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Full text of "Manuscrit d'Etienne Du Val de Mondrainville, magistrat et armateur caennais, 1535-1578. Publié pou la première fois avec une étude sur le manuscrit et des documents nouveaux par Gabriel Vanel"

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Du Val de Mondrainville, 
Etienne 

Manuscrit d'Etienne Du 
Val de Mondrainville 



ÛC 

801 

C11Û8 



MANUSCRIT 



D'ETIENNE 

[)\] VAL DE INDRAINVILLË 

Magistrat et Armateur caennais 
— 1535-1578 — 

PUBLIli: POUR LA PREMIÈRE FOIS 

AVEC UNE ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 

ET DES DOCUMENTS NOUVEAUX 

PAR 

GABRIEL VANEL 

Ancien Magistkat 



^" ^0 ^ 



CAEN 

LOTIS JOI'AX. ÉDIIKIR 

Libraire de lu Société des Antiquaires de Sorniundie 

i)8, 1«UK SAlNT-PlKllIiK, 98 



1908 



Extrait des Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, 
Arts et Belles-Lettres de Caen (1907). 




MANUSCRIT 

D'ETIENNE DU VAL DE MONDKALWTliE 



7'iré à 75 exemplaires. 
50 e.veiupldires seiilemenf mis dans le commerce. 



DU MEME AUTEUR: 

Kn N'ohmandie. (^HOQi'is MAKiTiMEs. — Paris, Houvcyre, 1887, 
1 vol. in-12 (épuisé). 

I/I">t;i.I.SE DE SECyHEVILLE-EX-liESSIN. — Le PrIEURÉ IlE SaINT- 

Gabiuel. — L'Eglise d'Ussy. — • La Croix de Ghisy. — 
L'Eglise de Jort. — L'Eglise de Beaumais. — Monographies 
parues dans la Xormandie Monumentale, Le Havre, Le 
Masie, éditeur. 

Journal de Simon Le Marchand, bourgeois de (2aen. 1(510-1693. 
— Caen, Louis Jouan, 11)03, 1 vol. in-8" .... 10 fr. 

Recueil de Journaux caenxais. 1()()1-1777. — Rouen, Lestringanl, 
1904, 1 vol. in-8" 12 fr. 

Mémorial de Philippe Lamare, secrétaire de Dom Gouget, 
bénédictin de l'abbaye de Fontexay. — ('aen, Louis 
Jouan, 1905, 1 vol. in-8" 7 fr. 50 

Remarques de Nicolas Le Hot, avocat au IJailliage et Siège 
présidial de Caen. 1(580. — (>aen, Louis Jouan, 1905, 
in-8" 2 fr. 

Tuois Mémoires du lieutenant général du Portal sur la N'ille 
ET LE Château de Caen. 1759-1771.— (^aen, 1905, in-8". 2 fr. 

Etude sur la prise de (Cherbourg par les Anglais, en 1758. — 
Caen, Louis Jouan, 1906, in-8" 2 fr." 

Hemarques de Jacques Lk Marchant, conseiller garde scel au 
Haii.i,ia(;e et Siège prkisidial de Caen. 1(580-1738. — (]aen, 
Louis Jouan, 1907, 1 vol. in-8" (qiu'l(|iu's exemplaires seu- 
lement) 15 fr. 



Pour ji;ir;iilrf iirai-liniiifini-iil : 

Huit annéics d'IOmkjration. — Souvenirs de l'abbé G.-.l. Martinant 
DE Préneue, chanoine de St-Meiuiy, cubé de St-Lambeht de 
\'au(;iiiard, DI-; Sceaux et di-: St-Li:u. 1792-1801. Paris, Li- 
hiairif :u':i(li'Mii(|iif i'cnin cl C" , 1 vol. iii-S". 



MANUSCRIT 



D'ETIENNE 

DU VAL DE MON DRAIN VILLE 

Magistrat et Armateur caennais 
— 15 3 5-1578 - 

PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS 

AVEC UNE ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 

ET DES DOCUMENTS NOUVEAUX 

PAH 

GABRIEL VANEL 

Ancien Magistrat 



""^^ 



CAEN 
LOUIS JOUAN, ÉDITEUR 

Libraire de la Société des Antiquaires de Snrniaiidie 
98, RUE Saint-Pieu RF-, 98 

1908 



DC 




ETUDE 
Sur le Manuscrit ll:i in-f' de la Bibliothèque de Caen 

ETIENNE DU VAL 

d'après de nouveaux documents 



I 

Nous n'avons pas la prétention de refaire Fhis- 
toire de la vie d'Etienne du Val de Mundrainville ; 
cette étude a été Tobjet d'un article de Georges 
Mancel, et, plus tard, M. Gustave Dupont, dans le 
tome XV du Bulletin de la Société des Antiquaires 
de Normandie, a donné, de ce personnage bien 
connu, une biographie basée sur des notes laissées 
par du Val lui même, notes qui, Jusqu'à présent, 
avaient été peu ou point consultées. iM. de Beaure- 
paire, dans Caen ll/usfrr, a également résumé ces 
études. 

Les notes de du Val, restées inédiles, ne peuvent 
prétendre au titre de Journal: elles ne sont, en 
effet, que de courts alinéas, écrits sans ordre et 
sans aucune préoccupation de style, ni dintontion 
littéraire, sur (piebiucs feuillets duu livre de 
comptes in-foli(i, d"où elles unt (Hr' tlt'lacbé'es. 



4 KTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

Ces feuillets, qui sont au nombre de dix, ont 
conservé les numéros du registre; on peut lire 
encore, bien qu'atteints par le couteau du relieur, 
les chiffres 300,... 302,... 309, 310, 311, 312. 

On voit par là que du Val avait inscrit ses men- 
tions, qui, très certainement, ne nous sont point 
parvenues entières, dans le corps et à la fin d'un de 
ces grands registres dont il se servait pour sa 
comptabilité commerciale. A leur suite, il avait fait 
transcrire avec soin, car l'écriture en est beaucoup 
plus lisible, les donations faites par lui aux églises 
et à l'Université. — Elles sont réunies sous le titre 
suivant : « Osmônes et donaons fêtes par le dict 
Estienne du Val, des héritages et rentes qui emuy- 
vent et de V acquisition des dictz héritages », et 
comprennent sept feuillets. 

Cette partie du manuscrit, bien que n'offrant que 
la copie d'actes passés devant les tabellions de Caen, 
présente cependant un réel intérêt. On y rencontre 
des renseignements précis sur plusieurs person- 
nages de cette époque et sur certaines maisons de 
Caen; de plus, nous y trouvons, avec tous les détails 
et toutes les conditions imposées, les différents 
contrats par lesquels Etienne du Val avait rétabli à 
Caen le Puy du Palinod en loo7. 

Le registre des Rectoriœ, conservé aux Archives 
du Calvados, ne contient pas ces contrats et ne 
donne qu'un énoncé succinct de la donation. 

L'écriture de du Val, dans ses notes personnelles, 
est fort difficile à déchiffrer. Les alinéas, jetés sur 
le papier sans aucun soin, écrits souvent très vite, 



DE LA BIBLIOTHÈQl'E DE CAEN 5 

avec un enchevêtrement de traits et dabréviations 
peut-être pittoresque, mais certainement d'une 
calligraphie par trop originale, ressemblent à des 
hiéroglyphes qui nous ont longtemps arrêté. 

Nous n'aurions même pas p\i arriver à une lecture 
absolument correcte, sans Taide amicale qu'a bien 
voulu nous donner un jeune élève de l'Ecole des 
Chartes, M. Norbert Sauvage, auquel nous adressons 
nos bien sincères remerciements. Le manuscrit, 
collationné ligne par ligne, nous paraît maintenant 
offrir un texte sur et délinitil". 

Sans entrer dans l'ensemble d'im sujet qui a été, 
nous le répétons, traité avec autorité, nous voulons 
simplement nous bornera étudier certaines parties 
laissées de côté par M. Dupont et à rectifier des 
erreurs qui, dans plusieurs passages, avaient quel- 
quefois dénaturé le sens des notes de notre auteur. 
De plus, nous avons eu la Itonne fortune de retrou- 
ver, dans les Registres du Parlement de Rouen, 
deux arrêts, qui donnent la solution d'épisodes de 
sa vie, restés jusqu'ici inconnus. 

Etienne du Val fut un des hommes les plus consi- 
dérables de son temps. Toutefois, s'il parvint à une 
haute fortune, si les honneurs et les distinctions de 
toutes sortes se réunirent sur sa tête, il ne fut p<»ur- 
tant pas à l'abri d'accusations et de disgrâces reten- 
tissantes. Deux fois, au moins, il fut l'objet de plaintes 
graves, de concert avec plusieurs des princijtaux fonc- 
tionnaires de la ville, ses deux frères, le grénetier 
elle curé de Cursy, sa sœur Marie, «pii avait é|)ousé 
Jean de Prétouville, « notable marchand ". dit 



6 ÉTUDE SUR LE MANISCIRIT 113 IN-F" 

BourguGville, le sieur de Biiron-Moges, procureur 
au bailliage, Jean Malherbe, son beau-fr^re, lieute- 
nant général, Pierre Le Bourgeois, sieur de Béneau- 
ville, lieutenant particulier, Guillaume Désobeaulx, 
son cousin, et, plus tard, Guillaume de Malherbe, 
conservateur apostolique des privilèges de la Facul- 
té. On voit qu'il se trouvait en bonne compagnie. 

Emprisonné une première fois par les ordres du 
Roi et du chancelier Poyet, le 14 octobre 1539, il fut 
traîné de prison en prison, avec ses soi-disant 
complices, jusques à Tarrét qui mit fm à la procé- 
dure, le 18 mars IMO. Il s'agissait du mariage de sa 
nièce, Anne de Prétouville, avec Nicolas de Moges, 
procureur du Roi au bailliage. On l'accusait de 
lavoir, en abusant d'un prétendu mandat, mariée 
par force, sans publicité et même sans le consen- 
tement de son père, qui était mourant, et qui 
décéda pendant le banquet donné à l'occasion du 
contrat, à ce qu'on prétendait. 

On n'a, pour élucider ce triste procès, (ju'un 
commentaire fort couri et assez vague du vieux 
juriste Terrien. MM. Dupont et de Beaurepaire l'ont 
cité, mais il ne nous renseigne pas suffisamment 
sur les causes du procès, causes qui, d'après M. de 
Bras, un contemporain, procédaient d'une appa- 
rente vindicte. M. de Bras, d'ailleurs, se montre très 
sobre d'appréciations, en dehors de cette phrase (1 ). 

(1} Il n'y a pas que M. de Bras qui soit sobre d'appréciations 
sur du Val; Huet ne lui consacre en tout que six lignes de ses 
Origines, ce qui est peu. L'abbé de La Rue a sifrnalé cet ostra- 
cisme dans SOS notes inédites: «II est étonnant, dit-il. que 



DE LA BIBLIOTUEQUE DE CAEN / 

Il pouvait, toutefois, avoir ses raisons pour garder 
un silence discret, car le chancelier Poyet était 
de ses amis et le nomma, on 1o41, lieutenant du 
bailli, en remplacement de Pierre Le Bourgeois, 
sieur de Béneauville, Tun des accusés. 

Quoi qu'il en soit, Etienne du Val fut condamné, 
avec ses complices, au bannissement en la ville 
d'Avranches et à Tamende honorable, en plus de la 
confiscation de ses biens. Cependant, il fallait que 
la condamnation parût bien rigoureuse, ou que ses 
motifs restassent fortement discutés, car, deux 
mois après, des lettres royales firent remise de 
leurs peines à tous les accusés et les réintégrèrent 
dans leurs (> biens et honneurs ». 

Ici, nous devons relever deux erreurs commises 
par tous ceux qui ont parlé de ce procès. 

En premier lieu, on croirait, daprès le manus- 
crit, et c'est ce qu'ont écrit MM. Dupont et de Beau- 
repaire, qu'Fltienne du Val ne bénéficia que des 
seules lettres patentes du 1^1 mai lo40. Ces lettres, 
par parenthèse, furent vérifiées le 7 Juillet ioio et 
non pas le 29 mars io48, comme un la dit, daprès 
une mauvaise lecture d'un chiffre. Cela eût été 
d'autant plus étonnant quà celte époque, Fran- 
çois I*^ qui les avait accordées, était mort. Mais 
d'autres lettres de grâce intervinrent, ce qui prou- 
verait quo les premières n'avaient pas rt''glé toutes 

M. llii.'i III' iiarli' pas (rKlii'iine Diival. -.iciir ilf Momlraiii- 
villfi, qui, le premier, dota le Palinod de 2i livres do rente en 
lôTiT et d'une autre rente de 7 livres en l.ôTfi ». 



8 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

les questions. Nous les connaissons par le texte des 
arrêts postérieurs, où elles sont citées, textes qu'on 
n'avait pas consulté jusquïci. 

Etienne du Val fut l'objet de secondes lettres 
patentes du roi François P', datées du 8 juin 1341 et 
vérifiées le 20 décembre de la même année; enfin, 
de nouvelles lettres, qui furent les dernières, don- 
nées à Paris le 17 mai 1542 et vérifiées en la 
Chambre des comptes le 29 mars 1543. 

Ceci donne à penser que les premières, qui remet- 
taient, comme le constate un arrêt du Parlement 
de Rouen de 1569, « Etienne du Val et les autres 
dénommez, en leur bonne famé, renommée et 
biens, toust ainsy qu'ilz estoient auparavant », 
n'étaient cependant pas aussi catégoriques qu'on 
le croyait. On peut, en effet, constater que les pre- 
mières ne faisaient remise ni des amendes, ni des 
frais du procès, qui se montaient à des sommes 
considérables. Les autres réglèrent-elles ces points 
importants? C'est possible, mais, en l'absence des 
pièces, on ne peut que le conjecturer. Toujours 
est-il qu'elles touchaient nécessairement à l'état, 
aux biens et à l'honorabilité d'Etienne du Val, 
puisque le Parlement de Rouen les fait intervenir, 
en les citant comme preuves, dans une poursuite en 
diffamation intentée par leur bénéficiaire contre 
un nommé Marguerite, de Falaise. 

En second lieu, on fait toujours épouser Anne 
de Prétouville, par Jehan de Moges, procureur du 
Roi à Caen. arrêté en même temps quÉtienne 
du Val. 



DE LA RTBLIOTIlÈOrE DE CAEN 9 

Or, il non csl rien. Ce nest pus Jehan <le iMoges, 
mais son frère consanguin, Nicolas, qui épousa 
Anne de Prétouville. On avait jusqu'ici confondu 
les deux frères. On avait ouidié aussi de consulter 
les sources et VÉloge 24. de Cahagnes, consacré 
à Nicolas de Moges. Du reste, d'Hozier, dans son 
Armoriai, Michel Béziers, dans ses Mémoires, 
La Chesnaye des Bois, dans son Dictionnaire, etc., 
sont d'accord. 11 ne peut y avoir aucun doute; la 
preuve en est facile. 

Nous remarquerons dahord que Jehan de Moges, 
procureur du Roi à Caen, nYdait plus dans cette 
ville en 1589. Le 5 mars L'iHT, il avait été nommé 
lieutenant général d u Itailli de Rouen. Jehan de xMoges 
ne pouvait donc figurer en cette qualité, à Caen, 
dans le procès de io39. Quel avait été son succes- 
seur? Précisément Nicolas de Moges, écuyer, sieur 
de Buron, du Breuil, de la Haye, d'Estouteville et 
autres lieux. Dans son Éloge 24, Cahagnes dit en 
propres termes < (pie Nicolas, frère consanguin de 
Jean de Moges, rrnonra à la robe ». Cette démission 
n'est i)oint pour nous étonner, ajjrès Farrèi de 
1589. Il est vrai que la grâce royale intervint et que 
ses finances seules eurent à souffrir, mais il nest 
pas moins vrai aussi qu'il lui était difficile de con- 
server sa charge après un tel scandale, même 
immérité. 

(>' (|u il y a de [dus M/arre el ce (|ui a été, en 
effet, souligné par MM. Dupont cl île Ik'aurepaire, 
c'est que le mariage entaché de raptet de violences, 
ne fut point cassé et qu'on n'y toucha pas. Et puis, 



\0 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

comment concilier cette prétendue contrainte exer- 
cée sur Anne de Prétouville, avec ce passage de 
Cahaignes, fort explicite à tous les points de vue, 
passage qui, jusqu'ici, n'a pas été cité? Nicolas de 
Moges, dit-il, « passa à la campagne une existence 
honorable et vécut jusques dans un âge fort avancé ; 
heurpux auprès dp .s« femme, qui, outre les grâces 
de son sexe et ses qualités éminentes, lui avait 
apporté de grandes richesses; heureux dans ses 
enfants qui sont revêtus des dignitez de FÉglise, 
attachés au Parlement de Rouen, ou voués à la 
carrière des armes.... Mûri à Fécole de la bonne 
et de la mauvaise fortune, Nicolas fut rangé au 
nombre des hommes habiles et sages ». 

Dans ces derniers mots, Cahaignes a voulu faire 
allusion au procès de lo39. Mûri à cette éc(de, 
Nicolas de Moges l'avait été, et l'on peut dire que, 
s'il abandonna volontairement les fonctions pu- 
bliques, ses concitoyens ne lui retirèrent pas leur 
confiance et leur estime ; ils confirmèrent la sanc- 
tion des lettres royales en l'appelant à Téchevinat 
le jour des Cendres de l'année 1541. 

On peut ajouter que ces époux, dont le mariage 
était entaché de rapt et de violences, selon l'arrêt 
de 1539, vécurent de longues années dans la plus 
parfaite union, ce qui s'accorde mal avec ces pré- 
misses. Comment, d'ailleurs, expliquer toutes les 
données contradictoires que présente cette aM'airo. 
quand on l'examine de sang-froid et sans parti 
pris? Nous sommes trop loin des faits et nous 
manquons trop des documents nécessaires pour 



DR LA BIBLIOTIIÈOL'E DE CAEN M 

[jouvoir émettre un avis formel en pleine connais- 
sance de cause. 

11 nous semble toutefois (|u"il ressort de Ten- 
senible des faits des présomptions suffisantes pour 
attribuer ce factieux procès à la rancune de rivaux 
politiques et aussi de candidats évincés, qui étaient 
surtout scandalisés de n'avoir pu épouser, en même 
temps que la nièce d'Etienne du Val, ses biens 
considérables. Il paraît également très douteux 
que le père n'ait point été consulté. Le contrat de 
mariage, dont une des clauses est relatée dans 
Y Armoriai d'Hozier, portait que les parents d'Anne 
de Prétouville, « fille et unique héritière de Jean de 
Prétouville, écuyer, seigneur d'Ifs, et de Marye du 
Val », s'obligeaient « d'accoustrer leur dicte fille 
sellon le lieu d'où elle partoyt et le lieu où elle 
alloyt ». Ceci semble pourtant bien indiquer que 
tout le monde, aussi bien parents que futur, étaient 
d'accord. 

De [)lus. nous voyons qu'Anne de Prétouville, 
devenue dame de Moges, resta toujours intime- 
ment liée avec Etienne du Val, ce qui se compren- 
drait difficilement si le mariage avait été fait par 
lui contre son consentement. En 154"). elle est la 
marraine de son fils Jacques, en compagnie de sa 
mère, Marie du Val. Et c'est cette femme qui aurait 
accusé Kli<MUie d'avoir nbusé de son autorité 
d'oncle et de tuteur ! 

Il y itiiiail lu une anomalie (ju'ou ne pourrait 
expliquer. 

Nous touchons maintenant à une accusation bien 



42 ÉTUDE SIR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

autrement grave, qui fut portée contre Kticnne du 
Val et d'autres personnages de ses amis et parents 
au mois de juillet 1555. 

M. Dupont, sur la note du manuscrit qui relate le 
fait en lui donnant pour cause une « invention 
d'envye », se contente de poser la question sans la 
résoudre. « Quelle était la cause vraie ou supposée 
de cette accusation, dit-il? Sur quels faits reposait- 
elle? Quels étaient les délateurs? Autant de ques- 
tions restées obscures et que la note du manuscrit 
n'est pas faite pour éclaircir ». M. de Beaurepaire, 
qui le cite, ajoute: «Le nom des coaccusés nous fait 
supposer qu'il s'agit encore d'une suite de la pre- 
mière affaire ». 

Il y avait pourtant à tenter une recherche toute 
indiquée : s'assurer si, dans les registres criminels du 
Parlement de Rouen existant à la Bibliothèque de 
cette ville, on ne retrouverait pas les arrêts ou un des 
arrêts rendus sur cette accusation. C'est cette re- 
cherche qu'a bien voulu faire pour nous l'érudit et 
obligeant secrétaire de la Société de l'Histoire de 
Normandie, M. P. Le Verdier; grâce à lui, l'arrêt défi- 
nitif de d555 nous est connu, et nous savons de quel 
crime étaient accusés Etienne du Val et ses complices. 

Malheureusement, les pièces de la procédure 
flevant le Bailliage de Caen, les arrêts préparatoires 
et de renvoi sur l'appel devant la Chambre crimi- 
nelle de Rouen n'existeni plus. Il eûtélé intéressant 
de connaître la teneur de Ui plainte portée contre 
les accusés et le nom des différents personnages 
mêlés à cette affaire. 



DE LA BIBLIOTHÈOIE DE CAEN 13 

Quoi qu'il en soit, nous en savons assez pour qu'il 
n'y ait aucun doute sur la nature de l'accusation. 

Etienne du Val était accusé, de concert avec 
Nicolas de Moges. sieur de Buron, Fancien procu- 
reur du Roi et le mari de sa nièce, et Guillaume de 
Malherbe, conservateur des privilèges apostoliques 
de la Faculté, prieur de IHôtel-Dieu I ,, du crime de 
haute trahison. On les soupçonnait de connivences 
avec les ennemis du Roi. l'n sieur Jehan de René- 
mesnil, également emprisonné avec eux, était aussi 
impliqué dans ces poursuites. 

Il nV avait, comme on le voit, aucune connexité 
entre ce nouveau procès et celui de lo39, ainsi que 
l'avaient conjecturé, sur de vagues présomptions, 
les biographes d'Etienne ilu Val. Quels étaient ces 
ennemis du Roi? Il s'agissait, tout l'indique, de 
compromissions avec les adhérents du parti de la 
Réforme. 

Pour iiien apprécier la situation et les plaintes 

(1) Un mot. de lecture fort difticile, avait arrêté M. Dupont 
et l'avait imluit en erreur. Il avait cru qu'il s'agissait, dans 
cette atTaire, de François de Malherbe, conseiller du Roi au 
Présidial, et il avait lu sénateur, au lieu de conservateur. 

Or, deux raisons ne permettaient pas d'identitier le coaccusé 
de du Val avec le conseiller du Roi. La première, c'est que 
François de Malherbe, sieur dlgny, ne devint conseiller qu'en 
1Ô63, et que lailaire en question est de 1555. La seconde, c'est 
que le mot du manuscrit est beaucoup trop long pour pou- 
voir se lire par sénateur. D'ailleurs, on voit, par l'arrêt du 
Parlement, que c'était bien de Guillaume de Malherbe dont il 
s'agissait. 11 avait éié nommé prieur de l'Hôtei-Dieu en jan- 
vier l.'VM. 



44' KTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F^ 

formulées contre les inculpés, 11 faut se reporter à 
l'époque où elles furent intentées et aux tendances 
des familles qui durent se justifier. Nous sommes 
en iooo, c'est-à-dire sept ans seulement avant l'ex- 
plosion de 1362. La Réforme a jeté des racines très 
profondes dans la classe aisée et dans l'aristocratie. 
Il y avait 50 ans que Luther avait paru, et l'Europe 
était déjà partagée en deux communions. Les États 
du Nord s'étaient séparés de Rome ; si la France pas- 
sait de ce côté, la Réforme triomphait. Aussi le gou- 
vernement avait-il multiplié les harrières, les défen- 
ses et les sanctions. La peine de mort avait même 
été décrétée contre les hérétiques. « Mais ils estaient 
si opiniastres, dit le vieux Michel de Castelnau, que 
plus on faisait de persécutions, plus ils se multi- 
pliaient ». La Normandie était une des provinces 
les plus favorables à la Réforme. Beaucoup de 
familles, à Caen, étaient suspectes d'hérésie et ne se 
cachaient pas pour approuver les idées nouvelles. 
De ce nombre étaient justement les du Val, les de 
Moges et les de Malherbe. 

Pour Etienne du Val, il est un fait certain, c'est 
qu'en 1502, il fut délégué à Paris par les protestants 
de Caen. 11 obtint pour eux la liberté de vivre 
suivant leur conscience, à la condition que les 
ministres sortiraient de la ville. En 1o5o, il devait 
donc avoir avec eux des rapports d'amitié et pro- 
bablement de sympathie religieuse. 

Quant aux de Moges, nous savons que plusieurs 
membres de cette famille avaient adhéré à la 
Réforme, et nous ne surprendrons personne en 



DK LA BIHLIOTIIKOUF. DK CAEN 15 

rappelant comljioiî, à cette épotjue, Torthodoxie de 
certains membres de la famille de Malherbe était 
sujette à caution. Quelques-uns même s'étaient 
déclarés ouvertement pour la Réforme. 

On penl nous objecter qu'il s'agit ici d'un prêtre, 
du prieur de IHotel-Dieu. iMais ceci nest pas une 
preuve. On sait qu'alors nombre de couvents et de 
religieux partageaient ces idées, et que, dans le 
clergé séculier, il en était de même. Il n'existait pas 
de règle certaine, et il avait fallu les décisions du 
Concile de Trente pour unifier les croyances. Il n'y 
a donc pour nous rien d'étonnant à voir Guillaume 
de Malherbe emprisonné avec Ktienne du Val. 

L'arrêt du 19 octobre looonous initie aux détails 
de la procédure. 

Il résulte de la pièce en question, qu'on avait 
saisi des « Lettres et escripteures » compromet- 
tantes pour les trois accusés; de plus, il paraît 
même qu'ils avaient été obligés de faire « des aveux 
de bouche » aux commissaires enquêteurs. 

Les accusés avaient été arrêtés à Caen, le :22 
juillet loo."). Le 18 de ce mois, un arrêt de la 
Cbambre criminelle de Rouen avait chargé les con- 
seillers Censolz et Rretel d'informer sur les faits 
reprochés. De plus, une enquête était faite, à Caen, 
le 25 août, par le lieutenant criminel, Charles de 
Rourgueville. sieur de firas, ce qui explique encore 
mieux le mutisme des Recherches et Antiquitez sur 
du Val et ses ad'aires. Cette enquête n'avait pas dû 
leur être favorable, car nous voyons les accusés 
interjeter appel le 29 août, devant la Chambre des 



16 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 118 IN-F" 

vacations de Rouen. Le 13 septembre, la Chambre 
rend un arrêt, par lequel, avant de faire droit sur 
l'appel, elle veut qu'il « soit ordonné, que leurs let- 
tres, cscript euros, soyoni mises devers ladicte Cham- 
bre, suyvanl ledicl arrest et avoii.v de jjouschedes- 
dicts prisonniers, t'ait/ devani lesdicts citmmis- 
saires ». 

Enfin, le 25 septembre, elle rend un dernier 
arrêt portant que, « toust considéré, après avoir 
faict venir en la Chambre lesdicts du Val, Moges et 
Malherbe, prisonniers >•, il leur « a esté remonstré 
quilz ayent pour l'advenir à soy garder de cbeoir 
en telle suspicion de communications avec les enne- 
mys du Roy, en laquelle par cy-devant ilz ont esté ». 

Les accusés ne s'en tirèrent pas complètement 
indemnes, quoi qu'en dise, dans sa note, Etienne du 
Val, et quand il écrit qu'ils « furent renvoyés des- 
chargés et absous du dict arrest », il force un peu 
la vérité. Voici, en effet, le dispositif de la Cour: 
« Il sera dict que ladite Chaml)re a mis et mect les- 
dites appellations au néant, sans amende et néan- 
moins, veu ce qui faict a esté au procès et depuis 
produict par les appellans, a ordonné et ordonne que 
les prisons leur seront ouvertes et mesme à Jehan 
de Renémesnil, aussy prisonnier en la conciergerie, 
sans absoudre ny condamner ; à la charge de eulx 
représenter par-devant le Roy, ou en ladite Court, 
toutefois et quantes il sera ordonné, et ce, à la cau- 
tion l'un de l'autre, pour le resguard desdits Mal- 
herbe, Moges et du Val, en faisant les soubmissions 
au greffe, en lelz cas accoustumées ». 



DK LA iiiiujf)Tiii':yri-: dk cakn 17 

Ils n'étaient donc ni condamnés, ni absous, mais, 
si l'on peut employer une expression qui n'était pas 
du temps, laissés en lil)erlé provisoire et mis en 
surveillance. 

Est-ce à dire que l'on puisse soupçonner, à ci use 
de ce procès, le royalisme et la lidélité d'Etienne 
du Val, dont il donna si souvent des preuves, récom- 
pensées plus tard, en lo63, par Charles [X, qui lui 
accorda des lettres de noblesse? Non, certes. Nous 
croyons qu'Etienne du Val fut toujours un sujet 
fidèle et un royaliste fervent. S'il avait, en religion, 
une secrète sympathie pour les idées de la Réforme, 
et ceux-là étaient légion, cette sympathie ne l'em- 
pêcha pas plus de rester dévoué à son Roi que de 
faire de nombreuses fondations au profit des reli- 
gieux de Sainte-Croix de Caen et des paroisses de 
Saint-Pierre et de Notre-Dame de Froide rue. Nous 
inclinerions même à penser que, s'il les fit si nom- 
breuses, c'est qu'il voulait se faire pardonner cer- 
taine tolérance qui, pour être conforme à nos idées 
modernes, pouvait à cette époque lui attirer, comme 
on vient de le voir, de graves difficultés. De plus, 
deux ans après, en 1557, il rétablissait le Palinod. 

11 faut donc voir là, croyons-nous, un de ces inci- 
dents que les passions ardentes suscitent à certaines 
époques où les dissensions religieuses, arrivées à 
la période aiguë, enlèvent à l'oiùaion. el quelque- 
fois à la justice, le calme et l'impartialité néces- 
saires. 

Telle fut cette seconde utlaire qui occasionna à 
du Val des pertes sérieuses, dont il nous a laissé, en 

-) 



18 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

partie, le détail dans ses notes; en outre, il fut obligé 
de payer les dépens, qui montaient très haut, et 
« des faits articulés considérables». Elle pouvait être 
plus grave que la première; elle eut peut-être aussi, 
comme iiratTirme,pour cause « une invention d'en- 
vye ». Mais, d'un autre côté, on ne peut nier 
qu'au point de vue des idées nouvelles, Etienne du 
Val et ses coaccusés devaient certainement être 
suspects aux autorités d'alors. 

Le temps passa: Etienne du Val. par ses libéra- 
lités et la Cl insidération qui s'attachait à sa personne, 
aurait pu se croire assuré de l'estime el du respect 
de tous. II n'en était pourtant pas ainsi. Malgré les 
années écoulées, les services rendus et l'attestation 
pul)lique de la faveur royale, peut-être à cause de 
toutes ces raisons réunies, la calomnie et les mau- 
vais propos navaient pas cessé contre lui. Long- 
temps après l'arrêt de 1539, en 1569, il fut obligé de 
traduire en justice un bourgeois de Falaise, Jacques 
Marguerite, qui l'avait diffamé, à propos de cet 
arrêt, dans un procès où il était partie. 

Nous avons pu, grâce à l'obligeance de M. Le 
Verdier, retrouver le texte de cet arrêt dans les 
registres du Parlement de Rouen. 

Marguerite, sur la plainte de du Val, avait d"abord 
été condamné à Caen, par le sieur Guérin de Villy, 
lieutenant du bailli, le 20 août 1569, à 10 sols 
d'amende envers le Roi et à 4 écus de dommages- 
intérêts, pour avoir dit, en plein tribunal, qu'Etienne 
du Val avait fait « réparation honorable de ses 
crimes » et qu'il était le < destenteur des pauvres 



I)H LA lilBLKiTlIKUliE DE CAEN 19 

gens». Sa grande fortiino motivait probablement 
cette dernière injure. 

Estimant la condamnation trop légère, du Val fil 
appel de ce Jugement devant la Cour de Rouen. Il 
produisit les trois lettres patentes dont nous avons 
parlé et déclara qu'il donnait à la Communauté des 
Pauvres Valides de Kouen, la totalité des dommages- 
intérêts qui lui seraient accordés. 

Faisant droit sur son appel, la Cour rendit un 
arrêt condamnant Jacques Marguerite « à 25 livres 
d'amende euvers le Roy et en 50 livres d'intéresl et 
réparation envers ledit du Val, et à tenir prison 
jusques au plain paiement desd. sommes; lesquels 
50 livres dintérest, ladite Cour, en consentement 
dud. du Val, a adjugé et adjuge à la Communauté 
des l^uivresdu Bureau de ceste ville de Rouen; et, 
oultre, a condamné led. Marguerite, intimé, es 
despens dud. du Val; auquel Marguerite et à tous 
aultres lad. Court afaict et faict inhibion et detfenses 
d'inpropérer, dire ou proférer à l'advenir telles 
injures and. du Val, soil en jugement, hors juge- 
ment ou aultrement, sur les peines au caz apparte- 
nant ». Cette couda mnaticju arrêta probablement 
les propos calomnieux, car nous n'en voyons plus 
trace. 

Nous allons maintenant aborder une autre face de 
Ja vie d'Etienne du Val. 



20 KTUDE Sl'K LE MANUSCRIT \i'à IN-K" 



II 



Etienne du Val fut un grand bâtisseur. Tout le 
monde connaît les élégantes constructions qu'il fit 
élever dans les jardins dont il hérita à la mort de 
son père, par suite des partages faits avec ses 
frères. Il les agrandit, en 1342, au moyen d'un 
échange conclu avec le prieur et les religieux de 
Sainte-Croix de Gaen, qui lui cédèrent un lot de 
jardins attenant à son hôtel et à ses dépendances, 
ainsi que le constate un acte passé devant Michel 
Désobeaulx et Jehan de Verolles, tabellions à Caen, 
le 12 mai lo42, acte qui a été transcrit par les soins 
d'Etienne du Val à la suite de ses notes. 

Les jardins et la maison élevée sur leur emplace- 
ment avaient été achetés par Jehan du Val, son 
père, entre les années lolo et 1520, comme nous 
le verrons ci-après. 

En effet, dans les deux premières lignes de la 
première de ses notes, Etienne du Val nous apprend 
que « le mardy, XVI" novembre lo33, estant de 
retour d'un voiaige d'Yspaigne», il arriva «en ceste 
maison qui fust la Mousche »(1). M. Dupont avait lu 
« qui fust ma maignie » ; cela ne présentait qu'un 
sens assez vague, et la locution elle-même ne se 

(1) La formule t'inployc'o par l-iliciino du Val : « arrivé en ceste 
maison qid fust la Mousche », est une formule courante au 
XVI« siècle pour désigner le [)r('-cédent propriétaire du logis. 
Elle est reproduite dans l'cn-tèlo d'un acte transcrit au début des 
« O.tmôtx^s et (lo)ifitions ». à propos d'une maison acquise pai- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE DE CAEN 21 

rencontrait pas dans la langue du XVI° siècle. Nous 
avions aussi hésité longtemps pour la lecture de ce 
mot, dont le vrai sens nous échappait. Cependant, 
on le retrouvait, écrit de la même façon, deux 
pages plus loin, et, cette fois, on pouvait lire, sans 
erreur possible, « mouschc », au lieu de « maignier). 
Il fallait donc lire: « en ceste maison, qui fust la 
Mousche ». 

Mais que pouvait signifier cette appellation plu- 
tôt bizarre? Or, en feuilletant la liste des Recteurs 
de l'Université de Caen, nous avons trouvé l'expli- 
cation. Au mois de mars 1481, nous voyons que, 
« la veille de lÂnnonciation.de la Mousche (Nicolas), 
maistre ès-arts et licencié en théologie », avait été 
nommé recteur pour la première fois. Il fut réélu, 
en effet, une seconde fois, le l*"^ octobre 1490. 

Nicolas de la Mousche devint doyen de la Faculté 
et mourut peu après Tannée 151o. Le registre des 
Rectori;r nous ajtprend. en effet, que sous le rec- 
torat de Léonard Koinain, le 10 octobre de cette 
même année, ce professeur était très vieux et ne 
sortait plus de cliez lui. Dans l'exposé du serment 
des régents, on lit ceci : « In aima theologiœ Facul- 
tate, Reverendi Magistri nostri Nicholaus de la 
Mousche, ejusdem Facuitatis decanus. licet propter 
antiqiiifatem ahsens ... 

.Jclian (lu Val ni l."il8. Elle est dt-siginV ainsi: »< La maison (lur 
fuKt yiditnij. rn la paroisse .Sainl-Eslii'nnf de (^aojm. Il s'airil 
iri dt" la famille des marquis deMauny, ramillf liien connue à 
Caen, dont l'un des descendants devint ^'ouviTiieiir du C.iiâteau 
et ami du poète Malherbe. 



22 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT H 3 IN-F° 

Son hôtel se trouvait, et il n'y a là rien que de très 
naturel, dans le quartier des Facultés, auprès de la 
Halle au blé, ou Tripot, et de la rue Froideriie, et il 
portait son nom, comme il était d'usage pour les 
maisons des riclies particuliers. A sa mort, ainsi que 
nous l'avons dit plus haut, il fut acheté par Jehan 
du Val, père d'Etienne, qui mourut en 1531. Dans le 
partage, intervenu à cette époque entre Etienne 
du Val et ses frères, le grènetier et le curé de Cursy, 
cette maison et ses dépendances firent partie de 
son lot et formèrent le noyau des nouvelles cons- 
tructions qu'il fit édifier peu de temps après et que 
nous admirons encore aujourd'hui. 

L'hôtel si élégant, avec ses sculptures délicates et 
ses pittoresques tourelles qu'Etienne termina en 
]534, remplace-t-il le vieux logis de notre recteur, 
ou faut-il le rechercher dans les constructions avoi- 
sinanles? 

La réponse est facile et, pour nous, ne fait aucun 
doute. Etienne du Val, lui-même, nous la fournit 
dans ses notes. La vieille maison qu'habitèrent 
Nicolas de la Mousche et, plus tard, Jehan du Val, 
est l'édifice, encore à peu près intact, contre lequel 
est adossé l'hôtel du XVP siècle, construit de 1333 
à 1534. Cette maison, qui présente tous les carac- 
tères du XIV« et (hi XV siècle, ainsi que l'attestent 
ses larges fenêtres carrées, subdivisées par des 
croix de [)ierre, conservant encore leurs encadre- 
ments à nervures prismatiques et le cordon qui leur 
sert de couronnement, la tourelle descaUer exis- 
tant sur la cour, les lucarnes caractéristiques de 



DE LA BIBLlOTIIKori-: DE CAEN 23 

l'époque, ne laissent aucun doute sur remplacement 
du vieil hôtel de famille, devenu Tamorce des super- 
bes bâtiments dont le riche négociant caenuais 
embellit ses alentours. 

Voici, du reste, comment Ktienne du Val s'exprime 
à ce sujet: «les dictz partages faicts entre nous, 
frères, M" Pierre et Jacques du Val et moy, le XVI« 
aoust 1531, durant lequel temps fist bastir le corps 
de l'hoslel en potence, où est assys le présent contoyr 
en vouste de pierre, lequel fust parfaict de bastir 
l'année 1534 ». Ces mots: en potence, avaient vrni- 
semblalilement embarrassé les précédents Itiogra- 
phes (lEtienne du Val. Ils passent ce membre de 
phrase sons silence, tout en citant le reste de lali- 
néa. Il est cependant évident que l'édifice de la 
Renaissance, désigné de nos jours sous le nom 
d'hôtel de la Monnaie, est en potence, par rapport 
au vieux logis familial contre lequel il est adossé, 
ce qui e\pli(|ue. à la fois, sa position et les termes 
du nuumscrit. 

Etienne du Val ne fiiisail donc (pie s'agrandir et 
conservait, à côté de sa nouvelle habitation, la 
demeure de son père et du recteur Mcolas de la 
Mouche. M. de Beaurepaire s était demandé sil ne 
fallait pas reconnaître, dans le réduit qui termine 
la tourelle ronde du bout de cette construction, 
«le contoyr vousté en pierre assys dans riiostel". 
Pour nous, ce « contoyr » est ailleurs et piulaile- 
ment reconnnissable. Dans le gable en bordure sur 
la rue de hi Monnaie, gable que dominent les deux 
tourelles dont nous venons de parler, on remarque 



24 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

Tare surl)aiss6, les montants, la tablette et lamorce 
de la porte d'une hoiit'Kfne. tels qu'on les faisait au 
XVI'' siècle, boutique (jui a été murée depuis. C'était 
là le contoyr voitstr en pierre, dont parle Etienne 
du Val. Il étail au rez-de-chaussée, ce qui s'explique 
beaucoup plus logiquement, que s'il eut fallu gravir 
deux étages pour s'y rendre. 

Dans le quartier, nous avons d'autres exemples 
de maisons de cette époque; l'immeuble occupé 
autrefois par l'imprimerie Le Blanc-Hardel, que 
M. de Caumont cite dans son Abécédaire d'Archéo- 
logie, fui certainement construit à peu près à la 
même date. 

D'autres constructions, nécessitées par un com- 
merce de plus en plus étendu, ne tardèrent pas à 
couvrir une grande partie des jardins contigus. 
Elles s'étendaient au nord-ouest de l'hôtel nouvel- 
lement bâti. Bientôt Etienne du Val y adjoignit, en 
1o49, le pavillon si original, ce casino que M. Palus- 
tre déclare le seul échantillon de ce genre de déco- 
ration italienne que l'on puisse trouver en Norman- 
die, puis le grand hôtel de la cour de la Monnaie, 
bâti en 1560. 

Dans son Caen Illustré, M. de Beaurepaire cons- 
tate que « des investigations récentes avaient fait 
découvrir un détail ignoré juscju'ici: dans le pignon, 
à droite du casino, s'ouvrait une large porte, déco- 
rée de colonnes donl ou voit encore les bases, don- 
nanl accès sur une partie du jardin, situé en contre- 
bas. Elle était, en ellet, précédée d'un perron dont 
les traces sont faciles à reconnaître. Le pignon était 



PE I.A MlHI.IOlllÈnUE DE T.AEN 25 

décor»'', à sa partie supérieure, de trois ouvertures 
juxtaposées ». Or, nous voyons, dans ses noies, 
(juKlienne du Val fit Itàtir, « durant l'année I06O, 
le corps de maison en potence (il tenait à cette 
expression;, avec large escallier et cave; aussy la 
porte de derraire à la rustique». Les fondements de 
cette large porte, décorée de colonnes et donnant 
accès sur un terrain qui est encore à l'état de jardin, 
appartiennent certainement à «cette porte de der- 
raire à la rusli({ue», dont parle le manuscrit. 

MM. Dupont et de Beaurepaire, qui ont cité, sans 
en faire l'application à cette découverte, une partie 
de cette note, avaient l'ait, tous les deux, une erreur 
de lecture en parlant d'un « large escallier à carre », 
mot incompréhensible, au lieu du mot: cave, qui a 
un sens beaucoup plus logique et ne peut d'ailleurs 
faire aucun doute. 

Un autre édifice, qui devait servir de greniers, et 
qui fut i)àti «au dnMctde la Halle au bled», pendant 
le cours des années 1561 et lo62, vint s'ajouter aux 
précédents. C'est la couverture de ce bâtiment qui 
fut incendiée par la foudre en 1371 et réédifiée 
comme elle était auparavant. Par un singulier 
hasard, la << fuye et volière à pigeons », qui se trou- 
vait établie dans une partie de ces greniers, n'eut 
pas à souffrir de cet incendie. Ktiennc du Val a i\\\ 
grand soin de noter cette particularité et il se féli- 
cite de cette chance. Aui-ait-il été. au \VI'' siècle, 
un |irécursenr de nos colomlxtpliilcs actuels? 

Des l)àtiments voisins servaient de magasins et 
de greniers. Malgré les remaniements et les cons- 



26 ÉTUDE SUR LE MANUSCKIT i18 IN-F" 

tructions de toutes sortes qui se sont élevées depuis 
sur cet emplacement, on peut se faire une idée à 
peu pr^s exacte encore aujourd'hui de l'espace 
occupé par les corps de logis et les jardins d'Etienne 
du Val. 

La configuration du terrain, couvert de nos jours 
par un dédale de cours et de ruelles, était alors 
complètement difrérente. Sauf le vieil hôtel de la 
Mouche, rien n'existait sur les jardins qui s'éten- 
daient jusqu'à rOdon, du côté de la rue Gémare, 
derrière les hôtelleries de la vieille rue de la Halle, 
et, de l'autre côté, jusqu'à l'hôtel Le Sens, dont la 
cour au Sens, qui existe à l'heure actuelle, vers le 
milieu de la rue Froide, indique la situation et les 
limites. 

En arrière, le domaine d'Etienne du Val tou- 
chait la Halle au hlé et se confondait avec les 
maisons qui bordaient la rue Saint-Pierre. Une 
de ces maisons, au moins, lui appartenait, celle 
contre laquelle est appuyé, en potence (c'est la 
seconde fois qu'il emploie ce mot), le grand hôtel 
bâti en to60. 

Etienne du Val ne paraît pas avoir continué ses 
constructions après cette année. Du reste, lépoque 
troublée où l'on allait entrer n'y prêtait pas, et il 
avait assez largement peuplé ses jardins d'élégants 
et riches logis pour pouvoir se reposer. 



DF, LA BIBLIOTHÈQUE DE CAEN '27 



Dans la seconde partie de son manuscrit, Etienne 
du Val a fait copier, ainsi que nous l'avons déjà 
dit, les actes par lesquels il a constitué des rentes 
aux paroisses et à rUniversité de Caen. 

