporain, 
fut composé il sa table. Agallion in- 
troduisit le cliani dans la tragédie; 
l'anlilliésc était sa figure favorite. 

AGEKADAS ou ÀGEf.AS , sculp- 
teur célèbre , qui fut maître de Poly- 
ricte et de Sl.vron , était d'Argos. Ses 
ouvrages étaient répandus dans toute 
la (".récc. Il avait fait pour la vilh 
dTgium deux statues de brome dont 
l'une représentait un Jupiter enfant, 
et l'autre un Ileiculc .'ans barbe, el 
pour celle de Xarenle des clievaux 
d'airain et des femmes captives. Itbô- 
mc et Delpl.es renlermaient aussi 
des ouvrages de cet artiste. Tline dit 
pusitivenieni iju'Agéladas lloris-aii 
dans la S7<: olympiade , 403 ans avant 
J.C. 

AGESAXTIRE, sculpteur rbodien. 
lit , de concert avec Ailnnodore son 
fils, et avec l'oljdorc , le groupe ad 
■nirable qui repréiiente I.aoeoon et ses 
deux pis dérorrs pardiux «erpin». Il 
décorait les bains de Titus du temps 
tic l'Une , et c'est à cet auteur qu on 
doit la cani:aissance des noms des ar 
listes qui y oui travuillé. Il c'est plu? 
■u Muséum. 



AGESILAS II , était le second ni? 
d'Arcliidamus , roi de Sparle. il 
monta sur le trône l'an ôgg aianl J.- 
t;. La gloire de Sparte était alors . 1 
plus baut période. Il mourut au {• 1 
de Ménèias en Afrique, à l'âge de ^ 4 
U en avait régné 44, et pciulani 
plus de trente ans il avait tenu le |n - 

r rang dans la Grèce. Il a m I 
bonbeur d'avoir pour brstorien X^ 
pbon son ami , qui en cette quali 
quelquefois un peu déguisé la \éi 
Outre Xénopbon , Plularque , l'i - 
dore de Sicile et Cornélius Xêpos , 
ont encore écrit sa vie , el l'auteur i!a 
Voyage d^ÀnacharsU en fait un Lf i 
e d'après ces historiens. Agésil is 
a fourni à Corueilie le sujet d'une i.f 
ses traaédiis. 

AGESU'tiLIS I , fils de Pn 
nias, roi de Sparte, de la bran 
aînée, était encore enfant lor.-'i. e 
Pausani.'is fut obligé de prendre ta 
fuite, et de l'abandonner aiiui (pid 
Cléombrole son IVcre. Il eut pour !"- 
ur Aristodême , également <ie ' t 
ce des lléraclides. Lorsqu'il fui i :i 
e de régner, il comiuanda les 1 
deuioniens dans dillèrentes es| 1 i 
tions contre les Argiens cl contn ! ■ 
.\rcadiensde Âlantinée. On l'euM 
ensuite contre les Olyntbicns , <■ •. 
avait déjà obtenu de Ires-grands su 
lorsqu'il mourut à la ficur de son 
l'an ôSo avant J.-C, regrette d'A- 
lasll, son collègue , qu'il aim;i 1 
avec lequel il n'avait jamais 1 1: 
moindre dllférend. Il ne laissa ]' 
d'enfans , et (.lèombrote son frcr' 
succéda. Il y a eu deux autres lois 
Sparle du même nom. 

AGGEE, l'un des douze petits pi o- 
pbèles , vivait du temps de Darius, 
lils d'IIystaspes. 

AGIER. président de la cour roy.ile 
de Paris, né dans cette ville en 17.. , 
mort en iSsJ , se distingua par .si 11 
amour d'une sage liberté, par s' s 
vertus et surtout par l'indépendame 
de son caractère. Il a laissé plusiems 
ouvrages de jurisprudence, de puli- 
lique <i de llièologie. 

AtilNGOLltT , (C.snorx i)'), né à 
Venelle piès Gompiègur , mort oclo- 
gen.iiie, en sepiiuibre i8i4. ù riouiv, 
|où il pasea la [lus ^taod* parlia de ta 



AGL 



i5 



Ano 



T^fi. Amateur cchiié , il a puhli/! 
Vllistoire de l'art par les manumcns , 
P.iris, 1809, a vol. iii-fcil. avcp un 
tejlc rédigé par M. Larretilli' jfiiiic. 
AGIS. Il y en a qu:ilrc. Le pre- 
mier, lils d'EurjslIièncs , roi de 
6|iarle, lers l'an '9S0 a»aiil J. C. Il 
eut [jour successeur EclHiiirjlus son 
fils. Les rois de sa brandie prirent de 
lui le nom d'igiodes. A-h II . li.s 
d'Arcliidainus , de la secumle bran- 
die des rois de Sparte , moula sur le 
Irùne vers l'an 4S7 avant J.-C, dans 
la 4"^ année de la Ruerre du IVlopo- 
liésc. Il commanda les Laredi-nio- 
niens dans ditVérenles expédiions 
contre les Argiens et les Alliéniens, 
oinsi ((ue contre les Eléens qu il força 
à faire la paix. Il mourut bir-nlol 
après dans un âge lrès-av;nK*è , l'an 
£99 avant J.-(!., laissant un (ils nom- 
me Léolveliides, qui ne lui succé'la 
pas. Wgislir, fils d'Arcliidanuis, de 
la seroude branche des li.raclidts et 
pelil-lils d'Agésilas , nvniia sur le 
Irûnc de Sparte l'an iôS avant J.-C. 
li fut tué dans un combat contre An- 
tipater, qui eouimandail en Macé< 
doinc pour Alexandre. Il avait régné 
neuf ans, cl il eut pour successeur 
son frère Eiidamidas. A^is II', liU 
d'Gudauiiilas II. monta sur le trune 
de Sparte l'an aiâ avant J.-C. La ré- 
tiiiblique marchait alors vers sa ruine. 
Il fui étranglé par suite de l'ingratitu- 
de de ses compatriotes. Sa mon a été 
le sniet de plusieurs tragédies. Il y a 
un < inquième ,4^is qui, au rappo ' 
de Quinle-Curce , était le plus di tei 
table des poètes après t^liérile , et un 
»il nalteur. Il fut dans les bonnes 
prâces d'Alexandre ; il av.iit écrit sur 
l'art de la cuisine , suivant ce que 
rapporte Alliénée. 

AGLAOI'HOX, peintre de l'île d 
Tha-os, vivait dans la 90' olympiade 
420 ans avant J.-C. Il Inl le père e 
le maître de Polygnole et d'Vrislo 
phon , qui soutinrent la répulntion 
qu'il s'était acquise. Quintiiicn parle 
de la simplicité du coloris d'Aglao- 
plion , et vante ses talens. Suivant 
Athénée , ce fut lui qui peignit Alci- 
Iliade et la courtisane Némée assise 
sur ses genoux, lui prodiguant les pins 
ijiTes caresse». Aleibiadc t-vtiusa ce ta- 



bleau publiquement, et les Athéniens 
ne rougirent pas de se porter en î'oule 
à sa luiii.'.ou pour l'y voir. Plnlarque 
Ittibue ce tableau au pinceau d'Aris- 
lophcin. 

iGNliS DE ME'.'.AXIE, reine de 
France , épousa , en njC, PbiKppe- 
u-te , qui avilit répudié Ingeb 
bnrge, iille du roi de Dlnnemairk.. 
|ue les censures de Rome l'obligèrent 
le reprendre. Agnès mourut la nicma 
innée au cliàtcau de Puissy . c'est-4- 
lire en 1 201. 

AGXODICE, ieune Albénienno, 
qui se déguisa eu homme pour suivre 
les écolis de niéileeinc , dont l.i loi 
iiiterdî.sait l'entrée aux personnes do 
son sexe. Snllis.miiuent instruite par 
nérophilc, médecin célèbre, ello 
conserva son déguisement , et obtint 
de grands succès dans la pratiipn.-, 
qu'elle borna surtout aux accouche* 
mens et aux maladies de ftrmmes. 
Les luêdceins jaloux de sa réputation, 
la cilèreiit devant l'aréopage , l'accu- 
sant de ne faire servir son ministère 
qu'à corrompre les femmes ; ello 
n eut besoin pour se justifier que do 
faire connaître sou sexe, et la loi qui 
lui était e. intraire fut révoquée. 

AGXOMDE, orateur d'Atbèncs, 
eut l'audace d'intenter contre Tiiéo- 
pbraste nue acr-us;iiion d'impiété quo 
(e peuple repoussa avec inilignatinii , 
et peu s'en fallut qu'Agiionide n'en 
fût lui même victime. Chassé «l'Atliè- 
nes par .\ntipaier après la mort d'A- 
lexandre, il obtint de Phoeion la per- 
mission de leienir. Oubliant un tel 
service lorsqu'Anlipaler fut mort, il 
se porta aiensati'ur de PlioeiiMi devant 
IN.lysperchou et demnt le pi-npie , et 
il le lit condamner à ii'oit : uiais il 110 
larda pas à recevoir le ebûtiment de 
son ingratitude , ci^r le peuple , reve- 
nu à lui-niêntc , le eoiidanina à son 
tour au dernier supplice. ' 

AOOlî VC.IITTE de Paros, fut l'é- 
lève Civoii de Phidias, qui irai;ailsuc 
ses propres ouvrages h- nom de sou 
jeune disciple sans s'ap-reevoir que 
l'élègaiK?» du ciseau dé\oilait l'inipos- 
ture et iraliis.sait l'ainillé. Agoracrito 
ayant roncuurti pour nue statue de 
Venus avec Aleamèues , autre élève 
de Phidias et originaire ù'Atbèiie» , 



AGR 



16 



AGR 



eut la iloiileur île inîr roiironnir siin 
ritalpur riujuslr prrTcnliiin dt-s Adié- 
uieiis cl» faveur de leur compiilriote. 
Agoraciife îndi;;né vendit sa sldlue 
nux linliilaus de Rliamiius, bnnrg 
de l'AUique sous la clau.^e PX|.resff 
qu'elle lie reiiirt-rnit iainiiis dans 
Ailii'iK's, et pour éterniser sin les- 
seiilim- lit , il i.i iioinnia \*'Cit->is. 
iVv.i\ de là i|ue \en-iil le siinuini rie 
Bhaiiiiiiisieiiiie , que les aii<'ie[i:< d^xi- 
uaii lit quel<j:i<ruis à la déi^e de tu 
\eii?e;inci'. Vanon re^ardiiit cfile 
filatuv connue la plu.i belle de l'ami' 
quité. >^oracrite liTuit dans ta &ô^ 
olympiade. 

AGOI'.AUP, archevêque de Lyon . 
en SiS, mort en 84o, lit abroïir la 
lui qui antui'isait les duel.s judiciaires. 
Entre ses nonibreux écrits on doil 
distinguer ceux où, s'éleranl au de.vsui^ 
des erreurs de son temps, il condaju- 
oa les épreuies de l'eau el du feu , ri 
l'opiniou géuérale qui regardait les 
sorciers comme la cause des orales. 

AGOCIi (JosKPn), homme de let 
1res, né en Egypte, ters l'an 17S0, 
professeur d'arabe au collège de 
Louis-le Grand, membre de plusieurs 
sociétés savantes, est iinirt îi Marseille, 
au comiuenceuient d'octobre lS32. 

AGRIC.OLAfCs/EisJniis!, consul 
et gènêial romain, ininiortalisé par snn 
gendre 'laritCiet digne en elVel d'a- 
voir un tel bistorien , par la réunion 
qu'il ofl'rit en sa personne de la plus 
b»ge politique jointe à la plus bril- 
lante laleur, el d'un car.'CiéiH aussi 
aimable que son àine était élevée. 
Pelitlils de deux procurateurs des 
Césars, (ils d'un sénateur, il recul ie 
jour l'an io de J.-C. , au Kiii de l'il- 
Inslre el ancienne coloniir de Fré.ns, 
lit ses éludes à Maiseille , ses pie 
luière» armes dans la Bret.ipne , pas-a 
de l'enthousiasme de la pbiiosnplile à 
celui de la g'oirc luiliiaire , cl d.:ns 
les camps .linsi que dans l'école , d.Tiis 
Li ville comme dans les proiinres, 
conserva toujours untt pureté iiullé. 
rable. AgricoU fut questeur intégre 
auprès d'un proconsul concu^sion- 
tiairc , Irihun muet sens Néron, pié 
tenr religieux sous Galba , goii\' r 
peur chéri d'Aquitaine , et consul 
|juuur6 mm Vespasiep. Dom^lieii , 



jalnuT des victoires d'AgricoIa, le H» 
mpoîsonner ; il était âgé de 56 ans. 
Lisex Tacite sur sa vie el sa mort. 

AGP.IPPA, surnommé IlÉKOPr', 
ils d'Arislobulc, et petit lils ci'liu- 
-nde-le-Grand, passa uue grande par- 
tie de sa jeunesse à Koiue , où il Kl sa 
cour à Tibère, et lia une étroite ami- 
'ié avec Drnsus , fils de cet empereur. 
Après la mort de ce jeune piinre il 
s'attacha à Caïus Caligula , lils de Gcr- 
manicus, qui le combla de biens et 
.le faveurs el lui Gl prendre le litre 
de roi. Après la mort de Gains. Glande 
ajouta de nouvelles provinces à relies 
qu'il avait déjà; en sorte qu'Agi':' 
réunit à sa couronne tout ce qui j 

raposé le royaume d'ilen^d-: ■ 
Grand son aïeul. Il régna avec d 1- 
r sur les Juifs, et s'en G t aimer. Il 
mourut d'une maladie horrible 1 an 
Ude J.G. 

AGRIPPA LANATCS (JIksixiis), 
fut nommé consul l'an a5i de la l'oa- 
dation de Rome , avec Publius Pos* 
tliumiusTnbertus. Son collègue ayant 
été battu par les Sabius , Agrippa 
alla le secourir à la tète de toute la 
jeunesse romaine, et remport.i une 
victoire complète qui lui valut ba 
boniieure du triomphe. Ce firt la pre- 
mière fois depuis Pélablissement du 
consulat que la cérémonie du triom- 
phe eut lieu à Rome. Ses funérailles 
furent faites aux dépens de l'Ëlal. Il 
y a deux autres Agrippa : l'un , M. 
Vipsanius, lils de Lncins, élevé avec 
Octav«,etqui contribuas l'accrois- 
sement de ta puissance; il deviiii la 
seconde personne de l'cuipire. U 
mourut à Si ans , l'an 749 de Rome, 
et légua au peuple romain ses biens 
et ses jardins. L'autre Agrippa | H.:r- 
eus Jnlius), troisième lils du précé- 
dent et de Julie , fut surnomme Pos- 
thume parce qu'il naquit après la 
mort de son père. Il était d'un u ii- 
rel grossier et sans culture , fier île ^1 
force de corps qui était eztriordin u . 
mais il n'avait pas de vices. 'J'il>e>< 
Qt mourir secrètement daus I'm 
rieur du palais. 

AGRIPPINE, fille de M. V,| - . 
nins Agrippa et de Julie, Ijlle d.\u- 
gusle , épousa Geriuanicus. Elle lui 
luona Qeulcufdiu, tuitru autres Cal-.- 



fula et âprippiMB,nii.T« de i'îéron.Sa 
Lcunilitc, 60U ;itlat-liemtrii< ;i •ton iiiaiî, 
«*l 5un Cdractcre fier el irtOcxibte , la 
ireiiclirent oïlieiisi: à Livie et a ttl>''re. 
lille vécut ju.qu'à l'ail ôj df J.-C. La 
plus céîcl>re tsi Agrippine , tille d^ 
Geriuaiiicus et de lîi j^rrrétiriilr, qui 
naquit (JJDS la rite d<'» Uliii-ii> . sur 
les hordf du Kliin. Tibère lui dnnia 
pour époux , à quatorze an« , Cii . Ito- 
luilius Abeuob.irdu5, Ho^it elli- rut 
un tils qui porta d'aboi-d le nicm^- 
uoiu que sou père. Apre» la inurl de 
DninitiuSj elle épousa lîii^pus Pu^ 
B.eiiiis . qu'elle lit assassiner pour 
posséder ^es binis , qu'il lui aiaii lé- 
gués. L'bistoire de sa fie bien connue 
eerall trop Ion;>tie ; lisez surtout Ta. 
cite. Ou sait qu'elle fut tuée par l'or- 
dre de son Uls NOron , qu'eMe idolà- 
trait et dont elle avait dit : < Qu'il me 
• lue . pnurru qu'il ré;;nc I • 

AiîCESSKAL'tHE.^m.Fnixçonn'). 
né à I,'mo[;e», le 17 noTetnlire iCG» , 
mort à l'iris le 9 féfrier 1751 , cli:iu- 
celiei de France. Lié dés .-a première 
jeunesse avec lioileau et Kaeine , il 
ai ait puisé dans la rouTersution de 
ces deux grands poê'tes l'ainonr des 
lettres qu'il a conservé ton e sa ïie , 
et le goûL eiquis et l'élnruiion noble 
et sinipb' qui embellit tous an ouvra- 
ges. Le ;rraiid juri^ronsuile , le légis^ 
laleur, I boniiue enliu qui a honoré 
«ucces.iveiiu-nt loules l>-5 magistratu- 
les, penveni seuls nous dérober l'hoa]' 
me de Icllies. Les hciences, la pbi- 
tusopliie. l'éloquence, la poésie même, 
rien ne lui était étranger. A IVtude 
de toutes les langues savantes il avait 
réuni eelie dt- la plupart des langues 
de rCutope , et s'il éliiit un moderne 
que l'on pût comparer à Cicéroo , soit 
pour 1 étendue , soit pour l'iiniTersa- 
lilé des connaissances , nous ne pour- 
rions citer que d'Aguesseau. Sembla- 
ble aiiik Slolé et aux Lamoignoii , il 
n'était pas moins reconimandable par 
les vertus du eiloien que par les qua- 
lités de l'homme d'Élat , modèle d,ins 
ravie publique, modèle égaleiueut 
dans s3 vi • privée. 

AillAS , pr.ipliète de Silo. Il a écrit 
des livre? sur !e règne de Salomon. 
Ou i^usre l'époi^ue e( It genre de sa' 
lutirl. 



7 ALA 

AJIIESEU , liUd'AiumUaaal, chef 
(Jf U tribu de Daii , qui ^oni( Je { E- 
»ypte à la lèle dr 137000 liumuK» 
<le sa tribu. 

Allir.A. nis d*Enam. rl.i-r^de la 
tribu de Npfiblati. Il sortit de rÉ?v|ile 
à la Xî-\r de sa trîbu , coitiposte de 
5ô43o bon]n1t•^ y tous ati-drs>u5 de 
vingt ans , et capables dt: porirr le* 
ariu»'5. 

AlCHAfT. prcondc f.mrnpde Ma- 
lioniel. éuit lîl)*; d*^hnu H'kr. Elle 
fui lendreiiii-m rli<^rie de Aldlioniel, 
qui s'en fai^iiil arcumjiagner dan* srç 
eip^dition». Ce fui <*ll»- qui r^-ru! ses 
dernier» «nu pi r s. Sa mil- moire est 
chère a<!ï stclalfurs du Coran , qui 
l'onl dtcorée du llln^ dr prophètes^ 
et Tonl niife an r-mp dp» qni-tre iVm- 
mes incomparables qui ont paru <ur 
la terre. 

AIMOIX. bin.dîclin de Fleury- 
5ur-Loire, n«^ à VillprranrIie-pn-Péri- 
gord , mort «-n looS. Son principal 
ouviage v>\ V Histoire des Français . ch 
cinq livres, dédiée à son luailrr le cé- 
lèbre Abbnn. 

AA.BAR (.MoHAMEDl, empereur du 
Mogol , au xvi^ >iêcle , mort en i6o5, 
âgé de 65 nns,**ui un rîpnp :igilé par 
des iiisuriec'.ions contjiiupllt-s dont il 
triompha p:tr son cnurapp ; il dirigea 
tou« ses soin5 ïpts sps fastes Klats , 
protégea les sciences et Ips arts. On 
doit à M. Langh-s d''s déiail.* intéres- 
sans sur cet illustre moiiari|iie. 

AKENSIDE {M»Hc). médecin an- 
glais , né le 9 novembre 172 l, à New- 
caslle sur le T\n , mort le a5 juin 
1770, est moins connu comme mé- 
decin que comme poêle. Son poruie 
des Ptaisirs de l'Imagination , regardé 
comme un des plus beaux nionnniens 
de la poésie anglaise , a été traduit ea 
français par le baron d'iIolbaicb.i7C9» 
iu-ia, 1806 , in-iS. 

ALAMAXM (Loris), célèbre poète 
italien , né à Florence, le aS octobre 
1495, d'une fjniiile des plus distin- 
guées , mon à Arob*'i«e le iS avril 
i556 , s'attacha à ia France . et rem- 
plit , à la salisfaclion de Fiançois I et 
de Henri II , plusieurs rois>ioii» im- 
portantes. Le meilleur de ses 00. 
irages et le plus <-o!i'!e fuudenj»-nl de 
sa réputaLiuu tat sou poènu d« T^tù- 
2. 



ALB 



18 



ALB 



ea(Iur< (Cnhieaiione] , que !<■« Iljlit-ns 
mettent à côté des îjéorgique.». 

ALARIC. Ce eonqiiéraiil, le raoiin 
jiarbare de tous ceux qui raT.isir>-iil 
rciujiire roiiïain , était de la fanillie 
des Baithes, la plus illuslre de la iia- 
lioD des Gotliï après celles des Aiua- 
les, L'bistoîre ne coiumence à parler 
de lui que vers Tau 5o5 , époque où 
les Gotbs se réunirent aux arnices de 
Tliéodnse-le-GranJ pour couibaltic 
les Uuns, nation redoutable à IVni 
pire d'Occident. Le régne d'AJjiic 
est une des époques les plus reitii.r 
quables de Tlilsloire du Bas-Empire , 
et l'on doit regreller qu'elle ail 
écbappé au pénie de Montesquieu. 
Ce fut lui qui le premier cn>eij:n;i 
aux barbai es le cbeniiii de Rome, et 
qui leur apprit que le tempsétait tenu 
de braver r^ocieunc maîtresse du 
niontle. 

AI.UAXE (pRiNç.ns ALDANT, nne 
noL> nomaions 1') , peintre, né à Ho- 
loRue le 17 mus iSjS , cléïe de 
l'éenle de Denis Calvart , pi imre ori- 
ginaire de Flandre , avec le I^>n1ini- 
qniiifson ami intime. Qm-lqurs au- 
teuis ont afq>elé avec raison r.\!î>aiie 
l'Anaeréon de la peiiilnre. Il linii sis 
jours le 4 octobre iCGu,à 1 à^e de 
85 ans. 

ALIiAXÏ (LocisEllixiMii.ir.NXE nt 
Stolberc , comtesse d'J, née en 1732 à 
Hlonsen llaiiiaull, mariée fort jeune .m 
dernier préiendani ù la succession îles 
Sluaits, qui ne la rendit pus luii- 
reuse , contracta avec le poète Alliéri, 
une liaison légitimée , dit ou » par nu 
bPcret bynien, vécut vin»l ansavec lui, 
n'engagea , à ce qu'on croit, dan> \m 
5* mariage, et mourut le 90 jaiiiiir 
lSa4> laissant son bérilagc au peintre 
Francjois de Fabre , de Montpellier, 
qui a consacré noblement, à l'iui- 
belliMienient de sa ville natale, tou» 
les objets d'art qui en fais^tient pat tic 

ALBC (Fekn. Ai.vAutz db Toi.ti»:, 
due d'j, lié en i5oS, d'une des pie- 
niières ramilles d'Espagne , iiioit b 
I> janvier en l5r|i . servit en Italie , 
en Hongrie, en Afrique, sous Ciiar- 
Je$-(,)uinl, et devenu gi-iiérniissinie 
dc.« années impériales, ga^iia sur 
rélertrurd». S-ie, en i."'47, la li.i 
tdille de MuUlbcig. NuuilUii guuver- 



leur des ^ays-Bas, son excessive se* 
reriié, au lieu d'étonUér la rébellion- 
-ausa la guerre civile. Toute la Fian- 
:lre, béri^see de forteresses , écrasée 
d impôts , jianit soumise, à rexcej.- 
tion de la Hollande, lorsqu'il l.i 
quitta, en se vantant d'avoir f.ut 
périr dii-buit mille indiiidus par la 
main du bourreau. Après un exil c!e 
deux ans, causée par une iulrigne de 
son lils à la cour, il fut eiirové t u 
Portugal, gagna deux batailles m 
trois semaines , et soumit tout <:■■■ 
roxaumc à Philippe 11. On dit qu'< u 
mourant il eut bnrreur du sang «ju il 
avait fait répandre. Politique baLiV 
et grand capitaine , l'excès de -^ •. 
cruautés a imprimé à sa iiiém(''it- 
une llétrissure inciraçable. Sa vie a 
été publiée à Paris, i6g3 , i vil. 
in-12 

AI.BEROM (JrLEs). cardinal .1 
ministre d'état fort célèbre, él ..t 
lils d'un jardinier. Il naquit le . > 
mars 1664 à Firueiizola , village du 
Parmesan. Il devint l'arbitre de l'I -- 
pagne sous Pbilippe V, et mourut .>■ 
zti iuin 1/52 , à ^~ ans , avec la ré; ::- 
talion d'un ministre plus inlri|:.> t 
que politique; aussi ambitieux <; ::- 
liiebelii u , aussi souple que Maz.iiin , 
mais plus imprévoyant et moins pni- 
foiid i|ue l'un el l'au're. LeTesloinrnl 
fiolitiiiue publié sous son nom a|;ifs 
sa mort, comme traduit de l'italien , 
ne lui apparlient pas ; cet écrit est île 
Maubert de Gouvest. 

ALBEUr (le ciivnd) , de la famille 
des comtes de Bollsiscdl , vit le jour ù 
Ijauiiigen , en Souabe , en 1 19^ sui- 
vaut les uns , et en iao5 suivant les 
autres. On lui donna le litre de magi- 
cien , mais l'étendue de ses conii.iis- 
sinccs, si étonnantes pour son siècle, 
iiinlive assez l'épilbéle que ses con- 
temporains ont ajoutée à son no-n. 
Il mourut à Cologne en laSo. âgé de 
S7 ans , et laissant plus d'ecrils qu'au- 
cun philosopbe u'eu avait couiposét 
avant lui. 

ALBERT ( Jeas-Baptisti ) , Ibu 
tenant-général, ne en 1771, djns 
les Hautes Alpes, servit arec gloire 
aux Pyréuée» , en It.die et en Alle- 
magne, se distingua à Eylau, nu 
i'U^e du Uauttic , à Ess'iiiif , à Yi'»- 



ATB I 

|>ram, t»t, il:in> la i-ani;>.'>;;nD île 
JiiissJe, iioiumc f^t-nér:! dr diti^iuii 
fiur le champ de balaille de t;i Kcré- 
ein.i, soutint sa rt-putaiiuii dans les 
campagnes de iSi5 et de iSiâ. et 
luuijrtit en 1822, regardé coiuiik' lui 
des Dieilleurs généraux de l'ariuée 
franral»e. 

ALliKr.TI di Villanoia (Piti^çoK 
o') , auteur du meilleur dicliunnaire 
fnin(;ais et italien , italien et Tian- 
çais , f\ue nous ayons, naquit à Nice 
fn 17Ô7. Il est luocl à Luc(|ues en 
1800. 

ALBIN'OVAXCS (C. Ptno) , po^le 
latin qui vÎTait sous Aupi>!e et snus 
Tibère. Il reste de lui une élejiie 
•rlressi-e à Lirie sur la niorl de son 
6is Orusus, en 474 Tei-s; u'ie éît'g't 
tur la niiirt de JK-cénas, beaucoup 
pins courte que Tantre ; une autre 
élé(;ie iriiiinlée ; Les derniirtê pttrol^t 
df Mécénat; et enGii un fragment 
d'un pninie sur le loyagr de Gerra.i- 
nicus dans l'.liéau SHpIcnlrinn.)! , 
coii.Ht-rté par 5énè'|ue , qtiî 1 usttiuait 
branpoup. Martial a également donné 
des éloges à Albiuarauus. Oiidu él.iit 
Irès-lié aiec lui , et se félii-lle , d-ms 
une éjiitre en vers qu'il lui aJr«-»«a 
pendant son exil, de ce que, malgré sa 
disgrâce , il couserve toujours son 
amitié- 

ALlilXnS ( Pccnirs Cm nrrs) , né 
i Adrunietle en Alriiiui: , a coiupt)sé 
vn trailé sur l'agrituMure , et de- 
contes dans le genre dis failles raili- 
tiennes. Il sniiit la carrière des or- 
mes. Vaincir par Sérére , l'an igS.il 
fut tué par ses ordres, et cet em|pe- 
rfurcntoya sa têle au sénat. Un autre 
AlhinuSf Komairi , de la race p!é- 
ùéieuiie , mérita parson respect pour 
les dieux et leurs ministres , d'occu- 
per une place dans l'hi.-tnire. Lors de 
la prise de Rome par le» Gaulois , les 
Tesialis s'enruirent avec le IVu sacré 
et le.i autres objcls du culte ansqui-ls 
OD pensait que le salnl de Li républi- 
que è^ait attaché. Albinns enimenail 
sur lin chariot sa Teaiuie ciseserifar», 
lors'iiie les Tcstales arritérent au Ja- 
nicule. Il s'aperçut qu'elles étaient 
accablées *ous le poids Je leurs pieux 
Tard^au, et qu'elles avalent 1rs pii-ils 
einairgianiéé-, aussitôt il fit detc«iiJre 



AIR 

ftimtlle , et onmlnisit les» pr^r*'(»s^» 
A Oré, Ijutirffjile iJ'K'rurM* , où »-llei 
rçtiri-nt un accueil piirîii d Iiuiuuni'é, 

I couiiiiU(>n-nl à Ptf iccr leur luïnis- 
li*re. Un troisième '^(6tnu« , pliiloïio- 
plit* platonicien. Tirait à Smyrue cous 
le règne d'Aulonin-Ie-Pifrux , et Tut 
cuiUriuporaiii de G^lien , cîont il sut- 
Tiiil 1rs leçons. Il e!>t auteur d'une 
înlroduciion aux dialogues de PUtton, 
Un qualrièaiL' ( Bernard SifrOt }» n*; à 
Fraiicrorl-sur rOdcr , en itigj, mort 
il I.ejde en 1771 , i:n dp5 plu< f-r-m-îs 
aiialoDii.^tcs dont U niêdrcioe nit à 
>')ionorer, a puMir eulr'autrrs ouvra- 
ges une histoire des os et des muscles dé 
t'homtm , 'mi -Çu}^ Londres. 17io. et 
une lùatoire particulière des muscles, 
in^". 

ALBCQUEnOCE ( AtPUftxsE d'), 
TÎce-roi d«*s Indes , surnommé Je 
Grand et le M ar s- Portugais ^ naquît à 
l.i>buiineen i^5a. et mournlcn i5i5, 
après ses nombreuses \!rloire*.^ur le» 
prluccsd'Orirnt , presque dî^^ïracié, à 
Gua , qu'il aiail fait le centre de U 
piiU.^ance et du commerce portugais 
i-n Asie. Ses mémoires ont été publiés 
par son UU lîlaîzc-Âlpbonse , i-SyS , 
infol. 

ALr.rxrns (Titcs), pbitosopb© 

épicurien, vitaît dans te septième 
siècle de la fundiition de Rociie. Ins* 
truit à Albènes dès >a première jeu- 
netse, il prit tellement en alVeciion 
le.«. manières de la tJre''C , qu il aimait 
mieux pa5<er pour Grec que pour 
Ilooiaîn. ?réTnla , snrnonimé {"Au- 
gure , le ra'lla à ce sujet. Il afiiil pou- 
Tcrné la Sardaigne en qualité dr pro- 
prèleur. Accusé de concu-^'^ion , il fut 
condamné au banni.<sement. Il revînt 
à Athènes , où Ton pense qu*il mou- 
rut. Cicéron , dans son Brului , dit 
qu'Albulius eût été mL-illeur orateur 
ï'il n'eût pas eu un penchant si Ti& 
pour l'épicurisme; qu'il possédait 
bien la littérature grecqui- , et qu'il 
avait compusé plusieur.'^ harangue?. 

II y a un autre Albutius-SHus (IJaïus), 
orateur romain du leni;-.'* ti'AugnsIe, 
II était oripinairr de NoTare, où il 
avait exercé les tondions dédilc. Il 
alla à Rome, où il s'aïsccîa aiec To* 
rateur Mm-acius ï'iancuR. Leur union 
ue fut ^a» de longue durât : il ouvrit 



AT.C 



ao 



ALC 



tPiil une l'cole in fuii nom . . t sf mit 
tt plaiùer. i>dU^ i^d f ieilit-sse , dCLui>li- 
d*ii>liriuttr£ , il rt-lourna à NovaiC : il 
s'y lïissd mourir île r<iiui. Un i.d-.''ju<' 
de Quinlilicn duiiiie à cruire <ju il 
avait roiupo^i: une rt-lbori(|ue. 

ALCAMÈNE, iiU de Télérliis . 
de la biaticiic aiiiëe d'à rois lii- 
Sparte, inniila sur le Irûiir vers r.ii 
747 avant J.-C. Il terniiiia la ^inrix' 
d'tléios , el coiiinieiira celle de Mes 
sèiie eu prenant Aniplii-e : il uirimit 
peu de leiiips après , cl eut pour suc- 
Testeur Polvdorus son ijli. Un attire 
^leamine , slaliiairc, étève de l'iii- 
dras, lié à Atbénes. où sa r> putalinn 
brilla du plus grand éilal . 4.1S ::iis 
atant J.-C. , décora sa paire de plu- 
sieurs chefs-d'œuvre pamti les'ji;r|s 
on citait la stalue de Vrnas aphraàitr. 
11 fil le fronton posleii.iir du I -ujjile 
de Jupiter U.J'Uipieii , lioiit l'ai. sa- 
luas a laissé la description. Il y nvnil 
repii-senlé le coniliai dis l>n aures 
coiilre les Lapillii'S aui noces tic: l'i- 
riiiioQs. II lit d autres statues dniii 
parlent Ciccrun el Vali-re-ilajim.-. 
J..I pr.inde repulalioii de cei arli-le 
lui Talui riioinieur d être pluce iims 
lin bas relief au soniiuet du leuij.Ie 
d'Eleusis. 

AI-CEE , célèbre lyrique grec , de 
U.Miléne dans lile i>è l.esbos, Doris- 
sail 60!, ans at.int J. - ( . il fui cnn 
teiiipninin de Saplio, qui. si l'un < :i 
ju^e par un de ses vers eilé par Ari«- 
tiiie, ne lui fut point iiidiO'eieiiie. Il 
ctul de rioiens démêles avec Piitacus, 
l'un des sept sage» de la tirece, iju il 
ataît plaisanté sur des liees de cnii- 
rorniation. Dioj;êiie Lacice et suiJ.i.. 
nous ont conserfê îles fragoiens de 
ses satires. Alc^e s'élaît rendu ï**t 
midable aux lyrans par l'àrrelé de sa 
\erie, ce qui fait dire à Horace : Ai- 
cœi minores camanœ. Kxilé de sou 
pays, il se rangea du cul.- du eiinr- 
mis de Mytileue: mais il abtiiùoiMia 
lâchement ses arme», el lonibe tntn: 
les mains de Pillacu.s, celui-ci lui par- 
donna. Il prît une autre f<>i» iit Inj- 
ru enmballaiil contre les Aiheui. us. 
t{iii, liciorieux, siispendireiil dans te 
temple de àfin'rte les armes qn il 
avaii laissées sur le ehi>ii|i de ta- 
tailii.. Il ne iiuut irsie d'Àlcee 4nr ^ 



qiiplqoes fragmens, mars il est k - 
tour à ipur par Horace ti yiiiii;i: 
AI'CËTAS, roi d'Epire , sur Ij 
du v*" siècle avant J.-C. , déirt'.pè , 
les Epiroles, rétabli par Deiijs de -^ ■ 
i-acuse , fut étranglé par ses t\j] 
l'ail ôls araol J.-C. 

AI.CIAf ( Axi.HK ), célèbre ju. 
consulte plaisanté dans uu Ti-rc. 
BoiIeau,naquit à Milan le 8mai 1^ . 
el oioilrnl d'intempéranre le 1 s ', 
lier l55o. IIét.:ild'nnefaiiilé el d'i. 
aTarice excessives, mais rien ne | . 
altérer >a ploire comme liltérali u. 
inrisconsulîe; ses ouvrapcs en font . 
I. 'épigraphe mise sur son toiube.iu , 
dans l'église de Sainl-Epiphaue à I .1- 
rie , fait connaître iusqu'à quel cle^. ^ 
s était élevée sa réputation : AnJ, ■ - 
At-ciAT, qui omnium doclrinarum ot • . 
ubsc-tvii^ primut Ugum studia ant^^.J 
restituit decori. Vov. Accl'Ksf. 

ALCIIilADE, li! !e jour à Alh. < 
dans la quatre-vingt deuxième oIm.i- 
le , vers l'an 45o avant J. -C. — 
i.liiiias son père descendait d'Aja^ d'j 
.^alamine; et lliiiomaque. sa mèn . 
était lille de Hé;;aclc5, de la faoïii.i: 
des Alcmœonides. Il fut éleié dan> a 
maison de Pértclès, qui ne prit ati- 
ciin soin pour dompter la violence '!e 
son caractère. Il fut l'ami du pbilo-u- 
phe ?ocrate, el comballit auprès l'o 
lui da:is l'etpédition de Polidée, ou il 
fut blessé; il se trouva aussi au com- 
bat de Délium. La vie d'Aleibiadc a 
été édite par Plulaïque et par C<'r- 
iiélius Xepos: nous n'en dirons p^-s 
davantage. Il fut tué à coups de IU-- 
cbes dans la quatre vingl-quaioittième 
olympiade, l'an 4«4 avant J.-C... à 
l'âge d'environ quarante cinq ans. tin 
sait que c'est dans un bourg de la 
T'hcygie que Pharnabaie le lii assassi- 
ner par ordre de Lyzandre. La natuiv 
s'éiail plu à répandre sur lui les qua- 
lités les plus opposées, ou plulûl, 
i-ommcdit Plularque, Alcibîade, seiu- 
klable au caméléon, était toujouis 
prêt à prendre l'impression des objets 
dont il se trouvait cnlonré. 

ALCUIAUaS. rb.tiur.né à Ul.e 
vers l'an 4in avant J.-C, était con- 
temporain d'Isocrale, disciple de Gor- 
gias. Plularque cile un Art de ta i/irf- 
jrij'ie qu'il avait conopcsè. Civciuu 



ALC 



2\ 



\LJ) 



parle do son Eloge da la mort. Allii'néi' 
tt Dioiîtiie Liiéico liullinunl ilivii» 
Bulres ouvrogf» «le lui. Il iii> iinns en 
rrsie que deux baranj-ucs; l'uiif d C ■ 
Jysse contre Piilaiiiède, l'aulrf qui 
n'nst qu'une dt^clamaliou coiiun k.- 
rLéteurs du temps I.'abbé Aiifrer «ii 
a dontiê une Iraducûon à la buiu* di' 
cellf d'l<i)frale. 

ALCIiME, grand prêlre des Juifs, 
lG> ans aïiinlJ.-C. usurpa riilc sou- 
Teraiue dignité, sonlrnu des furies du 
roi Aniiochus Eupator. 

AI.CINOUS, plnlnsoplie plaloni- 
cien du ii* siècle , est auteur d'une 
Intnfducthn à la philosophie de Oliilon, 
traduite par M. Coiubc Dounous , l'a- 
ri», 1800, in-S". 

AI-CIPIIRON, sopbisie grec du 
III* ou 4* siècle. Il nous restu de lui 
des lettres qui eonlicnnenl di s cU lails 
curieux sur le« luœuis de la (irèie . 
tiaduiles par l'abbé KicliarJ. Paiis, 
1785. inn, 3 vol. 

ALCIPPUS, Spartiate, n'èlait pas 
moins distingué par sa bravoure que 
par sa sagesse. Ses ennemis 1 accusè- 
rent derant les épitures de vouloir 
changer les lois de la répulilinue , et 
le firent exiler. Non conlens de cette 
vengeance , ils empêcbèreiit Pamo- 
crita , son épouse, et ses deux lilles, 
de le suivre , et conlisquèrcnt tous ses 
biens. Les deux filles d'Alcippus fu- 
rent néanmoins recherchées à cau.se 
de la haute considération dont leur 
père avait joui. Les ennemis d Alriii- 
pus firent défendre qu'un les deman- 
dât en mariage. Alors Damoci ita , 
Soussée au désespoir, saisit l'occasion 
'un jour de iête soletnteile , où les 
femmes des principaux bahîlans se 
réunissaient pour des eerém^nies re 
ligieuses; elle se rendit dans !e tem- 
ple avec ses filles, et mil le fiu au bois 
qu'on y avait ramassé pour lu cf-re 
luonie. Tout le monde étant accouru, 
elle égorgea ses deux filles, les jeta 
dans le feu, et s'y précipita elle- m?me. 
Les Lacédéiuoniens jelèrciil 1rs corps 
de ces inforluDées hors île leur lerti- 
toire. Cet événement tragique arriia 
peu de temps avant la troisième guerre 
de Messcne. 

ALCMAN, poète greo, n/t à Sanles 
«Q t.jdie ^er» l'an fiyo avant J.-C, 



olidnl le lilre de ciit.vcn à Sparte. On 
ir.iuïcdims Alhéncc et dans l'inl.ir- 
que quelques fragmi-ns de ce pncle 
iUlesl'rnl sa pa.»ion pour Mi'pa- 
luslrate, fi.'iume d'' spril qui faifait 
fort Lieu lies ver». Il se livra a^ec 
is aux plaisirs de l'amour ei de la 
lalile, ei uionrui de la maladie pédi- 
ul.ilre. llorare iloit b. auronp ii en 
poète, el en général à tous les l\ri« 
ques dont il a tinduit ou iini'é une 
foule de pièces. Un autre .iicman rie 
Messène s'exerça aussi duiis la poésie 
Ijriqne. 

ALCM.f.OX, fils dcMégaelés. de 
la famille rie» AIcluceonide». An mi- 
lien des fa. lions qui divisaient la ré- 
publiqrrr- d'Athènes, il élaii à la Icle 
de er-n\ q>ri ne voulaient aneim chan- 
ge tuent dan:- le gouvernement , ce 
qui le mit en butte aux pcrsérulion.s 
des deux autres partis, qui parvinrent 
à le faire exiler, sons prélexie qu» 
son père élail souillé des meurtres de 
Cjlon et de ses partisans. Il revint 
lorsque Solon eut rétabli l'ordre , et 
il eut le comm.indi meni d"* troupes 
dans la guerre de Cirrha. Exilé de 
nouveau par Pisislrate, il se relira à 
Delphes avec ses Iris. Il mourut dan» 
un âge avancé. Il y a un autre Aie- 
mczon de iirotone , fils de Péritbus , 
qui fut un des disciples de Pylltagore 
vers les dernières aimées du fonda* 
leur de la secte italique. Il se livra 
particulièrement à l'élude de la phy- 
sique et de la médecine. Le premier, 
il disséqua et s'occupa beaucoup de 
la structure de l'ieil. Plut.irqtie et 
Sto! èe ont fail l'exposé de ses opi- 
nions. 

ALCUlY. .écrivain cél.'-l.re du vin» 
siècle, né près de Londres, 'lliénlu- 
gien , philosophe, orateur', histnrien, 
poète, uiathétualicien , il savait le 
latin, le grec el l'hébreu, et réunit 
tontes les eumiaissances de smi temps. 
Ilfil un unble usage de la eoullance 
de Charlemagire, avec leqrrel il vécut 
rlansl'intin.ilé, el aiiqrrel il lit souvent 
tntenrire la \oix de la vérilé. Il moU'. 
rui le 19 mai 8o4 , âgé de près de 
70 ans. 

ALDIiDVAXDI IUlisse), i^infes- 
seiir à Bulegnc, né en i5s7 , el mort 
le 4 mai iCos , un di s (>lm> laborieux 



ALE 



23 



ALE 



t» dfs pins zclis iiatiiia'isles <Tu ityi<" 
siècle, iréparjjiia ni les dépenses ni les 
Toyajîcs pour lerneillîr les niulérian\ 
de sa grandi: histoire naturelle en 1 5 
Toi. in/'ol , doni il ne pul pubiiLi- qni 
le» l, premier» ïolunTes ; ci nipllaliuii 
sans ^éniu el sans ;:oût, mais (|ui peut 
encore êlre utile aux naluralistes. 

ALliMAN (Matueec) . né à Sé>ill.-, 
Tei's le milieu du svl'^ sièrle . i'ul nti 
des suiintendaus des linauces sous 
riiillppe. L't.uirPRi; qui l'a fail li- 
mieux coniiaîlre est la vie de Giismnn 
d'JIfarurhe . dont le snerJs . fut pro- 
digitui , imité plulôl nue traduit par 
Le Safie. 

ALKMF.EUT (Jeas T.b Rosi) i.'), né 
il Paris en 1717 . mort en J7S5 ; d. 
l'aeadércie franeaise et de celle dej 
eeieuees. Ses réilexions sur Tabus de 
la critique en matiêie de religion, son 
€saai sur les i;*'ns de lettres, ses élo- 
ges , et principalement la préface 
qu'il mil à la tète de rEtiryctopèdie^ 
ont fait sa gloire littéraire. Il conser- 
■vera dans les sciences exactes une ré- 
putation que peu do personne» se- 
i:juicnt à portée tie lui contester. 

^ALEXANDUE Ce nom est célèbre 
dans l'bisloire ; nous avons : AIr.xan 
drCt fils d'AmynIas roi de Macédoine, 
que sa mapnincence (il suruoiuiner le 
Tiiclie, et qui monta sur le trône Tan 
Eoi avant J. -('..: Alcxondre , tvrau de 
rbérés, lils de ToUdore, que lès Tires- 
«airctrs choisirent porrr chef cnnjoin 
temenl aiec son l'ière Pol,\pI'rou ; 
mais le plus fameuv est sans cnniie- 
dil Alexandre -le -Grand, tris de l'hi 
lippe, qui na<iuit à Telia le ao sep- 
tembre 5ô6 avant J.-C. la urril urènre 
que fut consumé le temple de Oiane 
à Ephêse. Il desceirdait li'll. renie par 
« son père , et sa uiêre Olvmpias, liilt 
de ^éoplolème , roi d'Kpire . élail de 
la race des ^Eacides Oe l'ut au passage 
périlli'ux de rilvdaspe qu'Alexandre, 
^'exposant aux plus grands dnnyers , 
dit ce mot qui espliipie Imite sa vie; 
• () Athéniens à quels dangers je m'ex- 
pose pour être loué de vousl • Ncus 
craindrions d'eu ntVaiblir les traits, et 
nous rerrvnjons le lecteur à Arrieii. a 
Pimlcrc de Siarle, à i'Iirlarqire , et à 
Quiriie-Cnree, le plus eoinru de lou- 
]eii hisluriena d» eu grand homme. Il 



mourut à Eabvlone à l'âge de Sa an? , 
après oirze jours de maladie, l'an .^i , 
diarrt J.-(). Pour tous les autn s 
.J/«a-(jnf/re il faul absolument eonsni- 
1er l'histoire ancienne ; la nomencla- 
ture en est très-longue. 

ALEXANDr.E l" (PAri.OTiT.scn), 
empereur de toutes les Russies, ne le 
2.'( décembre 1777, parvint au trône 
le îi juillet iSoi , par la cataslroi li" 
qui en lit descendre son père. E!l^^■ 
ilu colonel La Harpe, il prit tous 1l^ 
niojens de hâter les progrès des lu- 
mières et de la crTÏlisation, et nr.n-- 
.Ira d'abord ennslanimcut vers ce but, 
au grand mécontenlemcnl des hom- 
mes dont ses sages améliorairons r> -- 
iieigiraicnt la despotique iirlluem r. 
l'ngagé dans une première coalilinn, 
que déconcertèrent la bataille d'Airs- 
terlitz et le traité de Preshourg, ré- 
(lirit à l'alliance de la Prusse, hrrmilié 
avec elle . par la perle de la bataille 
d'Eylau, il eut avec le vaitrqireur celte 
fameuse entrevue sur le Niéiuen où 
les deux em^rereurs se jurèr-ent une 
amitié tternelle ; mais la paix de 'J il- 
siti n'était pas assise sur des bases du- 
rables, et la paralysie du comnicr.-e 
russe et les ritprésenlations du caM- 
iret de Saint- James, amenèrent la 
rupture. On connaît les détails et lis 
résultats de l'expédition brillante et 
malheureuse qiri amena deux fols J>s 
étrangers dans la capitale. Alexandre 
rentra dans la sienne aux acclama- 
tions de son peuple. C'est alors qu'il 
concirtet proposa le (nu'terf'î'n 5iuiilc- 
/itliimre , qui prit peut-être sa source 
dans certaiires idées m.vstiques dont ce 
prince semblait piéoccupé. Il s'était 
rléclaré loi de Pologne, m-iis il ne per- 
sista pas entièrement dans les idées de 
libéralité qu'il avait anironcécsd'abord 
in faveur de cette héroïque nation , 
dont I histoire n'oubliera jamaisur l'op- 
pression ni la résistance. IVabord lu- 
vorable à la cause de» Grecs, il s'ar- 
rêta également dan» cette noble entre- 
prise. Depuis quelque temps en proio 
à une mélancolie profonde , il alla 
mourir à Taganrock, à 300 lieues de 
sa capitale, à l'âge de !,fi ans, le 1" dé- 
cembre iSa5, laissant la répulal'on 
• lu plu» paternel des sotiTerains qu'ait 
eus la Uussio. U. &al>l)« , a publjù eu 



ALF : 

|8»C, une IHntoire H'Alexandr» l" , 
elc. l'ari», 3 vol. in-8'. 

ALEXINUS, ne dans I'EUcIb , fui 
iliîiciple d'Enlmlide , de la sfcle di' 
Slipare, H leiniemi Ho |irrsqii« lou^ 
C<ruT df sr» coiiteiil|)or.iiiis 'lui t-Uienl 
di,«iici?m-« |>nr leurs lalrns , Iris fju'A- 
^i^lolo, Zéiinn, Utnédùmr, Stilpon et 
rhisloricn Eplmre. Il «i^ pf niill idï-qk' 
contre Ari.*ioic les iinpnlalions les 
plus calomnieuses. Pluin de Tanilé , il 
«e nlira à Olyinpie , pour fonder, 
d'^ail-il, une secle à laquelle il tou- 
lait donner In nom d'Olympique , 
mais lous ses disciples l'abandonné - 
rrnt. En se liai^nani dans l'Alpliêe, il 
fut lilcssé par la pointe d'un roseau, et 
en mourut. 

ALE.VIS ,poc'le cnraiqwe, était né 
à Thnriuni , colonie des Atliéuieus 
dans la Lucanie , et tint dès sa jeu- 
nesse à Alhènei. Jl était oncle de Mé- 
Dandre. à qtii il donna des leçons de 
composition théâtrale. 11 existait du 
lempsd'Alcsandre et trcul fort »ieuï. 
Du autre Alexis Je Tarenle écriiit 
Eur la philosophie de l'ythapore. Cu 
iroisiènie, statuaire de rècole de Pnly- 
rlèle et natif de Svcione, Hurissail datis 
le 5'siccle avant l'ère i ulgaire. 

AI.FE.NOS VARCS, juri.-consuUe 
célèbre à Rome , tcts l'an 754 de lu 
république. Il naquit à Crémone, 
d'un corilonnier dont il quitta la bou- 
tique . jeune encore , pour Tenir étu- 
dier à Piome soiis ?cr*ius Sulpitiu* 
dont il fut b^entût le meilleui- disci- 
ple. Il y eut pi.ur compagnon d école 
CtPlius Tubero. Alfeuns Varus avait 
itu jugement profond, des ni 1 urs pu- 
res. Ces qualités jointes a des eoimais- 
«anccs très -étendues, lui acquirent 
«me sipiaiide réputation qu'il parvint 
è la di^-nité de consul. C'est ii lui 
qu'on doit les premières colieclinns 
du droit civil, auxquelles il duima le 
nom de Di^eitet Aulus-Gelleen parle 
comme d'un bcmme qui avait de 
prandes connaissances de l'aiitiquilé. 
Quelques auteurs l'ont confotidu ave- 
plusieurs autres personnages du même 
nom qui ont Técu à peu près a la 
Diême époque. Ses conlemporaiiis 
eurent pour lui une si haute estime 
que sef funérailles furent célébrées 
aux dépens de la république. 



> ALI 

AT.FÎEP.T fVicTon), pnrie îlaïïen, 
tn- ù A-lî en Piémont , le i7idnvier 
'7 '9. '"' l'iiiî'^aninienl rntilrihué dans 
le dix liuilièin»' Merle à .soiitfnir l'hoii- 
iictir lilléraire <I<.> rta pairie, ri Inî a 
{iroruté une gluirc nouvelle pu pr'-aiil 
pour elle un genre r)e pné^ie qui lui 
iiian'inait. Se» trap'-dies onl souvent 
(le iinilêe» aur iioire lliiàlre que lui- 
mrnic imita plu» guuvenl. Il eu lit 
qn-itcrze en moin» de $ept ans, outre 
pliiMt-ur« autres outrage», enire autres 
une traduriion de SalluMe. Il liiit à 
Paris, et pré»ida lui^nu-me à la belle 
édiliniidesou lliiâlrc, wrlie d en près* 
se^ de P. Uidot. P^rnii k-it éludes jui- 
quelles il 5e livra dans f«& dernières 
aiïiiêcs , il fjut inellre celle du prec , 
qu'il entreprit à ^S ans e| qu'il ne 
ctï'sa de ^iiitre uTee une ardeur infa- 
li^alile. Il se cria lui-nit-mc chevalier 
de loidrc dllonièrc , et mourut à 
Florence le S oclohre l8o5. Ses œu- 
vres pnstbumes n'ont pai moins de i3 
vijjnmes, et cnnlieunent des Irapé- 
ilîes, des Iraductiuu5, el enfin sa vie , 
qui remplit les deux d'-rniers volumes. 

ALFÏÎEI)-LE.GKAM>, sixième roi 
d'Angleterre, l'un des monarques qui 
i>nt le plus lionoré le irtnie et l'huma- 
nite, fut couronné en 871 à l'âge de 
25 ans, el mourut en 900. Voyez en 
que Voltaire écrit sur ce roi philo- 
>ophe. 

ALGABPE fALEX4:iDitc l') , scuTp- 
Icurel archiierte. vit le jour à Bolu- 
pne eu là^S , el mourut en jC54. Il 
lient parmi les sculpteurs le rang que 
l'Albane lient parnii le?, peintres. 

ALGAROTTI (Fmxrois). l'un des 
auteurs italiens du dix-hnilîéme siècle 
qui ont réuni aipc le plus de succès 
iV-lude desscicnrcs exactc.<i à la cul- 
ture des lettres el des .iris. Il naquit à 
Venise le 11 décembre 1712, et moU" 
rut à Piàe le ô mais 1764, à lâge de 
:2 ans. 

ALI, le demierdp? quatre khalyfes 
^U''ceç^(•urs immédiats de Mahomet. 
Lievé dans la mai^un du pmphèfe , 
dont il était le cousiu , il d<-Tiul son 
ronûdent et l'un de p^s plus zélés sec- 
taieurs. Oe >on cûlê, 31niif:me| le com- 
bla de bionfails. Lorsqu'il annonça à 
ses pruchcs la r(-li;i;îou qui lui était 
rc\éKc, il leur deuiaoda qui d'ciilrc 



ÀLt 



H 



ALQ 



eo!t serait son visir, personne ùe ré- 
pondait : • (Vest inoi , prophète de 
» Dieu . dit Ali , qui veux èlre Ion \i- 
» sir; je piuiagcrai les travaux, j'arra- 
» olieiai les jiux de les ennemis, je 
» leur briserai les dents ei leur fendrai 
» la poitrine. • De nombreux exploils 
réalisèrent tette promisse. 11 oinurul 
assassiné le 24 îauvier 66 1 de J.-C, 
à 63 ans. Les persans, comme tons 
eeux de letir secte, ne reroituaissent 
de succession li'-^itime au kbalvf.it 
que dans la maison d'Ali. Tls donnent 
le litre d'imâui aux princes de cette 
maison. Ces princes sont au nombre 
de douze: Ali en est le premier , et 
Jlebdv le dernier. 

Ar.J-TEliEl.EX (c'est à-dire natif 
de la ville de Tébèlen ) , pins connu 
Sous le nom d'Ai.i-l'Aciu, né en 1744. 
Se» premiers exploits furent ceux d'un 
Yaiabon I et d'un voleur de grand 
cliemin. A 24 ans, aj'ant épouse Emi- 
lie, tille de Capelan, le lipre p.u-ha do 
Delvino. il prit un ran» disliniiué par- 
mi les bejs du pajs; il lit décapiier 
son beau - pire . égorper Ali , pacba 
d'Arfïyro-Castroi» . époux de sa saur 
C.baïciilia, par Soliman, propre frère 
d'Ali, auquel il donna la iiiaiii de sa 
»<vur pour récompense de ce crime: 
mais le récit de tous les astssinals et 
(les cruautés de ce monstre ser.iit trop 
long. Po!i5(S>cur de trésors considéra- 
bles qu'il avait acquis en pillant à la 
lèle d'un ror}js de qualie mille Alba- 
nais , il obiHil à prix d'arf;ent , vers 
178S, le ^uiivernenient de Jnnina. En 
1797, il l'Ut des relations militaires et 
diplomatiques atec les Français. Sa 
f:iierre d'extermination contre les Sou- 
liolssrsl ooniine généralement. Mais, 
pour le peindre en peu de mots, s; 
\ie entière olfrc une succession conli 
miellé de meurtres préparés par la tra 
liison et consommés pur la violence 
La perte de ce visir ayant été arrètéi 
à Conslantinople , il fut massacré pu 
surprise le 6 février i8aa Pour plu: 
de détails il f;>ut eniisulterle Jf^mairi: 
jin* ta vie et la ^ttissancà d\iti-paclia, 
visir de Janina, par M. de ronqueville. 
8a mort a fonriii le stijrl 1)1111 inélo- 
dr.iuie en Iroi» actes, joué en 1S32 . 
fur le tliéàlrc niainlenunl détruit du 
f anorauia Dramatique. 



ALIX TIECHAMPAGN'S.reino r!e 
France, épouse de Louis VII , nui 1 
de Philippe - AuRuste , gouverna ]c 
njaume pendant l'absence de m n 
fils parti pour la Terre Sainte en 1 1 n.>, 
vee anlatit de sagesse que de dnuric 
t mourut en isoC, universellemc ; 
egieitée. 

ALLEGP.AIX ! CBrisToi-niî C , 
RiEi-J, sculpteur, né à Paris eti 171'^, 
mori le 17 avril 1795. Ses slalues .!»■ 
■isse, de Fénua et de Diniie , smi 
[lacets dans la galerie du Luseni- 
bourï. 

ALI.CCIDS. prince des Cellil,- 

rns , conuu par la conduite gvui 

reuse de Sripinn l'Afiicain qui lui 

eiuiil son épouse, et par ce bienfait 

l'altacha au parti des Romains. 

ALMAGRO (Diego), ainsi noinnii' 
du lillage où. il naquit vers 1',*''^. 
gouverneur du C.bili . .'^'associa à 1';- 
C en i520 pour la conquête du 
Pérou , se brouilla avec lui, lui li\; 1 
bataille, sous les murs de Cu^e.i . ■ 
5 avril i538 , condamné à mort a 
tranplè dans sa prison , avant d'en e 
décapité publ-quemeiil. t>ur, inij, - 
n\ et cruel, il fut peu rcgrellé. 
ALPHONSE V, dit le magnai. imr-, 
roi d'àrragun, de Naplcs et de Sicil. , 
monta sur le trône d'Arragnn en li 1 1 ■, 
ppclé par Jeanne reine de Naplr.- . 
qui devint bientôt son ennemie , il s- 
rendit maître de la capitale en )4".'' , 
fut obligé d'en sortir: après l'avo r 
gér plusieurs fois iiinnlemeni , i 
y pénétra en i442 . par le itu'niM 
aqnedue qui en avait ouvert l'entrée 
à lielizaiie, et monrui à Naples le 
i7 jnin i45S, à 74 ans, après un règne 
de <.v ans. Eloquent, franc et loyal , 
grand capitaine, il aima les lettres, 
protégea les savans et recueillit dans 
ses ciats lis muses et bs arts bannis 
de Conslnnllnople. L'abbé \l.ri nu 
la Canonrgue a public la vie de ce 
prince en i7t')5, in-i2,souslc titre de 
Génie d^Aiphiynss le mii^naniinc. 

ALQUllilt (r:u»ni.ïs-JBAN-M,mir; , 
né à Talniont (Vendée), en 1762 ma. 
gislrvl à la Rnchrlle; membre de dii- 
ft-reiili'S assemblées . siégea nu côie 
g.iu< be: s'> lit remarquer par sa ui-i- 
déraûon, vola la mort du roi. mais 
avc' sur5is , et tiaversu le régime de 



AMA 2 

I* terreur, >aus tn tire ni complice | 
tii \i<'liuic. En I7;i8 , il entra d.iiis la 
rarriér» di|>luiiial>quP , et la niWil 
(vi-c ilisliiic'l'on 9UU9 le directuirc ri 
l'eiii|>ire. I',a|.|ii'l.- de Suide en iSi4. 
liaiini ilié(;ali nient tn i8ll' , il i-enira 
en i'ranie en iSâ6 , et y uiuurut eu 
l8>n. 

ALTII.ICS (Cjmibi), un des bons 
poi'tv» lalins qni 'leuriient en Iralic 
au quiiilieilie siècle , naquit dall^ le 
ruJ.iUMie de .\a|>leB, et eut pour aIlli^ 
Punlanus, Saiinaiar et tous les pens 
tie leltr. » d'jliini. Il mourut ters i5oi. 

ALYATFK, Ul» ue Sadyale. roi d. 
l.jdii . uioula .-.ur le Irone »ers l'an 
619 aianl J.-C II ronlinua la guerre 
que son pt-re avait rnium< ncie contre 
II» Uile>..en>. Il elia»>a du l'A^ie les 
< hniiieiiens qui s')' étaient élaL;is : 
il (jiit la <ille d< bin>nie, alla au.->$i 
atlaqui-r (llazuiuênes . loaiii il fut re- 
)^uu^&é atee une perte ci.uâidcrable. 
Avant re<;u dans »es étals quelques 
Sculies qui arairut olVensù llyaxarét, 
rni des Mede», il eut la guerre aiec ce 
prince. Ce fut dans la silieuic année 
de relie gneire qu'au raonieut d'une 
biiiailie arriva une iciîpse de soleil 
qui sépara les eoujua^iaiis. Les dLux 
priuco tirent la paix bienlût après 
par l'entrcuiise de Sveunésis , roi de 
Cilicic, et de Labviiéle roi de Baby- 
lone : et Al\aile donna sa lille en ma- 
riage u Asi>a):e , iille de Cyaxarcs. Il 
mourut vers l'an âCi aianl J. ■ C. , et 
eul pour successeur l^iœ.^us suu lits. 

AM\Lb:i;ll , 1;!» d Lliphas et de 
Tbauiua sa concubine, ei peliis-lils 
d'Es>iù 11 fui père des Amaiérites, 
peupli: l'uissant qui demeura dans 
l'Arabie déserte , entre la mer Mûrie 
et la uier Rou^e , lanlût dans un eau- 
ton et lantùldaus un autie. Satil inar- 
clia contre les AniaiécJles , les tuilla 
«n pièces, et eu lit un si grand car- 
uajte qu'ils ue paraisseul presque 
plus dau5 l'Kcriluie depuis celle dé- 
faite. 

AMAN, fils d'Auiadath, Amalécile. 
de ta race d'A|:af; , ennuiiue du roi 
Âssiiétus. Ce piÏDce l'avait ilevé au- 
dessus de Unis m-s courtisans , et tout 
)« tuuudc flécliissail les gmoux de. 
*aul lui ; Mariiorhée seul lési^la. Ou- 
tre (le dcpil, Aiuuu )util âa pelle et 



5 AMA 

celle de mus lis Juifs qui étaient dan' 
les éulsd'As^<iM'rui>. Il la fil Mènera 
ce piince, ni.iis iiien^ût , diiiompc 
par E.''tlii r , Assuerus fit , l'an 453 
avant J.-<:. , allaclier son t,>-:ueilleux 
favori à la poteiinf de cini|uauie ciai- 
décs qui avait été dp ■.^ee pour Slar. 
diieliee, et l'ariélcoutre les Juifs fut 
révoqué. 

AM \MHJS («\.Brs SA'.TirsJ.pc. 

dait dans 1rs Ciiulcs sou» Diurltlieil 
avec Aulén» Pompunîus ^Ëliatius* 
Tous deui ii'avant pour adbé.*-en» qub 
des pavsans et des bandits , eurent 
l'audai-e de se faiie proclamer eiu- ^ 
pereurs. Ce fut al<rs que Diueleiien 
se détermina à si- donner pour eolli- 
^'ue ilaximien, drpu s lon^-truips !»u 
ami. Ce damier battit ta troupe d A- 
mandus. qui périt tiaos celte ptorre ; 
on n'a aucun détail sur «a nnirl. On 
ue sait pas ce f)ue devint .Elianus. 

AMASA. tilsde Jétra et d'Abi^-ail, 
sœur de David , fut gênerai d'Absalou 
lors'iu'il se révolta contre son père. 
I Étant rentre dans son devoir après la 
I mort de ce rebelle, David lui coii'etva 
l.«a ''liaij^e, ce qni donna tant de jalou- 
sie à Juab qu'il prit Ama.'a à la barbe 
Isous prétexte de vou.oir reuibras>er , 
et le tua d'un coup d'épée , l'on du 
I monde 39S1. Il y a un autre .<4nuisa , 
jfilsd'ldali, qui lit mettre en liberté 
les prisonniers que les l<r.iê]ites 
avaient fait< sur les tribus de Juda et 
de Benjamiu. 

Ail AS AI. lévite qui vint joindre, 
avec trente autres br.ne*. David dans 
le désert, lorsqu'il luv-iit Saiil. David 
courut au devant d'eux et leur doima 
le comtcaudemcDt de quelques tiou- 
pes. 

AMASIâS, liuitlérae roi de Juda , 
surcéda à Sun père Ji.as qui avait été 
assassiné , et fui tué lui-même dans 
une conspiraiiiui , en 1 an du monde 
0194. 11 y a eu un autre Amasias , 
prêtre des veaux d'or qui étaient à 
Béliiel. 

AllASIS, roi d'Eeypte, était d'une 
basse naissance, el parvint à captiver 
la coniiance du roi Apriès. Dans une 



ditic 



lut 



proclame roi , et l'Eïvpte devint ea 
ploie a une gueire civile que Uiw-iw 



AMA 



56 



AMS 



ta àltaile il'Apriés. Amasi» moma sni 
le tr.'.ne 66;i ans aiaiil l.C, H ill 
I frir soinnuiiri'. Il permit aux ttr.Tn- 
pi'r>, tl'eurloiit aux Grers , de Ti>il^i 
fon pays, Ifur donna des éhilili.-i.-e- 
men> , e( leur permit de bàlir des 
temples. Soiun fut un de ceii\ qui se 
renriirenten Ej;\pte sous le rêpne d'A- 
masis. O prince épousa une femme 
grecqui, eonstrnisil dans son pays 
plusieurs ourra^es uiapnîliques * sou 
mil l'île de Chypre, et la rendit triiiu- 
taire ; mais la prospérité de sou règne 
fut troublée par les préparatifs de 
Canibysi- pour attaquer l'iiyyple. Pu- 
Jyciale, lyian de ?anio«;. qui awtil é:é 
lit- avec Aniasis. devinl autsi son en- 
nemi. Le roi d'E;:> pie n'écbappa 
f|n'avec peine au danger qtii 
t^ait son royaimie. et uiourut apré« un 
règne ite 1,^ ans . l'an 5}5 aiaiil J.-i'.. 
AMASTRIS, tille dUxarlIire, frère 
de Darius Coduwan , fui életée arec 
Slatira, lîlle de ce prince, qui Taiiuaii 
]>eaucoup, Lorsqu'Alexandre éponsi 
Sutira, il donna Am<$iris en mariait 
à Cratéius. Après la mort d'Alesjn 
dre,se topant nr;rii:;i-e par son époux 
elle le <|iii!la d'accord a\i-c lui , et se 
maria aiec 1U^\^, t> r.in d'Jlérailt-e , 
dont elle eul deux iils et une lille. Il 
la laissa en mourant tutrice de ses 
cnfan.s, cl elle se r:;niaiia a L; 
que , roi de Tlirac»- : mais ce prince 
oyant épousé Ar<-inoé, elle ne touttil 
jiliis resli r aiec lui , et nlourua dans 
ses étals où elle fonda une ville à qui 
elle doinia son uu'ii. Ses (ils élnul 
devenus grands la lirent périr en fai- 
sant couli-i à fond un vaisseau sur le- 
quel cll<* s'était euibarquéc. Lys'nia- 
que,qui ai ail eu d'elle un lils nommé 
Alexandre (eiipea sa mort. 

AilA'lILS, llomain dune origine 
obscure. Se di.-^ant petil-lils de Ma 
rius et proche pareni de Jules (lésar ; 
il voulu! se faire rrconnaiirc par Oc- 
tave. Apres le m*;urlre du dictateur, il 
reparut à Uonie , et prétendit avoir le 
droit de »rn;;er sa mort. Des pens 
de la lie dn peuple , qu'alliraicul le> 
noms de Sîaiins et de César, et en 
rnre plus le désir du pilla;:c , cointiii- 
rent sous .«a conduite les plus praiifls 
désnidres: mais Antoine, qui dès'.rai 
«e concilier U sCuai , bl artClrr Aiua- 



tius el ordonna qu'on l'élranpiât danj 
sa prison , ce qui fut ciéculé «ans 
autre rninia'itè. 

AMBIOr.l.\, toi des f.burons. peu- 
ples des (ianles, entre la Meuse ei !•' 
Uliin , régnait conjoinlemeiit avec Ca • 
livulcus, Icrsqne César commença la 
conquête des Gaules, l'an âS arant 
J.-C 11 forma deu.v lignes ccnire C»,-- 
-ar, mais elles n'eurent aucun succe.-, 
>t il en fut réduit à se cacher dans k s 
bois el les cavernes, sans autre escoiie 
que quatre cavaliers à qui seuls il 
osait conlier sa vie. Il lécul ain-i 
longtemps proscrit, fugitif, el sirj 
pouvoir jamais reprendre les armes. 
AMBOISE (Giop.»E n'J. cardin.i! , 
é d'une famille ancienne au châli ;i:: 
de Chatiaïunt -sur. Loire, en i4'"* 
ëvêque de Moulauhau.à l4 ans. p.ii - 
tagea les revers et les pro.spéritès lî'- 
Louis XII, devint son preurer ini.i*-- 
Ire, prit une part active à la réfoi; :• 
des abus, surtout de ceux de I'ok!;- 
judiciaire, eut l'ambition d'être p3| , 
et ntcurut en l5 10. 

AMB!;01SE(P»int), père de 1 .- 
glise. vit le Jour en ôin. Son père él - . 
préfet du prétoire, l'une des qua' 
premières dignités de l'enipire, 
comme préfet des Gaules il re.sid.ii 
Arles, à Lyon ou à Trêves , mais pl;.i 
souvent dans celte dciniérc ville , ce 
qui faii croire qu'Ambruise y vint au 
monde. Il suivit à Mdaii la carrière , 
du barr<-au , fut coi:siil sous l'enipe- 1 
ri-ur Valenliuien, ap.ii^a une sédition 1 
par son éloquence, e! fit élevé à l'é- 
pi>copat. Il mourut le 5 a^ril, en 097, 
Sgé de 57 ans, ayant occupé pendant 
j.î ans le siège de Milaii.^Ses écrils 
portent l'empreinte de son caractère; 
il y ri-gne beaucoup de doiircur et 
d'ouclion , mais au besoin il sait h'i- 
lever avec force el maj'slé. 

/.llliUOSILS AUr.Kl.lANrS, fut 
général el ensuite roi de la Grande- 
UietJgne. On a varié sur sa naissance; 
quclques-nn.s prèteiuli ni qu'il fut lils 
de Cuiiïlanlin le soldai , elii empe. 
renr dans cet.e île par inie iiimee 
romaine en 1107; ma's, selon l'opinion 
la plus accréditée. il eul pour | eie un 
de., ro'.s que les Brelon- se donné irnt 
aptes le départ de» Roin.iii.s dont il 
tirait tau uii^iue. Arttiui *ppiit liuui 



AME 27 

iiii i'arl do 1» gvirrrR. On rroil qii'M 
rull.ir iliinsiiiin ç-on.le IwMlIle qu'il 
livra m 5o3 ù Cti<Jic, clicf de Saxuiii 
• ,ri,l..il.nix. 

AMi;ir.llO\(IIrtr. PifCAt), de l'A- 
C.lcliiinc (Ifs inscriplioiis cl ili- I Iiisli- 
lui, u.liuini«lralcur d« la bil.iinil.C- 
que de l'arst-iKil. ué à Pari» un 17."'.', 
nioil «M iSii. f^t iml'iir d'une Win- 
Uire du Commi'icc des ERyplim» 
«nus 1.5 Plolcm.-rs , dr la coulimiaiioii 
de i'UisloIre dci B.is-Em|iiie , d'un 
)<r,uHi uointii'c de ilémoircs Acadimi- 
oiies etc . elr. 

AMKI.IUS, plillosoplie éeîecllque, 
nalif de Toseane , fui conleinpnrain 
de l'orpliyre, et d'alioid rui pour ni.ii- 
Ire [.ysiiiiaijue, qui Ini donna les pri 
cipcs de la pliilosopliic sloîcii-nne. Il 
adopta en.>uile le» dogme» de Plalon 
nais eiiliii il se rendit disciple d 
l'iulin vers l'an slli de l'ère ïul-alrc 
On ignore le lieu et l'époiiue de sa 
nioi'l. 

AMECOT DB i.i TTorsssTB, né à 
Oiléans en février iC34, mort à Paris 
le 8 décembre 17ofi, et enterré à 
Saint (lertais, passa une i-randc parlie 
de sa vie à faire des traductions ou à 
cnuipnser des ouvrables historiques; le 
plus connu est l'tlisluire du pomerne- 
nient de V"cnise . que l'ouvrage esli- 
DiaMe de M. Paru a l'.it oublier. 

AMliRr.lMJS, arelii-druide des 
anciens Scots Irlainlais , et l'un des 
cliifs de la colonie sevllio-milésienn"-, 
qui vinrent fonder en Hiliernic et la 
innn^ircliie suprême et lis ilyiiasties 
eubordonnèes que les Anglais y Irou- 
Tèrenl encore existantes dans les 
mêmes races, lors de leur première 
invasion in Irlande, l'an 1170. 

a.me;;k: ve.spccu , né à Fio 

rence le 9 mars liji, élevé par sou 
oncle, himinie d'un grand savoir 
despropriîs r;-pidesdaus la pliysiq 
J'aslrouomie, et la co»nir>î;rapliie. Il a 
donné son nom aux Ind's Dccidcnla 
le» , découverles par (Ihrislopbe ()o 
lonil'. Améric vécut assez lon^'-tenip! 
pour jouir de celte gloire usurpée , e 
pour revoir plusieurs fois ieeonlinen 
qui portait son nom. Il mourut ei 
l5iG au service du Portugal, à 03 ans 
Emmanuel , pour lionorei- sa niémiû 
le, Cl iui|iiiudrn le* realea de iun vai»- 



AMI 



m dans I.1 cathédrale de Lisbonne « 
Florence combla d'honneurs sa fa- 
lie. Tout le nuHiile s'accorde à dirn 
qu'Auiéric ne ennitiiaiirla jimais en 
f une expédition , qu'il ne roy.tpea 
qu eu qualité de gt ofjrnphc el <ie pi- 
lule , et qu'il ne p Tlit pour faire des 
ilicouverles qu'après le retour de On- 
lonib. Aniéiic dut sans doute sa gloir» 
à son mérite , à ses travaux , mais il 
dut aussi quelque chose à «on carac- 
tère , et prineipalenu'iit à la feu tune , 
qui se niéle de tout. Tau.lis que Co- 
lomb accusait hautement SCS envieux, 
et que sa gloiri' iniporlnnail les mai- 
Ire» de la Casiille , Améric , moilestn 
•t paisible, ne donna point d'om- 
brage aux rois ni ù ses rivaux; la moi- 
tié de la terre prit son nom sans qu'il 
l'itl cherché cet honneur et sans que 
l'enxie pili y prendre garde. 

AMIhtlAR. Quatre personnage» cé- 
lèbres ont porlé ce nom : l'un , génc. 
rai Carthaginois . lils de M.agon.qui 
périt dans une expédition rootre la 
Sicile en 43i avant J, C. ; l'aulre, an- 
la(tonistede Piêgulus: le troisième, lils 
Giscon , qui fut fait prisonnier et 
tué par les Syracusains; le quatrième 
lin, surnommé lîarca, père d'Anni- 
bal, elle plus f.imi'ux. Il coinuiaïula 
neuf ans en Espagne, subjugua plu- 
sieurs n;itions , fonda Piareelone, cl 
soutint son crédit à Cartbage, non- 
seuleuieut par les heureux succès do 
ses armes, mais encore par les gran- 
des richesses qu'il y fît passer. L'his- 
loire ne notis a pas conservé le détail 
de ses conquêtes d;nis cette çontiée ; 
elle ne fait mention que de la balaitia 
qu'il livra aux Vectoms, peuples de la 
l.usilanie, et dans l.iquelle il fut tué 
l'an sa8 avant J,-l\ l',d>be ,\A qu'A- 
niilcarent une iîn digne de son mé- 
rite eu mourant sur le champ de ha- 
l lille à la n;le de ses troupe-. 1,'arniéo 
élut à sa place son gentlre Asdrnbal. 
Son (Ils Anuib.d n'avait que neuf ans 
lorsqu'à son arrivée eu Esp.'î.ïne, il lui 
Ut jurer une hait»e éternelle aux Ro- 
mains : on sait qu'il fut lidéle à son 
serment, v. Awibm.. 

AUIXADAI?, lévite, habilantà Ca- 
riathiarim, chez leqnel on déposa l'ar- 
che, après qu'elle eut élè ramenée du 

pa^'t des Vliilistii». <1 eu dunua lo 



AMM 



s8 



AMO 



loin il son f^h E!*'av.ar. f^nî la par'la 
iii-q<rà ci: que Djvîd la fît vi-iiir à 
it'-iii-aleni. ("élaîl 'un capitaine relè- 
brf |tar son courajjp el par la lerrcur 
qui' iiiipriin:!!! awi- Ifs chariols lie 
gtic riT. Il v a enrorf eu un lils Hi: 
Ca.itli et uu iils de Coré du môme 
nom. 

AMIOT (Lf P!<rh). iésuile fit.», 
çais.de la mission rlu Pékin, tié à 
Toulon «n 1718, mort à Pékin en 
J'J^\, passa 3o ans de &a vie en Ctiine, 
el ne ce<sa de faire passer en France, 
d' * nolinns saines et vraies, de l'bi» 
toire, dis seienee» , el de Imite la lit 
lérature de ce paNS. Les i5 volumes 
in -4° des if^ino;r<:s concernant l'fl:»- 
toîre^ /«s Sciences et les nits ites Chinois, 
ne r on tiennent, sous •orme de lettres , 
d'otïSTvaiions et de mémoires, qu'une 
partie lies éerils inléressans dus à ci- 
Gavant et l;diorieu\ missionnaire, 

AUJIIUN MARC.lîLLIN, historien 
romain du quatrième «ièele , était 
Grec de naissance. Il naquit à .-intîo- 
clie : dan» sa iiiincsse il emluassa la 
carrière militaire, et sV eondiiisii 
avec distinction. Il quitta le niCtiei 
des armes, el vint s'.tal.lir à Kome, 
QÙ il écrivit rilisliiire de fEnirii-e , 
qu'il commença à l'époque oîi 'facile 
avait fini la sien.'ic , et qu'il ierminn 
au lépne de Valens. Il lut son histoire 
en public, et recul les applaudisse- 
meus des Romains dont il n'épar- 
gn.iil pas les mœurs déréglées. Il 
vécut iusqii'i-n .^90. 

A M \HJN , Iils in.estueut de I.olh , 
qui .s'él.ihiil à l'orient de la mer Moi le 
et du Jouid-tin, dans les mont;i;ïi)es 
de Calaad, et fut père des Amiuc 
nites, peuples fiMl]cu\ touiours ennc- 
Dlis des Israélites. I.e pays des Am 
niniiles s'appelle aii;f>urd'lmi t'tiila 
deliihie; c'est celle partie de la Syrie 
qu'on appelait autrefois Célésvrie 

AMJIU\IL\S SACC.VS, ainsi nom- 
nié parce qu'il fut, dit ou , porte-soc 
dans sa jeunesse. Il était natif d'A- 
lexandrie, el vit. lit ver» la lin d 
deuxième siècle. Déjjmllé de l'état p< 
nlble qu'il cvcrcait il le qniltn pou 
te Muer à l'élude de la philosophie . 
dans luqnelie ou eioct qu'il eiii poui 
nidlie l'aiito-mis. Au houl de quel 
quel aunecs il ouvrit une école, et si 



Il yrnnd nombre de discîp!"s dont 

lis plus c.lé>.res furent li<renuii:s, 

pêne el Plolin. (In doit le repar- 

comme le fondateur des ihéoso- 

phcs OU illumines. Il n'écrivit jamais 

1; il lie confiai! ses principes qu'à 

petit nombre de disciples et sou» 

oile du mystère. Il v a trois aiilres 

monlus: l'un tils d'IJerniias cl d'.Ii- 

dcsiiia , philosophe éelcctiiiiie , qui vi- 

ait vers le milieu du cinr;uiême sié. 

le. Il était natif d'Alexandrie: niais il 

fut coiiiluit à Athènes el contiè au^ 

soins d.- Pinclus. L'autre , pliil.isnph» 

pcripalélicicn , fut un des uiaiires de. 

Pluiarque, el quilla aussi Alexandrie, 

où il et.iil né. pour aller s'établir » 

Athènes, où il termina ses jours. Le 

dirii'et était un prammairien yrec. 

An reste, on compte dans rantiquité 

plusieurs Anwiouius souvent confcii- 

dus, et dont l'hisinirc est enveloppée 

d'une «rande obseurilé. 

AMNON, fils aîné de T>avid ; avant 
conçu une passion violente pour Tha- 
m.tr sa sœur, mais d'une autre mère, 
il parvint à l'attirer chez lui, et te 
porta envers elle an dernier outrage. 
Al.salon, .son l'rère , diiuimula d>-in 
ar.s «on ressentiment, après lesquels, 
axant invité les eiifans du roi à nti 
l'estin. il lit assassiner Amnon, Tan du 
monde 2974. 

A.MON, quatorzième roi de Juda, 
tils de Mana&sè, fut assassiné dans &» 
m.tison par ses propres ollieiers . à 
l'à^e de s'i ans, l'an <tu monde 3555. 
AMONTOvS (Gin.niMK),inenv- 
hie de l'Académie de» Sciences, né à 
Paris, le .^ i aoitt i6ti3, moil le 1 1 oe- 
lohre i-o5, est le vérilahle inventeur 
de l'art lélé;;rapliiqiie, tel qu'il s'em- 
ploie aiiiourd'hui ; il en Hideux fois 
i'cxpériviice devant des membres d» 
la farn'.ne rovalc. 

AMOIIRIII'.G, qnaliième G!] do 
Chanaan, d'où descendent les Aiuur- 
rhéeiis qui peupléreiït d'nbcrd les 
nion|:icnes (|ui sont .<u coiicl>ant de I» 
mer Slorle. Ou temps de M.iïse iU 
haliitaient tout le pays qui est «n-deli 
du Jourdain ; les Israélites s'eniparù- 
reni de leur pays en l'an du mundo 

A.MUS. le quatrième de» ilonze pe- 
lils prophètes, ètail uu simple p4S> 



A>îU 



'9 



AMY 



ipur, Af 1.1 t'ilk' 'fc T. eut, «loin la Irl- 
l>u <li- Jii.lu, i r|uali .• li. »■ !> .1.; J-riuH 
leiii. Il romniciK^ii à propliùii'er »oiis 
U rcfiiic il'Osli» , r<ii <!« jiida, el tous 
nllil <le Ji'rol.oaiii II, rni d'Israël. 
On iciiori' le ti mp» ilc sa mort. Il y a 
eu nii Jinot, lili> île Nabuiii , ptre d» 
UHll>:ili.i» 

AVI It.A M , rds <\i^ C'ialli. delà Iriltu 
df* Lv^i . rpou....! J<ip.il><>(1, <li.> laquelle 
il eut Abioii. m.uie l'I Moîie. Il lui.u 
rui en ICgypie , l'au du mundesS^i, 
après OToir vécu i.V' ans. Il y eu eut 
un nuire, lil$ lie r,»ni. 

AMR.\IMIi:i., roi .le Sennaar, est 
lin des roi» qui se lipnèrent aîec t'.o 
dikrlalirn^or , roi de5 Klamiles, pour 
faire la guérie aux roi' de la Pinla ' 
pnle. Ces rois liRué.s i>a(!in'ut oen.t An 
\.\ l'enla;iiile. pillért-nl leurs »illes, <t 
lirrnl un pranti nombre de priîiOM- 
niers, entre lesquels ,m. liouraT.oll' 
Mais Abraliam les ■.\\:\n\ ponrMiiiis, 
leprit Ijoili el recouïra lonl le bulin 

ASir.l, Réncral de» armées «l'KIa . 
roi d'l>rat;l, avout appris que Zaiiibr> 
siTail assas.^in^ son ntattre, se lil nnni- 
mer roi par l'a: nue, niareba euulre 
l'as«as.sin d'KIa^ qui avail usurjté li- 
ro\atime, l'assiépea 'lans la %ille de 
Tlirrsa. el le lorea ii s- brûler lui 
même d^ins .«on pilais avec toute s.-i 
faKiille. Il mourut l'an du monde 
SoSfi. 

AMUIJIJS, roi d'Albe, fils de Pio- 
e,is , (lixieulo doeeudiiul d'Aseasne. 
?oM fri-re .\nmiior ayani snei'éiié à la 
rniTonlie par droit d"aîne.«se, il le 
renversa du hûne.et li( i.i^rir sou (ils 
.ff.^esiu5. Il ol.licen nisiii'te lUiéa S.il- 
Yia , nie de Niimiinr, à se eniis,irrer 
au cnlle de Vesia , aliii qu'elle ne pût 
jamais êîre mère. Mais lîhèa Sylii*; 
HeTinl eneeinle. et prétendit que, 
roniaie elîe allait pni?er de l'eau à 
une foiilaine, le dieu Mai.s lui avai; 
fait Tlolence. Cette f.il.;.-, toute dipne 
qu'elle était de ees temps t:l ossiers , 
ne fut pas crue d'imnlius: el lors- 
que lihéa Sjlïia mit au monde deus 
jumeaux, son oiiele la fit eoiulamner 
À mort. On ordonna en même lemp.. 
que les enCans fjs'enl jetés dans le 
Tibre. C.> dein enl'^ns, Romulu^ et 
Hémus. ayant été sauves par un pro- 
dig» (loy. RoaiLisjj se decidùreut. 



lorsqii'i'» eurent atteint leur dix tiir- 
iieiiie année, à >enïer leur mérc i« 
leiM uiiiil. Il se mirent à la léie du 
plusieurs troupes de patsans qui n'a- 
vaiciil pour enseipiies que des botlej 
de fcin allai liées à de lonijues per- 
ches, l'orcurent J.i (tarde qui défendait 
le palais d'Ainulius , le tuèrent et ré. 
tabl reni Numitor Mir le trûue. Oiuap- 
purle cet cTénement à l'an 764 a%anl 
J.-i:.. el ou ajoute qu'Amnlins naît 
alors répne k'i ans. —Il y a un nniriî 
/tinulivs, peintre, qiii vivait sous ie 
rèfiii» lie iNéron; ses plus beaux on. 
♦ rages l'iireiil eiéeuies dans la in.ii- 
son di>re<. Il é<ai| d'n:i raracieiK 
(■rare et «eière , et ne peigilail jamais 
que reiëiii de sa tope. 

Aiir.OU-liFA'-KL-AS.S. lin d"i 
plus l'anieiix eanilaine.4 Slusulnian.s, 
.l'abord ennemi de Malmmet : pii.« 
un des plus zé|é« firopapaleurs ''e sa 
itocirine, cnn>|uil Dipypte, l.i Nubie et 
une pallie de la l.ibje, ouiril le l:eaii 
canal qui réunissait la mer Ituiipe a 
la Slèdterranéc , et iiioiirul poiiver. 
iieiir l'e l'Kpjple en iCCj. 1,'ineeiidie 
(le la bibbolbéque il'Alexandl le , qui 
lui est attribué, a IrouTè des eniiir,i- 
dieleurs. 

AMUR.^T. Trois empereurs «'es 
Turcs ont porté ce nom. Le premier, 
nie dans nu 1 onibal eu iS^y. fui 1 1 11 
■les plus prands princes nlioonns; il 
i^iilera aux (jrecs la 'i'Ijr.iee, (iallipuu 
et .^ndriiiople; ce fut lui qui eiea la 
milircdesjaiii.ssalres. I.edeiijicuie fut 
aus-i un prand prince: il nioorut en 
li.^l, à 75 ans. i.e troisième lui itii 
priiiee debaurlié el cruel: il fil étrir- 
i;ler M » ciiicj frères , cl inui.rui en 

ÀMYNANDP.i;, roi de» Athami- 
iies, peuples lofsins des Eloliens, in- 
ierpo.sa s» médiation en fiieur de ee« 
ilerniers pour oMeliii la paix lie l'i.i- 
lippe, roi lie illaeé.l. iiie , l'an aoM 
jv.int J.-C. I/0iip-lenip.s après. É la 
sollii llaliim du eunsiil romain, il eit- 
sacea les litoliens dans la lisiie conire 
Pli li; pc, amena des secours aux llo- 
niains, se lai^'a pajiner eusniie par If» 
p' omisses d'Antit.cliiis-le-(;iai(d, lut 
blpe lie quitter Ses éials par l'adresse 
le ee même l'Iiil-ppe , ri inoa:a peu 
après sur sou trône m'i le i»pyi;lii.»ua 
3. 



AMY 



oo 



AN A 



peuile inilé de i'or;;iifil des lieute- 
naiis do piinre mnrcdonieii , ut s.i 
paix OTec Ips Romains » el eiti^asca !a 
%ille d'Âmbracii! u li>nr ouTnr ses 
portes. On ignore le tcmp» et les cir- 
constances He s.i mort. 

AMÏNT\S. Jious en compterons 
q\ial!C. Aiii;iil.ns I, n.i de lUi edoi- 
iie, tils d'Alcéus, ail' iicl il succéda 
lers l'an 607 a>aut J.-C. Il mourut 
peu de jour.* aprës la l<atail!o de Cala- 
mine, '-t eut pour successeur Alexan- 
dre I , son (ils. — Am}nltts II , Gis de 
Philippe et pelil-li!i> d'Alexandre I , 
roi de Macédoine. On l'a souvent coii- 
l'ondu aTCc Aiiivntas IH: mi>is il y a 
eu ô6 ans d'inlervaile entre ces deux 
Anivntas; cl , comme le troi.'iièuie a 
régné 24 ans depuis la mon de Pan- 
eanias, que d'ailleurs on lui d<>nnc un 
père diircient , il est évident qu'on 
fie doit pas 1rs confondre, — Amrn- 
las Ml. roi de Macédoine, lils de Tiia- 
raloe selon les uns, et de Ménélaù.» 
selon d'autres, et proliablement pe- 
lit-fils d'Aniynlas U, monta eur le 
Irône par ^a^sas»illat de Paus.inias , 
fiU d'Aréopus, l'an ôgi atanl J.-C. 
Tonte ' ! conduite fut celle d'un pro- 
fond politique. Il alieiniil le li.iiie 
dans sa famille , aUrTuienla Jn puis- 
sance de la Macédoine , ^°atlaclla ses 
Toisiiis, et mourut ipié» 1111 le^iiie 
de j1 ans, laissant trois fils. Terdic- 
cas, Pir.liipc et Alexandre II, (|ui lui 
enccéda sous la tutelle d'EurMlice sa 
niêre. I.e quatrième Atnyntait , lits 
d'Antiochus, Jlucédnnieii, quitta la 
lHacédoine après la mort de Pliilippe, 
tans autre motif que sa liaiue pntir 
Aleian-Jie leliriind, et fut tue par 
Iklozarés.eoiuni.indant les Perse», non 
loin de Menipliis. On tionfe eneore 
plusieurs autres Anntitat célel'tes 
tliins riiisioire de Macédoine du temps 
d'Alexandre. 

AMYOT ( Jicorts). né à M.Iun le 
5o oetobre i5t5, mort à .\uxerre le 
6 fétrier lîg.ï. Il v a plus de deu\ 
cents ans qu il a écrit, cepend.inl on 
préft-re encore avec justice sa tiariuc- 
tion de riutarque à toutes celles qui 
ont paru jusqu'à nos jours. 11 a f.iil 
.Tussi relie de 1.1 pastorale connue sous 
le litre de Pnplinit et (.hioé. Aniv u. , 
Mlihi de Ucllozane (nus François I, 



(irêeepleur des rnraiis de France «nos 
ileiui II, évéque d'.\uxerre et yraiid- 
anmonnier sons Charles IX. cnHii dé- 
coré de l'ordre du ^?.iint-Mspril sous 
Henri III, mourut chargé de Liens, 
de gîfdre et d'honneurs. 

AMYJIS, lille d'Astyasîcs, était 
mariée à i-pitaniès, dont elle avait 
deux lils. Cyrus ayant raincu Astia- 
^es, ce prince senfnit à Uchatane, où 
sa fille et son gendre le cachêrciit; 
mais tlyrtis ordonna qu'un les mit à 
la question ain-i que leurs enfans ; 
Astyages voulant leur épargner les 
tortures se découTrit lui-iuéme. (av- 
rils lui donna la liberté, el épnnsu 
par la suite An>>>'S,danl il eut Cain- 
byse et 'J'aiiy axercés. Nous devons 
dire que ce récit abrégé, fondé sur le 
récit de Ctésias^se trouve en contra- 
diction a7ec tous les autres h'sloiii-ns. 

AN'ACII A liSI.S. Scythe de nation , 
était lils du roi (!nuriis et d'une femiue 
grecque, de sorte qu'avec la liin;:uâ 
de son pays il apprit aussi celle d Ho- 
mère. Les beautés qu'il y découvrit 
chaque jour exaltèrent son aduiiratigit 
pour Us peuples (]ui la parlaient, bien- 
tôt rOpreté <lii clim.it , la rudesse des 
niœuis de ses concitoyens, le déler* 
nvinertiit à visiter la Grèce: mai» 
l'abbé Barthélémy a rendu son nom 
inininrlel, et se» Voyaga du jvune 
Anacharsls ne nous permelient pas 
d'in <lire davantage ; cet excellent li- 
vre est entre les mains de tout le 
monde. 

ANAf^RCON naquit à Téos en 
loiiie , vers l'an 55o avant J.-C. Poly- 
irule, tyran de Saraos, l'attira à sa 
cour, et lui accorda son amitié et ses 
faveur*. A sa Diort, Anacréon se reii- 
il il à Athènes, et après la chute d'Ilip- 
parque qui y comuiandaii, il reloiirna 
a 'Il os; il s'y trouvait lorsque ilistiéa 
lit révolter rionie cuntie Darius. 
.Maniié des suites que devait avoir 
celle rébellion, le chantre des amours 
et du vin se relira a Abdéie, où il 
conduisit gaiement sa carrière jus- 
<|u'à quatre-vingt-cinq ans. Il mourut 
étranglé, dit-on, par nn pépin de rai- 
sin, 'l'éos honora sa mémoire et sa 
st.iMie fut placée à côté île cilhs de 
l'éiielès et de \anlippe. Nous avons 
d'Anacréon des odes bachiques et 



AN A 



Si 



AN A 



*rolif(itC!i; re «mit |jic<q'.ie aulanl de 
uioilfk» «oluTTts il;iin II» snirE (jni a' 
g,ii<lK le nom du liiilhird de 'L'vos. 
lin |ioute a dit di: lui uvcn raison: 

Auiirrôon , iiiiiii^r fut (nu désir. 

L;i (jux du lcui|is, qui dùlruit tou- 
Us cliosi-s. 

Sur 11'» flmïcui llaucliis par le 
|,I.,iMr 

A ri'i'in'cli! ta couronne de roses. 

Tout en rrtidanl iusiicc ù ses la- 
Irns, il serait à désirer que la |io?lérilé 
(I eût aucun rc|>roclie à faire à ses 
ninnir>. 

AN AMAS, un des trois l'eiines 
Iioiiiiiu'S de la Iribu do Juda cl de la 
race rii>ale, i|iii , ajaiil élé n:rni's 
c,i|ilirs à Jl.ilijlone , furent cIioims 
' parmi les aiilrcs pour êli-e in^lruils de 
luules les seieiires des dialdérns, et 
jiour servir dans le palais de Xahu- 
chndonojur. On clianijea le nom d'A- 
nauias en celui de Sidrnch ; il fut sau- 
TU rairaeulcuseinenl de la fournaise 
oiec ses deux cniiipagiions Slisaeh et 
AI>deiiaj;o. Il y a trois autres Anaui 
l'un lil» de Nebe.lAo , snuTerain pi 
tlfe des Juif», qui fut massacre dans 
Jéi-tisaleni an eoinnienceineut de la 
guerre des Juifs contre les Uoniains; 
le second . Juif dis premiers roMTer- 
tis , itni lut puni de iiiuri avec sa 
Oiiinie Saphlrc pour aïoir trompé 
saint Pierre sur le pi iï de la ïenle 
d'un cliaiup: *t le dernier, disciple 
des a|iûlres, cpii deuieurait à Dam 
el v futenlerré dans nue église dont 
les Turcs ont fait une mosquée. 

AN\4\U.S ou ANNK.i^rand sa 
crilicateur des Juifs, llls de'Selh , eul 
cinq lilsqui possédèrent louslagrandt 
■acriliealiuc après lui. C'est le mêmi 
qui élait bean-péie de tiaîplie. Il v 
a un autre /^niinu.t, fameuï docteui 
juif du liuilième siècle, l'auteur on 
|jUilût le resliiuiaienr de la seele des 
caiaïtcs,e'esl-à-diie de ceux qui, serii 
puleuscmeiil allachés à la loi de Jloï 
«e, reieltonl lontes les traditions et 
les intcrprélatious allégoriques ima- 
ginées par les tlialmudislcs. La secte 
dont il se tit chef vers l'an 700 sub- 
jiste encore parmi les Jolis. 

AN'APIUS et AMl'llIXOMCS 
itaieut deux frùios qui dcmeuraieut 



à (latane en Sieilc. IVins nno det 
jruplioiisdn l'ICina, un lorreni iW l.i. 
te sapprochanl de la ville . ehaeun 
.'enipres.sa d , inporler ce qu'il aïait 
le plus précieux : mais ce> cb-ux frè- 
res , abandoiinaul leur or et tonte» 
leurs ricliPsses, prirent sur leurs 
paules leur père et leur mèie, nui 
laient lrè»-a< aiirés en âge cl hors 
délai de s'enfuir. Oliarges de ce pré- 
cieux fanleau, il sorlirent de la ville. 
Oommc ils n'allaient pas très lite, la 
lave les Bllcignil. L'bisloire rapporic 
qu'elle se sépara en deux sans leur 
faire aucun lu.il. (lu leur èrivea dei 
slalue» à Calaiie. et on les bonorait 
«11U8 le nom des frères pieux : nu 
avait anssi représenlé liur déioiie- 
nieiit sublime sur un des basiiliefs 
qui aillaient le temple d'Appotloiiie 
à (!v/.ique. » 

ÀXATOMDS, d'Alexandrie, flori»- 
sail vers l'an jyo a>anl J -t;. , et res- 
suscila la pbilo.sopbie péripalelicien- 
iie, que l'école de l'Iotin avait fait 
abandonner. Il fut eiéqne de Laodi- 
eée , el composa plusieurs ouvrages. 
On ne doit ]ias le conlondre avec un 
autre Aiiatotitin ^ pbilosopbe platoni- 
cien , l'un des maîtres de Janil>ii(|uo 
et anleur d'un traité sur le» syiiipa- 
ibies el les aiitlpailiics. Il y a un tn.l- 
siéme yinnialius, jurisconsulte, iils de 
Léotilius et pelit-lils d'EudoNÎus , qui 
avaient l'un el l'antre consacré leur 
vie à l'étude de.s lois. Il vécnl iln lemp» 
de Justinieii, et parvint à la dignilo 
(le consul. L'n autre Jnalolins enlln , 
jurisconsulte grec, fut un des iiois 
par lesquels l'empereur Pbocas lit tra- 
duire le code Justiuien. 

AN AXAlît)!! \S de la secte ioni- 
que, Iils d'IIégésib.ilus, naquit à Cla- 
zoménes, 5oo ans avant J.-tl. Ses pa- 
rens éiaient puissans et ricbes: mais il 
abandonna le soin de ses biens pour 
se livrer ù l'élude de la pliilosopbie, 
sous Anaximcne de I^Iilet. A viiigl ans 
il entreprit de^ voyager pour s'ius^ 
truire , visila l'Egypte, tou» les peu- 
ples qui culliraient les sciences, et 
fut pendant près de Tingt autres an- 
nées absent de sa patrie. Il revint 
ensuite s'établir à Atbénes.où l'éri- 
cUs s'ét.iil mis à la lële des all'aircs 
publiques. 11 s« lia parliculiércuieut 



AI^A 



Si 



AIT A 



aïpf ee grand liuiiiinc. c\ (-auiiila > non itii san;; cIpî client. • f!<- plii'î. 
Ijifiiii'l i.iiini s"S <li^<'iple« le» ci snplie lainail mn'.isliT !•- Tr.ii l.i. i, 
lojiiis lis plus célèl'ies. Itls qu'Ar-;d.ins I,i Tcrtn.ei prnsiiil qiip iv frai 
«■Ik'I^ius et ie poiile Kuripide. Il fui sape iloit irnuii-r son b"ii)i< ur rn l^i 
1>uduil en jiijli-e pour criaic d'iiu- iiiême indi''prudaiiiiiii-nl des nl.ji n 
jitli- . loi In plus rcli^ii-ui des philo- pxli-rieiiis , ee cjiii lui iil donner !- 
»o|iliF9! Il Mirlit d'Alliénes H !ul s'é-|«urnom à'EudimwnUo» (ce qui rend 
lal)lip à Liinips;ique,< ù il Irrniind ses ïienreu^l. 

jnnrs. ô-é de 71 ans. L'anniversaire ' AXAXn.AS. Onire les deoi rol-- 
tle sa niorl fui . d'apiè." sa demande, 'de Ulié^ium (|ui onl porté ce nom , il 
lin jour (le vaeanre pour les écolier» y a nn Uo'n'ume Anarilas, île l.ari-se, 
de la \iLlc. On compte trois autres pliilosojjbe p^tbajjoricien qui vi\ail à 
Aiiaxa-^oras , l'un discipJc d'Iso^rMle , ■ Houie sous le règne d'Au;;uste. 11 .s"ii- 
qui l'ut orateur : l'antre ^grammairien, 'donod pai liruîierement à la mid- 
di.sciple de Zenon, el le irolsicineirine , à l'élude des merreiS'es de I 
rrulplcur. né à Egine , qui fut ehaipé'nalure , eirousi.sna le frnil de .«es re - 
fie fiiire la statue de Jupiter , que les cberelies dans un ourrase ciie [.ir 
Orées éleTèrenl à Elis après la bataille 1 Irénée cl par Epipb.nie. Se« reclj' r 
de Platée. Irlies lui detiiueiil fatale» ; il fut ■>■■- 

AXAXANDTIIDES. Il y en adeux.'cnsé de magie, et banni par or!:e 
I/iin (ils de Léon, de la première ;d'.\iign-le. 

Iranrlic des roi» de Sparte, qui inon-| A.\ A.\l JIANTIKE, fils de Pr:.j; .- 
ta sur le tM'ine vers l'jn 5.-o a?ant J. C. Ides, fut le disciple et le sucées», n: 
el qui ajant épousé une femme sié- jde "Tbales , fondateur de la secte l"> 
rile en prit une seconde du consente- ' que. ('omnic ïioii iiinilre . il peçn: !■ 
ini'nt des epliores el du sénat, et cou- i jour à AEilel,!a tmisiènie année (U-_ 
lie l'uïage iinn-sctilcnienl de Sparte, Ma '|narnnte-deu\ieme ulynipiaile, fin 
mai» de tonte la Grce. Il en eut ans avant J.-C. Il fnl eli'ai^é de cnn - 
Clénmènes, qui lui succéda. Peu dd'dnire la colonie milé.sienne, t'onda- 
temps après , la première, apn-.s luiit'lrice d'Apoliniiie . sur les bords du 
d'années de stérilité, lui donna un | Pc.ilt-Ëu.vin. Il se livra parlienliérc- 
{it« , et ensuite deux autres. L'an! re; ment à l'etnde de» sciences niatliénia- 
yinaxandrides , (;ocle comique , né ii}lique9,et conslnuiiit tuïc splicre cé- 
Kbodes un à Colopbon , vivait duilesle au moyen de laquelle il exp'i- 
leinpfi de Pliilippe, rei de Macédoine, jqtiait à ses disciples le svslétne du 
Atbcnée fait menlion d'une Ddyssée: monde. Apollodiire nous apprend 
composée par ce poèl* , et Aristote ,|qu Anaiimandre monrut peu de 
dans sa rliéiorique . cite quelques- 1 tem^>s après la dcii\ièuie année de 
unes di- se.H conn-dies. Platon fut un i la cinquante biiitieoie olympiade, âgé 
de ceu!l qui excitèrent la verve 5ari,|.rcnTii'0il soixant' -quatre ans. Il avait 



rique d'Anax:indride9, qui fui con- 
damné à mourir de faim pour s'élre 
permis dns criliqncs coutre le gouTer- 
iienieiit d'Atli' nés. 



le ronleinpurani de Polyerale, Iv- 
an de Samo4. M. Andrieiix à l'ait sur 
c pliilosnpbe nin- eltarniante comé- 
lie eu vers, inlilulce : .^nux/rimni/re, 
ANAXAIIQCK, pbilo^oplie de la on U Sarnihr aux Grâce». 
lecle éléaliqn.- était natif d'Abdeie , ANAXI.M ENKS. Il y en a deui : 
et fut discple de Dl.iniénes de bmyrll'un lils d'Eur\sir.Ue , qui fut le coui- 
ne , on , stiiin d'anlns, de Mélrndore patriote . le disciple et le sucers.seur 
de t;liio, tous dt ui de lecnle de Dé- d'Anaiimindre de ililel dans la série 
niocrile. Appelé auprès d'Alexandre- innique. Ses disciples les plus célè- 
|e-rtrand, il le suivit dan» tontes ses' l.r.» furent Anax.ipore et l)lo|;éno 
ejpédillnns, et lui parla lonimirs avec j 1' Ap"lluniate : 1 autre, nalifde Lamp- 
uiie enlién liberté. Le ninnnrque unU.ique, fut nn des blsioriens les plus 
jour s'itail Mes.é : > C'est bien là dn{c<ii[nés de ramiqnile : mai< son ou- 
■ saiig bumain , dit An.ix.uqne, eii'ïraRe c«t perdu. Il l'ut cliiiisi par 
• muiitraul du deigt la blessure, rljpbilippe de Macédoine pour eiisei- 



"-^ 



AUD 



t).y 



Aî^D 



Rticr Ips bi-ili-s l.tiii-s à »nn f'.ls <l 
tiiMl clan» iiliiiifiiis cxiif'diliniu If 
TiMiMinfiir «11- l'Asi'". Son a(lip«5i> s;ui. 
»ii *;i |i,iIih; ilr la roli'i e ilii coni|ni.- 
riiiil. Iiriii' dr en t|iic l«! I>.iliiiaii<i 
<!<" I.anipsnqiic avaii-nl i-nilirassi' \r 
paili de Dariu» , Ak-xamlrP Toillail 
«Itliiiiie re« iille; vt , iiré»maiii l.-j 
nnlliritjtiiiiis iJ'Aiinx'iiirnca. il ovail 
parll<-iili>-rfniciil juré ik foire le coii- 
liaiie de rc qiiit lui dimandrinil »nii 
niaîirc ; • Je viins te Mippiicr, mm 

• giirur, lui Hit ci'lui ri d'aïK-aiilir la 

• i'ci'i|iali|p l.auiiisaqii". • Lié par stiii 
propie seruiftii , Alexandre fui ohligé 
de pardnuurr. 

ANCUK tms! Covciso. CnsciNi. 

AXCUS MÀRTIl'S . quilriéine roi 
de Itoinc, él»ii pelil lils de Nuiua p^i 
Pompilie, iille de ce prince. A prés un 
roint iiilerresne ,jui «iilvil la mort 
de Tullui noslilin.v il fui élu I »n ii.^ 
de Kome. Il ol)linl les honneur» du 
triomphe. Souk son règne le Monl- 
Aventiu el le ilunl-Janlenle furent 
enfermés dans l'enceinte de Rome. 
Il lit construire 5ur le Tibre le pont 
buMlcius; il fit haiir une prison d,ins 
la place puhlii|ue ; le port <le la ville 
d'Oslie lui don. m leur origine. Il fit 
creuser des salines, et en disirihua le 
»cl au peuple : ce fut l'orlpine de« 
libéralités publiques connues sous le 
lioui de con^iaria. Au nombre des 
Dionumi ns publies éleiés par ees or- 
dies, on doit placer le lemfile de 
Jupiler-Kerclrlen , raf[ucduc raapni 
(iiine dit de l'4<;iin Mdrl-.a. Il mourut 
8] rès un régne de vini;|.i|lialre au«: 
il laissa deux lils dont l'nîné était âgé 
de quiuie ans, el leur donna impru- 
denimeiu pour Inlenr Tjrquin , nou- 
ïellement établi à Home. 

A^'l)()(;IIHi, Uls de I.éognras, né 
à Athènes l'an 4CS avant i.-i.., eia.t 
d'une des principales familles de cpiii 
ïille. Il .se mêla de bonheur des of 
faires publiques, cl fui l'un de ceux 
qui n-goriéient avec les Lacédénio 
liions la paix de trente ans qui pré- 
céda la gufrre du Péiopnnesc. Niiii> 
avons qualri' Difcours qui lui sont at- 
triluiés. I.'abbé Auger les a traduit' 
en français dans le recueil intitulé: 
le* Orateurs nihèniens ; Paris 170a, 
iu-ï". La timplicilë est le principal 



caractère de l'éloquenec d'Andocîde ; 
il n'a pas de grands niouTipieiis nra- 
ti.iri s : mais il plail par cela luéine 
qu'il montre moins de pré'cniinn. 
Audoeide mourut dans un âge fort 

ANfinAfiATE, né «nr le» br.rdi 
du Pont-F.uxin , coinmatidnii en ."^Sf 
dans b'S Canles la caolerre de Maxi- 
me, lorsque ce rebelle entreprit de se 
l'aire couionner eniperi nr. Il s'atla- 
cba élroitcincnl à sa f.irtune ; m.ii» 
ayant appris la déf lile el fa niorl du 
lyraii, n't spérani plu» de paidun pour 
lui-même , il se piéeipila daus la mer 
en 58<t. . 

ANPRK. frère de saint Pierre, nalif 
de Itelsaide, fut d'abord disciple de 
saint Jian-Baplistc , cl ensuite le pre- 
mier disciple de J.-C. Il lui amena 
»on frère Simon ou Pierre , qui assis- 
tèrent aux noces de (lana. Il était pc- 
rheur,et prêcha l'Étaiipile à Palrat 
en Arliaïe, où suivant la commune 
opinion, il fut niartvrisé et erucilié 
la télé en bas. Un autre Audré , Juif 
de (lyrène, se remlit fameux sous 
l'emi'îre de Trajan , cl désola la I.y- 
bie, dont plus de vingt mille babitans 
dciinrenl les victimes de ses frjreiirs, 

ANDRÉ (TviiS Marie), né en 1C76, 
à (!hâtP3uliiï , en Basse - Kretagne , 
professeur de luathématiqiies à C.aen, 
mort daus celle »ille en 1764. Ses 
œuvres complètes parmi lesquelles on 
distingue rE.s.»in" sur te henu , deventi 
classique, ont elé publiées à Paris, en 
17C6, par les soins d« l'abbé Guynt, 
son nmi. 

ANOr.KAS on AM)RON, médc- 
cin grec, disi-iple d'JIéiopbile , qui, 
SI Ion Polvbc, visait sons Ptolémée 
Pbilopator, deux siècles ava.it J.-C. 
|:ioscoridc le cite comme s'élant dis- 
tingué par la connaissance des piau- 
les , r.else eonime ayant beaucoup 
écrit sni la ihirurqie. Gallcn en parb 
avec mépris , mais sans doute pour 
Tinger llippocrile qu'Andréas, par 
svengleraent pour son maître Iléro- 
phile, faisait pio'.ession de dédaigner. 
Du croit qu'il faut distinguer ce nié» 
■ lecin d'un aiilre médecin du raCme 
nom. (ils de Chrysarns , auquel (îj. 
lien f.iil le reprocha d'avoir introduit 
dans la médecine les uouis el Ie« t\tr 



AND 



54 



AND 



perjlilioTU dfs Bilijlonleiis el aatrcsKls liltiraluru eo coHf^e de Franr 

peu|)les nrlfiitaux. |mciiiliiB de la Ugion-il'ljoiiiif ur, 

ANDllliOfeSl ( Aktoijii! FiSAirçnra.J Stinibouri;, le 6 mai 1759: afi 

Comte), né à Caslflnaud;iry. en 17C1, de briltans ?uccc» clans les ronci.i 



lieulenanl d'arlilifiie à 90 ans, lit fa 
premit-re raïupagrm dans la gui.Tie 
de Hollande en 1787, servit arec 
éclat dans les armées de la it-Toln- 
lion , se di>linp;ua en Ej;>>le comme 
tatanl et comme niililaiie, pasja ra- 
pidement par lous les grades, el eon- 
conrul comme clief dVlat-niajor à la 
réïoluliori dn 18 lirnmaire. Direc- 
teur du dipôtde la guerro, el pénc- 
ral de diïi^ion, il remplit sucrp«si 
Temenl les ambassades de Londres, 
de Vienne et de Cc>:5tanlinn|ile . el 
laissa ,p;irlnnt des souvenirs honora- 
rabics. il repaïul dans les cenl jours, 
6ur la seine polilinue, fut après la 
lataille de Waterloo un des commis- 
saires envoyés vers les armées éiran-i philosophie praUq 
gères qui marchaient sur la capitale, 
rentra dans Tinaclion jusqn'urr 1S3S, 
où il tînt siéger dans la chambre élec- 
tive , el mourut celle même année , à 
Blnnlaubair. Parmi ses écrits , on dis- 
tingue son prand ouvrage sur le Bos- 
phore, Paris, iSiS, inS», avec 10 
planches, el 17irsloir« générale du en- 
nal du ilidi . dans laquelle il re<eudi- 
que , pour un de ses aveux, la gloire 
d'avoir exéculé avec liiquet le grand 
canal du ï.arrguedoe. 

AXOUlIiU (BrKTi;(ri>), graveur en 



de rCniiersilé de Paris, suivit d'a- 
bord la carrière du barreau , et !a 
quitta bierrlôl pour se vouer aux let- 
tres , el s'aitnoriçd par sa iolie pièce 
dVrrfljTjrrrrtndr^. Au conseil des Cinq* 
Orts, ainsi qu'au Tribunal, il se dis- 
tingua en v soirlenant Us piiireipes 
d'irue sage liberté. Eliminé du tribu- 
nal , il rentra dans ta vie privée , de- 
vint professeur de littérature fran- 
çaise à l'école Polvtecbnique «l an 
collège de France , el dans l'un et 
l'autre auditoire compta presque au- 
lanl d'amis qire d'élèves. Privé de la 
première de ces places par la reftau- 
ralion, il a dans la seconde imprimé 
-à son enseigitemerrl un caractère de 
qiri s'éloigne 
alenii-nt des routines aiteiennes et 
des aberralions modernes. Andrieux 
a suivi avec honneirr la carrière du 
théâtre, ses comédies se distitiguent 
en général, par le naturel et par la 
gaité ; ses Élourrfis ont surtout obtenu 
un succès qui s'est toujours soutenu, 
t^es contes en vers se rapprochent do 
la manière de Voltaire; il avait pirblié 
une édition de ses cetivres, eit ^ vo* 
lûmes in-S**, il laisse eiiti'aulres ma* 
nu-crils, son Court de Belleal.eltre» 
qu'il reloinhail depuis lo 



médaille du cabinet du roi, né a . Son omilé corrstante l'oiir Guillard 
Bordeaux le 4 noiembre ivûi : il 1 f t Oivlirr d'Oarle\ille les bottora lous 
mourut à Paris le 6 décembre iSas.llrois. (et homme CFlimable a élé en- 
11 perri être regardé eonrnie le restau | levé aux lettres et à l'amitié , à Pari* 
laleur en France de la gravure en le 10 ruai i855. Ses ob.»eqrres ont eu 
médailles. Pendant quaratrle ans, soir lieu le ti . an milieu ilu cnrrroirrs de 
liurin, au<yi féeoird que brillairl, a lonl ce que la capitale renferme d'hom- 
livré aux ciiniraisseurs irne foule d'où- mes di>lingui'-s d.ins les lettres, dans 
Trages qui ont pris place parnri les les arts et dans les ! 



citefs-d œinre de la nitnii>maliqne. 
(M. le comte de C.h'brol. préfet de l.r 
ticirre , digne apréei..tenr tli; tous Ir-s 
mérites, le chargea d'exei nier pour 
la ville de Paris, irne grande médaille 
n l'occasion de Ut rriri-isarfe du duc de 
Jitirdeaur , et ce deriricr ouvrage 
d'Andrieu est une de ses plus belles 
productions.) 

ANDKIliUX (Fntxçois Griu.tuii: 



ANDRISCUS, appelé par les Bf>- 
nr.rrns pncuda- Philippiis (le farix-Plii- 
iippe ). Seloir les bistorieirs latins, les 
seuls qui aient parlé de lui. il iraquit 
à Ailramj'tiuin dans la Troade , de 
parens d'rrne ll'ès•birs^e coirdiiioir. ;-eî- 
■/.e ans «pris la mon île Per«ée, roi d« 
Macédoirre, il prétendit être lils nalii- 
rel de ce pritree, et prit le itom de 
Philippe. Il assurait que sorr pero. 



Je\s Niror,»s), secrétaire perpétuel. iii(|uiel sur lis résultats de sa grterre 
da l'Académie française, prufcueurl contre les Boinuins, l'avait i-avo}'« à 



AND 



oa 



AND 



A ilr.iniTiiliiinpnur Titrent'-»* comme 
I.' ^i^'(l'lll• larliriilirr ii>Ji;<riil. Il 
^ioiilail i\ue Cf sfcrci de to n,ii»snnre 
il- irniiiaii runtipiié cl»in lin «cril tir 
lu propre main du roi. C*- ijui rriiduii 
rf ii-i'il plu!i critvalilc, c'*:liiil la rrs- 
pfiiiM.iiiCK frd|tpaiile qu'An(lri«ciia 
• i.iil, ilil'on , aiec |Vi.«ée. Diimlrinr 
^nl••r , auj'ié» diiiuri il s'etiiil rtlirè , 
le livra à la n'-puliliqui', i-t le (il cuii- 
diiite à Rouie, où il lui eufermé. Ou 
le R.irda »1 ni-g!igeniiiicDl qu'il • »• 
cliii]if)a, *l se réfugia en Thrare. Il j 
i<'i>st'iubla un certain nombre de par- 
^i^ans. ri se déclara beriticr du trône. 
Il ri'Dipnrta plii:ii-ura vicluires : tes 
(Iiirlba;:inoi> (ireni allianoe .itic lu!. 
li deviiil tyran et perHit l'afTeclinn (!•■ 
fri noureaux «uiels. Il éprouva deux 
dér.iile», et <** reiiia citez l'^^as , peltl 
{jiiiicp de Tlirace, qui le li<r.-i .iiix 
Itnniaiii» : I,. Cffcilil!» Mélillii. le 
couiluiiit à ltnm>>, où il fui uiis » 
mort par ordre du (énaî , l'an 147 

atHiit j.-i;. 

ANDUOCLKS. Gis d« Phinlas el 
roi de» Mes»«iiiiDS atec Aulimlius 
Fon frèie, fui tué dans une sédition. 
6e^ enfans te rtlirirMit à Sparn- ; el, 
lorsque la première guerre de Me.«- 
eéne fui leiininée. Us Lacé-Jémonieii^ 
leur donnèrent le raiilnn noinmr 
Iljamic. Andiocles el Pbinlas .«i-s 
descendaiis p*-irent les .irnies avec les 
aulri-s ]ilefcténii>ns dans la ^econde 
guerre de Menséiie; ils furenl lues en 
ronibatuul à la bataille de la Grand'- 
Fonse. il ) a un autre Jiidroelcs , cé- 
It-bte par le Ir.iil de reeunnaissatite 
d'un lion. Cet e.-e!are s'etani eolui de 
clioz Sun maître , se c.icba d.iiii une 
ftiveriie ou Lientol il tit entrer un 
linii ; la fiBTCur le saisit, mais le lion 
«enible implorer ^o:l 5ecours; Alidro- 
cie» Ml eflél lui arrache une éitorme 
^pine qu i! atjii dans le pied, f.'es 
rlave e.-t l/ieiilôl arrêté el coodani-ié 
i èlre dt»oré par les béli»; mai? !•■ 
lion allame , qui avait été pris à kon 
tour, le recnnnaît i:l le earpî-e. Au 
âioele» obliiiis,! grâce. On a fait df 
ce Irait lin niélodrunie aux boule 
lard.». 

ANflIiOCYDES, f.eii.lre, ncqnil 
8 tl.vi'.quc el fit euuleuiporain de 
Zeiiiis. Il pe.t.Hi à Ih^Ui» uu la 



blean de halaille , qu'il fui obligé d'à- 
iiniiiloniier «ans le linir, lors de la r«- 
«nlie de.» Tbil.ain< co.lre Sparte. Ce 
i.-ibleaii fui en>uile r(<ii4.irre dans im 
l»mple par le conseil de Sléiiéclvdr. 
orateur, ennemi de r*'lopiJa4, r|u'il 
croyait buniilier pai là : c irla Tictoiie 
qui y élail relraréc avait été reliipnr- 
ue par un autre gtinr.Tl. AnJror\de« 
aTjit peiiil :iTec un ar: nierTcilIeux 
les nioiistrcs tujriiis i|Ui ciilouraicQl 
Se» lia. 

ANDP.OMAfiKUS éiait partanaiii- 
vaiiee et sr< ricljes<es l'un des pni.ct- 
paiix de Naxos , >ille de la bicile. 
Cite lille a.vanl < I.- détruite par De- 
iiys-rAncien , Androniat-Inis en raf- 
S'mlila les babilaiis, el sétablil a«re 
eux sur h: mont Tauriis , dans le foi* 
siiinge de son atirienne patrie, f:e qui 
donna iiai«<ance à la ville de Taiim- 
niénium , qui fut f'»nJce vers r«n 095 
avant J.-C. H paraît qu'il s'j ui.iin- 
tint dans 1 iudëpendaiiee. car, lorsque 
Timoléon Tint pour délivrer la Sii il» 
du joug de I>enjr.»le Jeune, Andro- 
niachus le recul dans sa fille, el en- 
e.Hgea ses cr>iiciioyeiis à se rénuir aiit 
llorîiillilens poirr aflVanrliir la bicile. 
Tintée l'bi-lorien était son iils. Ha 
anire Jndramacbut , preniîer médecin 
de Néron . n-iqiiii dans l'île de Oèle , 
el se rendit fjmeux par le médica- 
m'^iil appelé ihcriiiijat , dont il est 
l'inienleur. Il lil u:i poémc dans le- 
ijnel il donne le secret de sa compo- 
«ilion el qui nous a élé ennserië par 
Galien. Son fils, nommé AuHrnma- 
obus comme lui. fvil au**i tfrc/i'nfi-rde 
Néron, c'est-à-ditc premier médecin 
des empereurs. 

ANDKOMt:. Il pe sagil pas ici des 
Audroiiic , empereur» de Coiislauii- 
nople , mais d'Aiidronic de (lyrre^- 
tlii s. arcliilecte gtec qui coiulruisit à 
Athènes le monuineni connu sous le 
j:in.u de la Tour de» 'Venl.«. C'étail im 
bâtiment octogone . sur cli^riine des 
."■"■es duquel était sciMjjl-e Ih ligure 
d'un de» VeD:*. Andr. uir les àtait 
dis!ingi:êspar divers ailnliuts. On le» 
ii-mmait î>alanu< , Eur.is , .^usier, 
Africano» . Favnniiis , Coru- , Septen- 
irio et Aqu'lo. Au >> oiniet de la tour 
«f levait une petite pjrsniide de raar- 
bru qui aupportait u:.o mi:0Uji<iu€ 



ANG î 

lissez «eoibîal>le à nos ;;irr>tieltes ; elle 
consistait eu un Irilon d airiin loiir- 
uant sur un piiui et indiquant orpc 
une bagneUe le vChk- de ta tonr sur 
lequel était rcpit>trilé ie nul qui 
(oufilail. <> mniuMUi ut est po-l^i leur 
au siècle de l'eri-its f I n'a pas r|iiuu- 
Yé de grandes de;;radrflinuft. La Tour 
41» Vent» Krtt aujourd'liui de mos- 
quée à de* derviche.*. 

ANDROMl'.US. Il y en a tn.is. 
Andi-onicu.i Licius , If plus nncien des 
poètes latins, qui lîl représenter sa pr'-- 
mière pièce de lliéàUe Tau de Rmuf 
bii. Il jouait luiiiiêuie un rôle daiii> 
ses pièces, et l'on dl< qu'étant clevenu 
eurune il iiuii^iun de faire lérilerlej 
paroles par uu esclave , laniis qu il 
faisait le ;;cste; ce fut l'uri^ïine de la 
panlomiiue cliez les Huoiaîus. l'ecm- 
pnsa aussi des li\niue^ m Tlionueur 
des dieu». Jite-l.lie el Valère-liaxi 
ine parlent de lui. Les ;;rai:iniaii-ien> 
el les critiquis client rréqucnujjeni 
6es>ers, et ces citations suul luitt ce 
qui reslK de lui. L'autre est dndroni 
rus de Bliude>. pliili>soplte péripaleli- 
rien qui prufe.«sa d aliord à Allici>es 
avec peu de sucres, puis ^inl t'élaldii' 
à Home du li ll]p.^ de Cicéruii. Le lier 
nier enhn est Andronicut Culliotu!^ 
(Jtan) , ne à rijess.iloniq>ie , nui lini 
en Italie aiiés la prise de Coiislaiiiino 
pie par l'.~ 'iun», el donna des le- 
çon» d"- pri-c u liunic, à Fiorenie il 
àFerraie lleiii pour disciples An^'. 
Piililien . Juiius l';inuoniiis iM (ieor^r 
Valla. Appelé eus.iile à l'.iris pour > 

de bparle , ii Tul un de ceiii 6 qui 
1 Ihiixersili' de celte fille dut le le 
taliIisSeMMMit de l'élude de U !allgu< 
grecque I ui..uriil eu i.,7S. 

AMtllOMQtE. c.nuniandi.nl de. 
armée» d'ïVniioiliu» KpiplLilns iLin- 
la Judée, lit tuer en Iralnson le >ouie 
raiii »acriliouienr Onias ; nuis Àniio 
rliui lit Hier Andrn'iique dans ie me- 
ule lien nù il avait cumniis le nieurli i- 

ANKK, l'un de> deux t:a»an. en 
qui ioi;n»ireiit leurs forces à relies d'A 
braliain daii* la pucirsuite de l.iiuor 
lalic.niur, qui auil pille î<oilûuie e. 
enleva Lolli, neveu d'Abialiain 

A\(jliL\ i"; lou de Lou.. Xil I. ei 
olGce . si'inil ut^e«i incuiuiu utjo ui 



& ANN 

jri'liiii que la plupart de ses Hevaiieim 
{si Buileau ne lui eût pas f.iit liionneur 
de le nuiumer dans ses première «t 
, liiiilién^e satites. Ilnniié au rui par le 
■prince de Cundé. qu'il aiail suivi daiM 
ses eainpapnes de Flandre comme 
valet décurie, l'Angély lit en peu de 
temps une fortune considérable. Il 
était d'une fainillc iiiible, mais pau- 
vre. Qu^ind ii fut en faveur, ses pareils 
le reconnurent, et il se lil réliabiliter. 
AMiR^N D'ALLliRiY { Dem* 
Frsnçols), lieiltenanl civil au Cbà* 
lelel de Paris. ma!;islral dont les lu- 
mières éj;.tlaieiil la probité, périt sur 
i'ec!i.if.ind en I794. 

ANGCILLaRA iJisx A:ii>ré d'ell), 
uu d-s plus célèbres poètes lialieus 
■ iii xvi*^ siècle, ne vers Tan 1507. à 
Sulrî eu Toscane, est surloul connu 
par sa iraduciion eu octaves des 2/^* 
iaiiiorphotcs d'Orida , dont on vante 
l'élégance plus iiiie la lidelilé. 

A\.\E. de la" tribut de Xephtali . 
f' inoie de l'obie l'ancien et mère du 
jeune. A[iiè« que son m:iri cul perdu 
a vue , elic fnl oiilipéc de travaillera 
'dire de la to'.le pimr rentretien de ta 
famille. Klle vécut dans une uès-heu- 
reuse vieillesse el lut mise dans le oiè' 
lUC loniLeau avec son mari. Il y a 
.iicnre de ce u<iiii Jnne ta proiihcli-ttt, 
.1 .^nne mère de la Vierge el {rmuM 
de JoHciiim, doiil un ne trouve le noiu 
ni dans rKcrilure . ni dans les pères 
des Irois premier* siècU s île l'e^lise. 

ANNK i:O.UNk\E. fi le de Icoi- 
jierenr Alexis, née en loSâ.api es avoir 
. cliniie d.iiis une cr.nS;.iralion pour 
élrùner son frère Jeun, s'ensevelit 
iant la retraite , nu elle tcrivii l'hii^ 
loiie de sm père, ouvra^^e où rni» 
'ronve les défauts du temps el plus do 
l'irié lii.ule que de vente: morte eli 
' ii$ i:cllc bL-loirr a de traduite par 
epri-idenir.inisln 

.\NM< D'All'n'.il'.ilE.iilleainéeds 
l'Iiilippe II, roi d'l;s|a;;iie , née cil 
6..1. lu.irii-e àLnnisXIII en iCl». 
.i'Tciil' prudani la niinoriie de Loui* 
VIV , dunua au cardinal Mai^rin UIK 
■-'^nlianre nui amenn les tioubiesde la 
i'rain-e. Xlorlu d'uiicanceri le iujau> 
Mer inôC. 

A N \ 1; D!" BRET \GN"E, née à Nsn- 
<c; il aO jouiitr i;76 , mette au ohé* 



ANN 



"j; 



ANT 



leati de Bloi» I« o ian?ier I5ii, épousa 
d'abord C.liarlfs VIII , roi de Fraiirt. 
Son iD3rid|;r arec Louis XII réuuil la 
Bretagne a la France. Impérieuse el 
«iodiralite , elle racheta ces défauts 
par >rs Terlus, Tut bienfaisanie , el 
répandit ses large&ses sur les «arans et 
sur les (guerriers qui lea niérilaienl 
par leurs serfices. 

ANMBAL. Il yen a trois : ^nni/ial, 
CIs de Giscon, sulTcle et général carllia- 
gÏDois, qui périt de la peste lors du 
siège d'Agrigenle, Tan ^06 avant J.-C. 
Le second , Jnnibal l'oncun , amiral 
carthaginois, qui raiagea les côtes d'I- 
talie pendant la preiuicre guerre pu- 
nique, et fut lapidé par ses propres 
foldais. Mais celui qui elVare les deui 
prëcédens, c'est ^nni/ta/, lilsd'Amilrar 
Barcas né l'an 247 avant J.-C., et qui 
liérila de la haine de son père contre 
iesltoniains. A ai ans il fut inverti du 
comoiandemenl général de t'j£spagne. 
mais l'Iiietoire de l'un des plus grand.s 
capitaines de l'antiquité ne peut être 
tracée en quelques lignes; la seule 
faute que l'inetorable postérité lui 
reprocliera élemellement , c'est sa 
conduite tiuiide après la bataille de 
Cannes. On sait que sur le point d'ê- 
tre livré au sénat romain, par Prusias, 
con hôte et son ami. l'illustre proscrit 
eut recours au poison qu'il portail 
toujours dans sa bague Sa mort arriva 
lS5 ans avant J.-C. Il en avait 64. Elle 
a été le sujet de plusieurs tragédies. La 
lie d' Annibal , que nouç a Ui-sc e Cor- 
nélius Népos, n'est qu'un abrégé in- 
complet qui doit faire regretter que 
Flul.'irque lui-nicniene l'ait pas écrite. 

ANNICERIS de Cyrène , se dislin. 
gua par sa passion pour l*-s chevaux , 
el par son adresse à conduire un char. 
S'élaiil embarqué pour aller à Olvm- 
pie disputer le prix de la course des 
chars, il aborda à .Egine , au momem 
OÙ Pollis Y exposait en vente IMalon, 
qui lui avait été livré par Denys le 
jeune. Annicèris. qui connaissait le 
mérite de ce philosophe, l'acheld et le 
renvoya ou plutôt le reconduisit lui- 
même à Athènes. — Un autre .(^nnicc- 
rii^ de Cvrène comme le précédent , 
m:iis beaucoup postérieur à lui, vivait 
du temps d'Alexandre , el fut disciple 
J» Parabatc] de l'école d'Arisiippe. 



AXQCETIL ( Locis-Prt«.B ), his- 
torien né à Paris le 31 janvier 1713 , 
mort dans la même ville le 6 septem- 
hrc iSoS, a fait entre autres ouvrages ; 
l'Eipril de la ligue; t'Intrigue du cabi- 
net lout llenri IV et Louii XllJ j 
Loiiiê HV , ta cour et le régent, et urk 
Précis de l'Iiiitoire unicertelle. Il met- 
tait la dernière maio à son Uiiloire de 
France, lorsque la mort le surprit rem- 
pli de santé, quoique âgé. 

AXOCETIL DL" rEKROX(ABii. 
iiiM Uïir.iMTHiiJ , frère du précédent , 
de l'Académie des Inscriptions et de 
I Institut, né à Paris le 7 décembre 
17Ô1 , mort dans la même ville le 17 
janvier iSoS , un des hommes les plu» 
érudils du uni* siècle, rapporta de 
se.s loyages dans riude dix-lmit ma- 
nuscrit; , vécut dans la retraite et 
publia entr'autres ouvrages , le re- 
cueil des livres sacrés des Perses, sous 
le titre de ZcndJiesta, i volumes in- 
4°, 1771- . 

ANSOX (Geokce; , amiral anglais, 
né dan» le StalTordshire en 1C97. mort 
le 6 juin 176», s'est rerrdu céièhre , 
surtout par son expédition contre les 
établisseniens Espagnol* de l'Améri- 
que méridionale, qui lui valut les fa- 
veurs de George 11. La relation de 
son voyage autour du mon:le, ouvra- 
ge d'un )I. Robin, qui trop souvent a 
prêté à l'histoire les couleurs du ro* 
iuan, a été traduit en franca'.». publiée 
à Paris, 1750, in-4**, et réimprimée en 
4 volumes ini 2. 

ANfALCIDA», Spartiate, fameux 
par la paix honteuse qu'il conclut l'au 
5S7 aiaot J.-C, au nom He toute la 
Grèce, avec Arlaiercès Mnémcn . qui 
ie méprisa dès qu'il vil la republique 
de Sparte abattue. £n proie aux rail; 
leries de ses ennemis , et craignant 
niéme d'être poursuivi par les épho^ 
re», Anlalcidas prit le parti de se lais- 
ser mourir de faim. 

AN'rtNOR, sculpteur, vivait à 
Athènes dans la soixanle-seiziènie 
olympiade. Il se rendit célèbre cri 
sculptant les statues d'Armodius et 
d'Arislogiton , destinées à remplace!^ 
celles en bronze qui avaient été eide- 
vées par Xercès. Aleiandre-le Grand 
les retrouva en Perse, et les renvoya 
aux AlbénicDi. 11. Lantier a failua 

4 



AM 



58 



ANT 



oOTrage en cinq volumes intiiulé : 
Voyages d^Anlenor en Grice. 

ANTHÉMICS, .irnhitecle el sculp- 
Ipur, né a Trallf? en Lydie, Tivail sous 
l'empire de Ju5linien. Il connaissait 
farfaileinenl les malhématiques; il pa- 
raît aussi que les secrets de la pliysique 
elde la chimie ne lui étaient pas moins 
familiers, car les historiens rapportent 
qu'il imitait les effets du tonnerre et 
des éclairs, et même, ajoutent. ils. des 
iremblemens de terre. On serait tenté 
de croire, d'après ce récit. qu'Antbé- 
mius arait trouré quelque composi- 
tion assez semblable à la poudre. Son 
principal litre de gloire est la cons- 
truction de 1 église Sainte - Sophie, 
dans la plus grande place de Conslan- 
tinople, nommée rAugustcon. Il mou- 
rut vers l'an 53i, et laissa à Isidore de 
Milet la gloire de terminer ce monu- 
ment. Dans un fragment contenant des 
problêmes de mécanique et de diop- 
trique , Anihémius donne la manière 
de construire les miroirs ardens, et 
explique en quelque façon comment 
Archimède a pu, à l'aide de ces mi- 
roirs , brûler les Taisseaux des Ro- 
mains. 

AXrnEBMCS ou ATHEMS. de 
nie de r.hio, était frère de Bupalus: 
loos deux étaient sculpteur» ainsi que 
leur père , leur aïeul et leur bi.saîeul. 
Ils Tiraient Sjo ans aianl J.-C. Un 
grand nombre de leurs ourrages dé- 
coraient les îles de la Grèce. Il v en 
arail plusieurs dans lilr de Délo.s, au 
lias desquels ils araient graté orgueil- 
leusem»-nt : Chto est auisi célèbre par 
te» ouvrages des fils d\-inthermui que 
par sa puissance. Pliue parle d'un»» 
statue de Diane qui se loyail dans 
bette dernière île, el qu'il» araienl 
sculptée de telle sorte qu'en entrant 
dans le temple on croyait lui roir un 
Ti»age sérieui, tandis qu'elle paraissait 
sourire à ceux qui sortaient. Une 
);rande partie de liur» ourrage» passa 
de la Grèce à Rome , où Auguste Us 
plaça dans dilTcrens temples. Aristo- 
phane», dans sa comédie des Oiseaux. 
désigne Anthermussous le nooi d'Ar- 
cbennns. 

ANTIDOTE, peintre grec, disoiple 
d'Euphranor, Titail 364 antafant J.-C. 
Sou coloris i'Iail séicre el (es ourra 



PS plus soignés que nombreax. I,r^ 
plus remarquable» étaient un lutlftir 
et un joueur de flûte. On regardait 
comme un litre encore plus glorif ot 
pour lui d'aroir été le maître de Nicias 
d'Athènes. 

AMIGÈXES, Macédonien, r..;i 
des chefs des Argyraspides, qui sui^i- 
Dt Alexandre eu Asie. Après la mort 
de ce prince , il resta lidèle à sa t'a- 
mille, et ce fut pour cela qu'il pr^l le 
parti d'abord de Perdica», et ensniie 
d'£uD>ènes, qu'il n'abandonna jamais. 
Ce général ayant été livré à Antigone 
par les Argyraspides eux-mêmes. 
Antigènes eut le même sort, et Anti- 
gone le fil brûler tout vif, vers l'au 5 1 5 
avant J.-C. 

ANTIGENIDAS. DeaxTbèbains de 
ce nom se distinguèrent par leur ta- 
lent à jouer de la flûte. Le premier . 
fils de Dionysios, donna quelques le- 

ons à Alcibiade: le second, lils de Sj- 
tyrus, fut beau'-oup plus célèbre p.ir 
les changemens qu'il lit à la llûle , f-n 
y uiulliplianl les trous de maniéie 
qu'on pût jouer dans plusieurs niod' s. 
Il joua devant Alexandre, et il accom- 
pagnait ordinai.'-ement le poète Plii- 
loiène lorsf;n'J! récitait se» vers. 

ANTIGONE. Nous en comptons 
trois : Ajiil^one, l'un des capitaine» 
d'Alesandr*-, à qui . après ses premiè- 
res conquêtes en Asie , ce prince con- 
fia le gouvernement de la Lydie et de 
la P'iirygiei le second, surnommé Go- 
nata», parce qu'il était né à Gonnuse 
dans la Thessalie. était fil» de Démé- 
Irius Poliorcète; et le troisième. Gis 
d'Aristobule. fut fail prisonnier avec 
son père par Pompée. Ce nom a été 
porté aussi parla fille d'OEdipe, qu'elle 
réconcilia avec Polynice. Guillard en 
a fait dan» son Œdipe à Colonne le 
plus touchant modèle de la piété fi- 
liale et de l'amitié fraternelle. 

ANTI.MAQCE. Suidas cite quatre 
poètes de ce nom : l'un d'eux était 
de Claros suivant Ovide, et de Colo- 
phron selon les autre»; il est placé 
par le» grammairiens immédiatement 

après Homère: il est fâcheux qu'il ne 
nous reste presque rien d'un poète 
dont l'antiquité faisait tant de cas. 

ANTIOCIICS. combla de bienfaits 
Jonaibas , Uaccbabée el bimoii son 



AKT 2 

frère, qui ni! dérlarùienl liaulement 
pour lui coiilre Déuivd-ius tioii con- 
current »u roj<iume de Syrie. Anlio- 
rhus Sidélès , Antiocbus ùry|>bus , et 
Anliocliusdc Cjïique, aaiis ou enne- 
mis des Juifs . suivant leurs inli-rét», 
leur lirtiit la guerre avec divers »un- 
eès. Ce nom se reproduit souvent daiis 
l'histoire ancienne : Antiochus , lils de 
Pliinlas, roi des Slesséniens , régna 
quelque temps avec Andro<;lès son 
frère; il mourut vers l'an 744 avant 
J.-C. jintiochiis I , surnommé Sol'-r. 
iils de Sélevicus et d'Apanié , se dis- 
tingua ù la bataille d'Ipsus. Il devint 
par la suite amoureux de Stratonice, 
épouse de son père, qui la lui céda el 
lu! donna en uième temps la portion 
de ses étals située nu delà de l'Iùi- 
phratc. Antiochus II, surnonmié Tliéos 
(Dieu), fils du prérédeni cl de Slralo 
iiice , nionla sur le Irûne l'an 363 
avant l.-C II l'ut empoisonné par Lao- 
dicé sa femme qu'il avait répudiée el 
rappelée, Antiocîiut , surnommé Ilie- 
rax, lils du précèdent el de Laodîcé, 
comballil lon,::-temps contre son frère 
Sèleucns , et fut euticrciuent défait 
par lui ; il fui tué par des voleurs l'an 
JJ7 avant J.-C. Anlioi-has lll , sur- 
nommé le Grand , fils de Séleucus el 
de Laadicè.fnl reconnu roi par l'ai- 
mêede S}' rie. Il fut tué à 52 ans, après 
en avoir régné trente -six. Il avait 
épousé Laodicé, fille de Milliridale, 
roi de Pont, dont il eut cinq lils el 
quatre filles. AtitiocUus IV , fils du 
précédent, vainquit Iléliodore, qui 
avait usurpé l'autorité, else fit recou- 
natlre comme roi par les Syriens. 
Antiochus F, surnommé £upator, fils 
du précédent, fut lue dans la troisiè- 
me année de son règne. Antiochus FI, 
surnommé Dionysos ou Baccbus, était 
iils d'Alexandre Balas: il ne régna que 
deux ans. Antiochus TII, surnommé 
Evergèles ou Sidétès, fils de Démé- 
trîus Soter, fut reconnu roi l'an i4o 
avant J. C. , et fut tué par les prêtres 
de la déesse Elymaîs. Antiochus VIII, 
lurnommé Ëpiphanes et Grypus , ou 
ne» crochu ; et Antiochus IX, surnom- 
mé Philopilor, se firent la guerre, se 
réconcilièrent, et régnèrent l'un sur 
la Syrie, lautre sur la Cœlésyrie. An- 
Uockut Z., qui prit les surnoms d'Eu- 



ANT 

be el de Phllopator, épousa Séléne. 

nve d' Antiochus Grypus. Aniia- 
chut XI tomba dans l'Oronle, où il se 
a. Antiochus A/I entreprit une 
expédilion contre lesArabes, et il y per> 
dit la vie vrrs l'an 83 avant J.-C. An- 
tiochus XIII (l'Asiatiiiuej lut dépouillé 
par Verres ft Pompée. Nous avons 
encore Antiochus , roi de t^omagène 
en Asie, qui te réunit à Tigraiie pour 
faire la guerre aux Itumains. ^nli». 
chus II, son fils, qui eut pour concur- 
rent au Irôiie Miliiridate >oti fière: et 

fin Antiochus, d'Asralon dans la Pa- 
lestine , qui fut disci|ile de Philoii , 
hef de la quatrième académie, et fou- 
da lui-ménie la cinquième. 

