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" i ■ ANNALES 

r>B LA 

SOCIETE HISTOBIQUE ET ARGBEOLOGIQUE 

DE 

TOURNAI 

NOUVELLE SERIE, TOME 3. 



1898 
H. & L. CASTERMAN 

LIBRAIRBS>6DITBUR3 

TOURNAI 




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ANNALES 



DB LA 



# • 



SOCIETE HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE 



DE TOURNAI 



SEANCE DU 8 OCTOBRE 1896. 



M. LE CoMTB DE N^DONCHEL, president. 
M. Eugene Soil, secf^itaire. 



Le proc^s-verbal de la stance de Juillet est lu et 
adopts. M. le secretaire d6pose les ouvrages qu*il a 
regas pour la Soci6t6 depuis la derni^re reunion. 

1. Bulletin de TAcademie royale, 66® annee, 3® serie, t. 32, 
n<» 5, 6, 7 et 8. 

Ony trouve, p. 211, une communication par M. F. Van Duyse, 
sur une chanson de trouvere decouverte aux archives commu- 
nales de Tournai, intitulee « a li sui donnas ». 

2. Analectes pour servir a Thistoire ecclesiastique de la Bel- 
gique. 2® serie, tome x, 2® livraison. 

Dans un article de M. le chanoine Reusens^ sur les chancel- 
leries infMeures en Belgique, voir page 182-192 : Chancellerie 
des eveques de Tournai. 

3. Bulletin de TAcademie rojale de medecine, IV* serie, 
tome X, no« 4, 5, 6, 7 et 8. 

4. Revue beige de Numismatique, 189(>, 2® et 4® livr. 



— 6 — 

5. Annales de TAcademie d'ai'cheologie de Belgique, xlix- 
4® serie, tome x, 2® livr. 

6. Bulletin, 4® serie, 2® partie, n° xxvn. 

7. Memoires de la Societe d* emulation de Roubaix, 3® serie, 
tome n. 

8. Les armes de Douai et la bataille de Mons-en-Pevele, par 
M. Fdix Br assart. Hommage de Fauteur. 

M. le secr6taire fait part du d6c6s de M. Justin 
Bruyenne, membre titulaire, et ajoute que, charg6 de 
repr6senter la Commission royale des monuments k 
ses fun6railles, il a prononc6 quelques paroles d'adieu 
au nom de cette Commission et de notre Soci6t6. II est 
pri6 d'6crire la notice n6crologique, qui figurera dans 
le tome des Annales en cours de publication, avec un 
portrait de notre regrett6 collogue (i). 

II est donn6 lecture de la correspondance : 
M, Charles Doutrepont annonce qu'il retire son 
manuscritsur le Dialecte toumaisien. 

M. Louis Cloquet, notre confrere, charg6 de la 
construction de Thdtel des postes en cette ville, annonce 
qu'il aura k coeur de conserver les portes de I'ancien 
cloitre de la cath6drale et les anciennes sculptures 
encastr^es dans les murs voisins. 

La Societ6 d'6mulation de Roubaix r6clame divers 
volumes manquant k ses collections. M. le tr6sorier 
est pri6 de v6rifier si ces volumes ne lui ont pas d6ji 
6te fournis. 

L'Acad6mie royale annonce les sujets de concours 
pour les annees 1897, 1898 et 1899. 

(1) Voir Annales, tome i, p. 429. 



— 7 — 

M. le President rapporte que le 17 aoiifc dernier, la 
Glide Saint- Luc a visit6 Tournai et a consacre quatre 
jours k r6tude de ses monuments, 

Le 17 aoftt, k 5 heiires du soir, notre Soci6t6 r6uriie 
au local des mus6es a fait une r6ception aux membres 
de la Gilde conduits par leurs deux Vice-Pr6sidents, 
MM. le chanoine Delvigne et Jules Helbig, leur a 
offert les vins d'honneur, et leur a fait visiter les mus6es. 

M. le Pr6sident d6po^e la lettre de remerciment qui 
lui a 6t6 adress6e par le Bureau de la Oilde. 

M. le Secr6taire ayant obtenu de nouveau la parole, 
informe I'assembl^e que Tlnstitut de France vient de 
couTonnerV Histoire des Chdielains de Tournai, denotre 
confrere M. Armand d'Herbomez. Cette communication 
est accueillie par les applaudissements de rassembl6e, 

M. le comte du Chastel lit une note sur un jeton 
de la ville d'Amiens. On vote son insertion au 
proems- verbal. 

M. de la Grange annonce que le manuscrit de ses 
Testametits ioumaisiens est terminS et donne lecture 
de cet ouvrage. II sera d6cid6 ult6rieurement quand il 
pourra 6tre imprim6. 

M. Soil donne lecture de deux notes envoy 6es par 
M. le comte de Marsy : Un chirurgien toitmaisien au 
siicle dernier, et Bibliographie tournaisienne. On d6cide 
leur insertion au proc^s-verbal. 

MM. Soil et Descl6e entretiennent TassemblSe du 
Plan en relief de Tournai, dress6 en 1701 et qui se 
trouve conserv6 k rH6tel des Invalides, k Paris. lis 
font circuler les differentes photographies qu'ils ont 
prises de ce plan en les accompagnant d'explications 



— 8 — 

sur les divers monuments qui y sont figur6s. On decide 
d'ins6rer leur communication dans le tome des Annales 
en cours de publication avec un certain nombre de 
cliches k determiner k la stance de novembre. 



UN JETON DE LA VILLE D*AMIENS. 

Je donne au Mus^e de la Halle-aux-draps, un jeton 
de la ville d'Amiens trouv6 parmi d'anciennes boues 
de la ville de Tournai, dans mon jardin k Kain, che- 
min de la Tombe, n*" 32. Je crois qu'il fut frapp6 vers 
les ann6es 1635-36, k Tfepoque oA la Picardie fut 
envahie par Jean de Weert, celui des g6n6raux de 
Tarmfie imp6riale allemande que les Fran^ais redou- 
taient le plus. 

A I'avers de cette piece sont les armes unies de 
France et de Navarre, timbr6es de la couronne royale 
et entour^es des colliers des ordres de Saint-Michel et 
du Saint-Esprit. La I6gende est : 

LVDOVICVS. XIII. FRANCORVM BT NAVAR^. REX. 

Au revers se trouvent, encercl6es dans une couronne 
de fleurs, les armoiries de la ville d'Amiens : de 
gueules diapri d'un lierre arrach& d'argerU, au chefde 
France ancien [qui est d'azur sem6 de fleurs de lis d*or, 
dans les cas ordinaires, mais qui, dans la pidce ici 
d6crite, paralt 6tre d'azur semi de petites fleurs de lis 
dor sur lesquelles brochent trois grandes fleurs de bs 
rangees en fasce.] De ce c6t6, la I6gende est moins 
banale, car elle esi tiree des Armoiries et, sans elles, 
ne saurait etre ; la voici : 

f. VIMINE. JVNGOR. LIUIS. TENACI. 



— 9 — 

C'est-4-dire : le lierre est joint indissolublement 
aux lis. 

Le C^ P.-A. Du Chastel de la Howarderie. 
Kain, 8 octobre 1896. 



UN CHIRURGIEN TOURNAISIEN All SlfilCLC DERNIER. 

Parmi les petitions imprim6es pour Tobtention du 
litre de maitre en cbirurgie devant le collie des cbi- 
rurgiens de Paris, figurent celles d'un toumaisien, 
Jacques- Joseph Quique. 

EUes forment une brochure de 7 pages, in-4^, sous 
ce titre (i). 

D. 0. M. 

De fracta fibula 

Theses 

Anatomico-chirurgicse 

A la fin, au milieu de la septi^me page, on lit : 

Has Theses Deo Juvante, et Praeside M. Petro- 
Mathurino Botentuit-Langlois, Artium liberalium et 
Chirurgise Magistro, antique Scholarum Practicarum 
Professore; tueri conabitur Jacobus- Josephus Quique, 
Tornacensis, preclara Artium Facultatis in almft Uni- 
yersitate Parisiensi Magister necnon Augustissimi 
Principis Atrebatum comitis, Chirurgus. 

Die Sabbati 31 mensis Augusti, anno Reparatse 

(1) En tMe une vignette gravde sur bois, repr^sentant deux femmes 
tenant Tune an livre et Tautre une sorte de cornue, se donnant la main 
au-dessus d*un autei. A droite des grouper d'eqfants, 



— 10 — 

Salutis Humande 1782, a sesqui-secunda post meri- 
diem ad septimam. 

In regiis chirurgorum scholis. 

pro actu publico 

et solemni cooptatione. 

Parissiis, typis Michaelis Lambert, Regii chirurgise 
Collegii necnon Academiae Typographi, viA CithareAfi). 

Je ne trouve plus dans I'almanach de Versailles de 
1 789 le nom de Quique parmi les chirurgiens de la 
maison du comte d'Artois; plus tard Charles X. 

C^ DB MaRSY. 



BIBLIOGRAPHIE TOURNAISIENNC. 

Farcot (E.). De Paris k Tournai en 3 heures. His- 
toire du ballon « Le Louis Blanc » par son aSronaute 
E. Farcot. Octobre 1870. Dessins de Morin. Pr6face 
de Nadar. Paris, chez Dentu, 1873- In-12, fig. 

Exemplaire reli6 en chagrin roiige, fil. sur le dos et 
sur les plats, tdte dor6e, non rogn6e. 

N^ 2728 du catalogue mensuel(n^22 d6cembre 1895) 
de la librairie Aug. Fontaine, E. Rondeau successeur, 
19, B*^ Montmartre, Paris. 30 francs. 

Exemplaire unique, ajoute le r6dacteur du cata- 
logue, imprim6 sixr papier vergi, con tenant la pr6face 
de Nadar, 18 pages, d6di6 k Elisee Rectus (proscrit) it 
Lugano. Affection et pro fond respect. Avec cette note 
ms. de Nadar : Cet exemplaire seul contient cette pre- 
face que X excellent hoinme, auteur de ce petit livre^ 
m'avait demandie^ mais qui parui lui causei" quelque 

(1) Bibliotheque du comte de Marsj. 



— 11 — 

apprehension. II me demanda de la suppHmer, ce qui 
fid fait. Je rien gardai quune ipreuve pour moi. — 
La garde contieiit une autre note relative k cette pr6- 
face. Nadar a ajoutS aussi au volume quelques notes 
et corrections de sa main. 

Le volume est orn6 d'un titre et de deux fac-simile 
de dessins de Morin. 

De la Biblioth^que de Nadar, avec son chiflFre au 
dos et son ex-Libris. 

(u^ DE Marsy. 



— 12 — 



STANCE DU 12 NOVEMBRE 1896, 



M. LE CoMTE DE N^DONCHEL, Prisidcnt. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc6s-verbal de la s6ance d'octobre est lu et 
approuv6. 

M. le Secretaire depose les ouvrages qu'il a regus 
pour la Soci6t6 depuis la dernidre reunion. 

1. Memoires de la Societe academique du departement de 
rOise. Tome 16, 1"* partie, Beauvais 1895. 

2. Revue de la Societe d*agriciiltui*e de Valenciennes, fevrier 
1895 a Janvier 1896. 

On y lit, page 369, un compte-rendu du congres archeologique 
de Tournai, par M. Richez. 

3. Bulletin d*histoire ecclesiastique du diocese de Valence.... 
Annee 1895. 

4. Societe des antiquaires de la Morinie. Bulletin historique, 
annee 1895, 3^ et 4® fascicules. 

5. Memoires de la meme Societe. Tome xxiii. 

6. Cartulaire de Saint-Barthelemj de Bethune, par le Comte 
A. de Loisne. Saint-Omer. 1895. 

7. Compte-rendu dcs seances de la Commission royale d'His- 
toire. 5® serie, tome 6. II® et III* bulletins. 

8. Messager des sciences historiques. Annee 1896, premiere 
et deuxieme livraisons. 

On y voit page 80, une note du Comte de Limburg-Stirum 
3ur maitre G.^ peintre tournaisien au iS' siicle. 



— 13 — 

Voir aussi a la table des mati^res de cette Revue, en coui*s de 
publication, la rubrique Tournai. 

TouRNAi (ViUe de). Lettre de Chaises VI, roi de Prance, a ses 
habitants. 1881. 366. — Reception de Jean de Nevers fils aine 
de Philippe le Hardi 1881. 366. — Tombee au pouvoir du due 
de Panne. 1877. 390. — Inauguration des ai'chiducs Albert et 
Isabelle. 1892. 417. — Antipathie des habitants contre les fran- 
qais dans le regime imperial. 1894. 434, 435. — Medaille oiferte 
par le magistrat au commandant de I'artillerie (1814). 1883. 
418. — L*organisation judiciaire dans Tancienne commune. 
1892. 487. — Concordat entre la viUe et le Chapitre au sujet 
de leur juridiction. 1887. 71. — Acte en faveur du grand begui- 
nage. 1887. 73, 74. — Les tapissiers et haut-lisseurs 1892. 
372. — Potiers et faienciers tournaisiens. 1887. 374. — Notes 
sur la corporation des tailleurs de pierre. 1883. 214. — Le vieux 
Marche aux poissons en 1553. 1881. 498. — Monographie de 
Teglise Saint-Jacques. 1881. 504. — Fondation de la chapelle 
Sainte-Marie-Madeleine dans I'eglise Saint-Piat. 1886. 454. — 
Abbaye de Saint-Martin. 1888. 489. 1891. 479. — Historic 
Tornacenses. 1891. 480. — Diocese, ses anciennes divisions. 
1887. 67. — Divisions en archidiacones. 1888. 437. -— Delimi- 
tation incertaine jusqu'au XIII® siecle entre cet 6veche et celui 
d'Utrecht. 1876. 166. — Ses archives. 1891. 356. 

TouENAY-NoYON (revcch^ de). 1891. 478. — Tentatives pour 
la separation de ces deux eglises. 1892. 210. — Leur sepa- 
ration. 1892. 300. 

9. Annales du Cercle archcologique de Mons. 

On y trouve : p. 1, le premier bailliage de Tournai-Tournaisis, 
par M. Albert Allard. 

P. 491, Techevinage d'Antoing, parM. Ernest Mathieu. 
P. 492, les cloches de Beclei*s, par le meme. 

10. Institut archeologique da Luxembourg, annales, tome 31. 

M. L6on Germain, de Nancy, r6cemment nomm6 
membre correspondant, envoie les ouvrages ci-apr6s, 
qu'il oifre k la compagnie et au sujet desquels elle lui 
vote des remerclments. 

Melanges historiques sur la Lorraine. 
Eglise de Moiit devant Sassey. 



— 14 — 

Les Briot et la famille de Pierre Woeriot. 

Mont devant Sassey. 

Observations sur les formules d*inscriptions des aneiennes 
cloches de Vitteaux, 

Inscriptions de cheminees. 

Notre-Dame du Bon-Secoui's. 

Les dessins de Jean et de Joseph Richier. 

.Deux chartes du Cartulaire d*Orval. 

Les aneiennes cloches de Sangues. 

Table d'horloges solaires. 

Sain te Marie-Majeui'e patronne de Tabbaye de Pont-a-Mousson . 

Grands et petits chevaux de Lorraine. 

Origine de la croix de Lorraine. 

Armorial des 6cujers du Bailliage de Bar. 

Les cloches du college Gilles de Ti^eves k Bar-le-Duc. 

L'acte de consecration du maitre-autel de Teglise Saint- 
Christophe a Neufchateau. 

Plaque de reliui*e aux armes de Jean-Vincent, Bai*ou d*Autry. 

Le bas-relief de Saint-Benoit en Woevre. 

La maison de Tonnov. 

Deux fragments d'etude sur les vitraux de Vezelise. 

Les aimoiries de la maison de la YauLx. 

Bibliographic. 

Notice sur deux tableaux concernant la famille de Beauvau. 

M. le Secr6taire fait part du d6c6s de not re regrett6 
Vice-Pr6sident, M. le Chanoine Huguet. 

II a represents la compagnie k ses fun6railles et lui 
a adress6 les adieux de la Soci6t6 et de la Commission 
royale des monuments. 

M. le President ayant exprimS le d6sir qu'un article 
n6crologique sur M. Huguet soit insure dans le volume 
des Annales en cours de publication, M. Soil donne lec- 
ture d'une notice qu'il a r6dig6e k cette intention et on 
vote son impression avec un portrait du regrett6 
defunt. 

L'assembl6e n'6tant pas en nombre exig6 par les sta- 
tuts pour 6lire le nouveau Vice-President, il est decide 



— 15 — 

que la nomination aura lieu a la stance ordinaire de 
d^cembre. 

Sur le rapport fait par M. le Tr6sorier, on decide 
d'envoyer k la Soci6t6 d'6mulatioii de Roubaix, les 
volumes qu elle r6clame, sauf le tome 24 des Bulletins. 

A la demande de MM. Descl^e et Soil on decide 
d'ins6rer dans le volume de 1897 leur communication 
sur le plan de Tournai en 1701, qui devait figurer dans 
le volume de 1896. 

Le mfime volume de 1 897 pourrait comprendre les 
Testaments Tournaisiens de M. de la Grange, ainsi que 
ia note pr6sent6e par le P. L6on-Aim6 de Robiano, sur 
le Convent des Carmes de Tournai. 



K>(<K< 



— 16 — 



SfiANCE DU 10 DECEMBRE 1896. 



M. LE CoMTE DB N^DONCHEL, President. 
M. Eugene Soil, Secriiaire. 



Le proc6s- verbal de la s6ance de Novembre est lu et 
approuv6. 

M. le Secretaire d6pose les publications qu'il a 
revues pour la Soci6t6. 

1 . Bulletin de F Academie rojale. 1896. N°« 9 et 10. 

2. Bulletin de TAcademie royale de medecine. 1890. Tome 10, 
no 9. 

3. Meinoires couronnes par rAcademie royale de medecine. 
Tome 14, 4« et 5« fasc. 

4. Compte-rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire, tome 6, 4® Bulletin. 

5. Bulletin des Commissions royales d'art et d*archeologie. 
34* annee, n^^ 9, 10, 11 et 12. 

6. Bulletin du Cercle historique et archeologique de Gand. 
3« annee n<> 7, 4« annee, n«« 2, 3, 4, 5. 

Voir page 168 une dissertation sur I'ecole d'arcliitecture 
tournaisienne. 

7. Revue benedictine. 1890, n^^ 6, 7, 8, 9, 11 et 12. 

8. Cercle hutois des sciences et des arts. — Tome xr, 1" liv. 

9. Societe royale beige de geographie. 20® annee, n^** 2 et 3, 
4 et5. 

10. Analecta boUandiana. Tome 15, fasc. 4. 



— 17 — 

11. Annales delaSociete d'archeologiedeBruxelles. Tome 10, 
liv. 3 et 4. 

Voir page 316, la mention de quelquos hautelisseura tournai- 
siens etablis k Anvere. 

12. Annales de TAcademie d'arch6ologie de Belgique. 4® serie, 
tome IX, 3® et 4® livraisons. 

13. Annales de la Sociote arch^ologique de Namur. Tome 21, 
2® livraifeon. 

14. Documents et rapports de la Soeieto paleontologique de 
Charleroi. Tome 20, 2« livr. 

II est donnd lecture de la correspondance. 

Le vote pour la nomination d'un Vice-Pr6sident est 
renvoy6 k la s6ance de Janvier 1897. 

M. Maurice Houtart signale dans une note dont on 
votel'impression, certains documents sur Tadministra- 
tion de Mgr Hirn,6v6que de Tournai, extraits de I'ou- 
vrage intitule La revolution frangaise en Belgique^ par 
M. Lanzac de Laborie. 

M. Ren6 Descl6e entretient I'assemblee de vestiges 
de lancienne Halle des Consaux, et notamment d'une 
cave vout6e trouv6e dans le sol de la place du Pare, 
lors de T^tablissement d'un aqueduc. 

On vote rimpression de cette communication. 

De Touvrage intitul6 « La domination frangaise en 
Belgique (1795-1814), » par L. de Lanzac de Labo- 
rie (i), nous extrayons quelques renseignements in6dits 
concemant Tournai , puis6s dans la serie F des Archives 
Nationales de Paris. 

Tome I, pp. 112 et 132. Details biographiques sur 
Bonaventure, originaire de Tournai. 

(n 2 Tol. Paris. Plon et Nourrit, 1895. 

ANNAUn. III. 2 



— 18 — 

P. 151. Destitution de la municipalit6 de Tournai 
en 1797. (Archives Nationales de Paris F. P, ii, Jem- 
mapes 8.) 

P. 165. Lettre d'un officier municipal de Tournai. 

(Id.). 

P. 203. Execution de la loi proscrivant les signes 
ext6rieurs du culte, en 1797. (F. 1% iii, Jem- 
mapes.) 

P. 297. L'administration de Tournai revendique sur 
Mons r6cole centrale du d^partement de Jemmapes, 
en 1796. (AF. iii, 108.) 

P. 411. Nomination de Frangois-Joseph Hirn en 
qualit6 d'6v6que de Tournai. 

T. II, p. 39. Etatdela prison de Tournai en 1813. 
(Lettre du pr6fet Laussat au Ministre de I'lnt^rieur. 
F. 16, 551). 

P. 62. Letlres de De Rasse, maire. (F. P, ii, Jem- 
mapes 8), et de B. de B6thune, second adjoint. (F. P, 
II, Jemmapes 4), pour obtenir de Tavancement. 

P. 112. Dotation du S6minaire, en 1808. (F. 19, 
613.) 

P, 118. L'6v6que de Tournai refuse de prescrire 
dans son diocese le cat6chisme imperial. (F. 19, 1073, 
et 1074.) 

P. 123. Correspondance du meme pr6lat, relative A 
la declaration gallicane de 1682, remise en vigueur 
parNapol6on. (F. 19. 818.) 

PP. 235 et suiv., Mgr Hirn au Concile National de 
1811. 

P. 241 . Son arrestation et son interrogatoire. (F. 7, 
6567.), 

P. 243. Interrogatoire de Tabbfi Duvivier. (Id.). 

P. 250. Attitude du Chapitre de Tournai a la suite 
de la d6mission de Mgr Hirn, en 1812. (Id.). 



— 19 — 

PP. 255 et suiv. Nomination d'un nouvel 6v6que. 
(F. 19, 1063; F. 7,6526.) 



Des travaux effectu6s en novembre 1896, rue et 
place du Pare, pour r6tablisseinent d'un 6go<lt, 
mirent au jour les fondations des anciens b^timents 
et d6pendances de la Halle des Consaux, depuis le 
milieu de la rue du Pare jusqu'en faee de la seeonde 
maison situfee du c6t6 nord de la place du Pare, apr^s 
la rue Gamier. 

La tranch6e profonde de deux h trois metres, fit 
d6couvrir dans Taxe de cette derni^re rue, le mur 
d'une cave a la hauteur de la vodte. Une ouverture y 
fut pratiqu6e par laquelle il fut possible d'explorer 
rint6rieur. 

I^a cave combine presque enti^rement de mat6riaux 
de demolitions paralt mesurer onze a douze metres 
de longueur sur cinq k six metres de largeur ; il fut 
impossible d'en mesurer la profondeur. La voute sur- 
baiss6e, form6e de grosses pierres de trentesur soixante 
centimetres 6tait semblable k celle de la cave situee 
sous la cour de I'hdtel de ville. Vers le milieu du edt6 
sud, la votlte etait percee d'une ouverture earree. A 
rextr6mit6 est, un corridor en pente remontait vers 
la surface du sol. Du c6t6 oppos6, et vers la salle des 
Concerts, une petite salle formait emprise sur Tangle 
de la cave et se prolongeait un pen au del4. 

A partir de la rue Gamier, la traneh6e longeait la 
parol sud d'un mur de construction tr6s solide d'environ 
dix metres de longueur, se prolongeant ensuite a 
angle droit vers le milieu de la seeonde maison de la 
place du Pare. Le bas allait s'elargissant un peu. 

Ce mur paralt avoir servi de base k la Tour des six ; 



— 20 — 

mais la situation exacte de cette tour n*a pas 6t6, 
croyons-nous, nettement d6termin6e jusqu'ici. 

Un plan g6n6ral de la Halle des Consaux et de ses 
dependances avait 6t6 dress6 par Renard lors de sa 
d6molition. Nous en donnons un fac-simile, r6duit k 
r^chelle de 7^0 qui est celle qui a 6t6 adoptfee pour le 
plan cadastral de la ville de Tournai dress6 en 1865 
(n'' 77 de la collection Dejardin) et dont la partie cor- 
respondtote est imprim6e sur papier transparent, plac6 
au-dessus du relev6 ex6cut6 par Renard. 

On Toit que les alignements principaux formant le 
p6rim^tre de Tensemble des anciens b&timents se 
retiouvent en beaucoup d'endroits du plan de 1865, 
(ils y sont indiqu6s en traits forts) et permettent de 
fixer Templacement exact qu'occupaient les bAtiments 
disparus. 

La cave d6couverte en 1896 ainsi que le mur, sont 
indiqu6s par des hachures, et la tour des six occupe 
dans le plan fait par Renard exactement Templacement 
que les fouilles aval en t d^sign6. 

Par suite de la modification apportee au trac6 de 
la rue du Pare, du c6t6 nord toute une s6rie de mai- 
sons sont venues remplir une partie de lespace laiss6 
vide par la disparition des anciennes installations. Du 
c6t6 oppos6, la rue a 6t6 au contraire form6e en 
empi6tant sur les constructions alors existantes. 

R. DESCLfiB. 



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EXTP.AIT l)i: PL.W C.MIASTP.AI. 



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PLAN r>E LANCIENNE HALLE DES CONSAUX 

dapres un desair. de B FleriM a !l'-121 ) 



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— 21 — 



SEANCE DU 14 JANVIER 1897 



M. LE COMTE DE N6donchel, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc6s-verbal de la stance de decembre est lu et 
adopts. 

M. le Secr6taire depose les ouvrages qu*il a refus 
pour la Soci6t6 depuis la derni^re reunion . 

1. Bulletin de I'Academie royale... 66^ annee, 189(3, n® 11. 

2. Annuaire de TAcademie pour 1897, 

3. Bulletin de rAcademie royale de medecine, iv® scrie, 
tome 10, n« 10. 

4. Annales de rAcademie royale d'archeologie de Belgique, 
4® serie, tome x, 1™ livraison. 

5. Bulletin, 4« serie, 2* partie, tome xxvni. 

6. Revue beige de numismatique, 1897, 1"^ livraison. 

7. Cercle archcologique de Malines. Bulletin, tome vi. 

8. Revue benedictine, 1897, n** 1. 

9. Annales de la societe archcologique de Tarrondissement 
de Nivelles, tome vi, 1''® livraison. 

10. Bulletin de la societe d'art et d'histoire du diocese de 
Liege, tome x, 1™ partie. 

11. Memoires et publications de la societe des sciences des 
arts et des lettres du Hainaut, annee 1893. 

— Voir dans Touvrage de M. E. Mathieu, histoire de Ten- 



— 22 — 

seignement primairc en Hainaut, les passages relatifs a 
Tournai, et renscignes dans la table alphabetique. V** Tournai. 

12. L'acceptation du testament de Charles II par Louis XJV, 
par A. Legrelle. 

13. Memoires archeologiques par D. A. Van . Bastelaer, 
tome VI. 

14. Expose de la situation administrative de la province du 
Hainaut (pour 189G) et 3 annexes. 

15. Le livre de Tabbe Guillaume de Ryckel, par H. Pirenne. 

II est donn6 lecture de la correspondance. 

Le Cercle hi&torique litteraire et artistique du 
Luxembourg, demande Tfichange de ses publications 
avec les n6tres, ce qui est accepts. 

11 est proc6d6 par scrutin secret k la nonaination 
d un vice-pr6sident en remplacement de M. le chanoine 
Huguet dec6d6. M. le g6n6ral de Formanoir de la 
Cazerie est 61u en cette qualit6. 

M. le comte du Chastel ayant attir6 I'attention de 
I'assemblfee sur quelques dispositions du reglement qui 
se contredisent sur certains points, Tassemblee, apr6s 
avoir pris connaissance de ces dispositions et les inter- 
pret ant conform6ment A la pratique constante de la 
Soci6te dit qu'elles doivent etre entendues comme suit : 

1. Le secretaire a la direction des publications. 

2. Le tr6sorier est charg6 de faire parvenir aux 
membres et aux societ6s lesdites publications. 

3. Le bibliothScaire administre la bibliotheque et 
gardeles archives de la Soci6t6. 11 en dressele catalogue. 

Le mfime membre ayant fait observer que le regle- 
ment aurait besoin d'etre revis6 sur certains points 
quil indique, M. AUard veut bien se charger de pr6- 



— 23 — 

senter un projet de r6vision des statuts et du reglement 
qui sera discutS ultSrieurement. 

Le mftme membre propose enfin de faire graver un 
nouveau sceau de la Soci6t6, sur lequeL figureraient 
les armoiries de la ville. M. de la Grange fait observer 
que ces armoiries sont g6n6ralement repr6sent6es d'une 
mani^re tr6s inexacte. II ajoute qu'il 6tudie la ques- 
tion des armoiries v6ritables de notre ville, et se pro- 
pose de pr6senter bient6t k la Soci6t6 le r6sultat de ses 
recherches. 

On remet la d6cision k prendre sur le sceau jus- 
qu'apr^s la communication de ce travail. 

M. Soil d6pose le manuscrit de M. Alfred Henri sur 
Pierre Chabcutleau fondeur en cuivre. II est charg6 
d'en prendre communication et de faire rapport au 
point de vue de I'impression de ce m6moire dans nos 
publications. 

M. de la Grange, sous le titre de rectification a un 
vicux proces'verbal (celui de la s6ance du 8 octobre 
1848) entretient rassembl6e d'un carreau en terre cuite 
dont rinscription a 6t6 mal lue. 

Le mftme membre donne lecture d'une 6tude sur 
Yancienne Halle des Consaiuc. On vote Timpression de 
ces deux communications. 

II d6pose le manuscrit de son 6tude sur les Testa- 
ments toumaisiens, dont Timpression a 6t6 vot6e pr6- 
c6demment et on decide que ce travail figurera au 
tome II des Annales de la Soci6t6, dont I'impression 
sera aussitdt commenc6e. 

M. Hocquet lit une notice sur le doit re du Convent 
des Clairisses au 17® sidcle. On en vote I'impression 
avec une planche. 



— 24 — 

RECTIFICATION A UN VIEUX !»ROC£S-VERBAL. 

La s6ance du 5 octobre 1848 de la Soci6t6 histo- 
rique est certes bien 6loign6e ; et le proc^s-verbal en a 
^t6 adopts depuis longtemps. C'est pourtant t ce pro- 
ces-verbal que je voudrais faire une rectification, qui 
s*6tendra par lamfeme occasion aux Potters et fdienciers 
toumaisiens de M. Soil. 

Done le 5 octobre 1848, M. Peeters pr6sentait 4 la 
Soci6t6 une petite note relative k des poteries 6maill6es 
qu'il supposait de fabrication tournaisienne. Parmi les 
pieces soumises k I'examen des membres de la Soci6t6, 
il en 6tait une, malheureusement aujourd'hui 6gar6e, 
qui offrait un int6r6t tout spfecial k cause de Tinscrip- 
tion qu elle portait. C'6tait un carreau verniss6 « au 
centre duquel figurent deux rats, lourn6s dos k dos et 
s'escrimant de leurs queues. » Dans les angles sont des 




quarts de cercles portant chacun un certain nombre de 
lettres, que M. Peeters lisait : opus hoc sandonis. Et 
il se livrait k une savante dissertation sur certains 
moulins k usage de potiers, montes sur bateaux et 
appel6s, paralt-il, au moyen fige sandoner et sandoni 
par les italiens. Puis renon^ant bient6t k cette expli- 



— 25 — 

cation un pea hasard^e, il se demandait, ce qui parait 
plus vraisemblable, s'il ne fallait pas chercher dans 
cette inscription la signature du fabricant, et voir dans 
SandoSy nom que Ton rencontre encore k Toumai, 
celui d un potier ^mailleur. 

C'est cette derni^re interpr6tation qu'adopte, k la 
page 101 de Touvrage cit6 plus haut, notre 6rudit con- 
frere M. Soil. Et il ajoute que, malgr6 ses recherches, 
il n'a pu retrouver ce nom dans les listes d'artistes 
qu'il a relev6es. Get insucces n'aura pas lieu de sur- 
prendre quand on saura que Tinscription hoc opus 
sandonis n*a jamais exists. 

II est facile d'en donner une preuve mat6rielle et 
palpable. Pour cela, reproduisez quatre fois le dessin 
du carreau ; juxtaposez ces quatre dessins de fagon k 
former un carr6. Les quatre quarts de cercles, qui se 
trouvent dans les angles du carreau, formeront un 
cercle complet, et vous lirez : hoc opus donissan. 
Donissan est sans doute le nom du fabricant. Ce nom 
ne se rencontre pas dans les listes de potiers donn^es 
par M. Soil; mais il existe dans I'ouest de la France, 
vers I'Anjou. En tout cas, voila la vraie piste k suivre 
si Ton veut retrouver le lieu d'origine et la date de la 
pi^ qui a donn6 lieu k cette note. 

A. DE LA Grange. 



Lk HALLE DES CONSAUX ET LA PETITE BOUCHERIE. 

II y a quelque temps, notre confrere M. Albert Allard 
me signala un fort curieux document qu'il avait decou- 
vert dans une des layettes de pieces non class6es de nos 



— 26 — 

archives communales (i). Cest un volumineux rouleau 
de papier, long de 12 6 15 metres et large de 25 cen- 
timetres, qui fut 6crit vers la fin du XIV® sidcle. U 
contient une s6rie de d6penses de toutes natures effec- 
tu6es pendant le dernier quart de ce si^cle; et son int6- 
rSt estd autant plus grand que nos comptes communaux 
n'existent, d'une fagon suivie, qu!k partir de 1394. 

On y rencontre des d6penses faites pour des dons 
offerts aux souverains et k des personnages de distinc- 
tion qui passaient par Tournai ; les frais n6cessit6s par 
larmement et r6quipement des communiers envoy6s, 
en diverses circonstances, k Tarmee du Roi de France; 
le compte des indemnit6s pay6es aux officiers de Tar- 
m6e du roi, dont le butin avait 6t6 enlev6 et les pri- 
sonniers d6livr6s par le peuple de Tournai, apres la 
bataille de Rosebecque ; des d6penses eiFectuees pour 
la construction de monuments communaux, etc. 

Mais aucune de ces d6penses n'a un caract6re de per- 
manence ; elles ne sont point sold6es par les revenus 
ordinaires de la commune; et chaque fois, il fallut 
Tautorisation du souverain pour permettre a la ville de 
cr6er les rentes viag^res n6cessaires pour y subvenir. Ces 
autoris&tions sont en general transcrites en tSte de 
chaque chapitre; et ces documents forment un utile 
complement de notre chartrier ; parfois, il est vrai, on 
a laiss6 en blano la place necessaire k cette transcrip- 
tion. On trouve ensuite Tindication du r6sultat de ces 
autorisations, et Temploi des deniers provenant de la 
vcnte de ces rentes. 

Ce document, on le voit par la courte analyse que je 
viens d'en faire, est d'un haut interet; et plus d'un de 
nos confreres y trouvera de curieux renseignemenis 

( I ) A . Al lard . Le prem ier hailliage de Tournai- Toumaisis , p . 1 04 . 



%*»■ 



— 27 — 

pour ^clairer une foule de points de notre histoire com- 
mu'nale. Pour le moment je ne veux en extraire que 
deux chapitres relatifs k des constructions dont mon 
confrere 9 M. Cloquet et moi, avons d6j& parl6 ail- 
leurs (1)9 alors que nous ne connaissions pas le docu- 
ment que je signale. 

I. Halle des Consaux. 

Vers 1820 disparut Tancienne Halle des Consaux, 
que les historiens de Tournai ont fait remonter k la 
premiere moiti6 du XIIP siecle, et qui en r6alit6 ne 
datait que du dernier quart du XIV®. Avait-elle tou- 
jours occup6 le mfime emplacement ? Bien que Bozi^re 
Taffirme (2), je dois 6mettre des doutes k ce sujet. Je 
CTois pouvoir dire qu'^u moins post6rieurement k Tin- 
cendie de la Tour des Sioo en 1213 par Ferrand de 
Portugal, et jusqu'en 1383, la Halle des Consaux 6tait 
situ6e plus haut dans la rue Saint-Martin, mais evidem- 
ment en dedans de la seconde enceinte de la ville. 

En effet, au cours de mes recherches pour les Etudes 
SUV tart d Touvmai^ que j'ai jadis publi6es en collabo- 
ration avec M. L. Cloquet, j'avais rencontre un acte 
de 1392 portant acquisition par Pi6rart Aubert, tail- 
Icur de y mages (fivoire^ d'une maison en la rue Saint- 
Martin c devant le halle jadis dite et appell6e des 
eschevins {3). » 

Cette maison ne formait pas Tangle de la rue et du 
Grand March6, car elle n'est pas indiqu6e dans lacte 
comme formant touquet; ello est mentionn6e au con- 
traire comme tenant des deux c6t6s k d'autres immeu- 



(1) Eludes sur fart di Tournai, 

(2) Boziere. Tournai ancien et moderne, p. 209. 

(3) Pi^ce justificative, n. I. 



— 28 — 

bles. On objectera peut-6tre que, sans former angle, la 
demeure de Pi6rart Aubert pouvaitpourtant 6tre sitii6e 
vers le bas de la rue Saint-Martin, et par consequent 
en face de la halle disparue vers 1820, qui s'6tendait 
j usque sur Templacement de la place actuelle du Pare. 
Les termes m6mes de notre contrat ne me semblent pas 
permettre cette supposition. On n'eut pas dit en effet 
que le lieu dont il s'agit 6tait situ6 devant le halle jadis 
dite et appellie des eschevtns, si cette halle avait 
encore 6t6 d leur usage. Le mot jadis montre bien que 
la destination du monument avait change depuis peu ; 
et, comme je le montrerai tout k Theure, la halle des 
consaux plac6e au pied de la Tour des Six, n'6tait 
construite que depuis neuf ans k r6poque oil fut r6dig6 
le contrat de Pi6rart Aubert. 

Je suis done, me semble-t-il, en droit de conclure 
que, durant la plus grande partie du XIV® si^cle au 
moins, la halle des 6chevins 6tait situ6e en la rue Saint- 
Martin, mais plus haut que celle construite en 1383, 
sans pourtant que je sois en 6tat, pour le moment du 
moins, de fixer cet emplacement d une fa^on positive. 

Je viens de donner la date de 1383 comme 6tant celle 
ou les magistrats de Tournai avaient fait proc6der k la 
construction d'une nouvelle halle; il serait peut-etre 
plus exact de dire que ce travail 6tait d6j4 entrepris 
depuis un certain temps, et que ce fut seulement en 
cette ann6e qu'il fut termin6 (i). 

En effet, le 22 juillet 1383, le roi de France, rati- 
fiant I'accord conclu entre les magistrats de la ville et 
le mar6chal de Sancerre relativement k la restitution 

(1) Cette halle 6tait connue, en 1306, sous le nom do Noefve halle. 
Ainsi nous lisons dans le Compte g^ndral du 2° quart de cette ann^e : 
- A Pierre de Gand, fdvre, pour une noefve serrure & boche servant et 
qui fu mise a Tbuis de le noefve halle, devant le belfroy, viij sols. » 



^ 29 — 

du droit de Commune, avait accnrd6 aux premiers, pour 
contribuer aux frais d'6rection de la nouvelle halle, 
une somme de mille livres k retenir sur les 12,000 
qu'ils s'6taient engages k payer (i). 

Le roi motivait sa remise sur ce que « les habitans 
de ladite ville avoient encomenchi6 faire un biel 6difice 
qui desj^ a grandementcoust^ et coustera encores avant 
qu'il soit parfait. » II posait comme condition k cette 
Iib6ralit6 que, dans la halle neuve, serait dispos6 un 
local « honeste et convenable pour tenir la jurisdiction 
de nostre dit bailli illec, » Ce local, place en face du 
beffroi, devint plus tard la Halle des Doyens. 

lie 22 aoCit de la mdme ann6e, le receveur de Ver- 
mandois donnait k nos magistrals communaux rec6- 
piss6 du payement des 12,000 francs de leur compo- 
sition, apr^s deduction des mille livres octroy 6es par le 
roi pour la r6fection de la halle des consaux (2). 

L'architecte de cette construction fut Jacques de 
Brabant, Tun de nos plus grands artistes du XIV*' siecle, 
dont le nom s etait d6jA rencontr6 dans les comptes du 
beffroi et du choeur de I'^glise Saint-Jacques. II eut 
comme auxiliaire dans le travail qui nous occupe, un 
maltre dont le nom est nouveau pour moi, Willemme 
Ilondreman. Je donnerai plus loin le relev6 de quelques 
depenses faites k cette occasion (3). 

Dans r6num6ration d'ailleurs fort br^ve de notre 
compte, nous trouvons un article relatif k la peinture 
de trois ymages. II s'agit 1^ des statues du Roi et de 
la Reine de France, ainsi que d'un « petit Dieu « qui 
6taient sculples sur la facade de la halle, comme nous 

(1) Piece justificative, n. II. 

(2) Pi^ justificative, n. III. 

(3) Piece justificative, n. IV. 



— so- 
le montre le payement fait en 1484 k Philippe Voisin 
qui fut charg6 de les repeindre (i). 

Le travail entier, dont je viens de fixer la date, coiita 
1494 francs dor. 

II. Petite Bouclierie. 

«* La petite boucherie, situ6e entre la placette aux 
Oignons et la rue de la Croix d'or, est de construction 
reculee, car elle est cit6e dans des actes d'int6r6t priv6 
de la fin du XIV siecle et du commencement du sui- 
vant (2). « Cela est exact, mais manque de pr6cision. 
Je ne possede malLeureusement qu'un seul document, 
fort incomplet d'ailleurs et non dat6, qui puisse aider k 
fixer plus exactement r6poque de la fondation de la 
petite boucherie (3). 

Le rouleau de papier, dont j'ai parl6 au debut de 
cette note, nous apprend que les maglstratsde Tournai, 
trouvant exager6s les prix que les bouchers delagrande 
boucherie fixaient a leurs marchandises, r6solurent 
d en creer une nouvelle dans le quartier de la paroisse 
Saint-Jacques, lis se firentautoriser, par lettresroy ales, 
a effectuer un emprunt dans ce but; et cet empruntfut 
fixe k 100 livres de rentes viag^res, au denier 10. Les 
lettres royales font d6faut dans notre chartrier com- 
munal, et la place pour leur transcription est rest6e 
en blanc dans notre rouleau. Nous savons seulement 
que Temprunt fut souscrit par des habitants de Tour- 
nai et par un seul 6tranger residant k Cambrai. La 
somme obtenue se montait k mille francs d'or. 

Mais en 6tudiant de plus pros le rouleau que m avait 

(1) Compte g6ndral de Tannde 1484. 

(2) Boziere. Tounmi ancien et moderne, p. 331. 

(3) Piece justificative, n. V. 



— 31 — 

S]giial6 M. A. Allard, j'ai constat6 que les actes y 
6taient en gen6ral inscrits dans Tordre chronologique, 
sans que pourtant ce soit une rdgle absolue. Or Tacte 
qui precede celui relatif k la cr6ation de la petite bou- 
cherie est du 14 juillet 1385; celui qui le suit est du 
10 septembre 1386. C'est done entre ces deux dates 
qu*il faut, je pense, fixer celle de la fondation de notre 
petit monument, qui d'ailleurs n'a rien conserv6 de son 
installation premiere et fut totalement transforms au 
XVI P si^cle (i). 

PIECES JUSTIFICATIVES. 

L — Sacent tout chil qui cest escript verront ou oront que, 
pardevant les eschevins de la ville et cite de Tournay, Jaque- 
mars Gauwars, bouleDghiers, a vendut, werpit et clamet quitte 
a tousioura hiretablement a Pierart Aubert, tailleur de y mages 
dlvoire, ane maison qui jadis fu Di^rin de Wes, avoBcq le comble 
tout ainssi qu*il se appert aujourdhui, et tout Tiretago si comme 
il s^estent et comprent en tous costes devant et deri^re, par le 
manidre qu*il est ad present partis et sevres, et que lidis Gau- 
wars en possessoit au jour de cest present vendage, seant en lo 
rue Saint-Martin devant le halle jadis dite et appellee des escho- 
Yins, tenant a Thiretage Jehan de BrifToel, cappellier, d*une part, 
et k rhiretage Jehan Wacheret, fustailleur, d'autre part, et par 
deri^re haboutant a Thiretage le vaive et hoirs demor^z de feu 

Jehan le Verier Che fu fait Tan mil ccc iiij" et unzc, le 

xxiij® jour dou mois de march. — Au dos est dcrit : Escript Pie- 
rart Aubert, tailleur damages d'ivoire. 

(Archives de Tournai. — Chirographes do 
la cit^. — Layette de 1391. — Grig, sur 
parchemin.) 

IF. — A tous ceulx qui ces presentcs lettres verront oi^orront, 
Jehan le Rice, receveur de Vermendois, Salut. Sacent tout que le 
XXV* jour d'aoust Tan mil ccc iiij" et iij, nous resumes par les 
proves et jures de la ville de Tournay les lettres du Roy, nostre 

(1) E. J. Soil. Towtiai archiologiquc en IS 95, p. 73. 



— 32 — 

sire, et de nos seigneurs les geo^raulx conseilliers a Paris sar le 
fait des aydes ordonnees pour la guerre, dont la teneur 8*ensieut. 
Charles, par la grace de Dieu Roy de France, a nos ames et 
feaulx 168 generaux conseilliers sur le fait des aydes ordonnees 
pour la guerre, Salut et dilection. Savoir vons faisons que comme 
nos bieu ames les prevos, jur^s, eschevins et eswardeursde nos- 
tre ville de Tournai, pour eulx et pour toute la communaute et 
les singuliers de nostre dite ville, aient composes, accorde entre 
les autr^s coses avecques nostre chier et feal cousin, le conte de 
Sancerre, et nos autres gens de nostre conseil que nous ordo- 
names naghaires et envoyasmes en sa compagnie, reformateurs 
en la province de Rains, a xij"* frans d*or que ilz nous doivent 
payer une fois a deux termes, c*est assavoir la moiti^ en la fin 
de ce pr^selit mois de jullet, et Tautre moitie a la feste del 
Assumption Nostre-Dame prochain ensuivant; or aussi aient 
accord^ que nous aurions un bailli de Tournay et Tourn^sis qui 
aura et tenra son sidge et jurisdiction en le halle de ladite ville 
sur Tentr^d d'icelle aul^s deverslebelfroy, parmi certain accord 
et ottroy qui fais leur ont este pour ceste cause, sy comme ces 
coses et pluiseurs autres sent plus ad plain contenus en nos let- 
tres sur ce faites, se ondit liu ouquel nostre dit bailli doit tenir 
son siSgo les habitans de ladite ville aient encomencbie faire 
j biel Edifice qui desja a grandement coust^ et coustera encores 
avant qu'il soit parfait, si comme nos dis cousins et conseilliers 
nous ont as nous rapporte et tesmongnie, lequel Edifice lesdis de 
Tournay parferont si que il y aura lieu honeste et convenable 
pour tenir la jurisdiction de nostre dit bailli illec. Nous, oy sur 
ce le rapport d^iceulx nos cousin et conseilliers, avon3 ausdis 
prevos, jures, eschevins, eswardeurs, ou non et pour ladite com- 
munaute, donn^ de grace especial et donnons par la teneur de 
CCS lettres mil frans d*or a prendre des xij" frans d'or que il nous 
doivent a une fois, comme dit est, a payer aux ij termes dessus 
dis, a chascun la moitie, pour tourneret convertir, par leur main 
ou leur commis a ce, en la perfection dudit edifice et non ail- 
leurs. Sy vous mandons que par Bertrant A le Dent, recepveur 
general desdis aydes et del emolument de ladite reformation, 
vous facliies baillier et delivrer les mil firans d'or dessusdis aus- 
dits prevos, jures, eschevins et eswardeurs ou non que dessus; et 
nous vofons que, par raportant ces lettres et recognoissance des 
dessus nommes, il soient alou^s ds comptes dudit recepveur, 
nonobstant ordenances ou deffences au contraire. Donn^ a Paris 
le xxij« jour de juillet Tan de grace mil ccc iiij" et trois, et le 
tiers de nostre r^gne. Par le Roy, a la relation de monseigneur 



— sa- 
le Duck do Bourgongne. Yyo< — Item, de par les generaulx et 
conseilliers a Paris sur le fait des aydes ordonnes pour la guerre, 
recepveur de Yermendois commis k recevoir les deniers de la 
composition de la ville de Tournay, nous vous envoions les let- 
tres du Roy nostre sire atachi^s a ces presentes soubz Tun de nos 
signes* et vous mandons que, aprds ce que leur aur^s receu des 
prevos, jur^s, eschoTins et eswardeurs de la ville de Tournay la 
somme de xj™ frans d*or de et sour la somme de xij"* frans en 
quoy il sunttenus envers le Roy nostre dit seigneur par compo- 
ntion a ealx faitte, dont les dittes lettres font mention, vous a 
iceulx proves, jur^s, esclievins et eswardeurs de Tournay bail- 
li^s et delivres la somme de mil frans restans de ladite somme de 
xij*" frans, pour les causes contenues ds dites lettre?, par la 
manidre que le Roy nostre dit seigneur lemande,nonobstant que 
par ycelles soit mand^ k Bertaut A le Dent, recepveur general 
des dittes aydes, que il leur payast la dite somme. Donne a Paris 
soubz nos signes le xj^ jour d'aoust Tan mil ceo iiij*' et iij. Ainsl 
sign^, Deoco. En tesmoing de ce nous avons mis nostre seel a ces 
presentes lettres faites et denudes en Tan et jour dessnsdis. 

(Archives de Tournai. — 2« Cartulaire de 
la ville (no 7 de Tinv.), f* xlix^«'\) 

III. — Sacent tout que nous Jehan le Riche, receveur de Ver- 
mendois, commis k recevoir les compositions, amendes et explois 
taxees par nos seigneurs les generaulx r^formateurs ordonnes de 
par le Roy, nostre sire, ou province de Rains cognoissons avoir 
heu et receu des proves, jur^s, habitans et communaute de la 
ville et cite de Tournay la somme de douze mil frans d*or qu*ll 
devoient et en quoy il estoient tenu au Roy, nostre dit seigneur, 
pour cause de certains composicions par eulx faitte a nos dits 
seigneurs les generaulx reformateurs, c*est assavoir en deniers 
comptans, par nous receus pour le Roy, nostre sire, onze mil 
frans d*or, et mil frans d*or dont nous nous tenons pour comp- 
tens, lesqnelx mil frans d*or le Roy, nostre dit seigneur, leur a 
donne, quittie et remis pour une fois pour tourner et convertir 
^ refections, Edifice et reparations de le balle ordonnee a tenir 
les plais dudit seigneur k Tournay, et non ailleurs, de laquelle 
somme de xij°> frans d*or dessusdis, c*est assavoir onze mil frans 
par nous receus comme dit est, mil frans a eulx donne pour une 
fois pour convertir en la manidre dessus declar^e, nous, pour le 
Roy nostre dit seigneur, nous tenons pour comptent et bien 
pay^s, et en quittons lesdis prevos, jures, habitans et commu- 
naute de ladite ville et cite de Tournay a tousiours perpetuel- 

ANNALBS. ni. 3 



— 34 — 

ment, et tous autres a qui qaittan'ce en puet et doit appartenir. 
Donne soabz nostre seel et signe manael le xxij* jour dou mois 
d*aou8t i'an de grace mil cec iiij" et iij. Ainsi sign^, Rice. 

(Archives de Tournai. — 2" Cartulaire do 
la ville (no 7 de I'inv.), f» 1.) 

IV. — Item, est v^rit^ que sur les mil lb. que le Roy nostre 
sire donna a ladite ville pour faire et edeffyer une nouvelle halle 
devant le belft*oy, lesquelx mil furent pris en le composition 
des xij"* faitte a nos dits seigneurs les reformateurs, comme dit 
est dessus, les commis et deput^z a faire ledit ouvrage ont, oul- 
tre yceulx mil lb., payet tant par avant la recepte d*iceuls mil 
lb., comme depuis, les parties qui s'ensienwent, c*est assavoir : 

A maistre Jaques de Braibant, pour lui et pour maistre Wil- 
lemme Hondreman son compaignon, pour le reste de I'ouvrage 
dou pignon de pierre de leditte halle, lequel terme esquey a 
payer a le Saint-Remy Tan iiij^> et i^, iig^ ft*ans. 

Audit maistre Jaques, pour le pointure dou hachement, des 
angles et del escut extant ou dit ouvrage, xvj frans. 

A lui, pour Tamendement de le machonnerie jugi^ par ouvriers 
en le presence des commis et d^put^z de par le conseil de ladite 
ville, xxviij Arans. 

A lui, pour le reste de le pointure des iij ymages et de taber- 
nacle estans oudit ouvrage, xxx frans. 

A Jehan de Tielon et Jehan Liegois, carpentiers, sur ce quo la 
ville leur puet devoir a cause de le carpenterie de ledite halle, 
preste k euls, xx lb. 

Somme des parties payes pour cause de ladite halle, oultre les 
mil lb. dessus dittefiT, iiij^ iiij" xiiij frans. 

(Archives de Tournai. — Rouleau de papier 
non classe, decrit en t^te de cette note.) 

V. — Item, que pour ce que il sembla estre expedient et chose 
proufitable pour le commun peuple de ladite ville que une nou- 
velle boucherie fuist faitte en ladite ville en le parosce de Saint- 
Jaqued, heu regard au fait des bouchiers de la grande boucherie 
qui vendoyent leurs chars moult chi^rement ainsi comme il leur 
plaisoit, pour laquelle boucherie faire il convint accater certains 
hiretages, et yceuls demolir pour edifyer ladite nouvelle bou- 
cherie, laquelle coustenghe ladite ville ne pooitsusporter, et pour 
ce fu requis au Roy nostre sire qu*il lui pleust a donner licence 
a la ville de vendre, sur le emolument de ladite boucherie, 



— 35 — 

C A*an8 de rente k vie in racat, dont ladite ville a heu lettres du 
Roy, nostredit seigneur. 

[Les lettres nesantpas transcrites, et manquent au chartrier 
de la ville.} 

Item, que par vertn desdites lettres la ville vendy, tant aux 
habitans de la ville de Tournay commea j estrangier de Cambray, 
an pris de x den. le den., a ij vies a racat* cent frans. 

[Le cartulaire des rentes vendues fait d^faut dans nos 
archives J] 

Somme a par lui, pour les cent frans dessusdis, mil frans. 

• 

(Archives de Tournai. — Rouleau de papier 
non class^y ddcrit en t^te de cette note.) 

A. DE LA Grange, 



LE GLOITRE: des CLAIRISSES AU XVIl« SifiCLE. 

Notre savant confrere, M. de la Grange, dans un 
remarquable article intitul6 : Hisloire du convent des 
Clairisses de Tournai (i), 6crit (2) : «« Ce fut seulement 
alors (3) que les religieuses Clairisses parent Clever les 
constructions definitives de leur convent, telles qu'on 
les voit au plan dress6 en 1784 par I'arpenteur jur6, 
A.- J. AUard »». 

« Je n'ai pu rencontrer aucun autre document, que 
celui que je viens de signaler, concernant les b&timents 
claustrauz ».... 

J'ai eu la bonne fortune de mettre la main, au d6p6t 
des Archives communales, sur une copie d'une lettre 
adress6eau roi par Tabbesse et les religieuses clairisses, 
dont voici la teneur : 



(1) Of. Bulletins de la SociM histortque et litt^raire de Tournai^ 
t. XX, p. 216. 

(2) Op. cit., p. 224-223. 

(3) 2 Janvier 1644. 



1 



— 36 — 

Au Roy 

Remonstrent en profonde humility les Abbesse et 
religieuses du pauvre cloistre de S** Claire en la ville 
de Tournay, que parmy rh6ritaige amorty pour icelluy 
convent se trouve la cave d'un lieu secret, longue de 
seize pieds et large de treize quon dit avoir servi lant 
k ceux quy ont parcydevant poss6d6 rh6ritaige des 
remonstrantes, que par Quintin Havet, leur voisin, et 
ce par indivis, en sorte que la moiti6 de la ditte cave 
est en dessoubs Thferitaige dudit Havet et Taultre 
moiti6 en dessoubs Th^ritaige des remonstrantes. Et 
com me on a trouv6 mess6ant, et non sans p6ril d'incon- 
v6nient qu'un cloistre des fiUes religieuses se servirait 
de semblable lieu non divis6 d'arri^re le voisin, les 
Remonstrantes n'ayantes aultre lieu propre k ce, ont 
suppli6 leur voisin de permettre qu'elles feroient y batir 
sur leurs parte et k leurs fraix un mur par le milieu 
pour la diviser. En quoy le dit Havet ne pent recep- 
voir aucune incommodit6, mais au contraire beaucoup 
d'accommodement. Cependant Ton le trouve tant arrest6 
k refuser chose s'y raisonnable que ni pour pri^res et 
supplications, ni pour I'instance de plusieurs person- 
naiges de quallit6 et aultre, ny pour la remonstrance 
des inconv6niens qui pourroient arriver, on n'a pu 
obtenir par lespace de deux ans aultre chose que 
Texemple d'une extreme opiniastrete. Par quoy les 
remonstrantes ay antes jusques ores estez fort incom- 
mod6es, se retirent vers vostre Ma** la suppliant estre 
servie d'auctoriser le magistrant d'icelle ville de veoir 
ce lieu, pour I'intelligence duquel se joinct icy la carte 
figurative, et puis leur rescription voeu par vostre 
Ma** , en ordonner c6me elle trouvera convenir, quoi 
faisant ef*. 

L'int6r6t de ce document reside surtout en ce qu'il 



(^AtJui 



i^'ii/es 






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I>. 3c/ >^ »**-(£ **^^j^^UlUn^ .y^lUcUi^ 



JCM4t0L. /^fl^Mi^ 



i 



— 37 — 

y est joint un dessin in6dit repr6sentant les bStiments 
conventuels des Clairisses en 1649, car notre lettre 
porte en marge ces mots : « s'adressent les suppliantes 
aux Eschevins de la ville de Tournay.... le 18 Jan- 
vier 1649 ». 

C'est done unplan perspectif du cloitre des Clairisses 
aprds I'acquisition de la maison de Nicolas de la Cha- 
pelle, dans la grande rue S^-Piat (i), acquisition dont 
I'acte fut pass6 le 2 Janvier 1644. 

II m'a sembl6 int6ressant pour I'histoire des Com- 
munautes religieuses de notre ville d'exhumer ce docu- 
ment et je crois que nos Annales neferaientpasbesogne 
inutile en reproduisant ce dessin, probablement unique, 
qui fixerait, & jamais, Taspect du convent des Clairisses 
k Tournai, dans la premiere moiti6 du XVI P si^cle. 



A. HOCQUET. 



(i)Cf. Op. cir. p. 224. 



38 



SEANCE DU H FfiVRIER 1897. 



M. LE COMTE DE N6donchel, President. 
M. Ecgene Soil, Secritaire. 



Le proems- verbal de la s6ance de Janvier est lu et 
adopt6. 

M. le Secr6taire d6pose les publications qu'il a regues 
pour la soci6t6 depuis la derniere r6union. 

1. Bulletin de rAcademie rojale des Sciences... de Belgique, 
66® annee, 3® serie, tome 32, n^ 12; id. tome 33, n« 1. 

2. Collection des chroniques beiges inedites — correspondance 
du cai'dinal Granvelle, par Charles Plot, 1896. 

3. Meme collection : Chartes inedites de I'abbaye d'Orval, par 
A. Delescluse. 

4. Table chronologique des Chartes et diploraes imprimis 
concernant Thistoire de la Belgique, par A. Wauters, tome 9. 

5. Mcfnoires et publications de la societe des Sciences des 
arts et des lettres du Hainaut, annee 1896. 

6. Societe royale beige de geographic. Bulletin, 20* annee, 
n«0. 

7. Compte-rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire, 5® serie, tome vi. V® Bulletin. 

8. Bulletin de 1' Academic royale de medecine, 4® serie, 
tome X, n° 11. 

9. Revue Benedictine, 1897, n^ 2. 



— 39 — 

10. Annates de la Socictc d*archcologie de Bruxclles, tome ii, 
1™ livraison. 

11. Bulletin du Gerele historique de Gand, 4« ann6e, q^ 6 et 7. 
On J trouve, j)age 202 et suivantes, a propos d'une discussion 

sur les caractdres de Farchitecture des monuments gantois, de 
trds Interessants aper^us sur Tecole d' architecture tournaisienne. 

II est donn^ lecture de la correspondance. 

La Soci6t6 dunkerquoise pour rencouragement des 
sciences annonce qu'elle organise pour le 14 juillet 
prochain une exposition artistique de photographie. 

M. le Prteident fait connaitre que la Soci6t6 royale 
de numismatique de Belgique tiendra cette ann6e son 
assembl6e g6n6rale k Tournai. On decide de lui faire 
une reception semblable k celle qui a 6t6 faite au mois 
d'aoClt dernier k la Gilde Saint-Luc. 

M. de la Grange signale dans la revue Vicriture, la 
biographie dun toumaisien L6on Hocquart. II propose 
(ie demander k Tauteur Tautorisation de la reproduire 
dans nos Annales, ce qui est adopts. 

M. le Secr6taire donne lecture d'une lettre de 
M. C. Li6geois, demandant des renseignements sur 
Gilles de Chin» en vue d'un travail qu'il pr6pare. Les 
membres presents donnent quelques indications qui 
seront transmises k r6crivain. 

M. Hocquet d6pose le manuscrit dune nouvelle 
communication de M. d'Herbomez sur les Sources de 
tHistoire du ToumaisiSy et relative aux manusants 
conserves ii la bibliotheque nationale de Paris, On en 
vote rimpression . 

M. Houtart demande s'il ne serait pas opportun 
d'organiser quelques conferences cet hiver, sous la 



— 40 — 

direction de la Soci6t6. L un des premiers sujets qu'on 
pourrait trailer serait le plan de Tournai de 1701 
r^cemment 6tudi6 par deux de nos confreres. L'assem- 
bl6e accueille avec beaucoup de sjrmpathie cette pro- 
position, mais un membre fait observer que le sujet 
propos6 par M. Houtart ne pourrait fetre trait6 actuel- 
lement, les auteurs s'6tant engage k le faire lors d'une 
soir6e qui va 6tre donn6e au profit de Toeuvre des 
Enfants moralement abandonn6s. 



Sources de Thistoire du Toumaisis, 

LES MANUSCRITS DE LA BIBLI0TH6QUE NATIONALE 

DE PARIS. 

Le cabinet des manuscrits de la Biblioth^que natio- 
nale, ou sont venus s'accumuler, depuis plus de cinq 
si6cles, tant de volumes aussi remarquables par leur 
texte que par la splendeur de leur d6coration, est, a 
rheure actuelle, le plus grand d6p6t de livres manus- 
crits qui ait jamais exists. Le nombre de ces volumes 
depasse cent mille; et comme beaucoup d'entre eux 
sont, en r6alit6, des recueils de* cbartes et de pi^es 
d'archives, c'est par millions qu'il faudrait compter les 
documents que renferme le merveilleux d6p6t de la rue 
de Richelieu. Ces manuscrits de la Biblioth^que natio- 
nale composent des Fonds et des Collections. Je r6serve 
pour plus tard la description des volumes int6ressant 
le Tournaisis dans les Collections de Flandre, de 
Picardie et autres. Mais je dois rappeler qu'un certain 
nombre de collections ont et6 successivement vers6es 
dans les Fonds ; telles la collection B6thune et la col- 
lection Gaigni^res, qui n'existent plus en tant que 
collections, et ont 6t6 fondues, la premiere dans le 



— 41 — 

Fonds frangais, la seconde, partie dans ce m^me Fonds 
frangais, partie dans le Fonds latin. 

Les manuscrits de la Bibliothdque nationale ont 6t6 
classes par fonds suivant la langae employee dans ces 
manuscrits. II est bon d'observer toatefois que le clas- 
sement n'est pas rigoureux, parce qu'il ne pouvait pas 
r^tre. On trouve done, dans certains volumes du Fonds 
latin des documents en langue frangaise, comme il pent 
arriver que tel manuscrit du Fonds italien contienne 
des documents en espagnol, et vice versa. 

Je parlerai d'abord du Fonds latin, qui se subdivise 
en Fonds latin proprement dit, et en Fonds des nou- 
velles acquisitions latines. C'est dans ce dernier fonds 
que, depuis 1868, prennent place tons les manuscrits 
en langue latine qui entrent k la Bibliothdque natio- 
nale par acquisitions, dons, ou autrement. Le Fonds 
frangais, dont il sera question ensuite, pr6sente la 
m6me subdivision. Apr^s avoir examine les manuscrits 
du Fonds frangais, nous aurons done k passer en revue 
ceux du Fonds des nouvelles acquisitions frangaises. 
Nous complSterons cette 6tude des manuscrits de la 
BibliothSque nationale qui peuvent int6resser, k un 
titre quelconque, le Tournaisis, en d^crivant un 
manuscrit du Fonds espagnol, et quelques manuscrits 
du Fonds n6erlandais. 

§ I. Majiasorits du Fonds latin. 

Les manuscrits latins 795, 803, 805, 806 et 809 
sont des Lectionnaires. lis n'ont d'autre int6ret, pour 
rhistoire du Tournaisis, que leur provenance. Tons, en 
effet, comme M. L6opold Delisle la 6tabli dans son 
beau livre, Le cabinet des mantiscrils de la Bibliotheque 
nationale (t. ii, p. 409), ont 616 en la possession de 
labbaye de Saint- Nicolas-des-Pr6s-lez-Tournai. 



— 42 — 

Les ms. latins 1940 et 2677 sont entr6s a la Bibl. 
nat. avec les collections de Le Tellier. Avant d'appar- 
tenir k cet archevSqae de Reims, ils faisaient partie de 
la biblioth^quede I'abbayede Saint-Martin de Tournai, 
comme en t6moignent les inscriptions qu'on y pent lire : 
« Liber Sancti Martini Tornacensis ecclesie. Servanti 
benedictioy auferenti maledictio ». Ces ms. du 
XIP siScle, qui contiennent, le premier, les qaatre 
livres de saint Augustin sur la doctrine cbr6tienne, et 
uoe apologie de ces quatre livres par un anonyme, le 
second, des osuvres de saint J6rdme, de saint Yves et 
de saint Hilaire, n'intSresseraient le Tournaisis que 
parce qu'ils proviennent de la grande abbaye b6n6dic- 
tine toumaisienne, si le ms. lat. 1940 ne pr6sentait, 
sur le recto de son deuxi^me feuillet, le relev6 des 
donations de biens et dimes k Eparcy, faites k Fabbaye 
de Saint-Martin par Clairambaud du Rosoy et autres. 
Ces propri6t6s furent c6dees par notre abbaye k celle 
de Foigny apr6s 1160. Comme les notes du folio 2* du 
ms. lat. 1940 se rapportent au temps oii Tabbaye de 
Saint-Martin poss6dait encore Eparcy, on peut en 
conclure que cette partie du ms. est ant6rieure 4 1 160. 

Le ms. lat. 8566^ provient 6galement de Saint- 
Martin de Tournai, et a appartenu, comme les pr6c6- 
dents, k Le Tellier. II est du XII P siecle et contient 
notamment les lettres de I'ev^que Etienne de Tournai , 
pr6c6d6es dun index, et le Tractates de pace^ de 
Guibert de Tournai. 

On trouve dans le ms. lat. 8976, aux f^ 37-45, 
quelques notes sur le diocese de Tournai , non pas sur 
Tancien diocese, mais sur celui qui fut constitu6 en 
1559. Ces notes, emprunt6es au XVII® siecle, par 
Henri Suarez, pour son Orbis christianus^ k des ouvra- 
ges de seconde main, sont trds sommaires et sans 



— 43 — 

grande importance. II peut cependant n'dtre pas sans 
intSrdt de dire ici que notre volume contient un 
r68um6 de Thistoire des 6vdques de Tournai, pouss6e 
jusqu'i Mazimilien Vilain de Gand (1621). 

Les ms. lat. 9124 et 9125 ont 6t6 signals par 
M. Gachard, au tome i^ p. 294, de son livre La Biblio- 
thique nationale it Paris ^ qui fait partie, comme on 
sait, de la Collection des chroniques beiges inidites. 
M. Alphonse Wauters, dans les Bulletins de la Com- 
mission royale d'histoire {4!^^ s6rie, t. ii, p. 79-198), en 
a ^galement parl6. Ce sont des recueils de copies de 
chartes se rapportant aux ann6es 1195-1594. Ces 
recueils, constitu6s k Lille au XVI P si^le, sont 
eztrSmement importants pour I'histoire des rapports 
de la France avec la Flandre. Pour I'histoire du Tour- 
naisis, ils n'offrent qu'un int6r6t secondaire. On trouve 
cependant k glaner pour cette histoire dans le ms. lat. 
9124, aux pages 1, 27, 111 et 151. 

Le ms. lat. 10168 provient du chapitre de la cath6- 
drale de Tournai. C'est un cahier de 12 feuillets de par- 
chemin, du format que nous appellerions gr. in-4''. 
Dans le haut du V^ feuillet, on lit : *^ Quaternus cen- 
sarum et reddituum officii panis refectorii, factus et 
renovatus in anno Domini millesimo quadringentesimo 
quarto decimo » . Cette inscription determine parfaite- 
ment Ykge et le but de notre manuscrit. Ce compte de 
Toffice du r6fectoire des chanoines de Tournai n'est 
malheureusement arriv6 k la Bibl. nat. qu'^ Tdtat de 
fragment. 

Le ms. lat. 10169 se compose de 13 feuillets de 
parchemin d'un petit format oblong, sur lesquels ont 
ete transcrites, au XV® sidcle, quatorze chartes de la 
premiere moiti^ du XI IP si^cle, concernant toutes le 
monast^re de Notre-Dame-des-Prfes-Por^ins-lez-Tour- 



— 44 — 

nai. Oji peut dire, en cons6quence, que le ms. lat. 10169 
est un cartulaire des Prfes-Porgins. Oa salt par una 
note ins6r6e au tome cxlviii (f 179) de la Collection 
Moreau, comment ce ms. est entr6 a la Bibl. nat. II 
avait 6t6 envoy6 a Moreau, pour le D6p6t g6n6ral des 
chartes de France, par dom Queinsert, qui Tavait pro- 
bablement obtenu sans peine de I'abbesse des Pr6s- 
Porgins ; et du Dep6t des chartes il a pass6 rue de 
Richelieu. Je n'ai pu v6rifier si les quatorze chartes 
qui sont copi6es dans ce petit cartulaire se retrouvent 
en original k Mons, aux Archives de TEtat, dans le 
Fonds des Prfes-Porgins. 

11 convient de signaler parmi les sources de This- 
toire du Tournaisis les ms. lat. 10968 et 10969, qui 
sont des cartulaires du chapitre de la cath6drale de 
Cambrai, parce qu'ils contiennent naturellement, pour 
la partie de la ville de Tournai qui, se trouvant sur la 
rive droite de TEscaut, ressortissait k r6v6que de Cam- 
brai, quelques documents int6ressants. Je me bornerai 
a citer, pour prouver mon all6gation, dans le 10968, 
au f" 48*, la copie d'une charte de Nicolas, 6v6que de 
Cambrai, dat6e de 1138, et concemant la paroisse de 
Saint-Brice a Tournai; et dans le 10969, aux f^^ 6P et 
62*^, la double copie d'une charte de Mathilde, abbesse 
du Sart-Notre-Dame-lez-Tournai, dat6e de 1238, et 
relative aux droits que le chapitre de Cambrai poss6- 
dait au Saulchoir. 

Les ms. lat. 11733 et 12682, qui proviennent de 
Saint-Germain-des-Pr6s, contiennent une copie du 
XVIP si^cle de la chronique d'Herman de Tournai. 
Dans le 11733, aux f^M76 a 188, on trouve toute la 
partie de cette chronique qui, dans r6dition du Spici- 
16ge, est publi6e sous les num6ros 1 a 40. Le reste se 
trouve dans le 12682, aux f^'^ 239 k 264. Cette copie, 



— 45 — 

ex6cut6e d'aprds un manuscrit de Tabbaye de Saint- 
Martin de Tournai, n'offre pas d*int6r6t. Au contraire, 
une Historia Sancti Martini Tomacensis, qui se trouve 
aux f**^ 219 k 237 du ms. lal. 12682, ne manque pas 
d'importance. Apres Thistoire de la fondation, des 
progres, de la destruction et de la restauration de 
Tabbaye de Saiilt-Martin, elle pr6sente une liste des 
abb6s, depuis Eudes ou Odon, le restaurateur du 
monast^re en 1092, jusqu*i Pierre Cazier, trente-qua- 
tri^me abb6 ; puis, des documents divers sur Iqs privi- 
l^es accord6s k labbaye par les papes, sur les 6glises 
avee lesquelles Tabbaye de Saint-Martin ^tait en com- 
munion de pridres, sur les i/icro^^ et sur les Scriptores 
San Martiniani. VHisloria se termine par un cata- 
logue des reliques qui se conservaient k Saint-Martin 
au XVI 1** sidcle. II n'est pas impossible d'attribuer 
cette Historia, dont on trouve aux P* 265 k 298 du 
m^me ms. lat. 12682, une sorte de r^plique, au sous- 
prieur de Saint-Martin Gilles du Quesne. Le lat. 12682 
contient done, ind^pendamment d'un fragment de la 
chronique d'Herman de Tournai, deux histoires en 
latin, compos6es au XVII® si^cle et s'arrStant toutes 
deux en 1656, de Tabbaye de Saint-Martin de Tournai. 
Quelques notes et une lettre k Mabillon terminent ce 
volume. Notes et lettre sont relatives k une preface 
qu'un moine de Saint-Martin, nomm6 Willelmus, avait 
redig^e pour les oeuvres de saint Augustin, et que 
dom Delannoy, moine de Citeaux, communiquait k 
Mabillon, le 17 octobre 1678. 

Comme les ms. lat. 11733 et 12682, le lat. 12940 
vient de Saint-Germain-des-Pres, et comme eux il est 
du XVI I* sidcle. On y trouve, aux f"* 54 et 55, une 
Narratio de prima consU'uctione urbis Tornacensis, en 
Tan 143 de la fondation de Rome. II est a peine besoin 



-. 46 — 

de dire que cette narration est d6nu6e de valeur histo- 
rique. Au f 56* se voit une chronologie des 6veques 
de Tournai et une histoire eccl6siastique de leur dio- 
cese, qui s'6tend jusqu'au f° 71* oA commence une 
histoire de Tabbaye de Saint-Martin de Tournai. Cette 
histoire occupe les feuillets 71 4 96, dernier du 
volume. Mais il convient de noter que les feuillets 73, 
76, 78, 81 d 85, 87 a 89, 91, 92 et 94, nefont pas suite 
k ceux qui les pr6c^dent. Ces feuillets, qui contiennent 
des fragments, assembles sans ordre, de la chronique 
d'Herman de Tournai, ont 6t6 intercal6s par erreur 
dans rhistoire de Tabbaye de Saint-Martin. Celle-ci est 
en latin, comme les autres parties du 12940 qui int6* 
ressent Tournai. Ces divers morceaux, qui ne sont en 
somme qu'un arrangement de la chronique d'Herman, 
ne sont pas infedits. On les trouve imprim&s au t. xiv 
de8 Monumenta Germanice historica , Scriptores, pp. 329 
et seq., sous le titre dHHistorice Tomacenses. 

Dans son admirable livre sur Le cabinet des mantis- 
crits de la Bibliothdqite nationale^ M. Leopold Delisle 
a signale un certain nombre de volumes qui avaient 6t6 
donn6s k la Sorbonne par des personnages se ratta- 
chant au Tournaisis. Tels sont les ms. lat. 15430, 
donn6 par Gautier de Douai, doyen de Tournai; le 
lat. 15629, I6gu6 par Joseph de Bruges, chanoine de 
Tournai; le lat. 15704, I6gu6 par un archidiacre de 
Tournai du nom de Nicolas; le lat. 15721, qui pro- 
vient d'un legs fait k la Sorbonne par r6v6que de Tour- 
nai, Michel de Warenghien; le lat. 16514, qui porte 
dans le haut de son f° 2 recto I'inscription « Liber Gal- 
teri, thesaurarii Tomacensis » ; et d'autres encore. Ces 
ms. n*int6ressent le Tournaisis qu'a raison des noms et 
qualit6s de leurs donateurs. Pour le fond, ce sont des 
livres classiques ou pieux, un Valdre-Maxime, les 



— 47 — 

Sentences de Pierre Lombard, les oeuvres de saint 
Denis rAr6opagite, etc. On trouvera sur ces volumes 
tons les details voulus dans le livre de M. L. Delisle, 
t. II, pp. 147 et seq. II suffit ici de signaler leur 
existence. 

Le ms. lat. 17029 a appartenu k Gaigni^res. On y 
trouve, aux f^ 75 a 82, d'une main du XVIP si^cle, 
quelques notes concernant les 6v6ques de Tournai ! 
Gautier (1166), Jean de Thoisy (1411), d'Anglure dl 
Bourlemont (1668), Gilbert de Choiseul (1690), Gail- 
lebot de la Salle (1690), de Coetlogon (1707) et de 
Beauvau (1707). Ces notes, accompagn6es d'armoiries, 
sont sans importance. 

Le ms. lat. 17058 est un recueil de documents 
originaux qui provient de la collection H. Bordier. 
Parmi ces documents, il en est dix qui int6ressent le 
Tournaisis. Tons sont des actes d'int6r6t priv6 pass6s 
pardevant les 6chevins de Tournai, et sont r6dig6s en 
fran^is. La plupart constatent des ventes de biens 
immeubles et sont peu importants. lis se rapportent 
aux ann6es 1275 h 1300. On les trouve dans le volume 
sous les num6ros 18 ^ 27. 

Le ms. lat. 17799 est une chronique de Tournai, 
6crite au XV* si^cle, et qui provient du convent des 
Blancs-Manteaux de Paris. Ce petit volume sur papier 
ne comporte que 12 feuillets. II commence ainsi : <* De 
antiquitate urbis Tornacensis. Anno ab Urbe condita 
centesimo xliiij°, Tarquinius priscus, quintus rex 
Romanorum, anno X° regni sui, Tornacum, notabi- 
lem civitatem, construxit.... ». Onvoitpar cette cita- 
tion que le d6but de notre chronique se rattache au 
genre fabuleux. Plus tard, it partir du f** 4, elle devient 
plus serieuse, et les notes qu'on y trouve sur les 6veques 
de Tournai, jusques et y compris Jean Chevrot, pour 



— 48 — 

si braves qu'elles soient, ne laissent cependant pas 
d'offirir un certain int^rSt. Le commencement de notre 
chronique est assez analogue aux r6cits publics par le 
chanoine De Smet, dans son Corpus chronicorum 
Flandrice (t. ii, pp. 483-501), et dans les Monum. Ger- 
manice hist., [Script., t. xiv, pp. 329-340). La suite 
diffdre par les details de la chronique publico aux 
pages 566-575 du mSme t. ii du Corpus chron. Flan- 
drice, mais est presque identique k celle que le baron 
de Reiffenberg a donn6e en appendice k la Chronique 
rimie de Philippe Mouskis, (t. i, pp. 532-545). 

U me reste k parler du ms. lat. 18177. U 6tait 
autrefois dans la biblioth^que de Tabbaye de Saint- 
Martin de Tournai, et il a conserv6 la reliure du 
XV® si^cle qu'il portait dans cette bibliothdque, avec 
la plaque de corne sous laquelle on lit : « Sermones 
F. Willelmi que sic incipiunt : Dicite filie SioD. 
cccxxxviii » . Ce chiffre se rapporte 6videmment k un 
ancien catalogue de la bibliotheque de Saint-Martin. 
Le corps du ms. pr6sente les sermons de Guillaume 
de Lyon, d une 6criture du XIV® si6cle. Mais sur les 
feuillets qui pr6cMent ces sermons, on rencontre une 
liste des abb6s de Saint-Martin, 6crite au XV® sidcle, 
et dont I'auteur s'est nomm6. Apres avoir cit6 les abb6s 
jusqu au vingt-quatri6me, Jean, alors en fonctions, le 
scribe, en eflFet, a ajoute : 

Johannes, vigenus quartus, 
qui nunc preest, ita regnet, 
morte functumque coronet 
hunc Christus, ac celos donet 
scrip tori Mathie Grenet. 
Anno 1497. 



— 49 — 

Ce M. Grenet 6tait un personnage assez int6res- 
sant. On trouvera sur lui et ses ceuvres des rensei- 
gnements dans ma notice sur Un manuscrit de Lyon, 
publiee au t. i des Annates de la Soci6t6 historique de 
Tournai. 

§ II. Manuscrits du Fonda des nouvelles acqaisitions 

latines. 

Tons les ms. latins acquis par la Bibliotheque natio- 
nale depuis 1868 sont rang6s, comme je I'ai dit, dans 
le Fonds des nouvelles acquisitions latines. Un assez 
bon nombre des ms. de ce Fonds int6ressent Thistoire 
du Tournaisis plus ou moins. C'est d'abord celui qui 
porte le n. 357, tr6s petit volume de 48 feuillets de 
parchemin, 6crit au XI IP siecle, qui a dii s6journer 
assez longtemps i Tournai, mais dont un seul feuillet, 
le dernier, offre quelque int6r6t pour Thistoire de cette 
ville. Sur le verso de ce feuillet 48, en effet, on lit ces 
mots : •* L'an m.ccccc. soixante sixe, centre les images 
s'est mise la cannaille de Tournays malheureuse k 
jamais. Phle de Ghoy « ; et sur le recto du mfime 
feuillet, ces deux petites pieces de vers : 

Mil cc ans Ix et douse, 

vint une mors laide et hisdouse, 

qui parmi cest pais passa, 

dont mains riches hom trespassa. 

Et des vacches Tautre an apri6s, 

fu li mortories tout chi pries. 

Mil cc xxiii ciunquante, 
et de semaines ne sai quante, 
le nuit saint Jehan decolasse, 
fist k Tournai tel eslavasse 

▲NRALBS. III. 4 



— 50 — 

de pieres de v pols de tour, 
voire de vi u 1^ entour, 
qu'aucunes gens pries de c ans 
ne virent onques en lor tans 
cheir si grans pieres ne tens. 
Et por cho point ne s'end'est teus 
Jakes, ains Ta mis en m^morie 
pour cho c'on n'oublit le temporie. 

Sur Tune des feuilles de garde de notre ms. , qui 
porte une reliure moderne, on lit cette inscription, 
6crite au crayon : « 125. Casterman. 22 septem- 
bre 1819 ». M. L6opold Delisle, dans son livre inti- 
tule Manuscrits latins et frangais ajoutes aux Fonds 
des nouvelles acquisitions pendant les annies 1875- 
1891, a copieusement d6crit (p. 421), le ms. nouv. acq. 
lat. 357. 

Le ms. nouv. acq. lat. 1210 est un recueil de chartes 
dont quelques-unes (n°^ 6, 8, 11, 14, 15, 16 et 18) 
regardent Tournai. Ce sont des actes d'intfirfit priv6, 
pass6s par devant les 6chevins ou les voirs-jur6s de notre 
ville. lis sont au nombre de sept, tous en frangais, des 
ann6es 1275-1323. Parmi eux j'ai remarqu6 Tacte qui 
porte le num6ro 14. 11 est dat6 du lundi avant la saint 
Nicaise 1313. Les voirs-jur6s de Tournai y constatent 
la vente k Pieron de le Crois, le fruitier, par Jehan 
Barais, de Watrelos, et ses deux enfants, des fruits de 
dix de leurs arbres k Watrelos. 

Les ms. nouv. acq. lat. 1219 et 1220 contiennent 
une copie figur6e, ex6cut6e en 1873, du beau cartulaire 
de Tabbaye de Saint-Amand-en-P6vele, conserv6 a 
Lille dans les Archives du Nord. On connalt Timpor- 
tance de ce cartulaire pour Thistoire du Tournaisis et 
de ses annexes. Nous devons done nous f6liciter qu il 



— 51 — 

y en ait maintenant deux exemplaires, un k Lille et 
Tautre k Paris. 

Le ms. nouv. acq. lat. 2183 est, comme le 1210, un 
recueil de chartes. 11 provient du caUigraphe Taupier. 
On y trouve quelques actes d'int6ret priv6 pass6s par- 
devant les 6chevins de Tournai, de 1277 k 1324. Ce 
ms. a et6 d6crit par M. L. Delisle dans ses Milanges 
de paleographie et de bibliographie (pp. 388-391). 
L'6minent administrateur g6n6ral de la Biblioth^que 
nationale ayant donn6 dans ce livre une analyse som- 
maire detoutes les chartes querenferme le2183, jecrois 
inutile d'imprimer ici la notice de celles de ces chartes 
frangaises, au nombre de sept(n°^ 11, 14, 18, 21, 24, 
25 et 29), qui proviennent des 6chevinages de Tournai. 

Je ne n)'6tendrai pas sur le ms. nouv. acq. lat. 2195, 
qui est le c6l6bre psautier quadriparti du XI 1* siecle, 
provenant de Tabbaye de Saint-Martin de Tournai, et 
achet6 en 1879 par la Biblioth6que nationale k la 
vente Firmin-Didot. Ce ms. n'a, pour le Tournaisis, 
d autre int6r6t que son origine. M. L. Delisle, dans ses 
Melanges de paleographie et de bibliographie (pp. 150- 
154), a donn6 une description complete de ce beau 
volume, k propos duquel on pent 6galement consulter 
Le cabinet des mantcscrits de la BibliotMque nationale, 
t. I, p, 217. 

Nous revenons aux recueils de chartes avec le ms. 
nouv. acq. lat. 2230. Ce recueil, qui contient des 
chartes latines et frangaises, avait 6t6 form6 par 
Leopold Pannier. Celles de ces chartes, au nombre de 
. dix (n^ 9 k 12, 19, 26, 29 k 32.), qui int6ressent 
Tournai, sont toutes en frangais. Ce sont des actes 
d'int6ret priv6 provenant des 6chevinages de Tournai. 
Dans ses Manuscrits latins et frangais ajoutis aux 
Fonds des nouvelles acquisitions de 1875 d 1891, 



— 52 — 

M. L. Delisle en a donn6 une analyse k laquelle 11 
suffit de renvoyer le lecteur. 

C'est encore un recuell de chartes que le ms. nouv. 
acq. lat. 2306. II en renferme deux qui Interessent 
Tournal. La premiere (pl^ce 20 du recuell) est ]e tes- 
tament de Wlcart de Maubral, regu par les 6chevlns 
de Tournal en mars 1289. La seconde, qui porte dans 
le recueil le num6ro 24, est une lettre adress6e aux 
6chevlns de Tournal par Tabbfi d'Anchln, pour attester 
que Eve 11 Adrlens est la plus proche h6rltldre de 
Marllen, « kl fu femme Roblert le Volrier ». La lettre 
est du mardl des Pasqueres 1326. 

Le ms. nouv. acq. lat. 2309, autre recueil de chartes, 
a 6t6 d6crit par M. L. Delisle, aux pages 647 et sulv. 
deson livred6jd clt6 : Mantiscrits latins et franfais, etc. 
On trouve Ik une analyse d6talll6e de toutes les chartes 
qui composent ce beau recuell, d'oii j'al tir6 la charte 
du ch&telain Evrard Radou, publl6e au t. ii de mon 
Histoire des chdtelains de Toumai, sousle num6ro 14, 
Une autre charte du 2309 a 6t6 publi6e lnt6gralement 
par M. Delisle (Op. cit., p. 648). EUe concerne Tour- 
nai, de mdme que trente-trois autres du mSme recueil, 
se rapportant aux ann6es 1235 a 1310. 11 paratt Inutile 
de rfeimprimer lei les analyses de ces chartes qua 
donn6es M. Delisle. Mais je dois signaler parml elles 
plusieurs testaments curleux faits par des Toumai- 
siens (pieces 113, 114, 124, 129) et unacte, extrfime- 
ment int6ressant au point de vue de Texploltation des 
forets au moyen %e, par lequel Tabb^ de Marchiennes 
vend huit coupes dans les bols de Marchiennes au 
bourgeois de Tournal Evrard Aletake. Cette charte, 
qui est dat6e de fevrier 1248, porte dans le ms. nouv. 
acq. lat. 2309 le numero 109. 



— 53 — 

§ III. Manascrits da Fonds frangais. 

II J a beaucoup de manuscrits du Fonds frangais 
dans lesquels on rencontre des documents concernant 
le Tournaisis. Cela tient a ce qu'un grand nombre des 
ms. de ce Fonds sont des recueils de pieces d'archives, 
et que, dans les premieres ann6es du XVP si^cle 
surtout, il se trouve que ces pieces font tr6s sou vent 
mention de n6gociations du roi de France, soit avec le 
roi d'Angleterre, soit avec TEmpereur, relatives d 
notre province. Je nexaminerai pas les ms. du Fonds 
frangais suivant leur ordre num6rique. Au cohtraire, 
je grouperai ceux de ces ms. qui ont pour le Tournai- 
sis un int^rdt analogue. Ainsi le Fonds frangais con- 
tient plusieurs ms. du Traite des six toisons par 
Guillaume Fillastre, 6v6que de Tournai. Ces ms. n'ont 
pour nous d'int^rdt qu'4 raison de la quality de leur 
auteur. Ce sont les ms. frangais 138, 139, 140, 141, 
8998 et 16997. On trouve sur quelques-uns de ces 
volumes, qui sont des exemplaires de grand luxe d'un 
ouvrage trds curieux, des renseignements abondants 
dans Les manuscrnis frangois de la Bibliothique du roi, 
par Paulin Paris (t. i, pp. 269-277). 

C'est encore un ms. qui n'a pour nous d'intSrSt que 
par sa provenance, que le ms. fr. 1588. II fut donn6 k 
la Bibliolh6que du roi, le 26 Janvier 1715, par un cha- 
noine de Tournai nomm6 Watcans. Ce chanoine, qui 
n*6tait pas un personnage insignifiant, fut Tami de 
Baluze, de TabbS Bignon, et d'autres savants 6minents. 
On trouve quelques renseignements sur lui au t. ii des 
Bulletins de la Sociiti historique de Tournai (p. 207). 
Au sujet du ms. fr. 1588, qui est un recueil de po6sies, 
la plupart 6manant de Philippe de Remi,. seigneur de 



— 54 — 

Beaumanoir, et qui, avant d'appartenir au chanoine 
Watcans, avait fait partie de la c6l6bre biblioth^que 
de Charles de Croy, on consultera avec fruit Le cabinet 
des manuscrits de M. Delisle (t. i, p. 335 et t. ii, 
pp. 206 et 359). 

II est difficile d'affirmer que le ms. fr. 5608 a pour 
rhistoire du Tournaisis un int6r6t sup6rieur. II doit 
cependant Stre mentionn6 parmi les sources de cette 
histoire. C'est un cartulaire du comte de Hainaut, qui 
contient, en effet, la copie de quelques pieces relatives 
a rhistoire de notre province. Telles sont, au f 93, 
une traduction fran^aise de la charto de commune de 
Tournai de 1187; au f 96, une copie de la charte 
d'aoiit 1289 par laquelle Hugues de Chdtillon, comte 
de Saint-Pol, sa femme et ses freres, vendireni les 
Chauxfours k la ville de Tournai ; et au f 103^, une 
copie de la charte de Louis X le Hutin, en date de 
Paris, 24 octobre 1315, et relative k la delimitation 
des frontieres de France vers Tournai et F6my. Ces 
trois copies sont du XIV® si6cle, comme toutes celles 
que contient le ms. fr. 5608. Ce ms. comporte 
105 feuillets de parchemin, du format petit in-folio. II 
est reli6 aui armes de Colbert. Je pr6sume qu il fut 
envoy6 de Lille au grand ministre par Denis Godefroy, 
le savant garde des archives de la Chambre des 
comptes de Lille. Les 6diteurs des cartulaires du Hai- 
naut, publi6s dans les Monuments pour servir & r/iis- 
toire des provinces de Namur, etc. , MM. de Reiffenberg 
et Devillers, ne Tont pas connu; et c'est grand dom- 
mage, car ils auraient pu, sinon y puiser beaucoup de 
documents qu ils ne connaissaient pas par ailleurs, du 
moins s'en servir pour ameliorer sensiblement leur 
publication. 

Le ms. fr. 9492 vient de Du Cange. II contient, de 



— 55 — 

la main du fameux 6rudit, des notes sur la g6ographie 
de la France, parmi lesquelles il en est (p. 67) quel- 
ques-unes relatives k Toumai. Ce sont de simples 
renvois k des ouvrages imprimis, sans importance. 

M. Gachard, dans La Biblioihiquenationale d Paris, 
i. I, pp. 4-15, a longuement d^crit le ms. fr. 20363. 
C'est une chronique de Flandre, compos6e au 
XV si^cle, fort int6ressante par elle-mdme, mais oil 
on ne trouve, pour Thistoire du Toumaisis, rien de 
plus que dans la plupart des chroniques g6n6rales. 

11 en est de mSme pour le ms. fr. 23014. 6galement 
d6crit par Gachard {Ibidem, t. i, pp. 30-55), et qui est 
un volume des chroniques de Hainaut de Jean 
Le Fdvre. Ce fragment des ^ Grandes hjstoires de 
Haynau », 6crit au XV P si6cle, se rapporte aux 6v6- 
nements de la fin du XV^ et du commencement du 
XVP si^cles. On y trouve, aux f>^ 153-156, 162, 278 
et 284, quelques renseignements pour Thistoire de 
notre province. 

Aprds avoir signals ces chroniques g6n6rales, venons 
aux chroniques tournaisiennes. II j en a plusieurs 
dans le Fonds frangais de la Biblioth^que nationale. 
Celle qui encombre les ms. fr. 9343 et 9344, quoique 
sans valeur historique, est peut-dtre la plus curieuse. 
Mais, k vrai dire, c'est moins une chronique qu'un 
roman, le roman de Tumus, fondateur de Toumai. 
Cependant, comme Tauteur inconnu de ce roman, s'il 
n'^tait pas Tournaisien, connaissait du moins k fond 
lliistoire de notre ville, le roman de Tumus n'est pas 
aussi absolument d6nu6 d'importance qu'on serait 
d'abord tent6 de le croire. C'est pour cela que je le 
range parmi les chroniques tournaisiennes Les ms.fr. 
9343 et 9344 sont deux beaux volumes 6crits sur 
papier au XV® si^cle. lis contiennent des miniatures 



— 56 — 

d*un style strange. L'exemplaire est aux armes de 
Bourgogne. II est regrettable que le premier feuillet 
du fr. 9343 ait 6t6 arrach^ en partie, car Tauteur, tr^ 
vraisemblablement, s'j nommait en toutes lettres. 

Le ms. fr. 24052 cbntient toute une s6rie de chro- 
niques tournaisiennes, les unes en prose, les autres en 
vers, la plupart pr6sentant pour Thistoire du Tour- 
naisis un vif int^rSt. Ce ms. a St6 d6crit par Gachard 
(La Bibliotheque nationale d Paris, t. i> pp. xxxiv et 
85-87), et par M. de Gaulle, dont Tarticle, publi6 
d*abord dans le Bulletin de la Sociite de thistoire de 
France, a 6t6 reedit6 au t. ii (pp. 129 et suiv.) des 
Bulletins de la Societi hisloriqtie de Toumai. Le ms. 
fr. 24052, intitul6 Universalis, et reli6 ^ux armes de 
Richelieu, paralt presque tout entier de la m6me main, 
celle de Jehan Blampain, qui 6crivait en 1507-1508. 
Ses vingt-neuf premiers feuillets ne concernent pas 
Toumai. A partir du f 29^, au contraire, jusqu'au 
feuillet 439, dernier du volume, le 24052 est exclusi- 
vement tournaisien. Comme ce ms.a 6t6 plusieurs fois 
d6crit, je n'entrerai pas a son sujet dans de grands 
details. II suffira de dire qu'avant de se terminer 
(ps 144-439) par le Kalendrier de la guerre de Tournay, 
public par Hennebert dans les Mimoires de la Societ6 
historique de Toumai (t. ii et iii), il ne pr6sente pas 
moins de quatre chroniques tournaisiennes ditferentes. 
La premiere occupe les feuillets 29*^-82^ ; elle est en 
prose et nous offre, a c6t6 de chapitres au moins 
6tranges, comme celui qui porte celte rubrique : « Cy 
s'ensieult combien saint Lehire avoit de rente cescun 
an ", un certain nombre de details, qui ne sont pas 
d6pourvu8 d'interdt, sur les origines de Thistoire tour- 
naisienne. Cette chronique s'arrfete k la fondation de 
I'abbaye de Saint-Martin de Tournai par saint Eloi, 



— 57 — 

Celle qui la suit, et qui est en vers, nous relate les 
ev6nements jusqu'en 1340. EUe occupe les feuillets 
83»»-92^ du fr. 24052. Surles feuillets suivants {93-105 
et 128), autre chronique en vers, pr6c6d6e de cette 
rubrique : « Chy apr6s s'ensieult de la fortification de 
Tournay, depuis le porte Saint Martin jusques k 
I'Escault, et depuis TEscault jusques aulx Cauffours, 
et le Bruille, et ailleurs, fait par les bourgois et com- 
munault6 deladite villedurant la guerre des Fiamens » . 
II semble que Cousin, au t. ii, iv® partie, pp. 92 et 
suiv. , de son Histoire de Tournay, n'ait fait qu'abr6ger 
en prose notre chronique qui, au point de vue topo- 
grapbique, foumit sur Tournai de bons renseigne- 
ments. Une, quatri^me chronique commence sur le 
feuillet 128**, se continue sur les feuillets 129-143 
d'abord, puis sur les feuillets 106-125. On y trouve 
une foule de fails curieux relatifs k Thistoire tournai- 
sienne. II ny a rien k dire des dizains, ballades et 
autres pieces de vers qu'on rencontre sur les feuillets 
125^ k 127 du ms. fr. 24052 sinon quon y lit k 
diverses reprises le nom.de Du Haveron, qui 6tait 
celui d'une importante famille tournaisienne, dont Tun 
des membres a.probablement poss6d6 notre volume. 

On trouve dans le ms. fr. 24430 deux chroniques 
de Tournai en prose, et une histoire de saint Eleu- 
th6re en vers alexandrins. La premiere chronique 
occupe les feuillets 113-116; elle est du genre fabu- 
leux. La seconde s'6tend sur les feuillets 151-169, et 
se rattache au mdme genre. Ces deux chroniques 
n'offrent done, au point de vue historique, qu'un 
int6rSt n6gatif. L'histoire de saint Eleuth^re, ou, comme 
dit Tauteur, de saint Lehire, n'a pas plus de valeur 
historique. Les diverses descriptions qui ontete donn6es 
du ms. fr. 24430 me dispensent d'en parler longue- 



— 58 — 

ment. On peut voir k son sujet, dans les Bulletins de 
la Commission royale (Thistoire de Belgique (1" s6rie, 
t. Ill), une note de Francisque Michel; Ibidem, t. vi, 
un article de Gachard, et La Bibliothdque nationale A 
Paris ^ du mfime Gachard (t. i, pp. xxxiv et 84-85). Le 
fr. 24430 6tait autrefois, comme le 24052, k la Sor- 
bonne, et 11 est comme lui reli6aux armes de Richelieu. 
L'ecriture de ce ms. est de la fin du XI IP sidcle. 

Un certain nombre de ms. du Fonds fran^ais ne pr6- 
sentent d'int6r6t que pour I'histoire des families ; ce 
sont des documents g6n6alogiques. Parmi ceux de ce 
genre quil importe de signaler aux personnes qui 
s'occupent de I'histoire tournaisienne, je citerai d'abord 
le ms. fr. 10469. C'est un ms. du XVP si^cle, que 
M. Gachard a decrit dans La Bibliolhdqw nationale a 
Paris, t. I, p. 455. On y trouve en abondance les 
blasons colori6s et les notes g6n6alogiques sur des 
families se rattachant au Tournaisis. En outre, on y 
peut lire, k la page 239, un r6cit de la jotite qui eut 
lieu k Tournai en 1331. 

Le ms.fr. 25949 est un recueil d'armoiries de 
royaumes, provinces, villes, etc., form6 au XV IP sid- 
cle. On y trouve, sous le num6ro 1 103, la description 
des armoiries de la ville et de r6v6ch6 de Tournai, 
ainsi que de la province du Tournaisis. Cette descrip- 
tion, qui n'est pas accompagn6e de dessins, parait 
emprunt6e tout simplement k VHistoire de Tournai/^ 
du chanoine Cousin. EUe n'a pas dlmportance. 

On connait la d6plorable histoire des fr^res de Launay , 
c6lebres fabricants de g6n6alogies fausses, dont Tun fut 
condamn6 k mort par le parlement de Tournai , et exe- 
cute dans notre ville en 1687. Les freres de Launay 
possedaient un grand nombre de manuscrits. Us furent 
saisis, et cinquante-cinq d'entre eux furent d6pos6s k 



— 59 — 

Lille ou ils restdrent, dans les archives de la Chambre 
des comptes, jusqu'en 1752. A ce moment le ministre 
d'Argenson donna Tordre de les envoyer a la Biblio- 
th^ue du roi k Paris. Si Tordre fut pleinement ex6- 
cut6, nous I'ignorons. Mais ce qui est certain, c'est 
qu'actuellement il ne se trouve, k la Bibliotheque 
nationale, que quarante-neuf des volumes confisqu6s k 
Toumai chez les fr^res de Launay. Ces ms. portaient 
autrefois, dans la s6rie des Volumes relics du Cabinet 
des titres, k la Bibl. nat., les num6ros 36 k 85. II sont 
maintenant dans le Fonds frangais, ou ils occupent les 
numeros 31812 k 31861. II semble inutile d'insister 
sur le genre d'int6r6t que les ms. de Launay peuvent 
presenter pour Thistoire. Ces recueils de g6n6alogies 
fausses ne doivent 6tre consult^s, naturellement, 
qu'avec une extreme prudence. Cependant tout n'y est 
pas faux, et il s'y trouve des copies de pieces, des des- 
sins de pierres tombales, et mSme des gen6alogies qui 
peuvent 6tre serieusement utiles aux historiens. Les 
6rudits qui s'occupent de Thistoire des families tour- 
naisiennes devront done consulter, parmi les ms. 
de Launay, ceux qui portent actuellement dans le 
Fonds frangais les num6ros 31814, 31820, 31823 ou 
se trouve une g6n6alogie de la famille du Chastel, 
31828 oxi Ton remarque le dessin du tombeau des 
de la Fosse,, k Saint- Jacques de Tournai, 31829 et 
31830 qui contiennent des gen6alogies quelque peu 
fabuleusesde la famille de Mortagne, 31833 qui s'ouvre 
par une g6n6alogie des Mortagne-Landas, et contient 
celle des families de N6donchel et de la Howarderie, 
31838 oA je remarque une note sur la fameuse joute des 
trente et un rois k Tournai, en 1331, les « Noms des 
traistres qui obtinrent abolition du roy Charles [VII] 
de France, pour avoir voulu mettre la ville de Tournay 



— 60 — 

^s mains des Anglois » , les noms des damoiseaux de 
Tournai en 1439, et beaucoup de g6n6alogie8 de 
families du Tournaisis, enfin le ms. fr. 31860, qui con- 
tient deux g6n6alogies differentes de la famille 
de Mortagne, dont Tune (pp. 347 et suiv.), extreme- 
mentd6velopp6e. 

Avant d'en arriver k la description des volumes 
vraiment importants pour Thistoire du Tournaisis, qui 
se trouvent dans le Fonds frang ais de la Bibl. nat. , 
je dirai quelques mots d'un coutumier de Tournai et 
Tournaisis, qu'on rencontre dans ce mdme Fonds sous 
le num6ro 4517. C'est un volume de 70 feuillets de 
papier, 6crit dans les premieres ann6es du XVIP si6cle, 
sous le gouvernement des archiducs Albert et Isabelle, 
comme le prouve un passage du f^ Ixx du manuscrit. 
Le litre de not re volume est : « Coustumes g6n6rales 
des bailliages de Tournay et Tourn6sis » . II a appar- 
tenu a Colbert et il est tr6s bien conserv6. 

J*en viens maintenant k parler de ceux des recueils 
de pieces d'archives qui peuvent int6resser Thistoire 
du Tournaisis dans le Fonds frangais de la Biblio- 
th^que nationale. Ces recueils proviennent de sources 
varices et sont nombreux. lissontsurtout pr6cieuxpour 
rhistoire du XVP si^cle. On trouve k leur sujet des 
indications dans Le cabinet des manicscrits , de 
M. L. Delisle, et quelques notes dans La. Bibliothique 
nationale, par Gachard. 

Le premier dans I'ordre num6rique ou j'ai constat6 
]a presence de documents tournaisiens, est le ms. fr. 
2931. On y trouve, au f*" 14, une lettre originale sur 
papier des consaux de Tournai au roi Frangois 1®*^, 
datee du 23 juillet 1521, et qui m6riterait bien les 
honneurs de la publication, et aux f"^ 77 et 78 la copie 
dun rapport adress6 de Tournai, le 18 aout 1521, par 



— 61 — 

Montbrun, Tun des capitaines fraoQais qui comman- 
daient alors dans notre ville, k un personnage qu'on 
appelait Monseigneur, et qui 6tait probablement le 
due de Venddme. II est question dans ce rapport des 
agissements du baron de Ligne, qui se conduisait, 
paratt-il, aux environs de Tournai comme si Ton 6tait 
dans rstat de guerre. 

Dans le ms. fr. 2933, au f 1 16, se trouve une lettre 
originale de Champerroux, capitaine des pistons fran- 
gais stationnes k Tournai, au roi Frangois V, dat6e 
de Tournai le 18 aodt 1521, comme le rapport de 
Montbrun dont il vient d'etre parl6, et oil sont racon- 
t6es les mdmes choses que dans ce rapport. Dans ce 
mSme ms. fr. 2933, au f 136, commence une copie 
CoUationn^e par Robertet, de la reconnaissance au 
roi de France du droit de regale dans r6vech6 de 
Tournai, faites le 25octobre 1505 k Montilz-sous-Blois, 
par Philibert Naturel, Wielant et Caulier, ambassa- 
deurs du roi de Castille, au nom de ce monarque. 

Dans le ms. fr. 2937, aux T* 95-99, j'ai remarqu6 
une copie du XVII* si^cle des « Instructions aux 
6vesque de Paris et sieur de Guiche, conseillers et 
ambassadeurs du tr^s chrfetien royde France, Francois, 
premier de ce nom, envoiez devers le roy d'Angleterre , 
son bon fr^re, cousin, alli6 et conf6der6. » Ces Ins- 
tructions 6taient donndes en vue de la paix k conclure 
entre Francois P'' et Henri VIII, paix qui amena la 
retrocession du Tournaisis par le monarque anglais au 
roi de France. EUes ne disent, en somme, rien de plus 
que le trait6 de paix lui-m6me. 

Les ms. fr. 2962 et 2963 contiennent plusieurs 
documents pr6cieux pour I'histoire de notre province. 
C'est d'abord, dans le 2962, au f* 37, une lettre originale 
du cardinal Wolsey k Francois P**, dat6e du «< manoir 



— 62 — 

de Grenewiche, le derrain jour d'octobre [1518]. « Le 
pr61at remercie le roi « d'estre content qu'il ait Tadmi- 
nistracion et gouvernement de r6vesch6 de Tournay, » 
et lui demande, afin que nul n'en ignore, de declarer 
bien haut sa volont6 k ce sujet. Puis, au f* 74, une 
lettre originale de Charles- Quint k Francois P^ dat6e 
de Gand, *< le IX* de jung. » Le roi de France avait 
6crit k Charles-Quint pour lui demander de mettre un 
terme aux entreprisos de ses sujets contre les habitants 
de Tournai. Charles-Quint r6pond qu'il fera, le cas 
6ch6ant, « faire r6paracion et administrer si bonne 
justice k ceulx de Tournay, qu'ilz auroient cause d'eulx 
en contenter. »» Toujours dans le ms. fr. 2962, aux 
f*® 128 et suiv., je rencontre un tres curieux rapport 
d'un ambassadeur de France aupres du roi catholique. 
Ce document qui n'est ni sign6 ni dat6, montre mieux 
que n'importe quel autre Timportance qu'avait Tournai 
aux yeux des rois de France, d'Espagne et d'Angle- 
terre. Bien que le catalogue de la Bibl. nat. attribue 
ce rapport k Tannfie 1513, je pr6fere supposer qu'il fut 
adress6 k Frangois P*" en 1518. On trouverait encore 
k glaner dans le ms. fr. 2962, car il nest gu^re de 
document de 1515 a 1526 qui ne contienne quelque 
allusion k notre province. La mfime observation 
s'applique au ms. fr. 2963, encore que ce recueil m'ait 
paru moins important pour nous. J'y ai remarqu6 seu- 
lement, au f° 147, une allusion aux villes de Tournai 
et de T6rouanne, dans une lettre de De Pins, dat6e de 
Rome le 9 novembre 151., et adress6e au tr6sorier de 
France d'Aluye; et, ce qui vaut mieux, au f^ 24, la 
copie d'une lettre de Francois P^ dat6e d* Amiens le 
19 novembre [1521], et adress6e sans aucun doute aux 
habitants de Tournai. Le monarque leur accuse r6cep- 
tion d'une de leurs lettres, leur promet de tenter 



— 63 — 

rimpossible pour leur venir en aide, mais les autorise 
k rendre leur ville, si dans le d6lai de quinze jours ils 
n'ont pas 6t6 secouras par les troupes frangaises. 

On pent voir au sujet des ms. fr. 2966 et 2967 ce 
que dit Gachard dans La Bibliothdque nationale it 
Paris (t. ii; pp. 1-6), et consulter 6galement le tome ii 
des Notices et extraits de maniLscrits. Ces deux recueils 
renferment des lettres et m6moires relatifs k la conf6- 
rence de Calais et k Thistoire en g6n6ral pendant 
Tannfee 1521. II est souvent question du Toumaisis 
dans ces documents, et notamment dans les rapports 
adress^s au roi de France par ses ambassadeurs. La 
preuve s'en trouve aux f°^ 1, 27, 35, 38, 89 du ms. fr. 
2966, et 14, 16, 20, 38, etc. du 2967. Mais il va de 
sol que dans des n6gociations d'une nature aussi g6n6- 
rale que celles qui se poursuivaient k Calais, le Tour- 
naisis, sll en est alors souvent question, ne joue 
qu*un rdle un peu effac6. Les deux recueils que je 
signale n'en attestent pas moins la grande importance 
que la cour de France attachait k la conservation de 
notre province, et ils devront 6tre d6pouill6s en entier 
par I'erudit que tentera Thistoire si curieuse de la 
separation violente du Toumaisis et de la France, 
en 1521. Parmi les documents que renferme le ms. fr. 
2966, j'ai remarqu6, au f° 165, un « Ad vis de mons. 
le marschal de Chabannes pour le fait de Tavictaillement 
de la ville et chasteau de Tournai. r> Cet avis, sign6 
Chabannes, et dat6 de Calais, 19 aotit 1521, est par- 
ticuliftrement pr6cieux pour nous. 

II y a plusieurs documents qui int6ressent le Tour- 
naisis dans le ms. fr. 3030. Tons, sauf une note tr^s 
curieuse qui se trouve au f* 35 et dont je vais tout a 
rheure reparler, m'ont paruse rapporter aux 6v6nements 
de rann6e 1521 . Plusieurs ont une grande importance. 



— 64 — 

En voici r6nura6ration : Au f 1, lettre originale de 
Charles de Bourbon, due de Vend6me, au roi Fran- 
gois P% dat^e de Ham, 12 aodt, ou il est question de 
Mortagne; au f 3, autre. lettre du m6me au meme, 
datee de La F6re, 13 aotit, concernant Mortagne et 
Toumai; au f" 4, autre lettre du mSmeau meme, 
dat6e de S^-Quentin, 14 aoCit, annongant la prise de 
S*-Amand en Pevele par le seigneur de Ligne, et 
exhortant le roi a secourir Tournai menac6; au f* 33, 
rapport au roi sur le si6ge de S*-Amand par le seigneur 
de Ligne, en aoiit 1521 ; au f 35, note sur r6tat des 
fronti^res du nord de la France, sans date ni signa- 
ture, ou il est parl6 de Tournai en ces termes : « Quant 
k Tournay, les grans segneurs veullent qu'elle demeure 
en son estat. Les Gantois et les Flamens veullent que 
la muraille soit ras6e, affin que si quelque a.... vient, 
que le roy n'y peuwe mectre gens pour tenir les Fla- 
mens subgetz 9> ; il est done Evident que cette note se 
rapporte k une 6poque oii Tournai avait cess6 d'fitrc 
ville frangaise, et trds probablement k Tan 1522; au 
f 56, quelques mots sur Tournai dans une lettre au 
tresorier de la Guierche, 6crite de Boulogne, le 29 sep- 
tembre par La Fayette; au f 61, copie d'un sauf- 
conduit d6livr6 enl'abbaye de S^-Amand, le 9 aofit 1 521 , 
par Antoine, comte de Faucquemberghe et baron de 
Ligne, aux soldats frangais qu*il avait expuls^s de 
S'-Amand ; au f* 74, rapport sur les 6v6nements adve- 
nus aux environs de Mortagne et de S^-Amand en 
aodt 1521; au P 91, pi6ce non signee, adress6e k 
« Monseigneur », le 4 aoiit, relative aux 6v6nements 
qui ont preced6s le si6ge de Tournai en 1521, et inti- 
tul6e « Advertissement de Tournay »» ; au f 99, lettre 
sans signature adressee au mSme « Monseigneur », 
parlant d'Helchin et de 1 etat du Tournaisis, dat6e du 



— 65 — 

chiteau de Tournai, le 8 aodt; enfin, au f" 100, minute 
sans date d'un rapport extrdmement int6ressant sur la 
situation du Toumaisis, adress6 comme les lettres 
pr6c6dentes, qui semblent dgalement 6tre des minutes, 
jtcepersonnage qu'on appelle toujours « Monseigneur n , 
et que je crois dtre le due de Vend6me. 

Le ms. fr. 3045 est un autre recueil de documents 
se rapportant au r^ne de Francois P"". II contient, 
comme le 3030, quelques pieces importantes pour 
I'histoire de notre province. C'est d'abord, au f* 59, 
une lettre originale de La Fayette au roi Francois V\ 
dat^e de Boulogne, 20 septembre [1521], oil il est 
question des operations militaires qui s'ex6cutaient 
aux alentours de Tournai et de Mortagne. << Sire « , 
6crit La Fayette, « quant A Tournay je suys adverty 
de v6rit6 que mons. de Fiennes est k ung villaige 
nomm6 Blandin, entre ledit Tournay et Courtray. Et 
a iiij ou v mil hommes, et n'aproche point de plus 
prds. II avoyt envoy 6 le fr^re de s'" de Licques, avec- 
ques v"" hommes de pied et une pidce d'artillerye ou 
deux, pour rompre ung moulin aupr^s dudict Tournay. 
La pluspart des gens demour^rent dedans le canal 
mortz, et la pi^ce d'artillerye men6e audict Tournay. 
Le s'de Liques est devant Mortaigne... »» Au f* 71 du 
ms. fr. 3045 se trouve un document excellent. C*est 
une lettre originale des Tournaisiens a Francois P^ 
dat6e du 22 septembre [1521]. Nos ancdtres y supplient 
le roi de leur venir en aide, en leur envoyant, « le 
plus brief que faire se porra, le secours de quelque 
bon nombre de gens. Aultrement noz ennemis y» ajou- 
tent les gens de Tournai, « qui se augmentent et nous 
environnent et pressent de plus en plus, k nostre grant 
detriment et dangler, sont en voye de nous faire plus 
grant ennuy >». Enfin dans notre ms. fr. 3045, au 

ANNALB9. III. 5 



— 66 — 

f* 55, dans un rapport adre?s6 par Robert Gedoyn au 
trteorier de France d'Alaye, et dat6 de Calais, 7 sep- 
tembre [1521], se lit un passage int6ressant relatif k 
Toumai. 

Je trouve dans le ms. fr. 3087, au f 143, la minute 
d'une lettre adress6e par le roi de France au gouver- 
neur de Toumai De Loges. Cette lettre est dat^ 
d'Aniiens, 19 novembre [1521], comme celle adressee 
par le roi aux habitants de Tournai, et que nous avons 
signal6e en parlant du ms. fr. 2962. C'est un docu- 
ment qui honore grandement les Tournaisiens, k la 
loyaut6 et au d6vouement de qui' Francois P"" rend 
hommage dans les termes les plus flatteurs. Le monar- 
que y declare qu'il ne veut pas la mine de sa bonne 
ville de Toumai. En consequence, si dans le d61ai de 
quinze jours le gouvemeur n'a pas roQu de nouvelles 
du roi, il devra engager les habitants k traiter avec les 
ennemis du royaume. Quant au gouvemeur De Loges, 
il se retirera dans le chAteau, oix il attendra les ordres 
du roi. 

Le ms. fr. 6836, qui formait autrefois le tome ii 
de la Collection Galland, contient, en copie du 
XVIP si^cle, quelques documents concernant Thistoire 
du Toumaisis. Ind6pendamment de divers arrets du 
parlement de Paris qui ne sont pas inconnus, ce sont : 
un rapport du maitre des requfites Henry de Marie, 
sur des infractions commises k Tournai en 1451 contre 
les ordonnances du roi (f* 44) ; une « Lettre par la- 
quelle I'empereur Maximilien V et sa femme Invent 
les deffences qu'ilz avoient faites k leurs subjectz d'avoir 
aucun commerce avec ceux de Tournay, et permettent 
aux dits de Tournay de jouir des biens qu'ilz avoient 
dans le pays de leur ob6issance. A Bmxelles, le 
22 octobre 1478 « (f' 54*^) ; et le « Don de la ville, 



— 67 — 

place, chastel, terre et seigneurie de Mortagne pr6s 
Tournay en Tourn6sis, faict par le roy Francois V en 
faveur de Francois de Bourbon, comte de Saint-Pol, 
en consideration des services rendus k la conqueste et 
garde da duchS de Milan , pour en jouir et user, luy 
et ses hoirs, sans r^server que les foy et hommages, 
ressort et souverainet6, k la charge de la bien garder 
et de payer les charges ordinaires. Faict k Paris, en 
febvrier 1518 i.. (£^58). 

Ce sont 6galement des copies du XVIP siecle qu'on 
trouve dans le ms. fr. 16873, qui est un recueil de 
pieces, manuscrites et imprim6es, sur les parlements. 
Vers la fin de notre volume on rencontre quelques 
documents relatifs au Conseil souverain qui devait 
devenir le Parlement de Tournai. Ce sont des pieces 
officielles relatives k I'^tablissement de ce Conseil, aux 
gages de ses magistrats, aux notaires et huissiers qui 
en d^pendaient, aux conflits des membres du Conseil 
avec les chanoines de Tournai au sujet des places k 
occuper respectivement par eux dans le choeur de la 
cath6drale de Tournai, etc. Tout cela, sans 6tre bien 
neuf, vaut cependant d'6tre not6. 

Dans le ms. fr. 20431, qui a appartenu au fameux 
Gaignidres, on trouve sur le f° 26 une lettre originale 
des pr6v6ts, jur6s et consaulx de Tournai, dat6e du 
20 avril [1468?], et adress6e au roi de France, pour 
accr6diter auprds de lui le greffier de Tournai Jehan 
Maurre, chargS de lui <c remonstrer et exposer aucunes 
choses touchans les previl^ges » de la ville de Tournai. 

Le ms. fr. 20889 vient encore de la collection 
Gaignidres. II renferme trois lettres relatives k r6v6- 
que de Tournai, Jean de Thoisy. Ce sont des pidces 
originales, qui semblent provenir de la Chambre des 
comptes de Paris. Toutes trois sont coll6es sur le f'' 11 



— 68 — 

du ms. Ce sont : l*" une lettre du roi Charles VI, dat6e 
de Paris, 2 d6cembre 1410, en vidimus du pr6v6t de 
Paris, d6livr6 le 12 f6vrier 1411, allouant k r6v6que 
de Toumai, conseiller du roi, une pension annuelle 
de 1000 livres tournois; 2^ un regu original sign6, 
d6livr6 le 30 mars 1411 par r6v6que J. de Thoisy 4 
Alexandre le Boursier, receveur g6n6ral des aides 
ordonnees pour la guerre, de la somme de 333 fr. 
6 sous, 8 den. tourn., montant de quatre mois, 6chus 
le 28 f6vrier, de la pension de 1000 liv. t. vis6e dans 
la pi6ce pr6c6dente ; 3'' un semblable re?u d61ivr6 par 
le mdme au mSme, le 22 juin 1411, de la somme de 
250 fr., pour trois mois de ladite pension, 6chus le 
31 mai 1411. Ce re^u est sign6, comme le pr6c6dent, 
« J., 6vesque de Toumay » ; il portait un cachet dont 
il ne subsiste plus que des traces. 

Je rapproche du ms. fr. 20889 le fr. 25970, qui 
contient trois quittances de Charles [de Hautbois], 
6v6que de Tournai, dat6es toutes trois de 1511. La 
premiere porte dans le ms. le n° 1376. L'6v6que, qui 
prend ici les titres de conseiller du roi et de « prfisi- 
dent des g6n6raulx de la justice des aides a Paris «, 
y d6clare, le 12 f6vrier 1511, avoir regu 375 liv. tourn. 
pour ses gages de president, du P'" octobre au 31 d6- 
cembre 1510. Les deux autres quittances, sur par- 
chemin comme la premiere, et comme elle signees 
« Charles, 6v. de Toumay », portent les n°" 1377 et 
1378. Elles sont dat6es des 30 mai et 21 novem- 
bre 1511, et d6livr6es, comme celle du 12 f6vrier, « k 
maistre Guillaume Durant, notaire et secretaire du 
roy, receveur et paieur des gaiges des g6n6raulx de la 
justice et autres oflBiciers de la court des aides. » L'une 
et Tautre sont de 375 liv. tourn., et se rapportent aux 
gages de r6v6que, en tant que pr6sident, du P*" Janvier 



— 69 — 

au31 mars, et du l^'juillet au 30 septembre 151 L 
Pour finir ce que j'ai a dire des manuscrits du Fonds 
frauQais de la Bibl. nat., 11 me reste k declarer qu'on 
trouve dans le ms. fr. 21815, au f 335, le relev6 d un 
arr6t du Conseil du roi, en date du 21 juillet 1704, 
fixant k deux le nombre des imprimeurs de Toumai. 

§ IV. Manuscrits da Fonds 
des nouvelles acquisitions franjaises. 

La plupart des manuscrits de ce Fondg qui peuvent 
int6resser le Toumaisis, contiennent des chartes d'int6- 
r6t priv6 provenant de divers 6chevinages, de la Cit6, 
de Saint-Brice, du Bruille ou des Chauxfours qui exis- 
taient au moyen Age dans la ville de Tournai. La Bibl. 
nat., depuis plusieurs ann6es, achate avec persistance 
les documents de ce genre; elle a ainsi recueilli, pour 
notre grand profit, plusieurs centaines de chirographes 
tournaisiens. J'en parlerai tout k Theure, car je veux 
d'abord signaler les quelques ms. du Fonds des nouv. 
acq. frangaises qui concernent le Toumaisis sans Stre 
des recueils de chartes de Tournai. 

Le premier porte dans notre Fonds le numero 478. 
U renferme des comptes du bailliage de Tournai pour 
les ann6es 1482-1485. Malheureusement le ms., d'ail- 
leurs incomplet du commencement comme de la fin, 
est dans un 6tat de conservation lamentable. La plu- 
part de ses 1 03 feuillets ont 6t6 mouill6s et sont illi- 
sibles ; et ce n'est qu'A grand'peine qu on parvient k 
reconnaltre que les feuillets 68 a 1 02 sont occup6s par 
des transcriptions de lettres royales se rapportant k 
Torganisation du bailliage, a sa competence, k ses 
officiers, etc. 

Le ms. nouv. acq. fr. 1789 est extrfimement pr6- 



— 70 — 

cieux. II 6tait au moment de la revolution a I'abbaye 
de S*-Martin, d'oA il fut emport6 par dom Hur6, qui 
finit par le vendre k Arthur Dinaux. C'est de la biblio- 
th^que de cet 6rudit qu'il est pass6 & la Bibl. nat. 
C'est un petit volume sur parchemin, reli6 en bois, 
foliot6 de 1 4 104. Au tome ii du Corpus chronicorum 
FlandHce, le chanoine De Smet Ta mal d6crit (pp. 297 
et suiv.). II commence par un court po6me en frangais, 
intitul6 : « Semper diligit qui amicus est » , et dont le 
chanoine De Smet a publi6 quelques fragments, {loc. 
ciL). Vient ensuite, sur les f*^ 12 et suiv., le recit des 
malheurs de Tabbaye de S*-Martin au XIV* siecle, et 
de la restauration de ses finances. Le tout est suivi de 
comptes des revenus et d6penses du monastere, et Ton 
y trouve les details les plus circonstanci6s sur Tadmi- 
nistration de la grande abbaye b6n6dictine toumai- 
sienne pendant les ann6es 1331 4 1349. L'6criture de 
ce manuscrit, tr^s belle, doit Stre du milieu du 
XIV* siede. II ne me surprendrait pas qu'elle soit celle 
de Tabbe Gilles le Muisit, ou de son coadjuteur et 
successeur, Jacques Muevin. En tout cas, si nous ne 
sommes pas en pr6sence d'un ms. autographe du c6ie- 
bre chroniqueur tournaisien, nous avons ici deux de 
ses oeuvres incontestables ; car cest 6videmment k 
G. le Muisit qu'il faut rapporter, aussi bien le petit 
po6me par lequel s'ouvre le ms. nouv. acq. fr. 1789, 
que le r6cit des 6v6nements arriv6s k I'abbaye de 
S*-Martin pendant le second quart du XIV® siecle. II 
est, je crois, bien inutile d'insister sur I'importance de 
ce r6cit pour I'histoire int6rieure de notre grand 
monastere. Les comptes qui le suivent ne sont pas 
moins int6ressants. Le tout est en frangais. 

Le ms. nouv. acq. fr. 4413 est un « Conseil de 
Pierre de Fontaines « que je dois signaler ici parce 



— 71 — 

qull a appartenu k notre abbaye de S*-Martin. C'est 
un volume de 198 feuillets de parchemin, 6crit k 
la fin du XIIP ou au commencement du XIV^ si^e. 
M. L. Delisle, dans ses Mantiscrits latins et frary- 
oats ajoulis aux Fonds des nouvelles acquisitions 
pendant les annees 1875-1891, a donn6 (p. 480), quel- 
ques indications au sujet du 4413, qui, de la biblio- 
thdque de S^-Martin de Tournai paratt dtre pass6 dans 
celle dun avocat de Valenciennes du nom de Regnart. 
On trouve au f* 22*" de notre ms. une note 6crite au 
XVP si^le, et relative aux exploits des iconoclastes 
k Toumai, en 1566. 

II est entr6 tout r6cemment k la Bibl. nat. un ms. 
qui a pris, dans le Fonds des nouv. acq. fr., le 
num6ro 6592, et qui est de r6criture de notre excel- 
lent confrere le comte Paul du Chastel de la Ho war- 
derie-Neuvireuil. C'est une copie du ms. lx de la 
Bibliothdque communale de Tournai, ms. du XVIIP sie- 
cle qui contient une << Declaration des fiefs d^pendans 
de la terre et baronnie de Mortagne » au XVI® si^cle. 

Tons les autres ms. qu'il me reste k signaler dans 
le Fonds des nouv. acq. fr. sont des recueils de chartes 
tournaisiennes. On n*attend certainement pas de moi 
que je donne ici Tinventaire complet des trds nombreux 
chirographes, 6manant des divers 6chevinages de 
Tournai, que Ton trouve dans ces divers recueils. Ce 
travail, trds long, donnerait au pr6sent article des 
dimensions excessives. Je me bornerai done k signaler, 
parmi les chirographes de Tournai qu a recueillis la 
Bibl. nat., ceux qui m'ont paru les plus int^ressants. 

M. Gachard, dans La Bibliothdque nationale it Paris 
(t. I, p. 469), a dit quelques mots insignifants du 
ms. nouv. acq. fr. 3117. Ce ms. contient trente-sept 
chartes d'int6r6t priv6 pass6es devant les 6chevins de 



— 72 — 

Tournai de 1273 a 1353. Parmi ces documents, j'en 
ai distingu6 deut; qui sont : P la charte qui porte le 
num^ro 13, dat^ de mars 1299 (n. st.), qui est une 
vente k Gilles dou Chabarait, par ie mayeur des 6che- 
vins de Tournai, du consentement de ses compagnons 
echevins, des pr6v6ts, des jur6s, «* et de tout le consel 
de le halle de Tournay •, dune maison k Tournai, en 
la Triperie; et 2*", la charte num6ro 35, dat6e du 
11 avril 1336 (v. St.), qui est une reconnaissance par 
« Lotars de Biertaincrois, c on dist li Plaidieres »» , k 
Colard de le Cav6e, d'une dette de « cent los de verdjus, 
boin, loial et markant, de ij grains sans viermel, et 
dou roisin qui venra sour ses vingnes tenant k 
Morielporte ». 

Lems. nouv. acq. fr. 3549 a appartenu A Jules Boull6, 
archiviste-pal6ographe, et a 6t6 donn6 par sa veuve k 
la Bibl. nat. Les quelques documents tournaisiens 
qu'on y rencontre ont beaucoup souffert. lis se rap- 
portent aux ann6es 1256 a 1614. Ce sont des docu- 
ments d'int6r6t prive provenant des 6chevinages de 
Tournai. M. L. Del isle en a dit quelques mots dans 
ses Milanges de paliographie et de bibliographies 
(p. 396). Parmi les pieces, je le r6p6te, tr6s d6labr6es 
en g6n6ral, que contient le 3549, je ne vois k signaler 
que deux testaments qui se trouvent sous les num^ros 
7 et 8 du recueil. Le premier, dat6 du 7 Janvier 1344 
(n. St.), est celui de « Maroie dou Vivier, vaive de 
Jehan Constant » . II fut pass6 devant les 6chevins de 
Tournai. U est mutile. Le second, dat6 du 30 octo- 
bre 1359, mutil6 comme le pr6c6dent, est celui de 
« Jehane de Ronne, dite le Kauchetresse, b6gliine ». 
Pass6 par devant les 6chevins de Tournai, il contient 
nombre de donations k des 6tablissements charitables 
de notre ville. 



— 73 — 

11 n*y a pas moins de cent vingt-et-une chartes fran- 
^ises originales , pro venant des 6chevinages de Tournai , 
dans les ms. nouv. acq. fr. 3595 et 3596. Ces chartes 
d'interet priv6 sont des annSes 1241 A 1400. Soixante- 
seize d*entre elles se rapportent au XI IP si^cle. 
M. L. Delisle, dans Touvrage cit6 Manuscrits latins et 
frangais^ etc., p. 650, a parle de ces deux recueils. 
II est int6ressant de remarquer que la plupart des 
documents que contient le 3595 sont des actes de 
reconnaissance de dette, pass6s non devant les 6che- 
vins, mais devant les voirs-jur6s de Tournai. J'ai 
remarqu^, parmi les soixante-et-une pieces qui rem- 
plissent le premier volume, sous le num^ro 52, la 
charte dat6e de Janvier 1283 (n. st.), par laquelle « li 
pourv6eur de le candelle de S. Piat » louent une mai- 
son sise k Tournai, rue des Aveules, k Tumas de 
Bietune. Le ms. 3596 est plus int6ressant. U y faut 
signaler d'abord, sous le num6ro 1, un codicille 
curieux, fait en avril 1287, pour le testament dict6 
par Watier Sarteau en novembre 1280. Puis le testa- 
ment de Pierre de Corbri, de mai 1296 (n** 10), et 
celui de Watier de Bigardes, de mars 1308 (n*" 27). 
On rencontre, en outre, dans le ms. nouv. acq. fr. 3596, 
quelques comptes d ex6cutions testamentaires et des 
ventes de rentes par les pr6v6ts et jures de notre ville, 
au commencement du XIV® siecle. Enfin, sous le nu- 
m6ro 47 de ce m6me 3596 est un document qui differe 
compUtement des prec6dents. Ce n est plus, en effet, un 
acte d'int6r6t prive en forme de charte-partie, r6dig6 
en frangais et 6manant d'un 6chevinage de Tournai ; 
c'est ime charte latine, jadis scellee, datee d'octobre 
1329, en vertu de laquelle Thierry, abb6 de S^-Martm 
de Tournai, prend k gages k rann6e, pour suivre les 
affaires de son abbaye, le clerc Jean de le Maletote. 



— 74 — 

Les pieces tournaisiennes qu'on trouve dans le ms. 
nouv. acq. fr. 6267, sont au nombre de vingt-quatre, 
des ann6es 1 242- 1 40 1 . Elles pro viennent des 6chevinages 
deTournai et avaient 6t6 recueillies par Henri Bordier, 
de la bibliothdque de qui elles ont pass6 rue de Riche- 
lieu. J'ai remarqu6 parmi ces documents celui qui 
porte le num6ro 11. C'est un jugement rendu « par les 
vies serement6s carpentiers et magons, et par les 
serement6s nouviaus carpentiers et masons, et par les 
eskievins y> de Tournai, dans une question de mitoyen- 
net6. L'acte, dat6 de mai 1285, est une sorte de 
decision arbitrale, trds curieuse. Je dois encore signa- 
ler, dans le 6267, quelques transferts de rentes sur la 
ville de Tournai (n*^' 18, 20 et 22), et la pi^ce 12, qui 
est le contrat du mariage, pass6 en juillet 1286, de 
Jakemon dou Carnoit avec Sainte dou SauQoit. 

Autre recueil de chartes tournaisiennes sous le 
n'' 6351 du Fonds des nouv. acq. fr. Ce recueil a 6t6 
form6 par Monteil, qui j a class6 les documents sui- 
vant leur nature. Ainsi les actes de vente sont mis 
ensemble, de mdme les testaments, etc. Les pieces, 
au nombre de quatre-vingt-dix-huit, proviennent toutes 
des 6chevinages de Tournai; elles sont des ann6es 
1243 k 1400. Les plus int6ressantes m'ont paru 6tre 
les testaments : celui de Margrite de Willem, de juil- 
let 1296 (f* 132), de « Kateline li Brune, feme Jehan 
Mainfroit, le loieur de dras »», doctobre 1299 (f 134), 
de Maroie de Tiefferies, de Janvier 1311 (f^ 136), et 
de Jehans li Drapiers, du 6 avril 1342 (f^ 140). Mais 
il convient de noter lacte du 26 juillet 1370, qui se 
trouve coll6 sur le feuillet 38. Ce n'est qu'une vente de 
rente faite par Gossuin et Jaquemon le Louchier k 
Jacques Wastebl6. Mais elle est pass6e par devant 
«* Guillaume Mauterne, sergant d armes dou roy nostre 



— 75 — 

sire et pr6vost de Tournay y» . C'est qu'alors la ville de 

Toarnai traversait une crise grave; la magistrature 

Elective ordinaire y 6tait suspendue, et des fonction- 

naires royaux administraient notre cite. L'acte da 

26 juillet 1370 reflete une des r6volutions communales 

de Tournai. C'est k ce titre seulement qu'il est int6res- 

sant. Enfin, en quittant le ms. nouv. acq. fr. 6351, je 

signalerai la piece qui y occupe le feuillet 47. Elle est 

de Janvier 1287 et porte vente, par le mayeur des 

6chevins de Tournai, ^ par Tassens de ses compaignons 

eskievins y»\ et celui ^ des prouvos et des jur6s, et de 

, tout le consel de le vile, pour chou ke c estoit tenure » , 

d'une maison de la rue des Coriiers k Jehan Vilain, le 

maceclier. En novembre 1296, une maison ^ par de^^ 

le porte Fierain » fut, pour le mfime motif, vendue 

dans les mSmes conditions. C*est ce que nous apprend 

la pi6ce coU6e sur le feuillet 53 du 6351 . 

§ V. Manuscrits des Fends espagnol et n6erlandals. 

J'avais esp6r6 que le Fonds italien de la Bibl. nat., 
dans lequel il se trouve des pieces d'archives du 
XVI* si6cle, me fourniraii quelques manuscrits a si- 
gnaler. Mon espoir s'est trouv6 d6(u. Si quelque ms. 
du Fonds italien fait mention du Tournaisis, cette 
mention est si bien cach6e que je ne I'ai point aper^ue. 
J'ai dprouv6 6galement une d6ception en constatant la 
pauvrete du Fonds espagnol en manuscrits devant 
figurer parmi les sources de Thistoire du Tournaisis. 
Ce Fonds est xiche en documents diplomatiques, et 
6tant donn6s les rapports de notre province avec 
VEspagne, je m'attendais k y faire une ample moisson. 
Or je n'y ai trouv6 k signaler quun seul ms., et dans 
ce ms. qu'une seule pi6ce. Elle se trouve aux f'^ 155- 



— 76 — 

157 du ms. espagnol 422. C'est une copie du XVI P si^- 
cle des conditions de la capitulation de Tournai en 
novembre 1581, apr6s le siege ou s'illustra la prin- 
cesse d'Epinoy, et qui fit rentrer notre ville sous 
rautorit6 du prince de Parme. Le document est en 
langage castillan. 

Parmi les autres Fonds de la Bibl. nat., je ne vols 
plus que le Fonds n6erlandais oii Ton puisse glaner 
quelques minces renseignements sur notre petite pro- 
vince. On les trouve dans les ms. n6erl. 6, 7, 8 et 103. 
lis n'ont, comme on va le voir, qu'une importance 
minime. — Dans le ms. n6erl. 6, la pi^ce 59 est un 
avis, en fran^ais, de jurisconsultes gantois, donn6 en 
juin 1694, sur une pr6tention de Tofficial de Tournai 
de connaitre des testaments des clercs du dioc^e de 
Tournai, et de leur ex6cution. — La pi^ce 59 du ms. 
n6erl. 7 est la copie d un arr^t, en fran^ais, du parle- 
ment de Flandre, condamnant Jean de Launay k 6tre 
pendu. L'arrfit est du 16 mai 1687. L'ex6cution le 
suivit a vingt-quatre heures de distance. C'est en effet 
le samedi 17 mai 1687, veille de la Pentec6te, a 
3 heures apres-midi, que le c6l6bre faussaire expia ses 
forfaits sur la grand'place de Tournai. — La pi^ce 18 
du ms. n6erl. 8 est un avis, en fran^ais, de juriscon- 
sultes gantois, sur un diff6rend qui s'6tait 61ev6, k la 
fin du XVII® siecle, entre le chapitre et les magistrats 
communaux de Tournai, a Toccasion des droits sur 
TEscaut c6d6s en 1293 par le chapitre k la ville, 
moyennant paiement par elle d'un cens perp6tuel. — 
Enfin, le ms. n6erl. 103 contient deux pieces pouvant 
int6resser I'histoire du Tournaisis. La premiere, aux 
f^^ 101-103, est une requite, en fran^ais, adress6e au 
roi Louis XIV. Elle est imprim6e sans lieu ni date. 
La seconde, aux f^^ 109-111, est un « M6moire pour 



— 77 — 

les etats, villes et pais du ressort du parlement de * 
Toumai. »» Ce document, r6dig6 en frangais, est sans 
date, mais post6rieur k 1696. Les deux pieces que je 
viens de signaler ont un but identique : assurer aux 
gens du ressort du parlement de Toumai, suivant les 
promesses k eux faites lors de leur r6union k la France, 
en 166T, « qu'ils seraient r6gis et gouvern6s suivant 
leurs anciennes loix, usages et coutumes, qui sont 
diff6rentes de celles du royaume « . 

Armand d'Herbomez. 
Janvier 1897. 



-^oXKOo- 



— 78 — 



SEANCE DU 18 MARS 1897. 



M. LE GfiNfiRAL DE FoRMANOiR, Vtce- President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc^verbal de la stance de f6vrier est lu et 
adopts. 

M. ]e Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a recus 
pour la Soci6t6. 

1. Bulletin des Commissions royales d'art et d'archcologie, 
35® annee, 1 et 2. 

2. Cartulaire d^Andenne, par L. Lahayc, tome i. 

3. Revue Benedictine, mars 1897. 

4. Bulletin de la Societe d*art et d'histoire du diocese de 
Liege, t. x, 1^" partie. 

5. Publication de la Section historique de I'institut grand- 
ducal de Luxembourg, volume xlv. 

6. Bulletin de la Societe des Antiquaires de Picardie, 1895, 
no4; 1896, n« 1. 

7. Memoires de TAcademie de Stanislas... 1895. 

8. Bulletin de la Societe dunkerquoise... 1896, i. 

9. Memoires de la Societe dunkerquoise... 1895, t. 28. 

10. Societe des Antiquaires de la Morinie. Bulletin. 177® et 
178Mivraison, 1896. 

11. Annuaire-BuUetin de la Societe de Thistoire de France, 
annee 1895. 



— 79 — 

12. Metnoires de la Societo d'emulation d* Abbeville, tome i, 
fasc. n et III. 

13. Bulletin de la meme Societe, 1894, 3 et 4; 1895, 1, 2, 
3et 4. 

14. Societe historique de Compiegne. Cartulaire do Tabbaye 
de Saint-Comeille, 2* fascicule. LMnstruction publique k 
Compiegne en 1789. 

15. Societe d'emulation et des beaux-arts du Bourbonnais, 
Bulletin-revue, 4« livr. 1893; id. 1894, 1™ et 2"^« livr. 

M . le g6n6ral de Formanoir annonce queM. de G6ra- 
don et les hferitiers de Fernand Saqueleu offrent k la 
Soci§t6 pour son musee, divers fragments de pierres 
tombales provenant d'^glises de Tournai, entre autres 
les restes de la statue fun6raire d'un MoiUon (autrefois 
k r^glise Saint-Brice). Des remerclments leur sont 
vot6s. 

M. le Comte du Chastel d6pose, de la part do 
M. F6lix Brassart, archiviste k Douai, Vhisiqire du 
chateau et des chdtelains de Doiuii, et demande pour lui 
le titre de membre correspondant. II sera statu6 k une 
prochaine r6union sur pr6sentation du bureau. 

Le mSme membre declare avoir fait, en collabora- 
tion avec M. Brassart un travail sur la querelle qu'eu- 
rent au 14® si^cle les sires de Cavrinnes et de Chin, 
oeuvre intitul6e : Relation du champ clos de Nancy. II 
en lit rintroduction. 

MM. Descl6e et Soil entretiennent Tassemblee des 
gravures qui doivent accompagner leur travail sur le 
plan de Tournai en 1701. Une somme de 300 francs est 
allou6e pour la confection des planches. 



— 80 — 



S6ANCE DU 8 AVRIL 1897. 



M. LE CoMTE DE NfiDONCHEL, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



. Le proc^s-verbal de la s6ance de mars est lu et 
adopts. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a regus 
pour la Soci6t6 depuis la dernidre reunion : 

1. Bulletin de TAcademie royale de Belgique, 67® ann6e, 
3« s6rie, t. 33, n° 3. 

2. Compte rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire, 5** serie, tome vri, n° 1. 

On y lit, page 37 k 70 une note de M. d^Herbomez, intitulee : 
Philippe le Bel et les Tournaisiens, preuves supplementaires. 

3. Bulletin des Commissions royales d'ai't et d'archeologie. 
35« annee, n^« 3-6. 

4. Bulletin de TAcademie rovale d'archeologie, 4® sorie, 
2*^ partie, xxix. 

5. Annales de la Societe d'archeologie de Bruxelles, tome xi, 
2« livr. 

6. Cartulairo de la commune d'Andenne par Leon Lahaye, 
tome 2, 

Hommage de I'auteiu*, M. Edmond Michel : de F importance 
des voyages, au moyen age. — Un ancien monument gantois, 
Tetape aux grains. — Compte rendu de Touvrage de Corroyer : 
Tarchitecture gothique. 



— 81 — 

M. le Secr6taire fait part de la mort de M. le cha- 
noine Dubois, membre titulaire. Bien qu'il n assistdt 
pas k nos reunions, le d^funt a toujours port6 beaucoup 
d*int6r6t aux travaux de la compagnie. 

Le meme membre annonce que les pierres tombales 
donn6es k la Soci6te par la famille Saqueleu ont 6t6 
transport6es au musee. 

M . le President de la Soci6t6 fran^aise d'arch6ologie 
annonce que le prochain Congr^s aura lieu k Nlmes et 
s'ouvrira le 18 mai. MM. le Comte de N6donchel, de 
la Grange et Soil sont d6l6gu6s pour y repr6senter la 
Soci6t6. 

Sur la proposition du bureau, M. F6lix Brassart, 
archiviste k Douai est nomm6 membre correspondant. 

On rappelle que la reunion de la Soci6t6 royale de 
numismatique aura lieu le 25 courant; les membres 
sont pri6s de se joindre au bureau pour la recevoir. 

M. le Comte du Chastel depose le manuscrit du tra- 
vail de M, Brassart dont il a ete parl6 k la pr6cedente 
s6ance. 

M. Soil fait rapport sur le travail de M. Henri, 
intitul6 : Pierre Chdboutteau. On en voteTimpression! 

M. Hocquet donne lecture d'une int6ressante com- 
munication sur un sceau des 6chevins du Bruille. On 
en vote I'impression. 



ANNAUn. III. 



— 82 — 

PIERRE CHABOTTEAU 
FONDEUR EN CUIVRE BOUVIGNOIS, fiTABLI A TOURNAI. 

La derni^re exposition d'art industriel, organis6e 
en 1888 k Bruxelles, nous a montr6 une merveilleuse 
quantity d'objets mobiliers appar tenant aux Sglises, et 
dont la plupart seraient rest6s plonges dans I'oubli, 
sans I'heureuse inspiration qu'ont eue les organisateurs 
de s'adresser directement aux Conseils de fabrique des 
6glises du pays, pour les mettre au grand jour. Quel- 
ques-uns ont 6t6 une veritable r6y6lation pour les 
amateurs d'histoire locale. 

La s6rie des grandes pieces en cuivre de fonte ou 
dinanderies {fonts baptismatuv , lutrins, chandeliers, 
etC;), formait un ensemble tel qu'on n'en avait jamais 
vu r6uni jusqualors. Parmi ces derni^res, nous avons 
remarqu6 deux grands chandeliers en laiton, dat6s de 
1642 et sign6s : Pierre Chabovtav, poss6d6s par 
r6glise Saint-Brice de Toumai. 

Messieurs les arch6ologues tournaisiens liront peut- 
6tre avec quelque int6r6t une courte notice sur cet 
habile artisan d'une Industrie dont Tournai, aussi bien 
que les dinandiers des bords de la Meuse, ont le droit 
de s'enorgueiUir. 

Nous nous proposons done, dans ce but, de r6soudre 
ici deux questions. 

Quel est ce Pier^^e Chabotteau et cTou vient-il ? 

Comment le trouve-t-on d Toumai? 

Pierre Chabotteau 6tait un des fils de Jean Chabot- 
teau et de Claire Dolizy, qui tenaient, k Bouvignes, 
Tantique auberge enseign6e : A Saint-Antoine, et 
situ6e Place du March6. 

A ses qualit6s de maitre (Chotel, Jean Chabotteau en 



— 83 — 

joignait Men d'autres, plus s6rieuses, ainsi que nous 
allons le voir. 

Descendant d'une vieille famille qui, depuis plus 
d'un si^cle d6j4, n'avait pas peu contribu6 k la prosp6- 
rit6 de Bouyignes, d'oil elle semble 6tre originaire, 
(tout au moins cette branche, car 11 y avait des 
Chabotteau k Dinant et partout dans le pays), Jean 
Chabotteau ne le c6dait en rien k ses ancdtres pour les 
signal6s services qu'il rendit k sa cit6 natale. On le 
voit exercer les fonctions d'6clievin en 1583, et, en 
1587, celles non moins importantes de mambour des 
lieiuv pieux. Outre sa competence en mati^re adminis- 
trative, il en poss6dait 6galement une bien plus grande 
encore en mati^re commerciale et industrielle. Ce qui 
le prouve surabondamment, cest que, par lettres 
patentes du 8 d6cembre 1590, Philippe II, k qui Ton 
doit de ne pas avoir vu la batterie de cuivre disparaltre 
compldtement des rives de la Meuse apr^s les dSsastres 
de 1554, le charge de rechercher, dans toute Tfetendue 
des Pays-Bas, et de confisquer les ouvrages de cuivre 
qui n'auraient pas 6t6 fabriqu6s par les batteurs de 
Namur ou de Bouvignes au moyen de la calamine du 
Limbourg. « Comme il se trouve, disent ces lettres, 
qtjie aulcuns se seroyent advance et sadvancent encoires 
joumellement de faire conduire et mener, acheter ou 
dtstribue/' es villes de par deed, tant de noz pays de 
Brabant que Flandres,Artois, Ilaynnault, LiUe, Douay 
et Orchies, Tournay et Toumaisiz et aultres, telles et 
semblables marchandises de batterye forgie de petite 
calamyneestrangid7'e non marcqueede nostre marcque >» 
au detriment de nos bons sujets de Namur et Bou- 
vignes, dont la marchandise est de beaucoup meilleure 
et plus «« loyalle »» , « desirant pourvoir de remede con- 
venable en tant que possible sera a textirpation des 



— 84 — 

dictes calamines deffendues, et pour le bon rapport que 
faict noiis a este de la personne de Jehan Chahotteau, 
commiz sur le fait de la batterye, mesme de sa dexti- 
riUy vigilance et experience en ladicte matidre, eu sur 
ce tadvis de noz amez etfeaulx les gens de noz consaulx 
prive des finances », avons le dit Jehan Chabotteau 
commis et autoris6, etc. (i). 