Par un acte en date du 12 février 1o()5, le pore 
d'Elienne, Jehan du Val, avait acquis à Carpiquet, 
sur la place du village, une maison et six vergées 
de terre, d'un personnage bien connu à cette 
époque, Thomas Le Marchand, sieur du Rozel, dont 
nous avons eu souvent à nous occuper au cours de 
nos publications sur les annalistes caennais. Dans 
le partage fait en t53t, ce domaine était tombé dans 
le lot du curé de Cursy. Celui-ci l'avait plus tard 
vendu k un autre bourgeois de Caen, fort connu 
également, Nicolas Le Fauconnier, et, en fin de 
compte, Etienne du Val l'avail racheté en \oi'2. 11 
l'avait, à son tour, donné aux prieur et religieux 
de Sainte -Croix de Caen, moyennant l'échange 
d'une portion de jardins avoisinant ses terrains du 
quartier de Froideriie et l'obligation de dire deux 
messes basses, à son intention, le lundi et le jeudi 
de cha([ue semaine. 

Par un aulrc acte, passt' deviuil Dcnys de la Haye 
cl .Michel Duloiil. tabellions à Caen, nous voyons 
que Jehan du Val sélait également rendu acquéreur, 
en I0I8, d'une maison «à plusieurs combles», à 
cheval sur la rue des l'rés et la «grand'rue tendant 



28 ÉTUDE SUR LE MANUSCRIT 118 IN-F" 

à la porte Saint-Étienne », maison qui, par suite des 
partages, devint la propriété d'Etienne. 

Nous trouvons, dans cet acte, à côté du nom de 
Guillelmine Guernon, veuve d'Etienne de Mauny, 
le nom d'un caennais célèbre, Jehan Marot. Il s'agit 
d'un partage, fait à une date antérieure, entre celui- 
ci et les frères Ballargent. La maison « est subjecle, 
y est-il dit, par F état dudict décret, à Guillaume 
Ballargent, sieur de Saint -Béguin, par recon- 
naissance de loths faicts entre Jehan Marot et 
Richard Ballargent, frères ». Jehan Marot est 
mort en 1523; le nom et l'époque concordent bien 
et tout concourt à présumer qu'il est question du 
poète et peut-être de la maison où il avait demeuré, 
qui serait alors située dans la paroisse de Saint- 
Étienne. Mais, comme il y a eu, à Caen, plusieurs 
familles portant ce nom, nous nous contentons de 
placer ce fait au rang des probabilités. 

Cet acte nous apprend aussi qu'Etienne du Val, qui 
avait loué cette maison 20 livres tournois, à Loys de 
MouUes, de la paroisse Saint-Étienne, « avait osmôné 
_ au thrésor, curé et prestres de l'éghse Notre-Dame de 
Froideriie », sa paroisse, une somme de 16 livres 10 
sols tournois, à charge de « dire, chanter et célébrer, 
par chacun an », deux obits et « messes à nottes », le 
4" et le 15 juin, ainsi que deux messes basses, tous 
les lundis et vendredis, à huit heures du matin. 

Il donnait également 70 sols <k' rente aux curé el 
prêtres de Saint-Pierre, pour célébrer, à son inten- 
tion, tous les ans, un «obit et haulte messe, la veille 
de la Sainte-Anne ». 



DE LA KllilJOTIIF.Ol'K l>E CAEN 29 

Nous avons ici l'explication de ce passage 
d'un article de Raymond Bordeaux, à propos 
d'Ktienne du Val: « N'oublions pas non plus le 
blason de Mondrainville, encore tracé à l'intérieur 
d'une chapelle qui sert de passage pour la sacristie 
de Saint-Pierre et dont le vocable est perdu. Etienne 
du Val aurait-il contribué, avec son immense for- 
tune, à l'érection du cbœur de cette église? Nous 
n'osons raffirmer: mais ses écussons avaient été 
coloriés sur un litre funèbre ». La réponse est conte- 
nue dans Tacte et la fondation précédents. 

Les deux actes qui suivent consacrent de nou- 
velles donations faites par Etienne du Val aux 
églises de Notre-Dame de Froiderûe et aux prieur 
et religieux de Sainte-Croix de Caen. Ces libéralités 
sont des années 1549 et looo. 

L'acte de looo a une importance particulière. Il 
y règle ses dernières volontés, et entre dans les 
détails les plus minutieux sur les cérémonies con- 
venues. Le clergé devra célébrer, dans l'église de 
Notre-Dame de Froideriie, « pour et à l'intention du 
dict du Val, ses parents et amys, tant vivants que 
trespassés, par chacune sopmaine de l'an, aux jours 
de mardy et samedy, à 10 heures attendant 1 1, deux 
basses messes; et, à la fui de chacune desquelles, 
dire Libéra, de Profundis et les oraisons accoustu- 
mées, sur les sépultures des père et mère dudict du 
Val; et faire, préalablement que commencent les 
dictes messes, sonner six coups de closche pour 
advertir les dicts fondateurs, ses successeurs et le 
peuple qui aura dévotion ouyr les dictes messes; et 



30 KÏUDE SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F" 

fournira le thrésor le luminaire, calice et orne- 
ments; de ce est requis et de payer au prestre, à la 
fvn de la messe, deux sozs tournois, qui, à raison 
de la dicte fondation et de la précédente, seront le 
dict Ihrésor, curé et prestres fondés, suhjects dire 
chacun jour de la sepmaine, une messe à la dicte 
heure de 11 heures de matin ». 

Suivent encore d'autres donations et engage- 
ments réciproques. Il y avait, comme en le voit, 
peu de jours de la semaine où plusieurs messes ne 
fussent dites pour sa mémoire, à Notre-Dame de 
Froiderùe, Saint-Pierre ou Sainte-Croix de Caen. Il 
avait, de plus, choisi depuis longtemps la chapelle 
où il devait être inhumé à côté de ses parents, et il 
avait tenu à assurer, par ses nombreuses libéralités, 
les conditions qui devaient conserver sa mémoire 
auprès des siens et de ses concitoyens. 

Mais les actes les plus importants qui nous ont 
été transmis par notre manuscrit sont certainement 
les contrats de donation, intervenus entre TUniver- 
sité de Caen et lui, pour le rétablissement du Pali- 
nod (1), qui, fondé à Caen, en 1527, par Le Mercier 
de Saint-Germain, n'avait plus qu'une existence de 
nom et était menacé d'une disparition complète. 

Grâce aux libéralités d'Etienne du Val, l'institu- 
tion du Palinod reprit un nouvel essor et se vit, 

(1) L'institution du Palinod, malgré un succès assez vif, 
déclina prornptement. En 1540, elle était presque tombée en 
oubli. Cependant nous voyons qu'en 1536 le Palinod avait été 
célébré à Caen avec la solennité ordinaire. Voici, en otTet, ce 
qu'on lit dans les Reg. de l'Hôtel de Ville, à cette date: «18 



I)F LA HIHLIOTllKQL'l"- IH: '^AEN 81 

par la suite, encouragée par d'autres généreux 
donateurs. 

Les actes, transcrits avec soin, aussi bien en latin 
qu'en français, nous ont conservé dans leur teneur 
entière, le conti-at do donalion passé devant MM. 
Guillaume Cœurot el Guillaume l^e Gras, tabellions 
à Gaen, le samedi G novembre too7, les lettres 
d'approl)ation du recteur Jacques Le Porclier. assisté 
des doyens des cinq Facultés, et les multiples condi- 
tions auxquelles ces libéralités étaient faites. Ktienne 
du Val donnait à l'Université une rente perpétuelle 
de ^"2 livres lournois, à répartir entre les œuvres 
couronnées ; cette rente était établie, pour la somme 
de 12 livres, sur « noble homme Jelian de la Ma- 
riouze, sieur de Gonneville », et, pour la somme de 
20 livres lournois. sur « M. Parisy-Baillehache (I), 
sieur de Ranville, ses hoirs et ayants cause ». 

novfinhi-t; l')Si'). — Ordoiiiir qu'il sera présenté à M. de Becde- 
liévre, conseiller à la Cour de liouen, des vyandes, jusques 
à la valleur de 20 escus sol, pour subvenir au banquet de son 
Pallinot,en rémunération des ploisyrs qu'il a faicts à la ville; 
réservé le dict du sieur Cbevalicr qui est d'avys qu'il suffirait 
de 15 escus». Si le Palinod n'était déjà au rabais, du moins 
essayait-on de l'y mettre. 

(1, Famille très ancienne de (Jaen. Voici ce qu'en dit Huet : 
« Cette maison de la Grand'Rue, dans la paroisse de Froiderûe, 
qu'on appelle la Court Parisy, a tiré son nom d'une famille du 
nom de Parisy. On voit plusieurs actes faits, dans le XVI» 
siècle, par (Juillaume Parisy, tabellion, premièrement à Sainte 
Paix et ensuite à Caen. Et, dans le siècle précédent, un Jean 
Parisy, avocat en rKlection. demeurait sur la paroisse de Froi- 
derûe. Cette cour est appelée, dans (iin'Iqucs cliarles. lu Court 
Parisy liaillelutche ». 



32 i';ïui)E sur le manuscrit 1 l'S in-f" 

Il y était stipulé, qu'au Jour dit, les recteur, doyens 
et bedeaux i^dont faisait partie Etienne du Val, en 
qualité de bedeau de la Faculté de Médecine, charge 
quil tenait de son père, ainsi que nous l'apprend 
M. Prentout) des cinq Facultés devaient se réunir 
en « habits de doyen, chappes et chapperons, à 
une heure avant midy >', aux Cordeliers. Le fonda- 
teur ou son héritier, coiiiiiie Prince du Puy, devait 
assister à cette réunion, « en lieu et place accous- 
tumés, pour ouyr la lecture des compositions ». 

Ensuite, les recteur et doyens, avec le Prince du 
Puy, devaient procéder à la nomination de « six 
personnes doctes », chargées d'examiner les com- 
positions et d'adjuger les prix. 

Le dimanche suivant, même assemblée aux Cor- 
deliers, pour la distribution des prix aux vain- 
queurs. 

Ici, Pacte nous donne, article par article, les som- 
mes affectées à chaque épreuve. Nous y voyons 
figurer: la composition latine, la composition fran- 
çaise, Pépigramme héroïque, le chant royal, la bal- 
lade, le sonnet el le dizain. Nous ferons une remar- 
que particulière pour le sonnet, qui s'y trouve pour 
la première fois; h;s règlements de 15'27 n'en fai- 
saient point mention. Il venait, en etfel, d'être im- 
porté en France, et, les premiers qui en usèrent. 
Clément Marot et Mellin de Saint-Gelais, vivaient 
dans la première moitié du XVP siècle. Clément 
Marot s'était bien essayé à ce genre de poésie dès 
15'29, mais les véritables initiateurs, Ronsard et la 
Pléiade, ne devaient paraître que plus tanL Ktienne 



I)H LA BIHLIOTKÈQUE DE CAEN 8H 

du Val, qui élail un lettré, avait apprécié la nou- 
velle forme poétique et avait tenu à ce qu'elle eût 
sa part de couronnes dans la réorganisation du 
Palinod. 

Ce règlement, outre les prix, attribuait des som- 
mes diverses, mais minutieusement fixée, saux pré- 
sident, juges et assesseurs, sans oublier le fonda- 
teur. Nous y voyons, en effet, que le fondateur, ou 
son héritier, devait recevoir, pour son offrande à 
la messe, comme Prince du Puy, la somme de 3 
sols; ceux qui faisaient les compositions latines et 
françaises et les « placarts » jjour les invitations au 
Puy, affichés à la Toussaint, ^0 sols; aux recteur et 
doyens, 48 sols; au lecteur des compositions, qui 
« enregistrera les nommez », o sols; au syndic de 
l'Université, qui « sera subject contremarquer les 
œuvres après qu'elles auront esté leues, pour évi- 
ter au changement et variation d'icelles » (précau- 
tion peut-être utile), 5 sols; aux six juges (ce sont 
les gros bonnets), 60 sols; au couvent des Corde- 
liers, qui fournissait les salles et logements (les 
bons pères eussent été jaloux de l'Université) 10 
sols; au trésor de l'Université, pour «faire les de- 
niers bons des dictes partyes et les délivrer, chacun 
an, le dict jour, par la main du receveur », 10 sols ; 
aux l)edeaux, pour *< faire establir chaires, tapysse- 
ries et chouses nécessaires », 40 sols (on voit 
qu'Etienne du Val n'oubliait pas ses collègues); au 
receveur de l'Université, « pour sa vacation et 
fournyr boys, chandelles, vin et pain, lorsque se 
fera le dict jugement des dictes compositions (la 

3 



34 l'/rUDK SUH LK MANUSCRIT 113 IN-K° 

Icclure et le classement des ballades et rondeaux 
ne préservait, paraît-il, les. juges, ni de la faim, ni 
de la soif), 15 sols. 

Par une clause spéciale, Etienne du Val écartait 
formellement les femmes de la succession aux hon- 
neurs du Palinod et les réservait à « ses hoirs masles 
et plus prochains héritiers», à la charge expresse, 
toutefois. « de porter et continuer ses armes » (1) à 
celte cérémonie. 

On voit, par ces citations, que le donateur avait 
longuement détaillé les différentes conditions du 
concours, et Ton peut dire que, d'accord avec 
l'Université, il avait, non seulement régénéré, mais 
fondé à nouveau l'institution de Le Mercier de Saint- 
Germain. . 

Etienne du Val ne s'en tint pourtant pas à cette 
première libéralité. Dix-neuf ans plus tard, le 8 
décembre 1576, par un acte passé devant MM'^^ 
Jehan Le Maistre et Jehan de la Haye, tabellions à 
Gaen, " meu, dit-il, d'ung zèlle et bonne affection 
qu'il porte aux lettres et aflin d'inciter davantage, 
encourager les jeunes hommes à l'estude des let- 
tres », il ajouta à sa précédente fondation une 
rente de 6 hvres 10 sols tournois, dont il régla lui- 
même la distribution. Il prend, au commencement 

(1) Dans ses Notes inédites, l'ablx'' de la Rue s'exprime ainsi 
à ce sujet: « Etienne Du val et ses descendants turent créés, par 
l'Université, Princes héréditaires du Palinod, par le contrat 
de fondation. Mais, comme ils se fixèrent en Champagne, ils 
furent remplacés par les Recteurs, qui prennent (luclinicfois le 
titre de Vice-Gérant du sieur de Mondraiuville ». 



DE LA BIBLIOTHÈQUE DE CAEN 35 

de cet acte, les titres de « nohle homme, Estienne 
du Val, sieur de Mondraiuville et de Fontenay-le- 
Pesnel, conseiller du Roy en ses finances, garde 
général des sceaux de Sa Majesté pour les sentences 
et jugements des sièges présidiaux du dict Caen, 
Costentin et aultres juridictions de la dicte ville et 
vicomte et obligations de la dicte vicomte de Caen, 
Prince du Puy de la Conception de la Très Saincte 
et Immaculée Vierge, Mère de nostre Rédemp- 
teur ». 

A ces titres, il aurait pu ajouter ceux de bedeau 
de la Faculté de Médecine et de receveur de la 
baronnie d'Argences (1), ainsi qu'en témoigne un 
acte qui nous a été communiqué par notre confrère 
M. Lesage. 

Dans ce nouvel acte, il répare quelques oublis et 
augmente certains émoluments. Il assure, par 
exemple, «à celluy qui fera l'oraizon du matin, 15 
solz »; il augmente de 50 sols la somme all'ectée 
aux compositions latine et française et à la confec- 
tion des affiches (il pressentait déjà la puissance 



(1) Fieffé faite en 1543, par l'abbayo do Fécamp, à Guiiberl 
Lepoulrcl, d'une pièce de terre et l'une masure, à Arj:Cences. 
pour 3 livres lU sols di' iv^nte. et 20 livres une fois payées pour 
les réparations du four à ban d'Argences. 

« En présence d'honorable homme Estienne Duval. écuyer, 
receveur de la baronnie d'Argences, devant Denys de la Haye et 
Richard Néel. tabellions de la liante justice d'Argences pour 
le siège de Sainte-Paix r>. 

(Archives du Calvados. Fonds de Fècanip, layette '.), liasse 
3G. cote 14). 



36 KTUDE SUR LE MANUSCRIT 111^ IN-F" 

(le la publicité). Les recteur et doyens recevront 
24 sols de plus: les vainqueurs des épreuves voient 
leurs prix majorés dans des proportions analogues. 
Il n'est pas jusqu'au Prince du Puy, ou son héritier, 
qui ne reçoive, pour son offrande, 3 sols de plus. 

Enfin, le dernier paragraphe porte qu'il <- sera 
distrihué, par les hedeaulx, tant au dict sieur Prince 
que plus notables personnaiges qui assisteront à la 
messe, pour 20 solz de grant pain ». Ce dernier 
article aurait-il été mis, par hasard, pour exciter le 
zèle des «notables personnaiges». zMe qui se serait 
peut-être ralenti sans cette aubaine, qui, de nos 
jours, paraîtrait plutôt maigre? 

Ceci se passait sous le rectorat de M^ Germain 
Jacques, bachelier en théologie, et nous voyons 
signer, au bas du document, les frères Onfroy et le 
docteur Etienne de Troismonts, qui figurent avec 
honneur dans les fastes de l'Université; étaient 
également présents: Messire Baptiste de Villemor, 
aumônier ordinaire du Roi et abbé d'Ardaine, et 
noble homme Jérôme Le Picard, conseiller du Roi 
et lieutenant général criminel au Bailliage. 

Cet acte clôt la série des pièces comprises dans 
les c<Osmônes et doations > transcrites à la suite des 
Notes d'Etienne du Val 

C'était en lo'6 ; il se faisait vieux et avait voulu 
donner un dernier témoignage d'intérêt à cette fon- 
dation du Palinod, qu'il avait, pour ainsi dire, res- 
suscitée. Depuis longtemps aussi, il avait renoncé 
au commerce; il se contentait d'exercer ses charges 
et de surveiller ses propriétés. Une, particulière- 



DE LA BIBLIOTIlÈQUli DE CAEN 37 

ment, lui tenait à cœur et il aimait à y passer la 
plus grande partie de son temj)S. On voit, en efrct, 
dans ses Notes, qu'il avait une préférence marquée 
pour ce fief de Mondrainville (1), qui lui venait de 
sa femme et dont il avait pris le nom. 11 y allait 
souvent à cheval, malgré son âge, chaussé de 
grandes bottes et, pendant l'hiver, couvert d'un long 
manteau; son valet le suivait, et l'aidait à changer 
de monture à l'entrée des écuries. Il se promenait 
alors autour de son parc et de ses prairies, monté 
sur un mulet dont il appréciait le caractère pacifi- 
que et débonnaire. 

De fait, il lui dut deux fois la vie, et nous voyons 
que c'est grâce à cet animal, qui ne bougea pas 
lorsque, renversé de sa selle et le pied engagé dans 
rétrier, il gisait dans un fossé, qu'il put être 
secouru à temps : pareille chute se reproduisit à 
deux ans d'intervalle. 

Nous voyons aussi que, dans son logis de Mon- 
drainville, la cuisine était, comme celle de Gouber- 
vilJe, un appartement qui réunissait, à la fois, les 
agréments de la table et de la chambre à coucher. 



(1) Toute trace de l'ancienne propriété. d'Ktienne du Val est 
aujourd'hui disparue. Il ne reste rien du château, ni des com- 
muns, et l'on ne sait pas mènic l'endroit précis où était l'habi- 
tation. 

Mondrainvilh' avait été incendié pi"sque en entier dans la pre- 
mière moitié du XIX' siècle M. de Longuemare, qui en a 
recherché les vestiges, ajoute dans son Êticde sur le canton de 
Tilly. que l'on ne peut en retrouver, à l'heure actuelle, le plan. 

Mondrainville est une (onmiune située à 10 kilomètres de 



38 KTIIDE SUR LE MANUSCRIT H3 IN-F" 

Il y avait un lit, sur lequel il lui déjjosé au moment 
de son second accident et où il resta vingt-quatre 
heures, pour se remettre du bain hivernal et pro- 
longé qui aurait pu l'emporter. 

Etienne du Val mourut dune fluxion de poitrine, 
le 16 janvier 4578, à l'âge de 7i ans (1). Ses funé- 
railles furent suivies par tout ce que la ville de Caen 
comptait de remai-quable, tant dans les fonctions 
publiques que dans les lettres, les sciences et le 
commerce. La poésie, par la plume de Jean Rouxel, 
ne manqua pas de célébrer ses mérites, et ses fon- 
dations perpétuèrent son nom au cours des siècles 
suivants. 

Il laissait deux fils: le plus jeune, Nicolas, lui suc- 
céda dans son office de garde-scel et de receveur 
général des États de la province. Après avoir 
acheté une charge de conseiller au Parlement de 
Paris, il fut pourvu des abbayes de Saint-Vincent de 
Sentis, de Ham et de Moiremont, et devint enfin 
ahbé commendataire de l'abbaye de Fontenay, près 
Caen, où il mourut à lâge de 47 ans. 

Caen. dans le canton de Tilly-sur-Seulles. Elle possède une 
église dont une partie date du XIII' siècle. La tour et le porche 
ont été ajoutés au XIV'' siècle. Elle renferme une curieuse ins- 
cription obituaire, relevée par M. de Gaumont et qui remon- 
terait, selon lui. «au moins au X" siècle» et peut-être plus 
haut. 

(1) « Obiit Stephanus du Val, die 16,Ianuarii 1578, cujus funus 
summo apparatu comitata est Universitas usque ad ecclesiam 
BeataB Mariœ de Frigide vico. in qua jacet ». (Ahbé de La Rue: 
Notes inédites.) 



DE LA BIBLIOTHÈQUE DE CAEN 89 

L'aîné, Jacques, i\u\ avait embrassé la carrière 
des armes, devint chevalier des ordres du Roi, gen- 
tilhomme ordinaire de la C-hambre, maître d'hôtel 
de Catherine de Mé(;icis, et gouverneur de Sainte- 
Menehould. Mais, ayant suivi le parti des Guise, il 
tomba en disgrâce et fut ruiné. Ses biens furent 
confisqués et vendus (1), notamment le P/r de la 
Boucherie, qui fut plus tard remplacement de la 
Place Royale. 

Il avait épousé Anne de Rossut, dont il eut quatre 
garçons et une fille. Elle lui apporta la terre de 
Dampierre-le-Chàteau, située en Champagne. Cette 
terre avait été érigée en comté, en faveur de Nicolas 
de Rossut, chevalier, baron de Razoches, seigneur 
de Ham et autres lieux. Ses descendants s y fixèrent 
et en prirent le nom. 

L'aîné des enfants de Jacques, Etienne du Val, 
comte de Dampierre, baron de Ham, seigneur de 
Mondrainville et gentilhomme ordinaire delà Cham- 
bre, était en 1636 mestre de camp de cavalerie. Il avait 
épousé, en premières noces, Marie de Reaufort et, 

(1) Après la disgràci' df Jac(jufs du Val, la terre de Mondrain- 
ville passa en plusieurs mains. 

Vers IfîOG, Claude Le Moutonner avait été établi cninniis- 
saire aux régime et gouverni'nient des terres saisit>s sur celui- 
ci. Aux XVII'' et XVIII'- siècles, les Berniéres devinrent proprié- 
taires de Mondrainville, qui passa ensuite à une autre bran- 
che, les Bernières-Ciavrus. A la mort du dernier représentant 
de cette famille, Pierre-François-Jean-Baptiste de Berniéres- 
Mondrainville, qui avait épousé Marie-Pierre de Tournebu, ce 
domaine échut, par héritage, à sa sœur. M"" d'Angerville 
d'Orcher, qui le possédait encore en 1H17. 