A.NIIPaS IlEKODli, fils de Héro- 
le-le-Grand. aiait épousé la fille d'A- 
rélas, roi il'Arabie, qn'il répudia pour 
'•pouser ïiérodiade, sa belle -sœur, 
femme de son frère Philippe, qui était 

core vivaot. Il y a un autre Antipas 
dont il est parlé dans l'Apocalypse, 
qui souffrit le martyr à Pergame, douC 
il était évéque. 

ANTIl'ATER.On en compte jus- 
qu'.i six : Antipater, ami el ministre 
(le Philippe de Macédoine et de son 
fils Alexandre-lc-Grand, qui mourut 
lrè«-àgé, l'an 317 avant 3 .-C Antipa- 
ter , lils de Cassandr* et de Tbessalo- 
nice , qui di.«pula à .<on fière Alexan- 
dre le Irùne de Macédoine. Antipater, 
<lont le premier nom était Aulipas, 
fut gouverneur de l'Idumée sous le 
règne d'Alexandre Jannée el d'Aleian- 
lira sa veuTC. César le nomma procu- 
rateur de la Judée sous les ordres 
d'IIyrran ; il rétablit la tranquillité 
dans ce pa^s, et l'y maintint au mi- 
lieu des troubles et des guerres civiles 
qui déchiraient l'empire romain. Il 
mourut empoisonné par Maticbus , à 
qui il avait sauvé la vie, et laissa qua- 
tre fils dont Uérode est le plus célè- 
bre. Antipater (Lœlius Cœlius), histo- 
rien romain qui vivait du temps des 
Gracques, cl composa une Histoire dt 
ii\ seconde guerre punique, dont Brulu» 
lit un abrégé selon le témoignage de 
Cicéron , qui parle souvent d'Antipa- 
ter. Antipater de Tarse , philosophe 
stoïcien qui fut disciple de Diogène le 
Babylonien, el eut avec Carnéade des 
démêlés très-Tiiii qu'il cousigoa dans 



ANT 4 

ses écrits ; et enfin Anitpaier de Sidon, 
jKtrciculièrenienI connu p.-ir une p;ir- 
lieiilarilé consignée dans Pline ej dans 
Valère Maxime; tous les ans, le jonr 
de sa naissance, il avait une fièrrc 
tpbéinèie, el ce jour fui aussi celui de 
sa mon. Cicéron Tanlo sa prodigieuse 
facilité à faire des vers, elil nous re=te 
plusieurs épigraiumes de lui dans VAn 
tholoyie. 

ANTIPHANES. Suida.i, Athénée. 
SlraLon , Etienne de Bvzance, client 
plusieurs poêles de ce nom , qui Ions 
se sont exercés dans le genre comique, 
et dont le plus célèbre est .inliplia 
ïies , rjui fut contemporain d'Alexan- 
dre. Il appartient à I3 moyenne co- 
médie. Pausanias p:irle d'un célèlire 
slituaire d'Argos qui se nommait .^n- 
liphancs; et Clément d'Alexandrie 
d'un médecin non mnins f.nneux, qui 
FOnleirail que la variété des mets est 
la cause principale des maladies. 
Etienne .le ISvzaLice cile un Antipha- 
Jicj, poêle comique de Berge , dans 
la Thrace, qui écrivit des cbnses 
M incroyables, que l'on appelait 
liersaitcurs ceux qui débiiaicut des 
contes. 

ANTIPniLE, pcinire eontempo- 
rainel rival d'Apelles.naquil en Egvp- 
te et fut élève de Crésidème. Il se dis- 
tinguait par sa grande f.icilité. 11 
avait inventé aussi une fi^rure grotes- 
que qu'il avait nommée Gntttit, nom 
vjui resta depuis à ces espèees de ea- 
Tjcitures. Pausanias parle d'un sta- 
tuaire du même nom dont on voyait 
plusieurs ouvrages à Ulympie, dans le 
lieu appelé le Trésor. 

AMIPHON, né àf.hamnus en At- 
tique, llorissail 43o aire avant J.-C. li 
eul pour maiire Sopbilus son père, 
et devint célèbre par son éloquence 
Il ouvrit une école de rhétorique à 
Athènes, et enseigna cet art àïhucj- 
dide. Qulntilien, Ammien Marcelliu, 
el Plularque , en parlent avec beau- 
coup d'éloges; Plalon , au coiilraire, 
«'appuyant sur l'aulorilé de SoTale, 
le traite avec mépris: mais il faut ob- 
server que Socral'e fut souvent altoqué 
et insulté par les 9nplii>ies, p.vrtieulié- 
remeni par Anlipbnii. Il contribua 
beaucoup à faire abolir la démoera- 
lie cl à introduire dans Alhciiea la 



3 A!S"T 

tyrannie des quaIre-cenIS- Il fui sur 
nommé le Rbamnusien. 

ANTISTHÈNE. philosophe Alh- 
nien , au commenreD>ent du ive siè- 
cle avant J.-C, fut le fondateur de la 
secte connue sous le nom de Cyni- 
ques, Il avait écrit un grand nooibie 
d'ouvrages qui sont tous perdus. 

ANTUINE DK BOURBON, roi dr 
Xavarre , père de Henri IV . fiis 
i;liarle.s de Bourbon , duc de Veii : 
me, naquit en l5l8. 11 épousa, ' 
i5iS, Jeanne d'Albret, héritière ■ 
Xavarre. qui lui apporta en dot 
principauté de Bénrn et le titre de 1 1 , . 
t> prince brave, mais irrésolu, flolla 
presque toujours entre les drux reli- 
gions et les dfux partis qui divisaient 
la France. Il mourut aux Andelys, le 
17 novembre 15-^2, et laissa de son 
marîace Henri IV , el Catherine de 
Navarre, mariée à Louis de Lorraiue. 

ANTOINE. Voy. Minn-AsTor-ît. 

ANTON! A, seconde Glle de Marc- 
inloine le Iriumvir, el d'Oclavie pre- 
mière, épousa Prusus,tils de Tibère- 
Claude Néron et de Livie. Elle se dis- 
tingua par des vertus dont son père ne 
lui avail pas donné l'exemple, mais 
qui furent reproduites par Germaui- 
eus son lils. Ce fut elle qui informa 
Tibère des trames de Séjan . par une 
lettre que lui porta l'alVrancbi Pallas. 
Elle vil régner Caligula, sou pelit-fils. 
fou, dans un de ses caprices, lui lit 
donner le nom d'Auguste et décerner 
Inus les honneurs qui avaient élé pro- 
digués à Livie. Bientôt il l'abreuva de 
tant d'humiliations el de dégoills, 
qu'il la força de mettre fin à ses jours, 
si toutefois il ne l'empoisonna pas, 
comme on l'a dit; elle mourut l'an ôj 
ou Ô8 de J.-C. 

ANTONIN (TiTrs Ar»KLirs Fcr.- 
viis AxTOMts Pics, connu sous le 
nom d') , tirait son origine de Nîmes, 
et naquit à Lanuvium. dans la cam- 
pagne de Rome, le 19 septembre de 
l'an ?6. Il dut le jour à Aurellus Fui- 
vins, personnage consulaire, et à Ar- 
ria Fadilla. L'an uo il parvint au con- 
sulat *. il dennt ensuite proconsul 
d'Asie; de retour à Rome, il nblinl la 
confiance d'Adrien, et fut admis danj 
le conseil de ce prince , où il inclina 
loujouri pour les mesuicedt douceur. 



ANY 



4i 



A?E 



Avant épousè]F3ii«liiie. fille il'Aiiniii 
T<-rus,il èiita tnul «raiicJalc pulilii 
dans sa manière d'apir eriTer» cfltc 
fimme, doiil la conduite licencieuse :i 
Héshonoié la mémoire. Il en cnt qua- 
tre eiifans ; Faustine diie la Jeune, 
qni survécut à ses deui frère< el à sa 
eœ nr, deiint l'épouse de Marc- Aurèle, 
Adoplé, non sans résistance de sa part, 
par Adrien, en i58, l'année même de 
son adoption, il parvint è l'empire 
aux acclamations des Knmains; le sé- 
nat lui décerna le surnom de Pins, 
qu'il mérita. Il mourut apiés un rè- 
gne de 20 ans, l'an iGo de J.-C, Ses 
cendres furent placées dans le toin 
beau d'Adrien, et le sénat lui décern 
les honneurs divins, 

ANTOMN'A , femme de lîélisalre, 
élail (ille d'un coclier du cir^ju 
d'une comédienne. Son caractère fui 
encoi-e plus odieux que se.» mœurs 
n'étaient dépravées; elle eut cepen 
dant l'art de séduire lîélisairc , qui 
l'épousa vers l'an 527 , au même ins- 
tant où t'infànie Tliéodora s'unissait à 
Justinien , qui n'était encore que 
César. (!es deux femmes, destinées à 
ternir l'éclat de deux grands noms par 
l'ascendant qu'elles prijenl sur leuis 
époux . furent long temps nii^s par 
l'intripue, la dcliauelie et le crime. 
L'époque précise de sa mort n'est p:ts 
connue. 

ANTOMNUS UBEItAUS. Ses 
métomorplioses t insérées d'ajjord dans 
les tiiyihotogues grecs ^ Londres 1G76, 
et Amsterdam 1668, 3 volumes iii-8°, 
font partie de la collection des Varia- 
rum , et ont été réimprimées séparé- 
ment, à Lejde, 1774. iu-S", et à Léip 
sick, I 796, in- S". 

AWILLE (Jean Bii-TiSTE BOCR- 
GCI'iNO>f d'), premier géograpli 
du roi , célèbre par ses cartes , naquit 
à Paris le 11 juillet 1C97 , et termina 
sa c:irrière le 28 janvier 178J. Il a pu- 
blié deux cent on^e cartes et plans, el 
snixante-dix-huit mémoires épai-s dans 
diverses collections et dans ditVérentes 
Lib'iollièques. Les mémoires qu'il ;i 
«omposés sur les mesures itinéraires 
des Romains , des Grecs et des Chi- 
nois, sont les plus beaux monumens 
de géographie que nous possédions. 
ANYSIS, quoique aveugle, fui 



choisi pour roi d'Ejjvple après la mnrt 
d'A.sNchis. Il réRua vers l'.in 1011 
avant J,C. Peu de temps après sou 
avènement à la couronne, Sahacos, 
roi d Ethiopie, s'empara de rEf;.vpte,et 
Anjsisse retira dans les marais, où il 
demeura cinquante ans, el forma , dit- 
on , une île de la cendre qu'il se fai- 
sait apporter. Sabaeos ayant quilto 
l'Ks.vple, il revint prendre la cou- 
ronne. 

ANYTUS,fils d'Anihémins, élail 
eorroycurà Athènes, et se livra cepen- 
ilant aux affaires publiques. Char^-e do 
conduire trente vaisseaux au secours 
de l'jlos. qui était assiégé par les La- 
rédémoniens , il ne put doulihr le 
promontoire 51aléa, et revint à Albc- 
nés. Le peuple, crojanl qu'il avait 
trahi sa confiance , lui fit faire sou 
procès : il parvint à s'en tirer en cor- 
rompant le» juges avec de l'argent, et 
on eittiit ce Ir.iil comme le premier 
qu'on eût vu à .-itliènes. On croit que 
c'est le même qui fut l'un des accusa- 
teurs de Socrate , et périt assomme à 
coups de pierres par les babilans 
d'iléraclée 

AGI), iils de Géra, de la trihu de 
Benjamin , jeune homme vigoureux, 
hardi el si adroit , dit l'Écriture, qu'il 
se servait également bien des deux 
mains. Il entreprit de délivrer les 
Israélites, .qui gémissaient sous la sa^- 
vilude d'Eglon , roi des Moahilet. 
Ayant été eiivoyc vers ce roi par ses 
concitoyens ,1 pour lui faire des pré- 
sens, il trouva moyen de rester seul 

ec lui dans: son cabinet, el lui en- 
fonça dans leivenlre une da;;ne à detjx 
tranchans, d|iine coudée de long. II 
etourna aussilùt vers les Israélites, 
qni prirent les armes, taillèrent en 
pièces les Mnabites. el choisirent pour 
leur juge Aod, sous lequel ils jouirent 
d'une heureuse paix. Il mourut l'an 
du monde 2720. 

APAME, fille d'Arlahaze, sairap» 
de la Bactriane , épousa Séleucus , 
l'un des généraux d'Alexandre , qui 
donna son nom à trois villes, dont la 
plus célèbre fut Apanic , en Syrie. 
Une autre Apamé, liile d'Antiochus 
Soter el de Stratonice , fut mariée à 
Magas, roi de Cyrène. 

APJiLLES, peiulrc, naquit à Cos, 



APH 



42 



APO 



et reçut le droit de cité à Éphèse : ili 
était lils de Pjibius et frère de Clésio- 
clius. Apellfs effaça tous les peintres 
qui TaTaieul précède, et il excella 
dans toutes les parties de l'art-, mais 
il se lit reiiiarquer surtout par une 
grâoe iuimilable et par la pureté, 
l'élégance et le cboix des formes. Les 
Tilles de la Grèce, de l'Arcbipel, de 
l'Asie , de l'Egypte , se décoraient et 
s'honoraient de ses nombreux cbefs- 
d'œuvre. La douceur et la noblesse 
des manières d'Apelles le faisaient 
clièrir de ses rivaux comme de ses 
élétes. Ou le nommait le Prince des 
peintres, et depuis la peinture fut 
appelée par excellence l'url d'Apel- 
les. Alexandre le combla de ses fa- 
veurs et ne voulut être peint que par 
lui: il le clierissait tellement, qu'il 
ii'besila pas à lui sacrifier une esclaïe 
cbarinaute nommée Campaspe, dont 
ce prince était amoureux. On igno- 
re le temps et le lieu de la mort d'A- 
pelles; il avait écrit sur les secrets de 
son art trois traités qui existaient en- 
core du temps de Pline. Il y a un 
autre ApelUs, bérèllque qui Tivait 
vers Tan 160, et qui suivit d'abord ta 
doctrine de M.>rrion, puis adopta et 
partagea les opinions d'une prétendue 
propliéiet^se nommée Pbiluména. 

APELLES, eiait du nombre des 
coixante-douze disciples , et souffrit 
le martyre à S nivrne avec «aint Luc. 

APELLlCO.Nde Tbèos, de la secte 
péripatélicieune, est un de ceux aux- 
quels nous devons la couservaliondes 
livres d'Arislole. 

APEIt (M»r,cis), orateur romain, 
fut successivement sénateur , ques- 
teur , tribun et préleur; mais toutes 
ces charges honorables avaient moins 
d'attrait pour lui que l'exercice du 
barreau. Il mourut vers l'an 85 avant 
J.-C. C'est uu des orateurs qui bril- 
lent le plus dans le dialogue intitulé : 
des Orateurs, ou de la corruption de l'é- 
toqaence , attribué à Tacite. 

APni'UONlCS, rhéteur d'Anlio- 
che , vivail dansle troisième ou le (|ua- 
Iricnie siècle. Nous avons de lui des 
exereires de rbélhorinue [Pro^jmnus- 
•nain) adaptés aux préceptes d'ilermo- 
gène , cl quarante fables. Elles se 
Irouvenl à la suite de celles d'Ésope. 



APICIUS. Il j eut trois Romains de 
ce nom devenus fameux parleur glou* 
lonnerie et leur supériorité dans l'art 
gastronomique. Le premier vivait 
sous Sylla, le second sous Auguste et 
Tibère , et le troisième sous Trajan. 
C'est lesecond qui est le plus célèbre, 
et c'est de lui que Séneque , Pline , 
Juvénal et Maniai, ont tant pailé. 
Fort endet:é , il fut obligé d'examiner 
enlin l'état de ses affaires; TO.\aut 
qu'il ne lui restait plus que j5o.ooo 
livres, il s'empoisonna dans la crainte 
qu'une pareille somme ne lui sufllt 
pas pour vivre. 

APIOX, grammairien, natif d Oasis 
en Egypte, vint s'établir à Alexan- 
drie , où il se lit recevoir citoyen. On 
lui donna le surnom de PUslonices , 
parce qu'il avait vaincu plusieurs fois 
ses antagonistes. Aucun de ses ouvra- 
ges u'est parvenu jusqu'à nous; il 
avait plus de jactance que d'érudi- 
tion , et c'est sans doute pourcela qui- 
l'empereur Tibère le nomma Cvmiii 
lum mundi. 

APOLLINAIRE (C. ScLPicirs ) , 
grammairien. Il reçut le jour à C.nr- 
thage , et vécut sous les Anionins. Il 
eut pour élève Uelvius Pertinax, qui, 
près l'avoir remplacé dans son élal, 
devint empereur. On le croit auteur ' 
des sommaires en vers places au de- i 
vani descom.!dies de Tereiice. Auhi- 
Gelle, qui étudia sous lui, donne la I 
plus haute idée de son savoir, et dit 1 
que son caractère n'avait rien de pé- ; 
dantesque. Il y a eu un Sidoniua Apol- 
linaris, mort en 4S8,donl il nous reste 1 
six livres d'epiires et vingt-quatre pic- 1 
ces de poésie. Elles ont été traduite! ' 
en Ir.incais. 

APOLLODORE. Nous en comp- 
tons jusqu'à sept : i. Celui qui est ué 
à Cassaudrée, anciennement Potidée, 
ville alors soumise au roi de Macé- 
doine. Il se montra le plus xélé par- 
tisan de la liberté, et obtint par ce 
moyen la faveur du peuple : il voulut 
alors s'emparer de l'autorité , mais il 
ecboua. Il fut plus habile ensniti' , 
s'empara de la tyrannie , et se livra .1 
toute sa cruauté. Détrôné enlin p." 
Aotigoae Uonatas, il fut jeté dans uii-- 
chaudière d'eau bouillante , aprt- 
atoir i[i icertbé vif. a. Le lils d'A' 



APO 



4: 



olépiade , célibrr |;r<immaiiii;n d'A- 
tboiies, qui étuilin $0U9 le cilùbic 
Aristarque. 3. Jpollotlorc , saïaiit lut- 
dcciii et naturaliste de l'antiquité , 
qui naquit à Leinnos un siècle avant 
J.-C. Plusieurs autre» Apotlodure uni 
écrit comme lui sur la médecine. /|. 
Apollodore , peintre athénien , qui 
connut le premier l'art de fondre et 
de graduer les couleurs . et d'imiter 
l'elïet exact des ombres. Pline en par- 
le avec entliousiasnie; il vit sa gloire 
éclipsée par celle de Zeitxis. 5. Apol- 
lodure, philosophe épicurien, que l'on 
croit avoir été contemporain de {',\ 
céron, 6. L'architecte, né à Damas, 
qui parvint sous l'rajan au plus hani 
degré de réputation, cl qui fut mis à 
mort par ordre de l'cnipereur Adrien, 
dont il avait blessé l'amour-propre. 
7. Entiu Apollodore , statuaire et mo- 
deleur, qui vécut 3ï4 ans avant J.-(;. 
Pline le cite comme'eicellent u re- 
présenter les Ugures des philosophes; 
il n'était jauiais content de lui. 

APOLLON, juif originaire d'A- 
lexandrie, homme éloquent, fort versé 
dans les écriltire^i, et plein de zèle. 

APOLLONIDKS. Il y en a eu plu- 
sieurs: ApoUonides de Ces, médecin 
célèbre attaché à la cour des rois de 
Perse. Apollonidea de Nicée, grammai- 
rien , qui dédia à l'empereur Tib 
un commentaire qu'il avait fait sur 
les suies de ïimon. 11 y en a eu d'au- 
tres, entre autres un historien et géo- 
graphe qui avait composé un Truite 
de l'amhnssade de Vémoslhcnes, un Re- 
cueil d'adages, une Description des côtes 
de l'Europe. h'Aiitbotogie a con&ervè 
vingt-quatre de ses épigrannies. 

APOLLOXIS, née à Cyzique dan.- 
un rang obscur, eut le bonheur de 
plaire à Atlale, roi de Pergame, qui 
l'épousa. L'éclat de son nouveau rang 
ne changea point son caractère. Elle 
eut quatre lils, Eumènes, Atlale, Phi- 
lèlère et Aihéné , qui vécurent dans 
une telle union, que lorsrjue l'aîné fut 
■nonlé sur le Irûne, les trois autres lui 
servirent de gardes. Ils érigèreat tous 
les quatre un temple à leur mère 
dans la ville de Cyzique. 

APOLLONIUS. Nous en comp- 
tons jusqu'à dix : }. L'un des courli- 
«ans d'Anl'.oclius Epipliaues, qui tiii 



APP 

chargé de détiuire Jérusalem, et qui, 
deux ans après, fui batlu et lue par 
Judas Machdbée. 3. Apollonius dt: Per- 
ge en Pamphilie, l'un des quatre au- 
teurs dans les écrits desquels les mo- 
dernes ont puisé la connaissance des 
mathématiques. Ces auteurs sont, 
dans l'ordre chronologique, Kuclide, 
Archimède , Apollonius et Diophaii- 
te. .'. Apollonius de lihodes, né à 
Alexandrie 194 ans avant J.-C. , qui 
proCessa la rhétorique. 4. Apoltoniui, 
lils de Midon d'Alabande dans la Ca- 
rie , qui la professa à Rhodes, et for- 
ma par SCS leçons Cicérou et Jules- 
César. 5. Apollonius de Thyaiies, 
philosophe pythagoricien, né dans les 
prcmièri* années de l'ère chréiienne, 
qui voyagea beaucoup. 6. Apollo- 
nius, philosophe stoïcien, qu'Aiiloniu- 
lo-Pieux lit venir à Home pour lui 
eonlier l'éducation de Marc-Aurèle. 
7. Apollonius, fîls d'Archibius, gram- 
mairien d'Alexandrie, i|ui vivait sous 
le régne d'Auguste. A pion fut l'un de 
SCS disciples. 8. Apollonius, surnom- 
mé Uyseole à cause de son humeur 
chagrine, né à Alexandrie, y lleurit 
vers l'an i58 de J.-C. Le premier, il 
réduisit la grammaire en système. 
(j. Apollonius de Rhodes, statuaire, qui 
vécut quelques années api'ès Alexan- 
dre-le-(îrand , et fit . de concert avec 
Tauriscus, le groupe immense connu 
sous le nom de Taureau Farnèse. lo. 
Eiilin , Apollonius, statuaire, tils de 
Nestor d'Athènes, auteur du fameux 
lorsc du belvédère, qu'on voit encore 
dans le Musée des Antiques. 

APOLLOPHANES, un des pre- 
miers disciples d'Erasislrale, était mé- 
decin d'Antiochus 111 , roi de Syrie, 
surnommé le Grand. On croit que 
c'est le même que Galien et Celse ci- 
tent avec éloge. 

APPIEN . historien grec , né i 
Alexandrie, vécut sous les empereurs 
Trajan , Adrien et AnLonin. Les cinq 
livres qu'il a écrits sur les guerres ci- 
viles sont un des morceaux les plus 
précieux qui nous soient parvenus de 
l'antiquité. Montesquieu a beaucoup 
prolilé de ses ehapiircs sur le» pros- 
criptions de Marins el de Sylla. 

APPILS CLACDILS. U y en « 
quatie : i. Appius Claudiiu , cbçf de 



APR 



44 



ARA 



la famille Claudia, l'une dct plus il- 
lustres de Eome.est surtout reiuar- 
GUâblti par une oppositioa coi>slante 
aux plébéiens. Il était né cbei les Sa- 
Jiius, et linl s'établir à Rome l'an «5o, 
£o4 av. J.-C. î. Appius Claudius, ûls 
du pricédfnl , se moulra encore plus 
inflexible et plus ennemi des plébéiens 
que son père. 5. Appiu» Claudius- 
Crassinus le décemïir, fut nommé 
consul l'an coi de Rome. (Vest lui 
• jui fut cause du nieurtie de Virginie 
^ar son pêr« : condui.en prison, il \ 
iiiourut avant le jour où il dev:iit pa- 
r.iîire en jugement. Tile -Live assure 
qu'il se tua lui-même. i. Enfin Ap- 
f iusClaudiuSjde la même familleque 
les prcceden-, fut élu censeur l'an de 
Home ii^i. Il construisit un ai|iiéduc 
pour conduire de l'eau dans Ruine, et 
le j;randcbemin auquel la reconnais- 
6.ture publique donna le nom de foie 
^f'fienne. Ce qui en subsiste aujour- 
d'iiiii excite encore l'admiration. Il 
fui *i ccessivenient consul et préleur. 
Diiii un âge avancé il perdit la \ue. 
i-t ii'ji lui (il donner le surnom de 
Circui. On ne sait dans quelle année 
iiioiiriil ce Rumaln que Cicéron a 
p-dct- au nombre des anciens orateurs, 
tft dont il trace l'éloge dans son Traiti; 
xU la vieilUtse. 

APHES DE MaNEVILLETTE . 
(J.-U.-Niiolas-Dems b'), né au Hatre, 
le 11 février 1707, mort le i'^ m.irs 
1780, à 75 ans, sans enfans, s'est 
placé an nombre des Da\igaleurs If s 
plus di.>.lingués et des plus babiles liy- 
drogiaplics. Son Xeplinie Oriental, 
dont la ilerniére édition est de 1775, 
iu'lul. ail.1?. est le premier grand ou 
Trage <lc ce genre, le plus complet et 
le plus paifaii qui ail paru, et fait en- 
core otiturili! parmi les marins. 

Arnit'j, roi d'Egvple, nommé 
Pharaon Ep' rée dans les auteurs sa- 
rrés, ét.jl lils de Psammis, et petil-lils 
de Néchao , qi:r avait fait la guerre à 
losias, roi des Juifs. Ce prince, après 
ovoirrégnc vingt aos^vec beaucoup de 
(;1aii-(,<'enSa lullement de ses prospé- 
rilel, qu'il se vantait de ne pouvoir 
><'.e détrôné par les dieux mêmes 
'j.r.l a coup son bonheur l'abandon- 
^^, et sca sujet.», s'étaht révoltés con 
1 ■ e lui , le CDassacrcrcDt. 



APCLÉE (Lrcics), philosophe pla 
tonicien, naquit au second siècle, 
ers la lin du règne d'Adrien, à Jla- 
daure, ville d'Afrique. Sa famille était 
"Uuslre. Thésée, son père, remplissait 
laissa patrie les fonctions de duum- 
Fir: et par Salvia sa raére, parente du 
philosophe Sestus. il descendait du 
Plutarque. Il fit ses premières éluder 
à (^irthage , puis il s'enib.irqua pour 
Athènes, atin de se familiariser avec 
les lettres grecques; d'Athènes il vint 
à Rome. Il parcourut les diverses con- 
trées de la Grèce et revint à Rome où 
I exerça la profession d'avocat. Apu- 
lée composa, soit en grec, soit en la- 
tin, un grand nombre d'ouvrages dont 
I ne nous est parvenu que la moindre 
partie : le plus célèbre est la Méta- 
morphose , byperholiquement appelée 
iAne d'or t en onze livres. On ignore 
l'époque de sa mort. 

AtjClLA, natif de Pont, dans l'Asie- 
Mineure , ayant été chassé de Rome, 
avtc les autres Juifs , par l'empereur 
Claude, se retira à Corintbe. Il ac- 
compagna à Éphèse, avec sa femme 
Priscille , l'apGtre saint Paul, et lui 
rendit de grands services au péril mê- 
me de .sa vie. 

AOC'LIDS (Misics), consul et col- 
lègue de ^larius. Il fut accuse de con- 
cussion par L. Fusius avec beaucoup 
de chaleur et de talent , même con- 
vaincu, dit Ciceron ; mais il fut ab- 
sous en mémoire de ses grands succès 
dans la guerre des esclaves. Il périt 
misérablement dans la guerre contre 
Mitliridale, par la cruauté de ce prin- 
ce, il v a un .^fuilius ( Sabinus), jii- 
riscoiisulte romain du troisième siè- 
cle de l'ère chrétienne , à qui f-A sa- 
gesse et ses connaissances lirent don- 
ner te snrnoni de (]aton. Il fut élu 
consul deux fois de suite en I année 
2i4 et en 31G. Un autre Jçuilius Gai- 
lus, jurisconsulte romain, disciple de 
Scœtola. exerça avec Ateius Capito la 
charge de tribun du peuple, dans la 
méiue année que Pompée obtint le 
consulat. L'amitié de Ciréron est un 
grand titre à la réputation d'Aquilius 
li.dlus, qui exerç.) la questure avec 
lui. 

ARACEE, septième fils de Cha- 
naau,qui s'établit vers l'Arabie Pc- 



ARB 



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ARC 



tréc, et que l'on dit avoir fondé la] 
Tille d'Ararh au pird du monC Liban, 
proche de Tripoli de Svrie , laquelle , 
fui ensui(e appelée Edessc , et deiiot 
une des plu» fameuse» «ille» de Svrie. 

AHAM. cinquiime (ils de Sem, fdt 
père des peuples de Syrie , i|ui soni 
nommé» Araniéen», dejoniioni. Ileui j 
quaire lils : U$, qnl bàtil la ville de ! 
Damas : Olliu», qui occupa rArniéiiie: [ 
Gélher, qui fui père des Bactrienj , el i 
Miséas , qui réçna sur les 5Iazauien» , | 
Houl le pays s'xppela depuis la tallée 
de Pasin. Il y a nu aulre Aram , CI» 
d'Esron , père d'imin»dab. 

ARAN, fils aîné de Tliaré, frère 
d'Abraham el de Xarlior , fut père de 
I.nili , de SIi Iclia et de Je«cua. Na- 
rlior épousa Meich» , et quelqui » in- 
tcrprèles prélendeni que S'ira, femme 
d'Abraliam , csi la mOm: que Jc>cua. 
Aran mourut à Dr, avant son père. 

ARAl'HA,nonidun Réaiil philislin 
qui eut des descetidaiis d'une gran- 
deur prodigieuse. L'Ecriture en nom 
me quatre: Jesbibenab , qui fut lue 
par Abisaî; Sapli , qui fui lue par Jo- 
bacai: (lolialli, parElhanaî. et un qua- 
trième qui avait vinpl • quatre doipis. 
qui fut lue par Jonathan, neveu de 
DaTid. 

ARATCS, né à Sicione , vers l'an 
373 avant J.>C. A peine âgé de sn ans, 
il alTraurliit sa pairie du joug de la 
tyrannie, fui préteur, el mourut eni. 
poisonné par Philippe. Il y a un aulre 
Arttiu$ de Soles, ville de Cllicie , con- 
temporain de Tliéncrile. qui fait de 
lui utie mention bonorabîe dans sa 
sixième idylle : il vécut eu faveur au- 
près de Plolémée Philadi-lplie, el dans 
la constante intimité d'Antigone Go- 
natas. le lils de Démetrius Poliorcèles. 
11 n'est connu aujourd'hui que par son 
poërae des Phénomènes, dans le genre 
descriptif, qui a éié Iraduit en vers 
latins par Cicèroii,Germanicus César, 
Oiide et Avienus. 

AlîP'At^E. capitaine méde . jeta les 
fondemens d'une nouvelle monarchie 
«ur les ruines du trône d'.issyrie , 
don! il renversa Sardanapale, devenu 
odieux el méprisable par sa vie effé- 
minée. Celle révolution donna nais 
tance à plusieurs royaumes dont Ar 
bace eoaiposa ua royaume fédératif, 



el dont il fut le preniii-r souverain. Il 
régna jS ans, el eut Mandorcs , son 
lil». pour successeur. La ronféilér.ilion 
qu'il avait établie ne subsi>iail plus un 
siècle après sa mort, les roi* de Ninive 
ayant reroUTré leur pouvoir sur les 
quatre grandes monarchies asiati- 
ques. On n'est pas bien d'accord sur 
l'époque de la réiolie d'Arbace:des 
chronologisies la funi remonter en 
917, d'antres en 808 arant J.-('. 

ARIÎETION . général des armées 
romaines sous le régne de Constance, 
servit d'abord dans les grades h s plus 
obvcurs. et s'éleva rapidement par 
beaucoup d'intrigues el par quelques 
lalens. Surla lin de sa vie il contribua 
beaucoup à la défaite de Procope , 
révolté contre l'empereur Valeos, 
eu 365. 

ARBOGASTE , Gaulois d'origine, 
était l'un des principaux officier» de 
l'armée de Theodose , lorsqu'en 3S8 
ce prince passa de Cnn«taiiiinople en 
Italie, pour défendre Valenlioien II 
contre l'usurpatenr Maxime. Il lit en- 
suite périr Valenlinîeii par anibltion ; 
el, vaincu en 5oi car Théodore, dans 
le comte de Goiice, il se sauta dans 
les montrtgiies , et . voyant qu'il ne 
pourrait échapper, il se lua de deux 
coups d'épée. 

AKBOKIOS t^.wFLrrs Micxrs ) , 
naquit dans l'Aquitaine vers l'an 170. 
Sou père . aïeul maiernel du poète 
Aujonc , lui donna les premiers prin- 
cipes de l'éloquence. Touché de sou 
mériie, l'empereur Constantin l'ap- 
pela à sa cour el le chargea de l'édu- 
cation d'ini de ses lîU. Il sut c^nserfer 
la faveur du prince sans u«er de bas- 
sesse, et mourut à Conslantinoplevers 
555 , coirblé de gloire et rl'hinneurs. 
Arborius était l'un des hommes les 
plus éloqiiens de s"n siècle ; les ou- 
vrages qu'il avait composés se sont 
perdus. Ausone , son neveu et son 
disciple, a consacré deux pièces de 
vers à sa mémoire. 

ARCADICS empereur de Cons- 
tanlinople , futrindigne successeur du 
grand Théodose , qui laissa en mou- 
rant lescepired'Occidenl à Honorius 
et celui d'Orient à Arcadius. Il naquit 
en Espagne en 5-7. Il n'avait qu* 
iS aus lorsque la mort de Xbèoùose 



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le Iai^sa ieul possesseur du trône d'O- 
rienl; Arcadiu^ ne l'occupa que pour 
êire le vil e5clave des ambitieux , qui 
Inur à tour dérliiièreul l'élal par leurs 
perUdies , leurs querelles , et leurs 
coDni?e[ice avec les Golhs , les Huns 
el les Vandales , aiiiquels ils litrérent 
Jes proviures el les trésors de l'em- 
pire. 11 mourut en 4oS , dans la 
trente-unième aunée de sou âpe, La 
nature lui avait donné un eitéricur 
dî^ne de son caractère. Une ligure 
désagréable , une taille petite et mal 
faite , un air faible, un parler lent , 
des yeux éteints , annonçaienl le plus 
lâche et le plus imbécile des empe- 
reurs. Il eut de sa temme Eudoxie , 
ïhéodose !I qui lui succéda. Il y a un 
autre Arcadius , grammairieu grec 
d'Anti.>.lie. 

ARCÉSIL-AS , de la s«cte académi- 
que , naquit d'uu père scvlbe , à Pi- 
laiie en .£olide, la première année 
de la cent-seizième olympiade. Il ap- 
prit les mathématiques d'Aulolicus et 
d'ilipponicusle'gèometre, la musique 
de Xanlus l'Athénien, el rultita 
même la poésie. Il suivit à Athènes 
les leçons de philuçuphie de Théo- 
phrasle le péripatéticien , puis celles 
de Cranlor; et après la mort de Orales, 
se trouvant à l.i tète de l'école , ilde- 
Tinl le fondateur de la seconde aca- 
démie. Alalgré son scepticisme il ne 
fut point ennemi des plaisirs , elson 
bunieur libérale, à laquelle sa fortune 
et les faveurs d'Ëumènes , roi de 
Pergame , lui permettaient de se li- 
vrer , le lendit cher à ses concitoyens. 
£niule d'Aristippe , il partagea son 
temps entre l'Amour , IlaccLus et les 
Muses , sans jamais se mêler des af- 
faires publiques : il était enthousiaste 
de Pinilare et d'ilomère; il mourut 
à soixante-quinze ans , la quatrième 
année de la rem Ircnte-quatriènie 
olympiade. On compte trois autres 
Arcttila»^ l'un poète de l'ancienne 
comédie , l'autre élé;;iaque , le troi- 
sième statuaire, IJIs d'Aristodicus. 

ARCÉSILAUS . peintre grec, de 
Pharos, était contemporain de Poly- 
gnole. Il peignait à l'encaustique. 11 
yenlaussi à llome un statuaire du 
même nom, uni i de I.uculliis. 

AUCliAGAXUUS , preiBier méde- 



cin grec qui vint s'établir à Eomt 
l'an Soi de la fondation de celle 
ville. Pline rapporte qu'on lui donna 
le droit de citoyen , et que le public 
lui acheta une luuliijue dans le fau- 
bourg d'JElius, pour y exercer sa pro- 
fession. 

Al'.CIlELAUS . fils d'Ilérode le- 
graiid , qui succéda à sou père seuie- 
mer.t dans le gouierniment de I;' 
Judée. Ce prince fut exilé à Vienne 
en Dauphiué par Auguste, en puni- 
lion de ses cruautés el de ses violeu- 
ces, el il V péril misérablement. 

Ar.t:HliLACS. L'hi«toire ancienne 
en compte six: \. Arcltitnus ^ roi de 
Maceduuie, fils naturel de Perdiccasel 
d une esclave d'Alcéias son frère. Il 
protégea Zeuxis , attira à sa cour Eu- 
ripide el Ag.ilhon , deux poètes tra- 
giques célèbres; Socratc ne se rendit 
pas à son iiivilaliou. Il fui assassiné 
après avoir régné quatorze ans. Il 
laissa un iils en bas âge , nommé 
Oreste. a. Jrclieluus né dans laCap- 
padoce , qui devinl l'un di-s plus ba-* 
biles généraux dx Miihrid.ite. 11 le 
serxil avec zèle dans sa preinirie 
guerre conlie les Bomains.5, Arche- 
laus , Iils du précédent , qui resta al- 
taché aux Iloniains. 4. Le Iils de re 
dernier , qui devini après la mort de 
son père grand-préire de la dresse de 
Comane , dignité doni Jules-César le 
priva après la défaite de Pompée. 5. 
Arehelaus de Milel , qui eut pour 
niaitre Anaxagorc , qu'il suiiit dans 
son exil à Lanipsaque et auquel il 
urcéda dans la secte ionique. 6. Enlln 
Arehelaus ^ sculpteur, ne à Prîenne 
el Iils d'Apollonius. L'inscription 
giecque qui nous a conservé son nom 
etsa patrie se lit au \<as de l'apotlwosc 
dJluniiTe , bas-relief de petite pro- 
portion trouvé sur la voie Appienne. 

AKCIIESTRATE, poèie grec mi 
Syracuse, florissail peu de temps 
après le règne d'Alexandre. Il lut 
l'ami d'un des lits de Périclès , et em- 
ploya son talent à tracer Ira lois de la 
bonne chère. IMutarque l'ail mention 
d'un autre Archestrate , poêle tragi- 
que dont Us pièces furent jouées 
pendant la guerre du Péloponrse. 

AltCIIIAb , poêle grec d'Antiocbe. 
jouit a Rome d'une grande coutidéra. 



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6on sou» le eonsulal <lc Mitelliis cl 
d'Afranius el fui proligi' par les Lu 
cullus. Cicéron.fOii élève cl non ami, 
prononça un m.ignifique plaidojcr 
en sa f.ivfur , lonn|u'on voulul lui 
conlesicr le litre et le» droit» de ri- 
tojcn romiiiii. Il ne noue reste de lui 
-qu'une quarantaine dr|)iprammf». 
Un outre /irchiai , arcliiierle , né à 
Corinllie , fut appelé en Sicile par le 
roi Hiéron , ■qui le chargea de diriger 
les tra»aux de tout genre que ce 
jjriuce faisait exécuier pour raianlape 
et rorneiuent de fon rojauiue. Il 
poussa très-loin l'art de» consiruclions 
navale», el vivait a^o ans avant J.-C. 

AUClUDAllIE , finime lacédémo- 
nienne , ayant appii» qu'on avait ré- 
solu d'envoyer le» femmes dans 1 ilr 
de Oèle , parce i|u on craijjnail à 
chaque instant que la ville ne fdl 
prise par l'jrrlius , se présenta an sé- 
nat une épéeà la main , et dit i|ue 1rs 
koiuine» les connaissaient bien peu , 
s'ils croyaient qu'elles pussent survi - 
Treàla ruine de leur patrie. C'est 
Plutaïqne qui ra| porte ce Irait. Aris 
tote . qui vivait à une époque où I, 
république existait encore , peint au 
coulraire les l'emoies de Sparte coni 
nie livrées au luxe et au libertinage. 

AliCIIIDAUUS. Il y en a quatre 
1. Arcliidtwtus, fils d'AnaxidauiUS , de 
la seconde brandie des roi» de Sparte. 
qui monta sur le trône après la moil 
de son père vers l'an Gio avant J.-C 
Il eut pour successeur Agasiclés soi 
(ils. î ArcMidiimus II , lils de Zeuxi 
dainu» , de la seconde branche de 
luéme» rois , qui monta sur le trôn( 
l'an 476 avant J.-C- , el succéda à son 
grand père. 3. Archidamus III , de la 
iiiètne branche , fut du vivant de son 
père cliarf;é du comuiandemenl des 
troupes que les Lacédémnniens en- 
Toyerent au secours des leurs après 
la bataille des Leurires. Il monta sur 
le trône l'an 5Si avant J.-C. , prit 
beaucoup de parla la guerre connue 
•0U4 le nom de sacrée , el fut tué dans 
nncombateii Italie. 4. drchidamuslV , 
Kls d'Eud^mida» , étail roi de Sparte, 
lorsque Ucmélrius, lils d'Anligone , 
ynl attaquer celle ville. Il fut défait 
a la vue de Sparte même , par ce 
prioce qui aurait pris la ville saus les 



évcnemeus qui l'appelèrent ailleun. 
On coiniaît plusieurs autres .<4rc/t(da- 

ri dans l'Iii^toiie de Sparte. 

AltClIlCÈNE , médecin célèbre, 
né à Apanvée en Syrie , étudia la mé- 
decine son» Agathinus, et vint l'exer- 
L'«r à Piome sous Doniitien , Aerva et 
Irsjan. Il y obtint une grande répu- 
tation. Juvcnal , son contemporain , 
en parle plusieurs fois dan» ses sali- 
es, et Calien le cite souvenl avec 
loge. Selon Suidas, Arcliigène mou- 
ut à soixante trois ans , la dernière 
aiuieedu rcpne de Trajan. 

AnCIIILOQUK , poêle grec , né à 
Paro», l'une des Cyclades, vers l'an 
700 avant J.-C. Il était lils de Télé- 
siclès , qui avait épousé l'esclave 
Enipn. Il porta d'abord le» armes , et 
c'e--! lui qui nous apprend qu'il prit 
la fuite dans un combat, el cjne pour 
élre plus Ifger à la course il laissa son 
bouclier sur le champ de bataille. Il 
fut plus redoutable la plume a la main; 
il se déchaîna contre Lycaïuhe , qui 
se pendit de désespoir . et son exem- 
ple fut suivi de ses trois (illes. Acca- 
Idéd'enneniis qu'il s'élailfails parson 
dangereux talent , réduit à la plus ex- 
Irème misère, odieux a tout le monde, 
il alla cheriher des ressources dans 
l'ile de Thasos : on le repoussa ; les 
I.acédénioiiiens ne voulurent pas lui 
permellre de coucher seuirmriil dans 
leur ville; mais il remporta la cou- 
ronne aux jeux olympiques par un 
hv mnc en l'honneur tl'llercnle , qu'il 
chanta lui-même, el dont les paroles 
et la musii|ue étaient de sa coniposi- 
lion. Ce triomphe le réconcilia avec 
«a patrie, sur laquelle il rejaillissait. 
Il y reporla son funeste latent pour la 
satire, et périt enlin par le fer de ceux 
qui étaient les oljels de ses vers san- 
glatis. 

Al'.CniMÈDE ,1e plus célèbre des 
géomètres anciens, est peut-être celui 
de tous les savans qni a eu la réputa- 
tion la plus étendue el la plus popu- 
laire , parce qu'à ses travaux sur les 
Iheories abstraites il a joint des in- 
ventions mécaniques d'une utilité 
frappante. Il naquit à Syracuse vers 
l'au a87 avanllère cbrélienne. Ilélait 
parent d'Hiéron , roi de celte ville ; 
mais il se reuferma tout eotier dans la 



ARD 



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ARE 



culture des sciences. Ilfull'inveDleur 
des moufles, de in tîs sans lin , et de 
la vis creuse , diins laquelle Veau 
uionle par son propre poids. Poiybe , 
Tile-Live et Plulai que , parlent avec 
admii-aiion des machines puissantes 
et variées qu'il opposa aux attaques 
des Piomains contre Syracuse sa pa- 
trie. Ou dit qn'il fut tue dans ce siège, 
par un soldat romain qui venait le 
cberclier de la paît de Marcellus , et 
qui fut irrité de ne pouvoir l'arraclier 
aux réflexions dans lesquelles il était 
plongé. C'était eu l'an 312 ; ainsi Ar- 
cbiuiëde avait soi:(ante -quinze ans. 
Les liistorieus cités ci-dessus ne par- 
lent pas des miroirsitrdens au mo\en 
desquels il incendia la flotte des Ko- 
mains ; ce sont des écrivains du Bas- 
£aipire qui ont affirme ce fait. 

AUCUll'PUS , l'un des principaux 
pasteurs de l'éplise de llolosses . que 
s^int Paul appelle compagnon des pei- 
nes qu'il ^uu^Yait eu prêcbaul l'Ë- 
Tansile. 

AKCIIYTAS deTarente , huitième 
successeur de Puba^ore, fut contem- 
porain de Platon , qui suivit pendant 
quelque temps ses leçons. Il se livra 
particuliêrenienl à l'étude des scien* 
CCS mathématiques et mécaniques. Il 
n Vst personne qui n'ait entendu par- 
ler de sa Colombe volante. On lui allri- 
bue l'invention de la poulie , de la 
vis, de la crécelle , etc. Il périt dans 
un naufrage et fut trouvé mort sur 
les cûle.t de la Pouitle. Horace lui a 
consacré une ode, la vingt-huitième 
du premier livre. 

ARDAllDRIUS.Kénéral sons le rè- 
gne de Théodore II , était Alain d'o- 
rigine. En 431 il commanda l'armée 
qui marcha contre les Perses sur les 
bords du Tigre. Il battit Xar.sés et 
l'assiépea dans Xisibe , mais ses trou 
pes s'ellrayèreut à la nouvelle de l'ar- 
rivée du ro; de Perse , et regagnèrent 
eu désordre les frontières de l'empire , 
après avoir brillé les machines qu'el- 
les avaient construites pour renverser 
les murs de Xisibe, tandis que de 
leur côté les Perses , frappés de la 
inéme terreur, se précipitaient dans 
l'Euphrale. Il soutint d'autres guerres 
avec honneur. 

AUDlCIiS de Coriolbc , et XÉI.É 



PHANES de Svcione, furent deux 
premiers artistes qui cultivèrent 
la peinture, inventée , selou Pline , 
par Philoclés , E;;yptien , ou par 
Clcanlhe de Corlnllie. 'l'out leur art 
onsislait alors à tracer quelques li- 
gnes au moyen desquelles ils faisaient 
sentir les ombres et les lumières ; du 
reste ils n'avaieut aucune idée de la 
couleur. 

AKDYS , fils de Gygés , monta sur 
le trône de Lydie vers l'an 678 avant 
J. ('.. Il combattit les Ioniens, prit la 
ville de Priene , et lit plusieurs irrup- 
tions dans le pays de Milet. Il vit ses 
étals envahis par les Timmériens, qui 
avaient été chassés des bords du Bos- 
phore , qui porte leur nom . par les 
ïicvthes nomades. Les Cimméiiens 
prirent la ville de Sardes, à l evcep- 
lion de la citadelle. Ardys régna Ug 
ans, et laissa sou trône à Sadyatte sou 
Uls. 

ARELLIUS , peintre romain , flo- 
rissaitd.ins les dernières années de la 
lépublique ; il avait peint d.ins plu- 
sieurs temples des tableaux représen- 
tant des déesses-, mais le sénat ayant 
appris qu'il avait retracé sous les at- 
tributs divins des courtisanes qu'il 
aimait arec passion, fit détruire ces 
es , malgré leur rare beauté , 
comme profanant, par leur origine, 
1 sainteté des lieux qu'ils décoraient. 
AUÉI'APIIII.K , lille d'iglator . 
ivait à Cyrèneà l'époque des guerres 
une Mithridate et les Romains. M- 
ocrales , tyran de C.yiène, ayant fait 
mourir Pha-dimus son mari , devint 
amoureux d'elle et l'épousa : mais 
quelques bons traitemcns qu'elle en 
reçilt , elle ne perdit jamais de vue la 
«engeance de la mort de son mari et 
la liberté de sa patrie. Elle ne réussit 
pas à l'empoisonner: elle tourna alors 
ses vues d'un autre côté. Elle avait 
une lille très-belle, et que l.éandre , 
frère du tyran, épousa. Os deux fera- 
mes employèrent tous les moyens de . 
séduction pour engager ce dernier à 
faire périr Nieocrates ; il y consentit, 
et le lit tuer par un de ses esclaves. 

ARÉTAS, nom de plusieurs rois 
de l'Arabie Pétrée. que la faiblesse 
des rois de Syrie enhardit à faire des 
incursions dans la Cœlésjrie. 



ARI 



h 



ARI 



ARKTIX ( PiFURiî ) , y>i à Arciio , 
rn i4y2. mort à V^Mii^e , en 16^7, 
l'un des ouleliis i(iilieiis du seiïlt iiic 
«ierlc i|ui fit le |jlu8 de l>i'iiit , mais 
qui dut la plus piaude paille de »j 
ripulajion aux exeis de >a plume. 

ARÉUS, lilsd'Aciolalus. delapre 
niière hranchc de» rois de Sparte , 
monta i^ur le trûne l'an 509 avant J,- 
<;. Il repoussa Pjrrlius, qui était »enu 
altaq\ier Larédi'uioue ; seeourut les 
Alliéiiien», attaqués par Anlipone tio- 
ll.itas ; el il perdit la vie dans un eom- 
I)at contre ce prince, aux environs de 
Corinthe. l'an 3C8 avant J.-C. Il eut 
pour successeur Arrolalus son (ils. 
Il y a un aulre Aréus, mal nninmé 
Ariu», natif d'Alexandrie el pl.ili.so- 
plie pylliagorii'ieu , qui fut un des 
maîtres d'Auguste , et qui jouit d'une 
grande faveur aupie» de ci^ prince. 
Apres la délaile d'Antoine el dr Cl.o- 
pâtre , Auguste, lois de son enlrte à 
Alexandrie , déclara qu'une des cau- 
ses pour lesquelles il pardonnait aux 
habilans éiail son amitié pour Aiéus. 
AlUAD.NIi, impératrice de Cons- 
tanlinople, lille de l'empereur Léon 1 
et lie Vérine. lille épousa Trascalsée, 
l'un des cliel's des Isauies , qu'elle 
porta au Irônc après la mort de l.éun. 
11 avait quille sou nom pour celui de 
Zenon; il élail làclie el cruel. Ejant 
tombé en épilepsie, Aiiadne le lit 
porter au tomlieau des empeieurs, 
<lonl elle lit fermer l'enlrée , et ce 
malheureux prince muiirul de rage 
en se roniîeaiit les bras a*ec les dénis. 
Quarante jours après sa morl, ,\riadiie 
épousa Anaslase , qu'elle avait eu l'a- 
dresse de l'aire élire empereur. Elle 
mourut sexagénaire en 5i5, sans lais- 
ser de poslèritê. 

AltlAKATlIË, nom de plusieurs 
rois de laCappadoce. Le premier elaii 
fils d'Ariamnès el lui succéda. Il ren- 
dit de grands services à Arlaxeicés 
dans son expédllion contre l'Égypie. 
Il vivait vers l'an ôôo avant J.-C II 
laissa la couronne à Olopherne , son 
' . frère. Ariarathe II , fils du précédent, 
■* succéda à Oloplierne , son oncle ; il 
resta fidèle an roi de Perse lorsqn'A- 
lexandre entra dans l'Asie, ^ria- 
ratlie III, défit les Slacédouiens , tua 
1 Aoijotas, leur général, et se remit eu 



possession des Klals de son père Tcrj 
l'an 3io avilit J.-C. 11 enl trois lils , 
dont on ne connail qu'A liaiunès, qui 
lui succéda. Ariarathe ly, fils d'A- 
riamnès II , vivait vers l'an s5o avant 
J.-C. Il épousa Strainnice. fils d'An- 
llochu» Tlièos. Ariarathe F, fils du 
précédent, épousa Aniioel.is, IllIe 
d'Anliochus le-Crand , roi de Sj rie , 
el j.iil le parti de ce prince dans les 
guerres contre les Humains. Ariara- 
the VI , surnommé Pliilopalor , était 
lils du précédenl. Il refufa la cou- 
ronne que son père voulut lui céder 
de son livaiil. Il péril dans la bataille 
où P. l^-assus , général romain ,, fut 
dérail. Ariarathe VII, siimomniè Épi- 
pliaiies , fut mis sur le trône par le 
peuple , el fut tué par ordre du célè- 
bre .Milbridale. Ariarathe FUI, sur- 
nommé Pliiloniélor. fils du prérédenl, 
fui placé sur le Irôiie par Jlilhridate 
el poignardé pins tard par lui. Knlin» 
Ariarathe IX prit le nom de Pl.ila- 
delplie, et détint loi de la Cappadocc 
apiè- la mort de son frère, auquel il 
avait luonlré beaucoup d'allachement. 

AlilliKKT, fils de Clolaire II , roi 
d« France , était frère de Dagobert I, 
mais plus jeune que lui el né d'un au- 
tre lit. Il uioiirut en fi3o , à peine âgé 
de ifi ans. Il y a deux rois des Lom- 
bards de ce liom : Arikerl I , fils de 
Ciindoald , duc d'Asii , qui succéda à 
l'.adoald, en 6i^ , el ninlirul eu 661 : 
el Arihert II, fils de P.aglinbert , duc 
de Turin - qui , ayant iisuipé I'hii 700 
la couronne de Lonibardie , associa 
son lils au Irône, el mourut peu de 
mois après. Ce fut tm roi cruel. Alla- 
que p;ir Ânsprand , il fut abanilonné 
par ses soldais; il se jeta alors dans le 
Tésin pour s'échapper à la nage, mais 
il s'y noya. Sou corps fut retiré de la 
rivière el inhumé à Pavie. 

AKIEL, lils de Gad. chef de la fa- 
mille des Arièliles, un de ceux qu*Es- 
dras députa |)our amener quelques- 
uns de la liibude Lévi. 

ARinNOllî, fille de Pylbagore 
et de Xbéano, composa divers traités 
sur les mjslcrts de Cércs et de Bac- 
cbns. 

AKI5IAZE . était gouverneur d'une 
forteresse siluée sur un rocher extrê- 
luemem escarpé de la Sogdiane, diin» 
5 



Ara 



5o 



ARI 



laquelle s'étaient réfugiées la remtne 
et la lille d'Oxyarle. Voici ce que ra- 
conle Quinte-Curce : sommé p:ir 
Alexandre de se rendre, Arimaze lui 
demanda si les Macédonien» avaient 
des ailes pour le forcer dans ses murs. 
Alexandre clioisitdansson armée tous 
ceux qui étaient accoutumés à gratlr 
sur les rochers, et leur proniii des ré- 
compenses considérables. Ils trouvè- 
rent le moyen de nionler sur la partie 
du roclier qui dominait la forteresse. 
Alors Ariniaze proposa de se ren<lre, 
luais Alexandre ne voulut point le re- 
cevoir à composition , et étant entré 
dans la plare, il le fil pendre ainsi que 
ses soldats au bas du roeber. Ârimaze 
était dif:ne par sa bravoure d'un meil- 
leur sort. 

AUIOBARZAXE, surnommé Pui- 
l.or.OM/Brs, fut roi de Capjiadoce , paj 
rantoiilé des Romains, ba vie fut unt 
guerre perpéluelle contre Mitbridate. 
Pompée décida son (ils à moitter sui 
le trône. Ariobtirzane 11^ surnommi 
riiilopator , iils du précédent, deiiu 
roi par l'abdication de son père , ver: 
l'an 67 avant J.-C. Sa femme se nom 
mait Atliénaïs, ainsi que sa mère , ci 
qui pourrait faire conjecturer qu'il 
avait épousé sa sa'ur, comme c'était 
l'usage parmi les rois de l'Asie. Ario- 
banane 111, surnommé £usébès lUii- 
loromœus , Iils du précédent , monta 
sur le trùne vers l'an 62 avant J.-li. 
Il fut oblifié d'aiheler la proleclion du 
peuple romain ;, et lorsijue Cicéron 
arriva dans ses Etals, peu de temps 
après son avènement au trône, il le 
trouva débiteur de Pompée et de Tiru- 
tU8 pour des sommes considérables. 
Cicéron , à qui ce prince avait été re- 
commandé par le sénat , lit tout ce 
qui dépendait de lui pour l'assurer 
sur le trône. Après la mort de Césai 
Ariobarzane prit le parti des triuni 
»irs contre ses meurtriers; et Cassiu! 
qui se trouvait en Asie, le Ut assass 
lier et s'empara de ses trésors, vers 
l'an il avant J.-C. 

AUIOr.II , premier roi de Pont, ou 
selon l'hébreu, roi d'Ellassar, un d( 
ceux qui accompagnèrent t'odorlalio- 
fuor dans son expédition contre le 
rois de Sodome et Gomorrbe. L'Ecri 
ture parle encore d'Arioch, gcoéral 



des Iroupes de Nabucbodonosor , qui 
fut chargé par ce prince de faire mou- 
tous leE devins de Ëabylone, parce 
qu'ils ne pouvaient pas expliquer le 
sonj^e qu'il avait fait. 

ARIOX de Mélhjmne , célèbre ly- 
rique grec, fils de Cyclée et disci|ile 
d'.Mcm.in, s'illustra vers la trcnle- 
huitiéme olympiade. Hérodote rap- 
porte qu'il vécut contemporain de Pé- 
riandre , tyran de Cnrinthe , qu'il fut 
le plus habile musicien de sou siècle 
sur la Ivre, et que c'est à lui qu'on 
doit l'origine et le nom du dithyrambe. 
Il avait composé un grand nombre de 
poésies lyriques dont il né nous resie 
aujourd hui qu'un hymne en l'Iion-i 
neur de Neptune, conservé par Clien.)! 
AP.IOSTE ( I.ofis), naquit à Reg-ll 
gio de Modère, le S septembre i474. j 
et mourut à Ferrare le 6 juin i553.|i 
Il composa des vers et des tragédies!; 
dans les jeux niènies de son enfance, Ij 
Le cardinal Ilippolyle d'Est , se l'at-ll 
tacha vers l'an i5o5, en <|ualité dej 
simple gentilhomme ; à sa mort , AI-1 
pbonse , frère du cardinal, le garda à. 
sa cour, où il fit son grand et immortel 
âge, le poème de lioland furieux. 
Il le publia en l5lG, il le corrliM .1 , 
le perlectionna et en donna lasecinJe 
dition en ) 5âî. C'est son plus beau 
ilre de gloire aux yeux de la posériié.i 
Le duc Alphonse et Léon X ne firent 
rien pour s.i fortune, L'un descsiVères^l 
-injslo (Gabriel), eut aussi quelque 
latent, surtout pour la poésie latine. 
Il était né eonirefail , et vécut dan» 
de continuelles soulViances. Il mourut 
à Ferrare , sa patrie , vers l'an i555. ' 
Jiioslo ( Horace), Iils du précédent, 
neveu du célèbre poêle , et poclc lui- 
même, fut l'ami du Tasse , pour le- 
quel il composa les Jrgumcns de tous 
les chants de sa Jérusalem délivrée, 11 
mourut à 58 ans le 19 avril ligâ. , 

ARIOVISXE, chef germain , d'à- I 
bord allié de Rome , se brouilla bien- 1 
tût avec elle, en soumettant à son I 
pouvoir les .£duens, les Séquanois, 1 
et quelques autres tribusdc la tîaule. I 
Il fut vaincu par César; 80,000 Ger- 
mains restèrent sur le champ de ba- 1 
taille , deux de ses femmes et une de 
ses sœurs furent tuées dans l'action, et 
lui se vil coDtraiDt de repauer le fibm. 



ARI 



5i 



ARI 



AHISTAGORAS, GU deMolpapo- 
ras ilrMilel, s'élant i ng.i^i- à r^iiic 
pour Ir. roi je IVrse lil coin)iiilc di- 
l'ile de Niixns, Arla|ibrriic9 , talrapc 
de la Ljdiu, avec !• rjuel il s'était 
krouitlu , lit t-cliouPf son expédition. 
Oai^ri.iiil qu'on ne lui reprofliàl rel 
éiéneniriii . il lit révolter les Ioniens, 
chassa de toutes les villes les tyrans 
qui <i>aienl été placés par le roi de 
l'erse , et y rélablil le g.iuverneinent 
populaire; il cliercLa vainement des 
recours à Lacédemnne et fut plus 
Iieurenx à Alliénes; il assié(;ra la vill 
de Sardes , qui fut prise et brûlée; les 
Albeniens leloiirnèrent ensuite dan< 
leur pays : il éprouva alors plusieurs 
écliecs : désespérant de pouvoir résis 
1er aux forces du roi de Perse , et 
ayant contié Milet à Tvlba^ore, il 
n'embarqua avec ceux (^ui voulurem 
le Suit re, et alla s'établir dans la'l'bru 
ce, où il fut tué par tes barbares vers 
l'an 493 avant J.C. 

AlUSTAKQUE, disciple et corn 
pagnon de saint Paul , était de Thés 
salonique , mais Juif de n<iissance, II 
accompagna saint Paul a b^phcse , et 
y demeura avec lui pendant les deux 
ans qu'il y fut, il I accompagna ensuite 
dans la (îrece; de là il le suivit en 
Asie , en Ju<lée , et enfin à Ruine , où 
l'on prétend qu'il fut décapité avec 
lui sous Néron. Il y a deux autres 
Ariitartjae ; l'un, astronome grec né à 
£amos, et selon Plularque, conlempu- 
ram de Cléantbes, successeur de Ze- 
non , 364 ans avant J.-C, Aichiniède 
parle de lui ; l'autre , et c'est le plus 
fameux Aristarque ^ critique célèbre , 
formé à l'école d'Aristopbanes le ^ram- 
niairien,et qui a mérite que sou nom 
désignât dans tous les siècles un cen 
scur sévère, mais iusle et éclairé. Il 
était né dans la Samollirare iCo ans av. 
J.-C. Ilii'est plus connu aujonrd'huique 
comme éditeur d'ilomèie. Il mourui 
dans l'île de C.hvpre, âgé de 72 ans. Sui- 
das fait mention d'un autre Aristurque. 
poète tragique , contemporain d'Euri- 
pide, et qui vécut plus de cent ans. 

ARISTEE. Nous avons sous son 
nom l'Histoire des Seplantc , c'est à 
dire, de la manière dont a été faite 
la version grecque de la Bible con- 
nue sous le nom des Septante. 



ARISTEXETE, auteur Rrec du 
quatrième ^iécle , né à Niree , mou- 
ut dans le tremblement de terre de 
Nicoiuédie en 55S II fiil l'ami de Li- 
banius. On présume qu'il est l'auteur 
des lettres publiées sous son nom. )f. 
Uoissoiiade a traduit en entier cet au- 
teur, et M. Félix Nngaret en a donné 
en 1737 une espèce d'iniitation ; c'est 
un mauvais outrage, et surtout fort 
cnnuxenv. 

AlilSTlDE. On en compte six : 
commençons par le plus célèbre , le 
(ils de I.ysiniaque; sa probité sévère 
lui valut le surnom de Jutic, Devenu 
arelionte, il excita la jalousie ue Tbè- 
mislocles, et fut exile par l'ostracisme. 
Il commanda les Athéniens à la ba- 
taille de Platée , et eut beaucoup de 
part à la viclciie qui fut remportée 
sur les Peisrs. Il mourut dans un âge 
très-avancé, et comme il ne laissa pas 
de quoi fournir aux frais de sa sépuU 
tnre , le peuple s'en chargea, et lui lit 
ériger un tombeau à Phalères. Sa vie 
a été écrite par Plularque et par Cor- 
ni'liiis Népos. 2. Aristide de Jlilet , 
écriiain dont l'époque n'est pas bien 
connue, et qui a>ail fait un recueil 
découles intitulés Mttcsiaques. 3. Aris- 
tide (ilius) , disciple de Polemnn , né 
a lladrianes dans la Rithynie , l'an de 
J.-C. 139. On lui éleva à Sniyrne nue 
statue d'airain auprès du temple d'Es- 
culape ; il nous reste de lui cinquante 
Discours, i. Aristide (saint) , apologiste 
delà religion chrétienne , qui vécut 
sous l'empereur Arien. 5. Aristide- 
Quintitien , qui vivait un peu avant 
Ploloinée, et dont on a trois livres sur 
la musique, eu grec. Enlin C. Aristide 
de Tbébes, peintre qui fut élève d'Eu- 
xénidas, et vécut 5^0 ans avant J.-C- 
Pline cite en détail ses principaux ou- 
vrages. Il y a eu plusieurs autres Aris- 
tide , arti.-tes , sur lesquels on a fort 
peu de lenseipnemens , ou qui u'of- 
i'rent rien d'intéressant. 

APiISTION, lils d'un Athénien, 
philosophe péripatélicien. Il professa 
les belles lettres à Jlesséne et à Larisse 
dans la Thessalie, et après avoir amas- 
sé beaucoup de bien, il revint à Athè- 
nes. Nommé ambassadeur auprès de 
Mithridate, il s'insinua dans sa con- 
Uauce cl devint son ami. Il trahit son 



ARI 



pays en sa faTeur et par amtitinn. 11 
fut niiîi à mort par urdre de S,v!!a. 

ARISTUM'K, cilùbre philosophe, 
naquit à Cyiène cl se rendit à Athè- 
nes , où il devint disciple de Socrate. 
Il cul par la suite plusieurs discus- 
sions avec lui sur la dilTérence de la 
luorale. Il lit plusieurs voxages en Si- 
cile, où il l'ut adtuisdans rinliiuitê de 
DenjsleljraM, qui s'acconmiodail fort 
de son genre d'esprit. 11 viiil aussi à Co- 
rinlbe.oùilful épris de I.ais. 11 retour- 
na ensuite à Athènes ; il v rendit ser- 
Tice à Escliine, et s'y trouva avec Pla 
Ion. 11 avait fait beaucoup d'ouvrages 
qui sont perdus. On ipnore IVpoipie de 
sa mort. On coinpie trois autres Arîs- 
tippe : l'un écrivit l'Histoire d\irca<tie: 
l'autre fut un philosophe de la nou- 
velle académie ; el le troisième de- 
TÏnt Ijran d'Argos après la mort du 
premier Arislomachus. Il fut tué dans 
un combat près Mécènes, l'an a4a 
avant J.-i;. l'iutarque est le seul his- 
torien qui parle de lui. 

Al'.ISlOliULli. 11 y en a un 
grand nombre. Jrisloltul» , l'un des 
oHiniers de l'armée d Alexandre , qui 
le suivit dans toutes ses expcfliiitins , 
et fut rh.irgé par lui de relahllr le 
tombeau de Cyrus II écrivit l'Uisloirc 
d'Jiexandre, qu'il ne publia qu'.iprès 
sa mort: Arrieu loue son cxaclilude. 
Arisiobule , tils d'II.wcan , qui devint , 
après la mort <le son père , l'an lo^s 
avant J.-t)., grand-prëtie des Juifs. 
ArislobuU , second tils d'Alexandre- 
Jannée, que Pompée conduisit a Ho- 
me, où il le lit paraître à son triom- 
phe , et qui par la suite mourut 
empoisonné. Arislobule ^ fiére de ila- 
riaiine. Arislobule , (ils d'Ilérodc. El 
enfin Aristobule , juif d'Alexandiic et 
philosophe péripaleticien. Il composa 
un commentaire en piec sur le iVn- 
latcuque, et le dédia à Ptolemee Pbi- 
lomélor. Son but était di' prouver que 
les anciens poètes -t les anciens phi- 
losophes grecs avaient prolilé des livres 
de Moïse. 

AKISTOCLÈS. Il y eiit en Grèce 
plusieurs artistes eélébresde ce nom. 
Le ))lu» ancien, né i Sjdonia en (Irè- 
te, était sculpteur, el llorissaitG(i4 ans 
ataut J.-C. Un autre Aris'.oclès, sculp- 
teur d« Sycioue, vivait 4oo aus avant 



52 ARI 

J.-C. Il y eut un peintre de ce nom 
de Nlcomaque. Aristoclts de 
Messine , philosopiie péripatélieicn 
du deuxième sii de , eut pour disci- 
ple Alexandre d'Aphrodisée ; il avait 
posé dis livres de VHistoire d s 
pltilasophes et de If.ttrs opinions^ dunt 
Eusèbe nous a conservé desfragm<n5 
el des commentaires particuliers sur 
la philosophie d'Arislote. Un antre 
Aristocliis, de Pergame, suivit égale- 
ment recelé péripatéticieime . mais 
la quitta pour embrasser la pi-ofessiiAu 
de rhclenr. L'aïeul de Platon se nom- 
mait Aristocti-s, el Platon lui-même 
porta ce nom dans son enl'anre- 

ARISXOCIiATE I , fils d'.Echius . 
devint roi d'Arcadie après la moit de 
son père , vers l'an 720 avant J.-(\ 
11 fut lapidé par les .\rcadiins . il 11 
eut pour succes-seur Ilicélas, son lils. 
Jrisiccrale 11 , fils d'Ilicelas el petit- 
lils du précédent, devint roi de l'.ir- 
cadie, vers l'an 64o avant J.-C .4>;uit 
trahi les Jlesscnicns , au secours ili 5- 
quelsil était venu contre les Lacédi- 
moniens , les Arcadiens le lapider. lU 
cl ne voulurent plus de roi parla 
suite. 

APilSTODÈME, Messénîen, était 
l'un lies desceudans d'yEgyptus et de 
la race des lléracliiles. Use distingua 
par sa valeur dès le commencemenl 
lie la première guerre de Messéiiie. 
Eiiphaès ayant été tué l'an 7Ô1 avant 
J -I). , Aristodèiue fut nommé roi à 
sa place , et remporta plusieurs lie 
loires signalées contre les Larédémn- 
nicns. 'i'ous ses ell'oris n'aboulin m 
qu'à retarder de quelque temps l.i 
prise d'Ilhonie el l'asservisseiiunt de 
sa patrie ; el voyant que l'un et l'autre 
élaienl inévitables, il se tua lui-même 
l'an 7!i avant ].-{'.. Arislodhme , sur- 
nommé Malacus ( le Mol ) , était de 
Cumcs en Italie. Vainqueur des bar- 
bares au siège de (".unies, l'an 6j4 
avant J.-(). , i! se trouva le chef du 
peuple et ensuite s'empara de la ly-' 
rannie. Les lils d'ilippomédon . à la 
téie d'exilés, .s'étanl emparé de Cu- 
mes parsurprise, firent périr Aristo- 
déme dan» les tourmens les plus af- 
freux , tuèrent ses enfans, sa f.imille , 
et rétablirent l'ancien gouvernemeni 
vers l'an 490 avanU-^C. U y «ut 



ARI 



55 



ARI 



Aussi un aulie. Jnstodhne, Allii'nien 
cl iieleur Irasique , qui serTilil'iiiter- 
lui'Jiairc pour l'aire lu jjaix entre les 
Atliinieiis et l'iiilippe , roi de llacé- 
doiiif. 

AlilSTOGITON'.Alluiilen.fornia 
cuulrc Ilipparclius , l'un des l'isis- 
Iratidrs, et contre ses Iréres , une 
conuplralion d.ui» laquelle il enir.iiiia 
Uariuodius. Voyant un des conjuri's 
parler à IJippias , ils rrurf ni qu'il lui 
dt-Toilait leur secret ; ils sorlireul 
alors comme de» furieux , cl avanl 
renconiré llipparcliu» , ils fondirent 
6ur lui et le tuèrent. Arisiosllon par- 
\iut à s'éebapper ; niais il fui bientôt 
pria et mis à mort. On éripi a par l.i 
suite dis slatne.i a Ilarmodius et à cet 
Aristogiton , et leur nom servait de 
signe de ralllenienl contre tous c?ux 
qu'on soup<;oanaitde vouloir atteuter 
à la lilirrlé. 

AlUSTOLAUS , peintre alliénien , 
Tils cldi'ciple de l'ausias. Il avait 
peint Épamiuondas . L'èrielés et plu- 
sieurs autres grands liomnies. l'iine 
donne la liste de ses ouvrages, re- 
Gommjndables surtout par la correc- 
tion du dessin. Il vivait environ is3 
ans aiaiil J.-C. 

AlUSTOMACIirS. Il y a eu , sui 
Tant riulan|ue , deux Ivrans de ce 
nom à Argus, tous deux contempo- 
rains d'.\ralu5, qui cberclia à faire 
tuer le premier pour rendre la liberté 
aux Argiens , cliei qui il s'était relire 
pendant son exil ; mais celte conspi- 
ration fut découverle. Arisloniaclius 
fut tué peu de temps après par ses es- 
claves , et Arislippe , protégé par Aii- 
ticone Gonalas, se lit tjran à sa place. 

Ar.isru.\iAQtit;, pbiiosopbe pé- 

ripaléticien, né à Soles en Cilicie , 
et disciple de Ljcon , cultiva l'Iiis- 
toire naturelle et s'occupa surtout 
des abeilles , sur lesquelles il Ijl des 
observations pendant- cinquante-buit 
ans. Pline le cite souvent; son por- 
trait nous a été conservé snr une cor- 
xialinc où il est représenté coulem- 
plant des ruclies. 

ARISXOMENES, Messénien, était 
né à Andanic. Nicomèdc , son père , 
descendait des anciens rois de Mes. 
sène, sa niérc se nommait Nicotélie. 
Il fit long-temps la i;uerr« aux Lacé- 



démonlcns, et termina ses jourtdan* 
l'île de lUiodes. i>a vie a été écrite 
avec beaucoup de détail par Pausaniaa 
dans le quatrième livre de sa Descrip' 
lion de lu Crire. On la trouve aussi 
dans le second volume de VUiitoirt 
de* premiers tempi de la Grèce. 

AUiyrON. Il j en a trois: Ariston, 
Gis d'Agasiclès. de la deuxième bran- 
cbe des rois de Sparic, qui luunla sur 
le trône versl'an 56o avant J.-C. Les 
l.acédémoniens, sous son régrre , 
prirent enfin l'ascendant sur les Té- 
gi'-ales , qui les avaient vaincus plu- 
.sieiirs fois sous les règnes préeedens. 
drislon, nalifde l'ile de Cbio , sur- 
nommé Phalaiitus parce qu il était 
cliauve , et Sirène à cause de la dou- 
ceur de .son éloquence. Il fut d'abord 
disciple de Zenon , fondateur de In 
série sloïclenne ; mais la sévérité des 
principes du maitie s'aceordant mal 
aiec ses inœnrs douces , il le quitta 
pour s'atlacber à Polénion ; puis s'û- 
tant formé une doctrine particulière , 
il s'établit dans le Cvnosarge , et ou- 
vrit une école dont les disciples re- 
tinrent le nom. 1! mourut des suites 
d'un coup de soleil, ^^riifon ( Tilus) , 
juriscniisulle romain i|ui vivait du 
temps de Trajan. Pline le jeune en dit 
beaucoup de bien dans deux épîtres. 
On compte encore trois pbilosophes 
péripaléticiens qui ont porte le uoiu 
d'Ariston. 

AlDSTOMCUS.CIs naturel d'Eu- 
mènes , roi de Pergame . et d'une 
joueuse d'instrunieus d'Jipbcse,, eu* 
Ireprlt , après la mort d'Allale , de se 
nieltre en possession des élais de son 
père II délit et Ut périr le consul P. 
Licinius ('rassus , que les lîoniains 
avaient envoyé contre lui, l'an 12S 
avant J, - C ; mais défait lui-même 
par Perpenna , et son prisonnier , il 
fut conduit à Piome , où il termina 
ses iours en pri^on. Ce prince fut le 
dernier de la dynastie des Altalides , 
qui avaient occupé le Irôuc pendant 
J.Ï4 ans. 

AUISTOPIIANE , célèbre poète 
comique : était fils de PUilippe et 
Atbéuien de naissance. Il ne nous 
reste de lui que onze comédies, qui 
ont été imprimées plusieurs fois; il 
ne faut y chcrcber que l'élégance du 

5. 



ARI 



54 



ARM 



slyle, l'urbanité allique , un grand 
(aient pour saisir les ridicules, et une 
peinture fidèle des mœurs alliënien- 
ues: sur tous ces points il ne lai>se 
rien à désirer. Daii^ les .YueVs , il 
tourna Socrate eu ridicule et attaqua 
les spéculations du pbilosopbe ; mais 
foudées ou non , ces ac^usation^ 
ncurent aucune influence sur la con- 
damnation de Socrate, qui n'eut lieu 
que a5 ans après. On s'est servi sou- 
vent aTec trop d'bjperbole de ce fait 
bisloriquecouire Aristopbane. Il y en 
eut un autre , célèbre grammairien , 
né à Byzduce , qui étudia sous Calli- 
ma(|ue et sous Zéiiodote , vers l'an 
jgS avant J.-C. , et vint à Alexandrie, 
oij se trouvait le plus de ressources 
pour ceux qui se livraient à la gram- 
maire et à la Cl i tique. 11 est souvent 
cité dans les scboliasles des anciens 
poètes. Sa capacité lui valut la place 
de surintendant de la bibliotbèque 
d'Ale-v.m.lrie. 

ARISTOTE.l'un des plus célèbres 
philosophes de l'anliquilé. vit le jour 
à St.igyre, ville de Mai édoiuc, la 5S5' 
année avant J. ■ C. ; fils de Jiicoma- 
cbus et de Pbaeslis , il était destiné à 
la médecine , qu'il étudia d*abord : 
mais ensuite la philosophie l'occupa 
tout entier , et il fui le créateur de 
l'histoire naturelle. H ouvrit à Albè- 
îies une école d'éloquence , et il y 
publia des ouvrages qui commence- 
reutàle faire connaître Ce fut d'a- 
pi es sa réputation, que Philippe , roi 
de Macédoine , lui écrivit , l'an ôSb 
avant Jésus - Christ , cells Amieuse 
lettre pour le charger de l'éduration 
d'Alexandre son lil» ; ce qu'il lit en 
elTel lorsqu'Alexandre eut atteint sa 
treizième année. Arislole , revenu à 
Athènes, y ouvrit une école de philo 
Sophie dans le lycée , gymnase à peu 
de distance de l'avilie. ÙieniOt accusé 
d'impiété, il prit le parti de la re- 
traite , et alla s'établir à Cbalcis dans 
r£ubée,avec la plus grande partir 
de ses disciples. Il mourut peu de 
temps après , l'an Jaa avant J.-C , à 
l'âge de soixante-trois ans. H fut le 
fondateur d'une secte de philosophie 
*jui prit le nom de /H'riputi-'ïificnne , 
parce qu'il donnait ses Ici^nns eu se 
(iromeuuut. 11 a fait uue RhétQri^ue, 



sa Politique, et une Poétique ; mais de 
toutes les sciences celle qui doit le 
plus à Ari.Mote , c'est l'histoire natu- 
relle des animaux. 

Af.lSTOTI.\lLS, lils de Damare- 
lus , lils dEjmon, se lit tyran de 
l'EliiIe , parle secours d'Aiitigone , 
lils de Démélrius , roi de Macédoine. 
Il fut tué dans une conjur.iliun que 
l'on forma contre lui : ses deux filles 
eurent le même sort. 

ARISTOXE.VK, né à Tarente en 
Italie, était fils de Spintbarus ; il se 
livra à l'étude de la musique et de la 
philo-sophie ; il alla ensuite voyager 
•lan» la Grèce , où il reçut des leçons 
lie Lamprus, d'Ervthrès , de Xéno- 
phile de Cbalcis , philosophe pythago- 
ricien , el enfin d Arislote , auquel il 
resta long-temps attaché ; mais do- 
miné plus tard par une basse jalousie, 
il imagina mille f.iussetes contre ses 
maîtres et contre Pylhagore , Archy- 
tas, Socrate el Platon , dont il av»it 
écrit les vies ; ses écrits n'ont pas peu 
contr'huéà jeter de l'incertitude sur 
l'histoire de la philosophie. 

A H lus , le plus fameux liérési.nr- 
que qui ait paru dan.'< les premiers 
siècles de l'Eglise , était natif de la 
Lybie cy.-énaïqne. Il donna lieu au 
fanieux concile de Nicée . en SjS. 11 
mourut d'une colique d'entrailles, 
d'autres disent empoisonné , en 336. 

AlilUS, roi de Sparte, fit alliance 
recOnias, grand-prétie des, Juifs. 

AI'.KWIUGUT ( SiB riicHAKD)cé- 

bre manufacturier anglais , lutta 
quelque temps contre la pauvreté 
dans laquelle il était né, sortit de l'obs- 
curité, en déplovaut un génie d'in- 
vention qui a donné aux fabriques 
anglai«es une grande supériorité. 
Créé chevalier , en décembre 1786 , 
il mourut à Oumboord dans le Der- 
byshire, le 5 août 1793 , lai.>sant»sa 
famille une fortune de 5oo mille 
livres slertings. 

ARMAGiNAC. Ce nom e.<t Irès-cé- 
lèhrc dans Ibistoire de France ; maif 
le plus fameux de tous les d'Armagnac 
est le connétable de France, qui em- 
brassa . eu 1^10 , le parti de (iharles , 
duc d'Orléans , contre le duc de Bour- 
gogne , el devint le principal mobile 

de la faclioa d'Orliaas, à laquelle il 



ARN l 

eal le triste honneur de donner son 
nom. Ses liens aiec le duc d'Orlr»iis 
furent ciinentrs par le mariage de ce 
prince a»ec sa lille. Il fut massacré en 
1^1 S par la populace, qui força ta 
prison. 

ARMIXIDS. Cest ainsi que Tacite 
nomme cet illustre clicf des Clierus- 
ques; son Térilahle nom est ilermann, 
et c'est ainsi que Klop^tock l'appelle. 
On a fort peu de détails sur la «ie du 
plus grand di's Germains , né l'an 18 
aianlJ.-tMl n'ataitque >6 ans quand 
il eilermina les lésions de Varus. Ce 
libérateur de L (iermanie, qui com 
battit le peuple romain dans le plus 
haut degré de sa splendeur , périt à 
l'âge de 37 ans. ticlime d'un complot 
de se» proclies. 

ARN'.'VUD (Feasçoisî, abbé de 
Grandcliamp , de l'académie Fran- 
çaise , et de celle des inscriptions, né 
prés de Carpeniras , m 17JI, mort 
a P.<ris, en 178 j. Le recueil de 
ses ouTrages , composé de morceaux 
délacbés , a été publié eu 180S, 
3 volumes in 8. 

AR\ADD(FrIXc:OI8-TdO!I4S-M4«IE 

DEdccLtiiu 0' ) , ne à P^ris le i5 sep- 
tembre 171 S, mourut le S septembre 
l8o5. Frédéric, -roi de Prusse , l'ap- 
pela auprès de lui à Berlin : dans un 
souper , où tous les comités profes- 
saient à l'cnii l'alliéisme , lui seul se 
taisait : • £li bien! d'Arnaud , lui dit 
s le roi, quel esl votre atis sur tout 
B cela? — Sire , répondit-il , j'aime 
11 à croire à l'csisieuce d'un être au- 
• de^sus des rois. > 11 est surtout 
connu par ses KouvclUt appelées 
Epreuves du lentimeni et Délanemens 
de l'homme sensible. Elles ont fourni 
quelques sujets au théâtre, et J.-J. 
Bousseau en a fait l'éloge. Sa manie 
d'emprunter à tout le moude à uui à 
sa réputation. 

AKXAOLD (A-sTor\E), docteur 
de Sorboiine , théologien profond et 
philosophe non moins éclairé , né à 
Paris le 6 février 161s, mort à Bruiel- 
les, le S août 1694- Onluidonuale 
nom de Grand dans le siècle du gé- 
nie ; Sanleuil, Racine et Boileau , 
honorèrent à l'envi sa mémoire par des 
épitapfaes; le dernier surtout n'en 
fartait qu'avec enlUousiasme. L'ou- 



5 ARP 

Tra^e immorkide c^l illustre érrÎTain 
e»l V^rt de penter, livre vétilablemeiil 
clas5iquf , ri l'un de ceux qui ont le 
|iiu» ruiiii iliué à perfecliuuuer la rai- 
son humaiiir. 

ARNACLD ( Le ticovtb Piebke- 
Loris D* ) , maréchal de cauip , grand 
otiicier de la légion dhoninur, après 
avoir pa»»é douze ans dans le grade de 
chef de bataillon, parcourut assez ra- 
pidement les grades supérieurs , mé- 
lila SCS litres ft ses décoralions par 
de long^ et d'honorables services, com- 
mandait en dernier lieu le départe- 
ment de TAude , et mourut à Carcas- 
soune le 6 mai i83s , âgé de 60 ans. 

ARMM ( LoLis Acum d']. J'un 
des poêles de TAllemapne les plus 
spirituels et les plus originaux , né à 
Berlin le 30 jantier 17S1 , mort à sa 
terre de \Vieper*dnrf . le 31 janvier 
iS5i , s\ippliqua d'abord aux sciences 
naturelles t mais plus tard , quitta 
celle étude pour se vouer à la poésie 
et à la littérature. On a de lui dciipoé- 
sie<i, de» romans, de.^pièresde ibeâtre. 
Tousses ouvrages portent l'emprein- 
te d'une grande richcMC d'imagina- 
lion , de sentiment et tïhumour , dans 
le s»-ns de ce mot en Angleterre: mais 
»on origindlilé di-.:énère quelquefois 
en biz.trrerie . et le manque de régu- 
larité dans la forme comme àans l'ex- 
position^ nuit beuuroup à ses inven- 
tionsd'<iilIeurs réellement ingenieu^e5. 
Ces défauts sont cause que malgré 
tout son talent, d'Arnim n'a pas pro- 
duit loutTelVet qu'il aurait pu pro- 
duire, et qu il n'a pas joui d'une répu- 
tation an>si brillante que ses produc- 
lions le méritaient. 

ARNOBE L'A!ïrfE5, célèbre apolo- 
giste de la religion chrétienne , né à 
bicquesen Numidie au 3^ siècle, était 
p^ofe^seur de rétbori')ue dans «a pairie 
iorsquMI se couiertit au chnAiianisme. 
La meilleure édition de ses sept li' 
très contre les Gentils, où il montre 
plus d'habileté à combattre le paga- 
nisme qu'à défendre le culte qu'il 
avait embrassé , est celle de Leyde eD 
i65i, in-4*^ revue parSaumaîse, Son 
style africain est dur, enflé, quelque- 
lois obscur; niaîs oirre une sorte d'élé- 
gauce et quelque énergie. 

ÀÊPflAiADifils de Sera, petit- 



ARR 



56 



ARS 



fils de Nné et pèie de Sait ; Il naquit 
un an après le déluge . et niourul âgé 
de qualre cent lieiilehuit ans. On 
croil qu'il passa le Tigre , et qu'il 
s'établit dans le p^iys d'abord appelé 
Arpliaxilide . et depuis l'.lialdie. Il est 
parlé dans Judilli d'un Jrphaxad, roi 
des iledes, que l'on croiicire Pbraor- 
lés , lils et surcesseur de Déjorès. 

AKI'.ACIllON" ou ARKlCniON, 
athlile de l'higalie , en Arcadie , fut 
Tainqueur .lU Pancrace, à Ol.ïmpie , 
dans les quaranleileuxième et qua- 
rante troisième oljinpiades. Il se pré- 
senta également à 1.1 suivante, et fut 
encore vainqueur de tous ses rivaux , 
à l'esceplion d'un seul qui , étant par- 
Tenu à l'enlacer aiec ses pieds, le 
saisit à la gorge aïi c ses deux mains, 
et le serra jusqu'à l'elraiigler. (^omnie 
dans ces combats il fallait s'avouer 
vaincu pour que l'adversaire eût la 
vicloire , il s'ensuivait que celui qui 
était le plus fort tuait quelquefois son 
antagoniste, lorsque celui-ci (<>rdai( 
à se rendre; mais Arrachion en mou- 
rant serra si fortement un doigt du 
pied de son adversaire , que la dou- 
leur lui arrarh.i l'aveu qu'il était 
vaincu ; ainsi Arracliinn fut couronné 
quoique mort. On lui érigea une sta- 
tue sur la place publique He Phigalie. 

AKKIIIniiE ou AKIDÉE, lils na- 
turel de Pbilippe et d'une courtisane 
de Larisse , fui placé sur le trône par 
les Macédoniens après la ranrt d'A- 
leiandrr-le-Grand, l'an ôsi avant J.-C. 
Comme il était égnlenient fjible d'es- 
prit et de corps , Perdiccas avait toute 
l'autorité , et après la mort de ce gé- 
néral, il se laissa conduire par Eury- 
dice , sa nièce et Sun épouse. Il iinit 
par tomber entre les mains d'Ohm - 
pias , qui le lit mourir l'an ôi5 
avant J.-C. 

ARItIA , femme de Ciccina Ptrlus, 
Bomain consulaire qui s'etant trouvé 
engage dans la révolte malheureuse de 
Camillus Scribonianus , en Illyrie , 
contre l'empereur Claude , fut arrêté 
et conduit en prison à Rome. Peidant 
tout espoir de sauver son mari , et 
voyant qu'il n'avait pas le courage de 
se donner la mort , elle prit im poi- 
gnard devant lui , se renfon<;a dans le 
"iii , et lervtiraut, elle le lui pré- 



senta en disant froidement : Paie, n vi 
dolet. Cela ne fait point demai. Palus 
se dotma la mort à l'exemple de sa 
femme. 

AKP.IA, fille de la précédenic , 
épouse du préteur Thraféa, refusa d'a- 
bord de survivre à son mari, condam- 
né par Néron , et ne consentit qu'à sa 
sollicitation à ne pas abandonner ses 
enfans. 

Al'.KIEX (FLâTirs) , né à Nicomé- 
die dans la Biibynie, fut disciple d'É- 
pictete, ce qui ne l'empêcha pas de se 
livrer à la profession des armes . dans 
laquelle il se distingua bientôt de 
manière à attirer sur lui les regards 
de l'empereur Adrien, qui le lit ci- 
toyen romain et lui donna le gouver- 
nement lie ta Cappadoce, qu'il défen- 
dit contre les Alains l'an i5^ avant 
J.-C Adrien le récompensa pur la di- 
gnité consulaire et le litre de séna- 
teur; on le fit aussi dans sa patrie 
grand-prêtre de Cérès et de Pioser- 
pine. Ses ouvrages les plus célèbres 
qui nous restent sont le Hanuel rf'É- 
pictéte et les Expéditions d'Alexandre. 
Il s'était propo<ié Xénopbon pour mo- 
dèle ; mais ce dernier est plus naïf el 
moins sec qu'Arrien. 

AUS.\('ES. On en compte plu- 
sieurs ; Arsaces 1 , fondateur de la 
monarchie desPaitbes; il liia sa ré- 
sidence à Iléca:ompolis; il vainquit 
Seleucus. Callinicus et le lit prison- 
nier ; se rendit ensuite maître de 
l'ilyrcanie, et après im règne prospère 
d'environ trenle-buit ans,il périftlans 
une bataille contre le roi de Cappa- 
doce. Sou nom fut très-célèbre en 
Orient, et les rois Partbes ses succes- 
seurs le prirent tous, comme les em- 
pereurs romams prenaient celui de 
(.iésar. On les appela les Arsacides. 
Arsuees II, roi des Partbes, succéda à 
son père Arsaces î , et fut comme lui 
un prince belliqueux ; il se rendit 
maître de la Médie , défendit le pays 
des Partbes el de l'Uyrcanie contre 
Antiochus-le-Grand, en garda la pos- 
session, et força ce prince à faire une 
alliance avec lui. Il lai.ssa son trône à 
son lils Arsaces Priapatiut. On compte 
eu-ore Arsaces Tirunus , roi d'Aïuié- 
nie, à l'époque où Julien lit une inva- 
sion daU9 la Per^e. Ap'is uue capli- 



ARS 



57 



t!Iù de peu de ditrcc dans la lour de 
l'Oubli, à Ecbiilonc. ou l'atall fail 
reiifi-riner Sajjor, il fui assassiiii' l'an 
56} de J.-C, tl l'Ai lucnic devint une 
provinre de la Perse. 

ARSAME, l'un des premiers mis 
de l'Arnit-nie, loi>qu'ellc int secoue 
le jotig des roi;, de b_»rie , succewienr» 
d'Alexandre. PuKen nous apprend 
qu'il donna des secours à Anliocliu> 
Ûii-rax , qui s'ét.iil réfugié dans ses 
étais. On rroil qu'il fui le rundaliur 
d'Ar.iuoiosale , tille de l'Arménie, il 
Titail lersl an liS av. J.-C*II esl ques- 
tion lie plusieurs^rïdmt* dans riiisioire 
de la Perse, savoir:.^r«a»u-, père d'Iles- 
laiip, pire de Uuiius; Jraame , lils de 
l)arius, Arsamc , conleaiporain du 
lui'ine piince, et qui se rérolla contre 
lui: Jrsame, lils d'Artaxerccs Lonf;ne- 
Jlaiii , •«lu'Arlaxereès-Oclius lit assas- 
siner; Arsume , qui coniruandait l'ar- 
mée des Perses au passage du Grani- 
qu>-, et qui rnl lue à la lialaille d'Issus 

AKS^.S. le plus jeune d< s lils d'Ar- 
laxeiréS'Oclius, fut placé sur le trône 
par l'eunuque Bagoas, qui avait fait 
périr son père et ses frères, vers l'an 
4.'iJ ay. J.-C. Il n'en jouit pas long- 
temps, car le même Uopoas voyant 
qu'il prenait des mesures pour [*• pu- 
DÎr , le fil molli ir dans la troisième 
année de son règne. 

AlISIMiÉ. Trois femmes célèbres 
dans riiisioire ont porte ce nom : i. 
Arsinoé. (ille de Ptolémée , lils de La- 
pus, loi d'iigypte, et de liérénice. 
£lle épou'a Lysimaque. roi de Tbra- 
ce . qui était déjà avancé en âge , et 
avait plusieurHenrans. Klle perditdans 
l'i^sprit de ce prince rainé de ses lîls , 
Agailioelès , que ce roi Ut mourir. 
Quelque temps après, Lysimaque étant 
parti pour l'Asie, la laissa dans la 
Macédoine, avec Lysimaque et Phi- 
lippe , deu.v lils qu'il avjit eus d'elle. 
Ce prince ayant été fué dans une expé- 
dition , PtoIémee (lerannus s'empara 
de la Macédoine, mais il ne pu; pns 
prendre Cassanilrée,où Arsinoé s'était 
renfermée avec ses eni'ans ; alors il lui 
Cl proposer de l'épouser : elle y con- 
sentit avec peine; mais , lorsqu'il fut 
entré dans Cassandrée, il Gt massacrer 
«es deux lils, et l'exila elle-même dans 
nie de Samotbrace , d'où elle sortit 



ART 



bienlôt pour épouser Plolém^e Phr- 
ladcli^ic, son frtre de père f t de mè- 
re, cl, fpjoiqiiu beaueotip plus â^<ée 
'pie lui , elle lui inspira unt- telle pas- 
sion, qu'après sa mort il lui lit élerer 
unP5lalue,el donna £on nom à un 
des nomt'S de l'E^yplc. n. Araitioè^^iWe 
de Lysimaque, rui de Tliracc, épou»a 
Plolemee Philadelplie , dont t\W. eut 
h ui.s engins : Plolémee, Lysimaque cl 
BiTciiice. o, Arsinoé, lîlle de Plolémi-c 
Kverf^ùlf» *l de lïi'rénice. Ktle épousa 
PluUniie riiiInpalor,snn frère: elle sa 
trouva atec lui au combat de Raphia 
contre Ântîorlius. e| ne contribua pas 
peu au mrcès de ccltr journée. Pio- 
Icuiée par la suite étant détenu amou* 
rrux d'Afiatoglée , »e Iai5>a euiière- 
uionl »nbi liguer par ceire femme et 
p.ir ^cs fièies, qui olilinreut de lui 
l'ordre de faire mourir Arsinoé, cl ils 
la firent lut-r par un certain Pbilam- 

ARTAIÏAX IV, roi des Paribes 
disputai la couronne à son fièrc Volu- 
^èsc m, auquel il succéda après sa 
mort y quoique Tirid^te cÛt un droit 
plu.- tppliiue (Il qualité d'aîné. Dans 
une Incursion des lioupes romaines, 
il manqua d'être fait prisonnier par 
Sévère, et d'être la victime d'une per- 
(tdie odieuse de (laracalla. I ! sonlint 
conire Macrîn une actiun qui dura 
deux jours : un tr;tilé entre les deu\ 
L-mpircs fut proposé par ce dernier et 
accepté par Arlaban , auquel on paya 
les frais de la guerre , et qui relounia 
dans son pays en l'an 317. Ses succès 
l'avaient Icllement exalté, que le pre- 
mier des monarques partbes il prit le 
double diadème et le (ilre de grand- 
roi: mais sa prospérité fut de peu de 
durée. Bans un combat contre !c9 
Persan<: il fut l'éfait, pris et mis à 
mnrt; par cet éu'ni-ment l'empire des 
Parllies, qui avait subi^ÎMé 4-5 ans, 
fut déhuil. Ariahatt, frère de Darius. 
(Voy. Dir.irs.) Artaban^ capitaine des 
gardes de Xerrès. (V. Xekc.es.I 

AliTABASDE, né en Arménie, 
rommandail dans c( lie province un 
detaclipnient des armées romaines en 
710, lorsque Léon HT, Tlsaurien, 
disputa l'empire à Thêodose III . qui 
venait de dctrûner Anaslase U; Arta- 
basde promit à Léon de le faToriser , 



ART 



5S 



ART 



et celui-ci s'enpagea à le prendre pour 
gendre. Lorsqii'en 742 'Jonslanlin (^o- 
pronvme eut reçu le scepire de ?ou 
père Léon l'Isauri»-!!, qui moiiriil, 
Arlabasde leva l'éleiidard de la ré- 
\oIt« contre lui pour s'emparer du 
trône. Les preniiois succès lurent en 
sa fa\eur: mais cnlin, pris par Cons- 
tantin, dans le fort de Puzanne, celui, 
ci lui lit crever les yeux ainsi qu'à ses 
deux fils Nicélas el Xicépliore. 

ARTABAZli. Nous en comptons 
trois : Arlabaie, fils de Pliarnace, qui 
commandait les Parllies cl les Olioras- 
luiens dans l'expédition que Xerces 
fil contre la Grèce. Ariahaie, l'un des 
généraux d'Artaxercès Longne-ilain ; 
it resia lidele à ce prince tant qu'il 
Técut, et lit tons ses elVorls pour sou- 
niellre Datante qui s'était révollé. 
Après la mort de ce piiuce , ilse ré- 
\olla lui-même contre Artaxercés 
Ochus f son successeur , el défit deux 
fois ses troupes. Obligé enfin de cé- 
der, il se réfugia dans la Macédoine. 
Jl se trouva par la suite à la bataille 
d'Arbelles avec Darius Codoman , et 
le suivit dans sa fuite. Ale.iundre le 
fil satrape de la liaclriane , vers l'an 
ô3o av. J.'C 11 avait un grand nom- 
bre de fils auxquels Alexandre donna 
des gouvernemens. Ses filles furent 
mariées l'une à Ptolémée , tils de La- 
gus, l'antre à Euménes de Cardie , et 
une troisiénieà Séleucus..<r(a/)u:eou 
Artavasde (car c'est le même nom ) , 
fils de Tigranc , bérita de la portion 
des états de son père qui ne lui avait 
pas été enlevée par les Rumaius, el 
qui se réduisait à peu près à l'Armé- 
nie. Après la bataille d'Actium, Cléo- 
pâlre étant r-venuc en Egypte , où 
Artabaze avait été conduit par An- 
toine , et voulant obtenir des secours 
du roi des Médes, fil cou])er la télé à 
Artabaxe , ()ui était son ennemi, el la 
lui envoya l'an aS avant J.tl. Ce prin- 
ce était fort instruit; il avait écrit en 
grec des tragédies , des discours dont 
quelques-uns rxistaieut encore du 
temps de Plularque, 

ARTAXERCÈ.S. On en compte 
trois : I . Artaxercés , surnoniiiié Lon* 
guemain à cause de la longueur de 
l'un de ses bras , el second (ils de Xer- 
ces. Son père aiusi que Darius, sod 



frère aîné , ayant été tué par Artaban 
;l d'autrfs conjurés, ileut le bonbeur 
le leur érbapper, el monta sur le trône 
l'an ^Ù4 avant J.-('. Son premier soin 
l'ut lie punir les assassins de^son pète. 
Il lit ensuite ta guerre aux Egvpliens^ 
et conclut un traité de paix avec le^ 
Athéniens Ce fut à la cour de ce roi 
de Perse que Tliéniistocb s se réfugia 
et fut reçu avec de grands lionneur.-. 
11 régna quarante ans . el mourut l'an 
424 avant J.^-C. On croit qu'il est l'As- 
snéi us de l'Ecriture, (|ui épousaEsiher. 
Xercès son fils lui succéda. 2. Arta- 
xerces , surnommé Mnemon , devint 
oi de Perse aprèsla mort de Darius II, 
on père , l'an 4o5 avant J.-C. t^yrus, 
on jeune fi ère, ayant conspiré contre 
lui pour mnntrr sur le trône, à riiisli* 

lion de Paiysalis, leur mère, il lui 
pardoima; mais ayant ra.-.semblé parla 
suite une armée pour le détrôner, il le 
combattit, et Cyrus fut tué dans la 
bataille. Il fit d'autres guerres. Apres 
avoir fait périr Darius , l'aîné de ses 
, qui avait rciispiié contre lui , il 
lut tué par Oclnis , le plus ieune de 

s fils, qui lui ."uccéda l'an .'xii avant 
J..C. Il avait régné quaranle-lrois ans. 
3. ^rlflXfri-ts 111, ou Ochus, était le 
troisième des liîs légitimes d'Artaxer- 
cès Mnéuion. 1! commença son règne 
par faire massacrer son frère et tout 
ce qui tenait à la famille royale ; la 
suite ne répondit que tiop à ces coin- 
menccniens. Après dilVèrenles guér- 
ies , il enlra dans l'Egypte ; il s'y livra 
à toutes sortes de cruautés , détruisit 
les temples, et ayant fait égorger le 
bœuf d Apis, il se le fit servir dans ua 
repas. Il fut empoisonné par Ilagoas, 
auquel il avait aliaiidonné les soins du 
gouvernement, Ar.-ès, le plus jeune 
de ses fils, lui succéda; Bagoas fit mou- 
rir tous les autres. 

ARI'AXIAS ou APiTAXAS , fils 
d'Artabaie , fut proclamé roi d'Armé- 
nie lorsque sou père se fut laissé pren- 
dre par Marc - Antoine. Ce général, 
de concert avec Artabaze , roi des 
Mèdes, l'ayant attaqué , il fut vaincu 
et prit la fuite ; maisil revint bientôt, 
et ayant défait Artabaze, et l'ayant fait 
prisonnier, il renlr.i en possession de 
ses états. Il fut tué quelque temps 
après. 



ART 



59 



ARU 



ARTEMIPORIÎ, natif d'KpIièçe, 
\ivall 90»» le ripne d'Aiiloiiiii-lp- 
Pifiix.Oii lui iloiina lf«iinioni de l);il 
dlen. parcP qu'il •■lail oripiiiairc dp 
Daldis m I.N.lic. Il est :uileur d'uii 
Traitd des soii^'-s en rinq litres, inii- 
lulé : Onciroiiiticun. L'n autre Artèmi- 
dore ^ péoprajilip . \iviiit environ 100 
an» avant J.-C. Slral>on et Pline par- 
lent souvent avec éloge de sa Dcterip- 
tion de la icrrc. 

AllTKMISE. Il y en a denx , célè 
lires ditleremment t La première, 
fille de Ljjidaniie, devint reine dll.i- 
licarna«e, et suivit avec ses vaisseaux 
Xrreès dans une expédition coiilre la 
Grèce, els'v conduisit avee lieaueoup 
d adresse et de valeur. Les Mliiniens 
la redoutaient tellement, qu'ils avaient 
promis de magnirupies présens à ee 
lui qui l'arrëterail ou qui laferait pri- 
•onnière.La statue ipic les Laeédémo- 
Tiiens lui érigèrent ne fait pas moins 
d'Iionneur à sa nu''moire. La seconde 
Artémise , tille d'Ilécatomus. roi de 
la Carie, fut mariée à ilausole . son 
frère , sorte de mariape que la cou- 
tume autorisait en Carie, selon Arrieu. 
Elle l« perdit l'an 355 avant J.-C, et 
en fut inconsolable. Klle proposa des 
prix considérables à ceux des Grecs 



par riularqne , dit qu'il était boiteux 
et qu'il se faisait porter dans une li- 
tière, ce qui le lit nommer Périplio- 
rétos : mais il est probable qu'il laiait 
confondu avec un autre^rtemon, con- 
temporain d'Anacréon, qui, ayant 
acquis une très-prande foilune, de- 
vint ell'éminé ei paresseux. Il est 
question dans Pline d'un autre Arté- 
nton, bonmie du peuple dont la res- 
semblance avec Anliochus II était si 
frappante, queLaodicé, après avoir 
enipoisonné son époux, lui en fit jouer 
le rôle pendant quelques jours pour 
avoir le temps de faire désif-ner son 
sucressenr. Il y a eu de plus deux au- 
tres /^rlonun , l'uti peintre et l'autre 
sculpteur, qui ont fait des ouvrages 
pour les pal.iis des césars. 

Ar.TIllJP.ou AP.TrS. La vie de ce 
fameux piince de la GrandePretapne 
est tellement mêlée de fables, que 
quelques critiques ont nié jusqu'à son 
existince ; mais ces fables nombreuses 
suflisent elles mêmes pour prouver 
(lu'il vécut et qu'il lit des exploits nlé- 
ninr<l>les. Le récit en serait trop loup: 
qu'il suflise de dire que c'est lui qui 
institua le fameux ordre des cheva- 
liers de la Tahle-Hondr , ces modèles 
de la chevalerie . devenus si fameux 



qui composeraient avec le plus desuc- chez les romanciers, et sur lesquel: 



l'reuzé de L 
jours un poèiu 
fixe l'époq 



ces un discours à la louan^'e de son 
époux. Isocrale, Tbeodecte , Nau- 
crite et Tlièoponipe , parurent , selon 
Aulu-Gelle, à cette espèce de con- 
cours. Artémise fil ériger à Mansole 
un tombeau mapnilique, connu sous 
le nom de mniistf/e'c , et que l'on re- 
gardait comme l'une des sept mer- 
Teilles du monde. Les Grecs et les] li<;uf e( rfc litléralin 
Romains ne se lassaient pas d'admi-l' 
rer ce monument , qui faisait le plus 
bel ornement d'Halicarnasse. Il a 
subsisté plusieurs siècles, et Pline en 
a laissé une description dont la vérité 
ne saurait être contestée. La douleur 
ne lui fit pas négliger ses, états; on dit 
cependant qu'elle mourut de mélan- 
colie deux ans après la mort de son 
époux. , 

ARTEMOMde Clazomène, méca- 
nicien célèbre , se trouva avec Péri- 
: clé» au siège de Samos , e.t inventa 

iponr cette opcralioD la tortue et d'au- 



r a fait de nos 
en vingt chants. On 
de sa mort à l'an 5Û2. 
ARTIGXY {ANT.GA..iirTB'), bi- 
bliographe et chanoine de Vienne en 
Panphiuè, né à Vienne, en 1706, 
mort dans la même ville, en 1778, 
a laissé des Mémoires d^liistoirf, de crt- 
olnmes 
inij, où l'on trouve des traits iuté- 
ressans. 

Al'.UNDEL ( TnoMAs IIowaiid , 
comte d' ) , maréchal d'Angleterre 
sous le» règnes de Jacques I et Char- 
les I , était un zélé protecteur des sa- 
vans et des artistes. Son palais sur les 
bords de la Tamise, et sa maison de 
campagne dans la province de Sur- 
rey, étaient devenus , grâces à sa pro- 
tection . le séjour des hommes les 
plus distingués par leurs talens. Lui 
et lord Pembroke furent les premiers 
qui formèrent en Angleterre des col- 
lections de monumens antiques. 



ASA 



60 



ASC 



Arundel associa à ses travaux le sa- 
vant Jfao Eïfljn . qu'il eniova à 
lîoDif. Il envoya ensuite dans le Le- 
taDl Gull, IVliï , et ce lui lui qui en 
i6j7 apporta en Angleierre les mar- 
bres connus sous le no.n «le marbres 
d'Ârundel . parmi lesqtiels se trouve 
la célèlire Chronique de Parûf, qui con- 
iienl les époques les plus mémorables 
de l'iiisloire de la Grèce , depuis lôSs 
arant J. C., époque de la fundaiion 
d'Albeiies . jusqu'en idi arant J.-C 
Arundel mourut à Padoue eu i6:in. 

ARCNS , pelit-G!s de Tarquin l'An- 
cien , roi de Itonie , el frère de Lu- 
cius-Tarquin. dit le Superbe. Servius- 
Tulliu», successeur de Tarquin l'An- 
cien , élail le tuteur des à>us jeune- 
princes. Il résoltit, pour s'attirer leur 
alTeriion . de leur faire épouser ses 
filles; mais il eul plus égard aux rap 
porlsdel'àpe qu'à ceuj Hescaraclérts. 
Lucius, qui éiail Tainé , annonçait 
déjà des inclinations violentes; il eut 
une épouse douce el vertueuse. Âruu^, 
bien plus liuniain que son frère, 
trouva dans Tullie une compagne 
aniliiiieu^H et capable des plus grands 
foifails. Plus Seriius détint âgé. plu- 
elle chercha à porter aux entreprises 
léniérai.'es Aruns , qui chérissait par 
dessus tout une vie paisible. Elle dé- 
sirait avec ardeur d'élre délivrée d'un 
épnux indolenl : des inclinations é^a- 
lem>'nl perverses lièrent bientôt Tar- 
quin el Tullie. Tarquin empoisonna 
M femme. Tullie se délivra d'Aruns 
par un «-riiue senvblabic , et c- s deux 
époux conpablt-s s'unirent ver» l'an 
31^8 de Home, 4^6 ans avant J.-C. 

AS A, lils et successeur d'Aabia , 
roi de Jnda, reniporla une viclolrr 
fignolée sur Zara , roi d'Ethiopie, qui 
élail venu î'atlaquer avec une armée 
formidable, et reclama les secours de 
Benadad-, roi de Svrie, coniie Basa, 
roi d'I>racL II mourut de la çouUe , 
l'an du monde ^090. 

ASAllL, (ils de Sarvia , el frère de 
Joab , fui lue par Abner, dans le 
combat de Gabaon, parce qu'il s alta- 
cbail avec opiniàirclé à poursuit re 
ce {;éuéral. Quelques années après, 
Joab , pour venger la mort de son 
frère, lua en trahison Abner, qu 
était Teou Iroaver David à Uibron. 



ASAXnP.E . l'un des généraux d 
Pharnace II, roi de Pont , se révolt 
■onlre lui à cau>e de sa cruauté 
e prince, vaincu par César, avan 
oulu rentrer dans ses étals , Asaod 
lia à sa rencontre , le délit et le laa 
César avant dis|iosé de la coun 
n faveur de Milhridate le Pergamé 
lieu , lils naturel du grand Mitbri 
late. Asandre le défit aussi. Il 
onienla cependant du titre d'ar 
honte, et il n'osa prendre celui d 
oi que lorsqu'Auguste l'eut coniirmi 
latis son autorité. Il épousa Dynamisj 
tille de Pharnace, et mourut l'an 1^ 
avant J -C, âgé de 93 ans. 

ASAPII, lils de Baracbias, de 1:1 
tribu de Lévi, était chaulre de Davidj] 
et tres-haùile loiisicien. Dans la .lis 
tribution que ce prince fit di .- 
tes, pnurchanter daiis le teui|> ' 
ordonna que la famille de Gerson. 
élail Asapb , lienlrail la droilr. 1 "i 
Iroute plusieurs psaumes inlilul^s :u 
nom d'Asaph, soit qtie celui-ci '-- 
ail composés, ou que David les I 
adressés. 

ASCEXES , premier fils île Cr 
el petit-iils de Japhrt, habita ' 1 
pla une région voisine de l'Ariii 
d'où 1 uu prétend que sont sor 
peuples qui occupèrent les Gau • - 

ASCLÉPIADE, médecin . n;.i 1 ■ 
Prusa en Bilbinie. après s'èlre fai 1 :,r 
rrpuiation eji Asie, vint s'é'.ul;!.: à 
lionie , l'an 616 de sa fondation ,110 
ans avanl J.-C.; refusant les ollies de 
Jlilhridale , roi de Punt . qui voulait 
l'aHirer près de lui. C'élail un esprit 
ardeni; il méconnut la doclrined'llip- 
pocrale , et suivit d>-s principes lelle- 
mcnt vagues, qu'un ne pcul pas dira 
qu'il ail fail école. Il y a un aulM 
JscUpiade , philosophe platonicien* 
natif de Philiase, qui s'établit à Alhè- 
iie?, el se lia d'une étroite amitié avec 
Ménédème. Ils ctaieni tous deux si 
pauvres qu'ils servirent d'abord les 
maçons , puis se louèrent à un bou- 
langer cbct lequel ils passaient des 
nuits à muudre du blé. Cilés devant 
l'aréopage , pour ju.slilifr de leurs 
moyens d'existence , ils firent compa- 
raître le boulanger; elles magistral], 
charmés de leur amour pour l'élude, 
leur doDuèrent à cbacuu 100 drag- 



ASC 



61 



ASD 



mes ; AscUpiade mourut dons un âp 
Irès-avaiK'è , ver» le milieu du tmi- 
sienie sièrle av:iiil iiolrc ère. Un 
poète grec du même nom infeiila nue 
sorte de *ers .ippelé»c/n/ri«m/'i7««-*3 ou 
ateirpiadrs. 

AàCM-EPIOnor.E, pcinire alliù- 
nien , fluri^^siiit en niënie temps qu'A- 
pelles. ^ur leipiel il l'eniporlail pour 
les proporliuns et pour l'ordonnaiice. 
11 faul le croire, puisqu'Apelies éhiil 
le premier à l'admirer sou» ce rap< 
fort. Jlnason lui lil peindre les douze 
dieux, el lui pa};i ôoo nrues pour 
cbacun. Il y eut un autre /Isclc/tiodoïc, 
slatuaire, qui exrcllait à faire les 
lêtis de.s philosophes. 

ASCLEl'IOnuXE, natif d'Alexan- 
drie, fui disL'iple de Proclus pour la 
uédcrine et la philosophie éclee- 
4ique: il s'acquit dans l'une el l'autre 
sciences une grande réputation. Il 
déleninna le nombre des couleurs 
priinitites el îles ilitcrses nuances 
que l'on peut former par leur niéian- 
f;e. Il connaLs>ait cinq cents espèces 
de buis, étudia les vertus des plantes 
et celles des animaux. Il cultiva la 
musique, et dans la médecine sur- 
passa son maiire. Il se livra aussi à la 
magie, e' fut un thaum.ilnrge. 

ASCLEl'IUS de Tralles, l'un des 
disciples d'Ammonius llerniéas, cher- 
cha, comme les autres philosophas 
de la secte éclectique , à concilier les 
dogmes de Pl.ilon avec ceux d'Aris- 
tole. Il nous reste de lui des scolies 
«ur les niilaplijsiqucs d'Aristote et 
sur l'arithmétique de Niconiaque. 
Ces deux livres sont manusciils à la 
Bibliothèque du roi. 

ASCOMCS PEDIANCS (QciMrs), 
grammairien ne à Padone, tenait une 
école d'é'oqtience à Jtouje , soirs l'em- 
pire de Tibère. Tile Liie et Qninti- 
ien fréquentérentdans leur jeune.vse 
l'éeole d'Asconius , et tous deux par- 
lent avec respect de leur maître. Il 
perdit la vue à .soixante. treize ans, 
apporta ce malheur avec résigna- 
tion , et nioni ut sous Néron , âgé de 
5î ans. Il avait ru Virgile, el il s'était 
Tornié une liaison entre eux. Il nous 
reste d'Asc<inius des commentaires 
utiles et foit inleressans sur trois des 
Ferrints , le commcuceaieot de la 



quatrième , et cinq antres discour* 
de Cieeron ; le reste de son tr.ivail sur 
les ouvrages du plus éloquent des- 
orateurs run)ains est perdu pour nous, 
ainsi que les vies de Virgile et de 
Sallusie qu'il avait composée». 

A^UnUllAL. I.'hi-toire ancienne 
en compte jusqti'à neuf, I. Atdrulial, 
général carthaginois , lils de Magon , 
qui fut onze fois suffete nu l'un de» 
magistrats suprêmes, et obtint quatre 
fois les honneurs du triomphe, a. Jt- 
dtulal, lils de Ilannon, qui , envoji 
en Sicile , attaqua l'anorme, où était 
renfermé le proconsul Métellus, perdit 
une grande bataille, et fut mis à mort 
à son retour à Carihage. 3. Atdruhal , 
surnommé le CUaure , contemporain 
du précédent , qui fut fait prisonnier 
dans une expédition contre les Ito- 
iuain». t,. Asdruliul, gendre d'Amilrar 
liarca, et beau frère d'Annihal , qui 
fut surnomme fi; Beau ^ à cause des 
gràcesde sa ligure. Il signala en Afri- 
que son courage el ses talens, et se 
couvrit de ploire en Espagne. Il bâti» 
Carthage la Neuve , appelée aujour- 
d'hui i;arthagène. Il gouvernait l'Es- 
pagne avec autant de sages.sc que 
d'aeiivlié depuis neuf ans , lorsqu'il 
fut assassiné ajô ans avant J.-C. par un 
esclave gaulois. Annibal lui succéda 
tUns le commandenient. 5. Asdruhnl 
Baica, lilsd'Amilcar cl fière d'Amii- 
hal. Il partagea la haine de sa fimille 
contre liooie , et se signala de bonne 
heure eu Espagne , sous sou illustre 
frère, qui lui l.iissa le commande- 
ment en chef lorsqu'il povia la guerre 
eu Italie. Il combattit longtemps 
contre les Romains : vaincu par eux 
I rès du .Metauro, il se précipite au 
milieu d'une cohorte el nieuit endigue 
frère d'Annihal. (ie dernier n'opprit 
ce revers qu'à la vue de la tête de son 
l'rère , que le consul Néron lit jeter 
dans son camp. 6. Asdrubal, lils de 
Giscon , se signala en Espagne au 
■ucement de la seconde guerre 
punique, et prit le commandement 
tle l'armée lorsqu'Asdrulial Barca 
passa en Italie, l'un 107 Evant J.-C. 
Défait par Scipion . et forcé de se 
réfugier à Cadix , il passa de là à 
la cour de Sypliax, qu'il parvint à 
allirer dans le parti des Cartbagioois, 



ASE 



62 



ASP 



«n lai TaisaDt «poaser sa fille Sopho- 
ni>be. L'an so5 avant J.-C. , son ar- 
mée et celle de Syphax furent défaites 
par Scipion. 71 mourut l'an 90] avant 
i.-C.';.Asdruhalsoraommé Hœdus, en- 
nemi de la faction barcine , fut en- 
voyé à Rome , après la bataille de 
Zania , Tan soi avant J.-C., pour ob- 
tenir la ratilicalion du traité conclu 
entre Scipiou et Caribsge. S. Asdru- 
bal , dernier sulTète de Caribape , 
dune autre famille que celle des 
Barca. Il donna lieu à des troubles 
par son caractère turbulent, et après 
la seconde pnerre punique entraîna 
sa pairie dans une guerre malheu- 
reuse conire Massiui-sa, qui le drCt en 
bataille rangée. Il défendit Carlhaje 
contre Scipion Eroilius , fui vaincu et 
implora la pénêrnsité du vainqueur; sa 
femme se jeta dans les flammes avec 
6es deux enfcina. 9. Entin Asdrubal , 
pelit-lils de Massinissa , roi des Nu- 
mides . fut associé au précédent pour 
commander les troupes qui défen- 
daient Cartliape contre les Boniains , 
ei mit le feu à kur flotte. Accusé en- 
suite d'inlellipence avec les ennemis, 
il fut mas.<.icré dans la place publi- 
que , l'an 1 ^7 avant J.-C. 

ASENAPIIAR . roi d'Assyrie, qui 
envoya les Cutbeens dans le pays des 
di: tribus, après en avoir • mmené 
captifs lOJS les babilans. C'est le nom 
que lui donne cette colonie d'.\ssy- 
rietts dans la lettre qu'elle écrivit à 
Arlaxercès , pour empêcher le réta- 
lJli^senIent du temple que les Israéli- 
tes avaient entrepris sous la conduite 
d'Esdras. après le retour de la capt 
»ilé de Babvione. On croit que cet 
Aseiiaphar est le même qu'Assarad 

ASENETII , Glle de Pulipb 
épouse de Joseph , mère d'Ephraîm 
et de Manassé. On croit que ce Puli- 
pbar n'est pas le même qui avait 
acheté Joseph , et qui . trompé par 
les calomnies de sa femme , le fit 
mettre en prison , mais un prêtre 
d'UeliopolIs , différent du premier. 

ASER , fils de Jarob et de Zelpha , 
père d'une des douze tribus , eut 
quatre fils et une fille. Le parlase de 
se» enfaiis fui dans un pays très-fer- 
tile entre le mont Liban et le mont 
Carmel : mail celte tribu , soil par 



faildesse ou par néglipenee, ne pu' 
ais se mettre en possession de ton", 
le terrain qui lui avait été assise. 

ASI ATICCS. 1 1 fut dans sa jeunesst 
l'esclave de Titellius , qui le vendit , 
le reprit ensuite, et l'aiTrancbit lors- 
qu'il eut le gouvernement de la Ger- 
manie. Vilellius lui accorda la pre- 
'" re année de son rèpne la di^rnilé 
de chevalier. Il paraît que ce favori 
usa insolemment de sa puissance. 
Après la mort de Vilellius il eipia ses 
excès par le supplice des esclaves, l'an 
de Rome Sjo. 

ASPAR , patrice et général des ar 
mées romaines pendant le rè;;ne d^ 
Théodose II et de ses successeurs . lit 
ses premières armes sous la conduite 
de son père Ardaburius , et partagea 
bientôt avec lui les honneurs du com- 
niandem*nt. Dans l'horrible incendie 
qui dévasta Conslantinople en ^65. il 
montra un coura;;e et une artiiilé 
dont l'histoire a fait une mentii^n ho- 
norable. Il fut m'S à mort en U~i par 
ordre de Léon, qu'il avait placé sur 
le trône. 

ASPASIE, naquità Miletenlonie: 
elle était fille d'Aiiochns. Elle donna 
l'exemple de la singulière réunion des 
talens politiques et littéraire? avec 
toutes les prâces de son sexe. Platon 
cite une très-belle baranpue d',\spasie 
en l'honneur des Athéniens morts à 
Léchée. Il dit qti'elle avait enseij;né 
l'art oratoire à Périclés. Elle adressa 
de» versa Socrale pour le con.solerde 
l'amour malheureux qu'il ressentait 
pour elle. La gloire de sa vie fut d'à» 
voir inspiré un sentiment sincère el 
durable au grand Périclés, qui l'é- 
pousa. Elle fut l'objet des hommages 
d'Alcibiade , el s'attacha dans la suite 
à un homme obscure! vulgaire nommé 
Lysiclès: mai» bientôt elle !e pénétra 
de son âme , el il arquit en peu de 
temps un grand pouvoir d^ns Aihéne», 

ASPIIKNES, intendant des eunu- 
ques de Nabuchodonosor, qtii ne vou- 
lu! pas permettre que Daniel, Ananias 
et Azarias, dont le roi lui avait confié 
l'éducation , vécussent selon leurs 
coutumes, parce qu'il appréhendait 
que si ce prince les voyait maigre» el 
défaits . i! ne leur fît trancher la léle. 
C'est lui qui changea leurs nom*. 



ASS 



63 



ATE 



ASPREMONT(d'), ïicomlo d'Or- 
llie , gnuieriiciir de Ba.voiine sou> Ir 
replie de Charles IX C'e>l lui qui 
écriïilàce prince , lors du massacre 
delaStiiitliarlIirlmii: > J'ai trouvi 

• parmi les b^ibilaiis cl les gens de 

■ guerre , des hommes dé loués à to- 

• Ire majesie, mais pas uu bourreau: 

■ ainsi eux et moi, nous vous sup- 

■ plions de n'employer nos brus el 
s nos vies qu'en cboses pos>ibles, 
n quelque liasardeusesqu'eîlessoicnt. 
Le nom d'un pareil boinoie niériti- 
d'être conservé élernellemcut dans la 
aièuioire des hontiêles gens, 

ASSAH AI)0.\, nis de Sennacherib 
et Sun successeur dans le royauit 
d'Assyrie , qu'lsaîe nomme baigo 
C'est lui qui enio>a dis préire» aux 
Cutlii-ens, que Salmanasar a\uil Iraris 
porlés ù lii place des Israélites. O 
prince lit la guerre à Manassé , roi d 
Juda, prit Jérusalem, et cmmen 
tianassé capllfà Itabylooet IlniouruI 
l'au du inunde 33ôb. 

AâSAS ( NicoLis , chevalier d' ), 
né au Vigan. Capitaine au service d 
France dans le régiment d'Auvergne 
il commandait une grand'garde à 
Closlercauip , prés de Gueldre, lors 
qu'au point du jour, 16 octobre 17C0, 
étant allé reconnaître les postes , il 
tomba sur une colonne ennemie qu' 
s'avançait en silence pour surprendre 
l'armée française. Aussitôt des grena 
diers le saisissent , et le menacent d 
l'égorger s'il dit un seul mot. Ily al- 
lait du salut de l'armée française, qu 
n'était point préparée à celle alUiquc. 
D'Assas se recueille un moment pour 
gro.ssir sa voi.t, el il crie : v A moi , 
Auvergne, voilà les ennemis ] u Aus- 
sitôt il tombe percé de coups. C'est 
Voltaire qui provoqua les tardives ré- 
compenses accordées à la famille du 
chevalier d'Assas, pour ce trait be. 
rolque , qui s'est renouvelé depuis , 
plus d'une fois, dans tes armées 
françaises. D'Assns était célibataire : 
OD créa pour sa famille une pension 
de mille livres réversible à perpétuité 
aux aînés de sou nom. 

ASSELIN (Fkinçois), docteur en 
médecine, est mort à Paris le 17 avril 
lâÔ2, à peine âgé de 5o ans : victime 
desoo ïcle ù secourir les cholériques, 



c'est après quinze jours et quinze nuits 
de siiilc pa.ssés auprès de» malades, 
ju'il a snrcombéà la violence du mal. 

ASSLT. .fils de Sent, demeurait 
lans le pays de Sennaar ; mais , forcé 
par l'usurpateur Nenirod, il en «oriit 
pour aller vers la source du Tigre , 
dans un pavs auquel il donna >nii 
Kom , el où ii bàlit la ville de Ninive. 
D'aulris prétendent que Nemrod , 
sortit de son pays et vint attaquer 
l'Assyrie, doul il se rendit maître , 
et où il bâtit Ninive. Ce mot se prend 
encore dans l'Kcrilurc pour l'Assyrie, 
les Assyriens ei le loi de ce pavs. 

ASriiAMI'SYCIIIJS , auteur d'un 
petit ouvrage en vers iambiques siir 
l'explication des songes, qu'on trouve 
en grec et en latin à la suite d'Arté- 
mldore. On ignore l'époque à laquelle 
il a vécu. 

ASl'RCC (Jein), médecin dis- 
tingué du dix-huitième siècle, qui a 
publié beaucoup d'ouvrages en latin 
<ur l'art qu'il professait , naquit à 
Sauves dans le bas Lanjiuedoc, le 17 
mars ir84. et mourut le 5 mai 1766. 

ASTYiGK, lils de Cyaxare , roi 
des Mèdes, monta sur le Irône vers 
l'an 5r)3 avant J. -C. Il avait épousé 
Aryénis , iille d'Aliatte et sœur de 
Cre«us. On ne sait si ce fut d'elle ou 
d'une autre femme qu'il eut Mandane. 
Craignant d'être détrôné par son pe- 
lit-lils. il maria Mandane à un Perse 
nommé Cambvse , et ordonna de luer 
le lils qu'elle en eut. (^e (ils, qui fut 
le grand Cvrus , ayant été élevé par 
un berger, se lit reconnaître par son 
grand-père, et finit par le détrôner, 
Xénoplion a écrit la vie de Cyrus , 
dont il a fait uu rom-'^n. 

ASYCIIIS, roi d'Egypte , succéda 
à Mycerinus. Il fit faire des propylées 
au temple de Vulcain du côté du le- 
vant, et lit construire une pyramide 
de briques pour éterniser sa mémoire. 
Ce fui sous son régne que fut reudue 
une loi qui permettait aux Égyptiens 
d'emprunter en donnant pour gage le 
corps de leur père. L'époque de son 
règne n'est pas bien connue. 

ATEMUN, peintre grec, élève 
de Glaucon de Coriulhe , se fit une 
grande réputation à Athènes. Ou le 
coiEparait à Kicias , el quelquefois ou 



ATH 



64 



ATH 



le mettail an-dessus. Il peignit plu- 
sieurs morceaui dans le lenjple de 
Crrts Élcu.-ine. Pline en fjii le pins 
grand éloge; il a dû litre 55i ans 
atani J.-C. Il niourul très-icune. 

ATIlALIE , Ulle d'Achab el de Je- 
label , et femme de Joram , roi de 
juda , ayant appris que son lils Ocho- 
eias el quarante deui princes de son 
sang avaient i té massai.res par Jtliu , 
résolut de faire tuer tous les prince^ 
de la race royale , afin de pouvoir 
Dionler sur le trû:ie sans obstacles : 
mais Joiabed , Cile de Joram el sœur 
d'Ocliosias , enleta Joas , lils de ce 
deruier. elle fit nourrir dans le tem- 
ple pendant six ans. Aptes ce temps , 
Joiaila , grand sacrilicjleur, épouide 
Jocal.ed, lit mourir Albalie , et ml 
Joas sur le trône l'an du monde 0126. 

ATIIÉAS ou ArÉiS, roi de plu- 
sieurs peuples scy iLes. étant en guerre 
af ec les Islriens , demanda des se- 
cours à Philippe . roi de Macédoine, 
en lui promell.int de l'adopter pour 
son successeur. Philippe lui ayant en 
Toyé des Irnnpes , Ailiéas, qui n'en 
avaii plus be.-oio , les renvoya m di- 
eant qu'il n'avait p'^ni demandé de se- 
cours el qu'il n'avait rien promis; il 
refusa même de payer la dépende que 
Philippe avait faite ponr lui envoyer 
ces troupes • alors ce prince irrité leva 
le siige de Kvsance , marcha contre 
lui, le délit, el emporta un butin con- 
sidérable. Albéas, quoique âgé de 
quatre-tinjl-dii ans, se mit lui même 
à la tète de sou armée, et fut tué dauï 
le combat. 

ATUÊN'AGORAS, philosophe pla- 
tonicien ou plutôi éclectique . naquit 
à Athènes au deuxième siècle de l'ère 
vulgaire. On a de lui deux ouvrages: 
l'un , un Tra'.tè de la résurrection des 
morts; l'autre une Apolo:icde la reli- 
gion chrétienne , qu'il adressa auv em- 
pereur» Marc- Aurèle et Commode. 

ATUÉNAIS , impératrice d'Orient 
sous le nonid Eudoxie, était lille d'un 
sophiste d'Athènes nommé Léonce , 
qui, lui ayant donné une brillante 
éducation , crut avoir tout fait pour 
elle et la déshérita au profit de ses 
deux frères. Elle fini à Oonslanlinople 
pour rériamer; Théodore II , qui 
gouiecuail alors t'cmpitc , cd deiijt 



épris el l'épousa en in. Son premier 
soin fut de rassurer ses frères, qui 

gnaient son ressentiment ; elle les 

ibîa d'hotnieurs et de bienfaits. 
Elle nioiini^t vers l'an 4€o. 

ATHÉNÉE. Il y en eut quatre: 
1. Athénée , médecin qui paraît être 
né à Altale, en Cilicie , vers l'an 9 
de l'ère chrétienne. Galien seul en 
faitmenlion. 2. Athénée^ graranva'irien, 
né à Naucratis, en Egypte, sous If 
gne de MarcAurèle , vivait encore 
us celui d Alexandre Sévère , vers 
l'an ïîS de J.-C. : sa vie n'est pas 

nue. On a de hti un ouvraçc inlî- 
tulé les Déipnosophisles ou le Bunjuef 
des savons , qui est an Irèsor d'érudi- 
tion dans tous les genres, et sans le- 
quel on ignorerait beaucoup de choses 
ur l'antiquité. 5. Jlliénéc , mathéma- 
ticien grec, dont la patrie estincon- 

, et qui Tirait vers l'an Jio avant 
J.-C. Il reste di- lui un traité sur les 
machines de guerre, ailressé à M. 
Marcellus, qui avait pris Syracuse. 
4. Athénée, philosophe pcripatélicien, 
natif de Sèleucie : il se lia avec JIu- 

1 , fut fait prisonnier comme lui , 
puis mis en liberté par T.é'ar, qui re- 
connut son innocence. Il fut enseveli 

t les ruines de sa maison. On 
compte en onire plusieurs auiref Athé- 
née . parmi lesquels Porphyre en cile 
un qui fui philosophe stoïcien. 

ATllÉMOV , chef des esclaves ré- 
Tollés en Sicile, ver» l'an 650 de 
Rome. Il combattit Ions-temps avec 

r.ige , et fui tué l'an 655 , dan» ua 
combat singulier, par le consul ro- 
main M^nius Aquilins. 

ATIIÉNOBIUS, {iUdeI>éméirius, 
général des armées %l'AntiochnsSî- 
détès , fut envoyé par ce prince Ters 
Simon, général de» Juifs , pour lui 
demander la reslitulion de plusieurs 
tilles el le paiement des Iribul» qu'il 
prétendait lui être dus. Simon a>.iiit 
rendu une réponse peu satisfaisanle à 
ithenobius, celui-ci la rapporta à 
Antiochus, qui Kt marcher contre le» 
Juii's une armée sous les ordres de 
Cend'bée, son lieutenant. 

ATlIÉN'ODOr.E , philosophe sloî- 
cien , de Tarse, en t:ilicie , fut en 
grand crédit auprès d'Auguste , el ne 
se sertit de cette ioUuence que pour 



ATT 



65 



ATT 



inspirer à ton disciple des senlimen» 
de clfiiicncect de niodtralioii. C élail 
lui qui conseillai! à cet empereur de 
compter toutes les lettres de l'alpliabet 
arant que de se livrer aux mou ve mens 
de sa colère. Il mourut dans sa pairie 
è qualrevinjïl deux ans. Un autre 
Athénodore, également de Tarse , et 
»uriiomnié Cordilion , fut cliargé de 
la parde de la bibliolluque de Per- 
paoïe. Caton lil expies le loyoge de 
Pcrganie pour le xiir, pariinl à se 
l'attacher , et l'emnieni avec lui. On 
onmpte un troisième i4l/i«n(ii/tfr« , de 
Soles, au.-si philosophe sloicien ; et 
un quatrième, de la secle de Platon . 
conlempurain it ami de S»llu^te le 
cynique ; on a souvent confondu ces 
Itomnnyraes. 

ATOCIIE (Loiis-jEiN-MiniB;, em 
nlu\é au cabinet des estampes de la 
bibliothèque du roi , connu surtout 
par S' s aquarelles , mort en juin i S5a. 

A TOSSE , était I aînée des lilles de 
Cvrns; elle l'uld'abord mariée à Cam- 
l)jse , son frire. Après la mort de ce 
prince , Snierdis le niape, qui se f.ii 
fait passer pour son fnre , usurpa 
JVnipire et épousa Atosse; elle fui ma- 
riée tu troisième lieu à Darius , qui 
fut nommé roi lorsque Smerdis eut 
été tué. Une au're Jtosst , lille d'Ar- 
lajercés Mnémon , se maria avec son 
propre père , qui avait conçu pour 
elle la passion la plus \ioleiite. 

ATTAKîNANT ( Gab»iel-(1iu ri.es 
ïiB l' ) , né en 1697, chanoine de 
Beims , coimu par quelqui'S poésies 
af;réabies , et principalement par des 
chansons qui sont restées. 11 mourut 
é qui>tre-T>n;<t'dcnx ans. en 1771^. 

AITALE, roi de Pergame , était 
fils d'un autre Atlale , fiére de Philae- 
1ère. Eumcne, son cousin , étant 
mort sans enfans , il prit le gouveme- 
nafnl de Pergame , Ters l'an 2^1 av. 
ii-i".. Il délit les Gaulois , et après 
cette victoire prit le titre de roi , ce 
que n'avaient pas osé faire ses deux 
prédécesseurs : il s'allia avec Antio- 
cbus-leGrandet les Romains. Il mou- 
rut à Pergame , âgé de 72 ans , après 
en avoir régné 4i. On compte trois 
autres Attale. ï. AUale II , second 
fils du précédent , célèbre par son 
uuioa avec ses frères , et j>ar gou 



amour pour Apollonis la nicrc. Tl* 
aida le» llomainsdans leur eipéditioir 
contre le faux Philippe , et renversa 
la puissance de Prusias. Il mourut 
Irés-àpé , l'an l38 avant J.-C. j. Al- 
iule III , tils d'Eumène , monta sur le 
Irone après la mort de son oncle , le 
précédent Attale ; étant tombé en dé- 
mence dès le commencement de son 
règne , il devint cruel envers ses amis 
et même sesparens, dont il lit périr 
plusieurs. Il mourut après cinq ans de 
régne. Ilinsiiiua ru mourant le peu- 
ple romain son héritier. 5. Knlin , 
JltaU , préA-l de Rome , sous le règne 
d llonnrjus. Il devint en 409 un de 
ces empereurs que les barbares éle- 
vaient alnrsfréquemnienl sur le trône, 
pour > placer un monument de leur 
triomphe et de l'avilissement des Ro- 
nïain>. llunorlus en 4i6 lui fit couper 
la main droite, et le relégua dans 
l'ile de Lipari , où il mourut dans 
l'obscurîté, 

AXTEICS C A riTO, jurisconsulte 
romain , sous le règne d'.^ugusle. Ta- 
cite en fait l'éloge dans le livre pre- 
mier de ses annales. Il devint tribun 
avec Aquilins Gallns , et fut consul 
avec (îernianicns , l'an ii6 de Rome, 
llohllnt sous Tibère des emplois con- 
sidérahlrs : il eut pour «et empereur 
une houleuse complaisance , et n'.ou- 
rut l'an jj de J.-C. Aulu Celle , Ma- 
crobe , Augustin , etc , ont cité ses 
ouvrages Irès-avanlageusenvent. 

ATTICL'S ( TiTts Povipo'virs ) , 
était Romain d'origine et de l'ordre 
des chevaliers. Son pi^ie,amides let- 
tres, lui donna dans son iiif.mce toute 
l'inslruction que comportait son âge. 
I,a flonceur de sa voix el de sa phy- 
s'mnomie , sa facilité el son intelli- 
gence, lui doun.iieni .snrses condisci- 
ples une snpérioi i:é qui excitait leur 
émulaiinn. Il comptait parmi eux les 
lils de Slarius et (Jiceron , qui furent 
toujours ses meilleurs aniis. Il se mon- 
tra toujours fort prudent, sans bas- 
sesse . dans les dissensions de parti 
qui agitèrent sa patrie, (le ne fut 
point par indolence , mais par ré- 
flexion, qu'il se tint éloigné des affai- 
res publiques. Il n'eM resté aucun de 
ses ouvrages; on n'a point de ses let- 
tres. Il doit le nom d'Atticus à son 



AUB 



66 



AUG 



MJour à Albènes , ei sa repuiation 
dans la postérité aux lettres de Cicé- 
roD » et à Cornélius Xepos quia écrit 
sa lie. Il mourut l'au de Some 721. 
11 y a plusieurs autres Altùui , l'un 
qui descendait des £acides , et qui 
trouva un trésor dans sa maison, et 
laissa par testament à chaque citoyen 
d'Alhéues une mine ( 90 fr. ) par an : 
UD autre , philosophe platonicien qui 
fioti?sail sous l'empereur Marc-Aurèle, 
et combattit les dogmes d'Aristole: un 
autre, rhéteur de Pergame ; et un 
dernier enfin , éiéque de Coiistaoli- 
nople , célèbre par ses démêles avec 
saint Jean Chrysoslûme. 

ATTILA, prince scylbe, surnommé 
le fléau de Dieu , mort eu 454. Ce roi 
' des Uuns raiagea l'Orient , traversa la 
Pannonic. la Germanie , et entra dans 
1 es Gaules en 450 , avec une armée de 
Soo.ooo hommes. Vainqueur en plu- 
sieurs occasions , il tînt a?siéger Or- 
léans , mais Aélius, Mérotée et Théo- 
Joric , lui tirent leier lesiege , et peu 
de temps après le baltiicnt complète- 
ment. 

ACBERXO-V ( Puiu?fE), comm-s- 
saire ordonnateur des armées , com- 
mandeur de la légion d'honneur , elc. 
Béà Antibes ( Yar ) le 7 ianvier 175-, 
parcourut avec une haute distinction 
la carrière de radminîslration mili- 
taire , lit toutes les campagnes des ar- 
mées françaises depuis le passage du 
Yar ( 1791; jusqu'à la tataille de 
'Waterloo , et y déploya tous les la- 
leos du plus habile administrateur. Il 
obtint sa retraite on 1S16 , et mourut 
à Paris le 7 juillet iS3i, âgé de 75 ans. 
ALBEl'.T ( labbe JtA.-s-Locis) , né 
à Paris en 17Ô1 a mcrt en celle ville. 
Il a donné un Toîume de fables , dan> 
lequel on eii trouve quelques-unes 
qu'on peut lire avec plaisir, même 
après celles de La Fontaiue, et ce 
n'est point un mince éloge, 

ACBIUNE ( TiitoDoiiE ActiFPi d') 
né à Saiot-Maury . près de Pons ei 
Saiulonge , le S février i33o. A treize 
aus il se trouva au »iéf.e d'Orléans , 
cl munira un sang-froid peu commun 
à cei âge : il servit sous le priure de 
Condé , et peu de temps après il en 
tra au service du roi de Naiarrc, et 
il i'cUblit eulre eiu uuc aoiitié qu 



ne se démentit j;imait. Il lut l'un drj 
plus ildéles et des plus dcsinléresîcs 
serviteurs de notre bon Henri IV. Il 
exposa souvent sa vie pour sauver ta 
sienne, et ne lui fut pas moins ulJle 
dans le-s négociations. Henri ne lit 
rien pour sa fortune, mais l'accueillit 
toujours bien. Il mourut à Genève le 
29 avril i65o , âgé de quatre-vingts 
ans. Il eut plusieurs enfans de son 
premier mariage, entre autres Cous- 
nt, père de la célèbre madame de 
Maintenon. Il a composé plusieurs 
ouvrages : il était aussi instruit que 
brave. 