Le 15 octobre 1608, d'apr^s un document copie par 
feu M. Pinchart, au registre des chartes k Lille (2), 
Jean Chabotteau « receveur des mineraux au pays de 
Limbourg y»y qui avait acquis dans son emploi de 
grandes connaissances sur le parti k tirer des calamines 
de Moresnet, Bleiberg, etc., obtient des archiducs 
Albert et Isabelle, privilege pendant 24 ans pour 
« rinvention de batterie k moulin usit6e en AUemagne » 
et pour y « battre et manufacturer ouvrages de cuivre, 
scavoir : iSasques qu'on appelle haulches de chaudi^res, 
plats de laiton, fillet de laiton et autres ouvrages de 
cuivre et de fer, mais non chaudrons et autres ouvrages 
dependans du m6tier de la batterie de Bouvignes (3) ». 

On sait que les chaudrons fabriqu6s k Bouvignes 
jouissaient d'une grande r6putation de solidit6 et de 
bont6 parce que les batteurs 6taient oblig6s, de par 
leursstatuts, de les fabriquer A force de bras, etde faire 
subir au cuivre une triple fusion qui exigeait chaque 
fois une nouvelle dose de calamine, op6ratioh qui leur 
demandait plus de temps, mais leur donnaitune grande 
sup6riorit6 sur les chaudrons fabriqu6s au moulin, 
dont le m6tal ne demandait qu'une seule fusion. 



(1) Registre anx privileges de la ville de Bouvignes. Manuscrit du 
XVn® siecle, folio 74. V® Arch. comm. de Bouvignes. 

(2) Reg. 57, folio 4. V«. 

(3j Les gr^s ceram^s de Namur, par D. Van de Casteele, dans le 
Bulletin des Comm. royales dart et d^archdol., annde 1885. 



— 85 — 

D'apres ce qui prficMe, on peut juger si Jean Cha- 
botteau m6rite le qualificatif de «* (piteux) surintendant 
des batteries aiLX Pays-Bas et receveur general des 
cuivres de Bourgogne » que nous lui trouvons attribu6 
assez legerement, dans le Bulletin des Commissions 
royales d'art et d'archMogie. 

Ses fils devaient recueillir en heritage les qualit6s 
d'artiste et d'habile commer^ant de leur p6re. L'atn6, 
Walter, fut ^ commis k la marque des batteurs de 
Bouvignes » . U eut comme successeur dans ces fonc- 
tions, en 1626, son fr^re Jean-Baptiste, plus connu 
sous le nom de Capitaine Chabotteau (i) et au sujet 
duquel des flots d'encre ont 6t6 versus dans presque 
toutes les revues arch6ologiques du pays. C est lui, en 
effet, qui, voyant la batterie de cuivre expirante a 
Bouvignes, tenta de la remplacer par Tindustrie des 
grds k rimitation de ceux qui se faisaient en AUema- 
gne. S'il fut un c^ramiste et un nSgociant malheureux, 
on doit Tattribuer k sa trop grande activit6 qui le 
portait k se lancer en meme temps dans un trop grand 

(1) Paisque nous parloDs ici de J.-B. Chabotteau, qa'il nous soit 
perrois de rectifier une erreur qu*une mauvaise lecture, due & une 
abrd?iation compliqude d*une piqure d'eau dans le registre auz bap- 
temes, nous a fait commettre dans nos Notes suk l'histoike db Bou- 
▼lONBS, p. 173. Nous disions, en effet, que Ja premiere femme de J.-B. 
fut Marie Marchal, et non Marie Marcbant. contrairement A ce 
qu*afait avanc^ M. D. Van de Casteele dans un savant article sur les 
Gr^ namurois, du Bulletin des Comm. royales d'art et d^arch^ol.p 
ann^e 1885. Un examen plus attentif nous a fait reconnaltre qu*il s*agit 
bien de Marie Marcbant. J.-B. Chabotteau eut d'elle deux filles, Claire 
et Anne, et de sa seconde femme H^lene Cymont, veuve de Guillaume 
Burlen, deux flls, Jean-Walter et Henri-Guillaume. M. Van de Casteele 
apprendra sans doute avec quelque int^rSt que le parrain et la mar- 
raine de ce dernier enfisint furent : Guillaume Dedeker, d'Anvers, et 
Marie Lambillon, Spouse de Pierre Massart, de Namur, deux de ses 
associ^s pour la fabrication des gre», mais avec lesquels il eut maille A 
parti r plus tard. 



— 86 — 

nombre d'entreprises ; il n'en est pas moins le prorao- 
teur d'une Industrie dont les heureux r6sultats ajou- 
t^rent un nouveau lustre k la gloire du pays namurois. 

Enfin, le troisi^me fils de Jean Chabotteau, Pierre, 
rest6 jusqu'aujourd'bui un inconnu, embrassa le noble 
metier de batteur et fondeur en cuivre, auquel il avait 
dd 6tre initi6 d6s sa plus tendre enfance et dont il est 
le dernier maftre pour ce qui concerne la fonderie de 
cuivre k Bouvignes. 

Avant de montrer comment Pierre Chabotteau vint 
se fixer k Tournai, il est indispensable, croyons-nous, 
de dire quelques mots de la batterie en cuivre a Bou- 
vignes, au double point de vue technique et historique. 

L'industrie du cuivre comporte deux branches dis- 
tinctes, savoir : P te batterie, qui consiste a forger le 
m6tal, toujours d chaud, comme le fer, et k lui donner 
mille formes di verses, telles que bassins, chaudrons, 
ponies, bassinoires, ustensiles de cuisines, etc., aux- 
quels les batteurs, presque tous doubles d'un artiste, 
savaient donn6 un certain cachet en les ornant, au 
repouss6, de dessins les plus vari6s et les plus fiatteurs 
k Toeil. Le cuivre, par son extreme malleabilit6, se 
pr^tait admirablement k ce travail. 

g*" La fonderie, qui constitue, a proprement parler, 
la dinanderie, ainsi appel6e parce que ce sont les 
Dinantais qui ont porte cet art k un tres haut degr6 de 
perfectionnement. Elle consiste a fondre le m6tal, puis 
k le couler dans des monies pr6alablement fagonnes 
pour lui donner la forme voulue : cuves baptismales, 
lutrins, chandeliers, cloches, chenets, etc. 

Le cuivre devait 6tre auparavant ali6 avec le carbo- 
nate ou silicate de zinc, autrement dit : calamine, ce 
qui contribuait^ lui donner une grande duret6, et cette 
belle couleur jaune dore si caract6ristique des oeuvres 



— 87 — 

sortant des ateliers dinantais ou bouvignois. II va sans 
dire que la plupart des grands objets de ce genre 
6taient coul6s en plusieurs pieces, qui 6taient ensuite 
ajust^es. A la sortie du moule, chaque pi^ce 6tait soi- 
gneusement polie avec de la calamine finement pil6e, 
puis, k Taide du burin, Touvrier accentuait les contours 
ou les reliefs des dessins, ou corrigeait, par la cise- 
lure, certains d6fauts que la fonte ne permettait pas 
d'6viter. Le grand, et mfime, pouvons-nous dire, le 
seul m6rite de I'artiste r6sidait dans la conception du 
sujet et la confection du moule k le reproduire. 

Bien rares sont les oeuvres de dinandiers signies 
(comme celles de Pierre Chabotteau), aussi nos 6glises, 
qui poss^dent souvent des pieces remarquables, ne 
saut*aient nous indiquer si elles sortent des ateliers 
dinantais, bouvignois, tournaisiens ou autres. Combien 
d'artistes, par \k m6me, resteront6ternellement plong6s 
dans loubli pour avoir n6glig6 une chose qui eut sou- 
vent permis d'aj outer un nom illustre au livre d'or des 
artistes beiges. 

Ceci dit, jetons un rapide coup d'oeil sur la partie 
historique. 

Si Ton en croit deux dipl6mes cit6s par M. Pin- 
chart (i) dans son remarquable travail (malheureuse- 
ment rest6 inacbev6), sur la dinanderie, la batterie de 
cuivre k Dinant, remonterait au temps de Charlema- 
gne. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'elle y 6tait tr6s 
florissante au XI P sidcle. On n'y faisait dans le prin- 
cipe que des ustensiles de manage et d'autres objets 
d'une utility journali^re; mais, ^lalongue, Tabondance 
de vieux m6taux, tels que d6chets, ustensiles hors 



(1) A. PiDchart : Histoire de la dinanteriey etc, — Bulletin des 
Comm, royales, tomes xiii et xiv. 



— 88 — 

d'usage, etc., donna I'id^e k quelque artiste batteur, 
de refondre tout ce m6tal et d*en confectionner de 
grandes pieces coul6es. C'est incontestablement k 
Dinant que revient Thonneur de Tinvention d un art qui 
porte, k juste titre, le nom de dinanderie. 

Le voisinage de gisements considerables de derle^ 
ot, terre plastique, n6cessaire pour la fonte des tables 
et la confection des monies aura, certes, contribu6 k 
son d6veloppement et i sa prosp6rit6. Plus tard Bou- 
vignes, cit6 naissante, imita tiinidement sa voisine en 
fabriquant des chaudrons. « 11 est Evident, y lit-on 
dans un dipl6me du 20 Janvier 1625 (i), que la fonda- 
Hon dUcelle ville at prins son origine sur le diet mestier 
et stil de batterie des chauldrons et aultres ouvrages de 
cuivrey voires que ce stil at jadis este dextimation sy 
singuliere que de rendre la dicte ville non seulement 
opulente et populeuse, mats aussy^ selon comme lesmoi- 
gnent les anchiens icritz autenticques reposans es 
archives de la dicte ville ^ auUant fameuse que nulle 
avltre de noz pays de par degd » • 

Ce n'est que vers 1380 que les batteurs bouvignois, 
voulant utiliser k leur tour les « mitaux vieitx et ram- 
pus que ton appelle conxmuniment « potis », s'avis^Tent 
de faire, eux aussi, des objets en fonte. Dds lors 
« on vit silever entre les deux villes une vraie jalousie 
de gloire pour soy mesler d'un mesme mestier de 
basterie » (2). 

Chacun connait les luttes sanglantes qui ^claterent 
k ce sujet entre les deux cit6s rivales, luttes qui abou- 
tirent k la destruction de Dinant, en 1466, par 



(1) J. Borgnet : Cartulairedela commune de Bouvignes^ t. ii, p. 131 . 

(2) CrooDendael : Chronique contcnant Vestat ancien et moderne du 
pays et cont4 de Namur, etc. 



— 89 — 

Philippe-le-Bon. II est h supposer que les fondeurs 

bouvignois acqu6rirent vite une grande renomm6e, 

mSme k TStranger, car les compies de la Chartreuse de 

Champmol, prds de Dijon (ann6es 1388 k 1390), cit6s 

par Pinchart (i), mentionnent plusieurs batteurs en 

cuivre de Dinant et de Bouvignes, auxquels on fit des 

achats considerables, et dont quelques-uns mSme 

durent se fixer k Dijon pour y accomplir les ouvrages 

coinniand6s. Mais une blessure mortelle fut port6e k 

la batterie bouvignoise, en 1554, par le siege meurtrier 

que firent de la ville les sanguinaires soldats de 

Henri II, roi de France. La plupart des artisans, 

plutdt que de rester dans une ville ruin6e et d6peupl6e, 

^migr^rent et alUrent implanter leur Industrie dans 

des lieux plus propices. Tons les efforts de nos souve- 

rains tendant k maintenir k Dinant ou a Bouvignes la 

batterie de cuivre, furent vains. D'autres pays et 

d'autres villes en profit^rent, notamment Tournai qui, 

depuis le XV® si^cle, poss6dait d6ja dans ses murs 

d'habiles fondeurs de cuivre, form6s bien certainement 

par des artistes dinantais. 

Un dipl6me du 5 septembre 1561 nous indique clai- 
rement oil 6taient all6s s'6tablir les batteurs de Bou- 
vignes; il cite « Dynant, pays de Li6ge, Aix en 
AUemagne etailleurs hors de nos pays » (2). 

II existait 6galement, k cette 6poque, trois grands 
centres de fonderies de cuivre 6tablis k Tournai, a 
Bruxelles et a Middebourg-en-Flandre, vers lesquels 
nos batteurs ne manquerent pas de se diriger. A la 
m6me 6poque on vitse fonder des ateliers du meme 
genre k Malines et a Lou vain. Ne peut-on supposer 



(1) Pinchart : Hist, de la dinanterie, loc. cit,, t. xiii, p. 517 sqq. 

(2) Cartulaire de Bouvignes, t. i, p. 291. 



— 90 — 

qu'ils le furent avec des debris de la batterie dinantaise 
et bouvignoise ? 

Trois 6dits de Philippe II, dat6s respectivement des 
ann6es 1589, 1590 et 1593, ordonnent aux maltres 
batteurs bouvignois qui avaient quitt6 la ville depuis 
1554, d'y rentrer sous peine de perdre leurs privi- 
leges ; certaines faveurs sont aussi promises a ceux qui 
y reviendraient. Mais Tindustrie avait pris pied autre 
part, notamment k Namur. LeSjuin 1612, le mayeur 
Polchet pr6sente au Procureur-G6n6ral un m6inoire 
sur les moyens de restaurer la batterie & Bouvignes et 
k Namur. « 11 faudrait, dit-il, republier les placards 
du 10 juillet 1591 et du E3 avril 1605, et les faire 
strictement observer. Plusieurs maitres de Bouvignes 
sont all6s demeurer a Dinant, oil ils trouvent plus 
d'avantages pour r6coulement de leurs produits. On 
devrait aussi rStablir les anciens impdts sur les chan- 
deliers, dont ceux de Dinant sont Iib6r6s. D6j4 plu- 
sieurs maltres s offrent k venir au pays, mais il con- 
viendrait de ne pas mettre de droit d'entr6e sur les 
objets de haute valeur, d'interdire les moulins k 
eau, etc. >• (i). 

Toutefois, s'il n'existait plus k Bouvignes, au com- 
mencement du XVll** si6cle que des batteurs fabriquant 
des chaudrons et de menus ustensiles, on y rencontre 
encore deux fondeurs de grand m6rite. C'6tait Antoine 
de Nassogne et Pierre Chabotteau appartenant chacun 
k deux families riches et puissantes autant que jalouses 
et rivales Tune de Tautre, grdce aux faveurs qu'elles 
avaient obtenues de leurs souverains. On a vu celles 
des Chabotteau, accordees par Philippe II et Albert et 
Isabelle. 

(I) Correspondance du Procurear-G^ndral ; Archives de TEtat, A 
Namur. 



— 91 — 

Ces derniers princes favorisdrent, de leur c6t6, de 
Nassogne. Parlettres d'exemptions du 18 Mars 1605, 
ils accordent « A Antoine de Nassogne et Hubert Gobin, 
son beaU'filZy inarchandz du mesiier de batterie de cut- 
vre^demeurantz en nostre ville de Bouvignes , exemption 
de la supdriortU des majeur et eschevins du diet Bou- 
vigneSf les submectant avec leurs do^nestiques immedia- 
tement d la jurisdiction de ceux de nostre conseille pro- 
vincialle de Namur; n de plus, ils met tent sous leur 
protection et sauvegarde sp6ciale, de Nassogne et 
Gobin, <« avec leurs femmes, enfants, domestiqiies , 
ensemble leurs maisons, grains, fourrages^ bestiaidx, 
et tous aultres Mens guelcongues y estant^ meubles et 
immet/ibleSf veuillans icelles maisons estre preservies 
de touies series d! insolences ^ foulles et degast, pilleries 
et mangeries, et exemps de logement de tous gens de 

guerre, et de guet et contribution Et affin que de 

ce que dessus personne ne puisse pretendre cause 
d*ignorance, nous avons consenty et consentons quits 
pourront mettre et affixer noz blasons et pennonceau^ 
armoyez de nos armoiries en telle endroict de leurs die- 
tes maisons quits trouveront convenir. » On se demande 
pourquoi semblables faveurs ? 

II faut bien certainement y voir une intrigue, menee 
dans le but de soustraire les de Nassogne k I'autorit^ 
des Cbabotteau. M. H. Van Duyse (i) a cont6, mal- 
heureusement sans nous indiquer la source ou il avait 
puis6, une partie des querelles que la jalousie susci- 
taient presque journellement entre ces deux families, 
querelles dont nous avions d6ja trouv6 des traces dans 
les archives communales. 

Quoi qu'il en soit, la guerre 6tait ouverte entre les 

(1) Bull, des Comm. royales, 1883, 



— 92 — 

Nassogne et les Chabotteau, et chacun cherchait par 
tous les moyens a mettre son rival dans un 6tat 
d'inf6riorit6. 

Antoine de Nassogne nous a laiss6 une oeuvre de 
lui ; c'est le beau lutrin-p6lican qui se trouve encore 
dans r^glise de Bouvignes k laquelle il a 6t6 donn6, k 
charge de dire, k perp6tuit6, une messe annuellement 
pour lui et son 6pouse, Marguerite Le Bidart, messe 
qui se dit encore de nos jours. 

II 6tait autrefois fix6 k une tombe plate en laiton, 
portant les armes de : de Nassogne-Le Bidart. Cette 
plaque est aujourd'hui rel6gu6e nous ne savons dans 
quel coin de r6glise ou de la cure. 

Nous avons expos6 autre part (i) les exactions 
odieusesauxquelles Bouvignes 6taitlivr6e au XVII® sie- 
cle. Chaque fois qu un personnage important passait par 
la ville, celle-ci 6tait oblig6e de lui faire des pr6sents, 
parfois exag6res. Les comptes communaux en font foi. 
Dans celui de 1024 k 1632, nous la voyons acheter k 
Dinant des « andictz » (landiers) de cuivre, pour les 
pr6senter au comte de Saint- Aldegonde, et y faire ap- 
poser les armoiries de la ville, par Pierre Chabotteau. 
Un autre, celui de 1636 a 1640, contient cette men- 
tion : « A Pierre Chabotteau, fondeur de poltts pour 
deuw paires de cheminons (chenets) quont este prisente 
il certain personnage ?» 

Les comptes de teglise mentionnent 6galement plu- 
sieurs achats faits k notre fondeur. Pour nous borner 
k un seul, nous ne citerons que la livraison faite k 
r6glise, en 1633, par Pierre Chabotteau, d'une paire de 
chandeliers pour le grand autel ; on lui remit a cet effet 
22 livres de m6tal provenant de la refonte des cloches. 

(I) A. Henri : Notes sur Vhistoire de Bouvignes, p. 94 sqq. 



— 93 — 

Apr^s 1G39, son nom ne se rencontre plus dans les 
archives bouvignoises ; c'est done vers cette 6poque 
qu'il alia se fixer k Tournai, oil nous le retrouvons 
en 1642, grAceit ses remarquables chandeliers de Saint- 
Brice sur lesquels il eut Theureuse id6e d'apposer son 
nom, ad perpetitam rei memoriam, 

Ces chandeliers, hauts de un m^tre 90 centimetres 
sont k tigesgodronn^es, en forme de balustres, s6par6es 
par un noeud plat; les pieds triangulaires, sont reli6s 
entre eux par des tfites d'anges et surmont6s chacun 
d'un godet sur les trois angles. lis sont un beau 
module du style de I'^poque. 

D'aprds ce qu'on vient de lire, il n'est pas malais6 de 
comprendre pour quels motifs Pierre Chabotteau quitta 
les rives de la Meuse pour celles de TEscaut, oil il 
devait trouver un champ plus vaste au talent qu'il pos- 
s6dait. Avant de terminer il n'est pas sans int6r6t, pour 
les amateurs, de signaler six grands chandeliers que 
poss6de encore T^glise coll6giale de Dinant. lis sont 
de la mfime 6poque et k peu prds du mfime style que 
ceux de Saint-Brice. Quatre appartenaient jadis a des 
confr6ries, et deux sont sign6s : Nicolas Bello ma 
fai. 1629; deux autres : Hubert Grognar ma faict. 
1640. Quant aux deux derniers d'un style different, ils 
sont dus k la Iib6ralit6 de Perpete Jacquemin, bourg- 
mestre de Dinant et Marie Ghisen son 6pouse, ainsi 
que nous Tindique Tinscription dat6e de 1608. 

Alfred Henri. 



— 94 — 



SEANCE DU 13 MAI 1897. 



M. LE g6n6ral de Formanoir, Vice-President, 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proces- verbal de la s6ance d'avril est lu etadopt6. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a regus 
pour la Soci6t6 depuis la derniere r6union. 

1. Recueil des anciennes coutumes de la Belgique. — Cou- 
tumes de la ville de Furnes, tomes 2 et 3. 

2. Cartulaire de la commune d'Andenne, par M. L. Lahaye. 
tomes 1 et 2. 

3. Bulletin del'Academieroyale de Belgique, iv« serie tomexi, 
n^'* 1 a 4. 

4. Soeiete d*ai'cheologie de Bruxelles. Annuaire 1897. 

M. d'Herbomez envoie de la part de I'auteur, Dom 
Berhere un fascicule du Monasticon beige concernant 
les monast^res qui se trouvaient autrefois dans la pro- 
vince actuelle du Hainaut, et au nombre desquels 
figurent plusieurs abbayes de Tournai, notamment 
Saint-Martin, Saint-Nicolas des Pr6s, le Saulchoir, 
les pr6s Porgins et la Chartreuse de Chercq. Des 
remerclments sont vot^s k Tauteur. 

M. le President rend compte de la reunion de la 
Soci6t6 beige de numismatique qui a eu lieu k Tournai 
le 25 avril dernier. Notre Soci6t6lui a offert le vin 



— 95 — 

d'honneur dans la salle de r6ception des mus6es, k la 
Halle aux draps, oil la Soci6t6 de numismatique a 
ensuite tenu sa s6ance solennelle. La plupart des tra- 
vaux qui y ont 6t6 commuDiqu6s avaient trait k la 
numismatique tournaisienne. Apr6slas6ancelaSoci6t6 
a visit6 les mus6es, puis la catli6drale et son tr6sor. 
Elle s'est ensuite r6unie en un banquet k rh6tel de la 
petite Nef. 

M. le Comte du Chastel lit une note sur deux 
mMailles tournaisiennes publi6es par M. Serruredans 
la Gazette numismatique frangaise. On en vote 
rimpression. 

M. Ren6 Descl6e foumit des explications nouvelles 
sur la topographie de Tancienne halle des Consaux. On 
decide de joindre k sa communication une planche 
donnant le plan (d'apr^s B. Renard) de cet Edifice et 
de ses d^pendances. 

M. AUard donne lecture du texte r6vis6 des statuts 
et du reglement, qu'il a 6t6 charg6 de faire. On adopte 
sa r6daciion, eton decide d'ajouter au texte revis6 un 
article visant le cas de dissolution de la Soci6t6. Le 
texte de cet article, propos6 par M. Soil est renvoyc 
k la prochaine reunion pour etre discut6. 



UN JETON ET LNE MfiDAILLE RELATIFS A TOURNAI. 

Sous le titre Contributions a la numismatique 
TOURNAISIENNE, ou trouvo daus la Gazette numis- 
matique frangaise^ aux pages 83 et 86 de sa premiere 
livraison, deiix articles sign6s Raymond Serrure et 



— 98 — 

fepicycloide, Tofficier romain Paulus, k cheval, est sur 
le chemin de Damas, marchant vers la droite (gauche 
quant k Tavers) ; le cheval foudroy6 s'abat et le cavalier 
I6ve les yeux vers les rayons c6lestes qui operent sa 
conversion. 

Kain, 12 mai 1897. 

Le C** P. A. DU Chastel de la Howarderib. 



A PROPOS DUN SCEAU DE L'fiCHEVINAGE DU BRUILLE 

(MAI i255). 

Avant 1289, la commune du Bruille, autrement dite 
(« le Ch&teau, f» qui appartenait k la famille de Mor- 
tagne et relevait partie du Comte de Flandre, partie du 
Hainaut (i), entrait « comme un coin, « selon Texpres- 
sion de notre 6rudit confrere, M. d'Herbomez, dans le 
territoire de la Cit6. Cette situation n 6tait rien moins 
que nuisible aux int^rSts de la commune de Tournai. 
Aussi, en vue de rendre la defense plus facile en cas 
de si6ge et surtout aussi pour « 6tendre la juridiction 
de la commune sur un quartier constituant dans la 
ville mfime de Tournai, un lieu d'asile pour les gens 
qui avaient m6fait dans la Cit6 et dans le Bourg de 
Saint-Brice (2), » le magisftat tournaisien acquit de 
Marie de Mortagne,en d6cembre 1288 — Janvier 1289, 
la seigneurie du Bruille et le 30 mars 1289, Philippe 
le Bel ratifiait cet achat. 

On pourrait croire que lacquisition du Bruille par 

(1) Cfr. d'Herbomez. Coroment le quartier du Chateau fut r^uni A la 
citd de Tournai en 1289. Bulletins de la SocUU historique de Tournai, 
p. 55. 

(2) d'Hbrbomez. Philippe le Bel et les Tournaisiena, p. 2G. 



— 99 — 

les Tournaisiens marqua pour cette commune la fin de 
Texistence de son 6chevinage distinct, comme ce fut le 
cas pour le quartier des Chaufours. Mais il n'en est 
rien et le Bruille eut sa vie propre et ses magisirats 
particuliers jusqu'au r6tablissement de la loi commu- 
nale par Charles V, en ffevrier 1371 (n. s.). 

Nous croyons n'apprendre rien k personne en disant 
qu'au mois de f6vrier 1367 (n. s.), par suite de sMi- 
tions etded^sordres detous genres qui avaient 6clat6 
dans notre ville, le pouvoir central avait priv6 les 
Tournaisiens de leur droit de commune et par conse- 
quent de leur droit de nomination aux magistratures 
communales. Pendant un espace de quatre ans, Tour- 
nai n'eut plus ses magistrats ordinaires ; ils furent rem- 
plac6s par un gouverneur royal auquel 6taient adjoin ts 
des conseillers choisis parmi les bourgeois des diff6- 
rentes paroisses de la ville. Quand en f6vrier 1371 
(n. s.) le roi se d6cida k rendre aux Tournaisiens leurs 
anciennes prerogatives, il avait change le nombre de 
magistrats k eiire et consacrait la fusion complete et 
definitive de Techevinage du Bruille avec celui de 
Saint-Brice. Car, dit-il dans sa charte de 1371 (i), « ce 
aiouste que des sept eswardeurs qui vouloient (2) estre 
pris et esleuz en le paroche Saint-Brice de Tournay, 
les deux en seront pris et esleuz en le paroche Saint- 
Nicolas ou Bruille et les autres cinq en le paroche 
Saint-Brice dessus dite... » et plus loin «... Item que 
les diz trante eswardeurs eslirontquatorze preudommes 
bourgois heritez et nez de la ville pour estre eschevins. 
C'est assavoir sept deca escaut en la partie de I'eves- 
chie de Tournay et sept oultre I'Escaut en la partie de 

(1) Archives de Tournai. Cbartrier, layette de 1371. 

(2) Avaient coutame. 



— 100 — 

reveschi6 de Cambray (i), desquielz sept eschevins qui 
seront pris en la partie de TeveschiS de Cambray, les 
cinq seront esleuz des bourgois et habitans en la paro- 
che de Saint-Brice et les autres deux en la paroche du 
Bruille- Et seront tenus les sept eschevins ainsi esleuz 
en la partie de TeveschiS de Cambray de tenir leur 
si^ge et cougnoistre et de terminer des causes k eulz 
appartenans deux foiz la sepmaine au lieu acoustumS en 
la paroche du Bruille et les autres jours des plaiz au 
lieu et au si6ge acoustum6 en la paroche de Saint- 
Brice.... » 

La suppression definitive de I'^chevinage du Bruille 
ne date en r^alite que de cette ann6e, bien qu*ant6- 
rieurement k 1371, Philippe VI de Valois Teftt d6jA 
aboli. Mais il fut forc6 de le r6tablir. Voici en quelles 
circonstances. Au mois de mai 1333, la ville de Tour- 
nai par suite de differentes causes que nous n'avons pas 
k appr6cier ici, se vit d6pouill6e de son droit de com- 
mune et le roi de France ne laissa plus subsister que 
deux 6chevinages (2). Mais au mois d'aoftt 1340, apr^s 
la belle et h6roi'que d6fense de la place de Tournai par 
ses habitants, Philippe de Valois reconnaissant, ren- 

(1) Les quartiers de Tournai sur la rive droite de TEscaut, c'est-&- 
dire le Bourg de Saint-Brice, les Chaufours et le Bruille, d^pendaient 
de V6v^c)i6 de Cambrai. 

(2) Item les Trente (Eswardeurs) dessusdiz pourront ellire quatorze 
autres preudes hommes pour estre eschevins, c*est assavoir sept de 9a 
TEstanc (sic) en la partie de T^veschid de Tournay et sept de [la] 
TEstanc en la partie de Tdveschid de Cambraj desquiez sept de la 
I'Estanc, les dessusdiz trente elliront cincq en la parroisse de Saint-Brice 
et deux ou Bruile.... 

Item que les diz Echevins de Saint-Brice et du Bruile soient tenuz 
deux fois cbascune sepmaine de tenir leur sidge, olr les plaidoieries et 
faire leurs jugemens ou Bruille de touz meubles, cbatieux et h^r^tages 
dont question sera devant eulz du Bruile.... 

Archives de Tournai. Chartrier, layette de 1333. 



— 101 — 

dit aux Tournaisiens leurs anciennes franchises et 
r6tablit les trois 6cheviiiages de la Cit6, de Saint-Brice 
et du Bruille (i). 

Ces suppressions et r6tablissement momentan6s de 
r6chevinage du Bruille prouvent bien que les Tournai- 
siens tenaieni k conserver leurs trois 6chevinages 
s6par6s. Ce n'est en effet qu'A partir de Tannfee 1374, 
c'est-^-dire trois ans apr6s la fusion d6finitive par ordre 
royal, que les actes d'int6r6t priv6 commencent k porter 
cette mention « en le warde de I'eskevinage de Saint- 
Brice et dou Bruille. .» Ant6rieurement k cette date et 
inalgr6 la charte de fevrier 1371, on y trouve toujours 
«< en le warde des eskevins de Saint-Brice » « en le 
warde des eskevins dou Bruille, » suivant que Taffaire 
concerne sp6cialement des habitants ou de Saint-Brice 
ou du Bruille. 

De Tachat du Bruille par la ville de Tournai k son 
adjonction d6finitive au Bourg de Saint-Brice, il se 
passe en defalquant les ann6es pendant lesquelles 
rSchevinage fut supprim6, plus de soixante-dix ans 
qui laissent au Bruille une existence propre, son maire 
et ses 6chevins. Comment done expliquer que le d6p6t 
des archives de Tournai ne poss6de qu'une seule 
empreinte du sceau qu employaient les magistrals du 
Bruille? Le mus6e d'antiquit6s de notre viUe contient 
bien une matrice d'un sceau du Bruille, attribu6 au 
XII® siecle, duquel Bozi^re (z) donne un dessin et que 
notre savant et charmant confrere M. de la Grange 



(1) Item les diz trente Eswardears esliront vint et un preudbommes 
bourgois hdri tiers et n^s de la ville pour estre Escbevins, c*est assavoir 
sept de^a ]*Escaut en la partie de TdYescbid de Tournay et sept oiiltre 
TRscaat en la partie Saint-Brixe et sept ou Bruille.... 

Archives de Tournai. Cbartrier, layette de 1340. 

(^2) Tournai ancien et moderne, p. 303. 



— 102 — 

d6crit (i) mdme de cette fajon : « Sceau orbicu- 
laire. 0,07. Un chAteau k trois donjons cr6nel6s. 
L^ende : + S. Juratorum et Scabinorum Ville de 
Brile. gg Sceau orbiculaire (contre-scel du Bruile) 0,03. 
Ecusson triangulaire k la croiz, qui constitue les 
annoiries des anciens ch&telains de Tournai. L^gende. 
Contra sigillum de Brile. » Seulement il a ^t6 jusque 
maintenant impossible de trouver une empreinte de 
cette matrice appendue k un acteauthentique. Peut-dtre 
y aura-t-il m6me lieu pour nous de revenir, plus tard, 
sur cette question, qu'il n'est pas opportun de traiter en 
ce moment. 

Quoi qu'il en soit, au cours de notre travail de clas- 
sement et de 'mise en ordre des archives de Tournai, 
le hasard nous a permis de mettre la main sur un acte 
original du mois de mai 1255 portant un veritable 
sceau de I'fechevinage de la commune du Bruille. Nous 
en demandons une reproduction pour nos Annales et 
notre long preambule n a eu que le seul but de montrer 
I'importance de ce sceau qui est unique aux archives 
et rint6r6t que pr6sente notre trouvaille. 

Gr&ce aux connaissances sigillographiques de I'au- 
teur des Ginialogies toumatsiennes , M. le Comte du 
Chastel de la Howarderie, nous en donnons ici la des- 
cription la plus exacte possible : 

Sceau orbiculaire; diam^tre 0"048. Un ch&teau 
repr6sent6 par une tour ouverte accompagn6ede chaque 
c6t6 de murs ma^onn^s de quatre rangees de pierres, 
cr6nel6s de deux pieces et termin6s chacun par une 
petite tourelle couverte, le toit surmont6 d'une boule; 
la grande tour couverte d'un toit conique que termine 



(1) Bulletins de la SocUU historique et litt&aire de Tournai. T. 21, 
p. 134, n» 3. 



— 103 — 

6galement une boule, se trouve accostfie A la hauteur 
des machicoulis de deux tours poshes sur corbeaux et 
semblables aui petites tourelles du bas, le tout repo- 
sant sur une terrasse ondulee. 

L^gende : Sligillum Les Eskevins Es B|ruille. 



Ce sceau pend sur double queue de parchemlu k 
un document lui-m£me en parchemin dont voici la 



Sacent tout cil ki cest present escrit veront et pront, 
ke Me Sire Pieres Maistres de lostelerie Saint Nicolay 
del Bniille dales Toumay, frere Rollans et li consols 
de lostelerie devant dite ont a rente a Monnart Brise- 
bosc iretaulement une piece de tiere tenant a le tiere 
Maryen de Felines quartier et demy et demy cent 
parmy x. sals de blans et d'arlisiens le quartier et le 
remanant al allevant del quartier ki lieve tout ensanle 
ivi sals et iij mailles de le monnoie devant dite, a 
cascuue fieste saint Jehan Baptiste, j denier u blanc u 



— 104 — 

artisien de cens, en tel munidre ke Monnart devant dis 
doit paier a lostelerie devant dite cascun an iretaule- 
ment k cascun Noel viij. sals et j denier de blans u 
dartisiens, et a cascun fieste saint Jehan Baptiste, 
viij sals et une maille de blans u d*artisiens et le denier 
de cens devant dite a cascune fieste saint Jehan Bap- 
tiste, et ciste chose est faite po.ur le miols et pour le 
preut de lostelerie devant nomm6e et par Totroy et le 
consel de mon segneur larchedjakene de Braibant ki 
par devant mon segneur Pieron adont maistre de loste- 
lerie devant dite, Sohier Maton, Jehan de BuUemont, 
Jehan Pipelart, et fr6re RoUant et le consel de le mai- 
son devant dite loita et grea plainement, et par Totroy 
et le consel de mon segneur Pieron devant dit et par 
I'otroi et le consel des eskievins del Bruille ki virent a 
leur essiant ke ciste chose estoit li preus de le maison 
devant dite, et pour cou ke ciste chose demeurt ferme 
et estaule, et ke par longheur de tons ne soit mis en 
ouvlit, ne jamais a nul jour nus mals n'en soit fais, ne 
nus tors n'en soit cuis, si a me sire Pieres, maistres de 
Tostelerie devant dite pendut sen propre saijel a ceste 
cartre et li eskievin del Bruille i ont pendut le leur 
propre saijel en confermement de cesti chose. 

Ce fu fait Ian del incarnation Nostre-Segneur, m et 
cc. et Iv., el mois de may. 

Peut-on assimiler cette h6(ellerie de Saint-Nicolas du 
Bruille k I'hdpital du Chateau dont parlent Boziere (i) 
et M. Du Fief (2)? Nous n'osons r6pondre affirma- 
tivement. 

Quoi qu'il en soit, un point nouveau est acquis, 



(1) Tournai ancien et moderne, p. 451. 

(2) Atlas des villes de la Belgique au XVI^ siicle. 15* livraisoti. 
Tournai, p. 4. EtabJissements de bienHiis^ance. 



•— 105 — 

d'apr6s un document (i) de Janvier 1270 (n. s.), se rap- 
portant k la mSme institution, c'est que cet h6pital du 
Bruille 6tait administr6 par « me Sire Pieres, pries tre 
dou Bruille et li eskievin de cest meismes liu, maistre 
et pourveur (2) de lostelerie Saint Nicholai del bruille 
dales Tournai.... » 

A. IIOCQUET. 



(1) Archives de Tournai. Echevtnage du Bruille. Layette de 1370. 

(2) Administrateur. 



■^jI>K* 



- 106 — 



SEANCE DU 10 JUIN 1897. 



M. LE g6n6ral de Formanoir, Vice-President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc^s-verbal de la stance de mai est lu et adopts. 

M. le Secretaire depose les publications quil a 
revues pour la Soci6t6 depuis la derni^re s6ance. 

1. Bulletin de TAcademie rojale de Belgique, 67* annee, 
no« 2-4. 

2. Academie rojale. Notices biographiques et bibliogra- 
phiques. 1897. 

3. Expos6 de la situation administrative de la province du 
Hainaut pour 1897. 

4. Annales de la federation arch^ologique de Belgique, 
tome XI. Congres de Gand. 

5. Annales de TAcademie d'archeologie de Belgique, 4® serie, 
tome 10; 2«et 3Mivr. 

6. Bulletin de Tlnstitut archeologique liegeois. Tome 25. 

7. Compte rendu des seances de la Commission royale d*his- 
toire, tome 7, 2* bull. 

II est donn6 lecture de la correspondance. 

M . le Comte de N6donchel s*excuse de ne pouvoir 
assister h la stance. 



— 107 — 

M. le Secr6taire de la Soci6t6 beige de numismatique 
envoie quelques fascicules de la Revue de numismatique 
manquant k nos collections. 

M. le President du Congr^ arch6ologique de 
Malines prie la Soci6t6 de d6signer des d6l6gu6s char- 
g6s de la repr6senter, MM. Soil et d'Herbomez sont 
nomm6s en cette quality. 

On discute pour la seconde fois les articles du r^gle- 
ment relatifs k la dissolution de la Soci6t6, mais 
Tassembl^e n'6tant pas en nombre voulu par les statuts, 
le vote sur ces articles est renyoy6 k la prochaine 
r6union. 

M. de Formanoir f6licite MM. Descl6e et Soil du 
succ^s de leur conf6rence, avec projections photogra- 
phiques, sur Tournai en 1701, donnfee le 8 courant au 
profit de la Soci^te protectrice des Enfants moralement 
abandonn6s. Un membre rappelle k ce propos la pro- 
position de M. Houtart d'organiser Thiver prochain 
des conferences pour les membres honoraires de la 
Society et leurs families. 

M. de la Grange donne lecture d'un travail sur les 
armoiries communales de Tournai. On vote Timpres- 
sion de cette communication. 



LES VRAIES ARMES DE TOURNAI ET LE SCEAU 

DE LA VILLE. 

Un arr6te royal du 20 mars 1838, confirmant un 
dipldmedu 31 mars 1824, fixe les armoiries de Tour- 
nai qu'il d6crit en ces termes : « De gueules, charg6 
d'un fort d'argent donjonnfe de trois tours de m6me, au 



— 108 — 

chef cousu d'azur charg6 de trois fleurs de lis d'or, 
r6cu timbr6 d'une couronne d or. » 

Sauf quelques critiques de detail, tous ceux qui se 
sont, jusqua ce jour, occup6s du blason de Tournai (i) 
admettent que ce sont bien Ik les armes anciennes de la 
ville, en usage depuis 1426. Get avis n'est pas le mien, 
et je vais en donner la raison. Ce qui a amen6 Terreur 
commise, c'est qu'il est plus facile de regarder une 
jolie miniature enlumin^e que de lire le dipldme qui 
Taccompagne, plus facile aussi de Tinterpr^ter au petit 
bonheur que de se livrer k des recherches d'archives, de 
Tapprocher les vieux textes et d'en tirer les conclusions 
qu'ils comportent. C'est ce travail que je vais entre- 
prendre; etj'ai la conviction que le lecteur,qui voudra 
bien me suivre jusqu'au bout de mon petit mcmoire, 
adoptera Topinion que je pr6conise, bien qu'elle soit 
en contradiction avec les id^es g6n6ralement admises. 

Les documents dont je vais avoir k faire usage pour 
6tablir Texactitude de ma thdse, ne sont pas in6dits. 
lis oni presque tous 6t6 imprimis s6par6ment dans 
divers ouvrages, et cela tant bien que mal, plutdt 
d'ailleurs mal que bien pour le plus important d'entre 
eux, celui qui a fait naitre les idees fausses qui se per- 
p6tuent. Hennebert en effet a cru pouvoir, laissant de 
c6t6 le dipl6me original qu'il avait sous la main, se 
contenter d'une mauvaise copie du XVP si6cle,ins6ree 
dans un ancien cartulaire de la ville, en publiant dans 
le Messager des sciences hisioriques les Lettres de 
Charles VII autorisant les Toumaisiens k aj outer la 
brisure aux fleurs de lis aux anciennes armes de la 
ville. Je donnerai done en annexe, k la fln de cette 

(1) Consulter les Bull, de la Soc. hist, et litt, de Tournai. T. I, 
p, 52; III, p. 249; V, p. 246; et les M^moires de*la meme SocUM, 
t. IV, p. 361. 



— 109 — 

notice, le texte exact de ce dipldme qui n'a jamais 6t6 
imprim6 dans sa teneur r6elle. 

Cette question des armes de Tournai formera la pre- 
miere partie de mon m6moire. Dans la seconde, je 
dirai quelques mots relatifs auz sceaux dont la ville 
fit usage k diff<§rentes 6poques. Lk encore j'aurai 
d'6tranges erreurs k relever et k rectifier. 

I Les vrales armes de Tournai. 

Les armes primitives de la ville 6taient des armes 
parlantes; elles reprSsentaient un Toumay, selon 
I'expression que nous rencontrons dans une foule d'an- 
ciens textes. C'6tait la tour qu'on voyait sur la poitrine 
de nos vieux communiers comme sur les banni^res de 
la ville. Ainsi lors de I'entrfee de Jean II, dit le Bon, 
k Tournai en 1355, le Regisire de cuir noir nous 
apprend que « as premiers cresteaux dou beJfroid 
estoient les ij wettes et pluiseurs trumpeur qui \k 
trumpoient et cornoient; et avoient pennonceaus de 
vermeil cendal k blans castellais des armes de le 
ville. y> Dans la mfime circonstance, on offrit au roi 
trois boeufs qui furent conduits par des varlets, ^ ces- 
cun d'iceus vestis d'une vermeille cotte d blans castel- 
lais des armes de le ville. 9) Nous retrouvons les m£mes 
details, avec des termes identiques, en 1382, lorsque 
Charles VI vint pour la premiere fois a Tournai. 

L'historien Cousin rapporte que « en I'annfee 1420 
le Roy Charles (VI), selon quelques commentaires 
manuscripts, donna k la ville de Tournay un chef 
d'azur k trois fleurs de lys d'or avec une tour d'argont 
en camp de gueule (1). « 

(1) Jean Cousin. Histoire de Tournai, T. IV, p. 196. 



— no — 

Voici un point nouveau dans la question des armoi- 
ries de Tournai : ce serait k Charles VI que revlen- 
drait d'avoir, d6s 1420, bris6 les armes de Tournai du 
chef de France. Cousin est seul k parler de ce fait ; 
mais un document, que j'ai dScouvert dans nos archi- 
ves, semble lui donner raison. Pr6cis6inent en 1420 on 
faisait proc^der k quelques embellissements au beffroi; 
et les comptes d'ouvrages de cette ann6e portent la 
mention suivante : « A Henri le Quien, pointre, pour 
avoir fait et ordonn6 iij fleurs de lis d'or en une cam- 
pagne d'asur, et le castiel de la ville audit pignon du 
Belfroit, pay6 xij sols. » 

Cette mention est unique; aucun autre acte, k ma 
connaissance, n'existe, qui vienne confirmer le dire de 
Cousin ; aucune lettre royale ne vient, k cette 6poque, 
faire allusion k cette attribution des fleurs de lis ; et 
Charles VII, dans le dipldme dont je parlerai tout k 
rheure, ne la rappelle pas. Je crois done qu'il ne faut 
pas tirer de ce fait, que je devais pourtant signaler, la 
cons6quence absolue qu'il semble comporter. II ne faut 
voir la, je pense, qu'une tentative isol6e de flatterie k 
I'adresse du souverain, faite par un serviteur trop z6l6, 
de mdme que, comme je le prouverai plus loin, cela se 
renouvela quelques ann6es plus tard. 

Ne donnant done k ce fait qu'une importance rela- 
tive, arrivons au dipl6me de 1426. Cousin, k son 
sujet, s'exprime en ces termes : « Les affaires du Roy 
Charles septi^me estoient en si pauvre estat, qu encore 
que la ville de Tournay par les s6ditions civiles fut fort 
d6t6rior6e, si est-ce que pourtant qu'elle luy estoit 
affectionn6e, et estant situ6e ^s fins de son royaume et 
environn6e de toutes parts des peuples et pays que ses 
ennemys tenoient, avoitn6antmoins tousiours pers6v6r6 
en son ob6issance, il en tenoit tel compte que pour la 



— Ill — 

r^compenser il octroia que ceux de Tournay pourroient 
k tousioars mais avoir et porter ^s armes du corps de 
la ville un chef des armes de France, trols fieurs de lis 
d'or en champ d'azur plein. Donn6 k Meun-sur-Y6vre 
au mois de septembre Tan de grAce 1426, et de son 
r^gne le quatre (i). » 

Le dipl6me original, dont Cousin cite textuellement 
les dernidres lignes, existe dans les vitrines de notre 
musSe communal. Voyons done ce que dit ce docu- 
ment (2) : Charles VII voulant r6compenser lesTournai- 
siens de leur fid6lit6 in6branlable k sa personne et k la 
couronne de France, leur accorde en 1426 de pouvoir, 
s'il leur loyse^ briser leurs armes d'un chef de France. 
Remarquons bien le terme emplo^f^ dans le dipl6me; 
c'est pour ne Tavoir pas lu ou pour I'avoir n6glig6, 
qu'on a commis I'erreur que je cherche k rectifier. Pas 
un seul mot, dans I'acte entier qui nous occupe, ne per- 
mit de supposer que le roi a voulu imposer un nouveau 
blason k Toumai ; il donne simplement une autorisa- 
tion qu'il consid^re comme une marque d'honneur; 
mais il laisse aux Tournaisiens le droit d'en user ou de 
n'en pas user. Nous sommes bien loin, on le voit, des 
conclusions si formelles de ceux qui se sont contents 
de regarder Tenluminure peinte au has du dipldme. 

Quandces Lettres royalesparvinrent-elles A Toumai? 
yoilk ce qu'il m*est impossible de dire. J'ai pu k 
maintes reprises constater que, malgr^ la guerre qui 
d6solait la France, les rapports entre la Cour et Tour- 
nai 6taient frequents : c'6taient tantdt des chevaucheurs 
qui apportaient des lettres du roi, et auxquels la ville 
accordait quel que gratification, tant6t des envoy^s de 



(1) Ibid, T. IV, p. 206. 

(2) Pitee justificatWe n^ I, 



— 112 — 

la ville qui allaient k Bourges, k Chinon ou k Loches 
aux frais de la caisse communale. Presque toujours 
lorsque les messagers remettaient aux consaux des 
lettres royales, ceux-ci en consignaient I'analyse, sou- 
vent le texte mfime, dans les registres de leurs d6lib6- 
rations, et transmettaient leur contenu au peuple. Or 
il n'est nulle part question, ni dans les Registres des 
Consaux ni dans les Comptes communauoo, de la remise 
du dipldme royal dont nous parlous, et nos magistrats, 
durant plusieurs ann6es, semblent avoir voulu le tenir 
secret. 

Mais Texistence de ces Lettres de Charles VII finit 
par transpirer. Des individus sans mandat, par exc^s 
de z61e, firent apposer les armes, dont le roi avait 
autoris6 Temploi, dans la halle des doyens et en divers 
endroits de la ville. 11 n'y avait plus moyen de garder le 
silence; aussi le registre aux deliberations des consaux 
porte, 4 la date du 4 juin 1429, cette mention : « De 
mettre parbanni6resqueon remette les armes dela ville 
k Tanchienusaige selon les seaux dela ville. — Acordfi. ^ 

L'affaire en effet paraissait grave k nos magistrats : 
en acceptant les nouvelles armes conc6d6es par le roi, 
ils craignaient de m6contenter le peuple qui semblait 
consid6rer Tadjonction des fleurs de lis comme une 
sorte de mainmise de la couronne sur ses privileges; 
en ne les acceptant pas, ils couraient risque de 
deplaire au souverain. Afin d'6viter ces deux inconvfe- 
nients, ils recoururent au moyen dont ils usaient dans 
les circonstances scabreuses : renvoyer Taffaire aux 
bannieres, c'6tait esquiver les responsabilit6s person- 
nelles. Les banni^res s'6tant prononc6es, les magistrats 
n'avaient plus qu'k ex6cuter leur decision . C etait done 
le peuple de Tournai qui, rSuni dans ses comices, allait 
definilivement trancher la question. 



— 113 — 

L'affaire fut mise le lendemain en deliberation, 
apr^s qu'on eti communique par 6crit aux bannidres un 
rapport sur la question qui leur etait soumise (i). Dans 
ce rapport les consaux laissent entrevoir quel est leur 
avis personnel ; ils font remarquer que « lesdis sceaulx 
(de la ville) ne sont aucunement mu6z audit nouvel 
usage, mais tousiours demour6z en leur premier estat. y» 
La fidelite des Tournaisiens k la couronne de France 
est proverbiale ; ce n'est done pas pour faire injure au 
roi qu'ils repousseront I'autorisation qui leur est accor- 
dee : cette modification leur semble ^ non estre 
honnourable pour la ville. » Les consaux admettraient 
pourtant que le nouveau blason fut accepts pour cer- 
tains usages accessoires, tels que la decoration de la 
fierte des bourgeois que Ton portait a la procession. 
Aussi ne devons nous pas dtre surpris de voir que 
trente banni^res, sur les trente-six dont se compo- 
saientles metiers de Toumai, se soient prononcees pour 
le maintien du blason ancien, « sans faire mutation des 
armes ne quelque brisure y avoir. 9> 

Forts de cette decision prise par le peuple reuni par 
bannieres, les consaux firent retablir les anciennes 
armes de la ville k la halle des doyens et dans les 
autres lieux oil on leur avait substitue les nouvelles (2). 

Meme apres le dipl6me de 1426 et jusqu*^ la fin de 
la premiere domination frangaise, la tour continue a 
former seule les armes de Tournai. Pour le prouver, il 
me suffira d'enumerer chronologiquement les mentions 
de nos comptes communaux oil il en est question, 
et aussi les jetons k Tusage de la ville qu'a decrits 
M. le Comte de Nedonchel dans nos Bulletins. 



(1) Pi&ce justificative n° II. 

(2) Pidce justificative n<> lif. 

ANNALBS. 111. 8 



— 114 — 

Le compte d'ouvrages de 1441 portecette d6pense : 
^ A Pi6rart Barat, pointre, pour avoir assis et fait, sur 
deux bani6rettes de samyt, deux castiaux d'argent k 
chacune et faisant les armes de la ville, servans as deux 
trompettes d'icelle, mises en la halle des doyens, x s. 
vj d. » En 1455, Haquinet Quenon, egalement peintre, 
peignait « k olle les montans de ploncq de le grant 
halle, » et les semait «« de castelz argent6z. » 

Vers la m6me 6poque, en 1453, on faisait quelques 
travaux aux fortifications de la porte Saint- Martin. 
Dans ces circonstances une pierre, portant date ou 
inscription, rappelait d'ordinaire ce souvenir. Or on a 
retrouv6, il y a quelques annees, en ce lieu, un grds 
dfepose aujourd'hui dans le musee de la ville : il repr6- 
sente une jolie tour k trois donjons, sans fleurs de lis, 
avec la date « Tan mil iiii''; « malheureusement une 
cassure a d6truit le restant de la date. Je ne puis done 
affirmer que ce soit Ik un argument indiscutable en 
faveur de ma th^se; mais pourtant il est fort probable 
que ce gres est post6riear a 1426, les travaux pr6c6- 
dents k la porte Saint-Martin datant de 1395. 

• Un jeton tournaisien, d6crit au tome vii de aos 
Bulletins, et que M. le Comte de N6donchel croit pou- 
voir attribuer au r^gne de Louis XI, porte k lavers 
« une tour crenel6e k deux donjons terminus par une 
boule, accost6e de deux fleurs de lys » avec cette 
I6gende : Dieuv. nos. doin. pais, samour. Nous ren- 
controns ici les fleurs de lis ; inais elles ne sont que 
deux, et ne sont pas pos6es en chef: ce n'est done 
6videmment pas la brisure de France, et cela ne con- 
tredit en rien ma these. 

" A Jehan Samin, tailleur d'imaiges, disent les 
comptes d'ouvrages de 14G9, pour avoir taillie deux 
casteaux des armes de la ville, en la faulse cou- 



-^ 115 — 

pie de la maison du conchierge de la halle, x s. n' 
Citons encore deux jetons tournaisiens. L'un porte 
k Tavers ^ une tour surinont6e de deux pignons et 
accol6e de deux fleurs de lis couronn6es. « C'est, dit 
M. le Comte de N6donchel, une pidce de circonstance 
frapp^e k Toccasion de la naissance d un fils d'un roi de 
France, peut-6tre Charles VIII, en 1471. Le mfime 
auteur d6crit Tautre jeton de la fagon suivante : ^ Une 
femme coiff6e k Tantique tient un 6cusson aux armes 
de la ville (une tour), accost6es de deux fleurs de lys. 
— L^gende : iett. en. la. mone. de. Toumai. 1491. n 
Nous voici parvenus aux derni^res ann6es du 
XV® si^cle, k la veille du jour oA Tournai cessera 
d'appartenir k la France. Avant d'aller plus loin, 
r6sumons en quelques lignes les r6sultats de Tenqu^te 
k laquelle nous venons de nous livrer. Charles VI selon 
les uns, Charles VII suivant le plus grand nombre et 
conform6ment au dipl6me encore existant, autorisa les 
Tournaisiens k adjoindre^ leur ancien blason un chef 
de France. Ce fut, nous ne saurions trop le r6p6ter, 
une simple autorisation et non un ordre : les termes 
du dipl6me sont formels k cet 6gard. Les Tournaisiens 
repouss^rent 6nergiquement cette pr6tendue marque 
d'honneur et firent r6tablir partout Tancien blason. 
Dans tous les faits que j'ai cit6s post^rieurement k 
1426, nous ne voyons jamais apparaitre que la tour 
pour armes de la ville; jamais nous ne rencontrons 
Tadjonction des fleurs de lis au chef de r6cu. II est done 
d6sormais absolument incontestable qu'4 la fln du 
XV® si^cle, 75 ans apr^s la d6livrance du dipl6me de 
Charles VII, Toumai avait conserv6 intact son premier 
6cusson k la tour et rien qu'4 la tour. 

Je dois pourtant dire ici que, si le chef de France 
n'apparait jamais dans le blason tournaisien, le souve- 



— 116 — 

nir du dipl6me de 1426 semble s etre perp6tu6, durant 
la p6riode frangaise, dans le seel des doyens et sous- 
doyens des m6tiers. Celui que nous voyons figurer au 
bas d'un acte de 1458 repr6sente un ange soutenant 
deux 6cus accol6s : Tun aux armes de France, I'autre k 
la tour ouverte et hers6e. Entre les pointes des ecus, 
un cerf couch6. 

La matrice employee en 1480 difFere peu de la pr6- 
c6dente : la disposition est la mSme, mais la gravure 
est plus soign6e. La tour, 6galement ouverte et hers6e, 
pr6sente une forme plus 6lanc6e; les trois donjons qui 
]a couronnent sont mieux accuses. Quant au cerf pos6 
au bas du sceau, il est debout au lieu d'fitre couch6. 

Ces fleurs de lis marquent bien la domination fran- 
^aise, car au XVP si^cle (1532) nous retrouvons un 
nouveau seel des. doyens, dans lequel les armes de 
TEmpire remplacent le blason de France. Ces d6tails, 
que je devais signaler, ne contredisent point ma these. 

Continuons nos recherches et voyons si, depuis que 
Tournai cessa d'appartenir k la France jusqu'^ r6poque 
oi Louis XIV s'empara de nouveau de cette ville, il est 
survenu quelque modification a ses armes, et si nous 
rencontrons enfin les fleurs de lis dans son blason. 
Les documents k consulter sont de trois sortes : les 
chroniques, les jetons et les monuments. Etudions-les 
successivement. 

En fait de chroniques, nous n'en avons que deux, les 
r6cits des Entr6es de Philippe II et d'Albert et Isabelle 
k Tournai, ins6r6s au Registre de cuir noir et publi6s 
dans mes Entries de souverains. En 1549, « les ser- 
gens avoient k la poictrine ung escut d'argent oil 
estoient les armoiries imp6rialles et au dessoubz par 
bas un Tournay d'argent. »» De fleurs de lis, il n'en est 
pas question. 



— 117 — 

En 1600, on voyait dans le cortege « tons lesdicts 
sermens bravement ^quippds et aorn^s de leurs parures 
et couUeurs, qui sont de rouge et de blancq. " S'il n'est 
pas question ici de blason, du moins nous rencontrons 
les couleurs de la ville rappelant le ch&teau d'argent en 
champ de gueules; mais nous ne voyons figurer ni le 
bleu ni le jaune, qui feraient allusion auz fleurs de lis 
d'or en champ d'azur. 

Aux preuves manuscrites, tiroes des chroniques, 
nous pouvons ajouter une deliberation des Consaux. 
Le 5 aotlt 1572, ces magistrats d6cidaient de faire 
faire six enseignes de taffetas cord6, de 10 k 12 aunes 
chacune, pour les six compagnies bourgeoises, crudes 
par resolution du 25 juillet precedent, en prenant les 
couleurs de la ville, savoir : le blanc et le rouge, avec 
telle autre couleur que le capitaine voudra choisir, et 
faisant peindre un Tournay k chaque enseigne. 

Les jetons tournaisiens, frapp^s durant la periode 
que nous etudions en ce moment, sont trop nombreux 
pour que je les d6crive tons ici ; et d'ailleurs les ele- 
ments de ce travail me font defaut, depuis que je suis 
eioigne de Tournai. Sans I'excessive obligeance de 
mon erudit confrere, M' E. J. Soil, qui a bien voulu 
faire pour moi le releve des jetons de sa collection, il 
ne me serait possible d'employer que les trop rares des- 
criptions publiees dans nos bulletins par M. le Comte 
de Nedonchel. Utilisons done la gracieuse communica- 
tion de notre excellent confrere. 

En 1521, deux types se rencontrent : dans Tun la 
tour se trouve accostee de deux fleurs de lys; dans 
Tautre, elle est surmontee d'une aigle, armes de 
Tempire, et accostee de deux K, initiale du nom de 
Charles-Quint. 

En 1542, 1543, 1546, les jetons ne portent que la 



— 118 — 

tour h trois donjons. Voici comment M. le Comte de 
N6donchel d6crit le jeton de 1553 : « une tour cr6ne- 
lee k trois donjons s6par6s par des pignons k pointes ; 
elle a porte ouverte, herse etmeurtri6res; deux chiffres, 
un 5 A la gauche et un 3 A la droite de la tour indi- 
quent la date de la pi^ce 1553. ^ Nous retrouvons le 
m6me type en 1554, 1555, 1560, 1563 et 1566. 

L'ann6e 1581 apporte une modification et nous 
montre (exemple unique) la tour surmontfee du chef de 
France. Mais la monnaie obsidionale, frapp6e en la 
m6me ann6e durant le fameux si^ge de la ville par le 
Prince de Parme, reproduit le type ordinaire, la tour 
sans laccompagnement des fleurs de lys. 

C'est encore la tour seule que nous retrouvons sur les 
divers jetonsde 1586, 1614, 1638, 1644, 1647, 1652, 
1653, 1655, 1656, 1658, 1660 et 1665. Elle est ecu- 
ronnee de trois donjons, parfois de cinq. Ainsi celui 
de 1665, au revers duquel on lit : pour messieurs les 
privostz et iuris de Tournay. 1665, porte sur la face 
un 6cusson k la tour cr6nel6e de cinq pieces, sans 
fleurs de lis. 

J*ai dit plus haut que la troisi^me s6rie de docu- 
ments k consulter relativement k la question que je 
traite, consiste dans les monuments. Je vais done citer, 
dans leurordre chronologique, ceux quemes recherches 
m'ont fait connaftre. 

« A Jehan de le Valine, tailleur d'imaiges, et 
Pierre de Ladder riere, pour avoir faict et taillie trois 
lions de pied et demy de hault, tenant chacun ung 
escut oA il y a ung Tournay 6s deux, et au tierch les 
armes de Flandres, Ivj sols. « (Compte douvrages 
de 1538.) 

« A Gilles Le Grand, pointre, pour avoir faict et 
point k grand nombre de seaux de cuir, servant au 



— 119 — 

p6ril defeu, ung Tournay, xxviij lb. x s. » (Compte 
d'ouvrages de 1570). 

Dans un petit travail que j'ai publi6 jadis (i), figure 
une planche repr6sentant un tableau a prater serment, 
qui appartient ^ M. le Comte du Mortier. C'est un petit 
triptyque sur Tun des volets duquel est sculpt6 S. Piat, 
et dessous un 6cusson aux armes inip^riales ; sur Tautre 
est S. Eleuth6re, sous lequel sont les armes de Tournai, 
la tour d'argent en champ de gueules sans la brisure 
aux fleurs de lis. Par son aspect g6n6ral« de mdme 
que par la presence de I'aigle k double tSte dans un 
des 6cussons, cet objet pent 6tre attribu6 k la seconde 
moiti6 du XVI® si^cle. . 

Ne serait-ce pas k la mfime 6poque qu'il faudrait 
rapporter le Quignon des Damoisattx, qui existe encore 
da&s le tr6sor de la cath6drale? Voici ce qu'en dit 
notre confrere, M. L. Cloquet dans son ouvrage 
Tournai et Toumaisis ; «« On d6signait sous le nom 
de Quignon le grand mSdaillon en argent, artistement 
cisel6, que le valet de la Confr6rie des Damoisaux por- 
tait aux processions; on y voit la ville de Tournai 
sous la figure d'une pucelle assise au milieu d'un 
cbAteau fort arros6 par TEscaut, tenant deux 6cussons, 
Tun, aux armes de 1 empire, surmont6 d'une couronne, 
Tautre aux armes de Tournai. » 

Ces>deux 6cussons en 6mail sont attaches au Quignon 
par de petits 6crous. Le second ne porte que la tour 
d'argent sur fond de gueules. Son mode d'attache pour- 
rait faire supposer qu'il appartenait a un bijou plus 
ancien. Je crois pourtant pouvoir.le citer k litre 
d'argument pour ma cause, en presence de I'autre 
^cusson, attach6 de la mSme maniere, et qui ne saurait 
6tre ant6rieur au milieu du XVP si^cle. 

(1) Bull, de la Soc, hist, de Tournai, T. XXI, p. 10. 



— lEO — 

Au compte d'ouvrages de 1606, nous lisons : ^ A 
Pierre Taverne, tailleur de pierres, pour avoir faict 
ung Toumay et la date du temps sur une pierre ser- 
vante de clef au manteau de la chemin^e de la sallette 
par bas en la halle Saint Brixe, v lb. »* 

Un petit monument datant de 1631, la Croix-Notre- 
Dame, qu'on voit encore le long du chemin de Toumai 
k Cysoing, et qui marquait la limite de Tancien pou- 
voir de la ville, porte sur son soubassement les armes 
de Toumai, T^cu k la tour sans fleurs de lis. 

Parvenus k I'fipoque oA Louis XIV r6unit Toumai k 
la France, rSsumons la situation que nous fournissent 
les documents cit6s. Sauf un jeton toumaisien, celui 
des 6clievins de 1581 , aucun r6cit contemporain, aucun 
monument ne nous montrent les fleurs de lis dans le 
blason de Toumai. Ne suis-je pas en droit d'affirmer 
que les vraies armes de la ville sont celles uniquement 
k la tour? Si, post6rieurement au dipl6me de 1426, 
nous constatons qu'il fut appos6 en certains lieux des 
blasons avec fleurs de lis, c'est pour voir Tadminis- 
tration communale, d'accord avec le peuple, protester 
contre cette adjonction et payer le travail n6cessit6 par 
leur suppression. Ainsi, pendant 250 ans Toumai ne 
porta que la tour sur ses enseignes. 

Lefait par Charles-Quint d'avoir, en 1523, grande- 
ment modifi6 la magistrature toumaisienne en en 
excluant Telfement populaire, avait 6toufffe les id6es 
d'ind6pendance dans la population. Aussi n*y a-t-il pas 
lieu d'etre surpris si aucune protestation ne se fit 
entendre lorsque, apr6s la prise de Toumai en 1667 
par Louis XIV, les fleurs de lis appararent dans le 
blason tournaisien. U ny eut aucun ordre du roi k ce 
sujet, et la chose passa inaper^ue. 

Aussi d'Hozier, lorsqu'il r6digea YArmo^nal gini^^al 



— 121 — 

de France (1696-1710), put-il 6crire : - La ville de 
Tournay porte de gueules k une tour d'argent cr6nel6e 
de trois gu6rittes en saillie de mesme, massonn^es de 
aable et mouvantes de la pointe, et un chef d'azur 
charge de trois fleurs de lis d'or (i). - 

Bien que Tadoption du chef de France dans les 
armoiries tournaisiennes semble d^finitif & partir de 
1667, ce ne fut pourtant pas une r^gle sans exception. 
Ainsi un joli panneau de bois sculpts, qui fait actuel- 
lement partie de notre musto communal et qui semble 
avoir appartenu k Tun des arcs de triomphe dress6s 
pour Tentr^e de Louis XIV, porte r6cusson de France 
couronn6 avec les anges pour supports. On voit au-des- 
S0U8 le blason de Toumai colori6, k la tour d'argent 
sans le chef aux fleurs de lis. 

Les comptes d'ouvrages, que j'ai d6j& eu lieu de citer 
k diff^rentes reprises, nous montrent encore deux 
exceptions k la r^gle nouvelle. Dans ceux de 1675, 
nous lisons : << A Antoine de Berlaimont, peintre, pour 
avoir peinct des Tournay . argentfo et aultres embel- 
lissemens sur les chandeilles donn6es k I'honneur de 
S. Eluther, xl s. " ; et dans ceux de 1684 : <« A Antoine 
de BerJaimont (le flls), peintre, pour avoir peint six 
Toumaj sur du carton blan, et peint aultres embellis- 
semens pour mettre sur six chandeilles dans T^glise 
cath6drale pendant la messe de S. Eluther, iij lb. 't 

La s6rie des jetons toumaisiens, post^rieurs k 1667, 
nous montre que, sous la domination autrichienne aussi 
bien que sous le regime fran^ais, le blason de Toumai 
demeura tel que le d6crit d'Hozier. 11 en fut ainsi en 
1667, 1683, 1686, 1714, 1716, 1745 et 1787. 



(1) Biblioth^ue Nationale k Paris. — Armorial gSn^ral de d'Hozier. 
Vol. Fiandres, p. 953. 



^ 122 — 

Je ne connais qu'une seule exception a cette rdgle, 
et cette exception se pr6sente sous la domination fran- 
^ise. Lorsque, durant le si6ge de Tournai en 1709, le 
marquis de Surville fit frapper des monnaies obsidio- 
nales, pas une seule ne reproduisit les armes de la 
ville avec les fleurs de lis. Au contraire, le g6n6ral 
Cocheteux, qui les a d6crites au tome iv des M6moires 
de notre Soci6t6, cite quatre vari6t6s en cuivre qui ne 
portent que la tour. II me suffira d'en d6crire une, les 
autres ne pr6sentant que de I6g6res variantes. 

« Petit cuivre. Pi6cede2 patards (uniface). — Tor- 
naco obsesso. Tour cr6nel6e de quatre pieces, ajourfee 
d'un oculus, ouverte et hers6e. Au-dessus de la tour le 
chiffre 2, indice de la valeur : 2 patards ; au-dessous la 
date 1709. Dans cette pi^ce, la tour se compose de dix 
assises jusqu aux cr6naux, et les joins sont marqu6s ' 
en relief (i). » 

Lorsque survint la revolution brabangonne, Tficu aux 
fleurs de lis surmontant la tour , continua' d'fitre 
emplo3'6. Nous le trouvons au revers d'une pi^ce de 
monnaie frapp6e par le gouvernement des Etats Bel- 
giques en vertu du rfeglement du 14 aoilt 1790 (2). On 
y voit dans le haut un 6cusson de gueules k la tour 
ouverte d'argent, donjonn6e de trois pieces, au chef 
cousu d'azur charg6 de trois fleurs de lis d'or rangSes. 

Ce nouveau blason 6tait si bien devenu le blason 
tburnaisien, que nous le retrouvons sur le sceau de 
Tfichevinage, qui fut grav6 en 1793. Dans ma Des- 
cription sommaire de quelques matrices de sceamc^ j'ai 
d6crit celui-ci, qui appartient k notre mus6e communal, 
de la fa^on suivante : « Sceau orbiculaire en cuivre. 



(1) Mdm. de la Soc. hist, de Tournai, T. IV, p. 148. 

(2) €*« P. A. DU Chastel. A propos de trois mddailles, p. 9. 



— 123 — 

Diam. = 0,039. — Un 6cusson de gueules a la tour 
ouverte d'argent, donjonnfie de trois tours de mfime, 
au chef cousu d'azur a trois fleurs de lis d'or rang6es. 
L'6cu pos6 sur deux palmes est surinont6 d'une cou- 
ronne de roses, et accost6 des lettres S et B. — 
L6gende : cachet de l6chevinage de tournay. 
1793 (i). ^ 

Me voici parvenu aux temps modernes, que je n'ai 
pas k examiner. Au lecteur qui aura ,bien voulu me 
suivre jusqu'au bout, de voir si mes arguments Tont 
convaincu et de d6cider si les vraies armes de Toumai 
sont celles k la tour, qu'on employ a tant que le peiiple 
sut conserver son ind6pendance, ou celles a la tour 
bris6es du chef de France, en usage depuis Louis XIV. 

Les adversaires de la thdse que j*ai d^fendue dans 
le travail pr6c6dent m'objecteront peut-6tre les nom- 
breux exemples de blasons de Toumai, dans lesquels 
se voit le chef aux fleurs de lis et qu'on rencontre dans 
les anciens plans de la ville et au frontispice de cer- 
tains livres sortis des presses de nos imprimeurs. La 
collection Desmazi6res, I6gu6e par notre regrett6 con- 
frere a notre d6p6t d'archives, fournit en effet plusieurs 
exemples du blason de Tournai au chef de France. 

A cette objection, il me sera facile de r6pondretout 
d'abord que, si certains plans portent les armes ainsi 
modifi^es, il en existe un tout aussi grand nombre oH 
Ton ne rencontre que la tour. Notre ancien confrere, 
le capitaine A. Dejardin, en signale des exemples sous 
les num6ros 3, 5, 6, 7 et 37 de ses Plans de la ville 
de Tow^ai (2). II en indique, il est vrai, cinq autres 
ot se rencontrent les fleurs de lis ; et Tun d'eux mfime 



(1; Bull, de la Soc. hist, de Tournai, T. XXI. p. 134. 
(2; Bull, de la Soc, hist, de Tournai, T. XVIII. 



— 124 — 

pr^sente une particularity qui m6rite d'etre signalte. 

Ce plan, dress6 en 1708 par le sieur G. de Baillieul, 
giographe^ rue Saini-S4vertn {k Paris), est orn6, k la 
partie sup6rieure, de 65 6cussons de gentilshommes 
tournaisiens. On j voit aussi, en haut k droite, le 
blason de la ville avec le chef de France, qu'accom- 
pagne cette iSgende : «« Les armes de la ville de 
Tournay donn6 {sic) par Charles 7 dit le D6bonnaire, 
roy de France, en 1420. ^ Malgr6 I'erreur historique 
qu'elle renferme, cette I6gende dtait bonne k citer, car 
elle rappelle le fait relate par le chanoine Cousin, qui 
attribue k Charles VI d'avoir, pr^cis^ment d6s 1420, 
conc6d6 k la ville de Tournai le droit, de briser ses 
armes anciennes du chef de France. 

Je ferai remarquer en second lieu que des plans et 
des marques d*imprimeurs, comme en employ^rent 
Anselme du Puicht (1699-1725) et Jovenau (1731- 
1782), ne constituent pas des documents officiels. Or 
il s'agit pr6cis6ment de savoir quelles 6taient les armes 
dont la ville de Tournai usait officiellement. C'est pour 
cela que, dans Tenqudte k laquelle je me suis livr6, 
j'ai tenu k n'emplojer que des extraits de comptes, des 
deliberations de magistrats, etc. D'ailleurs tons nos 
plans reproduisant les fleurs de lis sont posterieurs au 
r6gne de Louis XIV, sauf un qui date de 1574. N'ou- 
blions pas du reste que, dans leur rapport de 1429 
adresse aux Banni^res, les Consaux disaient ne voir 
aucun inconvenient k ce que Ton fit usage des fleurs 
de lis en tout ce qui ne serait pas officiel. 

De nouveau je demande au lecteur de se prononcer, 
et de dire si les armes v6ritables de Tournai doivent 
porter la brisure aux fleurs de lis. 



— 125 — 



II. Les soeanx de Tonrnal. 

La question des sceaux dont les diverses juridictions 
delaville de Tournai firent usage k differentes 6poques, 
serait curieuse k 6tudier. Ce travail tentera peut-6tre 
un jour I'un ou Tautre de mes Srudits confreres. Je me 
bomerai done, dans cette seconde partie de mon 
m^moire, k relever une 6trange erreur dans laquelle 
une gravure fautive a fait tomber un savant arch6o- 
logue, et k fournir par Ik ma contribution k une 6tude 
complete. 

Le plus ancien sceau de Tournai, que je connaisse, 
appartient k la fin du XI P si^cle. U en existe un mou- 
lage dans les vitrines du mus6e communal. II repr6- 
sente une tour cr6nel6e, sans toiture, accost^e de deux 
autres plus petites surmont6es de toits coniques. Le 
sceau usit6 au XI IP si^e (1265), qui figure ^gale- 
ment au mus6e, est presqu'identique, et ne pr6sente 
que de l%^res differences avec le pr6c6dent. 

II en serait pourtant tout autrement si Ton devait 
s'en rapporter au savant ouvrage de monsieur Lecoy 
de ' la Marche, Le Xlir sidcle ariistique. Suivant 
r^rudit arch6ologue, qui pourtant ici s'est tromp6, la 
ville de Tournai aurait, d^s le XIII* si^cle, renonc6 
au sceau dont elle usait pour j substituer une matrice 
nouvelle repr6sentant une enceinte fortifi6e au centre 
de laquelle se dresse le befiroi communal. C'est du 
moins de cette fa^on qu'il faut, je pense, et bien que 
I'auteur ne le dise pas dans son texte, interpreter la 
presence, dans Touvrage cit6, d'un pr6tendu sceau de 
Tournai. S'il en 6tait autrement, ce dessin, d'ailleurs 
inexact, n'aurait aucune raison de figurer dans un 
ouvrage traitant de Tart au XI IP si6cle. 



— 126 — 

El tout d'abord cette gravure n'est pas, comme on 
pourrait le croire et comme le dit d*ailleurs Tauteur, 
la reproduction d'une empreinte authentique ; c'est tout 
simplement la r66dition de la planche xxviii du 
Toumai ancien et modeme de Bozi6re, et ce sceau n'a 
jamais exists. Comme je Tai d6j^ fait remarquer ail- 
leurs (i), Tartiste qui a grav6 cette planche a commis 
une erreur : il place une fleur de lis sur chacune des 
banniSres qui surmontent les toits coniques des tours. 
Or, dans le sceau r6el, ces banni^res portent alterna- 
tivement la fleur de lis et la tour, respectivement 
emblfimes du royaume de France et de la ville de 
Toumai. 

Mais ce n'est pas tout. Admettant que ce sceau ait 
6t6 reproduit d'une fagon exacte, ce n'est pas au 
XIII* si6cle qu'il faudrait I'attribuer, mais bien k la 
seconde moiti6 du XIV®. En effet le roi Charles V 
ayant retir6 le droit de Commune k Toumai en 1367, 
ordonna par ses Lettres (2) que « y aura un seel qui 
sera fait nouviel dedans lequel serapourtraitet enpraint 
une tour et environ les fleurs de lis, duquel seront 
seell6es les lettres desdits contraux et obligacions et 
toutes autres dont mestier sera. » Ce ne fut done, 
comme je le disais, que dans la seconde moiti6 du 
XIV® siecle que fut grav6 le sceau qui nous occupe. 
Le semis de fleurs de lis marqua la suppression du 
droit de Commune et fut sans doute une des causes qui 
flrent rejeter le chef de France par les Tournaisiens 
lorsque le roi Charles VII les autorisa k I'adjoindre k 
leur ancien blason. 

Voici comment j'ai d6crit ce sceau dans I'inventaire 

(1) BulL de la Soc. hist, de Toumai, T. XXI, p. 133. 

(2) Pidce justificative n^ IV. 



— 127 — 

de la section sigillographique du mus6e communal : 
« Sceau orbiculaire en argent. D=0,077. — Sur nn 
semis de fleurs de lis, le BefTroi muni de ses contre- 
forts, galeries cr6nel6es, campanile flanqu6 de tou- 
relles, la fl^che somm6e d'un dragon ail6. Le monu- 
ment s'6leve au centre d'une enceinte de ville fortifi6e 
de six tours couvertes de toitures coniques. Au sommet 
de chacune de ces tours et des tourelles du campanile, 
un 6tendard portant alternativement une fleur de lis 
et une tour. — L6gende : sigillum communie civitatis 

ET VILLE TORNACENSIS. » 

Disons en passant, comme I'a d'ailleurs d^jk fait 
Bozi^re, que I'existence de ce sceau en 1367 prouve 
Terreur de Poutrain, qui attribue le campanile et le 
dragon du beffroi k la restauration qui suivit Tincendie 
de 1390. On ne fit que r6tablir Tancien 6tat de choses. 

Vers la m^me 6poque, puisque je I'ai rencontr6 au 
bas d'une char to de 1 37 1 , fut grav6 un autre sceau 
pr6sentant une certaine analogie avec le pr6c6dent. 
Pourtant il na que deux tours k I'enceinte, et elles 
sont plac6es de chaque c6t6 de la porte de la ville ; 
cette porte est surmont6e d'une toiture plus 6lev6e que 
dans Tautre sceau; k droite et k gauche du beffroi, 
nettement reconnaissable, sont places deux autres 
petits beffrois. La I6gende est : sigillum ad cal^as 

COMMUNIE TORNACENSIS. 

Lorsque la Commune futrestitu6e^Tournai en 1370, 
on continua k se servir du sceau fait en vertu des 
Lettres de 1307; et d6sormais on ne cessa plus d'en 
user. On se contenta de renouveler la matrice lorsque 
cela devenait n6cessaire : ainsi celle que possdde encore 
notre mus6e communal et qui a servi de module pour 
la gravure erron6e de Touvrage de Bozi^re, date de 
1551. Nous lisons en effet dans le Compte general de 



— 128 — 

cette ann6e : « A Jehan Gabry, le josne, orph^vre, 
pour avoir refait les grant et petit seaulx des mayeur 
et eschevins de ladite ville (de Tournai), xv lb. *» 

La revolution brabangonne, comme je I'ai dit en 
parlant des armoiries de la ville, modifia les choses en 
1793, et employa le sceau que j'ai d6crit plus haut, 
lequel servit jusqu'^ Tinvasion frangaise de la fin du 

si^cle dernier. 

— f 

NOTE COMPLEMENT AIRE. 

Ma notice relative aux armoiries de Tournai avait 
6t6 conimuniqu6e depuis longtemps k la Soci6t6 histo- 
rique, lorsque, k la veille de son impression, le ha sard 
de mes lectures me fit rencontrer un nouvel argument 
k Tappui de ma th6se, qui m'avait 6chapp6 au cours de 
mes pr6cedentes recherches. 

Philippe de Hurges parlant, dans ses MSmoires 
deschevin, des num6raux remis en salaire aux jur6s 
et 6chevins de la ville, dit qu'ils sont » pieces de cuivre, 
k peu prds de la grandeur d'un Hard, marques d'un 
cost6 des armes de la ville, qui est une lour (i). » II 
n'est nullement, comme on le voit, question de fleurs 
de lis. Or Philippe de Hurges devait bien savoir 
quelles 6taient, de son temps, les vraies armoiries de 
Tournai, a Tadministration de laquelle il avait parti- 
cip6 soit comme 6chevin (1609-1611), soit conmiejur6 
(1612-1613. 1616, 1618, 1620, 1622). II est done de 
plus en plus incontestable que, aud6butdu XVIPsi6cle, 
la ville de Tournai et ses magistrats ne reconnaissaient 
que la tour pour armoiries. 

A. DK LA Grange. 

(1) M^. de la Soc. hist, de Tournai, T. V, p. 30. 




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— 129 — 



PIECES JUSTIFICATIVES-. 

I. — Lettres de Charles VII modifiant les armes de Toumai. 

Charles, par la gr&ce de Diea Roy de France. Savoir faisons k 
tous pr^sens et advenir qae cealx repputops de perpetuelle 
memoire ejb haulte remuneration envers nous, de qui ses leables 
et plus lo^z fais et m^rites tousiours en mieulx et k meillieur 
entencipn continuez ont persiste en tout temps par yertueuse et 
honorable Constance en la yraye ob^issance et subjection comme 
loyaulz subjectz et soubzmis, ob^issans^ la eouronne de France, 
et qui par singulidre affection lenr loyaulte gard^e en la deue 
et continue subjection de nostre mtgeste royal en leurs loyaulx 
couraiges, et par effect veritable advou^ nous ont et congoeu k 
leur naturel et souverain seigneur, pour quoy doncques raison 
et bonne ^quict^ admoneste et induit favorablement nostre 
magnificence de tenir et avoir nos trds chiers et bien am^z les 
pr^vostz, jur^z, eschevins, eswardeurs, doyens et soubzdoyens^ 
communaulte et peuple, manans et habitans de nostre bonne 
ville et cite de Tonrnay en singulidre, especial et amiable 
recommandation, dignes envers nostre dite royale majesty par 
leurs humbles m^rites et commandables services k nous et a nos 
prog^niteurs Roys de France incessamment, de tel temps qu'il 
n*est memoire du contraire fait, et que cordialement de tout 
leur povoir et vouloir k la eouronne et maison de France oni 
tousiours ensuyvans quant k ce les honnorables et vertueuses 
meurs, conditions et manidres de leurs vaillans et nobles pr^d^- 
cesseurs, lesquelz oncques par paour, crainte ou puissance 
d*ennemis, promesses, ne par leur donner a entendre fallaces et 
illicites manidres en dit, en fait ne en pens^e, ne divertirent au 
contraire, ains en tout humilite les avons trouvez bons et loyaulx 
subjectz et soubmis, obelssans et mesmement ou temps de ces 
pr^sentes guerres, lamentables et douloureuses divisions qui 
tant longuement ont este en ce royaume et encores sent, dont 
c*est piti^, n'ont aacunement vary^, ne pour lors que feu nostre 
seigneur et pdre, que Dieux absoille, estoit ds mains de ses 
ennemis, et les mesmes ains ont tousiours l^al regard de leur 
futur et naturel seigneur, conchis et de tout disposes de vivre et 
morir avecques nous, envers tous et centre tous, ens et soubs 
nostre dite royal ob^issance persister et jusques k la mort, 
laquelle chose tant m^ritoire jamais ne partira de nostre 
conraige a leur pardurable loenge et accroissement d*onneur, 
ainsi et syx cans ann^es, tout bien d^flni, consider^ i*assiette de 
nostre dite bonne ville et cit^, laquelle est ainsi comme 6s fins 

ANMALI8. ni. 9 



— 130 — 

de nostre royaame, enclose et avironn^e de toutes pars de gens, 
peuples et pays k nous de present non ob^issans, de nous aussl 
esloingnee et divis^e par grant espace et distance de pays de 
nostre obeissance, k 1 occasion des terres et pays que nosdits 
ennemis d^tiennent et occupent ; et ce n^antmoins, par lone et 
continuel d^sir en trds fervent amour, humble vouloir et par- 
faitte affection, pers^v^re ont tousiours et en mieulx en nostre 
dite royal ob^issance. Pour quoy nous, voulans iceulx remun^rer 
de hault et digne honneur, k la liable recommandation d*eulz, 
leurs successeurs et post^rite, et ad ce comme pour le temps 
advenir ainsi que en eulz en avons parfaite esp^rance et singu- 
lidre confiance soient plus curieuz, abstrains et obligieez a nous 
servir et obeir et k la subgestion et .ob^issance de la maison 
royal et couronne de France persister et demourer en singulier 
faveur et augmentation de leur gloire et m^rites, et pour 
certaines autres causes et considerations k ce nous mouvans, a 
icculz prevostz, jur^z, eschevins. eswardeurs, doyens et soub- 
doyens, communaulte et peuple, manans et habitans dMcelle 
nostre bonne ville et cit^ de Tournay dessusdis, avons donn^ et 
ottroye, donnons et ottroyons de nostre certaine science, gr&ce 
especial, plaine puissance et autorit^ royal, par la teneur de ces 
pr^sentes qu*ilz puissent et leur loyse avoir et porter a tousiours 
mais, ds atmes de nostre dite ville, un chief des armes de 
France, trois Hours de lys d*or en champ d'azur tout plain, ainsi 
et par la manidre qu*il est yci pourtrait, figure et armoye 
{d cette place sont dessin^es et peintes les armes autorisees par 
le rot), voulans et ottroyans par la teneur de ces pr^sentes que 
de ce et de noz pr^sens don et ottroy ilz joyssent et usent a tout 
temps perp^tuellement ainsi comme dessus est pourtrait, figure 
et armoye, et que ores ne en temps avenir ne leur soit contredit 
ne obied par qui que ce soit en aucune manidre. Et ces presentes, 
se mestier est, voulons estre enregistrees en la Chambre de nos 
Comptes et ou Tresor de nos Chartres, et partout od il appar- 
tiendra, aux quelles, affin que ce soit chose ferme et estable a 
tousiours, nous avons fais mettre nostre seel. Donn^ a Meun- 
sur-Ydvre, ou mois de septembre Tan de grace mil cccc vingt et 
six, et de nostre rdgne le quart. 
Par le Roy en son Conseil. — Fresnoy. 

(Mus^e communal. — Original sur parche- 
mins, scelle sur lacs de soie rouge et 
verte, du grand seel royal en cire verte). 

II. — Rapport des consaux et decision des banni^res, 

Vous remonstrent lesdis consaulx, comme il soit en vos 



— 131 — 

m^moires quelles les armes de la ville ont est^ de toute aDcien- 
net^ ct de tous temps les ait ladite ville heues et port^es^ et en 
ase en toutes honneurs. tant en sceaalx de la ville comme 
autreraent. Et ce nonobsiant, sans vostre seen et de noavel, a 
est^ par aucuns particuliers, soabz umbre de certaine imp^tra- 
tion da Roy, nostre sire k present regnant, audeseure desdites 
armes et en chief fait mettre une brisure de iij flears de lys d*or, 
laquelle chose semble aaxdis consaulx non estre honnourable 
poor la ville, veu que de si long temps qa*il n*est memoire, ladite 
ville a est^ tousiours francement tenue et gard^e enti^re ens et 
soabz la subgection et senile obeissance des Roys de France, et 
que lesdis sceaulx ne sont aucunement mu^z audit nouvel usage, 
mais tousiours demour^z en leur premier estat. Et seroit chose 
diff^rente si les armes desdis sceaulx estoyent entidres et on 
volsist user en aucunes aultres manidres, comme k le flertre de 
le procession et autrement, desdites armes a tout ledit chief de 
fleurs de lis. Si vous plaise sur ce avoir advis et delib^racion, 
assavoir en quelle manidre 11 vous en plaist estre fait. 

Rapports par les doyens aux consaulx, le lundi vj^ jour de 
juing Tan xxix. 

Chest le rapport que les doyens' et soubdoyens des mestriers 
de la ville et cit^ de Tournay font a messeigneurs les pr^votz, 
jurez, eschevins et eswardeurs d*icelle ville, des assens, advis, 
deliberations et accors que les bonnes gens et peuple des 
banieres, assembles par colleges ds lieux et plaches accoustum^es 
le dimenche v* jour de juing Tan mil iiij* xxix, ont eu sur 
iiij poins et articles mis en termes de par vous et a eulz baillies 
par escript. 

C*est assavoir, le second touchant les armes de la ville, si 
comme il est deuement apparu auxdis doyens et soubdoyens par 
lesdis rappors dont il ont fait le compte et extrais, par lesquelz 
il ont trouve que, du second article, xxx bannidres, sans faire 
mutation des armes ne quelque brisure y avoir. 

(Archives de Toumai. — Registre aux 
deliberations de bannidres (n^ 335 de 
rinv. prov.), f> 14«). 

in. — Payements effectu^s pour rdtablir les armes anciennes 
de la ville. 

A Henri Alman, tailleur d'images, pour son sallaire d*avoir 
este, taillie et mis jus deux enquiefvures de trois fleurs de lis, 
de deux escas armoy^z des armes de la ville, estans k Tencontre 
du mur de la halle des doyens, que aucuns particuliers de la 
ville y avoient fait mettre, et lesdis escus remis, ratechidz et 



— 132 — 

mis k point par le manidre qu*ilz estoyent ancbiennement, par 
marchi^ 4 luy fait. zx s. 

A maistre Robert Gampin, pointre^ pour avoir revernit et 
repoint de vermilion lesdis deax escus, et deffait et efifacbi^ les 
trois fleurs de lis quy estoient en cbief armoy^z des armes de la 
ville estant k Vuxs et porget de le balle des jar^z, et lesdis 
escucbons repoins des armes de la ville en le manidre accoastu- 
m^e, par marcbi^ k lay fait. x s. 

A Jehan Le Latteur, coavrear d*escaille, poor avoir mont^ sur 
le garitte de Morrelporte, et y gratt^ jus et effachid Tenqaiefvare 
de trois flear de lis aadessns des armes de la ville quy estoyent 
sur ladicte garitte, par marchid k luy fait, v s. 

(Archives de Toumai. Compte d'ouvrages 

de 1429. — Registre n* 4523 de Tinv. 

prov. f> 33). 

IV, — Charles V retire d Toumai le droit de Commune et 
impose un sceau nouveau, 

Cbarles, par la.gr&ce de Dieu Roy de France. Comme tr^s 
grans dissensions et descors aient par lone temps est^ entre les 
bourgois moyens et menus babitans de nostre cit^ et ville de 
Tournay, et pour les mettre en bonne paix et tranquility aions 
envoye par plusieurs foiz en ladite ville plusieurs solennelz 
messages, pr^las et autres des genz de nostre conseil qui en 
ladite ville ont est^ longuement, et trouv^ plusieurs voyes et 
manidres par lesquelles ils avoient promis et devoient estre et 
demourer k bonne paix et accort d*ilec en avant, et ycelles voyes 
n*aient voulu tenir, maiz les ont touz jours rompues et enfiraintes 
et ont est^ depuis plus esmeuz et en plus grans descors et 
mocions Tun centre Tautre que par avant, dont plusieurs plaintes 
nous sent venues en nous signifiant et exposant que, se par nous 
n*estoit pourveu sur ce de brief remdde, ladite ville, pour les 
descors que chascun jour lesdiz babitans avoient ensamble et les 
grans et p^rilleuses commicions qui estoient entre eulx, estoit 
en voye de perdicion, et ycelle, qui est une des notables cit^z 
de nostre royaume, en avanture d*estre destruite. Nous, consi- 
derans les trds grans maulx, dommages et p^rilz qui s*en pour- 
roient ensuivre, voulans k yceulx obvier et lesdiz bourgois et 
habitanz estre et demourer en bonne unit^, paix et transquilit^ 
a touz jours, avons voulu savoir les causes des dites commicions 
et descors; et sur ce avons f^it assambler nostre grant conseil 
par plusieurs foiz, et y avons este et vaque en nostre personne 
par plusieurs journ^es. Et finalement avons trouv^ que nostre 
dite cit^ et ville estoit en voye d*estre perdue et destruite, et 



— 133 — 

que lesdiz bourgois et habitans ne pourroient aToir accort ne 
democrrer en bonne paix tant comme il eassent corps et com- 
ma ne et le goavernement d*icelle cit^ et ville, et si elle n*estoit 
ent^rinement sans moyen en nostre main et soubz nostre goa- 
vernement. Savoir faisons a tons preens et avenir que Nous, 
attendues les choses dessus dites, et que ladite cit^ a de touz 
temps est^ et est de l*ancien domaine de nous et de noz pr^d^- 
cesseurs roys et de la couronne de France, et que plusieurs 
autres grans et notables cit^z. et villea de nostre royaume sent 
tant seulement gouvern^es par nous et noz offices qui ont touz 
jours est^ et sont bien honorablnment et seurement & leurs 
granz profflz tenues et gouvern^es sans avoir aucunes commo- 
cions ne destors* voulans sur ce remiSdier et pourveoir de 
remMe convenable par grant et meure deliberation de plusieurs 
saiges de nostre grant conseil, prelas, comtes et barons et 
autres, clercs et lays, sur ce assemblez pour les cboses dessus 
dites, et autres jnstes et raisonnables causes nous mouvenz ^ ce, 
avons orden^, d^cern^ et declard, ordonnons, d^cernons et d^cla- 
rons par ces pr^sentes que lesdiz bourgois et habitans de ladite 
cite et ville de Tournay n*auront de ci en avant corps ne com- 
mune, ne par eulx ne sera gouvern^e, ne n*auront en ycelle 
aucune seigneurie, congnoissance ne exercicion de justice ne 
juridiction, ne en ycelle ne pourront avoir, mettre, instituer ne 
establir juges ne officiers qnelconques fort tant seulement quatre 
procureurs et deux receveurs, dont Tun sera contreroleur, 
lesquelx quatre procureurs et deux receveurs seront esleuz par 
le gouverneur de ladite ville qui est a present et pour le temps 
sera ou par son lieutenant, appell^ ad ce lesdiz bourgois et 
habitans, et confeorm^z par nous, se mestier est. Et 8*entremet- 
tront, c'est assavoir les procureurs, de procurer tant seulement 
les faiz prouffltables et necessaires de ladite ville pardevers 
nous, nos genz et officiers, et ail leurs oCi expedient et mestier 
sera; et lesdis receveurs recevront les rentes et deniers et autres 
prouffiz appartenans k ladite ville. Et que de ci en avant perpe- 
tuelment sera en ma main et nous demourra, et a nos succes- 
seursRoysde France, sans moyen, toute laseigoeurie, juridiction 
et congnoissance d'icelle cite et ville et des bourgois et habitans 
quelconques en ycelle de quelque estat ou conditiun qu'ils 
Solent, pour quelconques faiz et cas que ce soient, escheuz ou ^ 
escheoir et avenir, sanz ce que yceulx bourgois ne habitans en 
puissent ne doientcongnoistre en aucune manidre. Et y mettrons, 
instituerons et etablirons, nous et noz successeurs Roys de 
France, perpetueiment gouverneur de par nous, et prevost, 
pour le gouvernement dlcelle, et tabellion un ou plusieurs qui 



— 134 — 

recevra ou recevront les lettres obligatoires et contraax tant de 
ladite ville comme d*aatres. Et y aura un seel qui sera fait nou- 
viel, dedans lequel sera pourtrait et empraint ane tour et environ 
les fleurs de liz, duquel seront scell^es les lettres desdiz contraax 
et obligacions et toutes autres dont mestrier sera. Et sera establi 
de par nous de ci en avant certaine personne fSable qui ledit 
seel garderat et aussi seront de par nous institu^z et establiz 
tous autres sergens et officiers qui en nostre nom et de par nous 
exerceront et feront leurs offices. Et congnoistra ledit prevost 
des causes persoanelles et civiles tant sealement; et des griefs 
d'icelli provost, sans moyen Ten appellera au gouverneur qui 
pour le temps sera; et du gouverneur, sans moyen en nostre 
parlement k Paris. Si donnons en mandement par ces pr^sentes 
a no% gouverneur et prevost de nostre dite ville, 4 present 
commis et d^putez de par nous, et k chascun d*eux que nostre 
pr^sente ordenance, d^claracion et voulant^ facent solennelment 
publier en nostre dite ville de Tournay et ailleurs od mestier 
sera, et ycelle facent garder, entretenir et acomplir de point en 
point par lesdiz bourgois et habitans et autres person nes quel- 
conques noz feaulx et subgez sans les enfralndre on soufTrir estre 
enfraintes en aucune manidre de present ne pour le temps 
avenir, car ainsi le voulons nous et pour les causes dessuz dites, 
non obstant quelconques graces et privileges ou autres lettres 
quelconques par nous ou noz predecesseurs Roy de France sur 
quelconques formes de paroles a eulx octroy^es, et que lesdiz 
bourgois et babitans aient eu par aucun temps corps et commune 
et le gouvernement d'icelle cite et ville, us ou coustumes que 
auscuns pourroient dire ou all^guer centre la teneur de noz 
pr^sentes lettres et le contenu en ycelles, centre lesquelles nous 
ne voulons quMls aient effect en aucune manidre. Toutevoyes 
n*est pas nostre entente que les autres gr&ces, privileges, liber- 
tez et franchises par nous ou noz predecesseurs Roy de France 
ausdiz bourgois et babitans ottroy^z, soient pour les cboses 
dessuz dites en autres causes empeschees; maiz voulons qa*il 
soient et demeurent en leur force et vigueur, et que ce soit ferme 
chose et estable a touz jours, nous avons fait mettre nostre seel 
a ces pr^sentes lettres. Donne k Paris ou moys de feurier Tan de 
grace mil ccc soixante six, et de nostre r^gne le tiers. 

[Archives de Tournai. Chartrier. Layette 
de 1366-67. — Original sur parchemin* 
scelie du grand sceau royal en cire 
verte, sur lacs de sole rouge et verte. 



— 135 — 



SfiANCE DU 8 JUILLET 1897. 



M. LE COMTE DE N6donchel, Prisident. 
M. Eooene Soil, Secretaire, 



he proc6s- verbal de la s6ance de juin est lu et 
adopt6. 

M. le Secretaire depose les ouvrages qu'il a re^us 
pour la soci6t6 depuis la derniSre reunion. 

1. Bulletin de rAcademie royale de Belgique. 67® annee, 
1897, no 5. 

2. Programme des concours pour Tann^e 1897. 

3. Bulletin du Cercle historique et archeologique de Gand. 
4^ annee, n° 8; 5« annee, n^^ 1, 2, 3. 

4. Societe royale beige de geographie. Bulletin. 1897, n^ 1 
et 2. 

5. Analecta bollandiana. Tome 16, fasc. 1. 

6. Recueil des anciennes coutumes de la Belgique. — Cou- 
tumes du pays de Looz, par L. Crahay. Tome 4. 

7. Revue Benedictine. 1897, n^ 4 & 7. 

8. De Wapenheraut. I'* annee, n** 1. 

9. Messager des sciences historiquae. Annee 1881, 4® livr. 
1885; 4« livr. 1896 ; 3« et 4« livr. 

M. Raymond Serrare ofTre une brochure intitul6e 
ContribtUion d la numismatique toumaisienne ^ dans 



— 136 — 

laquelle il d6crit un jeton de Gui Dimenche dit le 
Lombard, et une m6daille de Charles du Hautbois, 
6v6que de Tournai. 
Remerciments. 

On decide d'6changer nos publications centre celles 
du Cercle historique du^ Luxembourg, et celles de 
rUniversit6 d'Heidelberg (die neuen Heidelberger 
Jahrbiicher). 

On vote sur les articles nouveaux du r^glement dis- 
cut6s dans les pr6c6dentes stances. lis sont adopt^s 
dans les termes suivants : 

TITRE IX. 
De la dissolation de la Soci6t6. 

Art. 42. 

Les membres correspondants et honoraires n'ont 
aucun droit dans les objets qui appartiennent k la 
Soci6t6. 

De meme les membres titulaires qui pour un motif 
quelconque cessent de fairepartie de la Soci6t6 perdent 
tout droit dans lesdits objets. Leurs h6ritiers, en cas 
de d6c6s, ny ont ^galement aucun droit. 

En cas de dissolution, les archives, collections, 
biblioth^que et avoir social sont d6volus k la ville de 
Tournai, apr6s apurement des dettes de la Soci6t6, 
sans qu'aucun des membres, m6me titulaires, y puisse 
rien pr6tendre. 

Art. 43. 

La dissolution de la Soci6t6 ne pourra 6tre discut6e 
que sur la proposition 6crite de cinq membres titu- 
laires. EUe devra faire Tobjet de deux delib6rations 
des seuls membres titulaires, k un mois d'intervalle 



— 137 — 

Tune de Tautre, et apr6s avoir 6t6 port6e k I'ordre du 
jour, sur les convocations. 

La decision pronongant la dissolution ne sera valable 
que si elle a r6uni les deux tiers au moins des suffrages 
des membres presents, et si les deux tiers au moins 
des membres titulaires ont pris part au vote. 

A d^faut de r6unir les deux conditions ci-dessus, le 
vote sera renvoy6 k une troisi^me assembl6e, sp6ciale- 
ment convoqu6e k cette fin, un jour de reunion ordi- 
naire, et k cette assembl6e la dissolution pourra dtre 
prononc^e k la simple majorit6 des suffi'ages, si Tas- 
8embl6e comprend au moins les deux tiers des mem- 
bres titulaires, ou k la majorit6 des deux tiers des 
suffrages, si Tassembl^e compte moins des deux tiers 
des membres titulaires. . . 

II est donn6 lecture d'une note envoy6e par M . de 
la Grange, sur Edouard Hocquart, n6 k Tournai le 
8 juillet 1787. On en vote Timpression. 



COINTRIBUTION A LA BIOGRAPHIE TOURNAISIENNE. 

- L'EcRiTURB, revue mensuelle des arts et des sciences 
graphiques, a publi6, sous la signature E. Cr6pieux- 
Jamin, une notice biographique et graphologique sur 
un Tournaisien bien oubliS de ses compatriotes, mais 
qui eut, au d6but de ce si^cle, son heure de notori6t6. 
Notre Soci6t6 ayant Thabitude de recueillir dans ses 
Annales tout ce qui pent int6resser notre ville, j'ai cru 
bon de signaler ici ce qui concerne la vie et les oeuvres 
d'Edouard Hocquart. Laissant de cdtd ce qui a rapport 
a la graphologie, j'emprunte k M. Cr6pieux-Jamin ce 
qu'il dit de la vie de notre personnage. 

A. DB LA Grange. 



— 138 — 

' HocQUART (Edouard-Auguste-Patrice) , naquit k 
Toumai le 8 juiUet 1787. 

Son p^re, avocat au conseil de Hainaut, quitta la 
Belgique en 1795 pour venir k Paris avec sa famille, 
(compos6e de sa femme et de deux gargons, dont il 
6tait rafn6), dans le but d'entreprendre un commerce 
de librairie. II mourut vers 1806, laissant sa famille 
dans une situation tr6s pr6caire. Edouard Hocquart, 
alors fig6 de 19 ans, devint le seul soutiende sa famille. 
II arriva par son travail, tout en continuant le com- 
merce de librairie, a soutenir sa m6re, 6lever son jeune 
fr^re et, peu k peu, payer les dettes assez considerables 
de son p^re dont c'6tait le seul heritage. 

Tout en faisant son commerce il apprit le m6tier de 
graveur. II commenga par faire des vignettes pour 
livres d'6ducation, romans, etc., et en produisit en 
grand nombre. Plus tard, s*6tant adonn6 au dessin et 
k la gravure des sujets de I'Mstoire naturelle, il ex6- 
cuta des oeuvres importantes, entre auires les 180 plan- 
ches de la phytographie m6dicale du docteur Roques. 

Vers 1816, il congut rid6e de la gravure sur acier; 
ses premiers essais eurent lieu pour un ouvrage de 
Marchand de Beaumont, sur les monuments du cime- 
ti^re du P6re-Lachaise, 6dit6 k Paris vers 1817, par 
Moronval. Parvenu apr^s beaucoup de peines et de 
d6penses k vaincre les obstacles que lui opposaient les 
planeurs (qui ne voulaient op6rer que sur le cuivre), 
le peu d'habitude des graveurs, et enfin I'imperfection 
des aciers lamin6s d'alors, il 6tablit sur acier par ses 
propres travaux, et par ceux de quelques autres artistes, 
un fonds considerable de marchand d'estampes com- 
prenant Timagerie de pi6t6, les gravures pour I'edu- 
cation, les cartes g6ographiques, etc. 

II ne voulut pas prendre de br6vet pour cette appli- 



— 139 — 

cation de la gravure, non plus que pour le vernis au 
pinceau, bien pr6f6rable pour Teau forte et qu'il intro- 
duisit k cette 6poque, c'est-i-dire en 1817. Au con- 
traire il communiqua g6n6reusement ses proc6d6s. 
(7est done k tort qu'on attribue aux Anglais I'invention 
et rintroduction en France de la sid6rographie, qui a 
rendu tant de services aux publications illustr6es en 
permettant de faire des tirages bien plus considerables 
qu'avec le cuivre. 

Edouard Hocquart avait, du reste, I'esprit inventif, 
car on a trouvS dans ses papiers un projet de moteur 
k gaz qui date.d'avant 1840. 

Mais tons ces travaux Staient loin d'6puiser son 
activit6. D^ 1812 il avait publi6 le Lavater portatif, 
puis TAW dejuger du caractdre des hommes sur leur 
6criture. 

En 1821, il donnait un petit volume intitul6 Pre- 
miires legons d'histoire. 

En 1822, un Dictionnaire classiqtte des hommes 
c6ldbres de toutes les nations depuis les temps les plus 
recul6s jusqu'it ce jour. 

En 1825, la Morale en action, ou choix de faits 
m^morables et instructifs. Get ouvrage eut un succ^s 
prodigieux eteutde nombreuses editions jusqu en 1844. 

En 1827, il publia Y Explication du tableau de I'his- 
toirede laGr^ce, d'apr^s le voyage dujeune Anacharsis. 

En 1829 parut le Monde ou panorama g6ographique 
repr^sentant les terres et mers du globe. 

Hocquart aimait beaucoup ces publications en 
tableaux. II 6tait en mdme temps qu'un inventeur, un 
vulgarisateur tr^ habile. • 

On lui doit encore dans ce genre des alphabets ing6- 
nieux, un tableau historique de la mythologies une carte 
ethnographique, zoologique et botanique de la to^re. 



— 140 — 

A la m6me 6poque Tinfatigable 6crivain publia 
YAimable moralisie^ ou contes instf*uciifs , puis les 
Belles actions du due de Be^^y^ enfin un Petit Diction- 
naire de la langue frangaise. Ce Dictionnaire est, avec 
la Morale en action, celui de ses ouvrages qui eut le 
plus de succ^s. II fut r6imprim6 de nombreoses fois ; 
et la dix-huiti^me 6dition date de 1845. 

A partir de 1832, 6poque k laquelle il fonda le 
magasin d'estampes dont nous avons parl6, tout en 
continuant son m6tier de graveur, ses occupations 
nouvelles, tr6s absorbantes, le d6tourn6rent complAte- 
ment de ses publications. Les affaires, au d6but, lui 
pennirent d'amasser une somme considerable pour 
r6poque, mais Tintroduction de la lithographie en 
France lui porta un coup mortel en permeitant d'6ta- 
blir k de bas prix les images et les cartes g^ogra- 
phiques,*et en enlevant ainsi toute valeur aux nom- 
breuses planches de cuivre qu'il 'poss6dait. C'est ainsi 
qu'au lieu de Tenrichir son invention le ruina. 

Pr6c6demment il avait publi6 ses ouvrages sans 
s'attacher a leur faire rapporter de Targent ; d6s lors 
il ddt le faire pour vivre. Cette seconde p6riode de 
production litt6raire d6bute par un ouvrage intitul6 : 
Physionomies des hommes politiques du jour jug6s 
d apres le systdme de Lavater. 

Nous renon^ons k donner la liste complete des 
oeuvres de Hocquart; il a 6crit des romans, des contes, 
des relations de voyages. On le voit publier une 
Geographic ilementaire, puis le Secretaire de tout le 
monde, puis encore la Tenue des livres avec un traiU 
de droit commercial. II ne s'arrfite pas en si bonne 
route, il imprime les 57 Codes. De \k k un gros 
ouvrage a I'usage des constructeurs architectes, il y a 
plusieurs pas, n'importe! Ce livre parut avec 58 plan- 



— 141 — 

ches et un dictionnaire de tous les termes techniques. 

Bien entendu Hocquart n'a pas oubli6 la clientele 
des agriculteurs ; il leur a offert le Bouvier moddle 
traitant des soins k donner auz chevaux et k tous les 
animaux de ferme, et le Jardinier pratique ou trait6 
usuel des plantes et des arbres utiles. 

On doit encore k Hocquart la France monumentale, 
guide du voyageur : c'iBst xlxx tr^s gros volume de prds 
de mille pages contenant la description des principaux 
monuments de la France depuis r6poque celtique 
jusqu'i la Renaissance. . , 

Au reste, tous les ouvrages de Hocquart sont 
curieux, et presque tous ont 6t6 6dit6s plusieurs fois. 
lis se font remarquer par une clarte et un esprit d'ordre 
qui en rendent la compr6hension tr^s facile. 

II 6tait simple et ne parlait pas volontiers de. ses 
livres, n'en conservait mdme pas d'exemplaires pour 
lui. Ses pref§rences 6taient pour les sciences naturelles 
dans lesquelles il 6tait tr^s vers6. II ne cessa pas de 
travailler tant que ses forces le lui permirent, se 
livrant tour k tour aux travaux litt6raires et k la gra- 
vure en taille douce qu'il pratiquait encore k 75 ans. 

II mourut en 1870, k Paris, oii il avait pass6 toute 
son existence, laissant k sa famille Texemple d'une vie 
exceptionnellement remplie et honorable. 



-•<*©Co^ 



— 142 — 



SfiANCE DU 14 OCTOBRE 1897 



M. LE CoMTB DE N6donchel, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire, 



Le procds-verbal de la s6ance de juillet est lu et 
adopts. 

M. le Secretaire d6pose les publications qu'ila revues 
pour la Soci6t6 depuis la derni^re r6union : 

1. Bulletin de TAcademie rojale de Belgique, 67* ann6e, 
3« s6rie, t. 34. 1897. N^« 6, 7. 

2. Id. Reglements et documents concernant les 3 classes. 

3. Bulletin de TAcademie royale de medecine, 4® serie, 
tome 9, n08 5, 6, 7. 

4. Bulletin des Commissions royales d*art et d'archeologie. 
35* annee, n«^7 k 12. 

5. Memoires couronnes de TAcademie de medecine. t. 15, 
l^'' fasc. 

6. Societe beige de geographic. Bulletin. 1897, n^^ 3, 4. 

7. Annales de la Societe archeologique de Namur. Tome 22, 
3« livr. 

8. Analectes d'histoire ecclesiastique. Tome 10, 3® livr. 

9. Analecta boUandiana. Tome 16, fasc. 2. 

10. Revue benedictine, 1897, n°s 8, 9, 10. 

11. Bulletin de la Societe d'histoire et d'archeologie de Gand. 
5® annee, n*' 4. 

12. Inventaire archeologique de Gand. Fascicules 1 et 2, 



— 143 — 

13. Bulletin de TAcademie d'arch^ologie, 2® partie, t. xxx. 

14. Cercle archeologique de Malines. Bulletin, tome 7. 

15. Rapport sur Tindustrie minerale... dans la province du 
Hainaut. 1896. 

16. Annales du Cercle archeologique de Mons. T. 26 et 27. 
On trouve dans le tome 27 une notice sur le village de 

Wiers pai» M. Jules Renard. — Une autre sur EUezelles par 
M. Emmanuel De Gand. La table annonce encore une notice sur 
Justin Brujenne, page xxi, mais elle no se trouve pas dans le 
volume. 

17. Annales de la Sooiete d*archeologie de Bruxelles, tome 11, 
livr. 3 et 4. 

M. le Secretaire communique deux numSros de 
VEdiication populaire de septembre et octobre 1897, 
qui lui out 6t6 envoy 6s par M. Cl6ment Lyon ei oii il 
est question du peintre Rogier de le Pasture, dont 
I'origine tournaisienne a 6t6 contest6e par M. Wauters. 
Plusieurs membres et en particulier M. de la Grange 
ont foumi k M. Lyon des documents relatifs k 
r6minent peintre. 

M . de la Grange promet en outre de rassembler , en 
un article nouveau, les preuves de son origine tour- 
naisienne. 

M. Soil entretient Tassemblfie de la d6couverte de 
sepultures romaines k inhumation simple, trouv6es au 
mois de juillet dernier k Bruydles-lez-Antoing, le long 
de la limite de la commune de Calonne, pr^s du moulin 
de Bruyelles (Videb. infra). 

Le mSme membre annonce qu'il se propose, a la pro- 
chaine s6ance, et suivant une coutume longtemps pra- 
tiqu6e k la Soci6t6, d'entretenir I'assemblee d'un 
voyage archeologique qu'il a fait en Bavi^re et en 
Autiiche cet 6t6. 



— 144 — 

On decide d'imprimer dans le volume d'Annales en 
cours de publication la notice historique sur le convent 
des Carmes de Tournai, dont I'auteur le P. Jean-Aim6 
de Robiano a revu le manuscrit en tenant compte de 
certains dSsirs exprim^s par la Soci6t6. 

Sur la proposition du Secr6taire, des remerctments 
sont vot^s k M. Vasseur-DelmSe, 6diteur k Toumai, 
qui a gracieusement prdt6 ses bons offices pour la con- 
fection des clich6s qui doivent faire partie du volume 
d'Annales en cours de publication. 



— 145 — 



SEANCE DU H NOVEMBRE 1897 



M. LB CoMTB DB N6donchel, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc^s-verbal de la s6ance d'octobre est lu et 
adopts. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a regus 
pour la Soci6t6 depuis la derni^re r6union : 

1. Bulletin de TAcademie royale de Belgique» 67® annee, 
3® serie, tome 34, n° 8. 

2. Recueil des anciennes coutumes de la Belgique. — Cou- 
tumes de la ville et chatellenie de Furnes, par Gillodts van 
Severen. 

3. Annales delaSociete d'emulation de Bruges, 5® serie, t. ix, 
liv. 2 et 3. 

On J voit page 86 et suiv. des lettres de Marguerite de Parmo 
et de Teveque de Tournai Gilbert d'Ongnies, relatives au sacca- 
gement des iconoclastes en 1566, a Tournai. 

4. Meme collection, tome x, 11 vr. 1 a 3. 

5. Catalogue de la bibliotheque publique de la ville de 
Tournai. Supplement, 1897. 

6. M. J. Kaisin offre son rapport sur les Fouilles faites au 
lieu dit Peruwez a Rogn^e. 

7. Le D^ Alexandre Faidherbe ofFre sa notice sur un m^decin 
th^ologien inconnu, extraite des annales de la Society scien- 
tifique de Bruxelles. Annee 1896. 

ANNALBS. III. 10 



— 146 — • 

II s'agit de Benoit Perdu, medecin tournaisien, docede en 
cette ville le 5 juillet 1G94. 

Des reraerciments leur sont votes. 

M. Houtart s'excuse de ne pouvoir assister k la 
s6ance. 

M. Soil signale un mouvement qui semble se pro- 
duire dans ropinion publique en faveur de la conser- 
vation des restes de nos anciens remparts situes entre 
I'Escaut et la caserne de cavalerie. II propose de pro- 
filer de cette occasion pour adresser une nouvelle 
requite a TAdministration communale et soumet k 
rassembl6e un projet de p6tition qu'il a r6dig6 dans ce 
sens. Ce projet et adopt6 et on d6cide son envoi k 
r Administration communale, ainsi qu'aux autorit6s et 
aux associations qui pourront aider d la realisation du 
but poursuivi par la Soci6t6. 

M. le g6n6ral de Formanoir lit une note sur une 
question tr^s d6battue au Congres international des 
architectes,iBruxelles : la restauration des monuments, 

M. Hocquet communique aussi une note de M . d*Her- 
bomez sur la Maison de Toumai A Paris, 

On d6cide Timpression de ces communications k la 
suite du proems- verbal. 

M. Soil ay ant obtenu de nouveau la parole, entre- 
tient rassembl6e d un voyage archeologique en Bavi^re 
et en Autriche et lui soumet les nombreuses photogra- 
phies qu'il a rapport6es de ces pays. A la demande 
unanime des membres presents il accepte de faire un 
resume de cette communication qui sera inser6 aux 
Annales. 



147 — 
LA RESTALRATION DES MONUMENTS. 

Le Congres international des architectes a et6 ouvert 
par le Roi, a Bruxelles, le 29 aoAt 1897. 

Le Congres a tenu plusieurs s6ances tres impor- 
tantes, auxquelles ont pris part de nombreuses c6le- 
brit6s de Tarchitecture et plusieurs arch6ologues dis- 
tingues de Belgique et de Tfitranger. 

Parmi les questions soumises au Congres, je citerai 
sp6cialement la troisi^me qui pr6sente un grand int6r6t 
pour tous ceux qui s'occupent d'archeologie, parce 
qu'elle a trait k une question qui divise ceux qui veulent 
qu'on respecte religieusement les oeuvres que nous a 
I6gu6es le pass6, avec les modifications et additions 
que les generations y ont successivement apport6es et 
ceux qui pr6tendent en 6laguer tout ce qui n appartient 
pas au style primitif et le remplacer par une imitation 
plus ou moins r6ussie de ce qui existait k Torigine. 

Je pense qu'il est interessant, au point de vue des 
etudes auxquelles se livre notre Soci6t6, de consigner 
dans nos Annales le texte de cette troisieme question, 
ainsi que la r6ponse que le Congres y a faite et qu'il a 
votee a TunanimitS. 

Voici la question. 

Doit-on, dans la restauration des monuments : 

a) Respecter ou corriger les fautes de construction 
des anciens ; 

b) Completer leurs oeuvres dans leurs parties ina- 
chev6es ; 

c) Supprimer certaines parties de construction ou 
d'ameublement pour des raisons d unification de style { 

Et voici la reponse : 

a) Les stades de la technique des bdtiments caracte- 



— 148 — 

risent les diverses 6poques du moyen^ftge et de la 
Renaissance au mdme litre que les modifications de la 
forme artistique; il serait condamnable de disjoindre 
les deux facteurs qui coop^rent au style architectural, 
en voulant am61iorer, disons modemiser, les 6l6ments 
d'une construction primitive ; 

b) II convient de compl6ter Toeuvre dans ses parties 
inacliev6es si le monument a des facteurs simples et pea 
nombreux et si ceux-ci se trouvent dans un 6tat de con- 
servation tel que nul doute ne soit possible ; si le cas 
est douteux, il est pr6f6rable de s'abstenir; 

c) La plupart de nos anciens monuments portent 
Tempreinte des styles qui se sont succ6d6 depuis leur 
6dification ; cette diversity mSme leur donne un charme 
que Ton perdrait sans compensation suffisante en 
sacrifiantces adjonctions successives. 

Nota. II r6sulte toutefois de la discussion que cette 
dernier e d6cision ne doit s'appliquer, en fait d'ameuble- 
ment, qu aux objets qui ont un r6el merite et sont en 
bon 6tat de conservation ou du moins susceptibles 
d'etre convenablement r6par6s sans en alt6rer le 
caractdre. 

Le vote unanime du Congres offre un int6r6t tout 
sp6cial pour notre magnifique cath6drale, qui par suite 
des modifications et des additions qu'elle a regues dans 
la succession des si^cles, constitue un veritable trait6 
lapidaire d'histoire architecturale depuis les temps les 
plus recul6s jusqu'a nos jours : dans la nef, le style 
roman dans sa plus pure expression ; dans le transept, 
le style roman-bysantin ou de transition dans la plus 
splendide manifestation qui se rencontre dans le 
monde ; le style ogival, dans le choeur qui ne le cede en 
rien aux chceurs de Cologne et de Beauvais etTemporte 
meme dans la hardiesse du chevet; la Renaissance, 



— 149 — 

dans le superbe jub6 qui s6pare le choeur du transept; 
Tfipoque de Louis XV enfin dans le remarquable 
maltre-autel rapport6 de Tfiglise de TAbbaye de Saint- 
Martin. 

Et ici qu'il me soit permis de constater que le vote du 
Congr^s architectural de Bruxelles tranche, en faveur 
du maintien de cet admirable jub6 en son emplacement 
actuel, la question qui a soulev6 tant de contro verses 
etsurlaqueUe les avis sont encore partag6saujourd'hui. 
Ce vote assure aussi la conservation du mattre-autel et 
le met k Tabri des vell6it6s d'unification qui, dans ces 
derniers temps, ont fait disparattre de nos Sglises de 
v6ritables chefs-d'oeuvre. 

C'est ainsi que je ne puis m empficher de regretter la 
suppression des deux grandioses autels n6o-grecs du 
transept, qui reliaient Tdpoque moderne aux sidcles 
pr6c6dents et compl6taient en quelque sorte I'histoire 
architecturale de la cath6drale depuis le dixiSme si^cle 
jusqu*^ nos jours. 

Hier encore je n'aurais pas os6 exprimer cette opi- 
nion par crainte d'etre tax6 d'h6r6sie artistique, 
aujourd'hui je me place, en I'Smettant, sous I'^gide du 
Ck)ngr6s international de Bruxelles. 

G"^ DE FORMANOIR DE LA CaZERIE. 



Extrait du Bulletin de la Socidtd de VHistoire de Paris 
et de Vn^-de-France (24« annee, 1897). 

LA MAISON DE LA VILLE DE TOURNAY A PARIS. 

Dans les premieres annfees du XIV® sidcle, les rap- 
ports de la ville de Tournay avec le roi, ses ministres, 
son parlement, Staient devenus tout k fait frequents. 



— 150 — 

II n'y a done pas lieu de s'6tonner que cette ville ait 
alors senti le besoin d'avoir k Paris une maison oA 
prendraient logis ses magistrals , procureurs ou messa- 
gers, quand les affaires communales les appelleraient 
dans lacapitale. Done, au mois dejuin 1323, «< Jehan 
de Peseh et Arnoul le Musi, bourgois de Tournay, k 
ee temps jurez de la eommunaut6 de laeitfe de Tournay, 
et mestre Gerart de TEspfie, k ee temps semblablement 
clere de ladite eit6 et de ladite eommunaut6 d'icelle y» 
aehet^rent, « ou non des gouverneurs de ladite eom- 
munaut6 de ladite eit6 de Tournay, et pour leurs sue- 
cesseurs gouverneurs dleelle communaut6 et pour 
icelle eommunaut6, et pour eeux qui de la dite eom- 
munaut6 ont ou auront cause, « une maison sise k 
Paris, « en la rue aus Prouvaires, tenant d'une part 
k la meson qui fu Hue Luissier, et d'autre part k la 
meson qui fu Robert Roussel. >» Les vendeurs 6taient 
« Jehan de Corbueil, bourgois de Paris, et Jehannot 
de Corbueil, son filz. « Le prix de la vente fut de 
200 livres parisis. 

On eonserve aux Arehives communales de Tournay, 
dans les layettes du Chartrier, quelques documents 
relatifs a la vente que je viens de rapporter. Le pre- 
mier, qui est Tacte de vente lui-m6me, pass6 pardevant 
le pr6v6t de Paris Jehan Loncle, le lundi 20 juin 1323, 
est en original sur parchemin, scelle sur double queue 
du sceau du prev6t, en cire verte. II est extrfinlement 
long et encombre de formules. Un deuxieme document, 
intiniment plus court, et cependant presque aussi 
explicite, dat6 comme le pr6c6dent du 20 juin 1323, 
emane de « Jehan Doissery, pr6vost de la pr6vost6 
monseigneur 1 evesque de Paris, que Ten dit le Four 
1 evesque. » II a pour but de constater que les propri6- 
taires de la maison de la rue des Prouvaires s etaient 



— 151 — 

dessaisis de cette maison en faveur de la ville de 
Tournay. On s'explique aisement ici rintervention du 
pr6v6t du For r6v6que, puisque, aux termes de Tacte 
de vente, la maison achet6e par la ville de Tournay se 
trouvait " en la censive de r6v6rent p6re en Dieu mon- 
segneur I'fevesque de Paris. »• L'acte 6mane de Jehan 
Doissery est en original sur parchemin, scell6 sur 
double queue, aux Archives communales de Tournay. 
En voici le texte. 

" A touz ceus qui ces lettresverront, Jehan Doissery, 
provost de la pr6vost6 monseigneur Tevesque de Paris 
que Ten dit le Four Tfevesque, salut. 

Sachent tuit que Tan de grace mil trois cenz vint et 
trois, le lundi vint jours dou moys de juing, se des- 
saisirent en nostre main Jehan de Corbueil, bourgoys 
de Paris, et Jehannot de Corbueil, son filz, de la meson 
contenue 6s lettres parmi lesquelles ces pr6sentes sont 
annex6es, laquelle il avoient vendue ti Jehan de Pesch, 
k Arnoul le Musy, bourgoys de Tournay, a ce temps 
jurez de la communaut6 de ladite cit6 de Tournay, et 
k mestre Girart Alesp6e, a ce temps semblablement 
clerc de ladite communaut6 et de ladite cit6 de 
Tournay, achetanz ou non des gouverneurs de ladite 
cite de Tournay, et pour leurs successeurs gouverneurs 
de ladite communaut6 et pour ladite communaut6, et 
pour ceus qui d'icelle communaut6 ont ou auront cause, 
pour le pris de deus cenz livres de Parisis, si comme 
toutes ces choses sont plusplainement contenues esdites 
lettres parmi lesquelles ces pr6sentes sont annexees ; 
de laquelle meson devantdite lesdiz vendeursvouldrent, 
et accorddrent, et nous requistrent que nous lesdiz 
acheteurs achetanz ou non que dit est, meissions en 
sesine, comme gouverneurs de ladite communaute, et 



— 152 — 

pour leurs successeurs gouverneurs de ladite commu- 
naut6. Et nous, k leur requeste, de leur volent6 et 
accort, en avons saisiz et mis en sesine corporele lesdiz 
gouverneurs ou non que dit est, sauf tout droit. Et 
en avons receu noz ventes, sesin6 et registr6 k tout ce 
qui nous en appartient et puet appartenir, et en quit- 
tons lesdiz acheteurs, et touz leurs successeurs gou- 
verneurs de ladite communaut^, et touz autres qui de 
ladite communaut6 ont ou auront cause. En tesmoing 
de ce, nous avons mis en ces lettres le seel de la pr6- 
vost6 doudit monseigneur Tevesque. — Ce fu fait Tan 
et le jour dessusdiz. — Thoumass.,. « 

Le document qu'on vient de lire emprunte beaucoup 
d'int6r6t au sceau dont il est muni. Ce sceau rond, en 
cire verte, I6g6rement 6br6cli6, mais dont le contre- 
sceau est intact, est, je crois, tr^s rare. 11 diflF6re par 
ses dimensions de celui que Dou6t d'Arcq a d6crit au 
tome II, p. 577, des Sceaux des Archives nationales, 
sous le n** 7081 , d'aprte un fragment dont les l^gendes 
sont k peu prds illisibles. Le sceau qui pend a notre 
pi^ce du 20 juin 1323, en effet, n'a que 25 millimetres 
de diam^tre, tandis que le sceau des Archives natio- 
nales (L. 1528), qui date de 1296, mesure 40 milli- 
metres. On voit sur I'exemplaire de Tournay, comme 
sur celui dfecrit par Douet d'Arcq, une mitre travers6e 
par une crosse, et au contre-sceau une crosse entre 
quatre fleurs de lis. La I6gende du sceau appendu k 
Tacte de 1323 est la suivante : « [S.] de la pr6[vout6 
r]esves[qu]e de [Paris]. » Au contre-sceau on lit : 
« -j- Contres' de la pr6vout6 Tesvesque d' Pa '. « 

Un troisi^me document, conserv6 aux Archives 
communales de Tournay, se rapporte, non plus k la 
vente de la maison de la rue des Prouvaires k la ville 



— 153 — 

de Toumay, mais bien k la propri6t6 de cette maison 
elle-mfime, ant6rieurement k ladite vente. C'est un 
arr6t du Parlement, signifi6 par le roi Philippe V, le 
21 novembre 1321. II est en vidimus original surpar- 
chemin, scell6 sur double queue, en cire verte, d6livr6 
par le pr6v6t de Paris Jehan Loncle, le vendredi apr6s 
Noel 1322. II a pour but de confirmer k Jehan de Cor- 
beil, bourgeois de Paris, la propri6t6 de la maison en 
question, qui lui 6tait contest6e par un certain Pierre 
Honor6. L'acte nous explique comment Jehan de Cor- 
beil 61 ait devenu propri^taire de la maison qu*il devait 
c6der, le 23 juin 1323, a la ville deTournay. EUe appar- 
tenait k un lombard du nom de Corraldi (Corraldits 
Lombardi), qui avait 6pous6 une soeur de Jehan de 
Corbeil, et qui, par testament, avait donn6 cette 
maison a son beau-frdre, avec les meubles qui la gar- 
nissaient. L arrfet du Parlement que je viens de rap- 
porter n'est pas inconnu; il a, en effet, 6t6 analyse 
sommairement par Boutaric, au T. ii, p. 400, des 
Actes du Parlement^ sous le n° 6541. 

II n*y avait pas dix ans que la ville de Tournay 6tait 
en possession de sa maison de la rue des Prouvaires, 
quand inter vint I'arrfit du Parlement du 4 juillet 1332 
(Arch, nat., X*'6, fol. 247), qui condamnait cette 
ville, rendue responsable de certains exc^s de pouvoir 
de ses magistrats municipaux, k la perte de sa com- 
mune et k la confiscation de tons ses biens. La maison 
de la rue des Prouvaires fut done confisquSe par le 
roi. Mais, d6s le mois d'avril 1334, Philippe de Valois 
rendait a la viUe de Tournay sa maison de Paris. C'est 
ce que nous apprend un acte conserv6 aux Archives 
nationales (JJ. 69, n"" 23), et dont je dois la connais- 
sance k ramabilit6 de mon confrere M. Jules Viard. 
Ce qui fait le gros int6r6t de cette charte du roi Phi- 



— 154 — 

lippe VI , c est qu'elle nous donne k connaitre la posi- 
tion de la maison de la ville de Tournay dans la rue 
des Prouvaires. EUe 6tait, dit cette charte, situ6e •* au 
bout de la rue des Prouvdres, devers Saint-Eustache, 
tenant d un coste k la meson mestre Jean d'Aubigni et 
dun autre cost6 k Girart Hazard . » Les « Censiers du 
temporel de r6vecli6 de Paris, « aujourd'hui aux 
Archives nationales (S 1253 et suiv.), confirment le 
dire de la charte de 1334. D'apres eux la maison de 
la ville de Tournay devait 6tre la quatri^me k gauche 
dans la rue des Prouvaires, en partant de Saint- 
Eustache. Elle se trouvait done certainement dans la 
partie de la rue qui a c6d6 la place aux nouvelles Halles 
centrales. Les mfimes ^ Censiers r> nous apprennent 
que la ville de Tournay ne garda pas longtemps la pro- 
priety de sa maison de Paris. D6s 1373, cette maison, 
en effet, appartenait k sire Pierre Domino, et lui- 
mfime ne Tavait pas achet6e de la ville de Tournay, 
mais bien de maltre Philippe Ogier (Arch, nat., S 
1253, fol. 13a). Ainsi, moins de quarante ans apr^s la 
restitution par Philippe de Valois k la ville de Tournay 
de sa maison de la rue des Prouvaires, celle-ci deja 
avait eu trois maltres. Aprds Pierre Domino, elle 
appartint k Jehan de Gaucourt, chevalier, puis succes- 
sivement, au cours du XV** siecle, k Pierre Briffault, 
a Charles Culdoe, k Jehan Gresle et k Baude Benault. 
EUe passa alors aux mains de maltre Jehan Coignet, 
procureur au Parlement, qui la d6molit et sur son sol 
6tablit un jardin, vers Tan 1489. C'est du moins ce que 
semble dire le Censier du temporel de r6vech6 de Paris 
pour cette ann6e 1489, conserve aux Archives natio- 
nales sous la cote S 1255, fol. 50^. 

Arm AND d'Herbomez. 



— 155 — 

REQUfiTE A L'ADMLMSTRATION COMMUNALE DE TOURNAY 

Tournay, le 11 iiovembr^e 1898, 
Messieurs, 

Le d6mant61ement de Tournai et la transformation 
des anciens terrains militaires en boulevards ont cr66 
autour de cette ville un cercle ininterrompu de prome- 
nades attrayantes et bien ordonn6es; il en est ainsi 
notamment pour les boulevards qui s'etendent depuis 
la gare du chemin de fer jusqu'^ rh6pital civil, en pas- 
sant par le pont Delwart et le pont des Trous, tan- 
dis que Tautre partie des boulevards et en particulier 
celle qui part de Thdpital pour aboutir k Tancienne 
porte Marvis (en passant par le pont Soyer) , semble 
encore attendre les travaux compl6mentaires qui doi- 
vent lui donner toute sa valeur et sa beaute. 

Et cependant cette partie de nos promenades 
pourrait devenir veritablement belle si on y ex6cutait 
quelques simples travaux de jardinage, dabord en 
errant un pare public sur la partie de I'ancienne cita- 
delle comprise entre les casernes actuelles et le boule- 
vard qui passe derriere le palais de Justice ; ensuite, en 
encadrant d'un modeste jardinet les derniers vestiges 
de notre enceinte fortifl6e qui se trouvent le long de la 
petite riviere, entre TEscaut et la caserne de cavalerie. 

Un jardin public, sur une partie des anciens terrains 
de la citadelle. et en face de la caserne de la citadelle, 
serait tr^s facile h. disposer et aurait un aspect tout 
particuli^rement pittoresque, gr^ce aux accidents de 
terrain et aux buttes nombreuses encore existantes, 
quon utiliserait, avec le plus grand profit, pour la 
cr6ation du pare. 



— 156 — 

Etabli sur la partie 6lev6e de la ville, il offrirait aux 
promeneurs Tair le plus pur ; du sommet des buttes on 
jouirait de superbes panoramas de la ville, du mont de 
la TrinitS, du bassin de TEscaut et des campagnes 
environnantes. Aucun autre endroit de la ville n offre 
de semblables a vantages. 

Enfin, situ6 au centre d'une vaste 6tendue de terrains 
k b&tir, beaucoup trop abondants pour les besoins 
actuels de la ville, il donnerait certainement une 
notable plus value aux terrains voisins. 

Le second projet que nous voulons vous soumettre 
consisterait k encadrer dans un modeste jardinet, qui 
occuperait Tangle form6 par TEscaut et la petite 
riviere, les mines si pittoresques de nos anciens rein- 
parts, savoir les deux tours Marvis fi6rement plantfees 
sur le roc et se mirant dans la petite riviere, et le pan 
de mur avec deux tours longeant les curoirs, au-dessus 
duquel se profile une tr^s belle vue de la ville, les 
tours de la cath6drale,le beffroi, plusieurs clochers, etc. 

Ce projet, faisons-le remarquer tout d'abord, ne com- 
porterait qu'une d6pense tout k fait insignifiante : plan- 
tation de quelques arbustes et 6tablissement d'ungarde- 
fou le long de la petite riviere ; il n'entraine le sacrifice 
d'aucun terrain k bdtir, car si les restes des murs et des 
tours 6taient d6molis, le terrain occup6 par eux ne pour- 
rait 6tre vendu pour y bfttir, k cause de son peu de pro- 
fondeur et de sa situation tout contre la petite riviere. 

L'6tablissement de ce jardinet aura pour r6sultat 
imm6diat de cldturer en quelque sorte cette partie de la 
ville et de donner un aspect pittoresque et coquet k un 
quartier actuellement abandonn6 et d6sert. Mais en 
mfime temps il auracer6sultat, plus appreciable encore, 
d'assurer la conservation des derniers vestiges de notre 
enceinte fortifi6e, qu'4 raison de leur valeur arch6o- 



— 157 — 

logique et historique, nous avons k coeur de garder. II 
s'agit, en effet, des demiers t6moins de Thistoire mili- 
taire de notre ville, histoire glorieuse que ces murs 
rappelleront aux gdnSrations les plus reculSes ; 6lev6s 
au 13"" si^le, ils marquent les Umites de la ville k 
cette 6poque et t6moignent ainsi de son importance 
dans les temps pass6s. 

Au point de vue arch6ologique enfin, ce sont des 
specimens, int^ressants et rares, de Tarchitecture 
militaire et qui donnent une id6e exacte du systdme de 
d6fense de la ville. 

Les types d'architecture militaire deviennent de 
jour en jour plus rares, et ce sera un v6ritable merite 
pour notre ville de conserver et d'ofTrir k T^tude des 
arch^ologues et des artistes, celui que nous poss6dons. 

Qui pourrait contester rint6r6t que pr6sentent par 
elles-mSmes les tours Marvis, si pittoresques et encore 
completes, Tensemble des tours et des courtines qui vu 
obliquement, du c6t6 de TEscaut, donnent encore 
Tillusion d'une enceinte continue. 

Peu de villes en Belgique possMent des restes de 
leurs fortifications anciennes (ce qui augmente la valeur 
des n6tres) et d'ailleurs, celles d'une localit6 ne peu- 
vent donner Tidfee exacte de ce que sont celles d'une 
autre ville, car elles ne se ressemblent pas. Qui ne sai- 
sit k premiere vue la difference qu'offrent nos fortifica- 
tions avec celles d'Aigues-Mortes, de Carcassonne, de 
Saint-Malo, de Nuremberg, de Nim^gue, etc., autant 
de villes, autant de types differents. Les municipalit6s 
de ces villes se sont impose des sacrifices consid6rables 
pour garder, k peu pr^s complets, leurs murs de 
d6fense ; Tournai ne reculera pas devant une minime 
d6pense pour conserver les derni^res pierres de sa fie re 
couronne murale ! 



— 158 — 

La valeur de ces vestiges de notre enceinte fortifi6e 
du 13® si^cle a 6t6 signal6e k diverses reprises et par 
les autorit6s les plus comp6tentes. Nous nous bornerons 
k rappeler la visite faite k Tournai par Monsieur le 
rainistre Beernaert, a la suite de laquelle il proclama 
k la Chambre des Repr6sentants, le 27 mai 1891, les 
intentions du gouvernement pour la restauration de 
nos monuments d'architecture militaire; — le voeu 
6mis le 5 aout 1895 par le Congr^s de la f6d6ration 
arch6ologique de Belgique; — Tavis favorable du 
comit6 provincial de la Commission royale des monu- 
ments (rapport pour I'annee 1896, page 2) qui conclut 
comme suit : « La conservation de ces monuments 
» s^culaires est doublement d6sirable, dans rint6r6t du 
T pays, vu que les restes de notre art militaire sont 
^ devenus tr6s rares, et dans Tint^rfit de Tournai, parce 
r- que ces monuments sont les t6mdins vivants'd'impor- 
^ tantes 6poques de son histoire, et qu apr^s une restau- 
r ration, ils contribueront beaucoup au pittoresque et 
r a roriginalit6 de sa physionomie. v 

Le Conseil communal de Tournai a maintes fois 
t6moign6 son intention de conserver les restes de nos 
remparts et d'embellir leurs abords, notamment dans 
les seances du 17 juin 1891 et dii 20 avril 1895; la 
presse locale tout enti^re s'est associe a cette pens6e, et 
les journaux etrangers Tout soutenue dans la campagne 
quelle a entam6e a ce sujet; il suffira de citer le 
Petit Bleu du 26 mars 1895 et le Petit Beige du 
28 avril 1896. 

Conserver des monuments anciens, int6ressants par 
les faits historiques qu*ils rappellent, par leur valeur 
architecturale et artistique et par leur aspect pitto- 
resque ; les faire servir k Tembellissement d'un quartier 
quelque peudesh6rit6, sans grever la caisse communale 



— 159 — 

d'une d6pense appr6ciable, n'est-ce pas un objet digne 
de Tattention et des soins d'une administration 
6clair6e? Vous le croirez sans doute et c'est ce qui nous 
donne Tespoir que vous accueillerez favorablement 
notre demande. 

Veuillez agr6er, Messieurs, Tassurance de notre 
consideration la plus distingu6e. 

POUR LE BUREAU : 
Le Secretaires Le Pr(*sident, 

Eugene Soil. C de NEDONCHEL. 



COMMUNICATION 

flEtite k la Soci6t6 historique et arch6ologique de Toumai 
k propos d'un voyage en Bavi^re et en Autriche. 

Les membres fondateurs de notre Soci6te avaient 
Tusage d'entretenir leurs confreres des voyages artis- 
tiques qu'ils entreprenaient, 6largissant ainsi un peu le 
cadre des communications ordinaires faites dans nos 
reunions , et ouvrant des horizons nouveaux a nos 
6tudes et a nos recherches. Ces r6cits apportaient une 
certaine vari6t6 dans nos s6ances et dans les publica- 
tions qui les relatent, sans que, parait-il, nos confreres 
ou nos lecteurs s'en soient plaints. M. le Chanoine 
Huguet, notre ancien Vice-President, a continu6 ces 
traditions et notre excellent confrere, M. de la Grange 
et moi vous avons plusieurs fois fait rapport sur nos 
voyages arch6ologiques, notamment aux Congresfran- 
fais. En votant I'impression de nos communications, 
vous avez t6moign6 que vous y preniez quelque plaisir. 

C'est ce qui m'engage k vous entretenir aujourd'hui 



— J60 — 

d'une excursion arch6ologique faite, cet 6t6, en Bavi^re 
et en Autriche. 

Je n'ai nullement Tintention, croyez-le bien, de vous 
narrer mon voyage par le menu ; je veux seulement 
vous signaler certaines observations faites au cours de 
ce voyage et qui sont de nature k int6resser notre pays 
et plus particuli^rement encore notre ville. 

Franc fort, notre premiere 6tape, nous menageait k 
mon compagnon de voyage et k moi, k VinstitiU 
Siaedel, ou Mus6e communal, une magnifique surprise : 
cinq tableaux, parmi les meilleurs de notre grand 
peintre Roger de le Pasture, ou Van der Weyden, 
(n^* 100 A 104 dela collection,) la Vierge, entour6ede 
saint Pierre, saint Jean, saint Cosme et saint Damien; 
un triptyque : Scdnes de la vie de saint Jean — deux 
oeuvres merveilleuses. — Un Christ en croix, une sainte 
Vierge et une sainte Vironique; ces trois dernidres 
oeuvres moins belles que les deux premieres et qui 
semblent 6tre plut6t de r6cole de Van der Weyden que 
du mattre lui-m6me. Ce mus6e possMe encore beaucoup 
de tr^sbons tableaux des6coles flamande et hoUandaise, 
et, parmi les modemes, un Gallait, Y Abdication de 
Charles-Quint, r6duction du tableau conserv6 au mus6e 
de Bruxelles. 

A Nuremberg, Rothenbourg, et dans bien d autres 
villes de cette region, nous avons vu des exemples 
frappants du cachet et du caract^re k la fois pittoresque 
et artistique que pent donner k une ville la conserva- 
tion de ses anciennes maisoris et des restes de ses 
anciens remparts. Que notre ville ferait done bien, 
d'imiter ces villes allemandes oil le souci du confor- 
table et la recherche des derniers progrds dans toutes 



— Id- 
les branches de ractivit^ humaine n'ont pas emp&ch6 
les municipalitSs de conserver avec un soin jaloux les 
monuments tSmoins de Thistoire du pass6, en les 
parant, en les encadrant de jardinets tout k la fois 
pittoresques et hygi6niques qui augmentent encore 
leur charme ! 

Ce n'est point Ik que s'allongent k perte de vue 
d'insipides rues droites ; elles sont au contraire ondu- 
I6es, comme nos rues Saint- Jacques et de la Madeleine; 
d'une irr6gularit6 extrfimement pittoresque et offrant 
k chaque toumant de nouveaux points de vue. 

Et qu'on n'aille pas se figurer que le maintien de 
ces monuments anciens avec leurs acc^s parfois un peu 
difficiles, leurs rues parfois Stroites et sinueuses soit 
incompatibles avec les * exigences de la civilisation 
modeme, les progr^s de Thygidne, la recherche du 
luxe et du confort. La demonstration du contraire est 
faite d'une fa^on p6remptoire, dans ces belles villes 
d'Allemagne, et c'est merveille de voir comment 
s'allient parfaitement la conservation du prestigieux 
d6cor moyen &ge de ces villes et les applications les 
plus nombreuses et les plus perfectionn6es de la 
science, qui semble rSsumer et renfermer en elle tons 
les progr6s encore r6alisables, r61ectricit6. 

Le Musie germaniqtte de Nuremberg est un des plus 
considerables qui existent. II est class6 avec une 
rigueur toute scientifique et parfaitement dispose pour 
retude. Outre le catalogue g6n6ral des collections, il 
y a un guide (Fiihrer) qui signale les objets les plus 
dignes d'attention. Presque tons les mus6es d'AUe- 
magne, et ils sont nombreux, sont etablis d'aprSs ce 
type (i). Si je n'entre pas dans le detail des objets qu il 

(1) Die Kunst-und Kalturgeschichtlichen Sammlungen der germa- 

ANNALBS. III. II 



— 162 - 

renferme, c'est que, comme son nom Tindique, il est 
exclusivement consacr6 k la recherche et k r6tude des 
arts et des industries de TAUemagne, tandis que je n'ai 
rintention de vous entretenir ici que des choses qui 
intferessent notre pays. 

A Bamberg nous avons admir6 une superbe cathi- 
drale de la m6me 6poque, ou k peu pr6s, que notre 
cath6drale de Tournai, avec quatre tours importantes; 
mais Bamberg pas plus que les cathddrales du Rhin avec 
leurs multiples tours, tourelles et coupoles, nel'emporte 
en majest6 ni en importance sur notre superbe cath6- 
drale (je parle surtout de Text^rieur) et le faisceau 
inimitable et si impressionnant de ses cin^ clochers ! 

Ratisbonne, la viUe qui a c6nserv6 le plus de monu- 
ments romans, peut-6tre, off re pour ce motif un int6r6t 
tout particulier au voyageur toumaisien; ses monu- 
ments n'ont malheureusement pas encore 6t6 remis en 
bon 6tat (sauf la cath6drale) et bon nombre d'entr'eux 
se laissent seulement deviner, masques et d6figur6s 
qu'ils sont par un ignoble platras. Si on les r6parait, 
Ratisbonne deviendrait pour r6poque romane et la 
p6riode la plus ancienne du gothique ce qu'est Nurem- 
berg pour la p6riode du XV I'' si^e : une ville m'er- 
veilleuse! Sa population esi k peu de chose pr6s la 
m6me que celle de Tournai. 

A Munich, c'est dans les mus6es cr66s par la solli- 
citude 6clair6e des rois de Baviere que nous retrouve- 
rons notre grand de le Pasture. La r6putation de la 
Piiiacothequej ou Musie de peinture ancienne, est trop 
grande pour qu'il soit besoin d'en parler. Dans la salle 

nischen Museums. Wegwelser fQr die Besucher. Ausgabe fQr 1897. 
In-18, 200 pages. 