40 ÉTUDE, SUR LE MANUSCRIT 113 IN-F° 

en deuxièmes, Claire Le Blond. 11 mourut en 1661. 

Son fils aîné, Henry du Val, comte de Dampierre, 
colonel d'un régiment d'infanterie en 1667, briga- 
dier en 1668, avait épousé, en 1654, Charlotte de 
Galéan, veuve de Charles, baron de Fanges, qui 
était de l'illustre maison de Ligniville, en Lorraine. 
Henry du Val l'ut maintenu dans sa noblesse, avec 
son frère Charles, par une ordonnance de Messire 
Le Fovre de Caumartin, commissaire départi par le 
Roi. Il avait fait ses preuves depuis lo49, année où 
son aïeul avait été anobli par Henry II. 

Son fils aîné, Henry, dont la terre de Dampierre 
fut érigée en marquisat, devint colonel d'un régi- 
ment d'infanterie, et épousa, en 1691, Louise de 
Boussancourt. 11 eut quatre enfants. 

L'aîné, Jean -Armand, marquis de Dampierre, 
page de la grande écurie et colonel d'infanterie, eut 
un fUs dont la mort tragique est un des épisodes les 
plus lamentables de la Révolution. Ancien officier 
supérieur de cavalerie, il habitait, en 1791, le châ- 
teau familial, situé entre Sainte-Menehould etPont- 
de-Sommevesle, auprès de Varennes, sur la route 
de Paris, au moment de Tarrestation de Louis XVI. 

Lorsque le carrosse royal, escorté par la populace, 
passa non loin du château, le descendant d'Etienne 
du Val monta à cheval et voulut .tlb'r offrir au Roi 
rhommage de sa fidélité. 

Bientôt entouré et traité de fourl)e et d'aristo- 
crate, il dut s'arrêter à peu de distance de la voiture. 
Deux coups de feu lui sont tirés à bout portant; il 
pique des deux pour se dégager, mais les coups de 



DK LA BIBLIOTHÈUUIi DE CAEN 41 

fusil partent de tous côtés, les cavaliers de la 
colonne se mettent à sa poursuite et il tombe sous 
les coups de la multitude. Sa tète et ses membres, 
portés en triomphe au bout des piques, furent expo- 
sés aux portières du carrosse, et il fallut Tinterven- 
tion du général La Fayette pour faire cesser cette 
scène de cannibales. Le comte de Valori, dans son 
Précis historique sur les événements de Varennes, a 
donné un récit très exact et très détaillé de ce 
navrant épisode. 

Telle fut la fin de Tarrière-petit-flls d'Etienne du 
Val. Malgré des fortunes diverses et des vicissi- 
tudes qui auraient abattu des hommes moins bien 
trempés, Taïeul avait rendu à ses rois des services 
que rhistoire à enregistrés. Le vieillard, massacré 
à Varennes, ne fit que continuer les traditions de 
sa famille en bravant les fureurs populaires, pour 
obéir à des sentiments héréditaires d'honneur et de 
loyauté. 

Les malheurs de cette famille ne devaient pas 
s'arrêter là. Le 22 septembre 1702, Tavant-garde de 
l'armée prussienne, battue à Valmy, venait établir 
son quartier général dans un village qui apparte- 
nait aux Dampierre et oii était situé leur château. 
Nous laissons ici la parole au marquis do Maleissyo, 
qui servait dans l'armée de C.ondé el fut témoin de 
l'événement : 

« Un détacbemont prussien fut envoyé pour pren- 
dre possession du village et marquer le logement 
du Roi dans le château de M"^ de Dampierre, 
veuve de celui qui avait été massacré à la portière 



42 KTUDK SUR LE MANCSCRIT \ \^ 1N-F° 

du roi Louis XVI, au retour de Varennes. Non seu- 
lement le village fut pillé, mais le château le fut 
aussi. Elle y courut risque de la vie et sa femme de 
chambre re(-ut sur la tête un coup de sabre qu'un 
soldat prussien portait à M"'' de Dampierre, que sa 
mère tenait par la main pour se sauver. Elle fut 
obligée, pour fuir, demprunter des habillements à 
une paysanne de son village. Elle erra quelque 
temps dans les champs, où elle fut recueillie par 
les chasseurs autrichiens de Le Loup, qui la rame- 
nèrent chez elle et la défendirent courageusement, 
toute la nuit, contre la fureur des soldats prussiens. 
«Le lendemain, le Roi de Prusse vint habiter ce 
château et vit létat affreux dans lequel il était. 
Le coupable était facile à trouver, puisqu'on savait 
Tofficier qui commandait le détachement, mais on 
ne s'en mit point en peine. Toute la grâce que le 
Roi fit à M"'*" de Dampierre fut de lui faire res- 
tituer trois des quatre chevaux qui lui avaient été 
pris, et quand le village fut totalement pillé, le duc 
de Rrunswick fit afficher un manifeste qui promet- 
tait sûreté des personnes et des propriétés à tous 
ceux qui ne se défendraient pas » fi). 

(1) L'officier, qu'on ne vouhil })oint punir, était un capitaine 
de hussards « qui avait laissé piller d'une manière infâme le 
château de M"" de Dampierre » et qui, forcé cependant par 
le Roi de restituer trois chevaux à cette dame, osa, en les lui 
rendant, exiger dix louis, à titre de compensation. 

Ajoutons que c'est au château de Dampierre que fut conclue 
la suspension d'armes de trois jours et que commencèrent les 
pourparlers .secrets qui aboutirent aux résultats que l'on sait. 



DE LA BIBLIOTOÈOUK DE CAEN 48 

La famille de Dampierre traversa la Révolution 
et survécut à ces désastres: lun de ses représen- 
tants, Charles-Antoine du Val de Dampierre, occupa 
révéclié do Clorniont-Forrand, du '2 mai 1802 jus- 
qu'en 1883. 

Le manuscrit de notre premier annaliste, du 
magistrat et du négociant qui aima les lettres et les 
arts et leur consacra des dons généreux, méritait, 
pensons-nous, d'être publié en entier. C'est, en 
même temps que la publication d'un document 
d'autant plus rare qu'au XVI' siècle ils sont une 
exception, un hommage rendu à l'esprit d'initiative 
et de générosité d'un Caennais qui a droit à la 
reconnaissance de ses concitoyens. 

G. Vanel. 



MANUSCRIT D'ESTIENNE DU VAL 



Le mardy, XVI* novembre 1535, estant de retour 
d'un voiaige de Yspaigne, arrivé en ceste maison, qui 
fustla Mousche, pour fère demeure et y résider, à rai- 
son des partages des biens de feu mon père, pour 
lequel Dieu je prye le sanctifié ; les dictz partages 
faictz entre nous frères. M'* Pierre (1) et Jacques du 
Val (2) et moy, le XVI' aoust 1531, durant lequel 
temps fist bastir le corps de l'hostel en potence, où est 
assys le présent contoyr en vouste de pierre, lequel 
fust parfaict de bastir l'année 1534. 

Le pavillon du boult du jardin, année 1549. 

Le dimanche, XI* septembre 1536, fust accordé le 
mariaige de Loyse Malerbe, ma femme, et de moy, 
par nobles hommes M** Jehan Malerbe (3), son père, 

(1) Pierre du Val, frère aine d'Etienne, habitait Gaen et occu- 
pait la charge d'officier du grenier à sel. Il mourut le 25 juillet 
1538. 

{•î) Jacques du Val, curé deCursy et de Plumetot, fut nommé, 
en 15;%, député du clergé aux États de Normandie. Il mourut 
le 26 juillet 1543. 

(3) Jehan de Malherbe, seigneur d'Arry, de Mondrainville et 
de Missy, avait été nommé lioutenant général du bailly de 
Gaen en 1518. Il succédait à M° Hugues Bureau et mourut en 
1551. Il s'était marié trois fois : 1» avec Jeanne d'Elbœuf, lille de 
Jean d'Elbœut, sieur de Fourmetot, et de danioiselle de la Cres- 
sonnière ; 2» avec Marguerite de Moges, tille de Pierre de Moges 



46 MANUSCRIT D'ESïIENNE DU VAL 

lieutenant général du sieur bailly de Caën; Jehan 
Moges (1), procureur du Roy à Caën; Guillaume 
Malerbe (2), sieur de Missy : Pierre Le Bourgeois, 

escuyer, sieur de Burou, et de diunoiselle Catherine de Berniè- 
res; 3" avec Jeanne de la Valette de Troismonts. 

(1) Jean de Moges, seigneur de Buron et du Mesnil-au-Grain, 
« délmta à Gaen, en 1535, par la charge de procureur du Roy 
et parvint ensuite à la dignité de lieutenant général du bailly de 
Rouen. Le 7 juin 1548, étant monté sur sa mule, pour aller à 
son tribunal rendre la justice, il reçut un coup de poignard d'un 
Italien nommé Hieronimo Sarragossa. Ce crime abominable 
ne fut puni que deux ans après qu'il avait été commis.- L'as- 
sassin expia son crime, à Cologne, par le supplice de la roue». 
Jean de Moges était âgé de 50 ans et fut inhumé à Rouen, dans 
l'église Saint-Michel, qui était sa paroisse. [Éloges des citoyens 
de la ville de Caen, par J. de Cahaignes. Traduction d'un 
curieux.) 

(2) Guillaume de Malherlte, écuyer, sieur de Missy, hls de 
Jean, sieur d'Arry, lieutenant général du bailly de Caon, 
demeurant à Caen, paroisse Saiut-Étienne-le-Vieil, épousa en 
premières noces Anne de Missy, fille de feu Jean de Missy et 
de damoiselle Jacqueline Le Coustellier, et, en secondes noces, 
daraoisclle Marie d'Elboîuf, fille de Richard d'Elbœuf, escuyer, 
sieur des Portes et de F'ourmetot. 

Un de ses fils, qui portait le même prénom que son père, 
Guillaume de Malherbe, chanoine du Saint-Sépulcre, prieur de 
la Maison-Dieu et conservateur des Privilèges apostoliques de 
l'Université de Gaen, fut mêlé, on 1555, à une affaire suscitée 
contre Ktienne du Val, par h; Parlement de Rouen, sur une 
dénonciation portée contre ce dernier, et emprisonné avec lui. 
Voir plus loin. 

Par suite de son alliance avec la famille de Missy. cette 
branche des Malherbe devint propriétaire de grands biens dans 
la paroisse de Missy, qui était proche de la paroisse d'Arry. 
aujourd'lmi dans le canton de Villers-Bocage. 



MANUSCHIT d'KSTIENNE DU VAL 47 

sieur de Beneauvillc(l), et mes deux frères, M** Pierre 
du Val, grènetier oudict Caën, et Jacques du Val, 
curé de Curssy et Plumetot; sieurs Jehan de Prétou- 
ville(2), mon beau-frère, et Guillaume Désobeaulx(3), 
mon cousin. 

Le samedy, XV^ janvier oudict an ir)37, j'espousay 
la dicte Loys Malerbe. 

Le vendredy, XVIII® aoust 1538, estant à Argentan^ 
reçeu lettres de mon dict frère le grènetier, comme 
ma dicte femme avoyt eu ung filz naqui du jour précé- 
dent, qui fust nommé Jehan, parle dict sieur lieutenant 
général du bailly Malherbe et mon dict frère le grè- 
netier, présence de damoyselle d'Escoville, dicte 
Hennequin (4), natifve de Paris, et Marye du Val, ma 

(1) Piort'P L;^ Bourgeois avait épousé Jeanne de Mallierbe, 
fille de Jean, seigneur d'Arry, et de sa troisième femme, Jeanne 
de la Valette de Troismonts. Il devint ainsi le beau-frère 
d'Etienne du Val. Pierre Le Bourgeois, sieur de Navarre et de 
Beneauville, avait été pourvu, en 15'^(), de la charge de lieute- 
nant du bailly de Gaen, en remplacement de Girard Desquay, 
sieur de Rapilly, décédé au cours de la même année. 

(•2) <i En ce mesme an (1538), décédèrent en ceste ville de Gaen, 
NicoUas Le Fournier, baron de Tournebu et receveur des tail- 
les : Pierre du Val. grènetier; maistre .Jehan Denis ; Jean et 
Gilles de Prétou ville et Barlx» Fournier, dicte la procureuse 
Mabrè, l'une des plus l)elles femmes de son temps ». (Recher- 
ches et Antiquités, par de Bras, p. 127. éd. de 1588.) 

(3) Guillaume Désobeaulx, cousin d'Etienne du Val. était 
tabellion royal en la ville et banlieue de Gaen, avec Jehan de 
Foulognes. 

(4) Nicolas Le Valois, le riche Gaennais auciuel .lacqucs de 
Gahaignes a consacré son Éloge 1", qui « lisl bastir la maison 



48 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

sœur, le mesme jour que le dicl enfant fut baptizay. 
Obist. 

Le jeudy, XXIIII'' aoust 1539, que arrivé en cest 
maison, retournant encor d'un aultre voiaige en Yspai- 
gne, durant lequel mon dict frère le grènetier décéda 
le XXV'' juillet oudict an, et à mon arrivée trouvé ma 
femme fort malade. 

Le mardy, XX!!!*" septembre 1539, mon beau-frère 
Jehan de Prétouville décéda. Par son testament et 
derraine volenté, signé de sa main le samedy IX'' aoust 
oudict an, me pria estre seul exéquteur de ses biens, 
ainsy qu'il est porté en propres termes par le dict tes- 
tament, qui ensuit: 

« Et le reste de mes biens, je les laisse à Anne, ma 
fille, et pour ce fère, je eslys mes exéquteurs nobles 
hommes Estienne du Val, sieur du Moust, et Jehan de 
la Bigne, leur supplyant qu'ilz ayent à prendre l'entre- 
mise et charge de fère le contenu de ung codicille, 
signé de ma main, jouxte les partyes cy contenues, et 
supplye mon dict sieur du Moust retirer ma dicte fille, 
sa niepce, pour demourer avecques luy en attendant sa 
bonne fortune; et davantage, prye icelluy sieur du 

du Grand-Cheval ot acquist les terres de Fontaine-Ktoupofour, 
d'Escovillo et autres... », avait épousé, en premières noces, 
Catherine Hennequin, de Paris. Il la perdit à l'âge de 25 ans, 
peu de temps après ce baptême, et épousa en secondes noces 
Marye Duval, également de Paris, dont il eut quatre iils. 

M. Dupont avait lu: « présence de damoyselle de Croviller,, 
ce qui altérait complètement le sens de la note. 



MANUSCHIT D KSTIRNNE Df VAL 4H 

Moust qu'il prengnc toux mes biens, tant héréditaux 
que mobiliers, sans en fère aulcun inventaire, desquelz 
je ne veulx ny (Mitcns qu'il en rende aulcun compte à 
quelque personne que ce soyt, car telle est ma derraine 
voulonté et delTentzà toux mes parentz et amys do non 
empeser, ny entremettre, en voulloyr avoyr aulcun 
manyment ny congnoissance. Et sy ainsy estoyt que le 
dict sieur du Moust allast de vye à décès, je ordonne 
et veulx que le dict de la Bigne en prengne ains la 
charge. Kn tesmoing de vérité, jay signé ce présent 
de mon seing, cy mis, le samedy IX" d'aoust 1539 ». 
L'original du dict testament ce treuva en ung petit sac 
de cuyr blanc avecques les promesses et quictances 
du sieur de Buron, Nicollas Moges; lequel sac de cuyr 
aussy on treuva dedens ung de toille avecques les 
comptes du dict défunct Prétouville et de feu mon 
frère le grénetier et moy. 

Le mardy, XII'' du moys doctobre 1539, reçeu let- 
tres du Roy par lesquelles m'estoyt expressément 
mandé me retirer là par où estoyt le chancellier Payet. 

Le mardy, Xlllb' du dict moys et an, parti de ceste 
ville en la compaignie d'aultres mandés pour le faict 
du mariaige de ma niepce, lille du dict i^rétouville, et 
arrivé à Fontainebleau, où fusmes arrestés prison- 
niers à la suyte de la Court, par le commandement du 
dict Payet. 

Le samedy, IIII" noveml)re ou dict an 1539, fusmes 
renvoyés du dict Fontainebleau au chasteau de ceste 
ville de Caën, prisonniers. 

4 



oO MANUSCUIT D"liSTlEMHE DU VAL 

Le mardy, III" de janvier ensuyvant, oudict an, 
Breslay, de Paris, commissaire pour le laict du dict 
mariaige, estant logé oudict Cliasteau, nous renvoïa à 
Paris, prisonniers, à la prison de Fourlevesque, et, 
du dict lieu, prisonniers au Chasteau de Abeville en 
Picardye, où estoyt le Roy ; auquel lieu de Abeville 
l'ust donné par le dict chancellier, avecques conseillers 
nommés par commission, l'arrest du dict mariaige, le 
samedy XVllI'' mars 1539. 

Le derrain de may 1540, par lettres de dom du 

Roy et de grâce, neantmoins le dict arrest, le toust est 
remys tant aux honneurs que aux biens, sans préju- 
dicier ne nuyre en aucune choze, comme il est porté 
par les dictes lettres (1), reçeues et passées en la Cham- 
bre des comptes à Paris, le XXIX* mars 1543, après 
Pasques. 

Le vendredy, premier de décembre 1542, viron six 
heures de matin, ma dicte femme ce acoucha d'une 
fille, laquelle, à l'instant, obist. 

Le jeudy, teste Saincte-Anne, XXVI'' juillet 1543, 
mon dict frère, curé de Cursy, M" Jacques du Val, 
rendist son âme à Dieu (2), à six heures du soyr. 

(1) Voir, aux pièces justificatives, l'arrêt de la Cour du Par- 
lement de Rouen, du 27 décembre 1569. Les dates des trois 
lettres patentes accordées à du Val par François I" s'y trou- 
vent visées. 

(2) «Ce l'ust ce lUL'sme an. dit M. de Bras, que ^Maislro .Jac- 
ques du Val, curé de Gursy (natif de ceste ville, l'un des pro- 
lonolaires de M. le Révérendissime Jean, cardinal de Lorraine), 



MANUSCRIT l)"i:STlKiNiNK Kf VAL M 

Le lundy, XX!!*" septembre, feste Sainct-Mathieu 
1545, Dieu, par sa grAce, nous donna ung fîlz, nommé 
Jacques, par M'' Guillaume de la Lande, receveur 
général des finances ou dict Caën (1), en la compai- 
gnie de noble homme M*" Pierre T-,e Bourgeois, s"" de 
Béneauville, de ma sœur Marye du Val et de ma niepce, 
femme du s"" de Buron. Année de mon âge 38'". 

Le mardy, XV'' aoust. feste Nostre-Dame 1549, 
ma dicte sœur Marye du Val rendist à Dieu son âme, 
six heures du matin. 

Le merquedy, XXV" février 1550, viron huict heures 
du soyr, Dieu par sa grâce nous donne ung filz, nommé 
Philippe, par nobles hommes M" Philippe de Nocey, 
archidiacre et officiai à Lisieux, et Jehan Dannebault, 
vicomte d'Auge, et damoyselles de Troymons et de 
Béneauville. Année de mon âge 43". 

Lequel Philippe obist le mardy XXII- septembre 
1551. 

Le derrain d'avril 1555. à Caën, fust donné par 
Monsieur l'évesque de Baieux au dict Jacques du Val 
l'ordre de tonsure. 

Par aultre invention denvye, par comilion de la 

trespassa. G'estoyt un sçavant et bien morigéné personnage, 
lequel fust regretté de chascun, et, de ma part, ie en eust 
un grant desploisir, pour ce que nous estions compaignons 
d'estude et fort grands amys >>. 

( 1 ) Guillaume de la Lande, receveur général des finances, était 
l'oncle de Jessé de la Lande, qui lui succéda dans cette charge, 
et auquel Jacques de Caliaignes a consacré sou Éloge 25. 



52 MANUSCRIT \) ESÏIENNE DU VAL 

court de Parlement de Rouen, fust mys en arrest au 
chasteau de ceste ville de Caën, avec les dicts conser- 
vateurs Malerbe (1) et de Buron-Moges, et de là con- 
duict par ung greffier au chasteau de Rouen, moy 
estant seul au dict chasteau et les dicts conservateur 
et de Buron, au vieil Pallays du dict lieu, depuys le 
XXII'' juillet 1555, jusques et comprins le XXIIII^ 
octobre ensuyvant ou dict an, que fusmes renvoies 
deschargés et absoulz du dict arrest; durant lequel 
temps j"ay payey seul, tant pour la despence que faitz 
articulés extraordinairement, la somme de. 850 liv, 
sans comprendre les intérêts qui m'en sont 
advenus, 

Ausy que, durant le dict temps, il cepéryt 
devant Dyve ung navyre que Ollivier de 
Boullonoys avoyt pour moy faict chargé de 
harens à Dieppe, pour la cargaison duquel 
j'avoys payé 1.400 liv. 

Et ung aultre navyre ce péryt en mer que 
le dict Boullonoys avoyt faict chargé en la 
rivyère de Charente, pour la cargaison 
duquel navyre j'avoys payé, durant le dict 
temps, la somme de 1.250 liv. 

Plus, il c'est trouvé de perte en ung 
navyre que envolai en Yspaigne, duquel 
Jehan Le Comte avoyt la facture et charge, 
de la valleiir duquel navyre m'appartenoyt 
les deux tiers, dont j'avoys payé la sùme . 1.150 liv. 

3.800 liv. 

(1) Guillaume do Malherbe, docteur en droit, chanoine du 
Saint-Si'jiulchre. prieur de la Maison-Dieu de Caon. sur la rési- 



MANUSCRIT d'ESTIENNE W VAL 53 

Le vendredy, XXVII" novembre 1556, entre six et 
sept heures de matin, Dieii, par sa grâce, nous donna 
ung filz, baptizé le samedy ensuivant et nommé Nicol- 
las, par noble homme Nicollas Bernard, conseiller du 
Roy. trésorier et général des finances au dict C.aën et 
noble homme Nicollas Moges, s"" de Buron, et damoy- 
selles de Tournebu et de Fontenay, sœurs de ma 
femme. 

Durant Tannée 1560, fust fect et basty le corps de 
maison en potence, avecques large escallier et cave, 
aussy la porte de derraire à la rustique. 

Durant l'année 1501 et 1562, fust aussy basty la 
maison de la basse cour, au droict de la Halle à bled, 
qui sert de grenier. 

(En marge) Le vendredy, sixiesme may 1571, iltumba 
sur le hault et couverture de la dicte maison une foul- 
dre de feu qui brûla tout le boys de la dicte couverture, 
qui fuz, par la grâce de Dieu, incontinent extainct (par) 
bons secours de bons voysins et amys qui montèrent 
avecques grand travail au hault des dicts greniers, qui 
tost après furent réédifiés (comme) premièrement et 

gnation do son oncle Jacques de Mosges, conservateur des pri- 
vilèges apostoliques de l'Université de Gaen, était lils de Guil- 
laume de Malherbe, écuyer, sieur de Missy. demeurant à Gaen. 
paroisse 8aint-Étienne-le-Vieil. et de Marie d'Elhœuf. C'était 
l'oncle du poète. Il était, dit J. de Cahaignes, dans son 18' Éloge 
qu'il lui a consacré, une des lumières de la collégiale du Saint- 
Sépulchre. 11 mourut le 9 janvier l.'StR. 



