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Full text of "Manuel de paléographie latine et française du IVe au XVVIIe siècle: suivi d ..."

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PROPERTY OF 
MIDDLE ENGLISH DICTIONA 



MANUEL 



DE 



PALÉOGRAPHIE 



PROPERTY OF 
MIDDLE ENGLISH DICTION 



MAÇON, IMPRIMERIE PROTAT FRERES 






MANUEL 



DE 



PALÉOGRAPHIE 

LATINE ET FRANÇAISE 

DU VI« AU XVII* SIÈCLE 



8UIYI d'un 



DICTIONNAIRE DES ARRÉVIATIONS 



AVEC 



23 FAC-SIMILÉS EN PHOTOTYPIE 



PAR 



Maurice ^OU 

Archiyiste paléographe 

Ancien membre de l'École française de Rome 

Sons-bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale 




PARIS 

ALPHONSE PICARD, ÉDITEUR 

Libraire des Archives nationales et de la Société de V École des Chartes 

82, Rue Bonaparte, 82 

1890 



PROPERTY OF 
MIDDLE ENGLISH DICTIONARY 



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A MON MAITRE 



M. LEON GAUTIER 

Membre de l'Institut 
Professeur de paléographie à l'Ecole des Chartes 



HOMMAGE 



DE 



RESPECTUEUSE RECONNAISSANCE 



PRELIMINAIRES 



g 1 . — Définition de la paléographie. 

La paléographie est la science des anciennes 
écritures. Elle a pour but le déchifFrement des 
écritures de l'antiquité et du moyen âge. Son 
domaine s'étend à toutes sortes de documents 
écrits : inscriptions^ monnaies, sceaux et manus- 
crits. Nous ne traiterons ici que de la paléographie 
du moyen âge. De plus, nous laisserons de côté 
les inscriptions, les légendes des monnaies et celles 
des sceaux : leur étude regarde plus spécialement 
l'épigraphie, la numismatique et la sigillographie. 

On s'en tiendra donc ici à l'étude et au déchif- 
frement des manuscrits latins et français compris 
entre le v® et le xvii® siècle. 



2 PRÉLIMINAIRES 

Parmi les manuscrits, il convient de distinguer 
les livres ou manuscrits proprement dits, et les 
actes publics on chartes. Ainsi, toutes les fois qu'il 
sera question de manuscrits, il faudra entendre par 
là les transcriptions d'œuvres littéraires, histo- 
riques ou scientifiques, comme aussi les livres 
liturgiques. Sous la désignation de chartes, on 
comprendra tous les actes émanés de personnages 
ayant qualité pour dresser des actes publics, 
comme les notaires, les officiaux, les seigneurs, les 
évêques, etc. Les diplômes sont plus spécialement 
les actes rédigés dans les chancelleries des souve- 
rains, les privilèges et les édits royaux et impé- 
riaux. Quant aux registres des chancelleries, ils 
peuvent être rangés, suivant le plus ou moins de 
soin apporté à leur transcription, tantôt dans la 
classe des manuscrits, tantôt dans celle des 
chartes. 

Il importe de ne pas confondre la paléographie 
et la diplomatique. Ces deux sciences, très voi- 
sines, se prêtent un mutuel secours; cependant 
leurs champs d'action sont distincts. La première 
a pour objet l'étude des caractères extérieurs des 
actes ; la seconde, l'étude de leurs caractères 
internes et constitutifs. Un savant qui connaît les 
règles de la diplomatique peut déterminer, d'après 



PRÉLIMINAIRES 3 

le Style, d'après l'emploi de telle ou telle formule, 
l'époque à laquelle un acte a été rédigé ; la con- 
naissance de la paléographie lui permettra de 
déterminer dans quel siècle ce même acte a été 
transcrit. En un mot, comme l'a si bien dit le 
savant professeur de l'Ecole des Chartes, M. Léon 
Gautier, le paléographe étudie le corps des chartes, 
le diplomatiste en étudie l'âme. 



g 2. — Les diverses périodes de V histoire de 

V écriture en France, 

Tous les paléographes ont cherché à répartir en 
un certain nombre de périodes l'histoire de l'écri- 
ture. L'écriture, comme tous les autres arts, s'est 
modifiée peu à peu, plus ou moins vite suivant les 
régions. Une seule fois en France il y a eu une 
révolution dans l'écriture, c'est au temps de Char- 
lemagne. C'a été là une réforme voulue. Mais 
ensuite l'écriture s'est transformée inconsciem- 
ment sous les influences les plus diverses. De 
sorte que toutes les divisions qu'on a proposées 
sont plus ou moins factices et arbitraires. 

Si l'on considère trois manuscrits de même 
nature, mais chronologiquement très éloignés les 



4( PRELIMINAIRES 

uns des autres, par exemple, un manuscrit du 
IX® siècle, un autre du xii** siècle, un troisième du 
XV® siècle, on sera frappé des différences que pré- 
senteront les trois écritures ; rien ne sera plua 
facile que de les caractériser. La première écri- 
ture pourra être qualifiée Caroline, la seconde 
romane, la troisième gothique. Cependant ces 
trois écritures marquent simplement trois étapes 
dans le développement d'une même écriture. Lea 
deux dernières, celles qu'on pourrait appeler la 
romane et la gothique, ne sont que des modifica- 
tions de la minuscule Caroline. Comment ce genre 
d'écriture se transforma peu à peu depuis le 
IX® siècle jusqu'au commencement du xvii® siècle, 
c est ce que nous essaierons de montrer à nos 
lecteurs par une série de planches qui leur appren- 
dront, mieux qu'aucune définition, à reconnaître 
l'âge d'un document. 

En Italie, il y eut au xv® siècle une réforme dans 
l'écriture, analogue à celle qui s'était produite en 
France sous Charlemagne. Les humanistes aban- 
donnèrent le genre d'écriture dit gothique poui" 
remettre en usage la minuscule Caroline, avec des 
majuscules de forme capitale. Cette écriture fut 
adoptée par les imprimeurs italiens. Elle ne péné- 
tra en France qu'assez tard. Son influence se fit à 



PRÉLIMINAIRES 5 

peine sentir dans quelques manuscrits exécutés au 
XV® siècle. Car, après Tinvention de l'imprimerie, 
on ne fit plus guère comme manuscrits que des 
livres de prières, où l'usage de la gothique fut 
souvent conservé. Dans les actes publics et dans 
la correspondance journalière, on continua d'em- 
ployer une cursive dérivée des écritures antérieures, 
mais de plus en plus dégénérée et illisible. Enfin, 
au XVII® siècle, sous l'influence des livres imprimés, 
l'écriture revint à des formes plus pures ; un cer- 
tain nombre de signes s'introduisirent qui rappe- 
laient les caractères typographiques. L'écriture 
moderne était née. 

11 n'y a donc en France, au moyen âge, que 
deux périodes dans Thistoire de l'écriture : l'une 
qui s'étend depuis lepoque romaine jusqu'au 
règne de Charlemagne, l'autre qui commença sous 
le règne de Gharlemagne pour finir au xvii® siècle. 

Nous diviserons ITiistoire de la paléographie 
française en trois chapitres : 

i® La période anté-carolingienne, du v® siècle à 
la fin du VIII® siècle. 

2® La réforme carolingienne (ix® et x® siècles). 

3® La période post-carolingienne, du xi® au 
XVII® siècle. 



PRELIMINAIRES 



3. — Bibliographie. 



Nous n'avons pas la prétention de dresser ici la 
liste de tous les ouvrages relatifs à la paléographie 
du moyen âge * . 

Il nous suffira d'indiquer les plus importants^ 
Nous atteindrons ainsi un double but. En même 
temps que nous ferons connaître aux étudiants les 
traités, mémoires et atlas auxquels ils devront 
recourir s'ils veulent poursuivre leurs études paléo- 
graphiques, ce sera pour nous un moyen d'acquit- 
ter en partie notre dette envers les auteurs 
auxquels nous avons fait le plus grand nombre 
d'emprunts pour la composition de ce manuel. 

Ajoutons encore que la liste alphabétique qui 
suit permettra d'abréger les renvois dans le corps 



1. Voyez Bibliotheca diplomatica dans Barîngius, Clavia diplomatica; 
Namur» Bibliographie paléograpkico-diplomaiico-bibliologique générale, 
Liège, 1838, 2 toI. in-S*"; Hessels, The palœographical publications ofthe 
last twenty^five yearsy dans The Academy^ numéros des 20 sept., 4 et 11 
octobre 1884; Pirenne, Sur Vétat actuel des éludes de paléographie et de 
diplomatique, dans Revue de l'Instruction publique en Belgique, t. XXIX, 
2* lirraison de 1886; A. de Bourmont, Paléographie et diplomatique, dans 
Congrès bibliographique international, Paris, 1888, in-8''. 



PRéUMINAIRES 7 

de l'ouvrage. Les monographies ou les ouvra 
ges d'un caractère spécial seront indiqués au chapi- 
tre où sera traitée la matière à laquelle ils se 
rapportent. 

Album paléographique ou recueil de documents importants 
relatifs à Vhistoire et à la littérature nationales reproduits en 
héliogravure,,, par la Société de TEcole des Chartes. Paris, 

1887, in-fol. (Introduction où M. Delisle a donné la liste des 
plus importantes reproductions de manuscrits en photogravure 
publiées en France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Dane- 
mark, Espagne, Italie, Russie et Suède]. 

Archivio paleografico italianoy vol. I, Miscellaneoy fasc. I, II 
et III. Rome, 1882-1888, in-fol. — Vol. II. Monumenti paleogra* 
fici di Romay fasc. I. Rome, 1884, in-fol. (sous la direction 
de Monaci et Paoli ; héliotypie). 

Arndt (W.). Schrifttafeln zur Erlernung der lateinischen 
Palaeographie. Berlin, 1874, in-fol. — 2« édit. Berlin, 1887- 

1888, in-fol., 1" et 2« fascicules. 

Baringius (Dan. Eberh.). Clavis diplomatica^ specimina vête- 
rum scripturarum tradens,,, Hanoverae, 1754, in-4**. 

Bastard (A. de). Peintures et ornements des manuscrits classés 
dans un ordre chronologique^ pour servir à Vhistoire des arts du 
dessin y depuis le iv* siècle de l'ère chrétienne jusqu'à la fin du 
XVI® siècle y in-fol. * 

Battheney. L'Archiviste françoisy ou méthode sure pour 
apprendre à arranger les archives et déchiffrer les anciennes 
écritures, 2« édit., Paris, 1775, in-4<>. 



1. Voyez, pour les différents états de cette publication et le classement 
des planches, Delisle, Vœuvre paléographique de M, le comte de Baêtard, 
dans Bibl. de tEcole des Chartes, t. XLIII (1882), p. 498. 



8 PRËLIMINAIBES 

Blass (F.). Article Palaeographie dans Handbuch der klass» 
Altertumswissenschaft. Noerdlingen, 1886, in-8**. 

Bond (E. A.) et Thompson (E. M.). The Palaeographical 
Society > Facsimiles of manuscripts and inscriptions, London, 
1873-1883, in-fol. (photogravure ; voyez Bibliothèque de V Ecole 
des Chartes^ année 1884, p. 533). — Second séries, 1884 et ss. 
(livraisons annuelles de 20 planches). 

Bourmont (A. de). Lecture et transcription des vieilles écri^* 
tures. Manuel de paléographie des xvi®, xvii®, xviii® siècles, 
Caen, 1881, in-fol. 

Garini (I.). Sommario di paleografia... appunti per la nuova 
scuola Vaticana. Rome, 1888, in-8°. 

Catalogue of ancient manuscripts in the British Muséum. 
Part II, Latin, London, 1884, in-fol. (avec 61 planches auto- 
typiques). 

Champollion (A.). Paléographie des classiques latins. Paris, 
1837, in-4^. (Texte et 12 planches lithographiées.) 

Chassant (A.). Dictionnaire des abréviations latines et fran^^ 
çaises,.. du Moyen-Age (5® édit.). Paris, 1884, in-12. 

Chassant (A.). Paléographie des chartes et des manuscrits du 
xi^ au XVII® siècle (8« édit.). Paris, 1885, in-i2. 

Châtelain (E.). Paléographie des classiques latins, Paris, 
1884-1888, in-fol., livraisons 1 à 6. (Héliogravure Dujardin. 
En cours de publication. L'éditeur suit Tordre chronologique 
des auteurs latins.) 

Collezione fiorentina di fac-simili paleografici greci e latiniy 
publ. par G. Vitelli et C. Paoli. Florence, 1884-1888, in-fol. 
(En cours de publication.) 

Delisle (L.). Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque 
impériale, Paris, 1868-1881, 3 vol. in-4^, avec un atlas in-4® 
de 50 planches lithographiées et 1 planche en chromolitho- 
graphie. 



PRELIMINAIRES Vf 

Delisle (L.). Mélanges de paléographie et de bibliographie, 
Paris, 1880, in-8°; avec un atlas de 8 héliogravures. 

Delisle (L.). Mémoire sur V école calligraphique de Tours au 
IX® siècle, Paris, Impr. nat., 1885, in-4® (extrait du t. XXXII, 
1'® part., des Mémoires de V Académie des Inscriptions)» 

Ellis (Robinson). XII facsimiles from latin manuscripts in the 
Bodleian library, Oxford, 1885, in-4**. (Zincogravure. Manus- 
crits de classiques latins.) 

Facsimili di antichi manoscritti per uso délie scuole di filologia 
neolatina, publ. par Ë. Monaci. Rome, 1881-1883. 2 fascicules 
in-fol. (photogravure). 

Gloria. Compendio délie lezioni teorico-pratiche di paleo" 
grafia e diplomatica. Padoue, 1870, in-8^ ; avec atlas. 

Hulâkovsky (J.-A.). Abbreviaturse vocabulorum usitatse in 
scripturis prœcipue latinis medii sévi. Pragae, 1852, in-4®. 
(lithogr.). 

Les plus anciens monuments de la langue française (ix*- 
X® BiQcXe) publiés avec un commentaire philologique par G. Paris. 
Album publ. par la Société des anciens textes français, Paris, 
1875, in-fol. (Héliogravure Dujardin.) 

Mabîllon (Dom Jean). De re diplomatica libri VI. Paris, 1681 
et 1709 (avec supplément, 1704), in-fol. — 2® édition; Naples, 
1789, 2 vol. in-fol. 

Musée des Archives départementales. Recueil de fac-similé 
héliographiques de documents tirés des Archives des préfectures y 
mairies et hospices. Paris, Impr. nat., 1878, in-4°, avec 
atlas in-fol. 

Musée des Archives nationales. Documents originaux de 
rhistoire de France, exposés dans l'hôtel Soubise. Ouvrage 
enrichi de 1.200 fac-similé des autographes les plus impor- 
tants depuis l'époque mérovingienne jusqu'à la Révolution fran- 
çaise. Paris, 1872, in-4**. 



10 PRÉLIMINAIRBS 

Nouveau traité de diplomatique,,, par deux religieux béné- 
dictins (Dom Tassin et Dom Toustain). Paris, 1750-1765, 
6 vol. in-4®. 

Paoli (G.) Programma scolastico di paleografia latina e di 
diplomatica, I. Paleografia latina (2* édit.). Florence, 1888, 
in-8«. 

Quantin. Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienne ^ 
contenant les notions nécessaires pour l'intelligence des 
anciens monuments manuscrits, avec un grand nombre de 
fac-similé. Paris, 1866, in-4**. (l'« encyclopédie théologique 
de Tabbé Migne.) 

Recueil de fac-similés à l'usage de l'Ecole des Chartes. Paris, 
A. Picard, 1880-1887, 4 fascicules in-fol. 

Renaud (Hyacinthe). Paléographie française, ou méthode de 
lecture des mss. français du xiii* au xvii® siècle. 1860, in-4®. 
(lithogr.). 

Schum (W.). Exempla codicum Amplonianorum Erfurtensium^ 
sseculi IX'XV. Mît 55 Abbîldungen auf 24 Blattern. Berlin, 
1882, grand in-4^ (autotyp.). 

Sickel (Th. von). Monumenta graphica medii ses^i ex archivis 
et bihliothecis imperii Austriaci collecta. Vienne, 1859, 1 vol. 
in-4** (texte) et 3 vol. in-fol. (atlas de photographies). 

Silvestre (J.-B.). Paléographie universelle. Collection de 
fac-similés d'écriture de tous les peuples. et de tous les temps. 
Paris, 1839-1841, 4 vol. in-fol. 

Silvestre (J.-B.). Universal Palaeography, or fac-similés of 
tvritings of ail nations and periods.,,, by J.-B. Silvestre, accom- 
panied by an historical and descriptive text... with corrections 
and notes by sir Fr. Madden. London, 1849, 2 vol. in-S** 
et atlas in-folio. (Palœographical Album,) 

Thommen (R.). Schriftproben aus Handschriften des XIV- 
XVIJahrhunderts. Bâle, 1888, in-4o (lithographie). 



PRéLIMINAIRES 11 

Thompson (Ë. M.]. Article Palœography dans Encyclopsedia 
Britannica, vol. XVIII (1885). 

Vaines (Dom de). Dictionnaire raisonné de diplomatique, 
Paris, 1774, 2 vol. in-8^ — 2« édition; 1865, 2 vol. in-8^ 

Wailly (N. de). Éléments de paléographie. Paris. 1838, 2 vol. 
in-4«. 

Walther (Jo. Lud.). Lexicon diplomaticum, abhreviationes 
syllabarum et vocum in diplomatihus et codicibus a saeculo VII t 
ad XVI usque occurrentes exponens. Gottingae, 1747, in-fol. 

Wattenbach (W.). Anleitung zur lateinischen Palœographie. 
(4« édit.). Leipzig, 1886, in-4^ 

W^attenbach (W.). Das Schriftwesen im Mittelalter (2* édit.). 
Leipzig, 1875, in-8®. 

Wôpfiflin] Article Palœographie dans Baunieister,'Z)e/iA:m5/er 
des Klassischen Altertums (1888) p. 1126. 



g 4. — Origine de r alphabet latin. 



L'alphabet latin * est dérivé directement de l'al- 
phabet grec usité dans les colonies chalcidiennes 
du Midi de l'Italie et de la Sicile : Cumes, Naples, 
Rhegium, Naxos, Messine et Himera. 



1. Voyez F. Lenormant, E$sai sur la propagation de F alphabet phénicien 
dans Vancien monde. Paris, 1874-1875, t. I et t. II, part. I (oavrage 
inacheTé); F. Lenormant, y<* Alphahetum dans Daremberg* et Saglio, 
Dictionnaire des Antiquités ^ Paris, 1873, in-4''; Baumeister, Denkmàler 
des Klassischen Altertums, y** Alphabet f Munich, 1885, in-8*. 



12 PRÉLIMINAIRES 

A l'origine, il se composait de vingt et une lettres, 
y compris le Z, ajouté par les Latins à l'alphabet 
grec. 

L'alphabet latin subit dans l'antiquité quelques 
modifications. Rappelons les plus importantes. 
Des deux sifflantes S et Z, la seconde fut aban- 
donnée dès avant la rédaction de la loi des Douze 
Tables. On la remplaça par SS. Mais, au temps de 
Cicéron, le Z fut remis en usage. A la même 
époque, les Romains empruntèrent aux Grecs l'Y. 

L'alphabet latin primitif ^avait deux gutturales, 
G et K. La première de ces deux lettres représen- 
tait le son que nous notons par G ; la seconde 
servait à figurer la gutturale dure R. Les guttu- 
rales de la langue latine étant devenues dures , la 
différence entre le G et le R disparut. Un seul 
signe. G, servit dès lors à représenter la gutturale. 
Au temps où fut rédigée la loi des Douze Tables, 
R était déjà tombé d'usage. Il persista comme 
lettre initiale dans quelques noms propres et 
devant A. Plus tard, on sentit de nouveau le 
besoin de distinguer les deux gutturales. Le G 
continua d'être employé pour figurer le son guttu- 
ral dur ; une modification apportée au G dans le 
cours de la seconde moitié du v® siècle, de Rome, 
donna naissance au G, qui devint la notation de la 
gutturale douce. 



PRÉLIMINAIRES 13 

L'alphabet latin ne subit plus aucun changement. 
L'empereur Claude tenta en vain d'introduire 
l'usage du digamma pour distinguer le Y consonne 
du V voyelle. 

Au vi'' siècle après Jésus-Christ, l'alphabet latin 
comprenait donc vingt-trois lettres : A, B, C, D, 
E, F, G, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X, 
Y, Z. Tel est l'alphabet dont l'usage s'est cons- 
tamment maintenu dans notre pays depuis l'anti- 
quité jusqu'à nos jours. 



I 



rfjb 



CHAPITRE PREMIER 



PERIODE ANTE-CAROLINGIENNE 



Du v^ au viii^ siècle» on a employé cinq espèces d'écri- 
tures : 

1^ La capitale ; 
2® L'onciale ; 
3® La demi-onciale ; 
4® La cursive ; 
5^ La minuscule. 



§ 1 . — Ecriture capitale. 

L'écriture capitale est celle dont les Romains ont fait 
le plus anciennement usage. Elle a été la source de toutes 
les autres espèces d'écritures latines. Nos imprimeurs s'en 
servent encore aujourd'hui pour les titres des livres. 
La forme de ces caractères n'a pas essentiellement changé 



PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNE 16 

depuis l'antiquité. Elle a été surtout employée dans lea 
inscriptions romaines. Mais on en a fait aussi usage dan& 
les livres, particulièrement dans les livres de luxe. 

Nous n'insisterons pas sur les manuscrits en capitale ^ 
ils sont rares et pour la plupart déjà publiés. La non 
séparation des mots est d'ailleurs la seule difficulté que 
présente leur déchiffrement. La date de ces sortes de 
manuscrits est presque toujours incertaine. 

La liste des manuscrits en écriture capitale a été don- 
née par W. de Gray Birch dans The history.,.. of the 
Utrecht Psalter. Des feuillets des plus remarquables 
d'entre eux ont été reproduits par Zangemeister et 
Wattenbach, Exempta codicum latinorum litteris majus'^ 
ciilis scriptoruTHy Heidelberg, 1876 et 1879, in-fol. 

Nous citerons le Virgile du Vatican (Vat. lat. 3256, 
Dionyslanus) dont quelques feuillets sont à la bibliothèque 
de Berlin. Peut-être remonte-t-il au m® siècle. (Fac-similé 
dans les Abhandlungen de l'Acad. des sciences de Berlin, 
Phil. hist. Classe, 1863; Exempla, tab. XIIII; Châte- 
lain, Paléog. des classiques^ pi. 61.) On conserve à 1» 
bibliothèque du Vatican trois autres manuscrits de 
Virgile en capitale, celui qu'on désigne plus spécialement 
sous le nom de Vaticanus (Vat. lat. 3225), qu'on attribue 
au IV* siècle [Palœographical Society ^ fac simileSy anc. 
pi. 116 et 117 = t. II, pi. 6 et 7; Mélanges de l'Ecole 
fr. de Rome, IV« année, 1884, pi. V àX; Châtelain, 
Paléog. des classiques^ pi. 63) ; un autre, plus récent, le 
Palatinus (Palat. 1631 ; fac-similé dans Palœographical 
Society, anc. pi. 115 = t. II, pi. 5; Châtelain, Ibidem, 
pi. 64), et enfin un troisième, le Romanus, provenant de 
l'abbaye de Saint-Denis (Vat. lat. 3867), qui ne paraît avoir 
été écrit qu'au vi® siècle {Palœographical Society, anc. 



ECRITURE CAPITALE 



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18 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNB 

pi. 113 et 114 = t. Il, pi. 3 et 4 ; Mélanges de l'Ecole fr. 
de Rome, IV* année, 1884, pi. XI et XII ; Châtelain, Ibid.^ 
pi. 65). Le Vaticaniis et le 'Romanus sont ornés de pein- 
tures. 

Au premier de ces deux manuscrits sont empruntés 
les quatre vers de V Enéide reproduits à la page 17. 

Un très célèbre manuscrit de Virgile en écriture capi- 
tale est conservé à la bibliothèque Laurentienne de Flo- 
rence, c'est le Mediceo^Laurentianus. Une note, en 
onciale, nous apprend que ce livre, qui appartenait à 
frère Macharius, a été lu, ponctué et corrigé par Turcius 
Rufius Apronianus Asterius, consul ordinaire. Si, comme 
il est probable, cette note est contemporaine de ce per- 
sonnage, le manuscrit est au moins antérieur à Tannée 
494, date de son consulat. [Paheographical Society, anc. 
pi. 86=^ t. II, pi. 10; Châtelain, Paléog. des classiques^ 
pi. 66.) 

Au IV® ou V® siècle appartient le manuscrit de Térence, 
de petit format, appelé Terentius BembinuSy conservé au 
Vatican sous la cote Vat. lat. 3226. Des fac-similé en ont 
été donnés dans Exempla, tab. VIII et VIIII ; Palœogra^ 
phical Society y anc. pi. 135 = t. II, pi. 9 ; Châtelain, 
Paléographie des classiques, pi. 6. 

Le manuscrit de Prudence, que possède la Bibliothèque 
nationale de Paris (lat. 8084), exposé dans la galerie 
Mazarine, armoire XIII, n® 103, est très probablement 
antérieur à 527, si Ton tient pour originale la souscrip- 
tion du consul Vettius Agorius Basilius Mavortius, qu'il 
renferme. Quelques savants ont pensé que cette souscrip- 
tion avait été copiée sur un manuscrit plus ancien ; cette 
opinion est peu vraisemblable. Parmi les nombreux fac- 



ÉCRITURE ONGIALB 19 

simile de ce livre, nous citerons seulement : Delisle, 
Cabinet des manuscrits y pi. I, n® 1 ; Exempla. tab. XV ; 
Palœographical Society^ anc. pi. 29 et 30 = t. II, pi. Il 
et 12 ; Album paléographique y pi. 1. 



§2. — Ecriture onciale. 



L'once était la douzième partie du pied. Il semble, 
d'après un passage de saint Jérôme, que chez les anciens 
la qualification d'onciales ait été vulgairement appliquée 
à des lettres capitales de grande dimension. Tel est d'ail- 
leurs le sens de ce mot dans une lettre de Loup de 
Ferrières au ix* siècle. 

Mais ce qui, aux yeux des paléographes modernes, 
caractérise l'écriture onciale, ce n'est pas la hauteur, mais 
bien la forme des lettres. On peut la définir : une écri- 
ture capitale où les hastes se courbent et les angles 
s'arrondissent. L'alphabet oncial n'est donc qu'une modi- 
fication de l'alphabet capital. Il s'en distingue, d'après 
N. de Wailly, parla forme des lettres A, D, E, G, H, M, 

Q, T, V. 

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Wattenbach, dans la liste des lettres caractéristiques 
de l'écriture onciale, ne fait figurer ni le G, ni le T. C'est 



20 PÉRIODE ANTé-CAROLINGIBNNE 

que le T conserve souvent dans les manuscrits en onciale 
la forme capitale. Le G, au contraire, a fréquemment la 
forme onciale dans les manuscrits en capitale. 

Notons encore que dans Tonciale la haste des lettres 
F, P, Q, R descend au dessous de la ligne, tandis que 
celle de la lettre L monte au dessus. 

Déjà dans les graffites de Pompei on trouve des rudi- 
ments de lettres onciales. Au iv® siècle après notre ère, 
cette espèce d'écriture était formée. L'un des plus beaux 
et des plus anciens exemples qu'on puisse citer est l'ins- 
cription dite du Moissonneur, trouvée à Maktar en 
Tunisie par M. Letaille et conservée au Musée du Louvre. 
Elle remonte au moins au iv® siècle. M. Thompson en 
a fait exécuter un fac-similé de grandeur naturelle, 
Palseographical Society , facsimiles , second séries ,. 
part III, n** 49. Mais le fac-similé réduit, tel qu'il a été 
publié dans les Archives des missions scientifiques y 
3® série, t. XI, p. 253, présente tout à fait l'aspect d'une 
page de manuscrit. 

Jusqu'à la fin du vu® siècle, l'onciale fut essentiellement 
l'écriture des livres. 

Nous citerons quelques exemples. Le manuscrit latin 
8907 de la Bibliothèque nationale, à Paris, contient un 
texte des actes du concile d'Aquilée de l'an 381, dont la 
transcription semble être peu postérieure à la date de 
cette assemblée [Exempta, tab. XXII). Au v® siècle appar- 
tient un Tive-Live de la Bibliothèque nationale (lat. 5720, 
galerie Mazarine, arm. XIII, n® 102 ; fac-similé dans 
Analecta Liviana de Mommsen et Studemund; Exempta, 
tab. XIX ; Patseographical Society, anc. pi. 31 et 32 = 
t. II, pi. 19 et 20). Une table pascale, que possède 



EGRITURB ONCIALB 21 

la bibliothèque de Berlin, a été écrite peu après Tannée 
447, date de sa composition [Exempla^ tab. XXIII). 
Un palimpseste, conservé à Saint-Gall et contenant la 
préface du panégyrique de Merobaudes pour le troisième 
consulat d'Aetius, en 446, est du même temps [Exempla, 
tab. LI). A la fin du v® siècle se place un manuscrit du 
code Théodosien, à l'Université de Turin, qui n'est pas 
antérieur à 438 [Exempla, tab. XXV). 

Pour le VI® siècle, mentionnons un fragment du code 
Théodosien, livres VI à VIII (Bibl. nat., lat. 9643; Sil- 
vestre. Paléographie universelle y pi. CIX ; Delisle, Cabî^ 
net des manuscrits, pi. VII, n® 1 ; Exempla, tab. XXVI) ; 
un recueil de canons de conciles, également à la Biblio- 
thèque nationale (lat. 12097, galerie Mazarine, arm. XIII, 
n® 107; Album paléogr.y pi. 11); la version italique 
des quatre Evangiles (Bibl. nat., lat. 17225, galerie 
Mazarine, arm. XIII, n® 109), et enfin le Pentateuque 
de Lyon, auquel M. Ulysse Robert a consacré une 
importante notice intitulée : Pentateuchi oersio latina 
antiquissima e codice Lugdunensi, Paris, 1881, in-4®. 

Au va® siècle appartiennent le livre de saint Hilaire sur la 
Trinité (Bibl. nat., lat. 2630, galerie Mazarine, arm. XIII, 
n® 112) ; un évangéliaire, provenant de Tabbaye de Saint- 
Denis (Bibl. nat., lat. 256, galerie Mazarine, arm. XIII, 
n® 114); l'histoire des Francs par Grégoire de Tours 
(Bibl. nat., lat. 17654, galerie Mazarine, arm. XIII, 
n® 116; Silvestre, Paléographie universelle, pi. CXIX ; 
Bastard, pi. XIII et XIV ; Delisle, Cabinet des manuscrits, 
pi. XII, n® 1). Le manuscrit latin 10318 de la Bibliothèque 
nationale (galerie Mazarine, arm. XIII, n® 121) est une 
anthologie latine [Codex Salmasianus) transcrite au 
commencement du viii® siècle. 



22 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB 

On conserve aujourd'hui à la Bibliothèque royale de 
Belgique, sous les n^* 9850 et 9852, un recueil contenant 
les vies des Pères et des homélies de saint Césaire, 
et qui offre de beaux exemples d'écriture onciale. Ce 
livre remonte aux dernières années du vu® siècle ou aux 
premières années du viii®; car il a été écrit par ordre 
de Numidius, abbé de Saint-Médard de Soissons, contem- 
porain de Childebert III. M. Delisle a publié sur ce 
manuscrit un mémoire inséré dans le tome XXXI des 
Notices et extraits des manuscritSy auquel il a joint quatre 
fac-similé en photogravure. 



§3. — Ecriture demi^' onciale. 



On donne le nom de demi-onciale ou semi-onciale à 
une écriture onciale mêlée de formes empruntées à la 
minuscule. Elle tient le milieu entre Tonciale et la minus- 
cule mérovingienne. Elle a préparé la minuscule Caro- 
line. C'est pourquoi Wattenbach a proposé de Tappeler 
minuscule précarolingienne. 

Les lettres E, V, H conservent généralement la forme 
onciale ; le D est tantôt de forme onciale avec la haste 
recourbée à gauche, tantôt de forme minuscule, avec la 
haste droite ; la forme de TM est intermédiaire entre 
Tonciale et la minuscule, avec le troisième jambage replié 
intérieurement ; l'N est toujours emprunté à la capitale. 
Les lettres caractéristiques sont A, G, R. On remarquera 



ECRITURE CURSIVB 



23 




leur forme dans les deux lignes ici reproduites, emprun- 
tées à un manuscrit de saint Augustin (vi® siècle) de la 

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bibliothèque d'Orléans (n® 169) : « non cognovi nisi per 
legem, nam concupiscentiam ne[sciebam]. » 

Le plus ancien exemple d'écriture demi-onciale qu'on 
cite est un palimpseste de Vérone contenant les fastes 
consulaires de 439 à 486, écrits en 486, et une autre 
série de fastes, de 487 à 494, écrits par un autre scribe 
en 494 [Exempla, tab. XXVIIII et XXX). Vient ensuite 
le manuscrit de saint Hilaire, conservé dans la biblio- 
thèque du chapitre de Saint-Pierre, à Rome, écrit en 
509 ou 510 [Exempta, tab. LU ; Palœographical Society^ 
anc. pi. 136 = t. II, pi. 36). A la Bibliothèque nationale, 
on peut citer un saint Augustin du vu* siècle, provenant 
de l'abbaye de Corbie (lat. 12214, galerie Mazarine, 
arm. XIII, n® 110; Delisle, Cabinet des manuscrits^ 
pi. VI). 



§4. — Ecriture cursive. 



. Nous entendons par écriture cursive toute espèce d'écri- 
ture tracée rapidement. Il en résulte que cette écriture 
ne présente pas de formes essentiellement caractéristiques. 
Elle a emprunté ses formes, suivant les époques, à tel ou 



24 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNE 

tel genre d'écriture ; ainsi, avant le vi® siècle, elle est 
une modification de Técriture capitale ; à partir du 
VI® siècle, elle consiste en un mélange de capitales, d'on- 
ciales et de minuscules, avec une prédominance toujours 
de plus en plus marquée de ce dernier élément. Il faut 
encore remarquer, avec M. Léon Gautier, que son aspect 
change avec la matière sur laquelle elle est tracée : pierre, 
cire, papyrus, parchemin. 

Nous mentionnerons, sans y insister, les plus célèbres 
exemples de la cursive antique parvenus jusqu'à nous et 
d'abord les tablettes de cire retrouvées à Pompei en 1875 
dans la maison de L. Caecilius Jucundus. Nous ne pouvons 
manquer de signaler les célèbres tablettes de cire aux- 
quelles Massmann a consacré un volume intitulé Libellas 
aurarius siçe tabulée ceratœ antiquissimae et unicœ roma- 
nœ, Leipzig, 1841, in-4®, et qui passent pour avoir été 
trouvées dans les anciennes mines d'or de la Transyl- 
vanie ; mais c'est pour rappeler que Natalis de Wailly en 
a démontré la fausseté, dès 1841, dans le Journal des 
Sai^ants, p. 555. Mommsen les a cependant insérées dans 
le Corpus inscriptionum latinarum^ t. III, 2*^ partie, 
p. 921. Wattenbach les cite dans son Introduction à 
V étude de la paléographie latine^ sans élever aucun doute 
sur leur authenticité. 

La cursive fut employée dans la chancellerie impériale 
au V® siècle, comme le prouvent des fragments de res- 
crits impériaux sur papyrus, conservés à Leyde et à la 
Bibliothèque nationale. N. de Wailly en a donné le 
déchiffrement dans les Mémoires de [Institut^ Académie 
des Inscriptions y t. XV, l""® partie, p. 399. On peut voir 
à la Bibliothèque nationale, dans la galerie des chartes, 
divers actes du vi® siècle, sur papyrus, écrits en cursive. 



MINUSCULE MÉROVINGIENNE 25 

Ce sont, sous les n®* 368 à 374 (lat. 8842), des actes d'ou- 
verture de testaments devant le magistrat de Ravenne, 
écrits en 552 ; puis, sous les n*»» 375 à 377 (lat. 4568 A), 
un règlement de comptes fait à Ravenne en 564 et connu 
sous le nom de charte de pleine sécurité ; ce papyrus était 
au XVI® siècle dans la bibliothèque du roi à Fontainebleau 
où il passait pour être le testament de Jules César. 

Sur les actes en papyrus, on doit consulter Touvrage 
de Marini, I papiri diplomatici raccolti e illustrati, Rome, 
1805, in- fol. ; les Chartes latines sur papyrus du 
VI* siècle de [ère chrétienne appartenant à la bibliothèque 
royale et publiées pour t Ecole royale des Chartes y Paris, 
1837, in-fol. ; ChampoUion-Figeac, Chartes et manuscrits 
sur papyrusy Paris, 1840, in-fol. 

Du VI® au VIII® siècle, c'est très souvent en cursive que 
sont tracées les notes marginales des manuscrits. On en 
trouvera des exemples dans une collection canonique du 
milieu du vi® siècle déjà citée, p. 21 (Bibl. nat., lat. 12097 ; 
Cabinet des manuscrits ^ pi. m et iv ; Exempla codicum , 
tab. xL-xLii ; Album paléographique, publ. par la Soc. de 
TEcole des Chartes, pi. 11). 



§ 5. — Minuscule mérovingienne. 

La capitale , Tonciale, la demi-onciale, c'est-à-dire les 
écriturea majuscules, n'ont pas été les seules employées 
pour la transcription des livres du vi® au viii® siècle. On 
s'est aussi servi, quoique moins fréquemment, et surtout 
dans les manuscrits usuels, d'une écriture minuscule. 



26 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNE 

Dès le vi^ siècle apparaît une grosse minuscule très voi- 
sine de la demi-onciale , par exemple dans le manuscrit 
latin 12097 de la Bibliothèque nationale, cité plus haut. 

Un des manuscrits où Ton étudiera le mieux les 
diverses variétés de la minuscule mérovingienne est un 
manuscrit d'Eugyppius, du commencement du viii^ siècle, 
provenant de Saint-Martin de Tours. M. Delisle lui a 
consacré un mémoire intitulé Notice sur un manuscrit 
mérovingien contenant des fragments d^Eugyppius^ appar- 
tenant à J/. Jules DesnoyerSy Paris, 1875, in-4®. Cette 
notice contient plusieurs planches en photogravure repro- 
duisant autant de pages du manuscrit et que M. Delisle a 
pris soin de transcrire. On trouvera donc là un excellent 
sujet d*études paléographiques. La planche ii nous offre 
un exemple de minuscule mêlée d'onciale. Sur la 
planche m, la minuscule est très pure, sans aucun 
mélange de capitales ni d'onciales. Voici les observations 
de M. Delisle sur la forme de quelques lettres. L'a est 
figuré par deux ce rapprochés Tun de Tautre. L'^, tantôt 
est presque semblable a Ye romain des caractères d'im- 
primerie, tantôt est composé d'une panse et d'une tête 
qui dépasse le niveau supérieur des lettres ordinaires ; 
souvent aussi, la traverse de Ve se prolonge à droite et 
devient le premier trait de la lettre suivante. Les i mon- 
tent au dessus de la ligne au commencement de certains 
mots et de certaines syllabes. Cette minuscule est souvent 
mêlée de caractères cursifs ; de nombreuses ligatures s'in- 
troduisent, qui contribuent à lui donner l'apparence d'une 
écriture absolument cursive. Voyez les pages du manuscrit 
d'Eugyppius reproduites sur les planches v et vi de M. De- 
lisle. Voyez encore le Catalogue des manuscrits des fonds 
Libri et BarroiSy par^M. Delisle, p. 26, pi. m, n®" 2, 3 et 4. 



MINUSCULE MÉROVINGIENNE 27 

Le manuscrit de Grégoire de Tours , dit manuscrit 
de Corbie, conservé à la Bibliothèque nationale sous le 
n^ 17655 des manuscrits latins, nous fournit un exemple 
remarquable de minuscule embarrassée de ligatures. Il a 
été transcrit au vu® siècle. M. H. Omont en a imprimé le 
texte en 1886. {Grégoire de Tours ^ Histoire des Francs^ 
L l'VIy texte du manuscrit de Corbie, publ. par H. Omont, 
Paris, 1886, in-8®, dans Collection de textes pour sentir 
à T étude et à V enseignement de rhistoire.) Nous donnons 
sur la pi. I le fac-similé du fol. 57, qui correspond, dans 
l'édition d'Arndt, au chapitre 47 du livre IV de l'Histoire 
des Francs, et au commencement du chap. 49. On remar- 
quera l'emploi, pour la première ligne du chap. 47 (dans 
le ms., chap. XXXIII) de l'écriture onciale, et pour la 
première ligne du chap. 49 (dans le ms., chap. XXXIIIl), 
de l'écriture demi-onciale. Dans la transcription qui suit, 
les chiffres placés entre parenthèses indiquent les lignes 
du manuscrit ; nous avons distingué les u et les v, les i 
et les y, bien qu'il n'y ait naturellement dans le manu- 
scrit aucune différence entre Vu et le sfy entre 1'^ 
et le y. 

« (Ligne 1) XXXIII. Chlodovechus vero, Chilperici 
fîlius, de Toronico (2) ejectus, Burdigala abiit. Denique 
cum apud Burdegalensim civita-(3)-tem , nuUum prorsus 
inquietantem , resediret, Sigulfus quidam a parte Sy-(4)- 
giberti se super eum objecit. Quem fugiente cum tubis et 
bucinis quasi labentem cervum (5) fugans insequibatur. 
Qui vix ad patrem regredi liberum habuit aditum. Tamen 
per (6) Andecavum regressus, ad eum rediit. Cum autem 
intentio inter Guntchramnum et Sy-(7)-gibertum reges 
verteretur, Guntchramnus rex apud Parisius omnes epîs- 



28 PERIODE ANTÉ-GAROLINGIBNNE 

eopos regai sui coa-(8)-gregat , ut inter utrosque quid 
Veritas haberet edicerent. Sed, ut bellum civile (9) in 
majore pernieitate cresceret, eos audire, peccatis facien- 
tibus, distulerunt. (10) Chilpericus autem in ira commo- 
tus, per Theudobertum (iliam suum seniorem, qui a 
Sygi-(ll)-berto aliquando adpraehensus sacramentum 
dederat, ut ei fidelis esset, civitates ejus (12) pervadit, 
id est Toronus, Pectavis vel reliquas cytra Legerem sitas. 
Qui Pectavus (13) veniens, contra Gundoaldum ducem 
pugnavit. Terga autem vertenti exercitum (14) partis 
Gundoaldi, magna ibi stragem de populo fecit. Sed et de 
Toronicam regionem ma-(15)-ximam partem incendit, et, 
nisi ad tempus manos dédissent, totam continuo debel- 
(16)-lasset. Commoto autem exercitu, Lemovecinum, 
Cadurcinum vel reliquas illarum (17) propinquas pervadit, 
vastat, evertit; eclesias incendit, ministeria detrahit, (18) 
clericos interficit, monasteria vivorum deicit, puellarum 
deludit et cuncta dévastât. (19) Fuitque tempore illo pejor in 
eclesiis gemitus quam tempore persecutionis Diocleciani. 

(20) XXXIIII. Dum haec ageretur, Sigibertus rex 
gentes illas quae ul-(21)-tra Renum habentur commovit, 
et bellum civile ordiens, contra fratrem (22) suum Chil- 
pericum ire destinât. Quod audiens Chilpericus, ad fra- 
trem suum Gunth-(23)-chramnum legatos mittit. Qui con- 
juncti pariter foedus ineunt, ut nuUus fratrem suum (24) 
perire sineret. Sed cum Sigibertus gentes illas adducens 
venisset, et Chilpericus de alia (25) parte cum suo exer- 
citu resederet, nec haberet rex Sigibertus super fratrem 
suum (26) iturus, ubi Sequanam fluvium transmearet, fra- 
trem suum Guntchramnum mandatum (27) mittit, dicens : 
<( Nisi me permiseris per tuam sortem hune fluvium trans- 
ire, cum omni [exercitu meo, super te pergam. »] 



MINUSCULE MEROVINGIENNE 29 

Plusieurs paléographes ont qualifié cursive l'écriture 
de ce manuscrit. S'il est vrai que beaucoup de lettres 
sont liées les unes aux autres, — c'est même le grand 
nombre des ligatures qui rend difficile la lecture de cette 
page, — cependant on ne rencontre pas moins de lettres 
isolées, indépendantes ; et, de plus, récriture n'a pas été 
tracée rapidement. Nous sommes donc en présence d'une 
écriture minuscule. Les mots ne sont pas toujours sépa- 
rés ; souvent même deux mots sont étroitement attachés 
par une ligature, par exemple, à la deuxième ligne, le 
dernier e de denique lié au c de cum ; à la 19® ligne, 
les mots que tempore illo forment corps; à la 23® 1., 
le t de ut est lié à /z de nullus. En revanche, on constate 
l'emploi d'un point pour séparer les phrases ; outre que 
chaque phrase commence par une lettre majuscule, 
empruntée à la capitale ou à l'onciale. Nous ne constatons 
que deux abréviations : à la 23® 1., celle de m dans 
suum ; la nasale est remplacée par un trait vertical 
légèrement contourné placé au dessus du second u ; le 
scribe a eu recours à ce procédé parce que, arrivé à la fin 
de la ligne , la place lui manquait pour tracer les trois jam- 
bages de l'/w. L'abréviation epôs pour episcopos, à la 7® 
1., était à cette époque consacrée par l'usage; il était 
rare qu'on écrivît le mot episcopus en toutes lettres. 

Tantôt Va est ouvert à sa partie supérieure comme le 
premier a de Burdlgala k la 2® 1. ; il peut se confondre 
quelquefois avec z^; dans Va^ cependant, les deux jambages 
sont courbés vers le haut, tandis que dans Vu ils sont 
droits ; tantôt Va est fermé comme le second a de Bur- 
digala et le premier à'abiit à la 2® 1. 

L'a affecte une forme cursive quand il est lié avec 
la lettre qui le suit ; dans ce cas, il est généralement 



30 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNE 

suscrit, c^est-à-dire écrit au dessus de la lettre qui le suit. 
On pourra étudier le groupe ac dans les mots ira cont" 
motus à la 10^ 1. ; ad dans aditum à la 5^ 1. ; ae dans 
adpraehensusy 11° 1. ; ag, dans magnay 14° 1. ; a/w , dans 
Guntchramnus, 7° 1. ; an, dans manosj 15° 1. ; ap, dans 
apudy 2° 1., et dans a parte ^ 3° 1. ; ar^ dans partis y 14° 1. ; 
as, dans quasi, 4° 1., et dans dévastât, 18° 1. 

Le c est parfois surmonté d'un appendice en forme de 
crosse qui s'élève au dessus des autres lettres, comme 
dans civita\teTn\ à la fin de la 2° ligne, civile à la fin de 
la 8° 1. Cl peut se confondre avec rf; voyez clericos, en 
tête de la 18° 1. Le c est relié au t par un trait courbé, 
dans cuncta, 18° 1. 

La haste du d s'élève très haut au dessus de la ligne , 
et se prolonge également au dessous. La panse est 
presque toujours fermée. On ne doit pas prendre pour 
un d la figure qui résulte du rapprochement du dernier 
jambage de Va et dV; remarquez al dans Burdigala et 
burdegalensim, 2° 1. 

\Je consiste en un demi-cercle surmonté d'une boucle 
fermée. Quand cette lettre est reliée à la lettre suivante, 
elle a plus ou moins l'apparence d'un 8. Etudiez les liga- 
tures suivantes : ed, dans regredi, 5° 1., dans rediit, 6° 1. ; 
ei, dans ejectus, 2° 1. ; eri, dans ministeria, 17° 1 , et dans 
clericoSj 18° 1.; et, dans resediret, 3° 1., dans cresceret, 
9°1. 

F a une forme bien caractéristique dans fugiente , 4° 1. 
Remarquez /?dans interficit, 18° 1. ; /Z, dans fluvium, 26° 1. 

L a une forme cursive dans un certain nombre de mots, 
comme par exemple dans debel[lasset], dernier mot de la 
15° 1., deludit, 18° 1., pluvium, Tl^ 1. Remarquez le, dans 
lemovecinum, 16° 1. 



MINUSCULE MÉROVINGIENNE 31 

La haste du q s'abaisse à peine au dessous de la ligne, 
comme dans quidam^ 3® 1., ou utrosque, 8* 1. Remarquez 
la forme de q précédé de e, dans insequibatur, 5' 1. 

LV et r^ sont deux lettres peu diflférentes ; cependant 
Vs s'élève davantage au dessus de la ligne. Mais on pren- 
drait volontiers pour un s IV du mot ira à la 10® 1. 
Etudiez la liaison de re dans resediret^ 3® 1., et dans 
regressus^ 6® 1. J'ai indiqué plus haut, à propos du 
groupe eri^ la liaison ri. On trouvera un autre exemple 
dans parisius, 7® 1. 

Le t donne naissance à un grand nombre de ligatures. 
Sa forme se modifie alors beaucoup et il rappelle un 9 
retourné et incliné à gauche. Voici les ligatures les plus 
fréquentes : ta, dans perniçitata^ 9® 1., dans pecta^fisy 
12® 1. ; te, dans \cioit(i\tem, au commencement de la 3® 1. , 
dans inquiétante m, 3® 1. , dans pernicitatey 9® 1. ; tiy dans 
intentio y 6® 1. , dans peccatis, 9® 1., dans persecutionis y 
19® 1. ; try dans patrem, 5® 1., et utrosquey 8® 1. Le redou- 
blement du t peut être observé dans mittit, 23® 1. et 27® 1. 

L'a est souvent suscrit, comme dans cenfuniy 4® 1. ; 
dans quaniy 19® 1., et mandatuniy 26® 1. 

La dernière lettre de la 3® 1. et de la 6® 1. est un y. 
C'est comme un petit a surmonté d'un point. 

Nous avons insisté longuement sur l'écriture minuscule 
mérovingienne. Mais elle est, parmi les écritures du 
moyen âge, une de celles qui présentent le plus grand 
nombre de difficultés. Nous croyons que quiconque aura 
lu avec attention et à plusieurs reprises la page du 
manuscrit de Grégoire de Tours que nous venons d'exa- 
miner et aura étudié les combinaisons de lettres que 
nous avons signalées, pourra ensuite déchiffrer assez 
rapidement les manuscrits en minuscule mérovingienne. 



*t 



32 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB 

V Album paléographique, publié par la Société de 
TEcole des Chartes, renferme (pi. 12) le fac-similé et la 
transcription d'une autre page du même manuscrit de 
Grégoire de Tours. 

La minuscule à laquelle on a eu recours pour écrire sur 
de petites bandes de parchemin les authentiques de 
reliques est tr^s voisine de celle que nous venons 
d'étudier. M. Delisle a publié des authentiques de 
reliques de t époque mérovingienne découvertes à Vergy^ 
dans les Mélanges de l'Ecole de Rome, t. IV (1884), p. 3 
et pi. I. Il faut en rapprocher l'authentique de saint 
Monulfe, évêque d'Utrecht, reproduite sur la planche i 
du Musée des Archives départementales. 

Nous avons terminé l'examen des écritures employées 
dans les livres du vi® au viii® siècle. Surtout pour les 
temps les plus anciens, on trouve des manuscrits écrits 
tout entiers, sinon par une même main, au moins en une 
seule espèce de caractères. Mais le plus souvent, aux vu® 
et VIII® siècles, un même manuscrit renferme plusieurs 
sortes d'écriture ; l'onciale , la cursive , la minuscule s'y 
entremêlent ou s'y succèdent, comme dans le manuscrit 
d'Eugyppius déjà cité. Ce n'est pas, comme Ta remarqué 
M. Delisle, qu'on ait voulu distinguer entre elles les 
différentes parties du texte ; mais, lorsqu'on désirait qu'un 
manuscrit fût rapidement copié, on y faisait travailler 
concurremment sur des cahiers différents plusieurs 
copistes qui employaient chacun l'écriture qui lui était la 
plus familière. 



3: 

V] 
tr 
G 

dé 

d' 

r^é 
di 
et 
M 

di 

dl 
te 
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se 
et 
sa 
ei 
d' 

M 

di 
m 

pi 



DE l'écriture des ACTES 33 



§ 6. — De récriture des actes. 



Dans les actes, la seule écriture dont on ait fait usage 
pendant la période mérovingienne est une minuscule très 
chargée de ligatures, et qui ne diflPère de celle du manus- 
crit de Grégoire de Tours, dont nous avons donné un 
fac-similé, qu'en ce qu'elle est composée de caractères 
plus hauts et plus grêles. 

Les actes privés de l'époque mérovingienne sont très 
rares. Quant aux actes royaux ou diplômes, trente-sept 
seulement nous sont parvenus en expéditions originales ; 
ils sont tous aux Archives nationales, sauf un seul qui 
est conservé à la Bibliothèque nationale. Celui-ci est 
exposé dans la galerie des chartes sous le n® 378 ; il 
émane de la chancellerie de Childebert III et est daté du 
3 avril 696. 

Les diplômes mérovingiens sont écrits les uns sur 
papyrus, les autres sur parchemin. La première ligne, 
qui est généralement en caractères allongés, est précédée 
d'un monogramme composé des deux premières lettres 
grecques du nom du Christ, X et P; c'est ce qu'on 
appelle l'invocation tachygraphique ou chrisme. 

Les rois mérovingiens signaient les actes les plus 
importants. Ils faisaient précéder leur nom d'une croix à 
laquelle sont quelquefois joints les mots in nomine Christi 
écrits en notes tironiennes. La signature du référendaire, 
ainsi formulée : Sighinus recognovity est précédée d'un 
chrisme et suivie d'un paraphe, quelquefois mêlé de notes 
tironiennes. Plus bas se trouve la date. 



34 PÉRIODE ANTË-CAROLENGIENNB 

Les actes de Tépoque mérovingienne ont été reproduits 
en fac-similé dans la publication de Letronne , intitulée 
Diplômes et chartes de V époque mérovingienne sur papyrus 
et sur vélin y Paris, s. d., in-fol. , et dans Tatlas qui 
accompagne les Monuments historiques de Jules Tardif et 
qui a pour titre Fac-similé des chartes et diplômes méro- 
vingiens et carlovingienSy Paris, 1866, in- fol. L'adminis- 
tration des Archives nationales prépare en ce moment un 
recueil de fac-similé héliographiques de tous les diplômes 
mérovingiens conservés dans cet établissement. 



S 7. — Ecritures étrangères à la France y dites nationales. 