— 163 — 

r6serv6e k la vieille 6cole des Pays-Bas et aux 6coles 
rh6nane et souabe, qui semblent avoir suivi ses 
traditions, brillent paniii les Metsys^ les Memling et 
les primitifs allemands, les oeuvres de Roger de le 
Pasture ou Van der Weyden ; c'est un grand triptique 
reprfisentant V Adoration des Mages (p? 101 k 103), 
VAnnonciaiion et la Presentation au temple; un saint 
Luc peignanl la Vierge (n^ 100), plus beau encore que 
le pr6c6dent, admirables peintures qu'on a pu 6galer 
mais non surpasser! Un petit tableau de Q. Metsys 
(n° 181); portrait de Jean Carondelet, qu'il serait 
curieux de comparer k celui que poss^de notre mus6e ; 
unepieto, du m6me peintre; les sept joies de la Vierge 
de Memling, sont de trSs belles toiles, faisant honneur 
k notre 6cole flamande. 

Une grande saUe, mieux encore, le salon d'honneur, 
estr6serv6 aux oeuvres de Rubens, qui est repr6sent6 par 
toutes toiles de premier ordre. Parmi tant de chefs- 
d'oeuvre que je me sens incapable de d6crire et d'appr6- 
cier comme il conviendrait et qui sont d'ailleurs 
connus. je me borne k citer quatre portraits de Rubens 
et de sa seconde iemm^Helene Fourment (n*** 794, 798, 
797, 795) qui, comme vous Tapprendra sans doute 
bient6t un de nos confreres, M. Maurice Houtartj est 
k peu pr6s notre concitoyenne, puisqu'elle naquit d'un 
p6re tournaisien et dont la famille est absolument 
toumaisienne. 

Je ne parlerai pas des 6difices de Munich, de style 
grec, ni m6me de ses monuments du moyen Age, qui 
sont d'un style assez different du n6tre, mais je ne peux 
passer sous silence le Musie national ou Musee d*anti- 
quitis bavaroises (i). Ses nombreuses salles sont parta- 

(1) Fohrer durch das Koniglich Bayerische Dational Museum in 
MQDchen. MQncben, 1896, 178 pages. 



— 164 — 

g6es en deux sections. Dans la premiere section, les 
objets sont group6s par ordre chronologique ; aprds la 
salle romano-germanique viennent les salles romanes, 
gothiques, renaissance, etc. ; chaque salle renfermant 
des objets diflferents par leur matidre et leur usage, 
mais appartenant k une mdme 6poque ; dans la seconde 
section, au contraire, les objets sont classes eu 6gard 
k la matidre ou au travail, telle la salle des fers forges, 
celle des bois sculpt^s, des armes, des 6toffes, de la 
c6ramique, etc., etc. J'ai eu le regret de constater que 
nos porcelaines de Tournai n'y sont pas repr6sent6es. 

De nombreuses tapisseries garnissent les murs des 
diverses salles. Celles de Munich y sont naturellement 
en grande quantity et elles tSmoignent dune Industrie 
parvenue a un haut degr6 de perfection. Fond6 en 1603 
par un tapissier d'Enghien, Jean Van der Biest, Tate- 
lier de Munich, qui travaillait sous la surveillance 
imm6diate du prince, fournit plusieurs s6ries impor- 
tantes de tapisseries pour les palais 6lectoraux. Un 
autre artiste flamand, Pierre de Witte, de Bruges, lui 
fournit des cartons ou modules de tapisseries ; on 
conserve les pieces les plus int^ressantes sorties de 
leurs mains, au mus6e national. Cette premiere manu- 
facture fut ferm6e en 1617 et c'est en 1718 seulement 
qu'un nouvel atelier fut ouvert k Munich . Le -mus6e 
possMe aussi des specimens curieux de ce second 
atelier, fond6 par des ouvriers des Gobelins. 

Mais a c6t6 des tapisseries fabriqu6es k Munich, de 
nombreuses tapisseries sorties des ateliers de Florence 
et de Bruxelles, (les unes de G. Permans, d'autres du 
Xyi* si^cle, etc.,) et, quelques pieces plus anciennes 
provenant, croyons-nous, des ateliers de Tournai, figu- 
rent aussi au mus6e national. Telle pourrait bien 6tre 
une Adoration des mages et des bergef's, provenant de 



— 165 — 

la maison de Nassau de Nuremberg, indiqu^e dans le 
catalogue comme « travail flamand 1470-1500 » et 
dans laquelle on rencontre le point et la coloration des 
tapisseries de Toumai ; telle encore une merveilleuse 
tenture, laine et or, admirable de couleur et de con- 
servation. repr6sentant un de ces sujets all6goriques si 
chers au mojen Age : I'homme sollicit6 par les passions 
sous la forme de femmes par6es de mille charmes, est 
poursuivi par la Justice divine dont la mis6ricorde 
retient le glaive. La figure de Dieu le Fils domine la 
composition. Au premier plan, le sol est semd de 
fleurettes et de fraisiers en fruits. Les costumes sont 
du XV* sidcle, les noms des personnages, sont trac6s, 
en caract^res remains, k travers les habits; la bordure 
est k fleurages grfiles, d'un dessin tres riche. 

Atcgsbourg, Ulm^ Wurzhourg, SttUtgard, sont des 
villes fort int6ressantes, mais trop compl^tement alle- 
mandespour que noasjrelevionsquelque manifestation 
de notre art national. 

Au contraire dans le voisinage du Rhin, nous 
voyons k Worms, k Spire et k Mayence de grandes 
cath6drales romanes, qui ne manquent pas de points 
de contact avec notre cath6drale de Toumai et dont le 
style se rapproche sous certains rapports du sien. Le 
roman rh6nan est autre que le roman de la Souabe et 
de la Franconie, son influence a 6t6 trSs grande sur la 
region de la Meuse et elle s'est fait sentir aussi dans la 
region de I'Escaut. Nous le retrouvons dans la cath6- 
drale de S/ra^Jowr^roA certains d6tails, etjiotamment 
les chapiteaux sculpt6s de la crypte, sont semblables k 
ceux de Tournai. 

L'Autriche, pays qui appartient d6j4 a I'Europe 
orientale, n'a eu que peu de rapports artistiques avec 



— 166 — 

notre pays ; aussi est-ce seulement dans sa capitale, et 
1^, dans les mus6es, que nous pouvons esp6rer trouver 
des choses de nature k nous int6resser, au point de vuib 
special ot nous nous sommes places. 

Mais peut-on cependant parler de TAutriche sans 
saluer au passage ce fleuve si po6tique et si grand 
dans rhistoire, qui a nom le Danube t Linz est une des 
premieres villes autrichiennes, situ6es sur ce fleuve, 
dans lesquelles on s'arrfite et nous y trouvons un 
superbe mus6e arch6ologique, le MiLseum frandsco- 
carolinum (i), parfaitement installs dans un beau 
monument tout neuf. Un d6tail qui vous int6ressera, 
sp6cialement, c'est que sa creation et son installa- 
tion sont dues a une entreprise particuli6re, quelque 
chose comme notre Soci6t6 historique et arch6ologique ; 
la disposition des salles et des collections qu'elles 
renferment, est parfaite ; c'est un vrai type de mus6e 
provincial qu'on pent proposer comme module aux 
villes 'de Timportance de la n6tre. II est au surplus 
parfaitement tenu et la visite en est rendue facile par 
un guide - catalogue comme on en rencontre dans 
presque tous les grands mus6es allemands. 

A Salsbourg, ville extrfimement pittoresque entour6e 
de montagnes, le c6t6 vill6giature Temporte de beau- 
coup sur le c6t6 arch6ologique. 

A Vienne enfin tous les genres d'int6r6t se trouvent 
reunis, mais seuls les mus6es nous arrfiteront pour le 
moment. 

J'avais esp6r6, en visitant les anciens appartements 
de rimperatrice Marie-Ther6se, k la Hof burg ou 

( 1) FQhrer durch das Museum Francisco carolinum in Linz. Linz, 1895. 
In- 18, 160 pages, ffravures. 



— 167 — 

Palais imperial, j trouver la fameuse statue de Sainte- 
ThMse, en porcelaine de Tournai, oeuvre d'A. Gillis, 
haute de cinq ou six pieds, que Peterinck offrit k 
rimp6ratrice en 1756 et qui valut k son 6tablissement 
le litre de manufacture imp6riale et royale. Mon 
espoir fut h6las d6QU, comme il Tavait d6jA 6t6 ante- 
rieurement lorsque des recherches furent faites k mon 
intention tant dans les divers palais imp6riaux que 
dans les autres bdtiments de I'^tat. 

Les musses devaient heureusement apporter de 
larges compensations k ce d6sappointement. 

On a r^uni dans un immense palais les objets d'art 
conserves autrefois dans divers musees et palais imp6- 
riaux et Tensemble de ces collections constitue aujour- 
d'hui le Musee artistique et historiqite, un des plus 
consid6rables qui soient, et qui a et6 achev6 en 1889 
seulement (i). Le premier 6tage est occup6 tout entier 
par les peintures divis6es en quatre sections princi- 
pales : Tdcole allemande ancienne, T^cole italienne, 
r6cole flamande et enfin les 6coles modernes. Seule 
r6cole flamande nous arretera, et ici comme a Munich 
elle brille d'un 6clat sans pareil : Van Eyck, David, 
Hugo van der Goes, Memling, Metsys, toute la pl6iade, 
et enfin Rubens qu on ne pent appr6cier si on n'a pas 
vu la superbe s6rie qui le repr6sente dans ce mus6e. 

Mais ses oeuvres sont trop connues pour que je les 
d6crive et je ne citerai de lui, pour le meme motif que 
j'ai donn6 en parlant du mus6e de Munich, que le 
n"* 829, Portrait rTHeline Fourment, seconde femme de 
Tartiste, une des plus c6lebres peintures de Rubens, 
connue sous le nom de la femme A la pelisse ; 6trange 



(1) Uebersicht der Kunsthistorischen Sammlungen der AUerbochten 
Kaiserhauses-Wien 1897. In- 18 de 383 pages. 



— 168 — 

portrait que peu de femmes autoriseraient, je crois, 
mais qui donne une belle id6e de la race tournai- 
sienne 4 cette 6poque. 

Quant a Roger de le Pasture il figure au mus6e 
viennois avec trois perles : deux tout petits tableaux 
qui sont bien ce qu'on peut imaginer de plus parfait, 
sainte Catherine et la Vierge avec C enfant Jisus^ 
(n°^ 632 et 633) et un beau triptique repr6sentant le 
Crucifiement (n**634) avec les ^gwi^esde sainte V^onique 
et de sainte Marie-Madeleine sur les volets. 

Les expressions znanquent pour signaler les mer- 
veilles des salles du rez-de-chauss6e oil sont conserves 
les produits des arts industriels, qui tous se distinguent 
par la valeur des matSriaux employ6s aussi bien que 
par la perfection du travail ; et cela se comprend si on 
se rend compte que ce mus6e a 6t6 constitu^ par la 
reunion des tr6sors des palais imp6riaux, k la difi6- 
rence de la plupart de nos mus6es qui ont 6t6 formes 
par des dons ou des achats d'objets Isolds. Une s6rie 
absolument hors de pair est la collection des armes et 
des armureSy k laquelle notre mus6e de la porte de 
Hal, k Bruxelles, serait k peine digne de servir d'anti- 
chambre. Douze grandes salles la renferment. Parmi 
les pieces principales je citerai seulement la s6rie des 
armures gothiques et celle des armures de toumoi, 
ces demiSres au nombre d'une quarantaine. Beaucoup 
d armures de nos anciens souverains : celle de Phi- 
lippe le Beau, (n^ 66); de Charles-Quint, enfant, 
(n^* 126) (armure noire) ; deux autres armures de Char- 
les-Quint, (n""" 342 et 368) dont Tune, en acier bruni, 
est orn6e de bandes cisel6es et dor6es, splendide tra- 
vail de la renaissance; armure de Philippe II (n^ 395); 
parties d'armure de Charles-Quint ; casque, deux bou- 
ciiers et pistolets du m6me (n°» 369 a 371, 379, 356 



— 169 — 

A 354). Ep6es de Philippe le Beau et de Charles-Quint 
(275, 253, 263); armure du due d'Albe, d'Alexandre 
Farn^se, de Don Juan d'Autriche, etc., etc. 

Vienne possMe encore le Mus4e aiUrichien dart et 
dindustrie annex6 k une 6cole d'art, et congu dans 
Tesprit du S. Kensington Museum de Londres (i). C'est 
done avant tout un ensemble de mod^es de tous styles 
et de toutes les 6poques (objets anciens, modernes, fac- 
simile, etc.). Ce qui n'enip6che pas d*y voir figurer, 
surtout parmi les objets anciens, des pieces de la plus 
haute valeur. Le classement g6n6ral est fait au point 
de vue des mat6riaux employes, il y a beaucoup d'6ti- 
quettes explicatives et tr^s d^tailltes. 

V Arsenal imperial, mus6e militaire, renferme les 
armes, les drapeaux, les objets d'6quipement des armies 
autrichiennes depuis la guerre de trente ans. Enfin, k 
rh6tel de ville, il y a an Mus^e historique (viennois) 
oil sont conserves des tableaux, dessins, gravures 
offrant un intdrdt local, les bannidres des corpora- 
tions, etc. On y a transf6r6 aussi Y Arsenal des bour- 
geois, assemblage d'armes et d'armures, en grande 
abondance, mais de t3rpes assez peu varies, ce qui 
s explique, 6tant donn6e Torigine de la collection. 

La sagesse des nations dit qu'on s'instruit en voya- 
geant, et cela est toujours vrai, mais il n'est peut-etre 
pas de pays oil Ton apprenne autant que dans ceux 
dont jeviens de vous entretenir, grAce au grand nombre 
et A I'excellentetenue desmus6es publics. Nousdevrions 
bien imiter nos voisins sur ce point. 

Eugene Soil. 

Tournai. Novembre 1897. 



(1) Wegweiser durch das K-K Osterreichische Museum fOr KuDst 
und Industrie. Wien 1891. Id-18, 56 pages. 



— 170 



SfiANCE DU 9 DECEMBRE 1897. 



M. LE g6n6ral db Formanoir, Vice-President, 
M. EuGfeNE Soil, Secretaire. 



Le proc^s-verbal de la seance de novembre est lu et 
approuv6. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages regus pour la 
Soci6t6 depuis la derni^re r6union. 

1. Compte rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire, 5® serie. Tome 7, 3® Bulletin. 

2. Inventaire des cartulaires conserves en Belgique, ailleurs 
que dans les archives de TEtat. 

— Voir pour Tournai p. 56 et suivantes. 

3. Bulletin de TAcademie royale de medecine, 4® serie. 
Tome n, n® 8. 

4. Documents et rapports de la Societe pal6ontologique, de 
Charleroi. Tome 21. 

9 

II est donn6 lecture d'une lettre de M. le chanoine 
Vos, annonQant qu'il va publier un travail sur Les 
dignitis et les fonctions de Vancien chapitre de la cathi- 
drale de Tournai, et invitant nos confreres k y sous- 
crire, — d'une lettre de TAcadfimie royale des Belles- 
Lettres, d'histoire et des antiquit6s de Stockholm 
demandant Techange de ses publications avec les n6tres, 
ce qui est accepts. 



— 171 — 

M. Soil expose que depuis la derniSre stance le texte 
de la p6tition relative k la conservation des restes de 
nos remparts du 13* si6cle, a 6t6 lithographi6 et que 
des exemplaires ont 6t6 envoy6s k diffSrentes Soci6t6s 
de la ville et de I'fitranger avec pridre de Tappuyer 
aupr^ de Tadministration communale. 

Certaines adhesions sont d6jA parvenues et en parti- 
culier celles du Cercle artistique de Tournai, de la 
Soci6t6 du Cabinet litt6raire, du comit6 provincial de 
la Commission des monuments , de la Commission pour 
la conservation des monuments et des sites, etc. 

On d6cide de d6poser le 11 courant la p6tition, en 
y joignant les premieres adh6sions dont il vientd'fitre 
parl6 ; et d'en adresser une copie k tous les membres du 
Conseil communal et aux diffSrents journaux de la ville 
en les priant d'appuyer la demande de la Soci6t6. 

M. le comte du Chastel donne lecture d'une note 
intitul6e : Corrections pour la page 47 du tome XXV 
des Bulletins. On en vote Timpression k la suite du 
proc6s-verbal. 

M. le Secr6taire d6pose le tome ii des Annales qui 
vient d'fitre imprimfe. II renferme un Choix de testa- 
ments toumaisiens par M. de la Grange; Tournai 
en no I par MM. Descl6e et Soil; et Notes historiques 
sur le convent des Carmes par le P. Jean-Aim6 de 
Robiano. 

Corrections pour la page 47 du tome XXV des Bulletins 
de la Soci6t6 historique et littiraire de Tournai. 

En 1895, un acte dat6 de 1526 oii se trouvaient 
r6unis les noms de Forest, de Mortagne et du Plich, 
m'avait fait croire k I'existence d'un fief du Ploick situ6 



— 172 — 

dans le hameau de Forest en Bruille-16s-Mortagne sur 
TEscaut. 

Mais depuis, j'ai d6couvert que le fief du Ploich ou 
Du Plouys qui fut tenu par Jehan BoutiUier, le c6l6bre 
jurisconsulte, gisait k Wattrelos-en-Ferrain. U rele- 
vait de Tabbaye de Saint-Bavon de Gand et fit partie 
de la dot que re^ut Marie de Halhuin, femme du lieu- 
tenant du bailli de Tournaisis. 

J'avais I'intention de faire connattre cela k notre 
Soci6t6 d^s la premiere s6ance de printemps, lors- 
qu'une rectification manuscrite anony me quej'aitrouv6e 
gliss6e dans le tome 25 de nos Bulletins, est venue 
pr6cipiter ma communication. 

D'apr^s cet 6crit le Pitt ou Plich ainsi que Mortagne 
dSsignent dans Tacte de 1526 des lieux dits sis k 
Anvaing et k Forest-16s-Frasnes en Hainaut, comme 
le prouvent les noms des cotitures de le Cailluij^re et 
de Vregi6fosse qui les accompagnent et d6signent aussi 
des lieux dits de la mdme commune de Forest. 

Le C^ P. A. DU Chastel. 
Kain, 9 D6cembre 1897. 



— 173 — 



SfiANCE DU 13 JANVIER 1898. 



M. LE G^NfiRAL DB FoRMANOiR, Vice-PrisidetU . 
M. Eugene Soil, Secriiaire. 



Le procds-verbal de la s6ance de d6cembre est lu et 
approuv6. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a recus 
pour la Soci6t6 depuis la demi^re reunion. 

1. Recueil des ordonnances des Pajs-Basautrichiens.3® s6rie, 
tome 9. 

2. Bulletin de rAcademie royale de Belgique. 3* serie, t. 34, 
1897. N°« 9, 10, 11. 

3. Bulletin de TAcad^mie rojale dem6decine. 4^ serie, t. 11, 
u^ 9 et 10. 

4. Id. Tables alphab6tiques des tomes 1 a 20 de la 1^ serie. 

5. Compte-rendu des seances de la Commission rojale d'his- 
toire, 5* serie, tome 7, 4® Bulletin. 

6. Bulletin de la Societe d'histoire et d'archeologie de Gand. 
5® ann6e n«*« 5, 6, 7. 

7. Institut archeologique du Luxemboiu*g. Annales. 51®annee, 
tome 32. 

8. Annales de la Societe d'^mulation de Bruges. 5* serie, 
tome 10, livr. 4. 

9. Cercle hutois des sciences et des arts. Annales. Tome 11, 
2«livr. 



— 174 — 

10. Revue benedictine. 1897, n^s 11 et 12, 1898, n« 1. 

11. Bulletin des Commissions royales d*art et d'archeologie. 
36® annee, n^^ 1 a 6. 

12. Analectes pour servir a Tliistoire ecclesiastique de la 
Belgique. 2® serie, tome 10, 4® livp. 

13. Biographie Nationale. Tome 44, 2® fasc. 

14. Revue beige de numismatique, 1897, 4® livraison. 

15. Analecta bollandiana. Tome 16, fasc. 3 et 4. 

16. Bulletin de la Societe scientifique et litt6raire du 
Limbourg. Tome 17, l®*" fasc. 

17. 0ns hemecht (Luxembourg). 3® annee, 1897, et 4® annee, 
no 1. 

Le m6me membre d6pose les ouvrages ci-apres : 

Homraage des Auteurs : 

M, Joseph Hubert, Comite provincial (du Hainaut) de la Com- 
mission des monuments. Rapport annuel 1895 et 1896. 

A/. Fdi^x ffachez. Voyage de Frangois Vinchant en France 
et en Italic (1609.) 

M, Arthur Mergheli/nck,yi]led!Y^veSy sesmonuments. 1897. 

Des remerciments sont vot6s aux auteurs. 

II est donn6 lecture de la correspondance. 

Le comit6 du Congr^s arch6ologique de 1898 prie la 
Soci6t6 de proposer des sujets qui pourraient etre 
trait6s dans les r6unions. 

M. Lesenne envoie le prospectus d'une publication 
qu'il va faire sur la chapelle du lyc6e de Saint-Omer, 
et M. de Soignie le prospectus de son ouvrage : 
VAbeille it (ravers les dges, 

Le comit6 organisateur dune manifestation en 
rhonneur de M. Alfred Bequet, President de la 



— 175 — 

Soci&t6 arch^ologiqae de Namor, invite la Socieie a j 
participer. 

M . le Tr6sorier rend compte de sa gestion pcNir la 
2^ moiti6 de 1896 et poor Tannte 1897. Elle est 
approuv6e. 

M. Soil rend compte de Tenvoi et de la petition 
relative auz anciens remparts. Elle a rega de tons c6t€s 
le meillear accueil et on peat esp^rer qoe le voea 
exprim^ par la Soci6t6 sera r6alis6. 

M. de la Grange lit nne notice sor on conflit rdatif 
k la confrSrie de Notre-Dame de Hal. On en vote 
I'impression. 

M. le Comte du Chastel donne lecture de qnelqne^ 
extraits de la g^n^alogie de la famille Warison qn'iX 
vient de dresser. On vote Timpression de ce travail. 

Le mSme membre annonce qu*il s'occope actoeUe— 
ment de la g6n6alogie de la famille de la Fosse, qa'iX 
se propose de communiquer a la Soci6te. 



CONFLIT A PROPOS D'UNE ROBE. 

En lannfee 1272, Henri Fourr^ fonda, a gauche dc^^ 
chceur de T^glise de Saint-Quentin, une chapelle er^ 
rhonneur de Notre-Dame de Hal. Ce ne fiit qu'en 140^ 
qu'nne confr6rie de ce nom fut institute canoniquemeat; 
par Tarchevfique de Cambrai, Pierre d'Ailly. 

« Cette confr6rie 6tait divis6e en quatre banni^re^ 
(blanche, verte, rouge et violette). Tons les confr6re^ 
devaient faire, sous leur couleur respective, tons 1 
quatre ans leur pdlerinage k Hal. Les confreres 1 



— 176 — 

Tournai ^talent re^us k Tentr^e de la villa de Hal 
avant ceuz de toute autxe ville et avaient le privilege 
de revStir la Vierge miraculeuse d'une robe qu'ils lui 
apportaient, comme de la porter les premiers, k la pro- 
cession, k la sortie de I'^glise (i). » 

Ce privil^e fut contests en 1644 par les J6suites 
aux confreres tournaisiens. J'ignore sur quel motif se 
fondaient ces religieux pour soulever un pareil conflit ; 
les documents que j'ai eus sous les jeux n'en indiquent 
aucun. Et il ne fallut pas moins que Tintervention du 
pr6v6t de Tournai qui, selon un ancien usage, accom- 
pagnait les pterins, pour maintenir nos compatriotes 
dans Texercice de leur privil^e. Mais apr^s le revdte- 
ment de la statue effectu6, les J6suites, profitant du 
depart des Tournaisiens, firent enlever la robe qu'ils 
avaient apport6e, et y en substituSrent une autre qu'ils 
offraient k la Vierge. Inform6s de cette substitution, 
les maitres de la confr^rie tournaisienne revinrent k 
r^glise, firent remettre la robe enlev6e, et apr^s s'Stre 
assures que les J6suites avaient agi sans I'ordre de leurs 
sup6rieurs, r6clam^rent un proc^verbal autbentique 
des faits. 

Je transcris cet acte qui fait aujourd'hui partie des 
riches dossiers tournaisiens de notre regrett6 confrere, 
M. DesmaziSres, qui avait bien voulu me le com- 
muniquer. 

« Le troizidme de septembre xvi^ quarante-quatre, 
pardevant Simon Le Maire, notaire roial resident en 
Tournay, soubsign6, pr6sens les tesmoins cy-bas 
nomm6z, comparurent personnellement monsieur mais- 
tre Jean Vannes, prebtre, bachelier form6 en la facult6 
de sainte thdologie et doyen de la chrestientS du dio- 

(1) L. Cloquet. Tournai et Toumaisis^ p. 311, en note. 



— 177 — 

c6se dudit Toumay et Tourn6sis, monsieur maistre 
Robert Vannes, aussy bachelier en ladite theologie, 
prebtre et pasteur de Is paroisse Sainte-Marguerite 
audit Tourriay, maistre Jean Allard, pareillement 
prebtre et chapelain de I'Sglise cath6dralle de ladite 
ville, Antoine Ollivier, marchand orphebvre, et Robert 
B6ghin, rejeteur dlcelle ville, ambedeux maistres de 
la confr6rie NostreDame de Halle institute audit 
Toumay, maistre Guillaume Lambert, conchierge de 
la maison de ville audit lieu, et Gilles de Germe, ser- 
viteur de ladite confrSrie, lesquels comparans ont dit, 
d6clar6, attests et pour chose veritable certifi6, ofirans 
Taffirmer pardevant tons juges qu'il apertendra, que ce 
jourdhuy sur les quatre ou cincq heures du soir ils se 
sont tous, en quality de p6lerins, transports dans 
Tfeglise de Nostre Dame de ladite ville de Halle k 
effect de servir Dieu et sa sainte M^re en la suite et 
compaignie de sire Maximilien Hovyne, escuier, sei- 
gneur des Ruisseaux, etc., pr6vost de la commune 
dudit Toumay d6put6 de la part de messeigneurs les 
Consaulx illecq, avecq les seigneurs bailly et magis- 
trat de ladite ville de Halle en la procession quy s'est 
fait avecq le clerg6 et grand nombre de confreres, et 
de pr6senter k I'image Nostre Dame la robe ordinaire 
dont ils la revestent par chacun an. Oi]i estans arrivSz 
et lesdits maistres dispos6z k revestir ladite image k la 
plus grande gloire de Dieu et de sadite sacrSe Mdre, k 
I'accoustumSe, ils en ont est6 empeschSz jusques k trois 
fois par aucuns JSsuites y estans et ne voulans ce per- 
mettre k raison qu'eulx mesmes vouloient faire le del- 
voir a Texclusion desdits maistres; et de fait eussent 
empesch6 sy bien Texercice et caus6 quelque vaccarme 
et scandal en TSglise, sans la presence et authority 
dudit seigneur pr6vost, lequel, voyant tel d6sordre et 

ANNALBS. III. 12 



— 178 — 

conftision caus6e par lesdits Jesuistes, a commande 
ausdits maistres de faire ledit deb voir, comme ils ont 
fait, en revestans ladite venerable image de la robe 
dont ils estoient garnys. 

» Tout ce que dessus lesdits comparans attestent 
veritable, a eulx releu et requis de la part dudit sei- 
gneur pr6vost d'en avoir acte pour s'en servir et pr6- 
valoir au besoing. 

y* Ce fut ainsy fait, pass6 et stipul6 en ladite ville de 
Halle, les jour, mois et an que dessus, 6s pr6sences de 
monsieur maistre Jean Martel, prebtre, chapelain de 
ladite cath6dralle, et maistre Antoine Caret, fils 
d'Antoine, r6sidens audit Tournay, tesmoins requis et 
appell6z, ayans lesdits comparans sign6 la pr6sente en 
approbation de v6rit6. Sign6 : J. Vannes, R. Vannes 
pasteur de S^ Marguerite, J. Allard, Antoine Ollivier, 
Robert Beghin, Guillaume Lambert, marcq Gilles de 
Germe et S. Le Maire. 

5» A rinstant de la vesture et dispute cy-dessus, et la 
compagnie retir6e de ladite 6glise, ledit seigneur pr6- 
vost estant adverty que lesdits J6suites avoient fait 
oster ladite robe et laiss6 la susdite ymage revestue 
d'une autre robe blanche, de drap d'or, (comme elle 
estoit le matin) at envoy6 lesdits maistres demander au 
R6v6rend Pere Recteur Jesuite s'il avoit donn6 ordre 
de d6vestir ladite ymage et oster leurdite robe, comme 
on lui avoit fait rapport; iceulx s'y sont transport6z 
sito, et lui ayans parl6 et demands son intention sur ce 
subjet, il leur a d6clar6 que, sy on avoit ost6, ce n avoit 
est6 de son consentement ny par son ordre, et qu'il n'en 
avoit est6 adverty, leur donnant charge de la remettre 
eulx mesmes, comme ils ont fait k Tinstant franche- 
ment et librement sans que personne aucune leur ait 
plus donne aucun empeschement ou destourbier. Ce que 



— 179 — 

lesdits maistres, pour ce aassy express6ment compa- 
rans, attestent avecq lesdits Garret et Gilles de Germe, 
comme ayans est6 pr6sens, offrans raffirmer pareille- 
ment quand requis seront, ayans sign6 ceste k la pour- 
suite dudit seigneur des Ruisseaux, avecq ledit Simon 
Le Maire, notaire roial audit Toumay. 

« Ce fut ainsy fait, pass6 et stipul6 audit Hal, pr6- 
sens lesdits seigneurs Martel et maistre Jean Alard, 
tesmoins requis et appell6z par ledit notaire soubsign6. 
— Antoine OUivier, Robert et B6ghin, Antoine Caret, 
marcq Gilles de Germe et S. Le Maire. « 

L'affaire parut assez importante pour que le sieur 
des Ruisseaux en fit rapport aux Consaulx, dans leur 
s6ance du 6 septembre 1644. Ceux-ci, apr^s avoir 
reconnu que justice avait 6t6 rendue aux confreres de 
Hal, ordonn^rent que le procds-verbal, que je viens de 
transcrire, fut conserve au ferme de la confrerie. 
Depuis il ne fut plus fait mention de ce petit conflit. 

%' 

A. DE LA Grange. 



Gr6n6aJogie de la famille bourgeoise TVARISON 
( 1190 & 1416)alli6e k la Maisonprinci^re de Moxlagne. 

Le nom roman de cette famille se traduit en fran^ais 
par moisson sur pied, ricolte sur pied, et en patois par 
avitures, avStis, mots qui s'emploient ordinairement 
au pluriel. 

C'est une forme du mot gamison : ce qui garnit, 
remplit, rev6t. Nous croyons que c'est le sens du nom 
warison que symbolis6rent les trois rameaux d'or que 
fit peindre sur son 6cu, Jehan Warison lorsqu'il prit 
part au tournoi des XXXI rois donn6 k Tournai les 
17 et 18 Juin de Tannee 1331. 



— 180 — 

Armoiries : de gueules semi de billettes dor, d quatre 
croissants moniants du mane, dont trois poses run 
aU'dessus de Vauire sur le flanc senestre de Vicu et 
le 4^ placi sur le troisUme quartier ; au franc-quartier 
fasct dor et de guetdes de six pieces (i) ; 

Ou autrement : 
de gueules semi de billettes dor, it trois rameaux du 
mime; au franc-canton fasci dor et dazur de huit 
pieces brochant sur le premier rameau (2). 



I. JackemeSj Jaquemes ou Jaques Warison, n6 
dans le dernier tiers du XII® siecle, mort avant sep- 
teinbre 1258, etait bourgeois de Tournai. Voici quelles 
furent ses magistratures dans cette ville et dans des 
administrations du voisinage : 

Echevin de Tournai en 1223; 6chevins des Cauf- 
fours en 1223-24 et 1241 ; 6chevin de Saint-Brice en 
1235, 47, 48, 50 et 54; chef-6chevin ou maire dudit 
lieu en 1256; 6chevin de « le poestet ♦» de Warchin 
en 1242 (3). 

II est nomm6 avec son fils Rogier, dans un acte de 
rann6e 1254, et avec son autre fils Michiouls, dans un 
acte pass6 en 1258; mais c'est comme d6funt qu'il 
figure dans le second . 



(1) Tri^oh db la Cathedrals de Tournai, Torche des Damoiseaux, 
partie ancienne, deaxieme division, troisieme rang^e en pal ou terticale. 

(2) Manuscrits armories relatifs au Tournoi des XXXI rois. 

(3) Pour dviter les repetitions oiseuses, nous dedarons que toutes 
les indications dat^es qui n'ont pas pour complement des notes en fesant 
connaltre les sources, sont des extraits d*actes dits chirographes con- 
serves dans les Archives de Tournai sous la denomination di* Actes divers 
de la cm et de Saint-Brice, et classes par paquets ou layettes dans 
I'ordre chronologique. Pour verification, il suffit de demnnder & 
TArchiviste, la layette de la date a contr6ler. 



— 181 — 

Jacques laissa au moins, deux fils ; savoir : 

P Sire RoGiER WARISON, qui suivra, II. 

2° MiCHiouLS, Mikieus, Mikiel ou Michel Warison. 
I] figure avec son p6re d6funt dans un acte de TannSe 
1258, et avec son fr^re Rogier alors 6poux d'Angni^s 

N , dans un chirographe pass6 en rann6e 1260. 

On trouve qu'il fut chef-6clievin de Tournai en 1278 
et qu'il mourut vers 1297-98. II laissa un fils I6gitime 
nomm6 Jehennet ou Jehan Warison qui parait avoir 
pris la tonsure cl6ricale, selon un acte de 1297 assez 
peu ezplicite. 

II. Sire Rogier Warison, n6 avant 1234, majeur 
avant 1254, mari6 avant 1260, mourut avant septembre 
1288. En 1268, il fut Tun des procureurs de la ville 
de Tournai dont il 6tait bourgeois, et eut pour col- 
logue en cette charge, Gossuin de Maubrai, En 1272, 
il 6tait maire du bourg des Caufiburs, et on lit dans 
le Registre des Faides (i), au recto du folio 31, quen 
1273, Sire Rogier Warison 6tait pr6v6t de Tournai. 
On le rencontre encore comme 6chevin de Tournai et 
des Cauffours au bas des actes d'int6rSts priv^s pass6s 
de 1278 k 1284 aux greifes de ces 6chevinages. 

Rogier Warison fut mari6 deux fois. II 6pousa en 

premieres noces, avant 1260, Angnies N , et en 

secondes noces, avant 1274, Juliane A le Take (2), 



(1) BiBLIOTHftQUB DB LA VILLE DE TOURNAI. ManXASCTlt CCXVII. 

Livre ou Registre des Faides. On j lit au verso du folio 48, que le His 
de Jehan Rainneware fut tu6 d'un coup de couteau par Jehan Pipelart^ 
cousin de sire Rogier Warison. 

(2) A le Take signifie d Vattache et yient du verbe germain taken ^ 
prendre, retenir. Aussi donne-t-on le nom d'^tacque, ou d'attache, & un 
pieu servant le long des grands cours d*eau, & fixer les cables qui 
amarrent les bateaux et les empSohent de d^river. Nous avons vu dans 
un ancien armorial que la famille A le Take porta : d*azur d une 
itacque d'argent, en pal. 



— 182 — 

fiUe d'Evrart A le Take (i), comme cela se lit au recto 
du folio 31 du Registre des Faides, 

La seconde 6pouse, devenue veuve, convola avant 
1299, avec Jehan de Baelli (2) et mourut avant Janvier 
1315 (1316, n. St.), apr^s avoir nomin6 pour ex6cu- 
teurs de ses derni^res volont6s, son second mari et 
D*'"*^ Katerine Warison, Tune des fiUes de sa premiere 
union. 

Nous ne savons pas si de son premier mariage, Sire 
Rogier Warison laissa des enfants, mais nous pouvons 
affirmer qu il fut p6re de quatre enfants tous indiqu6s 
comme n6s de Juliane A le Take, lis suivent : 

I*' Jakemes warison, qui suivra, 111; 

2° Annechon ou Agn6s, marine avant 1297, a Walter 
DB Bland AiNG (3). 

3° N , mari6e avant 1315, 4 Jehans Crueus, fils 

de Groul ou G6roulf Crueu {4). 

4° Katerine. EUe est nommee avec son fr6re 
Jakemes et leur m^re dans un acte de 1306, et avec 
feu son p6re et sa m^re vivante en un acte de 1308. 
On a vu plus haut que sa m6re Tavait d6sign6e pour 
ex6cuter son testament . 



(1) Evrart A le Take fut maire du bourg de Saint-Brice en 1272. 
n mourut avant 1293, laissant sept enfants, savoir : Jehan; Jakkhks; 
GiLLBs; Dame Juliane, veuve de Rogier Warison; N . . . , femmede 
Gilles de Yids-Condet; Ogivain, femme de Gilles de Afaude, et N... 
femme de Jakemes Coppet. (Archives de Tournai, Chirographes de 
Saint-Brice, layette 1293). 

(2 J Jehan de Baelli, de famille scabinale A Tournai, poss^dait un 
manoir & Warcbin. 

(3) Un autre Watier de Blandaing, mort veuf d*[sabiel de Waudri- 
pont, vers 1287, laissa neuf enfants dont aucun ne se prdnommait 
Watier. Malgrd cela trois Waxier de Blandaing vdcurent A Tournai 
dans la premiere moitid du XIV*' siecle. 

(4) La femme de Jehan Crueu pourrait etre la veuve de Watier de 
Blandaing, rien ne prouvant ni n'infirmant cela. 



— 183 — 

HI. Jakemes Warison, ne avant 1275, mari6 avant 
1?95, mourut avant 1324. Voil^ tout ce que nous 
avons pu recueillir sur le fils de Sire Rogier Warison. 
Peut-etre fut-il jur6 de Tournai, mais nous ne Tavons 
pas rencontr6 comme 6chevin de cette ville. C*est par 
des actes pass6s ^Tfechevinage de Saint-Brice en 1319 
et 1323 et k T^chevinage de Tournai en 1324 et 1325; 
que nous connaissons les noms de ses cinq enfants 
legitimes qui suivent : 

P Sire Jehan Warison, qui suivra, IV. 

2^ Jakemes WARISON, qui suivra, lYbis. 

3^ Jehane, mineure en 1319. Elle ne paralt pas 
avoir contracts d'alliance. 

4'' Maroie, femme avant 1325, de Jehan de Ven- 
DULB, fils de Rogier de Vendule et de Jehane N (i). 

5° IsABiEL, mariee a Colart de le Cauchie. Elle 
mourut k Tournai avant le 20 juillet 1357, laissant un 
fils mineur nomme Colin ou Colart de le Cauchie (2). 
- IV. Sire Jehan Warison, majeur en 1319, regut en 
1327, congiet ou permission de porter armures (3). II 
releva sa bourgeoisie de Tournai le 16 aoCit 1328 (4), 
dans rann6e de son mariage. 

Voici quelles furent ses magistratures. 

Voir-jure en la paroisse de Saint-Piat en 1332, et 



(1) Roger db Vendule, mort avant 13*25, avait laiss^ cinq enfants : 
1° Marguerite femme de Simon de Prinches ; 2^ Katherine, femme 
de Jehan Bridoul le bouleoghier ; 3° Helin, 6poux de Katherine 
Desplechin ; 4" Jehan qui donne sujet t cette note; 5o Julianb, femme 
de Colart li Carlier, orfevre. 

(2) Archives db la ville de Tournai. Testaments et donations. 
Layette de I'ann^e 1357. Le 20 juin 1357, Colart de le Cauchie donna 
& son fils Colin, 45 livres tournois de rente d prendre chaque annde 
sur un bonnier de terres sis k Warcbin et tena par Pieres de Uostes, 

(3) Idem. Registre 131 ou 2* Reg, de la lot, fol. 21, verso, 

(4) Idem, ibidem. Fol. 23, verso. 



— 184 — 

en la paroisse de Notre- Dame en 1334, 37, 38; jure 
de 1334 k 1341, et en 1343, 45, 46, 48, 49 et 51; 
enfin second pr6v6t en 1352, annee oA il fut, avec 
Vincans Dare pour coUegue, gouverneur et mambour 
de la maison des pauvres bourgeois de la rue Capon (i). 

II poss6dait des terres et fiefs k Gauraing dans le 
Hainaut, ce qui le constituait homme f6odal de la 
Cour de Lcuze comme nous I'apprend un acte de 
rann6e 1345 (2). 

Sire Jehan Warison, qui fut le roi Loch de Rochclisse 
du Tournoi de 1331 , testa a Tournai, dans la paroisse 
de Notre-Dame, le 13 octobre 1353, en faveur des 
cinq enfants que lui avait donn6s son Spouse, Maigne 
ou Marie-Magdeleine be Trit, issue d'une famille 
noble du Hainaut (3). On lit dans son testament quil 
poss6dait conjointement avec sa femme, des terres et 
fiefs k Aix-l^s-Orchies, a Landas et k Nomaing. 11 
choisit pour lieu de s6pulture T^glise des Fr6res- 
Mineurs dits R6collets et d6signa pour ex6cuteurs 
testamentaires, son 6pouse, son frdre Jaquemes Wari- 
son, et Jakemes de Ronk, auxquels il donna pour con- 
seiller, Frere Willaume dou Pore. 

11 dut mourir dans le courant de lannfee de son tes- 
tament, car en 1355, Maigne de Trit, sa veuve, 6tait 
remari6e au valenciennois, Watier Brochon (4). 



(1) En 1897, rue de la THe d'or, nom du A Tenseigne d'uuo maison 
qai fut la residence d*UDe branche de la famille Wettin. 

(2) Archives db la villb de Tournai, Echevinage de la CiU^ 
Layette de 1345. 

(3) DE Trit ou db Trith : d'argent au croissant de gueules. Cette 
famille qui doit son nom au village de Trith-Saint-I.dger, a produit 
Renter de Trith, due de Philippopolis en Roumdlie, a la suite de la 
conquMede Tempire grec par les Latins en 1204. 

(4) Broghon : d sem^ de billettes d au lion d brochant. 

Parti f^minin de r^cusson carre du sceau de Jehane Bkochonnk, veuve 



— 185 — 

Voici les cinq enfants de sire Jehan Warison : 

1° Katherine, religieuse k Thdpital de Mar vis en 
Toumai avant juin 1353, vivait encore en 1359. 

2*" Jehanne, mari6e en 1352 k Willaumes Prouvost 
ou Pr6vost (i), bourgeois de Toumai par relief fait 
le 16 Janvier de la dite ann6e (2) ou 1353 n. st., fils 
d un autre Willaumes Prouvost qui fut maire des 6che- 
vins de Toumai en 1343 (3). Jehanne Warison 6tait 
veuve avant le 8 avril 1374, et avait une fiUe : 

A. Catherine Prouvostb ou Pr6voste, veuve avant 
le 27 septembre 1410, de Jehan Gobert {4). 

3"" Maigne ou Marie-Magdeleine, seconde femme 
par contrat passe avant le 10 septembre 1353, de 
Pierre Centmars (5) le p^re, dit Tainfe, marchand 
vinier, regu bourgeois de Toumai les 21 septembre 

de Gilles dit Hauwiel de KUvraing (Arch, db Tournai, Quittances 
scelUes, 1468). 

(1) PrAvost : (Tazur d trois fermaux d'or, au chefdu mime chargi 
d'un lion issant de gueules (Torche des Damoiseaux & la Cath^drale de 
Toumai). Cimier : un dext%ochirearmibrandissant une4p4cau naturel, 
— On trouve les stipulations da contrat du manage Prouvost-Warison 
dans un acte passd le 28 Janvier 1357 (1358 n. st.) et conserve aux 
Archives de Toumai parmi les contratsde manage. 

(2) Archives db la villb db Tournai. Registre 134, 5' registre de 
la loi, fol. 255, recto. 

(3) Willaumes Prouvost, le pere, acheta tout Th^ritage sis en la 
justice de Holaing, Jolain, Mierlaing, Bruyelle et Wes, que D*'^^^ Kate- 
rine de Mierlaing avait port^ en dot k son dpoux Bauduwin de Trase- 
gnies, dit de Esquarmaing. (Archives db la villb db Tournai, 
Chirographes de la Citi, layette de Tann^e 1335. Acte pass^ avant le 
prochain dimancbe apres la conception Notre- Dame, c'est-&-dire le 
samedi 9 d^cembre 1335). 

(4) Archives db la villb de Tournai. Testaments, layette de I'ann^e 
1410. Testament de Marie Warison, veuve de Pierre Centmars , Vaini. 

(5) Centmars ou Chan mart : de gueules ^ trois aigles d' argent. 
Cimier : une t4te de boeuf entre deux membres d*aigle posds les serres 
en haut et affront^es, (Archives de la villk db Tournai. Actes scelUs 
de Vann4e 1363. Sceau de Jakeiiies Cbanmars). 



— 186 — 

1332 et 15 juin 1333 (i), propri6taire foncier a N6chin 
et a Templeuve-l^s-Dossemez, veuf de N.... Defter, 
fils de Gillion le Mierchier, dit Centmars, et petit-fils 
de Clays ou Colart (Nicolas) Centmars. — Pierre 
Centmars, qui fut jur6 de Tournai en 1334, 35, 36, 
42 et 46, puis 6chevin de saint Brice en 1337, 38 et 
39, fut aussi 6chevin de la cite de Tournai en 1343, 
1370, 71 et 72. II testa le 16 octobre 1380 et mourut 
avant le 30 mars de la mfeme ann6e (1381 n. st.), jour 
de Tapprobation de son testament. 11 voulut 6tre 
enterr6 pr^s de son p6re et de sa premiere femme dans 
Teglise des Frferes-Mineurs k laquelle il fit un legs de 
cinq mailles d'or afin qu'on y priat pour T&me de son 
serourge (beau-fr^re) Lotart (ou Gilles) Defier. Des 
deux fils n6s de sa premiere femme. Tun, pr6nomm6 
JAQUEMiN,6tait mort, et I'autre 6tait Pierre Centmars 
dit le jeune. Mais du second lit, restaient un fils, 
Hanekin ou Jehan (dont les tuteurs en 1383 6taient 
Jaques Warison et Jehan de Lautel) et deux filles, 
Marie et Jeuanne Centmars, toijtes deux religieuses. 
Les ex6cuteurs testamentaires de Pierre Centmars 
rain6 furent sa femme, son fils Pierre et Jean le 
Paret (2). 

Le testament de Marie Warison fait le 27 septembre 
1410, ne fut approuv6 que le 13 decembre 1413, sur- 
lendemain de son d6ces. On lit dans cet acte que la 
testatrice, paroissienne de Sainte-Marguerite, avait 
pour fille vivante Marie Centmars, religieuse a 
Palmes (3), son autre fille, Jehanne, 6tant morte reli- 

(1) Archives dk la villk de Tournai. Registre 132, 3° Reg. de la 
loi, fol. 9, verso. 

(2) Idem. Testaments, layette de Tann^e 1380. 

(3) Dans un acte touroaisien, datd du 28 marsi 1406, le couvent oil 
r^sidait Marie Centmars est ainsi d^nommd : •• Labbaye du Val des 
Virgenez en Palemes dales Audenarde. » 



— 187 — 

gieuse en Tabbaye des Pres porchins lAs-Tournai; 
quelle avait pour nieces, Catherine Pr6voste, veuve 
de Jehan Gobert; Jehanne Warisonne, femme de sire 
Jehan Coppet, et autre Jehanne Warisonne, veuve de 
Watier Coppinghe, Marie Warison d6signa pour ex6- 
cuteurs de ses dernidres volont6s, sire Jehan Coppet, 
second pr6v6t de Tournai ; Maistre Jehan Dauffayt et 
Jaquemart de le Cauchie (i). EUe fut m6re de quatre 
enfants : A. Henri Centmars, vivant en 1364, mort 
avant 1380; B. Jehan Centmars; C. Marie Centmars, 
religieuse h Pamele; D. Jehanne Cen^war^, religieuse a 
Notre-Dame du Conseil des Pr6s porchins, 16s-Tournai. 

4° Hanekin ou Jehan WARISON, qui suivra, V. 

5° Jakemin ou Jacques, mineur en 1355, bourgeois 
de Tournai par relief fait le 8 juillet 1379 (2). Voici 
ses magistratures : Jur6 de Tournai en 1379; 6war- 
deur pour la paroisse de Saint-Brice en 1380; 6chevin 
de Saint-Brice en 1381, 82, 85, 86, 87, 88; 6wardeur 
pour la paroisse de Saint-Quentin en 1383-84. II 
mourut avant le 21 octobre 1388, apr6s avoir test6 le 
25 septembre de la dite ann6e, en elisant pour sa sepul- 
ture le cimeti^re Dieu et Monsieur Saint-Franchois, 
c'est-A-dire le cimeti^re des R6collets. II avait pour 
valet, Hennequin Warison le bdtard, qu'on trouve 
aussi noinm6 dans un chirographe de la Cit6 pass6 en 
rann6e 1387. C6tait le fils naturel de son frdre Jehan. 
Jacques Warison d6signa pour ex6cuter ses derni^res 
volont6s, sa femme, son frere et son beau-fr6re, Pierre 
le Muisi, « fils seigneur Pi6ron r , H avait 6pous6 en 
1379, Marguerite le Muisi (3), fiUe de sire Pierre le 

(1) Archives dk la villk de Tournai. Testaments, layette de 
Tann^e 1413. 

(2) Idem. Registre 436 ou <?« Registre de la lot, fol. 24, recto. 

(3) LB Muisi : degueiiles d la bande d'or, charg^e d*une aigle 4pl<yy4e 



— 188 — 

Muisi, grand prev6t de Tournai en 1379-80, et d'An- 
gnies FouquCy sa premiere femme. Devenue veuve, 
Marguerite le Muisi convola vers 1389-90, avec 
Jaquemes Destreelles du d'Estrayelles, qui fut jur6 de 
Tournai et 6chevin de Saint-Brice. — Jacques Wari- 
son ne laissa qu une fille : 

A. Jehanne. EUe avait pour tuteurs en 1388, 
Brunyaut des Cauffburs et Jehan du Mards, et en 1398, 
elle 6tait tenue pour majeure. Si nous en croyons le 
testament de sa tante Marie Warison, veuve Centmars, 
elle aurait eu pour premier 6poux, Walter Coppinghe, 
lequel ne pouvait 6tre qu'un veuf car on lit dans le 
7® Registre de la loi de Tournai (i) au verso du folio 
14, que Wattier Coppinghe, fils de feu Jehan, releva 
sa bourgeoisie comme fils de bourgeois, le 31 juillet 
1386, ce qui implique un manage contracts dans les 
douze mois qui pr6c6d6rent ce relief. Selon ledit testa- 
ment, Jehanne 6tait veuve de Watier Coppinghe en 
1410, et selon des actes pass6s en 1417, elle 6tait alors 
remari6e a Noble homme Robert de Baudimont, 
6cuyer, issu de la maison de BourghieUes et poss6dant 
fiefs k Bachy (2). 

V. Hanekin ou Jehan Warison 6tait mineur en 
1355, mais le 28 f6vrier 1356 (1357) il avait atteint 
ou meme depass6 Tdge de majorit6, puisqu il fut ledit 



de sable, et accompagnde de six quiniefeuUles du second posis en 
orle. Cimier : deux tdles et cols d'aigle adoss4es^ Vune (t dextre, 
d*argent; f autre d senestre, de sable. 

(1) Archives dr la villr de Tournai. Registre 137. 

(2) La maison de Bourohiblles, dite depuis de Raves et de Rbsvbs, 
a donnd naissance & de nombreuses branches portant des noms dit[6' 
rents, mais ayant toutes des armoiries form6es d'un plain sous un chef. 
Ces branches se nommerent : de Roubaix, de Hem, de Bachy, de 
Pievonmds, d'Es?ierlimbruec ou d* EsharinbrucCy de Baudimont, dc 
Semerponty du Chaslillon, etc. 



— 189 — 

jour, procureur charg6 des int6rets de Madame de 
Pontraoul (i), veuve de Mgr Jacquemes Ghouchez, en 
son vivant chevalier. II paralt qu'il v6cut hors de la 
ville de Tournai ou du moins qu'il se maria sans y 
relever son droit de bourgeoisie qu'il dut racheter pour 
quatre livres tournois le 18 f6vrier 1389 v. st. (2). 
Apr6s ce rachat, il fut de la magistrature en qualit6 
de jur6 de 1392 k 1394, en 1396, et en 1401, et 
d'6wardeur pour la paroisse de Saint- Jacques en 1398 
et 1402. II mourut avant le 28 aoAt 1402, jour oil il 
fut reniplac6 dans ses fonctions d'6wardeur par Jak 
Desplancques (3). 

II avait 6t6 en 1400, Tun des commissaires charges 
de voir a augmenter les revenus de la ville. Ses col- 
logues furent Jehan Wetiin, fils de feu Jehan, jur6, et 
Jaques Davesnes, 6chevin. 

Des actes de TannOe 1386, nous le montrent 6poux 
de D®"* Jehanne Davelin, ou d'Avelin (4), fiUe de 
Sire Jaquemes Davelin, possesseur de fiefs k Avelin- 
16s-Lille, bourgeois de Tournai, second pr6v6t de 
cette viUe en 1355, etc., et d'AngniOs de Condet, sa 
seconde femme. 

De cette union, naquit une fiUe : 

A. Jehanne Elle 6pousa dans les derniers mois de 
rann6e 1401, Jehan Couppes ou Coppet, bourgeois de 
Tournai par relief fait le 19 mai 1402 (5), fils de feu 

(1) C*4tait Marie A lb takb qu'on trouve nommde Marguerite & la 
page 247 du tome i de la noavelle sdrie des Archives historiques, etc., 
du Nord de la France publides par M" Dinaux et Leroy.— Laseigneurie 
de Pont Raoul se trouve k Beuvrages-les-Valenciennes. 

(2) Archivks db la villb db Tournai. Registre 437 ou 7« Reg, de 
la lot, folio 17, recto. 

(3) Idbm. Registre 438, S'^ Reg. de laloi. folio 7. 

(4) Davbll"! : d'asur au sautoir d'or, charg4 de cinq guses^ ou 
tourteaux de gueules. 

[p) Archives de la ville db Tournai. Registre 458, folio 17, recto. 



— 190 — 

Jehan Copait, dit Couppes ou Coppet (i), jadis jure de 
la dite ville, et de Maigne de Loncpayen, On peut voir 
dans les registres de la Loi de Tournai, Sire Jehan 
Coppet, second pr6v6t de Tournai en 1409, 10 et 20 ; 
souverain pr6v6t en 1423-24; jur6-boursier en 1401, 
2, 3, 4, 6, 8, 13 a 19, 23, 25 ; maieur des 6chevins en 
1421-22, etc. — Sire Jehan Coppet testa k Courtrai, le 
31 Janvier 1427 et mourut avant le 24 novembre 1428 
6tant veuf. Dans son testament qui se trouve k Tour- 
nai, Sire Jehan Coppet fait connaitre ses cinq enfants 
legitimes et sa fille naturelle Jaque Coppet, femme de 
Rogier Thiri, laquelle refut cent couronnes d'or en 
capital. Les executeurs de cet acte furent Pierre le 
Musi, Jaques Laloux, Estienne de Willeryes, Jehan 
de Leuze (gendre du testateur) et Joffroy du Tielt (2). 
— Jehanne Warison fut m^re de cinq enfants : 

a) Haquinet Coppet. II eut tous les fiefs que son p6re 
possedait dans le Hainaut, dans la ch&tellenie de Lille 
et dans le baillagede Douai. Sous le nom de Jehan 
Coppet, fils de feu Sire Jehan, il releva sa bourgeoisie 
de Tournai, le V f6vrier 1433 v. st. (3). Sa femme, 
epous6e en 1433, fut Katherine de Hellemmes (4), qui 
etait veuve avant le 11 avril 145G (1457 n. st.) 

b) Jaquelot ou Jaques Coppet, 

c) Enguerand Coppet, bourgeois de Tournai par 
relief fait le 23 Janvier 1440 v. st. {5). Le 16 jan- 



(1) Idem. Rcgistre 434, 5® Reg. de la loi, folio 255, verso. 

(2) Idem. Testaments, layette de I'aDnde 1433. 

(3) Archives db la ville de Tournai. Registre 141, 1 1*^ Reg. de la 
loi, folio 28, recto, 

(4) DR Hrllemmes : de vair a la coiice de yueulcs. Cimier : une 
hure de sanglier entre un ro/. 

(5) Arch, de la ville de Tournai. Rcgistre 141, //« Reg. de la loi, 
folio 33, vef*so. 



— 191 — 

vier 1453 (1454 n. St.), Enguerrant Coppet et sa 
femme, Valentine de le Sauch, se ravestirent (i). 

d) Jehanne Coppet^ mari6e en 1423, avec Jehan de 
Leuse (2), bourgeois de Tournai par relief fait le lundi 
8 novembre 1423 (3), fils de feu Sire Mahieu de Leicse, 
pr6v6t de Tournai k son tour, et de Marguerite de 
Hellemmes. 

e) Angnies Coppet, 



Jehan Warison qui forme le degr6 V paralt avoir 
6t6 p^re d'un fils naturel : 

B, Hanekin, Hennequin ou Jehan Warison, qui, en 
1388, 6tait le valet de son oncle Jaques Warison. 



Branche cadette. 

IV**'"* Jaquemes Warison, mineur en 1319, mar- 
chand detaiUeur, bourgeois de Tournai par relief fait 
le 13 juin 1334 (4), fit partie de la Magistrature tour- 
naisienne comme esliseur (6lecteur) k Saint-Quentin en 
1334-35; Tun des XIII hommes en 1337-38 et 39; 
sous-maire des XIII hommes en 1340-41 ; d61egu6 aux 
droits de la commune en 1345-46; 6wardeur en 1347, 
49, 52; 6chevin de Tournai en 1355 et 1364-65. — 11 
testa le 8 mai 1365 et mourut avant le 14 juin de la 



(1) DE LB Sauch : d'or d une aigU dajtur sans bee, memhr4e de 
gueules. 

(2) DB Leosb : d'azur d la bands de gueules bord^e d* or ^ accompa- 
gn4e en chef d* une fleur de lis au pied coup4 d'or pos^e sur le deuxihne 
guar tier de l*^cu. 

(3) Akcuivbs db la villb de Tournai. Registre 140, 40^ Reg. de la 
loi, folio 21, verso. 

(4) Idem. Registre 43i, S^ Reg. de la loi, folio 63, verso. 



— 192 — 

dite ann6e, jour oil son testament fut approuv6 4 
Tournai par les maieur et 6chevins. II avait confi6 cet 
acte k M*""® Hughes le Monne dit Darbois, cur6 de la 
paroisse de Notre-Dame. II y d6clare d'abord avoir 
deux fiUes, Mariette et Agnechon, nees de son 6pouse 
j)eiie Angni^s, puis, plus loin, il nomme une troisi^me 
fille, Katherine, k laquelle il l^gue 50 florins d'or 
frans (c'est-A-dire pour une fois) et cent sols de rente 
sur la ville de Tournai, mais il ne fait nuUe mention 
de son fils Hanekin Warison. II d6signa pour ex6cu- 
teurs testamentaires, sa femme, Lotart Hergot, Mahieu 
Destrayelles et Jehan de Wervt. Le testament fut 
ouvert devant la veuve du testateur, et D"""® Marie de 
Maire, veuve de Caron Destrayelles; D^"* Jehenne 
femme de Gossuin dou Mortier le p6re ; D*"* Marie 
Warison, femme de Pierre Centmars le p6re, et 
Jakemes TVamon, fr^re de la dite Marie (i). 

Jacques Warison fut mari6 deux fois. II 6pousa en 
premieres nocespar contrat pass6 ^ Tournai le l*'ghies- 
kerech (juin) 1334, Maroie Cauwelier (2), veuve de 
Jehan Bosket, dit de Lille (3), laquelle testa le 15 mars 
1351 (52 n. St.) et choisit sa sepulture dans TSglise de 
la paroisse de Saint-Quentin devant le premier benoitier 
(b6nitier) (4). EUe d6signa pour exeCuter ses derni^res 

(1) Idem. Testaments^ layette de Tannde 1365. 

(2j Cauwelikr ou Caulibk : d'argent A la fasce de 3 fusSes et deux 
demies de gueules. Victor' Bouton. Confrairie des partisans du due 
de Bourgogne en 44tL Bruxelles, 1872, in-4**, p. 27. 

(3) Jehan Bosket, dit de Lille, marcfaand d^tailleur, testa k Tournai, 
le 25 fdvrier 1333 [34 n. st.). II 6tait frere de Maigne Boshette^ femme 
de Jehan de Lorn me, le pere. 

(4) Archives de la villb de Tournai. Testaments, layette de 1351. 
On trouve aussi dans le testament de Maroie Cauwelierb : Jehanain 
dou Vinage, de Estaimpuch (Estaimpuis) ; Jehanain Mouskette fille 
de feu Jehan Mousket, et Jehanain, veuve de Jehan de Poucres 
(de Poucques). 



— 193 — 

volont6s, son second mari; Jaquemes Cauwelier, le 
le vairier (fourreur), et Gillion de Broussielles , Parmi 
ses premiers l6gataires,on reraarque Jehan de Lomine 
et ses soeurs Isabiel et Agni^s, neveu et nieces de son 
premier 6poux, et les enfants de S^"" Jehan de Hertaing, 
jadis cur6 d'Orque, ainsi que la femme de Jaquemon 
Dorque, sa cousine, et tous les Cauweliers tournaisiens. 
Jaquemes Warison le d6tailleur 6pousa en secondes 
noces avant le 24 octobre 1352, Agnids Hergotte (i), 
fiUe de feu Jakemes Herghos ou Her got (2). Bien 



(1) Arch, db la villb de Tournai. Contrats de mariage. Liasse de 
rann^e 1352, acte post-nuptial. 

(2) Hellin Hiergot^ de Cisoing, fils de feu Oilles, est nommd dans on 
chirographe de la citd de Tournai dat6 de Tann^ 1306. Voici ce que 
nous savons sur la filiation de la famille Hergot {Heer Goti). 

II. Jakemes Hbrgos, tenant le fief du Daruth (& Baisieux-les-Cisoing), 
jura sa bourgeoisie de Tournai, le 17 septembre 1342, en meme temps 
que ses fils cadets Jakemins et Gilles (Arch, de T., Reg. 134, 5" Reg. 
de.la loi, fol. 30, verso). l\ testa & Tournai, le 21 aoCit 1349 et l^gua 
k sa soeur Agni£:s, dix-huit rasieres de h\6 & prendre sur le revenu de 
son fief qui fut k Colart Wauhier, et & recevoir pendant les trois anndes 
procbaines apres son tr^pas, & raison de six rasieres en cbacune ann6e. 
Parmi ses autres l^gataires, il faut remarquer Jaquemes Herghot, fils 
de Willaumes ; les boirs de Pidron Trikart, qui re^urent un quartier 
de terre gisant & la Boussarderie {k Camphin-en-P^yele); les pauvres 
de Chierench (Ch^reng) qui eurent trois cents verges de terres & Escau- 
pont, et les pauvres de Baisieu qui obtinrent un demi-bonnier de terres 
au lieu dit la Croisette. 

Son Spouse nous est inconnue, mais il en avait eu au moins cinq 
enfants, savoir : 

1® Jehan, bourgeois de Tournai par achat fait pour 50 sols, le 
26 mai 1338 (Reg. 133, 4« Reg. de la loi, fol. 33, verso). II dpousa 
avant 1338, Maigne de Havrainoourt, fille de Jehan et de Katherine 
As Kariols. II testa le7 octobre 1360 en la paroisse de Saint-Quentin 
A Tournai, fit un legs & sa belle-mere et donna toutes ses armuros 4 
son petit-fils Monnet. II laissa un fils qui suit : 

A. Simon Hergot^ p^re de Monnet (Simonnet) et de PUret. 

2° N..., morte avaot aout 1349, laissant trois enfants de son mariage 
avec Raoul de Calonne, seigneur d'Escamaing (& Baisieux), auxquels 

ANNALIS. III. 13 



— 194 — 

qu exclue de tous droits k un douaire dans le cas de 
remariage, Agntes Hergot convola, avant 1369, avec 
Sire Gossuin le Louchier, ancien second pr6v6t de 
Tournai et ancien maire des 6clievins de cette ville, 
veuf avec enfants de Katherine Dare. 



leur alteul, Jakemes WarisoD, l^gua sept quartiers de terres sis k Camp- 
baing (Camphin) devant le manoir de Jehan de Chalonne (Calonne), 
plus un demi-bonnier sis k Rimbehaie et tenu de Jaquemon Gargate. 

3^ Jaquemin ou Jaquks, re^u bourgeois de Tournai le memejour 
que son pere. N'ayant point vouiu •* ouvr&r •* suitant les conseils de ce 
dernier, il fut d^sb^rit^ du capital aaquel il avait droit et n'en regat 
que la rente viagere. 

4^ LoTART ou GiLLES, TeQu bourgoois de Tournai en meme temps 
que son pere, fut seigneur du Daruth. II dpousa par contrat du 
4 Janvier 1359 (1360 n. st. Arcb. de Tournai, contrats de mariage, 
liasse de 1359), Katberine d'Aubi^ dite de Markette^ soeur de Mahieu 
d'Aubi dit de Markette, dcujer, et fille d*autre Mabieu, aussi dcuyer, 
et de KateriDe d'Ere dont le testament fut fait k Tournai le jour de 
Saint-Micbel (29 septembre 1349). Gilles Hergot mourut avant la fin 
de 1387, apres avoir, en 1364, vendu k son beau-frere Mahieu d*Aubi, 
un manoir sis k Holaing(Hollain). Le testament de sa veuve fait le 
21 novembre 1414, nous fait connaltre que Catberine d'Aubi^ dite de 
Markette, mourut le 10 d^cembre 1414 en la paroisse de Sainte- 
Marguerite k Tournai, et qu*elle d^signa pour sa sepulture, la tombe 
de son mari qui s'j trouvait dans le cboeur de T^glise. Cette damoiselle 
avait trois ni6ces de son nom, D®^^® Jehenne d'Aubi^ D®"* Leurence 
d'Aubi et D^"® Jehenne d*Aubi, femme de Jehan de Lattre et mdre 
de Catron de Lattre. L'une d'elles ^pousa plus tard Roland de Mangny. 
Les autres Idgataires de Catherine d*Aubi furent Jaques le Louchier 
fils Gossard; D*^^^« Catherine de le Porte, fille d'Alard; D«"« Catherine 
de le Porte, fille de Jehan ; D<>^'« Marie de le Porte, veuve de Jehan 
Centmars; D<"i<) Catherine de le Barre: D<^"^ Jehenne de le Plancque 
femme d'Andrieu Mignot et Bi^trison Mignot, leur fille; AmouUet 
Voisin, fils de Jehan, et Hennette Regnart, fille de Jehan. Les ex^cu- 
teurs de ce testament furent Madame de Cavrines, nde Warison, 
j)eiie Agnies Hergotte, fille de la testatrice, et Jaquemes Desfarvacques. 
Gilles Hergot et Catherine d*Aubi laisserent une fille : 
A. Affntis Hbrgotte, damoiselle du Daruth, avait pour tuteurs 
avant 1387, Jaques le Louchier fils de Sgr Gossuin, et Pierre de le 
Porte. C'est vers cette dpoque qu^elle ^pousa Jehan db Saint-Aubin, 
'^cujer, fils de Gossuin de Saint-Aubin, chevalier, seigneur du Fresnoi 



— 195 — 

Jaquemes Warison fut pere de quatre enfants qui 
suivent : 

Du premier lit : 

1° Kathbrine. Elle mourut de la peste noire le 
26 aoiit 1400, en la paroisse de Saint-Pierre d Taur- 
nai, dans le cimeti^re de laquelle elle voulut avoir sa 
s6pultui'e. Son testament dat6 du 22 aoilt 1400 et 
approuve paries maieur et 6chevins le 28 dudit mois, 
fait connaltre qu'elle 6tait veuve de Lotart (Gilles) de 
LE Falotte (i) ou de le Falette (2). Une clause de cet 
acte fait honneur au courage et au bon coeur d'un 
artisan gendre de la d6funte. 

En voici le libell6 : 

«* Item k Jehan de le Cambre^ caudrelier, mary de 
j» le dite Jehenne pour ce qu'il a visitt6 my et mes 
r* enfans, quatre louches d'argent. y* 

Cela veut dire que malgr6 le danger imminent qu'il 
y avait ^ visiter les malades pendant une terrible 



{k Willems), etc., et de N... Pourchiel, fille de Richard Pourcbiel de 
le Moite, chevalier, seigaeur de Fr^micourt, goaverneur de la Flandre 
wallonne en 1364, etc., et de Marie des Wastines. — Le testament 
d'Agni^s Hergotte fut approuvd k Tournai le 14 juillet 1438 (Arch, de 
T., testaments, 3° liasse de 1438). Cet acte nous apprend que la 
testatrice a voula Stre inhumde dans le cimetiere de la paroisse de 
Sainte-Marguerite ; qu'elle avait une cousine marine kxin de Lattre et 
m^re de Catherine de Lattre, et une autre cousine marine k Roland de 
Mangny ou de Maugny et mere de Pasquete de Mangny; qu*elle legua 
dix livres tournois A Jehan de Calonne et & Olivier son fils, et qu'elle 
choisit pour ex^cuter ses derni^res volont^s, Mgr e2e Carrt/ie^ (Gerard II 
de Mortagne d'Espierre), ledit Olivier de Calonne et Jaquemart le Roy. 

Agni&s Hergotte avait fait quelques donations aux ^glises de Baisieu 
et de Cherench. 

5® AGNito Hergotte, marine k Jaquemes Warison. C'est elle qui a 
motive cette note. 

(1) Int^rieur de Tacte. 

(2) Suscription de I'acte. 



— 196 — 

6pid6mie, le chaudronnier Jehan de le Cambrb n'avait 
pas h6sit6 k rendre ses devoirs k sa belle-m6re (i). 
Katherine Warison fut m^re de sept enfants, savoir : 

A. Jaquemart de le Falotte, mort apr^s le 22 et 
avant le 28 aoM 1400 ; 

B. Hennequin de le Falotte ; 

C. Marie de le Falotte, m6re de trois enfants 
I6gi times en 1400; 

D. Jehanne de le Falotte, femme avant aoM 1400, 
de Jehan de le Cambre, chaudronnier ; 

E. Dame Margherite de le Falotte, religieuse; 

F. Caisine ou Nicaisine de le Falotte ; 

G. Katherine de le Falotte, morte avant le 22 aoftt 
1400. 

Du second lit : 

2^ Mariette ou Marie, mineure en 1369 sous la 
tutelle de Jehan Warison, son cousin germain, et de 
Gilles Herghot, son oncle maternel. Nous la trouvons 
mari6e avant la fin de I'annfee 1373, k Gerard de Mor- 
TAiGNE, dit d!Fspieiye, 6cuyer, seigneur de Cavrines (2), 
qui devint chevalier avant septembre 1380, et qui 
6tait le second fils d'Alard I de Mortaigne, sire et 
baron d'Espierre, chevalier, et de Katherine de Pottes, 
dame h6riti6re de Cavrines, etc. — Noble Dame Marie 



( 1 ) Les morts allaient vile & cette 6poque et des quatre ex^cuteurs 
testamentaires choisis par Katherine Warison, Tun d*eax, son fils aind, 
mourut dans les cinq joars qui suivirent la confection du testament 
et dut etre remplac^ par Jehan de Baky. Les trois autres dtaient sire 
Jaques de Peuvinage, cur^ de Saint-Pierre; Mathieu db Gbistellr et 
Madame dk Cavrines (Marie Warison) que la testatrice nomme : « me 
sosur moienne », ce qui implique Texistence en aoCit 1400, d^AffniSs 
Warison, troisieme fiile de Jaquemes Warison le d^tailleur. 

(2j DB Mortaigne dit d'Espierre : de gueules d la croix d*argent. 
Cimier : deux pieds d£ cerf renverstis . — Gerard brisait d*une moUtte 
d*argent sur le premier canton. 



— 197 — 

Warisonne devint veuve de Ilaull et noble Moiiseigneur 
Girart de Mortengne le 27 juillet 1391, et elle testa 
le 4 mai 1408. EUe voulut 6tre enterree dans TSglise 
de I'abbaye de Saint-Martin en Tournai, dans Id^pUce 
de terre que son 6poux y avait achet6e pres de la cha- 
pelle de Saint-Benoit. Son testament nous apprend 
qu'elle I6gua quelques rentes k Hennette (Jehanne) de 
Mortengne^ fille naturelle que son fils Robert avait eue 
d'Angni^s Blancquestrain, et qu'elle voulut que le reste 
de ses biens, tons legs acquitt6s, se partage&t plus 
tard par 6gales portions entre les enfants legitimes que 
son fils avait et pouvait encore avoir de son 6pouse 
Jehanne le Louchier, Cette clause fait supposer que le 
4 mai 1408, Jehanne le Louchier d6jA m6re de 
GERARD II et de Jehan de Mortaigne dits d*Espierre, 
etait enceinte de I'enfant qui fut depuis Anne de Mor- 
taigne^ dite d^Bspierre, 6pouse d'Arnould du Chastel, 
dit Houart, chevalier, sire de la Houarderie, seul 
fils de G6rard du Chastel, dit Houart, sire de la 
Houarderie, etc., et d'Isabeau de Hainaut, dite de 
Bruielle. — Marie Warisonne mourut le 11 septembre 
1416. 

3"* Annechon ou Agnies. Elle est design6e dans le 
testament de son pere comme dtant la seconde fille n^e 
d'Agnies Hergotte. EUe vivait encore en 1400, selon 
le testament de sa soeur ain6e consanguine, Katherine 
Warison. 

4° Hannekin ou Jehan, mineur en 1373, mourut 
le 30 d6cembre 1380, k Tournai, dans la paroisse de 
Saintr Jacques, apr6s y avoir test6 le jour de Saint- 
Miquiel ou 29 septembre de ladite ann^e. Dans son 
testament, il se d6clara le filsde feu Jaquemon Warison 
bt de vivante Demisielle Agnies Hergotte, et I6gua tous 
ses biens k son neveu Robiert Despiere fils de Mon- 



— 198 — 

seigneur Grart Despiere. Get acte de derni^re volont6 
fut pr6sent6 par sire Jehan de Sainct Vas, cur6 de 
Saint-Jacques, aux maieur et 6chevins de Toumai qui 
Tapprouv^rent le 31 d6cembre 1380. 



Autre branche. 

I. N. Warison fut p^re de six enfants legitimes, 
savoir : 

P Jakemes Vilains Warisons, 6poux de Mariien 
QuENNESiER, mouFut saus post6rit6 avant 1307, 6tant 
veuf. Ses h6ritiers furent ses fr^res et soeur, Jehans, 
Colars, Gilles et Helle. 

2"" Kateline, femme de Piere de Ciele (i). EUe 
d6c6da avant 1307, sans laisser d'enfants. Comme son 
fr^re Jakemes, elle eut pour h6ritiers, ses freres et sa 
soeur. 

3^ Jehan WARISON, qui suivra, II. 

4° Cholart, Colart ou Nicolas, mari de Kateline 
DES Cauffours, figure dans des actes pass6s k Tournai 
de 1278 a 1307. Dans un chirographe de Tannfee 
1296, il est accompagn6 de ses parents, Jakemes et 
Mikious Warison. II testa en 1316 en designant pour 
executer ses dernidres volont6s, Maistre Jehan Wari- 
son, Pieron des Cauffours et Maistre Theri le Grant. 
On lit dans son testament qu'il avait achet6 de son 
beau frero Jehan des Cauffours, un manage sis en la 
rue Castelaine (au Bruille-16s-Tournai) et qu'il le donne 
k sa fille Paskette (2). — Colart laissa deux fiUes : 

A. Maroie. 

B. Paskette. 

(1) Ciele ou Chielle, aujourd*hui Celles. 

(2) Archives dk la villk de Tournai. Testaments, Layette de 1316. 



— 199 — 

5® GiLLES, dit de MainwauU dans un chirographe 
de Tan 1312. 11 fut mari6 et laissa deux fiUes : 

A. Hanette ou Jehanne Warisonne , dite de 
Mainwault. 

B. Cole ou Colette (pour Nicole), Warisonne dite de 
Mainwault. EUe et sa soeur sont nommSes cousines par 
Maistre Jehan Warison et par Katherine Warison, 
soeur dudit Maistre Jehan, dans leurs testaments dat6s 
respectivement de 1355 et de 1363. Colette fut marine 
et m^re d un fils nomm6 Grard N 

6° Helle, Hele ou H6lene, vivanteen 1307. 

II. Seigneur Jehan Warison, 6chevin du Bruille- 
16s-Tournai en 1284, paralt avoir 6t6 pr6v6t de la cite 
de Tournai. 11 mourut avant 1313, laissant une veuve 
dont nous ne connaissons que le pr6nom qui est 
Julians. Leurs cinq enfants suivent; ce sont : 

P Maistre Jehan Warison, prfetre, fut attach6 au 
service du grand autel de TEglise Cath6drale de Tournai , 
c*est-ii-dire qu'il fut Tun des grands vicaires qu'il ne 
faut pas confondre avec les vicaires g6n6raux. 11 est 
nomm6 dans un acte de rann6e 1297, avec sa soeur 
Margherite, d6jA nonne au Saulchoit, leur cousin 
Jehan Warison qui 6tait clerc, et une Isabiel Wari- 
son, de parents non d6termin6e (i), mais que je crois 
6tre celle qui testa k Tournai en mars 1303, deshe- 
ritant toute sa famille au profit des pauvres et de 
quelques I6gataires (2). 



(1) EUe 86 disait sceur d'un Jehan Warison et d'un Jaquemon Vilain 
pdre de Btotris Vilain, et cousins de Jehan de le Luque (Chirographe 
de 1297). 

(2) Parmi les l^gataires, nous croyons devoir citer ici, B^atris de 
Blandaing^ Amelot (Amdlie) de Canfaing, Demisiele Emrae de Dorgies 
(k Moarcourt-lez-Tournai), la fiile de Jehan d'Ere et la fiUe de Mariicn 
d'Ere. 



— 200 — 

Maistre Jehan Warison testa deux fois. D'abord le 
8 octobre 1349, 6poque de peste, puis le 10 juin 1355. 
Nous ne parlous que du second testament, qui est le 
plus important. Dans cet acte, le testateur se dit 
«* poissans de corage et sains de corps. » Parmi les 
legs, nous remarquons ceux faits a son fils Jehan 
Warison dit Esse; a sa soBur Katherine Warison; k 
sa cousine Katherine Castaigne, et k ses cousines et 
cousin, Hanette Warison dite de Mainwaui, Cole 
Wa7nson dite de Mainwaut, et Jaquemes WatHson^ 
lequel reput un haubergeon et un volekin, qui sont des 
pieces d'armures. 

Les ez6cuteurs testamentaires furent Maistre Jehan 
de ie Hamaide, pr6tre du grand autel de Tfiglise de 
Tournai et collogue du testateur, Jehan et Jaquemes 
Warison, ses cousins, et Katherine Warison, sa soeur. 

Maistre Jehan Warison mourut en 1359. II avait 
en un fils : 

A. Jehan Warison, dit Esse, testa le 13 noveiiibre 
1353, fondant des obits pour sa m^re, pour sa tante 
Dame Margherite Warison, et faisant un legs k son 
autre tante Demoiselle Katherine Warison. Les ex6- 
cuteurs de ses dernieres volont6s furent sa femme, son 
beau-fr6re et Jehan Julyen. 11 avait 6pous6 Katherine 
Prousettb, soeur de Pierre Prouset et fiUe de Jehan 
Prouset ou Prousait, boulenger. De cette union, il ne 
paraft pas avoir eu post6rit6. 

2° Dame Margherite Warison, religieuseau Saul- 
choit-16s-Tournai des 1297, vivante en 1339, morte 
avant 1353. 

3*" Maroie ou Marie Warison, femme de Ch^ars 
CouvES ou COUVAIS (i). 

(I) Archives db la villb de Tournai. On y voit dans un chiro- 



— 201 — 

4° Jehanne Warison, femme de Jakemes dou Puch, 
moulekinier. — Ces 6poux se ravestirent pardevant 
les maire et 6chevins de saint Brice en octobre 1330, 
et Jakemes dou Puch, testa devant ledit 6chevinage, 
le 15 novcmbre 1339. Dans son testament, Jakemes 
dou Puch mentionne les scBurs de sa femme, Dame 
Margherite (la religieuse du Saulchoit) et Demoiselle 
Katherine, ainsi que ses propres soeurs, Ysabiel, 
Katherine et Jehanne dou Puch, les deux derni^res 
marines et ay ant des enfants. II fit aussi des legs a son 
frere Dierin dou Puch, chanoine r6gulier en Tabbaye 
de Saint-M6dard (Saint-Nicolas des Pr6s-16s-Toumai) ; 
k Hanequin Warison, cousin de sa femme, et k Hane- 
quin July en (i). Les ex6cuteurs de cet acte de dernidre 
volont6 furent le grand - vicaire Jehan Warison, 
Jaquemes Warison cousin de la femme du testateur, 
et Katherine Warison, soeur de ladite femme et du 
grand-vicaire. 

5"^ Katherine Warison. Elle testa au Bruille-16s- 
Tournai, le 3 novembre 1363, en d6signant pour 
parents I6gataires, ses deux cousines Jehane et Colain 
Warison {ditesdeMainwautdsins le testament du grand- 
vicaire Warison) . la derni^re mari6e et m^re d'un fils 
nomm6 Grardin; puis Jehan de Vendtde et ses soeurs, 
ainsi qu'Agni^s Warison. Une I6gataire de parent6 
plus 6loign6e 6tait Demoiselle Honnestaise de Mirau- 
montj marine et m^re d'un fils nomm6 Jehanin. 

graphe de Tannde 1325, que Juliane Warison, mere da prStre Jehan 
Warison, ^tait aassi la mere de la femme de Grars Couvis et de 
D«"« Katherine Warison. 

(1) Ce personnage demeurait au Mesnil, & Bramesnil-lez-Pdruwelz. 



— 202 — 

Les WARISONS lnd6ter minds. 

1259. Biertrand Warison, nomm6 dans un chiro- 
graphe oii figure Jakemes Warison. 

1287. Jakemes Warison, veuf de Mary en Escarbote 
(Escarbot). 

1290. Gosses Warisons (Gossuin Warison) dou 
Mesnil (i). 

1293, aoiit. Testament fait par Hues Warison, 

6poux de Marote N 11 se dit p6re de quatre enfants 

et fr6re de Gilles Warison et de Jehan Tourette. 

1321, V mai. Jehan Warison devait 6pouser 
Mariien, fiUe de Gillion le Taintenier. 

1335. Jeha7t Warison, manouvrier. 

1345, 2 fevrier. Mart/en Warison, veuve de Jehan 
Warison, courtillier. 



Motif de cette publication et conclusion. 

Cette g6nealogie a 6te 6crite pour prouver quau 
XIV® si^cle, les artisans, les marchands au d6tail, les 
riches bourgeois et les nobles s'alliaient entre eux par 
des manages. L*id6e de mesalliance, ce pr6jug6 ridi- 
cule, n'existait gu6re alors. Puisse-t-elle disparaitre 
pour toujours ! 



-•ofrO^o*- 



— 203 — 



SEANCE DU 9 FEVRIER 1898. 



M. LE G^N^RAL DE FoRMANOiR, Vice-President. 
M. E\5QFj^e^oil, Secretaire. 



Le proc6s-verbal de la s6ance de Janvier est lu et 
adopts. 

M. le Secretaire d6pose les ouvrages qu'il a recus 
pour la societ6 depuis la derni^re reunion. 

1. Societe beige de geographie. Bulletin. 1897, n° 6. 

2. Annales de la Societe archeologique de Nivelles. Tome vi, 
2« livr. 

3. Cercle archeologique de Malines. Bulletin, tomevii. 

4. Neue heidelberger Jahrbiicber. . . 7® annee. 

5. Smithsonian report. 1894. 

0. Memoires de TAcademie d' Arras, 2® serie, tomes 25, 26, 
et27. 

7. Societe des Antiquaires de la Morinie. Annee 189(3, 
3® et 4® fascicules, annee 1897, l^*" fascicule. 

8. Id. les chartes de Saint-Bertin par Tabbe Bled. Tome 4, 
1«^ fasc. 

9. Comite archeologique de Senlis. 3® serie, tome 10. 

M. le Comte de N6donchel s excuse de ne pouvoir 
assister k la stance. 



— 204 — 

M. Houtart entretient rassembl6e des r61es de la 
capitation, imp6t sp6cial 6tabli en notre ville pendant 
la domination fran^aise de 1667 i 1709 et de 1745 
A 1749. U produit des extraits de ces comptes et fait 
observer Timportance qu'ils pr6sentent au point de vue 
de la statistique, de la population, de Torigine des 
families, des institutions, du commerce, etc. 

L'assembl6e prie M. Houtart de faire un travail 
d'ensemble sur ce sujet, pour 6tre ins6r6 aux Annales, 
ce qui est accept6 par lui. 



— 205 — 



SEANCE DU 10 MARS 1898. 



M. LE CoMTE DE N^DONCHEL, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proc^s-verbal de la s6ance de fSvrier est lu et 
adopts. 

M. le Vice-Pr6sident fSlicite M. le Comte de N6don- 
chel de la mesure prise par rAdministration commu- 
nale qui a donn6 son nom k la place du Vieux-March6 
k la Toile, derri^re les mus6es. L'assembl6e ratifie, de 
ses applaudissements , les paroles de M. le Vice- 
PrSsident. 

II est donn6 lecture d une lettre de M. le Comte de 
Marsy, directeur de la Societ6 francaise d'arch6ologie, 
communiquant a la compagnie le compte rendu fait par 
M. L6opold Delisle, dans le Journal des savants 
(f6vrier 1898) de Touvrage recent de notre confrere, 
M. d'Herbomez, sur les chartes de Vabbaye de Saint- 
Martin d Tournai. 

M. le Biblioth6caire de TAcadSmie royale d'archfeo- 
logie de Belgique envoie le tome 7 des Annales de 
rAcad6mie et les n^' 1 et 2 du tome 8, qui manquaient 
k notre collection. 

M . Soil met sous les yeux de TassemblSe les photo- 
graphies de divers sceaux et contre-sceaux de la com- 



— g06 — 

mane de Tournai e't notamment ceui da 13' du 15' et 
du 16* si^cle. On choisit ce dernier, dont la matrice est 
conserv6e aa mus^e d'antiquit6s, pour fitre reproduit 
en vignette sur les pablications de la Soci6t6 et on 
charge M. le Secretaire d'en faire ex6c«ter un clich6. 



M. Hocquet communique un travail relatif 6 la 
cr6ation et & la construction de la petite boucherie. On 
en vote I'impression. 



Apr6s la s6ance de la Society, le comit6 organisateur 
du CoNGRKS ARCH^OLOGiQUE DE 1895 s'est r6uni sous la 
pr6sidence de M. le Comte de N6donchel pour clfiturer 
la liquidation des comptes du Congr^. 

Les m^dailles et les exemplaires dy Compte rendu 
restant disponibles ont 6lc deposes au musSe et & la 
bibliotheque de la Soci6t6 bistorique et arch6ologique. 



— 207 — 



SUR LA PETITK BOUCHERIE. 

Notre excellent confrere, M. A. de la Grange, dans 
une de ses rficentes notes (i), a cru, en s'appuyant sur 
un document reposant aux Archives de Tournai, pou- 
voir fixer la date de la construction de la petite bou- 
cherie entre le 14 juillet 1385 et le 10 septembre 1386. 

Notre intention aujourd'hui est de r6sumer les 
dSbats d'un curieux proofs (2) advenu entre le magis- 
trat de Tournai et les bouchers de la grande boucherie, 
au sujet de T^dification de la petite boucherie, et de 
rectifier en mSme temps quelque peu la date donn6e 
par notre coUegue. 

Vers la fin du XIV® si^cle, nos magistrats commu- 
naux Youlaient faire construire une deuxi^me bou- 
cherie dans un quartier autre que celui de la grande 
halle a la viande. lis avaient choisi la Placette aux 
oignons, dans la paroisse Saint-Jacques. Mais les bou- 
chers de I'ancienne boucherie, car tel 6tait d6jA alors 
le nom de la grande boucherie, voulurent s'opposer 
aux desseins des magistrats. 

Pour expliquer leurs pr6tentions, ils all6guaient 
qu'ant6rieurement k r6rection de la grande boucherie, 
leurs pr6decesseurs les bouchers 6taient autoris6s k 
vendre de la viande au detail, dans leurs propres mai- 
sons, sans que le magistrat pdt de ce chef, proc6der k 
une inspection sanitaire. 

Cette fagon de faire fut trouv6e nuisible k la sant6 
du peuple par les magistrats de Tournai, lesquels 
cr6drent une boucherie, la grande. llsladonn^rent khail 



(1) SocUld historique et arch^ologique de Tournai^ Annalea t. HI, 

(2) Piece justificative, no I. 



-^ 208 — 

aux bouchers toumaisiens, contre paiement annuel 
d'une somme globale de 1 72 livres tournois et sur pro- 
messe, aux dires des bouchers, de n'en plus 6riger une 
autre sur le territoire de Tournai, la vente de la 
viande au detail n'6tant toutefois plus autoris6e que 
dans la boucherie. 

Les bouchers pr6tendaient, en outre, avoir le droit 
de pr6lever k leur profit, une somme de six deniers sur 
vingt sous de viande vendue dans les tavemes, cabarets 
ou ailleurs, hors de la grande boucherie (i) et se plai- 
gnaient que, ma]gr6 tout, les magistrats communaux 
avaient fait mettre la main k une nouvelle boucherie, 
construite dans un endroitde laville. Place aux oignons, 
(platea ad cepas), laquelle boucherie avait 6t6 lou6e k 
des bouchers Strangers qui refusaient de payer les six 
derniers aux vingt sous de viande vendue. 

Telles 6taient lesplaintes adress6es au roi de France, 
Charles VI, par les bouchers de Tournai, en lui 
demandant de rester en possession de leurs prerogatives. 

Mais les magistrats opposdrent k toutes ces raisons 
que le droit de commune accords k la cit6, leur conft- 
rait toute justice sur la ville et ses habitants et par 
consequent sur les bouchers eux-m6mes ; que n'ayant 
jamais rien promis aux bouchers dela grande boucherie 
ni k leurs pr6d6cesseurs, il leur 6tait loisible de faire 
6difier une nouvelle boucherie et d'emp6cher les bou- 
chers qui y vendaient de payer les six deniers aux 
vingt sousde viande vendue horsde la grande boucherie. 

R6servant leur plus fort argument pour la fin, les 
magistrats firent en outre remarquer au roi de France 
qu'ils avaient ordonn6 la construction d'une nouvelle 



(1) Piece justificative, no I « in cabaretis, tavernis vel alibi, extra 
dictam antiquam carni fleer iam... «• 



— 209 — 

boucheiie et avaient invit6 k venir s'y 6tablir des bou- 
chers qui d6bitaient de la viande hors la ville, au lieu- 
dit « de mare ^ , parce que la population s'6tant accrue 
dans de tr^s grandes porportions (i) et la halle k la 
viande 6tant seule, les bouchers de celle-ci d6livraient 
leurs marchandises k des prix excessifs. 

Notre magistrature communale concluait en priant 
le roi de la laisser jouir de ses droits, del'autoriser k 
contintier la construction de la boucherie de la Place 
aux oignons et d'accorder I'exemption des six deniers 
aux vingt sous de viande vendue dans cette boucherie. 

Par arrdt du Parlement de Paris du 26 Janvier 
1386 (2), notifi6 aux bouchers par Pierre de Lers, ser- 
gent du bailliage de Tournai, le 27 Janvier suivant (3), 
le roi Charles VI admit toutes les conclusions du 
magistrat et condamna les bouchers de la grande bou- 
cherie k payer les frais fails par la ville pour ce proems. 
La taxation de ces dSpens fut remise k plus tard. 

Une quittance du 7 aotit 1387 (4), laquelle repose 
aux Archives de Tournai, nous apprend que ces frais 
s'6levdrent k la somme 203 livres 9 sous 6 deniers 
parisis et furent acquittSs par Jean au Toupet ; Jean 
Villain ; Jacques Quaquin ; Jean Musart ; Sohier Groul 
et Jean Constant, bouchers de Tournai. 

Voici done connues les causes qui pouss^rent nos 
magistrats k 6riger la petite boucherie sur la place oil 
elle existe encore actuellement, et devoil^s les inci- 
dents que fit naltre sa construction. Mais quelle pent 
bien dtre la date de cette construction ? 



(1) Encore une preuve de Tdtat prosp^re de la ville au XI Ve siScIe. 

(2) Pi^ justificative, n^ I. 

(3) ** » no II. L*acte porte la date du 17 Janvier 1387, 
c'est le fait d*une erreur, il faut lire « le 27 Janvier. •• 

(4) Piece justificative, u9 III. 

ANN ALBS. III. 14 



— 210 — 

M. de la Grange, comme je le disais plus haut, croit 
pouvoir la placer enlre le 14 juillet 1385 et le 10 sep- 
tembre 1386, prenant comme preuve un document 
transcrit dans un rouleau de papier se trouvant aux 
Archives de Toumai. 11 ajoute toutefois que « les actes 
y etaient en g6n6ral inscrits dans Tordre chroncdo- 
gique, sans quepourtant ce soit une regie absolue. r> 

Nous croyons, pour notre part, que cette date doit 
etre port6e lin peu en arriere, au prin temps de 1384. 
Nous allons essayer de le d6montrer. 

Le rouleau de papier dont parle notre collogue au 
debut de sa note, fait mention d'un emprunt autoris6 
par lettres royales et fix6 ^ 100 livres de rentes 
viag6res au denier 10. Quoique notre arrfit du Parle- 
ment de Paris n'en parle pas, le fait est cependant 
exact, car les Consaux par deliberation en date du 
26juin 1385 (i), affect^rent le produit de cet emprunt 
a soutenir le proems que la ville avait pendant au Par- 
lement de Paris, au sujet de la petite boucherie. 

Le proems 6tait done d6ji engag6 en juin 1385; les 
plaintes, preuves et conclusions des deux parties avaient 
dii certainement 6tre envoy6es pour cette date. Or, 
reprenons notre arrdt du Parlementdu 26 Janvier 1386, 
analyse plus haut et voyons quels sont les arguments 
employes par chacune des parties, arguments repro- 
duits dans les pr6liminaires de Tarrfit et devant cer- 
tainement dates d'avant juin 1385. 

Les bouchers se plaignent « que les prev6ts et jures 
avaient commend k construire une boucherie sur la 
Place aux oignons et y avaient fait dresser des 
etaux (2). « 

(1) Piece justificative, n© IV. 

(2) •• Nichilominiis dicti prepositi etjurati couslruere et edificare ince- 
perant quamdam novam carniticeriam in qiiodam loco seu platea ejus- 



— 211 — 

Le magistrat lui-mSme dans son expose ne contredit 
pas et fait connattre au roi ^ qu'il a le droit d'Sriger 
une nouvelle boucherie, sans que les bouchers qui y 
vendaient ou y vendraient, etc... (i) »» et dans ses con- 
clusions, il reclame du roi ^ de pouvoir construire la 
boucherie de la Place aux oignons nouvellement ordon- 
nie et commencie (2). y* 

Et que faitTarrdt? II laisse aux pr6vdts et jur6s le 
droit <* de construire surtout la boucherie de la Place 
aux oignons nouvellement commencie et ordonnie (3). »» 

La petite boucherie 6tait done commencie avant 
juin 1385. 

Nous disons mSme quelle 6tait suffisamment avanc^e 
avant cette 6poque, pour qu'on ptlt y vendre. En effet, 
si nous ouvrons les registres aux Ordonnances des 
magistrats communaux, nous trouvons une publication 
du 24 mars J 38 4 (4), prescrivant k ceux qui avaient 
V habitude de d6biter de la viande sal6e, aux PAques, 
pr6s le beffroi , de se rendre dor6navant en la Placette 
aux oignons sous peine d'une amende de 10 livres; et 
une autre de la mdme date (5) ordannant aux bouchers 
et bouchdres qui voudraient vendre leurs marchandises 
k P&ques prochains, puis dans la suite, d'aller la 

dem ville qui locus platea ad cepas nominabatur et ibidem erigi et 
levari fecerant plura stalla.... » 

(1) •« .... Ipsamque novam carnificeriam retinendi... absque eo quod 
caroifices qui in eadem carnes ad detaillum vendebant seu in futurum 
venderent... •• ^ 

(2) ... Quare petebant dicti opponentes (pr^v6ts et jur^s) quod pos- 
sent stabilire et construere. . . masime dictam carnificeriam in dicta 
platea ad cepas, per ipsos noviter ordinatam et inceptam. 

(3) Per judicium prefate Curie nostre dictum fuit quod dicti oppo- 
nentes maxime dictam aliam carnificeriam in dicta platea ad cepas 

per ipsos noviter inceptam et ordinatam, 

(4) Piece justificative, no V. 

(5) Pi6ce justificative, no VI. 



— 212 — 

d6biter sur la Place aux oignons, sans qu'on ptlt leur 
faire le moindre tort : allusion directe ici aux six 
deniers sur les 20 sous de viande. Cette derni^re 
ordonnance nous confirme d'autant plus dans noire 
mani^re de voir, quant a Tavancement des travaux, 
qu'elle porte comme titre. « De le placette as ougnons 
pour le nouvelle boucherie. »» II est vrai d'ajouter que 
les magistrats disent dans cette ordonnance ^ voisent 
au dit lieu de le plachette as ougnons desous haions 

ou autrement it lotcs esiaus porter et vendre char 

jusques ad ce que la ville y ara pourveu de place » , ce 
qui tenterait k faire croire que notre boucherie n*6tait 
pas compl^tement munie de tons ses 6taux. Mais cet 
inconvenient temporaire n'emptehait cependant la 
vente. 

Les registres aux Publications ne renferment plus 
ant6rieurement ou post^rieurement k la date du 
24 mars 1384, d'ordonnance concemant la vente de 
la viande k la petite boucherie; c'est done que cet 
6tablissement, quoique inachevS, fut ouvert pour la 
premiere fois aux bouchers k PAques 1385 (A. s.). 

Nous croyons ne rien avancer de faux en concluant 
que les travaux d'Srection de notre petite boucherie 
ont dd etre commencfis, comme c'est I'habitude d'ail- 
leurs, pendant la bonne saison, et que nous pouvons 
assigner, sans conteste, comme date k la construction 
de notre petite halle k la viande, \e printemps de 1384. 

Adolphe HocQUBT. 



— 213 — 



PIECES JUSTIFICATIVES. 

N® I. — Arr^t du Parlement de Paris contre les bouchers de 
la grande boucherie^ au sujet de la construction de la petite 
boucherie. 

Karolus, Dei gratia Francorum Rex. Notam facimus universis 
present] bag pariter et futuris, quod lite mota in nostri parla- 
menti Curia in casu novitatis et saisine, inter Johannem dictum 
Autoupet; Johannem Villain; Jacobum Kaquim, Robertum 
Musard, Soheaum dictum Groul, Johannem Constantum et alias 
carniflces antique carniflcerie ville nostre Tornacensis, in hac 
parte consorted, actores et conquerentes ex una parte; Et pre- 
po8ito8,j urates, scabinos, eswardatores, seu inspectores et com- 
munitatem dicte ville. opponeotes et defensores, ex altera; 
Super eo quod dicti conquerentes proponebant quod, temporibus 
retroactis, carniflces in dicta villa ad detaillum carnes vendendos 
ipsis in eorum domibus vendebant, absque eo quod dicte carnes, 
prout dicebant, visitarentur. Et ob hoc, pro bono et utilitate 
publicis, propositi et jurati qui tunc regimen dicte ville habebant, 
in eadem villa, dictam carniflceriam cum stallis ad carnes ven- 
4cndum, in loco publico construi et edificari fecerunt, quamquid 
carnificeriam carnificibus tunc in dicta villa carnes ad detaillum 
vendendis, pro precio octoginta pro stalagio et nonaginta duarum 
IJbrarum turonensium pro malestota seu maletoleya anno quo- 
libet in perpertuum sibi de dictis carnificibus solvendarum tra- 
diderant et deliberaverant, qui propositi et jurati eisdem carni- 
ficibus promiserant quod nunquam in dicta villa aliam 
carnificeriam fieri vel construi facerent; postmodum quod pre- 
fati conquerentes et eorum predecessores a quibus causam 
habebant, in dicta carnificeria et non alibi ad detaillum carnes 
sufficientes pro omnibus habitantibus dicte ville, bonoetjusto 
precio vendiderant, ipsis prepositis et juratis redditum predictum 
anno quolibet solvendo. Preterea dicebant ipsi conquerentes 
quod licet ipsi essent in possessione et saisina habendi et tenendi 
dictam antiquam carnificeriam sol am in dicta villa contradicen- 
dique etimpediendi ne dicti opponentes vel alii possent vel debe- 
rent construere seu construi vel edificare, facere aliam novam 
carnificeriam in dicta villa, in prejudiciumdictorum conqueren- 
tium, in possessioneque quod si aliquis vendebat carnes force- 
matas vel alias quascumque, in dicta villa, captas in cabaretis, 
tavernis vel alibi, extra dictam antiquam carnificeriam, habendi 
et colligendi ad eorum utilitatem sex denarios pro quibusdam 



— 214 — 

viginti solidis dictarum carnium sic venditarum; dictisque pos- 
sessionibus et saisinis usi fuissent et gavihi diet! conquerentes 
per se et suos predecessores a quibus causam habebant, per tan- 
tum temporis spacium cujus hominis memoriain contrarium uon 
extabat et quod sufficiebat et sufflcere debebat ad bonas posses- 
sionem etsaisinam aoquirendas et retinendas. Nichilominus dicti 
prepositi et jurat! construere et ediflcare inceperant quamdam 
novam carnificeriam in quodam loco seu platea ejusdem ville qui 
locus platea ad cepas nominabatur. et ibidem erigi et levari fece- 
rant plura stalla que pluribus carniflcibus foraneis pro carnibns 
ibidem vendendis tradiderant et locaverant, super quibus stallis 
iidera carnifices carnes ad detaillum scinderant et vendiderant; 
eisdemque conquerentibus proquibusdam viginti solidisdictarum 
carnium per ipsos extra dictam antiquam carnificeriam vendita- 
rum sex denarios solvere recusaverant et contradixerant ipsos 
conquerentes in dictis suis possessionibus et saisinis, indebite et 
de novo perturbando, ut dicebant conquerentes predict!. Et ob 
hoc certas querimonie litteras a nobis obtinuantas (sic) de qua- 
rum executione dicti opponentes ad dictam curiam nostram 
appellaverant, que appellatio per eandem curiam in opposicionem 
comissa fuerat. Quare petebant dicti conquerentes in dictis suis 
possessionibus etsaisinismanutenerietconservariimpedimentum- 
que quod per dictos opponentes in dictis rebus contenciosis appo- 
situm amoveri, manumque nostram in eisdem rebus propter 
debatum partium appositam, ad dictorum conquerentium atili- 
tatem levari at ipsos opponentes in eorum dampnis interesse et 
expensis condemnari. Dictis opponentibusexadverso inter cetera 
proponentibus quod dicta villa Tornacensis erat fundata in cor- 
pore collegio et communia pluribusque juribus, franchises et 
libertatibus a predecessoribus nostris eidem datis et concessis et 
a nobis conflrmatis dotata et decorata. Et quod inter cetera dicti 
prepositi et jurati pro et nomine tocius dicto communie seu 
communati habuerant et habebant omnem justiciam et omne 
dominium domanerium, in dicta villa et super omnibus habitan- 
tibus in ea et maxirae super dictis conquerentibus; et in dictos 
antiqua carniflceria; habebant etiam jus et erant in possessione 
et saisina una cum dictis scabinis, eswardatoribus seu inspecto- 
ribus faciendi quascumqueordinaciones, constituciones etstatuta 
ipsasque imitandi, corrigendi, augmentandi seu diminuendi in 
toto vel in parte, prout eis pro bono et utilitate publicis dicte 
ville videbatur expedire; ordinandique et contruendi seu cons- 
trui vel ediflcari faciendi in dicta villa aiiam novam carnifice- 
riam et in alio loco quam ubi dicta antiqua carnillceria situa- 



— 215 — 

batar; ipsamqae novam carnificeriam retinendi et in ea omnia 
ad carniticeriam necessaria et utilia faciendi, absque eo quod 
carnifices qui in eadem carnes ad detaillum vendebant seu in 
futurum venderent, ipsisconquerentibus dictossex denarios pro 
quibusque viginti soiidis carnium per ipsos in dicta nova carni- 
flceria venditarum solvere tenerentur; defendendique et prohi- 
bendi ipsis camiticibus ne dictos sex denarios solverent ac ipsos 
carniflces de dictis sex denariis solvendis tenendi quittos, liberos 
et immunes nee uniquam in contrarlum premissoruoi opponentes 
predicti ipsis conquerentibus vel eorum predecessor! bus aliquid 
promiserant, dictisque possessionibus et saisinis usi fuerant et 
gavisi opponentes predicti, per se suosque predecessores a qui- 
bus causam habebant, per tantum temporis spacium cujus homi- 
nis memoria in contrariun:i non extabat et quod sufflciebat et suf^ 
ticere debebat ad bonas possessionem etsaisinam acquirendas et 
retinendas dictasque suas possessiones continuando prefati oppo- 
nentes; habitis deliberatione et consilio cum omnibus cum qui- 
bus pro negotiis concernentibus et tangentibus dictam commu- 
niam deliberatio debebat haberi ac de ipsorum omni necnon 
plurium yirorum ecclesiasticorum nobilium et carnificum dicte 
antique earn idcerievoluntate, deliberatione pariter et consensu 
attentuque in dicta villa populus qui plurimum augmentabatur 
et quod dicta antiqua carnidceria sola in dicta villa existente, 
conquerentes predicti carnes precio excessive vendebant, pluri- 
busque aliis justis et necessariis causis consideratis et attentis 
pro bono et utllitate publicis, constituerant et ordinaverant 
quod dicta nova carniticeria in dicta platea dicta ad cepas cons- 
trueretur quam postmodum in ipsa platea, prout cis licebat, 
construere et ordinare inceperant, in eadem stalla erigi et edifl- 
cari faciendo, super quibus stallis plures carnidces qui antea in 
loco dicto DB MARE cxtra dictam villam vendebant, carnes ad 
detaillum vendiderant; propter quod tunc temporis, in utraque 
dictarum carnificeriarum, carnes pro meliori pretio habebantur. 
Nichilominus conquerentes predicti de premissis conquesti fuerant 
et dictas querimonie litteras per ipsos impetratas, execucioni 
demandari fecerant. Quare petebant dicti opponentes manuteneri 
et conservari in possessione et saisina ordinandi et quod possent 
stabilire et construere novam carniticeriam in dicta villa aliam 
et in loco seu platea aliis et a dicta antiqua carnidceria sepa- 
ratis; et maxime dictam carniticeriam in dicta platea ad cepas, 
per ipsos noviter ordinatam et inceptam; ediflcandique vel edi- 
flcari sustineri et reparari faciendi dictam carniticeriam, ut pre- 
mittitur, perii>iOS ordinatam juxta eorum ordinacionesetstatuta 



— 216 — 

et io eadem carnificeria ponendi stalla et alia necessaria et atilia 
ad carniflceriam habendam et teneDdam, pro ibidem carnes ad 
detaillum scindendo et vendendo, absque eo quod carnifices in 
dicta nova carnificeria carnes scindentes vel ad detaillum ven< 
dentes ipsi conqaerentes dictos sex denarios pro quibusqae 
viginti solidis dictarum carnium ibidem per ipsos venditarum, 
solrere tenerentur; in possessioneque etsaisina'^isdem carnifi- 
cibns probibendi et defendendi ne ipsis conquerentibus dictos sex 
denarios soiyerent ipsosque carnifices liberos et immunes tenendi 
[et] solvendi dictos sex denarios, impedimentumque in dictis 
rebus contenciosis appositam (sic) amoveri manumque nostram 
in eisdem rebus propter debatum partium appositam ad ipsorum 
opponencium utilitatem levari dictosque conquerentes in dicto- 
rum opponentium expensis condempnari. Super quibus et aliis 
pluribus bincinde propositis, inquesta facta, et ad judicandum 
salvis reprobacionibus contra testes per utramque partem tra- 
dittis recepta, ea visa et diligenter examinata, reperto quod sine 
reprobationibus poterat judicari. Per judicium prefate curie 
nostre dictum fu it quod dicti opponentes manutenebantur et 
conservabuntur in dictis possessionibus et saisinis per ipsos 
superius petitis et requisitis, videlicet ordinandi : Et quod pos- 
sint stabilire et construere novam carnificeriam in dicta villa 
aliam et in loco sen platea aliis, et a dicta antiqua carnificeria 
separatis et maxime dictam aliam carnificeriam in dicta platea 
ad cepas per ipsos noviter inceptam et ordinatam,ac ipsam car- 
nificeriam juxta eorum debitasordinacionesetstatuta sustinendi 
et reparandi; et in eadem ponendi stalla et alia necessaria et 
utilia ad carnificeriam babendam et retinendam pro ibidem ad 
detaillum carnes vendendo et scindendo, absque eo quod carni- 
fices in ipsa nova carnificeria carnes strudentes vel ad detaillum 
vendendos ipsis conquerentibus dictos sex denarios pro quibus- 
dam viginti solidis dictarum carnium in dicta nova carnificeria 
venditarum solvere teneantur, necnon in possessione et saisina 
eisdem carnificibus probibendi et defendendi ne dictos sex dena- 
rios conquerentibus predictis solvantacde ipsis sex denariis sol- 
vendis eosdem carnifices tenendi liberos, quittos et immunes. Et 
per idem judicium, dicta curia^impedimentum in dictis rebus con- 
tenciosis appositum amovit et amovet manumque nostram in 
eisdem rebus propter debatum partium appositam ad utilitatem 
dictorum opponencium levavit atque levat; ipsis conquerentibus 
in dictorum opponencium expensis condempnando eadem taxa- 
tione dicte curie nostre reservata. Quod ut firmnm et stabile 
permaneat in futurum, presentes litteras sigilli nostri jussimus 
appensione muniri. 



— 217 — 

Datam et actum Parisias in Farlamento nostro, anno Domini 
millesimo trecontesimo octogesimo sexto et Kegni nostri sep- 
iimo, vicesima sexta die mensis januarii. 
Sar le repli : visa. 

Per Jatticium Curie. 

Jouvences. 
Au dos : 

Arrest donne pour la ville centre les boucliierd pour cause do 
le nonvelle boucberie. 

Archives de Touftiai. Chartrier, layette 
de 1836. Original sur parchemin, 
grand seel royal en cire verte^ d lacs de 
soie verte et rouge. 

N« II. — Notification aux bouchers de la grande boucherie de 
Varr^t du Parlement par Pierre de Lers, sergent du roi. 

A mes tr^s grans et redoubt^s seigneurs messeigneurs tenans 
le present parlement du Roy nostre 8ire a Paris, Pierres de Lers 
sergans du Roy nostre sire ou gouvernement des bailliages de 
Tournay, tournesis, Mortaigne, saint Amant et des apparte- 
nancez et li ven^rez bonneur, service et reverence, et moy 
submis a tous vos commandemens et plaisirs, mes tr^s grans et 
tres redoubles seigneurs, plaise vous savoir que jou ay receu lez 
lettrez du Roy nostre sire desquellez la teneur sensieut : Karolus^ 
Dei gracia Francorum Rex, prime parlamenti nostri bostiario 
aut servient! nostro qui super boc fuerit requisitus, salutem. 
Tibi committimus et mandamus quatenus vise quodam judicato 
in nostro presenti parlamento die date presencium pro prepo- 
sitis, juratis, scabinis, eswardatoribus seu inspectoribus et 
communitate ville nostre Tornacensis contra Johanem dictum 
Autouppet; Jobanem Villain; Jacobus Kakin; Robertum Musa- 
riti; Sobeium dictum Groul ; Johanem Constantum et alios car- 
nifices antique carniflcerie dicte ville Tornacensis, prolate illud 
juxta suum tenorem et formam in litteris que executionem 
exigunt execution! debite deinandez (?) et in super prenominatos 
cnrnifices ad certum et com peten tern diem ordinatum vel exor- 
dinadum dicti nostri presentis parlamenti non obstante pro 
sedeat adjiornes certas expensas in quibus per dictum judicatum 
erga dictos prepositos et juratos, scabinos, eswardatores sea 
inspectores et communitatem excuterunt condempnari, taxari 
visuros et ulterius processuros ut fuerit rationis de dicto adjor- 

namento curiam nostram certiflcando competenter [ ] autem 

[ ] et [ ] nostris tibi in hac parte parere vol u mas et 

jubemus. 



— 218 — 

Datum Parisius in parlamento nostro, vicessima vja die 
januari, anno Domini millesimo ccc^ octogesimo sexto et Regni 
nostri septimo — ainsi signeez : Per cameram — Jouvence. — 
Par vertu desqueilez lettrez dessas transcriptes et du pooir par 
icellez a my commis a le requeste du procureur general de la 
ville et cite de Tournay le xvj® jour du raois do jenvier Ian mil 
ccc iiij" et vi me transportay par devers sire piere le Muisit 
souverain prevost de laditte ville de Tournay auquel je requis 
obeissance pour beu faire mon exploit lequelx me presenta Jehan 
Cardonnier sergans bastonnier de leditte ville avoecq lequel 
ledit jour me transportay tant aux personnez comme aux domi- 
chillez de Jehan au touppet; Jehan Villain; Jakem Kaquin; 
Robert Musart; Sohier Groul et Jehan Constant, lesqucls et 
cascun deux jou adiournay a lencontre dudit procureur de le 
ville ou parlement du Roy nostre sire a Paris au xx® jour du 
mois de mairch prochain venant pour veir tauxer les frais et 
despens dont les dittes lettrez font mention preceder et aller 
avant sur ce et en oultre seloncq le teneur des dittes lettrez par 
le maniere que raison donra. Et ce fait lendemain xvij" jour dudit 
mois de jenvier me transportay en le viese et anchienne bou- 
cherie de la ditto ville de Tournay avoecq moy ledit sergans 
bastonnier et la adjournay comme dessus les autres bouchiers 
de laditte boucberie liquel ont este consort et participant au 
proces dont lesdittes lettrez font mention a lencontre dudit pro- 
cureur. Audit jour et lieu tout par le fourme et maniere que par 
le teneur dezdittes lettres appartenoit a este fait mestres grans 
et redoubtes seigneurs tout ce que dit est, vous certetle je ainsi 
par moy avoir este fait par ceste moye rellation seel lee de mon 
sceel qui fut faite et escriptes Ian et xvjj* jour dessus dis lesquelz 
bouchiers adiournez me requist a avoir cop[)ie dez dictes lettrez 
et de ma rellation et je leur accorday. Donne comme dessus. 

Archives de Toumai, Chartrier. Original 
sur parchemin, jadis scelM sur s. q. 

N° III. — Quittance des ddpens du proems donn^ par le magis- 
trat de Toumai aux bouchers de la grande boucherie. 

A tons ceaus qui ces presentes lettres verront ou ouront, 
Prouvos, jures, Esclievins et Eswardeurs de la ville et cite de 
Tournay, salut. Comme nous pour nous et la communite de 
laditte ville, ayons obtenu certain arrest en la court de parle- 
ment du Roy notre sire, a Paris en cas de complainte, de nou- 
vellite, al encontre de Jehan au touppet, til miquiel, Jehan 
Villain, Jaque quaquin, Jehan Musart, Sohier Groul Jehan 
Constant et auties bouchiers de lancbienne boucherie, pour 



— 219 — 

caa9e de la nouvelle boucherie par nous encommenchie a fnire 
et ^diffyer en la placbe aux augnons en la parrosce saint Jaques 
en laditte ville, par lequel arrest avecq le princhipal avons 
adjugie lesdis anchiens bouchiers ont este condcmpnes en nos 
despens qui par le tauxacion et moderacion de laditte court de 
parlement ont este taiixes et moderes a la somme de deux cens 
trols livres noef solx six deniers parisis, si comme par les lettrez 
de ladiite tauxacion et moderacion puet apparoir. Savoir fai- 
6ons que pour laditte taxacion et moderacion estre raemplie et 
par le vertu de certalne execution sur ce faitte a nostre requeste, 
Les dessus nommes Jehan Villain, Sohier Groul, Jaque Quaquin 
et Jeban au touppet. nous ont fait gr^ et satisfacion de la ditte 
somme de deux cens trois livres noef solx six deniers parisis et 
ycelle somme nous confessons avoir beu et receu deulx et nous 
en tenons pour comptens solx et plainement payes. Pour quoy 
nous en avons quitt^ et quittons lesdis bouchiers et tous autres 
dusquelx quittance en puet ou doit appartenir a tous jours tons 
quittes. En tesmoing de ce nous avons ces presentes lettrez 
seellees du seel aux causes de la ditte ville et cite quy furent 
faictes et donne le septisme jour du mois daoust Ian mil 
ccc iiijx^ et sept. 
[Et au dos]. Quittance pour les bouchiers. 

Archives de Tournai. Chartrier, Original 
sur parchemin^jadis scelU sur s. q. 

N® IV. — Affectation de la somme produite par Vemprunt des 
i06 livres de rentes 

Le mardi xxvj jour dejuing (1385). 
Le dit jour fu ordon^ par les dis Consaulz que les deniers venus 
et issus des c livres de rente vendues sour le nouvielle boucherie 
soient par lavis et otdenance de Jaque Centmars, Colard de Seclin 
et Jehan le Flameng, til de feu Pierre, distribu^s a soustenir le 
cause que le ville a en parlement centre les bouchiers de le 
anchyene boucherie et ad ce faire sunt les iij dessus nommes 
esleus. 

Archives de Tournai. Inventaire provi- 
soire, Reg. n« 150, foL 3, R\ 

NO V. — Ordonnance du magistrat pour vendre dor^navant 
les viandes salves d la Place aux oignons. 

Des bacons. 

Que tout chil qui vouront vendre bacons sales et qui soloient 
seir emprds le bclfroy voisent doresnavant selret vendre les dis 



— 220 — 

bacons en le placette des ougnons, sur x lib. Faict lo xxiiij® jour 
de mars par Tassent des iii consaux (24 mars 1384). 

Archives de Toumai, Inventaire prom- 
soire. Reg. no 337b folio 165, Ro. 

N® VI. — Le magistrat permet aux bouchers et houch&res de 
vendre de la viande d la Place aux oignonsy sans que le moindre 
tort puisse leur itre fait. 

De le placette as ougnonspour le nouvelle houcherie. 

Qae tout boucher et bouchiere qui volenti aront de vendre 
char as Paskes procbain Tenant et de la en avant voisent au dit 
lieu de le plachette as ougnons desous baions ou autrement a 
tous estaus porter et vendre char en le manidre que on le vendera 
en le boucherie de cette vilie, jusques ad ce que la ville y ara 
pourveu de place. 

Et que il ne soit personne ancune sur q^ianques ils se poront 
melTaire et estre pugny en le veue des prevos et jur^s qui mefface 
as bouchiers u a bouchiere qui en le dicte placette seront ven- 
dant char comme dit est ne k ceulx aussi qui lachatdrent, en 
parlerne autrement. Faict le diet jour. (24 mars 1384). 

Archives de Toumai. Inventaire provi- 
soire. Reg. n* 337b, folio 155. Recto. 



— 221 



SEANCE DU 44 AVRIL 1898. 



M. LE CoMTE DE N6donchel, President. 
M. Eugene Soil, Secretaire, 



Le proc^s-verbal de la stance de mars est lu et 
adopts. 

M. le Secretaire depose les ouvrages qu'il a regus 
pour la soci6t6 depuis la derniSre rSanion. 

1. Academie royale de Belgique. Annuaire, 1898. 

2. Id. BuUetin, 1897. N^ 12, 1898, n« 1. 

3. Academie royale de medecine. Tome xi, n® 1 1 , tomexrr, n° 1 . 

4. Compte rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire. Tome vii, 5® Bulletin. 

5. Bulletin de la Societe d'histoire et d*ai*ch6ologie de Gand. 
6* ann^e, n<» 1 et 2. 

0. Annuaire de la Societe d'archeologie de Bruxelles, 1898. 

7. Annales, id. Tome 12, livr. 1. 

8. Revue benedictine. 1898, n°« 2 et 3. 

9. 0ns hemecht. 1898, n«* 2 et 3. 

10. Collection des chroniques beiges inedites : 
Cartulaire de I'eglise Saint-Lambert, & Liege. Tome 3. 
Chartes de I'abbaye de Saint-Martin de Tournai. Tome i. 

11. Societe des Antiquaires de la Picardie. Annee 1896, n°^ 2, 
3et4. 



— 222 — 

12. Id. Album archeologique, 12« fascicule. 

13. Id. Notice sur le canton de Bernaville. 

II est donn6 lecture de la correspondance : 
M. le g6n6ral de Formanoir s'excuse de ne pouvoir 
assister k la r6union. — M. le Goiiverneur du Hainaut 
informe la SociSt^que le subside annuel que luiaccorde 
le Conseil provincial , est payable k Mons. — L'Acad6mie 
royale des belles-lettres, d'histoire et des antiquit6s de 
Stockholm envoye ses publications : Antiquarisk tids- 
krift for Suerige. Tomes 13, 14, 15 et 16. Monadsblad 
1887 k 1893. 

M , le Secr6taire signale dans la collection des chro- 
niques beiges in^dites, la publication des cbartes de 
I'abbaye de SaintrMartin de Tournai par M. A. d'Her- 
bomez. Le tome I qui vient de paraltre contient les 
cbartes de 1094 a 1244. 

La SocUte verviitoise cCarcheologie et dChistoire^ 
demande T^change de ses publications avec les n6tres, 
ce qui est accepts. 

M. le Pr6sident entretient I'assemblfee de quelques 
matrices de sceaux qu'il possede et promet de r6diger 
une note descriptive de ces sceaux. 

M. le Comte du Chastel donne lecture d'un travail 
sur Eustache de le Fosse, voyageur tournaisien du 
IS*' siecle, et sa famille. On en vote Timpression. 

M . Soil communique quelques notes sur Piat-Joseph 
Sauvage peintre tournaisien, de la fin du 18® siecle. II 
promet de les compl6ter et d'6crire pour les Annales 
un travail d'ensemble sur ce peintre qui fut c6l6bre 
et dont les oeuvres ont 6t6 des plus abondantes. 



— 223 — 



KUSTACHK l)E LE FOSSE, 
VOYAGEUK TOURNAISIEN DU XV' SifiCI.E, ET SA FAMILLE 

A la Bibliotheque de la ville de Valenciennes, se 
trouve un manuscrit cot6 Q. 5. 9, lequel contient la 
relation du voyage commercial que fit durant les 
ann6cs 1479-1480, en Espagne, aux c6tes occiden tales 
de TAfrique et en Portugal, un tournaisien dont nos 
historiens n'ont gu6re parl6 jusqu'^ ce jour. J'ai donn6 
dans mes Notices g^nealagiques , k la page 73 du 
tome 1 1 , le nom de ce personnage en mdme temps que 
ceux de sa femme et de deux de ses enfants, mais il 
6tait r6serv6 a M. R. Foulch6-Delbosc, de le faire 
connaiire historiquement par la publication de son 
manuscrit dans la Revue hispanique oil cet ouvrage est 
proclam6 celui d'un flamand de Toumay (i). 

Appliqu6e k JEttstache de le Fosse, cette qualifica- 
tion m'a fortement choqu6, car je crois qu'un homme 
ayant nom et pr6nom frangais; qui est n6 sujet du roi 
de France Charles VII, dans une ville de langue fran- 
Caise ; qui a v6cu dans cette ville sous les rois Louis X I , 
Charles VIII, Louis XII et Francois V, et qui est 
mort presqu'en mfime temps qu'y expirait la domina- 
tion fran^ise, n'a pu m6riter, sous aucun pr6texte, 
r6pith6te de flamand. J'ose done esp6rer que 
M.FouLCHfi-DELBosc compreudra que les Tournaisiens 
ne furent jamais flamands ni sujets des Comtes de 
Flandres : leur ville et son territoire nomm6 Tournaisis 
ayant toujours forme deux seigneuries sp6ciales avant 
leur reprise par Louis XIV et apr^s le r^tablissement 

{I) La Revue hispanique, annde 1897. 



— 224 — 

de la Maison d'Autriche jusqu'au moment ot la pre- 
miere R6publique francaise en prit possession. 

Mes recherches dans les Archives tournaisiennes me 
permettent de reconstituer depuis le XI V* jusqu'au 
XV I IP si^cle, la filiation assez peu connue des de le 
FossB, dits de la Fosse. Je profite de la notori6t6 
nouvellement acquise par un des chefs de cette famille 
pour en donner, ci-dessous, une g6n6alogie qui pour 
la branche anoblie, est presque complete. 

Filiation de la ftunille DE LE FOSSE, 
ou DE LA FOSSE dit PITHEM. 

I. Mahieu ou Mathieu de le Fosse, earlier c'est-i- 
dire charron, bourgeois de Tournai, mourut avant 
juillet 1382 (i). II laissa au moins, trois fils legitimes, 
savoir : 

V Jehan, cauceteur ou bonnetier, bourgeois de 
Tournai par relief fait le 28 juillet 1382, mourut 
avant novembre 1412 (2), laissant un fils legitime qui 
suit : 

A. Colin ou Nicolas, bourgeois de Tournai par achat 
fait pour 50 sols parisis, le 14 novembre 1412 (3). II 
mourut avant le 18 novembre 1441, date oH son fils 
aine releva sa bourgeoisie. Ses trois enfants legitimes 
suivent : 

a) Jehan, boucher, bourgeois de Tournai par relief 
fait le 18 novembre 1441 ; 

b) Pi6rart ou Pierre, taintenier ou teinturier, bour- 

(1) Archives de la ville de Tournai. tf* Regisire de la loi, n° 136 
de rinventaire manuscrit, folio 25, verso. 

(2) Idem, 9e Regisire de la loi, Xi9 139, fol. 17, verso. 
(3} Id., ibid., id. 



— 225 — 

geois do Toornai par achat fait pour 50 sols parisis, 
le samedi 22 f6vrier 1443 (1444 n. St.); 

c) Colart ou Nicolas, boucher de la grande bou- 
cherie, bourgeois de Tournai par relief fait le 
4juin 1448 (i). 

2^ Alart ou Alard DE LE FOSSE, qui sui- 
vra, II. 

3*" GiLLART, GiLLiART OU GiLLES, toudeur de draps, 
bourgeois de Tournai par achat fait pour 20 sols tour- 
nois, le lundi 20 d^cembre 1423 (s), mourut avant le 
19 d6cembre 1451 (3), 

Le 22 juin 1422, Gillart db le Fosse et Jak Defon- 
taines (ou Desfontaines) ^taient tuteurs des enfants du 
second lit de feu Alart de le Fosse (4). 

Un autre Gillart de le Fosse avait6pous6 avant 1419, 
D*"** Jehenne du Parcq, veuve de Colart le Dormeur. 
II testa k Tournai, dans la paroisse de Saint-Brice, le 
5 novembre 1432, y mourut le m6me jour, et son testa- 
ment J fut approuv6 le lendemain. 11 paralt n'avoir pas 
eu progeniture et ses ex6cuteurs testamentaires furent 
Ernoul du Pret et Colart le Dormeur, sans doute un 
fils de la premiere union de sa femme (5). Quant k 
Gillart de le Fosse, frh^e d Alart, il laissa un fils 
legitime, savoir : 

A. Jaquemarl ou Jacqites, taintenier ou teinturier. 



(1) Les docamoDts que j'ai pu recueillir sur les branches restto 
rotaridres sont iosafflsants pour en ^tablir la filiation. 

(2) Archives de la vjllk de Tournai. iO* Registrede la loi^n^ 140, 
folio 22. 

(3) Idem, f^ Registre de la loi, fol. 20, recto, 

(4) Idem, Chirographes de VEchevinage de la CiUy liasse de 
rann^ 1422. 

(5} Id., Chirographes de la Cittf, liasse de Tann^e 1419; Tesiaments, 
paquetde 1432. 

ANNALBS. 111. 15 



- 226 — 

bourgeois de Tournai par achat fait pour 20 sols tour- 
nois, le 19 d6cembre 1451 (i). 

Peut-etre faudrait-il ajouter aux enfants de Mathieu de lb 
Fosse, une fille mariee a Jak Desfontaines que des actes scabi- 
naux d^clarent le serouge (beau-frdre) d*Alart de le Fosse, mais 
je n*ai pu trouver la preuve de la faQon dont cette alliance s'etait 
formee, car Jak Desfontaines a pu etre tout aussi bien Tepoux 
d*une soeur de la seconde femine d*Alan de le Fosse que de la 
propre soeur dudit Alart (s). 

11. Alart ou Alard de le Fosse, taintenier ou tein- 
turier, bourgeois de Toumai par achat fait pour 
50 sols parisis, le 15 d6cembre 1399 (3), demeura dans 
ladite ville eii la paroisse de Saint- Jacques oii il mourut 
avant le 15 avril 1420 (1421 n. st.), apr^s y avoir test6 
le 24 mars de la m6me ann6e. 11 voulut y 6tre inhum6 
dans le cimetidre, pr6s de sa premiere 6pouse, et d6si- 
gna pour ex6cuteurs testamentaires, sa seconde femme, 
son fr^re Gillart de le Fosse et son serouge (ou beau- 
fr^re) Jaquemart Desfontaines (4). 

11 6pousa en premieres noces, Jehenne Dassonne- 
viLLB, et en secondes noces, Angnies de Bruielle dite 
Froumage, 

11 laisse six enfants : 

Du premier lit : 

1*" Danelet ou Daniel, bourgeois de Tournai par 
achat fait pour 5 florins d'or, le mardi 11 mars 1420, 
1421 n. St. (5). 11 fut 6wardeur pour la paroisse de 
Saint- Jacques en 1421. Son epouse, Bauduine Renare, 

(1) Id.. 4Sf Reg, de la lot, n^ 142, fol. 20, recto, 

(2) Id., Testaments, paquet de rann^e 1420; Chirt^raphes de la 
Cit4, liasse de 1422. 

(3) Id., Se Reg, de la loi, n^ 138. fol. 14, i-ecto, 

(4) Id., Testametits, paqaet de i'aan^e 1420. 

(5) Id., /O* Reg, de la loi, n© 140, fol. 17, recto. 



— 227 — 

testa 6tant veuve, dans ladite paroisse, le 3 novembre 
1462 et y mourut avant le 10 du m6me mois, apr^s 
avoir 6mis le voeu d'y 6tre enterr6e dans le cimeti^re. 
N'ayant pas d'enfants, Bauduine Renare fit divers legs 
et entre autres, en fit un de 30 livres tournois k par- 
tager entre Colart, Colette et Marguerite de le Ven- 
quiere, enfants de feu Jehan. — D®"® Cole de le Yen- 
quiere, veuve de Jehan Rigault dit de Margais, fit 
opposition k I'approbation du testament de Bauduine 
Renare par les maieur et ^chevins de Toumai (i). 

Du second lit : 

2^ Jaquelottb ou Jacques. 

3^ Colin, Colart ou Nicolas DE LE FOSSE, qui 
suivra, III. 

4"* Hanbtte ou Jehanne, mari6e avant 1438, k 
Jehan du Gardin (2). 

b"* Belotte ou Isabelle, marine avant 1438, k 
Jehan le Maire dit Corageux de Sanies (3). 

& Annechon ou Anonies, marine avant le 4 juillet 
1439 (4), k Tassart ou Eustache du Puis, procureur en 
cour laye ou avou6 en cour laique, lequel acheta le 
droit de bourgeoisie a Toumai pour 50 sols parisis,le 
13 avril 1445 avant Piques, 1446 n. st. (5). 

On verra plus loin au degr6 V, Jehan de le Fosse- 
Ridon 6tre Tun des tuteurs de Bon du Puich, fils de feu 
Honorable homme Maistre Jehan du Puich, licenci6- 
^lois, en son vivant premier conseiller pensionnaire 
de Tournai, etc., et d'Agnds des Farvacques. 

(1) Id., Testaments. Paquet de Tann^e 1462, 

(2) Id., Chirographes^ liasse de Tannde 1438. 

(3) Id., ibid., el Chirographes de VEchevinage de Saint-Brice pour 
lannde 1430. 

(4) Id., Chir, de Saint-Brice, liasse de I'ann^e. 1439. 

(5) Id., /?« Registre de la loi, no 142, fol. 12, verso. 



— 228 — 

III. Colin, Colavt ou Nicolas db lb Fosse, rappa- 
reilleur de draps, bourgeois de Tournai par relief fait 
le 20 mai 1433 (i). 

J'ai trouv6 dans les chirographes de la Cit6 de 
Tournai, un acte pass6 le 20 octobre 1433 et ot sont 
nomm6s Colart de le Fosse et Isabelle de Oois, sa 
femme, ce qui pourrait s'appliquer k Colart fils d'Alart, 
si malheureusement celui-ci n'avait pas deux autres 
Colart dele Fosse pour contemporains, vivant k c6t6 de 
lui dans Tournai. Dans tous les cas, je puis 6tablir que 
Colart de le Fosse, fils d'Alart, avait pour femme 
avant 1446, Marie de le Lys (2), qui iut la mdre de ses 
fils Jehan et Tassin, qui suivent : 

P Jehan, clerc, c'est-^-dire homme lettr6, n6 vers 
1446, mort le 5 avril 1519 avant PAques, 1520 n. st. (3), 
fut p6re par Marguerite Cuvelier, d un fils naturel qui 
suit : 

A. Jenin, Janin ou Jehan de le Fosse, n6 vers la fin 
delannfee 1483, mort en 1522 (4). 

2^ Tassin ou Eustache DE LE FOSSE, qui 
suit, IV. 

IV. Tassin ou Eustache de le Fosse, qualifi6 Hono- 
rable homme, naquit a Tournai vers 1451 (5). U fut 

(1) Id., y/« Registre de la lot, n© 141, fol. 27, verso. 

(2) Id., Cartulaire des rentes dues par Tournai en 1493, tome I, 
p. 384, oil Ton voit qu'en f^vrier 1483 [1484 n. st.), Clare db le Lys, 
veuve de Toussaint Bonhome, dtatt la taute de Jehan de le Fosse, fils 
de Marie de le Lys. 

(3) Id., ibid., t. I, pp. 317, 384, 387, et Cartulaire des re^Ues dues 
par Tournai en. 4508, Reg. n° 2832, p. 281. — Jehan de le Fosse est 
dit d^funt dans le testament de son frere Eustache dat^ du 23 mars 1522 
(1523 n. St.). 

(4) Id., ibid,, id. 

(5) Id., Cartulaire des rentes dues par Tournai en 4468, fol. 57, 
verso; Cartulaire des rentes dues en 1493, t I, p. 36. 



— 229 — 

destin6 au commerce. Apr6s avoir 616 quelque temps 
commis-marchand, il sembarqua k Bruges pour aller 
visiter la p6Dinsule ib6rique, en 1479. II ne fit que tra- 
verser cette contr6e du Nord au Sud, se dirigeant vers 
Cadix pour y reprendre la mer et se rendre dans 
TAfrique occidentale afin d j n6gocier des 6changes de 
marchandises, d'y r6colter de la poudre d'or et d'y 
faire la traite des n6gres. Mais lui et ses compagnons 
espagnols avaient compt6 sans les Portugais. Ceux-ci 
les attaqu6rent, les vainquirent et les retinrent 
prisonniers. 

Eustache de le Fosse eut alors k servir les Lusi- 
taniens jusqu'a ce que ces braves Temmen^rent dans 
leur patrie ou ne pouvant aborder k Lisbonne que 
d6cimait une 6pid6mie pestilenti^lle, ils. prirent terre 
en 1480, k Tembouchure du fleuve Mira. 

Dans les Etats du roi D. Joao, deuzieme du nom, 
qui pr6tendait au monopole du commerce de la 
Guin6e, un marchand etranger saisit trafiquant dans 
rOuest africain encourait une condamnation k une 
peine tr6s s6vere. Aussi notre concitoien eut-il 6t6 
pendu ou 6trangl6 s'il n'avait eu la chance de s'6vader 
et de gagner p6destrement I'Estramadure espagnole oil 
il fut bien accueilli. Revenu dans les Pays-Bas, il 
regagna le Tournaisis et y v6cut d6sormais dans le 
commerce et les honneurs municipaui. A la fin de sa 
vie, rid6elui vint de r6diger la relation de ses aventures 
de terre et de mer durant les ann6es 1479, 80 et 81. 

Le manuscrit conserv6 a Valenciennes est une 
copie de ce travail faite vingt-cinq ans apr6s le d6c6s 
de I'auteur. 

Eustache de le Fosse se maria k Tournai en 1485, 
mais il n'y fit Tacquisition du droit de bourgeoisie que 
le 6 avril 1494 avant P&ques (1495 n. st.) en payant 



— 230 — 

20 sols tournois. Dans Tinscription de sa bourgeoisie, 
il est dit natif de Tournai et fils de feu Colart (i). II 
6tait alors Massart ou receveur-g6neral de ladite ville 
ayant 6t6 nommS k cette fonction pour un terme de 
quatre ans commenc6 le V octobre 1491 et finissant 
le 30 septembre 1495. On le trouve aussi dans les 
listes de la Magistrature tournaisienne, comme jur6 
en 1502j 3, 15, 16 et 17; comme 6wardeur en la 
paroisse de Saint-Jacques en mfime temps que maire 
des six 6lus en 1514 et 15, et comme ^chevin en 1514, 
21, 22et23. 

II testa k Tournai dans sa maison en la paroisse de 
Saint-Jacques, le 23 mars 1522 (23 n. st.) jour du 
Dimanche repus (2), et son testament, accompagn^ 
d'un codicile fait le 20 avril 1523, fut approuv6 le 
27 dudit mois, apr^s la mort du testateur arriv6e dans 
la nuit du 22 au 23 (3). Dans cet acte que re^ut Jehan 
Quieret, prfitre, lieutenant (4) de la paroisse de Saint- 
Jacques et notaire apostolique, Eustache d6clara vou- 
loir 6tre enterr6 dans le cimetiSre de ladite paroisse, 
vers le Palais ; il y d6signa pour ex6cuteurs de ses 
derni^res volont6s, Caron Merchier (5), marchand; 
Jennin de le Fosse, son fils, et Maistre Pierre le Lieure^ 
son gendre. Par mi ses I6gataires en dehors de ses six 
enfants, figure son cousin, le brugeois Franchois txin 
Heede (e). 

(1) Id.,- y5« Reg. de la loi, n° 145. lol. 11, recto. 

(2) Troisidme dimanche de CarSme. 

(3) La date da d^c^s d*Eustache de le Fosse, fut enregistr^e en marge 
du fol. 57, verso, du Carta lai re des rentes de 1468; & )a page 100 da 
Cartulaire des rentes de 1508 (Reg. no 2832), et dans les Comptes- 
g^n^raux. 

(4) Vicaire. 

(5) Lisez : Cocquiel diii le Merchier. C*^^ait le beau-frere da testateur. 

(6) Archives de la ville de Tournai. Testaments^ Paquet de 
Tannde 1522. 



— 231 — 

Eustache de le Fosse 6pousa en 1485, Nicaise Coc- 
QUiEL, dite le Merchiere, n6e vers 1469 (i), morte a 

, le , fiUe de Caron Cocquiel dit le Mer- 

chier et de Jehenne Carpentier dite du Bos (2). 

Un acte passS k lechevinage de Saint-Brice, le 
5 mai 1491, fait connaitre que feu Caron Cocquiel ^ dit 
le Merchier, et feue D*"* Jehenne Carpentier^ dite du 
Bos, sa femme, poss6d6rent les fiefs du Crocquet et du 
Maupret k Rumegnies (Rumillies4^-Tourpai) et qu'ils 
avaient eu sept enfants : 

A. Feue Catherine, d^cedee feramc do Jehan Bachelor dit Coul- 
tier; B. Nicaise (Caisotte ou Caisinc), femme d*Rustacho de le 
Fosse: C. Miquiel, Taisn^; D. Miquiei, le Josne; E. Jossequin 
(Josse); F. Colinet (Nicolas), et G. Caron (3). 

Jehan Bacheler, dit Coultier, par un acte pass6 k 
r^chevinage de la Cit6 de Toumai, le 4 mai 1491, 
c6da la septiSme partie du fief du Crocquet k Eustache 
de le Fosse (4) . 

Ce dernier laissa six enfants qui suivent : 

1^ Tassin ou Eustache qualifie Damp Eustasse, 



(1) Id., Cartulaire des rentes de 4493, t. I, pp. 36, 314 et 510. 

(2) Caron Cocquiel dit le Merchier, nd vers 1407-8, fut fils de Jehan 
Cocquiel dit le Merchier et de Catherine Henry; — Jehenne Carpentier 
dite du Bos, n^e rers 1433, dtait fille de Jehan Carpentier dit da Bos, 
marchand grossier (en gros), n6 vers 1403, et de Nicaise BSghin, son 
spouse, nde vers 1413. (Arch, db Tournai, Cartulaire des rentes dOes 
en 1468, fol. 5, verso.) Les armoiries des Cocquiel sent : coup4,enchef, 
de ffueules au lion peasant d^or, couronnS A Vantique du m^me, la 
queue fourch^; et en pointe, d^ argent d trots trifles de sinople ombr^ 
d*or. Set 1, Celles des Carpentikr dits du Bos sont : de gueules au 
lion d'or, 

(3) Archives de la villk db Tournai. Greffe de Saint-Brice, Cbir. 
deTannte 1491. 

(4) Id., Greffe de la Cit4, Chir. de Tannde 1491. 



— ^32 — 

religieux, dans le testament de son p^re, naquit 
vers 1486 (i). 

2° PiERCHON, qualifiS Frdre Pierre, religieux^ dans 
le testament paternel, naquit vers 1488 (2). 

3® Jennette, dite Sceur Jehenne, religieuse au Val- 
le-Duc (3), dans le testament paternel, naquit vers 
1490 (4). 

4^ Jennin ou Jehan DE LE FOSSE, qui suivra, V. 

5° N , femme de Maltre Pien^e le Lieurb ou lb 

LlEVRE (5). 

6° YsABELET OU IsABELLE, nomm6e dans le testament 
de son pere, naquit vers 1500 (e). 

V. Jennin, plus tard Honorable homme Jehan de le 
Fosse, ne vers 1493 (7), acheta le droit de bourgeoisie 
k Tournai en payant 5 livres 6 sols 4 deniers flandres, 
le 5 octobre 1532 (s), ce qui prouve son mariage ant6- 

(1) Id., Cartulaire des rentes de U9S, 1. 1, p. 317; t. II, folio 326, 
recto. 

(2) Id., ibid., t! I, pp. 387 et 570; t. II, fol. 326. 

(3) Ce monast^re fut dans le diocese de MaliDes. 

(4) Archives de la villb de Tournai. Cartulaire des rentes dues 
en U93,t. I, p. 570 ;t. II, fol. 326; Cartulaire des rentes dues en 4508 
ou Reg. S832, p. 391. 

(5) 11 y a lieu de croire que T^poase de M^ Pierre ut Li&vrb (qui 
peut etre un Pieler de Haze) ^tait pr^nomm^e Anne et qu'elle oonvola 
avec Jacques Wellbns dont feu M. Cu. Poplimont a fait un gendrede 
Jeban de le Fosse (fils d'Rustaqbe) et de Catherine de Gueny, son 
Spouse pr^tendue. Vojez la Belgique h^aldique^ in-8^, BruzelleB, 
G. Adrians, 1866, t. Ill, p. 550. 

(6) Arch, de la ville de Tournai. Cartulaire des rentes duss en 
4 SOS ou Reg. 2832, p. 396. Isabelle fut la femme de Jacques de Crater, 
dont les crayons g^n^alogiques de la famille Cocquiel ont fait une fiUe 
de Jean dr le Fosse- de Guerry (la Belgique hiraldique, t. Ill, 
p. 550.) 

(7) Arch, de la vili.b de Tournai. Cartulaire des rentes dues en 
4493, 1. 1, p. 570; t. II, fol. 326. 

(8) Id., 46' Registre de la loi, n© 146, fol. 26, recto. 



— 233 — 

near k cette date, II fut membre de la Magistrature de 
cette ville de Tann^e 1533 k Tannee 1537 (i). 

Son testament, fait k Tournai, dans la paroisse de 
S.- Jacques, pardevant M*'* Jehan du Haultbois, notaire 
apostolique et imperial, le 8 mai 1556, fut approuv6 le 
1 5 mars de la m6me ann6e selon le comput de cette ' 
6poque, mais le 15 mars 1557 selon le nouveau 
style (2). Dans cet acte, Jehan de le Fosse d^clara vou- 
loir dtre enterr6 prds de son p^re ; donna k son fils 
Anthoinb, un arri^re-fief nomm6 le HauUayi situ6 pr6s 
de la chapelle & Moullembais (3) et laissa a sa femme et 
k ses fiUes, deux censes prte de Courtrai, Tune situ6e 
sur la route vers Lille, Tautre sur la route vers Menin. 
Les ex^uteurs qu'il d6signa furent son fils,son gendre 
GiUes Jolly et sa femme Jacqueline Ridcm (4). 

C'est done par erreur que les rectifications k la 
g6n6alogie de la famille Cooquiel donn^es k la suite 
du tome III de la Belgique hiraldique qu'a publi6e 
M. Charles Poplimont, lui font 6pouser Catherine de 
GxJERRY qui fut peut-6tre la premiere femme de son 
petit- fils Jehan de le Fosse [ex-matre Dare) rest6e jus- 
qu'JL ce jour compldtement inconnue des g6n6alogistes. 

La vraie femme de Jehan de le Fosse [fils d'Eus- 
tache), 6pous6e avant octobre 1532, fut Jacqueline 
RiDON ou Rhidon, fille de Maitre Gossuin Ridon, 
notaire apostolique et imp6rial, et de Catherine du 
Breucq (5), fille de Jacques du Breucq et de Jehanne 
de Cordes dite du Quesne. 

(1) Id., ibid. 

(2) Id., Testaments, Paqaet de Tannde 1556. 

(3) Moulembais ou Molembais, dans le canton de Celles en Hainaut, 
pr^s Tournai. 

(4) Pierre de Ban/, dpoux de Catherine Ridon, sosur de Jacqueline 
est aussi nommd dans le testament de Jehaa de le Fosse. 

(5) Ce nom de du Breucq a 4td traneformd en le Breure. Voyez les 



— 234 — 

Jehan db le Fosse fait connaftre par son testament 
que sa femme lui avait apport6 en dot entre autres 
objets mobiliers ^ la table dhostel quj est sur le dres- 
« choir de notre chambre oil est la remembrance de 
»» Notre-Seigneur avecq les trois Maryes, le chandeler 
^ de queuvre a douze branches qui pend en ladicte 
" cbambre, les deux grands chemineaulx (i), les este* 
« nelles (2) , le fourcque (3) , avec une pieche de tapis- 
» serie brocqueterye (4) et le tableau du Bon Lazare. » 

Un acte pass6 k Tfechevinage de la Cit6 de Tournai, 
le 26 mars 1535 (36 n. st.), fait connaitre que Jehan 
de le Fosse etait Tun des tuteurs de Bon du Puich, fils 
de feu Maitre Jehan du Puich ou du Puis, licenci6-te- 
lois, premier conseiller pensionnaire de Tournai, etc., 
et de D*""® Agn^s des Farvacques, son 6pouse. Uautre 
tuteur 6tait Guillaume de Heule, 6cuyer, seigneur du 
VertrBos {k Bondues), 6poux de Marie du Puich, soeur 
germaine dudit Bon (5). 

Ces du Puich ^taient les descendants de Tassart du 
Puis ou du Puich, 6poux d'Angni^ de le Fosse ^ qu'on 
a rencontr6e ci-devant, au degr6 II, n° 6. 

Je n'ai pu trouver le blason complet des armoiries de 
la famille Ridon, dont r6cusson char g 6 de trois mer- 
leites mais ne portant pas de hachures indicatrices des 
i§maux, figure sous le nom de Bidou, k la page 163 du 



Monuments anciens du C^ de Saint-Genois, tome I, premiere partie, 
p. 1036, col. 1. J*ai T6p6i6 cette erreur aox pages 184 et 381 du tome 1 
des Notices g^n^alogiques toumaisiennes, 

(1) CheneU. 