ùA MANUSCRIT D ESTIENNE DU VAL 

sans que la l'uye et volière à pigeons en fust attaincte 
ny endommagée. 

Le mardy, W" juillet 1508, Thomas Coquet, faisant 
retour de recepvoir denyers à Allençon, Argentan et 
Fallaize, suyvant la charge à luy baillée, fust surprins 
à l'issue du dict Fallaize, au bas des forbourgs et illec 
occis, ayant esté tyré à cheval dedans une cour et voilé 
de la somme de 4.288 liv. 18 solz tournoys, comprins 
3.060 liv. 5 s. 8 d. reçeus des grénetiers des dicts lieux 
sur ventes de sel, et la somme de 1.208 liv. 13 s. t. des 
receveurs particuliers, pour remboursement des taxes, 
desquelles deux sommes il n'en a este'' ordonné aucune 
rescompense. 

Par arrest de la Court de Parlement à Rouen, du 
XXIll^ décembre 15(39, contre Jacques Marguerite, filz 
Charles Marguerite, de Fallaize (1), inhibition et def- 
fences fectes de proposer à l'advenyr injures à raison 
du dict arrest du XVllI' mars 1539, soyt en jugement 
ou hors jugement ou aultrement. Le dict Marguerite le 
condamne à 25 liv. d'amende et à 50 liv. d'intérêts, en 
réparation vers du Val et à tenyr prison jusques au 
plain payement, lesquelles 50 liv. le dict du Val a 
adjugé laisser à la communauté des Pauvres Valides à 
Rouen, avecques despens. 

Le vendredy, XV' avril 1575. par lettres d'avys que 



(1) Voir, aux pièces justificatives, l'arrêt de la Cour de Rouen, 
du 27 décembre liifV.K concernant cette affaire. 



MANUSCRIT n ESTIKNNl!: DU VAL O.) 

reçeu le lundy ensuyvant, XVIll' du dict moys. le dict 
Jacques du Val fusl en la maison de Scipion Sardini, 
italien, et entra en contestations de parolles atrosses, 
de sorte que, ayant les armes à la main, le frère du 
dict Sardini en est mort, après avoyr tyré plusieurs 
esfors de son espée sur le dict Jacques du Val; de 
laquelle mort tost après que Sa Majesté du Roy fust 
pryée pardonner de grâce la dicte mort(l), par lettres 
expédiées au moys de may ensuyvant. 

Le dimenche. XVllI* aoust 1576, je reçeu lettres de 
Chaallons portantes advys que le jeudy IX*" du dict 
moys, le dict Jacques du Val ayant charge de Sa 
Majesté de ordonner sur la conduyte et gouvernement 
des reistres. estant de séjour autour du dict Chaallons. 
fust outrajeusement blessey en divers lieux de son 
corps {d'une antre écriture) (2) « et membres, jus- 
ques après qu'il soufl'rist (jusqu'en) le jour de sa mort. 
Il reçeut seize playes sur son corps et advint cet incon- 
vénient le jeudy 9'' jour d'aoust 1576, à III heures 
après midy ». 

« Le mesme jour, mesmc moys 1577, ensuyvant, le 
dict du Val reçut l'Ordre du Roy, par les mains de 
M. le mareschal de Cossé. dans la ville dePoictiers. ou 



(1) Jacques du Val avait dû r>'f'nt'uir et se réfugier chez le duc 
de Deux-Ponts: il y resta jusqu'à ce que son père eût obtenu 
des lettres de grâce. 

(2) Celte t'crilure est celle de son second tils. Nicolas, con- 
seiller au l'arlenicnt de Paris, ablu' de Saint-Vincent de Scidis, 
de Hani, de Moiremont. et, en dernier lieu, de Fontenay. près 
Gaen. 



56 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

premier et au mesme temps, il commença à servir le 
Roy en lestât de gentilhomme ordinaire de la Cham- 
bre » . 

Le mardy, XVIP juillet 1576, estant sur le mullet, 
au hault de la beutte de Mondreville, pour descendre 
à la prarye des prays de l'abaye, la celle du dict mullet 
tourna, de sorte que mon pied destre demoura accro- 
ché dedans l'estrier sur le hault de la dicte celle, mon 
corps renversé sur la terre le temps de plus de demye 
heure, jusques à ce que ung homme estant au long du 
dict prays, fenant foins, advisant le dict mullet. accou- 
rult par la grâce de Dieu me secourir et tyra mon dict 
pied hors du dict estrier, le dict mullet ne ce remuant 
aulcunement, néantmoins la challeur du temps et mous- 
ches de saizon. que après je montay dessus iceluy. 

Le merquedy, XXVIF febvrier 1577, estant party du 
matin de ceste maison, allant au dict Mondreville, sur 
une haquenée, entrant au parc du dict lieu, je montay 
sur le dict mullet, me pourmenant le long de la 
muraille et le fossey. vers Grainville; voulans passer 
au boult des dicts ibssez, le long du jardin plantey en 
pommiers pour passer sur une petite sente, les piedz 
de derraire du dict mullet coulèrent au Ibndz du dict 
fossey, la celle renversée, mon pied destre acroché à 
l'estrier, le tyrant à force de i)ranler la jambe, mon 
corps tomba tout renversé dedans le dict fossey pres- 
que plain d'eau, de sorte que je en fuz tout couvert 
jusques à la gorge et à l'ouye, les bottes plaines et 
manteau que javoys prins le matin à raison du froyt et 



MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL 57 

grandes bruynes qui estoyent en l'air, sy fortes qu'on 
ne voyoit riens que de fort prez, qui empescha que le 
vallet qui me pcnsoyt suyvre, après qu'il eust mys la 
dicte liacquenée à l'escurye, ne pult me retrouver où 
jostoys ainsy renversey les yeulx en hault. implorant à 
haulte voix la grâce de Dieu, prest à luy rendre mon 
âme; lorsque ma dicte voix fust entendue d'umg mien 
vallet qui passoyt par le chemyn de l'autre costey de la 
dicte muraille du dict parc, qui fust incontment esmeu 
de ma dicte voix, a passé par force par-dessus la dicte 
muraille ; me voyant ainsy à l'eaue, ce efforça m'en tirer 
avecques l'ayde de l'autre vallet qui advisa le dict 
mullet qui n'avoyt bougé sur le hault du dict fossey, 
où il c'estoyt dressay à demeurer, jusqu'à ce que le 
dict vallet le fist repasser le long de la dicte muraille 
que je remontey avecques grande paine, sans manteau, 
les nerfs des bras et jambes fortz retirés du grand froyt 
qui se porte, depuis dix heures jusques à midy, les 
yeulx et la bouche couverts de la dessus dicte bruyne. 
que je fuz apportey par le dict mullet à la cuysine de 
l'entrée du dict parc, où je demouré jusques au lende- 
main sans prendre aucune nourriture; par la grâce de 
Dieu que me trouve en Ijonne disposition à mon âge de 
soixante-dix ans escheu en mars ou dict an. 

[iJe l'ccrilure si^milcc p/us haut). « Le seiziesme 
janvier 1578. le dict sieur de Mondreville. mo prre. 
fust prins d'un mal de coste, avec ditliculté d aleine et 
le XIX' ensuyvant, qui fust le dimanche, à huit heures 
du soir, il rendit son âme à Dieu ». 



OSMOSNES ET DONAONS FETES PAR LE DICT 

EsTiENNE Du Val, des héritages et 

RENTES QUI ENSUYVENT ET DE l'aCQUISITION 
des DICTZ HÉRITAGES. 



Héritages assis à Carpiquet. 

Acquisition faicte par Jehan Duval de M' Thomas Le 
Marchant, escuyer, s' du Rozel, devant Jehan de Cussy 
et Nicolas Corderoy, tabellions en la sergenteriedOyes- 
treham et Bernières, le douziesme jour de i'ebvrier, 
l'an MV05, d'une masure, cour et jardin et ses appar- 
tenances, ainsy que le tout s'estend en long- et en larg'e, 
assis en la parroisse de ('arpiquet, en la place, conte- 
nant six vergées de terre ou environ, jouxte les hoirs 
ou ayants cause du Perrin-Hue, d'une part, etlesQuies- 
deville d'autre ; bute d ung bout sur la dite place et 
d'autre, sur le chemin de la Motte, avecques toutes 
autres terres, comme le dict sieur disoit lui compéler 
et appartenir, situé et assis au terroir du dict lieu de 
Carpiquet, sans en faire aucune exception ne retenue, 
ce qu'il disoit monter jusques au nombre de 25 à 26 
acres de terre ou plus, par le prix de 254 liv. tourn. 
Sellon la lettre de ce fête y recours. 



MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL 59 

Le dixiesme jour de mayMVXXXX. devant Michel 
Desobeaulx et Jehan de Verolles, tabellions es mectes 
de la sergenterie de Cheulx, vénérable personne 
M'' Jacques Du Val, curé de Cursy. auquel appartenoit 
par son loth et partag-e faict entre luy, M'"*' Pierre et 
Estienne dictz Du Val, ses frères, les héritages cy- 
dessus mentionnés, vendy ilceux héritages à Nicolas 
Le Fauconyer, bourgeois de Caen. par le prix de six 
cents livres tournois, lesquelz ont été retirés et acquis 
du dict Le Fauconyer, par clameur de marché, de 
bourse, à droict de sang et lignage, par ledit Estienne 
Du Val, frère dudit M'' Jacques Du Val, devant les 
tabellions de Caen, le 11' jour de may, l'an MVXLII. 

Et du depuys, iceux héritages, contenant 26 acres 
de terre ou environ, et toutes les rentes appartenant 
audit Du Val, en ladite parroisse de Carpiquet. réservés 
douze boisseaux de froment de rente à prendre sur 
Jehan et Thomas dicts Le Tellyer, ont esté baillés en 
eschange, par le dit Estienne Du Val, au Prieur et 
Religieux de Sainte-Croix du dit Caen ; sellon et pour 
les causes et plan mentionnés au contrat du dit 
eschange. dont mention est fête au chap. cy-devant de 
Tacquisition fête par le dit s"" Du Val des dits Religieux, 
dune portion de jardin. 



La maison qui fut Mauny. en la parroisse 
St-Estienne de Caen. 

Autre acquisition faicte j)ar retraict de marché de 
bourse, au nom de Pierre Bacheley et sa femme, par 



60 MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL 

Jehan DuVal,d'unemaisonà plusieurs combles, cours, 
avecques toutes ses appartenances, jouxte Geor- 
ges Lespiné, d'une part, et M*" Hugues de Neufmois, 
d'autre; bute d'un bout sur la grand'rue, tendante à la 
porte St-Estienne, et d'autre sur la rue des Prés, 
jurée et décrétée à la requeste de damoiselle Guille- 
mine Guernon, veuve de Eslienne de Mauny; en vertu 
de ses lettres héréditales de l'obligation du dict 
Estienne; selon le décret faict le 29" jour de mars 
avant Pasques, l'an 1518, y recours sy mestyer est, 
adjugé à Marin Le Goullu, au prix de 260 liv.. pour 
retraict faict le 4" jour d'avril avant Pasques, au dit an. 

La dicte maison est subjecte, par le dict décret, et 
sellon Testât diceluy, faict le 24" jour de may de Tan 
1519, à M"" Pierre Daléchamps et sa femme, à cause de 
lafdle du défunct Paulin Le Villain, en 40 solz de rente 
foncière, duquel nombre de 40 solz de rente par appoin- 
tement faict avecques le dict Daléchamps le 16'' jour 
de janvier l'an 1521, devant les tabellions, en a esté 
acquité etadmorty six solz, 8 deniers, de rente, à raba- 
tre sur les dicts quarante solz et par ainsy, ne demeure 
plus sur la dicte maison que 33 solz, 4 den. tournoys 
de rente, par condition de les pouvoir bailler en suffi- 
sante assiette et en rente foncière, en une partie, en 
ceste ville aux forbourg de Caen, toutesffois qu'il 
plaira au dict s' Du Val. 

I^a dicte maison est subjecte, par Testât du dict 
décret, à Guillaume Ballargent, s' de Sainct-Bégnin, 
par reconnaissance des loths faicts entre Jean Marot 
et Richard, ditz Ballargent, frères, selon iceux, en 
100 solz de rente foncière. 



MANISCHIT d'eSTIENNE Dl' VAL 61 

Laquelle rente de cent solz a esté racquitée et 
admortye du dict de Sainct-Bégnin, par sa cédulle 
faicte audict s-" M« Pierre Du Val, le 27 aoust 1523. 

Laquelle maison a esté fieffée par les dict Maistres 
Pierre. Jacques et Estienne dicts DuvaL frères, à 
Loys de MouUes, de la parroisse de St-Estienne 
de Caen, par vingt iiv. tonrnoys de rente, païables à 
la St-Jehan-Baptiste et Noël, par moictié, sellon 
le contrat de ce faict et passé devant Guill Deso- 
beaulx et Jehan de Foulognes, son adjoint, tabellions 
royaux en la ville et banllieue du dict Caen, le 27 
novembre 1535. 

Du nombre de laquelle rente de 20 Iiv tournoys, en 
a esté donné et osmoné,par le dict s"" Estienne Du Val, 
au trésor, curé et huict prestres fondés en l'église 
N.-D. de Froideriïe du dict Caen, la somme de 16 Iiv. 
10 solz tournoys, à avoir et prendre sur le dict Loys de 
Moulles, à cause d'icelle fieffé de laquelle les lettres ont 
esté baillées par le dict Estienne Du Val aux dictz tré- 
soriers, curé et prestres, à la charge d'en ayder aux 
prestres et trésor de l'église de St-Pierre du dict 
Caen, pour soy faire payer de 70 solz tourn. do rente, 
restant des dictes vingt livres de la dicte donation et 
osmône faicte, parce que les dictz trésoriers, curé et 
prestres de Froideriie sont et demeureront subjects à 
perpétuité dire, chanter et célébrer en la dicte église, 
par chacun an, deux obits et messes à nottes, l'une 
desquelles et obit seront dictz annuellement, le 
1" vendredy du moys de juin et l'autre, le quinziesme 
prochain ensuivant, mesme demeurant subjects les 
dictz curé et prestres de Froideriie à perpétuité 



62 MANUSCKiT d'estiknni; du val 

chanter et célébrer deux basses messes par chacun an 
aux jours de lundy et vendredy, huict heures du 
matin, sellon qu'il est porté par le contrat de ce faict 
et passé devant Denys de la Haye et Michel Dutout, 
tabellions à Caen, le pénultième jour de décembre 1544. 
Le reste de la dicte rente et fietre, montant à soixante- 
dix solz tournois, a esté, par semblable lettre, donné 
et osmôné par le dict Du Val aux curé et prestres de 
St-Pierre de Caen, à la subjection de célébrer ung 
obit et haulte messe, la veille Ste-Anne. par chacun an, 
à l'intention du dict Du Val; comme il appert, par 
lettres passées devant tabellions au dict Caen, en date 
du 12'' jour de mars, l'an 1544. 

Le samedy, vingt-un""' de septembre, l'an 1549, 
jour et feste de St-Mathieu, a esté osmôné aux s" 
curé et prestres fondés en l'église Nostre-Dame de 
Froideriie du dict Caen, la somme de vingt-deux 
livres, dix solz tournois de rente à avoir et prendre, 
assavoir : sur Nicollas et Nicollas, dictz Gringallet, et 
Jehan de la Noe, de St-Pierre de Caen, dix livres 
tourn. de rente, par lettres passées dev. les tabellions 
à Caen, le 15'' jour de mars 1545. 

Autres dix livres de rente à prendre sur Gilles 
d'Allemagne et Agnès, sa femme, par lettres passées 
dev. les tabellions à Caen, le 28 décembre 153G, et 
50 solz tourn. de rente à prendre sur Thomas Le 
Tellier, de St-Nicollas de Caen, par lettres passées 
devant les tabellions à Caen, le 24 juillet 1515, à la 
charge et subjection des dictz trésoriers, curé et pres- 
tres fondez à perpétuité, de dire, chanter et célébrer 



MANUSCKIT d'KSÏIENNE DU VAL 63 

en la dicte église, par chacun an. ung obit et messe à 
notte. les jours et lestes St-Mathieu, en septembre, 
et 3 basses messes par clia(;un an, aux jours de dimen- 
che, mercredy et jeudy, (S heures du matin, chacune 
semaine de Tannée, sellon qu'il est porté par les lettres 
d'icelle osmône et fondation, faictes et passées devant 
les tabellions de Caen, le 21'" jour de septembre au 
dictanl549; par lesquelles lettres aussy appert que 
le dict trésor demeurera subject chacun an, à perpé- 
tuité, le jour de lobit (jui est célébré le jour St- 
Mathieu, en septembre, fournir et mettre es mains du 
fondateur et ses héritiers 40 solz tournois pour les 
donner et distribuer aux pauvres ou les employer 
ainsy qu'il verra bon. 

Item, le dict Estienne Du Val, par contrat passé 
devant Guill. Cœuret et Nicollas Deslandos, tabellions 
à Caen, le 4'' jour d'avril 1555, donna et osmôna aux 
trésor, cucé et huict prestres fondés en l'églize Nostre- 
Dame de Froiderûe. 12 livres tourn. de rente, qu'il 
leur assigna à avoir et prendre sur les personnes 
dénommées au dict contrat, affin que le dict trésor 
soit et demeure subject à perpétuité faire chanter et 
célébrer à la dicte églize par le curé ou l'un des 8 pres- 
tres fondés, pour et à l'intention du dict Du Val, ses 
parents et amys, tant vivans que trespassés (1). par 

(1) La chapelle des du Val, dans l'église de Notre-Dame de 
Froiderûe. était la seconde à gauche, en entrant. On lit, sur le 
mur, cette inscription bizarre: 

Un lieu de santé — Daniel est venu — D'ennui t'es lavé 
A tu es un délien — Nul a ta devise — La est tm en Dieu 

Ces belles choses ont été gravées sur la pierre qui les conser- 



64 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

chacune sepmaine de l'an, aux jours de mardy et 
samedy à 10 heures attendant 11, deux basses 
messes, et, à h\ fin de chanine desquelles dire Libéra, 
de Prol'undis et les oraisons accousluniées. sur les 
sépultures des père et mère du dict Du Val et faire 
préalablement que commencer les dictes messes son- 
ner six coups de closche, pour advertir les dicts fon- 
dateurs, ses successeurs et le peuple qui aura dévotion 
ouyr les dictes messes; et fournira le trésor le lumi- 
naire, calice et ornemens; de ce est requis et de payer 
au preslre à la fyn de sa messe deux solz tournois, 
que, à la raison de la dicte fondation et de la précé- 
dente, seront le dict trésor, curé et prestres fondés, 
subjects dire chacun jour de la sepmaine, une messe 
à la dicte heure de 11 heures de matin. 

Oultre, le dict Du Val adonné etosmôné par le dict 
contrat au dict trésor 4 liv. tourn. de rente à prendre 
sur les personnes y dénommées, parce que le dict trésor 
sera subject à perpétuité fournir et quérir, par chacun 
an, le jour de Pasques, en la dicte ég-lise, le vin qui 
sera administré au peuple après avoir connnunié et 
reçeu le sainct sacrement de 1 autel, sellon que du 



ve. comme l'indique le millésime qui les surmonte, en 1575. 
Raymond Bordeaux remarqua le premier que ces combinaisons, 
plus ou moins spirituelles, sont formées avec les treize lettres 
dont se composent le nom et le prénom d'Estienne du Val. 

Les jetons de cette famille offraient, dès l'année 1551, cette 
autre combinaison : D'envie en salut. 

On sait qu'une variante: Eti salut d'envie, était t^ravée sur 
un médailldu de l'Iiùli'l cnnstiuil l'ti 15(K). 



MA.NLSCKIT D KSTIF.NNF. I)L VAL Oo 

tout plus ample mention est faicte au dict contrat y 
recours. 

Item, le dict F.stienne Du Val a donné et osmôné 
aux Prieur et Relligieux de Ste-Croix de Caen, 
10 liv. 8 solz six deniers tourn. de rente, comprins en 
ce. tt boisseaux de fourment de rente, hypothéqués à 
2 solz pour chacun boisseau, à avoir et prendre, chacun 
an, en plusieurs partyes. sur les personnes y dénom- 
mées au contrat de la dicte donation passé devant 
M*' Adrien Gossaume. notaire royal au dict Caen, le 
9* jour d'octobre 1546, à la subjection des dicts Prieur 
et religieux de faire dire, chanter et célébrer en l'église 
de Froidcriie de Caen, 1 basses messes par chacune 
sepmaine de Tan. aux jour de mardy et sabmedy. en la 
chapelle du dict s' Du Val et aux réservations y con- 
tenues, à commencer à jouyr des dictes partyes de 
rente au terme St-Michel 1547 ; lequel Du Val a payé 
présentement comptant aux dicts religieux. 10 livres 
pour la dernière année des dictes deux messes, échues 
à la St-Michel dernière et leur a présentement baillé 
les lettres des dictes partyes de rente, à la charge de 
lui en ayder toutetfoys. 

Oultre. les dicts religieux ^ont subjects dire et célé- 
brer chacune sepmaine, aux jours de lundy et jeudy, 
deux messes basses à lintention du dict Du Val. pour 
les causes mentionnées au contrat deschange faict 
entre eulx, dont est devant traité f° 10. 

Donation fête pour la fondation du Puy à tenir par 
chacun an, le jour et feste de la Conception Nostre- 
Dame. le Puy d icelle Conception à la maison des 

6 



t>6 MANUSCRIT D'ESTIENNK DU VAL 

frères religieulx de S t- François- Cordelliers de Caen: 

« Universis présentées litteras inspecturis Jacobus Le 
Porcher (1), sacris in litteris Baccalaurcus, Rector iini- 
versorum magistroriim, doctor et scholasticorum 
Cadomi studentium, salutem in domino sempiternam. 

« Quoniam ut ait Seneca non amicitia sed veritate 
reddendum est testimonium hinc est quod nos non 
amicitia aut favore sed veritati adducti, verum perhi- 
bemus testimonium quod anno domini sesquimilles° 
quinquagesimo septimo, die sexta novembris, convenit 
Universitas Cadomensis in aedem Franciscanam atque 
locum solitum comitiis in hac die légitime indictis, 
prout semel atque iterum conclusum l'uerat, primum 
in domitiolis eodem anno decimo octavo octobris habi- 
tis, deinde in congregatione celebrata vicesimo sexto 
octobris ; nempe et de principatu podii aliquid certi 
tandem concluderetur, deque conditionibus scriptis ab 
illustri viro Stéphane Du Val Moudre"'", domino, Aca- 
démie Cadomensi oblatis, ut in perpetuum ejusdem 
podii princeps, velut quodam jure hereditario, desi- 
gnaretur et eligeretur; patrum sufïragio sic qui quod 
œquum esset ac bonum decerneretur, ac inter Univer- 
sitatem et dictum Duval, iisdem conditionibus, si ita 

(1) Jacques Le Porchier [porcarius], bachelier en théologie, 
fut élu recteur le S octobre l.">57 et fut remplacé, le 24 mars 1558, 
par (lodofroy Le Laboureur. A celte époque, les recteurs 
restaicïiil six mois en exercice: ces fonctions ne devinrent tri- 
mestrielles qu'en 101(3. 11 fut réélu en mars 1582. 