ACBUSSON ( PrïRKE 1 grand 111 : 
tre de l'ordre de St. -Jean de Jei 
lem , surnommé le feojc/ierrff /'£-■ 
né en i425, soutint eu 14S0 ce fauit \ 
siège de Hhndes . que Mahomet H 
fut obligé de lever honteusement d';L>, 
mois après avec une perle coiisidcj a- 
ble , »-t mourut en i5o5, avec la dou- 
leur de n'avoir pu réaliser le proj-t 
d'une grande croisade contre 
Turcs , dont il devait être le chef. 

AU DEFUOI, surnomme le Biii : 
trouvère ou poèle français du trei- 
zième siècle, a composé plusieurs tais. 
Legrand d'Aus,sy en cite cinq dans 
on premier recueil de fabliaux , elle 
considère comme l'inventeur de ces 
petits poèmes que nous nommons ij- 
fiianc£s. Ces liiû olTrent chacun uue 
histoire racontée en plusieurs slau- 
ces , lcrminêe> par un refrain. 

ACDÛVÈRE , première femme J, 
Chilpéric , roi de France ; elle ! 
étranglée par les ordres de Ff 
goude, vers l'an ôSo, dans le mcn 
1ère où elle s'était retirée depuis ..' 
repudiaiinn. 

AODRAX (GtiÀ«n), né à Lyon le 
j aoûl i64o , mort à Paris en 170.', le 
plus célèbre graveur d'histoire q 1 ■ 
l'on connaisse , l'un des artistes iji. 1 
ont le plus contribué à illustrer le 
siècle de Louis \1V, s'est distingue 
surtout .par ses (utuillrs a'dltxaiulrt: , 
qui répandit .«a répulalion dans toute 
l'Europe , acheva de »'immorlali.^er 
par beaucoup d'autres cheis-d'œu\it->, 
et fui aussi regretté pour tes qualité» 
aimables que pour la supériorité de 
ses lalens. 

ALGiiE ( Lotis Smo.-») , uè à Pi- 



AUG 



67 



AUG 



ris en 1 773 , se livra sprciaicmcnl à la 
biogrjpliie, à la crillque, el prit part 
à la ri-daclioii de plusieurs jouriiaui. 
Son éto'e de Jioileau fui courciuuc par 
l'acadéiuit frauçoise , en i8o5. Après 
la lU-uiième restauration , il fut un 
moment censeur de» journaux , 
pensionné, et membre de l'accadéniie 
à sa nouTelle formation. Il y jonil 
d'une grande inllurnce , y soutint en 
général la cause du goût cl de la rai- 
son , et pré&ida ci tic compagnie dan^ 
plusieurs occasions mari|uanles; en 
proie depuis long-lenjps à de cruels 
maux de nerfs , il disparut le 2 jan- 
vier 1823 et ce ne fui qu'un mois 
après <|uc l'on retrouva son corps 
dans la Seine, à Meulau (1" février.) 
A U G E U E A D (PiKr.r.E-FB».\çois- 
CiuBLES) , maréchal de France, duc 
de Casiiglione , né a Paris le 11 no- 
vembre 17Ô7, d'bonnétcs artisans ; 
moil le 12 juin 1017. Il passa par tous 
les grades; son audace et son inlelli 
gence tirent sa fortune militaire ; su 
nom est lié aux catupagnes d'Ilalie- 
L'inlrépidilé qu'il montra au pont 
d'Arcole a été reproduite par le burin. 
AUGUSTE ( (;4irs Jti.its C^esar , 
Octave) , originairementappelé Caîus 
Octavius , était lils de Caïus Octavius. 
et d'Altia , lilie de Julia , sœur de Ju- 
les César. Il naquit pendant le consu- 
lat de Cii-éron, l'an de lîome ôSg , le 
30 septembre de l'an C2 avant J.-C. 
Son rigne appartient plus à l'histoire 
générale qu'a la biographie ; le retra- 
cer ici serait en rendre le tableau pâle 
l décoloré. Le dernier jour de sa 
ie,il demanda un miroir et lit ar- 
ranger ses cheveux et son visage ; 
alors, faisant venir ses amis autour 
de son lit, il leur demanda s'il avait 
bien joué -son rôle sur le théâtre de 
la vie. Lorsqu'ils lui curent exprimé 
leur assentiment : x Ainsi donc , 
ajouta-t-il , en se servant des paroles 
Ijue prononraieut les acteurs à la lin 
|ies pièces : « Adieu , battez des 
is. » Plaudite , cives. Quand ils se 
urcnt retirés, il lit à Livie de tendres 
dieux, et rendit dans ses bras les der- 
liersioupirs. Il mourut le ig du mois 
jui portait sou nom , l'au i4 de J.-C, 
1 de Borne 765 , à l'âge desoixanlc- 
eize aot, X<e derDier liail de la vie 



d'Auguste peut servir à expliquer 900 
lar.iclére , sa politique, et même sa 
fortune. Il donna l'impulsion à tout ce 
|ui se ât de bien sous son règne ; il 
ranima l'agriculture , encouragea les 
ris et les lit aimer. Doué d'un goût 
exquis et d'nn esprit qui s'appliquait 
1 tout, il cultiva et protégea les lettres, 
t mérita d'attacher son nom à l'une 
les époques les plus bouorables pour 
l'esprit humain. 

AUGUSTIN St. (ArnÉLir») le plus 
célèbre des pères de l'Eglise laline , 
né en 354 à Tagasle en Afrique, 
mena pendant sa jeunesse une vie as- 
:*cz déréglée , embra.<^sa les erreurs du 
manichéisme , professa la rhétorique 
d'abord à Carthage, puisa Milan; ra- 
mené de ses égaremens par les leçons 
de Sl-Anibroise , il rentra dans le 
•iein de l'église , reçut le baptême ù 
Milan en 387. retourna dans sa pa- 
irie , distribua ses biens aux pauvres. 
Elevé à l'évéché d'Ilippone en 395 , il 
mourut durant le siège de celle ville 
par les Vandales, en 45o, à 76 ans. 
Ses (euvrescomplèles ont été publiées 
par les licnédiclins , 1 1 vol. in-fcdio , 
iG7ç)et années suivantes; les princi- 
pales sont la Cité de Dieu , oà il fait 
l'histoire et le parallèle du paganisme 
et du cbrisli.inisme , ses Confessions , 
ses ÏVuilC! du libre arbitre et de la 

AUGUSTIV, célèbre peintre en 
miniature et en émail , chevalier de 
la légion d'honneur, mort du choléra 
à Paris le i5 avril iSJa, âgé de 70 
ans. Ses principaux ouvrages sont le 
portrait de Denon , et ceux de l'an- 
cienne famille royale. 

ACGUSTULE'( Romous), dernier 
empereur d'Occident , mérilerait à 
peine que 1 bisloirefil mention de lui, 
s'iln'aiait, en réunissant les noms du 
fondateur de Rome et du premierdes 
Césars, raltachéles plus grands souve- 
nirs de l'histoire romaine à l'époque 
la plus honleuse de sa décadence, 
fout ce qu'on sait de ce prince , c est 
■ju'il était parfaitement beau. Son 
père Oreste le lit proclamer empereur 
en 47a. Un sceptre sans appui, mé- 
prisé par les Komalns eux-mêmes , 
qui ne pouvaient plus le défendre , 
élail si peu glorieui, que les Romains, 



AUM 



63 



AUR 



[lar dérition , ajoutèrent un dlminulif 
au litre d'Auguste que prenait «-e fai- 
ble souverain. L'Italie était inondée de 
barbare» ; Oreste fut pris dans Parie 
et décapité à Plaisance le î8 août 476- 
Le 4 septembre suivant les vainqueurs 
entrèrent dans Raienne ; Ausustule , 
abandonné de tous, se dépouilla lui- 
même de la pourpre ; sa jeunesse 
excita la pitié : on lui laissa la vie , ou 
lui assigna pour reiraîte le château de 
Lerullane en Carapanie , avec une 
forte pension. L'empire d Occident , 
qui s'éteignit sous son règne , a^vait 
subsisté 1339 ans depuis la fondation 
de home.et 5o6 ans depuis la bataille 
d'Actium. Eienlûl sur ses dcbris s'e- 
jetèrent les fondeoiens des états dont 
les annales forment l'bisloire moderne 
de l'Europe. 

ACLC GELLE, célèbre grammai- 
rien et critique , rivait dans le deuxiè- 
me siècle à Rome , sa ville natale , 
£Ous les empereurs Adrien et Antonin, 
et mourut au commencement du ré- 
gne de Marc Aurèle. Dans sa jeunesse 
ilvint à Ailiènes . et y vécut dans la 
société de plusieurs savans; il voyagea 
pour son instruction dans une grande 
partie de la Grèce. De retour à Rome, 
il se destina à l'élude des lois et fut 
nommé juge. Ses .VuifsuttifUfs méri- 
tent un rang honorable parmi les ou 
Tragesque rantiqulié nous a transmis. 
Elles ont élé traduites en français p 
U. l'abhé Douze de Yerteuih'ô x 
iu-ii: et depuis, par M. Verge 
3 vol. in-S. 

AGMALE ( Drc d'). Il 7 en a eu 
plusieurs , dont l'iilsloire a ronservi- 
le nom. Le premier est le troisième 
Cl» de Claude de Lorraine , duc de 
Guise , auquel il succéda au comte 
d'Aumale. 11 obtint en France des 
lettres de naturalilé , et fui pourvu de 
la charge de grand-veneur; il délit 1rs 
Anglaudevant liesdln en iSss, et les 
Allemands devant IVeufcliâteau in 
Lorraine. François I" érigea en sa fa 
veur la terre de (îuise en duché .elle 
uomma gouverneur de la (Champagne, 
qu'il mit à couvert des incursions d 
l'euneini. En ibit il lit la conquéi 
du duché de Luxembourg , et pour- 
vut deux ani après à la sûicte dej 
rarisicos alarmèt. De la d<itc l'aOcc 



tien qu'ils vouèrent depuis ani pr 
es de sa maison. Il mourut à J >. 
ille le is avril l55o. Le sccon.j , 
Claude II de Lorraine, fut l'un des 
principaux moteurs du massacre de 
la Saint-Barihélemi , pour se venger 
de l'amiral Coligny , qu'il regardait 
comme l'auteur ou le complice de la 
mort de François , duc de Guise . son 
frère. Il fui emporté d'un boulet de 
canon au siège de la Rochelle , le ai 
5-5. Et le troisième, Charles 
de Lorraine . (ils du précédent. La. 
ligue , qui était l'ouvrage de sa mai- 
son , eut en lui nu de ses plus ardens j 
déleuseurs. Le si septembre if*9,; 
"1 perdit, avec le duc de Jlayenne, 
la bataille d'Arqnes contre llinri IV, 
qui le battit aussi à Ivri. Il linll ses 
jours à Itruxelles en i63i , dans la 
soixante-div-septième année ile son 
âge. Son frère, le chevalier d'Aumale, 
est aussi célèbre dans l'histoire de la 
ligue. , 

ACREUEX ( Lrcjrs DoMiTitrs An- 
r.ÉLf4xr?), empereur, liîsd'un paysan 
du territoire de Sirmium en Ilivrie , 
qui s'enrôla comme simple soldat . et 
s'éleva par degrés jusqu'au trôn 
Telle était sa vigueur qu'on dit qu'i 
un jour il tua quarante-huit Sarnia* 
les , et que dans la suite le nombre 
d'ennemis tués de sa main monta à . 
9^0. Quoiqu'il it'ait régné que cin^ 
ans sur le peuple Romain, ses exploitai 
guerriiTS J'ont innombrables. Cnaî 
conspiration termina ses jours vers lat 
lin de janvier 575 : il avait alor» 
inte-iroisans. Aurélien est le pre- 
mier empereur qui ait porté publî- 
quemenl un diadrme ; il futimitéeo 
la par ses successeurs ; cepeiidan 
Constantin fut le premier qui Gt h*^ 
biluellemenl usage de cette marqwj 
du pouvoir suprême. Cet empervvl^ 
fut plus admiré qu'aimé , parce qna 
sa .Sévérité était exiréme. Il était I 
cruel dans ses chàlimcns, qu'il lit dir 
de lui qu'il était bon médecin ,ina' 
qu'il lirnil un peu trop de sanç, 

AORÉLIO ( jEix-.'tltuo ), poëMl 
latin , né à Slantoue , Oori.s.sait 
commencement du seitième siècle. Il* 
fut un de ceux qui eurent part à la fa- 
veur du pape Lénn X , qui le lit gou- 
verneur d'uue ville de l'elat roui 



AUR 



C9 



AUT 



Irsliabitans «'cianl rcTolli-s conirt lui 
à caiiss de str abus d'autoriltr ri de 
•fs vexations . le jetèrent au fond d'un 
|)ui;» a>ec fi mule. Il s'rlail proposé 
dnni ses ouTi âges Catulle pour mo- 
dule. 

ACRELIUS COTTA ( C), fm 
ron6ul aiec I'. bertilius Giniinns, 
l'an 601 de Home, pendant le cours 
delà piemière j;uerre punique, il Tut 
honoré d'un triomplie. Onze an$ plus 
tard, à lépoque où la première guerre 
punique se termina glori"u»enient 
pour lt;s Runiain», il fut nommé cen. 
neur, et Ol en relie qualité le dénom- 
Lrenient du peuple avec son collègue 
SI. Fabius liuleo Depuis ee temps 
l'Listoire ne parle pins de lui. 

AUIIÉLILS VICTOR ( Stjrrs ) , 
bUtorîen romain , vivait au quatrième 
siècle. Ses paren» élaienl obseure , 
mais ses lalens I élevèrent aux bon- 
iieurs. Oo lui érigea une statue d'ai- 
rain pour récompense de ses ser\iceii. 
Il fil préfel de ltom« , et en 069 ron- 
hul avec Valcnitnien. Il nous reste 
quatre ouvrages sous son nom. 

AUriENG-Zli"ÏB , né le 10 oclobre 
1G19, niorl le 11 février 1707, 
usurpa le trône du grand Mopol, après 
>ir frurermé son père et ôté la vie à 
ses frères, nlai^ lit oublier fou usur- 
patînii par la sagesse de son gouver- 
iiemenl , et réunit à son vaste empire 
les royaumes de Golcoude, de Dekan 
et de Vîsapi^ur, 

AUREOLE ( îlAxirs Af.ii.ir» ) . 
l'un lie ces eoncurrens épliémère» qui 
ee disputèrent l'empire romain. 11 
était i)ace de naissance , et avait été 
terger dans sa jeunesse ; mais enrôlé 
dans l'armec lomaiiie, il parvint par 
£a bravoure à commander un corps 
de cavalerie avec lequel il rendit de 
grands services à l'empereur Gallien , 
dans une bataille contre le rebelle In- 
gennus ; ensuite comicriDdant en chef 
enlllTrie,il délit Macrin. qui avait pris 
lu pourpre impériale; lui-même en6n 
accepta ouvertement la dignité impé- 
riale, que {es soldats lui oQ'raient.et 
marcha en Italie avec des forces consi- 
dérables. Gallien le rencontra , et le 
défit près de Milan ; pendant que cet 
empereur l'y tenait assiégé , des 
(U>DJurésle massacrèrent-, mais le nou- 



el empereur Claude IF , se rerusant à 
ccordcr aucune capilulntion à An- 
eolc , l'obligea de livrer la ville et sa 
personne à la discrétion du vainqueur. 
Il fut misa luurl par ordre de Claude, 
et à la demainle de l'armée, l'an jgé 
de J -(^ ; d autres prétendeni qii il 
fut tué dans une alTaire pic> de Milan. 

ALSONE (Dtcirs Micirs), le pnc- 
le le plus célèbre du quatrième siè- 
cle, naquit à lioideau», vers l'an 3og. 
L'empereur Valenlinien , sur le bruit 
de son mérite , lui ronlia l'éducatioit 
de son lils Gratien , et le rérompensa 
de ses soins en le nomm^nil comte de 
l'empire, questeur et pnfet du pré- 
loirr. Lorsque (iralien fut nionb'; sur 
le trône, il ne se montra pas moins 
reconnaissant envers son maître. Ver» 
079, il lui conféra la dignité de consul 
dans le» Gaules. A la mort de son 
élevé , il se relira ilaiis une terre qu'il 
possédait aux environs de Bordeaux, 
cil il partagea son temps entre quel- 
ques amis, la culture des lettres et les 
plaisirs simples de la campagne. On 
ignore l'époque de sa niorl,que quel- 
ques-uns iixelit à l'année ^94 ; on sait 
seulement qu'il parvint à une grande 
vieillesse. On a d'.4usone deséprgram- 
mes , des idylles , dont son poème dfl 
la Mosette fait partie; des éclogues, des 
lettres en vers , etc. Sa lersilicalion 
manque de facilité, son style est dur, 
sa latinité même n'est pas très-pure ; 
mais s'il 11e peut pas être regardé 
comme un modèle , il n'en tient pas 
moins nn rang bonorable parmi les 
poètes lalins. 

AUTIRTATES ou ANTISTATES, 
archilecle grec , vivait à Athènes ver» 
la cinquante - cinquième olympiade. 
Pisislrale le chargea , ainsi que trois 
autres architectes , de construire un 
temple magnifique en l'honneur de 
Jupiter olympien. Ils en posèrent en 
effet les fondemens ; mais les troubles 
d'Athènes ariéièrent ces travaux , 
qu'on reprit el qu'on abandonna plu- 
sieurs fois. La grandeur de l'entre- 
prise effraya ceux qui voulurent ten- 
ter de la continuer, et ce ne fui que. 
sept siècles après qu'Adrien éleva, sur 
les fondemens bâiis par Pisislrale, un 
temple qu'il acheva. 

AOTOLYCL S, célèbre malhéma 



AVI 

lirieii, né à Pilaoe, lill'; £uliruue de 
lie l'Asie, ^êcut vers l'ju ô3û dvaot 
J.-C. Arcésilas le pbilosopbe , Tut son 
ricae fiour les oiaifacmatiques. (Ju kt 
lie lui plu^ieurs outrages. 

AVERRIIOES, (jliiioiopbe el mé- 
decin arabe , uaquit a C'.ordoue au 
«Icuzième siôcle. Sa grande reputatiuti 
vient surtout de ce qu il c^l le pre- 
mier traducteur des œutrts d'Arislo- 
le- Il étudia succef^iieiuei.t la juris- 
prudence , les matbéiiia'iiques et la 
luedecioe. 11 fut plus pbilosopbe ou 
médecin spéculateur que njedeciu 
praticien. 11 a écrit un outrage de 
niédeciue iutilulé : CoUi^et; il y pro 
ici^e une grande estiuie pour Galien. 
11 a coiuposè plusieurs autres traiter 
sur des parties de son art. 11 n'est pas 
moins fameux comiue pbilosopbe. Il 
mourut à Maroc l'an lljS de l'ère 
cbrc'lcuiie. 

AVICENXE, le plus célèbre des 
médecins arabes, uaquit l'an gSo de 
J.-C. Il a compose une foule d'onira 
^es de médecine et d'alcbiniie. Aucun 
tiomme depuis Galien et ArUlole n'a 
exercé dan.< la science un empire 
aussi ab!.o!u qu'Aticeune. Pendant 
près de ^iI siècles ses Cunon^ furent 
«uitis exrlusivemeut en Europe dans 
les école» ; ce u'est guère que depuis 
un siècle qu'ils oiit été abaudoimés 
par les universités de Montpellier et 
de Loutaiu. Lu de ses esclates , qui 
voulait s'emparer de ses ricbesse» , 
l'empoisonna a<ec de l'upium l'an 
10Ô7 de J.-C. 

AVIENCS ( Bcrrs Fusirs ) , viiail 
\ers l'an ioo. Parmi le» auteurs grecs 
qu il a traduits en vers latins, se trou- 
xent 42 f.ibles d'Esope, dont les meif 
leures éditions sont celles d'Amster- 
dam i73i,in-8°,a<eclcsnotesde Can 
iiegieler, et d'Am.«tfrdam 17S7, in.S" 
a»ec lesnotpsde Nodrll. On lestrouti 
souvent réunies aux fables de Pbedre 
A'VÎXCS, empereur d'Occident 
naquit en Auiergnc d'une familb 
considérée parmi les Gaulois. Son rè 
yne fut un des plus courts et des plu 
obscure de U liu de l'empire d'Occi 



) AZA 

dent, et les anuêes de sa jeunesse, 
qu'il passa dans la Gaule, otVrent ficu 
tes quelques faits que ^bi^tûi^c aurait 
peuL-êire orgti^ës , mah dont la plu- 
part ont êlé cûOserTés par Sidoine 
ApoUinaire, son gendre. 11 ne rerut le 
sceptre que pour le porter sans gloire 
ans éclat pendant quatorze mois. 
Kicinier le lit déposer: It; &énat roaiaîn 
oulait le fdire mourir: il prit le parti 
de se réfugier en Aurergne , mais il 
mourut eu cLemio, et fut euterré à 
Urioude. 

AVFiIGXYtCHARLES Joseph lOEil- 
LAKD d"), né 3 la Martinique ver> 1700, 
mort le 17 >eptembre 1S2Ô. Il eut peu 
de sucrés cooinie auteur d'opéras-co- 
mique>: mais ses Poésies nationales^ et 
surtout sa tragédie de J eunne-d* Arc à 
[{oaen, si bien jouée par mademoiselle 
Ducbe^oi^, lui ont fait une réputation 
bonorabte. Il eut le lalenl particulier, 
omme censeur dramatique, de bien 
irre avec les poètes dont il roquait 
les pièces. Il obtiul même leurs élo^e^ 
dans le monde et dans Us journaux. 

AXA , tille de Cateb, fut promise à 
celui qui emporterait la ville de Ca* 
riat Seplier , qui lui était érbue ea 
partage: ce que Ollionîel ayant esé* 
cuté, il obtint Axa. Elle agit si adroi- 
tement par le conseil de son mari, 
que Caleb augmenta sa dot de plu- 
sieurs terres. 

AZARIAS ou OSÏAS, roi de Juda, 
(ils d'Amaâlas« succéda à son père à 
l'âge de ^eize ans. Il remporta de 
grands avantages à la tête de ses ar- 
mées sur les Pbilistins, les Ammo* 
nites et les Arabes, qu'il rendit ses 
tributaires. Il mourut après un règue 
de cinquauîe-deux ans. I! y a un au- 
tre Jzarias, fils d'Obed , prophète,^ 
qui fut entoyé au-devant d'Aza , roi 
de Juda , lorsqu'il revenait \ictorieux 
de Zara , roi de CJius. Il ne faut pas 
confondre cet Âzarias avec un autre 
du même nom qui tivaît soixante an» 
après, à qui le grand*prétre Joîadn 
découvrit que le jeune prince Jojs 
\ irait : il y a eu plusieurs autres J:u- 
riat cbez les Juifs. 



BAC 



BAC 



B 



CAALIS, roi dps Ammoiiitrs. Ce 
fui par l'oi'dre de co prince qu'ï** 
maei, l!l< de Nalhanias, ma Oodulia», 
gouienifur de la Judt-e. 

BAANA. elierdetolcilrs.'P joignît 
à Recliab, son frère, pour siirprendrp 
Ivbosplh, m» de Saul. Il lui Iranrbè- 
rent la li'le, qu'ils porlèrent à Ilatid. 
I.e roi, juslrnicnt indigné, les fil tuer 
tous deux. 

BAASA. fils d'Aliias , usurpa le 
royaume d'Israël après avuir f.til mou- 
rir N'adab, (ils de jèroboaui , son roi, 
vX loule la race de ce prince. Irrité 
des reprorlic» du propliile Jèhu , 
liaasa le lit tuer: mais il ne lui survé- 
cut pas lon(;.|emp9. Il mourut apr<?s 
un repue do vinf;l-qualre ans , et fut 
enseveli à 'l'hersa , alors capitale des 
dix tribus, l'an du monde 5o74. 

BAliODP.. Cel arrière petit fils de 
Taniirlun, digne bèritier des imme 
ses couqiu'les de son aïeul , occupe 
une place importante dans les anna- 
les de l'Asie. Ses opérations mibiaires 
et politiques, moins brillantes que so 
lides et durables, mériteraient d'exer- 
cer la plume d'uu Labile écrivain. Il 
naquit le i4 février i483 , et mourut 
le s8 décembre i5ôo,dansla quarante 
neuvième année de son âge , après 
avoir fait la conquête de l'Ilindoustan. 

BACRIAS, fabuliste grec, qne l'on 
croit antérieur à Phèdre, avait mis en 
vers clioriambes les Fahics d'Esope 
les fragmens que Suidas nous en a 
conservés doivent en faire regretter la 
perle. L'excellente édition d'Esop 
qu'a publiée M. Coray , Paris, 1S20, 
iu-8°, porte au bas de chaque fabi 
ce qu'il en a pu recueillir. 

BACCIIIDES, général de l'armé 
de Déméirius Soter, roi de Syrie. Il 
tint eu Judée pour établir Alcimc 
dans la grande sacrlficalure des Juifs, 
et livra bataille à Judas Macchabée 
qui péril dans ce combat. Jonathas 
frère de ce dernier, lui ayant suecédé. 
Bacchides voulut le faire assassiner 



sis son projet n'ayant pas réussi , Il 
fit la paix avec lui, et retourna à An- 

inrb.'. 

BACr.nYLIDES . lyrique grec de 
Jiilis , dans l'île de Céos , était neveu 
du fameux Simonides , et llorissail 
^?o ans avant J.-C. Il composa de» 
odes, des hymnes et des épigrainmes; 
tme poète il mérita l'honnenr 
d'être imité par Horace, qui lui doit 
entre nuires l'idée de sa belle ode 
PflsdT rlim trahrrrt , etc. 

BACIIAUMONT. Voy. Cuapfu.b. 

BACHELIER (J.-J.) . peintre r:„„. 

Is , né en i7si , mort en i?o.'^,a 
droit à la reconnaissance de la posté- 
rité , comme fondalcur de l'école gra- 
tuite de dessin pour les artisans, éta 
bllssenionl auquel il consacra sn 
f.irtunc, et qui ne fut protégé du 
gouvernement qu'après avoir rencoii- 
tré plus d'uu obstacle. Directeur de 
la manfacture de porcelaine de Sèvres, 
il contribua à en bannir le mauvais 
goût. On lui doit aussi l'invention 
d'iuie espèce d'encaustique , propre 
a préserver les statues de marbre des 
impressions de l'air, el la découverte 
i\c la peinture encaustique ou à cire 
des anciens. 

BACON (Fbaxçois), grand-chance- 
lier d'Angleterre, né à Londres , le 
5S janvier i5Ci, mort le 9 avril 1C56. 
Il fut l'un des génies les plus extraor- 
dinaires qui aient paru dans aucun 
siéfle ; il avait étudié toutes les scien - 
ces, métaphysique, physique, his- 
toire naturelle, médecine, philoso- 
phie, histoire : tout lui devint fami- 
lier, et 11 fut supérieur en tout. D'ini 
esprit étendu , llexîble et original , 
créateur dans plusieurs branches de 
la philosophie , il fut encore moraliste 
profond, antiquaire érudll , écrivain 
souvent élégant , toujoiirs énergique 
et brillant; la gloire de Bacon serait 
parfaite s'il n'avait été qu'un homme 
de lettres et si les faiblesses de 
l'homme d'État , n'avaient impri- 



BAE ; 

mé à sa mimoîrp une laclje inefîa- 
cable. Plusieurs de ses ouTra^es ont 
élé écrits par lui en anglais , daulies 
en latin, quelques-uns dans les deux 
langues : ils sont Ires nombreux. De- 
leyre a donné une Jnaljse de la phi- 
losophie de Bocon ,3fo'. iuii, 1755; 
on y trùu»e jointe la ^ie de Bacon. Il 
eJTace tous ceux qui ont poile son 
nom, et nous ne citerons que lui et 
Boger Bacûitt Dioine anglais dn trei- 
cîème siècle , inventeur de la poudre 
à canon. 

BADACER, capitaine des gardes 
de Jéhu , roi d'Israël. Ce fut lui qui , 
sur l'ordre de ce prince . jela le corps 
de Jurant , lils d'Ac'bal> , d^us ic 
camp de Naboib de Jezraëli l'uD du 
luoude 5310. 

BADIUS (Jossb), surnommé As- 
censius , du village d'Assebe , près de 
Bruxelles, où il vit le jour en 146», 
fil de bonnes études en Flandre et en 
Italie, et p^o^es^a les be|le^-lctlr^■s à 
Lyon depuis 1191 jnjiju'en lôii, 
qu*it vînt à Paris , où il nionla celle 
fameuse im|irimerie connue sous le 
nom de Prtclumnscensianum ;oii eu vit 
bientôt sortir un j;raud nombre de 
livres classiques 01 né» de ses notes, 
ainsi que les meilleur» livres modernes 
et les siens |irn|iri'». Mais le besoin de 
pourvoir à l'evislence de sa Taniille te 
far<;a de suspendre ses travaux lillé- 
rairespour secon^acr^r uniqnemeul à 
sou él.it d'imprimeur jusqu'à t.i mort, 
arrivée en 1 jô5. Trescliel, imprimeur 
de Lyon, a\ait fait Badius correcteur 
de son imprimerie, et lui avait dunné 
«a Klle en mariage; les trois lilies de 
Badius épousèrent Irnis imprirueurs 
célèbres ; Micbel Vascosaii , Hubert 
Élienne eljcinde Roi;;uy. Ce dernier 
continua à faire valoir les presses de 
son b'-au-père. 

BAÉUEBI.STE , roi des Daces . fut 
contem|iura II de Sjlla , de César et 
d'Auguste. (> prince rendit plusieurs 
Jois pour remt-tire ta sobriété en bon* 
nenr chez ses sujeLs, cl pour accroître 
leur ardeur belliqueuse. Il leur inter- 
dit l'usage du vin , leur ordunna d'ar- 
racber les vignes, et sou pouvoir était 
si absolu, qu'ils s'empressèrenl de lui 
obéir. Il comballil les Sarmales , el 
arrêta leur uiarcho tictoricusc sur 



2 B.\i 

les rives du Borystbène (le Dnie- 
per) i il détruisit l'armée des Boiens , 
nation gauloise établie dans la Pan- 
nonie. Baérebîste fui l'un des héros 
de son siècle; actif, vigilant, labo- 
rieux, babile guerrier et grand poli- 
tique, il releva le courage de sa na- 
linn , que plusieurs défaises avaient 
airaiblle. Il s'avança dans l'Illyrie . 
Auguste fil marcher ses légions cou 1 
lui; mais déjà il n'existait plus; ' 
services qu'il avait rendus à son pf^. - 
pie ne pu.-ent le soustraire aux ]"',- 
gnards de quelques séditieux , pm;- 
être soudo\es par les Romains . 
effrayés de ses exploits. 

BÂGAlUAX, ollicier des gardes 
d'Assuérus , ay-ant conspiré contre ce 
roi , fut decouierl par Alardocbée , et 
altaclié à un gibet. 

BAGOAS , quoique Egyptien et 
ennuque, avait de la bravoure et des 
talens militaires. De concert avec 
Alentur de Rhodes, il contribua à 
sounielire l'Egypte à Arlaxercès 
Ochus ; mais ce prince s'elaol cuii- 
dnit avec la plus grande irrévérence 
envers les leinples et les principaux 
objels du culte des Egyptiens, Ragoas, 
qui était fort at:aclié à sa religion, 
l'empoisonna, et mil sur le Iroiie Ar- 
sés , le plus jfune de ses fils, qu'il ne 
larda pas aussi à f.iire périr. Il appela 
alors à la couronne Darius Codoman, 
qu'il voulut aussi empoisonner peu 
de temps après: mais Darius s'en éiant 
aperçu, le força à boire lui-même 
le poi»an qu'il lui avait piéparé , vers 
l'an 057 avant J.-('. Ragoas n'est pas 
un nom propre, ce mol signitiailauiiu- 
gue en Babylonien. Alexaiidre-le- 
Grand eut aussi un favori du même 
nom. 

BAIF (Jeis Axtoise) , né à Venise 
i-n i55i, mort en i.^Sg. lia lait un 
grand nombre de vers qu'on ne Ut 
plus; il loulut introduire dans notre 
poésie la mesure el la cadence des 
tcrs grecs et latins, el ue put y réussir. 

BAlLLY (JïAX-SvLvtisj.'des Irnij 
académies, né à Paris le |5 septembre 
1736. I.e rôle qu'il a joué dans la rr- 
iiilniion n'est pas du ressort île • 
dicliounairc. Sun Histoire de /'u.w 
nomie est d'un écrivain savant el pi 
Tond; à de vastes coauaissauces li 



UAL 



75 



BAL 



réunit un coloris brilKiiit. Il mourut 
•ur rérhafaud arec un courage hé- 
roïque', Ib m nnicmbrc 1793. 

BAJAZEÏ. Il y fn a eu pln«ieur« : 
nous ne parlerons que de celui mi» 
en scène par Racine. Fils d'Acliinel I 
CI de la sullanc Kioseni,.!! élait l'un 
de» frère» d'Aniurat IV. Eli»é et gar- 
dé dan» léserait, ce prince donnait 
les plus bellefï e.<(pérances;fla vivacile, 
»on esprit * rèunisAaient sur lui xeul 
rinlérèt des Oltomaos. Ibrahim , im- 
bécile rt ignoré, n'élail point compté 
parmi le» rejetons de la lige impériale, 
et le sultan Amural afait perdu jus- 
que-là tous ses enfans niàles dans h-ur 
bas âge ; mais les droits de Bajazet à 
l'atTedion publi<|ue ne lui en don- 
naient qu'à l;i haine et à la défiance 
de son frère. Cet ombrageux et cruel 
«ouvcrain« résolu depuis long-lerejps 
i sacrifier celle innocente victime , 
aTalt cependant toujours cédé aux 
larmes de leur commune niért , qui 
intercédait pour fiajazet. Pendant 
ton expédition contre les Persans , 
l'éloignement enhardit la férocité 
d'Aniurat; et le même messager qui 
vint annoncer à Constaniinople la 
prise de Revan apporta Tordre de 
mort pour l'infortuné Bajazei. C'est 
celle touchante catastrophe <|ue le 
premier des poètes français a mise au 
théâtre. La sultane sa mère no pul 
arrêter les bras des bourreaux ; se» 
imprécations contre l'un de «es lils 
n'empêchèrent pas l'autre de périr. Il 
tua quatre de ses meurtriers avant 
(|Ue les autres parvinssent enfin à 
l'étrangler , l'an iG35, de l'hégire io<44- 

BALA , servante de Rachcl , qui la 
doDna à Jacob pour en avoir un fils. 
Bala mit au monde Pan et Nephiali. 

BALAA.M . prophète , fils de Uéor. 
Balac , roi des Moabiles , l'ajanl en- 
Toyé chercher pour maudire les Is- 
raélites , le prophète rejeta les olfres 
de ce prince. Balac, sans se rebuter , 
lui ollril des présens considérables. 
Balaani eut la faiblesse d'accepter. Il 
partit donc sur son ânesse : et , lors- 
qu'il élait en roule , un ange se pré- 
senta devanl lui l'épée à la main. L'à- 
neue s'arrêta 7 et , comme Bala im la 
frappait , elle se plaignit à lui de son 
iujusic lévériU. Eu même Unifia Bj 



laam vil l'ange qui le menaçait dt le 
tuer. Il voulait relourncr sur tti 
pas ; mais l'ange lui ordonna du con- 
tinuer son chemin. Balac l'ayant con- 
duit dans divers endroits pour l'obli- 
ger à maudire les Israélites , le pro- 
phète ne lit que prononcer des béné- 
dictions pour ce peuple. I.e roi <irrité 
le renvoja sans préscns. Balaani , d« 
retour dans son pays, fui tué parle» 
Israélites. 

Balac, fils de Scpbor, rbl des 
31oabiles. V. 611.A1». 

BAI.BIN ; Uecics Cèiic» ) , séna 

leur d'une naissance illustre, fut deui 

fois consul et eut l'adminislraiion de 

lusieurs provinces de l'empire. Le- 

;nal le lit empereur eonjoiniemenl 

vec ]lla\ime , pour les opposer au ty- 

in Maximin. Balhin ne fui jamais 

graiid homme di: guem.-. Pendant 

l'absence de Maxime, une scdiiinii 

ut lieu dans Rome entre les pretu- 

iens et le peuple , et ftil marq\jrK par 

les plus terribles excès ; l'empereur 

lie put parvenir à l'apaiser : il fut 

même insulté. Il fut tué en ï3S pa.- 

[les soldaLs mutinés, après un au de 

règne. Il élait distingué parses mœ ur» 

douces, son éloquence et son taleut 

pour la poésie. 

BALBOA ( \iiEo NcxGz DE 1, né en 
Espagne ver» 147S , chercha forlunu 
dans le nouveau monde , découvrit 
Ih Pérou ; en prit possession au nom 
des l'erdinanrl , mais ne pifl le con- 
quérir faute de forces sullisaotes : I.i 
ilité de pouvoir et la jalousie d'un 
nouveau gouverneur lui imputèrent 
des crimes imaginaires , el cet inlor- 
luné eut la tête Irincbée à Santa- 
Maria , en 1517, à ii ans. Ce fut 
sous ses ordres que se forma Je fa - 
meux Pizarre. 

B.\I.BUS i Lrcics CosxÉLrrs ), na- 
quit il Cadix. La faveur de Jules Cé- 
sar , auquel il s'atlacha , el d'impor- 
tantes functious qu'il eut à remplir, 
le tirent arriver à la ronsidéralion et 
à la fortune. Pompée lui lit obtenir , 
ainsi qu'à Balbus son oncle , le droit 
de bourgeoisie romaine. Vers la fiu 
de l'année 735 de Rnnie , étant pro- 
consul, BalbusdéGi les Garamaules. 
peuple d'Afrique inconnu aui Ro- 
mains, «l fit la cunquilt inlière de 



BAL ; 

Uurpajs. Auguste lut ncordn l"hon- 
iifiur du triomphe ; c'iiaitle premifr 
ï-iranger auquel il ayail été flérrrné. 
fialbiis en lia dans les Tues de niagnj- 
(icenre de l'empereur pour la capi- 
tale. Il construisit à ses frais un lliéà- 
Ire qui porta son nom. Il lépua tn 
mourant au peuple romain 35 deniers 
par trie ( un peu plus de iiuil sous de 
notre monnaie. ) D'autres per;onria- 
);es du même nom ont joué un rôle 
peu imporlant dans l'Iiisloire ro- 
maine. 

EALDAD, un des amis de Joli , 
a>'ant appris le triste étal où il s'était 
réduit, vint avec Eliphas et Sopliar 
dans le dessein de le consoler ; mais 
leurs reprocljes Turent pot:r Job une 
nouvelle source de cha;;rin9, 

BALGU£RIE - SILTTENBERG 
( PiEBKK ), négociani, né à Bordeaux 
en 1779. d'tmpere presque ruiné par 
les malheurs de la révolution, enira 
jeune dans la cariiére du cnnuuerce, 
et prolila de la pais générale pour 
donner la plus grande étendue à ses 
spéculations. Des 1816 Ifs hàlimens 
de sa maison lirenl reparaîlre le pa- 
pillon français dans les mers de l'Inde 
etdcla Chine. O futlui qui concou- 
rut le plus puissamment a TachéTe- 
tnent des punis de Bordeaux , de Li- 
hourne , de Alaissac, d'Agen , d'Ai- 
guillon . de Coésmont et de Berge- 
rac, lli prit part à d'autres étahlisse- 
mens non moins imporlans , tels que 
de grandes fonderies . des services de 
l>aleau\ à vopiur , des bains publics, 
la banque de Bordeaux ; après avoir 
dans divers emplois honorables jusli- 
fïé la conliance des conseils et des 
corporations du commerce , il mou- 
rut aux eaux de Bagncres dan» les 
Pyrénées , en iSîS. 

'BALLESTKROS ( François), lieu- 
tenant général espagnol, né en 1770 . 
maréchal de camp dans les armées de 
la Junle , donna des preuves multi- 
pliées de sa bravouie et de sa capa- 
cité. Ministre de la guerre en >8i5, 
puis destitué , vice président de la 
Junte provisoire , il s'éiïorea de f,iirr 
respecter l'autorilc ro^rale. Lors de 
l'expédition des Françain en iSj.ï , il 
commanda contre eux un corps de 
dix mille hommes , capitula dès le 4 



i BAL 

aoûl à Grenade , et s'avança yrr$ Ca- 
dix . pour aider les Français. Ferdi' 
naud délivré refusa de le voir. Obligé 
de s'expatrier , il se retira à Paris-, e.t 
y mourut à la fin de juin iSôs , avec 
la réputalion d'un des meilleurs guer- 
riers de l'Espagne. 

BALLISTC , généra! romain, vi- 
vait au troisième siècle, et fut préfet 
du prétoire sous Valérien. Les sol- 
dais, qui s'élaienl dispersés lors de la 
captivité de ce prince , se rallièrent 
et choisirent pnur chef Ballisle. 11 
mena ses troupes en (jlicie , el fit le- 
ver aux Perses le siège de Pompeîopo- 
lis. Entrant ensuite en Ljcaonie. il 
surprit les Perses, leur enleva leur 
buiin et leur fit ;un grand nombre de 
prisonniers , parmi lesquels étaient 
les femmes de Sapor. Se ponant en- 
suite sur la côte de la Cilicie , il défit 
encore les ennemis à Sébasle et à Co- 
rjce ; ajant'ccntribuéà faire recon- 
naître Slacrien pour empereur, celui- 
ci en récompense le nomma capitaine 
de ses gardes. Après la mort de Ma- 
crien , il piit lui même le litre d'em- 
pereur, et l'an 3G4 il fui tué paruii 
soldat qui, dit-on, exécuta ce meurtre 
d'après les ordres d'Odenal. 

BALTUASAR , roi de Babvlone , 
fils d'Eïilmerodach . el le dernier de 
la race des Nahuchudonosor. Pans UD 
grand frstiu qu'il donna aux seigneurs 
du sa cour, pendant que la ville était 
assiégé» par les Perses et par les Jlè- 
des , il se fil apporter les vases d'or et 
d argent que iXabudindonoMir avait 
enlevés du lemple de Jérusalem. Tous 
les convives) burent en célébrant la 
victoire de leurs idoles sur'Ic^Bieu 
d'isracl. Daniel rapporte qu'à l'jns- 
tant mente une main parut , qui écri- 
vit sur les murs de la salle ces mois: 
Mano, Thecel, Pliaria. Ballhasar trou- 
blé fit appcléV sesdevins, dont aucun 
ne put lire cette écriture. La reine 
Nilocris, sa mère , lui av ant conseillé 
d'avoir recoursà D.uiiel, ce prophète 
parut devant le roi, lut les trois mots , 
qu'il expliqua à ce prince , en lui an- 
nonçant sa chute prochaine. La nuit 
même de celle apparition , les Perses 
pénétrèrent dans la ville , forcèrent le 
palais, el tuérentBullhasar; son corps 
fut perdu dans la foule des moris. 



BA.^ 



-5 



BAR 



1 211 du monde ô 449. C'est aussi le 
nom d'un des trois luagKS qui (iineut 
ud'irer }.■('.. 

BALZAC (jEAN-LoriâCL'EZ soi- 
(incur de ) , nieuibre do racadiaiic 
française , né à Angouléuie en ijgi , 
mort le iS IV-trier iCJS, le père 
lie réioquenre franrais* , coniine 
MallieiLe le fut de lu poésie. Avant 
lui , Rabelais , Amjot et Montai{;iie , 
elaienl à peu prés nos seuls érrirains 
.en prose ; mais on ne trouviiit dans 
ce» dilTérens auteurs ni élégance ctiii- 
iinue, ni corrcclion , ni liaruinnie. 
Slalberbe préditdc Balzae , jeune en- 
core , qu'il serait à cet épard le réfor- 
uiateur de la langue française, i;t 
léréneiuent juslitia la prédiction. On 
doit en elfcl regarder Baliac comme 
lé précurseur des bons écriiain.^ de 
Port-roval. (Juire ses Dùterlulion^ lit- 
tératres , il a publié plusieurs traites, 
dont «oici les tiires : Aristippe, le 
Prince , le 5*>crafe clirètinn , le hurboii, 
Qlaisen général il esl plu.s connu dans 
le monde parle recueil de ses lettres 
que par ses autres ouvrages. Ils prou- 
vent qu'il avait un mérite plus réel et 
plus solide que Voiture , qui ne fut 
guère qu'un très-bel esprit pour son 
temps. 

BANAIiS, fils de Joaida . capi- 
taille des gardes de David. Il prit le 
parti de Salomon contre Adoni.is; et, 
■vani coupé la tète à Juub . par l'or- 
dre du roi , il fui établi gciiérulissime 
en sa place , l'an du monde sggo. 

BAMKU, OU BANliR ( Jeis-Gis- 
TiVF. ]', feld-maréchal Suédois, un des 
plus grands capitaines des temps mo- 
dernes, né en 1790 , fut l'ami et le 
compagnon de gloire de Gustave 
Adolphe , le suivit dans toutes ses 
campagnes , commanda l'uile gauche 
à la bataille de Leipzic, dont son in- 
lelligence et soocourage assurèrent le 
succès, prit, après la mort de Gus- 
tave , le commandement de l'armée 
Suédoise , battit les Saxons et les Im- 
périaux , et mourut en 1O4I. 

Banks ( Sm Joseph) président de 
la société ro\aIe de Londres et corres- 
pondant de l'Institut du France , né 
«n 1740, mort eu 1820, sacrifia ta 
fortune et Sun repos aux progrès de 
l'hisleire naturelle , contribua puis- 



ammcnl aux succès delà première 
expédition de Cook , conliuuade reii 
dre à la ^cience les plus imporlaus 
ACrviccs- I.a reconiiaissauce publique 
le combla dbuiiiieuis- Ce fut lui qui 
restitua à la France les papiers de la 
l'eyrouse et d'EnIrerasteaux , torabet 
entre les mains des Anglai* , dont ou 
lui doit les desseins et les gravure» 
joints à la belle édition de 177Ô , eic. 

BAKA , rot deSodome. Abraham 
lui rendit le btitiii que Chodnriaho 
nior , roi des Elamiles , aiait fait sur 
lui , l'an du muude 309s. 

BARaBBaS était emprisonne pour 
fcs crimes, eu même temps que J.-C- 
Le peuple, qui, selon une coutume 
établie, pouvait exiger la dclitrauee 
d'un prisonnier au jour de la fëlodii 
Pàoui-s, donna la préférence à Ba- 
rabb^is, 

BAUAC, fil.» d'Abinoen , de la 
tribu de Nephiali , quatrième juge 
des Israélites. Excité par la prophé- 
le.«se Déhora, il vint livrer bataille à 
Sisara , péiural de l'armée de Jabin^ 
roi de Canaan , et remporta sur lui 
une victoire complète. 

BAUACIIIAS. Ce nom est coin- 
mun à plusieurs personnages de lE 
criture. Le plus connu est Barachias. 
père de Zacharie , qui, pour avoir 
dérobe son lils à la colère d'Ilérode, 
lors du massacre des innoceni, fut tué 
par ordre de re prince. 

BARBIE DC BOCAGE ( Jeis-De- 
NTs ) , géographe des all'aires élraugè- 
res , membre de la légion d'honneur, 
de l'Institut et des principales société» 
savantes de l'Europe , professeur à la 
faculté des lettres de Paris , ne dans 
celle ville en 17G0, mon le 28 décem- 
bre 1825 , seul disciple du célèbre 
d'Anville , a soutenu la répulatiou de 
son m.iîlrc parle nombre et le mérite 
des c.irles (ju'il a publiées ou dont il a 
enrichi plusieurs ouvrages ; s'cl.iiit 
chargé , de concert avec monsieur le 
jTronne, de terminer le beau uo^ag» 
ipitloresque de (u GrJce qui avait com- 
mencé sa l'épulalioii , et que la morr 
de monsieur de Choiseul-Couffier 
laissait incomplet , il a lait toute la 
géographie ancienne du dernier vol. , 
notamment les cartes de la Troade . 
I de l'empire de l'riam , et duaanal 



BAR 



76 



BAR 



de» DardHUïlIes. Ce furem ses der- 
niers travaux. 

BARBIER ( AKTOIXE-ALEIJNnBB ), 

ré in 1765 à Coulommifrs (Brie): 
rureeii 1791 , élève de l'école Nor- 
male en I7a4i préposé en 1798 à la 
conservation du dépôt pi'ovisoire , 
formé par le ministère de l'inlérieur , 
<le la bibliolhèque du directoire exé- 
cutif, garda celle place sous le gou- 
Ternement consulaire, avec le titre 
de conservateur. Chargé par l'empe- 
reur de !a formation de ses diverses 
bibliothèques particulières, il eut 
l'adminislratiou de ces divers établis- 
beniens à la restauration; son vaste 
savoir et les importans services qu'il 
ne cessait de rendre auicsavans le dé- 
fendirent de la réaction: il obtint 
même en 1S31 , la décoration de la 
légion d'honneur: cependant, en sep- 
tembre 1S22 . il fut mi> à la retraite. 
Cette disgrâce , dont on ne coiiuaît 
pas trop les motifs lui porta un coup 
mortel. Depuis lors il ne lit plus que 
dépérir, et mourut d'un anévrisme le 
i décembre iS25. Son principal ou- 
vrage est le Dictionnaire des ouvrages 
anonymes et pseudomiquea^ eïc, acroni' 
pa^nc de notes historiques et criti/jitcs, 
Paris , deuxième édition corrigée et 
nugoieotée , avec la coopération de 
monsieur Louis Barbier, fils aîné de 
J'autenr. 1S52 — :6 , 4 volumes in-8°. 
BARBIER D'AUCOORT ( Jeak ) , 
nv èLangers vers l'année 1641 , mort 
le'i3 septembre 1G94, n'est guère 
connu inaintcnaiil que par ses Stnti- 
ment de Clèanihe , volume in-u : 
eïcellcnte critique des Entretiens d' A- 
ritle cl d'Eughic du P. Bouliours , qui 
voulut vaiuemenl en empêclier la pu- 
blication. Ses autres satires eu vers 
«■t en prose sont tout-à-fail oubliées. 
Voici ce qu'il disait lui-même en 
monrantà l'abbé de Cboisy :« Quand 
«mes ouvrages auraient d'eu«-méi 
lunc Borle de prix, j'ai péché dans le 
«choix de mes sujets. Je n'ai fait qn 

• des critiques , ouvrages peu dura 
iblea, car si le livre qu'on a criliqu 

'•vient à tomber dans le mépris j la 
Kcritiqne y tombe en même temps , 
oparce qu'elle passe pour inutile ; el 

• si, malgré lo critique le livre se sou- 
nliviit , alors la critique 1 si pareille- 



ment oubliée , parce qu'elle pasit 
pour injuste.» Nous crovons ces p.i- 
roles un excellent avis aux jeum-k 
geus pot:rles détournerde t'envie qui 
leur est trop ordinaire de se livrer au 
genre de la critique. 

BARBOU . imprimeurs qui se sont 
fait un nom par la correction et l'élé- 
[•e des livressortlsde leurs presses. 
La famille des Barbou remonte jus- 
lu seizième siècle. Le premier 
que l'on connaisse est un nommé 
Jean . qui , établi à Lyon , donna en 
1559 les oruvres rfe Cicnienï Marot , pe- 
tit in-S , caractèie italique, édition 
Irèscorrecle. Le premier des Barbou 
qui se G.xa à Paris l'ut Jeau-Joseph , 
reçu libraire en 1704 par arrêt du 
conseil . et qui mourut en 1752. 

BARCLAY ( Jej.v), né en i58a à 
Pont-à-Mousson , mort à Borne le 12 
août 1621. Il a publié plusieurs ou- 
vrages de controverse , des poèmes 
latins, une Histoire de la conjuration 
des poudres ; mais il est principale- 
ment connu par deux romans allégo- 
riques écrits en latin , dont leplusfa- 
meux est Argents. La lecture de cet 
ouvrage, traduit depuisdans toutes let 
latigues vivantes de l'Europe, faisait , 
dit-on, leâ délices dn cardinal de Ri- 
chelieu , qui croyait y retrouver les 
principes de sa politique. D'autres 
personnages connus ont porté le mê- 
me nom. 

BAKDYLIS, de simple charbonnier 
devin; chef de vcdeurs , et ensuite 
roi de l'illyrie. Il défit Peidiecas , roi 
de Macédoine, qui fut tué dans le 
combat , el s'empara d'une partie de 
ses états; mais il Tut bientôt lui-même 
laincu par Philippe , frère el succes- 
seur de Perdiccas, qui lui reprit tou- 
tes ses conquêtes , ranô59 aiant J.-C. 
Peu d'années après, Bardylis se sou- 
leva de nouveau de concert avec le roi 
des Thraces cl celui des PiPonien<i ; 
Philippe les ayant prévenus les délit , 
et les rendit tributaires delà Maee 
doine. Bnrdylis, quoique âgé de qna 
tre-vingt-dix ans, combattit à chct.d 
avec beaucoup de valeur. Il mourut 
peu de temps après. 

BARJKSU , faux prophète de U 
ville de Paphos, dans l'île de Chypre, 
baiut ' Pnul le r«ndil «vcugle parce 



BAR 



// 



BAR 



in'il défournoitScrpius Pauliis , pio. 

i9ul romain, du dessein d'cmLras- 

M r le rhrl>lianisnic. 

BAltJOXE. Surnom de saini 
Pierre. 

BAKNAUE. Il i'Iail de la Iribu de 
Lévi , et naquit dans l'île de Chypre. 
Apres la mort de JésusClirisl il fut 
<in de« principaux prediraleurs de 
l'Evangile , et nicrila d'être mis au 
nombre des apôtres. Il accompagna 
preyque louiours saint Paul dan* ses 
missions apostoliques; s'élant cnlin 
eéparc de lui , il retourna eu Chypre , 
où l'on croit qu'il lut lapidé par le 
Juifs de Salamioe. 

BARNAVE ( AxToi!5E-riF.«iii; Jo 
seph-Masie ) , aTocat , né à (irenoble 
en 1761, Il lit preuve d'une grande 
éloquence à l'assemblée constiluante. 
llirabeau disait de lui : • C'est un 
jeune arlire qui montera si on li laisse 
crdîire.i» Uélas! il périt sur l'ecbufautl 
reiolulioDuairc à Irenle-dcux ans 
le 29 noTcmbre 1795, 

BARNEVEI.T , grand pension 
nairc de Hollande , né vers tiig. Il 
joignait à une profonde penétraiion 
mie grande simplicité de mœurs 
Trenle années de services et d*-. Ira 
vaux iniporlanj lui ataieni acquis un 
grand crédit dans la république nais 
tante ; il l'avait sauvée de l'aïubitioD 
de Leiccsier. et il observait d'un crll 
attentif les desseins secrets de Mau- 
rice de Nassau , qui venait d'étreéloé 
à la dignité de slatbnuder. Il devint le 
chef du parti républicain, qui voulait 
que le pouvoir fût partagé et amovi 
Me . et que la part de la législature 
fût plus grand* que celle de capitaine 
général. Des querelles ibéologiques 
vinrent encore ajouter à la fureur des 
factions; entin SJaurIce lit arrêter el 
emprisonner Jîarnevell , qui fut jugé 
par vingt-six commissaires vendus au 
slathouder. On lui imputa des crimes 
imaginaires ; on l'accusa d'avoir trahi 
la patrie , qui lui devait son existence 
politique: il fut condamné à périr 
«ur l'échafaud à l'igo de soixante- 
douze «ns , et il subit son jugement 
le ij mai 1617 détail! un peuple im- 
mense, avec la même fermeté qu'il 
avait déployée dans toutes les circons- 
tances de [* vie. Une médaille « été 



frappée en' son honneur, etTiia mort 
a laissé une tache inellaçablc sur le 
prince d'Orange. Le pocle Vondel son 
ami a donné, sous le lilrit alleinrique 
de Patamide , une tragédie où il voue 
cet événement à l'eiécratinii de la 
postérité j la mon de Barnevell a éga- 
lement fourni à Lemièreun sujet de 
tragédie qui ïie put être jouée qu'en 
1700, 

BARON' (Michel BOTRO\. dit), 
né à Parisen i653, fut l'élève et l'ami 
de Molière, qu'il suivit dans sa dou- 
ble cariièred'acleur et d'auteur. Au- 
tant il lui fui supérieur dans la pre- 
mière, autant il resta au-dessous de 
lui dans la seconde. Comme comé- 
dien, il faisait te pliugrand cas de son 
art , et sur-tout de lui-m#nie ; Ions 
les cent ans, disait-il , on peut voir 
un César , mais il en faut div mille 
pour produire un Baron. Comme au- 
teur, il a donné sept comédies; la 
meilleure , l'Ilommcà bonnes fortunes, 
est restée au théttrc ; il > a peint avec 
asseidr succès le manégedes coquet- 
tes , parce qu'il en avait trouve d'as- 
sez méprisables pour lui faiie des 
avances , et les ridicules de l'homme 
à bonnes fortunes , parce qu'il l'avait 
été lui-même, 

BARRAS (P.\ci-jES!t. Fraxçois 
COMTE DH ) , l'un des personnages les 
plus fameux de la révolution fian- 
né, en 1755, à For i'V^ar), 
d'une famille ancienne, entra de 
bonne heure au service , passa dans 
rile-de-France, de là dans l'Inde où 
il concourut à la défense de Pondi- 
chéri , et a son retour de France dans 
ces parages , servit sous le bailly de 
Sulfren. liuiné par des folies de jeu- 
nesse , il embrassa les principes de la 
révolution , sans en approuver les 
premiers excès. Dupulé du Var à la 
couventioo , il vota la mort du roi et 

déclara contre le parti de la Giron- 
de. Après la reprise de Toulon, il 
devint un des principaux acteurs des 
mens du g thermidor . et s'é- 
loigna de plus en plus de In Monta- 
gne. Appelé au commandement en 
chef des troupes réunies pour la dé- 
fense de la convention le lô vendé- 
miaire an iT (5 octobre 1795 )^ jour- 
née où il fut bien secondé par Bona- 



BAR 



tS 



BAR 



parts , il fut , peu de temps «près , 
uoDimé un des cinq membres du di- 
rectoire, el cierça une grande ia- 
fluence daos ce conseil iasqu'an re 
lour du conquérant de l'Egypte, Ce 
général, ^econdé par Siéyes , s'em- 
para du pouvoir. Barras, rentré dans 
la \if privée , quitta Paris , alla se 
fixer à Eiuxelles , fut eiilé à Rome , 
soupçonné d'avoir trempé dans une 
conspiration contre le pouiernement 
impérial, fut implique dans d'autres 
ÏDtrigues politiques auxquelles mit fin 
la restauration. Il se relira dans le 
midi. De prit paît à aucun acte des 
cent jours , el après le deuxième re- 
tour des Bourbons revint a Paris , e 
Técul obscur el tranquille à Cbaillol 
jusqu'à sa mort, arrivée le 29 janvier 
J819. , 

BARKE (Ytes), d'aBbrd avocat, 
se livra evclusivtment à la carrière 
dramatique , fonda le théâtre du 
Vaudeville, le dirigea pendant vingt 
ans, et til représenter, en société 
avec divers colîoboraieurs , une foule 
de petites pièces qui ont eu plus ou 
moins de succès, et mourut à Paris le 
5 mai iSJ» , âyé de 86 ans. Les piè- 
ces qu'il a données avec Piis ont été 
recueillies en j vol. in-18. 

_BARREADX ( Jicqc es VALLÉE , 
Ifigneur ms) , ué à Paris en lOoi , 
mort à Chàlons-sur-Saône le 9 mai 
1675. Ses plai.-lrs étaient sa seule oc- 
cupation. Si s leis , ses chansons , sa 
gaieté , le faisaient rechercher par- 
tout. Il porta le raHinemeut du plaisir 
jusqu'à changer de climat suivant les 
saisons. Il devint plus sage sur la Cil 
de ses jours , et de toutes les poésies 
de cet aimable épicurien, qui passè- 
rent pour de petites pièces de vers 
agréables dans le goijt de Sarazin el 
de Chapelle , il n* nous reste que le 
célèbre sonnet: 

Grand Dieu ! les jugcniens sont 
remplis d'équité. 

Voltaire mfme le lui coniesie , et 
prétend qu'il est de l'abbé de Lavan. 
BARRËME ^Fnixçois;, dont le 
nom est devenu proverbe, naquit à 
Lvon, el mourut à Paris en 17UJ. Sou 
Jrithmélitjuc , son LitTi: </e« compta 
(titi, Jp|it|« roniiuuneiueiii Dmirinn, 



ses Changei étrangers , etc. , TOÎlà les. 
droits à la célébflié. ^ 

BARRIÈRE ( PitBBE ) ou LA- 
BARRE , d'abord batelier à Orléans 
sa patrie , puis soldai, esprit sombre, 
méIancolii|ue, qui s'est rendu fa- 
meux par le projet d'.'îssassiner 
fleuri IV. Son dessein avant été dé- 
couvert, il fui ai réié à Melon, comme 
il allait l'exécuter, et rompu vif le 
s6 août 1593 . sans aToir témoigné le 
moindre repentir. 

BARROS ;Jeis ee), le plus célè- 
bre des historiens portugais, né vers 
la Iju du quinzième siècle. Agent 
général des établissemens portupa i 
sur la cote de Guinée , il proUia j 
ces fonctions pour recueillir les ni: 
tériaux de son histoire des Porîuf:a.s 
dans l'Inde . dont l'édition la plusré- 
cenie est celle de Lisbonne, 1774, 
1 1 vol. in-S°. 

BiRSABAS , surnommé le Juste . 
l'un des premier.* disciples de J.-C. Il 
fut présenté avec Mathias, pour rem- 
placer le traître Judas, parmi les apé- 
tres. 

BARSIXE, fille d'Arlabaie, fut 
aiailéeen premières noces à M • iQucii 
de Rhodes. Elle fui prUe à. Damas 
avec les autres l'cmmes de la sulle de 
Darius, et comme son mari élaU 
mort , Alexandre la prit pour concu- 
bine, eleu eut un fils nommé Her- 
cules; il la donna ensuite en mariage 
à Eumcnes de Cardie. Elle resta u 
Pcrgame après I.1 raori d'Eumèm s , 
car ce fut de cette ville que Polysper- 
choii Cl venir Hercules, pourle faire 
reconaaiire roi. Il est probable qu'elle 
fut tuée en même temps que sou lils, 
l'anôog avant l'ère chrétienne. 

BART iJt.»N) , Cls d'un simple pé- 
cheur, naquit à Dunkerque en i65i. 
11 enn«blit son nom , et lépaiidit sa 
renommée dans toute l'Europe , par 
dis actions d'une bravoure "-vtraordi- 
nalre. Conduit en iCSi à Versailles, 
Louis XIV lui dit obligeamment: 
• Jean Bart . je viens de vous nom- 
mer chef d'escadre. — Sire . >i>u< 
avei bien fait , répondit le marin.' 
Lesouurllsan s se mlreiil à lire de c 
Irait, qui selon eux, pei;:uait à 
fois la ^olli^c et la lanilé : > V01-- 
n'a»ri pai cotnprii Jean Xl*:t , l'- 



BAR 



79 



BAR 



dit le roi , ta réponse rst celle d'uu 
hoiiinii^ qui «enl ce c|u'il ïaul , el qui 
coiuple m'en donner de nouvelle» 
preuves, u Jean Rurl jusliCa Livnlûl 
la eonliaucK du uionarquc ; il n'aiaii 
encore montré que l'audace infali^'a- 
Ule d'Uh arinalcur, il signala snii cou- 
rage par des actions plus utiles , et 
dont le récit serait bi'aucoup trop 
long. La paix seule puutail inlcrroin- 
pre les liavanx de ce marin célèbre ; 
elle fut conclue à Risivick, et Jean 
ilarl paçsa les dernières années de sa 
vîe ù Dunkerquc ; il y mourut d*uiie 
pleurésie le 97 avril 1701. Il élait ifii 
d'environ cinquante ans, et son tem- 
péranieni n'avait rien perdu de sa 
force. Il montra plusieurs Tois autant 
de prudence dans la Combiuai.^ou de 
M-s plans que d'intrépidité dans leur 
exécution 

ISAUTAS ( GllLLiOMC DE S.i 

IiUSTt Dc) , né vers iiii près 
d'Auch. Elevé pour le métier de la 
guerre , il se sign;dj comme niili> 
taire et comme negucialcur. Allaclié 
à la personne de Henri IV , il se 
trouv» à labatailli? d'Ivry , et elianla 
lu victoire à laquelle il avait contri- 
bué. Qtiatre mois après , en juillet 
1^90 , il mourut âgé de 1,6 ans, des 
suites de quelques blessures mal gué- 
ries, 'l'oul le leiupsque lui laissaient 
•es devoirs, il le passait à son cbàteau 
du Barlas , e! là il compcsuil se^ lon^s 
et nombreux poèmes : le seul dont on 
ait rctcnuJe titre , (n Semaine , eut 
en mein< de six ans plus de Irentcédi- 
tions, et Tut traduit dans toutes les 
langues. Cela n'i tupeclie pa.s qu'au- 
jourd'liui le nom de du Uarlas ue Sioit 
passé en proverbe pour exprimer la 
barbarie el le mauvais goût du stjlc. 
lie sien est béri^sé de métapliorcs 
extravagantes et de mots composés à 
la manière grecque el latine. La 
Harpe v a pourtant reconnu quelques 
icrs qui ont de la précision el de l'é- 
uergir. Son caractère comme bummc 
est plus honorable que son talent 
uomme poêle. 

BARTiJE (.XicoLis XnoMAS), né à 
Uirseille en 1734, mort à Paris le 
■ 7 juin 17S5. S(s cnuicdiei luul : 
i'Amuliur , la M'crt jahutt , f Homme 
Dtri,inn,l et |t« F«u.»«.. 'inCdiiiUt : 



celte deruiore seule est ri-i>leq|^u 
iliéàlre.ct elle a produit une Toule 
d'imitations. Itaribe a fait aussi un 
Art d'aimer dont on a publié des l'rag- 
niciis. Il élait d'un caractère aimable 
el enjoué, lécund en réparties heu- 
reuses , mais d'une humeur capri 
cieuse el rbangeanlc, Tbonias di^ail 
en parlant de lui : ill m'a fait trouver 
dans l'auiilié tuus les orages du l'j 
niour.t 

BaUTUELEMI- 11 était de Galilée, 
et fut mis au unmbie des apôtres. Ou 
ne sait rien de parli':ulier ni de sa viu 
ni de sa ninrl. 

BABTIIÉLli.MY ( l'abDé Je.x J...- 
oi es) , né a Ossis , près d'Auba^'ue 
le 20 janvier 1716 , n»ork le ôoaviil 
1793, en lisant la quatrième épîlro 
du premier linc d'Horace. Jlumniu 
d'une érudition , d'une modestie et 
d'un désintéressement très-rares. Ses 
Vo^agis du jetmG Anaeltarsis «71 
Gricv , publiés pour la première fois 
en 1780, et qu'il mit Ireule ansà 
composer, out rendu sou nom im- 
mortel. Plusieurs éditions s'en répau- 
direut au$sil«>l dans toute l'Europe. 11 
a publié plusieurs autres ouvrages. £11 
17S;1 , racadeniic Tranf^aisc le rei^ul 
dans son stin ; elle s'honorait en rece- 
vant un /-crivaiu en qui l'un admire, 
dans son Anacharsis surtout , un st^le 
clair, naturel, uu coloris plein de 
grâce , réuni à la vérité des tableaux 
et à la scrupuleuse exactitude des rei 
clierclios el d^s citations. 

BAI'.THKZ (l'iiL JosErii! , no a 
Montpellier 1« 11 dé'-embre 17J4. 
moitié i5 octobre lSa6. II contribua 
puissamment à faire revivrel'ancienne 
ii'.édeciued'IIippocrale; ses ouvrages 
sont fort estimés. 

BAUTIMEl-: . aveuple de la ville de 
Jéricho, à qui J.-C. rendit la vue. 

BAPiTOLE, l'un des plus célèbres 
jurisconsultes des tem['s modernes , 
ville jour à Sasso-Ferrato , ville de 
rOnibric , Ters l'au ij 1 5 , et mouru t 
à l'érouse en 1 456. .A vln.^1 ans il fut 
reçu diirleor à l'universito de Bolo- 
gne , la plus fameuse école de ce 
temps , rcBii>lil peudant quelque» 
années une i.lace de ju^c , cl «e livra 
ensuite ciclu^iveiueia aj pcucha'ii 
iiu'il 4> lit ^"lut i «1151 ijjni-iueul J« 



BAS 



•So 



BAS 



"iroil. 11 professa onze uns a Pi.-e . et 
»inf s'établir à Péioiise , où il fnl ac- 
riiriUiarec empressement, et où on 
lui accorila des lettres de citojen. Il 
y acquit une telle célébrilé qu'on dé- 
sertait les autres écoles pour venir à 
la sienne. 11 vivait un esprit vif et pé- 
nétrant , un jugement solide et pro- 
fond; on a remarqué qu'il ne s'élail 
jamais contredit dans ses nombreux 
écrits sur des matières qui prêtaient 
tant à la controverse. Il jeta les funde- 
mens de la civilisation de l'Euiope; 
Viufluence qu'il exerça ne fut pas 
bornée à son siècle ; ses opinioDS ont 
été long-temps regardées comme des 
lois dans beaucoup dipajs. Les juris 
ronsullec les plus célèltres s'accordent 
à regarder Bartole comme leur maî- 
tre. Ses ouvrages sont des commen- 
taires Sur toutes les parties du droit 
romain , des traités sur quelques su- 
jets particuliers ou des conseils; ou 
ne le lit plus, mais on le consulte et 
on le cite comme aulorîlé. 

BARUCH , prophète , lîl» de Néri 
et pelit-fils de Maasias, était disciple 
et secrélaire de Jeréraie. Après la 
mort de ce dernier , qu'il avait suivi 
enEgjptc , iJaruch se retira à Babv- 
ionc , où il composa ses prophéties. 
ïl y pavsa les dernières aunc-s de sa 
TÏe. Jincliiiulé lic ses ouvrages, La 
Fontaine deni:mdait à loulle monde i 
AvtitoushBarucliy 

BASEMAXU , l'une des femmes 
d'Esaii. 11 en cul lialiiiel. Une aiiln' 
Basf-matlï , V\Ue de balomnn , épousa 
Ackimaas de la tribu de ÎVepblali. 

BASILE iSi.J, docteur do l'église , 
archevêque de Cesarée en Cappadoce, 
lié dan» celle tille en Jjfi , quitia le 
barreau , où il ai ait paru d'abord 
avec celai, pour se consacrer à Dieu, 
fonda plusieurs monastères et leur 
donna^la règle que les moines grecs 
suivent encore, déploya le lèle le plus 
aellf non-seulement dans toutes les 
parties de son ministère, niais même 
au-delà des bornes de sou diocèse , cl 
mourut épuisé de fatigues, en 679, re- 
grrlté non-seulement de» Chrétiens , 
mais même dos Juifs. La meilleure 
édition de ses cpuvres,dont le style se 
di,»lin5un par la grâce cl l'élégance , a 
paru à r»ris,en i vol. i7at-jj-6o. 



L'abbe Anger apublié, en 17S8 ,une 
Iraduelioo de VUexaméron, de» Home- 
lies et des Lettres choisies. 

lîASlNli, femme de Childéric I , 
roi de Frauce , était mariée au roi du 
Thuriuge , chei lequel Childéric se 
retira quand il fut chassé par lei grands 
du royaume. Il séduisit la femme du 
prince cher lequel il avait trouvé un 
isile, «t lui inspira une passion si 
iolenle, qu'elle ; quitta son épou« 
pour Tenir joindre Childéric quand 
celui-ci fut rappelé dans se» étals. 
Si j'aiai» cru, disait-elle, trouver 
au-delà des mers un héros plus brave 
et plus galant, j'aurais été l'y chercher 
avec plaisir. » De ce mariage naquit 
le grand Clovis , véritable fondateur 
de la monarchie française. Une au Ire 
Basine , lilie de Cbilpéric etd'Auda- 
vère , fut violée par les domestiques 
de Frédégonde et par ses ordres. 
Après l'avoir ainsi avilie, on la ren- 
ferma dans un couvent à Poitiers. 

LASKlîRVILLE (Jeas) , célèbre 
fondeur de caractère et imprimeur 
anglais, né en 1706 a Wolterley . 
mort le iS janvier 1775. Il entreprit 
en 1750 de fondre de nouveaux carac- 
tères d'imprimerie j mais ce ne fui 
qu'après plusieurs années de lenlali- 
ves et après beaucoup de dépenses 
qu'il parvint à produire un type dont 
il fût content. Il publia alorsplusieurs 
classiques anglais , latins , et d'aulrcs 
ouvrages. Barkerville avait porté l'art 
de l'imprimerie à un plus haut degré 
de perfection qu'on ne l'avait encore 
fait en Angleterre, et son mérite en 
cela est d'autant plus grand que ses 
lalen» ne trouvèrent jamais aucune 
espèce d'encouragement. Lorsqu'à* 
près sa mort on procéda à la venle de 
ses caractère», il ne se trouva pas 
dans toute l'Angleterre unseul homme 
qui voultll les acheter. On les offrit en 
vain aux universités et aux libraires ; 
ils demciu'èrcnt ensevelis dans la 
poussière jusqu'au moniettt où Beau- 
marchais in fil l'acquisition en 177J, 
au prix de 3700 liv. slcrl. , pour I' 
eroployerà l'édition des OEuvn-> 
Voltaire. On a fait mieux depuis 1- 1 
kerville ; c'était un homme de bill 
figure, d'un caraclè'e obligeant, mai » 
d'uu cspril chagrin et birarr». 



BAS 



Si 



BAT 



JÎASSELIN (Ouvirn) , naquit dan 
le <al de Vire , en Normandie , \er 
le milieu du quiiiiitinc sièrle. Pro- 
priélaire d'un moulin ù fuulon Bilué 
à l'eilrcmilc de la vallt-e pitlnrcs<iiic 
qui borde la pelile Tille de Vire , il 
passa sa \\e dans l'eierrice de aa pro- 
fession ; le» muses linrenl le ïisilcr 
dans sa retraite obscure. Doué d'une 
iniapinalion féconde , d'une paielé 
franche et d'un esprit piquant, il 
composa une foule de rliansons ba- 
chiques qui atlesUnl son (aient natu- 
rel et son ipnorauce compli;le des rè- 
gles. Une idition de ces faux Jf Firc, 
tirée à cent cinquante exemplaires , a 
paru à Vire en 1811. La tradition est 
muette sur sa lie, on ijinore mém 
l'époque da sa n)orl ; il paraît loule- 
fcis qu'il ne livait plus en i6oa. M 
Armand Goulîé l'a mis en scène .n 
ihéâlre du VaudeTiIle. L'étymnlo{>ii 
de vau <tt Pire est inadmlssiblcLon;;- 
femps avant la première édition , pi 
l)liéeen iGio, lonp-tempsmème aval 
l'existence de Bassetin, on connaisse 
plusieurs recueils intitulés voix de 
ville , qui se composaienldc chanson 
parfaiismeni semblables à celles qui 
portent aujourd'hui le nom de tau- 
derilles ( ce genre d'ailleurs est connu 
avant lui, et il est aussi ancien que 
Ja gaieté francjaise. On doit le regar- 
der seulement comme un de nos plus 
anciens auteurs de chansons bachi 
ques et de rondes joyeuses. 
' BASSOMl'IERRE (Fhaxçois ke) 
maréchal de France , et l'un des boni 
racsles jlnsbrillans el les plus aima- 
bles qui ont joué un rôle sous les rè- 
gnes de Uenri IV et de Louis XIII 
Jl'naquit en Lorraine le la avril 1579. 
Après avoir voyagé en Italie , dans le 
rojaume de Naplcs, il parui à la cour 
de Uenri IV , où soii !;ofll pour le 
faslc et le jeu le firent rechercher ; il 
figura dans les fêtes d'une manière 
brillante, fit bienlôl ses premières ar- 
mes dans la guerre eonire le duc de 
Savoie , ensuile se signala en Hon- 
grie , et revint h la cour. Il exerça en 
1617 la charge du grand-niaiire de 
l'arlillerie au siège de Châteauror- 
cien , et fut blessé à celui de Rélhel. 
Il se trouva en i7ao comme maréchal 
detampau couibal du Pont-de Ce , 



aux sièges de Saint Jean d'Angi-lv.de 
Monipellier. etc. Euhn . en iGj'a.U 
roi Louis \III le lit maréchal de 
France. Il fut nommé à l'ambassadi: 
d'Kspagne , el envoyé en Suisse et en 
Angleterre; do retour, il se signala 
dansdinérens sièges . el biintûl por- 
tant ombrage au cardinal de Itiche- 
lieu , à cause de ses liaisons intimes 
avec la maison de Lorraine, il fut 
arrêté el mis à la Ilaslillc le i3 fr- 
vrier i63i. Sa détention dura doute 
ans, el ne cessa qu'à la mort du cardi- 
nal, liassompierrc innurni le la octo- 
bre i6.'i6, à l'âge de 65 ans lia laisse 
di'S Mémoires qui se lisenl avec inlè- 
rêt , el répandent un grand jour sur 
les événemensde ce temps-là. 

BASSUS. Plusieurs hommes dans 
l'anliquité ont porté ce nom , et sont 
cité» par divcrfcauleurs anciens com- 
me ayant écrit sur l'hislnire naturelle, 
mais leurs ouvrage» , qui ont été es- 
liniés pendant plusieurs siècles , seul 
perdus. 

BASTIDE (Jevs-Françoîs de) , né 
à Marseille le i5 mars 1734. el mort 
à Milan le A juillet 1798,3 fait des 
recueils , des journaux , des lettres , 
des romans , des mèrnoires , des con- 
tes , des comédies en Trr« , des tragé- 
dies en prose . el serait à peu près ou- 
blié s'il n'avait eu l'idée d'être l'édi- 
leur de la Bibliothèque universelle 
dos romans . idée fort heureuse et 
qui pouvait être mieux exécutée. 

BiTIlIIEL, CIsde.Nachorel de 
Melcha, neveu d'Abraham, el père 
de Labau el de Piébecca , femme d'I- 
saac. 

EATIIYCLÈS, sculpteur grec, 
était de Jlagnésie ; il construisit 
pour la ville d'Amyclée un trône 
dont Pausauias donne la description 
la plus brillante. Les Grâces et les 
lieurcs en formaient les principaux 
soutiens. Toute l'histoire fal)uleusede 
la Grèce y était représentée. Pausa- 
uias n'indique point le temps où vi- 

1 Balliyclès, mais il regarde le 
trône d'Amyclée comme d'une haute 
antiquité. 

BATUYLLE, natif d'Alexandrie , 
fut le rival de Pylade | non pas l'ami 
d'Oreste) , et l'un des plus célèbres 
pautomimet de raiiliquilé. U élail 



BAT i 

esclave de SIécène , qui l'alTranclil 
Les deui saltaleiirs cyaleiuenl liabi- 
les , é.îalemenl chers ans Rcmaîus, 
luttaient sans cesse l'un coiiire Tiiu- 
Ire, et s'élaienl partagé le domaine 
tbéâtral. Pvlnde cnctllalt dans les 
scènes graves , sérieuses , et qui te- 
naient de la tragédie ; Balbylle dans 
les sujets rians et voluptueux. Juténal 
fait une peinture éneri^ique d^ son 
jeu passionné dans la pièce intitulée 
Léda. Plut'arque le cite épalenienl. 
Les succès de ces deux panloniimes 
furent aussi 'brillans que rapides, et 
leurs démêlés occupèrent les noiuain> 
autan I que les affaires les plus ioi- 
porlanles de l'état. Ils étaient tous ou 
pyladiens ou batliylliens ; les deux 
partis fureul près plus d'une fois d'en 
venir aux mains ; ^énèquele reproclie 
amèrement aux Romains. On ignore 
l'époque de la mort de Batliyllc. Plu- 
sieurs autres acteur:» anciens ont 
porté ce nom. 

BATILDE (Sjitste), épouse de 
Clof is 11 , roi de France , fut d'abord 
esclave d'Archanibaud , maire dupa- 
lais de ce monarijue. Elle fut vendue 
par des pirates , qui avaient l'habi- 
tude de venir exposer sur les eûtes de 
France les captifs qu'ils av;iieut enle- 
vés de l'autre cûié de bi mer. Après 
la mort de Clovis II , elle prit les rè- 
Des du gouvernement et se conduisit 
avec une prudeni^e digne d'admira- 
tion ,petul.int dix ans. Les grands se 
lassèrent d'être sans autorité , et Ba- 
tbildc fut obligée en 6Cô de se retirer 
dans le luonasière de Clielles qu'elle 
avait bâti; elle y mourut en GSo. 
Elle n'avait pas oublié sur le trône 
quel avait été son premier état; de- 
venue religieuse elle ne se souvint 
Jamais qu'elle eût porté la couronne. 
Klle fut canonisée par le pape Ni- 
colas I ; sa fête est célébrée le 5o 
janvier , regardé comme le jour anni. 
versai re de sa mort. 

BATRACIIUS, arcbiteric, naquit 
à Lacédéraone , mais il se distingua 
surtout à Home . où il cle\a , de con- 
cert avec Saurus ou Sanros , son 
compati iote , un de.» temple.» ren- 
fermés dans les portiques d'Octavic. 
Biches tous deux , ils vouluient s'im- 
niorlaliser en élevant cet édifice a 



b BAT 

• leurs dépens dans l'espoir d'j gra- 
ver leurs noms; mais ou leur en 
refusa la permission. Ils se si-rvi- 
rent alora d'un slrati:gêine pour p.-.r- 
veiiirà leur but : comme le nomde 
Batrachus répond dans ia langue 
grecque à celui de grenouille, .i 
Sauros à celui de lézard, ils lirfi;t 
sculpter ces animaux dans les ornt;- 
mens des colonnes. Ou a encuie à 
liome des dtbris de ce temple sur 
lesquels se trouvent très-bien conser- 
vés des grenouilles et des lézards. 

BATTALL'S, joueur de flûte d'E- 
pbèse , célèbre par sa mollesse. Le 
pnète Aulipbane , qui vivait vers Tan 
ioo avant J.-C. , avait fait une ctimé- 
die sur lui , ce qui rendit son nom 
proverbe. Comme Démoslhènes était 
Irès-elTémtnê dans sa jeimesse , ou 
lui doiîna le surnom de Ballalus. 

BATTECX (Cuim.Fs) , ch.inoine 
de Pieims. 11 naquit à Allend'buy 
près de celte ville , le 7 mai 1713 ; 
mort à Paris, le li juillet 17S0 , il 
fut enlerié dans l'église de Saint 
André-des-Arcs. Après avoir professé 
à vingt ans la tbélorique à Beims , il 
vint la professer , ainsi que la philo- 
sophie grecque et latine, dans les col- 
lèges de Lisieux et de Navarre à Pa- 
ris , et au collège royal. Il fut de l'a- 
cadémie française et de relie des ins- 
criptions. Il a publié un grand nom- 
hre d'ouvragesparmi lesquels hs qua- 
tre poétiques , sa traduction en prcse 
d'Horace . et surtout son Cours de 
beltislettres y lieiuient les premiers 
rangs. O dernier ouvrage et son Iraîlé 
de la construction oratoire sont deve- 
nus classiques cher les étrangers. On 
ne peut méconnaître dans Batleux le 
littérateur estimable , l'écrivain élé- 
gant , le dîsserlateur ingénieux , le 
grammairien habite , et l'admirateur 
éclairé de l'antiquité. 

BATTUS. Il y.en a trois : Battus I, 
né à Théra , l'une de Ojclades , des- 
cendît d'Ëupliémus , l'un des Argo- 
nautes. Il conduisit une colonie de 
Tbdra dans la Lybie, s'établit l'an 
Cji avant J.-C. , dans une petite ile 
nommée Platée , et passa ensuite sur 
le continent, où il renouvela la «> 
de Cyrène. Battus régna quai 
aus , cl laitsa eu mourant le irCi 



BAU 

Arci'Mlasson fils. Battusll, surnom- 
mé l'Heureux, lil» d'Arci'silas I , 
monta «iir le IrSne tcrs l'an 575 
avant ).('• Cyrcne prit beaucoup 
d'accroissenient sous son lèpnc. If* 
habitant y affluaient de loulcs les 
partie» dé la Grèce. Les Cyrcn^pn» 
lialtirent et taillèrent en pièces l'ar- 
mée d'Aprlè», roi d'Egypte, et les 
Lïbieos. lialtns U eut pour succes- 
seur .Urè»ilasll , son fils. Datiusill, 
suroonimt' le boiteux , monta sur îe 
troue l'an 5il atant J.-C; le» Cyic- 
nrens limitèrent son autorité ; on 
lui attribua une certaine portion de 
terres il le droit de présider aux sa- 
crifices et à ce qui concernait la re- 
ligion ; le reste de son pouvoir fut 
tran>reré au peuple et au sénat. Il \ 
eut un quatrième et un cinquième 
Battus . mai» leur histoire nous est à 
peu pré» inconnue. 

B.MJB.WS, auteur dramatique et 
musicien, naquit à Toulou.<e en 1710. 
et mourut dans cette tIIIc en 1761. 
Ce fut lui qui mit des paroles fran- 
çaises sur la musique de la Servante 
maiircste de Perpclèse eu 17Ô4, et 
in.spira p.ir cet ouvrage le goût de lu 
musique italienne en Fraiire. 

B-iUSSET (Loris Fiîvxçois or) 
cardinal né à Pondichéry , le i4dé 
cembre 1748, mort à Paris, le ii 
)UJniSi4, composa d'.iprès tes ma 
nusciilsde Kéiiélon , VUiitoirede cet 
illustre archevêque; en iSio l'institut 
désigna cet ouvrage comme digne du 
deuxième grand prix décennal d 
deuxième cla.s.-.e , pour la meilleur 
biographie. Encouragé par le succès, 
il entreprit Vlîistoire de Bossuet , dans 
laquelle il ne s'éleva pas à la même 
hauteur. La troisième édition du pre 
mier de ces ouvrages a paru à Paris 
1817, 4 Tol. in-S°, et la i' ibid , 
]8i4, 4 vol. in-S". 

BiUTRU (i;rii,HDJiE) , comte de 
Séran , de l'académie française , na- 
quit à Angers en i588 , et mourut le 
7 mai s665. Il est priiieipaleraeni 
connu comme un des beaux-esprits 
du dix »cplième siècle. Le rùle poli- 
tique qu'il joua est très-secondaire , 
mais n'en tourna pas moins ulileiarnt 
pour sa famille et pour lui. Le cardi- 
nal de Kichelieu lui avait témoigné de 



BAY 

la bienveillance ; il fut une des créa- 
tures du cardinal Mazariii , et se 
maintint à la cour autant par l'adressr 
de sa conduite i-t les agrémens de son 
esprit , que par s.) complaisance et 
sou dévouement au premier ministre. 
Il fut introrluclenr des ambassadeurs, 
et ministre plénipotentiaire en Flan- 
dre , en Espagne , en Angleterre et 
eu î-avoic. Ménage fut son ami, et 
cit'- b>-anconp de ses bons mois. 

BAVi;r>IM(FR*NCEsro) . musicien 
(lu quinzième tiède. U l'ut très-rc- 
nouimé dans la science du contre- 
point, et OD lui attribue la musique 
du premier opéra qui ait été repré- 
sente. (Àl ou» rage dramatique , dont 
on croit que les paroles furent com- 
posées par Jean Sulpitius de Veru- 
lam , fut jotié à Rome en i4^o , et 
selon d'autres en l4Ho ; il a pour li- 
tre: la Convtr$iune rfi S. Faola. 

BAXTER (Riroimi), théologien an- 
glais non conformiste , né eu iClS , 
reçut les ordres en iCôS, et fut 
nommé en |64S ministre de Kidder- 
miusier. Il ne craigi)il point , lorsque 
liromwel fut arriié^ au faite de Aa 
puissance, de se prononcer coutrn sa 
tyrannie , et osa , dans inie confé- 
rence à lai|uelle il fut appelé près de 
lui . lui reprocher d'aioit renversé la 
monarchie. Il se rendit à Londres 
quelque temps avant l'abdication de 
lîiciiard Croniwel , et contribua par 
ses prédications au rappel de Char- 
les II, qui le nomma l'un de ses 
chapelains. U a publie plusieurs ou- 
vrage», et mourut le 8 décembre 1691 , 
Baxter (Guillaume) , son ne»eu , et 
Baxter (André), écrivain écossais, 
ont aussi de la réputation comme 
écrivain*. 

BATARD (PiBBBE Dr TERRAIf,, 
seigneur de ) , surnommé le cheva- 
lier sans peur et sans reproche , le 
seul peut-être de tous les héros du 
moyen âge dont la vie soit sans tacbc 
et qu'on puisse louer sans aucune res- 
triction. Simple, modeste, ami sin- 
cère , amant délicat , pieux , humain 
et magnanime , son âme réunit tou- 
lesles vertus; et telle fut la perfection 
de cet illustre chevalier , que sans le 
témoignage unanime des historiens 
contemporains , la postérité n'aurait 



BEA 



84 



BEA 



peut-être «u en lui qu'uamoilèle chi- 
mérique et inimitable. 11 nu'jiitt en 
1^76 au château de Bavard , à six 
lieues de Grenoble. Sa vie a été 
écrite d'inie manière si intéressante 
en un vol. in-ia , par Guvard de Ber- 
ville, que ce serait l'affaiblir que de 
la morceler ici. 11 mourut au cttamp 
d'bonueur en combattant cocilre les 
i^spagnoU, le 5o a\ ril 1 5:^4. 1-es traits 
les plus saillans du cdraclère de 
Bavard et les principaux tTénemens 
de sa vie ont été assez habilement 
placés par de Belloy dans sa tragédie 
de Gaston ei Bayard. 

BAY1.E (Pierre), né à Cariât le 
18 novembre i643, mortà Kolterdam 
le 28 septembre i7où,àgé de cin- 
quantc-neuf ans, sceptique, est sur- 
tout connu par ses homélies de la 
répMiijuedcs tellrcs et par son Dic- 
tionnaire historique et critique. Bayle 
Tut compilateur et juurnaliste, et dans 
ces deux emplois asseipeu honorés de 
DOS jours, il s'est acquis une gloire 
inimortclle -, c'est que par rasseni- 
lilage le plus rare il joignaii à l'im- 
mensité de ses connaissances un es- 
prit lumineux et même du génie. Sou 
style incorrect et diffus plaît malgré 
ses négli;:ences , parce qu'il converse 
avec ses lecteurs , el que peu d'écri- 
Tains apprennent mieux à penser. 
Personne n'employa plus heureuse- 
ment que lui les armes de la dialecli- 
qrte , el ne sut raisonner d'une ma- 
nière à la fois plus subtile et plus 
profonde. Chaste dans ses mœurs , 
«usière dans sa conduite, il put par- 
ler de morale sans craindre tju'nn le 
fil rougir en lui opposant le contraste 
humiliant de ses discours et de ses 
actions. On a outré contre lui le rr- 
proche de sceplicisnie , el on a ca- 
loniiné ses intentions; en lisant ses ou- 
vrages avec attention , on aperçoit que 
son but fut surtout de nous appren- 
àrtà douter. M. Reuchola donné une 
édition soignée de son dictionnaire , 
enrichie de note». Paris , 1811, 16 v. 
in.S». 

BEADCnAMPIAi.Piiovsi! nr), ne 
en 1767,3 Monaco, mort à Paris au 
commeiiccinenl de juin iS3a , 4-beva- 
Trer delà légion d'honneur , u consa- 
cré ses talrnsa décrire les giorieuics 



campagnes des Français , a publié , 
outre un grand nombre d'articles 
dans la biographie universelle, des 
ouvrages historiques , intéressans par 
l'exaciitude des faits , mais qui se 
sentent un peu de la précipitation 
avec laquelle ib on I é té composés. 

BEACFORT (FRiiCoisDE VEN- 
DOUE, duc de), iils'de César de 
Vendôme et petit-Gls de IJenri IV , 
naquità Paris en ifii6; il sedistingua 
par sa valeurà la bataille d'Avein en 
|655 , aux sièges de t^orbie en i656 , 
de Hesdin en 1639 , d'Arras en i64o. 
Anne d'Autriche, devenue régente en 
1645 , lui donna tome sa conliancc .- 
mais Beaufctt étant entré dans la 
cabale des importons et bravant ou- 
vertement le cardinal Mazarin , elle 
le lit enfermer au château de Viu- 
cennes dans la mcme année iC43; 
il se sauva de prison en rOjg. Il se 
joignit au prince de Conti , aux ducs 
de Lougueville , d'Elbeuf , de Bouil- 
lon , au maréchal dé La Mothe , au 
fameux coadjuteur de Uetz, au par- 
lement de Pari», el dans la guerre 
de fil fronde devint l'idole de la po- 
pulace: il fut prorlamé le roi des 
Ualles. Il linit par résister f.iiblement 
aux propositions de la cour, 't - 
soumit sur des promesses ■vrague- 
ne furent jamais exécutées. Il n. 
devant Louis XIV qu'un sujet suu- 
inis. Il serrii ensuite sur nier , et l'ut 
^ué dans une sortie au siège de Can- 
die en 1669. Il avait hérité de la va- 
leur de Henri IV, maiselle a>ait chez 
lui te caractère de la témérité ; plus 
lin qu'habile, plusgrossier que franc , 
plus hautain que fier , son ètourderie 
constante l'empêcha de jouer le rôle 
pour lequel il se croyait fait dans les 
temps de troubles qui agitèrent la 
minorité de Louis XIV. 

BEAUJOX ( Nicoi.js) , né à ll,>r. 
deaux en 1718 , mort à Paris le : 
cembrc 17S6. Il avait une grand 
telligence dans lestaU'aircs, et les 
rations de finance dont il fut ( '. 
relevèrent à un degré d'opuN 
extraordinaire. Il jouit de ses ri< 
ses PU épicurien reebercbé, niai- 
dcste et paisible , et les depen- 
grande partie en bienfaits i' 
L'hospicv qui porte t'jli nom . 



BEA 



85 



BEA 



Je faubourg du Roul«à Paris, fui éta- 
bli et doté par lui arec magulficeiice, 
Son leslaniint roivlrnail pour plus 
de trois millinns de legs particulier». 

BEADLIEU (ShBtsiiEx du PON- 
TAULT, sieur de), premier ingé- 
nieur et luarérhal des camps et ar 
jnéesdu roi, doit cire regardé nomme 
le créateur de la topographie mili- 
taire sous Louis XIV. Il suivait l'ar 
mée , levait sur le terrain le plan des 
batailles et des «iégej, et y ajou- 
tait des tujcls historiques en perspec- 
tire. Son ouvrage le plus impoi-tanl 
a pour titre: Ui glorieuses conijuètrs 
de touis-le-Grand , ou Ricaeil de pUini 
et vues des places assiégées et de Celles 
oii te sont données de^ batailles^ avec 
des diseours ^ 2 vol. in-tbl. (]'e»t l'nn 
des plus luagiiiliques et des plus eu - 
rieux ouvrages qui aient paru en hi.« 
loire militaire, l.a topographie mili 
laire semhia rétrogradera la mort de 
cet habile ingénieur, arrivée en 1674, 
et ne produisit qu'un petit nonihre de 
mnrreaux d'un mérite supérieur jus 
que vers 1750 , époque où la confec- 
tion de la carte dite de Cassini vint 
donnera ce genre ce travail une forme 
nouvelle. Il y a un autre Bcaulieu , gé- 
nérai autrichien, >aincupar IcsFran 
çais en Italie, en 1-96. 

BEACMiRCIIAIS ( PitiiBE Ai- 
srsTix CAliON de), né à Paris le s; 
janvier 175J. mort d.ins la même 
ville , le ig mai 1799. Il était (ils d'un 
bnrloger. Introduit auprès des prin 
ces.-es tilles de Louis XV , pour leu 
donner des leçons de harpe et de gui 
tare , il proiita de celle protection 
puissante pour se lier avec le fameux 
financier Paris Duverney ; jeune ei 
core il parvint à une fortune inesp 
rée , c'est alors* qu'il se livra à la litté- 
rature. Il donna Successivement deu 
drames : Eugénie et les Veux amis 
mais il savait mieux rire que pleurer, 
et le Barbier de Séville , qu'il donna 
en 1775 , est resté le meilleur de ses 
ouvrages , après même qu'il eut fait 
représenter le Mariage de Figaro , la 
ilire coupable , et l'opéra de Tarare. 
Malgré le mauvais goût el le style bi 
zarrequi relèguent nécessairemeni 
Beaumarchais dans la classe des éeri 
vains m«diocre!, se» raémoiret nnri 



lent d'être conservés par une foule 

de traits d'une gaieté originale et pi- 

quanle , qui annoncent un fond d'es - 

prit naturel trés-ricke. C'est sans ex. 

ception ce qu'il a fait de meilleur ; il 

y est même quelquefois très.éloquenl. 

Ses intrigue» ne sont pat du domaine 

de cet abrégé: en résultat, il eut 

comme homme le destin de ses comé- 

dies, il obtint plu» d'éclat que de 

oiisidération. Ses œuvres rompictes 

nt été publiées en 7 volumes in-S , 

» 1809. 

BEiCMELLK (LiinExT AVGLI- 
VIEL DE Li) , né à Vallerangue en 
Languedoc, le jSjantier )7»7,mort 
à Paris le 17 novembre 1775 , à l'àgo 
de quarante-cinq an». Il a publié me$ 
Pensées , les ilémoireset les Lettres de 
madame de Haintenon, i5 vol. in-ii; 
des notes sur le siècle de Louis XIF , 
Commentaire sur la Uenriade^ etc. 
Malgré tous ces ouvrages, la Beau- 
inelle serait couipletenient ouhlie an - 
jourd'hui sans ses démêlés atec Vol- 
taire ,qui le poursuivit jusqu'au tom- 
beau. 

llliAL'SIONT (CnmSTOPaEDE ;, ar- 
chevêque de Paris, né le >C juillet 
1705 dans le Périgord , mort le ij dé- 
Cfcrahre 178t. La vertu se peignait 
sur sa ligure pleine de tiohlesse et de 
bonté : son esprrt était cultivé, son 
éducation facile et brillante : il était 
austère sans rudesse , et répandait 
avec discernement des auniniiesqui 
absorbaient presque tout son retenu. 
Il eut de longues disputes religieuses 
avec les janséuisles , au sujet de lu 
bulle Xjnigenitus\ publiée a Kome , 
enregistrée par le parlenifiil, et par 
conséquent devenue loi de la religion 
el de l'état , elle devait être soutenue 
et défendue par lui. Quant à ses dif- 
férends avec les philosophes . qu'il 
combattit toujours avec autant de sa- 
gesse que de vigueur, leurs princi- 
pes ne pouvaient être les siens. On a 
de lui un recueil de mandemen» en 
a vol. in-4 , qu'il publia à diverse» 
époques «outre les livres de l'Esprit, 
Emile t Bélisaire , etc. 

BEiUVAISt Jïtx-BiPiisrE Ciià»- 

LES-MiBiE DE ) , évëque de Seuèz , né 

à Cherbourg le 17 octobre 1731. 

mort il Paris le i avril 1790. Il eut 

8 



BEC 



86 



BED 



powr professeur de rbèlorique le cé- 
lèbre Lebeau. Il devint l'un de nos 
pluâ éloqiiens prédicatenis , el eekii 
qui s'est le plus approtbé de ce Ile élo- 
quence mâle et nerveuse que l'on 
admire dansBossuet, Ses oraisons fu- 
nèbres et ses sermoos ont été im- 
prirais. 

BEACZEE (XifotAs), de l'acadé- 
mie française , né à Verdun le 9 mai 
1717, mnrtà Paris le aS janvier 1-S9. 
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a 
donnés, on distingue sa grammaire 
générale, sa nouvelle édition des Sjr* 
nommes de l'abbc Girard, une tia- 
duclioo de Salluste et de Quinle- 
Curce. Littérateur instruit cl lal'O 
rieux, pliilosopbe sans atliclie et reli- 
gieux sans grimace , droit, simple 
modeste, et plus indulgent pour le 
autres que pour lui-même , tel fut 
l^eauzée ; il sut conserver sa fran- 
cbise et sa neutraliié au milieu de la 
guerre éternelle des passions et de 
cabales , et cf. nient du modique fruit 
de ses travaux littéraires , sa modéra- 
tion lui tint lieu de fortune. Il résisl;i 
aux oB'ies brillantes tlu roi de Prusse. 
qui l'appelait à Berlin. 

BEtCAUlA ( Ci-sin EONESANA, 
marquis de ) , né à Milan en 1755, 
mort en 179.1. 11 l'ut l'un des bienfai- 
teurs de l'espècp humaine, et son ou- 
trage des Délits et dcsfeines, qui pa- 
rut en 1 764 , le marqua du sceau de 
cette immorlaliié qui ii'appartieut 
qu'aux génies vertueux. Jamais si pe- 
tit livre ne produisit de m grands ef- 
fets , jamais tant de vérilés consolau- 
tes et sacrées ne furent rassemblées 
dans un espace si éti-oit. L'innocence 
M la justice, la liberté humaine et la 
paix sociale , parurent se montrer à 
la terre unies entre elles par un I 
indis.sninble. Les éditions de son li 
se multiplièrent rapidement , il fut 
traduit dans toutes les langues; il le 
fut en français en 1766 , par M. 
l'abbé Morellet, sur le» instances du 
vertueux Malesherbe»; eu Prusse, 
en Russie , en Toscane , les souve- 
rains et les peuples ; honorèrent à 
l'envi l'homme qui était à la fois le 
défenseur de la sécurité de» sujets et 
de la stabilité des gouvernemens. 
Catherine II le transcrivit dans ses 



lois. La sociél 
pour lui une m 



de Beine fit frapper 

daillc aux applaudis- 

eivs de la Suisse entière ; en An- 

leterre on manifesta pour lui le plus 
grand respect. L'ami du genre bu- 1 
main ne rencontra d'eimemis que 
dans sa ville , et dans quelques petits | 

lats qui l'avoisinaient; mais le comte \ 
Flrmiani prit sous sa protection et le I 
livre et l'auteur. 

BÉ(:LAriD(PiERi!B-Ai<:rsTE) FAC- | 
BOT, médecin, né à Angers en 17S5 , . 
vint se perfectionner à Paris , rem- 
porta tous les preiuiers prix de l'Ecole 
de uiédecine , présenta , pour sa 
thèse, en iSi.'J, nue série de prr.jio- 
sitions qui sont autant dcdécou^'r- 
tes. Chirurgien en second , à ôoan« , 
de l'hôpital de la Pitié, professeur 
d'anatomie à la faculté de médecine, i 
en 1818, il portait au plus liaut de- 
gré les talens d'enseigner, lorsqu'il 
mourut à Paris d'une iillammaiion I 
cérébrale en iSaâ. On a île lui des ' 
élémens d^anatovtie générale , Paris , | 

i8aô , in-8, et des àdditwns à l'Jna- ' 

tiimie irénérale de Xavier Jiiclwt, Pa- 



ns , 1821 , in-8. I 

BECœCR ( CnAiii.i!s), peintre d'à- 
niniaux , mort en jau«icr >833. 

IlEDFOhD ou BETHFORD (Je»i» I 
PLANTACENET , duc de), troi- ! 
siéme llls de Ilem i VI , roi d'Angle- | 
terre. Il commandait en 1 Isa l'armée ' 
anglaise contre Charles VII. La même ! 
aintéc il fut nommé légent de France : 
pour Henri VI . qu'il lit proclamer 
roi à Paris. Il délit les Français près ' 
de Southamlon, et s'empara du Cro- 
toi. Entrant ensuite à Paris avec ses i 
troupes , il battit le duc d'Alençon, 
et devint maître de presque toute la 
France. Il mourut à Itoueii en i4J.'>; 
on lui érigea un superbe mausolée. 
La postérité reprochera éternelle- 
ment à sa mémoire d'avoir immolé ' 
à la politique anglaise , et d'avoir fait 
brûler l'héroïne Jcaïuie d'Arc. Dans 
la tragédie de ce nom , M. d'Avrigny I 
a fort bien tracé le portrait du duc de 1 
Bedford. 

B E D M A R ( Ai.PHO!»sE ne 1.4 j 
ClJEVA , marquis de), eardin,il, 
évéïiuc d'Oviedo,né en i57J , d'une 
des plus anciennes familles de la Cas- 
tille , fut cnvové en 1607, par Phi- 



BEE 



«7 



BEL 



lippe III , en ambassade à Venise, et 
se rendit fameux par sa conjuration 
contre celle république, CVg| l'année 
euitaute qu'il » unit avec le duc d'Os- 
noue , vice roi de Naplcs , et avec- 
Don Pedro de Tolède, ROuverneur 
de Milan , pour anéantir l'état auprès 
duquel il était envoyé. Bedm.ir ras- 
geaible des étrangers dans la \ille et 
B'assursde leurs servires à force d'ar- 
gent. Les conjurés devaient mettre 
le feu à l'arsenal de la république, 
et se saisir des postes les plus inipor- 
tans. Des troupes du M ilanès devaient 
arriver par la terre firme, et des 
matelots gagnes montrer le chemin 
à des barques chargées de soldats. 
Cette horrible eonspiraliou fut dé- 
couverte : on noya tnutce qu'on pnl 
trouver des conjurés ; on respecta 
dansl'auteur de ce complot le carae 
tère d'ambassadeur. Le sénat le lit 
partir secrètement , de peur qu'il ne 
fût mis en pii ces par la populace. II 
mourut le 10 août iG55. Sainl-Réal, 
qui a écrit d'une manière fort inté- 
ressante l'Iiisloire de la conjuration 
dn marquis de Tedmar, l'a repré- 
senté comme un des plus pnissans 
génies et un des espiits les plus dan 
gereui qu'ait produits l'Espagne. Il 
joignait à une pénétration lare la 
plus profonde connaissance deshoni- 
nies , écrivait et parlait avec facilité, 
et gardait au milieu des agitations h» 
plus cruelles une parfaite tranquil- 
lité d'esprit. Telle était j^a sagacité , 
que sescjujeclures passaient presque 
pour des prophéties. M. Darce dans 
son Histoire de Fenite , a donné une 
autre clé de cette romanesque conju- 
ration. 

BEETHOVEN ( Locis Vas) célè- 
bre compositeur de musique instru- 
menlale, né en 1 771 , à Bonn , d'un 
choriste de la chapelle de l'Électeur 
de Cologne, élève d'Haydn et de Mo- 
lart , excella comme eux dans la 
composition instrumentale, et mou- 
rut à Vienne où l'archidni- Rodolphe 
lui avait assuré une pension de 4ooo 
flor. , le 38 mars 1827; ses œuvres , 
dont la plupart ont été gravées à Pa- 
ri» , sont au nombre de plus de 120; 
elles cousistent en symphonies , sex- 
tuors , quintettes , quatuors , trios 



cl sonates pour le piano. Une sur 
dite complète alUigea ses dernières 
années , et le rendit mélancolique et 
morose. 

BEL ou BELDS, premier roi de 
Rabylone. Après sa mort les Babylo- 
niens lui consacrèrent un temple qui 
passa pour l'une des sept nnrvellles 
du monde. Xercès , au retour de son 
expédition d'Egypte, ledétruibitapres 
l'avoir pillé. 

BELGIL'S, ou, selon Pausanias , 
BULCIOS , chef de liaulois , qui . 
vers l'an 379 avant J.-C. , lit une ir- 
ruption en Macédoine et en Illyrie à 
la tète d'une armée considérable. Il 
olTc il d'abord la paix à Ptolémée-Cé- 
raunus, roi de Macédoine , à condi- 
tion que ce prince lui paierait un tri- 
but ; mais ayant reçu de lui une ré- 
|>onse méprisante , il l'attaqua et le 
délit complètement. Plolomèe tomba 
entre les mains des vainqueurs, qui 
lui tranchèrent la tète et l'atuchè- 
renl an haut d'une pique. Ce specta- 
cle elfravant acheva la déioutc des 
Macédoniens, dont un petit nombre 
panint à se sauv. r. Depuis celle ac- 
tion , l'Iiisloire ne fait plus mention 
de Belgins. 

BELIN ou plutôt BELLI\{Fi:ax- 
rois), né à iSlarseille en iC-t. lia 
fait Olhon, rolonis, la mort de .YeVon. 
tragédies non imprimées, et Muttapli 
et Zéungir, tragédie en cinq actes 
représentée et imprimée en 1705. 
Cette pièce, dit Laharpe , est faible- 
ment écrite , mais un y trouve des 
traits de ce naturel heureux qu'on 
étudiait alors dans Barine. Cbamp- 
forl a depuis traité le même sujet. 

BELIN" DEBALLU ( Jacqces Ni- 
colas) , né à Pari» 1755 , membre do 
l'Académie des inscriptions, quitta la 
place de directeur du Prytannce de 
Sl-t^yr , pour passer en Russie , où il 
eut desemploishonorables dans l'ins- 
truction publique, et mourut dans ce 
payseniSiâ. Le plus important ou- 
vrage de ce savant helléniste est l.ï 
tiadiiion de Lucien, CjoI. in-S». 1788. 

BÉLISAIRE, l'un des pins habiles 
généraux dont l'histoire ait parlé, 
viiaitsousl'empiïe de Jnsiinien. qui 
dut aux talens, à la tidélilé dece grand 
boninie une partie de l'éclat de son 



BEL 



8S 



BEL 



I ejne. I! finit la guerre de Perse cod- 

I I e Cabadef^ , par un traité de paix ; 
il prii Cartbage el lit prisonnier Gi- 
Jinier. usurpateur du trônedes Van- 
dales. AprèsaToir joui le premier des 
honneurs du triomphe à Conslanti- 
ttople en 555 , il marcha contre les 
Gotbs , s'empara des principales >il- 
l«^sde tii Sicile , fe'a\aDca vers Xapleç 
et Roma , défit Viiigès , l'enToya pri 
^onnier à l'empereur Juslinien , et 
refusa la couronne que lui olTraienl 
les Golbs. BientJI sa pié>enre deTÎnl 
nécessaire en Orient; ily battit Chos- 
roès. retint en Italie, et enchâssa 
Jes Huns en 558. On je regai da comme 
le sauveur de l'empire, et il existe 
encore des médailles que Jiistiuiei 
iit frapper en son lionneirr et sur l 
revers desquelles on lit : Bélhaire, la 
gloire det Uomains. L'envie osa atla 
quer \AX\i de vertus : Jiistînien, vieux 
et ombrageux , crut à une prétendu 
conspiralioti dont on accu«iait Béli 
taire, (le brave général perdit ses pla- 
ces; mais Juslinien ayant reconnu son 
innocence, lui rendit ses biens et ses 
honneurs; cette persécution abrégea 
sesiour5t,et il mourut en £65. Ll 
magînalion des pnëies, des arlisles, 
et surtout le romande Marmontel 
ont rendu presque bis'.orique un 
tradition apocryphe suivant laquell 
Bèlisaîre , prive de la vue et réduit à 
une extrême pauvreté, aurait tl' 
furcé de mendier dans les rues de 
Con«taniînople. Aucun historien con 
temporain n'a rapporté cette fable 
qui doit son origine a Tzeizês , au* 
leur peu estimé du douzième siècle 
on Ta répéli e depuiî^sans examen. 

BELLANGER (Fraxçois). docteur 
de Sorbnnne , mort à Paris le i: 
avril 17^9 , à Gi ans. C'était un bnm 
me (reS'Versé dans l'étude des lau' 
gucs. On a de lui /<■« Antiquités ro- 
maines de Drmi d'Ilalicarnasse , tra 
duites en francain , fol. in-S , uuf 
traduction A'Uérodotet et dautresou 
vrafies. 

BELLART (Xicolis Fi:A\(;mR ), d. 
Taris, né dans cette ville en 1761 , 
s'était déjà fait une réputation au ba 
reau à Tépoquede la révolution. L'un 
des trois conseiladu pèncral Moreau 
iJcoucourul a la rédaction de sou idé 



moire justificatif. Porté , en iSoo . au 
cnseil-général du département de la 
Seine, îl y rédigea la proclamation 
du premier a^nl i8i4. La première 
restauration lui avait donné des let< 
Ires de noblesse et !a déroration de ta 
ion d'honneur. La deuvième Té- 
leia à la charge de procureur général 
de la cour royale de Paris. Mais on 
lui reproche d'avoir apporté dans ces 
hautes fonctions, le zèle d'un homme 
de parti, plus que l'imparlialité d'un 
magistral , el d'avoir attenté à l'indé- 
pendance de l'ordre dout ît sortait. 
Envoyé deux fois à la chambre, la 
première fois en i9i5,puisen 1818, 
par le collège électoral de la Seine, iL 
y joua un rôle médiocre. Sa santé s'é- 
tait altérée par l'excès de ses travaux 
et par le sentiment amer de la défa- 
veur publique , et l'avait obligé à de- 
mander sa démission. Enfin il l'avait 
obtenue lorsqu^îl mourut à Paris ea 
iSafi. 

BELLAY {GciLL4r«E Dc ) seigneur 
de Lanf;ey, né au château de Glaiî- 
gny , près de Monlniirail . en i^gi * 
mourut le 9 janvier i543 , un des 
plus grands rapiinines de son tems , 
ne fut pas moins utile à son pays dans 
ses ambassades en Italie, en Angle- 
lerre,en Allemagne, s'illustra dans 
les lettres el dans les armes, el mérita 
cette épîlaphe remarquable par sa 
précision. 

Cv gît Langey , dont la plume el 

 surmonté Cicéron et Pompée. 

BELLAY (Je4!s Dr) frère aîné du 
précédent, né en li^a , mourut à 
Borne, le 16 féTrier i56o , cardinal 
en 1035, fut un des prélats les plus 
saTansdeson temps, serait utilement 
François premier, soit comme ambas- 
sadeur, soit comme lieulenant-péné- 
rai, et se ser»it de sa faveur pour con- 
tribuera la fondation du collège royal. 

BEI.L4T ( Jotcuiu ov ) , né en 
l5a4à Lire eiv Anjou ; l'un de nos 
anciens poètes. Ses premières pro- 
ductions lui procurèrent un accueil 
llalteur de la part dc François I et de 
sa sœur Marguerite, reine de Nararre. 
Appelt' à Rome par son parent le car- 
dinal Je,in du Btday , il } tîl uu («■ 



BEL 8 

jour il« Iroisan»; de retour en France, 
■1 fut desterri auprès du cardinal j on 
lui supposades loits dans » conduite 
et niêoie dan«ge> écrits. Ces tracasse- 
ries portèrent un coup à sa S3fit«« qui 
était très-faillie , et il mourut d'apo- 
plexie le 5 janvier i JGo, â{;è de (rente- 
six ans. Ses poésies ont été impri- 
mées en i5CS: I roluuie in-S. Elles 
consistent en sonnets, odes, chan- 
tons, imités du latin. Il > a plus de 
naturel que dans celles de Ronsard et 
des autres poètes de la même époque. 
Il cultiva aussi les muses latines, mais 
arec moins de succès que les inuses 
françaises. 11 y a eu plusieurs per- 
sonnages de ce nom , f.imetix sous 
François I , dans l'ëtat militaire, dans 
Tcglise et la diplomatie. 

liELLEAU (Rémi), "é à \ogent- 
le-Rotron , au cominenremenl de 
i5j8. Il fut l'un dis sept pocle» de la 
pléiade française. Ronsartl l'appelait 
le peintre de la nature. (> qui pour- 
rait justifier ce titre , ce sont ses Ber- 
gerieê , divisées eu ioumées , et une 
suite de pièces où il décrit les couleurs 
et les propriétés de toutes les pierres 
précieuses. Ses autres ouvrages sont 
des traductions dos odesd'Anacréon, 
des phénomènes d'Aralus, etc. Bel- 
leau a moins de bizarrerie et de 
mauvais goût que Ronsard, miis il 
n'a pas son imagination. Il mourut a 
Paris le 6 mars 1577. 

BELLE-ISLE( CuiRLts Loits-Ar- 
crsiB COUTE de) petit-fils du surin- 
tendan'. Fouquel , né en i654 , mort 
en 17<;i , maréchal de France, mi- 
nistre de la guerre , de l'Académie 
française, s'est immortalisé surtout 
par la retraite de Prague , comparée 
à celle des dis-mille, pendant laquel- 
le il ramena en dix jours de marche . 
à travers des défilés, des neiges et des 
glaces , quatorze mille Français . 
continuellement harcelé, mais jamais 
entamé, par des nuées de hiisards au- 
trichiens. Les trois années de son mi- 
nistère furent marquées par les ordon- 
nances les plus sages et les plus uti- 
les. Son frère le chevalier de Belle- 
Itlefut tué à l'atlaque du col de l'As- 
siette , en voulant franchir les Alpes, 
I* 18 juillet 1746, pl son fils, le 
cRnic de Oisor», jeune homme d« la 



) BEL 

plus grande espérance , Liesse mnr- 
lellemenl à la bataille de Crevell , 
expira le 16 juin 17J8, trois jour» 
après, âgé de 27 ans. Ainsi la mai- 
son nouvelle dont le maréchal fut le 
fondateur tomba aiec lui, et ses cu- 
faiis le précédtrcnt au tombeau. 

BELLE ÏE^fE , sculpteur en 
ivoire , renoinme , mort vers le mois 
d'avril 185.1. 

BELLlARD ( Ls comte Aictsti- 
Dimel) , célèbre général français . 
né le j5 mars 17G9 . à Fonlenay- 
Vendée , entra dans la caniére mili- 
taire en décembre 1791 , se lit bien- 
tôt connaître par ses lalens et par sa 
bravoure. Nommé général de brigade 
en I 79G , général de division en ) 800, 
il fil avec une rare disliii'-tion toutes 
les campagnes de la républiqu.e et de 
l'empire , iiolamment celIed'EgypIe, 
prit une part ;;Ioricuse à ta retraita 
de Slostou. Après a*oir opposé pen- 
dant les cent jours une vigoureuse 
résistance aux progrès de l'iiMasion , 
cerné par les Russes , il envoya sa 
soumission à Louis Wlll, fut ar- 
rêté en 1855, cufermé à l'Abbaie . 
remis en liberté et porté sur le cadre 
de disponobiliié en iSiS. Pair de 
France il combattit avec ardeur les 
principes contre - révolutionnaires. 
Envoyé en 1 33o anib.vssadeur en Bel- 
gique , ce fut à son activité que 
liruxelle? doit de ne pas être tombé au 
pouvoir des llallaniïaisrn août iSôi. 
Il mourut dans cette ville , frappé 
d'une apoplexie foudroyante, le a8 
janvier i83t. 

BELLOVESE fut le premier chef 
gaulois qui i'ranchit les Alpes. Il défit 
les Toscans sur les bords du Tésin , 
remporta plusieurs autres ticloires 
sur ditrérens peuples , et alla foiidt-r 
la ville de îlilan dans un marais ap- 
pelé le champ des Insubriens, d'où la 
multitude qu'il avait amenée se ré- 
pandit dans le pays des Libuens, où 
sont maintenant le» villes de Brescia 
et de Vérone. De r.ouvcUes émigra- 
tions de Gaulois étant accourues au 
bruit de ses succès, elles allèrent 
successivement sons sa protection 
s'établir dans l'Elrurie , dans la Li 
gurie et jusqu'au pied des Apeuniiis. 
Bellovès» régna long-temps en paix 



BEL 



90 



BEL 



ftUf ces fertiles conlièes , que dés lors 
nu appela la Gaule cisalpine^ et ce 
ne fut qu'environ deux siècles après 
celle invasion, que Brennus , l'un de 
ses suceeàseurs , pénélra JLisqu'à 
Rome. Ou plare rélublisseiutiit de 
jïellovèse dans la Gaule cisalpine à 
l'an 164 de Rome, 5go avant J.-C. 
C'est par son secours cl avant qu'il eût 
franchi les Alpes, que les Phocéens 
avaient fondé la ville de Marseille ^ 
Tile-Live fait le récil delà fondation 
de celte ville puissante. 

BELLOY (Jbin-IUptistf. ou), car- 
dinal, né le 9 oclnbie 1709 , à Ma- 
■ rangle, dut à l'espril de douceur et de 
modéralinn qui le distingua pendaul 
sa longue carrière, le choix que la 
cour lit de lui pour remplacer mon- 
sieur de lîWzunce, èvêque de Mar- 
seille, dont le zèle outré avait rendu 
radmiiiislration liès-orageuse ■ il se 
retira à Chambly à IVpoque de la 
révolution . et l'on aime à croire que 
son asyle fut protégé par le souvenir 
de ses vertus. A l'époque du concor- 
dai il Gt le sacrifice de j-on litre, pour 
on hâter la conclusion. Elevé au 
siégede la capitale, en 180a, ily 
porta la sinq)|ieité de ses mœurs, et 
la réunion des vertus épi,*ropales , et 
mourut presque centenaire, le 10 
juin 180S. 

BELLOY ( Pierre-Laurest BUÏ- 
RETTE de ), de l'académie fran- 
çaise, néù Saint Flour en Anver};ne, 
le 17 novembre 1727 . mort à Paris le 
5 mars 1775. ]la fait représenter en- 
tre autres tragédies , U Siège de Ca- 
lais , Ga&ton et Bayard , Gabrielle de 
Fergy, et Pierre te Cruel. La chute de 
celle dernière tragédie , qui depuis 
se releva , l'alTeeta si vivement qu'elle 
précipita la fin de ses jouis. Malgré 
l'entlure et rincorreclion de son 
sljle , il a obleitu pendant sa vie une 
réputation que sa mnrt n'a pas en- 
core éteinte : la passion de cet écri- 
vain pour l'héroïsme frnn(^ais suppo* 
«ait une âme élevée , et semblait pro- 
mettre an public un poète national 
désiré depuis long-temps. Le prc- 
mier du moins il a donné à ses con 
ficres l'exemple de puiser leurs mi 
jets dans l'histoire de sa nation. 
BKLSUNCEdcCA&TliL MORON 



(Hesri-FrasçoïsXatïerde) , né le 4 
décembre 1G71, au chàleau de ta 
Force en Perîgord. Devenu évêque 
dp Marseille eu 170g . il retraça , du- 
rant la pe*le qui dé,>iula celle Tille en 
1720 et 1721,1e zèle et la cbarïle 
dont saint Charles Borromée lui avait 
donné un si bel exemple dans la p-sle 
de Milao. On le voyait au plus fort de 
la contagion allant de rue en rue, 
portant les secours spirituels et tem- 
porels aux lualades , eurourageant 
par son exemple encore plus que par 
ses discours , et se> coopéraleurs , et 
les magistrats, el les nûliiaires dé- 
voués à celte o'uvre héroïque , à s'v 
consacrer sans réserve. Sa conduite 

néreuse en celle occasion fait le 
sujet d'un petit pr.ème de fen Mille- 
Toje, intitulé : Behunce ou ta peste 
de Marseille. Avec une pareille ànie 
ou est surpris autant qu'afllïgé de snii 
zèle exagéré au sujet de la bulle Uni- 
genitus. Le régent n'ayant jamais pu 
le ramener à des »eu|iniens plus p:t- 
ciilques , disait un jour en sortant 
d'une conférence avec lui : < Voilà un 
saint qui a bien de la rancune ! >iil 
termina sa longue carrière le 4 juin 
1755. Un héroïsme aus.si grand fait 
excuser bien des torts. 

BELZONI{Je\s-[îaptistb) . célè- 
bre voyageur , né à Padoiie en 177S, 
parcourut le monde d'abord en aven- 
turier. Ce qui le lit tirer de la fonh: 
des cosmopolites, c'est l'engagement 
qu'il contracta avec M. Sait, consul 
anglais , pour enlever l'énorme buste 
colossal en granit rouge représentant 
Alemnotn le jeune , qui gisait à moitié 
enseveli dans les sables sur les bords 
du Nil , et qui orne aujourd'hui le 
musée Britannique. Encouragé par le 
succès, il remonta le Nil jusqu à l'en- 
trée de la Nubie , et déterra le su- 
perbe temple d'Isamboul. Plus tard 
il pénétra dans ladeuxième pyramide, 
et signala son séjour en Egypte par 
des feuilles, des recherches et des 
expéditions dont quelques-unes fu- 
rent un jeu pour lui. En 1819 , il 
passa en Angleterre, et y rédigea 1;» 
relation de ses voyages, qui parut à 
Londres à la (în de i8ao, et dont 
M. Deppina a donné une traduction 
S0U3 ce titre : y<nages ri\ Egypte 



BEM 

<n jVude etc. Paris iSil. jinl. iii-8'>, 
avec uu allas. Non ruiilent d'avoir 
tant fait pour sa gloire , il rnireprit, 
sur un plan plus tasi» que ses drTan- 
ciers , un voyage en Afri<^ue , niai^ 
des seftpreniier<( pas, la di^scnterie Iv 
for<;a de rétrograder ; il arriva Inui 
épuisé à Gato , où il expira en de 
cembre iSaô, ne laissant guère à sa 
Teuve que la gloire de son nom. 

BEMBU (l'ietBE) cardinal, l'un 
des plus célèbres auteurs Italiens du 
16^ siècle » né à Venise le 90 mai 
1470 , mort le 18 jantier i5i7, coni 
blé de Tavpurs par Léon X , à la uiort 
de ce pape . se retira à Padouc , par- 
tagé entre la culture de ses lettres et 
le commerce de ses amis. £n iSsj. 
il fut cboî&i pour continuer l'iiisloire 
de Venise . et nommé tu même Icms 
bibliothécaire de Sl.-Marc. Ilestau- 
rateur du bon stvie dans 1 1 langue 
Italienne , son mérite littéraire a tte 
uniïcrs»îllcnient reconnu, même pen- 
dant sa Tie. Ses riinet^ pour l'élégance 
et la purelé de la langue, sont mises 
au premier rang après celles de Pé- 
trarque. Ses (élire volgari ont eu 
plusieurs éditions , et ses poésies la- 
tines sont pour la plupart aussi in- 
pénieuses qu'élégantes. Son amabi- 
lité et Ils grâces de soD esprit et de sa 
conversation égalaient ses talens. 

BÊ.ME ou BES)IE. ainsi surnommé 
parce qu'il était Bobémicu de nais- 
sance , et dont le Térilable nom était 
DittnQwiti . fut élevé dans la maison 
du duc de Guise, et eut la principale 
part au meurtre de l'amiral de Coli- 
gny , dont il jeta ensuite le corps par 
la fenêtre. Voltaire le cite dans le se- 
cond chant desa Ilenriade. Bémeful 
pris parles protestans en Saintonge 
l'an 1575, et les Rocbeloi; voulurent 
racheter pour le fjire écartclersurla 
place publique de leur ville ; maisils 
proposèrent ensuite son écbauge 
contre Monlbrun, chef des protes. 
tans du Daupbiné , dont le parlement 
de Grenoble instruisait le procès. Cet 
►change n'eut pas lieu. Mont brun fut 
misa mon, et Céme ayant corrompu 
un soldat s'eufuilavec lui. Berlau- 
ville, gouverneur de laplaae oij Bénie 
avait été di'Ieuu, courut après eux. 
J.c soldat n: l'atteudit point , nais 



1 liEN 

Bëroe lui lira un coup de pistolel en 
lui disant : • Tu sais que je suis un 
mauvais garqon. — Je ne veui plus 
que lu le sois, répondit Berlauville.i 
bt il lui passa sou épée au travers le 
corps. 

IIENADAD , roi de Syrie. Il se joi 
gnil a .\za . roi de Juda , pour com- 
baiire Baasa , roi d'Israël . qu'il força 
d'ab.nidonMpr Kama , que ce prince 
faisait forlirier. L'Ecriture fait «ncore 
mention de deut perronna:es de ce 
nom. Le premier, lils et successeur 
dn précèdent, déclara la guerre à 
Aclub , roi d'Israël , qui le défit et 
lui tua cent mille bonuiies. Après une 
pjix de pende durée, Benadad re- 
prit les aimrs et tua Achab. Etant 
tombe malade, il fut étranglé par 
llazaël , qui se lil déclarer roi à sa 
place , l'an du niunde 5ijo. Le se- 
l'und , Gis de ll.vsaél . fut vaincu plu- 
sieurs ftils par Joas . roi d'Israël. 

BUNIIAIL, l'un des premiers sei- 
gneurs de la cour de Jusapbat , roi 
d'Israël. Ce prince l'envoya dans plu- 
sieurs villes de son royaume pour y 
répandre des lumières , et tirer le 
peuple de l'isnorance. 

BENJAMIN , dernier fils de Ja- 
cob et de RacLel , qui mourut en lui 
donnant le jour. Joseph ayant reconnu 
«es fières, que Jacob avait envoyés en 
Egypte pour y acheter du blé, exigea 
d'eux qu'ils lui amenusseni Benja- 
mio , et retint Siméon en otage. Ben- 
jamin élanl arrivé , Joseph donna uu 
sraiid festin , après lequel il fit ca- 
cher la coupe dont il s'était servi 
dans !e sac de blé destiné à Benjamin. 
Aussitôt apri.-s leur départ, l'inten- 
dant de Joseph lit courir après eux les 
accusant d'avoir volé la coupe de son 
maître. Ils nièrent tous ce crime , et 
consentirent à ce que le coupable de- 
meurât prisonnier. La coupe a>anî 
élé trouvée dans le sac de Benjamin, 
ses frères , pour épargner une dou- 
leur aussi cruelle à leur père . s'olTii- 
renta sa place. Joseph ne pouvant 
plu? retenir ses larmes , se j cla au cou 
de Eeujamin et se découvrit à ses frè- 
res. Benjamiu, après avoir donné son 
nom à la plus petite des douze tribus, 
mourut âgé de cent onie ans. 

BENOIT (St.), foud«leiir des or- 



BEN 

(lies monastiques en Occident , né 
en 480, dans le duché de Spolèle , 
d'une farai'ile ricbe el illustre, quitta 
le monde dès l'âge de 17 aos 
lira d'abord dans le désert de Subi- 
ako , puis au Mont-Oa.-sin , où il 
élera un vaste monastère devenu de- 
puis le berreau de presque tous les 
ordres religieui de l'Europe , l'a- 
»yle des précieux restes de l'aoli- 
quilé où il mourut le 31 mars 543, un 
au après celte célèbre entrevue avec 
Totila , dans lequel U noble hardiesse 
d'un humble leliriieux imprima le 
respect au conquérant barbare. La 
règle de St-BennU , plus humaine et 
plus raisorinable qu aucune de celles 
quïl'avaient précédée dans les autres 
parties du monde , adoptée par la 
plus grande partie des ordre? reli- 
gieui de l'Europe , est regardée com 
me la plus parfaite des rèj^les monas- 
tiques. 

BENSERABEjIsiic DEudelaca- 
demie fmnraise , ué à Lions en Nor- 
mandie en 1613, mort à Paris en 
16g I. Bel-esprit redouté de son lemp! 
par le talent qu'il avait de rallier avec 
asscK ue finesse , quoique la plupart 
de sesêpiçrammes ne fussent que des 
jeux de mots. Ou a deux volumes de 
ses vers, snns y comprendre sa tra- 
du'-tion bizarre des Métamorphoses 
d'Ovide en rondeaux, pour laquelle 
Louis \IV lui donna mille louis. 11 
excella surtout dans les vers des bal- 
lets qu'il fit pour la cour , avant que 
l'opéra fût à la mode. Il y eut deux 
partis , les jobelins et jet uraniens , 
eur son sonnet de Jnb , et celui d'C- 
ranie par Voilure ; ils partagèrent la 
ville et la cour, et tirent tan I de bruit 
que le grand Corneille s'écria plai- 
aamment : 

Pour deux méehans sonnets on de- 
mande ; Qui vive ? 
Saneçai nous a asse« bien peint Ben- 
-erjde dans les vers suivans: 

O bel-esprit eut Iruù taleos di 

xen 
Oui irouieroDt l'avenir peu cré- 
dair : 
De plaisanter les (;rand» il ne lit 
point scrupule , 
Saus qa'ililtprineDi de travers; 



2 BEN 

Il fut vieux et galant saos être 1 

dicule , 
Et s'enrichità composer des Tel! 

BENTH AM (JtBÉniB), célèbre juri^ 
consulte ang'ais , né à Londres m 

1747 , mort à Westminster le 6 juin 

iS3i, à l'àge de 83 ans. Entre tous 
ses ouvrages qui ont été inspirés par 
la plus pure philanthropie , on doit 
distinguer son traité de législation ci- 
vile et pénale , 5 lol. in-8°. Paris, 
1S03 , mis en ordre par son ami mon- 
sieur Dûment , dinsi que la theoris 
des peines et des récompenses, 2 vol, 

u-S" , 11, qui est le chef-d'œuvre de 

ret auteur. 

BEMIVOGLIO { Gri ) , le cardi- 
nal. S'est rendu également célèbre 
dans la double carrière des lettres et 
des emplois publics. Issu d'une fa- 
mille illustre, il naquit à Fcrrare en 
1570. Une éducation trés-soîj:née dé- 
veloppa de bonne heure ses talens 
naturels, et dès l'àge de iS ans il fut 
chargé auprès du pape Clément VIII 
d'u'ie négociation dont le succès lui 
mérita la faveur de ce pontife. Ap- 
pelé à la cour de Rome, accueilli 
dans cette capitale par tout ce qu'elle 
réunissait d'hommes distingués par 
leur caractère et par leurs places , il 
fut en 1607 nommé a la noiiciaitire 
de Flandre : il la remplit jusqu'en 
161Ô , époque où il passa à celle de 
France. Cinq ans après Benti^oglio, 
nommé cardinal , retourna à Borne, 
où il fut nommé évêque 'de Terra- 
cine. L'eslime générale que ses fer- 
tus et ses talens lui avaient acquise 
scrabisit le designerpour succéderau 
pape Urbain Vlil son ami ; mais en 
entrant au conclave il fut attaqué 
d'une maladie qui le conduisit au 
beau le 7 sepiejubrc i64i. Il a 
Ijissé une histoire des guerres civiles 
delà Flandre, des Mémoires et des 
Irilres. M. Biagioli a publié de ces 

Tniéres une édition très-correcte, 

Paris, 1S07. Nous avons plusieurs 
autres personnages célèbres du même 

m dans les lettres rt dans la car- 
rière des armes. 

BENTLEY (Bicn.nti; , le plus cé- 
lèbre critique de l'AiIglelrrre , né «u 
i£6i , mort en 1743. On lui doit des 



BER S 

observations eritiiiie» sur les deux 
prenïièrfts com^clifs d'Ari^topliane , 
une éclilion de Tiiriire cl «te l'Iièdre, 
cl du Paradit perdu àe Millon , atcc 
des notes. Sa répulalion s'élendll tel 
lement dons tout le monde satant , 
qu'il ne se (ît en Europe durant «a 
Trie presque aucune édition nouvelle 
d'auteurs anciens que les cdileursne 
('adressassent à lui. Son neveu Bcntiry 
iTliOinas) est auteur d'une roniedie 
des Soultaiig , représentée en lySa. 

liKl'.ÉMCK. On en compte six : 
j. Béninire , lille de Plolénne Pbila- 
delphe , et femme d'Aiitioclius , roi 
de Svrie. Elle fol -étraniiléc l'an SiJS 
arani J.-(^, par les ordres île I.^iodi- 
cée, aiilre femme d'Anlioclius qu'il 
avait répudiée el reprise. 3. Bêiénice, 
veuve de Ptoléméc Evergéle , roi 
d'Egypte. Ayant consacré sa cheve- 
lure à Vénus Zépliiride, on en lit une 
constell.iiiou appelée encore aujour- 
d'hui chevelure de Bérénice. Son lils 
Ptoleniée Pliiiopator la ût mourir aiïi 
ans aiant J.-C. , et en même temps 
un frère qu'elle avait. 3. Bérénice, 
fille dePinlémée Aulétès. Elle lit dé- 
poser son père el luer son mari Se. 
leucus pour épouser Archélaùs, pon- 
tife de ('omane. Elle-même lui mise 
à mort 55 ans avani J.-t;. 4. licVcin'ce, 
nièce d'Ilérodele-Grand el l'einiiie 
d'ArisInbulc, lils de ce prince. Elle 
se rendit complice de la morl de son 
mari et épousa Thaudion , autre fiU 
d'fiérode. 5. Bérénice de Chios, l'une 
des femmes de Milliridale Eupator. 
Ce piiuce ayant élé défait par Lucul- 
îus, et craignant que ses femmes ne 
tombassent entre les manis de l'en- 
nemi , les fil toutes mourir l'an 71 
avant J.-C. 6. Bérénice, (illed'Agrippa 
l'ancien el soeur d'A^rlppa le jeune , 
tous deux roi des Juifs. Après la 
mort d'IIérode , son oncle cl sou 
mari, elle épousa Poléinon , roi de 
Cilicie , et le quilla pour retourner à 
ton amant, sans respect pour sa ré- 
patation , que Juvénal n'épargne 

Ïioint. C'est celle même Bérénice qui 
ut aimée de l'empereur romain , et 
qùîa fourni à Racine le sujet de la 
tragédie de Bérénice. 

BERGiSSE ( NicoL.»s) , né à Lyon 
eai75o, se distingua dans la profcs- 



5 BER 

sion d'avocat, d'abord dans sa ville 
naiale , puisa Paris , où sa luiie con- 
tre Beaumarchais , dans l'alfaire Kor- 
neniann, au;;menta sa réputation. 
Député en 17S9 , il te montra parti- 
san modéré des idées nouvelles, parla 
peu, assista rareoieiil aux séances, et 
quilla la chambre des Elections de la 
itïéme année. Incarcéré en 1793, il 
ne dut la vie qu'a la morl de Robes- 
pierre. Dipui? celle époque , il vécut 
dans la retraite , occupé de travaux 
poliliques littéraires, reçut en iSiS la 
visite de l'empereur Alexandre , re- 
fusa de le suivre en Russie , el mou- 
riità Paris le 37 mai |83>. 

Itl':i'iGE(i.E BiRox FiiAxçnis) lien- 
lenaul général d'artillerie, prand of- 
ficier delà léfïion d'honneur, né à 
liollioure le premier mai 1779 , un 
lies premiers élèves de l'Ecole Poly- 
technique , fit les campagnes d'E- 
gypte , parcourut successi\en>ent les 
grades Miballernes , colonel en 1808, 
général de brigade en i8i5 , se dis- 
tingua dans les e.impagnes de Prusse, 
de Pologne et d'Esp.igoe , et mourut 
à Paris le 18 avril i832 , inspecteur 
général el membre du comilé consul- 
latird'artillerie , avant d'avoir accom- 
pli sa Sa' année. 

BERGERAC (CYRANO de ) , né 
dans le Périgord en >6ao, mort en 
iG55 Ses ouvrages sont défigurés par 
des équivoques el par des pointes ; 
mais ce qu'ils ofi'reiil de plus remar- 
qua!>le , c'est qu'ils ont fourni à Fon- 
tinclle, an docteur Swift , à Voltaire 
el à Molière même , plusieurs idées 
dignes d'avoir élé mises en œuvre par 
ces hommes supérieurs. On lit encore 
avec plaisir son Voyage dans la lune 
et sa comédie du Pédant joué , assez 
plaisante pour le l*-mps. Il est à croire 
qu'il eût acquis une réputation dis- 
tinguée s'il ne fût pas mort à trente- 
cinq ans. 

BEIWARn (Si), fondateur d'un or- 
dre célèbre dans régli>e , né en 1091, 
en Bourgogne, de parensnobles, dont 
les services iniportans pouvaient ou- 
vrir à son ambition la plus brillante 
carrière. La retraite et l'élude eurent 
plus de charme pour lui et lui firent 
préTérer la vie religieuse. Premier 
abbé de Clairvaus , il ne larda pas à. 



BER 



94 



BER 



j-enHre ce monastère célèbre dans le 
monde cbrë lien. Cou^iillë de loules 
parts comme un oracle, il prit j^art 
aux événeniens les plus inipurtans de 
ton temps, prêcha la croisade dont le 
maurais succès ébratila un peu Sun 
crédit. 11 exerça sur son siècle une in- 
lluence extraordinaire , tant p.ir ses 
prédications que par se» ouvrages , 
dont la liste seule serait trop longue à 
donner dans ce Diclonnairc; et mou- 
rut le ao avril 1 155 , dans la 65* an- 
née de son âge , épuisé par ses austé- 
rités et par ses Iravaut apostoliques, 
après avoir fondé en France, eu Al- 
lemagne et en Italie cent suiiante 
maisons de sou ordre. 

BEBNaRD ( l'iE»r,E Josepb) , né 
en 1710, mort à Paris le 1 novembre 
1775, Outre ses poi-sies b-gères , qui 
le firent appeler gentil liernard p.ir 
Voltaire , son opéra de Casior et Pol- 
lux ajouta beaucoup usa réputation. 
Son poème de l'^rl d'aimer a été ins- 
piré par les Grâces : le génie de Ber- 
nard porte l'empreinte du siècle où il 
a vécu , c'est à-dire d'un siècle d'a- 
grément, de frivolité et de luxe. Sa 
pbilosopbie est celle d'Épicure et 
d*Anacréon. Aucun de nos poètes ne 
l'est plus rapprocbèque luide la ma- 
nière d'Ovide ; il en a les défauts et 
les beauté!^. — Bernard ( Samuel ) , 
fils d'un peintre-graveur, fut l'un des 
plu.o célèbres trait. iiis enrichis sous le 
ministère de (b.vinillard. Sa fortune 
s'élevait à 33 millions de capital: il 
en fit un très-noble n«açe ; il prêta 
de l'argent à Louis \IV et à Louis 
XV, et fut très-bienfaisant envers les 
iiidigens.il mourut en i-ôgà qua- 
tre-vingt-huit ans. Une parente des 
deui Corneille et de Fonlrnelle , 
Catherine Bernard, a fait les tragédies 
de Lttodamie et de Brulut. Elle fut 
pensioiuiaire de Louis XIV. Plusieurs 
autres personnages distingues ont 
(.'Orté le nom de Bernard. 

KERNABD de MENTllON , né en 
935 dans le voisinage d'Annecy , s'est 
rendu recominandable par les deu 
hospices appelés de sou nom le grand 
cl le petit Saint-Kernard , qu'il lit 
établir à ses frais, et où depuis 900 
ans les voyageurs trouvent un asile 
assuré contre les dangers que leur of 



fre le passage des Alpes dans la sai- 
son la plus rigoureuse de l'année. 
Delille a consacré plusieurs versa ot- - 
lébrer l'admirable instinct des clii' 
du mont Saint-Bernard , qui voi 
la découvertedes malheureuxprés 
périr. Saint Bernard de Mentlion Itr- 
mina sa carrière à Navarre, le 2S 
mai 1008. Sa fête est célébrée le 1 .v 
juin, jour qu'il fut enterré: ! 
amis de l'humanité lui conserver^ 
un souvenir éternel. 

BEP.XARnÈS DIEGO, l'un des 
plus grands poètes portugais . mort 
en i5(iC. La douceur et la mélanco- 
lie caractérisent son talent. C'est dans 
l'idvlle qu'il s'est le plus distingué: et 
les Portugais le nomment leur ïhéo- 
crite. 

BERNARDIN DE St. -PIERRE 
( J.vcQCES-ElB.tRi ) , membre de l'ins- 
titut , né au Havre en 17Ô7 , mort à 
/Eragny près Pontoise , en lSl4» 
après diverses a>rnlures , publia en 
1770, la relation de sou voyagea 
l'Ile-de-France, qui fut son coupd'es- 
ai dans la carrière littéraire en I7>4> 
ses è:udes de la nature en 1788 , son 
joli roman de Paul et Virginie , et 
plus tard ses Uurmonies de ta nature. 
Louis XVI l'avait nommé en 179s , 
intendant du jardin des plantes, place 1 
que la révolution lui lit perdre, il. Ai- 
Qié-Marlln a publié une édition des 
œuvres compleltes de cet auteur jus- 
tement placé au rang des meilleurs 

rivains français, iSiS — 30, 13 vol. 

•8 , Gg. 

BEl'.MER (Frjxçois), dans le 
siècle brillant de Louis XIV . se dis- 
tingua également comme philosophe 
et comme voyageur. Son mérite sous 
ce double rapport était encore re- 
haussé par les grâces de son esprit et 
de sa personne. Tant d'avantages lui 
procurèrent de son vivant une grande 
célébrité qui lui a survécu en partie. 
Si on ne lit plus ses Traités de /ilii/oio- 
pliie , ses ro^uje» sont toujours fort 
estimés. H fut recherché par les per- 
sonnages les plus illustres al les plus 
distingués de son temps. Né à .\d- 
gers , il étudia la médecine, se lirra 
ensuite à son goill pour les voyages , 
pas.<a en Syrie, se rendit en Egvpte, 
et résida douze ans dans l'Inde. 11 



BER c 

»i»ita l'Anglrlcrio en iC85,flmoii- 
rul à Pari», le a» septinilire ifiSS. 
Plusieurs autres pcrsoiiuages dii^lin- 
gués oui porté ce nom. 