(2) Pincettes. 

(3) Fourcbe destin^e k remuer les gros morceaux de bois qu*on 
bri^lait alors dans les graodes cbemin^es ouvertes. 

(4) Tapisserie broch^e. 

(5) Archives de la ville de Tournai. Chirographes de la CitS, 
liasse de 1535. 



— 235 — 

Manuscrit CCXXVI de la Biblioth^ue de Tournai 
dans la reproduction de I'dpitaphe de Jean-Baptiste 
Luyiens^ qu'on peut voir encore en nature, encastr6e 
dans le pavement du choeur de I'^glise de Saint-Quentin 
k Tournai, k droite de Tautel. Lorsqu'autrefois, igno- 
rant jouvenceau, je copiais cette ^pitaphe, j y lus pour 
le nom du huitidme ^cusson qui est le quatridme quar- 
tier de Tfepouse, le mot Ridov, parce que le premier 
jambage de la lettre finale n 6tant compl^tement effacS 
n'a laiss6 subsister qu* un v parfait (i). Quant aux livres 
que j'avais pu consulter sur ce nom, Tun (les Monu- 
ments anciens du Comte de Saint-Genois) le donne 
sous la forme Ridou, dans la seconde partie de son 
tome I, aux pages 1008, col. 1 et 1017, col. 2, sous 
les dates de 1661 et de 1766, bien qu'4 la table il y 
ait Ridon, et YAnnuaire de la Noblesse de Belgique 
pour 1866, k la page 223, 6crit Rido (2). 

Jehan de le Fosse et Jacqueline Ridon laiss^rent 
cinq enFants, qui sont tous nommes dans le testament 
paternel et qui suivent : 

r Anthonnb ou Antoine DE LE FOSSE, dit de la 
Fosse, qui suivra, VI, 

2° Dame Angnibz, religieuse en Tabbaye de Groe- 
ninghe-les-Courtrai . 



(1) Le C^ p. A. DU Chastkl dk la. Howardbrie-Nbu^irbuil. Epi- 
taphes et BUtsons^ p. 240. 

(2) Devant les contradictions de ceux qui farent mes premiers maltres, 
c'est avec plaisir que j'avoue mon erreur. Du reste, si j'en crois le des- 
sin du Manuscrit CCXXVI, Tartiste graveur de Tinscription aurait com- 
inis trois fautes : 1® En terivant Bellangier, 1& oil il faut B^rengiei'; 
2^ En mettant Tocu de B^rbngibk corome deuxieme quartier de T^poux 
alors qu*il en est le quatridme; 3^ En sculptant pour charge de cet 4cu, 
les ailes d'un oiseau ou d*un ange (un vol), alors qo^il doit porter un 
froatailavec ramures de renne, cerf du Nord, dont le nom vieuxfran9ai8 
est rangier. 



— 236 — 

S"* Catherine, marine en premieres noces, avant 
mai 1556, A Gilles Jolly (i), qui devint 6chevin de 
Saint-Brice et du BruiUe et acheta le droit de bour- 
geoisie k Tournai pour 8 livres flandres, le 12 juin 
1560 (2). Devenue veuve apr^s f6vrier 1572 (s), Cathe- 
rine de le Fosse convola k Saint- Jacques de Tournai, 
le 14 Janvier 1578, avec Honorable homme Jehan 
LocALiN (4), marchand di§tailleur de draps (5), bourgeois 
de Tournai, membre de la Magistrature toumaisienne 
de 1559 k 1577, seigneur de la Bilocherie {k Mour- 
court) et du Bus {k Templeuve-Dossemer), fils de 
Oilles Localin, natif de Helchin, et de Jehenne le Roy, 
sa seconde femme. Jehan Localin qui 6tait veuf avec 
un fils, de Barbe le Fevre (ou le Febvre dit Mallet), 
mourut a Tournai, dans la paroisse de Saint-Jacques, 
le 21 juillet 1579, et Cathernne de lb Fosse, ou de la 
Fosse, d6c6da dans la paroisse de Saint-Piat, dans la 
mdme ville, le ... mai 1589. EUe ne parait pas avoir 
laiss6 post6rit6. 

4** Marie. Elle 6pousa k Saint-Jacques de Tournai, 

(1) Testament de Jehan de le Fosse-Ridon fait le 8 mai 1556. — 
H. Vandbnbrobck, dans la Magistrature toumaisienne, page 134, 
confond les divers Gilles Jolt ou Jollt, en un seul. 

(2) Archives de la villr de Tournai. /7« Reg, de la hi ou Reg. 147, 
folio 33, recto. 

(3) Le 18 fivrier 1572 (1573 n. st.), par acte pass^ Al'dcheTinage de 
Saint-Brioe et du BruiUe, Gilles Jolly donoa au couvent des Cbarireux 
du Mont-Saint- A ndrieu & Chercq, cinq maisoDs avec jardins qu'il poss^- 
dait entre lee deux portes Moriel A Tournai. Cette donation fut acceptde 
par v^n^rable et discret seigneur Monsieur Jehan Careite, ^uyer, sei- 
gneur des Fontaines et chanoine de la cath^drale de Tournai; Dom 
Pierre Fierrin, prieur des Chartreux, et Dom Adrien Francart, leur 
procureur (Arch, de Tournai, Donations). 

(4) Localin : de gueules au chevron d* argent, accompagn4 de trois 
tStes et cols d'aigle d*or; an chefd*or. 

(5) Archives de la villr de Tournai, Chirographes de V^hetyinage 
de Saint-Brice, liasse de Tann^e 1551. 



— 237 — 

le 25 mai 15G2, Denis db Viscrb ou de Visscher (i), 
marchand-brasseur, bourgeois de Tournai par relief 
fait le 13mai 1563, fils d'Arnould de Viscre^marchand- 
brasseur, et de Jehenne de Pr6is. — Denis de Viscre, 
qui fut banni de Tournai pour h^r^sie en 1567 (2), avail 
pour quartiers : 

De Viscre, Hauvarlet, de Pr6'i8, de la Cbapelle (A la 
croix ancr6e). 

Les deux fiUes qu'il eut de Marie de le Fosse prirent 
alliances dans les families de PolUnchove et Cocquiel 
dit le Merchier.. 

5"" Jacqueline, marine a Tournai, dans T^glise de 
Saint- Jacques, le 9 juillet 1571, avec Ouillaume db 
Meulenaer. 

VI. Anthonne de lb Fosse ou Antoine de la Fosse 
{dit Pitt hem, selon les g^n^alogistes), seigneur de 
Robersart-sur-Selle (3), de Haultayt (4), etc., bourgeois 
de Tournai par achat fait pour 8 livres flandres, le 
13 juin 1559, fit partie de la Magistrature tournai- 
sienne en quality de jur6 et sous le nom de de la Fosse 



(1) DB Viscre : d* argent au chevron de gueuUs, accompagn^ en chef^ 
de deux merlettes de sable, affi^onUes, et^ en poinie, d*une ^toiled six 
du meme 

(2) A.-G. Chotin. Histoire de Tournai^ t. 2, p. 189, en note, ou 
Denis db Yisckb est nommd Visire. — Archives db T ovrs ai, Registre 
aux causes et sentences criminelles, commengant le IS mars 4566 et 
finissant le 45 juin 4569, folio 44. Ayant voulu connaltre le num^ro 
sous lequel ce registre 6tait cotd dans I'lnventaire xnanascrit des 
Archives de la ville de Tournai, nous n'avoDS pu le trouver. 11 s*agirait 
done ici d'un registre des Archives de TEtat, jadis a Tournai, aujourd'hui 
a Mons. 

(3) Robbrsart, sis k Douchy, les-Valenciennes, le long du petit 
cours d*eau nomm<i la Selle, ^(ait un fief avec Justice haute, moyenne 
et basse, tenu du Comte de Hainaut et d*0strevanc. 

(4) II y avait au Mont-Saint-Aubert un fief nommd Hautecq. 



— 238 — 

en 1559 et 1564 (i). II est qualifi6 Honorable homme 
et bourgeois, sans indication d'un degr6 de noblesse 
quelconque, dans un acte pass6 a I'^hevinage de 
Tournaile21 juillet 1565(2). 

ArUoine de la Fosse, qui vivait encore en 1594, fut 
mari6 avant 1558, avec Catherine Dare (a), fiUe de 
Jacques Dare^ bourgeois et magistrat de Tournai, etc. , 
et d*Agn6s le Lotichier, dite de Courcelles (l^s-Lens, 
Artois). 

Bien que les g6n6alogistes lui aient donn6 deux 
enfants, je ne puis, 6tant mieux inforip6, lui accorder 
qu'un fils et enfant unique nomm6 Jehan DE LA 
FOSSE, et qui suivra, VII. 

VII. Jehan de la Fosse, 6cuyer, seigneur de 
Robersart, Haultayt (4), etc., mort en 1599, fut 
mari6 deux fois. 

Je crois que sa premiere femme fut Catherine de 
GuERRY que les g6n6alogistes ont donn^e pour 6pouse 
k son al'eul Jehan de le Fosse-Ridon, Mais la seconde, 
6pous6e a Tournai en 1592, dans Tfiglise de Saint- 
Jacques, fut Jehenne Bernard (5), morte en ladite 
paroisse de Saint- Jacques, le 25 ffevrier 1648 (e), fille 
de Guillaume Bernard, 6cuyer, capitaine-gouverneur 



(1) ARCHiVRSDic Tournai. IT^^ Registre delaloi,ou uo 147, folios 33, 
recto; 6, verso , et 8, recto, 

(2) Idem. Chirographes de la Cit^, liasse de I'ann^e 1565. 

(3) Dark : de gueules au chevron de vair, accompagn^ de trots crois- 
sants d*or, 

(4) Dans un ancien crajon gdn^alogique, j*ai yu Anstaing pour le 
nom de ce fief. C est une erreur. 

(5) Bbknard : de gueules d Viip4e d*argent garnied'or, posie en pal, 
la pointe en has, et accost^c de deux dtoiles (parfois molettes) d'or. 

(6) Le testament de Jeanne Bernard fut approuv^ & Tournai, le 
28 fidvrier 1648. Archivbs db Tournai, Testaments^ Paquet de 1648. 



— 239 — 

de la ville de Damme, etc., et de Marie Wyts de 
Berenirode, sa seconde femme. 

Jehan de la Fosse, deuxieme du pr6nom , ser vit dans 
les arm6es du roi Philippe II d'Espagne, souverain du 
Tournaisis et comte de Hainaut et d'Ostrevant. De ses 
deux unions, il laissa quatre enfants savoir : 

Du premier lit : 

1"* Jean, 6cuyer, seigneur de Robersart-sur-Selle, 
etc., 6pousa Clavde Philippe (i) et mourut avant le 
23 octobre 1606, ayant eu pour unique enfant, une 
fiUe qui suit : 

A. Marie, morte jeune. 

Du second lit': 

2"* Marie, baptis6e k Tournai, dans Tfeglise de 
Saint- Jacques, le 8 avril 1593, fut tenue sur les fonts 
par son ^'eul patemel, Antoine de la Fosse, et par la 
cousine de sa mere, Marie Bernard. Elle mourut k 
Tournai, dans la paroisse de Sainte-Marie-Magdeleine, 
le 13 avril 1643, apr6s avoir 6pous6 dans la mSme villc 
par contrat du 13 mai 1623, et religieusement k Saint- 
Jacques, le 16 dudit mois, Pierre Dennetieres, ecuyer 
(depuis chevalier), seigneur de la Grugeonnerie [k Fro- 
melles, prds Lille), des Loges [k Callenelle, Hainaut), 
etc., membre de la Magistrature tournaisienne de 
1634 k 1639, second pr6v6t de Tournai d^s le 28 mai 
1639, mort en ladite paroisse de la Magdeleine, le 
30 aodt de la mSme annee, fils de Charles Dennetieres, 
ecuyer, seigneur du Doncq (a Estaimbourg), etc. , et de 
Guillemette du Boisde Geersfontaine. — Leurpost6- 
rit6 s'allia aux families de la Fosse- Rober sari ^ Hac- 

(1) Claude Philippk est nominee dans le testament de Marie Dark, 
grand'tante de son dpoux, acte approuvd A Tournai, le 4 mai 1620 
(Archivks dk Tournai. Testaments et donations, Faquet de i'ann^e 
1620). 



— 240 — 

ca9*t^ de SpienneSf d'Aubermont et Simon de Clairpuis^ 
durant les deux generations qu'elle eut du nom de 
Dennrtieres (l). 

3^ Philippe DE LA FOSSE, dit Piiihem, qui 
suivra, VIII. 

4'' FRANgoiSE, baptis^e & Tournai, dans Tdglise de 
Saint- Jacques, le 20 f6vrier 1598, fut tenue sur les 
fonts par son oncle patemel, Maximilien Bernard, 
6cujer, et par sa grand'tante paternelle, Agnds Dare, 
au nom de D*"® Frangoise de Wiest (Wyts), grand'- 
tante inaternelle(2). EUe mourut jeune et sans alliance. 

VIII. Philippe DE LA FossE, dit Pilthem, 6cuyer, 
seigneur de Robersart-sur-Selle, etc. , par relief op6r6 
en son nom par sa m6re le 23 octobre 1606, et par lui- 
mSme 6tant dg6 de plus de quinze ans, le 15 octobre 
1610, fut baptis6 k Saint-Jacques de Tournai, le 
28 juiUet 1595, et tenu sur les fonts par Georges de 
Maubus, 6cuyer. et par Agn6s Dare, sa grand'tante 
paternelle. II acheta le droit de bourgeoisie k Tournai, 
pour 12 livres flandres en 1633, etfutjur6 decette 
ville en 1633 et en 1638 (3). U mourut dans la derniere 
ann6e de sa inagistrature, le V^ avril 1639, en la 
paroisse de Saint- Jacques, dans I'^glise de laquelle il 

(1) De Talliance que la famille db Spiknnbs (nomm^ par erreur 
d'Espienncs) conti*acta avec les Dknnkti&kbs db Montpinchon (jadia 
du Doncq), naquit entre autres enfants, une iille qai dpoDM M. de 
Pape, seigDeur de Hallebast & Dickebasch-les-Ypres. C'est de oe 
manage que sont issus tous les van db Kbrcuovb d'Hallbbast ek leura 
descendants par les femnies (Annuaire de la Noblesse de Belgique 
pour 1858, p. 148, et pour 1864, p. 89). 

(2) Agn^s Darb dtait alors veuve de Gerard man Horstinck, dit de 
Horst, dcujer, et Frangoisc Wyts avait pour dpoux Everard Beerwouts, 
dcuyer. 

(3) Archives de Tournai. 18^ Registre de la hi, ou no 148, folios 22, 
recto et 24, verso. 



— 241 — 

avait 6pous6, le 23 juin 1629, Agn^s Bernard db 
Taintegnibs, damoiselle des deux fiefs de Laulnoit (a 
Lamain), morte dans la indme paroisse le 8 mars 
1665 (i), fille de Pierre Bernard, ^cuyer, seigneur de 
Taintegnies, des fiefs de Laulnoit (e), et de Magdeleine 
Hangouart, 

Philippe DB LA Fosse testa k Toumai, le4juin 1635, 
au moment d'aller rejoindre ravmSe du Cardinal- 
infant (3). Ses cinq enfants suivent : 

P Jeannb, baptisSe k Saint-Jacques de Toumai, le 
9 f6vrier 1630, fut tenue sur les fonts par Maximilien 
Bernard, 6cuyer, arri6re-cousin patemel et matemel, 
et par Jeanne Bernard, tante matemelle. 

2° Pierre-Antoine de la Fosse, ditPitthem.ecnjeT, 
seigneur de Robersart^sur-Selle par relief fait le 
11 d6cembre 1647, puis de Laulnoit apr^s le 8 mars 
1665, fut baptis6 k Saint- Jacques de Toumai, le 
18 mai 1631, 6tant tenu sur les fonts par son aieul 
matemel, le seigneur de Taintegnies, et par son a'leule 
paternelle, Jeanne Bernard. II fit enregistrer ses 
armoiries dans Y Armorial general de France en 
1697 (4), mourut k Tournai, dans la paroisse de Notre- 
Dame, le 26 f6vrier 1708, et fut inhum6 dans I'figlise 



(1) HovBRLANT DB Bauvblabrb. Essat chronologtque pour servir d 
VhisMre de Toumay, t. LX, p. 93. 

(2) Le fief de Taintegnies relevait de Rames, de meme que les deux 
fiefs de Laulnoit comprenant sept bonniers et sis & Lamain. 

(3) Don Fernando d^Auiriche-Espagne, fils cadet du roi Philippe III. 
n fut cardinal-archevSque de Tol^de et g^n^ralissime des troupes 
flamandes et espagnoles dans les Pajs-Bas. Nd en 1609, il mourut en 
1641. 

(4) d*Hoztbb. Armorial de Flandre^ efc, public par Borbl d*Hau- 
TBRiVK, p. 25, n^ 101. DB LA FossB pofta : d*argent A irois roses de 
gueules, boutonn^es d*or, S et i. Cimier : uneaigle issante de gueules, 
hecqude d*or. 

ANNALBS. III. 16 



— 242 — 

de Sainte-Marie-Magdeleine de la mSme ville, le sur- 
lendemain. II n'avait pas pris d'alliance. 

3° Magdeleine, baptis6e k Saint- Jacques de Tour- 
nai, le 8 juillet 1832, eut pour parrain, son oncle par 
alliance, Pierre Denneli6res de la Grugeonnerie, et 
pour marraine, son aieule maternelle, Magdeleine 
Angouart {sic). 

4"* BERNARDiNE;'tJaptis6e k Saint- Jacques de Tour- 
nai, le 27 ao^it 1633, fut tenue sur les fonts par son 
oncle maternel, Guillaume Bernard, 6cuyer, seigneur 
de Lannoy, bailli de Rumes, de Moulembaix et de 
Ghermegnies, etc., et par Agn^s Bernard, sa grand'- 
tante maternelle. EUe mourut k Tournai, dans la 
paroisse de la Magdeleine, le 3 octobre 1686, et y fut 
inhum^e dans I'^glise. Elle avait 6pous6 dans T^glise 
de SaintrJacques.de ladite ville, le 22 mars 1664, son 
cousin germain, Maximilien-Joseph DENNETifeRES (i), 
6cuyer, seigneur d'Aubermez [k Blicquy-16s-Ath), etc., 
baptis6 dans ladite 6glise de Saint- Jacques, le 18 octo- 
bre 1629, troisi6me fils du chevalier Pierre Dennetidres 
de la Grugeonnerie et de Marie de la Fosse, dite 
Pilihem^ qu'on a vue, ci-devant, degre VII, n° 2. Leur 
post6rit6 s'allia k la famille Simon de Clairpuis dans la 
personne de Charles Dbnnetieres d'Aubermez, cheva- 
lier d'honneur au Parlement de Flandre (2). Elle est 
6teinte. 



(1) Dbnnetieres de r.A Grugeonnerie bt d'Aubbkmez : d^argent dt 
trots icussons d*azur charges chacun d'une ^loile d*or d six rats; Tdca 
brisd d*uD croissant de gueules posi en abime^ comme marque de cadet. 

(2) Le 7f(dvrier 1755, Marie- Alexandrine Simony veare du chevalier 
(TEnnetiires dAubermeji, convola k Saint-Pierre de Douai, avec 
Paul de Castilion de Bayne^ chevalier de TOrdre royal et Militaire de 
Saint-Louis, ofScier fran^ais ret raitd (Archives db la villb db Douat. 
Rfgistres des Paroisses, Saint-Pierre, mariages). 



— 243 — 

5*" Philippb-L6on, 6cuyer, baptis6 k Saint- Jacques 
de Toumai, le 3 d6cembre 1636, mourut le 27 Janvier 
1659, et fut enterr6 daiis TSglise de Saint-Jean- 
Baptiste de la mdme ville. II avait eu pour parrain, son 
oncle maternel, Jean Bernard ^ prdtre, chanoine de la 
cath6drale de Toumai. 



— 244 — 



STANCE DU i2 MAI 1898. 



M. LE g6n6ral db Formanoir, Vice-President. 
M. Eugene Soil, Secretaire. 



Le proces- verbal de la s6ance d'avril est lu et adopts. 

M. le Secretaire d6pose les ouvrages regus pour la 
Soci6t6 depuis la derni^re r6union. 

1. Recueil des anciennes coutumes de la Belgique. — Cou- 
tumes de Fumes, tome iv. 

2. Memoires et publications de la Socicte dcs Sciences des 
arts et des lettres du Hainaut, 5® serie, tome 9. 

3. Memoires de la Societe academique du departement de 
rOise. Tome 16, 2« partie. 

4. Memoires de la Societe des Antiquaires de la Morinie. 
Tome 24. 

5. Bulletin, id. 1897, 2« et 3« fascicules. 

6. Memoires de la Societe dunkerquoise.... 29" vol. 1896. 
Bulletin, id. 1896, 2« fasc. et 1897, l^"" fasc. 

7. Bulletin de la Commission des monuments historiques du 
Pas-de-Calais, tome 2, 1*"® livr. 

8. Memoires de la Societe d'emulation de Roubaix, 3® serie, 
tome 3 et 4. 

9. Bulletin d'histoire ecclesiastique du diocese de Valence, 
15® annee, livraison supplementaire, 16® et 17® annees. 



'^^ 



— 245 — 

10. Annuaire-Bulletin de la Societe de Thistoire de France. 
Ann6e 1896. 

11. Analecta bollandiana. Tome 17, fasc. 1 et 2. 

12. Revue beige de numismatique, 1898, 1®' et 2® livr. 

13. La Gazette numismatique, 2® ann6e, n®» 3, 5, 6, 7. 

M. Lesneucq fait hommage de la monographie des 
communes d'Ogy et de Ghoy dont il est lauteur. 
Remerciments. 

On d^ide de faire imprimer cette ann6e 1|9 tome III 
des Annales qui comprendra les procds-verbaux des 
s6ances depuis le 8 octobre 1896 et les travaux qui y 
ont 6t6 lus. 

MM. de N6donchel, Houtart et Soil pr6sentent 
comme membre titulaire M. Constant Sonneville, 
architecte k Tournai. II sera vot6 sur cette presentation 
k la prochaine stance. 

MM. de la Grange et Soil sont d6sign6s pour repr6- 
senterlaSociet6 au Congrds arch6ologique de Bourges, 
organist par la Soci6t6 frangaise d'arcli6ologie. 

MM. Soil et Houtart sont design^s, en quality de 
d6l6gu6s au Congr^s de la Federation arch6ologique 
de Belgique k Enghien. 

M. de la Grange entretient TassembUe de Rogier de 
le Pasture dit Van der Weyden, et annonce qu il va 
presenter, k TAcad^mie d'arch6ologie de Belgique, un 
travail oii il etablit Torigine tournaisienne du grand 
peintre du 15* sidcle. 



— 246 



SEANCE DU 9 JUIN 1898. 



M, LB g6n6ral db FoRBfANOiR, Vtce-Prisideni , 
M. EuGENB Soil, Secretaire. 



Le proc^verbal de la stance de mai est lu et adopts. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a re^us 
pour la Soci6t6. 

1. Analectes pour servir k I'histoire ecclesiastique. 2" s6rie, 
tome 11, 1^ livr. 

2. Id. s6rie des Cartulaires, 3® fasc. 

3. Soci6te arch^ologique de Namur, rapport 1896. 

4. Id. Annales, t. 21, 3Miv. 

5. Societe beige de geographie. Bulletin. 1898, n° 1. 

6. Bulletin de la Societe vervietoise d'archeologie, 1®*" fasc. 

7. Inventaire archeologique de Gand. Fascicules 3 a 6. 

8. Bulletin de la Societe d'histoire et d'arch6ologie de Gand. 
6® annee, n^ 3. 

9. Annales, id. t. 3, l^^ fasc. 

10. Bulletin des Commissions royales d'art et d'archeologie. 
34« annee, n^ 5-10. 

11. Revue benedictine, 1898 n** 4. 

12. Bulletin de la Societe d'histoire et d'art du diocdse de 
Liege. Tome 10, 2® partie, tome 11. 



— 247 — 

13. Chronique de la Societe d'art et d'histoire, (Liege). 
N««l-6. 

14. Archives liegeoises. N<^ 1 a 4. 

15. Annales de la Societe d'emulation de Bruges : Jean Brito, 
prototjpographe brugeois. 

16. Annales de TAcademie d'archeologique de Belgique, 
4® serie, tome 10, 4« livraison, 5« serie, tome 1, 1"^ livr. 

17. Bulletin, 5® 86rie, tome 1. 

M. le Comte de N6donchel s'excuse de ne pouvoir 
assister k la r6union. 

M. le Biblioth^caire de la ville de Courtfai demande 
k acheter quelques volumes de nos publications dont il 
donne le detail. On decide de les lui c6der k raison de 
3 francs le volume. 

M. Sonneville est 61u, au scrutin secret, membre 
titulaire de la Soci6t6. 

M. Soil entretient I'assemblde, du don fait au mus6e 
de nappes et serviettes en toile damassSe repr6sentant 
la bataille de Fontenoy et le si^ge de Toumai. II d6crit 
ces pi^es et signale I'importance de la fabrication des 
toiles damass6es k Toumai. On decide I'impression de 
sa communication, avec une planche. 



TOILCS DAMASSISES 
REPReSENTANT lA BATAILLE DE FONTENOY. 

M. de Villers Grand'Champs vient de donner k la 
ville de Tournai, pour son Mus6e dantiquit6s, une 
nappe et dix setviettes en toile damassee dont les 



— 248 — 

dessins repr^sentent des scenes de la campagne de 1745 
et en particulier la bataille de Fontenoy et la prise de 
Toumai. 

La nappe mesore 2 m. 72 de longueur sur 2 m. 12 
de largeur. Les divers sujets qui y sont repr6sent6s, 
se repetent plusieurs fois, tantdt k Tendroit, tant6t 
k Ten vers, comme d'ordinaire dans les 6toffes tiss6es. 

Ce sont, en commenQant par le bas : 

P La ville d'Antoing, figur6e par un groupe d'habi- 
tations, entour^ d'arbres et de tentes de diverses 
formes. Au-dessous, le mot : ANTOIN. 

Le sujet mesure 60 centimetres de largeur, sur 
16 centimetres de hauteur. U est r6p6t6 trois dans le 
sens de la largeur de la nappe. 

2"* Groupe de cinq cavaliers. Deux sont coiffes de 
tricomes et trois de casques de dragon. L'un d'eux a le 
sabre lev6, un autre tient un drapeau parr^, avec une 
fleur de lys. 

Au dessous : B. DE FONTENOY. 

Ce sujet est r6p6te six fois dans le sens de la largeur 
de la nappe (3 fois A Tendroit et 3 fois k Tenvers). 11 
mesure 31 cent, de largeur et 22 cent, de hauteur. 

3** La ville de Tournai, entour6e de remparts, avec 
une porte au centre. Au dessus des remparts, pignons 
et toitures des habitations et, dominant le tout, trois 
tours ou clochers, celui du centre bas et large, ceux du 
c6tes plus 6lanc6s ; dessin de fantaisie qui ne repr6- 
sente pas, mais rappelle de loin la cath6drale. 

De chaque c6t6 de la ville, deux canons braqu^s sur 
elle, et le mot TOVRNAY. 

Sujet r6p6t6 trois fois; hauteur 22 cent, largeur 
60 centimetres. 

4° Le roi Louis XV, k cheval, t6te nue, r6p6e en 
main, dans I'attitude d'un cavalier qui charge. 





h rr 



— 249 — 

Au dessous : LOVIS XV ROY DE FRANCE ET 
DE NAVARRE. 

Sujet r6p6t6 6 fois (3 fois k Tendroit et 3 fois k 
I'envers) hauteur 22 cent, largeur 22 cent. 

5"^ Ecus aux armes du Roi de France et du Dauphin , 
de forme ronde, couronn6s; le premier entourS.du col- 
lier du Saint-Esprit et accosts de deux L couronn6s ; 
le deuxi^me dans un cartouche. Semis de fleurs de Ijs. 

Les ^cussons sont r6p6t6s 9 fois, dans le sens de la 
largeur etalternent entr'eux. Hauteur 21 centimetres. 

6"" La hataille de Fontenoj, comme plus haut. 

7^ La ville de Tournai. 

8^ Louis XV. 

9® Ecussons. 

10"* Bataille de Fontenoy. 

IP Ville de Tournai. 

Bordure. Un motif d6coratif peu caract6ris6, k 
Tangle, puis dans le sens de la hauteur, en commengant 
par le bas, et en remontant : un troph6e d'artnes — la 
representation et le nom de la ville d'ATH — troph6e 

— la representation et le nom de la ville de MEN IN 

— trophee — ATH — troph6e — MENIN — troph6e 
ATH. Motif decoratif, k Tangle. 

Dans le sens de la largeur : 

Troph6e de drapeaux — representation et nom de la 
ville d'IPER (Ypres) — double trophee de drapeaux — 
IPER — double troph6e — IPER — trophee. 

La largeur de la bordure est de 1 3 centimetres en 
haut et en bas, et de 10 centimetres sur les c6tes. 

Serviettes : 

En bas, le groupe de cavaliers, avec les mots 
B. DE. FONTENOY (repete deux fois); au-dessus la 
ville de Tournai, avec des canons braques sur elle 
TOVRNAY; plus haut le roi Louis XV a cheval 



— 250 — 

(r^p6t6 deux fois) LOVIS XV ROY DE FRANCE ET 
DE NAVARRE ; tout en haut I'fecu de France entre 
deux 6cus du Dauphin6. 

La bordure est semblable k cells de la nappe, avec 
les noms de villes MENIN. IPER. ATH. 

Les serviettes mesurent 1 m^tre sur 82 centimMres. 

Ges divers Episodes sont dessinfes, faut-il le dire, 
d'une maniere tr^s naive et tr^s rudimentaire ; c'est en 
vain qu'on y chercherait des details int^ressants sur les 
villes qui j sont repr^sent^s, les costumes, les armes 
et les accessoires de tons genres. 

Le dessin au trait que nous donnons d un fragment 
d'une de ces toiles dafnass6es, 6difiera vite le lecteur 
sur leur importance artistique ou documentaire. 

L'interfit qu'elles pr6sentent est ailleurs et'r6side 
surtout dans leur valeur au point de vue d'une indus- 
trie autrefois importante k Tournai et aujourd'hui bien 
oubli6e. 

Tournai a fabriqu6, en grande abondance,les toiles 
tiss6es. La grande Halle aux draps, (c*est-j^-dire aux 
toiles) et le vieux March6 k la toile (aujourd'hui Place 
de N^donchel) rappellent les temps prosp^res de cette 
industrie. 

Lecocq dans son Coup d'oeil sur la statisiique^ 
publi6 en 1817, donne son 6tat k une date oft, sans 
avoir disparu completement, elle 6tait d6jA en pleine 
d6cadence. II n'en reste plus rien aujourd'hui. 

La nappe et les serviettes donn6es par M. de Villers 
au musee ont-elles 6te fabriqu6es k Tournai, ou k Cour- 
trai, ville oii cette industrie, aujourd'hui florissante, 
existe depuis une 6poque reculee? 

Nul ne pourrait le dire, croyons-nous, les caracteres 
qui permettraient de distinguer les ouvrages de ces 



— 251 — 

deux fabriques n'ayant pas encore 6t6 d6termin6s. On 
pent d'ailleurs se demander s'il en est qui soient appr6- 
ciables et pourraient Stre fix6s avec certitude. 

U existe plusieurs services connus, reprSsentant la 
bataille de Fontenoy ; Tun d'eux appartient au prince 
de Ligne, d'autres k M. Lucien Parey, au D' Van den 
Corput, au Baron Joseph BMhune. 

D'autre part on conserve k Tpurnai des nappes 
d'autel et des services en toile dama8s6e datant d'6po- 
ques difif&rentes et reprteentant des sujets varies. L'un 
des plus anciens est la chasse k la licome, dont 
plusieurs vari6t6s sont connues, et ont 6tA d6crites 
par M. Cloquet, au tome XXII (p. 327) des Bulletins 
de la Soci6te historique et litt6raire de Toumai; un 
autre sujet traits de la mSme fagon est Tarbre de Jess6; 
de mSme encore des scenes de chasse, l^gendaires, 
avec la licome, ou profanes; des sujets tir6s de I'His- 
toire sainte (le sacrifice d'Abraham), etc.; presque 
toutes ces pieces datent du 16^ et du 17*" sidcles. Plus 
tat'd on rencontrera surtout du linge de table avec 
saint Georges, la I6gende de Genevieve de Brabant, etc. 

A d6faut de recherches sp^ciales dans nos archives, 
que le temps ne m'a pas permis de faire, les quelques 
passages ci-aprds, extraits de Y IntermMiaire des cher- 
cheurs et des curieitx, n"* du 30 avril 1893, page 455, 
montreront clairement que Toumai a fabriqu6 des 
toiles damass6es et que leur valeur 6tait grande, 6tant 
donn6e la reputation dont elles jouissaient : 

« Une lettre de M"® de Maintenon dat6e de 

» 1682 nous apprend que celle-ci voulut etablir dans 
1* ses terres une manufacture de linge de table ouvri 
» comme celui de Toumai et quelle d6baucha a cet 
» effet, 25 ouvriers des Flandres. D6j^ m6me au 



— 252 — 

" !&" sidcle, les tisserands de Malines, de Courtrai, 
»» de Valenciennes el de Tournai ouvrageaient leurs 
- toiles de compositions plus ou moins riches on com- 
'* pliqu6es qui rSclamaient Temploi de la tire et dans 
r> lesquelles certains personnages, certains faits histo- 
^ riquea dessinSs par des artistes 8p6ciaux, 6taient 
r repr6sent6s. 

9* Aussi voit-on figurer dans la plupart des 

r* inventaires des nobles lign^es de I'^poque, un nombre 
» plus ou moins considerable de nappes ou serviettes 
^ damass6es diversement illustr^es. 

y» C'est ainsi que Tinventaire de Marguerite d'Au- 
^ triche dress6 k Malines en 1524 fait mention d6j4 de 
" nappes damass6es ouvraiges de Toumay et entr*autres 
" d'une nappe damassie figurie de la passion au milieu^ 
^ et aussi du nom de Jhdsus 

f» Je poss^de dans mes collections une s^rie 

» speciale et probablement unique de 65 specimens 
y> d'anciennes nappes, napperons et serviettes damas- 

T s6es rappelant de grands faits historiques tels 

n que les balailles de Fontenoy de Ramilies, de Mal- 

« plaquet, les sieges de Lille, Termonde, Menin, 

« Tournai, Ostende, Courtrai le mariage d' Albert 

r et d'Isabelle Thistoire de la chaste Suzanne, celle 

»> d'Orphee et Eurydice,.. . etc. « (D*" Van den Corpdt.) 

Les notes qui pr6c6dent n'ont qu'un but : attirer 

Tattention des chercheurs sur une industrie artistique 

tournaisienne oubli^e et qui cependant a eu une r^elle 

importance ; faire un peu de lumi6re sur I'histoire de 

cette industrie et amener si possible, la d6couverte de 

quelques-uns de ses produits. 

Eugene Soil. 



— 253 



SfiANCE DU 10 NOVEMBRE 1898. 



M. LE q£n£ral de Formanoir, vice-pvisident, 
M. Eugene Soil, secretaire. 



Le proc^verbal de la stance de juin est lu et 
approuv6. 

M. le Secr6taire d6pose les ouvrages qu'il a regus 
pour la Soci^t^ depuis la derni^re reunion. 

1. Bulletin de rAcademie royale 68® annec, 3® serie, tome 35, 
n^ 2, 3, 4, G, idem, tome ':^(j, n«« 7 et 8. 

2. Compte-rendu des seances de la Commission royale d'his- 
toire, 5® serie, tome 8. Bulletin 1 A 5 On y trouvo, k la 
page 313 : Fr^ve Jean Avgcli^ episode des conflits entre le 
clerge s6culier et le clerge regulier k Tournai (1428-1483) par 
Fabbe Paul Demeuldre, bachelier en droit canon. 

3. Bulletin de TAcademie rojale de modecine, 4* serie, 
tome 12, no« 2 a 8. 

4. Idem. Memoires couronnes, tome 15, 2®et 3® fascicules. 

5. Bulletin des Commissions royales d'art et d*archeolagie, 
36® annee, n'>« 1 1 et 12 ; 37® annee n«« 1 et 2. 

6. Societe royale de geographic. Bulletin, 22® annee, n"** 2, 
3 et 4. 

7. Revue beige de Numismatique 1898, 3® et 4*^ livraison. 

8. Annales dela Societe d*archeologie de Bruxelles, tome 12, 
livraisons 2, 3 et 4. A la page 182. Plombs de marchandises 



— 254 — 

sous le regne de Charles VI, par M. Edouard Laloire. L'auteur 
cite deux plombs de Tournai, aux armes imperiales portant la 
marque : Comptoir de Tournai/^ et transit Toumay, 

9. Gazette Numismatique, 2* annee, n^^8, 9, 10 et 3* atinee, 
n« 1. 

10. Bulletin de la Soeiete d'histoire et d'archcologie de Gand, 
6® annee, n®'' 4, 5 et 6. 

11. Inventaire archeologique de Gand, fascicules vii et vni. 

12. Archives liegeoises, l'^ annee, n^ 5 k 10. 

13. Revue Benedictine 1898, no« 5 k 10. 

14. A.cademie d'archcologie. Bulletin, 5® serie, ii et m. 

15. Bulletin de la Soeiete vervietoise d'archcologie 1898, 
n«« 2 k A. 

Au d6but de la stance, M. le g6n6ral de Formanoir, 
vice-pr6sident, ayant pris la parole, s'exprime comme 
suit : 

«« Je suis certain de r6pondre k vos intentions en 
vous proposant de voter de chaleureuses felicitations a 
notre confrere et d6vou6 secretaire, M. Soil, pour le 
succes qua obtenu TExposition d'artancien, organis^e 
par ses soins k Tournai. 

» La r6ussite de cette entreprise, si difficile a mener 
k bonne fin, a d6pass6 toutes les pr6visions. 

» Ce qu'il lui a fallu de peines, de soins, d'6nergie, 
pour arriver k ce magnifique r6sultat est presque 
incroyable. Et d'abord il a dA s'enqu6rir les personnes 
de notre ville possedant des objets dignes de figurer 
k Texposition; puis, il a fallu se rendre chez elles, 
vaincre leurs hesitations, obtenir leur adhesion. 

» Ces premieres demarches couronnees de succes, il 
s'est agi d'approprier, de meubler, de decorer le local 
mis a la disposition du Comite ; de soUiciter de droite 



— 255 — 

et de gauche le pr6t d'armoires et de tables-vitrines, 
d'6tag6res, etc. 

» Ces pr6paratifs termin6s, il a fallu recevoir les 
objets, qui arrivaient en rangs serres car le temps 
pressait, les v6rifier, les classer, les 6tiqueter, les 
placer de mani^re k les faire valoir et k satisfaire les 
exposants, dans la limite du possible, et enfin 6tablir 
le catalogue qui devait 6tre imprim6 pour Touverture 
de Texposition, et qui le fut en effet, malgr6 les diffi- 
cult6s de toute nature que Tex^cution de ce travail 
rencontrait, provenant notamment de ce que des objets 
promis n'6taient pas arriv6s et que d'autres arrivaient 
tardivement : il en venait encore la veille de Touver- 
ture. Tant d'efforts ont 6t6 heureusement couronn6s de 
succ^ ; et ce succ^ n'aurait fait que grandir, si Ton 
n'avait pas 6t6 oblig6 de fermer Texposition au moment 
oik les 6trangers commengaient k venir la visiter, 
parce que les locaux qu'elle occupait devaient 6tre 
rendus a date fixe a leur destination d'Ecole moyenne. 

» Tout rhonneur en revient k noire actif secrfetaire ; 
mais un reflet de cet honneur rejaillit naturellement 
sur notre soci6t6, c'est pourquoi je vous propose de 
voter rinsertion au proc^s-verbal des felicitations que 
je lui adresse en votre nom. 

» Et comme il semble desirable qu*il reste dans nos 
Annales une trace durable de cette belle entreprise, 
je vous propose d'y ins6rer un compte-rendu sommaire 
de I'exposition, qui y serait tout k fait k sa place tant 
au point de vue artistique et arch6ologique en g6n6ral , 
qu'au point de vue de notre hisloire locale, puisqu*il 
consacrerait le souvenir de nos anciennes industries, 
naguSre si florissantes, aujourd'bui disparues : tapis, 
porcelaines, orfdvreries, etc., dont on a admire a 
TExposition de nombreux et splendides specimens. 



— 256 — 

y» Ce compte-rendu ne pourrait 6tre mieax fait que 
par Torganisateur de Texposition lui-mfime. » 

M. Soil, aprds avoir remercifi M. le President de 
ses paroles trop fiatteuses, declare se mettre k la dispo- 
sition de la Soci6t6, et accepte de r6diger pour les 
Annales, un compte-rendu de TExposition. 

L'assembl^e vote la confection de quatre planches, 
qu'elle choisit parmi des photographies qui lui sont 
soumises, pour accompagner ce compte-rendu. 

U est donn6 lecture de la correspondance : 

M. le comte de N6donchel, empSch6, s*excuse de ne 
pouvoir assister k la stance. 

M. Th. Leuridan offre k la Soci^te le manuscrit 
d'une Histotre de tavouerie et des avouis de Toumai. 
MM. du Chastel et Hocquet sont charges de faire 
rapport sur ce travail. 

M. Du Riez envoie une notice sur les de Lalaing. 
On decide son d6p6t aux archives. 

M. de la Grange offre k la Soci6t6 un exemplaire 
de sa Notice sur Roger de le Pasture^ peinire toumai- 
sien, qu'il a fait parattre dans les Annales de I'Aca- 
d6mie royale d'arch6logie. 

II donne ensuite lecture de Notes sur qtcelques cou- 
vents de femmes de Tournai. On en vote Timpression. 

Le mSme membre entretient ensuite Fassembl^e de 
la seconde partie de son travail sur les testaments 
tournaisiens, Merits depuis longtemps, mais qu'il n'a 
pas joints aux testaments 6dit^ en 1897 dans la 
crainte de donner de trop fortes dimensions k sa 
communication. 



^ 257 — 

L'accueil fait k ce travail par les 6rudits, et les 
comptes rendus 6logieux qu'en a faits le savant con- 
servateur des manuscrits de la Bibliothdque nationale, 
M. Leopold Delisle, lui font croire qu'il y aurait 
peut-dtre quelqu'utilit6 k publier la suite de son 
manuscrit, et il le met k cette fin k la disposition de 
la compagnie. On vote Timpression de ce travail 
dans les Annales. 

M. Soil d6pose de la part de M"* Fr6d6ric Godefroy 
une notice n6crologique sur son mari qui k diverses 
reprises est venu 6tudier dans notre d6p6t d' Archives 
et y a fait de nombreux emprunts pour son Diction- 
natre de tancienne langue frangaise. Remerclments. 

Le m6me membre signale, dans une courte notice, 
deux trouvailles d'antiquit6s romaines faites k Toumai 
cette ann6e ; Tune k la rue Saint-Piat, n° 1 1 (maison 
de M. Nys-Deffresnes), Tautre sur la Grand'Place, 
en face de I'^glise Saint-Quentin. 

A la suite de cette communication, plusieurs mem- 
bres discutent Timportance et la configuration de 
Toumai k r6poque romaine, et signalent rint6r6t que 
pr^senterait Tfitude complete de cette question. 

MM. Houtart, Descl6e et Soil pr6sentent comme 
membre titulaire le baron Armand del Fosse et 
d'Espierres, propri6taire k Toumai. 

II sera statu6 sur cette presentation k la prochaine 
r6union. 

M. Hocquet entretient TassemblSe d'un travail qu'il 
va publier sur I'origine des noms des rues de Toumai 
et cite quelques interpretations nouvelles que ses 
recherches dans nos Archives lui ont r6vel6es. Cette 
communication est 6cout6e avec beaucoup d'int6ret. 

ANNALBS. III. 17 



— 258 — 

ANTIQUrieS ROMAINES TROUVfiES A TOURNAl EN 1898. 

Au mois de juin 1898, en creusant une cave dans 
la cour de I'habitation de M. Nys-Deffresnes, rue 
Saint-Piat, n"* 11, les ouvriers ont trouv6 de nom- 
breux d6bris de poterie romaine. 

Le sol k Tendroit de cette cave, qui ne mesure qu'une 
vingtaine de metres carr^s, avait d6j& 6t6 remu6 dans 
certaines parties, tandis que dans d'autres, il 6tait 
encore vierge. Dans les parties d^]k fouill6es, on croit 
rencontrerla trace de plusieurs fours k poteries ; le bas 
est rempli d'une terre noirdtre, satur6e de morceaux 
de cendre de bois, et dans laquelle on rencontre de 
nombreux d6bris de poteries romaines de toutes formes 
et de toutes qualitfis, en terre noire pour la plupart, 
rouge, et rouge avec engobe blanche, associ6s a des 
d6bris de poteries du moyen Age, ces derniers peu 
nombreux. 

A la partie sup6rieure, la terre est rouge et en 
partie cuite. On ne rencontre aucune trace de cons- 
truction en briques ou en pierres. 

Dans la terre vierge on n'a trouv6 que deux cruches 
romaines, intactes. Elles sont en terre rouge, de 
forme sph6rique, assez 614gante, k col 6troit avec 
anse, et mesurant 19 centimetres de hauteur. On n'a 
pas retrouv6 d'ossements, ce qui permet de supposer 
qu'on se trouve plut6t en pr6sence d'anciens fours k 
poteries, de Tfipoque romaine, utilises peut-6tre encore, 
dans le haut moyen Age. 






Au mois de septembre de la mSme ann6e, en faisant 
les travaux pour I'installation d un cirque sur la 



— 259 — 

Orand 'Place » en face de T^glise Saint-Quentin et k 
quarante metres de distance (environ) de la facade de 
r^glise, et perpendiculairement k celle-ci, on a mis au 
jour de nouvelles sepultures faisant partie d'un cime- 
ti^re romain dont Texistence est connue depuis long- 
temps. Plusieurs vases en poterie romaine et en 
particulier une 6l6gante cruche en terre blanche de 
forme sphSrique, cerclSe de raies horizontales, k pied 
etroit, goulot 6troit avec anse, haute de 22 centimetres ; 
des monnaies en bronze fort oxid6es, enfin des ossements 
et des clous de cercueil, qui indiquent des sepultures 
k inhumation simple, ont et6 trouvSs. 



SEPULTURES ROMAINES A BRUYELLES-LEZ-ANTOING. 

Le 19 juillet 1897 et les jours qui suivirent, en 
agrandissant une carridre de pierres, de la societe 
Dumon et C'®, sise sur le territoire de Bruyelles, k 
rextr6mit6 touchant Calonne, (et la propriet6 de 
M. Soufflet-Leblond) k mi-hauteur entre I'Escaut et le 
moulin de Bruyelles eti 600 metres environ de I'Escaut, 
on a trouv6 plusieurs sepultures de Tepoque romaine. 

Ce sont des tombes k inhumation simple, comme le 
demontrent les ossements, les traces de cercueil et les 
clous decouverts. Les corps avaient les pieds toumes 
vers I'occident. On n'a pas relev6 la presence de 
poteries, mais quelques pieces de monnaie romaines, 
en argent et en bronze ont 6te recueillies. Ce sont des 
Gordien (237-244), Philippe Pere (244-249) et Valen- 
tinien (364-375) qui permettent de rapporter au 3® et 
au 4** siede Texistence des sepultures ; elles se trou- 
vaient k deux metres et demi (ou environ) de profon- 
deur, au-dessous du niveau naturel du sol. 






— 260 — 

Dans le voisinage de ces tombes, k quelques m^res 
de distance, on a relev6 les traces d'un four. II est 
rond, et mesure trois metres environ de diamdtre; le 
fond forme un carneau noirci par le feu, autour d'un 
massif^ qui occupe le centre du four, terming en pain 
de Sucre, comme un iarot de four k chauz. Ce four a 
une ouverture sur le devant; pas de votlte, mais un 
remblai de cailloaz, terre en partie cuite, mdlSe k du 
sable non cuit, avec une coul6e de chaux ou de pl&tre. 

On n'a pas trouv6, dans le voisinage, de briques 
ni de pierres taill^es. E. S. 



EXPOSITION DART ANCIEN A TOURNAI. 

V Exposition dCart ancien organis6e k Tournai au 
profit de YAssociation Congolaise et Africaine de la 
Croix rouge, d6cid6e et ex6cut6e en deux mois et demi, 
ouvrit ses portes le dimanche 1 1 Septembre 1898, en 
presence de M. le lieutenant Masui, d6l6gu6 par le 
gouvemement du Congo, entour6 des membres du 
ComitS organisateur, etfut visible jusqu'au dimanche 25 
du mSme mois, cbaque jour de 10 heures du matin a 
5 heures du soir. 

224 exposants apport^rent plus de 6.000 objets, 
classes et d6crits sous les 2543 num6ros d'un el^ant 
catalogue in- 18 de 196 pages (i). 

Les collections ont 6t6 disposSes dans les magni- 
fiqueslocaux dL^Ylnstiiut de Demoiselles , (6cole moyenne 
de TEtat, pour filles) k la Rue Royale, libres en ce 

(1) Le catalogue dditd par la Maison Vasseur-Delm^e, k 500 exem- 
plaires, fiit rapidement enlevd. Vendu, au d6but, 75 centimes, il atteignit 
au bout de peu de temps le prix de 1 franc et plus tard de 2 francs, et 
il n'en restait plus, les derniers jours. 



— 261 — 

moment, k cause des vacances. Elles occupaient, outre 
le vestibule (fentrie, la salle de ricriation longue de 
1 5 et large de 1 1 metres ; la salle de lecture grande 
de 8 metres sur 6 ; le pr6au, magnifique galerie longue 
de 50 metres et large de 7 mdtres ; et un long vestibule 
reliant entre elles ces diverses salles (i). 

Outre son but direct et imm6diat qui 6tait de recueil- 
lir des fonds au profit de I'oeuvre de la Croix rouge du 
Congo, but qui a 6t6largementatteintpuisqu'unesomme 
de plus de 2.000 francs a 6t6 vers^e dans la caisse 
de I'Association congolaise, I'exposition avait encore 
un but secondaire, non moins important que le pre- 
mier : contribuer k I'^ducation artistique de la masse 
du public, I'initier k la connaissance du beau, lui faire 
appr6cier la valeur d'oeuvres d'un haut m6rite et 
empdcher ainsi la destruction ou la perte souvent 
inconsciente de beaucoup de ces oeuvres; mettre en 
lumidre et exalter deyant une population parfois trop 
indifferente, Timportance et la haute valeur de.plu- 
sieurs industries artistiques toumaisiennes, autrefois 
florissantes, aujourd'hui hSlas, disparues. 

Le second but n'a pas dt6 moins atteint que le pre- 
mier, comme Tout prouve Taffluence des visiteurs qui 
ont parcouru les salles de Texposilion, et les compte- 
rendus Slogieux publi6a.par les journaux de la ville 
et du dehors. 



(1) La surveillance, aux heures d'ouverture dtait faite par des soldats 
de cATalerie et d*infanterie , oomme aux expositions similaires de 
Bruxelles ; et en outre, jour et nuit, par des agents de police et des veil- 
leurs, circulant sans oesse dans Ins salles et leurs abords, et dormant k 
tour de r6le dans les salles meme d'exposition. Des pompes k incendie 
dtaient installdes aux deux extr^mit^s des locaux, avec tons leurs acces- 
soires, pretes k manoeuvrer A la moindre aterte. 



— 262 — 

Ce double but de Texposition explique encore le 
plan selon lequel elle a 6t6 con^ue et la pensde qui a 
pr6sid6 au classement des objets exposes. 

\in premier groupe ^ compost exclusivement d'objets 
congolais, occupe tout le vestibule d*entr6e; les murs 
sont couverts de trophies d'armes, doutils, d*6toffes, 
dustensiles divers, petits meubles, instruments de 
musique, bijoux et parures, pr6t6s par I'Etat ind6- 
pendant du Congo et par divers tournaisiens ayant 
s6journ6 en Afrique ou y r6sidant encore, MM. Fi6vez, 
de Saint-Marc, Gorin, etc. 

II symbolise le but de I'ceuvre que soulignent les 
drapeaux du Congo et de la Croix rouge mSl6s aux 
drapeaux beiges qui entourent le buste du Roi. Deux 
jeunes Congolais, k la mine intelligente et 6veill6e, 
elev6s k Tfitablissement de Gsyseghem, Emile Kivoula 
et G6rard Boina-Hmdala distribuent aux visiteurs des 
brochures sur Tceuvre de la Croix rouge et par leurs 
allees et venues et leur pittoresque langage, ils animent 
rentr.6e de Texposition k laquelle ils donnent encore 
plus de couleur locale. 

Le second groupe comprend les objets anciens ; il 
forme Y exposition proprement dite et conform6ment au 
but poursuivi, le groupement est fait d une fagon pitto- 
resque et d6corative, de mani^re k frapper le visiteur 
et k lui causer une impression aimable et engageante 
qui enl^ve en quelque sorte son adhesion au culte du 
beau, aux productions de Tart ancien et rint6resse 
ainsi k la conservation des oeuvres de rantiquit6. 

Certes il eut 616 facile d'adopter un ordre purement 
scientifique et de classer avec une s6v6re et froide cor- 
rection les objets expos6s, mais on pouvait craindre 
qu'une methodetrop rigoureusetourn5.taud6triment du 
but de vulgarisation poursuivi. Les visiteurs ont subi 



— 263 — 

rimpression qu on s'6tait SflPorg^ de leur communiquer 
et ainsi Texposition d'art ancien a 6t6, suivant rinten- 
tion de ses promoteurs : une grande manifestation 
artistique, au service d'une entreprise 6minemment 
noble et g6n6reuse. 



La premiere section, peintures, dessins et gravures 
compte 251 num6ros (1 k 228 et 2401 k 2423); les 
peintures sont ezpos6es dans une grande salle carr6e 
dont rSclairage est excellent. 

Tout d'abord, en entrant, on admire un tr^s beau 
tableau gotbique, repr6sentant le Portement de la 
Croix (27), oeuvre incontestable d'un grand artiste, 
appartenant au comte du Mortier; 18 toiles de la 
m6me 6poque competent Tenvoi de ce collectionneur 
d'6lite, ceuvres tres int^ressantes, parmi lesquelles on 
remarque un charmant petit tableau (femme lisant) 
(32) et une Vierge allaitant Tenfant J6sus, avec un 
fond de pajsage rSvSlant un maitre. 

Trois petits panneaux gothiques et deux 6normes 
volets de triptique repr^sentant des d6funts et leurs 
enfants (25), ont 6t6 envoy6s par Tfiglise Saint-Piat. 
Deux superbes toiles appartenant au comte de N6don- 
chel attirent de suite Tattention du visiteur ; c'est le 
portrait de la duchesse de Choiseul, endormie ou 
rdveuse, prds de sa toilette, oeuvre de Drouais (74), 
et le portrait du marquis de Choiseul par Largillere, 
(non catalogue) deux peintres dont les oeuvres sont 
tr6s recherch6es de nos jours. Deux grands portraits 
de r^cole hollandaise (59 et 60), un tableau repr6sen- 
tant trois membres de la famille Miroult (58) et un 
Crucifiement, attribu6 k Pourbus (61), sont exposes 
par M. H. Mayer, descendant dun artiste dont le 



— 264 — 

nom reviendra souvent sous notre plume dans la des- 
cription des porcelaines de Tournai qui figurent k 
TExposition. Portrait de Marie-Th6r6se en costume 
de veuve (143), attribu6 d Sauvage, expos6 par la 
douairi^re de Lossy de Froyennes ; un portrait de reli- 
gieuse du convent des Campeaux (52), qui pourrait 
bien 6tre de Van Oost (M.J. Wacquez) ; des panneaux 
d6coratifs de rh6tel de M. L. Duquesne, oeuvre de 
Plateau ; enfin une s6rie de portraits : Guillaume de 
Melun, prince d*Epinoy (147), rabb6 Roussel, doyen 
de Roubaix, Dom Cloquette, abb6 de Villers, etc., etc. 

Le second panneau renferme des chefs d'oeuvre; 
deux portraits : Nicolas d'Aubermont et Jeanne de 
Gavre (11 et 12), par Holbein (1543), une superbe 
marine de Teniers (16), un portrait d'Infante par 
Velasquez (13), un portrait de Philippe IV enfant, par 
Pantoja de la Cruz (14), les Filles de Loth, par Floris 
(15), et plusieurs portraits de gentilshorames tournai- 
siens, exposes par le g6n6ral de Formanoir de la Caze- 
rie; une Adoration des Mages, de Van Orley (135), 
remarquable par la perfection avec laquelle sont trai- 
t6es les orf&vreries et les 6toffes, et des. tableaux gothi- 
ques, appartenant au comte de Robiano; quatre 
Pourbus, un triptique gothique, tr^s int6ressant, un 
Baptfime du Christ, de Tficole de Patinier, un portrait 
de Mgr Him, exposes par le S6minaire; trois por- 
traits d'6v6ques de Tournai, exposes par TEvdchd (84 
k 86), et parmi les petites toiles, la Mare aux Cou- 
leuvres, de Diaz (20), envoy6e par M. Gorin-Dubar 
s^vec trois autres bons tableaux modernes. 

Imm6diatement contre ce panneau et tout pr^s de 
la porte, se trouvent group6es des oeuvres trds varices 
de Piat Sauvage, peintre tournaisien, qui fut directeur 
de notre Acad6mie, apr^s avoir longtemps v6cu en 



— 265 — 

France, ou il fut peintre du roi Louis XVI et charg6 
h ce litre de la decoration de plusieurs ch&teaux 
royaux. Son portrait par lui-meme s'y trouve deuxfois, 
(expos6 par M. AUard et M°*^ Yseux) (5 et 68); TAs- 
somption de la Vierge (128), grisaille (1773), des bas- 
reliefe ton bronze, et quelques tableaux en couleurs, 
portraits, rondes d'amours, TEnfant J6sus dormant sur 
la croix (pr6t6s par M"*' Goblet, M"* Yseux, MM. Vas- 
seur, Allard et Carbonnelle-Th6ry), font connaltre le 
talent du peintre sous ses differents aspects. 

Le vestibule renferme encore deux grandes grisailles 
expos6es par la Cath6drale, et les vitrines, de nom- 
breuses miniatures, oeuvres du mSme mattre. 

Mais avant de quitter ce panneau, signalons encore 
un pastel de de Latour : Marie-Claire du Sart, marquise 
duChasteler (53), pr6t6 par le baron du Sart de Bou- 
land; deux tableaux de Garmejn, sujets champdtres, 
la Visite i la Ferme, de Teniers, et une t6te de jeune 
fiUe, de Greuse, exposes par M. L6on Motte, de 
Roubaix. 

Le troisi^me panneau contient deux portraits par 
Van Dyck, dont Tun, une t6te de femme (76), est 
particuli^rement remarquable ; le portrait du cardinal 
de Rohan (73), par Rigaud, et celui de la marquise 
de Choiseul, en Diane chasseresse (72), propri6t6 du 
comte de N6donchel; une Crucifixion, esquisse de 
Rubens, et un grand tableau (rEnfant J6sus et Saint- 
Jean) de la m6me 6cole (139 et 136), au comte de 
Robiano; le portrait de Gaspard de PoUinchove, troi- 
si^me du nom, en costume de pr6sident au Parlement 
de Flandre (3), k M. Sti6non du Pr6; un beau por- 
trait de la comtesse de Soissons (43), au baron 
A. d'Espierres; deux scenes de bataille, par Wouver- 
mans (54), A M. J. Peeters, et plusieurs excellentes 



— 266 — 

natures mortes, dont la meilleure (93) est d*Albert 
Cuyp (appartenant & M. G. Vienne). 

Le quatri^me panneau est occupy au centre par 
deux yastes volets de triptique de T^cole de Rubens 
appartenant k la cathMrale, et deux portraits de types 
bien diffdrents (exposes par M. V. Carbonnelle) ; Tun 
d'eux, appartenant k I'^cole fran^se^ et qui repr6" 
sente une dame en costume du si^e dernier (2), 
poss^e une r6elle valeur. Trds bonne aussi est une 
gristle repr^sentant la Vierge» d'aprds un bas-relief 
de Delia Robbia (48), k M. Casterman. Un beau trip- 
tique de r^poque gothique reprSsentant la Descente de 
Croix, le Crucifiement et la mise au tombeau (103) ; 
un panneau repr^sentant I'Adoration des bergers (104), 
sont exposes par M. A. Crombez. D autres toiles m6ri- 
teraient une description que le court espace dont nous 
disposons ne permet pas de leur accorder. Signalons, 
au point de vue arch^ologique seulement, une vue 
int6rieure de la Cath6drale, qui la repr6sente telle 
qu'elle 6tait vers 1830, avant sa restauration. 

Les gravures se trouvent dans la petite salle voisine 
de celle des tableaux. On en remarque quelques bonnes 
s6ries, colori6es, telle ITiistoire de Paul et Virginie 
(207 k 210), 4 la douairiere de Lossy, la Noce villa- 
geoise (191 A 194), a M. A. Soil; trois bonnes gravures 
d'apr^s Sauvage, k M. Allard; d'autres parmi les- 
quelles il faut citer la Galerie de bois, au Palais- Royal, 
k M. Janssens (186), et des portraits de presidents au 
Parlement de Tournai, exposes par MM. Allard et 
Soil; grande gravure imprim6e sur soie, oeuvre de 
Schmuxer d'apr^s Plate montagne (th^se soutenue devant 
Tuniversite de Vienne par Lamertyn et dedi6e k son 
protecteur le comte de Cuvelier, surintendant et direc- 



— 267 — 

teur g6n6ral de Tournai et du Tournaisis) ; expos6e par le 
g6n6ral de Formanoir (2416). Parmi les dessins, il en 
est un qui attire Tattention, c'est une s6pia rehaussSe 
de blanc, par Sauvage (219), appartenant k M. Ch. 
Vasseur; & noter aussi des aquarelles de B. Pollet 
repr^sentant les demidres maisons en bois de Tournai 
(213); des dessins de Philippe de Hurges, vues de 
Tournai, ex6cut6es en 1645, appartenant au comte du 
Mortier, et un portrait de Donat Casterman (45), par 
Ladam, peintre toumaisien du IS"" si^cle, expos6 par 
MM. Casterman; collection de gravures de choix 
expos^e par M"""" A. Le Tellier, et enfin une s6rie de 
32 dessins k la plume, par Lecreux (211), ex6cut6s pour 
la manufacture de Peterinck, qui les a reproduits en 
porcelaine et en biscuit, dont on pent voir quelques- 
uns dans les vitrines de la grande galerie. Ces dessins 
sont la propri6t6 de M. Louis Delwart. 

* * 

La m6me salle renferme une par tie des objets de la 
seconde section : tapisseries et 6toffes, qui se subdivise 
en : tapisseries et tapis, dentelles, broderies, dven tails, 
vStements sacerdotaux, toiles damass6es. 

Ce sont d'abord, dans une grande vitrine, des orne- 
ments d'^glises prSt^s par la cathSdrale, et plusieurs 
6glises de Tournai. Un superbe ornement blanc dont 
les broderies retracent les scenes de la vie de Saint- 
Pierre (374), k r^glise Saint-Brice, se distingue 
entre tons. 

Dans une autre vitrine en face, les magnifiques den- 
telles expos6es par M"* Daimeries, guipures de Flandre, 
de Lille, de Bruxelles (295 k 301) ; des bas d'aube en 
guipure de Flandre k F^glise Saint-Jacques (293 et 
294) et k r^glise de la Madeleine (290 k 292) ; une 



— 268 — 

collection d'6chantillons de dentelles. et de lacis (2430) 
k M. Puissant; un grand couvre lit du 16* si^e, com- 
post de 21 carr6s de lacis, repr6sentant des scenes de 
l*Histoire Sainte, alternant avec des bandes de toile 
(2429). 

La sdrie des dentelles se continue dans le vestibule 
oijL elles occupent plusieurs vitrines. Outre celles de la 
Cath6drale (265 k 288), curieuses k plusieurs titres et 
particuli^rement bien dispos6es pour dtre examindes, | 
on en voit encore de beaux specimens appartenant k 
la baronne d'Espierres, M""®^ de Villers-Grandchamps, 
Douterlungne et Peeters, la baronne J. Houtart, etc. 
Deux vitrines renferment des broderies, une 86rie de 
bourses et des aumdni^res dont une remonte au 
13® siScle et dont une autre porte les armes du roi 
Louis XIV, expos^es par le comte Lair, avec de tr6s 
int6ressants morceaux du 15* et du 16* si^cle; des 
tapisseries k Taiguille pour 6crans , pr6t6es par 
^mes Duquesne, d'Espierres et Delobel, et un magni- 
fique fauteuil avec la sc^ne du jugement de PAris; des 
broderies d'un travail tr6s d6licat, k sujets religieux 
et profanes, propri6t6 de M"™*" de Baillencourt et 
Delacre; des broderies k deux faces, 4 MM. Hocquez, 
Fauquenoy, Gorin, etc. 

Mais les pieces les plus importantes de cette s6rie 
sont expos6es dans la grande galerie : nous voulons 
parler des quatre superbes antipannes ou devants 
d'autel du 17^ si^cle (313 k 316), d'une finesse et d'un 
6clat sans pareil, propri6t6 de r6glise Saint-Brice, de 
celui de Tfiglise Saint-Piat (312) et des deux tapis k 
I'aiguille, ex6cut6s Tun en 1628 (323), I'aulre en 1689 
(335), orn6s de personnages multiples, dans des enca- 
drements d'un caract^re tr6s archaique, exposes par 
M"® de Villers-Grandchamqs et par M. Hennebicq. 



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— 269 — 

Ceci nous conduit dans la grande galerie, oi^ sont 
expos^es deux des s6ries de la 2"" section, les tapis- 
series et les 6ventails. 

* 

* * 

Mais avant d'examiner en detail les objets exposes, 
il convient de donner un coup d'ceil d'ensemble 4 la 
salle elle-m6me. C'est la grande galerie ou priau con- 
vert, longue de 50 metres et large de 7 metres. 

A droite et k gauche s*6tendent, en une longue suite, 
les vitrines intercal6es de meubles de tons styles, 
surmont6es de vases et de groupes, et encadrSes de 
tapisseries aux tons doux et harmonieux ou de brode- 
ries riches et brillantes. L'6clat des bronzes dor^s et 
des faiences s'allie aux colorations chaudes et discretes 
des bois sculpt6s et k travers les vitrines 6tincellent 
les porcelaines, les orftvreries et la vaisselle d'argent 
qu*un brillant soleil a fait resplendir pendant toute 
la dur6e de I'Exposition ; puis, occupant le centre de 
la galerie, des vitrines plates rthfermant les bijoux, 
les miniatures, les manuscrits,'les 6maux, et deux 
grands groupes de meubles anciens, oinbrages de dra- 
peaux de corporations ou de soci6t$s et compos6s le 
premier de statues et de groupes en marbre blanc et 
en terre cuite; le second de I'admirable statue en 
argent de N.-D. d'Alsemberg, entour6e d'ouvrages en 
laiton, chefs-d'oeuvre de la dinanderie tournaisienne, 
puis deux salons de stjle empire et tout au fond la 
splendide tapisserie de Tournai, du 15® siMe, pr6t6e 
par M. Somz6e et qui retrace Thistoire de Judith et 
d'Holopherne. 

Le visiteur s'arrfite un instant, 6bloui par r6clat 
de toutes ces splendeurs, puis, prenant A droite ou k 
gauche, il commence Fexamen detaill6 des collections 



— 270 — 

renferm6es dans les vitrines placees le long des murs. 

Un ordre absolu et un classement parfaitement 
m^thodique n'ont pas 6t6 adopt6s, nous Tavons dit, 
dans Tarrangement des meubles et des vitrines, de 
telle facon que tons les meubles renfermant des por- 
celaines de Tournai, par exemple, ne se suivent pas, 
mais sont r^partis au contraire de c6t6 et d*autre, dans 
la salle. On a sacrifi6 un peu de la rigueur des prin- 
cipes au d6sir de plaire aux jeux ; mais cela n'est pas 
un obstacle k r6tude des diverses branches des arts 
d6coratifs, les specimens de chacune d*elles etant grou- 
p6s dans un mSme meuble. 

Ceci dit, commengons notre visite par la droite, en 
entrant, et suivons, k peu pr^s au moins, Tordre des 
meubles-vitrines. Sur un premier meuble se trouvent 
une pendule et deux cand6labres toormes, en bronze 
(1212-1213), de r6poque empire (Orph6e), appartenant 
i M. H. Dubiez. L'autre pendule (1272), qui lui fait 
pendant, k gauche de I'entr^e, est surmontSe de la 
figure d'Annibal et porte le nom de Lefebvre-Caters 
et fils, le grand fabricant de bronzes et orfevre qui 
vivait k Tournai k la fin du 18® siecle et au commen- 
cement du 19®. Son nom reviendra bien souvent sous 
notre plume k propos des oeuvres multiples dues k cet 
artiste d'6lite, qui sont un des plus grands at traits 
de Texposition. 

Le premier grand meuble est en chfine et date de 
r^poque de Louis XIV : il renferme une partie de la 
collection de porcelaines de Tournai de M. C. Debue; 
l'autre partie de sa collection 6tant class6e dans un 
second meuble vitr6 de style Louis XV plac6 de l'autre 
c6t6 de la salle. Quelques specimens de fabriques 
etrangeres, voire mfime quelques faiences, sont mal- 
heureusement m6l6s aux porcelaines de Tournai, ce 



— 271 — 

qui ne laisse pas de d6router un peu ceux qui ne con- 
naissent qu'imparfaitement les types de not re fabrication . 

Une grande armoire-vitrine renferme de tr^s jolis 
specimens de porcelaines orientales et europ6ennes, 
riches de d6cor, chaudes de tons, trds varices. EUc 
est surmont^e de trois beaux groupes en bois scupt6, 
propri6t6 de MM. le comte de N6donchel, Duquesne 
et Lehon, et de deux belles croix gothiques en bronze, 
au comte de N6donchel. Plus haut, et garnissant le 
mur sup^rieur de la galerie sur toute son 6tendue, des 
tapisseries de diverses ^poques et de diverses fabriqiies 
dont nous parlerons plus loin. 

Deux meubles bas, renfermant une partie de 
Tancienne collection Coenegracht-Dapsens, de Maes- 
tricht, appar tenant k M"*® veuve Doignon. Ce sont des 
porcelaines du Japon, d6cor bleu, sou vent mont6es 
en argent, et dont les HoUandais sont tr^s amateurs 
et des porcelaines diverses de couleur. Les vitrines 
sont surmont6es, la premiere d'une s6rie de vases en 
Delft bleu, la seconde, d une garniture de cinq vases 
en chine-capucine, mont6s en bronze, appartenant a 
M. Bossut. Entre les deux vitrines, belle pendule a 
galne, de style Louis XVI, k U""' TSas. 

Une grande armoire vitr6e renferme des argenteries ; 
nous en parlerons plus loin; elle est surmont6e de 
pieces de haute valeur : un christ en ivoire de tres 
grandes dimensions, attribu6 k Duquesnoy (M. le 
D"" Moreau) ; une grande statue de vierge, majolique 
italienne de Tatelier d'un Delia Robbia de Florence 
(comte de N6donchel); la grande croix en argent et 
cuivre dor6 de I'^glise d'Antoing, oeuvre des plus 
remarquable de Torf^vrerie toumaisienne du milieu du 
18* si6cle; une jolie vierge en bois du style Louis XV, 
k M™® AUard, et un calvaire, a T^glise de Froyennes. 



— 272 — 

Vient ensuite un groupe de meubles anciens : au 
centre une pendule k galne, 6bdne et bronzes ciselte, 
de style r6gence, k M"® la baronne Lefebvre; un 
scriban k tiroirs, en 6bSne garni de cuivre, travail 
espagnol du !&" si^cle, (M. L. Duquesne), surmont6 
d*une pendule 6caille et cuivre, de genre Boule, 6poque 
Louis XIV, k r6v6ch6 de Toumai, de deux bras- 
reliquaires en argent, du 17® si^cle, k T^glise Saint- 
Jacques, et de deux drageoirs, en forme de cheval, 
Tun au comte de N^donchel, I'autre d. M. H . Casterman ; 
bureau k tambour, en marqueterie de bois, avec garni- 
tures de cuivre, 4 M. H. Crombez; il supporte le 
beau groupe, en biscuit de Toumai, de la Descente 
de croix, par Lecreicx, pr6t6 par M"* Daubresse; 
une tr^ curieuse pendule de Raingo, en forme de lyre, 
bronze vert et bronze dor6, jt M. H. Crombez, et une 
autre pendule, de travail fran^ais, 6poque Louis XVI, 
avec figure all6gorique de la douleur, kM. L. du Bus 
de Wamaffe. Buste en argent de Saint- Quentin 
(17® si^cle) k I'feglise de P6ruwelz. 

L'armoire suivaiite, grande vitrine de trois metres 
de large, renferme des Porcelaines de Toumai. Cette 
s6rie devait, naturellement, 6tre une des plus impor- 
tantes de Tezposition. Nous en parlerons plus loin 
en d6tail. 

Deux jolies paires de chenets en bronze dor6 et une 
tr^s belle pendule rocaille sur socle suspendu (1341), 
4 M. R. DesclSe, surmontent cette vitrine. 

Un nouveau groupe de meubles de style rocaille, 
en bois pr6cieux, richement d6cor6s de cuivres cisel6s, 
nous arrSte. 

C'est, au centre, une chaise k porteurs (1005) trans- 
form6e en vitrine, (M. L. Duquesne), renfermant des 
ivoires. Commode sur pieds (1105), et autre commode 



— 273 — 

a tiroirs (1023), d'un galbe tr^s 6l6gant, a MM. Cas- 
terman et baron d'Espierres; grand bas-relief en 
alb&tre du 16® si^cle, au comte de Robiano, et cru- 
cifix en i voire (1041), oeuvre remarquable, attribuee 
a rScole de Bologne, et qui semblerait plutot 6tre de 
Duquesnoy, avec cadre en bois sculpt6 et dor6, de 
style florentin, au prince Ch. de Croy. Sur les com- 
modes on a d6pos6 deux 6crins contenant de merveil- 
leux services en porcelaine de Tournai. 

La vitrine suivante, k deux corps, qui occupe le 
centre du panneau, est remplie d'argenteries, et en 
particulier d'argenteries de table, depuis Louis XIV 
jusqu'^ Tempire, qui, presque toutes, sont de fabrica- 
tion tournaisienne. Avec les porcelaines de Tournai 
dont nous avons d6ja parl6, et les bronzes dont nous 
parlerons plus loin, elles constituent les s6ries les plus 
int6ressantes et les plus riches de Texposition. Nous 
les d6crirons plus bas en detail . 

L'oeil encore 6bloui par r6clat de cette orf^vrerie se 
pose avec complaisance sur les beaux meubles qui 
avoisinent la grande vitrine des argenteries de table : 
scriban en 6caille et pendule (961 et 964) en marque- 
terie, genre hoUandais, a M. van de Kerchove d'Halle- 
bast ; cabinet en laque de Coromandel(959), ^M. le pre- 
sident AUard, et plusieurs crucifix en 6caille ou ebene, 
garnis d'argent ou dlvoirc. 

L'armoire suivante nous met de nouveau en presence 
des chefs-d'oeuvre de la manufacture de porcelaines de 
Tournai : les groupes et les statuettes, oeuvres de 
Lecreux, pour la plupart, genre danslequel il a excelle. 

Entre les deux armoires aux porcelaines, groupe de 
meubles appartenant a M°*® Delobel : chifFonnidre et 
deux scribans (990 k 992); ils sont surmontes d'un 

AVMAIMB. III. 18 



— 274 — 

beau crucifix en buis (1024), dans un cadre dor6, 
6poqae Louis XIV, ajant appartenu h, Bartb6lemy 
du Mortier ; trois pendules curieuses ont 616 plac6es 
sur les meubles : la premiere, qui repr6sente un char 
attel6 de deux cbevaux (1 143), est en bronze dor6, de la 
fabriquedeLefebvre-Caters, etappartient k M°** Goblet; 
la seconde, en bronze et 6caille verte, a la forme d*un 
6l6phant (1121), elle appartient au Chapitre de la 
cath6drale; la troisi6me, 6caille et cuivre, genre 
Boule, 6poque Louis XIV (1342), a 6t6 pr6t6e par le 
baron Arm. d'Espierres. 

Le groupe de meubles suivant est compos6 de bois 
sculpt6s de la Renaissance (1095 k 1 102), expos6s par 
M. Ch. Vasseur, le doyen et le plus expert des collec- 
tionneurs tournaisiens. Ce sont des cr6dences k pans 
coup6s, des cofirets, des groupes, un petit retable 
domestique, sculpt6 et peint, un calvaire, de travail 
allemand, ayant conserv6 son ancienne polychromie, 
une grande statue de sainte Catherine, de travail 
francais, et, plus loin, un groupe en buis, du 17** si6cle, 
repr6sentant la Flagellation. M. J. Lescarts expose 
aussi quelques bois sculpt6s : un cavalier, de grande 
allure (fin du 15® 8i6cle), un chevalier agenouill6, des 
statuettes de saintes femmes (897 A 899), etc. 

La grande armoire voisine renferme de tr6s bonnes 
pi6ces au m6me coUectionneur, et, en particulier, deux 
ch&sses en 6mail de Limoges, du 12® si6cle, de grande 
valeur. Aupr6s d'elles sont group6es les orf6vreries 
religieuses, boites aux saintes huiles, vases sacr6s, 
encensoirs, burettes, pr6t6s le plus g6n6ralement par 
des 6glises de Tournai. 

Puis viennent les bustes en bronze de personnages 
c6l6bres, ex6cut6s a la fin du 18® si6cle par Lefebvre- 
Caters, dont plusieurs fois d6j4 nous avons parl6. lis 



— 275 — 

ont 6t6 pr6t6s par MM. Crombez, Th6ry, Vasseur, 
Defontaine, Soil, etc. 

Les planches inf&rieures de la mSme armoire aont 
occup6es par des porcelaines de Nast, Valenciennes, 
Berlin, Lille, Vienne, exposes par MM. De Smeth, 
Bossut, Roussel, de Formanoir, de le Vingne. 

Deux cabinets-scribans surmont^s de chapelles en 
6caille et cuivre dor6(1062),appartenantAMM.V.Car- 
bonnelle et L. Motte, et une horloge k cadrans multi- 
ples, en cuivre, du 16* sitele, ji M. H. Crombez, termi- 
nent ce cdt6 de la salle. lis sont domin6s par un trds 
beau Christ en ivoire{853), de Tfepoque Louis XIV, h. 
M. L. Motte. 

Le fond de la galerie, d6fendu par une baltistrade 
et deux guerriers du \6^ sidcle, arm6s de toutes pieces, 
appartenant & M. E. Soil, a et6 dispos6 de mani^re & 
reproduire les deux plus beaux salons de style empire 
de la ville, celui de la baronne Lefebvre et celui de 
M. Bossut. Le premier est en soie verte et blanche : 
garniture de fendtres, canapes, fauteuils, chaises, 
6crans; bustes de membres de la famille Lefebvre; 
pendule, girandoles et cand^labres en bronze vert et 
bronze dor6 sur socles en marbre rouge (1280). Le 
second, de formes beaucoup plus I6gdres, est garni en 
soie rouge de Chine, broch6e de blanc ; il se distingue 
par I'abondance de ses cand61abres et de ses torcheres, 
de cinq modules et de cinq grandeurs differentes ; la 
pendule (1227) est en bronze de deux tons et marbre 
rouge. Ces bronzes sont de travail fran^^ais, plus 616- 
gants que les pr6c6dents, et, datant des premieres 
ann6es de Tempire, ils gardent encore I'empreinte 
du style Louis XVI. 

Les nleubles en acajou avec cuivres dor6s (971 k 



— 27() — 

977), qui garnissent ces deux salons, appartiennent 
^ M. A. Soil, la harpe a M. H. Sti^non du Pr6, 

Entre les deux salons, occupant le panneau du fond 
de la salle, se d6ploie une immense tapisserie de 
hautes-lisses, d'une conservation parfaite, riche de 
dessin, aux couleurs vives et harmonieuses, aux d6tails 
arch6ologiques les plus int6ressants ; elle retrace plu- 
sieurs scenes de Thistoire de Judith et d'Holopherne, 
et appartient k la fabrication tournaisienne. Nous en 
reparlerons plus loin. 

Le c6t6 gauche de la salle, que nous allons parcourir 
maintenant, comprend treize meubles vitrines, s6par6s 
les uns des autres, et encadr6s par des meubles anciens 
de tous genres. 

Un 6l6gant petit meuble en bois des Indes renferme 
la collection de porcelaines de M. Dutoit-Dapsens ; il 
est surmont6 d'une petite chapelle, garnie en argent, 
du 17® siecle, k M. Urbain. 

Collection d'objets en cuivre fondu : chandeliers, 
statuettes, bassinoires, mortiers et plats en cuivre 
repouss6, k MM. Lesneucq, comte de N6donchel, Puis- 
sant, Wilms, de Villers-Grandchamps et Hocquez: 
meuble k vitrine et a portes (M. De Smeth), de style 
Louis XV. Armoire vitr6e contenant des groupes et 
des porcelaines de Tournai, et d'autres groupes en 
biscuit de la Courtille k Paris ; grand meuble hollan- 
dais AM. J. Peeters, surmont6 de faiences de Rouen 
et de Delft. 

Armoire renfermant une collection d'inslruments de 
musique pr6t6s par M. A. Soil, et parmi lesquels nous 
notons un violoncelle et un violon de De Comble, 
luthiertournaisien du 18® siecle; deux bonnets chinois, 
fixes aux parois de Tarmoire, ont appartenu k la 



— 277 — 

Soci6t6 PhilharmoniquedeTournai, ranciennemusique 
de la garde bourgeoise, qui les re^^ut en prix k la Mairie 
de Lille le 16 aodt 1808 (pr6t6s par M. R. Canler). 

Un meuble a deux corps, vitr6, de style Louis XV, 
contient la suite des porcelaiues de Tournai exposSes 
par M. C. Debue, tandis qu'une armoire vitr6e renfenne 
des types pr6cieux des faiences de Tournai, apparte- 
nant k MM. Clainpanain et A. Dumortier. Dans la 
meme vitrine, parmi quelques ivoires, on admire 
une charmante statuette de Vierge du 15® si^cle (855), 
k M. Dnrand. 

Un 6l6gant meuble de style Louis XV, k vitrine et k 
tiroirs, renferme quelques sp6ciraens rares de porce- 
laines de Tournai de la collection de M. E. Soil. 

Deux armoires-vitrines , s6parees par un beau 
meuble k deux corps de style Louis XV, appartenant a 
M. E. Trivier, sont garnies de faiences diverses : Delft, 
Bruxelles, Strasbourg, Rouen, Andenne etc. Au-dessus 
d'elles un petit panneau de tapisserie de hautes-lisses, 
repr6sentant VEcce homo (253), pr6t6 par la cath6drale, 
estun specimen superbe de la fabrication tournaisienne 
du 15® si^cje; curieux tapis k sujets vari6s (335), fait 
ATaiguille et dat6 de 1689, pr6t6 par M. Hennebicq; 
meuble de genre renaissance, envoy6 par M. 0. Dapsens 
et qui renferme de tr^s belles pieces de porcelaines 
orientales provenant de Tancienne collection Coene- 
gracht, et une s6rie de vases en poterie romaine (2391), 
trouy6s dans le sol en ouvrant une carri^re k AUain. 
Une vitrine expos6e dans le vestibule, par M. P. Bour- 
gois renferme egalement de tres int6ressantes poteries 
romaines trouv6es par lui dans le sol sur lequel est 
bdtie sa maison a la rue Child6ric (2380). 

Au centre de ce c6t6 de la salle, grand meuble- 
vitrine renfermant une s6rie de pendules qui, avec 



— 278 — 

celleg qui se trouvent diss^mintes dans la salle, cons- 
titue one veritable collection de ce genre de meubles. 
Les plus anciennes sent de style Louis XV, et il en 
est une en vemis Martin, k omements rocaille (2541), 
expos^e par M. Sonneville, qui est merveilleuse ; 
d'autres appartiennent k I'^poque Louis XVI et mon- 
trent bien Texcessive vari6t6 de ce style souple et 
charmant, se prdtant aux combinaisons les plus diver- 
ses. La plupart cependant sont en forme de portique, 
telles celles de MM. Roland, Carbonnelle-Th6ry, 
Douterlungne, Huet, Bossut, d'Espierres ; une d'elles, 
toute en bronze, om6e d'amours (1313), appartenant k 
M. H. Sti6non du Pr6, montre la transition entre les 
styles Louis XV et Louis XVI; enfin, les dernidres 
sont de style franchement empire, et parmi celles- ci 
nous signalerons les vases en bronze dor6 (1215), 
sign6s Lefebvre-Caters et fils, k MM. De Rick et 
Defontaine. 

Dans une grande vitrine plate, dispos^e devant ce 
meuble, sont ranges de beaux cuivres repouss6s et cise- 
16s, des m6daillons en marbre avec bustes en bronze 
dor6, divers menus objets en bois sculpts, des clefs et 
autres objets en fer finement travaill6s, des manuscrits 
g6n6alogiques k M. Sti6non du Pr6 (791-795), la crosse 
de Tabbesse de Maubeuge, en ivoire sculpt6 et poly- 
chrom6 (2458 fit^), i M. le Comte de N6donchel. En 
face de la vitrine, table-bureau de style r6gence (1006), 
en bois pr6cieux garni de cuivres, a M. L. Duquesne. 

Continuant Texamen de m6me c6t6 de la grande 
galerie, nous rencontrons successivement : un grand 
meuble k portes, gothique, bien complet et pur de toute 
restauration (1008), AM. P. Le Hon; il est surmont6 
d'un magnifique retable gothique, en bois sculpt6 et 
polychrome (905), k M. Charles Vasseur, et de deux 



— 279 — 

statues de Vierge en marbre, de style gothique, a 
MM. le Comte de N6donchel et P. Saintenoy ; annoire- 
vitrine de faiences de Strasbourg et de Rouen, k 
MM. Motte, Vasseur et Vienne, et de gr^ dont le plus 
beau, une snelle blanche du XVI* siScle, appartient 
6galement k M. Vasseur (1591). 

Meuble gothique (1007), & M. Le Hon, moins int6- 
ressant quele pr6c6dent, surmontS dune demi-armure 
de lansquenet (1553), de quelques armes et de deux 
grands chandeliers en cuivre, a M. E. Soil; meuble- 
vitrine renfermant entr autres choses unependule etdes 
vases en cristal taill6, mont6s en bronze dore (1260), 
6poque empire, k M. A. Soil,et deux tableaux en bois 
sculpts, en forme de triptique, du 16* si6cle (946 et 
947), sur lesquels les magistrats et les membres des 
corporations prStaient serment avant d'entrer en fonc- 
tions : ils appartiennent a MM. le Comte du Mortier 
et G. Lechien. Pyramide de six coffrets-scribans, en 
6caille (962), expos6s par M. E. van de Kerchove 
d'Hallebast ; armoire-vitrine avec une pendule en por- 
celaine de Lille mont6e en bronze (1319), 4 M. Bekaert, 
une autre pendule en biscuit de Tournai (2148), a 
M. J.-B. Carbonnelle, un crucifix en ivoire dans un tr6s 
beau cadre sculpt6 Louis XIV, a la douairiere 
de Lossy de Froyennes; grand meuble Louis XIV, 
en chSne, renfermant la collection de porcelaines de 
Tournai de M. N. Bureau ; on y rencontre la plupart 
des types ex6cut6s dans notre grande manufacture 
(1817 k 1862); M. J.-B. Carbonnelle expose aussi sa 
collection (1771 k 1816), group6e de la mfime fagon 
dans un autre grand meuble Louis XIV qui lui 
appartient. 

Une armoire-vitrine renferme des armes k MM. de 
Villers, Vasseur et Soil, et deux autres contiennent les 



— 280 — 

6tains expos6s par MM. De Smeth, Delepine, Broquet, 
A. Soil, E. Soil, Bonnet, Lefebvre, Dolez et autres : 
ils t6moignent de Timportdnce qu'atteignit autrefois 
dans notre ville cette fabrication. La plupart des pieces 
sont du 18® si6cle; on en rencontre cependant du 17® et 
m6me du 16® si^cle, tels une coupe de corporation des 
brasseurs, des buires 6l6gantes et des chandeliers en 
forme d'hommes d'armes. 

Au-dessus de ces armoires se trouvent les antipannes 
dont nous avons d6j& parl6 k propos des broderies, un 
tapis k Taiguille date 1620 ^ M. de Villers-Grand- 
champs, un grand m6daillon rond, sculpt6 par Lecreux 
et qui repr6sente la Madeleine; enfin, terminant la 
s6rie des meubles de ce c6te, une curieuse cr6dence de 
style renaissance, a Madame E. Macau, sur laquelle 
sont plac6es trois statues de Lecreux et de P. Dumor- 
tier, sculpteurs tournaisiens. 

Divers groupes dispos6s au centre de la salle ont d6s 
Ten tree, attire nos regards par leur agencement pitto- 
resque. C'est d'abord un po61e en faience de Bruxelles 
(1686), epoque empire, pr6le par M"*® Bonnet et sur 
lequel on a plac6 une belle pendule en bronze dor6, 
char attcle de tigres (1254), propri6t6 de rev6ch6; 
vitrine renfermant de belles miniatures, a MM. de 
Formanoir, Le Tellier, V. Carbonnelle, de Villers- 
Grand'champs, Comte de Robiano; des ivoires, dyp- 
tiques, brassards d archers, rapes ^ tabac, ra6daillons, 
a MM. de N6donchel, Vasseur, Delacre, Longueville; 
des eventails remarquables surtout par leur monture, a 
M""®^ De Smeth, baronne Houtart, de Villers-Grand'- 
champs, Delmotte, H. Li6nart, Dutoit; puis un groupe 
de meubles divers, domines par des drapeaux de cor- 
poration (338) pr6t6s par M. Empain, au centre des- 



— 281 — 

quels se dresse une belle figure en marbre blanc de 
rEsp6rance (1479), a M""® Bonnet; deux groupes en 
terre cuite k MM. Van Nieuwenhuyse (1773) et Tri- 
vier (1565), et deux statues d'enfants repr6sentant le 
printemps et r6t6, d M. Wacquez (1567) ; plus bas, pen- 
dule en bronze dor6, 6poque empire, repr6sentant le 
Serment des trois Horaces (1246), k M"^** Dapsens- 
Roger, et en face un canon en fer forg6 (1526) du 
XV® si6cle, trouv6 dans des fouilles et appartenant au 
Comte du Mortier. 

Derri^re ce groupe et regardant Tautre c6t6 de la 
salle, une grande pendule k galne, de style Louis XVI , 
a M. Bureau, et un meuble int6ressant par ses naives 
sculptures (1104), k M. E. Empain, sur lequel on a 
pos6 une tr6s belle pendule, marbre blanc et bronze, 
garnie de bronzes dor6s de Lefebvre-Caters et de deux 
statues assises, en biscuit de Tournai, sur socle 6maill6 
bleu de roi (1190); cette pi^ce, qui marque la transi- 
tion entre les oeuvres de I'fipoque Louis XVI et celles 
de Tempire, est une des plus int6ressantes de I'exposi- 
tion ; elle semble avoir 6t6 ex6cut6e d'apres un modele 
de Paris, librement copi6 et que nous avons signal6 
plus haut (1227). Cest la propri6t6 de M. L. Th6ry; 
k droite et a gauche deux belles croix de procession, 
en argent, du XVP siecle, expos6es par le comte 
du Mortier et T^glise de Froyennes. 

Vitrine renfermant des manuscrits, des incunables, 
des reliures de valeur, au comte de N6donchel (777 k 
789) et MM. Casterman (776-809); des dessins de 
tapis de Tournai, k M. L. Dumortier, et une s6rie 
de dessins originaux de Lecreux, d'apres lesquels ont 
6t6 executes bon nombre de groupes et de statuettes 
de la Manufacture tie porcelaines de Tournai (a 
M. L. Delwart). 



— 282 — 

Plus loin, une commode en bois de rose, 6poque 
Louis XV , garnie de magnifiques poign6es et chutes 
en cuivre cisel6 (996), A M. H. Crombez, et statue 
assise de guerrier remain (1236), bronze de grande 
valeur, d'6poque Renaissance, k M. Bossut; vitrine 
renfermant une belle collection de montres, tabatidres, 
bottes k mouches et bijoux divers; un modeste cha- 
pelet auquel se rattache le souvenir historique de 
Tambassade de B. Du Mortier auprds du pape Pie VII 
k Fontainebleau ; la truelle avec laquelle Louis XIV 
a posd la premiere pierre de I'^glise de I'abbaje 
Saint-Martin, et enfin de beaux 6maux champlev6s 
remans, croix, pixides, plaques, k MM. Vasseur, 
comte de NMonchel, Le Tellier, E. Soil, Casterman. 

Un deuxi^me grand groupe se dresse un peu plus 
loin ; surmont6 comme le premier de drapeaux anciens 
de soci6t6s et de corporations pr6t6s par M. Empain, 
il est doming par la grande statue en argent de 
Notre-Dame d'Alsemberg {k Tfeglise Saint- Piat), ceuvre 
tournaisienne, ex6cut6e en 1759 (401), et d'un m6rite 
artistique exceptionnel. 

Devant elle et sur les cdt6s sent des ouvrages en 
laiton ou en cuivre fondu, sp6cimens devenus bien 
rares d'une Industrie tournaisienne autrefois florissante. 
Chandelier-lectrier d'Antoing, grands chandeliers, dits 
bourdons, de la Cath6drale, du 14® sidcle; les 6normes 
chandeliers de Tfeglise Saint-Brice, par Chabouteau 
(1640) et douze chandeliers de toutes formes et de 
toutes dimensions, du 17® siecle; k Tautre face du 
groupe, pendule de lepoque Louis XVI, a gaine (915), 
appar tenant & M. A. Soil; scriban incrust6 d'ivoire, 
travail italien du 16® siecle (2469), au comte d'Hespel; 
cand6labres en argent , travail frangais , 6poque 
Louis XVI (2457), au comte de Beauffort et grand 



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— 283 — 

groupe en biscuit de Tournai, la glorification de 
Joseph II (1930), k M. E. Soil. 

Bureau-secr6taire en bois incruBt6 d'ivoire, 6poque 
Louis XIV (963), k M. E. van de Kerchove 
d'Hallebast, adoss6 k une credence en chdne de style 
Renaissance (1017), k H.^" E. Macau. lis supportent 
one superbe pendule, 6poque Louis XVI, genre por- 
tique k colonnes, marbre blanc, garni e de grosses 
guirlandes de feuillage en bronze dor6 (1179), k 
M. Gh. Roger; deux cand^abres tr^ grands, marbre 
blanc (1053), bronze dor6 et bronze noir, 6poque 
empire, k rEv6cli6, et une coupe sur pied en porce- 
laine de Toumai , d6cor6e de larges bandes dories et 
de trois t£tes de b6lier en biscuit, 4 M. E. Soil. 

Derri^re ces meubles, belle commode Louis XIV 
en bois de marqueterie avec riche garniture de cuivres 
cisel^s, k M. Fauquenoy, et deux vitrines, la premiere 
renfermant des manuscrits du IP au 16® (316 ^ 826), 
au SSminaire 6piscopal et au comte de N6donchel ; 
la seconde renfermant des porcelaines de Toumai. 

Dans le vestibule qui pr6c^de la galerie, deux 
grandes statues en faience de Toumai, k M. Clainpa- 
nain, deux beaux meubles Louis XV k quatre portes, 
& MM. De Smeth et Descl6e, un cofire en cuir d6cor6 
aux fers de relieur, plusieurs coffrets, deux pendules 
suspendues en cuivre et des girandoles semblables, k 
MM. Roger et Dapsens-Roger, ainsi qu'un Christ en 
bois qui 6tait autrefois fix6 contre une des tours de 
Tancien pont de TArche. 

Lelong vestibule qui joint la grande galerie k la salle 
des tableaux est garni de meubles et de vitrines en 
partie d^j^ signal6s, ainsi que d'une ^norme et tr^s fine 



— 284 — 

tapisserie de Bnixelles (249), du 18* si^cle, rehauss^e 
de broderies au fil d'or, expos^e par M. Serbat. Une 
vitrine contient un bel ensemble de verres de Venise 
appartenant, pour la plupart, au comte de N6donchel ; 
deux autres sont pleines de specimens de faiences de 
Tournai, expos6s par MM. R. Descl6e, C. Debue, 
Gorin, Longueville et E. Soil. Meuble vitrine, a 
M. Artisien (1954), avec des porcelaines de Tournai; 
enfin des meubles a MM. Gorin, Wilms, U. Verdure, 
J.-B. Carbonnelle, etc. 

* * 

Certaines series compos6es plus particulierement de 
produits de Tindustrie tournaisienne m6ritent, k ce 
titre, d'etre examin6es et d6crites en d6tail. 

C'est ainsi que, pour en revenir aux oeuvres de la 
2™^ section, dont nous avons d6j4 parl6, Texposition 
a r6uni un bon nombre de tapisseries dont plusieurs 
sont tr^s int6ressantes : 

D abord la grande tapisserie de hautes-lisses repr6- 
sentant I'hisloire de Judith et d'Holopherne (239), 
pr6t6e par M. Somzee. Cette magnifique tenture, qui 
mesure environ six metres de c6t6 est un des meilleurs 
sp6cimens de la fabrication tournaisienne k Tepoque 
de sa splendour (fin du 15® si6cle), lorsque les dues 
de Bourgogne et les souverains des pays voisins 
se fournissaient en notre ville. Tout auprds se trouve 
une portiere en tapisserie aux armes des Etats du 
Tournaisis, du 18® si^cle (244), d une autre fabrication, 
hautes laines genre savonnerie, et offrant d6jA le type 
de ce qu'on appellera plus tard le tapis de Tournai. Le 
meilleur specimen de ce dernier genre est un petit tapis 
de foyer (258), de style empire, pr6t6 par la cathe- 
drale. Une seconde tapisserie de hautes-lisses m6rite 



— 285 — 

une mention toute sp6ciale, c'est le n° 240, pr6t6 par 
le mus6e de Lille, qui reprSsente une sc^ne du d6luge, 
avec les armoiries et le nom de la religieuse donatrice : 
Par sceur Marguerite Bou filers^ religieuse de dans, 
Elle est datee 1549, porte la marque des ateliers dc 
Tournai (une tour), et oflOre une trds grande ressem- 
blance avec la tapisserie du mus6e de Tournai : Les 
anges annoncent a Abraham la naissance d'Isaac. Une 
troisi^me pi6ce (259) paralt encore appartenir aux 
manufactures tournaisiennes, mais date d'une 6poquc 
de decadence ; elle repr^sente une scdne de I'bistoire 
sainte et appartient au IT si^cle. 

Par mi les tapisseries de fabrication 6trang^re, on 
remarque un curieux sujet de taverne, du 16*" si^cle 
(250), h M. Serbat; 4 grandes tapisseries de Bruxelles 
a M. Empain, de jolies tapisseries d*Audenarde, k 
r6glise Saint-Brice, et d'autres pieces a MM. du Bus 
de WarnafFe, Ch. Roger, P. Lehon, Despret, et la 
catbddrale de Tournai. 

Presque toutes sont tendues dans la grande galerie, 
sur le panneau de droite en entrant, au-dessus des 
meubles et des vitrines. 

. * 

3""*" section. L'orf6vrerie religieuse est peu repr6- 
sent6e, mais offre toutefois quelques tr6s belles pieces : 
telle est la statue de N.-D. d'Alsemberg (401) k 
r6gli8e Saint-Piat, en argent battu, dat6e 1759 et 
portant les poinjons d'un orf&vre tournaisien; la 
magnifique croix de Tfiglise d'Antoing (422) de 
stj'le Louis XV, ant6rieure k 1752, et qui paralt 6tre 
Toeuvre de Marc Lefebvre, orf6vre tournaisien ; le 
buste de saint Quentin, en argent, du IT si^cle (2456) 
k r^glise de P6ruwelz ; une s6rie de chrismatoires ou 



— 286 — 

boites aux saintes huiles, prdt^es par des 6glises de la 
viUe, crucifix, burettes, encensoirs, porte-paix, reli- 
quaires, statuettes, lanternes de procession (407)oeuvre 
de Lefebvre - Caters ; Torftyrerie civile compte des 
montres, des tabati^res, des bonbonni^res, des 6tuis, 
des bottes, des drageoirs (493 et 495) des brocs, des 
coupes de corporation, etc. Nous y reviendrons. 

L'orfevrerie, ou, pour parler plus exactement, 
Targenterie de table remplit deux grandes vitrines et 
par son abondance comme par la beaut6 de ses pieces, 
elle fut Tune des series les plus int6ressantes et les plus 
inattendues de Texposition. 

Certes, les orfdvres tournaisiens ont 6t6 des artistes 
de premiere valeur pour produire des oeuvres telles 
que celles qu'il nous est donn6 de voir ici rassembl6es : 
Lefebvre-Caters et, avant lui. Marc Lefebvre et Jac- 
ques Lefebvre, forment une lign6e d'artistes qui conti- 
nuent au IS^'si^cle les traditions de leurs prM^cesseurs 
du mSme nom, auxquels sont dues tant d*oeu\Tes 
remarquables en bronze, au lb"" sidcle. 

Les pieces d'argenterie de r6poque Louis XIV sont 
naturellement en petit nombre : une cafetidre et 
des chandeliers k M. Sti6non du Pr6, une cafetidre 
tr6s d6cor6e k M. J.-B. Carbonnelle, un b6nitier k 
M"* L. Bonnet, des chandeliers k M. Bossut et quel- 
ques autres pieces moindres ; les pieces Louis XV et 
Louis XVI sont, au contraire, nombreuses et g6n6rale- 
ment tres remarquables. Citons, en suivant I'ordre des 
vitrines, et avec la certitude d'en omettre beaucoup : 
une magnifique cafeti6re duplus riche d6cor Louis XVI 
(672), & M. V. Carbonnelle, qui expose en outre, un 
ensemble exceptionnel de pieces de m6me style, mais 
d'une 6poque diflferente, et des pieces 6poque empire; 
cafetidre de forme orientale, k long goulot, 6poque 



1 -»- , 



^^ . 



^'i-l^k.,. / 



— 287 — 

Louis XVI (686), k M. Trivier; belle cafeti^re, de 
fonne torse, 6poque Louis XV (651), h M. Leschevin; 
autre cafetiere, 6poque Louis XVI, tr^s finement 
(16cor6e, marqu6e de poingons tournaisiens et datSe 
1789 (655), it M. H. Casterman ; jolis sucriers k deux 
coupes superpos6es, Tune pour le sucre candi, Tautre 
pour le Sucre Wane (688 et 563), k MM. Trivier 
et A. Dumortier; un riche r6chaud de table, 6poque 
Louis XV (567), k M""* L. PoUet, qui expose encore 
de trds beaux huiliers d^cor^s de tdtes de b6lier 
(566), 6poque Louis XVI ; divers porte-huilier de 
forme torse, 6poque Louis XV; grande cafetidre. 
Tune des plus belles du genre, richement dScor^e do 
m6daillons et de guirlandes, 6poque Louis XVI (657), 
k M. Ch, Roger; moutardier et poivridre formes torses, 
6poque Louis XV, k M. d'Ogimont, et porte-huilier en 
forme de bateau d6cor6 de dauphins, au m6me (625) ; 
grande cafetiere en forme de buire (584), trds 6l6gante, 
la pause allong6e, sur pied carr6, d6cor de m6daillons 
et de feuillages , de fabrication toumaisienne , k 
M, Huet, provenant de Tabbaye des Pr6s ; cafetiere de 
style Louis XVI, d'un type et d'un faire tout different, 
de fabrication gantoise (512), ^ M. Beckaert; superbe 
cafetiere de style Louis XVI, comme les pr6c6dentes, 
d un d6cor riche et abondant, mais trds diffSrente de 
conception et d'ex6cution, orn6e de m6daillons et de 
guirlandes en vermeil, oeuvre de Beghin, orf&vre mon- 
tois (669), propri6t6 de M. H. Delmotte. Cafetiere de 
mSme style, orn6e de medallions et de guirlandes 
(562), d'un dessin beaucoup plus s6v6re, A M. A. Dumor- 
tier. Cafetiere en forme de buire (630). donn6e par la 
Ville de Tournai k P. -J. Trenteseaux, de Saint- 
L6ger, qui avait 6t6 proclam6 primus k TUniversite 
de Lou vain en 1795 (propri6t6 de M"""* Macau).; 



— 288 — 

sucrier orn6 de guirlandes, travail frangais, 6poque 
Louis XVI (525), au baron Armand d'Espierres; ravis- 
sante petite cafeti^re de style Louis XVI, ires charg6 
et tr6s riche, sans cesser d'etre 6l6gant, d6cor de 
m6daillons, ay ant une rose pour fretel (2455), a 
M""^ Goblet. Puis, dans la partie inferieure du meu- 
ble, la masse 6norme des argenteries de r6poque 
empire, porte-liqueurs A quatre carafe?, sucriers et 
porte-huilier presque tous a montanls en forme de 
cariatides, d*un style assez lourd et peu vari6. 

La seconde vitrine d'argenteries ne renferme pas de 
moins bonnes pieces que la premiere : les argenteries 
expos6es par M. E. AUard, parmi lesquelles il faut 
citer, hors de pair, la coupe k t6tes et pieds de b61ier 
(668), oeuvre de Lefebvre-Caters, de style Louis XVI, 
et un sucrier du m6meorf(&vre, do style empire (661). 
Celles de MM. P. Le Hon et de Smeth dont la cafe- 
tiere, de style Louis XVI, richement orn6e, est une 
piece excellente (600); la cafetiere en forme de buire 
k long bee d'6panchement, genre oriental (523), au 
comte de Robiano; deux sauci^res sur plateau, d'une 
forme des plus 6l6gante (543) , oeuvre de Marc Lefebvre , 
AM. H. Sti6non du Pr6; des cafeti^res de style 
Louis XV k c6tes torses, orn6es de mascarons rocaille, 
k M"^* Daubresse et M. A. Ritte (685 et 647); de 
bonnes pieces diverses k MM. de Formanoir de la 
Cazerie, baron Houtart et de le Vingne. 

Dans cette mfime vitrine se trouvent les objets pro- 
venant de la chapelle de Tancienne Corporation des 
bateliers (447-451), deux ancres, un missel orn6 d'ar- 
gent, des burettes avec leur plateau, un porte-paix en 
ivoire mont6 en argent ; ils sont la propri6t6 du comte 
du Mortier. Aupres d'eux, une coupe de corporation en 
vermeil expos6e par M. A. Hambye; des chandeliers 



— 289 — 

de r6poqu6 Louis XIV (460), aux armes et au chiffre 
du Roi Sole!}, d'un travail des plus remarquable, k 
rSglise Notre-Dame ; un gobelet sans pied et k mou- 
lin, & M. Ghyselen ; une coupe en vermeil (526), oeuvre 
d'orfdvrerie de la fin du 16^ si^cle, pi^ce historique aux 
armes des barons del Fosse et d'Espierres ; un broc du 
16* si^de (477), en filigrane d'argent avec bandes et 
monture en vermeil cisel6, k M"* de Villers Grand*- 
Champs; un hanap et des coupes de corporation, 
ai^ent et vermeil, ^ M. E. Empain, et une infinite 
d'autres pi^es dont Tensemble d6note, nous Tavons 
d6j& dit, une Industrie artistique de haute valeur. 

Les ivoires, les 6maux et les miniatures sont peu 
nombreux ; parmi les miniatures celles qui sont sign^es 
de Sauvage pr^sentent un int^rfit special parce qu'elles 
r6v41ent le talent de I'artiste sous un aspect nouveau. 

* * 

Les bois sculpt6s et les meubles, qui composent la 
4"'* section ont 6t6 cit6s plus haut en m6me temps que 
nous donnions une description g6n6rale des salles de 
Texposition. 

Parmi les bronzes et les cuivres, il en est qui nous 
int6ressent particulidrement, parce qu'ils sont de fabri- 
cation toumaisienne et reprteentent une Industrie qui 
fut florissante k Tournai pendant le moyen Age et 
jusqu'^ la fin du 18* si^cle, la dinanderie. C'est d'abord 
le chandelier-lutrin (1122) de T^glise d'Antoing, qui 
en possMe deux semblables, et dont Tun porte cette 
inscription : Che lestapliel fist Willaumes le fevre ton- 
deur d Tourmay (ex6cut6s en 1442) ; les grands chan- 
deliers dits bourdons (1121) du 14* si^cle (appartenant 
k la cath6drale); les 6normes chandeliers de T^glise 
Saint-Brice(1334) ex6cut6s en 1640 par Pierre Chabou- 

ANNALBS. III. 19 



— 290 — 

teau, et la 86rie de chandeliers de m6me 6poque, plus 
petits, exposes par I'Sglise Saint-Brice; les mortiers, 
aquamaniles, chandeliers de tous genres, b6nitiers, 
statuettes et autres objets en laiton ou cuivre fondu et 
cisel6, puis les chandeliers, plats, boltes, cafetidres, 
rafraichissoirs, samovars, bassinoires, etc., en cuivre 
repoussS et grav6; les montres,pendules et candelabres 
en bronze dor6, et enfin une s6rie fort int^essante et 
trSs abondantede petits bustes en bronze, datant dela fin 
du 18* si6cle, sortis de I'atelier de Lefebvre-Caters, oA 
les empereurs remains et les grands hommes de Tanti- 
quit6 se trouvent mSl6s aux philosophes, aux g6n6raux 
et aux princes du 18® si^cle. En mdme temps que ces 
bustes, la m^me fabrique a produit des statues de 
grandes dimensions, les unes en bronze dor6, les autres 
en bronze antique, employees gSneralement k orner des 
pendules et des candelabres. L'exposition en poss^de 
de tr^s beaux specimens : pendule k la marque de 
Z. Raingo (1 134) ji M. H. Crombez; pendule surmontte 
d*un amour dans un char tratn6 par des chevaux en 
bronze dor6 (1143) de Lefebvre-Caters ; Orph6e (1212 
et 1299) k M. Dubiez et A M. PoUet; Lions (chenets) 
de Lefebvre-Caters (1239) k M"* du Maisnil; chartir6 
par des ch^vres (1259) ; Annibal, avec le nom Lefebvre- 
Caters et fils sur le cadran de Thorloge (1272) k 
M. Van Nieuwenhuyse ; Zephire et TAmour (1280), 
et femmes repr^sentant des victoires (1281) de la 
fabrique de Lefebvre-Caters, appartenant k la baronne 
Lefebvre, etc. 

Les stains sans Stre abondants donnent une dizaine 
de marques de fabricants tournaisiens du \T et du 
18^ si6cle. 

« * 



— 291 — 

La c6ramique, qui forme la 5"^* section devait 
naturellement dtre bien repr6sent6e k Texposition, 
mais ici encore nous ne donnerons de details que sur 
les deux series tournaisiennes, des faiences et des 
porcelaines. 

Signalons a ce sujet une faute d'impression du cata- 
logue qui, d la page 131, apr^s le n"" 1711 devait 
porter la mention IV. Faiencbs de Tournai; ces mots 
sont rest^s dans la casse du compositeur de sorte que 
le lecteur ne sait pas que les n°^ 1712 ^ 1770 sont tons 
des faiences de Tournai . 

Bien que ces faiences aient 6t6, au dire de docu- 
ments officiels, beaucoup plus nombreuses que les 
porcelaines, il y en a assez peu d'exemplaires connus 
et certains, parce que les pieces sorties des fabriques 
tournaisiennes ne portaient g^n^ralement pas de 
marque. 

Tel est le cas pour deux pieces capitales expos6es 
par M. Clainpanain, les statues de saint Francois et 
de saint Antoine de Padoue (1732) hautes de 75 cen- 
timetres et datees 1773, bien 6videmment tournai- 
siennes; les nombreuses figures de chiens carlins 
d6cor6s au naturel, et les porte-huilier en forme d'4ne 
charg6 de panier?, expos6s par le mdme (1733 et 1734) 
etparM. A. Dumortier (1731). MM. R. Descl6e, Soil, 
Debue, pr6sentent des specimens nombrcux et tres 
varies des dif^rents types connus de ces faiences qui 
devront encore 6tre etudi6es longtemps avant qu'on 
puisse reconstituer le catalogue complet des produits 
des diflferentes usines de Tournai. 

Les porcelaines au contraire ont et6 tres nom- 
breuses et ont caus6 aux visiteurs non initios aux 
beautSs du Vieux Tournai, le plus grand 6tonnement 
mdl6 d'un sentiment de legitime fiert6 en songeant k 



— 292 — 

rimportance et k la haute valeur d'une fabrication 
disparue h6las, tout r^cemment de la ville. 

Les porcelaines 6taient dispers6es un peu partout 
dans Texposition prdtant k toutes les parties et k tout 
les groupements le charme de leur 6clat et de leur 
delicate beaut6 et nous devrons nous limiter k la des- 
cription des pieces les plus remarquables, dans la 
crainte de d6passer les justes limites impos^es k ce 
compte-rendu. 

Le groupe en biscuit de la descente de Croix de 
Lecreux (2138) k M"** Daubresse; le groupe de 
Joseph II, & M. E. Soil; la pendule gamie de deux 
statuettes en biscuit (1190) de M. Th6ry ont 6t6 
signal6s plus haut. Des vitrines - armoires et deis 
vitrines - tables renferment les lots les plus conside- 
rables de ces porcelaines, tandis que divers amateurs 
ont groups leur collection dans des meubles anciens 
leur appartenant : nous aliens d6crire rapidement les 
uns et les autres. 

Dans une premiere vitrine se trouve le service du 
Prince Charles de Lorraine, d6cor d'oiseaux au plu- 
mage 6clatant, filet bleu de roi rehauss6 d'or sur le 
marly, appartenant aujourd'hui k M*"* de Villers 
Grand'Champs et ^ M. de Formanoir de la Cazerie 
(1953 et 2110); deux charmants chandeliers, bleu de 
roi vein6 d'or (1951), k M*'^® de Villers; une cafetidre 
de forme et de dScor japonais (1905), au baron 
Auguste d'Espierres; une assiette du service du due 
d'0rl6ans, d6cor d'oiseaux d'aprSs BuflTon, avec large 
marly bleu de roi, rehauss6 d'or, appartenant k 
M. Ch. Vasseur (1975); plusieurs pieces d'un autre 
service de m6me type et de m6me valeur (1934), k 
M. L6on Motte; un grand vase (1977) sign6 May^* 



)K 



.« .* 



— 293 — 

k M"*® Delobel, une soupiere et partie de service 
k M"** Uihlein (1901 k 1904), d6cor6 d'un grand 
oiseau d'apr^ Buffon 6galement, avec large bande 
bleu de roi, sur le marly. Ces pidces, qui datent de la 
derni^re p6riode de la fabrication , et qui vraisembla- 
blement sont de la main de Mayer, n*ont pas 6l6 ache- 
vees : il y manque le d6cor d'or. Ce m6me service est 
compl6t6 par une curieuse s6rie de paysages, une 
autre s6rie de paysages d'aprds Tantique, et de bas- 
reliefs 6galement d'apr^s lantique. 

Notons encore, dans la m6me vitrine, un tr^s beau 
service k caf6 aux oiseaux, et un service de table, a 
bouquets d'or (1865), au baron Armand d'Espierres; 
un autre service k caf6, d6cor6 de fruits d'une touche 
grasse et large (2505), k M. Anciaux; quelques jolies 
pieces k M. Niffle- Anciaux ; un tr6s beau plateau 
d6cor6 d'un paysage, un sucrier ovale k fleurs (1974), 
et des pieces d6cor bois, en trompe-roeil, AM. Ch. Vas- 
seur, etc. 

L'armoire suivante nous met de nouveau en pr6sence 
d'une s6rie de petits chefs-d'oeuvre : les groupes et 
les statuettes, oeuvres de Lecreux pour la plupart, 
genre dans lequel il a excell6. La fragilit6 et la d6li- 
catesse de la mati^re employee est en parfait accord 
avec les sujets gracieux trait6s le plus g6ncralement, 
et le style mfime de T^poque qui les a cr66s. On 
comprend, d6s lors, le charme qui se d6gage de ces 
oBUvres d'art dont la variet6 infinie remplit d'6ton- 
nement; mais on ne songe pas tout d'abord aux 
difficult6s qu'il a fallu vaincre pour mener un groupe 
k son entier ach^vement, k travers toutes les op6rations 
et les risques qu'il traverse ; on ne se rend pas compte 
de rhabilete de main qu'il faut pour achever et gamir, 
comme on disait ^ la fabrique, un groupe. Apr^s que 



— 294 — 

celui-ci est sorti du moule en pieces d6tach6es, on doit 
r6unir ces pieces, grouper les personnages sur une ter- 
rasse, les gamir k la main des divers accessoires qui 
font leur m6rite : feuilles des arbres, fleurettes da 
socle, rubans et noeuds; puis on cuit au four avec 
mille precautions, et le groupe qui a travers6 heureu- 
sement toutes ces ^preuves prenait place alors sur les 
tables ou dans les salons coquets du 18^ sidcle. 

Mais des dangers perp6tuels menacent ensuite son 
existence, et il faut seulement s'6tonner de ce que le 
temps et la main brutale des hommes n'aient pas 
an6anti jusqu'au dernier, ces fragiles chefs-d'oeuvre 
qu'on se dispute aujourd'hui k prix d'or ! 

La vari6t6 des groupes et des statuettes est infinie : 
les uns sont 6maill6s en blanc, les autres priv6s 
d'6mail, sont appel^s biscuits, et sont plus recherchSs 
encore que les premiers. Notre vitrine ne renferme que 
des sujets familiers : Amours, repr6sentant les quatre 
saisons, bergers et bergeres, A M. V. Carbonnelle; 
garQonnets k la balangoire, ou jouant avec une chdvre 
(1863 et 1864), au baron A. d'Espierres; enfants 
jouant au pied dun arbre, et vases divers (1909 k 
1911),^ M. A. Cherequefosse ; petits amours-remou- 
leurs et amours-pdcheurs (1907), k M"** Goblet; la 
legon de flageolet (1950) a M. A. Soil; petits d6ni- 
cheurs et oiseleurs, quatre personnages formant un 
beau groupe dont le modile, dessin6 par Lecreux se 
voit dans une autre vitrine (2500), au comte d'Hes- 
pel; la forge des coeurs, chasseur et chasseresse, autre 
groupe de quatre figures (2003), a M. P. Le Hon; 
amour chasseur, enfants jouant (1918 et 1919), k 
M""* L. Pollet et M. de Villers Grand champs ; statuette 
de Pomone, i M. L. Del wart; vases divers, k M. P. 
Spreux et tant d'autres sujets qu'on ne peut detailler. 



— 295 — 

Sur les planches inf6rieures de la vitrine, bel 
ensemble de porcelaines diverses, toujours tournai- 
siennes bien entendu, des assiettes, bols, services k 
cafd et k th6, decors de pay sages en camaieu rose, de 
fleurs, d'oiseaux, de m6daillons, h MM. Carbonnelle, 
Cherequefosse, le vicomte de Maulde, Trivier, Lechien, 
le comte Lair, L. Motte; des porcelaines d6cor6es en 
bleu, formant un ensemble aux types les plus varies et 
qui repr^sentent ce que bien des gens croient Stre les 
seuls produits de la fabrique de Tournai : elles sont 
expos6es par M. V. Carbonnelle. 

Dans une troisidme armoire-vi trine, le splendide 
service de table de M. Stinglhamber, aux formes si 
6l^antes du style rocaille, d6cor6 de paysages en 
camaieu rose-carmin avec filets d'or (1917); le service 
k caf6 pour 24 personnes, d6cor6 en camaieu rose- 
pourpre, avec culs-de-lampe en or (1900), au comte de 
Robiano, puis la collection de M. P. Le Hon (2003 k 
2102), ou figurent des types de presque tons les genres 
de la fabrication tournaisienne, en couleurs et en bleu, 
et celle de M. Ren6 Descl6e (1939 k 2002), moins 
nombreuse, mais encore tr^s curieuse. 

Deux 6crins renferment, le premier : un service a 
th6, solitaire, d6cor6 d'amours en camaieu rose (1906) 
pi^ce superbe A M. G. Vermersch; le second : un ser- 
vice k caf6, d6cor6 d'oiseaux au brillant plumage, enca- 
dr6s de bandes bleu de roi rehauss6es d'or (1868), k 
M. de Cambronne. 

De Tautre c6t6 de la galerie, une armoire vitree 
contient un superbe plat d6cor6 d'un sujet genre 
Watteau (1936), k }A. L. Motte; trois statuettes en 
biscuit de Tournai : Hercule-enfant (2005), Neptune 
(1911) et le roi de HoUande (1933), k MM. Lehon, 
Soil et du Bus de Warnafie. 



. — 296 — 

Plus loin, dans nne antre annoire, pendnle en 
biscuit de Toornai avec figure de rastronomie (2148), 
a M. J.-B. CarbonneUe. 

Une vitrine plate r^ifenne one s6rie de jdaqnes, 
tabatidres, bonbonnieres, bontons et mSdaillons, auz 
decors varies. Citons un beau m6daillon ovale repr6- 
sentant nn pajsage antique, peint en camaien rose, par 
J. -J. Mayer (1985), expose par son petit-fils M. H. 
Mayer, avec d'antres pidces igalement remarqnables 
de la mSme fabrication, et en particolier an m6dail* 
Ion avec le portrait de Mayer par lui-m6me; une 
magnifique tabati^re (1980 et 1981), d6cor bois et 
amours en grisaille (1899) ; one superbe tabati^re fond 
bleu de roi, k r6serves d6cor6es d'amours en camaieu 
rose, au comte de Robiano ; des tabatidres et boites 
de diverses formes, k M'^"" Liongueville, MM. P. Le Hon 
et E. Soil. 

Comme nous le disions plus haut, des collec- 
tions completes ont 6t6 expos6es par des amateurs 
dans des meubles anciens, leur appartenant. Tel est 
le cas pour MM. J.-B. Carbonnelle (1771 k 1816) et 
N. Bureau (1817 k 1862), ainsi que par M. Debue 
qui a garni deux meubles (1874 a 1895). On y ren- 
contre des specimens de la plupart des genres, de la 
fabrication tournaisienne. Enfin, dans un meuble, de 
style Louis XV, M. E. Soil expose quelques specimens 
rares, de cette m6me fabrication, et qui n etaient pas 
repr6sent^s dans les collections dont il vient d'etre 
parl6 : assiettes d6cor6es de scenes sino-europ6ennes en 
camaieu vert, des copies de d6cors chinois de types 
vari6s et rares, des pieces avec armoiries, un service 
k tli6, dit solitaire, aux oiseaux, des pieces diverses, 
imitation de sapin avec paysages sur cartes en trompe- 
Toeil, des boites en forme de fruit et des tabatieres, 



— 297 — 

un groupe de trois personnages polycKromi, etc. 
(2508 k 2535). 

Les oeuvres d'art et les antiquitSs pr6cieuses que 
nous venons de d6crire ne constituent, il faut Tavouer 
avec regret et tout k la fois avec un certain orgueil, 
qu une partie de celles qui sont conservSes k Tournai 
et dans les environs, k peine la moiti6, peut-6tre. 
Le temps limit6 dont on disposait pour organiser 
TExposition n'a pas permis de recueiUir ou de con- 
qu6rir les adhesions de tons ceux qui les possMent. 
Si tons avaient r6pondu k I'appel du comite, TExposi- 
tion eut brill6 d'un 6clat incomparable ; mais ce qui 
diminue nos regrets c'est que vu rexiguit6 des locaux , 
d6jk vastes cependant, ot les collections 6taient ins- 
tances, il n'eut pas 6te possible d'y recevoir beaucoup 
plus d'objets que ceux qui y ont figur6. 

Quoi qu'il en soit, grdce au grand nombre de visi- 
teurs qu'elle a attir6s, I'Exposition a atteint nous 
Tavons dit plus haut, son but premier et imm^diat 
en recueillant une somme relativement forte pour 
ToBUvre si hautement civilisatrice et humanitaire de 
la Croix rouge du Congo . 

Puisse-t-elle, de mdme, atteindre son but secondaire 
et lointain : Eveiller Tamour du beau dans toutes les 
classes de la population et le respect des chefs-d'oeuvre 
que nous ont I6gu6s les sidcles passes, avec le d6sir de 
les imiter et mdme de les surpasser, k Taide de moyens 
multiples que Tdtude et les progr^s des sciences met- 
tent auJourd*hui aux mains des travailleurs et des 
artistes. 

Eugdne Soil. 

Tournai. Novembre 1898, 



— 298 — 



NOTICES SUR QUELQUES COUVENTS DE TOURNAI. 

Toornai, ancienne capitale du petit 6tat du Tour- 
naisis, poss6dait naguSres encore, un d6pdt d'archives 
de TEtat. Des combinaisons, qu'il ne m'appartient pas 
de juger, ont amend le transport des documents qui 
le composaient, k Mons, chef-lieu administratif du 
Hainaut, qui n'eut jamais rien de commun avec le 
Toumaisis historique. Le r6sultat le plus palpable 
de ce transfert est de priver les toumaisiens de pieces 
utiles h leur histoire pour les mettre a la disposition 
de travailleurs 6rudits, comme on en rencontre tant a 
Mons, qui d'ailleurs ne les utiliseront sans doute 
jamais, Tbistoire particuliere de Tournai n'ayant pour 
eux (et cela se comprend) qVun fort mfediocre interfit. 
Cette perte est d'autant plus fdcheuse que, donnes k la 
ville par M. du Mortier, c'est par suite de la negli- 
gence d'un ancien archiviste, que ces dossiers ont 6t6 
vers6s aux Archives de TEtat. 

Parmi les documents dont se composait ce d6p6t, 
se rencontraient ceux relatifs aux StablLssements reli- 
gieux. lis n'6taient pas, du moins pour certains 
d'entre eux, en bien grand nombre. Pourtant c'est 
grAce a eux que j*ai pu faire autrefois V Histoire du 
convent des Clairisses. Aujourd'hui pareil travail n'est 
plus possible k Tournai; et pour parler des autres 
convents de religieuses, qui existaient autrefois en 
grand nombre dans notre ville, nous ne poss6dons 
plus que les rares documents de nos archives 
communales. 

Les registres de nos anciens consaux nous permet- 
tront seulement de raconter dans quelles conditions 
ces maisons religieuses ont pu setablir dans nos 



— 299 — 

murs ; ils nous feront aussi connaltre les rapports peu 
nombreux qu'elles eurent avec nos administrations 
communales. Cela ne formera pas une histoire com- 
plete de ces anciens couvents. Faute de mieux, je 
vais analyser le peu que ces registres m'ont appris 
relativement aux Carmelites, Dominicaines, Annon- 
ciades Celestes, religieuses de Sion et UrsuHnes. 

I. Carmelites. 

Desireuses de fonder a Tournai une maison de leur 
ordre, les religieuses Carmelites de Mons acquirent 
du comte de Solre, en 1613, moyennant le prix de 
8000 florins, Tancien h6tel de Beaufort, seant en la 
rue d'Audenarde, aujourd'hui des Augustins. Le droit 
dCescars, revenant k la ville pour cette vente, se mon- 
tait k 400 florins. Sur le rapport du conseiller de 
Cambry, qui rappelait les services rendus k la ville 
par le pere du vendeur pendant les vingt-deux ans 
qu'il avait ete gouverneur de Tournai, les consaux 
deciderent, dans leur seance du 4 juln 1613, de lui 
faire remise de ce droit. Pour les remercicr de ce don, 
qui pourtant profitait aux Carmelites plus qu'A lui- 
meme, le comte de Solre adressa aux magistrats la 
lettre suivante : 

« Messieurs, j'ay veu par voz lettres du iiij*^ de ce 
mois la quitance que vous avez fait du droit d'escars 
deu k cause de la vente de la maison de Beaufort en 
Tournay. La convention qui en avait este faite de ma 
part avecq celluy quy en avoit la charge des Carm6- 
lines de Mons, est k charge que la somme me debvoit 
estre furnie argent francq et net, sans estre tenue k 
chose quelconque. Toutesfois je ne puis laisser de 
vous remerchier beaucoup de fois de vostre bonne 



— 300 — 

volunt6, avecq asseurance qae je m'en revengeray k 
tootes occasions ouj'auray moien de me faire paroistre, 
messiears, vostre entidrement affectionnS k vous servir, 
le Ck>nt6 de Solre. De Hazevent, le ziiij'^ de joing 
mil six cons treize. » 

Cependant Fadhdritance de I'hdtel de Beaufort avail 
souffert certains retards, car la R. M. Izabeau de 
Saint- Pol, supSrieure des Carmelites de Mons, 6cri- 
vait, k la date du 1""^ mars 1614, aux consaux pour 
les prier de h^ter cette formality; elle promettait 
d'ailleurs d'envojer, avant Texpiration des d6lais de 
purge, Tautorisation qu'elle r6clamait k Bruxelles pour 
permettre k ses compagnes k s*etablir k Toumai. 

Peu de jours apres en effet, les consaux recevaient 
une lettre de recommandation, 6crite de Bruxelles 
par le comte d*Estaires sous la date du 17 mars 1614, 
et une autre des chef et commis de finances, en date 
du 19 du mdme mois. Ces demiers adressaient aux 
consaux la requite des Carmelites de Mons, et r^cla- 
maient une vue des lieux et I'avis de nos magistrats. 
Ceux-ci, apr6s avoir remis leur deliberation k la 
seance suivante, chargerent le grand prevdt et le con- 
seiller de la ville de se rendre a Bruxelles afin de 
suivre de plus prds Taffaire. Le 30 avril 1614, les 
deiegues firent aux consaux le rapport suivant : 

^ Quand au fait des religieuses Carmelites pour 
lesquelles messeigneurs les chiefs et commis aux 
finanches ont escript, et monsieur le conte d'Esterre 
en particulier, affin de les recepvoir en ceste ville et 
de consentir k Tamortissement requis de leur part, 
lesdits deputez ont declare que, en suitte de la charge 
qu'ilz avoient de nostre part, ilz en ont parie audit 
seigneur conte et lui declare qu'estions assez enclins 
et deUbepe? de les recepvoir en ceste ville moiennant 



— 301 — 

qu'elles ne fussent k la charge d*icelle pour nouriture 
et entret^nement ny aultrement, comme aussy les 
religieux deschauss^z de meisme ordre, lesquels ordi- 
nairement sont de leur suite pour leur administrer les 
sacremens et faire aultres debvoirs d^pendans de leur 
ordre, pour la crainte qu'il y auroit que, allant men- 
dier leurs n^cessit^z, ilz trouveroient de la difficult^ 
k cause du grand nombre de poures bourgeois et 
manans qu*il y a en ceste ville et la charge qu'ilz out 
de six ou sept ordres mendians en ladite ville ; leur 
aiant ledit seigneur declard, quand auxdites reli- 
gieuses, qu*elles sont dot6es de revenuz suffisans pour 
leur nouriture et entretSnement, par ou que, de leur 
cost6, n'y a crainte que ladite ville en puist recepvoir 
aulcune mise ou interrest ; et quand auxdits religieux 
deschaussSz, qu'ilz ne viendront en cestedite ville, et 
que ce n'est chose n^cessaire qu'ilz suyvent lesdites 
religieuses. «> 

Malgr6 les conclusions favorables de ce rapport, 
les consaux, dans la stance du 13 mai, d6ciddrent de 
chercher tons les prStextes possibles pour eviter la 
venue des Carm6lites ; pourtant si le comte d'Estaires 
insiste trop, il faudra bien se soumettre, mais'en 
stipulant d'une fa^on formelle « que Ton ne leur 
accorde amortissement fors en T^glise. » 

Nouveau rapport sous la date du 26 octobre 1614 : 
« De messieurs de Guisegnies, grand pr6vost, et con- 
seilier de Cordes, lesquels ont raport6 que monseigneur 
le conte de Bruay les auroit mand6 expr^s au chasteau 
pour leur dire qu'il y a environ trois sepmalnes que 
Ton avoit fait grand al^gresse et demonstration de 
joye en la ville de Bruxelles k la b6n6diction de I'^glise 
des dames Carm6lines, que ont fond6 Leurs Allies, 
avecq procession solempnelle, lesquelles ont dur6 



— 302 — 

Tespace de huit jours, d une 6glise a Faultre, ayans 
les rues eslez aorn6es et parses, le lout pour com- 
plaire a Leursdites Altdzes, disant ledit seigneur 
conte que, comme le jour de demain monsieur le doien 
Malcote et deux aultres chanoines doibvent chanter 
messe solempnelle en la maison des Carm6lines, 
uaghaires receues en ceste ville, et que ^ aultres 
6glises on debvoit sonner les cloches, 11 requ6roit k 
messieurs les consaulx ou aulcuns d'iceulx de voUoir 
assister a ladite messe, et en signe d'all6gresse de 
faire basteler au belfroy et quelques feuz de joye par 
la ville, asseurant que ce faict seroit agr6able k 
Leursdites Alt^zes, de tant meismes que il y entendoit 
que on avoit faict te villes de Douay et Vallenchiennes 
samblables debvoirs et all6gresses. » Inutile de dire 
qu'on se conforma aux desirs exprim6s par le comte 
de Bruay. 

Ce ne fut pourtant que le 28 novembre suivant que 
furent d6livr6es les lettres patentes des archiducs 
autorisant les Carmelites k fixer leur rteidence k 
Toumai, leur accordant Tamortissement de leur maison 
et le droit d'acqu6rirjusqu*A concurrence de 3000 florins 
de revenus. Quant k Tautorisation officielle des con- 
saux, elle ne fut accord6e que le 25 mai 1621, sur 
la requisition deM.de Coupignies, chef des finances 
et premier commissaire au renouvellement de la loi. 

Mais d6j& avant cette 6poque, les consaux avaient 
accorde de larges subsides aux Carm6lites : le 
17 f6vrier 1615, ils leur donnaient 400 florins pour 
les aider dans leurs constructions ; le 10 avril 1618, 
c'6tait une nouvelle somme de 1000 florins, destin6e k 
6lever le b&timent du dortoir, qui devait avoir cent 
et cinq pieds de long, trente de large, et autant 
en hauteur. 



— 303 — 

Ce fut le 1 1 avril 1627 qu'on posa la premiere pierre 
de Teglise des Carm6lites, dont le couvent etait d6di6 
k S. Joseph. Les consaux, invites k assister k cette 
c6r6monie, d6cid6rent de s'y rendre en corps; et peu 
de jours aprds lis accordaient une gratification de 
huit livres aux masons qui avaient jtrayaill6 k cette 
operation , comme nous le montre le document suivant 
que j'ai trouy6 parmi les pieces a Tappui des comptes 
de cette ann^e : 

« Pr6vostz, jur6s, mayeurs et eschevins de la ville 
et cit6 de Toumay, a nostre am6 Louis de Bargibant, 
massart et recepveur g6n6ral de ladite ville, Salut. 
Nous vous ordonnons que, des deniers de vostre 
recepte, ayez k vous rembourser des dix patacons, 
vallissans huit livres fl and res, que, par charge des 
chefz de Nous Consaulx, le procureur de ceste ville a 
donn6 et furny au maistre machon et aultres adsistans 
lorsqu'^ la solempnit6 faite au cloistre des dames 
CarmSlines lesdits chiefs, a ce d6put6z par Nous, y 
ont fait les debvoirs d'y asseoir la premidre pierre 
portant les armes de ceste ville au fondement de 
r6glise qu'elles y pr6tendent bastir et dresser. . . . « 

Les consaux ne se bom^rent pas k ce t6moignage 
de sympathie pour les Carm6lites; ils y joignirent 
bientdt, sur les instances du comte de Vertain, une 
preuve encore plus palpable de leur bon vouloir. 
Le 1" juin 1627 en effet, ils accord6rent k nos reli- 
gieuses un nouveau subside de 4000 florins pour les 
aider k achever leur 6glise. Ce subside devait 6tre 
r^parti sur deux annSes. 

Nous ne poss6dons que peu de renseignements sur 
cette 6glise et sur le mobilier qui la garnissait. « On 
y voit, nous dit le Calendrier de Toumay de 1775, 
k cdt6 de la grille des Dames, un tableau repr6sentant 



— 304 — 

Notre-Seigneur qui apparait a sainte Th6rdse, peint 
par Lucas Francois. A droite dans la crois6c, est un 
tableau repr6sentant la fuite de la sainte Vierge en 
Egypte, dans un paysage, peint par Wynkerbooms. 
Tous les autres tableaux, de mdme que celui de 
I'autel, sont de trte belles copies d'aprte Rubens et 
Vandyck, qui valent plus que de mauvais originaux. i 

Dds leur arriv6e k Tournai, nos religieuses avaient 
regu d* Antoinette de Bachy, k Teffet de meubler leur 
chapelle, une image de la Vierge, «< compos6e du bois 
du cbesne oil at est6 trouv4 Timage de Notre-Dame 
k Montaigu. » Par testament en date du 31 mars 1618, 
la mdme donatrice 16gua au^ Carmelites une somme 
de deux cents florins pour d6corer cette statue. 

Une c6remonie int^ressante eut lieu en 1727 dans 
r^glise de notre monastdre. Voici ce que nous apprend 
k ce sujet le registre aux deliberations des consaux, 
sous la date du 14 octobre de cette ann6e. 

« De la requdte des meres superieure et religieuses 
discretes du convent des Carmelites de cette ville* 
disans qu'aiant plut 4 Notre Mere la sainte eglise de 
mettre au nombre de ses saints le venerable Pere 
Jean de la Croix, premier carme deschausse et coadju- 
teur de sainte Therese dans la reforme de leur ordre, 
elles souhaiteroient avec grand zeie faire la solamnite 
de la cannonization en leurdit convent, qui sera le 
19 de ce mois, pour suivre les desseins de Sa Saintete 
Benoit XII P, notre souverain pontif, qu'at ete fait 
dans les pareils convents d'autres villes, k quel effet 
elles seront obligees de faire des depenses conside- 
rables auxquelles elles ne sont point en etat de fournir 
par raport k leur pauvrete ; sujet qu'elles viennent en 
tout respect s'adresser k Vos Seigneuries pour qu'il 
leur plairroit accorder leurs charite et bienveillance 



— 3()5 — 

ordinaire en parcil rencontre, prenant favorable cgarcl 
que ledit saint Jean de la Croix est do leur ordre, et, 
ainsy qu'il est dit cy-devant, coadjuleur de sainte 
Th6r6se leur fondatrico, et ne desirant rien plus que 
de faire connoilre au publicq, avec la sainte eglise, 
et le m6rite de ses vertus et la grandeur de sa gloire, 
il leur plairoit aussy d'assister i ladite solemnite et 
de leur accorder une messe k Thonneur dudit saint 
pendant le temps de Toctave, k c6lebrer le jour qu il 
leur plaira designer. Quoy faisant, elles prieront le 
Seigneur et imploreront le secours dudit saint pour la 
sant6, conservation et prosperit6 de Vos Seigneuries. 
— On a 6t6 d'assens de leur accorder une messe des 
consaux, mardy prochain. » 

Bien que, lors de leur admission a Tournai, il edt 
6te bien stipul6 que les Carm6lites de pourraient pas 
6tendre leur domaine iramobilier en ville au-dela de 
leur premiere acquisition, ces religieuses avaient 
achet6, au d6but de 1G28, deux petites maisons et un 
jardin de soixante pieds, en facade sur la rue Claque- 
dent. Elles en demandorent lamortissement, basant 
cette reclamation sur lenclavement de cette petite 
propri6t6 et son voisinage du lieu oil elles c6lebraient 
leurs offices. Leur deraande fut agreee, mais k la con- 
dition qu elles borneraient li leurs acquisitions. 

Ce furent en effet d'ordinaire des rentes sur la ville 
qui Gonstituerent les revenus des Carmfilites. Ainsi 
lorsque Marguerite Baclan entra, le 8 octobre ICGO, 
chez ces religieuses, sa dot fut constitute au moyen 
de trois lettres de rentes dont la ville autorisa le 
transfert le IG mai 1GG2. Ce furent encore des rentes 
que leur transfera Anne-Marie Delevigne quand elle 
fonda deux mosses par semaine k perpctuite dans 
rtgliso des Carm6litcs.« 

ANNALKS. III. 20 



— 306 — 

D^s le 3 novembre 1615, avant m6me que Tautori- 
sation definitive de fixer leur residence k Tournai ne 
fut donn6e aux religieuses Carra6lites, les consaux 
leur avaient accords les droits qu'ils conc6daient 
d'ordinaire aux couvents : le droit de minck consis- 
tant dans la permission d acheter directement le pois- 
son, et Texemption d'imp6t sur une certaine quantit6 
de biere et de vin. Mais des difficuU6s s'6tant ^levees 
pour Texercice de ces droits, nos magistrats, par 
resolution du 24 octobre 1634, les contirm^rent en 
stipulant toutefois que ces privileges « seraient regl6s 
au pied des aultres maisons de religion. » 

Les Carm6lites d6chauss6es de Tournai apparte- 
naient k la r6forme de sainte Th6r6se, et menaient 
par cons6quent une vie purement contemplative dans 
leur cl6ture perp6tuelle. Elles tombaient done sous 
le coup du d6cret du 8 d6cembre 1781, en vertu 
duquel Tempereur Joseph II pronon^ait la suppression 
des couvents qui vivaient « sans contribuer, dune 
mani^re visible, au bien-etre du prochain et de la 
societ6 civile, en tenant des 6coles, en servant des 
malades, etc. »» En cons6quence, le sieur Miroux, 
d6l6gu6 par le fiscal de Bettignies, se rendit, le 
24 avril 1782, au convent des Carm6lites pour saisir 
les efFets qui sy trouvaient, en dresser inventaire et 
reconnaitre les biens qui leur appartenaient. 

Ce ne fut qu'en 1783 que les religieuses quitt^rent 
leur cloitre, pour y rentrer toutefois bientdt a lepoque 
de la revolution brabangonne. «* Cette reinstallation, 
dit Boziere, donna lieu k une c6r6monie a laquelle 
figurerent des d6putes des Consaux et du clerge, ainsi 
que des patriotes en armes. L autorit6 saisissait avec 
bonheur I'occasion de cotte rentr^e pour faire une 
demonstration anti-josephisto, alors que la revolution 



— 307 — 

qui voulait le renversement du pouvoir de Tempereur 
en Belgique 6tait dans touto sa force. » 

Mais cetle accalinie ne fut pas de longue duree; et 
rinvasion frangaise de 1794 vint de nouveau fermer les 
portes de notre monaslere. Leglise et les bdliments 
claustraux furent vendus et demolis. U fallut altendre 
jusqu'en 1829 pour voir les Carmelites fonder un nou- 
veau convent dans le quarlier de Saint-Jean. Elles y 
ont construit une jolie chapelle, ornee de belles statues 
de Puyenbroeck. On y voit aiissi un beau reliquaire, 
qui peut-6Lre appartint k lancien convent, et qui a 
figure avec honneur dans certaines expositions retro- 
spectives. Voici la description qu'en fit autrefois 
Mgr Voisin. 

« Reliquaire-ostensoir en forme de cylindre en 
cristal de roche k cinq faces, dont deux orn6es dune 
s6rie de baies trilobecs grav6es. Ce cylindre est entour6 
k chaque extr6mite d'unc bande de filigrane en argent 
dor6 sem6 de pierreries, et terminee par un pignon 
perce d'une fen6tre ronde entouree de pierreries. Le 
cylindre est soutenu par une tige hexagone. a noeud 
cisel6 garni de boutons ou losange emaill6s, qui s'eleve 
d'un pied hexagone 6vase. 11 reste les deux premieres 
lettres d'une inscription : D. N. — XIII® si6cle. » 

II. Dominicaines. 

Le 16 mai 1028, le Frere Jean Roman, vicaire de 
la maison des Dominicains de Tournai, se pr6sentait 
k I'assemblee des consaux et leur representait «« que 
par devotion et codicille testamentaire de quelque 
personne pieuse il auroit est6 legate au remonstrant 
notable somme d'argent pr6cis6ment et soubz condition 
d'6riger une maison de fiUes du mesme ordre audit 



— 308 — 

Tournay et non aillieurs, ce que ne se pouvant faire 
sans agr6ation et conge special de Vos Seigneuries, 
pour la gloire de Dieu et augmentation de son saint 
service, il demandait de permettre Tentr^e desdites 
religieuses soubz condition qu'elles ne seront aucune- 
ment k la charge de ladite ville, comme elles ne sont 
en toute autre place et lieu de ces provinces ou elles 
sont a present establyes. »» II aj out ait qu'il n'y avait 
rien k craindre sous ce rapport puisque, en vertu m6me 
de leur regie, les Dominicaines devaient Stre suffisa- 
ment dot6es pour vivre en cl6ture sans 6tre k charge 
au public. Si Tautorisation n'6tait pas accord6e, la 
fondation serait perdue, car elle6tait faite pour Tournai 
et rien que pour Tournai. 

L'autorisation de residence fut accord^e le m6me 
jour sous les restrictions ordinaires ; dotation suffisante 
constitute en rentes plut6t qu'en immeubles, choix 
d'un local ratifi6 par les consaux, juridiction main- 
tenue k la ville sauf pour T^glise et le dortoir. 
« Adjoustant lesdits seigneurs consaulx qu ilz n'enten- 
dent donner aulcun consentement que, pour plusieurs 
bonnes considerations, elles puissent pour maintenant 
ni pour I'advenir achepter la maison quy fut k mon- 
sieur du Mont situ6e en la rue Royale, ayant sortie sur 
le Marchi6-aux-vaches. »» 

Ce fut pourtant pr6cis6ment cette maison oil les 
Dominicaines s'installerent peu apres leur arriv6e k 
Tournai. Aussi les consaux, informes de cette d6so- 
b6issance k leurs ordres, firent appeler, le 23 d6cem- 
bre 1628, le Fr^re Roman et lui signifi6rent « le tort 
que lesdites religieuses avoient faict ausdits seigneurs 
chiefz de s'estre plac6es et adomicilees en ceste ville 
puis peu de jours, sy rcnferm6es, y faict cel6brer la 
messe et aultrement s'y comport6 comme en ung 



— 309 — . 

cloistre, sans en fachon quelconque en advertir lesdits 
seigneurs, commc tenus estoyent.... ; et que faict 
encore a remarquer, en la mesme maison que sp6ciale- 
ment, pour plusieui*s bonnes considerations', leur avoit 
est6 express^ment deffendu, chose de mauvais goust et 
ne se pouvant passer soubz silence. » En consequence 
on leur ordonne d'avoir k se soumettre aux conditions 
de leur admission. 

Le F. Roman ne put fournir d'excuses valables et 
s'etait retire, lorsque les chefs des consaux le rappe- 
lerent pour lui signifier « qu'ilz persistent en leurs 
resolutions et particulierement de ne permectre leur 
residence en ladite maison quy fut monsieur du Mont ; 
ains qu'elles ajent k en sortir au plus t6t apr^s les 
festes quojement (?) et en modestie, et se retirer en 
quelque autre, soit de celle du seigneur d'Esquelmes 
oH elles estoient arrivees, ou en aultres de leurs amis, 
et s'y tenir sans y faire ny exercer aulcunes functions 
publicques tant qu'elles auront satisfaict k ce quy leur 
a este ordonne. » 

Des pourparlers eurent lieu pour Tacquisition de 
diverses maisons. II fut d abord question de celle du 
seigneur de Bercus, situee dans la grande rue S. Jac- 
ques, puis de celle du seigneur de la Howardrie. Enfin 
on se decida pour celle du comte de Westmorland, 
baron de Latimer, en la rue de la Tannerie. Le 
21 SLoti 1629, les consaux autoriserent les echevins de 
S. Brice k en adh6riter les Dominicaines. Mais moins 
d'un an apres, s 6leva une nouvelle difficulte. Nos reli- 
gieuses, sans prendre Tavis des consaux, avaient 
acquis une nouvelle maison, rue Haigne, qui tenait a 
leur convent et I'y avaient annexee. Plainte du procu- 
reur general de la ville, a la date du 1 1 juin 1G30; vue 
de lieux paries chefs; enfin autorisalion, sous la date 



• — 310 — 

du 25 juin, de conserver letat de chose acquis, mais 
avcc defense expresse de renouveler ces agissements 
et de setendre davantage. 