On désigne sous le nom à* écritures nationales diverses 
sortes d'écritures minuscules employées en Italie, en 
Espagne, en Angleterre et en Irlande, du vu® au xii® 
siècle. Ce nom leur a été donné parce qu'on les considé- 
rait jadis comme des inventions des peuples barbares 
qui se sont établis dans les limites de l'empire romain. 
Il est aujourd'hui reconnu que les écritures dites méro- 
vingienne , lombardique , wisigothique , anglo-saxonne , 
ont toutes pour origine commune l'écriture latine et 
plus spécialement la cursive. Au reste, ces diverses 
écritures ne sont pas essentiellement différentes les unes 
des autres. On peut , avec Wattenbach, conserver ces 
noms de mérovingienne y lombardique, etc., car ils servent à 
répartir en divers groupes les minuscules usitées pendant 
le haut moyen âge dans les pays qu'occupèrent les 
Francs, les Lombards, les Wisigoths, les Anglo-Saxons. 



ÉCRITURE LOMBAROIQUE 35 

Mais il faut prendre garde que ces appellations n'ont, 
<;omme Ta remarqué le professeur Paoli, qu'une significa- 
tion géographique, et n'impliquent pas du tout que les 
peuples dont elles rappellent les noms aient eu part à leur 
formation. Nous avons déjà parlé de la minuscule méro- 
vingienne. Si nous disons ici quelques mots des écritures 
étrangères à la France, c'est que nos bibliothèques et 
archives en contiennent d'assez nombreux exemples 
et que l'une d'entre elles, l'écriture anglo-saxonne, a eu 
une certaine influence sur la formation de la minuscule 
Caroline. 



ECRITURE LOMBAROIQUE 



La minuscule employée en Italie au vu*' siècle ne diffère 
pas beaucoup de la minuscule mérovingienne. Ce n'est 
<ju'à partir du ix® siècle qu'elle a des caractères bien 
distincts. Dans les textes du moyen âge , elle est ap- 
pelée littera Beneventana . 

La Bibliothèque nationale possède entre autres manu- 
scrits en écriture lombardique une collection de canons 
du viii° ou du ix^ siècle (latin 8921) , un commentaire de 
saint Jérôme sur Ezéchiel (ix® s., lat. 12155), l'Hexaméron 
xie saint Ambroise (ix® s., lat. 12135), les poésies de 
Fortunat (ix® s., lat. 13048), tous manuscrits exposés 
dans la galerie Mazarine sous les n®' 134 à 137. 

L'exemple d'écriture lombardique reproduit sur notre 
pi. lii, n® 2, est tiré du manuscrit latin 3836 de la Biblio- 
thèque nationale. C'est un exemplaire de la Collection 



36 PÉRIODE AKTË-CAROLINGIENNE 

canonique de Denys le Petit, dont on peut rapporter la 
transcription au viii' siècle. Les deux premières lignes^ 
en capitale mêlée d'onciale, sont tracées à l'encre rouge. 
La lettrine S, formée par l'assemblage d'un poisson et de 
deux oiseaux, est jaune avec mouchetures vertes et 
rouges. 

« (ligne 1). Data XII kal. Augustl , Florentio et 
Dionisio consulibus, (2) Caelestinus universis episcopis 
-per Biennensi/w provintiaw constitutus. (3) Cuperemus 
quidem de vestrarum ecclesiarum ita ordinatione gaudi- 
(4)-re ut congratularemur potius de profectu quam aliquid 
admissum (5) contra disciplina ecclesiastica doleremus. 
Ad nostram enim laeticiam (6) et bene facta perveniunt et 
meroris aculeis nos quae fuerint maie (7) facta conpun- 
gunt, nec silere possumus dum hoc ab inlicitis revocemus 
aut... » 

Dès 1231, Frédéric II avait décrété Tabolition de cette 
espèce d'écriture ; on ne devait plus employer dans la 
chancellerie du royaume de Naples que la minuscule fran- 
çaise ; toutefois , la lombardique persista dans les manu- 
scrits jusqu'au milieu du xiii® siècle. Le dernier exemple 
qui en ait été jusqu'ici signalé est un commentaire de la 
règle de saint Benoit, par Bernard, abbé du Mont- 
Cassin de 1264 à 1282; on en trouvera un fac-similé 
dans l'ouvrage de Piscicelli-Taeggi intitulé : Paleografia 
artlstica di Montecassino ^ tav. 53, et dans la Scrittura in 
Italla fino a Carlomagno^ par Foucard (1878). 

Mais l'écriture lombardique nous intéresse particuliè- 
rement parce qu'elle a été en usage dans la chancellerie 
pontificale jusqu'au commencement du xii® siècle. Toute- 
fois, dès la fin du siècle précédent, la minuscule française 



ECRITURES PONTIFICALES 



37 



apparaît dans les bulles d'Urbain II et de Pascal II. On 
trouvera des fac-similé de bulles dans l'ouvrage de 
Pflugk-Harttung, Specimina selecta chartarum pontificum 
romanoruniy Stuttgard, 1885, in-fol. Des fac-similé des 
registres de la chancellerie pontificale au xiii® siècle ont 
été donnés dans Tatlas intitulé ; Specimina palseographica 
regestorum romanorum pontificum^ Rome, 1888, in-fol., 
publié sous la direction du Père Denifle. 

L'écriture française resta en usage dans la chancellerie 
pontificale jusqu'au xvi® siècle, presque sans altération ; 
mais, sous Clément VIII (1592-1605), on commença 
d'employer une écriture particulièrement laide, pleine 
d'abréviations irrégulières et d'une lecture difficile ; com- 
plètement formée sous Alexandre VIII, elle a persisté 
dans les bulles jusque sous Léon XIII; c'est ce qu'on 
nomme en latin littera Sancti Pétri ^ en italien scrittura 
bollatica. Une bulle de Benoît XIII, du 1®*" septembre 
1725, dont nous reproduisons les premières lignes, 
pi. m, n® 1*, en offre un exemple. Nous avons fait figu- 
rer sur une même planche l'écriture lombardique et la 
scrittura bollatica afin de bien montrer que la seconde 
n'est pas dérivée de la première. 

Voici la transcription des 11 lignes de la bulle de 
Benoit XIII données sur la pi. iit. Les lettres italiques 
représentent celles qui dans le manuscrit sont ou suppri- 
mées ou remplacées par des signes abréviatifs. 

c( (ligne 1) Benedictus epwco/?us, servus servorw/w Dei, 
dilecto filio mag£5^ro Antonio (2) Xaverio de Gentilibus 
in utraqu^ signa^wra nostvdi vekrendario ac (3) abbati 
monasterii Mediani , ordinis sa/icti Benedicti , congrega- 

1. Ce fac-similé est réduit aux | de Toriginal. 



38 PERIODE ANTB-CAROLINGIENNE 

tionis sanctorurn (4) Vitoni et Hidulphi, nullius seu 
Tullenstô diocesisy salutem et apo^^olicam henedictionem. 
Hodie dilecto (5) filio Athanasio Husson, priori cura 
conventuqui? carentis et personalem resid^/iriam (6) non 
requirentis prioratus Béate Marie virgînis de Fricourt, 
ordinis séz/zeti (7) Benedicti , congrégation! s sanctorurn 
Vitoni et Hidulphi, Metensis diocesis, prioratum (8) prd- 
fatuiïï certo tune expresso modo vacantem et antea 
dispos^Y/oni apo^^olice reserc^atum (9) cum illi [undis 
annexis ac omnibus juribus et pertinentiis suis apo^^olica 
^uthoritate contulimus (10) et de illo etiam providimus 
prout in no^^ris inde confectis hï^^ris plenius continetur. 
(11). Quocirca discrei/oni v^s^re per apo^^olica scripta 
mandamus... » 



ECRITURE WISIGOTHIQUE 



Une écriture peu lisible et manquant d'élégance 
marque le passage de la cursive romaine à Técriture dite 
wisigothique ; on en trouvera un exemple dans un manu- 
scrit du VIII® siècle, reproduit par Ewald et Loewe, 
Ejcempla scripturœ visigoticsBy Heidelberg, 1883, in-fol., 
pi. II et III. L'écriture wisigothique atteignit son apogée 
au IX® siècle. 

La célébrité de Técole calligraphique de Tolède lui a 
fait donner le nom de littera toletana. La Bibliothèque 
nationale possède, entre autres manuscrits d'écriture 
wisigothique, les Lois des Wisigoths du viii® siècle (lat. 
4667, galerie Mazarine, n® 153), un exemplaire du livre 



ÉCRITURE WISIGOTHIQUE 39 

de saint Ildefonse sur la sainte Vierge, copié par 
Gomès, moine de Saint-Martin d'Albelda, et rapporté 
d'Espagne, en 951, par Gotiscalc, évêque du Puy [Paléo- 
graphie universelle^ pi. ccvi ; Delisle, pi. xxxi, n® 4), et 
16 manuscrits provenant de Tabbaye de Silos. L'un des 
plus célèbres parmi ces derniers est le livre liturgique 
intitulé Liber Comicum; il est un peu antérieur à l'année 
1067 (Bibl. nat., nouv. acq. lat: 2171, galerie Mazarine, 
arm. XII, n® 155). M. Delisle a consacré une notice aux 
manuscrits de Silos dans ses Mélanges de Paléographie^ 
p. 53-116. 

L'exemple d'écriture wisigothique donné sur notre 
pi. II, n® 2, est emprunté au manuscrit lat. 4667 (fol. 80) 
de la Bibliothèque nationale, cité plus haut. 

a (ligne 1) Si ancilla v^l serbus, in fraude fortasse 
AominoTum , infa/item expo-(2)-suerint , et ipsis insciis, 
infa/Etem projecerint , infans cwn fuerit (3) nutritus ter- 
tiaw partem pretii nutritor accipiat; ita ut ju-(4)-ret aut 
probe t àominus se quod serbi sui infantem exposu- 
(5)-erint ignorasse. Si vero conciis Aominis infans proba- 
tur (6) fuisse jactatus, in ejus potestate qui nutribit p^r- 
maneat. 

(7) IIL Qui a parentiba^ infantulum acceperit nutriet 
dum qua/i-(8)-tum mercedis pro nutritione accipiat pre- 
mium. (9) Si quis a parentibus infantulum acceperit 

nutriendum » [Lex Wisigothorum, 1. IV, tit. IV, §§ 2 

et 3.) 

Le titre du § III, c'est-à-dire les lignes 7 et 8, est écrit 
à l'encre rouge. 

Le concile tenu à Léon vers Tan 1080 et présidé par le 
cardinal Renerius , légat de l'Église romaine, et par Ber- 



40 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNB 

nard, archevêque de Tolède, ordonna à tous les scribes 
d'abandonner Técriture wisigothique pour ne plus faire 
usage que de l'écriture française; cette révolution gra- 
phique était le résultat nécessaire de la révolution litur- 
gique qui triomphait grâce aux efforts de Grégoire VIT et 
des moines clunisiens ; ces derniers avaient apporté en 
Espagne des livres français, et c'est la minuscule française 
qu'ils employèrent naturellement dans les nouveaux 
livres liturgiques qu'ils furent chargés de transcrire. 

L'écriture wisigothique ne disparut pas en un jour ; 
l'archevêque Bernard, qui avait présidé le concile, continua 
lui-même à s'en servir. On en trouve encore des traces 
en Galice au xni® siècle. Il est bon de rappeler qu'en 
Catalogne, Técriture wisigothique avait été abandonnée 
dès le milieu du x® siècle. 

Outre l'ouvrage d'Ewald cité plus haut, on pourra 
consulter sur l'écriture wisigothique : Terreros, Paleo^ 
grafia espanola, 1758, in-4® ; P. Andres Merino, 
Escuela paleographica^ Madrid, 1780, in-fol. ; Delgràs, 
Compendio dipaleografiaespahola^ Madrid, 1857 ; Morel- 
Fatio , compte-rendu de la Paleografla y diplomatica de 
Muîioz y Rivero dans Bibl, de [Ecole des CharteSy 
t. XLII, p. 70; Munoz y Rivero Paleografla visigoda^ 
Madrid, 1881, in-8^ 



ECRITURES IRLANDAISE ET ANGLO-SAXONNE 



La calligraphie fut particulièrement cultivée en Irlande, 
dès le VI® siècle ; il se forma dans ce pays des écri- 
tures ayant un caractère propre, mais qui, comme le 



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Ecritures Anglo-S 



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ÉCRITURE ANGLO-SAXONNE 41 

remarque Wattenbach, présentent avec les écritures 
nationales énumérées jusqu'ici cette différence essentielle 
qu'elles ne sont pas sorties de la cursive romaine. Les 
habitants de l'Irlande se nommant Scotti, cette écriture a 
été appelée plus tard scriptura scottica. Les Irlandais 
ont employé, d'après Wattenbach, deux sortes d'écri- 
tures : une grande demi-onciale ronde réservée aux 
livres liturgiques, et une petite écriture pointue qu'on 
peut appeler cursive , n'ayant avec la cursive romaine 
aucun rapport ; cette dernière resta longtemps en 
usage, spécialement pour écrire l'irlandais; on en 
trouvera toute une série d'exemples dans Eug. O' 
Curry, Lectures on the Manuscript Materials of ancient 
Irish Historify Dublin, 1861. Les autres ouvrages à con- 
sulter sur la paléographie irlandaise sont : Astle, The 
origin and progress of writing^ 1783 et 1803 ; Westw^ood, 
Palœographia sacra pictoriay 1868; Fac-similés ofnaiio^ 
nal manuscripts of Ireland, 1874-1884, 5 vol. in-fol. 

Les Irlandais furent très habiles à orner les manuscrits 
soit de miniatures, soit de lettres majuscules ; ces grandes 
lettres sont souvent contournées de la façon la plus 
bizarre, avec des entrelacs, des spirales ; elles se termi- 
nent souvent en têtes de poisson ou d'oiseau. Des 
rangées de points rouges suivant les contours des lettres 
majuscules sont encore un ornement caractéristique des 
manuscrits irlandais. 

L'écriture anglo-saxonne est le produit de deux fac- 
teurs, l'écriture romaine et l'écriture irlandaise. Les 
Anglo-Saxons ont cherché leurs modèles à la fois dans 
les manuscrits latins apportés par les missionnaires venus 
de Rome, et dans les manuscrits irlandais. Cette écriture 
présente des variétés plus ou moins voisines de l'écriture 



42 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB 

irlandaise ; il y a des manuscrits dont on ne peut dire 
s'ils sont anglo-saxons ou irlandais. C'est aux Irlandais 
que les scribes anglo-saxons ont emprunté les lettres 
initiales ornées extérieurement de points rouges. On 
trouvera à la Bibliothèque nationale, dans la galerie 
Mazarine, divers manuscrits anglo-saxons, spécialement 
le Pontifical de saint Dunstan, de la fin du x® siècle 
(lat. 943, gai. Maz., n« 158); le Pontifical d'Egbert, 
archevêque d'York, du x® ou xi® siècle (lat. 10575, gaL 
Maz., n® 159) ; un Bénédictionnaire du xi® siècle (lat. 987, 
gai. Maz., n« 160). 

L'écriture anglo-saxonne ne survécut guère à la 
conquête normande; le chroniqueur Ingulf de Croyland 
raconte que les Normands imposèrent aux vaincus tout 
à la fois la langue et l'écriture françaises. On trouvera des 
exemples d'écriture anglo-saxonne dans l'ouvrage de 
Westwood déjà cité, dans l'atlas de la Société paléogra- 
phique et dans Appendix to reports from the Commission 

tiers appointed by His Majesty respecting the public 

records of the Kingdom^ etc. Londres, 1819, in- fol. (86 
planches de fac-similé gravés , documents du xii® au xvi* 
siècle.) 

Fac-similés of ancient charters in the British Muséum 
published by order of the trustées. Londres, 1873-1878, 
4 parties, in-fol. (photogravure). 

Fac-similés of anglo-saxon manuscripts photozincogra" 
ved by command of Her Majesty Queen Victoria, publ. 
par les soins de VOrdnance survey office. Southampton , 
1878-1884, 3 vol. in-fol. 

Fac-similés of national manuscripts from William the 
Conqueror to queen Anne. Londres , 1865-1868, 4 vol. 
in-fol. 



ECRITURE ANGLO-SAXONNE 43 

FaC'similes of national manuscripts of Scotlandy publ. 
par VOrdnance survey office. Southampton , 1867, 3 vol. 
in-fol. (zincographie). 

Les cinq lignes reproduites ici sur la pi. ii, n^ 1, sont 
tirées d'un évangéliaire du viii* siècle, en écriture irlan- 
daise ou hyberno-saxonne. M. Delisle a consacré une 
notice à ce manuscrit dans le Catalogue des manuscrits 
des fonds Libri et Barrois, p. 7 (fac-similé, pi. vi, n® 1). 
Ce livre est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque natio- 
nale sous le n® 1587 des nouvelles acquisitions latines. 

« MsLthœus, (ligne 1) discendit de celo et accidens 
revolvit lapidem et sedebat (2) super eum ; erat autem 
aspectus ejus sicut fulgor et vestimen-(3)-ta ejus candidum 
sicut nix. Pre timoré autem ejus exterriti sunt (4) custo- 
des et facti sunt velut mortui. Respondens autem augelus 
(5) dixit mulieribus : Nolite timere vos ; scio enim quod 
ihesum ChTistmn qui cru[cifixus]... » (Math., xxviii, 2). 

Le titre courant placé dans la marge supérieure Math, 
est en rouge. Les lettres Pre timo, à la 3® ligne, sont 
pochées alternativement de rouge et de jaune. On remar- 
quera l'abréviation du mot autem aux lignes 2, 3 et 4, par- 
ticulière aux manuscrits irlandais, et aussi l'abréviation 
d^enim à la 5® ligne. 

Les moines irlandais et anglo-saxons, appelés sur le 
continent par Charlemagne pour relever l'étude des 
lettres dans les monastères, ne contribuèrent pas peu à 
la réforme calligraphique du ix^ siècle et à la naissance 
de la minuscule Caroline dont la fortune devait être si 
prodigieuse et qui, sous le nom d'écriture française, sup- 
planta au XII® siècle, en Europe, tous les autres genres 
d'écriture. 



lUlWMV fV .Q»^^l MklW, C'^'o'tÛlV^ 

^Kvvn rfi4» tv.v\r ff^f x^C* «k«* '^• 

:\ rLpRCHiio C'Tôi 
ueRsi s Episcopi s p 
uf quicjfin <^et]ftvoti 
jmqftCAïUcfftnurp» 
nplintc 6cv[&mef<nt 
ûcfinc pfrufiiTunT^ 

l^fenlffe'psrrumui 

i_ Ecriture de la Ci 

2_ECRITURE LOMB. 




oj^isio CouSS . VofJ- 

weNHeMsîpRounanjvrofasTTruTUS. • 
( fUTn &cLfillcjnini I-ncbTcjinteqiôTiC^ucli 
aiurcJeT>ft(f6c<Ai qutcmuiicjutcjto^inirrum 
(cc|çlft-CTnur ^4n5rTpcmfiwnUcC<ntnt2 

'tlonihi>rtctiTiUci<nrfftii>vftnur ^ut 
I I '. . - o 



iANCELLERIÉ PoNTIFICALE 
VRD1(,)UE 



CHAPITRE II 



ABREVIATIONS 



Les scribes de l'antiquité et du moyen âge , soit qu'ils 
aient voulu gagner du temps, soit qu'ils aient voulu épar- 
gner le papyrus ou le parchemin, soit même dans ce 
double but, ont eu recours, pour réduire l'écriture, à 
divers procédés qui constituent la brachygraphie, c'est-à- 
dire l'art d'écrire par abréviations. 

Nous avons pu étudier les écritures antérieures au ix® 
siècle sans nous préoccuper des abréviations, mais, à par- 
tir de l'époque carolingienne , les abréviations se multi- 
plient à ce point que les fac-similé d'écriture que nous 
donnerons deviendraient incompréhensibles pour nos lec- 
teurs si nous n'avions exposé auparavant les divers modes 
d'abréviations employés au moyen âge, soit dans les 
textes latins, soit dans les textes français. Remarquons 
tout de suite que, lorsqu'on se mit au xiii® siècle à rédi- 
ger les actes en français ou à transcrire des poésies fran- 
çaises, les scribes transportèrent dans la graphie fran- 



46 ABRÉVIATIONS 

çaise les habitudes de la graphie latine ; les mêmes 
signes d'abréviation furent conservés ; c*est à peine si la 
valeur de quelques-uns fut modifiée. 

Nous étudierons successivement les abréviations : 

1® Par sigles ; 

2® Par contraction intérieure ; 

3** Par lettres suscrites ; 

4® Par suspension ; 

5** Par signes spéciaux. 



§ 1. — Abréviations par sigles. 

On appelle sigle une lettre isolée qui représente le mot 
dont elle est l'initiale . 

Les sigles ont été surtout employés dans les inscrip- 
tions latines. Les formules sont généralement représen- 
tées par une série de sigles : 

MP = milliapass. 

DDPP = decurionum decreto pecunia publica. 

VSLM = votum solvit libens merito. 

Les sigles redoublés indiquent souvent le pluriel : 

DDNN = domini nostri. 

Dans les manuscrits ecclésiastiques antérieurs au 
X® siècle, on trouve souvent entre autres sigles : 

FF = fratres, 

SS = sancti. 



ABRÉVIATIONS PAR SIGLBS 47 

Mais on peut dire qu'en général les sigles ont été assez 
peu employés par les scribes du moyen âge. Nous ne 
saurions en effet ranger parmi les sigles les lettres ini- 
tiales accompagnées d'un signe abréviatif. 

Cependant les scribes des chancelleries du xiit^ siècle, 
spécialement ceux de la chancellerie pontificale, ont fait 
un fréquent usage des sigles pour la transcription des 
formules dans les registres. 

Voici quelques exemples tirés des registres pontificaux 
du XIII® siècle *. 

a. s. = apostolica scripta dans la formule per 

apostolica scripta mandamus. 

e. m. = eundem modum dans la formule in eun^ 

dent modum. 

f, ri. ^= fratre ou fratri nostro. 

f. w. = fraternitati vestre. 

s. = scripti dans la formule presentis scripti 
patrocinio communimus. 

Dans la période post-carolingienne, les noms propres 
sont souvent abrégés par sigles ; on ne saurait indiquer 
la valeur de ces sigles, car W., par exemple, peut signifier 
Wido aussi bien que Willelmus. 

Les sigles sont ordinairement placés entre deux 
points. 

Quand une lettre était adressée à un fonctionnaire en 
raison de ses fonctions et non pas de sa personne, sou- 

1. Rodenberg a donné une liste des formules le plus fréquemment 
«mployées par les notaires de la chancellerie pontificale, dann Epistolge 
^«cuU XIII e regeatis porUificum romanorum aelectXf 1. 1, p. 15. Berlin, 1883, 
in-4*. {Monumenta Gtrmanix historica.) 



48 ABRÉVIATIONS 

vent son nom n'était pas exprimé. Dans certaines chan- 
celleries, on le remplaçait par deux points; c'était un 
usage constant à Rome au xiii^ siècle. Un grand nombre 
de bulles débutent par des adresses analogues à celle-ci : 
« Gregorius episcopuSy servus senior um Dei, venerabili 
fratri,, episcopo Parisiensi , salutem et apostolicam bene- 
dictionem. » Cela veut dire que le pape écrit non pas à 
tel ou tel évêque de Paris , mais à Tévêque de Paris 
quelle que soit la personne qui occupe le siège épiscopal. 

Les manuscrits théologiques sont remplis de sigles dont 
la signification ne peut être déterminée que par le sens 
du contexte. 

De même les jurisconsultes ont fait, dès avant le ix® 
siècle, un usage très étendu de ce mode d'abréviation. 
Il faut consulter à ce sujet Mommsen, Notarum latercuUy 
dans le 4® volume du Corpus grammatlcorum latinorurriy 
Leipzig, 1864. 

Dans les monstres de chevaliers des xiv® et xv® siècles, 
c'est-à-dire dans les procès verbaux où étaient consignés 
les noms des gens d'armes et la couleur de leurs chevaux, 
les sigles q, c, y. signifient queue, cringne, jambes. 

Le petit dictionnaire des abréviations placé à la fin de 
ce volume contient l'interprétation des sigles les plus 
usités au moyen âge. 



§ 2. — Abréviations par contraction intérieure. 

Nous appelons abréviations par contraction intérieure 
celles que certains paléographes appellent abréviations 
par suppression de lettres ou encore sigles composés. 



ABRÉVIATIONS PAR CONTRACTION INTERIEURE 49 

Ce mode d'abréviation consiste dans la suppression, à 
l'intérieur du mot, d'une ou plusieurs lettres. 

Un signe, qui d'ordinaire consiste en un trait horizon- 
tal placé au dessus du mot abrégé, avertit le lecteur qu'il 
y a suppression de lettres. 

Dans les abréviations par contraction les plus anciennes, 
la suppression des lettres porte toujours sur les voyelles, 
à moins que celles-ci ne soient initiales ou finales. Ainsi : 

Dns = dominus 

SCS = sanctus 

eps = episcopus 

sps = spiritus 

En ce qui concerne ces deux derniers mots, le plus 
souvent Ys final est figuré par un c, c'est-k-dire par 
un «igma grec de forme lunaire. 

Par imitation, on a étendu l'emploi de cet s en forme 
de c. On trouve : 

tpc = tempus 
ompc = omnipotens 

L'usage des lettres grecques se conserva dans les manu- 
scrits latins pour exprimer /<?5W5 Christus. Les manuscrits 
en lettres capitales donnent 

mxfc 

Puis les scribes ne comprenant plus la valeur de l'H 
le remplacèrent dans l'écriture minuscule par un h. 

On eut pendant tout le moyen âge 

ife ou ^^ 



50 ABRÉVIATIONS 

Souvent une voyelle seule est laissée de côté comme 
dans : 

ariglî = angeli ™™ = multi 

apd = apud simt = simul 

bin = bene ttî = tali 

^\i\[ii = 'bilis -tm = tum 

- dm = -dum - ta = -tio 

fcTt- = facit ûl - = ^^l 

Pour certains mots , la première et la dernière lettre 
étaient seules conservées, comme : 

câ = causa 
ds = deus 
êê = esse 
îr == frater 

Hc = hoc 

Ko = homo 

io = ideo 

mr = mater et martyr 

ins = minus 

La contraction ne s'applique quelquefois qu'a la fin du 
mot. Ainsi la syllabe sunt s'abrège st, dans : 

inst = insunt 
supersï = supersunt 



ne 


nunc 


no 


— numéro 


nr 


noster 


pF 


pater 


q^ 


— questio 


rô 


— ratio 


tm 


tum 


tn 


— tamen 



ABRÉVIATIONS PAR CONTRACTION INTERIEURE 51 

La terminaison runt s'abrège Ti dans : 

dixert = dixerunt 

fueft = fuerunt 
La terminaison lUer s'abrège îr dans : 

âtr = aliter 

pluralr = pluraliter 

Enfin, on trouve quelquefois : 

-et = -Clltlt 

La finale atio s'abrège par ôô, et les finales ationa et 
ione par 'ôe. 

Ainsi : 

generâô = generatio 

orôë = oratione 

orôês = orationes 

raoe = ratione 

receptôë= receptione 

D'une façon analogue, la terminaison ation si fréquente 
en français est remplacée par les lettres âôn. 
Ainsi : 

obligâôn = obligation 

Dans les substantifs, adjectifs ou verbes abrégés par 
contraction, les désinences sont toujours conservées. 
Voici un exemple de déclinaison d'un adjectif abrégé par 
contraction : 



52 



MAS( 


A 

CULIN 

sanctus 

sancti 

sancto 

sanctum 

sancte 

sancto 


BREVIATIONS 

Singulier 

FÉMININ 

sca 


sce) 
sce) 


NEUTRE 


SCS 


scm 


SCI 


scae (pu 


sci 


SCO 


scae (pu 
scam 
sca 
sca 


SCO 


scm 
sce 

SCO — 


scm 
scm 

SCO 



Pluriel, 



SCI 

scorum 



scis = 



sancti scae (pu sce) 

sanctorum scanim 
sanctis scis 



scos 

sci 

scis 



sanctos 

sancti 

sanctis 



scas 

scsë (pu sce) 



SCIS 



sca 

scorum 

scis 

scâ 

sca 

SCIS 



Cette façon d'abréger par contraction intérieure fut 
pratiquée dans les manuscrits en langue française. Géné- 
ralement les abréviations des mots français sont calquées, 
sur celles des mots latins qui leur correspondent. 

Ainsi : 



ras = 



LATIN 

litteras 



FRANÇAIS 

1res = lettres 



pntes = 
nrë = 



présentes 
nostre (^mnostrœ) 



pntes = présentes 
nre = nostre 



ABREVIATIONS PAR LETTRES SUSCRITES 53 

dce = dicte (pour dictœ) dce = dicte 

bn = bene bn = bien 

îrê = fratre tre = frère 



§ 3. — Abréviations par lettres suscrites. 

On peut appeler abréviation par lettres suscrites le 
mode d'abréger qui consiste à écrire au dessus d'une 
lettre une autre petite lettre pour indiquer soit la sup- 
pression d'une lettre intermédiaire, soit la terminaison 
du mot. Mais la suscription d'une lettre n'indique pas 
toujours une abréviation. C'est ainsi qu'on a vu plus haut 
que dans la minuscule mérovingienne Va et Vu étaient 
fréquemment écrits au dessus de la ligne. 

Les voyelles sont plus souvent suscrites que les con- 
sonnes. Dans ce cas, a, ^, /, o, u expriment les sons ra, 
re^ riy ro, ru ou ar^ er^ ir, or, ur. Les consonnes au des- 
sus desquelles se placent plus ordinairement les voyelles 
sont : i, c, rf, /*, g, A, p, t, if. 

Voici quelques exemples : 

a . 

cnis = carnis 

p VI tas = pravitas 



e 



cavit = créant 



e 



psentes = présentes 

9 

1 

cca = circa 



i>^ ABREVIATIONS 

cmen = crimen 

m 

pcipium = principium 

m 

1 

ta = tria 

1 1 .. . . . 

ccumscpti = circumscripti 

o 

ret = rétro 

intspicere = introspicere 

ccis = crucis 

pdens = prudens 

Cependant la suscription d'une lettre indique aussi^ 
mais plus rarement, la suppression d'une lettre autre que 
/ . 

Ainsi : 

agscere = agnoscere 

Signalons aussi la signification toute spéciale des abré- 
viations suivantes : 

a 

g = erga 

g = igitur 

g = ergo 

Vu n'est jamais suscrit au q ; car, placées au dessus de 
cette consonne, les autres voyelles doivent se rendre par 



ua, ue, uiy uo. 



a 

q == qua 

a 

aq = aqua 



ABRÉVIATIONS PAR LETTRES SUSCRITES 55 

e 

q = que 
q = qui 

qd = quod 

Des voyelles peuvent être suscrites h d'autres voyelles ; 
dans ce cas, elles indiquent ordinairement la terminaison, 
comme dans : 



a 

a = anima 



a = alicui 
Mais on a aussi : 

àqbus = aliquibus 

ad = aliquod 

Le c au dessus d'une autre consonne se lit ec ou ic. 
Ainsi : 

c 

n = nec 



c 



pcare = peccare 



c 



h = hic 

Les consonnes /«, r et ^ placées au dessus de la ligne 
et à la fin des mots remplacent les terminaisons um^ er 
ou Mr, it, 

\Js s'écrit souvent au dessus de la ligne sans qu'il y 
ait aucune lettre supprimée. 

plure = plures 

s 

vi = vis 
depôcit = déposait 



56 



ABREVIATIONS 



Enfin Tabréviation par suscription et Tabréviation par 
contraction se combinent. Dans ce procédé le mot est 
abrégé de la façon suivante : on conserve la lettre initiale, 
ou bien les deux premières lettres au dessus desquelles 
on écrit la dernière lettre ou les deux dernières lettres : 



ca -. 

ap apostohca 


t tibi 


g — gratia 


u — ubi 


a 

p prœterea 


m 

R — Raymundum 


a 

S — supra 


m — modo 


;en — senescallia 


u — vero 


m 

g — Guillelmi 


o 

X — Christo 


pu — publici 


8 

abb — abbas 


s — sibi 


omp — omnipotens 



§4. — Abréviations par suspension 



L'abréviation par suspension est celle qui consiste à 
laisser un mot inachevé. Par exemple : 



an = ante 



ap 

âïït 

cap 



apud 

autem 

caput ou capitulum 



ABRÉVIATIONS PAR SUSPENSION 57 

den = denarios 
in = inde 
it = item 

Icfer = libras 

5ct = octobris 

sôtl = solidos 

Tm = unde 

Ces mots ainsi abrégés sont ordinairement surmontés 
d'un signe, trait horizontal ou vertical, placé à la fin du 
mot; ou bien, quand la dernière lettre a une haste mon- 
tante ou descendante, celle-ci est barrée transversalement. 
Il arrive encore qu'on barre ou qu'on boucle le pied des 
lettres n ovi m. 

On signale encore Tinachèvement du mot par un point 
placé après la dernière lettre. 

Il est évident qu'on ne peut donner aucune règle pour 
la solution de ces abréviations. 

Cependant les adjectifs terminés en ensis sont toujours 
écrits 'en. Ainsi : 

parisien = parisiensis 

parisiensi 
parisiensem^ etc. 

Dans les documents français des xiv® et xv® siècles, où 
l'abréviation par suspension a été très employée, la ter- 
minaison en indique généralement un participe présent : 



58 ABRÉVIATIONS 

contên = contenant 
lieutên = lieutenant 
r à la fin d'un verbe indique la terminaison ^runt : 

amar = amarunt 

Les génitifs en oriun ou arum s'abrègent toujours par 
la suppression des lettres um, suppression qu'on indique 
en tranchant par une barre inclinée, souvent en forme de 
7, le pied de IV. 

Mais on trouve aussi : 



co^ 



= coram 



antecesso^ = antecessoris 

antecessori 
antecessorem ^ etc. 
M est souvent employé pour ^vit : 

amaïï = amavit 

Mais on doit prendre garde que w a le plus souvent la 
valeur de um^ comme on le verra au § suivant. 

Les abréviations par suspension sont très fréquentes 
dans les actes français des xv® et xvi® siècles. 



§5. — Abréviations par signes spéciaux. 



Les scribes du moyen âge ont employé, pour rempla- 
cer les lettres ou les syllabes supprimées, un certain 
nombre de signes [tituli]. 



ABRÉVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 59 

I. 

La forme normale du premier signe est celle d'un trait 
horizontal. Ce trait se relève ou s'abaisse plus ou moins 
à ses extrémités. Dans les actes du xi® au xiii® siècle, il a 
souvent la forme d'un 8 ouvert par le bas. Voici d'ailleurs 
divers exemples de ce signe relevés dans des manuscrits 
et chartes de différentes dates. 



^ 



Ce signe est le plus général et le plus usité ; il a la 
signification la plus large. Placé au dessus d'un mot, il 
indique très souvent que ce mol est abrégé soit par 
contraction, soit par suspension, et rien de plus. Mais, 
non moins souvent il remplace \m ou \n supprimé après 
la lettre au dessus de laquelle il est placé. 

Ces signes ne peuvent être superposés qu'à des lettres 
ne dépassant pas la ligne : quand il s'agit de lettres telles 
que 6, A, /, on tranche la haste par un trait plus ou moins 
recourbé, comme on pourra s'en rendre compte en jetant 
les yeux sur notre dictionnaire d'abréviations. 

II. 

Le second signe, qui d'ordinaire tient lieu des syllabes 
er^ iTy re, ri, ou même simplement de la lettre r, se rap- 
proche par sa forme, du chiffre 7, comme dans les deux 
exemples suivants : 



60 ABRÉVIATIONS 




= pertinere 



= impressione 

Dans beaucoup de manuscrits les deux signes n®' I et II 
se confondent. Ainsi, dans le mot vehementei\ tel qu'il est 
figuré ci-dessous, deux traits de même forme servent à mar- 
quer l'un l'abréviation d'<?w, l'autre l'abréviation d'^r; de 
même, dans specialitet\ deux virgules contournées sont 
employées l'une pour marquer l'abréviation par contrac- 
tion de la première partie du mot, l'autre pour remplacer 
la finale er \ enfin, dans inflrmatione^ Yn est indiqué par 
une sorte de 7. 



^)mc 



UXbOJttlC = vehementer 



= specialiter 



= infinnatione 

Au XV® siècle, les deux signes n®^ I et II sont liés à la 
lettre à laquelle ils sont superposés. Ils consistent en un- 
trait qui, partant de la tête ou quelquefois du pied de la 
lettre, se recourbe au dessus d'elle. 




fHék^m^ = manière 
(fntmfHSC = première 



ABRÉVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 61 

III. 

Le signe n® III ressemble à un ^. 

^ ■ 

Cependant, dans les manuscrits les plus anciens, il a la 
forme d'une apostrophe. Dans certains manuscrits il a une 
signification générale. Ainsi on le trouve employé dans 
un même livre pour i/r, os et us. Exceptionnellement au 
XII® siècle, 

jf^i^ = manet 
jy = set 

Généralement ce signe remplace la syllabe us. Il a 
pour origine une note tironienne quand il est figuré 
par une apostrophe ; dessiné en forme de ^, il vient de 
la ligature d'w avec s. Ce signe est encore mis pour os. 

Un p suivi de ^ signifie post. 

jg/ == post 
Enfin, ce signe est mis pour s après u ou o. 

^^Jtno = annos 

Par sa forme, ce signe se confond souvent avec le 
signe n® V qui signifie con ou cum. 

La syllabe us a été très anciennement abrégée par un 
ou deux points : 

- } bus 

b: = ) 

ou encore par un point et virgule. 



62 



ABREVIATIONS 



Le ; se rencontre encore au xii® siècle. Ainsi, dans une 
charte de 1109, on trouve, pour exprimer us, Templol 
simultané du ; et du ^. 

A partir du xi® siècle, le ; est souvent remplacé par 
une sorte de z. 

Le ; et le j sont plutôt employés après un i, dans les 
terminaisons en bus. 

IV. 

Le signe n® IV, dont la forme se rapproche de celle du 
chiffre 2, tient la place de la syllabe ur. 

On l'emploie indifféremment dans le corps des mots ou 
à la fin ; il est toujours écrit au dessus de la ligne. 

Dans les documents français, ce signe est souvent mis 
pour or. 



ê^ ^ ^ "h ^ 4/ 



V. 

Le cinquième signe est celui qui, dans les manuscrits les 
plus anciens, a la forme d'un D retourné, et dans les manu- 
scrits des xii® et xm® siècles, celle d'un 9. Il est toujours 
écrit sur la'|ligne. On l'emploie indifféremment au com- 
mencement, au milieu ou à la fin des mots. 

Il signifie con et aussi com, cum, cun. 

VI. 
Le signe n® VI a souvent, dans les manuscrits en onciale, 



ABREVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 63 

la figure d'un point ou de deux points ; puis, les deux points 
ont été remplacés par un point et virgule qui, à partir du 
XI® siècle, se transforme souvent en une sorte de } ou 
de z. Ce signe ne s'emploie qu'à la fin d'un mot. 

Il en a été question plus haut. Nous avons dit qu'il 
remplaçait us y surtout après le b, (Voyez le signe 111.) 

Q suivi de ce signe signifie que. Ainsi : 

Çj = que , AO| = quoque 

Il arrive même que ce seul signe tient lieu du mot 
que. Ainsi, on trouve : 

^i4M = quoque , cJtx = atque 

Il remplace encore la syllabe et à la fin des mots, 
comme dans : 

|ft = set pour sedy nA = habet 

et plus rarement est^ comme : 

JPifoéA = prodest , yffl = pr^est 

Aux XV® et XVI® siècles, ce signe est usité pour m ; ainsi : 
ta^ = tara , bonu^ = bonum , ite^ = item , 

eccliaj = ecclesiam 

En français, il remplace quelquefois la finale ment. 



64 ABRÉVIATIONS 



§ 6. — Signes coiwentionnels . 



Nous indiquerons ici quelques signes conventionnels 
employés pour suppléer des mots entiers et dont la plu- 
part tirent leur origine des notes tironiennes. 

Le mot esse est ordinairement abrégé ee^ mais aussi de 
la façon suivante : 



s^ .^^ .ff^ TJ* 



^ 



Ces signes peuvent être employés dans le corps des 
mots. Ainsi : 

Z!f = esses 
= esset 
^ = essemus 



est l'abréviation du mot est. On trouve encore au xv* 
siècle : 



6M^> 



Et s'abrège ainsi : 



i,x t ?-> «C>^€. 



REMARQUES SUR QUELQUES LETTRES 65 

La ligature & de l'écriture cursive est restée employée 
jusqu'à nos jours pour représenter la conjonction et. Mais 
les scribes du moyen âge l'employaient, ainsi que les 
autres signes abréviatifs de et^ dans le corps et à la fin 
des mots. 

Ces divers signes surmontés d'un trait horizontal sont 
employés pour etiam. 

La ligature à^et surmonté d'un trait horizontal peut 
encore, mais très rarement signifier, eter. Ainsi, au 
IX® siècle, 



&g^nâM 



= çternam 



S 7. — Remarques sur quelques lettres. 



Nous réunissons dans ce paragraphe quelques lettres 
accompagnées de signes abréviatifs qui se rencontrent 
fréquemment dans les manuscrits. Ces lettres figurent dans 
le dictionnaire qui termine ce volume. Mais il nous semble 
utile, en raison de leur importance, d'y insister particu- 
lièrement. 11 convient de les connaître avant d'aborder la 
lecture des manuscrits. 

â qui régulièrement remplace les syllabes am ou an 
signifie exceptionnellement aut ou encore annus dans la 
formule ïï. m. tf. annos, menses y dies ou diebué. 

X = antjphona, qui s'abrège aussi AN 

5 



66 ABRÉVIATIONS 

Jq:^= ber, et quelquefois à la fin des mots bis y comme 
dans ufB = urbisy nôfc' == nobis, 

c = con^ cuniy et quelquefois cen ou cer. Dans les 
nécrologes il signifie corwersus ^ et dans les calendriers 
confesser. 

ê = est 

ç = ép ou (3? 

La petite cédille qui est placée sous Ve pour remplacer 
Va de la diphthongue œ était originairement un a cursif ; 
on prit également Thabitude de souscrire Vo dans œ. Mais 
rapidement les scribes perdirent la notion de l'origine de 
cette abréviation, de sorte qu'on employa une cédille 
indifféremment pour remplacer Va ou Vo ; ç signifie 
donc, suivant les cas, œ ou œ. On rencontre des <? cédilles 
déjà dans les manuscrits en onciale. 

Dans les manuscrits, de Tépoque carolingienne, l'usage 
d'à? et d^œ s'est généralement conservé. Mais au x® siècle 
apparaît fréquemment ^ à la place d'à? et d'œ. Dans la 
première moitié du xi® siècle, on emploie concurremment 
a? ou ce et ç. Dans la seconde moitié du même siècle, ç 
domine. Au xii® siècle, œ et œ sont très exceptionnels; 
on ne rencontre guère que ç et e. 

Au xïii® siècle, les diphthongues ont complètement dis- 
paru ; c'est toujours un e simple qui les remplace. Ainsi 
le mot latin gratiœ peut s'écrire au xi® siècle tantôt 
gratiae, tantôt gratiç\ au xii® siècle, soit gratis, soit 
gratte; au xni® siècle, toujours gratie. 

^fi^. est le signe employé pour renvoyer au Digeste. Il 

a l'apparence de ff, mais d'après Savigny, c'était origi- 
nairement un D barré. 



REMARQUES SUR QUELQUES LETTRES 67 

^ = hoc 

tx = hœc et hoc 



h 



dans les manuscrits irlandais ou anglo- 
saxons signifie autem. 



ifh 



= hic legCj dans les manuscrits anté-caro- 
lingiens. 

. i • = id est 

■^ = Kalendas et Kaput (chapitre) 
•\' = {;el; dans les nécrologes, laicus ; à]^la fin 
des mots, lis, 

N = Portas ^ et aussi nomine. 

Uo traversé d'une barre veut dire dans les nécrologes 
obitus ou obiit ; il indique encore quelquefois les sept 
antiennes qu'on chante pendant TAvent. 

p = per^ et quelquefois por^ comme dans 

téliipe = tempore ; ou par^ comme dans appens 

= apparens. 

C'est surtout dans les manuscrits des xiv® et xv® siècles 
et plus spécialement encore dans les manuscrits en langue 
française, que le p dont la haste est traversée par une barre 
horizontale signifie /?ar ou por. Aux xv® et xvi® siècles, la 
barre horizontale qui traverse la queue du p se relie à la 
panse, de sorte que cette abréviation se confond avec celle 
de pro. 



68 ABRÉVIATIONS 

ff signifie per dans les manuscrits anglo-saxons et 
irlandais. 

p p = pre, prœ^prœ. 
m,^ = pr opter. 

Vp signifie encore papa. 

A la lettre q se rattache un groupe très important 
d'abréviations qui, comme le remarque Wattenbach, sont 
trop fréquemment mal interprétées. 

Dans des manuscrits en lettres majuscules antérieurs 
au IX® siècle , on trouve q et q. pour que ou qui. 

Le q surmonté d'un trait horizontal ou bien avec la 
queue barrée n'a pas eu tout d'abord une signification 
constante. Mais une fois le système abréviatif du moyen 
âge constitué , c'est-à-dire à partir du ix® siècle , q signi* 
fie toujours quas. 

= qui. 



Cm 



= que ou quia 



= quod. 



= quoniam 



LETTRES CONJOINTES 69 

Cette abréviation ne doit jamais être lue quum. D'ail- 
leurs, cette conjonction est ordinairement écrite au 
moyen âge cum, 

r à la fin des mots = runt. 
^ = ruhrica. 
• s. = scilicet. 
s e/ S = sanctus ou sive. 

s est fréquemment employé pour sunt. 

t = tem^ ten, ter, 

u = -wm, -WAi, 'Ven^ -i^er, ^i^it. 



§8. — Lettres conjointes, enclavées et mono^ 

grammatiques . 



Les lettres conjointes, enclavées et monogrammatiques 
ne sont pas des abréviations proprement dites. Il con- 
vient de les mentionner parce que c'est un moyen auquel 
les scribes du moyen âge ont eu recours pour gagner 
de la place. Les lettres conjointes et enclavées ont été 
employées surtout dans les titres en lettres capitales. 
Ainsi, dans un manuscrit du viii® siècle provenant de Saint- 
Médard de Soissons et actuellement conservé à la biblio- 
thèque de Bruxelles, le mot Medardi est écrit de la façon 
suivante : 



70 



ABREVIATIONS 



On trouve des lettres jointes dans le corps même des 
manuscrits en onciale, à la fin des mots ; par exemple^ 
dans le manuscrit d'Eugyppius : 

lsr = NT; LR=UR; lir=UNT. 
Les sigles UD liés de la façon suivante : 



}^ 



et placés en tête de la préface de la messe signifient 
Vere Dignum. 

Les lettres enclavées et liées n'apparaissent que rare- 
ment dans les chartes ; on en a cependant fait usage 
exceptionnellement dans les titres, par exemple dans une 
donation à l'abbaye de Lérins du 18 octobre 1022 [Musée 
des Archives départementales^ n" 22, pi. xvi) où les mots 
Carta sanctse Mariœ et sancti Honorati sont écrits dans 
un cartouche qui s'allonge en forme d'I dans la marge ; le 
mot Domino qui est le premier de cet acte est abrégé 
régulièrement, mais les deux lettres no sont inscrites 
dans le D. 




Le mot Mariœ dans la même charte est ainsi écrit : 



LETTRES CONJOINTES 



71 



M 

Bit 



On appelle monogramme un caractère qui renferme 
toutes les lettres d'un ou de plusieurs mots. Les rois de 
France, de Charlemagne à Philippe VI, ont fait dessiner 
le monogramme de leur nom au bas de leurs actes solen- 
nels ou diplômes. 

On trouvera dans le glossaire de Ducange, sous le mot 
monogrammay une planche où sont figurés les mono- 
grammes de nos rois. Nous donnons ici le monogramme 
de Charlemagne 




et celui de Louis VII 




72 ABRÉVIATIONS 

La formule finale de salutation Bene valete fut réduite 
dans les bulles pontificales, à partir du milieu du xi* 
siècle , en un monogramme. 



§9. — Notes tironiennes. 



On attribue à Tiron, affranchi de Cicéron, l'invention 
de la tachygraphie latine connue sous le nom de notes 
tironiennes. Ce n'est pas une écriture conventionnelle, 
mais une écriture littérale , c'est-à-dire que ses éléments 
sont les lettres de Talphabet majuscule latin, mais tron- 
quées, liées, modifiées en vue d'une très grande rapidité. 
Jean de Trittenheim , dans sa Polygraphia^ publiée en 
1571, a recueilli trente notes tirées d'un psautier. Grûter, 
en 1603, a donné un glossaire plus complet intitulé 
Notae Romanorum veterum. 

Mais Carpentier, qui publia en 1747 un formulaire 
conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale sous le 
numéro latin 2718, et où les notes sont accompagnées de 
leur transcription en caractères ordinaires, est le pre- 
mier savant qui ait cherché à les déchiffrer. Son livre 
est intitulé : Alphabetum tironianum seu notas Tironis 
explicandi methodus, Paris, 1745, in-fol. 

Le manuscrit de Paris, lat. 2718, qui renferme un recueil 
de formules, un capitulaire de Louis le Pieux et un traité de 
saint Jean Chrysostôme, a été reproduit en phototypie 
par Schmitz : Monumenta tachygraphica codicis Parisien- 
sis lat. 2718 transcripsity adnotai^it, edidit Guil. Schmitz; 
Hannover, 1882-83, in-4®. Au commencement de notre 



NOTES TIRONIENNES 73 

siècle (1817), Kopp a exposé scientifiquement les lois et 
le système des notes tironiennes. Le premier volume 
de sa Palœographia critica^ consacré à l'étude de la 
tachygraphie des anciens, est resté Touvrage capital 
sur cette matière. Il a été complété par Jules Tardif dans 
son : Mémoire , sur les notes tironiennes ^ inséré dans les 
Mémoires présentés par divers savants à C Académie des 
Inscriptions^ 2® série, t. III (1854), p. 104. Les récents 
travaux de Schmitz ont été réunis dans un volume inti- 
tulé Beitràge zur lat. Spra^h-und Literaturkunde , 
Leipzig, 1877, p. 179. A côté de la reproduction photo- 
typique du manuscrit de Paris, nous signalerons la repro- 
duction autographique du psautier de Wolfenbùttel , par 
le docteur Lehmann : Wolfenbiitteler Bib/iothek, Leipzig, 
1885, in-8. 

Les notes tironiennes ont été employées par les 
scribes de Tépoque mérovingienne pour les corrections de 
manuscrits comme aussi pour les remarques marginales. 
Les souscriptions de plusieurs diplômes mérovingiens 
renferment des notes tironiennes ; M. d'Arbois de Jubain- 
ville en a donné la liste au tome XLI de la Bibliothèque de 
r Ecole des Chartes, p. 85, en même temps qu'il a reproduit 
les lectures proposées pour quelques-unes d'entre elles par 
Kopp et Jules Tardif. M. Julien Havet est parvenu à en 
déchiflFrer quelques autres {Bibl. de PEc. des Ch., 
t. XL VI, p. 720). 

Ces notes sont un témoignage du rôle important que 
jouait le maire du palais au vu® siècle. Car on lit à la 
suite de la souscription du chancelier des mentions 
comme celles-ci : a Ordinante Ebroino , majore domus, » 
« Ordinante Pippino majore domus. » 

La connaissance des notes tironiennes était courante 



74 ABRÉVIATIONS 

chez les notaires du ix*' siècle. Elle ne tarda pas à se 
perdre dans la France orientale tandis qu'elle persista à 
rOuest. M. de Grandmaison en a constaté Temploi dans 
un grand nombre de chartes écrites à Tours, au x® siècle, 
et même jusque^dans les premières années du xi® siècle. 
C'est surtout dans les formules de souscription qu'on les 
rencontre. Ainsi, dans une charte de Teotolon, arche- 
vêque de Tours, de Tan 940, la formule : « misera tione 
omnipotentis Dei Turonorum humilis archiepiscopus 
manu propria huic auctoritati subscripsi » qui suit 
le nom de Teotolon , écrit By^coOcoXo) , est en notes 
tironiennes. Certains notaires, il est vrai, employaient 
cette sorte d'écriture sans la comprendre. Dans une 
charte de Mainard, évèque du Mans de 948 à 968, les 
noms des témoins sont précédés du mot subscripsit écrit 
en notes tironiennes, et cependant les noms sont au 
génitif, comme si le notaire avait mis signum. 

Un autre système de tachygraphie, dont M. Julien 
Havet a le premier déterminé les règles, fut employé en 
Italie à la fin du x^ siècle et dans les premières années 
du XI® siècle. Cette écriture se compose de caractères 
syllabiques, c'est-à-dire que pour écrire un mot il faut 
autant de caractères que le mot a de syllabes, sauf pour 
un très petit nombre de mots pour lesquels il existe un 
système d'abréviation particulier. Tous les monuments de 
cette tachygraphie, jusqu'ici signalés, sont d'origine ita- 
lienne, sauf les lettres de Gerbert; mais on doit remarquer 
que ce personnage, ayant séjourné à plusieurs reprises 
dans la péninsule, avait pu être initié à ce système d'écri- 
ture par des notaires italiens. Voyez Havet (J.) L'écriture 
secrète de Gerbert et la tachygraphie italienne du x® siècle. 
Paris, imp. nat., 1887, in-8. (Extraits des Comptes rendus 
de PAcad. des Inscript, ^ t. XV 4® série.) 



CHAPITRE III 



RÉFORME CAROLINGIENNE 

(ix®-x® siècles) 



§ 1. — Manuscrits. 



« La réforme de Técriture qui signala le règne de 
Charlemagne, dit M. Delisle, eut son berceau dans les 
églises de Tours, notamment dans le monastère de Saint- 
Martin , » dont le célèbre Âlcuin fut abbé de 796 à 804. 
On a singulièrement exagéré la part de Tinfluence irlan- 
daise ou saxonne dans cette révolution. C'est surtout 
pour la décoration des livres que les moines français 
allèrent chercher leurs modèles en Grande-Bretagne. En 
ce qui concerne Técriture, les scribes du ix® siècle se 
sont surtout inspirés des manuscrits antiques. 

Quatre espèces d'écritures ont été employées au 
IX® siècle : 1® la capitale ; on distingue la capitale clas^ 
sique à traits droits et larges, et la capitale rustique à 
traits allongés, arrondis et grêles; 2** Tonciale; 3® la 
demi-onciale ; 4** la minuscule. 