BËRNIM ( fill.TANM I-ORKNIO ) . 

dit le cavalier Hcrniin. Cet arlisie cé- 
lèbre , <iui rcDiplil le dixseplièine 
siècle de sa reiioniméc et Homn de 
ces niiTrapes, fol à la fois peintre, 
statuaire et arcliilicte ; c'est surtout 
en cette dernière qualité qu'il nurit;! 
sajréputation. Louis XIV le lit venir 
à Pari», et le cnnibla de caresses et 
de présens. Il mourut le aS nnTeiii- 
bre iCSo, à rà(;c de quatre-vingt- 
deux ;ins. 

lîKiAIVIS ( FrançoisJoachim m 
PIKl'iKK , comte de ) , de l'académie 
franc;aise , né le 23 niai 171Ô , à 
Saint Marcel de l'Ardcclie , mort 
cardinal à Rome, le i novembre 
1794.5.1 réputation littéraire , .«an< 
le placer à un rang liès-élevé , est 
pour sa mémoire un titre d'honneur 
plus recnmniand.il)le que toutes les 
dignités dont il fut revêtu après avoir 
lutté lons!-temjis contre l'icifortiine. 
Nous ne parlerons pas de sa carrière 
diplomatique , elle est trop récente 
et appartient à peine à l'histoire. Il 
a fait daus ses poésies un usage trop 
fréquent de l'ancienne mythologie, 
et dans son poëme dts Saisons il a 
entassé les tableaux les tins sur les 
autres. Voltaire l'nppelait Babet la 
bouquetière , et d'Aleiuheit disait 
que si l'on coupait les ailes au Zé- 
phirs et aux Amours , on lui coupe- 
rait les vivres. Son poëme de la lUti- 
gion vengée , publié après sa mort 
n'a point eiracê le poè'me de Racine 
le fils .sur le même sujet. Sa corres- 
pondance avec Voltaire , publiée en 
179S , doit a'iouler à sa réputation. 
Son épître à ses dieux pénates , celles 
qu'il a adressées au duc de IViver- 
nois , à Duclos , lui assignent à quel- 
que distance de Gresset un rang fort 
honorable encore parmi les poètes 
qui ont eu plus d'esprit que de gé- 
nie. 

BER^'OUILLI. Ce nom , illustré 
par quatre grands géomètres , est ce- 
lui d'une famille qui olFre une suc- 
cession d'hommes instruits , jusqu'à 
I préstnl unique dans les fastes de la 



5 BER 

science. Unit de ses membres, dan<» 
l'espace iVuu sièi-le , ont cultivé an 
moins avec distinction diverses bran - 
rhe» des raalliémaliques. Celte fa- 
mille établie originairement à An- 
ver* fut obligée de s'expatrier pour 
cause de religion , sons le gouverne. 
ment iln duc d'Albc : elle se réfngi,! 
d'abord à Francfort . et passa ensuite 
à llàie, nù elle parvint aux première» 
pl.icesde la république, i. Birnotiilli 
(Jacques), né à liàle le j3 décem- 
bre ]G54,mort le itiaoût 1705, âgé 
de cinqu,inte . lin ans. 3. BernouiUi 
(Jean), frère du précédent, né à 
liàle le J7 juillet 1G67, mort dans 
la même vil le le premier janvier 1748. 
5 .Uernoiiil/i ( Nicolas) , né à Râle le 

10 octobre 1C87, mort le 29 no- 
vembre i-5g. i. Bern>u!lli (Nicolas), 
ne à Bâle le J7 janvier 1695 , fils aîné 
de Jean , mort à Pétersbouig le î6 
juillet 1726. f. Bernoui»; (Daniel) , 
second fils de Jean , né à Grnnîngiie, 
le 9 février 1700 . mort à Bàle le 17 
mars 1782. 6. BtynouilU (Jean), fière 
de» deux précédéns , né à Bàle . le 
iS mai 1710 , y mnurut le 17 juillet 
1790. -j. BernouiUi (Jean) , fil» du pré- 
cédent , né à Râle It 4 novembre 
1744, mort à Berlin le i3|uiilel 1S07. 
8. Enliii , BernouiUi ( Jacques ), frère 
du précédent, né a Bâie , le 17 oc- 
tobre 1 75g , mort à trente ar.s par un 
coup d'apoplexie en se baignant dans 
la \iTa , le 5 juillet 1789. Les ouvra- 
ges de pliilosophie , (l'aslroiioniie et 
de matlumatiques , publiés par cette 
savante famille , sont en très-grand 
nombre. 

BÉRODACn BALAOAX, fils de 
Baladan , roi des Babyloniens. Ayant 
appris la guérison miraculeuse d'É- 
zéchias , roi de Juda, il lui envoya 
des prèsens et des lettres de félicita- 
tion . l'an du inonde 2292. 

BÉROSE , astronome cbaldéen , 
dont Pline parlecomme d'un homme 
très-distingué , et à qui les Athéniens 
avaient élevé une statue dont la lan- 
gue était dorée , en reconnaissance de 
ses belles prédictions. Vitruve dit 
qu'il quitta la Ch aidée pour oUTrir 
une école à Cos. patrie d'Ilippocrale. 

11 y enseigna l'aslrononiie et forma 
plusieurs élèves qui acquirent de la 



BER 



célébrité. Plularque parle de Bértise 
On ignore l'épotine précise de sa nais- 
sance et de sa mort. 

BERQUEN ( Locis de ) , né à Bru- 
ges dans le quinzième siècle. Le ba- 
zard lui lit découvrir, en 1476 , le 
moyen de tailler le diamant. Il était 
jeune et ignorait enliéremeut les se- 
crets de l'art du lapidaire. Keniar- 
quant que deux diamans sViitamaieut 
lorsqu'on les IVottait l'un contre l'au- 
tre , il prit deux diamans brut» , et 
Jes aiguisant y forma des facettes as- 
sez régulières. Ensuite , au moyeu 
d'une roue qu'il avait imaginée et de 
la poudre de ces mêmes diamans, il 
acheva de leur donner un poli com- 
plet. Ceprocédefut perfectionné dans 
la suite , mais Berquen n'en a pas 
moins droit à la célébrité due auj 
auteurs d'inventions utiles. Son pe- 
lil-lils a écrit sur les mericilles des 
Indes Orientales et sur l'orfèvrerie. 

BERQU1N( Aksicd), né à Bor- 
deaux, vers Tan 1449 , mort à Paris 
le 11 décembre 1791. Il a fait des 
idylles, des romances clrarn:antes, et 
a mis en vers le Pygmaiion de J.-J, 
BoU!«eau: mais il est surtout connu 
par son ouvrage intitulé : l'Ami des 
enfans , qui obtint eir 1784 le prix 
décerne par l'académie française à 
l'ouvrage le plus utile qui eût paru 
dans l'année. Berquin aimait beau- 
coup les enfans, et se plaisait avec 
eux; c'est .«ous ce rapport que M. 
Bouilly l'a mis en scène au théâtre du 
Vau-levllle. L'^mi des eufann , doni 
Berquin a imité une grande partie 
dans les ouvrages allemands de M. 
'Wciss, a eu beaucoup d'éditions et 
de tous formais, 

£EKKY. Plusieurs princes français 
eut porté ce nom : 1. Berrj ( Jean , 
duc de ) , troisième fils du roi Jean 
etde Bonne de Luxembourg, né au 
cbàteau de Vincenues le ôo novembre 
i34o, et d'abord appelé comte de 
Poitou. Il se trouva à la bataille de 
Poitiers , où «on père fut fait prison- 
nier , et fut donné en otage aux An- 
glais, par le traité de Breiigny; il de- 
meura neuf ans en Angleterre. Il ob- 
tint ensuite le gouvernement du Lan- 
guedoc . que Charles VI ne tarda pas 
à lui ûler « cau;i: de ses vexaliouj el 



96 



BER 



de sa dureté. Sa vie ne fut qu'un tis.Hi 
d'inconséquences , de profusions et 
d'injustices. Il mourut à.Paris le i5 
juin i4i6. a. Ben-j (Charles ,ducde), 
troisième (ils de Louis, dauphin de 
France appelé le grand dauphin, et de 
Marie-Christine de Bavière, né le 5 1 
août 1686. Son esprit n'avait rien de 
brillant . et il avait uo sens pins c!rn:t 
qu'étendu, mais il était eomr ' 
sant , accessible , aimaut la jn- 
el la Térité. 11 mourut au i-bàteim 
Marly le 4 mai 1714, à îS ans. Pu- 
sieurs rois de France, entre auln s 
Louis XVI, ontporlé le litre de .In 
de Berryavantde monter sur le iiV: 
3. Ben-y (Charles-Ferdinand, du. i 
second Gis de Charles. Philippe, en 
d'Artois , et de Marie-Thrérèse .l.j 
Savoie , né à Versailles le 14 janvier 
177S, assassiné par Louvel le i5 I'.- 
vrier iSao. Son cœur fut noble elgc- 
uéreux ; la bravoure la plus brillante, 
la plus loyale chevalerie, Icutes les 
grâces de l'esprit accompa^aient en 
lui une bienfaisance sans bornes et 
la plus ingénieuse charité. Son agonie 
l'a rendu immortel, et ne permet 
pas de se souvenir de quelques torts 
d'élourdericei de vivacité qui lui ont 
été reprochés beaucoup trop amère- 
ment. ' 

liERTAUD (jEts), évèque de j 
Séez, né à Caen l'an i£5a , mort le 
8 juit» 161 1 ; l'un de ceux qui sauvé- '■ 
rent la langue françai!«e du naufrage ' 
dont le galimatias pédantesque de 
lîonsard semblait la menacer, et qui ' 
lui conservèrent soti génie. On a de ' 
lui des. poésies chrétiennes el profa- 
nes, des cantiques, des chansons , 
des sonnets et des psaumes. Quel- 
ques-unes de SCS «lances ont de la fa- 
cilité et de lélégance ; les derniers 
vers de l'une d'elle» .sont encore dans 
la bouche de tout le monde : 
Félicité p.issée 
Qui ne peux reTenir, 
Tourment de ma pensée , 

Que n'ai-je en te perdant perdu le j 
souvenir ! . I 

BERTIIE ou BERTRADE, nile 1 
de Caribert, comte de Laon , fut sur- 
nommée BrnTnr.au giandpicd, parce i 
qu'elle eu av.iil uu plus grand q.i' 



BER 



97 



BER 



l'olre. £IIe épousa Prpin-le-Bief 
etful'leirt a»»c lui sur le trône 
]oj'sr|u'îl rei^ul la couronne à Sois- 
sons, en 701. Berthe aiait un earac 
Irrc dou< el allablc : campagne de 
son époux dans sfs Tovages * t ses ex- 
pcdilious , elle lui «ervil souveul de 
conseil. Elle fu( mère de six eiifans, 
et cuti5<Tra un&grande influence sur 
les rois d'AusIrasie et de .\eustrie ses 
fils; il ne fallut p.is moins que son 
adresse pour em|>èefaer leur mésin- 
telligence d'éclater. Klle mourut a 
(iboisyen 7;o,etrul enterrée à Saint- 
Deuis auprès de son époux. L'ne lille 
de (iharleiuagne . une de Pépin I , 
roi d'Aquitaine , la lille de Lolbaire , 
roi de Lorraine , el quelques aulres 
prinressc» por^rent aussi le nom de 
ÏJerfAe. LVxpre&sion proverbiale itj- 
lienne : Jl tempo ehe Berta filava { au 
temps que Berthe ûlait ) , tient de 
celte qui régna en Toscane , et mou- 
rut en gjS. Son tombeau se voit en- 
core a l.ucques. 

BEUTIIIER ( Alïiuwdiie ) , né i 
Versailles le 20 novembre 17ÎÔ, fut 
oRieierdu génie et lit les guerres d' A 
mérique. Il suiiil Napoléon en Italie, 
en Ee>pte., en AHemague, en E»pa 
pne , el partout il lit preute d'uni 
grande inlellifjeoce comme chef dé 
lal-major; c'était son principal ta 
lent, el Napoléon sut l'emplnjer; il 
je combla d'honneurs et de bienfait;; 
Bcrlliier devint son bras droit. lise 
jeta par la fenêtre du palais de Bam- 
kerg le premier juin jSi5. C'est du 
moins la version <fi<i a prévalu. 

BERTIIOLI.ET ( Clicde Uns) , 
cbimisie célèbre , né en Savo'e le 9 
décembre 174S, mort à Paris le 6 oc- 
tobre iSj». Il lit partie de l'expedi 
tioii d'Egxpte, et c'est dans ce pays 
qu'il jeta les premièi^s bases de son 
immortel ou«ra>;e de la Statique chi- 
ique qu'il termina au lillajje d'Ar- 
leil. Ses autres ouvrages sont fort 
nombreux el tous uliles; iislui ont me- 
tte l'honneur d'être nommé par ses 
contemporains leNevttonde lachioiie. 
BERTUOUD ; Fet.di.mnd) , borlo- 
gefmécanicieu de la marine, pour 
la construction et l'iuspecliou des 
horloges à longitudes, membre de 
riiittilul,H«la société royale d» Lon- 



dres et de la légion d'honneur , né le 
19 ntars 1737, a Planceuir.nl, dansir 
comté de Neurchalel, mort le lu juin, 
ibo7 , a ta maillon de Groslay , can- 
ton de Moi:imorency . (it les premiè- 
rts burloges marines, à laide desquels 
les les niarios l'rauçais ont réussi à 
perfectionner la geoi;rapbie, et à 
donné dans plusieurs ouvrages les vé- 
ritables principes de son art. Son ne- 
veu , monsieur Louis Berihuud , son 
élève , a marché sur ses I rares , et ses 
niunlres marines, plus portatives que 
celles de son oncle , sont entre les 
mains de tous les oavigateurs. 

BERTIN (Axtoi\e;, poéie ero- 
tique français .. ne a l'ile de liuuibou 
le looclobte i75j, mort à Saint-Uo- 
mingue er. 17^0. Amené <n France à 
niufans, il lit de brillantes ttudes 
au r.i|lè-c du Plessis , entra au ser- 
vice et devint birnlùt capitaine de ca- 
valerie el chevalier <le Saint Louis. 
AusM spirituel que brave et galant, il 
s'adonna à la poésie des l'âge de vingt 
r recueil de jolis vers qu'il avait 
faits pour la société parut en 1770; 
mais ce ne lui qu'en 1781 que sa ré- 
putation fut fixée par la publication 
de sesquaire livres d'éltgies, intitules 
tes Amours. Cet ouvrage eut le pins 
grand suce 4s. Berlin fut lié de l'ami - 
lie la plus intime avec Parny .et ja- 
mais elle ne fut altérée; même lieu 
de naissance , même âge , même goljl 
les unissaient. La prédilection de 
Berliu pour Évarisle Parny lui faisait 
de.-irer de marcher sur ses traces et 
d'imiter ce goût pur, celte tourbe 
naturelle , cet abandon qui avait fait 
nommer sou ami le Tibulle franrais. 
Le rlianlre d'Eucharis et des Amours 
y parvint quelquefois. 

BÉRDLLE ( Pierre de) cardinal! 
ne le 4 février 1575 , au château de 
Sérilly , dans les environs de Troyes, 
d'une ancienne famille , fonda la 
grégatioii Je l'oiatoire , traversée 
dès sa naissauce par la jalousie des 
jésuites, mais qui, malgré toutes leurs 
intrigues , se répandit en peu de 
temps dans un grand nombre de dio- 
cèses , où elle occupa oes collèges et 
des séminaires; réconcilia LouisXlII 
et Gaston d'Orléans avec la reine 
mère, couduisit avec succès d'ioipor- 

9 



BER 9 

lanles négociations aTcc l'Espapoe et 
Borne, et de«int ministre d étal $0115 
3Iarie de îUdicis et chef de 5011 con- 
seil ; éloigné de la cour par ta liaine 
<lii cardinal de Kiclielieu , mort en 
jlifant la nieyse le 5 octobre if.22. On 
a fcni'conné Richelieu de l'avoir fnit 
empoisonner. 

BERVIC ( CBARI.ES-CLiME\T-TÎAI,- 

TAT ) , graveur célèbre , né à Pjris en 
175G , y mourut le i5 mars iSs5. Ses 
portraits sont fort estimés; ?on Educa- 
tion d'Achille et son F.nlèrament de 
Dejanire ont obtenu une brillante po- 
pularité. Son groupe de Laocoon , 
qui l'occupa pendant dix années, est 
placé par les connaisseurs parmi les 
chefs-d'œuvre de l'art de la gravure. 
Il fut membre de l'Institut et de la 
Légion-d'Honneur ; personne n'en 
fut plus digne, et la postérité placera 
.ses estampes à côté de celles des Dre- 
Tel et des Nantenil. 

CERWrrKfKcncEs FITZ-JAMES, 
dnc de ) , maréchal de France. Il 
était fils naturel du duc d'York . de- 
puis Jacques Il . et d'irabelle Clinr. 
chill , sciir du duc de Marlborough ; 
il naquit le ai août 1670. Il fit se» 
premières armes en Hongrie , se 
trouva au siège de Byde et à la ba- 
taille de Moh.itz. BeftïiVk suivit son 
père, le roi Jacques, d.nns l'expédi 
tien d'Irl.inde , et il y fut ble«sé assez 
pricvemenldans un combat en iSBg: 
ce fut la seule fois de sa vie. Il était 
à la bataille de la Bo>ne; en ifîjs il 
accompagna son père sur les eûtes d 
Normandie, et vil toutes les espéran- 
ces (le Jacques 11 ruinées par le dé. 
sastre de la Hogue. Il alla ensuit 
servir en France, se trouva a 1 
journée de Steinkerque et .i celle d^ 
Nerwinde , où il fut fait prisonni«'r: 
après la niortdu maréchal de Luxem- 
bourg , il servi! sous Villcroi. Natu- 
ralisé fran<^ais, il alla en 170.4 com- 
mander en Espagne, cl en i-o5en 
Languedoc , contre les camisard.<t. 
Fait maréchal de France en 170^, il 
fut renvoyé en Espagne pour rétablir 
les aCTaires qui paraissaient désespé- 
rées , et l'année suiTanIc gagna la ba- 
taille d'Almania, qui reinlit le royau- 
me de Valence à Philippe V. Kn 
1708 il se trouva dan» l'espicc do 



BES 

quatre mois tour à tour à la tête d» 
ées du roi de France . en Esp. 
gne , en Flandre , sur le Rhin , su 
la Moselle , jusqu'à ce qu'il fut a[ 
pelé en Dauphioé. il couvrit c-li 
province les quatre années sulvaitle? 
sa belle et savante défense est en 
parée à celle de Câlinât enif:,?. ' 
à celle de Tillars en 170S. Il m 
tourna commander en Catalogne t- 
1715 . assiégea et prit Barcelonne 
en 1718 et 1719 il eut le regret dè'.r 
obligé de servir contre le même Ph 
lippe V qu'il avait si glorieuseiner 1 
secouru, et qui avait liié en Espa 
gne , par ses bienfaits , nnlils n 
du maiéihal. Berwick engage,! ! 
de Liria , son fils , à bien faire - 
voir. La guerre de 1733 vînt i:r. 
Berwii-k de l'iuaction qui avait -ni 
cédé à la guerre de famille en E-y-t 
gne ; il conseilla le siège de Pliilij>- 
bourg , où il fui tué d'un coup <I ' 
canon le 33 juin 17.Î.1. Le dnc il' I 
Fitz-Janies , petit liisdu marée! ' 
publié en 177S » vol. in-i 2, /. 
tattesmémoires de Tttrwick , rc ^ • - 
labbéllook. 

BESELEIiL . fils d'Uri cl 
fils de llur ,de la tribu de Jii ! 
choisi avec Ooliab, lilsd'Achis.u. 
de la tribu de Dan, pour trava: 
tabernacle. 

BESSDS , satrape de la Bai r 
anïena 'Jcs secours à Darius pnur i, 
bataille de Ganganiélc. Apres sa d<, 
faite Darius s'enfuit avec lui ; mai, 
celui. ci le fil prisonnier dans l'i-.s, 
poir d'obtenir des conditions plu; 
avantageuses d'Alexandre en le lu| 
livrant; il fut trompé dans son at 
tente , et ce prince le poursuivit ave 
plus d'activité pour sauver Darius 
alors Bessus , se voyant serri de tro 
prés, pril le parti de tuer Dariu 
pour qu'il ne l'embarrassât pas d.ni 
sa fuite , et prit le titre de roi. Sci 
complices le livrèrent bientôt \ 
Alexandre le fit battre de verges 
l'envoya a Baclres ; conduit ' r 
à Ecbatane pour y subir le >n 
qu'il méritait en présence de 
sans et des Mèdes, il fut, i' 
tarque , attaché à deux arbn - 
avait courbés l'un contre l'au 
qui , ru sa redressant , l'écar U in < 



B£Z 



99 



BIA 



BKSTU ( Lccirs CiLi-CBsiu ). 
tribun du peuple Tcrk l'an C3i. Il 
rappel.! de l'eiil P. Pnpi|iu9 ^qui 
pendaut son cuusulat aVail sérBinr 
or<lre du s^nit contre les rauli-ur? de 
Tibérius Graccliu» , et que Cjjus 
fJracchus avait fait cnndaiiiiirr par 
uoi^ loi rrudue rentre cenit qui 
avaicnl banni sans jupeuicnt ilis ri- 
torens romains. Le consulat dv Tins- 
lia lui lil moins d'honneur que cet 
acte du justice; il fui cliar:;é l'an 
C4i de la puirrc de Numidie ; ce 
consul se lai.^sa corrompre par Ju- 
gurtha, et fit avec ce prince nu traité 
honteux pour les Honiains , snus 
avoir consulté le sénat ni le peuple. 
Sallii»le et Cicérou , tout eu ren- 
dant justice aui grandes qualités de 
Beslia , lui reprochent une avarice il 
soif des richesses qui l'avilissent. 
Le tribun Mauiillus ayant fait rendre 
une loi pour rechercher ceu.v qui 
avaient traité avec le roi de Numl- 
die , <;. Memniius se porta accusa- 
teur de Bestia , et celui-ci fut con 
damné à un eiil perpétuel par les 
juj;e» du parti de Gracchus, soutenus 
de toute la faveur populaire. 

BETHSABEE, fille d'Eliane et 
femme d'Urie , oQicicrdes gardes de 
David. Ce prince l'ayant aperçue au 
'jaiu , fui si éprisde ses charmes qu'il 
'enleva à son époux. Il écrivit donc à 
^oab. <]ui commandait l'armée , d'ex- 
oser Urie dans les endroits les plus 
érilleuxct de l'y faire tuer; ce qui 
rriva. Cn au après la mort de son 
mari , Bethsabée épousa David, dont 
Ile eut quatre fils , Samua , Sobab, 
\alhau et Salonion, 

BETIS ou BATIS , ennuque du 

roi de Perse et gouverneur de Gaia 

en Syrie , défendit cette place avec 

I beaucoup de valeur contre Alcxan. 

' Jre-le-Grand , qui fut même blessé 

V ce siège. La ville fut cependant 

prise après deux mois d'assaut, et ses 

labitans ne voulant pas se rendre fu- 

ent tous tués en combattant. Bétis 

ut le même sort. 

BEZE { XiiBODoRB ns } , né à Ve* 
elay , petite ville du Nivernais, le 
li juin 1519, mort à Genève, le 
■5 oelobre i6o5 , écrivain élégant el 
avant littérateur, aprii une jeu- 



nesse fort dissipée , e.iibrasia la r.^- 
formc en l54S, fut porté par Calvin 
à la piacedc recteur de l'acadéni'e et 
chargé de l'enseignenient'de la ihéo- 
Insie , joua en i5G un des principaux 
rôles au fameux colloque de Poissy , 
frit la plus grande part aux affaire» 
desproieslans , fut employé à des né- 
gociations importantes en Suis.^e et 
eu Allemagne . et se distingua dans 
toutes ces occasions par un grau I 
2èlc et un grand dcvoûment pour 
sou parti, ("est dans sa pren,iére jeu- 
nesse qu'il composa la plupart dis 
pièces qu'il recu.illit sous le titre du 
Pofindta Juvenitia. 

liliZOnX (ÉTiBX'd!), célèbre ma. 
Ihéniaticien , ne â .Nemours le 3i 
mars lySo, mort le 37 septembre 
17S5. Il était membre de l'académie 
des sciences et examinateur des élè- 
ves de l'artillerie et de la marine, 
pour lesquels il composa un Coun 
complet de mathématiques qui til épu- 
qttc dans ce genre d'ouvrages , et 
qui est resté jusqu'à nos jouis ce qu'il 
y a de nueux pour la première ins- 
Irnclion. Sa Théorie généraU des 
équations tttgckri.lues . son Traité de 
navigation , etc., ne firent qu'ajouter 
à sa réputation. Il eut aussi celle 
d'un homme aimable et modeste; 
cUex lui la science était jointe à tou- 
tes les vertus sociales et privées. 

BliGGIOLI ( iNicons-Jo.sipinT). 
né à Veïïauo, petit bourg du duché 
de Gènes , recula Rome une éduca- 
tion soignée, et fut à 17 ans pro- 
fesseur de rhétorique à l'université 
d'Crhin. Forcé par les événemens 
politiques de quitter sa patrie, il 
trouva un asyle en France, et de» 
ressources dans la carrière de l'ensei- 
gnement où ses cours de langue et 
littérature Italienne eurent le plus 
grand succès. Celui de tous ses ou- 
vrages qui a le plus contribué à s.^ 
réputation est son commentaire du 
Daitte : sa grammaire qui a eu six édi- 
tions , a reçu l'approbation de l'aca- 
démie délia Crusca et du 1er corps 
littéraire de France. M. Biaggioli est 
mort le »5 décembre iSJo, et laissa 
des manuscrits dont la publication 
est vivement désirée. 

BIAS, l'un des sept sages de la 



BIC 



100 



BIE 



Grèce , Gis dp Teutanus : il naquit à 
Triène , une des principales villes d 
l'Ionie , Ters l'an 660 aranl J.-C. Il 
se livra à l'étude de la pliilosoph 
pratique ei des lois de sa patrie : il 
consacra ses connaissances dans ce 
dernier ^enre à rendre service à ses 
amis. Il fit un noble usage de ses ri- 
chesses ; des Glles de la ^lacêdoine 
ayant été prises par des pirates , il 
les racheta , et les ayant élevées 
comme s'il eût été lecr père , il les 
dota et les renvoya à leurs parens. 
Les Priéiiien)! . assiégés par Mazarès, 
se décidèrent à quitter leur ville en 
emportant ce qu'ils avaient de plus 
prérieui , et ce fut à cette occasion 
<jue Bias répondit Omnla mrcum porto 
î je porte tout avec moi J , à que! 
qu'un qui s'étonnait de ce qu'il ne 
faisait aucune disposition pour son 
départ. Bias mourut dans sa pairie 
presque subitement et en plaidant 
pour un de ses am's. Ses maximes et 
ses apoplitej:nies oui été recuejllîb 
parT>iopt-ne Laerce. 

BIBULCS ( .MARccsCuPCiixirs), 
fut créé consul sous le premier trium- 
*irat, l'an de Rame 6gô. 1 1 avait dans 
Jules-César un redoutable collègue . 
el il passa tout le temps de sa mtgis- 
Irature à lutter cnntrp lui, surtout au 
sujet d une loi agraire propnsée par 
César, dont l'ellet él.iit la distribu- 
tion des terres de Campanie à vingt 
mille pauvri-s ciloyens , loi qui passa 
malgré la vive opposition deBibiilus. 
11 n'était pas grand homme de guerre, 
et se servit d'une ruse , lorsqu'il eut 
à se défendre contre les Tarthes , qui 
vinrent assiéger Aniiocbe; il était 
alors proconsul eu Syrie. Pans la 
guerre entre (iésar el Pompée , il 
eut le commandement général des 
flottes de re dernier , el mourut sur 
mer, demal.idie, dans le cours de 
celle guerre, l'an de Knme 7oi. Il 
avait épousé Poreie , tille de Caton. 

BICIlAT(MARiE-Fmx(;ois-X»viEii), 
médecin célèbre de la fin du di\- 
huitième siècle , un de ceuv qui cou • 
coururent le plus à consolider el à 
étendre les nouveaux principes que 
consacrait alors la science physiolo- 
fjique. Né le 11 novembre 1771 à 
'Xiioirelt« , daus l'ancienne Bresse , 



il mourutle aj juillet 1805. Il fut l'c- 
lève et l'ami de l'illuslre Des.«ault .et 
n'avait pas ïiugl-hull ans lorsqu il fut 
nommé médecin de l'Uôtel-Dieu. lia 
publié un Traité des membranes , lits 
Hechcrclies physiologiques sur la vit «ï 
sur ta mort , et enfin VJnatomie gé- 
nérale appliquée à la physiologie et à ta 
médecine . 4 vol. in-S". C'est là son 
grand tilrede gloire , ce qui en a fait 
un des plus grands physiologistes de 
nuire âge . et où se laisse pressenlir 
tout ce qu'il aurait fait pour les au- 
tres parties de l'art, si une mortpré- 
uialuric ne l'eût pas malbeureuse- 
menl e'nipvé à la science, 

BIEVRE ; le marquis de ), né en 
I7i7 , était petit-lils de Georges Ma- 
réchal . premier chirurgien de Louis 
XIV. D'abord mousquetaire, il se 
rendit plus famcui par ses calem- 
bourgs et ses mauvais jeux de mois 
que par sou Séducteur ^ comédie eu 
cinq actes et en vus qui n'est pas 
tuut'à-fait dénuée de mériic, lia pu- 
blié quelques brochures et sa tragédie 
de f^ercingentorix , daus le genre mi- 
sérable qu'il avait adopté et misa la 
mode. Il valait mieux que ses caleiu- 
bourgs, el même que tous se.< ouvra- 
ges: il était affable, officieux, doué 
d'une physionomie iuléressanle , el 
d'une grande aiiressc pour tous les 
exercices du corps. Il ne f.iul regar- 
1er son mauvais goût pour les pointes 
que comme un travers d'esprit ; on 
I a pas moins eu la fautai.sie de re- 
illirses calembiuirgen un volume 
sous le titre de Sneeri'una. Il a eu plu- 
sieurs éditions à la honte du goût. 
De Biévre mourut à Spa en 17S9. 

BIEZ (OCDAKT rr ) , mérita d'ê. 
Ire compté parmi les grands capitai- 
nes qui illuslrèrent les règnes de 
François I et de Henri II. Il servit 
avec distinction en Italie en i5i3 , 
reçut le cordon de Saint-Michel en 
|5.S6, et le bâton de maréchal en 
i5^2. Le dauphin voulut, en 15^4, au 
camp de Marseille , être armé che- 
valier de sa main ; et en i}44 , le roi 
l'ayant nommé lieutenant-général de 
SOI! armée de Picardie, il battit deux 
fois les Anglais. Sous Ueuri II, et 
en j549 . ses ennemis parvinrent su.- 
une fausse accuialioa à le taire lUt t 



BIL 



101 



BIO 



tri fn iugrnicnt , rt il fui condamnp 
a uotr pri5on pirprliiplle. )l n^oiita 
•ur l'rcliafaud où l'on drcapitail son 
gr^dre , il }' fut dipouilir du collirr 
de Sainl-Uicbrl, dr^radé de Dol>lc«<r 
etdérliudesa difmiléde Diarrchaldc 
France ; il dc<ccndit de rérba^iiiri 
pour être conduit nu rliàleau <le l.o 
rbrs. Au bout de Uoit ans tlriiri II 
lui rrirdil la liberié, et le oialheu- 
reui lieillard tint acheter de mourir 
de douleur à P.iris en i55i. Sa nié- 
moire et cell« de son gendrr furent 
rébabilllées en 1575. Pour effacer le 
tourenir de leur juReiiient illégal , 
en leur lit de magnétiques obùques. 
où assista un béraut d'armes , prêro- 
gatiTe.dit riiislorirn de Tbou , qui 
n'est accordée qu'aux maisouj les 
plus illustres. 

BIGNON (Jiioni), oagult a Paris 
le li août 158$. Rolland Bi'inon , 
• on père , lui enseigna les langues . 
les humanité» , l'éloquence , la philo 
•opbie, le» mathématiques. Ibis 
loire , la jurisprudence cl la lliéo- 
logie. Ses progrès furent si rapides 
qu'ailii ans il publia la C horographie 
ou Oettriplion de la Terre Sainte; peu 
de temps après, Diicours ti. ta tille de 
fonie , principales anti<iuitét et tingu- 
tarifes dicelle, et en 1610 un Traité 
de l'excelience dfs rois et du roya 
de France. Il fut conseiller d'etal et 
aTocal général an parlement. S 
dtniis lie celle dernière charge en 
iCii , il fut nouiDié grandmsiire d 
la LibliothèCfUe du roi l'année sui 
»anie. La place de bibliothécaire est 
restée comme liérédilaire dans sa fa- 
mille: lils. petit-fils et neveu, se mon- 
trèrent dignes de porter ce nom par 
leur snoir et leurs outrages. Jérôme 
Bignon avait été emploie dans piti- 
sienr» alTaires importantes pcnr lé 
tal: il mourut à Paris le 7 avril i6i6 
BILLARD ( CcirOE ) . si. ur de 
COCRGENAT, ne à Sa»igny en 
foutbnnnais, vers ijco, fut secré- 
taire des commandemens de la reine 
Marguerite de Valois. Il a compose 
plusieurs tragédies qui n'ont eu aucun 
succès el qui n'en méritaient point. 
Pol> xine . Gaston de Foix , iltrocee. 
Par.lhte.Snul, AlUuin t( Gen,„re, «onl 
dci ouvrages eubliei ; >on Btnri /•- 



Grar.i, tragédie avec de» c»uri, aurait 
eu le même «url. .i la |,«cdic de 
M. Legouié <ur I» même sujet n'avait 
donné en SoS I idée de réimprimer 
c. Ile de Billard, qui du reste a le ojé- 
rite d être un des premiers poèleï qui 
mirtnt sur la scène des événement 
pris dans l'histoire nationale. Il ipou- 
lutvers 161^, àgédeuviroii 67 an- 

BILLACT ( Adam) . connu sous 
le nom de Uaitre Adam, naquit a 
\ever» 00 il était menuisier. Sang 
études, mai) doué d'une sorte de 
génie naturel, il s'amusait à r;'ireiic.-. 
vers. Etant venu a Paris pour un pro- 
cès . il adressa une ode au cardinal 
de Richelieu , qui lui lit une pension . 
Le grand Condé fut du nombre do ' 
ses )lecèn< s , cl le grand Corneille Jh 
nombre de ses panrgtiistes. Il fut' 
urnommé le firgite'au rahot. Il lit 
trois recueils de se» poésies , qu'il ap- 
pela ItsChetiliet, le yitteirequin et te 
Rahtit. Ce dernier n'a point été im- 
primé. On a donné en 1 9o6 un vo- 
lume iii-iisoi» le litre i'irurrei de 
mtitre Adam. A travers l'incorrecllon 
el le m.iuvais goût, on trouve de la 
'ene danjses poésies , et, ce qui est 
plus surprenant , quelquefois de U 
noblc.«5« dans tes pensées et méma 
dans l'cipression. Qui ne connaît sa 
chanson: Aussitôt que ta tamicre . et 
son rondeau cité avec éloge par Vol- 
taire , et qui commence ainsi : Pour 
te guérir de cette sciatique , etc. En 
i5o5,MM. Francis et Moreau ont 
fait un joli vaudeville intitule Its che- 
rilles de maitre Adam, pour la com- 
position duquel ils ont mis à coulri- 
butioD les lers du meifuisier, ceux 
de Ragueneau .pâtissier, de Réault, 
serrurier, sesconiemporains; dansun 
parei I sujet , c'était de bonne prise. 

BIOX, poète grec, était de Smvrne 
et contemporain de Tbéocriie. jlos- 
cbus,5ou maitre et son ami , uou» 
apprend , par une élégie louchante 
qu'il composa sur la mort de ce poète, 
qu'il mourut empoisonné. Ses idjllas 
sont tendres et pleines de délicatesse; 
on les trouve imprimées a<ec celle» 
de Moschus. Bion a ele traduit ta 



ver» frauçai» par Lon^epi( 
Poin>iiiet d« Sivrr . e 
.M. Maaloiiiict de Cla 



re , par 
rose pttr 
. et par 



BIR 1 

M. Gail. Nous avons deux autres 
Bion , l'un philosophe grec, disciple 
de Cratés , et qui suivit les leçons Je 
Théophrasle ; l'aiitre, mathématicien 
d'Abdère. ùlait de la l'amille de Dé- 
moerite. 

BIfiAGUE ( Resé de ) , né à Mi- 
lan , le 3 février i3o7, se réfugia CD 
France pour éviter la vengeance de 
Louis Sfoice. François I le lit con- 
seiller au parlemeDi, Charles IX 
garde des sceaux en 1570, et chan- 
celier en 1573. Il tut un de ceux qui 
conseillèrent le massacre de la Saint- 
BarlLélemy , et le dirigèrent dans 
ï'horrible nuit du z^aoùt 1Ô72. Gré- 
goire XIII le G t cardinal sur les ins- 
tances de Henri m, qui cependant 
lui ôla les sceaux. Il avait la réputa- 
tion de se servir du poison pour se 
défaire de ses ennemis ou de ceux de 
la reine mère , Calheriue de Médi- 
cis. Il mourut le a4 novembre i5S5 
Il y a deux autres liira^iie : L'un poète 
qui prit Ronsard pour son modèle , 
etdé'diases premières œuvres poéti- 
ques à son oncle le cardiniit-chance- 
lier, dont il vient d'être question ; 
l'antre est un graveur en pierres li- 
iies , né à Milan , qui Horissait en 
Espagne vers le milieu du seizième 
siècle, et auquel on doit l'invention 
de la gravure surle diamant ; le pre- 
mier il réussit à soumettre a l'action 
du burin un corps jusque-là jugé im- 
pénétrable. 

BIRE\ { JeiK-EnxEST ) , duc de 
Courlande tt de Seniig:ille , né en 
1697,619, dit-on, d'un paysan de 
Courlande , dut à son extérieur agréa- 
ble et à sou e>pril orné la faieur 
d'Aune, duchesse do Courtaude, 
uièce du Czar Pierre II , régna sous 
le nom de la souveraine, lorsque 
cette princesse inouta sur le trône , 
lit périr onze mille personnes dans 
les supplices cl en exila deux fois au- 
tant. Nommé régent à la mort d'.\nne 
en 1740, il voulut faire passer le 
trône dans sa famille. Prévenu par le 
maréchal Munich , il fut arrêté dans 
son lit , et bientôt après transporté 
en Sibérie , où son rival ue tarda pas 
aie remplacer. Itappelé à la cour 
après un exil de trrnin ans, il se j ' 
{uit au parti de Calberiac coutcc son 



.2 BIR 

époux, fut réintégré par elle d 

sou duché de Courlande , se monir • 
plus modéré dans l'exercice du pou 
voir, céda les rênes du gouveriie- 
menl à son lils aîné Pierre, et achev.i 
tranquillement à Millau sa longue 1 1 
orageuse carrière, le jS octobre I7^i. 
à l'âge de 8s ans. 

BIROX. Ce nom se retrouve sou- 
vent dans uolre histoire ; parluus 
des trois plus célèbres : 1. Armand 
de Gontaut, duc de Biron , d'abord 
page de la reine Blarguerile de \,i- 

rrc , se signala dans les guern* 
de Piémont. Ayant élé blessé n ' 
jambe au siège du fort Marin 
resta loule^a vie estropié et boi' 
il assista aux batailles de Dreux , ù. 
Saint Denis , de Moneonlour; ses ei- 
ploils lui valurent le bàlon de maré- 
chal de France ; il sauva plusieurs 1 
de ses amis au massacre de la Saint- 
Baribélemi. A la mort de Henri III 
il fut un des premiers qui reconnu- ( 
reni Henri IV; il servit ce roi avec 1 
Gdèlilé , et fut tué d'un boulet de i 
canon au siège d'Epernay , le 26 
juillet 1592. 11 commandait à la jour- 
née d'Arqués et a la liataille d'Ivi j ■ 
fut le parrain du cardinal de Riclii-- 
iieu. 2. Charles de Gontaut duc de Bi- . 
ron , lils du précédent , amiral et ma- ! 
rechal de France , favori de Henri 
IV. qui en sa f.iveur érigea la baron- 
nie de Biron en duché-pairie. Il dé- 
ploya une brillante valeur dans dilTé- 
reules affaires , fut comblé de fa- 
veurs, cl envoyé ambassadeur en An- 
glctirre et ailleurs. Tant d'honneurs 
furent flétris par sa trahison envers 
son roi et l'élat. Il entra dans une 
conspiration; ayant refusé la grâce 
que le bon Henri lui offrait sous la 
condilioii de tout avouer , il fui ar- 
rêté, jugé et condamne à mort. Il fut 
décapité dans l'inlérieur de la Bas- 
lille , à l'âge de quarante ans, le 3 l 
juillet iCoi. 3. Un nuire duc de Bi- 
ron. connu jusqu eu 1788 sous le p""" 
de duc de Lauziin , et dont on .1 
blié des mémoires en 1833 , fu; 
néral pendant la révolution. (. 
danuié à mort par le tribunal révolu 
tionnaire , il fut exécuté le 3i dé 
ccmbr« 1793 , et s'écria sur l'érlu 
l'aud ; < Je meurs puni d'avoir ci' 



BIT 



io3 



BLA 



Gdclca mou Dieu , à mon roi, à mon 
nom. • 

BISSON(lIsNiii), enseigne de vais- 
(.fau , né le 5 février 1795. dans la 
(lelite ville de Uiicnicn6 ( Morbilian | 
avait parcouru tii celle quali(c Us 
inrr» de l'iudf , el visité les cûles 
d'Amérique, d'Afrique et d'Asie; 
aianl la dernière campaf;ne d'OrienI, 
où il a trouvé un si glorieux trépas. 
<^bargé de prendre le coniiuandenienl 
d'un brick forban, et birntùl iii- 
ve>li par deux nii'licks de pirates , 
et u'ayani que quinze bommes à leur 
opposer, il fait la plus vigoureuse ré- 
sistance. Maisbiessé dnnjereusemeut, 
ayant déjà perdu n'juf hommes et 
Tuyaut le part enralii , il fait avertir 
les quatre fran(;ais qui restent de se 
jeter à la mer , il se traîne à la rliam- 
bre aux poudres , y met le feu et 
failtauler le bâtiment avec les bri- 
garuls qui lis encombraient (nuit du 
5 au C novembre 1827). Les quatre 
frau<;ais gagnent la terre , et le pi- 
lote plus heureux que l'intrépide liis- 
non , est jeté vivant sur le rivage. Les 
chambres ont voté une pension à la 
sœur de celle héroïque victime. 

BIXAUBE ( l'Aci.-JÉBtMiE ), mem- 
bre de la Légion-d'Iloniieur , naquit 
à E.<Kni.sberg le a4 novembre 1732, 
d'une l'amille de réfugiés français. Il 
vint à Paris , fut protégé par d'Alem- 
bert, et publia su traduction de IT- 
liade d'Hom'cre , ensuite celle de l'O- 
dysiée : il l'emporta sur madame Da- 
cier. Il publia en 1767 son pocme en 
prose de Joseph , qui jouil d'une 
grande vogue. Il fut mis en prison 
pendant la terreur , et ne sortit de 
captivité qu'au 9 thermidor. Lors de 
la' formation de l'Institut, il entra 
dans la classe de littérature et beaux- 
arts , et ensuite dans celle d'histoire 
et de littérature ancienne. Ses ou- 
vrages ont été réunis en j8o4 en 9 
volumes io-S. Si Bitaubé ne lai.sse 
pas un grand nom , ses ouvrages res- 
teront et contribueront à conserver 
«on honorable mémoire. Sa vie paisi- 
ble et laborieuse fut consacrée tout 
entière à l'étude. Il fut l'ami de Tho- 
mas et de Ducis ; ce dernier lui a 
adressé une épiire en vers. La dou- 
leur d'avoir perdu na femme après 



une union forluDee d'un diuii-siécle 
le conduisit au tombeau le 32 no- 
vembre iSuS. 

liLACR (Josrpn ) , chimiste célè- 
bre, né eu I7a8 à llordeaux, de pa- 
reils écossais , vint très-jeune en 
Ecosse ; il professa la médecine et la 
chimie à Edimbourg. Il a publié 
plusieurs ouvrages, entre autres ses 
Expériences sur la magnésie blanche , 
ta chaux vive et quelques autres subs- 
tances alcalines. Il y démontre de la 
manière la plus claire et la plus in- 
génieuse l'eiistence d'un fluide aéri- 
riforme qu'il désigne sous le nom 
d'air fixe .dont la présence adoucit 
la causticité des alcalis et des terre» 
calcaires ; on peut regarder celte dé- 
couverte comme la mère de toutes 
celles qui ont iiumorlalisé les noms 
des Cavendisb , des Priestley , des 
Lavoisier, etc., et ont donné une 
face nouvelle à la chimie. Fourcroy 
l'appelle l'illustre .\cs/ur de la révolu- 
tion chimique. Il mourut le 6 décem- 
bre 1799. 

BLiliKSTONE '( Gcii.i.aiue ). 
célèbre jurisconsulte anglais , com- 
posai l'âge de vingt ans , pour .son 
usage , un Traité sur les élémens de 
l'architecture ; il s'appliqua ensuite à 
l'étude du droit. Nonimé professeur 
à O.vford , il fit sur les lois d'.\nglc- 
terre des leçons qui furent trés-ap- 
plaudies; elles donnèrent lien à ses cé- 
lèbres Commentaires sur les lois d*An- 
g/c'Urre , imprimés en 17^5, et qui 
ont été traduits en français. Né à 
Londres en 1725, il y mourut le 4 
février 17S0. 

BLAESDS ( C. Sempeonics ) , fut 
nommé consul avec Cn. Servilius 
Caepio , lors de la première guerre 
punique, l'an Sot de Kome. Neuf 
ans après une expédition maritime en 
Sicile, qui lui valut les honneurs du 
triomphe et non à sou collègue qui 
avait fait la campagne avec lui , il fut 
créé consul pour la seconde fois 
avec A. Manlius Torqualus. Ils cu- 
rent ordre de continuer le siège de 
Lilybée , que Blaesus u'avait pu for- 
mer avec Servilius Caepio à cause de 
la force delà place et de sa garnison; 
il leur fut enjoint de faire les plu» 
grends efforts pour s'en emparer ; 



BLA 



io4 



BLE 



mai» riiabilelé d'Amilcar Barcas ren- 
dit leurs efforts inutiles. Depuis cette 
époque rbisloire ne parle plus de 
iilacsus. V. lÎLiscs. 

BLAIR. Ce nom est justement cé- 
lèbre en Ecosse et en Angleterre. On 
y compte : i. Bluir (Robert ) , poète 
écossais né en 1G90 à Edimbourg , 
mort en i 7^6. Il a fait un poëme in- 
titule te Tomficau . souvent réimprimé 
avec l'Elégie de Gray sur un cimetière 
de campa-^ne. s. B/uir ( Patrice ) , ώ- 
decin écossais , mort vers 1728 , qui 
a publié divers ouvrages sur la mé- 
decine et la botanique. 3. Bluir (Jean/, 
savant chronologisle écossais» mort 
en 17SÎ. Il a donné les Tût/cscArono- 
togiquea fort estimées et d'autres ou- 
vrages. 4. B/nir (Hugues) , né à Edim- 
bourg le 7 avril 171S , mort le 27 dé- 
cembre lâoo. Il a donné , jeune en- 
core, un E&sni iur te beau , ensuite 
un Cours de teror.ssurla composition 
tittèrair* , le premier qui ait jamais 
été fait en Ecosse ; une Dissertation 
critiijue sur les poèmes d'Ossian. Blair 
était un de ceux qui avaient le plus 
excité Macpherson à publier les pre- 
miers fragmens de ses poê'mes ; il 
fut aussi le plus ardent à faire rem- 
plir la souscription qui mit celui-ci 
en état d'ailler rassembler dans les 
montagnes d'Ecosse les matériaux des 
poèmes publiés sous le nom d'Ossi.tu. 
Le succès de ses sermons fut prodi- 
^ieui « la mode se joignit à l'estime; 
il fallait avoir lu les sermons du doc. 
teur filair. Son Cours de littérature a 
eu vingt-cinq éditions en Angleterre, 
et a été traduit dans plusieurs lan- 
gues de l'Europe ; il y en a deux tra- 
ductions rrani;aises ; l'une par M. 
Cantwel , 4 vol. in-S ; l'autre bien 
tupérienre, par M. Prévost , célèbre 
professeur de Genève , 4 vol. in S. 
Son Cours p.st un d'^s meilleurs qui 
aient été écrits dans des langues mo 
dernes. 

BLANCHE. Ce nom se trouve sou- 
vent dans nos annales : 1. Blanche de 
Castillê, fuie du roi Alpbonse I.X. , 
épouse de Louis VIII, roi de France, 
et mère de saint Louis. Deux fois ré- 
génie dans des eirconslaiices diOîci- 
les, elle assura la tran<|uilliie du 
royauiqc , et mourut l< 1 décembre 



laJs, 3gée de toiianle-cinq ans. î. 
Blanche d'Artois, reine de Navarre, 
fille de Robert comte d'Artois . frère 
de saint Louis . épousa en 1 270 Henri 
I , qui succéda la même année à Thi- 
baut II, roi de Navarre: après la 
mort de son mari elle épousa en se- 
condes noces Edmond , romie de 
Lancastre, frère du roi d'Angleterre, 
et mourut vers l'an i5oo. 5. hianclie 
de 'Bourbon, reine de tiastille , fille de 
Pierre , duc de Bourbon, épousa en 
1053 , à l'âge de quinze ans, Pierre, 
roi de Castille , surnomme le Cruel, 
Ce mariage fut la source des plus 
grands malheurs \ elle mourut en 
i56i. 4. htanclie, reine de Navarre , 
fille de Charles III, auquel elle suc- 
céda sur le trône , épousa en liS» 
Martin, roi de Sicile, et en 3»*coudes 
noces Jean, fils de François I , roi^ 
d'Aragon, qui lui fut redevable en 
i^sC de la couronne de Navarre. Elle 
mourut le 3 avril i44i . après un ré- 
gne de seize ans. laissant la couronne 
D. Carlos son fils, à condition de 
n'en point prendre possession sans 
l'agrément de Jean d'Aragon , son 
père , ce qui occasîona dans la suite 
de grand.« démêlés entre le père et le 
fils. 5. Hanche deXavarre, lille ainée 
de Jean d'Aragon et de Blanche . reine 
de Navarre ; elle épousa en i44Sdon 
Henri, prince des Asluries , depuis 
roi de Castille , dont elle n'eut point 
d'enfans , et avec lequel son divorce 
fut prononcé. Elle se retira à la cour 
du roi son père, où la haine et l'am- 
bition de sa helle-nière lui attirèrent 
bientôt de grands malheurs. Elle fut 
empoisonnée p.ir ordre de lacomlesse 
de Foix , sa sœur cadette. 

BLANCHE! (PiEBRt), né à Poi- 
tiers en i4ây , mort en i5i9 . On lui 
aitiibue la farce de Patelin , dont l'é- 
dilion la plus ancieunc est de 1^90. 
Le principal personnage n'était point 
imaginaire. Cette pièce , rajeunie eu 
1715 par Brueys , est restée au ré- 
pertoire, et on la voit toujours avec 
plaisir. Elle fut traduite en latin eu 
l5ii., 

BLÉSCS ( Jcstrs) , commandait 
dans la Pannonie trois légions romai- 
nes sous les ordres de Gernianicus 
(juand Auguste nourul. La disripline 



BLI 10 

«claiit «loi» lelàrlÉie, den mnlToillai» 
*cli;iulVér<-n« IfS CFpriU Ht» soldats et 
I» porlèreiit à la (i-dilion. Ill^ttis fit 
tout pour ronlfiiir Ir» ruiiliiis , il 
uermit qtif »on fils, jeune tribun, 
allât plaider leur cause au|ircs de 
Til)ère. D;in» la suite cet empereur 
nomma lilésus procon.«nl d'Afrique, 
et le chargea dVilermiiirr Tarfari- 
nas , chef de Numide», qui depuis 
lonp-temps faisait la ^uern* aux Ho- 
mains. Il y réussit el oliiiul les hon- 
neurs du trinniphe ; ïihèie lui con- 
firma le titre û imperator que ses sol 
dais lui avaient tfoniië : ce fui la der- 
nière fois , suivant Tacite , que ce ti 
ire fut fiécerné à un général d'arniêt 
sou» les empereur». Il parait que lijé- 
»us péril enveloppé dan.-^ le massacre 
de» paren» e| des amis de Séjau , Joui 
il était oncle- V. Bursrs. 

BLETJERIEfjEtN-l'iiiLirpt Rtsi; 
de la ) , né à Rennes le 35 février 
1696, mort à Taris le l'r juin 17711 
Son Histoire de Julien l*Apottat est le 
plus eslîmé de ses ouvrages, ("est un 
ouïrape curieui , hieii é.ril et où 
rèf;nent à la fois l'iiup;irliafilé , la 
préci^ion , l'élégance et le jui-'einenl. 
Il a publié en outre une Traduction 
âe qualiiues ouvrages de Taeitc , i vol. 
Jn-I2 , précédés d'une vie de cetliis- 
lorieii , et Tihi-Te ou tes Six premiers 
livres des antiaUs de Tacite , IradtiiU 
«■n français , 5 toI. in-i». Ce dernier 
ouvrage , qui a essuyé beaucoup de 
critiques, entre autres celles de Vol- 
taire, est d'ailleurs une (raduclîoD as- 
sez e\acle. La Blellerie avait des 
connaissances solides et variées , et 
il était doué de plusdeiupetnent que 
d'im;igination. Il ne fui pas moins 
recommandable par ses mœurs et par 
Taranlage qu'il eut de se foire des 
amis. 

BLIN DE SAI\MOT\n: I ADmr.s- 
MicHEL HrjnxTHE ) , néà Paris le j5 
février 1733, mort conservateur de la 
liiblinlbèque de l'arsenal, à Paris, le 
ï6 septembre 1807. Il a donné au 
théâtre en 177J la tragédie d'Orp/nni». 
Outre ses Béroides son Épitre à Bacinc. 
SI est encore l'auteur de diverses Ira 
duclioDS de Psaumes , d'Orfc» de Sa- 
plio , d'Horace , i'Jdyliea de Bion , de 
Gissner insirée» dans le» recueils 



,5 BLO 

el le» journaux du temps, qui se «nul 
enrirh:» aussi d'un graml mnibrc de 
les poé'ies fugitive». Ce dtrnii r genre 
est un de cru» qu'il a cullivé» aiec le 
plnsde 'uccès- Il l'nl censeur royal et 
s.ciélaire perpéliiel de la tociclé phi- 
loniropique . dont il élail l'un de» fou- 
dïtciirs. Il »e montra loujour» lidéle 
aux vrais principe» de la naine lillé 
rature - el Voltaire lui-même n'a pas 
dédaigné de lui rendre justice à cet 
égard. 

liUONDEL ou liLOXmAUS, sur- 
nommé de Pirestcs, du lien de sa 
naissance,» été l'un des chanson 
niirs les plu» féconds et les'plu» csli 
nié» du douzième siècle- Il pass.i en 
.^nglelene. où il fut .illarhé à Bi- 
f'hard I , suriinnimé C'rur-de-Lion , 
devint le favori de le prince, et l'ac- 
compagvta en Pal^-sline. Bit hard ayant 
fait naufrage à sou retour près d'A- 
qiiilée,!.'ens.igfa imprudemment dan» 
les éials deLéopold . duc d'-\u1ricbc, 
qu'il avait oITcus* au siège d'Acre , et 
fut arrêté déguisé en pèlerin. Blor.- 
del , aim.int passionnément son maî- 
tre , se déguisa aussi eu pèlerin et 
parcourut l'Allemagne pour làther 
d'apprendre de ses nouvelles. Il dé- 
couvrît enfin que l'on garda-l im pii 
sonnier de distinction dans lune dos 
tours du châtcoi de Loweiislrin. 
Après aTOÎr examiné cette forteresse, 
Blondel en fît le tour en clianiônl la 
moitièd'une chanson qu'il avait corn- 
posée avec Richard ; au^silôt ce 
prince acheva .sa chanson. LIondel, 
assuré de l'eudroil où élail soi» maî- 
tre , se hâta de partir pour r.\nglr- 
terre et d'inslriiire la cour de la dé- 
couverte qu'il avait faite. Une ambas- 
sade envoyée à l'empereur ohlinl ta 
rançon de Tiicbard moyennant 36,00^ 
marcs. Celle anecdote, rapportée pjr 
Fauchât d'aprèsune chronique d'.\n- 
gleterre composée en i4â5 , e.sl le 
sujet de Bichard cœur-deLion de Scr 
daine. Itu grand nombre de chansons 
coniposées par Blondel, itne nous en 
estparvenn que vingi-neuf. 

BI.ONDEL (F»j.m;oi6). un de» 
hommes qui ont le plus contribué à 
la gloire du l'architectuie fraiiçaist; , 
conseiller d'état, maréchal de camp , 
profetseui de nalhémaliquet au ool- 



BOC 



106 



BOC 



lej;' royal He l'acadcmip des MJen- 
res , fut d'abord employé à plusieurs 
céjiociations diplomutiques» ff. dis- 
liu^ua ensuile comme archilecle , 
nstaiira la porle Sl-Anloiue el Ij 
l^orie St. 'Bernard , et 6*îaimortaiisa 
par la construclioii de l'arc Irioniplial 
de la porte St. -Denis , ouvrage com- 
parable à tout ce qui reste de monii- 
meDS anciens du même genre , el 
mourut en fcTrier ï6So. 

BLOT , baron de CHACVIGNT, 
nripinaire d'Auiersue , gentilLonime 
de Gaston , duc d'Orléans , frère de 
LoaisXlf , contribua à l'élcvalion du 
cardinal Mazarin en l'indiquant com- 
me très-propre a remplir ses vues a 
Tiichelieu , qui chercbail à rempla- 
cer le P. Jnsepb. Mazarin , parvenu 
au minislère, oublia Blol , qui s'en 
TPiigea parde? épigramme.i et par des 
couplets satiriques. Il piii parti con- 
tre le cardinal dans la puerre de la 
fronde, et s'y distingua par ses bons 
mots el son inépuisable gaieté. Maza- 
rin ht l'attacba ensuile par une pen- 
sion. Blot passerait maintenant pour 
un luédincre chansonnier; il mourut 
le lô mars 1 f'b5. 

BOADICÉt:, BODICÉEouBOO- 
DICÉE, tii.iit du temps de Néron . 
el était femme de Prasulagus, roi 
des Icèues , qui habitaient la côle 
orientale de l'Angleterre. Après la 
mort de son mari, ayant clé outragée 
avec ses tilles par les officiers romains, 
elle souleva les Bretons contre leurs 
oppresseurs ; à la tcle de cent ringl 
mille bonimes, elle prit la colonie de 
Calamoduiiiim ( l^olcliesler) , et mas- 
sacra les Bomains ëlablis dans le 
pays , au nombre de quatrc-tiugt 
mille. Le gouierneur Suéionius Pau 
lions marcha contre les insurgés, et 
il mit les Bretons en déroute. Cell 
bataille eut lieu l'an C i . Peu de temps 
après Boadicée mourut de chagrin ; 
quelques-uns pensent qu'elle s'em- 
|)oisanna. 

BOCCAGE ( Jr.» ) , Glsnatnre!. né 
à Paris , oil son père , marchand di 
Florence , avait clé appelé par des af- 
faires de commerce en iJlJj sa f.i- 
mille était originaire de Certaido , 
village à vingt milles de Floiencc , où 
il fut ameu« d« bonne heuir. Pétrar 



que fut son maître et son ami . et jp 
guida dans ses études, il a composv^ 
une foule d'ouvrages en lalin et en 
italien , mais son vrai litre à l'immor- 
alité est son Dècatmr^in ou le Recueil 
de cent nouvelles ^ qu'il lit pour ré- 
pondre à Tamour qu'avait pour lui 
ne lille naturelle de Robert , roi de 
Naples; il est mis en Italie au nom- 
bre des livres classiques à cause de I.i 
pureté de sou style; il a été traduit 
dans toutes les langues , et a obieini 
plus de cent éditions. Notre bon La 
Fontaine en afail des imitations dans 
ses contes. 

BOCCAGEfJlAniE-AsxcLEPAGE, 
pouse de FIQCET nr), née à Bouen 
le sa octobre 1710 , morte le 8 aoiji 
iSoï. Elle a imité en vers le Paradit 
perdu el la Mort d'Abel, a fait une Ira- 
gédie intitulée let Amazones , et uii 
poème en dix chants , ayant pour ti* 
tre la Colombiude , qui oITre des tir.i- 
des assez bien faites. Ses admira- 
teurs , car elle en enl beaucoup tk 
son vivant , lui avaient donné poin 
detise : forma Tenu» , arle 3/inertu . 
Lorsque Voltaire ia reçut à Ferncj , 
il lui mit sur la tête une couronne 
de laurier, seul ornement, disait- 
il , qui manquiil à .sa coill'ure ; ses let- 
tres sont ail&chanies , bien écrites, 
et doivent être considérées comoit: 
sa meilleure production. Sou e?iis- 
leiice de 91 années fut un lriompl:p 
coullniiel. Elle fui membre des aca- 
démies des arcades de Kome , de 
Bologne. Padouc , Lyon cl Ennen. 
BOCCHÉr.IXI (Lotis) , célèbre 
compositeur de musique. Dé à Lnc- 
ques le 14 janvier 1740 , mort à Sla- 
drid en iSoC. On a de lui 68 œuvres 
de symphonies , sextuors , quintetlis, 
etc., gravées a Paris. Ses composi- 
tions ont un caractère éminemment 
religieux , ce qui a fait dire que si 
Uicu voulait entendre de la musique 
il se ferait jouer celle de Boccherini' 
Ses adagio sont admirables ; ses 
chants, toujours nobles , ont une 
grâce . une siiavilé , qui donnent à 
ses compositions un caractère eu 
quelque sorte céleste , ei le placent 
au premier rang parmi 1rs auteurs 
de musique instrumentale. 
BOCCIIORIS ou JJOCCIIYRIS, 



BOC 

foi qui diHina drs lois à l'Eo'ple. Il 
fut .iu onmnicnreiuiMit itf ion rrfine 
\v liienTaiteiir di^ >oii |jcuple , niaii , 
njanl Toulu le lirer <li:s siipcrsiiliuns 
dans Irrqiiclkii il <'tait ploD;;é , il Tul 
Ticlime dft (inn zèt'* , et on l'arcu^a 
il'atoir iiisiiUr Ir laurrnu narré tlné 
lis. Le» EgyptieriB rngagèreiil Saba 
chus, roi tif l'Eiliiopie. à froir 
»i ugcr celle impiclé. ï^abarhus «iul 
HTec une nombreuse aroièe , livra 
bataille à Borrhoris, mit ses troupes 
en fuite, sai^il li.'i pe^^nnne , le fil 
brûler lif et f.'empara de son rovau 
nie. On croit que Bocchoris est If 
Pharaon qui permit aux Israélites dt 
quitltr l'Ëgyple sous la conduite df 
Moïse , Anvsis et Onchrès sous dif 
fércn? noms. 

BOCCaUS . roi de Mauritanie , s< 
ligua atee Jugurlha son gendre , qui 
lui promit un lier» de la Numidie 
b'îI l'aidait à chasser les Romains d 
l'Afrique. Boechus joignit se.» forces à 
celles de Jugtirlha ; mais , rainru 
deux fois par Uariiis , il rechercha 
sonamilié, et lui l'crivii de lui en- 
voyer un officier de confiance auquel 
il 'livrerait Jugurlha. Sjlla , alors 
questeur de Marius , eut cette mis- 
sion. Le roi maure , nalurellemenl 
inconstant et perfide , agité d'ailleurs 
par une diversité d'intêrêla, fui long- 
temps combattu, dit Sallusle , entre 
l'alternative de livrer son gendre a 
Sylla coii Sylla à son gnidre. Aprè.« 
bien des incertitude.» il lit ses condi- 
tions avec Sjlla, et lui livra Jugurtha 
l'an jo3 avant J.-C. Boechus cnmmil 
cette action infâme après s'être eng:i- 
gé lui-même envers son gendre à lui 
livrer Sjlla. Le traître eut en récom- 
pense le pays des Jlassaessylieos, qu'il 
réunit à ses états. 

BOCHART DE SARON ( Je.vs- 
Baptiste OtspAr.D), premier président 
du parlement de Paris, de l'académie 
des sciences, né à Paris le i6 janvier 
1750, d'une famille distinguée dans 
la magistrature , à laquelle avait ap- 
partenu le savant Samuel Bochart, sut 
unir aux fonctions de son ministère 
l'étude des mathéraaliqups et de l'as- 
tronomie qui lui durent d'imporlanles 
décou,Tertes , encouragea les savans 
par la «•mmuDicalion de set luœiàret 



107 



BOE 



et par tous les moyens que ta fortune 
mettait à sa disposition , et porta le 
ïèlc de la hcience jusqu'à f-tire impri- 
iiier à SCS frais le bel ouvragi; de 
M. de la Place, sur la figure de !■ 
terre. Tant de services, tant de vertu» 
ne put le dérober à la fureur révolu 
tioiinaire qui lui ûla unevie si utile 11 
si bien employée, le jo avril 1-^^. 

BODIN ( Ji'sx ) . né à Angers ver» 
l'an i5ôo. Il avait de grandes cpn- 
nais.saoces dans les langues et dars 
les sciences; ses premier» ouvrages 
lui iireiit une grande réputation 
Henri lU, qui se plaisait dans les en- 
tretiens des gens de lettres , l'admit 
dans ses conversations familières. Il 
se retira en 1&76 à Laon , où il se 
maria avec la sœur d'un magUlral ; il 
y mourut de la peste en ijpfi. Il pu- 
blia plusieurs ouvrages ; mais celui 
qui coDiribna le plus à lui i^irr uii>- 
prande réputation fut ses tix livres Jr 
la rcpuHi<iue. Il traduisit lui-même 
cet ouvrage en latin. Bodin fut , an 
jugement de d'Aguesseau . un digne 
magistrat, un savant auteur et un 
très-bon citoyen. • 

BOECE ( Avicir» Maxlics To«- 
QDATis Sevesints Boetics ) , l'aD des 
hommes les plu> illustres de» cin- 
quième et sixième siècles, par ses ter- 
lu.s , ses lalens,ses services, se» di- 
gnités et ses malheurs. Il naquit à 
Rome, vers 470 , d'un père qui fnt 
Iroi» fois consul. Après avoir reçus 
Rome une brillante éducation, il 
alla à Athènes , où il puisa la philoso- 
phie qui (^araetèrisc tous ses écrits. 
De retour à Rome , il fut décîar« pai- 
Irice et sut charmer Théodoric, dont 
il fut long-temps l'oracle. Trois fois 
n l'éleva au aonsulat , et par une 
distinction unique il posséda en S 10 
celle dignité sans collègue. Ses deux 
lils, jeunes encore, furent désignes 
consuls pour l'année 5ss : c'était un. 
privilège réservé aux Gis des empe- 
reurs. Idole de la nation des Gnifaset 
de leur roi , ses amis , ses richesses , 
ses honneurs , ses services, ne purent 
le garantir des coups de la fortune. 
Théodoric devenu vieux devint méUii<- 
colique, jaloux eldéhaiil ponr tous 
ceux qui l'approchaieiii ; il ne se ré- 
gla plus d'après fO! conseils. Os par- 



BOE 



loS 



BOG 



viiil à faire pi'oiiunccr cou Ire Boece 
1111 décret qui le déclarait coupabl< 
(le liaule-lrabisoD , et il fut iiiis à 
mort dans de» tourmeaa affreus , U 
j3 octobre ôî6. De tous ses outrage! 
le plus cèïèîirc est sa CiynsoLition dt 
la philosophie. Cet ouvrage Ta de paîi 
|iour U uietlioJe , la solidité et l'etac- 
litude , avec loul ce que les aucieu: 
nous ofTreul de plus parfait en c< 
genre. 

BOERHAAVli ( llr.EBix ) , uu des 
plus fameux médecins du dix-bui 
tiènie siècle , celui que nos temps 
oioderneA peuvent le mieux opposer 
au Galien de rantiquilé , ^iQoll pour 
l'étendue du genre , au oioios pour 
In nombre des cunnaissances rariée: 
qu'il a léunies, l'euipire presque ex 
ciusifqu'a obtenu ^on s\stème nié 
dirai, et 1 immense célébrité dont il 
a joui durant sa vie. U uaqu it près de 
Leyde , en Hollande , le 5i décem- 
bre i66S; mort le 23 septembre 
173s, il avait publié sur sou art et 
d'aulfes science^ une foule d'ouvrages 
parmi lesquels il faut citer tes Insti- 
tuts de médecine traduits dans toutes 
IPs Uugnes , et ses apborisnies de Cû- 
^noscmdis tt curandisniorbis. Quand 
rui lit seulement le catalogue de ses 
immenses travaux d'érudition, ou 
leslefrappé d'ëionncmeiit , et en par- 
cnuraiitses on*rnj»eseu médecine, en 
t'îiimie el en buiaiiique , on est ruii- 
vaiiicu que le sa\ant BoerbaarefuI un 
desbomnies les plus laborieux, et un 
des esprits les plus mélbodiques que 
le» scieucvs nous presenlenl. 

BOETHE !BoETnr»).Ce nom fui 
commun à plusieurs philosophes de 
l'antiquité. 1. hoethe , sloieieii cité 
par Diogène Lacrce et par Cîcéroii> 
3. hoethe , peripaléticien , natif de 
Sidon et disciple d'Audronicus. Slra- 
liou, son condisriple, le cite au nom- 
bre des plus illustres pbilust<pltes de 
ton temps , el Siuiplicius n'a pas 
craint de lui donner l'épitbèle d ad- 
mirable, 3. BoelAe (Flavius) , de l'io- 
léniaîs, bomine consulaire , autre 
péripatèlicieu , disciple d'Alexandre 
deD.>mas,et contemporain de Ga- 
lien. li. BuclAe, géomètre et épicurien 
cité par l'iularque , qui en * fait un 
dcj luIerlocuUurxlc sou Dinlo^uoitr 



l'Ora:/<! de la pythie. Cicéroii et Pliuf 
parlent encore d'un autre Botf/ie, cé- 
lèbre sculpteur; il était de Cartbage 

BOETIE ! Etiesxe de li), né à 
Sarldt dans le Perijord , le 1 novem- 
bre i5ôo. A l'âge de seize ans il avait 
déjà traduit plusieurs ouvrages de 
Xeuopbon et de Plutarque, et il i)'a 
tait pas dix buit ans lorsqu'il cciii 
posa son Discours de la seriitadc i 
tairt. Il fut l'ami de coeur de )t' . 
gne , à qui il légua se» livres el - 
.crils , et qui parle de lui dan? s-ii 
beau chapitre de V Amitié. La Boetie 
mourut a Germignat près Bordeaux , 
le jS août i663 , à trente-trois ans, 
sans avoir publie aucun ouvrage, 
(^est à son illustre légataire que l'on 
doit ce qui nous reste de cet auHui . 
Montaigne le nomme le plus grar i 
homme de son siècle; il y a d.uis te 
jugement de l'eiagéralion, mais on 
la pardonne à l'amitié qui les unis- 
sait el qu'ils étaient lous deux si bien 
faits pour connaître. 

BOGEs ou BUTES, Persan , était 
rommaudant d'Eionç, liile deThrace 
pour Xercès , après que ce prince 
eut été vaiucu par les Grecs. Ayant 
• té assiégé dans celle place par Ci- 
mon , fils de Uiliiade , général des 
Athéniens , il refusa de la rendre et 
de reloorner en .Vsie. 11 résisia jus- 
qu'à la dernière eiiréniilé, et lors- 
qu'il ne lui resta plus de vivres, il lit 
allumer un blicber , égorgea safètn- 
me, presque jloiis ses enfans .toute 
s.i famille et ses amis , et les lit jeter 
(lanâ les flammes. 11 ramassa ensuite 
tout l'or et l'argent qu il po.'Mdait'et 
qui était dans la ville, le jeta du haut 
des murs dans le Slrymnn, el se pré- 
cipita lui-même dans le bâëhrr. Xer- 
cès loua beaucoup sa conduite, et 
combla d'bomieurs les enfans qui lui 
aient. Il est fait mention de Bo- 
dan.s Hérodote , dans Polybe et 
dans l'Iu'.arque. 

BOGL'D, roi de la Mauritanie Tin- 
f^itane, contemporain de JulesCesar, 
dont il favorisa le parti en Afrique 
s la guerre contre Pompée, se mil 
lui-mCine en campagne et opéra sa 
joncliiiii avec Puhlius Silius , lieute- 
n..nt de Tésar , qu'il Ht général de 
loults se? Iroujjes. Lciculreprlic î de 



BOI 



109 



BOI 



Bopuil eurent un bcurruz (ucc6«. Il 
Miiïil Cfsar en Espagne , <t combat 
tilà lacélibre journée de Munda. Le 
liU de Pompée y rési.'ila aui forces et 
au génie de Cé!<ar , et ledictalt^ur an- 
rail perdu la bataille ni Boj;ud son 
ami , qui pendant l'aclion .«était re- 
tiré par lâcheté, excité eubuitepnrla 
bonle , 11'eût attaqué avec plusieur!» 
escadrons de cavalerie numide les 
troupes de Pompée lassées de con»- 
battre. Ce mouvement inattendu dé- 
cida la victoire, et (lésar rc'ini à 
Rome en souverain et en maître. 
Après la mon de l'empereur romain, 
il se déclara en f,iTeur d'Antoine 
contre Octave à la balaille d'Actium. 
Il envoya même une armée en Es. 
papne au secours d'Antoine , mais les 
Tinpitaniensa.vant refusé de lui obéir 
e t l'avant chassé de ses étals, il alla 
demander un asile dans le camp du 
triumvir. Il fut lue ensuite par Agrip- 
pa à Mélhonn , après la balaille 
d'Actium, vers l'an sr) avant Jésus- 
Cbrist , et la Majritauie fui consi 
dérée dès-lors comme une province 
romaine. 

BOIOiME{LB eéxÉittL comte dr ), 
né à Chambéry, lo 8 mars 175i , 
quîlla son pa>s à 17 ans pom* entrer 
au service de France , où il resta 
pendant cinq ans; il se rendit 
ensuite à Paros , et entra comme 
capitaine dans un régiment grec, au 
service de l'impéralrioe Catherin»-. 
Fait prisonnier au siège de Tené- 
dos , il ne devint libre qu'à la pais, 
Il quitta dès-lors le service de Russie, 
et prit la résolution d'aller chercher 
dans l'Inde un meilleur sort. Après 
avoir servi quatre ans dans un baluillon 
decypayes,au service de la compagrtie 
des Indes , il passa, en 1784, à celui 
du prince raabrale AlahadgyScindia, 
avec deux bataillons qu'il av.iil levés 
et disciplinés à l'européenne. Nous 
n'entrerons pas dans le détail de 
toutes les actions brillantes par les- 
quelles il {ustiCa la coiiGance de ce 
prince , qui le combLi de récom- 
penses cl d'honneurs. De retour en 
Europe , avec l'immense fortune , 
dont il devait faire uu si admirable 
usage, il résolut de se 6ier dans son 
pays uïtal, Cbainb«rv dés lors fut sa 



résidence , et jusqu'à sa mort, arrivée 
le >i juin iS5o, il y a «inié Us bien- 
farls à pleines mains. Pour donner 
nno idée des couvres publiques de 
bienfaisance qui lui sont dues, il 
snflira de dire iju'il y a consacré un 
capital d'environ 3, Son, 000 fr.j outre 
ces din'ércnles londalions, doutions 
et renies, des sommes considérables 
soni encore laissées, et destinées dan» 
son testament ii des oeuvres et des 
établi.''Semcn3 utiles. 

BOlI.KAtJ IJESPREAUX (Nreo- 
Lis),né à Paris le 1 novenrbre i6.^f>. 
mort le 1 3 mars 1711. Les étranger» 
ne l'ont appelé lung-lenips que le 
poète français, et cette gloire était 
bien due à l'immortel auteur de l'.^rC 
poétique , du Lutrin et de tant d« 
belles épîlres qui n'ont jamais clé sur- 
passées. On doit regarder ses satires 
connue l'époque du bon goilt. Boi- 
leau fui l'ami des Coudé , des Laro- 
chefoucault . «les Vivone des Lamoi- 
guon , des Termes . des Daguesseau, 
el de tous les personnages illustres de 
son lenips ; mais celui qu'il aima le 
plus tendiement , c'est le grand Ra- 
rine . auquel il dit en mourant : 
Toute ma consolation est de mourir 
avant vous. Ne disons pas de mal du 
Nirolas , disait Voltaire eit parlant df! 
Boilean , cela porte malheur. Ses ou- 
vrages, qui oui eu des édiliuirs nom- 
breuses . sont dans les mains de tout 
le monde. Boileau ne fui méchant 
qu'en vers, les anecdotes du temps 
prouvent la bonté el la générosité de 
sou caractère. La postérité n'oubliera 
jamais les services qu'il a rendus au)C 
lettres françaises ; il découragea la 
médiocrité, el sa louange alla tou- 
jours chercher le véritable talent. Si , 
protégé par Louis XIV , il a beau- 
coup loué ce gratrd roi , il a eu le 
bonheur asseï rare pour les panégy- 
ristes de parler comme la postérité. 
La réputation de Despréaux a éclipsé 
celle de toute sa famille : on se sou- 
vient à peine de son frère Jacques 
Boileau , docteur de Sorbonne. 

BOINDIN (Nicolas), né à Paris le 39 
mai 167(1, mort le Jo novembre 1751. 
Il fut de l'académie des inscriplioira 
el belles-lettres , pour laquelle il coiu- 
posa dut luéiuoireï sur le ibvâlre de; 



BOI 1 

iiiiciriis , les tribus et les noms des 
Komaini), etc. 11 a fait en sociale arec 
l.amotle la comédie des trois Ga»- 
tons ^ et cellf^ du Port de mer , qui est 
leslée au llirâtre. Le bal d'Auleuil et 
tê peut Maître de robe sont de lui 
seul. On a réuni tous ses ouvrage? eu 
deux volumes iii-is. 11 >e plaisait à 
pérorer dans le caTé Procope . sur 
iDUles les matières de pbilosopbie et 
de lilléraliire. 

BolSGELI\ ( jKAX-DE-I)iEr Rat- 
MOSD DB CUCE), cardinal, Je l'acadé- 
mie ^raul;ai^e , né à Rennes le 17 fé- 
trier I7ôa , luort le sa août l8o4. Il 
aima les lettres et les cultiva avec 
succès ; parmi les ouvrages qu'il a pu- 
bliés , on cite surloul ses traductions 
des psaumes en vers rrau<;ais , et celle 
des Héroîdes d^Ovidb , de même en 
vers. Ses actions valent encore mieux 
que ses ouvrages. T.a Provence lui 
rfui, lorsqu'il était arcbevêque d'Aix, 
la construction d'un canal qui porte 
•on unm , une maison d'éducation 
pour les demoiselles pauvres, qui sub- 
siste encore à Lambf^c , et plusieurs 
autres étabiissemi'us utiles , sans par- 
ler d'un pont i|u'ii a\ait fait bàlir à 
LaTaur. Dans ini niunient de di^elte 
dans son diocèse, il donna 100,000 
francs pour achett^r des grains. 

BOISMONT 1 Nicolas THYREL 
de), membre de l'académie frani^aise 
et prédicateur ordinaire du roi, né 
dans un village près de Rouen , vers 
1716, mort à Paris le ao décembre 
1786. Ou a de lui un panégyrique de 
saint Louis . l'uraison funèbre du 
dauphin lils de Louis XV , celle de la 
reine de France , relie de Louis XV , 
et enUn celle de l'impératrice Marie- 
Thérèse. Sans pou ■ >ir les citer comme 
des modélis, ces or.il.sons funèbres 
oITrent des traits brillans et queliiue- 
fois la plus haute éloquence. On a re- 
cueilli ses (tuvresen i3o5 , un vclnme 
in-8°. L'abbé, depuis cardinal Maïuv, 
espérant succéder à l'académie fran. 
f aise à M. de Boismont, tâchait de 
lui faire raconter les détails de sa 
jennessi el de sa vie: ■ L'abbé , lui 

• dit celui-ci, vous me prcncr. me- 

• sure. I 

BOISROBERT(Fbi-'«;ois METEL 
SB), né à Caeu vers i.^ji , mort le 00 



10 BOI 

mars 166t. Il fut l'un des cinq azr* 
leurs qui travaillai^enl aux pièces de 
théâtre du cardinal Richelieu , qu'en 
ontre il amusait tellement par ses 
saillies el sa gaieté , que le médecin 
di>ait au cardinal quand il était ma- 
lade : Recipe Soisiobert. Pour prix de 
ses bons mois, il obtint de riches et 
nombreux béniiices , mais il fui très- 
bienveillant euiers les autres , el Ri- 
chelieu l'appelait l'ardent solliciteur 
dei muses incommodées. Ce fut lui qui 
donua au cardinal l'idée de fonder 
l'académie française, dont il fut l'un 
des premiers membres, el sur l.i 
quelle il s'égaja eu disant dans ui;t 
de SCS épîtres : 

Depuis six mois dessus l'F on tra- 
vaille , 
Et le destin m'aurait fort obligé 
S'il m'atait dit : Tu vivras jus- 
qu'au G. 

Il aimait avec fureur le jeu el la 
table. Malleville l'a peint fort ressem- 
blant dans son joli rondeau: Coiffé 
d'un froc bien raffiné , etc. Il a publié 
des comédies , des épitres , des ro- 
mans , des nouvelles héroïques et 
amoureuses, et une paraphrase en 
vers des psauuies de la péniifnce. * 

B01S5EL PE MONVILLE ( ic 
dabos C.T.-G.), pair de France, 
membre du conseil général de la 
Seine-Inférieure , né à Rouen vers 
1760 , fut conseiller au parlement de 
celte ville , se livra à l'élude des 
sciences, publia plusieurs ouvrages 
d'économie polilique, entr'autres , 
un voyage pilloresque de navigatiou 
exéculé sur une parlie du Rhône , 
depuis Genève jusqu'à Sejssel. 11 est 
mon à Paris , le 9 avril lS33 , au mi- 
lieu de ses paisibles occuuations. 

BOISSY (Louis ub), de l'académie 
française , né à Vie en Auvergne , le 
36 novembre 1694, mort à Paris le 
19 avril 175s. Il a fait plus de trente 
euraédies , dont il n'e^t reste au ihé.i- 
Irc que les Dehors trompeurs, le Fran- 
çais à Londres et le Babillard. Son 
lliéâlre forme 9 volumes in - 5. Ses 
vers sont en général pleins d'esprit, 
el l'on pense qu'il eiït pu se faire un 
nom dans la' satire ; luais il n'eut que 
très-rarement la force comique ; il 



BOl II 

lui nimquailla connaissance apprn- 
foiiclii- du cœur humain, crile "lii 
monde il celle de ton .irl. D'alior.l 
dans la nilsirc, le privilège du M>-r- 
cure de France., qu'il oblinl , le mil 
dans une PB|ièce d'opuli-nce. Il ne 
faut |)oinl le confondre avec un M. 
î.aus de Hoissj , auteur de quelques 
opteras comiques et ïaudcvillc» asseï 
médiocres, mon de nos jours avec 
tous se» ou»raî;es. 

BOISSY UAXGLAS ( Fbaxçois- 
AsTOisB , comle de) , né en 17^6 , à 
Saint -Jean-Clianihrc. pré» d'Anuo- 
nay (Ardèelic). d'abord maiire d'IiOlel 
ordinaire de Afonsieur, depuis Louis 
XVIII. dépulé aux élalsRénéraux , y 
urofeAsa les principes d'une s;ipi- li- 
berlé. Dans le sein de la cnnieiition , 
lors du procès de Louis XVI , il ïola 
l'appel au peuple. Après le 9 lliermi- 
dor, il saisit toutes les oecasions de 
xéparcr les nombreuses iniquités de 
la tyrannie. Le 1" prairial (iT^'j), 
une foule furieuse fil irruption dans 
l'assemblée. Boissy d'An;;Ias s'empara 
du fauteuil taeanl de la présidence, 
el là , au milieu des cris et des me. 
nace», à la vue de Tinpt fusils dirigés 
contre lui , et de la tête sanglante de 
Bon collègue Férauil, son atlitude cal 
me. soutenue pendant plusieurs beu- 
res, imposa à celle raultilude forcenée 
qui , repoussée par la force armée . 
finit par évacuer 1« salle. Le reste d<' 
sa carrière politique fut digne de ce 
dèrouement »nblimc. ïlembrc du 
conseil des Cinq • Cenis , sénalenr, 
pair de France ,ilse montra toujours 
le défenseur de nos institutions , el se 
conduisildans tontes les circonstances 
atec la plus louable roodéraliou. 
Admis en i$i6 à l'académie des lus 
eriptions, il mourut à Paris en 1S3G 
Il est autrtur de plusieurs ouvrages. 
Le dernier qu'il ait public a pour 
titre: Eludes littéraires et poétiques 
d'un vieillard, Paris, 1S3S, 6 vol. 
in-19. 

BOISTE(P(ER«B (UilDC-VlCTOIRB), 

sien 1765, mort à Paris en l8»4, 
est principalement connu par Mu 
Victionnairt de ta lart^ue franrai 
l'un des meilleurs qui existent . eli 



un Dictionriairtf dt eéosraphie 
utlt. 



par 



BOJ 

r.OIVIX (Je»»), professeur de 

fc au collège royal, né à Monlreuil- 

tr,';ilé, mort le 19 octobre 17J6 , à 
64 ans, membre de l'Académie fran ■ 
de celle des bclles-lcllre» e« 
garde de la bibliolbéque du roi , ne 
,e fil pas moins aimer par la don- 
neur et la simplicité de ses mœurs 
^u'eslimer par rélf;ndue de ses con - 
^aissancis et par les outrages utile* 
']n'îl publia^ Le plus important est 
nie traduclion de VUistoire Bvzifnfine 
de HieépUore Grcgoros , exacle, èlé- 
ganle , cnriebic d'une préface eu 

;u5i' el de notes érmliles. 

BO I V I N (JicjrF» Dtsi») . né à 
Paris b' «S septembre I7ii. maré- 
lial-decamp , commandant de la lé- 
gion d'honneur, enira an service en 
771 . comme simple dragon, oblinl 
on congé , reprit du service en 1789. 
n qualité de volontaire d.ni» la earde 
lalionale , parvint rapidement au 
^railc de général de brigade , se dis- 
en Italie, eu Ilelvétie.en Alle- 
magne , obtint sa retraite en 1SI4 • e> 

ourut à Paris, en juillet lS3i , 
doven des généraux frain^ais, 

iîOJARDO I le comte .MàTiitEn- 
)[iiiiE),iié à Scandiano versi4J3, 
mort a Reggiodans la nuit du so au 
il décembre i/lgi- H fut gouverneur 
de celle dernière ville el de sa cita- 
delle. Il est surtout célèbre par son 
poè'me 'de l'Orlando innamorato ( Ro- 
land amoureux ), l'un des poèmes le» 
plus imporlaiis de toute la littérature 
italienne , puisqu'il a oITert le pre- 
mier exemple de l'épopée romanesque 
qui mériiàt d'être suivi, et qu'il a 
produit iOrlaiido furiosii^ Bnjardo ne 
pul acheter son poème , qui fut im- 
primé l'année qui suivit sa mort par 
les soins de son fils. Le Bcrni relit en 
i54i le poème tout entier en le trai- 
tant à sa manière , el il ne se lit plus 
que rt fait par Berni. C'est pour l'amu- 
sement du due de Ferrare Uereule I, 
et de sa cour , que Bojardo eomiJO».* 
Ions ses ouvr.iges. Ses poésies ly- 
riques el sa comédie il Titnone sont 
estimées. 

EOJOCALUP , chef de? Ansiba- 
riens, peuple de Germanie . qui , 
chassés de leur pays par les Ciiu.sscî . 
vinrent sons sa conduite s'établir sur 



BOM 1 

de' terres que les Romains selaient 
réserTécs. Aiitus, général romain , s'y 
opposa ; il t'allut alors recourir aux ar- 
mes. Quelnues peuplades qui aiaieiil 
il'abord pris le parti des Aiisibariens 
lurent effrayées de la menace que les 
lîomains leur firent de ratapei- leurs 
terres. et les abandonnèrent. LcsTu- 
buntes, les Usipètes , les thalles et bs 
(.Ihéru-siiues, ne furent pas nioiii.s durs 
envers eux que les Uotnains: ils ne 
leur permirent point de s'établir sur 
leurs terres, elles malheureux Ansi- 
l>ariens , poursuivis par les soldais de 
Néron , périrent presque tons. Bojo- 
calus ne sur-vécul pas au désastre de 
ses compalrioles. 

BOLliSLAS-LE GRAND, premier 
^ouver^in de la JPolocne , qui ail 
pnrié le litre de roi. Il était iils du 
duc Miecislas, et lui succéda en 959. 
Ce fut l'empereur Otiion lïl qui lui 
rinuna le titre de roi ; ju5(|ue-là la 
Tologne n'avait élé qu'un duché. Bo- 
îeslas conquit la Moravie , et la rendit 
tributaire. Il mourut en 'losS , après 
af) ans de règne , laissant la réputa- 
tion d'un des plus grands monarques 
de son Mècle, et un nom à jamais 
cher aux Polonais. 

BOLIXGIil.OKE ( Hbhut. Saisi 
JiîAiî , lord vicomte de ), né en 1C72 , 
mort le s5 novembre 1761 ; secrétaire 
d'état en Angleterre sous la reine 
Anne. Il l'iii ambassadeur à P.iris , 
pour négocier la paix entre l'Angle 
terre et la France. Après la mort de 
la reine Anne , il se relira de la cour 
et passa en France, où il épousa ma 
dame de Villette, nièce de madame 
de Mainlenon ; il retourna ensuite en 
Angleterre. On a de lui un grand 
nombre d'ouvrages poli liipies. de mé- 
moires CI de lettres. 1,'esl un des ca- 
ractères les pins équivoques qu'ait 
produits l'Angleterre. 

BOMILCAR. Il y en a trois: 
1. Somilcar, général Carlbaginnis re- 
vêtu des premières dignités de la ré- 
publique: il pr.^fita des alarmes que 
causaient à sa pairie les progrès d A- 
gathoclc en Afrique pour tenter de 
s'emparer de la souveraineté; mais 
dès qu'il eut été proclamé roi parses 
«atelliies, les jeunes gens prirent le* 
urnjes pour repouiter ce tyran, et du 



12 BON 

haut âes mai.sons accablèrent ses 5û[ 
dais de traits et de pierres. Poursirvi 
et abandonnné de ses troupes, i[ 50 
rendit . et malgré la capitulation il 
fut condamné à périr dans les tour- 
meiis et mourut a^ec ua grand cou- 
rage, a. "Bomilcart îuiiîral Carthaginois, 
amena quelques renfort» à Annihal 
après la bataille dp Caunes, et fut 
ensuite envoyé en Sicile au seconiç 
des Syracusains. Effrayé à l'aspeci >■ 
la flotte romaine commandée | 
Marcellus, il prit lout-à-coup lelai_ 
avec les cent trente palères qu'il com- 
mandait. gagna Tareuteet abandonna 
Syracuse aux Romains , Ters l'an 303 
avant J.-C 3. BcmiYcar, favori de Ju- 
gurtha , assassina par son ordre , au 
milieu de Rome mémp , le jeune 
Ma^sira , pelit-tils de MasMuissa : de 
retour en Afrique, îleut uneenlrevu* 
avec le proconsul Melellus.» qui lui 
proposa de lui livrer Jugurlba ou de 
le faire tuer, lui prometlant liin- 
punité et la protfclion de Rome. 
Bomilcar conseilla d'abord à Ju- 
^urtha de se soumettre aux r»o- 
mains , puis toulut le faire périr; 
mais son complot ayant élé décou- 
vert, il fui mis à mort vers Tau 107 
avant J.-C. 

BONCHAMPfCnAïiLEs-MEi.rHtnn. 
ABTiSDBJjUé en 1769, pénéralicîi- 
me des Vendéens , étîit l'idole des 
siens ; ses talens , 9a modestie, et sur- 
tout sa bonté d'àme au milieu d'une 
guerre aussi cruelle , ont rendu son 
nom ipcomniandable. RIessé nïortel- 
lemeot le 17 octobre 1 795 , à la san- 
glante bataille de Cbollet , il e.icpira 
presque aussitôt dans les bras de sa 
femme. 

BONDI (Tabbé CLfeMitîfT), né à 
Mezzano dans te Parmesan en 17^3 » 
mort à Vienne en Autriche en ili'ai. 
Sa réputation poétique est priuei|Ki- 
lemeiil fondée sur sa belle traduction 
de VEtiéide en eer«i edoUi, deux volu- 
mes iti-8. Son talent dans ses autres 
ouvrai^e» se fait surtout remarquer 
dans les sujets tendres et mèlancoli- 

BOXGARS . conseiller, maîlre- 
d'bôlel d'Henri IV . né à Orléans en 
i5^6» un des plus liobib 9 critiquet de 
son temps, fut employé par ce prinve 



BON 



iij 



BON 



pendant prè» de Irenle »M danj in 
cours d'AUeoia(rne, en qualili' de ré- 
fidcnt ou d'ambassadeur, lui rendit 
de i^ands lertices dans les népoei»- 
tions le* plus importantes, et mourut 
à Paris, le 39 jviillel iCit , utcc la 
réputation d'un très-bonni-te homme 
et d'un saiant distingué. Ses ourrage* 
imprimés sont un recueil des lii«IO' 
ri<>ns des Croisades, sous le titre de 
Gesta Dei per Franeat , de» Irltre» 
latines d'un style pur, correct, élé- 
gant, une édition de Justin, aiec des 
notes savantes, et une collection des 
iii^toriens Ilongrois qui ont écrit en 
latin. On doit regrctler se « manuscrits 
que possède aujourd'bui la bibliolbé 
que de Ileriie. 

BOMXGTON ( KiCBiiii) • Picore ) 
peintre de penre , né ren iSoa à 
Londres, où il mourut en septembre 
î8;8 , Tint fort jeune à Paris suiîre 
les le<;ons de M. Gros, quitta son ate- 
lier à 16 ans, pour aller en Italie se 
former une manière à lui. Assez ha- 
bile pour se fioutenirpar ses propres 
forces^ il revint néaiimuin» se ranger 
parmi les élèTes de son iincien m<iî- 
tre, qui bientôt le regarda comme 
un des ornemens de son école. Ce 
jeune artiste réussit ép.ilement dans 
la marine, l'arcbilecture, les paysa- 
ges et les intérieurs. On cite comme 
son plus bel ouTrage , la m.ignifiqiic 
Vue du grand can.'ilHe Venise. 

BO N\A Y (CniBLirs-Fsjsçois, 
marquis de ). né en 1760 , d'une an- 
cienne famille du Nivernais, député 
de la noblesse de sa province aux étais- 
généraur, y Tola avec les monarchis- 
tes constitutionnels, eut deux fois 
l'honneur de présider l'assemblée , et 
lit voir dans ci-tle position éminenle. 
autant d'imp.-irtialilé que de talent. En 
•a qualité de président, le li juillet 
179", il prononça le premier le ser- 
ment civique à la fédération du 
Champde-Mars , et montra, d.ins 
lous ses actes et ses discours, beau- 
coup de mesure et de dignité. Lors- 
que le pouvoir conslllutlotinel du roi 
fut suspendu , il cessa de prendre 
part aux déhbérations, émlpra en 
J79« , servit sous les drapeaux des 
princes et s'attacha au sort de Mon- 
sieur. La rctiauratisp lui rendit sa 



patrie. Il fut nommé minisire d'a- 
bord en Danemarck, puis en Prusse, 
d'où il fut rappelé sur «a demande en 
iSio, et mourut en ig>5, nilnlsire 
d'état et gouverneur de Fontaine- 
bleau. 

BONNET ( Ch»mu ).né à Genève, 
le |3 mars 17J0, mort le jo mai 
1795, membre de presque toutes les 
académies de l'Europe. Un des plus 
grands naturalistes et des plus grands 
métaphvsiriens du siècle dernier. Il 
a publié beaucoup d'ouvrages, parmi 
lesquels son Emoi analjliijue sur Us 
facalttt dt i'Sme, qu'il mit cinq ans à 
omposer , tient le premier rang. On 
peut dire hardiment de lui que c'est 
un des plus ingénieux observateurs, 
un des plus consolans moralistes et 
des meilleurs écrivains qui aient ciis- 
té. Ses œuvres ont été recueillies et 
imprimées à Neuf - Cbatel , iS vol, 
inS. ,f.g. 

BONNECORSE |BiLin»7.ii> bb ), 
né à .^larsellle; consul de France au 
traire et à Seyde en l'hénicie. 11 com- 
posa dans ces pays. -a Montre d'amour. 
Boileau l'avant plaisanté, il fil la pa- 
rodie du Lutrin pour se venger, et l'in- 
lilnla : Luirigot , poème héroï-comi- 
que. Boileau n') répondit que par 
" pigraujme : 

Venez , Pradon et Bonnecorse , 
Grands écrivains du même force. 

Bonnecorse mourut à îlarseille en 
1706. Ses œuvres recueillies en un 
oliime sous le titre de Poésiet, à 
Leyde , 179a, in-i3 , sont devenues 



BOWEVAL ( CLirDB-ALSXiXDllE , 

comte de) , connu aussi sous le nom 
d Achmel-Pacha, né le i^ juillet 1C7;. 
Il descendait d'une illusire maison du 
Limousin , et avait épousé la fille du 
maréchal de Biron. Il quitta la France 
pour servir sous le prince Eugène , 
et lai.ssa ce prince pour prendre parti 
dans l'armée turque. Le giand-sei- 
gneur le lit pacha et lui donna un 
commandement militaire. Il rem- 
porta une grande victoire sur le» ira- 
périauv ; malgré ce servit. e signalé, il 
encourut la disgrâce de son maître , 
et fut exilé a l'exlrémilé de la mer 
Noire; ccpeodanl il fut rappeli en 
10. 



BON iM 

1747. Il mourut le at niar-i de ladite 
année , à l'âge de soixante-douze ans. 
Son tombeau se voit encore à Péra, 
dansuo cimetière de derviches Jnew- 
lewis ou tourneurs, pris du palais de 
Suéde. On a publié de prélendus 
mémoires du comte de Bonoeval , 5 
volumes in-13. Sa vie entière n'est 
qu'un tissu d'événemens singuliers et 
bizarres. 

BON.NIVET (GriLuruE GOCF- 
FIEIi, seigneur de ) , amiral de Fi an- 
ce. Il se signala au siège de Gènes, 
eu l5o7, et à la iournée des éperons , 
en i5i3. Âpres la bataille de Mari- 
gnan , François le' Tt-nToya en am- 
bassade en Angleterre , pour décider 
Henri VllI à se déclarer eu fateur de 
la France. L'année suirante Lonnivet 
parcourut toutes les provinces d'Al- 
lemagne ponr faire élire François ler 
empereur ; on sait qu'il n'y réussit 
pas, il n'en fut pas moins bien ac- 
cueilli à son retour en France; il 
remplaça son frère dans la faveur du 
roi; il obtint le commandement de 
l'armée de Guyenne, et lit rejeter la 
paix avec t.harles Quint ; il jeta par là 
- son roi et sa patrie dans uite suite de 
calamités. Il roint à la cour jouir de 
sa favein-, et de tous les amis de Fran- 
çois l*'" , 11 fut le seul auquel on 
donna le titre de favori. Il nourrit et 
servit la baine de la duclies<e d'An- 
goulème, mère de Fr:^nçois le', con- 
tre le connétable de lioutbou , et 
contribua à sa défeclion. Honnivet 
eut le commandement de l'armée 
française en Italie, et pénétra en 
l533 dans le Milanais ; mais par ses 
mauvaises dispositions, il lit battre à 
Beber le fameux Bai ard. Il lui confia 
la retraite; celui-ci .«auva l'armée à 
Bomagnano et se lit tuer. L'évacua- 
tion du Milanais fut entière. Ce l'ut 
par son con»eil que François 1er _ c„ 
l6a4, résolut de faire le siège de P 
vie, et qu'eniiitite il ne voulut pas 
opérer ta retraite. Bonnivet, au d 
sespoir des malbeurs qu'il avait cau- 
sés, courut se précipiter au milieu 
des bataillons ennemis, et s'y lit tuer, 
le J4 février i5«5. Ce fut un cour- 
tisan gâté par la faveur; luais il avait 
au moins un grand courage, un sa- 
ractèrc ferme et décidé. 



BOR 

BONOSCS (Qcniics), fils d 1 
rhéteur ou grammairien . qui était 
la suite de ces peuples du Nord qiu 
Ton vit se répandre dans les Gaules 
et les désoler ju.-^qu'au lègtie de Pro- 
bu.'*. 11 arriva au grade de tribun. dr< 
oldals, et au commandement di s 
troupes qui gardaient la frontière dt- 
Rbetie. L'empereur Aurélien lui lii 
pouser une prisonnière du .^ang ro- 
al des Gotbs; cornue Bonosus ét.iii 
adonné au vin, il espérait par ceti»- 
on savoir par lui tout ce qni ft 
passait dans cette nation. Les Ger- 
mains ayant incendié des navires qu»* 
les Bomains avaient en station sur 11- 
Bbin, Bonosus qui en avait le coin 
mandement , craignant d'être puni . 
crut se tirer d'embarras en se faisav 
proclamer empereur. Probns le di ; 
dans une bataille sanglante. Boqomi 
se pendit de désespoir, l'an de Boni' 
lo53. 

BONSTETTEX ( CnjunES-Virmi 
de ). d'une des plus anciennes familli ■ 
de Berne , auteur d'un Voyage c(as. 1 
que dans te Lalium et de plusieurs im 
ties écrits estimés, disciple et ami >': 
célèbre Haller son compatriote, . 
mort le 3 février iS5a, à Genév 
âgé de S7 ans. Il joignaitau caract' 1 
le plus bienveillant, les counais.^ti 
ces les plus variées. 

BOOZ, HIsde Salmon eldcRah.'' 
Il épousa Butli dont il eut OIm i 
aieni de David. 

BORDA ( jEAK-Ciiim.Es ), mci.i 
bre de l'académie des sciences, - 
l'institut, capitaine de vaisseau, i> 
qnit à Dax le 4 mai 17J5, et moni 
le 10 février 1799. Il a publie il 
vers mémoires sur le muuvemetii ' 
la théorie des projectiles, a fait e\ 
culer un cercle à réflexion dont l'us.i. 
est général dans la marine , il fil p! 
sienis voyages pour l'essai de> niuu- 
1res marines, et il a rendu à l'a-^trono- 
mic des services imporlans par ses 
travaux et ses découvertes. 

BOUDE (JEis-BexJiJiis DE i.ii) , 
ne à Paris le 6 septembre 1754. pre- 
mier valet de-chambre de Louis XV, 
dont il fut le favori, fermier-général, 
à la mort de ce priitce , partagea Sun 
teinpi entre les devoirsdc sa place il 
la culture desletties. de la mu'iqnc 



BOR 



ii5 



BOR 



• t des beaui-arts. On a lie lui iiiijilluslrt: en mrilecine le Dom de la f^> 
Chaix de chaniom mitês en muiifu» , jmillr. Prcniier rbrf He l'oppotilion 
i Toi. in-8 : uii Enai lur In muji7ii«[inie la r^tciilli- de Monlpcllirr. la pre- 
ancienne et moderne , i <ul. in -4; uae .miitre de loutes, :ipporl.i à ladoetrlne 
DeieripUon générale et particuliire rfe.de Boërrliafe, qui éiail alors narioat 
la France, etc. Il a Tailla iDUtIque de.doDunanle , cl auliur d'une doctrine 
beaucoup d'outrages. Par suite d'un nouTclle sur l'observation du pouN 
déli , on le til un jour niellre en Uiu-|dan§ lei nuladies, il a joui i cet deux 
«que un priiilt'ge de librairie; ce lilres d'une grande n pulalion pen- 
morceau siuRulier a éitpraté. ArriHé daat sa »ic, et l'a eoiisriTte juiqu'à 
el aoiené à l'jri», il y périt sur ré-|n<w jours. Il a publié une foule d'où- 
cbardud le ii juillrt 1794. Il fui très-jtrages sur «on »rl. Ce fui san> con • 
lié avec VolUire . qui a fait quatre ; iredil un d<-s bons nicdecius du dix- 
fers pour ton portrait. On a soutint Jiuilieme sièek , el l'un'ile» restaura- 
confondu aiec lui un aulre Borde, [leurs de ta médecine bippoi-ralique. 
qui n'était pas son parent. Borde (Jean- Xe qui le car.icterise surtout, c'est 
Joseph de la ) ne à Jana en 12spa;:ne , d'atnir ramené tonte* ses études «u 
?inl en France , »'v adonna au coin- ;irai but de la méd-rlne , la ^uérison 
merce et y acquit une fortune iin-jde< maladies, et de ne s être pat 
mense. Il détint banquier de la cour , laissé éblouir par le luxe des acces- 
de France , el fut ticllnie de la réto- «oires. Fidèle obsertateur de la na- 
lution le i3 atril 179^ , à soixante-! ture , il foulait que l'art v fût lubor- 
dix ans. Il protégeait les arts. Deux! donne. 

de ses lils embarqués dans l'eipédi- BORGHÈSE ,' le prince CmilL» ). 
lion de U Pe>rouse périrent dans le 'après atoir fait deux caoipaj,-nes dans 
porl de» Français atcc d'Eï.cures .{les ran^s des Français , épousa Pau 
lieutenant d* taissrau, cl dix huit ' linc , t<Fur de Bunnaparle , fut créé 
autres de leurs compagnons. Sou iils|prinfe Franrais en jSoâ, prince de 
aîné est mon à Londres, el c'est à jOuaslalla en 180C, «t promu ari grade 
ton quatrième tilt que l'on doit le , de général de brigade après les eam- 
fojage pittoresque d'Etpagnc,eld'3,u-\pîffae»dt Prusse et de Polo^e. Gou- 
Ire» outrages. Il y a enlin encore un ; terncur-général des état» Transal- 
tordes (Cbarles) , de l'Académie de|pins, il alla résider à Turin en 1810. 
Lyon ta patrie, mort en 17S1, à cin- jiin i8i4, il capitula atec les Aulri- 
quante ans , qui a fait Deux diK-jursIcbiens , se retira à Kome , delà à 
iur tet aianlages des sciences et des Florence où il habita le magnifique 



artSt en répoiiïe à J.-J. Rousseau: 
une tragédie de hlanclie de hourbon , 
des comédie»* et des proterbes, beau. 
coup de pièce» fugiîites , quelipies 
fables parmi lesquelles on cile Chioé 
et le papillon. Son ode sur la guerre 
a aussi quelque réputalion. 

BORDERlES (ETtEMtE-jE«t Faix- 
çois ) , né le ai jantier 1764, long- 
temps licairc-général de l'archetcrlié 
de Paris , s'était placé par son élo- 
quence au premier rang des prédica- 
teurs de celle capitale. Nommé été- 
que de Vcrtaillcs, le sgiuillel 1S19, 
il est mort en cette tille, le » août 
i83> , à l'âge de 56 ans. 

BORDED ( THtnpHiLE Dt ), filid'im 
mvdccin , naquit à Iteste eu B.aru , 
le si fétrier 1725 , et lEOuruU P-irit 
1« î4 aottmbra 1776. t'ftt lui qui a 



palais de tes aocéires, et y mourut 
le 9 mai iSJi , d'une apoplexie fou • 
drovanle. 

BORGIA (Cèsi»), due de Valen- 
tinois , second (ils naturel du pape 
Aletandre VI, cardinal. A l'atène- 
ment de son père au souterain pontili- 
cat , il fui nommé arcbetéque de Va- 
lence, dignilé qui ne confeuait ni à tes 
mœurs ni à sej< gnûs. On l'accuse d a- 
Toir payé des a.-^sasslns pour faire jeler 
son frère dansleTibre. Sa mère.d:ime 
romaine nommée Vannozia . lui lit 
donner le chapeau de cardinal : m«it 
il laitsa cette dignilé pour épouser 
Charlotte d'Albret, et Lonis XII lui 
donna le tilre de duc de Valsntinoi.«. 
Ce roi 61 même une ligue atec lui 
pour conquérir le Milanais. Il perdit 
parla laite toutes tet dignités ttfut 



BOR 



116 



BOS 



t-nvûyé en ïspagce , d'où il s'enfuitJ 
11 fui tue le 11 mars i5o-, d'un coup 
de feu , dans le château de Viane. 
L'assastinal el le poison étaient *es 
nrmes les plus ordinaires : idacKiavet, 
dans son livre du prince, a donné 
César Borgia comme le modèle du 
trran; il ne pouvait, pour faire 
craindre la servitude au peuple, choi- 
sir un héros qui inspirât plus d'hor- 
reur. Sa vie est écrite par Tomasi. 
Beaucoup d'autres personnages cou- 
nus plus avantageusement ont porté 
ce nom odieux. — Lucrèce Bor»ia , 
sa sœur, fameuse par l'excessif dérè- 
glement de ses mœurs, épousa en 
troisièmes noces Alphonse d'Est , lïls 
d'Hercule , duc de Fcrrare , union 
qui fut plus litureuse que les précé 
dentés; elle survécut à toute sa fa- 
mille , attira à sa cour et récompensa 
les poêles dont les flatteries ne peu- 
Tenl effacer les flétrissures de l'his- 
toire. M- Bugo a fait revivre soo 
odieuse mémoire dans un dr.ime 
Lixarre , mais qui offre des scèoes du 
plus prand intéiêL 

BORX ( Ee«trsnd de), troubadour 
et guerrivr du douzième siècle, était 
ficouite de llautefort, dans le dio- 
cèse de Péripneux. Après avoir fait 
la guerre à son frère Con.^tantin , à 
Henri II. roi d'Angleterre, à Kichard, 
fila de ce prir.ce, et à d'autres, fa'.îgué 
du monde dont il était abhorré , il 
prit l'habit de moine de Cileaux , el 
mourut dans un cloitre. Le Dante , 
qui ne s'est pas lai>sé désarmer par 
' ses tardifs remords , le peint dans les 
enfers condamné à porter sa tête sé- 
parée de son corps en guise de lan- 
terne. Les sirtentes de f'Orn ne sont 
dictés que par le désir de diviser el 
de nuire , el dans les pièces même 
où il chante les belles qui le capti- 
vent, il ne pei)l s'empêcher de laisser 
percer ses incliiialiuns. Son CIs fui 
aussi l'auteur de quelques sirvenles, 
mais fut meilleur "ue lui: il rendit 
hommage à Philippe- Auguste en 
19 is, et le suivit à lahalailU de Bon- 
vines. ]l v a en aussi un baron de 
Eorn , célèbre miiiéralcgisle , lé en 
TransTivanie le »G décembre 1741 , 
mort à 'Vienne en Autriche le j8 
août 1791. 



BORROMEE (saintCaiBLES ), car 
dinal, ne le » octobre iî33. Il fut I< 
modèle de toutes les vertus au miliei 
d'un siècle corrompu. H était le ne- 
veu de Pie IV, qui lui donna i'arcfae- 
vêché de Uilao, el le revèlil de la 
pourpre. Il encouragea les études el 
gouverna son église avec beaucoup de 
sagesse. Il fit des élablissemens de 
charité , et travailla à la reforme det 
ordres religieux. Celui des humitiéi,, 
en proie à toute sorte de désordres, 
suscita contre lui un frère Farina , 
qui lui lira un coup d'arquebuse: il 
lit grâce au coupable, qui n'avait fait 
que le blesser légèrement ; mais il ne 
put empêcher qu'il fût puni de mort 
avec trois antres religieux ses com- 
plices. Dans les ravages d'une pesie 
cruelle , il visita et soigna lui-même 
les malades. Il mourut dans la nuit 
du ô au 4 novembre i58i. Ses ouvra- 
;es ont été imprimés à Milan, cinq 
olumes in-folio. Son cousiu germain 
iorromée ( Frédéric ) , cardinal et ar- 
chevêque de Milan , imita ses bonnes 
oeuvres. Il s'est rendu célèbre par la 
foudalion de la fameuse bibliothèque 
brosieune. Il fut le prolecleur des 
gens de lettres, et s'est iui-mêroe il 
lustré par plusieurs ouvrages, mais 
purement ihéologiques. 

BOSC (Locis AccrsTE- GriiLit. 
me), membre de l'institut, des so- 
ciétés d'histoire naturelle, d'agricul- 
ture, et de la plupart des sociétés 
savantes de r£urope , né en 1759 à 
Paris, où il mourut le 11 juillet i?2?. 
inspecteur des pépinières de France, 
etc. , annont^a dès sa plus tendre jeu- 
nesse un goût Irès-TÏf pour l'élude 
des sciences naturelles. Il occupa ho- 
norablement plusieurs places admi- 
nistratives , qu'il perdit dans les di- 
verses réactions de nos troubles. 
Envoyé en 179* aux États-L'ni> en 
qualité de consul , il mit à prolît son 
séjour en Amérique pour rassembler 
de riches collections , et à son retour 
entraîné par la chute du Directoire , 
il ne s'occupa plus que de ses Iravaiiv 
et de ses recherches ïcienliGques. Ou 
lui doit la première rédaction des 
ilciiioires que madame Rolland avait 
conftés à son amitié, dont il s'occupa 
dans la solitude où il ('cuit relire 



BOS 



117 



BOU 



après la mon d« celte amie qu'il aynil 
eu le courage d'accompagner jus- 
qu'au pied de l'échalToud. fies nom- 
breux outrages apparlieniinit tous 
aux science» qu'il a cullivies toute sa 

TIC. 

BOSON , roi d'Arles et de Proven- 
ce , fondateur de celle monaicliie de 
peu de durée nommée par quelques 
historiens royaume de Borirgognc cis- 
juranu, était frère de l'impératrice 
Kichilde, femme de CliarUs-leCliau- 
\e » qui le créa duc de Milan , dès 
qu'il eut été proclamé roi d'Italie et 
couronné empereur. lîoson mourut 
le 11 janTier8S8,el laissa .son rn\aume 
à ion (ils Louis, qui fut depuis em- 
pereur. Son corps fut inhumé dans 
l'église de Saint-Maurice en Dnu- 
pliiné , où on TOjait encore naguère 
son épitaplie. 

BOSSUET ( J«cQrES-BiîM<;\B ), 
èTêque de Meaui , de l'aciulémie 
française, né à Dijon le 27 septembre 
j6a7 , mort à Paris le n avril •••/ol,. 
le plus éloquent il le plus sublime de 
nos orateur». Quelle élétalion, quelle 
véhémence, quelle majesté destjle 
dans ses Oraisois fiinèhreal on le 
croirait animé d'un enlbousiasme di- 
vin. La grandeur et la force des pen- 
fiées , l'énergie des tours , la noble 
simplicité de l'expression, la r.ipidile 
des mouveniens , la hardiesse des 
ligures, l'harmonie soutenue et va 
riée aar.s laquelle il n'est point d'o- 
rateurs, tels sont les principaui traits 
qui caractérisent l'éloquence de cet 
liomme de génie. Son Discours sur 
Vhistoire universelle , ouvrage qui n'a- 
Tait eu de modèle d^ins aucune 
pue , porte l'empreinte du même 
génie. En lisant ses ouvrages de con 
Iroverse, on est peiné de voir liossuet 
<léplo}er contre Fénélon une fougue 
presque fanatique { dans leurs fu- 
meuses querelles , l'avantage de l'in- 
dulgence et de la douceur reste tout 
entier au cvgne de Cambrai. 

BOSSO'T (Cii»Ri.Fs), l'un des plus 
profonds matbématiciens^moderncs , 
né dans le Lyonnais, élève de d'Alem- 
bert , membre de l'Académie des 
BciencPS, examinateur des élèTCS de 
l'école d'artillerie et du génie, per- 
dit ses places à la révolution, entra 



dans l'înstilut à la formation de ce 

ps, fut rétabli dans une partie de 
places, obtint sa relraile eu con- 
servant son traitement , et mourut 
le li janvier i6i4. Ses principaux 
ouvrages sont : 1° l'édition des Œu- 
vres de Pascal , 1779: 2° riîistoire de$ 
mnthématitiues, 3 vol. in 8°, 1810; 3* 
Cours de matliemati^ues , 5 vol. in -8". 

BOSTAB, général carthaginois en- 
voyé contre Regnius, fut battu et 
fait prisonnier, l'an aSJ avant J. -C. 
Livré par le sénat de Kome à Mar- 
cia, femme de Béguins, elle le fît 
mourir dans les stipplices pour ven- 
ger la mort de son époux . et envoya 
ses cendre» à Carihage. L'n autre gé- 
néral Carthaginois du même nom, 
commandant de la citadelle d'tMbie 
en Sardaigne, fut égorgé avec toute 
la garnison par les mercenaires révol- 
tés , l'an ilio ou sii avant J. -C. Un 
autre lioslnr fut envoyé par Annibal 
à Philippe, l'an >i5 avant J.-C, pour 
confirmer l'alliance qu'il venait do 
faire avec ce prince. 

BOrZABIS (SUnc), né en Alba- 
nie , dans les montagnes de Souli , 
l'un des héros grecs qui se sont im- 
mortalisé> dans l'insurrection contre 
les Turcs, en i8si, nommé stratar- 
que de la Grèce-Occidentale , surprit 
le camp ennemi à la tête d'une poi- 
gnée de braves, trouva une mort 
glorieuse dans cette audacieuse en- 
treprise, et transporté à Missolonghi, 
expira le s3 août iSs3 , à l'âge de 45 
ans. Il avait fait ses premières armes 
au service de France , dans un régi- 
ment albanais , où son père et son 
oncle élaient majors en 1807. 

BODCIIARDON (Edme), né en 
1C98, à Ohaumont en Bassigny , 
mort à P.iris le 27 juillet 1761. Sculp- 
teur et architecte français, il s'est 
fait beaucoup d'honneur par sa fon- 
taine de la rue de Grenelle , qui 
existe toujours , et sa belle statue 
équestre de Louis XV . qui ne sub- 
siste plus. Elle lui avait coûté douxe 
aniiés de travaux assidus. Bouchardon 
était élève de Coustou le jeune. 

BOUCHER ( FnAKçois), peintre 
français , né à Paris en 1704 , mort 
le 7 mai 1770. Il fut doué de talens 
réels ; main il ouvrit cette mauvaise 



BOU 



ii8 



BOU 



rnule dans laquelle ses éléres el se» 
iuiilateuxâallèreiil beaucoup plus loin 
(jue lui. Il deùnt à la mode, el fui 
premier peinire du roi. Ses figure» 
semblent nourries de roses; et sa grâce 
n'éhiil que de la niigiiardi^e et de 
l'afféterie. Il fut ricbe , franc el géné- 
reux. 

BOCCHEBaT (Loris), cbance- 
lier de France sous Louis XIV , né â 
Paris le 50 août 1616, mort dans la 
même ville le 3 septembre tCijg. 
CVst ainsi que le roi lui annonça sa 
Domination : * La place de chance. 
>lier est le prix de vos longs seriices: 
née n'est pas une grâce , c'est une ré- 
• compense. Elle n'etjl pas été pour 

■ TOUS si tout autre l'eût mieux mé- 

■ rilée. • Il succéda à I.e Tcllier, qui 
d'une main mourante avait signé la 
revocation de ledit de Nantes; i I se 
trouva chargé d'en poursuit re la 
Irisie et funeste exécution. 

BOUCIIEÏ (Je4.\), né à Poitiers 
en 1476 , mort en l555. Il a publié 
beaucoup de vers et d'ouvrages , par- 
lui lesquels le plus intéressant est son 
Sisloire ou JttnaUt d^ Aquitaine etnn- 
lifuilM du Poitou. Il y a un antre Sou- 
ehet ( Jean du ), mort en i6S4 , à qua- 
tre-vingt-cinq ans , qui a publié beau- 
coup d'ouvrages lii>toriques qui altes- 
leul qu'il était tréslaborieuv. Ils .«ont 
précieui par les rechercbesqu'ils con- 
tiennent tt le grand nombre de 
pièces qu'on y trouve. Du Boucbet 
n'écrit pas mal pour son temps; il 
est exact, assez bon critique, savant 
dans rbisloire des grandes familles , 
surtout de celles d'Âuvergnesa patrie. 

KOUCICAUT ( Jein Le MAIX- 
GRE ), maréobal de France, Gis d'un 
marécbal de France , né à 'i'ours en 
1364 , prit le parti des armes à I 
de dix an«, el coroba'.til à côté de 
Charles IV, dont il était enfant d'hon- 
neur à la bataille de Kosbec eu i.JSj. 
Dans cette affaire il osa attaquer un 
Flamand d'une taille gigantesque ; ce 
redoutable ennemi le prenant pour un 
riifani lui lit sauter la hache d'armes 
des luains en lui disant: • Va téter, 
>va,enr.int: or foi>.je bien que les 

• Français ont faute de gens quand les 

• eiilans mènent en bataille.! Bouc:- 
caul furieux tire sa dague el renversa 



le Flamand par terre : a Les enf.ins 
de ton pays , lui dit-il Gèrement, se 
jouent-ils à de tels jeux ? ■ Il sesignala 
contre les Turcs , les Vénitiens et les 
lai,-.. Fait prisonnier à la bataille 
d'AzIncourt , en i4i5, il fut conduit 
n Angleterre, où il mourut en lAsi 

l'âge de cinquante-cinq ans. Son 
corps fut rapporté en France et en- 
terré à Saint-Martin de Tours ; son 
pitaphe lui donne le litre de grand 
onnelable de l'empereur et de l'eni- 
lire de Constantinople. Bouricâut fut 
m des plus braves guerriers dont 
s'honore la chevalerie française ; il fut 
aussi un des plus vertueux. Il aima 
les poêles et cultiva la poésie. Bouci- 
caut ( Jean de ), son père , avait l'àaie 
d'nn héros et les sentiniens d'un hon- 
nête homme. Sa postérité s'éteignit 
vers i4S5. 

BOLDOT. Ce nom est connu dans 
les belles lettres et dans l'imprimerie. 
Moudtit ( Jean ), mort à Paris en 1706, 
a donné son nom à un Dictionnaire 
latin • jranr^ais , i vol. in-S , fort en 
usage dans les collèges; ce n'était 
qu'un extrait d'un dictionnaire ma- 
nus4^rit en i4 vol. in-^ , qu'il avait 
aeiiete de l'auleur même , Pierre-Xi- 
colas Blondean. Boudut fut impri- 
meur du rni et de l'accadèmie des 
sciences. Son GIs.Jiran Bouf/of , eut 
le même titre et se distingua par de 
grandes connaissancs bibliogtaphi- 
ques ; ses catalogues raisonnes sont, 
fort estimés. Né à Paris le 9 octobre 
iCS5 , il mourut le 10 mars 1754. 
L'abbé Houlot I Pierre Jean ) , deu- 
xiéme Glsdu précédent , mort à Paris 
«n 1771 . était attaché à la biblio- 
ihéque du roi. Il aida le président 
Ilènaut dans ses recherches histo- 
riques. C'était un homme instruit , 
officieux el enjoué. Ou a encore de 
lui : Essai historique sur l'Aquitaine , 
et les catalogues de la bibliothèque 
du grand conseil et de celte du roi . 
avec Sablier. 

BOUFFLERS. Ce nom est célèbre 
dans les fastes mililaiirs et dans les 
lettres: 1. Bou/^ers ( Louis de ), né 
eu liai. Il fut surnomme le robuste, 
parce qu'il ('gala la force de Milon de 
Crotonc ; il y joignait radre.«»e. Il 
périt d'un coup d'irquebuie au >ié(;e 



liOU 1 

de Pont-Sur-Vonne , en l553 , à l'âge 
lie dix-neuf an» , sans a»oir él* marie. 
Tiouffltii (Adrien de), son frère, 
gcnlillioniinc de la rhaiulre de Hen- 
ri III , porta les arme» fort jeune et 
se lrou»a aux journées de Saint Denis 
et de iloncontour. Il mourut le sS 
o'-tubrc II)»» , âsé de i|ualre-iiiigl- 
dix ans. a. llou/yiiTJ ( Louis-François 
duc de ) , maréchal de France , né en 
1644, se disiiugujsousles oiaréchaux 
de Créi|ui et de Turcnne ; il reçut 
une blessure dangert^use au combat 
de Voërden , et une secunile à la ba- 
taille d'EnIsbcim, au gain de laquelle 
il contribua beaucoup. Après plu- 
sieurs belles action» il s'immortalisa 
parla défense de Lille , en 170S ; Il 
sertit à la bataille de Jlalplaquct, eu 
1709 . sous les ordres du maréchal 
de Villars , quoiqu'il fût son ancien. 
Il joignait à l'activité d'un général 
l'anie d'un bon riloyen ; servant son 
maïlie comme les anciens Romains 
servaient leur république , ne comp- 
tant sa \ie pour rieu dés qu'il était 
question du salut de la patrie. Il 
mourut à Fontainebleau le 23 août 
1711. I Eu lui , écrivait madame de 

• Maintenon , le cœur est lunrt le der- 

• nier. > 5. ioufflert ( Joseph-ilarie , 
duc de ), lils du précédent, héritier 
dfï la valeur et des vertus de son 
père, servit avec distinction et fut 
envoyé à Gènes en 1747 , avec la di- 
poité de maréchal de France; il en 
lit lever le blocus que faisaient les 
Autrichiens ; il mourut de la petite- 
vérole le jour même que l'ennemi se 
retirait, le 1 juillet de celte même 
année; il était né en 1706. 4. Koufflers 
(Marie-Françoise Catherine de Beau- 
veau f.raon , marquise de ) , lit long- 
temps les délices de la cour du bon 
roi Stanislas à Lunéville, par les grâces 
de son esprit et de sa figure. Voltaire, 
dont elle fut l'amie, lui a adressé 
des vers charmans. Klle mourut à Pa- 
ris en 1787. Elle fut mère du cheva 
lier Bouliers , si connu par ses jolis 
vers , son Voyage en Suisse, et son 
conte d'Aline , tant de l'ois mis au 
théâtre ; ué à Lunéville en 1-Ô7 , Sta- 
nislas . chevalier de lioufllers , de l'a- 
cadémie française , mourut le 19 jan- 
vier 181 J. Ahbé , capitaine de bus- 



9 BOU 

sards , diplomate et chansonnirr, il a 
bissé la réputation d'un homme très- 
aimable. C'est lui qui , en 1791 , lit 
décréter la propriété de» découvertes 
et inventions en faveur de leur» au- 
teurs , et proposa d'encourager tes 
rciences et les arts. 

BOUGAI.NVILLE f Jeas - PirnBii 
de ) , né à Paris le 1 décembre 1799 , 
mort a Loches le 2a juin 179^ , de 
l'académie française et de celle des 
nscripiions. Un lui doit entre autres 
juvrages la traduction en vers de VAn* 
ti-Lucrice du cardinal de Polignac , 

I vol. in-S. Il a ;ial»sé une tragédie 
nedile de la .Uort de Philippe , dont 

on cite de beaux vers. Bou^ainm'Ue 
( Louis-Antoine de ), son frère, né à 
Paris le ]i novembre 1729, fut d'a- 
bord avocat au parlement , mousque- 
taire noir . et publia en 175a la pre- 
mière paitie de son TraiU dti calcul 
inièj^ral ^ pour servir de suite à l* Ana- 
lyse des in/inimeni petits, a vol. in-4. 

II devint aidr-decamp de ('bevert, 
fut secrétaire d'ambassade à Londres 
et aide-dc-ramp du mar'|uis de klonl- 
calm , ch.iigé de la défense du Ca- 
nada ; fut blessé et fait colonel et che- 
valier de Saint-Louis avant l'âge. En 
17G1 il fut employé en Allemagne 
comme aide-de camp de M. de Cboi- 
• eul-Stainville , et s'y distingua- La 
paix se lit, et Bougainvile , toujours 
actif, s'embarque comme capitaine 
de vaisseav pour aller former un éta- 
blissement aux îles Malouine» , et 
après d'autres expéditions fait son 
voyage autour du monde , dont le ré- 
cit, publié par lui-même, a illustré 
son nom et est devenu sou premier 
et son plus beau titre d£ gloire 
comme navigateur. Nommé membre 
de l'institut, section de géographie , 
en 1796,11 mourut le 3o août iSn 
dans sa quatre-vingt-neuvième année. 
L'histoire de sa vie étonne par la va- 
riété de ses occupations et la multi- 
tude des événemens qui la remplis- 
sent. 

BOUGEANT ( GriLiAtuB - Hti- 
cisTUE ) , jésuite , né à Quimper en 
1C90, mort à Paris en 1745. Son ca- 
ractère ne l'appelait pas à la retraite; 
il éprouva même quelques disgrâces 
dans sa société pour aroir fait un pe- 



BOU i: 

lit ouvrage inlitulé , Amusement phi- 
(osoplûque iur te langage des hêîes y 
ouTrage qui parut déroger à la gra- 
vité de sou élal.et qui n'était au 
fond que Texpositioii d'une fable in- 
dienne , dans laquelle on suppose que 
les démons , potir expier leur révolte 
contre Dieu , font une espèce de par- 
g.ttoire dans le corps des bétes. L*au- 
leur,pourse réconcilier avec sa so- 
ciété , lit contre les jansénistes les co- 
médies de ta Femme docteur, du Saint 
déniché , et des Quakers frant;ais ou 
des Nouveaux trembleurs * dans les- 
quelles il y a des scènes vraiment 
plaisantes; mais le meilleur ouvrage 
du père Bougeant , et celui par le- 
quel il conservera toujours une répu- 
tation distinguée , c'est son Histoire 
du traité de ff'esipitalie , qui passe 
pour un modèle d'élégance , de pré- 
cision et de geût. 

BODGHEK (Pierre), professeur 
d'bydrogropbie , membre de i'Aoadé- 
mie des sciences de Paris , etc., na 
quit en Basse-Bretagne le tO février 
1698. L'académie couronna en 1737 
sou ouvrage sur la mâture des vais- 
seaux ; il n'avait que vingt-neuf ans , 
et se fît encore plus d^bonneur par son 
Traite de ta gradation de la lumière, 
11 fut cboisi en 17ÔC , avec Godin et 
la Condamine , pour aller au Pérou 
déterminer la ligure de la terre, et 
fut l'âme de l'expédition ; il u'en eut 
pas moins avec la Condamine des d' 
putes qui répandirent de Tamertun 
6ur sa vie et en avancèrent ta (iu. 11 
mourut le i3 août 175S , âge de soi- 
xante ans et demi. 

BOCUIER (jBtx), président au 
parlement de Bijou , naquit en celte 
ville le 16 mars 1C75. Ses écrits 
sont très-nombreux et sont pour la 
plupart des traductions d'auteurs grecs 
et latins ; ils respirent tous l'crudi- 
tioD , mais on y dé-virerait souvent 
plus d'élégance ; c'est à ce sujet que sa 
femme, aussispirituelle que son mari 
était savant, lui disait i|uelqucfois: 
« CUargei-vous de peuser , et laissei- 
» moi écrire. 1 Cn de t>es amis e'étant 
approché de lui à sa dernière heure, 
lui trouva l'air d'un homme qui nu- 
dite profundémiut. I.e moribond 
lui fil signe do ne pas le troubler - 



BOU 

J'épie la mort • dit-il en faisant un 
elTort pour prononcer ce peu de pa- 
roles, et il mourut le 17 mars 1746, 

BODHOURS (DojiraincE), né à 
Paris en 1628, mort dans la même 
le 27 mai 170a ; jesuile dès l'âgo 
de seize ans. Parmi ses ouvrages on 
cite avec honneur les Entreliens d'A- 
te et d'Eugène, la Manière de bi-n 
penser sur tes ouvrages d^sprit, et I - 
Pensées ingénieuses des anciens et ^ 
modurnes. Le zèle du P. Bouhoin 
pour la pureté du langage dégéneia 
quelquefois eu ali'élerie, mais contii- 
bna beaucoup à cette correction de 
style si remarquable dans les bout 
écrivains du siècle de Louis XIV. 
Les jeunes gens , et surtout ceux qui 
se dévouent aux lettres , ne peuvent 
que profiter à. la lecture des ouvrages 
de Bonbours ; ce font des clcmens de 
goût qui nont pas encore élu sur 
passés. 

BOOILLOX. Ce nom se relronv 
souvent dans nos annales : 1. Houill 
(Robert de La Martk IV, marecL 1 
de;, mort en i55C. s. Bouillon (Heu, 
de la Tour-d'Auiergne . duc de ) , u>. 
le a3 septembre i555. 11 fut créé ma- 
réchal de France el servit utilement 
Henri IV comme guerrier et comms 
diplomate ô. BoiiiKun (Frédéric-Mau- 
rice de la Tonr-d' Auvergne, duc de), 
né à Sedan le aa octobre i6o5,iIlsdu 
précédent et frère aine du grand Tu- 
renne. Il se distingua par ses exploits 
militaires. En i65o il prit le parti des 
princes el fut long-temps l'àme de la 
fronde. Le cardinal de Retz dit dans 
ses mémoires qu'il était d'un sens 
profond et d'une valeur éprouvée. Il 
mourut à Poutoij^e le 9 août i65j. 
4. Bouillon [ Emmanuel-Xbéodose de 
la To'ur, cardinal de ) , fils du prer. 
dent , né le s4 août ïG44- Sa n.i 
sauce et ses talens Ini frayèreni 
route des dignités; il mourut a Rom' 
en 17 i5. Il y a un antre de Bouillon , 
mort en iCGa , qui fut attaché a la 
maison de Gaston de France , duc 
d'Orléans, et qui a laissé quelques 
poésies. Son Histoire de Jocondc n 
donné lieu à la célèbre disscrtalit.f 
critique de Boileau. 

BOULAlWILLIliUS (IIknbi nr 
né le 11 octobre ibs8 , mort k 



BOU 1 

(antirr 177J. Ilislorifn fyMi'malIque, 
a putilîé beaucoup d'érrit» sur l'his- 
toire de France; ils ont ilé recueillis 
eu 5 loi. in-f". Il v appelle le gou»er- 
oement féodal le chefd'wacre de l'a- 
prit humuin, 

BOCLAMGER (Nicolas Astoixe), 
né à Paris le 1 1 noTrmbre I7]>, mort 
le 16 tepleniLrc 1769. Ses outrages, 
dont ou a beaucoup parlé rt qu'on ne 
lit plus, n'ont été publlis qu'après «a 
mort; ce sont : CJntiquiU dévoilée et 
des Rtehtrches tur Vorigiue du detpo- 
iume oriental; le reste ne •aiit pa» la 
peine d'être cité; le baron d'flolbacb 
• publié sous son nom le Chri*tiani$' 
me déroilé. Un autre Boulanger ( An- 
dré], connu sous le nom de petit père 
André, s'est Tait un noiu dans la chai- 
re. Il mêlait assez souvent la plaisan- 
terie à la morale et les comparaisons 
les plus simples aux plus griindes vé- 
rités du cbristianisme: on a pris de la 
occasion de lui attribuer des jeux d** 
mots et des Unis, qui sont d'un fort 
mauvais goût dans l'exercice du saint 
ministère, mais à coup sûr moins 
dangereus que les écrits de son br>- 
mou}'mc. Le petit père André, de 
l'ordre des Au^iislinsrérorniés, mou- 
rut à Paris le ai septembre iCôj , 
âgé de 79 ans. 

BODLaRI) ( Asioihe-Mabib-He^- 
Ki J , né à Paris le 5 octobre i75i, 
mourut au mois de mai, en iSsS. 
Après des succès brillans dans ses 
études, il exer<;a quelque lems les 
fonctions de notaire, et les quitta en 
1809 pour se livrer pins libiement 
à sa passion pour la littérature; il 
consacra des sommes consider;ibles à 
l'impression des ouvrages qu'il tra- 
duisait de l'anglais, et a la formation 
d'une bibliolbéque plus nombreuse 
que cboisie.Mais ce qui recommande 
surtout sa mémoire , c'est la réunion 
de toutes les vertus qui font l'honnê- 
te homme el le bon citoyen , c'est sa 
bienfaisance inépuisable et le noble 
désintéressement avec lequel il a rem- 
pli les fonctions de maire el de mem- 
bre du corps législatif. 

BODLÈE ( ÉnixxE-Loris ) . archi- 
tecte, membre de l'Institut, né à Pa- 
ris le 1 j février 17JS , mort le 6 fé- 
vrier iSoj , contribua beaucoup à 



Il BOU 

faire disparaîirp \f poiK bizarre et 
mesquin de ^on ((>n]p9, cl à rendre à 
l'art les beautés Biaipli-5 el noble» de 
l'anliquc. L'hôtel de Brunoy aux 
ChatnpsElyMre»,fail époque dan» Tbis- 
loîre de l'archilerture française. Bou- 
tée a construit beaucoup de châteaux, 
décoré les intérieurs de beaucoup 
d'hûtfis, consacré sa ïie entière à l'é- 
tud<ï de son arl, laissé en pnrte-feuil- 
W de niagnilique» projt-ts de louleft 
les espèces de» njonumens qui peu- 
veiil illustrer un grand empire « des 
plans el exquises de maisons par- 
ticulières qui réunissent l'économie 
el i'élépancc , et entr'autre» manus- 
crits précieux un Essai sur Vap-icul- 
lur< , dont la publication ne peut 
qu'aînnter à ^a renommée. 

BODLEN ou BOI.EYN fAt^sJ, 
l'une de* épouses et de» victimes de 
nmri Vm. roi d'Angleterre. ÉleTéo 
à la cour galanlc de notre François I, 
elle y plut beaucoup et pa.ssa à celle 
d'Ani;lelerre. Henri Vllî diiorça a*ec 
Catherine d'Aragon sa femme , ei il 
épousa Anne de Boulen sa maîtresse, 
qu'il avait créée marquise de Pem- 
brock. Peu de lemp^s après, en i553, 
naquit la f.mieuse Elisabeth. Bientôt 
Ht nri lit prononcer son divorce avec 
elle , et . l'accusant d'adultère, la fit 
décapiter le 19 mai i536. I.e dernier 
iour de celle inforlonée excite la com- 
passion et oITre p!u<>icurs momens 
d'un véritable intérêt. Le lendemain 
lïenri épousa Jeanne Seyniour. Bien 
n'est plus oppo<é que les jugemens 
portés par les dilTerens écrivains sur 
Aune Boulen \ ce qu'il y a de certain, 
c'est que son ambition bypocnle , sa 
vanité impitoyable , et sa profonde 
immoralité, oui entraîné son roi dans 
des déréglemens odieux; seulement 
ce u'élait pas au complice de ses dé- 
sordres à l'en punir s'\ barbaremenl. 

BOULLONGXE { Box ) , peintre 
français, d'une fumille qui s'est fait 
dans les arts un nom honorable, né a 
Paris, en li^ig, travailla pour diverses 
maisons royales,fut nommé professeur 
à l'académie, réussit dans Tbistoire el 
dans le portrait, excella surtout dans le 
talent de contrefaire certains maîtres, 
eut pour ses élèves l'afleclion d'un pè- 
re, el mourulà Paris, le iG mai 1717, 



BOU 1 

aussi eslimé pour son caiMclére franc 
cl loy»l que pour son talent. Boullon- 
gne ( Louis } t ion itère , ne ea i65i, 
nioil premier peintre du roi, le ii 
uovembre I7.î5 . a p,ris place parmi 
les bons artistes de l'École Française 
On regarde comme ses plus beaux 
tableaux ceux qu'il a faits pour la cha- 
pelle de Versailles, surtout l'/lnnon- 
dation dans le tableau d'autel et VJs- 
scmption dans le petit dôme; et com- 
me .-iOn cbef-d'œuTre la Présentation 
de J.-C. au temple , faite pour l'église 
de Notre-Dame. 

BOULTON ( MiTBier ) , célèbre 
niècanirien anglais. Il ioTenta la 
macbine à vapeur en 17G7, et l'appli- 
qua en 17S& à un moulin propre à la 
fjbricalion des médailles et de la 
monnaie de cuivre. Né en 1718, il 
mourut en août lëog. 

BOCRBON I HOBEET DE FKiXCE, 

comte de ClermonI . seigneur de ) , 
sixième Itls de <aiut Louis et de Mar- 
guerite de Protence , est la l:ge de la 
famille de ce nr.m , qui monta sur le 
trône de France en la personne de 
Henri TV. Robert , né en nSô . mort 
le 7 fétrier i5i8 . épousa Béatrlx d 
Bourgogne, lille d'Agnè.i. héritière de 
Bourbon : ce grand lief n'était dans 
Turigine qu'une baronnie , qui fut 
érigée en durbé-pairie l'an i5i7,en 
faieur de Louis lils aîné de Robert de 
France. ( Pour t<s autres princes de 
cette famtlte ,to^tz leurs artirUs aux 
noms sous lesquels ils sont connus.) 

BOtBBO.N ( Ch'.«les, duc de) , si 
célèbre sous le nom de connétable 
de Bourl'on. Il se contrit de lauriers 
à la bat:iille de Marignan, mais il ter- 
uit toute sa gloire en portant les ar- 
mes contre sa p.itrie au service de 
Charles Quint. Ilronduisit ses soldais 
au tirgede Rome.'jont il leur promit le 
pillage. C!omme il montait le premier 
à la brèche, il fut frappé d'un coup 
mortelle 6 mai l5>7, et expira à l'âge 
de 38 ans , sans laisser de postérité. 

BtiCRBON" (CfliKiri dp), fils de 
Charles de Bourbon , duc de Veiidû- 
me, cardinal arcberéque de Rouen 
et légat d' Avignon. Après la mort de 
Henri III , le duc de Mayenne , chef 
de la ligue, fil reconnaître le cardinal 
Bourbon roi de France, sous le iwm 



BOU 

de Cliaries X. On frappa mcnnâie a 
son effigie. Prisonnier à Fontenai en 
Poitou , il (il pasi-er à Henri IV v.un 
lettre dans laquelle il le reconna -- 
pour son roi légitime; il moui l 
Fcntenav , (oujotirs prisonnier 
9 mai 1&90 , â?e de 67 a;is. Un a ■ 
Bourbon { Cbailes de ) , neveu du 1 
cédenl , connu sous le ooiii de cj. 
ual de Vendôoae . eut l'ambition <\f 
monler sur le Irône , et $e crut chef 
du parti qui ne voulait reconnaître 
Uenri IV qu'à condition qu'il rentre- 
rail dans le sein de l'éplise. L'entre» 
prise mi^ditée en sa faveur a\ant été 
découTerte et rompue , il en tomba 
malade de cbagrin. Henri IV alla lui 
reudri: ^isiie, et borna sa Tengeance ' 
à lui dire : « Mon cousin, prenez bon 
courage; il est vrai que tous n'êtes ; 
pas encore roi , mais le serez possible 
après moi. * Charles de Bourbon mou- ' 
rut le 3o juillet ifgi., 

BOCRBON-CONDE { Loris , duc ! 
de], né en iGOS , grand-maître de ' 
France , n'eut jamais de commande- 
ment en chef, mais il lit preuve de 
celte valeur bérédiiaîre dans les prin- 
ces de sou nom, et célèbre dans l'his- 
toîre, même avant que le grand Con- 
dé sou aïeul , eût mérilé d'être placé 
au rang des plus grands capitaines. 
Il se trouva au siège de Phili»bourg, : 
à ceux de Mons et de \amur ; il se i 
signala aux batailles de Steinkerqutt 
el de Nerwinde,el mourut subite- 
ment à Paris le 4 mars 1710. 

BOCRBOX (Loris Utx RI , duc de) 
et d'Ëiigbien , fils du précédent , né a 
Versailles en 1693 , fut nommé cbef 
du ronseil de ré^'rnce pendant la mi- 
norité de Louis XV, surintendant de 
leducalionde ce monarque. et devint 
premier ministre après la mort du 
duc d'Orléans, régent du royaume. 
On le désigne ordinairement par le 
titre de monsieur le duc. Il fut exilé à 
Chantilly en 17x6, et il mourut Je 17 
janvier 1740, aimé et eslimé de tous 
ceux qui étaient admis dans sou inti- 
mité. La faiblesse de caractère qui 
lui avait nui lorsqu'il était chargé , 
d'un grand pouvoir, ne reparut plu> 1 
qu\mt: qualité aimable dans un prïn* 
ce ri'duità la vie privée. 