Les travaux d'edification du couvent des Domini- 
caines ne furent termin6s quen 103 1. Elles sy instal- 
lerent lo P'' mai de cette ann6e. Invit6s A assister A 
cette cer6monie, les consaux promirent de s'j rendre 
« un plus grand nombre que faire se poulra. » 

Nos archives communales ne renferment aucun 
document qui nous renseigne sur les dispositions int6- 
rieures de ce couvent ou sur son ameublement. Le 
Calendricr de Toumai dc 1775 ne mentionne rien de 
remarquable chez nos Dominicaines. Tout au plus 
pourrons-nous signaler le legs fait en 1052 par Claire 
Le Clercq, veuve de Maximilien Heryne. Cette dame, 
merle en 1055, avait donn6 ^ aux religieuses Domini- 
caines, en consid6ralion et faveur de ses deux fiUes 
illecq religieuses, deux grands chandeliers d'argent k 
usage d'egliso, ung petit plat d'argent, deux pochons 
d argent et clochette aussy d'argent. « 

En 1075, nos religieuses voulurent agrandir leur 
couvent et construire un nouvcau cloitre. Elles ache- 
t^rent dans ce but certains terrains, et se d6ciderent 
cette fois k reclaraer Tautorisation des consaux. 
Ceux-ci, apres une vue de lieu, donnerent leur consen- 
tement, mais a la condition que les maisons en facade 
sur la rue Ilaigne seraient vendues d6s que le mur de 
cl6ture du couvent serait construit. Nos magistrals, 
loujours attenlifs aux inl6r6ts de leurs administres, 
mirent aussi pour condition qu'elles " ne pourront 
employer en leursdils ouvragos et baslimens k cons- 
truire, des ouvriers estrangers, fussent-ils maistres ou 
valels, si ce nest quiceux ouvriers se met tent soubs 
quelque francq niaistre d'icelle ville. -^ 



— 311 — 

Au cours <lc leur sejour k Tournai, les religieusos 
Dominicaines eurent plusieurs fois recours h la bien- 
veillance des consaux; mais ce ne fut pas toiijoui's 
avec un ^gal succes. 

Le 17 avril 1714, la prieure du couvent de Notre- 
Dame du Rosaire exposait que le pape Cl6ment avait 
ordonn6 a toutes les maisons de Tordre de S. Domi- 
nique de cel6brer solennellement la f6te de S. Pie V. 
Ces fStes devant avoir lieu le deuxi^me dimanche de 
juin 1714 et le 17 du m6me mois, elle prie les consaux 
de faire chanter une messe k cette occasion, d'y assist er 
au plus grand nombre possible, et aussi de Taider de 
quelque somme d'argent. La c6l6bration de la messe 
lui fut accordde; quant au subside, les consaux le 
refusdrent. Une c6r6monie du m^me genre dut encore 
avoir lieu le 13 juin 1728, k Toccasion dela canoni- 
sation de la R. M. Agn^s du Mont-Politien. Ce fut 
pour les Dominicaines une raison de pr6senter aux 
consaux une requite semblable k la precedente. Plus 
heureuses cette fois, elles obtinrent une messe solen- 
nelle et le don d'une somme de cent florins. 

Le 22 d^cembre 1722, nouvelle requite des Domi- 
nicaines. Elles se plaignent de leur misere qu'aggrave 
encore le non payement des rentes dues par la ville et 
qui constituaient le plus clair de leurs ressources. 
Ayant constat6 que, dans les lettres royales qui les 
autorisaient k s'6tablir k Tournai, « il est express6ment 
port6 qu'elles jouiront des mfimes franchises, exemp- 
tions et privileges dont jouissent toutes autres reli- 
gieuses du meme ordre 6s pays de parde^^, » elles 
r6clament Texemption d*imp6t sur la boisson. Se basant 
sur ce que nos religieuses ne se conformaient pas aux 
conditions de leur admission , qui limitaient leur 
nombre a vingt, les consaux rejeterent leur demande. 



— 312 — 

Le d6cret de Joseph II, relatif aux maisons reli- 
gieuses, atteignait directement les Dominicaines dont 
la vie 6tah purement contemplative. En consequence 
le sieur do Bettignies, fiscal du conseil, se transporta 
en personne, le 24 avril 1782, dans le convent de nos 
religieuses pour dresser inventaire de ce qui leur 
appartenait, et bientdt apres fit former leur maison. 
Mais bient6t survint la r6volulion braban^onne ; nos 
Dominicaines s*adress6rent aux consaux le 11 mai 
1790, et firent valoir ^ que, par lepoque heureuse de 
la revolution, un chacun a rentr6 dans ses droits; et 
comme elles d6sirent de se r6unir en communaut6 et 
observer leurs voeux, elles supplient de pourvoir inces- 
samment k leur r6tablissement et aux moiens de les 
reintegrer dans leur maison. » L'affaire fut renvoy6e 
au comit6 des fondations. L'invasion franjaise de 1794 
vint d6finitivement trancher la question ; et Tordre des 
Dominicaines cessa d'exister a Tournai. 

III. Annonclades Celestes. 

Le 16 juin 1621, les archiducs Albert et Isabelle 
6crivaient aux consaux de Tournai : « Chers et bien 
aym6s, Nous avons pour agr6able que recepviez en 
nostre ville de Tournay les religieuses de Tordre de 
TAnnunciation de Nostre-Dame d^sireuses d'y fonder 
un convent a leurs despens et sans y demander 
I'aumosne ; moyennant quoy, ne pouvant cette fonda- 
tion tourner k votre prejudice et charge, Nous atten- 
dons de votre zele et pi6tc, veu les choses de semblable 
merite, que lesdites religieuses vous seront bien venues 
et admises sans y faire aucune difflcult6. » 

L'affaire en resta \k pendant deux ans, durant 
lesquelsune demoiselle Catherine de Ilangouart fit des 



— 313 — 

demarches a Rome pour obtenir du pape rautorisation 
de fonder h Tournai un couvent d'Annonciades. Les 
buUes obtenues, elle prit son recours aux archiducs 
qui, k leur tour, consult&rent T^vSque etles consaux. 
Les avis furent favorables ; celui des consaux est du 
11 octobre 1623. Aussi le 30 du m6me mois, rece- 
Tait-on de Bruxelles la lettre suivante : 

« Receu avons Thumble supplication et rcqueste de 
demoiselle Catherine de Hangouart, fiUe de Tranche et 
libre condition, contenant que, comme elle a obtenu 
par bulle de Notre Saint P^re le Pape puissance de 
dresser sa maison ou aultre en nostredite ville do 
Tournaj en monast^re des Annunciates, ainsy nous a 
tr6s humblement suppli6e qu'il nous pleust favoriser 
ladite bulle de nos lettres de placet afin de la mettre 
en ex6cution. Pour ce est-il que Nous, ces choses 
consid6r6es et sur icelles eu Tadvis tant do 1 evesque de 
Toumay que de vous prevostz et jur6z, mayeurs et 
eschevins de nostre ville et cit6 susdite, inclinons favo- 
rablement k la supplication et requeste de ladite 
damoiselle Catherine Hangouart suppliante, luy avons 
octroy6, consenti ef accorde, octroyons, consentons et 
accordons, en lui donnant cong6 et licence de gr&ce 
esp6cialle, par ces pr^sentes, qu'elle puist et pourra 
mettre ou faire mettre k ex6cution deue lesdites bulles 
apliqu6es selon leur forme et teneur, sans pour ce 
aulcunement mesprendre. i 

Toutes ces formalit^s remplies, Catherine de Han- 
gouart fit venir de Pontarlier quelques religieuses An- 
nonciades qu'elle installaprovisoirement dans sa maison 
de la paroisse de S. Piat. Puis, afin de donner a la fon- 
dation qu'elle cr6ait, une situation definitive, elle pro- 
c6da, par acte public, a la donation des fonds qui 
devaient constituer I'avoir de la nouvelle communaule. 



— 314 — 

« Andr6 Catulle, prebtre, licentie 6s loix, official et 
chanoine de Tfeglise cath6drale de Tournay, juge et 
commissaire sp6cialement d6put6 h cause de la dignitd 
de noslre officialat par nostre Saint Pere Gr6goire, 
Pape quinziesme de ce nom, pour Texficution dune 
bulle parlante de Tferection du monastdre des Annon- 
ciades de Tordre de Saint Augustin en cette ville et 
cit6 de Tournay. A tous ceux qui ces pr6sentes lettres 
voiront et oyront, scavoir faisons que le vingt sixiesme 
de novembre de cet an 1626 comparurent pardevant 
nous, et 6s pr6sences des tesmoings cy aprds d6nom- 
m6z, damoiselle Catherine de Hangouart, fille de 
franche et libre condition de feu Ouillaume, durant sa 
vie escuier, seigneur de Pielre, d'Espumereaux, de 
la maisrie de Gondecourt, etc. , d'Anthoinette de Croy 
(lisez Croix), dame de le Court, etc., d'une part, et 
les Rev6rendes M6res SS. Marie-Glaudine-Scholas- 
tique, prieure, et Marie-Jenne-Magdeleine, sous- 
prieure, au nom des religieuses et de tout le monas- 
t6re des Annonciades susdictes fond6es par la premiere 
comparante, d'autre part; et a cognu et confess6 
icelle damoiselle Catherine de Hangouart avoir donn6 
et donner par ce present instrument par donation 
d'entrevif et irr6vocable Ja somme de huict mils florins 
carolus pour la fondation premiere dudit monast^re 
et pour achepter terres ou rentes conservables k per- 
p6tuite sans que jamais ellesne pourront estre ali6n6es ; 
mais, toutesfois qu'elles seront vendues ou rembour- 
s6es, autant de fois les deuxiesmes comparantes et 
leurs succedantes en offices et tout le convent seront 
tenus et obligees remploier les deniers en pareil ou 
meillieur achapt de terres ou rentes, et faire mention 
aux lettres d achapt que lesdits deniers proc6dent de 
la premiere fondation de ladite damoiselle de Han- 



— 315 — 

gouart, laquelle en oultre a confess6 avoir donn6 et 
donner aux susdiltes RR. MM. et k leur monastere 
la maison, jardin et h6ritage ou elles sont k present 
en la paroisse de S. Piat, abordant de deux lez aux 
jardins du refuge de Tabbaye de Si Amand, et de 
Tabbaye de S. Martin de Tordre de S. Benoist, d'autre 
lez k rh^ritage de monsieur Cousin, chanoine de 
Tournay .: de laquelle maison, s'il y avoit quelque 
debat de son vivant ou apr^s sa mort, elle veut que 
lesdittes RR. MM. succ6dantes en offices et convent 
ayent droit de prendre sur tons ses biens pr6sens et 
advenir la somme de cinq mille florins, lesquels (ledit 
cas arrivant) elle leur donne par donation d'entrevif 
et irr6vocable a pr6sent comme pour alors, et pour 
quoy elle assujetti dois k present tous ses biens susdits. 
Semblablement confesse leur avoir donn6 et quitt6, 
donne et quitte tant que besoin est tous les frais et 
despens qu'elle a fait tant pour la procuration de 
laditte buUe de Notre Saint Pere le Pape Gr6goire XV 
servant k Terection du monastere, qui comance In 
aposlolicce dignitatis culmine constitiUi, et pour obtenir 
le placet de Nostre Sire le Roy d'Espaigne comme 
aussy des deux cens florins qu'elle a frai6 et d6bours6 
a cause du voyage d'icelles secondes comparantes pour 
venir de Pontarlier en Bourgongne jusques a Toumay, 
y estans par nous appell6es pour Terection et meilleure 
direction dudit monastere. Item, laditte damoiselle 
de Ilangouart confesse avoir donn6 et donner aux 
secondes comparantes tous et chacun moeubles et ornc- 
ments k elle auparavant appartenants, qu elle a livr6 
et baill6 audit monastere, tant servans a la chapelle 
qu'^ I'usage de la maison, porlans trois cens florins 
et davantage sauf meilleure et plus juste estimation, 
ensemble de deux cens florins quelle a frai6 poux 



— 316 — 

racommodation de laditte maison en monast^re, et 
six cens Horins qu'elle a d6sign6 ct laiss6 pour la 
fondation d*une lampe ardente en huillejour et nuit 
devant le Saint Sacrement en la chapelle ou ^glise 
lorsqu'elles en auront, et g6n6ralement tous autres 
despens et raises qui pourroient avoir este fray6es 
par icelle damoiselle de Ilangouart k cause de I'^rec- 
tion, fondation et direction dudit monast^re; toutes 
lesquelles choses elle leur at donQ6 puremeht et sim- 
plement pour Famour de Dieu, honueur de la glorieuse 
Vierge Marie Annonciade, r6mission de ses p6ch62 et 
salut de son &me, ne voulant que lesdittes religieuses 
soient inqui^tees de personne, mais qu'elles gouver- 
nent les biens et revenus susdits comme leurs autres 
biens qui appartiennent ou appartiendront k leur 
monastere, selon leurs institutions et privileges et en 
suitte de la facult6 que nous leur avons donn6 par 
nos lettres patentes ex6cutoriales sur ladite buUe 
de N. S. P6re le Pape Gr6goire XV, consentant 
n^antmoins laditte damoiselle de Hangouart que les 
secondes comparantes pouront vendre laditte maison, 
ou pr6sentement est le monastere pour achepter une 
autre place ou maison, si ainsy estoit trouv6 convenir 
d leur plus grande comodit6 et gloire de Dieu k con- 
dition que sera fait mention aux lettres d'achapt, que 
les deniers venans de laditte vendition de la maison 
oH estoit ledit premier monastere y ont est6 emploi6s, 
Et afin qulcelle fondation demeure k tousiours ferme 
et stable, ladilte damoiselle de Hangouart veut ot 
entend que les susdits biens provenans d*elle seront 
tousiours conserv6z au mesme ordre aussy longtemps 
qu'il sera en pied et maintenu ; et en cas mesme que 
le' monastere viendroit estre mine par fortune de 
guerre ou autre accident, ce qu'A Dieu ne plaise, les 



— 317 — 

susdits biens ne pourront estre appliqu6s aulremont 
que ne portent et disposent les constitutions et privi- 
leges dudit ordre et monast6re. Ont (lesdites secondes 
comparanles) d6clare accepter et avoir pour agr6able, 
comme elles acceptent par ceste, confessant et decla- 
rant en special avoir receu les susdits huict mille 
florins carolus de fondation de ladite damoiselle 
Catherine de Hangouart, et ce, partie en noeuf bon- 
niers et deux cens de terres labourables gisans au 
village de Landas qui ont est6 achept^es quattre mille 
et cent quarante sept florins, et autre partie, sgavoir 
est trois mil huict cens cincquante trois florins carolus, 
en argent dont sera cr66 une lettre de rente de pareille 
somme au denier vingt sur la ville de Tournay ou 
ailleurs, asseurSment; au moyen de quoj icelles 
secondes comparantes, au nom de Tordre et de tout 
le convent, ont promis de maintenir et entretenir 
ladite fondation par elles et leurs succ6dantes en 
offices et monast^re, et mesme, recognoissant le bien 
qu'il a pleu k ladite damoiselle de Hangouart faire et 
procurer en 6rigeant ce monast^re, Tout recogneu pour 
premifere fondatrice des Annonciades en celte ville de 
Tournay, s'obligeant luy oflrir, si ainsy luy plait, ou 
k messire Barth6lemy de Hangouart, chevalier, sei- 
gneur dele Court, etc., son frere, et successivement 
au chef de la famille des Hangouarls, ou k faute de 
sexe masculin descendant dudit seigneur de le Court 
et de madame Marie de Pressy, sa femme en pre- 
mieres nopces, k la plus proche parente porlant le 
surnom de Hangouart, une chandelle armoyfee des 
armes dudit monast^re d*un cost6, et de I'autre cost6 
des armoiries du chef des Hangouarts, et ce au jour 
de S. Madelaine, par le prebtre c61ebrant la messe 
a loffertoire ou k la fin dc la messe durant laquello 



— 318 — 

elle debvra ardre, en la forme quo se fait en aucunes 
religions; et au cas que personne d'iceux k qui 
appartiendra ne comparoistroit audit jour pour recep- 
voir ladite chandelle apres avoir ost6 ardante tout le 
temps de la messe, ont promis de Tenvoier a la place 
qu'il leur plaira nommer en cette ville et non dehors; 
et pour plus ample et perp6tuelle m6moire du b6n6fice 
receu, lesdittes secondes comparantes ont promis 
aussy et se sont obligees, outre les pri^res qui leur 
sontprescriptes et ordinaires pour les patrons et fon- 
dateurs specialement, dire et faire c6lebrer tous les 
ans et a perpetuit6 un obit ou anniversaire pour le 
repos de TSme de laditte damoiselle de Hangouart, 
de ses parens et amis, a commencer au jour de son 
trespas, avec vigiles k noeuf lemons et une messe de 
Requiem, eten oultre qu'elles auront tousjours esgard 
de recevoir aucunes filtes de la parents de laditte 
damoiselle de Hangouart devant toute autre, si avant 
qu'elles seront lrouv6es capables k la religion suivant 
leurs constitutions; finallement elles ont effort en 
action de grAce k laditte damoiselle Hangouart les 
pridres suffrages et communication de touttes les 
bonnes oeuvres qu'elles feront et faire pouroht tant elles 
que toutes les monasteres k jamais pour les vivants et 
trespass^z, comme les autres monasteres ont accous- 
tum6 de faire pour leurs fondateurs accordans aussy. 
que les feuz p^re et m6re de laditte damoiselle, fr6res 
et soeurs et leurs descendans soient participans des 
prieres, suffrages et favours susdits, le tout selon la- 
puissance accord6e a leur monastere par laditte bulle 
de Nostre Saint Pere le Pape Gregoire XV, et autres 
privileges de leur ordre. Touttes lesquelles donations, 
acceptations et obligations r6cipraques Nous, en la 
qualilo de juge et executeur apostolique susdit, avons 



— 319 — 

lou6, confirm6 et approuv6, louons, confirmons et 
approuvons par cestes, et voulons estre iuviolablement 
observ6es, en y condemnaut les parties de leur gre et 
consentement ; d6clarans en outre que laditte damoi-' 
selle de Uangouart, par les donations que dessus, a 
satisfait amplement a la fondation premidre et aux 
conditions portees par la susmentionn6 bulie de 
N. S. P. le Pape Gr6goire XV en ce qui touchoit de 
son intention et debvoir, demeurant icelle libre 
d augmenter ses faveurs et Iib6ralit6s vers ledit monas- 
tdre si et comme elle trouvera convenir. En confir- 
mation de tout ce que dessus, avons sign6 ce present 
instrument de nostre seigne manuel, et fait sceller 
de nostre seel, avec apposition aussy des seignes 
manuels et seaux des susdittes comparantes, en pr6* 
sence de messieurs maistres Anthoine Carpentier, 
prebtre, pasteur de S. Pierre en Tournay, et maistre 
Jacques Varlet, aussy prebtre, chapelain de S. Estienne 
dit Notre Dame de Halle en I'^glise paroiscialle de 
S. Quenlin audit Tournay, t6moins a ce requis et 
appell^z. Faict au monast^re susdit des Annonciades 
en Tournay, les jour, mois et an que dessus. » 

L'ex6cution de la clause do la remise d'un cierge 
armorie k la fondatrice du couvent ou h ses h6ritiers 
donna lieu 4 quelques difficultes k cause de la cldture 
de nos religieuses. L'autorit6,eccl6siastique appel6e 
k se prononcer decida que la remise en serait faite k 
r^glise, et que, pour cette c6r6monie, les grilles du 
choeur seraient exccptionnellement ouvertes comme 
lors des prises d'habit. Des lettres conformes k cette 
d6cision furent d6livr6es par la prieure des Annon- 
ciades k Catherine de Hangouart, le 10 mars 1628. 

Revenons k Tinstallation de nos religieuses. Ainsi 
que I'avait pr6vu Facto de fondation, la maison, ou 



— 320 — 

s'^taient install6es les Annonciades h. leur arrivSe h 
Tournai, ne leur suflSsant pas, elles en achet^rent 
deux autres dans la meme rue, mais sur le rang 
oppos6, et en obtinrent Tadhdritement, le 2 mars 1627, 
ii charge de revendre leur premiere maison. Les con- 
saux veillaient du reste a ce que leur domaine immo- 
bilier ne prlt pas d'extension : ainsi ils leur refuserent, 
le 16 novembre 1627, Tautorisation pour les nouvelles 
religieuses dc payer leur dot en biens fonds. 

Les travaux de construction ayant 6t6 promptement 
entam6s, on invita nos magistrats h assister k la pose 
de la premiere pierre du convent, qui devait avoir 
lieu le 26 mars 1629. Cette invitation fut accept6e. 
Au cours des travaux, on trouva le nouveau terrain 
insuffisant; et sur leur reclamation, on accorda, le 
25 septembre suivant, aux Annonciades la permission 
dy joindre un petit heritage k front de la rue 
des Pigniers. 

Un petit registre de comptes de la maison nous 
renseigne sur quelques travaux. J'en extrais certains 
passages en respeclant I'orthographe tout A fait rudi- 
mentaire de la soeur boursiere : 

« Pay6 pour la r6cr6tion des machons lorsqu'ils ont 
plant6 le may, le 11 d'octobre 1629, 5 francs. — 
Pay6 a Michel Taverne pour avoir taille une pierre de 
TAnnonciad et une pierre avec le Nom de J6sus, pour 
mettre dessus la porte de devan, la somme de 5 francs 
10 sous, n 

Le chapelain des Annonciades se pr6senta aux con- 
saux, le P' juillet 1631, et leur exposa que « demain 
leur intention est sortir leur premiere maison pour 
entrer en celle nouvellement bastye. » Ce transfert 
devant avoir lieu solenncUcment par une procession 
dans laquelle Icvequo portera le Saint-Sacrcment, il 



— 321 — 

invite les consaux k y assister, et les prie de faire 
carillonner pendant ce temps au beffroi. Les chefs 
accord^rent le carillon et promirent d'assister en per- 
sonne k la procession. 

Treize ans plus tard les Annonciades se d6cid6rent 
k faire construire une 6glise. La premiere pierre en 
futpos6e le jour de Notre-Dame des Neiges (aout 1624). 
Apres avoir honor6 cette cer6monie de leur presence, 
nos magistrats voulurent contribuer k Tembellissement 
de r^difice, et accord^rent aux religieuses, le 30 mai 
1645, une somme de 250 florins destinSe k faire poser 
k la facade principale de Tfiglise une verri^re portant 
les armes de Tournai. Mais le 18 septembre de I'ann^e 
suivante, les Annonciades obtinrent Tautorisation 
d'appliquer cette somme k I'Sdification d'un portail. 

Le livre de compte, dont j'ai parl6 plus haut, nous 
fournit encore, un sujet de ce travail, quelques som- 
maires renseignements que je transcris textuellement : 
« Pay6 k la vesve Toilloy, ce 23 de novembre 1646, 
pour Tenrichissement du pignons du portalle, la 
somme de 18 francs. — Pay 6 a Michel de le Mot, 
pour avoir dor6 le cocque et pain le feticaur de la 
sacristi, la somme de 6 francs 10 sous. y» 

Un grand nombre de messes 6taient fondees dans 
cette 6glise. C est un document appartenant a lancien 
d6p6t des archives de TEiat qui nous Tapprend. 
* Voicy tons les jours de feste quil faut dire la messe 
pour la fondation que mademoiselle de Hangouart a 
faict a nostre monastere de TAnnonciade C6leste 
de Tournay, Tan 1649. 



Au mois de Janvier : 

1. Le jour de Tan, 

2. I'Epiphanie. 



ANNjLLKS. III. 21 



— 322 — 

Au mois de fevrier : 

3. la Purification de Nostre Dame, 

4. S. Mathias. 

Au mois dc mars : 

5. S. Joseph, 

6. TAnnonciade. 

Au mois d'avril : 

7. la premiere feste de Pasque, 

8. la seconde feste de Pasque, 

9. S. Marc. 

Au mois de may : 

10. S. Jacque et S. Philippe, 

11. la D6dicace de Nostre Dame, - 

12. TAscension de Nostre Seigneur, 

13. la premiere feste de la Pentecoste, 

14. la seconde feste de la Pentecoste. 

Au mois de juin : 

15. la feste du Trds Saint Sacrement, 

16. la Nativite de S. Jehan, 

17. S. Pierre et S. Paul. 

Au mois de juillet : 

18. la Visitation de Nostre Dame, 

19. S. Marie Magdeleine, 

20. S. Jacque. 

Au mois d'aoust : 

21. Nostre Dame au Neige, 

22. S. Laurent, 

23. TAssomption de Nostre Dame, 

24. S. Barth6lemy, 

25. S. Eleuthdre, 
20. S. Augustin. 



— 323 — 

Au mois de septembre : 

27. la Nativit6 de Nostre Dame, 

28. TExaltation de la Sainte Croix, 

29. S. Mathieu, 

30. S. Michel. 

Au mois d'octobre : 

31. S. Piat, 

32. S. Luque, 

33. S. Simon et S. Jude. 

Au mois de novembre : 

34. la feste de tous les Sains, 

35. la feste des Morts, 

36. S. Martin, 

37. la Presentation de Nostre Seigneur, 

38. S. Catherine, 

39. S. Andre, 

Au mois de d6cembre : 

40. la Conception de Nostre Dame, 

41. nostre bienheureuse M6re Marie- Victoire, 

42. S. Thomas, 

43. la Nativit6 de Nostre Seigneur, 

44. S. Estienne, 

45. S. lehan, 

40. la feste des S. Innocens. »» 

Pour achever de dire ce que nous savons relative- 
ment k r6glise des Annonciades, signalons-y « un 
tapy ouvre de poinct de Turquy, » qu'on posait dans le 
chccur lors des prises d'habit, et qui avait 6t6 donn6 en 
1G54 par la fondatrice mdme du convent, qui y eut sa 
sepulture. Sur le grand autel se dressait un tabernacle, 
sans doute assez riche, car il coiite 300 florins. C'6tait 



— 324 — 

un don de Catherine-Th6rese d'Enneti^res, morte en 
1668. 

Comme tons les ordres religieux 6tablis k Tournai, 
les Annonciadesjouissaient de certaines faveurs accor- 
dees par le magistrat, entre autres la remise dune 
partie de Vimpdt sur les boissons. Pour rendre cette 
remise encore plus avahtageuse, nos religieuses deman- 
derent, en 1640, de pouvoir construire une brasserie 
dans Tenclos de leur monast^re. Cette faveur leur fut 
accord6e, mais a la condition de payer chaque ann6e 
une imposition tax6e A la somme de 162 livres 10 sols. 

Lorsqu'en 1667 Louis XIV se fut empar6 de Tour- 
nai, le roi, sur les representations de Vauban, d6cida 
de construire une nouvelle citadel le sur les hauteurs 
de la rive gauche de TEscaut. Le monast^re de nos 
religieuses se trouva englobe dans le p6rim6tre des 
nouvelles fortifications. 11 fallut done se resoudre k un 
nouveau changement de residence ; et on leur accorda 
en echange lancien h6tel des gouverneurs de la ville, 
situ6 dans le quartier du Chateau. 

Voici comment s'exprime k ce sujet le ^ cahier et 
priserie des heritages du chAteau donnes en ^change 
aux particuliers pour ceux pris pour Tesplanade de la 
citadelle(l669) : 

« Aux religieuses C6lestines pour r6glise, maison, 
jardin et h6ritage k elles appartenans, cotte dans ledit 
plan de I'esplanade n° 10, k elles assign6 en 6change 
la maison, jardin et h6ritage qu'at occup6 le gouver- 
neur, avec la maison qui etoit annex6e k la cure dudit 
chateau, et les deux vieilles maisons qui sont entre 
ladite maison de monsieur le gouverneur et celle de 
la cure. » Ce terrain avait 210 pieds de facade, et 
290 pieds de profondeur. 

Lors de la demolition, il y a quelques ann6es, de ce 



i 



— 325 — 

qui reslait de Tancien convent des C6lestines, notre 
confrere, monsieur L. Cloquet, a publie dans nos 
Bulletins un petit travail arch6ologique sur ce monas- 
tdre et y a joint unevue des derniers d6bris de Tancien 
h6tel des gouverneurs. Je ne puis mieux faire que d y 
renvoyer le lecteur. Je me bornerai a analyser les 
documents que ra'ont fournis nos archives. 

Bien qu'install6es dans leur nouveau local des 1670, 
ce ne fut qu'en 1683 que les C6lestines firent travailler 
k leur chapelle. Le 27 avril de cette ann6e, elles 
demandaient aux consaux Tautorisation de reconstruire 
un portail semblable k celui de leur ancien couvent. 
Apr^s vue de lieu, la permission leur fut accordee. 
Mais ce travail n'allait pas sans un subside; aussi 
voyons-nous qu'on leur accorde une aide de 500 livres. 
Le livre de comptes, que j'ai cit6 k plusieurs reprises, 
nous fournit encore ici deux petits renseignements que 
je transcris : « En 1702, paye le tailleur de pierres 
pour 170 paires de careaux de marbre blanc et noir 
pour le pavement du choeur de notre 6glise, 425 florins. 
— Achat d'un tableau de la Descente de Croix , moyen- 
nant 24 florins, en novembre 1706, dont le cadre couta 
2 florins 16 patars. « 

Comme les maisons religieuses, dont j'ai parl6 dans 
les chapitres pr6c6dents, le couvent des C6lestines fut 
ferm6 sous le r6gne de Joseph II. Ce fut le sieur 
de Bettignies, fiscal du conseil, qui se chargea lui- 
m6me de TexScution des d6crets de Tempereur. Les 
Annbnciades Celestes rentrdrent-elles dans leur couvent 
lors de la r6volution brabanjonne? C'est probable, 
bien que je n'ai rien rencontr6 a ce sujet. Dans tous 
les cas, si la r6ouverture du monast6re eut lieu, ce 
fut pour peu de temps, et Tinvasion fran^aise de 
la fin du si6cle dernier vint d6finitivement disperser 



— 326 — 

nos religieuses, dont Tordre ne se reconstitua pas a 
Tournai. 

IV. Religieuses de Sion. 

• 

S'il est un ordre religieux k Tournai, dont Thisioire 
doive sembler facile a 6crire, c'est assurement celui 
des Soeurs de Notre-Dame de Sion. Les d6buts de cet 
ordre et les 6v6nements qui le concernent ont 6te 
racont6s jusqu'en 1644 par Jacques de la Porte, reli- 
gieux Augustin (i), a la requete de Dame Claude de 
Boulogne, Prieure du monastere. Le manuscrit en a 
6t6 retrouv6 et acquis, il y a quelques annees, par 
monsieur le comte de Nedonchel, qui en a donn6 une 
courte analyse dans nos Bulletins (2). 

D'autre part les archives presque completes de la 
maison existaient, m'a-t-on assur6, dans lancien d6p6t 
des archives de TEtat a Tournai. Mais le transfert de 
ce d6p6t k Mons s'est elfectue avant que je puisse 
depouiller ce dossier. Dans ces conditions, il ne me 
sera possible de dire que fort peu de choses relative- 
ment k la maison de Sion. C'est celle en effet des 
maisons religieuses de Tournai dont nos magislrats 
ont eu le moins k s'occuper. 

- A tous ceulx que ces pr6sente3 lettres voiront ou 
oiront, Mayeur et eschevins de la ville et cite de 
Tournay, Salut. Scavoir faisons que le jour et datte de 
ces dittes pr6sentes, pardevant nous comparut en sa 
personne mailre Jacques Bosquillion, prebtre, fonda- 
teur de la bonne maison des fiUes devotaires de la 
soci6te Notre Dame de Sion, siluee en la rue de le 



(1) V. mon art. sur Jacques de la Porte et ses oeuvres. — Bull, de 
la Soc. hist, et Hit, T. XXIV, p. 8. 

(2) Bull, de la Soc. hist, et lilt. T. XXI, p. 205. 



— 327 — 

Gaine (actuellement des Filles-Dieu) dela ditte ville. Et 
recognut que, d6sirant dotter honnestement la ditte 
maison pour y estre entretenues et alimentees apres 
son trespas k perp6tuit6 six fiUes vierges, il avait 
donn6, et par ces pr6sentes donnoit par don d'entrevif, 
irrevocable et sans rappel, les parties et sommes cy 
apres d6clar6es, ce acceptantes, pour et ou nom de la 
ditte soci6t6, Miehielle Barbieur, dame et maitresse, 
Marie Barbieur, Anne Bosquillion et Catherine Jonc- 
quois, jeusnes filles admises par ledit fondateur en 
laditte maison, pour ce comparantes. Premiers, ledict 
fondateur a donn6 et donne comme dessus a la ditte 
maison et soci6te pr6sente et future tons et quelzconc- 
ques ses biens meubles reput6z pour meubles, droictz 
et actions mobiliaires, rentes heriti^res, cours et arrl6- 
raiges d'icelles et des censses deues, escheus et k 
escheoir jusques au jour de son trespas, le tout pour 
prendre, lever et avoir en tel estat que lors il sera 
trouve et non anchois oA que les meubles soyent sceuz 
et trouv6z, saulf les choses particulierement donn6es 
ou I6gat6es k aultres lieux ou personnes ; bien entendu 
que, sy lesdis lieux ou personnes refusoient d'accepter 
leurs dons ou l^gatz, et ou ne volsissent accomplir les 
charges des dittes donations particuli6res, en ce cas 
ledit fondateur donne k la ditte societ6, par semblable 
donation d'entrevif, les donations et choses refus^es, 
soient meubles ou immeubles,. le tout sans aultres 
charges que dessoubz. Item, et donn6 et donne, comme 
dessus, Tusufruict, proufictz et revenuz de toutes et 
chacunes ses terres, maisons et heritaiges desquelles 
il sera trouv6 propri6taire et possesseur au jour de son 
trespas, pour en joyr par la ditte society le terme ct 
espace de douze ans continuelz apres son trespas, n 
charge des reliefz, rentes et arrieraiges que debveront 



— 328 — 

les dittes terres lesdis douze ans durans. Item, a donn6 
et donne comine dessus trois mil florins carolus de 
vingt patars la piece, k prendre, lever et avoir apr^s 
ledit terme de douze ans expirez, et quant bon semblera 
k laditte soci6t6, maistres ou commis, apres ledit 
trespas, sur toutes et quelzconcques les terres, maisons 
et h^ritaiges k luy appertenantes- es chastelenies de 
Lille, Douay, Orchies et appendences, et non ailleurs 
ny sur aultres biens meubles ou immeubles, dont 
laditte soci6te, maitres et commis, polrat et polront, 
durant ledit terme quani ilz trouveront convenir, faire 
vendre et subaster lesdittes terres et maisons pour^ sur 
les deniers en proc6dans, lever et recepvoir laditte 
somme de trois mille florins carolus ou tant que 
lesdittes ventes porteront, tons droictz seigneurialx et 
despens de justice preallableraent payez et d6falqu6z ; 
et si lesdittes ventes portoient plus en francqz deniers, 
ledit fondateur en at aussy faict pareille donation que 
dessus a laditte soci6t6, k charge de remployer les 
deniers qu elles recepveront des dittes ventes en achapt 
de rentes h6riti6res ou des mesmes terres ou d'aultres 
parties, par Tadveu des seigneurs, au proufict de laditte 
soci6t6 et maison de Sion. Et pour plus grande sceu- 
ret6 desdittes donations, ledit fondateur a donn6 et 
octroy6, donne et octroye par ces presentes k laditte 
society, leurs maitres ou commis, puissance, auctorit6 
et mandement esp6cial de cr6er ou faire cr6er main 
assize ou apprehender par mise de faict ou aultrement, 
comme ils trouveront convenir, lesdittes terres, mai- 
sons et heritaiges apr^s ou devant son trespas, et les 
faire vendre apres ledit trespas. Lesdittes donations 
faictes a charge que laditte soci6t6 sera tenue de payer 
les debtes, furnir et accomplir le testament, services, 
obsecques et fun6railles, dons et legatz testamentaires 



— 329 — 

ouaultres dudit fondateur et donateur; item, de c6le- 
brer apr^s son dit trespas, en leur oratoire ou chapelle 
de laditte soci6t6, s'il plaist it monseigneur le r^v^ren- 
dissime Evesque de Toumay ou aultre sup6rieur per- 
mettre, accorder et consentir d'en Sdifier, bastir ou 
accommoder audit lieu une chapelle ou oratoire pour 
cel6brer, sinon aillieurs oil bon leur semblera, trois 
messes par sepmaines k perp6tuit6 pour les &mes dudit 
fondateur, de soeur Margueritte Bosquiilion, religieuse 
k Marvis, sa soeur, et aultres ses parens et amis vivans 
et trespass&s, dont la premiere se dira le lundy ou 
mardy du nom de 41^^us, la seconde le vendredy de 
Passion, et la tierche le sabmedy de Notre Dame; 
item, de nourir et entretenir -en laditte maison le 
nombre de fiUes que receues par luy seront au jour de 
son trespas, et, s'il n*estoit complet de six, k charge 
d'en admettre les premiers requ6rantes, trouvfees 
idoines et capables, en dedans trois ans apr^s ledit 
trespas; item, k charge de bien et deuement entretenir 
les hostieux et carpentaiges de laditte maison et les 
meubles communs d'icelle maison en leur entier telz 
qu'ils seront audit jour de son trespas, sans les pooir 
vendre, donner ny alli6ner. Sera tenue chaque fiUe 
estofer sa chambrette k ses frais, coustz et despens, de 
toutes choses convenables et accoustum6es, ou les 
payer au pourfict de laditte maison, sy jk laditte 
chambrette estoit estofee de couche et aultres meubles, 
et de s'accoustrer honnestement selon la coustume du 
lieu et en conformil6 des aultres consoeurs de laditte 
soci6te ; et oultre ce, sy elle at ou attend aulcuns biens 
meubles ou immeubles, de donner par don d entrevif, 
au proufict et pour augmentation des biens de laditte 
maison, tous et chacuns ses biens meubles et r^put^z 
pour meubles, droictz et actions mobiliaires, item ses 



— 330 — 

immeubles ou la valeur en argent cler sur iceulx, pour 
le moings aussy avant qu'elle aura ou poira prouficter 
k Tadvenir et coustera k laditte maison a cause de ses 
despens de bouche, alimentations, soUicitudes, entre- 
t6nemens, m6decines et aultres n6cessitez corporelles 
durant la vie. Item, seront tenues les filles d6votaires, 
admises en ladite soci6t6, de dire et r6citer toiis les 
jours par ensemble en leur oratoirele petit oflSce de 
Notre Dame, les lectures et aultres prieres pour les 
fondateurs, bienfaiteurs, conservateurs, maitres, supe- 
rintendens et leurs consoeurs, et au reste se conduire 
et r6gler k perpetuit6 suivant I'intention et ordonnances 
dudit fondateur, contenues en ses escriptz pour ce 
faictz et delivrez entre les mains desdittes maistresse 
et filles. Toutes lesquelles donations, charges, devises 
et conditions tant en particulier comme en g6n6ral 
lesdites maistresse et filles, comparantes en laditte 
qualit6 tant pour elles que pour leurs successeuresses, 
ont accepts et acceptent ces pr6sentes, et promis les 
tenir et ensuivre de poinct en poinct a jamais. Mesme 
desirant accomplir et effectuer de leur part ce que en 
elles est, touchant les donations faire par les filles 
admises comparantes, de rechief toutes en g6neral en 
laditte qualit6, et chacune respectivement en son parti- 
culier ont et a donn6, donnent et donne tous et quelz- 
concques les biens meubles, droictz et actions mobi- 
liaires r6put6z pour meubles, lettres de rente qu'elles 
ont et avoir polront competer et appartenir par succes- 
sion, hoirie ou aultrement jusques audit jour, ou la 
valeur et pris d'icelles terres, maisons et heritaiges ou 
qu elles soient ou seront gisantes et s6antes, pour par 
laditte societ6 en joyr, user et possessor depuis lours 
dits trespas en avant heritablement et a tousjours en 
commun et en augmentation des biens de laditte 



— 331 — 

maison, k charge de leurs testamens, services, obsec- 
ques et fun6railles; ce que lesdis fondateur et fiUes, 
Tune pour Taultre en laditte qualit6, ont accept6 et 
acceptent au proufict de laditte maison de Sion, 
nonobstant droictz, stilz, us, coustumes de ville ou 
pays ad co contraires, ausquelz en g6neral et k chacun 
en particulier lesdictz comparans ont renonche et renon- 
chent de leur plain gr6 et franche volont6 mesmes au 
droict, disant g6n6rale renonchiation non valoir, et a 
toutes graces, pr6vileges et reliefz de droictz, soubz 
Tobligation de tous leurs corps et biens meubles ou 
immeubles vers tous seigneurs et justice, promectans 
recognoistre quant et oil besoing sera. En tesmoing 
de ce, nous avons a ces dittes presentes faict mettre et 
appendre le seel dudict eschevinaige, quy furent faictes 
et donn6es le second jour de juillet mil six cens et 
huict. « 

Comme on le voit par Tacte que je viens de trans- 
crire, ce n'etait pas un convent qu'avait fond6 Jacques 
Bosquillon, mais une sorte de refuge pour six fiUes. 
Ce ne fut qu'en 1609, <* la surveille de TAscension, « 
que, sur Tinstante demande de ces fiUes, levfique de 
Tournai donna Thabit religieux a trois d entre elles. 
Appel6 d6sormais k se developper promptement, le 
nouvel ordre ne poiivait se contenter de la petite 
maison que lui avail donn6e son fondateur. Le nouveau 
local 6tait situe au Grand Rhoduit, et consistait en 
une maison provenant des enfants de Nicolas de Flines, 
dont les consauxautoriserentTachatle 29 Janvier 1613. 

Des d6marches furent faitesa Bruxelles afin d obtenir 
Tamortissement du nouveau monastere. Apr^s une 
assez longue enquete, nos magistrats, dans la seance 
du 8 juillet 1614, accorderent •* Tamortessement du 
lieu oii se erigera ledit monastere en y reservant 



— 332 — 

n^antmoins toute jurisdiction haulte, moienne et basse 
que la ville y a. « A cette faveur les consaui ajoutaient 
les autres privil^es dont jouissaient 6galement les 
maisoDs religieuses dont j'ai parl6 pr6cMemment. 
L'aide en argent ne fit pas non plus d6faut. Ainsi en 
1619, lorsqu'il s'agit de mettre la derni^re main k leur 
chapelle, on accorda aux Dames de Sion une somme 
de 300 florins. 

Je n'ai rencontr6 aucun document relatif a cette 
6glise. Je sais seulement qu'on y v^nSrait les reliques 
de S. Victor, et que Tapport de ces reliques donna lieu 
k une c6r6monie solennelle que mentionne le registre 
aux deliberations des consauxdans les termes' suivants : 

« 31 juillet 1685. — De la requeste des Prieure et 
religieuses du monast^re de Sion en cette ville, disantes 
qu'ayant est6 favoris6es de Rome du corps de S. Vic- 
tor, martyr, comme il appert par la bulle de N. S. P. 
le Pape Innocent xj"** et par Tapprobation de Monsei- 
gneur TEvesque, elles ont obtenu de messeigneurs le 
vicaire g6n6ral et cbanoines de la cath6drale que, le 
sabmedy 18 aoust au soir, on sonne la grosse cloche 
de ladite catb6drale pour annuncher la feste dudit saint 
martyr au peuple ; que le lendemain matin on assamble 
dans ladite cath6drale les r^guliers, ou on chantera la 
grand messe dudit sainct, a la fin de laquelle se fera 
une procession solemnelle qui sortira par le grand 
portal et descendra par la rue du coll6ge de S. Paul 
vers la rue de Courtray, puis ira par la grande rue de 
S. Jacques pardevant les RR. PP. Augustins pour de 
la monter vers la porte de Lille, revenant droit au 
Grand March6 par la petite rue du Rhoduit k la cha- 
pelle desdites religieuses ou on ne laissera entrer que 
le clerg6 et messieurs du magistrat, k cause de la peti- 
tesse de la chapelle, k laquelle procession lesdits sei- 



— 333 - 

gneurs ont permis que devancent quelques chariots de 
triomphe et autres ornemens convenables; suivront 
lesdits r^guliers et messieurs les chanoines en corps 
avec tout le clerg6, au milieu duquel sera port6 la 
fiertre dudit corps saint par quatre prebtres. » En con- 
sequence elles invitaient les consaux k assister k la 
c6r6monie, demandaient qu on fit carillonner la veille 
au beffroi, et que le lendemain on allumat un feu de 
joie sur le Grand March6. Ces demandes leur furent 
accordees. 

L'ordre des religieuses de Sion prosp6ra rapidement ; 
et avant la fin du si6cle on comptait k Tournai qua- 
rante religieuses, dont beaucoup, comme le fait remar- 
quer M. le C^ de N6donchel dans sa note sur le 
manuscrit de Jacques de la Porte, appartenaient aux 
families les mieux pos6es de Tournai. C'est ainsi que, 
d^s 1630, revfitaient Thabit des soeurs de Sion deux 
filles du seigneur de Merlin, grand pr6v6t de la ville ; 
celui-ci ayant invite ses collogues du magistrat k la 
c6remonie, re^ftt d eux une pi6ce de vin d'Ay. 

Supprimees par r6dit de Joseph II, les religieuses 
de Sion rentrdrent dans leur monast^re durant la 
revolution brabangonne, mais pour peu de temps. Les 
Frangais 6tant entres k Tournai le 7 novembre 1792, 
les commissaires de la r^publique mirent les scell6s au 
convent le 8 fSvrier 1793. Ce fut la fin du monast^re 
de Sion. 

V. Ursulines. 

Le 31 Janvier 1654, le secretaire de Robiano trans- 
mettait aux consaux, de la part du Conseil prive, la 
requite suivante adress^e au roi d'Espagne par les 
religieuses Ursulines de Lille, qui desiraient fonder k 
Tournai des ecoles gratuites pour les jeunes filles. 



— 334 — 

« Au Roy. — Remonstrent tres humblement la 
sup6rieure et aultres religieuses Ursulines, de Tordre 
de S. Augustin, residentes en vostre ville de Lille, 
que, pardessus les fonctions ordinaires et communes 
dont ce sexe, vou6 singuli6rement k Dieu en tous les 
ordres, servent le publicque, les prieres qu'elles font 
jour et nuict pour leur procurer les aydes et advan- 
taiges necessaires, elles ont un quatriesme vceux essen- 
tiel, d'enseignier sans aulcun salaire ou retribution 
temporelte les jeusnes filles les cath6chismes, leur 
apprendre ce que la foy veut et commande, et tout le 
reste servant k leur salut, et encore a lire, escrire, 
coudre, sans obmettre chose aulcune qui puisse rendre 
recommandable ce tendre aage au temps auquel elle a 
plus de besoing d'instruction pertinente, de quoy elles 
ont tasche de s'acquitter par tous les lieux de leur 
demeure au contentement de vostredite ville, selon 
qu'il appert par les attestations cy joinctes. Ors comme 
elles desireroient, pouss6es de zele des ames, rendre 
pareil service a vostre ville de Tournay, sans aulcune 
charge d'icelle, a ceste cause elles ont recours k Vostre 
Majest6, tres humblement suppliants qu elle soit servye 
leur accorder, de grace sp6cialle, demeure fixe et 
habitation en ladite ville, et leur en faire depescher 
les lettres en tel cas pertinentes. r^ 

Transmise aux consaux le 17 fevrier 1654, cette 
requite fut renvoyee aux chefs charges de Texaminer 
et d'en faire rapport. Ce fut le 3 mars suivant que le 
projet de reponse au Conseil priv6 fut soumis aux deli- 
berations des consaux qui I'adopterent dans cette 
forme : 

t* Messeigneurs, la requeste des religieuses Ursu- 
lines, presentee a Sa Majeste et appostill6e le dernier 
de Janvier passe, avecq lez lettres closes d nous addres- 



— 335 — 

s^es sur ce sujet ayantes este par nous examinees pour 
reservir Sa Majeste de notre advis, avons trouv6 a 
propos de luy repr^senter avecq toute soubmission et 
respect qu en fagon que ce soit ne pouvons approuver 
leur entr6e et introduction en cette ville, et que, s'il 
nous est permis de nous y rendre opposans en justice, 
pour diverses grandes considerations nous entrerons 
en cette opposition et embrasserons ceste cause plus 
que toute autre affaire quayons k pr6sent; et pour 
monstrer que nostre proc6d6 ne regarde en cela que 
Futility publicque, et ne tend qu'4 6viter diverses 
incommodites et inconv6nients de tr6s grande conse- 
quence, nous supplions Vos Seigneuries de faire 
reflexion sur le grand nombre de religions et commu- 
nautes quy sont establis en ceste ville et quy causent 
en partie la grande pauvret6 d'icelle et la mendicite 
quy y regne aultant qu'en nuUe ville de Tobeissance de 
Sa Majeste, chacun rethirant ses aulmosnes et charites 
des pauvres manans et indigens pour les employer aux 
cloistres. II est pourtant vray qu'ils occupent le plus 
beau et le meileur de la ville, et en ont deslog6 les 
bons bourgeois, dou est venu ceste surcharge sy 
griesve, nommement ^s annees dernieres qu avons est6 
charges de garnisons, et a Toccasion de ce ung aban- 
donnement de la ville par le desgout de cette charge 
et rimportunite d'ung tel nombre de religieux conti- 
nuellement i leur porte, quy, avecq tout ce que dessus, 
demeurent francqs des impostz et aultres charges et se 
dispensent que trop souvent de faire part de leur fran- 
chise et exemption k leurs amys, sans cent aultres 
incommodites que causent les immunites, quy leur 
donnent occasion de franchir touttes polices. Et com- 
bien qu il se polroit dire que ces inconveniens ne se 
retrouveroient pour TentrSe desdites requ6rantes, 



— 336 — 

n^antmoings nous debvons estre asseur^z qu'il en sera 
de mesmes en leur regard que de toutes aultres, les- 
quelles, nonobstant touttes precautions et promesses 
quy ont est6 6lud6es, n'ont laiss6 de passer oultre k ce 
qu'elles avoyent entreprins, et avecq leurs poursuittes, 
importunit6s tant en Cour qu'en ceste ville s'en sont 
faict croire et pousser leurs dessins jusques k but pro- 
pose, se moquant desdites precaution et promesse, et 
rendant toutes leurs emprinses irr6parables, tellement 
qu'il ne se faut estonner sy, ayans est6 si souvent 
tromp6 en semblables occasions, nous tachons k pre- 
sent de les 6 viter ; car quant au fruit qu'elles poudroyent 
faire en ceste ville, ce que ne voulons a present 
debatre ny examiner, il nous semble qu'au regard de 
rinstitution des fiUettes la chose est en icelle ville sy 
bien regie par diverses aultres escolles, que nous 
n'avons aulcuns besoings desdites Ursulines, quy par 
leurs nouveautes anneantiroient toutes lesdites aultres 
escolles, comme il arrive en cas semblable; ce que 
vraysemblablement causeroit plus de prejudice que 
Tarrivee desdites Ursulines feroit de fruict. Mais il y 
at une aultre raison plus pressante quy est que, pass6 
quelques annees, sur semblable requesle de diverses 
aultres religions, nous avons tousiours supplie Sa 
Majeste de nous, en excuser et ne permettre que, contre 
nostre consentement, elles y seroient. introduictes, et 
en quoy nos pri^res, pour des grandes raisons, ont 
este exauc6es ; en sorte que par diverses fois les Peres 
Minimes, nonobstant leurs instances reiterees, ont este 
esconduicts, comme aussy les Penitentes Capucines (i). 
Et sy a present on vient a se relaser en faveur desdites 



(I) V. mon article Les Capucines. — Bull, de la i^oc. hist, et litt. 
T. XXIV, p. 392. 



— 337 — 

Ursulines, les aultres quy voiront ceste ouverture ne 
mancqueront de s'en pr6valoir et d'all6guer le fruict 
qu'ils pourront apporter soit par leurs functions ou 
pri^res ou tels aultres pr6texts dont ilz sont assez 
abondans, et penseront que ce leur serait fait injure 
que de leur refuser ceste entree et Taccorder aux 
aultres. Aussy sommes nous bien inform6z qu'ils n'at- 
tendent que cette occasion, laquelle il nous est plus 
conseillable de pr6venir que de nous exposer encoires 
k nouvelles oppositions qu'il conviendra former contre 
lesdites aultres religions; et puis nous ne scavons 
point sy ce grand nombre d'escolles est prouffitable, 
Sa Majest6 ayant, seullement pass6 deux ans, fait 
serrer les escoUes que les Peres Augustins avoient icy 
ouvert pour les enffants masles, et que presque les 
mesmes raisons militent pour les escoUes des fiUes. 
Enfin encoires que ne pouvons reprfesenter sy naifve- 
ment les inconv6niens que supposons de ceste multi- 
plicity de religion et que pr6voions debvoir supputer 
par introduction de nouvelles, sy est-il que ne pouvons 
aultrement croire qu'ils seront consid6r6s par Vos Sei- 
gneuries et remonstr6s k Sa Majest6 selon qu'ils sont 
en la r6alitS, ct que Sa Majesl6 et Son Altesse S6r6nis- 
sime ne voldront faire aultrement en ceste occasion 
qu'ont fait leurs pr6d6cesseurs en semblable et, suyvant 
ce, qu'ils n'introduiront lesdites requ6rantes contre les 
tr^s humbles pri^res et remonstrances que nous leur 
faisons, et les raisons quy ne permettent que nous y 
puissions doniier nostre consentement, quy est Tendroit 
oil. nous finissons la pr^sente apr^s nous estre sign^z, 
Messeigneurs, les tr^s humbles et tres ob6issans les 
pr6vostz, jur6z, mayeurs et eschevins dela ville et cit6 
de Tournay. » 
Apr^ un refus aussi net et aussi fortement motive, 

Attn AIMS, III. 22 



— 338 — 

on aurait pu croire que les Ursulines de Lille se le 
seraient tenu pour d6finitif. II n'en fut rien pourtant, 
et le 6 octobre 16651esconsaux recevaient de Bruxelles 
une nouvelle requfite de nos religieuses, identique dans 
le fond et m6me dans la forme, Cette fois, la protes- 
tation vint des » dames et maistresses de Tescolle des 
filles » qui pr6tendaient suffire aux besoins de.la ville 
et n'avoir que faire de la concurrence des Ursulines. 
Et comme il s'6tait agi d'installer nos religieuses dans 
les bdtiments du S6minaire, les J6suites, voisins de ce 
local et qui le convoitaient, se joignirent aux protes- 
tataires, du moins en ce qui concernait le choix de la 
r6sidence des Ursulines. 

Malgr6 ces diverses oppositions et grkce aux hautes 
influences qu on avait fait agir, les consaux, dans leur 
stance du 19 Janvier 1666, finirent par donner leur 
consentement k la demande qui leur 6tait faite, mais 
en posant les conditions suivantes : 

«* Premiers, les Ursulines estantes admises et 
receues en ladite ville seront tenues d'estre tellement 
dottees, et a en faire apparoir, qu'elles puissent vivre 
sans mendier ny estre en aucune fa^on k charge au 
publicq ou particulier. 

» Sy payeront tons impos, assizes, maltotes et g6n6- 
rallement tous droits qu'ont accoustume payer tons 
autres manans tant sur vivres, vestemens, math6riaux 
a bastir, que sur toutes autres denr6es et marchandises 
n6cessaires a, leur subsistence, quy se levent et col- 
lectent presentement, et ceux quy pourront cy apres 
s'establir, et g6n6rallement supporteront toutes polices 
et charges, k la r6serve des personnelles, sans pouvoir 
pr6tendre cy apres aucune grace ou exemption au con- 
traire, k peril que, d6s maintenant et pour lors, elle 
est tenue pour nulle et qu'elles n'en pourront user. 



— 339 — 

9) Seront oblig6es lesdites religieuses d'enseigner 
filles de toutes conditions sans prendre aucun salaire, 
r6mun6ration , honnoraire ou recognoissance, soubs tel 
nom qu'on les puisse nommer et qualifier, de laquelle 
elles ne pourront se descharger k quel pretext que ce 
soit, et ne pourront s'en exempter par b6n6flce ou grdce 
papale ou royale, auxquelles elles renonchent in formd. 

» En outre elles seront tenues de prendre leur 
demeure et residence en la maison nomm6e le Semi- 
naire, en la rue des AUemans, paroisse de S. Piat, 
appartenante k ladite ville. 

» La propri6t6 de laquelle leur serat transport^e 
avecq ses dependences et appendences quy leurs seront 
designees avecq leurs consistences, tenans et habouts, 
ou k la personne qu'elles d^nommeront k ce ; pour le 
pris et valeur de laquelle elles payeront et furniront 
prestement la somme de douze mille florins de vingt 
patars pi6che, ou telle autre que Ton conviendra. 

» Et oii Ton trouveroit qu'elles ne se pourront placer 
en ladite maison, elles pourront s'accommoder en 
quelque autre lieu , pourveu que ce soit du gr6 et con- 
sentement desdits seigneurs consaux. 

r> Ne pourront aussy lesdites religieuses dresser ou 
6riger aucune brasserye enleurdite maison ; ains seront 
tenues brasser aux brasseryes bourgeoises, comme font 
plusieurs auires cloistres. 

» Et seront obligees de faire aggrfeer lesdites condi- 
tions par leurs sup6rieurs, et y satisfaire ponctuelle- 
ment, k p6ril de perdre le fruit de la pr6sente grdce. 

» R6servant par expres la justice et jurisdiction en 
icelle competente et appartenante a ladite ville, sans 
mesme donner asile a telle personne que ce soit dans 
leur dortoir, refectoire ou aultre lieu de leur maison. 

" Ne pourront icelles religieuses acquerir heritaiges 



— 340 — 

joindans celluj que dessus, ou autres en ladite ville, 
sans le gr6 et consentement dudit magistrat oa de 
leurs successeurs. » 

N'ayant pu slnstaller k leur arriv6e k Tournai dans 
les bailments du S6minaire, les Ursulines, en atten- 
dant de trouver un local k leur convenance, se pla- 
c^rent dans une maison proche du March6-aux-Vaches, 
et y ouvrirent de suite des 6coles, qui d'ailleurs ne 
tard^rent pas k dtre momentan6ment ferm6es par suite 
de la grande 6pid6mie de 1668. Ce ne fut qnk la fin 
d'avril ou en mai 1669 qu'elles en obtinrent la 
r6ouverture. 

La maison ou les Ursulines s'6taient provisoirement 
log6es, ayant 6t6 acquise par les religieux de S. Marc, 
elles furent conlraintes de chercher un autre local. 
Pr6cis6ment alors Thdtel d'HooChstraete, situ6*en la 
rue des Carmes, s*6tant trouve a vendre, elles en firent 
I'acquisition, qui fut ratifi6e par les consaux le 24 sep- 
tembre 1671. Quelques annees apr^s, sous pretexte 
d'etre log6es trop a T^troit, nos religieuses firent Tac- 
quisition de quelques petites maisons dans la rue des 
Bouchers S. -Jacques ; mais on leur en refusa Tamortis- 
sement, en se basant sur ce qull leur 6tait interdit de 
s'agrandir. 

Cependant leur 6cole avait beaucoup prosp6r6 ; elles 
avaient eu jusqu ^ 70 pensionnaires payant 26 livres 
de gros ; mais en ] 724 le prix de la pension etait forte- 
ment diminue; il n'etait plus que de 18 livres. En 
1732, une ere nouvelle de prosp6rit6 s'6tait ouverte 
poar les Ursulines : elles comptaient 52 religieuses et 
80 pensionnaires. Ce nombre s'accrut encore, au point 
que, leur convent devenant trop petit, il fut question 
en 1777 de les transferer dans le college des ci-devant 
J^suites; et dans ce cas leur maison de la rue des 



— 341 — 

Carmes aurait servi k loger les orphelins. II ne fut pas 
d'ailleurs donnS suite k ce projet. 

Les Ursulines, gr&ce k leurs ^coles, ne tombaient 
pas sous le coup des d6crets de Joseph II. Ce fut aussi 
k cause de rinstruction gratuite qu*elles donnaient k la 
jeunesse, qu'elles ne furent pas atteintes par le d6cret 
de la r6publique frangaise qui fermait les convents. 
Actuellement encore nos religieuses continuent d'ensei- 
gner les Biles dans le mSme local oil elles s'6taient 
6tablies en 1671. 

Nos archives tournaisiennes ne nous disent rien de 
la chapelle des Ursulines.. Le Calendrier de Touymai 
1775 ne nous en parle pas non plus. Mais la liste des 
objets d'art du diocese de Tournai, qu'a publi6e 
Mgr Voisin dans le tome X de nos Bulletins, signale 
differents objets qu'on y rencontre. Je transcris sa 
description. 

1 . Statuette en ivoire de Saint Michel terrassant le 
d6mon, mont6e sur un socle en ivoire et bois d'6b6ne. 
Ecole Flamande, XVIP si6cle. Haut = 0,24. 

2. Quatre chandeliers en argent, de 0,G4 de hauteur. 
Sur le pied qui est triangulaire, de la forme moderne 
des chandeliers d'6glise, sont trois cartouches, dans 
Tun desquels, sur chaque chandelier, sont deux 6cus. 
Celui de dextre est 6cartel6, au premier et au qua- 
tri^me, de gueules k une autruche d'argent, portant 
en son bee un fer k cheval de mSme, perc6 de sable; 
et au troisi^me, d'or k la croix patt6e d'azur. Ce sont 
les armes des Cordouan ; mais I'ordre des quartiers 
pourraitbien avoir 6t6 inter vertir. L'autre 6cu, k s6nes- 
tre, est parti d'azur et d'argent, et charg6 de trois 
roses, deux en chef et une en pointe. Ces deux 6cu8 
sont timbr6s ensemble d'un casque, tar6 en tiers, avec 
une licprne pour cimier. Ces quatre chandeliers furent 



— 342 — 

donn6s h la communaut^ par Jacques Cordouan et par 
la dame Marie-Jeanne d'Auby, k Toccasion de Tentrfee 
de leur fille en religion sous le nom de mdre Sainte- 
F6licit6, en 1703. 

Cette religieuse Ursuline 6tait Marie-Michelle Cor- 
douan, n^e k Tournai et baptis6e en Tfiglise de 
S,-Quentin le 21 Janvier 1678. 

Ajoutons enfin, d'apr^s M. d'Herbomez, que laqua- 
tri^me layette du Fonds de Viviche de Tournai aux 
archives du royaume k Bruxelles renferme, sous le 
num6ro 521, des inventaires des omements sacer- 
dotaux conserves dans le . convent des Ursulines a 
Tournai en 1708 et 1730. 

A. DE LA Grange. 



LA CAPITATION A TOURNAI (4695-1747). 

Les embarras financiers du r^gne de Louis XIV 
sont bien connus. Quand apr^s une s6rie de guerres 
dejk longue, il fallut faire face k TEurope coalis6e, le 
gouvernement franjais ne n6gligea aucun moyen pour 
subvenir a la d6tresse du tr6sor. Au nombre des 
mesures prises et parmi les plus importantes figure la 
« Declaration du Roi pour r6tablissement de la 
Capitation g6nerale « du 18 Janvier 1695. 

11 y avait entre la capitation et les autres imp6ts 
une difference remarquable. Cre6e dans un moment oii 
la patrie 6tait en danger, oA le peuple, k bout de 
sacrifices, murmurait hautement, Timposition nouvelle 
frappait indistinctement tons les sujets du Roi, sans 
tenir compte des privileges et immunites qui sont le 
caract^re saillant de Torganisation fiscale de Tancien 
regime. Le Dauphin lui-m6me 6tait inscrit en tdte de 



— 343 — 

la liste des contribuables. Tout absolu que fut son 
pouvoir, le souverain n'avait pas voulu porter sem- 
blable atteinte 4 des droits s^culaires, sans sauver au 
moins les apparences ; dans I'exposS des motifs de la 
D6claration, il semblait demander cette concession au 
patriotisme de la noblesse « qui dans toutes les occa- 
sions, disait-il, expose sa vie et verse si g6n6reuse- 
ment son sang pour notre service. y> 

Quant au clerg6, sll 6tait exempts, du moins provi- 
soirement, c'est que le Roi ne doutait point « que ce 
corps se porterait de lui-m^me h lui t6moigner son 
z^le dans cette conjoncture » et qu'on esp6rait obtenir 
plus de sa bonne volont6 que par la contrainte. 

La capitation oflfre un autre point de vue int6ressant; 
c'est dans une certaine mesure, une taxe proportion- 
nelle k la fortune de chacun. Le noble paie plus ou 
moins cher, suivant qu'il est titr6, possesseur d'une 
seigneurie ou d'un fief ou simple cadet ; le bourgeois 
selon sa profession, sa fortune, I'Stat de ses affaires ; 
le fonctionnaire d'apres sa charge. II s*en suit que les 
r61es de cet imp6t Equivalent pour ainsi dire k un 
recensement des conditions sociales. De plus, ils sont 
dress6s par paroisses et par rues; ils conduisent le 
lecteur de maison en maison, d6signant Thabitant par 
son nom, sa qualit6, sa profession, tandis que le chiffre 
de capitation, plac6 en regard de chaque nom, d6ter- 
mine approximativement la fortune du contribuable. 
Ces documents k la main, si quelque ami du vieux 
Tournai visitait en d6tail le plan en relief de notre 
ville en 1702, qui repose k Thfitel des Invalides et 
que nous ont d6crit MM. Soil et Desclee (i), il pour- 
rait, dlmagination, faire rentrer dans chaque maison 

(1) Annales de notre Socidtd, t. II, p. 369. 



- 344 — 

Toccupant de jadis et ranimerlacit6de Louis XIV en lui 

rendant sa population. 

* 

Pour comprendre le sens et appr6cier la valeur des 
r61es de la capitation, il faut savoir comment et sur 
quelles bases ils furent r6dig6s. Les fonctionnaires 
charges de ce travail 6taient les intendants; mais, 
comme ils n'auraient pu y suffire a eux seuls, on leur 
avait adjoint differents auxiliaires. Pour la noblesse, 
c'6tait un gentilhomme choisi par le Roi dans chaque 
bailliage; pour les parlements, le premier pr6sident, 
deux deputes et le procureur-g6n6ral ; dans les villes, 
le magistrat municipal. 

La capitation 6tait due « par^ feux et par families » 
suivant un tarif arr6t6 pour la premiere fois au conseil 
des finances le 12 Fevrier 1695, plusieurs fois modifi6 
et complete dans la suite (i). Ce tarif divise les contri- 
buables en vingt-deux . classes, auxquelles correspond 
une echelle de taxes et determine les cat6gories de 
personnes que doit comprendre chacune des classes. 
Les modernes partisans de ce qu'on nomme rimp6t sur 
la fortune ou sur le revenu recourent k une declara- 
tion du contribuable pour fixer la mati^re imposable ; 
Louis XIV, au contraire, confiait aux intendants la 
tdche particulierement d6licate de taxer d'office ses 
sujets, en les parquant dans les vingt-deux classes du 
tarif. 

Enum6rer toutes ces classes avec leurs innombrables 
subdivisions est inutile ici. Nous nous bornerons k citer 



(1) Nous n*avons pas trouvd dans nos Archives communales le texte 
de la Declaration rojaie, ni celui du tarif; ils nous ont dt^ fournis par 
les Archives naunicipales de Lille. (Registres aux ordonnances, ddits et 
arrets du Roi. 1694-1696, fol. 88 et suiv.; 1700-1702, fol. 37 et suiv ) 



— 345 — 

celles qui furent appliqu^es k Tournai, en groupant 
sipariment les nobles^ les fonctionnaires ei les hour- 
geois, Aussi Men, les bases de Timpdt 6taient totale- 
ment dif^rentes, ainsi que les regies de la perception, 
selon la quality du contribuable. Si la capitation 
portait une premiere atteinte aux immunity en 
matidre dlmpdt, elle ne realisait pas encore I'SgalitS 
de tous devant le fisc, ses conditions 6tant plus douces 
pour les nobles que pour les autres. 

Noblesse. 

7""® classe. Les marquis, comtes,vicomtes 

et barons. 250 livres 

10"*® »» Les gentilshommes seigneurs 

de paroisse. 120 » 

IS""*" »» Les gentilshommes poss6dant 

fief et chateau. 40 « 

18™* « Les 6cuyers mari6s ou non. 10 « 

19"® « Les gentilshommes n'ayant ni 

fief ni chateau. 6 » 

Magistrats et Fonctionnaires. 

3™® classe. Les premiers-pr6sidents des 

parlements des provinces. 1 .000 livres 

6'"*' « Les pr6sidents a mortier des 

parlements des provinces. 300 » 

9""^ « Les conseillers , chevaliers 

d'honneur , procureurs et 
avocats g6n6raux des Cours 
sup6rieures des provinces. 150 « 
1 1™"" »» Les maires des villes oii il y a 

parlement ou autre compa- 
gnie sup6rieure. 



— 346 — 



16 



me 



Les secr6taires du roi des 
petites chancelleries. 
13"® classe. Les 6chevins, procureurs du 

roi, greffiers et receveurs 
des biens des villes oiLil y 
a parlement ou autre com- 
pagnie sup6rieure. 

Les maires des villes du second 
ordre. 
»» Les 6chevins, procureurs du 
roi, greffiers et receveurs 
des deniers communs des 
villes du second ordre. 

Les premiers huissiers des 
compagnies sup6rieures des 
provinces. 
» Les notaires des villes oil il y 
a parlement ou autre cour 
sup6rieure. 

Les avocats des cours sup6- 
rieures. 

Les procureurs desparlements 
et autres cours sup6rieures. 

Les huissiers des cours sup6- 
rieures. 
» Les tabellions des villes ou il y 
a parlement. 

Les notaires des villes du second 
ordre. 



17 



me 



18 



me 



100 livres 



60 



30 



20 



10 r. 



Bourgeoisie. 

lO'"" classe. Les banquiers et agents de 

change . 



120 livres 



— 347 — 

11"^ classe. Les marchands faisant com- 
merce en gros. 100 livres 
13*°® »» Les bourgeois des grosses 

villes vivant de leurs rentes . 60 » 
14*°* » Les marchands de vin privi- 

16gi6s. 50 » 

15™® « Les bourgeois des villes du 

second ordre vivant de leurs 
rentes. 
Lesfermiersdesterres et biens 
dont les baux excMent 
3.000 livres. 
Les fermiers des moulins dont 
les baux exc6dent 2.000 
livres. 40 » 

16'"® " Les gros marchands tenant 

boutique. 
Les marchands de vin, de bl6 

et de bois. 
Les traiteurs. 

Les messagers des villes ou il 

y a parlement ou autre cour 

sup6rieure. 

Partie des fermiers et labou- 

reurs. 30 » 

17'"'^ y^ Partie des fermiers et labou- 

reurs(i). 20 »» 

18"'*^ r> Les m6decins, chirurgiens et 

apothicaires des villes du 

premier et du second ordre. 

Les barbiers et perruquiers 



(I) Nous avoDs constats qae l*on taxait les fermiers & une livre par 
bonnier de terre occapd. 



— 348 — 

des villes du premier et du 
second ordre. 
Les artisans des grosses villes * 
tenant boutique etemployant 
des gargons. 10 livres 



1^ « 



La Declaration royale pr6voyait quelques cas 
particuliers : 

1° Les contribuables qui pouvaient, k raison de 
leur qualit6 et de leurs fonctions, 6tre class6s dans 
plusieurs categories, netaient redevables que d'une 
seule taxe, celle de la cat6gorie la plus impos6e. 

2"" Les fils de famille mari6s ou pourvus de char- 
ges, meme demeurant avec leurs parents, 6taient 
contribuables. 

3** Les veuves devaient la moiti6 de ce qu'aurait 
pay6 leur mari. 

Si minutieuse que fut cette classification sociale, 
elle ne laissait pas d oflfrir des difficult6s d'applica- 
tion. Les intendants furent-ils maitres de les trancher 
k leur maniere? Regurent-ils des instructions inter- 
pr6tatives? ce quon appellerait aujourd'hui des circu- 
1 aires minist6rielles? Nous n'en savons rien, nay ant 
eu sous les yeux aucun document de cette nature. 
Toujours est-il que dans bien des cas il fallut faire 
pr6valoir Tesprit de la loi sur la lettre. C'est ce que 
nous constaterons par Texamen des r61es d'imposition. 

La recette de la capitation se faisait, k la campagne 
par les coUecteurs des tailles ; en ville par les rece- 
veurs des deniers communs; pour les gentilshommes, 
rintendant devait commettre un receveur dans chaque 
bailliage; les membres des parlements saquittaient 



— 349 — 

entre les mains des pajeui^s des gages de ces 
compagnies. 

Comme les hesoins d*argent 6taient pressants, on 
avait pris soin de stipuler que le paiement se ferait en 
deux termes Sgaux, « le premier dans le premier jour 
de mars et le second dans le premier jour de juin 
suivant. » 

La Declaration rojale avait 6t6 sign6e le 18 Janvier 
1695. Ddsle 30 de ce mois, les consaux furent avisos 
par le baron de Rongy, grand-pr6v6t, que M. de 
Bagnols, intendant de Flandre, avait envoy6 k Tournai 
le sieur Menneson, son secretaire, « k effet de dresser, 
» avecle sieur Cambier son subdelSgue, k Tintervention 
r» de Messieurs du Magistrat, I'estat de la capitation 
» que le Roi veut etre impos6e en cette ville 4 la 
» charge des habitans d'icelle. » On d^cida de se 
mettre k I'oeuvre au plus t6t. 

Les dei6gu6s pour cette besogne furent le baron 
de Rongy, M. du Chambge, mayeur et M. Varlut, tr6- 
sorier, outre le subd6legu6, M. Cambier. lis accom- 
plirent leur tdche avec tant de zele et de promptitude 
que, d6s le 23 F6vrier, le grand- pr6v6t pouvait 
rendre compte aux consaux d'un voyage qu'il avait 
fait k Lille, en compagnie du mayeur et du tr6sorier, 
dans le but de soumettre leur travail au sieur Men- 
neson, avant d*y mettre la dernidre main. Trois jours 
aprds, ay ant fini, ils retourn6rent chez Tintendant pour 
entendre ses observations; le haut fonctionnaire fut 
sans doute satisfait, car nous ne voyons pas qu'il ait 
exig6 des corrections. 

Toutefois, un incident survint; de nouvelles ins- 
tructions arriv6rent de Versailles, reclamant Tinscrip- 



— 350 — 

tion des domestiques. Ce supplement de travail ne 
demanda que huit jours. Le produit total de TimpAt 
devait atteindre environ 32.000 livres. 



* 



Mais le magistrat n'6tait pas au bout de ses peines. 
A cause, sans doute, de la precipitation qu'on avait 
dd mettre k la redaction des r61es, mais surtout en 
raison de la nature mSme de I'impdt, d^s que les con- 
tribuables connurent leur sort, les reclamations com- 
menc^rent k pleuvoir. 

La premiere en date fut celle de M. de Maulde, 
gentilhomme auquel oh avait attribue gratuitement le 
titre de baron avec la capitation correspondante de 
deux cent cinquante livres; or, il n'avait porte, disait- 
il, que celui de marquis, et encore sans y avoir droit, 
mais seulement parce qu'il etait neveu du marquis de 
Colembert; la capitation aidant, il semblait avoir 
renonce k toute velieite de ce genre et, tres modeste- 
ment, se plaignait de Tetat de sa fortune et alieguait 
sa qualite de cadet (i). 

Les consaux examinerent quelques requetes; mais 
comme il en venait k chaque seance, on ouvrit un 
dossier et on les y classa, pour les transmettre k 
I'intendant. 

Cetaient surtout les artisans qui redamaient et le 
theme de leurs doieances ne variait guere. Chacun se 
plaignait d'etre soumis a la meme taxe que tel autre 
du meme metier, plus riche que lui, mais que le tarif, 
avec ses categories toutes faites, mettait sur le meme 
pied. Pour en finir, les consaux proposerent 4 M. de 
Bagnols de fixer dorenavant une somme d'imp6t pour 



I 

(1) Consaux, 22 Mars 1695. 



-.- 351 -— 

chaque corporation ; les suppots du metier la reparti- 
raient entre eux, en tenant compte des moyens de 
chacun (i). L'intendant permit de faire « ce qui se 
faisait k Paris, r. Nous ne savons en quoi consistait ce 
proc6d6 ; mais il y a lieu de croire qu'il d6plut aux 
chefs des corporations, car ceux-ci se pr6tdrent d'assez 
mauvaise gr&ce k fournir les renseignements qui leur 
furent demand^s k cette fin (2). 

Au commencement de Tannfee suivante (1696), M. de 
Bagnols reclama de nouveau la collaboration du magis- 
trat de Tournai pour r6diger les r61es (3). On d6puta le 
grand- pr6v6t, le mayeur et M. Cambier, conseiller dela 
ville. Les reclamations furent assez rares; toutefois, 
il parait que la perception n'6tait pas facile, si Ton 
consid^re qu'au mois d'octobre les consaux se virent 
obliges de prendre des mesures de rigueur, un tiers 
de rimp6t n'6tant pas encore rentr6. 

Par une disposition de Tddit qui 6tablissait la 
capitation, le Roi s'6tait engag6 k la faire cesser trois 
mois aprSs la publication de la paix. Le traits de 
Ryswyck mit done fin k sa perception. 

Mais rexp6rience avait 6t6 favorable, et quand la 
guerre de la succession d'Espagne vint r6clamer un 
nouvel effort financier, on s empressa de recourir une 
seconde fois k la capitation. Ce fut I'objet d'une nou- 
velle declaration royale sign6e le 12 Mars 1701 . 



♦ ♦ 



(1) Consaux, 29 Mars 1695. 

(2) Consaux, 29 Avril 1695. 

(3) Consaux, 26 Fdvrier 1696. 



-- 352 — 

D^s le mois d'Avril, les consaux furent requis de 
« travailler k r^tablissement de la capitation, n lis 
nomm^rent les d6l6gu6s ordinaires; mais, au mois 
d'AoQt suivant (i), le projet de r61e qui avait 6t6 
envoye a Lille fut retourn6 avec un ordre de M. de 
Bagnols enjoignant d'imposer six mille livres de plus 
sur les bourgeois. Ceci provenait de ce que, le Parle- 
ment ayant obtenu un d6gr6vement, le Roi ne voulait 
cependant rien y perdre et trouvait bon que la bour- 
geoisie soldAt la difference. Les consaux protestdrent 
et d6put6rent vers Tintendant le tr6sorier Varlut muni 
d'une lettre contenant leurs observations. Mais celui- 
ci rapporta pour toute r6ponse que les choses 6taient 
trop avanc6es et que Ton tiendrait compte de la recla- 
mation I'annee suivante. 

Malgr6 Taugmentation des taxes, peu de r6clama- 
tions parvinrent aux consaux en 1701 ; la capitation 
entrait dans les moeurs et Ton savait sans doute par 
exp6rience rinutilit6 des r6criminations. II ne fallut 
pas, comme k Lille, en 1704, faire « deffense d'insulter 
ou maltraiter de fait ou de paroles ceux qui sont 
charges du recouvrement de la capitation (2). » 

A une plainte qui leur fut adress6e le 1 1 Octobre, 
les consaux r6pondirent le 18, en donnant un rensei- 
gnement qui n'est pas sans int6r6t, k savoir que la 
capitation de soixante livres avait 6t6 appliqu6e k toute 
personne qu'on pr6sumait avoir au moins mille florins 
de rentes. 

En 1702, quand I'intendant envoya ses instructions 
habituelles pour la confection des r61es, I'exces des 
charges qui pesaient sur le peuple et la promesse duRoi 



(1) Consaux, 17 Avril, 7 AoCit 1701. 

(2) Lille. Archives communales. OrdonDances, 27 Novembre 1704. 



— 353 — 

lui furent rappel6s; non pas en vaia cette fois, car ies 
coDsaux furent autorisds 4 revenir aux chiffres de la 
p6riode ant6rieure (1695-1698) (i). Faible d6domma- 
gement des subsides 6crasants que le gouvernement 
de Louis XIV ne cessait, k cette 6poque, de demander 
k la ville. 

La perception de la capitation se poursuivit sans 
nouveaux incidents jusqu en 1709. Alors, Ies vicissi- 
tudes de la guerre s6par6rent Ies destin6es de Tournai 
de celles de la France et nos ancfitres portdrent leurs 
tributs k de nouveaux souverains. 

L'imp6t reparut sous la courte domination de 
Louis XV (1745-1747). Sa perception n'amena aucun 
Episode int6ressant, mais il y a lieu de remarquer une 
grande difference, au point de vue de Tapplication du 
tarif, entre cette periode et la pr6c6dente. Le Parle- 
ment n*6tant pas revenu, Tournai tomba au rang de 
ville du second ordre ; le taux des taxes en fut dimi- 
nu6 : Ies 6chevins et Ies jur6s payerent quarante livres 
au lieu de soixante, Ies rentiers de m6me, etc. 






Sous le n° 1250 de Tinventaire provisoire de nos 
archives communales, on a r6uni tons Ies documents 
qui semblaient se rapporter k la capitation. II en est 
parmi ceux-ci qui regardent d'autres imp6ts; certains, 
qui furent peut-etre des travaux preparatoires, seraient 
mieux a leur place parmi Ies recensements de la popu- 
lation (2). Nous n'avons conserv6 le texte complet des 

(1) Consaux, 28 Janvier et 7 F^vrier 1702. 

(2) Signalons en particulier des relevdsdes habitants de Saint-Brice, 
de la Madeleine et de Saint-N'caise. 

ANNALBS. III. 23 



~ 354 — 

rdles que pour les ann6es 1695, 1706, 1707, 1708, 
1746 et 1747. Le Parlement n'y est compris qu'en 
1707 et 1708. 

Mais aux pidces que possMent nos archives, il con- 
vient d*aj outer un registre appartenant aux archives 
d6partementales du Nord (Intendance du Hainaut 
C. 859) et signal6 par notre confrere M. A. d*Herbomez 
dans le tome xxiii, page 324, de nos Bulletins. Ce 
registre contientle r61e de 1096 et c'est, k notre avis, 
le plus pr6cieux de tous par Tabondance et la pr6cision 
des details. 

Nos documents sont done de deux 6poques s6par6es 
par un espace de quarante ans. Les uns, allant de 
1695 k 1708, embrassent les dernieres ann6es de la 
domination de Louis XIV; les autres, de 1745-1746, 
sont contemporains de I'ephfimdre souverainet6 de 
Louis XV dans le Tournaisis. Les extraits qui sui- 
vront plus loin sont divis6s en deux s6ries corres- 
pondant k ces p6riodes. Pour la premiere, nous avons 
pris comme base le registre de 1696 (des archives 
d6partementales du Nord) et nous y ajoutons, en 
caract6res distincts, un certain nombre d articles 
relev6s dans les autres; les r61es de 1746 et de 1747 
sont k peu pres identiques et peuvent ais6ment 6tre 
fondus en un seul. 

Nous n avons pas song6 k publier int6gralement ces 
listcs de contribuables encombrees de noms obscurs ou 
disparus; mais en faire des extraits, de maniere a ras- 
sembler sous les yeux du lecteur les elements quelque 
peu notables de la population tournaisienne de ce 
temps nous a paru interessaixt. Nous y comprendrons 
la magistrature, la noblesse, les professions liberales 
et la bourgeoisie ; dans cette derniere categoric, nous 
nous sommes arretes a la capitation de vingt livres, au- 



— 355 — 

dessous de laquelle on tombe dans la classe des artisans. 
En outre, nous avons relev6 quelques noms et quelques 
particularit^s dignes d'attention : 6coles, enseignes, etc. 






C'est done un tableau de la Soci6t6 tournaisienne 
que les rdles de la capitation mettent sous nos yeux ; 
en cela consiste leur principal int6r6t pour notre 
histoire. 

Voici d'abord la noblesse. EUe est divis6e par le 
tarif d'imposition en quatre classes principales : 1 ° les 
princes et les dues, — nous n'en rencontrerons pas k 
Toumai; — 2° les marquis, comtes, vicomtes et 
barons ; 3"* les seigneurs de paroisses ; 4° les possesseurs 
de fiefs. A c6t6 de ceux-ci, il y a des cadets, des 
gentilshommes sans biens et mdme des pauvres. Ici, 
comme dans toute ville de province, ce sont les 
simples possesseurs de fiefs qui composent la grande 
majorit6. 

Titres et seigneuries sont rares dans notre noblesse. 
A Tepoque de Louis XIV, parmi plus de cent noms 
inscrits sur la liste des nobles, nous n avons relev6 
qu'une dizaine de titr6s : le baron de Rongy, chef de 
I'antique maison de Roisin, la comtesse de Bergeyck, 
n6e d'Ennetidres, le baron de Haudion, le comte 
d'Halennes, les barons de Flers, d'Angerville, de 
Warcoing, dePottes, deMooreghem et de Bousbeke(i). 
Etaient seigneurs de paroisses ou, suivant une ex- 
pression usitee dans les r6les, de «« Villages d cloche>\ « 
MM. de Chin, de Grandmetz, de Thun, de Wanne- 



(1) Ces sept derniers titres appartenaient respectivement aux families 
de Harchies, d'Ostrel, de Lestendart, de Nassau, de Croix, van Spiere 
et le Vaillant. 



— 356 — . 

hain, de Bourquembray, de Braffe, de Condette, de 
Baillart et la douairiere d'Esquelmes (i). 

Sous Louis XV, la proportion est restee la m6me, 
mais les noms ont chang6. Nous retrouvons un baron 
de Rongy et un baron de Bousbeke; k c6t6 d'eux 
s'inscrivent les comtes de Mouscron (2), de Sainte- 
Aldegonde, de Saint-Genois, d'Agasasa, la comtesse 
d'Hust (3) , le vicomte de Blois et le baron d'Espierres (4). 

Malgr6 le caract^re de stabilite que Ton attribue, 
non sans raison k la soci6t6 de Tancien regime, les 
vicissitudes de la fortune n'y 6taient pas inconnues ; 
elle avait ses parvenus et ses dfechus. A Tournai, 
Taristocratie contemporaine de Louis XIV et de 
Louis XV ne remonte pas, en g6n6ral, k une origine 
fort ancienne. Quelques vieux noms, transmis par une 
longue suite de g6n6rations, jettent un 6cho des temps 
lointains de la chevalerie et de la f6odalit6 : Roisin, 
Harchies, Maulde, Calonne, Croix, Haudion, Landas. 
D'autres, non moins dignes de consideration, rappellent 
la grande bourgeoisie de lepoque communale : de 
Saint-Genois, d'Aubermont, Bernard, Le Louchier, 
d'Enneti^res. Mais k c6t6 de ces maisons anciennes, 
d'autres s'6Uvent. Une comparaison entre les rfiles de 
la capitation du temps de Louis XIV et ceux du r6gne 
de Louis XV d6montre combien Taccds de Ib, noblesse 
6tait largement ouvert en ce temps-U ; d'une p6riode k 
Tautre, une pleiade de noms passe de la liste des 
bourgeois k celle des gentilshommes. 

Une circonstance importante favorisait I'av^nement 

(1) Issus des families de Bargibant, Brecht, de Landas, d'Ennetieres, 
de la Motte-Baraffe, de Gaest, de Maulde, Th^ry et Bernard. 

(2) d'Ennetieres. 

(3) d'Esclaibes. 

(4) Del fosse. 



— 357 - 

de couches nouvelles. C'6tait la pr6sence h Tournai 
d'un Parlement. Tout pr6sident, tout conseiller au 
Parlement 6tait anobli par sa charge et transmettait 
k ses descendants la quality de gentilhomme. Aprds 
les de Bargibant et les Errembault, ce furent les de 
Pollinchove, les de le Vigne, les Jacquerie, les Visart, 
les de Flines, les de Franqueville et une foule d'autres 
qui, par cette voie, entr^rent dans la noblesse. 






Tournai n*a pas gard6 les archives de son Parle- 
ment, pas plus que le Parlement lui-mdme, qui se 
retira en 1709 devant les troupes de la coalition et 
s'6tablit k Cambrai, puis a Douai sous le nom de Parle- 
ment de Flandres. L'histoire de cette illustre compagnie 
est encore a faire, car le president Pinault des Jaunaux 
qui publia en 1702 une Histoire du Parlement de 
Tournai n'est qu'un annaliste et son r6cit s'arr6te 
trop t6t. 

C'estgr4ce au Parlement que Tournai, sous Louis XIV 
avait le rang de ville de premier ordre. Le personnel 
de magistrats, d'avocats et d'officiers subalternes qui 
gravitait autour de ce tribunal comptait, en 1707 et 
1708, environ cent cinquante personnes inscrites aux 
r61es de la capitation. On se figure ais6ment quelle 
place considerable tenaient les gens de robe dans la 
soci6t6 tournaisienne de I'^poque. 

Lors de sa crfeation, en 1668 le « Conseil Souverain 
de Tournai » (qui devint Parlement en 1686) eut deux 
presidents et sept conseillers. Le nombre de ceux-ci 
fut peu apr^s porte k neuf ; ils se partageaient en deux 
chambres. En 1689, les nouvelles conqu6tes du roi 
ayant 6tendu le ressort, on cr6a une troisieme cham- 
bre; en 1693, nouvelle augmentation du personnel; 



— 358 — 

enfin en 1705, le nombre des presidents fut port6 k 
huit et celui des conseillers d6passa trente. 

Primitivement, c'6tait le Roi qui nommait les offi- 
ciers du Parlement; mais, depuis un 6dit de 1693, ces 
fonctions, sauf celles de premier-pr6sident devinrent 
Ii6r6ditaires et v6nales. Les presidents finanjaient 
45.000 livres, les conseillers 30.000, etc. Si le titu- 
laire d'une charge voulait se retirer, il d6missionnait 
en faveur d'un successeur de son choix, qui lui rem- 
boursait la finance ; s'il mourait en fonctions, ses h6ri- 
tiers cherchaient un acqu6reur ou Tun d'eux prenait la 
place; quand 11 s'agissait de charges nouvellement 
cr66es, on « traitait avec le Roi. »» 

Ce systeme formait de v6ritables dynasties de magis- 
trats; en voici quelques exemples pris dans le milieu 
que nous etudions. 

Fils d'un m6decin, petit-fils d'un drapier de la 
Grand'Place, Jacques-Martin de Pollinchovefut nomm6 
premier-president en 1691 ; son fils luisucc6da en 17 10 
et son petit-fils occupa le mfime si^ge k partir de 1780. 
La famille Malbaux de Buissy compte quatre presi- 
dents k mortier, de pfere en fils ; les Bruneau en ont 
trois, suivis d'un procureur general. 

Pierre Hattu fit partie du Conseil Souverain, d^s sa 
creation, comme conseiller, ensuite comme president 
k mortier; deux de ses fils et un de ses petits-fils 
furent conseillers; dans la famille de Mullet, quatre 
conseillers; chez les de Forest, un conseiller, deux 
presidents et un avocat general. 

Parmi les families d'origine tournaisienne, signa- 
lons outre les de Pollinchove, les Jacquerie qui eurent 
trois conseillers et un greffier, les De Flines, les de le 

Vigne, etc. 

* 



— 359 — 

La bourgeoisie, comme Tentendent les r^les de la 
capitation, c'est Tensemble des habitants de la ville, 
deduction faite des nobles et des corps constitu6s. 
Prenant ce mot dans une acception restreinte et plus 
usuelle, nous comprenons sous la d6nomination de 
bourgeois les Notables, rentiers et n6gociants, a Texclu- 
sion, non seulement des ouvriers, mais des artisans et 
des boutiquiers. La capitation de vingt livres nous 
a paru marquer assez exactement cette ligne de 
demarcation. 

Ainsi r6duite, il y a encore dans la bourgeoisie, des 
distinctions k faire. Ses premiers rangs se confondent 
pour ainsi dire avec les rangs de la noblesse infS- 
rieure; il existe en effet (en assez grand nombre sous 
Louis XIV, plus rares sous Louis XV) des bour- 
geois vivant ^ noblement » ou «« honnestement » sui- 
vant les expressions du temps, c'est-A-dire de leurs 
revenus et sans se livrer k Tindustrie ou au commerce, 
poss6dant des fiefs et faisant usage d'armoiries enre- 
gistr6es dans I'Armorial de France; p6pini6res de 
magistrats et de fonctionnaires, les families de cette 
classe finirent presque toujours par s'introduire dans 
la noblesse. 

Un peu en dessous de cette 6lite, se placent les 
riches negociants. 

On trouverait, s'il en etait besoin, dans les rdles de 
la capitation, la preuve du marasme dans lequel v6g6- 
taient notre commerce et notre Industrie d6s le dix- 
septi6me si^cle. Tandis qu'A Lille plus de soixante-dix 
n6gociants en gros furent tax6s k cent livres, il n y en 
eut pas un seul k Tournai. Ce n'est pas, sans doute, 
que le* commerce en gros fut inconnu ici, mais les 
affaires de nos n6gociants 6taient si peu brillantes 
qu'on ne pouvait leur faire subir dans toute sa rigueur 



— 360 — 

rarticle du tarif qui les concernait ; ils payaient do 
quarante^ soixantelivres. Remarquons que la plupart 
de nos riches marchauds ^talent en mSme temps des 
rentiers; leur double qualit6 est 6nonc6edans les r6les; 
il semble m6me que la capitation relativement 6lev6e 
dont on les frappe, vise plut6t leurs rentes que leur 
chiifre d'aflfaires. Le n6gociant tournaisien avait, des 
ce temps-U, une tendance k immobiliser son capital 
au lieu de le consacrer, comme dans les centres plus 
actifs, k Textension de ses affaires. Ce petit groupe de 
riches marchands ne se rattache pas a une mSme 
branche, ni aux specialit^s de I'industrie tournai- 
sienne; Tun est marchandde vin, I'autre marchand de 
fer, un troisifeme marchand de bas, celui-ci chaufour- 
nier, celui-la savonnier, etc. lis forment le second 616- 
ment de la haute bourgeoisie. La plupart sont bour- 
geois de vieille race ; beaucoup firent enregistrer dans 
I'armorial g6n6ral de France, leurs armoiries ou leur 
chiffre; les descendants de plusieurs regurent des 
lettres de noblesse. 

Les « gros marchands tenant boutique » — ainsi 
s'exprime le tarif de la capitation — forment la bour- 
geoisie moyenne. lis devaient 6tre tax6s k trente livres; 
mais nous savons qu'il etait avec le tarif des accommo- 
dements et Tintendant Dugu6 de Bagnols, qui ne 
s'abusait pas sur la situation du commerce tournaisien, 
ne pouvait manquer de les appliquer ici. C'est pour- 
quoi la capitation de vingt livres est plus fr6quente, 
parmi nos marchands, que celle de trente. 

Si Ton parcourt la lisie de ces n6gociants, les sp6cia- 
lit6s tournaisiennes s accusent. Les marchands de bas 
sont de loin les plus nombreux, surtout dflns les 
paroisses de Notre-Dame et de Saint-Brice; dans 
celle-ci, les hautelisseurs, peu r6pandus dans le reste 



— 361 — 

de la ville, forment un groupe respectable; los mar- 
chands de drap r6sident dans les paroisses de Saint- 
Quentin et de Notre-Dame; k Notre- Dame aussi sont 
cantonn6s les orfdvres et k Saint- Jean les bateliers; 
d6jiL les cabaretiers (au nombre de quatre-vingt-deux 
en 1696) annoncent leur pr6pond6rance future. 



* 



Une promenade rfitrospective dans le Tournai de 
Louis XIV et de Louis XV n'est pas pour d6sorienter 
un tournaisien moderne. Quartiers et rues avaieut 
k pen pres la m6me physionomie, la mfime cat6gGrie 
d'habitants que de nos jours. 

En ce temps-U, les paroisses de Notre-Dame et de 
Saint-Quentin appartiennent surtout au commerce. Sur 
la Grand*Place se succ6dent k pen de distance les caba- 
rets et les d6bits de vin ; de la rue de Cologne au 
Beffroi — c6t6 que Ton appelle rue ou rang des Dra- 
piers — se rencontrent quelques marchands de drap. 
La rue des Orftvres est occup6e presque exclusivement 
par la corporation qui lui a donn6 son nom (i). Rue 
de Paris, rue de la T6te-d'0r, rue des Chapeliers, rue 
de Cologne, rue des Manx, les magasins, comme de 
nos jours, sont 8err6s les uns contre les autres; Qk et \k, 
quelques maisons de rentiers. Dans la partie basse de 
la paroisse de Notre-Dame s'6l6vent des h6tels aristo- 
cratiques : rue des Foss6s, Thdtel d'Esquelmes ; rue 
Dame-Odile, rh6tel de Dudzeele; march6 au Charbon, 
Thdtel de Bargibant; rue de la Lanteme,- Thdtel 
Errembault. 

Paroisse de Saint- Jacques, les choses ont chang6 
notablement depuis le sidcle de Louis XIV. Alors, la 

(I) Dans cette lue nous avons compt^ sept orfevres en 1696. 



— 362 — 

rue des Carmes et celle du palais Saint- Jacques (y com- 
pris la rue des Soeurs-Noires) formaient Tun des quar- 
tiers lesplus aristocratiques delaville ; gentilshommes, 
magistrats et avocats y voisinaient. Au contraire la 
rue Saint-Jacques comptait peu d'habitants de marque ; 
nous devons cependant y signaler le bel h6tel du baron 
de F^ottes. Sur le quai des Salines 6taient group6es 
de nombreuses brasseries. 

Rue de la Madeleine, s'6levait rii6tel de Landas et 
celui du pr6sident d'Hermaville ; rue des Pres Por- 
chains, rii6tel De Spiennes; rue d'Audenarde, Thdtel 
de Calonne. 

La paroisse de Saint-Nicolas est, sous Louis XIV, 
celle des gens de robe. Conseillers, avocats et procu- 
reurs y forment un monde k part autour du Parlement. 
Plus tard et surtout h la fin du XVIII" siecle, le quar- 
tier du ChAteau se transformera en une sorte de fau- 
bourg Saint-Germain ; mais a Tfipoque dont nous nous 
occupons, la noblesse y est moins nombreuse que sur 
d'autres points de la ville. 

Paroisse de Saint-Brice, le Becquerelle, les rues de 
TAbliau et d'Aubignies sont tr^s bien habitees ; nous 
y trouvons le baron de Mooreghem, le baron de 
Bousbeke, les Hannaert, les de Gaest, les Luytens, les 
de la Hamayde, les de le Vigne, les de Calonne, les 
Vrancx, etc. Rue de Pont, c'est le commerce et la 
bourgeoisie riche qui dominent : les de Berlot, les de 
Surmont, les Grau, les Li6vou, les Dismal. Remar- 
quons en passant rue du Quesnoy Thdtel du premier- 
president de PoUinchove. 

La paroisse de Saint-Jean est pauvre; aucune 
noblesse et tr^s peu de bourgeoisie. En repassant sur 
la rive gauche de TEscaut, nous no tons, sur les quais 
des Poissonceaux et Taillepierre quelques negociants 



— 363 — 

importants : Le Terre, du Pr6, Wattrigant, de Gouy, 
Dismal, Baudechon. I,a grande rue de Saint-Piat est 
Tune des plus peupl^es et des plus riches de la ville ; 
gentilshommes, gens de robe, rentiers, commerQants 
y vivent c6te k c6te ; au contraire la rue des J6suites — 
oil s'6l6vent I'lidtel d'Aubermont et Yhdtel de la Croix 
de Maubray — et surtout la rue de la Ture semblent 
r6serv6es k la haute bourgeoisie et k la noblesse. Les 
du Chambge, les de Flines, les de Calonne, les Rogiers, 
les de Clippele, les Marlier, les de Berlo y voisinent. 

Dans la paroisse de Saint-Pierre, point de noblesse, 
mais les riches marchands — les Scapcooman, les de 
Surmont, les Lahaise, les Farin, les Lefebvre — 
alignent leurs etalages dans la rue des Puits-l'Eau ; 
rue des Brasseurs, se succedent les brasseries de 
I'Etoile, de la Rose et du Griffon. 

La rue de Saint-Martin n'avait pas, sous Louis XIV, 
les grands hdtels qui la distingu^rent depuis ; nous y 
trouvons seulement I'hfitel de Monnel; en 174G, deux 
grands seigneurs — les comtes de Mouscron et de 
Sainte-Aldegonde — ont leur residence dans cette rue. 

Enfin, la paroisse de Saint-Nicaise 6tait pauvre, 
comme aujourd'hui la paroisse de Sainte-Marguerite, 
qui occupe a peu pres le m6me territoire. C^endant la 
rue As-Pois comptait quelques notables et la Roquette 
Saint-Nicaise 6tait habit6e par le baron de Rongy, 

grand pr6v6t en 1696. 

* 

Terminons ce coup d'oeil sur la soci6t6 tournai- 
sienne d'autrefois par un trait secondaire, mais 
curieux, que nous r6v61ent les r61es de la capitation, 
nous voulons parler de la domesticit6. 

En 1696, la maison la mieux mont^e de Tournai 



— 364 — 

est celle du comte et de la comtesse d'Halcnnes (n6e de 
Cr6quy), rue de Ch&teau; elle se compose d'un cocher, 
de trois laquais, d'une femme de chambre, d une cuisi- 
ni6re et d'une servante. Les maitres payaient de ce 
chef douze livres de capitation. 

Quelques anndes plus tard, le baron de Haudion 
entretenait un cocher, quatre valets et trois servantes. 

Le baron de Pottes, dans son bel h6tel de la rue 
Saint- Jacques, avait aux gages un cocher, deux valets, 
une femme de chambre et une cuisinidre. M6me 
service chef le baron de Flers. Le baron de Rongy, la 
veuve du pr6sident de Bargibant, M. d'Hallebast, la 
comtesse de Borgeyck, le baron de Bousbeke avaient 
quatre domestiques. 

Tel est le personnel des principales maisons de la 
noblesse. Mais la plupart de nos gentilshommes ont 
un train de vie plus simple ; souvent ils se contentent 
d un valet et d'une servante, parfois de moins. 

La bourgeoisie du temps de Louis XIV ne connalt 
pas le luxe des domestiques. Chez les rentiers et les 
riches marchands, sauf de trds rares exceptions, ce 
sont des simples servantes 

qui font office de valets, 

tiennent la maison propre, ont soin de I'equipage, 

et quelquefois du jardinage (i), 

et le plus souvent, il ny en a qu'une par famille. 

Nous sommes renseign6s moins exactement sur les 
parlementaires ; au lieu d*6num6rer leurs domestiques, 
les r61es se bornent k consigner la somme d'imp6t 
qu'ils payaient pour leur service. Toutefois, ces 
chiffres font ressortir assez clairement I'importance 

(1) La Fontaine, les Souhaits. 



— 365 — 

du Parlement et des gens de robe dans la soci6te 
tournaisienne de Tepoque. 

Les pr6sidents versaient sept k neuf livres de capi- 
tation pour leurs gens, c'est-^-dire autant que nos plus 
grands seigneurs, un ou deux except6s; la moiti6 des 
conseillers avaient trois ou quatre domestiques, par- 
fois davantage. Au contraire, chez les avocats et les 
procureurs, Texistence 6tait bourgeoise. 

Sous Louis XV, le train de maison a augments 
dans la noblesse et dans la haute bourgeoisie. Chez le 
comte de Mouscron, huit domestiques; chez le comte 
de Sainte-Aldegonde, six ; chez la comtesse d'Hust, six 
et un secr6taire. Le chiffre de quatre ou cinq domes- 
tiques, rare dans la p6riode pr6c6dente, est devenu 
commun k la plupart des families nobles. Si la vie 
bourgeoise restemodeste et ne comporte pas de laquais, 
pourtant Tunique servante d'autrefois parait insuffi- 
sante; dans les bonnes maisons, on en prend deux ou 
trois et parfois — mais ce luxe est exceptionnel — un 
valet ou une cuisinidre. 

Tr6s rares sont les bourgeois qui roulent carrosse : 
en 1746, le banquier Caters; sous Louis XIV, 
MM. Varlut et Delfosse, gens de finance eux aussi, 
Tun tr6sorier des Etats et Tautre de la ville. 



-•••- 



— 366 — 



EXTRAITS DES ROLES DE LA CAPITATION. 



r« Partle (1696-1708). 



MESSIEURS DU MAGISTRAT (i). 

Pp6vost. 

M. le baron de Rongy (2). Livres 250 

Un cocher, deux valets, deux servantes. » 8 

Jur6s. 

Guillaume-Francois Ladam (3). » 60 

Un valet et une servante. » 3 

M. de Cocq (4). ^60 

Une servante (5). » 2 

M. Muissart (e). » 60 

M. d'Enghien (7). « 60 

Un valet et une servante. » 3 



(1) Ce sont les magistrats en fonctions en 1696. 

(2) Baud ry-F ran ^ois de Roisin, prdv6t de Tournai de 1686 & 1696 
puis chevalier d'bonneur au Parlement de cette ville. 11 habitait en la 
petite roc Saint-Nicaise. Cf. C^ du Cbastel. Notices gdn^alogiqnes tour- 
naisiennes, tome III, page 376. Nous ddsignerons cet ouvrage dans les 
notes suivantes par les initiales N. G. T. 

(3) Ghislain-Fran^ois Ladam, peintre de mdrite, auquel MM. de la 
(Trange et Soil ont consacr^ des articles, le premier dans le Bulletin de 
notre Soci^t^, T. XXIII, p. 389, le second dans la Biographie natio- 
nale. Surintendant du Mont-de-pidtd, il habitait rue des Carmes. 

(4) Pierre de Cocq, S"* de Beaulieu, grand bailli du Temporal de 
rEv§ch6. 

(5) Quand la domesticity se r^duit & une servante, nous nous dispen- 
sons, en regie gdn^rale d'en /aire mention. 

(6) Henri Muissart, 6cuyer, rue roc Saint-Nicaise. 

(7) Jean-Baptiste-Frangois, chevalier, seigneur de Wambroek, Haute- 



— 3G7 — 

M. de Beaufait (i). Livres 60 

Un valet, deux servantes. » 5 

M. Cambier (2). » 60 

ConseiUers pensionnalres et autres offlciers. 

M. Jacques de Surmont (3), l**" conseiller. Livres 80 

Un valet et une servante. » 3 

M. Pierre de PoUinchove (4), 2°"* conseiller. » 80 

Un valet et une servante. >» 3 

M. Jacquerye (5), greffier civil. » 60 

Un valet et une servante. v 3 
M. Varlut (e), tr6sorier g6n6ral et greffier des 

finances. » 60 

Un cocher, un valet, deux servantes. » 7 

M. le Blon, grand procureur. » 60 

Un valet et une servante. » 3 

M. Hersecap, greffier criminel.(7). v 40 

M. de le Tombe, second procureur (s). » 60 



court, etc., bailli du Tournaisis, d^c6d6 en 1703, habitait en haut de 
la rue des J^suites. N. G. T. II, 22. 

(1) Maximilien-Frau^ois-Dominique de Calonne, ^cuyer, seigneur de 
Beaufajt, habitait rue du Palais Saint-Jacques. N. G. T. I, 340. 

(2) Michei-Dominique Cambier, habitait en haut delaruedes J^suites; 
il fut conseiller du Roi et trdsorier-gdndral des Etats de Tournai. 
N. G. T. ir, 377. 

(3) Avocat, 6chevin et jur6 de Tournai de 1651 A 1605, d^c6d6 en 
1701, il habitait rue Saint-Piat. N. G. T. Ill, 510. 

(4) Fr^re du premier-president du Parlement, avocat, d^c^d^ en 1706. 
II habitait rue du Quesnoy. N. G. T. IH, 97. 

(5) Adrien-Lamoral Jacquerie. N. G. T, If, 367. II habitait en haut 
de la rue de la Tete d'Or. 

(6) Gaspar Varlut, dchevin et jur6 de Tournai, conseiller du Roi, 
auditeur-g6n6ral dea comptes. N. G. T. Ill, 596. II habitait rue Perdue. 

(7) Etienne-Bruno. N. G. T. II, 269. 

8) Antoine-I.ouis, avocat, conseiller au bailliage. N. G T. 111,546. 



— 368 — 

Mayeur. 

M. du Chambge (i). Livres 100 

Ses domestiques. » 5 

Echevlns. 

M. Jannart (2). n 60 

Deux servantes. » 4 

M. Michel. » 60 
M. du Broeucq, rapport6 avec la chancel- 

lerie (3). 

M. Andr6 (4). f» 60 

M. Biesbroucq. » 60 

M. Richard. r 60 

N. conseiller pensionnaire de reschevinage. r 80 

M. Camphain, greffier (5). •« 60 

Un valet et une servante. ^ 3 

M. Presin, greffier de Saint-Brice (6). « 40 

Offlders du Clapet (7). 

M. Nicolas du Rieu (s). « 40 

M. Dominique Seppa (9). « 10 

M. Paul-FranQois Rose (10). r, 10 

(1) Charles-Joseph, ^cuyer, seigneur de la Saulderie, habitait rue des 
Tanneurs. N. G. T. I. 428. 

(2) Jacques Jannart. N. G. T. Ill, 512. 

(3) Adrien Gazier, seigneur du Broeucq, ancien capitaine d*infanterie, 
magistrat de Tournai de 1664 k 1696, receveur de la Chancellerie du 
Parlement de Tournai, habitait rue de la Lanterne. N. G. T. II, 438. 

(4) Jean Andrd, avocatau Parlement de Flandre. N. G. T. I, 123. 

(5) Jacques-Philippe Cazier, S''de Camphin, anobiipar Tachatd^une 
charge de conseiller-secr^taire du Roi. N. G. T. II, 435. II habitait rue 
des Carrnes. 

(6) Pierre, seigneur de la Grard-Croix, licencic) es lois, plusieursfois 
6ch^vjn de Saint-Brice. N. G. T. Ill, 165. 

(7) Imp6t sur la biSre. 

(8) GrefSer des finances et membre du Magistrat en 1664. N. G. T. 
Ill, 331. (9)N. G. T. 111,481. 

(10) Devint tr^sorier receveur-g6n6ral de Tournai. N. G. T. Ill, 396. 



— 369 — 

Cinq assesseurs commls aux finances. 

M. Gilles Midavaine. Livres 50 

Deux servantes. » 4 

M. Antoine Pottier, fils de Pierre. » 50 

M. Philippe du Mortier(i). » 50 

M. Charles van der Hey den (2). »» 50; 

M. Gabriel- Joseph Hoverland (3). ''SO 



GENTILSHOMMES ET NOBLES (4). 
Parolsse Notre-Dame. 

1696 1706-1708 

M"*'' la douairi^re d'Esquelmes, 

veuve dc seigneur k clo- 

cher (5). Livres 60 

Un cocher, un valet, une 

servante. » 5 

M. de Luchain, son fils k 

marier (b). » 5 

Madame.... belle-mdre au S** 



(1)N. G. T. II. 680. 

(2) Jean-Baptiste-Charles, licenci^ es droit, fut tr^orier-g^n^ral de 
Tournai. N. G. T. n, 280. 

(3) N. G. T. II, 310. 

(4) Dans le rdle de 1696, les nobles sent inscrits & la fin de chaque 
paroisse. Nous avons adopts une autre m^thode qui nous a paru plus 
logique et qui est suivie dans les r&Ies des autres anndes ; elle consiste k 
inscrire k la suite les gentilshommes de toutes les paroisses. 

(5) Marie-Claire de Rerghes Saint- Winnoc. veuve de Maximilien Ber- 
nard, chevalier, seigneur d'Esqiielmes. (Cf. C^ du Cbastel. Notes pour 
servir k lag^n^alogie de la famille Bernard, p. 82.) Elle habitait «< en 
haul de la rue des Fossds, » probablement dans Thdtel occupy aujour- 
d'hui par M™* Delrue-Schrevens. 

(6) Charles- Joseph Bernard, seigneur de Luchin. 

ANNALBS. HI. 24 



— 370 







1696 


1706-1708 


procureur g6n6ral au Par- 








lement, bonne renti^re (i). 


Livres 


30 




N. le Chapelier, veuve du sieur 








Dudzeele, vivant avocat 








fiscal au bailliage(2). 


tt 


15 


20 


Une servante et un valet. 


9 


3 




M""" Vanderbecque, veuve du 








sieur pr6sident Errem- 








bault (3). 


9) 


150 




M. Vanderbecque, son fr6re, 








seigneur de Wastines (4). 


9) 


40 


40 


M*"* Bourquembray , sans 








biens (5). 


9» 


3 




M"** du Moulin, son fils et sa 








fille (6). 


» 


40 




Un cocher, un valet, une ser- 








vante. 


91 


5 




M"*® du Bois, che^ le chanoine, 








son fils, veuve d'un maltre 








de la chambre des comptes 








de Lille. 


V 


75 





(1) M"^* Philippe, dont la fille avait^pous^ le procareor-g^n^ral de 
Baralle, N. G. T. I, 160. EUebabiUit rue du Chatelet. 

(2) Marie-Claire le Cappellier, veuve de 6illes-Fran9ois Errembault, 
S^ de Dudzeele, fils alnd du pr^ident Louis Errembault. N. Q. T. f, 
405. EUe habitait rue Dame-Odile. 

(3) Marie van der Becken, veuve de Louis Errembault, president du 
CoDseil de Flandre, ensuite president k mortier au Conseil Souverain de 
Tournai, anobli par ses fonctions. M. d*Herbomez a raconM, dans le 
T. 22 de DOS Bulletins les d^mel^s de la veuve d*Errembault avec Tarchi- 
viste Jean Godefroy k propos des papiers du president. EUe habitait, 
ainsi que son frere, rue de la Lanterne. 

(4) Denis-Joseph van der Becken r^sidait en 1705 dans la rue du 
Palais Saint-Jacques. N. G. T. 1, 205. 

(5) Gertrude de la MotteBaraffe. N. G. T. II, 731. 

(6) Yolande de Formanoir, veuve d*Arnould Bernard, S*" du Moulin. 
(Cf. Q!^ du Chastel, famille Bernard, p. 79.) 



— 371 — 

M"® de Bargibant, veuve depr6- 

sident du Parlement (i). 
Son fils, seigneur de paroisse (2). 
Deux servantes, un valet, un 
cocher. 
Les Soeurs de M. le chanoine 
Aingers (alias d'Hain- 
gni6re) pauvres. 
M*"* Bayart. 

Af. le baron d'Haudion (3). 
Un cocher, qtuitrevalels , trots 
servant es. 
M"^ de Soubrechies (4). 

Un valet, deux servantes (5). 



1696 17061708 



Livres 150 

n 120 



n 

ft 
n 

91 



6 
30 



Paroisse Saint-Piat. 

M. de Maubray (e). Livres 40 

Un valet, une servante. » 3 

M . BrecM, seign" de Granmetz (7). » 120 

Un valet, deux servantes. » 5 



120 



6 

250 

12 

20 

5 



120 
5 



(1) Marie Picqiif'ry, veave de Jean de Bargibant, president k mortier 
an Conseil Soaverain de Toumai, anobli en 1664. Elle habitait an 
March^ ao cbarbon. 

(2) Marc-Antoine de Bargibant, S' de Chin. N. G. T. 1, 177. 

(3) Lonis, baron de Handion, membre de la Chambre de la noblesse 
des Btats de Hainaat, habitait rue Claquedent en 1712, annte de sa 
mort. Cf. La noblesse beige, 1894, I'* partie, p. 68. 

(4) Marie-Madeleine-Th6r^ de Calonne, veuve de Francois-Joseph 
de la Hamajde, S' de Soubrechies, inscrit dans la bourgeoisie en 1696. 
(Annuaire de la noblesse de Belgique, t. XXVIII, p. 162.) 

(5) Les noms imprimis en italiques sont ceux que Ton ne rencontre pas 
dans le r6le de 1696, mais qui apparaissent dans des registres post^rieurs. 

(6) Jean-Francois de la Croix, S' de Maubray, magistrat de Tournai 
de 1674 k 1682, anobli en 1669. (Cf. C^« du Cbastel. G^ntelogie de la 
famille de la Croix.) II habitait rue des J^suites. 

(7) Jacques de Brecht, teuyer, Si* de Grandmetz. N. G. T. Ill, 328« 
II habitait rue des Dominicains, 



— 372 — 



1696 1706- 1 708 



M°** Brech't, sa m^re, demeu- 








rant chez lui , sans biens (i) . 


Livres 


3 




M. Errembaut, le cadet, ren- 


4 






tier (2). 


» 


60 




M°*® la veuve du president 




» 




HdttU (3). 


• 


150 




Un valet, une servante. 


» 


3 




M. du Vehu {4). 


» 




40 


M'^^ Hattu. 


» 




40 


D®"" Claire Berland ,femme s6pa- 








r6e du sienr de Rabecq (5). 


i» 


5 




Une servante. 


9) 


2 




M""® d'Autecourt, aussi s6par6e 








de son mari, et sa iille (e). 


J» 


6 


6 


Un valet, une servante. 


» 


3 


- 


Le S"" du Quesnoy (7). 


» 


40 


40 


Un valet, une servante. 


5» 


3 




M. de Montpinchon (s). 


» 


40 





(1) VeuTe de Pierre de Brecht, conseiUer des domaines et finances 
de S. M. Catholique& Bruxelles. 

(2) Laurent Joseph, S' du Coutre, fils cadet du president, auteur des 
Errembault du Maisnil. Cf. La noblesse beige, 1891. l'* partie, p. 69. 

(3) Anne-Isabelle le Moisne, veuve de Pierre Hattu, president A mor- 
tier au Conseil Souvjerain de Tournai, anobli par cette charge. N. 6. T. 
II, 196. Elle habitait vis-A-vis le portail de Saint-Piat. 

(4) Maximilian Hattu, fils du president, S' du Vehu et conseiUer au 
Parlement de Flandre. . 

(5) Soeur de Tapothicaire Michel Berlant. N. 0. T. I, 129. Elle habi- 
tait rue Merdenchon. 

^6) Frangoise-Th^rese de Ldon, Spouse de J.-B. d*Enghien, S^ de 
Hautecourt. N. G. T. 11, 23. 

(7) Jacques-Oaspar d*Aubermont, jur^, puis majeur de Tournai. 
(Cf. T. 22 de nos Bulletins, p. 402.) L'h^^tel d*Aubermont <)tait situd 
dans la rue des J^suites. 

(8) Jacques-Francois d*Ennetieres, beau-pere du pr^^dent. Cf. Ooe- 
tbals. Miroir des notabilit^s nobiliaires. I, 985. 



- 373 



1696 1706-1708 



Les trois hSritiers du sieur 




ft 


- 


d'Aubermez, deux filles et 








un gargon (i). 


Livres 


40 


« 


M. dAvbermez^ cadet (2). 


» 


. 


6 


Beux da^^^* des Sosurs . 


99 




12 


Une servante. 


9> 




2 


La dame douairi^re du Quesnoy, 








veuve d'un chevalier d'hon- 








neur de la Cour (3). 


n 


75 




Ses deux filles (4). 


n 


6 




Une servante. 


n 


2 




Le sieur de la Bassarderie (5). 


91 


40 




Un valet, une servante. 


9> 


3 




M'^^la douairidrede la Plaine (e). 


n 


20 




Une servante. 


M 


2 




La dame douairi^re de' War- 








noise (7). 


» 


6 




Une servante. 


19 


2 





(1) Enfants de Mazimilien d'Eoneti^res, S** d*Aubremei et de la Gra- 
sonnerie. 

(2) Charles-Joseph d^Enneti^res, fils de Maximilien, conseilier au 
Parlement de Flandre en 1716. 

(3) Robertine-Frangoise Rym, veuve de Pierre d'Aubermont, cheva- 
lier d'honneur au Conseil Souverain de Tournai, habitait • vis-A-vis du 
parloir des J^suites. «> (V. manuscrit de Leman.) 

(4) Adrienne-Th^rese et Marie-Robertine d'Aubermont. 

(5) Nicolas-Francois le Vaillant, frdre du S' de Waudriponf, capi- 
taine des gardes du roi d'Bspagne. C'est Tauteur des le Vailtant du- 
Chatelet et de Merlain. (Cf. Annuaire de la noblesse de Belgique. 
T. XVIII, p. 244.) 

(6) Antoinette-Jacqueline d*Enghien, veuve d- A mould d*Enneti6res, 
S' de Laplaigne. Cf. Goethals. Miroir des notabilit^s nobiliaires 
I, 955. 

(7) Com^lie van Borsselen van der Hooge veuve de Gilles-FraDcois 
Damman, S** de Warnoise. N. G. T. I, 119 





374 




1696 


1706-1708 


M. de Bourquembray (i). 




Livres 


40 




Une servante. 




rt 


2 




M°** de la Broye, demeurant aux 






« 


FilleS'Dieu. 




91 


6 


6 


Une servante. 




!» 


2 




j)ciie Ang6line Daman. 




91 


3 




Jlf ♦"* de Popuelle (2). 




n 




20 


Une servante. 




r> 




2 



Paroisse Saint-Nicaise. 



M. Charles de Monnel, Seigneur 








de Lespinoy (3). 


Livres 


40 




Un valet et une servante. 


V 


3 




M. Pierre de Monnel, son fils (4). 


J> 


3 




M. de Walle (5). 


9» 


40 


40 


Un valet et une servante, un 








cocker. 


5» 


3 


5 


M. de le Motte, son fr^re (e). 


» 


40 


40 


M'"' de Schynckele. 


ft 




6 



(1) Maximilien-Robert de la Motte Bara£fe, S' de Bourquembray. 
N. 6. T. II, 132. 11 8e fixa plus tard dans la paroisse de Saint-Brice. 
▼. p. 383. 

(2) Marie-Caroline d'Aubermont, veuve de Jeau-Frangois le Louchier, 
S' de Popuelies, ^chevin, jurd, mayeur et grand pr^vftt de Tournai. 
N. G. T. II, 500. 

(3) Jurd, tebevin, majeur et second pr6v6t de Tournai; il habitait 
rue Saint-Martin, du c6td oppose k Tabbaje, pres de la Cure de Saint- 
Nicaise. N. G. T. II, 663. 

(4) Jur^, dchevin et mayeur des ^chevinages de Tournai, d6c6d4 en 
1730 sans post^ritd. N. G. T. II, 664. 

(5) Jean de Landas, seigneur de le Walle, dchevin de Tournai de 
1685 & 1700. N. G. T. I, 68. 

(6) Augustin-Dominique de Landas, seigneur des Mottes. Id. p. 69. 
Ces deux frSres habitaient la basse roc Saint-Nicaise. 



— 375 — 



Parolsse Salnte-Marie-Madeleine. 



M . de la Tour, poss6dant fief (i). Livres 

Un valet et une servante. » 

M. de Thun, fils deM.de Lever- 

ghem, Seigneur ^clocherou 

de paroisse (2). » 

Dam*"® Marie-Catherine de Lan- 

das, fille audit sieur de 

Levreghem (3). » 

M"*^ du Vivier (4). 
M. d'Albasse, son beau-fils, avec 

fief (5). 
Un valet, un cocher, une cui- 

sini^re et une servante. » 

M"* de Callonne , veuve de 

M. Cattablays (e). " 

Une servante. « 

M*"* Baraffe, fille noble. 
M*"** Lamotte, id. » 



1696 

40 
3 



1706-1708 



120 



3 

20 

40 



3 
2 
3 
3 



40 



6 



(1) Edouard-Loais de Fdiizot, seignear de la Tour, dpoux de Christine 
de Landas. N. G. T. I, 70. 

(2) Ferdinand-FraD^ois de Landas, seignear de Thun. fils de Pierre- 
Francois, seigneur de Lewerghem. N. 0. T. I, 70. Ilhabitait rue de la 
Madeleine avec ses deux soeurs 

(3) Soeur de Ferdinand et de Christine; elledpousa Jean-Francois de 
Vertegans, citd plus haut. 

(4) C4ci)e-Fran9oise Dennetidres de Montpinchon, veuve de Charles 
Despiennes, seigneur du Vivier, habitait avec son gen d re rue des Pr^s- 
Porchains. Cf. Annuaire de la noblesse de Belgique, 1864, p. 88. 

(5) Ouillaume-Dominique de Pape, seigneur d*Hallebast, gendre de 
M™* du Vivier, fut grand-prdvdt de Toumai. Lafiamille vandeKerchove 
poss^de son portrait. (Id. p. 89.) 

(6) Marie- Madeleine- Adolphine de Calonne de la Chapelle, veuve de 
Louis-Rajmond de Catalan, officier fraugais, habitait rue d'Audenarde, 
aujourd'hui des Augustins. N. G. T. 1, 339. 



— 376 — 

^eiie d'Angouart, de Lille. Livres 

M°*® Desmaizi6res , veuve d'un gen- 
tilhomme poss6dant fief (i). " 
Un coclier et deux servantes. « 
M*^® Desmaisidres, sa fille. » 

M. de Schynckele, 6cuyer, pos- 
s6dant fief (2). >» 

Un valet et une servante. » 

M. de Schynckele, cadet. » 

M"'* la veuve du sieur du Buis- 
soD , vivant commissaire 
provincial. 
Un valet et une servante. » 

A/, des Parqueaux (3). 

Un cocker, un valet, deux se^y 
vantes. v 

M. de Wannekain (4). >» 

Un valet, » 

M"^' de Bellain (5). ^ 

Un cocker, un valet, une ser- 
vante. » 
M. de Robersart (e). » 
M. d'Aubermez, (atni (7). » 
Un cocker, un valet, deux ser- 
vantes. » 



1696 

3 

20 
6 
3 

.40 
3 



1706-1708 



10 
3 



6 



40 

7 

120 

1 

20 

5 
40 
40 



(1) Charlotte-Th^r^se de Berghe Saint- Winnoc, veuve de Jacques, 
baron de Maisi^res d*Izier. (Annuaire de la noblesse, t. XXX V, p. 199.) 

(2) Cbarles-Dominique de Schynckele, seigneur de Westbrouck. 
(Annuaire de la noblesse, 1879, p. 296.) 

(3) II babitait en 1696 dans la paroisse de Saint-Brice. V. p. 382. 

(4) II babitait en 1696 dans la paroisse de Saint-Jacques. V. p. 379. 

(5) Marie-Marguerite Pollet, veuve de Philibert de Succre, S' de 
Bellaing. N. G. T. Ill, 489. 

(6) 11 babitait en 1696 dans la paroisse de Saint-Jacques. V. p. 379. 

(7) Fils de Maximilien d'Ennetieres. Cf. Goethals. Miroir des nota* 
bilit^s nobiliaires. I, 986. 



— 377 — 



" 


1696 


1706-1708 


M. de Madre du Fay. 


Livres 


40 


Un valet. 


» 


1 


M. Sourdeau. 


w 


40 



\ 



Parolsse Saint-Quentin. 

M. de la Hamayde, escuier, Sei- 
gneur de Warnave, vivant 
noblement et conseiller du 
Mont de Pi6t6 et mediocre 
rentier (i). Livres 40 

Une servante. » 2 

M. Georges le Prevost, Sei- 
gneur de Villerie (2). » 40 
Une servante. » 2 

M. Pierre Ambroise de B16ry, 
Seigneur de Navery, pos- 
s6dant fief (3). « 40 

\Deux servantes et un valet. •> 5 

M"*** de Bl6ry, sa m^re. >• 3 

3^. Nicolas Fourmanoir, Sei- 
gneur de la Cazery, poss6- 
dantfief(4). >» 40 

Une servante. » 2 

M"^" Hendrixi^). » 



40 



60 



(1) Pierre-Joseph de la Hamayde, seignenr de Warnave et de Las- 
signy, fut dchevin, jur6 et mayeur des dchevlDs de Toumai. On lui doit 
des notes biograpbiqaes et gdndalogiques que M. le C^ P. A. dn Chas- 
tel a ^dit^es sous ce titre : Le Livre noir du patriciat tournaisien. 

(2) Villers. 

(3) N. G. T. I, 238. 

(4] Nicolas-Bernard de Formanoir, seigneur de la Cazerieetd'Arcbi- 
mont. Cf. Annuaire de la noblesse de Belgiqne, 1879, p. 10. 

(5) Marie-Philippine de la Grange de Nddonchel, veuve de Jean 
Henderickx, qui fut bourgmestre de Fumes, puis conseiller au Parle- 



— 378 — 

Un cocker^ un valet ^ deux ser- 
vantes. Livres 

M. de Flesquidres (i). • 

Un valet f une servante. » 

Ijes demoiselles de Flesquieres. y» 



Paroisse Saint-Jacques. 

M. le baron d'Angreville (2). Livres 250 
Un cocher, un valet, une ser- 
vante. f> 5 
M. le baron de Flers (3). » 250 
Un cocher, deux valets, une 
femme de chambre et une 
servante. » 9 
M. de ChastiUon Malaise (4). » 40 
Une servante, un cocher^ un 
valet. f» 2 
M, de ChastiUon, son fils, marid 
dW''' de Frise{h). 
Une servante. » 
M. de Pottes (e). ^ 120 



1696 1706-1708 



7 
40 

3 
18 



40 



40 
2 



ment de Flandre et anobli par cette charge. N. G. T. Ill, 824. EUe 
babitait rae de Courtrai. 

(1) II babitait en 1696 dans la paroisse de Saint-Brice. V. p. 382. 

(2) Alexandre de Lestendart, baron d*Angevilie, avait dpoas^ Louise 
de Toustain, veu?e d'Antoinede Blois, vicomted*Arondeau. Cf. Anouaire 
de la noblesse, t. XVI, p. 66. 

(3) Robert-Lamorald d*Odtrel. N. G. T. II, 44. 

(4) Charles de ChastiUon, choTalier, S*" de Malaise. Cf. Annoaire de 
la noblesse, t. XXIX, p. 113. U babitait rae Saint-Jacques. 

(5) Philippe-Francois de ChastiUon, 6poux de Marie-Tbdrese le Gap- 
pellier de Prize. (Cf. Id. p. 114.) 

(6) Pierre de Croix, baron de Pottes, habitait Thdtel occupy aujour- 
d*hui par M™^ Edm. Desclde. rue Saint-Jacques. 11 mourut en 1706, et 
son fr^re Charles* Adrien, comte de Croix, lui succdda. 



— 379 — 

Un cocher, deux valets, une 
femme de chambre et une 
cuisinidre. 
Af. le comte de Croix. 
M. de Robersart (i). 
M. de Wannehain (2 . 

Un valet. 
M. Thi6ry, le jeune (3). 
M*"* Bonnet, sa femme, s6par6e 

de lui (4). 
M. de Chastillon d'Uldreucq (5). 
Deux servantes. 
Ses en f ants. 
M. de Maude (e). 
Un cocher, un valet, une ser- 
vante. 
^eiie j^ Frise, possSdant fief et 
bonne renti^re (7). 
Un valet, une servante. 
M. des Ruysseaux, son fils (s). 



Livres 



9) 
9) 

n 
» 

9> 

y» 

9) 
9» 






1696 1706-1708 



40 

lEO 

1 

120 

30 
40 



6 



30 
3 
6 



250 



40 
6 



20 



6 



(1) Pierre- Antoine de la Fosse dit Pitbem, dcayer, S'de Robersart. 
N. G. T. n. 74. 

(2) Jean-Frao^is d^Eoneti^res, fils de Charles et de Catherine-Loaise 
de Landas, dame de Wannehain. Cf. Goethals. Miroir des notabilitte 
nobiliaires. I, 960. 

(3) Baudouin-Joseph Tb^ry, S' de Baillart. N. G. T. lU, 543. 

(4) Jeanne-Fran9oise Bonnet de Thimougies. N. G. T. I, 281. 

(5) Charles-Fran Qois de Chastillon, S'' d'Uldreucq. Cf Annaaire de 
la noblesse de Belgique, t. XXIX, p. 116. 11 habitait rue des Carmes. 

(6) Peut-etre Jacques de Maulde, S' de Boninghe. N. G. T. II, 604. 

(7) Marie-Marguerite Hovyue, veuTe de Gilles le Cappellier, S' de 
Prize et de FUqui^res, anobli en 1658, habitait au Palais Saint- Jacques. 
N. G. T. I, 405. 

(8) Philippe le Cappellier, S' des Ruysseaux, second fils des pr^c^- 
dents, dcheyin de Tournai en 1699, habitait au Palais Saint- Jacques. 
N. G.T.I, 405. 



— 380 — 



1696 1706-1708 



M*"® la comtesse de Bergay (i). Livres 125 

Un cocher, un valet, deux ser- 

vantes. » 7 

M. Preudhomme (2). » 40 

Deux servantes. » 4 
M. de Glimes, estranger et k 

pension. » 6 

M*"* Luytens d'Esparquaux (3). » 3 

Une servante. » 2 

M«»e Pally, veuvedu S^Li6geois(4). » 20 

Une servante. » 2 

Af . de Nave (5) . » 

-W"' rfc Luchin (e). » 

i7n t?ate<, wwe servante. » 
Jlf . de Maude de Condet (7) , de- 

mewranf chez M. du Breucq . » 

3/. de Bouvry^ cadet (s). » 

Af. de Gae5< {9). » 

Z7n ra/e^, wne servante. » 



40 
4 



6 
2 



6 

20 

3 

6-120 

6 

40-120 

3 



(1) Marie-Frao^oise Denneti^res, Teuve en premieres noces de Henri 
de Croonendael et en secondes de J -B. de Brouchoven, C^ de Bergeyck. 
Cf. Goethals. Miroir des notabilitds nobiliaires. I, 962. 

(2) Charles-Francois Preud'homme, S** des Aulnois, membra da 
magistrat de Tournai de 1686 & 1714. N. Q. T. Ill, 172. II habitait 
rue des Soeurs noires. 

(3) Marie-Claude de Monget, veuve de Guillaume Luytens, S' des 
Parqueauz, ou Marie-Madeleine Luytens. (Ann. de la noblesse, 1866, 
p. 224.) N. G. T. II, 658. 

(4) Marie-Anne Pally, veuve de Louis Lidgeois. N. G. T. II, 460. 

(5) Charles- Francois de Nave, capitaine au regiment de Solre, habi- 
tait ft la Grande-Etoile, rue Saint-Jacques. N. G. T. Ill, 8. 

(6) Marie-Madeleine de Succre, veuvede Charles- Joseph Bernard, S'de 
Luchin, qui habitait avec M™* d*Esquelmes, sa m6re, en 1696. V. p. 369. 

(7) J.-B.-Lamoral-Joseph de Maulde (?) N. G. T. II, 603. 

(8) V. p. 382. 

(9) Michel de Gaest, S'deCorbry et de Braffe. N. G. T. II. 91. II 
habitait rue Saint-Jacques. 



— 381 — 





1696 


1706-1708 


M. de Visserye (i), 


Livres 


6 


Une servante. 


n 


2 



Paroisse Salnt-Brice. 

M. le baron de Morghem, che- 
valier d'honneur k la Cour 
du Parlement (2). Livres 250 

Un cocher, un yalet, une ser- 
vante. » 5 

M'^^ de Moreghem. v 

M"* de Carnin, veuve de M. Sal- 
let (3). » 20 
Une servante. « 2 

M**"* la veuve du S' Sourdeau, 

de Saint-Amand. r» 3 

M. Jacques Hannart, Seigneur 

de Beauregard (4). » 40 

M. Jean Hannart, son fr^re, sans 

fief. » 6 

^eue Marie- Joseph Hannart, sa 
soeur, veuve du S"^ Der- 
lette (5). » 3 

Une servante. « 2 

M"* de Gaest, veuve (e). « 20 



6 



4a 



40 



(1) Charles-Fran Qois de Vissery, ancien capitaine au regiment de 
Solre, fut conseiller et mayeur des ^chevins. N. 6. T. Ill, 637. 

(2) Adrien van Spiere, baron de Mooreghem, anoien bourgmestre 
d'Audenarde. (Cf. C^ du Chastel, Le Livre noir du patriciat tournai- 
sien, p. 18). U babitait rue du Becquerel. 

(3) Catherine-Th^rese le Boucq de Carnin, veuve P de Gerard de 
Formanoir S' de la Cazerie, 2** de Jean-Jacques Sallet, S** de Saiot-G^ry 
etde Larbrassart. N. G. T. Ill, 459. 

(4) N. 0. T. II, 169. Lafaoaille Hannart babitait rue d^Aubignies. 

(5) Pierre de Coppehem, S' de Berlettes. N. G. T. H, 169. 

(6) Suzanne le Flon, voavede Pierre de Gaest, S'' du Mortier. N, G. 
T. II, 90. Elle babitait rue d*Aubignies. 



— 382 — 

line servaDte. 
Les deux fils de M°** Bouvry (i). 
M. Philippe-JosephLujtens, Sei- 
gneur d'Esparqueaux (2). 
Un valet, une servante. 
M. N. le Cappelier, Seigneur de 
F16quier (3). 
Un valet, deux servantes. 
M"'"' de Loucher, veuve deM.de 
Vevelberghe (4). 
Un valet, une servante. 
M . le Vaillant, Seigneur de Wau- 
dripont, haron de Bous- 
becq (5). 
Un cocher, un valet, une fille 
de chambre et une servante. 
M"® de Loucher, veuve du S' de 
Beaumez (e). 
Un valet, une servante. 
M""* la douairi6re de Meulebecq (7) . 



Livres 



1696 

2 

20 

40 
3 

40 
5 

20 
3 



1706-1708 



120 
8 

20 
3 

20 



40 



250 



(1) Marie-Madeleine de Maalde, veuTe de Maro-Antoine Pally et de 
Benolt Succa, S' de Boaverie. N. 0. T. 11, 604. 

(2) Et plus tard de Bossuyt. 11 habitait rue d^Aubignies en 1696, et 
s'^tablit ensuite dans la paroisse de la Madeleine. Le comte H. de Beauf- 
fort posskle son portrait au ch&teau de Bossuyt. Cf. Annuaire de la 
Noblesse, t. XX, p. 224. 

(3) Cbarles-Fran^ois le Cappellier, S' de Fi^uidres, habitait rue de 
la Barre Saint-Brice. N. G. T. I, 405. 

(4) Marie- Anne le Louchier, veuve de Philippe-Francois de la Riviere, 
S' de Vevelsberghe. N. G. T. II, 500. Elle habiUit rue Haigne. 

(5) Guillaume-Fran^ois le Vaillant, ct66 Baron de Bousbeque en 
1697. Cf. Ann. de la Noblesse, t. XVUl, p. 240. II habitait rue de 
TAbliau. 

(6) Agnes-Fran 9oise le Louchier, veuve de Joseph-Ghislain Denne- 
ti^res, S** de Beaumez. N. G. T. II, 500. Elle habitait rue des Tanneurs. 

(7) Marie-Lucrece Pally, veuve de Philippe De Vulder, S' de Meul- 
beke. N. G. T. Ill, 59 et 63. Elle habitait rue de TAbliau. 



383 












1696 


1706-1708 


Un valet, une servante. 


Livres 


3 




I^eiie j^ Pally, sa snftur. 


yt 


3 




Les deux d*"^ d'Exarde, 6tran- 








g^res (i). 


9) 


6 




M*"* de la Motte, douairidre de 








Pronville (2). 


91 


20 


6 


Un valet, une servante. 


» 


3 




M'*^* Marie Pally, sa soeur. 


» 


3 




M. de Rabecq (3). 


» 


20 




M"** de Mars. 


» 


3 




M°**Rogiers, veuve de conseiller 








de la chancellerie (4). 


» 


50 




M. rabb6 de Bornein, pension- 








naire chez le procureur Le- 








quint. 


9» 


6 




Un valet. 


n 






M. de Bourqtiembray (5). 


yt 




120 


Un valetf une servante. 


» 




3 


M. Desruisseau (e). 


9> 




40 


Un valet ^ une servante. 


» 




3 


M. de Baudimont (7). 


It 




40 


Un valet, une servante. 


yt 




3 


M''"" de Bellerive. 


yt 




40 


Un cocher, un valet, une servante 


. » 




5 



(1) Habifaient sarle qaai. 

(2) Jeanne-FraD^oise Pally, veuve d^Antoine-Philippe Wasselin de 
Pronville, habitait rue SaintBrioe. N. G. T. Ill, 59. 

(3) Jean-Francois Pallj, S*" de Rabecq, dpoax s^par6 de Claire Ber- 
land. N. G. T. lU, 62. 

(4) Marie- Jeanne Legrand, veuve de Charles Rogiers, anobli par 
Tachat d'une charge de conseiller-secr^taire du roi. N. G. T. Ill, 349. 

(5) n habitait en 1696 dans laparoisse de Saint-Piat. V. p. 374. 

(6) II habitait en 1696 dans la paroissede Saint- Jacques. V. p. 379. 

(7) Antoine-Fran^ois de Cambrj, S' de Baudimont. Cf. Nos Mdmoi- 
res, t. XXIII, p. 493. 



— 384 



Parolsse Saint-Nioolas 

M"* la veuve du sieur Mondet, 

conseiller aa Parlement (i). Llvres 
M. de Marne, 6taiit des Etats 
du Toumteis (2). » 

Un valet et une servante. » 

M. Dubois, Seigneur d'Inchy, 

id. (3). » 

Un valet et une servante. » 

M. Dubois, son fils, avocat (4). » 
ilf^ (fHames (5). 

Une servante. » 

M""* la veuve du sieur du Mor- 
tier, vivant secr6taire au- 
diencier k la chancellerie (e) . » 
Une servante. » 

Le sieur Francois du Hautport 
de Grandsart , poss6dant 
fief (7). » 



1696 1706-1708 



75 



60 

3 

60 

3 

20 



50 
2 



40 



40 
3 

20 
2 



(1) Marie-Anne-Joseph Scorion, veaTO en premieres ooces de Jean- 
Francois de 60UJ et en secondes d'Adrien Mondet, conseiller au Con- 
seil SouTerain de Toumai, anobli par cette charge. N. G. T. II, 652. 

(2) Louis de Braux, ^uyer, seigneur de Marne, jurd de Tournai de 
1682 & 1685, bailli des Etats du bailliage de Tournai et Tournaisis, 
ddcddd en 1703. N. G. T. I, 308. 

(3) Jean-Baptiste du Bois, seigneur dlnchj. N. G. T. I, 245. 

(4) Jean-Baptiste-Ignace du Bois. 

(5) Jeanne-Joseph Said, Teuve de Guillaume du Bois, S' de Harnes. 
N. G. T. I, 246. 

(6) Madeleine Bonnet de Thimougies, veuve de Charles-Emmanuel 
du Mortier, anobli par sa charge. N. G. T. II, 696. 

(7) Jean-Francois de Hauport, seigneur de Grandsart. N. G. T. 
Ill, 185. 



385 












1696 


1706-1708 


M. le comte d'Halenne (i). 


Livres 250 


125 


Une femme de cbambre, une 








servanle, un cocher, trois 








laquais, une cuisini^re. 


9> 


12 


16 


M"'* la veuve dusieur Van Home, 








conseiller au Parleinent(2). 


r 


75 




Une servante. 


r 


2 




M. le baron de Warcoing (3). 


« 


250 




Un valet. 


w 


1 




M, de Beaumez , possedani fief (4) . 


>» 




40 


Un valet. 


n 




1 


A/'"* Desmezieres (5). 


n 




6 


Une servante. 


n 




2 


A/'"* de Beaumez (e). 


r 




6 


Une servante. 


j» 




2 



(1) Louis-Joseph de Harchies, comte d'Halennes, grard-pr^v6t de 
Tournai, ddc^dd en 1697; sa veuve Marie-Brigitte do Crdquy, paya la 
capitation en 1706-1708. N. G. T. II, 178. 

(2) Anne Van Humen, veuve de Francois Van Hoorn. (Le Livre noir 
da patriciat tournaisien, p. 34). 

(3) Joseph de Nassau, comte de Corroy, baron de Warcoing. (Ann. 
de la Noblesse beige, t. XXXVI, p. 237), habitait au qaai de I'Arsenal. 

(4) Pierre- Fran Qois-Ghislain Denneti^res, seigneur de Beaumez. 
(Goethais, Miroir des Notabilit^s nobiliaires, I, 989). 

(5) Cf. p. 376. 

(6) Marie-Carol ine-FranQoise Dennetieres, soeur de Pierre ci-dessus, 
^pousaen 1714, Antoine de Beauffremez. 



ANNALRS. til. 



2:> 



— 386 — 



BOURGEOISIE; 
Paroisse Notre-Dame. 



1696 1706-1 70S 



Rue DBS NoiRBTS. 

M. Druet, avocat (i). Livres 20 

M. Michel, ci-devant entrepre- 
neur des fourrages, petit ren- 
tier. 9) 20 

QUAI. 

Z)*"* Cathe^nne Rogier, rentiere, » 

Z^"' La fosse. 

March6 aux POISSONS. 

Le S^ Proviner, procureur au 
Parlement. « 20 

Rue du Fossfi. 

Le niaitre du bureau de la poste 
aux lettres. •» 50 

Deux mal tresses d'6cole. « 

M. Vandale, procureur au Par- 
lement. n 20 

Joseph Lebleu, marchand dro- 

guiste. y* 30 

Rue des Voitriers, dite de Courtray. 

Louis Vanrode, tenant boutique 

de toile. »» 20 

M. Dupret, rentier m6diocre. » 40 

M. Scorion, rentier m6diocre (2). « 40 



20 
40 



(1) Albert Druez fat conseiller an bailliage. N. G. T. I, 669. 

(2) Jacques ScorioD, seigoeur d'Ackelghem, ^poux de Marie-Angd- 
lique Rogiers. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1868, p. 321 . 



— 387 — 



1696 1706-1708 



Le S"" Rogier, son beau-fr^re, 

tres petit rentier (i). Livres 10 

M. de Beime, procureur au Par- 

lement. » 20 

Le S^ Pierre Richard, marchand. » 
Le S*" J.'B. Marlier, rentiei^ (2). » 



Rue Nostre-Dame (3). 

Jacques Ollivier , maistre orf&vre, 
rentier. 

Catherine Ollivier, sa soeur, ren- 
tidre, demeurant avec luy. 

Jean - Baptiste Herbaut , mar- 
chand de drap. 

Nicolas Mainet, marchand Spi- 
cier. 

Jean Deschamps, orfevre. 

Rue Dame-Odile. 

Le S^ Jacgties Pottier^ rentier. 
/)*"• Mignoi, de Saint- Amand. 

Rue du Four Chapitre. 

Claire Bau champ, veuve de N. 

Ricquet, droguiste (4). 
M. Brisseau, avocat (5). 



9 



9» 

1» 






00 



30 



40 



20 



20 
20 



60 
60 



20 



40 
60 



(1) Thidry- Charles Rogiers, tils de Charles Rogiers, conseiller-secrt^- 
taire du Roi, et de Marie-Jeanne le Grand, ioscrite dans la noblesse de 
Saint-Brice. N. G. T. Ill, 350. 

(2) Licencid es droits, dpoux de Fran^oise de Clippele d'Altiche. N. 
G. T. 11,563. 

(3) Dite aujourd'hui rue des Orf^vres. 

(4) N. G. T. K 529. 

(5) Jacques-Philippe, 4chevin et conseiller tie la Chambre de CDtn- 
merce de Tournai. N. G. T. I, 314. 



— 388 — 

1696 

M. de Flines, avocat (i). Livres 20 
M . Nicolas de Flines, son fr6re, 

tr^s petit rentier. ^ 10 

M*""* Ranson , mediocre renti^re. » 20 

Rue du Chapitrb, 

ALLANT A LA RUE DBS MaUDITS. 



1706-1708 



M. Benard , contrdleur du bureau 
des traites. « 

Deux servantes et un valet. » 

M. Sandras, receveur du bureau 
des traites et des vivres. «* 

» 

Rue du Ti6tart, au bas Quartier 
Le S"" Jean de le Croix . •• 

Placette du Ti6tart. 
Un maltre d'6cole. n 



Rue de la Cordonnerib. 

Martin Derasse, marchand de 

draps (2). 
La veuve Martin Def^asse. 
Le S*" Paul- Joseph Le Sceultre, 

petit rentier. 
Nicolas des Forets, marchand 

tenant boutique de bas. 






30 



40 



60 



40 



20 



20 



30 



40 



40 



(1) PierreJoseph de Flines. Cf. Ann de la Noblesse de Belgique, 
1866. p 151. » 

(2) XiictAi en 1701 , pire de Denis et de Maximilien de Rasse, anoblis 
en 1738. N. 0. T. Ill, 261. 



— 389 — 

Charles Maillet, marchand de 

has. 
Ij€ S^ Antoine Henry, rentier. 
Le S^ Ignace Henry, son frere. 

Rue des Chapeliers. 

La veuve du Pret, renti6re (i). 

Pierre Salomon Gruart, son gen- 
dre, tenant sa boutique (2). 

Liivin Watlecamp, drapier. 

Paul Grau, marchand de fer (3). 

M'" Sclippele, son gendre (4). 

PaiU'Joseph Grau (5). 

Jeanne-Frangoise Grau^ sa sostir, 

Le S"" S6basiien Bernard, mar- 
chand de laine (e). 

Pierre Lotard, tenant boutique 
de bas. 

La veuve du S^ Pierre de Clippele, 
rentiire (7). 

Jean-Frangois Tsbecq, filletier (s). 

Le S^ Felleries, avocat (9). 