76 



REFORME CAROLINGIENNE 



La demi-onciale a été particulièrement en usage dans 
Técole de Tours. Voici quels en sont, d'après M. Delisle, 
les traits distinctifs : « rondeur et ampleur de la plupart 
des lettres, renflement de la partie supérieure des lettres 
montantes, forme des a composés d'un c et d'un i juxta- 
posés, forme des g composés de trois traits parfaitement 
distincts (une tête formée d'une ligne horizontale, un 
trait vertical légèrement incliné de droite à gauche, et 
une ample queue semi-circulaire ouverte à gauche), 
forme des m dont le dernier jambage se retourne à 
gauche, forme des n qui se rattachent toujours au genre 
de la capitale et de Tonciale, développement du trait 
supérieur des f^ des r et des s, surtout quand ces lettres 
sont à la fin des mots. » (Voyez Delisle, Mémoire sur 
V école calligraphique de Tours.) 

On retrouvera tous ces caractères dans l'exemple que 
nous donnons sur la planche v et qui est tiré du manuscrit 
latin 5325 de la Bibliothèque nationale, fol. 4, recueil 
relatif à la vie et au culte de saint Martin. La seconde ligne 
est en capitale rustique ; la troisième en onciale. Ces 
deux lignes sont écrites à l'encre rouge. 

Voici la transcription de notre fac-similé. Les chiffres 
entre parenthèses indiquent les lignes ; les lettres ita- 
liques représentent celles qui, dans le manuscrit, sont 
abrégées. 

« (ligne 1) ab oratione numquam laxaverat. (2) Expli- 
ciunt capitula. (3) Plerique mortalium (4) studio et gloria 
saeculari inanit^r (5) dediti, exinde perennem, ut puta- 
bant... )> 

Adalbaldus, disciple d'Alcuin, fut au ix® siècle un des 
copistes de Saint Martin de Tours à qui Ton doit les 
plus beaux exemples d'écriture demi-onciale. Il a trans- 



MANUSCRITS 77 

crit, entre autres livres, un recueil d'opuscules de saint 
Augustin, dont un fragment, volé par Libri à la biblio- 
thèque de Tours, est aujourd'hui conservé à la Biblio- 
thèque nationale, sous le n® 445 des nouvelles acquisi- 
tions latines, et aussi un recueil relatif à la vie et au 
culte de saint Martin, conservé au gymnase de Quedlin- 
bourg. (Voyez Delisle, Ecole calligraphique de TourSy 
p. 20, pi. I à IV ; Desnoyers et Delisle, Note sur un mono- 
gramme d'un prêtre artiste. (Extr. des Comptes rendus 
des séances de FAcad. des inscript.y 1887.) Catalogue 
des manuscrits des fonds Libri et BarroiSy Paris, 1888, 
in-8, p. 24, pi. VII, n** 2.) 

Mais rimportance de la réforme du ix^ siècle consiste 
presque entièrement dans la rénovation de la minuscule. 
On abandonna la minuscule mérovingienne d'un aspect 
si désagréable et d'une lecture si difficile, pour une nou- 
velle écriture, celle que nous appelons minuscule Caroline^ 
aux formes rondes et élégantes. Elle est le produit de 
divers facteurs ; mais la plupart de ses éléments consti- 
tutifs se trouvent dans la demi-onciale et dans Tonciale 
cursive et couchée, employée aux vi* et vu® siècles pour 
l'annotation des livres. M. Delisle a fait reproduire sur la 
planche v de son Mémoire sur l'école calligraphique de 
Tours y une page du manuscrit 169 d'Orléans, qui ofiFre 
un bel exemple d'écriture demi-onciale du vi* siècle, 
avec des notes marginales en lettres onciales couchées 
se rapprochant de la cursive. La comparaison de ce fac- 
similé avec des exemples de minuscule Caroline fera saisir 
l'origine de cette dernière écriture. 

L'école calligraphique de Tours n'est pas la seule dont 
les caractères aient été déterminés. M. Delisle, dans un 
mémoire intitulé U évangéliaire de Saint-Vaast d'Arras ei 



78 RÉFORME CAROLINGIENNE 

la calligraphie franco^saxonne du ix® siècle, Paris, 1888, 
ia-fol., a signalé Texistence d^une école de calligraphie 
qui étendit son influence sur le nord de la France, dans 
la partie septentrionale des anciennes provinces ecclé- 
siastiques de Sens et de Reims. Ce fut surtout une école 
de décoration. Elle prit ses modèles chez les Anglo- 
Saxons. Les manuscrits de cette école se distinguent par 
leurs belles lettres ornées, à entrelacs ingénieusement 
combinés. L'expression la plus complète de ce système 
décoratif se trouve dans Tévangéliaire de Saint-Vaast et 
dans la seconde bible de Charle le Chauve, c'est-à-dire 
celle qui est conservée a la Bibliothèque nationale sous 
le n^ 2 du fonds latin. 

Nous citerons ici les plus beaux manuscrits exécutés à 
Tépoque carolingienne, comme aussi quelques manus- 
crits, k date certaine, des ix® et x® siècles. 

Les manuscrits datés sont rares. Il en est qui se ter- 
minent par une souscription où le scribe a consigné à la 
fois son nom et la date à laquelle il a achevé son travail ; 
mais ce sont de beaucoup les moins nombreux. Pour 
d'autres, on ne peut fixer leur âge que grâce aux rensei- 
gnements fournis par le texte même. L'un des manuscrits 
les plus anciens où apparaisse la minuscule Caroline est 
le manuscrit latin 1451 de la Bibliothèque nationale. Il 
contient une collection de canons de conciles et un 
catalogue des papes qui se termine par Adrien ; le nom 
de Léon III (795-816) a été ajouté. De plus, une note 
chronologique paraît indiquer que ce livre a été écrit la 
25® année du règne de Charlemagne, c'est-à-dire en 
796. Deux fac-similé de ce manuscrit ont été donnés l'un 
par M. Delisle, dans le Cabinet des manuscrits^ pi. xxr, 
n" 4, l'autre par M. Tabbé Duchesne, dans son édition 



e 



PI. IV. 












e^. " 



leturtAjxei^ ^tcÇec c^rxJUn, tut pJUic^ 

m^t^sx^:JLjic^it et^rpJ^cxTLtLtti^ 

f^aM^ix:epifc0pJUii4^€iter^'^^j^t.tt 

f^emr depiclX^f un^f^r^ttrj^ j^^rr^acht^ 

Manuscrit de 796 



MANUSCRITS 79 

du Liber Pontificalis y t. I, pi. i. Nous donnons, sur la 
pi , IV le fac-similé d'une partie de la deuxième colonne 
du fol. 21. 

« (ligne 1) VIII kalendas marcw. Cessavit episcopatus 
(2) dies XX. 

(3) XLI Anastasius natione romanus ex pa-(4)-tre 
Maximo, sedit anno^ III, dies X. Hic (5) constituit quo- 
tienscu/wqw^ evangelia (6) recitantur, sacerdotes non 
sederent. (7) Hic fecit ordinationes II, freshyteros V, dia- 
conos V, episcopos (8) per loca XI. Se sepultus est ad 
Urso pilato, (9) V kàlendas maii. Cessavit episcopatus dies 
XXI. 

(10) XLII. Innocentius natione abbanensis, ex (11) pâtre 
Innocentio, sedit anno^ XVI, mensem I, (12) dies XXI. 
Hic constituit sabbatu//2 je- (13)-juniuw celebrari, ideo 
quia sabbatu/72 (14) Dommi/s in sepulcro positus est et 
discipuli (15) jejunaverawf . Hic fecit ordmationes IIII p^r 
decemhrem (16) 'preshyteros XXX, diacowos XII, epwco- 
pos per loca LIIII. Se-(17)pultus est ad Ursu pilato V 
kàlendas juhï. Ces-(18)-savit episcopatus dies XXI. — 
XLIII (19) Zosimus natione grecus ex pâtre (20) Apromio, 
sedit SLunum I, mens^^ II, dies XI. Hic (21) constituit ut 
disiconi leva tecta habe-(22)-rent de palleis linostimis, per 
parrochias... » 

On remarquera que dans ce manuscrit les mots sont 
séparés. Ce n'est pas encore une règle constante dans les 
manuscrits de la fin du viii® siècle et du commencement 
du IX® siècle. Cependant on peut dire qu'au ix® siècle, les 
mots, dans les manuscrits en minuscule, sont générale- 
ment séparés; ils sont, au contraire, confondus dans les 
titres en capitale et en onciale ; dans les manuscrits tout 



I 



80 RÉFORME CAROLINGIENNE 

entiers en onciale, îl y ^ seulement tendance à les dis- 
tinguer. 

Un caractère de la minuscule Caroline qui apparaît 
nettement dans Texemple que nous donnons, c'est le 
renflement des hastes des lettres b^ d, A, /, à leur partie 
supérieure. 

Deux sortes d'à ont été employées dans la minuscule 
Caroline ; Va dérivé de Va oncial , et Va ouvert par le 
haut^ à la façon d'un u composé de deux jambages, ren- 
flés à la partie inférieure, et dont le sommet se recourbe 
à droite. Dans d'autres manuscrits, cet a ouvert par le 
haut ressemble à un c accolé à un i. Ua ouvert à sa partie 
supérieure a persisté, surtout dans les chartes, jusqu'à la 
fin du xi° siècle. Mais, dans les manuscrits Va dérivé de 
l'écriture onciale est plus communément employé aux ix® 
et X® siècles. 

Quant aux abréviations, elles sont peu nombreuses 
pendant la période Caroline. Dans le fragment du manus- 
crit de l'année 796 que nous donnons à la planche iv, on 
remarque l'abréviation de la lettre m à la fin des mots ; 
mais la terminaison us est écrite entièrement. Les 
abréviations par contraction ne portent que sur des 
mots de la langue ecclésiastique , presbyterosy episcopos 
qui, dans les manuscrits liturgiques les plus anciens, 
sont déjà abrégés. Les quelques abréviations par suspen- 
sion : sed pour sedit , ordin pour ordinationes sont 
faciles à résoudre. Enfin, pour ety on trouve la ligature 
de la minuscule mérovingienne qui persistera isolée, 
comme aussi dans le corps et à la fin des mots, jusqu'aux 
dernières années du xii® siècle. 

Citons encore comme appartenant à la fin du viii® siècle 



MANUSCRITS 81 

OU aux premières années du ix® siècle, le manuscrit latin 
17371 de la Bibliothèque nationale , qui renferme les 
commentaires de saint Jérôme sur Jérémie. Ce volume, 
écrit en minuscule avec des titres en capitales, a été copié 
dans le monastère de Saint-Denis, sur Tordre de Tabbé 
Fardulfus, entre 793 et 806. (Fac-similé dans Delisle, 
Cabinet des manuscrits , pi. xxi, n® 2.) 

Charlemagne s'occupa lui-même de la réforme de 
récriture. Il avait établi dans son palais un atelier de 
copistes placé sous la direction d'Alcuin. L'un des plus 
célèbres livres qui en soit sorti est Tévangéliaire de 
Charlemagne, œuvre de Godesscalc, qui l'exécuta en 
781 ou 782. Le texte, en onciales d'or sur parchemin 
pourpré , est disposé sur deux colonnes ; les titres sont 
en argent. (Bibl. nat., nouv. acq. lat. 1993, galerie 
Mazarine , armoire XX, n** 222 ; fac-similé dans Delisle, 
Cabinet des manuscrits^ pi. xx, n®* 1, 2 et 4.) 

Deux bibles, chefs-d'œuvre de calligraphie, en écri- 
ture minuscule d'une extrême finesse, dont l'une est 
conservée à la Bibliothèque nationale, (lat. 9380, galerie 
Mazarine , n® 126 ; fac-similé dans Delisle , Cabinet des 
manuscrits y pi. xxi, n® 3, et dans V Album paléographique ^ 
pi. 18), et l'autre dans le trésor de la cathédrale du Puy, 
ont été écrites par les soins de Théodulfe, évêque d'Or- 
léans, entre 788 et 821, comme en témoigne un épilogue 
dont voici les deux premiers vers : 

Codicis hujus opus struxit Theodulfus amore 
lUius, hic cujus lex benedicta tonat. 

M. Delisle a consacré aux Bibles de Théodulfe un 
mémoire inséré dans la Bibliothèque de F Ecole des Chartes y 
t. XL (1879), p. 5. 



82 REFORME CAROLINGIENNE 

Les livres que Charlemagne avait réunis ayant été ven- 
dus après sa mort, et le prix distribué aux pauvres, Louis 
le Pieux dut former dans son palais une nouvelle biblio- 
thèque. Il fit transcrire des livres. 

Un commentaire sur la Genèse, le manuscrit latin 
9575 de la Bibliothèque nationale, se termine par une 
souscription qui indique qu'il a été copié par Faustin, 
en 811, dans le palais de Chasseneuil, en Poitou : 
(c Finitum opusculum in Casanolio palatio, suburbio Pic- 
tavino , provintia Aquitanica , anno vicesimo septimo 
régnante pio principe domno Hlodohico rege, filio glo- 
riosi Caroli imperatoris, era DCCCXLVIII, qui est annus 
incarnationis Domini nostri Jesu Christi DCCCXI. Faus- 
tinus scripsit. » 

L'ère dont il est question dans cette souscription est 
Tère d'Espagne. Son point de départ est la conquête de 
l'Espagne par Auguste, l'an 715 de Rome, soit 39 ans 
avant J.-C. Cette manière de dater était employée dans 
les provinces méridionales de la France. 

Le fac-similé n® 2 de la planche v est emprunté au 
manuscrit latin 2440 (fol. 4) de la Bibliothèque nationale, 
daté de l'an 819. C'est l'ouvrage de Raban Maur intitulé 
De institutione clericorum. Sur les cinq lignes que nous 
reproduisons, la seconde est en écriture onciale, la troi- 
sième en capitale, l'une et l'autre a l'encre rouge. Le 
reste est en minuscule Caroline. Voici la transcription : 

«... (ligne l)-naculo condunt, ne indignis quibz^^qi^^ 
Dei sacram^/ita aperi-(2)-antur. 

De ordine tripertito episcoporw/w. (3) Ordo autem epi- 
scoporum tripertitus est , id est (4) in patriarchis , archi- 
episcopis qui et metropolitanis (5) et in ei^iscopis, 
Patriarcha greca lingua pat^r principum sive... » 




1/1 

H 

S 

U 
D 
< 



MANUSCRITS 



83 



Parmi les chefs-d'œuvre de la calligraphie carolin- 
gienne, il faut citer Tévangéliaire que Tempereur Lothaire 
fit copier pour l'abbaye de Saint-Martin de Tours. L'abbé 
Sigilaus en surveilla l'exécution. C'est un bel exemple 
de demi-onciale du milieu du ix® siècle. Ce manuscrit, 
conservé à la Bibliothèque nationale, sous le n® 266 du 
fonds latin, y est exposé dans la galerie Mazarine, 
armoire XX, n® 224. Voyez un fac-similé en photogravure 
dans Y Album paléographique de la Société de l'Ecole des 
Chartes, pi. 22. 

Les manuscrits exécutés pour Charles le Chauve ou 
sous son règne ne le cèdent pas en beauté à ceux de 
Charlemagne. L'école d'écriture du monastère de Saint- 
Martin de Tours continua de produire des chefs-d'a^uvre. 
De là sont sorties , à cette époque , la Bible latine oflFerte 
à Charles le Chauve par l'abbé Vivien (Bibl. nat., 
lat. 1 , galerie Mazarine , armoire XX , n^ 225 ; fac-similé 
dans Delisle, Cabinet des manuscrits^ pi. xx), la Bible 
dite d'Alcuin, conservée au Musée Britannique, fonds 
additionnel, n® 10546 (fac-similé dans Catalogue o fanaient 
manuscripts in the Bristish Muséum ^ part II, latin, 
pi. 42 et 43), et enfin la Bible de Saint-Paul hors les 
murs de Rome. 

Une autre Bible , écrite aussi pour Charles le Chauve , 
est celle qui, après avoir été longtemps conservée dans 
le trésor de Saint-Denis, est passée, le 23 octobre 1595, 
en vertu d'un arrêt du Parlement, dans la bibliothèque 
du roi, oii elle porte aujourd'hui le n^ 2 du fonds latin 
{Galerie Mazarine, armoire XX, n® 226). 

Le livre de prières connu sous le nom de Psautier de 
Charles le Chauve a été écrit en onciales d'or par 



84 RÉFORME CAROLINGIENNE 

Liuthard, du vivant de la reine Hermentrude, c'est-à-dire 
entre les années 842 et 869. (Bibl. nat., lat. 1152, 
galerie Mazarine, vitrine XXX, n® 267; fac-simile, 
Paléographie unwerselley pi. 125 ; de Bastard, pi. 191 à 
194; Album paléographique, Soc. de TEcole des Chartes, 
pi. 21.) Citons aussi les Evangiles de Charles le Chauve, 
copiés vers 878, par Liuthard et Bérenger (Bibl. nat., 
lat. 257). Voyez sur ces manuscrits les Peintures , orne^- 
ments, écritures et lettres initiales de la Bible de Charles le 
Chauffe, conservée à Paris, publ. par le comte Auguste de 
Bastard. Paris, 1883, gr.in-fol.. 

Charles le Chauve ordonna à ses exécuteurs testamen- 
taires de partager ses livres entre son fils et les églises 
de Saint-Denis et de Notre-Dame de Compiègne. 

Voici encore, d'après M. Delisle, l'indication de 
quelques manuscrits datés de la fin du ix® siècle : un 
sacramentaire de la cathédrale d'Arles contenant des 
prières pour Louis T Aveugle, roi de Provence, et un 
catalogue des archevêques d'Arles qui, primitivement, 
s'arrêtait à Rotlandus, mort vers 869 (Bibl. nat., lat. 
2812; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xxxï,n®2); 
un Saint Jérôme donné à la bibliothèque de Saint-Amand 
par le moine Hucbald, ordonné prêtre en 880, mort en 
930 (Bibl. nat., lat. 1863; Delisle, Cabinet des manuscritSy 
pi. XXXI, n® 1); un Virgile copié à l'extrême fin du 
ix^ siècle ou dans les premières années du siècle suivant 
par Rahingus, moine à Flavigni, en Bourgogne. (Vatican, 
latin 1570; Delisle, Virgile copié au x® siècle par le moine 
Rahingus dans Mélanges de l'Ecole de Rome, VI* année 
(1886), p. 239, planche v.) Le même moine avait aussi 
écrit un manuscrit des Epîtres de saint Paul conservé à 
la bibliothèque d'Orléans sous le n® 79. 



CHARTES CAROLINGIENNES 85 

Aux® siècle, nous ne trouvons plus de manuscrits de luxe. 
La capitale , Fonciale , la demi-onciale sont exclusivement 
réservées aux titres. Le corps des manuscrits est toujours 
«crit en minuscule. La minuscule du x*' siècle ne diffère 
guère de celle du ix® siècle qu'en ce qu'elle est moins 
soignée. Les lettres sont plus irrégulières. Au ix*' siècle, 
les hastes des lettres telles que £, d, l, se renflent à la 
partie supérieure; au x® siècle, elles ont la même forme, 
mais souvent elles se terminent en haut et à gauche par 
un petit crochet. 

Les manuscrits du x® siècle, à date certaine, sont rares. 
On trouvera toutefois dans le Cabinet des manuscrits de 
M. Delisle, pi. xxxi, n® 5, le fac-similé du manuscrit latin 
12052 de la Bibliothèque nationale, sacramentaire écrit 
«ntre 972 et 986, par ordre de Ratold, abbé de Corbie, et 
sur la planche xxx, n® 6, du même ouvrage, le fac-similé 
du manuscrit latin 2113, de la même bibliothèque, copié 
vers 988. 



§2. — Chartes carolingiennes . 



La minuscule mérovingienne, qui avait disparu des 
manuscrits à la fin du viii® siècle, resta en usage dans les 
actes à la chancellerie de Charlemagne ; mais elle subit 
Tinfluence de la réforme calligraphique qui avait fait tout 
d'abord sentir ses effets dans la transcription des livres. 
Cette minuscule des diplômes de Charlemagne est moins 
embarrassée de ligatures ; un grand nombre de lettres 
sont isolées ; les mots sont séparés ; certaines lettres 
appartiennent à la minuscule Caroline; d'autre part, la 



86 



REFORME CAROLINGIENNE 



forme du c, de !'<?, de IV et de Vs est encore la même que 
dans les diplômes mérovingiens. Les hastes des lettres b, 
dy h, ly s'élèvent très haut au dessus de la ligne en se 
recourbant légèrement à droite ; de même, le trait vertical 
du p et du q descend beaucoup au dessous de la ligne. 

Le chrisme, déformé, figure presque toujours au com- 
mencement de la première ligne, dont Técriture est 
allongée. Les rois de la seconde race ne signent pas leurs 
actes. Pépin et Carloman tracent une croix accompagnée 
des mots Signum [talis] gloriosissimi régis. Quant à Char- 
lemagne, sa souscription consiste en un monogramme 
dessiné par le scribe et encadré dans les mots Signum 
Caroli gloriosissimi régis. La signature du chancelier se 
compose des mots \talis'\ relegi et subscripsi suivis d'un 
paraphe compliqué , appelé ruche , entremêlé de notes 
tironiennes qui expriment le nom du chancelier ou celui 
du personnage qui avait obtenu Tacte. Plus bas, la date 
divisée en deux formules : 

1® La date chronologique, Datum quod fecit december 
dies seXy anno X régnante domno nostro Carolo rege^ ou 
encore Data pridie kalendas septembris, anno vigesimo 
secundo regnum domni nostri Caroli excellentissimi régis ; 

2** La date topographique, Actum Aquis palacio publicoy 
in Dei nomine féliciter, 

La matière sur laquelle sont écrits les diplômes caro- 
lingiens est toujours le parchemin. 

Comme exemples de diplômes de Charlemagne repro- 
duits en photogravure, nous citerons : un diplôme pour 
le prieuré de Salone, du 6 décembre 777 dans l'atlas du 
Musée des Archives départementales y pi. ii ; et un autre, 
en faveur du comte Théodold, donné le 31 mars 797, dans 



CHARTES CAROLINGIENNES 87 

V Album paléographique , publié par la Société de l'Ecole 
des Chartes, pi. 16. De nombreux fac-similé phototypiques 
de diplômes impériaux ont été réunis par MM. Sybel et 
Sickely dans leur ouvrage intitulé Kaiser urkunden in 
Abbildungen (1880-1888, 9 livraisons parues). Le premier 
cahier — le seul qui ait paru , croyons-nous — de l'ou- 
vrage intitulé Specimina diplomatum monasterio fuldensi 
a Karolis exhibitorum^ par C. Herquet (Cassel, 1867, 
in-fol.) contient les photographies de six diplômes, trois 
de Pépin et trois de Charlemagne. 

La minuscule diplomatique se rapprocha de plus en 
plus de la minuscule Caroline , à ce point que, sous Louis 
le Pieux, l'écriture des diplômes ne diflPère pas essentiel- 
lement de celle des manuscrits. Seulement, dans les 
diplômes , la minuscule a des formes plus grêles ; les 
lettres sont plus hautes ; Va a toujours une forme voisine 
de celle de Vu ; le c est orné d'un trait droit ou recourbé 
qui s'échappe de son extrémité supérieure ; les hastes 
des lettres i, rf, A, / s'élèvent beaucoup au dessus de la 
ligne en se recourbant à droite. 

L'écriture des diplômes royaux resta à peu près la 
même jusqu'à la fin du x® siècle. C'est même une chose 
surprenante combien peu elle a varié de Louis le Pieux à 
Hugues Capet. On s'en rendra compte en comparant deux 
diplômes reproduits dans le Musée des Archiifes départe^ 
mentales^ l'un, de Louis le Pieux, du 16 mars 819 (pi. m, 
n® 4); l'autre , de Hugues Capet, du 4 juin 988 (pi. xiii, 
no 17). 

Ces observations ne sauraient être étendues à tous les 
actes. Elles s'appliquent seulement aux diplômes royaux. 
Car, dans les actes émanés de chancelleries autres que 



88 RÉFORME CAROLINGIENNE 

la chancellerie royale, c'est-à-dire dans les actes rédigea 
au nom de dignitaires ecclésiastiques, on employa soit 
la minuscule Caroline proprement dite, soit une écriture 
qui s'en rapproche beaucoup. 



CHAPITRE IV 



PERIODE POST-CAROLINGIENNE 



Xl^ SIÈCLE 



S 1. — Manuscrits, 



L'exemple d'écriture que nous offrons pour le xi' siècle 
(pi. vi) est emprunté au manuscrit 566 du fonds de la reine 
Christine au Vatican, qui contient la Vie du roi Roberty 
par Helgaud. Ce manuscrit <c présente, comme l'a remar- 
qué M. Auvray*, tous les caractères d'un autographe : on 
peut y surprendre le travail de Fécrivain donnant à une 
œuvre déjà terminée une forme nouvelle. Non- seulement 
le texte a subi de nombreuses corrections de détail que 
révèlent à chaque page les ratures et les surcharges ; 
mais des passages entiers ont été ajoutés après coup, soit 
dans les marges, soit, quand les marges étaient insuffi- 
santes, sur des feuillets intercalés, écrits à pleines lignes 
en caractères fins, tandis que le reste du manuscrit est à 
deux colonnes, d'une grosse écriture. » 

1. AuTPay, Une Source de la Vita Roberti régis du moine Uelgaud, dan» 
Mélanges d'archéol., publ. par l'Ecole franc, de Rome, t. VII (1887), p. 458. 



90 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNB 

Le fol. 10 recto, dont nous donnons la partie supé- 
rieure, offre un exemple de ces additions qui témoignent 
de l'intervention directe de l'auteur*. On y remarque 
trois écritures différentes. La grosse écriture de la 
seconde colonne constitue le corps du manuscrit. Quant 
à la première colonne, moins les deux dernières lignes, 
c'est une addition qui commence à la page précédente et 
qui se termine dans la marge de droite. Une troisième 
main a écrit une phrase de transition pour relier cette 
addition au texte de la rédaction primitive, et aussi les 
mots elemosinç largitio. On remarquera que cette dernière 
écriture ne paraît pas être celle d'un scribe proprement 
dit ; elle n'a pas la régularité des deux autres ; elle est 
plus rapide, elle a aussi un caractère plus archaïque. II est 
vraisemblable qu'elle a été tracée de la main même 
d'Helgaud. 

Ce moine écrivit l'histoire du roi Robert vers 1042. 
C'est donc à cette époque qu'il faut rapporter le manus- 
crit du Vatican. 

« (ligiie 1) domw5 et rex cu/w paup<?re arg^/itu/w a 

lancea (2) auferens, paup^rculo dat benefaci-(3)-ens et 
suis ipse sancti^ manibus ei in (4) sacculu/ra mittens dat in 
mandatis (5), sic£^^ mos erat, ut sibi in redeundo (6) 
prospiceret ne uxor ejiis exxm videre pos-(7)set. Obaudivtï 
pr^ceptis régis necessi-(8)-tas paup^ris. P^ractis his, 
advenif regina (9) mirans qwid factu/ra fuerit de lancea, 
(10) qwae sic erat destructa, de qi/a sp^rabat (11) T^ominuxa 
suuf/7i forti letificari glor/a. Ad h§c (12) Domini fide/w 



1. C'est à notre confrère et ami, M. Âuyray, ancien membre de TEcole 
française de Rome, qae nous devons la photographie du manuscrit 
Reg. 566. Nous lui adressons ici nos bien sincères remerciements. 




3 



E 
O 
ce 






Mtteiiiiili'j gfw 



MANUSCRITS DU XI^ SIECLE 91 

jurans rex joco huju^ se non esse ^^T^ [marge) facti 

conscium. Inler eos (2) amicabilis est exorta (3) co/itentia 
C[inhus elemosinç largitio profuit (4) et proderit, faciente 
(5) Deo, mortuis s^cmIo , vi-(6)-ventibï/5 D^o. Queda/w 
(7) adhuc de e'jus non minima (8) pietate narranda suni. 

(1" col. y 13) Clericus quidam paup^rculus de (14) régna 
Lotharii exiens, ad hune 

[2^ col., 1) astitit omni viç non bonç, ma-(2)-liciaA« aute/72 
non odivit. Splen-(3)-debat quippe in eo species Judç (4) 
traditoris Domini qui loculos habens (5) ea quq mitteban- 
tur exporta-(6)-bat. Na/w quodam te/npore adves-(7) 
-perascente hora diei, cçna cum (8) suis sumpta, incu/w- 
bentib2/.9 ja/w noc-(9)-tis tenebris dum ad co/wplenda 
(10) et quç sunt T>eo reddenda cogi-(ll)-taret ad domu/w D^i 
de more (12) processit, pr<?euntibws ante se cleri-(13)-cis 
cum ceroferariis non minimi (14) ponderis ; quibi^s posi- 
tis, signi-[ficavit] » 

Bien peu d'œuvres historiques ou littéraires du moyen 
âge nous sont parvenues, comme celle d'Helgaud, dans 
le manuscrit original, c'est-à-dire dans l'exemplaire écrit 
par Tauteur lui-même ou sous sa direction. Pour le 
XI® siècle, nous citerons cependant le manuscrit latin 
5288 de la Bibliothèque nationale qui est probablement 
un autographe du moine Adémar de Chabannes, écrit 
vers 1030 ; un feuillet a été reproduit dans les fac-similés 
de r Ecole des Chartes y n® 71. 

M. Delisle a donné dans le Cabinet des manuscrits des 
exemples d'écritures du xi® siècle tirés de manuscrits 
datés, dont nous indiquerons ici les plus importants. Ils 
appartiennent tous ii la Bibliothèque nationale de Paris. 



92 PERIODE POST-CAROLINGIBNNE 

Le manuscrit latin 8851 est un évangéliaire exécuté entre 
1002 et 1014 ; il a fait partie de la bibliothèque du roi 
Charles V qui, en 1379, Toffrit k la Sainte-Chapelle. 
(Galerie Mazarine, vitrine XXXI, n® 257; Delisle, Cabinet 
des manuscrits y pi. xxxiii, n" 5.) Citons encore une col- 
lection canonique de Tan 1009, faite par ordre de Hei- 
mon, évéque de Verdun (Bibl. nat., lat. 15392; Delisle, 
oiwr, cité y pi. XXXII, n® 1); un exemplaire du Traité de 
saint Augustin contre les hérésies, copié dans l'espace 
de trois mois en 1029 ou 1030, par Lambert, moine de 
Saint-Maur-des-Fossés (Bibl. nat., lat. 12219; Delisle, 
ouvr. cité y pi. XXXII, n® 4) ; un recueil d'homélies écrit 
dans la même abbaye, en 1058 (Bibl. nat., lat. 3786; 
Delisle, oinfr, cité y pi. xxxiv, n**' 2 et 3); enfin un 
manuscrit contenant une Vie de saint Maurille, par Gré- 
goire de Tours, et dont Texécution se place vers 1070. 
(Bibl. nat., lat. 13758; Delisle, ouvr. cité y pi. xxxiv, 
n« 4.) 



Jj 2. — Chartes. 



L'écriture des diplômes royaux sous les rois Robert 
(996-1030) et Henri P' (1030-1060) est généralement 
grosse. Souvent elle est peu soignée, comme dans le 
diplôme de Robert confirmant les privilèges des cha- 
noines de Sainte-Geneviève (Rec, fac-s. Ecole des Chartes, 
n** 36 et 36 bis) y et dans celui de Henri P"", daté du 
12 juillet 1058, par lequel ce roi renonce aux droits que 
ses officiers prélevaient sur le bétail de Moisenay et de 
Courceaux. [Rec. facs. Ecole des Chartes y n® 37.) Nous 



CHARTES DU Xl^SIÈCLE 93 

donnons à la pi. vu, n® 2, le fac-similé légèrement réduit 
de deux lignes de ce diplôme; voici la transcription : 

« (ligne 1) meqw^ pecierunt quatinu^ eis p^rdonare/w 
consuetudines de hohus, de carne (2) quas mei ministri in 
Mosiniaco et in Curciolis injuste et per \im rapie[bant]. » 

L'exemple d'écriture n® 1 de la pi. vu est emprunté à un 
diplôme de Robert, roi de France, du 23 septembre 
1030, par lequel il confirme l'abbaye de Saint-Hippo- 
lyte, près Beaune, dans la possession de ses biens (fac- 
similé. Musée des Archwes départementales , n" 23, pi. xx). 
Voici la lecture : 

« (ligne 1) In nomine sanctdd et individu» Trinitatis, 
Rodbertus, divina providente clementia, (2) Francoruw 
rex. Si fidelibus no^^ris aliquod supplementi donu/72 sive 
hereditatis augmentu/w per no^^ri regiu/w... » 

Nous parlerons plus loin de la première ligne qui est 
en caractères allongés. Dans la seconde ligne on remar- 
quera la forme de Va qui, sauf dans le mot Francoram^ 
est encore ouvert à sa partie supérieure. Les hastes des 
lettres b^ d^ f^ l^ s s'élèvent très haut au dessus du corps 
des autres lettres, mais elles n'ont pas d'ornements ; le 
plus souvent, au contraire, dans les actes du xi® siècle, 
ces hastes se terminent par des boucles plus ou moins 
compliquées ; voyez ici pi. vu, n" 3. Le dernier jambage 
de Y m est quelquefois replié sous la lettre et bouclé. Un 
est ici de forme minuscule ; dans d'autres actes du 
xi° siècle, il affecte la forme capitale, sans cependant 
que ses proportions dépassent celles des autres lettres ; 
il se compose donc de deux traits verticaux assez éloignés 
l'un de l'autre, reliés par une longue barre transversale. 

On remarquera la régularité des abréviations ; il n'en 



94 PERIODE POST-CAROLINGIENNE 

est pas une qu'on ne puisse résoudre avec la seule appli- 
cation des règles exposées plus haut dans le chapitre II. 

Sous le n® 3 de la pi. vu, nous donnons deux lignes 
d'un diplôme de Philippe V^, de Tannée 1060, qui relate 
une donation à l'abbaye de Saint-Denis [Rec. fac^s. Ecole 
des Chartes y n® 40). Voici la lecture : 

« ... (ligne 1) c\xm om/zi adjacenti causa vel apenditiis 
quç ad eande/n villa/Tz pertinent quam in vadimonio tene- 
bat (2), pr^tio scilicet Mbrarum sexaginta denariorM/w 
parisiacensiu/72, donaremi/^, eo tenore eccXesidd Sancti 
Dionisii {ratr'ihus^ue . » 

Signalons Temploi dans adjacenti de l'N de forme 
capitale. A ce propos nous ferons observer que dans les 
actes du xi® siècle et du xii® siècle, les noms propres 
sont souvent écrits, dans le corps même de l'acte, en 
lettres capitales et onciales. 

La plupart des diplômes royaux et des autres actes des 
XI® et XII® siècles débutent par une ligne écrite en carac- 
tères allongés, qui le plus souvent ne sont qu'une défor- 
mation de la minuscule, comme dans l'exemple n? 1 de 
la pi. VII, et quelquefois un mélange de capitales, d'on- 
ciales et de minuscules. Cette ligne est souvent précédée 
d'une invocation monogrammatique , c'est-à-dire d'un 
chrismon plus ou moins déformé. 

Au bas des actes sont écrits, sur une ou plusieurs 
colonnes, plus rarement en pleines lignes, les noms des 

témoins précédés d'un S barré, abréviation du mot 
signum ; quelquefois aussi accompagnés d'aune croix auto- 
graphe. 

Voici un fac-similé de trois seings apposés au bas du 
diplôme de Henri P' dont il a été déjà deux fois ques- 



CHARTES DU XI* SIÈCLE 95 

tion : (c Signum Hugonis Bardulfi. Signum Gausfridi filii 
ejus. Signum Ursonis vicecomitis. » 

Les signatures autographes sont rares au moyen âge, 
avant le xiv* siècle. On peut cependant considérer comme 
telles plusieurs souscriptions d'évêques, par exemple, 
celles de Tévêque de Senlis et de Tévêque de Boissons, 
apposées au bas d'un diplôme de Louis YI (1113), repro- 
duit dans YAUum Paléographique publié par la Société 
de r Ecole des Chartes (pi. 28-29). 

Sous les n®' 4 et 5 de la pi. vii, nous donnons les 
fac-similé de deux écritures empruntées à d'autres chan- 
celleries que la chancellerie royale. 

Le n® 4 reproduit deux lignes d'un acte de Richard II, 
duc de Normandie, antérieur à 1024 (fac-similé, Musée 
des Archives départementales^ n® 21, pi. xv). Je transcris 
ici entre crochets la première ligne, afin de donner un 
exemple des préambules en usage au xi* siècle : 

«( [In nomine sancte et individuae Trinitatis. Scimus 



96 PéRIODE POST-CAROUNGIBNNB 

quia quicquid usibus servorum Dei impenditur] (ligne 1 
du fac-s.) omnipotenti Domino erogatur et gratu/» est illi 
sacrificium quod ofiertur in alimonia suorum pauperum. 
Quamobrem ego (2) cornes Ricardus trado ecclesiam 
villae quœ Ros dicitur in pago Bajoensi monasterio Sancti 
Pétri et domni Audoeni ad » 

Cette écriture a encore un aspect carolingien. L'appen- 
dice qui surmonte le c devient rare dans la seconde moi- 
tié du XI® siècle. On remarquera la forme de Vo allongé et 
muni d'un petit crochet, comme aussi la façon dont il est 
relié aux lettres qui le suivent. Nous trouvons ici l'occa- 
sion de signaler la ligature d's et de t, presque constante 
dans les documents des xi® et xii® siècles. De la même 
manière sont liés c et t. 

Le n^ 5 de la pi. vu donne les dernières lignes d'un 
acte de foi et hommage prêtés , vers 1034 , par Roger P', 
comte de Foix, à Pierre, évêque de Girone. Cet acte pré- 
sente un mélange de latin et de langue romane. Ainsi, 
dans les lignes qui suivent, nous trouvons les mots fidel 
serai y a te ^ ingan (du latin ingenium^ tromperie). Même 
quand les mots sont latins, la syntaxe est française. 

(( (ligne 1) De ista ora in antea fidel serai ego Rotgarius, 
filius Garsen, a te Pe-(2)-trone ei^iscopOy filio Adalaiz, 
p^r recta/w fide/;i, sine ingan, sicut omo débet (3) esse ad 
seniore/72 sxxxxm sine nulla tua deceptione me sciente. » 

Au point de vue paléographique, on remarquera la 
ligature et dans debety à la fin de la 2® ligne. 



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du Xll Siècle 



MANUSCRITS DU XII* SIÈCLE 97 



XII* SIÈCLB. 



§ 1. — Manuscrits, 

Les manuscrits du xii* siècle sont généralement d'une 
exécution plus soignée que ceux du siècle précédent. Les 
lignes sont séparées par des intervalles réguliers. Les 
lettres ont toutes la même hauteur. L'écriture est très 
souvent assez grosse. Au xii* siècle apparaissent les pre- 
miers exemples de l'écriture dite gothique ^ qui n'est 
d'ailleurs qu'une modification de la minuscule Caroline. 
C'est une minuscule où les courbes sont remplacées par 
des angles. 

Les manuscrits dont la date peut être déterminée avec 
certitude deviennent plus nombreux à partir du xii® siècle. 

Citons d'abord un psautier quadriparti, conservé à la 
Bibliothèque nationale sous le n® 2195 des nouvelles 
acquisitions latines, et écrit au monastère de Saint-Martin 
de Tournai, en 1105, sur l'ordre de l'abbé Eudes. Dans 
la longue souscription (fol. 118 v®) qui termine le volume, 
le mot Turonensis a été substitué à Turnacensis. Mais les 
nombreux synchronismes qui accompagnent l'année de 
l'incarnation prouvent biea qu'il s'agit de Saint-Martin 
de Tournai; au reste, les traces du grattage et la surcharge 
sont visibles. Voici cette souscription si intéressante 
pour l'histoire : 

« Liber Sancti Martini Twr/iacensis cenobii. Si quis 
hune librum de çcclesia Sancti Martini Turnacensis 

7 



98 PÉRIODfi POST-CÂROLINGIENNB 

abstulerit vel auferri permiserit, anathema sit. Fiat. Fiat. 
Amen. Amen. 

Anno ab incarnatione Dominî millesimo centesima 

quinto et a restauratione hujus cenobii quarto decimo^ 

scriptus est liber iste in hoc ipso cenobio a quodam fratre 

monacho et subdiacono , precipiente viro venerandç 

memoriç domno Odone primo monacho et primo abbate 

hujus saneti cenobii. Qui venerandus abbas eodem 

anno raptus ad episcopatum Cameracensis civitatis, non 

sine damno totius nostrç congregationis nobis ablatus 

est ; consecratusque est episcopus supradictç Caméra- 

sensis civitatis a Manasse, Remensi metropolitano , et 

septem comprovincialibus episcopis, anno dominiez incar- 

nationis millesimo centesimo quinto, indictione tertia 

décima , epacta III", sexto nonas Julii , die dominica ; 

Roman<| urbis cathedrae présidente domno Paschali papa^ 

Francorum regnum gubernante rege Philippo. Nostrum 

vero cenobium rexit annis XIIP^™ in quibus ita ei divina 

gratia affuit ut cum ante ejus adventum per trecentos fere 

annos nuUus in hoc loco monachus fuerit, infra XIP*°* 

an nos non solum terras et mansiones et oflfîcinas et 

quçque usibus servorum Dei sunt necessaria, verum 

etiam plusquam LXX*' monachos omnipotenti Domino 

regulariter servituros in hoc loco aggregaverit. » 

Nous avons fait reproduire sur la pi. viii quelques 
lignes du fol. 2 de ce manuscrit. En voici la transcrip- 
tion : 

« (ligï^c 1) esse communem. Valere te cupio in 

Domino Jhesu et (2) meminisse mei. 

Incipit qpisto\2i sancti Hieronimi preshyteri (3) ad Sun- 
niam et Fretelam de verbis psalte-(4)-rii , quç de Septua- 
ginta interpretum (5) editione corrupta sunt. 






MANUSCRITS DU XII^ SIECLE 99 

(6) Dilectissimis fratrihus Sunniç et Fretelae (7) et ceteris 
qui vobiscum Domino serviunt, Hie-(8)-ronimus. Vere in 
Yohis apo5foIicus et prophe-(9)-ticus sermo completus 
est : in omnem terra/w exiit sonus (10) eorum et in fines 
orbis terrç verba eorum, Quis hoc (11) crederet ut bar- 
bara Getaru/w lingua hebraicam que-(12)-reret veritate/w 
et dormientibu^, immo contendentibu^ (13) Grecis, ipsa 
Germania Spiritus Sancti eloquia scrutaretMr?(l4) In veri- 
tate cognovi qi/od non e^^ p^rsonaru/ra acceptor DeuSy 
(15) sed in omni gente qui timet Deum. et operatur 
D^i justi-(16)-tiam, acceptus e^^ illi. Dudum callosa 
tenendo capulum (17) manus et digiti tractandis sagit- 
tis aptiores, ad stilu/72 (18) calamu/Tzqu^ mollescunt, et 
bellicosa pectora vertuntur (19) in mansuetudine/Tz chm- 
riana/7z. Nunc etisaiae... » 

Le titre, Incipit epistola jusqu'à corrupta sunt, est 
rubrique, c'est-à-dire tracé à l'encre rouge. L'initiale D 
est de même couleur. 

Parmi les manuscrits à date certaine, indiquons encore, 
d'après M. Delisle, le manuscrit latin 1873 de la Biblio- 
thèque nationale qui se termine par une note portant 
qu'il a été achevé le 6 juillet 1114 (Delisle, Cabinet des 
manuscrits, pi. xxxv, n^ 2); un missel noté en neumes 
à l'usage d'une église du diocèse de Cologne, écrit en 
1133 (Bibl. nat., lat. 12055; Delisle, ouvr, cité, pi. xxxvi, 
n® 1). On conserve à la Bibliothèque nationale, sous le 
n® 10913 du fonds latin, l'exemplaire autographe de 
l'Histoire ecclésiastique d'Orderic Vital (Galerie Maza- 
rine, armoire XI, n® 180). Le passage dont M. Delisle a 
donné un fac-similé dans le Cabinet des manuscrits, 
pi. XXXVI, n®2, a été écrit en 1137. Ce n'est pas, d'ailleurs, 
le seul exemple qui nous soit parvenu de l'écriture du 



100 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNE 

célèbre historien normand. M. Delisle a signalé [Biblio^ 
thèque de t Ecole des Chartes^ t. XXXIV, 1873, p. 267), 
un manuscrit de Guillaume de Jumièges copié par Orde- 
ric Vital. 

Entre 1138 et 1143, se place une copie de la collection 
canonique dite d'Isidore, écrite à Saint- Victor de Paris ; 
les listes de papes et d'empereurs, transcrites en tète de 
ce volume, permettent de fixer la date de son exécution. 
/Bibl. nat., lat. 14314; Delisle, Cabinet des manuscrits ^ 
pi. XXXVI, n®* 3 à 5.) Le manuscrit latin 9688 de la Biblio- 
thèque nationale, exposé dans la galerie Mazarine sous 
le n® 182, est un Valère Maxime, copié à Provins, en 
1167, par Guillaume l'Anglais , pour Henri, comte de 
Champagne. La formule de souscription qui termine ce 
volume est imitée des formules de l'antiquité : « Titulus 
scriptoris. Féliciter emendavi, descriptum Pruvini, jussu 
illustris comitis Henrici ; Willelmus Anglicus, anno incar- 
nati Verbi MCLXVII, indictione XV. » (Delisle, Cabinet 
des manuscrits y pi. xxxvii, n®' 5 et 6.) 

Terminons cette revue par l'indication d'un manuscrit 
de l'histoire scolastique de Pierre le Mangeur, copié en 
1183 par Jean le Borgne, moine de Corbie (Bibl. nat., lat. 
16943; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xxxviii, n®* 3 
et 4), comme le prouve la souscription suivante (fol. 190 
et dernier) : « Anno incarnati Verbi M** C** LXXX° IIP 
scriptus est liber iste a Johanne Monoculo, quo rex Fran- 
corum, Philippus, filius Hludovici régis, passus est horri- 
bilem guerram a comité Flandrensi, Philippo, et comité 
Theobaldo et cometissa Campaniensi et duce Burgun- 
diensi et Stephano, comité Blesensi. Liber Sancti Pétri 
Corbeiensis. Qui furatus fuerit, anathema sit. » 



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Manuscrit 



ttt- atftc». ex 



[S de 1105 et 1183 



MANUSCRITS DU XIl^ SIECLE 101 

On trouvera ici sur la pi. viii, n® 2, quelques lignes 
(fol. 160) de ce manuscrit. Voici la transcription : 

« [disci]-(ligne l)-puli, donec clarificatus* est Jésus. 
Quod gloriose (2) susceptus Dominus flevit sup^r civita- 
tem. (3) Et cum appropinquaret Jesws ad des-(4)-censum 
montis Oliveti, multi des-(5)-cendentium cum eo subster- 
nebant (6} vestim^nta sua in via , alii cedebant ramos de 
(7) arboribi/&* et sternebant in via. Turba aute/w (8) multa 
quq veuéTat ad diem festum et pueri (9) et plebecula 
Hierosolomoru/ra toUentes ramos oli-(10)-varum pr^ces- 
serunt ei obviam. Et qui pn?oede-(ll)-bant et qui seque- 
bantz^r, clamabant Osanna (12) filio David. Et e*^ Osanna 
ebreum v^rbum composi-(13)-tum ex corrupto et inte- 
gro. Osi enim sonat (14) salva vel salvifica; anna est 
int^rjectio obsecran-(15)-tis, sicut pape ammirantis; quç 
quia in la-(16)-tino eloquio non habete/r, pro ea posuit 
Hieronimus (17) noster a obsecro ». Est Osanna quasi osi 
anna, salva (18) obsecro, et est una dictio, ut diximus, 
vel due (19) per elirim- prolate. Filio est uua dictio et 
construetwr... » 

La fin de la première ligne Quod gloriose et toute la 
seconde ligne sont tracées à l'encre rouge. C'est en effet 
le titre du chapitre CXVIII de la partie de VHistoria 
scholastica intitulée Historia evangelica, La lettre ini- 
tiale 6 est de couleur verte avec des ornements intérieurs 
rouges et bleus. 

1. Corrigez glorificatus. 

2. Corrigez elipsim. 



102 



PERIODE POST-CAROLINGIENNE 



Jj 2. — Chartes. 



L'écriture des chartes du xii° siècle est très soignée; 
elle est très élégante. Les abréviations sont régulières. 
On peut dire que le xii* siècle est l'époque où Técriture 
diplomatique atteignit son apogée. C'est aussi le siècle 
où triomphe définitivement, dans toutes les chancelleries 
européennes, la minuscule française. 

Le premier exemple d'écriture donné sur la pi. ix, n® 1, 
est emprunté à un diplôme de Louis VI, daté de Lorris , 
en Gâtinais, l'an 1124, et déjà reproduit dans le Musée 
des Archives départementales^ n® 33, pi. xx. On ne trou- 
vera sur notre planche que les trois premières lignes, 
réduites aux | de l'original. Il nous semble utile de trans- 
crire ici le diplôme tout entier. De cette façon, les étu- 
diants se familiariseront avec les formules de chancellerie, 
dont la connaissance leur rendra plus facile la lecture 
des documents. 

Les chiffres placés entre parenthèses indiquent les 
numéros des lignes. Les lettres abrégées sont remplacées 
par des italiques. 

« (ligne 1). In nomine sanctç et individu^ Trinitatis, 
ego Lucdovicus , Ddi isnsericordldi in regem (2) Francorum 
sublimatus, notum fieri volo cunctis fidelibws tam futuris 
qua/72 et instantibu^ qaod Joha/2/zes, ven^rabilis (3) D^i 
gratia. Aurelianensium eipiscopus^ Stephanus, quoque 
Sanctq Crucis decanws, et Archembaudus , subdecanus 
et pr^positus, majestatis nostre pr^sen-(4)[-tiam humilit^r 



CHARTES DU XIl" SIECLE 103 

adiere , postulantes ut villa/w quç Villare Pium dicitur et 
clausum vinearuw quod apud Cosnoniu/w situ//t est, 
(5) quç ipsi capitulo Sanctq Crucis ad communes usus 
capituli dederant et concesserant , nos quoqw^ eidem 
capitulo jure p^rpetuo co»ce-(6)-deremus et quod ipsi 
inde fecerant co«firmaremus. Nos wero digna/w eorum 
pe[ti]tione/w repellere inàignum judicavimus (7) et pr^di- 
ctum donu/72 et concessione/ra eorum volumus et appro- 
bamus et regiç majestatis actoritate in p^rpetuum con- 
(8)-firmamus , et brenagiu/w nostrum qi/od in pr^dicta villa 
Villari Pio videlicet habebamus, pro peccatorum nostro^ 
Tum (9) remissione in p^rpetuum dimittimus, et eamdem 
villam ita ab ovamhus consuetudinibi/^ et exactionibz^^ 
p^rpetuo libe-(10)-ram esse concedimus qz/od nos \e\ 
heredes no^^ri ve\ famuli v^l ministeriales no^^ri nichil 
penitus ibi ampliz/5 ha-(ll)-beamu5 aut exigamus. Quod 
ne valeat oblivione deleri scripto commendavimus et ne 
possit a posteris (12) infirmari, sigilli no^^ri actoritate et 
nomînis no^^ri karactere subterfirmavimus. (13). Actu/n 
Lorriacî publiée, anno incarnati Verbi M® C*^ XX® IIIP, 
regni nos^ri X® VIP. (14) Astantibus in palatio nostro 
Huorum nominsi subtitulata sunt et signa. (15) Signum 
Stephani dapiferi. Slgnum Gisleb^rti buticularii. Signum 
Hugonis constabularii. Signum Alberici (16) chamerarii. 
(17) Data p<?r manum Stephani cdince\\di'[monogramme) 
-rii. » 

[Place du sceau plaqué) 

Au point de vue paléographique nous remarquerons 
que la formule d'invocation est seule en caractères allon- 
gés, et non plus toute la première ligne, comme au 
XI® siècle. Mais, dans la suscription Ego Lucdovicus etc, 
et dans le premier mot de la notification Notum^ les 



104 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB 

petites lettres capitales et onciales se mêlent à la minus* 
cule. Signalons l'écartement du c et du f, celui de Vs et 
du ty dans les groupes et et st, et aussi la façon dont les. 
lettres c et tj s et t sont reliées l'une à l'autre par leur 
sommet au moyen d'une ligne courbe. Les abréviations 
sont conformes aux règles exposées. A la seconde ligne, 
us dans fidelibus est abrégé par un point et virgule 
tandis qu'à la troisième ligne la même terminaison 
est figurée par le signe ^ dans le mot decanus. L'abrévia- 
tion d'i/s par le point et virgule n'est employée généra- 
lement qu'après \e b. Us après toute autre consonne 
s'abrège par ^. Dans ce diplôme de Louis YI l'a? est 
partout remplacé par un ç cédille. 

La formule de soM^crv^tion Astantibus in palatio nostro^ 
qui précède les noms du sénéchal, du bouteiller, du con> 
nétable et du chambrier, n'implique pas la présence au 
palais de ces grands officiers ; on peut seulement en con- 
clure que tels et tels étaient alors en fonctions. 

La chancellerie romaine est assurément, parmi les chan- 
celleries européennes, celle d'où sont sortis, au xii® siècle,, 
les plus beaux modèles d'écriture minuscule. Les docu- 
ments émanés du Saint Siège sont si nombreux dans les 
archives de France qu'il est indispensable d'en dire 
quelques mots. 