Jacques \a' Porchier avait un frère, Nicolas Le Porchier, 
comme lui bachelier en théologie, qui avait été élu deux fois 
recteur, le 3 octobre 1536 et le 17 mars 1543. Il est qualifié, la 
seconde fois, professeur en lhéolo{i;i('. 



MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL (57 

vidoretur, transigeretur. Perlecta itaque contractus 
formula, in qua supra commemorata conditiones 
describuntur, rogati sunt sententiam a rectore singu- 
lorum ordinum proceres ac magistri. qui lum illic 
aderant. 

«Hii autemerant venerandus vir, magister Johannes 
du Verger (1), ordinis theologiœ decanus cum aliquot 
theosophiœ professoribus. houorandus atque eximius 
vir, magister Tanneguy Sorinus (2), juris canonici 
antesignanti ; magister Rodolphus Hérault (3), in 
utroque jure licentia, juris civilis prodecanus, magis- 
ter Johannes Onf'roy(4). medicorum coryphœus. cum 
multis suae facultatis doctoribus, magister ^Egidiusde 



(Il Jean du Voi'tcier, licencié en tiiéologie et professeur de 
théologie in supra 7nunfiana Facultate theologiœ, avait été 
élu recteur le 1" octobre 1526 et le 2'i mars 15;:!4. 

(2l Tanneguy Sorin. de Lessay. en (Jotcntin. professeur aux 
droits, devint conseiller au siège présidial de Gaen, lorsque ces 
charges furent créées en 1552. C'est l'auteur bien connu des 
Commentaires sur la coutmne de No)'niandie. 

(3) Rodolphe Hérault, docteur es droits, professeur de phy- 
sique au collège du Bois, curé de Saint-Ouen de Caen, fut 
quatre fois recteur, de 1540 à 15G3. 

Il resta recteur pendant trois semestres, du 24 mars 1562 au 
24 octobre 1563, fait qui ne s'était jamais produit et qui ne se 
renouvela pas. Les ravages des guerres religieuses avaient, à 
cette époque, écarté de la Faculté maîtres et élèves, et ce fut 
à la lin de l'année 1563 que les cours purent se reformer. 

(4) Jean Onfroy, sieur de Gardronney, docteur en médecine, 
avait été élu recteur le 17 mars 1553. II mourut le 13 aoiit 1583. 
Jacques de Cahaignes a fait son Éloge. Il avait un tils, Etienne 
Onfroy, docteur en médecine et maître es arts, qui devint aussi 
recteur en 158<J. 



68 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

Housteville (1), artium decanus ac sui quidem ordinis 
ma^istri, quorum major pars ensuyt, superius comme- 
moratas conditiones a dicto Duval, ut prsedictum 
est, oblatas, ei placere easque firmas ac ratas velle 
habere, ideoque recipere cum gratiarum actione iis- 
dem cum dicto Duval esse transigendum, ea tamen 
lege ac conditione ut idem Duval suam pnestet obliga- 
tionein quemadmodum et Universitas suam, nempe ut 
sit utriusque et Universitatis et Duval mutua ac reci- 
proca obligatio, idque addendum. expressis verbis, 
in formula contractus (s'ensuyt), et sic a majori parte 
conclusum est per rectorem transigendum esse cum 
dicto Duval, postrema illa conditione de mutua obli- 
gatione in formula contractus addita. 

«Quod etiam factum est in ipsa congregatione per 
rectorem ac supra commemoratos et Hérault, prode- 
canuin dicti Universitatis: anno et die supra dictis; 
in quorum omnium fidem et testimonium liis prœsenti- 
bus litteris sigillum Rectoriatus, una cum signo scribe 
dictae Universitatis duximus apponendum. 

«Datum Cadomi, in congregatione generalli ejusdem 
Universitatis, anno et die predictis». 

Ensuyt par ordre les articles du dict contrat : 
Premi«"*rement, pour la célébration de la dicte con- 
vention. Messieurs les Recteurs, doyens et bedeaulx 
des cinq facultés de la dicte Université se assemble- 
ront en habit de doyen, en chappes, et chapperons. 



(Il (iilli's (ie Housteville {^yidius), bachelier en tliéolo^îie et 
maître es arls. avait été élu recteur le l'j mars irw'il. 



MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 69 

une heure après midy, au lieu pour ce préparé, aux 
Cordeliers, où assistera le dict fondateur, ou son 
héritier, comme prince du Puy, et au lieu et place 
accoustumé pour iceluy, pour ouyr la lecture des 
dittes compositions qui s'offriront et icelles recevoir; 
puis, les dicts bedeaulx servans à la police pour y . 
faire garder Tordre et le silence requis. 

Item, seront nommées par les dicts sieurs Recteurs 
et Doyens et par le dict prince ou son héritier, avant 
que partir du dict lieu, six personnes doctes et de 
suffisant sçavoir, trois, par les s""* de l'Université, 
desquels le Recteur sera lung, et trois par le prince ou 
son héritier. Lesquels six seront par le prince prins 
par serment qu'ilz n'auront faict, corrigé ou baillé 
argument aux dicts compositeurs et que les dicts 
compositeurs ne seront leurs parents ny alliés et les- 
quels s'assembleront dedans le samedy ensuyvant, 
présence du dict Recteur et du dict fondateur, en une 
chambre du couvent des dicts Cordeliers, qui leur 
sera à ceste fin préparée, pour veoir, examiner et 
juger les dictes compositions et en adjuger les prix à 
ceulx qui les mériteront, et lequel jugement sera par 
les dicts Recteurs et fondateur ou son hoir principal 
conjointement conclud et les prix et loiers adjugés à 
ceulx qui auront h^ plus de voix et où les voix des 
juges seront en ('qualité'. \e dict fondateur ou son hoir 
principal déclinera en (juelle part qu'il vouldra pour 
arrests. 

Kt le dimenche ensuyvant, les dicts s'^ Reclturs. 
doyen, juges et bedeaulx s'assembleront au cloistre 
des dicts Cordellicrs. ainsy qu'il a esté faict par cy- 



70 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

devant, pour délibérer publicquement aux victorieux, 
présence du dict prince, estant en sa place, ou son 
hoir, comme dict est, les enseignes de leur victoire. 

Et ce faict, seront les compositeurs auxquels aura 
esté adjugé les prix et débatu, et les bedeaulx de 
l'Université subjects convoyer le prince jusques en sa 
maison et icelle rendre et restituer les dictes enseignes 
qui seront redimiez par les prix cy-après déclairés, 
lesquelz seront payez comptant par le receveur d'icelle 
Université, présence du dict prince. 

Et pour satisfaire à l'entretainement de la dicte fon- 
dation et choses cy-devant déclarées, le dict Estienne 
du Val a donné et par ces présentes de son bon voul- 
loir, donné par pure et libéralle donation entre vifs, à la 
dicte Université, la somme de XXII liv. tournoys de 
rente à avoir et prendre, par chacun an, à sçavoir: 
12 liv. tournoys en deux partyes, sur noble homme 
Jehan de La Mariouze, sieur de Gonneville; sellon les 
lettres de la vente, Tune en datte le dix-neufvies* 
d'octobre 1.54.3, montant cent solz de rente, et l'autre 
montant sept liv. tournoys, en datte le XIX*^ de décem- 
bre 1543, et X liv. de rente sur M* Parisy-Baillehache, 
sieur de Ranville, ses hoirs ou ayant cause, sellon les 
lettres de la vente en datte le seiziesme de juillet 
1546, lesquelles lettres présentement ont esté baillées 
à M* Jehan Le Portier, scribe de la dicte Université, 
j)résent pour les bailler au receveur de la dicte Uni- 
versité, pour (!n recueillir les arérages qui en esché- 
ronl à l'advenir, à la charge des conditions contenues 
en icelle et dont j)our commencer à cesle prochaine 
feste, comme dict est, le dict du Val advancera une 



MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 71 

année des dictes rentes. Et au cas où la dicte rente ou 
partye d'icelle sera racquittée ou admortye, elle sera 
remployée en semblable nombre de rente pour la 
continuation de la dicte fondation, le dict fondateur, 
ou son hoir appelé, tant au racquit que aux dicts 
remplacemens, laquelle somme de XXII livres se dis- 
tribuera par le dict receveur des deniers de la dicte 
Université, comme il ensuyt: 

Assavoir 

A celluy qui fera loraison du matin, 
lequel sera tenu faire commémoration 
de la dicte fondation, la somme de . . X s. 

Au dict fondateur ou son héritier, 
pour son offrande, où il assistera à la 
messe à la place accoustumée du prince 
du Puy III s. 

A ceulx qui feront chacun ans les 
compositions latines et françoises des 
placars pour les invitations du Puy qui 
seront nommés par l'Université à la 
Congrégation de la Saint-Denys. pour 
estre affichés à la Toussainct, assavoir: 

Au compositeur latin XX s. 

Au compositeur français .... XX s. 

A l'imprimeur, pour imprimer cin- 
quante placars, pour attacher aux 
portes des collège et lieux publics de 
la ville et Université, mesme envoyés à 
Rouen et autres lieux Il s. Vi d. 



72 MANUSCRIT d'eSïIENNE DU VAL 

Au meilleur épigramme héroïque sans 
excéder le nombre de trente mètres (1) 
sera donné les armes du dict fondateur 

rédimables par XLV s. 

Et au débatu la somme de. . . . XXII s. VI d. 
Au meilleur chant royal (2) conte- 
Il) Mètres: la suite des pieds ((ui forment un vers. En 
d'autres termes, la mesure des vers. 

|2) Sur le Chant Royal, voici ce que dit Fabri [Le Grant et 
vrai art de pleine Rhétorique): «Après que l'en a traicté de 
liuit syllabes en ligne et au dessoubz, et des espèces de rythme 
à ce convénientes, s'ensuyt à parler de l'espèce de Champ 
Royal qui se faict de dix syllabes en masculin, et autant de 
lignes en une clause qu'il y a de syllabes au pallinod, comptant 
la passe féminine pour plaine syllabe, à celle fin que la clause 
soit de dix ou unze lignes; et se plus y en a. c'est licence poë- 
ti(iuc. Et doibt avoir cinq clauses ou basions de semblable 
couleur ou lysière, avec l'envoi semblable à la première ou der- 
nière moytié de clause en rentrant à son palinode. à la diffé- 
rence des servantoys qui sont sans palinode... Et pour ce que 
la pronunciation des lignes de dix syllabes seroit trop longue 
à pronuncer sans faire pause ou poinct. il est de nécessité de 
coupper sa ligne en deux, la première moytié de quatre syllabes 
et le demeurant de six en masculin; et doibt l'en tousiours 
terminer substance entre là ofi est la couppe ou la fin de ligne. 
Et pour ce qu'il est dist devant que termination féminine ne 
faict poinct pleine syllabe, il est requis que la IIII'' syllabe 
qui est la couppe en champ royal soit masculine, car syllabe 
féminine, en la llll* place, n'est «nie de 111 et sapasse, qui est 
diniinulioii de couppe. ou elle est de quallre et sa passe, qui 
est addition. Et doibl cstrc le pallinod de taille féminine, et le 
rcilrain d(' ballade si est masculin )>. 

Et plus loin: « 11 esl dict champ royal, pour ce que. de toutes 
les espèces de rithme c'est la plus royalle. noble ou magistralle 
f\ où l'en touche les plus graves sul)stances. Parquoy c'est 



MANUSCRIT UESTIÉNNE DU VAL 73 

nanl le nombre de unze lignes à cinq 
couleurs (1), par chacun baston |2). 
sans couppe féminine, selles ne sont 
sinalimphées (3), à tel palinod qu'il 
plaira à l'orateur, pourvu que la ligne 

voluntiers l'espèce practiquée en Puy, là ou on pleine audience, 
comme en champ de bataille, l'en juge le meilleur et qui est 
le plus digne d'avoir le prix, après que l'en a bien débattij de 
l'uni^ part et d'aultre en abatant tous les aultres. Aulcuns l'appel- 
lent Champ Royal, pource (ju'il est de noble et armonieuse con- 
sonance pour la gravité de sa substance et la doulceur de son 
éloquence, combien qu'il puisse estre mis en chant, comme il 
est dict des chansons ». 

Et Fabri ajoute cependant qu'il est certaines licences « durit on 
ne doibt poinct user, qu'on ne doibt poinct parler ([ue gravement 
et de grave matière en termes positifs et suppellatifz, sans 
raesler les diminutifz, comme en louant la Vierge Marie et en la 
dysant royne des cielz. il n'est pas élégant de l'appeler «pucel- 
latte» ou abrébiette». etc.», toutes choses évidemment contraires 
à la majesté d'un Chant Royal. 

(1) Couleurs: tigures de rhétorique. 

(2) Baston: couplet. «Nota que ie ne mets poinct de ditte- 
rence entre clau.se, couplet et baston. pource que toute clause et 
couplet se appelent baston en puy. mais le plus commun baston 
n'est pris que pour une ligne de clause» (Fabri: l' Art de pleine 
Rhétorique). 

(:3) Hyatus ou Sinalimphe exprimaii'iit à peu prés la même 
idée. 

Pierre Fabri. dans son Grand et vrai art de pleine Rhétorique, 
nous en donne ainsi l'explication: «Il est beaucoup de tigures 
de m('>tapl;isine et d'auitres genres (|ue ie délaisse pour brief- 
veté; mais il IjiuU dire de sinalimi)lie en nostre vulgaire, qui 
se faict (juant e féminin est tin dung terme, et le prochain terme 
ensuyvant se commence par aulcun vocal, ledict e féminin ne 
se profèn^ poinct. mais les deux vocalz se profèrent ensemble et 



74 MANUSCRIT D'eSTIENNE DU VAL 

palinodée (1) soit de lisière féminine, 

sera donné la palme rédimable par : XL s. 

Et au débatu XX s. 

A la meilleure ballade (2) de huict 
sillabes et de huict lignes, à tel refrain 

des deux syllabes l'en en profère une, comme: «ïu m'as baisé», 
ou «Tu me as baisé». 

«Nota que «m'amye» se dict par apocope, et non poinct par 
sinalimphe, car on ne dict poinct «mon amye», l'en dict bien 
«ma belle amye» et a ne sinalymphe poinct; parquoy de «ma 
amye» l'on este a». 

(1) « Pallinode est terme grec qui signifie semblable conson- 
nance ; lequel terme nos pères ont appliqué en cest art en deux 
manières, c'est assavoir pour les dernières lignes de champ royal, 
qui se reprennent à chascune clause et sont appelées le palinode; 
et en ballade l'en les appelle refrain, et en ce présent lieu 
pour espèce distincte et différente des aultrcs espèces, et est 
ccstc sorte de pallinode assez semblable à l'espèce de cliappelet 
et n'y a différence sinon que le chappelet se practique et des- 
pend du rondeau, et la forme de pallinode se practique sur 
une clause de lay ou virelay communément, ou sur aultre 
clause de quelque aultre espèce de douze lignes, ou plus ou 
moins à la volunté du facteur, mais qu'il y ait tousiours trois ou 
quatre ou plusieurs lignes closes et ouvertes, pour bien doulce- 
ment rentrer, ainsi qu'il est dit du rondeau» (Pierre Fabri : 
Le Grant et vrai cvt de pleine Rhétorique.) 

(2) « Ballades se font de huyt lignes pour clause et liuyt syl- 
labes en masculin pour ligne. Et doibvent estre trois clauses 
de semblalJe lisière ou rithme et semblable relîVain pour der- 
nière ligne, lequel doiJit esln' masculin avec deniye clause de 
semblable ou aultre lisière aux quatre (leniières lignes. (|ui 
s'appelle l'cuvoy. (Ui le p|-ini-c, pourcc que. en Icuanl Ir |uiy de 
ballades, vnlunlicrs ledictcuvoy se adresse ou rtivoyc au prince 
Et disent aulcuns ([uil n'est poinct nécessaire, ne aussy l'en- 
voy dung clianip royal, veu que l'en y peult changer lisière. 



MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL 75 

que rorateur vouldra, sera donne le lau- 
rier rédimable par. . . . . . . XXX s. 

Et au débatu XV s. 

Au plus parfaict sonnet (1) de qua- 
torze lignes sera donné l'estoille rédi- 
mable par XIII s. 

Au plus parl'aict dizain sera donne'' 
le signet n'diniable j)iir ■ . . . . X s. 

A Messieurs les recteurs et cinq 
doyens, pour leur assistance aux dictes 



Mais la cousluiric plus commune c'est qui sont de l'essence de 
liallado el de champ royal, et doibvent en puy estre de sem- 
lilalile lisière, et se, par eulx à redicte, ilz sont à reffusser » 
(Pierre Fahri: Le Grnnt et vrai art de -pleine Rhétorique). 

(1) I^e sonnet était un genre de poésie nouvellement importé 
d'Italie en France. Les premiers qui en usèrent, Clément 
Marot et Mellin (le Saint -Gellais. vivaient dans la première 
moitié du XVI' siècle. Un sonnet de Clément Marot porte la 
date de 1.V27. 11 se développa bientôt avec Ronsard, Belleau, 
Baïf et la Pléiade. « La France, il faut oser le dire, ne fut point 
une des pi-emiércs à donner des lettres de naturalisation au 
sonnet, lisons-nous dans la Monofp'aphie du sonnet par M. L. 
de Veyriércs. Plusieurs chansons de Charles d'Orléans (mort 
(^n l'iHô). tant par hasard i\\n' par fortune, ont peut-être un faux 
air du sonnet. On connaît son fameux rondel: 

.\llez-vous-cn, allez, allez. 

Siiucy. soin et mélancolie... 
«(je pelil poi'ini' esl sur deux rnnies. il est vrai, mais il a ijua- 
lorze vers el le i-omleau en a treize, i'X quinze avec le refrain. 
Faut-il y voir un emliryon du sonnet? Ouoi qu'il en soit, il ne 
faut remonter évidenniKnit qu'à Mellin île Sainl-Gellais («t à 
Clément Marot qui composèrent des sonnets véritables avant 
tous les autres poètes du XVI'' siècle ». 



76 MANUSCRIT DESTIENNE DU VAL 

assemblées, à chacun trois solz ; pour 

ce XVIIls. 

Et où les dicts recteurs el doyens 
n'assisteront, l'ancien docteur qui 
assistera en prendra l'émolument. 

Au lecteur des dictes compositions, 
qui sera nommé par la dicte Université, 
lors de la dicte congrégation, et lequel 
enregistrera les nommez pour faire le 
jugement des dictes compositions . . V s. 

Au sindic de l'Université qui sera 
subject contremarquer les œuvres après 
qu'elles auront esté leues, pour éviter 
au changement et variation d'icelles. V s. 

Aux six juges qui seront nommez 
pour faire et donner jugement des 
dictes compositions ; à chacun X solz, 
pour ce LX s. 

Au couvent des dicts Cordelliers, 
pour fournir d'une chambre pour le 
jugement des dictes compositions . . X s. 

Au trésor de la dicte Université pour 
faire les deniers bons des dictes par- 
tyes et les délivrer, chacun an. le dict 
jour, par les mains du receveur, pour 
en faire la distribution comme cy- 
devant est dict est X s. 

Aux bedeaulx des dicts s" recteurs 
et doyens qui assisteront à la dicte 
convention pour servir à garder Tordre 
tant à la dicte lecture que au jugement. 



I 



MANISCHIT d'esTIRNNK Dl' VAL 77 

pour faire faire l'establie, chaire, tapis- 
serye et choses nécessaires cy-devanl 
dictes XL s. 

Au receveur de la dicte Université, 
pour sa vacation de receveur, la dicte 
somme et icellc délivrée comme dict 
est V s. 

Au dict receveur, pour fournir de 
boys, chandelles, de vin et le pain, lors- 
que se fera le dict jugement des dictes 
compositions, la somme de ... . XV s. 

Et veult et entend le dict fondateur par ce présent 
que aux droicts, honneurs et prééminences d'icelle 
fondation, ne puissent succéder les femmes, ains qu'il 
demeure, et soyt toujours continué au prochain hoir 
masle de la lig-ne du dict Du Val, fondateur et portant 
son nom et armes, forz en cas d'extinction de ligne 
masculine ; ou que cil qui sera prochain héritier suc- 
cédera aux honneurs, droictures et prééminences 
d'icelle fondation, à la charge expresse toutesfoys 
de porter et continuer les armes du dict fondateur aux 
dicts actes; et sy, ne pourra aucun de ses hoirs trans- 
porter ou aliéner la dicte droicture, que toujours le 
dict honneur et droicture ne réside, comme dessus, à 
la lignée du dii-l fondateur. 

Lequel contiat a dû depuys estre direchef confirmé 
et approuvé par la dicte Université, sellon quil 
appert par la testimonialle, de laquelle la teneure en- 
suyl : 

« Universis pra'sentes litteras inspecturis Jacobus 



78 MANUSCRIT d'ESTIENNE DU VAL 

Le Porcher, in sacratissima theologyae facultaté bacca- 
laureus, Hector Universitatis Cadomensis, salutem in 
domino. 

« Notum vobis facemus quod in conventiis generali- 
bus dictœ Universitatis, anno domini sesquimillesimo 
quinquag-es" septimo, secunda mensis martii. in œde 
Franciscana habitis. interfuit vir illustris Stephanus 
Du Val Mondreville, dominus ac podii princeps, qui ab 
Universitate pactus vel contractum inter se et ilhim de 
principatu podii, secundum conclusionem sexte no- 
vembris initum confirmaret ac iterum. approbaret, 
perlecto itaque coram omnibus contractu, rogali 
sunt sententiam a rectore singulorum ordinum 
proceres ac magistri qui, communi omnium suffragio, 
eodemque proorsus consensu ac nomine reclamiinte 
dictum contractum, prout est inscripta redactus in 
sequendo prœdictam conclusionem rursus ac donec 
ratum firmumque habueremus et approbareraus. 

« In cujus rei testimonium sigillum rectoriœ Univer- 
sitatis predicta, una cum signo scribe ejusdem pra;sen- 
tibus litteris duximus apponendum. 

«Datum Cadomi, in conventiis generalibus, anno 
supra dicto, hac die martis secunda». 

Signé sur le reply: Le Porcher, et scellé sur double 
queue de cire rouge. 

A tous ceulx qui ces lettres verront; 

Estienne Du Val. sieur de Mondreville et de Fon- 
tenay, conseiller du Roy en ses finances, garde géné- 
ral des sceaux de Sa Majesté pour les sentences et 
jugemens des sièges présidiaux du dicl Caën, Costen- 



MANUSCRIT d'rsïTENNE DU VAL 79 

tin et aultres juridictions de la dicte ville et vicomte, 
et oblig^ations de la dicte vicomte de Caën ; sallut. 