BOCRBON (Nicolas J. CIs d'un 



BOU 

Biailre de forpps. né 
prù-t de }tur sur Aubf 



19.7} BOU 

VandeuTrr,» BOUBDir: VIOT f M(«mA:i 



IIknribttf. PAYAN Dli I,'ETA\G 
) , née à Dresde en 1-4C. Son Ode 
Siltnrene sérail j'as d'savouie par 
le» meilleurs po<!les lyriques. Elle a 
rail anMii les éloges de Monlai^ne, du 
i'qsse el de Ninon de Ijenclos. &!ariée 
Irois fois, elle porla sueres«iTemenl 
les noms lied' Aiilremonl.de Bourdic, 
el de Viol. Elle ctail spiriliiellc, d'une 
laille ilépanle, m.iis elle élait loin 
d'élre jolie; aussi di^^ailelle en par- 
lant d'elle-même : < L'arcliileetn a 
manqué la ra<;ade. • Elle mourut le 7 
août 180]. 

li O L" r. E T T E ( CuAnioTTE RE- 
NYEII, femme CCRÉ, puis femmej. 
connue sous le nom de la Muse lînio- 
nailière. i\ée à Paris en 1714 , morte 
en 1784. Elle tenait un café nii ..e 
nndaient tous les beaux esprits , et 
elle a publié s vol. in-ia de vers 
adressés à tous les bomines célèbres , 
et qui sont assex médiocres. 

BOUUGEI.AT(CLâci)E), fondateur 
des école» vétérinaires en France , 
peut même êlre reaardé comme le 
créateur de VUippiatrique ou méde- 
cine des animaux domestiques , car 
celte science n'existait pas avant lui. 
nous aïons souvenli 11 a publié divers ouvrages fort esti- 
més >ur son an , el a fait dans l'Enrj- 
ctopcJte les articles relatifs à l'art vé- 
térinaire et au manège. Né à Lvon , 
il mourut le 3 janvier i77^,Jêgê de 
soisanlp-sepl ans. 

DODRGES. Famille de médecins 
qui pendant plusieurs sit des a hono- 
ré la faculté de Paria , et a obtenu la 
ronliance de nos rois. L'un d'eux, 
successivement médecin de Louis XII 
el de François 1, hàla la délivrance de 
ce dernier en faisant croire à (,*har- 
les-Qiiint que la vie du monarque pri- 
sonnier ii'tlail pas assurée , el que sa 
mort prochaine lui ravirait proba- 
blement sa rançon. 

UOUr.GOGNE (Lorts. duc de), né 
à Versailles le 6 août 1G83. du dau- 
phin lils de Louis XIV . et de JI.-An- 
iieG. de liavière. Colère, opiniâtre à 
I'. . . • 



,en i5o3, se 
rendit si habile dans les belles lettres 
el surtout dans la lanpue grecque , 
que Marpuerile reine de Navarre lui 
confia l'éducation de Jeanne d'Albret, 
$a lillc , mère d'Henri IV. Il a publié 
des ver» latins , sous le titre de .Viijir, 
et un poème , Fcrniria , par lequel il 
voulut à il ans faire honneur à la 
profession de son père. Philippe Du- 
bois a donné une édition de ses poé- 
sies ad usum delphini , Paris it*S3 , 9 
Tol. in-4. Un autre D^urton (Xicons), 
pelitneveu du précédent , né à Van- 
(leuvre en 1575, mort le 7 août 1C44, 
est mis au nombre des plus grands 
poètes latins d"pui$ la renaissance de» 
ietires. 11 fut de l'académie française. 
el ce fut le cardinal de Richelieu qui 
l'y fil nommer. On remarque comme 
son chef-d'œuvre l'imprécation sur la 
mort de Henri IV : Diiœ m pnrricidam. 
Le fameux distique mis au-de,4sus de 
la porte de l'arsenal : £lnn liœc lien 
rico, etc. , qui lui est attribué assez 
généralement, est de Millotet, avocat- 
général au parlement de Dijon, à ce 
qu'assure l'un des savans éditeurs de 
la Bio{;rapbic universelle ancienne et 
moderne , q 
consullée. 

BOURDALODE ('Loris), jésuite 
Né à Bourges le jo août i655, mort a 
Paris le i3 mai 1704. On l'appelait le 
roi des prédicateurs et te Prédicateur 
dts rcis. Louis XIV voulut l'entendre 
tous les deux ans, oimaitt mieux ses 
redites qje tes choses nouvclteft d'un 
autre. Ses ouvrage» forment iG volu- 
mes in-8 , édition de 171C. Corneille 
avail réformé la scène, Bourdalone 
réforma la chaire en y ramenant la 
véritable élnqucnce. Il se distingua 
surtout par la force de son raisoime- 
ment et par la solidité de ses preuves; 
mais il négligea trop de parler au 
cœur : enlin il énerva quelquefois son 
éloquence par un usage trop fn'quenl 
des divisions et des subdivi>ions, nié- 
ihodc qui ne semble imaginée que 
pour donner mal à propos des entra- 
ves au génie. Quoi qu'il en soit, Bour- 
daloue sera toujours regardé comme 
un excellent modèle parmi les ora- 
teurs chréiiens. 



l'excès, passionné pnnr tons les plai- 
sirs , son éducation fut confiée à Fé- 
nélon , qui parvint à le corriger et à 
s'en faire aimer. Le jeune prince lui 
disait : • Je laissse derrière la porte le 



BOU 



ia4 



BOU 



duc de Bourgogne , et je ne suis avec 
TOUS que le pelit Louis, b A i'àge de 
dix ans il écrivait êgalemeut en latin 
et traduisait avec exactitude les au- 
teurs les plus diâïciles. Â onze ans il 
;iTuil lu le Tite-LÏTc tout entier , il 
BTait traduit Jes Commentaires de César 
et coniinericê une traduction de Ta- 
cite qu'il acheva dans la ^uîte, maïs 
qu'on n'a pu retrouver. Ce fut vers 
le même temps que Féu'lon codçuI 
pour l'instruction de son élève le 
plan d\x Télemaque , qu'il détail lui 
remettre au moment où son éduca- 
lioii aurait «té aclieiee: 1> s dii^putesdu 
quUtUme el l'exil de Fénélon vinrent 
interrompre IVxécution de ce projet. 
JjC ieuoe prince conserva toujours 
pour lui beaucoup de respect et de 
i«ronnais<iance: mais il ne lui ëcrÎTait 
qu'en secret et avec circonspection. 
Marié en 1697» il eut en 1702 le com- 
maudemenl de l'armée de Flandre, et 
il y déplo\a du courage. £n 170Ô il 
fui géoéralissime de l'armée d'Alle- 
magne ; en 1717 il devait avoir le 
commandement de l'armée des fron- 
tières d'Italie, et ce fut en 170S, dan» 
les circonstances les plus dïHlciles , 
qu*il fut envo\é contre Malhornugb 
el le prince Eugène. Ses în>>tructions 
le mettaient dans la dépcndanre du 
duc de Vendôme : leur mésintelli- 
gence eut les suites le.* plus fâcbeu^es; 
elle contribua beaucoup à la défaite 
d*Oudeuarde et à la prise de Lille. En 
1711 le duc de Bourgogne devint 
daupbin , par la mort de son père; 
ce fut alois que Louis XIV ordonud 
aux ministres de trav;tillcr a^cc son 
petit'fils; maïs le lâ lévrier ijn , ce 
prince fut enlevé par une maladie 
TJolente et inexplicable , six jour^ 
après que son épouse eût expiré , et 
TÎngl jours avant la mort de ï^on fils 
aSné, Ions frappés de la même ma- 
ladie. Voltaire en a faille plus grand 
éloge, et r.ippelle le philosophe chré- 
tien. \\ y a un autre duc de Bourgo- 
gne, frère aine de Louis \VI , mon 
en 1761.3 l'àgc de 9 ans. 

BOURGOIX (Edmond), prieur des 
jacobins de Paris pendant les troubles 
de la ligue, fut dans ses sermons le 
panécyriste de son confrère Jacques 
(élément, abSaftiJo do Uenri IIL Àui* 



mé du plus ardent fcinati^me, ii : 
retentir Ja capitale de ses déclani 
lions contre Henri IV. prit les arme^, 
combattit avec le peuple, fui fait pn- 
^on^ier à l'assaut d'un deti faubourgs 
de Paris en iSSg, conduit à Tour3 
et condamné par le parlement eu 
lôgo. à être tiré à quatre cbevauz. 
Jean-François^ baron de Uourgomg', né 
à Xevers le 28 novembre 17^? , mort 
aux eaux de Carlsbad le so jnilEet 
iSii, suivit avec distinction la car- 
rière diplomatique. Il a publié di- 
vers ouviages dont le plus connu et 
le plus eilimé est le Tableau de TE*- 
pazne moderne, 5 volumes in-S. 

ÏÏOCR*ii;EtIL,néà Paris en 1763, 
mort dans celte ville le S juin 1802, 
n'a fait que des vaudevilles et des 
chansons^ mais il s'y montra toujours 
naturel , plein de verve el partisan 
du bon goût. Il a fait seul le Pour et 
le Contre; et en société , le J/ur mi' 
toyen. JJ. Guillaume et le Peintre frau' 
rais à Londres, 

BOCRJOT ( Le Baros ), habile di- 
plomate , conseiller dViat , officier de 
la légion d'honneur, grand croix de 
Tordre d'Ieabelie , employé au minis- 
1ère des aflaires étrangères, fut long- 
temps chargé de la division du nord, 
puis de la direction des travaux poli- 
tiques , et comptait ôo années de 
servires publics, lorsqu'il obtint sa 
retr.iile en iS5i. Il est mort à Paris, 
en août 1802. âgé d'environ 53 ans. 

BOLTiSACLT (Edme), ne à Mussy- 
Léïéqne en Bourgogne en itî53,mort 
à Moutluçon le i5 septembre 1701. 
Avec beaucoup d'esprit naturel el 
des talens peu communs, maïs qui 
n'avaient été culliiés par aucune élu- 
de. Boursault mérita quelque réputa- 
tion dans le siècle de Lonis XIV, par 
des comédies que l'on représente en» 
core et dans lesquelles ou trouve des 
vers beureu» et des scènes bien fai- 
tes, telles sont : Esope à la vilie^ Esope 
à la cour, et le ]ilercure galant. Il était 
brouillé avec Boileau ; celui-ci étant 
allé aux eaux de Bourbon, Boursault, 
alors receveur des tailles a Montlu- 
çon , s'y rendit pour lui oll'rir sa 
bourse el ses services, dans un mo- 
ment où il savait que le satirique en 
avait besoiu ; cette geuérosilé toucha 



BOU 



ia5 



BOZ 



Boileau , qui dRTiiii son ami , et Hps 
deux cûlés la réconriliation fui sin- 
cère. Celle anecdote n'honore pas 
nioinsla mcninire de linursaull quu la 
meilleure de ces comédies. 

BOCKVALAIS ( Piix POISSON 
db), fils d'un paysan des cntiroiis de 
Bennes . fut laquais, liuissier de vil- 
lage, et drtinl l'un des plus riches 
financiers du royaume. Le frère de 
Louis XIV allait jnuer et niaiiRer 
chei lui. Les pamphlets et les ipi- 
firamme» ne l'épargnèrent pas. Il 
mourut sans enfans en 1719. 

BOU TTK VILLE (Frocois de 
MONXMOUEXCÏ, comte de), ac(|uil 
une grande céiébrllé, non par des ac- 
tions utiles à sa paliie, mais par son 
adresse et son intrépidité dans l(-i< 
duel.*i. Otte mallieureusc passion , 
dont la fausse gloire le séduisait, lui 
fit porter sa tète sur nn échat'aud en 
1637, le ai juin. Il était père du cé- 
lèbre marrclial de Luxembourg. 

BODTIEUES ( Gi icnts-GiuFr.nET 
de), lieutenant général pour le roi de 
Piémont. Il servit d abord en qualité 
d'homme d'armes 'luns la comp.ignie 
de Bavard, et drvinl son lieutenant et 
son émule. Par la suite il contribua 
beaucoup au gain de la bataille de 
Cérisolles en i344- On ne connaît 
pas la date de sa mort. 

BOUVART ( xMiruEi. - Pnii.ippr; ) , 
niéderin qui a joui d'une grande ce 
lébrilé à Paris pendant le dii-builiè- 
me siècle, né à Chartres le 1 1 janvier 
I Ï717, mort le 17 jativier 1787. Il n'a 
écrit que des ouvrages polémiques, et 
fut opposé à Tronchin pour la prati- 
que de rinoculaliou. Il était bon 
malgré la rudi~sse de son caracière: 
ayant inutilement cherché pendant 
plusieurs jours la cause de la maladie 
d'un négociant qu il traitait, il s'aper- 
çut enlin qu'elle Tenait d'une affeclion 
mocale, c'e.st a-dire par tuile d'un 
embarras dans ses alTaires. 1 Celle 
fois , dit-il à son malade , je suis sûr 
d'aToir trouvé le remède; > et il lui 
iaiwa sous enveloppe un billet de 
<renl« mille francs. Nous croyons 
qu'il a eu et qu'il aura fort peu d'i- 
mitaleurs dans l'art de guérir pour la 
manière dont il l'exerçait. 

BOUVET ( Li Bt>oa Fm^von io- 



9i!?iil , vice-amiral en retraite , grand 
oHicier de légion d'honneur, etc. Né 
à Lorient en 17SJ, comiuen<;a à na- 
viguer des l'âge de ]9 ans, passa de 
la marini; marchande dans la marine 
de l'élat. et parvint par sa bravoure et 
sa grande exartilude à remplir ses de- 
voirs aux premiers grades et aux pre- 
miers emplois. A son retour de la Ciua- 
deloupc , où il contribua puissam- 
ment à la reprise de l'île sur les noirs 
insurgés, il fut nommé commandant 
de la marine à Brest , puis préfet du 
je arrondi.'-sement maritime de Lo- 
rient, et obtint sa retraite en 1817, 
comptant 64 ans de services eft'cctifs. 
Admis en 18Ô0 , à la chambre des 
déiiulés , il ne fut pas réélu l'année 
ivante, el mourut le si juillet iS3a. 
BOYEU (CiArot), abbé, né à Alby 
en 1618, mort le 13 juillet i6r|3 ,- de 
académie française. Il a donné un 
grand nombre de tragédies parmi 
lesquelles se trouve Judith , immor- 
talisée par une épigramme de llacine. 
BoiU-au a dit: 

Boyer est à Piochène égal pour le 
lect-ur. 
Ses délestable! tragédies ont fourni à 
Furetlère l'épigramnic suivante : 
Quand les pièces représentées 
De Boyer sont peu fréquentées. 
Chagrin qu'il est d'y Toir peu d'as- 

eislans. 

Voici comme il tourne la chose : 

Vendredi la pluie en est cause , 

Et dimanche c'est le beau temps. 

BOYEB ( le baron ) , membre de 

l'Institut , professeur à la Faculté de 

médecine, chirurgien en chef de la 

Charité , l'un des chirurgi>>ns de notre 

époque les plus justement célèbres , 

mort à Paris le 26 novembre i855. 

BOZE(CLirDB GROS de), né à 
Lyon le sS janvier iCSo , mort le 10 
septembre 1755 ; de l'académie fran- 
çaise et secrelaire perpétuel de celle 
des inscriptions et belles-lellres. Les 
médailles el les antiquités l'occupè- 
rent tout entier. Le chancelier de 
Pontchartrain , l'abbé Bignon , Vail- 
lant, Uardouin , le chérirent comme 
up savant profond el aimable. Entre 
autres ouvrages il a fait Vllistoire mé- 
iailique de Louis XI T, qui fait époque 
dans la numismalique. 

11. 



BRA 



ia6 



BRA 



ERADLEY ( Jacques ) , célèbre 
aslrononie anglais. En 1727 il décou- 
vrit l'aberraiion des éloUeî fixes, dé- 
couïcrlt; des plus ingénieuses el des 
plus belles qu'on ait faites dans la 
science des astres. Il a euricbi l'as- 
tronomie de mémoires el d'observa- 
tions. Nomme directeur de l'obser- 
vatoire royal, il fut visité par la reine 
d'Angleterre , qui s'informa du Irai- 
temeut annuel dont il jouissait ; sur- 
prise de sa modicité , elle témoigna 
vivement l'intention de s'intéresser 
pour qu'on l'augmentât, mais elle fut 
plus étonnée encore quand ]3radle\ la 
»upplia de n'en rien f.iirc : et comme 
elle lui eut demandé la raison de son 
refus, • C'est, dit-il, parce que si la 
• place d'astronome royal valait quel- 

■ que chose, on ne la duimerait plus à 

■ un astronome. » Né eu 1C92, il mou- 
rut le l5 juillet 1762. 

BRADSHAWE(jK*s),né en i5S6, 
était prtsident de la liante cour de 
)uslice qui lit le procès â Charles I, 
roi d'Angleterre, et le condamna à 
perdre la tête sur un écbal'aud. Nom- 
mé président du parlement, on lui 
accorda une garde pour la sûreté de 
sa personne , un logement à West- 
minster , une somme de cinq mille 
libres sterling a<ec des domaines con- 
sidérables. 11 ne -jouit pas long-temps 
de ces récompenses, se relira du par- 
lement, et mourut dans l'obscurité le 
3i octobre 1659 une année après la 
mort de Cromwel. Lors du rétablis- 
semeni de Charles TI , son corps l'ut 
déterré , pendu à Tvburn el brillé. 

BRAHÉ ; TYGE ou TYCUO de), 
salant astronome, né le i3 décembre 
l54^ ^" Scanie , province alors sou- 
mise au Dauemarek , mort à Prague 
le li octobre itioi. Ses immortels tra- 
vaux lui ont valu le litre de Kestaura- 
leur de l'astro nomic. On lui doi t la dé- 
couverte de deux nouvelles inégalités 
dans le mouvement delà Inné, la va- 
riation et IWtjuation annuelle \ on lui 
doit les premiers élémens de la théorie 
des comètes et d'autres observations 
qu'il serait trop long de détailler ici. 
Ce fut l'amitié de Ticbo Brabé qui 
guida Kepler et le conduisit dans la 
carrière de l'astronomie. Sans celle 
amitié, eaiis lrsiioiubreu«e> observa 



lions de Tycho , dont Képlerse Iroina 
dépositaire après la mort de son mai- 
Ire , il u'aurait pu découvrir ces gran- 
des lois du système du monde que l'on 
a nommées lois de Kepler , et qui , 
combinées avec la Ihéoric des forces 
centrales découvertes par Uuygens, 
ont conduit Newton à la plus belle dé- 
couverte que l'on ait jamais t'aite dans 
les sciences , à celle de la gravitation 
universelle. 

liRAMANTE ( FnAsçois-LAzziRi), 
né en i44i à Caslel- Durante dans l'é- 
tat d'Crbin , fameus arcbilecle. L'ou - 
rage qui lui fait le plus d'honneur , 
I qui a rendu son nom immortel , 
si la basilique de Saint-Pierre à 
lîome. Ce fut lui qui amena en celte 
ville el qui entretint pendant quelque 
temps le fameux Raphaël d'Orbin, 
auquel il enseigna l'archilecture. Ce 
grand peintre lit par reconnaissance 
le portrait de son maître , qui est au 
Vatican dans l'école d'Athènes. Le 
Bramante faisait son amusement de 
la pot'-sie, et improvisait avec facilité. 
On a de lui des sonnets e t d'autres mor- 
ceaux où l'on trouve des maximes ex- 
primées avec élégance. Il mourut en 

BKANCAS ( Loris DE ;, marquis 
de Céreste. 11 servit honorablement 
jïar mer et par terre sous Louis XI'V" 
t sous Louis XV. Il fut fait maréchal 
de France en 1740, el mourut en 17J0 
de soiiante-dix-neuf ans. Il était 
de la même famille, mais d'une autre 
branche que les Villars-Brancas , et 
tous viennent de la famille Brancacci. 
originaire du royaume de Naples . 
déjà illustrée avant l'invasion des Xor 
mands, et qui subsiste encore dans c< 
rovaume avec distinction. 

RRANDEBOL'UCi (FsÉDÉBic-GctL 

t.AtUE , dit LE GBAXh El.ECTElK ] , n 

à Berlin , le 6 féirier 1G20 , éloign 
de la cour par la jalousie du ministr 
de son père , apprit de bonne heur 
le nieller des armes dans le camp d 
Frédéric Ilenri-d'Orange j parvenu 
la régence en 1640 , il s'occupa d'i 
bord du soin de réparer les molheui 
de l'électoral qu'il trouva dans le pli 
alTreux élat de ruines et de dévasta 
lion, fil avec succès plusieurs guci 
tes , Ct rscoiinuitrc sa jouvcrain«i 



BRA 1 

<nr la Prtissc , parvint à rélabllr la 
|iin.'[)i'iité intirifurf de se» iLil», ac- 
coiHa en iG85 , un azile aux prolis- 
1.1115 bannis par la riiroi^alion de l'E 
dil de Naiiles , lit de grandes rlioses 
OTOC de pelils nioyrng , et mourut le 
>8 afril 1G88, lai.«6anl pour liiriller 
«on (ils Fri'déric III , qui fui le pre. 
micr ro! de Prusse. 

BRANTOME ( Pirnoii nt IlOUR- 
DEILLES , seigneur de l'abh.iye de), 
né en Périgord , vers i5a7 , mort le 5 
juillet 1C14. Ou a de lui : Pic des liom- 
met illustres et grands capitaine s frati' 
çaiSf la Pie des grands capitaines étran- 
gère , la Pie des Dames illustres, hPie 
des Dames galantes . les Anecdotes tiHi- 
chant les duels, 1rs liodomonlaJes et ju- 
remens des Espagnols, etc. Ses niéuioi- 
res sont néressaires à ceux qui Tculent 
saioir l'bi.ttoire secrcle de Cliarlrs 
IX, de Henri III et de Henri IV, 
près desquels il Tùcut. Le plaisir de 
voir ces roi s dans leur par lieu lier, joint 
à la naïveté du sljle de Braiitûnif, en 
rend la lecture fort agréable. Son frère 
aîné , Urantôme [ André de ), éiail un 
lionime d'un raiaclère plus grave que 
lui. CbarlesIX, Ilenrilll ciCatlierine 
deSIcdicis, Iccbargctent quelquefois 
de commissions iuiporlaiites. l.c peu 
d'ouvrages qu'il a composés se trouve 
joint à la collection des livres de son 
frè-re , qui souvent pousse la ranlerie 
gasconne au degré le plus boull'on. 

BRASIDAS . lils de Tellics , Spar- 
tiate , empèclia , l'an 45 1 avant J.-tl., 
que les Athéniens ne périssent à Mé- 
«hone, ville de la Laconic. Guéri d'une 
blessure qu'il avait reçue , il fut en. 
vojé avec une armée dans la C.balcidl- 
quB , portion dp la Tbrace ou pliilôl 
de la Macédoine, peuplée de colonies 
grecques soumises aux Athéniens nu 
à leurs alliés. Erasldas y prit un grand 
nombre de villes, et beaucoup d'au- 
tres se rangèrent volontiers dans l'al- 
liance des Lacédémonien», Il forma 
•nsuite le siège dePotidée ,1a princi- 
pale ville de cette contrée ; les Athé- 
niens ayant envoyé pour la secourir 
une armée commandée par C.léon, 
Brasidasalla à sa rencontre et la délit 
complètement; mais il fut tué dansle 
combat ainsi que Cléon , l'an 42« 
»vanl J.-C. 



>- BRE 

BRKBF.UF ( GtoRcr. r.i: ) , né à Tlio- 
ripny en Normandie, l'an 1618, mort 
à Venoii près de (;aen en iGGi. Il a 
publié plusieurs vnlumes de poésies , 
mais il n'est connu aujourd'hui que 
par sa traduction en ver» de la Phar- 
sale de Lucain. Lorsqu'il la lit, le gofll 
n'était qu'à son aurore ; lîrèbeuf d'ail- 
leurs était dans l'àgc où l'on se pas- 
sionne aisément pour les faux brillans; 
son imagination ardente était attisée 
encore par les accès d'une fièvre opi- 
niâtre qui ne l'abandonna presque ja- 
mais : il n'est pas étonnant que dans 
celte espèce de délire il ait confondu 
l'emphase avec la grandeur, et l'en- 
flure avec le sublime ; mais du moins 
il eut le mérite de sentir qu'un poète 
ne devait être traduit qu'en vers, et 
les siens ne «ont pas très-Inférieurs à 
ceux de son original. On en a retenu 
plusieurs, et jamais on n'a pu lire une 
page de la Pharsale en prose. On trou - 
ve dans celle en vers de Brébcufdes 
vers que Corneille lui niême n'eûtpas 
désavoué» ; s'il n'eût pas été enlevés 
par une mort prématurée, et si ses 
maladies lui avaient laissé le loisir de 
perfectionner son goût, il eût pu de. 
venir un des poètes estimés du siècle 
de Louis XIV. Boileau avait moins 
d'éloignement pour lirébeuf que d'an- 
tipathie pour Lucain. 

BHEGCE'l" (ABRAiiAM-Lons), d'une 
famille originaire de Picardie , né en 
Suisse le 10 janvier 17^7 , mort subi- 
tement à Paris le 1 7 septembre i8j5. 
Ce célèbre horloger se fil connaître 
en perfectionnant les montres perpé- 
tuelles qui se remontent elles-mêmes 
par le mouvement qu'on leur donne 
en les portant. (les sortes de montres, 
dont riuvention date du milieu du 
dix-septième siècle, se dérangeaient 
continuellement ; Bréguet les com- 
posa sur de meilleurs principes et leur 
procura la plus parfaite régularité. 
L'horlogerie lui est redevable d'une 
foule d'Inventions , telles que le para- 
ctxute descadratures de répétition , les 
ressorts timbres; celle dernière inven- 
tion a donne naissance aux montres, 
cachets , tabatières el boîtes à musi- 
que. Mais il serait dllficlle d'ènumérer 
la quantité prodigieuse de perfection- 
nemcni el d'inventions, soit pour 



BRE 



128 



BRE 



rolililé, loit pour rAgrément, que 
Bréguel a introduits dan» l'bodogerie. 
lia enrichi la science de la mesure du 
temps appliquée à l'astronomie , à la 
na<igatiaD et la pbvsique , par 
ichapptmens U force constante et à 
mi^nfjir indcpendant , par son écbap- 
peoient dit ncture/, celui à tourbillon à 
liétûe^ etc. il a exécuté un très-grand 
noQibre de chronomètres de poche, de 
pendules astronomiques , de mont 
marines, supéritures à tout ce qu 
paru de plu:> parfait en ce genre. J.a 
Tille de Pari.s lui doit la pins belle hor 
Jogerie de l'Europe. La phj>ique lu 
doit au>si rin^enlion d'un nouveau 
tltermomclre métallttjue ^ et la mécani- 
que lui est rederable d e plusieurs idées 
neures. Il fut horloger de la marine, 
membre de l'insiilul et du bureau des 
loiigiludes. Son IJI> esi drpo.-ilaire d'un 
grand ouvrage qu'il a écrit sur Tborlo- 
gerie , et dans lequel sont consignées 
loules ses dérouvertes- Son portrait a 
été lithographie a son buste moule ru 
plâtre, et M. Lemercier de l'acadi-mie 
française lui a consacré des Tcrs aussi 
remarquables par la prosée que par 
Texpressiou. Bréguet eut autant de 
modestie que de talent ; voyant qu'un 
de ses ouvrages ne s'était pa.^dérangé, 
il «'écria : • C'est singulier I • Il ne 
fut DÏ jaloux ni envieux , qualité rare 
dansunariisie, etméiila d avoir beau- 
coup d'amis. 

BhÉMONTIER ;XicoLâs Th.), ins- 
pecteur-gêtH-ral dfs ponts et chaus- 
sées , chevalier de la légion d'hon- 
Deur, mort à Paris, au mois d'août , 
l8og, âgé de 71 ans. On lui doit la 
iixatioD des .sables , la plantation des 
dunes du golfe de Gascogne et la fer- 
tilisation de ces terrrs .-ablonneuses 
que couvrent aujourd'hui de superbes 
pins mariti mis et qui sont rendues a 
une végétation activée! toujours crois- 
sante. 

BRENIKR DE MONTMORAND 
(le ticomtb AxTOI^B-F«A^col9] , licu- 
leiianl-général , grand olUcier de la 
légion-d'boDnenr , né à bt-Marcellin 
(Isère) le 1 j novembre 1767, obtint uu 
avancement rapide dans les premières 
années de la révolution , lit avec dis- 
tinetioo toutes les guerres de la répu- 
blique, et d« l'empire, fut à ladeuiii- 



me restauration , nonïmé commj: 
dani de la 7° division militaire à ii 
noble, inspecteur-général de l'infant 
ria . envojé commandant supérieur 
eu Corse, obtint sa retraite en iSi7, 
et retourna dans sa ville natale, où 
il mourut le 8 octobre i85j. 

BRE.XNCS , chef des Gaulois. A la 
tête d'une armée nombreuse il péné- 
tra dans la Macédoine, )' tua Sostbè- 
nés, geof^ral de ce pays, ravageais 
Thessalie et la Grèce, et s avança vers 
le temple de Delphes dans je defsein 
de le piller: ayant été repoussé, il se 
tua l'an 37S avant J.-C. In au:re 
Brennus , général des Gaules , après 
avoir ravagé la Lombardie et la l'us- 
cane , marcha vers Rome , qu'il pilla 
et brûla , l'an 564 de sa fondation. Le 
tribun Sulpicius lui oITrit mille livres 
d'or à condition qu'il épargnerait le 
Capitole et qu'il quitterait le territoire 
de la république. Le Gaulois accepta. 
Des balances ayant été .ipportées, il 
mit sou épée et son casque par-dessus 
les poids; et sur ce qi;'on se plaignait 
(le sa tromperie , il se contenta de 
dire Fariclis, malheur aux vaincus! 
(Camille le dictateur, irrité de l'inso- 
lence de ce barbare , rompit le traite, 
lui livra bataille et le m't en fuite l'an 
5SS avant J.-C. Tile-Live, Plularque 
et Polybe , font le récit de la guerre 
des Gaulois contre les Romains. 

BRKQLÎGNY 'LonsGEOBCES OU- 
DaKT FECDRIX de ) , de l'acadé- 
mie française et de celle des inscrip- 
tions et belles-lettres. Né à Granville 
en 1716 , il mourut à Paris le 3 juil- 
let 1795. L'étude de l'bisloire et de 
l'antiquité fut l'objet constant de ses 
travaux. On lui doit entre autres ou- 
vrages un Essai sur l'histoire de l'Te- 
nien et une Table chronologique det 
rois et des chefs arabes ; une Histoire 
des révolutions de Gênes, en 3 volumes 
in-12; fr'e des ancien» orateurs ^rec», 
s volumes in-is { et des Dissertation» 
savantes sur Posthume, empereur ite» 
Gaules, et sur la famille de Galiien. 

BKESSON (X.), ctevalier de ta lé- 
gion d'honneur, né en Lorraine au 
mois d'août , député à la convention, 

fusa de voler la mort du roi. et fut 
profcrit ; membre du conseil des cinq 
ceols, ilfutipril l« 1$ brumaire. 



BRE 1 

Dnmnié clief de division au rainlalùrc 
dea all'diics.rbargf de la diicclion dt 
la coinpiabililé, emploi qu'il oci'iipa 
pendant l5 ans, fui admis :> la rUrailc, 
en i8j5, et monrnt à Mciidnn, le il 
férricr i83j , à près de 72 ans. 

BREÏ ( Axtoine) , né à Dijon en 
1717 , mort à Paris le a5 lïvrirr 
179» , a pnblic de» poésies Ugèri:s el 
deux Tolumcs de comédies (cril's 
•ver purelù , mais sans verv ; on ne 
les joue plus. Nous n'en aurions poinl 
parlé diins ee petit dictionnaire , si 
Brct n'avait tenté sur Molière ce ipie 
■Voltaire a fait sur Corneille. Il a donné 
une édition de ce poète comique arec 
des commentaires ; mais le mérite 
commun de l'esprit ne sutlisait pas 
pour se cbarper d'une pareille entre- 
prise. Pour dérober au génie de Mo- 
lière quelques-uns de ses secrets, il 
fallait des yeux plu» pénéirans , plus 
exercés à l'observalioti , enlin un ca- 
ractère bien supérieur à celui que 
Bret a montré dan.s ses comédies. Jl. 
Augcr , de l'académie française, quoi- 
qu'il n'ait donné au tbéâlreque quel- 
ques vaudoTillcs, a complètement 
réussi dans l'entreprise manquée par 
Bret- Son édition de Hloliére n'a qu un 
défaut, c'est qu'elle est trop clière 
pour les jeunes pens. 

BUETEL'IL ( Looi-s ■ AccrsTE Le 
TONNELLIliR, baron de ) , né en 
1753, mort à Paris le a novemlire 
1807. Louis XV le nomma en 1768 
Bon ministre plénipotentiaire près l'é- 
lectenr de Cologne, et en 1760 à la 
cour de Russie. Il fut eliargè de plu- 
sieurs missions diplomatiques à Sloc- 
kolm , en Hollande, à Naples et à 
Vienne i revenu en France en 17S5 et 
minisire d'ét.il , il fut ajipelé au dé- 
partement de la maison du roi et de 
Paris. Il améliora le régime des pri- 
Bons , et se retira TolontairemenI du 
ministère en 17S7. Ennemi du cardinal 
de Roban , il a ligure dans la fameuse 
afl'airc du collier, et il y prouva son 
dévouement pour la reine. A l'époque 
de la révolution il quitta la France et 
«e retira en Suisse. En 1802 il rentra 
dans son pays. La ville de Paris lui a 
degrandesobligalions;c'esl à lui qu'on 
doit la démolition des maisons du 
quai de (jèvres et de celles qui obs- 



29 lîRI 

truaieni plusieurs des ponts de Paris. 
Les pcns de lettres reconnaissent q««r 
depuis Colbert aucun ministre n'a 
fait autant que lui pour les sciences 
et les art». 

liltftVES (Fuisçots SAVAUY dr ), 
né en i5<",o, mort à Paris en i69S,rul 
l'un des plus babiles négociateurs de» 
règnes de Henri IV et d'e Louis XIII, 
et a rendu d'éminens services aiix let- 
tres et à sa p^itrie. 

RREZÉ ( PicniiF nF ), grand séné- 
chal d'Anjou, de Poitou et de Nor- 
mandie , suivit le roi tJiarles VU 
lorsqu'en i^V' il alla secourir la ville 
deSaint-ALtiNenl. Il se trouva au siège 
Ju Mans en i.ii7, et aida à toutes les 
conquéles de ce prince en Norman- 
die . aux siège* (le tlonches, du Pont- 
de-l'Arrhe , deVernenil, de Mantes, 
tie Veruon , et de î'.ouen dont il fui 
fait gouverneur. Son espédilion mari- 
time contre les Anglais à Sandwieb 
fui encore plus brillante. Charles VII 
avait pour lui lapins grande estime ; 
mais après sa mort Louis XI son lils 
ne le traita pas avec autant de grati- 
tude et de bienveillance ; il le fit ren- 
fermer au château de Loches. Rendu 
à la liberté, il fut tué l'un des pre- 
miers à la bataille de Monllhéry , le 
l4 juillet i465. Pierre de Brézé joi- 
gnait à la bravoure et à l'audace une 
gailé piquante et spirituelle. 

lir.lAL (SIIcuEL•JEl^ Jostpu), sa- 
vant bénédictin , membre de l'Insti- 
tut , né en 17^3 à Perpignan, placé 
par ses supérieurs aux Blancs-Man- 
teaux, pour y travaillera U collection 
des Historiens de France , avait déjà 
rédigé , de concert avec D. Clément 
les tomes XII et xiir, lorsque la révolu- 
lion vint interrompre ses utiles tra- 
vaux. Il les reprit aussitôt qu'il lui fut 
possible, lit paraître le i4<' volume en 
1806 , et quatre autres jusqu'en 181?. 
le ipe élait déjà avancé , lorsque D 
ISrIal mourullc 34 mai 1728 II venait 
de fonder des écoles graïuites en fa- 
vi-ur des garçons et des filles pauvres 
des communes de Baixas et de Pia 
( arrondissement de Perpignan ) lieux 
de naissance des auteurs de ses jours. 

BUICOXNET (GriLuciiE) , connu 
sous le nom du cardinal de Saint-Malo, 
euccessivemeut évoque de Nîmes ,de 



BRI 



i3o 



BRI 



Saint-Malo , arclierêque de Reims el 
de Narboiine. Il fut boiioré de la pour- 
pre romaine par Alexandre VI en 
Jir)5, en présence de Charles YIII, 
qui se troura au consistoire. Il avait 
été marié avant de s'en^raper dans les 
ordres. Les bistoriens le louent comrue 
UD prélat qui à l'esprit des alTaires joi- 
gnait beaucoup de zèle pour la gloire 
de sa patrie cl un ardent amour pour 
les lettres et ceux qui les cultivaient. 
Son frère Robert , archevêque de 
Reims et chai.celier de France , mon 
à Moulins en l4g5 , avait joui d'une 
grande faveur. Son lils , Guillaume 
comme lui , fut évêque de Meaux en 
l5iG. Le cardinal mourut le i4 no- 
vembre 1 5 14 dans un âge très-avancé. 

liRIDAl.NE(J\c<jCF.s), célèbre pré 
dicaleur , né le ai mars 1701 , mort 
le 21 décembre 1767. I.aharpe a inséré 
dans son Cour? de /ii(erfl(ure l'exorde 
admirable de son sermon sur l'éter- 
nité, lia publié des Cantiques spirituels 
qui ont été impriiués un grand nom- 
bre de fuis. Le pape Benoit XIV lui 
conféra le pouvoir de faire la mission 
dans toute l'étendue de la chrélîcnlé. 
Doux, simple , modeste, d'une piété 
BÎncère , son caractère et ses mœurs 
ne conlribnèreiil pas moins que ses 
lalens aux succès prodigieux de sou 
ministère. 

BRIDAX(CnmLfS-AxToisE),nécn 
1730, mort à Paris le 2S avril i8o5. 
11 remporta le grand prix de sculpture 
à vingt-trois ans. Il a fait le groupe du 
martyre de Sainl-Barthélemi el celui 
de l'Assomption , qui est dans l'église 
cathédrale de Chartres. Ses statues de 
Vauban et de Cayard ornent la gale- 
rie des Tuileries. Son Vidcain est 
placé dans le jardin du Luxembourg. 
Son dernier ouvrage est le buste en 
marbre de Cochin , placé dans l'hûpi- 
tal fondé par ce vénérable ecclésias- 
tique. 

BRIG.VNT ( JâCQCEs Lb ) , ne à 
Pontricux le iS juilicl 1710, mortà 
ïréguier le 5 février l8o4. L'étude 
des langues fut toujours l'objet prin- 
ripal de ses travaux, et il les faisait 
dériver toutes du bas-breton. 11 publia 
une foule d'ouvrages pour soutenir 
■'C singulier système. Il avait de la 
franchise et de la générosité dam le 



caractère , et sa coiiTersatioo était 
fort agÉ'éable. 

BHIGGS ( Ebsbi ) , célèbre malhé- 
luaticien anglais, aux grands travaux 
duquel la géographie et l'astronoicie 
sont en partie redevables des progrès 
immenses qu'elles ont faits depuis 
deux siècles. Il a publié une foule de 
mémoires et d'ouvrages en anglais et 
en laiin. Xé vers l'an i556 , il mourut 
à Oxford le aG janvier i65o. 

BKILLAnT-SAVARIX (Asthelme) 
néen 1755a Belliy, avocat-distingué, 
député à rassemblée constituante , 
siégea à côté des hommes sages et mo- 
dérés, président au tribunal civil du 
département de l'Ain , il fut bientôt 
nommé au tribunal de cassation alors 
nouvellement institué. Maire de Bel- 
ley vers la lin de 1790 , il eut le cou- 
rage de combattre l'anarchie. Mais 
la proscription le força de s'expatrier. 
Réfugié aux Ëtats-Lnis et privé de 
ressources pécuniaires, il trouva dans 
sa gaîté ioalîérable et dans son indus- 
trie des moyens de vii re et des conso- 
lations. Rentré en France en 1796 , 
il occupa diverses places, fut rappelé 
par le choix du sénat à la cour de cas- 
sation, passa les a5 dernières années 
de sa vie dans ce poste honorable, et 
mourut en ZS36, regretté de tous ceux 
qui avaient pu apprécierses lumières, 
ses vertus et se» qualités aimables. 
La pitysiùtogie du goût . ingénieux et 
charmant badinage, dont il a déjà 
paru trois éditions , a eu et mérité 
son succès , et no permettra pas d'ou- 
blier l'auteur. 

BRILLOX ( Pieiiiie-Jacqcïs ), avo- 
cat au parlement de Paris; né le i5 
janvier ili7 i , il est mort le ag juillet 
1756. lia donné en litlératurele T/ieo- 
phraste niûdcrne el VApolo^ie de La 
Bnyi're; «'occupant ensuite d'études 
relatives aux devoirs de son état, il 
a publié un Dictionnaire civil et cano- 
nique Je droit et de pratique^ et un Die- 
tionnaire des arrêts , fort estimes. 

BRI\DLEÏ( Jacoces) .habile mé- 
canicien et ingénieur anglais, iié en 
1716 , mort le 47 septembre 177». Le 
principal monument de sa réputation, 
le canal de Bridgewater, est le plus 
étonnant ou' rage de ce genre que l'on 
connaisse. 



BRI 1 

BRINVIM.IERS ( M»niB-M»nocE- 
«ITE n'AUBRAl. épouse d'AjiTOiM! 
GOBliMN , marquis de ) , célèbre 
par ses rrîmes d'einpoîî-oonemi'nl sur 
les personnes de son père, de ses deux 
frères, de sa sœur , et d'un grand 
nombre d'autres. Madame de Sèvigné 
en parle dans ses Icllrcs. Elle fui dé- 
capilée et brûlée le i6 juillet 167C, 
sur les sept heures du soir. Le peintre 
Lebrun dessina «es Irai!» lorsqu'elle 
allait à l'échafaud ; on montre sa tète 
au muséum de Versailles. 

BRIOCHÉ ( Jea.s ), arraelieur de 
dents. Célèbre par le spectacle qu'il 
établit ver» i65n aux foires Saint- 
Germain et Saint-L.inrent. Il y rnisail 
jouer polichinelle et les marionnettes 
avec une adresse mer>eillcuso et jus- 
qu'alors iucoiniue.il avait avec lui un 
binge fameux par ses tours d'adresse, 
mais Cyrano de Bergerac le prenant 
pour un homme qui lui faisait la gri 
mace . le tua d'un coup d'éfiée. 

BRIOT ( Nicons), tailleur gêné 
lalel graieurdes monnaies de Franci 
sous Louis XIII , s'est immortalisé 
par l'invention du balancier. Avant 
lui toutes les monnaies se frappaient 
au marteau; on ron<-nit qu'il en réstil 
lait nne inégalité d'empreinte trés-fa 
TOrable aux faux- monnoveurs. Les 
contrariétés que Briot êpronva d*a 
bord l'avaient déterminé à porter son 
invention aux Anglais, qui surent l'ap- 
précier et employèrent le balancier 
avant nous. La fabrication au marteau 
fut proscrite par un éditde mars 164Î. 

BRIODESI ADT, gentilhomme fran 
çais , s'acquit une grande réputation 
dans les guerres civiles du régne de 
Charles IX. Intrépide dans les com 
bats, habile négociateur , il fut en 
vojé en i5G2 en Angleterre, uar le 
prince de Coudé , que les calvinistes 
avaient choisi pour leur chef, pour 
engager ou vendre à la reine Elisa- 
beth les places de Dieppe et du lia- 
irre , en échange des secours dont les 
confédérés avaient besoin. Il fut chargé 
de deux autres négociations auprès de 
cette reine ; à son retour il favorisa 
l'exécution du meurtre de Jacques 
Prctôl, seigneur de Charri , chargé de 
la garde du roi au Louvre , et proie- 
j^ea l'évasioD des assassins. Deux mois 



BRI 

après le massacre de la Saint-Baribe- 
lemi, en 157} il fut pris et condamné 
à être pendu. Il avait soixante-dix ans. 
Charles IX était avec sa mère . Ca- 
therine de Médiris , à une des fenê- 
tres de ril.'.lel de.Ville , et le jeune 
Henri , roi de Navarre , placé près 
d'eux, fut forcé d'Olre témoin de cette 
exéculion. 

BRISSAC f Ai.BBKT nB GRILLET 
DE ) ; succes-^iventenl cornette, lieu- 
tenant et capitaine au régiment d'IIar- 
nurt-Elbeuf, il servit en Flandre 
vt c ce régiment en iC5o , et se dis- 
tingua surtout à la bataille de Réthel, 
u eunihat du faubourg Saint-Antoine 
n i65j , à celui sous Valenciennes, 
t à la bataille des Dunes; il alla en- 
suite aux sièges de Menin et d'Ipres. 
Il fut fait lieutenant de la compagnie 
des gardes du corps en 16G7 , servit 
aux sièges de Tournay et de Douai , 
et fut blessé. Il se trouva en iG63à 
tous le» sièges que le roi ût en per- 
sonne en Franche-Comté , marcha 
avec lui à la conquête de la Hollande 
et puis au siég-? de Macsiricht. Il fut 
successivement brigadier des armées » 
maréchal de camp et lieutenant-géné- 
ral jusqu'à ce que son grand âge l'o- 
bligea de se démettre de l'emploi de 
major des gardes. Louis XIV l'hono- 
rait d'une confiance intime et lui 
donna son portrait. Il n'était ni parent 
ni all'é des Cossé-Bri.ssac. 11 mourut 
le II février 171.'^, à 8â ans. Brii$ac 
( I.onis-IIercule-Timoléon de Cossé , 
duc de J , pair et grand panetier de 
France . gouverneur de Paris . capi- 
taine-colonel des cent-suisses de la 
garde du roi, fut nommé en 1791 
command.int-général de ta garde cons- 
tilutionneljede Louis XVI. Il fut mas- 
sacré à Versailles dans les premiers 
jour." de septembre 179a; il était né 
le i4 février 1734. M. Delillea chanté 
ses vertus et sa mort dans son poème 
de la Pi<;c. 

BRISSON îBmsABt), avocat-gé- 
néral et président au parlement de 
Paris. Henri III l'employa dans diffé- 
rentes ambassades- Après la mort du 
monarque , la faction des seiïo le fit 
conduire au PetitChitelet ; il y fut 
pendu à une poutre de la chambre du 
conseil le li novembre jJjJ» Ooa de 



BRO 



103 



BRO 



lui plusieurs outrages de jurispru- 
dence. — Cu autre Brision {MalburÎD- 
Jacques } , né le 3o avril 1725 , mon 
le 33 juin 1S06 , fut maîlre de physi- 
que et d'bistoire ualurelle des enfans 
de France , censeur royal, membre 
de l'académie des sciences et euiuite 
derîiislilut. 11 a publié UD grand nom- 
bre d'ouTrages fort estimés sur la phy- 
sique , la minéralogie et rbîstoire na- 
turelle. Le plu^ iiu;orlanl de tous est 
celui quia pour litre; Pesantdur spè- 
cifique des corps . 17S7 , in-4. 

UniTANMCCS ( CLiiDiisTiBt- 
Birs ) , llls de l'empereur Claude elde 
Me5saline. Il naquit l'an 79^ de Rorae 
et 1 1 ans avant }.-C; Iheurense expé- 
dition de son père'en Bretagne lui lil 
dotmer par le sénat le nom de Brilan- 
nicus. Il fut exclu de l'empire par les 
JirtiGces d'Agrippine, mère de .Néron; 
elle le lit ensuite empoisonner l'an 55 
avant J.-('. Les deui Créres ont été 
peints admirablement par Racine ; et 
qui ne sait par cœur sa belle tragédie 
de Britannicas ? 

BRIZARD (GiBiiEL), avocat au 
parlement, mort le 3Ô janvier l'gô, 
a publié un grand nombre d'ouvrages 
bisloriquei, parmi lesquels il faut 
dislÎDguer un petit volume in-iS , fort 
curieux et fort estimé , ayant pour li- 
tre : De ramour de Henri IP pour tes 
lettres: et un autre intitulé: Du mas- 
sacre de ta SaintBartkctemy et de l'in- 
flaenee des étrangers en France durant 
ta tigue. Discours lUsIoriques avec tes 
preuves. Son but e>t de prouver que ce 
massacre est mains le crime des Fran- 
çais que le crime du irmps ; que c'est 
un délire universel auquel les élran 
gers eurealplusdr part que les Fran- 
çais. 11 y a eu au Tlu-âlre Français un 
acteur célèbre du nom de Brizard ; il 
jouait les pères DobUs. 11 mourut en 
1791. 

BRODEAU. C'est le nom d'une fa- 
mille originaire de Tours , d'oîi sont 
sortis plusieurs hommes de lettres. 
L'un d'eux , Julien Brodeau , avocat , 
mort en l653 , a fait des Comme» In ires 
sur ta coutume de Paris , et des .\'otes 
sur l<.'$ arrêts de Louet , dont Loileau 
parle dans ces vers: 
£t commeutaul Louel allongé par 

Biodcau , 



D'une robe à longs plis balayer le 

barreau. 

BROr.TTARIUSde Galaticgen': 
du roi Dejotarus, aspira égalemei 1 
la royauté. Ayant gagné par ses [; 
sens le tribun Clauàius, celui-ci ! 
Ct donner à Rome le titre de roi ù . 
une assemblée du peuple, et le rei vi 1 
maître de la ville de Pessinunte et du iM 
temple de la mère des dieux, qui y 
était en grande vénération. Uéjo- 
larus fut obligé de marcher contre 
son gendre : il 1» chassa de Pessinunte 
et rétablit le graiid-prélre dans ses 
fjnctioDS. Cicéron , dans sa Harangue 
pour tes aruspices , adresse à Cludius 
des reproches très-graves sur la ma- 
nière dont il avait livré Pessinunte i 
Brogitarius . sur ce qu'il lui avait fait 
duiiner le titre de roi , tandis que Dé- 
jotarus l'avait seul obtenu duséuat et 
de César. 

BROGLIE. Nous retrouvons sou- 
veut ce noDi dans notre hi>toire. 1. Bro- 
^(/«(Victor-Maurice, comte de), né en 
1609 d'une famille originaire du Pié- 
mont. Il servit avec distinction , et il 
était le plus ancien des lieutenans gé- 
néraux lorsqu'il fut créé maréchal de 
France en 17 24 ; il mourut trois au9 
après dans son château de Buhv le 4 
aoijt 1757, âgé de quatre- vingt- huit 
ans. 2. Broglie [François-Marie, maré- 
chal duc de) , troisième fils du précé- 
dent, né le î I janvier 1671, mort le 22 
mai t7i5. Il servitsous BouDlers.Ville- 
roi.Yendôme, Villars, Berwick et Mon- 
tesquiou, et en 1734 commanda l'ar- 
mée avec le maréchal de Coigny. Il 
ne se distingua pas moins dans son 
ambassade en Angleterre. 3. Broglie 
Victor-François , dqc de ) , Ijls ainû 
du précèdent, né le i90Ctobre 1716, 
moità Munster en 1S04. 11 fut créé 
maréchal de France à l'âge de qua- 
rante-detix ans, et fut toujours un gé- 
néral fort habile. Il fut exilé en 1762. 
I.ouisXVI l'appela près de lui eu 1759, 
le nomma mini-Ire de la guerre et 
commandant des troupes rassemblées 
autour de sa personne. Sa deruière 
campagne fut t'expéditicnde Champa- ! 
gnc eu 1792, où il commandait ua 
corps d'émigrés. 4. Brogtie ( Charles- 
François comte de ) , frère du précé- 
dent , nt le 20 août 1713 , mort en 



BRO 



lÙÙ 



BRO 



i;8i. En 1753 il fut nommé amba» 
udpur de Fiance auprès de l'clecleui 
de Saie , roi de Pologne. Intcsli df 
plus grands pouToir», il rorrespondait 
dirertcment atec Louis XV , et inAir' 
mail ce monarque des projetsel de la 
politique des puissances rivales de la 
France. Rulliière Iracc son porlrail 
dans son Histoire du démcmbrflmtnt de 
la Pologne. A son relour en France , 
il obtint le grade de lieulenaiilgcné- 
rai en i7t)o, et se lit remarquer par sa 
belle dcfcnsedet^asselen 17C1. Après 
la guerre Louis XV lui confia la direc- 
tion du ministère sf-crel , qui avail 
pour objet de correspondre directe- 
ment avec le roi et de l'éclairer sur 
Félai de l'Europe. Eiilé et rappelé 
plusieurs fois f il mourut dans une es- 
père d'oubli , après atoir dirigé la 
correj<pondance secrète pendant dix 
sept années. Ses papiers ont élé oon- 
semés. 5. Broslic ( C.lauJe-VicIor , 
prince de ), fils du troisième maré- 
chal de France de ce nom, fut député 
de la noblesse aux élals-généraui de 
1783 , rt se réunit au tiers-état. Il fui 
employé comme maréchal de camp 
à l'armée du lîliin. Plus lard , arrêté 
et traduit au tribunal révolutionnaire, 
il fut condamné à mort le 37 juin 1734, 
âgé de trente sipt ans. 

BROSSE ( J icQi-Es DE ) , architecte 
de Jlarie de Jlédicis , a bâti le palais 
du Lnxembonrs en 16 i5. 

BROSSE 1 Gci DE 11 ) , médecin de 
Louis XIII, et fcjiLdateur du jardin du 
Roi à l'aris, né à Rouen, mort en 
if>i4 1 , l'ut nommé le premier inten- 
daul de cet établissement en iCa6 , 
travailla toute sa vie à enrichir ce 
jardin des plantes qu'il faisaitTenir de 
toutes paris , et publia diiers ouvra- 
ges , eiitr'autres la description des 
plantes qu'il y avait rassemblée.^. 

BROSSES ( CniBLts de ) , premier 
président au parlement de Bourgogne, 
de l'Académie des inscriptions , néà 
Dijon le 17 février 1703. mort à Pa- 
ris 1777 , cultiva les lettres avec une 
ardeur qui ne l'empêcha point de rem- 
plir avec distinction les Tondions de la 
Di.igistrature. Ses ouvrages sont des 
letlre$ lUr l'état actuel de la cille sou- 
terraine d'Herculanum, qu'il publia à 
son retour d'un voyage eu Italie ; une 



dissertation sur të culte dus dieux féti- 
ches ; une Bistoire des navigations aux 
terres australes , un Traite de la for- 
mation mécanique des tangues , enfin , 
{'Uîstoire du septti:me siècle d» la repu- 
blitfUe Uomaine , où il fît tnlrer avec 
beaucoup d'art les fragmens de Sal- 
iuslc , et précédée d'une savante vie 
de cet liislorieii. 

BROSSETrE ;CLirDE), né à Lyon, 
le 8 novembre 1671 , mort le )6 juin 
I7.i.'>. Il fut aïoial au parlement de 
Paris. On lui doit une Uiitoire de la 
uillc de Lyon, vente avec une élégante 
précision ; ma)^ il est encore plus 
connu comme éditeur des œuvres de 
Roileau avec des éclaircissemens his- 
toriques, 4 vo urnes iu-ia. C'est d« 
Roileau lui. même que Brossclle tenait 
la plupart des éclaircissemens qu'il 
>lonne ; cependant il faisait des re- 
clirrches de son côté . et Roileau , à 
qui il lit part de ses découvertes , lui 
dit un jour: • A lair dont tous y al- 
lez, TOUS saurez mieux Totre Roileau 
(lue moi-même. • On reclieiche aufisi 
les Litires familières de Boilcau Des- 
préaux et Broisette, aval, petit in- 19.11 
a encore publié les œuvres de Régnier 
avec des éclairci55em'>n5 historiques. 
BROTTIER ( labbe Gjebiel ) , né 
à Tauney dans le Nivernais , le 5 sep- 
tembre 172.1, mort le 1» février 1789. 
Ce que le président de Brosses avait 
fait sur Salluste avec des recherches 
nlinies , l'abbe Rrottier l'a exécuté 
pins heureusement sur Tacite, dont il 
donné une édition en sept volumes 
-12. Les lettres lui sont encore re- 
devables de plusieurs éditions précieu- 
ses , telles que de Pline le naturaliste , 
du poè'me des jardins de Bapin , des 
fablesde Phèdre , du théâtre des Grecs 
du père Brumoy , qui lui ont cotUté 
beaucoup de recherches , et dont il a 
claire i le teste par des notes pleines 
d'érudition et dégoût. Peu de person- 
nes ont porté plus loin la connaissance 
des médailles , ei il en a fait souvent 
l'emploi le plus heureux pour remplir 
les vides de Tacite. C'est son neveu 
qui le ï4 mars 1797 fut condamné à 
mort avec Lavilleheurnois , par une 
commission militaire , cî ensuite dé- 
porte à Cayenne comme chef d'un» 
coQspiralioD royaliste. 

12 



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BRU 



BRODSSEL ( Piebue ) , conseiller 
au piirleiuent de Paris , fut uue des 
jiriucipales causes des divisions qui 
agitèrent la France sous lu régence 
d'Anne d'Aulriche, par son opposi- 
tion au gouvernement dans toutes le» 
discussions relatives aux impôts. La 
populace l'appelait son père et s'a- 
meuta pour lui faire rendre la liberté; 
mais Anne résista avec la plusgiande 
fermeté aux instances de la cour et 
aux sollicitations du parlement pen- 
dant les trois tournées des ban-icaïUs. 
En iG5 2 les frondeurs avant destitue 
le prévôt des marchands mirent Brous- 
sel à ss place ,- la Gti des troubles le lit 
rentrer dans l'oubli, et il y mourut 
dans un âge avancé , au commence- 
ment du régne de Louis XIV. 

BROOSSOWET ( P.EnRE-JIiRiE 
AtGCSTE) .médecin naturaliste, mem- 
bre de l'Institut, ué à Montpellier, 
le s8 février 17C1 , nommé docteur 
à 18 ans , suppléant de Daubenton à 
la cba'irc du collège de France , et en 
1784. son adjoint àl'école vétérinaire, 
secrétaire de la société d'agriculture 
de Paris , dont il Ut nue compagnie 
nouvelle , fut arraclié à ses paisibles 
travaux par les troubles politiques ; 
électeur ileParisen 17S9, puischargé 
de l'apprcTÎsionnement de la capitale 
qui mit plus d'une fois sa vie en dan- 
ger, et membre de l'assemblée légis- 
lative , arrêté après le 5i mai , il par- 
Tint à s'évader, traversa les Pyrénées, 
gagna Madrid, s'embarqua pnurl'Inde, 
fut obligé de relâcher à Lisbonne , et 
après de nouveaux dangers , passa eu 
Afriqui! comme médecin de l'ambas 
sadeur des États-Unis auprès de l'em- 
pereur de Maroc. Rentré en France, 
il fut nommé consul à Mogadnr , sé- 
journa quelque teras aux Canaries, et 
revint pour remplir les fonctions d 
professeur de botanique à l'école de 
Montpellier; membre du corps législa- 
tif en 180.'^ , il mourut jeune encore , 
d'une apoplexie, le 37 juillet 1S07. 
On lui doit le preipier troupeau de 
mérinos venus d'K»pagnc et les cbù- 
Très d'Angora. 

BROEIS, d'une oncicnnc famille 
noble d'Useï, né ver» le milieu 
du dix-builième siècle , parvint au 
grade de coulrc ai:iiral . comrn.indn 



l'escadre qui portait l'armée cnvû\ 
en 1798 , à la conquête de l'Egyp 

oucûurut, cbemin faisant, à la jji 1 
de Malle, arriva sans accident dan- I t 
rade d'Aboukir, y fut attaqué par l'.i 
mirai Nelson, combattit avec un cou- 
rage digne d'vm lueilleur sort , et lut 
tué par un boulet de canon , le pre- 
mier août de la même année. 

ERDETS ( DiïiD-AcGcsiis ) , né à 
Aix en i64o, mort à Montpellier le 
25 novembre 1723. Ses ouvrages de 
controver>e sont totalement oublies. 
Tl n'en est pas ainsi de ses comédies ; 
le Grondeur ^eu\ suHiraitpour lui faire 
nue réputation distinguée. Sou Muet 
( imité de l'Eunuque de Térence ; est 
demeuré au tlieâtre. £nlin on lui doit 
encore la petite comédie de VAvoeat 
patelin , d'après ntie ancienne facétie 
française; mais en conservant la gaité 
franche de l'original , il l'a beaucoup 
embelli. Il est avéré que Palaprat , 
avec lequel il vécut long-temps dans 
la familiarité la plus intime, n'eut 
aucune part à ses bons ouvrages. On 
sait que Brueys disait avec cette naï- 
veté qui ne déplaît point dans un vrai 
talent : « Le premier acte du Grondeur 
est entièrement de moi , il est excel- 
lent ; le second acte a été gâté par 
quelcjnes scènes de farce de Palaprat, 
cet acte est médiocre; le troisième 
est presque entièrement de lui, il est 
détestable.! On doit regarder Bruejs 
comme un de ceux qui ont conservé 
parmi nous le goût de la véritable co- 
médie. M. Etienne a donné au Théâ- 
tre-Français un fort joli petit acte en 
vers, intitulé : hrueys et Palaprat, 

BRCMOY ( Piciiii'b ). jésuite . né à 
Rouen en iCiJS , mort à Paris le 16 
avril 174», Il a publié des poèmes, 
des tragédies et des comédies; mai«il 
serait à peu prés oublié sans son i\- 
cellenle traduction du Tliéàtri l^ 
Grcci. Il a rendu le» Grecs dans leur 
noble simplicité , et ( ce qui n'est pas 
un faible éloge) de manière à conser- 
ver l'intérêt qu'ils ont dans leur pro- 
pre langue. On ose croire du moins 
que ceux qui ne sont pas à portée du 
hrc Sophocle jugeraient par la seule 
traduction du père Rruuioy «]ue l'Ûb'- 
dlpcnW PtiitocliU «ont en ril'et d'ad- 
mirable» tragédies. Il auiaildù seule- 



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mml donner une prtrfcrcnre moins 
aveugle aux anciens pur hs modernes. 

BBUNCK (RllU»«r)Fl.l^<:oI..P|,r• 
lippz) , ancien commitiiHire ilet> Kuer- 
rr», membre an»orié de Tacadéiuie 
(les inbcriplions ri depuis de l'itislilul, 
né à Sirasbourg, le 3o dtcenihre 17J9, 
mort le 91 juin iSa3 , CKlobrebel- 
li'Oitte, rendit à la littérature grecque 
dit »er»ice.« signalés, publia divers 
poi/Ies grées, tels <|ue l'anlbologie, des 
picce.tdétachéesdulliéàtre des Grecs, 
le Sophocle complet, ton chef-d'œu- 
vre . l'Apollonius , l'ArisInpIiane, les 
poètes gnomîques , et mit au jour 
ane édition de Virgile , fort estimée 
pour la correction du tejte, le Piaule 
cieledilion de Deui-PouU, une su- 
perbe édition de Tirelire , in-4''. etc. 

BRUNE ( G.-M. A. ). maréchal de 
France, né à Brive»-1a Gaillarde en 
176J , ma.uacré à Arignnn le 1 août 
t8i5. Il obtint de brillans suceé.-' 
comme général en chef de l'armée 
d'Italie, et fui ambassadeur à Cons- 
tanlinoplc. 

ERCNEHADT, (llled'Atbanagilde. 
roi d'Espagne, épousa en SCS Sipebert, 
rr i d'Auslrasie , l'un de» quatre Ulsde 
i:i.itaire I. Détenue régente, elle fut 
accusL-e d'avoir empoisonne son fils, 
pour ne pas perdre l'autorité sauve- 
vaine. Elle se rendit ensuite lelleraent 
o'iieuse par ses galanteries , son ava- 
ri' e et sa cruauté , qu'elle fut con- 
damnée à être traînée à la queue d'un 
rliev.il indompté. Quelques écrivains 
ont essayé de la jusiitier. On lui doit 
Ij coTisIruclion de quelques chaussées 
ijin portent son nom dans la Bourgo- 
piio, la Flandre el la Picardie , "de 
diïi-rs bûpitauxelde plusieurs ouvra- 
pp5 publics. Le plus grand crime de 
l'irnnehautful d'avoir voulu gouverner 
^:iii^ l'assistance des grands de l'état ; 
ils .*'en vengèrent en la condamnant à 
une mort trop barbare , mime dans 
les mœurs de ce temps. 

BKCXO fSï.), fondateur de l'ordre 
des Chartreui , né à Cologne , vers 
l'an >o5o d'une famille noble et an- 
cienne , d'abord chanoine de Reims, 

"'^^ l'archevêché de ce diocèse, el 
• ;ira dans le désert alTreux appelé 
' 'r(r«u«« , qui donna depuis son 
^ a l'ordre célèbre qui y prit nai»- 



sanc? : appelé à Rome par Urbain H, 
doni il avait été le niaitre , il se dé- 
goûta du séjour de celte ville , alla en 
1094 fonder une- «econde (iliarireuse 
dans la solitude de la Torre en Cala- 
bre , gouverna celle nouvelle colonie 
avec la même sages»» qu'il avait gou- 
verné la première , el ninuruf entre let 
bras de ses disciples, le C ocl. 1 101. 

BRO.NsWIf.K ( JI»i[«iMin JtLES- 
LcoPOi.D, duc de), né à Wolfenbutlel 
le 10 octobre 1752. Il a laissé , après 
une carrière de peu de durée , une 
mémoire d'autant plus honorée que 
les vertus qui l'ont immortalisé, quoi- 
que simples et naturelles, sont plus 
rares chez les princes. Commandant 
un régiment en garnison à Francfort- 
sur l'Oder , îl employait ses jouroées 
à visiter les malades, les pauvres ^ti 
à leur faire donner des secours. Il 
montait aux clagei les plus élevés , 
entrait dans les réduits de la misère, 
el distribuai ides au m ônesabondaotei. 
Eni7S.^ uneinondation cau<a à Franc- 
fort d'aOreut désastres, deux hommes 
étaient près de périr; le duc Leopold 
s'élance dans une barque avec deux ra- 
meurs qui consentent à le suivre , et 
parvient jusqu'à ces infortunés; mais 
le retour fut impossible , iU luttèrent 
en vain contre l'impétuosité du fleuve» 
el le peuple eut la douleur de voir du 
rivage périr un prince qui seul, parmi 
tant (l'boni mes , avait exposé sa vie 
pour sauver deux malheureux. Ce trait 
de courage et do dévouement , beau 
en toute occasion, héroîquedela part 
d'ui» prince, a été en France et en 
Allemagne le sujet d'une fou le de mor- 
ceaux en pro.«e et en vers consacrés à 
honorerla mémoire de Léopuld., C'est 
le seul Brunswick dont no us parlerons. 

BKCNCLFE, oncle d'Aribert ou 
Charibert> et de Dagobert I , entre- 
prit l'an 628 de faire valoir les droili 
du premier contre les droits du second, 
qui , après la mort de Clotaîre II , 
voulut se faire reconnaître seul roi , 
a l'exrlusion de son frère. Les armes 
de Dagobert furent victorieuses, et 
Brunull'e vint avec Aribert au devant 
du monarque et lui fît hommage. Ce- 
pendant Aribert fut nommé roi d'A- 
quitaine , et régna dans Toulouse* 
Bruoulfe, pour nepoinlfaire ombrage 



BRU 



lot) 



BRY 



à Dagotiert , le euiiit eu Bourgogne , 
mais le roi le Ht arrêtera Saiiil-Jean 
de Lône , et il fui misa mort par (roiâ 
des prinripaux seigneurs de la cour. 

BKCNYER (Abel). médecin cclt 
bre , né le 22 décembre 1570 , mort 
le tj juillet i665. Henri IV lalt-icba 
à la pertoune de te» enTans , dont il 
fui singulièrement estimé et rhéri. 
Louis XIII deTenu roi s'empressa de 
de le récompenser par le bréfet de 
rooseiller d'eldl , elle cardinal de Ri- 
chelieu le plaça près de Gaston ,duc 
d'Orléans , en qualité de premier mè- 
decia , mal^ plus encore pour assis- 
ter ce prince de ses sages arls. Ce mi- 
nistre l'emploja égalementà plusieurs 
négociations importantes auprès des 
proieslansdu Languedoc, dont il ataii 
la confiance. Le poè'le Srarroo , dans 
son st.\le burle-que , a payé un tribut 
de louanges a Brunver. 

liRDï'QCET, ne en Provence , se 
donna d abord pour cliirurgien , et 
devint successeur de Trihoulel dans 
l'emploi de fou du roi, sous le» résnes 
de François I . de Henri II, de Fran 
çois II el de Cbarles IX. Il ne man- 
quait ni de finesse ni de jugement ; il 
avait de la gaité , de l'esprit et beau- 
coup d'originalité. Brantôme le cite 
plusieurs fnis avec éloge. 

BRUTIDICS NIGER , sénateur ro. 
main , disciple d'Apollodore : il élaii 
ami de Séj.m el lui survécut. L'an 
773 de Rome il se porta accusatcurde 
Bitauus, dénoncé comme ayant violé 
la majesté d'Auguste et méprisé colle 
de TiLcre. Il fut nommé édile. Sénè- 
que parle avec estime d'une histoire 
qu'il avait écrite . et qui n'esl point 
Tenue jusqu'à nous. Tacite lui npro 
cLe son ambition et son amour des ri- 
chesses, 

BRCTCS ( Lccics Jcxrrs), nis de 
Marcus Junius. Sa mère Tarquinia 
était sœur de Tarquin Ic-Superbc, sui- 
Tanl l'autorité de Tite-Live. Taïquln 
ayant (ail mourir le père el le fiire 
aîné de Brutus, celui ci alTecla la stu- 
pidité , abandonna ses birns au mo- 
narque, ne dédaigna pas même le sur- 
nom injurieux de Brulus, par lequel 
il était dés-lors coniui , et attendit en 
silence l'occasion de te venger. Après 
l'outrage fait à I.ucricc , épouse de 



CoUatin , par Sextus, troisième f.ls ùr~ 
Tarquin , il parvint à chasser les Tar 
quins et à élablir la république. Il Iji 
le premier consul avec rollaiinu: . 
vers l'an 609 avant J-C. Il condamna 
àmort ses deux fils ,qui avaient cons- 
piré pour le rétablissement des Tu 
quins, et assista à leur supplice. Viu- 
cet amor patria taudumque imTiiensa ru- 
pido a dit Virgile. Aruns. Ul» de Tar- 

'n , s'élant trouvé dans nne b^itaille 
en piésence de Brutus , animés d'une 
haine mutuelle , ils fondirent l'un sur 
l'autre ; chacun pensant moins à se 
défenfîre qu'à tuer son ennemi , ils se 
percèrent au même instant , l'an 2^5 
de Rome, et 607 avant J.-C. Brutus 
'Marcus-Junius) , conspira contre ("é- 
>ar, son bienfaiteur, qui fut a.ssassiué 
en plein sénat. Poursuivi par il.irc- 
Antoine el Octave , il fut obligé de 
sortir de Rome, et défait à la bataille 
de Philippe, l'an ^3 avant J.-C. , il se 
tua de désespoir. Ces deux Brutus ont 
fourni à Voltaire le sujet de ses deux 
tragédies de hriititf et de la iîort de 
César. Il y a eu deux autres Brutus: 
Junius , père de Marcus , habile ju- 
risconsulte, et Décius Junius Albiinis, 
qui fut aussi l'un des meurtriers de 
César , et assassiné après avoir été 
abandonné de ses troupes. 

BKTAXIS , sculpteur grec , floris- 
sail 38o ans avant J.-C. Il eut la gloire 
d'attacher son nom à l'une des sept 
merveilles du monde. Artémise, reine 
de Carie , le choisit avec Scopas, Ti- 
motheeet Léocare , pour élever dan* 
la ville d'Ilalicarnasse un monumenl 
digne de sa douleur et de sa magnifi- 
i-ence à la mémoire de Mausole , son 
mari , dont les cen-lres furent dépo- 
sées dans ce superbe tombeau. Br.axis . 
exécuta encore plusieurs ouvrages re- 
marquables, entre autres cinq staluei 
colossales dans l'île de Rhodes , el un 
Apollon qui fut placé dans la suite i 
Dapbné, près d'Antioche. Clément 
d'Alexandrie assure qu'on attribuait 
souvent à Phidias les ouvrages de 
Bryaxis. 

iiRYENN'E ; NrcÉpHo»» ) , naquit à 
Ori'Stias en Macédoine. Ilépousa Anne 
Coinnène , si célèbre par ses écrits et 
fille d'Alexis Comnène. Il fui honora 
du tilie cl du rang de César. Il a Iaisc« 



BLC i 

ie9 rnimr.irfs iur lf« empereurs qui 
oui pricédé soii bcaiipère. Enioyé 
en 1 137 pour faire lerer le siège d'An- 
lioclie,il}' lomlia lual.ldo el reiiiil 
mourir à Conuluntinnplc. 

BRUÏÈUE ( Louis ) . officier de la 
It'pond'boniicur , inspeclrurgéniral 
des poni» el cliaussres, ancien direc- 
leur-géniral de» travaux publics de 
Pari» , né à Lyon , en 1758, d'une fa- 
mille honorable . mon dans la capi- 
tale le 3l dcceoibre i85), aprùs avoir 
rempli avec bonneur le» fonctions 
d'ingénieur el de secrélaire du con- 
eeil général des ponlh el cliaussées, 
fui , en janvier i8ji , nommé direc- 
lcur-gén< rai de» trataui de Paris; pen- 
dant nrufannecs que dura sunadmi- 
uislralinn, il exécuta dans la capitale 
pour soixante millions de travaux, 
parmi lesquels on cite les abattoirs, 
le» nouveaux marchés, l'enHepôt gé- 
néral des vins, le collège d'Uarcourt et 
la bourse. M. I!ru\érea laissé nn 
^rand ouvrage '.études relatives à l'art 
des constructions, qui renferme de» 
modèles d èdilice» de toutes espèces, 
des détails pleins d'intérêt sur les dif- 
férens genres de constructions* 

BUACUE ( Jeix-Nicoi.»» ) , géogra- 
phe , né vers lyio , à la Neuville au- 
î'onl , prés Ste-Ménebuuld, i" géo- 
grapbc du Uoi , membre de l'aeadé- 
luie des sciences, et plus tard de Tins- 
lilul , professeur de la gcograpbie à la 
première école normale , fut nommé 
conservateur bjdiographe en chef du 
dépôt de la marine , place qu'il oc- 
cupa jusqu'à sa mort en 1S25. Il est 
auteur de quelques ouvrages de géo- 
graphie. 

liL't;nAN ( GciLLArJiB ) , médecin 
écossais, né en 1759, mort à Lon- 
dres en i8o5. Il s'esl rendu célèbre 
par im ouvrage en anglais intitulé : 
ilcdecine domestique , dont il y eut 
dix-huit éditions , el qui a été traduit 
dans la plupart des langues de l'Eu- 
rope. Puplanil en a donné une tra- 
duction française avec des notes très 
étendues el fort intéressantes , en 
S vol. in-8,donl il y a eu cinq éditions. 

BnCHANAN ( GtOHCH ; , poète 
el bislarien rélibre , Ecossais, né 
en iSofi, mori le j8 septembre 
1S81. 1' fut professeur au collège de 



>7 BUC 

Sainte-Barbe à Paris , pondant trois 
ans. Son histoire d'Eco.Hcr ne passe 
pas pour très Gdèle ; on lui reproche 
surtout de s'être derhainé contre Ma- 
rie Smart , sa bieiifiilrice , pour faire 
a cour à la reine Elisabeth. Il passe 
pour le premier des poètes latins mo - 
dernes; l'éditinii la plus estimée de se» 
poésies est celle de Lejde , Eliivir, 
iGs8, in.i6. Il écrivait en pro«e avec 
la même élégance , et n'a rien écrit 
qu'en latin, 

BUC'ilOZ ( Picaai Joseph J , né i 
Meli le «7 janvier 1731 , mort à Paris 
le îo janvier 1807, méderin el natura- 
liste. On peut le mettre au nombre 
des pins laborieux compilateurs ; il a 
publié plus de trois cents volumes 
dont quatre-vingt-quinze in-fnlio , les 
autre» in 8 et inia , parmi lesqurls 
on peut citer VHistoire des plantes de 
la Lorraine , une Bistoire naturelle de 
la France , et une itistoire universelle 
durèpie végétal; le reste esté peu 
près oublié. 

liCC.KELDinS . inventa vers iliC 
la manière de saler les harengs et do 
les eneaquer. En rc-onoaissance de 
cette utile et précieuse invention les 
Hollandais lui élevèrent un monu- 
ment. Il le méritait. 

BCCKINDK ( An>ou> ) , le premier 
artiste qui oit gravé et imprimé des 
cartesgéograpliiqiifs snrcuivre, por:a 
cet art dès son origine à un très haut 
degré de perfection. Son édition de 
Plolomee avec cartes, parut à Piomc 
en 1^78 , in-folio. 

BUCKINGllAir / Geobcb VIL - 
LIERS, duc de), irop célèbre par 
la laveur dont le comblèrent Jacques 
I et Charles I, el par le funeste et pcr- 
fide usage qu'il en fit. Il naquit le 20 
août 1692 , el fut assassine par Tel- 
ton , le j5 août i6s8. Son fils , né le 
5o janiier 1627, mort le iG avril 
168S, fut envoyé en ambassade tn 
1670 auprès de Louis XIV, qui en 
flattant sa vanité en obtint tout ce 
qu'il désirait. Il publia quelques ou- 
vrages qui oui été réunis eiideuv vo- 
lumes in-S. 

lîLCQDOT ( Jtis-Ai.crsT cAIi- 
CDiSIBAUD, comte de ), p'iis counu 
sous le nom d'abbé du Bucquoj , 
parvint à s'échapper de la Bu^ills le 



BUF 



i3S 



BUL 



imai 1719. Les détails iraimenl cu- 
rieux de soD érasioD se lioutent dans 
les Lettrée historiques et galantct de 
ilad, Vunojer , lomc S. 

BDDÉ ( Gt'iLi.srMB ), ne à Paris en 
1467 , mort daus la même ville le aô 
août 1540. n était cooteniporain et 
ami d'Erasme, on les a comparés en- 
■^embIe;Budé était plu» gra?e et plus 
profond. On a recueilli ses ouvrages 
cil quatre volumes in-folio. 

BOFFlEPi (CLjrnii), jésuite, né>n 
Pologne d'une famille fraiirai.*ie , le 
35 mai 1661 , nicrt à Paris le 17 mai 
J757. Parmi tous ses ouvrages , celui 
qui a eu le plus de succès c'est sa Pra- 
tique de la viémoire artificielle pour ap- 
prendre et retenir tu chronologie , rhis- 
loirc et ta géographie. 

E ITT F ON ( Geoece - Locis Le 
CLEBC , comte de ) , de l'académie 
française et de celles des srieiices, né 
à Montbarl en Bourgogne le 7 sep- 
tembre 1707, mon à Palis le 16 avril 
1788 ; l'un des hommes dont la répu- 
tation a augmente la gloire de la 
France après le beau siècle de Louis 
XIV. Son Histoire naturelle est i»a 
monument d'éloquence et dj génie 
qui nous est envié par tonte l'Europe; 
partout il a été égal à son sujet. Son 
style a paru trop poétique à quelques 
esprits chagrins et iulous; mais à qui 
couvenait-il de peindre, sinon à l'his- 
torien des mer\eille.ss de la nature? 
et le moyen de peindre en maître 
.<ans dérober quelquefois le feu .«acre 
de la poé.-ie I Si Bulfon paraît avoir 
payé quelque tribut auj faiblesses de 
l'humanité, c'est en se Huant à l'es- 
prit de système ; à l'exemple de Des- 
caries , il a loulu donner une cosmo- 
gonie non moins ingénie use peut-être, 
mais non moins chimérique que celle 
de ce philosophe. Il laissa un (ils uni- 
<iue , major en second du régiment 
d'Angoumois , qui a péri en S7SÔ à 
l'âge de ?o an», victime du tribunal 
révolutionnaire. Avant sa condamna* 
tion on lui demanda pour la forme 
s'il n'avait rien à dire pour sa défense : 
« Rien , répondit-il , sinon que je me 
nomme Bulfon. • Ce nom seul eût dû 
sullirc pour arracher à la mort , si à 
Cl tte époque un nom illustre n'eût pa.s 
clé un titre de coudamuatiou. 



BCHLE ( jEiN-Tu£0?niLE GOX 
TLIEB 1, philologue allemand , n. à 
Brunswick le 27 septembre 17ti5, 
mort dans la même ville le 10 août 
iSai. La littérature classique lui doit 
u« grand nombre d'ouvrages impor 
tans , et son Histoire de la philosophie 
traduite en français, l'a fait connaître ' 
très-avantageusement chez nous. 

BDLARQUE , peintre grec , repré- 
senta dans un de ses tableaux une 
bataille où les Magnétas avaient été 
vaincus , tableau qu'au rapport de 
Pline, Candaulc, roi de Lydie, acheta 
au poid.N d« l'or. 

EOLLANT (isis) , architecte et 
sculpteur, florissait en i5Ao, et vivait | 
encore en 157.Î. Le château d'Ecouen, 
qui a fondé sa réputation , est un des 

onumens dont la France peut s'ho- 
norer à )uste titre. C'est le connéta- 
ble Anne de Montmorency qui fit èle- 
cet édiGce. En j66i ,'Bullant fut 
chargé par Catherine de "Médicis de 
bâtir ie château des Tuileries , con- 
jointement avec riiillberl de Lorme. 
colonne astronomique etigagée 
dans les murs dé la halle au blé lui 
ppartient aussi. 

BULLET (Pierbb) , architecte, né 

vers le milieu du dix-septième siècle, 

lève de François Blondel , conduisit 

d'après fies plans la construction de 

plusieurs édifices à Paris, et entre au- 

s celle de la porte Saint Denis. Il fut 
hitecte de la ville et membre de 
l'académie d'architecture. Il lit élever 
en 1674 ta porte Saint-ilartin ; on lui 
loit encore rEglite de Saint-Thomas 
d'Aquin, faubourg Saint-Germain. Ce 
fut lui qui construisit le quai Pelle- 
, Son Traita d'architecture prati- 
que a été souvent réimprimé. 

BCLLI ARD ( Pierre ) , né à Aube- 
pierre vers 174», mort à Paris ta 
septembre 1793. Il a publié plusieur* 
ouvraget sur la botanique qu'il culti- 
vait. On lui doit Flora parisientii , 
in-8 ; Herbier de la France, 5 volume» 
iii -folio; Dictionnaire élémentaire de 
botanique ; Histoire des plantes véné- 
neuses de la France; Histoire des cham- 
pignons, in-folio. 

BLLLION ( Curop. de ) , surinlen- 
danl des rinaiiix-s et minitlre d'état 
sous Louis XIII. (le fut »oii5 sa surin- 



BUR 



1.J9 



BUR 



Icodani-c que le» premiers louis fu. 
reiil frappés en i64o. Il mourut d'.i- 
popleiie le a décembre de cetif 
aiiuée. Ses conseils furent souTent 
utiles ou roi et au cardinal de Riche- 
lieu. 

BDONAROTTI ( MirnET-Axci; ) , 
ncTeu du gr.iud Michel Ange , et que 
l'on appelle ordinairement te jeune , 
pour le distinguer de fon oncle ; né à 
Florence en 1668, mort le 1 1 janvier 
164c. Les deux outrages qui lui don- 
nent un ran'g dans la iiltéralure ita- 
lienne kont deux comédies intitulées, 
l'une la Tanela , et l'autre la Fiera. 
Cette dernière est divisée en 
journées , et chaque journée en cinq 
actes , ou plutût ce sont cinq com 
dies de suite sur le même sujet. Le 
la'ipa^e en est c\trëmemeut pur, dit 
M. Ginguené. 

BDPALUS, architecte et statuaire 
de l'île de Oliio , florissail l'an i 
aTant J.-C. Il esécula ponrla rille de 
Smyrnc une statue de la Fortune 
imagina le premier de la représenter 
portant uu emblème du pôle. 

RCRGliR ( GorEFBOT - ArcrsrE ) , 
poète allemand, né le i janvier 1743, 
mort le S juin 1794. Célèbre dan 
toute l'Allemagne par une ballnde 
intitulée Léonorc ^ et par un dilliy- 
rambe ou hymne nuptial ayant pour 
titre r«n(i<juc des caniiijues. 

BCIUDAN ( JcAx) , né à Béihune, 
mort vers i35S. Il fut plusieurs fois 
recteur de l'université de Paris, qui 
le compte parmi ses bienfaiteurs. Il 
est moins célèbre par ses Commentai- 
res mr Aristotc que par son sophisme 
de l'âne : Il supposait un de ces ani- 
manx également pressé de la faim et 
de la soir , entre une mesure d'avoine 
et un seau d'eau faisant nue égale 
impression sur ses organes, et de- 
mandait : Que fera cet âne? Si on lui 
répondait : il demeurera immobile. 
Donc, concluait-il, il mourra de l'jim 
et de soif. Si un autre répliquait : Cel 
âne ne sera pas asseï Lète pour se 
laisser ntourir. — Donc, coticluait-il, 
ij se tournera d'un côté plutôt que de 
l'autre , donc il a le franc arbitre. 
Ce sophisnu- embarrassa les dialecti- 
ciens de son temps, et son âne est 
derenu fameux daus les écoles. 



BDRIGXY (lïAs LtvESQci! de) . de 
l'Académie des Inscriptions , ne à 
liliciins en i6<ji, mort à Paris, le 8 
octobre 17Ô5. Doyen de la littérature 
française, savant, modeste, e.trmpt 
d'envie sans intrigue, chercha et trou- 
Ta le bonheur dans le Iraiaii. Le plus 
estimé de ses ouvrages est la Fie d'/i- 
rasnit, 1767, a volumes in-ij , pleine 
de recherches intéressantes sur les 
écrits de ce grand homme, et sur la 
part qu'il eut à ia renaissauce des 
lettres en Europe. 

BCRKE ( £dhox ) . né à Dublin le 

I janvier 17.Ï0, mort le 8 juillet 1797. 

II est particulièrement connu par dif- 
férens ouvrages contre la révolution 
française , et par un Estai sur le tubli- 
m« et le tenu, qui a élè traduit en 
français, 1 volume in-8. 

BURXS ( Robert ) , poète écossais, 
né en 1769 , (ils d'un culiival4-ur du 
comté d'Ayr en Ecosse . dut à quel- 
ques lectures, et entr'autres à celle 
des poêles anglais la révélation de son 
génie poétique qui se Cl connaître 
par des chants populaires dans le 
dialecte écossais , pleins d'originalité 
et même de bizarreries, mais remar- 
quables par la chaleur de l'imagina- 
tion. Après divers essais infructueux 
pour arriver à une meilleure fortune, 
les habitudes de mauvaises compa- 
gnies qu'il avait conlraclées , et que 
n'avait pu détruire son admission 
dans les sociétés les plus brillantes 
d'Edimbourg, ruinèrent son lempé- 
rament et causèrent ta fin prématu- 
rée , le ai juillet J796. Il a paru en 

Soo , en 4 volumes in-S° , une édi- 
tion complète de ses œuvres, qui sont 

l»-estimées en Angleterre. 

BURRHUS ( ArBAxirs ) , comman- 
dant des gardes prétoriennes et gou- 
verneur de Néron , qu'il retint d'a- 
bord par la sévérité de ses mœurs. 
(Voyez le portrait admirable qu'en 
fait Racine, dans sa tragédie de Brilan- 
nicus]. Il ne fut pas toujours aussi 
sévère et parlagca les dépouilles de 
Britanuicus. Il mourut l'an 6» de 
J.-C. , ne sachant pas lui même s'il 
succombait à la maladie ou au poison. 
L'n autre Burrhus (Antislius), beau- 
père de l'empereur Commode , fut 
mis à mort par ce prince vers l'an 



BUS 



i4o 



BYN 



]?.û , a la soMicitalioD de Cléandrc , 
dunt il aToit dénoncé les coucus>ion$. 

BOUT (GcitLACME), ut à Bruxelles 
ca décembre i6iS, mort à Matines le 
5o avril 1700. H a conjposè un grand 
nombre de petites poésies latines , 
^armi lesquellfs oq dislingue des épi- 
{jramraes badines qu'il composait 
pour se distraire des douleurs de la 
goutte. Cn autre de Bary , avocat de 
l'aris , virant à la lin du divhuilième 
siècle, a laissé plusieurs ouvrages bis 
toriques assez ntédiocres de style, 
Aoal:Elûs;c de Sully, in-12; Uittoire de 
la vie de Btnri IV, de Louis ZIII, etc. 

BUS (Ci;sAR de), instituteur de la 
congrégation de la doctrine cbrctien- 
11e, né le 5 février i544 , à Cavaillon , 
après avoir porté les armes et mené 
une jeunesse tiès-ilissipée. embrassa à 
5o ans, l'état ecclésiastique, se consa- 
cra à l'instruction desenfansdu peuple 
et à la réforme du clergé ; secondé par 
douze de sescoo|)érrileurs, il établit en 
l59i,daas la petite ville de l'isle, puis 
ù Avignon, sa congrégation , laquelle, 
après avoir soull'ert beaucoup de con- 
Iradiclions, fut enliu approuvée par 
Clément VIII rn 1 597 ; il la gouverna 
avec sagesse , malgré la cécité qui le 
frappa dans les treize dernières années 
de sa vie, et mourut le i5 avril 1G07. 

BOSA, dame de l'Apulie, citée par 
Titc-Live cl par Rollin. Elle est cé- 
lèbre par la générosité dont elle usa 
envers diT mille Romains qui après la 
bataille de ("aunes s'étaient réfugiés 
dans la ville de Canusium ; elle les 
nourrit et leur fournil des babils et 
de l'argent, I.e sénat romain lui té- 
moigna sa reconnaissance par des 
lionneurs extraordinaires. 

llL'Scai.NG /AsToisE Frédéric), 
né le J7 septembre 1724, mort à Brr- 
lin le ïS mai 1795; un des créateur» 
de la géograpliie et de la statistique 
modernes. Il est surtout connu |>arl 
Aa géogra[>bic universelle eu douze 
Toi. in-S. 

BUSST P'ASIBOISE ( Locis DE 
r.I.ERMONT nr ), signala sa fureur 
dans le massacre de In Salnl-Baribé 
lemi. II prolila du tumulte de celle 
iournée pour assassiner «on parent 
Antoine de Clcrmoni , avec Ictiuel il 
était en procci pour le mnrquitat d 



Rencl. Il fut tué lui-même par li 
comte de Uontsoreau, dont il roulait 
éduire la femme. On trouve son 
loge dans Brantôme, 
BDSSY LECLERC (Jbjn). un des 
chefs de la faction des seize pendant 
la ligne. Voltaire le fait parler dans le 
'nquiéme chant de sa Henriade. Le 
duc de Guise donna à Bussy le com- 
mandement de la Bastille. L'année 
691 le duc de Mayenne délivra Paris 
de la faction des seize. Plusieurs d'en- 
furent pendus, Bussy rendit 
la Bastille à condition qu'on lui con- 
serverait la vie, et se rendit à Bruxel- 
les, où il reprit son premier métier 
Ire en fait d'armes. Il vécut 
encore plus de quaratite aus, et moti- 
ut dans une profonde misère. 

BCSSY-RABuTIN ( RocerdbRA- 
BCTI.V , comte de Bussy, connu sous 
le nom de ) , né le 5 avril 16 iS. mort 
à Autun le 9 avril 1C93. Il se Ht beau- 
coup d'ennemis à l'armée et à la cour 
par son caractère eau-tique. Ayant 
faituu coupletcontrc Turcnne, celui- 
ci écrivit au roi que 31. de Bussy était 
pour les chansons le meilleur ollicier 
|u'il eût dans ses troupes. Il fut mia 
plusieurs fuis à la Bastille et envoyé eu 
xil , où il resta seize ans ; ce fut le 
fruit qu'il retira de son IHitûire amou- 
reuse desGaules. Ses lettres ont été le- 
cueitlies par le P. Bouhours, souaiui, 
en 7 volumes in-i a. Ses suypliques à 
Louis XIV sont humiliantes pour sou 
caractère; il unissait la bassesse à la 
vasilé. On adeluidts mémoires en 3 
vol. Il était le cousin de madame de 
Séïigné. Son tils , évêqne de Luçon , 
hérita de sou esprit sans hériter de ses 
défauts et de ses ridicules. lia été cé- 
lébré par Voltaire et Gressel. 11 fut de 
l'académie française comme suu père, 
et mourut le 3 novembre 1-56 , âgé de 
67 ans. 

BUTLER ( SAMiti.) , poète anglais, 
lié en iCii , uiori en iCSo. Il est au- 
teur du fameux pocme d'JIuiiitirns , 
dont ou vient de donner récemment 
traduction française. Ce poème 
plein d'esprit, d'originalité, de 
traits vraiment comiques. Il a pour 
les Anglais un autre mérite , c'est d'è. 
Ire lout-à-fail national. 
BYNG ( loui ) , amiral ingUis , fils 



CAB 



"1i 



CAn 



d'un nutre amiral. N'eJ-nnl pas rùussi 
dans lile Minoique , où il avait iilù 
cnvoyi- pour secourir li' l'orl SaintPlii- 
lippe, assirgo parle» Français, il fui 
disgracié; on lui (il ton procc» cl il 
fui arqueliusé le i4 niar." 1757. Il alla 
à la luorl aïi'O calnii; , et aianl dp .«u- 
liir sou jugenicn( il remit à l'ollicier 
de l'aaliiaulc un ccrit dans Icqu'jl il 
déclare qu'il cprouve dan» l'inluricnr 
de sa conscii'uce la sati>raclion de n'ê- 
tre arquilté de son devoir arec lidé- 
li|é , et se qualilic de ticlime destinée 
à détourner le ressenlinienl d'une na 
tiou justemenl indignée. Voltaire 
Toulut agir pour le sauver, uiuis ee 
fut inutilement. 

BYRON" ir.KOBCEs CORDON, lord), 
petil'lils du célèbre amiral Byron , nr 
le 23 janvier 178S ,imort à Mi^Solonf!lli 
en Grèce , le 1 9 avril i8a4. Sa famill*: 
était originaire de Normandie , el par 
sa mère il detiendail de la famille des 
Stuarl. Il délula dans la carrière lit- 
téraire par un choix de poésies fuj;ili- 
ves, qu'il publia nous le lilre de Loisirs 
d'un Tîu'nt'ur. Sa jeunesse fut orageuse 
et dissipée , il ne fui poêle que par 
occasion ; mais dèpoûté de bonne 
heure des plaisirs du monde , il voya- 
gea pour «c distraire , parcourut l'Es- 
pagne , le Portugal et la Grèce s les 
deux premiers chanls de son Cliitde 
HaroMsoiitleréitultatdeceeo^'a^t poc- 



liqui). Le Giaour,la Fiancée itik^dos , 
U Cûi-saire , prouvent combien sa 
rervc était susceptible de s'exalter par 
!,• souvenir de la pairie d'Ilminreel 
d'Aristide, /.n/lfl/., Possina, U Siégr. de 
Coriiillie , le Manfred el lifppo , attes- 
tent la farilitc el la sniiplesse de son 
lalenl. Si» trsfiédies sont le» moins 
heureuses de ses productions, qui uni 
toute» été traduite» en franc-ai» ; le li- 
braire Ladtoeat en a publié plusiKur> 
éditions; espérons qua set mémoiret eu 
ferotil bienlùt partie , et qu'il." ne soni 
^-as btûlés , coninic on l'a prélendti 
dans quelques journaux; on les dit 
une histoire franche de sa vie. lijrnn 
est mort en défendant la cause des 
(trecs.de ses ver» , de sa fortune el 
de son épée : il méritait de ïoir le 
succès de ses eiTorI» , et d'être lui- 
même rilomèt^ de la grande épopée 
dans laquelle iljouail un rôle glorieux. 
La couronne dr laurier n'ornera que 
son tombeau. 

BYZiS. chef des Mégarèens qui 
fondèrent Bysancc, maintenant Cous- 
tanlinople, l'an 658 avant ).-(). Dio- 
dore prétend qu'il était contemporain 
dis Argonautes. Quelques an<iens , 
disent qu'il fut le plus juste de tous 
les hommes; il y a obscurité, inrerli- 
ludc et roniradicliun daus les auteurs 
sur son expédition et sur son règne. 



CAATH , fil» de Lèvi et ateul de 
Moïse. U fut cbarfîé , avec ses deiix 
frères Gerson et ilérari, de l'entre- 
tien de l'arche et des vases sacrés du 
tabernacle. 

CABANIS (PlEUBB jElN-GnOBCB ), 

médecin , philosophe et littérateur 
distingué, néà Couac eu 1767 , mort 
le 6 mai iSoS. Il a publié quelques 
ouvrages purement littéraires, tels 
que TJêlanges de littéraiure allemande^ 
une traduction en vers de Vltiade^ ; 
il en a donné un plus grand nombre 
sur la médecine ; mais son grand ou- 
vrage et le fondement le plus solide de 
sa gloire, est celui dans lequel il ex- 



pose Us rapports du physique et du mo- 
ral de l'homme. Il fut membre de lins- 
lilut et du SI ii.Tl , l'ami de Boucher , 
de Condillac , de Thomas , deTurgot, 
de d'Alembert , el surtout de îliri- 
beau , dont 11 reçut les derniers sou- 
pirs; Cabanis a publié le journal de la 
maladie et de la mort de ce grand ora- 
teur. Cabanisa réuni au plus haul'le- 
gré les qualités éminentes de l'esprit , 
les vertus de l'àme, la noblesse du ca- 
ractère et l'exquise bonlé du coeur. 
Celte dernière qualité , qui présidait à 
loutesse» actions, respire aussi dans 
Ion» ses ouvrages. Il n'y en a aucun 
qui ne paraisse dicté par un ardent 



CAD 



142 



CAF 



amour «le» hommes el par If désir de 
les rendre meilleurs et plus lieureur. 
CABHAL (PrEFKE-ALTir.Fz) , nati- 
fialeur portugais , diî>tinpué par sa 
naissance et ses talens militaires, fut 
mis par Emniaiuiel à la lêle de la se- 
conde Motte que ce prince envoyait 
aux Indes, Un lieureux basard le con- 
duisit à la décniiTerte qui a fait sa re- 
nommée : pour éviter les calmes de la 
.•Ole d'Afrique , il prit à l'ouest et se 
trouva le 24 avril 1800, à U vue 
d'ime terre inconnue ; c'était le Bré- 
sil. Ensuite il prit la route de» Indes , 
et après une tempête qui lui coûta la 
moitié de ses vaisseaux , parcourut en 
conquérant les rivages de l'Jnde.y eta- 
lilii les premiers comptoirs du Portu 
ftal , reprit la route d'Europe , et 
mouilla dans le Xa^e, le 33 juin iSoi. 

CACUIN (j0Si;PH-S[iRIE-h»AXÇ01S) 

inspecteur-général de.- pouls et-cbaus- 
fées , né le > uclobre IVÙ7, à Castres, 
iléparlement du Tarn, mort à Paris, 
le iS février i5j5, dirigea pendant 
Tinpl ans les travaux de la digue de 
Cherbourg, et s'est rendu célèbre par 
l'acbêvemeiït de ce port, ouvert à l'O- 
céan . depuis le mois d'août )8i3. 

CADET DE VAUX ( Antoine 
Alexis ) , agronome , membre de la 
société royale d'agriculture , de l'aca- 
démie royale de médecine et corres- 
pondant d'un grand nombre de socié- 
tés savantes , né à Paris en 174Ô, mort 
en juin 1S3S , à Franconviile ', prés de 
Montmorency . d'abord pharmacien ' 
Paris, quitta cette occupation , pour 
n'adonner tout entier à l'économie ru 
raie. On lui doit d'utiles amélioraiiot^s 
dans la police d» la salubrité publi- 
que , la suppression du cimetière des 
Innncens, l'iiislitulion d'une école de 
boulangerie de concert avec Parmen 
tler , el le projet des comices agrico- 
les. Ses nombreux outrage» ont poui 
obj'-t la cbimie, l'agriculture, et l'é- 
eonoinic. 

CADMCS DE MILET, fils de Pan 
dion , passe pour être le premier des 
tîrecs qui ait écrit en prose ; mais , 
selon Strnbon , la prose de Cadmus 
el celle de Pbérceyde , son contem- 
porain , élaienl encore une imitalioii 
de langage poétique , el ils ne firent 
que rompre la niesure des ytn. Ce» 



deux écrivains flnrissaient son» le rè- 
gne d'IIalyatles , père de Crésus, xers 
la quarante-cinquième olympiade. Cn 
autre rarfmus, fils de Scylliès , après 
avoir succédé à son pire dans le gou- 
vernemeol de i'îîe de Cos , abdiqua 
volontairement el se retira en Sicile. 
Il y fonda avec quelques Samiens la 
ville de Zancle , appelée aujourd'hui 
Messine. Il est cité par Ilérodote au 
sujet de la guerre de Xercès contre 
les Grecs. 

CAECILIUS , poêle comique la- 
tin . dut à sa condition d'esclave le 
surnom de Stalius , qu'il ronserra et 
illustra dans la suite par son caractère 
et ses taiens. Il naquit à Milan , et fut 
le cuiiteniporain el l'intime ami d'En- 
oius. On cite de lui quarante comé- 
dies, dont il ne nous reste que quel- 
ques fragaiens. Horace , Varron , 
Quinlilien , Oicéron et Aulu-GeSIe, 
parlent de lui, relativement à l'art 
du théâtre. Il fut le protecteur du 
jeune Térence. Lorsque Caeciliuseut 
acquis quelque réputation par son 
talent, il fut alTranclii , et ces! ua 
rapport qu'il a de plus avec plusieurs 
poê'Iesde l'antiquité. 

CAESICS BASSUS, poète et gram- 
mairien latin , avait beaucoup de ta- 
lent pour la poésie lyrique. Quinti- 
lien lui donne le premier rang après 
Horace ; Pline en fait aussi un grand 
éloge : Perse lui adressa sa sixième 
satire. Bassus fut englouti avec sa mai- 
son de campagne dan» l'éruption de 
Vésuve de l'an 79 de J.-C. Il ne nous 
reste de Inique des fragmens. 

CAFFIEUI ( Philippe ) , sculpteur, 
né a Rome en 1634 , mort en J716. 
Ce fut le cardinal Mazarin qui le fit 
venir à Paris; Colbert lui donna un 
logement aux Gobelins , el l'employa 
dans divers travaux pour les niai.sons 
ruvales. Il eut quatre fils qui furent 
tous sculpteur» ; l'un d'eux , Jacques, 
mort à Paris en 1755 , a laissé plu- 
sieurs bustes en brome , parmi les- 
quels ou remarqua celui du baron de 
liezenval. Cafpcri ( Jean-Jacques ) , fils 
de ce dernier, ne en I7a3 et mort le 
3 I juin 1793 . fui élève de I.emoine , 
et l'emporta sur tous ceux de sa fa- 
mille par le goût , l'eiprestion et la 
f *rilé. On dislingue parmi se» ouvra- 



G AU 



140 



CAI 



go, qui (ont eu asMZ grau J nombre ; 
les bn^lra <lc Cortipilk et de Piroii, 

3ui soiil ;iu foyer du Théâtre Français 
e (^uioaull . Je I.ulli i-l île Rameau , 
qui ornent celui rfe l'Opéra ; lu busle 
J llelvétius, et surtout la ttalue de 
Jlolière , qu'il lit par ordre du roi , 
et qui fut rxpo»ee au S..I011 de 1787. 
U.in» cette lijure Molière semble 
épier le ridicule elles folies humai- 
nes , et se proposer de les retracer 
sur la scène arec celle foice , cet es- 
prit et cette vérilé qui n'apparlieiiuenl 
qu'à lui. 

CAGLIOSTRO ( le conile Aleux- 
DRB de J , célèbre aventurier . né à 
Pairrme le 8 juin 1743 de partii^d'une 
médiocre exlracliuit , «I dont le vrai 
nom était Joseph Balsamo. Il se lil 
principalement connailre eu Fiance 
par la fameuse allaire du culiier; il 
fut eiilé et «ojagea quelques années , 
faisant toujours de nouvelles dupe^, 
Arrêté à Rome le 27 décembre 1 78C , 
et transféré au château Saiiil-An;;e , 
ou lui lil son procès : i I fut condamné 
le /avril 1791 » comme /jrdfi^uaril la 
franc-ma(;onnerii, à la peine de mort, 
qui fut commuée en une prison per- 
péluelle. Ou dit qu'il mourut au ehà 
teau de Saiiil-Leun en 1793. U se 
donnait pour grand alchimiste ; en 
résumant toutes les opinions publiée.* 
sur lui . c'était UD adroit charlatan. 

CAHIER (M.), officier de la légion 
d'bonneur, élevé au collège de Lnuis- 
le-Grand , où il tilde bonnes éludes, 
embrassa la carrière du barreau , 
puis celle du ministère public, snbs- 
litutdès i4oa , près le tribun il d'ap 
pel de la Seine , en i8i5 , avocat gé' 
néral à la cour de cassation , il contp 
tait plus de 3o années dans la maj^islr.i 
ture , lorsqu'il obiinl sa retraite ai 
commencemenl de iS32. Il est muri 
du choléra le li avril de la même an- 
née, laissant la réputation d'un ma 
trat intégre , éclairé , laborieux , 
regretté de ses ami» pour la bonté de 
>ou cœur et la douceur de sou carac 
tire. 

<;AHnSAC ( Loris de ) . né à Mon 
lauban , mort à Paris eu ii5o. 11 esi 
auteur de deut tragédies , Plûiratnond 
el le comte dt IVanvick. Presque tous 
se» opérai ont été mis eu musique par 



Rameau , ri ne méritaient guère cet 
honneur. 1 1 n'était pas cepcihlanl MUS 

telligeure dans la di.<irihnliun de 

s plans , et savait amener avec art 
des fêles ingénieuses. Le roman de 
Grigri est de lui. Il a fourni plusieurs 
articles a lEnrychpidi» ; mais* l'un 

rage qui lui a fait le plus de répula- 
lion est son Traité historique de ta 
danse , en 3 volumes , dans lequel on 
trouve des recherches curieu.»es. Il est 

pendant 1res loin des vue» pleines 
d esprit cl de talent que }|. Noverre a 
léveloppécs dans ses lettres sur le 
même art. 

(FAILLE ( Nicoi.is-Locis ot Lt I 
né à Kumigny , près de Bosn; en 
Thierache , moil lest mars 1763, 
célèbre aslroiiume, maître delà Lande 
et de Dailir , l'ut associé à la vèrilica- 
liun de la méridienne, qu'il teriuinj 
en quelques mois ; nommé en son 
absence a la chaire de mathématiques 
du collège Blaiariu , il jusiilia ce choix 
par les ler^on» élémentaires de niallie- 
nialiques.de mécaniques d'aslronomi*^ 
et d'oblique qui se succédèrent eu 
peu d'années. Les nombreux mémoires 
dont il enrichit les volumes de l'aca- 
démie des sciences , ses éphêmérides . 
et ses calculs d'éclipsé» pour 1800 ans, 
insérés d.-ns la première édition de 
fart de vérifier les dates . témoignent 
de l'ardeur avec laquelle il se livrait â 
ses travaui astronomiques. Curieux de 
connaître et de vérifier les étoiles aus- 
trales qui ne le lèvent jamais sur t'bo-- 
nsoii de Paris, il entreprit eu 1730 , 
a>ei- l'agrémeul de la cour, le vojage 
du Cap de Bonne-Espérance, et par- 
vint, en cent vingt-sept nuits, à dé- 
terminer les posilions d'environ dix 
mille étoiles. 4 son retour en France, 
pour éviter les disiraclions et les im- 
porlunilés, il se renferma, dans sa re- 
traite, reprit ses travau-v avec une nou- 
velle ardeur , et pendaut un hiver en- 
tier, il passa les nuits couche sur tes 
pierres de son observatoire. Cet excès 
de fatigue hâta sa tin. Lu imprinjeur- 
iibraiiede Paris, du même nom, niori 
eu 17JO, esl auteur d'une Histoire de 
l'imprimerie et de /rt librairie. 

CAILLY ( jAcotiîs ne )^.ou o'i- 
CEILLY , chevalier de Sainl..Micls. I , 
né en i6oià Orléans , mort eu ili7J , 



CAJ 



44 



CAL 



t laissé quelques tpigramcues rersi 
Cies nalurclleuieiil. 

»:a1X , preniiirr ûls d'Adam e 
(l'Eie. Jïloui de in préférence que l< 
Seigneur accordait â sou frère Abel 
i( altira ce dernier à l'écart et le lua 
i^ii puniiioit de ce crime. Dieu le coQ' 
daniua a errcrsur la terre. 

CAlPIlE. surnommé Joseph, prand 
préire des Juifs. Ce fut lui qui iiuer- 
ropea J.C. et le fil condamner à niorl 
Ueut ans après il fut déposé par Vi 
IcUius , gouverneur de Svrie. 

CAlLS POSrHCUlCS .affranchi 
titail son» Auguste, etse fil aiec Coc 
ceius , son éléTC, un grand nom dans 
l'archittcluie. Calus , fils de Marcus 
Ai^rippa et de Julie , fille d'Auguste, 
naquit l'an de Rome 704. Adopté par 
Auguste à l'àue de trois ans, il lut dt- 
signé consul à quatorze , et partit en- 
suite atec Tilière pour l'Allemagne , 
où il Gt ses preaiièrrs armes. Il fut 
proconsul en Asie ; blessé eu Armé- 
nie , il voulut revenir à Rome, mais 
il mourut à L}'mire . fille de L.\cie , 
à l'âge de 20 ans. roius ( Titius J , ce» 
lébre juriscnnsulle de l'aucienoe Ro- 
me , Tecul , disent les uns , sous Cara- 
calla , Us attires sous Adrien; quel- 
ques-nus même le conlondeul avec 
Oaîus Cas^ius . dont Tacite parle sou- 
vent. Quoi qu'il en suil , Titius Caius 
avait réuni l'élude des lettresà celle 
des lois, llr.iait écrit sur plusieurs ma- 
tières et compo^e des inililut», dont 
Jusiinieu s'e.-t beaucoup serti dans la 
compnsiliou de.s sienues. Ces in>tilules 
de Caius , oit Ion retrouve encore les 
traces de l'éUgance de l'auteur primi- 
tif, sont ordiiiairemeut à la suite du 
corps de droit <le Justinien. 

CAJETAN(UEXr.i ), cardinal, en- 
voyé en France en qualile de ligat ù 
fiiler» en i5»9, par bixle V- Sa mis- 
sion «lait de contribuer à l'eleetioii 
d'un roi calboîique , mais i 1 embrassa 
lepariide ia ligue, et se mil à Ira- 
vaillcr de toutes ses farces, dit l'E- 
toile, pour empér'ner qu'on ue s'ac- 
couimudât avec le Béarnais ; il na fui 
occupé qiedu suin de cberrber à faire 
iiuinmrr Pliilippe II , roi d'Espagne, 
piolrclcur de France. Il faisait jurer 
.sur l'Evangile de rester souinisà Cbar. 
Ii-s X { le cardiaal de Bourbpu ) > et au 



due d? Mayenne, lieutenant-général 
du royaume. La bataille d'Ivry vint 
déranger ses projets. Quelques histo- 
riens préleodent que lorsque Henri 
IV assiégea Paris, ce fut Cajetan qui 
conseilla L'borribîe inveutiun de la i'a- 
liiie faite avec de vieux ossemens ra- 
massés dans les cimetières. Il fui enfin 
rappelé à Rome. Il fui envoyé à Var- 
sovie en i5gs , afin ^déterminer Se- 
gismond à joindre ses armes à celles 
drs impériaux coutie les Turcs. Sa lé- 
gatiou eu Pologue ne lui réussit pas 
mieux que celle qu'il avditetercée eu 
France, où il ne fut qu'un instrument 
de discorde el de guerre civile. U mou- 
rut en ;590 , âgé de A9 ans. 

CALAUklî. V. QciMCs. 

CALACtSou CALaDES, peintre 
alliêiiien , vivait dans le quatrième 
siècle avant J.-C. Pline rapporte qu'il 
encellail a représenter des sujets co- 
miques dans de petite tableaux , m eO' 
micU tabellis. 

CALAMIS . sculpteur et ciseleur 
grec, llurissait à Alhèues, envîroD 
420 ans avant J.-C. U excellaitsurtout 
à représeoler des chevaux, et fil plu- 
sieurs belles statues. Properce a loué 
son talent, et l'ausaoias cite un grand 
Dumhre de ses ouvrages. 

CAL ANUS, philosophe de l'Inde, à 
l'âge de 85 ans suivit en Perse Alexan - 
dre-le-Grand. Tombé malade , il ne 
se sentit pas le courage de souffrir, 
et se fit brûler sur un bûcher dans l.i 
ville de Pasagarde , eu préseuce de 
l'aimée rangée en bataille. Alexandre 
ne put le détourner de ce dessein. 

CALAS(jE»x).né le 19 mars iG^Ç, 
en Languedoc. Elevé dans la religion 
protestante, il vint s'établir à Tou- 
lou.-e où il embrassa la profession du 
inierce. Le |5 octobre 1761 , sou 
fils aîné Marc- Antoine Calas, fut 
trouvé étranglé daus la maison pater- 
nelle. Accusé d'avoir prévenu par le 
meurtre de son fils l'abjuration que 
eliii.ci voulait faire pour devenir ca- 
tholique , Jean Cal.is fut condamne et 
rompu vifle 9 mars 1761. Il protesta 
le son inuocence au milieu di-slorln- 
res et en inoulani à l'ecli.ifauil. Après 
Sun supplice , sa famille se réfugia à 
Genève. Voltaire, qui iiail alors à 
Ferney , forma |c projet de défendre 



CAL 



45. 



CAL 



la mémoire de Calas, et <ut vlteincnl 
inlvrcsscrle public à la cause de cett 
famille malheureuse. Elle le rciulil à 
Paris , el le 9 mars \-65 , le conseil 
du roi déclara Jraii Calas et «a raniille 
iunocens. Le» biens coufisqués roreiil 
rendus. Le (jrncè.s de Calas a fourni 
le sujet do plusieurs pièces du tkrà 
Ire; ila élé trailé par SIM. Th. Le 
micrro ne»eu , Laja , Chénlcr, V 
Ducange ; Blin de Saiuuiore eu « rail 
une béroïde. 

CVLD.VRA ( PoiTDOBE) , dit CA- 
RAVAGë, naquit en UgS à Cara- 
Tage dans le Milanais. Ce peintre cé- 
lèbre fut occupé par Rupiiaé'l aux ga- 
lerie^ de Vatican ; il sVlail aussi ap- 
plique à l'archileclure- Il fut assassiné 
par sou domestique en iJ43 , a l'âge 
de quarante-huit ans. Il fut enterré 
dans la caihédralo de Messine. 

CALDEUON de m BARCA ( don 
PcDBO j , célèbre auleur dramatique 
espagnol , né en 1600 , mort en 1687. 
11 lit sa première pièce de théâtre 
arant l'âge do quatorze ans. Il fut 
d'abord soldat, eise consacrant en- 
suite à l'église , en iC5a il obtint un 
eanonicat à Tolède. Ses ouvrage» sont 
très-nombreux, et on ne les a pas 
tous , puisqu'on dit qu'il eu atail 
composé plus de quinze cents. Ses 
œuTres ont été réimprimées à Madrid 
en 1736 et 1760, en dix volumes in-^. 
l'Espagne a eu plusieurs écrivains du 
nom de Caldéron. Molière, Scarrou, 
et autres auteurs dramatiques fran- 
çais , ont souvent puisé dans le théâ- 
tre de Caldéron. Le trop fameux Col- 
lot d'Herbois a imité son Alcade de 
Zalaméa sous le titre du Paysan magis- 
trat. 

CALER, fds de Jéphoné, de la tribu 
de Juda. Député par Moïse pour re- 
connaître la terre de Ctianaait , il ras- 
sura le peuple cllraié par le rapport 
mensonger de ses collègues. Dieu, ir- 
rité contre cesdeniiers, les fit tous 
périra l'exception de Josué. Lorsque, 
d'après l'ordre du Seigneur , on pro- 
céda au partage dupajs conquis, Ca- 
leb réclama pour lui les montagnes 
i't\a tille d'Hébron. Sa demande lui 
étant accordée , il marcha sur Dabir, 
et promit la main de sa lille Axa au 
vainqueur. Ce l'ut Othouiel , lils de 



Cenei et Jeune frère de CaIeL , qui 

l'obtint. 

CALÉVUS (0. Fi'8ic<), tribun 
du peuple à Rome l'an 61 avant J.-C. 
embrassa le parti de César et lit la 
gueire aux lieutenans de Pompée. 
Pour prix de ses services il fut faii 
consul l'an 47 avant J.-C.; après la 
mort de César il suivit le parti an 
■Marc-Antoine. Ce fut lui qui cacha 
Varron, inscrit »ur les listes fatales 
des triumvirs . dans une maison du 
campagne où Marc-Aotoine allait sou- 
vent , sans se douter qu'un proscrit 
de celte iniporlanre logeât avgc lui 
sous le même loil. 

CALIAIU ( Pai'l), dit Paul VE- 
RONESE, célèbre peintre de Vérone, 
naquit selon les uns en i5>8 , et se- 
lon les autres en l5ôo; il mourut en 
i5S8. Son tableau le plus fameux est 
celui qu'on appelle (es noeetda Cana. 
Il contient cent trente ligures , des 
portraits de princes et d'hommes il- 
lustres de son temps. Ses pèlerins 
d'Emmaûset son repas de Jésus-Christ 
chez Simon, sont aussi fort estimés. 
Ses dessins ont de la réputation. Son 
frère Caliari [ ReooU ) , né en i538, 
l'aida en ce qui concernait les orne- 
mens, la perspective , l'architecture , 
et ne refusa jamais ses conseils à ses 
deux neveiiv. Charles et Gabriel ; il 
ait tendrement le premier, et 
mourut eu i5ij8. Paul Véronèsc laissa 
un lils connu sous le nom de Carletlo. 

CALEPIXO ou 1)A' CALEPIO 
( Amcsoise ) , né à Bergame le fi juin 
j435 , entra dans l'ordre des Augu.s- 
tins^II se rendit célèbre par son grand 
Dictionnaire ea onze langues. Toute sa 
vie fut consacrée à cette entreprise , 
Isnnnomest passé dans notre langue 
pour exprimer un recueil de notes et 
d'extraits. ( Foyei la première satire 
de Bnileau. ) Les diverses éditions de 
son Dictionnaire en prouvent assez le 
succès et le mérite. La plus complète 
est celle de Bâie , in-folio. Devenu 
aveugle daus une extrême vieillesse, 
CaIeplnoniourutle5onovrmbrci5i 1. 
CALIGNON (Pierbb-Antoisc d'AM- 
BESIEDXde), né près de Londres 
1729, mort à Ponthierry, pré» 
Melun , le a5 décembre I7g5 , a tra- 
duit en vert fi^anrais le poeute de 



CAL 



i46 



CAL 



Clamlif» inlltiilé Kufln. llr a eu \in 
hiibil*' négociateur de ru uunï sous 
Henri IV. 

CALIGDLA ( r.urs-CtsAR-Aocc'.- 
TTS-Giîr.jiiM'^i'Si ) , fils de (îermanicus 
pl d'Agrippine , naquit le dernier du 
ninijd'ansjuste de l'an de Tionie 7C5 à 
Antium. il fut élevé dans le camp de 
son père , el le «uruom de Caligula 
lui fui donné d'une petite holline qui 
faisait la chaussure militaire des lîo- 
mains. Tibère mourut, et Caligula lui 
succéda à l'a;;? de vingt-cinq ans; il 
fut proclamé empereur par le sénat 
et le peuple avce le même empresse- 
ment. Une larda pas à surpass 
))ère en cruauté el é s« livrer aiixplus 
affreuses débauches. U voulut se faire 
adorer comme un dieu el .se dis'.ingi; 
surtout pîir ses extravagances : il as- 
socia son cheval au collège des prê 
Ires , et Toulait le faire consul ; il le 
faiStiit manger à sa table. 0n tribun 
des gardes piéloriem>es l'assassina la 
quatrième année de son règne , l'an 
41 de .7.-»;. Cliéréa délivra ainsi le peu- 
ple romain du tyran le plus férore , 
sans aucune vertu, t^aligula avait alors 
vingt-neuf an»; ce monstre se plaisait 
à voir soiiflrir , et c'est lui qui souhai- 
laitque le peuple romain n'eût qu'une 
tête pour la couper d'un seul coup. 

CALlPrK, astronome grec, inTenla 
un cycle dont la durée était de 
soi:vante-seize ans, c"est-.n-dire qu'il 
quadrupla la piriode de Melon , di- 
minuée seiilemint d'un quart de 
Jour; par ce léger changement, sa pé- 
riode ramenait les mêmes positions du 
soleil et de ia lune avec pins d'exacti- 
tude que celle de Mèton ne le fai.sail 
au bout de 19 ans. Ilipparque, par 
la Suite , imagina un autre cycle beau- 
coup plus exact, et dont la durée était 
de trois cent quarante-cinq an» ; m.Tis 
ia, Grèce , accoutumée à ceux de Mé- 
ton et de Calippc , ne Vadopta pas , 
quoique plus parlait. 

t:A[,IX'rE. Il y a eu quatre papes 
de ce nom. Le premier souIVril le 
maeryre en Sîs. I.e deuxième tint 
le premier concile général de I.atran, 
en iia.l, Le dernier, élu eoneurreni- 
ment uvec Alexandre III , ne fui pas 
vi-roo"'! par l'église romaine. 

C.',l.LIi.NPEll (JivW. hisioriin 



anglais, né en Ecosse, aulenr d'un 
ouvrage intitulé : Histoire impartiale 
I dti gouvernement Anglais ^ en 
Europe , en Asie el en Amérique , rff- 
P'iis 1688 jusqu'en 1800. Mort dans 
l'état de Virgin'e 

CALLESCHKOS, architecte grec, 
vivait à Athènes .^^^4 ans avant J.-Cl. 
Il fut un des quatre architectes que 
Pisislratc chargea de construire le tem- j 
pie de Jupiter olympien , qui ne fut | 
tini que sept siècles plus tard , sous le : 
règne de i'emperetir Adrien. 

CALLIAS. Il y a plusieurs person- 
nages de ce nom dans l'histoire iV .\ - 
thènes: le pUn ancien est le lils de 1 
Phfenippus, de la famille des Eumol- 1 
pîdes. Lorsque Pisislrate fut chassé 
d'Athènes , il fut le seul qui osa ache- , 
ter ses hîon? mis en vente par le peu- j 
pie. !1 eut un lils qui fut père d'un I 
second Catlias. Celui-ci était dadou- 1 
que (porte-tlamteati ), seconde di-I 
pnité des prêtres d'EleusTs. f'iniarque 
raconte à son sujet une anecdote as- 1 
sez singulière , qui lui fit donner le 
surnom de Laccoploutca { puits d'or). 
il conclut avec Arlaxercès cette paix 
célèbre, par laquelle ce prince s'en- 
gageait à laisser lîhi-es les villes grec- 
ques de l'Asie, etc. Son fils fut père 
d'un troisiinie Catlias^ qui fut aussi 
dadonque et se rendît célèbre par .ses 
prodigalités. Xénophon, dans son 
Banquet , a laissé la description d'un 
repas qu'il dorma. Nous avons encore 
Catlias y poète dramatique grec, lils 
dcLysimaque, qui composa des tra- 
gédies et des comédies; Caltias , his- 
torien , né à Syracuse , et Callias, ar- 
chitecte grec, d'Aradosen Phénicie, 
qui vivait. Ï08 ans avant J.-C. 

CALLIBIDS, Spartiate, se con- 
duisit avec beaucoup d'insolence à 
Athènes, où I.ysandre l'avait placé 
comme harmoste , après la bataille 
d'iEgos Potamos. Il approuva les me- 
sures sanguinaires que prirent les 
lienle tyrans contre ceux do leurs 
concitoyens dont les richesses ten- 
laientleur cunidilé. 

C.ALLICLfcS, sculpteur grec, de 
Mégare. Un de ses meilleurs ouvrages 
>étBit la statue de Diagoras , athlète 
vainqueur nu pugilat. Il vécut en- 
urou 450 ans .ivant J.-C. , «t Pausa- 



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'47 



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oJM (ait de lui UD grand iloRc. 11 j eut 
un autre Calliclii ■ peiuU^ , qui ne 
peignait que de prtiti tableaux, et 
aul est luuc par Vurron. 

CALLlCKATÈb, architecte grec, 
Borissaiti Atliéncs 444 ans avant J.-(j. 
Le Uniplu celtbre dit le Porl/u:niina 
iinoiortalité «on nom ainsi que celui 
d'ictlnus, qui coopéra à b construc- 
tion de ce ninnunicnl eleïé par l'e- 
ricli'S , daus TAcropoUs ou utadelle 
d'Allièuc». Due partie des rolunncs , 
de IViitabltmenl et des frontons , qui 
subsiste encore , sullit pour exciter 
l'admiration. Il j eut un autre CalU- 
eralit dont Pline , Plutarque , £licn 
et d'autres, fout uienliou. Ce Kulp- 
U'ur t'attachait à faire des ouTrages 
d'ÎToire d'une délicatesse et d'une pe- 
titesM; excessives ; il avait gravé des 
vers d'Uomère iur des grains de mil- 
let, et fait un tbar attelé de quatre 
chevaux, qu'on pouvait cacbc-r sons 
une aile de luoucbe. £nliu , un trui- 
«icme Cailîcrutcs , ne à Léontium, 
Tille de l'Acbaie , fut, par ses trahi- 
(uus et sa cupidité , l'uu des priuoi- 
faux instruuieus du la ruine de la 
Grcce : il mourut vers l'au i47 avout 
Ji-C. 

CALLICRATIDAS , Spartiate 
comnieura à se faire connaître vers la 
lin delà guerre du Ptloponcse , où les 
Lacédeniouiens l'envoyèrent à Eplièse 
prendre le commaDdcmcnt de leur 
escadre. Il est cité par Plutarque et 
<yicéron. Dans une expédition niari- 
t'mie le vaisseau qu'il montait ayant 
été submergé sans qu'il pât se sauver, 
les Lacédémoniens furent complète 
meut défaits Tau 4oG avant J.-C II 
est un des derniers qui aient conservé 
l'ancien caractère s^'arliate. 

CALLICRETE, UUe de Cyané, 
courtisane de l'ionie. Anacreon parle 
dans une de ses chansons de l'art avec 
lequel elle savait lyrauuiscr les cccurs. 
Platon fait allusion à cette chansou 
dans sou Théagii : c'est tout ce que 
l'ou sait do cette Callicrété. 

CALLIÈRES 1 Fiàsçou de ). né en 
1645 . à 'f horigny , luembre de l'A 
cadémie française, fut employé par 
Louit XIV dans des négociations im- 
portante*. Le plut remarquable de 
*i ouvraget est le TriMla <f< /u I 



ie négocier avec Ici ifattraini, 1 vul. 
in-i3 , réimprime a Paris, 1 ^i» , 
•ous le liire de Londres. 

CALLIIiÈNE, médecin de Philippe 
11, roi de Macédoine. Persec , UÛdc 
ce prince, ayant tue son frère aine, 
Deniélrius , avait été oblige de «'en- 
fuir. Lorsquu Philippe tomba ma- 
lade, Calli(;énc connut qu'il louchait 
à sa lin; il dipécba des courriers a 
Pcrsee, et jusqu'à son arrivée il cacha 
la mort du roi aux grand:» et au peu- 
ple de Macédoine. Par ce moyeu Per- 
see s'empara facilement du trône , 
l'an 179 avant J.-C. Le récit de cet 
evénenienl e?t daus Tite-Lîve. 

C.ALLIUAOCE. On en compte 
trois : 1. Callima'jiie , capitaine aihé- 
qui le premier fut revêtu de la 
charge de poléniarque ou troisième 
archonte. 11 commanda l'aile droite à 
la bataille de Marathon, l'an 4go avant 
J.-O., et combattit avec tant de valeur 
qu'il fut trouvé parmi les morts perce 
d'un si graud nombre de traits, que 
sou corps resta debout quoique privu 
devie. M. Cullintaçue, sculpteur, pein- 
tre et architecte , ue à Corintbe , se 
rendit Célèbre dans 1rs trois arts qu'il 
cultiva. Vitruve lui attribue l'elégautc 
invention du chapiteau corinthien. 
11 inventa ausci le trépan dont ^e ser- 
vent les etatuaircs pour fouiller dau:> 
le marbre. On n'est pas d'accord sur le 
temps où il vécut ; il est probable que 
ce fut 4^0 ans avant J.-C ô. Caltima- 
juo, célèbre poète et littérateur, né 
à Cyrene , ville grecque de la Libye. 
Il ue ucus reste de ses nombreux ou- 
vrages que des hymuesel des t-pigram- 
mes ; ou eu a une traduction française 
faite en prose par M. de La Porte du 
Theil, 17-5 , iu-S , et une autre plus 
récente de M. le docteur Petit-Pàadcl. 
CaLLIMÉDON, orateur athénien, 
contemporain de Ueraosthèues. Il est 
plus Célèbre par son goût p'^ur U 
bonce chtrç et les bouffonneries que 
par son éloquence. 11 était d'une so- 
ciété de soixante personnes qui se réu- 
nissaient dans le temple d'IUrtule à 
Digmies , bourg de l'Attiquc , pour 
dire et faire des plaisanteries. Phi- 
lippe, Sis d'Amynlas, roi de Macé- 
doine , leur envoya un pré.^eiil pour 
[qu'ila Ii4i écriviitent ce qui te faisait 



CAL 



i48 



CAL 



on f^e dirait de rhible dans leurl as- 
semblées ; on Toil que les réunions de 
gourmands e\ à» chansonniers ne 
sont pas modernes ; mais ils n'ont plus 
(le rois pour protecteurs. 

CALLINICUS. Ht en a deux ; l'un. 
Mcond fils d'Antlotbus IV, dernier 
roi de Commagène et de Jotap»^ ; l'au 
trc , sopliiste et rbéteur , né dans 1' 
Syrie ou dans l'Arabie , qui vÎTail 
sous le règne de Pempereur Gallien 
Il ne nous reste de lui qu'un frapmenl 
de discours à la louanp- de la > ille de 
Rome , où il enwîijrnait l'éloquence. 
11 est cité par Suidas. 

CALLINIQDE, arcbitecte, né à 
Uéliopolis en Epj'ple , dans le sep- 
tième siècle de l'ère clirétienno. Il sf 
trouvait en Syrie tuf!70, à l'époque 
où le kalife Moavia menaçait ConS' 
tantinople. Il passa secrètement don; 
le parti des Romains , et leur porta 1 a 
célèbre invention du feu prégeoi 
dont il était l'auleur. L'empereur 
Constantin Pojjonal s'en servit pou 
brûler la flotte des Sarrasins auprès 
de Cizique , et il paraît que celte dé 
couverte r<'tarda de plusieurs siècle: 
la cbute de l'empire d'Orient, i 

CALLIN'DS, orateur et poète prec, 
dont Stobée nous a, conservé quelque 
vers. Il fiait né à Éphese. Athénée , 
Clément d'Alexandrie et Strobon , 
{ont Diention de ce poêle éléRlaque, 
sans assigner l'époque à laquelle il ap- 
partient. On lui attribue l'invention 
de l'élégie: mais cette question se dé- 
battait du temps d'riorace , et n'est 
pas encore résolue aujourd'hui par les 
érudils. 

CALLIPATIRA, min de Diagoras 
de Rhodes, célubre alhkle. Mariéci'i 
Calliaoax, elle en «ut deux lils: En- 
clés, qui remporta le prix du pugilat 
aux jeux olympiques : et l'isirrbodus, 
qui était encore enfant lorsque son 
père mourut, et qu'elle forma elle- 
même nui exercices de 1» gymnasti- 
que. I Ircmporta le prix aux jeux oljm- 
piques; elle assista à cette victoire en 
pe déguisant en maître d'exercice. 
Voycï le récit que Pausanias fait è ce 
«ujet. 

CALLIPIDAS on CALI.IPIDES, 
acteur tragique contemporain de So- 
phocle, quoique beaucoup plus jeanc. 



jouit d'une Ircs-grande réputation. 
Lorsque A Icibiade revint à «Athènes , 

I amena avec lui Callipidès, qui, rc- 
rélu de ses habits tragiques, donnait | 

l'ordre aux rameiu-s. Quoique son jeni! 
fût affecté , et que ses mouvcmens ne I 
fussent pas très-nobles, il se croyait ; 
un grand personnage, et avait de lu! 
trés-bnnne orinion , défaut qui n'a 
pas cessé d'être assez commun de nos 
jours parmi les gens de sa profession. 

II ne faut pas le confondre avec un 
autre Callipidii , espèce de bouffon 
qui s'était exercé à ne pas sortir de sa 
place tout en ayant l'air de courir. 
Son nom était devenu proverbe, pour i 
désigner ceux qui se donnent bean- Ij 
coup de raouveraent pour ue rien {| 
faire. 

CALLIPPU9, Athénien, disciple 
de Platon , était ami de Dion de Sy- 
racuse , qu'il 6t assassiner pour s'em- 
parer de rantorité; mais il fut tué la 
même année, 56 1 avant J.-C, parse« 
soldats mutinés, et avec le même 
peignard qui avait servi à assassine» 
Dion. — Un autre Ctiltippus , Athé- 
nien, fils de Mœroclès, se distingua 
par sa valeur lorsque les Gaulois tirent 
une invasion dans la Grèce, l'an 279 
avant J.-C, et fut général des Ath^ 
niens. 

CALLTSTE on CALLIXTE, était f 
un affiancbt en grande faveur sou» 
Caligula, et qui mourut la huitième 
année du règne de Claude. Adroit et 
fin , 11 croyait, dit Tacite, qu'il était 
plus sûr, pour se conserver, d'user 
de précautions que de mesures vio- 
lentes. Aussi conserva-t-il ses jour» et 
ses trésors. 

CALLlSTnÈNE. Il fut brûlé vif 
pour avoir mis le feu aux portes du 
temple de Jérusalem pendant que 
l'on y célébrait la victoire remportée 
par judas Macchabée sur Nicanur, 
Ximothée et Bacchidcs. 

CALLISinÈNKS, néà Olj-nthe, 
ville de Thrace, environ Î65 ans avant 
J.-C, philosophe grec , parent et dis- 
ciple d'Aristotc , qui le plaça auprès 
d'Alexandre. Il accompagna ce grince 
dans ses expédition» s mais sa vanité 
et son orgueil le lui rendirent insup- 
portable. Alexandre le Gt périr à la 
suite d'une conspiratton où ji iul ao- 



CAL i 

.lue (l'avoir trompa, l'on J>S ntanl 
J.-C. , UD autre Cailiithènet , orateur 
atliiinion , contemporain do Démos, 
théne», f» «puala comme lui par «a 
liainc contre l'hilippo et tout le parti 
macédonien ; aussi fut-il un do ceux 
im'AlcjiandroToulut faire chasser d'A- 
tnèncs après la prise do Tbèbcs; mais 
on parvint* l'apaiser , et Callistliéncs 
resta dans sa patrie. Tl ne faut pas le 
confondre «vcc un autre CaiUsthknei, 
Rentrai athénien, qui, opri's avoir 
Taincu Perdincan , roi de Macédoine , 
ot fait une paii avantapcuso avec lui , 
fui condamné à mort par les Athé- 
niens , qui s'en repentirent le lende- 
main , dit Aristotc. 

CAI.LISTRATE , lil* d'Empédus, 
capitaine athénien. Fausaniasrapporle 
qu'ayant été vaincu pris du fleuve Asi- 
narus en Sicile, il se lit jour a travers 
les ennemis, arriva à Catanc avec sa 
troupe , revint par le chemin de Syra- 
cuse fondre sur les vainqueurs qui 
pillaient sou camp, en lit un prand 
carnape, et, se dévouant pour le salut 
des siens , périt gloricnsmunt après 
leur avoir donné le moyen d'échapper 
et de retourner chez, eux coniMcs de 
gloire. Un autre CallistnUe, lils de 
Callicrate , Athénien , fu,t l'un des 
plus célèbres orateurs de son temps. 
Démoslhènes l'ayant entendu plaider, 
fut fi enchanté de son éloquence qu'il 
abandonna toutes si-s autres éludes 
pour se livrer à la carrière oratoire , 
cl il convenait lui-même qu'il n'avait 
jamais pu égaler Callislrate pour le 
débit. Cet orateur fut employé dans 
plusieurs ambassades; il Cnit par être 
exilé ; ayant osé par la suite revenir n 
Athènes , sans étie rappelé , il fut mis 
à mort. Il y a encore deux autres Cal- 
lisirate , l'un sophiste , l'autre juris- 
consulte ; le dernier vivait sous les 
empereurs Sévère et Antonia Cara- 
calla. 

CALLIXÈNE , orateur athénien , 
lit condamner à mort les généraux 
qui avaient vaincu aux îles Argèruses, 
parce qu'ils n'avaient pas donné la sé- 
pulture aux morts. Bientôt le peuple 
détrompé força de fuir Callixéne, qui 
mourut misérablement. 

Gallon, sculpteur grec, vivait 
<3» aoi ïTai»t I.-C. 11 était d« Vue 



i9 CAL 

d'Egine. Ses statues de Minerve > de 
Proserpine et son nom , sont cités par 
Pline et Pausania». Un autre statuaire 
du même nom , né à Elis , s'illustra en 
jetant en bronze les statues de trente 
jeunes Sicilicus qui se noyèrent dans 
le détroit en passant de Messine à 
Reggio. IPfut cependant moins célè- 
bre que lu sculpteur d'Eginc. 

CALLOT (JjcgrEs), peintre, gra- 
veur et dessinateur, élève de Claude 
Henriet) né à Nancy on iSg.l, mort 
dans la même ville le J7 mars idJS. 
Use livra particulièrement à la gra- 
vure on petit et à l'eau forte, et il y a 
excellé. Les curieux font le plus grand 
cas de ses ouvrage» , recomman<lablc« 
surtoutpar la variété clla distribution 
des groupes , lo contraste et l'expres- 
sion des ligures, le feu et l'abondance 
do son génie : il travaillait avec la plus 
grande facilité. Son eruvrc est com- 
posé d'environ seize cent» pièces. Ses 
dessins sont aussi trè^rcchirrhés; on 
y trouve encore plus d'esprilqne dans 
ses gravures , auxquelles il doit ce- 
pendant sa réputation. Henri , duc de 
Lorraine, se Pattacha par ses bien- 
faits. Après la prise de Nancy , solli- 
cité par Louis XII 1 d'éterniser par la 
gravure le souvenir de cette conquête, 
il sut résister aux offres séduisanlesdu 
monarque, ainsi qu'aux menaces des 
courtisans 1 « )o me couperais le 
pouce, répondit-il, plutôt que de 
faire quelque chose de contraire à 
l'honneur de mon prince ou de ma 
patrie. » Louis le Juste reçut son ex- 
cuse, et lui offrit une pension de 5ooo 
livres , qu'il refusa. Il mourut épuisé 
de travail à quarante-deux ans. 

CALMET ( don» Arc.rsTi\ ), savant 
bénédictin , né près de Coramerci le 
36 lévrier 1C72 , mort à Sénones le 
a5 octobre lySy. Parmi ses nombreux 
ouvrages , le meilleur et le plus utile 
est son Dictionnaire historique et critique 
delà Bible, 4 volumes iu-folio. il a 
été traduit en latin , en allemand et 
PU anglais. Ce laborieux écrivain était 
encore jilus modeste que savant, il 
écoutait les critiques et m prolitait ; 
il accueillait les jeunes gens qui inoit- 
traient des dispositions , et les aidait 
de ses conseil» et de ses livres. Il re- 
fuseuo év^chépourçe livrer * l'éfcd». 

i3. 



CAL i; 

Soii nittoirt da l'ancien et du noatêaa 
Ttiiament et ies Commentaires gonl 
tort estinié-s et ont obtenu plusieurs 
etlitiouft. Voltaire a fait lo quatrain 
suivaut pour le portrait de dom Cal- 
met. 

Des oracles sacrés que Dieu dalgua 
Dous rendre , 

Son travail assidu per<ja l'obscu- 
rité ; 

Il lit plus , il les crut avec simpli- 
cité, 

Et tut par ses vertus digne de les 
entendre. 

CALONNE ( Chables- Alexasdbe 
de), lié le lo janvier 1704 a Douai, 
où son père était premier président 
du 1 arlement, mort à Paris le sg oc- 
tobre 180a. D'abord avocat , ensuite 
avocat-général au conseil provincial 
d'Artois ; procureur-général au parle- 
ment de Douai , maiiro des requêtes, 
il devint contrôleur général des Guan- 
ces, et succéda dans cette partie à M. 
Necker. Il accrut par sa prodigalité 
personnelle , cl son euvic d'obliger, le 
délicit de l'clal. Il provoqua la pre 
uiiére assemblée des notables, qui ne 
servit qu'à découvrir le mal sans y 
appporter de remède. Exilé par Louis 
XVI, il se retira en Angleterre en 
1790 , il y publia plusieurs ouvrages 
estimés sur la politique et sur lesli 
uanccs. Son caractère ttall franc et 
généreux , et il consei*va beaucoup 
d'amis dans sa disgrâce ; comme 
bomme public, il mérite des repro 
elles : lavanitè l'aveugla; il mild'ail- 
leurs trop peu de diguité dans sa cou 
duite et de sévérité dans ses mœurs. 

CALPr.E^ÈI3E( GautieiiiikCOS 
TES, seigneur de la), né à deux 
lieues de Surlat, mort en iGC5. Ses 
romans de CUopàlre et de Ctiisnnrfr. 
sont remplis d'imaginatlcn et ont fuit 
le» délices d'un siècle poli. La Cal 
prcDéde est moins connu aujourd'hu 
par SCS ouvrage» que par ces doux 
vers de £oileau : 

Tout a l'humeur gnscoone en un 
auteur gascon; 

Cal{'renéd« et Juba parlent du 
même ton. 
Il a fait un grand nombre de tra|»'i 
«lies ; mais , à l'excrptinn du Comtt 



CAL 

d'Eitox, toutes sont dètestable«. Ma- 
danie de Sévigné ne baissait pas les 
grands coups d'épée que donnent k-j 
béros de ses romans: mais le cardiiul 
de Kicbclieu, quoique adniirateurin- 
dulgeut delà médiocrité, neputs'em 
pécbcrde dire d'une des tragédie? de 
Calpreuèdo , que le moindre dt- b':s 
délauts était d'èlre écrite eu vers l.i- 
cbes ; « Comment lâcbes ! s'écria l'au- 
teur; cadèdis ! il n'y a rien de Ijthu 
daus la maison de la Calprenède. u 
Voyez GniocuÉ. 

CALPCKME , femme de Jules- 
César, l'ille de Pison , rêva , la veille 
de sa mort, qu'où assassinait son 
époux entre ses bras , et voulut vaine-i 
meni le détourner de se rendre au 
aénal. 

CALPURMCS-FLAMMA ( Mar- 
crs), a mérité d'être placé auprès des, 
Curtius et des Décius par un dévoue ; 
meut aussi généreux , l'an de Rome 
494- ( Voy. l'histoire de la première 
guerre pimique. ) Un autre Calpamiut 
(Tilus-Jule) , coutemporaiu de Né-i 
mésien , natif de Sicile, qui vécut 
dans le troisième siècle , a laissé sept 
éclogucs ou idylles qui ne sont pa.- 
sans mérite etse rapprochent de celles 
de Virgile. Il y en a une traduction 
française estimée , de Mairault, 1744, 
in-8 , Bruxelles. 

CALL'SO ( Thomas Valpekcv h. 
CoxTi Di MASINO ) , né à Turin 
eu 1707 « abbé pièniontais , savant et 
liltéraieur, membre de l'Académii 
de Turin, correspondant de l'Institut 
de France , ami d'Alliéri , qui l'ap- 
pelait le nouveau Montaigne , fui di- 
rerleur de l'Observatoire , astronome 
et professeur de grec et dv langues 
•rienlales, et mourut le 1°' avril iSiS, 
laissant un grand nombre d'ecriu la-: 
lins, italiens et fran<;ais. >. 