On trouvera dans le Recueil de fac-similés à V usage de 
r Ecole des Chartes, sous le n® 116, un bel exemple 
d'écriture pontificale. C'est le fac-similé d'une lettre 
d'Eugène III, donnée au Latran, le 8 janvier, entre les 
années 1146 et 1153. Le Pape notifie à Thibaud, évêque 
de Paris, la sentence rendue par la cour de Rome dans 
un procès qui s'était élevé entre ledit évêque et les cha- 



CHARTES DU XIl^ SIECLE 10& 

noines de Sainte-Geneviève au sujet de leurs droits res- 
pectifs sur la paroisse de Saint- Jean en Grève. En voici la 
transcription : 

« (ligne 1) Eugenius, episcopusy servus servorw/w Dei, 
venerabili fratri Tebaldo , Parisiensi episcopo , saluiem et 
apo^^olicam benedictionem. Ne oblivionis obscuritas "per 
dissu-(2)-etudinem humanis mentibus ingeratur, quod su- 
p<?rcausar£//nlitigiisjudicatu//zfueritvel decisu/n scripturç 
dehet memoriç commendari, ut per (3) hoc secutura pos- 
teritas habeat quid futuris temporibus evidentdr agnoscat. 
Qualiter igitur controversia , que inter te ac filios nostros 
canonicos Sanciq (4) Genovef(ç sup^r parrochia ecclesii^ 
Sancti Johannis agitabatur, in uostrsi fuerit pr^sentia 
t^rminata, presentis scripti seriç precepimus annotari. 
Asserebas siquid^/Ti (5) tu, frat<?r episcope, (^uoniaïn jus 
quod habebas in eadem parrochia predicti fra^res tibi 
nullo modo exsolvebant, et cum constaret quod ad te 
parrochia (6) pertineret, sacerdotew qui eidem parrochia 
sp£'ràualia ministraret, curam animar um a te debere sus- 
cipere affirmabas; dicebas enim quia (7) si qui erant in 
eadem parrochia ligandi vel solvendi , presbyter qui pro 
tempore eand^m parrochia//z gub^rnabat ad tuum manda* 
Xum ligabat vei solvebat. Sponsas (8) quoqtt^ benedicendas 
benedictione/72 {sic), mulieres de partu surgentes purifica- 
tione/n {sic), et qui ap^rtis criminalibu^ tenebantar in 
eccl<?s/a matrice penite/i-(9)-tiam p^rcip^re asserebas. Cano- 
nici aute/72, que a te asserebantt^r non negantes, dicebant 
qi/od servitores canonicor£//72 qui in eadem parrochia con- 
(lO)-sistebant per canonicos et non a Parisiensi episcopo 
solvi consueverant vel ligari, et presbyter qui in eadem 
eccl^^ta ministrabat, a XL annis rétro (11) et ante, a 
decano Sanete Genovefe et non ab episcopo curam anima- 



106 PÉRIODE POST-GAROLINGIENNB 

Tum suscep^rat. Nos igitur sup^r hoc tam tuas qua/7i pre- 
dictoru/Ti fra^rum rationes (12) plenarie cognoscentes, 
(ratrum. nostrorum comunicBto consilio, judicavimi/s quoi. 
sacerdos qui debebit eid^m parrochie deservire, sive sit 
regularis cano-(13)-nicus sive non, a te, frater e-piscopCy 
curam a/iimari/m suscipiat et supradictos parrochianos ad 
mandatu/72 tuum liget et solvat. Si vero tu in ali-(14) 
-que/71 ejusdd/71 parrochiç vel in omnes excom/Tiumcationis 
\e\ interdicti sententiam, émergente causa, promulgavms, 
sacerdos, donec ipsa senten-(15)-tia relaxetur, nec excom- 
/7i£//ticatis nec int^rdictis divina officia celebrabit. Bene- 
dictiones sponsarf//72, purificationes de partu surgentium, 
(16) publicas penitentias idem sacerdos non usurpabit. 
Porro si predictç capellç sacerdos talis aliquando rep^rtus 
fuerit qui divina (17) ministrare non debeat, tu illud 
abbati et fr^fribus suis nuntiare debebis et illi, veritate 
cognita, eo amoto aliu/n tibi présentent, (18) cui a/iima- 
Tum cura/n coz/imittas; qui iamen presbyter tibi nec cir- 
catam nec synodaticu/w solvet. Nulli ergo ho/wiwum liceat 
hanc nostrq diffinitionis (19) pagina/w temerario ausu 
infringere, seu quibuslib^?^ p(?rturbare molestiis. Si quis 
aiutem id temere atte/wptare presu/wpserit in-(20)-dignatio- 
ne/w ommpotentis Dei et heatorum Pétri et Pauli aposto- 
loTum ejus incurrat. Datw/w Laterani, VI idus januarii. » 

Le document qui précède est ce que les diplomatistes 
appellent une petite bulle. Le nom de bulles donné aux 
lettres émanées de la chancellerie romaine vient de ce 
qu'elles étaient scellées d'un sceau de plomb nommé 
bulla et suspendu soit par des cordelettes de chanvre, 
soit par des lacs de soie. 

On distingue les grandes bulles et les petites bulles. La 
grande bulle ou prwilegium difiere de celle dont nous 



CHARTES DU XII® SIÈCLE 107 

venons de transcrire le texte en ce que la suscription, 
c'est-à-dire la formule iV. episcopus servus servorum Deiy 
«t l'adresse sont suivies des mots in perpetuum. 

De plus, au bas de la grande bulle se lisent les souscrip- 
tions du pape et des cardinaux , le monogramme de Bene 
ValetCy et la rota^ sorte de roue qui renferme les noms 
des apôtres Pierre et Paul , le nom et la devise du Pape. 

C'est à tort que certains éditeurs ont publié sous le 
nom de brefs des petites bulles du xiii® siècle. Le bref n'a 
apparu que sous Eugène IV. On reconnaît le bref à la 
suscription où le pape prend le titre de papa, par exem- 
ple : Eugenius papa quartusy et à la date qui comprend : 
le nom du lieu où la lettre a été expédiée, l'annonce 
qu'elle est donnée sous l'anneau du pêcheur, sub annulo 
pjscatoris (cachet de cire rouge représentant saint Pierre 
dans sa barque), le jour du mois exprimé par le quantième. 
Tannée de l'incarnation et celle du pontificat. 

Au xiu® siècle, la date des petites bulles est plus com- 
plète que dans la lettre d'Eugène III transcrite ici. L'année 
du pontificat y figure de la façon suivante : pontificatus 
nostri anno tali. Mais le jour du mois est toujours indiqué 
dans les bulles à la façon romaine, c'est-a-dire par les 
calendes, les ides et les nones. 

Le calendrier romain fut aussi le plus employé dans les 
chartes rédigées en France jusque vers 1180. Des 
erreurs se produisent si fréquemment dans la traduction 
des dates qu'il nous paraît utile de donner quelques 
moyens pratiques pour les ramener au calendrier mo- 
derne. Le jour des calendes, kalendis, correspond au 
premier jour du mois. Le second jour des calendes, 
secundo kalendas (qui s'appelle encore la veille, pridie 



108 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNB 

kalendarum)y et tous les autres jours des calendes^ 
tombent donc dans le mois précédent. Ainsi, les calendes 
de mai sont le Y^^ mai ; le second jour des calendes de 
mai correspond au 30 avril, le troisième jour des mêmes 
calendes au 29 avril et ainsi de suite. M. Léon Gautier 
enseigne dans son cours un procédé rapide pour trouver 
la concordance entre les jours des calendes et ceux des 
mois actuels. 

Supposons qu'on veuille ramener au calendrier actuel 
la date suivante : le M des calendes de septembre. On 
ajoute 2 au chiffre des jours du mois précédent, ce qui 
donne ici 33. De ce nombre on soustrait le chiffre des 
calendes; la différence est le quantième cherché. Le 17 
des calendes de septembre correspond au 16 août. 

Le jour des ides, idibus^ idubus, tombe le 15 pendant 
les mois de mars, mai, juillet et octobre, et le 13 pen- 
dant les huit autres mois. Comme pour les calendes, les 
huit jours d'ides se comptent en arrière et la veille des 
ides s'appelle aussi secundo idus. 

Le neuvième jour avant les ides s'appelle les nones, 
nonis. Dans les mois de mars, mai, juillet et octobre le 
jour des nones tombe le 7, et dans les autres mois le 5. 
Les jours des nones vont aussi en rétrogradant ; et la 
veille des nones est souvent désignée par secundo nonas. 

Le second exemple d'écriture donné sur notre plan- 
che IX est emprunté à un diplôme de Louis VII , daté de 
Senlis, en 1175, et dont on trouvera le fac-similé complet 
sur la planche 74 du Recueil de fac-similés à F usage de 
r Ecole des Chartes, Notre fac-similé est réduit de|. Voici 
la transcription des deux premières lignes : 

« (ligne 1) In nomine sancte et individue Trinitatis. 



e 



CHARTES DU Xir SIECLE 



109 



Amen. LudovicM« D^i gratis Francoraw rex. Notum faci- 
mus (2) univéT'sis presentibws ac futuris quod WiUermus 
de Merloto et socii sui de terra Domni Martini partiarii. .. » 
La diphtongue a? dans le diplôme de Louis VI transcrit 
plus haut était remplacée par un ^ cédille ; ici la cédille a 
disparu; Ve simple remplace Ta?. On remarquera encore 
les accents sur les ii de partiarii. L'usage d'accentuer 
deux ii qui se suivent n'est pas antérieur au xii® siècle. 

Notre planche ix oflFre, sous le n® 3, le fac-similé, réduit 
de moitié, des premières lignes d'une charte de 1178 
qu'on trouvera intégralement reproduite dans le Recueil 
de fac-similés à F usage de t Ecole des Chartes ^ pi. 128. 
C'est une reconnaissance par Garnier du Verdier, Ebe, 
son frère, Marguerite, femme de Guillaume de la Ferté, 
«et d'autres ayants droit, de la concession faite par eux à 
la maison du Temple de Lormeteaux (Indre), de terres 
sises entre Ménétréol et Dion. Voici la transcription : 

Cl : RO : GRA : phvm 

« (ligne 1) Notu/w sit omnihus ta/w futuris qwa//2 pr^senti- 
hus qi/od GarnerÎMs do Verdier <?^ Ebo, {rater eJM5, et cet^ri 
huic co/icessio-(2)-ni ta/w masc^^lini ^enus qwaw feminini 
p^rtine/ites co/icedunt iratTihus T^/wpli terrsLm quam 
habeni inier Munesterol et Vou ce/zsualem in elemosina/n 
(3) ad IP' modios reddewdos in festivitate sancti Michae- 
Iw, unum modiu/n frume/iti, Rlium ordei, ad mensursim 
castri Vastigni. Dowma Margarita, uxor(4) Guill^/mi de la 
Ferté, co/icedit partew suam ad prénom inatu/ra censum. 
Hoc testantwr amici e'yis : Forestarias de Villa petra, 
clie/is eJM5, Emenons do Terrai, Ar-(5)-dreMs, cognata^ 
e']us; altéra parte, Petrus de Mazeres et uxor ejws et &\ius 
e\us Ebonet conceduni hoc factum. Odo de Valentiaco, 



110 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNS 

Bartolomei/« Guib^rt, Gauterius do (6) Verdier vid^runt 
hoc et audieru/2/ et testantur. Gaufridu^ de Bauvier et 
filii/5 eiusy Gaufridzi^ co/icedu/it Yioc factum. Bartholo- 
meus de Marsent, Terricw* de Bauge/zci fue[runt] » 

La charte qui précède est une charte partie. 

Quand il était nécessaire de remettre à chacune des par- 
ties qui intervenaient dans un acte , spécialement un con* 
trat, un exemplaire de cet acte, on le transcrivait plusieurs 
fois sur un même morceau de parchemin en ayant soin 
de tracer des lettres majuscules entre chacune des expé- 
ditions ; celles-ci étaient ensuite découpées de façon à ce 
qu'il restât sur les unes et les autres des fragments de ces 
lettres majuscules. En somme, c'est le procédé encore 
employé de nos jours dans les registres à souches des 
administrations financières. Ordinairement on ne faisait 
que deux expéditions. L'acte dont nous avons reproduit 
un fragment avait été rédigé en quatre exemplaires, séparés 
par une croix, sur les branches de laquelle était écrit 
quatre fois le mot cirographum. C'est le mot qui apparaît 
le plus fréquemment sur les chartes parties , d'où le nom 
de cirographes que leur donnent certains diplomatistes. 
Souvent aussi l'on se contentait d'écrire les lettres de 
l'alphabet, A, B, C, D, E, etc. On trouve encore une brève 
analyse de l'acte sur une charte partie de 1174, portant 
règlement d'un différend survenu entre deux abbayes; 
on lit en lettres alternativement rouges et noires cette 
curieuse légende : 

AVGVSTINVS BENEDICTVS KARTAM CONFIRMANT. 

Les chartes parties ont été employées au xi® siècle et 
surtout au xii* siècle. Cet usage paraît remonter au 
moins à la fin du x® siècle. Ainsi l'historien Richer (lib. 




If 



;. 1 ) 



Chartes de 112 




;-«)fphKrpi a^vn «mil «J 







12*, II75 et II78 



MANUSCRITS DU XIU^ SIECLE 111 

IV, c. 29) raconte que Hugues Capet demanda à Arnoul , 
archevêque de Reims , de lui prêter serment et de consi- 
gner ce serment dans un acte (cirographum) fait en deux 
exemplaires : « quod etiam bipertitum fieri placet ; alte- 
rum mihi, sibi alterum concedatur. » 



XIII^ SIECLE. 



§ 1. — Manuscrits. 



Avant le xm® siècle, Tart de l'écriture était essentiel- 
lement monastique. Il semble qu'à partir du xiii^ siècle, 
par suite de l'extension que prit alors l'enseignement des 
Universités, la pratique de l'écriture se soit répandue 
dans tout le clergé et même parmi les laies. En tout 
cas, le xiii® siècle nous a laissé un nombre de manuscrits 
beaucoup plus considérable que les siècles précédents. 
Nous trouvons une autre preuve de la diffusion de l'art 
d'écrire dans la variété infinie des écritures qui com- 
mencent à prendre un caractère personnel. 

Deux sortes d'écritures ont été en usage dans les 
manuscrits du xiii® siècle; d'abord, une écriture minus- 
cule, tantôt rappelant l'écriture du xii* siècle, avec des 
formes rondes, tantôt au contraire g^o^A/yw^, c'est-à-dire 
avec des formes anguleuses. Dans la première moitié du 
xiii^ siècle, on emploie plus volontiers une petite minus- 
cule aux formes rondes et élégantes ; après le règne de 



/. 



114 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE 

du xiri® siècle. Nous en prendrons donc occasion pour 
donner le moyen de ramener de pareilles dates au calen- 
drier moderne. En tête de VArt de vérifier les dates se 
trouve un catalogue des saints, avec Tindication du jour 
de leurs fêtes. Il est donc facile de savoir que la saint 
Barnabe tombe le 11 juin. Le calendrier général de VArt 
de vérifier les dates nous apprend ensuite que la lettre 
dominicale qui répond à l'année 1282 est la lettre D ; si 
nous nous reportons au calendrier spécial de cette lettre 
nous trouverons qu'en 1282, le 11 juin, jour de la saint 
Barnabe, était un jeudi, et que par suite le vendredi avant 
la saint Barnabe 1282 correspond au 5 juin 1282. 

On trouvera les noms latins et français par lesquels 
on désignait, au moyen âge, les principales fêtes de Tan- 
née, soit dans le Glossaire des dates inséré dans VArt de 
vérifier les dates, soit dans le Glossaire des dates de 
M. de Mas-Latrie, dans le Cabinet historique^ nouvelle 
série, t. II (1883), pp. 44, 137 et 231. 

Citons encore comme livres datés, du xiii® siècle : 
un manuscrit de la Somme le Roi, copié en 1294 (Bibl. 
nat., fr. 938; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xlii, 
n^ 4); un exemplaire du dictionnaire latin d'Uguccio de 
Pise, copié à Bolbec en 1298 (Bibl. nat., lat. 16678; 
Delisle, ouvr, cité, pi. xlii, n® 6). 

Comme exemples d'écriture des manuscrits au xiii® siè- 
cle, nous donnons sur la planche x deux fac-similé. Le 
premier est tiré d'un manuscrit du Grécisme glosé 
d'Evrard de Béthune, ouvrage en vers latins sur les 
lettres de l'alphabet, les figures et les huit parties du 
discours, composé en 1212. La dernière édition a été 
donnée par le docteur J. Wrobel : Eberhardi Bethuniensis 



MANUSCRITS DU XIII* SIÈCLE U^ 

Graecismus ad fidem librorum manuscriptorum récent 
suit.,. D'' Joh. Wrobel, Wratislaw, 1887, in-8. Cette édi- 
tion ne renferme pas les gloses ou notes marginales dont 
le texte est accompagné dans la plupart des manuscrits. Le 
manuscrit, dont nous donnons un fragment, est conservé 
à la Bibliothèque nationale sous le n^ 15133 du fonds 
latin. Il provient de Tabbaye de Saint- Victor de Paris qui 
a fourni à la Bibliothèque nationale 1268 manuscrits. 

Il a été écrit en mai 1270, comme en témoignent les 
quatre vers suivants écrits à la fin du volume (fol. 143) : 

Scriptorem si quis verbis reprobarit inîquîs , 

Cerberus in Baratro flumine mergat atro. 
Anne mîlleno cum quodam septuageno 
Et bis centeno maio liber hic sit ameno. 

Voici la transcription des quelques lignes du folio 40 
reproduites sur notre planche. 

« (ligne 1) Quartaqu^ vocalis otho (2) sit ab hoc othomega 
Est (3) homos humi/s, hinc venit homoXenus. 

(4) Est ([uoque succz^^ opos et ab hoc opobalsama dicas. 

(5) Est orthos r^ctu/w, orthographia sit hi/ic. 

(6) Est opos visus , inde piropi^^ erit. 

(7) Est odos ca/ttus, comedia àicitur inde. » 

Gloses interlinéaires. 

Au dessus de la première ligne : 

« scilicet o. 

o lungum ab otho quod est o et mega lungum quasi o 
lungum. )> 



116 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB 

Au dessus de la troisième ligne : 

« grece. 
l2Liine 

ris inclita ve\ res vel res ioclita usque ad humu//? 
ûexiis ve\ quasi tenus humum. » 

Au dessus de la quatrième ligne : 

« similiter 
latine 
grece 
ungue/ita pr^ciosa de cortice balsami fac^a. » 

Au dessus de la cinquième ligne : 

« grece 
\2Xine 

-cars principahs gramatices 
ve\ probat. [Glose postérieure,) » 

Au dessus de la sixième ligne : 

a grece 
\diXine 
lapw pr^ciosus igneî coloris. » 

Au dessus de la septième ligîie : 

« grece 
\2iXine 
cdjiius villani^^ a comos villa et odos cdinXus. » 



Au dessous de la septième ligne : 



« grece 
\2LXine 



ve\ dicitwr. [Glose postérieure.) 
ista àictio ab hoc gr^co. » 



kl ! 






K'r«:\ 






K 
u 
w 



MANUSCRITS DU XIII® SIÈCLE 117 

Gloses marginales. 

Marge de gauche : 

(c Est opos. PiropM5 àicitur lapis pr^ciosus et àicitur a 
pir c^uod est ignis et opos visio, ve\ visu5, quasi lape^ 
ignei coloris çel rubei. 

On quoque. Om/zis dicitur ab od quod est toium quia 
^?o/wpr^hendit totum, ut habeiur in comediis Therencii. 

At totUTW. Oholus dicitur ab olon totu/w quasi contrs. 
suum totnm quia ad simzlitudi/zem tocius denarii factus 
est, as est vero semicircalï/s id est medietas denarii ut 
de st^rliwc dwisio per mediu/n, etc. 

Osti/w equale. Hostis dicitur,.. » 

Marge de droite : 

« Est odos. Comedia dicitur sl comos quod est villa et 
odos csintus quasi canitus factus de comestionibz^^ rusti- 
cor um, etc. 

Orna tibi. Omentnm dicitur bodellz/^ gaïlice boiau ifel 
tripe et dicitur ab oma quod est odor çel dicitur i/itesti- 
num quod quemdarn fetorem emittit maximum, unde Luca- 
nus : Nm/ic jferduntque suas omenisi latebras. » 

La lettre ornée Q est tracée en rouge et bleu. Les 
signes de paragraphes qui précèdent les gloses sont 
alternativement rouges et bleus. Cette alternance, qu'on 
retrouve dans les antennes ou petits traits contournés 
qui servent à Tornementation des lettres, indique ordi- 
nairement un manuscrit du xiii® siècle. 

Le manuscrit de la Somme le Roi, copié en 1294 par 
<( Perinz de Falons » et dont il a été question plus haut 
(p. 114), nous fournit (fol. 4) le n® 2 de la pi. x. 



118 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNB 

« (ligne 1) et cele puet estre Tînobeissance que ele est 
enpechié mor-(2)-tel. Li quinz co/zmandemanz est telx : tu 
n'ocirras (3) nelui. Cest co/zniandemanz deveez que li uns 
n'o-(4)-cie l'autre por voingence ne por son avoir ou por 
au-(5)-tre mavaise raison ; quar c'est péchiez mortelz ; mes 
(6) ocierre les maufeiteurs por justice feire à garder ou 
par » 

La lettre initiale L du paragraphe relatif au cinquième 
commandement est bleue avec ornements rouges. 



§2. — Chartes. 



Le fac-similé n® 1 de la pi. xi est emprunté à l'atlas du 
Musée des Archhes départementales. Ce sont les premières 
lignes d'une charte de mars 1219, relataot la donation 
faite par Baudouin, sire de Cuincy (aujourd'hui dans le 
département du Nord, arrondissement et canton de 
Douai), à son neveu Baudouin de Lauwin, de tout ce 
qu'il possédait au vivier et au moulin d'Esquerchin. Cet 
acte est en français. La plus ancienne charte, rédigée en 
français, que l'on ait jusqu'ici signalée, est une charte de 
Douai, datée de février 1204, et reproduite en hélio- 
gravure dans le Musée des Archives départementales^ 
pi. XXVIII, n® 58. 

Voici la transcription de la charte que nous donnons 
sur la planche xi , n^ 1 : 

« (ligne 1) Ce sacent cil [ki] or sunt et ki a venir suwt 
ke jo Bauduins, sire de (2) Qwinci, ai donei a Baudz/m de 




1^1 l^iîil 






o 



\/ 



CHARTES DU Xlll® SIÈCLE il9 

Lauwio , mon neveu, qaanke jo ai el vivier (3) et el 
molin d'Eskerchin, en totes ap^rtena/ices en Tacroise- 
ment de sen fief (4) por son service et por co ke jo le 
cuic bien enpioieir. Là fu Gerars » 

Nous tirons du Recueil de fac-similés à V usage de 
FEcole des Chartes^ n® 184, la charte reproduite au 
dessous de la précédente, pi. xi, n® 2; elle appartient au 
centre de la France. C'est une lettre par laquelle le curé 
de Corbreuse (Seine-et-Oise , canton de Dourdan) informe 
l'abbé et le prieur de Sainte-Geneviève et le doyen de 
Saint-Marcel de Paris, juges délégués par le Saint-Siège, 
que, suivant l'ordre qu'ils lui ont donné, il a publié dans 
son église la sentence arbitrale qui avait terminé un pro- 
cès entre le chapitre de Notre-Dame de Paris, d'une part, 
Gui de Montfort et H. , trésorier de Beauvais, d'autre part. 

Cette lettre est datée, suivant le mode le plus fréquem- 
ment employé au xiii® siècle, de Tan de grâce 1224, le 
dimanche après la fête de sainte Luce. Nous avons expli- 
qué plus haut (p. 114) le moyen de ramener ces sortes de 
dates au calendrier moderne. L'église célèbre la fête de 
sainte Luce le 13 décembre. En 1224, c'était un vendredi ; 
le dimanche qui suit est donc le 15. 

« (ligne 1) Viris ven^rabiliba^ et discretis abbati et 
priori Sancte Genovefe et M., decano Sancti Marcelli 
Parisiewsibws, (2) judicibi^^ a domino papa delegatis, 
^reshyter de Corborosa ssHuiem^ reyerenciam ethonorem. 
Novdrit discrecib (3) vestra quod ego, ad ma/idatu/w 
yestrum, ordinac/one/w et sentenciam arbitrii qwa/w pro- 
tulerw/it ven^rabiles viri E., (4) decanus, N., cantor, P., 
succe/itor Parisienses, in causa que weriehatur in t^rcapt- 
tulum Béate Marie Parisiens/^ (5) ex una parte, et nobi- 



120 PERIODE POST-CAROLINGiBNNB 

les viros Guidonem de Mo/iteforti, milite/n, et H., thesau- 
rariu//2 Belvacense/Tt (6) ex altéra, in ecclesisi mea de 
Corborosa nu/iciavi et publicavi sicut in litt^ris vestris 
vidi co/itineri. Actum (7) anno gracie millesimo CC* vices- 
simo IIIP, die dominica. proxima post (esium sancte 
Lucie. Valete (8) in Domino. » 

On remarquera dans cette charte Torthographe des 
mots reverenciam , discrecio , ordinacionem , sentenciam , 
etc. A partir du xiii® siècle le c se substitue au t dans les 
terminaisons latines en tio et tia et dans les terminaisons 
françaises en tion. On écrit reverenctUy discrecio^ considé- 
racion, et non pas reoerentia^ discretio^ considération. 
D'ailleurs le c et le ^, dans récriture minuscule, tendent 
à se confondre par leur forme ; et dans un grand nombre 
de manuscrits, du xiii® au xvi® siècle, il est impossible de 
les distinguer. 

On trouvera sur la pi. xii, n* 1, quelques lignes d'une 
charte gasconne de Bordeaux, reproduite dans le Musée 
des Arclwes départementales^ n® 70 (pi. xxix). Ce docu- 
ment est ainsi daté : « Actum YIIII die exitus Augusti, 
anno Domini M^ CC^ XXX* VIP. » Cette façon de dater 
par Y exitus du mois, c'est-à-dire de compter les jours en 
arrière à partir du dernier jour du mois, est propre au 
Midi de la France. Le 9^ jour à Vissir du mois d'août est 
le 23 août. 

(( (ligne 1) Conoguda cauza sia f{ue W. deu Mur vendo 
e quite an B. de Mollarin e asson ordeinh aqti^d sou de 
Sent Martin [de Mont] (2) Judec, lo quaus es entreu sou 
en P. de Lengon d'una part, eu sou Rogeir Comte 
d'autra, e det li per C soi* de peitap//i« e [de ^ovàales] 
(3) deus eau s reconogo ({ue era ben pagat deu tôt. E lo 



CHARTES DU XIII® SIÈCLE 121 

medihs W. deu Mur con\ingo ne portar bona e ferma 
gua[re«tia an] (4) B. de Mollari/i e asson ordeinh de totz 
«nparadors qui arre li pogossan dema/zdar francam<?/it en 
alo. E queslB. venda fo fe[ita ab] (5) voluntat e ab autrei 
de na Flandrina , molher deu deu devant deit en W. deu 
Mur, la caus i quite oscle e marid[atge] (6) si li ave, 
aichi que meis en negun tems arre no i demandera ni 
demandar no i fara ab dreit escriut, seglar ni de » 

Le document dont on trouvera quelques lignes au 
dessous du précédent (pi. xii, n® 2) ne lui est pas très posté- 
rieur (1241), mais il appartient à une région très différente. 
C'est en eflFet le testament de Marie de Chimay, femme 
de Jean II, comte de Soissons. Il est reproduit intégra- 
lement dans le Musée des Archwes départementales y 
pi. XXXI, n® 75. Sa date demande quelques explications : 
« Ce fu fait l'an nostre Signor mil CC et XL, le mecresdi 
devant Pasques florie, à mienuit, au Tour. » Le Thour 
•est aujourd'hui une commune du département des Ar- 
dennes, canton d'Asfeld. Bien que ce document porte la 
date de 1240, nous devons inscrire en tête le millésime 
de 1241. En effet, Tusage général en France, au 
xm* siècle, était de commencer Tannée le jour de 
Pâques. C'était ce qu'on appelait le mode français, mos 
gallicanus. On en trouve des exemples, dès le xi® siècle. 
Au XII® siècle c'était la manière de compter les années la 
plus employée dans le Centre de la France, aussi bien 
par les chroniqueurs que par les notaires des chancel- 
leries. Ainsi Clarius, chroniqueur sénonais du xii® siècle, 
parlant d'un événement qui survint en 1113, le septième 
jour des ides de mars (9 mars), dit qu'il arriva à la fin de 
Tannée; c'était donc, en nouveau style, le 9 mars 1114. 
Voici le titre d'un compte du xiv® siècle, qui n'est intelli- 



122 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE 

gible que si Ton place à Pâques le commencement de 
Tannée : « Compte de nous Jehan, conte de Sancerre. .., 
depuis le premier jour de mars l'an mil CCCLXX jusques 
au premier jour de juiog ensuivant mil CCCLXXI — , du 
dit premier jours de mars jusques au dit premier jour de 
juing ensuivant, qui font III mois, » Cet usage de com- 
mencer Tannée à Pâques dura, en France, jusqu'à la pro- 
mulgation, par Charles IX, de Tédit de janvier 156^ 
(vieux style), dont le 39* article ordonnait de dater tout 
les actes en commençant Tannée au premier janvier. Cet 
édit fut confirmé par la déclaration royale donnée à Rous- 
sillon en Dauphiné, le 4 août 1564. 

Ainsi, pour établir la concordance entre les années de 
Tincarnation telles qu'elles sont indiquées dans les chartes 
françaises depuis le xiii® siècle jusqu'en 1565, et ces 
mêmes années, telles qu'elles sont marquées dans les 
actes depuis Tédit de Roussillon, il suffit d'examiner si 
Tacte a été donné avant ou après Pâques. On ne doit pas 
oublier que Pâques tombe toujours entre le 22 mars et le 
25 avril. Si la date est antérieure au 22 mars, il suffit 
d'ajouter 1 à Tannée indiquée dans la charte; un docu- 
ment daté de janvier ou février 1230 est en nouveau style 
de janvier ou février 1231. Si la date est postérieure au 
25 avril, elle doit être laissée telle qu'elle figure dans la 
charte. Si, enfin, la charte a été donnée entre le 22 mars 
et le 25 avril, il faut chercher, dans le calendrier de VArt 
de vérifier les dateSy la date de Pâques dans les deux 
années entre lesquelles on peut hésiter. Il y a un certain 
nombre de cas où la question reste nécessairement 
indécise. 

Dans beaucoup de chancelleries méridionales, et spécia- 
lenent dans celles du Quercy, du Limousin, du Périgord, 



GHARTBS DU XIII® SIÈCLE 12Î 

Tannée commençait le jour de l'Annonciation, c'est-à-- 
dire le 25 mars. 

Dans les pays d'empire, le commencement de l'année 
était généralement fixé au 25 décembre; cette règle 
souffre des exceptions; car au xii® siècle, en Provence ^ 
Tannée commençait au 25 mars. 

Pour revenir au testament de Marie de Chimay, il est 
daté de 1240, le mercredi avant Pâques fleuries, c'est- 
à-dire avant le dimanche des Rameaux. Il est donc, en 
nouveau style, de Tannée 1241. En cette année-là Pâques 
fut le 31 mars, et le dimanche des Rameaux, le 24 mars; 
le mercredi avant le dimanche était donc le 20 mars. 

Voici la transcription des lignes du testament que nous 
reproduisons à la pi. xii, n* 2 : 

« (ligne 1) In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti , 
amen. Ci comence li testamens de ma dame Marie ^ 
contesse (2) de Soissons , dame der Tour et de Cymai , a 
sa dariene volenté. Je Marie devant dite ai otroié (3) à la 
povre maison de Tostelerie der Tour, ma maison der Tour 
qu'on apele ma bercherie, qui (4) siet à la porte à Milon 
et mes berbis et mes vaches fors la laine de ouan qui 
vient, par (5) tel covent qu'il overont par mon signor; 
§ à l'église der Tour mon pinne de or; § à la chape-(6) 
-lerie de ma maison der Tour, que je ai otroié à Robert, 
mon clerc, XII livrée de (7) t^rre a parisis a tous jors; 
§ à l'église de la Vauleroi III mois de forment, où je 
penrai (8) ma sepouture; § à Signi, II mois de forment; 
et cest aumosne de la Vauleroi et de Signi (9) om penra à 
la rente de Hanoingne à tous jors ; § à Vaucler, II mois de 
soile à penre des VI... » 

Au point de vue paléographique on remarquera dans 



124 PÉRIODE POST-CAROL1N61BNNB 

la charte qui précède une tendance à distinguer, au 
moins au commencement des mots, Vu consonne de Vu 
voyelle. Ainsi, Ton trouve, a la 2" ligne i^olenté, à la 
4^ ligne, vient -^ mais aussi, à la 4^ ligne, uaches. De 
plus, le trait horizontal placé au dessous d'un mot pour 
en marquer Tabréviation, consiste quelquefois en un trait 
qui, partant du pied ou de la tête de la dernière lettre, se 
recourbe au dessus du mot, comme dans les mots spiritus 
^ancti à la \J^ ligne. Ce procédé, qui est encore au 
XI 11^ siècle une exception, se généralise et s'accentue au 
XIV® siècle, de façon à devenir la règle dans les chartes 
du xv® siècle. 

Sous le n^ 1 de la planche xiii sont reproduites six 
lignes d'une charte de janvier 1245 (1246, n. st.), rédi- 
gée en langue provençale. C'est un accord intervenu 
«ntre J. Arnaud et W. de Villaivenc pour la conversion 
en un cens en argent d*une redevance en nature due par 
un étal de boucherie tenu par ledit J. Arnaud dudit 
W. de Villaivenc ; l'acte original porte le sceau de Tab- 
baye de Saint-Martial de Limoges. Le fac-simile entier 
de cette charte a été donné dans le Recueil de fac^ 
similés à T usage de l'Ecole des Chartes^ n® 149. 

« (ligne 1) Conoguda chausa sia qa^, per II tortas de 
ceu, redens ad (2) la S. Marsal, e p^r YI denairadas de 
charn r^diens ad la (3) veilla de Pasqes, qw^ J. Arnaus lo 
mazelliers, lo frair (4) Math^a Arnau, dévia ad W. de 
Villaivenc, au fil P. de Villai-(5)-venc, de son baux qui es 
jost au baux Guio Boti, fuz chauza (6) adcordada p^r 
ambas las partidas o^ue J. Arnaus o sil qui seran... » 

Nous empruntons au Musée des Archives départemen*' 
taleSy n* 79, pi. xxxvi, les sept lignes reproduites sur 



^ IIP 




Pi 



CHARTES DU XIII® SIECLE 125 

la planche xiii, n® 2. C'est la minute d'ua contrat de 
nolissement rédigé à Marseille le 27 mars 1248. 

« (ligne 1) VI kalendas aprih's. Ego Filionws de Finari, 
bona fide et sin^ omni dolo, loco seu nauleio tibi Wi7- 
lelmo Bla/ïco de Areis (2) quAndam galea/w meam que 
Aicitur Negreta, ad naviganduw de Massih'â^ apwd Sardi- 
neam, apzid TurTQm ye\ \xb\Qumque major pars m^rcato- 
Yum co«cordav^rit, et ad porta/iduw \ibï in (3) d/c^a galea 
de Sardinea api^d Massiha/w v^l usqi^^ ad Finare nbïcum^ 
que major pars m^rcatoram concorda-(4)-v^rit, CC qz/in«> 
talia ad po/idws Saceris, scilicet cAseor um et carniu/Tz et 
coriora/w , pr^cio scilicet \el loqaerio IIIl solidorum Januen- 
sium si/igr/la (5) qMmtalia. Si vero alias res prêter predf'c- 
^as inmiseris in àictVi galea, teneris mihi dare secunàum. 
quoA co/isue-(6)-tuw est \e\ ordinatuw ad àictdua racio- 
nem ; et promito Xib'i per stipz/lacio/iem haiere in d/c^a 
galea ad d^c^wm (7) viagiu/w faciendu/w XXXV hommes 
marinarios bowos et suffic/entes et dtc^am galeam haèere 
munita/ra et para[ta/w]... » 

La pi. XIV offre des modèles de Técriture des actes à la 
fin du XIII® siècle. Tout d'abord voici sous le n® 1 les sept 
premières lignes d'un acte de donation passé en janvier 
1275 (1276, n. st.) devant TofiScial de Paris. [Rec. fac-s. 
Ecole des Chartes, n? 3.) Les officiaux n'étaient pas seu- 
lement au XIII® siècle des juges ecclésiastiques, les juge^ 
des tribunaux épiscopaux; ils faisaient aussi, surtout 
dans le Nord de la France, l'office de notaires ; c'était 
à eux qu'on s'adressait pour rédiger les actes authen- 
tiques de ventes ou de donations, les testaments, les 
procurations, etc. Nos archives sont pleines d'actes du 
xiii® siècle émanés des officialités. Il importe donc de 
connaître les formules usitées dans ces bureaux. Elles ont 



126 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB 

été réunies et étudiées dans le beau livre de M. Paul 
Fournier intitulé : Les officialités au moyen âge^ Paris ^ 
1880, in.8^ 

L'acte, reproduit ici sur la pi. xiv, contient un certain 
nombre de formules qu'on rencontre d'ordinaire dans les 
chartes d'officialité ; aussi le transcrirons-nous tout 
«ntier : 

« (ligne 1) Universis présentes litteras inspecturis, offi- 
cia/» curie Parisiennes salutem in Do/nmo. Notum faci- 
mus muod coram nobis constituti (2) Johannes dic^us 
Faroue, Sancelina, ejus mater, Petrus Genciani d/c^us 
Pingot et Maria, ejus uxor, soror predtc^i Johannis, filia 
dtc^e San-(3)-celine asseruerunt in jure ({uod consuetum 
erat in carnific^ria Parisiens/ quod, quando aliquis novus 
carnifex eficiti/r, quod ipse solvere tenetur (4) magîs^o 
et carnificibus quandam consuetudinem seu coustuma/n 
aut droituram que YOCBlur pastum, et quod dictus Johan- 
nes ratione nove sue (5) carnificerie d^c^is msigistro et 
carnificibus in dic^is coustuma aut droitura seu pasto 
tenebatur, ut dicebant. In quorum consuetudinis aut 
droiture (6) seu pasti recompensatib/tem pvedicti Johan^ 
nés j Sancelina , Petrus et Maria , ejus uxor, recognove- 
runt in jure se dédisse et imp^rpetuu/ra exnu/tc concessisse 
(7) pr^dic^is magû^ro et carnificibus quicquid juris, 
dominii, proprietatis et possessionis haiebant et habere 
poterant quoquo modo in quadam bova sita in [(8) pou- 
lalieria contigua bove Symonis Pagani ex una parte et 
vie per quam itur ad stallum Andrée de Sancto Yonio ex 
altéra, cum omni jure (9) quod sibi competit aut compe- 
titurum est in quodam stallo supra dictsun. bovam sito et 
contiguo stallo defuncti Ugoois dicti Restore carnificis 
(10) adicris magistro et carnificibi/s v^l eoTum co/ramunitate 



; 
f 

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I 
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e 



CHARTES DU Xlir SIECLE 



127 



aut successoribu^ perpétue possidendw. Et promiserunt 
fide in manu nostra. pr^stita corporali quod contra (11) do- 
ndiUonem et concessionem hujusmodi jure hereditario, 
ratione conquestus , dotis seu caduci aut alio aliquo jure 
p^r se vdl per alium non venient in (12) futurum, et quod si 
aliquis reclamaret jus aliquod in pr^dtcris rébus ratione 
^redictSLTum personarMW, quod ipsi tenerentar defendere 
dec^os carnifices et eovum (13) successores et ip^os servare 
îndampnes contra omnes, jurisdic/o/ti curie Parisiensis 
qua/itum ad hoc se supponentes. Datum anno Dowmi 
millesimo CC® (14) septuagd«i/wo quinto, mense Januario. 
S. Paganus.] » 

L'écriture de la charte qui précède, très élégante et 
très régulière, fait cependant pressentir Técriture du 
Xïv® siècle. Les déliés y prennent autant d'importance 
que les pleins. La lettre s au commencement ou à la fin 
des mots se compose de deux panses et rappelle la forme 
d'un grec. On remarquera aussi la forme du d. 

L'exemple d'écriture qui suit, pi. xiv, n® 2, est tiré 
d'un acte du 30 juin 1286, dressé par le garde de la 
prévôté de Lagny (Seine-et-Marne). (Voyez Rec. fac^s. 
Ecole des Chartes^ n® 113.) 

« (ligne 1) A touz cens qui ces présentes letres verront 
et orront Guiart B^rtaut, garde de la prevosté de Laigni, 
salut. (2) Saichent touz que pardevant nous vint Aaliz, 
famé Adam de Paris le maçon, qui disoit que cil Adans 
(3) ses mariz avoit vendu et quité à touz jourz à mestre 
Estiene de Bléneau , bénéficié en l'église de Seint 
Benoist (4) [d]e Paris et à cens qui aront cause de lui , dis 
solz de paris/^ de crois de cens ou de rente perpétuel à 
prendre et à (5) avoir desorendroit à touz jourz de celi 
mestre Estiene et de ceus qui aront cause de lui, chascun 



128 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB 

an, à quatre termes (6) à Paris acoustumez seur une 
maison qui est à celi Adam, assise à Paris outre petit pont 
en la rue de la pla'strière » 

On remarquera que dans la charte précédente le 
p initial se distingue de Vu et a pris une forme qui se 
rapproche de celle que nous lui donnons encore aujour-^ 
d'hui dans la minuscule. 

Nous terminerons cette revue des écritures du xiii® siè- 
cle en offrant à nos lecteurs (pi. xiv, n® 3) le fac-similé 
d'un mandement de Philippe le Bel, donné à Paris le 
lundi*- avant la Chandeleur 1296, soit le 28 janvier 1297. 
[Rec. fac-s. Ecole des Chartes^ n® 26.) C'est là un excel- 
lent exemple de l'écriture employée à la chancellerie 
royale à la fin du xiii^ siècle et au commencement du 
siècle suivant pour l'expédition des mandements . Le roi 
ordonne au bailli de Caux ou à son lieutenant de payer 
à Raoul de Saint-Ouen onze livres et dix sous tournois qui 
lui sont dus sur le reste de ses gages pour la guerre de 
Gascogne : 

« (ligne 1) Philippusy Dei gratia Francorum rex ballivo 
Caleti wel ejus locum tenenti ssîlutem. Mandamus vobis 
quatinus Radulpho (2) de Saint Oein, decenario, aut ejus- 
mandato présentes litteras defferenti undecim lihras et 
decem solido^ Xxxronensium^ in c^uihus (3) eidem tenemur 
de residuo tam vadiorum suorum in facto guerre nos^re 
Vasconw anno pr<?senti acquisitor?/w qi^am restaura 
(4) cujusda/72 equi, absqe^d dilacione quacunqe/^ ad instan- 
tem mediam quadragesimam, de nos^ro intègre persolva- 
lis ; quam peccume (5) summam in no^^ris comput/s volu- 
vciiis allocari, et pênes vos présentes litteras reman^re. 
Actum Parw«a5, die lune ante (6) Candelosam, anno- 
Domini M® CC** nonagesimo sexto. » 



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MANUSCRITS DU XIV® SIÈCLE 129 



XIV® SIECLE. 



§ 1. — Manuscrits. 



Philippe le Bel protégea les lettres. Plusieurs auteurs 
de son temps lui dédièrent leurs œuvres. Nous renvoyons 
à V Histoire littéraire et au Cabinet des manuscrits de 
M. Delisle les lecteurs curieux d'en connaître la liste. 
Rappelons seulement la traduction latine du livre arabe de 
Dina et de Kalila , offerte en 1313 par Fauteur, Raimond 
de Béziers, à Philippe le Bel. Le manuscrit latin 8504 
de la Bibliothèque nationale paraît être celui-là même qui 
fut remis au roi. (Delisle, Cabinet des manuscrits, 
pi. xLiii, n®* 3 et 4.) La Bible exposée dans la galerie 
Mazarine, armoire XX, n** 230, est une autre épave de la 
bibliothèque de Philippe IV (Bibl. nat., lat. 248). 

L'inventaire du mobilier de Louis X rédigé après la 
mort de ce roi révèle, dans sa bibliothèque, l'existence 
d'environ trente-cinq volumes. 

On conserve à la Bibliothèque nationale, sous les 
n®* 2090 à 2092 du fonds français, l'exemplaire d'une com- 
pilation sur la vie de saint Denis et l'histoire des rois de 
France, offert en 1317 à Philippe le Long par Gilles de 
Pontoise, abbé de Saint-Denis. Ces manuscrits renfer- 
ment des peintures qui, au jugement de M. Delisle, 
« méritent d'être rangées parmi les plus précieuses pro- 
ductions de l'art français pendant le premier quart du 



9 



130 PÉRIODE POST-CAROLINGIEN XB 

XIV* siècle. » (Delisle, Cabinet des manuscrits^ t. I^ 
p. 12; t. III, p. 304 et fac-similé, pi. xliv, n® 1.) 

Les reines ne se désintéressaient pas de la calligraphie. 
Clémence de Hongrie, femme de Louis X, avait une belle 
bibliothèque. Plus remarquable encore la collection de 
livres qu'avait formée Jeanne d'Evreux, femme de Charles 
le Bel. 

Le roi Jean montra pour les beaux livres un goût parti- 
culier. Il avait confié à maître Jean de Sy le soin de 
traduire la Bible en français ; cette œuvre resta inachevée ; 
nous en avons un fragment dans le manuscrit français 
15397 de la Bibliothèque nationale (galerie Mazarine, 
armoire X, n® 3). 

La librairie que Charles V installa dans la tour du 
Louvre, dite tour de la Fauconnerie, en 1367 ou 1368, et 
qui ne comprenait d*abord qu'un petit nombre de livres, 
fut le véritable germe de la Bibliothèque nationale 
actuelle. Le premier bibliothécaire fut Gilles Malet qui 
en 1373 dressa un catalogue des livres royaux; la 
Bibliothèque en possède deux exemplaires, écrits au plus 
tard en 1380. L'un d'eux est le rouleau exposé dans 
l'armoire X de la galerie Mazarine sous le n® 4. 
Charles V parvint à réunir 1240 volumes sur lesquels 
soixante-quinze ont déjà été retrouvés ; il y en a qua- 
rante-trois à la Bibliothèque nationale. M. Delisle a 
dressé la liste de ces manuscrits retrouvés dans les 
Notices et extraits des manuscrits , t. XXXI, p. 21. 

C'est à tort qu'on a prétendu voir dans la bande trico- 
lore (bleu, blanc et orange, ou orange, blanc et bleu) qui 
encadre souvent les miniatures du xiv® siècle , un carac- 
tère distinctif des manuscrits de Charles V. Car, sur 



MANUSCRITS DU XIV* SIÈCLE 131 

trente- six manuscrits où M. Delisle a remarqué cette 
bande, cinq seulement peuvent être attribués à Charles V, 
et un autre, le manuscrit français 823 de la Bibliothèque 
nationale, porte la date de 1393. 

Parmi les livres que Charles V avait réunis, un grand 
nombre avaient été exécutés spécialement pour lui. 
Encore Dauphin, il fit copier, en 1363, une Bible française 
en deux volumes. (Bibl. nat., fr. 5707, galerie Maza- 
rine, armoire X, n° 7 ; Delisle, Cabinet des manuscrits^ 
pi. XLY, n° 6.) Citons encore, parmi les livres copiés pour 
Charles V, un exemplaire des Grandes chroniques (Bibl. 
nat. , fr. 2813 ; fac-s. dans Paléographie universelle , 
pi. cxciii; voyez l'article de Lacabane, dans Biblio- 
thèque de t Ecole des Chartes^ 1"*® série, t. II, p. 69); une 
traduction du Rational des divins offices, avec une note 
autographe du roi Charles V, ainsi conçue : « Cest 
livre nommé Rasional des divins ofises est h nous 
Charles le V® de notre nom, et le fimes tranlater, 
escrire et tout parfere , Tan MCCCLXXIIII. » (Bibl. nat., 
fr. 437; galerie Mazarine, armoire X, n® 8; Delisle, 
ouvr. citéj pi. xlv, n®" 9, 10 et 11); une copie du livre de 
l'Information des princes, achevée par Henri du Trévou, 
le 22 septembre 1379. (Bibl. nat., fr. 1950; galerie 
Mazarine, armoire X, n° 12; Delisle, ouifr, cité y pi. xlv, 
n^» 4 et 5.) 

Nous ne saurions insister longuement sur les célèbres 
bibliothèques des frères de Charles V. Au moins devons- 
nous les signaler. Jean, duc de Berry, bibliophile pas- 
sionné , qui avait à son service les meilleurs copistes 
et les plus célèbres enlumineurs , avait formé une 
magnifique librairie dont la Bibliothèque nationale 
possède aujourd'hui cinquante-quatre volumes. Les ma- 



! 



132 PERIODE POST-CAROLINGIBNNB 

nuscrits du duc de Berry portent soit sa propre signa- 
ture, soit des inscriptions écrites par son secrétaire, Jean 
Flamel, soit encore les armes du duc, à savoir Técu de 
France à la bordure engrêlée de gueules ; ou bien ses 
animaux symboliques, Tours et le cygne,' avec sa devise 
le temps venra^ ou son chiffre formé d'un V et d*un E 
entrelacés. Philippe le Hardi commença une collection 
qui, continuée par ses descendants, est devenue la biblio- 
thèque de Bruxelles encore appelée, en souvenir de ses 
fondateurs, bibliothèque de Bourgogne. Louis d'Orléans, 
fils de Charles V, hérita, lui aussi, du goût de son père 
pour les beaux livres. 

En dehors des manuscrits royaux, le xiv® siècle nous en 
a laissé beaucoup d'autres dont la date d'exécution est 
connue. 

Nous en indiquerons ici quelques-uns : une Légende 
dorée copiée a Paris en 1316 (Bibl. nat., lat. 5389; Delisle, 
Cabinet des manuscrits, pi. xliii, n® 6) ; un exemplaire des 
Grandes chroniques, que Pierre Honoré, de Neufchâtel 
en Normandie, fit écrire en 1318 par Thomas de Mau- 
beuge, scribe parisien (Bibl. nat., fr. 10132; Delisle, 
ouvr. cité y pi. xliv, n®* 2 et 3); une Bible latine enlu- 
minée, achevée le 30 avril 1327 (Bibl. nat., lat. 11935, 
galerie Mazarine, armoire XI, n® 192; Delisle, ouvr. 
cité, pi. XLIV, n® 4); une copie des Constitutions de 
Benoît XII pour l'ordre de Saint-Benoit, exécutée à 
Paris en 1337 (Bibl. nat., lat. 12649; Delisle, ouvr. cité, 
pi. XLIV, n® 6) ; une relation française des voyages de 
Jean de Mandeville, due à la plume du calligraphe Raou- 
let d'Orléans, qui en acheva la transcription le 18 sep- 
tembre 1371 pour maître Gervais Chrétien, médecin du 
roi Charles V (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 4515; Delisle, 



MANUSCRITS DU XIV® SlÈCLB 133 

Catalogue des manuscrits des fonds Libri et Bar rois ^ 
p. Lxxxviii et p. 251); un bréviaire, écrit en 1392 pour 
l'abbaye de Saint- Victor de Paris (Bibl. nat., lat. 14279; 
Delisle, ouvr, cité ^ pi. xlvi, n® Ij; une traduction fran- 
çaise du Miroir historial de Vincent de Beauvais, copiée 
par Raoulet d'Orléans, en Tannée 1396 (Bibl. nat., 
fr. 312; Delisle, ouvr. cité y pi. xlvi, n*** 5 et 6). 

Sont aussi datés les deux manuscrits dont quelques 
lignes sont reproduites ici sur la pi. xv. Ce sont deux 
manuscrits théologiques, l'un contenant plusieurs livres 
de Thomas d'Aquin, l'autre, l'œuvre de Thomas Bradwar- 
din (théologien anglais, mort en 1349) intitulée De causa 
Dei contra Pelagium, La multiplicité des abréviations, la 
finesse de l'écriture, le rapprochement des lignes rendent 
très difficile la lecture de ces sortes de manuscrits. 

Le manuscrit de Thomas d'Aquin (Bibl. nat., lat. 11133) 
a été écrit en 1320. Le passage que nous donnons (pi. xv, 
n® 1) est tiré du commentaire sur les livres De anima 
d'Aristote (fol. 8). Le scribe avait laissé échapper plu- 
sieurs fautes qu*il a ensuite corrigées. Les lettres sous 
lesquelles est placé un point et les groupes de lettres 
soulignés ne doivent pas être lus. Ce mode de correc- 
tion est ce que les paléographes appellent exponctuation. 
(Voyez plus loin ch. V, § 2.) 

« (ligne 1). Bonorum honorab/lium noticiam, etc. 
(2) Sicut philosophus docet in XI de Sinimalihus, in qwo- 
libet génère (3) rerum neccesse est prius considerare corn-" 
muma et seorsum et (4) postea propria unicuiqe/^ illius 
generisy quem quidem modum (5) Arlstoteles s<?rvat in 
"philosophisL prima. In meihAphysicsL enim primo tractât 
(6) et considérait communia, entis in ({uantum ens, postea 



134 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB 

\ero considérât (7) propria unicuiqu^ enti; cuju^ ratio 
est, quia, nisi hoc fierez, idem diceretur (8) fréquenter, 
Reru/72 aut^//z a/zi/72ataru/n omnium quodaim genus est, et 
ideo (9) in cowsid^ratione rerum a/ii/natarum oportet 
primo co/isiderare i//a que (10) sunt communia omnibus 
Sinimatisy po^tmode^m \ero illa que su/it (11) propria 
cuilibet rei a/ii/wate. Commune aaxlem om^nihus rehus awi- 
matis est (12) anima ; in hoc enim animaia. conç>eniuni. Ad 
scrutandww igitur 8cientia.m de (13) rebws a/ii//2atis, 
neccessarium^ -primo fuit iradere scientiam de a/ei//ia taw- 
qwa/rt communem (14) eis. Aristoteles ergo, volens trad^re 
sc/^/z^iam de ip^is rébus a/zimatis^ (1^) i^ sequentibr/^ 
libris 2. In tractatu aut^w de a/zi^na quem habemus 
(16) pra? manib//*, primo ponit frohemium in quo facit 
tria que (17) neccessarisi sunt in quolibet prohemio. Qui 
enim facit iprohemium tria iQ-(18)-tendit : primo enim ut 
reddat auditore/n benivoluw ; secundo (19) ut reddat 
docilem ; t^rcio, ut reddat attentu/w. Benivo-(20)-lum qui- 
dem reddit ostenrf^/ido setc/zde utili^atew ; docilem , pro- 
ra?*t-(21)-tendo ordinem et distioct^b/i^m tractatws; att^n- 
tum , ates-(22)-tando diflficultate/w tractatw*. Que quid^w 
tria Aristoteles facit » 

Le manuscrit de Bradwardin (Bibl. nat., lat. 15977) 
cité plus haut, se termine par la souscription suivante : 
« Explicit liber primus scriptus Parisius anno Domini 
M® CGC® 56^, die Veneris post festum sancti Dyonisii. 

1. Le manuscrit porte de rébus animatis ipsisj mais les miots rébus ani~ 
matis sont entre guillemets, ce qui veut dire qu'ils doivent être reportés 
après ipsis. Voyez plus loin chap. V, g 2. 

2, Entre les mots de ipsis rébus animatis et in sequentibus libris, le 
scribe a passé : primo tradit scientiam de anima, posimodum uero détermi- 
nai de propriis singulis animatis. 









Manuscrits de 1320 et isss 



MANUSCRITS DU XIV® SIÈCLE 135 

Yinum scriptori tradatur de meliori. » La transcription 
de ce livre, faite à Paris, a donc été achevée le vendredi 
14 octobre 1356. 

Nous en donnons quelques lignes en fac-similé, pi. xv, 

« ... (ligne 1) Deus, sicud prima suppositio et 3* 
(tertia) pars de/wo/isirant. Ç^xioniam insuper sunt hii dii 
nui non sunt (2) actua/Z^^^mi, purissimiy simplicissiiai et 
par se sufficientissimi sed per dliuà constituti contra, pri- 
/nam (3) suppositionem et partes pr^missas. 