Livres 



n 



1696 1706-1708 



30 
60 
30 



91 



20 

20 

60 
20 



40 



20 



30 

30-50 
30 



50-60 
25 

60-50 



40 
20 
20 



(1) Esther Satin, veave de M&rtio du Pr«. N. G. T. Ill, 143. 

(2) Bpooz de Marie-Aiitoioette du Prt, fut Grand ot Souverain Ooven 
des Arts et Metiers. N. O. T. Ill, 143. 

(3) N. G, T. II, 136. 

(4) Jacques de Clippele, seigneur d'Atticbe, dpous de Marie>Josepb 
Grau. N. G. T. I, 530. 

(5) Fils de Paul, ci-dessus. N. Q. T. II. 136. 

(6) Magistrat de Tournai de 1685 k 1699, il appartenait A une bran- 
cbe bitarde de la famille palricienne de ce nom. Cf. Notes pour servir 
A la gtotelogie de la famille Bernard, par le C* P. du Cbastel, p. 1 10. 

(7) Pran^oise du Morlier, veuve de Pierre de Clippele, seigneur 
d Atticbe, dicA(\6 en 1686. N. 0. T. I, 529. 

(8) N. G. T. II, 346. 

(9) Jean-Baptiste de Felleries. N. G. T. II, 47. 



ft 



— 390 — 

Rue aux Rats. 
Jacques Caulier, imprimeur. Livres 

Rub db la Teste-d*Or. 

Le procureur d'Onbry (i). »» 

Marie- Louise Sellier, cabareti^re 

k Tenseigue du Singe dOr. 
M. de Wilde, avocat (2). 
M. Jacques, m6decin. 
M^^^ Meurchin (3). 

Deux servantes. 
Pierre- Charles Richard , mar- 

chand de vin. 
Christian Pool, marchand bou- 

tiquier de beurre et de fro- 

mage (4). 
M. Delsaux, avocat et rentier (5). 

Deux servantes. 
Roland Sage, marchand de vin 

en gros. 
Denis Faucille, aubergiste k la 

Teste d'Or. 

Deux servantes et un valet. 
Antoine Pottier, marchand fiUe- 

tier et rentier. 



1696 1706-1708 



9» 
99 



99 



12 

10 
20 

10 



20 

60 

4 

30 

10 
5 

30 



20 
4 

40 



30 



(1) JeanBaptiste Simon, dit d'Ombry. 

(2) Pierre- Francois de Wilde fut conseiller-pensioniiaire et dchevin 
de Tournai. N. G. T. Ill, 684. 

(3) Marie^Thdrese Cbarlez, veuve de Francois- Lou is de Caloone de 
Mercbin: elle se reooaria avec Jean-Baptiste Van der Hfjdeo, ^ujer. 
N. G. T. 1,350. 

(4j Pauwels, natif de Waeregbem, conseiller-assesseur aux finances 
de Tournai. N. G. T. III. 71. 

(5) .lacques-Franyois le Macbon, dit de le Saucb, Denver, conseiller 
du Roi, seigneur de Maresville. N. G. T. I, 539. 



— 391 — 

Jacques Poiie, mature filletier el 

ses S(mt7*s. Livres 

Le S*" Nicolas d'Assignies, mar- 

chand (i). « 60 

Le S** Jacques Ha vet, mar- 
chand (2). « 

Rub de la Turk. 



1696 1706-1708 



35 



D*"« Claire Berlo, veuve du S'^ 

Wacquens, rentidre (3). 
Et son fils. 
M. de Callonne Duquesne, avo- 

cat et rentier (4). 

Un valet et une servante. 
Le S' Thiery Rogiers, rentier (5). 
Le S"" Thi6ry Rogiers, son fils, 

ajant atteint la succession de 

sa mSre, demeurant avec son 

p6re (e). 
Guillaume Laurent , procureur 

^scourslayes et notaire royal. 
N. de Lionne, avocat (7). 
Le p7*ocureur Carpentier. 



n 
ft 






30 



40 



60 



60 

3 

30 



60 

60 
3 



15 

20 
20 



20 



(1) Ecbevin de Tournai. N. G. T. I, 133. 

(2) Echevin en 1702. N. G. T. H, 207. 

(3) Iiabelle-Ciaire de Berlot, veuve de Philippe Wakens, avocac. N. 
G. T. 1. 224. 

(4) Roland-Josepb de Calonne, seigneur du Quesne et d'autres fiefs. 
N. G. T. I, 349. 

(5) DieMi en 1699. N. G. T. Ill, 348. 

(6) IMe4d4 en 1704. Ibid. 

(7) Jacquee-Franfois, avocat au Parlement, magistrat de Tournai en 
1702. N G. T. II, 477. 



392 — 



lfi96 1706-1708 



March6 au Beurre. 

Jacques Hubrecq, marchand. 
Pi€7^e Lietartf marchand. 

Rue de Paris. 

Robert Farin, tenant boutique 

d'^tofTes de sole. 
Jean Obry, marchand d essences 

et de gants pour lui et ses 

soeurs. 
Pierre-Abraham Poupet , mar- 
chand. 
Le sieur Gabriel-Raphael Por- 

tois, bailli de Pecq (i). 

Deux servantes et un valet. 
Joseph Grandsire, bailli de Ve- 

laines et avocat. 
La veuve Pierre Save, rentiere. 
Marie Bernard, veuve d'Estienne 

Grau, marchande de fer (2). 
Charles Nostr6, d6bitant de vin. 
Nicolas Inglebert, libraire et 

imprimeur. 
Jacque Vinchent, libraii'e. 
M. de le Vigne, avocat (3). 

Un valet y une servanle. 



Livres 20 



T. 



30-40 



30 



30 

30 

60 
5 

20 
30 

30 
30 

6 
6 



40 



20 



20 
3 



(1) Gabriel-Francois, bailli de Kain. N. G. T. Ill, p. 110. 

(2) D«c6d«e en 1703. N. G. T. II, 134. 

(3) .l^rOme-PranQois de le Vigne, membre de la magistratnre de 
Tournai de 1685 k 1688, dtait flls du conseiller aa Parlement Nicolas 
de le Vigne ; celtii-ci vivant encore, 8es enfants ne bdndticiaient pas de 
ranoblisrement attache aux fonctions parlementaires. 



— 393 — 

March6 aux Poteries. 

Philippe- Frangots Helluy, apo- 

ihicaire. Livres 

Rue Saint-Martin. 

Christian Fredricq , inarchand 
boutiquier. r 

Francois Couvin, marchand. 

Herman- Frangois Couvin, mar- 
chand, n 

Le S' Nicolas du Rieu, fils, avo- 
cat (i). 

Jean Pettier, rentier. »» 

Catherine Ollivier, veuve d'Eras- 
me Hoveriant, renti^re (e). « 

Le S^ Hoveriant, chdtelain de 
Leuze (3). « 

Le S^ Hoveriant, avocat, son 
frire (4). ^ 

Jeanne Van Hoest, veuve du 
sieur Inglebert, marchand en 
gros. 

Jacques Herkeau, notaire. 

M. Marquette, in6decin. « 

Frangois Leman, midecin (5). t 

Le procureur Lecomte, « 



1696 1706-1703 



20 

30 



20 
40 

60 



50 
20 
10 



I 



20 



40 

20 
40 

60 

40 

20 



10 
10 



(1) N. G T. in. 331. 

(2) N. G.T. 11. 311. 

(3) Charles -Dominique, His d'Erasme et al'enl d' Hoveriant de 
Beauwelaere. 

(4) Jean-FraDQois, seigneur du Carnoi?, dchevin de Tonrnai en 
1709 et 1711. 

(5) V. p. 



— 394 — 

Anne Roty, veuve de N. Watte- 
camp, tanneur, renti^re. Livres 

Bon de le Vigne, marchand et 
bon rentier (i). y> 

Catherine Mirou, veuve deN.de 
le Motte, fiUeti^re. « 

Martin Larmenien, vendeur de 
liqueurs. » 

M. du Cbambge, ci-devant gref- 

fier des Etats, render (2). n 

A/'''*" la veuve Surmont (3). « 



1696 1706-1708 



20 



60 



20 



20 



60 



20 



30 



40 



Parolsse Saint-Piat. 



Grande Rue (4). 

Pierre Tasse, aubergiste a Tescu 
de France. Livres 10 

Un valet et une servante. 3 

Le S*" Jean-Franjois de Calonne, 
receveur et bailli (5). »» 10 



20 



(1) Deux families de ce nom babitaient Tournai : celle de Bon, men- 
tionnd ci-dessus, s'appelait aussi de le Vingne, forme qui a 6td coDsa- 
cr^e par I'dtat-civil moderne. 

(2) Jean, Si* de Hollay, Lassus, etc., bailli-g^n^ral du temporal du 
Cbapitre de Notre-Dame. N. G. T. I, 697. 

(3) Agnes de la Chapelle du Hennocq, veuve de Jacques de Surmont, 
dcbevin et jurd de Tonroai de 1651 k 1665, premier conseiller pen- 
sionnaire des prAvftts et jur^s. N. G. T. Ill, 510. 

(4) Y compris la rue des Clairisses. 

(5) Licencid ^s lois, membre du magistral de Tournai de 1690 k 
1706. N G. T. I, 358. 



— 395 — 

M""** La Charit6, veuve du S^ de 

Calonne (i). 
M. Lepan, procureur au Parle- 

ment. 
Piat Houz6, marchand de bas (2). 
Deiie Agji^s Varlut, veuve du 

sieur Jean Lefebvre , mar- 

chande (3). 

Un valet et une servante. 
D*"* Marie- Peronne Derie, veuve 

de Jacques Henry, maitre 

brasseur et enfans. 
Jeanne Bride, veuve de , 

drapier, rentidre. 
Francois Roty, rentier. 
Jean Caudron , marchand de 

grains. 
Pierre Nay, marchand de bas. 
Le sieur Degand, qui livre des 

matelas et couvertes aux hos- 

pitaux. 
Esther Bert, veuve de N. du 

Pret, renti^re. 
U"^^ la veuve de le Vigne (4). 
Le S^ Bequet. 
Le S^ Jacques Janart (5). 



169ft 1706-1708 



Livres 






91 









20 
40 



30 
3 



20 

30 
60 

30 
20 



30 



30 



40 



40 
30 
60 



(1) Gillette de la Charity, veuve de Jean-Fran^uis de Calonne, m^re 
du pr^ddent. N. G. T. I, 357 et 434. 

(2) Of. L'ouvrage iotituld : Famille Honz6 de TAulnoit, par A. Houz4 
de I'Auluoit, p. 7. 

(3) Soeur du trtsorier-g^ndral Varlut. N. G. T. Ill, 596. 

(4) Marie-FranQoise Sourdeau, veuve de Jacques-Procope de le Vigne, 
chatelain de Leiize. N. G. T. Ill, 611. 

(5) Echevin en 1696. N. G. T. Ill, 512. 



19 



— 396 — 

Nicolas Polef^eau, marchand (i). Livres 
Le S^ Hersecap, avocat (2). * 

Le S'' Maloteau, avocat (3). »» 

Rue Merdenchon. 

Amoud Josson, marchand de 
bas (4). « 

Nicolas de Forest, marchand de 
bas. 

Philippe Roty, rentier, 

Jean-Frangois Roly, son frere^ 
rentier, »» 

Pierre Nay, marchand de bas (5). 

Pierre- Joseph Duprel, rentier, « 

Gerard Serri, marchand, »» 

Rub Madame. 

Guillaume- Francois Baclan , mar- 
chand de bas et receveur de la 
paroisse (e). n 

Rue des Carliers. 

Le brasseur de Saint-Pierre. ^ 

Arnoud Lefebvre, marchand de 

bas (7). »i 

L'avocat Bauduin. »» 



1696 



1706- 1708 

40 
20 
20 



20 



10 

60 
20 



30 

30 
40 

40 
30 
60 

20 



20 



(1) N. G.T. Ill, 139. 

(2) N. G. T. II, 269. 

(3) N. G. T. H. 545 (Henri-Philippe) ou 548 (Ferdinand-lgnaoe) . 

(4) N. G.T. 11.391. 

(5) Of. Grande rue de Saint- Fiat ci-dessus. 
(6j N. G.T.I, 159. 

(7) S*" de Bary, de Lannoy, conseiller assesseur des finances de 
Tournai. N. G T, II, 45. 



— 397 — 

POISSONCEAUX. 

Michel d'Assonville, notaire royal Livres 

Jacques le Terre, marchand (i). » 
Le S' Vanlerberghe, procureur 

au Parlemeni. » 
Le S*" Joseph du Pret, marchand 

de fer (2). »» 

Bon Ablay, maltre plombier (3). « 
Jacques Wattrigant, marchand 

de chaux {4). »» 

Un valet, une servante. »» 

Hubert' Gery Descault, marc^ (5). » 

Le S^* Michel de Gouy, mard^ (e). »» 
Le S^ Noel du Pri, son beau- 

pere (7). >» 

Le S*' Jacques Dismal, marc^. » 

Le S'* Philippe Dismal. r 

La Taille-Pierre. 

Lamoral- Jacques Dailly, rentier 
petit. ' t» 

Jean-Baptiste Baudechon, mar- 
chand de charbon (s). » 



1696 1706-1708 



20 

30 
20 

60 
o 

60 
3 



20 



30 



50 



20 
40-50 

40 
40 
40 



40 



(1) Cf. Famille Houz« de TAulaoit, p. 316. 

(2) N. G. T. in, 144. Son fils fut anobli en 1726. 

(3) N. G. T. I, 109. 

(4) N. 0. T. IK, 646. Sa fille dpousa Michel de Gaest, icujer S' de 
Corbry et de Braffe. 

(5) S' du Quesnoy et du Rosoir, bailli de Warcoing. N. G. T. I, 630. 

(6) Jvtvi de Tournai en 1702. Auteur de la Famille de Gouy d'Anse- 
roeul. Cf. Annuaire de la Noblesse, 1865, p 108. 

(7) Conseiller gar.le-scel au bailliagede Tournai. N. G. T. Ill, 142. 

(8) J.-B Baudechon, telievin en 1709. N. G. T. I, 193. 



Rue de la Ture. 

Dam*'"" Th6r6se du Chambge, 
renti^re, veuve du S*' Van 
Rode (6). 
Deux servantes. 






— 398 — 

Jean-Baptiste Vranx^ son gen- 

dre (i). • Livres 

Rub Cauwb (2). 

Deux mal tresses d'6cole. r> 



Rue des J6suites. 

Le S** Laurent, avocat. 

Une servante et un valet. 
Le S"" Pierre Blauwet, marchand 

de bas. 
D'"*' Marie- Antoinette Wattri- 

pont, renti^re. 
G6rard Spillebien , marchand 

de bas. 
Le sieur Adrien-Fran^ois Zivert, 

marchand (3). 
La veuve du S^ Zivert (4). 
Anne-Marie Le Luitre, renti^re. 
D'^^ Scorion. 
IT"' Limbourg (5). 



1696 17061708 



20 



n 

ft 
w 
n 



91 



20 



40 



30 



GO 



30 



30 
4 



20 



GO- 40 

20 
40 



40 



(1) Natif de Lille, inscrit en 1708 seulemeDt. Cf. Annuaire de la 
Noblesse, 1852. p. 296. 

(2) Actuellement rue des Procureiirs. 

(3) D6c^d6 en 1703. N. G. T. Ill, 697. 

(4) Marie-Aldegonde Caniot. 
(5)V. p. 

(0) Veuve en premieres noces de Philippe de Brienne, bailli de War- 
coing, et en secondes de Denis van Rode, pr6T6t de Saint-Amand, 
6che?in do Tournai. N. G. T. I, 422. 



— 399 — 

N. de Flines, fils de feu Noel, . 
rentier (i). Livres 

Son frere (2). »» 

Le S"" Defeu, commis aux vivres. » 
Un valet, une servante. » 

D*"® Locar, renti^re. « 

M^"** sa fille. 

M. de Beaupret, maris avec la 
fille M""® M6aulne (3), petiie 
rentiSre. " 

Le S"* Jacques Clippele , rentier (4) . i- 

M""" Saint-Aubin (5). 

^eiie Adrienne de Flines, veuve 
Limbourg et ses filles (e). « 

Un valet, une servante. ^ 

Le S*^ J.-B, Marlier^ rentier (7). « 

Rue Sainte-Catherine. 

Le sieur d'Archies (s), greffier 
des Etats. r^ 



1696 1706 1708 



20 
20 
20 



30 
15 



20 
60 
15 

60 
3 



60 



60 



(1) Jean-Francois de Flines, conseilier i'df<$rendaire & ia chancellerie 
du Parlement, regu cooFeiller au F'arlement en 1705, mort k Douai. 
Annuaire de la Noblesse, t. XX, p. IGO. 

(2) Robert-Francois, re^ii conseilier r^f<drendaire a la chancellerie du 
Parlement en 1706. (Id.). 

(3) Claude-BerDard-Loiiis-Mardchal de Uonprd, gendre de Louis 
Haccart de Mdaulne. N. G. T. II, 163. 

(4) Jacques de Clippele, S-^ d*Attiche. N. 0. T. I, 530. II s'^ablit 
plus tard dans la rue Sainte-Catberine, v. p. 400. 

(5) Le Maistre de Saint-Aubin. Nnus Tavons trouvOe inscrite parmi 
les nobles dansun r61ede 1702. N. G T. III. 480 et suiv. 

(6) Marie-Anne de -Flines, veuve de Jean-Josepb van Limbourg, 
bailli-g^n^ral de la baronnie de Mortagne. N. G. T. II, 476. 

(7)N.G. T. 11,563. 

(8) Antoine- Francois de Harcbiet:, bailli et receveur de Tabbaye de 
Saint-Amand, greffier bdr^ditaire des Krats du bailliage de Touinai. 
N. G. T. II, 181. 



— 400 ~ 

1696 

Le notaire Plateau. Livres 20 

Le S*' de VOr^ commissaire aux 

vivres. » 

La veuve Sclippele, rentiere (i). » 30 
Le S*' Jacques de Clippele, mar- 

chand (2). »» 

Jeanne - Frangoise Grau , sa 

soeur (3). - y» 

Rue du Wez. 



1706-170B 



Le S^* du Moulin, seigneur de 

Marquain en par tie. 
Un maltre d'6cole. 



10 



30 



50 



25 



Paroisse Saint-Pierre. 



Rue des Brasseurs (4). 

GeorgesParmentier, maltre bras- 

seur a TEstoile. 

Une servante et un valet. 
Renard Buyet, id., ^ la Rose. 
Louis d'Autrive, id., au Griffon. 
Jaspard Lorthioir, procureur 6s 

cours layes et notaire. 
Jean-Francois Lorthioir, avocat. 



Livres 



10 
3 
8 

10 

20 
20 



(1) Frangoise du Mortier, veuve de Pierre de Clippele, S'd*Attiche. 
N. G. T. 1,529. 

(2) Fils de la pr^c^deate. 

(3) Jeanne-Frangoise Grau, soeur de Marie Grau qui avail dpousd 
Jacques de Clippele. N. G. T. II, 136. 

(4) Ceue rue et la suivaute ne sunt pas nominees dans notre texte: 
un recensement contemporain nous a permis de rdparer romission. 



— 401 — 



Rue du Pot d'Etain. 



Jean de Douay, fils, pellelier et 



1696 1706-1708 



marchand de bas. 


5» 


20 


Jean de Douay, p6re, rentier. 


W 


20 


Rub du Pulau. 






M. Jacquelart, docteur en m6de- 






cine (i). 


ff 


10 


M. de le Vigne, chAtelain de 






Leuze, rentier (2). 


» 


60 


Une servante et un valet. 


» 




Laurent Masure, marchand de 






beurre. 


91 


20 


Christophe Baucamp, marchand 






de bas. 


» 


20 


GiUes Baucamp (3). 


» 




Jeanne Derasse, veuve du Sieur 






du Rieu, rentidre (4). 


» 


20 


Catherine de Rasse. 


9» 




Jeanne Pels, veuve de Martin 






Hennart, marchand de bas. 


» 


20 


Pierre Scapcooman, marchand, 






rentier (5). 


n 


60 


Jacques Lahaise. 


n 




Robert Farin. 


fi 




Jacques de Surmont, rentier. 


n 


20 



50 



50-40 

30 
30 



00 
20 
25 



(1) N. Q. T. II, 361. 

(2) Jacqnes-Procope, seigneur du cbateau de Havinnrs et d'Atgj. 
N. 0. T. 111,611. 

(3) de Beaucamps, ills de Christophe. 

(4) N. G. T. Ill, 32«. 
{5)N. O. T. Ill, 478. 

ANNALRS. III. 2il 



— 402 — 

Jacomo de Surmont^ manf (i). 
Margaerite de Rache, Teuve de 

Charles Lefeb vre , orfe vre 1 2 ! . » 
Pierre Lahaise, marchand de 

bas (3). » 

Un valet et one servante. « 

Rue do Chevay-Saixt-Pibrre. 

Le Sieur Jean Scapcoman, mar- 
chand (4). " 

Rue nu Puits-Wagnon. 

M*'"* Catherine Hoverlant, mar- 
chande (5). » 

Jean Muidavaine, maftre fille- 

tier, marchand de bas. r, 

Jacquelin Vandale, veuve de 

(Arnoud) Willemer , rentier. » 

Faroisse Saint-Nicaise. 

Rue de la Rocq (e). 

M. Antoine ThieflTries, bon ren- 
tier, ci-devant d6positaire 
du bailliage (:). Livres 

Le Sr avocat de Lionne. » 



1600 1706-1708 

■ 30 



40 



CO 



20 



20 



20 



60 



50 



60 



40 



20 



60 
20 



(1) Jacques, dit Jacomo de Surmoot, seigneur de Vieille-Croix. N. 
G. T. Ill, 307. Nous pensons que ce nom et le pr(ic6dent s'appliquent & 
une seule et meme person ne. 

(2) Aleule de Piat et de Marc Lefebvre, les grands industriels tonr- 
naisiens du XVIII^ sidcle. 

(3) Ses descendants s'appelerent La Haise de Fontenelle. 

(4) Magistral de Tournai de 1687 & 1706. N. G. T. Ill, 478. 
(5)N. G. T. 1[,3I0. 

(6) Fartie de la rue roc Saint-Nicaise appel^e petite roque ou roquette 
Saint-Nicaise. 

(7J N. G. T. Ill, 545. * 



— 403 — 

Rue des Aveugles. 
/)*"* Vangermez ^ veuve Fro- 



1696 1706-1708 



mont (i). 

Coin de la Roquette. 
Le S*" Herbau, rentier (2). 

Rub Prevost. 

Le S"" Jean-Baptiste Dubois, 

mattre de la poste. 
Trois postilions et une servante. 

Rub a Poix (3). 

Pierre Thieffries, rentier (4). 

M. Couvreur, avocat (5). 

M. Ranson, rentier (e). 

M. Felleries, rentier, pension- 

naire chez le S'' Ranson. 
M. Los^e, avocat. 
M*'"'* Scorion, veuve du S' Vis- 

sery , oflScier de cavalerie (7) . 



Livres 









6 



20 
20 
60 

20 
20 



20 



60 



20 



60 



(1) Marie- Jeanne de Vangermez, vouve de Henri de Froidmont. 
N. G. T. Ill, 589. 

(2) Jacques-Louis Herbaut. N. 0. T. I, 636. 

(3) Les quatre personnages dont les noms snivent habitaient dans 
la partie de la rue roc Saint-Nicaise appeMe autrefois basse rogue ; le 
reste de la liste appartient & la rue As-Pois. 

(4) Fr^re d'Antoine ci-dessus. 

(5) Franyois-Mathieu, avocat au Parlement de Flandre, ^chevin de 
Tournai en 1697 et 1698. N. G. T. I. 601. 

(6) Joseph Ranson ou Rasson, Seigneur de Mourcourt. N. G. T. HI, 
224. 

(7) Claire Scorion, veuve en premieres noces de Henri de Sandrasky, 
en secondes, de Cbarles-Antoine Cocqaiel, dit le Merchier, et en 
troisiemes, de Charles de Vissery, ^cuyer. Seigneur de Coudekerque. 
N.G. T. 111,636. 



— 404 — 



Livres 



Rue d'Audenarde {3). 

Le S*" Jean-Franfois Rose, bon 

rentier (4). 
ly'"^ Perdu. 

Le S*' avocat Delerue, fits (5). 
Jean Lefebvre, rentier. 



GO 
3 

20 
3 

4 

1 

20 

20 
4 



Paroisse Salnte-Marle-Madelelne. 

1696 1706-1708 

Grande Rue. 

M. du Fay, rentier (1). 

Un valet et une servante. 
Le S*" Leroy, greflSer de la mar6- 
chauss6e, petit rentier. 
Une servante et un valet. 
Pierre Desmaitre, oflScier de 

hautes oeuvres. 
Marie Inglebert, mait" d'6cole. 
Le S*" Caulier, avocat. 
Le S"" Van Melle, procureur au 
Parlement. 
Deux servantes. 
M. Donch6, avocat, pensionnaire 
chez ledit Van Melle (2). 



20 



9> 



60 



20 



60 
20 
20 



(1) Jacques, licencid Ss lois, Seigneur de la Tourette & Reveaux, 
^poux d'Elisabeth de Formanoir de la Cazerie. N. G. T. 11, 40. 

(2) Francois Douche, re^u conseiller au Parlement le 26 Mai 1696 
et president & mortier en 1705 (Of. Hist, du Parlement de Touroai, 
par Pinault, p. 113 et Le livre noir du palriciat tournaisien, par le 
C^ P. du Chastel, p. 52 et 55). 

(3) De nos jours rue des Augustins. 

(4) Jean-Francois Rose, licencid 6s droit, magistrat de Tournai en 
1GG4. N. G. T. HI, 395. 

(5) Etienne-Fran^ois de le Rue de Bempto et de Meulbeke, ^poux de 
Marie-Philippine de Cambrj de Baudimont. N. G. T. Ill, 412. 



— 405 — 

Rue Muche-Vache. 
jyu9 Tordreau^ sceuv de M. de 

Crupilly (i). Livres 

Rue de l'Ecorcherie. 

Le S^ Delerue, avocat (2). 
Le S' Laurent Dru6 (3). 
Le S'' Dupont, avocat. 



1696 1706-1708 



91 

20 
20 



30 



20 
30 



Paroisse Saint-Quentin. 

Grand March6 (4). 

La veuve Arnoud du Poncheau, 

marchandedelinetmatelas. Livres 20 

Le S*" de la Woestine, rentier (5). » CO 
Isaac du Mortier, marchand trai- 

teur, d6biteur de vin. « 20 

Pierre Court, march^ proven^aL « 20 

Hugues Chasse, quincailleur . » 30 

Jean Frangois Sort/, boulangcr, » 

Rue db Cologne. 

Estienne de le Motte, marchand . » 30 
Jean-Frangois Dugardin, mar- 
chand de bas. 1 20 



GO 



30 
20 



30 



(1) Marie-Ursule Tordreau, fiUe de Charles, ^chevin de Valenciennes, 
anobli en 1657 avec tout le magistrat de cette ville par le Roi d*Espagne. 
N. G. T. HI, 569. Apparemment le gouvernement fran^ais ne reconnut 
pas cet anoblissement. 

(2) Jacques-Francois Delerue, pere d'Etienne. 

(3) Capitaine du Serment de Saint-Georges, pere d'Albert Druez, 
qu'on a vu plus haut. 

(4) C6td de r^glise de Saint-Qucntin. 

(5) Jacques-Francois de la Wcestine, Seigneur du Plouy. N. G. T. 
II, 40 et Le livre noir du palriciat tournaisien, p. 33. 



— 406 — 

Le S^ Anloine de le Vingne, fits 

de Bon^ marchand. Livres 

Adrien-Frangois Zivert^ mar- 

chand (i). » 

Nicolas LedoQx, maitre espe- 

ronnier. » 

Gilles Carette, marchand de vin 

et maistre orftvre. « 

Jean de Lattre, marchand chau- 

dronnier. % 

March^ a la Paille. 

M. Antoine Ternois avocat (2). 
Jean Hurteur, charretierde Lille. 
Une servante et deux valets. 
D^"* Marie du Chambge, veuve 
du Sieur Hardy, conseiller 
au bailliage, rentiere (3). 

Rub Perdue. 

Gregoire de le Court, procu- 
reur postulant des Sidges 
Subaltern es et notaire royal . 

Bernard Mirou, maitre du jeu 
de paume (4). 

Jeanne Joveneau, maltresse de 
Tautre jeu de paume. 

Le S"" Gaspard Havet, avocat (5). 



1696 17001703 



20 



9> 



20 



30 



40 



91 



20 
30 



30 



20 

10 

10 
20 



50 



20 



30 



20 



60 



(1)N. G.T. III. 097. 

(2) Conseiller de la Cbambre des Arts et Metiers. N. G. T III 631 

(3) N. G. T. I, 420. 

(4) Cf. Boziere, p. 224. 

(5) N. G. T. II, 20y. 



— 407 — 



1G96 1706-1708 



Le S' Jacques- Philippe du Ray, 

avocat (i). Livres 20 

Guillaume-Ignace St6phany, re- 

ceveur. » 20 

Le Sieur Francois Leman, licen- 

ci6 en mfedecine (2). » 10 

Joseph Serquy , vendeur de 

volailles k Saint-Georges. « 20 
ly^^ la veuve du Conseiller 

Surmont (3). » 

La veuve Dupret. » 

R6duit. 

Marie-Jeanne Casse et deux de 

. sessoeurs, maitresses d'6cole 

k I'enfant J6sus, enseignant 

par charit6. 

Reprise de la Place (4). 

S6bastienSaillart, m6diocremar- 

chand de grains. 
Pierre Masquillier, m""* de drap. 
Jacques nelbran,marchand dra- 

pier et toilier. 
Denis Baudechon, marchand de 



9) 



vin (5). 



20 
40 

20 

30 



20 



30-40 



40 
40 



20 



20 



40 



(1) Magistral de Tournai de 1702 k 1715. N. G. T. Ill, 317. 

(2) Mddecin» pensionnaire de Tournai, auteur d*un manuscrit intitule 
• Memorial des choses adyeoues & Tournai de 1696 & 1735.* N. G. T. 
II, 442. 

(3) Aguds de la Ghapelle du Ilannocq, veuve de Jacques de Surmont. 
N. G. T. Ill, 510. 

(4) Depuis le beffroi jusqu'A la rue de Cologne; c*est le c6t6 appel4 
rang des drapiers, 

(5) N. G. T. I, 193. 



— 408 — 

Simon Dumont, drapier. 

Sa veuve. 

Gilles Duburcq, drapier. 

Jacques Cauvin, marchand de 

dentelles. 
Isidore LoDgueviUe, d6biteur de 

vin (i). 
La veuve Isidore Longueville et 

son fils^ marchands de vin. 
G6rard Ernoud, drapier. 
Marie Bauduin^ veuve de Gerard 

Emoudf drapier. 



L'autre rang db la Placb (2). 

Le S*" Jacques Havet, marchand 
de bas (3). 

Philippe Crocq, dfebiteur de vin. 

M. du Gardin, conseiller pen- 
sionnaire aux Btats. 
Un valet et une servante. 

M. Jean Scorion, bailli d'Es- 
pierres (4). 

Jeanne-Marie Scorion , rentiere (5) . 

Fran^oise Frere, veuve de Tous- 
saint Cheminot, tenant bouti- 
que de liqueurs. 



1696 

Livres 20 



91 

n 

n 

9> 



30 



30 



30 



20 



CO 
20 

80 
3 

60 
20 



20 



1706-1708 



20 



GO 



20 



60 



(1) N. G. T. II, p. 480. 

(2) • AUant vers le bailliage i est-il terit dans le registre de 1706 ; 
c'est-A-dire depuis )e Beffroi jusqu'A la rue des Maax. 

(3) Echevin en \102,dioM6 en 1707. N. G. T. II, 207. 

(4) Seigneur de la Blommerie. Cf. Annuaire de la Noblesse de 
Belgique, 1868, p. 319. 

(5) Soeur du prticddcnt et dc Robert Scorion. Id,, p. 315. 



— 409 — 

1696 1706 1708 

Robert du Vinage, cabarelier et 

d6biteur de vin. Livres 20 

Louis- Gabriel Ternisien, gros 

d6biteur de vin. «• 

Un valet et deux servantes. » 

Jacques de Plisse, gros d6biteur 

de vin, cabaret. » 

Pierre de Plisse, son fils, mar- 

chand de vin. 



Rue des Maux. 

M. de Vaudoeuil, lieutenant de 

la mar6chauss6e, gendre du 

S" Presin (i). 
ly^ Anne-Qabrielle Presin^ fille 

de Jean (2). 
Bon de le Vigno, marchand (3). 
La veuve Bon de le Vigne. 
Jean-Baptiste Gouy, rentier. 
Marguerite Sellier, veuve de 

Jaspard Mourcourt, banquiere 

et son fils. 

Deux servantes. 
Le S*" J.-B. Dumortier, licenci6 

en medecine (4). 






91 



30 
5 

30 



30 



30 



CO 



20 



30 



40 



120 
4 

10 



(1) Amable Maupoint, Seigneur de Vendeul, conseiller du Roi, 
lieuteDant pr^v6t de la mar^cbauss^ de Flandre et de Hainaut, gendre 
de Pierre Presin, Seigneur de la Grard*Croix A Froyennes, greffier et 
^hevin de Saint-Brice. N. G. T. Ill, 165. 

(2) N. G. T. Ill, 165. 

(3) Cousin de Bon de le Vingoe qui habitait rue Saint-Martin ; il dtait 
capitaine du Serrnent de Saint-Georges. 

(4) N. G. T. II, 680. 



— 410 — 

Le S^ Jacques-Joseph Presin (i). Livres 
L'avocat Mallet. n 



169G 



1706-1708 
40 
20 



Paroisse Saint- Jacques. 



Rub Saint- Jacques (e). 








Jeanne Pels, veuve de Francois 








de Hose, aubergiste au Lion 








blanc. 


Livres 


10 




Le sieur Pierre Lefebvre, rentier. 


99 


60 




Les df"^ Lefebvre. 


» 




40 


Pierre Rousseau, cabaretier, d6- 








biteur de vin. 


9 


30 


20 


Le S*" Berland, apothicaire (3). 


« 


10 


30 


Un valet et une servante. 


9» 


3 


3 


Jean-Joseph Ricquet, aubergiste 








k la grande Estoile. 


9» 


10 


20 


Un valet et une servante. 


» 


3 


3 


Denis Pissenier, maltre savon- 








nier. 


9> 


20 


25 


M. Lafosse, rentier. 


H 


60 




j)eiio Marie Lafosse, sa soeur. 


» 


20 




Le sieur Dubois, procureur au 








Parlement. 


9» 


20 




Gilles Rose, maltre apothicaire, 








rentier (4). 


M 


GO 


60 


Le S"" Nicaise Caniot, rentier (5). 


» 


60 





(1) Greflier de I'^chevinage de Saint-Brice, conseiller tr^soiier- 
gfin^ral de Tournai, il fut anobli en 1754. N. G. T. Ill, IG6. 

(2) Y compris la rue du Bourdon Saint- Jacques. 

(3) IIoDorable homme Michel Herland, frere de M"^*^ de Rabecq. Sa 
iille ^pousa Henri Maloteau, $>* de Millevoje. N. 0. T. I, 220. 

(4)N. G. T. in. 395. 

(5) Jur6 de Tournai de 1G86 a 1689, mort en 1703. N. G. T. I. 383. 



— 411 — 

* 

Le S*" Zivert, son beau-fils (i). 

La veuve du S*" Scorion, ren- 
ti6re, et sa fiUe (2). 
Deux servantes. 

Le S' Thi6ry Errembaut, ren- 
tier (3). 

Le S' Baclan, avocat (4). 

Le S^ Coutteau, avocat, 

Jean Vinchent, tabellion (5). 

Jean - Frangois Rose , apothi- 
caire (e). 

Anne-Henriette Creteau et son 
fHre {7). 

Le S^procureur de Vallet. 

Rue DBS CORRIERS. 

Marie-Aldegonde Hach6, mai- 

tresse d'6cole. 
Nicolas Daman, maltre d'6cole. 
Pierre Lenglet, charretier de 

Douai. 
La veuve Dismal, brasseur k 

Sainte-Catherine. 



1606 

Livres 20 

40 
4 

60 
20 



11 



1706-1708 

20 



20 
20 

30 

30 
20 



30 



(1) Adrien-Franfois, tehevin de Tournai. N. G. T. Ill, 697. 

(2) Elisabeth van der M eulen on du Moulin, veuve de Robert Scorion, 
S*" d'Ackelghem. Annuaire de la Noblesse, 1868, p. 3*20. 

(3) Si^ de Beaurepaire, bailli des Etats du Tournaisis, il fut anobli 
en 1699. II dtait neveu du president Louis Errembault. Uf. La Noblesse. 
Beige. 

(4) N. G. T. II, 158. 

(5) N. G. T. Iir, 626. 

(6) Fils de Gilles ci-dessus. 

(7) N. G. T. 1, 604. 



— 412 — 

SuR LE8 Salines. 

Le S*" Nicolas Jacquerye (i). Livres 
Pierre Buyet, maitre brasseur k 

Saint-Jacques. » 
Ph. Dugardin, m*'* brasseur (2). » 
Un valet, une servante. » 
Jean Dismal, brasseur k Tescu. » 
Pierre Buyet, brasseur k Saint- 
Hermds. » 
Deux valets, une servante. » 
Pierre-Salomon Landrieu, bras- 
seur k Saint-Hermes. « 
Un valet, une servante. » 
La veuve Lesage, teinturiere. » 
Luc Dlsipal , brasseur k Saint-Jean . n 
Un valet, une servante. » 
La veuve Georges Brassart, bras- 
seur k Saint-Laurent. » 
Vavocat Brassart^ son fils. » 
Denis- Joseph Baulin, march"* (3). » 
Un valet et une servante. r 
M . Doison , docteur en m6decine (4) . »» 
Marguerite Ternois, veuve de 
Georges Sellier, brasseur au 
P61ican. » 
Un valet. » 



1696 1706-1708 



25 

G 
6 
3 
C 

10 
5 

10 
3 

20 

20 

3 

20 

20 

3 

10 



10 
1 



20 



20 
3 

20 
20 



(I) S*" de Fi-^cbies, liceiici^ es iois, bailli d'Howardries. N. G. T. II» 
368. 
(2)N. G T. 11,96. 

(3) N. G. T. I, 198. 

(4) Marc Doison, de Vendegies-au-Bois, m^decin ordinaire du rot, 
m^decin pensionnaire el ^chcvin de Tournai ; son fils Philippe-Joseph 
fut anobli en 1739. N. G. T. I, 658. 



— 413 



1696 1706-1708 



Le S*" Vanlerberghe, procureur 

au Parlement. Livres 20 



Jaspard de le Vigne (i), march**. » 
Bon Delevigne (2), marchand sa- 

vonnier. » 

Charles Saillart, marchand de 

chevaux. ^ » 

Le sieur Perdu {3), docteur en 

m6decine. » 

Ignace Morelle, aubergiste k la 

Petite-Nef. » 

Allant au viel March^ aux poissons. 



Jacques Balenghien, procureur 

au Parlement. 
Le S"" Warcqueau, id. 
Abraham-Roch Guelton, notaire. 
Le sieur de le Fosse, tr6sorier 

du Tournaisis (4). 

Deux valets et deux servantes. 



30 



20 



10 



10 



ft 

n 

9» 



20 
20 
20 

60 
6 



Rue db la Teste d'argent. 

Guillaume Desquenne, marchand 

toilier. 
Joseph Leriche, traiteur. 



91 

55 



20 
20 



30 



(1) Fils aind de Bon cit4, p. 000. Nous le trouTons rae de TAbliaa 
en 1706-1708. 

(2) Frdre da pr^c^ent, dchevin en 1714. 

(3) Philippe-Francois, m^decin pensionnaire de la ville, mort en 1702. 
N. G. T. lU, 74. 

(4) Laurent de le Fosse, tr^sorier-g^ndral des Etats de Tournai et 
Tournaisis pendant 56 ans, S^ de la Locquerie et du Margnais, anobli 
en 1606 est I'auteur de la famille des barons del Fo^se et d'Hspierrcs. 



— 414 — 



1696 1706-1708 



Rub de le Oigne. 

Lad*"® veuve du Fay (i), renti6re 
et sa fille (s). 

Jean-Baptiste Devoir, aubergiste 
k la Grande-Nef. 

Le S"" Dupont, avocat, p6re. 

Le S' Nicolas-Francois Dupont, 
son fils, docteuren medecine. 

M®"* Rose, veuve du S*" Creteau, 
docteur en m6decine et ren- 
tier (3). 

Antoine Lestienne, traiteur. 

Rue Piquet. 

Le S*" Cantaloup, rentier (4). 
Pierre Gobert, procureur au 

Parlement. 
Jean Van Houte, aubergiste au 

Louvre. 

Un valet, une servante. 
Le S^ Buyet, avocat. 

Rue des Bouchers (5). 

M. Wasberghe, rentier. 
Jeanne Odolf, veuve de Philippe 
Petit e t son fils , j eune m6decin . 



Livres 30 

10 
20 

10 



ft 



20 
20 



CO 
20 

10 
3 



30 



10 



30 



20 



20 

3 

20 



(1) Judith Manneke, veuve de Jacques du Fay. N. G. T. IT, 42. 

(2) Marie-Jeanne du Fay, dame de Rongefort. N. G. T. II, 43. 

(3) Marie- Catherine Rose, veuve de Claude Cresteau, mddecin. 
N. G. T. I, 603. 

(4) Charles, ^chevin en 16G4. N. G. T. I, 388. 

(5) II y avait dans cette rue quinze bouchers en 1696. 



— 415 — 



1696 1706-1708 



MarchS AUX B^TES. 



Le S^ Cazier du Breucq (i). 
Le iS"* de Cocq (2). 

Rub DBS Carmbs. 

Jean-Baptiste Simon, procureur 
des cours layes et not aire (3). 

La veuve du procureur Simon (4). 

Le S*" du Chambge , petit rentier (5) . 

Jean-Frangois Prevost, avocat (e) . 

M. CouteaUy avocat. 

La veuve Luytens, renti^re (7). 
Un valet, une servante. 

V avocat Becourt. 

J.'B. Sepa (s). 

La veuve du S^ Caniot^ avocat (9). 

Vavocat Jacquelart (10). 

M. Ladam^ mattre du MorU-de- 
Pirn (11). 



Livres 





TOO 


30 


«l 


10 




» 


20 


20 


» 


20 




» 


30 


60 


» 


3 


3 


»l 




20 


» 




20 


n 




20 


» 




20 



30 
60 



40 



t 

(1) Philippe- Albert Cazier, bailli gto^ral du temporal de rEvScb^, 
membre du magistrat de Toumai de 1698 k 1715, anobli et cr^d che- 
valier en 1729. N. G. T. II, 440. 

(2) Montionn^ ci-dessus; sa fille dpousa M. Cazier du Breucq. 

(3) Dit Simon d'Ombrj. N. G. T. I, 425. 

(4) Jeanne du Chambge, id. 

(5) Gcirard, id. 

• (6) N. G. T. Ill, 175. 

(7) Catherine-Louise Denis, veave de Gilles Desmarets et de 
J.-B. Luytens, dont le pdre, ancetre des Luytens de Bossuyt, fut anobli 
en 1627. 

(8) N. G. T. III. 482. 

(9) Anne Caniot, veuve de Pierre- Salomon Caniot, avocat, conseiller 
au bailliage de Toumai. N. G. T. I, 385. 

(10) Philippe-Fran^oifiJoseph. N. G. T. II, 361. 

(11) V. ci-dessus. 



— 41G — 

Le S^ de Surcques^ juge des 

iraites (i). Livres 



Rue du Palais (2). 

M. do Poucques, avocat {3). 

La V* Paul Gerard, rentiere (4). 

M. Perdu, avocat (5). 

Le S"^ Faligant, fermierdu vin(6). 

Jean Vinchent, notaire et tabel- 
lionnaire (7). 

Roland-Frangois Waymel, avo- 
cat (8). 

Le S*" d'Ysembart, rentier (9). 
Le S*" Vertegans, avocat (10). 
Toussaint Godefroy, procureur 
Parlement. 



1696 1706-1708 



n 

n 

91 






20 
30 
20 
40 

20 

20 
40 
20 

20 



40 
20 



60 



(1) Pierre-Guillaame de Surcques, S' de Lignj, president- juge des 
traites de Toarnai, Douai et Orchies, fut conseiller au Conseil do 
Hainaut ; il est parfois qualifid ^cujer. N. Q. T. Ill, 499. 

(2) Avec la rae des Scsurs-Noires. 

(3) Guillaume de Poucques fut conseiller au bailliage et conseiller 
pensionnaire de la Chambre de Commerce deTournat. N. G. T. Ill, 1 19. 

(4) Marie-Catherine de Clippele de Rupilly, veuve de Philippe Gerard, 
jurd de Tournai en 1664. N. G. T. II, 98. 

(5) Benolt-Raphael, gendre de la veuve Gerard. N. G. T. Ill, 74. 

(6) Yves Faligan, S** de la Croix (Ann. de la Noblesse de Belgique, 
t. XXXVIII. p. 126). 

(7) Tabellion royal et tabelllon garde-notes h^r^ditaire. N. G. T. 
Ill, 626. 

(8) S' du Parcq, devint avocat-gdn^ral au Parlement de Tournai et 
fut anobli par cette charge. N. G. T. Ill, 639. 

(9) Charles- Fr^dric d'Ysem barf, Seigneur deVroichem etd*Autour, 
n6 & Ath (Cf. Ann. de la Noblesse, t. XXI, p. 306). 

(10) Jean-Francois Vertegans, Seigneur de Nordeloos, fut premier 
conseiller pensionnaire de Tournai, anobli ou rcconnu noble en 1721 
et crd<^ chevalier en 1735. Nous le retrouverons dans les r6!es de la 
Capitation sous Louis XV. N. O. T. Ill, 600. 



— 417 — 

Anne Malfait, veuve de.... du 

Pret, rentier (i). Livres 30 

Le S' Louvigny, docteur en m& 

decine (2). " 10 

Le S'' de le Rue, procureur au 

Parlement. » 20 

Claire Montrepin et Jeanne- 

Fran5oiseDuvivier,niaitresses 

d'escole. » 

Rue Clacquedenne. 
Le S' d'Holain, bailly de War- 



1696 1706-1708 



coing et rentier (3). 



GO 



Paroisse Saint-Brice. 

Rue du Becquerbl. 

^jeiie ^farie du Rieu, veuve du 
sieur llierosme de le Vigne, 
renti^re (4). 

j)eue Anne- Marie de le Vigne. 

Ph. Lannoy, avocat. 

M. de la Ilamayde (5). 
Un valet et une servante. 



Livres 30 

20 

60 

3 



9 



o 



(1) N. G T. Ill, 143. 

(2) Gendre de la veuve du Prd. N. G. T. II, 504. 

(3) Jean-Nicolas, S^ du Moncheau, licen'^.id es lois. membre du 
Magistral de Tournai de 1679 & 1686. N. G. T. If, 290. 

(4) D6c6d6e en 1698. N. G. T. Ill, 611. 

(5) Francois-Joseph de la Hamajde, seigneur de Snubrecbies, capi- 
taine au service de France, ensuite ^cbevin et jur^ de Tournai, ^tait 
fr^re du seigneur de Warnave, gu'on a vu ci-dessus. II protesta de sa 
quality de gentilhorome ; sans la contester, les consauz renvoyorent sa 
reqnete k Tannic suivante. Cf. Annuaire de la Noblesse, t. XXVIII, 
p. 162). 

ANNALBS. III. 27 



— 418 — 

Le S"" Frangois-Louis de Cal- 
lonne, S*" de Meurchin (i), fief 
et bon rentier. Livres 

Un valet et une servante. » 

Trois dain*"** ses soeurs, ren- 
ti^res, libres de condition. r» 

Le sieur Jacques Hudsebaut, bon 
rentier (2). » 

Jacques- Hyacinthe Hudsebaut, 
bon rentier (3). » 

Deux servantes et un valet. »» 

M. de Moulembay, rentier (4). » 

Michel de Gouj, marchand et 
bon rentier (5). »» 

Le S*' Lafosse^ avocat. »» 

Rue des Cachets. 

Le S** Fr6deric Le Tellier, ren- 
tier (e). f» 



1696 1706-1708 



60 

3 

30 

60 

60 

5 

60 

60 



30 



20 



(1 ) Alteul du c^lebre contrdleur-g^n^ral de Louis XVI ; celoi-ci naquit 
d Douai, son pore dtant conseiller au Parlemcnt de Flacdre. N. G. T. 
I, 350. 

(2jN. G. T. II, 331. 

(3) Aaobli en 1698 par Tachat d une charge de Conseiller-Secr^taire 
du Roi. 

(4) M*' Charles de Moulembay, conseiller, lieutenant particulier du 
bailliage de Tournai, anobli par Tachat d'une charge de Conseiller- 
Secrdtaire du Roi. N. G. T. 11, 742. 

(5) Jurd de Tournai en 1702. Of. Annuaire de la Noblesse, t. XIX, 
p. 108. 

(6) Seigneur de Fauchelles et avocat au Parlemont. Cf. Annuaire de 
la Noblesse, t. XXII, p. 322. 



— 419 — 

Rub d'Obeny (i). 

La veuve du sieur Jacques Vranx , 
rentier. Livres 

Le sieur Charles Portois, avo- 
cat (2). « 

Le S' Jacques Van Rode, avo- 
cat(3). »» 

-D^"* Catherine-Thirdse du Fay (4). » 

Le S^ Brifau. » 

Rue de la Barre Saint-Brice. 



Gillette Inglebert , veuve de Pierre 
Lestienne, marchand de has. 
Guillaume du Rieu, rentier (5). 
Trois maltresses d'6cole. 
Le Sieur Houfflin, avocat. 
Antoine Henry ^ rentier. 
Ignace Henry ^ son frere. 



1696 1706-1708 



r 
n 



Rue de Cordes. 

Jean, Simon, Agnes et Margue- 
rite Carette, fr^res et soeurs, 
rentiers. 

Agnis Carette. 






30 



20 



20 



20 

20 

3 

20 



30 



50 
20 



60 
30 



40 



(1) Actuellement rue de Rasse. 

(2) Nd k Renaix, membre du magistral et consciller pensionnaire de 
Tournai. N. G. T. Ill, 112. 

(3) Of. Ooetbals. Miroir des notabililds nobiliaires, t. I, p. 398 et 
N. G. T. Ill, 341. 

(4) N. G. T. II, 40. 

(5) Membre du Magistral de Tournai en 1604. N. G. T. Ill, 330. 



— 420 — 



1696 1706-1708 



Rub de l'Abliau (i). 

Pierre Bonnet, notaire royal (2). Livres 20 
M. Quequelberghe , procureur 

au Parlement. * 

Pierre- Albert Lequint, id. 
Le S' Letteur, avocat, 
Le S' Lespagnol, avocat. 
Le S'' Segar, president des 

traites. 
Quatre maitresses d'^cole. 
Le S*^ Jacques Marlier, rentier (.}). 

Deux servantes. 
Le S"^ Marlier, son fr6re. 
Gaspard de le Vigne, ynar- 

chand (4). 
Jean Gar in, h^asseur. 



SuR LE Quay. 

Meiic Frangoise de Moulembay, 
renti6re. 

Ar*"®Barbe Moulembay, sasoeur, 
veuve du S*" Van Acre, ren- 
tiere {5). 

Cathernne-Frangoise Renuit, ren- 
tier e (g). 

Robert Grau, marchand (7). 



91 

n 

9> 
9) 

9» 









20 
20 
20 
20 

30 

60 

60 



20 



30 



CO 



40 
40 



20 
60 



(1) Aujourd'liui rue des Campeaux. 
(2)N. G. T. 11.227. 

(3) Id. Ill, 562. 

(4) DdjAcit6 p. 413. 

(5) N. G. T. n,742. 

(6) Id. Ill, 320. 

(7) Id. II, 135. 



— 421 — 

Rue db Pont. 

Le sieur Jean-Baptist e Berlo, 

rentier (i). Livres 

Marie-Th6r6se Berlo, veuve de 
N. Cambier, rentier. » 

Jacques Dismal, marchand, et sa 
soeur. » 

La veiive Pierre Surmont, ren- 
ti^re (2). 

Le S^ Pierre Surmont, 

Le Sieur Jacques Li6vou, mar- 
chand (3). 

Le Sieur Ignace Li6vou, ren- 
tier (4). 

Robert Grau, marchand (5). 

M. Delattre, docteur en me- 
decine. 

Jacques Wattecamps, pere^ tan- 
neur, 

If^^' Marie de la Fosse , rentiire. 



1696 1706-1708 



Rue du Quesnoy. 

Marc-Antoine Lericq, rentier. 
La veuve Dumortier, renti^re. 






n 






40 



30 



40 



30 



60 

00 
CO 

10 



60 
30 



40 



30 



50 



00 



20 
40 



50 



(l)Id. II, 233. 

(2) Adrieone-Margaerite Haugoubart, veuve de Pierre de Surmont. 
N. G. T. III. 509. 

(3) N4 t Cambrai, membre du Magistral de Tournai de ICCO & 1085, 
d6o6<i6 en 1705. N. G. T. II, 473. 

(4) FiU du prdu<!dent, membre du Magistral de Tournai de 1GM<S 
& 1604. 

(5) Cil4 plus baut ; i1 habitait, crojons-nous, au coin de la rue de 
Pont et du quai Saint-Brice. 



— 422 — 

Denis Vandale, rentier (i). Livres 
Le sieur Nicolas Baulin, ren- 
tier (2). » 
N. Baulin, son fils, avocat (3). » 
Deux mattresses d'6cole. » 
Le sieur Jean-Frangois Felleries, 

avocat (4). n 
Le sieur Jean-Baptiste Felleries, 

son fils, avocat. » 

Ph. Liart, marchand de bas. ^ 
M. de PoUinchove, ancien con- 

seiller [:>). » 

Rue de Morellb. 

Guillaume - Francois Bernard , 

marchand de laine (e). » 

Le S*' Portois, avocat (7). » 

Rue Neuve. 

Etienne Chamart, maitre d*6cole. » 
Jean Lienard, marchand de bas. » 

Rue de Marvis. 

Pierre Couvin, marchand gantier. » 
Jacques Renuyt, marchand de 

bas (s). y> 



1696 
40 

60 
20 



20 

20 
20 



20 



1 



30 



20 



1706.1708 

40-30 



30-40 



40 



20 



20 



30 



(1) N. G. T. I. 609. 

(2) M. I, 199. 

(3) Denis Baulin, conseiller au bailliage; sa fille ^pousa le baron de 
Cazier. 

(4) D6c6d6 en 1698. N. G. T. II, 47. 

(5) V. p. 307. 

(6) Of. 0° du Cbastel. G6n^logie de la faraille Bernard, p. 111. 
(7)V. p. 419. 

(8) D4c6dd en 1705. N. G. T. Ill, 320. 



— 423 — 

Le S** Renuyt, rentier (i). Livres 

Jeanne le Blan, veuve de 

N. Mailliet, marchande de 

bas. ( y* 

J.'B. Maillid, marchand de bas, » 
Michel Cambier, marchand de 

chevaux. y* 

Antoine de le Vigne, marchand 

de sel et d'huile (2) . « 

Rub Saint-Brice. 



La veuve Pierre Monnier, auber- 

giste au Chapeau vert. 
Le S"" PoUereau, marchand (3). 

Deux servantes. 
Francois Lucas, maltre d'6cole. 
Pierre et Jean Spillebien,fr6res, 

marchands de bas. 
Jacques- Albert Spillebien, avo- 

cat. 
Pierre Pontus, marchand de bas 

et rentier. 
Jaspard Petit, marchand de bas. 
Nicolas Vandal, bon rentier (4). 
La veuve Thiibaut Taffm^ nee 

Catherine Lamy. 



1696 






20 



30 



30 






GO 
4 



20 

20 

40 
20 
60 



1706-1708 

30 



30 



30 



25 



(1) Fils du prdc^dent, magistrat de Tournai en 1706. 

(2) Frere de Bon, cit6 p. 394. 

(3) Bailli du temporel de I'abbaje de Saint-Martin. N. G. T. Ill, 139. 

(4) N. G. T. I, 609. 






— 424 — 

Rue du Sceau. 

Gaspar du Pret, rentier (i). Livrcs 
Marie Monart, veuve de Nicolas 
Vandale, retitidre (2). » 

Rue Hagne. 

Erasme-Pierre Petit, marchand. 
Franfois Ramart, rentier. 
Michel Liart, marchand de bas. 

Rue Cambron. 
Le S** Jacques Frighem, 7*entier. 

Rue des Tanneurs (.j). 

La veuve Bon Josson, bras- 
seuse (4). 
Un valet et une servante. 

S6bastien Josson, son neveu, 
avocat (5). 

Pierre Fabien Bernard, mar- 
chand (g). 

Philippe Dismal, marchand. 

Marie - Madeleine et Florence 
Odolf. 

Jacques Wattecamp, tanneur. 



1696 1706-1708 



n 



59 



20 
40 
20 



40 



5 



20 

20 
40 



CO 



30 



40-30 



30 



20 
30 



(1) Cf. N. G. T. in, 145, note 1. 

(2) V. p. 423. 

(3) Situde stir Teniplacement du qiiai Vifquin. 

(4) Barbe Sellier. veuve de Bon Josson ; sa fille 6pousa Ghislain Fal- 
ligan, S' do la Croix. N. G. T. II, 391. 

(.5) N. G. T. II, 392. 

(6) Cf. C" du Cbastel. Odn^alogie de la famillo Bernard, p. 109. 



— 425 — 

Guillaume Isbecq, gantier (i). Livres 
La veuve Pierre Duprety tanneur. » 
Jean de le Bury, brasseur (2). » 



1696 1706-1708 

25 

20 
30 



Parolsse Saint-Jean. 

Rue des Croisiers. 

Jacques le Roy .marchanddebas. Livres 
Jean Watiecamp^ tanneur. » 

Placette Saint- Jean. 

Nicolas du Laurent, tenant bil- 
lard. » 4 

Les enfants Pierre Quievy, mar- 

chand de bas. »» 20 

Pierre Carette, marchand tan- 
neur. y> 

Rub du Poncheau, dite du Luciiet. 

La veuve Pierre La my, renti^re, 

marchande (3). >» 30 

Lesieur Robert Scorion de L^au- 

court, avocat (4). " 20 

Nicolas G6rard, marchand de 

bois. « 30 



20 
20 



20 



GO 



(l)N. G.T. H, 348. 

(2) Id. I, 330. 

(3) Marie-Catherine de Bacq, veuve de Pierre Lamy. 

(4) Robert Scorion, seigneur de Ldaucourt, 6chevin et greffier h^rt^- 
ditaire de Tournai, anobli en 1723 avec quatre degr^s paternels et 
maternels et confirmation d'armoiries: il avail dpous^ Marie-Catherine- 
Louise Lainy, fille do Pierre ci-dessus. Cf. Annuaire de la Noblesse de 
Belgique, 1868, p. 316. 



— 426 — 

Pierre-Joseph Odolf, marchand 

de grains. Livres 30 

Claude Gillart, fermier des mou- 

lins de la ville. »» 40 

Jean Lefebvre, mattre batelier. » 40 

Deux servantes et un valet. » 



1696 1706-1708 



40 



Faroisse Saint-Nicolas. 

QUAI. 

Le sieur Jean-Frangois du Mor- 

tier, rentier ecclesiastique (i). Livres 40 
Le S** Brisseau (2). » 

M. Pissot, rentier (3). >» 60 

Maftre Pierre Yolent, procureur 

au Parlement (4). « 20 

Maitre Memesse, procureur au 

Parlement. » 20 

Grande Rue du Chateau. 

Jacqu£s Delrue^ marchand bou- 
langer, » 

D®"® Anne-Scolastique d'Huber- 
lant, renti^re (5). » 10 



20 

60 



20 



(1) Nd & Lille d'une famille tournaisienne, il dtait veuf de Marie- 
Joseph Visart. N. G. T. II, 698. 

(2) Jacques-Philippe Brisseaa, avocat, ^chevin de Tournai, conseiller 
de la Cbambre de commerce. N. G. T. I, 314. 

(3) Francois Pissot, garde-magasin de la ville et citadelle de Toar- 
nai, doyen des procureurs et receveur-payear des gages. N. G. T. 
II, 181. 

(4) Une de ses filles ^pousa Pierre-Joseph Dumortier, avocat au 
Parlement de Flandre & Douai ; la famille Dumon-Dupaortier est issue 
de ce mariage. N. G. T. II, 718. 

(5) Veuve d^Amand-Fran^ois Le Tellier, seigneur de la Cucquiere. 
N. G. T. Ill, 592. 



— 427 — 



1696 1706-1708 



Maltre Josse Leblon, procureur 

au Parlement. Livres 20 

M. de Marbais, avocat au Par- 
lement (i). » 20 

N. Stordeur, procureur au Par- 
lement. " 20 

Jean-Baptiste Thiefiries, mar- 
chand de chevaux. « 30 

Le S"" Van Biesbrouck, procu- 
reur au Parlement (2). »» 20 

La veuve Biesbroucq. t 

M. Legay, avocat au Parlement. » 20 

M. Dubois, avocat. »» 20 

La D"*"* du Waut, pensionnaire 

k Saint-Andr6. » 30 

jyiic Perdu, d Saint-Andri. « 



20 



30 
20 



I 



«•■ 



PARLEMENT DE FLANDRES (3). 



M. de Pollinchove, premier pr6sident (4). 

Ses domestiques. 
M. Bruneau, president k mortier (5). 

Ses domestiques. 



1000 livres 
9 » 

300 r, 

8 » 



(1) Jean-Louis de Marbais, ^cujer, seigneur de Rosenprd, 6chevin 
de Touroai en 1686 et 1690, devint conseiller au Conseil d*Artoi8 en 
1703. N. G. T. 11, 555. 

(2) Guillaume van Biesbrouck, ^poux de Marie-Adrienne Richard. 
N. G. T. I, 374. 

(3) Nous ne poss^dons la capitation du Parlement que pour les 
ann^es 1707 et 1708. 

(4) Jacques-Martin de Pollinchove, nommd premier-prdsident en 
1691, ddmissionoaire en 1710, habitait rue du Quesnoj. N. G. T. 
Ill, 98. 

(5) Antoine Bruneau, natif de Lille, et d*abord conseiller pension- 
naire de cette vilie, monrut k Douai en 1720. N. G. T. I, p. 316. 



— 428 — 



M. d'Hermaville, id. (i). 


300 livres 


Ses domestiques. 
M. des Jaunaux, id. (2). 


7 » 
300 >. 


Ses domestiques. 
M. Couvreur, id. (3). 


* It 

00 


Ses domestiques. 
M. de Ruissy, id. (4). 

Ses domestiques. 
M. Donche de Beaulieu, id. (5). 


7 r> 

300 » 

9 » 

300 » 


Ses domestiques. 

M. de PoUinchove, id. (e). 

Ses domestiques. 


6 » 

300 » 

1 » 



Chevaliers d'honneur. 

Le baron de Morephem 6tant mort, son 
gendre, M. de la Plaigne, a la survi- 
vance comme chevalier d'honneur (7). 150 y* 

M. le baron de Rongies (a). 150 » 

Ses domestiques. 11 « 

(1) Antoine du Bois de Hoves, seigneur d'HermaviUe, natif d'Arras. 
N. G. T. I, 261. II habitaitrue de la Madeleine. 

(2) Matbieu Pinault, seigneur des Jaunaux, autcur d'une bistoire du 
Parlement de Tournai, imprim^e k Valencieonos en 1701, babitait en 
1099 rue du Clollre-Saint-Andr6. 

(3) Francois Couvreur, nd k Atb, mort k Douai en exercice. N. 0. T. 
I, 507. 

(4) Louis-Philippe Malbaux, dit de Buissj, n^ k Lille, mort u Douai 
en exercice. N. G. T. I, 324. 

(5) Francois Donche de Beaulieu, natif de Steenkerque les Fumes, 
6tait avocat en 1090 (v. p 404). 

(0) Charles de PoUinchove, fils du premier-pr6sident, rempla^a son 
p^re en 1710. II avaitdt<^ nommd president A mortier en 1705, lorsque 
le nombre des pr()sidents du Parlement de Tournai fut port^ k huit (Le 
livre noir du patriciat tournaisicn, p. 10). 

(7) Citd p. 381. Gaspar Dennetieres, seigneur de la Plaigne, son 
gendre, recueillit sa survivance en 1701. Goothals. Miroir des notabi- 
lit6s nobiliaires, I, 950. 

(8) Cit6 p. 306. 



— 429 — 

M. le baron de Woerden (i). 150 livres 

Ses domestiques. 1 » 

Conseillers. 

f 

M . d'Angouart (2) . 1 50 

Ses domestiques. 7 

M. de Roubaix (3). 150 

Ses domestiques. 7 

M. de le Vigne (4). 150 

Ses domestiques. 3 

M.de Mullet (5). 150 

Ses domestiques. 6 

M. Odemart (e). 150 

Ses domestiques. 6 

M. PoUet (7). 150 

Ses domestiques. 5 

M. Jacquerye (g). 150 

Ses domestiques. 7 

M. de la Verdure (9). 150 » 



» 
99 
Ji 

« 

91 

Ji 

rt 



Ses domestiques. 5 



5> 



(1) Michel-Ange, baron de WoerdoD, grand-bailli des Etats de Lille 
(Annuaire do la noblesse de Belgique, t. XL, p. 226). 

(2) Michel- Alexandre d'Hangouart de Ligni. Cf. Hoverlant. Essai 
chronologique pour servir & Thistoire de Tournai, t. 73, p. 476. 

(3) Alard de Roubaix, de Lille. N. G. T. Ill, 405, habitait rue Saint- 
Jacques. 

(4) Nicolas-Frangois de le Vigne, n^ k Tournai, mort en fonctions & 
Cambrai, babitait rue Saint-Brice. N. G. T. Ill, 612. 

(5) Charles-Albert de Mullet, n6 A Tournai. N. G. T. II. 752. 

(G) Bernard-Frangois Odemar. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, p. 511. 

(7) Jacques PoUet, conseiller au bailliage, puis au Parlement. N. G. 
T. II, 103. 

(8) Michel- Baudri Jacquerye, nd A Tournai, seigneur d*Estrajelles et 
de la Balesquiere. N. 0. T. II, 36G. U habitait dans la paroisse de Saint- 
Nicolas. 

(9) Georges de la Verdure, dcuyer, n^ k Fruges. N. G. T. Ill, 598, 
habitait rue de TH^pital N.-D. 



— 430 — 

M. de Maffles (i). 150 livres 

Ses domestiques. 11 " 

M. Hannecart (2). 150 » 

Ses domestiques. 5 » 

M. de la Place (3). 150 « 

Ses domestiques. 3 » 

M. Becuau (4). 150 « 

Ses domestiques. 5 » 

M. Lescaillet (5). 150 1. 

Ses domestiques. 6 » 

M. de la Hamayde (e). 150 n 

Ses domestiques. 2 " 

M- de Forest (7). 150 » 

Ses domestiques. 3 » 

M. Hattu du Vehu (s). 150 » 

Ses domestiques. 6 » 

M. Visart de Ponange (9). 150 » 

Ses domestiques. 5 » 



(1) Ferdinand-Ignace de Haotport, seigneur de Maffles, de Lille. N. 
G. T. Ill, 184. 

(2) Jacques-Philippe Hannecart de Briffoeil, natif d'Ath. Cf. Ho^er- 
lant, op. cit., t. 73, p. 472. 

(3) Victor-Albert de la Place, de Valenciennes. Cf. Hoverlant, op. 
cit., t. 73, p. 517. 

(4) Keu6 B6cuau de Colombe, ancien cbanoine de la cath^drale, con- 
seiller clerc. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, p. 346. 

(5) Martin-Augustin Lescaillez, natif de Valenciennes. N. 6. T. II, 448. 
(0) Albert-Maurice de la Hamayde, seigneur de la Hautoy, chanoine 

do la cath^drale, conseiller clerc. N. G. T. II, G64. 

(7) Nicolas de Forest, n6 k Avesnes. N. G. T. II, 68. 

(8) Mazimilien Hattu, seigneur du V^hu, n^ & Douai, fils de Pierre 
Hattu, president k mortier au Conseil souverain de Tournai. N. G. T. 
II, 196. 

(0) Jacques Visart, d'origine tournaisienne, auteur des comtes de 
Bocarmd et de Bury. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1864, 
p. 257. 



— 431 — 



M. Imbert d'lnglemaret (i). 

Ses domestiques. 
M. G^rardel d'Aubencheul (s). 


150 livres 

5 „ 
150 » 


Ses domestiques. 
M. de Burge (3). 

Ses domestiques. 
M. Boul6 (4). 


6 » 
150 » 

3 » 
150 » 


Ses domestiques. 
M. Bourdon (5). 


1 n 

150 » 


Ses domestiques. 
M. de Flines (e). 


2 » 
150 » 


Ses domestiques. 
M. de l?'ranqueville (7). 

Ses domestiques. 
M. Lefebvre (s). 


1 » 
150 » 

3 - 
150 » 


Ses domestiques. 
M. Biscop (9). 

Ses domestiques. 


3 » 

150 » 

1 r, 



(1) Nicolas-Francois Imbert d'Inglemarez. Cf. Hoverlant, op. cit., 
t. 73, p. 486. 

(2) Daniel-Francois G^rardel d*Aubencheal. Cf. Hoverlant, op. cit., 
t. 73. p. 464. 

(3) Adrien-Nicolas de Burges. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, p. 367 
et Le livre noir du patriciat toumaisien, p. 63. 

(4) Louis-Francois BouUd. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, p. 355. 

(5) Andrd Bourdon, conseiller clerc. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, 
p. 356. 

(6) Jean-FranQois de Flines, de Tournai, fils de Robert, procureur- 
g^n^ral aa Parlement. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1866, 
p. 155. 

(7) Jacques de Franqueville d'Abancourt, de Cambrai. Cf. Hover- 
lant, op. cit., t. 73, p. 455. 

(8) Jean-Robert le Febvre d'Orval. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, 
p. 444. 

(9) Baron Bisschoop de Laudette. Cf. Hoverlant, op. cit., t. 73, 
p. 348. 



— 432 — 

M. Ruyant de Cambronne (i). 150 livres 

Ses domestiques. 1 » 

M. Hatlu de Marseilles (2). 150 » 

Ses domestiques. 6 « 

M. Cordonnier (3). 150 »> 

Ses domestiques. 1 » 

M. Thalen de Beau tour (4). 150 » 

Ses domestiques. 5 » 

M. Save (5). 150 » 

Ses domestiques. 1 »» 

M. Coppin (e). 150 »> 

Ses domestiques. 1 « 

M. Tavocat general (7). 150 « 

Ses domestiques. 3 ^ 

M. le procureur gen6ral (s). 150 » 

Ses domestiques. 6 » 

M. d'Esnaue, conseiller v6teran (9). 150 » 

Ses domestiques. 3 » 

M. Salle, greffier en chef (10). 150 » 

Ses domestiques. B r 

M. Barbier de Blignier, greflSer de la 

F" Chambre. 50 n 

Ses domestiques. 2 » 

(1) Nicolas-Gbislain Rujant, seigneur de Cambronne. Of. Annnaire 
de la Noblesse de Belgique, 1863, p. 245. 

(2) Alexandre-Augusto Hattu, nd & Tournal, fils du president Hattu 
de Marseille. 

(3) Jacques Dominique. Cf. Hoverlant, t. 73, p. 348. 

(4) IgnaceTheetten, seigneur deBautour,de Staple. N. G. T. III. 532. 

(5) Pierre Save. Cf. Hoverlanf, t. 73, p. 535. 

(6) Pierre-Michel- Joseph Coppin, de Douai. N. G. T. T, 558. 

(7) Roland-Frangois Waymel du Parq. N. G. T. Ill, 639. 

(8) Ladislas de Baralle, de Carabrai. N. G. T. I, 167. 

(9) Jean-Antoine Dcsnaoe, ancien conseiller au conseil provincial 
d'Artois. 

(10) Antoine Sal6, de Douai. Cf. Hoverlant, t. 73, p. 589. 



433 








M. Cambier (i), greffier de la 2™* 


' Cbambre. 


50 livres 


Ses domestiques. 




2 


99 


M,Boullonnois(2), greffier dela3""Chainbre. 


50 


9) 


Ses domestiques. 




2 


» 


M. Lequint (3), greffier de la 4"* 


Chambre. 


50 


J9 


Ses domestiques. 




2 


91 


Trois commis ^ la peau. 




30 
150 


9» 


M™ la pr6sidente Hattu {*). 


91 


Ses domestiques. 




3 


99 


M""" la pr6sidente Errembaut (5). 




150 


9» 


Ses domestiques. 




5 


99 


M"* Van Hoorn (e), veuve de conseiller. 


75 


9» 


Ses domestiques. 




4 


99 


M™ Mondet (7), 


19 


75 


99 


Ses domestiques. 




2 


99 


M"" de Flines du Fresnoy (s), 


» 


75 


9) 


Ses domestiques. 




5 


99 


M"" Corduan {9), 


» 


75 


9» 


Ses domestiques. 




5 


9» 



(1) Jean-Baptiflte Cambier, de famille tournaisieDne, d^c^d^ &, Doiiai. 
N. G. T. I, 374. 

(2) Etienne Boulloonois. Cf. Hoferlant, t. 73 p. 573. 

(3) Hoverlant, t. 73 p. 587. 

(4) Anne-Isabelle le Moisne, dame de Cordes, veuve de Pierre Hattu, 
Seigneur de Marseille, prteident k Mortier au Conseil Souverain de 
Toumai. N. G. T. II. 196. 

(5) Marie Van der Becken, veuve de Louis Errembaut, president A 
Mortier au Conseil Souverain de Toumai. 

(6) Anne Van Humen, veuve de Francois Van Hoorn, conseiller au 
Conseil Souverain de Tournai. (Le livre noir du patriciat tournaisien, 
p. 35), habitait an Marchd aux bStes. 

(7) Marie-Anne Scorion, veuve d*Adrien Mondet. N. G. T. If, 653. 

(8) Anne-ThdrSse Cocquiel dit le Merchier, veuve de Sdraphin de 
FJines, Seigneur du Fresnoy, d^cddd en 1703. 

(9) Marie- Jeanne d'Auby de Quidry, veuve de Jacques Cordouan, de 
Douai, d^c^d^ en 1704. 

ANNALBS. III. 28 



— 434 — 

Huissiers. 

M. Delezenne. 30 livres 

M. Nerinckz. 20 » 

M. Bez. 20 ^ 

M. Meurin. 20 »» 

M. Becquet. 20 » 

La veuve Meurillon. 10 » 

La veuve Comillot. 10 y» 



M. d'Argence, payeur des gages. 250 » 

Ses domestiques. ? r* 

M. Verport, receveur des consignations. 250 •• 

Ses domestiques. 7 »» 

M. Tembreman , contrdleur des saisies r6elles. 250 » 

Ses domestiques. 2 » 

Quatre contr61eurs des taxes de d^pens. 40 y» 

Avocats. 

Maltre Jean Los6e (i). 20 » 

« Guillaume-Dominique Baclan (2). 22 « 

r* Michel Van Biesbroucq. 22 » 

» Pierre Briifaut. 22 » 

» Mathieu-Francois Couvreur (3). 22 » 

» Francois Cousteau. 22 » 

» Nicolas-Frangois Dupont. 22 » 

5» Jacques Brisseau (4). 22 »» 

» Jean Simon. 22 « 

j» Francois-Maurice Bonnier (5). 22 »» 

(1) Habitait rue Perdue. 

(2) N. G. T. I, 158. 

(3) N. G. T. I, 601. II se qualifiait ^cujer. 

(4) N. G. T I, 314. 

(5) Devint conseiller au Conseil provincial de Valenciennes et con- 
seiller honoraire au Parlement de Flandre. N. G. T. I, 282. 



— 435 — 

Maltre Jean Vertegans (i). 22 livres 

n Pierre- Joseph de Flines (2). 22 « 

» Antoine d'Inville. 20 » 

r Pierre-Fran?ois De Wilde. 22 » 

« Daniel Vrans (3). 20 » 

» Amand-Francois Le Tellier(4), 22 » 

i» Francois- Joseph Desnau6. 22 » 

»» Antoine Hersecap (5). 20 i» 

» Ignace-Fran^ois Van Rode (e), 22 » 

»• Robert Scorion (7). 22 »» 

?» Charles Portois (s). 22 « 

" Jean-Baptiste Mallet. 22 " 

» Jean-Baptiste de Flines du Fresno J (9) . 22 »» 

»» Nicolas Goutier. 22 y> 

Frocureurs. 

M. Van Lerberghe, Talnfi. 22 » 

M. Dubois. 22 « 

M. Lequint (10). 22 »» 

M. Van Dale. 22 » 



(1) Jean-Francois Vertegans, Seignear de Nordeloos, n^ k Eggewaert- 
Capelle, maintenn dans sa noblesse et anobli poor autant que de besoin 
en 1721. N. G. T. Ill, 606. 11 babitait rue de Paris. 

(2) Annuaire de la Noblesse de Belgiqae, t. XX, p. 151. N. G. T. 
in. 684. 

(3) Annuaire de la Noblesse de Belgiqoe, t. VI. p. £96. 

(4) Annuaire de la Noblesse de Belgique, t. XXII, p. 322. 

(5) N. G. T. 11, 269. 

(6) Goethals. Miroir des NotabiliMs nobUiatres, t. 1, p. 400 et 
N. G. T. in, 343. Son fils fut reconnu noble. 

(7) Seigneur de Ltoocourt, anobli en 1723. — Cf. Annuaire de la 
Noblesse de Belgique, t. XXII, p. 316. 

(8)N. G. T. Ill, 112. 

(9) Fils du conseiller S^raphin de Flines, dont la veuve est inscrite, 
p. 433. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, t. XX, p. 156. 
(10) Cf. Hoverlant, t. 73, p. 587. 





436 






M. Balenghien. 




221ivres 


M. Le Pan. 




22 


n 


M. Warteau. 




22 


9i 


M. Quicquelberghe. 




20 


» 


M. Manesse. 




22 


» 


M. Van Lerberghe, 


le jeune. 


22 


n 


M. lolent (i). 




22 


y» 


M. Le Blon. 




22 


9» 


M. Pronnier. 




22 


» 


M. Biesbroucq. 




20 


n 


M. Gobert. 




20 


99 


M. Piedana, 




20 


» 


M. Stordeur. 




22 


y» 


M . De Wildere. 




22 


» 


M. Spriet. 




20 


9» 


M. Lelong. 




20 


5» 


M. Herman. 




20 


ft 


M. Belin. 




20 


9> 


M. Vregin. 




20 


>» 


M. Vinchant (2). 




22 


» 


M. Van Melle. 




22 


ft 


La v^ l<'ran(ois, commis du payeur des gages. 


. 12 


ft 



Offlciers de la Ghanoellerie 
6tablie pr6s le Parlement de Tournai. 

M. Caneau (3). 100 

Ses domestiques. 5 

M. Jacobs d'Hailly. 100 

M. Jacobs de la Cessoye. 100 

M. de Lannoy. 100 



(1) N. G. T. II, 717. II habitait rue des Soeurs-Noires. 

(2) N. G. T. Ill, 628. 

(3) Pierre- Joseph Caneau, Seigneur de Cramelles. N. G. T. I, 377 



— 437 — 

M. Lefebvre. 100 livres 

La charge vacante de M.Jacobs de Vertin. 100 » 

M. Van Tienne. 100 ^ 

M. Valgrat. 100 «' 

M. Demarcq. 100 « 

M. Chr6tien Libert. 100 « 

M. Francois Libert. 100 » 

M.VanZeller. 100 ^ 

M. Laderri^re. 100 v 

M. Pierre-Chr6tien Libert. 100 » 

Secr6taires du Roi audlenders. 

M. Mesgalant. 100 ^ 

M. de Madre (i). 100 » 

Ses domestiques. 5 ^ 

M. Merlande. 100 r. 

M. Enlard. 100 r. 

Ses domestiques. 3 r> 

Secr6taires du Roi contrOleurs. 



•» 



M. Vangermez (e). ICO 

M. Mesplan. 100 

M. Boucquel. 100 

Veuves (de Secr6taires du Roi). 

M"^* Bonnet (3). 50 

Ses domestiques. 2 



(1) Denis de Madre, Seigneur de Boorlivet, anobli par sa charge. 
N. G. T. If, 517. II babitait rue des Augustins. 

(2) Pierre-Maximilien de Vangermez, Seigneur de Breuze, anobli 
par sa charge. N. G. T. HI, 590. 

(3) Adrienne Delfosse, soeur de Laurent qu*on a tu p. 413, et veuve 
de Claude Bonnet, seignenr de Thinnougies. N. G. T. I, 280. 



— 438 — 

M"*"* Dumortier (i). 50 livres 

M™* Hudsebaut (2). 50 « 

Ses domestiques. 3 ^ 

M"*« Camphin (3). 50 n 

Ses domestiques. 2 ^ 

Receveurs des Emoluments du Sceau. 

M. Cazier de Breucq (4). 30 » 

Ses domestiques. 2 " 

M. Ternisien. 30 i» 

Ses domestiques. 2 » 

Rdfdrendaires. 

M. De Ghewiet (5). 30 » 

Ses domestiques 2 » 

M. de Sart. 30 « 

M. Cazier du Breucq (e). 30 « 

M. de Flines (7). 30 « 

Greffier ezpdditionnaire. 

« 

M. Cambier. 60 » 

Ses domestiques. 2 



» 



(1) Madeleine Bonnet, fille des pr^c^ents, veuve de Charles-Emrna- 
nuel du Mortier. N. G. T. II, 696. 

(2) Marie-Jos^phe de Moulembay, veuve de Jacques-Hyacinthe 
Hudsebaut. N. G. T. 11, 331. 

(3) Marie-Jos^pbe Cazier, veuve de Jacques-Pbilippe Cazier, seigneur 
de Campbain. N. G. T. Ill, 435. 

(4) Adrien Cazier, seigneur du Breucq. N. G. T. 11, 438. II 6tait 
frere de Jacques-Pbilippe. 

(5) Georges de Gbewiet. N. G. T. II. 103. 

(6) Pierre-Josepb Cazier, fils d' Adrien. N. G. T. II. 439. 

(7) Robert-Francois. Cf. Annuaire de la Noblesse deBelgique, t. XX, 
p. 160. 



— 439 




Cbauffecires. 




M. De la Salle. 


30 livres 


M. Constant. 


30 - 


Ses domestiques. 
M. Robiens. 


2 « 
30 - 


Ses domestiques. 
M. Paul Baccart. 


3 « 

30 r 


Valets de Cbauffecires. 




M. Deskevel. 


30 « 


M. Masquilier. 
M. Moreau. 


30 « 
30 » 


M. de Ronquier. 


30 » 


Porte-Coffre. 




M. Barr6. 


30 . 


M. Desnoyer. 
M. Herscap (i). 
M. Huyse. 


30 . 
30 « 
30 « 



OFFICIERS DU BAILLIAGE (i). 

M. Van der Gracht, grand bailli (3). 120 

Trois valets, deux servantes. 7 

M. Haltu, lieutenant-g6neral (4). 100 

Deux domestiques. 3 



(1) Guillaume Hersecap. N. G. T. II, 268. 

(2) En 1707 et 1708. 

(3) Antoine-Ignace Van der Gracht, S' de Fretin. Cf. Aon. de la 
Noblesse, t. XXXI, p. 249. 

(4) Pierre-Frangois Hattu, dcuyer, S"^ de Cordes, fils du president au 
Parlement. N. G. T. II, 196. 



«9 



— 440 — 

M. d6Moaleinba7,lieutenant-particolier(i). lOOlivres 

Un domestdque. 1 » 

M. Des Champs, conseiller (s). 30 » 

Deux domestiqaes. 3 » 

M. Malotau, id. (3). 30 • 

Un domestique. 2 f» 

M. Le Maire, id. (4). 30 » 

Un domestiqae. 2 » 

M. Druez, id. (5). 30 » 

Un domestique. 2 » 

M. Hoverlant, id. (e). 30 »» 

M. BauUn, id. (7). 30 » 

Un domestique. 2 y» 

M- Crombreughe, avocat du Roi. 30 ^ 

Un domestique. 1 

M. Simon, conseiller garde-scel. 30 

Le greffier. 40 



OFFICIERS DE LA CHAMBRE DES ETATS 

DE TOURNAI (s). 

M. de Beaurepaire (9). 60 « 

Ses domestiques. 3 » 



(!) Charies de Moalembaix. N. G. T. H, 742. 
. (2) Goillaome des Champs, S' de B^thoroez. N. O. T. I, 429. 

(3) HenriPhilippe MaloUu. N. G. T. H. 545. 

(4) Georges-Simon le Maire. N. G. T. 11, 520. 

(5) Albert Druez. N. G. T. I, 660. 

(6) Jacques-Gabriel Hoterlaot, S' de la MoUe, pais da Carooi^. 
N. G. T. II, 312. 

(7) Denis Baulin. N. G. T. 1, 200. 

(8) En 1708. 

(9) Thierry- Ignace Errembault, S' de Beaarepaire, bailli des Btats. 
Cf. La Noblesse beige 1891, l** parlie, p. 72. 



T 



— 441 — 

M . d'Havellus (i) . 60 livres 

Ses domestiques, 3 " 

M. Dubois d'Inchy (sj). 60 ^ 

Ses domestiques. 1 *- 

M. d'HoUain (3). 60 « 

Ses. domestiques. 2 

M. Scorion {4). 60 

Ses domestiques. 3 

M. Copin (5). 60 

Ses domestiques. 3 

M. Delfosse (6). 60 

Ses domestiques. 4 

M. de la Loquerye (7). 60 

Ses domestiques. 4 

M. d'Harchies (s). 60 

Ses domestiques . 2 



(1) Jacqaes-Calixte de Galonne, S** d'Hauchin et d'Ha^elus, grand- 
bailH de Mortagne et grand-pr^vftt de Saint- Amand. N. 6. T. 1, 356 

(2) Jean-Baptiste du Bois, S^ d'lnchj, grand-bailli de Rumes. 
N. G. T. I, 245. 

(3) Jean-Nicolas de Hollain, S** du Moncheau, bailli de Warcoing. 
N. G. T. II, 290. 

(4) Jean Scorion, S*" de la Blommerie. grand-bailli d'Espierrep. Ann. 
de la Noblesse, t. XXH, p. 319. 

(5) Cbarles-Louis Goppin, S' d'Ossogne, ba'Ui de Pecq. N. G. T. 
1,550. 

(6) Nicolas Delfosse, cr^^ baron d'Espierres en 1720, conseiller pen- 
sionnaire des Etats. Of. Ann. de la Noblesse, t. XVI f, p. 138. 

(7) Laurent Delfosse, p^re du prdc^ent, S' de la Locquerie et du 
Marquais, tr^sorier g^n^ral des Etats, fut anobli en 1696. 

(8) Antoine-Frangois de Harchies, greffier des Etats, bailli et rece- 
veur de Tabbaye de Saint-Amand, N. G. T. II, 181. 



— 442 — 



EXTRAITS DES ROLES DE LA CAPITATION. 



2« Partie (1746- 


-1747). 

T. 


• 


MAGISTRA 




Les Pr6vdt et 


Jur6s, 


1746 


M. le grand pr6vdt. 




vacat 


M. Dusart, jur6 (i). 




40 livi-es 


Un valet, une servante. 




3 » 


2°** jur6. 




vacat 


M. Cazier du Broeucq, id. (2). 




40 livres 


Un valet, une servante. 




3 » 


M. Vranx, id. (3). 




40 » 


M. Simonon, id. (4). 




40 » 


Un valet, une servante. 




3 » 


6"^* jur6. 




vcuiat 


M. de Vertegans, conseiller (5). 




40 » 


Un cocher, un valet, deux servantes. 


7 » 


M. Hoverlant, conseiller (e). 




40 » 


Une servante. 


. 


2- » 



(1) Noel-Joseph le Cou^reur, dcujer, S*" du Sart, filsda president au 
Parlement ciW p. 428. N. G T. I, 597. 

(2j RoD^-FraD^ois Cazier, chevalier, S*" du Broeucq, bailli gdn^ral 
du temporel de I'Evdchd. N. G. T. II, 440. 

(3) Ignace- Francois Vranx, conseiller surintendant du Mont-de-Pi^td. 
Cf. Ann. de la Noblesse, t. VI, p. 296. 

(4) Jean-Baptiste Simonon, de Liege, anobli en 1750. N. G. T. II, 463. 

(5) Jean-Frangois Vertegans, inscritaur6lede 1707-1708 (v. p. 435), 
d^^dd en 1751. N. G. T. Ill, 606. 

(6) Auguste-Gabriel-Joseph Hoverlant, S<'du Carnois, anobli en 1780. 
N. G. T. II, 312. 



— 443 — 

1746 

M. Depestre, greffier (i). 401ivres 

Une servante. 2 » 

M. Presin, tr6sorier (2). 40 >• 

Un valet, deux servantes. 5 »» 

M. Delvigne, procureur fiscal (3). 40 « 

Un valet, une servante. 3 »» 

M. Hersecap, greffier criminel (4). 40 « 

Une servante. 2 » 

Le S"" Faligan d'Ordillies, contr61eur (5). 40. » 

Un valet, deux servantes. 5 » 

M. de la Croix, second fiscal (e). 20 » 

Un valet, une servante. 3 » 

1747 

M. de Templeuve, grand pr6v6t (7). 651ivres 
Un cocher, deux valets, un cuisinier, 
deux filles de chambre et une rela- 

veuse. 12 » 

M. du Sart, jur6. 40 » 
Un valet et une servante. 3 » 

M. du Coutre, id. (s). 40 « 
Un valet et une servante. 3 » 



(1) Paal-Joseph de Petftre, 4cujer. Of. Annuaire de la Noblesse, 
t. XXXV, p. 223. 

(2) Jacques-Joseph Presin, S** du Hennocq, anobli en 1754. N. 0. T. 
III. 166. 

(3) Nioolas-Fran^ois-Joseph de le Vigne, ^cuyer. N. G. T. Ill, 614. 

(4) Bruno-Dominique Hersecap, licenci^ es lois. N. G. T. II, 272. 

(5) Ives-Joseph Falligan, ^cuyer, seigneur d'Hourdellies. 

(6) Ghislain Falligan, pere du prdcddent, seigneur de la Croix, 
anobli en 1742 (Of. Annuaire de la Noblesse de Belgique 1884, p. 129). 

(7) Louis-Frangois-Joseph Desmaisieres, S' de Templeuve. Of. Ann. 
de la Noblesse, t. XXVI, p. 111. 

(8) Denis-Joseph Errembault, S' du Coutre, du Maisnil, etc. Cf. La 
noblesse beige 1891, 1^ partie, p. 69. 



— 444 — 

1747 

M. Longueville, id. (i). 401ivres 

Un valet et une servante. 3 y» 

M. Cazier du Broeucq, id. 40 » 

Un valet et une servante. 3 « 

M. Cocqu6au de Vestbroucq, id. (2). 40 » 

Un valet et une servante. ^7 

M. Van der Hey den, id. (3). 40 y» 

Un valet et une servante. 3 » 

Lea autres membres de ce collie sont les m6mes 
qu'en 1747. 

Eschevlnage. 

1746 

M. Dubois, dit d'Hoves, mayeur (4). 651ivres 

Un cocher, un valet, deux servantes. 7 » 

M. de Levreghem, 6chevin (5). 40 » 

M. le baron d'Espierres, id. (e). 40 » 

Un valet, un cocher, deux servantes. 7 » 

M. de Vesbroucq, id. (7). 40 »» 

Un valet, une servante. 3 » 

4°*® 6chevin. vacat 

M. Janart, id. 40 livres 

Une servante. 2 » 



(1) Nicolas-Josepb, a?ocat. N. G. T. II, 487. 

(2) Pierro Cocqueau, ^chevin en 1746, v. plus loin. 

(3) Charles Van der Hejden, ancien capitaine aa rdgiment de la 
Marck. N. G. T. II, 281. 

(4) Robert- August! n du Bois de Hoves, ^coyer, seigneur du grand 
Manain, fut grand pr^v6t de Toumai. N. G. T. 1, 254. 

(5) Charles-Francois de Vertegans, seigneur de Lererghem du chef 
de safemme Marie-Anne-Pran^oise de Landas. N. G. T. I, 70 et III, 607. 

(6) Bruno-Auguste, baron del Fosse et d'Espierres (Cf. Annuaire de 
la Noblesse deBelgique 1863, p. 141). D'apres letarifde la capitation, 
il aurait dii payer 250 livres k cause de son titre. 

(7) Pierre-Louis Cocqueau, dpoux de Frangoise de Schynckele, dame 
de Westbrouck. Cf. Ann. de la Noblesse, t. XXXIH, p. 75. 



— 445 — 

M. Gaspard Delvingne, id. (i). 

Deux servantes. 
M. de la Balequier, conseiller (2). 

Un valet, une servante. 
M. Cazrer de Boh6, greffier (3). 

Un valet. 
M. Meyer, greffier de Saint-Brice. 

Un valet, une servante. 

M. de la Hamayde, mayeur (4). 

Un valet et deux servantes. 
M. le baron d'Espierres, 6clievin. 

Un cocher, un valet et deux servantes. 
M. Jannart, id. 
M. Dupret, id. (5). 

Un valet et une servante. 
M. De Bonni6res, id. (e). 
M. De Mortange, id. (7). 

Une servante et un valet. 
M. Li6tart, id. 
M. Delabalequerre, conseiller. 

Un valet et une servante. 
M. Cazier de Boh6, greffier. 



1746 

40 livres 

4 » 
40 « 

3 « 

40 ^ 

1 n 

40 » 

1747 

65 livres 

5 » 

40 r 

7 f* 
40 » 
40 « 

3 r. 

40 f» 

40 » 

3 • 

40 r 

40 . 
3 « 

40 . 



(1) Fils de Gaspard de le Vingne, mentionnd ci-dewas, p 420. 

(2) Denis- Joseph Jacquerie, 4cQyer, seigneur de la Balesquidre. 
N. G. T. II, 367. 

(3) Jacques Cazier, ^cuyer, seigneur de Bauhez. N. G. T. II, 437. 

(4) Jean-Fran^ois-Thierry- Joseph de la Hamayde, <k;nyer, seigueur 
de Soubrechies, fils de Francois-Joseph, citd p. 417. 

(5) Gaspard-Joseph du Prd, avocat, anobli en 1726; son pSre est 
menlionnd, p. 397. N. G. T. Ill, 146. 

(6) Louis- Joseph Bonnier, dit de Bonnidres, dcuyer, seigneur de 
Montgarni. N. G. T. I, 282. 

(7) Louis-Fran^ois-Adrien de le Vigne, ^uyer, seigneur de Mortange, 
avocat. N. G. T. Ilf, 615. 




— 446 — 

1747 

M. Meyer, greffier de Saint-Brice. 40 livres 

Un valet et une servante. 3 « 

Employ6s au bureau des traites de cette ville 

et lieux en dependants. 

1746-1747 

Le sieur Marchilie, receveur. 40 livres 

Le sieur Vanderlant, contr61eur. 30 >» 

Onze employes. 

£tat des employ6s dans les fermes d*eau-de-vie 

et tabac. 

Le sieur Levasseur, directeur. 20 » 

Le sieur Haccart de Guisenie, contr61eur (i). 6 » 

Le sieur Carpentier, receveur. 10 ?» 

La veuve Midavaine, receveuse. 6 » 

Vingt-six employes. 

£tat des employes pour les droits de brasserie. 

Le sieur de Calonne, receveur (2). 10 » 

Six employ 6s. 

ConseiUers assesseurs. 

Le sieur Li6tard (3). 33 » 

Le sieur Pauwels (4). 33 » 

Trois servantes. 6 » 



(1) Louis-Pierre-Tb^odore Haccart, ^uyer, S' de GhissegnieB. 
N. G. T, II, 162. 

(2) Hermes-Frangois-Joseph. N. G. T. I, 358. 

(3) II n'est pas inscrit au r6le de 1747. 

(4) Pierre-Joseph Paawels, fils de Christian, citd p. 390. N. G T. 
111,71. 



— 447 — 

1746-1747 

Le sieur Druez de la Marli^re (i). 33 livres 

Un cocher, un valet, une servante. 5 »> 

Le sieur Nicolas- Joseph Del^cole (2). 33 » 

Le sieur Dumortier (3). 33 » 

Le sieur Jacques Baudhine, clerc de la g6n6- 

rale recette, dit greflSer des finances. 10 »» 

Commis au Clapet. 

La veuve du sieur Garin, receveuse. 40 »» 

Le sieur Li6vou, premier commis (4). 20 » 

Le sieur Lacqueman, contr61eur (5). 20 »» 

Dix-sept massiers, sergents et autres. 
Dix-sept sergents b&tonniers. 



£TAT DES OFFICIERS DE LA CHAMBRE 
DES ETATS de TOURNAI. 

M. Dubois de Harnes (6). 40 »» 

Domestiques. 3 » 

M. Derasse (7). ^0 »» 

Domestiques. 2 » 

(1) Louis-Frangois-Joseph Druez, S' de la Marlidre k Orcq, fils de 
Tavocat Druez, ciU p. 386. N. 0. T. I, 661. 

(2) Ce Delescolle, fabricant d'^toffes, eut pour gendre Piat Lefebvre, 
qui developpa son Industrie et en fit la Manufacture impdriale et rojale 
de tapis. Cf. Les tapisserjes deTournai par E. Soil, p. 80. 

(3) Pierre-Joseph du Mortier. N. G. T. 11, 681. 

(4) Jacques-Joseph Li^vou? N. 0. T. II, 474. 

(5) Pas inscrit au r6le de 1747. 

(6) Antoine-Guillaume Dubois, ^uyer, seigneur de Harnes k Rumes, 
d^putd ordinaire des Rtats de Tournai et Tournaisis en quality de 
grand bailH de Rumes. N. G. T. I, 246. 

(7) Maximilien de Rasse, fils de Martin qu*on a vu p. 388. seigncnr 



— 448 — 





1746-1747 


M. Scorion (i). 


40 livres 


Domestiques. 


2 » 


M. De Gesnes. 


40 « 


Domestiques. 


1 n 


M. Deuwaerders, conseiller (2). 


40 n 


Domestiques. 


3 n 


M. Van Rode, tr6sorier (3). 


40 r 


Domestiques. 


3 » 


M. Bonnet, greffier (4). 


40 » 


Domestiques. 


% n 


M. De Beaumarch6, commissaire (5). 


20 « 


Domestique. 


1 r* 


M. De Baupr6, procureur syndic (ft). 


20 « 


Domestique. 


1 ^ 


Quatre huissiers. 





de U Faillerie, anobli en 1738, ddput^ aux Etata en quality de bailii de 
Wapcoing. N. G. T. Ill, 261. 

(1) Jean-Robeit-IgDace Scorion, seigneur de la Blommerie, grand 
bailii d'Espierres et en cette quality d^putd ordinaire aux EtaU, Of. 
Annuaire de la Noblesse de Belgique 1868, p. 319. 

(2) Jean-Baptiste-lgnace-Joseph de le Vigne, teuyer, seigneur de 
Deurwaerders, licencid es droits. N. G. T. Ill, 613. 11 habitait roe de 
TAbliau. 

(3) Ignace-S^rapbin-Josepb Van Rode, teuyer, seigneur de Beauterre, 
reconnu noble en 1758; il ^tait fils d*Ignace-Fran9ois, mentionnd 
p. 435. 

(4) Pierre-Antoine Bonnet. N. G. T. II, 279. . 

(5) Charles* Joseph- Francois Roussin, teuyer, seigneur de Beau- 
march^. N. G. T. I, 180. 

(6) Marshal de Bonprd. N. G. T. 11, 163. 



— 449 — 



OFFICIERS QUI COMPOSENT LE BAILLIAGE 

DE TOURNAl. 

1746 1747 

M. Vander Gracht, grand bailli (i). 120 livres 

Un valet et trois servantes. 6 " 

LieuteDant-g6ii6ral. vacat 

M. Dumortier, lieutenant particulier (2). 100 livres 

Trois domestiques. 4 » 

M. Dumortier, conseiller garde-scel (3). 30 »» 

Trois domestiques. 4 » 

M. d'Ysembart de Vreichem, conseiller (4). 30 »» 

Deux domestiques. 2 » 

M. Decau, conseiller (5). 30 f» 

Deux domestiques. 2 » 

M. De Glarges, conseiller (6). 30 «» 

Deux domestiques. 3 ^ 

M. Druez, conseiller (7). 30 >» 

Un domestique. 1 ^ 
Vacant : I'oflSce de conseiller du s' Perdu. 
y» ToflBice de conseiller du s"" Derasse. 



(1) Louis- Francis Van der Gracht, seigneur de Fretlo, fat president 
du Conseil provincial ^tabli & Toumai en 1776. Of. Annuaire de ia 
Noblesse de Belgique, 1877, p. 251. 

(2) Philippe-Hubert Alexandre du Mortier. N. G. T. II, 682. 

(3) Francois- Dominiqtie du Mortier, pSre du pn&cddent, loc. cit. 

(4) Charles- Joseph d'Ysembart, ^cuyer, seigneur de Vreichem, ills 
de Charles, cit4 p. 416. Of. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 
1867, p. 21. 

(5) Guiilaume-Charle&Joseph D^cau, avocat, seigneur de Marquain. 
N. G. T. I, 630. 

(6) Jean-Baptiste-L^opold de Glarges, ^ujer, seigneur de Cond^. 
N. G. T. 11. 110. 

(7) Am^'Guillaume-Joseph Druez, frere du seigneur de la Marliere. 
N. G. T. 1,661. 

▲NNALBS. III. 29 



— 450 — 

1746-1747 

M. Coulon, avocat du Roy (i). 301ivres 

Deux domestiques. 2 » 

M. Le Couvreur, procureur du Roy {2). 30 ^ 

Deux domestiques. 2 » 

Vacant : I'oflSce de greffier. 

» Toffice de receveur des 6pices. 

Le sieur Malotau, premier cominis-jur6. 6 » 

Deux domestiques. 3 *» 

Huit sergents k cheval, six sergents k pied, 
un ge61ier, un priseur. 



CAPITATION DES NOBLES. 
Paroisse Notre-Dame. 

M. le comte de Sainte-Aldegonde (3). 250 livres 

Un cocher, une cuisini^re, une fiUe de 

chambre, une garde et deux valets. 10 » 

M. de Templeuve {4). 120 » 

Un cocher, deux servantes, deux valets. 8 » 

M""* de Cazier. 6 ^ 

Une cuisinidre. 2 » 

M. de Leverghem (5). 40 » 

Une servante. 2 » 



(1) ADtoineJoseph Coulon. N. G. T. llf, 698. 

(2) Henri-Joseph le Couvrear DeWille. N. G T. I, 602. 

(3) Fhilippe-Albert, comte de Sainte-Aldegonde, fils de Philippe- 
Albert et de Catherine de Monnel, mourut en 1746; sa veuve. Rose 
d*Esclaibes est inscrite pour 1747. Cf. Goethals. Miroir des notabilit^s 
nobiliaires, t. 11, p. 615. II habitait en haut de la rue Saint-Martin, 
peut-4tre dans Tancien hdtel de Monnel, qui d^pendait de la paroisse 
Saint-Nicaise en 1696, v. p. 374. 

(41 V. p, 443. 
^5) V. p. 444. 



— 451 — 

1746-1747 

M. le comte de Mouscron (i). 250 livres 
Un cuisinier, un cocher, trois ser- 

vantes, trois valets. 15 » 

M«"* d'Andelot. 20 - 

Paroisse Saint-Piat. 

M"** de Rasse (2). 6-20 livres 

Deux servantes, un valet. 5 »» 

M"** de Rouchefort (3). 20 « 

Une servante, un valet. 3 »» 

M. Coix de Kervil (4). 6 » 

Une servante. 2 » 

M. de Ronne (5). 40 »» 

Une servante, un valet. 3 » 

M. deGaest(6). 120 y> 

Un cocher, une servante, un valet. 5 »» 

M. de Flines du Fresnoy (7). 40 »» 

Un cocher, une servante, un valet. 5 » 



(1) Fr^ddric-Englebert-Maximilien-Joseph d'Eonetieres, comte de 
Mouscron, marquis des Mottes, baron de la Berliere. Cf. Goethals. 
Miroir des notability nobiliaires, t. I, p. 970. U babitait rue Saint- 
Martin, dans rh6tel qui appartient aujourd'bui k M. Louis Duquesne, 
commissaire d'arrondissement. 

(2) Fran^oise-Caroline-Jos^phe Van der Heyden, feuve de Denis- 
Joseph de Rasse, aoobli en 1738. N. 6. T III, 261. 

(3) Adrienne de la Motte Baraffe, veuve de Pierre d'Antoing, S*" de 
Rougefort & Mourcourt. N. G. T. H, 732. 

(4) N. G. T. m, 546. 

(5) Fran^ois-Ghislain le Louchier , fr^re cadet du seigneur de 
Popuelles. N. G. T. II, 501. U babitait rue des J^suites, dans Thdtel 
d*Aubermont, qu'il tenait de sa mdre, Marie- Caroline d*Aubermont. 

(6) Jacques-Michel de Gaest, seigneur de Braffe. N. G. T. II, 91. 
II babitait quai Taille-Pierre. 

(7) Louis-Jcan-Baptiste de Flines, seigneur du Fresnoy (Annuaire de 
la Noblesse de Belgique, 1866, p. 15'?). 



452 — 



M. Dupret (i). 

Deax serrantes. 
M. Van der Heyden (2). 

Deux servantes. 
M™ Roger (a). 



1746-1747 

Glivres 
4 » 
6 » 
4 » 
6 » 



Paroisse Salnt-Quentin. 



M«"" de Rumbecq {4). 

Une servante. 
M. Dedel (5). 

Une servante, un valet. 
M'"« de Roubaix (e). 

Une servante, 
M. d'Ysembart d'Autour (t). 

Une servante. 



61ivres 



2 

6 
3 
6 
2 

40 

2 






(1) Gaspard- Joseph du Pr^, avocat, membre de la Magistrature 
tournaisienne de 1743 k 1759, aoobli en 1726. N. G. T. III. 146, 
habit ait rue Saint-Piat. 

(2) Peut-etre Charles Van der Heyden, capitaire au regiment de la 
Marck, membre de la Magistrature tournaisienne de 1746 A 1749. 
N. G. T. II, 281. 11 est inscrit aussi dans la bourgeoisie et habitait 
rue de la Ture. 

(3) Agnes-Josephe le Febvre de Barrj, veuve de Thierry-Charles 
Rogiers, ^cuyer, seigneur de Saint-Antoine. N. G. T. Ill, 350. 

(4) Sans doute une des iiUes de Rend de Thieones, comte de Rumbeke, 
baron d'Ere. Cf. Goethals, dictionnaire gdntologique. 

(5) Jacques Dedel, seigneur de Bricebergue, jurd de Toumai, rece- 
veur gdndral des domaines. N. G. T. I, 351. Inscrit dans la bourgeoisie 
en 1746, il habitait rue Perdue. 

(6) Marie-Catherine de Roubaix, dame de Portingal, fille du con- 
seiller au Parlement, citd p. 429. N. G. T. Ill, 406. EUe dtait inscrite 
dans la bourgeoisie en 1746. 

(7) Adrien-Fran^ois d'Ysembart, seigneur d*Autour, fils cadet de 
Charles dTsembart, citd p. 416. II habitait rue de Cologne. Cf. 
Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1867, p. 307. 



— 453 — 

1746-1747 

M*^*® Cazier de Brankestin (i). 6 livres 

Une servante. 2 « 

M™* la comtesse d'Hust (2). 125 »» 
Un secretaire, un cocher, deux valets, 

trois servantes. 14 « 

M. Ganeau de Cramelle (s). 6 y> 

M. de Mortange (4). 20 ^ 

m 

Parolsse Saint-Nicaise. 

M"^ Errembault de Chin (5). 60 livres 

Un cocher, un valet, deux servantes. 7 »» 

M®"*" de Beaurepaire, demeurant chez 

M"^« de Chin (e). 6 - 

^eiio Hoverlant et sa soeur (7). 12 » 

Une servante. 2 r» 

M. le baron de Rongy (s). 250 ^, 
Un cocher, deux servantes, deux valets. 8 » 



(1) Marie-Ernestine-HeDriette Cazier, dame de Braquestin, ^pousa 
en ]750 ReD^-Frangois Cazier da Breuoq. N. G. T. H, 438. Us Labi- 
taient rae des Maux. 

(2) AnDe-Th^rese de Renialme, dite de Cordes, veuve de Charles- 
Alexandre d'Bselaibes, comte d*Hust. EUe se remaria en 1750 avec 
Jean-Baptiste-Josepb de la Courde Vild. N. G. T. I, 570. 

(3) Gabriel- Joseph Craneau, Seigneur de Cramelles. N. G. T. I, 378. 

(4) Louis-Frangois-Adrien de le Vigne, seigneur de Mortange. 
N. G. T. 111,615. 

(5) Marie-Louise Delfosse, veuve de Maro-Antoine de Bargibant, 
S' de Chin, et de Francois-Louis Errembault S** da Roaoir. Cf. La 
Noblesse beige 1891, 1"* partie, p. 72. Elle habitait en la roque 
Saint-Nicaise. 

(6) Errembault de Beaurepaire. 

(7) Anne-Frangoise-Louise et Elisabeth-Fran^iee Hoverlant du 
Beddelard ; Tune d*elles est inscrite aussi dans la bourgeoisie, v. ciapres, 
ou est leur veritable place. N. G. T. H, 314. 

(8) Baudry-Frangois- Nicolas de Roisin, fils de Baadry-FranQois, 
cit6p. 366. N. G. T. Ill, 370. 



— 454 — 

1746-1747 

M*""* Caneau (i). 6 livres 

M°*' Musart. 6 » 

Paroisse Sainte-Marie-Madeleine. 

M*"* Luytens d'Esparqueau (2). 6 livres 

Une servante. 2 » 

M*"* de Foubert (3). • 6 « 

M. de Kerchove (4). 6 »» 

Une servante. 2 « 

M"**^ de la Hamayde. 20 ». 

Une servante. 2 » 

M*"" Cazier de la Potterie (5). 6 »» 

Paroisse Saint-Jacques. 

M. Faligant et son frere, demeurant chez 

M. de Vesbroucq (e). 12 livres 

M. du ChAtelet (7). 120 » 

Un cocher, deux servantes, un valet. 7 « 



(1) Ghislaine-Josephe Caneau, fiUe d'un conseiller Secretaire du Roi. 
N. G. T. I, 380. 

(2) Marguerite-Antoinette. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, * 
1866, p. 226. 

(3) Marie-Anne Isbergbe Van den Steen de Poubergbe. N. G. T. II, 
658. 

(4) Cbarles-Norbert-Fran^ois Van de Kerchove, n4 A Gand, ^tait 
gendre de Guillaume de Pape, Seigneur d'Hallebast, cit6 p. 375: il 
habitait rue des Augustins. 

(5) N. G. T. II, 438. 

(6) Henri-Ive et Antoine-Joseph, Seigneur de Saint-Antoine, fils d*Ive 
Falligan, cit6 p. 416. (Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1884, 
pp. 127 et 128). lis habitaient rue Saint-Jacques. 

(7) Jean-Frangois-Andrd le Vaillant, Seigneur da Cb&telet, de Merlain 
et de JoUain, capitaine dans les gardes A cheval du Roi d'Espagne. Cf. 
Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1864, p. 246. 



— 455 — 



1746-1747 



M. le chevalier d'Espierres, demeurant chez 

M. son fr^re (i). 6 livres 

M. Errembaut du Coutre (2). 40 ^ 

Une servante et un valet. 3 » 
^eiie Errembaut, demeurant chez M. du 

Coutre. 6 »» 

M. le comte de Saint-Genois (3). 250 r^ 

Un cocher, deux servantes, un valet. 7 v 

M. d'HoUain (4). 40 ^ 

Une servante. 2 « 

M. du Fermont (5). 40 « 

Un cocher, trois servantes, un valet. 9 »» 

M™* de Pascandal (e). 20 »» 

M. du Haulieu (7). 40 " 

Deux servantes et un valet. 5 y> 



(1) Antoine-Fran^ois del Fosse, frere cadet du baron d'Espierres. La 
famiile Delfosse d'Espierres habitait, depuis 1704, Thdtel occupy actuel- 
lement par M. Jules Desclde, rue Saint- Jacques. Of. Annuaire de la 
Noblesse de Belgique, 1863, p. 141. 

(2) Denis-Josepb Errembault, Seigneur du Coutre, majeur des 6che- 
vinages. Of. La Noblesse beige, 1891, I'* partie, p. 69. 

(3) Jdr6me- Albert de Saint-Genois, comte de Orandbreucq et d'Esca- 
naffles, nd A Ath, fut grand-prdvdt de Tournai, cbambellan et conseiller 
d'Etat de rimpdratrice Marie-Th^reso. N. G. T. Ill, 444. II babitait 
rue du palais Saint- Jacques. 

(4) Pierre-Fran^ois-Joseph de HoUain, petit- fils du bailli de Warcoing, 
V. p. 417. II habitait rue Saint -Jacques. 

(5) Philippe-Frangois des Enfians, Seigneur du Fermoot, puis du 
Pontbois. N. G. T. If, 10. II habitait rue des Carmes. 

(6) Marie- Albertine-Josephe Errembault, veuve d'EUonor le Francois 
et d'Antoine Ho?ine, Seigneur de Paschendaele & Dottignies. Cf La 
Noblesse beige, 1891, 1'* partie, p. 62. Sa r^idence dtait rue des 
Sceurs-Noires. 

(7) Francois Bonaert, d'Ypres, 6poux de Claire le Fran9ois, qui ^tait 
tille de M""* de Passchendaele et veuve d*fgnace de Flines, S'' du Fresnoy 
et de Hautlieu. Ann. de la Noblesse Y, 99 et XX, 157. 



— 456 — 












1746-1747 


M""' de Beaurepaire (i), demeurant 


chez 






M"' de Pasquendal. 




6 livres 


M. de Corbery (2). 




40 


ft 


Un valet, une servante. 




3 


V 


M™" du Maisnil. 




20 


J» 


Une servante, un valet. 




3 


j» 


M*"* de Bocarm6 (3). 




6 


*» 


Une servante. 




2 


» 


M, de liossy (4). 




120 


9) 


Une servante, un valet. 




3 


9» 


M™ Cazier de Boh6 (5). 




20 


V 


Une servante. 




2 


19 


M""* de Lendoncq, douairi^re (e). 




20 


ft 


Un cocher, deux servantes, un valet. 


7 


91 


M*"* de Visserie (7). 




6 


J» 


Une servante. 




2 


V 


M. de Visserie (s). 




6 


9» 


M-"" de MuUet (0). 




6 


9» 



(1) Errembault de Beaurepaire. 

(2) Jean-Fran Qois- Joseph de Gaeet, Seigneur de Corbry. N. G. T. 
11,91. 

(3) Fillede Jean-Francois Visart, Seigneur de Ponange, Bury, Bitre- 
mont et Bocarmd. Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1864, 
p. 258. 

(4) Jean-Baptiste de Lossy, Seigneur de Froyennes et de Warmez. 
Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1851, p. 172. 

(5) Marie-Anne Falligan, veuTe de Jean-BenoU Cazier, Seigneur de 
Bauhez, greffier hdr^ditaire de r^cberiDage de Toumai. N. 0. T. IF, 436. 

(6) Marie-Philippine de Chastillon, Teuve de Jean-Philippe Isebrant, 
Seigneur de Lendoncq. Annuaire de la Noblesse de Belgiqoe, 1850, 
p. 214. 

(7) Claire-Robertine-Angdliqne de Vissery, petite fillette de Charles- 
Francois. 

(8) S^raphin- Joseph-Francois de Vissery, Seigneur de Beaulieu, 
frere de la pr«c4dente. N. G. T. HI, 637. 

(9) Marie-Constance de Mullet, dame de Noirterre, niece du suivant.- 



— 457 — 



M. de Mallet (i). 
M™ de Gomesdias (2). 

Une servante. 
M"" Sourdeau. 
M*^* Dony (3). 

Une servante. 



1746-1747 

6 livres 
6 - 
2 » 
20 " 
6 - 
2 » 



Paroisse Saint-Brloe. 



M. de la Hamayde (4). 

Denx servantes et un valet. 


40 livres 
5 » 


M"" Lecocq (5). 
Une servante. 


20 » 

2 » 


M. de Maarepas (e). 

Un cocher, deux valets, une servante. 


40 « 
6 - 


M«"« de Wavrans (7). 


6 » 


M. Daman (s). 


120 » 


Un valet. 


1 r, 


M. Doisson (9). 


40 r, 



(1) Cbarles-Louis-Albert de Mullet, flis du coDseiller au Parlement. 
ciW p. 429. N. G. T. H, 752. 

(2) Cf. N. G. T. ir, 126. 

(3) Jacobs d Ognies. 

(4) Jean-Frao^ois-Thierry-Joseph de la Hamayde, Seigneur de Sou- 
breobies, inayeur, puis grand-pr^vdt de Tournai, flIs de Fran^ois- 
Josepb, cit6 p. 417. II habitait au Becqnerel. 

(5) Anne-Mane-Ohristine de Haynin, veuve de Philippe Francis 
Lecocqz. 

(6) L^ger-Cbarles-Maximilien Robert, Seigneur de Grand-Morpas 
(Annuaire de la Noblesse, 1860, p. 233). 

(7) Marie-Henriette de Wavrans, marine en 1752 avrc Charles 
Presin. Cf. Annuaire de la Noblesse, t. XVI, p. 260. 

(8) Antoine-Louis, vicointe d'H^rinnes, grand pr4v6t de Tournai. 
N. G. T. I, 120. 

(0) Marc-Joseph DoisoD, Seigneur de Neuvilie. N. G. T. I. 659, 
anobli en 1739, habitait rue Barre Saint-Brice. 



I 



— 458 — 

1746-1747 

M"*'* de Viescourt (i). 20 livres 

Une servante. 2 r* 

M. de L6aucoart (2). 120 »» 

Un cocher, une servante, un valet. 5 r 

M"** de Bonstetten (3). 20 « 

Une servante. 2 » 

M. de la Catoire. 40 » 

Une servante, un valet. 3 « 

M"^® de Warsage (4). 6 « 

Une servante. 2 r^ 

M. le baron de Bousbecq (5). 250 " 

Une servante, un cocher, deux valets. 6 r* 

M*^^® de Bousbeque (e). 6 « 

Une fille de chambre. 2 « 

M«"« du Chatelain (7). 6 r^ 

M®"® de Rongy et sa soeur (s). 12 y^ 

Une femme de chambre. 2 « 



(1) Marie- Catherine de Suoere, veave de Francois- Joseph de Cambrj, 
Seigneur de Viesecourt (G^n^alogie de la famille de Cambry par ie 
C^ P. A. du Chastel, au t. XXIII, de nos M^moires, p. 491). 

(2) Charles-Joseph-Ignace Scorion, Seigneur de Ltoucourt fAnnuaire 
de la iNoblesse de Belgique, 1868, p. 318). 

(3) Agn^ Mondet, yeuve d' Albert, baron de Bonstetten (Annuaire 
de la Noblesse de Belgique, 1852, p. 308). 

(4) Marie-Catherine- Louise- Joseph de Calonne, veuve de Gilles de 
THostellerie de la Falloise, seigneur de Warsage, n6 & Wandre. N. G. 
T. I, 349. Ellebabitait rue de TAbliau. 

(5) Pierre le Vatllant, baron de Bousbeke, seigneur de Waudripont. 
Cf. Annuaire de la Noblesse de Belgique, 1864, p. 242. 

(6) Agnes le Vaillant, fille du prdc^dent, maride en 1746 avec Antoine 
du Puich de Mesplace. Elle habitait rue du Sceau. 

(7) Anne-Victoire Chastelain de Poix. N. G. T. Ill, 60. 

(8) Charlotte-Florence et Marie-Maximilienne-Albertine de Roisin 
Rongy. N. G. T. Ill, 369 et 370. Eiles habitaient rue d'Obignies. 



— 459 — 

1746-1747 

M. le chevalier de Maulde (i). 6 livres 

Une servante, un valet. 3 »» 

M""" Denain, chez M«"* Renuit. 

Paroisse Saint-Nicolas. 

M""® Van der Gracht, douairi^re (2). 20 livres 

M"»« Bernard (3). 6 « 

Un cocher , deux servantes, deux valets . 8 " 

M. le comte d'Ayasasa (4). 250 » 

Trois servantes, un valet. 7 * 

M. Dudzelle (5). 120 - 

Un cocher, deux servantes, deux valets. 8 »» 

M. de Maubray (e). 40 >» 

M"* sa m6re (7). 20 f* 

Un cocher, deux servantes, deux valets. 8 r^ 

M. d'Archimont (s). 40 r 

Un valet, deux servantes. 3 ^ 

(1) Alexandre- Jacques-FrariQois de Maalde, seigneur de Condetto et 
de Mansart, dit le l>aron de Maulde. N. G. T. U, 604. II habltait au 
Marchd aux betes. 

(2) Marie-Ernestine de Croonendale, vicomtesse ile Vlieringbe. veuve 
d'Antoine-Ignace Van der Gracht, seigneur de Fretin, grand-bailli h^rd* 
diCaire de Tournai. Of. Ann. de la Noblesse de Belgique, 1877, p. 249. 

(3) Peut-etre s'agit-il de Fran^oise-AIbertino Bernard, baronne de 
Taintegnies, veuve de Charles-CUment du Wault et d* Alexis de Sou- 
chi^res. Of. C^ du Chastel, g^n^alogie de la famille Bernard, p. 75. 

(4) Francois-Gaston- Joseph d'Ajasasa, comte d'Orroir, fut maycur 
des (ichevinages et grand-pr6v6t de Tournai. Of. Ann. de la Noblesse, 
1864, p. 49. II babitait rue du Chateau. 

(5) Denis-Errembaut, seigneur de Dudzeele. (La Noblesse beige, 
1891, 1'^ partie, p. 63). II habltait au quai de I'Arsenal. 

(6) Chretien- Alexandre-Joseph de la Croix, seigneur de Maubray. 
Ann. de la Noblesse de Bolgique, 1850, p. 74. II babitait au quai de 
r Arsenal. 

(7) Jeanne-Francois Van Hoorn, veuve d*Ignace de la Croix. Id. p. 73. 

(8) Ldon-Antoine de Formanoir, seigneur d'Archtipont, frere du sei- 



— 460 — 

1746-1747 

M. du Longparois (i). 40 livres 

Une servante. 2 « 

M"* de Prone (2). 20 ». 

Une femme de chambre. 2 » 

M*"* de Saint-Maure (3). 20 y» 

Deux servantes. 4 ^ 

M. Cocqueau (4). 40 >» 

Deux servantes, un valet. 5 9^ 

M"^* de la Motte. 20 « 

Une servante. 2 ^ 

M. Duquelon, cadet (5). 6 »» 

M. de Cambry (e). 40 » 

Une servante, un valet. 3 r 

M. de la Cazerie (7). 40 « 

Un valet, deux servantes. 5 r^ 

M. le vicomte de Blois (s). 250 « 

Un cocher, deux servantes, un valet. 7 « 

M*"* de rEsp6e et sa soeur. 12 « 

Deux servantes. 4 r 



goeur de la Cazerie. Cf. Ann. de )a Noblesse de Belgique, 1879, 
p. 130. Habitait rue S.-Bruno. 

(1) L^oD-Antoine ScorioD, seignear du Longparois, ancien capitaine 
au service de France; nous ne savons ce qui justifiait son inscription 
dans la noblesse. Ann. de la Noblesse de Beigique, 1868, p. 312. 

(2) Marie-Dorotb^e de Sucore, veuve de Francois- Joseph Colins, sei- 
gneur de Proven. N. G. T. Ill, 491. 

(3) Marie-Alexandriue de Succre, damoiselle de S.-Maur. Cf. Id. 

(4) V. pp. 443 et 444. 

(5) Emmanuel- Joseph de Cambrjr, seigneur da Quelon. (Cf. t. XXIII 
de noa Mdmoires, p. 496). 

(6) Jacques-Antoine-Honord do Cambry, seigneur de Baudimont. 
(Id., p. 497). 

(7) Nicolas-Bernard de Formanoir, seigneur de la Cazerie, jur^ de 
Tournai. Cf. Ann. de la Noblesse de Belgique, 1870, p. 120. 

(8) Charles de Blois, vicomte d'Arondeau. Cf. Ann. de la Noblesse de 
Belgique, 1862, p. 67. 



— 461 — 



CAPITATION DE LA BOURGEOISIE 



Parolsse Saint-Pierre. 

Rue du Cur^. 

1746.1747 

La veuve du sieur Coulon. 30 livres 

Le S*" Sergeant, m6decin. 24 « 

Rue des Brassburs. 

Joseph Marli^re, brasseur. 20 »» 

Andr6 Leclercq, marchand de charbon. 20 » 

Le S"" Qorin, brasseur. 20 ^ 

Rue du Puits-Beauduin-l'eau. 

Le S'' Defontaine, marchand. 30 " 

Le S*" Maquet, id. 20 « 

Le S" Cardinal, id. 30 « 

Le S"" Antoine du Flos, id. 20 »» 

Le S"" Andr6 Fourny, marchand de has. 20 » 

Le S"^ Lefebvre, marchand orftvre (i). 30 » 

Rue db la Trippbrie. 
La veuve Desffrennes, marchande. 20 « 

Rue du Chbvbt Saint- Pierre. 

Le S** Duthoit, 6picier et rentier. 20 « 

Le S' Rose, maltre fiUetier (2). 40-20 « 

(1) Jacques Lefebvre, fiU de Charles et de Marguerite de Rasse oit^s 
p. 402, grand et soaverain doyen de la Cbambre des Arts. (Goethals. 
Miroir des notabilit^s nobiliaires, t. 2, p. 524). 

(2) Adrien Rose. N. G. T. Ill, 398. 



— 462 — 



Rub dcj Puich-Wagnon. 



Jean Colin, marchand de toilette. 

Rue aux Rats. 



20 livres 



Guillaume-Joseph Dujardin , marchand , 
bailli des eauz. 24 



Paroisse Notre-Dame. 

SuR LE Quay. 

Le S"" Poulin, brasseur. 
Demoiselle de TEspfie, rentiere. 
Sa soeur (i). 

Une fille de cbambre, une cuisinidre. 

Rue des Fosses. 

Le S*" de la Croix. 

Le S"" Tribout, bailli-receveur (2). 

Le S^ Delporte, brasseur. 

Rue de Courtrai. 
Le S"" Lamonier, marchand. 

Rue du Four-Chapitre. 

Le S"" Pottier, granger du Chapitre. 
Le S*" Joseph Lecomte, marchand. 
Le S"" Vanros, marchand de vin. 



30 livres 
20 - 
20 « 
4 - 



30 
40 
30 



20 



20 
20 
30 






(1) En 1747, elles furent inscrites dans la noblesse de la paroisse 
S.-Nicolas. Cf. p. 460. 

(2) Albert-Alexandre Tribou, seigneur de Qodebry, directeur des 
terres Tranches du Touroaisis. N. G. T. Ill, 583. 



— 463 — 

Rue Dame-Odile. 

I^eiie Brisseau, renti^re (i). 30 livres 

Un valet, une cuisini^re. 3 « 

Rub DBS Chapblibrs. 
Jacques-Joseph Quennoy, march^ de toile. 20 » 

Rue aux Rats. 
Le S' Martin, m6decin. 30 »» 

Rub de la TfixE-D'OR. 

Le S*" Dujardin, traiteur. 20 »» 

Le S"" Poupe, marchand. 20 « 

Le S*" Vandal, marchand de vin. 30 »» 

j)eue HqWq^ marchande de drap (2). 30 * 

Une servante, un valet. 3 r 

Jean-Baptiste Delhaye, traiteur. 20 » 

Rue DE LA TURE. 

jjeiie i^ veuve d'Ombry, renti^re (3). 30 »» 

Une cuisiniere, un valet. 3 « 

La veuve Pontus, renti6re. 20 »» 

Le S' Haviguier. 20 »» 

Le S' avocat Dubiez, rentier (4). 20 « 

Son fr6re, rentier (5). 20 »» 

(1) Marie-Claire-Henriette Vrancx, veuve de Michel- Joseph Brisseau, 
licencid es droits. N. G. T. I, 315. 

(2) Fran^oise-Josephe Donn^, veuve de Jean-Georges HoU. N. G. T. 
m, 72. 

(3) Marie-Elisabeth Carlier, veuve de Jean^Baptiste Simoo, dit 
d'Ombry, procureur. N. G. T. Ill, 321. 

(4) Pierre-Li6vin du Biez. N. G. T. F, 230. 

(5) Nicolas-Joseph du Biez. N. G.T. I, 229. 



— 464 — 

Rue des Prisons (i). 

D*""* Longueville, marchande de vin (2). 30 livres 

Une cuisini^re, un valet, une garde 
d'enfants. 5 <- 

Rue de Paris. 
Le S' Marli^re, rentier (3). 40 « 

Rue Saint-Martin. 

D"*"* la veuve Havet, renti^re (4). 30 ^ 

Deux servantes. 4 r 

Le S*^ Watecant, marchand ou rentier. 30 » 

Le S*" Leman, m6decin (5). 10 «t 

Philippe Leleu. 20 « 

Le S*^ Bechez, licenci6-es-loi8 (e). 30 » 

Pierre Delrue, maltre filletier. 20 » 

Paroisse Sainte-Marie-Madelelne. 

Rub de la Madeleine. 
D**** Marie-Anne Delmotte, renti^re. 25 livres 



(1) Partie de la rue de Paris. 

(2) Claire Capron, veufe de Gdrard Longueville, premier directeur 
de la Cbambre de commerce de Touruai. N. Q. T. II, 488. 

(3) Robert-Joseph Marlier. N. G. T. If, 563. 

(4) Anastasie Everardo, veuve de NoolJoseph Havet, banquier, sei- 
gneur de Chastillon. N. G. T If, 208. 

(5) Gabriel-Joseph Leman, (ils de Francois citd p. 407. N. G. T. 
H, 443. 

(6) Pierre B^het, seigneur de Deunisse k Bassenge (prov. de Li^ge). 
N. G. T. Ill, 590. 



— 465 — 

QuARTiER Sept-Fontaines. 

Le S' Rose, rentier (i). 
Les d®"?* Rose, ses soeors. 
Le S' Caters, p6re (2). 

Un cocher, deux servantes. 

Salines. 

Le S^ Rouz6, marchand. 

Le S'^ de Clippele (3), marchand. 

Paroisse Saint-Piat. 

Grande Rue (4). 

Paul-Joseph Derasse, marchand, ' 

La veuve Gaspard Marissal, mattre fiUetier. 

Le S*" Delvigne, marchand (5). 

Trois servantes. 
Le S' Henri Delvingne, rentier (e). 
FrauQois-Joseph Sellier , mattrehautelisseur. 
Les enfants du S' Th6odore Houz6 , n6gociant 

Un valet, une servante. 



1746-1747 

30 livres 
20 . 
60 » 

6 r 



20 
40 



30 livres 

20 r 

40 r, 

6 r 

40 . 

20 « 

40 - 

3 r 



(1) Jean-Fran^ois-Joseph Rose, licenci^ ds droits, fils de Jean-Fran- 
cois ciW p. 404. N. G. T. Ill, 396. 

(2) Jean Caters, nd k Maeseyck et maltre des postes de cette ville, 
8*dtablit A Toamai vers 1710 et j fut receveur des aides et subsides 
ainsi qne des revenus de r^vSchd. Cf. Ann. de la Noblesse, 1854, p. 73. 
II tint une banque. Ses deux fils, Guillaume et Jean, oommanditerent 
les grandes industries tournaisiennes de la fin du XVI 1 1* si^le ; le pre- 
mier fut associd de P^terinck; le second, de Piat Lefebvre. (Voir les 
travaux de M. Soil sur la porcelaine et les tapis de Toumai). 

(3) Jacques-Francois de Clippele, fils de Jacques cit^ p. 399. N. G. 
T.I, 531. 

(4) Comprenant la rue des Clairisses. 

(5) Jacques- Joseph de le Vingne, fils de Gaspar citd p. 420. 

(6) Fils de Bon citd p. 413. N. G. T. H, 45. 

ANN ALBS. III. 30 



— 466 — 

1746 1747 

Le S*^ Bury, rentier (i). 30 livres 

Pierre Hostin, mattre hautelisseur. 20 ^ 

Une servante, un valet. 3 *» 

M. Verdure, commercant hautelisseur (2). 40 » 

Deux servantes. 4 ^ 

Deiie veuve Scapcoman, rentiSre (3). 25 » 

M. Pettier, chaufoumier, marchand de vin. 40 " 

Deux servantes. 4 " 

Rufi Mbrdbnghon. 

Le S^ Bury, rentier. 30 » 

M*"" de Forest, rentidre. 20 » 

l^eiie Hautrive, renti^re. 40 » 

Deux servantes. 4 " 

Veuve Queutry, renti^re. 20 » 

Le S' Deletombe, avocat (4). 10 »» 

Rue Duez. 

Le S** N. Spital, marchand. 20 » 

Le S'' Boucher, calandreur. 30 » 

Rub Quenneson (5). 

M. de Clipele, prfitre (e). 40 » 

j^eiie Paludanus , maltresse des Sept-Douleurs . 2 » 

(1) Antoioe- Joseph de le Bary, seigneur de la Cralerie (N. G. T. I, 
331) ou Piat-Joseph de le Bury (Id., 329). 

(2) Louis-Gabriel- Joseph Verdure, seigneur de Bethomez. 

(3) Marie Dismal, veuve de Jean-Ldopold Sohaepcooman, licencid ds 
lois, N. G. T. Ill, 479. 

(4) JeanBaptiste-Joseph Deletombe. N. G. T. Ul, 546. 

(5) Aujourd'hni rue des Rdcollets. 

(6) Paul-Francois de Clippele, ancien cur^ de Warcoing. N. G. T. 
1, 530. 



— 467 — 

1746-1747 

La maltresse de la Maison des orphelines. 3 livres 
La Mdre Syndic des R^collets. 4 « 

Jacques- Simon Flameng, chaufournier. 30 >* 

Rue Sainte-Catherine. 
M-"*^ la veuve du S'^ Hoverland (i). 20 « 

Rue Cau (2). 
Jean-Joseph Vinchent, tabellion (3). 25 »• 

Rub des J6suites. 



Le S' Pontus, rentier (4). 


20 


9» 


Deux servantes. 


4 


9) 


La mdre de M. Pontus (5). 


20 


» 


Deux mattresses des Manarres. 


6 


» 


M'^"' Calonne, renti6re (e). 


30 


y> 


M*"*" Lucas, renti^re. 


30 


yt 


M*"* Havet, renti6re. 


30 


n 


^eiie Wattecamp, renti^re. 


30 


w 


Rue Madame. 







Le S'' d'Avesnes, marchand de baset rentier. 30 



(1) Marle-Madeleine-Jos^phe Anria, veuye de Jacques-Gabriel Ho?er- 
lant, seigneur de la Motte, puis du Caroois, conseiller pensionnaire des 
Btats du Touruaisis et conseiller du Mont-de-Pi4t4. N. 0. T. H, 312. 

(2) Actuellezneat rue des Procureurs. 

(3) Of. N. 0. T. Ill, 627. 

(4) Gabriel- Louis- Joseph Pontus, panmseur de Saint-Piat. N. G. T. 
II. 269. 

(5) Marie-Ang^lique Lorthioir, veuve de Jean-Joseph Pontus. Id. 
p. 270. 

(6) Marie-Fraoyoise-Josepbe de Calonne (?) N. G. T. I, 359. 



— 468 — 
Rub DBS Carlibrs. 

1746-1747 

M. de Flinnes, rentier (i). 40 livres 

Son fils (2). 20 « 

Deux servantes, un valet. 5 » 

Adrien Posteau, maltre brasseur. 30 ^ 

La veuve du S' Bury, renti^re (3). 40-30 « 

Jacques- Joseph Dapsens, marchand (4). 10 » 

Andr6-Joseph Leclercq, march"* de charbon. 20 » 

« 

POISSONCEAUX. 

M. Wattecamp, maitre fiUetier. 40 » 

Sa belle-mdre. 10 >» 

Charles- Joseph Desplanques , malt"* brasseur. 30 »» 

La veuve Wattecamp (M®"*Gobert)renti6re. 40-30 >» 

La veuve Bury, marchande. 24. » 

Alexandre Dubois, marchand. 20 »» 

M. Gouy (le S' Degouy) rentier (5). 40 » 

Une servante, un valet. 3 » 

M. Delhaye, rentier. 40 » 

Deux servantes. 4 » 

Rue Taillepierre. 
M. Vranx, marchand (e). 40 » 

(1) Quillaume-Procope de Fiines, conseiller assesseur et administra- 
teur des pauvres. Cf. Ann. de la Noblesse de Belgiqne, XX, p. 151 . 

(2) Pierre-Antoine-Joseph de Fiines fat grefBer hdr^ditaire du bail- 
liage deTournai. Id. p. 152. 

(3) Marie-Josephe Lidtar, veuve de Jean-Eloi de le Bary, conseiller 
au bailliagede Tournai et Tournaisis. N. G. T. II. 330. 

(4) Marchand batelier et capitaine de la Coxnpagnie bourgeoise des 
canonniers. 

(5) Michel-Joseph de Gouy, seigneur de la Motte, auteur de la famille 
de Gony d'Ansereul. Cf. Ann. de la Noblesse, 1865, p. 109. 

(6) Cf. N. G. T. I, 193. 



— 469 — 

1746.1747 

M. Vranx, son fils. 20 livres 

Deux servantes. 4 ^ 

M*"* Carez, rentidre, 30 r. 

Rue de la Ture. 

M. Van der Heyden (i). 40 « 

Deux servantes. 4 ^ 

M*"* Louvigny, rentier (2). 20 « 

M. Duhu, rentier. 40 » 

Deux servantes. 4 » 

M*"* Vanros. 20 « 

Rue de le Vingne (3). 

Les deux d®^^®* Druez, renti6re (4). 20 »» 

M®"® Duprez, marchande. 40 >» 

Rue des Filles-Dieu. 

M*"* Marlidre, renti^re (5). 30 >. 

Paroisse Saint -Nicaise. 

Rub de Saint-Martin. 

M* Lelong, procureur. 15 livres 

Jean-Frangois Lecomte, maltre filletier. 20 « 

M'"** Hoverlant de Bedelaert (e). 6 » 



(1) Inscrit en 1746 seulement, & la fois dans la noblesse et dans la 
bourgeoisie. 

(2) Fille du in^decm Louvignies citd p. 417. N. G. T. II, 505. 

(3) Actuellement rue des Jdsuites. 
(4)N. G. T. 1,661. 

(5) Marie-Catherine-AimdeJos^pbe Marlier. N. G. T. II, 563. 

(6) Fille de Charles Hoverlant, chatelain de Leuze, citd p. 393. 



— 470 — 

Son frdre, avocat (i). 

M® Drogart, procureur (2). 

ROCQ ET ROQUETTB. 

Le S' Philippart, greffier. 

Le S" Pierre-Paul Thieffry, marchand de 

chevaux et rentier. 
M. Van der Werven, rentier, (d6charg6) (3). 

Parolsse Salnt-Brice. 

Becquerel. 

Le S*" Sergeant, marchand quincailler. 

Le S^ Farin, receveur du Mont-de-Pi6t6. 

M""*^ Odolf, renti6re. 

^eiie Croquison, renti^re. 

M. Hudsebaud (noble) (4). 

M""" de Wavrans (5). 

M. Mayer. 

Rue du Sondart. 

Le S"* Degouy, rentier (g). 
Deux servantes. 



1746-1747 

6 livres 
10 1. 



20 

20 
40 



9> 



20 livres 

15 » 

10 <• 

20 » 

40 - 

30 » 

30 n 

30 r, 

4 » 



(1) Charles Hoverlant, seigneur du Beddelard, conseiller pension- 
Dai re de la ville de Touroai en 1752, p^re de Thistorien Hoverlant de 
Beanwelaere. N. G. T. II, 314 et 315. 

(2) Le procureur Jacques-Ignace Drogart fut pdre de. Drogart- 
Derasse, ofBcier municipal de Tournai sous la R^publique fran^ise. 
N. G. T. Ill, 273. 

(3) Peut-Stre Cornel is van de Werve, ^cujer, seigneur d*Hemelrjk, 
commandant de la place de Tournai. Cf. N. G. T. Ill, 272. 

(4) Louis-Charles-Joseph Hudsebaut, teuyer, pretre. N. G. T. II, 332. 

(5) Marie-Henriette de Wavrans, ni^ce du pr^cMenf , marine en 175*2 
avec Charles Presin, seigneur de Qrard*Croix. Cf. Ann. de la Noblesse, 
1862, p. 2G0. EUe est inscrite aussi dans la noblesse, v. p. 457 

(6) Michel-Dominique-Joseph de Gouj, fils de Michel -Joseph, cit6 



» 



— 471 — 

Rue d'Obignies. 

1746-1747 

Codron, marchand. 201iyres 

Agn^s Hennart, marchande, et son frdre. 20 y» 
La veuve de Roissart, receveuse (i). 15 » 

Barre Saint-Brice. 

Charles Desplanques. 20 » 
|y|eiie D^elos 8up6rieure des Monelles ; deux 

maitresses. 8 " 

^eiie Droissart, rentidre (2). 15 »» 

Sa soeur (3). 15 

Retour db la Barre. 

Le sieur Vranx, avocat (4). 10 » 

M*"« Vranx, renti^re (5). 20 

Deux servantes. 4 

M*"« H6l6ne Houfflin, renti^re. 20 y» 

Rub des Jardins. 
Nicolas- Joseph Lecraimer , marchand de has . 20 r* 

Rub db la Tour de Marvis. 

D*^*** Petit, renti^re. 20 >» 

Pierre-Joseph Bariseau, chaufournier. 40 »» 

p. 468, futseigoeurd^Aiisereul et tehevindeTouroai. Cf. Ann. de la 
Noblesse, 1865, p. 109. 

(1) Marie-Philippine de Lorthioir, veuve de Bruno-Albert-Joseph de 
Roissart, seigneur de Rigaud. N. Q. T. Ill, 391. 

(2) Marie-Hdlene de Roissart, soeur du pr^c^dent. Id. 

(3) Th^r^-Fran^oise de Roissart. Id. 

(4) Ignace-Frangois Vranx, jurd et 4chevin de Tournai,.surintendant 
du Mont-de-Pi6t6 ; sa veuve et ses enfants furent anoblis en 1771. Cf. 
Ann. de la Noblesse, VI. 296 

' (5) N6e Marie-Barbe>Marguerite HoutiiiD. Id. 






— 472 - 

1746-1747 

Louis Roger, chirurgien. 20 livres 

Deux garQons de boutique. 2 » 

Rue Saint-Brice. 

Bernardin Dehouz6. 20 « 

Gilles- Albert Goblez, apothicaire (i). 10 - 

Rue de Cambron. 

D*'"* la veuve Legris. 20 * 

Rue Haigne. 

La veuve Jean-Baptiste Duflos, marchande. 20 « 

La veuve du S^ Legris, renti6re. 30 « 

Marie- Joseph Dupont, marchande. 20 « 

Rub Clercamp. 

Le S*" Pierre-FranQois Bouch6, inarchand 

de bas. 20 »» 

Rue des Tanneurs (2). 

La veuve Poup6, brasseresse. 30 »» 

Le S"" Lemaire, maltre fiUetier et rentier. 40 »» 

Le S"" Flameng, brasseur. 40 »» 

Deux valets, deux servantes. 6 « 

Jeanne-Frangoise Dujardin. 20 » 

Le S"" Houz6, marchand (3). 40 »» 



(1) Gilles-Albert-Joseph Goblet, nd & Chatelet, pere de Fran^ois- 
Magloire Goblet, procureur-g^D^ral au coDseil de TournaUTournaisis 
gous Joseph II, sous-pr^fet de rarrondissement de Touroai et membre 
du Corps Ugislatif sous TEmpire fran^ais. N. G. T. 11, 119. 

(2) Situ6e sur Tern placement du quai Vifquin. 

(3) Gaspard- Joseph Hoi'Zd. Of. Houzd de TAulnoit, op. cit., p. 16. 



— 473 — 

1746-1747 

Le S*" Pancouque (i). 30 livres 

Bon Delevingne, marchand (2). 30 r 

Deux servantes. 4 »» 

La soeur du S' Dismal. 20 » 

La veuve Ernest Parmentier, brasseuse. 30 >» 

Deux valets, une servante. 4 » 

Jean-Baptiste Delroisse, marchand. 20 » 

Le S"" Antoine Flameng, tanneur. 40 »> 

Michel Bouch6, marchand. 20 r» 

Rub db l'Abliau (3). 

Le S*" Marlier, rentier. 30 » 

La d""' veuve Lahaise, marchande. 30 « 

Le S' de Clippel (4). 30 »» 

Deux servantes. 4 »• 

Le S' Li6nart Talnfi, teinturier. 15 » 

Le S"" Michel Delos, maltre brasseur. 30 « 

Deux valets, une servante. 4 i> 

M*"* Lhermitte, rentiSre. 30 r> 

Deux servantes. 4 y» 

l^eiie Delevingne, renti6re. 20 »» 

Suk LE Quay. 

Henri-Benolt de Clairfay, marchand. 30 » 

La veuve Delobelle, marchande. 20 » 

Le S'^ Gruart, teinturier. 20 »» 

Le S*" Daluin, brasseur. 30 « 

Deux valets, deux servantes. 6 " 



(1) II faabitait rue du Cigne en 1746, v. p. 481. 

(2) Fils de Gaspar cit^ pp. 445 et 481. 

(3) Actuellement rue des Campeaux. 

(4) Ltopold-Honor6 de Ciippele, seigneur d'Hem. N. G. T. I, 531. 



— 474 — 
Rue db Pont. 

1746-1747 

Robert Daih, marchand de drap. 20 livres 
Jean-Baptiste-Joseph de Roissart, maltre 

fiUetier (i). 20 » 

La veuve Olivier Miroux, marchande. 30 » 

Pierre-Simon Bouch6, marchand de bas. 6 » 

La veuve du S"" Legry, rentier. 30 » 

Guillaume RenartTernoi8,apothicaire(«). 15-20 » 

Le S*" Devaux, m6decin. 10 » 

Rub du Quesnoy. 

Les d®"*^ Lericq, renti6res. 30 r* 

Le S' Delmotte. 40 » 

Le S'^ Malbecq, mfedecin. 10 « 

M«"« Preyez. 30 « 

La veuve du S*" Copin, rentiere. 30 ?» 

Rub du Noviciat (3) . 

Georges-Joseph Craix, marchand de bas. 20 » 

La veuve du S^ Rousseau, receveuse. 30 *» 

Philippe Hennebaut, marchand de bas. 20 ^ 

D^"*^ Renuit, rentiere (4). 30 « 

La neuve Rue. 

Charles Paulart, rentier. 20 » 

Arnoud- Joseph Mailliet, marchand de bas. 20 » 

(1) Frdre du seigneur de Rigaud xnentionn6 ci-dessus. N. G. T 
III, 390, 

(2) N. G. T. Ill, 529. 

(3) D*apres Boziere, ce serait une partie de la rue da Quesnoy. Cf. 
Tournai ancien et moderne. p. 276. 

(4) Catherine-Fran^oise Renuit. N. G. T. Ill, 320. 



— 475 — 

La veuve de la Censerie, chaufournier. 
Alexandre- Auguste Pennincq , chaufournier. 

Rub db la Tour db Marvis. 

Pierre-Antoine Lachenal. 

Le S*" Daluin, marchand de bas. 



1746-1747 

30 livres 

30 r. 



30 
20 



Paroisse Saint- Jeq^n (i). 
Rub db la Galtbrib. 



Le S' Gilles, chauffournier. 



40-30 livres 



Placbttb Saint- J ban. 

D*"* Isbecque et sa soeur. 
Le S*^ Derasse, chaufournier (i). 
Le S' Pennincq, chaufournier. 
Le S' Delrue, maltre cirier. 



40 
40 
30 
35 



Paroisse Sain1>-Quentin. 

Rub du Pourcelet (3). 

Le S*" Antoine Delevingne, n6gociant (4). 
Charles Delmarle, marchand de fer. 
Francois-Simon Souris, marchand. 



30 livres 
20 - 
20 « 



(!) II J avail sar le territoire decette paroisse treize bateliers; nom- 
bre d*entre eux dtaient de la famille Midavaine. 

(2) Henri de Rasse, aleul de Charles de Rasse, maire de Toumai. 
N. G. T. 111,271. 

(3) C6t^ de la grand'place oil se trouvait la maison da Porcelet, 
habitue actuellement par M. le C^^ du Mortier. 