CALVIN (Jeas^ , lils d'un tonne-i 
lier , né à Noyou le 10 juillet i5o3,i| 
mort à Genève lo %^ mai 16C4. Il fut 
le second chef de la réforme au sei^ 
zième siècle, et donna son nom à sa 
secte. Comme théologien, Calvin fut 
au premier rang dis liomiues de sou 
sircle par set profondes connaissan- 
ces, pnr sn sagacité, et , comme il 
Ii'en vantait, par l'arl do preutr un 
argument. Cuuun« icriratu il vàrite 



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i5i 



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<k àraiid* éloges; ilful auiti uu grauJ 
juiiscuuMillc et un politique tr»-ha- 
bile ; mais ce n'cslpas àtuusccs litres 
qu'il doit ta plut grawJe celelirité : il 
eii surtout couiiu cunimu clieC li'uu 
parti de la riTornie. Ileureui si ta re- 
putatio» o'eût pas éle souillée par le 
tang qu'il a (ail repaudre I Ou peut 
(ire dans Uossuct uu parallélu culie 
Luther et Calvin. 

CALVO(Ji*x-SirïBi«) , eonuu 
•ou s le Dom du bravt CuU'f^. uc à Bar- 
eelonne en i6s6 , passa au tertice de 
Frauce, défendit Maesiriclit contre 
le priûce d'Oranfie, qu'il for(;a de 
IcTcr le tiége, detinl lieutcndut-pé- 
Dèral, te distingua en iCSS et S9 , el 
mourut à Deinse, le s^ mai i6(jo. 

CAMARGO iMiaia-A.\.vi CUPPI. 
dite I , célèbre danseuse , née a Biu- 
iclles en 1710, débuta Haut celle 
«ille, vint à Roueu , puis à Parit , où 
elle eul le plut grand succès , quilia 
l'Opéra eu 1751, avec une peusiou 
de la cour , et inourul en 1770. 

CAlIBACÉRES ( i.l. RÉGIS do ), 
oè à Montpellier le li octobre 1763, 
mort à Paris en avril 1834. S'il n eût 
pas Toté la mort de l'iofortuné Louis 
\VI f il ne mériterait , connue bon\ 
me public, à peu près que des elo 
ges. Ou doit dire à sa louange que 
pendant tout le cours de ta longue 
existence politique, et placé tr 
haut, il ne te rendit coupable d'au- 
cun acte arbitraire et rendit d'énii- 
uens services aux hommes de tous I 
partis, e' se distingua par un grand cs- 
pritde modération. — L''oncle dupré- 
cedent'ic distiaj;ua dans la chaire , et 
mourut en iSoi, laissant 3 roi. de 
Sermons , 1781. 

CAMBON (JosEPUj, né à Mont- 
pellier en ijii, dépulé du di parle- 
ment de l'Hérault à U Cooiention , 
«e fil remarquer de bonne heure dans 
les diseussioiis sur les litiane;e9, et de- 
»iiil en quelque sorle le aiinistre de 
celle partie. C'esi à lui qu'on doit la 
formation du grand litre de la dette 
publique. Pendant toute la durée du 
goutenirmeni impérial . il Técut an 
sein de sa Tumille , dans nue campa- 
gne près d« Montpellier, rentra dan; 
la r.faanibte de» représentans en iSi5, 
fut (tai de quitter la Franc* au se- 



cond retour du roi, rt aiourul eu 
iStu. • Sainl'Just, prés de Bruiellet. 

CAMBRÏ ( JicgcEs), né en 176», 
mort en 1807, après avoir rempli di- 
verse.*: (onctions administratives et pu- 
blie plusieurs ouvrages, est le fonda- 
teur de racadeniic celtique. 

CAMBBKT, habile musicien, e«t 
le premier qui Ut enleudru aux Fran- 
çais uue comédie lyrique. Il niournt 
à Loudres en 1677 , sur-iuteudaul dt 
la musique de (Charles II. 

CAMBÏSB , tils et successeur de 
Sjrus. Ilpcrta la pucire en Egjpte 
pour la |.unlr de sa révolte, et en lit la 
conquête. Il Ut d^autres expédiUous 
qui ne furent pas heureuses , et te li- 
ra à plusieurs actes de cruauté. Ce 
prince sanguinaire mourut à Ecbataoe 
dausTAssvrie , l'an iau avant J.-C, 
des suites d'une blessure qu'il sV'tall 
faite à la caisse avec sou sabre. H ne 
laissa point d'^enfans. 

CAMUEN ( GciLursiB ), célèbre 
antiquaire, surnommé le Strabon, le 
Varroii et le Pautanias d'Angleterre. 
Ne à Loudres eu i55i, de parent 
pauvres, mort te 9 novembre i6s5, 
enterre a l'abbaye do Westminster. Il 
rechercha pendant uue grande partie 
de sa vie les antiquitei de la Grande- 
Bretagne , et pubUa un ouvrage inti- 
tule : Britannia deicriptio ^ i\u\ est de- 
venu lasource où depuis cette époque 
ont puisé tous les historiens d'Angle- 
terre: il parut pour la première fois 
eu lôâô. Il a aussi doiim- au public 
des annales du règne d'Elisabeth. 

CAMERA RICSI JoieUiH l| , litté- 
rateur et savant universel, l'un des 
grands hommes de l'AUemagnc, et 
celui qui a le pluscontribué aux pro- 
grès des sciences et des belles-lettres 
dans l« teiziérae siècle , par les bon- 
nes éditions et les versions qu'il a don- 
nées d'un trcs-giaiid uouibrc d'au- 
teur» grecs et latins, enrichies di- 
commentaires , par divers ouvrages 
dont la plupart ont élu long-temps 
classiques et sont encore estimes au- 
jourd'hui. Ne à Baoïberg le t3 avril 
l5oo, il mourut à Leipsiek le 17 
«rril i57.i. Camérnriui', Joacbisi II ), 
son lils , né à Aurcoiberg le 6 novem- 
bre 1554 , estregardècninnie l'un An 
M lut tavant m»de(.ir;i cl des plut. 



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l52 



CAM 



grand» botanistes de jon siècle. Il 
a laissé dt-a ouvrages fort estimés , eo 
^fllemand et en latin, sur la botanique. 
Ilnwurutdans sa ville natalele ii oc- 
tobre j5()8. Ses quatre autres frères 
se firent aussi une réputation bril- 
lante comme jurisconsultes et méde- 
cins. Un autre Catnérariasy né à Tu- 
bingenle 17 février i663, contribua 
beaucoup à faire connaître la distinc- 
tion du sexe des plantes, sur laquelle 
Linnèe a depuis établi son ingénieux 
pystèroe. Il mourut le 1 1 septembre 
1721, âgé de SO ans, et laissa dis 
enfans. 

CASIERS ( Jeas ) , cordelicr , est 
Vun des savans du quinzième lic-cle 
qui ont le plus contribué au rélablis- 
cement des bonnes études. On lui 
doit un grand nombre dédi lions d'au- 
teurs classiques a laplupart desquelles 
il a joint des notes. Il était né en Ita- 
lie en i558, et mourut dans un âge 
très-avancé. 

CAM-BO , empereur de la Chine , 
oélèbre par ."a justice , par ses talens, 
et par la protection qu'il accorda aux 
artistes et aux savans européens, 
mourut en 172(. 

CAMILLA (JvcoHi SfNTosii V£- 
BONÈSE , plus connue sous le non; 
de ), née à Venise en 1736, entra à 
la comédie italienne, y fut applaudie 
comme danseuse et comme actrice , 
et mourut à P.iris en 1768. 

CAMILLI^ ( MiBcrs-Frnirs-CiMiL- 
Lis), général romain, illustre par 
ses vertus militaires et civiles. Il fut 
cinq fois dictateur : accusé de péculat, 
il s'exila volontairement , et fut con- 
damné à l'amende par contumace. 
Home ayant été prise par les Gaulois , 
le sénat crut devoir le rappeler: il vint 
au secours do son ingrate patrie , rt 
en cliassa les barbares. Il mourut de 
la peste qui désola Ilome , l'an 363 
ava»tJ.-C. Un autre CamiV/e (Furius), 
proconsul d'Afrique wjus le règne de 
Tibère, délit les Maures et les Numi- 
des, commandés par Tacfarinas. 

CAMINATZIN. neveu de Moute- 
zuma , empereur du Mexique, lit de 
vains elTorts pour délivrer .sa patrie 
du joug des Espagnols, et péril les ar- 
mes à la maiu au sié^e de Mexico, en 
lin. 



CAMMA, veuve de Sinatus, était 
célèbre par sa beauté ; Sinorix étant 
devenu amoureux d'elle , avait fait 
périr son mari ; ayant appris cet assas- 
sinat, elle dissimula son ressentimeni 
et feignit de consentir à l'uninn qu'A 
sollicitait avec tant d'ardeur. Cammai 
après avoir prononcé les paroles et 
fait le serment d'usage , prend en main 
le vase qu'elle avait rempli de poison, 
en boit une partie etprèsente la coupe 
à Sinorix , qui boit le breuvage qui 
lui est offert. Caramane pouvantalors 
dissimuler sa joie ; a Je meurs con- 
tente , s'écria-t-elle , mon époux esti 
vengé I • Ce Irait historique a fourni 
à Th. Corneille le sujet de sa tragédie 
de Camma , reine de Galatie. Jean de 
Hays en avait déjà composé une en 
sept actes sur le même sujet en 1878. 

CAMOENS ( Loris ), le plus célè- 
bre des poètes portugais , naquit à 
Lisbonne en 1617. Il se lit soldat, per- 
dit l'oil droit d'un coup de fusil de- 
vant Ceula , et ne fut pas récompensé. 
On mit dans l'oubli ses blessures et se« 
talens : indigné , il s'embarqua pour 
les Indes en 1653 ; ayant fait une sa- 
tire qui déplut au vice-roi de Goa , il 
fut exilé à Macao. C'est là qu'il com- 
posa sa Lusiade. Rappelé de son exil , 
il fit naufrage à l'embouchure de la 
rivière Mécon , cd Cocbincbine , et se 
sauva à la nage en tenant dans sa main 
hors de l'eau les feuilles de son poème, 
seul trésor qu'il dérobait à la mer, el 
dont il prenait plus de soin que de sa 
propre vie. De retour à Goa , il y fut 
persécuté par un nouveau vice-roi, et 

tenu en prison pour dettes. Cepen- 
dant il revint à Lisbonne en 1669 , 
seize ans après avoir quitté l'Europe, 
lly tomba dans une si grande misère 
qu'un esclave , qu'il avait ramené de 
l'Inde , mendiait dans les rues pour 
fournir à sa subsistance. Enlin le héros 
de la littérature portugaise mourut à 
l'hùpital en 1679, dans la soixante- 
deuxième année de son âge. Quinze 
ans après un monument lui fut élevé. 
La traduction française de la Lusiada^ 
par Laliarpe , n'est pas estimée. 

CAMI'AN { IlBNiiitrTB GENET, 
femme ) , lille d'un prertiicr commis 
des alTaires étrangères , rei;ut «lUS lei 
yeux du >on père une éducation tel- 



CAM 



IdO 



CAM 



trniciil soignée qu'elle fut nomnii'e 
à i5 uns, leclrico des princesses fil- 
les lie Louis XV ; épousa en 1770 M. 
Canipan , socrélairc intime do la 
reine , donna lespreuTes les pins tou- 
clinntes de dCTOÛnientà sa prolertrice , 
et voulut sVnfernior avec elle auTem- 
ple. Après le 9 thermidor, elle ou- 
Trit à St.-Rern>ain en l.aje, un pcii- 
fiînnnatquî deTÎnlctilt'bre. Parvenu à 
l'empire, Napoléon , plaça madame 
Campan à la liHe do la maison d'E 
coucii instituée par lui pour IVduca- 
lion des lillrs de la légion. Madame 
Campan quitta cette plare à la restau 
ration, et Tit sa famille co butte à des 
rcTers imprévus, perdit son iils uni- 
que, et mourut à Mantes le 16 mars 
i8ji. On a d'elle des Uémoiret fur la 
vie privée de Maric-Anloincttc, reini 
de France, Paris, i8aa,3 vol. in-8°, 
et un traité de l'èdufotion desfemmet, 
s ». in-S», Paris, iSai. 

CAMPBELL (Jris), duc d'Arpvl», 
né en 1671, te distingua d.nns les ba. 
tailles de CLamillier , d'Oiidenarde et 
de Malplaquct. Ambassadeur en Es- 
pagne m 1711, il y commanda en 
«hef tontes les forces anglaises; en 
J7lG , il força le prétendant à sortir 
du royaume, mourut en 1743, et 
fut enterré à Westminster. 

CAMPEN , arcliitccte et dessina- 
teur , né à Ilarlem, mortà Amster- 
dam en lC38. L'hûtel-de-ville d'Ams- 
terdam ayant clé consumé par un in- 
cendie, Campen le reconstruisit dans 
un style noble et majestueux. On pré- 
tend que eel édifice, le plus beau qu'il 
y ait en Hollande, cotîta soixaute-dii- 
Luit millions. 

CAMPER (PiESBi), médecin et na- 
turaliste , né à Leydele ii mai 1732, 
mort le 7 avril 1789, concourut sou- 
»enl pour les prij proposés par les 
académies, dont les plus renommées 
l'admirent dans leur siin , fut nommé 
en 1786 ,par l'académie des sciences, 



•jeunesse: à vinpl ans il entra au «cr- 
vice de la compagnie des Indes, et 
passa dans cette contrée, nù , par 
ses talens et sa bomie couduiti.- , il s'é- 
leva de prade en prade , et au bout de 
trente ans il fut nommé à l'emploi de 
pouverneur pénéral à Batavia. Par- 
venu au comble des honneurs et de la 
richesse , il n'oublia point sonoripinc, 
et lit mclu-c un marteau d'orfèvre 
dans ses armoiries. Il est auteur d'un 
ouvrape très-eslinié : HijlDiVe de la 
fondation de Batavia^ Il mourut dans 
cette ville en iCgS. 

CAMPI ( iB inïo» TorssAivT ) , 
lleulenanl-pénéral , oflicier de la lé- 
pion-d'bonneur , pénéral de bripadc 
en l8i3 , inspecteur-pénéral de l'iii- 
lanteric en 1819 et 1830 , rentra en 
activité après la révolution de iS.îo, 
est mort à Lyon , le i» oct. i83«, 
commandant la division d'infanterie 
en garnison dans cette ville, et dans 
un âge où il pouvait rendre de nou- 
veaux services à son pays. 

CAMPILLO (Don Josenn r>«i,), 
ministre de Philippe V. roi d'Espa- 
gne, publia en 1741, en espagnol , 
deux viémoifes piquans , le premier 
intitulé : Ce qu'ily a de trop et de trop 
peu en Espagne, et le deuxième l'Es- 
pa^ne réreUUe, 

CAMPISTRO\(Ji;as GALABERT 
de), de l'académie française, né à 
Toulouse en iCjé;, mort dans la même 
ville le n mai i-jj. Il obtint des con- 
seils de Racine et lit un très-grand 
nombre de tragédies, parmi lesquelles 
on cite Andronic , Alcihiad» , Phocion, 
Tiridale. etc., les opéras d'/lcis cf Ga- 
lathée, d^Achille elA'Alcide. Toutes 
ses tragédies, à l'exception de Firginie 
et de Pompcin, furent très-applaudies 
aux représentations, et ne soutinrent 
pas ce succès à la lecture ; l'ordon- 
nance en est sage et régulière, le style 
naturel, mais très-faible. Sa comédie 
àujaleux dé$abuié ^rouye qu'il avait 



àl'une des huit places de ses associésjplus d'une sorte de mérite. Ses cea- 



étrangers, lit plusieurs découvertes 
importantes consignées dans ses nom. 
breux Mémoires , et a mérité les élo. 
gesde Condorccl, de VIcq d'Aiir et 
d« Cuvier. 

CAMPHCTS( Je4S ) , n* à Harlem 
«< i6H, CtM apjirwtl orfévr* daoB sa 



vres, recueillies en 3 volumes in-is, 
ont eu dix ou douze éditions. Campis- 
tron donna des preuves de valeur à h 
bataille de Steinkerke e il accompa- 
gnait le duc de Vendôme , à qui il fut 
attaché tonte sa vie, et dont il fut le 
KcrUaire dei oomœaodemcus. Son 



CAM 



xû4 



CAN 



frère Campistron ( Louis de ), jésuite, 
cultiva aussi les iettres, et suivit égalc- 
nieut le duc de Veudûme dans ses 
campagnes d''ïlalît'. 

CAilPOMANES (Dos rsoEO Ito 
URJGCEZ , comte de), célèbre minî^Ue 
Espagnol, de l'acad<^mie de Madrid . 
de celle des Imcriptioiis et Bdles- 
Lellres de P.tris , ué dans les Astu- 
ries au commenccnieut du dis-Lui- 
tiêrae siècle , fut di»î;racie , soutitu 
sa diî^gràce avec dignité, et mourut 
à Madrid eu 1789. On a de lui plu- 
sieurs ouvrages estimés sur l'Iiistoire , 
récouomie politique , etc., etc. 

CAMPRA ( A-NDBÊ ) , musicien cé- 
lèbre ué à Aix li: 4 décembre 1660: 
mort à Versailles le 29 juillet 1744 ^ 
s'uuitauxpremitrspoèlesde son temps 
et travailla pour l'académie rovale de 
musique, dont il fut un des plus fer- 
messoutit-MS. On a de lui une fouie de 
tragédies-operas et de ballets. Inler- 
médîairu entie Lulli et Rameau, il 
contribua autant quVux à tirer de la 
barbarie la musique fraueaise. Ses 
compositions, sansétre aussi savantes 
que celles de Rameau, qui chez nous 
créa rbarmonîe , ont plus de naturel, 
de vérité que celles de Lully, et pré- 
sentent un progrès sensible vers le 
but indiqué au génie. Aujourd'hui el- 
les ne seraient pas î-upportables. 

CAMCEL, tils de S. phtan , de la 
tribu d'Epbraim. 11 fut l'un d. 
désignés par le Seigneur pour procé- 
der au partage de la terre promise. 

CAMULOGÈNE , gênerai gaulois 
dont César parle dans sis Commentai 
ret. Il commandait en chef les Pari 
fliens, dont le cbeMieu était Lutétie, 
lorsque Labîénus, lieutenant de Ce 
sar, fi^approebade cette ville. 11 périt 
les armes à la main dans le combat 1 
Tré entre les <iaulois et les Romains 
dans la plaine d'Issy ttde Vaugirard. 

Camus ( Jean-Pibbbe ) , evêque 
deBelIcy, né à Paris le 3 novembre 
i58a, mort le td avril i653. Il ccri- 
vil contre les moines , et les accabla 
de raillt-riesct même de turlupinades, 
suivant le mauvais goût du temps. 
Ses romans spirilueU i>ont à peu près 
oublies , ainsi que ses sermons runi- 
plis de pointes et de quolibet.-». 11 
«taitlepremi«r à couvcuir qu'ii uiau 



quaitde jugement. 11 fut Pami de saint 
François de Sales. le Cumui (Etienne) 
cardinal, évêque de Grenoble , ué à 
Paris en 1602 , mort le la septembre 
707. Ua fait plusieurs ouvrages; les 
pauvres furent ses aiuiiipeiidant sa v\n 
prés sa mort, car il leur laissa 
tout ce qu^il possédait ; il était bon 1 1 
indulgent. Un de ses curés se plaignait 
un jour à lui de ne pouvoir empéc li^r 
ses paroissiens de danser les dimau- 1 
chesetfètes. « Eb monsieuri répondît 1 
le prélat, laissez-leur au raoius la li- 
berté de secouer leur misère. » 

CAUCS (Alexandre Gastos), avo- 
cat du clergé , membre de l'aeaJe- 
des Inscriptions et de l'Institut . 
né à Paris en 1740. député à l'asseia 
blée constituante, puis à la Conven- 
tion, archiviste de l'état, prit une 
grande part à la constitution civile et 
à toutes les discussions imporlaiiles 
sur radministration. Livré aux Au- I 
trichiens , il fut, en 1795 échiingè | 
contre la fille de Louis XVI , entra 
au conseil de» Ciuq-Cenl> en 179G , 
en sortit en 1797, et mourut en 
1S04. Le plus important de ses ou- 
vrages c'est la traduction de ["liis' 
loire des animaux ^ d'Aristote , pu- 
bliée avec le leste eu rejjard , 1 \o\. 
10-4°. i:?5. 

CAMUS AT ( Jean 1, célèbre im- 
prinieur-librairr sous Louis XIII. Ce- 
lait pour un autein- un litre à la faveur 
publique lorsqu'il s'était chargé de son 
manuscrit. 11 avait pris pour devise la 
Toison-d^Or avec ces mots : Te^it et 
quo» tan^ii inaurat. Il dut à sa répu- 
tation de ne publier que de bons ou- 
vrages , d'être choisi par Pacadémie 
française pour son libraire , lors de sa 
prentière organisation en j054. Eu 
celte qualité il élail tenu d^assislcraus 
séances et d'y servir connue d'buis- 
si* r. Plusieurs fois il fut chargé de 
taire pour Parademie des complinii-ns 
ou desremercimens, et il s'en acquitta 
fort bien. Lorsque Camusat mourut 
en 1G39, il fut arrêté, dit Peli^sou 
dans sou Ulitoira dû Vacadèmia (ran- 
^oisc , qu^on lui ferait un service y et 
ce fut, ajoute-t-il, l'honneur que 
celte compagnie rendit à son libraire. 
CANACUUS , sculpteur grec, frère 
d'Aristoclé*, et l'élève de Poljclèlti 



CAN 



i55 



CAX 



qu'il n'égala po'mU Outre »« princi- 
paux ouTrapes , il lit trente-une st«- 
tue<dc lironiequi furent iripér» dans 
le temple de Delplie» , en l'honneur 
de» chef» prec» vainqueur» de» Athé- 
niens au combat d'Epos - l'olanios. 
Cicéron et Pausania» parlent de ce 
sculpteur né à Sjcione , et qui floris- 
sait îoo ans avant J.-C. 

CANtXACX Jus- Il»i«Ti»Tir-r.(- 
?tiLT.E, ronile de) , lieuleiiant-p«'-néral 
des armées françaises , roninianda 
deuT foi» en chef l'armée de Tt^ucst , 
el fauTa Nantes B«siegè par 60,000 
Vendéens, Amba^sadeur à Naples 
jusqu'en 1799 , sénateur . pair de 
Franre , il mourut a Pari» le 3o dé- 
cemlire l'iy. 

<:a?îDaCE, nom commun aux 
reines d'Ethinpii-. 

CANnAl.E (HtRU nt ,\<>c»»tT , 
duc de (^an-dale), lils aîné du fameux 
duc d'Epernon , servit le prand duc 
de To'Cane contre les Turc» , com- 
manda en i6s4 , dans la Vallelinc , 
contre l'Espagne , passa à VeIM^e 
comme péiï'Taltssime. rétinien Fran. 
ce , commanda les armées deGuven- 
ne. de Picardie et d'Italie, en qua- 
lité de lieulenant-génerâl, et m<jurut 
en 1639, Loais • Charles-Gaston de 
Nogaret de Foix , duc de Candale , 
son nereu , se distingua dans 1rs guer- 
res de Catalogne, y coiiim,ind.i en 
chef, et mourut a Lyon »n iG5C. 
avec la réputation de l'homme le plus 
brillant f>. le plus galant de son 
temps, 

CAiNBACLE, nommé Myrsile par 
les tirées . était lils de Myrsis , roi de 
Lydie , de la race des Héraclides. 11 
succéda à son père : il aima les arts : 
Pline en cite des preures. Sa femme le 
Ctassassiner parGypés, aux regards 
il duquel il l'avait exposée sans voile par 
I vanité. Hérodote raconte cet événe- 
ment de cette manière , ctPlutarque 
tout dilTércramcnt. Candaule régna 
I dix-huit ans^ et fut le dernier roi de 
■' la maisin des Héraclides. 
' CAiîDORIER;jEvx),mairedela 
F.ochtile, sous le régne de Charles 
■ arvinl , par un stratagume rap- 
• par Froissart , à chasser les An- 
qui occupaient la citadelle. 

' A\GE (i:hieim du FRESXE. 



sieur ne ) , ni à Amiens le 18 décem- 
bre 1610, mort le «3 octobre >688. 
Il fut trésorier de France dans sa pa- 
trie. (In lui doit un grand nombre 
d'ouvrages savans^ parmi lesquels on 

hercho surtout se» C/osiairci grec 
el latin. 

CAXITZ f r«tDii!tc-Tîonoi.t"iiE- 
Loris , baron de ) . porte allemand . 
né à Berlin en iC54, eoiiseiller d'étal 

us l'empereur Fridrric I et Léo- 
pold , passa pour le Pope de l'Alle- 
magne . et mourut à V>erlln en 1699. 
Ses poésies ont été publiées sous le 
litre de Dilattemens poétiquei, Berlin, 
1700, in-i 1. 

CANXIXG ( Groxci; ), nvnislre d'é- 
tat anglais , né à Londres le 1 1 avril 
1770, d'une famille ancienne , reçut 
une excellente éducation , malgré la 
position de sa mére^ réduite à prendre 
le parti du théâtre. A son entrée dans 
la chambre des communes, îl sou- 
tint Pittel suivit les dilTérentes formes 
de ce ministère. En 1807 il se hattH 
avec lord Castlereagh et fut blessé. F.n 
iSst , non-mé gouverneur de l'Inde, 
il allait partir, quand la mort du mar- 
quis de Londouderry le tit appeler au 
minislfre des affaires étrangeresqu'ii 
occupa jusqu'au 12 avril 18a". Deve- 
nu I remirr ministre avec la faveur 
<Iis Wh'glis qui ! onr la première fois, 
lui pr. terciit leur appui, il mourut 
pauvre , le S août de la même année. 
Les grandes m<-sures qui signalent sa 
vie ministérielle, sont la reconnais- 
sance des étals de l'Amérique méri- 
dionale , le maintien de l'indépen- 
dance du Portugal , et le traité conclu 
entre l'Angleterre, la Russie cl la 
France en faveur de la Grèce. 

CANXIZARES ( D. JosEpn df. !, 
auteur dramatique espagnol , vivait 
à la cour de Madrid dans le dix-sep- 
tième siècle. Il a composé un grand 
nombre de pièces, et il se distingua 
principalement dans la comédie d'in- 
trigue. On estime SOQ Musko par el 
amor y et surtout son Domine Lucas j 
pièce à caractères, et l'une des plus 
régulières du théâtre espagnol. 

CAXO ( Aloxïo ou Alexis ), né à 
Grenade en iCoo , mort en 1C76, 
l'un des plus grands artiste» que l'Es- 
pagne ait produite : il fut à la fois 



CAN 1 

pelDtre,sculpteur et archttccte. Quand 
îln^aTait pas d^argent pour faire Tau- 
niôue , ce qui lui arrivait souTcut, il 
f reuait un papier i-t faisait au luen- 
diaot un dessin qu'il lui douoait, en 
lui enseignant où il pouTaitle Tendre. 

CaNO (SttiSTiEs del), navigateur 
Bitfcaïen , au dixième «ièclt^ , embar- 
que comme maître à bord d'un des 
navires (la Conception ) àe Tescadre 
de Ua^ellan, pui5 commandant du 
navire la yictoire, contribua en celte 
qualité à rétablis.«emen( d'uu comp- 
toir espagnol , reconnut les îles d'Am- 
boine , Timor , Totor , etc. , et arriva 
au port de San-Lucar en Andalousie, 
nprè» une navigation de plus de troi- 
ans. Mourut en iSiC, pendant un 
nouveau voyage sur la mer du Sud. 
Cono (Jacques), navig;iteur Portugais, 
découvrit le Congo , explora plus de 
ïoS lieues de terres au-delà du Zayre, 
et mourut à Lisbonne eu i^Sû. 

CAXOVA ; AxToisE ) , marquis 
d'Ischia, célèbre sculpteur italien, 
né en 17^7 à Passagno dans It-s états 
Vénitiens , mourut à Venise le 12 oc- 
tobre i8aî. Ses statues, ses bas-re- 
liefs et SOS autres ouvrages de sculptu- 
re 'sont très-nombreux; on en compte 
plu» de soixante-dix, parmi lesquels 
OD remarque surtout son ilausotèe de 
Cernent XIF , t' Amour et Ptyché cou- 
ché. Psyché enfant, iîadeielne repen- 
tante, l'un df ses clicfs-d'œuvre , ou 
du^ioins le plus populaire de ses ou- 
vrages, le Mausolée de Marie Christine, 
archiducbesse d'Autriche, Vénus sor- 
tant du bain , le iiausolée d'Alfieri, la 
Concorde, etc. Il sut associer l'imita- 
tion de la nature aux beautés idéales 
de l'antique. Il avait tté appelé à Pa- 
ris en iSoa par Bonaparte , alorspre- 
mier consul, et accueilli avec dis- 
tinction. En i8i5, lorsque les mouu- 
mens des arts réunis dans le musée du 
Louvre furent rendus à liurs anciens 
propriétaires, Canovafutcboisi par le 
pape pour présider à la reconnaissance 
et à la translation de ceux qui appar- 
tenaient à Rome. Il vint à cet ciTct à 
Paris dans le courant d'août, avec le 
titre d'ambassadeur du pape. Comme 
il procéda fort rigoureusement , un 
ministre français lui dit qu'il aurait 
dû prendre U titre d'«miiall«ur de S. S- 



56 CAN 

CANTACCZÈXE (jBisl.emj.. 
reur d'Orient. D'une famille noblr il- 
Constantinople , favori et miuislr- 
d'Audronic Palèologuo le Jeune , il 
usurpa l'empire après sa morlen 10:4-', 
et le restitua ensuite à Jean Pale*^!' - 
gue, son pupille, auquel il appar' 
nait légitimement. Il se retira ii' 
dans un monastère, où il écrivit Y'.- 
toire de son temps en 5 vol. in-fol. li 
en a paru une version latine en iCn.^. 
11 fut grand prince , bon poliliqu' , 
excellent général , et regretté de r 
sujets. 

CANTHARA. Agrippa, tétrarq . 
de la Judée, lui fit obtenir la îu*aii'l 
sacrilicature ; mais il fut obligé d--- 
s'en démettre en faveur de Uattbiu^ ■ 
frère de Jonalbas. 

CiNTHARCS, sculpteur grer. 
à Sycione , trois cents ans av. J.-( 
fut l'élève d'Eutycliides. Il Ut un p ni. 
nombre d'ouvrages recommandaM- -. 
mais aucun ne fut *angé parmi l' - 
ciiefs-d'œuvTe de i'art. Cn autre C 
tharus inventa ces vase s de tern- :i' 
quels on donna le nom de Canihar 

CANCLÉICS, tribun du peupl. ,. 
Rome, excita un soulèvement, à la 
faveur duquel il fit rendre , l'an 4i5 
avant l'ère chrétienne , le décret qui 
autorisait les alliances des plébéiens 
avec les patriciens. 

CANCS ( Ji-urs ), Romain mis à 
mort par l'ordre de l'empereur C.ali- 
gub. Il mourut en vrai philosopha". 
Senèque l'admire dans son traite de 
Tranquillitate anîini. 

CAXCT l" , roi d'Angleterre et 
de Dannemarck , monta sur ces deux 
trônes réunis, l'an loiS , remplit à 
deux reprises le premier de ces rojan - 
mes, d'incendie et de carnage, vain- 
quit la Suède, et conquit la Norwège. 
D'abord cruel et injuste , puis équiU- 
bleethumain, il tinit par être dévot 
et superstitieux, Ot un pèlerinage à 
Rome , couvrit le sol anglais d'églises 
et de monastères, et mourut en lojC, 
après un régne de vingt an», à Sliafts- 
bury, ayant mérité le titre de Grand, 
pour sa puissance et sis conquêtes , 
pluir.tque p-iur se» vertus. Soittcsta- 
mcnt assigna au premier de ses fils la 
Norwege, au j« l'Angleterre et au .)• 
1b Dannemarck. — Plusieurs rois de 



CAP 



i5j 



CAP 



Danrmarck et de Suéde ont porté lu 
niènir nom. 

CAPELLi ( Mi>BTiiTrs • MisEirs- 
FÉi.ix ), écrivam latin, né , selon les 
uns, Tirs l'an 490 avant J.-C., ou 
Ion d'autres, dans le liuitiènie siècle 
de IV-re chrétienne, sous le règne des 
deux (lordieiis. On a de lui un ourrage 
intitulé Satyricon , espê^'c do pi-tile 
encyclopédie en 9 liv., niélanp< 
prose et de Ters. La dernière édition 
complète est celle de Lyon, 1619, 
îii-8. — Un autre Capella , poète élé- 
giaque , dont il n'est rieu resté , est 
loué par OTide. 

CAPITO ( AsTirs; , Gis d'nn pré- 
teur. II fut l'un des plus grands juris- 
consultes de son siècle. Auguste le 
porta au consulat. Il flétrit son carac- 
tère en devenant l'un des flatteurs de 
Tibère. Tacite no l'a pas épargné. 

CAPITOIJNDS ( T. Qii.NtTus) , 
frère du célèbre Cincinnatus , fut élu 



liin , imprimées aTcc les œUTres cjc 
Spartien. 

C Al>() D'ISTRI A ( Jmy, comtu ds), 
né à Corfou , conseiller d'état de 
l'empereur de Russie , secrétaire- d'é- 
tat, grand-croix de l'ordre de Saint- 
Vladimir , de la première dasw , 
grand-croix de l'ordre de Saint-Léo- 
pold d'Autriche et de celui de PAigle- 
rouge de Prusse, était, en i8i3, 
minislrc-pliiiipotentiaire en Suisse ; 
appelé à Vienne en i8ii, il y prit 
part au congrès qui s'y tint, fut, à 
ilagucneau, un des trois commissai- 
res chargés d'entendre les proposi- 
tions des cinq plénipotentiaires fran- 
çais, suivit son maître à Paris, où il 
conclut arec ses collègues le traité 
de paix définitif avec la France, et le 
signa le 30 novembre iSiS. Elevé dc- 
puisàla présidence de la Grèce, il 
tint dans cette position critique un« 
conduite qui a été jugée diverseinent. 



risul pour la première fois avec Ap-| excita des mécontentemens et des hai- 



pius Claudius, père du décemvir. Il 
était très-aimé du peuple ; ce fut lui 
qui arracha Appius 1 la vengeance d: 
la multitude , et fit adopter la loi que 
les tribuns seraient élus par les curies 
et non par lestribus. Il marcha contre 
les £ques , et revint à Rome chargé 
d'un riche butin ; on lui décerna le 
surnom de pèr« de» iotdats. Apfius 
était appelé le (vrnn de Varmée. Consul 
une seconde fois avec Q. Servilins 
Priscus , et vainqueur des Eques et 
des Voisqnes, il fut honoré du triom- 
phe : le sénat et le peuple se rendi- 
rent avec lui au Capitolc : il fut sur- 
nommé alors Capitolinus. Il fut nom- 
mé consul une troisième et une qua- 
trième fois, puis le fut une cinquième 
et une sixième: enfin lieutenant-géné- 
ral du dictateur Mamercus £milius, 
il combattit et vainquit l'armée des 
Falisques , des Fidénates et des 
VéTens. 

CAPITOLIMJS (Jrurs), historien 
romain des 3' et U^ siècle de J. C. , 
un des six écrivains de l'histoire d'Au- 
guste , a laissé les vies d'Antonin le 
pieux, de Marc-Antonin le philosophe 
' Marc-Aurèle ) , de Vérus, de Perti- 
nax , d'Albin , de Macrin , des deux 
îlaximin , de Maximin le jeune, des 
trois Gordiens, de Maxime et de Bal- 



qu'il n'était guère possible d'évi- 
ter, et mourut assassiné m décembre 
i85i ; son meurtrier fut massacre sur 
le champ et le frère de l'assassin fusillé 
peu de jours après. 

CAPOXl ( Ai crsTi!» ) , l'uo des 
conjurés pour enlever , en i5i5, aux 
Medicis l'autorité qu'ils avaient recou- 
vrée l'année précédente, avec l'appui 
d'une année étrangère. La cons[>ira- 
tion ayant été découverte par son im- 
prudence , lui et Paul Bareoli eu- 
rent la tête tranchée. Le célèbre Ma- 
chiavel, l'un des conspirateurs, après 
avoir été condamné à une prison per- 
pétuelle , reçut sa grâce de Léon X. 
CAPPERONNIER. Trois liiléra- 
teurs, tous parens , ont porté ce 
nom. Le plus connu est Jean, neveu 
du précédent , né à Mont-Didier eu 
1716, mort en 17-5 . bibliothécaire 
du roi , membre de l'académie des 
Inscriptions et Belles-Lelires, après 
avoir publié des éditions de plusieurs 
auteurs latins- Son neveu , Jean-Au- 
gustlu , fui aussi un des conservateurs 
de la bibliothèque royale. 

CAPRARA ( jEi.N-BAPTrsTE ) , car- 
dinal, archevêque de Milan, comte 
et sénateur du royaume d'Italie . 
grand dignitaire de l'ordre de la cou- 
roDue de Fer , né à Bologne en 1735, 



CAR 



i58 



CAR 



remplit avec Oislînction le» missions 
que lui ronGèreiit Tienoît XTV et 
Clément XIII. Légat à laiere près le 
gouTeriienient consulaire, il eoncîul 
le coneordat qui rendit la paiï à 
l'église catliolifiun , sacra IVapoléon 
roi d'Iialie, dans la caihédrjle de Mi 
lan, mourut à Taris en iSio, et fui 
inhumé dans l'église de Sainte -Ge- 
niève le s5 juillet. 

CAR AC ALLA , empereur romain, 
ainsi nommé d'un habillement gau- 
lois qu'il se plaisait à porter , naquît à 
Lyon en avril 188. Sa tie ne fut qu'un 
«nehainenientde cruautéset de folies. 
Il fit poignarder son frère Géta dans 
les hrasde sa mère , et pitirses amis 
et les habitans d'Alexandrie qui n'a- 
Taient pas approuvé ce crime. Il per- 
sécuta les savans , et épuisa toutes les 
provinces par ses impôts et ses exac- 
tions, pour enrichir les soldats qu'il 
Toulait s'attacher, Cne de ses manies 
fut d'imiter Alexandre, et ses expédi- 
tions mililaires ne furent que des 
extravagances. Il acheta la paix des 
Germains à prix d'argent, et se dé- 
cora du titre de Germanique , de Par- 
Ihique. sans avoir vaincu ni même 
TU les Parthes. Un centenier des pré- 
toriens le tua le 18 avril aiy. 

CAR ACCIOLI (Loris- AxToisE m), 
né à Paris en 1721. Il était d'une 
branche de la maison napolitaine de 
ce nom, et <i'un père ruiné par le 
syslènie de Law. Il voj agea beau- 
coup et jamais ne connut l'aisance de 
la fortune. La nomenclature des ou- 
vrages qu'il composa pour vivre se- 
rait trop longue ; il est surtout connu 
par les Lettres intéressantes dt Clément 
iir, Paris 1775 , 2 vol. in-ia,dont 
il est resté malgré lui l'auteur, quoi- 
qu'il ait protesté constamment qu'il 
n'en était que le traducteur; il mou 
rut à Paris le 29 mai iSo3 , ne laissant 
à son fidèle domestique que vingt- 
quatre francs pour tout héritage. 

CARACCIOLO (DoMiM.jrr) . mar- 
quis, né à Naplcs en 1716, fut nm- 
Ijassadeureu France, eu Angleierre , 
vice-roi de Sicile et ministre des af 
faires étrangères à Naples , et mou- 
rut en 17S9. C'est à son lelonr d'An- 
gleterre , qu'il disait en riant que la 
hine d< Naples était plue chaudo qu« 



le soleil de ce pays, et qu'il n'y avait 
trouvé de fruits mars que des pom-; 
mes eniles. 

CARACTACDS, roi des Silures 
( peuple de la Grande-Bretagne), 
biava pendant neuf atis la puissance 
des Romains. Vaincu et livré parCas- 
trimandua , reine des Brigantes , chez 
laquelle il ,-ivait cherché un asile , il 
fut conduit à Rome; il y conserva au- 
près de l'empereur Claude la fierté dei 
son caractère. Celui-ci le renvoyai 
chargé de présens exercer dans sa pa- 
trie une puissance qu'il ne dtvai' 
plus tourner contre les Romains- I 
mourut l'an 54 de J.-C. Tacite a peitii 
à grands traits l'héroïsme de ce loi 
qui a fourni le sujet d'une tragedii 
anglaise fort estimée. 

CARANUS, fils d'Arislomidas . 
aida Phidon , son frère , à monter sui 
letrûne de ses ancêtres. Il se mil en 
la tète des mècontens et le; 
emmena dans la Macédoine, où i 
s'empara d'abord d'Edesse. Ayant en, 
suite chassé du pays Mjdas, roi de 
igcs , il jeta les fondemens dr 
royaume de ftlacédoinc , vers l'at, 
800 avant J.-C. 

CARACSICS ( Mi«crs-Ar»it.iM! 
iLtBirsi . général Romain , né dan:; 
la Gaule-Belgique au troisième siècle 
de l'ère chrétienne ; chargé par l'eml 
pereur 31axiniilien de protéger le^ 
rs de r.Vrmoriqne el de la Gran 
Brelagne , passa dans celle île , s'> 
fit proclamer empereur, battit Maxi 
mien , et le força à lui laisser la pos 
sesMon de ce pa>s , fui associe à l'em 
pire, el lienlôl après assassiné et 
194 par un de ses oDieiers nommé Al 
leclus, qui revêtit la pourpre impé- 
riale. 

CARAVAGE ( Michil-Ance di} 
peintre, né à Caravaggio dans le Mi 
lanais, en 15C9 , mort en iTog. Ilfùl 
d'abord compagnon maçon ; vatâi 
bientôt s'étant appliqué à l'étude delt 
peinture , il ne tarda pas à devenu 
célèbre. 11 règne dans tous ses ou' 
ges un goût bizarre et irrépulier. Sol 
iiumeur querelleuse remplit sa fil 
d'amortume. 

CARBON ( Ciits ) , fut un des plu- 
grands orateurs de son temps, ("icé- 
mn en parle avec éloge. Il liitlribuc 



CAR 



• 59 



CAR 



du peuple et consul. Accuic par L. 
CrasâU^, iUedonua lu niorl. Cicvroii, 
dans tes letlris fanùliéres , parle aussi 
du sénateur Carton ( Arrina ), qni 
perdit la ïie daus le massacre ijuc lit 
au sénat ieprcleur ItrutusDaniasipus, 
par l'ordre de Marius lu lils. Carbon 
iCDeiusPapirius), lilsdc Caius Papi- 
riu9, fut soupçonné de coniplicite dans 
le rrinie de péculat dont on chargea 
la mémoire de sou père. Il fut consul 
arec Ciniia et avec le liUde Marius. 
et lutta contre SUIa pour lequil Pom- 
pée s'elaitdeclaié. A}ant aLandonne 
l'Italie et «on année , il se réi'upia eu 
Afrique , puis dans l'ilc de (^o^sura. 
Conduit parotté aux pieds de Pom- 
pée, ce général le lit mettre à mort 
et envoya sa lël» à SjUa , l'an de 
Kome 670. 

CARCIXaS d'Agrigcntc, poète 
tragique et comique, llorissaituu peu 
avant l'époque de Philippe, roi de 
ilacedoîne. 11 se trouva avec le philo- 
sophe Esciiv ne à la cour de D>njs. 11 
composa quatre-vingt-dix-huit pièces: 
Aristote et Diodore. en parlent avec 
éloge. L'n autre poète tragique de ce 
uoui , et contemporain du premier , 
était d'Athènes. Un lui atliibue cent 
soixante pièces, l.'ohscutité de son 
style était passée en pioverbe : Cest 
du Carcinu$ , disait-on pour désigner 
une diction pénible et entortillée. 
Aristophane tourna en ridictUc la va- 
oité de ses trois lils. 

CARDAN ( JinOHB), médecin et 
géomètre, né à Pavie eu iSot , raort 
en 1Ô75 suivant de Tbou , et en 1676 
suivant Baylc. Il (ut professeur de 
oiathématiques à Milan , et donna des 
leçons de médecine. Il était supersti- 
tieux et donnait dans l'astrologie; 
mais la géométrie lui a l'oMigation 
de problèmes trés-délicats , et on lui 
doit la lampe qui porte son nom, dont 
la suspension sert aux boussoles, pour 
ne jamais renverser. Il avait les dis- 
cours et les fantaisies d'un insensé; 
sa dernière lolic fut de se laisser niou- 
rirdefaini, pour juslitier la prédic 
tioD qu'il avait faite de sa mort. Ce fait 
a été contesté. On a recueilli ses ffu 
vre» en dix volumes in-Iolio , compi- 
lation immeuso de rêveries cl d'ab 
surdités. 



CABUO.VNE ( Dbivis-Doiiiîiiqob), 
savant orientaliste, né à Paris en 1710 , 
mort le »5 décembre 17S3. 11 passa 
vingt ans à Constantinople ; à son re- 
tour il fut Dominé secrétaire inter- 
prète du roi pour les langues orii nla- 
les , censeur royal et inspecteur de la 
librairie. On lu'i doit l'Ui'iloire de l'A. 
frique ei de l'F.tpitçnê ^ $ou»la domina- 
t'on det ArabcM ^ 5 volumes in-ia ; et 
des Uclan^i-, de liHirati'TC orientale , 
1770, 1 Tnlumes iu-ij, qui eurent 
beaucoup de succès, 

CARKT ( liimii ) , poète anglais 
du dix-buitième siècle qui lut aussi 
musicien. Il vécut toujours dans un 

lat voisin de l'indigence , et se tua 

u 1744. Il y a beaucoup d'esprit et 
de gaité dans ses petits ouvrages. lia 
publié entre autres un recueil décent 
ballades anglaises , et c'est de lui 
qu'estle (anieui chant Gu({ tace great 
George our king, etc. ( Dieu conserve 
le grand George notre roi, etc.). Dans 
ses poésies tt chansons il conserva 
loujoun* le respect dû à la décence, et 
un esprit de satire mesurée. 

CAHEZ ( Joseph ), impriraeurà 
Toul , mort sous-préfet de cette ville 
en 1801. Il était passionne )-our le 
perfeclionnemen t de l'imprimerie , et 
doit être considéré comme l'inven- 
teurdu clicbage, procédé auquel lient 
la beauté d'exécution du stéreotypage. 
Il donnait à ses éditions le nom d'omo- 
«ipcs, pour exprimer la réunion de 
plusieurs tvpes eu un seul. 

CARIBEKT ou CIIEREBERT, 
l'ainé des lils de Clotairel, eut en 
partage le royaume de Paris , et com- 
mença à régner en 56i.ll était ami 
des lellres. C'est sous son règne que 
commença la puissance des maires du 
palais , qui dans la suite absorba cello 
des rois. Il ne faut pas le confondre 
avec ('béreberl , son frère , roi d'A- 

quilaiue. Il mourut en S67. 

CAKIGNA.N ( Tboïas-Fbaxcois DE 

SAVOÏE, prince de) , né en 1596. 

Son caractère actif et inconstant le 

jeta dans plusieurs partis, et pendant 
vingt ans il lit la guerre avec succès. 

En i655 il commanda l'armée des 
Espagnols ; en i658 , battit le maré- 
chal de La Force, et lui lit lever le 
siège de Saint-Omer. Eu 1659 il eu- 



CAR 



160 



CAR 



tre dans le Piémont , s'empare de 
Chivas; d'autres places lui ouïrent 
liui-s portes , il se rend maître de 
Crcscenlin, et marche sur Turin, 
défendu par lesFraneais : unesuspen- 
«ion d'armes l'y fait entrer. Après 
l'expiration de la trêve la guerre re- 
commence : il est détait au combat de 
Quiers par le comte dHarcourt. Il Ut 
son accommodement avec Louis XIII, 
déclaré généralissime des armées de 
France et de Savoie en Italie, il eut 
pour lieulenansTurcniie elle comte 
de Praslin. Après les campagnes de 
1645 et 1645 , il se rendit à Paris, où 
il obtint toute la conliance du cardi- 
nal Mazarin.En )C54 le prince de Ca- 
ri^nian fut fait grand raaiire de Fiance 
à la place du prince de Conde , et Dt 
d'autres campagnes. Il mourut à Tu- 
rin le ss janvier i65C. Il avait épouse 
Jlarie de ISourbou-Soissons , dont il 
eut deux iils. 

CAPiINUS ( SIitcrs-AmÉLics ), 
empereur romain qui succéda à son 
père Carus, 11 avait de la bravoure, et 
défendit courageusement son empire: 
mais il se livra à la débauche et à la 
cruauté. 11 fut tué dans un combat 
auprès de Margus, l'ansS^- 

CABLOMAX. Il y eii a eu irois: 
1. Carhman , Iils aîné de Chnries 
Marlel el frère de Pé|iiii -le. Bref. 
Il continua avec gloire les exploits 
de son père contre les Sarrasins , les 
Saxons, les Bavarois; niais dégoûlé 
des combats il s« lit moine , laissant 
les grandeurs et le Irûne à son frère. 
Il mourut à Vienne en Daiipbiiié le 
7 août 755. 1. Carloman . fils de Pé- 
pin-le-Bref et frère de (^harlemagne , 
fut roi d'Austrasie et mourut en 771, 
après un règne dr trois ans; il était 
né en 7Ô1. 3. i'.arloman, IWs de Louis- 
le-Bègue rt frère de Louis III , eut 
l'Aquitaine et la Bourgogne , et mou- 
rut en 8S4 d'une blessure qu'un san- 
glier lui fit à la chasse. Il battit sou- 
Tcnl les Normand». 

CARLOS (Uo.v). (ils de Philippe IT 
et de Marie de Parlugal, né n Valla- 
dolid le 8 janiier l545. Son père 
ayant découvert le» traces d'un <-om. 
plot contre sa personue, le lit em 
poisoimer, disent le» uns, d'autres 
|;réleudeul qu'il fut étranglé. La ca- 



tastrophe de don Carlos paraît avoir 
été aussi mystérieuse que tragique ; 
l'abbé de St.-Piral u'a pas servi à 
l'éclaircir. On n'est pas bien d'accord 
sur l'époque de la mort de cel infant 
d'Espagne ; plusieurs l'ont placée au 
34 juillet 16C8. Sa fin malheureuse a 
fourni à Campisli-on , à MM. de Xi- 
ménes et Chénier , le sujet de trois 
tragédies. Otwaj , Schiller et Alfieri, 
ont aussi mis D. Carlos sur la scène. 

CAKMOXTELLE . né à Paris le 
iS août 1717, y mourut le a5 décem- 
bre 1S06. Ses Proverbes dramatiques. 
réimprimés plusieurs fois, lui ont 
assigné une place dans la littérature, et 
beaucoup d'auteurs comiques de nos 
jours y ont puise sans façon. Au talent 
d'écrire avec beaucoup de facilité, il 
joignait le talent de peindre; il a fait les 
portrailsde presque tous les personna- 
ges célèbres du dix-huitième siècle. Il 
s'amusait quelquefois à faire des trans- 
parens. Son Théâtre de campagne , 
1776, 4 vol. in-S, el le Théâtre du 
prince CAenerzoa' . traduit en français 
par le baron B/enninj, noms supposés, 
1771,3 vol. in-3 , sont fort estimés ; 
atee quelques développemens plu- 
sien r s comédies de ce^ recueils seraient 
dignes de la scène française. Il avait 
été lecteur du duc d'Orléans, et l'or- 
donnateur des fêtes que donnait ce 
prince. Il était devenu sourd sur la 
lin de ses jours , el nous l'avons en- 
tendu s'écrier au théâtre du Vaude- 
ville : • Il me semble que de mon 
temps les acteurs partaient et chau> 
(aient plus haut que cela ! • 

CARNÉADE de Cyrène, fondateur 
de la troisième académie , naquit 
vers l'an si8 avant J.-C. Son école 
érigeait en précepte un doute ab- 
solu, et diiïérait peu de celle d'Ar- 
césilas. Ses adversaires redoutaient 
son éloquence, tyicérou en parle sou- 
vent dans ses ouvrages philosophi- 
ques. Ily B eu deux autres Carncadcs : 
l'un épicurien , qu'on a quelquefois 
confondu arec l'académicien et qui a 
vécu avant lui ; il était Athénien et 
disciple d'Anaxagore; l'antre était un 
poète qui faisait de» élégie» froides et 
obscures. 

CARNOT (Lii»a«- NicoiA»-Mi»- 
GVEiiii ) , Di à Nolay en Bourgogne, 



CAR 

Ir i5 mai 1753, mort à Magilcliourg, 
en août i3i3. L'homme polilii|iic 
u'uppartieiil pas au cadre de ce dic- 
tionnaire. Il a fait nn grand nombre 
d'ouvrages sur Irn malhi'maliques et 
la géométrie. Son Traité de la dé fente 
det place! a obtenu beaucoup d cd' 
lions, et a ^lé traduit dans toutes les 
langues. Il eulli«a les lettres et même 
Ja poésie légère par délassement. Ses 
vertus furent le désintéresseiuenl et 
la probité. C'est lui qui a fait adop- 
ter pour la France les méthodes d'en- 
seignement luuluel de lïell et de 
Lancastre. Son (ils , capitaine du gé- 
nie, est mort à Paris vers la (in d'août 
>85s, liclime de l'épidémie , à peine 
âgé de ^C ans. 

CARO (Axntbal), l'un des plus 
célèbres auteurs italiens du seizième 
«ièele, né en 1607 à 6itta-Xova, mort 
a Itome le >i uorcmbrc \ht6. Il fut 
Ijon négociateur et secrétaire du duc 
de Panne. Il a fait pour ses compa- 
triotes une Enéide italienne aussi 
l)el(e peut-être que la latine le fut 
pour les Romains. On a encore de lui 
un recueil estimé de ses poésies et 
deux volumes de lettres , que li-s Ita- 
liens regardent comme nn vrai mo- 
dèle de lu bonne prose italienne. 

CAKO.\ , chef des Celtibériens et 
des Numantins , marcha contre le 
ronsul romain Quintus Fuhius, lui 
litra bataille et le délit ; mais emporté 
par son ardeur à la poursuite des 
fuyards , il fut chargé par la cavalerie 
romaine , et mourut les armes ù la 
main, l'an i55 aiant J.-C. 

CAROX (i.B BiiioN PiERiiE-Lons- 
AvGisTB ) , maréchal de camp d'ar- 
lilterie, commandeur de la légion- 
d honneur , né à Brunhaule! ( Aisne ) 
le a5 juin I77i, entra au service en 
1790 , parcourut successitement les 
grades subalternes, devint colonel du 
Luitiéme régiment d'artillerie, direc- 
teur d'artillerie À Valenciennes sous 
«restauration, obtint sa retraite en 
i8ai , après 6a ans de service», et 
mourut à Paris le 8 mai lS33> 

CARPE , l'un des soixante-douie 

disciples da J.-C II logea chez lui 

saint Paul, qui par rccoonaissaoce lui 

donna soir manteau et ses livres. 

CARRACUE ( Loris ) , pi-inire ap 



161 



CAR 



pelé en Italie Carracci , naquit à Eo- 
[ligne en |555. Ses plus beaux ouvra- 
ges sont dans cette ville ; il euccll» 
dans les vues d'aichitecture et dani 
le dessin. Il mourut en 11*13, Corra- 
c/i« (AiinihalJ n'est pas moins célèbre 
que lui; plusieurs antres peintres du 
même nom étaient tous de sa famille. 
CARRÉ (Loris), géomètre français, 
de l'acadêniie des sciences , né en 
iCC3 , mort en 1711 , élève de Malle- 
branche, a laissé plusieurs ilémoircs 
dans la collection de celte académie, 
et dans le Journal de» Savant. Carré 
((j.L.J.], célèbre ) 11 ri>consu Ile .occupa 
près de 5o ans, la chaire de procédure 
et de législation criminelle à Rennes; 
il y est mort subitement en mars 
i8.i« , d'un ané\risme au cœur, au 
moment où il allait donner son cours, 
doveii de la faculté de droit. Il a 
laissé plusieurs ouvrages de juri^pru- 
dence fort estimés. On a donné 
près sa mort une nouvelle édition 
de ses loi» de la procédure civile , î 
forts vol. in-i", i85a. 

CARRIER (Je4s-Ba?tisti!), né eu 
1756, député de la convention, infer- 
nal boucher de Nantes dans la révo- 
lution. Son nom ne peut être cité que 
pour être livré à l'exécration de la 
postérité. Il périt sur l'écbafaud le 
5 décembre i-rgi. 
CARRION (EmuNCEL-RiniEi de), 
avant Espagnol, né sur la lin du 
iTiC siècle, trouva le premier dans sa 
patrie l'art d'enseigner les lettres aux 
sourds-muets et de leur donner quel- 
que usage de la parole , et s'il n'en 
fut point l'inventirur , du moins il fut 
le seul qui l'exerça de son temps, et 
s'eo occupa avec un grand succès. 

CARROX iGrv TocssiixT Juiifn). 
né à Rennes le a3 février 1760 , mon 
le i5 mars iSaf. Ce bienfaisant et 
erlueux ecclésiastique a publié nn 
rand nombre d'ouvrages de morale 
et de piéié , parmi lesquels on dis- 
lingue ht Ecolieri vertueux, a vol. 

CARTEAD.\ (jEis-Fmsçois), gé- 
néral des armées républicaines, ùh 
d'un soldat, né en Francbe-Comtc en 
7tl , quitta la peinture pour les ar- 
mes , devin! général , battit les fédé- 
aliste» en plusieurs rencontres, el con- 
serva Marseille à la république ;*proa- 
14. 



CAR 



162 



CAS 



Ta deux destitutions, et n'eo lerTit 
pas iaCooTenlion avec moins de zèle 
le i3 Teodémiaire. Adoiinislrateur à 
la loterie, puis commissaire dans la 
principauté de Piombino , il revint 
en France, et mourut vers 1S07. 

CARTHALON, graud - prêtre 
d'Hercule, tils de Mâchée, général 
Carthaginois , mis à mort Tau 53o 
aTaoi J.-C. Carthalon, {général Cartha- 
ginois, eiiTojé eu Sicile après la dé- 
faite de Bégulus , assiégea et prit 
Agrigeiile , et remporta de grands 
avantages sur les Komains. Kappelé 
parle sén.it de Carlbagr, parce qu il 
s'était rendu odieux par des rigueurs 
déplacées, il fut remplacé par Amil- 
car Ëarca, père d'Annibal. Carthalon, 
général de la cavalerie carthaginoise, 
accompagna Auuibal dans son espé- 
dilion d'Italie. Après la bataille de 
Cannes , ce fui lui qui vint à Rome 
olfrir des i-ondi lions de paix, et qui 
reçut l'ordre de sortir avant la nuit 
des terres de la république. Il com 
manda ensuite la garnison de Ta- 
rente , ft , surpris par les Romains, 
fut passé au ill de l'épée aiec les 
siens, J'an 309 avant J,-C, 

CARTISMANDA, reine des Brigan- 
tes dans la Grande - Bretagne , sous 
l'empire de Claude, embrassa le parti 
des Homains, vers l'an 43 de J.-C. et 
poursuivie par son mari Vénusinus 
qu'elle avait quiltce, chercha un asile 
dans leur camp. Les Romains à la 
faveur de ces divisions , s'emparèreul 
du territoire des Brigantes. 

CARTODCIIE (Lons-DoMisiQtE), 
fameux bandit dont le nom est de- 
Tenu populaire et sjnnnyme de vo- 
leur et de brigand. Il fut exécuté er 
place de Grève le aS uovembre 1731 
Legraud a fait reffisenter une corné 
die qui avilit hon nom pour titre , et 
Graadvat a donné au public un 
poème asseï médiocre intitulé : ('.a 
touche ou It vic4 punL II y joint un 
petit dicUoDoaire de Targol des vo 
kurs. 

CARDS (MiKcrs AtnÈi.tcs) . empe- 
reur rom;>in, né à Narbonne, d'autres 
disent à Rome , succéda à Probus 
l'au sSa. Il Jul son élévation à suii 
mérite, défit les Sarmales, les Perses, 
et mourut au milieu de ses wcloirefr 



l'an a33, la deuxième année, de sou 
gne. Pes .historiens disent qu'il fut 
trappe d'un coup de foudre dans sa 
tente. Il fut mis après sa mort au 
rang des dieux. 

CASA I Je4ï-Delli ) , orstear et 
poète Italien, l'un des écriraius les 
plus élégans du xvie siècle, né à Mu- 
gello près de Florence , le s3 juia 
i5o3, entra dans les ordres , et s'atta- 
cha aux deux cardinaux Alexandre 
Farnèse , dont le premier détint, ea 
i534 . P^pe sous le Dom de Paul III. 
Nommé eu i554 « archevêque de 
B*inéveut , puis nonce à Venise , il 
fut rappelé à Rome pjr Paul IV, 
qui le Ut secrétaire d'état, et dont la 
faveur lui promettait le chapeau de 
cardinal lorsqu il mourut le i4 no- 
embre i5ôô. Celui de «es ouvrages 
ea prose qui lui a fait le plus de ré- 
putation, est son traité întitutê : Il Ga- 
lateo, Florence lôeo.in-S»; ses Po^jies 
Ljritfues itnlUnnet , sont comparées 
pour l'élégance et la pureté du style , 
à celles du Bembo , et ne contribuè- 
rent pas moins au rétablissement du 
goût ; l'édition la plus complète de 
œuvres est celle de Venise, 175», 
3 vol. in-t". 

CASAS (BiiTaiLÉHT ds LAS), 
êque de Chiappa dans le Mexique , 
né à Séiille en 1j<74-' Il accompagna 
Colomb dans les Indes , et consacra 
a vie à réprimer la cruauté de ses 
concitoyens et à serrir les Indiens. 
Son Traité de ta destruction det Indei 
fut traduit dans toutes les langues. 
Marmontel , dans ses Incd$ , fait de 
I.as Casas uH portrait admirable et 
vrai. Après avoir passé cinquante ans 
daus le Nouveau-Monde , et traversé 
douze fois l'Océan pour aller plaider 
en Espagne la cause des Indiens , il 
se démit de son évécbé , et revint eu 
i55i daus sa patrie, où, après s étr* 
immortalisé par sou active bienfai- 
sance et la pratique de toutes les Ter- 
tus. il mourut à .Madrid eu i566. 

CASACBON (IsvACDb), né à Ge. 
nètc le 1 8 février iSSg. Il fut profes- 
seur de grec dans sa ville natale, puis 
à Montpellier , et fut appelé par Hen- 
ri IV i Paris , pour occuper le même 
poste. Il obtint bientôt la place de 
LibliotLécairi du rui. II moulra tou- 



cxs 



i63 



CAS 



{oura un «sptit de paii dans Un que- 
retira de religion . et clicrclia à pluiie 
a la fois aui calboliques et aui pro- 
leslaiii. On a de lui de tatan» cum- 
mrnlaires aur plusieurs auteur» au- 
rions. Scaliger dirait de celui qu'il 
publia sur les satires de Perse , que 
la sauce valait mieux que le poisson. 
La oomenclalure de «es li^rr» seriiit 
ici Irnp longue. Il moiiiul à Londres 
le 1« juillet i6i4. Sou CI» cullita 
aussi les lellres aiec succès. 

CASâUX (CuiRLES, nidrquis de ) , 
membre de la sociélé rovale de Lon- 
dres , propriétaire à l'île de Grenade , 
s'occupa beaucoup de la culture de la 
caune à sucre, et réTula par fon exem- 
ple l'opinion qu'elle ne pouvait se 
faire aianlagetisement que par des 
népres esclaves; de retour en France, 
il lit quelque séjour à Pari*, où il était 
CODsidèié dans les meilleures sociétés 
par l'agrément de son esprit; passa a 
Londres après le lo août 179s , el j 
mourut en 1 79O, dans un à^e avance, 
fies ouvrages lui ont fait uu uom par- 
mi les pnblici«les. 

CASSAGNIiS ou CASSAIGNE 
(JlCQiKs),néà Ximesie i<'août |636. 
Il fut de l'acadénii*; française en 
1CC9. Prédicateur el poète ridiculisé 
par Boileau , sa raisou s'en altéra . 
dit-on . et il mourut à Saiut-Laztre 
le 19 mai 167 >. 

CASSANDRE.GIsd'Amipater.passa 
rn Asie peu de temps avant la mort 
d'Alexandre-le-Grand, prévenu contre 
lui parles accusations d'Oljmpias. 11 
eu) ensuite le gouvernement de la Ma- 
cédoine el de ta Grèce, et mourut l'an 
jgS avant J.-C. Il aimait le» lettres; 
mai» l'ambition le rendit cruel en- 
vers la mère et les enfans d'Alexan- 
dre.— L'un des plus savans et des plus 
judicieux théologiens du seizième 
siècle se nommait Cassandrc. Va 
écrivain du diiseptième siècle a 
aussi porté ce nom. Boileau l'a dé- 
peint sous le uom de Damon dans sa 
première satire; il n'en a pas moins 
fait une tradurtion française de la 
Bliét(iri(iue d'Aristote , la meilleure 
que fou ait eue long-temps , et dont 
Boileau lui - même faiiait le plus 
grand cas. 

CAS5ARD ( JiiQTts ) , Dé i Nantes 



en 1G71 , était tiU d'un oapilaioe de 
navire marciiaiid. 11 ae signala à la 
lëte des lli bustiers qu'il commandait. 
Il fut chargé de saccager le» posses- 
sions des l'urtuçai» el des Anglais, 
En 1713 il fut lait capitaine de vais- 
seau et chevalier de baint- Louis. 
Avant laissé écliapper des propos 
injurieux contre le cardinal de Fleu- 
ry , premier ministre , il fut enfermé 
nu cliàleau de llani , où il mourut 
en i7io. 

CASSAS (Locis FtioçoisJ, peintre 
et architecte, né en 1766 à Azar-le- 
Féron [ Indre ), élève de Vien el de 
Lagrenée jeune, parcourut la grande- 
Grèce , visita ristrie et la Dalmatie 
où il dessina un grand nombre de 
monumens antiques . et joignit à ces 
destina us itinéraire intéressant pour 
le comn»erce et les art^. Cet ouvrage 
a été publié sous le litre de Forage 
piltoraque de t^lttrie el de ta Datmalie, 
I vol. in-fol. Sou Voyage pUtore$quc 
de la Phènicie , de la Palestine et de ta 
Basse-Egypte , offre une riche collec- 
tion des monumens les plus remar- 
quables de l'Asie-Mineure , et les 
Ire»le livraisons qui en ont paru font 
regretter que l'auteur ne l'ait point 
terminé. Ou voit aujourd'hui à l'Ins- 
titut ses 74 modèles des chefs-d'œu- 
vres d'architecture des difl'crens peu- 
ples. Cet artiste mourut le i*f novem- 
bre 17S7 à Versailles, inspecteur- 
général et professeur de des<ins de 
la manufacture royale des Gobelins. 

CASSELIUS ou CESELIDS (Ac- 
Lts) , jurisconsulte romain distingue 
par son éloquence . et dont parle 
Horace dans son ^rf poétique. Il fut 
questeur et refusa le consulat qu'Au- 
guste voulait lui donner. Son altacbe- 
ment pxur la liberté et l'ancien gou- 
vernement de Borne ne se démentit 
jamais. Il en parlait sans crainte avec 
beaucoup de liberté , parce que , di- 
sail'il . il était âgé et sans enfans. 

CASSINI. La famille de ce nom 
est fertile en hommes célèbres dans 
les sciences : 1. Cassini ( Jean-Domi- 
nique ) , né à Périuaido , comté de 
Nice, le 8 juin i6j5 , faïueux astrono- 
me ; il fut charg* par Louis XIV de 
continuer la méridienne de l'obser- 
«atoire de Paris , cotpmencée p«r 



CAS 



i64 



CAS 



Picatrl, et inventa la mttliode de re. 
présenler 1rs éclipses du soleil pour 
tous les habitansde la terre. L'astro- 
nomie lui doit plusieurs découTerles 
imporlanlrs. On a de lui plusieurs 
traités sur les planètes et des mémoi- 
rei estiinés. Peienu avugie à la suite 
de ses longs travaux , il aiouriu le i^ 
septembre 1713. >. Cassini [Jacques}, 
IJlit du précédent, Dé à Paris en 1677, 
mort dans sa terre de Thurv le 16 
avril 1756. Il bérila des tal-^ns de son 
père, et lui succéda à l'académie des 
sciences. On a de lui deux ouvrages 
fort estimés : les Élemcns d'aftnmo- 
mie, arer les tables astronomiques, 
ï vol. io-4; Grandeur et figure de la 
terre , in-4. 5. Catsini de Jhury (César- 
François ), né le i7iuin 17 li, direc- 
teur de l'obserTaloire , tiîs du précé- 
dent. Il fut de l'acadï-mie des sciences 
à lingt deux ans. Il s'occupa de la 
Térification de la méridienne , et y 
corrigea des erreurs. On lui dsitune| 
Carie générale de la France en cent 
qoatre-Tiiigi-deux feuilles, où les plus 
petits détails sont rendus avec fidélité. 
Il mourut de la petile-ràrole le i 
■eplembre 1784. Son magnifique ou- 
vrage, dit Carte de Catsini, lit une ré- 



précieux qui auraient péri dans le 
désordre des guerres d'Italie. Il com- 
posa plusieurs ouvrages ; on en a 
publie à Home uue édition ea s vol. 
in-fol. , 1679. Il vécut plus de cent 
ans , mais ou ignore l'époque précise 
de sa mort. 

CASSICS VISCELI.IXCS ( Spr- 
trr»;, fut trois fois consul avec Opiter 
Virginius ; ils reçurent les honneurs 
du triomphe après la prise de Po- 
maetia. Il fut encore plus tard deux 
fois consul. Enfin , accusé d'avoir 
voulu usurper le suprême pouvoir, 
il fut précipité du baut de la rocbe 
Tarpéîenne: sa maison fnt rasée et 
remplace par un temple élevé a la 
déesse Tellus. Cassîus Bermina ^ qui 
fiorissail vers l'an de Rome ônS, avait 
composé quatre livres d'annales qui 
sont souvent cités par Pline , par 
Aulu-Gelle , par Servius et par Ûa- 
probe. Cassius-Severia (CaîusJ, poète 
latin du siècle d'Auguste , partisan 
fougueux'du svstéme républicain et 
l'un des meurtriers de César. Il sur- 
vécut long-temps à celte grande ca 
tastropbe. Quiotilius Tarus le tua 
par l'ordre d'Auguste. Caisius avait 
composé des poé'mes , des élégies, des 
satires, des épigranimes et quelques 



Tolulion en géographie , et a servi de 

modèle à tous les grands travaux eié- tragédies. Cauim (Lucius I.ooginu 
CDiés depuis dans ce genre. 4. Cooini tribun du peuple l'an de Rome 61 
( Alexandre.Heori'Gabriel , vicomte ipuis consul et censeur. Son inllciii 



de), tils du comte de Cassini, membre 
de rinsliiut, né à Paris vers 1785, 
pair de France, chevalier de la légion- 
d'honncur, membre libre de l'acadé- 
mie des sciences, parcourut avec hon- 
neur la carrière de la magistrature, 
et ntourui à Paris du choiera le 17 
avril i83i. 

CASSIODORE ( AmtLir» Cissto- 
Dours), historien latin et ministre 
de Tbéodorîc . roi d«s Gotbs . naquit 



iilé dans l'administration de la juslici- 
le fit appeler Vêcueil de$ coupables. 
Cattius-Scaeta (Marcus); il était cen- 
turion de la sixième légion qui com- 
battait pour César contre Ponipte. 
Chargé de la défense d'un fort prè = 
de I^vrrachium , privé d'un œil, ta 
cuis.'^ et l'épaule percées de part en 
part, son bouclier criblé de coups , il 
tint ferme à son poste , et fut drp^r 
par un des lieulenans de César. II 1 



i Squillace vers i-o. Il obtint le çul 10,000 sesterces et fut non 
consulat, fut préfet dn prétoire ; et, 'premier centurion de la légion, t.. 
fatigué par cinquante ant.ées deliiuj | Caius-Longinus J. Il fut le nu 
travaux assidus, il se retira dans sa teur et l'un des chefs de la con)ur.i- 
patrie et fonda le monastère de Vi- liun qui fit périr César. Ne vouKn'l 
viers , en Calabre. Il recueillit dejpas survivre i ta def<1te dan» les 



bons manuscrits qu'il faisait copier et 
copiait lui. même. Il lit de ce genre 
de travail une occupation réglée de." 
moines, et la littérature ancieime lui 



doit la conservatloD de tuoDumenvfdhii! fit voir de boDoe betir* un 



bamps ds Philippes, il «e fit trancher 
la télu par son affranchi Pindarns , 
r.in de Rome 71t. Bruius l'appela le 
dernier îles Romains. Cnnioj ( Av 



CAS ï65 

liaiiifî prononcée contre le pouToi 
«ouTerain , el qui tenait à son carac 
1ère de llerlé et d'indépendance. Il 
monlra une grande «évêrilë pnnr la 
discipline militaire , et la ponssi 
quelquefois iusqu'à la crnaulr. Dai 
l'Orient il fut nn de» principaux in 
trumeni des succès de llarcAurol 
Il était aiuhitieux, aTait lieaurnup de 
Taleur, d'autlace et d'habileté : profi 
tant de l'éloipnemenl on la guerre 
tenait l'empereur Marc Aurèle et il 
Ja nouvelle d'une maladie de ce priiw 
ce, il répandit le brnil de sa mort el 
»e lit proclamer empereur par les I' 
gtons de Syrie qu'il commandait. Les 
oITuiers de «on armée conspirèrent 
contre lui , et le tuèrent après un 
rèj;ne de trois mois et queloues jours. 

CASIVELAUMjS ou TASSICE 
Lan , un des princes entre lesquels 
ce partageait le territoire de l'Angle- 
terre , lors de l'iniasion de Jules Gê- 
na r ; repoussa deux fois le conqué- 
rant , dont la troisième tentatite fui 
plus heureuse , grâce à la discord 
qui se mit parmi les Bretons , il oITrit 
alors sa soumi^sion , que César, 
pressé par l'hirer , n'eut garde de 
refuser ; eut encore sept ans d'un 
règne tranquille, pendant lequel il 
est plus que douteux qu'il ait pavé 
le tribut promis. 

CASTEL (Lai;is-I)Ei)TRâxn] , né à 
Blonipcllier le il Dovembre i6SS, 
mort le il janricr 1757, jésuite, 
connu surtout par «on Clavecin ocu- 
laire : il était grand matLemalicien 
el profoud géomètre-, il a donné sur 
ces deux sciences des ouvrages fort 
estimes. II IraTaitIa Inng-temps au 
journal de Trévoux. Dn poète de ce 
nom, inspecteur-général des études, 
mort i Keims, en iS33, a fait un 
poème charmant sur les plantes. 

CASTELEREAGU (KoBEni STE- 
WART), ministre anglais, né en Ir- 
lande le ]3 juin 1769, se suicida le 
Ti août 1832. Voyez son portrait 
tracé ab irato ^ par Napoléon , dans 
le mémoiial de Sainte-Hélène. 

CASTELLÎ (Bfnoit), l'un des plus 
célèbres disciples de Galilée , et re- 
gardé comme le créateur d'une nou- 
velle partie de l'hydraulique , la 
tliéorie des eaui courantes. Il fut pro 



CAS 



fessenr dn inaihémaliqurs à l'unÏTcr- 
siléde Pise. Né à Brescia en «577, il 
mourut ■ Rome en |6^4, 

CASTELVETRO (I.oris), savant 
critique italien , né à Modène , en 
iSo5, d'une famille noble et ancienne, 
recrut une ét'ucalioii soigné* , fut 
poursuivi pour des opiii'oiis héteio- 
rloxe« qu'on lui snppo«ait , incarcéré, 
s'éch.ippa de Home , mena une vie 
eiraale et nialhiuri-use , el mourut à 
(;hlaïenne, le ji féirier 1571. Sobre, 
réglé flans ses niTiirs, désintéressé , 
il méritait un meilleur «ort , si sa sé- 
vérité dans la critique et ta franchise 
de son caractère ne lui eussent pa» 
f;iil de nombreux ennemis. Le meil- 
leur de ses ouvrages est son Exitotition 
dt la Pvéûque d^AristoU , où l'auteur 
a fait preuve d'érudition ei de saga- 
cité , mais rempli de sophi.Miies , et 
dont le stvie est oh*cur et pénible. 

(■.ASTl" (jEi» - B.i-Ti.sTi:) , célèbrn 
poète italien , né en 17JI, mort à 
Paris en février 180.V Se» deux prin- 
cipales productions sont ses Pioavettea 
galantes, et sou poème des AiiimaUjC 
partons , qui a été traduit en vers 
français. On a aussi de lui un petit 
recueil de poésies lyriques et deuK 
opéras houCFons : La gratta di Trofo- 
nio et il re Thcodori in Mendia. Pae- 
.siello a fait la musique de ce dernier- 

CASTIGLIONE ;BALr.iîni) . Tua 
des plus élégans écrivains d'Italie au 
seizième siècle, né le 6 décembre 
i47S.à Cnfatino , dans le Manlouan, 
embrassa lacarrière militaire, et s'atta- 
cha successivement à plusieurs princes 
italiens, pour les intérêts desquels il 
remplît plusieurs missions impor- 
tâmes. Amba.ssadeur auprès de Léon 
S, il eut à sa cour les mêmes succès, 
et s'y lia avec les littérateurs et le» 
artistes les plus célèbres. La prise et 
le saccage de Rome p-ir les troupes 
de (Ibarles-Ouint, pendant qu'il était 
n ambassade auprès de l'empereur , 
lui porta le coup le plus cruel, et 
quoiqu'il fût parvenu à se ji'stilier au- 
près do Clément VII , il ne put s'eii 
consoler , el mourut à Tolède , le s fé- 

ier 1529. Le plus connu de ses ou- 
vrages est son livre du Courtisan ,dont 
la meilleure édition a été donnée pïr 
l'abbé Séra^i , Rome , 1700, iu-is,^ 



CAS 



166 



CAT 



CASTOR de Rhodes , paraît le 
premier qui «e soit occupé s^Irieu^e■ 
nient de la chronologie , et il en 
afait fait un trjilé. Cd autre Castor 
(AutoDius), médecin prcc , ïécut à 
Rome plus d'un siècle, depuis le 
temps d'Auguste jusqu'au rèjine de 
Titus, Pliue parle de sou jardin de 
piailles uiédiciuales qu'il cultiTaii 
lui-même et se plaisait a faire voir ; 
c'est le premier exemple d'un jardin 
de botanique. Il afait composé un 
herbier qui u'est point parvenu jus- 
qu'à nous. 

CASTRES (n-A. L, de), maré- 
chal de ranip, commandeur de la 
Lépion-d'honneur , fit la campagne 
d*E^pagne en iSaS , comme colonel , 
chargé de la partie typographique au 
quartier-général. Appelé au comman- 
dement des Ilaules - P\ renée» , il 
apaisa par sa prudence el sa fermeté 
tes troubles qui avaient éclaté à 
Auch en mars 1S28. Après la réïo- 
lutiou de iS5o, il passa au commaa- 
demenl d'Ille-it-Vibine , n'eut pas 
les mêmes succès dans la guerre des 
chouans, fut remplace par le vicomte 
de Bumipiij , el mourut à Rennes 
dans les prrm!er> jours d'oclobreiSôi. 

CASTRIES (CHir.LEs-EceÈ5E-G*- 
»«IEI. DE Li Cbou, maréchal de J, né 
le i5 féiricr 1727, s'éleTa par des ser- 
vices impnrians aux plus hautes di- 
gnités militaires, et niérila chaque 
grade par les plus britlans fails d'ar- 
mes. Ministre de la marine , il porta 
dao9 son mmis:ère l'amour de l'or- 
dre , l'activilé et l'énergie qui l'a- 
Taienl signalé dans sa carrière mili- 
taire , el lit le? plus grands ellorls 
j>our rendre à noire marine sa supé- 
riurilc. Obligé de quiller la France, 
il alla demander un asile a son an- 
cien adversaire, le duc de Jlrunswick, 
qui l'accneiliit avec les plus grands 
égards : il mourut à WuHénbutel , le 
11 janvier i5ci , à 74 ans. 

CASTRO (GiiLBïs DBJ . auteur du 
CM espagnol, né à Valence et con- 
lumporain de Lopez de Vega. Cor- 
ueille avoue qu'il doit une partie des 
beautés de «a pièce à Guilhen du 
Castro, dont lea pièce» ont été pu- 
bliées en deux vol. in-j , Valcoce , 
1691 cl iCi5. 



CATHELINEAU (Jicgces), pre- 
mier généralissime des Vendéens, 
mort le 10 juillet 1793 des suitrs 
d'une blessure reçue à Nantes. Il 
était tisserand : une éloquence en- 
iraînaute , une inlelligence extraor- 
dinaire pour la guerre , et le talent 
de diriger les paysans, lui avaient lait 
donner le commandement. 

CATUERINE. Ce nom est célèbre 
dans toutes les histoires. 1, Catherine 
de Yrtiiice , reine d'Angleterre, née 
en lioi , morte eu i43S, fille de 
Charles VI et d'fsabe^u de Bavière , 
el femme de Henri V, roi d'An:;lfc- 
terre. Elle épousa secrèiemenl, après 
la mort de «-e prince , Owen Tudor , 
gentilhomme gallois dont elle eut 
trois fils. 2. Catherine , reine de Eos • 
nie , qui épousa le cinquième el der- 
nier souverain de ce royaume , 
Etienne, que Mahomet II fit écorcljf r 
vif après avoir conquis sas états eit 
l^G5. 5, Calherinn d^Arragon, reine 
d'Angleterre , fille de Ferdinand V , 
roi d'Espagne , tt femme de Ilenri | 

VIII, qui, étant devenu amoureux | 
d'Anne Roulen , divorça malgré la 1 
cour de Rome, et sépara son royaume 
de la communion romnioe. Elle ne 
voulut jamais consentir à la dissolu, 
lion de son mariage, et mourut en 
1^-06, le 6 janiier, 4. Catherine de 
ilédiciSf épouse de Ilenri II, roi de 
France, née à Florence en 1519, 
tille unique de Laurent deîlédicis, 
duc d'L'rbain , et nièce du pape Clé- 
ment VII. Elle fut régente du royau- i 
Die pendant la minorité de Charles 

IX, et eut beaucoup de part aux ac- 
tions sanglantes qui signalèrent ce 
règne. Ce lut par ses conseils que le 
massacre de la Saint-Barthélémy fut 
ordonné , el elle vil avec une e>] • 
d'indifférence ce spectacle d'horr' 
Elle savait lléchir et recourir nv n 
aux larmes dans l'adversité. Elle .it- 
l'rontail les périls , même ceux de la 
guerre , avec rintrépidité d'un bèros. 
Quoique ÏDdifl'érenle pour toutes lei 1 
religions, elle fut «uperstilieusc et 
crut à l'astrologie judiciaire et a la 
migie. Elle favorisa te» artistes et le! 
gens de lettres; mais sa cruauté et 
ses débordemens ont laissé sa m^- 
moiiecn exécration. Elle mourut en 



CAT 



16- 



CAT 



1689. 5. C.tttlierine ieBoiirhon, piin- 
cfj!-c de Navarre, snpiir dc> Henri IV, 
née à Paris le 7 fi'-ïritr iS5», niorle 
«ans poslérit^à Naiirv li' i3 février 
1O04. Elle ainiail il cullivait la poé- 
sie. Elle uc fut pas heureuse <lan? 
son union aïec Henri de Lorraine, 
duc de Bar ; elle aimait le comte de 
Soiffons, Sun cousin germain. 6 Ca- 
therine de Portugal, femme de Cliar- 
les II . roi d'Anglelerre , cl fille de 
Jean IV roi de Portugal , fui décla- 
rée régente en 1704 , par le roi 
Pierre, son frère ,à qui se» iufirmilé.i 
rendaient le repos nécessaire. Elle fil 
éclater alors les grandes qualités 
qu'elle avait reçues de la nature , 
continua de faire la guerre à l'Es- 
pagne avec beaucoup de \igueur , et 
reconquit sur les Espagnols plii.-iieurs 
places imporlanles. Elle mourut en 
1705, à 67 ans. 7. Catherine I. impé- 
ratrice de Russie. Orpheline élevée 
par charité à Slarienhourg en Livo- 
nie, elle mérita par sa beauté et son 
esprit de devenir la femme de Pierre- 
Je-Graod. et lui succéda au trôtie. 
JîUe régna glorieosemenr , et acheva 
d'exécuter les grands projets auxquels 
son mari n'avait pu mettre la dernière 
main. Elle mourut le 27 mai 1787 , à 
l'âge de ôS ans, après 3 ans de rèi;ne. 
C'était tinc princesse d'tme fermeté 
«l 'l'une grandeur d'âme au-dessus de 
son sexe. Elle suivait Pîcrre-le-(»rand 
dans ses expéditions , et lui rendit de 
grands servicesdans la malheureuse af- 
faire dcProulh. 8 Catlierlne II. impé- 
ratricede Russie. fille de Christian Au- 
guste d' Anhalt-Zerbst , née en 17JQ à 
Stettiu. Elle épousa Pierre III. qu'elle 
força de renoncer à la couronne , et 
iit renierraer dans le cbûlrau de Roh- 
sclia ; on le trouva mort trois jours 
après ; et Catherine (ut accusée de 
l'avoir fait périr. Elle eut deux pas- 
sions qui ne la quittèrent qu'au tom- 
beau : l'amour et la gloire. La Russie 
lui doit de nombreux établissemens; 
«lie Gt creuser des canaux , encou- 
ragea le commerce et les sciences , 
fonda des hôpitaux , établit des 
école» en tout genre pour l'instruc- 
tion de ses sujets , et rendit la justice 
régulière et à l'abri de la corruption , 
en augmentant le traitement des 



magistrats. C'est sous son régne que 
fut déinenibréc la Pologne, dont elle 
eut une partie. Elle a>oit furnié le 
projet de cha.s.ser les Turcs d'Europe, 
et de ."C faire couronner impératrice 
d'Orient à Conslantinople. La po- 
litique des autres cour» y mit obs- 
tacle, rn In forçant de fiire la paix 
avec II» Turcs eu 1795. Elle fut en 
eorresporiduucc avec Voltaire , d'.\- 
lemherl el autre» philosophes fran- 
çais qui l'ont beaucoup louée. Elle 
mourut d'une cpoplexie foudro>autc 
le 9 novembre 1796. 

CAIIMNA (Li^cius), né d'imc fa 
mille patricienne, il s'attacha au parti 
de Svlla. lîientôt il conspira contre la 
république. Cicéron ayant ilecnuverl 
la conjuration, Catilina sortit de Ro- 
me avec quelques troupes, l'ut vaincu 
et fut tué l'an Ci avant J.-C. L'his- 
toire de celte conjuration écrite par 
Sallnste est un chef-d'œuvre. 

CATINAT (Nicoi.ss), ué à Pari» 
le i*r gi'pienibre 1657. Cet illustre 
général franç.ii.s et maréchalde Fran 
ce se distingita dans un grand nombre 
de -iéges cl de combats , el se rendit 
maît'een 1GS8 de la Savoie et d'une 
p;irlie du Piémont. En 1701 il fut 
moins heureux contre le prince Eu- 
gène. Il fut blessé et obligé de recu- 
ler, ce qui lui valut une disgrâce 
qu'il supporta en homme supérieur à 
la fortune. Il joignait beaucoup de 
modestie à beaucoup d'activité et de 
courage ; lils d'un conseiller au par- 
lement , il commença par plaider: 
mais ayant perdu une cause juste , il 
quitta le barreau pour les armes et 
ïint par son propre mérite. Il 
mourut dans sa terre de Saint-Gra- 
tien le s6 février 1712. Ce fut un phi- 
losophe dans la véritable acception 
du mot. 
CATOX ( Mjkcxs - Poncirs ). Son 

om ne peut être prononcé sans rap- 
peler l'idée des plus hautes vertus pu- 
bliques et privées. Il fut surnommé le 
Censeur parce qu'il avait exercé cette 
charge. Il se rendit célèbre par sa 
tempérance et l'austérité avec laquelle 
il remplit son emploi. Il s'attacha 
particulièrement à réformer le luxe 

t à donner des mœurs aux Romains. 
11 avait composé plusieurs ouvrages ; 



CAT 



168 



CAU 



mais il ne noue reste plus de lui que 
son Traité de Re rusticà. 11 termina 
sa vie l'an 147 ataiil J. -C. , à l'âge de 
quatre-vingt-cinq ans. On le nomme 
aussi Coton l'ancien pour le distinguer 
de ses fils et pelitslils. Colon (Mar- 
cus ), lils du précédent, mourut avant 
son père , qui a rendu témoignage à 
sa \erlu. 11 parvint à la dignité de 
préleur. Un autre Harcus Coïon , pe- 
til-lils de Calon l'ancien , deiint con- 
sul l'an 658 de la fuiidution de Rome. 
Caton ( Maicus-Porcius ) , surnommé 
d'L'lique, du lieu où il mourut, était 
arrière-petit-lils de Caton-le-Cenieur j 
il avait hérité de son austérité : il était 
surtout très-passionné pour la liberté. 
11 s'opposa constamment aut projets 
de César et de Pomiue pendant leur 
union, et après la bataille de Pbar- 
sale, il s'enferma dans Ulique , où il 
se donna la mort l'an 4^ avant J.-C, 
après avoir passé une partie de la 
uuit à lire le Dia/i'^-ue de Platon sur 
l'immortalité de l'âme. Caton (Valé- 
rius }, grammairien et poète, né dans 
la Gaule narbonnaise. Il fut dépouille 
ie se» bicus durant les proscriptions 
de S}'Ua. C'était un poète babde; il 
excellait surtout à seconder dans les 
autres le genre poétique. Le seul 
poème qui nous reste de lui a pour 
litre : hirœ ( Imprécations ) ; il est 
rare et n'a encore été traduit dans au- 
cune langue moderne. Ca(on(Diony- 
sius ), auteur de quatre livres de dis- 
tiques moraux adressés en vers latins 
à son fils, cl qu'il ne faut pas con- 
fondre avec les maximes de même 
genre que Caton avait composées en 
prose. On ignore le temps où il a 
vécu , mais il est probable que c'était 
tous les deux Anlonins. 

CATTANEO (N.), lieutenant-gé- 
néral, oUicier de la Légion ■ d'Hon- 
neur , commandeur de l'ordre des 
Deux-Siciles . né en Corse d'une fa- 
mille distinguée , ue dut son avance- 
ment qu'à sa bravoure et à ses longs 
services. Il lit la campagne de riu.-.si 
en qualité de gênerai de division 
cous les ordres de Mural, se retira 
en France après la cbûle de ce mal 
lieureu.v prince, et mourut du cbo 
lera , à Joigtiy ( Younc ) , au mois de 
juiu iSô]. 



CATS (JicQiEs), né à Brouweis. 
h.iven en Zélaude, en 1677, lient iice 
des premières places parmi les res- 
taurateurs ou plutôt les créateurs de 
la langue|et de la poésie hollandaises. 
La poésie charma les loisirs d'une 
vie longue et très-occupée , et le ca- 
ractère de bonhommie et de naïveté 
qui distingue sa muse , l'a fait nom- 
mer le La Fontaine de la HoUaude. 
Après avoir rempli dans les temps les 
plus diSieiles, les plus hautes t'onc- 
tions administratives et diplomati- 
ques , il mourut à sa campagne de 
Zorgvhel , sur la route de La llaje à 
la mer , le i> septembre 1G60. 

CATULLE ( CAÏrs 'ViiÉRirs ) , cé- 
lèbre poète latin , né à Vérone l'an 
86 avant J.-C. , mort l'an de Rome 
697 , a peine âgé de trente ans. Ou 
reproche à ses ouvrages trop de li- 
cence. L'édition de Coustelier, 1743, 
réimprimée en 1754 par Barbou , est 
estimée. Le texte en a été épuré par 
l'abbé Lenglet. 

CAÏULUS ( QciNTCS LcTATirs), 
consul l'an de Rome 6 5o , est surtout 
connu par la victoire signalée qu'il 
porta avec Marins sur les Cim- 
bres ; ils furent associés au même 
triomphe. Proscrit plus tard par Ma- 
rius , il s'éloutla lui-même l'an de Ro- 
me 665. bon lils eut une grande illus- 
tration par son caractère et par les 
circonslanees. Cicéron le loue de sa 
fermeté , que la crainte du danger et 
l'espoir de la faveur populaire n'alté- 
rèrent jamais. 

CALCilON (PiERUBJ, évèque de 
Beanvais dans le quinzième siècle. U 
se rendit odieusement fameux par la 
condamnation de J«anne • d'Arc ; les 
historiens le représentent comme un 
partisan fanatique des Anglais, qui 
déshonora son ministère par ses vices 
et par sa cruauté, U mourut subite- 
ment en 1440 ; son corps fut déterré 
et jeté à la voirie. Son nercu fut le 
premier à déclarer avec serment que 
la condamnation de Jeanne - d'Arc 
avait été l'eQ'el de U seule baiue des 
Anglais. 

CAULAIXCODUT ( Aruaxd-Ad- 
crsiix -Lotis nt ), duc de Vicence, 
lieutenant-général, né en 177Ô, à 
Caulaincouit en Picardie , d'une au- 



CAV 



169 



CAV 



cirnnc faniille de relte province , en- 
tra au service clè» Và^c de 16 an» , ac- 
compagna , comme aide dç-canip , 
Aul)rrl-du-Iiavet à Venise, el à Coiij- 
taiiliiiopte ; detiiil oide -de - camp , 
grand écujerde l'Empereur cl génc- 
lul de brigade. Chargé d'une mission 
diplumalii|ue sur les deux rires du 
niiin , il iv trouvait sur la route d'Of- 
fen bourg, lors de l'enleiement du duc 
d'Kiigliien, el celle niAlbeureuse coïn- 
cidence a fail planer sur relie époque 
de sa «le des nuages qu'il a cherclié à 
dis.>>ipci- avec l'uccenl de l'innocence. 
Hn iSc5, il liit nommé général do di- 
vision et duc de Vicencc , el suivit 
l'Ëuipereur dans louIeH ses campa- 
Kiies , excepté celle» d'Espagne el de 
l^agraiu, pendant lesquelles il rem- 
plit à la cour de Hiissie, comme am- 
bassadeur , uae mission d'une haute 
importance. Après la nialhenreiise 
expédition de Russie, seul compagnon 
de la fuite précipitée de Napoléon , il 
dut à ce long tëlc-à.lële un rcdouble- 
menl de conliance , fut chargé de 
négucialions épineuses qui se succé- 
dèrent , raparul sur la scène pendant 
les cent - jours, comme ministre d 
rclalions estérieures, rentra dans la 
elraile après la deuxième rcslaura- 
ion , el mourut à Paris, en J82S, 
ijant proleslé jusqu'au dernier mo- 
oienl contre toute participatioh à l'o- 
iieui ivéuenienl dont il a éléques- 
ion plus haut. 
CiDSSIN I Nicoiis ) , né à Troycs 
I 1083 , jésuite. Il fut confesseur de 
..ouis XIII et se lit un nom par ses 
ermons cl par ses ouvr.iges. Il mou- 
ut à Paris le 1 juillet i65i. 

CAUX ( Gilles he), sieurde Mint- 
sbert , ué vera 16S3. Il descendait 
ar sa mère du grand Corneille , et 
B montra des l'enfance passionné 
our l'an dramallque. Il est auteur 
es tragédies de ilarius el de L^sima- 
u<. On connaît encore de lui quelques 
ièces de vers , parmi lesquelles on 
oit distinguer l'ilorlfge de sable , 
gur» du monde , l'un des meilleurs 
lorceaux de poésie morale qui exis- 
int dans notre langue. 

CA-VAUEK (JEAN) , le principal 
bef des camisards , né en 1679, 
jort en mai 1740. C'étail le fils d'uu 



paysan. S'ilanl joint auv révoltés de.» 
Cévènc», son' extrême bravoure loi 
fil bientôt déférer le cominandeineiit 
des troupes de la plaine. Il entra en 
négociation avec lu maréchal de Vil- 
lars, passa au service d'Angleterre, 
devint nllicier-général , et mourut u 
Chelssé en mai 17^0. 

CAVALIElil ( HoSiVENTlRB ) . est 

du petit nomhre des géomètres dont 
les décou\erles font époque dans 
l'histoire de la science. Il naquit à 
Milan en iSgS, cl mourut le 3 dé- 
cembre 1C47. 11 a donné plusieurs 
ouvrages en latin sur la géométrie. 

CAVAIUNUS, prince gaulois , fut 
établi, par César, roi des Sénouars 
dans la Gaule celtique. Il suiiiteii- 
siiile César dans sou expédition contre 
Auibiorix et les peuple» de Trêve». 

CAVAKUS, roi de» Gaulois qui s'é- 
taient établi» dans la Thraie , fut le 
dernier chef de cette colonie. 11 avait 
de grandes qualités; mais les llalle- 
ries de Sosirate et de Chalcédoine le 
perdirent; lui el ses sujets fureut ex- 
terminés par les Thraces. 

CAVENDISn (IIea«i), Anglais, 
né en ijôi , mon à Londres en mar» 
1810. Il est un des savans qui ont le 
plus contribué aux progrès de la chi- 
mie moderne. C'e>l lui qui le premier 
analysa les propriétés particulière» 
du gaî hydrogène ; c'est à lui qu'on 
doit la fameuse découverlB de la eoiu- 
posilion de l'eau. Il était aus>i grand 
physicien et grand géomètre. Il fut as- 
socié étranger de l'institut de France. 
CAVINO (JEts)-, .surnommé le 
Pdiocis. Cet habile graveur du .sei- 
zième siècle s'appliqua parliculière- 
meDt à contrefaire les médailles anti- 
ques. S'étanl associé vers l'an i566 , 
Alexandre Bassiano , ils gravèrent en- 
semble un grand nombre de coins, 
et inondèrent l'Italie de médailles 
grecque» et romaines qu'ils avaient 
fabriquées. Ces médailles sont cou- 
nues partout à présent sous le nom de 
padûunns. 

CAVOIE ( LoDis d'OGER, marquis 
de), né en iC^o, mort le 3 février 
1716. Sa réputation de bravoure et 
d'habileté dans ses duels lui mérita d'a- 
bord le nom de brave Cavoie -, il obtint 
bicDlùtune gloire plus vétilakle.et 

i5 



GAZ 



'A 



oerTJtaïec une valeur plus eslimable 
conlrs i'Ai^lt^Urre. il suît'u eUMiile 
3>oui3 XIV dans toules eea rampa- 
j;nes , et se distingua au passage du 
iUiin, Boileau l'a célébré dans sa fa- 
meuse épître. Ilélaii ami de Tureuue 
et du niaiielial de Luxembourg ; pro- 
tcrieur des lettres, il avait produite 
la tour Tabbé Genesl , et était trés- 
lié avec Tiacine. 

CAXTON I GtiLLAtJME), qui a eu 
le mérite d'apporter l'imprimerie en 
Angle terre, naquit vers i4io et mourut 
en 149 1- Il traduisit du français en 
anglais le Jeu d^èchecs moralisé , com- 
posé d'abord en latin par un docteur 
en théologie , et ce volume inl'ol. , 
qui parut en 1^74 . fut 'e premier 
livre imprimé en Angleterre. Du éiê- 
que de Londres dit alors dans une as- 
semblée : « Si nous ne parvenons pas 
à détruire celte dangereuse iiivention, 
elle nous délruiia. u 

(lAYLUS ( Marthe - M*»crr.r>iTB 
DE Vll.LETTE, marquise de ) , se (ît 
remarquer à la cour de Louis XIV 
par sou espril et les grâces de sa con- 
versation. Ses 5oure»!r5, seul ouvrage 
qu'elle ait fait, ont obtenu du succès 
et beaucoup d'éditions. Voltaire en 
fut le premier éditeur. Lafare a fait 
pour elle un joli madrigal. El'.c fut 
l'ormée à l'esprit du monde par ma- 
dame de Mainlenou, et au talent de 
la déclamation par Piacine. Le comte 
de Cajlus , son fils , né à Paris le, îi 
octobre iCija , mort le 6 septembre 
J765, se distingua d'abord dans la 
c.'irrîère des ariues. Après plusieurs 
ïojagcs en Grèce el dans les Échelle» 
du Levant , il se lixa dans sa patrie , 
cl se livra entièrement à l'étude de 
l'antiquité el à la pratique des arts. 
Peinture, sculpture, musique , gra- 
vure , tout fut de son ressort; mais il 
£*occupa principalement d'un grand 
ouvrage sur les antiquités égyptiennes, 
grerques , étrusques, romaines et 
gauloises , qui fit «a réputation , et le 
lit nommer à l'académie des inscrip* 
tions et belles - lettres. Il fonda plu- 
sieurs prix et rendit d'importans ser- 
vices aux «ris. Il a fait aussi de nom- 
breux ouvrages littéraires, et jusqu'à 
des facéties et des parades. 

CAZALES ( JikuguEs - Amoi'fii-MA- 



CED 

ma DE ) , né en 1763 . morl le si nr-i 
lenibre i8o5. Il fut l'un des membresl 
les plus éloquens de l'assemblée consi 
tiluante et l'uD des plus ardens défen- 
seurs de la monarebie. 

CAZOTTE Uacohes ) , né à Dijon 
en 17ao. Son poème d'Olivier, te, 
Diable amoureux, des contes arabes et 
d'autres ouvrages, dans le genre ba-i 
ilin, lui ont fait une réputation ai- 
mable. Son esprit et se« vertus méri- 
taient une fin plus beureuse que la 
sienne ; il fut décapité le j5 septem- 
bre 1792. 

CEbKS, philosophe grec, disciple 
de Socrale , né à 'ri.èbes. Son dialo- 
gue connu .sous le nom de Tableau dt 
Ccbh est le seul qui nous reste de 
ceux qu'il a composés, (i'est un ta 
bleau de la naissance , de la vie et dr 
la mort des hommes. Il est peu de li 
vres qui aient été aussi souvent im- 
priinés et traduits. | 

CE('IL f Gni.LAruK ) , baron de 
Burleigb, né en iSso, à Bnurii , dan;' 
le Lincolnshire , secrétaire d'état sous' 
Elisabeth , jouit dn pins grand crédit,' 
prit part à toutes les opérations im; 
portantes de ce régne , dressa le plar 
de défense contre l'attaque de b 
grande flotte de Philippe 11, eonclui 
un traité avantageux avec la Hollande 
el mourut en J698, peu de temps 
aptes ce dernier acte de son ministère, 
qui avait duré quarante ans , avec I; 
réputation d'un ministre habile et la 
borieux. 

CECINA SEVERUS ( AcLrs ) 
commaiulait une armée sous les or- 
dres de Germanieus lors d« lu révolte 
des légions romaines en Germanie. 11 
combattit ensuite et vainquit Armi 
sius; il fut récompensé parles hon- 
neurs du triomphe. Cérina ( Aliénas ), 
né à Vicenee , entra fort ^cune dans 
le parti de Galba , qui le lit qnesteui 
et le mil à la lêle d'une légion. Ac- 
cusé de péculat , il s'attacha à Vite! 
lius et devint un de ses principani 
lieutenans. Il rombattil Olhcn , et lit 
la guerre en Italie. Il conspira contie 
l'empereur Vespasieii qui le lit niellrc 
à «inrt, 

CEDAR. fils d'Ismaël. Il bMil une 
ville qu'il appela de son nom , dans 
l'Arabie Pélrée. 



GEL 



»7I 



CEP 



C.RDMJi. , dernier fils H'Irmail 
CELER, arcbilerle roauiii , «ivail 
MUt le règne de Néron. Ce fui lui 
qui consirui.'il, de concert avec Se- 
>ére , antre arcliitecle , et par ordre 
<l(; ce prince , le palai» iioiunié ta 
Maiton dorée. Elle disparut a»ir le 
monstre qui l'atail fait élcTf r. Ves- 
]iatieD rendit le terrain aux Komain», 
et sur les ruines sVIeVL-renl le CoI\>é*' 
ri le temple de la Paix, dout les dé- 
bris subsistent encore. 

CELLAUA)'iE(A!(Toi<(B.Girmca, 
pliure de ) . né à Naples en i CSj , 
mort à Sétille le 16 mai 1733. Nom- 
mé ambassadeur d'Espagne à la cour 
de France en 171.S , il devint le prin- 
cipal instrument des desseins d'Âlbê- 
roni , et l'âme d'une conjuration con- 
tre Philippe d'Orléans, tcgent du 
royaume : elle fut découverte ; (lella- 
mare fut anêté et reconduit en Espa- 
gne , où il fut comblé des faveurs di 
sa cour. L'bisloire de cette conspira 
tiou se trouve dans les ilémoirci de li 
régence, 3 volumes in- 13. 

CELLINI (Beivexsto), (culptenr, 
graveur et orfêvrt italien, né à Flo- 
rence en i5oo et mort en 1570 , se lit 
une grande réputation par ses ou- 
Trages. Appelé en France par Fran 
cois 1er, ^j desservi par la ducfaessf 
d'Etampes. il retourna dans «a patrie. 
Ses mémoires, oi^ il décrit avec au 
tant de verve que de franchise sf: 
aventures et ses querelles, ont été 
deux fois traduits en français. 

CELS ; jACQCEâ-Mimix) , membre 
de l'Institut et de la Société d'agricul- 
ture du département de la Seitte, 
cultivateur et biitaniste, né a Ver- 
sailles en 1743 , mort le i5 mal 1 80C, 
('était formé un jardin de botanique 
très-curieux, cultiva les plantes étran- 
gères , et contribua beaucoup à en 
répandre le goût. Il a publie succes- 
sivement des insirnclions sur diverses 
branches d'agriculture, et a surtout 
pris une grande part à la rédactioi> du 
projet du code rural. 

CEL5E ( ACBELIrS- COB^ELII^S ) , 

célèbre médecin qui vécut soua les 

~^-nes d'Auguste , d« Tibère et de 

r^ula. 11 a écrit huit livres sur l'art 

iuérir , et c'est un fonds où les 

li! auteora ont puisé beaucoup de 



leurs dogmes, tant en médecine qu'eu 
liirurgie. Son ouvrage a été I raduit 
n français par SI. Ninuiii , en 175!, 
2 volumes in-13. Un philosophe épi- 
curien de ce nom virait au deuxième 
siècle; il se rendit fameux par ses cu- 
rages contre le christianisme. Origè- 
ne , un siècle après , eu a fait une cé- 
lèbre réfutation. 

("ELSUS (JcBfxTics) , juriscon- 
sulte . vécut à Home sous le règne de 
Domitien , de Nrrva, de Trajan et 
d'Adrien. Il entra dans une conjura- 
lion contre Domitien, et se sauva 
par son adresse. Trajan le fit préleur. 
On autre C«/sus ( Titus- l'onielius ) , 
près avoir été tribun militaire , v)- 
ait eu Afrique en simple particulier, 
lorsque Vibius Passienu!- , proconsul 
de cette province , et le cunimandant 
de la frontière de Libve, le firent 
proclamer empereur l'an 364. Sept 
jours après il fut mis à mort par les 
ordres de Gniliinc, cousine de l'em- 
pereur GiUien. 

CENnÉBÉE, général des armées 
d'Antiûchus Sidetès. Ce prince l'ayant 
fait partir avec ordre de ravager la 
Judée, Simon, grand sacrificateur, 
à qui son âge avancé ne perniellait 
pas de conduire une armée, envoya à 
la rencontre de Cendébée, ses deut 
lils Judas et Jean , qui le délirent 
complètement et lui tuèrent dix mille 
hommes , l'an du monde 38G6. 

CENSOr.INXS, grammairien et 
pliilusoplie sous les règnes d'Alexan- 
dre Sévère , de Maximien et de 
(jordien. Son ouvrage de Die nalali , 
qu'il publia vers l'an sâS. a été fort 
utile aux clironologiste» pour déter- 
miner les principales époques des 
événemens anciens. Un outre Censo- 
rinus [ Appius-Claudius J , fut un des 
empereurs éphémères qu'on vit en si 
grand nombre sous le règne de Gai- 
lien. Il l'ut lue par les mêmes soldats 
qui l'avaient porté à l'einpire malgrér 
lui. , 

CEPHALiON ou CEPIIALIO^, 
a écrit un ouvrage qui n'est point 
parvenu jusqu'à nous, et qui com- 
prenait l'histoire générale depuis Ki- 
nus jusqu'à Alexandre - le - Grand, 
flet ouvrage est souvent cité par 
Deo;s d Ualiearnasse. 



CER I 

CEPHALE, célèbre orateur d'Athè- 
nes, fui un de ceux qui contribuèrent 
le plus à renverser la tyrannie des 
Trente. 11 florissait lers la Gn de la 
j;uerre du Péloponèse, et il ne faut 
pas le confondre avec Céphatt , lils d 
Lj'sanias , chez qui , suÎTanl Platon, 
Socrale tint les discours qu'il c 
recueillis dans ses livres sur la répu' 
blîque. Un troisième Ccphate , Corin 
Uiieu, suivit Timoléon en Sicile , et 
corrigea les lois des Syracusains. 

CÈPH AS, nom donné par J.-C. à 
Simon, fils de Jean. 

CEPUISODORE, sculpteur grec, 
hérita des talens et de la réputation 
de son père Praiitèle. Sa sœur fut la 
première femme de Phocion. Ilvivail 
S6o ans avant J.-C. l'Iine et Pausanias 
citent une foule de statues et de 
groupes de cet artiste , et les rangent 
parmi les cbefs-d'cruvre de l'art. - 
Un autre stntuaire de ce nom 
vivait dans la cent douzième olvni 
piade. 11 réussiss.iit surtout dans les 
statues des philosophes. On trouve en- 
core un peintre du mèm« nom , con- 
temporain d'Aglaophou et d'Evenor, 
pire de Parrhanius , qui florissait 
4sa ans avant J.-C L'histoire cite 
enfin l'Athénien Cep/u'sorfore, qui arma 
contre Philippe, lils de Démélrius , 
pour soustraire sa patrie à son op* 
pression , et auquel les Athéniens 
érigèreoi un tomhrau près d'Eleusis. 

CEPUISODOTE . orateur athé- 
nien , fut l'un dos dis ambassadeurs 
<|Ue les AihénJeus rnvo>èrentà Sparte 
l'an 36S atant J -C. Il ce distingua 
ensuite à la tribune , et Démostbèues 
fait l)éloge de son talent. 

CEPIOX (QiisTcs SFBViLirs). était 
consul l'an de Rome G46. Il fut con- 
damné à l'e&il et se retira à Smyrne. 
Cicéron en parle honorablement. 

CEUCEAD ( Jus-ANToist HP ). je 
tuile, né à Paris le i> novembre 
1670, mort le 4 juillet l73o. Il a pu- 
blié un volume dr poésies lalims. 
Dans ses poésies françiises il a imité 
quelquefois assez heureusement le ba- 
dinagp de Marot. Il est auteur d'une 
Tîittoir« de Thamas Koulikan . $ophi 
de Pêne , > volumes in ta, et d'unn 
Hitloirv de la conjuration de /ii>n:i, 
l volume in II, («nuiac parle pire 



2 CER 

BrumoT. Il a fait aussi pour les pen- 
sionnaires du collège Loui^-le-Grand, 
plusieurs comédies parmi lesquelles 
oci peut citer lei Incommodités de la 
grandeur , et l'Enfant prodigue. On a 
réimprimé à Paris, en 1807, sou 
théâtre à l'usage de» collèges, en 5 
volumes in-i3. 

CERCI DAS , de Mégalopolis, poète 
et législateur, donna des lois à sa pa- 
trie. Il ordonna en mourant qu'on 
mil dans son tombeau les deuj pre- 
miers livres de l'Iliade. Va auire 
Cfrcirfas fut l'intime ami d'Aralus, et 
rommandail un corps de mille Mépa- 
lopolitains à la bataillede Sellasle , où 
Cléomène fut vaincu par Antigone. 

CEBDA (Jeih-Loi:is de 14 ), né à 
Tolède vers i56o, mort à Madrid en 
1643 , jésuite , «st surtout connu par 
son Commentaire de Virgile , le plus 
ample qui ail été fait sur ce poète. 

(.ÈRE (Jbju-Nkolis) , directeur 
du jardin botanique de l'Ile-de- 
France , né dans cette colonie, en 
1757, après deux rampjgnes sur 
mer, revint se Cier à l'Ile-de-France, 
où sou père lui avait laissé des pos- 
sessions considérables. Nommé direc- 
teur du jardin royal en 1775 , il fit à 
ses frais toutes les dépenses nécessai- 
res à ramèlioralion de cet établisse- 
ment, fil des pépinières considérables 
de poivriers , de gérofliers , de canel- 
licrs, de muscadiers , envoya aux An- 
lilles , à Cayenne, à la Guyane , des 
caisses de ces précieux végétaux, et 
donna à la France le juste espoir de 
i'all'rancbir du tribut payé aux Hol- 
landais pour les épiceries. Il enrichit 
l'île de tous les fruits étrangers qui 
pouvaient convenir au climat, au 
point qu'au jugement des voyageurs 
étrangers, ce jardin était une des 
inertellles du monde, et mourut à 
rile-de-France le 3 mai iSio. 

CEREALIS ou CERIALIS (Ptri- 
Iles ) , général romain tous le règne 
de Vespasien. Proche parent de cet 
empereur, il fut chargé par lui de 
marcher contre Civilis etClassicus, 
heft des Balaves et des Gaulois rc- 
oltés; il les mil en déroute et brilla 
leurcamp. Tacite en parle avec éloge. 

CERVA.MÈS SAAVBDRA (M.- 
cuEL J , ui eu lil,-} à Alcala de Uéna- 



CES 1 

rrsidansla nouTelle Catlillc , mor 
ù Madrid le |3 afril 1G16. Il a fiil 
plusieurs ouirages , mais relui qui 
;issure sa gloire c'esl l'inKéiiieii» dit- 
valier don QuiclioU de la Ùanchi. Tra- 
duit dans toutes les langues, il est 
resté saiiscopie comme il n'a»ail pciiil 
eu de modèle. Certantct , dont l'Ëi 
pagne, arec raison, est si fiùr» au- 
jourd'hui, Tut dédaigné de ses coin- 
patriotes, qui ne devinèrent pas son 
{:énie. Il vi-cut efr mourut dans la mi- 
sère-, Il écrivit son ouvrage en prison 

CÉSALPIN (AHoai), mèdecinila- 
lien, né en iSig à Aretioen Tnsrane, 
a rendu son nom célèbre par l'inten- 
tion d'une méthode en botanique 
fondée sur l'organisation des plantes, 
et principalement sur les parties de la 
fructification; ce qui a établi les rap- 
port» naturels des familles et les ca- 
ractères qui doivent servir de base 
aux elassîûcatioiis. 

CÉSAR ( Ciiis JcLics ) , l'un de 
ceux qui méritent le mieux le litre de 
Grand dont les honoie l'histoire. Il 
descend.'iit de la famille Julia, et na- 
quit l'an d« Rome 654 , cent ans av. 
J,-C. Dans son enfance il fui témoin 
des guerres civiles de Sjlla et de Ma- 
rins, ton oncle maternel, et forma 
de bonne heure le projet d'astujétir 
sa patrie; il}- parvint par la double 
force de l'éloquence et des armes. 
Après avoir remporté à Pharsalc une 
victoire décisive sur Pompie , son 
compétiteur, l'an 48 avool J.-C. , il 
pardonna aux vaiucns . et , maJ;;ré la 
douceur du gouvernement de ce dir- 
taienr perpétuel, il fut assassiné en 
plein sénat le i5 mars de l'an Ui av. 
J.-C, par ceux mémequ'il aiait com- 
blés de bienfaits. Les gucnes qu'il 
lit, ses combats . ses victoires, font 
connus de tout le monde. Il avait 
composé plusieurs ouvrages en vers et 
en prose ; il ne nous reste que xet 
V.ommentaifes sur les guerres des 
Gaules et sur les cuerres civiles. 

CÉSARIOX. iils de César et de 
Cléopàtre , désigné i 1 1 ans par sa 
mère et par Marc-Antoine pour suc- 
céder à la eonrunnc d'Egypte , fat . 
l'an 9a av. l'ère chrétienne , mis â 
mort par l'ordre ë'Augutle . qui re- 
duutiil en lui un lival. 



j:> G ES 

CÉSAROTTI ( Mel. n.on ), l'un de» 
llticiateurs cl dcspoètea ilalicnsdu dix- 
huitième siècle ; né à Padoue le i5 
mai lyît,, il mourut le i novembre 
iSn3. Il a publié une traduction 
d'Uoinère , de Dcinonlhènet , un Cours 
raîtonné du littératurg ^rtfc^ue , etc. ; 
mais de tous ses ouvrages en vers le 
plus justement célèbre est sa traduc- 
tion d'Osii'an ,- il n'exista peut être ja- 
mais de copie qui eût à ce point l'ap- 
pari-nce ilune composition originale. 
L'édition des Œucrct rfo Ct$arotti 
contient 48 toliiraes in 8. Il a joui 
pendant sa vie d'uno réputation co- 
lossale ; réduite à ta juste valeur » 
elle sera toujours celle d'un des hom- 
mes qui ont le plu» honoré les lettres, 
leur, patrie et leur siècle. 

CESONou C^ESO (QiiNTir»),Gls 
du dictateur Quintius Cincinnalus; 
Tilc - Live eu fait un grand éloge. Il 
était d'une taille gigantesque , d'une 
force extraordinaire, éloquent et trés- 
brave ; mai.', ses emporteuiens incon- 
sidérés le forcèrent à se retirer en 
exil chei les Toscans sans attendre 
que son jugement fût prononcé. Cici- 
t'on dit qu'il fut ensuite rappelé. 

CÉSOME ( Casos.o Milosu ). 
Illle d'Orlilus et de Vestilias, fui la 
quatrième femme de l'empereur (la- 
ligula , qui l'aima avec passion. Lors- 
que Calignla lut assassiné, Césonie 
périt le même jour percée de coups 
par un centurion , et sa Ulle fut écra- 
sée contre les murailles. 

CESSART ( Loiis-Aii-xixniii: de ) , 
inspecteur-général des poiU»-et- -haus- 
sées , ne à Paris en 1719 , se lit con- 
naître pat- la construction du beau 
pont de Saumur. qu'il exécuta du 
concert avec de Voglie , ingénieur en 
chef. Celle des >[uais de Rouen et 
des écluses de .Saint- Valéry , de 
Dieppe et de TréporI , ajouta à sa 
réputation. L'Iiibilité qu'il déplo\a 
dans la conduite de ces grandi ira- 
vaux le fit choisir, en 1781 , pour 
la direclion de ceux de Cherbourg. 
Son projet, tout gigantp>qiie qu'il 
étail.fnt accueilli: et» des difGculles 
imprévues entrainèrelil des modifica- 
lions qui causèrent beaucoup de dc- 
sagréniens à -l'auteur . il n'en a pas 
luoink 1* mérite d* l'Invenlion. hisç 

i5. 



CHA 

pecuar général, décoré du cordon de 
t^atot-Micbel f puis coniaiatidâut de 
]<i Légiou-d'Houneur, il eal mort eu 
1806. H. Daboit d'^meuriile a pu- 
bflû la Daicri^licii de fies travaux hy- 
draulique* , l'aria, iSoC et 1603, 1 
\o/um«? in^", a\eo 67 planches et le 
portrait de Cessart, 

CESliDS, gouferoeur de Sjrie 
sous Nt ron. ATaut refusé justice aux 
Juils , qui se plaignaieut de la lyrau- 
nie de Florus , gouferoeur de la Ju- 
dée , ce peuple se révolta et prit les 
armes. 

CETDEGCS (iliKCrs-CoRXÉiars) , 
Tirait peudaut la seconde guerre pu- 
uiquc. Il fut nomme grand pontife 
l'an de Borne 63g. 11 fut préteur, 
consul et censeur. Il contribua à la 
défaite de Magon, <;icéron dit qu'il 
fut le premier Itonuùn qu'on pût ap- 
peler éloqueut. Cét!\égu3 (Caul^) , se. 
nateur romain , était né pour les fac- 
tions et les complots. Il &uî?ît tour à 
tour le p^itli de Marius et celui de 
Sylla. Après la mort de ce dernier, 
il acquit une grande intlutnce et en- 
tra dans la conspiration de Catiliua ; 
il prit pour sa part de diriger le mas- 
^ac^e de leurs enueuiis dans Rome. 
Il fut eiécuté par les ordres de Cicé- 
ron., 

CETHIM , «rriére-peiil Ois de Noé. 

CEXRAS , mécanicien , né à Chal- 
cédouie, perfectionna le bélier, ma* 
ciiine de guerre fort célèbre dans 
rbisloiro aucieuue. Il est cité par 
Vitruie. 

CETGRA , seconde femme d'Abra- 
ham- Il eut d'elle six enfans , qui 
!4>iit : Zamram . Jecsan , Madan 11a- 
dian , Jesbcc rt i^ué. 

CliABA.NON (.Ni( on» ot) , né en 
Amérique en 1 73u , et mort à PariA 
le u iuillet 179» , de l'académie fran- 
çaise et de celle des inscriptions el 
belles-lettres. On a de lui trois lr.i- 
gèdies : E^oniii.- , Priam au fjmp <t'A- 
c^l'/l» et Zudolie ; deux comédies, 
des fables et qiirlqurs autres ou- 
trages eu ters: luais le g,-nie de la 
poésie lui manquait, i^a prose a plus 
de mérite; sii traduction des Odes 
pythi^uet de Piodare est cMimée. Il 
était très- bon musicien, ri ce qu'il a 
cent sur la mu>iqur à l'occbion de 



'74 



CHA 



la rhalité qui s'établit entre Gluck et 
Piccini est ce qu'il a fait de luieui. 
Il a paru depuis sa mort un ouvrage 
de iui intitulé : Tablcaa de qael<juet 
ctrconitances de ma ci'e, qui le l'ail 
aimer. Il eut avec Voltaire, ChaoK 
fort et Thomas des liaisons très-ia- 
times. Son frère Chabanon de lîait- 
^rit , moit en 1780, cultivait comme 
lui la musique et la poésie. 

CHABaOD-LA lOCU (baron de), 
ancien député, né àNîmes en 1769, 
d'un père colonel au génie , entra de 
bonne heure au service. Comman- 
dant en 1789, de la garde nationale 
de Nîmes , il servit dans la campagne 
de Savoie, sous les ordres du géoé- 
rai Montesquiou , àla télé du batail- 
lon de volontaires qu'il avait été 
chargé d'organiser. De retour dans sa 
ville natale , il reprit le commande- 
ment de la garde nationale , mais 
bientôt arrêté comme suspect et jeté 
dans les prisons , il échappa , comme 
par miracle , à !a mort, et se retira 
en Suisse. Rentré en France . il com- 
mença sa carrière législative ; peu 
d'hommes eu ont fourni une aussi 
longue. Il avait assisté à 17 sessions , 
savoir: à 3 des Cinq-Cents, à 8 du 
du tribunal, 7 du corps législatif, 3 
de la chambre des députés , sous 
Louis WIII , 3 de la même chambre 
sous Charles X, et à ui>e partie de la 
deuxième session de i83a sous le rè- 
gne de Louis-Philippe: dans toutes il 
se montra le défenseur de nos insti- 
tutions , et mourut à Paris le 30 juil- 
let i83s , trappe d'une apoplexie fou- 
drovante. 

CUABKIAS, général athénien. Il 
périt devant Chio , l'ao 353 avant 
J -C. Son vaisseau fui coulé à fend. 
U aurait pu se sauvera la nage , mais 
il préféra la mort a une fuite hon- 
teuse. 

CIIALOBIV (JBis-F»s.M;oi»TBé- 
tisE) , architecte célèbre , né à Paris 
eu 1739. Il mourut le 30 janvier iSii. 
Ses travaux les plus importans sont 
l'hOtel la Vrillière .celui de Saint- 
Florentin . rue de l'Orangerie ; le 
collège de France, place Cambrav ; 
la tour el la chapelle des fonts sous 
\c portait de Saint-Sulpice, l'église 
de Saiiil-Phiirppe du Roule, la res- 



CHA 



175 



eu A 



lauralioii du palais du Luxembourg, 
et rarc*diï-triomplie de rÉloite , noD 
acheté; il fut membre de l'inslilut , 
classe d'archiCtclure, et mourut (ans 
fortune. 

CHALOTAIS (Loru-RïsB db CA- 
RAD£UC PB L4), prorureur gir.éral 
au parlement fie Bretagne; né à 
Bennea le 6 mars 1701 , il }' inuurut 
le la juillet 178S. Il se signala dans 
l'afTaire de l'exputsion des jésuites ; 
mais il se Ht de grands ennemis, ei 
détint fameux par ses talens , son 
courage et ses malheurs , aurtoul par 
un procès criminil qui divisa la cour 
et les parleiuens du royaume , ame- 
na le 1 nversement des grandes ma- 
gisiralures. et pnrla atteinte à l'au- 
torité rujrale atant la reTolution de 
1789. Ce procès célèbre fut imprimé 
en 1767, en } toIuiucs ia 4 , et 6 toI. 
iu-ii. 

Cil AU, second fîU de Noé. Ayant 
aper<;u son père couché dans une 
posture indécente , il appela ses 
frères et le leur montra en plaisan- 
tant. CeuX'ci indignés prirent un 
manteau dout ils couvrirent It^ur 
père, Noé , à son réveil , apprenant 
la conduite de son iils donna sa ma- 
lédiction à Cbanaan , Gis de Cbara. 

CnAMAA.V , nis de Berzellai de 
Galaad. David récompensa en lui les 
sertie es qu'il atait reçus de Berzellai , 
lors de sa fuite detaut l'armée d'Ab- 
salon. 

CUAMBERS ( E?BBtiii). auteur 
d'uo Dictionnair« de$ artt <l det 
tcienctt ou Encji^hpcdie . mort le i5 
mai J74o, et enterré à Westminster. 
L'ouvrage de cet Anglais peut a juste 
litre réclamer l'honneur d'atoir d 
né l'idée de VEncyclopédie française. 
Il parut en 1718 ,'el il est générale 
meut conuu sou» le nom Ak Diction 
nuire de Chamhen, 

CDAMBRAY (JiCQCES-Fmitço.sBE). 
cfaetaliergrand'croix de l'ordre de saint 
Jean deJcrusalem, ne à E>renx eni6S7, 
s'acquit une grande réputation dans 
la guerre qu'il lit toute sa vie ; 
fidèles , sur lesquels il prit onze vais- 

"1^; entre antres la Patronne de 
• "4i, en 17j5, et en i-3a, la Sut- 

■ , portant patillon de conlre- 

uiral du gr^d-seigoeur. Le grand- 



maître , pour récompenser ses sér- 
iées, le lit vice-amiral, et comman- 
dant général des troupes de terre et 
mer du la religion. Le baiUy de 
fibambray fit construire à ses frais 
dans l'ile de Goze une forteresse ap- 
pelée , de son nom . la cité neuve de 
i:hambray. Il mourut à Jlalte en 
1756, avec la réputation d'un des 
lus grands hommes de son siècle. 
L'épitapbe suivante fut gravée sur 
son tombeau: 3fart atatiê iiia nulU 
iecundat , fudtl Turcat , terra arce 
propriiê impgnùi extructa , tutavit ci' 
vcs. Le bailly de Cbambray ne jouit 
point de la célébrité qu'auraient dû 
' acquérir ses exploits, pjrce qu'il 
poitil eu d'historien. Verlot u'en 
parle qu'une seule foi» et dans la 
dernière page de son histoire; mais 
alors te bailly de Cbambray était sim- 
ple chevalier commandant un vais- 
seau de la religion, et sa carrière 
militaire ue faisait que de commen- 
cer. 

CHAMFOUT (Sebastie^c-Rocb-Ni- 
colas) , né en 1741 , dans un village 
près de (>lermont en Auvergne , d'un 
père inconnu et d'une paysanne ; 
vint de boune heure à Paris où il fut 
dniis comme boursier au collège des 
Grassins. Ses Elogea de Moliire et de 
La Fontaine commencèrent sa répu- 
tation. Ses petites comédies de ia 
Jeune Indienne et du Marcliai^d de 
5m^riiâ, se sont conservées au théâ- 
tre , et la dernière surtout étincelle 
de s.iillies ingénieuses. Il avait fait de 
Racine son étude favorite ; on s'en 
aperçoit dans sa tragédie de Musta- 
pha el Zéangir. L'esprit qu'il portait 
dans la société u'clait ni moins pi- 
quant ni moins agréable que celui 
qu'on trouve dans ses ouvrages; per- 
sonne ne savait conter avec plus de 
grâce et n'assaisonnait mieux une 
bonne plaisanterie. On regrette beau- 
coup un poème auquel i! travaillait, 
sur la guerre de la fronde. M. Colnet 
a publié une édition de ses œuvres 
en deux volumes in-8. , et un autre 
le Chavifortiana, 1 volume iiin. Il 
fut entraîné dans les ora^'es de la ré- 
volution , et il eu mourut, en avril 
1794 , sinon la victime, du moins 
par une suite des chagrins qu'elle lui 



GHA 



176 



CHA 



Gt éprouver. La fin de ta carrière fut 
aussi malheureuse que le commeU' 
cernent en avait paru l'orlunê. 11 fut 
Taini intime de Mirabeau. 

CBAlTOCSSET ( Clicdb Hcubert 
PIARROXde;, né à Paris en 1717. 
Il porta jusqu'à la passion le zèle du 
bien public et Tamour de Ibumani- 
lé. Il fil de sa maison un bôpiial, et 
il y entretint une pharmacie au pro- 
fil des pauvres. 11 loua une maison à 
la barrière de Sèvres et en Cl un mo- 
dèle pour les bôpilau.v;il parvint à 
faire donner un lit séparé a chaque 
malade à l'HùtelDieu ; plusieurs au- 
tres de ses plans furent adoptés; en- 
fin , on lui doit l'établissement de la 
petite poste de Paris. J.-J. Rousseau 
était plein de respect pour lui. ]1 
mourut le J7 avril 1775. 

CHAMPAGNE iPHiLippE), peintre 
célèbre, né à Bruxelles en 160a , 
mort le u août 1674. Il fut chargé 
de plusieurs ouvrages importaos : la 
décence guida toujours ses pinceaux. 
Ses tableaux oui de l'invention, son 
dessin est correct , ses paysages sont 
agréables ; mais ses compositions 
sont froides et manquent de moure- 
roenl. Son neveu fut peintre aussi et 
D^eut pas son talent. 

CHA.MPIONXET (Jeis-Etie.vxe) , 
né à Valence en 17Ô1, mort en 1799. 
Il montra de grands talcns comme 
général de division aux armées de 
Sambre-ei Meuse et d Italie. 

CUAMl'LAÏX (Samcel), naviga- 
lear français , fondateur de la ville de 
Québec au Canad?, et premier gou- 
verneur de cette colonie, né àBroua- 
go au seizième siècle , mourui à 
)a Gn de iC.îS. Tous le» historiens 
s*accordent à louer sa bravoure , son 
désintéressement , la pureté de son 
jugement et la solidité de ses inten- 
tions. La collection entière de ses 
Tovages a été imprimée à Paris , en 
l63x, in-4, avec uue carte. Elle coni 
prend se» n.ivigalioni et ses décou 
vertes par terre . depuis i6o},époqu< 
du premier voyage , jusqu'à la prise 
de Québec par les Anglais , en i'>s9 
CUAMPOLLION (J.-F.). célèbre 
archéologue , mi û Figeac en Quer- 
<-}' , au mois de décembre 1790. K 
livra aiet ard«ur à l'étude des langues 



orienLiles , et occupa pendant pi. 
sieurs années les phices de professeur 
d'hisloireet de bibliolbéraire de Grf 
noble. Dès 1614, il avait publié l'E 
gyptê gous les Pharaons . ou Recher- 
tkes sur la géographie, la religion, 
la langue et l'histoire des Egyptiens 
avant l'invasion de Cambjse, a vol. 
n-S. En 18 j4, il découvrit à Turin , 
dans une chambre du musée des p-i - 
s dune haute antiquité. Il fit en 
suite un voyage en Egypte: il en 
rapporta une riche collection de notes- 
dessins, inscriptions , etc., qu'il ve- 
nait de mettre en ordre, lorsque la 
ort l'enleva, à Paris, le i mars 
i65s, à peine âgé de di ans. Son 
buste, en marbre, doit être placé 
dans le musée égyptien , dont il est le 
fondateur. 

CHiNAAN, fils de Cbam. Ce fut 
sur lui que tomba la melédiction 
de Noéj parce qu'ayant aperçu ce 
dernier dans une posture indécente , 
"I courut en avertir son père. 

CUAXDOS ( Jbiï i , célèbre capi- 
taine anglais dans le quatorzième 
de , lieutenant-général de toutes 
les provinces que le roi d'Angleterre 
possédait en France. A la bataille 
d'Auray , en i564, Duguesriin lui 
endil les armes. Il fut tué en 1Ô69 
près de Poitiers , dans un combat sur 
leponi de Leu^c. Il se lit ainit^r t-l 
slimcr de ses ennemis par sa mode- 
alioii pt «a générosité. 

CUAPELAIX (Jsixl, de l'acade- 
cie française , né à Paris le 4 dé- 
cembre 1^95, mort le as février 
1674. Balsac le mit en réputation, 
ei véritablemenl Chapelain avait 
beaucoup de littérature. Son poè'me 
de la Puetltê, trop tanlé avant de pa- 
raître , détruisit en un n>omciil la 
considération prématurée qu'il avait 
eu l'adresse d'usurper. Il n'y en a ja.- 
mais eu que douze chants imprimés, 
les douze autres sont restés manus- 
crit» dans la bibliothèque du roi. On 
connaît les satires de Boileau contre 
lui; elles l'ont iiumorlalisé. (Uiape- 
lain était fort avare ei ninurui fort 
riche. Son nom avait été si imposant, 
que Racine daigna le ronsullcr sur 
«es premier» écrits, el qiyil fut chois» 
par l'acadeiui* pour rcdigcr lu cri- 



eu A 1 

liquc Ju CiJ. Il porta lui-mi-mc DnI- 
ieau sur la li^le des hommes de let- 
tre» pensionné» par Louis XIV. Ce 
trait honore son caraclcrc. 

CHAPELIER ((sur. nesÉ-Gri if), 
\lù à Rennes en 1741, se fil uim- 
grande réputation au barreau. \oni 
nié eu 178g députe du liersttat aui 
étal» généraux, il s'y distingua comme 
orareur . el prit une grande p.irl à 
tous les travaux de eelte a-iseniblee. 
Les serTiees qu'il avait rendus à la 
cause de la liberté, ue le mirent pu» 
à l'abri des fureurs reToIutronnaircs. 
Arrêté et traduit au tribunal de sang, 
il fut eondaniné ■ mort le 91 avril 
1794 , et conduit an sitpplice avec 
tes deux collègues Tbouret et d'Ës- 
premenil. 

CHAPELLE ( Cutno - EjniisiEr. 
LDll.LIER), né à la Chapelle près 
de Pari» en i6a6 , mort en i(;s6, 
poète facile, naturel, voltiplueux «t 
négligé. Il est aulenr avec Eaehauniont 
du Voyage en prose el en vers connu 
fious leurs noms , bagatelle agréable 
qui a été imitée sou\enl et moins heu- 
reusement. Chapelle était homme du 
monde ; mais il sut conserver dans la 
bonne conpagnie de son temps celle 
naïveté piquante qui fait le principal 
mérite de ses ouvrages. 11 joignit à ce 
<lon de la nature celui d'observer 
avec finesse les ridicules de la société; 
il y puisait même des scènes co- 
miques qu'il rendait à son ami Mo 
licre avec la plus grande vivacité; 
mais ce feu l'abandonnait quand il 
voulait Us écrire, tant il v a loin de 
l'esprit de conversaiioo au talent de 
meitro en œuvre! Rarine , Boileau , 
Molière , La Fontaine , Dernier , l'eu- 
rent pour ami el pour conseil. Cet 
aimable épicurien vécut sans engage- 
ment, content de 8000 livres d'- 
rente viagère. D'Assouci le représente 
comme étant tout esprit , et n'ayant 
presque point de corp» , ce qui fait 
penser qu'il était petit , maigre et 
nwrt. 

CHAPPE (Clacdb). né en 1763, 
ofiHt à l'assemblée législative en 179» 
Ba;découverte de la machine a signaux 
nommée par lui télégraphe: on ne 
s'en servit pour la première fois qu'en 
i7j3. On ue peut sans injustice re- 



77 ^"'^ 

fuser a Cliappe le» liomieurs de l'in- 
vention , car on invente lorsqu'on 
exécute ce qu'on ne connaissait aupa- 
ravant que comme une chose pos- 
sible , et lorsqu'un retrouve des 
niojens poidus dont il ne restait 
point de trace. L'envie et la mal- 
veillance attaquèrent le système de 
Chappe.et des rivaux voulurent lui 
ravir sa gloire et sa place. Il en fut 
vivement afficté , et mourut subite- 
ment le aJ janvier iBoS. 

CIUPTAL (Jii«M AjitoixpI, pair 
de France , de l'académie di» scien- 
ces, ministre de l'intérieur sons l'em- 
pire, grand-croix de la Légion-dhon- 
nenr, né à Nojora (Loiére) le S juin 
t-ji^. mort à Paris le 91) juillet |S3], 
a signalé son uiini.>1ère par d'impor- 
tans services rendus au commerce 
t à l'industrie : ses iniportans Ira- 
aux sur diverses applications de la 
himie aux arts industriels l'ont 
placé au rang des bienfaiteurs de 
riiumanilé. En iSig.il publia son 
célèbre ouvrage sur l'industrie fran- 
çaise , deux volumes in-m le pre- 
mier el le plus étendu dans son 
genre, livre rempli de sages pré- 
ceptes et de vue» élevées sur le pro- 
grès des arts et »ur l'esprit des lois 
.jui doivent régir l'industrie. On a 
>ncnie de lui la C/imu's appliquée à 
l'agriculture, svol. in-13, 1S35. 

CHAR&IN , célèbre voyageur, né 
à Paris le 26 novembre Jtî43, mort 
le s6 jaD>ier 1713. Son Fojnge en 
Ptrse, 5 volumes in-4 el 10 volumes 
in- la , jnslemetit estimé , donne une 
idée complote des usages de ce pays, 
de ses mœurs et de ses coutumes. On 
n doit une nouvelle édition . «11 10 
vol. in-S». à M- Langlès, Paris, 1811. 
CIIARÈS, Athénien : nfutgénéral 
des Athéniens à la bataille de Chc- 
ronée ,el son incapacité conliibua à 
la perle de celle bataille. H ne fut 
pas heureux dans ses expédilions, 
quoiqu'il ne manquât pas de bi'a- 
oure. CiiarM de JÛitvIèiie fui isan- 
gèle ( huissier de la chambre ) d'A- 
lexandre-le-Grand , et rnssembl.i des 
particularités sur la vie de ce prince. 
11 en composa un ouvrage dont il ne 
nous reste que quelques fiagmens. 
C/inri>-, statuaire grec , tlorissait \it* 



CHA 



.78 



CHA 



:a cent TÎiigt • unième olympiade. Il 
^'tmmor^ali?a par le faoïeux colcsse 
lie Kbodet , qu'il mit douze aiia à 1er- 
mioer , et qu'uu tremblement de 
terre ne Idissa subsister que cfn- 
quanle tiiz ans ; il araii soixante-dis 
coudèefi de bauteur. Ses débris res- 
tèrent au même lieu jusqu'en 667. 
Un marchand juif le» auiela et fil 
»-barger n«'uf cent» chameaux du 
bronze qu'il en retiia. 

CHAllEITE DK L\ CONTERIE 
(FEixi;ois-ArHsSASL) . fameux géué.- 
ral Vendéen , ne en Lreia^'ne en 
1765, serfit avec couraj;e et talent la 
cause royaliste. Fait prisonnier en 
1796 , iltubil la mort en beifis. 

CBAKICLÈS. général ALbénien, 
se signala par son animosité conire 
Alcibiade, fut esilé à sou leur, re- 
vint après la baiaille d'.£go< l'olamos, 
devint nn des trente tyrans d'A- 
ibèoes, voulut empêcher Socrale de 
donner dus leçons , et péril vraisem- 
blablement avec Critias. CharicHi , 
Albéoien , gendre de Phocioo , se 
laissa gagner par Ilarpalus. qui , 
après avoir dilapidé les trésors du 
rcl de Perse, qu'Alexandre lui avait 
ooolics , avait cherché un asyle à 
Athènes. Enveloppé dans la condam- 
ualion de Phocion , il échappa par 
la fuite , et l'on ignore ce qu'il devint 
dans la suite. l_'.hitricth»t médecin cé- 
lèbre, ami do l'empereur Tibère; 
sous prétexte de lui baiser la main, 
lui loucha adroitement le pouls dans 
a dernière inalddie , et prédit salin 
prochaine. Golien cile quelquefois 
ses ouvrages. 

C^ A 11 1 t: 1. 1 T es. général P.ho- 
dieu , commaudait l'arrière-garde de 
leur escadre dans le combat où . de 
concert avec lesKomains, ils défirent 
l'an iijo avant J.-C. , ci Ile d'Aulliio- 
cbu9 , commaudée pur Annibal ei par 
Apollonius. 

CEIARIUEME, Dé à Orée, dans I île 
d'Eubée, se rendit célèbre par sa 
bravoure. Exilé d'Athènes par ordre 
d'Alexandre, conire lequel il » elail 
déclaré, il se réfugia à la cour de 
Darius , roi dis Perses. Ce prince le 
lit mourir pour liiOvoir dit avec trop 
de franchise et de liberté ce qu'il pen- 
sait de son armée et de ccUa <iu roi 



de Macédoine, l'an 335 avant i.-C 
Il fut défendu dans une circonstance 
particulière par Démoslbènes , duul 
ua a le discours. 

CHAKILLCS, roi de Sparte. 11 
ut pour tuteur Lycurgue , son on- 
le, qui profita de cette minorité 
pour donner à Sparte les lois qui >a 1 
rendirent si célèljre. Cbarillus, à qui 
Lycuigue remit Pautorite lorsqu'il 
fut en âge de régner f.ar lui-mi me , , 
commanda Us Lacédémoniens dans : 
plusieurs expéditions, et mourut vers 
l'an 770 avant J.-C. Il eut pour suc- 
cesseur Nicandreson fils. 

CHARITON, écrivain grec du bas- 
empire. Nous avons de lui un roman 
des Amoun de Chaeréas et Caltirhoé ^ 
publié pour la première fois en grec 
et en latin en 1750, in-i". Il était de 1 
la ville d'Aphrodiséc dans la Carie. | 

CHAULES-MARTEL, duc d'Aus- ' 
trasic , fut roi par Paulorité dont il 
s'empara , et dont il jouit pendant 
plus do vingt-cinq ans. Il était lils de 
Pépin d'IIeristal, maire du palais, et 
père de Péfin-le-bref, qui fonda la 
dvnastie des rois de France. C'est un 
des plus grands héros dont les Fran- 
<;ais puissent s'honorer. II battit les 
Saxons, les Frisons et les Sarrasins, 
sur lesquels il remporta une Tietoiro 
complète près de Poitiers. II dépouilla 
le clergé d'une paitie de ses biens 
pour entretenir ses troupes, et mou- 
rut en 74i à Qucrsi-6Ur-0ise , le 3 a 
octobre. 

CHARLES I, dit CniRLBMAGSE, 
roi de France , empereur d'Occident, 
naquit en 74a , au château de Sallz- 
bourg, dans la Ilaute-Eavière. Fils de 
Pepiu-le-Brcf, il fut couronné roi 
après la mort de ce prince, arrivée 
en 71J8, et partagea la France avec 
Carlunian , son jeune frère; celui-ci 
étant mort en 77», Charles devint 
seul roi de France. Après avoir délait 
les Saxons , et mis tin à la monarchie 
des Lombards , il fut couronné em- 
pereur en 800, et renouvela l'empire 
des Césars. Vainqueur, partout , il 
s'appliqua à policcr ses États, rétablit 
la marine , forma le projet de joindr* 
le Rhin au Danube , donna de nou- 
velles luis, fut le restaurateur et le 
protueteur des lettras, fonda plu- 



CHA I 

sieurs monastorcB cl réprima la men- 
dicili^. L'église lui dut In chaut grii- 
gorivn. Sts loi!) sont admirables. Vante 
dans SCS desseins, nul souvcitiiik ne 
fit les plus praudcs choses btcc tant 
de facilité et les plus dilTiciles avec 
tant de promptitude. Il mourut le s3 
janvier 8i4, »'t fut enterré à Aix-la- 
Chapelle ; son histoire a été écrite en 
» vol- in-ia par 11. de la Druère, et 
en 4 Tol. in-19 par M. Goillard. 