(En marge) 15" pars (3) Pavea/it ([xxoque fi/^ge/ites ma/- 
tos deos (4) e^^ales sed natura seu spme dïy^r^ntes; 
(5) quorum unus poss/t* Ori^/iti, et alius Occ\den\\\ xxvlus 
Boree, alius Austro; \xnus (6) frugibas, alius vitibw^; 
nnus paci, alius saluti ; xinus uni speciei et (7) alius a/ii 
preponatur . Hii quiàem ut proxt/wi prime swppositionis 
viriwte facito^r i/istrue/itwr. (8) Qwis etiam non {acïliter 
vid^at, si si«t dii ma/ti div^rsi specie seu natura^ quem" 
cumque istorum (9) car^re p^rfé?c^io/ie specifica et propria 
cujuscumque alt^riw*, et (\uare et non esse summe perfec- 
tum, (\uando (10) alius aliquid perîectius esse posset. 
Quamohrem consequenter nullus eorum esse Ddi/m, sicuà 
prima sxxppositio (11) et 3* (tertia) pars demo/i5^rant). 

(En marge) 16' pars. (11) Co/ifu/irfa/itMr ponenles 
eonixxsionem multorum deor um inequalis (12) \iriutis et 
disparis àx^niXatis sive ejusdem speciei siwe diverse. 
Taies autem (nerunt (13) nonnuWi antiqai qui Xamen 
ponentihus ddos pares et simpliciter eque primos in hoc 
melius (14) posueru/tt, quod dixerunty omnes, prêter 

1. Corrigez pnesii. 



136 PÉRIODE POST-GAROLINGIENNS 

ixnum soIu//z, quem Jove/w vocabawt, (15) illi uwico sw- 
bici sicud princ/pi siv^ pa^ri. JJnde Philosophas pri/w» 
Poli^tce 8 : ben^, inquit, Ho-(16)-merw« Jove/w ap^ellav/t, 
Aicens -pater \irorumque deorum, regem hor um omnium 
(17) -patrem ; dicens etiam suprsL ejusdem primo deos, 
inq^uit omnes dicuni régi. Hic etiam fuerat ve-(18)-tus 
error \eterum Ro/wanorw/w , unde AugustinuSy 4, de Cioi- 
taie D<?i, 5 : (luando ^utem (19) po55i^nt uno loco libri 
ejus commemorari o/ra/zia nomina, deoriim aut dearum 
(20) que illi grandibws voluwmibM* vix » 



§ 2. — Chartes, 



Le premier exemple d'écriture de chancellerie que nous- 
donnons pour le xiv® siècle (pi. xvi, n® 1) est emprunté à 
un registre de l'inquisition d*Albi, de Tan 1300. (Voyez 
Aec. fac-s. Ecole des Chartes, n® 98.) 

« (ligne 1) Anno Domini W CC** nonag^wwo IX*, VP 
nonas marcii, B^rnardus Àudiguerii de (2) Scuria, alias 
vocate^s Apostoli , co/istitutz/s in judic/o cora//i rev^renda 
pa^re in Chrw^o (3) domino B., divi/ia providencia 
episcopo Alhiensiy ac wenerabili et religwso viro (ratre 
Nycholao de (4) Abbatisvilla de ordi/ie Predicatorum y 
inqmsitore h^retice pravitatis in regno Franc/^, auc^or*- 
^ate apostolica (5) deputato, juratw* sup^r sancta. IIII®' Dei 
cvang^lia dic^re mera/n et plenaw yeritatem sup^r fac^o 
(6) h^^resis de se ut de principali et de aliis vivis et mor- 
tuis ut lestisy nec celare v^ritate/w n^c (7) iwmiscere falsi- 




•r. 

3 



CHARTES DU XIV® SIECLE 137 

tate/w amore, gracia, odio, timoré v^l favore, diligent^r 
interrogatus dixit... » 

On trouvera sur la même planche xvi, n® 2, un frag- 
ment de rinventaire du trésor de Notre-Dame de Paris, 
dressé le 3 mai 1343, {Rec. fac-s. Ecole des Chartes^ 
n« 106). 

L'écriture est bien caractérisée. 

« (ligne 1) Anno et die predictis fuit inventan'M//t 
renovatum de rébus exî^^^ntibu^ in the-(2)-sauro eccl^sie 
PeLvisiensis in custodia domini Garneri dicti Malecote aha^^ 
de Civilliaco. 

(3) Primo, inventa fuit ymago b^a^e Marie de argento 
cum portis claudentibi/5 (4) et ap^rientibz/^ argenteis 
deauratis et nigellatis, etc. 

(5) Item, quedam alia ymago Béate Marie deaurata, 
quam dédit dominas Eustachius (6) de Confluencio cano- 
meus PsLTÎsiensis cum pede de cupro deaurato et sunt 
(7) in quoda/72 vasculo parvo cristallino exw^^nte in manu 
dextra béate Virginis de » 

Le n** 1 de la pi. xvii reproduit des notes brèves d'un 
notaire de Bourg-Saint-Andéol, en Tan 1352 [Rec, fac^s. 
Ecole des Chartes, n® 21). On entend par notes brèves 
un registre où le notaire consignait, sous une forme 
abrégée, les actes qu'il dressait. 

a (ligne 1) Pro Guillelmo Garib^rti (2) et Girardo 
Tardivi. (3) Anno quo supra et die XXV junii domina 
(4) Jo. etc et domino Ay. etc. Guill^//nus (5) Gariberti et 
Girardus Tardivi et (6) quilib^^ eoriim alt^rum qwitavit de 
omnibus (7) in q^uibus unus diiteri tenebatar et esse pot^- 
rat (8) obligati^^ usq^ue in hanc diem fresentem, pactu/72 
(9) faciens un^e^ alt^ri de non peiendo amodo (10) aliquid 



138 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNB 

ulierius rac/o/ie fremissorum cnm om/ti(ll)reDu/2ciac/o/ie 
jui'w et (acti parité/' et caute-(12)-la de quihus qi^ilibe^ 
ipsorum peciit sibi fublicum (13) iieri instrumentum. 

Actu//i Burg/ in banca (14) Malicinoru/zi qua//2 ienet 
^aymundus Gnrnern... » 

Nous terminerons cette revue des écritures du xiv* 
siècle par quelques lignes (pi. xvii, n® 2) tirées d'instruc- 
tions données, en 1389 ou 1390, par Jean II, comte 
d'Auvergne et de Boulogne , à Aubert de Puychalin qu'il 
envoyait auprès du duc de Berry pour la conclusion d'un 
traité [Rec. fac-s. Ecole des Chartes, n® 125). 

« (ligne 1) Mémoire à Aubert de Puichalin des choses 
nue monseigneur de (2) Bouloingne lui a enchargiées. 
(3) De parler à monseigneur de Berry de la demande 
que le conte (4) de Sanceoure a faite à mess^re Ber- 
tran de Saint Pasteur (5) et au dit Aubert depuis le 
tractié fait en la (6) présence de monseigneur de Foix et 
des messaiges qui estoie/it (7) alez par delà, c'est nssa^foir 
de la so//2me de XXV™ frans (8) ou que monse-gneur de 
Berry tenist la conté d'Auvergne jusques (9) a tant que il 
seroit paiez a une foiz d'icelle somme ou cas » 



XV® SIÈCLE. 



§ 1. — Manuscrits. 



Bien que l'imprimerie eût fait son apparition vers 
1450, comme elle ne prit une réelle importance que 
dans les premières années du xvi® siècle, on continua de 
faire des manuscrits jusqu'à la fin du xv® siècle. 



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Ecritures de 1352 et i389 



MANUSCRITS DU XV® SiÈGLB 139 

Deux écritures furent en usage : une grosse gothique, 
appelée, comme elle l'était déjà au xiv® siècle, lettre de 
forme y et une minuscule semi-cursive ou cursive. 

Charles VI augmenta la librairie du Louvre. L'inven- 
taire en fut dressé en 1411, à la mort de Gilles Malet. 
Deux cent dix volumes avaient été acquis depuis 1380. 
Cependant, en 1424, lorsque le duc de Bedford acheta la 
€ollection royale, il n'y avait plus que huit cent quarante- 
trois volumes. Alors commença le démembrement de la 
belle bibliothèque fondée par Charles V. Une partie des 
livres passa en Angleterre ; d'autres furent transportés à 
Rouen. 

Charles VII et Louis XI durent reformer la Bibliothèque 
royale. Louis XII, qui possédait avant son avènement au 
trône de France la célèbre librairie de Blois formée par 
son père le poète Charles d'Orléans (1407-1466) l'enrichit 
en saisissant, en 1499 ou 1500, la bibliothèque des ducs 
de Milan. Il transporta aussi à Blois les livres de Louis de 
Bruges, mort en 1492. 

Citons, d'après M. Delisle, comme nous l'avons fait 
pour les siècles précédents, quelques manuscrits à dates 
certaines : l'inventaire de la librairie de Jean , duc de 
Berry, fait à Meung en 1402 (Bibl. nat., fr. 11496, gale- 
rie Mazarine, armoire X, n® 15; Delisle, Cabinet des 
manuscrits^ pi. xlvii, n** 2) ; le sermon prononcé par Jean 
de Gerson, comme représentant de l'Université de Paris , 
le 7 novembre 1405, copié en 1406 pour Marie, fille de 
Jean de Berry (Bibl. nat., fr. 926; Delisle, ouor, cité, 
pi. xLix, n** 1); une traduction française des Aphorismes 
d'Hippocrate, écrite à Rouen en 1429-1430 (Bibl. nat., 
fr. 24246; Delisle, ouvr. cité, pi. xlix, n® 2); un traité 



140 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE 

de dévotion copié en 1444 pour Denis du Moulin, 
patriarche d'Antioche, évêque de Paris (Bibl. nat., 
lat. 3593 ; Delisle, ou{>r. citéy pi. xlix, n® 5) ; les com- 
mentaires de César copiés à Bourges, en 1461, pour 
Charles de Guyenne (Bibl. nat., lat. 5769 ; Delisle, ouvr. 
cité, pi. L, n® 1); un Doctrinal des simples gens, écrit à 
Paris en 1474 (Bibl. nat., fr. 17088; Delisle, oui^, cité, 
pi. L, n® 3). 

Notre planche xviii est le fac-similé de la dernière page 
d'un manuscrit de Gilles Colonna, appelé aussi Gilles de 
Paris, conservé à la Bibliothèque nationale sous le 
n® 17835 du fonds latin. Ce manuscrit est composé de 
cahiers de papier alternant avec des cahiers de parche- 
min, particularité assez fréquente dans les manuscrits du 
XV® siècle. On remarquera la souscription reproduite sur 
notre fac-similé et qui donne la date du manuscrit (1448), 
le prix du parchemin, du papier, de la reliure et le salaire 
du scribe. 

« (ligne 1) Regnabit rex et svipiens erit et faiciet jurf«- 
cium et ']usticiam in t^rra. Jerem. 23**. Si quis in pr^cla- 
rissimo (2) juvene excellentissimi principis ac domini 
frefoientis Philippi, Dei gr atio. Francorufw régis (3) illus- 
trissimi, primogenito, domino videlicet Ludovico, dili- 
genter attendat viva-(4)-cem sensu/n, si/btile ingeniu/w, 
tenacem me/woria/w, volu/itate/w ad bonu/w promptis- 
(5)-simam, preclaritate/72 indolis et moruw omnium venu- 
state/n, luculent^r potest (6) advertere qu^m vere de dicto 
domino hudovico possit intelligi verbum propositu/ra : 
« Regnabit (7) rex et sapiens erit, etc. » et qaam preclare 
et signa;tt6?r propheta sanctus, quRsi demo/istrans (8) cum 
digitto, de ip^o pr^nu/iciet qualis spera/zdus sit esse futu- 



-* 
* 



S 

O 
ce 



EpISTOMER de 1300 



MANUSCRITS DU XV** SIÈCLE. 141 

rus et quaht^r in reg/ii (9) regimine sit acturu5 ; predicens 
^utem p/'opheta élégantes condittb/zes ip^ius, (10) brevit^r, 
sufficient^r et clare docet omnem regem et principe/w, 
describens eum (11) quantum ad statu/ra excelle/zcie , 
actum vel usu/ra presidencie, lume/i direc-(12)-tivu/w, 
finem co/wpletivu/w. Primum. intelli^iYi/r cum dicit « rex », 
2™ (secundum) cuw add/t « regnabt't », tercium (13) cum 
suh'jungit « sapiens erit », 4" (quartum), cuw ait « faciet 
judiciam et justiciam in t^rra. » (14) Ista 4®'" (quatuor), etc. 
sicut in principio libri hujus habetwr. 

No^a quod pro script ara et pergameno ac papiro (15) a 
priacipio libri usque ad 4™ (quartum) capitulum 4® (quarte) 
partes solvi 55 solidos; residuu/n SiUtem scripsi, sed pro 
ligatwra (16) iteruw solvi decem solidos ; et sic in summa 
solvi 4®"^ . (quatuor) fra/icos et duodeci^Tz denarios, X* 
(décima) die septe/wb/vs, a/ino 1448. (17) Op(?ratoris in 
Hysdinio. » 

Nous avons mentionné les lettres de forme. En voici 
un bel exemple (pi. xix) emprunté à un épistolier, copié 
pour l'église de Paris en Tan 1500. (Bibl. nat., lat. 9459). 

(( (ligne 1.) En Tan de grâce mil et (2) cinq cens, hon- 
norables (3) hommes et saiges, mai-(4)-stres Tristan de 
Fo/itaines, (5) conseiller du roy en son (6) parlement, 
Nicole Gilles , (7) notaire et secrétaire du-(8)-dit seigneur 
et contrerollei/r (9) de son trésor. Jaques (10) Charmolue, 
aussi no-(ll)-taire et secrétaire dudit (12) seigneur et 
viconte d'Orbec, (13) et Guillai//7ze de Gaigny, (14) mar- 
chant appoticaire (15) et bourgois de Paris, (16) marre- 
guilers de ceste eglwe (17) firent par Nicole Vail[lon]... » 



142 PERIODE POST-CAROLINGIENNE 



§2. — Chartes. 



L'écriture des chartes, au xv® siècle, est beaucoup plus 
fine et beaucoup plus cursive qu'au siècle précédent. Les 
lettres sont mal formées et sont toutes liées les unes aux 
autres. Les abréviations sont presque toujours indiquées 
par un trait qui, partant du pied ou quelquefois de la tête 
d'une lettre, souvent de la dernière du mot, se recourbe 
sur cette lettre ou sur le mot entier. Le & et le (> ont 
souvent la même forme. Le c se compose de deux petits 
traits qui forment un angle aigu ; il peut parfois se con- 
fondre avec le t ou avec Ve\ toutefois, dans le tj le trait 
vertical s'élève un peu au dessus du trait horizontal; et 
Ve se compose ordinairement de deux traits inclinés. 

On pourra observer ces caractères dans les deux 
exemples d'écriture de chancellerie que nous donnons 
(pi. xx). Le premier est emprunté à des notes brèves d'un 
notaire de Bourg-Saint-Andéol , en 1428 [Rec, fac^s. 
Ecole des Chartes, n^ 23) : 

(( (En haut) XXVIII. 

(ligne 1) In omnibus autem aliis meis mohilïbus et 
immob/libus (2) fresentihus et futurw quibuscu/iqi/^ h^re- 
des meos universales (3) solos et insolido^ facio et ordino 
et nomino yidelicet Johannem (4) et Raimundum Nicholay, 
filios meos legitimos pro equis (5) partibus, per quos 
solvi volo omnisL legata mea et (6) forefacta supra- 
dictdi, etc, ; et casu quo unus ex ipsw heredibus (7) meis 



PI. XX 








^^jiA /^/J^ -*^?^ 



.:-H^|2y^^^^/Hi; %^^ 


























r/T^ 




-H»%*»»%| 



Registres de 1428 et i46i 



CHARTES DU XV® SIÈCLE 145 

deced^ret (sine lib^ro sui*) in pupillart etate sine (8) li- 
bero seu Militer quandocu/zzqe^^ , substituo aliu//2 supervi- 
vewtem. (9) Item, volo et ordino quod tesiamentum 
pa^ris mei valeat quoad (10) legata sororaw mesirum et 
subs^ftutionu//2. Item, volo et (11) ordino qworf bona 
michi novit^r p^rventa (consobrine ^) (12) Johawnis Priva ti 
avu/iculi mei, casu quo àicti... » 

Nous donnons encore sur la pi. xx, n** 2, quelques 
lignes tirées d'un registre capitulaire de Notre-Dame de 
Paris pour Tan 1461 [Rec. fac^s. Ecole des Chartes^ 
n® 104). C'est le commencement du procès-verbal d'une 
séance tenue le lundi 3 août 1461 et où le chapitre déli- 
béra sur les mesures à prendre pour les obsèques du roi 
Charles VII. 

« (ligne 1) Lune sequen^i, die festi Invewcionis b<?ati 
prothomartiris (2) Stephani IIP mens/^ Augusti. 

(3) Hac die proptdr \iVL]usmodi festum non fiiit tentum 
capiïwlwm. Veruwtamen, (4) ex jussu dommi decani, hora 
majoris misse et illico post knlhienne (5) de Ave regina 
deca7ztacione/72 , congregatis et adinvice/zz convocatw 
(6) Aomims in revestiario seu sacrario eccl^^ie, idem 
Aominu^ decanus (7) posuit in deliberacione quid foret 
agendM//2 in exequiis defl'u/icti (8) régis Karoli VII, que 
iwminewt fieri. Sup^r quo delib^ratum est (9) prout 
sequitur. 

(10) Et primo ad intendendum et providendi/A/i lumi- 
nari, Aomim et mag/^^ri (11) M. Textor, G. Gabriel et Sy. 
Cousin, cano/iici "P^Lrisienses co/wmittuntwr et (12) depu- 
tantar, veluti sup^rintendentes, quibws attribuitwr potes- 

1. Mots effacés. 

2. Mot effacé. 



144 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNR 

tas (13) assumendi et ordinandi secum IIIP' aut qumqu^ 
ex cap^//anis aut (14) b^n^ficiatis in eccl^^ia, probis viris, 
unacum totibas* ex s^rvie/itibw* eccl<î«ie (15) qui sp^cria- 
lit^r ad hoc prospic^re , intend^re et intueri habebunt. » 



XVi® SIÈCLE. 



Au XVI* siècle, Tart de la typographie se propage rapi- 
dement et triomphe. Les livres ne sont plus ordinairement 
écrits à la main. Si Ton confie encore à des scribes 
Texécution de quelques manuscrits, c'^est qu'il s'agit 
d'œuvres dont on désire faire présent à un prince ou à 
quelque grand personnage. 

Rappelons aussi que dans certaines églises on fit encore 

au XVI® et même au xvii® siècle de gros livres de chœur 

manuscrits, des antiphonaires , écrits en grandes lettres 

de forme. Comme leur lecture ne présente pas de diffi- 
culté et n'a aucun intérêt, nous ne pouvons y insister. Il 

suffisait d'en faire mention. Nous n'avons donc plus ù 

nous occuper que de l'écriture des actes, des registres et 

des lettres privées. 

L'écriture du xvi® siècle est d'un déchiflFrement difficile. 
D'abord elle est très rapide, très personnelle; puis elle 
«st pleine d'abréviations irrégulières. Jusqu'ici on abré- 
geait pour économiser le parchemin ; maintenant le par- 
chemin est réservé aux actes authentiques ; le papier est 
moins cher que n'était le parchemin; on abrège, en vue 
de la rapidité, chacun suivant sa fantaisie. 

1. Corrigez totidem. 




^ VU fr^ 



^.^^! 



^ a\ If 




U3 



ECRITURR DU XVl" SIECLE 145 

Voici d'abord (pi. xxi, n** 1) un document de 1514, dont 
on trouvera la reproduction intégrale dans le Rec, faù^s. 
Ecole des Chartes^ n® 124. C'est une minute de conclu- 
sions pour le couvent des Mathurins de Paris dans un 
procès contre celui des Filles-Dieu. 

« (ligne 1) La demande et requeste que font les reli- 
gieuXf mînistÊt (2) et couvent de Véglise et monastère de 
raovL^eigneuv Saint Mathurin à Paris, à Tencontré; des 
(3) religieuses, prîeure et couvent des Filles-Dieu à Paris, 
est (4) ad ce qu'ilz dient et déclairent s'ilz ont esté et sont 
detentaresses (5) et propiet^ress^s d'une maison et ses 
appartenance?* Assise rue Samt Denis, en (6) laquelle 
pend ou soulloit pendra pour enseigne l'ymaige Nos^re- 
Dame (7) tenant d'une part à [lacune] et d'au^r^ part 
{lacune) (8) dont veue ou plus ample declaracion en lieu 
deut leur s^ra... (Au dessus de la 8® ligne) Fut et appar- 
tint à Guillaume de Mont Denis. » 

L'exemple suivant (pi. xxi, n® 2) est tiré d'une lettre 

d'Antoine Perrenot de Granvelle, évêque d'Arras, ministre 
de Charles-Quint, datée de Bruxelles, le 10 janvier 1556 
(1557, nouv. style), et adressée à sa mère. 

« (ligne 1) Madame, j'entens que vous mectez difficulté 
au (2) maistre des comptes Viron, mon compère, sur ceulx 
(3) qu'il vous a rendu d'une somme de (4) VIII " frans, 
provenans du reachapt d'une » 

On trouvera sur la pi. xxii, deux écritures dififé rentes 
de la même date empruntées à un inventaire d'actes 
dressé en octobre 1577 dans l'étude d'un notaire de Sens. 

« (ligne 1) Constitution de rente (2) pour honneste (emme 
Marie (3) Chaboullé co/itre (4) Francoys Guinot et sa 
(5) fem/we en date du II IP (6) may siudit M V^ LXXVL 

10 



146 PERIODE POST-CAROLINGIENNE 

(7) Acquis/rion pour Jehan (8) Bourgoing co/itre Jacques 
(9) Vyard en date comme dessus... » 

« (n® 2, ligne 1) Reachapt de rente pour Potentien 
(2) du Port contre la \eu\e Claude Aubert (3) en datte du 
XVIIP dudit moys. (4) Acquisition powr la weuwe Claude 
Feudart (5) contre Estienne Taupin et sa femme (6) en 
datte que dessus. 

(7) Acquisition pour Pierre Drouot contre (8) Claude 
Estienne Drouot et SLultres (9) en datte du XIX' jour dudt^ 
moys. (10) Ypotheque pour Nicolas Brasloin, (11) Judes 
Cartier et awftres contre (12) la v^Mve Claude Hanoteau 
du XXP... y> 



XVII® SIÈCLE. 



Au XVII® siècle, sous l'influence de Timprimerie, récri- 
ture des notaires s'améliora. Dans les premières années, 
elle rappelle encore beaucoup l'écriture du siècle précé- 
dent, comme on en pourra juger par le début d'un acte 
du 17 mars 1602, que nous donnons sur la planche xxiii, 
n« 1. 

« (ligne 1) Par devant Jacques Guillot, notaire royal 
(2) au bailliage de Sens, résidant es villages (3) et 
paroysses de Champigny sur Yonne et lieu (4) de la Chap- 
pelle feu Payen furent... » 

I^e second fac-similé de la pi. xxiii, emprunté à un 
acte du .même pays que le précédent, et du 24 novembre 
1660, offre un exemple de la grosse écriture particulière 
au xvii® siècle : 



PI . XXII 



1 




/^^ 



% 












c * ^ 




















■T L 






6-f 





I 



Registre de 1577 



ÉCRITURE DU XVII® SIECLE 147 

« (ligne 1) despens audict sieur Nagent, (2) si comme, 
promettant, (3) obligeant, renonceant. (4) Faict à Sens 
en Testude du... » 

On a pu remarquer que les abréviations deviennent 
rares dans Técriture des scribes du xvii® siècle. Celles 
qu'on rencontre dans les actes sont faciles à résoudre ou 
consacrées par Tusage. 

Ainsi : parr, pour parroisse ; aud, pour audit; pnt 
pour présent; pntes pour présentes; et à la fin des actes : 
Si comme etc., P, etc., O. etc., R. etc. pour Si comme etc., 
promettant etc., obligeant etc., renonçant etc. 

Au XVIII® siècle, l'écriture se rapproche de plus en plus 
de la nôtre. 

Elle est généralement petite, ronde, assez régulière. 
Les difficultés de lecture sont les mêmes que celles que 
nous rencontrons encore pour les écritures de nos con- 
temporains. 



CHAPITRE V 



SIGNES AUXILIAIRES DE L'ECRITURE 



§ 1. — Ponctuation. 

Les plus anciens manuscrits n'ont pas de ponctuation ; 
les mots ne sont même pas séparés les uns des autres. La 
ponctuation qu'on rencontre dans quelques manuscrits 
en lettres majuscules a été le plus souvent ajoutée posté- 
rieurement à la confection du manuscrit. 

Les grammairiens latins du iv^ au vi" siècle, Diomède, 
Donat, Dosithée, Cassiodore et Isidore de Séville, n'ont 
fait que reproduire les théories des grammairiens grecs. 
« Un signe unique, le/?om^, dit M. Omont*, placé en haut, 
en bas ou au milieu, sert à marquer les différentes ponc- 
tuations. Le point en haut appelé distinctio (leXeCa (jtiyixyj) 
indique le plus long repos; le point en bas, subdistinctio 
(uxoŒTiYixTj), indique le plus court repos ; le point placé à 
moitié de la hauteur des lettres, distinctio média (|xé(7T)), 
indique une ponctuation moyenne. 

Le grammairien Marins Victorinus, qui vivait dans la 

1. Positions des thèses de tEcole des Chartes, 1881, p. 51. 



150 SIGNES AUXILIAIRES DE L ÉCRITURE 

seconde moitié du iv" siècle, n'admettait que deux 
signes, le point et la virgule. 

Bien peu nombreux sont les manuscrits où ces théories 
ont été appliquées. Le plus souvent il n'y a que deux 
points : le point en haut pour marquer la ponctuation 
forte; le point en bas, la ponctuation faible. 

Dans le Grégoire de Tours en onciales conservé à la 
Bibliothèque nationale sous le n® 17654 du fonds latin , 
et qui remonte au vu® siècle, le point médial tient lieu de 
virgule; le point et virgule joue le rôle de point final, et 
alors il est suivi d'un espace blanc et d'une lettre 
majuscule, ou bien encore il joue le rôle de deux points 
devant un discours. 

Chez les grammairiens et les lexicographes du moyen 
âge, à partir du ix® siècle, la terminologie et les signes 
de ponctuation changèrent. D'ailleurs il n'était plus pos- 
sible, après l'adoption de l'écriture minuscule, de juger 
de la hauteur relative du point. « A la. distinctio y subdis- 
tinctio et média furent substitués dans l'ordre inverse le 
comma (J), colon (.) et periodus (;) appelés aussi distinctio 
média, constans et finitiva. » 

Dans beaucoup de manuscrits carolingiens, on n'em- 
ploie que deux signes : le point simple qui est la marque 
d'une ponctuation faible; le point suivi d'une virgule (.,), 
ou notre point et virgule ( ; ), ou encore deux points au 
dessus d'une virgule (•,*) qui sont autant de manières 
d'indiquer la ponctuation forte. 

La ponctuation régulière des manuscrits du xii*' siècle 
consiste dans le point et dans le point surmonté d'une 
virgule retournée (J); le premier signe placé à la fin des 
phrases; le second marquant la ponctuation faible. 

Dans les chartes de la même époque nous retrouvons 



SIGNES DE CORRECTIONS 151 

les deux mêmes signes de ponctuation , mais leur rôle est 
mal déterminé, et il semble que les scribes les emploient 
indifféremment. Ainsi, dans un même document^ le point 
indique tout à la fois la ponctuation forte et la ponctuation 
faible ; quant au point surmonté d'une virgule retournée, 
il tient lieu soit de nos deux points, soit de notre point 
et virgule. 

A partir du xiii® siècle la ponctuation fut de plus en 
plus négligée jusqu'au xv® siècle où les imprimeurs 
revinrent aux traditions de l'antiquité. 

Le point d'interrogation a affecté des formes diverses. 



n^ <v» ^c^ 



m « 



Il en est de même des guillemets. 



* ff y y ^kj2 



§2. — Signes de corrections. 



Un point placé au dessous d'une lettre indique que 
cette lettre a été écrite par erreur et qu'elle doit être 
supprimée. Ce système de suppression appelé exponctua^ 
tion était déjà en usage au v® siècle. Plus rarement les 
points sont placés au dessus des lettres à supprimer. 
Quand il s'agit d'un mot tout entier écrit par erreur, 



152 SIGNBS AUXILIAIRES DE L'éCRITURE 

pour indiquer qu'il doit être retranché , on a recours à 
divers procédés : on le met entre deux points, on l'encadre 
dans une série de points ou bien on le souligne. 

L'O exclamatif est très souvent accentué ô dans les 
manuscrits du ix* au xi* siècle. 

Deux petits traits il imitant les guillemets indiquent 
que l'ordre des mots doit être renversé. Ainsi " ad " eos^ 
doit être lu eos ad. 

Quand les corrections sont mises dans la marge, ou, 
quand il s'agit d'une charte, au bas de la feuille de 
parchemin, les renvois se font à l'aide de petits guille- 
mets ou de croix de diverses formes. 



S 3. — Accents, 



Le seul accent qu'aient connu les scribes du moyen âge 
— je ne parle ni des accents employés pour indiquer les 
syllabes longues ou brèves, ni de ceux dont on s'est servi 
pour indiquer plus rarement encore l'accent tonique — 
est l'accent sur Yi et l'y. Tout d'abord on a fait usage des 
accents pour distinguer deux i qui se suivent d'un u ; on 
écrit thesaurariiy filiL Cet emploi des accents sur Vi redou- 
blé a été signalé par M. Delisle dans le Cartulaire de Saint- 
Cyprien de Poitiers pour la seconde moitié du xii** siè- 
cle; mais on remarque une pratique analogue déjà dans 
les diplômes de Louis VI pour les mots buticulariiy consta- 
bularii^ camerarii. 

L'usage d'accentuer 1'/ devint général aux xiu* et 



CHIFFRES ROMAINS 153 

XIV* siècles. Au xv® siècle, les points commencèrent à 
remplacer les accents. 

Sur Vt/y le point apparaît dès le haut moyen âge. 



§4. — Chiffres romains. 



Les chiflFres romains n'ont jamais cessé d'être employés 
depuis l'antiquité. 

Il y a dans la numération romaine sept signes qui sont 
les lettres suivantes : 



I 


V 


X 


L 


C 


D 


M 


1 


5 


10 


50 


100 


600 


1000 



Le nombre 4 s'exprime avant le xvi® siècle par quatre 
traits verticaux. Ces traits verticaux sont souvent liés les 
uns aux autres, comme aussi ceux qui servent à exprimer 
les nombres 2 et 4. De là une confusion entre u = II et 
u== V. 

Car une des difficultés de la lecture des chiffres romains 
dans les documents du moyen âge résulte de ce que la 
minuscule a été employée pour les exprimer. Mais, sauf 
de très rares exceptions, un point est placé de part et 
d'autre des chiffres ou des nombres. 

Dans les manuscrits de l'époque mérovingienne, le 
nombre 6 est figuré par un signe ayant la forme d'un 
G oncial, ^^ et qui résulte de la combinaison d'un V et 
d'un I. 

Le nombre 9 est presque toujours écrit VIIII, et très 
exceptionnellement IX. 



154 SIGNES AUXILIAIRES DE l'bCRITURE 

Pour lOOO, on trouve, avant le ix® siècle, une sorte de 
CD posé horizontalement. 

Dans les documents écrits en France le système de la 
multiplication de vingt par un chiffre quelconque est fré- 
quemment employé pour exprimer les nombres. 

On écrit XX, soit à droite du nombre multiplicateur et 
un peu au dessus de la ligne, soit au dessus du nombre 
multiplicateur. 

Ainsi : 

IIII" = 80 
IIII« XII = 92 
V« VI = i06 

De même on a multiplié cent et mille. 

IIP = 300 

XIP = 1200 

IIII-^ = 4000 

V-^ = 5000 

V- VHP = 5800 

Dans le cas de la multiplication de mille par un autre 
chiffre, on trouve quelquefois ce nombre exprimé par un 
trait horizontal placé au dessus du nombre multipli- 
cateur. 



XXX = 30000 
G = 100000 

La moitié s'exprime jusqu'au xi® siècle par S [semis) : 
ainsi LXIIS = 62 |; plus tard, par un trait vertical 
barré horizontalement. 

Les adjectifs numéraux s'abrégeaient, au moyen âge, 



CHIFFRES ARABES 155 

par des chiffres romains au dessus desquels on écrivait 
une ou plusieurs lettres de la terminaison. 

Ainsi : 

or 

IIIl = quatuor, 

cem 

X = décent . 

o 

IIII = quarto. 
On prendra garde de confondre u -=. secundo avec u 

• • 

= vero; ou encore X = decimi avec X = Christi, 

Dans les chartes, à partir du xi® siècle, la date est 
souvent exprimée à l'aide d'une combinaison de noms de 
nombre avec des chiffres romains. 

Voici quelques exemples : 

(1022] Data anno millesimo XX secundo ab Incarna- 
tione Domini. 

(1091) Anno dominicae Incarnationis millesimo nona- 
gesimo P. 

(1109) Anno ab Incarnatione Domini millesimo CVIIII. 

(1173) Anno ab Incarnatione Domini M* C^ LXX* 
tercio. 

§ 5. — Chiffres arabes. 

Les chiffres appelés chiffres arabes^ parce que la con- 
naissance nous en est parvenue par l'intermédiaire des 
Arabes , sont en réalité d'origine indienne. C'est Gerbert 
qui les a divulgués à l'Occident. Le zéro ne fut toutefois 
inventé qu'au xii® siècle. 



156 SIGNES AUXILIAIRES DE l'ÉCRITURE 

Nous empruntons à Wattenbach un tableau des trans- 
formations que les chiffres arabes ont subies à travers le 
moyen âge. 



XII* siècle. 


XIII* siècle. 


XIV* siècle. 


XV* siècle. 


1. > 


1 


t 


t 



2. 



t' \ 




3. > t } 

* d t $ 

^ ^ 9 f 



4. 

5. 
6. 

7. 

8. 
9. 
0. 



Les adjectifs numéraux ont été abrégés avec les chiffres 
arabes de la même façon qu'avec les chiffres romains : 

Ainsi : 

1* == prima. 
2* = secunda. 



NOTATION MUSICALE 157 

2arie __. secundaHe , 
2abuB ^ duabus. 
3bu. ^ tribus, 

4^"* = quadrupla, 
10°* = decimum. 

giig __. sextilis. 

Voici trois abréviations intéressantes : 

j gales __. decemnovennales. 
7^' = septentrionali, 
3**' = trinitas, 

A partir du xiv® siècle on rencontre fréquemment, pour 
exprimer des noms de nombre ou des dates, le mélange 
des chiffres romains et arabes. 



§6. — Notation musicale. 



La notation musicale employée du viii® au xii® siècle 
dans les livres d'église, consiste ordinairement en un cer- 
tain nombre de signes nommés neumes placés au dessus 
des syllabes qui doivent être chantées. 

Quelquefois, mais rarement, la notation neumatique 
est accompagnée d'une notation alphabétique. Celle-ci, 
qui dérive des systèmes antiques , n'a guère été usitée , 
au moyen âge, que dans les ouvrages didactiques. 

On distingue deux sortes de notation neumatique. Tune 
composée d'accents, l'autre de groupes de points. 

Les accents musicaux sont dérivés des accents gram- 
maticaux. 



158 SIGNES AUXILIAIRES DE l'eGRITURE 

Il n'y a donc dans la notation neumatique que deux 
signes primitifs et essentiels, Taccent aigu, qui marque 
une élévation de la voix et T accent grave qui marque un 
abaissement de la voix. Le premier était, à l'origine, 
tracé de bas en haut; il a été appelé ifirga ou virgula; le 
second s'est raccourci jusqu'à devenir un simple point, 
punctum. 

Voici, d'après dom Joseph Pothier*, la liste et le 
tableau des neumes les plus usités. 

1 Punctum : accent grave. Cet accent n'a l'apparence 
d'un point que lorsqu'il est isolé; en composition, il 
garde sa forme primitive. 

2 Virga : accent aigu. Dans certains manuscrits, il est 
perpendiculaire. 

3 Flexa ou clwis : accent circonflexe , formé d'un accent 
aigu et d'un grave. 

4 Pes ou Podatus : accent anticirconflexe, formé d'un 
accent grave et d'un aigu. 

5 Scandicus : deux accents graves et un accent aigu. 

6 Salicus : même combinaison que le scandicus. 

7 Climacus : accent aigu et deux accents graves. 

8 Torculus : accent grave, accent aigu, accent grave. 

9 Porrectus : accent aigu, accent grave, accent aigu. 

10 Podatus subbipunctis : accent aigu, deux accents 
graves. 

11 Climacus resupinus : accent aigu, deux accents graves, 
accent aigu. 



1 . Dom Joseph Polhier, Les mélodies grégoriennes d'après la tradition , 
Tournay, 1880, in-8. 



NOTATION MUSICALE 159 

12 Scandions flexus : deux accents graves , accent aigu , 
accent grave. 

13 Scandicus subbipunctis : deux accents graves, un 
accent aigu, deux graves. 

14 Torculus resupinus : accent grave, accent aigu^ 
accent grave, accent aigu. 

15 Porrectus flexus : accent aigu , accent grave , accent 
aigu, accent grave. 

16 Porrectus subbî'punctis : accent aigu , accent grave , 
accent aigu, deux accents graves. 



1. • 


/ 

5. .• 


.^ 


13. .• • 


2. / 


/ 

6. :* 


10. *^ 


14. \V 


3. /? 


,./: 


11. /•/ 


\h,A4 


* y 


8. c^ 


1. .-^ 


l6,/J/( 



D'autres neumesy modifications des précédents, expri- 
maient les ornements mélodiques : pressus, strophicus y 
oriscus, quilismay epîphonus, cephalicusy ancus. 

La seconde espèce de notation neumatique consistait 
en points superposés. Les deux systèmes, celui des 
accents et celui des points, ont fini par se confondre en 
partie. Dans certains manuscrits l'on rencontre un sys- 
tème mixte. 

A l'aide des neumes on pouvait indiquer l'acuité ou la 
gravité d'un son , mais nullement le degré d'acuité ou de 
gravité de ce son; en d'autres termes, l'intervalle des 



CHAPITRE VI 



:materiaux et instruments de lecriture 



Les substances qui au moyeu âge ont servi à la trans- 
<;ription des actes publics et des livres sont : le papyrus , 
Je parchemin, le papier et les tablettes de cire. 



§ 1. — Papyrus, 



On donne le nom de papyrus [charta Aegyptiacd) à un 
papier fabriqué avec la tige d'un roseau [cy parus papy-- 
.rus) qui croit surtout en Egypte , dans les marécages du 
Bas-Delta. Pline [Histoire naturelle y XIII, 21) nous a 
laissé sur la fabrication du papyrus d'intéressants détails 
•<{ue nous résumerons très brièvement. Les tiges des 
roseaux étaient d'abord divisées en bandes très minces , 
mais aussi larges que possible; puis sur ces bandes 
placées les unes à côté des autres étaient appliquées 
transversalement d'autres bandes, de manière à former 
«ine sorte de treillage. 

L'eau du Nil dont on avait eu soin de les humecter 



164 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉCRITURE 

suffisait à décomposer le mucilage qu'elles contenaient et 
à les faire adhérer les unes aux autres. La feuille de 
papyrus ainsi obtenue était soumise à une forte pression 
puis séchée au soleil. On faisait disparaître les inégalités 
du tissu en le frottant avec un coquillage. Enfin des 
encollages de divers genres donnaient au papier plus ou 
moins de finesse et de souplesse. 

Nous n'avons pas h nous occuper de Tusage du papyrus 
chez les anciens. Qu'il suffise de rappeler ici que les 
Egyptiens d'abord, puis les Grecs et les Romains s'en 
sont servis. Le plus ancien document connu sur papyrus 
est une énumération des travaux faits aux digues du Nil ; 
il est antérieur au m® siècle avant J.-C. 

Les livres écrits sur cette matière étaient toujours rou- 
lés autour d'un cylindre, d'où le nom de volumen (de 
volvere^ rouler), qui leur était donné. On a retrouvé à 
Herculanum près de 2000 rouleaux carbonisés dont le 
déchiffrement n'est pas encore terminé. Ces précieuses 
reliques n'ont pas apporté à l'histoire de la littéra- 
ture ce qu'on en pouvait espérer. Elles ne renferment 
guère que des œuvres de philosophes grecs, Epicure, 
Philodème, Polistrate, Métrodore. Le plus curieux docu- 
ment qu'on y ait retrouvé est un fragment d'un poème 
latin sur la bataille d'Âctium. On peut consulter sur 
les papyrus d'Herculanum les ouvrages suivants : Andréa 
de Jorio, Officina dei papiri, Napoli, 1825; Giacomo 
Castrucci, Tesoro letterario de Ercolano, Napoli, 1855; 
Boot, Manuscrits trouvés à Herculanum ; Herculanensium 
voluminum quœ supersunt^ Napoli, in-4; Herculanen- 
sium etc. , collectio altéra , Napoli , in-4 ; Domenico 
Comparetto, Papiro Ercolanese inedito ^ Turin, 1875, 
in-S. 



PAPYRUS 165 

Nous savons que dès le v® siècle la chancellerie de 
Constantinople expédiait les rescrits impériaux sur 
papyrus. 

Justinien (Nov. XL, iv, 12) enjoignit aux notaires 
"d'écrire leurs actes sur des feuilles de papyrus portant 
l'estampille du comte des sacrées largesses. 

En Italie, les actes d'intérêt privé étaient écrits sur 
papyrus, au moins dès le vi® siècle. Nous avons déjà cité 
les chartes de Ravenne (p. 25). 

En Gaule, au vu® siècle, la chancellerie des rois méro- 
vingiens se servit surtout de papyrus. On conserve, aux 
Archives nationales, onze diplômes royaux écrits sur 
cette matière. Le plus ancien est un diplôme de 
Clotaire II, daté de Tan 625; le plus récent, un diplôme 
de Clovis III, du 5 mai 692. (Voyez plus haut, p. 33.) 

Dès le vïii® siècle , le papyrus devint rare en Gaule ; 
peut-être en faut-il chercher la cause dans l'occupation 
de TEgypte par les Musulmans. Toutefois une lettre 
écrite par Maginaire, abbé de Saint-Denis en 787, est 
encore sur papyrus. 

Au IX® siècle, le verso de quelques papyrus mérovin- 
giens servit à la transcription d'autres actes. 

La chancellerie pontificale a employé le papyrus pour 
•expédier les bulles jusqu'au milieu du xi® siècle. C'est 
sur cette matière, à l'exclusion de toute autre, que 
furent écrites les lettres pontificales jusqu'à la fin du 
X® siècle. La Bibliothèque nationale possède une bulle 
sur papyrus de Silvestre II, en date du 23 novembre 999. 
Elle est exposée dans la galerie des chartes sous le 
n® 420. Une reproduction héliographique a été donnée 
dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. XXXVII 
(1876). 



166 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DB l'ÉCRITURB 

Au XI* siècle on constate l'emploi simultané, dans la 
chancellerie romaine , du papyrus et du parchemin. Le 
parchemin fait son apparition en 1022 ; mais il ne sup-- 
planta pas complètement le papyrus. Car la cathédrale du 
Puy avait autrefois dans ses archives une bulle de 1052 
sur papyrus; et Grégoire IX, au xia* siècle, fit trans- 
crire, en forme authentique, une bulle de Victor II, datée 
de 1057, qui était aussi sur papyrus. 

Le papier d*Egypte, dont on se servait volontiers dan& 
les chancelleries aux vi et vu* siècles , a été au contraire 
rarement employé pour la transcription des livres à par- 
tir du VI* siècle. Dans les écrivains latins du moyen âge 
l'expression chartaceus codex désigne un manuscrit en 
papyrus. Paoli, dans son livre intitulé : Del papiro, 
p. 56, Florence, 1878, gr. 8* (Pubblicazione del R. Istituta 

di Studi superiori in Firenze ^ sezione di filosofia e 

filologia)y a dressé la liste des manuscrits latins écrits- 
sur papyrus. Citons les Homélies de saint Avit, évêque 
de Vienne, du vi* siècle (Bibl. nat., lat. 8913 et 8914). 
Dans ce manuscrit chaque cahier de papyrus est compris 
entre une double feuille de parchemin qui sert à le pro- 
téger. Un manuscrit de saint Augustin, en écriture 
onciale du vi* ou vu* siècle, conservé partie à la Biblio- 
thèque nationale (lat. 11641), partie à la bibliothèque de 
Genève, a été étudié, ainsi que le manuscrit de saint 
Avit, par MM. Delisle et Bordier, dans Etudes paléogra^ 
phiques et historiques sur des papyrus en partie inédite 
renfermant des homélies de saint Avit et des écrits de 
saint Augustin; Genève, 1866, in-4®. Citons encore, à 
Milan, un manuscrit de la traduction de Flavius Josèphe,. 
par Rufin, du vn* ou viii* siècle. 

Nous avons déjà eu l'occasion de signaler (pp. 24, 25 



PARCHEMIN 167 

et 34) plusieurs' ou vragei^ où sont étudiés les manuscrits 
et chartes sur papyrus, et d'abord le livre classique de 
Marini; puis le mémoire de M. de Wailly; les recueils 
de fac-similé de ChampoUion-Fîgeac et de Letronne. 
On peut encore consulter le mémoire de Dureau de la 
Malle sur le papyrus et la fabrication du papier chez les 
anciens y dans Mémoires de U Académie des Inscriptions y 
t. XIX (1851), Impartie, p. 141. Enfin nous avons indiqué 
plus haut (p. 166) le livre où le professeur Cesare Paoli a 
condensé et sur plusieurs points complété et rectifié 
toutes les études antérieures sur le papyrus. 



§ 2. — Parchemin. 



Pline (XIII, 21) rapporte que Ptolémée V Epiphane, 
roi d'Egypte (205-185 avant J.-C), inquiet du dévelop- 
pement que prenait la bibliothèque de Pergame, et jaloux 
de conserver à celle d'Alexandrie le premier rang dans 
le monde, prohiba Fexportation du papyrus. Les habi- 
tants de Pergame auraient alors trouvé le moyen de 
rendre les peaux d'animaux propres à recevoir l'écriture 
d'où le nom de charta pergamena^ pergamenum^ parche- 
min, donné à ces peaux ainsi préparées. 

Du IV* siècle au xvi* siècle, le parchemin a été la 
matière la plus communément employée pour écrire les 
livres et les actes. En France, du ix* au xii® siècle, le 
parchemin règne en maître. 

La peau de mouton formait la matière la plus ordi- 
naire du parchemin. Toutefois on employait aussi la peau 
de chèvre et celle de veau. 



168 MATERIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉCRITURB 

Le vélin n'est qu'une variété de parchemin. II était 
Fabriqué avec la peau d'un animal jeune ou même avec des 
peaux d'agneaux morts nés. 

Le vélin ne se distingue du parchemin que par sa plus 
grande souplesse et l'absence des points transparents 
que produit dans la peau des animaux adultes l'enlève- 
ment des bulbes pileux. 

Les livres du moyen âge se composent d'une série de 
cahiers rectangulaires [quaterniones) consistant chacun en 
quatre feuilles ou quelquefois trois feuilles de parchemin. 
Ces livres appelés codices s'opposent aux ifolumina ou 
rouleaux. Plus ils se rapprochent de la forme carrée, 
plus ils sont anciens. 

Généralement les manuscrits sur papyrus n'étaient 
écrits que d'un seul côté ; les manuscrits en parchemin 
sont opistographes, c'est-à-dire que l'écriture est tracée au 
recto et au verso de chaque feuille. Dans les chartes, 
le texte n'occupe ordinairement qu'un seul côté ; les 
chartes opistographes sont très rares. Une charte opis- 
tographe n'est le plus souvent qu'une copie d'un docu- 
ment original. Tel est, croyons-nous, le caractère d'un 
document non daté ^ mais que son écriture et son style 
doivent faire attribuer au xi® siècle, et qui est conservé 
aux Archives nationales sous la cote L 457, n® 3. 

Le professeur Paoli a signalé aux archives de l'Etat, à 
Sienne, une charte originale opistographe de l'an 760, et 
où les souscriptions commencées au bas du recto se 
continuent au verso. 

« 

Dans les manuscrits tantôt le texte est écrit à pleines 
lignes, tantôt il est disposé en colonnes (ordinairement 
deux). 



PAGINATION, RÉGLURE, PALIMPSESTES 169 

Avant le xv® siècle les manuscrits ne sont jamais pagi- 
nés ; ils sont seulement foliotés, c'est-à-dire qu'on numé- 
rote chaque feuillet ; encore cet usage n'est-il pas antérieur 
au XIII® siècle. Auparavant, on se contentait de numéroter 
les cahiers. Le chiffre qui indique l'ordre de succession 
•des cahiers s'appelle si^ature. 

Un autre moyen de prévenir les erreurs dans la reliure 
•des manuscrits consistait a écrire au bas du dernier 
feuillet du cahier le premier mot du cahier suivant : ce 
mot est la réclame. 

Jusqu'au xi® siècle les pages des manuscrits sont réglées 
à la pointe sèche. 

Au XI® siècle commence la réglure à la mine de plomb, 
à Tencre noire ou rouge. 

Aux xiii® et XIV® siècles la réglure a la mine de plomb 
•est la plus ordinaire. 

Dans les manuscrits du xv® siècle, l'écriture repose 
souvent sur des lignes rouges. 

A certaines époques le parchemin devint si rare qu'on 
fit usage d'anciens livres pour y transcrire de nouveaux 
textes; à cet effet on grattait la première écriture. Cela se 
pratiqua surtout à partir du ix® siècle. 

Les manuscrits écrits ainsi à plusieurs reprises sont 
dits palimpsestes. Il y a eu des manuscrits qui ont reçu 
successivement jusqu'à trois écritures, par exemple un 
manuscrit de Messine, signalé dans les Mélanges de 
r Ecole française de Rome y 8® année, p. 312, et où sont 
superposées des écritures du vi®, du ix® çt du xii® siècle ; 
ou bien encore le manuscrit addit. 17212 du Musée 
Britannique. Dans ce dernier une onciale du v® siècle, 
effacée au vi® siècle, a fait place à un ouvrage de gram- 



170 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DB l'ÉGRITURB 

maire écrit ea cursive, lequel a été lui-même recouvert au 
IX* ou au X® siècle d'un texte syriaque des homélies de 
saint Jean Chrysostôme. 

Mais comme l'encre pénètre généralement dans le 
parchemin, les grattages n'empêchent pas qu'on ne 
puisse à l'aide de réactifs chimiques faire revivre les 
caractères du texte primitif. On trouvera dans les- 
Exempla de Zangemeister et Wattenbach, tab. xvii, et 
dans l'atlas de la Société paléographique de Londres, 
pi. 160 des fac-similé d'un volume palimpseste, le manus- 
crit latin 5757 du Vatican , qui contient le De republica 
de Cicéron en onciales du iv" siècle disposé en deux 
colonnes , sur lequel a été écrit à pleines lignes , à la fin 
du vil® siècle , le commentaire de saint Augustin sur les- 
Psaumes. 

Le cardinal Angelo Mai* s'est rendu célèbre par ses- 
lectures de palimpsestes. La littérature ancienne lui est 
redevable de la connaissance d'un grand nombre de 
textes importants^. 

Le parchemin a été souvent enduit d'une substance 
minérale destinée à lui donner plus de blancheur. Mais 
on Ta teint aussi en pourpre, et cela dès l'antiquité. Des 
lettres d'or ou d'argent se détachaient sur ce fond 
pourpré. 

Du VI® au IX® siècle on a écrit des manuscrits tout 
entiers sur parchemin pourpré ; souvent aussi aux viii* et 
IX® siècles on s'est contenté de teindre en rouge les 
premières pages ou encore de larges bandes destinées 
à recevoir les titres ou les premières lignes 

1. Voyez le chapitre consacré par Wattenbach à Tétade des palimpseste» 
dans DiM Schriftwesen , p. 247. 



ROULEAUX DE PARCHEMIN 171 

Nous avons parlé de la forme des livres ou codices. 
Quant aux chartes , elles sont écrites sur des feuilles de 
parchemin toujours rectangulaires, mais dont les dimen- 
sions varient à Tinfini. 

Les archives et bibliothèques renferment un grand 
nombre de manuscrits nommés rouleaux [rotuli) composée 
d'une suite de feuilles de parchemin assez étroites et cou- 
sues bout à bout; ces rouleaux dérivent des uolutnina de 
Tantiquité. Les rouleaux étaient particulièrement réser- 
vés, aux XIII® et XIV® siècles, à la transcription de certains 
documents judiciaires ou financiers tels qu'enquêtes et 
tarifs de péages. Les arrêts du Parlement étaient consi- 
gnés après chaque session sur un rouleau. De plus, on 
transcrivait sur un rouleau spécial tous les arrêts relatifs 
à un bailliage ou à une sénéchaussée. M. Ch. V. Langlois 
a attiré l'attention des historiens sur ces précieux docu- 
ments dans deux mémoires, le premier intitulé : De monu- 
mentis ad priorem curiœ régis fudiciariœ historiam perti- 
nentibuSy Paris, 1887, in-8; le second : Rouleaux d! arrêts 
de la cour du roi au xiii® siècle ^ dans Bibliothèque de 
VEcole des Chartes t. XLVIII (1887), p. 177. 

Toute une série des anciennes archives du Parlement 
de Paris, la série des accords, consiste en rouleaux sur 
parchemin ou sur papier, compris entre les années 1318 
et 1599. 

Comme exemple de documents financiers nous citerons 
le compte des recettes et dépenses faites par Raoul de 
Louppy, d'abord comme gouverneur du Dauphiné de 
1361 à 1369, puis comme administrateur des châtellenies 
de la comtesse de Bar de 1373 à 1376, compte entendu 
à la Chambre des comptes en 1376 et dont Toriginal, 
conservé à la bibliothèque du Vatican, se compose de 



172 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE L ECRITURE 

treize peaux de parchemin mesurant ensemble 8 m. 14 
de longueur; ce rouleau est incomplet, mais il en existe 
aux archives de Grenoble une copie contemporaine 
publiée par M. Tabbé Chevalier; le rouleau de Grenoble 
•comprend vingt-cinq peaux de parchemin ; sa longueur 
est de 14 mètres. 