(4) Habitait rue du Cygne en 1747. 



— 476 — 
Rub de Cologne. 

1746-1747 

Le S' Denis Baudechon, rentier (i). 40 livres 

Marie-Catherine Renier, march***^ de drap. 20 « 

Antoine Vitas, marchand. 30 ^ 

Le S*" Bruno Stienne, maltre orfevre. 25 « 

Le S*" Francois Rabau, marchand. 30 » 

Gilles Wartel, marchand de fer. 20 » 

Andr6 Van de Stienne. 20 » 

Rue des Drapiers (2). 

Marc Lefdvre, maltre orfdvre (3). 20 f» 

Piat, son fr6re (4). 6 n 

Francois Dufour, apothicaire. 20 » 

Rue du Belproi (5). 

Joseph Lemoine, marchand. 20 

Nicolas Joveneau, libraire. 20 

Deux servantes. 4 
Antoine Barbieux, aubergiste et traiteur. 20 

Un valet, une servante. 3 

Pierre-Joseph Drapier, marchand. 20 

Thi6baut Du Bois, maltre des postes. 20 

Quatre valets, une servante. 6 ». 

(1)N. G.T.I, 193. 

(2) C6t6 de la grand'place qai fait face & la halle aux draps. 

(3) P6re de Lefebvre-Caters, orfevre et fabricant de bronze, et de 
Lefebvre-Boucher, banquier. Of. Goethals. Miroir des notabilitAs nobi- 
liaires, t. 2, p. 529. 

(4) Ce Piat Lefebvre, port6 au rdle de la capitation comme simple 
artisan, est le crdateur de notre cdlebre manufacture de tapis. Le point 
de depart de sa fortune industrielle fut son mariage ayec la fille du 
hautelisseur Delescolle en 1755. 

(5) Ti*oisieme cdt^ de la grand*place. 






— 477 — 
Rue Dor^e. 

1746-1747 

Jean Ghecqui6re, marchand de bl6. 30 livres 

D*"*' la veuve Havet, renti^re (i). 20 » 

Rue Perdue. 

M. Dedel, ancien mayeur (2). 20 * 

Antoine Sauvage, maltre vitrier (3). 6 « 

M***" Waffelart. 40 » 

Jean Legros, mattre du jeu de Paulme. 10 » 

Le S"" Li6vin Du Hu, rentier (4). 30 » 

Rue des Maux. 

M«"* de Roubaix (5). 40 » 

Jean-Baptiste Dumortier (e). 40 » 

Deux servantes. 4 » 

Le S"" Francois Desruez, apothicaire (7). 20 » 

RfinuiT DBS Signs. 

Joseph Ghequidre, marchand. 20 » 

M®"® la veuve Vinidre. 40 » 

Valentin Hasbroucq, procureur. 10 » 

(1) Louise-Th^r^se Lef<dbare, veave de Pierre-Francois Havet, licencid 
^8 droits, membre de la magistratare tournaisienne, bailli d'Antoing. 
N. G. T. II, 210. 

(2) Jacques Dedel, 6cujer, seigneur de Bricebergue, jur^ de Tournai 
et receveur-gdn^ral des domaines. N. G. T. L 350. 11 fut inscrit dans 
la noblesse en 1747. 

(3) Pere du peintre Piat Sauvage. 

(4) Marie-Madeleine du Hu 4pousa en 1738, k Saint- Qnentin, Andrd 
de Cambry, seigneur de la Fosse, capitaine au Rojal-Wallon. 

(5) Marie-Catherine de Roubaix de Portingal, inscrite dans la 
noblesse en 1747. 

(6) Jean-Baptiste-Joseph du Mortier, bachelier en mddecine et en 
sciences, seigneur de Trimont, d^c^dd en 1746. N. G. T. 11, 680. 

(7) En 1747 seulement. 



— 478 — 

Paroisse Saint-Nicolas. 

Qua I. 

1746-1747 

Le S'' Delmasure, rentier. 25 livres 

M**** Baclan, marchande-ciri6re (i). 25 » 

Le S*" Joseph Morand, march** de charbon. 20 »» 
Le S' Pierre- AntoineDefontaine, ^ecev^ 30-25 « 
La veuve Bonnet, notaire. 30 » 

Grande Rub. 

M^*^ Renuit, renti6re (2). 40-30 » 

Son fils (3). 20 » 

M. Goossens, officier du Mont-de-Pi6t6. 20 » 

W' de Rupilly (4). 30-20 » 

Deux servantes. 4 « 

M«"« Le Tellier (5). 30 » 

Paroisse Saint-Jacques. 

Rub Saint-Jacques (e). 

Guillaume Hague, marchand joailler et 

banquier . 4 livres 



(1) Catherine-Louise Caniot, veuve de Robert-Francis Baclan. N. 
G. T. I, 159. 

(2) Jeanne-Catherine de Surmont, dame de Vieille-Croix, veuve de 
Jacques Renuit, avocat en pariement, membre de la magistrature tour- 
naisienne. N. 0. T. Ill, 321. 

(3) Michel-Joseph Renuit, anobli en 1751. Cf. Id. 

(4) Fran^oise^osepbe Rogiers, veuve de Robert-Joseph de Clippele, 
seigneur de Rupillj, Wambrechies, etc. N. 0. T. I, 529. 

(5) Marie-Catherine Scorion, veuve en premieres noces de Maximiliea 
de Vangermez et en secondes d^Amand-Fran^ois Le Tellier, seigneur 
de la Cocquerie, d6j& citd p. 435. 

(6) Et du Bourdon Saint-Jacques. 



— 479 — 

Madame Thi6ry, renti^re (i). 

Deux servantes. 
Le S' Tribou (g). 
Le S' Vanaverbeck. 
Le S' Pr6vost, apothicaire (3). 
Le S*^ Pissenier, rentier. 

Deux servantes. 
Sa soeur. 
M*"« Zivert, renti^re (4). 

Rue DBS CORRIBRS. 

La veuve Vinchent, renti^re (5). 

M«"' Baclan (e). 

Le S' Havet, licenci6 (7). 

Une servante et un valet. 

Lbs Salines. 

M*"* Laurent, marchande de charbon. 
Philippe Moncheur, marcband de charbon. 
La veuve Flament, rentier e. 
La veuve Rosier, brasseresse. 
Philippe- Joseph Patte, march** de charbon. 
S6ba8tien Delerue. 



1746-1747 

40 livres 

4 » 
30 » 
30 » 
20 » 

40 r. 

4 « 
40 » 

40 n 



20 

40 

40 

3 



20 
30 
20 
30 
20 
20 



9) 

Ji 
99 
99 
99 

99 



(1) Jeanne-Fran^oise Bonnet de Thimougies, Teaye de Baaduin-Joseph 
Tb^ry, dcujrer, seigneur de Baillart. N. G. T. Ill, 543. 

(2) Albert-Alexandre Tribou, seigneur deGodebry.N. G. T. Ill, 583. 

(3) Louis-Augnste Pr^TOst, grand et souverain doyen de la Chambre 
des Arts et Metiers. N. G. T III, 176. 

(4) Marie-Catberine Caniot, veuTe d'Adrien-Fran^is Zivert, qu'on a 
TU p. 411. 

(5) Jacqueline Willems, veuve de Jean Vincbent, tabaUion royal et 
tabellion garde-notes bdr^ditaire. N. G. T. Ill, 626. 

(6) Anne-Cteile-Th^rdse Baclan. N. G. T. I, 158. 

(7) Jean-Baptiste-Joseph Havet, licenci^ es lois, membre de la magis- 
trature tonmaisienne. N. G. T. II, 21 1. 



— 480 — 

Gaspar Mourcou, brasseur. 

Un valet, une servante. 
Le S^ Maillet, brasseur. 
Sa sceur. 

Deux valets, une servante. 
Jacques Gallez, marchand de charbon. 
Le S'' Cornil, id. 
Veuve Nicolas de Gage, batelier, marchand 

de charbon. 
Le S*" Tieffry, marchand de charbon. 
Veuve Dismal, brasseresse. 

Un valet, une servante. 
Albert- Joseph Chantreaux, salingueur. 



1746-1747 

301ivres 

3 r. 

30 » 

20 » 

4 - 

20 - 

20 - 



20 

30 

30 

3 

20 



91 



Rue de le Oignb (i). 

Bernard Delebecq, marchand de charbon. 30 

Nicolas Mascart, id. 30 

Jean-Baptiste Wattelart, 6picier. 30 

Le S' Andr6 Delcroix, marchand. 20 

Le S^ Han, id. 20 

La veuve Caniot, renti^re (2). 30 
j^ciie yg^YQ Vanlerberghe, renti6re. 40-20 

Deux servantes. 4 

Jacques De Clippele, march^ rentier (3). 40 

Philippe Desplanques, march"* fiUetier. 35 



9> 
91 

» 
99 

9» 

n 

91 



(1) Actuellement rue du Cjgne. 

(2) Marie-Louise Bruyer, veuve de Pierre-FranQois-Joseph Caniot, 
avocat, ^chevin de Tournai et grand-bailli du Chapitre. N. G. T. I, 
386. En 1746, elle habitait rue des Carmes. 

(3) II babitait aux Salines en 1747, v. p. 465. 



— 481 — 
ViBux Margh£ au Poisson. 

1746-1747 

Francois Poutrain, filletier. 20 livres 

Le S' Gaspard de lo Vingne, marchand (i). 40 « 

Deux servantes. 4 ^ 

G6rard Verdure, son beau-fils. 20 »» * 

Placette aux Oignons. 

Philippe Le Comte, marchand de vin. .30 ^ 

Le S^ Bouliez, licenci6 en droit. 40 » 

Rub de la T£te d'Arobnt. 

Jean-Baptiste Bien, mattre chaudronnier. 30 ** 

Alexis Leroy, id. 30 » 

Rue de lb Cigne (autre c6t6). 

M. Pancouque, avocat (2). 40 « 

Jean Anris, maitre filletier. 20 '- 

Antoine de le Vingne, marchand. 30 « 

Dominique Germain, mattre filletier. 20 ^ 

Porte db Lille. 

M^"** de Flines, renti^re (3). 40 r. 

Rue Picquet. 

Bruno Sellier, mattre filletier. 20 »» 



(DEchevinon 1746, fils de Caspar, inscrit en 169C, v. pp. 413 
et 420. 

(2) Ferdinand Pancouque, seigneur de Warnifosse, avocat, bailli do 
Maulde snr I'Elscaut et receveur-g^ndral de la baronDied'Anloiog. Cf. 
Annuaire de la Noblesse, XXVf, p. 320. 

(3) Marie- Anne-Doro1h6e Malotau, veuve do Nicolas do Flines. Cf. 
Annuaire de la Noblesse, XX, p. 151. 

ANNALI8. ni. 31 



— 482 — 
Rub DBS Carmb8. 

1746-1747 

Jacquesde Flines.secrdtaire duM^-d6-Pi6t6. 6 livres 

Le S'' Vandal, architecte. 15 »» 

M*"® Marie-FranQoise Morelle, renti^re. 20 » 

M^« Havet, rentidre. 20 « 

Le S' Chamu, rentier. 20 » 

M*^*' Caniot, rentidre (i). 40 « 

M*^^« Herkeau, id. 20 » 

M. Simonon (2). 40 » 

M. Jacquelart, mddecin (3). 30 f» 

S(EURS-N0IRBS. 

M. de Courtray, m6decin (4). 10 » 

M^^« Perdu (5}. 30 » 



(!) Marie-Louise Brajer, Teu?e de Pierre-Fran^ois- Joseph Caniot, 
avocat, tehevin et grand-bailli da Chapitre de Tonrnai. N. G. T, 1, 386. 

(2) Jean-Baptiste Simonon, de Li^e, jur6 de Tournai en 1746, 
anoUl en 1750. N. G. T. II, 463. 

(3) Adrien-Fran^ois, fiU de Jacques ciU p. 401. N. G. T. II, 362. 

(4) Philippe-Maximilien-Josoph. N. G. T. I, 592. 

(5) Marie-Robertine des Champs de B^thomez, veuve de Benolt- 
Joseph Perdu, avocat, conseiller au bailliage de Tournai et Tournaiais. 
N. G. T. Ill, 75. 



— 483 — 



TABLE DES NOMS DE FAHILLE. 



Ablay. 397. 

Acker (van). 420. 

Andelot (d*). 451. 

Andr^. 368. 

Angeville (de) v. Lestendart 

(de). 
Angoaart (d*) v. Hangoaart 

(d'). 
Anris. 481. 
Antoing (d*). 451. 
Archimont (d*) v. Formanoir 

(do). 
Argeace (d*) v. Lefebvre. 
Assignies (d*). 391. 
Assonville (d'). 397. 
Aubermont (d'). 372, 373. 
Aubremez (d*) v. Ennetidrcs 

(d'). 
Aatrive (d*) v. Haatrive (d'). 
Avesnes (d*). 467. 
Ayasasa (d*). 459. 

Baccart. 439. 

BaclaD.396,41 1,434,478, 479. 
Baleoghieo. 413, 436. 
Balesquidre (de la) v. Scorion. 
Baraffe (de) v. Motte (de la). 
Baralle (de). 432. 
Barbier de Blignidres. 432. 
Barbieuz. 476. 
Bargibant (de). 371. 
Bariseau. 471. 
Barr^. 439. 

Bassarderie (de la) y. Vaillant 
(le). 



Baucampsou Baachainp8(de). 

387,401. 
BaadechoD. 397, 407, 476. 
Baudhlne. 447. 

Baudimont(de) v.Oambry (de). 
Baadain. 396, 408. 
Baalin. 412, 422, 440. 
Bayart. 371. 

Beaufait (de). y. Calonne (de). 
Beaamarcli6 (de) y. RouBSin. 
Beaumez(de)y. Ennetidres(d*). 
Beaupr^ (de) y. Mar^chal. 
Beaurepaire (de) y. Errem- 

bault. 
Bechez. 464. 
Becken (van der). 370. 
Becoart. 415. 
Becqaet. 434. 
Becuau. 430. 
Beime (de). 387. 
Belin. 436, 

Bellain (de) v. Succre (de). 
Bellerive (de). 383. 
Benard. 388. 
Beqaet. 395. 
Bergeyck (de). 380. 
Berland. 372, 410. 
Berlettes (de) v. Coppehcm 

(de). 
Berlot(de). 391,421. 
Bernard. 369, 370, 380, 389, 

392, 422, 424, 459. 
Bert. 395. 
Bez. 434. 
Bien. 481. 



— 484 — 



Biesbroncq (yan). 368, 427, 

434.436. 
Biscop. 431. 
Blaawct. 398. 
BUry (de). 377. 
Blois (de). 460. 
Bocarm^ (de) v. Visart. 
Bois (da). 370. 
Boi8 de Harnes et d*lDchy (du). 

384, 44 U 447. 
Bois de Ho ves et d'Hermaville 

(dn). 428» 444. 
Bonaert. 455. 
Bonnet. 379, 420, 437, 448, 

478. 
Bonnier. 434. 
Bonnidres (de). 445. 
Bonstetten (de). 458. 
Bornein (de). 383. 
Boacher. 466, 472. 473, 474. 
Roacq (le). 381. 
Boucquel. 437. 
Boul^. 431. 
Bouliez. 481. 
Boulonnois. 433. 
Bourdon. 431. 
Bourquembray (de) v. Motto- 

Baraffe (de la). 
Bousbeke (de) v. Yaillant (le). 
Bouvry (de) v. Succa (de). 
Brassart. 412. 
Braux (de). 384. 
Brecht. 371. 
Breucq (da) v. Gazier. 
Bride. 395. 
Brifaut. 419, 434. 
BrisFeaa. 387, 426, 434, 463. 
Broye (de la). 374. 
Bruneau. 427. 
Buisson (da). 376. 
Baissy (de) v. Malbaux. 
Barge (de) 431. 
Bary (de le). 425, 466, 468. 
Buyet. 400, 412. 414. 



Calonne (de). 367, 375, 390, 

391,394,395,418,441,446, 

467. 
Gambler. 367, 421, 423, 433, 

438. 
Gambry (de). 383, 458, 460. 
Gamphin (de) y. Gazier. 
Ganeaa. 436, 453, 454. 
Ganiot. 410, 415, 480,482. 
Gantaloop. 414. 
Gappellier (le). 370, 378, 379, 

382, 383. 
Gardinal. 461. 
Garette. 406, 41^, 425. 
Garez. 469. 

Garnin (de)y. Boacq (le). 
Garpcntier. 391, 446. 
Gasse. 407. 
Gatelan (de). 375. 
Gaters. 465. 
Gatoire (de la). 458. 
Gaadron. 395. 
Gaalier. 390, 404. 
Gaayin. 408. 
Gazerie (de la) y. Formanoir 

(de). 
Gazier. 368, 415, 438, 442, 

444, 445, 450, 453, 454, 456. 
Chamart. 422. 
Ghambge (da). 368, 394, 398, 

406, 415. 
Champs (des). 440. 
Ghama. 482, 
Ghantreaux. 480. 
Gharite (de la). 395. 
Ghasse. 405. 
Chastelain. 458. 
Ghastillon (de). 378, 379. 
Ch^telet (da) y. Yaillant (lo). 
Cheminot. 408. 
Glairfay (de). 473. 
Glippele (de). 389, 399, 400, 

465, 466, 473, 478, 480. 
Cocq (de). 366, 415. 



— 485 — 



Cocqadaa. 444, 460. 
Codron. 471. 
Coix deKervil. 451. 
Colin. 462. 
Colins. 460. 
Constant. 439. 
Coppehem (de). 381. 
Coppin. 432, 441,474. 
Corbry (de) v. Gaest (de). 
Cordonnior. 432. 
Corduan. 433. 
Cornil. 480. 
Cornillot. 434. 
Coulon. 450, 461. 
Court. 405. 
Court (de le) 406. 
Courtray (de). 482. 
Couteau. 411, 415, 434. 
Coutre (du) y. Errembault. 
Coavin. 393, 422. 
Couvreur. 403, 428, 434, 442, 

443, 450. 
Craix. 474. 

Crestcau ou Crcteau. 41 1 , 414. 
Crocq. 408. 
Croix (de). 378, 379. 
Croix(dela). 371,459, 462. 
Croix (de la) v. Faligant. 
Croix (de le). 388. 
Crombreughe. 440. 
Croquison. 470. 
Crupilly (de) v. Tordreau. 

Dailly. 397. 

Dale (van). 386, 402, 422, 423, 

424, 435, 463, 482. 
Daluin. 473, 475. 
Damman. 373, 374, 411, 457. 
Dapsens. 468. 
Dath. 474. 
Ddcau. 449. 
Dedel. 452, 477. 
Defeu. 399. 
Defontaine. 461, 478. 



Degage. 480. 
Degand.^395. 
Dehouzd. 472. 
Delacenserie. 475. 
Delattre v. Lattre (de). 
Delcroix. 480. 
Delebecq. 480. 
Delecourt v. Court (de le). 
Delerue v. Rue (de le). 
Deleecole. 447. 
Deletombe v. Tombe (de Ic). 
Dolevigne ou Delevingne v. 

Vigne ou Vingne (de le). 
Delezenne. 434. 
Delfosse v. Fosse (de le). 
Delhaye. 463, 468. 
Delmarle. 475. 
Delmasure. 478. 
Delmotte. 464, 474. 
Delobelle. 473. 
Delos. 473. 
Delporte. 462. 
Delroisse. 473. 
Delrue. 426, 464, 475. 
Delsaux v. Saucli (de le). 
Del vigne ou Del vingne v. 

Vigne ou Vingne (de le). 
Demarcq. 437. 
Denain. 459. 
Derasse v. RasseOle). 
Derie. 395. 
Descault. 397. 
Deschanips. 387. 
Desfrennes. 461. 
Deskevel. 439. 
Desmaisidres. 376. 385, 443, 

450. 
Desmaitre. 404. 
Desnaue. 432, 435. 
Desnoyer. 439. 
Despicnnes. 375. 
Desplanques. 468, 471, 480. 
Desquenne. 413. 
Desruez. 477. 



-- 486 — 



Deawaerders (de) v. Vigne (de 

le). 
Devallet v. Vallet (de). 
Deyaux. 474. 
Devoir. 414. 
Devalder. 382. 
Dismal. 397, 411, 412, 421, 

424, 473, 480. 
Dogny V, Oignies (d'). 
Dolson. 412, 457. 
Donche. 404, 428. 
Douay(de). 401. 
Drapier. 476. 
Drogart. 470. 
Droissart v. Roissart (de). 
Druez. 386, 405, 440, 447, 449, 

469. 
Dabiez. 463. 
Dubois. 403, 410, 427, 435, 

468, 476. 
Dubois V. Bois (du). 
Dubarcq. 408. 
Duclos. 471. 

Dudzeele (de) V. Errerobault. 
Dnflos. 461, 472. 
Dufoar. 476. 
Dngardin. 405,408, 412. 
Dubaut. 427. 
Duhu. 469, 477. 
Dujardin. 462, 463, 472. 
Dulaurent. 425. 
Dumont. 408. 
Dumortier v. Mortier (du). 
Dupont. 405, 414, 434, 472. 
Dupr^ V. Pre (du). 
Duray v. Ray (du). 
Durieu v. Rieu (du). 
Duthoit. 461. 
Duvivier. 417. 

Enfans (des). 455. 
Enghien (d'j. 366, 372. 
Enlard. 437. 
Ennetidres (d'). 372, 373, 376, 



379, 382, 385, 428, 451. 
Ernond. 408. 
Errembault.370, 372. 4 1 1 , 433, 

440. 443, 453, 455, 456, 459. 
Esclaibes (d*). 453. 
Esp^e (de 1*).' 460, 462. 
Espierres (d*) v. Fosse (de le). 
Esquelmes (d*) v. Bernard. 
Exaerde (d'j. 383. 

Faligant. 416, 443. 454. 
Farln. 392, 401,470. 
Faucille. 390. 
Fay(du). 404.414,419. 
F^lizot (de). 375. 
Felleries (de). 389, 403, 422. 
Ferment (du) v. Enfans (des). 
Flameng. 467, 472, 473, 479. 
Flers (de) v. Ostrel (d'). 
Flesquidres (de) v. (3appellier 

(le). 
Flines (de). 388, 399. 431, 433, 

435,438,451,468,481,482. 
Forest (de). 396, 430, 466. 
Forests (des). 388. 
Formanoir (do). 377, 459, 460. 
Fosse (de la). 421 . 
Fosse dit Pitlicm (de la). 376, 

379. 
Fosse (del ou de lo). 413, 441, 

444, 445. 455. 
Foubergho (de) v. Steen (van 

den). 
Fourny. 461. 
Francois. 436. 
Franqueville (do). 431. 
Fr^dricq. 393. 
Frdre, 408. 
Frigbem. 424. 
Frise (de) v. Cappellier (le). 
Froidmont ou Fremont (de). 

403. 

Qaest (de). 380, 381, 451, 456. 
Oallez. 480. 



— 487 — 



GariD. 420, 447. 

Gerard. 416, 425. 

G^rardel d*ADbencheal. 431. 

Germain. 481. 

QesDes (de). 448. 

Ghecquidre. ATI. 

Ghewiet (de). 438. 

Gillart. 426. 

Gilles. 475. 

Glarges (de). 449. 

Glimes (de). 380. 

Gobert. 414, 436, 468. 

Goblet. 472. 

Godef^oy. 416. 

Gomes Diaz. 457. 

Goossens. 478. 

Gopin. 461. 

Gpatier. 435. 

Gouy (de). 397, 409, 418, 468, 

470i 
Gracbt (van der). 439, 449, 

459. 
Grandsire. 392. 
Grau. 389, 392, 400, 420, 421. 
Graart. 389, 473. 
Gaelton. 413. 

Haccart. 399, 446. 
Hache. 411. 
Hague. 478. 
Haingndre(d*). 371. 
Halennes (d*)y. Harcbies (de). 
Hallebast (de) v. Pape (de). 
Hamayde (de la). 371, 377, 

417,430,445,454,457. 
Han. 480. 

Hangouarl (d*). 376, 429. 
Hannart. 381. 
Hannecart. 430. 
Harcbies (de). 385, 399. 44 1 . 
Hardy. 406. 

Harnes (de) v. Bois (dii). 
Hasbroucq. 477. 
Hatta. 372, 430, 432, 433, 439. 



Haadion (de). 371. 
Haatecourt(de) y.RDgbieD(d*). 
Haatliea (da) v. Bonaert. 
Hautport (de). 384, 430. 
Haatrive (d*). 400, 466. 
Havelas (d*) ▼. Calonne (de). 
Ha vet. 391 , 406, 408, 464, 467, 

477, 479, 482. 
Havigaier. 463. 
Helbran. 407. 
Hellay. 393. 
Hendricx. 377. 
Hen nart. 401,471. 
Hennebaut. 474. 
Henry. 389, 395, 419. 
Herbaut. 387, 403. 
Herkeaa. 393, 482. 
Herman. 436. 

Hermaville (d*) v. Bois (da). 
Hersecap. 367. 396, 435, 439, 

443. 
Heyden (van der). 369, 444, 

452, 469. 
Holl. 463. 

Hollain(de). 417,441,455. 
Hoorn (van). 385, 433. 
Ho8e(de). 410. 
Hostin. 466. 
Houfflin. 419,471. 
Houz^. 395, 465. 472. 
Hoverland. 369, 393, 402, 440. 

442. 453, 467, 469, 470. 
Hovine. 455. 
Huberlant (d'). 426. 
Habrecq. 392. 
Hudsebaat.4i8, 438, 470. 
Harteur. 406. 
Hust (d') V. Esclaibes (d*). 
Huyse. 439. 

Imbert. 431. 

Inglebert. 392, 393. 404, 419. 

Inville (d). 435. 

lolent v. Yolent. 



— 488 — 



Isbecque. 389, 425, 475. 
Isebrant. 456* 

Jacobs. 436, 437. 
Jacqaelart. 401,415,482. 
Jacquepyo. 367, 412, 429. 
Jacques. 390. 

Jannart. 368, 395, 444, 445. 
Jaunaux (des) v. Pinault. 
Josson. 396, 424. 
Joveneau. 406, 476. 

Kerchovo (van do). 454. 

Lachenal. 475. 
Lacqueman. 447. 
Ladam. 366, 415. 
Laderridro. 437. 
Lafo8se.386, 410, 418. 
Lahaise. 401, 402, 473. 
Lamonier. 462. 
Lamy. 423, 425. 
Landas (de). 374, 375. 
Landriou. 412. 
Lannoy (de). 417, 436. 
Laplaigne (de) v. Ennetidro3 

(d-). 
Larmenien. 394. 
Lattre(de). 406, 421. 
Laurent. 391, 398, 479. 
Leaucourt (de) ▼. Scorion. 
Leblan. 423 
Lebleu. 386. 
Leblon. 367, 427, 436. 
Leboucq v. Boucq (le). 
Leclercq. 461,468. 
Lecocq. 457. 

Lecomte. 393, 462, 469, 481. 
Lecrainier. 471. 
Ledoux. 406. 
Lefcbvre. 395. 396. 402, 404, 

410,426,431,437,461,476. 
Lefebvre d*Argenco. 434. 
Legay. 427. 
Legris. 472, 474. 



Legros. 477. 

Lelea. 464. 

Lelong. 436, 469. 

Lemaire. 440, 472. 

Leman. 393, 407, 464. 

Lemoine. 476. 

Lendoncq (de) v. Isebrant* 

Lenglet. 411. 

Lepan. 395, 436. 

Lequint. 420, 433, 425. 

Leriche. 413. 

Lericq. 421, 474. 

Leroy. 404, 425, 481. 

Lesage. 412. 

Lescaillet. 430. 

Lespagnol. 420. 

Lestendart (de). 378. 

Lestienne. 414, 419. 

Lettear. 420. 

Levasseur. 446. 

Lcver^Kbem (do) v. Landas (de) 

et Vortegans. 
Lbermitte. 473. 
Liart. 422, 424. 
Libert. 437; 
Li^geois. 380. 
Li^nart. 422, 473. 
Li^tart. 392, 445, 446. 
Li^vou. 421,447. 
Limboarg (van). 398, 399. 
Lionne(de). 391, 402. 
Locart. 399. 
Locquerie (de la) v. Fosse (de 

le). 
Longparois (da) v. Scorion. 
Longueville. 408, 444, 464. 
Lorthioir. 400. 
Los^e. 403, 434. 
Lossy fde). 456. 
Lotard. 389. 

Louchier (le). 374. 382, 451 . 
Louviguy. 417,469. 
Lacas. 423, 467. 
Luchin (de) v. Bernard. 



— 489 — 



Luitre (le). 398. 
Luytens. 376, 380, 382, 415, 
454. 

Madre (de). 377, 437. 
MafHes (de) v. Hautport (do). 
Maillet. 389, 423, 474, 480. 
Mainet. 387, 

Maisnil (du) v. Errombault. 
Maistro do Saint-Aubin (le). 

399. 
Malbaux. 428. 
Malbecq. 474. 
Malfoit. 417. 
Mallet. 410, 435. 
Maloteaa. 396, 440, 450. 
Manesse. 436. 
Maquet. 461. 
Marbais (do). 427. 
Marchilie. 446. 
Marechal de Beaapre. 399, 

448. 
Marissal. 465. 
Marlier. 387, 399, 420, 461, 

464, 469, 473. 
Marne (de) v. Braux (de). 
Marquette. 393. 
Mars (de). 383. 
Martin. 463. 
Mascart. 480. 
Maaquilier. 407, 439. 
Masare. 401. 

Maabray (de) v. Croix (de la). 
Maulde (de). 379, 380, 459. 
Maapoint de Yaudeail. 409. 
Mayer. 470. 

M^aulne (de) v. Haccart. 
Mello (vao). 404. 
Memesse. 426. 
Merlande. 437. 
Mesgalant. 437. 
Mesplan. 437. 

Meulebeke (de) v. Devalder. 
Meurcbin (de) v. Calonne (de). 



MeurilloQ. 434. 

Meurin. 434. 

Meyer. 445, 446. 

Michel. 368, 386. 

Midavaine. 369, 402, 446. 

Mignot. 387. 

Miroalt. 394, 406, 474. 

Monart. 424 . 

Monclieur. 479. 

Mondet. 384, 433. 

Monnel (de). 374. 

Monnier. 423. 

Montpincbon (de) v. Ennetid- 

res (d'). 
Montrepin. 417. 
Mooreghem (de) v. Spiere 

(van). 
Morand. 478. 
Moreau. 439. 
Morelle. 413,482. 
Morfias (de) v. Robert. 
Mortango (de) v. Vigne (de le). 
Mortier (da). 369, 384, 405.409, 

421,426,438,447,449,477. 
Motte (de la). 370, 374, 375, 

383, 460. 
Motte (de la) v. Wasselin. 383. 
Motte (de le). 394, 405. 
Mottes (de8) v. Landas (de). 
Moulembay(de). 418,420,440. 
Moulin (du). 400. 
Moulin (du) y. Bernard. 
Mourcour. 400, 480. 
Mouscron (de) v. Ennetidres 

(d^ 
Muidavaine v. Midavaine. 
Muissart. 366, 454. 
Mullet (de). 420, 456, 457. 

Nassau (de). 385. 
Nave (de). 380. 
Nay. 395, 396. 
Nerinckz. 434. 
Nostra. 392. 



— 490 — 



Obpy. 392. 
Odemaer. 429. 
Odolf. 414,424, 426,470. 
Oignies (d'). 457. 
Ollivier. 387, 393. 
Ombry (d*) v. Simon. 
Oost (van). 393. 
Or (de r;. 400. 
Ostrel (d*). 378. 

Pally. 372, 380, 383. 
Paludanas. 466. 
Pancouquo. 473, 481. 
Pape (de). 375. 
Parmentier. 400, 473. 
Parqueaax (des) y. Luytens. 
Paschendaele (de) v. Hovine. 
Patte. 479. 
Paulart. 474. 
Pauwel9. 390, 446. 
Pels. 401.410. 
Pennincq. 475. 
Perdu. 404, 413, 416, 427. 449, 

482. 
Pestre (do). 443. 
Petit. 414, 423,424,471. 
Philippart. 470. 
Philippe. 370. 
Piedana. 436. 
Pinault. 428. 
Pissenier. 410, 479. 
Pissot. 426. 
Place (de la). 430. 
Plateau. 400. 
Plisse (de). 409. 
Polereau. 396, 423. 
Poller. 429. 
Pollinchovo (de). 367, 422. 

427, 428. 
Poncheau (du). 405. 
Pontus. 423, 463, 467. 
Popuelles(de)y. Loucbier(le). 
Portoi8.392, 419, 422, 435. 
Posteau. 468. 



Pottos (de) y. Croix (de). 
Pettier. 369, 387, 390, 391, 

393, 462, 466. 
PoQcques (de). 416. 
PonliQ. 462. 
Poupet. 392, 463, 472. 
Poutrain. 481. 
Pr^ oa Pret (du). 386, 389, 

395, 396, 397,407, 417, 424, 

425, 445. 452, 469. 
Presin. 368, 409, 410, 443. 
Prend'homme. 380, 396. 
Provost. 415,379. 
Provost (lo). 377. 
Preyez. 474. 
Pronoier. 436. 
Proven (de) v. Colins. 
Provinor. 386. 

Quelon (da) v. Cambry (de). 
Quennoy. 463. 
Que8noy(du)y.Aubermont(d*). 

Queutry. 466. 
Quicquelberghe. 420, 436. 
Quievy. 425. 

Rabau. 476. 

Rabecq (de) v. Pally. 

Ramart. 424. 

Ranson. 388, 403. 

Rasse (de). 388, 401, 402, 447. 

449,451,465,475. 
Ray (du). 407. 
Renier. 476. 
Renuit. 420, 422, 423, 459, 

474, 478. 
Richard. 368, 387, 390. 
Rieu (du). 368, 393, 401,417, 

419. 
Riquet. 387. 410. 
Riviere (do la?. 382. 
Robersart (do) v. Fosse dit 

Pithem (de la). 
Robert. 457. 



— 491 — 



Robiens. 439. 

Rode (van). 386, 398, 419, 435, 

448. 
Roger. 472. 

Rogiers. 383, 386, 391, 452. 
Roisin (de). 366, 428, 453, 458. 
Roissart (de). 471, 474. 
Rongy (de) v. Roisin (de). 
Ronqaier (de). 439. 
Rose. 368,404, 410, 411,414, 

461, 465. 
Rosier. 479. 

Rosne (de) v. Loachier (le). 
Roty. 394, 395, 396. 
Roabaix. 429, 452, 477. 
Rongefort (de) v. Antoing (d'). 
Rousseau. 410, 474. 
Roussin de Beaumarch^. 4-t8. 
Rouz^. 465. 

Rue (de le). 404, 405, 417, 479. 
Ruisseaux (des) v. Cappel- 

Her (le). 
Rumbeke(de)v.Tbieniied(de). 
Rupilly (do) v. Clippelo ^de). 
Ruyant do Cambronne. 432. 

Sag^. 390. 
Saillart. 407, 413. 
Saint-Aubin(de) v. Mai8tre(le). 
Sainte-Aldegonde (de). 450. 
Saint- Oeaois (de). 455. 
Saini-Maur(de)y. Succre (de). 
Salle (de la). 439. 
SalM. 432. 
Sallet. 381. 
Sandras. 388. 
Sart (de). 438. 
Sart (du) v. Couvreur. 
Saucb (de le). 390. 
Sauvage. 477. 
Save. 392, 432. 
Scapcoman. 401, 402, 466. 
Sceultre (le). 388. 
Sebynckele (de). 374, 376. 



Scorion. 386, 398, 403, 408. 

411,425,435,441,445,448, 

458, 460. 
Segar. 420. 

Selller.390, 409, 412, 465, 481. 
Sepa. 368, 415. 
Sergeant. 461, 470. 
Serqny. 407. 
Serre. 396. 

Simon. 390, 415,434, 440, 463. 
Simonon. 442, 482. 
Sory. 405. 
Soubrechies (de) v. Hamayde 

(de la). 
Sourdeau. 377,381,457. 
Sonris. 475. 
Spiere(Van).381,428. 
Spillebien. 398, 423. 
Spital. 466. 
Spriet. 436. 
Steen (Van den). 454. 
Stepbany. Stepbany. 407. 
Stienne. 476. 
Stordeur. 427. 436. 
Succa (de). 380, 382. 
Succre (de). 376, 460. 
Surcques (de). 416. 
Surmont (de). 367, 394, 401, 

402,407,421. 

Taffin. 423. 

Tasse. 394. 

Tellier(le). 418,435, 478. 

Tembreman. 434. 

Templeuve (de) v. Desmai- 

sidrcs. 
Ternisien. 409. 438. 
Ternoi?. 406, 412, 474. 
Terre (le). 397. 
Tbaten do Beautour. 432. 
Tbieffries ou Tbieffry. 402, 

403, 427, 470, 480. 
Tbienen (Van). 437. 
Thiennes (de). 452. 



— 492 — 



Thiery. 379, 479. 

Than (de) v. Landas (de). 

Tombe (de le). 367, 466. 

Tordreau. 405. 

Tour (de la) v. Felizot (de). 

Tribou. 462. 479. 

Vaillant (le). 373, 382, 454,458. 
Valgart. 437. 
YaUet(de). 411. 
Vanaverbeck. 479. 
Vandale v. Dale (Van). 
Vanderlant. 446. 
Vandestienne. 476. 
Vangermcz (de). 403, 437. 
Vanhoute. 414. 
Vanlerberghe. 397, 413, 435, 

436, 480. 
Vanroa. 462, 469. 
Vantienne v. Thienen (van). 
Varlut. 367. 395. 
Vaudeuil (de) v. Maupoint. 
Vehu (du) V. Hattu. 
Verdure. 466,481. 
Verdure (de la). 429. 
Verpoort. 434. 
Vertegans (de). 416, 435, 442, 

444, 450. 
Vestbroucq (de) v. Cocqueau. 
Vie8ecourt(de) v.Cambry(de). 
Vigne ou Vingne (de le). 392, 

394,395.401,406.409,413, 

417,420,423,429,443,445. 

448,453,465,473,475,481. 
Vinage (du). 409. 
Vlnchent. 392, 411, 416, 436, 

467, 479. 
Vinidre. 477. 
Visart. 430. 456. 
Vissery (do). 381, 403, 456. 
Vitas. 476. 
Vivier (du) v. Despiennes. 



Vranx. 398, 419, 435, 442, 

468,469.471. 
Vregin. 436. 

Wacquens. 391. 
• W^aflfelart. 477. 
Walle (de) v. Landas (de). 
Wannehain (de) v. Bnnctidres 

Warcoing (de) v. Nassau (de). 
Warcqueau. 413. 
Warnoiso (de) v. Damman. 
Warsage (de). 458. 
Warteau. 436. 
Wartel. 476. 
Wasberghe. 414. 
Wasselin de Pronville. 383. 
Wastines (de) v. Becken (Van 

der). 
Wattecamps. 389, 394. 421. 

424,425,464, 467, 468. 
Wattelart. 486. 
Wattrigant. 397. 
Wattripont. 398. 
Waut (du) V. Duliaut. 
Wavrans. 457, 470. 
Waymel. 416, 432. 
Werven (Van der). 470. 
We8tbroucq(de)v. Cocqueau. 
Wevelsberghe (de) V. Rividro 

(de la). 
Wilde (de). 390, 435. 
Wildere (de). 436. 
Willemer. 402. 
Wofirden (de). 429. 
Woestine (de la). 405. 

Yolent. 426. 436. 
' Ysembart (d'). 416, 449, 452. 

Zeller (Van). 437. 

Zi vert. 398, 406.411,479. 



— 493 — 



STANCE DU 15 DCCEMBRE 1898. 



M. LB CoMTB DB N^DONCHBL, Prudent, 
M. EuGJ^NB Soil, Secretaire. 



Le procSs-verbal de la stance de novembre est lu 
et adopts. 

M. le Secretaire ddpose les ouvrages qu'il a re^us 
pour la Soci6t6 depuis la demiSre reunion. 

1. Memoires de la Societe d*eniulation d' Abbeville. Tome 19. 
(4® Serie, tome iii, 2® partie.) 

2. M^me Societe, bulletin trimestrici, 189C et 1897 

Meme Societe, le Gai*tulaire du comte de Ponthieu, tome ii. 

3. Memoires de la Societe d*agriculture, sciences et arts du 
departement du Nord. 3« Serie, tome v. 

Voir, k la page 183, les epices au Parlement de Tournai et 
au Parlement de Flandres, par le bai*on A. de Warenghien. 

4. Societe historique de Compiegne. Proces-verbaux et rap- 
ports. V, 1896; VI, 1897. 

5. Meme Societe : TAlimentation k Compiegne. (Patissiers 
et bouchers.) 

6. M6me Societe : les Francs-Archers de Compiegne et le 
campde Compiegne en 1739, par le baron de Bonnault d'Houet. 

7. Bulletin de la Societe arch^ologique du midi de la France. 
S^riein-80, n«21. 

8. Memoires de la Societe acadcmique du departement de 
rOise. (Beauvais.) T. xvi, 3* partie. 



— 494 — 

9. Annuaire-Bulletin de la Soci6t6 de Thistoire de France. 
Annee 1897. 

10. BulletiD de la Societe des Antiquaires de Picardie. 1897, 
n<* 1, 2et3. 

11. Memoires, id. Gartulaire du Chapitre de la cath^drale 
d' Amiens, l^^ fiascicule. 

12. Bulletin de la Soei6t6 dunkerquoise pour I'encouragement 
des sciences, des lettres et des arts. 1897, 2^ fascicule. 

13. Societe des sciences, de I'agriculture et des arts de Lille. 
Memoires, 5® serie, fascicules I a VI. 

14. Comite ai*cheologique de Senlis. Comptes rendus et 
Memoires. 4® Serie, tome I. 

15. Society des Antiquaires de la Morinie. Bulletin historic 
que. 46® annee. 184^ et 185^ livraisons. 

16. Bulletin de TUniversite de Toulouse. Fascicules 1 li 4. 

17. Memoires de TAcademie de Stanislas. 1896. 147® ann^e, 
5® serie, tome 14. 

18. Societe d'agriculture, des sciences et des arts de Valen- 
ciennes. Revue, tome 46, n9^ 1 k 12. 

M. Bcrtrand, bibliothScaire-archiviste k Ath, offire 
un ezemplaire de son Caialogue de la Bibliothique 
publique de la ville d*Alh. Remerclments. 

M. Hocquet donne lecture d'un rapport sur YHis- 
toire de ravouerie et des avoids de Toumai de M. Th. 
Leuridan. On vote, conform6ment k son rapport, 
rimpression de ce travail et on d6cide d'y joindre une 
planche de sceaux des avou6s de Toumai. 

II est proc6d6 au vote sur la pr6sentation du baron 
Armand del Fosse et d'Espierres, comme membre 
titulaire. II est 6lu en cette quality. 



— 495 ~ 

L'6l6Ction du Bureau est renvoyto k la stance de 
Janvier. 

M. Soil compldte les renseignements qu'il a donnte 
k une pr6c6dente stance sur le peintre Plat Sauvage. 
lis seront joints au travail qu'il a r6dig6 sur cet artiste 
dont la notori6t6 fut grande et sur lequel Tattention 
du public s'est port6e d'une mani^re toute particu- 
lidre en ces derniers temps. 



societe 

HISTORIQUE ET ARGHIEOLOGIQUE 



de Toumai. 



■»■ 



STATUTS. 

Article 1. 

La Societe a pour objet la culture de I'histoire et 
de rarch6ologie. 

EUe prend le litre de « Soci6tc historique et arch6o- 
logique (i) de Touraai. '» 

Article ?. 

Les travaux de la Socict6 embrassent toutes les 
matidres que comprennent Thistoire et Tarchtologie, 
dans le sens le plus 6tendu de ces mots : histoiro, 
arch^ologie, numismatique, pal^ographie, diplomati- 
que, Epigraph ie, gtographie et topographie anciennes, 
biographie, philologie, ethnographie, bibliographie, 
folklore, etc. 

Article 3. 

La Societe correspond avec les SocietSs savanles 
beiges et etrang^res, qui sont instituees dans les 
m6mes vues. 

(I) S^nce dii 13 f<dvrier 1896. 



m 



Article .4« 

La Soci6t6 se compose de membres titulaires, de 
membres correspondants et de membres honoraires (i)^ 

Articlb 5. 

Les membres titulaires doivent avoir leur r6sidence 
ordinaire k Tournai, ou dans les environs, mais k une 
distance qui leur permette d'assister r6guli6rement aux 
stances. 

Les membres correspondants sont pris, tant en Bel- 
gique qu'a 1 etranger, parmi les hommes connus par 
des travaux analogues k ceux dont la Soci6t6 s'occupe. 
Quand ils assistent aux s6ances, ils ont voix delibera- 
tive dans les discussions scientifiques. 

Les membres honoraires se recrutent parmi les per- 
sonnes de la ville et du dehors qui s'int6ressent aux 
travaux de la Soci6t6. Ils n'assistent point aux stances 
ordinaires {2). 

Article 6. 

Les officiers de la Soci6t6 sont : le president, le 
vice-president, le secretaire, le tresorier et le biblio- 
thecaire-archiviste (3). 

lis sont eius pour trois ans et peuvent etre reeius. 

Article 7. 

La Societe se reunit en seance ordinaire une fois 
par mois. II pent j avoir des seances extraordinaires. 



(1) stances de8 12 octobre 1882 et 10 novembre 1892. 

(2) Ibid. 

(3) Stances des 3 fidvrier et 7 avril 1859. 

AMNALB8. III. 22 



— 498 — 



Articlb 8. 



L'6lection des membres se fait aux stances men- 
suelles seulementy et toujours au scratin secret. 

Articls 9. 

Les fonds de la Soci6t6 se composent : 

1^ Des cotisatioDs payees par les membres titulaires, 

les membres correspondants et les membres hono- 

raires (i). 
2^ Des sommes qui peuvent lui Stre accordees a 

titre de subsides. 

Articlb 10. 

La Soci6t6 determine la somme qu'il est indispen- 
sable d'appliquer aux d6penses administratives de 
Tassociation . Le reste des fonds est consacr6 : 

V Aux recherches, 6tudes et publications qui for- 
ment le principal objet de son institution. 

2"" A donner des prix ou m6dailles aux auteurs 6tran- 
gers k la Soci6t6 qui auraient pr6sent6 des ouvrages 
in6dits juges dignes de cette distinction. 

Article 11. 

La Soci6te forme ses collections particuli6res de 
livres, de manuscrits, d'objets d'art et d'antiquit6s. 

(I) stances des 14 juillet 1887 et 10 novembre 1892. 



— 499 — 



RfiGLEMENT. 



TITRE I. 
Da comiti permanent. 

Articlb 1. 

Les officiers institu6s par Tarticle 6 des statuts, for- 
ment un Comit6 permanent auquel est dSvolue Tadmi- 
nistration int6rieure de la Soci6t6. 

II dirige les travaux et les publications. 

Article 2. 

Le renouvellement triennal du Comit6 a lieu dans 
la s6ance ordinaire du mois de d6cembre, pourvu que 
le nombre des membres titulaires pr6sents, s'6l6ve k la 
moiti6 j)lus un ; k d6faut de quoi r6lection est remise 
k la s6ance ordinaire suivante. 

L*6lection de chacun des officiers ne sera valable 
qu'autant qu'elle aura r6uni la majority des suffrages. 

Articlb 3. 

Le president maintient Tordre dans les reunions, 
fait appliquer les statuts et r^lements, et veille k 
rex6cution des resolutions prises. 

II nomme toutes les commissions et les compose de 
trois membres ; cependant une commission pout 6tre 
nommee au scrutin secret et k la majority des voix, si 
la demande en est faite par trois soci6taires. 

Le president seul a le droit de demander et de 
recueillir les voix, il resume les discussions et pro- 
dame le r6sultat des deliberations. 



— 500 — 

U signe les dipl6mes, les proc^s-verbaux des stances 
et tous les actes que la Soci6t6 juge susceptibles de 
cette formality. 

II ordonne les d6penses conform6ment aox credits 
ouverts par le budget et suivant les r6solutions sp6cia- 
les prises pendant le cours de Texercice. 

II assiste de droit aux stances des commissions, et 
y a voix d6lib6rative. 

II fait convoquer, quand il le trouve convenable, la 
Societe en assembl^e extraordinaire, par I'entremise 
du secretaire. 

Article 4. 

Le vice-pr6sident remplace le pr6sidenttoutes les fois 
que celui-ci est absent ou emp6ch6. II est lui-m6me 
suppl6e par le plus ancien des membres titulaires pre- 
sents k la stance. 

Article 5. 

Le secretaire r6dige les proc^s-verbaux des s6ances 
et, apr^s leur adoption, les signe avec le president. 

II est charge de la correspondance. Toutes les lettres 
qu'iiecrit au nom de la Societe, sont transcrites dans 
un registre special. 

II demeure depositaire du sceau de la Societe. 

II donne communication de la correspondance imm6- 
diatement apr^s la lecture du proces-verbal de la 
seance precedente et rend compte de Texecution des 
mesures prises par le comite permanent. 

II donne avis de leur nomination aux membres nou- 
vellement eius et leur adresse un exemplaire des statuts 
et reglement. 

II delivre les dipl6mes et contresigne tous les actes 
emanant de la Societe. 

II dirige, en se conformant aux dispositions de 



— 501 — 

rarticle 33 ci-apr^s, la publication des Annales et des 
autres ouvrages dont la Soci6t6 a vot6 Timpression . 

II garde les collections de la Soci6t6, dont il est 
charg6 de dresser le catalogue. 

Ind6pendamment du registre de la correspondance, 
et de celui des proems- verbaux , il tient deux registres 
d'ordre : Tun, contenant les noms, Age, qualit6s et 
demeure des membres; Tautre, Tinventaire des litres 
de la Soci6t6. 

11 pr6sentea la s6ance de D6cembre, le compte rendu 
des travaux de la Soci6te pendant Tannfee. 

En cas d'absence, il d61^gue ses pouvoirs k un mem- 
bre qu'il propose k Tacceptation de la Soci6t6. 

Article 6. 

Les fonctions du tr6sorier consistent : 

1° A recevoir centre quittance, la cotisation et les 
amendes dues par les soci6taires ; 

2"* A faire I'envoi des publications de la Soci6t6; 

3^ A compter au secretaire, sur les 6tats form6s par 
celui-ci, d'apr^s les notes des fournisseurs, et sur le 
visa du pr66ident, les sommes dont Temploi a et6 
autoris6. 

Ces 6tats une fois soldes restent entre les mains du 
tr6sorier pour servir k Tappui du compte de sa gestion. 

Ce compte est rendu dans la s6ance ordinaire de 
Janvier, il pr6sente en balance les d6penses et les 
recettes faites pour la Soci6t6 par le tr6s6rier depuis 
la reddition du compte pr6c6dent. 

En cas d absence il fait connaltre au president le 
membre qui doit le remplacer. 



— 502 — 

Article 7. 

Le biblioth6caire-archiviste est charg6 de la conser- 
vation des archives et de la bibliothdque de la Soci6t6. 
II en dresse le catalogue (i) . 



TITRE II. 
Des stances de la Soci6t6. 

Articlb 8. 

La Soci6t6 se r6unit de droit et sans convocation 
pr Salable, le deuxi^me (a) jeudi de chaque mois, k 
quatre heures et demie du soir, dans la salle destin6e 
k ses stances. 

Si le .deuxi^me jeudi du mois est un jour f6ri6, la 
s6ance est remise au jeudi suivant (3). 

La s6ance commence k quatre heures et demie (4) pr6- 
cises, quel que soit le nombre des membres presents. 

Articlb 9. 

Les s6ances extraordinaires ont lieu au jour et k 
I'heure indiqu6s par les lettres de convocation, dont la 
remise au domicile des membre devra toujours pr6c6- 
der de deux jours au moins le jour de la r6union 

Article 10. 

Le president pent admettre k la stance, des savants, 
des litt6rateurs, des personnages de distinction 6tran- 
gers, soit a la ville, soit au pays. 

(1) stances des 3 f<d?rier et 7 avril 1859. 

(2) Ibid. 

(3) Stiance du 20 septembre 1877. 

(4) Stance du 12 mars 1880. 



503 — 



Article 11. 



Le membre titulaire qui n'assiste pas k la stance, 
soit ordinaire soit extraordinaire, est passible d'une 
amende de un franc au profit de la caisse de la Soci6te, 
s'il ne pr6vient pas par 6crit le pr6sident de son 
absence. 

II est dress6 un tableau des absences pour la percep- 
tion des amendes, et cette perception s'opdre k Texpi- 
ration de chaque semestre, k la diligence du tr6sorier 
et contre quittance. 

Article 12. 

L'ordre des stances est r6gl6 ainsi qu'il suit : 

1° Le secr6taire donne lecture du procte- verbal de 
la reunion pr6c6dente, et consigne dans celui du jour 
les modifications dont sa redaction a paru susceptible. 

2"" II donne connaissance des lettres regues ou 6crites 
ainsi que des communications faites k la Soci6t6. 

3** L'assembl6e s'occupe des rapports que le comit6 
pent avoir k faire sur des objets d'administration 
int6rieure. 

4** Le pr6sident donne lecture de Tordre du jour, 
apr^s 6puisement duquel TassemblSe consacre le reste 
de la stance aux lectures, et aux discussions qu'elles 
peuvent soulever. 

Avant de se s6parer, Tassembl^e, par I'organe du 
president, r^le autant que possible, I'ordre du jour de 
la stance suivante. 

Article 13. 

Le proc^s-verbal mentionne les m6moires et notices 
dont il est donn6 lecture et qui sont dSposSs entre les 
mains du secretaire ; s'il y a des discussions, il en est 
fait 6galement mention, mais sans reproduction des 



— 504 — 

arguments dont il a 6t6 fait usage, k moins que les 
auteurs ne les produisent par 6crit. 

Articlb 14. 

I/impression des m^moires ou notices dont la Soci6t6 
a re^u communication n'a lieu qu apres que I'assemblee 
Ta decidee et du consentement de I'auteur. 

Elle pent subordonner son vote k des changements 
a faire par ce dernier. 

Article 15. 

Quand des planches devront Stre jointes a un tra- 
vail, rimpression de la notice et la gravureserontvot^es 
s6par6ment. 

Articlb 16. 

Chacun des membres soit titulaires, soit correspon- 
dants, est invite a faire k la Societe des communica- 
tions en rapport avec Tune des matieres indiqu6es par 
le programme servant d'introduction aux statuts. 

Le comite permanent veillera a ce qu'il y ait autant 
que possible, une lecture par seance. 

Chaque membre a la facult6 de faire lire son travail 
par un coUegue. 

Articlb 17. 

La lecture annoncee par lordredu jour distribue aux 
membres a la priorite sur toute autre qui n'aurait pas 
et6 soumise a cette formalite. 



— 505 — 

TITRE III. 
Conditions et mode d'admission des membres. 

Article 18. 

Pour 6tre admis k faire partie de la Soci6t6, en qua- 
lite de membre titulaire, il faut avoir son domicile h 
Tournai, ou k une distance asscz rapprochee pour 
qu'elle ne soit pas un obstacle k la frSquentation r6gu- 
liere des assemblies ordinaires ; il faut en outre 6tre 
pr6sent6 par trois membres titulaires. 

Article 19. 

La proposition d'admission doit etre adress6e au 
pr6sident qui en donne communication en assembl^e. 

Article 20. 

L'ad mission ne pent avoir lieu qu'apr^s un scrutin 
secret, ouvert k la s6ance suivante; elle n'est prononc6e 
que dans lecas oi]ielle a reuni les deux tiers des suffrages 
des membres presents. 

Article 21. 

La nomination n'est consid6r6e comme definitive, et 
le membre nomme n'est inscrit sur la liste, qu'apr^s 
qu'il a pris Tengagement par 6crit de remplir les 
obligations qui lai sont imposees par le rdglement et 
les statuts de la Societe. 

Article 22, 

L'admission en quality de membre correspondant a 
lieu sur la proposition du comit6 permanent et k la 
majorit6 des suffrages (i). 

(1) stance du 10 novembre 1892. 

Les membres correspondants ne sont pas astreints au paiement de la 



— 506 — 

Articlb 23.. 

Le membre qui ne peut assister k la stance a la 

faculty de voter par procuration ; il fait connaitre par 

6crit au president, le nom du collogue qu'il a charg6 

de son vote. 

Article 24. 

Si Tadmission est consentie, elle est annonc6e par le 
secretaire k la personne int6ress6e, avec invitation de 
se presenter k la stance suivante. 

Articlb 25. 

Les membres honoraires sont admis sur la simple 
presentation d'un membre titulaire. 



TITRE IV. 
ObligatioDs et devoirs des societaires. 

Articlb 26. 

Les membres titulaires ont k payer un droit de 
dipldme de cinq francs, apr^s I'acquittement duquel le 
dipl6me leur est remis. 

Article 27. 

Un dipl6me est egalement delivre aux membres 

correspondants. 

Article 28. 

La cotisation annuelle des membres titulaires est 
fixee k dix (i) francs et celle des membres honoraires 
k cinq francs, payables entre les mains du trteorier. 

cotisation de cinq francs, mais les publications de la Socidt^ ne seront 
adress^es qu*& ceux qai paioront cette cotisation annuelle. 
(1) Stence du 13 juillet 1881. 



— 507 — 

Article 29. 

Chaque membre titulaire, honoraire ou corres- . 
pondant est invito k faire part k la Soci6t6 des d6cou- 
vertes qu'il pourrait faire ou dont il aurait connaissance ; 
k rechercher les monuments et decorations architec- 
toniques ezistant encore, les objets que des fouilles 
r6centes auraient mis k decouvert, k en faire Thisto- 
rique, k en rechercher Ykge, k en constater I'^tat de 
degradation, k les dessiner si cela lui est possible, et 
k faire ses observations sur les mojens de les conserver. 

Article 30. 

Tous les membres sont invites k faire hommage k la 
Society de leurs ouvrages et de ceux qu'ils auraient en 
double dans leur biblioth^que. 

Article 31. 

Tous membre correspondant qui laisse^coulerplusde 
deux ans sans se rappeler au souvenir de la Society par 
quelque co mmun ication , pent e tre r6pute d6missionnaire . 

Article 32. 

Tous les membres de la Soci6t6 peuvent prendre 
communication des objets, des livres et des manuscrits 
qui lui appartiennent ; mais aucun de ces objets ne 
pent 6tre d6plac6 que pour un temps determine et sous 

recepisse. 

TITRE V. 
Pnblloations. 

Article 33. 

La Societe fait imprimer chaque annee un volume 
qui contient soit les procds-verbaux des seances d'une 



— 508 — 

certaine p6riode, avec les notices qui y ont 6t6 lues, 
ainsi que, s'il j a lieu, d'autres travaux de peu d'^ten- 
due ; soit les m6moires et ouvrages plus considerables 
qui lui ont 6t6 pr^sentes et dontelle a yot^rimpression. 

Article 34. 

Les cinquante volumes parus, jusqu'en 1895, de 
Bulletins et de M6moires forment la premiere s6rie des 
publications de la Society. La division ancienne en 
Bulletins et M4moires est supprim6e. La nouvelle s6rie 
portera pour titre : Annalks de la Socifixfi historique 

ET ARCH^OLOOIQUB DE TOURNAI. 

Article 35. 

% 

Toutes les soci6t6s savantes avec lesquelles la Soci6t6 
entretient des rapports suivis re^oivent un exemplaire 
de chacune de ses publications. 

II en est de mfime des membres titulaires,honoraires 
et correspondants, moyennant, pour ces derniers, le 
paiement entre les mains du tr6sorier de la cotisation 
annuelle des membres honoraires. 

Article 3G. 

Les auteurs des m6moires et des notices publics par 
la Soci6t6 peuvent 6tre autoris6s k en faire aux frais 
de la Soci6t6 (i), un tirage particulier de cinquante 
exemplaires, lesquels ne leur seront d61ivr6s qu'un mois 
apres la publication du volume. 

La Soci6te se r6serve d autoriser un tirage plus 
considerable, sur la demande de I'auteur. 

Dans tons les cas, les tir6s k part devront porter en 

(1) Stenc« du 7 d^cembre 1848. 



- 509 — 

tdte cette mention : :< Extraits des publications de la 
Soci6t6 historique et arch6ologique de Tournai . r, 



TITRE VI. 
Gomptabilit^. 

Article 37. 

Dans le cas de mort, de demission ou de d6part 
imprevu d un membre titulaire pendant le cours d'un 
exercice, la cotisation par lui vers^e reste acquise a la 
Soci6te. 

En aucun cas, la cotisation vers6e ne pent 6tre 
retiree. 

Article 38. 

Dans la seance ordinaire de Janvier, une commis- 
sion de trois membres est nomm6e pour examiner les 
comptes du tr6sorier. 

EUe fait son rapport dans la stance suivante. 

Article 39. 

Apr^s Tapurement du compte du tr6sorier, la Soci6t6 
6tablit son budget pour Texercice courant. 



TITRE VII. 
Discipline intdrieare. 

Article 40. 

Tout membre titulaire qui, sans cause connue et 
legitime laisse Scouler six mois sans assister aux 
s6ances, pourra Stre d6clar6 d6missionnaire. 



— 510 — 



Article 41. 



La Soci6t6 s'interdit formellement toute discussion 
6traDg^re aux mati^res qui font Tobjet de ses 6tudes. 



TITRE VIII. 
Des modifications au present rdglement. 

Articlb 42. 

Les propositions tendant k des changements, addi- 
tions ou modifications au present r^lement doivent 
6tre faites par 6crit et remises au president ; il en est 
donn6 lecture imm6diatement, mais elles ne peuvent 
6tre adopt6es qu'apr^s avoir 6t6 discut6es dans deux 
assemblies. 

Les deux tiers au moins des voix de tons les mem- 
bres titulaires sont n^cessaires pour I'adoption des 
propositions de cette nature. 

Article 43. 

Aprds deux stances successives, dans lesquelles le 
nombre des membres presents n'aurait pas 6t6 suffisant, 
il pourra 6tre proc6d6 au vote, comme s'il s'agissait 
d'une proposition ordinaire. 



— 511 — 

TITRE IX (1). 

Des droits des membres sar TacUf de la Socl6t6 
et de la dlssolatlon de celle-d.' 

Article 44. 

Les membres correspondants et honoraires n'ont 
aucun droit dans les objets qui appartiennent k la 
Soci6t6. 

De m6me les membres titulaires qui pour un motif 
quelconque cessent de faire partie de la Soci6t6 perdent 
tout droit dans lesdits objets. Leurs h^ritiers, en cas 
de d6cds, n'y ont 6galement aucun droit. 

Articlb 45. 

En cas de dissolution, les archives, collections, 
biblioth^que et avoir social sont d^volus a la ville de 
Toumai, apr^s apurement des dettes de la Soci6te, 
sans qu'aucun des membres, mSme titulaires, y puisse 
rien pr6tendre.- 

Articlu 46. 

La dissolution de la Soci6t6 ne pourra dtre pro- 
nonc6e que sur la proposition 6crite de cinq membres 
titulaires. 

Elle devra faire Tobjet de deux deliberations des 
seuls membres titulaires, k un mois d'intervalle Tune 
de I'autre, apr^s avoir 6t6 port6e k I'ordre du jour, sur 
les convocations. 

La decision pronongant la dissolution ne sera 
executee que si elle a rSuni les deux tiers des suffrages 
des membres presents, et si les deux tiers au moins des 
membres titulaires ont pris part au vote. 

(1) stance da 10 juiUet 1897. 



— 512 — 

A d6faut de r^unir les deux conditions ci-dessus, le 
vote sera renvoy6 ^ une troisi^me assembl6e sp^ciale* 
ment convoqu^e 4 cette fin, un jour de reunion ordi- 
naire, et k cette assembl6e, la dissolution pourra Sire 
prononc6e k la simple majority des suffrages si Tassem- 
bl6e comprend au moins les deux tiers des membres 
titulaires presents, ou k la majority des deux tiers des 
suffrages si Tassembl^e ne comprend qu'un nombre 
moindre de membres titulaires. 



Le present r^glement r6vis6 conform6ment k la 
d6lib6ration du 14 Janvier 1897 a 6t6 adopt6 aux 
stances des 13 mai et 10 juillet 1897. 



LISTE DES MEMBRES 



DK LA 



SOClfiTfi HISTORIQUE ET ARCHfiOLOGIQUE 

DE TOURNAI. 



GOMITti PBRMANBNT (i). 

OffidcTS. 

Messieurs 
Lb comtb db N^donchbl, President. 
Lb g^n^ral db Formanoir db la Cazbrib, Vice-Pri- 

sident. 
Euoj^NB Soil, Secritaire. 
RfiNfi Db8Cl6e, Trisorier. 
Adolphb Hocqubt, Bibliothicaire, 



-•e*- 



MBMBRES TITULAIRES 
par ordre d'anciennet^. 

Messieurs 

de N6donchel (le comte) Georges, ^if C. i, membre 
de la commission des Archives, delaBiblioth^que, 
des Musses de tableaux et d'antiquit^s (1851). 

du Mortier (le comte), i , propri^taire (1861). 

Vos (le chanoine) J., archiviste de r6v6cli6 (1868). 

Soil Eugene, I. O i, juge d'instruction, conservateur 
des Musses d'antiquit6s et de tableaux, membre de 
la Commission royale des monuments (mai 1876). 

(l)Blu Je 12 Janvier 1899. 

ANNALB8. III. 33 



— 514 — 
Messieurs 

Cloquet Louis, # Q , professeur k Tuniversitd de Gand, 
inembre de la Commission rojale des monuments, 
secr6taire de la Revue de Vart chrelien, 
(novembre 1876). 

Piret Adolphe, gSologue (novembre 1877). 

d'Herbomez Armand, ancien dl^ve de I'Ecole des 
Chartes (f6vrier 1879). 

Peeters Jules, docteur en droit, industriel (juin 1880). 

de la Grange Amaury, membre de la Commission du 
Mu86e de tableaux et d'antiquit^s, des Archives; 
(juillet 1880). 

Maquest Pierre, ancien archiviste de TEtat et de la 
ViUe (juin 1882). 

de Fonnanoir de la Cazerie A., C. # « G. i , g6n6ral 
en retraite, membre de la Commission de T Aca- 
demic de peinture et des Mus6es de tableaux et 
d'antiquit6s (f6vrier 1884). 

van de Kerchove Am6d6e, propri6taire (fevrier 1884). 

Goffln Pierre, cur6 de Saint-Nicolas (avril 1885). 

du Chastel de la Howarderie (le comte) P. , propri6taire 
k Kain-lez-Tournai , (novembre 1887). 

Houtart Maurice, avocat, conseiller provincial (f6vrier 
1890). 

du Sart de Bouland, Raoul, # i^i C. j|^ , docteur en 
droit, gouverneur du Hainaut, vice-prteident de 
la Society d*6conomie sociale beige, etc., (mars 
1892). 

Bourla Chretien, biblioth6caire de la ville (Janvier 
1894). 

Allard Albert, avocat, membre des Comimissions des 
Archives et de la Biblioth^que (Janvier 1894). 

Blondel Alfred, ing6nieur (novembre 1894). 

Croquet (rabb6) J.-B. J., cur6 de Maulde(nov. 1894). 



— 515 — 
Messiears 

Deojc^Ite Ren^, avocat (d6cembre 1894). 

Hocquet Adolphe, archiviste et bibliothteaire-adjoint 

de la ville (mars 1896). 
Sonneville Constant, M, architecte, membre de la 

Commission royale des monuments (juin 1898). 
del Fosse et d'Espierres, (le baron) Armand , propri6taire 

(d6cembre 1898). 



MBMBRES HONORAIRBS. 
I. — A Toumai. 

Messieurs 

AUard E., President du tribunal civiL 

Asou A., avocat et 6chevin des Beaux- Arts. 

Bossut Jules, industriel, agent consulaire de France. 

Boucher Jules, Industrie], 6chevin des finances. 

Bourgois v., brasseur. 

Broquet L., avocat et ancien membre de la Chambre 

des repr6sentants. 
U^ Bruyenne, propri6taire. 
Carbonnelle J . - B . , propri6taire . 
Carbonnelle-Th6ry G., brasseur. 
Casterman H., 6diteur, conseiller communal. 
Casterman L., 6diteur, conseiller provincial. 
Cerde artistique (le President du) .* 
Cherequefosse Alfred, banquier. 
Choisez 0., marchand-tailleur. 
Coppin, (le chanoine), directeur du s6minaire. 
Cordonnier A., architecte. 
Cromb6 L6on, notaire. 
Cromb6 Emile, n6gociant. 
Decallonne Simon, 6diteur. 
Defontaine Idte, avocat. 



— 516 — 
Messieurs 

da Fonnanoir de la Cazerie 0., avocat, conseiller 

commanal. 
Delmotte H., agent de la banque nationale. 
Delobe A., pharmacien. 
Madame Ddobel, propri6taire. 
Delrae Emile, ndgociant, conseiller provincial et 

commanal. 
Delrue U., n6gociant. 
Delval 0., juge au tribunal civil. 
Delwart L. , industriel, tehevin des travaux publics. 
Deneubourg J.-B., chanoine, ardddiacre de la cath6- 

drale. 
de Porre, archltecte. 
de Rasse (le baron) L. , propridtaire. 
De Rick A., avocat, conseiller communal. 
Descamps E., ancien substitut du Procureur du Roi. 
Descl6e H., industriel. 
Descl^e-Dumon P., propri6taire. 
De Smeth L. , notaire. 
Doje A., (le chanoine). 
Dubiez II., agent de change, 
du Bus de Wamaffe E., avocat. 
du Bus de Wamaffe L6on, directeur de la banque 

centrale toumaisienne. 
Ducolombier F., peintre. 

Dumon E., vice-pr6sident honoraire du tribunal civil. 
Dumortier Alexis, fils. 
Dumortier Henri, juge. 

Duquesne H., repr6sentant et bourgmestre de Vaulx. 
Duquesne L., commissaire d'arrondissement. 
Errembault du Maisnil V., propri6taire. 
Fournier Laurent, avocat. 
Foumier Charles, avocat. 



— 517 — 
Messiears 

Qlorieux E., notaire, conseiller provincial et comr 

munal. 
Goblet Alfred, avocat. 

Hainaut E., ing^nieur des ponts et chauss6es. 
Hojois J. 9 avocat, membre de la Chambre des 

reprteentants. 
Huet E., Dotaire, s^nateor. 
Isbecque Edmond, agent de change. 
Isbecque L., ing6nieur an chemin de fer. 
Jacob Fernanda avocat. 

Jobken E., pr6fet des 6tudes d rAth6n6e royal. 
Joveneau A., industriel. 
Labis A., juge d'instruction. 
Lefebvre A., avocat. 
Le Hon P., notaire. 
Leman d'Herbomez, ndgociant. 
Leroy , (le chanoine) , vicaire-g6n6ral , doyen du Ohapitr^. 
Litoart Paul, industriel. 
Mayer H., avocat. 

Pion L., directeur de TAcad^mie de peinture. 
PoUet-Liagre J., peintre. 
Quanonne Alfred, propri6taire. 
Roger Charles, notaire. 
Schrevens Emile, docteur en m6decine. 
Semet C6lestin, propridtaire. 
Semet Julien, avocat. 
Soil Ani6d6e, conseiller communal. 
Spreux P., fils, brasseur. 
Sti^non da Pr6 (le comte), membre de la Chambre des 

reprteentants. 
Th6ry L., notaire. 
Madflme V. Tonnelier, propri6taire. 
van de Kerchove G. , propri6taire. 



— 518 — 

Messieurs 

Van deo Bulcke A., ancieii commissaire d'arrondisM 

sement. 
Vanderborght Jean , industriel . 
Vandris J . -B . , propri6taire . 
Van Elegem N., chanoine. 

Van Nieuwenhuyse, brasseur et conseiller cbmmuaal. 
Vasseur-Delm6e, 6diteur. 
Vasseur Charles, dessinateur. 
Vienne 0. , juge de paix. 
Wacquez J., greffler du tribunal de commerce. 
Wautbier, chanoine, professeur au s6minaire. 



Anser(mU. 
Antoing. 

Arras, 
Ath. 

Bossuyt. 

Bourghelles. 

Braffe, 

Bruxelles, 

# 

fi 



9t 



II. — A r^traager. 

Messieurs 

Daumeries, brasseur. 

S. A. le Prince C. de Ligne. 

Blesin, r6gisseur particulier. 

Adolphe de Cardevacque. 

Vandenabeele V., conducteur prin- 
cipal des ponts et chauss6es. 

Le comte de Beaufort. 

Gustave de la Grange. 

Le Maistre d'Anstaing, propria* 
taire. 

J. Bara, ministre d'Etat, s6nateur. 

^jeiie rpij Bossut, propri6taire. 

de Koninck, biblioth6caire-adjoint 
de la Chambre des repr6sentants. 

le comte de Ghellinck A., propri6- 
taire. 

Deyaux Eugdne, artiste peintre. 

Duvivier, avocat. 





519 




Messieurs 


Cliercg. 


Thorn, bourgmestre. 


Cobrietix. 


Le baron de la Grange. 


EUexeOes. 


De Gand, secretaire communal. 


Frasnes. 


Gracia Ed., notaire, conseiller pro- 


1 


vincial. 


» 


Bdval E., notaire, bourgmestre. 


Froidmant. 


Delannay E., m6decin et conseiller 




provincial. 


Frayennes. 


M'"^ Bonnet L. 


Gand. 


Diegerick, archiviste. 


Oesves. 


La comtesse de Limminghe. 


Lessines. 


Lesneucq, secretaire communal. 


Leuze. 


Delm6e J.-B. , juge de paix. 


Liige. 


Helbig, artiste peintre. 


i» 


de Rasse, Charles, inspecteur de 




Tenregistrement. 


Lille. 


Mourcour Stanislas. 


Londres. 


Dulau, libraire. 


MatUde. 


le vicomte Coss^e de Maulde. 


Merchtem. 


Michel Edmond. 


Mons. 


Puissant E., professeur de religion. 


Mouscron . 


Desprets, n6gociant. 


Moustiers. 


Le baron du Sart de Bouland. 


Orcq. 


Crombez A., propri6taire. 


Pjaris. 


Not6 J., derOp6ra. 


n 


Despret L6on. 


P^ruwelz. 


Desmons E., notaire. * 


^ 


Deswattines E., juge de paix. 


9> 


Prison A., ancien juge de paix. 


Pottes. 


Pecquereau, notaire, conseiller pro- 




vincial. 


RamegnteS'Chin 


. de Villers Grand'Champs, propri6- 




taire. 



^ 520 — 

MessieorB 

Renaix. Jolj V., avocat. 

Roubaix. Dabois A., architecte. 

Rumillies. Le comte de Robiano 

Ryswyck. Vostennan van Oyen, gendalogiste. 

StuUgard. Le comte d'HMicoort. 

Taintegnies. du Cellier, notaire, cons, provincial. 

Templeuve. Pillons A., notaire. 

9» Coppez Georges, juge de paix. 

Vitry-en-AHois. Du Riez, F6lix, arch6oIogae. 

Wez. Le comte A. duChastel de la Howar- 

dene, ministre resident, bourg- 

mestre de Wez. 

Ypres. Mergheljnck de Beauworde, A. 



MEMBRES GORRESPONDANTS (i). 

I. — Bn Bel^r^Qoe. 

Messieurs 

Le Roy Alphonse, professeur a 1' University de Lidge. 
Devillers L6opold , conservateur des Archives de TEtat 

et de la ville k Mons. 
Hachez F., directeur au ministdre de la justice a 

Bruxelles. 
Reusens Ed., chanoine et professeur k 1' University de 

Lou vain. 
Frfesart Jules, banquier k Li^ge. 
Bosmans (Fabb^), archiviste de la maison d*Aremberg 

k Enghien. 
*Matthieu E., avocat k Enghien. 

( 1 ) Les membres correspondants do sont pas astreints au paiement de 
la cotisation annuelle de 5 francs, niais les publications de la Soci^tb 
nc sont envojdes qu*A ceux d*entrd eux qui acquittcat cette cotisation. 

Leurs noms sont marques d*nn ast^risque. 



— 521 — 

Messieurs 

Van Bastelaer D., pr6sident de la Soci6t6 archSolo- 

gique de Gharleroi k Bruxelles. 
Dufief Jean, secretaire de la Soci6t6 beige de g6ogra- 

pliie k Bruxelles. 
* Van den Gheyn, Gabriel (le chanoine), directeur de 

rinstitut Saint-Li^vin k Gand. 
Beemaert A. , ministre d'Etat» president de la Chambre 

des reprSsentants k Bruxelles. 
*Smekens Th., president honoraire du tribunal de 

r^ instance k Anvers. 
Hjmans Henri, conservateur des estampes a la biblio- 

th^que royale k Bruxelles. 
Hubert Joseph, architecte, membre de la Commission 

rojale des monuments k Mons. 
Saintenoy Paul, architecte k Bruxelles. 
de Jonghe B. (levicomte), president de laSoci6t6 royale 

beige de numismatique k Bruxelles. 
*d'Ursel Hippolite (le comte), pr6sident de la Soci6t6 

royale beige de g^ographie k Bmixelles. 
*Delvigne A., (le chanoine) cur6 de Saint-Josse ten 

Noode, vice-president de la gilde Saint-Luc. 
*de Maere A., (le baron) ch&teau d'Aertrycke par 

Thourout. 
Houzeau de le Haye A., president de la Society des 

arts et des lettres du Hainaut k Mons. 
Jacques V., docteur en mfedecine, secretaire de la 

Societe d'anthropologie de Bruxelles. 



11. — A r^tranger. 

Messieurs 
Lecesne P., vice-president du Conseil de prefecture 

k Arras. 
Loriquet, archiviste du Pas-de-Calais k Arras. 

ANNALBS. III. 33* 



— 522 — 

Messieurs 

De Cardevacque Adolphe, membre de rAcadSnue 

d' Arras k Arras. 
Le comte de Marsy, directeur de la Soci6t6 fran^aise 

d'arch6ologie, k Compi^gne. 
*Leuridan Th., ancien archiviste delavilledeRoubaix. 
Finot, archiviste du d6partement du Nord k Lille. 
Hautcoeur (Mgr), recteur des facult6s catholiques k 

LiUe. 
Le R. P. Camille de la Croix, k Poitiers. 
Sorel Alex., pr6sident honoraire du tribunal civil de 

Compi^gne. 
Cons H., recteur de TAcad^mie de Poitiers. 
Lair (le comte) Charles, arch6ologue, chAteau de Blou, 

(Maine-et-Loire). 
Germain de Maidy L., arch6ologue k Nancy. 
Bled 0. , (le chanoine) president de la Soci6t6 des Anti- 

quaires de la Morinie k Saint-Omer. 
de Hautecloque (le comte) G., a Arras. 
Brassart F6lix, archiviste de la ville de Douai. 



autoritMis et £tablissements publics 

anxqaels la Sod^td adresse ses pnblloations. 

Sa Majest6 le Roi. 



M. le Ministre de la Justice. 
M. le Gouverneur du Hainaut. 
M. le Greffier provincial. 
M. le Bourgmestre de Tournai. 



Mgr TEvSque de Tournai, 



— 523 — 

La Bibliothdque rojale de Bruxelles. 

f> centrale du ministdre de rint6rieur k 

Bruxelles. 
" de runiversit6 de Li^ge. 

» de runiversit6 de Gand. 

9* de la Cbambre des repr6sentants, k 

Bruxelles. 
" de la direction des lettres et des 

sciences. 



La Biblioth^que publique de la ville de Tournai. 
Le d6pdt d'Archives de la ville de Toumai. 



Le minist^re de llnt^rieur et de I'lnstruction publique 
(dix exemplaires) . 

SOGIlfiT^S BEL6ES 
avec iMqaeUes 11 y a ^change de publicatloiui. 

Anvers. Acad6mie royale d'arch6ologie de Bel- 

gique. 
Avion. Institut arch6ologique de Luxembourg. 

Bruges. Soci6t6 d'6mulation pour Tfitude de This- 

toire et des antiquit6s de la Flandre. 
« Soci6t6 arch6ologique. 

Bfuxelles, Commission royale d'histoire (rue de la 

PaiUe). 
« Commissions royales d'art et d'archtolo- 

gie (rue Montoyer, 22). 
« Acad6mie royale de Belgique. 

» Acad6mie royale de m6decine. 

>» Soci6t6 royale de numismatique. 

r Soci6t6 beige de gSographie. 



— 524 — 



Bruxelles. 



Charleroi. 

Enghien. 

Gand. 



Huy. 
Lidge. 



T 



Louvain. 

Malines. 

Maredsous. 

Mons. 



Namur. 
Nivelles. 
Tongres. 
Toumai. 

Verviers. 



Commission rojale pour la publication 

des anciennes lois et ordonnances (rae 

Ducale, 2). 
Analecta BoUandiana. 
Soci6t6 archtologique de Bruxelles (rae 

Ravenstein, 11). 
Soci6t6 pal6ontologique et archtologique. 
Cercle archSologique. 
Messager des sciences histoiiques de Bel- 

gique (rae des Baguettes, 22). 
Cercle historique et archtologique. 
Cercle hutois des sciences et des arts. 
Institut archSoIogique. 
Soci6t6 libre d'6mulation. 
Soci6t6 li6geoise de littSrature wallonne. 
Soci6t6 d'art et d'histoire du diocdse de 

Li^e. 
Analectes pour servir ^rhistoire eccl6sias- 

tique de Belgique. 
Soci6t6 arch^ologique. 
Revue b4n6dictine. 
Soci6t6 des sciences, des lettres et des 

arts du Hainaut. 
Cercle arch^ologique. 
Soci6t6 arch^ologique. 
Soci6t6 archSologique. 
Soci6t6 scientifique et litt6raire. 
Le touriste. 
Cercle artistique. 
Soci6t6 veryi6toise d'arch6ologie et d'his- 

toire. 



— 525 — 



SOGIlfeTAS l&TRANOfiRBS. 



Abbeville {Somme). 
Amieits r 

Arras [Pas-de'Calais] 

Boulogne-sur-Mer » 

Caen [Calvados). 

Compiegne [Otse). 
Dauai [Nord) . 

Dunkerque [Nord) . 
Heidelberg [Allemagne). 

LiUe [Nord). 



Ltuvembourg. 

Nancy [Meurihe-et' Moselle). 
Paris. 

Reims [Mar^e), 

Roubaix [Nord). 

Saint- Omer [Pas-de-Calats). 



Soci6t6 d*6mulation. 

Soci6t6 des Antiquaires de 
la Picardie. 

Acad6mie des sciences » 
belles-lettres et arts. 

Commission des monu- 
ments du Pas-de-Calais . 

Soci6t6fran(aised'arch6o- 
logie. 

Soci6t6 historique. 

Soci6t6 d'^riculture, des 
sciences et des arts. 

Comity flamanddeFrance. 

Neuenbeidelberger Jahr- 
bucber. 

Arcbives du d6partement 

du Nord. 
Commission bistorique du 

d^partement du Nord. 
Soci6t6 des sciences, de 

I'agriculture et des arts . 

Cercle bistorique litt^raire 
et artistique. 

Acad6mie de Stanislas. 

Soci6t6 de Tbistoire de 

France. 
Acad6mie nationale. 
Soci6t6 d'6mulation. 

Soci6t6 des Antiquaires 
de la Morinie. 



— 586 



Saint-Quentin {Aisne), 



SerUis (Oise). 
Stockholm [Su^de). 



Toulouse. 



Valence. 



Valenciennes. 



.Soci6t6. acaddmique des 
sciences, des arts et des 
belles-lettres. 

Soci6t6 arch^logique. 

Acadtoiie royale des bel- 
les-lettres dliistoire et 
des antiqait6s. 

Soci6t6 acad6miqae fran- 
co-hispano-portugaise . 

Soci6t6 archtologique du 
Midi de France. 

Soci6t6 dliistoire eccl6- 
siastique et d'arch6o- 
logie. . 

Soci6t6 d'agriculture, des 
sciences et des arts. 



~ 58T — 



ERRATA. 

« - • * 

Page 172, ligne 7. Au lieu de Halhuin, lisez : 
Halluin. 

Page 175, ligne 6. Au lieu de De tenooi et de la 
pitUion, lisez : De t envoi de la pHition. 

Page 179, dernidre ligne. Au lieu de 17 el ISjuin^ 
lisez' : 3 et 4juin. 

Page 183, ligne 23. Cette ligne doit 6tre termin6e 
par 2 points. 

Page 201, note 1. Cette note qui s'applique au ren- 
voi qu'on trouve page 202, ligne 7, doit 6tre remplac^e 
k la page 201 par ce]le-ci : Archivbs db Tournai. 
Testaments, layette de T^annSe 1339. 

Page, 217, ligne 1 1 . Au lieu de 1836, lisez : 1386. 

Page 226, ligne 23. Au lieu de laisse, lisez : laissa. 

Page 237, note 1, ligne 2. Aprds le mot six, inter- 
calez rais. 

Page 254, ligne 26. A u lieu de s'enquirir les, lisez : 
s'enquirir des. 

Page 262, ligne 16. Au lieu de Osyseghem, lisez : 
Gkyseghem, 



— 528 — 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



Abbaje de Saint-Martin, 222. 
Atlard A., m. titulaire, 13. 22. 

95. 
A mien t, jeton 7. 
Angeli (Fr^re Jean), 253. 
Annalat, 171. 245. 
Annonciades (voir (Mlestines). 
AntiqaiMs romaines, 143. 257. 

258. 259. 
An(oiDg,.rtehevinage, 13. 
Architecture tournaisiennp, 16. 
ArchiTes de Toarnai, 5. 
Armoiries de Tournai, 107. 
Atb, 494. 
AToaerie et awoa&t de Tournai, 

256, 494. 



Bailliage de Tournai, 13. 
Bataille de Fontenoy, 247. 
Bavi^ et Autriche, 143. 146. 

159. 
B^clers (les cloches), 13. 
Bequet A., (manifestation) , 175. 
Berlidre (Dom), autenr, 94. 
Bibliographie toumaisienne, 7. 

10. 
Bibliotb^ae nationale 4 Paris, 

39. 40. 
Boucherie (petite), 25, 206, 207. 
Brassart F , m. correspond ant, 

79,81. 
PraiUe(le), 81. 98, 



Bruyelles, 143, 259. 
Brujenne J., m. titulaire, 6. 



Capitation (la) A Toarnai, 204. 
342. 

Carmes (convent des), 15. 144. 

Carm^ites, 299. 

Carreaux de terra cuite, 24, 

C^lestines, 312. 

Chaboutteau Pierre, fondenr, 23. 
81. St. 

Chaneellerie des^vSques de Toar- 
nai, 5. 

Chanson de troa?dre, 5. 

Chapitre de Toarnai, 170. 

Chatelains de Tournai, 7. 

Chirurgien toumaisien, 7. 9. 

Clairissei (couvent des), 23. 35. 

Cloquet L., m. titulaire, 6. 

Conferences, 39. 107. 

Conflit a propos d'une robe, 175. 

ConMrie de Notre- Dame de Hal, 
175. 

Congres arcbtologique de Tour- 
nai, 12. 206. 

Congrds arch^ologique de Bour- 
ges, 245. 

Congres arcb^ologique d*[^n- 
ghien, 245. 

Congres arcbtologique de Ma- 
lines, 1 13. 

Couvents de femmes A Tournai, 
256. 298, 



— 529 — 



d« Formanoir de la Caierie, vioe- 
pr^dent, 22. 79. 146. 147. 
205. 254. 

de la Grange A., m. titulaire, 7. 
15.23.39.107.137.143.175. 

245. 256. 
de Lalaing, g^n^alogie, 256. 
de le Pasture, Rogier, dit Van der 

Wejden, peintre, 143. 245. 
de le Fosse Eustache, 223. 
del Fosse et d'Espierres A., m. 

titalaire, 257.494. 
de Many (le comte), 7. 205. 
Demeoldre P., adtear, 253. 
de N^doDcbel (le comte) G., pre- 
sident. 205. 222. 
de Robiano (le P.) J. -A., 15. 

144. 
Desclde R.. m. titalaire, 7. 15. 

17. 19. 95. 
d'Herbomez A., m. titalaire, 7. 

39. 107. 146. 205. 222. 
Dialecte toarnaisieo, 6. 
Domination fran^aise en Bei- 

giqae, 17. 
Dominicaines, 307. 
Donissan boo opus, 24. 
Dootrepont Cb., aatear, 6. 
Dubois (le cbanoine), m . titulaire, 

81. 
du Cbastel de la Howarderie (le 

comte) P., m. titulaire, 7. 22. 

79.95. 171. 175.222. 
Dunkerque, Soci^tdpour I'encou- 

ragement des sciences, 39. 
Duriez, auteur, 256. 

E 

Ecbaogcs de publications, 523. 
Bllezelles, 143. 
Enstfigoement primaire, 21. 
Epices (en justice), 493. 



Errata, 527. 

Exposition d'art ancien, 254. 

260. 

F 

Faidberbe Al., auteur, 145. 
Fontenoy, 247. 

Fortifications de Tournai, 146. 
155. 171. 175. 



G.,' peintre toamaisien, 12. 
Germain de Maidy L., m. corres- 

pondant, 13. 
Gboy, 245. 
Glide Saint-Luc, 7. 
Godefroy FrM^ric, terivain, 257. 



Halle des Consaux, 17. 19. 23. 
25. 95. 

Henri Alfred, auteur, 23. 

Heidelberg, change de publica- 
tions, 136. 

Him, ^Teque de Tournai, 17. 

Histoire du Toumaisis, 39, 40. 

Hocquart L^on, 39, 137. 

Hocquet Ad., m. titulaire, 23. 
81. 206.257. 494. 

H6tel des Postes, 7. 

Houtart M., m. titulaire, 17. 
39 204. 245. 342. 

Huguet L., m. titulaire, 14. 



Iconoclastes, 145. 
Imp6ts, 342. 

Lanzac de Laborie, auteur, 17. 
Lesneucq J., auteur, 245. 
Leuridan Tb., auteur, 256. 494. 
Luxembourg, Cercle historique. 

Echange, 23. 136. 
Lyon CI., auteur, 143. 



n 



— 530 — 



Maison de Toarnai A Paris, 146. 

149. 
Matthiea E., aoteur, 13. 21. 
Membres (liate dat), 513. 
Messager des BciedOM bitto- 

riques, 13. 
MoDastdres'toarnaisitns, 94. 
Monaments (reitaaration des), 

147. 
Mui6a de la Soot4U, 79. 81. 

N 

Numismatiqae, 7. 8. 95. 135. 
• (6oci4(^ royale 

. de). 39. 94. 

o 

Ogy. 245. 

P 
Parleroent de Tonrnai, 493. 
Perdu Benolt, m<ideciii, 146. 
Petition au Conaeil communal, 

146. 155. 171. 
Plan de Tournai. 7, 79. 
Plombs de marcbandises, 253. 
Poste (nouvelle), 6. 
Publications, changes, 523. 



lUglement de la SocidU, 22. 95. 

107. 136. 496. 
Relation du cbamp olos de Nancy, 

79. 81. 
Remparts de Tournai, 146. 155. 

171. 175. 
Restauration des monuments, 

147. 
Reusens (le chanoine), 5. 
Ricbez A., auteur, 12. 
Rogier (voir de le Pasture). 
Roubaii, Soci<)t6 d*dmulation, 6. 

15. 
Rues de Tournai, 257. 



s 



Sacqaeleu (don au miii^], 79. 

81. 
Sandonis, hoc opus (v. Donis- 
^ san). 

SauTage Piat,peintre, 495. 
Soeau des ^cbevins ^ia Braille, 

81.984 
Sceau d« Tei6riiai, lOT. 205. 

** de la SociM4, 23. 
Stance da 8 octobre 1896. 5. 



• *» 


12 noTembre 


» 12. 


m 


10 d^cembre 


• 16. 


■ m 


14 Janvier 1897.21. 


n 


11 {6mer 


• 38. 


• 


18 mars 


- 78. 


M 


8avril 


• 80. 


w 


13 mai 


- 94. 


n 


10 juin 


• 106. 


n 


^juiUet 


• 135. 


m 


14 octobre 


» 142. 


» 


11 novembre 


• 145. 


If 


9 d^cembre 


. 170. 


« 


13 Janvier 1898.173. 


m 


9 fdvrier 


• 203. 


m 


10 mars 


. 205. 


n 


14 avril 


. 221. 


m 


12 mai 


• 244. 


» 


9 juin 


- 246. 


n 


11 novembre 


- 253. 


m 


15 dteembre 


n 493. 


Sepultures romaines ( 


▼oir anti- 


quit^s). 




Sion (religieuses de), 326. 


Soci4t6s 


correspondantes, 523. 


Soil E., 


m. titulaire, 7 


. 14. 15. 


81. 107. 143. 146. 205.245. 


247.! 


254. 257. 495. 




Sonneville C, m. titulaire, 245. 


247. 






Sources 


de rhistoire < 


du Tour- 


naisis 


(voir Histoire) 


1 


Statuts, 


496. 


_ 



— 531 — 



Testaments tournaisiens, 7. 15. 

23.256. 
Toiles damass^es, 247. 
Tournai en 1701, 7. 14. 107. 



U 



Ursulinei>, 333. 



Van der Weyden (voir de le 

Pasture). 
Van Doyse P., aateor, 5. 
Vasset]r-Delm<te, dditenr, 144. 
Vos J. (lechanoine), m. titulaire, 

170. 

VST 

Warison, gdn6alogie, 175. 179. 

Wiers, 143. 



Toarnai, tjp CMtenun. — 8oa 



ANNALES 



DB LA 



• • 



SOCIETE HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE 



DE TOURNAI 



ANNALES 

DB LA 

SOCIETE HISTORIQUe ET ARCHGOLOGIQUE 

DB 

TOURNAI 

NOUVELLE SERIE, TOME 4. 



1899 
H. & L. CASTERMAN 

LIBRAtRBS'&DITBURS 

TOURNAI 



ANNALES 



DE LA 



SOCIETE HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE 



DE TOURNAI 



EXTRAITS DE TESTAMENTS TOURNAISIENS 

(1501—1791). 

II y a quelques ann6es, la Sociiti hislortque et 
archeologigue de Toumai voulut bien accueillir dans 
ses Annales un choix d'extraits de testaments tournai- 
siens ant6rieurs au XVP si^cle. A cette 6poque d6j4 
j'avais pr6par6 une suite k ces extraits, en d6pouilIant 
la collection complete des testaments qui reposent dans 
les archives de la ville,et cela jusqu'A la fin de Tancien 
regime. C'est cette seconde partie que je viens offrir 
aux chercheurs. 

Son plan 6tant le mSme que celui de la premiere 
partie, je n'ai pas k Texposer ici de nouveau. 

C est k la table qui termine ce volume qu il faudra 
encore recourir pour se rendre compte du but et de 
rutilit6 de ce travail. Certes les textes post6rieurs au 
XV® si6cle offrent un int6r6t moindre que ceux des 
si^cles ant6rieurs : les coutumes et les usages se rap- 
prochent dej4 des ndtres. La langue fran^ise tendant 
d s*6purer, les anciennes locutions, que recherchent avec 
ardeur les lexicographes, ne se rencontrent plus aussi 
frSquentes. Par compensation certaines modifications 



— 6 — 

dans nos 6glises ont persists jusqu'4 present; certains 
objets mobiliers, d^sign^s dans des testaments relative- 
ment r6cents, pourront etre identififis. Peut-^tre mdme 
la description de quelques tableaux, que renseignent 
nos textes, et leur lieu de gisement permettront-ils de 
lesretrouver et d'augmenter ainsi les listesd^jiconnues 
des oeuvres de leurs auteurs. Qu on me permette de 
relever quelques exemples qui pourront servir de justi- 
fication k la publication que j'entreprends en ce 
moment. 

Ce fiit en 1 517 que fut pos6e la premiere pierre de la 
chapelle paroissiale, accolSe k la nef de la cathMrale : 
divers legs furent faits pour subvenir k cette construc- 
tion qui dura quelques ann6es ; nous constatons en effet 
qu'en 1525 elle n'6tait pas encore termin6e (n° 81). 

M. Ad. Delannoj a 6crit un fort intSressant volume 
concernant les Divers hospices de Toumai. Un d'eux 
pourtant lui a 6chapp6 : c'est celui qu'avait fond6 Loys 
Maillet, prfitre, chapelain de S. Brice, et qui 6tait situ6 
dans la rue du Quesnoy. Le texte que nous donnons 
(n"" 92), et qui date de 1531,montre 6galement I'erreur 
qu'a commise Bozi^re lorsqu* il dit, dans son Toumai 
ancien et moderne, que ce ne fut qu*4 la fin du 
XVP siScle qu'on donna k la rue oil 6tait notre hospice 
le nom qu'elle porte encore ; ce nom lui appartenait d^s 
la premiere moiti6 du si^cle. 

Nos textes nous font connaltre deux auteurs tour- 
naisiens qu'aucun bibliographe n avait signals, et dont 
d'ailleurs les ouvrages sont sans doute perdus, n'ayant 
jamais 6t6 imprimis. Jean de la Forge avait compos6 
un TraiU de rhitorique (n^ 157); quant k Antoine Le 
Clerc, il avait donn6 une continuation k Toeuvre de 
rhistorien Jean Cousin (n° 38G). 

La peche k la ligne a, de tout temps, passionn6 Men 



des gens. A Tournai, les amateurs de ce sport ^talent 
d6jk constitu6s en soci6t6 en 1565 (n° 167). 

Le n** 508 nous montrera ce qui constituait Tembryon 
d'une collection, ce qu'on appelait autrefois le cabinet 
d'un curietcx. 

Sous le n"" 596 nous rencontrerons deux tableaux 
repr^sentant la cath6drale et Tabbaje de S. Martin 
dans la premiere moiti6 du XVIII* si6cle. II serait 
bien interessant de les retrouver. 

L'usage d'attacher des blasons aux differents cierges 
qui environnent le catafalque dans les c6r6monies 
funeraires existait avant 1585, comme le prouve le 
texte n° 191. C'est d'ailleurs le plus ancien dans lequel 
j'ai constats cette coutume encore existante. 

La seconde inoiti6 du XVP sidcle avait 6t6 t^moin 
des ravages d'un grand nombre d'6glisespar les icono- 
clastes. Le texte n"" 245 nous montre que les devasta- 
tions faites vers 1567 aux 6glises de Schellebelle et de 
Wetteren, en Flandre, n'etaient pas encore effac6es 
en 1612. 

Monsieur le chanoine Van den Ghein s'est, k plu- 
sieurs reprises, occup6 des caveaux fun6raires poly- 
chromes ; il a constate leur existence surtout dans les 
pays flamands. On en rencontrait aussi k Tournai ainsi 
que nous le montre le texte suivant d'un testament de 
1614 :« Je choisi ma sepulture dessoubz la paroisse 
Notre-Dame, ordonnant que la vaussure de dessus 
ladite fosse sera pointe de quelque representation 
pieuse. » 

L'abbe Feretti, chapelain aux honneurs de Francois- 
Ernest de Salm, evSque de Tournai, est connu par 
quelques tableaux qui ornaient la chapelle de S. Vin- 
cent et plusieurs salles du palais episcopal. 11 n'etait 
pas seulement peintre, mais aussi mathematicien. A ce 



— 8 — 

litre il avail essaje de resoudre le fameux probleme de 
la quadrature du cercle, et d6di6 son travail aux puis- 
sances maritimes. Le n® 626 nous montre qu il avait 
escompt6 les gratifications qu'il esp^rait en obtenir, 
dans le but de constiluer 4 sa filleule une dote de six 
mille fiorins. 

Quelques noms d'artistes figurent dans nos testa- 
ments. Parmi ceux qu'est en droit de r6clamer I'ficole 
artistique de Tournai, je citerai Michel Bouillon dont 
r^glise de S. Brice poss^de encore des oeuvres impor- 
tantes, Ladam, de la famille duquel je me suis occup6 
prec6demment et dont je pourrais aujourd'hui augmen- 
ler la lisle des travaux, Torf^^vre Sailly, etc. 

Certains termes, que j'ai relev6s dans les textes qui 
suivent, restent pour moi sans valeur precise; ils n'en 
mSrilaienl que davantage d'etre signal^s. Qu'6taient-ce 
que les services fun6raires intitules peHt ou gros 
laboureur, et qui se c6l6braient en Tfiglise S. Brice? II 
s'agit assur6ment de ce que maintenant on appelle servi- 
ces de premiere ou de seconde classe ; mais la d6finilion 
exacte de ces anciens termes serait int6ressante k donner . 

Dans un compte-rendu, peut-6tre trop indulgent 
(mais j'aurais tort de m'en plaindre), de la premiere 
partie de mon travail, que M. Leopold Delisle a publi6 
dans le Journal des Savants, Tfiminent adminislrateur 
de la Bibliolh^que Nationale k Paris exprime le regret 
que Tauteur « n'ait pas cru utile de donner quelques 
notions sur la collection qu'il a depouill6e avec tant de 
soin et de sagacit6. II aurait du ' traiter, au moins 
sommairement, dans sa pr6face,la forme des testaments 
et les conditions dans lesquelles ils etaient rejus et 
conserves k I'echevinage de Tournai. » Peut-6tre est-il 
encore temps de r^parer cet oubli ; c'est ce que je vais 
tenter de faire. 



— 9 — 

Parlant des actes qui font I'objet de ce travail, la 
CoiUume de Tournai s*exprime en ces termes : « Qu'un 
testateur faisant son testament n*est tena garder les 
solemnit6s requises de droit, mais suffit qu'il apperre 
de sa volont6 derniere, par Venture sign^e de sa main 
et reconnue pardevant deux t^moins, ou que le testa- 
ment soit pass6 pardevant deux de la loy , ou pardevant 
notaireou autre personnepubliques et deuxt6moins(i). t 

Le testament olographe est celui que nous rencon- 
trons le plus fr^quemment, comme on le constate facile- 
ment par les extraits que nous donnons plus loin . Le 
testateur, dans ce cas, s'exprime k la premiere per- 
•sonne, tandis que les stipulations sont formul6es k la 
troisi^me lorsque le testament est fait devant les fonc- 
tionnaires d6sign6s par la Coutume. Remarquons en 
passant que Tinstruction devait 6tre assez r6pandue k 
Tournai, dans les classes moyennes, car les neuf 
dixi^mes des testaments sont olographes. Quelque soit 
d'ailleurs la forme de nos actes testamentaires, leur 
mode de conservation et d'ex6cution 6tait toujours le 
mSme. 

Aussit6t le d6c6s du testateur, un certain nombre de 
personnel, parmi lesquelles se rencontre dordinaire le 
cur6 de la paroisse, pr6sentait Tacte aux 6chevins en 
affirmant que c etait bien le testament du d^funt. On 
redigeait un proc^s-verbal de ce d6p6t, que Ton faisait 
suivre de la copie int6grale du testament ; puis on ins- 
crivait la formule i^emprise, c'est-A-dire la declaration 
des executeurs testamentaires acceptant leursfonctions. 
Toute cette redaction 6tait faite en double sur une seule 
feuille de parchemin ; on r^servait entre les deux copies 



(1) Les coutumes, stils et usages de VSchevinage de la ville et cit4 
de Tournai, — Tournai, JoTeneaii, 1778. 



— 10 — 

un espace large de deux ou trois doigts dans leqael on 
6crivait en grands caracteres le mot testament ou plus 
souvent mimore, parfois m6me le nom du scribe qui 
avait traDScrit Tacte. La feuille de parchemin etait 
alors coup6e en deux en travers du mot 6crit en grands 
caractdres. L'un des exemplaires 6tait remis aux ex6cu- 
teurs testamentaires ; Tautre 6tait d6pos6 au grefie 
Schevinal, qui conservait 6galement Toriginal du testa- 
ment. Cette fa^on de procMer explique la masse 
6norme des testaments que poss^dent encore nos 
archives communales, malgr6 de f&cheuses dilapi- 
dations : leur nombre s'61feve k plus de 15000. 

Une remarque qui n'aura certainement pas 6chapp6 
aux lecteurs qui auront bien voulu parcourir les deux 
volumes d'extraits que je leur pr6sente, cest que, aux 
6poques les plus anciennes, on ne rencontre presque 
pas de testaments de membres du clerg6 ; vers la fin du 
XIV® si^cle, ces actes commencent k faire leur appa- 
rition ; ils deviennent de plus en plus nombreux k 
mesure que nous approchons des temps modernes. La 
raison s'en trouve dans les privileges eccl6siastiques. 

Tant que les chanoines avaient v6cu dans leur 
cloltre, la juridiction sp6ciale qui r6gissait leurs actes 
navait donne lieu k aucune contestation : ils 6taient en 
terre d'6glise. Mais quand ils renoncerent 4 la vie en 
commun et se log^rent en des maisons situ^es sous la 
juridiction de la ville, il n en fut plus de mdme. 

Des conflits s'elev^rent entre le chapitre et les 6che- 
vins, chacun r6clamant le droit d'approbation des tes- 
taments. L'afiaire prit une telle importance qu'on la 
d6f6ra au Parlement a Paris. 

La justice 6tait, assure-t-on, boiteuse au XV® siecle. 
Toujours est-il qu'elle marchait bien lentement, et que 
les proces entames nourrissaient d'ordinaire plusieurs 



— 11 — 

generations d'avocats. Aussi 6tait-il de Tinterdt des 
plaideurs de choisir des arbitres, et surtoutde s'incliner 
devant leur decision. Ce respect des decisions arbi- 
trales 6tait du reste admis dans ces temps anciens OH 
rhonndtete n'avait pas encore fait place auz vulgaires 
ambitions. 

C'est au mode de I'arbitrage qu'eurent done recours 
le chapitre et les echevins, pour mettre fin au debat qui 
s'etait elev6 entre eux. Voici quelle fut la decision 
intervenue en 1427 dans cette affaire. Je la transcris 
d'apres une copie de 1525 quifaisait partie des dossiers 
de M. Desmazieres. 

Accord entre ceulw de la Ville et le Chapitre de 
Toumay & cause des testaments des binificiiz de ladite 
iglise^ trespassiz is mat sons subjectes. 

« A tous ceulx qui ces presentes lettres verront ou 
orront, doyen et chapitre de Teglise, prevostz, jurez, 
eschevins, eswardeurs, doyens et soubz doyens des 
mestiers de la ville et cite de Tournay, Salut et con- 
gnoissance de verite. Savoir faisons que des proems, 
questions et debas piech& menez et encommenchiez en 
la Court de Parlement du Roy nostre sire darrain tres- 
passe, que Dieu pardoinst, entre nous doyen et cha- 
pitre dessusdits, complaingnans en cas de saisine et 
de nouveUite, d'une part» et nous prevostz, jurez et 
aultres recteurs et aultres gouverneurs de ladite ville 
et cite, opposans .et aultremeqt, d'autre part, k cause 
des testamens des beneficiez en ladite eglise,trespa8sez 
es maisons subjectes aux eschevinaiges de ladite ville, 
et de leurs biens meubles trouvez en icelles, ensemble 
de I'approbation, emprinse et congnissance desdis tes- 
tamens et de la reddition et comptes des executions et 
biens d'iceulx, et des inventoires et vendues desdis 
biens, et aultres choses narees plus ad plain es dis pro- 



— • 12 — 

c^s, dont cbacun de nous disoit et maintenoit k lui en 
devoir avoir la congnissance. Nous, pour tenir et norir 
bonne paix ensemble, escbiever les frais et despens qui 
8ur ce s'en polroient ensuyr, et adfin que par nosdis 
d6bas et procds les acomplissemens desdistestamens ne 
soyent retard6z, delay6z ou empescbi^z, et pour cer- 
taines aultres causes et considerations k ce nous mou- 
vans, sommes condescbendus en accord ensemble par 
le moyen et d61ib6racion des conseilliers que nous 
aviens en temps pass6 audit Parlement, et aultrement, 
par la mani^re contenue en certaine cMulle contenant 
ledit accord, dont la teneur s*ensuit. 

Sur les d6bas et proems mens et pendans entre v6n6- 
rabies seigneurs doyen et chappitre de T^glise de 
Tournay, d'une part, et bonnourables bommes les pr6- 
vostz, jur6z, escbevins et eswardeurs pour et ou nom 
de ladite ville, d autre part, pour raison des testamens 
des cbanoines et aultres bto6fici6z en ladite %llse, 
subjectz desdis de cbappitre, est assavoir cannonnes, 
grant vicaires, cur6s, leurs lieutenans et aultres cbap- 
pellains, b6n6ficy6z et officyers subjectz ausdis de 
cbappitre d6nomm6z ou cry de TAssencion, demourans 
6s maisons subjectes k ladite ville, de Tapprobacion 
et congnissance d'iceulx testamens, et reddicion des 
comptes, semble au conseil desdites parties, par 
mani^re d avis, que lesdites parties polront estre d'ac- 
cord en la mani^re qui.s'ensuit. Est assavoir que, en 
tant qu'il toucbe les dessusnomm6z, Tapprobacion de 
leursdits testamens et aussy Taudicion et reddicion des 
comptes comp6tera et appartiendra ausdis de cbappitre, 
sy non que les testateurs aient express6ment soubzmis 
leursdis testamens et ex6cucions dlceulx k la loy et 
justice de ladite ville; ouquel cas la congnoissance 
appartiendra pleinement a icelle ville. Et s il advenoit 



— 13 — 

qae les gens d'^glise subjectz desdis de chappitre 
dessusnomm^z eussent fait testamens par verta desqaelz 
il fust nScessite de vend re, aligner ou transporter 
aucuns h^ritaiges, cens ou rentes ou aultres immeubles 
estans en la justice de ladite ville de Tournay, icelle 
vente ou transport se fera pardevant les eschevins 
d'icelle ville et en auront leurs drois pareillement 
que des aultres habitans d'icelle, la congnoissance 
desdis testamens tousiours demorant k iceulx de 
chappitre. 

Item, toutes et quantes fois que aucuns des dessusdis 
gens d'^glise trespass^z auront aucuns biens meubles 
en la justice de la ville de Tournay, ayent fait testa- 
ment ou non, lesdis eschevins polront, se bon leur 
semble, iceulx biens faire seeller soubz leur main, et 
mectre maneurs, se mestier est, pour les garder et 
conserver au prouffit de cellui ou ceulx k qui il appar- 
tiendront, en la mani^re quilz ont accoustum6 de 
faire es maisons des personnes layes et subjectes k 
eulx, et lesdis de chappitre non. Mais sy tost que les 
ex6cuteurs qui auront empris Texficution des testamens 
les venront requ6rir k avoir, lesdis eschevins, apr^s 
ce qui leur sera apparu de Tapprobation d'iceulx tes- 
tamens avoir est6 faite pardevant lesdis de chappitre, 
seront tenus de dessailer, d6laisier et d6livrer lesdis 
biens ausdis ex6cateurs sans d6lay, et ce par inven- 
toire faite par leur main en la pr6sence dun des 
clercqs desdis de chappitre se estre y veult ; et ne leur 
pourront refuser ne contredire, sy non toutesvoyes 
qu'il y eubt k ce apparant aucun qui se opposast et 
requist estre oys au contraire sans fraulde. 

Et se lesdis b6n6fici6z et subgectz ausdis de chap- 
pitre moroient intestas, semblablement lesdis eschevins 
polront mectre en leur main, inventoryer et faire 



— 14 — 

prisier, et en apres seront tenus de iceolz baillier et 
d^livrer ausdis de chappitre ou leurs procureurs lesdis 
biens meubles estans en lear jurisdiction, ou cas que 
aultre empeschement n'y aroit et qui se apparoit aucun 
qui 7 pr6tendist avoir aucun plus grand droit que 
lesdis de chappitre et sans fraulde, comme dessus, en 
baillant iceulx de chappitre caucion qui seroit souffis- 
sant, en ladite ville, de iceulx biens refibndre, ou le 
valleur en la main desdis eschevins, se eulx k ce 
appell6z et oys pardevant lesdis eschevins il appert et 
soit par eulx d6clar6 autre y avoir plus grand droit 
que lesdis de chappitre. 

Item, accords est que, toutes et quantes fois que 
aucuns biens meubles des trespass6z bSnSficySz et 
subgects desdis de chappitre seront bailli6z et d6livr6z 
comme dessus est dit, lesquelz on disposera k vendre 
et cryer en ladite ville, icelle vente et cry6e se fera 
par les cryeurs jur6z d'icelle ville, lesquelz, k chacune 
fois que le cas y esch6ra, feront serment k iceulx de 
chappitre ou k leurs officyers de bien et I6alment fairs 
ladite vente et cry6e; et ne polront lesdis de chappitre, 
pour cause des choses dessusdites, pr6tendre k avoir 
jurisdiction, justice, congnoissance ne aucune domi- 
nation en la terre et justice de ladite ville ne sur les 
subgects d'icelle, ne iceulx de la ville sur ceulx de 
chappitre. Et seront les testamens et ex6cutions 
dlceulx dont il a est6 et est question, et ceulx qui 
depuis sont advenus et escheus, gouvernSz par les 
ex6cuteurs d'iceulx, et les comptes rendus selon I'or- 
donnance et deliberation dessusdits. 

Et semble aux conseiUiers desdites parties que par- 
tant les parties se polront departir detous proems 
encommenchiez k cause des testamens, executions et 
aultres choses dessusdites, et sans amende, et les 



— 15 — 

despens compens^z s'il plaist au Roy nostre sire et k 
sa court de Parlement. 

Tout lequel accord ainsy advis6 et d6lib6r6 par nos 
dessusdis conseilliers, nous et chacun de nous en droit 
soy et pour tant que touchier lui peult et doit, en 
icellui ratifflant, approuvant et ayant pour agr6able, 
promectons et avons en convent loyalment, de bonne 
foy et sans fraulde d6tenir, faire tenir et entretenir de 
point en point selon sa forme et teneur, et d'en user 
doresenavant toutes et quantes fois que le cas y 
esch6ra, tout ainsy et par la mani^re que oudit accord 
est contenu, exprim6 et d6clar6; et de icellui accord 
faire passer par la court dudit Parlement du Roy 
nostre sire, sy mestier est, le plus brief que bonnement 
faire se polra. Et en oultre, moyennant ledit accord, 
nous, parties dessusdites et chacune de nous, nous 
depportons de toutes imp6tracions royaulx ou aultres 
faites k Toccasion desdis proems et questions pour le 
fait desdis testamens et aultres choses contenues oudit 
accord, sans en voUoir user doresenavant Tun contre 
Taultre en quelque maniere que ce puist estre. 

En tesmoing desquelles choses dessusdites et de 
chacune d'icelles, nous parties devant dites avons faict 
mectre les seaulx desdites 6glise, ville et cite k ces 
pr6sentes lettres qui furent faites et donn6es le deuxiesme 
jour du mois de may Tan de grAce mil quatre cens 
vingt sept. — Sign6es sur le reply, J. Denise et 
J. Haluyn. »» 

Collation faite de ceste pr^sente coppie aux 
principalles et originalles lettres, par 
moy, Rogier du Fief, premier greffier de 
ladite ville et cit6 de Tournay. Et est 
ladite coppie mot apr^ autre correspon- 
dant ausdites originalles lettres, tesmoing 



— le- 
mon seing manael cy mis, le douziesme 
jour du mois de jullet Tan mil cincq cens 
vingt cincq. 

[Signi) Du Fief, avec paraphe. 



Quel que soit le testateur, qu'il fiit laic ou membre 
du clerg6, la forme des testaments est toujours la 
meme. Apr^ avoir fix6 le lieu de sa sepulture et pair- 
fois les cSr^monies de ses fun6railles, le testateur 
6num^re les legs divers qu'il fait k ses parents ou & 
ses amis; enfin il dSsigne ses ex6cuteurs testamen- 
taires. Cette rdgle g6n6rale a pourtant subi parfois 
quelques modifications. Cest ainsi que j'ai rencontr6, 
une seule fois il est vrai, dans notre collection tour- 
naisienne, un testament posthume. 

Ce fait curieux, et qui peut-6tre ne s'est reproduit 
nulle part, m6ritait d'etre signal6. J'en ai d6j4 fait 
I'objet d'une communication sp6ciale, parue dans le 
tome I de nos Annales. Malgre cette publication ante- 
rieure, je pense que, par sa singularit6, cet acte merite 
de figurer dans un recueil sp6cial aux testaments tour- 
naisiens. Aussi le d^pouillant des commentaires dont 
ie Tavais accompagn6 dans ma notice, je reproduis ici 
le texte de ce document unique. On me pardonnera, 
j'espere, cette redite grace a rint6r6t de curiosite 
quelle pr6sente. 

Testament de Gomille Ras. 

*« Sacent tons ceulx qui ces pr6sens escriptz de tes- 
tament voiront ou oiront que, pardevant les eschevins 
de la ville et cit6 de Tournay congr6g6z et assembl6z 
en leur auditoire le dix nceufiesme jour de juing mil 



^ 



— 17 — 

- - cens dix noef, sont personnellement venus et com- 

•us Jehan Desmartin, escuyer, seigneur des Fores- 
ux» et honorable homme S6bastien du Chambge, 
ibedeux jur6z de ceste ville, lesquelz ont pr6sent6 
cte dont a est6 faict lecture, con tenant ce que s*en- 
it. Le sabmedy huicti^me de juing mil six cens dix 
ef, monsieur chanoine Steenhuys et S6bastien du 
lambge estans all6 visiter Cornille Ras, servante k 

■"^onsieur d'Aubermets, et I'admonestans de soy recom- 
lander k Dieu et soy r6soudre k sa saincte volont6, 

-^ur d6clara qu'elle vouloit donner au pauvre, et d6si- 
oit faire ses dispositions. A quoy survint ledit sieur 

-'Aubermets et Jean Mond6, son homme; et apr^s 

— -voir diet une partie de ses intentions, pria d'avoir 
- nonsieur des Foresteaux, qu'on alia qu6rir. Et en sa 

- - ir6sence et des dessus nomm6z, fit les donations et 

- Drdonnances qui s'ensuivent. Apr6s aucuns discours et 
propos par elle tenus qu'elle vouUoit disposer et donner 

— au pauvre, interrogu6e combien, respondit Beaucoup. 

- Et sur ce que luy fut objects qu'elle avoit ]k donn6 a 
_ r6glise de Saint Jacques, pour des bastons d'argent 

et des encenssoirs, quattre cens florins, et dont I'acte 

^ . en estoit pass6 pardevant maistre Adam, at d6clar6 

_ . . que non et qu'elle ne scait d'avoir rien faict ny donn6 ; 

et que sy on a escrit cela, on I'a tromp6 ; qu'elle n'en- 

tend nuUement de I'avoir faict, et que, si quelque 

chose en estoit escript, elle le r6vocquoit. Luy estant 

remonstr6 que c'estoit bien faict de donner k I'eglise, 

a respondu souventesfois qu'elle entend donner au 

_^ ^ pauvre. Iterrogu6e sur la particularit6 de ses I6gatz, 

a respondu qu'elle veut donner au pauvre, et particu- 

-^ - li^rement k ceulx de la paroisse Saint Jacques, cin- 

quante florins; aux pauvres prenans I'enseigne, deux 

rasi^res de bled converties en pains ; au vesve de 

ANNALB9. IV. ^ 



— 18 — 

ladicte paroisse, deux livres de gros; et cbacune 
vesve, une miche ; k I'^glise dudict lieu de Saint Jac- 
ques, quattre livres de gros; k plusieurs pauvres, 
trois rasieres de bled converties en pains, et deux 
livres de gros en argent k distribuer k la volont6 des 
executeurs ; aux orphelins, orphelines et enfans trouv6z, 
cincq livres de gros ; aux Soeurs Grises, une livre de 
gros; k Roguine, une livre de gros; a Jean Mond6, 
Clare et Jenne, domesticques de monsieur d'Aubermetz , 
de la toille pour cbemises ; k la fille Pierre Henneton, 
ung quiety ; k Catherine Malfer, ung aulire quiety ; k 
ung pauvre garfon de Wi6re, nomm6 Angfele, cincq 
florins a ladvanche d'un habit ; k monsieur des Fores- 
teaux et du Chambge, ses pourchelines et belles choses 
quy sont en son coffre, disant en ces termes : Prenez 
encoires quelque chose; je veulx que vous ayez dadvan- 
iaige, mes bons amys. Sur ce qu'ilz respondirent qu'ilz 
ne demandoient rien, Je votis prie, prenez mes belles 
choses et pourchelines; je le veulx, et cest encoires 
trop peu. Enquis si elle ne vouloit rien donner Ji 
monsieur d'Aubermetz, mademoiselle Steenhuyse ny 
monsieur le chanoine, pour souvenance de Tanchienne 
amiti6, respondit en riant : Hi! he! non; ilz sont trop 
riches. Que donneroy-je d ces gens lit? Enquise ce 
quelle vouloit donner k ses parens, respondit qu'il 
fauloit premier songner des pauvres; qu'ilz auroient 
le bien de le Val, voulant dire son bien de Flandres, 
ne se souciant de ce que touchoit ses parens, priant 
lesdictz seigneurs des Foresteaux et du Chambge : 
He! mes bons amys, faites accomplir tout cela, et 
f aides tout comme vous voulez. De quoy ne fut faict 
aucun acte publicq, pensant qu'elle retourneroit k 
meilleure disposition pour bien exprimer son intention 
sur son bien de Flandres. A quoy estoient aussy pr6sens 



— 19 — 

mademoiselle de Steenhuyse, le soeur de ladicte Cor- 
nille, sa niepce Loyse, lesdictes Clare, Jenne et 
aultres. Depuis elle at diverses fois d6clar6 qu'elle 
vouloit que ce que dessus sortit effect, et qu'elle n'en- 
tendoit que la donation qu'on luy disoit avoir faict 
pardevant maistre Adam, fut bonne. 

y» Le lundy dix septidme dudit mois de juing, estant 
ledict du Chambge venu visiter ladicte Cornille, il la 
trouva de meilleur jugement qu'elle n'avoit est6 de 
toute sa maladie, encoires que ceulx qui la sollicitoient 
disoient qu'elle dormoit tousjours. Sitost que icelluy 
du Chambge lui eut demands de sa sant6, Je rCen puis 
plits ; et d6clara qu'elle vouloit que ses affaires fussent 
bien faictes. Enquise quelles affaires, ToiU ce que je 
vous ay demierement ordonni, et a monsieur des 
Foresteaiux). Ledict du Chambge lui r6plicqua si elle 
n'entendoit que la donation, faicte au prouffict de 
I'eglise Sainct Jacques pardevant maistre Adam, sor- 
tiroit effect comme un bon oeuvre et pieux, at derechef 
respondu : Non, non, je vous Vay souvent dit. Je veux 
donner aux pauvres. Luy fut respondu : Bien, On 
donnera aux pauvres^ aux orphelinSy trouvez, et 
comme vous avez ordonne. Respondit : He! Ouy, ouy^ 
je vous pyne. Sy d6clara qu'elle donnoit son meilleur 
cottron k la vesve Toussain du Mont; d la touresse, 
son second; k sa niepce Louyse, ses trois aultres. 
Enquise si le surplus de son bien seroit party en trois 
parts, scavoir sa soeur, Pierre et Loyse Ras, et Michiel 
Ras, en hesitant dit : Non Michiel. Ilz partiront, ilz 
paf^tiront; que lui du Chambge et monsieur des Fores- 
teaux estoient des gens de bien, et leur donnoit puis- 
sance de tout faire et de faire pryer Dieu pour son 
dme. Vous scavez bien tout faire. H6sitant tousiours 
lorsqu on parloit de ses parens, tesmoignant beaucoup 



— 20 — 

d'affection k sa niepce Loyse. Et k ce estoit pr6sente 
ladicte Loyse, Catherine Malfer et du Chambge, qui 
n en fit faire acte publicq, pensant qu'elle se gu6rissoit, 
et aussy que monsieur d'Aubermetz, son maistre, 
estoit absent. 

» Apr6s laquelle lecture ainsy faicte que diet est, 
seroit comparu en jugement monsieur maistre Adrien 
de Steenhuyse, prebtre, chanoine de I'feglise Nostre 
Dame, lequel mectant la main k la poictrine a certifi6 
d'avoir est6 present aux propos par ladicte d6functe 
tenus. 

» Le vingt deuxi^me dudict mois, messire Charles 
de Maldere, chevalier, seigneur d'Aubermetz, et Jean 
Mondet, son serviteur, ayant ouy la lecture dudict 
acte, ont affirm6 par serment solennel le contenu en 
icelluy estre veritable. » 



21 



EXTRAITS DE TESTAMENTS TOURNAISIENS. 



XVI« SINGLE. 

1. Thomas Henuyet, pr6tre, natif de S. Amand-en- 
P6vMe, testa le 21 juillet 1501. — Eslis s6pulture 
pour mon corps enterrer ou cloistre de Tfeglise des 
Fr^res Chartrois emprte Toumay. Item, donne k 
r^glise et couvent des Croisi6z une chanteplure (i) et 
fontaine de ploncq, comme elle est, pour asseoir au 
cloistre de leur couvent. Item, et k ladite 6glise des 
Chartrois, ung tavlet de monseigneur S. Thomas de 
Cantorbie, en plate pointure, lequel voeil estre port6 
devant mon corps k Tenterrement d'icelluy, et assiz 
devant la place oil mondit corps sera enterr6. — 
6 octobre 1501. 

2. Jaque Le Veau, veuve de Gillart Le Febvre, 
native de la paroisse S. Jacques et y demeurant, testa 
le 22 septembre 1501. — Je donne k ladite 6glise 
S. Jaques une nappe, le plus grande des trois; et si 
voel et ordonne que, quant les tables d'autelz de 
S. Jaques et Nostre Dame seront dor6es, qu'il soient 
prins vingt solz tournois sur mes plus apparans Mens. 
— 6 octobre 1501. 

3. Glaude Jomart, sergent b&tonnier de la ville, 

(1) La chanteplure est un robinet ou an entonnoir. 



— 22 — 

testa le 15 novemhre 1501 . — Je d6sire estre mon 
corps ensepultur6 et inhum6 au cymiti^re Nostre 
Dame de Toumay, au Ilea dit le Moncheau (i), soubz 
ou aupr^s le goutiere tirant vers le celier au vin. Item, 
je ordonne et voel lore estre port6 devant mon corps 
mon bon haubergon et me esp6e, que je donne et 
pr6sente k la Vierge Marie de Tournay. Item, je 
donne k Nicolas de Belles, clercq k maistre Laurent 
du Bos, les perles, pierres et toute Tenseigne et brou- 
dure de ma meilleure robe de sergentrie. Item, 
donne k Pierrechon du Chambge, aussy clercq, le 
plus belle esp6e ou aultre baston que j'auray au jour 
de mon trespas en ma maison. 

4. Gille Douvrin, veuve de Baulduih Villain, testa 
le V mars 1501. — Je eslis ma s6pulture en I'Sglise 
du Grant Beghinaige, k I'opposite du crucefix. Item, 
k Ysabel, ma fiUe, je lui donne ung hanap d'argent, 
ung Repos et les aournemens servans audit Repos, 
avecq unes patrenostres de coral et une coroye de 
desoubz qui est estoffee d argent dore. Item, je donne 
encores k madite fille ung livre appel6 le Le Legeiide 
doree, en francbois, et unes Heures k deux cleans 
dor6z. — 23mai 1502. 

5. Jeanne PouUain, veCve de Gabriel Hovart, 
testa le 29 avril 1502. — Item, donne k Nostre Dame 
en ladite eglise de le Magdelaine une cbainture de 
deseure, d'argent dor6, pour servir et honnourer aux 
bons jours icelle bonne Dame. Item, k Marie Magde- 
laine, madite patronne, une aultre cbainture d'argent 
de deseure, pour decore.r ladite sainte aux bons jours. 
— 17 mai 1503. 



(1) Le Moncheau est la placette situ^e au cdtd xni&ridional de la 
cath^drale. 



— 23 — 

6. Jehan de Rateneur, tapissier, testa le 30 juillet 
1502. — Je donne a Pasquier Carpentier tous les 
patrons de pappier que j'ay et qu'il a k moy apparte- 
nant. — 6 aoftt 1502. 

7. Jehan Le Clercq et Jeanne Vachon, sa femme, 
testdrent le 1*"" Janvier 1502. — Icelluy requiert de 
avoir le sepulture du corps de luy et de sa femme en 
la chappelle S. Nicollay de ladite 6glise S. Quentin, 
de pooir mectre une lame sur leurdite s6pulture, et 
de mectre une 6pitaffe en ladite cappelle, et devant 
icelle Spitaffe mectre une candeiUe ardant dimences et 
festes. — 18 Janvier 1502. 

8. Jehan S6gard, prfitre, testa le 18 Janvier 1502. 
— Je voeil estre ensevelis en la fourme qui s'ensieut, 
c'est assavoir avec aube, ^ainture, fanon, estoUe et 
casure ; et ne voeil mon corps estre mis en biere ne en 
luyseau, mais dedens une natte, le plus simplement 
que faire se pcelt. Item, le palle des poures, et non 
aultre. Item, je voeil avoir, en la fosse oA mon corps 
sera mis, deux petits pos de terre, en ung du vin, en 
Taultre eauwe, une petite candeiUe de chire, ungcalice 
de chire ou de terre. Item, je ne voeil point avoir 
grand sonnaige de clocques, mais le moins que faire 
se poelt. Item, je voeil que, se on troeuve chappelle ou 
6glise qui ait aournement mendre que les miens, que 
on les prende pour moy mettre dedens ; et il auront 
les miens. — 20 mars 1502. 

9. Jacques du Bos, pr^tre et chanoine de Tournay, 
testa le 18 fSvrier 1502. — Eslis ma sepulture au 
clostre de ladite 6glise Nostre Dame, dessoubz le lame 
ou mon p^re et ma mere gisent, en requ6rant que le 
tabliau estant devant ladite sepulture, k Tun des I6z 
de la frumeture, soit faicte monseigneur S. Jacques et 
en bas la representation de ma personne, et a lautre 



— 24 — 

16z rimaige de la glorieuse Vierge Marie, Saincte 
Barbe et Apolonie, bien honnestement estoffe ; et que 
ce soit fait au despens de mon execution, se en mon 
vivant ne le avoie fait. — 7 aoCit 1503. 

10. Angnifez de Saint Genois, veuve de Quentin 
Gargatte, testa le 24 avril 1503 apr^s PAques. — Sy 
eslis sepulture pour mon corps g6sir et enterrer en 
Tfiglise S. Franchois, en la chappelle Saincte Anne, 
empr^s de mondit feu mary. Item, je donne ^ Simon- 
nette, ma fille, femme de Hermes de Fatrissart, une 
chambre de tapisserie enthi^rement k fons pers, 
comme elle est, sem6e d'oiselerie, et armoy6e des 
armes de feu Quentin Gargatte, mon mary. — 
29 avril 1503. 

11. Jehenne Gell6e, veuve de Colart du Havron, 
testa le 3 mai 1503. — Je donne a Jehane du M6z, 
ma fille, femme de Gillart le Paige, mon Repos de 
J6sus dor6 et estoffe, tout ainsi qu'il est, custode et 
tout. Item, donne a CoUe, ma fille, femme de Arnoiil 
de Lannoy, ung bachin ouvret et Torcheroelj mes 
Heures, ung crucefilz dor6, les ymaiges de Nostre 
Dame et S. Jehan y servant, avecq une aultre ymaige 
de Nostre Dame et ung de S. Jacques. Item, donne k 
ma soer de Tospital de Marvis ung tavlet de Saint 
Saulveur. — 8 mai 1503. 

12. Ernoul Dimence, 6poux de Claude Bouchard, 
testa le 13 juillet 1503. — Je eslis ma s6pulture pour 
mon corps enterrer et s6pulturer en r6glise Nostre 
Dame desoubz la lame oil sont enterr6z mon p^re et ma 
demoiselle m6re, a qui Dieu pardoinst, la quelle lame 
est armoy6e de leurs armes, et assize du renc S. Loys 
audevant del buys de la chappelle paroiscialle d'icelle 
6glise. Item, je donne k Ghuy, mon filz, pour 
m6moire et souvenance, et affln qu'il ait m6moire 



— 25 — 

prjer Dieu pour moy et mon ame, mon aniel d'or ens 
ouquel a enchass^ ung escuchon de d6amant. — 
19juiUet 1503. 

13. Marguerite Pr6Tost testa le 22 aofit 1503. — 
Eslis ma sepulture pour mon corps inhumer et 
enterrer ou chimiti^re Dieu et monseigneur S. Jaques, 
mondit patron, en laquelle 6glise je donne, k I'advan- 
cbement de dorer le table d'autel de la Vierge Marie, 
la somme de une livre de gros, et avecq ce une 
coroye de dessoubz e8toff6e d'argent. — 4 septembre 
1503. 

14. Jacque le Jouene, fille de feu Pi6rart et femme 
de Mabieu Mallet, testa le 22 aoCit 1503. — Eslis 
sepulture pour mon corps inbumer dedens T^glise des 
Frdres Myneurs de S. Francbois en Toumay, devant 
rimaige et representation du crucefix. — 18 d6cembre 
1504. 

15. Jacques Joumet testa le 11 avril 1504. — 
Item, je donne k T^glise de TbieuUain ung Agnus Dei 
enquass6 en argent, de douze sols ou mieulx, pour 
servir aux jours de la Vierge Marie et aux aultres 
grandes festes solennelles. Et pareillement je donne k 
ladite %lise de TbieuUain ung tableau d'une ymage 
de la Vierge Marie. — 8 mai 1504. 

16. Jeanne Faignoise testa le 19 avril 1504 apr^s 
PAques. — Eslis ma sepulture pour mon corps 
inbumer et enterrer ou cimiti^re de Dieu et monsei- 
gneur S. Jaques; et donne et legate k ladite ^glise 
S. Jaques, k I'advancbement de dorer les deux tables 
d'autel, c'est assavoir de Nostre Dame et de S. Jaques, 
ung Agnus Dei d'argent doret k tout ung cbief 
de S. Jaques, de cocquilles de perles. — 8 juin 
1506. 

17. Ysabel Baron, veuve de Jeban Le P^letier dit 



— 26 — 

d'Enghien, testa le 8 mai 1504. — Jfe donne k soer 
Ysabel Le P6letier, ma fiUe, le livre oii il y a 
La Vie de Jhesus Crist, Passion et Resurection, et ce 
pour Tospital oii elle demeure. — 11 avril 1505 
apr6s Pdques. 

18. Jeanne Le Gallois, veuve de Pasquier Le Bacre, 
testa le 23 d6cembre 1504. — Je donne k Agnte de 
le Haye mon treschoir (i) et autel d'albastre qui est 
dessus, aorn6 de candelers, coussins et autres aorne- 
mens appartenant audit autel. — 2 avril 1506. 

19. Rasse Barat testa le 28 mai 1505. — Quant k 
mon corps je le d6laisse k la terre, requ6rant icelluy 
estre inhum6 et enterr6 en I'figlise dudit S. Jaques, 
mondit patron, k laquelle je donne pour mon enterre- 
ment, oultre et pardessus une table d'autel que ay par 
ci-devant donn6e k ladite ^glise, soixante sols tournois 
pour une fois. — 4 septembre 1505. 

20. Gillart de RouUon, 6poux de Jeanne Garda- 
voir, testa le 11 septembre 1505. — Je voel estre 
donn6, de mes biens, une livre de gros pour et en 
advanchement des dorures des deux tables d'autelz, 
est assavoir de Nostre Dame et monseigneur S. Jaques 
en ladite 6glise S. Jaques, et pour chacune table dix 
solz de gros quant lesdites tables seront dor6es ou 
commenc6es a dorer. 

21. Catherine Jacquemart, femmede Rasse Busquet, 
charpentier, testa le 27 septembre 1505. — Je donne 
ung chappellet de blancq ambre k le Vierge Marie en 
le chappelle de la paroisce Nostre Dame en Tournay ; 
et ne voeil point qu il soit vendu durant la vie dudit 
Rasse, mon mary. Item, k la Vierge Marie de la 



( I ) Je pense qu'il faut lire dreschoir^ meuble que Ton rencontre 
dans tons les inventaires. 



— 27 — 

paroisce S. Jaques, unes patrenostres de coral, par 
condition comme dessus. — 6 octobre 1505. 

22. Grard David, natif de Tournai, testa le 22 mai 
1506. — Esliz la s6pulture de mon corps au cimen- 
ti^re de la paroisce de S. Quentin et en la place oii 
Oste Bellaporta, mon grant sire, ma grant m6re, mon 
p6re, ma m^re, mes fr^res, mes soers sont enterr6z, 
soubz une pierre Ik oil il y a ung Agnus Dei d6figur6 
en ladite pierre. 

23. Catherine Thiebault, veuve de Jean Coutelier, 
testa le 10 novembre 1506. — Je donne k icelle 6glise 
S. Quentin une couronne de laitton dor6, et ce pour 
servir a la decoration de I'ymage de la glorieuse 
Vierge Marie. — 12 novembre 1506. 

24. Jehan Hauroye, 6poux d'Anne du Ponchel, 
testa le 4 Janvier 1506. — Esliz sepulture pour mon 
corps en Tfeglise S. Pierre devant Tfepitaphe de sire 
Guillemme Hauroye, mon feu sire oncle, jadis cur6 de 
ladite 6glise. Et voeil avoir mes services honnestement 
fais et chant6z et c6l6br6z en ladite 6glise S. Pierre en 
la mani^re qui s'ensuit : premiers, voeil que k mon 
enterrement monseigneur le cur6, accompaigni6 de 
ses chappelains et clercqs, viengnent qu6rir mon 
corps et le compaignier jusques k sa sepulture. — 
P' f6vrier 1506. 

25. Jehan Hazart testa le 15 avril 1507 aprds 
PAques. — Je donne aux religieuses de Tospital 
S. Jehan, que on dist de le Plancque, en Tournay, la 
somme de trois livres de gros pour une fois, pour et 
en advanchement d'une chibolle dont elles out neces- 
sity pour y mectre le Corpus Domini. — 6 octobre 
1507. 

26. Jehan de Herselles testa le 19 avril 1507 apres 
PAques. — Laisse et donne k ladite 6glise S. Nicaise 



— 28 — 

la somme de trois livres de gros pour faire dorer le 
tabernacle du repositoire du S. Sacrement en ladite 
6glise, se de son vivant ne Tavoit fait faire. — 
23 d6cembre 1507. 

27. Nicolas Baceler, 6cuyer, lieutenant g6n6ral du 
baillage, testa le 16 aotit 1507. — Pour mon corps 
inhumer, je prens et eslis lieu et place en une cappelle 
que je ordonne estre faite, par ce present testament, 
ou cymentidre et attre de Tfeglise des religieulx 
Chartroux 16z ceste ville de Tournay. Et voel et 
ordonne que, audit lieu ou mondit corps sera enterr6, 
soit fait et construit une petite cappelle de la fachon , 
longheur, largheur, et haulteur de voulture, d'huis, 
verri^res et autel, comme celle du S. S6pulcre Nostre 
Saulveur et R6dempteur Jh6sus en JhSrusalem, et 
comme une qui est k Paris en TSglise du Temple, et 
une aultre k Vallenchiennes ; et y vcbI bien y estre mis 
et employ6, de mes biens, jusques k la somme de 
quarante livres de gros, se tant en fault. Et pour 
Tadyanchement d'une casuUe, donne k ladite religion 
des Chartroux mon grand paleto de velours qui servira 
aux messes tant qu'il polra. — 23 aotit 1507, 

28. Ghferard de Campes testa le 6 mars 1507. — Je 
donne k la fabrique de r6glise de Nostre Dame mon 
6sp6e k tout le fourieau au cliepiau (i) d'argent. — 
20 mars 1507. 

29. Soeur Marguerite Fournier, b6guine, testa le 
12 avril 1507. — Je donne k r6glise du B6ghinaige 
une demiedouzaine de coussins ouvr6z depellican, pour 
servir en la cappelle Nostre Dame en icelle 6glise. Item, 
donne ung tavlet de la Samaritaine pour servir dedens 

(1) Cliepiau ne se rencontre pas dans les dictionnaires. Serait-ce la 
piece de m^tal ()ui termine la pointe du fourreau? 



— 29 — 

le coer centre le treillich k Topposite du tavlet de la 
Nativit6. Item, donne k Willaume du Bar, clercq 
dudit B6ghinaige, ung tavlet de S. J6rosme et ung 
b6nitoir de keuvre. Item, donne k me marine une 
S. Margueritte d'alebastre. Item, donne k maistre 
Michiel Cambry une table d'autel oil il y a un crucefix. 
Item, donne k Gervais Cambry ung Repos de Jh6sus 
et ce qui y appartient. Item, donne k Ghillemot 
Cambry ung chief S. Jehan k pendre en une chambre. 
Item, donne k Jennette de Landas ung chappelet de 
coral k enseignes d'argent dor6, et y pend ung chief 
S. Jehan d'argent dor6. Item, donne k Catherinette de 
Landas ung chappelet de cristal enseignd de jeet oil 
pend ung Agnus Dei d'argent dore. Item, donne k 
Magdelaine de Landas ung tavlet a ymage de Nostre 
Dame, a tout ung voire. Item, donne k G6neviSve de 
Landas une petite tavlette oil Joseph est menant Marie 
enEgipte. Item, donne k Marion Meurisse ung chappel- 
let de blancq ambre k enseignes d'argent dor6, et ung 
S. Jaques. Item, donne k Magdelaine Meurisse ung 
Agnus Dei encass6 en soye. Item, donne k me cousine 
de Vangerm6s une S. Elizabeth d'albastre. Item, donne 
k Margotine Hauvarlet ung candelabre de queuvre k 
six branches. Item, donne k soer Ysabeau de Lattre, 
demourante k Arete Vie, ung PsauUier de David ^ 
enlumin6 d'or et d'asur. Item , donne k maistre Jehan 
Florens le livre de la Cii6 de Dieu (i). Item, donne k 
mademoiselle de Tournay ung livre de V Apocalypse, 
Item, donne k Chonnette Vregeloise ung tavlet de 
Nostre Dame oil sont les quatre Evangilles. — 15 sep- 
tembre 1507. 

30. Jehan de Laffoy, bourgeois, fils de feu Henry, 

(1) Ouvrage bien conna, dont Tauteur est S. Augustio. 



— 30 — . 

testa le 19 mars 1508. — Je donne k ladite religion 
des Cordeliers one des espines de la couronne de 
Jhteos, nostre Cr6ateor; laqaelle espine je voel et 
ordoDoe estre mis et encassS en une reliqoiaire d*ar- 
gent dore pesant marcq et demy. Et a ravanchement 
dlcelloy, je donne mon signet dor, annoj6 de mes 
armes, pesant treize estrelins d'or fin, et mon seel 
d'argent pesant vingt estrelins, k condition qae, tons 
les ans, lesdiz Cordeliers, an jour que mon obit se 
fera, seront tenus de apporter on faire apporter ledit 
reliquiaire sur le grant autel. Item, je donne k ladite 
^glise S. Pierre ung Agnns Dei d'argent dorr6, k con- 
dition qne, k bons jours solempnelz, le cnr6 sera tenu 
de (lonner k baisier ledit Agnus Dei aux paroiscbiens 
venans k Toffrande, au lieu de la platine. Item, jc 
donne a sire Jehan Parisis, cure de le Magdelaine en 
Toumay, une croisette d'argent dorr6 k ung crucifix 
d un cost^ et d'aultre cost6 1'imaige de la Vierge Marie. 
Item, je donne k Nicollas Savary, filz de feu Jacques, 
ung livre appelle le Roman de la roze, histori6 d'or et 
d'asur. Item, je donne k Jennes Savary, son frere, 
unes Heures it Vusaige de femme, k cloant d'argent 
dor6. Item, je donne k Henry de Fatrissart unes 
patrenostres d'ivoire et I'anneau turquoys pendant 
ausdites patrenostres. Item, je donne k Jehan de 
Barry, mon cousin, unes patrenostres de cassidonne 
avec ung S. Cristofle d'argent dor6. Item, je donne k 
Symon de Hornut, mon bon amit, ung livre appell6 
Le Jeu depaulme moi^alisie. Item, je donne k Jeromme 
Denneti6res ung livre appell6 Suitom et Saltcsie. Item, 
je donne k Haquinet de Forest, filz de Li6nart de 
Ovide de Meiamorfose, Item, je donne i maistre Jehan 
Ilaccart, licenci6 en loix, les deux volumes de Valere- 
le- Grand. — 21 mars 1508 avant Pdques. 



— 31 — 

31. Marie de le Croix, veuve de Jean Fournier, 
testa le 28 juin 1509. — Je laisse le r6sidu de mes 
biens k mes deux fiUes, k la charge que elles seront 
tenues de faire faire, par rordonnance de mes ex6cu- 
teurs, ung petit ^pitaffe qui se mettera et assira en le 
chappelle de Nostre Dame de Haulx en T^glise 
S. Quentin; en laquelle ^pitaffe je voel et ordonne de 
y avoir Timaige de S. Pol bien doret, et les repre- 
sentations de Jehan Fournier, mon mary, et de moy 
d'ung coste et d'aultre dudit ymaige. Et dessoubz 
ledite 6pitaffe, je voeil qu'il soit grav6 en laitton le 
contenu et nar6 de la fondation de Teauwe benoitte 
qui se fait d Theure devant grant messe, tons les 
dimences, en ladite 6glise S. Quentin, fond6e par 
mondit feu mary et moy. — 9 juillet 1509. 

32. Catherine de Cordes, veuve de noble homme 
Jehan des Wastines dit Gallois, testa le 18 Janvier 
1510. — Je donne k ung nomm6 Mikieu de Cordes, 
filz de Jehan et nepveu k ladite deffuncte, unes Heures 
de Nostre Dame en parchemin k ung cloant de laiton. 
Item, je donne i une nommee Katau Le F^vre unes 
autres Heures enlumin6es d or et d azur. — 23 Janvier 
1510. 

33. Marie Le Fevre testa le 13 mars 1510. — Item, 
je donne le banquier de pellican k I'^glise S. Brixe, 
et ce pour parer r6glise, et qu'il soit port6 devant mon 
corps en portant a sa sepulture. Item, je donne a 
ladite 6glise ung long doublier pour mectre autour du 
grand autel aux jours de Noel et Pasques, quant on 
rechoit son Createur. Item, je donne le plat bachin 
pour pourcachier en r6glise S. Brixe. Item, je donne 
^madamel'abesse du Sauchoit ung gobelet d'argent, et 
avecq ce une table k trois fuellets qui est en le chambre 
par terre, et ung capelet de blancq ambre. Item, je 



— 32 — 

donne k le femme Lupart Grenut une bonne nappe, et 
avecq ce ung tableau de S. Bernard. Item, je donne k 
Jaquet Le Fevre Timaige de la Vierge Marie qui est 
pointe d'or et d'asur ; et avecq ce lui appartierit ung 
tavelet des Trois Rois.' 

34. Jehan Mondet, fils de feu Jehan, testa le 
20 mars 1510. — Pour mon corps enterrer et s6pul- 
turer je eslislieu au cloistre de T^glise Nostre Dame, 
au devant du tableau du Dieu de Lucques; et veul 
avoir mis, au candelabre devant ledit ymaige de 
Nostre Dame, une candeille de chire pesant trois 
livres. — 7 avril 1510 avant Pdques. 

35. Marie Caillette, veuve de Henry Pippelart, 
testa le 25 avril 151 1. — Je donne k Agni^s Pippe- 
lart, ma fiUe, quatre sarges de tapisserie, les deux, 
servans k lit et couche, ouvre k mourisque, et les deux 
autres, samblablement servans k lit et couche, de 
grosse verdure, douze coussins de tapisserie ai'ant au 
million de chacun d'iceulx ung cat, une table d'autel 
oii il y a ung S. Nicolas. — 16 aoAt 151 1 . 

36. Jeanne Herequiel testa le 10 octobre 1511. — 
Item, donne k le fabrique Nostre Dame ung habille- 
mentpour servirquand onporte ungenffantA baptesme, 
de noir camelot double d'escarlatte, k ung caproncheau 
de satin k tout ung bort de noir velour par bas environ 
large de trois dois, et une auvelette (i) de samy cou- 
verte de fin or, et ung warcoUet de blancq samy et 
les bors et fringes de fin or avec noire soye. Item, je 
donne A le paroisse Nostre Dame une bourse de satin 
estoff6e de cincq cloquettes d'argent. — 28 Janvier 
1511. 

37. Ourse de Labors, veuve d'Alard Carpentier dit 

(1) Auvelette est UD diminutif d*aube. 



— 33 — 

Robastre, testa le 17 mars 1511. — Item, a la con- 
frarie NostreDameordonD^e en ladite %lise S. Jaques, 
je donne mon tableau de S. Ourse fait de broudure, k 
condition que les gouverneurs de ladite confrarie 
seront tenus de le baillier et faire mectre sur le grant 
autel du coeur chacun an le jour de la solempnitd des 
Unze mil Vierges, et \k le laissier durant le saint ser- 
vice divin. — 24 mai 1512. 