CIlAKLES II, dit LB CuAOTB, 
parec qu'il l'était réellement, fils de 
i.ouis-Ie-Déhonnaire et ^de Judith de 
Bavière , naquit à Francfort-sur-l 
Mein le i3 juin SsS , et mourut lo 6 
octobre 877. Il fut couronné empereur 
en 675. Il ne laissa qu'un lils connu 
sousin nom de I.ouis-lc-BéRUc, qui lu 
cuccéda. Charles-hî-t'hauTc fut ui 
prince artilicieux, sans amour pour ses 
peuples et toujours ambitieux de con- 
quérir; son règne fut cependant re- 
marquable par des choses utiles ; et 
.comme il avait de l'instruction, il pro- 
tégea les savans et les combla de bien- 
faits. On a joint scscapitulairesàccux 
de Charlemagne. 

CH.\r.LES III, dit LE SiMPLR, 
fils posthume de Louis-Ie-Bègue , né 
le 17 septembre 879. Il monta sur le 
trône en 898 , eu tut dépouillé en 923, 
etmourutprisonnicrau château de Pè- 
ronne le 7 octobre 929. Il laissa un tils 
connu sous le uom de Louisd'Outie- 
irer. Le seul titre que Charles-lc- 
Simple ait à la gloire est d'ètie par- 
Tenu à 'cssaisirla Lorraine, qui avait 
été séparée de la France. 

CHARLES IV, surnommé le Bel, 
parvint à la couronne en i3aa par la 
mort de son frère Philippe-le-Long. 
]lmourutle3i janvier iSaSàViucen- 
nes, âgé de trente-quatre ans. Il ai- 
mait la justice et savait se faire obéir. 
Ses courtisans disaient de lui qu'il te- 
nait plus du philosophe que du roi. 

eu ARLES V, dit le Sage, roi de 
France, né à Vincennes le 21 janvier 
1337, succéda à son père le roi Jean 
le 8 avril i364. îl trouva le rojaume 
dans la désolation et dans l'épuise- 
ment, et remédia à tout par ses né- 
gociateurs et ses généraux. Bertrand 
Duguesclin re^it sur les Anglais une 
graodd parti» des placti fortes qu'ils 



79 CH.\ 

[occupaient. Il mourut à Vincennes le 
lil) septembre i58o, lai.ssant 17 mil- 
lions dans «es collV»s, somme consi- 
dérable pour ce temps. Il aimait et 
protégeait les lettres; la Iiibliothèque 
du roi lui doit son origine , et il lit 
construire la forteresse de la Bastille , 
pourydéposer son trésor. L'académie 
française proposa son éloge en 1766, 
et ce fut La Harpe qui remporta le 
prix ; le surnom donné à ce roi l'em- 
porte sur les éloges prouoncés en joB 
honneur. 

CHARLES VI, dit le BrEs-AmÉ, 
roi do Franco , fils do Charles V , né 
à Paris le 3 décembre i368. Son père 
lui donna le Daupbiiié en apanage , 
et il fut ainsi le premier des enfans de 
France qui porta le titre de dauphin en 
naissant. Il succéda à son père le iB 
septcmhi'c i3So. Les fautes de ses mi- 
nistres rendirent sou règne malheu- 
reux: Henri V , roi d'Angleterre , 
s'empara de la France. Il mourut en 
démence l« i\ octobre 1422; son rè- 
gne fut signalé par les guerres civiles, 
étrangères, la peste et la famine. 

CHAULES VU , dit le ViCTOBreoT. 
roi de France , fils de Charles VI , né 
le sa février i4o3 , devint dauphin 
en 1416. Il reconquit presque tout 
son royaume sur les Anglais, etc'est 
le motif de son surnom. C'est sous 
son règne et pour lui que combattit 
Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Or- 
léans. Proscrit par sa mère , jouet de 
la démence do Charles VI , victime 
de la sombre ambition de son lils , il 
trouva dans tiarie d'Anjou, son 
épouse, une compagne Gdèle , une 
amie sûre , dont l'anie ne se laissa ja- 
mais abattre par le niallicur. 1! ee 
laissa mourir de faim dans la craiute 
d'être cmîioiionné par son fils, et 
succomba le aa juillet i46i- 

CHARLES VIII , dit l'AFFiBLE et 
le CoCETOis, roi de Fianee, tils de 
Louis XI , né à Amboise le 3o juin 
1470, fut sacré à Reims le 5 juiu 
1484. II prit lu titre d'empereur d'O- 
rient en 1494 , et s'empara du royau- 
me de Naples, qu'il fut obligé d'aban- 
donner Tannée suivante. 11 remporta 
en se retirant la célèbre victoire de 
Foniovo ; dans cette bataille huit 
mille Français l'emportor»nt tut qu*- 



CHA 



iSo 



CHA 



raiite mille Italiens. 11 mourut au 
cbàteau d'Amboise le 7 avril 1498. 

CHARLES IX, roi de Frauce, lils 
de Henri II et de Catherine de îlé- 
dicis, né à Saiut-QcriMain-en-Lajc 
le 27 juin i55o. Il monta sur le trône 
le 14 décembre lôCo : il n'avait pas 
onze ans accomplis; ce fut Médicis 
qui gouverna le rojauuie. Les proies- 
tans se révoltèrent , et il s'ensuivit 
une guerre civile. Le massacre de la 
iiaint-Barlbélemi , arrivé le a4 août 
1572 , a souillé pour jamais la mé- 
moire de Charles IX ; il n'avait que 
vingt-deux ans, et diuî années après, 
le il mai 1674 , il mourut de la vio- 
lence de ses remords. Il cultiva et fa- 
vorisa les lettres ; il est même reste 
quelques vers de lui. C'est sou» son 
régne que fut bâti le palais des Tui- 
leries ( i564), et que furent faites 
nos lois 1rs plus sages et les ordonnan- 
ces les plus salutaires à l'ordre pu- 
blic , par les soins de l'immortel chan- 
celier l'Hôpital. Nous croyons que les 
caractères de ce magistrat , de Char- 
les IX, et de sa mère, sont traces his- 
toriquement et avec beaucoup de ta- 
lent par Cbénier, dans sa fameuse 
tragédie de Charles IX , dont l'esprit 
«le parti s'est beaucoup trop emparé. 

CHARLES X, roi de France ima- 
ginaire de la création de la Ligue; 
elle lit Irapper de la monnaie sous 
son nom. C'était le vieux cardinal de 
Sourbon. 

CHARLES dit le MAtTiis , roi de 
Navarre, né eu i552 , fut élevé à la 
cour de Philippe de Valois, et se fit 
admirer dés sa jeunesse par son sa- 
voir , son éloquence et les grâces de sa 
ligure. Plus tard il devint le lléau de 
son siècle par sa perfidie et sescruaa- 
té.s. Il mouiut en 13S7. • 

CHARLES m, surnommé le No- 
ble, roi de Navarre, lils de Chailes 
le Mauvais , eut les qualités de son 
père sans avoir ses vices. H contribua 
à rétablir la paix publique en Franre, 
on réconciliant Us deux factions d'Or- 
léans et du Rourgogne. H lit fleurir 
dans ses états l'industrie , les arts et 
les lettre». Il mourut ù Olile le 8 sep- 
tembre i435, âgé de soixante-quatre 
.ins, après un régne de Ô9, et avoir 
joui pendant ce temps de l'ilniour de 



sessujits, et des heureux effet» d'une 
administration toute paternelle. 

CHARLES le TÈMèsAiRE, duc de 
Bouigogne , uè à Dijon le 10 novem- 
bre 1455. Il fut l'ennemi irréronci- 
liable de Louis XI, avec lequelil fut 
toujours en guerre : il lui livra le con- 
nétable de Saint-Paul, dont il obtint 
les trésors. Altéré de sang et incapa- 
ble de repos , il fi t la guerre aux Suis- 
ses , qui remportèrent sur lui les vic- 
toires de GransoD et de Morat en 1476. 
Les Suisses rassemblèrent les osse- 
mensdesvaincus, et en élevèrent une 
pyramide qui a existé jusqu'en 1794 , 
qu'elle fut détruite par un bataillon 
de la Côte-d'Or, le jour même que les 
Suisses devaient célébrer l'anniver- 
saire de leur victoire. C'est de cet 0*- 
suai'r» de Morat que M. d'Arlincourta 
tiré parti dans son roman du SoU' 
taire , et de la disparition de Charles. 
Charles le Téméraire périt le 5 janvier 
1477 , détiiil par le duc de Lorraine, 
etfut tué en se sauvant après la bataille 
qui se donna prés de Nancy , qu'il 
avait assiégé. 

CHARLES D'ANJOU, second du 
nom , duc de Calabre , comte du 
Plaine , a mérité une place dans 
rhisloire pour avoir légué la Provence 
à Louis XI et à ses successeurs. Il 
mourut le ji décembre i4Si : c'est 
en i48G que la réunion de la Pro- 
vence à la couronne fut faite par 
Charles VIII. 

CHARLES DE DANëM ARCK, dit 
tB Dos, comte de Flandre. Il affer- 

it dans ses états sa puissance, par 
son courage , et la maintint par la 
sagesse de son gouvernement. On 
rappelait le justicier, le défenseurde 
l'Eglise , le père des pauvres ; la re- 
nommée de ses vertus était si grande 
qu'on lui offrit le trône de Jérusalem , 
pendant la prison de Baudouin II , et 
l'empire après la mort de Henri V; 
mais il refusa l'un et l'autre. Il fut tué 

Rruges, dans un complot formé 
contre lui , le 9 mars 1127. 

CHARLES D'ORLÉANS, comte 
d'AngouIènie, fds aîné de Louis de 
France, duc d'Orléans, comte de Va- 
lois, et de Valcntinc de Milan, na- 
quit à Paris en 1Î91. H se conduisit 
(U héro» ù la funeste bataillu d'Aiiu- 



CHA i8i 

couit 111 Ui5. Ce prince tlait bon, 
humain , charitable, el l'un des plus 
terlurux persoiniage» de son temps. 
Si par sa naissance il eut une pre- 
mière f lace parmi les princes, par ses 
lalens pour la poésie il niéiita d'être 
placé au premier raiip des écrivains 
de son siècle. Les bibliothèques du 
roi et de l'Aisenal possédant chacune 
un nMnuscrit de ses poésies. Avec 
beaucoup de simplicité, les idées !>ont 
nobles, inspirées par le sentiniiiit, ré- 
glées par la bienséance , exprimées 
aïec autant de naïveté que d'élépunce. 
Cbarlcsd'Orléaiis mourut le i janrier 
i465 ; il fut père de Louis XI (, et ou- 
de de Fran<;ois I , roi de France. 

f.UARLESIl,roi d'Espagne etdcs 
Indes, lils de Philippe IV, né le 6 nn- 
Tembre iCGi , mort lu i novembre 
17QO. Le 1 octobre de cette dernière 
année, il dicta son fameux testament, 
qui déclarait Philippe de France, duc 
d\\njou , héritier de la monarchie es- 
pagnole. Ce prince est plu»^ célèbre par 
ce testament, qui embrasa l'Europe, 
que par son rèpiw lanjiuissant et mal- 
heureux. En lui Gnit la branche aî- 
née de la iiiaisoD d'Autriche , qui ro- 
gnait en Espagne depuis deux siècles. 

CHARLES III , roi d'Espa ne et 
des Indes , né en janvier ]7iC,liUde 
Philippe V et d'Elisabeth Fanièse. Il 
conclut avec Louis XV en 17C1 le 
pacte de famille qui assurait les droits 
et réunissait toutes les forces des dif- 
férentes blanches de la maison de 
Bourbon. Il se joignit à la France dans 
les deux guerres qu'elle eut à soute- 
nir -onlie l'Angleterre en 176a et 
1773. L'Espagne doit à ce prince tout 
ce qu'elle peut montrer au voyageur 
en fait d'établisscmens utiles et de 
monunicns publics. 11 la retira delà 
léthargie où elle languissait depuis 
Philippe m , el il disait : « Mes su- 
jets sont comme les enfaus, qui 
pleurent quand on les nettoie. >' Lors- 
qu'on lui rendait compte de quelque 
dissension de famille , sa première 
question était : « Quel moine y a-t- 
il dans cette affaire i'» Il ue reçut 
point de la nature ces dons brillans 
qui caractérisent un héros , mais il 
eut un bon jugement, une sage fer- 
.■ueté,de l'esprit nati «1, «t surtout 



Cil A 



les qualités d'un homme de bien. Le 
souvenir de son adminiittration pater- 
nelle et de ses vertu* flrivéese^t en- 
core cherà ses peuples. Il mourut a 
Madrid le «14 décembre 1788. 

CHARLES iV, lils et successeur 
du précédent, né à Naple« le 11 no- 
Tcnibre 174S. Parvenu au trône en 
1788, subjugué de bonne heure par 
sa femme, Marie-Louise, infante de 
Parme, il devint bon jusqu'à la fai- 
blesse, et donna toute sa coiiliancrà 
don Manuel Jodoî, depuis Pi im-e de lu 
paix , n'entra dans la coalition contre 
la France qu'après la mort de Louis 
XVI, au sort duquel il avait pri» h- 
plus vif intérêt, et conclut quelque 
temps après une alliance avec la ré- 
publique française après l'invasion de 
ses états, faite par les ordresde Napo- 
léon ; étant forcé d'abdiquer en fa- 
veur de son OU, il se rendit en France, 
obtint la faculté de se retirer à Mar- 
seille, dont les habilans lui témoi- 
gnèrent le respect que commande 
une grande infortune et l'estime que 
méritait sa bienfaisance: se rendit à 
Rome, ni iSii , y occupa le palai-s 
Baibérini avec «a famille, et mourut a 
Naplcs le s 1 janvier iH ni , du chagrin 
que lui causa la nouvelle de la mon 
de la reine son épouse. 

CHARLES l UANJOD, roi d- 
Naples , liN de Louis VIII de Franc.' 
et de Blanche de Castille , naquit en 
mo. Il gouverna avec éclat, mais 
son régne fut terni par le massacre des 
Français , connu sous le nom de Fi- 
près lirilunnet, qui eut lieu le ôii 
marsi^Ss: dès-lors il n'éprouvaplus 
que des revers , et la punition réser- 
vée à ses crimes sembla enfin l'attein- 
dre. Il mourut le 7 janvier 1 j85. 

CHARLRS II, dit LBBoiTErx,iils 
de Charles I d'Anjou , roi de Na- 
ples, naquit en 1^48, et mourut U 
6 mai iJoj. H eut toutes les vertus 
d'un bon prince ; bienfaisance, affa- 
bilité , amour de la justice. Son rè- 
gne de 25 ans fut l'âge d'or de la mo- 
narchie. 

CHARLES-EMJfANDEL III, roi 
de Sardaigue , tilsde Victor Amèdée 
II. Il s'unit en 1733 à la France età 
l'Espagne, qui avaient projeté d'af- 
faiblir la maison d'Autriche: il fit la 
16 



CHA i8î 

conquête du Milanais, \diiiquit les 
iiiip«iiaux à Jju astalla , où il com- 
manda en gefflPral et oombattil en soi- 
ùat, et signala son habileté durant 
tout le cours de cettH guerre* En 17^2 
il se déclora contre la Fraureet l'Es- 
pagne, pour la reine de Uonpiic, 
i^ui lui offrait une augnientation de 
territoire. Il fut battu à tioni le 3» 
septembre i /44- H refusa de prendre 
part à la guerre de 1766 , et --ut l'a- 
Tantage en 17G5 d'are'médialeur de 
la paix qui assura enlinlc repos de 
l^Europe. Econome , éloigné du faste 
etde9plaisirs.il lit desttabli.-sciiiens 
utiles, et public les plus sages régle- 
menS)qu*il étendit au^arts et au com- 
merce; il embellit sa caitale, mit 
de l'ordre dans la législation et la jus- 
tice. Son Code a été reimprimé en 
français en J771 , 2 Tolcmis in-13. 
«'.et illustre souverain , riui des plus 
sages qu'ait eus le Piémont, étaitné à 
Turin le 27 avril 1701 : il y mourut le 
20 fcTrier 177S. 

CH.\RLES - nUlNT , empereur et 
roi d'Espagn'- , lils aîné de Philippe , 
arcbiduo d'Aulriche, naquit à Gand 
le 34 férrier i5oo. Il Gt prisonnie 
Fraurois l^' à la bataille de Parie en 
iSaî • et n'ayant pu tr?omplicr de sa 
fermeté , il conseutit à des modtlica- 
tions, et signa le traité de Madrid de 
jauTier i5>C. Apres la pai<c de iSig 
il quitta l'Espagne, se rendit en Ita- 
lie, et se lit couronner à liolosne, roi 
de Lombardic et empereur des Bo- 
mains. Le rteit de ses autres espédi 
tions militaires serait trop long. Il 
traTcrsa la France puurse rendre dans 
les Pays-Bas, et passa six jours à Pa- 
ris: François l" Ty Irai la avec une 
générosité Traimi:!!! cliefaleresque. 
Ou sait qu'il abdiqua la couronne en 
faYOur de Philippe son lils , en iô65 , 
el qu'il ne larda pas à s'en repentir. 
Il voulut célébrer lui-même ses obsè- 
ques, el celle cercmonif hàla la lin 
de sesinur*, arrîtée le ji sepUnihrc 
i558. Pour bien connaître Cliarli-s- 
Quint, il faut liru son histoire rorilc 
par Roberlson; c'eM une des pio^ 
bcllri productions de In littérature 
moderne; cet onMnj;ea été Itau'uil 
eu français par M. ïniird. 

Cll.\.r.l,ES XII , roi de Suide , né 



CHA 



à Slockolm le 17 juin i6Ss. iJc 
enfance il arait montré Tamb 
d'imiter Aitxandre , et lorsqu'il r.. 
le courontier , il arrficha la couru: 
des mains dé l'archerêque d'C; 
et se la mit luiniéme sur la télé 
Danemarck, la Pologne, la Uu- 
comptant tirer atanlage de ^,J 
iiestfe , se liguèrent contre lui : 
attaqua ixus l'uu après l'auli 
força le Danemarck de conclu ■ 
paix avec Hit dans moins de s 
mailles, marcha conti-e les I'.. 
qui assiégeaient Nerra au iiomb. 
cent mille hommes , et reniporK' 
eox une victoire signalée, quoi 
son armée ne fût que de iieul' r 
hommes. Trente mille furent no- 
et vingt mille prisonniers; il ne \.t, 
que doute f cnls soldais. Le prime 
suivant i! marcha conlrc la Pol 
détrôna Auguste , el lit elir.; a 
place, en 170Ô , Stanislas Lecii 
Il aurait dû borner là ses cxplow 
se réconcilier avec le ciar; ni.i 
m.ueha contre lui de nonreau . 
remporta d'abord quclqu«s avant. < 
mais iaforlune l'abandonna à Pu II 
ie S juillet 1709. Il fiiC vaincu, tnii-j 
sou armée fut détruite , lui-mênic 
blessé el obligé de se réfugier dau- 1 
Turquie. Il perdit nou-.seuleai. 
tout le fruit de ses couquèlt? , 1. 
une paitic de ses états. Ses revcr 
Tavaientpas corrigé-, il leva uui 
mée et attaqua la .Norwége. En a 
géant Frédéricschai , il fut tué d n 
balle partie du cêié des Suédois li 
5o novembre 1718. La fermeté , i.j 
valeur, l'amour de U justice , deuil - 
naient dam le caractère de Charles; 
mais il outra ces belles qualités et les 
rendit souvent funestes à lui ni''!u<- 
el à ses peuples. Beaucoup d'écri-. .1 
ont érrit sur le hi-ios suédois, i.. 
aucun n'a traité ce «ujet arrc an 
d'intérêl que 'Voltaire. Son Hn' 
de Charles XII est un uiodéi.- 
clarté, de précision el d'éléganc. 
est à regretter qu'il n'ait pu !■ ren.li. 
plus complète, avec les uirmoiresi 
q<iî n'ont été publiés en Strede que 
i>eauciiup plus tard ; il eut alors aussii 
relevé îles erreur» de noms et de 
dates, et drs iDcnclitudet g«ograpJ)i-i 

[UCS. 



CUA 



i83 



CHA 



(.l(ii.l.i:SSTCAl!T. prriuier du 
nom , roi J'An^leifrre , ut- le 3« "o- 
<i-nilire t6oo en KcuMc. Il surcîdj i 
Jacques l" soiipcrr, en l6i5 . ri la 
lui'^ue année i poii.ia Henrielt* de 
Tmiicc. lil!«de llcnii IV. Son rcgnr 
cnuinieiiça par des nmrniure* conlr*- 
lul ; la r.iteur <le Bnrkingliam j ton 
iribiia beaucoup. J".n it4i Cli«rlef 
eul I» faiblesse de signer la rondam- 
nairari du comte StratTord , qui i-rail 
ion iMiiqur appui contre If Uclieu» 

Ml li^i nerllrlrs. Deul aDl nprCs 011 le 
'<! !<nrlir de Lomire.-» , la 
nglaikeful ienTer>ée.aTec 
!'■; tu Tain il li»ra plu- 
.< ItaUilles au» parlemeniaire»: 
• le de lelie de Xaierbi en ibiS 
1 lotil. Cbarle» dci>espéri .ilU 
.er dans les braj de Tarmce d'£- 
, qui le li»rj au parleiiienl au- 
-. Ou érigea un« cour d'- jmtire 
'MiuTilie, rompO!*e de Faiifji, d* 
(>oiuwel, d'frclon son e.*nd»e » de 
Waller, cl de ceni quaraiiie si-pl ju- 
ges. Ou sait la (in uislhenrfii'e de ce 
prince; il i-ut la lèie Irain-bee le 5o 
janiier 1649, le« nos di5eiit«par la 
main du buurrean , les autres p«r 
celle d'un gr^iid fr-i^ncur masque. Sa 
coDst&nce dans .«e» rerers el dan» le 
«upplice étonna m9 ennemis mêmes. 
1 1» ne purent s'empêcher de dire qu'il 
(lait mort atecliien plus de grandeur 
qu'il n'avait técu. On l'Iiooore au- 
joiird'bui comme un martyr de ia rt;* 
ligion anglicane; le jour de sa mori 
eal célébré en Angleterre par un 
jeûne général et la privation de tons 
les plaisirs publics. 

CHARI-ES II, roi d'inslelerrc ; 
reconnu parles Ecossais, il fut defiil 
par l'armée de Ooaiwel et obligé de 
se retirer en France , où il ne parvint 
qu'après les plus grands dan;;eM. Co 
• GGo el après la mort de Cromnel, il 
fui rétabli par les soins du gén^l 
Monct. Il lit fleurir la pjii el lès' 
belles lettres dans son royaume ; mais 
sa prodifiTcilite , son irrélifîion, ses 
mœurs dépravées , déshonorèrent son 
ré^ne et ses qualilés brillantes el ai- 
mables , qui auraient pu !e rendre 
un des premiers princes de l'Europe. 
Saoll Ta peint d'une manière supé- 
rieure dans son Ptréril du pic. Né le 



if, mai iCôu, il mourui le C février 
i685. 

CHARLES ( Jir.voM - ALt(«XDai 
CEbAK ) , physicien , <le l'institut et 
r|e la l.éi;ioii ■ d'Bonociir , mort à 
l'jii» i '"^lanle-seiie ans, le 7 avril 
iHs3. Son nom se rattacite d'une ma- 
nière particulière à la découverte des 
lérusiab. C'esi lui qui a trouvé I.1 
manière d'enfler 1rs .ballons par le 
nioveu du gaz bvdrojsvne , et de les 
riitourer d'an lalletas terni*Ȏ de 
«otumc éla-<iique dis.*outc à chaud 
lans l'hnile de llién b>-nline. Ce pro 
réJtf a prévalu sur Ions les antres. 

CIIAKUIDES, dnol Plalonadoniic 
le nom à un d<- sis di^iSogues , fut 
disciple de Socrate. Ce fut par le« 
con.-tils de ce philosopha qu'il !>r livra 
aut alïaires publiqui-.s s'éiant mis 
dans le parti de Cntias , il fni un des 
dii tvraiis que Lysandrc établit dans 
le Pirèe pour gouverner .ivrr les 
trente de la ville , et il fut tué dans le 
[.rei:>ier conifcit que le» exihs com- 
luandés par Tras>bole livrcreiit aux 
l\ raiis. XenophoD l'a placé dans sou 
Banquet, cl parle de lui dans plu- 
sieurs de ses oo'rage». 

CIIAU.UIS, médecin, né à Mai- 
«ellle , vint à liome sous le rèsnc de 
\eron. Eu oppo^iliou au 5.\si"iucde 
se» confrérfs. alors cti crédil , il or- 
Junna le» bains foids même en lii>er. 
Sénèque le philo.sopbe se faitginiic 
de <'v éire conruimé. II fît un métier 
d« lamèdeeiae, et il amassa de grands 
biens. Pline raconte qu'il eiiRea 
10,000 francs duo malade pour l'a- 
voir soigné. 

i;HAKON de Lampsaqur , fils dg 
Pythoclés , l'un d";- plus anciens his- 
toriens que l'on coiina'Lsse, florissait un 
peu avant liérodotc. Il ne nous resje 
de lui que quelques li-agmens. Cho- 
ron, ïhélaiii , est ci iébre par la pari 
qu'il prit à la délivrance de sa patrie 
opprimée par le;! Lacédémonieus. 

CHAUON'. Voyez ('.uibsox. 

CIIAI'.O.NDA^, célèbre législaieui-, 
de (jalane en Sicile, où il florissail 
vers l'an 65o avant J.-C. Aristole 
parle de lui. el Elien rapporte qu'exi- 
le de t^aUue il se réfugia à lihéglum, 
où il fil adopter ses lois. Elles étaient 
en vers comme cetl'.'s de tous les an- 



CHA 



iS4 



CHA 



riiiiis législaleiiis ; elles se i Ijan- 
ijient,el en les faisait apprendre aux 
jeniicsgens. 

CHAROST (AsMâsD- Joseph de 
BÉTHUNE, duc de ) , n6 à Versailles 
le i^f juillet 1728, mort le 27 octo- 
bre 1800, se montra le dipne desceii. 
dant de Sully par une bienfaisance 
active et en consacrant sou existence 
f\ sa fortune au bonbenr de &ou pays. 
Louis XV le montrant à ses court! 
.-.ans leur dit :• Regardez cet homme 
il n'a pas beaucoup d'apparence , 
' mais il vivilic trois de mes provin- 
ces. » Il fut maire du dixième arron- 
dissement de Paris , et membre ou 
président de toutes les sociétés pbi- 
lanlropiques. On a ileté à Meillanl 
(Clier) un monument à sa mémoire. 

CHARPENXIEU ( P/eheb ) , juris- 
consulle , né à Toulouse au com • 
nienceiuent du seizième siècle, n'est 
cité dans ce Dictionnaire que pour 
être livré à l'exécration. Il osa eu 
1575 faire l'apologie du massacre de 
la Saint- Barihélemy , ei dans une 
lellre im/;rmieV à Fran<;ois Portus, il 
chercbe à prouver que cet odieux 
massacre a dû êlie fait pour abattre 
une faction impie qui voulait renver- 
ser le tronc et bouleverser I étal. 

CHARPENTIER (François), né à 
Pari» le 15 février ifuo.'ll fut mis 
par Colberl à la lêle de l'académie 
naissante des inscriptions cl belles- 
lettres, et il devint directeur perpé- 
tuel de l'aradéniie française. Quebpie 
respect qu'il eûl pour les grands bom 
mes d'Athènes et de Rome , dont les 
ouvrages étaient l'objet principal de 
«es lectures , il prit p.irti conire ses 
maîtres dans la fameuse querelle des 
anciens et des modernes. On a oublié 
les écrits qu'il fit pour soutenir sa 
cause , et l'on ne se souvient que de 
l'épigramme de Boilcau contre le groj 
Charpentiff. Il a publie lui grand 
nombre d'ouvrages, et il contribua 
plus que personne au dessin de cette 
belle suite de médailles qu'on u frap- 
|iée,ssur le siècle de I.ouis-le-Grnnd, 
'1 qui parut en 1701 in-fol. Charpen- 
tier ihoui'ul à Paris , doyen de l'aca- 
tlemie française, le 22 avril 1702. 

CHARRON (PiERBr) , né à Paris eu 
]54i, mort dans celle ville le ifi no. 



vembrc iCoj. Il étaitiils d'un libraii. 
qui eut vingt-un enfans d'une seconde 
femme. 11 fut d'abord avocat au par- 
lement , cl s appliqua ensuite à le- 
tude de U théologie et à l'éloquenct- 
de la chaire. Sou livre de la Sagesse, 
qui a fait sa réputation, est beaucoup 
moins lu que les h'ssnis de Montai^ini- 
dont il lut l'ami, le disciple et l'inii 
tateur ; mais il n'écrivit ni en homme 
du monde, ni avec la brillante im,i- 
gination de son modèle. 11 avait ce- 
pendaut une grande force d'esprit. Le 
scepticisme très-raisonnable de Char 
ron , mais tres-faardi pour son siècle , 
le lU a.'cuser faussement d'irréligion 
par quelques fanatiques , surtout par 
le jésuite Garasse. 

CHAUTIER (Alux) , né en i386. 
il jouit dans son siècle d'un grand 
degré d'estime ; Pasquier en rapporte 
pour preuve que se trouvant un jour 
endormi sur une chaise , Margueiiie 
d'Ecosse , épouse du dauphin de 
1 rauee depuis Louis XI . s'approrha 
de lui et lui donna un baiser sur la 
bouche. Alain était fort laid , et sur 
l'ctouneuitnt des seigneurs cl des da- 
mes de l.i .suite de cette princesse, 
elle leur dit « qu'elle ne baisait pas la 
personne, mais la bouche d'où étaient 
sortis laut de beaux discours, n Sa 
faicti, dits et ballades^ parurent impri- 
més à Paris en U84 in-fol. golli. On 
ignoie l'époque précise de la mort 
d'Alain Cbartier : son frère Jean , qui 
fit profession è l'abbaye de Saint- 
Denis , fut historiographe de Charles 
Vil, ei le sulvil dans ses guerres con- 
tre les Ang.lais. 

CHASSÉ (CLArnE-Louis-DommoiB 
de), seigneur du Ponceau , né à Ren- 
nes en 1698, d'une famille noble de 
Bretagne, servit d'abord dans les gar- 
des-du corps ; ruiné par le système di 
Law et par l'incendie de Rennes. ' 
se décida è tirer parti des dons qn 1 
tnuoit de la nature , débuta à l'Opéra 
air mois d'août 1721 , elfaça bienint 
Ions les .icteiirs qui l'avaient précxli 
dans son emploi , se retira du Ihéuin 
en 173$ , quoiqu'il fûl encore ridith 
du public , y rentra au mois de juin 
17^2, le quitta tout-à-l'ait en 17!'7 
après avoir fourni ta plus brillani' 
carrière , et mourut à Paris le s; or 



CIIA 



i83 



CHA 



•obrc 1786, i lape de 88 .iiis. I.iissaol 
'a rppiilalion d'un homine qui aiaii 
ioint è dct talens diiliiigues ddc roii- 
rluii» irréprorbabif. 

CHAS!>EI.Oi;P-I.ACBAT (FmJi 
rois , conile <le ) , lii-utf naiil-giiirral 
do };énie, grand ollirifr de la liglon- 
d'Iioiinciir , commandeur de haint- 
Jjouis, Mnaleur, puis pair de Fraiire, 
né « Sainl'Serniii le 1'! aodl i'54, 
raourul le 6 orlobrc i85ô . sr dîsliit- 
gua rti Italie, en Prusse, en Alleiua 
gnj el en Russir; dirigea les Iraraux 
du pinie dans 1m puerre» de la rirOf 
'ution el dans celles de Napolt-on , el 
rendit dans tnuto d cminens service.-, 
atixque s senls il dut son avance- 
ment. On n de lui dilTérens outrages 
fur l'artillerie et les fortifications. 

CIIASSEXEUX (B\KTHELEii! de), 
ni à I$»5 rÉïcque , près d'Aulun, en 
l4So, iQort le iS afril i54i . présl 
dent au parlement en l54o. Ce qu 
Tend sa mémoire à jamais respecta 
ble , c'est qu'il empcclia tant qu'il 
Técut l'exécution du fameux arrêt 
du i3 novembre, rendu contre des 
restés d'anciens Vaudois . hab 
des villaj:e* de Cobrieres , de Merin- 
Hol et lieux circonvoisins, qui n'eut 
effecliveiuenl lieu qu'après sa mort 

CHASTEI.ET ( GiBBiELLiEmiit 
LE TONXEUER DE BRETBDIL, 
marq-.iise du ), née en 1706. Elle se 
distingua par des connaissances au- 
dessus de son sexe. Elle se lirra par- 
ticulièrrmanl aux maibématiquei et 
à l'étude de la philosophie On a d'elle 
des principes de pli>sique d'après 
Newton, qui sont fort estimés. I^c la- 
lin , l'anglais el l'Italien . lui étaient 
familiers. Elle joignait à l'amour de 
la gloire, dit 'Voltaire . une simpliciié 
^i ne l'accompagne pas lonjonrs. Sa 
liaison aiec ce grand homme troubla 
sa tie cl nuisit à sa réputation ; mais 
le fioiiTenîr en sera plus durable que 
ses outrages, el le nom de Voltaire 
protège sa mémoire. Madame du 
Cliaslelet mourut ec couches au pa- 
lais de Lunéville, le 10 août 1749. 

CHASTELI.rJX IFmxçots-JEA!!, 
marquis de ) , marécbal-de-camp , né 
à Paris en 17,>4 , mort le 28 octobre 
17S8-, de l'académie française. Jl 
donna au» lettres tout le temps que 



le serticc militaire n'exigeait pas , et 
publia plusieurs ouvrages parmi les- 
quels un distingue se» Voya^e$ dan» 
CAm^riqut septentrionale , el a vol. 
iii-8 dt la Félicite pahlii/ue. Son but 
dans Cl- dernier ouvrage, que Voltaire 
par uur louange exagérée . met aii- 
<lessus de l'Rtprit des toie^ est de prixi- 
Tcr p.ir l'histoire que le sort du genre 
humain .«'est amélioré à mesure que 
les lumières se sont étendues, et que 
le bonheur général s'accroîtra à me- 
sure qu'elles s'augmenteront. 

1:11 ASTILI.ON ( titccBts de ) . né 
en j 560 , mon en 1.) jo. I! se battit en 
béioi à la fnntçlc journée de Cour- 
trai , le 11 juilkl 1.^03. Philippe-lr- 
Bel le fit conoéiable de France. Sa 
prudence el son courage n'éclatéreul 
pas moins au combat de Mons eu 
Puelle le 18 août l5oi, el contribuè- 
rent à la licloiie que ce prince rem- 
pui la sur les Flamands. D'autres faits 
d'aimes eclalans illustrèrent sa tie et 
sa mémoire. 

CIUTEACBBDN ( Jbin B*ptistp 
VIVIEN de), de l'académie française, 
né à Augouléme en 1686 , mort à Pa- 
ris le 16 lévrier 1775. Il est parmi le» 
auteurs tragiques dans la classe de 
ces imitateurs qui n'ont rien ajouté à 
la richesse de notre scène. Sa tragédie 
de iSahomet H ^ a été surpassée par 
celle de Lanoue, qui n'est ctle.iuéme 
qu'un ouvrage médiocre. Lee Tro}en- 
nés et le Phitortéte qu'il a donnés de- 
puis ont eu le mérite de nous retra- 
cer une faible idée de la tragédie 
d'Athènes , telle que Sophocle et Eu- 
ripide ra\aienl conçue ; ces pièces 
ont obtenu par là quelque succès. 
On doit à Châteanbrun la justice de 
recODDaitre que s'il fut inférieur aux 
maîtres de l'art, il n'en fut pas moins 
un lilléralcur très - estimable , 1res, 
instruit , et surtout très - modeste. 
C'était un vrai philosophe ; il ne tint 
qu'à lui de faire la plus grande for- 
tune , et il la dédaigna. ^laîlre-d'hôlel 
ordinaire du duc d'Orléans, il eut 
assee d'empire sur liii-méme pour 
garder pendant quarante ans ses piè- 
ces dans son portefeuille sans les 
faire jouer. La crainte de déplaire au 
prince très-pieux auquel il était atta- 
ché fut le motif qui l'orrêla. 
16. 



en A 



186 



CHA 



C.^ATEA.U^fEOF , l'abbé do ), oii- 
piuaire de Cbarnbéri , mort en 1709 
à Paris. Il tut parrain de Voltaire et 
Tun des derniers aniaos de Ninon , 
dont il célébra la mort par une petite 
pièce de vers. 

CIUTE AD-BEGXAUD iFraspois- 
Locis DE ROUSSEI.ET, comte de ) , 
vice-amiral et maréchal de France, 
né en 1C37, mort le i5 novembre 
171G. Il mit les Anglais en déroute 
.sur mer, et se distingua dans plu- 
sieurs alTaires importantes. 

CHATF.AUROUX ( MiEIK-ANNB, 

duchesse de ]. Ses deux sœurs avaient 
successivement régné sur le cœur de 
Louis XV; douée d'une âme forte et 
élevée , elle voulut Caire excuser son 
titre de favorite par la manière dont 
elle usait de son ascendant sur l'es- 
prit du roi. Jalouse de contribuer à la 
gloire de son amant, ce fut elle qui 
l'arracha aux délices d'une cour vo- 
luptueuse, le décida à se mettre à la 
tète des arnïées en Flandre , -.-t l'en- 
traîna «n Alsace pour arrêter les pro- 
grès de l'ennemi. Elle mourut le 8 
décembre 1744. On a publié eu a 
vol. iri-ia, iSoG, uu recueil de ses 
lettres. 

CUATEIG\ERA1E ( FRiiti^ois be 
VI VON NE , seigneur de la) , né en 
i5»o , eut pour parrain François I. U 
parut avec distinction à la cour de ce 
prince et à celle de Henri 11. Il fut un 
des plus ro'nustes et des plus braves 
guerriers qu'ait eus la France. Il (ut 
tué le 10 juillet i547 dans uu combat 
singulier en champ clos, par Jarnac, 
beau.frère de la duilusse d'Etampe, 
et l'un des favoris de Henri II. C'est le 
dernier conibatde et- genre qui ait eu 
lieu en France. Le coup de Jarnac qui 
lui fendit le jarret a passé depuis en 
proverbe pour signilicr une rnse, un 
retour imprévu de la part d'un en- 
nemi. Le Chateigneraie était l'oncle 
de Brantôme, qui le représente rom- 
ni'- un spadassin plus redouté qu'aimé 
ù la cour. 

C.HATEL aK.V3(), fils d'un mar- 
chand drapier ae Paris. Le 57 décem- 
bre i5g4 il tenl^ d'assassiner Henri 
IV , qui rei-ut à la livro supérieure le 
coup d<! couteau que le nionslre diri 
geait dans la gorge. Il fut écartelé le 



ag décembre jjgi; il parut inSensi 
ble aux douleurs du plus alVreux sup- 
plice. Les jésuites, qui préchaieni 
la doctrine du régicide, furent bannis 
du royaume par un arrêt du parli- 
ment de Paris ; cet arrêt ne fut pai 
exécuté dans l'étendue de ceux de 
Bordeaux et de Toulouse. 

CHAU(:ER(GEOFFr,ov),néà Lon- 
dres en iSaS. Il se Ut connaître com- 
me poète à l'âge de dix-huit ans par sa 
Cour (famour , le premier poème con- 
nu qui ait été écrit en anglais. Ce fut 
dans ses dernières années qu'il com- 
posa celui de ses ouvrages qui a con- 
sei-ïé le plus de réputation , ses Con 
tesde Canfûrbèry , écrits eu versdari? 
la forme du décamerou de Boccace . 
On lit peu maintenant les poésies de 
Chaucer. U est le premier des mo- 
dernes qui ait fait usage dans lapocsie 
de l'esprit et des fictions chevaleres- 
ques. 11 mourut eu i4oo. Il était allié 
à la famille royale. 

Cil AU I»ET'(Astoi«-Dexis), sculp- 
teur, né à Paris le 5i mars 1765, 
mort le 19 avril 1810. Il remporta le 
grand prix en 1784 sur le sujet de Jo- 
sephvendu par se»freres\ il lit depuis 
le groupe de rEmulution de la gloire , 
pour le péristyle du Pantliéon, main- 
tenant église de Sainte-Geneviève, les 
statues d'C!Ërfi/>«,de Cypnrissc, de Saba- 
lier, de David le roi, du cardinal Maa- 
r> , de T.amoignon, ifalesherbes, etc. 
le lUliiaire, la Seniihitili , le iVirf 
d- Amour , Paul et firginie. Ses des- 
sins et ses tableaux sont aussi fort es- 
timés. Il fut membre de l'institut , 
quatrième classe. 

CnACI.lEU (GciLucMB AMFP.YE 
DE), abbé d'Aumale, né à Fonte- 
nay dans le Vexin normand en jCôg , 
mort à Paris le a? juin 17*0. Il lut 
l'élève et l'ami de Chapelle, négligi 
comme lui dans son style , mais supc' 
rieur parla hardiesse , le sentiment il 
la volupté que ses poésies respirent. 
Voltaire l'apiielaitl'Anacréon du Tem- 
ple , parce qu'en elVel , à l'cxemi b- 
du poète grec, et avec le» mêmes 
grâces, il a chanté jusque dans sa 
vieillfsse les jeui, les amours et 1.- 
vin , et parce qu'il logeait «u Teinpl. 
chez M. le duc do Vendôme , qin 
l'honorait de son amitié. Voltaire, du 



eu A 187 

,a 1 i.n peint .11 Ter» lal.l.i- «trj mai 175 
dieu dans son Temple du e<'ùt- Sa|Teur 
talion , portée de son Tiraul 



CUA 



nul en fa- 
iju^on ap- 
pela le comique tarminanl ou la tfa- 
valeur, cotnmence à dé-JFcdie domestique. Sa Mrlanide est le 
!re un peu. On pardonna à rhom- 1 cbef-d'œuTre de ce mauTais penre. Il 
liniable, à rbonime qui raMem-lentrndait trévbirn Tart du tbeâtrp. Il 
l che» lui la meilleure compagnie y a peu de pièces dans lesquelles on 
...n temps, de» m pllpcnces qu'on lie trouTt et de» scène» tn-s-intércs- 
pardonnerait aujourd'hui à aucun ! sautes et beaucoup de vers b< ureux , 
te. Se» a-UTre<! ont eu beaucoup 1 car du moins il n'eut pas la maladresse 
dVditioiis. M. Desi-ssarts, libraire à d'écrire de» drames communs en frose 
Pari* , les a réduites au tiers , sons le commune ou même en prose ampnu- 
WUe d'EUU df paititt de l.haulteu,\\r<-. Mais comme il n'était pas né plai- 
un»>l. in-i»:par là il luiarenduun saut, il s'entéts de son triste pcnre. 
Ilatté d'^ailleurs du personnage de no- 
taieur. Il Cut un de ceux qui contri- 
buèrent le plus à faire exclure Piron 
de l'académie, pour se venger de la 
fameuse cpif^amme : 

<^uniiai<sex-TDus sur l'IIélicon , etc. 
que ce dernier a«ail {.lile contre lui. 
Les pièces de théâtre et les poésii » 
de l.a Chaussée ont rie réunies en 
io-ii, qui ont eu plusieurs 
éditions. 

ClIàCSSlER (Fsixçoisj, profes- 
seur à la faculté de méd^rine de Pa- 
ris, médecin en chef de l'hoipice de 
la ^ateroité, membre de l'Institut et 
de plufieurs auires snciéles savantes , 
ne à Diion le i5 juillet 17^6 , mort à 
Paris le i j juin 1718 , d'abord secré- 
taire perpétuel d« l'académie de sa 
rille natale, »iiil a Pari.- en 1734, con- 
certer arec F'jurcroy la réforme de 
l'enseignement niédicid , contribua 
à l'orgaDi-Mlion de la nouvelle école . 
y ouvrit un cour» d'auatomie , don- 
na uue grande impo^ion à l'i-ludc 
de 1--» physiologie, se montra aussi ha- 
bile dans la pratique que dans l'en- 
.seignemeol, elfut n-£arde pendant sa 
longue carrière comme un des pre- 
miers médecins de la capitale. On .ide 
lui un grand nombre de mémoires ef 
d'ouvrages. Nous ignorons si son 
trnile de Phytielugie , dont les peo» de 
l'art altendaieiii la publication avec 
iuipalience . a enfin vu le jolr. 

CH.iUVELIN (Fijsçots, marquis 
de ] , oliicicr de la légion-d'honiienr , 
né vers 1757, élevé à l'école militaire, 
entra de l'onne heure au service, et 
occupai! cti mème-leni;is l;i charge de 
maître dr la garde-robe, ijn'avail pos- 
sédée son père. Nommé en 17QI mi- 



(trand serrice, 

(;H\0I..NES. I.ee deux membres 
de cette famille. Honoré d'Albert, 
et Charles d'Albert tl'Ailly . le pre- 
mier dans la carrière militaire , où 
SCS services loi obtinrent le bâton de 
maréchal , et le s", son 5* lils, lieute- 
nant-général comme son père dan» la 
diplomatie , deux autres du même 
nom et de la même famille, savoir 
Michel-Ferdinand d'Albert d'Ailly, 
membre honoraire dePAcadéniie de» 
sciences, etSIarie-Joscph-Louis d'Al- 
bert d'Ailly, lils du précédent, mem- 
bre de la société royale de Londres, 
ont dû leur réputation, surtout à leur 
goOt pour la physique et l'histoire 
naturelle , et aux déconTertej impor- 
tantes qu'ils lirent dans les sciences. 
CH AL'MKTTE ! PlI!^»E-(Tisp^»^), 
nèàNcversen 1763. Les actes de des- 
potisme et de cruauté de ce procu- 
reur de la CQPimuue de Paris, eit 179s, 
approchent de la démence. Il s'était 
fait surnommer Anaxa^oras. Il fut 
décapite le i4 avùl 1794- 

CHACSSARD ( PiERRE-JriS-Bu- 
nSTE ) , né à Parislc 39 janvier 1761"!, 
mort dans cette ville le loctobrc iSsJ. 
Il a obtenu des sucrés d^is 1>^ genre 
lyrique , et il avait une grande Uexi- 
bilité de talent, ses nombreax ouvra- 
ges d'érudition et de poésie attestent 
ce double avantage. Sa poétique lecnn- 
d4iire renferme de bonnes choses. 11 
fut lié arec le poète Lebrun , avec 
PoDtanes et M. Lemercier, chargé 
d'une disposition littéraire dans sou 
testament. 

CHAUSSÉE i PiE»r,E-('.i..u»E M 
VELLE UE Li ) , de l'académie fran 
caise . né à Paris ra 169 1 , mort le 1 4 



CHE 



iSS 



CHE 



iisslic plénipotentiaire a Londres, il 
reviut en Francfi lors de U rupture 
de la pai» > fut incarcéré et ne recou- 
vra la liberté qu'après la chute de 
Bobespiorre ; successiTement (ribun , 
préfet de la Lys , conseiller d'élat , il 
fut élu député par le déparlenieiit de 
la Côtc-d'Or aui setëious de iSiô. 
jSii, iSi7 . i83o, iSôi . l'y montra 
nn des plus adversaires du système 
miiûslériel , et mourut à Paris , le 9 
afril iSii, une des rictimes du clio 
léra. 

CHADVIN, Labile peintre paysa- 
giste français , cbeïalier de la legion- 
d'honneur, est mort jeune en octobre 
l83l à Rome , oij il s'était fiié depuis 
long-l'.mps. 

CHELION , fils d'Elimélech cl de 
Noémi. Cue grande famiite étant 
survenue dans la Judée, Chélion sui- 
• il son père et sa mère dans le pays 
de Moab , où il épousa nue femme 
■aoabite nommée Orplia. Peu de 
temps après il mourut sans laisser 
d'enfans. 

CUEMMZER ( Ivis-IuxoTiicH ) , 
fabuliste russe , né à Saint Pélers- 
bourg en I7^^i mort à Smyrne en 
1784. C'est le La Fontaine des Rus- 
ses. Il a^ait, disent-ils, non-seule- 
ment le talent , mais aussi lubonhoiu 
mie , l'insouciance et la naiteté du 
fabuliste français. Voyant à Paris 
Lekain paraître sur le théâtre , il ou- 
blia tout ce qui l'entourait, et i'ima- 
;:inant être seul avec ce grand ac- 
teur, il se leva et lui fit une profonde 
révérence : il ue revint de sa distrac- 
tion que lorsqu'il entendit les éclats 
de rire de ses voi.sins. Cne édition de 
se» Fable$ a été (lubliée à Pélersbourg 
en 1799 ; c'est la meilleure. 

CUENAnO , ancien acteur du 
théâtre deFcydeau (Opéra-('.oniique), 
doyen de ce théâtre à l'époque de 
sa retraite en 1S33 , eut une Inn;;ue 
carrière pendant laquelle il établit 
plusieurs rûle.*t iui^ortans , et )iMtit 
de IVstime du public; mort à l*dri> 
le )6 novembre igât.dans un agi- 
;tvancé, 

CnÉNIER ( Loris df. ) , consul gé- 
ntral de France .1 Toiistantinople. 
ne lu 17S.V , juori à Paris le i5 mai 
>7gij. On lui doit des Kctkerchet ku- 



toriques sur Ut Maures, et une }i ■ 
• de l'empire de Maroc, mall.ru 
qui n'avait pat encore été traitée et 
qu'il a su rendre intéressante. Son 
yistoire de Maroc mérite d'autant 
plus de conOance , que tout ce qu'il 

dit est appuyé sur ses obsrrvation.i 
personneilea. Il fut toujours homme < 
de bien. Les deux poètes, iilarie-Jo- 1 
sepb et Audré Cbénier, lui doivent 
la vie. 

CHEXIER (Mi«i«.JosEPu), nis du 
précédent né à Constantinople le sS 
aotît 1764, mort à Paris le 10 jan>ier 
iSl j . L'homme politique est étranger 
à ce Dictionnaire. Héritier d'une par- 
tie des taleiis de Voltaire , il choisit à 
l'à!;e de vin^t-deux ans. dans notre | 
histoire le sujet le plu& éminemment ' 
tragique qu'elle pût lui fournir; il 
urmonta la ditlîculté du sujet de 
Chartes ZJ£, et soutint depuis la gloire 
son début. Il suffit de citer ses 
tragédies de Henri' FJII , la mort de 
Cales, Caius Gracchus , Timotéon , Fé- 
nélon , Tibère , et-". ; celle dernière n'a 
pas été représentée. Cbénier n'eut 
pas moins de succès dans le genre de 
la satire que dans la tragédie , et de- 
puis Boileau on ne saurait trouver de 
miiux faits que ceux de son 
Epitre sur ta ealomnie et de son EpUre 
à kûttaire. Sa Promenade à Saint- 
Cloua n'est pas moins remarquable. 
C'est depuis Voltaire le poète qui a 
le mieux appliqué le raisonnement à 
la poésie. Il eut le double mérite de 
birn écrire en vers et en prose , heu- 
reux si , toujours étranger aux spécu- 
lations de la politique, et se vouant 
uaiquemeni a la littérature et aux 
art.«, Cbénier n'eût ambitionné que 
cette gloire , qui, sans mêler à sa vie 
aucune espèce d'auiertuiue , ne lui 
ût nfl'ert que des jouissances p,ii-> 
blés! On a publié dans ces dernit 1^ 
temps plusieurs éditions in-S et in i~ 
de son théâtre et de ses poé.sics. 

CIJÉNIER ( André ) , frère aîné du 
précèdent, né à ('onslanlinople m 
17C3 , mort sur l'ccbafaiid le iS juil- 
let 1794. Arec moins d'eaipresscnit-ni 
de se produire et un désir de gloui 
non moins vif peut-élie que celui »lt 
son frère . mais auquel il savait coni 
mander, il dédaignait des joui^saucl s 



ClIE 



180 



CHE 



qu'il < ûl rrf^ardies rommc pirmalu- 
ii:i'« , r{ quu'M|iie dijà Irès-riclic du 
fond lie cnnnaissaiicps qu'il avait ac- 
<|»iiseK pai-dVircllfiitcs «ludH», il iiV- 
laii occu|ii'> que dii soin de les aug- 
meoter. S'il se (lermcltail quelques 
ewaia de Kcs uilens, loin de ppii>rr à 
les faire paruttre , il se contentait de 
le» tire 1 11 seerel à quelques amis. 
L'imprimeur Ileaiidouin a |iul>lii.' un 
Toluinn in-iS de «es poésies. I)r|iuis 
il en a paru une édition coniplèli- en 
1 vol. in S", l«o5. Tous ses ouvrages 
annonreul un vrai lolenl. ei rap|ielleui 
celte antique siniplicile, rclte prâce 
naturelle, qui fait le charme des 
écrits que nous ont laissés les poètes 
du premier àpe. Personne n'a mieux 
su prêter à notre langue la physiono- 
mie du greo. En montant à l'écha- 
fand , il dit en se frappant le front : 
• J'avais pourtant quelque chose là I • 
Le reproche l'ait à Marie Joseph d'à 
Toir eoniribué à la mtjrt de son frère, 
nu de n'avoir rien fait pour l'enipê- 
cher, n'est qu'une atroce calomnie, à 
laquelle lui-même et tous ceux qui 
l'ont connu ont rcpondu viclorieuse- 
nienl., 

CUliOPS, devint roi d'Epypte vers 
l'an 1178 aiant J.-C. On croit que 
c'est le même que (^hemhé.' , doni 
parle Diodore de Sicile. Il changea 
en tyrannie le gouiernenjent , qui 
avait toujours été très-modéré: luais 
Hérodote convient que sou histoire et 
celle de son frère Chéphren , qui lui 
ftuccêd^a sont peu certaines. 

CHÉRÉA iCissiti), tribun dune 
rohortc prétorienne , fut le chef de 
la dernii're conspiration qui se forma 
contre Caligula , et dans laquelle ce 
monstre resta mort sur la place. Il 
lit ensuite as.^assiner Ciésonie , femme 
de (ialigula, et Drusillc, sa tille ; mais 
n'ayant pu empêcher les soldats d'é- 
lire un nouvel empereur , Claude le 
(ît mourir ainsi que les principaux 
conjurés. 

CIIERILG , poète grec , ami d'Hé- 
rodote , chaiitii la victoiie que les 
Athéniens reniporierenl sur Xercès , 
dans un poé'me dont il ne nous reste 
que des fragniens. Ses poésies étaient 
■récitées avec celles d'Homère. , 

CtlËRl.N ( BEaK«>D ) , né à Langres 



et mort à r.iris le 11 mai 1785. Gé- 
néalogiste et historiographe des ordre» 
de Saint-Lazare, de Saint-Michel el 
ilu Saint-Esprit, il menait dan» l'exa- 
men des titres qu'on lui présentait 
une probité sétère. Son (ils, d abord 
g<'néalogliile comme lui , suivit la car- 
rière des armes à l'époque de la ré- 
volution, parvint au grade de général 
rie dlTision, fut chef de l'élal-niajor de 
l'armée du Danube , et mourut te \i 
juin 1799 des ble.-snres qu'il reçu! 
en SuisM'. On a de lui un code de 
jurisprudence nobiliaire. 

ClIEIiON (Elisabeiu-Sophib) , née 
à Paris en i6^9, marie dans la méine 
ville le 3 sepleiubre 1711. Klle obtint 
des succès dans la musique , dans la 
poésie, et enleva tous les suffrages par 
«es lahh'aux et ses glavures. Klle eut 
de l.oui.i XIV une pension de 5oo li- 
tres. J H. Rousseau eslimali beaucoup 
son petit poi^nie dt-^Ccrisen renven^ts, 
qui ne fut linpriiué qu'en 1717. Son 
ode sur le iugement dernier eii un de 
ses meilleurs ouvrages eu ce genre. 
Elle savait l'hébreu et le latin. Chéron 
/Louis Claude), né à l'arisle a8 octo- 
bre 1768, mort à Poiiier» préfet du 
déparlement de la Vienne le i3«c- 
tobre 1807. On a de lui une traduc- 
tion fort estimée du roman de Tom 
}one> , un grand nombre de poésies 
fugitives, une Iraduclion des meilleu- 
res odes âHorace, et plusieurs comé- 
dies , parmi lesquelles Il faut dislin- 
pner le Tartuffe de m«liis , qu'il fit 
d'abord sous trois titres dlIVérens , et 
qu'il a iinilé de fEeote du scandale, de 
Shéridaii. Il a fait en société avec 
M. Picard la comédie de Duhautcours. 
C'est son frère qui a été commi.ssaire 
royal prés du Théâtre Fratiçais. 

CHERSIPHRON", architecte, né 
à Gnossc dans l'ile de Crète. 11 traça 
le plan et commença la construction 
du fameux temple d'Epbèse , qui de- 
puis fut incendié par Erostrate. Des 
fragmcns de marbre couvrent encore 
leterrain une lieueà la ronde. Cher- 
siphron florissalt 684 ans avant J.-C. 

CHESELBEN (Gcilucme), chi- 
rurgien anglais, né en 1688, dans le 
comté de Leicesler. mort à Londres, 
en 1762 , savant anatomiste et peut- 
être le plus habile opérateur de son 



CHE 



190 



GHI 



t'-mps, il contribua beaucoup à sim- 
jlllicr les procédés tt les instrumeiis 
de chirurgie en usage aTant lui. La 
rirconstaiice de sa Tic la plus digne 
de conserver sou nom à la postéiité 
est ropcraliou par laquelle il ren- 
dit la vue, en 1728, à un jeune honï- 
nie de quatorze ans , né aveugle , ou 
qui l'était devenu de bonne heure. 
Ses ouvrages d'anatoniie sont encore 
estiuiés, quoiqu^il en ait paru depui> 
de plusexacU et de plus complets. 

t;HESTEi:l"IELIl ( PuiuppE DOK- 
MER SI .\NIIOPE , conitede ), néà 
Londres en 16941 mort le 24 mars 
1773. il jouît en Angleterre d^une 
grande réputation cnninie homme 
d'état , comme orateur et comme 
ecrivaiu. Son llecueil de lettres à son 
iils est fort estime. Ilavait connu Vol- 
taire , dont il aimait passionnément 
Icsouvrages; il et;iit surtout l'admira- 
teur ctranii de lloiitcsquieu. Ses œu- 
vres ont eu « n Angleterre plusieurs 
éditions in-4 et iti-8. 

CDEVEliT (FiiANÇois ne), néà 
Verdun-sur-Meuse le 21 lévrier 1G95, 
mort à Paris le ai janvier 1769, et en- 
terré à Saint-Eustaehe. Il s'éleva du 
poste de simple soldat au grade de 
îieutenant-géneral , et dut tout à sou 
mérite et rien à la faveur ni à l'inlri- 
£ue. lise distingua particulièrement 
a l'escalade de Prague en 1741 ^ et à 
la journée d'IIastenibeck. eu 1767 ; 
on lui dut le succès de cette bataille. 
Son épitupbe, attribuée à Diderot , 
est à peu près l'histoire de sa vie , la 
voici : ■ Sans aïeux, sans fortune, sans 
v appui, orphelin dès l'enfonce , ilen- 
)*lra au service à pLigedeonze ans; il 
ws'eleva malgré l'envie à force de mé- 
I» rite, et chaque grade fut le prix d'une 
«action d'éclat. Le seul titre de maré- 
Bchal de France a manque non pas à 
usa gloire , mais à l'exemple de ceux 
t qui le prendront pour modèle. > 

OHEVIÎEAD (Urbais), ne à Lou- 
duu le jo avril i6i5, mort le i5 fé- 
vrier 1701. Il fut secrétaire des coni 
niimdcmens et ordonnateur des fêle: 
de la reine (Christine de Suéde, et en 
suite à Paris précepteur du duc du 
Maine. Il était fort erudit et a laissé 
un grand nombre d'ouvrages , parmi 
lesquels ilyo des pièces de théâtre et 



des livres de morale. Ses poésies , 
qu'on ne lit plus, sont cependant re- 
marquables par le naturel et la facilité. 

(;HEVRELSE( Madie ni ROUAN, 
duchesse de ) , née en itîoo . morte en 
1C79. Aussi célèbre 1 ar .son esprit 
que par sa beauté ; son caractère in- 
trigant se de| loya surtout dans les 
troubles de la fronde , et la fit exiler 
plusieurs fois: il lui attira succes- 

lement la haine de Louis XIII et 

'S cardinaux Richelieu et Mazarin. 

OlIEVIilER ( 1 iii%çois-AsToi.vE), 
mort le 2 juillet 17112 , à l'âge de qua- 

ute-denx ans. 11 travailla pour le 
théâtre, et inonda Paris de brochures 
I lus ou moins piquantes, mais qui 
lui tirent beaucoup d'ennemis. On lit 
encore son Colporteur. Né avec infini- 
ment d'esprit , il détestait les sots, 
déchirait impitoyablement les écri- 
vains médiocres, maniait avec une 
dangereuse facilité l'arme de la satire, 
mais il ne respectait ni les nuvurs ni 
les convenances , et r-ublia souvent 
des anecdotes hasardées capables de 
troubler le repos des familles. 

CbÉZY ( AlïTOlXE-LioXABD DE 1 , 

célèbre orienlaliste , élève de M. di 
Sary , membre de la légiond'lion ■ 
r,de l'académie de^ inscwptioi- 
et belles-lettres, professeur de l'cr- 
an à l'école spéciale des langues orien- 
tales «1 de sanskrit an collège de 
France, né a Paris le i5 janvier 1775, 
mort dansU même ville, du choléra, 
le .'il août iSân, joignait à de vastes 
connaissances toutes les qualités du 
cœur. On a de lui une traduction 
aussi lidéle qu'élégante du poème 
persan de Tlj.Tniv, intitulé ; Us amourt 
deJoseph el de Zulelkha Paris, 1807. 1 
vol. in-8, à laquelle la 5* classe de 
l'institut accorda un des prix décen- 
naux fondés par Napoléon. 

C.IMAlîRERA ( Gabiuci.) , célèbre 
poète italien, né à Savone le S juin 
i553 , mort dans la même ville le 1 , 
octobre 1637. Il est particulièrement 
connu p.ir ses poésies Ijriques, im 
primées séparément in-8. Il fut sur- 
nonmie le Pindarc de l'Italie: il en 
est aussi l'Anacréou , car ses Can:«- 
n<(le ont autant de grâce et d'el. 
gance i|uc ses grandes Can:uni ont < 
sublimité. 



cm 

,.lllLUEBIiUTI, riel III. Loprc- 
iiiiiT il le truiJRùiiit' fureut rois lie 
Fiance , le second loi «l'Aujlrasii;. 
LhilJcUrt l, Iroùièiiii- Ulu da lllovis , 
lui Kucccdii en '6ii. Il lit l>ùtir i'é- 
^iise de Sainl-Gtiniain-cles-Prés. S.i 
cliairiU) eiiviTs les pauvns et sa piété 
oui fait oublier en partie son ambi- 
linnetsa eiuante. Il mourut à Paris 
eu 668. Utildelierl 11, (ils de Sige; 
hiTl et de la reine Biumliaiil, suc- 
eédiiùennpèrc en £75, u'étint &(;é 
i|ii«-de eiiiq ans. Il mourut emi>oi- 
honné eu 69^, à l'âge dcvinst-siï ans. 
ïia uiort eut une ;;rande iuOucnee sur 
les lioslinees de la nionarcliie fran. 
raise , ear l»us les jnineet entre les- 
cpiels le rovdume lesla |iarla|:é après 
lui élaienl mineurs , et les maires 
du palais eouiiueneèieolàj-endre leur 
aiilocité rivale du pouvoir souverain. 
i.lMeUrl m, dit le Juste , lils de 
► Tliii'rry et fière de Clofis III , suc- 
céda à ce dernier, cl mourut en 71 1 à 
l'â^e de viugt-lmil ans . sans avoir 
pris aucune part au iiouveriiement et 
sous la tutelle de Pépin , se bornant à 
entendre les causes de ses sujets et a 
leur faire rendre justice. 

CIIILDEBRAM), un des princes 
les moins connus de riiistoire de 
France , et celui sur lequel nn a le 
plus écrit, parce qu*uu prand nom- 
bre d'Iiisloriens et de pénéaln^isles 
ont voulu faire de lui la tige de» Ca- 
pétiens , et rallaclier ainsi leur ori 
ginc à ('.lovis. On connaît les deux 
lers de lioileau. Le point est resté si 
obscur que plusieurs écrivains vont 
jusqu'à nier l'existence de l^.hilde- 
braiid : les uns le disent fils de Pépin- 
le-Gros, le foui hère de Cliarles Mar- 
tel ; les autres disent que le seul l'.bil- 
debrand est un prince ou roi des 
Lombards , qui vint au secours de 
Charles .Martel. 

CHILDÉKIC I, II et III. Le pre- 
mier succéda à Mérovéc son père , en 
458. Il épousa Basinc , femme du roi 
deThurinpe; il en eut t^lovis et trois 
illles. Sa mort est placée en l'année 
^8a. Son tombeau est le monument 
le plus ancien de la moaarckie Irnn- 
eaise . et il semble détruire l'opinion 
de ceux qui ne foifc commencer no- 
tre liisloire qu'à Clovls. Childtricïl , 



19» 



cm 



second llls de Clo vis II ei d. Iljlilde, 
eut en partage le ro;>aunu' d'Austra- 
air , et commen(;a à régner en^Ao. 
Ala mort lie Clotaire III , soufrén-, 
il réunit à la couroiuiu qu'il possé- 
dait déjà les royaumes de Dourgogiu- 
et de Neustrii^. 11 se conduisit de la 
manière la plus déréglée etlapluf< 
cruelle, et fut assassiné en 67.^^ par 
un Acigncur nommé Buf/'/lan , qu'il 
'avait fait attacher à um poteau, *t 
"balu-e comme un esclave, pour avoir 
ose lui représenter le daiig-r d'un im- 
pôt qu'H voulait établir. V.hiUéric l II , 
surnonmie l'Idiot ou l'Iu^ns^, der- 
nier roi de la preinlcre race , com- 
nicn(;a à régner eu 7il. Pépin qui l'a- 
T,Vit placé sur le trône , l'en lit des- 
cendre quelque temps âpre», le- lit 
raser et enfermer dans un monastère, 
où il mourut en 766. 

CniLON , Pun des sept sages de la 
Grèce, éphore de S|;artc, vers l'an 556 
avant J.-l). Il mena une vie toûjour- 
conforme à ses préci-ples , et niimnit 
de joie en embrassant sonlils, qui avait 
remporté le prix du pugilat aux jeux 
olji»! iqurs. Sa maxime était : (Con- 
nais-toi toi-même , et ne désire rien 
de trop avantageux. 

CIIILONIS , femme de Théo- 
pompe , roi de Sparte. Elle changea 
de vétcmens avec son mari prisounicr 
des Arcadieos , et par ce moyen le lit 
évader ; elle fut rendue en échange 
d'Hjmnis, prêtresse de Diane , que 
Tbèopompe retourné à Sparle était 
parvenu à saisir. Cne autre C/iiTmi», 
tille de Léonidasil , roi de Sparte , se 
rendit célèbre par son dévouenicut 
comme (ille et femme. Elle aima 
mieux suivre son père en exil que de 
partager le trône que Cléombrote son 
époux avait usurpé sur lui. Léonidas 
rappelé voulut faire périr son gen- 
dre ; elle prit sa défense , et ayant 
obtenu qu'on lui laissât la vie , elle 
s'exila avec lui malgré les instances 
de son père. 

CHILPÉRICI, le plus jeune des 
Gis de Clotaire I. Son règne fut une 
suite de querelles et d'injustices. Il 
commit toutes sortes de cruautés -, 
il est appelé par les anciens historicus 
le AVron et VHèrode de son temps. 
Jouet de ses passions et des artilJces 



CHO 



CHO 



f\e Frédégonde sa femine, il fui assas-'XIH , mort le i (éTrier i6a6 à 65 ah> 



!ié à (^belles, Tan SS4i à Fà^e de 
quarante-cinq ans , coranie il reve- 
nait de la cha?se. Chltpéric II , roi de 
France, monta sur le trône en 716, 
après aToir mené long-temps une vie 
ipnorép. ("/était le plus jtune des lil5 
de Cliildéric II, assassiné en 6-5, 
ainsi que son époiise et ses enfaus. 
Childéric échappa au massacre. 11 
mourut à Attigny en 7S0, et futen- 
terré à Noyon. 

CniON, natif d'Héraclée , ville du 
Pont, fut à Atfaèncs un des disciples 
de Platon. Ce fut lui qui, Tan 352 
avant J.-C, affranchit sa patrie en 
immolant riéarque, son concitoyen 
et sou condisciple, qui s'était rendu 
tyran dlléraclée. Le peuple qui avait 
recouru à Clcarquepour se soustraire 
à la tyrannie dt-s grands, ne pritpoint 
le'parti des con^pi^ateurs , et Chion 
fut misa mort avec ses associés par 
ordre de SaKrus, frère de Cléarque. 

CHODOKLAHOMOR, roi des Eli- 
méens ou Elamites. Il descmdait 
d'£lani, iils de Sem. Quelques rois 
ses trihutaires sVtant mutines , il les 
combattit et leur Ht un grand nombre 
de prisonniers, parmi lesquels se 
trouvait Lolb, neveu d^Abrabam. ("e 
patriarche prit les armes , deât Par- 
niée de Chodorlahomor , et délivra 
son parent, l'an du monde 2092. 

CliOFFARD ( PiERRE-PeiïippE ), 
dessinateur tt graveur , ne à Paris en 
lyôo , mort (îans la ni<'nie vîUe le 7 
mars 1809. Rien de plus ingénieux 
que les culs-de-lampes qu^il a com- 
posés pour les Contes de La Fontaine , 
ainsi que ceux de l'bistoire de la 3/ai- 
«on de Bourbon « dt-s Métamorphoses 
d^Ocidôf etc. Si Ton considère (Ibof- 
fard comme graveur, on n^aura pas 
moins dVloges à lui donner -sa pointe 
6ue et spirituelle animait tout ce 
quVUe traçait. 11 a grave les planches 
d'flrrcu/unum pour le Voyage pittorei- 
que dt Vahlé de Sainti\'on , etc. Sa 
S oUee historique sur l'art de ta gravure 
rt-nferme des connaissances cttndues 
et une érudition profonde. 

CiiOl&EDL. Cette famille a pro- 
duit plusieurs grands hommes :CAoi* 
j«u(( Charles de J, marquis de Pras- 
Un, maréchal de France sous Louis 



Il réunissait toutes les vertus c: 
et militaires. Il avait servi pendant 
cinquante ans, s^élait trouvé à qua- 
rante-sept batailles ou combats: il 
avait soumis rinquante-lrois villes re- 
belles , commande neuf armées et 
reçu trente-six blessures. La guerre do 
siège est celle qu'il entendait la 
mieux. Il fut un des premiers capitai- 
nes de son temps. Chotseul {César, 
duc de ) , neveu du précédent et ma- 
réchal de France , né à Paris le 12 fé- 
vrier 159S , mort le 25 octobre 1675, 
Il se signala des sa jeunesse en plu- 
sieurs sièges et combats, et défit en- 
tièrement en i65o, à Rhétel, le ma- 
réchal de Turenne. Choiseul{ Gilbert 
de ) , savant évêque de Tournai, frère 
du précédent: et, sans les nommer 
tous, Choiseul Etienne-François, duc 
de, ) né le 2S juin 1719, l'un des meil- 
leurs ministres de Louis XV; après 
avoir eu toute la conliance de ce 
prince , il fut disgracie et jouit de la 
plus grande considération dans sa r- • 
traite. Ilprotègealeslettresel lesar:>. 
et mourut en mai i-85. 

CHOISECL-GOUFFIEB ( JUrie- 
GiBBCEL-AiGtsTE-LArBEST ) , pair de 
France, uiembre de l'académie fran- 
çaise et de l'académie des instrlp- 
lions, né en 1752, ambassadeur jr 1 
de la Poite Ottomane, y conserva - u 
crédit jusqu'à Pépoque de la rei 
tion , passa en Russie, où il rect . 
plus honorable accueil, rentra 
France en 1802 , fut admis dans ia 
aidasse de Tlnstilut, publia en 1809 
le a^ vol. de son Fojaçe en Grèce , et 
mourut à Aix-la-Chapelle en 1817. 

CIIOLET [ Jean ), dit de Nointel, 
cardinal légat en France et fondateur 
du collège des Cholets. Il mourut le 
3 août 1291. 

CU()LLET(J. L. LÉoxiKnl. chef 
d'escadron , chevalier de la légion 
d'honneur, comptait d'honorables ser • 
TÎces , lorsque ce brave olBcier à qui 
son âge permettait d'espérer un avan- 
cement mérité, reçut dans Paris, en 
pleine paix, la mort qui l'avait épar- 
gné sur les champs de bataille , et fut 
assassiné le 5 juin iSôapar les factieux 
qui voulaient le forcer de crier Vive 
ia Répulftique. 



CHR 



19J 



CUR 



r.IIOMPBK ( PiïKBB), né à Narc 
pré» de Cliàlons-sur-Manie , mort à 
Paris le 18 juillet i7Coà soixaiiledeux 
ans. Mailre de pension à l'aris, il 
composa plusieurs ouvrages pour l'ins- 
truction de la jeunesse , parmi les- 
quels on dislin pue surtout le Dietitn- 
naire it ta fablt , l'aris 1727, pLtil 
in-u f souvent réimprimé ; et li* Dif- 
tuinnairi ahr/gé de la Bid/c , petit 
in-is, 1755, Son frère mort en 17S4, 
mailre de pension comme lui, a laissé 
aussi plusieurs ouvrages utiles. 

CHOQUET (l.oois), poète français 
du seizième siècle, nVst connu que 
par un ouvrage fort rare, puisqu'il n'n 
été imprimé qu'une seule fois: c'est 
un mjslerc intitulé : l'Apocalypse 
Saint-ùan Zébéilèe. Il a neuf mille 
vers, it fut repj'éseulé lors de son 
impression à l'Iiùtcl de Fhiudre à 
Paris, par les confrères de la Passion. 

CHORfClUS , sophiste grec, vivait 
sous le règne de Justinicn, ycrs Tan 
620 de J.-C 11 eut pour maître Pro- 
cope de Gaia , et écrivit beaucoup 



CHRISTINE de France , duchewe 
régente de Savoie, fille de Henri IV, 
épousa en 1619 Victor Antédée 11, 
qui , à sa mort en ]G37 , la déclara 
régente et tutrice des jeunes princes 
les enfans. Elle gouverna avec beau- 
coup de prudence et de fermeté. 
Belle sans orgueil, affable avec digni- 
té , s'expriniiint avec grâce en fran- 
çais, CD espagnol et en it.ilien, enfin 
digne fille de Henri IV, elle fut une 
des princesses les plu4 accomplies de 
son siècle , et mourut le î^ décem- 
bre i6r>5. 

CHRISTINE , reine de Suéde, née 
le 8 décembre 1636 , morte à Rome 
le 19 avril iCSg. Elle succéda à Gus- 
tave Adolphe son père, en iBJa; de- 
venue majeure, elle gouverna avec 
sagesse , et alTcrrait la paix dans son 
royaume. I.e gofit liieu décidé qu'elle 
avait pour les arts et les sciences, des 
sujets de mécontentement , la conspi- 
ration de Messénius ,^et l'ambition si 
analogue à son caractère de donner 
u monde un Spectacle extraordi- 



de discours et de déclamalious qui ; naire, la déterminèrent à renoncer au 
lui tirent une assez grande réputation, trône ; elle abdiqua en faveur de son 
CHRESTIE^S , surnommé de cousin Cbarles-Guslave. Elle embrassa 
TB0ïES,lieu de sa naissance, a été | ensuite la religinii calboliquc, et voya 



l'un des romanciers les plus féconds 
etles plus estimés du douzième siècle. 
Aucun poète n'a été plus loué de ses 
contemporains. Il méritait tout le 
bien qu'on a dit de lui , par l'inven- 
tion , la conduite et particulièrement 
par le style, qui l'élève au-dessus de 
tous les écrivains de son temps. 11 
est auteur des romans de Perceval le 
gallois , du Chevalier au Lion , de 
ï.ancetot du lac , et de beaucoup 
d'autres qui sont restés manuscrits. 
Ils (ont connaître les mœurs et les 
usages de son siècle. 

CHRETIEN (Florest), né à Or- 
léans le 26 janvier i64i, mort à Ven- 
dôme le 3 octobre 1596. Il mérita 
par son savoir dans la langue grecque 
cl ses autres connaissances , d'être 
noninié précepteur du jeune prince 
de Béarn , depuis Henri IV. 11 a tra- 
duit des pièces d'Euripide , d'Escbyle 
et de Sophocle , ainsi que d'Aristo- 
phane , sur lequel il a fait des remar- 
ques savantes. U a eu part à la satire 
ilénippiii. 



gea dans dillèrens • tats. Ce fut en 
i657 qu'elle fit tuer sous ses yeux, 
à Fontainebleau , Monaldeschi son 
grand écuyer ; cette mort est une , 
tache inell'àcable à sa mémoire. La 
cour de France lui lit connaître sou 
mécontentement. A la mort de son 
cousiu elle tenta inutilement de re- 
monter sur le trône de Suède. On ne 
peut lui refuser une grande force 
d'esprit, beaucoup d'instruction; mais 
on lui reproche de la hauteur et de 
la bizarrerie de caractère. Elle a 
laissé plusieurs ouvrages de peu d'é- 
tendue. 

CHRISTOPHE (Hesbi) , homme 
de couleur noire, roi d'Haïti, né le 
6 octobre 1767 , se tua le 8 octobre 
i8ao. Ce fut un despote cruel, avi- 
de d'argent , qu'il acquérait par de» 
exactions époutanlables. Son cou- 
rage était celui d'un tigre; il animait 
ses soldais par des hurlemens de rage. 

CHRYSIPPE, philosophe stoïcien, 
antagoniste d'Epirure et fils d'Apol- 
lonius, naquit à Sulè.« dans la Cilicie, 

17 



CHU 



194 



CIC 



vers l'an 2$o aiaui J.-C. Il rut Its 
luirut» réglées et dédaigna les ri- 
clieiKS. Ses ouvrages roulaiini pour 
Ih pTuparl sur la dialecliquc. li mou- 
rut '«ers l'an 207 avant J.-("., à l'âge 
de soiiaiite treize ans , d'un ^•xl■è^ de 
TiD , disent les uns ; et le?; nutics pré* 
tendent que, Tovaul un âne <)ni man- 
geait df.- ligues qu'on lui avait ser- 
vies puur Miii dîner, i! se prit à rire 
d'une lellr furce qu'il expira. 

CHUYSOSTOME (Jf.is) , «un des 
père» de iVglise , naquit a âuliocbe 
vers l'an 5ii,, mort le li sty.i-aihn 
A07. Il étudia t^oqueuce sous Liba 
nius, le|ilus fanuux <fes orateurs 
de tuD temps, qu'il ne larda pas à 
surpasser : le nom de ^.bryso^tome . 
c'est-a-dire bouche d'or , i'ul donne à 
JeaD peu de temps apiés sa mort. Il 
est regardé romme le plus illustre 
docteur de l'église : Erasme a dutine 
uoe édition dé ses oeuvres en j56S , 5 
lol in fol. „ . 

CUUYSOSTHBMIS , sculpteur 
grec , natif d'Argos', Oorissail emiron 
boa ans avant J.-C- Il lit , de con- 
cert avec Euirlidas, autre sculpteur, 
Sun compatrinle. It-s statues deDema- 
rate et de sou fils Tfaéopompe , vain- 
queurs anx jeux ûlxmpiqnes. (les 
slaluc.» existaient encore à £lis au 
temps de Pausaias, 

CllLN . m ntièine empereur de I 
C.hiue ..l'un de ses plus sages sonve 
rains, relui dont les maiirurs à 
gouvemement ont olMenu parmi le 
lettrés uue autorité irréfragable , et 
dont le Dom , beui de siècle et 
•ièrie , est encore aujourd'bui pro 
nonce avec vénération par tous les 
Cbioois. Surce.>eur d'Yao, il roui 
nua ses travaux immenses; il aimait 
les sciences et favorisa leurs progrès. 
On lui attribue la célèbre sphère 
cbiiioise qui porte encore aujour- 
d'bui «ou nom. Cet euipereur , dont 
Cenfucius a rero'illi les maximes, 
mourut l'an »»o8 avant l'ère cbré- 
tienne , dans la cent dixième année 
de son âge et la soixanle-dix-septième 
de Sun règne. Le dernier bienfait de 
t'.him envers ses peuples, fut de leur 
laisser le sage et vertueux Yu pour 
maître , en écartant du trône son 
propre Gis, qu'il en jugea peu digne. 



CHDRCUILL ( sir WissTox , . 
torien anglais , né en 1620, moi i 
lûSS. Son attarbement à la cau«< 
(Charles 1 lui coûta tonte sa foiii:i< 
Il n'a aucune réputation comme hi 
: ce qui lui fait le plus d'Lo: 
neur , c'est d'avoir donné la nui 
an duc. de Mariborongb. H 
a nn autre ('.fiurrti/l (Cbarlesl , poe 
satirique anplais né en 1751 . mo 
64. Il est regarde j,ar 1rs A 
glais comme un homme de génie. 
CHUS, premier lils de tham 
père de Nembrod. 

(;HUSAI, l'un des serviteur- 
liavid. Ce prince Ta^'aut eng;ic 
feindre d'einbrasi^er le parti d'Ab-:i 
(Ibusai suivit ce cocscil, et cri- 
la confiance de ce prtnce rebellr. 
Il fit avertir David du projet de le 
poursuivre , formé par ArcliiiopLc). 
Cfi malbeureiix roi passa prompte 
ment le Jourdain pour se mettre en 
sûrelé> l'an du mond^ soSi. 

ClirSAN RâSATUAIM, rr.i ,W 
Mésopotamie. Dieu , irrité contre !■ ^ 
Israélites, les livra à ce prince . qiii 
les réduisit en servitude penddut 
tinil ans. Olboni>l , (ils de Cenez . - - 
coua le jnng et délit Chusan , l'an d 1 
monde 3593. 

Cil t"SI, officier des gardes r'.e T .. 
vid. O fut lui qui vint annoncei' j 
ce prince la mort d'Absalon. t ' «i 
aussi le nom du père de Sopbunie . 
l'un des peîits prophètes, 

CIbKEB (CuLLcv) , fameux acieui 
et auteur dramatique anglais, ne a 
Londres en 1C71 , mort en 1757. On 
trouve en général dans ses remédies 
de la vivacité , de l'esprit , et plus de 
naturel qu'on n'en voit dans la plu- 
part des autres comédies anglaises. 
Il a donné le recueil de ses ouvrages , 
au nombre de quinze, en deux vol. 
n.4. . 

CICEnON (MAxcra-Triiirs) , na-l 
quit à Arpinum le } janvier 647 de 1 
la fondation de Rome. Tl fut dirige 
dans ses études par le célèbre ora- 
teur Crasjus , et sa première cause au 1 
barreau fut celle de Ro.«cius Amèri- 
nus . accusé de parricide ; il le fît ' 
absoudre. Il voyagea ensuite d.i' ■ 
(irèec et dans l'A.-ie , visita Al! 
«t Rbodcs. De retour à Rome . 



CIC 



I9D 



GIM 



pjrnl rnmme nralcur défendant lei> 
eaiisra d'i parliruliTs , «an* iiiire 
inn-rél que la gloire. Il défini le par- 
tisan de l'oiupoi: , parfint au coiisn- 
lai el dtcouvril la coiispiralion de 
Oalilina , «r qui lui mtrriia le» litres 
de Pire de la nairi» et de êauveur dt 
la répuLliqut. Il fui enieluppé dans 
Itf proscriptions qui eurent lieu pen- 
dant le Iriumiirat d'Octaie. de Lé- 
pide et d'Antoine , et lendit la lùle 
a l'eiécrable Popiiius. cbef des meur- 
triers . autrefois ^au»é par son élo 
quencc. Il afail soixanle-qualre an« ; 
sa tète et ses mains furent portées à 
Antoine, qui les fit attacher à la tri- 
bune aui harangues. Il fut a l,i fois 
grand bonime et homme »ertueu\ 
tendre père, ami lidéle et sincère. 
Il était natnrelleœentenjnué et porté 
à la raillerie ; sa lanitè fut toujoii 
aussi légiiime que franche. Il reslei 
réternel modèle de IVloquence. La 
meilleure édition de ses oiivra^^es est 
celle d'l.)li»cl . 9 Tolunus in-4, i7io 
Celle de Barbou , i4 fol. iu-i> , est 
recherchée. 

C.ICKRON iQriNios}, frère du ce 
lèbre orateur, après a?oir été pré 
leur, obtint en l'année 69» le gou 
teriiement de l'Asie. Il devint lieu- 
teiiaiit de tjésar , et le soitit en 
celle qualité dans son expédition en 
Bretagne (l'Anglelerre). Apres la ba- 
taille de Pbarsaie il s'enfuit en Asie 
atec >on lits. Proscrit par le Iriuiu- 
«irat, il '>e tint caché dan> Rome 
ainsi que son lils: mais les émissaires 
de Marc-Antoine les y decouïrirent 
et les mirent à niorl. Quintus avait 
un talent marqué pour la poésie , et 
on avait de lui plusieurs tragédies, 
de>quelles il ne nous est rien parve- 
nu. Le nom de son trére obscurcit 
le sien. Ci»r«n ( Marcus ) , seul Gis 
dugrand (licéron et deTérentia, na- 
quit l'an £SS de Rome. A dix-sept 
ans son père le conduisit au camp 
de Pompée, iicomm'Uida à Pharsale 
une aile de cavalerie. Il devint lieu- 
leuanl de M. Brulus et serrit en Ma- 
cédoine ; il battit C. Antoine, frère 
Hu IriumTir , et le fit prisonnier. De 
retour à Rome, il vécut quelques 
ti-nips dans la vie privée, mais Au. 
ê;ustc , seul maître du gouvernement, 



e prit pour son cnllègne dans le 
consulat. Il fui ensuite nommé au 
pouiernement de l'Asie on de la Sj- 
> , et mourut dan* no âge .iv:iitce. 
i;iD ( B..DSICI e - Dmi PB r.iVAr. . 
surnommé le ) , héros Castillan . n.i 
quit à Ilurgos ver» l'an loio II se 
lit redoutable aui Biaurrs , et 
deui fois fut etil» de la cour d'AI- 
pbonse Yl , qui ne pouvait lui par- 
donner d'avoir nsé exiger de lui , 
lorsqu'il parTinI au troTie, le ser- 
ment de n'avoir pas trempe dans le 
meurtre de .Sanrhe II, son fnrc. Il 
ne ces<>a de rendre hommage au mo- 
narque qui l'avait e\ilé,et mourut 
à Valence en 1099. ^on surnom lui 
vieni de ce que les députés maures le 
qualifièrent en présence d'Alphonse, 
<iu titre d'el leid qui , en lancuc 
mauresque , veut dire Seigneur. Les 
romanciers et même les hi'toricns 
espagnols ont mêlé le merieilleui à 
leurs récits des ei'iloils du Cid. Sa 
querelle a*ec le comte il.f Gornias. 
et sou amour pour la belle Cljiméne , 
sont regardes comme fabuleux ; ce 
qui Ci^l certain , c'est t^ue général 
habile, loyal chevalier, il fut le mo- 
dèle des guerriers de son siècle. On 
a imprimé à Séville en 1716 une 
fie du Cid. Il a fourni aux théâtres 
espagnols et français le sujet d'ufie 
tragédie. 

CIMABCE ( GiOTiHSi ) , peintre 
d'bistoire, né à Florence en ij4o , 
mort en i3io , est considéré comme 
le restaurateur de la peinture dans 
les temps modernes. 

CIMAROSA (Domixiqbe; . célèbre 
compositeui- , né à Naples en 1754 . 
mort à Venise le 11 janvier iSoi. Il 
a composé plus de cent vingt opéras , 
dont une trentaine reparaissent fré- 
quemmeot sur les premiers théâtres 
de l'Europe. Aucun de ses ouvrages 
n'excita dans la nouveauté un en- 
thousiasme plus général et n*»eti un 
succès plus constant que il Matrimo- 
nio êtsreto. Cimarosa n'était pas moins 
recherché pour la pureté et la dou- 
ceur de ses mœurs que pour ses la- 
lens. L'esprit , la vivacité, la gaîté 
qui brillent dans ses ouvrages , se 
remarquaient aussi dans ses manières 
enjouées et dans ses s-iillies. 



cm 



196 



CIN 



CIMON , peintre precné à Cléone. 
Suivant IMiiie , il aurai( ïécu long 
leinps avant le règtie de Romulus. 
Il lit faire à l'art des pas impoitaiis 
et imagina les raccourcis. Un autre 
Cimon , fClatuaire , lit dans la ville 
d'Atliènes des chevaux d'airain. Ci- 
mon, lils du célèbre Milliade. O 
général atliéiiien se signala parlicu- 
lièrenient cniitre les Persis, qu'il 
foulraipnil de signer ce fanïeux trailé 
qui procura aux Athéniens et à leur» 
alliés une paix gloriense. Il fut aussi 
granddans la paixque dan» la guerre, 
et contribua au bonheur de ses con- 
citoiens par ses libéralités. Sa mai 
wn était l'asile des indigens ; il eut 
cependant la douleur d'être banni. 
On le rappela ensuite pour lui don- 
ner le comiuandement de la Hotte 
dc8 Grecs alliés. Il mourut à la tète 
de son armée l'an ^49 avant J.-(^, 
dans la cirqnaule-unième année de 
«on âge. Il fut le premier qui établit 
des écoles publiques à Athènes. 

CINCIN.NATUS (Liciu.s-QiiNTt's , 
dit), ainsi nommé parce qu'il avait 
des cheveux hnnclés ; sénateur ro 
main. Il fut tiré deux fois de la ch.ir 
rue pour être consul et dictateur 
Après avoir battu l'ennemi , il re 
tourna à sa charrue. Elu encore uni 
fois dictateur à l'âge de quatre-vingt 
ans, il ti ionijilia de ses goûts simples, 
de son âge et dé son amour pour 
l'obscurité. Il déjoua la conspiration 
de Spérius Mélius , qui avait form 
le dessein de se faire roi. C'est l'un 
de» personnages les plus illustres des 
premiers siècles de la république ro 
inaine. 

CliNClL'S AMMENTUS (I.rcirs) . 
liistorien roinain dont les ouvrages 
lie sont point parvenus jusqu'à nou 
Il fut préteur eu Sicile , et fait pr 
sonnier par les troupes d'Annibal , 
dont il écrivit l'bistoirc, quoique 
Komain. Tite-Live, Aulu-GclU 
Arnobe , parlent de lui 
• CINÉAS, Thessalien, orateur et 
négociateur célèbre. Il avait i 
de» leçons de Déuioslliéncs j il devint 
l'ami intime de Pyrrhus , dont il 
n'approuvait cependant pas toujours 
les projets de cun(piétes. Pjrrlius 
l'envoya comme uiubassadeur au 



Romains, et le vieux Appius Cia.-i 
dius l'empêcha de réussir dans l«-n 
vues qu'il avait d'en fiire les alliés 
des Thessaliens: c'est aloi-s qu'il dit 
que le sénat lui avait paru une as- 
cmblée de rois. On connaît deux 
lutres Cijie'nj ; le premier était roi 
de la Xhessalie , le second était aussi 
'J'hessalieiï , et Démosthénes , son 
contemporain, le range parmi le» 
traîtres qui vendirent leur patrie â 
Philippe; mais Poljbe le jujtitie très- 
bien à cet égard. 

C I N N A (Ilfxv.cs), fut , suivant 
riutarque et Appien , tribun du 
peuple et ami de César. Parmi les 
ineuitriers de ce dictateur était un 
autre C.inna , noninié L. Cornélius, 
qui fut préteur l'an de Rome ynS. 
Le peuple prit l'ami de César pour 
celui qui avait été l'un de ses asias. 
sins; il se jeta sur lui et le rail en 
pièces dans sa fureur. 

CINXA (IInéics-Cohkélics), était 
arrière- pctit-llls de Pompée , et fut 
comblé de bienfaits par Auguste. 1 
t>t empereur, dans la trente-sixième 
anuée de son règne , ayant découvert 1 
nu complot que Cinna avait formé 
contre lui , eut In générosité de lui ; 
pardonner et le nomma consul. Cet , 
excès de bonté toucha tellement 
Ciiuia qu'il fut depuis un des plus 
ïillés et des plus Udèlcs partisans de 
l'empereur. Ce trait, rapporté par 
Dion Cassius , a souvent été mis en - 
doute: il est sûr que Tacite et Sué- 
tone n'en fout aucune mention. De 
plus Sénèque met la scène dans les 
Gaules , et Dion à Some. Kemer- 
cions ce dernier , puisque Corneille 
lui doit le sujet de l'une de ses meil- 
leures tragédies. 

CINQ MARS ( HtNRi COIFFIER 
DE RIJZÉ, marquis de ), second 
fils d'Antoine Coiflier , marquis d'iif- 
fiat, marécfial de France et surin- 
tendant des tînatices. Ce favori de 
Louis XIII fut grand • éciiyer de 
France dés l'âge de dix-neuf aus; 1 
en se conciliant la faveur du roi , il 
négligea de ménager le cardinal de 
l'ticlielicu , et le desservit même au- 
près du uiouarquc. Il devait cepen- 
dant sa fortune à ce ministre; mais 
l'eniic de »e venger de quelque^ 



CIV 

moriitlcalions qu'il lui afail fait 
.^(jroutrr le lit ron'pirtr conirc son 
prince et entrer dans H<-s nigoria- 
tions Sfee l'Kspagne. RIrlielieii ajanl 
di'couterl celte intrigue , CinqJIar» 
fut arrêté et eût la Icle Iraucliée sur 
la place des Terreaui à L\oii , le n 
«epiembre i64i , à l'âge de tiiigt- 
deut ans. 

CIPIERRE ( Puii.i»e«T of JIAR- 
S1LLÏ, seigneur de), Rouierneur 
de Cbarlet IX, lorsi|iiPcc prince n'c- 
iail encore que duc d'Orlian» ; dit- 
lingue par sa bravoure, ses lumières 
et ta probiti-, il ne ilnnna à ion 
élève que de sages conseils; on sait 
comment Charles en profita. Se sen- 
tant près de mourir, Clpicrre donna 
à ce roi et à Calherine de prudcns 
avis pour ta réronciliation des Guise 
avec lis Coligni. Il mourut ^u^ la 
lin de s< pirmbre i566. t Celait , dit 
l'bislorien de Tliou , un bomme de 
Lieii et un gr;<nd capit.'iinc , qui n"a- 
Tait rien plus à cœur que la gloire de 
son clète et la tranquillité de i'ilat. • 

CIS , (ils de Xer et pèr- de Saul. 
Il était de la tr.bu de Benjamin. 

CITaRICS, grammairien, né à 
Syracuse au quatrième siècle, pru- 
feksa la langue grecque à l'école de 
Ilordeau^ , alors très-célèbre. Aucun 
de ses ouvrage* n'a été conservé. Au- 
•one le loue beaucoup. 

CITOIS (Fmxçois), ne à Toi 
tiers eD 1572 , mort CD i65j. doyen 
de la faculté de médecine. Il fut mé- 
decin du cardinal de Richelieu, et se 
lit connaître avanlageusement par di- 
verses productions utiles on curieuses. 

CIVILISIClaidiis), cbefdesBa- 
laves , issu des rois de cette nation, 
qui , prolcgée par les bras du Rhin et 
par ses marais. n'<-iaii point soumise 
aux tributs que les autres parties des 
Gaules payaient auii empereurs ro- 
mains , et leur fournissait seulement 
des armes et des soldats. Il se révolta 
contre les Rnuiains , l'an 70 de l'ère 
vulgaire, et rempnila sur eux plu 
•leurs avantages. Enfin il fut battu et 
Conclol la paix. La guerre de Civitis 
a été écrite par Tacite avec de nom 
fcreux détails; elle remplit presque 
«n eaiier les deux derniers livre» de 
tontiitloire. 



'97 



CLA 



CLAIRAUT ( Alexis Curot), né 
a Palis le 7 mai 1713, mort le 17 
mai 1765. Il est l'un des troi^ géumé- 
Ires qu on peut regaider comme les 
successeurs immédiats de Ncnlon, 
dans la dtcuu»erle des loi.- du système 
du monde. Son entrée dan»la carrière 
des mathématiques suivit de près 
celle d'Eulcr, et précéda celle de 
d'Alenibert , à la suite desquels il se 
place sans aucun intermédiaire. Par- 
mi ses ouvrages on estime surtout ses 
Ettmens de gèomitri» et d'atgchre , son 
Traité de In figure de la («rre et sa 
Théorie de la lune. 

CLAIROV ( OliUbi Josèpbc-Liisis 
PE Li TCDE, plus connue sous le 
nom de mademoiselle ] , l'une des 
plus grandes comédiennes qui aient 
para sur la scène française. Elle a 
laissé des Urmcires et des riéftexions 
$ur la déclamation théâtrale , qui peu ■ 
vent itre utiles à ceux qui te de^ti■ 
uent à la carrière du tbéâlre. Xée en 
)7a3 dans les environs de Coodé , en 
Flandre, elle monrul à Paris le iS 
janvier iSo3. Elle était d'uncacaelère 
allier , dans le moiidi- et dans sa pro- 
pre maison ; elle paraissait toujours 
pénétrée des spntimens de grandeur 
et de majesté qui bi illaient dans les 
rùles de son emploi de reine. 

CLARENDO.N (EoofisD HYDE , 
comle de), grand chancelier d'An, 
glelerre, né le 16 février 1608. Il se 
distingua p3r ses talens et sa capacité 
dans les alfaires ; disgracie en Angle- 
terre, il vint mourir à Rouen le 9 dé- 
cembre i67i. Son II iiftfire c/i; la ré- 
brilion depuis 1641 jusqu'au rétablis- 
semrni de t^barles H est fort estimée. 

CLARKE ( SiMCEL ),• célèbre tbéo 
lugien anglais, né à Norwieb le 11 
octobre 1C75 , est surtout connu par 
ses sermon,- -ur l'existence et les at- 
tributs de Dieu , regardés comoje 
la plus forle et la plus belle démons- 
tration qui jamais en ait été faite , et 
par son édition d'Homère que ter- 
mina son lils. Doux . bienveillant et 
modeste . il mourut le 17 mai 1719, 
avec la réputation d'un des hommes 
les plus savaiis et l'un de- philosophes 
les plus profonds de son siècle. 

r.LiCDE LTSIAS , tribun des 
Iroiipes romaines. Pour soustraire 

«7- 



CL A 



198 



CLA 



saint Paul à la fureur des juifs, il le 
tit rueUre en prison, d'où il le lira 
jiour IVntover à Césarée. 

CLACDK FELIX , Iri-re dePallaf, 
alTranchi de IVmpereur (!1aude. Il 
succéda à Cuniauus d^jis rinleiidance 
de la Judée. Ce fui deiïint lui que 
fii( amené saint Paul, dans la ^iile de 
Cesaree. Il le iraila assez bien ; mais 
espérant en tirer quelque ari;ent , il 
le retint en prison. Les concnsi'ions 
de Félix le tirent rappeler à F.omc 
l'an 60 de J.C., et il n'eïila la 
mort que par le crédit de sou frère. 

CLADDE (TiBÉBirs Daisis), CU 
de I)ru.>us, naquit à Ljon l'an de 
Borne 744, Il porta d'abord le sur- 
nom de Geraianicus , si illustré par 
son frère aîné. Il succéda au sangtii> 
naire (laligula , qui le laissa vi\re 
parce qu'il n'en craignait rieu. Nalu 
rellemcul doux , il se lit aimer au 
commencement de son légne; mais 
incapable de gomerncr par lui méuie, 
il se laissa conduire par Messathie , et 
ensuite par A^rippine , ses épouses, 
qui s'abandonnèient à de honteux 
excès, et lui tirent commelire toute: 
sortes de cruautés. Il fui empoisonné 
par Agrippine l'au S08, le i5 octobre, 
dans se suixante-quatrième année , 
après un règne de pré» de quatorze 
ans. l'osez 'lacile, Suélone el le phi- 
losophe ï^énèque sur cet empereur. 
Uaude { Marcus âureliui Flavius), 
surnommé le Golhi.iue , né dans l'Il 
lyrie ou en l)alin.iile, de parens in- 
connus. Il fut élu empereur l'an j63. 
après la mort funeste de Gallien. 
L'empire reprit sous son règne une 
nouvelle >ie.,.II abolit les inip6t.- , 
rendit aux pailiculiers les biens que 
son prédecesi.eur Imr a>ait enlevés, 
remporta plusieurs tieloirts sur lis 
Goths, el muuiul cmporlè parla peste, 
généralement regreilé.aprés un règne 
de deux ans, et dan^ la cinquante- 
sixième année «le son âge, lers le 
mois de mai 570. Le peuple lui érigea 
uue statue d'or. 

CLAUDE de France , femme d. 
François I". lillc de Louis .\ll cl 
d'Anne de Bretagne , naquit à liomo- 
ranlin en 1499, et mourut au clià 
hau de Tdois le 90 juillet i5i4. i)a|l 
laille était médiocre , elle boiiail un 



peu.'dtraut qu'elle tenaitde sa mère ; 
mais elle possédait des vertus si émi 
ncnles, que les historiens contem- 
porains ont parle d'elle comme d'une 
«ainle , tandis que le peuple , la ju- 
eant par les qualilés qui sont à sou 
usa:;e , l'appelait la bonne reine. 

(ILACDIA, Bile de Néron et de 
Poppée. Elle mourut au bout de 
quatre mois. Tacite dépeint la joie 
mmodéree de Néron à la naissance 
le Claudia, et son extrême a£Qiclion 
lorsqu'il la perdit. L'uuâ et l'autre 
sont extravagantes. 

CLADDIEN ( CiACDics ) , poète 
latin qui illustra le règne de "ïbéo- 
dose , et particulièrement celui de 
ses lils Arcadius et Honorius. Il était 
d'Alexandrie en Ég.vpte. On lui érigea 
ne statue sur le forum de Trajau. 11 
passe pour un des derniers poètes la- 
tins qui aient eu quelque pureté dans 
ècle grossier. On a donné une 
édition de ses œuvres ad usum dtl- 
phini , iri-4 , peu coniuiune. Nous 
avons en prose française une traduc- 
lluu complète de Claudien , par M. 
Souquel de la Tcur, Paris, 179S , 
3 vol. iu'S. et U. Jiichaud a donne 
une îmilalion en vers français de son 
poënie sur r£n/e"i'emen( de Proserpine, 

CLACinCS ( Ahmis;, consul, 
l'an de Rome 48S , ftil surnommé 
i'.audex. Il l>.illil le rnillièron, aila- 
Carlliaginois «I les défit cum- 
plèlenienl. Il relourna à Rome , où il 
l'ut reçu avec des applaudissemens 
universels; c'élait le premier général 
romain qui eût été vaiu jueur au-delà 
de la nier. 

CLAUDIUS PCLCIIER (Prai.ic.) , 
eut cette lierlé et ce despotisme qui 
eiaienl héréditaires dans la maison 
tjaudia, el porta mime ces défauts 
jusqu'à l'insolence. Étant consul l'au 
lie Rome 5iw , dans la première 
gufrre punique, il commandait une 
llulled* plus dedeui cents v.iisseaux, 
el avait en têle Asdrubal , amiral car- 
Ih.iginois. Sa Ootle fut mise en dé- 
route , et il »e sauva à Lilybèe avec 
Irenie vaisseaux. Les Romains eurent 
huit mille homme» tués el vingt millo 
prisonniers. Quatre-vingt-treize de 

urs vaisseaux furent pris; uo plus 
grand nombre périt dans l'action. Le 



CL A 

tinsl rappela Claudius de l.i tiicile , 
et lui enjoignit de iionimcr , eu f.i 
qualité de consul, un dicUleur. Il 
nomma M. Claudius Ulycias, son 
«cribe ou son apparilcur. L'iudigua- 
lion fut générale, on le l'orra «l'alidi- 
quer et de coiuparaîlre poursnl>ir le 
jugement du peuple. Suivant Cicéron, 
il flil coudanuié ; suivant d'autres, il 
échappa à la l'omlaniiiatiou. 

CLAUniOS PULCHEU ( Avi-iis). 
frère de Clauilius, consul en 6ng , fut 
le rollégue de (;iréron comme au- 
gure , et son prédécesseur dans le 
gouTcincment de Cilicie. Celle cir- 
constance établit entre eux des rap- 
ports ilésauréables, Vojei à ce sujet 
/f« Épilrcs familières de (Cicéron. Il 
fut élu censeur et en eiarça les fonc- 
tions cvcc une rigidité qui contrastait 
singulièrement avec ses mturs relà 
cliécs. Il péril dans la puerre civile. 

CLiVIER (Étiesnk) , conseiller 
au (lliàtclet avant la révolution , juge 
à la cour criuiiuelle du département 
de la Seine , en 18 14 . de l'Académie 
des inscriptions , professeur au col- 
lège de France , l'un des collabora- 
teurs de la Biographie universelle , né 
à Lyon , en 176» , mort à Paris , le 18 
novembre |8'7, perdit sa place de 
juge pour avoir refusé de condamner 
le général Moreau , cl trouva dans 
l'élude et les travaux littéraires la 
coii-olation du sacrilice qu'il avait 
fail à sa conscience, i.e plus im|ior 
tant fie ses ouvrages est la Descrifition 
de la Grèce, traduit de Pausanias , 
avec le texte grec , collatiooné sur 
les manuscrits de la Bibliollièquo du 
roi . iSiA- iSsi .,6 volumes lu 3. 

OLAVIÈKE (Étieune) , banquier 
Genevois, fugitif de sa pairie, aux 
troubles de laquelle il avait pris part. 
Tint à Paris , se lia avec Mirabeau à 
l'époque de la révolution , et fut, en 
1791 , nommé par les électeurs de 
Paris , suppléant à l'assemblée légis- 
lative. Porté en 1795, au miiiisière 
des tinanres. puis après le 10 août, 
membre du pouvoir exécutif, il l'ut 
orrélé le j juin 1793 , sur la déiion- 
cialion de Robespierri; , décrété d'ac- 
cusation le 9 du même mois , et pour 
se soustraire à l'écbafaud . se donna 
lu mort le 8 décembre suivant , la 



'99 



CLE 



veille du jour oii il devait paraître 
devant le tribunal révolutionnaire ; 
sa femme s'empoisonna deux jour* 
après. 

CLEANDRIOAS , Spartiate. Il 
commanda le» Lacéilémoniens dans 
une expédition contre les 'J'éf;éalc8. 
S'élanl laissé corrompre par Périclè», 
lors d'une irruption dans l'Allique . 
l'an ili6 avEnt }.{',. , il fut condamné 
à mort , n'attendit pas le jugement , 
et se retira en Italie avec les Atbé- 
DÏens qui fondaient l'iiurium , l'an 
444 avant J.-C. Ces nouveaux colons 
le choisirent pour général, et il leur 
lit remporter plusieurs victoires sur 
les liUcaniens et d'autres peuples. Il 
eut un lils noniiDé ('•> lippe qui hérita 
de ses talens militaires et de son 
amour, pour l'argent. 

t;I.F,ANÏllK. , arliste grec, p.i1se 
pour l'un des inventeurs du dessin , 
et quelques lavans le font antérieur 
» Homère Cléanthe , philosophe stoï- 
cien , ué à Assos , tille éolieiine de 
l'Asie , Uorissait vers l'an a6o avant 
J.-C. Disciple de Zenon, il fut jugé 
le plus capable d'être à la tête de son 
école lorsqu'il Diourut. Il gagnait sa 
vie à tirer de l'eau pendant la nuit, 
pour pouvoir étudier pendant le jour. 
Attaqué d un ulcère à la gencive, à 
tjualre-viugt-dix-neuf ans , il se décida 
à se laisser mourir de faim. 

CLEAr.QDE, Sparliale, fils de 
Rampbius, eut vers la lin de la guerre 
du Peloponèse le commandiairni de 
quelques vaisseaux <(ue les I.acéde- 
inoiiiens envoyèrent dans nielles- 
pont , et S£ trouva ensuite à plusieurs 
batailles. Rappelé à cause de son in- 
solence et de sa dureté , il refusa d'o- 
béir , l'ut condamné à mort . et il se 
rendit alors .vers Cyrus le jeune, qui 
l'employa et qu'il trahit. Il fut mis à 
mort par ordre d'Artaxcrcès. Xèno- 
pbon l'ait un très-grand éloge de Clé- 
arque. C/i'an/ue, né à Uèraclée , ville 
du Pont, vint dans sa jeunesse à 
Albènes, et fol l'un des disciples de 
Platon. Il cultiva aussi l'éloquence 
sous Isocrali'. Il se distingua dans les 
armées de Milbridale. satrape du 
Pont , et par une double trahison il 
usurpa l'aulorilè à lléraclée. Il s'y li- 
vra à tonte» sortes de cruautés, et ses 



CLE 



200 



CLE 



sipédilions contre des peuples roisins 
a\ai)l réussi . il en conçut un tel or* 
piicil , qu'il Toulul se faire passer 
jiourGU de Jupiter. Il fut eutin Tic- 
time d'une con^piralion , l'dn 55a 
aTant J.-C. Il y a encore deu» 
Cténrqae : l'un fils de Denvs , t\ran 
d'H^-raclée . qui de concert avec so 
frère Oxalhres , lit périr sa nicre 
l'autre, disciple d'Arislole, s'acquit 
quelque célébrité par un ouvrage sur 
Ie« Ties des boninies illustres, que les 
anciens citent souvent. 

CLELIE . jeutie romaine , célèbre 
par SCO amour pour sa patrie et p 
uue action courngeuse rapportée par 
Xlle-Live : Donnée en ol.ige à Pur 
senna lorsqu'il mit le si' g* devan 
Bonie , elle be baignait sur les bord; 
du Tibre , lorsque l'aspect de sa ville 
natale excita en elle le désir d'y re- 
tournera elle se ieta à la nage et tra- 
versa le fleuve avec ses compagnes , 
malgré les flèches qu'on leur tirait du 
rivage. Ou lui éleva une &tatue éques 
Ire, et elle fut la première personne 
de son sexe bouorée de cette distiuc- 
tioD. , 

CLÉMENCE de Hongrie , reine de 
France , fentme de Louis X , surnom- 
mé le Hulin , était lille de Charles 
Martel, roi de Honsrie. Son fils Jean 
ne ïécut que cinq jours ; l'usage de 
ne pai le compter au nombre des rois 
de France a prévalu. Elle mourut à 
Paris à l'hôtel du Temple, le i5 oc- 
tobre i3a8. 

CLÉMENCE - ISACRE , illustre 
dame Toulou^.iinc, qui ranima djns 
6a patrie le gnûl et l'amour des lei 
Ires à la fin du quinzième siècle. Elle 
laissa à la ville des revenus pour ser- 
vir exclui-ivemcnt a la célébration des 
jeux lluraux, qui furent érigés en 
académie en 1694 par lettre.» paten- 
tes. L'bisloirede cette acadi mie a elé 
écrite par M. Poitevin Peil.ivi. Clé- 
mence-I.«aure a élé le sujet de plu- 
sieurs pièces de tliÀâtre , l'une entre 
autre* de M. Armand Gnnfré . au 
Vaudeville. M. Bouiily en a fait aussi 
un opéra en tr»is actes qui a eu peu 
de succès. 

CI.ÉMEJil d'Alexandrie (TiTif- 
Fi.Avirs CLiniENS ) , docteur de I É- 
gli.-c , vécut vers la fin du deuxième 



siècle et dans les premières a nni 
du troisième. Il lit ses premières é 
des à Athènes , les continua en Ita!- 
et dans l'Asie mineure , et vint le; 
achever dans la capitale de l'Egypte 
dont l'école était célèbre. On à plu 
sieurs éditions de ses œuvres. 

CLÉMENT IV ( GciDo FLLCODI 
FOLQCET ou FOULQUES ) . né à 
Saiut-Gilles au commencement du 
treizième siècle , fut successivement 
militaire, jurisconsulte, secrétaire 
de Louis IX, marié , père de famille, 
veuf, prêtre , chanoine , archidiacre, 
evéque , cardinal et pape. Il dut son 
avancement à la protection et à l'a- 
mitié de saint Louis, qu'il avait servi 
avec beaucoup de zèle. 

CLÉME.XT XIV, pape. Il s'appe- 
lait Laurent Ganganellî. et il uaquil 
le 3j nclobrc i-o5. Tout le monde 
cannait les fameuses lettres en trois 
volumes, que le marquis de Caraccioli 
lui .Ttlribue. O pape philosophe 
mourut le ij septembre 1774. Il y a 
eu quatorze papes de ce nom. 

CLÉMENT (JiCQCEs), religieux 
dominicain, a rendu son nom fameux 
par un crime exécrable. Il naquit au 
liage de Sorbon à une lieue de Re- 
ihel. D'un esprit sombre et mclanco- 
lique, d'un caractère ardent et in- 
quiet, ignorant, grossier, fanatique 
t libertin, il conçut le dessein d'as- * 
assiner Henri III, et l'exécuta à 
Saint-Cloud , le 1 septembre i5$9, 
plongeant un couteau dans le bas- 
ventre de ce monarque. Il fut percé 
de coups par les gardes et plusieurs 
seigneurs qui accoururent. 11 avait à 
peine vingi-deux ans. Son corps t'ut 
exposé, traîné ensuite sur la claie , 
tiré à quatre chevaux, mis en quar- 
tier» et brûlé sur la place devant l'è- 
glise de Saint tMoud. Bientôt il pa^sa 
dans Paris pour un véritable martyr; 
on plaça son portrait sur les autels, 
et on délibéra en Sorbonne si ou de- 
manderait à Home sa canonisation, 
[lu ans après , eu iSgg. Mari. ma osa 
se faire l'apologiste du moine chargé 
aujourd'hui de deux siècles d'exécra- 
tion. 

CLEMENT (JBXX-M41.1E-Iirr.-.».P 
Cfl(-bre critique, surnomnté VJnfU 
mint , né à DijoD en 1741 le j5 dv 



CLE 



201 



CLE 



renibre , mort à Paris le S fi-vrirr 
1S12. lia l'jlt une tragédie de McJéc, 
une imilalion en fer» de la If'rutaUm 
délivrée, dans laquelle on lui repio- 
clie avec r.'iison d'avoir m;itilé 6011 
modèle ; en |irO!ie, il a publie »iii To- 
bleau annuel de la lillerolure et de» 
Observations tur différcns écrits tjiii ont 
paru de nos jours , obserTrfliuns qui 
méritent d être lues et qui lui ont fait 
la réputalion d un litlérjteur Ires- 
instruit. l>'abord admirateur de Vol- 
taire , il se pruuon<;a ensulle eotilre 
lui, et ci-iliqua avec liumour Saint- 
JLambert , Delille et aulies. Il fui 
aussi l'euiiemi déclaré de Laharpc . 
avec lequel il se réconrilia plus lard. 
Salnl-Laniberlajaul obtenu une lettre 
de cachet contre lui, le Tit lueilre au 
Fort Lévèque. J.-J. Rousseau sVle»a 
avec force contre la tyrannie qui pri- 
vait de sa liberté un éciivaiii pour 
a»oir trouvé des vers mauvais, et 
produisit par son éloqucDce tout l'elVel 
qu'on devait en attendre ; il ne fut 
prisonnier que trois jours. (Ilément 
avait une grande sévérité de mœurs; 
«es principes en littérature , parfois 
exagérés, mais très-sains, tenaient 
de 1 austérité de son caractère. 

CLEOBL'LE, né à Lindos dans 
l^le de ItJiodes , (ils d^Evagoras , roi 
de cette ville. Quelques-uns le comp- 
tent pour un des sept sages de la 
Grèce. Il voyagea en Egypte pour ac- 
quérir les connaissances qui man- 
quaient alors aux Grecs , et revint 
dans sa patrie, où il monta sur le trône 
api es la mort de son père ; car il ne 
l'usurpa point, comme ditPlutarquc. 
11 mourut vers la cinquante-cinqulènie 
olympiade, à soixante-dix ans, et 
conserva toute sa vie des liaisons avec 
Solon. 

ÇLÉOBULINE, fille du précédent, 
se livrait à la poésie. Partageant avec 
*on père les soins du gouvernement, 
elle tempérait souTentsaséTérité. Cou- 
servant les mœurs des temps héroi- 
ques, elle lavait elle-même leàpiedsj 
des hôtes qui Tenaient le Toir. 

CLEOETAS, sculpteur et archi- 
tecte grec , dont Pausanias parle sou- 
vent sans indiquer sa pairie ni le ' 
temps où il vivait. Ce fut lui qui donnai 
le dessin de la £ameuse barrière d'O- 1 



lyinpie, l'un des monument dont le; 
(irecs se vantaient avec le plus d'or- 
gueil. On appelait ainsi un idilice en 
{orme de proue de navire , situé à la 
tête du stade ou delà carrière desliuéc 
aux courses. 

CLÉOMBROTE, nom de deux 
rois de Lacédénionc: l'un tué à la ba- 
taille de Leuctrcs, gagnée par Kpami- 
nondas, l'an 571 avant J.-C. ; l'autre, 
gendre de Léonidas, usurpa le trône 
pendan t le bainiissement de ce prince, 
mais lorsque celui-ci fut rappelé, il 
fut banni à son tour, et sa femme, qui 
avait accompagné son père dans son 
exil , y suivit aussi son mari. Il y a 
deux autres ('.léomtrote ; l'un qui fut 
tuteur de Plistaïquc , son neveu, après 
la mort de Léonidas, son frère , tué 
aux Tbermopyles , l'an &So avant 
J.-C. : l'autre jeune homme d'Anibra- 
eie, qui fut si [jersuadéde l'immorta- 
lité de l'anie, à force de lire le Phé- 
don de Platon , qu'il se tua lui-même, 
Callimaque a célébré celte action, qui 
ne fait pas l'éloge de son jugement, et 
il en est souvent question dans les an- 
ciens. 

CUÉOJrEPES d'AsIjpalée , athlète 
célèbre, tua Iccusd'Epidaure, en lui 
disputant , à Olynipie , le prix du pu- 
gilat , l'an 492 avant J.-C. Il fut privé 
du prix et condamné à une amende . 1 1 
va un autre V.léûmcdeSy écrivain grec 
dont on ne sait rien, sinon qu'il est 
auteur de l'ouvrage intitulé : Théorie 
circulaire desastres , ou Théorie cycli- 
que des metéoi'M, qui n'est guère qu'un 
traité de cosmograpbîe, 

CLEO.MÉ.NÈSI, Il et m, rois de 
Sparte. Le premier vainquit les Ar- 
giens , et délivra Athènes de la ty- 
rannie de Pisistrate; le second succéda 
à son frère Agésipolis. Il , et régna 
.«oixante-un ans dans la plus grande 
tranquillité; le troisième , fils de Léo- 
idas, auquel il succéda , s'éïant en- 
gagé dans une guerre contre les 
Achéens , fut défait et obligé de s'en- 
fuir en Egypte , où lui-même mit fin 
à sa vie, l'an S2i aTant J.-C. Sa vie 
a été écrite par Plutarque , qu'il faut 
comparer avec Polybe pour le recti- 
fier. Il y a deux autres Cléoméncs, l'un 
sculpteur grec et Albéttien , qui se- 
rait presque inconnu si son nom no 



CLE 



ao3 



CLE 



nous était parvenu graié sur un ou- 
vrage imniorte], la fenus^édicis, qui 
est de lui , suivant Toi iuion de M. 
Visconti, quoique le socle de ce clief- 
d'ceuvre soit rapporté. L'autre, était 
un des Grecs qui suivirent Aleiantlre. 
Il fut mis par ce conquérant à la ti'tt 
des reTenu> de TEgypte et de PAfri- 
que, et se lit abhorrer dans son admi- 
nistration par ses exactions continuel- 
les ; il fut misa murt par ordre de 
Ptoléniée , fibde Lagus , qui oLtint , 
après la mort d'Alexandre , le sceptre 
d'KpjÇte. 

CLKON ( ATHJxrsx ) , corroyeur 
de profession , démagogue fameux , 
ne dut quelque intluniico , après la 
mort de Périclês , qu';i son extrême 
impudence, devint le chef du parti po- 
pulaire contre les grands , futToujet 
des sarcasmesd'Aristoi»hane , et, sans 
talent pour la guerre, fut tué dans une 
expédition dont il s'était fait donner 
lecoramatideinent. 

CLÉON, sculpteur grec, qui (lo- 
rissait 3SS ans avant J.-C. , fut élè>e 
d'AnliphaiifS d'Argos. Il fit pour les 
£lèFD6 deux statues de Jupiter en 
bronze , une Vénus d'airain et une 
statue d'Adraète , que Pline cite com- 
me étant son chef-d'œuvre. Il excel- 
lait aussi à représenter les vieillards et 
lesphi'nsophes. 

CLÉO.NYJIE , second fils de Clco- 
menèsll, roi de Sparte. Il voulut, 
après la mort de son père , l'an Soj 
avant J.-C, disputer 1» trône à Aréus, 
mais ses préti ntions furent rejetées 
du sénat. 11 fut quelques années après 
général des Tarentins, et força les 
Lucaniensà faire la paix. Il lit en.'^uite 
d'autres expéditions et s'abandonna 
au luxe et à la débauche. Léonidas , 
son lils.fut dansh suite roidc Sparte, 

CLÉOPATRE. Il y a eu plusieurs 
princesses et reines de ce nom ; nous 
ne citerons que les plus célèbres : i . 
C.léopâlre , fille de Ploltmce Philo- 
metor.roi d'Egypte; pour s'assurer 
le trône elle poignarda elle-même son 
fils aîné et voulut empoisonner le se- 
cond : mais il l'obligea de prendre le 
poison qu'elle lui avait préparé , l'an 
120 avant J.-C Elle avait épousé I)é- 
niétrius , qui l'abandonna pour llodo- 
gunc. a. Clé'jpâtri, femme de Ptolé- 



niée Phjscon , auquel elle succéda 
après sa mort. Alexandre son fils, 
qu'elle voulut faire périr pour régner 
seule , la Utmourir l'an S6 avant J.-C. 
5. (l/eo;jd/re, tille de Ptolémée Âulète, 
roi d'Egypte , dépouillée de la por- 
tion de ses états ^ar son frère , se mît 
sous la protection de César , qui prit 
les armes en sa faveur. Après sa mort 
elle se déclara pour Antoine, dont 
elle causa la perte en prenant la fuite 
à Aciium. II voulut ta suivre et perdit 
la bataille qui assura à Auguste l'em- 
pire romain. Oléopàtre , pour éviter la 
honte d'être conduite à Rome en 
triomphe , se fit piquer par un aspic , 
et mourut l'an 3o avant J.-C. à trente- 
neuf ans. C'était la plus belle femme 
de son temps , aimable et pleine d'é- 
I udition ; elle parlait toutes les lan- 
gues, mais oului reproche son ambi- 
tion et sa cruauté ; elle Ut empoison- 
ner son plus jeune frère , pour ne pas 
partager le trône avec lui. 

CLÉOPHANTE, natif de Corin- 
the , était regardé chez les anciens 
comme le premier artiste grec qui 
eût appliqué de la couleur sur des 
dessins , et par conséquent en ce qui 
concerne la Grèce comme l'inventeur 
de l'art de peindre. Pline dit qu'il n'em- 
ploya qu'une seule couleur, de la bri- 
que pilèe. Il vivait ou moins i4oo ans 
avant J.-C. , et même plus ancienne- 
ment, suivant toute vraisemblance. 

CI.ÉOPilAS, fils de Jacob et frère 
de saint Joseph. Il épousa Marie, sieur 
de la ^sainte Vierge. 

CI.ÉUPUON, fameux démagogue 
d'Athènes. Doué de quelque facilité 
à parler , il acquit beaucoup de cré- 
dit sur le peuple. Après la bataille 
d'Igos-Potamos, il excita une sédi- 
tion contre le sénat ; mais Satyrus dé- 
cida le sénat à un acte de vigueur en 
faisant arrêter Cléophon , qui fut con- 
damné à mort vers ta fiu de l'an 4û5 
avant J.-C. 

CLEOSTRATE de Tènédos vivait 
du tenxps de Tarquin-le-Superbc. Il 
découvrit le premier les signes du lo- 
dia(|uc , observa les signes du Bèli'T 
et du Sagittaire , et réforma le caleu- 
drii-r des Grecs. 

CLÉR AMBAULT (Lovis-Nicoits), 
né à Paris en 1C76, y mourut en 1749- 



CLE 2 

I-ouii! XIV le nomma orjjmislo Hf 
Saintr.jT ctsurinb'iiilaiit ilisronnTts 
«le madame de Mainleiinii. Sa (aiiiill<' 
était depuis Louis XI allacliée à la 
cour. On a de lui cinq livres de can- 
tates j parmi lisquellis celle d'Orp/ic'i- 
est lepardéc comme «on chef-d'<vuTre. 
Biles ont encore aujounUiui du natu- 
rel et delà grâce ; le style en est fe- 
cile : elles sont généralement bien ac- 
ccnluées. 

CLIiltKC I C.HAiiLRs) , ami elcnin- 
pagiiiin de nilustre Cook , qu'il suivit 
dans plusieurs expéditions. Né en \i\- 
glcterre en 17ii, ilmourutà la vue 
des eûtes du Kamisclialkale 31 août 
1779. Il visita ce dernier pays , et, 
8*a"»anennt an nord entre les deux 
continens, il acheva de démontrer 
l'impossibilité de pénétrer à travers les 
glaces, soit sur la cûtc d'Asie, soit 
sur celle d'Aniéiiqnc. (Test dans la re 
lation du troisième voyage de (iook 
qli'on peut apprécier la part hoiio] 
ble que Clerke eut à celte célcli 
expédition. 

CLERMONT(Loiis DE BOURBON, 
COiNDE, comte de ), ne le j5 iuin 
1709. Il se trouva à Fontcnoy , à Kan 
coux, «tfut charjîé des siépes d'Anvers 
et de Namur, dont il s'empara suc 
ccssivemenl ; il numlra de la valeur et 
deTliabilelé, et parut en plusie 



35 CLI 

Valet-de-cliambre auprès de Louis 
Wf dans la prison uu ToQtple , il 
minli-a beaunuip de zèle ef de lidé- 
ité. Le testament de rinfortuué mo- 
laïquc , dans lequel il recommande 
Ctéry à sa famille , a rendu son nom 
immortel. (^léry a publié à Londre*,en 
1708, un iottrnat de «e ijui »*iit fta^sc 
Il la tour du T>:mptc pendant la cafiti- 
vite de Louis Xf'I, roi de France , en 
1 vol. (Ict ouvragi! a obtenu de nom- 
breuses éditions en France et en Aile- 
n.agne, ctaété Iraduitdans la plupart 
deslangues de fflnropc. 

CI.ÈSIDBS, peintre grec, (Inrissait 
à Epbèse J94 an» Oiant J.-C. Fier de 
sa renommée , it "crut que le sce;tlre 
même devait s'abaisser divant I ui. Tl 
se vengea de la reine Stratonice , qui 
lui arail fait peu d'accueil , en la pei- 
gnant auprès d'un vil pêclieur : mais 
la reine se trouvfisi belle , qu'elle ne 
voulut pas qu'on détruisit un minui- 
meiil fàcbcux pour sa réputation , 
mais glorieux pour ses charmes. 

CLÈVE ( CoRNEiLLK Vas ), sculp- 
teur, né à Paris en 1G40, mort dans 
cette ville en 17,12. Il secojida son 
maître, Fr. Anguier, dans le travail 
des bas-reliefs de la porte Saint-Mar- 
tin. Le groupe de marbre placé dans 
le jardin des ruileries, et représentant 
la Loire et U Loiret^ est de ce sculpteur. 



occasions digne de sou grand nom. En d'une l'amille originaire de Flandri.. 
1754 il l'ut nomme membre de raca-| CLÈVES f Mabiedi- ), princesse de 
demie française , y siégea et reçut leiConde, lille de François! , duc de Ne- 



jeton de droit de présence. Il mourut 
à Versailles le i5 juin 1770. 

CLERMONT-IONNERHE ( Gas- 
PARO, marquis de) . né en lOSS ,niort 
en mars 1781. Après plusieurs expé- 
ditions brillantes, il commanda trente- 
deux escadrons à la bataille de Lau- 
feld ; exposé au {eu de quarante piè- 
cesde canon, il soutint pendant qua- 
tre heures l'infanterie qui attaquait le 
Tillagede Laufeld, qu'elle cm,. orta. 
Il tut créé maréchal de France , et 
représenta le connétable au sacre de 
Louis XVI , en qualité de doyen des 
maréchaux. Le nmn de Clermont et de 
Clerraont-ïonnerrc a été illustré par 
d'autres personnages recommanda- 
blcs. , 

CLERT, né en 1763 , mort à 
VieiMie en Autriche le 10 juin 1809. 



vi-rs. Les poètes du temps la célébré 
relit sous le nom de la belle Marie. 
Elle inspira une passion violente au 
duc d'Anjou, depuis Henri III , mais 
elle épousa son cousin gei'main Henri 
I, prince de Condé, et mourut en 
couches le ôo octobre 1674, âgée de 
vingt-un ans. Henri lil se montra in- 
consolable de sa perte. Il y a un ro- 
man fameux sous le titre de '.a prin- 
cesse de Cleves. 

CLIXIAS, père du célèbre Alci- 
biade , né à Athènes , se distingua à la 
bataille deSalamine, et fut tué à celle 
de Coronée, l'an 447 avant J.-C. Un 
autre Clinias de Tarente, philosophe 
pythagoricien , fut un des amis de 
Platon. Lorsqu'il se sentait disposé à 
la colère, il prenaitsa lyre et en jouait 
jusqu'à ce que£on rçpiil fût calmé. 



CLI 



204 



CLI 



CLINTON (Geokge), vice-pr 
dent des États-Unis de T Amérique 
septentrionale; né en 1759, dan 
nouvelle Angleterre , mort le 20 avril 
i8i3 , à Washiiijîton, un desiionim 
qui ont le plus puissamment conti 
hué à l'indépendance nationale, prit 
une part active et brillante à la guerr 
qu'elle occasiona , et sa savante r( 
traite, opérée devant les forces supé- 
rieures du général anglais sir ilenri 
Clinton qu'il enipécUa de secourir 
Burgoyne , amena la capilulatîou de 
ce général. Elu parle clioix libre des 
habilans gouverneur de l'état de New- 
Yorck, il remplit cette place de 1777 
à 1810, favorisa les progrès de la po- 
pulation , le développement des arts 
et du commerce ; en i8i4, élu vice- 
président des Etats-Unis et président 
dn Sénat , il acquit de nouveaux titres 
à la recnnnaissancede ses concitoyens 
par la suppression de la banque géné- 
rale des États-Unis, dont presque tou- 
tes les actions étaient entre les mains 
des négociaos, qui par ce moyen te- 
naient le gouvernement Américain 
dans leur dépendance. 

CLISSON (Olivier de) , connétable 
de France en i38o, sous le régne de 
Charles VI , né en Bretagne. Il se dis- 
tingua dans plusieurs batailles , et (ut 
dépouillé de ses cbarges , condamné 
au bannissement et à une amende de 
cent mi Ile marcs d'argent par les ducs 
de Bourgogne et de Berry , régens du 
royaume pendant la frénésie de Char- 
les VI. Il se relira en Bretagne dans 
son cbâteau de Jossc lin , où il mourut 
le a4 avril 1407 , aimé des gens de 
guerre auxquel.s il permettait tout , et 
haï des grands qu'il traitait avec hau- 
teur. 

CLISTIIIÎNES, lilsd'Aristonymus, 
tyran de Sycione, succéda à Myrou 
son grand-père. Il rendit de très- 
grands services aux ampbictyons dans 
la guerre sacrée contre Cirrba, eu 
bloquant avec ses vaisseaux le port de 
cette ville. Il remporta le prix de la 
course des cbars. C/J3(/it:nes,tilsde I^lé- 
gaclèsetd'Âgariste, tille du précédent, 
était l'un des principaux citoyens d'A- 
thènes , et fut le grand-père de Péri- 
rlès. Il contribua beaucoup à l'expul- 
sion des Pisistratides , et lut archonte 



éponyme l'année même de leur fuite. 
Il lit un nouveau partage du peuple , 
qu'il divisa en dix tribus, et fut l'au- 
teur de la loi connue sous le nom d'o*- 
fnirisme, par laquelle on condamnait 
un citoyen au bannissement, de peur 
qu'il ne devint le tyran de sa patrie. 
Il Gt exiler par ce moyeu Tsagoras, son 
antagoniste, qui était à la tête du parti 
démocratique. On ignore l'éjOquede 
sa mort. 

CLITARQUE , filsde Dinon l'histo- 
rien , suivit Alexandre dans ses expé- 
ditions , et en écrivit à sou retour une 
histoire qui ne nous est pas parvenue; 
on croit que Diodore de Sicile et 
Quinte-Curcc en ont fait beaucoup 
d'usage. 

CLITOM venus, Tbébain , fiU 
d'Hermocrates, fut un athlète desplus 
célèbres. 11 fut plusieurs fois vain- 
queur aux jeux olympiques, et rem- 
porta le prix de la lulte , celui du ju- 
gilat et celui du pancrace. Il prenait 
les plus grandes précautions pour n\é- 
nager ses lorces , et vivait vers l'an îot' 
avant i.-C 

CLITOMACHUS, Carthaginois, 
fils de Mabarbal. Il quitta sa patrie à 
l'âge de viugt-buit ans, etallas'établii 
à Athènes. Il devint chef do l'école 
académicienne, l'an i3o avant J.-C, 
après la morlde Carnéade. lient de 
fréquentes disputes avec les stoïciens, 
surtout au sujet de la divinité , ce qui 
le lit traiterd'atbée. Aucun de ses ou- 
vrages n'est venu jusqu'à nous. Revenu 
d'une léthargie, il se donna la mort 
vers l'au 100 avant J.-C. Cicéron cite 
souvent ses ouvrages, et fait l'éloge de 
son esprit subtil. 

CI.ITUS , surnommé le Noir, pour 
le distinguer des autres Alacèdoniens 
de ce nom , était tils de Dropidcs et de 
Lanice , nourrice d'Alexandre-le- 
Grand. Il suivit ce prince en Asie , et 
lui sauva la vie au pas-sage du Grani- 
que. Il combattit à Arbelles et autres 
lieux. Dans un repas à Bactres , l'an 
328 avant J.-C. , Clituss'élant permis 
de faire à Alexandre quelques remon- 
trances et des railleries un peu vives , 
ce prince ne se possédant plus saisit la 
sarisse d'un de se» gardes et perça C\\- 
tus, qui mourut sur-le-champ. Alexan- 
dre au désespoir voulut se tuer lui- 



CLO 

m. nie , ou l'en empêcha. Il csl i|iies 
tion de trois «ulte» C/iluj dans l'his 
loire d'AIcMndic, parmi lesfiuelsdcux 
couiirtanlaK'Dtuu corps d'infanlirie 
et UM de civalcri* ; le troisième était 
lil«deltardjllis,roid'Illyriè, et se ré- 
. .1.. , — i,p Aleiaiidre. 

-V ou CIILODIO , siir- 
I /iti'tiu, p.irce qu'il poilail 

^.11 cbeielurc, «foil être cou- 

5id«re comme le troisième roi de 
France, en admcltant pour le pre- 
mier Tliéodrmir, dont Grégoire de 
'J'ouïs dil même qu'il était le iils , car 
IMiaiauiond ne fut que son luieur. Il 
nionla sur le trôoe en i3o. (Miel'.des 
Saliciis , principale tribu des Franés , 
il lit une invasion dans les Gaules, 
s'empara de Tournai , de Cambrai , 
et, pénétrant jusqu'à Amiens , il Cl 
sa capitale de celte dernière ville. 
Cludioii mourut en Uij, laissant deux 
lil», ausquels il donna Mérovée pour 
tuteur. M. Ueirieu a failune Irapidie 
de Clodion; elle n esl pas encore rc 
présentée. 

CLODIUS ( PraLirs ), fil.« d'Appius 
l'iaudius , personnage consulaire , 
était de l'illuslre ^lai^on Claudia. Il 
fui le seul qui dcnientil le caractéi-e 
noble de celte famille; il déshonora 
même son nom par ses dissolutions , 
îics menées factieuses et sa basse po- 

iiutarilé. 11 lit condamner Cicéruii à 
'eiil, ordonna coiunie tribun du 
peuple « la confiscation de ses biens , 
et lit piller et détruire lonles se.* pro- 
priétés. Clodius fut tué par Milon , 
J'an de Borne 701. 

CLODIUS MACER ( Lccirs ), élait 
propréleur d'Afrique, lorsque lei 
Komaios , fatigués des crintcs de Nt- 
ron , faTorisèrent les reTOlles qui écla- 
laient de toutes parts veis la fin de 
son règne. 11 tenta de parvenir à l'em. 
pire , et fut assassiné par l'ordre de 
Galba. 

CLODOMIR, le second des quatre 
fils de Cloris, et le premier né de 
son mariage avec Clotilde. Il s'unit à 
ses frères pour faire la guerre à Sigis- 
iDond , roi de Bourgogne , qui fut fait 
prisonnier et assassiné ainsi que sa 
femme et ses enfans. Clodomir avait 
eu en partage le royaume d'Orléans, 
il péril à l'âge de trente ans, dans une] 



a5 CLO 

nouvelle bataille qu'il litra aux Bour* 
guignon*. 

CLOTAlUbl, Il tl III, rois de 
France. Le premier , quatrième fil» 
de Cloiis , naquit en i^y , et cora- 
menra à régner en 6 11. Courageux, 
libéral , politique baliile , mais cruel, 
il surpassa lotis les princes de sou 
lenips par ses débauclies. Il mourut 
à Compiegne , dan.-* la soixante-uniè- 
me année de son âge, et la quarau- 
tiènie de son règne. Son Ois sVlant 
révollé couli'e lui, il le lil biûlrravee 
loule sa famille , dans une rbaumière 
où il s'était retire. C(otflir« J/ . liWi e» 
successeur de (^bilpéric 1'' el de Fré- 
dégonde , succéda a sou père en &8j, 
n étant âgé que de quatre moi« . sens 
la régence de sa niere. Il dompta les 
Saxons , lua de sa 'main leur duc Iter- 
toalde , et ne s occupa plus qu'à assu- 
rer la paix de l'elal , en y faisant ré- 
gner l'abondance et la justice , ce qui 
lit oublier en partie ses cruautés. Il 
avait lait égorger les qualre enfans de 
Tbéodoric, sou cou.;iii. 11 mourut eu 
6sS, laissant deux Iils, Dagoberl el 
Aribert. Clolaire III , l'aine des fils 
de Clovis II , commença à légner en 
6S5. Batilde, sa mère, gouverna pen- 
dant sa minurilé avec beaucoup de 
sagesse; s'etanl retirée dans un monas- 
tère , par suile des inlrigurs d'E- 
broin , maire du palais, ClotaiiK 
mourut peu d'années après, âgé de 
dix-huit ans. Il v a un Clotairt IV , 
qui fil le pcrsouaagedu roi d'Austra- 
sie pcndaut trois ans, parla politique 
de Charles Martel, maire du palais; 
et ne régna que de nom. On ignore 
même de qui il élait fils; il mourut 
en 730. 

CLOTILPE , reine de France , 
femme de Clovis f , élait tille de 
Gondebaud , roi des Bourguignons.Ce 
fut elle qui décida son époux à em- 
brasser la religion cbrélienne , et elle 
acquit sur lui un grand ascendant 
par ses vertus, par l'étendue de son 
esprit et par sa rare beauté. Après la 
mort de Clovis elle se fixa à "Tour» , 
où elle mourut l'an 643. Une fille de 
Clovis, portant le nom de CloliWe , 
fut mariée à Almaric , roi des Visi- 
golhs , et mourut en 63 1. 

CLOVIS I, II, et m, rois d* 
18 



coc 



206 



coc 



France. Le premier , né l'an 465 , 
succéda l'an 481 à son père Cbildéric. 
Il est regardé connue le véritable 
fondateur de la monarcbie IVaneaise. 
Occuiié de bonne bcure du soin d'é- 
tendre ses conquèlcs, H alïVimit sa 
puissance cl détruisit celle tb s Ku 
mains dans les Gaules. Il subjugua 
aussi les Visigoths , et tua li-ur roi 
Alaiie de sa propre main. Sur le 
point d'être vaincu par les Germains, 
il lit vreu d'adorer le Dieu de son 
épouse Clolilde. qui était chrétienne, 
s'il remportait la victoire; le sort des 
armes cbange , et les ennemis défaits 
sonl mis en fuite. Clovis sollicité par 
Clotilde se fit baptiser la même année 
àBeims, le aS décembre 4961 avec 
trois mille hommes de son armée. Il 
fut ainsi le premier roi chrétien , et 
transféra le siège de son royaume à 
Paris, <ini en devint la capitale. Il y 
mourut le a-j décembre 611. Il était 
très-Taillant, grand politique, mais 
fort cruel. Il commit des barbaries 
inouies contr-^ tous les princes ses pa- 
rens , et s'empara de leiirs étals. Clo- 
vis 11 , second lils de Dagoberl, régna 
après lui en C53. Il épousa Batilde , 
jeune Anglaise, enlevée par des pira 
te» et vendue comme esclave à son 
maire du [talais. Il était charitable et 
bienfaisant , d'une santé faible , 
mourut en 655, âgé de vingt-deux ou 
vingt-trois ans , laissant trois fils mi- 
neurs, devis 111 , lils deThierri I, 
roi de France, succéda à son père en 
691 n'ayant que neuf ans. 11 régna 
sou» la lulelle de Pépin - le - Gros, 
maire du Palais, ci mourut en 695 à 
l'âge de quatorze ans , à Choisy-sur 
l'Aisne , où il fut enterré. 

COCCEIUS AUCTUS, arcliilcete 
romain sous l'empire d'Auguste, fut 
chargé de travaux imporlans dans les 
environs de Naplrs , entre autres de 
plusieurs chemins souterrains dont il 
existe encore des restes. On i>rnil que 
la fameuse grotte de Pausilippe était 
au nombre de sen ouvrages. Son père 
et lui étaient alTranchis. Strabun en 
parle avec détail. 

«•-(X'.ClilOSNEllVV, jurisconsulte 
célèbre et fort instruit , suivant 1 
cite , dans le droit divin et humain , 
TÏvait dans le premier siècle de noire 



Il parvint au consulat et fui 
petit nombre des consejllrrs que , 
bère conduisit avec lui à Caprée. 1 
séjour lui déplut au point que . mal- 

sollicitations de Tibère , il se 1 
laissa modtir de laim, l'an a4 de l'ir!- 
igaire. Son eiss'putin! la répulah. 
son père; on croit qu'il fut m: 
de l'empereur Nerva. 

COCCEIUS NKRVA , cmj.e. 
romain, succédai Uomiticn 1' 1 1 
nt J.-C. , et mourut l'an 9S , ;i > 
le-douze ans. On le place an • 
des meilleurs empereurs; il s'orc 
constamment du boulieur de sc- 
jets , et prouva sa sagesse en cb< !^ 
salit Trajan pour son successeur, i ' 
sut pas réprimer la tyrannie des ; 
veineurs «le pro\inces, et en cri 
douceur eut de inalheureu'x ellVi- 

COCIIIX ( lUsm ) , avocat cel. ! 
du parlement de Paris, naquit •, 
celle ville en -.687 et y mourui !i- 
féTrier-1747. Ses œuvres ont i ti 1. 
cueillies eu 6 Tolumesin 4 . 176) ^ 
éloquence est noble simple, pli 
de nerf et de précision. 11 )oig;i 
une étude profonde de la )uri-|':. 
dence, celle des orateurs et des plti'i 
tosoplies anciens et niodfrnes. Une [ 
modestie extrême rehaussait l'éclat 
de ses vertus et de ses talens. Il est 
digne de servir de modèle à ceux qui 
courent la même carrière ({ue lui. 