Les documents appelés rouleaux des morts sont très 
intéressants. Au moyen âge, quand un moine mourait 
dans une abbaye, ses frères écrivaient son nom en tête 
d'une feuille de parchemin, puis demandaient des prières 
pour le repos de son âme. L'un d'eux allait de monas- 
tères en monastères recueillant des promesses de prières 
qui étaient inscrites sur le parchemin à la suite les unes 
des autres. La première feuille de parchemin remplie, on 
«n ajoutait une seconde et ainsi de suite jusqu'à former 
des rouleaux très longs. Chacune des formules inscrites 
sur le rouleau par les divers couvents s'appelait titulus. 
Est-il besoin de faire remarquer combien précieux sont 
ces rouleaux pour l'histoire de la paléographie. Tous ces 
tituli sont autant d'exemples des écritures employées à 
une même époque dans les divers pays de la France. On 
consultera sur ces documents le mémoire de M. Delisle 
intitulé : Des monuments paléographiques concernant 
r usage de prier pour les morts y dans Bibliothèque de 
r Ecole des Chartes^ 2" série, t. III, p. 380. 

Le même savant a réuni en un volume publié par la 
Société de l'histoire de France les plus importants de ces 
rouleaux. Un fragment du rouleau du bienheureux Vital, 
fondateur de l'abbaye de Savigny, mort le 16 septembre 
1122 , a été reproduit en photogravure dans Y Album paléo" 
graphique y pi. 30. Ce précieux manuscrit est conservé aux 
Archives nationales; il est exposé dans le musée sous le 



PAPIER 175 

n^ 138. Quoiqu'il soit incomplet, il renferme plus de deux 
cents échantillons d'écriture recueillis à la fin de 1122 et 
au commencement de Tannée 1123. 



§ 3. ^ — Papier. 



Tous les paléographes et diplomatistes avaient jusqu'en 
ces derniers temps distingué ou plutôt cherché à distin- 
guer deux espèces de papiers : le papier de coton fabriqué 
avec de la bourre de coton à Tétat naturel, et le papier 
de chiffe, fabriqué avec des chiffons réduits en bouillie. 
Les fibres du chanvre et du lin , vues au microscope , ne 
sauraient se confondre avec celles du coton. Les pre- 
mières sont des cylindres cannelés, striés dans le sens de 
la longueur avec des nodosités qui les font ressembler au 
bambou; les secondes ont la forme de rubans aplatis 
dont les bords se terminent en bourrelets. 

L'examen que M. Briquet, de Genève, et M. Giry, de 
Paris, ont fait des documents qui étaient considérés 
jusqu'ici comme écrits sur papier de coton, les études 
que ces deux savants ont poursuivies chacun de leur côté, 
les autorisent à déclarer que tous les papiers conservés- 
dans les bibliothèques et archives de l'Europe ne con- 
tiennent que du chanvre et du lin. Il est bien vrai que 
des textes du moyen âge mentionnent la charta bamba- 
gina, charta bombycina^ mais les mots italiens bamba- 
gino , bambagia , s'appliquent aux tissus de coton et par 
suite à toute espèce de tissus blancs. 

L'expression charta bambagina et d'autres du même 



174 MATÉRIAUX BT INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURB 

genre se rapportaient à une qualité extérieure du papier 
«t non pas à sa composition chimique. Ne disons-nous 
pas de la même façon du papier de soie ? Au reste charta 
iombycina^ charta bambajciiy c'est mot à mot du papier 
■de soie y puisque bombyx est le mot latin qui désigne le 
ver à soie. Il n'y a donc jamais eu qu'une seule espèce de 
papier, le papier de chiffe. Mais il n'a pas toujours été 
<;ollé de la même façon ni avec la même habileté, ce qui 
explique qu'on trouve des papiers d'aspects très divers et 
de qualités inégales. 

Le papier a été en usage chez les Arabes, dès le 
X* siècle. Vers 1130, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, 
connaissait le papier et dit qu'on le fabriquait avec de 
vieux chiffons. En France il fut d'abord employé dans le 
Midi dès le xiii° siècle, surtout pour les registres. Ainsi 
les plus anciens documents sur papier conservés aux 
Archives nationales sont : le registre des enquêteurs du 
Languedoc, écrit en 1248 (Musée, n® 248); le registre 
des dépenses d'Alphonse de Poitiers, 1243-1248 (Musée, 
n® 247), le registre des commissaires en Toulousain, 1272- 
1274 (Musée, n® 281). Le papier ne se répandit dans le 
Nord de la France qu'au xiv* siècle. On l'employa pour 
les lettres missives, les lettres closes, mais jamais avant 
l'invention du papier timbré (1655) pour transcrire les 
actes authentiques. Les livres proprement dits n'ont pas 
été écrits sur papier avant le xv* siècle. 

On consultera sur le papier : Briquet, Recherches sur 
les premiers papiers employés en Occident et en Orient du 
X* au XIV® siècle y dans Mémoires de la Société nationale 
des Antiquaires de France y t. XL VI (1885), p. 133. 



TÂBLVTTSS DB CIRB 175 



S 4. — Tablettes de cire. 



L'usage de tracer avec une pointe des caractères sur 
des tablettes de bois recouvertes d'une couche de cire 
remonte à l'antiquité. 

Deux tablettes de cire réunies s'appelaient diptycha; 
trois tablettes, triptycha; un plus grand nombre, poly- 
ptycha ou codex. Ce sont les volumes, codices, formés 
par la réunion des tablettes qui ont donné naissance à la 
forme des manuscrits en parchemin du moyen âge. 

Bien que les plus anciennes tablettes de cire que le 
moyen âge nous ait laissées ne soient pas antérieures au 
XIII® siècle, il est toutefois hors de doute qu'on n'a jamais 
cessé de s'en servir depuis le vi® siècle, comme le prouvent 
les nombreux textes cités par l'abbé Lebeuf, dans son 
Mémoire touchant F usage d^ écrire sur des tablettes de 
cire {Académie des Inscriptons, t. XX, p. 267). D'autres 
témoignages ont été réunis par Edélestand du Méril, De 
r usage non interrompu jusqu à nos jours des tablettes de 
cire, dans Revue archéologique j nouvelle série, t. II (1860), 
p. 1, et par Wattenbach, Das Schriflivesen, p. 44 et suiv. 

La disparition de ces monuments ne surprend pas si 
Ton songe qu'on n'y consignait guère que des choses 
dont il était inutile d'assurer la durée ; les tablettes de 
cire servaient surtout à prendre des notes et k faire des 
comptes. 

Les plus célèbres tablettes du moyen âge sont celles 
que l'on conserve aux Archives nationales dans le Trésor 



176 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURB 

des Chartes. Ce sont quatorze feuilles en bois de platane 
arrondies par le haut, enduites de cire sur les deux 
côtés , à Texception de la première et de la dernière qui 
forment couverture et qui par conséquent n'ont reçu de 
cire qu'à Tintérieur. Des bandes de parchemin relient 
ces feuilles les unes aux autres. M. N. de Wailly, dans 
un Mémoire inséré dans les Mémoires de V Académie 
des Inscriptions y t. XVIII (1849), p. 536, et dans un 
article intitulé : Addition au mémoire sur les tablettes 
de cire, imprimé dans la Bibliothèque de V Ecole des 
Chartes, 3® série, t. I (1849), p. 393, a démontré que ces 
tablettes contenaient les recettes et dépenses de Jean 
Sarrazin, Tun des chambellans de saint Louis, depuis la 
Chandeleur 1256 jusqu'à la Toussaint 1257. Elles ont été 
publiées dans le Recueil des historiens de France, t. XXI, 
p. 284. L'une d'elles y a été reproduite en fac-similé. 
Dans le t. XXII du même Recueil ont été publiées 
(p. 430) les tablettes de Pierre de Condeto conservées à la 
Bibliothèq^ie nationale, analogues à celles de Jean Sar- 
razin, mais relatives aux règnes de Phillippe III et de 
Philippe IV Quin 1282 à novembre 1285); et diverses 
autres tablettes de cire conservées à la Bibliothèque 
nationale, à Genève, à Florence, parmi lesquelles les 
plus célèbres sont celles de Jean de Saint-Just compre- 
nant les dépenses de la maison du roi depuis le 28 avril 
1301 jusqu'au 31 mars 1302. Citons encore les tablettes 
de cire des Archives de Senlis qui contiennent des 
fragments de la minute d'une enquête faite, en 1319, sur 
la gestion financière de magistrats municipaux. Elles ont 
été déchiffrées par M. Flammermont, Histoire des insti^ 
tutions municipales de Senlis, p. 188 (Paris, 1881, in-8®). 
A côté des tablettes de cire, il convient de dire un mot 



ENCRE 



177 



des tablettes d'ivoire sur lesquelles on écrivait directe- 
ment avec de l'encre. Leur usage a été exceptionnel. 
Aucun des diptyques d'ivoire où les églises transcrivaient 
les noms de leurs prélats, ne nous est parvenu. 

On a dû se servir des diptyques consulaires, car le 
Cabinet des médailles, à Paris, eu possède un, provenant 
de Féglise d'Autun et au revers duquel on a transcrit, au 
IX® ou au X® siècle, des litanies. 



§ 5. — Encre, 

L'encre noire est l'encre employée communément. Le 
moyen âge nous a laissé de nombreuses recettes pour 
sa fabrication; on se servait surtout de la noix de galle 
et du sulfate de fer. 

Les documents écrits en encre noire sont plus ou 
moins pâles suivant les époques et les pays. Pendant la 
période carolingienne et même encore au xi® siècle, 
l'encre a un reflet roux. Aux xii® et xm® siècles, l'encre 
est très noire. Après cela, elle pâlit de plus en plus. Il 
est arrivé que, sous l'action du temps et de l'humidité, 
des encres du moyen âge sont devenues illisibles; pour 
les faire revivre il suffira d'étendre sur le parchemin, au 
moyen d'un pinceau, une couche légère de sulfhydrate 
d'ammoniaque concentré. Ce procédé ne détériore pas 
les manuscrits. 

Bien qu*il n'entre pas dans notre cadre de parler des 
lettres ornées dont l'étude se rattache à celle des pein- 
tures et ornementations des manuscrits, nous devons 

signaler l'emploi de l'encre rouge pour tracer soit les 

1 À 



178 MATÉRIAUX ET iNStRUMËNTS DE l'ÉCRITURË 

titres, soit les premières lignes d'un manuscrit ou d'un 
chapitre, soit encore les initiales. Du vi® au xi® siècle 
les initiales rouges sont rares ; on trouve plutôt des lettres 
dont les contours sont tracés en noir et dont l'intérieur 
est orné de couleur rouge, verte ou jaune. Les initiales 
rouges, bleues et vertes sont communes au xii* siècle. 
L'emploi de l'encre verte devient plus rare au siècle 
suivant. Un des caractères des manuscrits du xiii*' siècle, 
c'est l'alternance des initiales rouges et bleues. Ces 
initiales sont empruntées les unes à l'alphabet oncial, 
les autres à l'alphabet capital. 

L'encre rouge n'apparaît que rarement dans les di- 
plômes. Cependant, d'après M. de Wailly, Charles le 
Chauve a donné quelques signatures en cinabre. Il faut, 
sans doute , entendre par signature le monogramme , car 
le même fait se présente dans un diplôme de Louis YI 
(1127) exposé au Musée des Archives nationales sous le 
n^ 141, et où la première ligne, les initiales des phrases 
et le monogramme royal sont en rouge. 

On conserve aux Archives départementales du Loiret un 
diplôme de Philippe P' où le texte est écrit en vert, les 
souscriptions en noir. Mais, à la suite d'un examen minu- 
tieux, nous avons pu nous convaincre que la charte était 
primitivement tout entière écrite en encre noire, car on 
retrouve au milieu du texte quelques lettres restées 
noires. Un sel de cuivre était probablement entré dans la 
composition de cette encre devenue verte sous l'influence 
d'une action chimique. Si les souscriptions n'ont pas 
subi le même changement, c'est qu'elles ont été tracées 
postérieurement et avec une autre encre. 

Les encres métalliques d'or et d'argent ont été em- 
ployées pour la transcription des livres de luxe dans 



ENCRE 179 

l'antiquité et au moyen âge. Pour l'antiquité nous nous 
contenterons de renvoyer à l'article que M. Ch. Graux a 
consacré à la Chrysographie dans le Dictionnaire des 
antiquités de Daremberg et Saglio, p. 1138. 

Au III® siècle se répandit la mode d'écrire en lettres 
d'or et d'argent sur du parchemin teint en pourpre. A 
partir de Constantin le Grand, cette sorte de calligraphie 
fut réservée aux copies de l'Ecriture sainte. Même les 
Pères de l'Eglise s'en indignèrent craignant que les 
fidèles ne fussent distraits de la lecture du texte sacré 
par la beauté de l'écriture. 

L'un des plus anciens exemples qui nous soient par- 
venus de l'emploi des lettres d'argent sur parchemin 
pourpré est un psautier, écrit en onciale, et qui paraît 
remonter au vi® siècle ; les titres et les mots Dans, 
Dominas^ Christus, Spiritus Sanctus sont en lettres d'or ; 
c'est le manuscrit latin 11947 de la Bibliothèque natio- 
nale. Voyez un fac-similé dans Delisle, Cabinet des 
manuscrits y pi. vu, n® 3. 

Au temps de Charlemagne, la chrysographie reprit 
faveur. M. Delisle rapporte à la fin du viii® siècle deux 
évangéliaires écrits en capitales d'or sur parchemin pour- 
pré (Bibliothèque nationale, lat. 11955, et lat. 9383). 
Citons encore, de la même époque, le manuscrit latin 
9451 de la Bibliothèque nationale, qui est un recueil des 
épîtres et évangiles des messes de l'année, en lettres 
d'argent, sauf les titres et les grandes initiale^ qui sont 
en or. 

Nous avons mentionné plus haut (p. 81) le magnifique 
évangéliaire de Charlemagne écrit sur parchemin pourpré 
en onciales d'or, et exécuté par Godesscalc. Le manu- 



180 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURE 

scrit latin 8850 (Bibliothèque nationale, galerie Mazarine, 
armoire XX, n® 223) est aussi un évangéliaire en onciales 
d'or exécuté au commencement du ix" siècle, mais il est 
sur parchemin blanc. (Voyez des fac-similés, dans Paléo- 
graphie universelle, pi. cxxiv; Bastard, pi. lu à lvii ; 
Delisle, Cabinet des manuscrits y pi. xxii, n® 5.) Un 
volume de même nature est Tévangéliaire écrit vers 825 
pour Ebbon, archevêque de Reims, et conservé à la biblio- 
thèque d'Epernay (fac-similé, dans Rec, fac^s. Ecole des 
Chartes y pi. cxxxix. 

Le psautier de Charles le Chauve est en onciales d'or ; 
il a été écrit entre 842 et 869 ; les titres seuls sont tracés 
sur des bandes de couleur pourpre (Bibliothèque natio- 
nale, lat. 1152 ; galerie Mazarine, vitrine XXX, n* 267). 

Pour la seconde moitié du ix® siècle, citons un évan- 
géliaire du Musée Britannique, fonds Harléien, n® 2797. 

Dans un certain nombre de manuscrits carolingiens en 
encre noire, les titres, les initiales, les noms du Christ, 
de Dieu, du Saint-Esprit, sont seuls tracés en lettres d'or 
ou d'argent. 

Après le ix® siècle, les manuscrits ont été rarement 
copiés tout entiers en lettres d'or. On peut toutefois citer 
Tévangéliaire connu sous le nom d^Apocalice, exécuté 
entre 1002 et 1014, et donné par Charles V à la Sainte- 
Chapelle en 1379 (Bibliothèque nationale, lat. 8851. 
Voyez plus haut, p. 92). 

Les chancelleries françaises n'ont pas fait usage des 
encres métalliques. Mais, en Italie, en Allemagne et en 
Angleterre, on trouve des diplômes en lettres d'or. En 
Italie même, l'usage de l'encre d'or n'a pas été restreint 
aux actes des souverains, car M. Paoli a signalé deux 



STILES ET CALAMES 



181 



chartes privées, l'une de Salerne, en 1015, l'autre 
d'Arezzo, en 1114, où des noms et des formules entières 
sont écrits en or. 



§6. — S t îles et Calâmes. 



Dans l'antiquité et au moyen âge, on employait, pour 
tracer les caractères sur les tablettes de cire, une tige 
de fer pointue nommée stilus ou graphium. L'extrémité 
opposée à la pointe se terminait par une palette dont on 
se servait pour effacer les caractères et aplanir la surface 
de la cire. Il y a eu des stiles en tout autre métal que le 
fer, et aussi en ivoire et en bois. 

Le calamusy que les anciens ont encore désigné par les 
noms de fistulay arundoy canna^ était un roseau taillé à la 
manière de nos plumes, et à l'aide duquel on traçait à 
l'encre des caractères sur le papyrus ou le parchemin. 
Le calamus est resté en usage en Occident jusqu'au 
XII® siècle. 

Quant aux plumes d'oiseau , Isidore de Séville, qui 
vivait au vu® siècle après J.-C, est le premier auteur qui 
les mentionne comme instruments de l'écriture. Au 
XIII* siècle la plume remplaça presque complètement le 
roseau. La plume d'oie avait la préférence. 

La plume métallitjue a été connue de l'antiquité. C'était 
un calamus en bronze. 



PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS 



CONSERVES 



DANS LES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES DE FRANGE 



Antiphonaire. — Livre liturgique, contenant la partie 
de l'office chantée par le chœur en dehors de la messe. 

Bible. — Livre qui contient l'Ancien et le Nouveau 
Testament. La traduction latine la plus répandue du 
vi® au XII® siècle fut celle de saint Jérôme, appelée 
Vulgate. On désigne sous le nom à'Itala une autre version 
latine très ancienne. Au ix® siècle, Alcuin et Théodulfe 
révisèrent le texte de TAncien Testament. Les Cister- 
ciens, au XII® siècle, et les Dominicains, au xiii® siècle, 
soumirent la Bible à une nouvelle révision. La révision 
des Dominicains donna naissance aux manuscrits dits 
correctoires qui contiennent des corrections au texte des 
livres saints : en même temps apparurent les concor- 
dances. Au XIII® siècle fut inventée la division de la 
Bible en chapitres ; la division en versets est Tœuvre de 
Robert Estienne qui l'employa pour la première fois dans 
l'édition du Nouveau Testament de 1548. Le texte officiel 
de la Vulgate est maintenant celui de l'édition de 1592, 
approuvé par Clément VIIL — Dans les manuscrits anté- 
rieurs au XII® siècle, les Evangiles sont ordinairement 



184 PRINCIPALES ESPÈCES DR MANUSCRITS 

précédés de tableaux appelés canons qui établissent la 
concordance entre les quatre évangiles. En outre, dans 
certains manuscrits de l'époque carolingienne, des notes 
marginales indiquent la concordance entre les passages 
similaires des diflFérents évangiles. — Quelques manus- 
crits des XII® et xiii" siècles contiennent des Emhlemata 
biblica : ce sont des livres'où les principaux passages de 
l'Ancien Testament sont transcrits en regard des passages 
correspondants du Nouveau. — Les bibles glosées sont 
celles qui renferment une glose marginale et interlinéaire 
tirée des Pères de l'Eglise. — A la fin du xiii® siècle 
apparaissent les Bibles historiales ^ histoires saintes en 
français, dont la base est la Bible historialey composée par 
Guyart Desmoulins, de 1291 à 1295, sur YHistoria 
scolastica de Pierre le Mangeur; au xiv® siècle, on 
intercala dans l'œuvre de Guyart Desmoulins des extraits 
de la version française de la Bible élaborée, au milieu du 
xm® siècle, dans l'Université de Paris. Voyez Samuel 
Berger, La Bible française au moyen âge , Paris , 1884 , 
in-8«. 

Bréviaire. — Livre liturgique contenant toutes les 
parties de l'olïice, moins la messe, c'est-à-dire les heures 
canoniales. Un bréviaire du moyen âge renferme toujours 
un calendrier qui permet de déterminer, à l'aide des 
fêtes, des octaves, des translations, des dédicaces 
d'églises, le diocèse pour lequel il a été composé; les 
noms des fêtes les plus solennelles sont écrits en rouge, 
quelquefois en bleu; c'est parmi ces noms qu'il faut 
chercher les fêtes locales. 

Cartulaire. — Registre contenant les privilèges et 
titres de propriété d'une église, d'une ville ou d'une 



PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS 185 

seigneurie. Le Ministère de rinstriiction publique a publié 
un Catalogue général des cartiil aires des archives dépar- 
tementales, Paris, 1847, in-4**. 

M. Ulysse Robert a dressé Y Inventaire des cartulaires 
conservés dans les bibliothèques de Paris et aux Archives 
nationales, suivi d'une bibliographie des cartulaires, 
Paris, 1878, in-8^ supplément, en 1879. 

Censier. — Registre qui contient la liste de tous les 
cens dus à un seigneur ecclésiastique ou laïc. 

Directoire. — Ordinaire abrégé. (Voyez Ordinaire.) 

Epistolier. — Livre liturgique contenant les leçons 
tirées des épîtres qui se récitent à la messe, rangées 
dans Tordre des jours de l'année. 

EvANGÉLiAiRE. — Livrc Hturgiquc contenant des leçons 
des Evangiles rangées dans l'ordre des jours de l'année. 

Graduel. — Livre liturgique contenant la partie chan- 
tée de la messe. 

Lectionnaire. — Livre liturgique contenant des leçons 
extraites des sermons des Pères rangées dans l'ordre 
des jours de Tannée ; chaque' leçon étant précédée d'une 
indication de l'évangile du jour. 

Légendaire. — Livre liturgique contenant des leçons 
extraites des Vies de saints, rangées suivant Tordre des 
jours de Tannée. 

Livre d'heures. — Livre d'église à l'usage des fidèles 
laïcs, contenant un calendrier, les offices de la messe et 
des vêpres , les offices de différents saints parmi lesquels 
on rencontre ceux des saints patrons du possesseur, 
l'office des morts et celui du mariage. A la fin des livres 



186 PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS 

d'heures il y a souvent des prières en vers français en 
l'honneur de la Vierge. Les livres d'heures tenaient 
quelquefois lieu de livres de raison ; le possesseur y 
consignait les principaux événements de sa vie. Le livre 
de messe actuel a remplacé le livre d'heures. 

Martyrologe. — Catalogue des saints dont l'Eglise 
célèbre la fête. Le martyrologe des abbayes bénédictines 
comprenait le martyrologe d'Usuard, la règle de saint 
Benoît, l'obituaire de Tabbaye. Dans le Midi, et surtout 
chez les chanoines réguliers, le martyrologe d'Adon rem- 
plaçait celui d'Usuard. 

Missel. — Livre liturgique contenant les textes et 
formules de l'office de la messe. Ce n'est qu'une transfor- 
mation du sacramentaire. Ce livre ne contenait que les- 
prières récitées à l'autel par le prêtre ou l'évêque. Vers 
le X® siècle , on y ajouta les évangiles et les épîtres ; puis 
les parties chantées de la messe : on eut ainsi le missel 
plénier. 

Obituaire ou Nécrologe. — Calendrier qui contient pour 
chaque jour de l'année la liste des personnes défuntes, 
dont une église célébrait la mémoire ou l'anniversaire. 
Souvent l'obituaire mentionne les bienfaits des défunts. 
Quelquefois l'obituaire proprement dit est suivi des actes 
constatant les fondations pieuses faites dans l'église et le& 
associations de prière. 

Ordinaire. — Livre liturgique donnant, dans le plus 
grand détail, l'indication de toutes les cérémonies ecclé- 
siastiques, suivant l'ordre des jours de l'année. Il a été 
remplacé par Vordo. 

Polyptique. — Registre contenant la liste des biens et 
revenus d'une abbaye. 



PRINCIPALES ESPECES DE MANUSCRITS 187 

Pontifical. — Livre liturgique contenant les formules 
et textes relatifs aux sacrements et bénédictions conférés 
par les évêques. 

PouiLLÉ. — Etat des bénéfices d'un diocèse. En face 
du titre de chaque bénéfice on inscrivait le nom du sei- 
gneur ou patron à qui appartenait la collation du béné- 
fice ; et quelquefois le nom du titulaire et la somme des. 
revenus. 

Psautier. — Un des livres de la Bible. On distinguait 
au moyen âge trois versions : la version gallicane , la 
version romaine et la version hébraïque. On appelle 
psautiers tripartis ceux qui contiennent ces trois ver- 
sions disposées sur trois colonnes. Les psautiers quadri- 
partis renferment, en outre, un texte grec transcrit en 
lettres latines ; ils sont sur quatre colonnes. 

Rituel. — Livre liturgique contenant la forme de 
l'administration des sacrements de Baptême, de Péni- 
tence, d'Eucharistie, d'Extrême-Onction et de Mariage. 

Sacramentaire. — Livre liturgique contenant les 
prières récitées à l'autel par le prêtre ou l'évêque pour 
la célébration de la messe. Le sacramentaire est l'œuvre 
de saint Grégoire. Il porte le titre suivant : « In nomine 
Domini, hic liber sacramentorum de circulo anni exposi- 
tus a sancto Gregorio papa Romano editus, ex authentico 
libro bibliothecse cubiculi scriptus. Qualiter missa romana 
celebratur. » — Au xii* siècle, le sacramentaire fut 
remplacé par le missel. Mais on trouve, au xi* siècle, des. 
livres intermédiaires entre le sacramentaire et le missel. 

Terrier. — Registre qui contient la liste de toutes le& 
terres composant une seigneurie. 



DICTIONNAIRE 



DBS 



ABRÉVIATIONS 



LATINES ET FRANÇAISES 



BMPLOTÉBS 



DANS LES MANUSCRITS ET CHARTES 



DU MOYEN AGE 






OBSERVATIONS 



L'ordre suivi dans le Dictionnaire est tordre alphabé- 
tique^ abstraction faite des lettres supprimées dans les 
abréviations et en ne tenant compte que secondairement 
des lettres suscrites. Nous entendons par lettres suscrites 
toutes celles qui sont écrites soit au dessus des autres 
lettres, soit au dessus de la ligne. 

Ainsiy pour la lettre A, on trouvera successivement : A 
seul y A accompagné de signes abréviatifsy A accompagné 
de lettres suscrites, A suivi de A sur la même ligne. De 
sorte que Vabréviation a^™ = afiîrmativum, précède aati 
= animati. Après aa vient le groupe ab, d'abord avec des 
lettres suscrites, puis suivi de lettres écrites sur la même 
ligne, et ainsi de suite. 

Ce n'est qu^ exceptionnellement que nous avons fait 
figurer dans ce Dictionnaire les abréviations qui peuvent 
être résolues par V application des règles exposées dans le 
chapitre IL 

Un chapitre spécial est consacré aux mots commençant 
par le signe abréviatif n^ 5, c'est-à-dire D ou ^ signifiant 
com, con, cum, cun. 



192 OBSERVATIONS 

Dans les transcriptions ^ les lettres italiques représentent 
les lettres supprimées ou remplacées par des signes 
spéciaux. 

Les abréviations latines sont empruntées pour la plu- 
part au Lexicon diplomaticum de Walther; quelques-unes 
ont été calquées soit sur les manuscrits originaux ^ soit sur 
des fac-similés photogravés. 

Les abréviations françaises sont tirées soit des manu'^ 
scrits et photogravures y soit de la Diplomatique pratique, 
par Le Moine [MetZy 1765, //i-4®). 



ABREVIATIONS 



LATINES 



£ 



<» 



 



«r 



-am, -a/i 



2ilius 



Arguitur 



Af. apparet 



a/û 



a/»ma 



ailiàm 



Ck^ ^ onimaiTum 
C\ a/12/nas 



a.' 



a/£ud 



dilicui 



ij?M«r 


aiffirmatixe 


> 


a/icui 


S^afc 


a/z>na 


«C'» 


a/io 


4«^ 


ailiorum 


^ 


ailiquai 


a^f 


aliter 


^^ 


^rguere 


^^ 


majorem 


^ieô 


majores 


ifi 


aliquis 



<3 



194 



A» — AC 



a 



it^ 



^ 



etu 



O- 



K) 



AUX 

Aliter 
SillegaXSL 
amata 
argamc/ituiw 



O-H-^ji^ Alterna tiy as 
Q^!^ Affirmatrfxim 



a^^tt 



a/timati 



^9 Ambro5m5 

^Jljf^ abso/ute 

j^g^ abb«^M?5a 

afiySfffe abbaftssa 






abbafe 
abban 
^JSblà abbaria 
aisW abbas 
^[gjj^ abbatw^a 
^IbbtXp abbati 





abhomi/ta^ile 


AhlaXwum 


Ai^^ 


àbsentiA 


.il^ 


Ahsque 


jU/^ 


absolun'o 


ab/k^ 


absXractio 


ftc9 


ACtUS 


^ 


Alicujus 


aV 


aHcuï 


aV 


Alicui 


S^ 


ACcidentAÏes^ 


oc^ 


ACtione 


ae©t 


accusât 


acti 


Aceipitur 


Do 
cxor 


Accïpiendo 


Acct 


ACcidentAlis 


^èfm^ 


Accusativum 


Âocma 


ACcerriuïA 

* 


a«rn 


ACcidentiA 



AC — AI 



195 



cutvvtc 


accitffente 


àccSi 


acti^m 


aA*- 


aLCtualiter 


d.cWÔ'j 


SLCtionihus 


c^ 


diàhuc 


iâ 


2iliquià 


^ 


a/i^^d 


Sh 


diliquoà 


^à 


a/md 


a&sr 


addmo 


aiir^ 


addz'mr 


^ 


ade^^e 


âSpr 


adhz^ent 
adhz^emr 


diC 


adi/2P2C6/72 




admi/iistraft'o 
adqi^î^ita 


<x&u5*\ 


advocati 



aSi^^ 


adversaru 


oPi^^^ 


adT^rsitote 


aSo^ 


adverso 


^ 


dJiime 


crg-c^M^ 


2dcc\esidi 


âff" 


BiQirmatio 


^f^ 


affirmanya. 


w^ 


aif^ectuin 


alp£i 


affectione 




agitur 


Û^ 


agreditur 


%^ 


angelica. 


"^ 


aggraçari 


a^ 


SLngeli 


û)ôt5^ 


angelorum 


â^i^ 


angélus 


a^s^ 


agenàum 


à^ 


agu/2t 


âl' 


animus 



196 



AI — AN 



^ 



Anima. 



^VuCL animai 
éSidJi a/iimal 
dtOAiwk a/îimantib«s 

axèP 

amicUie 









au 



a. 






animarum 



amicis 



anime 

a/iz/nîs 

alias 

animalihus 

aliud 

alibi 

a.nimalia. 

alîcMÎ 

aliqua 

aliqualiter 

aliquociens 

aliquod 



âXlimSd ailiquaniulo 
alléluia 
alle^atur 



jit^^ 



Âiïam 



AVta 



allegationi 

aliquando 

aliter 

alias 

alterum 

amen 



^9( a/tam 

a/£^ttam 
amodo 



CA^\/M^ a[dlmira6/le/7i 



anio 



ammovetur 



amen 



ïtYL 



ante 



antiphona 



dtlP^ angelica 

mima anathema 



AN — AQ 



197 



ctnAr^ 






<Mll 



^>l 



i» 



SVv 



«eu 



i\lC. 



afâ 



antequaLHi 

annuentes 
apud 

apostolus 

apm 

aLpostolicA 

SLppellationwn 

aipostemB. 

aprilis 

apostoUca. 

SL^ostoUs 

aL^ostolus 

appellatione 

àpposito 

appellatur 






t 






oïd 






app^rer 

app«re///fa/w 

Appellandum 

w - - . 

4 

app&//a/2di 
Appellationem 
appeliave 
appre/tenditur 

approprisLtione 

appeliationi' 
bus) 

sipparentiai 

apprehensio" 
nibus 

appellationis 

apponitur 

appositionem 

apostolus 
aquas 

aquam 

aliqualiter 

aliquihus 



198 



AQ— AR 



f 


a/f'qttitf 


«F 


a/iquam 


^:^ 


a/iquoé^ 

•• 


^- 


a/iqua 


^f 


a/iqtto 




an/equam 


aJb 


a/îqtfid 


às^ 


aLliqualiter 




aJiquando 
VLquàTum 


4«Si 


AliqusLS 




a/iquis 

'dliquatenus 

a/iquos 




-aru/Ti 


<M^ 


'ATgumentatur 


iSi. 

1 


Aliavum 


ftr^^ 


arguait 


A^fni 


arithmeticus 



ew'^ 


ar^ice/tdi 


ai- 


ar^tti 


a/ 


arbitru 


I^^ 


Aristoteles 


A^ 


articulis 


0^* 


Aristotelem 


<VVr 


articulos 


cJP 


arbitrium 


0^ 


argumentum 


A.>-* 


archidiaconis 


a»*^ 


arguant 


^^rxW 


argumenti 


^ 


aliorum 




arbùrio 


^ 


arguit 


ar^ 


argumenta 


ar^ 


argumentwn 


rTTbî 


arhiter 


art^ 


arckie^iscopu^ 



AR —AT 



199 



ar^fep-r ATchie^iscopus 
avchïdiaconi 





O avchiepiscopo 

a vchiepiscopus 

airgumentaL" 

cione 
aivckidiaconus 

airchiàyaconi 

Sivchiepiscopus 

avgumentum 

Argumentum 

ArgumentA 



armïgero 
AVgentum 






SLrgxxmentutio 
nibus 

argu/n^/mrm 



armo/rram 



^vi-Ft^inf sivmarius 

àrâtUk arme/tti 

âv"p/b^^, avchi^reshyte 
' rorum 



^V^' 






a^5 



arti/î?x 



a/ztme^s 



Siliquis 



a/zos 



<^llVlC as[s]{milat;i«r 

^^"^ a^sensus 

A|JA^ assentitur 

rtfP asse/ifïo 

Atf^ asse/ift're 

cvfTc'^^ asstfcwfto/iem 
^HJîjFy assig/zamtt5 

alFih^KT assimilatur 
uira^ asse55or 

assefmpnem 

astro/iomia 

astrolo^tts 

astrola^i 

aiet 



arSa, 

cet 



200 



AT — AU 



iSt 


aut 


îite^ 


auc^or^Vatis 


^ 


Auiem 




auctoW/as 


d 


Aliquot 


a.^ 


audiaf 


^e*» 


skt[i\amen 


Mih 


audie/zdo 


att't 


sdtribuh 


aaùft 


audf'^/sda 


tût" 


aLttamen 


àx^îci 


aLudientia. 


«tfc*^ 


aittribunonem 


avâ^ 


aude'mr 


^ 


attribuitur 


aiiç*' 


Augtt^r/ 


luttuy 


atiendendum 


4^**' 


augm^/i^ceo 


ia 


Augustinus 


At^ 


augme/ite«/7» 


^9 


Augustinus 


AUIO* 


Ayicehna 


^^^5^ 


Siuctoritaie 


cv3«te^ 


auricttlam 


/Ificf^ 


Siuctoritates 


âûr 


aute/n 


^ 


SLUCtore 


tCIttC 


aut^tf/i/iba 


taSc^ 


aLUCtoritaXe 


âMCtt** 


autte/2f/ca 


atu$ 


aucromas 


d^ 


auxi/io 


^1^ 


auc/ore'rate 







B 



a- 


l^aptista 


k 


henedictionem 


t? 


heatus 


1r 


-ber,-bre 


t' 


-bw5 


^ 


'hus 


l. 


-bas 


l 


-bef 


-bas 


h 


-bas,-be/ 


'p 


-bium 


Q<y>rf> 


br^f^ioris 


É*?^ 


minoT 



«ctf». 


minoT proha 




tur 


r 


hreviter 


(K 


minoris 


0^^ 


minores 


fc 


heata 


ba^ 


haiculus 


tabl- 


Babylo/1/5 


bAbr 


Babtisram 


(?»«f<^ 


bacha/aureo 


fcw^ 


bacalo 


te 


bea^e 


^^ 


haAliviœ 



txxp bap^is/na 



02 


BA — 


BN 






Bapr£5fe 




hissextilis 


bapri^mum 


•^^.4 


"hiliter 




baptismo 


m 


b^Ui 


Iwpn 


bapfûari 


mi 


b^lli^m 


Hir^S 


Bartho/omettS 


-É^ 


"hiliter 


■fcda 


beati 


Inw 


heatuWi 


fe 


beafe 


ml 


ben« 


nb.cJ- 


beat^^tme 


^ 


ben« 


^^. 


be/iegna 


^1^7 


B^mar^i^ff 




beare memor2e 


-dn5- 


ben^^cia 


henedictionem 


5^2 


heneficii 


hurgensis 


hesieficiali 




heati 


[ywL 


bMDia 


Cî^ 


heatificai 


bcù^ 


henedictionem 


6i^ 


he€idtudinem 


8îi»« 


henedictio 


d(f 


heaiitudinis 


f»nb«^ 


henedicit 


(k^^ 


heatitudine 


^ ^^x 


henedicas 


Inlè 


hihitur 


&mf 


b^n^dicte 


fttït-^ 


heatiûcari 


Ullluttl6^ benedfc/mzrs 



BN— BT 



2Û3 



mint henedieimt 

VllQîC^ henedieert 

^Tipc^ heneîactorum 

^'WfL • heneûcio 

V^t^/Ci^ b^neficio 

Oiintt heneîicium 

W|d heneîicio 

O^^^^iJc b^negne 

K>7iXiCtQ henedictionem 

WOTL, honor um 

iéO heato 



hona 
bo/ia 






honajn 

honitate 

Bo/zaf^e/tmra 

3oetius 

3onifacius 

honam 



vAJo* V%4l* bo/ie memorie 

ï 



'tr 




honoTum 

bo/ios 

-beVwr 

beafi^s 

-b«s 
"hunt 

heatus 

heaXum 

heaXdi 

heaXe 
>Otl beatî 

wK heaXUudine 

Hvl]^. heaXUudiiii 
JS^y^ heaX\tudin\% 



MSi 



»«c 






heaXiludmem 
heaXissime 
heaXo 
heaXorum 



204 BT — BU 



bti b««t«8 "wiuV* breyiUttir 

f ^ 
"^Êv\^ brève utX^yi hxxvgenses 

Vîll breyius 



c 


co/i, CM/n 


e 

-.J) 


c«>ca 


ef cetera 


c'' 


CUJUS 


^ 


circum 


4> 


cujuscumque 




cujuscumque 
cujusque 


r9^> 


cujuslihet 


«JC^ 


cujuscwnque 




cujusmodi 




circumstantie 



Çùr circumstantia-' 
^ Tum 

CO&SS/circumscr ihi^ 
^ tur 

cb(t" circumstantiis 



C^^ cujusmodi 



2^ 

C 


cur 


c 


cetera. 


te 


et cetera 


C 


contra 


^x 


creatura 


^T- 


credendis 




cui 


$ 


cuique 


^^<) 


circulus 


è^ 


circuli 



206 



C«— CA 






& 



CÛ^ 



rc^ 



cum y capitU' 
lum 

causa. 



caussun 
cetera 



capitur 



causatur 



cura 



€W\ 


casus 


Câ. 


creata 


ê^ 


creatura 


c^ 


caritas 


caf* 


XSinonica 


CtsS^^ 


categorica 


&^ 


categoricnm 


eaff» 


capiendo 


é^ 


créature 


d 


capituli 


J9 


capitula 



i&C 



i 



CA capitulo 




^ 



Cûi 



ta/ 



creatio 



causaliter 



creaturavum 



creatura 



A/ 

'AT curahatur 



CCLC? 



cancri 



Ct^ cause 



àà. 



creare 



>^ carentiam 
CSl7 caritatem 
Wk^ty caritatis 



caritatem 
caritativum 



câio 



cammo 



Cdr^ capitulum 



CûCk0 ca^^is 

CCJjOL^ calida 

CC^qA cdlidam 

tXct^ calescunX 





CAL- 


-CAP 


20 




cah'^iVa^em 


OlX? 


caz/^ant 


ftSES> 


causalem 


^^eu. 


Cttrant 


eâ&r" 


cae<5ali 


ûStr^ 


ca2^5ant{<r 


«^ 


CAliditatis 


cJUnct. 


cawomci 


^L** 


causAlïtate 




caLpituli 


aS^ 


caAidum 


cAJr 


CAput 


m^ 


causaAiter 


<ftip^ 


csLpitulum 


téKl 


caAidus 


cûp**^ 


c^pacitate 


ccorn 


causAin 


ctxjy^ 


capftVi><2te 


«m. 


causAntur 


.cûSl^ 


caLptivitatem 


Cm)^ 


csLUonicis 


cc»^ 


CApitulum 




CAïionicus 


cqS^oI 


cacpituÏA 


Cû^^ 


cano/ifca 


a^ 


cap£mli 


axpv 


canonicali 


«.j^ 


capellanum 


K^ÙMCOS^ cano/iicos 


<p\pr 


C'dpellano 


can»^ 


causaLudum 


c^^ 


CB.pitu\ariter 


C^ltbt 


causAndi 


^^ 


caput purgium 


cEt^S^ 


causandum 


c^?' 


captiVare 


UXMi^ 


cano/itcis 


mp» 


captfce^s 



208 


CAR- 


-CD 




cSS» 


cau5are 


CdXQ 


creatio/icm 


0%^ 


cai^artt/n 


csâSi 


creaviV 


Cor^ 


car/za//btt5 


iVU^rt.*'' 


causa/i^^r 


VA» Y^ cardinalâtus 


o;^C 


jcasus 




car/ialù 
car/ialû 




cautio/iem 
C2>ca 


^f car/ia/ït«r 
Crl>%/ csirdinalis 




C2>ca 

co/t^ractibuff 

circumsfa/i- 
rfam 

circu/aris 


c^lrS. 


carmi/ia 


<K\" 


circumscripto 


cc^ 


car/iali 


cèala*' 


ciVculafto 




cai^aret 
causas 


<^^ 
^ 


circumsp^ctio 
cuîda/n 


arrf 


causah'^ 


â8 


cr«d«/ida/n 


gx-' 


causdXur 


è^ 


crede/ido 


r^^tdu 


cai^^ata 


âe>? 


cr&denfmm 




catherfr«li' 


â?^ 


credi^z/mm 


^^6 


ca//5atis 


rditr 


credibï/ia 

■ 





CD — 


co 


20 


àifibix- 


credendi 


^^ 


cujusUbet 


ê9? 

* 


zreàituv 


c^wL 


clausula 


èir 


cred«/2t 


4iû. 


c\a.rissimus 


«r 


caw5e 


<^« 


clamahis 




ce/esfibw5 


cfc^^ 


clairissimA 




ce/e5te 


c^bnt 


clrtmant 


i^O 


QjSxvisto 


Hcww?' 


Cleinentina 


Ci 


ciVi 


^^*»- 


Tum 
clementissime 


aPo^ 


C2^J2^5CUmg2£e 


d:) 


cleri 




cwjttsh'èef 


# 


clerioali 


ctVif<2^ibMs 


^ 


clausulis 


a*-^ 


ciVif«tes 


cxm. 


"Culum 


cir^ 


circa 


4a^ 


culpaLbiVs 


cir^lb 


circwmlocMriO 


ciR 


crimen 


ciw^ 


circMlws 


cine^ 


crime/2 


CÎB 


cefôris 


Citn^ 


criminaliter 




civilzVer 


ah 


coloribus 


c\\\j: 


C0/2JUX 


CO^ 


copula. 


^ 


cwih'^e^ 


co''"- 


commentator 

44 



210 



CO — CON 




eu 



oScup 



copulatÎYe 

conclusio 

concupiscentie 

conditio 

commune 

conferimus 

confessiones 

cognacione 

cognicionem 

cogitationes 

coguntuv 

cohaèitare 

commun! 

commnnis 



communihus 



Ci99<V communia. 

CCV611*tOV communicdi" 

Xioni 

(Lc^^h^ communione 



£5ié 

côttùi 
cm 

«r 



«en 



^ 



com/nw/iis 

communiter 

corporali 

colle^ia 

coUationem 

coWatione 

coWectione 

colligitur 

colituv 

cora^5 

contra 

concedendum 

concedendum 

conifenium 

conUrmatur 



Iv^'-k^lrt^^V^ conpareant 
CÇ9W^ communiter 

ft>VVVUJt/ con/rarium 



c^ 



communiter 



i£c^ 



consules 



CON — COS 



2tl 









CÙ. 



pocr 



tdrf 



axHL 



Mil 



consuerttrfme 

contestaia 

contwnaciB. 

cop«latipe 

complexio 

co/wposmo/îe 

copulatixe 

coram 

corpus 

corrumpitur 

corpora. 
corporalibus 

correspondet 

corrigendi 

corrumpendo 

corporeo 

corruptibili 

covporum 

corruptionem 






«i. 



conT 






cot; 






corporailiteT 

corporihus 

corporihus 

correctione 

corruptionis 

corporalis 

corporalis 

corporoliter 

corresponden 
tes 

corrumpitur 

corrupdone 

corrumpitur 

corrélative 

corrolarium 

corr^cfor 



COTpf^ corrumpitur 

CÙif» corporis 

CClf^ corporis 

C0|^Cft>C co/isecratio/ie 



2 


cos — 


CY 




CûU^f 


co/isu/n/>5isse^ 




conscientia. 


contentum 




Chrysosiomus 

• 


fiksa^ 


conXumaiciteT 


crasti/zi^m 




co/itumacem 
commu/ie 


certw/n 
contra 




co/wmu/ie/w 


À?» 


ceriitudo 


co/wmu/îio/ie 


âif? 


ceriuudini& 


p,a 


communia 


^-^^ 


certissimus 


ûîîu? 


communiter 


41?- 


cariule 


eyft 


complexi 


r*-^»-^:? 


curie 


^ 


cujusquaim 


K.^ 


cuih'^et 




carnaile 
crimini 




cujusdaAw 
cumulus 




crimin2LliXer 


(IVï^ 


curia 


crtat 


cr imin'Alis 


/4P 


cyrographum 


<r;^. 


Chrysostomus 







D 



îr 


de 


3f^^ 


distinctionem 


ar 


dum 


ÎJÇ- 


dicere 


t 


'dit 


9*^ 


differentie 


^ 


dies 


ô^ 


due 


tr 


dicit 


y 


dici 


^ 


denarii 


V> 


Deum 


s^^ 


disconvenien^ 


b^ 


dicendum. 




dehent 
débet 
débet sic 
di/ferentia. 


M 

y 


doctrine 
dicentis 
dictionem 
dico 


S^ 


differentisLS 


y 


dictio 


h^ 


duplicem 


^^ 


distinctio 



14 


Do- 


. DC 




b»' 


dubio 


tejfl 


dampnationi 


r 


duo 


dËLyit 


daimpnum 


^ofi 


distinctione 


Sîpn^ 


dampnarz^ 


zt 


duplicitev 


3^^ 


da/wp/iaremr 


^^ 


distinguit 


&? 


datf^m 


Sftx. 


distincta 


% 


débet 


V^» 


dicente 


Shi' 


debuit 


^^ 


distincte 


«1 


dictis 


£j^^ 


distinctis 


d^ 


dictas 




da/n/zum 
daitum 


2- 


dictum 
dictai 


^^S)o 


dsLmno 


^é-- 


discretio 


u 


dahis 


îfè«^ 


decrementnm 


hbT 


dabî'mr 


te. 


dicta. 


if 


dacio/zi 


î«Ér 


dictamine 


Sb»r 


dari 


^S' 


dicte 


cXx^%>t|7 


damp/zo 


te- 


dicti 


iSff^ 


da/Tzp/iafione 


^«ft^ 


disciplinabilia 


te^ 


damp/za^ri^m 


^^ 


disciplina 



DC^ DE 



215 



^i'Lf' dictis 
inUC declin-àt 
VCuL dictum 
^^tWv^ discernunt 
GCtlUC decernnntur 



Oco 


dicto 


8^ 


dictionem 


àvb* 


dicto modo 


Sctti+v 


dictionem 


^ 


dictovum 


8^0 


discurTcndo 


^ 


dictum 


^<^ 


discur^wm 


^«t 


decreXuuï 


s^kcS 


discrcXivo 


6c^ 


dîcmri 


«bit 


dicms 


■ât 


David 


Si 


dicendum 



^ 


dicend^ 


») 


dicendum. 


SSf" 


dicendo 




dediX 


S»C 


dicenàS. 


%'bviSx. 


deducfioni 


$^ 


deh^mus 


% 


decintAm 


^ 


demonstrdibilis 


^1*6 


denominaitioni 


îie«^ 


demonstratio - 


» 


nem 


<^ 


demonstraitio - 


,\ 


ne 


$c^ 


debiXa. 


éJ^ 


delegaXi 


W;? 


de^eant 


i^ftKui? 


deliberato 


^ieU'eft 


demonstraibi - 




les 


5^tô 


demonstrahi - 


à# 


tur 
decretalis 



216 



DEC — DEN 



^^ 


dece/uuklis 




decidendum 
declarsitur 


^loc 


decli/iado/te 


dt^om. 


declaran'o/iem 




demo/z^fraceb - 
nés 

deessent 


A^ 


dedniendi 



hém- 

Me*' 



determinata. 

deinde 

débitai 

determinaXe 

delictum 



Û^Sl^ deïectSLtio 

ScSaS^ delecrabile 






delectatio 
dereUcto 
delecfaft'o 
delïberatione 






T^'K 



M^ 



dereliq^uit 

debemus 

demonstrAtÎYe 



v)snitâ demonstratio'^ 

Sâ^nitv^ demonstram^ 
^ ^ dum 

ytWvO ^ demonstrati- 

tvitltvl devuonstvatio^ 

n\ 

O^Mtt^ devELonstraX u m 







uem6d 



demo/z5frato 
demoAzs^ratt- 

('US 

denarw 

deni^^ciari 
demonstrdiiidï 

démonstration 

ne 
démonstration 

nés 
dexiominati- 

debenX 

demonstrdiTiXur 
dewmXlando 





DEN- 


-DI 


217 


îiwfta<5^ 


denufitiaLtiO" 


^^ 


démons traitur 


^^) 


nem 
àemonum 


Séfea. 


demonstrata. 


5«ttY 


àeoTsum. 


i^i^^ 


détermination 


^> 


àe^endet 


S^tîa^^ 


ne 
détermination 




dej^ositionem 


k-i8bJ> 


ne 
determinare 


dcpo depowewda 


Sése^^ 


determinabi- 

m 


f 


depositioni 


<9ctlA>tl 


lem 
determinari 


^ 


deberet 


^^b5tbfc 


determinate 


^?re 


debere 


•DcbX 


demonstraitive 


S^ 


demonstraLve 


lieha 


demonstraitis 


^P« 


debes 


^etto^^ 


devotione 


T 


desertio 
descendit 




Deuteronomii 
defectai 


Vt'^ 


desiderium 


^ 


defectum 


•7 


desperaftb 


"Sfcta 


deïiciens 


^eiixâ. 


desperaitioni 


b\t0é) 


defectionem 


<^- 


desuper 


k 


Bei 


Stptroj 


destructionem 


ô^ 


dicimus 


4)e? ■ 


débet 


s?- 


dicitur 



.8 


DI- 


-DIL 




^> 


dividitur 


bl^ 


dividenda. 


à? 


dicendum 


SxVSû 


diMendum 


hx^ 


divisibilis 


9i9è 


divïdere 


^^ 


divisibile 


sesë^ 


divïderetur 


fi(p 


dioinum 


S^S9^ 


dividendo 


yi^ 


distinctione 


^i>St 


divïditur 


si> 


dicens 


^ 


differentie 


r^ 


deitatis 


Vt^ 


divine 


ji*- 


deitatem 


^ 


di({initivA 


SSK 


divina 


S^o 


di(Ë.nitio 


2^ 


dicere 


Stjp 


diffe rentiat 


^w?*^ 


dicendum 


s^ 


dimnit 


-Slc<Ktt' 


dicereat 


hiffnv 


differMnt 


ôiew:^ 


dictcie 


9^ 


dignïtatihus 


âlcK. 


discernit 


^ 


dirigendum 


dicf 


dicens 


S)^""- 


' dignissimsL 


Oïè^ 


deinde 


Si*^ 


dignitatis 


SU)' 


dimidio 


W0 


dignemini 


Bï^ 


dicidt't 


^J^ 


dilec^a 



DIL — DIS 



219 



^ÔHt^'>'*V dilig 
iJtllT^ dih^ens 



dilecri 



dilecris 



dîlî^e/2d{/m 



diligenter 



enter 



Im 



divis'ione 



Ixïût 

î)tm 






5to 



dil^enter 

dila^/o/ii 
dim2Wm/72 

dimensionem 



ofiS)^*' dimj/i«fto«e 



dimi/ie/tÎYU/n 

d2Vin«m 

d2Vina 



^"ÎÏUÎ diVine 

^lî^U. diwinufto 



divino 



7)io dfws/o 



-N 



ÛIO'tV diçisionem 



ljWX^ direc/e 




Me) 



direcfwm 

direcf/o/2e/w 

direcros 

directi 

directit'wm 

d^Visï'm 

dzVUe^s 

disco/iç'e/iiu/2t 

discfpe^lîs 

distinctionis- 

divisit 

discernendum 

discipulis 

discipulus 

diVisi 
dîVisi/n 



20 


DIS — 


DL 


• 


3îÇ^ 


divisibilis 


biftS 


dist£>i<7f<o 


^^ 


dispositio 


bnr 


dicit 


2>t(\>K 


discipuli 


cfSk. 


dimùti 


UjV^a- 


dïsplïcentia 


SmîQ 


dictus 


^ifpn" 


dïsiiensatio 


\VK^ 


dÏYersaL 


Ôl/^Mtf 


dispensât 


l^iy^^ 


diversimode 


9i\]ioè 


dispositione 


9,^^ 


diyerse 


h^^t 


dhpensAi 


bïïf 


d'winum 


^ 


diuisus 


àttD^ 


dïwersorum 


^ijf^ 


dhsensus 


l>,iW 


di\ ers itate 


•5^^ 


dissentiendum 


Sl-^VL 


di\iditur 


^K 


demissa. 


btwi 


diyisibilis 


&<MC 


dissimili 




diyerticulo 


im^ 


dissi/72//£t2ido 


^r 


dixit 




dïslinguitur 


Q^îî? 


dixerunt 


Sïk^ 


disiinguendi 


V'^ 


dixeruni 


S^fP^ 


distincta 


iv?r 


dixit 


%f^M^ 


distr/butipa 


ith 


dïiectissimi 


9vffi;^ 


dhtinguitur 


^fcâ}"^ 


deïectditioïiQ 



DL — DN 



221 






dulce 

Deum 

àifferentidûOi 

dummodo 

demo/25^rando 



©M'Mî *y demo/2S^rafto - 



nem 






Jfmnic 


deuionstraLcio ■ 
demo/25n*at 


d^rirv 


demonstratio 


bmtf 


dicimus 


S)^at 


demonstraitum 


8©~ 


denarios 


-!i5 


-dense 


as 


domino 


îm"- 


dicuntur 


StoSk^. 


descendeX 


S»»^ 


descendit 


V 


-dentid 



C^^ domina. 