Comme aussy soyt que noble homme Estienne Du 
Val, sieur de Mondreville et de Fontenay-le-Pesnel, 
conseiller du Roy et prince du Puy de la Conception 
de la très saincte et immaculée Vierge mère de nostre 
rédempteur, fondé au dict Caën dès le sixiesme jour 
de novembre mil cinq cents cinquante-sept, eust, 
devant les tabellions de ce lieu, pour célébrer annuel- 
lement le dict Puy, donné en l'Université de la dicte 
ville de Caën, vingt-deux livres tournoys de rente, 
pour icelle rente, par chacun an, estre distribuée tant 
aux poètes latins que frangoys, pour le rachat de prix 
qui leur seroient adjugés et dellivrés pour le mérite 
de leur labeur et victoire, q'ue aux oflîciers et aultres 
qui à ce employeroyent leur présence et labeur, sellon 
et ainsy qu'il est plus à plain porté et contenu par les 
dictes lettres de fondation: et icelluy sieur fondateur, 
meu d'ung zelle et bonne affection qu'il porte aux let- 
tres et affîn d'inciter davantage, encourager les jeunes 
hommes à Festude des lettres, a voullu augmenter les 
dicts prix et loyer de la somme de six livres dix solz 
tournoys de rente ; 

Parquoy sçavoir faisons que, par devant Jehan Le 
Maistre et Jehan de La Haye, tabellions pour le Koy 
nostre sire en la ville et banlieue du dict Caën, fust 
présent le dict sieur de Mondreville, lequel, incité de 
l'affection susdicte de son bon voulloir et sans aucune 
contraincte ny sollicitation, a donné et. par ces pré- 
sentes donne sur et par augmentation à la dicte pre- 
mière fondation aflin d'héritage à la dicte Université. 



80 MANUSCRIT DKSTIKNNK OU VAL 

les dictes six livres, dix solz tournoys de rente qu'il a 
droict d'avoir et prendre chacun an sur Jehan Vaudon. 
de la parroisse de Mery. et deffunct M'' Charles Tres- 
hardy. en son vivant procureur au siège présidial du 
dict Caën, au terme du ving^t-ung jour de may, sellon 
le contrat de la constitution de la dicte rente, passé en 
ce tabellionnage le vingl-ung'"" jour de may M V '" 
soixante-six, et lesquelz deux prix, tant de la dicte 
fondation que la présente augmentation, revenant 
parmy le tout, à la somme de vingt-huict livres dix 
solz tournoys, il veult et entend estre payées et distri- 
buées, ainsy qu'il a esté faict par cy-devant, assavoir 
à celluy qui fera l'oraison du matin, quinze solz; au 
ditct fondateur ou son héritier, cinq solz pour son 
offrande; pour les compo'sitions latines et françoises 
des placquars, chacun vingt- cinq solz. qui seroient 
cinquante solz; à limprimcur d'iceulx, trente solz ; au 
meilleur épigramme et héroïque, cinquante solz: au 
débattu, vingt-cinq solz: au meilleur chant roïal, 
quarante-cin(j solz ; au débattu, vingt-deux solz. six 
deniers; à la meilleure ballade, trente-cinq solz; au 
débattu, dix solz, six deniers; au plus parfaict sonnet, 
dix-sept solz. six deniers; au plus parfaict dixain, 
treize solz, six deniers; au recteur et cinq doyens, 
vingt-quatre solz; au lecteur des compositions, sept 
solz, six deniers; au syndic de la dicte Université, sept 
solz, six deniers; aux six juges, trente-cinq solz; au 
couvent des Cordelliers, vingt solz; au trésor de la 
dicte Université, dix solz; au receveur, pour ses 
paines, dix solz; au dict receveur, pour fournir pain, 
vin, boys et chandelles, vingt-cinq solz; aux bedeaulx. 



MANUSCRIT d'kSTIRNNK DT VAL 81 

quarante-cinq solz. Kt oultre les sommes susdictes 
sera distribué par les bcdeaulx, tant au dict sieur 
prince que plus notables personnaig'es qui assisteront 
à la messe, pour vingt solz de g-rant pain. — Et sy 
admortissement (it rachapt desquels partyes de rente 
est faict, sera oniployé suyvant qu'il est contenu par 
la première fondation. A ce présents, nobles et scien- 
tifiques personnes M*'* Germain Jacques (1), recteur 
de la dicte Université, Henry Moisy (2), docteur, 
doyen en théologye, Jehan Onfroy, docteur et doyen 
en médecine, Guillaume de Troismonts (3), docteur 
en la dicte Faculté, Estienne Onfroy, doyen en la 
Faculté des Artz, et Jehan Champion (4), receveur 
d'icelle Université ; lesquelz ont eu pour bon et agréa- 
ble la dicte donnation et augmentation et ont promis 
pour eulx et les aultres olFiciers et supôts de la dicte 
Université, qu'il sera satisfait à l'observation de la 
dicte fondation, sellon la teneur d'icelle, de poinct en 
poinct, sans aller encontre en aulcune manière et 

(1) Germain Jacques, licencié ùs droits, avait été élu recteur 
le 1" octobre 1576. Il fut réélu le !'='■ octobre l."i8'2. le 24 mars 
1584 et le 1" octobre 1589. 

(2) Henry Moisy, docteur en théologie, fut élu cinq fois rec- 
teur, entre les années 1.553 et 157:3. 

(3) Guillaume de Troismonts, bachelier en médecine, avait 
été élu recteur en octobre 1555 et en mars 1557. C'était le père 
de Jean de Troismonts, archer de la garde de Henry II, Fran- 
çois II et Charles IX. auquel J. de Cahaignes a consacré son 
Éloge 37. Ils étaient seigneurs de FeugueroUes. 

(4) Jean Champion, licencié en di'oil civil, fut élu recteur le 
l»'' et le 2 octobre 1567. Sa double élection termine» le registre 
des Rectoriœ, à la date du 2 octobre 1567. 

^6 



H"! MANUSCRIT d'eSTIENNE DU VAL 

quant à se, tenyr, garder, parfaire et accomplir, et 
rendre et restaurer tous coustz, mises, despens et 
dommages qui, pour ce, seroyent faicts ou soutenus, 
les dictes partyes en obligèrent, assavoir: le sieur de 
Mondreville, tous ses biens meubles et héritaiges et 
les dessus dicts, les biens de la dicte Université, le 
tout présent et à venir, à prendre et vendre par exécu- 
tion d'ollice de justice, sans procèz. 

i.a dicte donation faicte en la présence de Ni- 
coUas Duval, escuyer, filz du dict s"" de Mondreville; 
en tesmoing desquelles choses ces lettres sont 
scellées du dict scel, à la rollation des dicts tabel- 
lions, sauf aultruy droict. Ce l'ust faict et passé au 
dict Caen, le samedy, huistiesme jour de décembre, 
jour et feste de la Conception Nostre-Dame, l'an 
M D LXXVl. 

Présens, nobles et scientifiques personnes, M^ Bap- 
tiste de Villemor (1), ausmonier ordinaire du Roy, 
abbé d'Ardaine, et noble homme, M" Hierosme Le 



(1) Jean-Baptiste de Villemor, abbé commendataire de l'abbaye 
d'Ardennes, était fils de Paul de Villemor. lieutenant général du 
grand maître des eaux et forêts. En 1560, il succéda comme 
abbé à Marguerin de la Bigne. Il trouva cette abbaye dans un 
état qui laissait beaucoup à désirer; aussi, appela-t-il auprès 
de lui le Révérend Père Jean de la Croix, du monastère de 
Belle-Étoile. Il lui confia le soin de remettre l'ordre dans ce 
couvent. I/aljbé de Villemor avait parcouru presque toute l'Eu- 
rope à la suite de Gabriel d'Aramont, ambassadeur du roi 
Henry II. 11 s'était établi à Caen, où il vécut pendant plus de 
quarante ans. Il mourut le 16 décembre 1599. (Éloges des 
citoyens de la ville de Caen, par Jacques de Cahaignes, 
Éloge 82.) 



MANUSCRIT h'RSTIENNE Dl' VAL 88 

Picard (1), conseiller du Roy nostre seigneur, et 
lieutenant g-énéral criminel au bailliage du dict Caen. 
Approuvé, scel, par Le Maistre et Jehan de La 
Haye; et en la marge, pour le dict s"" de Mondreville, 
Signé, Le Maistre et de La Haye, et chascun ung 
parapfe. 

(1) Hierosme Le Picard fut lo premier des lieutenants géné- 
raux criminels du Présidial de Gaen, créés par Henry II, avec 
les Présidiaux, en 1551. Il résigna sa charge en 1578, en faveur 
de Jacques de Malherbe, qui la conserva jusqu'à sa mort, le 
14 décembre 1592. C'était le père de François de Malherbe, sieur 
du Bouillon, conseiller du Roi et trésorier général à Gaen. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



Arrêt de la Coir du Parlement 
DE Rouen 

[La Tnurnelle, — liappoii. — 1555). 

19 OCTOBRE 



Entre Maistre Guillaume Malherbe, prieur de 
l'Hostel-Dieu de Caen ; Nicolas Moges et Estienne 
Duval ; prisonniers appelants de M'" Jacques Centsolz 
et Raoul Bretel. conseillers commissaires delà Court: 
comparans par Qanynet , leur procureur, dune 
part; 

Et le procureur général du Roy, inthimé en la dite 
appellation, d'autre; 

Veu par la Chambre ordonnée par le Roy au temps 
des vacations, larrest donné en la Court du XVIll'' 
jour de juillet dernier passé: les informacions faictes 
en vertu dudit arrest. par lesdits Centsolz et Bretel. 
conseillers commissaires, à lencontre des dits prison- 
niers appelans; l'appellation par eulx interjectée le 
XXIX'" jour d'aoust dernier passé; larrest de la dite 
Chambre du XI II" septembre V'' cinquante-cinq, par 



86 PIÈCES JUSTIFICATIVES 

lequel il a esté ordonné avant que faire droict sur 
ladite appellation, que lesdits Duval, Moges et Mal- 
herbe feront appareoir les pièces dont ilz s'entendent 
ayder aux fins de leur appellation ; pour ce faire et le 
tout communiqué audit procureur général, estre or- 
donné ce qu'il appartiendroit; leurs lettres et escrip- 
teures mises devers ladite chambre, suyvant le dict 
arrest et aveux de bouche desdits prisonniers, faictz 
par lesdits commissaires; autre information faicte 
par le bailly de Caen, ou son lieutenant, le XXV* jour 
d'aoust dernier ; apportées au greffe de la Court suy- 
vant l'ordonnance de ladite Chambre; la requeste 
présentée à icelle par lesditz prisonniers, le XXV* 
septembre dernier, par laquelle ilz ont esté tenus pour 
bien relevez en leur appellation interjectée le XXIX* 
jour d'aoust; le relief dappel dudit jour et exploict 
[Durand?], du quatriesme du présent mois d'octobre 
au dict an ; 

Et veu ce qui faict a esté audit procès et oys les- 
dites parties sur leurs dites appellations, ensemble le 
rapport du conseiller commissaire, auquel le toust 
avoit esté [délivré?] pour en faire son rapport; toust 
considéré; aprèz avoir faict venir en la Chambre les- 
dits Duval, Moges et Malherbe, prisonniers, auxquelz 
a esté remonstré qu'il/ ayent pour l'advenir à soy 
garder de cheoir en telle sus])ioion de communication 
avec les ennemys du Roy, en laquelle, par cy-devant, 
ilz ontestf'. 

Il sera dict, que ladite Chambre a mis et mect 
lesdites appellations au néant, sans amende, et 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 87 

néammoins, veu ce qui a esté faict au procès et 
depuys produict par les appelans, a ordonné et 
ordonne que les prisons leur seront ouvertes, et mesme 
à Jehan de Renémesnil, aussi prisonnier en la concier- 
gerie, sans absoudre ne condamner; à la charge de 
eulx représenter pardevant le Roy, ou en ladite Court, 
toutes fois et quantes qu'il sera ordonné ; et ce, à la 
caution l'un de l'autre pour le regard desdits Malherbe, 
Moges et Duval, et faisant les submissions au greffe 
en telz cas accoustumées. 

Lallemant Gebhuiz 

Prononcé à la barre de la Court, à Rouen, le XIX' 
octobre V*^ LV. 



Archives du Pa^lkment de Rouen 

Arrêts. Vol. Octobre l')6i> — février loi 0. 



Du XXIIl'- jour de décembre 1569. 

Entre Estienne du Valj.s"" de Mondreville, appelant 
de certaine sentence, donnée par M" Guérin de N'illy. 
lieutenant du Bailly de C>aen, au siège du dict lieu, le 
XX*" jour d'aoust dernier, et, en principal, demandeur, 
en reparaon de injures, dune part: et Jacques Mar- 
guerite, filz Charles, intimé en lad. appellaon et oudict 
principal, défendeur, d'autre: 



88 PIÈCES JUSTIFICATIVES 

Veu par la Cour Tarrest donné en icelle le quinz^ 
jour de ce moys de décembre, par lequel les partyes 
ont esté appoinctées à mettre leurs pièces au greffe et 
au conseil. lad. sentence du XX^ aoust,dont est appelé, 
en Farticle par lequel led. Marguerite auroit esté con- 
damné en dix solz d'amende envers le Roy et en quatre 
escus d'intérest et reparaon envers led. du Val, pour 
avoir, par led. Marguerite, impropéré en jugement 
aud. du Val. en parlant au solliciteur d'icelluy du 
Val. qu'il avoit faict reparaon honorable et qu'il estoit 
destenteur des pauvres gens; relief d'appel oud. appe- 
lant, du XVP septembre dernier, exploict d'icelluy 
arrest donné par les juges déléguez par le Roy contre 
led. du Val et autres dénommez en icelluy, le XVIU^ 
mars 1539: 1res patentes du feu Roy Françoys premier, 
du dernier may 1540, par lesquelles led. du Val, et 
autres dénommez en icelles. auroient esté remys et 
restituez à leur bonne lame, renommée et biens, toust 
ainsy qu'ilz estoient auparavant led. arrest du XVIIP 
mars et exécuon d'icelluy; vérifficaon desd. lettres 
du Vil' juillet 1540; autres lettres patentes du Vlll' 
juing 1541.vérifricaon d'icelles du XX'' décembre oudict 
an ; aultres lettres patentes du XVII' mars 1542, vérif- 
ficaon d'icelles en la Chambre des comptes du XXIX^ 
mars 1543; plaidoyé des dictes partyes; et, après que 
led. du Val a déclaré qu'il accorde que les deniers qui 
luy seront adjugés pour reparaon et intérest desdictes 
injures, soient adjugez aux pauvres; après aussy que 
Bigot, pour le procureur gnal du Roy. s'est porté pour 
appelant a minima de lad. sentence, en l'article de 
condamnaon de dix solz d'amende envers le Roy, et 



I 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 89 

qu'il a conclud à cassaon de la dicte sentence en ce 
resgard, et remys lad. amende à la discrétion de la 
Court; vu tout ce qui a esté produict par devers lad. 
Court; toust considéré: 

Il sera dict que la Court a reçeu et reçoit le dict pro- 
cureur général appelant et Ta tenu et tient pour bien 
relevé; et, en faisant droict sur lesd. appelaons. tant 
du dict procur gnal que dud. du Val. lad. Court a dict 
qu'il a esté mal jugé, bien appelé par lesd. appelans, 
et, en amendant le jugement, a condamné et condamne 
Iftd. Jacques Marguerite, intimé, en vingt-cinq livres 
d'amende envers le Roy, et en cinquante livres d'inté- 
rest et réparaon envers lad. du Val et à tenir prison 
jusques au plain paiement desd. sommes; lesquelz 
cinquante livres dintérestz, la dicte Court, au consen- 
tement dud. du Val, a adjugé et adjuge à la comu- 
nauté des pauvres du Bureau de ceste ville de Rouen ; 
et. oultre. a condamné led. Marguerite, intimé, es des- 
pens du dict du Val ; auquel Marguerite et à tous 
aultres. lad. Court a faict et faict inhibion et défen- 
ses d'impropérer. dire ou proférer à l'advenir telles 
injures aud. du Val, soit en jugemt, hors jugemt ou 
aultrement, sur les peines au cas appartenant, etc. 

DE Bacqcemaiœ Le Feuiie 



90 PIÈCES JUSTIFICATIVES 

Fondation pour le Palinod 



Le 2 mars 1551, nouvelle confirmation, à propos 
d'an remboursement opéré par les héritiers du s"" de 
Parisy-Bailhehache, que nous tî'ouvons au.v Archives 
du Cahados, dans le registre intitulé: Rectorise Ca- 
domensi Universitatis; i5ik-1567; fol. '216-217; et 
dont voici la teneur: 

« Eodem anno, in comitiolis 17 decembris habitis, 
ubi intererant magistri Johannes du Vergier, theoso- 
phise decanus; Bertrandus du Vey, juris pontificii 
antesignanus ; ^Egidius La Longny, juris Cœsarii 
decanus; Johannes Onfroy. nudicinse decanus; -î^gi- 
dius de Housteville, artium decanus; conclusum fuit 
accipiendas esse centum libras turonenses ab heredi- 
bus nobilis viri Parisii Baillehache, pro qua centum 
librarum summa, singulis annis, iidem hcredes per- 
solvere Universitati decem libras annui redditus tene- 
bantur. Idque ex cessione ac translatione illustris 
viri Stephani du Val, Mondrevilli domini, juxta con- 
tractum inter Univcrsitatem et dictum du Val initum, 
hoc autem anno decem librarum redditu eximere se 
numerata sorte volebant dicti heredes, quare hinc 
centum librarum summa recipienda, ad id quidem, 
présente dicte du Val, delegatus est magister Julianus 
Besnard, Universitatis quœstor œrarius, cui injunctuni 
est ut restitueret litteras obligatorias, ut dicunt. dicti 
annui redditus. numerata tamen prius sorte, iisdem 



PIÈCES .II'STIKICATIVES 91 

heredibus dicti Baillehache, tanquam liberos et 
immunos. Decretum est prœterea distribuendos esse 
trigenta très solidos turonenses, non modo iis qui dé- 
libération! super hoc negotio adfuerunt, sed et 
recipienda pecunia eodem ipso dicerunt adfuturi {sic). 

Sifflé: Lk Pohcher. 
Archives du Calvados: D. 'JO. 



Mort du Marquis de Dampierre 

{Juin il 91). 



Nous lisons dans les Mémoires de Madame de 
Tourzel, arrêtée avec la famille royale à Varennes, le 
passage suivant, qui a trait au massacre du marquis 
de Dampierre. sur la route entre Clermont et Sainle- 
Menehould : 

« Lorsque le licji passa sur une chaussée entre Cler- 
mont et Sainte-Menehould, nous entendîmes tirer des 
coups (K- fusil et nous vîmes coui-ir dans la prairie une 
foule de gardes nationaux. Le Koi demanda ce qui se 
passait: « Rien, lui répondit-on; c'est un fou que Ion 
tue». Va nous sûmes, peu après, que cétait M. de 
Dampierre. gentilhomme de Clermont et frère de 
l'Evèque actuel de Clermont, que son empressement 
à chercher à approcher de la voiture de Sa Majesté 



92 PIÈCES JUSTIFICATIVES 

avait rendu suspect à la garde nationale. Le Roi et la 
famille royale éprouvèrent un saisissement facile à 
concevoir et leur douleur augmenta à la pensée des 
dangers que pouvaient courir ceux dont on connaissait 
l'attachement à la personne du Roi et de son auguste 
famille. 

« Un motif bien noble engagea M. de Dampierre à 
s'exposer aux dangers qui lui coûtèrent la vie. Il voulut 
prouver au Roi que la nation était loin de partager les 
sentiments des misérables qui entouraient sa voiture, 
et que ses malheurs ne portaient aucune atteinte aux 
sentiments de ses fidèles sujets, toujours prêts à se 
sacrifier pour lui prouver leur respect et leur atta- 
chement ». 

Nous donnons également le passage du Précis 
historique du comte de Valori. Fun des trois gardes 
du corps du Roi, qui relate en détail ce triste événe- 
ment: 

«A quelque distance de Sainte-Menehould, un che- 
valier de Saint-Louis, M. le marquis de Dampierre. 
suivant le flot immense qui ne désemparait jamais, 
s'approche de la voiture du Roi, pour offrir ses hom- 
mages à son digne maître. Cet ancien militaire était 
un homme d'une figure respectable, vieilli par les 
armes, ainsi que l'annonçaient ses cheveux blancs. Il 
était bien monté. On le remarqua, une rumeur se fit 
entendre: aussitôt les mots d'a/is/ocrate, de //a/tre, 
volent de bouche en bouche. » 11 faut l'égorger ». 
s'écrie-t-on. L'un des gardes du corps, sans cesse 
attentif à ce qui pouvait aggraver les inquiétudes de 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 9H 

la famille royale, pria un des aides de camp de M. de 
Lafayette d'engager M. de Dampierre à s'éloigner 
s'il ne voulait pas perdre la vie, ce qui était sans uti- 
lité pour le Roi, puisque cela ne pouvait rien changer 
aux rigueurs des circonstances actuelles. Effective- 
ment, on alla lui porter ce conseil; et, soit qu'alors il 
s'aperçût qu'on s exaspérait contre lui. il est certain 
qu'il ralentit le pas de son cheval, afin de sortir douce- 
ment de la foule et la laisser fîler devant lui. 

Mais l'espèce de revue qu'il sembla passer fit qu'il 
offusqua les plus scélérats de l'énorme bande. L'un 
d'eux saute à la bride de son cheval ; quelques autres 
essayent violemment de le désarçonner. Il veut se 
débarrasser et pique des deux pour se faire jour. On 
lui tire deux coups de pistolet qui le manquent. Il 
s'arme d'un des siens et le tire en fuyant. Mais, se 
jetant, par égarement sans doute, à travers les terres, 
en gagnant la tête de la colonne, au lieu de rebrousser 
chemin le long de la chaussée jusque derrière elle 
(espace qui n'était pas long à parcourir), il est pour- 
suivi comme on lest à la chasse au cerf par les chiens ; 
quarante coups de fusil sont tirés à la fois sur lui sans 
l'atteindre, du moins le crut-on ainsi, à raison de ce 
que 1 on ne le vit ni chanceler, ni interrompre la vélo- 
cité de sa course. Des cavaliers, qui tenaient la tête de 
la colonne, partent au galop et cherchent à le couper: 
les fantassins les secondent; tous déchargent leurs 
armes, à toute portée, contre sa personne, et, enfin, son 
cheval ayant été très grièvement blessé, il se laisse 
gagnei- et le feu redoublant incessamment, il tombe. Un 
groupe de meurtriers se forma aussitôt autour de lui, ce 



94 



IMKCKS .11 STIKICATIVKS 



qui le déroba aux regards do tout le monde; mais, au 
bout de quelques minutes, on vit paraître sa tête et ses 
membres inhumainement portés en triomphe au bout 
des piques de ces lâches assassins : et cette race de 
cannibales vint, en chantant les chansons de la Révo- 
lution, en faire trophée à la portière du carrosse du 
Roi, tant elle était bien endoctrinée par les meneurs, • 

qui déjà dévoraient la France». .| 



TABLE 



Al)beville (CJliàteau .1) : âl). 
Accidents arrivés à ÉliiMinf 

du Val : 56. 57. 
Accident (Premier) arrivé à 

É. du Val: 37. 

— (Second) arrivé à K. du 
Val : 37. 

Acte du 2 mars 1557 (Pali- 

nod): i)(3. 
Allemagne (Le sieur Gilles 

d') : 62. 