COCllIN. Il y a eu plusiems gra 
ïeurs de ce nom : Cltartes-Xicolas , néi 
à Paris en iGSS . mort en 176J. On| 
trouve dans ses ouvrages, qui sont eiij 
très-grand noiubre , cette harmonie,! 
tie exactitude, qui constittient l'ex-' 
cellence de cet art. Charles < yicolas' 
son lils. , né à Paris en 1715 , mort le 
9 avril 1790. Il donna la plus grande 
perfection à la gravure à l'eau forte. 
La correction et l'élégance du dessin, 
la facilité et la noblesse de la compo- 
sition, une force d'expression et une 
intelligence particulière pour bien ex- 
primer les allégories . caractérisent' 
toutes ses productions. Il a publié un; 
voyage d'Italie , trois volumes in-8 , 
et plusieurs autre» ouvrage» sur «on| 
art. Précédeuimenl il avait rxisii 
plusieurs graveurs du nom <li 
chin sons Louis XI 11 cl Louis N 
entre autres Kicolni Cuc/im , n,i 



CΠ207 

Troye» »n Champagoe , qu'on croil 
rlèiic dr {'Mat . rt qui a graté daoi 
le goût de »oii rnaitrc : <•( KvctCofhih. 
m»rl Ti Veirise en 1695, qui ;i eiiculé 
une piJiide partie de» pUnchef de la 
collection du prand Jieaulieu. Les au- 
iievde'cendairnl d» celle anciciiue 
raniillr. 

corn IN ( Ju;<)i ts-JUsis ) , fonda- 
teur de l'boï'ijicc qui porte ^on uoni û 
Paris, ne dans cellp'tille le 1 jinrier 
l7i'î,ni(trt le 3 juin 1785. tiiirt-d»- 
>:iini Jarques-Hu'lljut-Pas. il un le 
père dis iiJU«rM. Oo a de lui des 
prunes qu'il atait recommandé p 
»oii icsi.inirnt <le n^^ac pub'ier. Le 
produit eu a élé cons.icré ir 1 hospice 
• (u'il iiiait fondé en 17S0, fis à-ùi 
r()b>er>aloiie. 

ttJCHIÎANE ( tord AlCTasi.«b ) , 
célèbre marin anglais, 1 liev^lier dt 
l'ordre du Kain . uc le j4 dcc mlm 
17-5, sertit d'abord aux Indes Oriin 
lale« , puis sur les côtes de Iliscajr 
si;:nal.i-sn cnirière uiiliiaire par de 
brillaus faits d'armes et des prises im- 
portantes , et nioniut à Paris en jan* 
<ier iSJi. 11 a«;iit été membre du 
paileusent H»j était fait p«a remar- 
quer. 

COr.l.f'.S (PcïLics IIoniTirs) , ne- 
teu du consul lloralius Puliillus, 
connu par un irnit de couTa;;e que 
Tite-Lite aToue i>lre plus célèbre que 
digue de foi. Voyez le récit qu'en fait 
cet historien. Les autres écrivainssoul 
peu d'accord entre eux sur iinraliu 
i'.ocîès. qui a fmnn à M. Ainaull I 
sujet d'ui: ^rand opéra, représeitté 
et imprimé en 179 4. 

CODKCS . poète lalio, contempo- 
rain et ami de Virpile, qui en l'ait 
l'éloge 'dans sa septième églogue. Il 
ne nous reste rien de lui. Cn autre 
poète latin du même noru virait sous 
Domitien ; il en est question dans Ju- 
ïénal. 

COEFFETEAt) ( N'icoi.»» ) , né en 
1^74, mort à Paris le 31 itirii i6s5 
Henri IV lui donna le litre de soi 
prédicateur. L'ourr.isc qui lui avait fait 
I • plus de réputation est sa iraductioc 
i Histoire de Ftorus ; Vangelas la ci 

>innne un inudèle. 
fCNL'S, nis de l'olémorrates , 

un des principaux officiers d'Aleian 



COG 

dre.|e.Grand, commandai! un des 
rfis qui fui tuaient la phalange. Il se 
irnuia aux batailles d'Issus et d'Ar- 
belles, et fut aussi de l'eipédilion de 
l'Inde : il y mourut. 

C.W.L r.'( J .«oir» ) , (ils d'un orfèvre 
de Buurpes ; il se livra au coinmerc.-. 
dans lequel il acquit nue cr.uule 01 - 
tune. Charles VU lui coniia l'aJoii- 
nistration des tinann.-» du royaume, 
avec I» titre iifirgenlier. Lorsqu'on 
l4^S ce roi entreprit la réduction de 
la >iorniaiidie , J. Cffur lui préla 
atjo.ooo ecus d'or, et entretint quatre 
armées à ses Irais. Se» ennemis I ac- 
cusèrent de trahison pour >'enipai-er 
de ses dépouilles , et le tirent con- 
d.imupr à une amende considérable , 
à la conliscatioii de ses biens et au 
bannissement perpétuel, f! se rendit 
ar^ome, et mourut à Chio en i4<>l. 
Jacques Cœur est un d<-s hommes les 
plus remarquables de son siècle ; per- 
soime n'entendit mieux que lui lu 
mmerce maritime ; il dirigeait lui- 
ême Us opérations de celui qu'il 
isail avec le Ijutaot et les eûtes d'A- 
frique ; il rendit d'importaus services 
à l'état dans sa ch.irge d'argentier, et 
1 en fut paye par l'ingratitude de 
Charle.s VII, et les délations intéres- 
PS des f.ourtisans. 

COFFIN (CuiiLCs) , ne en 1676, 
moil le 50 juin 17^9 , recteur de l'u- 
niverailé de Paris; MD reciorat fut il- 
lustré par l'établissement de l'instruc- 
tion gratuite , dont le cardinal de Ki- 
clielicu avait aulrefo'is formé le pro- 
jet. CotTui eut la plus grande part au 
succès de celle négociation délicate, 
et le célébra par un mandement digne 
du bienfait et de la recouuaissance. Il 
a composé des harangues latines et 
de» poésies. Parmi ces dernières ou 
remarque une ode sur le i-in de Cliam- 
pugnt , qui lui valut de la parfde la 
ville de ftheims un présent anuuel de 
ses meilleurs vins. Il est principale 
ment connu par les /lymnci qu'il com- 
posa pour le quatrième bréviaire de 
Paris. Ses œuvres ont été rectn-illtes 
en j volumes in-11 , Paris , 1755. 

COGEK (FuiXçoisVjlMur). pro- 
fesseur d'éloquence an collège Maza- 
rin et recteur de l'université de Paris; 
né en celle ville cn I7»j , il y mourut 



COi 



208 



COL 



]« iS mai 17S0. On a de lui an exa- 
men critique du Bélisaire de Mar 
niootel « et plusieurs pièces de Tf-r= 
latins d'uo sirle pur et correct , mais 
faible de poésie. Sa réputation ne :« 
serait jamais étendue au delà du petit 
nombre de per»onneâ qui aiment la 
poésie latine , :<ans les plaisanterie» et 
les Srircasnies dirigés coalre lui p:ir 
Voltaire, qui l'appelait Cojtptcu». Ses 
qualités élaleul liien supérieures à ses 
talens. 

COUORMMesso, baron de), né 
dans la Frise en itJ4i , mort le 17 
niars 1704. On a de ce rék-bre ingé- 
nirur un traité sur une nouTelle m;i- 
nière d«*forliiier les places. Il a merile 
le surnom de Paubun Iwllandnii. Se- 
xualités morales épalaic.il ses talens. 
Son second lils rivalisa sou père pour 
les coiniaissances , mais il quitta le 
service de bonne heure. La marine 
française a eu un «iffirier du même 
nom qui s'est distingué en plusieurs 
occasions, (ielte famille des Cohorn 
remonte à l'an lots. 

COIO.VY f F.ANçjisDE FRANQCE 
TOT, duc de ) , inarécbal de Fr.mce, 
né le 16 m.irs 1670, mort le 18 dé. 
cembrc 1759. ]| fut vainqueur à 
Parme et à Guastalla en 1734. Il avait 
eu pour .secrétaire dans ses earopapnes 
l'auteur de l'^rl d'aimer (Gentil Ber- 
nard ). 

COKîXY (la marquise de} . fille 
du marquis de Conflans, est morte du 
choléra en septembre i333, à l'âge de 
7Ô ans. La perte de cette dame laissa 
un ^rand vide dans la haute société. 
dont elle faisait le charme et l'orne- 
ment par son esprit et par son ama- 
bilité. 

COISLIN ( PituoE DB CAMBODST 
àe), cardinal, né a Pari» eu iC36 , 
mort le 5 ftrrier 1706. Pénélré lits 
Trais principes de la religion , il s'op- 
posa constamment , étant éréque 
d'Orléans, aux violence» eiercées 
contre le^ protesians pour les furcer 
à l'abiuration. Il mourut regrette de 
tous les gens de bien, et son oraison 
funèbre fut prononcée dans tontes les 
(■glises d'Orlean». Le duc de Coislin , 
«on neveu, érèque et prince de Meli, 
publia lin rituel rempli d'instructions 
utiles, ri léïua à l'ahhave de Sainl- 



Germain-dcs-Prés la célèbre hil::~ 
ilièquedu chancelier Séguier.doni il 
avait hérité. .NeàPaiisIe iS septem- 
bre i'îÛ4, il mourut en 173s. 

COLALTO, acteur de la troupe 
italienne , composa beaucoup de piè- 
ces pour son théâtre . entre autres les 
Trois jumeaux rénitiens , en 4 actes. 
Le succès qu'eut celle dernière pièce 
rengagea à la dialoguer en frauçais , 
et à la faire imprimer dans celle l.m- 
gne, in-S, 1777. Cette com-'iie estsn- 
perieuremenl intriguée, pleine de si- 
tuations originales et de vrai comi- 
que. Colallnest mort leSpiillet 177S, 
âgé de ^oiI^nle-cinq ans. UM. Dumo- 
lard et Moreau ont donné sui cet ac - 
leur-auteur un j<ili vaudeville an 
théâtre des Variétés. 

CULARDEAL' ( Cdirles PjCTiïii ), 
né à Janville près d'Orléans en 17 jj , 
mort à Paris le 7 avril 1776. Sa ira ( 
dnction en vers d'une épîtred'néloi!.e 
à Abailard , eut un succè; liès-bril- 
I:ini , et le méritait. L'orignal est de 
Pope. Colardeau fut moins heureux 
en voulant im'ier le Ta.«se , dans une 
épitre d'Arraide à Renaud , et dans 
laquelle eepcndant il y a des beautés. 
Ses tragédies d'JstarOé etde Colirlt. 
remarquables,<eulement par le talent 
des vers , n'en anncriçaieni aucun 
pourTarldramatique. Coîardeau con- 
servera toujours la réputation sinon 
d'un grand poète , ce qui suppose- 
rait le don de l'invention , du mains 
d'i:n excellent versificateur. S.i ma- 
nière est très-brillante , mais sans os- 
tentation et sans recherche; sou colo- 
ris a beaucoup d« fraîcheur; en un 
mol , il a su réunir à un très-haut de - 
gré l'élégance et l'harmonie. Ses œu- 
vres ont été recueillies en i vol. in-8 ; 
on en a publie un choix en 1 vol. 
iu-l8. 

COLBERT !JEi!i-BjnisTB), mini»< 
tre et secrétaire d'état , cunlrùleur 
général des finances sous Louis XIV ; 
né à Reims le sg août if>i9, mort le 
6 septembre i6S3. .Après la disgrâce 
de Fouquel, il fut chargé de l'admi- 
nislration des fiuances, qu'il rétablit, 
cl ne cessa de Iraviiller à la ;:loire du 
roi ctâla grandeur de l'état. En 166^ 
il eut la surintendance des bâtim'e»«. 
On fit éclorc sous ton adminisirntiau 



COL 



i09 



COL 



. licfsdViurc de peiiilutc , de 
l'iuifi . d'arcliiteciuie : la Tanade 
l.ou»ri!, la galerie de la coloii- 
M , tVcuric de Vcrsailli» , l'obser- 
ue de r.iri», etc. On lui doit lé- 
i-semcni des académie» des iiis- 
. ii|riion5, des science» et d'arcliilrc- 
ture. Non conteni d'a»oir rétabli les 
finances et encourage tous les arts , 
il porta ses iiun sur la justice , sur 
ia jiclice . sur le commerce, sur b 
marine. Les compagnies de» tndes 
l'uruiM formées pour la prospérité du 
commerce , le canal du Languedoc 
fut «nireprSs pour la commun icaliua 
de» deuj mer», un grand aom))ra de 
vaisseaux ei de galères furent cons- 
truit» en peu de temps, des arsénaui 
liâlis dans plusieurs porls ; les draps 
iîtis , les étoiles de soie » les glaces de 
miroir, l'ici' r, le fer blanc , la belle 
faîeiKe , le cuir maroijuiné , que l'on 
lirait d« l'étranger, furent fabriqué» 
dans le royaume ; cliaque année de 
son ministère fut marquée par l'éli- 
blissemrnt de quelques noinclles ma- 
nufactures. La famille Collierl a pro- 
duit plusieurs personnages distingués, 
Diais leur to\nen>r est éclipsé par 
celui du grand Colbert. La seule la- 
cbo à «a gloire est sa persécution 
contre le malbcurcux Fouquet. 

COLIGNI (Ga.spabd de), amiral de 
France, né à Châtillonsur-Loire , le 
l6 fétrier 1517. Après la mort de 
Henri II , il se mit à la tête des calvi- 
nistes contre Ici Guises, et foriua un 
parti puissant qui lit Ireiabter la cour; 
la paix «e rétablit en 1571, après plu 
itieuis batailles sanglantes. Coligni 
parnt à la cour et fut comblé de ca- 
resses comme tous ceux de son parti, 
mais ce n'était que pour mieux le 
tromper. Dans la nuit du lô .iu si 
août 157a ,il fut la piemière victime 
de T'iorrilile massacre de !a Saint- 
Bartbélemi : on sait par coeur le récit 
qu'en fait Voltaire dans la Henriadc. 
Coligni fut uu des plus grands capi- 
taines de son temps, propre à former 
les plus grauds projets . et sage dans 
les détails de l'exécution ; mallieureui 
à la guerre , mais sachant rép;irer par 
son liabilelè les plus grands désastres. 
et plus dangereux après une défaite 
que set enneraia après une victoire. 



Cette famille a produit plusieurs au- 
personnages recommandables 
par leur l'ravnure. 

(;OLI,\TI\L"S(T<iiniiHit») , Ho- 
ain plus l'amiui par la situation pé- 
nible où le sort le plaça , que recom- 
mandable par ses qualités personnel- 
Èpoui do Lucrèce et neveu do 

I urquin-lc-Superbc , il se joignit à 
Brutus pour chasser les^'arquins de 
Kome. Il fui fait consul avec lui, l'an 
5oo avant J.-f^ ; mais voyaitl que le 
peuple aMit conçu nnc liatne vio- 
lente contre toute sa famille , il abdi- 
qua sa cil irge , et s'esila à Lavinium, 

'S richesses qu'il n'aurait pas 
dûrcce\oir du peuple et de Brutus, 
pii avait contribue à le faire déposer. 

II mourut dans une eilrëme vieil- 
lesse. 

COLLÙ ( CuA«Lrs ) , né à Paris en 
1709 , mon dans celte ville le 3 no- 
eiubre 17S3. Il fut l'un des conser. 
aleurft de cette gaîlé franche et pi- 
quante qui était autrefois le caractère 
dislinclif de notre nation. Ses vaude- 
villes ont plus de recherche, de finesse 
et d'énergie que ceux de Panard , et 
anuonçaient davantage l'homme qui 
atait vécu dans un monde choisi. 
Il lui long. temps secrétaire ordinaire 
cl lecleur du duc d Orléans. Il y a 
d'ex'-elleo^es scènes comiques dans 
son Théâtre de société en deux \ol. 
in- 8. Sa comédie de Dupuis et Des- 
rojiais est véritablement une pièce 
dan» !• genre de celles de Térenoe. 
Les Sfnlimens sont vrais , les carac- 
tères lieureusement traeês , le dialo- 
gue naturel et tel qu'il doit être ; 
mais la pièce de (.'ollé qui s'est sou- 
tenue au théâtre avec le plus d'éclat 
c'est la partie de chaste d'Henri IF , 
espèce de comédie nationale , dont 
nous n'avions pas encore d'exemple. 
On y trouve toute la gaité de l'auteur 
réunie à la sensibilité la plus tou- 
chante; c'est un monument popu- 
laire érigé à la mémoire du meilleur 
roi qu'ait eu la France. Collé fut 
l'un des fondateurs de la société ap- 
pelée le Caveau , qu'on a renouvelée 
de nos jours, et dont l'auteur de ce 
dictionnaire fut coiïvivc et secrétaire. 
COLLETET (GnixACKE), l'un de» 
pretnieri membres d* l'acadeio'fk 
18. 



COL 2 

française . ne Ir is mars \i0 , mort 
le 11 féTrier 1659. Il travailla pour 
le tliéâlre , sur l'inTiialion du car- 
dinal de Ricbelieu , son prolerleur. 
Il composa un grand nombre d'ou- 
Trage» , enlr'aulres un J^rt poéti- 
que. Il était fécond et Ubarieux ; il 
ne manquait ui de naturel ni dé fa- 
cilité; quelques-unes de ses éplgram- 
mes sont pmnes d'agrêmenl. Son fils 
fil comme lui des vers et de la prose , 
mais il n'est guère connu que par la 
place que Boileau lui a donnée dans 
ses salir"». Le jugement sé>ère, mais 
)ii:sle , du grand preiùl du Parnasse 
sur Franrvis a fait b eaucoup de tort à 
la répulatior: de Guillaume; la plupart 
des lecteurs ont tres-âoureni confondu 
le filsatec leiiÈre. 

COIXIN { ^IIexri i.t ! . ne lers 
1773 à Vienne eu Auiriche , mort le 
18 juillet iSii , a laissé l.'> réputation 
d'un des poêles ,Illemand^ les p)ui 
distingués du dix-neuTÏèmc siècle. 
Ses tragédies l'onl placé dans l'opi- 
nioDdeses r-ompalriotes immediair- 
meut au-dessous de Schiller , qu'ils 
regardent comme leur preniitT poèl^ 
Iragiquc. C'est lui qui, daus la ^uerrf 
de 1S09 , composa les chaou die 
guerre contre les Français ; ils respi- 
rentle patriotisme le plttse&alté: plu- 
sieurs sont admirables. Us s^tti'OUTent 
dans le recueil de ses poésies lyriques. 

COLLIX DUiRLEVILLÈ ( Jïi:s 
Fil!<çois I , né à Maintenon , prés de 
Obarires , leôo mai 1755 , mort à Pa- 
ris Iç si féirier 1806. Sa première 
comédie fut l'incoiutaat , •:! c'est 
sans contredit l'une de >es meillf^ures; 
facilité , naturel , grâces piquantes 
raiu aucune alTcclalion , c'rsl le si vie 
de la bonne comédie ; \'Optimistt et 
les Châteaux en Eiptigne , qu'ildonna 
rosuile, tirent dire qu'il aiail fait une 
comédie en quinze actes. Son Ibeâlre 
très-nombreut a été rénni en qn.ilrc 
lolumes in-S ; il rcTioldansfon rirur 
Cttikatairc aux principes de lùsniKi 
on y IrouTe un intérêt moral ipn «t 
iICTeloppr atec force elTérilé du sein 
de l'intrigue : les ciraclèreft en sont 
également brèo detsinel ei>ouleiiu>. 
Mole el Contai; furcoi iuimilables. 
£n général on peut reprocher anica- 
niédies de Collin de manquer de 



10 COL 

gaîle ■ ses personnages comiqi.es 
n'ont pas de physionomie; il crayonnt 
légèrement quelques ridicules, el l.i 
ligueur qu'il faudrai! employer pou t 
attaquer les vices semble épouvanur 
ses mœurs douces et facile». 11 n'eui 
pas d'autre enuemi que Fabre d'E- 
gtantine , son rival , qui oulrepas^<< 
loulesles bornes de l'honneur el des 
convenances dans sa préface de Piii- 
finie. Collin fut lié de l'amiiié la plu.~ 
étroite avec MM. Andrieux, Guill.in! 
el Picard. Il fui memb.^e de l'instiiul. 
classe de l'académie française , et le 
mérita bien sous tous les rapports. 

COLLIXS i Gcillacme], né pu 
17SO, fîl5 d'un chapelier, mort > u 
1756. On a de ce poète anglai.> des 
odes et des eglognes fort estimées. 
Ses œuvres ont été publiées en uti 
vol. bi-ii. 

COLLOT D'HERBOIS ( Jeax-Mi 
BŒ). Ce fameux député a la conven- 
tion . d'abord mauvais comédien et 
assez médiocre auteur dramatique, 
ftil en 1790 le mitrailleur de Lyon. 
Ce monstre mourut à Cayenue , eo 
déporlalion , le 8 janvier 1736. 

COLMAÎf ( Geome i , né en I7âô , 
mort aliéné le il août 1794- Cet m- 
teur anglais a-travaillé au Connaisicar, 
ouvrage périodique, el a fait plusieurs 
comédies estimées , parmi lesquelles 
il faut placer le Mariage clandestin , 
Pollj Honejcombei la femme jalouse , 
que Desforges a imilécn français. On 
lui doit une traduclidb de Térence et 
de \'Art poétique d Horace. Ses teu- 
vrcs dramatiques ont été recueilliet 
en quatre volumes in-S , et les autres 
en trois volumes. 

COLNET ( Cbikles Josepb ). hom- 
me de lettres el libraire à Paris , né 
en 1770, près de Vervins f Aisne) , 
débuta dans Ici lettres par quelques 
satires , et travailla successivement à 
diû'erensîouroaus , el mourut à Bel- 
leville près Paris , le premier juin 
i8â>. Ou a recueilli en 1 vol. in-S" 
( iSô.ï ) les aiïîeles piqiians qu'il .1 
fournis à la Gazette tleFrance , dont il 
a été long-temps l'un des rédacteurs. 
Son Art dt dîner en ville , petit 
poème plein d'erpril el de ver» heu 
reux , a eu plusieurs éditions. 

COLOMB ( CiursTOPBi ) , le pins 



COL 2 1 

ctltliii' dis iiarigMeurs , ne- <l.m.« [è.- 
Uldc Gciicsoii lUi . il'"" < ardeur 
lit liiiiic. Il «tudia-aïuc braucmip lie 
succès les nialhémaliques »l snrinut 
l:i cojiuopr/ipliie. l'ar im roisonm- 
iiiKiit lirédn la dlspoiiilion dtiuiuiulr, 
il jugeaqu'il drvail \ en a>nir (iii au- 
tre , el il ri^olut d<r l'aller dèc'iuviir. 
Il commun ii|uu SIS idics ^u fioufcr- 
nenicnl de Uiïiies , à la France , au 
Portugal ; inaisson projet n'ayant pas 
cl** accueilli , il s'adressa ù Ferdinand 
et à Isabelle, roi el reine d'Espagne, 
qui cuMsuiitireiil à lut fournir troit 
vaisseaux. Dans va premier voyage , 
eu la'js I il découvrit la première !le 
de l'Amérique; danr un second il dé- 
roUTril la Jamaïque. Accusé de tou- 
luir s'emparer pour lui -luèuie de ces 
découvertes , il l'ut en i5oo ranieiié 
en Espagne cliargé de fers. Son inno- 
cence fut reconnue. Il entreprit un 
nouveau voyage dans lequel il aper- 
çut le continent à dij dcgWs de l'e- 
quureur, et la côte où l'on n lijli Oar 
tliagcne. Il mourut à VaUadolid le lo 
■uai i6oC. C'est donc à lui qu'est dû 
l'honneur du nouveau conlintMit ; ce- 
pendant c'est Aniérvc Vespuce, bom* 
aie subalterne, qui, après y avoir été 
conduit par un des compagnons de 
Colomb , a donné son nom au Nou- 
veau-Monde; sic vos non vobis. Le frère 
de Colomb s'i^st fait une réputation 
par la construction de ses spbères et 
par ses cartes marines. Son (ils fut un 
savant ecclésiastique. 

COLOMBIEUKS (Fnixçois t.E BUI- 
QUKVILLE, baron de ) , un des plus 
braves capitaines du seizième siècle. 
Il seriit sous François I , Henri II , 
FrançoLsir, el Cbarles IX. Il porta 
an plus liaul degré la bravoure et la 
fermeté. Assiégé dans laville de Saint- 
Lû, en 1574, il fut tué d'un coup 
d'arquebuse dans l'œil ; i I avait sou- 
tenu une lutte de deu\ années. 

COLONNi ( Vicro.BE) , marquise 
de Pescairc , l'une des femmes les 
pins illustres de l'Italie, née en 1490, 
morte en i547. Ses poésies In luel- 
teuKau rang des plus beureu^ imita, 
leurs de Pétrarque : on lui donn.i le 
nom de rfi'eine dans plu^ieurs éditions 
de ses œuvres. Elle fut un modèle 
d'amour conjugal. 



COM 

COLOXNA ( Finio ) . savant Wa. 
nisle , né a Napli.s en liCy , i,i„r| 
daiis la même ville en iC5u. Il a pu- 
blié un grand nombre d'ouvrages sur 
la botanique , el c'est lui (|ui a ouvert 
larnnle pour la formaticm des gen- 
res. Il a fait adopter ie mol pitalt pour 
designer la partie brillanle de la lleui 
que l'on nuiiinuil feuitlvs , etitJiil 
par là toute êquÎToque. 

COLOTÈS ou COLOTMÈS. »culp. 
leur grec , était cuniempuraiii de 
l'bidias, qui le Ht tiaiaiUer avec lui 
à la fameuse statue de Jupiter olym- 
pien. Il avait déjà signalé son lalclil 
par d'autres outrages. Ilyeut nu 
peintre grec du même nom; il était 
de Tbéos cl lloris^ail dans la qiiaire- 
vingt-quin^icme olympiade. Il con- 
courut avec Timanibe pour le tableau 
du «acrilire d'iphigénie. 

COLPOYS ( SiPi Joiix ) , amiral du 
pavillon rouge , graiidcroi.v de l'or- 
lire (lu llain , commanilant en ehef 
les forces navales anglaises, un des 
plus distingués et des plus anciens 
olliciers de la marine anglaise , est 
mort dans leiourant de iSJa. 

COLDMELLE il.tcas Jusiis-Mo- 
RKlAirs) , le plus saraut agronome 
de l'antiquité, né a Cadix; ilvitait 
sous le règnu de Teinpereur Claude. 
C'esl vers l'an 42 de notre ère qu'il a 
composé ses ouvrages , entre autres 
de lie rttstlcâ et de Arf'orUius, Oulre 
l'utilité, ils se resseiilent de la lati- 
nité et du bon goiil du siècle d'An 
guste. Senéque cite Columalle, et 
Pline rn fjit lèloge. Il a souvenl été 
traduit en français. 

COLDTHCS, poète jrec. virait 
sous l'empereur Anasiase , vers la fin 
du cinquième siècle. Il avait f.iit 
plusieurs poèmes , entre autres /'£h- 
Icoement d'Hélène, retrouvé àOirante, 
et qui a été traduit en frauçaispar du 
Mulard. M. Harles l'appelle uu iuepte 
imitateur d'IIonière; l'édilion la plus 
complète de ce poème a été donnée 
par M. StanisLis Julien , Paris, 1S23, 
un volume in-3. 

COMJBaBL'S , jeune homme de la 
plus grande beauté , était l'un des fa- 
voris de Séleucus , premier roi de 
Syrie. 11 prouva d'une manière non 
équivoque à re prince qu'il n'a- 



COM a 

rail pa< allenté à Ibonneur de sa 
femme Siratonice. Il bàtil un temple 
sur les l.ords de l'Eupbrale , et il y 
finit ses jours. Sêlcurus lui fit ériger 
dans ce temple mùme une statue en 
l>ronze , qu'il avait bleu méritée par 
soh rare dcTouement. 

COMBtS DODNOUS ( JeisJac- 
gi'ES ) , ué 3 Moiil.iuban en 175S . 
Uiort le l4fe»ri.r l8jo ; a traduit 
avec talent un praud nombre d'au- 
teurs grecs anciens. 

COMÊMUS ( jEàx-AMOS ) , philo- 
logue du dii-sfpllème siècle , connu 
|»ar ses travaux pour perfectionner 
l'éducaliou elles méthodes d'instruc- 
tion ; Bohémien d'origine , naquit en 
l5g3 , et mourut à Amsterdam le 16 
novenîbre 1C71. Il a coînposé quatre- 
ïingl-Jouie ouvragfs écrits pour la 
plupart tn latin. Sa Janua linguarum 
au bout de tC nns se tiouvait impri- 
mée en douze langues, et lui fit une 
réputation colossale. 

COMESTOR (PiEBEE, surnommé), 
c'est -à-dire te monteur , non parce 
qu'il mangeait pins qu'un autre, mais 
parce qu'il avait lu et comme dévoré 
beaucoup de livres. Il est auteur du 
livre fameux intitulé : Scolasitca kis- 
toria , qui fut reçu avec enthousiasme 
'et regardé pend:nit trois siècles com- 
me un excellent corps de théologie 
pDiitive ; c'est un des premiers livres 
imprimés eu Hollande. IJomeslor 
mourut à Pari« en 1 17S suivant quel- 
que^ aulein-s , et selon d'autres le sj 
octobre iiS3. 

hOMINES ; PuiuppB «E ) , né en 
tas y mort à Argentou le 16 août 
lâo^. Il se distingua comme homme 
d'état et comme historien. Acculé d'a- 
voir vendu les secrets de la cour , il 
fut enfermé pendant deux ans sou 
Charles VIII; mais il futenlin absous 
et mis en liberté. Ses mcmoires pour 
l'histoire de Louis XI ot de (Charles 
VlII sont foriesljmét. 

COMMIliË (Jux) , jéauite , né en 
iGaS à Amboise, mort à Pari< le li 
décembre 170a, Il cultiva avec suc- 
cès la poésie latine. On a de lui des 
«dyles sacrées et profanes , de» fables 
et des odes. La meilleure édition d 
«es œuvre» est celle de Barbou, 1755, 
i vol. in- II, 



2 CON 

COMMODE (Lcciisou Mi»^. 
£Lits • ArKtiMs) , Antonio, cni| 
rcur romain, lils de Marc-Aurèle ■ 
arriére-p»tii-lils de Trajan par Fans- 
fine sa mère, naquit l'an 161 de l'ère 
chrétienne. Il succéda à son père Iju 
iSo; il eut les mêmes inclinations 
perverses de Néron; comme lui il 
fit périr les personnages les pins ré- 
Inbres de Rome, comme lui il se li- 
ux plus infâmes débauches. Sa 
manie était qu'on l'appelât Hercult , 
t de combattre dans l'amphiihéàlre 
comme un gladiateur. Marcia , s-i 

aîtn;sse favorite , qu'il voulait faire 
périr , lui présenta une coupe eui- 
poisonnée et le Cl étrangler par Nar- 
cisse, athlète favori du prince, vers 
la lin de l'an 19a. Ce monstre avait 
vécu trente-un ans et régné près de 
treize années. 

CONAN dit MènHDEc ou Cabidoi , 
prince d'Albanie , naquit dans la 
Grande - Bretagne , passa dans Ir^ 
Gaules avec le t\ran Maxime. Ilgcu- 
veriiait deptjis vingt-six ans, sous la 
dépendance des Komains . la partie 
dé l'Armoriquc connue depuis sous 
le nom de ïiretagne, lorsque vers l'an 
409 les Brelotis soulevés lui déférè- 
rent l'autorité souveraine. Il motirui 
versl'au iai. Conan est n gardé par 
les historiens comme la liste de tous 
les souverains qui régnèrent après 
lui en Bretagne. Il avait établi à 
Nantes le siège de son gouverne - 
ment. 

(iOXARUS, roi d'Ecosse, vivait 
du temps de l'empereur Anionin,. et 
succéila à .son père Mogald , contre 
lequel il fut accusé d'a\oir conspiré. 
II comballit les Bretons ei les Ro- 
mains. S'élant livré à tous les e^cès . 
il fut déposé par les états du royainn 
et mourut en prison eu i5o, a| i 
quatre ans do règne. 

C.ONDAMINE ( CuA«i.Es - Mil i> 
DB i.a), des académies française et des 
sciences , né à Paris en 1701, y 
mourut le 4 février 1774- Il qnitl.i 
l'état militaire pour s'adonner aii\ 
sciences; il entreprit difl'érens vov 1- 
ges , où il reoueillit plusieurs oh»' r 
valions qui en faïtorenl les progn - 
Il fut choisi en 1736 avec Godin . i 
Douguer pour aller au Pérou dét.'i. 



C0>' y 

11 ; .iirr àr l.i l'rri'; li at.iil 

Ml Kiiil >ur la Médili rrilj» 

1rs Je l'Afrique el de l'Asie. On 

> lui plotieuri reUlionsde loya 

. lorl iiiléreMantfS. Il contribua à 

' itidre l'usage de rioociilBlioii en 

•^e. La poeiie était auui un de 

Mim: on ade lui des TmdeM 

d'une louriiiire piquante; on 

^ ail ceux-ci , qu'il adrr«»» à sa 

%nim* le Undeuiaio it les nocrs : 
D'Aurore et de Tilon »ou.« lonnais- 

sei l'bisïoir» , 
Notre tivmrn en rappelle aujour 

d'hui la mrnioire. 
UaÎ!^ de moD «art Titon serait ja- 
loux ; 
Que M« lieni font diflërent des 

nôtre» ! 
L'AÙrore entre fti brasVtl TÎrillir 

son ^poux ; 
Et je rajeuoii daos les TÔlres. 

COXEt Celte famille a produit 
pTosieurs hoanDes criebres. Louis I de 
Bourbon, premier prince dvi nom de 
Ccni» , nv ie 7 mai iS3o, de Clarles 
de Bourbon , duc de Veodôme , se 
sipula a la bataille de SaiiitQuen- 
■ in et dans plusieurs auires alT.nies. 
Quelques mcconïenlemens qu'il é- 
prouta le jetèrent dans le pafli des 
léformcs: il prit les armes rontre son 
roi, fut blessé à la bûiaille de Dreux . 
«I tué à relie de Jamac , le i5 
mai* ]5C}. Il était doué des plus 
Ixlles qualités, spirituel, éloquent, 
affable enrera les soldais . fiénereus : 
la TÎolence de son caractère ocra- 
aiona seule ses fautes, que l'hs 
loire impartiale ne peut lui pardon- 
ner. Ou a publie api'ès sa mort ^es 
mémoires en 6 Toljmes io-i. Henri 
II de Bourbon , petit'61s du précé- 
dent, né le 1 seplenibre i55S. Henri 
IV, qui l'dimail beaucoup , ie Cl éle- 
Ter d^ns la reli^on r:.'.tiolique. En 
l6i6 il fut nt!s à la lia^lille pour des 
intrigues de cour. Apres la mort de 
I^uis XUI il reprit son crédit, fui 
niiuislre d'étal et sertit otilemeni sa 
patrie. Il mourut à Paris le ii dé- 
eeoilire. j6^6. Sa plus grande gloire , 
diA Voltaire , est d'aroir été le père 
du grand <:oudé. Louii II île Bour- 
tan, prince de Ctndt , ne a Paris le 



i5 CO?C 

s septembre ibii. La postérité lui a 
conlirmè le iiijin de ^an<^ , qui lui 
fut donné par ses contemporain.'. Il 
fat un des preniieis généraux d* 
l'Europe , et UD des plus grands 
hommes de son sièrle. A «i: gt-deux 
ans il gagna la bataille de Rocroy. 
L'année iuiianie il passa en Allema- 
gne , donna trois coiubals de suite en 
quatre jours, et fut tainqoeur cba. 
que fr.i» Le maréchal de Turenne , 
auquel il lais>a son armée , ajant 
éle battu à Mariendal, il «ola repren- 
dre le commandement , et joignit à 
l'bonoeur de commander Tureone 
celui de reparer sa défaite ; il rem- 
porta une licloire complète, mais il 
ternit sa gloire en ponant les armes 
contre son roi el sa patrie. Le car- 
dinal Maxarin , sur radminislralioa 
duquel il s*e*ait permis des railleries 
lrèa-Tixe« , l'afait fait enfermer à 
Tlncenocs. La cour crut lui faire ou- 
blier celte seiéritê en le nommant 
au gousernement de Guyenne ; il s'y 
retira, soait pour se préparer à la 
guerre et traiter arec l'Espagne. En 
iô5s» Id guerre civile s'établit . le 
prince de Condé se joignit aux me- 
rontcns el s'empara de Paris. Il prit 
d'autres places el soutint les affaires 
des Espagnol». Le maréchal de Tu- 
renue . qui lui rut opposé, le bat; il 
à la journée des Vuneg ^ et la paix des 
Pyrénées rendit ce prince a la France 
ea j^JO. 11 la senîl utilement dans 
la ronqnéle He la Franche-flomte . 
dans celle de la Hollande, el à la 
mort de Turenoe , il coulinua la 
guerre eu Allemagne aiec aranlage. 
Il mourut le il décembre i£è6 à 
Fontainebleau. Il fut le prote^lur 
de Racine , de Boileau et de Jro- 
lierr, et il les accueillit c^nslam- 
menl. L'amour de la gloire est le 
principal iraiî du caractère de Con- 
dé. Son histoire .t été écrite en 4 
lolumes par Désormeau», par Tur- 
piu , et eo iSo6 par Louis-Joseph de 
Bourboq, son quatrième descendant. 
Celui ci , grand-maiire de France, 
colonel-général de l'iofanlerie fran- 
çaise , n« en ijJS i Chaiiiilly. Gis 
unique du duc de Bourbon, lit ses 
première: armes en Allemagne dans 
ia guerre de sept ans, «ut part a la 



CON 



2l4 



CON 



tloirc di! la briiUnte victoirt lie Jo- 
iMiine.'-berg iij'îi) remporlte sur le 
prince bèir-dilairt; deBruoswick; ënji- 
grale 27 juillet 17S9 avec aa fdujilie , 
aÎDsi qu'arec UD grand Dombre de geo- 
lilshommes, qnj, plus tard, fjrmèreol 
«0U5 ses ordffs Tarmée diie de Condè. 
Uenirc CD France après la reslaura- 
lioD . le prÎDce accompagMa Louis 
XVIII à Gand , el niourul a Cbautill; 
le |3 mai 1S18. 

CONDILLAC (Étiexse B0\N0T 
tb), abbé, de racadémie française , 
né à Grenoble eo 171Ô: il mourut 
prés de Baugenci le 2 août 1730. Il 
l'ut parmi nous un des premiers dis- 
ciples de Locke, et son Eftai sur /'o* 
Ttgine de nos connaissanrr^ ^1 un ou- 
vrage que son maître n'eût pa< désa- 
Tuué; noais dans son Traité des sen- 
salicns il se place à rôle de lui. Par 
son Traité des systèmes^ Tun de ses 
plus utiles ouvrages, il démontre la 
tauilé des romans de physique , qui 
n'ont pour appui que le merveilleux 
'l'une imagination désordonnée. Son 
Traili des anii.wux est ce qu'on a 
écrit de plus raisonnable sur le mys- 
tère impénétrable de la nature des 
bêles. Il y combat tictorieusemeui 
l'opiaioM de Besrartes el celle de 
Buflbn à ce su'iel. Un des plus vastes 
el , des plus imporlans ouvrages de 
l'abbé de Condillac , c'est le Cour» de 
litliratUTe qu'il a fait pour l'inslruc 
lion du jeune prince de Parme, et 
qui ferait désirer que tous ceux qu 
sout nés pour commander aux hom- 
mes, n'eussent j.imjis que des insli- 
tuteurs de son mérite. Il renferme 
la grammaire, l'art de penser, l'art 
djibire et de raisonner ; enfîn an 
c^Rs complet d'histoire ancienne el 
moderne. Toutes les œuvres de 
profond métaphysicien ont élé réunirs 
en 1738, à Paris, el forment aô vol. 
in-8». 

CONDORCET (MiRiEjEAs-As- 
TOI»! CARITAT D»; , des académies 
rran<;aises «t des sciences, né à liibe- 
mon» en Picanlii- le 17 sepirmb 
1743, mort en i^ni. géomètre ri 
philosophe comuie d'AIembert , et 
son ami le plutinlimr. Il était vérila 
blemeni appelé aux sciences exactes , 
mais il a eu moins de réputation 



parmi lu.* gens de; lettres. Son s!\|. 
;strn t;énéral lourd etdilfus, sar% 
magiuaiionei s^us coloris. Piivai 
disait de lui qu'il écrivait aiec c.<. 
l'opium sur des feuilles de plomb. A 
ingt-un ans il publia un méuiuiru 
ur le calcul diirereuliel . écrivit en- 
suite eu faveur de la liberté des i.t - 
;res, publia divers écrits sur lesscirti- 
es exactes, les lies de Turgot et il 
V^oltjire, donl il fut Tun des plus Z'-- 
lés admirateurs. Proscrit el fugii! 
1 composa son ouvrage iniilulu : /.,- 
puisse d'un iobleau des progrès de /'< . 
prit humain ; arrêté el renfermé dj:.- 
un cachot au Bourg-la-ileine, il y I 
oublié pendant vingt quatre beur> - 
lorsqu'on viutlui apporter du pain < 
de l'eau, on le trouva sansaucun nii Li 
Tcment et glacé ; il parait que, pt-i- 
dant toute espérance . il péril par nu 
poison actif qu'il avait toujours ;ur 
lui. Celait dans la nuit du iS au 20 
mars 179A> Il eut pour amis les ecri - 
ains les plus distingués. D'Alembeit 
l'appelait un volc-in couvert de neige. 
Ses œuvres complètes , publiées t^n 
iSoi , forment si vol. in-S : ses ou- 
vrages de mathématiques n'y sout p.is 

mpris. 

CONFCCICS ou KOCNGTSÉE 
La Chine le place avec orgueil au pre- 
mier rang des grand s hommes qu'elle 
a produits; il y jduild'une venératir 11 
devenue presque religieuse. Il naquit 
dans la province de Cbau-tong l'an 
55 1 avapt notre ère. Son école fut si 
célèbre , qu'en peu de temps il eut 
plus de trois mille disciples. Toute sa 
doctrine avait pour but de dissiper ie^ 
ténèbres de l'esprit et de bannir les 
vices du cœur. Il enseignait d'aimer 
son prochain comme soi-mr-me , de 
se vaincre , de soumelire ses passions 
à la raison , et il ne recommandait 
rien aux autres qu'il netprali(|nât lui- 
même. Il mourut à .«oivante-ireirr 
ans, l'an 479 avant notre ère , neuf 
ans avant la naissance de Socrale. 

CONGOLITAX , gciural gaulois 
con.baltit et vainquit les Rnm.iîn- 
fcrs l'an »j5 avant J.C. , à Festile . 
oii ils perdirent cinquante mille Imm- 
me« : mais auprès de Telanion, fore, 
de tenir tèleà deux armées romain'-- 
il fui billu , fait prisonnier el cond<^ 



CON 



3l5 



CON 



■-n liiqni|ili« à Borne: il v mourut 
dan. ]-, fers. ' • 

CONGREVE ( rFrii.i.ArMr ) , celé- 
brii poèlr (lraiDaiir|ue .'■nglair , né 
irers ifiyj. morl fn 1720. /> vieux 
Garçon , te ¥ ottrhe. Amour pour amour, 
CEpouaée en deuil <^l te Train du monde. 
50nl led lilres dr !iesci>u]ûdie9 ; il ii'a- 
Tait que Tinfrl-rinqaii« lor!U|u'il aban- 
donna le Ihéùlre. $e« teuTre» drani 
liquea el autre* ont été recueilli» en 
3 10I. in-8. Se» pièces «nnl In^-inlr' 
pure» . «on dialogue e«t spirituel 
inai» recherrlic. Il manque d 'dilleurs 
de cette originalité d'obtirnation , de 
cette nditelé de ton , de celte TJfnieur 
de pinceau qui dislin^ue le cénie. 
O'esl i Ion qu'on l'a appelé te Molière 
dtt dn^taii. Notre Molière est peut- 
être leseitl homme de pénie 4)ui n'dil 
eu ni modèle cJiez les anciens , ni 
concurienl parmi les modernes. 

C0\0\ , fils dt Timodi.V . célè- 
bre f!«néral atliéuien , se lorma pen- 
dant la guerre du Pélopunèse. Il fut 
défait par I.ysandre . général de 
Sparte . dans nn combat naval : il se 
relira auprès du roi de Perse, à l'aide 
duquel il se fit en 'tat de rendre de 
Srand» serïiccs à sa patrie. Il rem- 
porta , Tcrs Guide . luie TÎctoire écla- 
tante sur les Lacédémoniens , qui 
perdirent l'empire de la mer. Il ren- 
tra dans sa patrie rouvert de ;;loire, fit 
rétablir le Pjrée elles murailles de la 
Tille. Il mourut dans l'île de Cbjpre , 
Ters l'an .ïgo arant 1.-i'.. Cornélius 
Népos a donné un abrégé de sa tie ; 
mais on t-ou»e beaucoup plus de dé- 
tails dans l'histoire grecque de Xéno- 
pbon , et dans Diodorc de Sicile. 

OONON de Sanios, astronome et 
géomètre célèbre, dont il ne nous 
reste aucun ouTrage. n'est connu que 
par les témeigoage» honorables qu'ont 
rendus de lui Archimède , Sénèque , 
Virgile, Calltmaque et plusieurs au- 
tres poètes : Il lirait trois cents aot 
eufiron avant J.-(J. 

COîfRAD, Gis de Guillaume III. 
marquis de Moniferral, dii Le ViEtx, 
connu dans VUistoire des croisades 
sous le nom de Afarijui» de Tjr , na- 
quit vers le milieu du douiième siècle. 
Après plusieurs exploits glorieux, il 
se fit donner la souTeraioeté de la 



Tille de Tyr qu'il avait Taillammeni 
défeolue ; Cl a>ant épousé Isabelle 
sœur de Sjbille , il tuuIuI se faire 
déclarer roi de Jérusalem. Sa préien- 
lion occasiona de grands debals dans 
l'année chrétienne, pu accommode- 
ment menait de rapprocher les deux 
partis , lorsque Conrad , ajant re fusé 
de rendre au Vieux dt la montagne 
un Taisseau quelesTyriensluiaTaieni 
enleTé . fut poignardé par deux as- 
^assins , le 19 arril 119a. 

CONRAPIN. lilsde Conrad IV. 
roi de Germanie, naquit en iiSi. 
1 1 n'avait que trois ans à la mort de 
son père , qui laissa la régence du 
royaume de Xaple» à Mainfroi . son 
opcle. Charles d'Anjou , auquel le 
pape avait donné l'investiture de ce 
royauuie , etsol pawé en Italie , après 
avoir vaincu Mainfroi , i|ui fui tué 
dans la bataille, fit prisonnier Con- 
radin , et lu^ fil trancher la tète par 
la main du bourreau , au milieu.d** 
la place de Naples , le iC octobre 
isôS. 

COXRART t ViLtirTi-.), né cm 
160; à Paris , morl le i5 septembre 
1675. Il fut pourainsi dire le père de 
l'académie française. C'était ehe» lui 
que se rassemblaient les gens de let- 
tres , lorsqu'en i631 l'abbé de Boisro- 
berl parla de cette réunion au cardi- 
nal de Richelieu, qjiât oOrir sa pro- 
tection à celle compagnie ; elle l'ac- 
cepta , el en janvier l655 , les lettres 
patentes de Louis XIII fixèrent l'exis ■ 
tence de racadémiefrançaise. Conrart 
nfut le secrétaire jusqu'à aa morl. 
Il a laissé fort peu d'ouvrages , ce qui 
fait qu'on ne peut trouver une hyper- 
bole dans les vers de Boileau sur le 
silence prudent ie Conrart. 

CONSALVI ( neBCTLE ) , cardinal 
et principal ministre de Pie VII , né 
à Borne en 1767 , après avoir occupi 
plusieurs places de judicature , entra 
comme secrétaira dans le conclave 
qui s'ouvrità Venise , «n 1799. Chra- 
amooti , dont il avait contribué i 
vaincre la répugnance, le nomma pro- 
secretalre d'état aussitôt après son 
exaltation , et cardinal en iSoo, 
ConsaUi commença dès lorsàgouvir- 
ner, avfc .lutant d'bat ileieque de mo- 
dér.'itioo, mil de l'ordre dans lesfinan- 



CON 



216 



CON 



ces, siinpIiUa le «ji-canisme dt i'aJmi- 
HÎstralioii, cl ei'coiirngea I induslric ei 
l'agricullurc. Malgré la prouipiilude 
aTec laquelle il ataitconclu le cuncor- 
dat, BonaparlP qui avaii cooseité des 
préTenlinns contre lui , demanda son 
reuToi. Mais ConsaUi n'eu cûnsena 
pas moins ton influence : f a IM^, 
l'bargè de défendre les inlérèls de 
Rome auprès des puissances alliées, il 
se rendit à Loudres où se trouvai! 
toute la diplomatie élrangère , réus- 
sit dans ses négociatious, et obtmt 
àTienne des sucrés non moins bril- 
lans. De retour à Rome . il s'efforça 
de réparer les maui causes pendant 
son absence par une mauvaise admi- 
uistralion; mais ses elVorts furent trop 
souTCOt paralysés par les partisans 
des Tieilles routines. A la mort de 
Pie VU en iSsS , ileut la douleur de 
Toir ses plans abandounes par Léon 
XII. Il parut néanmoins prendre sur 
l'esprit de ce pontife une influence 
qui le 61 nommer préfet de la propa- 
gande. H ne iouit pas longtemps de 
celte faveur , et mourutau commen- 
cement de i&a4- 

COSSTANCE-CHLOKE ,' Fl-itits- 
Vit-EBics j , père de Conslanlin-le- 
Grand. Maximien le 6t césar et l'a- 
dopta ; il mérita cet honneur par ses 
victoires sur les Germains et d'autres 
peuple». Devenu empereur par lab- 
diealion de Dioclétien , il partagea 
l'empire avec Gaierius eu 3o5 , et 
mourut a York dan» les bras de Cons- 
lantin , sou lils, l'an 3o6 aiant J.-C, 
au retour d'une campagne glorieuse 
contre le» Pietés. 

CONSTANCE 1 Co.ïSTisiics-FLà- 
Tius-JcLirs ) , tils et successeur du 
grand Conslantin , naquit à Sirmicb 
en Pannouie , au mois d'août 017. Il 
£ul élu empereur eu 337 ^ ^^^ scldats , 
pour assurer l'empire aux trois ù\s de 
Constantin « massacrèrent leurs on- 
cle» et leurs cousin» , à 1 exception de 
Julicnraposialel de Uallus son frère. 
Après celle exécution barbare , les 
fils de Constantin se partagèrent l'em- 
pire ; mais Conslauce en resta seul 
niailre . par la mort de ses frères , 
ver» l'an 353. La fin de sou règne fut 
konteuse. Il mourut le 3 novembre 
3(1; doux, cléaieni t| gèocrcui , il 



n'eut d'ailleurs aucune des qua 
qui conviennent aux souverains; m ■ 
ses défauts comme son caractère, i\: 
rent sans suite et sans énergie. Son 
incapacité égala son entêtement ei 
sa Tersalililé. Sa lenteur et son man- 
que d'Iiabilete furent faiaU à l'empire 
romain. 

CONSTANCE , général romain 
sous le régne du grand Thcodose. Il 
assiégeadaus Arles Coiutantin , géné- 
ral , qui s'était révolté, le força à «e 
rendre et l'envoya à Honorius qn: ':: 
Gt iraucbcr la lêie. CoosUncc ; 
nommé consul en ^i3 et en 4 ' - 
marcha contre Alaulfe , roi deïGu;!,: . 
pour le forcer à livrer Atlale , ce ijn- 
t«"'me d'empereur dont le roi goih >'r 
servait pour intimider Uonuriu.:. 
Alaulfe s'enfuit en Espagne, et Al' 
laie fut livié aux Ronuins. En 4>> 
Honorius accorda le titre d'auguste a 
Constance, mais Tbéodose II, em- 
pereur d'Orient , refusa de le conlir- 
mcr. Constance allait pour se venger 
porter la guerre en Orient , lorsqu'il 
mourut à Bavenne le a septembre 
431- Les qualités qui l'avaient porté 
au raiigsuprème sedémentirent lors- 
qu ill'eut obtenu, Pl&cidie, sa femme, 
le rendit trop avide , injuste et op- 
presseur. 

CONSTANCE ou CONSTAXTICS, 
né à Lyon , dans le cinquième siecU-, 
fut le Mécène et l'Arislarque des sens 
de lettres. II les encourageait par ses 
bienfaits et les perfectionn;iil par ses 
conseils. Il fut l'.imi de Sidoine Apol- 
linaire, quiluia adressé qu.i'.re let- 
tres. Il paraît qu'il técut jusqu'en 
4S3. 

CONSTANCE, reine de France , 
surnommée BLincke ou Candide, à 
cause de la blancheur de son leinl, 
était elle de Guillaume V, comie 
d'Arles. Elle épousa , en 90?, le roi 
Robert, que le pape Tcnail de con- 
traindre à se séparer de Beribe , sa 
première femme. Le caractère impé- 
rieux et Iracassier de Constance ne 
l'il qu'ajouter aux regrets de ce nial- 
beureni prince , qui aimait tendre- 
ment Berlhe. Constance voulut que 
toutes les alVaire» pas.-asscul par ."es 
mains; elle nppriiua son époux, <{ 
•Ua jusqu'à faire auassioer , sou» iti 



CON 

^eux inclues, Hugues de Beauvuir 
tciil roiifidf^iit de se» peines. Ou m 
peul onicUie que n'cbl à celle relin 
(]ue la France dut toi preDiiers poélni 
ou li'oubadourK, qu'elle amena de la 
Provence. Elle fui iiu»»i mautaîâ*; 
mère qu'elle était mauvaise épouse ; 
de ses quatre fils elle ne chérit que 
Ko&«rt , le troiAiénie. Elle mourut à 
Helun en 105s, et fut iuhuoiê*- à 
Saint-Denis. 

CONSTANT I ( Fl»vics Jours- 
CoNSTAiis) , empereur romain , éiaii 
le pluïi jeuuf des lils du grand Cons- 
tantin et de Fausta. Noiuuié césar en 
333 , il parvint à l'empire après la 
mort de son père en 337. Fier , cni- 
porle, fastueux, plonjjédans la débau- 
che , il s'ailira bicolôt la haine et le 
méprit. Magneuce .qu'il avait lire de 
l'obscurité pour i'elever aux prerni 
res places , lui ravit à la fois le trône 
et la vie. Il avait trente ans et in avait 
régné treize. 

CONSTANT II { Hèii*ci.n;s-CoNs- 
TtKTiMJS ) , fils d'Iléraclius II , C.ons- 
tantinus , et de Grcgorîa , né en 63o ; 
il fui proclamé empereur en ('i4i. 
Vaincu par les Sarrasins , il courut 
cacher au fond de son palais la honte 
de sa défaite. D'puis ce temps, cruel, 
soupçonneux , il n'épargna pas son 
propre frère Tfaéodosc , et le lit tuer 
en 639. Après avoir pillé Rome , il 
se retira dans la Sicile, qu'il épuisa 
par ses rapines. Tant de lâcheté , de 
fureur et d'incapacité , trouvèrcul 
leur terme : le i5 juillet 6CK, il fut 
tué dans -^on bain à Syracuse, à trente- 
huit ans , après un règne de vingt- 
sept. 

CONSTANT DE REBECQCE 
( BF.NJiuiN ) , né à Genève en 1767 , 
Uls d'un général au service de Hol- 
lande , vint eu France dans les pre- 
j mières annét^s de la révolution ; en 
I 1796, il parut à la barre du conseil 
I des cinq cents, pjour réclamer les 
I droits de citoyen français , comme 
descendant d'une famille eicpatriée 
par la révocation de ledit de Nantes. 
A cette époque il se lit connaître 
oonmie écrivain politique et applaudit 
à la formation du gouvernement di- 
niitorial: porté au tribunat lors de sa 
naiiswice , et bientôt regardé comm.; 



17 CON 

un des chef» do l'opposition , i] fui eo 
conséquence éliminé i)ar liuunaparte 
en 180J. Forcé de quitter la rapitale, 
il voyagea arec madame de Statique 
le même ordre avait forcé de seii 
éloigner , et li.ta sa résidence ù Goct- 
tingue. En iSi4 , il revint à Paris .-ivec 
le prince royal de Suède ( liernadolte) 
parut s'unir aux partisans des Bour- 
bons, et l'aunce suivante cnniars iSi5 
témoigna la plus grande énergie ea 
combattant le retour de Buonaparte. 
.Mais cependant le soavril, il reçut 
de lui le titre de couseiller d'état, et 
publia plusieurs brochures en faveur 
de la constitution présentée au champ 
de mai. Après le r«tour des Bour- 
bons, Cenjamin (instant se rendit à 
Bru.telleset n'en revint à Paris qu'en 
1S16. Depuisilentra dansla chambre 
des députes , se plaça dans les rangs 
de l'opposition , s'y montra constam- 
ment le défenseur des libertés consti- 
tutionnelles, et y déploya autant de 
talent que de courage. Après la révo- 
lution de juillet, présidentdu conseil 
d'étal et membre de la chambre des 
députés , il mourut en décembre 
iS5o; une foule immense a suivi son 
convoi. Pubii. iste , philosophe et lit- 
térateur, Keujauiin Constaul a laisse 
une foule d'écrits qui déposent eu fa- 
veur de sestal.Mis , de ses lumières et 
de sou amour pour la liberté. 

CONSTANT , tyrau. V. Co.nst.x- 
TIN III , tjran. 

CONSTANl'lA ( Ftivii-JcLu-Vi- 
1.EBI4 ) , sœur du grand l'.onstanlinet 
femme de Licinius, fut célèbre par 
ses vertus , son e-sprit et sa beauté. 
EWe mourut en ôsg. 

CONSTANTIA ( Flatia-Julii ). 
tille posthume de Constance II et de 
Fanstine, naquit en 369. Le tyran 
Procope, qui s'était fait déclarer em- 
pereur, voulant se concilier la faveur 
de l'armée, portait cet enfant dans 
les rangs des soldats, auxquels la ni«- 
iioire de Constanee était chère. Kii 
73 elle épiusa Gralieu , etni'i'nut 
en 3S3 à vingt-un ans. 

CONSTANTIN - LE - GRAND 
( CAits-FLiviis-Viiecii s ■ Aubclils- 
Clacdits ! , empereur , né en 87^ ou 
i^^. Fils da Const.iiice-Cblore , il lui 
;îUCLéda eu 5o''. Il eut à combattre 

»9 



C0\ 31 

Maience et ensuite Liciiiius; il battit 
l'un et Taulre , et tous deux périiiut 
à la suite de leur dclalte. Le piemitr, 
eu fuyant , se uoja dans le libre ; le 
second fut étranglé par ses ordres. 
Kesté seul niaitre de rcmjiire, il ne 
s^occupa plus qu'à assurer la tranquil- 
lité publique et à faire fleurir la reli- 
gion catholique , qu'il avait embras- 
sée au commencement de son règne. 
Il joignit la fermeté à la douceur 
pour atfennir sa puissance. Les déla- 
teurs fuient condamués à mort , le 
féuat rétabli dans ses droits , le peuple 
soulagé par des bienfaits , Rome et 
plusieurs >illes reparées ou embel- 
lies ; d'eicellentes lois civiles remé- 
dièrent aux désordres: mais son règne 
fut troublé par des querelles de reli- 
gion. On est fàcbè de Toir ce prince 
législateur tcnùr sa gloire par des 
cruautés fort contraires à ses maximes. 
Elles le rendirent odieux au peuple de 
Rome: il prit le parti de trans] orter 
l'empire à By/.ance , qu'il rétablit et 
qui prit sou nom. Cette nouvelle ville 
UeTint la rivale de Rome, ou plutôt 
lui tit perdre tout son éclat. Le reste 
de son res;ne olVie plus de sujets de 
blâme que de louange. On l'a accusé 
d'ambitiou , de prodigalité. Il mourut 
le 2 mai 55-j , à soixante-trois an^ , 
après un rtgnede trente-un. Il était 
brave à la tête de ses armées , doux et 
airable envers ses sujets. 1 1 fut la ter- 
reur des ennemis et le protecteur des 
gens de lettres. 

CONST.i.VriN. Il y a eu plusieurs 
autres empereurs de ce nom : Constan- 
tin H , Gis du grand Constantin , né à 
Arles le 7 août 5i6 , axait été nommé 
césar en 5i7 , et proclamé auguste 
en 537. Après la mort de son père il 
obtint les Gaules, l'E.^pagne et la 
Grande-Bretagne pour sa part; mais 
enviant celle de .son frère Constant, 
il marcha contre lui et fut tué à Aqui- 
Ue en avril 3Ao. Cuiulmidn III , ty- 
rau , était un tioiple soldat que les lé- 
gions romaines, cantonnées dans la 
Grande-Bretagne, reTélirent do 
pourpre Ter» l'an 407. Sa bravouieet 
un nom cher aux armées furent ses 
«euls droits à l'empire. Il périt par 
erdre d'Uonorius , le iS Sfplembre 
4i> ; sa Ute et celle de sou lil$ {ureut 



CON 

portècsà RaTeone, et ensuite à Car, 
ihagp. Constantin ÎF , surnommé Po- 
gonat ou le Barbu, empereur d'O', 
nt, monta sur le Irône eu 668 ave< 
■ deux frères Tibeie et Héracliusv 
après la mortde leur père Constant H. 
qui venait d'être assassiné en Sicilp. 
Il remporta plus >urs victoires sur lei 
Sarrasins, qu'il contraignit à taire h 
pûix. Il entreprit ensuite de pacifier 
Téglise. Le désir d'assurer la couionnt 
à son iils le porta à faire crever iei 
yeux à ses deux frères. Ce crime , au- 
quelil survécut peu, le rendit odieuï! 
àsou siècle età la posiérité. Il mouru' 
en septembre 685 , à trenle-stpt ans ' 
après en avoir régné dix-sept. Cans 
tantin T , surnomme ('opronyme J 
parce quM salit les fonts baptisuiaui 
succéda à son père Léon l'Isaurien et 
, et enchérit sur sa fureur contre. 
les images des saint?. U (il périr ui' 
grand nombre d'évêques et d'ecclé 
siastiques , et mourut du charbon ei! 

76 , âgé de cinquante-six ans, aprè; 

n avoir régne trente-quatre. Quel 
qucs taleus militaires noot pas suH' 
pour relever sa mémoire llétrle pa: 
ses vices ïufàmes et son caractéi* 
odieux. Constanlin Vî , cmpereu' 
dH)rient , tils de Léon IV Cbazare e, 
d'iiène, ne fut pas nicilleur. Irène 
sa mère , lui fît crever les yeux en 797 
Il mourut peu df temps arrès. Con$ 
tantin Fil , suruomme Porphyrogé 
u* te , CI3 de Léou VI le philosophe 
monta sur le trône à Tâge de sept ans 
sous la'.utèle de sa uiere Zoe Carbo 
nopsinie , et mourut le jôtiovembri 
969 , à cinquante-quatre ans, du cba 
grin d'appr»ndre que son fils cor.tpi 
rait contre lui pour la seconde fois 
Ce prince, aniî des sciences et de 
savans , a laissé plusieurs ouvrage 
qui auraient fait honneur à un lioninn 
d'une coudition privée, mais pour les 
quels un prince n'nurait pas dû 
gliger les alfaires de son empire, 
laissa gouverner par llèlèue sa femme 
qui vendit 1rs dignités de l'église et 
l'état, accabla le peuple d'impôt*, e 
ic fit gètuir «DUS Topi-ression. Cons 
tnntin VIII , cmj:ercur ; on désipm 
sous ce nom un des Lils de Roinuii 
Ltcopèue. Ilfut déposé avec s«lrére 
eiï 3.U ; «t relégué à Ténédog et en 



ime 

•td<* 



CON 



ai9 



CON 



• mil' .1 Saninihraro , où il fut niass»- 
crv ilaiis une teiUalÏTC qu'il lit pour 
aVchappcr. Cor.slunlm IX se con- 
tenu du titre d'cRipireur , it <e fui 
Bazi!» Il qui (-outirna Penipir»- aTic 
plus de vigueur que de laliMil pendant 
cinquante ans. A. ta mort , Contlanlin 
put donner un libre cour^ à ses TÎces ; 
il opprima les pro»inceî., cl ciioisit 
pour «ogTiclinies lc5 premières per- 
sonnes de l'empire. Il termina us cri- 
me» et Ra Tie à Tape de soi\ante-dix 
tus, après en aToir rr(me seul un p^u 
moins de trois. Cotutantin A, sur- 
nommé Monomaque , empereur d'O- 
rient , dut sou élévation a l'empire , 
à l'amour que ronrulpour lui l'impé- 
ratrice Zoe , veiiTc de Komain Ar- 
pyre , et (cmmcde Mirlx-I le P.iplila- 
gonien. Le règne de Mononiaque fut 
relui du scandale, dis troubles et des 
guerres civiles. 11 mourut le 5o no- 
vembre io54, après un règne de 
douze ans. 11 ne laissa point f^'eiifans. 
i'.onslaniin Xi ( Ducas ); il monta .sur 
le trône d'Orieut le i5 décembre loSj. 
isaac Comnèncs , en abdiquant volon- 
lairementla couronne , l'avait désigne 
pour son successeU'. 11 ne montra 
daii'ï le rang suprême que des vertus 
obficure«f et aucune des qualités d^un 
roi. Son règne fut marqué par des in- 
vasions pendant lesquelles il eni- 
plovait son temps à composer des ha- 
^ ranguefl; sa laiblesse elailde se croire 
unbrillantorateur.Umouruten 1067. 
l'onilniid'n XIU , 6U du précédent, 
n'est pas compté par tous les histo- 
riens au nombre des empereurs grecs. 
S'élant fait proclamer auguste , il fut 
pris par Botaniate , tonsuré et relégué 
dans un monastère. Alexis Comne- 
nes, devenu empereur, l'en tira et 
remploya dans quelques expéditions. 
Conitantin ( Dracosès } , dernier em- 
pereur de Constantinople , était lils de 
Manuel Paléologu«. Il succéda à son 
frère en ii49 ' ^' f"' '* treiiieme du 
nom de Constantin , ou le quinzième 
suivant quelques auteurs qui com- 
prennent dans ce nombre deux prin- 
ces que d'autres historiens ne regar- 
dent que comme des césars. En lui 
'inil l'empire de Constantinoplc. Cette 
^ill'■ fut prise par Mohamet M, Pan 
liij et la ma* depuis sa fondation 



jpar le grand (ionslantin. Il périt les 
armes à la main à l'âge oe cinquante 
I ans , après un règne de trois ans et 
I sept mois. Sa mort fut suivie du pil- 
lage de Constaiilinople, où Mahomet 
Gia le siège de l'empire Ottoman. 
Constantin était digne . par ses vertus 
et ses talons, de régner «ur un état 
florissant. Il a du moins répandu Té- 
clat le pkis gIori< nv et l'intérêt le plus 
vif sur la dernièr< journée de l'cn'pire 
roniuin d'Orient. 

CONSTANTIN A ( Fuvia-Jilia ), 
611e aînée de Constautin-le-C>rand , 
fut mariée par son père au jeune Au. 
nibalirn , lorsque cet cmpereui le fit 
roi de Pont. Annibalien ayant été as- 
sassiné , Constantina resta veui;e , et 
vécut ainsi pendant quatorze ans. 
Klle é|)ousa Uallus : ce fut alors que 
te développèrent loutc-s ses mauvaises 
inclinations ; elle devint coniplire des 
persécutions et des crimes de son 
mari. Amniien Marcellin Pappelle une 
furie, et lui attribue la mort de plu- 
sieurs personnages de dislinctiou. 
Elle mourut dans une ville de Bithy- 
nie. 

CONTAT I i.ocisB ) , néei Parisen 
1760, moite le 9 marsiSiJ. Cette 
actrice . fpiyituclle , vive, piquantt , 
accomplie dans lis premiers rôles de 
la comédie , a laissé un aimable sou- 
venir, et -T ètc dignement remplacée 
au Théàtrc-Franç-^.i- , par mademoi- 
elie Mars. 

CONTE ( Nicons-jACotiîs ) , pein- 
tre, chimiste et mécanicien habile, 
naquit en Normandie le 4 août 175S, 
t mourut le 6 décembre i8o5. Il fut 
l'un des premiers membres de la Lé- 
gion-d'Bonneur. Il inventa un in.stru- 
mentpour mesurer les distances, une 
machine hydraulique très-ingénieuse, 
fut chef d'une école d*.ierostiers a 
Meudon , et perdit un œil en faisant 
des expériences sur le gaz hydrogène. 
Ilremplaea une matière quenotiesol 
ne donne pas, et éleva en moins d'une 
année la manufaclure de crayons qui 
porte son nom. Il fut au nombre des 
savans qui firent partie de l'expédi- 
tion d'Egypte ; il y rendit de grands 
services et y transporta lous 1©^ arts 
de l'Europe. II a imaginé une machine 
à graver que plusieurs artistes ont in- 



CON s: 

tro(3uite dans leurs ateliers. 11 fut mo- 
deste , désiiït<'-resse , et le modèle de 
toutr» les Tcrtiis. Il mourut du cha- 
grin d'avoir perdu sa femme. 

CO.NTl. Cette maison a produit 
plusieurs pramU lioirnies: les plus 
célèbres sont ; ^onli ' Armand de 
Bourbon , prince de ) , frt-re du jirand 
Condé et chef de la branche de Ooiiti, 
né à Paris eii tCig^ mort à Pézénas le 
11 feTrier 1666. Il se jeta dans les 
guerresde la fronde, et on l'opposa au 
pand Cnnde son fr«re. Ils se réuni- 
rent ensuite , et furent enfermés tous 
deux au château de Vinccuncs. Conti 
nVn sortit que pour épouser une nièce 
du rarilinal Mazarin , et (Ut des lors 
dans la pins grande faveur. (Jn a quel- 
que-s ouTrapes tle ce prince ; il fut un 
des protecteurs du talent de Molière , 
et lui offrit une place de secrétaire. 
Lnnis-Jriiand , laine de ses fils , né en 
166 1 , épousa mademoiselle de Blois 
lillcdc Louis XIV et de la duchesse 
delà Vallièrc; il se distingua dan 
une campagne contre les Turcs, et 
mourut le 9 novembre i6S5 , san! 
laisser de postérité. Contil François 
liOuisi prince de la Rocbe-sur-ïon 
et de ) , le second fils d'Armand , né 
à Paris en j664 , mort le ss févrie 
1709. Use distingua dans plusieurs 
sièges et combats. ]l fut élu roi de 
Pologne , mais l'élccieur de Saxe, 
Dommépar un autre parti , lui enb va 
cette couroKin. Il ressemblait au 
grand Conde far IVsprit et le c 
rage, dit Voltaire , et il fut toujours 
animé du dcsir déplaire , qualité qui 
manqua quelquefois au prand Condé. 
Conti { Louis-François de Bourbon , 
prince de ) , petit-iilsdu précédent, né 
à Paris le i3 aoCt 1717, mort le t 
août s 776 , se signala dans les guerres 
de 1744 et 174.^. Il (ut vainqueur à 
Coni et prit Mous. Il blània souvent 
les opérations de la cour et tomba dan 
la disgrâce de Louis XV. Il contribua 
au renvoi de Turgot , et montra dan 
plusieurs occa>ians importantes les 
senlimens de citoyen , de vèrjtabi 
ami du trône et de sa patrie. Il avait 
un gnill trcs-vif pour la poésie : < 
conserve des vers qti'il lit à roccasion 
de rOEdipe de Voltaire. Il fut lou- 
jouiï le protecteur des lettres «t des 



) coo 

rti. Sf.5 deux fils naturels, .MM 
iiarquis et le comte de Bourbon-C: . 
colonels, furent les dignes herilier- 
sa noble passion pour les lettres *". 
toutes ses qualités personnelles : 1 
amitié fraternelle retraça d'une :. 
nîère touchante celle de Castor et u': 
Polluï.LedemierprincedeOnd'.moi t 
à Barceloniie en iSii saus postérité. 
était fils de Louis-François de Bour- 
bon , père des deux précédens. Snn 
esprit était sage etonie; il eut laùr"-'' 
de traverser la révolution sans y suc- 
comber, quoiqu'il ait éprouve de 
grandes iniortiines. C'està ce prùire 
que le père de l'auteur de ce Diction- 
naire fut attaché pendant un demi- 
siècle. Il alla au plus iort de la ter- 
reur demander à la barre de la Con* 
vention la permission de partager les 
fers de son prince dans les cachots de 
Marseille : stupéfaite , la Convention 
l'accorda. Ce fidèle serviteur, que le 
prince de Conti honora dansson inté- 
rieur et dans sa correspondance du 
titre de son ami , est mort le i3 jan- 
vier 1S14 , et repose dans la terre 
d'exil, à côté de son prince, qui ne 
lui survécut que de cinquante-sis 
jour?. 

COOK.( Jit.fjirs) , Dé le s 7 octobre 
17»8, dans le comté d'ïork en An- 
gleterre , de parens obscurs, (^e cc- 
febre navigateur parvint de grade en 
grade à celui de capitaine de vaisseau. 
Il avait fait de tels progrès dans l'as- 
tronomie et les mathématiques, qu'on 
le chargea en 1767 d'aller observer le 
passage de Venus à Otaiti. Ce voyage 
dura trois ans, et lui fit une telle répu- 
tation, qu'il fut chargé en 177J d'un 
second voyage pour compléter les dé- 
couvertes de l'hémisphère méridional: 
et enfin en 1-76 on lui fit entrepren- 
dre un troisième voyage pour lu de- 
couverte d'un passage au nord. Il fut 
massacré en 1779 dans la baie de Ka- 
rakakoua, par les insulaires, qui l'a- 
vaient d'abord accueilli très-favorab!c- 
menl. Aucun marin n'entendit mieux 
que lui l'art de conserver dans des 
voyages de long cours son vaisseau en 
bon état et son équipage eo bonne 
santé. On a traduit ses voyages , eu 
français , en 18 vol- in-8 ; ouvraga 
précieux aux navigateurs. 



COR 



221 



COR 



COPERNIC (Nir.oi.»s) , ne à Tlioin 
«nl'iussi^ , le 19 fiWrier 1475 , mort le 
ii mai 1S43. Il cntropril de rciiou- 
Teler les anciennes idcBs de l'hilo- 
laiis , ]ihilosoplie pylliagorieien , on 
plutôt des dillerens «ystèincs astrono- 
miques il composa cet admirable en- 
semble que nous nommons le ^yatème 
deCopernic , qui n'est réellement que 
l'arrangement véritable du sjsléme 
planétaire dans lequel nous nous trou- 
Tons. C'est vers l'an 1607 qu'il com- 
mença à arrêter ainsi ses idées et à 
écrire ses décourertcs. Son système 
ayant clé soutenu par Galilée comme 
le seul Tcrilablc , fut condaiimé en 
1616 par l'inquisition de Itome, qui 
le croyait contraire à l'Ecritur 
Sainte. Cependant quatre ans après 
ce tribunal permit de l'enseigner com- 
me hy7>othèse. On prétend que Co 
pernicne l'avait jamais envisagé au- 
trement. On a de lui divers ouvrages 
eu latin, dans lesquels il cxplicjuc son 
système. 

CORAM ( TnoMAS ) , philanthrope 
anglais, né vers itC8, consaera la plus 
grande partie de sa vie au soulagement 
de l'humanité. Il parvint à établir à 
Londres un hùpital pour les enf; 
trouvés , et fut aussi l'auteur d'autres 
mesures utiles relatives au commerce 
et aux colonies. Vers la lin de sa car- 
rière il eut luiménic besoin des se- 
cours de la bienfaisance , à force d'a- 
voir fait du bien. Mort à Londres en 
1761 , il fut enterré suivant ses dé- 
sirs dans la chapelle de l'hôpital des 
enfans trouvés. Une inscription y rap- 
pelle ses bienfaits, llogartb a fait son 
portrait. 

CORAS ( JiCQCES ) , né à Toulouse 
Ters j65o , mort en 1G77 , a publié 1 
volume in-12 sous le litre d'OKuwres 
poétiques, qui est fort rare ; c'est à peu 
près son seul mérite. Il renferme son 
poè'mc de Jouas ^ qui n'est plus connu 
que par le vers de Boileau; l'oubli 
s'est étendu à toutes les productions 
de l'auteur. 

CORAX ( SE StnicrsE ) , né dansle 
t^ siècle avant l'ère chrétienne, est 
cité par Cicerou , d'après Arislote , 
avec sou compatriote Xisias, comme 
le créateur de l'art oratoire. 
CORBl , bile de Sui , prince des 



IMadianites ; Zambry , fils de Salu , 
étant entré dans la' tente de Corbi, 
Phinée» , lils d'Kleasar, l'y suivit et le» 
perça tousdeiix de son épée. 

CORBIN fjACQCEs), névers i58o, 
mort en tfiSI, est cité par Boilcau 
dons son Art poétique, avec les auteurs 
les plus obscurs. Parmi d'autres poè- 
mes, Corbin a fait celui de /n Sainte- 
Franriade ou vie de saint Franrois , en 
douze chants; il le compare modes- 
tement lui-même à \'Jliade et à t'E- 
néide. 

CORBINELU ( JicQuts), né à 
Florence , vint à Paris , et (ut chargé 
par Catherine de Médicis , dont il 
était allié, de surveiller l'éducation 
du duc d'Anjou, son fils. Il fut estimé 
des grands, et ami de tous les gens de 
lettres. Le chancelier de l'Hûpilal di- 
sait qu'il était le seul homme que la 
cour n'eût | as corrompu. Il fut sou- 
vent utile à Ucnri IV. On lui doit l'é- 
dition de plusieurs ouvrages italiens. 
Jean Corbinelli , son petit-lils , mort 
en 1719 , âgé de plus do cent ans, 
était secrétaire des commandcmons 
de Marie de Médicis. C'était un épi- 
curien aimable , recherché pour l'en- 
jouement de son caractère ; mais sa 
conversation valait mieux que ses 
écri Is. 

CORBDLON ( CxErrs Domitics ) , 
général romain , sous les règnes de 
Claude et de Néron. Il rétablit l'hon- 
neur de l'empire , chassa Xiridate 
d'Arménie , remit Tigrane sur le 
trône , et conlraijnitles Parthcs à de- 
mander la pai.v. Néron , jaloux de sa 
réputation , donna des ordres pour 
qu'on le fit périr. Il se tua lui-même 
l'an 67 de J.-C. eu disant : Je l'ai 
l'ien mérite ^. se reprochautsans doute 
de n'avoir pas mieux jugé Néron. Il 
fut le plus grand guerrier de son siècle 
et l'un des hommes les plusvertueu.x. 
CORDAY D'ARMAXS ( Mahie- 
Anne-Ciiibi.ottk 1 , née en 1768 en 
Normandie, délivra la France, en 
1795 , de l'exécrable Marat. Elle avait 
toutes les grâces de son sexe et l'âme 
d'une Romaine. Elle subit la mort sur 
l'échafaud avec un calme héroïque , 
le 18 juillet 1795. Elle regardait son 
action comme le gage de la paix cl du 
bonheur de son pays. 



COR 

CORUEMOY ( GÉBirn ce ) , mem- 
hre de Tacadémie française , disciple 
de Descartes , fut placé par Bo&siiet 
auprès du dauphin en qualité de lec- 
teur. Il a fait une Uiatoire de France 
depuis le temps des Gaulois et le com- 
mencement de la monarchie jusqu'en 
987. Personne avant lui n'avait niieuï 
débrouille le chaos des premiers siè- 
cles de la monarchie. Il a donné plu- 
sieuri autres ouvrages. Né à Paris au 
commencement du dix-septième siè- 
cle , il mourutle 8 octobre j6S4. 

CORDUS ( A. r.Riutiirs), s'étant 
exprimé dans ses ècrils que nous n'a- 
vons plus , avec trop de franchise sur 
rénorme crédit de ^èjan , celui-ci le 
fit accuser detant le sénat du crime 
de lcse-maje.»lé. Ne doutant point 
que sa condamnation n'eût été prépa- 
rée et commandée d'avance , Cordus 
se laissa mourir de faim. 

(:OKÉ, de la tribu de Léïi. Il fut 
englouti dans la terre avec Dathan 
et Abiron , pour avoir voulu exer- 
cer le sacerdore sans y être appelé. 

CORELLl (ABci.\cÊLo).né à Fu - 
•ignano en if>55, mort le 18 janvier 
»7l5. Il s'est fait un grand nom par 
ses sonates et ses concertos en Italie 
et en France. Ceux qui se destinent 
à l'art du violon doivent les regarder 
encore comme leur rudiment. Une 
«laine a été érigée à Corelli dan» 
le Vatican , avec cette inscription : 
C^relti , princeps rnusicorum, 

COBINNE, née à Tana?re en T.éo 
tie, prés de TltèLes, fut surnouimce 
ta Muse tyrifjue. Contemporaine de 
Pindare,elle étudia la poésie avec 
lui et triompha rinfj fois de ce célè- 
bre poêle , grâce an dialecte éotien 
qu'elle employa de préférence au do- 
rique , et grâce à sa beauté. Les au- 
teurs anciens citent plusieurs ou- 
vrage.» altribuifc de leur temps à celle 
fameuse C«rinne ; il ne nous en reste 
aujourd'hui qu'un petit nombre de 
fragmens ; mais on voit que rbéroïnc 
du roman fameux de madame i<laèl 
n'est pas toul-à-fait idéale. Les Ta- 
iiagriensplacèrenl le tombeau d« tlo- 
rine dans l'endroit le plus apparent 
de leur ritte. Suidas cite deux autres 
(Corinne , l'une de ïbespie , l'autre de 
Thèbes. 



i COR 

CORIOLAN (CiiLS-M»acins , sn; 
ommé ), naquit a Rome. S'étani 
couvert de gloire au siège de Ce 
oies, le consul Cominius lui décer- 
a le surnom de Coriolan. Ce héros , 
dont on loue la probité et le désinté- 
ressement , ne connaissait pas le» ver- 
tus douces qui gagnent les cœurs. 
Dans une disette , sa dureté mit le 
peuple en fureur contre lui ; il fut 
condamné à un bannissement perpé- 
tuel , malgré les services qu'il avait 
rendus à sa patrie; mais Rome ne 
l.irda pas à se repentir de sen ingra- 
titude. Il se retira chei les Volsques , 
qu'il engagea à déclarer la guerre aux 
Romains, et se mit lui-même à la 
tète de leur armée. 11 vint assiéger 
Rome, mais . cédant aux prières de 
sa mère et de sa femme envoyée» par 
le sénat pour le fléchir , il se retira 
et fut massacré par les Volsques, 
comme coupable de trahison , ver» 
r»n 489 avant J.-C. M. de Ségur, La 
Uarpe, et d'antres auteurs français , 
se sont exercés sur ce sujet; Sbaks- 
peare , Thomson, l'avaient fait au- 
paravant , mais jamais ce personnage 
ne sera intéressant au théâlre. Tout 
guerrier qui porte les armes contre 
sa patrie , tels torts qu'il ait à lui re- 
procher, paraîtra toujours odieux; 
un fils ne peut battre une mauvaise 
mère. 

CORMOXTAIGNE (N.), célèbre 
ingénieur français, mort en 175», 
entré en 1715 dans le corps du gé- 
nie , y parvint de grade en grade 
jusqu'à celui de maiérhal de-camp , 
après avoir fait les sièges le» plus mé- 
morables de 1715 à 1745 , et perfec- 
lioima le système de Vauban. C'est 
sous sa dirreiinu et sur ses plans que 
furent cons^truils les grands ouvrage» 
ajoutés s»u» le règne de Louis XV . 
aux places forlesde Metiet de ThioD- 
ville. Les extraits de se» ouvrage», 
publiés sous dilVérente» forme» , ont 
Iteaucoup contribué à peifertîonner 
l'instruction du corps du génie. 

CORNEILLE (PiEitniii , de lac», 
demie françai»e , né à Rouen le 6 
juin 1606 , mort à Paris dan» I* nnit 
du dernier septembre an premier 
octobre i084: le créateur de l'arl 
dramatique en France. Il a coiiipoȏ 



COR 2 

trenlr-troii pièces, el les t:(litioii« dr 
•on théâlre «onl irt'Siiombreuscs; la 
plus corrccle que nous «yonsest cellf 
en dix voluiues inl» , ^iie Joly pu- 
blia eu 1758. Corneille »cr:i lonjour» 
le plus imposant de nos poètes tra- 
giques. Il semble à noire fftard aïoir 
acquis la majenlé d'un antique. L'hé- 
roïsme des Romains lui devint si (<<■ 
niilier en méditant leur liisloire , 
qu'il a l'air de leur apparloiiir plu- 
l«l qu'à nous. Son grnie futsuMiniP. 
rcunn<> celui d<^ I.a Fontaine fut 
n^nl. Dans ses produclions du «crond 
raiip . qu'on aflectc trop do rabaisser 
lujuurd'luii , on sent la ricliessc de 
Sun pénif ; on peut appliquer à ce 
prand poète ce que I.ongiii disait 
d'ilomere : • Se» rë»es sont ceu» de 
Jupiter. I Sa tragédie duCirf, jonée 
CM 1635 , commença le siècle qu'on 
<»pprlle celui de Louis XI V. Riche - 
litu tn fut jaloux , et la lit criliquer 
piir l'académir. En iC4i Corneille 
donna sa comédie du Mfnteur; on 
peut croiie que nous lui devons Mo- 
lifrc. Corneille él»il mélancolique, 
.ivail l'humeur brusque et quelque- 
lois rude en apparence : an fond il 
• lut Irè.s-facile à vivre, bon pijre, 
l'nn mari , bon frère . ami tendre et 
ililoic. Son âme était fière et indé- 
i ' lulante : nulle souplesse , nul ma- 
ui :,'i : ce qui l'a rendu Irès-propre à 
pf uidre la vertu romaine , et très-peu 
:t fiire sa fortune. 

I.DP.NEILI.E (Thomas), de l'.nca- 
diinio française et de celle des lus 
rtiptions , né à lîouon en iCaS.morl 
.Tiiv Andel is le 8 décembre 1709. Le 
t and nom de son frère devint pour 
lui lui honneur dangereux ; uu.-'si 
Enileau l'apprl.iiiil en riant un cadet 
de .VcTTjionrfiV. Il est un des pri-mters 
qui aient nlléré la noble simplicilè de 
la tragédie par des inli-igues roma- 
nesques ; mais il a fait la tragéilie 
tlu Comte d'F.ssex, et le beau rôle 
d'Ariane qui est son chef d'oeuvre. 
Sou théâtre a été recueilli en cinq 
volumes in-la:maisce ne sont pas 
fi» seuls ouvrages; il a fait des tra 
ductions, des épîtres , des ditlion- 
njires. L'union entre son frère et lui 
fui toujours intime. Ils avaient épousé 
li-s denv sœurs, ils eurent le même 



î5 COH 

nombre d'infaiis. Ce n'ilaii i|u'ime 
même maison , qu'un même domes- 
tique, qn'nn même lopui . Apre» 
vingt cinq ans de m.iriage ni l'un ni 
l'autre n'avaient songé au partage du 
bien de leurs femmes, et il ne fut 
(ai) qu'à la mort du grand Corneille. 
Ce tableau de leur double ménage a 
:té mis sur la seène : mait nous peu 
ons qu'il pourrait l'être encore avec 
avantage par un pinceau plus exerce. 

COU^EMA , dame romaine de 
l'illustre famille du même nom. et 
que l'histoire accu«e de crimes aussi 
odieux qu'exlranrdin.iires. Elle et 
Sergia , autre patricienne, compo- 
saient des breuvages i-mpoisonné.s 
pour faire périr les principaux patri- 
cien.*. Accusées p;ir une esclave, elles 
soutinrent que c'itaieul des remèdes 
salutaires : l'esclave alors demanda 
qu'il fût ordouné aux deux d.ime» 
d'avaler leur» potions. Ayant obtenu 
une conférence avi-c les autres accu- 
sées au nombre de cenl-soixante-dii , 
elles burent toutes le poison pour évi- 
ter une mort plus crue Ile C'est vei-.s 
l'an 4î.j de Knme , 53 1 avant J.C, 
que ce fuit s'est pas.sé. 11 est révoqué 
en doute par Tile-Live , qui avooe 
que plusieurs écrivains n'en parlent 
pas ; mais ce qui esl arrivé en 
France en 1C79 ne permet pas de le 
rejeter absolument comme incroyable. 

CORNÉLIE, lenime de Tibe.ius 
ffraccbus , persoiuiape consulaire , 
tait fille du premier Scipion l'Afri- 
cain. Elle est plus connue comme 

ère de? iTracques. Elle se rendit 

lébre par se» vertus et l'éducalioil 
qu'elle dojina à ses douie enf.ins , 
dont elle se croyait plus parée qu'on 
ne peut l'être des plus rares bijoux. 
Tibérius et Caîus Olracchus, ses deux 
fils, faisaient l'orgiieil de leur mèie. 
Ils étaient les jeunes l'omains les 
plus accompli» de leur temps. Il lui 
fut élevé de son viiant une slalu» 
avec celte inscriplioD : Coriied'a ma- 
Itr Grocrhoram. 

CORNÉLTE, fdlede Cinna , fut la 
seconde femme de Jules Césiir, et la 
■c di- Julie qui épousa Pompée. 
Cés.ir lui était si ultHcbé . que le ter- 
rible Sylla n» put obtenir de lui qu'il 
la répudiât. 



COR 



224 



COR 



CORNELIE, prcmitiT Tcslale sous 
Is règne deDomiticn, l'ut contai ncue 
dioMste, et eiilurrée loule vive. Au 
ruomenl où elle descendait dans la fa 
laie fosse , sa robe sV-lanl accrocliée , 
elle se relourna el se débarr.issa avec 
autant de irauquiUitè que de modestie. 

CORNÉLIUS SÉVÉRDS ( P. ) , 
poêle latin, conicmporain d'Ovide, 
qui lui adressa sa deuxième épître , 
livre 4. Il avait entrepris un poëme 
qn'uuc mort trop prématurée l'enipë- 
clia d'achever. Il reste de lui un 
poëme sur l'Edia longtemps allribué 
à Virgile, cl un beau fragment sur la 
mort de Ciccroti, qui prouvent que son 
rang était marqué parmi les grands 
poètes. Sa mort est déplorée par 
Quinlilien. 

CORNELIUS ( Cstis ; . ingénieur 
romain contemporain de Vitruve ; il 
fut chargé par Auguste de la confec- 
tion elde l'entretien des machines de 
guerre employées par les armées ro- 
maines. 

CORNKLIDS (('.. ri.Nr9) . se di.- 
tingna dans la peinture sous le règne 
de Vespa«ien. 

CORNÉLIDS (S.VTCRMIS), sculp- 
teur. Son nom se lit dans Apulée. 

CORNÉLIUS - NÉPOS , historien 
latin, ^ori.^sait sous César et Auguste, 
et mourut pendant le lègne de ce 
dernier. On ignore les détails de sa 
vie. Il fut l'intime ami de Catulle , de 
Cicéron et de Pouiponiiis Atlicus, 
qui en font le plus grand éloge. On 
croît que 5trs Vies des grands capitai- 
nes de Canîiijuile ne son! qu'un abré- 
gé fait par jF.milius Prubus , d'un 
ouvrage plus considérable que Cor- 
nélins Népos avait composa. 

COn^ET (MATuiti-AretiSTis), 
comte, pair de France, grand ofFieier 
«le la Léjjion-d'Ilonneur, né à Nantes, 
le 19 avril lySo, émit marchanda 
Nantes ; député du Loiret au conseil 
des anciens , il s'y lit rrmarqtici par 
^on courage cl par sa modiratroii. 
r,es!é sans emploi pendant 1rs cent- 
jours, il fut maintenu dans sa dignité 
de p.iir, continua de faire partie de 
la haute chambre après la rérululion 
de îSâo , eut pjrl B ses travaux mal- 
{■ré son âge avancé, et mourut le 3 
mai 1SJ2, à l'âge de Si ans. 



CORN'JTUS ( A\s«is),ne k I,.|. 
lis en Afrique , professa la philoso 
phie sluicieiine, à Ptome , avec dis- 
tinction , et compta parmi ses disci- 
ples deux poètes célèbre» , Lucaiii et 
Perse. Ce dernier lui adressa sa cin- 
quième satire jiar reconnaissance, et 
lui laissa sa bibliothèque en mourant, 
.^(ous avons de lui un Traité de la na- 
ture des dieux, qu'on a publié plu- 
sieurs fois sous \f nom de Phurnutua. 
Il fut exilé par Néro» , à cause de la 
libellé avec la(|uelle il avait jugé de 
SCS vers. Suidas seul dit que le moustre 
le lit mourir. Néron, poAte oU'ense , 
en était bien capable. 

COROEBCS , Eléeu , connu par 
l'hoiniiur qu'on lui a fait de donner 
son nom à la première olympiade. 
L'an 776 avant J.-C, il remporta le 
prix de la course du stade ; son nom 
désigna l'olympiade dans laquelle il 
avait été couronné , et les jeux olym- 
piques, institués depuis soixante ans 
par Lycurgue el Iphilus, prirent alors 
une marche légulière. Athénée dit 
que Corœbiis était cuisinier. On vo- 
yait son tombeau sur les frontières 
de J'Elide_eldelArcadie. 

CORREA DE C.EP.DA ( Josbpd- 
Frisçois), botaniste distingué, né 
eu 1760 à Serra, province d'Alenté|o, 
ouvrit, à Lisbonne, en 1779, sou» 
les auspices du duc de la Foens son 
protecteur , une académie des scien- 
ces dont il devint secrétaire perpé- 
tuel. Cette réunion, allranchie de 
loule cen.sure , contribua beaucoup 
au développement et à la propagatioti 
en Portugal des principesde la civili- 
snliuii moderne. Inquiété par l'inqui- 
sition , il se réfugia la première fois 
en France, la seconde en Angleterre, 
où il fut nommé membre de la so- 
ciété royale. A la paix d'Amiens il «e 
rendit eu Fiance, el y résida jusqu'eit 
iSl3, uniquement livré aux sciences. 
Devenu in 1816 , ministre plunip" 
lenti.iire aux États-Unis, il remplit > ^ 
poste pendant quatre ans. Las de oii 
•es justes réclamations en faveur du 
commerce de son piiys mal accueil- 
lies , il fut rappelé en 1819 , pour sié- 
ger au conseil des finances, fut nom- 
mé , par sa jiruvince , député aiii 
Corlésen i,SiS, maismourui laïuêiiu' 



COR 

T. On a lie lui dcl Ucmoirti r«li- 
- (Irtiu (iirers rcru^îls fr;in<^aÎ8, an 

I - fl anirri<-aiii<i. 11 i l.iil oorf^poii 
ilml d' la «roinièmc cljsse île l'Injli- 
<ul , el membre de plusieurs soeiélét 
kiTanles. 

CORItEHE (AsToisf AI.LEGHI 
dit le ) , p.iiiir- . qui sigiiiiil fiiirl.iiie- 
foisdu nom de Lirio ^ iiiiqiiil rn 149' 
dans b fille <le i:iirrep;;ia , dont I 
nom lui e,«l resin. Il ne diil «i gloire 
qu'à lui mime, l.a nalure l'a\ail l'ali 
peintre, el eo fut plutôt par ion g. nie 
que par l'élude des pr.^nd» niai très , 
qu'il fil drs prcsrr? élonn.'ins daU' 
son art. Il e%\ le Tondatenr de l'êrole 
lombarde. On iMinire ^nrlont dans 
ses tableaux la fraîcheur de «es carna- 
tions , la Ttirile el la fnric de son co- 
loris , ^ui donne de la rondeur et dn 
relirrf à tout ce qu'il traite, (^esi lui 
qui le premier a représenté des ligu- 
res eu 1 iiir, et qui a le aiii-iix enUMtdu 
l'art du raccourci et la nia^ie ilei 
plafonds. Il nieliail un prix Ircs-iiio 
dique à ^ies ouvra(;es , et aimait à as. 
si.«lcr les pauvres dont la triste desti 
née approchait as<!ezd<^ la .tienne. Se^ 
tableaux de cbetaiet sont très- rares 
Il n'arait que quarante ans lorsqu'il 
mourut en i5,"i. 

COUROZBT ( Gilles ), imprimeur 
libraire, ne à Paris le ^ iainier i5io, 
mort dans la mi-nje ville le li juillet 
i5C8. Il a|,piilsans maiire l'Iii^loirv, 
la géographie, le lalin . l'jlalien et 
l'espagnol. Il axait du talent pour la 
poésie , el son conte du Rossignot 
n'aurait pas clé dé.«a»oué par les 
meilleurs poètes de sou siècle. Il a 
fait ou traduit beaucoup d'ouvrai^es : 
le principal est : Les aiitiijtiités chro- 
nologique» et singularités de Paris , 
in-8 , i568. Il esl un des premiers 
qui aient débrouillé les antiquilés de 
Paris , et son ouvrage est luujours es. 
timé. On cile encore de lui le Tableau 
Je Cébis, el Us Fables du tris-ancien 
Esope Phrygien , en ryiUme français , 
avec leurs argumenst Paris, i548 , 
in-16. 

CORSINl ( Enor.»»D ) , un des ita- 
liens du dix-builiéme siècle les plus 
savaiis dans la littérature grecque el 
le» antiquilés, né en 170a . mort le 
»7 norembre 1765 , est .«urtout célè- 



5 COR 

lue par t-on grand ou>rage des Fasti 
rtlfin. où rhUloîre et la chronologie 
ijps Grecs sont si bien e.xpo^rDi, qu'il 
lit oublier ce qui avait paru jusqu'a- 
lors «ur re suict. 

CORTEZ (FEt^àKD). conquérant 
tlu Mexique , iic clans i'E^lrainndnrr 
en i4S3. M parlil pour Saint-Dnuiin- 
f;ue *'n i5o4iel en i5ii ar:cuuipnf;nd 
Diego Vèla-iquez dans son fxpédilion 
de l'île de Cuba. Griialv,i . lieutenant 
de Véla&qiici , avait drro'i*erl le Mo- 
xiqu'' , la con«|uèle rn fui ronliée a 
Co(l>-*. Le 4 ni.irs i5i I. il débarque 
sur la r.'ile du Mexique , 1 1 bienl6t 
feVmpare du la tiile de Taba.-^co. Il 
pénétra ensuite dans l'rnlérieur du 
pa>5, leva une contribulion ron>idé- 
rab^o Mir Montt-zuma ,, roi du Mexi- 
que t qui i*ul tuè plu5 tard dan» un 
cunibal; fon pays fut acqui» aux Es- 
pa;;nnU. La passion de sVnrichir fit 
cooïnieltre à Coriez d horribles cni- 
auleA. A son retour, il fut traité avec 
peu de considération par Tempereur 
Charles. Quint. Le vainqueur de» In- 
dc$ , abreuvé de dégoûts dan^ sa pa- 
trie, pas^^a le re^le de se5 jours dans 
la solitude, et mourut la 3 décembre 
i554 près de Séville, envié par ses 
coropalrtotf!» , et abandonné par son 
soufrrain. Feruand Corlez a fourni 
à Piron le sujrrt dune tragédie, et 
celui d'un grand opéra à M. de Jouy. 

CORTU.liLLi ( P. T>. SiivAToa ï, 
né à Cologne en 1690 , mort le 5 jan* 
vier 173s, a fait la meilleure gram- 
maire de la langue toscane. Le i^uffra- 
fre unanime de lltalle insiiruile, •( 
des éditions mullipUees , en ont coo- 
iirmé le succès. 11 fut membre de l'a- 
cadémie de U Crusca. 

CORTONE (PiEBBEde). peintre 
toscan , dont le nom de famille était 
Buretlini , né à Cortone en 1609 , 
mort en 1669. Son i:éni e était Ta--ïte 
et demandait de grande sujets à trai* 
ter. U mettait une grâce singulière 
dans <:es airs de tête, du brillant et de 
la fraîcheur dan>^ sou coloris; mais 
son dessin était peu correct , ses dra- 
petieîi peu régulières, et ses figures 
quelquefois lourdes. Le Musée pos- 
sède quelques-uns de ses tableaux. 

CORLNCANICS (Titcs), seua- 
teur romain, vivait au temps des Cu- 



cos 



226 



COT 



liui Pt des Fabriciiis, et fut leur 
émule de lertu. Consul l'jin de Fiome 
47 j , il fil la guerre aui Eirusque» el 
aux peuples de TEtrurie. Vers l'an 
5oo il fui créé prand pontife. Il fut le 
premier de l'ordre des plébéiens qui 
obtint cette digiiilé. Cicéron dil qu'il 
9e dislingu:i par des «crits et des tra - 
Taux analogues à ses ronclions. 

COIIVIN (MiTuus I, roi de Hon- 
grie, fiU de Jean Uuuniade . élu en 
Ji58 à rage de i5 ans. fut comme 
f;uerrirr et législateur , 1 lionime le 
plus illustre de son temps, organisa 
nue force militaire impusanle, ut dé. 
fendit afec ( ourage et 6ucrc> ses éla.s 
contre de redoutables Toisins. 0"oi 
que presque toujours en guerre, il 
appela de.s saians d'Allemagne, de 
France et d'Italie, éleva le premier 
observatoire qu'ait eu la Hongrie , ) 
importa l'impiimerie vers I475 , et 
mourut eu 1490 , emportant avec lui 
dans le tombeau la gloire et l'indé- 
pendance de la motiarrbie Hongroise. 

CORVIS.^UT DES M ARETS (Je4s- 
Nïcons ) , méilecin eéîèbre, né en 
1755 dans îcs Ardenncs , mort le 18 
septembre ib'ai. 11 était bienfaisant, 
aimait et cultivait les lettres. Son 
ouf rag'* le plus connu est son E$sai $ur 
lei maicTitffs tt tes tétions organiques 
du cœur et des gros vaisseaux. Cet ou- 
vrage suHit pour assurer sa jjloire 
comme médecin. 

COSMK ( Je*n liASEILHAC, dil le 
frère ), né le .^ avril 1703 , mort le 8 
juillet 17S1. Ce feuillant a invtnté 
plus de vingt instrumens de chirur- 
gie , et en a perfectionné beaucoup 
d'autres. I.a taille était l'opération à 
laquelle il avait donné plus particu- 
lièrement ses soins, aussi fut-il réputé 
un des premiers lilhotomistes de la 
France. H était très dè.-inléressè, avait 
le génie vraiment chirurgical, et opé- 
rait Kratuiteincnt les indigens ; c'était 
le père des pauvres et un religieux 
TÛritablement philanthrope, 

COSSUS ( Acirs-CoRstius ) . se 
distingua l'an 3iti de Rome , dam la 
{tuerie contre les Vi iens. 11 fut tribun 
des soldats, consul, puis dictateur, et 
obtint de grands succès contre les 
Vols(|Ues, (''est lui qui lit conduire ru 
prisun Manlius Capilolinus; il abdi- 



qua peu de temps après. Vojez ce 
qu'en rapporte "I ite-Live. 

COPSUTIUS, architecte romain, 
florissait 175 ans avant J.-C. Sa répu- 
tation égala celle de» artistes grecs. 
Il acbeia le temple de Jupiter oiym 
pien d'Athènes , dont il existe eucori 
des débris. 

COSTAR ( Pieuse ) , né à Paris en 
t6o3 , mort le i3 mai 1660. Il aiait 
de la mémoire et de la littérature. 
Les auteurs grecs , latins, italiens, lui 
étaient f.imiliers. Ami de Voituie, de 
Balzic , el d'autres beaux esprits du 
teiu|>s . il était Ires-bien accueilli à 
l'bûlel Rambouillet. Il a laissé quel 
qnes ouvrages ; il est question de lui 
dans le voyage de Chapelle et lia- 
chaumool. 

COSTE (Pîerhe), né en i6GS, mort 
le a4 janvier !747 , tour à tour tra- 
ducteur , édileur , auteur , sa vie fut 
toute littéraire. Il est surtout connu 
par les éditions de Labrif)i:rc , des 
Essais de Montaigne et des Fabtcs de 
La Fontaine., qu'il a données avec des 
remarques et des notes. 

COSTEU ( SiMCEL), fondateur du 
théâtre d'Amsterdam. On ne connaît 
ni Sa date précise de sa naissance ni 
celle de sa mort. Ou a de lui cinq 
pièces dans le genre comique , et six 
tragédies. La plus ancienne de ses 
pièces porte la date de 161 5, et la 
plus récente celle de i644. I-e langa- 
ge des passions ne lui c>t pas étran- 
ger , ses caractères sont bien soute- 
nus, sa versiGcaiion est facile, soa 
stvie a souvent de l'énergie et de la 
noblesse ; c'est à la naissance de l'an 
un poète très-remarquabi*. Il était 
aussi docteur en médecine , et donna 
pend'int cinqnante «sis ses soins gra- 
tuitemeni à l'hôpital d'Am.sterdam. 

COriN (l'abbé Cbsbies), aumô- 
nier du roi el chanoine de Bayeui» 
l'un des quarante de l'icadéraie fran- 
çaise, naquit à Paris où il mourut eo 
it'>83. Il fut poète et prédicateur. 
Son nom , immortalisé par les ratiret 
de Boileau , est devenu proverbial 
pour désigner tes plus mauvais au- 
teurs. C'est lui que Molière peignit 
dans les Femmes savantes, sous la 
nom de Trisolin: le sonuel de la prin- 
cesse Vrtrni» , qu'il ; rapporte, «lait 



COT 



237 



COT 



Tèrilablpmrnl dr l'alibé Colin. L« 
Iraileur Migiiot , pour »e Teiipcr 4< 
Boilrau qui l'aTail apprié cmpoison 
neor , f ul rerour» à la plume d' C.O' 
tiu, qui lui fouruil une «alire; Mifuol 
en enieloppait tes biacuii; qui aiaienl 
de la r>-putalion . et par re moyen il 
vint à boutde lui donner une sorte d 
publicité. Je ne tait pourquoi toui le» 
dietionnaim bitloriques répètent à 
l'enii un madrigal, a«sei joli a \j 
térilé.de l'abbe Colin. CV»I coiiTenii 
que Boilrau n'avait pas lorl, que d'al 
1er chercher dans 1rs outrages d'un 
chanoine ei d'un prédicaieur, qu 
«ci-9 d'iimour. H faut que ses odes 
soient biet) niëdio'-res , et que son 
recueil de diters rondeaux en deux 
volam'-s io-is n'en olVient pas un qui 
«oit pa&sable , pour en être réduit a 
choisir i[ualre vers d'amour dans tous 
«e» ouTrages 

rOTTA (C»ïisAp»tiii8) . était de 
l'érole de Lueiu:> (jrassus, orateur cé- 
lèbre à Rome , et se distingua lui- 
même par son éloquence , l'an de 
Rome 6C1. Cicrron p^rle de lui avec 
éloge. Au temps crageux de Mariut 
et de Sjrlla , il tVxila lui-même : il fut 
rappelé par ce dernier. Consul en 
677 , il tit rendre une loi qui donnait 
aux tribuns du peuple le droit d'arri- 
ver aux dignités, 

COTTA ( Lctirs-ArsBi lis ) , flcrix- 
Mjt au barreau de Rome quand Ci- 
eéron était jeune encore. Il excita 
•on émulaliou. Préleur l'an de Rome 
68> , il fut porté au consulat en 637, 
et ■ la censure l'année suifante. £n 
695 il opina le premier dans le sénat 
pour le rappel de Cicéron. 

COTTA (MiBcc»-Ac«ÉLirs), consul 
en 678; il éprouTa des reters aupré» 
de Chalcédoine. Etant pioeonsul , il 
•e rendit maître d'Héraclée par la 
famine, et il y exerça toutes sortes de 
cruautés et de brigandages. Accusé 
(icTant le peuple , il fut condamné. 
On lui fit grâce de l'exil : il fut seule- 
ment priié des marques de sa dignité 
de scnateur. 

COTTA (Jeax) , poète latin du sei- 
zième siècle , né près de Véronoe, et 



qui nous reste de lui dans un rerueil 
intitulé : Caf-mind quin(fu« poetarum, 
1548, in S. 

COTTA DE COTTENOORl' (le 
baron .\.), le plus célèbre des libraires 
d'Allemagne , chevalier des ordres de 
Prusse , de Wurtemberg et de Ba- 
f ière, membre <lu comité des Etais de 
Wurtemberg, dont il riaii un des 
plus riches propriétaires, dut sa gran- 
de fortune à son iiiielligeiK-e, à son ac- 
liTilé ; il t'est fait une réputatioD 
européenne par l'impreasion des ou- 
Trages de Schiller , Goèlhr , Hum- 
boldt, etc., par la publicalion de di- 
vers écrits périodiques. >outien xélé 
d'une foule d'êtablissemeiis induft- 
Iriels , tels que fabriques, bl.ini-hisse- 
ries , fonderies de caractères , etc. , 
c'est lui qui a fait ronutruire les pre- 
miers bateaux à Tapeur sur le lihin et 
sur le lac de Constance. Cet bnmme 
utile est mort à Siutlgard. le ôi dé- 
ceiubre i83i,à l'.îge de 69 ans. 

C.OTTE (RoBEXT DE), architecte, né 
à Pari< en i656 , m.irt en 17.15. On 
lui doit la colonnade ionique du pa- 
lais de Trianun , le dôme des (niali- 
des, le bâtiment de l'abb.iye de Saint- 
Denis , et la chapelle de Versailles, 

COTTIN (SopuiB RISTADDy, oée 
à Tunneins en 177Ô , morte le »5 
août 1807. Auteur des romans de 
Claire d'Atbe, de Jlalvma, de ilalhil- 
de^cXc. £lle a pénétré dans les secrets 
du cœur , et a rendu les semimens et 
les passions avec beaucoup d'élo* 
quence et de térité. BJle était banne, 
modesie et bienfaisante. Ses romans 
ont eu beaucoup d'editiuns ia>i> et 
in-16. 

COTTICS (Msacrs Jtiirs), Gau- 
lois , qui se forma dans les Alpes un 
'lat indépend.int composé de douze 

antons , dont Suze était la capitale , 
que César ne put soumettre , et que 
les historiens latins désignent tous le 

om de royaume dé Cotlius. Il deTint 
l'allié du peuple romain. 

COTTO.X iPiEREE), jésuile célèbre, 
né en i564 , mort à Paris te 19 mars 

616. 11 jouit de la farenr d'Henri IV 
long-temps avant d'ëire sou confes- 



mort a Tmgt huit ans, s'est acquis par seur. A la mort de Uenri il témoigna 
un petit nombre de ters une répula-!a plus vire douleur. C'est lui qni 
liou grande et méritée. On trouve ce| porta au collège des jOsuitcs de la 



cou 



aac 



COU 



Flèche le cœur de ce bon prince. La 
reine i-égeiiLe le Dooiniacoutesseurdu 
nouTe.iu roi Louis XUl , auquel il 
avilit enseigné la morale et la religion. 
Ed 1617 , le P. Colton quilla la cour, 
et paroourul le» provinces du midi en 
missionnaire et en apôtre. Il était 
pour son lemps un habile préciica- 
leur; il a laissé des sermons et quelques 
ouvrages de controverse et de piété. 

COTYS, nom commun à plusieurs 
rois de la Tbrace.de la Cappadocc 
et du Bosphore cliuméiieii. Le plus 
anciennement connu est t^otjs, roi 
de Thrace, vers l'an 600 avant J.-C 

COUCY (RioDL ou Rt.NiuD, chà- 
telain de) , né vers l'an iiCo. Il se lit 
remarquer par ses poésies. Parti pour 
la terre-sainte en 1191, il trouva la 
mort sous les murs d'Acre. C'est lui 
qu'on a désigné coinuie le héros dune 
aventure épouvantable , qui a fourni 
le sujet de deux tragédies bien noires. 
La même aventure a été attribuée par 
les Proven(;anx au tioubadour Cabes- 
taing , par les Italiens à un prince de 
Salerne , et par les Espagnols à un 
marquis d'Astorgas. Elle a élé tirée 
d'un conte du douzième siècle , re- 
nouvelé plusieurs fois. La famille de 
Coucy est irès-aiicicnne, et a produit 
dans ses dillérenles branches des per- 
sonnages illustres. 

OOULANGliS (Philippe - Emma- 
SUEL, mari|uis de), né à Pari» vers 
l'an iG5>, mort en 1716. Il lut d'a- 
bord conseiller au parlement cl ven- 
dit sa charge ; les fonctions graves de 
la magistrature s'alliaient fort peu 
avec sou humeur légère cl son esprit 
frivole. On a de lui un liecueit de 
chansons en 2 vol. in-ia. Paris, 1698. 
Il y en a fort peu de piquantes. Un 
trouve quelques-unes de ses lettres 
parmi celles de son illustre cousine 
germaine madame de Sévigné ; elles 
sont gaies et faciles. C'était un hom- 
me de beaucoup d'esprit. 

COULOMB (CuiKLtsAiccsT.N 
de), né en 173G, mort le :ô .l'oAt 
1S06. Cet ancien otticier au corps ilu 
génie fut l'un des plus grands pbjsi 
ciens de l'Europe. Il était de l'acadé- 
■nie des sciences et a publié plusieurs 
dissertations savantes. On estime sur- 
tout SCS Recherches sur r/ivi/ntu/ifut. 



COU PEKIN , nom d'une famille 
féconde en célèbres musiciens. Le 
plus anciennement coiiuu fut orga- 
niste de Louis Xin , et le plus ri- 
cent , organiste de la chapelle de 
Louis XV ; ce dernier a publié 4 Ypl. 
de pièces de clavecin. 

COURIER (Pacl-Lols), ancien 
ollieier supérieur d'artillerie légère , 
né vers 1774. assassiné U jo «vril 
i8x5> dans sa terre de la (^havoo; 
nière , près de Tours, s'est fait con* 
naître comme savant beliéniste et 
comme écrivain politique tres-spiri- 
tuei et très-piquant. Le recueil de ses 
pamphlets politiques et opuscules 
littéraires a été publié en iS;i6, i vol. 
in-? , et depuis en » vol- in-iS. La Hp 
tragique de Paul Courier a donné 
lieu a des poursuites juridiques qui 
ont été sans résultat. 

COUKT CE GEBELIN (Astoisb). 
né à Xinies en 1725, luorl le 10 mai 
17S4 àFranconville. Il est principaler 
ment connu par un ouvrage d'uue 
érudition immense en 9 vol. in-4» 
sous ce titre : he monde piimitif ana- 
lysé et compard avec te niondd moderne. 
H fut président du Musée , censeur 
rojal, lié avec les économistes, et 
partagea le rêve du magnétisme aui- 
raal. bon grand ouvrage est peu lu 
aujourd'hui. 

COUSIN (Jean) , peintre et sculp- 
teur , né à Souci prés de Seni . «écut 
sous les règues de Henri 11, FrancoU 
II , Charles IX et Henri III. On doit 
le regarder non-seulement comme 
le premier artiste qui se soit distinguo 
en France dans la peinture d'his- 
toire, mais encore comme un des 
plus grands maîtres de notre école. Il 
excellait à peindre sur verre ; ses ta- 
bicaui à i huile sont en très petit 
nombre; le plus célèbre dans ce 
genre est le Jugement dernier , i|ui a 
élé gravé par P. de Jade; c'est une 
composition immense. On admire son 
Tomhétm de Cavùrat Chabut. U a com- 
posé plusieurs ouvrages sur la peis- 
peclive et la géoniikrie. Son petit li- 
vre sur les proportions du corps hu- 
main est classique. 

CUUSTOU ( Nicolas ) , habile si», 
tuaire , né à Lyon le y janvier i65S , 
mort le i"' mai 1703. Le groupe re- 



cow 



2^9 



COY 



présenlaut la jonciiou dû la Seine 
ii»ec la Marne, qui e»l aui Tuilcri», 
«1 sorti lie lun cîti-au. Ou y »oil aussi 
de lui deux relouii de cbasse figu 
par des n>Qiplie> dont ihacune 
};roupéti avec un enfunt, La slalue de 
Jules-César, et surloul le Bcrgei 
chasseur. Son frère Guillannie , ne i 
Lyon en 1Ë7S , mort à Paris le 3< fé 
irr'ier 1746, fui élève de CoyicTbi, el 
âUrpasi^a le précédent. Parmi nés 
princi|iuux ouvrages , il faut placer 
le IVonlon du Cbâieau d'eau vis a-t 
le Ptildls-Rojal. le beau bas-relief 
(|ui décore la porle des lutalides , et 
les deui groupi'S qu'on voila l'entrée 
des Cbanips'Élysées, dotitrbacun est 
coujposé d'uu cbeval qui se cabre el 
d'un éruverqni le relient. 

COLTHOiN iGEORCEs), né en 
1756. D'abord avocat, sa bonne repu- 
talion lui avait fait donner le surnom 
de Calon. Devenu député à la con- 
ventiiin , ce cul de jatte se montra 
sanguinaire et froidement airoce. Il 
mourut sur l'ecbafaud lu iS juillel 

>79^- 

C O W L E Y ( AuBiBiii ) . célèbre 
poêle anglais , fils d'un marcband épi- 
cier , né à Loitdres en i6iS , mort le 
5 août 1667. Ses Odes pindarîtjues sont 
eslimee^. Il a laissé aussi quelqu 
pièces de tbéâlre. Buckingliani lui fil 
élever un monument à Westminster, 
près de ceux deCbauceret de Spen- 
sei'. C'était un boniuie d'un caractère 
modeste , égal et tempéré par une s 
gesse qui se fait remarquer dans tous 
ses écrits. 

COWLEY ( As-«B ) , Anglai.'ie qui 
s'est fait une réputation comme au- 
teur dramatique, naquit à Tiverlon en 
I7i5,ety mourut eu iSug. Ses piè 

Ices sont au nombre de onze; on a 
d'elle , CQ outre, trois poèmes épi- 
ques, 
COWPER. Ce nom est célèbre en 
^ 'Angleterrre. 1. Guittaume Cowp*'r , ce- 
' llèbre analomisle el cbirurgien de 
Londres, mort en 1710 , a laissé sur 
, Kon art des observations importantes. 
' Is. Guillaume Coieper, grand chancel- 
lier . mort le 10 oclobre I7î5 , avec 
|a rcpulaliond'un magistrat éloquent. 
' labileetinlè^-re. 5. Guillaume Cowpcr, 
■■ un des meilleurs poêles anglais du 



diiliuilième siècle, né en 171», 
imort en iSoo , a traduit, en «ers 
, blancs, riliade el •OJ.rsKc d'Homère. 
Son poème de la loche est fort es- 
timé. Il e<t . après 'Ibomsun , le 
poêle anglais qui a le mieux observe 
et peint 1.1 nature , el , après Millon , 
celui qui a le mieux écrit en vers 
blancs. 

COYER ( GiBiuL FaiKçois), né 
en Francbe-Comlè le ig novembre 
1707, mori à P.iris le 18 juillet 17.$». 
11 a publié des bagatelles muralen, 
une traduction du Commentaire de 
Blacksione , une Histoire de iean So- 
iieski^ en 3 vol. in-12 ; la noblesse 
commerçante et le petit roman de 
Chinkt , le tout assez médiocre. 

COYPEL (Noël), le premier d« 
tous ceux de ce nom qni se soit 
adonné à la peinture, naquil à Paris 
le 35 décembre iGxS ; il y mourut le 
s4 décembre 1707. Il fut eiuplové par 
Lonis XIV pour orner les maisons 
royales. Ses ouvrages sont remarqua- 
bles par des compositions heureuses , 
une belle expression , un bon goût 
de dessin et un coloris agréable. 11 
eut pour élèves ses deux fils, Antoine 
et ?ioel Co\pt:l , qui se dislinguèrcnl 
dan.s leur an. Le premier , ne à l'a- 
ris en ]ô6i , mourut le 7 janvier 
1733.11 inveiilail facilemeni, et expri> 
mait avec beaucoup de succès les pas- 
sions de l'anie. Ses composilionssont 
nobles , ses airs de fêle agréables. Le 
second, ne à Paris le 7 janvier 1668, 
mourut le i4 décembre 1734. Il se 
fait remarquer par la correcliou, l'é- 
légance, l'agrément du dessin, et par 
une imilation beureuse de et que la 
nature a de plus gracieux, t'barles 
Antoine, filsd'Anloine Coy pel , mort 
le i4 juin 1753, fut inférieur aux au- 
tres, quoiqu'il ait été pjemier peintre 
du roi : mais il a fait vingt-qualre 
pièces fie tbéâtre , dont quelques- 
unes obtinrent du succès dans leur 
uoureauié. 

OOYSEVOX (A»T0i*B). célèbre 
sculpteur, né à Lyon en 1640 , mort 
à Paris le 19 octobre 1730. On trouve 
de ses ouvrages anx Tuileries , à 
Versailles el à Marlv. C'est lui qui a 
fait le lumbeau du caidiual Mazariu. 

COYTHIER ( JicQiEs ) , premier 
30 



CRA 2 

médecin de Louis XT. 11 avait pris 
beaucoup d'ascendant sur l'esprit de 
ce prJBce , qui craignait prodigieuse- 
ment la mort , et par là il en tira des 
sommes ezorbitaotes. 

CRiBBE ( Geoege ) , doyen des 
poètes anglais , Ticaire de la petite 
TÎile de Trowbridge , où il îouissait 
de la plus haute considération , est 
mort en féTrier i85», à l'âge de 78 
ans. Sa mort j a été un sujet de deuil 
général. 

r.RANMEK ( TaoMis), premier 
arcfaert que prolestant de Cantorbèry. 
né en i48o , dans le comte de Nottin- 
gham, serait Henri VIII dans ralTaire 
de soD diTorce avec assez d'habileté 
pour obtenir à la fois les fareurs du 
•aint-siége et la contiance de son sou- 
Terain: tmbrassa la lefornie et la Gt 
établir sous le règne d'Edouard VI en 
employant la yiolence et la contrainte. 
A TaTenement de la princesse Marie 
au trône , il fut dénoncé, incarcéré, 
condamné au feu comme hérétique , 
et subit son supplice arec la plus 
grande intrépidité. 

CRANTOR, philosophe académi- 
eien , né à Soles dans la Cilicie , Ho- 
risiait Tersl'an ôo6 avant J.-C II fut 
a Athènes l'un des disciples de Xéuo- 
crate , et l'ami de Polèmon. Il arait 
fait plusieurs ouvrages, entre autres 
un Traité de Vafjliciion , dont Cicéron 
se servit dans 1 ouvrage qu^il ût pour 
sa propre consolation , après la mort 
de sa dlle Tullie. On en trouve aussi 
des frapmens dans Plutarque. On ne 
conoait ni l'époque précise de la nais- 
sance de tjjntor, ni celle de sa mort. 
CRAON. Maisou célèbre dans l'his- 
toire de Fiance . et qui a produit un 
grand nombre de guerriers. Elle re- 
monte à Maurice V de Craon , qui se 
croisa Pan 1J67 avec saint Louis. 

CRAPELET (Chablis), né le l5 
novembre 1763, mort le 19 octobre 
1809. Les ouvrages sortis des presses 
de cet imprimeur habile soûl remar- 
quables par la correction des textes, 
la netteté et l'élégance de l'impression. 
La plupart des viimettes qu'il employa 
furent faites d'après ses detains. 

C.RASSUS ( Lrcics-Liajiiin ) , Ro- 
main consulaire et orateur , débuta à 
l'âge de Ttn|t-un ans avec le plus grand 



CRA 

éclat au Forum, dans une cause conAe 
C. Carbon , ex-consul. A vingt-sept 
ans il lit absoudre par sou éloquence 
lavesîale Licinia, sa parente. Cicéron 
en fait le plus grand éloge. Il mourut 
Tan de Rome 661. 

CRASSCS ( Miacrs -Liciuits ) , 
consul romain. Il avait amassé des ri- 
chesses prodigieuses en vendant des 
esclaves , et exerça une espèce de 
triumvirat avec Pompée et César. Il 
fut tué dans une gtierre qu'il avait cii- 
treprbe contre les Parlhes Pan 609. 
Orode , roi des Parthes , lui fit couler 
de Por fondu dons la bouche , en di- 
sant ; « Rassasie-toi donc enOn de ce 
métal dont tu as été si affamé. » 

CRATER ou CRATÉaCS , méde- 
cin de Pomponius Atticus , dont Ci 
céron, Horace et Perse parlent d'une 
manière flatteuse. 

CRaTERI S ou CRATINXS, pein, 
tre grec, exerça son art dans Athènes 
et décora de ses ouvrages PédiGce 
nommé Pompe ion. 

CRATERÛS , un des capitaine: 
d'Alexandre , partagea sa contiancf 
avec Epbestion , et fut tué dans ui 
combat contre Eumène. 

CRATÈS, célèbre philosophe cy 
nique , disciple de Diogene. Il mou 
rut dans un âge très-avancé , et Oorif 
sait vers l'an a88 avant J.-C. II avai 
écrit plusieurs ouvrages en vers et e 
prose , dont il ne reste que quelque 
fragmens 

CRA1 ES , fils de Timocrates, ph 
losopbe stoïcien. Ils'attacha surtout 
faire des corrections sur l'Iliade et l'C 
dyssée. Il ouvrit an cours de littéri 
ture à Rome Pan i56 avant J.-C 

CRATESIPOLIS, reine de Sicyow 
célèbre par sa valeur. Après la moi 
de son mari Alexandre, Uls de Poh 
perchoD , sei suj etj s'étant rèvoltéi 
elle marcha contre eux et les força i 
se soumettre. Elle mourut l'an 3i, 
avant J.-C. 

CRATEVAS, botanist* grec «jni 
vécu du temps de Mitbridate , 
à ce prince deux plantes dont il 
découvert les propriétés , l'une tou* 
nomdemillriiiatia, l'autre sous c 
d'rupaloria. 

CRATINDS, yokXt d'Athèl 
tient un rang distingué parmi lespf 



CRE 2 

t(t de l'ancienne comédie. On lui at- 
tribue l'inventinnHiidranie satirique. 
)l mourut à quatre-»iogl-quiiiie an», 
au commencement de la guerre de 
l'eloponèse. 

CUAXIPPLS, philojoplie péripaté- 
licicD, ouvrit uuc école à Mytilèoe, 
«a patrie. Il se chargea dn l'éducation 
du fils de r.icéron. Il avait fait un 
Traité de la divination dti ionga, à la- 
quelle ilrrovait. 

CRATISilUS, géomètre grec de 
Téroli- de Platon, et dont Proclus 
nous a coiiserTé la mémoire dans con 
C 'rmfnliiire sur Euclide. La pcomé- 
tri'- lui était comme innée, et.Montu- 
c la le jiomme Icl'atcalde l'antiquité. 
( li.M'ON , né à Sicyone , intenta, 
eiiiv.int une tradition conservée parle 
plilliisopbe Atlii-nagoras , la graphie , 
iiu le dcs<in ombre par des hachures. 
On ijinore le temps où il vivait. 

CKAWFOKD (D.VV1D), historien 

et antiquaire écossais , né en i665 , 

mort en 17»6 , a écrit l'histoire de ce 

jmeetunc histoire de la famille 

■* dcsSluarts. 

AWFOlil) ( Aduk). célèbre 
cin et chimiste anglais, né en 
, mort le 29 juillet I7i)5. L'ou- 
auquel il doit sa réputation 
' nt une doctrine sur la chaleur 
:Ie et rinflaniualion des corps 
'l'tibles. 

,ÉBII.LO.N( Pbospb» JOLYOT 

. de l'académie française , né à 

1 le l5 févriei 16-4, mortàPa- 

1: Ml >7G2. (!e poète avait véritahle- 

ni< tit du génie , mais un génie brut 

<l -luvage, que ni l'éducation, ni le 

f Nt n'avaient perfectiocmé. Laplu- 

p:it Je aesrûlesde femmeêsont de la 

^1 is grande faiblesse ; il n'a jamaissa 

crttie aux grâces, et presque toutes 

se» pièces sont fondées sur des traves- 

lis.'-einenB et deschangemensde nom, 

petits moyens qui appartiennent plu- 

li't au roman qu'à la tragédie. Atrée , 

qut'iques scènes d'£/ccîre, et princi- 

' 'i-mput JîAurfnm(.s-/e , conserveront à 

' illou la réputation d'homme de 

: mais le style barbare qui déC- 

irop souvent ses meilleures piè- 

ompëchera toujours d'être com. 

Jans le nombre de nos auteurs 

-, ijiques. Madame de Pompadour 



CRE 

protégea Crébillnn pour chagriner 
Voll.aire , dont elle croyait aï>>ir à «c 
plaindre, quoiqu'elle en eut été beau- 
coup trop flattée. Louis XV devint 
son protecteur , fit imprimer ses ou- 
'tages au Louvre , et après sa mort 
lui lit ériger un tombeau. Crébillon, 
du reste , fut un très-bon homme, mo- 
deste , vrai, sensible , d'un abord fa- 
cile, oflicieux, enchanté du succès 
des jeuiu'sauteuis , et les échaulVant 
de aa tiamme. Il a dit de lui-même 
avec raison : 

« Aucun fiel u'a iacoaiscmpoUonDé 
ma plume. » 

r.Iir:BILLO\(Ci.»rT.F-pRo»ptR JO- 
LYOT DE ) , lits du précédent, naquit 
à Paris le li février 1807 , et il y mou- 
rut le u avril 1777. Ecrivain plein 
d'esprit, mais qui n'avait rien de 
commun av«c le génie de «on père , 
il n'a fait quedes romans, tel» que le 
Sopha Taniai et Héardané, Lettres 
athéniennes , Ah ! quel cmtr , etc. On 
y trouve ta peinture la plus ûdèle de« 
moeurs corrompues de ce qui s'appe- 
lait alors la très-bonne compagnie. La 
lèritè ne saurait être plus exacte , le» 
caractères mieux tracés, les r-ituations 
filées et graduées avec plus d'art. On 
peut le leparder comme le Pétrone 
français, mais il l'emporte sur l'au- 
teur latin dont la licence n'est guère 
moins elTiénée et moins grossière que 
la cour de Néron qu'il a voulu pein- 
dre. La gailé piquante , l'originalité 
des romans de Crébillon, surtout la 
vnrité de mœurs , les fera vivre tant 
qu'on «era curieux de connaître le» 
Français du dix-huitiéme siècle. On 
ne peut nier que le nôtre ne vaille 
beaucoup mieux. On a recueilli le» 
œuvres de Crébillon fils, en 7 volumes 
in-ia. 1779- 

CREECH (Thoï), néàBlaodfort 
en 1669, de parens peu aisés , vécot 
lui-même dans un état voisin de l'in- 
digence , et se pendit dans son cabi- 
net, en juin 1-00. Les anglais esti- 
ment surtout sa traduction de tucrice, 
en vers, Oxford, 1684, in-S". 

CRÉQt'I ( Jeis de ) , seigneur de 
Canaples, combattit contre Jeanne 
.d'Arc au siège de Compiègne. Char- 
|les-le-T*méraire le regardait comme 



CRE 2 

un dot plus habiles cbeEs de scn ar- 
mée. T^I mourutcn 1^43. 

CBÉQCI ( AnicixEDE ), comman- 
dait l'arlilKrie à la bataille de Ra- 
7fnne en i5ia. Use distingua à la 
bataille de Marignan en i5i3, et au 
siéae de Parme en i5i5 ; c'est l'année 
de sa mort. 

CRÉQL'K CbiïlesIde), de P.lan- 
cliefnrt et de Caoaples , duc de Les- 
diguières, maréchal de France, se 
rendit célèbre par ses exploits eo Sa- 
voie et contre les Espagnols, llfut lue 
d^un coup de cauoti au siège de 
Brème , le 17 mars ih58. S'U tilssui- 
■rit arec succès la carrière des armes 
sous Louis XI V. Il se battit avec Char- 
les V , duc de LoiToine , 1 1 lui ferma 
l'entrée de ses états. 11 mourut le 4 fe- 
irier 1687, à soiîante-trois ans. Le 
nom de Créqui a été illustré par d'au- 
tres personna ses. 

CRESCEMICS, romain qui Ters 
la fin du diîienie siècle s'efforça de 
rendre a sa patrie sa liberté et son 
antique gloire. 11 fut mis à moit par 
ordre de l'empereur Otbon III. 

CRESCIMI'.ENI (Jtis-MiRiE), cé- 
lèbre littérateur et poète italien , ne à 
Macératale 9 octobre i665 , mort le 
8 mars 172S. Il a publié une Histoire 
de la poésie italienne , 7 toI. iu-4 * 
fort estimée, et uue foule d'autres ou- 
vrages. Un lui doit l'établissement à 
Borne de l'académie des bergers d' Ar- 
cadie , dont il fut le premier gardien 
(custode ) , sous le nom d'Alphesibee. 

CRESTIN ! GrrLuricE) , poète 
(rançais du commencement du sei- 
zième siècle. Il vécut sous les rois 
Charles Vlll, Louis XII et François I, 
et fut charge par ce dernier d'écrire 
l'histoire de France : c'est ce qu'il fit 
en Ters enS Toi. in.fol. manuscrits, 
qui sont à la bibliothèque du roi. Ses 
poésies lurent estimées de (on temps, 
et l'ont plus fait connaître que son 
histoire. Marot a fait son epitapbe en 
termes honorables: mais Rabelais l'a 
raillé, sous le nom dehomina^rot>ist 
t'Ur son goût pour les pointes. Creslio 
mourut Terti 'an i5i5. 

CBESCS, asd'ilvattcroide Ly- 
die, naquit Ters l'an 591 avant J.-C. Il 
cuccédaàson père Ters l'an 56o avant 
J.-C II soumità son empire les peu- 



32 CRI 

pies grecs de l'Asie mineure , les I. 
niens, les ioliens et les Dorieus : :i 
leur imposa un tribut sans changer 1 j 
forme du pouTemement. 11 Kt fleurir 
à sa cour les sciences et les lettres , et 
}• attira de toutes parts les poètes et le s 
philosophes. Loisqu'il eut résolu de 
combattre Cyrus, il consulta l'oracle 
de Delphes, et pour se rendre le dif u 
favorable , il lui fit des offrandes , 
qui, d'après Hèrodoîe, s'élèveraient 
à plus de ao millions. Cyrus n'en fut 
pas moins vainqueur , et en mourant 
il recommanda son fils Cambyse à 
Crésus, qui lui douna de sages con- 
seils. 

CREVECOEKK (Pbiuppb di), ma- 
réchal de France, mort en i^gi, 
s'illustra par sa valeur, sous Cbarles- 
Ïe-Téméraire et Lcuis XL 

CRÉVIICR f Jeis-Biptiste-Loos), 
né à Paris en iC5g d'un ouvrier impri- 
meur, mort dans la même ville le 1 
décembre 1760. futprofesseur de rhé- 
thorique au collège de Beauvais et 
élevé de Rollio , dont il achrva l'his- 
toire romaine depuis le neuvième vo- 
lume jusqu'au seizième. 11 publia en- 
suite VEistoire des empereurs , 1 i^vol. 
in-is : r Histoire de t'unicersilé, 7 Toi. 
in-i a ; une Bhétorique française, 3 
Toi. in-i>. On tiouve dans ses histoi- 
res de l'evactitude dans les faits , des 
pensées justes, des réilexions utiles, 
des sentimens purs; maisil esllrès-in- 
ferieur à Rollin 1 our l'élévation des 
pensées, le coloris et la noblesse de la 
diction. Son style en général est pe- 
sant, diffus et néglige. 

CREXDS, musicien grec, contem- 
porain de Tiroothée , passe pour être 
le premier qui ait fait entendre sépa- 
rément du chant le jeu des instru- 
mens. Plutarqne le traite de trop bardi 
et d'amateur d'innovation. 11 vi>ait 
environ ioo ans avant l'ère TulgairC. 

CRILLON ( Locis de BALBE ou 
BALBIS DE BERTON de ), ami de 
Beuri IV , et l'un des plus grands 
guerriers du seizième siècle. Né ea 
\hUx , il mourut le 1 décembre iGlS. 
L'histoire montre le brave Crillon 
brillant dans les combats , sage dans 
le conseil, esclave de ses devoir» et de 
sa parole ; mais il portait la franchise 
jusqu'à la rudesse, était pointilleux 



CRI a 

cl jurai l. Ce n'en est pas moins de 
tous les Français celui qui ressembla 
lepIusàBa\ard. Il a éclipsé Us autres 
personnages qui ont porté le nom de 
Crillon, et après lui uous n'en parle- 
rons pas. 

CRI NAS, médecin, né à Marseille, 
dans le premier siècle de Tèrc chré- 
tienne, alla s'établir a Rome, éclipsa 
tous ses confrères , en mêlant à la pra- 
tique de son art lesionpleriesdu cliar- 
latanismi? et de la superstition, amassa 
des richesses immenses, dont il em- 
ploya iilus de la moitié à élever les for- 
tifications de sa Tille natale. 

CRISPINE ( llBCTru-CRispixi ), 
était fille de Bruttius Prœseiis , séna- 
teur romain qui avait été deux Ibis 
consul sous le réprie de l'empereur 
Antonin. Marc-Âuréle la maria à 
Commode , son lils. Surprise en adul- 
tère par son époux, elle fut exilée à 
Caprèc et mise a mort suivant Dion , 
en ménie temps que Lucille , femme 
de L. Vérns et sa-ur de Commode. 

CKISPtIS(FtATirs JtJLiis), fils de 
Constantîn-Ie-Graod , né vers le mi- 
lieu du 3® siècle, élève du célèbre 
Laetancc , eut des succès brillans sur 
terre et sur mer, et ses vertus pro- 
mettaient un règne heureux, lorsque 
Fausta sa belle-mère, pour ouvrir 
l'accès du trône a ses lils l'accusa de 
brûler pour elle d'une tlanime inces- 
tueuse. Constantin irrité (it périr ce 
Dialheureux prince, reconnut trop 
lard son erreur, et lui lit élever une 
statue d'argent doré. 

CPiITlAS. Cicéron le cite comme 
xin des meilleurs orateurs d'Athènes ; 
il fuldîsciple de Socrale, et quelques 
fragmens qui nous restent de lui prou- 
Tentqu'il avait du talent pour la poé- 
sie. Devenu l'un des trente tyrans 
d'Athènes , il fut le plus cruel de ses 
collègues. Il fut tué dans une bataille 
l'an 4oo avant J.-C. 

CRITIAS ( Kesiotes ), sculpteur 
grec, a vécu iësans avant J.-C. 11 fut 
le contemporain et l'eniule de Phi- 
-dias. Athènes renfermait plusieurs de 
ses ouvrages, entre autres les statues 
d'Harmodius et d'Aristogiton. 

CRITOLADS, né en Lydie, vint 
étudier la philosophie à Athènes. U 
fut l'un des disciples d'Ariston de 



>3 CRO 

Ceos, et devint, après sa mort , chel 
de l'école péripatéticienne. 

CRITOLAIJS, général achéen, fut 
un des principaux auteurs de la guerre 
cnntrc les Romains, qui amena la 
ruine de la Grèce Vaincu par Mé- 
tellus, préteur de la Macédoine, l'an 
1^6 avant J.-C , il s'enfuit à Scarphée, 
ville de la Locride , et des auteurs di- 
sent qu'il s'empoisonna après cette 
défaite. 

CRITOV, riche Athénien, ami in- 
time et disciple de Socrate , était le 
seul qui eût inspiré assez de confiance 
à ce philosophe pour (ju'il eOt recours 
à lui dan> ses besoins. Lorsque ce der- 
nier eut été condamné à mort, Crilon 
corrompit les geôliers et lui offrit le 
mojen de s'échapper; mais Socrale 
refusa. Criton avait écrit dix-sept dia- 
logues , dont aucun ne nous est par- 
venu. 11 avait quatre fils, qui furent 
tous comme lui disciples de Socrate. 
Il y eut à Athènes un statuaire , et à 
Rome deux médecins du même nom : 
l'un d'eux fut médecin de l'empereur 
Trajan. 

CKOMWliL (Olitib» ), personnage 
fameux dans l'histoire moderne. Il na- 
quit le 35 avril 1599 , à HuDtingdon, 
comté d'Angleterre. Dès sa première 
jeunesse il tut préoccupé d'idées de 
grandeur et de fortune, et sa conduite 
tut assez iriégulière; mais marié à 
vingt-un ans , il prit dès-lors un Irain 
de vie sape et réglé, et revint dans son 
pays natal. En i6>8 , il fut élu mem- 
bre du parlement : il se sign.ila par 
ses déclamations contre le papisme. 
La dissolution de ce parlement déran- 
gea sa fortune , mais il trouva moyen, 
par une intripuc astucieuse, de se 
faire choisir pour député de l'univer- 
sité de Cambridge au lung parUnunt. 
Il fut bientôt admis à tous les secrets 
de la faction qui s'éleva contre t^har- 
les I. U leva un réginientde cavalerie, 
qu'il commanda avec habileté et bra- 
voure. On le Tiomma lieutenant-géné- 
ral de cavalerie ; ce furent ses con- 
seils, son courage et son activité ,qui 
décidèrent le succès des deux grandes 
batailles en 164& et iC45- Ces deux 
actions amenèrent la ruiue du parti 
oyaliste et les desastres de l'infortuné 
Charles I. L'ambition de Cromwel ne 
30. 



CRO 



254 



CUJ 



connaît plus de bornes, il dissout 
cette même chambre des communes 
qui Pavait éleyé si haut, fait passer à 
Tai-mée la prépondérance du jouvoir, 
et le 16 décembre 1Ô55 le nouveau 
parlement, dont il avait dirigé la com- 
position , le déclara Protecteur de la 
république d'Angleterre , d'Ecosse et 
d'Irlande. Charlesl n'existait plus de- 
puis le 00 janvier 1649, et Cromwel 
avait eu la plus grande part à ce meur- 
tre. Olivier, qui voulut et n'osa pas 
prendre le titre de roi , régna sous le 
titre de protecteur , et n'en fut pas 
plus heureux. Tourmenté sans cesse 
par la crainte d'être assassiné pendant 
la nuit, il ne couchait jamais deux 
fois de suite dans la même chambre , 
et mourut de la lièvre le l5 septem- 
bre i653 , âgé de 69 ans. Ses grands 
talens et ses grands crimes l'ont con- 
damné à une r>-noinméc éternelle^ sui- 
vant l'expression de Pope. Ladétiance 
était le trait le plus marqué de son 
caractère : il sut se maintenir autant 
par l'artitice que par la force, et cou- 
vrit des qualités d'un gi-and roi tous 
les crimes d'un usurpateur. Notre ca- 
dre est trop étroit pour peindre un 
homme comme Cromwel ; mais une 
foule d'historiens ont écrit sa vie , 
celle de Haguenet est estimée. De nos 
fours, M. Villemain en a publié une 
qui préludaità ses ti'iompbes dans la 
littérature. Cromwel avait été em- 
baumé et enterré avec maguifîcenee , 
mais il fut exhumé en i665 , au com- 
mencement du régne de Charles II , 
trainé sur la claie , pendu et ense- 
veli au pied de la potence. Son lils , 
Richard, lui succéda dans le protec- 
torat , mais n'ayant ni son ambition , 
ni ses talens , et trouvant des obsta- 
cles, il aima mieux se démettre 
1669 , que de régner par des assassi- 
nats. Il parvint à une grande vieil- 
lesse, cultivant les vertus privé 
moins puissant, mais plus heureux que 
son père, et mourut eu juillet i' 
Duc partie de la famille de ce tyran 
protecteur disparut , l'autre reprit 1 
nom de Williamsqu'elle avait quitté, 
et échappa ainsi à l'exécration puhl' 
que. 

C R M W E L ( TiroM »s ) , comte 
«l'Esseï , célèbre politique anglais. 



Gis d'un forgeron. Il apprit l'art de la 
guerre sous le duc de Bourbon, et la 
politique sous le cardinal Wolsey. H 
int premier ministre de Heori 
VIII, et le servit avec zèle dan» l'af- 
faire d* la réformation , mais il en- 
courut sa disgrâce pour s'être mêlé de 
son mariage avec Anne de Clèves. 
Accusé de haute trahison et d'héré- 
sie , il fut condamné sans être enten- 
du , et déca|iilé le 38 juillet i54o, 
s mois après sa plus grande élé- 
vatjon . 

CTÉSIAS, né à Guide, se livra i 
la profession de la médecine. Il fut 
long - temps attaché à la cour de 
Perse en qualité de médecic , et y fut 
employé à diverses négociations. Il 
avait écrit l'histoire de ferse; Dio- 
dore de Sicile y a puisé. 

CTESIBU'S , mécanicien célèbre, 
florissait en Ég.vple ij4 ai« avant Jé- 
sus-Gbrisl. Fils d'un barbier, et bar- 
Mtr lui-même , il dut à son seul gé- 
nie ses talens et sa célébrité. Il trou- 
a l'orgue hydraulique, et fut inven- 
eur de ta clepsidre , o\i horloge mé- 
canique; nu lui attribue aussi la dé- 
couverte du helopeaeca , ou fusil à 
vent, et de la pomp« aspirante ef 
foulante à deux corps de pompe qui 
porte encore son nom. 

CT ES IL