^Shl^CC^ domindicioni 
vllC dicendum 



cLnt 



cluj 



^ 



Tir 



9Trâ' 



cl 



7tr 



àrft: 



-denda/n 

descendens 

domine 

dic^iones 

dommi 

dommii 

dominiOTum 

dominuxn 

domino 

dicuntur 

dicen^ 

dominus 

descendu 

dicunt 

dicuntur 

dicentes 



222 



DN — DR 



^Îîa 


d/centi 


jiô- 


D«o 


è<^ 


domi/itt5 


^ 


do/72 t/t/ca 


^ 


do/ia 


èo*^ 


do/tec 


iS 


domi/ie 


Î)S 


domi/zi 


^v 


domi/ium 


5o«^ 


domini 


A° 


àominio 


"^^ 


àondiViX. 


drà 


domina. 


5oci 


dominici 


^s<^ 


donaicio 


9ç^ 


dogma 


^^ 


domini 


'bîTi'^ 


dominicnm 


<fc^7 


dominium 



&% 



^î 



K/^ 



^ 



domîcello 
dominïi 

^7Q^\/^ dominiciiïn 

inyUM^O domi/ïio 

^OlT don^c 

^OTtOHe' donaftone 

002r deorz^m 






ISr- 
2^ 



y ri. 



dormie/iti 

deoTum 

dovmiendi 

dormire 

dondXionem 

dis^ensatoTÏ 

dispositio 

dispositionem 

disperse 

dicitur 

éditer 

dividituv 



DR — DU 



223 



Oî. di/ferentia. 

^^Y^MV differentiaLm 



"iXT^ diffeventidxum 
Cit^ diceve 

docere 



bzêr 



Sretr 
vttt 



« 



diceretur 

differenter 

de^^rent 

deberet 

diceret 

di/ferennaiS 

differentie 

différentes 

différencie 

differentie 

differunX 

differenter 

differt 

Deus 



àftCKiA disXAhutorem 
CrU^ dnbitatur 



descriptionem 

desinit 

dicit 

"dunt 

distributiwe 

distajiciai 

distancias 

dictajnine 

dûtat 

dictet 

distinguitur 

distingui 

distinguere 

distinguit 

determinaLtiO" 
nem 

deiermïndXe 
daXivum 



4 


DU 


— DY 




^tta* 


du&£a 


ihîcr 


ducentesimo 


à-:i«' 


du/?//ce/w 


SuA"- 


dnceretur 


s^ 


du62>acio 


9îuiiô 


dummodo 


^7 


du&£2^m 


w 


dupliciter 


hxi 


du&io 


Soft 


duplex 


s^- 


du^fVart'o 


dupliciter 


h& 


àxxhitationem 


B^ 


dubitare 


Si> 


dummodo 


S^'H^ 


dubitSLVet 


§).£*• 


diibitation^s 


Kiùrè 


duratio 


ô»«^ 


dnpliciter 


9^^ 


dubitaiiur 


A.^ 


dupliciter 


<^Z 


dixit 


^M^ 


duplex 


9y^^ 


dya.lecticus 


^US)t 


durant il 


OVd 


dydibolum 


8i.b^ 


duhitatur 


hyA^ 


dydLphano 


9h^*® 


duhitationis 


^f 


Dyonisium 


^4il>îr^ 


duhitatio 


Jj<3C^ 


dyocesis 



E 



.ti 



ecclesise 



e 


^st 


c^ 


ejus 


^ 


essentie 


êkl 


esseX 




extra 


j^^*' 


^entià. 


^%s^ 


equivoc'A 


éf- 


eadem 


^ 


est àicendum 


lai- 


equii^oce 


M 


équivale t 


é^ 


équivalent 






CSC 
«4% 



O 



erunt 

equditio 

ego 

erit 

est 

eadem 

easdem 

erat 

ehdomad^ 

ebdomadis 



Cvdmc^ ebdomarfe 



ébdomada 



i 



C&âi:iB& ebdo/nade 



4& 



226 



EB — EE 



clic . ehrïetaiem 

C^tïldA' ebdomada 

o\m j emhoW^micus 

CwS^AmT emboUsmaUs 



tÙ 



*f 









e contra 

eciam 

ecclesi'A 

ecclesiam 

ecclesiasticis 

ecclesi'dstic'd 

ecclesiastic'dm 

ecclesiastico" 
Tum 

ecclesie 

ecclesiastici 

eccentrici 

Kcclesiastes 

ecclesiasticis 

ecclesi'A 






ecclesie 

m 

eccleslasticai 
ecclesiastico 
ecclesÏA 



^CClK' ecclesie 

^CCHo ecclesiis 

CsééxÂI^ ecclesia. 

Cff^C^^ ecclesisLrum 

tXiL ecclesie 

^(lâv equAcioni 

tf^^A, ec\es\di 






ejusAem 
eàictum 



O^S\f eàictuvQ. 
àfS eàenàum 



esse 



^ftt&V^H ecclesidm 



ô^ essent 
C^ essenÛA 



EE — EL 



227 






^^ 



«g 



essentiaAi 

essentinUter 

essentisLiQ 

essentisi 

essentisi 

essentiaLlùer 

essentie 

essentialid 



emexcJ^ 


e55enciah> 


^cHL 


essentialis 


4^^HjW* 


esseneidUu 


éit 


esset 


eftt». 


eïïectiya 


e/^ 


eifectum 


e/P'^ 


eïûcientis 


^^ 


eÇriciuntur 


tOii 


eîficaciter 



&^^ ergo 






egreditur 

Eti>ange\n 

eglo^a 

egrotationi 

egrltudinum 

egestionem 




t^tù^ egrediwitur 

CL' enim 

e]usdem 

eicere 

eicie/ifttr 

erigemr 

e/wisp/^erio 

éjecta* 

ele/7îe/i^«/y; 

ege^ah'5 

eXement'ji 






4^ 



!8 


EL 


— EN 




ttan. 


e\ement'àr\ 


â\S 


e\emosin\9' 


diP 


electus 


SttltL 


elixtriufii 


(^Shi. 


eUcra 


ê&È& 


elle^orus 


«IcSj 


elecno 


ASi 


ele/rae/zruiit 


ùuam^ 


eXectioneva 




emi/lor{//7t 


(^ 


elecms 


if^ 


eXementOTum 


^ 


eltfcms 


^ 


equalUer 


.^Êc^^^ 


ele/nenta 


c^ 


eXemenisk 


d<^^ 


ele/ntf/ità 


é&9 


eXemeniis 


JJ^ 


eXemenli 


«ït^. 


eXementorufn 


èk2L 


elemosinn 


U 

-em. 


^entiam 


^&tC 


elemosinx 


a^ 


einendum 


Aép 


eleuiosinaL 


éiSi 


emergit 


^3^!vùcs^ 


elem^nta 


ev^T^ 


eminentissima 


cêet 


eleme/ita 


âmpt 


empirai 


«n 


elementî 


ai»pB> 


emplas^ro 


Vi 


equAli 


-ôtI 


* 

-enstô 


iSl^ 


elemosinAm 


-6^ 


-enft'a 


dtZ 


elemosïne 


-*l'^ 


-enfei/m 



EN — EQ 



229 



<$W esseatiale 

^1t^ enigmaticaL 

CMZr enoT/niter 

S' '^ 

CtU))d equinoxialis 



^î 



eau 



«fr 



enu/2ciare 



^ttliâP enumerans 
♦tUc* enu/tctale 



<^<^ 






eodem 

eodem modo 

e^istola. 

emptione 

episcopalis 

episcopalis 

episcopatus 

episcopus 

empcio 

Kpiphaniai 

episcopi 

epïcyclis 



épi 



empireum 
empireo 
CpC epicyclo 
epllte. epilepsie 
ti^^LV Epiphania 
iip}& episcoph 
d\H<v epistolai 
i!pt)71^ emplastrum 



éps- 



episcopuia 

episcopo 

equipollet 

episcopus 

episcopus 

Kpyphanie. 

epicyclo 

equAtio 
equaitionis 

equAles 
equlvocum 



230 



EQ_ EV 



6^^t equinoxiali 



equwocatio 



OdftVj^ equestris 
^ erit 



crfx5 



erectaim 
erecie 



CIO b erroribus 



erir 



eru/it 



<î|ttïlCctt esitaicioriem 
CtnCD estimac/o/i^/n 



*^ 


etiam 


C^o^ 


eternaim 


*t-c- 


et sic 




eternuiu 
et tamen 
eternaliter 




ethicorum 
etern'Aliter 













^r<; 



e^z^ato 









etteni/w 

e^wiva/er 

equwaLlennaim 

¥,\aLngelium 

equiyailenter 

equiwailet 

ey An gelis t'd- 
Tum 

eydjigelisle 

e^wiva/ens 

equiyaXenti'A 

equiydXenler 

exxcharistidi 

ewentum 

evangelistâ 

eyangelist^ 

eyidentisim 

eyidens 

eyidenter 

eukaristie 



EV — EXC 



231 






e\o 



ew*!? 






Jfva 



:xc^ 



eyacuatio 

eyocandi 

euyangelistaL 

EuwaLngelium 

euYangeliste 

exxydJigelicdi 



CWd.^ Euva/i^e/eo 



CMô rtV e u va /ï gelisan- 
^Vûr euyangelislA 



el^â^ 



^^ 



jl^ euva/îgehsfe 
excommunica • 
exfra 



exempla. 

exemplar 

exemplaivis 



4 

KK^ ^ excommun tca ti 

oo «■ ex^remi 

So^ exempli 

^ "^ exemplificait 



<rvcxu»tg 



C^ 



'<wy\ 



^ccaer 



7 



exe/w/)/is 

exemplum 

externis 

ex adverso 

exemplo 

excommunica- 
tionem 

excommunica - 
tionis 

extremorum 

excommunica- 
re 

excommunica - 
tum 

existente 

executum 

ex aidçerso 

examinatio 

excommunicet 

excussLtionem 

excommunica - 
cionis 

excommunica - 
cionis 

excommunica - 
re 



232 



EXC — EXP 






«^ 



4 









excu^antur 

excommunécai - 
vi 

exce///t 

excedenn'a 

exci/>£6/id£ 

exercitofio/îis 
exercîtoto 
exercifac/o 
excommunica - 

excommunica - 

ffo/ie 
exco/72m2//nca- 

tos 

executionem 
executore 
exhibent 
exhibet 

exhibendo 
exhiberi 
extremi 
exempliûcatur 









exisnt 

ex/raorerit 

extrajudiciali 

exemple 

extremum 

extrême 



t^ 



£^Tni ^ ^ exfremitote 
C^A existentiaim 

0^w^9 exisfenfibw* 



rt0i4Py 



exfrmsecu/» 
exf^fenfie 

exwtenfcs 



X 



ex£5rencia 






ex£5rent^ 

ex£5f2£nt 

ex/?osito 

experie«f/a/» 

experiewdwm 





EXP 


EZ 


233 


^^ 


experimentali 


e;xa 


exemplx^ 


c^îf 


experimentum 


^ 


examindXis 


^t^ 


experimentali' 

4- .^m^ 




extrewa 


9=f 


ter 
experimento 


c^e"^^^ 


extre/wûas 


.yo^ 


experientiai 


(^^ 


extwAïc 


tfi:fiàri 


expectari 


C?Pb9^ 


extenditur 


expt: 


expUcit 


<:p\£^ 


exXensio 


çc^t 


expelUtur 


^tp^ 


extendit 


^f^OX. 


expulsioni 


cptx 


excommunic'Aii 


er^ 


expensa? 


ey^ 


exemptaiti 


^ 


expositio 




extinctuin 


fff 


expositionem 


extrinsecus 


evpc^ 


expositionihus 


(ySù^ 


enwangelista. 


^^po^? 


expositorius 


OV^IWâ 


Euva/îgelia 


^Po^^E 


exponitur sic 


«5^ 


Ezec/iielis 


^Tt 


exempldivi 







F 



^ 


iertonem 




facienda 


(tu. 


iiat 


f^ 


fsiciem 


(als'd 


(■^ 


facicns 


f) 


îalsdjn 


^ 


faceree 


f 


feria 


pr 


faciliter 


T 

p. 


(allacia 


f^' 


faciX 




(alsas 


(^ 


faciliter 


frigide 


ft^<^ 


faciliter 




falsum 


{ojy» 


facuXtaXem 


faciX 


f^ 


familiarem 


f^ 


fit 


fiSl^ 


fallacâi 


M- 

r 


fermitas 
ixxlt 




faWacie 
iamu\us> 



) 



236 



FA — FI 



teU.**^ (AiitasmaXe 
f^i^ fa/itasm«f/bas 
^P (actum 

(rsictione 

(actsk 

iactAm 

facte 

facri 

facds 

facit 

(erculaL 

factum 

facto 

(actus 

facto 

facturum 

îelicis 

febrem 



ftr. 



féS> 



ferres 

feci5sef 

fec/t 

febrttarii 

femî/ia 

felic/Ver 

fer«a 

ferw/it 

fe&ris 

fratres 

facta 



.at 






^l^ (rigidiiate 

/tî^ ûguram 
JT^ ûguralum 



FI — FL 



237 



Af 



fi//e 



a^ 


ûdeliSy ûnalis 


n 


ûlium 


<î' 


ûlio 


f^^ 


ûnitum 


A** 


ûnite 


fèr 


îeriaitur 


(^ 


%ara/w 


6r 


ûnaliter 


^. 


ûnalis 


^ 


(eriaXionem 


^ 


îinihus 


iï^itt: 


fi^urabat 


psT 


ûdeliter 


^<s^ 


finietur 


ftf 


ûgura 


fiipoSL 


ûgurdtionem 




ûer'i 


A&P» 


ûrmaimento 



hniïti 


firmaiii6A2ti 


6nr 


firmare 


jvck^ 


firwatuw 


^ 


finis 


Fr 


finitaiTum 


f]^ 


falsum 


i^ 


falsa. 


rti 


ùegma. 


TL'mf 


ûsjninis 


^ 


false 


ffe^ 


felle 


fle^^ 


flecma^£ci 


^ 


îalsi 


p^ 


falsitas 


^ 


falsitaie 


f(ltf0 


fïecmaticis 


^ 


falsis 


^tuUf 


falsildiS 


f& 


fallacia 



238 



FL — FO 






fallat 

ïaWacie 

(alsum 

(amulo 

ûebofomatur 

ûebotomi'd 



ffocSk^ (^ebotomia 

(fy falsus 

jLê ïamulus 

nA^ flu/rai^e 

rvUL ' ûuminum 

fUl ? ûumen 

rTi4« flume/î 

flJkÂJ^ fïnminibus 

-M^/v\."3 ûum'inibus 

£1%J3^ flumi/ia 

Maaaaa) ûumen 

j&6 fahus 






fermentari 
(alssim 






A firraimento 



^ 



Urmum 






fora/wcn 

fwrorw 

forma 

îormàtione 

formaliter 

ïormdiliXer 

fornicationem 

for«/cari 

for/ncaf/o/î^m 

formidat 

for/widi/ie 

forwari 

formalis 

formam 

formarwm 





FO - 


-FR 


2 


1^ 


for/warem 


fr3 


fra/res 


fi&r 


for/natum 


F 


frûfri 


i?^ 


f rater 


(h«' 


fri^iWiVrttis 


f-' 


ferisL 


f^ 


frû/nbM5 


^ 


forum 


jask 


fr/g^ida 


ts 


teria 


(K^ 


fn^idam 


Dâ 


îrigida. 


fi^ 


ïrigiddi 


fâ 


ïrigiddim 


frvff^ 


(rigidum 


H 


irditernitaXis 


frîni 


frigidum 




îraLgilitatis 


fVi 


(eriis 


^■^ 


Francia 


An* 


îratris 


fiSè 


(rigidsLS 


mifrltTlâ 


frigidissimai 


1 


(ratrihus 


fv;ù) 


(ratrum 


/tenu 


(ructum 


^ 


(rigidum 


fcffi) 


îrucium 


ff^ 


ferium 




fructus 




(raterna. 


r 


facere 


f^v^^ 


(ratemitatis 


fr^ 


(ratreui 


B 


(ratres 


|ViGÎÛt/W*' 


fréquenter 


YrvJtt 


(ratrum 



240 



) 


FT — FU 




rTf- fratri 


tôl^ 


inmigatio 


Aï fuit 


Jlrvk/sJ^ 


ïnerunl 


ri^y fuwKm 


PX^kr 


fuerant 


/Sl*" fuit 


îtxsr 


fraus 


^\CIhO fu«ram 


fktb 


futurus 


fîfl ^> tuisset 







G 



J 
s 

s- 

A 
9 



genus 

Gregorius 

igitur 

erga. 

gênera 

gradus 

gratis 

graitia. 

gratiam 

gradihus 

grannmaticdim 

génère 

grade 



3- 

JttCt 



igitur 

generis 

générale 

Gregorium 

ergo 

generaUone 

gram/natici 

gra/nmaticali< 
ter 

grammaXico 
Tum 

galenicam 
generàbii 
gratta Dei 
genus 

16 



242 



GE — GM 



3^ 
0^^ 



le 






grB.ne 

genuït 

générale 

gentium 

geminorum 

genitores 

geminaL 

gemitihus 

geiïuit 

geometri'A 

géométrie 

Gregorius 

Gregorlus 

Gregorium 

Gregorio 

Gregorius 

giwgiva 
geminus 

giratione 



5f 

Jtîn, 

Mît 



|tVV%d 



^ 



tlll 



generaAis 

gloria. 

gloriann 

glorie 

gloria 

glorïûcatio 

glorïûcatum 

glo^^a 

gloriosior 

gloriosissime 

glossam 

gloriose 

gloriositate 

gloriosissimo 

generaliter 

germen 

gratiam 

gramaitice 

gniminis 





GN — 


. GT 


2- 


eft 


génère 


jmV 


genero 


-jv 


-gense/n 


gnêà- 


generatione 




gênera 


-^ 


-gensis 




genersitio 


$^ 


Gregorius 


^ 


gerentibus 


'Sr 


~gitur 




generaibile 




gratiai 




genersilissi" 


P^ 


gratiaruni 


^^ 


inum 


4^ 




r^ 


gênerai 


^^ 


gratia. 


(jvS^ 


generamm 


Jîàt^ 


Gratisinus 


/yM^'**^'^' genera/is5ima 


gi3« 


gratiâs 


(§U^ 


generafio 


8^ 


gratie 




generdiliter 


J^cA 


» gratiosaiS 


^rw^î^A- 


gênerai i 


P 


gratias 


3ii5R^ 


généraliser 


5^ 


genersitur 


^TltS 


generabâwr 




gratM/w 


5^ 


génère 




grata/îSer 


^Uf^ 


generis 




ge/ierati 


6^ 


generam 


^* 


gratisué^me 


1^0 


generafïo 


^âiL 


ge/22t2Ve<m 



244 



GT— GU 









geniiwus 

génies 

gravircr 

Guil/e/mKs 

GmWeimi 






GuïWelmum 

GmWelmo 

Guillelmus 

gernniur 



H 



V Yiasc 

rhoc 
hic 

\^ hahemus 
[y hujus 

^o9^ hujusmadï 
b^ habet 

% habent 
ty hsec 

<èf hoc 
Miy ' \ïujusmoà\ 





homo 
hoc nomen 


1^ 


hoc modo 




ha-betur 

hahet 

habeannus 


pf 


ha^eant 


lit 


habeat 
hahet 




hune 
hac 

* 

habe 


ç^ 


habere 



■ 



246 



HE — HI 



iat 






herericam 

heremitarum 

heterai 

ha^eamus 

ha&ea/tt 

ha^eat 

ha^ebf't 

ha&ebit 

ha^ebimr 

ha&ebat 

hereditaiis 

henema. 

heedem [ese* 
de m) 

heremitarum 

heremiiis 

habeo 



y 



ha^ere 

ha^eri 

haberet 

habemus 

habens 

habes 

haberet 

habetis 



huj'usmodi 
hujusmodi 
hujusmodï 
hujusmodi 
habitando 
habitudo 
habile 
£D habitudinem 
nx hujusmodi 

ni • habilior 

ptbtlr habitudinalis 



HI — HO 



247 



htevtm. Uierusaïem 

y* babilis 

V>ttr • ha*ilita«do 

§VV\^ hinc inde 



b»tir 



J..V 



histor^a 

habixis 

hah'iXum 

habïXuali^ 

\iab\Xudine 

habita 

habiXditio 

ha^itîs 

ha^îtUit^o 

habiXMrsi 

huiailis 

habemus 

hujusiaodi 






h2(/'u5mo6?i 

habemus 
habentia. 
habentes 
habendum 

\jnuatL habundaintiB. 

1JU<)AT habundaiX 
habendi 
haberxs 
habenX 
habenXis 






pnn ha^enti 

fi» 



/&«• 



ho/no 

hora 

hora 

homine 



248 



HO — HR 



p^ 


ho/iora^ilî 


i^â^ 


horam 


^^ 


hofiora^/lis 


\fmS 


homa^ii 




hominem 
hominum 


§4 


honorahiUhus 
hoïiordibiMs 


fo^ 


honoris 


honorabiXes 


?;* 


honestale 


'WM^ honora^iliu/w 


tjûcf 


honorabilis 


^wl 


honoT 


homicidium 


frtK'"- 


honovahilioT 


Hoiiafkêt 


hermodactilo 


)?ev 


hoTtamur 


^/f 


honestatis 


^o?^ 


honovem 


'^^'}> 


homogenium 


^OXl 


honoTi 


|>5r 


homin'i 


^i> 


horas 


/«o 


huj'usmodi 


^OiB 


home/zis 


>SîB 


homicidium 


îr 


hahetuT 


b*ot% 


hominihus 


® 


haberet 




homicidium 


-Çi^ 


habete 


pSx^ 


hominum 


§r^ 


habetét 


1)Su 


hominis 


P 


haberi 


Jhmt 


hominum 


^ 


hères 



HS — H 



24» 



•e 



W^*^ huma/zi 

^ii<lC habuerdit 

«H-iKt " huma/zîmu> 

p^i^ huma/ie 



habei 

habent 

habeiur 

hnmanom 

hvLmilis 

humanaLm 

humana. 
hwnajie 
huma/ium 
hnmdLnitate 



fitur 



huji^smodi 

huje^5modi 

humiWifate 

humih'/as 

humili 

humiliter 

hn^usmodi 

humî7ior 

habueris 

ha^uisse 

humidum 

hnmànus 

habebunt 

habuemnt 

habnero 

hnjusmodi 

hyemailibus 



I 






i/z 

mî/zu5 

\llius 

unius 

\ncommun\C2L' 
bile 

inconç^eniens 

inconi^eniens 

inconçeniens 

iacognitai 

ïncommodita • 
te/w 

incomplexi 






t 
V 



mcomposiXi 

mcontinenûdi 

incomplexa. 

ïgitur 

i//a 

i/î/ra 

i/trra 

unica. 



ita. 

t^ i/ag2£^ 

1-7^ illdxum 

illuà 



t^ 



252 



I« — ID 



1* 

X 

t 


i//e 

î^î, un 




i/ichoac/one 
î/icl«£?zt 


,m 


illum 


tai? 


i/2cli/iaf/o/te/it 


1^ 


i//o 


!c)lmt 


î/zcli/iar/o/tem 


♦<v» 


i//o modo 


MSf<> 


i/iclttso 


t*»f 


illorum 


vw" 


i/iic/o 




ïlloTum 

i5tud 

i^ti 




î/tcomp^xra^i- 
/eor 

i/icorporatum 

incorruptibile» 

incontinenier 


tT 


^urajnenium 




incArnationis 


MrS)'^ 


jacta/i/ia 


.ir- 


id &sr 




[hji^rarcAiam 
juratorta 


t2l 


idem 
inde 




ibidem 
ïbunt 




ibidem 
idus 


tàr 


increAtSL 


1^ 


idem 


îc&?^ 


incaLTnAtionem 


lit 


ibidem 


fcât"* 


încusAtus 


liffi^^ 


idemptitatem 



ID — IF 



253 






inàÎQidudi 

individuis 

indwisibilis 



t^A 



inequaliai 



'^QÇife indwisibiie 

'5&y*' indiQÏduo 

îSV' iadividuo 

Idl^^ i/2dig45nfta 

iutâtO i«dig/iatio 

ifiiQ idiomalum 

tuUNIt ïndwisionem 

iSïWXt indifferenier 



\&\nsDL 


indifferenti 


iBii^ 


indue il 


^^^ 


indnmentnm 


7 


inest 
ire 



p' 




Jeremie 



messe 



TSv \nequ2\is 





Je52£m 
3eronimus 


KtdF 


[h]ieraLVchia 


3^ 


Jevusalein 


■rk" 


Jesu 
i/zfi&cmm 




• 

infectionem 
in^delis 




inûnitum 
inûnilum 




iniinite 
inûammatio 


îTht^ 


inûiientiaim 



ifO^P in(ortuni\im 



infraiscriplo 
inirigiddjis 



intrigid'dt 
infrascriptum 



254 



IF— II 



m^** 
^ 



a- 






kje 



h; 



If 



xagno 



xer 



tfîc 

-fe*S 



/ifîiWo/ie 

gitur 

giiur 

gitur 

gnoranti'Am 

gnoranXer 

ngreàitur 

/ige/wucrit 

g/t omi/iie 

gnorantidL 

gnobilitate 

gnorsL/itia. 

Jhesum 

Jhesus 

inherere 

inherencia. 

iheronimus 

iherusalem 

Johannes 





n^ 
n^ 



iXft? 



inhabitando 

Jhmco 

inhibicio 

inhabiles 

inhabitaitio 

inhabitantes 

iherusalem 

ihesum 

^heronimuiB 

Jhoannes 

Jhoanni 

3herusa\em 

ihesus 

Jhesu 

inimici 

inimicicie 

i/zicîo 

i/2Îcîum 

inicio 





II — 


IN 


255 


tWf 


i/ljUFMS 


tAfi»» 


ù/zm^/isifate 


Ittir 


i/tjuriam 


twiî? 


immum^/ltô^ 


^-. 


illatfo 


^^^^ 


i//2riiu/a^20 


M 


ilkd 


ta 


inde 


û^ 


îllîc^t^^m 


wÂ' 


\ncarnationi& 


dfo»."» 


ilh'mitamm 


ttil$ 


incurrisset 


i£^^ 


illo modo 




încipiens 


lUtoL 


ilhVerati 


wo^'* 


incorrMjDftèile 




iWuminationes 
ïllum'i/iAtioni 


-'"il 

UVÎttlO 


incipit 
incarn^reo 


msP 


iminediatum 


}Sr- 


indicfto/^e 


^d^^ 


immédiate 


4mS9 


indulgentia- 



tml( 



/Uwa 



^ 



immû^ereale 
i/wme/7ior£«/i 



lllipt** M imperAtor 
XXYiyyc^ imperatores 
XWîlïCVb imperatoris 



J -^ ^ rum 

t1loc{kl>iU indechViabîle 

in%^ indwiduis 



\\m 



tn%i^ 


indiçiduali 


dm 


indifferentiaia 


wSa 


indiffère ntisi 


VxStx^ 


indifferenter 


^Hiôhifi 


ind/^erens 



256 



INE — INT 



tût 

tttfi» 

éam: 

ttittttSv 



uwtr 



t 






\nequd\is 

inferamr 

infla/n/naf/o 

infra5cr£/)ta 

infr/^/£^et 

inge/iera^/les 

inh/^ic/o/ze/?2 

inha^ili 

\nm\nutionï 

innocentie 

miiommdXus 

mi^artiaXis 

m^ossihiXe 

inspira^«one 

inspectur/5 

in^irumentaW 

\ïi%ir\xmenta\e 

\n^X2ih\va.us 

insta/2f/am 



ta 



tnflra 



<X 



tttCB 



mstan/ia 
instifi/fio 
insertis 

m^lrumento 
Tum 

iïitelligitur 

ïnielligendo 

intelligi 

intellectis 

intellectivaL 

iniellectus 

inte//i^t 

intelligibile 

intellectuni 

inientio 

intentione 

iniellectwdUs 

inle//ige 

intelligere 



INT — IP 



257 









inielligitur 
interfectione 
inielligitur 
iniellige ntisL 
mSvt^ inielUgeniie 

.OntÉ^U^ inteUiguntur 



intrin^ecM/Tî 



intrinsecai 



î^^ 



M^y i 



interpretatum 
"fHi^pLH/ interpositioni 
interpolatio 
interrogatus 
ideo 

ieronimus 
Jeronimum 
Joh'a/ines 
Johanne 



{fntn 



0^ 

te 

s/ 



1*14,^ 




Joha/i/ies 

Joh innés 

Jo/iannes 
mpossibile 
mpossibile 
psum 

p5a 

mpediret 

mpedimento 

mpedimentum 

mpeditur 

p^i 

mperium. 

p5Îus 

mphcîta 

mpulsione 

psum 

mposUio 



258 



IP— IS 



«F 



^à 



as 



Ha 



ip«o 

imponitur 

im^oteniisi 

impotentiaim 

impossibile 

impossiblliiaLiî 

Ip/>ocrafes 

ipsoTum 

iwporfaref 

ip50S 

iwper^ifor 
imperatoris 
imprïmis 
mi ipsîs 

i^nportamm 
i/;2pMmndMW 
-DtHlCI iwpu/ari 




impro^assef 







tptJU^ imputas 
î/iqu27 
î/aqe^e 
Iero5ol/mitanî 

lerusalem 
irreg'a/arzbw5 

irraft'o/mli 

irrafiO/zali 
irreg^w/ari/ati5 
I^^Ô^ irreg'M/ares 

11^1^*^ irraf/o/ialia 
'%l^«Ûr irrevocabi//>er 

v/ttl*^ i/2seqat^Mr 

•mT» Israël 

JVjCÔf 'm'èpeztionem 

IQn^^^^^ m^lrxxmexitis 

^^ isiud 



T/un^ 



msiitutione 



ftni 



^lfff\S!£^ instrumentaux 
•\ ter 



IS — lu 



259 



va? 






in$trumentaL 

Instrumentis 

item 

inXelligitur 

Item notandum 

intelligere 

intelligendum 

intelligere 

intellectus 

intellectus 

intelligitur 

intelligSLtur 

intelligendo 

intelligentie 

intelligit 

intentionem 

intellectu 

interfuit 



ITUl 



• Interïectu^ 

Justiniano 
justiûcatio 

intellectum 
inteUigentiB. 

IntelUgituT 

IntellexU 
iterum 

intrinsece 

interpretatur 

interpositio 

intrinsece 

]udicium 

]udicialiter 

judic/o 

inyocationem 

Jupiter 

jure 

jum Cànonici 



260 



lUR — lUX 






juvisdictionem 



]ursLmentum 



mîîD 



jurwdicfto/ie 
îurisdictio 
y^^^*0f\43i± yaTÎsdictionein 






mil 



\\XTe\aTando 

jurisperitu^ 
yi9X\ficatiom 



jux/a 



K 



Iv kaput 
•^ kalendas 




kartulam 


}i^ 


kalendas 


' jC kalendarum 


^ 


kyrie eleison 


Va KAtarina. 




kalendarum 


i[-^ y kairitaXem 


kalendas 


hZ^Çl^S^ karissima 


y^ 


kalendas 


J^^Tf kalendarum 
KdlF Karol«5 




karissimi 
kavissimi 


^"^ kalendas 


ItMIl» 


kavissimum 



t 


hucas 


ké 1 


ecfi^s 


t 


\ectio 


Idâo 1 


ecmlo 


+ 


Ucet 


^uW ] 


ecture 

1 


•t 


ue\ 


ù^ 1 


egitur 


i> 


Ucet 


A^*- ' 


egitime 


^ 


Utterm 


%C' 


[egitime 


-U 


'lairiter 


^ej*^l 


[egitimorun» 


etf^ 


\aititudifie/n 


ic^S 


legm/wa 


feiu.6^ 


laiudahile 


Urjr 


legûwr 


lauÊËsr 


' IsLudahilis 


k-ur» 


ieviss/mo 


l^ 


\ecta 


Il 1 


ii/zeam 


^ 


lecrîs 


h^ 1 


iibere 


ÊA^ 


lectoruni 


(t^ 


iibro 



264 


LI — 


LO 


- 


if 


licitum 


llrijcç 


li/feras 


VF* 


licitus 


Irn 


lumen 


tt* 


lïbertatem 


^^uo- 


l/<?enrîa 


fié 


lîbra^ 


& 


locùf/o 


hè^ 


liber taie 


^*- 


lo^ttt'mr 




liheraLtio 


fê^ 


loca 


Wi- 


liheraliier 


15*- 


loc^litev 


U)i^ 


libenf^F 


^^ 


longitudo 


Çfe: 


lihras 


t^fr 


longe 


TiCf 


libras 


^5? 


logicalis 


RceiT 


lîcenr/a 


^7 


locum 


Utre>)ti^ 


» licenciains 


fés^ 


longitudinem 


^*X 


lïcitum 


lo» 


loco 


K^ 


Ucenti'd 


to».^ 


localiter 


ItciT 


licencia 


bc5 


locutio 


t< 


légitime 


^cni* 


locnntur 


^mo 


legitimo 




logicsi 


tttjS 


litiscontestatio 


yss^^ 


longainimitati 


^tZK. 


limitai 


ise 


localis 



• 


LO — 


LU 




1 

iiony^^ longissime 


Çu^ 


lu/za 


Co-f^a^ 


longet^a 


M 


lumen 


1.^- 

h 


\of\uentiia. 


Êu^ 


lucrwin 


legitur 


e^p 


lucratit^e 


-îf 


'Uter 


fuclX 


lucrabiVwr 


-If 


'Uiur 


^%"' 


lucentia. 


Li*a 


litterai 


t;îS^ 


hngdunun 


^^ 


UtteTArum 


ttîï 


lumini 


ice' 


Uttere 


iiri<^ 


Inminosi 


9. 


litterAS 


Li? 


lumine 


Q^ 


Ubet 


??2 


Inminum 


ttvî 


légitime 


Ki^ 


lumen 


/«.«» 


latine 


kjt 


luxuria. 


aOw^ 


lesritime 







265 



. M 



-m 



-men 



^ 


taatrimonium 




mandamus 


MarcUs 


w 




î' 


xnaLrtyris 


s 


materia 


tr^ 


materiam 




Maria 
mathematica 


m. 


Marie 


t 
Ht 


mih\ 




mo^is 



mP 


mentaXis' 




manifestutn 


^9 


matrimonium 


m 


modo 


c^ 


Marcus 


wT 


materialitêr 


1"-' 


multipiicit^r 


en 


Math eus- 


mO»- 


mulXa- 


JV« 




m 


multipleTÔ 


vidL 


mea 



ms^ 



manet 



8 


MA — 


ME 




^ 


ma/^r^e 


^liïi^ 


mdJiifestavet ^ 


vmF^ 


maci/lam 




manifesXdi 


vv^^*' 


maculemr 


'wiScC^ 


mAteriàlis 




mar«r/a 


^wlct- 


uïditeri'dW 


inflF? 


lua/terer 


• 


materiam 


>wCa,^ 


ma/<;/4?5mri 


Hiïhtt 


man«/72 


im^^ 


iiia/2e/2te 




marertas 


mà^ 


TUdindalis 


wa;^' 


matrïmonio 


'VMâ!^ 


UÏ2iCu\'à. 


niitt?^ 


maitrimoniuTn 


w,i3i^ 


iiia/2danr^5 


-WàAte^ 


msïtematicis 


tnai'âr 


Ilia/^cl^^ca/ldllm 


tlM4** 


mAthematicaL 


tna^^ 


mag/^irudo 


tna^ 


max/'/Tia 




magnificentie 




membra 


maj-'J^ 


maignitudinem 


ma 


m&/2CÎe/2d«m 


^/î^ 


uï'dgniûcentiajn 


T^Cll^ 


Mercurii 


^^ 


magister 


rnSîJJtt 


Tni//2dum 




msigistvo 
mainifestandjo 


mu/idano 
mi//idissi/72e 


nwT 


msimfestum 


'!»£'• 


memorie 





ME — MI 


1^ 


meretur 




maLterie 


ItUi' 


média. 


>c 




ttie- 


medicina 


«viv?^ 


metaphi/sica. 


Hv<jr^ 


mernoriAm 


'VUA^ 


mediantibus 




memorie 


ni/ 


melius 


%%%,^*»? 


médium 


nu?«a 


medicina 


^^^•♦^♦ti 


mediante 


me^ 


medio 


IfKîb^ 


medicinaL 


meb^ 


mediatore 


tneà^ 


médicament 




Xum 


meJ"*' 


mediante 


rrujSic^ 


medietas 


meîlj 


meliorem 



269 



VCl«^ 



CL 



mela/ico/tci 



memoriam 



meraortam 



meiuoii? 

UlCrd memoridi 

9n. 



v\v4h>* 



WO^ 



memora«di 
memoriale 



"in^^ta. me/woratà 



nxtS 



tnerpo 

-ut d 

s 

tnv 



It 



medicinavum 

medicinsiS 

methsLphysi' 
eum 

métro po /if « 
num 

magister 

maigis 

maLgnitudini» 

magnitudine 

magistro 

magnificat 

miseri 

minimus 



270 



MI — ML 



ttiT 


mî/i^ra 


vO- 


nii/i/ma 


^ 


minuendi 




méridionale 
modi 




misericordia. 

miraLbilis 

miraculo 


^^^ 


miraculo 


mi^ 


miserlcordi 


fl^ 


minime 


smX^ 


misericordie 


5 '- 


matrimoniis 


mttr 


miles 




millesimi 


-^tltfc* 


iiiîlle^i/no 


cv^ 


millesimo 




minimus 


<9t^ 


matrimonio 



M'itO-cp misericors 



^vvvV^ 


misericorditev 




meis 
ministrandïim 




* mîser/cordia 
minisier 


>vvtj>u> 


minisierio 


\*Ofb^ 


minisiris 


tâKlra 


ministraLtio 


mâ^ 


meriloriàm 




meritorie 


'nît 


milliaria 


mt 


materialis 


m??^ 


multotieiis 


wfa 


multsi 


Intel 


mulçet 




maie 

mulierum 
materiali 



ML — MO 



271 



infel 
vSto 

mfif 



m^/a/zcolicîs 

multum 

muUo 

taulier 

materialiter 

multum 



tno 



%mJGC*^^ mulûplicaintur 

multitudinem 

muliiplicatio- 
nem 

muliitudo 

multiplicatione 

muliipliciter 

multiplicati 

multiplex 









meo 



7 









nvun^ 



movetur 

miodus 

monemus 

moifet 

mota 

monaiSteria. 

morailibus 

monaLStevii 

mobilis 

morem 

monstrare 

monaiSteria. 






mo/2itono 
mo/zittone 



VV>4>VtV^ 



>%^ 






monasterium 
monasteril 



12 


MO- 


-MT 




lac^^ 


mop&nff^r 


«5 


mar/yrîî 




monu/ne/itum 


mlDer 


marrimo/ïiaîe 


MiO^ 


mo^ori^m 


•%M^»«îlL 


man*î/no/iîali 




morfahVer 


fiî^ 


matris 


-m-ct»^ 


iiiora/tt^r 


•mtt* 


msLrty ris 


mc^ 
^ 


uiormliratem 
moefos 




matrimonium 
martyrum 


wSt 
xSSr 






mcigistro 
marcairum 




Mtfrm 
mar/yr 




martyris 
marcas 


^^SSft^ 


\\ï2Lrtyvis 


^ 


inensis 


^^ 


wïonstvà. 


f 


meus 


^vni^l^ 


ma^rem 


îM» 


materiàs 


^.^Pto 


marbres 


vSt 


mens 


uuFL 


iiiag'wrri 
vi\onstr'AV\ 




mensura. 
mentaLbiliter 




matrimoniali - 

1 


nœit? 


mutationem 


WÎ)^» 


bu5 
matrimonio 


w5^ 


mentio 



MU — MX 



273 



iwtîr 



mutàtur 

mutaibilis 

mutainonQ 

municionem 

munimine 



ivviw^ 


mu far et 




lUix/a 


T^*^ 


maxime 


^ 


maxïmus 



18 



N 



• H' enim 
tt* nohis 



n 



non 



w 


noster 


M^ 


nullus 




naturatm 


-tt 


-enfta 


'%A^ 




n 


natura. 


/ 


nota. 


M. 

H 


nulla 


ne 


naturam 


m? 


naturalibus 



••f* 

n^ 


naturaliter 




naturaliXer 


11 


ncc 




nature 




nisi 




« 



11' 



l/v? 



nv 



71 



n 

7Ï 



'Cc^ 



nf^il 



nihiXominus 



>l nf/ielo 



nullum 



nomen 



nocturno 



276 



No — NE 



n 


nu//o 


Mf>? 


n<<//o modo 


r 


naturaliter 


y^S 


nullui> 


VA 


rvaturw 


^xoT 


muuraliter 


n^ 


nutitmlis 


Oji^ 


natup'tilem 


lÔfif 


natumlitev 


>i^ 


narrdtioni 


l1âW^**^ 


narratur 


tum 


narra//o 


Vli)^ 


nAtivitatis 




TiAlivitas 


y\SC^xr 


naitwitiiiis 




nalalem 


^oW^ 


niwïgabile 



y,-^ 



nc^ 



nob/5 



nec 



4»? 



ne 

ne 



nunc 



necessaria 



necessario 



V 



TlCCl neccessarium 

^ neccessarium 

'VlCttC^ neccess'dpi'd 



"nccMa 
mSiff 


necce5sari«5 
neccessù'AS 


1\J^ 


neccesse 


ncre 


necces'-inxte 


lîm.'*' 


neccessltati 
bus 

neccessarie 


-Hcï^^f 


neccessitatis 


IVïlk 


neccessarid 



a^ 



'\/Ki 



€=u 






nonâum 



nature 



negdtur 



neque 



negdtionem 



NE — NM 



277 



ntr 



necessitale 

negatiyii 

negotiis 

negatio 

negotisL 



negotiorum 
gestione 







negXiguuX 



uegotiura 



*V^pO 


negof£o 


neî) 


neme/ii 


^^ 


ne^ant 




neqz/eo 
ne^ari 


n^fcl^ 


nesci^/zria 




neg'atipe^iu 


HAW 


neurra 


m 


no5fri 


\i^ 


n<mitt« 



^^4^ 


nich// 


i^^K^^jAjLf^ nichiIo//2i/<i^« 


'Vii^S**» 


nichilowe//«s 


tnd^ 


nichi/o 


%ac|a\^ 


nichi/o/wi/îws 


lU^**^ 


nigrerf/ne/w 


ni^ 


nigred////^ 


o ^Cl 


L . 


tM.^pi\a 


nigromawcia 


rnS 


ni h// 


Ctô 


n/mis 


ntta 


niella 




ni^llÎ2/5 



nfiî 



Or 

Titn 



ni/llo modo 

nihilominus 

naturaUter 

nostrum. 

numerum 

naturaïa 



278 



NO — NOS 



110 
nid 

1*0 •* 

no*- 

1^ -If "^ 



'VXC 



'V». 






nostro 

nomen 
non dicitur 

notatur 

notahilis 

notandum 

nomine 
nobilis 
nope/la 
nobile 

nomen 
nobilior 

nomina 
nobi^ 

nohilissima. 
nohïlissimum 



Mmi n 



otahiliter 



Itob nohilior'd 

^^d^ notaihiUs 
'^^aUUp nobilis 



nôfif 



tumi 



*} 



fh^f^^SfuT non'dgesïmo 
ttClCCr nofant 



nomi/ii 

nomi/ia/£o 

no/niVtibu^ 

nomû^e 

nommati 

no/ni/iatif^um 

nole/if£2^m 

nol«//t 

nome/i 

nomi/iibus 

nonas 

non'Agesimo 



\^k^ 



i 



^ 



HOff 



nonarum 



notants 



nostrorum 



noster 



NO — NU 



279 






no/ias 

notdX 
notBtis 
noviXer 
notîf/a 



fyO V noy embris 

Hé' 

lUb numquid 



no5f^r 



nosfrt 



tir 



? 



-M. 

tirb 



nostris 

liostroTum 

nostrum 

nostra. 

natur'dvum 

nostra. 

nostro 
nostrorum 






nos 

VLumerwè 

naturAS 

nostra 

natiçitaiie 

nullatenus 



^%tiXat^ nativitaUs 
'^^'•y nominatwum 

■VMÛ 

itûa 

nu* 



nti 



■5^»? 



noUirfttS 

nihilnm 

nxxmerum 

nnntia. 

numerare 

numerahilibus 

nnmeratio 

nnmeraliter 

nnnc 

numerentur 

nngationem 



80 




NU 


— NUT 




!i^ 


numeri 




iwè^ 


nuirimentum 


-vJSfctd 


tmllatenu» 




«wJ»^ 


nutrimenio 


..^ 


nullùer 




tuin^ 


nutritiVe 


tl& 


numéro 




M^^ 


nutritiva 




nuptiarom 




nt^^^*- 


nuXriuntur 


'vuîi^ 


nuATterus 

















(^ 
^ 



obiit 

omnis 

objicitur 

ostenditur 

oportet 

oporteret 



(fi omnem 

^J oportet 

C omnisk 

^^ occurrit 







omni 
olei 



^ oojectum 



i; oleum 



O' omnium 



omnino 



opinio 



oratio 



^ objecXum 

lar^ opposais 

^ ostendiX 

tt%A 

^ opposiiSLS 

€P^ opposito modo 

^t%^ oppositnm 



om/iia 



ora 



282 



OB — OC 







on 



ohiit 
ohjicitur 

omnibus 

obliqua» 

obiii 

obligatus 

objecta 

obediens 

obedieniia 

obedïeniie 

obed'ientie 

objecti 

obj^c^um 

obedientÏR 

obicit 

obediende 

obligatÎQ 

oblectamen 
Xum 

oboXum 



Ountt 



-^ 



^tr 






^CCiO 



4>rrw^ 



OCCO) 



oblationem 

oblatione 

objectum 

objecta 
objectorum 

objicitur 

obstat 

obstantibu* 

obtmuit 

occsisione 

occidentali 

occasio 



OCClîxi occwlta 
iHOw? occidentsàtm 



occidens 



occasionem 
^Xi[^U^ occasionaiiter 



OCcetWiL occasione 



<K^ 



oculum 



oc — OM 



283 






éjx 




oc^o 
ocXobris 

OCUlV'A 

ociogesimo 



vI/CtliâXrO octuag<;5{mo 



oW 



^ 



odorem 



<^ 


o/w/ie 


c9 


ore 


'il 


om/zem 


Offc^ 


offt'c/a 


<tfp 


officm/{5 


cffiFT 


ofFf'c/i^iii 




om/îi 
originaXi 


olX 


omnxdi 


SiL 


omnùius 




omrnmoà'A 


<;it^ 


orie/if«li 


<S?tevi^^ 


Hyènes 



Owf Ori 

0U9 



gènes 



om/num 



(JttU om/âmmA) 



om/î«/iO 

om«i//o 
omni\wteni? 

omnipotenil 

omnis 

omninm 

oriuntur 



atvio 

Stpc 

mpti 

OUI 

or 



onyp 

omprf 



o\eum 



omnem 



omeli'd 



OTttlpl om/npo?e«ri 



'?^* 



om/2ipof«/îs 

om/îtpo/e/iris 

omnipotent 

omnipoXens 

omnipotenùs 



f- 



psalmus 



^ 


per 


f 


pra? 


? 


pro 


f 


posr 


/ 


priwM^ 


f^ 


poseesL 


^ 


^récognition 


p4 


possibile 
posteriora. 


f9*^ 


posteriori 


P^^ 


posteroTum 


Kî^*^ 


posteriori 



9" 



a 

r 

al 



U 



prohatur 

prohatur sic 

patet 

prœest 

prima. 

proptere'A 

persona 

prohatur 

primam 

predicahili^ 

probatione 

probabilitev 
personaliXer 



288 



pA pT 



f- 


[trsedicameniai 


V 


primo 


'-te' 


prima parte 


l}<» 


primo modo 


pro priniA 
parie 

\}ro secund'd 
parie 


^"1 

f 


^ persondjn 
primo 


partibus 


*' 


probatio 


yëCi 


pn'edicahiVis 


r 


probo 




pro tune 


û 


propositionem 


prœnotanâum 
proba/idatn 


f 


ponii 
pariter 


1 


pro ban do 




-pliciter 


^ 


per 50 


^^ 


p/ttra 




perso/te 
prime 




particular'i 
plures 


*^ 


probi 


f 


partes 




prident 


},»- 


précise 


prima 
primi 


T 

r 


PsalmisXa 
posi 


1 

f^ 


pr'vnum 


^ 


proMt 


^. 


primario 


4> 


prout paiet 



Pt _ PB 



289 






prxterito 

protestor 

paratur 

passibilis 

paralogismo 

passiones 

patient 

psissio 



rpassione 
I^A" • passive 

/»•** pacie/ite 



parab/t 



paeie/îf?/a 



Û^y&iC pdciencie 
PWÇ' perugitur 

pwj^ paladi 



ar 



^«■ 



6cv< 






pra?aIU^ata 

p^r^o/tam 

Pari^iMs 

parrocc/ue 

psissio 

passionihus 

pastoralihus 

paLteT^aL/nilias 

paLternitatem 

pRtrocinio 

publiée 

probahiliter 

proh'dtur 

prohdtio 

prohaibile 

prohahilitev 

preshyteraXus 

prœdicahilihus 

proble/wa 

49 



290 



PB - PC 



^ 


problemar/bce^ 


^'■ 


procerf/mr 


^s^ 


pablicaf/ow«m 




prxc^àentihus 


^* 


pra^benrfis 


procerftf«do 


1» J»a 

2f^ 


probafio 


^rtjp 


proce^sum 


^ 


probarto/ie 


^^^«t 


proce^nto 


^ 


proba/ionu/n 




proce£?2^nt 


^ 


presbyfer 


(3r«H* 


pra?cerfente 


3^ 


presbyreri 




procede«dtt/w 


rf 


procuratorem 


pra?cetf?eref 


■* 

f^ 


punctA 


fa,^ 


praîcecftt 




pracfica 


'rf 


pra?cepra 


H 


peccame^s 




perç^^ptïbiXis 


^a^ 


peccamen 


f«f 


percep^zo 


F^ 


peccafMw 




prœcipitur 


t?^ 


peccet 


j^a» 


percipiendo 


I?cf 


peccatai 


piït* 


prascipue 


t?cc3^ 


peccafa 


ycif 


praecise 


rS 


peccari 


#00 


prasdicaicio 


> 


p^rcere 


fr' 


pr^cipwe 



PC — PD 



291 



pctcvr 

Ci- 



>cun\> 



pra?cipic/ido 

prépcipï'mr 

procul 

proclama 

prâ?<f£cac£o 

proèacio 

prajrficacio- 
nem 

peccatis 

puncta, 

peccati 

procxirator 

procuratorem 

procurAtorum 

procuration i5 

procuvatorio 

procuratoves 

prssdicatur 

prodest 

prœdium 



perditio 

perdet 

produxit 

prsedictis 

prsedictum 

productï 



Î5^«C*^ pra?dicawenti> 



prœdicto 

perdicio 

perdicionis 

prodest 

pr8edes>\inatus 

prsedesXinadO' 

/2ÎS 

pra?determi/ia- 

re 
pcrdi^wr 

prœdicabilihus 

prodido 



^ prsedicationem 

prœdicare 



292 



PD — PF 



^9l-T Yirxdicatorum 
Vui ^ prxâ \camenXis 
ySlCDt/ \trψ\oaitionem 
^ùxiàtk prâ^dominan- 

i^JotTt^ pra^domifzari 
pS^À^ YirxdictOTum 
perdiVwr 
praedicifuT 

produnt 
^Fodxicuntur 

prodvLcendurn 



«IT 






pe/ia 

pe/iam 

pa^ebit 

pafebit 

peccu/zias 



yc^tpCt^ pe/icio/iem 
tîW pe/îi/6/ite/» 

pÛ4\ pe/^ife/^fta 






pe/ialif^r 

pra?einirtc/i 
tisun 

peremptorie 



pênes 

Penthecostes 

perentptorium 

pênes 

pensionem 

pe/ias 

Pentecostes 

peccato 

peiunt 

prgeexistens 

periecta. 
perîectissime 

perfectum 

perïectissima 
proîecdonem 
perïectior 



PF — PH 



293 



^H^ ^rofessio 

Jr^^ ppofessionem 

Prt prxferiur 

Où '^ 

J^^SDX^ purgaitionem 

$f progreditur 

jXpMfc prssgnantium 

V^Y' purgationem 

Vy/ philosophas 

Wl perhibet 

yn^v'T^ philosophari 

yhùX pharisei 

l^jMkc phUosophniiie 

ÇP» pro/>hc/a« 

pOC^ philosophie 

JP'j'^ prohemio 

jM^ prohibeX 

ItBC philosophi 

Jpy^ prohibée 






phy^ica 

phy^icz^/n 

phy^îcorum 

phariseï 

phi/sicorum 

philosophisi 

phy^ica 

prohibicio 

prohibïcionem 

philosophie 
prxhabitai 

philosophum 
prophetam 
prohi^^ndo 
prohibentur 

philosophe 
prohibetuT 
philosophas 
prohibei 



294 



PH — PL 



met 

mi 



ph£/050/7Au8 

prohi^uî 

phy losophii. 

physicam 

perïculis 

periculum 

perïculo 

Pictavi 

possidendi 
\ngnus 
pigrum 
perimitur 

personis 
Parisius 



m 



prsemissis 

prâ?/nîssa 

priyilegia. 

plaustrum 

proUs 



VCÔÂ 
4Zcw 

fCc 



plli« 

placer 

persondXis 

planetai 

pl«ra 

pXurdilUeT 

pla/iere 

p\anet2ivum 

plasmaffo/ie 

pleba/itt5 

plebanes 

pleba/tam 

plebano 

plehano 

puXchre 

puXcTitudixi^ 

planète 

persom\e 

pXenitudo 





PL- 


PM 


295 


fL^ 


pleba/tus 




\i[uraliteT 


yAtx^ 


ple/zite«<2me/n 




personsiliter 


-pÊ 


plz^res 


probaibiUter 




pla/iete 


^B-"' 


plurimum 


p/C>« 


pli/rimuiii 


l>tttt 


plura 


f^^ 


i^Xuriuuï 


^ 

^ 


penuhima 


ffôf 


Y\uralitaXis 


^é-. 


penultima 


tSm, 


plaH/we 


^ 


planetam 


^Ike 


plz^ries 


:plimiv 


penuhimï 


}/m. 


plztrimi^iu 


^ 


Plato 


nmila- piw'-ima 


)^lua 


plura 


f%^ 


l^Xerique 


_j)ia 


parum 




plura/îtas 


lom 


primaiiï 

j 


fy 


plerum^^e^ 


ritu 


• 

primuin 


plînô 


puliuo 


pmtrâ 


p^imit^Va 


iSfo 


Plafo 




primo moé£o 


pVo 


pulmo 


pyWVtÇ peremptoWtf 


jpfo^ 


paralo^/^mu^ 




possumus 


pli^în) 


Plâf^o/iem 


^mri 


promiiiere 



296 



PM — PN 






<»1 



17K 

r 



pertauiAtur 

]i€rmntabilis 

prseswntÎA 



lia 



me 



• • 



prmc/pia 

prînc{/>/a 

principibus 

prmcipï 

principii 

prinûipio 
principalior 

principaliter 

prîncip/tfin 

prœsentium 

pronomen 

principio 

principio 

principaliter 

princeps 
prseseniibus 






>yMCL 



pffiK 

pnlf 



pra?s«n//ap 

princi/>£» 

principia 

princi/Munrr 

prsesencïsk 

prsesencÏAliter 

principaliter 

probamâsk 

prâ^r^ndebalur 

prœdictindi 

pœnitennA 

prxseniia 

pœnitentiali 

pœnitentiis- 

personîs 

principali 

penuhima 

prsenotanàwn 

pro nomiAe 



PN — PO 



297 






ce 



tntuia. 

r 
1» 



prâ?no/ato 

prsesens 

parenium 

prœsentihus 

posêunt 

prsedictam eniis 

probant 

prœsentibus 

prêesenlsiiis 

prœseûte 

prœsenietur 

prœsentïsL 

praesentalo 

prasdicBmenio 

prsenumeraiis 

pennldmsL 

positio 

potius 

possessii% 









ez. 