— (Agnès, femme d'): 62. 
Angerville d'Orcher ( Dame 

d') : 39. 
Annebault (Messire .Jehan d'), 

vicomte d'Auge : 51. 
Approl)ation du contrat pour 

le Palinod (texte latin) : 77. 
Aramonl (Messire Gabriel d'), 

ambassadeur d'Henry 11 : 

82. 
Ardennt's (Abi)aye d') : 82. 
Argentan : 47. 
Armes du fondateur: 72. 
.\rrestation d'É. du Val en 

1555: 51. 52. 

— de du Val de Moudrain- 
ville, en l.^;«»: V.). 



Arrêt du Parlement de Rouen, 
de 1555 : 12. 

— du Parlement de Rouen, 
du 19 octobre 1555 : 84. 

— du Parlement de Rouen, 
de 1569 : 8, 54. 

— du 20 août 1569 : 18, 19. 

— de la Cour de Rouen, du 
27 décembre 1569 : 50. 

— du 23 décembre 1570 ; 87. 
Articles de la donation de 

1557 : 68. 

Assemblée des juges du Pali- 
nod : 69. 

Avranches : 7. 

Raclieloy (Messire Pierre): 59. 
Baïf : 75. 
Ballade : 74, 80. 
Ballargent (Le sieur Richard) : 
60. 

— (Le sieur Guillaume), 
sieur de Saint-Bégnin: 60. 

Baronnie d'Argences (Receveur 

de la) : a5. 
Basse-cour (Construction de 

la) : 53. 
Bas Ion : 73. 



96 



TABLE 



Beaufort (Marie de), dame 
Etienne du Val, comtesse de 
Dampierre : 39. 

Bedeaux de l'Université : 33, 
70, 70. 80. 

Belleau (Rémy) : 75. 

Belle-Étoile (Abbaye do) : 82. 

Béneauville (Demoiselle de) : 
.51. 

. — ( Pierre Le Bourgeois , 
sieur de) : G. 7. 

Bernard ( Messire Nicolas ), 
conseiller du Roi : 53. 

Berniëres (Famille de), sei- 
gneurs deMondrainville : 39. 

— (Demoiselle Catherine de), 
dame P. de Moges : 46. 

— (Sergenterie de) : 58. 
Berniéres-Gavrus : 39. 
Besnard (Maître Julien), tré- 
sorier de l'Université : 90. 

Béziers (Mémoires de Michel): 
9. 

Bigne (Jehan de la) : 48, 49. 

Bigot (Messire), avocat géné- 
ral : 88. 

Bois (Collège du) : 07. 

Bois, cKandelles, vin et pain : 
77, 80. 

Bordeaux (Raymond) : 29. 

Bossut (Anne de), dame Jac- 
ques du Val : 39. 

— (Nicolas de), l)aron de Ba- 
zoches : 39. 

Bourgueville (Le sieur Charles 

de), lieutenant criminel : 15. 

Boussancourt (Louise de). 



marquise de Dampierre : 40. 
Bras (M. de Bourgueville, 

sieur de) : 6. 
Breslay (Le sieur), jugo-com- 

missaire: 50. 
Bretel (Messire), conseiller 

au Parlement de Rouen : 15. 
— (Messire Raoul), conseil- 
ler au Parlement do Rouen : 

84. 
Brunswick (Le duc de) : 42. 
Bureau (Hugues), lieutenant 

général : 45. 

Caen Illustré: 24. 

Cahagnes (Éloges de) : 9, 82. 

Carpiquet (Héritages donnés, 
sis à) : 58, 59. 

Carpiquet : 27. 

Casino d'Etienne du Val : 24. 

Castelnau (Michel de) : 14. 

Censolz (Messire), conseiller 
au Parlement de Rouen : 15. 

Centsolz (Messire Jacques), 
conseiller au Parlement de 
Rouen : 84. 

Châlons : 55. 

Chambre des Comptes de Pa- 
ris : 50. 

(^■hambre des vacations de 
Rouen (Arrêt de la) : 15, 16. 

Champion (M. Jehan), rece- 
veur de l'Université : 81. 

Chant Royal : 72, 73, 80. 

Charente (La rivière de) : 52. 

Cliarges du Palinod : 77. 

Charles IX : 17. 



TABLE 



97 



Château do Cacn : V.). 

Gheux (Sergenterie de) : ')9. 

Cœuret (Maître Guillaume), 
tal)ellion : 81. 6:">. 

(Pologne : 40. 

Communauté des Pauvres Va- 
lides de Rouen : 89. 

Compositions pour le Puy du 
Palinod : G!). 

Compositions latines et fran- 
çaises : 71, 80. 

Comptoir d'Etienne du Val : 
•23. 

Gondé (Armée de) : 41. 

Contrat de 1557: 81. 

— de 1576 : ;M, 85, 86. 
Convention de 1576 : 78. 
Coquet (Thomas), receveur 

de deniers ; son assassinat : 
54. 
Cordeliers (Les religieux) : 66. 

— (Couvent des): 82, ;«, 69, 
76, 78, 80. 

Corderoy (M. Nicolas), tabel- 
lion : 58. 

Cossé (Le maréchal de) : 55. 

Couleurs: 78. 

Cressonnière (Demoiselle de 
la), dame d'Elbœuf : 45. 

Gussy (M. Jehan de), tabel- 
lion : .58. 

Daleschamps (Maître Pierre): 

60. 
Dampierre-le-Chàteau : 89. 

— (Château de): 41. 

— (Pillagedu château de) : 42. 



Denis (Maître Jehan) : 47. 
Deslandes (Maître Nicolas), 

tabellion : 63. 
Désobeaux (Le sieur (Juil- 

iaunie) : 6. 

— (Maître Michel), tabellion: 
20, 59. 

— (Maître Guillaume), tabel- 
lion : 47, 61. 

Desquay (Girard), sieur de 
Rapilly. lieutenant du bail- 
ly: 47. 

Deux-Ponts (Le duc de): 55. 

Dieppe : 52. 

Disgrâce de Jacques du Val : 
39. 

Dive : 52. 

Dizain : 75. 80. 

Donation par E. du Val, à 
l'Université, pour le Pali- 
nod : 06. 

— (Articles et conditions de 
cette) : 68. 

Dutout (Michel), tabellion : 27, 
62. 



Elbœuf (Jeanne d'), dame J. 

de Malherbe : 45. 
— (Demoiselle Marie d'),dame 
Guillaume de Malherbe : 46. 
— (Richard); sieur des Por- 
tes : 46. 

Epigramrae : 72, 80. 

Escoville (Dame d'). dite lien- 
nequin : 47. 

Espagne (Voyage en) : 45. 
7 



98 



TABLE 



— (Navigation en) : 52. 
Estoille : 75. 



Fabri : le Grant Art de pleine 

Rhétorique : 72, 73. 
Falaise : 54. 
Feuguerolles (Seigneurie de) : 

81. 
Fécarap (Abbaye de) : 35. 
Fondation nouvelle de 1.^70 : 79. 
Fontaine-Etoupefour : 48. 
Fontainebleau : 49. 
Fontenay (Abbaye de) : 38. 

— (Demoiselle de) : 53. 
Fort-l'Evesque (Prison du) : 50. 
Foulognes (Maître .Jehan de), 

tabellion : 47, 61. 

Four à ban d'Argences : 35. 

Fournier (Demoiselle Barbe) : 
47. 

Frais du procès de 1555 : 52. 

Froide-rùe (Paroisse de Notre- 
Dame de) : 17. 

— (La rue) : 22, 26. 

— ( Eglise de Notre-Dame 
de) : 29, 30. 

— (Notre-Dame de) : 61, 62, 
(53. 

Fuye à pigeons : 54. 

Galéan (Charlotte de), veuve 
de Charles de Fauges, com- 
tesse de Dampierre : 40. 

Gémare (Rue) : 26. 

Germain (Jacques), recteur : ;%. 

— (Maître Jacques), recteur: 
81. 



Gosseaume (Maître Adrien). 

tabellion : 65. 
Grainville-sur-Odon : 56. 
Grand-Cheval (Hôtel du) : 48. 
Greniers d'Etienne du Val : 25. 
Gringalet (Les frères Nicolas), 

bourgeois de Saint-Pierre 

de Caen : 62. 

Halle au Blé, ou Tripot : 22, 
26, 53. 

— (Rue de la): 26. 
Ham (Abbaye de) : 38. 
Harengs (Cargaison de): 52. 
Haute messe : 62. 

Hérault (Maître Rodolphe), 
recteur, curé de Saint-Ouen 
de Caen : 67. 

Honneurs, prééminences du 
Palinod: 77. 

Hôtel d'Etienne du Val (Cons- 
truction de 1'): 53. 

Hôtel en potence : 45. 

Hou steville (Maître Gilles de), 
recteur : G8, 90. 

Hozier (Armoriai d") : 9. 

Huet, évêque d'Avranches : 6. 

Incendie de la maison d'E- 
tienne du Val : .53. 

— des greniers d'Etienne du 
Val : 25. 

Injures contre Etienne du 

Val : 87. 
Inscription dans la chapelle 

des du Val : 63. 



TABLE 



99 



Jardins d'Etienne du Val: 26. 
Juges du Palinod : aS, 76, 80. 



La Bigne (Mossirc Marguerin 
de), abbé d'Ardennes : 82. 

La Chesnaye des Bois (Diction- 
naire de) : 9. 

La Croix (L'abbé Jean de): 82. 

La Fayette (Le général de) : 
41. 

La Haye (Maître Denys de), 

tabellion : 27, 20, 62. 
— (Maître Jehan de), tal)el- 
lion : 34, 79. 

La Longny (Maître Gilles), 
doyen : 90. 

La Mariouze (Messire Jehan 
de), sieur de Gonneville : 70. 

La Motte (Chemin de): 58. 

Lande (Messire Jessé de la), 
receveur général des finan- 
ces : 51. 

Lande (Messire Guillaume de 
la), receveur général des 
finances : 51. 

La Noe (Le sieur Jeiian de), 
bourgeois de Saint-Pierre de 
Gaen : 62. 

Laurier : 75. 

Le Blond ( Claire ). dame 
Etienne du Val, comtesse 
de Dam pierre : 40. 

Le Boullonoys (Olivier), pa- 
tron de navire : 52. 

Le Bourgeois (Pierre), sieur 
de Béneauville : 46, 51. 



Le Comte (Messire Jehan), 
patron de navire : 52. 

Le Goustellier ( Demoiselle 
Jacqueline ), dame J. de 
Missy : 46. 

Tjecteur des compositions ; ;iS. 
76, 80. 

Le Fauconyer (Nicolas), bour- 
geois de Gaen : 27, 59. 

Le Fournier (Nicolas), baron 
de Tournebu: 47. 

Le Goullu (Le sieur Marin) : 60. 

Le Gras (Guillaume), tabel- 
lion : 31. 

Le Laboureur (Godcfroy), rec- 
teur : 66. 

Le Loup ( Chasseurs autri- 
chiens de) : 42. 

Le Maistre (Messire Jehan), 
tabellion : 34, 79. 

Le Marchant (Messire Tho- 
mas), sieur du Rozel: 27. 58. 

Le Mercier de Saint-Germain, 
fondattmr du Palinoil : i]0, 
M. 

Le Moutonner (Claude) : 39. 

Le Picard (Messire Jérôme), 
lieutenant général : 36, 82. 

Le Porcher (Messire Jacques), 
recteur : 31, 66, 78, 91. 
— (Messire Nicolas), recteur: 
66. 

Le Portier (Jehan), scribe de 
l'Université: 70. 

Lepoutrel (Guilbert): 35. 

Lespiné (Le sieur Georges) : 
6(1. 



100 



TABLE 



Le Sens (Hôtel) : 2(>. 

Le Tellyer (Le sieur Thomas), 

bourgeois de Saint-Nicolas : 

59, 62. 

— (Messirc Jehan) : 59. 
Lettres de grâce de 1540 : 50. 
Lettres patentes de 1540: 7. 

— de 1541 et 1542 : 8. 
Le Valois (Nicolas) : 47. 

Le Villain (Messire Paulin) : 

fiO. 
Ligne palinodée : 73, 74. 
Lisière : 74. 
Lorraine (Jean, cardinal de) : 

51. 
Louis XVI (Arrestation de) : 

40. 

Malherbe (Le sieur Jean de) : 
6. 

— (Le sieur Guillaume de) : 
Ij, 13, 10. 

— (Le sieur François de) : 
13. 

— (Loyse), dame Etienne du 
Val : 45. 

— (Jehan), seigneur d'Arry, 
de Mondrainville et de 
Missy, lieutenant général : 
45. 

— (Guillaume de), sieur de 
Missy : 46. 

— (Guillaume de), conserva- 
teur des privilèges de la 
Faculté, prieur de l'Hôtel- 
Dieu ; son arrestation : 46, 
52. H4. 



— (Jacques de), lieutenant 
général criminel: 82. 

— (Dem oiselle Jeanne de) 
dame P. Le Bourgeois: 47, 

Maleissye {Mémoires du mar- 
quis de): 41. 

Manuscrit d'Etienne du Val : 
3, 4. 

Mondrainville : 37. 

— (Abbaye de) : 56. 

— (Butte de): 56. 

— (Domaine de): 39. 

— (Église de) : 38. 
Marguerite (Le sieur Jacques) : 

8, 18, 54, 87. 

— Sa condamnation : 54. 

— (Le sieur Charles) : 54, 87. 
Mariage d'Etienne du Val: 47. 
Mariouze (Jean de la), sieur de 

Gonneville: 31. 
Marot (Clément) : 32. 75. 

— Jehan : 28, 60. 

Mauny (Guillelmine Guernon. 
veuve d'Etienne de) : 28, 6t). 

— (Maison appelée) : 59. 
Médicis (Catherine de): 39. 
Mellin de Saint-Gelais : 75. 
Méry (Paroisse de) : 80. 
Missy (.lean de) : 46. 

— (Anne de), dame Guil- 
laume de Malherbe : 46. 

Moges (Le sieur de Buron) : 
6. 

— (Le sieur Nicolas de): 6. 

9, 10, 12, 16, .53. 

— (Le sieur Jean de) : 8. 

— (Demoiselle Marguerite de). 



TABLE 



101 



dame de P. Malherbe : 45. 

— (Pierre de), sieur de Bu- 
ron : 45. 

— (Jehan de), seigneur de 
Buroii et du M(>snil-au- 
Grain, procureur du Roy : 46. 

— Sa mort : 46. 

— (Messire Nicolas do), sieur 
de Buron ; son arrestation : 
52, 84. 

— (Messire Jacques de), 
prieur de l'Hôtel-Dieu : 53. 

Moiremont (Abbaye de) : 38. 

Moisy (Messire Henry), rec- 
teur: 81. 

Monnaie (Hôtel de la) : 2:5. 

Moulles (Le sieur Loys de) : 
28, 61. 

Mouche (Nicolas de la), rec- 
teur: 21. 

— (Son hôtel): 22. 
Mousche (Maison de La) : 

20. 21. 



Naissance d'une fille d'Etienne 
\ (lu Val: 50. 
Néel (Robert), tabellion : :35. 
Neufmois (Le sieur Huj^ues 

de) : 60. 
Nocey (Messire IMiilippe de), 

officiai de Lisieux: 51. 
Obits et messes à notes : 61. 

63. 
Udun (L'): 26. 
Onfroy (Les frères) : d&. 
— (Messire Jehan), sieur de 



Gardronney, recteur: 67. 

— (Messire Jehan), doyen : 
81, 90. 

— (Messire Etienne), rec- 
teur : <)7. 

— (Messire Etienne), doyen : 
81. 

Oraison du matin : 71, 80. 
Orléans (Ghansons de Gharles 

d'i : 75. 
Osmônes et donations : 27 à 

36, 58. 
Oyestreham (Sergenterie d") : 

58. 



Pain (Distribution de Grant) : 

:36, 81 . 
Palais de justice de Rouen 

(Le vieil): .52. 
Palinod : 17, 30, 72, 73. 74. 

— (Gonfirmation de la fon- 
dation pour le) : tJO. 

— (Règlement du): 33. 
Palme: 74. 
Parisy-Baillehaclie ( Famille 

de) : 90. 

— (M. de), sieur de Ran 
ville: 31,70. 

Pauvres Valides de Rouen 
(Communauté des) : 19. 

Pavillon K^asino): 45. 

Perrin-Hue (Famille): 58. 

Pièces justificatives: 8'i. 

Placards imprimés, pour atli- 
chage: 33, 71.80. • 

Place Rovale : 39. 



102 



TABLE 



Pléiade (La): 75. 
Poitiers: 55. 
Pont-dc-Sommevesle : 40. 
Porte-Saint-Etienne (Grande 

rue de la) : 28. 
Poyet (Le chancelier) : 6, 7, 49. 
Pré de la Boucherie : 39. 
Prétouville (Jean de) : 5. 47. 

— (Sa mort) : 47, 48. 

— (Anne de) : 6, 8. 9, 10, 11. 

— (Gilles de): 47. 

Prêtres fondés de Notre-Dame 

de Froideriie : 63. 
Prés (Rue des) : 27, GO. 
Prince du Puy : 32, 69, 71, 80. 
Princes héréditaires du Pali- 

nod : 34. 
Procès de 1555 : 12. 
Protestants à Caen: 14. 
Puy du Palinod : 4. 

— (Fondation du): 65. 
Puy de la Conception : 79. 

Quanynet (Le sieur), procu- 
reur: 84. 
Quicsdeville (Famille): 58. 

Receveur de l'Université: 33. 

77, 80. 
Recherches et Antiquités de 

Charles de Bourgueville : 15. 
Recteurs et doyens, juges du 

Palinod : 75. 80. 
i?ec<o;7cp (Registre des): 4,21. 
Réforme en Normandie (La) : 

14. 



Registres de l'Hôtel de Ville: 

30. 
Reitres : r)5. 

Règlements du Palinod : 32. 
Rénémesnil (Le sieur Jehan 

de) : 13, 16. 85. 
Romain ( Léonarit ) . recteur : 21 . 
Ronsard : 32, 75. 
Rouxel (Jean) : 38. 
Rue (M. l'abbé de La) : 6. 
Rustique (Porte à la) : 53. 



Saint-Bégnin (Guillaume Bal- 

largent, sieur de): 28. 
Saint-Etienne (Porte): 60. 

— (Paroisse de): 59, 61. 
Saint-Gelais (Mellin de): 32. 
Saint-Pierre (Paroisse de): 17, 

28, 30. 

— (Rue): 26. 

Saint -Sépulchre ( Collégiale 
du) : 53. 

Saint-Vincent de Senlis (Ab- 
baye de); 38. 

Sainte-Croix de Caen (Reli- 
gieux de) : 17, 20, 27, 29, 30. 

— (Les prieur et religieux 
de) : 59, 65. 

Sainte-Menehould : 39, 40. 
Sainte-Paix (Couvent de): 3.'). 
Saragossa (Hiéronimo): 46. 
Sardini (Meurtre de Scipion) : 

.55. 
Signet: 75. 
Sinalimphe: 73. 
Sonnet : 75. 80. 



TABLE 



103 



Sorin ( Mossire Tanneguy ), 
conseiller du Roy: 67. 

Syndic de l'Université : 33, 
76, 80. 



Testament de Jean île Prétou- 

ville : 48. 
Tonsure (Ordre de), donné à 

Jacques du Val : 51. 
Tournebu (Marie de), dame 

de Berniéres: 39. 

— (Demoiselle de): 53. 
Tournelle (Chambre de la) :84. 
Tréshardy (Le sieur Charles), 

procureur au Présidial de 
Caen: 80. 
Trésor de l'église de Saint- 
Pierre : 61. 

— de Notre-Dame de Froide- 
rûe: 28. 

— de l'Université: m, 76, 80. 
Troismonts ( Le docteur 

Etienne de) : 36. 

— (Demoiselle Jeanne de la 
Valette de), dame P. de 
Malherbe: 46. 

— (Demoiselle de): 51. 

— (Messire Guillaume de), 
seigneur de Feuguerolles, 
recteur: 81. 

— (Messire Jean de), archer 
de la garde d'Henry II : 81. 



Université de Claen (Actes de 
fondations): m. 66 à 83. 



Val (Jacques du), fils d'K- 
tienne: 11. 

— (Marie du) : 11. 

— ( Jehan du ), père d'E- 
tienne: 22, 27,58,60. 

— (Hôtel de Jehan du) : 2à. 

— (Le sieur Pierre du), gré- 
netier: 23. 

— (Le sieur Jacques du), 
curé de Cursy ; 23. 

— (Etienne du), bedeau de la 
Faculté de médecine : 32. 

— (Mort d'Etienne du) : 38. 

— ( Funérailles d'Etienne 
du) : ;38. 

— ( Descendants d'Etienne 
du) : 38. 

— (Nicolas du) : 38, bS, 82. 

— (Jacques du): 39. 

— (Etienne du), comte de 
Dampierre: 39. 

— (Henry du), comte de 
Dampierre : 40. 

— (Charles du), de Dam- 
pierre; 40. 

— (Henry du), marquis de 
Dampierre : 40. 

— (Jean-Armand du), mar- 
quis de Dampierre : 40. 

— Massacré t'n 1791 : 40. 41. 

— ( Charles-Antoine du ). 
comte de Dampierre, évèque 
de Clermont : 4:3. 

— (Manuscrit d'Etienne du) : 



45. 

— (Pierre du). 
45, 47,5;». 61. 



'rénelier 



104 



TABLE 



— ( Jacques du ), curé de 
Cursy:45, 47, 59, 61. 

— Sa mort : 50. 

— ( Marye du I, sœur dE 
tienne : 47. 

— (Mort de Pierre du). grè_ 
netier : 47, 48. 

— (Marye du), dame dEsco- 
ville:48, 51. 

— Sa mort : 51. 

— (Naissance de Jean du) : 47. 

— { Naissance de Jacques 
du), fils d'Etienne: 51. 

— (Naissance de Philippe 
du), lils d'Etienne : 51. 

— (Jacques du): 55. 

— Lettres de pardon à lui 
accordées: 55. 

— Blessé grièvement : 55. 

— (Mort d'Etienne du) : 57. 

— (Chapelle des du), dans 
l'église de Notre-Dame de 
Froiderûe: 63. 

— (Messes et fondations 



pourla famille du): 63.64,65 

— (Jetons de la famille du) : 
64. 

Valmy : 41 . 

Valori (Le comte de): 41. 
Varennes (Evénement de): 40. 
Vaudon (Le sieur Jehan); 80. 
Vergier (Messire Jehan du) : 

recteur: 67, 9(J. 
VeroUes (Jean de), tabellion : 

20, 59. 
Vey (Messire Bertrand du). 

protonotaire apostolique : !X). 
Vice-gérants du sieur de 

Mondrainville: 34. 
Villemor ( Messire Baptiste 

de), abbé d'Ardaine: ;36, 82. 

— (Messire Paul de), lieute- 
nant général des eaux et 
forêts: 82. 

Villy (Messire Guérin de), 
lieutenant du baiUy de 
Gaen: 87. 

Vin de communion: 04. 



Caon.— Imp. H. Delesques. ruo Demolombo, 34. 



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DC Du Val de Mondrainvill 

801 Etienne 

C11D8 Manuscrit d'Étienn( 

Val de Mondrainville