1JO< 

pocUw 



^nu 






po/zi/ur 

positionem 

potentÎA 

ponAtuT 

possibilibus 

ponenAum 

potentie 

possibile 

potentis 

positis 

positifi 

poculum 

ponere 

positione 

po^i^io 

positionibus 

po5iti(^ 

potentialj 

potentiaiVà 



298 



PO — PP 



|Sâ 



twnîr 

p;9 



possessionum 

pontificalihus 

potentns 

ponentes 

pontificatu. 

posiiione 

potentialis 

ponuntur 

ponXifex 

pontificatus 

po^sunt 

possessor 
posterior 

potentidiTum 

poTtio 

porfaretwr 

porXionem 

potentiîis 



^ pos,.Me 
1^1 / po^essionem 



poss«55a 



po^^idenàum 
po^sessio 
'< po^^essionem. 



jWf^ possi6//ta 

P^Ur pOSS2//lt 

w^tr^ pontificatus 

pSfc potesf 

P<^ potair 

P^^ po5it2^<; 

Udtc'*' potentie 

^o^^ polente^ 

^f^/ pontificatus 

W papa 

^ pape 



1>P _ PPL 



299 



f 


propfer 


4 


proprer 


# 


popa/itô 


è^ 




T 


papa 


# 


propr/a 


< 


prop/erea 


•fT 


proprii 


^ 


propr/i55ime 


r' 


proprie/ate 


r 


popi^/um 


atî* 


proprïwm 


il 


popu/o 


r. 


propfer [^]oc 


V 


proprer 


sf 


propritts 


i"' 


propr/erate 


# 


papa 




pra?para 


pape 



pie- 



pape 

perpe/Ma 

propferea 

propriefafibws 

perpefwe 

p^rpe^i^um 

perpendicula- 
rem 

proprietos 

propriefate 

proprie^ata/w 

proph^^a 

pr^po^m 

parfic/pii^m 

propinquiorai 

praepositï 



populi 

pi^plice [pu 
blice] 

popuXuiïi 



900 



PPL — PQ 



r 



**^ 






popiilaris 

popifltts 

perpefttuni 

paujperuiii 

papam 

pra?po5i>io 

prâ?po5Û<o 

propo5£fo 

proposeVio 

propo/uVwr 

propo«ifio//e/M 

pra?po/ie/ido 

proposmo/ium 

prop05iV{<ni 

propo/iw«/ur 
propo5t/iorti- 

pra?po5£>î 

proposition) 
propo«if20/2i8 



il>i}W? proponw/ifttr 
JgûOi!t proporfto«ewi 

JP<«f^V^' proporc ion a 



propor/ion«- 
lem 

proporrio«a/i- 

ter 
propor^io/mla 




liter 
prâ^po/iattfi* 

propter 

praepositus 

prsepositus 

praspositus 
propWetas 
prseposàe 
prwposiii 

prêepositum 
prssposào 
prsepositu» 
pwrpura 

posiquam 



PR — PRO 



301 



r 



patev 

~pitur 
prœdicatum 

prxdicaLtUT 

personarum 

prœtere^L 

prxdicaLment'd 

primorum 

parrocckisk 

prœstaLtur 






yZCllMI parrami/ii 

pv«i«M^ patvkndum 
yvUJtuS prâ^^râns 



pxis 



J5 



♦% 

it 



presby<«r 

preshyteris 

pâtre 

prasdiesiretur 

probsLTe 



Y 

pu 



prese/iria 
pr^siet 
prêter 
patri 



^^Tt ppêsdicskti 

!l>n probdiTi 

pt*iiV pâma 
yvxCK^ patri^Tchdi 
yyt^k^s^J^ pVYSielpaMs 
pLIol^ pa/rimo/z^ale 

l3 priviltf^ia 
prâ?cf£cafum 
pa/ernttm 
pa^erno 
parvockisXx 
parvockiaXis 



(^Vdfffiv^ parrochiarum 









profeto 
pra?rogafeVa 



302 



PRO — PS 



ÎJWUV 

P 

Vf 



prorogaU'o/iem 

prohi^ens 

parroni 

proyerbium 

panris 

parruo 

pars 

p«r5o/iis 

psalmus 

psalmus 

psalter 

prsesentibus 

posset 

possunt 

personaiS 

primas 

proèas 

ps&lter 

psailmiste 



fa» 

jipr 



.^tr 



fw 






P 



)st 



psa/mo 

pra?se/if£bu5 

prajseri'a/ido 

pri/nis 

psa//7ii 

prâ?/7i£5SÎs 

psa/mum 

psa/mo 

p05S2t 

preshUer 

preshytero 

preshytero 

prxscrïptio- 
nem 

prosequitur 
prœsentiaLin 
prsesentia. 

persequutio 

possibiliier 

psalmus 



PS — PT 



303 






prassentia. 
prsesens 
pluxe- pra?sente 



^JO ^ersonailiter 

yuX^ ^ossessione 

personaAiter 
^ersonaliter 



'p / (y2J Tpersonavum 

rtjrfpto pra?SMppo5ito 

J?/W persxitlsse 

VyUS^ persusLsibilis 

]^^\^ partibus 

Ijr parium 

Pt po5t 

t)t[ potest 

S^ prote^for 



^ 



po^tmoc^t^m 



-piaf 

27fCt6^ pofestati> 

IttàiCC pofestate 

l^tlt poïesmte 

pVt?^ pateôtt 

l>rc ^vl^ prâ?terit« 

^rro^ patebit 

^tcrtîP protestafiowi 
' bws 



proXestatur 

pa\£t 

pertinet 

protestataL 

probaint 

praedicaXur 

potesX sic 

proXestaXur 

prseXereù. 

potesXaite 

porXdiçiX 

prœdicaLXat 



304 



PX — PV 



vê^tM prothomarty- 

ptV ^otestaù 

'jPtXK i^erùnet 

l^tl partiaUs 

Dtv particttla 

'«I©^ prapterimm 

VrCL ^arXACipatiofi^ 

(Vix^ ^rseierUo 

JXL^ partie ipatio- 

"T ^ nem 

"QXX Y^arXXculavis 

^tif ^ariïculariter 

JïcC^ pariicipave 

Jj(|p partia/iter 

pt\C* participiMin 



• . • 



pnctp participafio 

l?tlcB^ particulariter 

jjnnS* pertine/îfia 
jJtOfl prxtorem 

t)tOi37 pr«rftcatio/iis 



4 _ 

pnir 



v. 



T 

«s 






prap^i^^ator 

poiesiBtiP» 

praeterquam 

pcrso/iatuw 

patuit 
praîrficatur 

naternitas xes- 

tra 
Proverbiorum 

prouf 
puer 
^rasvalet 

pura 
pufa 
^nblicum 

nixblici 

pnblicnm 

projoriuw 



I. 



<^^3i£^^ ^royerbloTum 






privata 





PV — 


PX 


305 


jbvJxd 


pra?varicaffo 


r^ 


priyilegium 


pllô'" 


pnhlica. 


fiuir 


privileglii 


ys^&P 


puhlicum 


x>u\Q\S> 


priwilegia 


«Hcsct: 


prasnunciai 


^111^1^^ 


prlyUegiorum 


^i*^.*. 

^à^^ 


prudentiai 


rfiÇ" 


puriss/mi 


y^rix 


^rudenti'd 


piiCiu^ 


priyilegium 


^9^ 


prudenter 


-puo 


prlyatio 


ff 


prowenit 




priyatio/iem 


fu^ 


prseyenienie 


inioue 


proyocatione 


4^^ 


proyentus 




Purificationis 


yn$H: 


pugnanÙA 


^:7 


prout patet 


j^Ul 


probaLwi 




proxi/na 


Cl %%• 


priyilegiuin 


i« 


prox«//2i 


purifatem 







20 



•^' quasi 



1 


qz<â? 


f 


quœ/que. 




quod 

qui 

quœdam 


^ 


quœ 


3. 


quant 




qui 


t 


quod 


î 


quod 
quantum 



^ 


quem 


^ 


quern 


i^- 


que 


•9 


quia, que 


T 


quia 


f 


que 




quatenus 


quitus 


«> 

^ 


quitus 


\^ 


quicumque 


f 


quœritur 




qu2L 



308 



QA _QD 



i 


quae 


t 

fi 


q Ma/71 
iliiSilibet 


f 


quRque 


f 


qi/a///as 


r 


q/<a/7ipis 
quatuor 
qu^/i/as 


ff 


quAliiatis 


^ 


. q«a/«ter 




qf/a/iftVatis 
q/za/itas 


r- 


quod sic 


/ 


quidem 


a 


qwQ 


<%*- 


qware 


c 


qwem 

qeei 

q//ir/ 



t 

tt 

4 

1- 



1 



qiiiéif 

quasi 

qua/i/ttm 

quandoque 

quoque 

quoque 

quomodo 

quorum 

quœriX 

qusesiXi 
quSLntitatixwn 

quemaidmodum 

quemaLdmodnm 

quemadmO" 
dum 

quem'ddmodo 

quïbus 

quicquid 

quxdam 
quasi diceret 



QD — QN 



309 



r 



quidem 
quod 

quoddam 

quadrupliciter 
quod'dmmodo 

quodammodo 

quodammodo 

quoddam 

quAdranguli 

quando 

quadruplex 

qusidrupedia. 

qu€ui 

quasi 

qusesUum 

quilibei 
qualis 

quolibet 

qualecumque 



iitt 
oo 

ri 



qualîras 

qualiter 

quaïitev 

quem 

quoniam 

quomodo 
quomodoUbet 

quaesumus 

quando 

quin 

quoniam 

quAntitatis 

quskntitaie 

quinque 

quandocum' 
que 

quoniam 
quandoque 



310 



QN — QU 



WÛ quotiens 
ChiL quantum 
<(IU\ê quantîfas 



qumymo 
O^ quwstio 

<k>C^ quœstioneni 



1 






qua?5r£onis 
quorum 

Cir quarto 

OUpX quaprop/er 

ciCi quoque 

^Cfi quanquam 

Ajf^ quave 

ù%fi^ quœritur 

<J? quseritur 
^ ^ *K 

ûWtiO querimonisL 

CI y qusesumus 

(ïlè quis 

art quasi 



f 



.O? 



ouÂc 



quaienus 

qudXenus 

qudXenus 

qudinXUatiye 

qua/iti/as 

quatenus 

quœsXio 

quaXenu% 

qua/itum 

qua/i^uam 

qua/i/er 

qxxalitaXem 

quadra^esimo 

qua^i 

qndlihet 

quare 

qxxdXenus 

quate/ius 

qxxoniam 



QU — QUO 311 



OUO quo/wam Q^Q^ quomodolil^et 

qd^ quomodo ClUi^^Vf quomodoUbet 

/jûS^ quoque 4U^) 



quoniam 



R 



t 


re 


^ 


Tecipe 


r 


reddite 


p 


rei 


v 


'Tum 


-t?' 


-Tunt 


^ 


TequisUus 


ve- 


respoi^detur 


-r^ 


-ret 


r*' 


régula. 


t^ 


regulAtivus 


t^ 


Tegulam 


r-f 


rationaiUs 






7 



régulai 

reverenàarum 

reverenài 

régule 

reguXare 

responsorium 

reverendissime 

regimen 

reverenda 

regio 

responsio 

resurrectio" 
nem 

responsione 



4 


Rt 


— RE 




^ 


régulai 


1^-»'^ 


reci/>i«/idu/n 


^' 


vespondeX 


*ci**^ 


recrirttifme 


^^ 


respectas 


l«k^* 


r6cî/>iens 


-r 


rétro 


?cC^ 


recifata 


^ 


respecta 


'^op^ 


rtfcipitwr 


^ 

1 


relatiysi 


rcxî 


r^cifàt 


i^»»* 


reaLlissimsi 


vntu.*^ 


rectitudinem 


^ 


realiter 


tm 


rectum 


me? 


racio 


^^ 


rec/or 


1^ 


realis 


rti 


recrws 


iSte 


rationale 


'îcfaà 


rectores 


-M^ 


realiter 


véîti 


rectus 


tttinêr 


ramulus 


tl^Hâ^ 


reddendo 


rôô 


ratio 


-fi^c 


responde 


lUE&ir 


ratiocmatione 


jrN^*^ 


reducitur 




respondehit 


vfe^ 


redundantiam 


recta 


f»u4 


reducendum 




résurrection 
nem 

recipiendo 




r ecor dation is 
respondere 



RE — REP 



315 



rtâe 

^tj^cayi^ recongnitlone 
reddendum 



redditur 

redeuntes 

redemptioni 

redu/ida/i/ta 

refecit 



respondetur 

requiritur 

reverendi 

realiter 

respect}! 

regulativA 

respecnyum 

realtter 

rémanente 

recresLtio 

récusai 

receptiwum 




ySsSs 




^-n?. 






regenerabitur 
regimine 




^Vtflf regttlarem 
^pld^yUU reg2sn:*a. 
IMf^ rehabere 



ra*? 



-uf^ 



-^ 

(jv^%%«'^tj respoxiderx 
ySlj^ remoçendo 

xctw 



remissio 

redintegratio 

relicta 

reWgiosis 

reWgio 

rexnedium 

removet 

remanet 



reprohatio 
reprehensibile 
replicandi 
repletio 



316 



REP— RM 



n^^ 

^ 



ttti 

TtKa 

TV* 

tsct 



repug/ia/ires 

reqttiic/a/n 

requiWt 

resurrectio 
resistere 

residen^ia 
resolvibili 

restituitur 

restuuiio 

resiitutio 

reslitutione 
retiftet 

recenti 

reti/ient 

reientio 

reûciendi 

reïert 

regulis 
regum 



tâk 

^1 



regUur 
regnum 
rtt^rica 

rationalis 
vegulu 
regulAta. 
relahitur 
relat ivus 



religionem 



regularihus 
relinquitur 

reiationis 

teproduceneUe lii^> 
^«râ? %igiUaUt 

Teproducejuitg Mtf 
terx iigillaUe 

relati^a 

relaXorum 

remanet 



RM — RO 



317 






"P*^ 



wrj 



veguldimur 



remedium 
rememoraitur 



reminiscentidi 



^HUt<i remittemus 

yZtx "^ respDndetur 



y^A 



1 



remotionem 



respondet 

respondendum 

respondeo 

vesponsio 

respondent 

respondit 

respondehit 

respondit 

respondendo 

vespondemus 

responderi 



vviê 






crar 



respondere 

respondens 

responsum 

responssdis 

responsïo 

regulantur 



ftxt^L^A repraesenians 



mtir 



tX) 









respondenùs 

ratio 

rationem 

ro gamus 

rationem 

Roma 

rationSibiXe 

ratiocinando 

responsio 

rationabile 

rationahilitev 

Roma/?os 



318 



RO — RS 



rociT? 



tocmZ 



ilSar 



rationabiiiter 

rationàbilihus 

rationabiiiter 

ratiocinium 

TatiocinaLtio 

ratione 

Roma/te 



Yxrv 


rafio/ii 
Romana? 


vonL 


rationi 




Ro/nanorwm 


t^ 


Ro/7ia/tos 


RP 


respublica 


^ 


rescriptis 


^ 


veprseseniet 




repetu/i/wr 
reprehe/îrf^'t 
repra?5enfat 
reprae^entanài 



lypt^ rescripiis 
VTTtT réparât 

Y^jP^wboT repuraba/it 
cpUjJtl repugn^z/it/a 

Vy •? requireret 






tr 



o 
Vl'fTl 






rerum 
vevum 
rerum 

resurrectio 

resurrectio- 
nem 

regularem 

resurrectio- 
nera 

res 
regulsis 

resurrectio- 
nem 

responsnm 

resurrectio- 
nem 



RS — RX 



319 



0&' 



t'Ttl restitutione 



reseryantur 



1^*- 



^ 

^<^'»*' 



veguldXur 

rétrograde 

rcthor/ce 






r^^u/atîf'a 



ruèro 



rêvera 



t*H4>Vi4^ revocare 




.^• 


^anctl 


c 


scilicet 


^ 


sunt 


^ 


signurn 


^ 


secundum 


f 


siiiginis 


1 


sive 


/ 


solidi 


/ 


secundus 


i» 


sequitur 


ȕ 


%ed 




sed tamen 


# 


signa 







suprd 



summa. 



substantinliteT 









SIC 

significet 

significsitur 

sicud [sicut) 

suhstantie 

sib\ 

secundis 

secundum 



• • 



/ 



t«&v 



sanctissimi 



signlficandi 



ai 



322 



So_sA 



p 


secundo 


r 


sermonem 
sermone 


S' 


simiiiter 


S^ 


syllogismus 


r 


significai 


0* 


significaii 


f 


sit 


r 


significate 



û^ 






îto 



sa. 



fi 



significalur 

sanctitatem 

subjectï 

significaio 

simplex 

substantia 

secunda.m 



/ICzT sacrawe/îtu/n 

p&6&^ sabbûrîs 



i*" ^T ' secundaLTie 

>d9 



sacrame/i^al/s^ 
Oc sacrame/iti 

fujC / sacerdotibus 
4*XC'^^ sskcerelotahs 



SAcerdoXe 
saLcramenio 



Caèritt. 



n^C 






sacrifieia 

sacrile^ii 

sacrame/itwm 

sacra/7te/tfa 

sacrame/ins 

sacrame/ifttin 

sacram^/z/o 

sajiguine 

sanguis 

sajigumem 

sanguinis 



SA — SB 



323 





&alvatione 


ré 

fl,) 


SRtisfactione 
suhjectum 


fÀ^"^ 


salf^ator 


(i^ 


suhstantia. 


lûlIîT 


salama/idra 


fSlr 


suhstafttialiter 


fui on 


sailuteiu 

Salomo/tis 

Salomon 




substantivutu 

sabboft) 

Sttbdeleg'arû 


laPotie' 


Salo/itone 


(^ 


SMbyecfe 


6ûf? 


salutem 


«^ 


suhjecti 




salu^arto/i^/n 
salya^âsr^ftam 




suh^ectionem 


ùnî 


Salomon 


tot;f"ct 


suhstaniiîs 


fcwei 


saniguinem 


ftJîïÛL 


substantiva 


fSi^S 


serçandum 


(tnuôr 


subjective 


Uf 


saptV/iffa 


fta^ 


sublimitSLS 


Apt^ 


sapîe/ztM/» 


fl5'n 


subjectuin 




sapîe/zr/e 
satis 




aubstantiAm 
subposito 



324 









j^.^ 



SB — 


se 




su b«trac^/o- 


ffffxé 


s/z/icrîfica/io 


nem 
suhiilitaXem 


fcur 


scientus 


Qanctus 


K 


scïiicet 


scilicet 


iSa 


sanct'io 


sa/ic/a 


faJ^ 


sa/icriora 


significaiciones 


jcSti^ 


sa/tcfiones 


sanctns 


Û^ 


suscïpiendum 


significsii 


f^ 


sancds 


scrihitur 


^ 


sanctissimi 


secundsL 




scilicet 


secundum 


F 


secula 


sancte 


\dip 


secuXum 


sce«it [zénith] 


rdn 


seculari 


sanctl 


(cm 


sanctum 


scienÙA 


/B 


sancto 


scientifica 


^.H 


significacio- 
ne m 


scienier 


If? 


scriptum 


siccitaXem 


i¥^ 


scrlpXis 


scïentia. 


\\^nfe: 


' scr'ihituT 



se — sp: 



^1 




sanctus 
sa/icmarii 
sa/2cms 
sequitur 
sequeretur 
sepe 

sequeretur 
separatA 
pP^^ sensiti\e 

l^jhtt/ secundum 

M^OlA^ secula 
B^IXWL seculore/A72 
ti^ sed^ 

I^Ul semi/ia 



fcî? 






seminis 

semel 

semen 

sein^l 

SenecA 



ftp* 

H- 



325 

sensibilis 

separanâ'i 

septime 

septentrionalis 

separabiWsL 
sempitemum 

separAhiliter 

sépara ^/li 

sep/£wana 

separatio 

sempiternaL/n 

sepiimanaL 

sequenti 

seq^uifur 

sec[uentes 
sequu/ilur 
sen'dius 



16 


SE. 


— SI 




ff 


sexagena 


(Ut? 


sicci/ate/Tf 


if*r 


sufdcii 


i^ 


siée 


f^ 


suflVrit 


fisf 


sigillo 


«^ 


significuiio- 
nem 


f«*> 


singularibus 


i^éxc 


significahit 


«jrt 


significet 


fqpvt: 


signipcant 


^ 


singulariter 


(ftit 


significations 


^ 


significat 


jg» 


significaiive 


^^ 


significAcio 


|t 


secundi 


Smko 


sigiWum 


a^ 


simplicem 


ftffi 


significatio 


f^ 


sicud 


/F 


significaXur 


{& 


^imbolo 


éit 


siliginis 


c 


si/z^ulos 


fit 


si/nul 


<t-- 


s'imilior 


^ 


similiai 


^ 


singularem 


$b& 


simulacione 


^ 


sïllogismus 


9»^ISnt 


simulant 


1^' 


sïcut 


fi^ 


simuÏRt 




simplex 


(^ 


sil/aba 


A^ 


sïcut 


PQ 


simile 



SI — so 



327 



fttU 



s 



S 



S 



s 



s 



s 



Y/^ 



s 



s 



s 



s 



s 



militudi/iem 

miVui 

militudinem 

miVi modo 

llogisnium, 

gilhi 

Wabii 



Uogismus 



miliier 

milni 

mplicissimix 

mplex 

mplici 

mplicitev 
ngularihus 



n^i^la 



ngulares 



nciifegore- 
mafice 




t|W. 



^XkL 



r 

pmcb 



? 






simpliciter 
similiter 

simul 

substantiAlis 

salutem 

simiiem 

solutio 

salutem 

subjectum 

summum 

sine 

senteiitidi 

senteiitidinào 

sentenndi 

sententns 

solutio 

solum 

solet 

so/a 



328 



SO— SP 



(ta» 

f.y. 

r 

{fit 



%ophistic^m 
so/um 

solidotf 

sollemp/ii/a/£< 
bi/5 

sollirfVe/^me 

soIum/Tioé^o 

%o\utio 

%o\\xmmodo 

somp/i/um 

se/wper 

sanctissimi 
patris 

speciem 

spiritum 

simpliciter 

super 

simplex 

spAâ?ra 

spa/ia 






^**' 






speriaZ/bMfi' 

spa^/um 

sp^c/a/eiri 

sp«cèa/is5/me 

sper£a/i/<?te 

speciahVer 

sp<W/us 

suspecta 

specie 

spécifie e 

speculatiy» 

specialiter 

speculatiyo 

spécula 

specieï 

species 

spirituali 

simpliciier 

spiritihus 



SP — ST 



329 



ffo 

4552^ super'ior 



S|)a//o 

spo/isalia 
spec/osa 
s^wpcr 
se/ppr>.s/to 

spirittt 
sp/W/u's 

sp^ctami/5 

sp/r/m 

spiW/ua/i/c'i" 

sp£rz>ualium 

sp/r/rus 

sifper 

^uperficlem 

superûciehus 

superhabuTi' 
dantiaim 



•m 



secundus 

Spiritus sanc- 
tus 

substantia 
sensus 



sy//^ba 

s.pecies 
subscripsil 

subscnpXis 
se/2 su 
senssLtio 



(FI 

0iA 



sensïbiliter 
sensibiluaie 
se/isit 
se/tsit/t^a 



supernaiturali- 
ter 



«^ SM/ît 

(ittt^ stabe7/fate 



330 



ST— S Y 



«faiwtr 



stabilîs 
stSLiutunï 

Stepha/ti 

stomacho 

stipiilaf/o 

siomacho 

siomac/ium 

sanciiiati wes- 

siye 

sumus 

superius 

su/nma 

suhstantia 



t^-wW7* sub sîgillo 

fUCc succéda 

fU(M successio 

^flf^ Y sufficie/i/ta/w 



tuf 



sufHciens 

suffîci>/2/«r 

sumifur 

swnpùone 

supplicatio 

snperiorihus 

supponitur 

s u pplicationi- 
hus 

supp/ira/idi 

suppo//e 

suppo5//um 

supposf'r^o 

suspecri^rn 

symonia 

syllogismuA 

synony[mià 

symoni'àoo 
symptîhoma%?L 



t 1 


iuni 


dL 


lalis 


t> , 


ialiter 


r9 1 


iernpus 


f 


ienetur 


î? ' 


ienet 


tr 1 


ienent 
tertia 


tf^ 


ta lia 


rT 


iernpus 


é^ 1 


iriplicis 



une 



estis 



C 

X" lune 



^ra. 



triplica 



terne 



^f Xempore 



» 

r 


tibi 




triplici 


r? 


trinitatïs 


^o 


triplo 


7?<' 


temporis 


a 
T 


tertio 


^ 


tripliciter 


é 


tempus 


? 


triplex 



332 



TA — TE 



XBl' 



tik- 



tiJL 






tivt 



isniigiiur 


rctf0 \ 


irtidenâo 


tabula 


)fe , 


iraditur 


tailiier 


cÔfSSi 1 


ir'Aductionem 


Vàngit 


-te 


-tiVe 


Uilis 


rf" 1 


te/ie^ur 


talentsi 


t^i , 


ienet 


XaAenium 


rc^ , 


iempore 


isAiier 


tt2^ , 


ienesLtur 


tam«/i 
ta/i/uiD 


mu 1 


ienehrosiia- 
iem 

ienemur 


trîan^uli 


mi^ 1 


ienentur 



^^Qff 




M 



te*? 



fi 



tribus modis 
tabula 

XrihuXatio 
Xunc 

irdiCtalus 
Xercvane 
Xrdiditio 
Xantumdem 






eo/ogia 

e/ieor 

emplum 

emptatione 

emperantie 

emptacioni 

empXaLtionem 

estamenxi 



TE — TL 



333 



«ai 


test//no/in 


te|^ 


testî/no/2£ttin 


tt(biO 


testi/no/i£0 


tswn. 


tesU/no/2{tfiii 


teft^ 


testa/Tie/i/tfiii 


ta^ 


te/ietwr 


C$Ay^^ 


thesauri 


é^ax^ 


lhe.9aurttm 


t^^ 


the/na 


t^e" 


theo/o^ia 


^i 


themattô 


d^^ot 


theo/«û^ie 


4>^ 


theo/o^/car«/w 


^^ 


IraluVttr 


l 


ler/w///i 




\uu\as 
lifi/lo 


iT 


l^r/unu 



te 




y 



((ut 



\tulo 

ertia 

erminutnr 

erminabiVs 

ermïndiio 

erminsiio 

imidus 

erminum 

ermÏTio 

erminum 

ern vio 

imorem 

erminis 

ermineiur 

itulum 

alis 

aie 

ali 



talinm 



334 



TL — TO 



te;;^ 



ta Uni 



«Rf* 



transeiiffte 



wu? 


taiûer 


^TTII 


tam^/i 


«5- 


tantam 


iSn> 


tantum 


h 


ierminum 


tk 


iertium 


-t» 


'tivum 


éoMl 


terminïs 


vb 


tamen 


w. 


ISLUtum 


tSi**- 


transmutationi 


tS*^ 


irsLïisitus 


ma. 


iertinna 


'C'ÏM. 


trinitote 


ntr 


tenentur 


^^* 


trginsmutabiVvd 


t«p° 


transmutatio 


mT* 


iransmutatum 



i!\^/T/^ t r a n ssuhstan* 

i tÎAtéo 

tHP^ transcenditur 

«a* 



^0 



•Dlfl 



m 



.<v 



"ÔWl 



TotnT 



1* 



transi/to 

translaft'o 

traLnsmutatur 

tranismutatio 

iotam 

totius 

iota. 

totaliter 

totum 

iotiens 

toto 

toUeraôile 

tolUtuT 

lerminorum 

torneamentum 

toialiter] 





TP — 


TU 


33E 


¥ 


tempus 




tcmpram«r 


trt. 


lrip//ci 


tpî^ 


tempore 




tripliciter 


T^ 


tempore 


^^ 


temporale 


r 


tempu^ 


(tSE 


tempor'd 




tanquAm 




tempera t'd 


^. 


terris 


^^> 


temporalibus 


p^ 


terminus 


fp<l44^ 


temper'dntiai 




trsinslationem 


r- 


tempus» 


-r 


tristitia. 




tempore 
trapezoides 


rc 


tristissima. 
tituli 


-^ Su 


turpitudo 


rw5t" 


tMicionx 


f^ 


tewpla 


ndt^ 


Termlli«/ï«^ 


4^ 


tripUciter 




turone^i^w 


tgîFl 


temporum 


tUjeîSvM 


> 

1 tMrrihulum 



V 



werbum 



v< 


Yersus 


^f 


un us 


^^ 


yidetur 


-tt; 


yalet 


f 


y aient 


*yt}. 


yidelicet 


n 


utrique 




yerum 



\) 



t. 

a 



<v 



yerdi 

u/za 

yere 

ubi 

yerbi 



tHJ ubicumque 

A> ^ u/îi^oca/w 



^^ 


v/rmte 


v'i 


u/iiVer5rtli 


'W^ 


yerbum 


A7^ 


unum 


^ 


utrum 


u 


yero 


v"" 


uno modo 


;^^ 


ylrluosus 


II 


yidelicet 


-ta 


yera. 



vue yerba. 



22 



338 



VA — VI 



Vd^ 


ya/«f 


Vl*" 


variât 


wn"^ 


variaffone 


vf 


yohis 


^ 


yerhum 


v^**- 


yerhi gratis 


ttc^ 


unctionem 


/VcÇ^ 


nbicumque 


-v-^ 


ve/ud [velut] 


-vc^ 


yeniali 


'vet^ 


\enit 


wi*- 


yendidit 


lUgï» 


yegetabile 


va* 


yen'ialiter 


c^fr 


yerïtatis 


AJCwiu 


verisi/wïle 




yelis 


licier 


yelud [velut) 


•^^w 


yenerabili 



9^0 




»^ 



^f 



-^t^ 






^^ 



yeneraLbilibus^ 

yenerabilis 

yeneno 

yero 

yestimentuïa 

yirginis 

yerbi gratis. 

yirgini 

yirgine 

yirgimtaiem 

yirginis 

yerb'i 

yinï 

uniuscujus 
cumque 

y'idetur 

yidelicet 

yïgifia. 

yidesLtur 

yeritatihus 



VI— VL 



339 



^W>' 


yerlficaLtur 


Vi 


viri 


-Vt^) 


videlicet 


y^'> 


yisionem 


^ 


u/iîras 


VI *■ 


viwt 


vt-' 


u/îi^ersa/tt«r 


vV^ 


verimte 


<vt5*<^ 


u/iîmtem 


Via*^ 


yicinum 


VtCKt. vi/tcula 


114^^ 


y'iciovum 


'vîâr 


yiâendurn 


8^ 


yidelicet 


«là^ 


vide/idi 


iiuia 


yidelicet 


in^ 


yidelicet 


*tfi^U 


yidelicet 



1^etp virorw/w 

If 

'>î>\\5 verdis 



vists 



v\fX 
vtîa 



^l^ yi^Hi'A 




yeri%\mi\iteT 

yisionem 

vel 

yalete 

yalet 

ultima. 

vel sic 

ultimo 

universale 

yeluti 

unii^ersalium 

u/îfVersalia 

yellet 

ullo modo 



340 



VL — VO 



vCtt 


uniuersaliter 

ultr/ni 
ult/o/i^m 


T^ 


vcrwm 


■«lu 


verftwm 


VHtluoT' 


umb/Hcum 




\erumpiamen 
\idemus 


^vtC 


unde 


■Vtt 


unum 


W*^ 


yenerdhilihus 


c«M^iP 


\\x\2Lnim.\Xer 


<Vn^ 


iinde 


Vuytit 


vinguentum 


5U^ 


nmver^is 
■ nmyersitaXis 


J^'iM»^ 


Il no morfo 


vî^ 


\identur 



^ 



^^^ \erbo 



C^ 



i»» 



iT 



^a< 



110 



VO 



•^ 



yocAtiir 

\olunt'drie 

vo/tt/i^as 

yolendo 

\ocabu\is 

\olens 



yerhorum oh II- 
gatione 

yoXuntaXem 



Cf^^^ yoluniSiS 

ttcF 

IKHily yolatllibus 

^oBS Yocalem 

^Ofô^ vole/ifes 



uc(r 



folwwt 



V^m*^ vocanmr 






vero 






yerborum 

yocdilitev 
yoluntas 

vorat 



vo — vx 



341 



^ 



vocales 



WCl^ YoluntiiXh 



i^ 



jySkoOÛ wocatorum 



/ 






\estra paterni- 
tas 

yestev 



yidetuv 



yestra. 



westra 



'^W5ik Tk' westre sancti- 

^ tati 

yXXVn yestrum 



■"If 

Mk— Ut probatur 
'Vî^ ut patef 



yestre %ancti- 
tatis 

\erus 

wesperaLS 

usque 

wirtuose 

yerhorum si- 
gnificatione 

VLsquequo 






à/ 









utrumque 

xxXerque 

xxXrîique 

ut 5£C 

\\riuXum 

utrum 

ut diciX 

\xXendo 

nxWitev 

yocaXivum 

ut supra. 

wirXuosior 

virtu^es 



«J^ vu/t 



vcrv«x 



O^J^a^ vulg 



Wille//WMS 



ant^r 



uxor 



;*' 


ÇAiristus 


?" 


Chmms 


à 


Qhristi 


i» 


Qhristum 


Y* 


CYiristo 


Tt 


decimo 


«• 


Chm/ies 



IMW^ Chrwriana* 

IClill quadragesima 

%P^ Christum 

^JM€ Christe 

JC)ftf^ CYïTiste eleison 

JfM Christi 

If^ Christo 






y 


ymnus 


yà) 


ydo/t^a 




ymaginari 


-uV 


Ye*«ie 


^JW 


ymaiginandum 


ycTc 


yemale 




yconomum (œ- 
conomum) 

yâentitaiS 




ymRgin'Atio 
ymagine 


yS&>^ 


ydentitaie 


yr"^ 


ypothecA 


y9^ 


ydeoma [ydio" 
ma] 

ydempdtAS 
ydiomatum 




Ypocratet 
ypothetice 
ysoceles 



^oAL zodiaci zf zmziber 






D ou 9 



t 


contra. 


r 


contraria 


i- 


contrariuvc\ 




contrarioTum 

-. 


f 


considérai 


conveniaX 


57 


consequentra 
Xenet 


conceài 
concedo 


f 


commune 


r 


consequentie 


?^ 


communem 


f? 


conclusionem 






^f^ 



nt 



î 

f 

f 

f 

9^ 



ÛZ^ 



commun! 

conveniez» 

conceptum 

communicatio 
complexio 

conclusio 

conjunctio 

cognitionem 

conclusionem 

conclusione 
comment4Uor 

communitev 

commeniatO' 
rem 



346 



9«B_yCU 



r 



.Hd 



? 
f 



<li6 



rd 



3ftin 



conséquent faU 
suia 



• •- 



contingiX 

comparuiX 

composixis 
composiXsL 

concepùhus 

consequentïs 

composiXo 

commentaXoT 
composiXum 

concepXus 

complexio 

congruA 
conçeniann 



^^ concurrente 



concurriX 

communicaibi' 
Us 

communicsitio 












net 

ocfé? 






conceditur 

concedendum 

concedl 

concedunX 

conceptionis 

conciliuTà 

cognïclo 

concïpitur 

concluditur 

conclusio 

conclusione 

conclusionis 
concluditur 

communication 
nem 

concomitanXer 

concordantiis 

concorÔAiitia. 

contraiCXus 

concupiscentisi 



^CU — 9G 



347 





co/i eu pisce/î- 
cortfradic/orw 


^^^ 


conàÀtici 




conditio/iem 


condicio 


obV 


conditionïs 


9^ 


conditio 


f^V 


conditionem 


acâm) 


conditLone\v\ 




communem 


communem 


ûenx- 


conçenïennaLin 


Jeu 


convenïentia. 


«fefiîf 


coni^enïendum 


(^ùn^ 


convenienlem 


^ 


conçenientem 


r 


conïertur 


^ 


coniirrnatur 


C^ffO 


conïessio 



4\ 

93^ 



te- 



y 



■V 






con îirmation is 

confirmation 
nem 

conîectionem 
conîessionem 
conïessoTum 

con (raternitate 

conîuse 

cognoscitur 

cognosch 

cognoscendum 

cognoscendi 

cognitionem 

cognitionem 

cog/iopit 

cognïtiyus 

cognitio 
cognoscere 
congregaXis 
cognixï 



348 



9GC — 9P 



<? 



^$^ 


cog/iicio 


ojtn 


coHgnieiïiiit 


9SC^ 


congregatto 


<^:> 

^m 


cogno^ceret 


;ir" 


) 
cognoscere 


^ 


cognlium 


iè^ 


cogniùçtttH 




contraihit 
contrahunt 




communi 
contrarium 


^^ 


contrarïetaie 


^^ 


communium 


Sut^ 


c&ntrarietaie 




co/i/rario 


9^ 


communUev 
communlter 


o^ir 


congrulk 


^t%r 


coi^ectur%»> 



OSl connuentat9r 

Ml committere 



commntnhiiur 



/^TOlll communi 






^\a 



9^ 



xBl 



mr 



fp 



consequentiA 
conseguentium 
conveniencius 
co/isequencïz 
commune 
consequenci^ 
communi 
communiter 
^onsequenter 
conséquent 

communiouenk 

communier 

convenientiot 

com |) reh ensètd" 
le 

com\^osi\i\ 



^Pt _ ^SE 



349 






^n£ 






^tkë^ 



>m. 



2T 

"0 



cowptttum 



cognoscere 



comparahile 

comparatio 

compara tiVe 

comprïratio- 
nem 

compeùi 

comparareiur 

competeret 

comprehensi- 
bile 

compréhension 
nem 

compleTii 
compXetorium 
compXetorio 
compXementum 

complétive 

compXexio 

compositio 

compositionem 






a. 

T. 

if 




ÔN9 



comparatio- 
nem 

compost fa 



compositum 

composita. 

com paratio- 
nem 

computRtione 

computando 

conqaeritur 

contrarium 

conveniret 

convenive 

convenivi 

conséquent 

conveniens 

consulibus 

contrRrietas 

communia 



C\/CCV/ con 



secracio- 
nem 

}^^ consecravit 



350 



9 SI— <?V^ 



c 


con^xderatur 




conXempnenào 


1 
1 


r 


considérant 


^t^ 


continuât. 


! 


T'*^ 


àum 
considerantur 


Oti* 


continenti-A 






co/tslderatio 


^^ 


continentîhus 




considérations 


c/c^ 


contingentihus 


' 


Tf 


considerari 




continue 


<i 


^1. 


considérai 


û1t7 


continuum 




ÎP' 


consoXatio 


^tot^ 


continens 




3^ 


consùtuitur 


St^ 


contingens 




9ft»» 


consiUutio 


at^ 


continua 


1 


MiiS 


constiiuendum 


oit* 


contingit 




?/^ 


consuetudo 


continente 




2^ 


consurnmaio 
consumntiUio 




continentiaLnt 
contuniAciaL 




f 


convenii 


9^ 


contumaciànt 




V 


concepXus 


<PflUi 


co/2tumax 




conùnet 


jjîie- 


conyertib'àis 




i 


commu/iiter 


ûâ'««' 


conyersione^ 




^Ôi^ 


co/îtradic/oWa 


^ 


congruum 





^VE — 


9VT 


35 


yfUC^ commune 


^tl** 


çommunicare 


^fy^^^ conYenit 


j^ 


commxmiXer 


4VtCv convenientia. 


jvcè 


conçeniwiX 


9ltt commnni 




conyerùbiXis 



ABREVIATIONS 



FRANÇAISES 






aihouiant 



a caiuse 



aLCOUSUimé 
aLcquéreur 

acqui^mon 

admodiateurs 
adjoMrn^ 

adrec/^e5 
afferes 

ixmende 



Cm^^m apostolique 

'^yo o^/***^ appe//ans 

appellations 






appartient 
•Apparienant 

article 

archidiacre 

arpent 

arrérage 

assapo/r 

ass/s 

23- 



354 



AS — AU 



1P 



€Ka!S 






assignation 

Assigner 

ass»e 

avoiV 

avoir 

Autres 






aLUCtorisée 
audi'r 
Aultre 
autre 

avoit 
anitrement 



B 



boisseau 



^^ haiimage 

/M/ biche/ 
'^à-^ bien 

bourgeois 



*f 



H 



boîsseâ^u 



G^%/M^^ Bourgogne 



«r 



boulant 



bout 




csLUse 






^ 



capitulaire 



cause 



caiunon 



ce dit 
cheç'al 



^O ^^yr^ \ chappifre 

d^lM^y^ chapirre 

çIm^ chec^ah'er 

m^v^ chepah'er 






Cil 



vc 






che(>alier 



^ 



cm ^ 



char/re 

choses 

châjcun 

cinqe^â^/ite 

clerement 

coMrt 

cognaissance 

cognaitre 

commis 

communie a 
tion 

col/af£on 
coWation 
colI^^iVzle 



358 COL — COP 



CùQ0bf} collafion ^««<-^Wh 

SmS? commettons ^^^ 

êfi ^j^ 

€^^^ conseiller» Cl^p copie 



condamnaiion 



contenttnt 



& 



con/ro/eur 



D 






dit 

deniers 
demandeur 

damoiselle 

d^ATTérages 

dairnièrement 

d'autre 

d'un bout 

d'un costé 

dicte 

déclaration 
deffaut 




deffunt 
deffendeur 
^SttS dehu 

oéU demourant 

CteV*^^ demandant 

vXHwX^^^ demandeura 
4!S^V•4ûCè demorant 
^^mcw demourant 



Aeniers 
depen<^/ice« 

depporàion 

dépens 

Aevenière 



360 



DE — DU 






derrière 

desdits 

dessus dit 

dès mainte^ 

want 
dessus 

dessus dit 

^*^ desservir 



denement 

d'h^6ita/<on 

dWWgences 

disposition 

dxsXvent [di" 
rent) 



dernièrement 
domicile 
données 
dorénavant 



v)'«v^ ^^^^'^ dixième 



d'u/ie part 
duquel 
devant 
d'un bout 
dudir 
d'uR^ part 



Ë 







encontre 

enfants 

église 

enq^ueste 

ensuit 
enyïron 

épiscopal 

Ëstif/i/ie 

eschoir 

eschequier 

escuier 



estant 



49ra esdits 

^H})-^ esglise 



esXevenant 



ff 

^^[y enXerigner 

^^^9X/ éve/îgiles 

Vie. 



e/iviro/î 



exécutoire 



extraordinaire 






» . • 




•ognS> 






execMfto/ï 

exécution 

exécution 

exécution 

extraordinaire 

exploit 

exposant 



F 






(eu 

(emme 

fait 

faiso/is 

(aicte 

(ère 

(ébi^rier 



JjQ (tance 

§Mr (aire 

f^^ (rère 

Jnp^ (romeni 

n4j\0^^ fromc/it 

' \/^ (Mxent 



£)^h^ garder /^^tvA^4/^t^^ 



grieiment 



^T^ 



^. 



garantir 
gouyemement 



As 

gfossoyee 



9^^ GenepiVive (^y^ ^^^^^ 

Q/ïi grosses 

généraux 'yyK 

ÇHAÏe ' g^n^ral Oi«i^ Guilk«me 

générdXement 





H 




h^râable 



habitans 
^«^ hoirs 






habitans 



héritage 




wCtkop habiiaLtion 

^iHs/r homme 

j/^ ^ honneste 

honnorahle 




héritier s 
huictie5me 



iehan 



iehan 



xnis jadz5 



ustrissime 



impétrant 

\our 

\ouxfe 






\OUT 

\ugement 
\mng 
\ugement 
\uri diction 
\ur èrent 
\nsques 



R 



■tet 



ïialendes 



t 



livres 




Véxécucion 
licencié 



wS^ 



licencia 




it^ ' licence 
^-^ttâ-^*^ lieutc/ia/it 




lieuxtena/itô 
livres 

VoTàonnance 
le({uel 

lettres 
lettres 

livres tournois 



M 



X^ 






maistre 

mémoire 

manuel 

msL/'esié 

Magdeleine 

maintena/ir 

mando/is 

mandeiu^/z/ 

mur esc h a\ 

matières 

mardi 

mère 

mectre 

mémoire 



mesmemene 





monnote 

mondit 

monseigneur 

monsieur 
moustier 
moins 



N 



^ 



^ 



&» 






ne 

nope/nbre 

nécessité 

nénntmolns 

nécessitez 

nul 

nous 

not'ewbre 

notre 

noble 

nommé 
notre 



CW^'O^^tT^ notera (/lo- 
(N taire) 

/■^Lt/tbi"^^ notteres (/io- 
^ ta ires) 

notre 



nommes 



nonobstant 



nosseigneurs 



nosseigneurs 



notaire 



notredit 







noft'e Dame 
noflre strc 
notre seigneur 



24 



o 



^ 



obéissance 



^h^Z4Sy obligea/1/ 



ûCtf 






octave 

ofiïcier 

offices 

officiai 
opposition 

opposition 






ordonnance 

ordonné 

ordinaire 

orront 

outre 

oultre 

ouvriers 



pa î ^pA^A .TH^n*VU37yJjt^.5lî^., 






procureur 



^'y^J Pierre 









paiero/ît 

par cha5cun 
pdiVToisse 

parochiûle 
prehstre 
procureur 
procéder 




procès 

procession 

procession 

percher 

prochain 

prochaiinement 

procureur 

parcydevarit 

paràevanX 

prier 

Paris 

parlement 



372 



PL — Pï 



^*m3? 



parlent c/ft 

plusieurs 

prem'ièremeni 

permission 

péremptoire 

premiers 

présence 

prétenda 

présens 

présent 

présentes 

présentement 



jXK/n^ présentes 
^^ j pour 



possession 
possessioN 
possession 



ïï 



'.p 



F: 




propres 

propriété 

proposer 

proposent . 

propres 

paroisse 

présidiail 

proclamAiion 



principal 



*" part 



promecta/ir 

pan^onaîg^ 

proucha^/i 

P/erre 

parroisse 

prise»' 

prescription 

personne 

personne 




PT-PX . 373 



prowsion 



/lO^ partie J^^jff 

'^trf!r^ prothomartyr f^^^P puissaw/ 



parties J^Z^ P'*'^ 



f,^ 



iS 





. ^A «X. 


5XB\I* 


X <X 


c^a luu « 


c ^A^«à Ka 


31t Wf 


^o. 




a*t 


^* ^ , ^>-»%|* 4k 


i^Lî «mltt,. 


% v^ 








St\ - 


4^»A «1 








a' v\ 


*-. ^LâM «it. 


■5%^ W* ^ 


Xb 


, ^-x-^c^ X<]^ 


5l« 


X <|Aik^*Aj« 


?x% «% Lb. 





%«*s ^^^f^ 







/^p^^K^ qu'elle 
(^1^^'t^Uy^ qwelxcowqwes 




qaVlz 

qwelqwe 
qttittzV 



R 






renonçant 

recommandé 

receveur 

raisonnable 

raiisonnàbles 

rappareiller 

réclamation 

recommanda" 
ftons 



^VAiiiàf recognut 
Mi^^^ registre 



rellation 
relation 



rellation 



fCyWMJ réwéraince 
4^"^^^ royal 



remo/2fra/2ces 

renonçant 

réponse 

réparation 

repr^sentans 

reqweste 

réserve 






samf 



sols 



sire 



seigneur 



serçira. 



serwce 



samct 



seigneuries 



serai 



sstchent 



saicrement 



salut 



scayoïr 



|ômcp 



susdicte 

sire 

semhlablement 

se mestier 

s'ensuit 

sentence 

sepmaines 

septembre 

sergent 
sergent 
Saint Jehan 
signet 
salut 



378 



SO— SU 



somme 



<î< 



I^IHaV souhsigné 

|oû&^ soubza^^ 

AtUCImIa sove/ites fo/s 

fOu/rv sou(f/5a/ir 

IpaAiMp sp^ciaulx 



seiffneur 



seisneuriaA 



F 



seigneurie 



sont 



sols tournois 



suhgiet (sujet) 



successeurs 



supp/eant 
suppl^a/ts 



ta) 

uûSb 






tournois 
tournois 

taibellion 

tabellion 

taibeUion 

tierce 

terme 

témoins 

tenant 






CL 




tendant 

tesmoins 

testament 

toe^rnois 

total 
touchant 

toussains 
très grant 

trespas5er 



veuçe 



%M^ vMant 

lAiU^ valloir 

3^DuA4λn)S verbaleme/ir 



l^ZùS^ 



vendeurs 

venant 

yendredi 



V 



VÙ\4/% U.4-^ 'S'SUri0> 



H 



vergées 

vicomte 

vigne 

vonlonté 

verront 

vostre 
veuve 



xm ^ 



2t^^^ Christophe TP^f^Ht^ chr^/ienté 

f£kMi!Si chrétienne VA^^n^t^ Chrûiofle 



3 ou ^ 



I- 



- 




r 



comme 

contre 

comme 

communauté 

combien 

co/i/ractée 
condamnons 

condamné 

condamnation 

condempna^ 
tion 

commandons 



^M^^mSAr' commande- 
C ment 

comme 



yV^^ClP commençant 



mmende 
ment 




c ommeun e 
ment 

commisseres 



complainte 
comparoir 
compte 
comparuz 

contraire 
consentement 

contre 

contenant 

contenant 



ADDITIONS 



P. 9. Kaulek (J.) et Plantet (E.). Recueil de fac-similé 
pouvant servir à l'étude de la paléographie moderne 
(xvii® et xviii® siècles). Paris, 1889, in-fol. (24 planches 
en photogravure). 

P. 20. Nous avons cité comme un des plus anciens 
exemples de l'écriture onciale l'inscription dite du 
Moissonneur. M. Châtelain , dans un mémoire intitulé 
r Inscription du Moissonneur y et dédié à M. A. Héron de 
Villefosse à l'occasion de son mariage (in-12 achevé d'im- 
primer à l'imprimerie lithographique Blane Pascal, le 
24 avril 1889), a démontré, par des raisons tirées de la 
paléographie , de la grammaire , de la métrique et du 
style, qu'il convenait de faire descendre cette inscription 
jusqu'au vi® siècle de notre ère. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Préliminaires. 

§ 1. Définition de la Paléographie 1 

§ 2. Les diverses périodes de l'histoire de F écriture 

en France 3 

§ 3. Bibliographie 6 

§ 4. Origine de Talphabet latin il 

Chapitre I. Période anté-garolingienne. 

§ 1. Ecriture capitale 15 

§ 2. Ecriture onciale .^. . . . 19 

§ 3. Ecriture demi-onciale 22 

§ 4. Ecriture cursive 23 

§ 5. Minuscule mérovingienne 25 

§ 6. De l'écriture des actes 33 

§ 7. Ecritures étrangères à la France, dites natio" 

nales 34 

Ecriture lomhardique 35 

Ecriture wisigothique 38 

Ecritures irlandaise et anglo-saxonne 40 

Chapitre II. Abréviations 45 

§ 1. Abréviations par sigles 46 

§ 2. Abréviations par contraction intérieure 48 

§ 3. Abréviations par lettres suscrites 53 

§ 4. Abréviations par suspension 56 



386 TABLR DBS MATIERES 

§ 5. Abivviations par signes spéciaux 58 

§ 6. Signes conventionnels 64 

§ 7. Remarques sur quelques lettres 65 

§ 8. Lettres conjointes , enclavées et monogramma- 

tiqucs 69 

§ 9. Notes tironiennes 72 

Chapitre III. Réforme carolingienne (ix*-x* siècles). 

§ 1. Manuscrits 75 

§ 2. Chartes 85 

Chapitre IV. Période post-carolingienne. 

§ 1. Manuscrits 89 

§ 2. Chartes 92 

§ 1. Manuscrits 97 

§ 2. Chartes 102 

§ 1. Manuscrits. 111 

§ 2. Chartes 118 

§ 1. Manuscrits 129 

§ 2. Chartes 136 

§ 1. Manuscrits 138 

§ 2. Chartes 142 

XVI* siècle 144 

xvii® siècle 146 

Chapitre V. Signes auxiliaires de l'écriture. 

§ 1 . Ponctuation 149 

§ 2. Signes de corrections 151 

§ 3. Accents 152 

§ 4. Chiffres romains 153 

§ 5. Chiffres arabes 155 

§ 6. Notation musicale 157 

Chapitre VI. Matériaux'Et instruments de l'écriture. 

§ 1. Papyrus 163 



XI* siècle 



XII* siècle. 



XIII* siècle. 



XIV* siècle. 



XV* siècle. 



TABLE DES MATIÈRES 387 

§ 2. Parchemin 167 

§ 3. Papier 173 

§ 4. Tablettes de cire 175 

§ 5. Encre 177 

§ 6. Stiles et calâmes 181 

Principales espèces de manuscrits 183 

Dictionnaire des abréviations 189 

Abréviations latines 193 

Abréviations françaises 353 



Mflcon, imprimerie Protat frères. 



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