38. Marguerite du Moulin, veuve de Jehan du Bos, 
testa le 10 mai 1512. — La s6pulture de mondit corps 
prens et eslis dedens Tabeye de S. Martin, en alant au 
coeur devant le cappelle de S. Benoit k I'endroit du 
pilier de I'fepithafel de I'abbS Damp Jehan Flameng, 
hors du cceur. Item, a Damp Jehan du Bos, abb6 de 
S. Martin, mon filz, je donne une aighidre d'argent k 
laquelle, sur lecouvescle, est esmailliS S. Jehan. 

39. Colart Pi6tris, fondeur, testa le 7 novembre 
1512. — Donne k Brixe Pi6tris trois coussins de ver- 
dure 6squelz y avoit une pi6tris au millieu. Item, donne 
k Franchoise Pielris, ma fiUe, ung coffret de kuir 
bouUy, ung ymaige de Nostre Dame d'albastre, et 
ung couteau virU d'argent k tout le manche de jaspre. 
— 10 mars 1512. 

40. Nicaise Faroul, veuve de Jehan Werbecque et 
de Jehan de le Croix, testa le 20 novembre 1512. — 
Pour mon corps inhumer et enterrer, je ordonne et 
eslis ma sepulture en la chappelle de S. Julien, 
ordonn6eet scitu6een T^gliseparoischialle deS. Jehan. 
Item, voel et ordonne que, en portant mon corps en 
terre, il y ait quatre flambeaulx autour de la croix et 
pour r6v6rence d'iccUe et non ailleurs ; et que lesdis 
flambeaux puissent aussy servir k Tentour de ladite 
croix qui sera mise au chief de la couche durant 
Toffice de mes trois services. Item, je donne k Thonneur 

ANNALBS. IV. 3 



— 34 — 

de la glorieuse Vierge Marie ung anel d'or tortinet, 
qui est en mon coffre, lequel sera vendu par les ex6cu- 
teurs de mondit testament, pour I'argent venant de la 
vente d'icelluy employer selon leur ad vis & la d6co- 
ration de Timage et representation de la benoite 
Vierge Marie et aournement de son autel en T^glise 
dudit S. Jehan. — 13 avril 1513 aprds Pftques. 

41. Nicolle Bosquet, prStre, cur6 d'Alain, testa le 
22 Janvier 1512. — Eslis la sepulture de mon corps, 
lequel retournera en cendres, en T^glise et au cuer de 
S. Jehan Baptiste, devant le grant autel. Item, d icelle 
6glise de S. Jehan je donne mon Breviaire escripte k 
la main, pour servir k mes successeurs cur6s. Je donne 
mon Missiel d Viisaige de Towmay imprim6z (i), pour 
servir k icelle 6glise. Item, k le princhaut6 de 
S. Jehan (2), dont je suis confrere, je donne une coulpe 
de cristallain avecq sa custode. Item, k le suer ren- 
cluse de S. Jehan je donne ung livre en franchois, 
escript k la main, nomm6z Horloge de sapience (3), et 
ce pour demourer au renclusaige. Item, k maistre 
Simon Robette je donne les Amphorismes de Ypo- 
crates (4) et ung aultre livre nomm6z Practica magnum. 
Item, k sire Alard, mon lieutenant, je donne les Ser- 
mones Vincenti de tempore et de Sanctis in eodem volu- 
mine (5). — 3 f&vrier 1512. 

42. Barbe van Cucq, veuve de Tilleman van Zantes, 
orfevre, testa le 5 f6vrier 1512. — Item, donne k 



(1) C'est le Missel imprimd k Paris en 1498 par Jeban Higman, dont 
notre bibliotheque communale possede un des rares exemplaires. 

(2) Chaqoe paroisse de Tournai arait sa confr^rie de rhdtoriciens. 

(3) NoQs avons d^jA rencontre cet ouvrage. 

(4) Les Aphorismes d'Hippocrate. 

(5) S. Vincent Ferrier, auteur de ces sermons, dtait un religieux 
dominicain, originaire d'Espagne. 



— 35 — 

maistre Vincent le Neckere, mary de Jehenne de 
Zantes, ma fille, ung annel d'or esmailliS de noir, et 
pardedens escript Domine exaudi. Item, donne k ladite 
Jehenne van Zantes, ma fille, une table d'autel k tout 
trois ymaiges de pierre, Tun de Nostre Dame, I'aultre 
de S. Agni^s et le tierche de le Magdelaine. — 
11 mars 1512. 

43. Antoine de Clerm^, bourgeois, testa le 30 juin 

1513. — Voel que mon corps, aprds mon ircspas, soit 
mis et pos6 dedens une natte d'estrain et non aultre- 
ment. Item, donne k Lojs de ClermSs, paige k mon- 
seigneur le vicomte de Gand, une petite arbalestre k 
tout ung tryeuUe (i). Item apr^s, donne a sire Guil- 
lemme de Clerm^ ung petit baston turquois, qui m'a 
mon vivant requis de avoir. Prye que mes amy ne 
aultres ne portent, le jour de mon enterrement ou ser- 
vice, aulcun doel, focques (2) leurs noires robes. — 
Hjuillet 1513. 

44. Robert Ponghel, parmentier, testa le 13 aoftt 

1514. — Je donne k Jehan du Bus mon bon bonnet 
ay ant ung petit S. Jaques d'argent dorr6. — 15 aoftt 
1514. 

45. Clement Sarasin, tapissier k broque, testa en 
1514 (sans date). — Pour mon corps estre ens6pul- 
tur^z, je eslis k estre devant Tautel de la glorieuse 
Vierge Marie en I'Sglise de S. Jaques, Iji je fis enclore 
Tautel de escrignerie, et luy ay donn6 une table d'autel 
par bas ; et pour ceste, je donne A Tfiglise deux livres 
de gros affin de rassembler argent pour dorer le table 
dudit autel de la Vierge Marie. Item, je ordonne pour 
ma confrarie de Nostre Dame ung rabateau de tapis- 

(1) Le iryeulle est le treail qui servait k bander Tarbalete. 

(2) Focques^ terme patois qui signifie excepts. 



— 36 — 

serie, affln de le tendre devant elie au Candeler; et le 
jour S. Gtoeviesye je prie qui soit pendus devant elle 
une fois Tan, pour c^ que c'est le patron de nostre 
mestier. Item, j'ordonne k le niepce de me premiere 
femme, soeur Grarde de Mortaigne, qui demeure A 
Audenarde, demye douzaine de coussins de verdure. 
Item, je donne k monsieur le procureur Loy de le Rue 
une verghe d'or grosse ; et se luy donne ung drap de 
Turquie, faict de nostre mestier. Item, je donne audit 
Olivier, mon compere, tous les patrons d'Erculets (i) 
et autres, sinon ung de Moyse, qui est de pappier, que 
je donne k mon fr^re Jaques Sarasin. Et si donne une 
table d'autel de toille k tout ung Dieu Piteux, k Tautel 
de nostre confrarie de S. Michiel k Fr^res Mineurs. 

46. Antoine Saison testa le 15 septembre 1514. — 
Voeil et ordonne pour le salut de mon ame estre donn6 
k r^glise S. Brixe deux livres de gros pour emploier 
k faire une robbe de blancq damas k le tr^s sacr6e 
Vierge Marie, m6re de nostre Cr6ateur et R6dempteur. 

47. Michel Le Clercq testa le 16 septembre 1514. 
— Je prie estre enterr6z en T^glise S. Quentin, en la 
chappelle S. Nicolas. Item, je donne k Tavanchement 
de la reparation de 1 ymage S. Barbe et des conphanons 
de ladite confrarie, scitu6e en I'^glise S. Quentin, ung 
noble k la rose. — 4 d6cembre 1514. 

48. Pasquier du Bos, prdtre, ancien cur6 de Villers- 
S. Amand, chapelain de S. Nicolas k S. Nicaise, testa 
le 20 septembre 1514. — Voeil avoir convoy et quatre 
flambeaux avoecq ung calice de chire et cincq dian- 
deillettes ardantes sur led it calice quant on le portera 
en terre. 

49. Marguerite de le Tombe, beguine, testa le 

(I) Ce sont les cartons de la yie d'Hercule. 



— 37 — 

7 mars 1514. — Donne k la fetnme Jaques Thys me 
clocque (i) , fourniau et tout ce qui est appartenant k faire 
yauwe rose, toutes mes yauwes, bouteilles et fioUes, 
et touB mes villiers, romarins et loiriers (2). 

50. Jehan des Tilloes dit Gosseau, 6poux de Jeanne 
Bariseel, testa le 21 mars 1514. — Donne k Thospital 
de Marvis ung tablet en poincture le Congiet de 
Nostre Seigneur et de la Vierge Marie; et aux Fr^res 
Mineurs, ung tablet en poincture do la Vierge Marie k 
tout son enifant; encore a soer Jehenne Oell6e, de 
rbospital de Marvis, ung autel d'ung crucifix et deux 
saints dor^z dedens. 

51. Colinet Mousquet, Ag6de21 ans, testa le 3 juil- 
let 1515. — Je donne k I'eglise S. Pierre les aournc- 
mens d*un autel servant d dire messe, et ung angelot 
pour les clocques. — 20 aoftt 1515. 

52. Clarette Ferrette, femme d'Amoul Thomas, 
mar6chal, testa le 14 juillet 1515. — Aul Augustins je 
donne ung JSsus et deux coussins de tapisserie ; et aux 
Chartreux une Nostre Dame dor6e et e8lev6e. — 
23 juillet 1515. 

53. Piat Desperchin testa le 28 avril 1516. — Je 
donne k Pi6ronnelle, ma fiUe, ung aneau d*or emmail- 
liet, et'une table d*autel k tout ung S. Jaques et 
S. Anthonne. Item, je donne a Cornilles Desperchin, 
mon filz, ung comptoir k dire messe, et ung S. Piat de 
bois dor6. — 9 juillet 1516. 

54. Jeanne Fourquiau testa le 16 novembre 1516. — 
Je donne k Lupart Grenut ung Dieu Piteux k deux 
foeillets; k Jacques Grenut, le Repos de Jh6sus, 
comme est accoustr^z, avecq deux petits candelers a 



(1) La clocque OQ cloche est Talambic serrant A distiller. 

(2) Violettes, romarins et lauriers. 



— 38 — 

brocques ; k maistre Simon Grenut, une Nostre Dame 
dorr^e dedens sa custode, et trois coussins de tapis- 
serie sign6z de pellicaos, le bancquier k ce servant; a 
Pasquette Le Ducq, sosr k Callotte, grande dame, ung 
Jhteus aupr^s de Nostre Dame la Brune; k maistre 
Jehan Le Ghay, ung ymaige nomm^e Nostre Dame la 
Brune. — 3 d6cembre 1516. 

55. Marguerite Street testa le 9 avril 1516 avant 
PAques. — Je eslis me sepulture ou chimenti^re de 
rSglise monseigneur S. Jaques, mon bon patron. Et 
pour icelle cause je donne k ladite 6glise une paire 
d*agrapins d'argent. Item, je voel et ordonne que, le 
plus tost aprds mon trespas que bonnement faire se 
polra, on face ung voyaige k Nostre Dame de Haulx 
et k Halsemberghe ; item, ung aultre voyaige k Nostre 
Dame de Hauls ; item, ung aultre voyaige AS. Adrien (i), 
k piedz nudz et sans chemise ; item , ung aultre voyaige 
k Nostre Dame de Messine; item, ung aultre voyaige 
k S. Fiat de Seclin;item, ung voyaige k S. Anthonne 
de Barbefosse. — 20 avril 1517. 

56. Marie Gossarde testa le 21 aoftt 1517. — Je 
donne k le nouvelle 6glise parroiscialle (2) cincquante 
gros. Item, je donne une hardell6e de patrenostre de 
corail k S. Morand, pour servir audit ymage. — 
7 septembre 1517. 

57. Catherine Crocquevillain , veuve de Gu6rard de 
Baudimont, testa le 2 Janvier 1517. — Je eslis ma 
s6pulture pour mon corps inhumer et enterrer en 
r^glise madame S. Marguerite, aupr^s dudit Gu^rard, 

(1) Pdlerinage t S. Adrien de Grammont. 

(2) II s'agit de la nouvelle cbapelle paroissiale de Notre-Dame. Ce 
fut en 1516, nous dit Boziere dans son Tournai ancien et modeme^ 
que le comte de Montojre, gouverneur de la TiUe poor Henri VIII, en 
posa la premiere pierre. 



— 39 — 

mon mary, devant la croix et crucifix d'icelle 6glise. 
— 10 septembre 1519. 

58. Marguerite Morelle, veuve de Cl6ment Cazier, 
testa le 12 juin 1518. — Je donne k Tfiglise S. Brixe 
six escus d'or pour augmenter et refectionner le casule 
et les deux tuniquiaux quy servent aux messes, services 
et objs des trespass6z. Item, pour la refection de 
rimage monseigneur S. Pierre de ladite 6glise, dix 
gros. — 26 juin 1518. 

59. Arnoul Thonis testa le 25 juillet 1518. — Eslis 
ma sepulture au cbimentidre S. Jaques, aupr^s du petit 
buys, Ik od il y a une croix. Item, voeil et ordonne 
avoir ung Dieu Piteux ou lieu oil est la croix, et une 
petite traille de fer audevant. — 18 ao<it 1518. 

60. Karon Rose, bonnetier, testa le 24 novembre 
1518. — EsUs ma s6pulture pour mondit corps enter- 
rer ou chimentiere de r6glise Nostre Dame, aupr6s du 
tableau de Timage Nostre Dame, envers le lieu ou ma 
feue femme fut s6pultur6e. 

61. Martin AuUet, marchand, testale7f6vrier 1518. 
— Item, donne k ladite 6glise S. Marguerite une cappe 
de velours violet, semblable k une casure donn6e k 
icelle par feu Franchois de le Porte. 

62. Arnoul de Cordes, marcband et bourgeois de 
Toumai, testa le 25 ffevrier 1518. — Je donne k ladite 
^glise Nostre Dame cent escus d'or au soleil pour 
acbeter rente hiretable pour employer k la fondacion 
de trois chandelles de cbire que je voel estre mises et 
continuer k tousiours sur le candeler de laiton estant 
pr6sentement devant Tautel et ymaige de la Vierge 
Marie en ladite 6glise, pour illecq estre alum6es et 
ardans tons les sabmedys et aultres jours et festes 
solempneles. 

63. Jehenne Le F^vre, veuve de Jacques Le Vroult, 



— 40 — 

testa le l^** mai 1519. — Je donne k Belotte, me 
ni^che, fille de Toussains Le F6vre, ung tableau de la 
Vierge Marie. Item, je donne k Marguerite, me ni^che, 
fiUe de Toussains Le F^vre, ung aneau d'or en forme 
de signet. Item, je donnq. k Jennette Le F^vre, femme 
de Nicaise Le Merchier, une bourse d'escarlatte, cloc- 
quet6e d'argent, et ung Repos dorr6 tout estoff6. — 
23 mai 1519. 

64. Jehan Grenier, fils de feu Pasquier, marchand 
et bourgeois de Tournai, testa le 11 juillet 1519. — 
Je eslis ma sepulture pour mon poure corps estre 
inhum^ et enterr6 en la chappelle des Sept Sacremens 
en r^glise S. Quentin, en mectant une lame ou tombe 
sur mon corps. Item, je voel et ordonne que soient deux 
chappes de velours rouge, semblables k celle que mon 
feu p^re fist faire pour I'^glise S. Quentin,c'est assavoir 
a orfroys de velours bleu sem6 de lieurs de Ij'S d'or, 
lesquelles deux chappes je donne et voeil estre d6livr6e8 
k ladite 6glise pour I'usage du service divin et des 
obits de mondit feu p^re. — 10 f6vrier 1519. 

65. Claude de le Cappelle testa le 29 juillet 1519. — 
Pour et en Taide des orghes de ladite 6glise S. Jacques, 
je donne douze patars. — 3 aoiit 1519. 

66. Nicolle Pottier, veuve de Jehan Engrand et 
femme de Nicolas Fourneau, mayeur des 6chevins, 
testa le 16 aotLt 1519. — Voeil donner et donne a 
rSglise de S. Quentin une livre de gros k Tavanche- 
ment du lichener d'icelle 6glise. — 18 Janvier 1519. 

67. Eluthdre Bernard, veuf de Marie Pippart, testa 
le 31 octobre 1519. — Pour mon corps inhumer, je 
prie messieurs du chappitre de la v6n6rable 6glise de 
Tournay me octroyer lieu ou cloistre d'icelle 6glise 
avecq ma deffuncte espeuse Marye Pippart, emprds 
rhuys de la grande escoUe, joindant le piller de le 



— 41 — 

parroische, et devant ung tableau de mes ancestres, 
les Rahiers ; et ou lieu empr^ plus proppice soit mis 
et atachi6 une ^pitaphe de laiton oil soit gravet la 
representation du Jugement ou millieu, et k ung cost6 
monseigneur S. Eluth^re me prSsentant, et d'aultre 
costs la Vierge Marie prSsentant madite femme devant 
Dieu tenant Jugement, as mains joinctes, et en mes 
mains ung palme en recordation du sainct vojaige de 
Jh6rusalem que j'ai fait; et dessoubz soit escript la 
dacte du trespas de moy et de madicte femme. Et veult 
estre porte en terre en ung simple vassiel sans crette. 
— 9 Janvier 1520. 

68. Marie le Ck>ustre, veuve de Mahieu Mallet, testa 
le l^*" aodt 1520. — Je donne k le femme Jehan de 
Genappe, destailleur de drap, une piSche de tapisserie 
verde ayant une bergerie. — 16 aodt 1520. 

69. Marie Le Clercq, veuve d'Olivier Dommessent, 
testa le 5 mars 1520 avant Pdques. — Item, veul les 
deux pillers du coeur, assavoir le pilliS de S. Joseph 
et du Dieu Piteux, en T^glise S. Quentin, estre dorSz 
et poins comme les pilliers de S. Gabriel. — 4 avril 
1521. 

70. Jacques Le Roux, sayeteur, testa le 6 octobre 
1521. — Item, je donne k le nouvelle Sglise encom- 
menchi6e (i) ung escu d'or. — 7 octobre 1521. 

71. Jehan Moreau testa le 22 mars 1521. — Item, 
je ordonne estre faict une coulomble de keuvre devant 
le S« Sacrement, et pardeseure estre fait tout plain de 
petits candeies pareil aux deux que sire Nicolas Le 
Clercq a encommenchiet. — 27 mars 1521. 

72. Gille Marin, veuve d'Antoine Delebecque, testa 
le 23 aoCLt 1522. — Item, je donne a I'Sglise S. Brixe, 

(1) Eglito de Notre-Oame. 



— 42 — 

pour faire deux candelers devant le grant autel servant 
aux candelers derren^rement fais, deux escus d'or. 
Item, k le fiUe Guillaume de le Dalle, un cappelet de 
coral, y pendant ung S.Quentin. — 7 septembre 1522. 

73. Gilles du Rys, bourgeois, testa le 5 f6vrier 1522. 

— Je eslis lieu et sepulture dedens T^glise dudit 
S. Quentin, audevant de la representation de la 
Vierge Marie par moy donn^e k ladite Sglise. — 
4 mars 1522. 

74. Arnoul Quoille, conseiller et procureur en cour 
laje,fils de feus Jehan et Ysabelle de Millatre, et 6poux 
de Guillemette Parent, testa le 2 mars 1522. — Item, 
aux practitiens de court laye, pour eulx r6cr6er 
ensemble, et prier Dieu pour madicte ame, je leur 
donne quarante solz tournois. 

75. Jehan Polut Tain^, 6tainier, 4poux d'Agn^ de 
rEstr6e, testa le 14 avril 1523 apr^s Pdques. — 
Donne en Tavanchement du nouvel ouvrage de ladite 
paroische Nostre Dame une livre de gros. Je donne k 
Haquino Polut, filz de mon filz, k present demorant 
avecq moy, est assavoir six cens de fin estain et six 
cens d*estain commun tons mis en oevre, est assavoir de 
toutes sortes d'ouvraiges telles et si faictes fachons que 
il appartient audit mestier, pour furnir ung ouvroir de 
mon stil et mestier, k les prendre en mes ouvraiges de 
moy laiss^s. Donne a Jean Plateau une tasse d'argent 
telle que elles sont k piet en ma maison ; et audit Jehan 
Polut, mon filz, une esgierre d'argent estant emmailli6. 

— 9 novembre 1523. 

76. Philippe du Quesne testa le 18 octobre 1523. — 
Pour la refection des v6ri6res de Teglise de S. Piat, 
donne cincq solz tournois. — 26 octobre 1523. 

77. Michel de Hornoy,fils de feu Jehan, natif d'Hes- 
din, 6poux d'Alyson Lamyt, testa le 22 mars 1523. — 



— 43 — 

A Jehan Thouart je donne une rapi^re, se ellc est en 
nature k mon trespas; et k Lion Le Sage, ung petit 
bracquemart. — l^juin 1524. 

78. Jehan Chotin, sergent k verge, testa le 29 avril 
1524. — Pour mon corps estre ensevely eslis r6glise 
S. Pieres, k laquelle donne ung tableau d'une Nostre 
Dame de Piti6. — 2 mai 1524. 

79. Jehan Fornier, veuf de Jeanne Seellier, testa le 
27 novembre 1525. — Je donne k Jennette, ma fiUe, 
une Nostre Dame et tabernacle dor6z servant sur ung 
dreschoir, et une demje douzaine de coussins escrips 
de une devise mater Dey. — 1 1 d^cembre 1525. 

80. Marguerite Le Cocq, veuve de Pierre de Laous- 
tre, testa le 7 d6cembre 1525. — Veul que mon corps 
soit ensepvelit en une natte, et que ce que le luisiel 
cousteroit soit donn6 pour Dieu. Item, donne k Mar- 
guerite Le Cocq, ma filloelle, unes Heures couvertes de 
quamelot k cloans d'argent tortinSs. Item, je donne k 
Magdelaine, a present espeuse de Nicolas Foumeau, 
et k maistre Jehan de Haultbois, son filz, une tablette 
d'autel oil il y a point lymage du crucefix, de Nostre 
Dame et de S. Jehan. Item, je donne k maistre Gilles 
du Rjs ung tableau crucefix a tout Nostre Dame, 
S. Jehan et Magdelaine au pied de la croix. — 
2 d6cembre 1527. 

81. Jeanne Tiestelin, veuve de Gillart Mourin, testa 
le 26 d6cembre 1525. — Je donne k la fabricque de 
r^glise Nostre Dame de Tournay, en I'avanchement de 
rSglise et paroisce Nostre Dame que on fait nceve, mon 
large tissut de soye estoff6 d'argent. — 28 juin 1527. 

82. Jehan Dupr6z testa le l"* f6vrier 1525. — J or- 
donne k mon 6glise de S. Brixe ung philippus d'or pour 
Tavanchement du candeler devant le S. Sacrement de 
I'autel. 



— 44 — 

83. Marie de le Becqiie, fiUe de Wattier et femme de 
Philippe Botonl, testa le 28 joillei 1526. — Eslis ma 
s^oltore poor mon corps enterrer en Te^ise et cou- 
vent de monseigneur S. Franchois, en la cbappelle qaj 
fat monseigneur S. Hubert, nommte la cbappelle des 
Botoolz, emprez mon marj, sonbz la lame de ses feuz 
pere et m^re. A la fabricque Nostre Dame de Toomay , 
dont je snis consoer, je donne une hardel6e de patre- 
nostres de rouge coral k enseigne comilles de perles, 
contenant deux cbappell^s entiers et dix patrenostres. 
— 12 septembre 1526. 

84. Agnte de le Wastine, veuve de Micbel de le 
Porte, testa le I*' juillet 1528. — Je donne k Callotte 
Le Hcu mon cappelet de coral oik pend pour enseignes 
en fourme de croix de cocquilles de perles et ung bul- 
lette de 8. Quentin en ai^ent. Item, je donne a la vesve 
Lion Hazouwart ung Repos en tel estat qu*il est de 
present. 

85. Pasquier Laigneau testa le I*' juin 1529. — Je 
eslis ma sepulture en I'attre de devant de S. Jehan 
Baptiste, mon patron, devant le s^pulcre de Nostre 
Seigneur Jteus Crist. Item, je donne k Jennette de le 
Motte, fille de Jeban de le Motte, tesneur, ung petit 
J6sus tout acoustrS, avec ung S. Jehan. Item, je donne 
i Chonnette de le Motte, soeur k ladite Jennette, ung 
S. Nicolay et une S. Katherine. — 13 juin 1529. 

86. Claude Dimenche dit Le Lombart, chevalier de 
Jerusalem, seigneur de Froyennes, testa le 18octobre 
1529. - Je veus et oi-donne que, a porter mon corps 
en terre, on ne prengne aultre palle sinon ung linchoel 
blancq armoye pour toutes armoiries d'une croix noire; 
sy deffens que aultre armoirie y soit mise. Deffens 
aussy que de ma chevalerie on ne fasse quelque men- 
cion. Je donne k ma niepce, femme k sire Simon Ber- 



- 45 — 

nard, men ymaige de Nostra Dame qui tient son 
enffant en ses bras, de tapisserie, avecq les chassis de 
bois pour y mectre quand on veult. — 2 juin 1539. 

87. Jehan Li6bart testa le 5 mars 1529. — Ordonne 
ID on corps estre enterr^ et s6pultur6 au chimitidre et 
attre de T^glise S. Nicaise, envers et au devant oil sol- 
loit estre TentrSe du renclusaige b. present d6moly et 
deffaict, — 28 mars 1530. 

88. Catherine de Mouchin, veuve de Pierre d'Ablain, 
testa le 3 1 juillet 1 530, — Je donne k madite 6glise 
paroiscialle S. Quentin une pi^che de tapisserie figu- 
rant le Mariaige de la glorieuse Vierge Marie k 
Joseph, laquelle veul aux bons jours estre mise, k la 
mani^re accoustum6e, k la chai^re du lichen^ de ladite 
6glise S. Quentin. — 3 aoiit 1530. 

89. Philippe Boutoul, bourgeois, testa le 6 aotit 
1530. — Sy eslis ma s6pulture pour mon corps enter- 
rer en I'Sglise et convent de monseigneur S. Franchois^ 
en la chappelle quy fut S. Hubert, nommSe la chappelle 
des Boutouls, soubz la lame ot mes feuz p^re et m^re, 
fr^res et soers, ma femme et aultres qui y sont s6pul- 
tur6z. — 22 aoAt 1530. 

90. Ysabel C16ment, femme de Pol de le Motte, 
testa le jour de Toussains 1530. — Je donne k la fiUe 
Simon de Casault, femme k Jehan de Ouarmont, deux 
gobeletz d'argent et une baghe d'or servant a nettoier 
les dens. — 14 novembre 1530. 

91. Caron d'Estrayelles, bourgeois, seigneur de 
Mouchin, testa le 15 f6vrier 1530. — Eslis pour la 
sepulture de mon corps la place et lieu en T^glise 
paroiscialle de S. Jacques, en dessoubz la noeve ver- 
ri^re au coeur, laquelle verri^re est deseure I'huys de 
la tr^sorie. Item, je donne k TSglise de Blandain une 
grosse clocque, telle qu'il conviendra pour faire ung 



— 46 — 

tresple (i) k ladite 6glise. Item, je voeul et ordonne que 
soit mis sur men corps, au convoy et pareillement au 
jour de mon service, le palle des prinches (2). 

92. Loys Maillet, pr^tre, chapelain fondS des %lises 
S. Brice, S. Jean et S. Pierre, testa le 25 avril 1531. 
— Je eslis ma s6pulture pour mon corps traire k pou- 
riture, en I'^glise de S. Brixe, mon patron, auprdsde 
mon hostel de S. Anne (3), au lieu le plus convenable. 
Item, je voel et ordonne que il soit mis sur mon corps 
ung Agnus Dei de keuvre ront, oA il y ait escript : Cy 
gist le corps sire Loys Maillet, prebtre, fondateurdes 
poures anchiens preudhommes en le rue du Quesnoy, 
par derri6re tenant k la chimenti6re dudit S. Brixe. — 
13 novembre 1531. 

93. Guillaume de Landas testa le 10 juin 1531. — 
Je laisse k mondit fils, maistre Jehan, ma table 
d'ostel estant en ma chambre, assavoir les casures, 
nappes, aubes et tout aultre chose servant audit autel, 
avoecq ung b6nittoir, ung pochon et petite bouteille 
d'argent servants dire ladite messe. — 19 juin 1531. 

94. Jeanne de Wattripont, veuve de Pierre du 
Framoy, testa le 14 f6vrier 1531. — Je donne et 
ordonne k I'^glise de Kain ung crucefix de bos k deux 
imaiges, Tune de la bonne M^re et laultre de S. Jehan 
E vang6liste . — 15 f6vrier 1 53 1 . 

96. Jehenne du Rieu testa le 29 avril 1532. — Je 
donne k la confrarie Nostre Dame ung chappelet 
nomm6 Palma Christie et ung petit candeler de coeuvre 
pour servir k Thostel, et le candeillier qui est audit 
candeler. — 30 avril 1532. 

( 1 ) Le tresple est Taccord de trois cloches. 

(2) C*est le drap mortuaire qui servait auz confreres des soci6tds de 
rh^torique. 

(3) La cbapelle Ste Anne existait k S. Brice dds le 13* si^le. 



— 47 — 

96. Nicaise de Bruge, veuve de CoUart Raison, 
testa le 9 mai 1532. — Je donne k Jennette Martin, 
fiUe de ma fiUe, demi dousaine de coussins verdures, 
et ung tableau ou il y a ung Dieu en croix. — 
7 octobre 1532. 

97. Marguerite de Lannoy testa le 10 aodt 1532. 
— A demoiselle Agni^z Bourgois, je lui donne ung 
tableau Ik ou est Timaige de la Vierge Marie. — 
5 mai 1539. 

98. Jehan d'Escaubecque testa le 19 mars 1532. — 
Item, je donne k ladite 6glise S. Brixe une livre de 
gros k I'advanchement du candeler de devant le grant 
autel, lequel candeler, de lung des lez en par tie, n'est 
que de bois, pour I'aidier k parfaire de laiton comme 
les aultres I62. — 30 avril 1533. 

99. Izabiel du Moulin, veuve de Jeban des Mares 
dit Magret etd'Arnoul Joveneau, censierde Barbissart, 
testa le 5 aodt 1533. — Voel et ordonne mon corps 
estre enterrS et s6pultur6 en la cimenti^re de T^glise 
S. Marguerite, k laquelle je donne ung capelet de 
blancq ambre pour mectre k Timaige de la Vierge 
Marie. — 10 septembre 1533. 

100. Gilles de Viscre, brasseur, testa le 13 aout 
1533. — Je eslis ma sepulture en la chimenti^re de 
monseigneur S. Jaques, ass6s prte du petit buys, 
devant le Dieu Piteux qui est du cost6 vers le marchie. 

101. Jehan Germain, veuf en secondes noces de 
Leurence Frapp6, testa le 9 d6cembre 1533. — Je 
donne k T^glise d'Esplechin une petite aigi^re d'argent 
pour convertirainsy que bon leursemblera. Item, jevoel 
et ordonne certaines tapisseries, estans cyans, ayans 
les armes des abb^s Dampt Jehan Flameng et du Bos (i) 

(1) Jeban Flameng et Jeban du Boa <iraient deux anoiens abbds de 
S. Martin. 



— 48 — 

soyent remises et bailli^z k la garde de aulcons 
commis par moDseigneur le cardinal en ladite abbaye. 
— 22 d^cembre 1533. 

102. Anthoinette de Terrasse, femme de Loys 
Pochon, testa le 9 dfecembre 1533. — Je donne one 
ameraude au Saint Sacrement de I'^glise monseigneur 
S. Pierre; et ung cbappelet de coral k la confrarie 
Nostre Dame fondle en ladite 6glise9 poor dudict 
cbappelet aomer et decorer Timage de Nostre Dame 
auz jours sollempn^z. Item, je donne au grant autel 
de ladite ^glise deux serviettes et ung corporal. — 
9 avril 1534 apr^ PAques. 

103. Jeban Blocqueau, marchand, testa le 23 Jan- 
vier 1533. — Voel que la verri^re paroiscbialle (4 
Notre Dame), de laquelle j'ay fait marcb6 k Lyon 
RoUier, voirier de ladite 6glise de Nostre Dame, soit 
parfaite et acbev6e en madite paroische, comme je I'ay 
devis^. — 26 Janvier 1533. 

104. Jeanne Billot testa le 1*" avril 1533. — Je 
donne k Annette Flameng une pitee de tapisserie, 
demy douzaine de servyettes, une nappe de ouvrage 
de Venize et une de grain de bled, un anneau dor oil 
il y a une pointe de dyamant, ung coer d'or oil il y a 
ung esmail ou est S. Anne. Item, k Loysette Flameng 
je donne le tavlet de Nostre Dame. — 5 d6cembre 
1538. 

105. Catberine de Quarmont, veuve de Jeban 
Hazart, testa en avril 1534. — Je voeil et ordonne 
que il soit faict, au coeur de ladicte 6glise S. Jaques, 
et pay 6 des biens qui de moy demouront, une vergbe 
de keuvre pareille k celle de devant, ei deux angeles 
de keuvre sur les deux coUombes de derri^re le grand 
autel. — 16 avril 1534. 

106. Jeanne Josepb, veuve de Mahieu Four6, testa 



— 49 — 

le 29 juin 1534. — Ledite demiselle voelt et ordonne 
estre mis et pos6 img ^pitaphe de pierre blanche ou 
sont les repr6sentation8 d'icelle et de sondit mary, 
lequel 6pitaphe a est6 commenchi^ de ladite demiselle 
Jehenne Joseph, en son vivant. — 17 juillet 1538. 

107. Jeanne Gosserie, veuve de Jean Rousseau, 
testa le jour de S, Laurent 1534. — Je donne k 
I'imaige de la Vierge Marie en ladite 6glise S. Mar- 
guerite mes chappelets de coral, contenant trois chap- 
pelets, avecq Tenseigne j pendant, pour le d6corer les 
bons jours comme il est de coustume, k condition 
que Ton promecte de les non vendre pour quelque 
raison que ce soit. Item, je donne k Simon Gosserie 
mon tableau de Timaige de la Vierge Marie k tout 
ung voire devant. Item, je donne k Jehan Adin, mon 
nepveu, le tableau de la Passion, et avecq ce le chief 
de S. Jehan Baptiste. Item, je donne k Marguerite 
de le Croix, ma niepce, mon grand Vita Christ i et deux 
vollumes. Item, je donne k Marion de le Croix le 
tableau de S. Catherine de Senes avecq le livre de 
sa L^gende(i); et k Jennette, sa soeur, le beau Jh^sus; 
et k Phelippotte, sa soeur, le livre de la Ligende dorie 
avecq aultres histoires dedens escriptes. — 29 avril 
1538. 

108. Catherine de Marcoing, femme de Simon de 
Casault, conseiller et procureur en cour laye, testa le 
27 novembre 1534. — Je donne k ladite feglise de 
S. Quentin, pour pendre et demourer au devant du 
S. Sacrement au coer d'icelle 6glise, ung Agnus d'or 
pendant k tout une chainne d'argent dor6, et deux 

(1) II parut k la fin du ]5® si^le plusieurs Ltyendes de Ste Catherine 
de Sienne, tant en italien et en latin qu'en fran^ais ; ces ouvrages sont 
tons fort rares. Je ne oonnais pas les auteurs de ces L^gondes. 

ANNALB9. IV. 4 



— 50 — 

houppes de soje perlisi6es. Item, donne aassj k la 
Vierge Marie une hardel6e de patrenostres k enseignes 
dor6es ktoxxt ung Agnus d'or, que voeil estre mis devant 
son imaige. Item, donne k demiselle Marie de 
Tournay, vesve de feu Rogier du Fief, ung agnel d'or 
k table de rubis. — 16 d6cembre 1534. 

109. Gilles JoUj, jadis mayeur de I'^chevinage de 
S. Brice, testa le 25 juiUet 1535. — Pour sa sepul- 
ture eslisoit lieu et plache en la chimitidre de devant 
de ladite ^glise S. Brixe, au devant de la fenestre par 
laquelle on donne et distribue les enseignes et aul- 
mosnes aux poures d'icelle 6glise. — 29 juillet 1535. 

110. Jh^romme DennetiSre testa le 21 octobre 1535. 

— Je eslis ma sepulture en I'Sglise de S. Brixe, en la 
chappelle S. Marcoul, au devant du tableau S. Fran- 
chois. — 27 octobre 1535. 

111. Jehenne Fournier, veuve de Jehan Cambry, 
testa 1g 27 Janvier 1535. — D'abondant donne k 
ladite 6glise S. Quentin, ma parroiche, la somme de 
vingt livres de gros pour une fois, pour les employer 
en advanchement de nouveauls aornemens k la deco- 
ration du saint service divin, et k les furnir quand Ton 
besongnera k faire lesdits nouveaulx aornemens, et 
nonadvant. — 11 d6cemdre 1538. 

112. Agniez Joseph, veuve de Jehan Bourgois, 
testa le 16 aout 1536. — Item, je donne k Tfeglise du 
Grant B6ghuinaige ung Agnus Dei encass6 en argent 
doret, pour en faire une paix k servir k ladite ^glise. 

— 30 avril 1537. 

113. Jeanne Desfontaines, femme de Thielman 
Isemtach, orf^vre, testa le 13 d6cembre 1536. — 
Donne k son filz Anthonne une couppe d'argent et ung 
couteau virele d'argent, une cottelette de camelot noir 
pour faire une casulle, et tout le velour, c'est assavoir 



— si- 
de bonne grace manches et pour faire la croiz de 
ladite casuUe. Item, une croix de fin or, quattre 
anneaux d'or, ung k deux pierres, une grande verge, 
ung aultre k pierre de grenade et une petite vergette. 
— 22 d6cembre 1536. 

114. Thomas de le Porte testa le 16 avril 1537 
avant Pdques. — Voeil mon corps estre inhum6 
dedens le cimenti^re de ma patronne S. Margueritte, 
k laquelle 6glise je donne k ravanchement de ToBuvre 
des orghes (i) commanchiet la somme de douze solz 
flandres. — 29 avril 1538. 

115. Luc Pol testa le 2 juin 1538. — Je voel que 
mon corps soit mis en sepulture en une natte et sur 
une asselle pour le porter k sa s6pulture. — 15 sep- 
tembre 1539. 

116. Agnes Vergelois, fiUe de feus Jeban et 
Jehenne de le Cappelle, testa le 25 Janvier 1538. — 
Item, je laisse k I'^glise dudit S. Jacques ung 
blancq palle et une nappe enseign6e de la mesme 
enseigne dudit pal, desquelz je vauldray estre servy 
au jour de mon trespas et services sans nulz despens 
de mes biens par moy d61aissiez, et pour servir aussy 
cons^uentement k toutes celles lesquelles d6c6deront 
en Testat de virginit6. — 2 avril 1538. 

117. Marie Mollette testa le 18 mars 1538. — Je 
donne k I'^glise de le Magdelaine ung tavlet, et est ung 
Dieu en croix, convert de voire. — 24 mars 1538. 

118. Jeban Oston, premier clerc et greffier de la 
ville, testa le 25 avril 1539 apr6s PAques. — Je eslis 
sepulture en I'^glise S. Quentin allentr^e de la cbap- 
pelle de Haulx pardedens ladite cbappelle, en donnant 



(1) J*ai public le contrat de fabrication de ces orgues. (Eludes sur 
Vart d Tournai, t. I, p. 277). 



— 52 — 

a r^glise, poor illecq estre 86pultur6, et anssy ma 
femme apr^ son trespas, une esghoi^re d'argent 
tortinee qui senrira k la renovation de Teauwe baptis- 
male et an lavement des autelz le joor da blancq 
jcedy chascun an, pour j mectre le vin. Et qu'il j ait 
dessos ma tombe ung rond de pierre oii sera grav6 an 
mittan le nom de Jh6sus, en haolt mon nom en ceste 
sorte OsTON, et en has la date de Tan de mon trespas en 
chiffi*e et au brief. — 29 ao6t 1540. 

119. Ysabeau Brunielle, veuve de Jehan Pissenier, 
testa le 18 aodt 1539. — Je donne a Jennetle de le 
Lys, fiUe de Jehan, ung chappelet de coral k tout ung 
Agnus Dei encass^, et Timaige de S. Franchois, et 
une chaine d'argent k tout une ancollie (i) au deboult, 
et une bourse de rouge velour k tons les boutons de 
perles, et unes Heures couvertes de noir camelot k 
tous les cloans d'argent. — 14 f6vrier 1539. 

120. Pasquette Parente testa le 13septembre 1539. 
— Je voeil que, pendant mon service, il soyent treize 
enffans sans sens et entendement, k tout cbacun ung 
chappelet de bos en leurs mains. Je donne en le 
mendre chappelle qu'il soit en T^lise de le Magde- 
laine, ung plat d'estain pesant cincq quartrons pour, 
quand on baillera de I'eauwe au prebtre, pour le rece- 
voir. — 10 novembre 1539. 

121. Jehan le Marchant dit de Genappe testa le 
8 juin 1540. — Je donne k Marie, mafille, femme de 
Franchois Cocquiel dit le Merchier, le beau Repos 
et tous les accoustremens ad ce sevans, tant baghes, 
custodes, chappelet de coral, Agnus Dey et aultres 
servans audit Repos. . 

122. Cl6mence de Wendeville, veuve de Francois 

(1) Vancollie est la fleur de Taquil^e. 



— 53 — 

Ricart et de Gilles Paret, testa le 14 Janvier 1540 . — 
A donn6 icelle testatresse k sire Pierre de WendeviUe, 
prebtre, son nepveu, trois coussins de tapisserie ay ant 
rimaige d'Hercules, avecq trois aultres coussins d'aul- 
tre tapisserie ; item, ung anneau d'or k pierre de ruby. 

123. Anne Aucquier, veuve de Nicolas de le Haye, 
testa le 23 f6vrier 1540. — Sy eslis ma sepulture pour 
mon corps estre inhum6 au cimiti^re de I'^glise 
S. Nicaise, mon patron, k laquelle 6glise je donne 
une pi^ce de tapisserie oii est ung ymaige de le Mag- 
delaine, pour icelle estre tendue en ladite 6glise es 
jours solempnelz. — 18 aoCit 1544. 

124. Jacques de Preys, prfitre, testa le 26 mars 

1540. — Je laisse mon corps k la terre, priant estre 
enterr6 en Tfiglise S. Brixe d'encoste I'autel Nostre 
Dame des Moutons (i), k dextre d'icelle. Voeil avoir 
quatre flambeaux, et deux chandeilles sur Tautel, et 
deux sur la tombe. — 31 mars 1540. 

125. Jehan de Berlot testa le 31 mai 1541. — Je 
donne k ladite parroische Nostre Dame deux coussins 
d'asur sem6s de fleurs de lys d'or — 3 juin 1541 . 

126. Rogier de Hostel, peintre, testa le 22 juin 

1541. — Donne k Kalotte de Hostel, ma niepce, 
fiUe de Michiel, mon filz, ung tableau imparfait de 
estofle et de poincture. — 30 Janvier 1541. 

127. Marie Le Saige,' veuve de Baulduin de le 
Cappelle, testa le 10 octobre 1541. — Je eslis ma 
s6pulture pour mon corps en terror en I'^glise 
S. Jacques ou lieu oii mon feu mary est gisant, or- 
donnant et voeillant par expr^s estre faict et mise une 
lamme en icelluy lieu, grav6e et pourtraict des per- 
sonnes de mondit feu mary et de moy. — 23 juin 1542. 

(1) C'est une chapeUe fondle au \3^ si^cle A V6g\\se S. Brice. 



— 54 — 

128. Nicolas Joveneau, ieinturier, fils de fen 
Nicolas, testa le 6 octobre 1542. — Je eslis la sepul- 
ture de mon corps en Teglise de la religion monsei- 
gneur S. Aagustin pour y estre inhum6 et enterrS 
audevant de T^pitaffle de la Transfiguration Nostre 
Seigneur, ou mesdits feus p^re et m^re ont est6 
enterr6z, et que mondit feu p^re a fait faire. — 
9 octobre 1542. 

129. Quentin Bonnier testa le 23 Janvier 1543. — 
Je laisse mon corps k la terre, en paiant le deu de 
nature, priant qu'il soit s6pultur6 et enterr6 en I'attre 
de r^lise Nostre Dame aupr^s de la chappelle oii par 
nuyt a une lampe ardant, auquel lieu mes feuz pdre et 
m^re ont est6 s^pulturSz. Je donne k Jehan Bonnier, 
mon filz, ung signet d'or venant de mon feu p^re, et 
avoecq ce des Heures en vellin escriptes k la main, de 
lettre de fourme. — 9 avril 1553. 

130. G6rardine Scindieu, veuve de maitre Jehan 
Le Cocq, testa le 5 f6vrier 1543. — Je donne a 
r^glise de le Magdelaine ma meilleure nappe roy6e, 
et ung J^sus k tout un repos et tout ainsi qu'il est k 
pr6sent aorn6, et ce pour parer ladite ^glise. — 
24 octobre 1544. 

131. Marie Boullenghier, veuve de moiseigneur de 
Mauville et femme de messire Loys de Lannoy, che- 
valier, seigneur de la Mottrye et de Wasnes, testa le 
19 novembre 1540. — Item, ordonne que de ma cotte 
simple de satin brochiet soit faict une chappe ou 
casure k orfroy de velour noir armoy6s des armes de 
monseigneur de la Mottrye, mon mary, et de moy ; et 
que elle soit donn6e en Tfeglise oil seray enterrte. 
Item, voeil et ordonne que la chasure quy est faicte 
armoy^e des armes de feu monseigneur de Mauville 
et de moy soit donn6e k la chappelle des Fiesnes ou 



— 55 — 

mondit seigneur est enterr6 en Tdglise S. Aubert de 
Cambray. Et quant k I'aultre chasure, aussy de velour 
noir et de drap d'or, je ordonne qu'elle soit donn6e k 
r6gliseS. Julien de Ath. — 12 mai 1544. 

132. Marguerite des Wastines, veuve de Jehan de 
le Motte, crassier, testa le 26 Janvier 1544. — Eslis 
ma sepulture en la chimenti^re dudit lieu de S. Jehan 
Baptiste, pour laquelle sepulture je donne k Tdglise 
ung chappelet de blanque ambre et ung aniau d'or 
pour la refection de la cibol et lieu oH repose le corps 
de mon Dieu. — 12 f6vrier 1544. 

133. Marie de Villers, veuve de Martin Wuidalle, 
testa le 15 septembre 1545. — Je donne k Tfiglise 
S. Jehan des Causfours une nappe, la plus grande de 
nostre maison, pour servir k I'hostel Nostre Dame en 
ladicte 6glise. Item, je donne k la paroisse Nostre 
Dame une paire de houppeaulx de soye et ung J6sus 
k mectre sur Tautel. — 16 octobre 1545. 

134. Alizon Couteau testa le 10 d6cembre 1546. — 
Je donne k T^glise de le Magdelaine une table de 
autel k laquelle y a une ymage de la Vierge Marie 
d'allebattre avecq ung V6ronicle sem6 de pluiseurs 
fleurs de soye. Item, je donne k I'feglise du Grant 
B6ghinaige six livres flandres, et ce pour parfaire une 
cappe de satin de Bruges que on a donn6 k ladite 
6glise. Item, je donne k T^lise de S. Nicaise deux 
coussins de soye pour mettre d'aupr^s le Saint Sacre- 
ment. — 25 f6vrier 1546. 

135. Pierre du Chambge testa le 13 fevrier 1546. 
— Je donne k Thi^ry d'Appelterre ma petite turquoise 
et majacinte (i). Je donne audit Jehan Baceler mon 
agathe noire, servant au grand doyt. Je donne k Jehan 

(1) On appelait jacmfft« UDe vari^t^ da rubis. 



— 56 — 

d'Assignies mon oel de cat et une petite vei^he d or 
servant k porter avecq ledit eel de cat. — 20 aoiit 1547. 

136. Pasqae Brujant, yeuve de Pi6rart Sallet, testa 
le 27 avril 1548. — Je laisse mon corps k la terre, en 
payant le den de nature^ pryant que il soit s6pultur6 
et enterr6 en Tattre de I'Sglise S. Jacques, vers le 
passaige da cur6. Je donne k Antbonnette de le Mer, 
vesve de feu Nicolas Sallet, mon filz, une couche, une 
paire de gourdines de saye et deux rabateaux rouges 
de tapisserie, et une quay^re k dos de cuvelier, et deux 
anneaulx d'or, Tun appell6 cercle (i) et I'aultre verghe (s) 
d'or. — 20 aoat 1548. 

137. Waultre Sohier, premier clerc de T^glise 
S. Brice, et Jebenne de le Fosse, sa femme, testdrent 
conjointement le V^ avril 1549. — Item, donnoient et 
donnent a ladite 6glise S. Brixe, a prendre aprte leurs 
dits trespas, une grande table d'autel oii est pourtraict 
,1a ramembranche du crucefix, et une pi^che de tappis- 
serie k grand brancquaige, contenant treize aulnes ou 
environ . 

138. Gilles Loccallin, fils de Salomon, testa le 
30 avril 1550. — Item, donne a ma femme ung 
tableau 1^ oH est la representation de Dieu en croix, 
fermant k deux foeilletz Ik oil est ma figure et la 
sienne. — 5 septembre 1554. 

139. Jehan Maillet, bonnetier, testa le l'*^ mai 1550. 
— Pour ma sepulture je donne k mon 6glise paroi- 
chialle de S. Brixe mon pourpoint ay ant les manches 
de damas. Item, donne ung bancquier faict k I'esguille, 
de tapisserie, k ladite 6glise. — 16 mai 1550. 

140. Jacques de Landas, marchand, testa le 8 mai 



(1) Le cercle dtait une bague plate, comme le bord d*ane cooronoe. 

(2) La verghe avait la forme arrondie. comme une baguette. 



— 57 — 

1551. — Je donne k mon 6glise (de S. Brice), et pour 
rentretdnement d'icelle, cincquante livres de gros, et 
ce k radvanchement de deux chappes, une kasure et 
deux tournikeaulx noirs pour servir aux obsecques des 
trespass^z, ou blanchs pour servir aux jours de la 
Vierge Marie. — 27 mai 1551. 

141. Michel Querquefoeille testa le 10 juin 1551. 
— Je donne k la paroische Nostre Dame une pi6che 
de tapisserie de verdure. — 29 f&vrier 1551. 

142. Pi6ronne Tasse, veuve de Simon Bourgeois, 
testa le 18 juillet 1551. — Je donne k ladite 6glise 
S. Pierre ung beau drap de tapisserye, de vingt trois 
aulnes ou environ. Donne k mondit filz, Simon Bour- 
geois, ung goblet d'argent k pied, ayant mes armoyries 
dedens. — 8 mai 1553. 

143. Barbe Le Roy, femme de mattre Jacques 
Calewart, greffier de la cour spirituelle de Toumai, 
testa le 16 avril 1 552 apr^s FAques. — Donne k la m^re 
dudit Jacques, son mary, la representation de Nostre 
Seigneur en croix, pandant prSsentement en la couche 
en la chambre par terre. Item, k maistre Jehan Cale- 
wart, le tableau oii sont poincts les mistdres du Nou- 
veau et Vieu Testament. Item, k sa comm^re, femme 
de Jacques de Malle, donne son cbappelet de noir 
gaiet avecq les grains et les enseignes dor, et le 
bagbue y pendante quy est ung blancq saphir encass^ 
en or. — 14 juin 1557. 

144. P6ronne de Noefville, veuve de Jacques de 
Landas (voir n** 140), testa le 25 aoftt 1553. — Je 
voeil et ordonne que, endedens Tan aprds mondit tres- 
pas, soit faict en ladite 6glise S. Brixe ung chandeler 
de quyvre servant k Tautel S. Brixe, mon patron, au 
lieu de cestuy de fer qui y est k present ; et qu'il soit 
faict en la meilleure sorte et forme que la place le 



— 58 — 

reqnerra, sans touterfois j mectre piedz. £t quand Ton 
reconstera et r^parera left orgaes de ladite Sglise 
S. Brixe, je donna en advanchement la somme de 
donze livre de gros. Sj donne et l^;ate a Jehan de le 
Forge trois livres imprimSz, avecq ong tablean encasa^ 
en miroir. ftem, donne et legate k T^lise S. Brixe, 
poor dScorement d'icelle, nng tableau 4 trois jmaiges 
estant mr le drSchoir de la chambre par terre. — 
29 d6cembre 1553. 

145. Lacq de le Fosse, ipoux de Barbe de Cou- 
ri&re, testa le 4 mai 1554. — Sy donne a Jehan Robin, 
mon beau filz k cause de Margotine ma fiUe, sadicte 
femme, k prendre hors de ma vasselle d'argent, une 
tasse pesant huyt onces ou environ, et mon grand 
tableaa paint de Faulx Riche. Je requiers k mes enffitns 
de voalloir donner et laissier avoir k Barbe, leur 
m^re, mon tableau k deux foeilletz paint, la Vierge 
Marie et S. Marguerite et S. Barbe. — 13 aoM 1554. 

146. Jehan de le Fosse, 6poux de Jacqueline Ridon, 
testa le 12 mai 1556. — Pour aultant que, par le 
lraicti6 de mariaige de moy et de ma femme et espeuze 
Jacqueline Ridon, appert qu'elle auroit et a port6 en 
mariaige avecq moy entre aultres meubles la table 
d'hostel quy est sur le dreschoir de nostre chambre, 
ot^ est la remembrance de Nostre Seigneur avecq les 
trois Maryes, le chandeler de queuvre k douze branches 
quy pend en ladite chambre, les deux grands chemi- 
neaulx, les estenelles (i), le fourcque, avecq une pi6che 
de tapisserye brocqueterye, et le tableau du bon 
Lazare, je voel et ordonne qu'elle les prenche et aiche 
k son seul prouffict. — 15 mars 1556. 

147. Laurent Gailli6 testa le 11 aoftt 1556. — Je 

(!) Estenelles- teoai lies, pincettes. 



— 59 — 

donne k Lucq Halli6, man beau pdre, ung gobelet 
d'argent sans pied, k cuyelette. Pareillement je donne 
k ma fiUe Margotine una chainture d'argent avecq une 
ameraulde y servant, avecq ung demy chint d'argent 
oi!^ il y a une poirrd d'argent dorr6 y pendant au boud. 
Je donne pareillement k ma belle mdre, femme de 
Lucq Halli6, ung tableau ou il y a painct les Trois 
Rois. Je luy donne ung coussin faict k I'esguille, oii il 
y a ung paon. Je donne k ma soeur Barbe une hochette 
d'argent oii il y a ung dent de leu encasset. Je donne 
k MagdeUne Sailly ung dent de leu encasset en argent. 
— 13aoM 1556. 

148. Philippe de Cordes, procureur du roi, testa le 
7 septembre 1556. — Sy eslis ma s6pulture, s'il plaist 
aux ^gliseurs et aultres paroischiens de S. Quentin, 
dont je suis natif et baptists ^s fons de ladite paroiscbe, 
pardevant I'hostel monseigneur S. S6bastien, au lieu 
plus convenable ; audevant de laquelle sera mis ung 
tableau estant pr6sentement en ma maison, ou sont les 
Trois Rois, lequel contient en brief la fondation d'une 
messe, faicte par moy et ma femme, chacun mercquedy 
de I'an k perp6tuit6 et par chacune sepmaine, laquelle 
se chante k I'hostel dudit S. Bastien et k I'honneur 
monseigneur S. Rocq. Item, je donne k monsieur 
maistre Pasquier Grenier les oeuvres que j'ay de Algiat 
et Budens (i), estant en deux volumes. — 31 ao6t 1558. 

149. Pierre Calimiel, escrinier, fils de feu Louis, 
testa le 25 septembre 1556. — Je donne k I'^lise de 
Nomaing ung tableau k deux feuUetz, et, pour le faire 
poindre, deux livres de gros en d^livrant au pointre 



(1) Andr^ Alciat est I'auteur d'un livre d'Embldmes. — Quant a 
Guillaume Budd, on lui doit le TraiU de ^institution d*un prince, 
adresa^ k Francois I''''. 



— 60 — 

rordonnance de I'histoire, avecq les supplians dona- 
teur et donatresse mis k cbascun fueUetz, assavoir 
dudit Pierre Calmiel et Pasque CorvillaiD, ma pre- 
miere femme. — 29 septembre 1556. 

150. Ernoul Winocque testa le 17 d^cembre 1556. 
— Je donne k soeur Marguerite Winocque, ma fiUe, 
demourant k Anvers, une petite vassielle d'argent que 
on appelle vulgairement montre. — 23 d6cembre 1556. 

151. Pierre d*Escobecq, gantier, veuf de Jeanne 
Picque et 6poux de Jeanne Le Witre, testa le 4 Jan- 
vier 1556. — 11 a donn6 k ladite 6glise S. Brixe une 
pi^cbe detappisserie oiiest pourtraicte la remembrance 
de J6sus Christ estant au Jardin des Olliviers. — 
5 mars 1556. 

152. Jehenne Anrjs, veuve de Josse Stalins, testa 
le 17 juin 1557. — EUe donne et legate k la maison 
des Fr^res Mineurs de ceste dite ville une casure de 
damas rouge, la croisure de fil d'or, avecq I'estoUe, 
manipuUe, amyct, aube et sain (i). — 21 juin 1557. 

153. Michel de Pontrewart, bourgeois, testa le 
21 juin 1557. — D6sire avoir sa s6pulture au cyme- 
ti^re paroischial de S. Marie Magdel^ne en Toumay, 
audevant de Tepytaphe et entre le crucefix donn^z et 
ordonn^z par luy. — V septembre 1557. 

154. H6iene du Fresnoy, femme de Jacques Bouton, 
6chevin de S. Brice, testa le 13 juillet 1557. — Quant 
k mon corps, je le laisse k la terre dont il est yssu, 
vueillant et ordonnant icelluy estre s6pultur6 et inhum6 
en r^glise S. Brixe, mon patron ; et sur la place oii je 
seray enterr6, y aura mise et pos6e une lame portant 
la pourtraicture d'ung mort. — 4 aotit 1558. 

155. Marie de Sailli testa le 14 aoClt 1557. — Voeil 

( 1 ) Sain — ceinture. 



— 61 — 

et ordonne k la confrarie de la Vierge Marie en ladite 
^glise paroischialle de le Magdelaine, ung chapplet de 
blancq ambre avecq une petite croix d'argent dorr6. 
Item, je donee k ladicte 6glise ung petit tableau Ik oH 
est contenue I'imaige de la Samaritaine. — 16 aofit 
1557. 

156. Jehan Bernard, prStre, chanoine de Toumai, 
testa le 31 Janvier 1557. — Eslit la sepulture de son 
corps, s'il plaict k ses bons seigneurs et confreres mes- 
seigneurs dojen et chapitre, devant le grant autel 
Nostre Dame, duquel il a faict faire la table d'albastre, 
et au lieu plus propice qu'on trouvera ; sur laquelle sa 
sepulture il d4sire estre mise et pos6e une lame. 

157. Jehan de le Forge, prStre, chapelain des hautes 
formes, testa le 11 mars 1559. — Je eslis ma sepul- 
ture dedens T^glise des Fr^res de Saincte Croix en 
ceste ville, au cost6 du grand autel dedens leur coeur, 
comme leur ay monstr6. Item, je veulx que tons mes 
livres en latin soient donn^z k la librairie desdis Croi- 
si^; et ceux en franchois k Lucq Haillier, excepts 
mon livre de Riihortcque que j'ay compos6 (i), lequel 
je donne pour une souvenance k Philippe de Lannais, 
marchant, mon nepveu, et le CatcUogus sanctorum k 
sire Michiel le Kerry, cur6 de Froyenne. Et k Mariette 
de le Forge, femme et espeuze audit Philippe de 
Lannais, je donne ung Repos avecq deux angles de 
bois doret. Item, je veulx que mon baston virelet 
d'argent soit donn6 k maistre Pierre Denneti^res, afin 
qui prie Dieu pour moy quand il portera le baston. 
Item, je veulx que il soit d6livr6 au susdit convent des 
Croisiers ung tableau k deux fodilletz qui est en ma 



(1) Cet ouvrage et son auteur son! rest^s iiiconnus A Foppeas et au 
chanoioe Waucquier. 



— 62 — 

chambre, pour le mectre dedens leur coeur avecq le 
grand chandelier, droict devant oii seray entherr6. — 
15 Janvier 1559. 

158. Jehan Joseph, bourgeois, testa le 22 mai 1559. 
— Mon corps je le laisse pour sdpulturer en I'dglise 
S. Brixe; et pour ma sepulture je donne k ladite 
^lise ung grand missel k dire messes, une casuble de 
satin noir, estoUe, phanon, aulbe, amictz etle cint. — 
25 aotit 1559. 

159. Christienne Willebrecht testa le 19 octobre 
1559. — Item, k Marie Steenkiste, soeur dudit cur6 
de S. Quentin, au lieu de sa m^re trespass6e, luy 
donne les Trois Roys painctz sur toille. — 12 aodt 
1562. 

160. Nicolas de Boubaiz, ^cuyer, seigneur de 
Wasmes, testa le 29 avril 1560 apr^ PAques. — Je 
donne k mon cousin Jacques de Boubaix, escuyer, sei- 
gneur d' An vain, ma grande couppe d*argent doret. 
Item, je donne k mon cousin Adolf de Boubaix, filz 
dudit seigneur d' An vain, ma robe de velour noir, mon 
esp6e damasqu6e avecq le poignart, chainture et 
sipsidre (i). — 8 mai 1560. 

161. Gerard Delmont, prdtre et chanoine de Toumai, 
testa le 30 avril 1560. — Mon corps je le laisse k la 
terre saincte pour avoir sa sepulture en ladite 6glise 
Nostre Dame, priant et requ6rant k mes v6n6rables 
seigneurs et bons confreres messieurs de chapitre qu'il 
leur plaise consentir que mondit corps soit pos6 et 
s6pultur6 tenant la lamme de feu maistre Gaulthier 
Wassonne, et que ung tableau soit mis avecq TefBgie 
de Nostre Dame la glorieuse Vierge Marie avecq mon- 



(1) Sipstii'e De se rencontre pas dans les dictionnaires. Ne serait-ce 
pas une variante de gibecUrt f 



— 63 — 

seigneur S. Nicolas tenant mon effigie revest j; et que 
k Tentour de la pierre de ma dite sepulture soit mise 
une lame de cuivre contenant mon 6pitaphe. Je donne 
k Jehan Heister le buffet estant en madite chambre, 
avecq le tableau et le tappis de table de tapisserye 
armoj6 de mes armes. Je donne k ma belle sceur, 
Anne Baudanne, deux tasses d'argent bouillonn6z de 
trois bouillons, k bas pied, dor6z par le bordt d'en 
hault. 

162. Jehenne Carpentier, veuve de Nicolas Verra, 
testa le 4 juin 1560. — Je donne k Jehan Le Prebtre, 
mon beau filz, ung tableau de S. Jh6romme. — 
P"^ juiUet 1560. 

163. Jehan Odolf I'afn^ et Catherine Fautres, sa 
femme, testdrent conjointement le 17 f6vrier 1561 . — 
Nous donnons et l6gatons k ladite 6glise S. Nicaise, 
a prendre apr6s le d6c6s et trespas du dernier vivant 
de nous deux et non anchois, deux potteauins d'estain, 
deux houppeaulx de soye, deux chandeliers de keuvre, 
deux chandeilles de bois painctes et ung rabateau de 
damas vert avecq les poirres de bois dorrftes, le tout 
pour parer le grand autel aux jours soUempnelz. Item, 
nous donnons, commo dessus, k ladite eglise ung 
tableau painct sur toille k Timaige du Gardin d'Olivet, 
pour mectre au pillier devant la chappelle des fons. 
— 21 octobre 1565. 

164. Marie de le Motte, veuve de Bonaventure de 
Thieffries, peintre, testa le 19 septembre 1563. — A 
Baulduin de Haultighem, filz de Andrys, je donne ung 
drageoir d'argent, estant ung instrument comme ung 
portefeu servant k prendre dragerie. — 29 mai 1570. 

165. Barbe d'Estrayelles, femme de Louys de der- 
mis, testa le 11 d6cembre 1564. — Eslys me s6pul- 
ture en I'^glise de la Magdeleyne, au coeur devant le 



— 64 — 

Saint Sacrement, s'il est possible. Je donne k icelle 
6glise de la Magdeleyne une grande cheyne d'aur, k 
charge d'enfaire deux gourdines au grand autel d'icelle 
^lise, de couleur rouge cramoisj, et ung drap d'autel 
de yelour rouge cramoisy, avecq mes armoiryes tant 
aux gourdines comme aussy audict drap d'autel. De 
la reste d'ycelle cheyne, ordonne estre faict ung repo- 
sitoire du Saint Sacrement deseure ledict grand autel ; 
et pour parachever ledict repositoire du Sainct Sacre- 
ment, je donne aussy une cheyne d'argent. Je donne 
ma bonne robe de velour noir pour faire ung ciel et 
tabernacle du Sainct Sacrement, servant k porter ledict 
Sainct Sacrement k la procession ; le tout avecq mes 
armoiryes. Je donne aussy une devanture de velour 
noir k icelle ^glise de la Magdeleyne pour faire une 
robe k parer Tymage S. Marie Magdeleyne. — 
20 d6cembre 1564. 

166. H^laine Exester, veuve de Qeorges de Lestr6e, 
testa le 1 1 mai 1565. — Je donne k ladicte ^glise (de 
S. Catherine) une table d'autel pour estre mise et assize 
devant la tombe ot je seray ens6pultur6e. Je donne k 
Franchoise de LestrSe, femme k maistre Pierre Bacq, 
ung petit Repos de bois dor^z. Je donne k maistre 
George de Herchu^z un tabeleau de bois oil est pour- 
traict rimaige de la Vierge Marie. — 28 Janvier 1565. 

167. Mahieu de Fregeo, poissonnier de mer, testa 
le 27 mai 1565. — Je donne k mes confreres pesqueurs 
k le llgne, lesquelz j'ay hantSz, pour eulx r6cr6er, 
quattre livres flandres. Je donne k Eleuthdre de Bai- 
sieu tous mes hangins et aultres ostieux servans k 
pesquier k le ligne. — 30 mai 1565. 

168. Jehenne Le Louchi^re, veuve de Jehan Coulon, 
testa le 27 juillet 1565. — Je donne k ma fille Chres- 
tienne Coulon une pi^ce de tapisserie, ung petit tablet 



— 65 — 

de S. Anne. Je donne a Jehenne CouUon ung tabelet 
des Sept Douleurs. Je donne a Nicolas CouUon ung 
tableau de la Magdelaine et ung de Promesse d'amour. 
Je donne k damp Robert Coulon, mon filz, religieulx, 
ung petit tableau du Nom du J6sus. — 12 novembre 
1565. 

169. Barbe d'Ongnies, fiUe de messire Frangois, 
chevalier, seigneur de Beaulepaire, testa le 28 octobre 
1565. — Et pour plus grande d6coration du lieu ou 
repose le Sainct Sacrement de I'autel en ladite par- 
roische S. Jacques, je veux et ordonne que mesdits 
executeurs en facent faire les gourdines de caphas (i) 
vert avecq ung rabateau de pareille couUeur, oii 
seront enpreintes mes armoiries. Sy ne veux oblyer 
ma damoiselle de Haudyon, k laquelle je d6laisse une 
vergue a teste de mor. Et sy d61aisse pareillement 
k Anne d'Ongnyes, ma niepce, une petite chainette 
de perle avecq des jarbes d'or. — 28 decembre 1565. 

170. Agn6s Fortin, veuve de sire Jehan Joseph, 
bourgeois, testa le 25 d6cembre 1565. — Sy eslis la 
sepulture pour mon corps enterrer, en T^glise dudit 
S. Brixe, devant Tautel S. Marcoul, aupres de la 
sepulture de feu sire Jh6rome Dennetiere, du I6z 
tenant vers la thesaurie. — 24 Janvier 1565. 

171. Jehenne Carlier, veuve de Jehan de le Rue, 
testa le 14 Janvier 1565. — Je donne a ladite eglise 
(de S. Marguerite) une pi6che de thoille fort belle, 
contenant huyct aulnes, pour faire aulbes de preblres 
servant ii cel6brer messe. — 21 Janvier 1565. 

172. Nicolas de Haultighem testa le 21 avril 1566. 
— Je donne k Jacques Bernard, mon beau dlz, une 



(t) Le capha ou cafa est une sorte de satin, d'une quality inf^rieure, 
dont la cb&lue est de sole et le reste en fil. 

ANNALBS. IV. 5 



— 66 — 

table d'autel ay ant la pourtraicture de ung Dieu en 
croix. — 28 novembre 1571. 

173. Agnds de le Croix, souveraine et maitresse des 
b6guines du Grand Beguinage, testa le 23 juin 1567. 
— Mon corps je le laisse a la terre dont il vient, pour 
estre mis et sepulture ens T^glise Dieu et du B6ghi- 
naige, endessoubz le r6positoire du Sainct Sacrement, 
oil sera mise sus ma sepulture une lame de pierre. — 
30 juin 1567. 

174. Nicolas Roty, bourgeois, testa le 21 octobre 
1569. — Je donne k Arthus Roty, mon nepveu, une 
pi6che de tapisserie du vi6z et nouveau testament. — 
27 octobre 1569. . 

175. Jehan de la Forge, libraire, veuf de Martina 
du Rieu et 6poux d'Anne de Berlot, testa le 
13 juillet 1570. — Je voeulx et ordonne que maistre 
Pierre, mon filz, ait et tienne pour ly ung voire k 
pied d'argent et une imaige de Nostre Dame quy 
vient de feu monsieur maistre Pierre Manchicourt, 
quy fut son parin. — 25 aodt 1572. 

176. Jeanne Capelier, veuve de Gilles du Rieu, 
testa le 12 octobre 1572. — Item, je donne k T^glise 
dudict S. Brixe ung bancquie de tapisserie de 
menues verdures, contenant environ douze aunes. 
Item, je donne k maistre Nicolas Liebart, conseillier 
des mayeur et eschevins de Tournay, ung gobelet 
d'argent a cuvelette sem6 de fleurs de lys. — 4 juillet 
1573. 

177. Marie de Haudion, dite de Ghiebrechies, veuve 
de Jehan de Venduille, ecuyer, seigneur de Gouver- 
gnyes, testa le 15 mai 1574. — Veult et ordonne 
ladite damoiselle comparante que ladite damoiselle 
Yolente de Venduille, sa fille, femme et espeuze 
audict seigneur d'Estrayelles, ayt et tiengne pour sa 



— 67 — 

part ^ biens mobiliaires estans en sa maison, noef 
pi6ches de tapisseries armoy6es des armes my-parties 
dudict seigneur de Gouvergnyes et de Ghiebrechies , 
estim6es et pris^es, lesdites noef pitches de tapisse- 
ries, a la somme de trente livres de vingt gros flandres 
la livre. Item, veult et ordonne ladicte damoiselle 
comparante que \farye de Venduille, sa fiUe maisn6e, 
ayt et tiengne pour sa part 6s dits biens mobiliaires 
ung bachin et une esgui6re couverte, le tout d'argent, 
armoy6es desdites armes my-parties dudict seigneur 
de Gouvergnyes et Ghiebrechies, ledict bachin pesant 
cinquante noef onches deux estrelins et demy, et 
I'esguiere vingt six onches sept estrelins et demy; 
item, une salli^re en forme de iieph, p.esant dix noef 
onches sept estrelins. — 7 octobre 1574. 

178. Thomas le Maire, bourgeois, testa le 27 octobre 
1574. — Mon corps je d6laisse k la terre pour estre 
inhum6 et enterre en ladicte eglize S. Nicaise, au plus 
pres que faire se porra du si6ge oii je m'assis journel- 
lement quand je suys en icelle 6glize. Je donne a 
icelle 6glize, pour et a I'advanchement de 1 edification 
et refection d'ung nouveau Ihuissenet (i) , la somme de 
quatre livres de gros. — 15 novembre 1574. 

179. Balthazar Boursy testa le 9 aoM 1575. — J'ay 
donn6 k mon cousin, demourant a Gaurin, une har- 
quebouze, une rapi6re, ensamble une cuirache. — 
11 aoM 1575. 

180. Wauldrue Le Loultre, veUve de Loys Le 
Prinche, testa le 13 Janvier 1576. — Je donne k 
Agniez Le Prince, fille de mondit mary Loys, ung 
anneau d or k pierre, et une table d'autel couverte de 
voirre. Item, je laisse et donne k Loys du Tret, mon 

(1) II sagissait de faire un nouveau jubd & Tdglise S. Nicaise. 



— 68 — 

demy fr6re, une imaige de Nostra Dame d'albastre. — 
30 Janvier 1576. 

181. Claude Warin, veuf de Catherine Maclin, 
testa le 18 juillet 1576. — Je veux et ordonne que 
mon filz, damp Jh6romme Warin, religieux profes de 
Tabbaye saint Martin de ceste ville, pourveu qu'il soit 
encoires estudiant k rUniversit6 de Louvain ou aultre 
Universit6, pour augmentation et oultre ce que lui 
donne son pdre abb6 de ladicte abbaye, quy est de 
vingt livres de gros tant pour sa table que pour son 
vestiaire et aultres n6cessit6z, jouysse de une rente de 
vingt quatre livres flandres. Item, je donne k mondict 
filz, damp Jh6romme,les livres traictans de laSaincte 
Escripture, tant en langue latine que en aultre langue, 
telz quil vouldra choisir en ma librairie. Item, je 
donne k la paroische Nostre Dame, pour d6corer 
ladicte paroische, ung tableau ou est pourtraict la 
figure de la Saincte Trinity, clouant k deux huychetz 
ou foeuilli^z auxquelz sont pourtraictz ma figure et 
celle de ma femme Catherine Maclin, ordonnant qu'il 
soit mis sur Tautel S. Laurens. — 28 novembre 1576. 

182. Jehan Localin,veuf de Barbe Le Febvre, testa 
le 3 juillet 1579. — Voeil que mon corps, instrumens 
de touttes iniquit6z et vices, soit ensepveliz et ens6- 
pultur6z en Tfiglise paroischialle de monsieur S. Jac- 
ques en Tournay, audevant de Thostel et 6pitafle 
de monsieur S. Jacques, mon patron, audevant du 
si^ge Ik oii Barbe Le Febvre, ma deffuncte femme, est 
ens6pultur6e. Je ordonne que dessus ma sepulture soit 
misse et assize une lame de pierre polie, de la 
longheur de cincq a six piedz de long, sur laquelle 
lame soit grav6 S. Jehan rEvang6liste avecque une 
S. Barbe, et aux quattre coings de ladicte lame les 
quattres Evang61istes, et escript alien tour de ladicte 



— 69 — 

lame le jour et an de mondict trespas et de madicte 
femme. J'ordonne et donne k nostre dicte 6glise de 
monsieur S. Jacques, nostre patron, ung tableau Ik 
oH est pourtraict la figure de la benoette Vierge 
Marie, et aux feuilles d'icelui tableau oH est la pour- 
traicture de moy et de ma defFuncte femme, pour estre 
mis audevant de nostre sepulture. Et s'y ordonne a 
mes ex6cuteurs qu'ils facent dessoubz ledict tableau 
ung 6pitafle de cuyvre, et que soit grav6 S. Jehan 
TEvangfiliste et une S. Barbe et aussy mes armoieries 
avecq memoire de moy et de madicte femme, ensemble 
de y faire atacher ung moyen chandeler du cuivre. — 
21 juillet 1579. 

183. Philippe du Tilleux testa le 7 d6cembre 1580. 
— Ordonne k ses enffans successeurs, s'il advient que 
de leur vivant les Chartreux 16s ceste ville peuvent 
re6difier paisiblement leur cloistre et maison (i) pour 
y faire demeure comme devant le saccagement et 
troublez advenuz du pass6, qu'ilz facent faire une 
verriere audict cloistre, en place que leur polra estre 
accords, de telle forme et paincture comme est ung 
sien tableau de Cruchefix avecq les Sept Douleurs, sa 
pourtraict ure,sa femme et enffans; pour quoy ordonne 
une livre de gros. — 18 d6cembre 1580. 

184. Jacques de Moulembais, bourgeois, veuf de 
Marie de Lescluse, testa le 8 d6cembre 1580. — Je 
donne audict Charles, mon filz, la Bible Sacr6e en 
franchois, affin qu'il puisse veoir venir les faictz admi- 
rables de nostre bon Dieu. — 12 d6cembre 1580. 

185.- Charlotte de Hainin, femme de Pierre de 
Voisin, seigneur d'Amesin, testa le 27 Janvier 1582. 



(1) La Chartreuse de Chercq avait 616 pilUe et en partie d^truite par 
les Iconoclastes en 1565. 



— 70 — 

— Je donne k ladicte 6glise de Pi^ronne une casuble 
avecq TestoUe et la petite estoUe k mectre sur le bras, 
d'une estoffe de soye jaulne figar6e de soye verde, 
aiant la croisure de velour rouge, avoecq les armes 
dudict seigneur d'Amesin, men mary, et les miennes. 
Item, je donne a madame de Messine, ma bonne soer, 
pour souvenance et par ce qu'elle aime les enfans, une 
verghe d*or emmaill6e de noir, en laquelle est engrav6e 
la teste d'ung petit enffant. Item, je donne a madicte 
ni^ce, Catherine de Willeberch, deux paires de 
bracheletz d'or, si comme une paire emmaill6e de 
couleur et Taultre paire de jaserain (i) ; item , ung 
cbapelet d'agate acoutr6 d'or, ung aultre chapelet de 
senteur {2) avecq une m^daille d'or; une croiz d'or 
enrichie d'ung caillou de ruby au milieu et quatre 
perles. — 21 fevrier 1583. 

186. Li6vin de Glas, serrurier, veuf de N...., de 
Catherine Chamart et d'Anne Lapparlier, testa le 
17 septembre 1582. — Supplie que mon corps soit 
inhum6 et s6pultur6 en ladicte 6glise S. Brixe, 
audevant de Tymage de monsieur S. Li6vin que j'ay 
donnee pour aournement et d6coration d'icelle 6glise. 

— 12avrill584. 

187. Angele Utenecouste et Catherine Martin, sa 
femme, testerent conjoin tement le 22 novembre 1582. 
Nous donnons a ladicte ^glise (de S. Nicaise) une 
pi6che de tapisserye tapiss6e a ymaige d'Orgoel et 
Humilite, et douze livres flandres pour employer a 
Tadvanchement de une table d'hostel. Nous donnons 
encore k ladicte eglise, pour et A Tadvanchement de 



(1) Jaserain -chalnette compos^e de petites agrafes oa mailles d'or 
ou d'argent. 

(2) Sorte de bois dont on fait encore des grains de chapelet. 



— 71 — 

faire et construire ung Ihuissenet k icelle 6glise, sy 
icelluy se faict, deux livres de gros. Nous donnons k 
Nicolas Utenecouste, nostre filz, une ronde verghe d'or 
ouvert, et une hochette d'argent servant k enffant. — 
10 dfecembre 1582. 

188. Pi6ronne Bourdeaudhuy, veuve de Jehan 
Baptesme, testa le 4 mars 1584. — Je donne k ma 
fiUe, Marguerite Baptesme, ung rabateau de tapisserie, 
ung Jesus avecq une baiette (i), ung tableau ou est 
rimage de Nostre Dame de Piti6, deux aultres petits 
tableaux, deux chandeliers de cuivre d'aultel, ung 
petit benoitier de cuivre, ung coussin tapisserie avecq 
une licome. — 19 mars 1584. 

189. Catherine de Wauldripont, dame dudit lieu, 
veuve de Jean le Vaillant, 6cuyer, seigneur des 
Valines, testa le 16 mai 1584. — Ordonne que, sur la 
sepulture de son corps, soit mise et pos6e une lame de 
pierre bleue avec sa rQpr6sentation et ses armoyries 
et quartiers ; et que en une plate de cuyvre ou pierre 
bleue, que Ton fera mettre et asseoir au lieu le plus 
propre k lopposite de ladite lame, soit grav6e la fon- 
dation de son obit. — 22 Janvier 1599. 

190. Marie Salle testa le 24 Janvier 1585. — 
Veuille estre enterre et inhum6 en Tattre et chimen- 
tiere de ladicte 6glise S. Jacques, derri^re le coeur 
d'icelle ; et que sur mondit corps soit seuUement mis 
une croix de vaucque (2) avecq ung chapeau de roses, 
sans aultres jolitez. -^17 mars 1585. 

191. Catherine de Callonne, veuve de Cornille de 
Wysfliet, 6cuyer, testa le 13 ftvrier 1585. — Ordonne 
mon corps estre inhum6 en Tfeglise S. Jacques, aupr^s 



(1) La baiette est uDe petite jupe. 

(2) Vaucque, d'apres Godefroy, signifie non orni^ simple. 



— 72 — 

de mon feu p^re; et que mes services et obsecques y 
soient faictz et c6l6br6z k ncef pseaumes et noef lechons, 
avecq convoy k mon enterrement de seize flambeaux 
port6z par seize pobres personnes revestus chacun de 
trois aulnes de drap noir, lesquelz seront tenus aussy 
de eulx trouver et comparoir en icelle 6glise le jour 
de mondit service; et que sur chacune torse soient 
attach^es et poshes par blasons les armoiryes tant de 
mondit feu mary comme de moy ; avec ce, que soit 
aussy fait deux aultres grands blasons sur lesquelz 
seront aussy pourtraictz et pos6z lesdites armoiryes. 
Tun desquelz -sera port6 k mondit enterrement et apr^s 
mis dessus Thuis de mon logis mortuaire, et Taultre 
pour demeurer et estre mis en ladite %lise S. Jacques. 
Item, je donne k Thimaige de la Vierge Marie d icelle 
6glise S. Jacques une devanture de velour rouge 
cramoisy, passement6e de passemens d'or et d'argent. 

— 15 mars 1585. 

192. Madeleine de Cambry, veuve de maltre Nicolas 
Li6bart, licenci6 6s droit, bourgeois et conseiller des 
mayeur et 6chevins de Tournai, testa le 3 mai 1588. 

— Quant k mon corps, j'en eslys la s6pulture au coeur 
de I'eglise S. Jacques en ceste ville de Tournay, 
aupr6s du corps de mondit feu mary, ordonnant, si 
je mouroye hors de cestedite ville, mon corps y estre 
apporte au plus tost que faire se poura ; et que en la 
lame mise sur la sepulture de mondit mary, soit 
insculpt6e la representation d'iceluy et de moy, avecq 
les jours et ans de nos trespas, si de mon vivant je n'y 
avoye pourveu. — 20 juin 1589. 

193. Anne Limnander, veuve de maitre Mathias de 
Herchin, testa le 29 juillet 1588. — Je donne ^ mon filz 
Jehan, affin qu'il ayt souvenance de moy, une pens6e 
dor que je d6laisse; et k mon filz Pierre, un ruby 



— 73 — 

esmailii^ ; et k Agndz Desmaretz, ung anneau d'or k 
trois perles. — 15 aodt 1588. 

194. Arnould du Trieu testa le 14 fSvrier 1589. — 
Je donne a T^glise de ladite paroisce Nostre Dame, en 
advanchement des cappes de blanc damas, la somme 
de quatre livres de gros. — 27 ftvrier 1589. 

195. Catherine Landrieu, veuve de Saulve Lanceau, 
dgee de 74 ans, testa le 2 octobre 1589. — A Judicq 
de VVerp, )h6suistresse, je luy donne pour souvenanche 
rimaige de S. Catherine taillee, et celle de Judicq 
avecq le Jugement, de pierre blanche, et S. Franchois 
encass6 en voire. Item, pour m^moire je donne a Anne 
de Croisille mon petit tableau oik je suis en pointure; 
et k monsieur maistre Jehan, son nepveu, je luy laisse 
I'imaige de la Vierge Marie dalebastre, pour orner 
lautel de sa chapelle. — 19 octobre 1589. 

196. Jacqueline Waudripont, dame dudit lieu, 
testa le 15 novembre 1590. — Je donne au convent 
des Cordeliers d'Ath , pour estre con verty et employ^ k 
faire ung calice, la somme de cinquante florins. — 
17 Janvier 1591. 

197. Marguerite d'Aubicicourt, veuve de Denys 
Taffin, testa le 27 novembre 1590. — Je donne k Josine 
Taffin, ma fiUe, ung anneau d or avecq une pierre de 
saphir bleu; item, ung aultre anneau d'or avecq une 
petite table de ruby fait k Tanticque; item, ung aultre 
avec une table de ruby, la pierre relev6e en pate. 
Item, je donne k Denys TafBn, mon filz, ung anneau 
d'or auquel est encass6e une turquoise; item, ung 
aultre anneau d'or avecq une pierre car6e. — 
3d6cembre 1590. 

198. Jean de N6vele, bourgeois, 6poux de Cathe- 
rine Campenaire, testa le 15 f6vrier 1591. — 
J'ordonne que, au jour de I'inhumation de mon corps, 



— 74 — 

sy ainsy se poeult faire, et sinon le lendemain matin, 
en blancq abis soient celebr6es trente messes pour 
quelque r6frig6ration k ma poure ame. Je donne k 
r6glise S. Quentin, a Tadvanchement de faire et 
acoustrer les ornemens de r6glise et aultres choses 
n6cessaires, pour une fois, vingt quatre livres flan- 
dres. Je donne k Anthoine Dancquoisne, bour- 
geois demorant k Lille, mon fr^re par anchienne 
amiti6, pour m6moire et souvenanche, mon r6cure- 
dentd'or, au boult duquel est mon cachet, pesantune 
onche trois quartz. Item, je donne k mon compere 
Jan de le Vingne, pour une souvenanche, mon sign6z 
d'or pesant xviij estrelins ou peu moins. Item, je 
donne k soeur Marguerite Flamen, prieuse de Thospital 
Nostre Dame en Tournay, ma croix de fin or 
ermailli6 pesant une onche cincq estrelins, dedens 
laquelle y a de la Sainte Vraye Croix ou Nostre 
Seigneur souffrit mort et passion, ensemble pluiseurs 
dignit6z rapportees du Saint S6pulcre de Jh6rusalem 
que du Mont de Calvaire, comme le tout est plus 
amplement narr6z en certain billet enserr6 en ladite 
croix; k soeur Genevieve de Landas, religieuse audit 
hospital, pour souvenanche, ung tableau oA est pour 
6figie S. Jehan Baptiste preschant au d6sert; et k 
soeur Jaqueline Flameng, ung tableau eslev6 de 
Tefigie Nostre Dame de Laurette, tailli6 de pierre de 
touche; et a soeur Jaqueline Moenttre, ung tableau de 
la Nativite de Nostre Seigneur, serrant avecq deux 
huis; et k soeur Jeanne Percou dit Boulon, ung 
tableau oii est Tefigie S. Jhi6romme; et k soeur 
Jeanne Houart, ung cruchefix d albattre hault eslev6. 
— 24 fevrier 1592. 

199. Jean Waucquet, escrinier, veuf de Catherine 
le Neckere, testa le 13 aoftt 1591 . — Je donne k ladite 



— 75 — 

^glise S. Pierre tout ce qu elle me peut debvoir jusques 
aujourdhui k cause d'ouvrage d'escrinerye fait tant aux 
sieges que aultres lieux de ladite 6glise. — 28 aodt 
1591. 

200. Agnte de Marchenelles, fiUe de feu noble 
homme Anthoine seigneur de Marchenelles, Quove- 
camp, Fresne, Derniaulx, des Mottes, etc., et veuve de 
feu aussy noble homme Arnould de Saint Genois, sei- 
gneur de Grand Brceucq, testa le 16 Janvier 1592. — 
Je donne A T^glise dudit Escanafle me devanture de 
satin jaulne avecq les manches du mesme,pour en faire 
une robbe k Timaige de la Vierge Marie; et de ce qui 
en restera, s'en poura accoustrer le repositoire du 
Saint Sacrement; et aussy s'en poura faire quelque 
bourse de corporal. Je donne aussy k T^glise dudit 
S. Franchois de ceste ville de Tournay, ung drap d'au- 
tel de damas cramoisy. Je donne ma pi6che de tapis- 
serie k T^glise de S. Jacques en Tournay. Je donne 
aussy k Florent de Gr6boval. mon fiUoeul, deux dou- 
zaines de boutons d'or, que luy seront delivr6s preste- 
ment mon trespas advenu, et des plus beaux que 
d6laisseray. — 20 Janvier 1594. 

201. Marie David, veuve de Gillesdu Quesne, testa 
le 8 d6cembre 1592. — Je donne k Agniez Le Clercq, 
fiUe de maistre Jehan Le Clercq, mon grand miroir de 
cristal. Item, je donne k mon filz Andrieu du Quesne, 
marchand, demeurant a present en la ville de Li6ge, 
une pidce de vasselle y ayant ung quesne. Item, je 
donne k Nicolas Gobert, mon beau filz, une aultre 
pi^ce de vasselle y ayant une erche. Item, je donne k 
mon beau filz Anthoine Jacquerie une aultre pi^ce de 
vasselle y ayant une escafotte. — 6 novembre 1597. 

202. Catherine du Tilloeul, veuve de Nicolas 
Haroult, testa le 21 mars 1593. — Je donne k chacun 



— 76 — 

de mes enifans une vasselle d'argent, toute d une sorte, 
avecq chacun une S. Catherine et le sainct de leurs 
nomSjfaisant refTondre les menres et les faire de gran- 
deur honneste. — 24 mars 1593. . 

203. Marie Benneau, femme de Michel Visart, testa 
le 29 novembre 1594. — Item, a donn6 et 16gat6 A 
Marguerite Hughues,fille de ladite Hester Vizart, ung 
anneau d'or avecq une pierre rouge, venant de son 
p^re grand, Andrieu Benneau; item, une vasselle d'ar- 
gent pesant six onces, dedens laquelle sera engrav6e 
rimaige de la glorieuse Vierge Marie, que les ex6cu- 
teurs d'icelle son testament feront faire incontinent son 
trespas advenu. — 6 juin 1601. 

204. Jeanne de le Ville, veuve d'Amand Gardavoir 
et femme de Christophe Leulier, testa Ic 25 avril 1595. 

— Je donne k mondit filz, Guillaume Gardavoir, trois 
annelz d'or joindans et tenans ensemble avecq ung 
aultre portant la Table de Moyse. — 29 mai 1595. 

205. Noel du Chasteler testa le 18 septembre 1595. 

— Je donne k Franchoise Chasteler, ma fiUe, pr6sente- 
ment demeurante k Gand, une coupe tasse d'argent, 
ung goblet aussy d'argent k boire bi6re sur lequel son 
nom est grav6, ung aultre goblet, aussy d'argent bouil- 
lonn6, k boire vin, et une cuUiere aussy d'argent. — 
25 septembre 1595. 

206. Anne de Saint Genois, fiUe de feu noble homme 
Nicolas de Saint Genois, ecuyer, seigneur de la Ber- 
li^re, testa en juillet 1596. — Mon corps sera port6 par 
soeurs des Campeaux de ceste ville, accompaigni6 de 
douze poures fiUes que choisiront mes ex6cuteurs, les- 
quelles porteront chacune une torse ; et leur sera donn6 
a chacune deux aulnes de drap noir qu elles porteront 
en forme de manteau,et ung linge sur la teste, comme 
religieuses. Sy seront requises et appellees trois 



— 77 — 

damoiselles de quality, pour les deux porter chacune 
une couronne sur ung coussin ajensy d'un beau mou- 
choir, la troisieme damoiselle une baghue, ainsy qu est 
acoustum^ faire pour les damoiselles de sa quality. 
Que, r^servant ma sepulture, y soit fait seulement une 
croix de careaulx jaulnes ; et en la muraille, audevant 
d'icelle, taill6 et pos6 ung moyen 6pitaphe de pierre 
noire polye, et en icelle grav6 ung crucifix et ma repre- 
sentation devant mes quartiers et mes armoiries; et 
embas en une table de cuivre sera grave ma m6moire 
avecq les fondations que je faicts. — 10 juillet 1596. 

207. Charles van der Doncq, bourgeois, veuf de 
Jacqueline du Hem et 6poux de Martine Martin, testa 
le 20 juillet 1596. — Je laisse mon corps a la terre 
dont il est issu, et laisse la sepulture en T^glise 
S. Quentin audict Tournay, empr^s celle de Jacque- 
line du Hem, quy fut ma premiere femme, qu'est aux 
carolles (i) pardevant la tr6saurie. Je donne k ladite 
eglise S . Quentin la table d'autel d'alebatre oil est tail- 
lie Teffigie de mon R6dempteur ; et oultre ce,je ordonne 
k mesdits ex6cuteurs de faire faire aux despens de leur 
execution les sallaires et despens qu*il conviendra 
debourser pour la fachon des cassy, huis, pintures et 
escriptures selon que I'oeuvre le requ6ra, voeuillant que 
aux foeuilletz je soye pourtraict avec ma premiere 
femme et mes enfians ; et laquelle table sera mise et 
pos6e contre Tencloture du coeur et d Topposit^ de mon 
enterrement. — 16 aodt 1596. 

208. Barbe Rogier, veuve de Pierre Warocquet, 
testa le 6 Janvier 1698. — Item, ordonne* et donne k 
1 eglise deS. Nicaise ung tableau figure d'un crucifix 
en ung cassis de bois. — 12 Janvier 1696. 

(l)OadoDDe a Tournai Je Dom de carolles au d^mbulatoire du 
cboeur. 



— 78 — 

209. Magdelaine de Wittem, veuve de messire Jehan 
Grenu, chevalier, seigneur de Marques, THonnois, 
Ramegnies, grand pr6v6t de Tournai, testa le V avril 
1598. — Est mon intention que le tableau que ay faict 
poindre pour T^pitafTe de mondit feu mary et le mien 
soit au plus tost dress6 et mis, sy ne Tay faict faire de 
mon vivant, k I'opposite et audevant de la tombe de 
mondit feu mary, que ledit fossier sera tenu ouvrir et 
clore k chacune fois que procession se fera au cloistre 
Nostre Dame, comme aussy d'espourer (i) et nettoier 
quand besoing sera. — 20 novembre 1600. 

210. Jeanne van der Doncq, fille de feu Charles et 
de Martine Martin, religieuse k I'abbaye des Pr6s Por- 
chains, testa le 15 avril 1599. — Je donne k ladite 
eglise et abbaye de Nostre Dame des Pretz Porchains, 
pour parfaire et achever les pintures des buys, cassis 
et aultres lieux n6cessaires de la table d'autel donne 
par mondit feu pere pour le grand autel de ladite 
6glise, la somme de cent livres flandres. — 25 juin 
1599. 



(1) Espourei' e&i un terme encore en usage dans le patois et qui 
signifie dpousseter. 



— 79 — 



XVII® SI&GLE. 

211. Hi6romme Denneti^res, ecuyer, fils de feu 
Pierre, testa le 12 Janvier 1601. — Je eslis sepulture 
en r^glise S. Marie Magdelaine, audevant dudit ostel, 
proche de Timaige de la Trinite. Item, j ordonne, sy 
de mon vivant je n'ay faict faire ung beau tableau pour 
estre pos6 k I'eglisede S. Jacques ou bien une table 
d'ostel, j'ordonne k mes ex6cuteurs de faire faire Tung 
ou Taultre, ung an apres mondit trespas, ordonnant 
estre employ^ pour une fois cent florins. Item, j ordonne 
k r^glise du B6guinage, k Tavanchement d'ung drap 
d'autel au cceur, six florins. Item, j'ordonne tant au 
grand autel que k I'autel de la Magdelaine et de la 
Vierge Marie que de S. Maturin, a chacun d'iceulx 
autels, une nappe d'autel,et k Thostel de ladite Magde- 
laine ung drap d'ostel de velour griz ou verd . Et aussy 
j'ordonne au cloistre des Augustins de ceste ville ung 
drap d ostel de velour cramoisy, pour leur grand autel. 

— 15 septembre IGIO. 

212. Antoinette Pr6vost, veuve de Jean Desrosi^res 
et femme de Pierre Desgniault, testa le 25 juin 1601 . 

— Je donne et I6gate k Jos Desrozieres, fils de 
Anthoine, mon chapelet de coral avec une croixd'argent 
dor6, et ung anneau d'or k teste de mort pour luy faire 
quelque baghue, le cas advenant que Dieu permect 
quil prend I'estat sacerdotal. — 24 septembre 1601. 

213. Jeanne Maronnier, veuve de Pierre Le Blan, 
testa le 13 juillet 1601. — Je prive et exh6rMe Didier 
Le Blan, mon fllz, pour son mauvais gouvernement et 



— 80 — 

d6sob6issance qu'il m'a fait, et aultres justes causes et 
considerations a ce me mouvant ; toutesfois sy k I'ave- 
nir il se venoit k soy mieux comporter et obtenir de 
leurs Alt^zes remission de Thomicide par lui commis, 
et non autrement, je veulx quil viengne k partir en 
mesdits biens aussy avant que sesdis fr^re et soeur, 
chacun pour tiers. — 18 juillet 1601. 

214. Jehenne Sacquin, veuve de Guillaume Le Cerf, 
testa le 25 octobre 1601. — Je donne k Jehenne Sac- 
quin, vesve de feu Jehan de Haynault, une pensSe d'or 
et ung pot de cuivre. — 30 avril 1607. 

215. Jeanne Le Joincte, veuve de Gilles Frighenne, 
testa le 10 novembre 1601. — Je donne k Jehenne 
Frighenne, fille de feu Samuel, une pensee d'or pour 
une m6moire et souvenance. — 15 novembre 1601. 

210. Hector Odolf testa le 22 f6vrier 1602. — Je 
donne k T^glise de S. Nicaise, k I'advanchement d'ung 
candelabre devant Tautel S. Nicaise, une obligation, 
pass6e pardevant notaires, portant la somme de cine- 
quante livres flandres. — 27 fevrier 1602. 

217. Mahieu Vincqui^re testa le 9 decombre 1602. 
— Quant a mon corps, le laisse a la terre dont il est 
issu, voeuillant et ordonnant qu'il soit inhum6 au grant 
altre des morts de ladite 6glise S. Brixe; et que au 
pied de la place soit mis et appos6 une croix de bois 
assez haulte, en laquelle soit despainte le Jugement de 
Nostre Seigneur avecq deux angles trompans (i) et 
annonchans son 6v6nement, et au pied dlcelle la r6pu- 
tance et quelque m6moire de moy. — 20 d6cembre 
1602. 

218. Catherine de la Hamaide, veuve d'Henry 



(I) C*dtait la representation du Jugement dernier, et deux anges qui 
sonnaient de la trampette. 



— 81 — 

Goudt,6cuyer, testa le 10 d6cembre 1602. — Je donne 
4 ladite 6glise S. Quentin une petite table d'autel fort 
dor6e avecq ung crucefix au milieu, estant ordinaire- 
ment en ma sallette de devant, pour pendre au plus 
pr6s de ma s6pulture. Item, je donne k Martin Goudt, 
mon filz, trois chandeliers grandz ou ouvr6z de certain 
brancaige, deux salli^res ouvr6es de meisme,un grand 
chandelier k double brancaige, six coussins faicts k 
I'esghuille, toutes les pieces de lassement de diverses 
couleurs mesl6es qui seront trouv6es en ma maison 
apr^s mon trespas, deux hanepeaux (i) de soye avecq 
les potz y servans, deux tapis de table, une petite 
pi6che de tapisserye de verdure faict k grand foeuil- 
laige avecq la figure de plusieurs oseaux, ung tableau 
paint k Thuille oil est pourtraict les Quatre Evange- 
listes, avecq le custode de bois y servant, une chai6re 
d'homme couverte de certain ouvraige verd et rouge, 
trois coussins de tapisserye de verdure, une table d'au- 
tel paincte k Thuille, au milieu de laquelle sont pour- 
traicts les Trois Rois adorans Nostre Seigneur. — 
19 octobre 1007. 

219. Jean Le Conte, pretre et cure de S. Jean, testa 
le 3 septembre 1603. — Que mon corps soit inhume 
au mitan du choeur, asscavoir entre les deux pulpitres 
de cuivre et de fer. Sur mon tombeau Ton y fera mec- 
tre une lame de pierre longue de cincq piedz, au mitan 
de laquelle sera ung crasselin (2) et escuchondanslequel 
sera une croix et chappeau d'espine avecq mon dicton, 
et desoubz un calice. J ordonne sept flambeaulx, des- 

(1) Hanepeaux est ici mis pour houppcaux, sorte de plamet tenant 
lien de bouquets. 

(2) Le crasselin est une petite lampe; c*est un souvenir dcs lannpes 
fundraires. Notre patois a conserve le mot crochet pour designer cer- 
tains luminaires nagueres encore en usage dans les campagneF. 

ANNALBS. IV. 6 



— 82 — 

quelz les cincq seront k la bierre, le sixiesme devant 
Tautel de la Vierge Marie, et le septiesme devantrautel 
de S. Jehan, mon patron. — 5 avril 1606. 

220. Nicolas Robert testa le 23 septembre 1603. — 
Je donne k Marie Robert, ma niepce,uDg enneau d'or 
en forme de cachet, pour une m6moire. Item, je donne 
a mon fiUoeul, frere Jacques Hespiel, prieur de Beau- 
repert, affin qu'il prie Dieu pour mon ftme, mon hor- 
loge avecq les appeaulx et ses appartenances pour en 
joyr viagi^rement, weuUant que, son trespas advenu, 
laditc horloge avecq ses appartenances retourne h ma 
soeur Jacqueline aussy viagiairement, pour, son trespas 
advenu, appartenir k sa soeur OUive ei maistre Jehan 
Richart, son mary. 

221. Jeanne Desmaretz, veuve de Jean Douville, 
testa le 18 novembre 1603. — Je donne et legate a 
Pierre Douville, mon filz, ung chandelabre de cuivre; 
item, une longue nappe damass6e; item, deux tableaux 
de paincture a Thuille, Tung sur bois portant I'imaige 
de S. Pierre preschant, et Tautre sur toille enchassee 
en bois, portant les imaigcs du roy David et du roy 
Salomon, lequel scrt au mantcau de la chemin6e de la 
sallette de la maison ou souUons demourer en la rue 
Capon par bas. Item, je donne et 16gate k Jehenne 
Douville, fille de mondit filz Pierre, ung tableau painct 
sur toille encass6c en bois, contenant la repr6sentation 
du Sacrifice de David. — 3 juillet 1607. 

222. Henry Mosnier, lapidairc, testa le 24 novem- 
bre 1603. — Donne aux cnffans dudit de Roucques, 
telz qu'ilz sent k pr6sentet non aultrement,une callesin 
pesant six livres, scavoir une pierre aultrement appel- 
lee en franchois Isadre, pierre centre la gravelle, vail- 
lable Tonce pour le moings cent florins. — 20 aoM 
1607. 



— 83 — 

223. Anne Lagaige testa le 10 ftvrier 1604. — 
Quant h son corps, le laisse k la terre, dont il est issu, 
veuillant et ordonnant qu'il soit port6, avec six flam- 
beaux, par les religieuses Artes-Vies, en ladite 6glise 
S. Catherine, pour estre enterr6 audevant de I'hostel 
Nostre Dame; et que pardessus sondit corps soit mise 
une lame grav6e. — 5 avril 1604. 

224. Nicolas le Poyvre, 6cuyer, testa le 15 juin 
1604. — Je donne k Guillaume de Blasere mon bra- 
selet d'or; et k Jean de Blasere, aussymon nepveu, ma 
m6daille d'argent avec deux m6dailles d'or, lesquelles 
ne sont point encloz au braselet, et ung anneau d'or 
avecq une pierre qui fortifle la veue; item,i Lambrecht 
de Blasere, ungne pi^ce d'or turquisses (i), trois pieces 
d'argent antiques, ung aultre d'argent dor6, ungne 
pi6ce d'or laquelle porte pour effigiel'anneau de Nostre 
Seigneur. — 5 fevrier 1610. 

225. Agn6s de Lestr6e, veuve de Jacques Bouton, 
testa le 14 novembre 1604. — Je donne a mesdites 
cousines vesves de Flines et d'Appleterre, chacune une 
cuUiere d'argent, pour souvenance et amitie. Item, je 
donne k Simon Vervenne, mon cousin, ung anneau d'or 
k choisir entre ceulx qui seront trouv6z aprds mon tres- 
pas. — 17 novembre 1604. 

226. Jeanne Cousin, veuve de Quentin Haroult, 
testa le 19 Janvier 1605. — Je donne k Jacques 
Haroult, filz de Jehan, ung pot de ver couvert d'argent; 
et k Gerard Haroult, son frdre, une clochette d'argent. 
— 9 fevrier 1605. 

227. Madeleine Helbaut testa le 20 Janvier 1605. — 
Je donne pour employer tant il'entret^nement del'autel 
que k I'advanchement d'une robbe k la Vierge Marie 

(1) De Turquie. 



- 84 — 

de Tfeglise cath6dralle de ceste ville, la somme de 
quatre livres de gros, deux florins chacune livre de 
gros. Item, je donne k Izabeau Vervy ung rabateau, 
faict a Tesguille, de diverses couleurs. — 28 ftvrier 
1G05. 

228. Jacqueline Faucquet, veuve de S6verin Boien, 
testa le 18 f6vrier 1605. — Je donne a S6verin Gros- 
seau le pourtraict de feu S6verin Boien, mon mary. 
Item, je donne k Denis Grosseau le jeusne une pi^ce 
de peinture estant pourtraict de Judicq et Holoferne. 
Item, je donne k Jehenne, ma servante, une Agnus 
d'argent. 

229. Jacques Lanselle, marcband, testa le 22 mars 
1 G05 — Je donne a I'^glise et paroisse Nostre-Dame 
une pi^che de tappisserie estant pr^sentement sur mon 
lict. — 23 mars 1605. 

230. Marie Desmaret, veuve de Quentin Moyart, 
testa le 31 mars 1605. — Je donne k Tfeglise S. Mar- 
gueritte une grande nappe, et ung agneau d'or k 
rimaige de la Vierge Marie de ladite paroisse S. Mar- 
gueritte. — V avril 1605. 

231. Jean Deghe testa le 2 mai 1605. — Je donne k 
la chapelle des Filles-Dieu k S. Piat ung cbandelier 
pour mectre et atachier au mur audevant de Timaige 
S. Jehan, que leur ay donn6, et avecq ung demy cher- 
cle avecq des gourdines pour tirer audevant dudit 
imaige. 

232. Vast Paucquet, bourgeois, testa le 28 novem- 
bre 1605. — Je donne et 16gate k Yzabeau Pocquet, 
ma flUe aisn6e, femme de Balthazar Dismal, ung cha> 
pelet de coral avecq les pater d argent dor6, ung 
S. Pierre d'argent dor6 avecq une pierre embas, estant 
escript sur le doz dudit imaige Pierre Te^^cau^ avecq 
une branchette de coral rouge encass6 en argent, avecq 



— 85 — 

une croix d'argent dor6 aiant rimaige de Nostre-Sei- 
gneur et de la Vierge Marie. D'avantaige, je laisse k 
icelle Izabeau un anneau d'or, aultre anneau d'or rond 
de mariaige de ma dite feue femme sa mdre, ung 
anneau d'or k blanche table esmailli6, ung anneau d'or 
avecq une perle, et une petite chalnette d'argent. Et a 
Marie Pocquet, ma fiUe, femme a Jehan de Moronval, 
cousturier, luy donne et 16gate semblablement une croix 
d'argent avecq un crucefy eslev6, avecq ung curdent et 
une louchette d'argent se mettant le tout dedans ladite 
croix, le signe d'or de madite feue femme, sa m6re, ung 
anneau d'or tortin6 k fachon de vers, et avecq ce une 
chafnette d'argent au boult de laquelle y at une croix 
d'argent dor6 platte avecq Teffigy de Nostre-Seigneur. 
— 2 Janvier 1606. 

233. Marie van der Straten, veuve de Jean de Case- 
makere, testa le 17 mai 1606. — Ordonne et donne 
k r6glise paroiscialle de S. Nicaise, pour peindre sur 
la table d'autel, estant pr^sentement au coeur, deux 
images, I'une de la Vierge Marie et Taultre de 
monsieur S. Jehan I'Evang^liste, pour une fois la 
somme de soixante livres flandres. A mademoiselle de 
Hurge, donne ung petit autel comme il est acoustre, 
ung coeur d'argent et une baghe d'argent dore. — 
24 mai 1606. 

234. Antoinette PouUereau, native de Pippaix, 
maltresse d'6cole, testa le 14 mai 1608. — Quant k mon 
corps, je requiers et prie qu'apres mon trespas il soit 
enterr6 en I'eglise de la Societ6 de J6sus en ceste ville 
de Tournay, devant la chapelle de Nostre-Dame entre 
les deux premiers pilliers, s'il se peut faire, ou selon 
la commodite du lieu. Je donne mon Agnus d'argent et 
mon chapelet d'orenge k mon frere Michiel, et ma croix 
d'argent et mon petit noir chapelet a mon frere Jacques. 



— 86 — 

235. Marie de Lannoy, veuve de monsieur de Cor- 
vigny, gouverneur de Grave, testa le 14 juillet 1G08. 

— J ordonne que soit mise une pierre en ladite 6glise 
de S. Jacques, ou sera repr6sent6e madite soeur et 
moy, en quoy emplieroit mes executeurs cincquante 
florins. En oultre se fera ung 6pitaffe de cuivre en la 
muraille, ou se couchera par escript la fondation de 
mon obit. Item, je donne k Marie de Lannoy, ma 
niepce, femme k monseigneur d'Hallennes, ma tappis- 
serie avecq la bordure orreng6e, appell6 grands dents, 

— 15 septembre 1608. 

236. Jeanne Joseph, fiUe de Michel, testa le 
29 novembre 1608. — Je donne k la chappelle Nostre- 
Dame de Ilalzembergue, fond6e en ladite 6glise 
S. Piat, ung mouchoir de calix (i), avecq ung rabat 
servant audit autel. Item, je donne a monseigneur le 
pasteur de ladite eglise ung tabeleau \k ou Nostre- 
Seigneur est en croix, enchass6 en voire, avecq mon 
baston (2) de confrarie, aflSn qu il lui plaise prier Dieu 
pour mon dme. Item, je donne a Catherine Lahaize, 
fille de Pierre, deux annelz d or. Tun a quattre perles 
et une pens6e. 

237. Marie Saiguier, 4g6e de 18 ans, testa le 
24 mars 1609. — Elle donne k sa soeur Anne une 
verghe d'or enchass6e d'une pierre rouge. Item aussy, 
elle donne a son frere Jean une chinture d'argent avecq 
les chalnettes y servant d'argent, nomm6e en commun 
gasserant ou hemicuUes. Item, elle donne k la fiUe 
Guillaume Moncheau ung poupon d'argent servant a 
chinture. — 3 avril 1609. 

238. Anne Pr6vost, ag6e de 51 ans; testa le 12 mai 



(1 ) C'est sans doute un purificatoir. 

(2) Cierge. 



— 87 — 

1609. — Donne k I'Sglise de S. Jacques, pour Torne- 
ment du choeur, deux tableaux de satin jaune, et pour 
la chappelle de la Vierge Marie deux JSsus vestus de 
satin rouge; pour la chappelle de S. Elizabeth (au 
B6guinage), deux coussins de satin jaune. 

239. Marie Pesin testa le 1" septembre 1609. — 
Je donne k ma soeur Jenne Pesin ung chevet, avecq 
ung roUe de la Descente des Roys de Franche. — 
16 septembre 1609. 

240. Francois de Bargibant testa le 12 Janvier 

1610. — Je veulx et ordonne qu'en icelle eglise 
S. Pierre soit faicte une 6pitaffe au lieu plus propre et 
proche de ma s6pulture, vaillable trois cens livres flan- 
dres, avecq ung pourtraict le plus dfevotieux que faire 
se polra, et aux foeuilletz les pourtraicts de moy, ma 
feue femme et entfans selon leur ordre et habitz, et 
pardessoubz une lame de cuivre oil seront escriptz les 
jours et ans du trespas desdits deffunctz selon que se 
trouvera escript en mon livre-journal. — 18 juillet 
1616. 

241. Adrienne Le Roy, veuve de Philippe Desbou- 
vries, testa le 8 fevrier 1610. — A la paroiche Nostre- 
Dame de ceste ville, je donne ma tapisserie figur6e a 
I'imaige ethistoire de Salomon, pour la decoration de 
r^glise. 

242. Jeanne des Espringalles, veuve de Simon 
Grenut, chevalier, seigneur du Fay, testa le 24 octobre 
1610. — Je donne k ladite 6glise S. Quentin la somme 
de deux cens florins carolus pour une fois, pour faire 
ung epitaphe en m^moire de mondit feu mary et de 
moy, lequel 6pitaphe sera mis et pos6 au coeur de 
ladite 6glise. — 30 octobre 1610, 

243. Jean de Male, veuf de Jeanne d'Apleterre, 
testa le 28 juin 1611. — Je requiers, si faire se pent, 



— 88 — 

que mon corps soit ensepultar6 dans renfermeture de 
la paroische Nostre-Dame, aupres du tombeau de feue 
ma bien aym6e femme Jenne d'Apleterre ; et que T^pi- 
taphe que j'ai prepar6 de mon vivant, de la Nativit6 de 
Nostre-Seigneur, soit mis k mon 6glise paroischiale 
(de S. Jean), contre le mur aupres des orgues. A ma 
soeur, dame Jenne de Male, religieuse k Tabbaye des 
Pretz Prochains, je laisse Tusaige, sa vie durant, de 
mesdites lunettes et custode d'argent. — 4 juillet 1611. 

244. Nicolas Monnart testa le 3 fevrier 1612. — Je 
veu que k mon filz Jean soient 1 aiss^s les pourtraicts 
de moy et de ma femme, points k Thuille sur deux 
tableaux estant en ma salette, pour m6moire de moy et 
de sa m^re, et pour icy aprds les monstrer k ses freres 
et soeurs, et eulx retourner apr^s luy. Je donne a mon 

filz Noel, religieux k I'abbaye de (d6chirure dans 

Tacte), deux aultres tableaux points a Thuille, estant en 
ma salette, Tung estant la remembrance de Nostre-Sei- 
gneur descendant de la croix, et Taultre de la benoite 
Vierge Marie, et che pour les maistre en sa chambre 
a celle fin qu'il aise m6moire de prier Dieu pour mon 
Ame et pour celle de sa mere. Item, je donne k nostre 
eglise de monseigneur S. Jacques mon crucifix, avecq 
la Nostre-Dame de Sicquem (i) encass6 en or fin, repo- 
sant audessus dudit crucifix , pour orner le grand autel 
de nostre dicte paroisse et pour estre recommando aux 
pri^res et oroisons des gens de bien. 

245. Jean Ma3nens,fils de feu Jean,natif de Schelle- 
belle, testa le 7 mars 1612. — Et comme Teglise 
paroichialle de Schellebelle a est6 depi6cha par les sec- 
taires et ennemis de nostre saincte foy catholicque, 
apostolicque et romaine quasy du tout ruinee, bruslee 

(I) C'est un lieu de pelerinage situd daas le Brabant. 



— 89 — 

et sacc'ag6e,n'estant encoires deuement r6paree et mise 
en estat deu, je luy donne et legate k Yeffei et advan- 
chement de ladite reparation, la somme de cent livres 
tournois. Item, a Teglise paroichialle de Wettere, 
aussy pays de Denremonde, a present pareillement 
d6molie et non deuement r6par6e, comme dessus je luy 
donne et legate aussy semblable somme de cent florins 
carolus. Item, je donne a Marie Bacheler, fille de 
madite niepce, une noix d'Inde enchass6e et bord6e 
avec pied d'argent, et aussy luy donne demye douzaine 
de cullers d'argent. 

246. Isabeau Destailleur, veuve de Cornille Belle- 
vergue, testa le 15 mars 1612. — Je donne i I'autel 
S. Jean d'icelle 6glise S. Marguerite une nappe roy6e, 
ung Jesus accoustr6 d'une robbe de satin rouge, deux 
houppeaux de sole, deux chandeilles de bois blanche, 
deux coussins de di verses couleurs, ung aultre grand 
coussin pour agenouillier le pasteur, et une couronne 
servant a couronner le Saint-Sacrement. Item, je 
donne k Robert Moreau, haultelisseur, demeurant au 
Chasteau, ung tableau du Despendement de la croix 
de Nostre-Seigneur, avecq ung aultre tableau petit, 
semblable au susdit, k Simon Petit. — 24 mars 1614. 

247. Jeanne de Rickevart, 6pouse divorsee de 
Jacques Ymelot, testa le 17 mai 1612. — Sy at aussy 
ladite damoiselle de Rickevart donn6 au seigneur de 
Gram6 une mSdaille contenant sept diamans encass6 en 
or. Item, at aussy donn6 et donne a Marie de Ricke- 
vart, sa soeur, son eflSgie et la pourtraicture de son 
grand pere. 

248. Jeanne Desbouveries , femme de Denis du 
Chambge, testa le 28 mai 1612. — Je donne et legate 
a la paroisse de Nostre Dame une mienne table d autel 
sign6e de TEpiphanie ou Adoration des Rois, reposant 



— 90 — 

sur le buffet de nostre grande salette, venant de mes 
p6re et m^re, pour, apr^s le d6c6s de inondit mary, 
estre pos6e avoecq soubscription par forme d'escripture 
en lettres d'or, au mieux agensy qu'ils polront, con- 
tenant ces mots ou leur substance, que ladite table est 
1^ mise par Denis du Change, marchant, et Jenne 
Desbouveries, sa femme, pour d6coration de ladite 
paroisse et en m6moire de Phelippes Desbouveries, 
vivant aussy marchant, et damoiselle Adrienne Le 
Roy, sa femme, pour servir d'occasion k leurs bien- 
voeillans de prier Dieu pour le salut de leurs &mes. 
Quant aux effigies et pourtraictz de mes p^re et mSre 
et maistre Gaiter Le Roy, mon oncle, j'entend que, 
apr^ le trespas de mon mary, en souvenance d'eux, ils 
soient mis 6s mains de maistre Nicaise Bourdeaus. 
J'entens aussy que la tapisserie, laquelle m'est succ6d6e 
de ma mere, moindre en grandeur mais plus fine que 
les autres, soit et appartienne, apr^s le d6c^ de mondit 
mary, aux P^res de la Soci6t6 de J6sus de ceste ville, 
en d6coration de leur 6glise. 

249. Charles de la Hamaide, fils de Rogier et dlsa- 
beau de Tenremonde, testa le 12 juillet 1612. — Eslis 
ma sepulture, mon ftme separ6e de mon corps, au lieu 
de ma residence, devant tel lieu ou plache que mes 
proces amis trouveront bon, au coeur ou nef d'icelle, 
ou sera mise une lame ou epitaphe de pierre, mes 
armes et cartiers graves, et recordation des trespasses, 
affin de par les passans y avoir une pri^re salutaire. 

250. Cornille Plateau et Catherine Saumont tes- 
ter ent le 18 decembre 1612. — Ordonne que soit faict 
au grand autel dudit S. Nicaise ung drap d'autel de 
chansean (i) de couleur brun noir avecq une croix rouge 

(1) Chansean pour changean^ sorte d'dtoffe de sole, qui se fabriquait 
sp^ciaiemeot k Valenciennes. 



— 91 — 

au millieu, avecq passement et fringes semblablement 
rouges. — 13 f6vrier 1613. 

251. Agn^s Daire, veuve de G6rard Horstinck, 
testa le 29 mars 1613. — Consid6rant les services, 
plaisirs et amiti^z que j'ay receu de feu Jean de la 
Fosse, seigneur de Robersart, mon nepveu, je donne 
k son filz Philippe, mon filloeul, ma plus grande pieche 
de tappisserie que j'ay besoign6 de ma main. Item, 
pour les mesmes considerations, je donne k sa fiUe, 
damoiselle Marie, tons mes ouvrages que j ay besoign6 
de ma main avecq du fillet blancq dessus le lachement, 
etquatrecourtinesde taffeta cram oisy.' — ITaoiit 1618. 

252. Isabeau Lemaire, veuve d'Adrien Hovine, testa 
le 2 aodt 1613. — Je donne k r6glise dudit S. Nicaise 
ung table d'autel sur laquelle est pinte THistoire des 
Trois Rois. Item, k Catherine Th6art, ma niepce, je 
donne ung tasse d'argent avecq une roze. — 19 Janvier 
1615. 

253. Gervais de Cambry testa le 12 Janvier 1614. 
— Ordonne que, au lieu et en Teglise oii je seray 
ens6pultur6, soit, audevant de ma s6pulture, 6rige cer- 
tain 6pitaphe jusques k la valeur de deux cens florins 
pour une fois et pour le moins. Item, je donne k Fr^re 
Denis Taffin, mon cousin, religieux de Chasteau- 
TAbbaye, pour m6moire de moy, une croix d or massi, 
venante de feue nostre tante damoiselle Joraine Taffin, 
et un livre en latin intitul6 la Bregiia (i), avecq ma 
petite table d'hostel quy est sur le buffet en ma salette. 
Item, je donne a F6dricq de Preis, mon nepveu, douze 
plats boutons d'or emmailles, estans et servans a un 
mien cordon de chapeau. Item, je donne a damoiselle 



(1) Le titre veritable est Revelaiiones sanctce Briffittce, doot il j ade 
nombreuses ^itions. 



— 92 — 

Margaerite de Preys, femme a Charles Hannart, sei- 
gneur de Biselingoe, Tun de mes anneaux a pierre de 
zaphire, ascavoir ceUuy taillie a divers coings. Item, 
je donne a Gervais Hannart, mon fiUoeul, fils dadit 
Charles Hannart, pour m^moire et souvenance de moj, 
la bague d or emmaiUiee quy est a mon bon chapeau , 
contenaDte ung ruby, diamant et trois perles. Item, je 
donne a ma fiUoeule Franchoise Surhon, mon Agnus 
l)ey enchasse en or. — 21 Janvier 1614. 

2oi. Pasque Obry testa le 11 avril 1614. — A 
Tadvanchement que pour faire ung coeur en la chapelle 
des pauvres aveugles (i) en la paroisse S. Nicaise, at 
donne trente six livres flandres. 

255. Armand Estienne, dit de Malines, testa le 
30 avril 1614. — Je laisse mon corps a la terre dont 
il est issu, pour estre enterr6 ou cloistre de Nostra 
Dame, ou je choisi ma sepulture dessoubz la paroisse, 
ordonnant que la vaussure de dessus ladite fosse sera 
pointe de quelque representation pieuse, k la discretion 
de mes executeurs. — 28 avril 1621. 

256. Marie de Barbaize, veuve de Jacques de 
Thouars, 6cuyer, seigneur de Cattegnyes, testa le 
27 mai 1614. — Je donne a Magdelaine, ma fille 
aisnee, ung den de loup enchass^ en or. Item, je donne 
k ladite Magdelaine ma chaine de perle avecq une croix 
d'or et de pierrerye, une aultre chaisne d'or grosse de 
trois tours, quinze boutons d or, une esguille d'or, une 
paire de bracheletz d'or. Item, je donne a Jenne, aussy 
ma fille, une aultre chaine d'or de huit tours, k petits 
chaisnons, avecq quinze boutons d'or et une croix de 
pierrerye. — 30 mai 1614. 



(1) La Maisondes Aveugles fut fondle en 1351 par Laurent de Hoi- 
lande, dans la rue Tuepois. 



— 93 — 

257. Marie Bolteau, veuve de Simon Simon, testa 
le 2 juin 1G14. — Je veulx et ordonne a mesdits ex6- 
cuteurs que, incontinent ou peu aprte mon trespas 
advenu, ils aient ^ faire ung epilafle de bois ou sera 
pourtraict Nostre Saulveur en croix avecq la Vierge 
Marie et S. Jean, et aux foeuilletz les pourtraictures 
de monditfeu mary, de moy et dedouze enfTans qu avons 
eu ensamble, le mieulx quon pourra; et hors desdits 
foeuilletz, ce que trouveront bon mesdits ex6cuteurs; 
de telle grandeur et semblable, ou A peu prds, que 
cellui de feu le seigneur du Fay. — 15 juillet 1G15. 

258. Eloy Le Veau testa le 17 juin 1614. — Je 
donne et legate h Eloy, mon filz aisn6, une chaine 
d'argent dor6e, mon sign6 d'or, ma turquoise enchassee 
en or, une vasselle d'argent portant Teffigie de S. Eloi, 
ung b^cre et salli^re d'argent; k Jean, mon filz puisn6, 
une vasselle d'argent, un anneau d'or k pierre de ruby, 
ung aultre anneau k pierre de diamant, une petite 
clochette etgondoUe d'argent. — 19 juin 1614. 

259. Nicolas Robert, prfitre et chanoine de Renaix, 
testa en juin 1614. (Voir n° 220). — Quant k mon 
corps, je prie et requiers mes executeurs le vouloir 
faire enterrer et ensfepulturer, sy possible est, en 
Teglise paroissialle de S. Piat en Tournay, lieu de ma 
naissance et sepulture de mes feus p^re et mdre, desi- 
gnant k ce pour lieu et place particuli^re pour y 
dresser quelque epitafe en m^moire de moy au milieu 
de la chapelle Nostre Dame de Haulsemberghe k 
I'opposite de I'autel pres de la muraille, ou je veu et 
ordonne qu'il soit pos6 une belle lame. Item, contre 
ladite muraille dudit endroit y soit dress6 ung beau 
tableau ou 6pitafe en pierre tailli^e ou pour Ic moings 
en bois pinct, suflSsant et pour durer longues ann6es. 
Item, pour souvenance et memoire de moy, je donne 



— 94 — 

et laisse a ladite ^lise de Renaj le tableau estant snr 
mon buffet, repr^sentaut Nostre Seigneur portant sa 
croix, auquel y sera mis ung cul de lampe ou certain 
pied pour y mectre quelque escriteau, pour Tattacher 
et poser en tel place de ladite %lise que mes ex6cu- 
teurs trouveront la plus convenable. — 17 juillet 1614. 

260. Ysabeau le Pr6vost, b6guine, testa le 13 Jan- 
vier 1615. — Je donne k leglise S. Marie Magdelaine 
une paire de coussins de satin blancq roy6 d'or, avecq 
une boitte de corporal aussy de sattin blancq roy6 d'or. 
Item, je donne k ladite eglise des Augustins six pitches 
de parement d'aultel. Item, je donne a Tfeglise S. Jac- 
ques deux tableaux d^allebastre molue et deux tableaux 
de bois dore avecq des voirs, pour la decoration du 
grand aultel. Item,je donnea la maison de S. Agnte(i), 
pour la decoration de leur oratoire, deux grands JSsus 
avecq les aomemens k eulx servans. Item, je donne k 
mon cousin Anthonne de le Court une croix de S.' Gr6- 
goire attoure et aom6e de fleures d'argent, avecq 
rimaige de la Vierge Marie compos6e du bois de 
Nostre Dame de Montaigu (j?). — 4 mai 1615. 

201. Claire de Hanne, veuve d'Antoine Simon, testa 
le 14 juillet 1615. — Au regard des vasselles et argen- 
teries, je I6gate k ma fiUe Jenne une vasselle d'argent 
ay ant la marcque de mon mary grav6e dessus, et 
oultre ce une salli^re d'argent. Item, je donne k ma 
fille Marie une aultre vasselle d'argent ayant pareil-* 
lement la marcque de mon feu mary grav6e dessus, et 
avecq ce une salli^re d'argent. Je donne k ma fille 
Clare la couppe d'argent dor6e avecq nn petit goblet 



(1) Coosulter sur cet ordre la notice que je lui ai consacr^e, au 
tome XXIV des Bulletins de la Soc. hist, de Tournai. 

(2) Lieu de pdlerinage cdldbro en Belgique. 



— 95 — 

d'argent quy est comme ung cuvelet. Item, je donne 
k mon filz Jean la vasselle avecq la figure de V6nus et 
la coquille de perle encass6 en argent dor6, avecq ung 
pot de pierre convert d'ung couvercle d'argent, et 
oultre ce ung anneau h poincte de diamant et une 
verghe d'or ronde. Item, je donne k ma fiUe Catherine 
une vasselle ayant dessus comme en forme de balle de 
laine, et avecq ce ung petit goblet ayant dessoubz 
la marcque de mon feu mary. Item, je donne k ma fiUe 
Franchoise la grande vasselle que luy at estee donn6e 
L son baptesme, avecq deux cuUi^res pareilles k la 
demye douzaine. Je donne k ma fiUe Anne le plus petit 
grand becre d'argent avecq la petite vasselle d'argent 
n'ayant aulcune graveur au mittant, item deux culi6res 
d'argent pareilles k la demye douzaine, et ung anneau 
ayant des perles allentour, appell6 cgpeau d'Espaigve, 
Item, je donne k Magdelaine, ma fiUe, le plus grand 
beckere d'argent oii est escript dessoubz le nom de ma 
belle-m^re Franchoise Pelet, avecq une petite pource- 
laine encass6 en argent dore, et oultre ce deux culieres 
d argent pareilles k la demye douzaine, et deux aultres 
culi6res d'argent quy sont journellement au mesnaige, 
avecq ung anneau d'or estant ung signet. Item, je 
donne ma chaine d'argent dor6e a mes deux petites 
fiUes, Anne et Magdelaine. D'avantaige je veulx et 
ordonne que, durant le terme de deux ans apr^s mon 
trespas, mes filles ^ marier demoreront avecq mon filz 
Jean sans pai'er aulcune table, ains feront le provision 
du mesnaige ainsy que de mon vivant et comme k pre- 
sent sans chambgement, dont ceulx quy seront mariez 
viendront festes et dimanches au soupper, comme ilz 
ont accoustum6 de faire. — 19 f&vrier 1618. 

262. Marguerite de Fiefz, veuve de Raphael Lange, 
testa le 7 Janvier 1616. — Donne k I'autel S. Maturin 



— 96 — 

de leglise paroissialle de Marie Magdelaine ung Agnus 
Dei d argent qu'elle a, pesant une once ou environ 
d argent. Item, donne k T^glise dlvernyes deux pelits 
tableaux de bois, Tung portant Timaige de Marie 
Magdelaine, Taultre des Sept Douleurs. Et k Tabbaye 
de Groeninghe lez Courtray, elle donne deux tableaux 
de bois oii sont les imaiges de Dieu le Pere et Dieu le 
Filz. — 20 avril 1G26. 

263. Jeanne de Lannoy testa le 7 Janvier 1616. — 
Je donne a Marie de Lannoy, fiUe de Jean, une paire 
de cousteau avecq une chainette d'argent, telle que je 
porte. Item, je donne k Catherine de Lannoy, fiUe de 
Guillaume, un anneau d or avecq un ruby dessus. Item, 
je donne a Jenne de Lannoy, fille dudit Guillaume, 
une verghe dor, telle que je porte k present. 

264. Anne de Bernemicourt, douairiere de Querec- 
ques, testa le 20 mai 1616. — Je rends mon corps k 
la terre, pour estre inhum6 en la chapelle de la 
paroisse en T^glise de S. Pierre en ceste ville d'Aire, 
dessoubz le tombeau y estant, venant des pred6cesseurs 
de monsieur de Querecques, mon mary. Je donne a 
Tautel d'icelle paroisse une devanture de satin cramoisy 
oil seront brodez les armes de Croy et Bernimicourt 
avecq les effigies de S. Eustache et de madame 
S. Anne; a monsieur le vicomte de la Thieulloie, mon 
nepveu, mon carquant (i) dor enrichy de pierries; 
a monsieur de Cottenes, ma monstre d'horloge avecq 
le resveil; k dame Margueritte, sa fille, une cuUiere 
d'or enrichie de pierries ; k maistre Jacques Descamps, 
greffier de ceste ville, la somme de deux cens florins 
une fois, pour estre emploiez en deux couppesou seront 
armoiees mes armes. 

(I) Carquant f sjnoDjme de carcan, sorte de collier. 



— 97 — 

265. Catherine Drapier, veuve de Gilles Cachoire, 
testa le 12 fevrier 1617. — Je donne a Nicolas 
Cachoire, mon filz aisn6, mon cheval et ma charette 
avecq les harnesures y servantes. D'avantaige, je lui 
cede et accorde en louwage, pour le terme de noeuf 
ans, a en joyr apr6s ma mort, mon moulin k leaue, 
Testable de cheval, les six marteaux, le levier, le coc- 
quilliart et tous aultres ustensilz d6pendans dudit 
moulin. — 15 f6vrier 1617. 

266. Simon Deswatines, capitaine enseigne de la 
compagnie collonelle du raiment de Don Guillelme 
Verdugo, s'acheminant k la guerre d'ltalye pour le ser- 
vice de Sa Majest6 Catholicque, testa le 19 avril 1617. 
— Je veulx que soit 6rig6 ung 6pitaphe en ladite 
6glise S. Jacques, audevant du lieu oH sont enterr6z 
mes feuz pdre et mere, jusques a la valeurde trois cens 
florins. — 29 aoftt 1622. 

267. G6rard Liebart, chevalier, seigneur de Mer- 
lain, testa le 7 juin 1617. — Pour mon corps inhumer 
et ens6pulturer, j'ay esleu et choisy lieu et place au 
coeur del'eglise paroischialle de S. Jacques; audevant 
de laquelle sepulture je veux et en tend estre faict et 
dresse ung epitaphe de valeur de cincq cens florins, et 
qu iceluy 6pitaphe repr6sente la Nativite de Nostre- 
Seigneur, et les foeuillets ma pourtraicture et de ma 
femme moderne, Catherine van der Mecht (i). Item, je 
donne k I'^glise de S. Marguerite une chasuble, deux 
tunicques et deux chappes de damas cramoisy, avec 
passemens d'or pour repr6senter les croix et bandes 
respectivementdesdites chasuble et tunicques armoyees 
de mes armoieries en broderie. Item, je donne audit 
maistre Jacques de Landas, conseiller de S. Brixe, 

(1) Son vrai nom est Catherine van der Meersch. (Du Chastel. — 
G^nialogies tournaisiennes . T. II, p. 455.) 

ANNALBS. IV. 7 



— 98 — 

mon grand amy, Vung de mes bassins d'argent a laver, 
ascavoir celuy quj est armoi6 de mes armes seales. — 
28 avril 1618. 

268. Ambroise Pippart, sorrurier, testa le 3 septem- 
bre 1617. — Je donne k maistre Fremin Pippart, mon 
filz, certaine baghue de christal en forme de coeur 
environn6 d'un cercle d'argent dor6 et ung crucefix de 
mesme pardessus, avecq ung dizain d*ambre blancq, 
venant de son grand p^re. Je donne a icelle Susanne, 
ma fiUe, deux anneaulx d'or avecq lesquelz j'ay espous6 
sa m^re, ung chapelet d'argent, ung petit livret k 
cloans d'argent. — 4 avril 1618. 

269. Marie Monnier, j6suitesse, soeur de Quinte 
Monnier, testa le 11 septembre 1617. — Je donne k 
Anne Tordeau, demeurante k Vallenchiennes, une 
petite pourchelaine k pied d'argent. Je donne k la cha- 
pelle des Jh6suistresses deux paires de houpeaux de 
soye, ensemble les potz dor6z y servans ; aussy je donne 
mon pulpitre k ladite chappelle. — 15 septembre 1617. 

270. Marguerite de Lo belle testa le31 octobre 1617. 
— Je donne k r6glise de S . Marguerite une robbe de 
satin blancq, laquelle sera bord6e d'un passement d'or, 
pour pareret aorner I'imaigede la Vierge Marie d'icelle 
eglise, vaillable quinze florins. — 6 novembre 1617. 

271. Antoinette de Baohy, fiUe de Gilles, testa le 
31 mars 1618. — EUe donne cent florins k I'^lise 
paroissialle S. Brixe audit Tournay pour en estre faict 
et dress6 en ladicte 6glise une imaige de S. Anthone. 
Sy donne k la maison et religion des Carm^lines la 
somme de deux cens florins, pareillement pour une 
fois, pour en aorner I'image de Nostre-Dame qu'elle 
at donn6 k ladite maison des Carm6lines, compos6e du 
bois du chesne oil at est6 trouv6 Timaige de Nostre- 
Dame k Montaigu. — 5 avril 1618. 



— 99 — 

272. Jacques du Mortier testa le 11 juillet 1618. — 
Je donne k la susdite %lise S. Jacques la somme de 
deux cens florins carolus pour une fois, k payer et fur- 
nir pour et en advanchement d'un doxal (i) nouveau, et 
lorsqu'il s'6rigera et non devant ny k aultre effect. 
Item, je veulx qu*il soit dresse en ladite 6glise un 6pi- 
taphe en forme de table d'autel pour estre contigu k 
celle de feu monsieur Liebart, audevant dudit autel 
Nostre-Dame, vaillable la somme de cent florins; 
comme aussy sera faict et dress6 certain escript en cui- 
vre contenant mes fondations. — 23 juin 1636. 

273. Marie de Lannoy, veuve de Jean de Henin- 
Li6tart, chevalier, seigneur de Cuvillers, testa le 
4 octobre 1618. — J ordonne k T^glise de monsieur 
S. Piat ma tenture de tapisserie contenant huict pitches, 
pour se servir les bons jours k tendre T^glise, aussy 
toutes les pitches de caffas cramoisy et caffasblanc que 
j'ay accommod6 pour mettre a Tautel Nostre-Dame et 
de monsieur S. Piat, avecq les gourdines et rabatteau 
semblable, et la robbe de Nostre-Dame figur6e rouge 
et blanc, et deux quarreaux (2) de satin cramoisy et les 
trois pieches d ouvraige blanc pour mettre devant les 
autels, dont Tune est par quarreaux; et aussy un drap 
d'autel de caffas cramoisy avecq les fringes jaulnes, 
que j'ay faict pour servir k Tautel de monsieur 
S.Roch. ltem,je ordonne ^ madamoiselle de Cuvillers, 
chanoinesse de Maubeuze,la peincture de feu monsieur 
de Cuvillers, son p6re. Item, je ordonne a madamoi- 
selle Clare de Steenhuys une tasse d'argent la plus pro- 
fonde que j ay , et ung petit fer de gauffres pour faire 
les oblies (3). Item, je ordonne a ma filloeule Marie du 

(1) Doxal^iuh6, 

(2) Ce soot des coussias. Le terme exists encore en patois. 

(3) II 8*agit ici d*un fer k hosties. 



— 100 — 

Bois une aultre tasse d'argent plus platte avecq mes 
armoiries au milieu. Item, je ordonne k ma niepce 
Helleine de Lannoy, chanoinesse de Maubeuze, mon 
bachin d'argent avecq les bords dor6z et Tesguierre 
semblablc,et mes deux sallieres dor6es,et troispetites 
sallicres d'argent pour mettre sur les assiettes, ethuict 
cuillers d argent. — 9 d6cembre 1625. 

274. Robert Lamy, couturier, 6poux de Jeanne 
Noftcle, testa le 12 octobre 1618. — Donnons a 
r6glise de S. Pierre, pour et k I'advanchement des 
orgues, la somme de 24 livres. 

275. Michelle de Harchies, veuve de Jean d'Ausque, 
chevalier, seigneur d'Aux, de la Nieppe, etc., testa le 
22 Janvier 1619. — Donne k madame de la Comuse, 
sa cousine, son grand reliquaire d'or; a soeur Maroie 
de Harchies, sa soeur, religieuse, son benoistier 
d'argent ; k madame de Failly , aussy sa scBur, les deux 
sallicres d'argent dor6, ensemble tout ce qu'est et 
appartient au cabinet, si comme le pied de miroir d'ar- 
gent, une tapisserie de cuir dor6; k demoiselle de 
Millomm6z, sa niepce, la tour de chaine de pierrerie 
avecq la bague; a monsieur de Rhodes, son nepveu, 
une douzaine de boutons d'or avec le passement d or ; 
a damoiselle Gervaise, le jaseran (i) d'argent avecq la 
culi^re pendant de clef d'argent ; k madame de Hel- 
lemmes,sa belle soeur, une paire de bracheletz d'agatte 
avecq des jarbes d'or ; k monsieur de la Ciornuse, une 
coppette dor6e; k madame de Grincourt, ung curdent 
d'or; k monsieur le pasteur de S. Jacques, ung petit 
Agnus d'or. — 4 fevrier 1619. 

276. Madeleine Th6art, 4g6e de 56 ans, testa le 
26 Janvier 1619. — Quant a mon corps je le d6laisse 

(1) Le jaseran est une chalnette compos^e de petites maillesd'or ou 
d'argent. 



— 101 — 

k la terre dont il est proc6d6, pour estre inhum6 et 
ens6pultur6 en la chapelle de Halzembergue, devant 
Tauthel de la Vierge Marie en ladite chapelle. Item, je 
veulx que devant mon tombeau soit mis et pos6 cer- 
taine table d'authel reprSsentant les TroisRois adorans 
Nostre-Seigneur, avec mon pourtraict. Item, je donne 
k dame Agn^s Le Bon, religieuse au Sauchoit, mon 
tableau de S. V6ronique, quy sera pos6 et mis en leur 
6glise, afin que les religieuses prient Dieu pour le salut 
de mon &me. Je donne a monsieur Monnel ung Agnus 
d'or avecq trois chainettes. 

277. Marguerite Liebart, fiUe de feu Simon et 
femme de Jean d'Espiennes, 6cuyer, testa le 6 mars 
1619. — Je veult et ordonne qu'il soit mis une pierre 
sur ma tombe avecq TeflBgie de deux personnages, Tung 
de mon mary et Taultre de moy, avecq les armoiries 
d'ambedeux. — 17 fevrier 1620. 

278. Barbe du Bois, veuve de Barth6lemy Liebart, 
testa le 17 aout 1619. — Je donne A damoiselle Cathe- 
rine Liebart, veuve defeu Pierre Desmartin, ma cou- 
sine, ma petite tasse d'argent en laquelle je bois jour- 
nellement. Je donne k maistre Jean Liebart trois 
coussins de tapisserie armoy6z avecq chiens. Item, je 
donne quatre coussins faits a Tesguille k damoiselle 
Catherine de la Chapelle ; item , aultres deux coussins 
semblables k damoiselle Marie du Bois, ma niepce. — 
5 fevrier 1621. 

279. Marrie Darre, veuve en 2*^^ noces de Thobias 
de Ilaydendale, licenci6 en m6decine, testa le 19 aoiit 
1619. — Quant au lieu de ma s6pulture, j'entends et 
veulx qu'il soit au cimeti^re de ladite paroisse S. Jac- 
ques, et ce du cost6 de Toccident, vis-i-vis le tombeau 
relev6 de ceux du surnom de Farvacques quy joinct la 
tr6sorie d'icelle 6glise. 



— 102 — 

280. Anne Mamuchet, femme de Pierre de le Croix, 
hautelisseur, testa le 30 septembre 1619. — EUe veult 
et ordonne que soit distribu6 k dame Susanne Mamu- 
chet, sa soeur, dame religieuse k I'abbaje du Saulchoit 
pr6s Tournay, ung chappelet avecq une m^daille dor6e 
du P6re Ignace (i),rymage de S.Anne et une croix de 
cuyvre avecq une Nostre-Dame de Montagus; oultrece, 
une petite ymaige de S. Anne. Si donne et legate k 
dame Jenne de le Croix, religieuse k Tabbaye de Sains 
prez Douay, ung chappelet ay ant trois k quatre 
mfedailles d'argent, et pardessus ce -une Nostre-Dame 
de Montagus, et avecq ce une petite ymaige de 
S. Anne. — 6 octobre 1619. 

281. Quinte Monnier, fondatrice des J6suitesses de 
Toumai, testa le 19 d6cembre 1619. — Je donne k 
Guillemette Locque,ii Franchoise Poullereau,^ Barbe 
La Fosse, k chasque, ung tableau ou qu'il y a des reli- 
quaires. Item, je donne k la chappelle de nostre EscoUe 
mon tableau du bienheureux Pere Ignace. Item, je 
donne k la femme Claude Joveneau Timage de Nostre- 
Dame de Sicquem. — 22 d6cembre 1619. 

282. Guillaume de la Fosse, apothicaire, testa le 
11 juin 1620. — Je donne et laisse k mondit filz, 
maistre Jean, toutes les drogues mMicinales, chucres, 
esp6ces (2) et g6n6ralemerit tout ce enthi^rement quy 
est k ma maison et bouticle, d6pendant de mon art et 
stil d'apoticaire, avecq tous les utensilz servans k mon- 
dit art et bouticle, sans aulcune chose r6server, et dont 
j'ay us6 et me servy de mon vivant pour ce subject, 
entre lesquelz seront comprinsdeux gobletz et une spa- 
tulle d'argent compos6es pour ledit stil, oultre plus les 

(1) Saint IgDBce de Loyola, foDdateur des J^suites. 

(2) Espdces=6p\ces. 



— 103 — 

boittes, iiolles et aultres choses estant de mondit bou< 
tide; pardessus ce,les plantes de rnon jardin, ensemble 
les libvres quy seront trouv6s en ma maison traictans 
de la m6decine ou de Tart d'apoticaire ; et ce, parmy 
et moyennant la somme de dix mil florins carolus. — 
25 Janvier 1621. 

283. Virgille Robert testa le 20 juin 1620. — Je 
donne k ladite 6glise S. Marie Magddainetrois florins, 
lesquelz seront pour avoir quelque aoumement ou 
tableau pour la d6coration de I'autel de la Vierge 
Marie d'icelle 6glise. Item, je donne k ladite 6glise 
S. Marie Magdelaine aultres deux livres de gros pour 
estre employ 6ez en ung ymage de S. Alexis, laquelle 
sera pos6 en icelle 6glise, afin d'estre recommand^ aux 
pri^res des gens des biens. 

284. Madeleine du Mont, veuve de Jean du Pret, 
testa le 3 septembre 1621. — Je donne k Tfeglise de 
S. Piat, en advanchement du portal d'escrignerie qui 
se doibt faire et 6rigier, quinze livres flandres. Item, 
je donne k ladite 6glise ma tapisserie de verdure. — 
Soctobre 1621. 

285. Pierre Maillart,pr6tre, chanoine et chantre de 
la cath6drale, testa le 4 juillet 1622. — Quant k mon 
corps, je dfesire qu'il soit mis en terredevantlachapelle 
de S. Paul (en la Cath^drale) que j'ay faict reparer. 
Item, k sire Philippe Petit, chapelain des haultes 
fourmes, je luy donne un batton pour aller hors,avecq 
le manche d argent. Item, k maistre Jean Moulembais, 
aussy chapelain des haultes fourmes, je luy donne un 

• tableau que j'ay eu de monsieur Ghersen, et un verre 
k pied d'argent. Je laisse d ladite chapelle de S Paul 
les ornemens dont je me servy, asscavoir trois aubes et 
amicts, quatre chasubles asscavoir une blanche, une 
rouge, une verde et une viollee; item, un drap d'autel 



— 104 — 

de rouge velour et un de blan damas, un plat et potte- 
quins d'argent, un messel etplusieurs beaux corporaulx 
et bourses, et deux houppeaux avecq les potz dorez. Je 
donne i la chapelle do Nostre-Dame del Tombe une 
face ou tableau de Nostre-Dame k deux fueuUets, 
estant sur Tun pourtraict et sur Tautre Timaige de 
S. Pierre. Item, je donne a la chapelle de S. Paul en 
r^glise cath6dralle un tableau a fond d'albastre aussy 
k deux fueuUets. Item, k sire Pierre du Pont, un petit 
baston auquel sont encass6z 'des perles, avecq sa cus- 
tode. Item, A maistre Nicolas Vise, chanoine semi-pr6- 
bend6, un tableau de S. Hierosme, venant de feu 
maistre Philippe, maistre de chant de la chapelle du 
roy. — 28 septembre 1635. 

286. Agnds Cambier, veuve de Jacques de Calonne, 
receveur de Toffice du r6fectoire, testa le 14 juin 1623. 
— Je donne k soeur Marie de Calonne, religieuse au 
convent d'Auldenarde, ung tableau pint k Thuille repre- 
sentant TAdoration des Trois Rois, avecq ung petit 
tableau de S. Agn^s. Item, je donne k mondit filz 
Michiel les deux b^cres, salli^res et six culieres 
d'argent, que je d6laisseray k mon trespas. — 21 juin 
1023. 

287. Marguerite Belier, veuve de Nicolas Utenee- 
choute, testa le 22 juillet 1623. — Que soitpos6 une 
lame de pierre sur mondit tombeau (en Teglise 
S. Nicaise). Item, je donne aux P^res de la Soci6t6 de 
J6sus en la paroisse S. Piat, ung vasseau d'argent, 
faict en maniere d'escafotte pour eulx en servir a I'au- 
tel. Item, k Catherine Uteneechoute, ma fille.vesvede 
feu seigneur du Maret, luy donne ung anneau d espou- 
s6e, ung safire, ung aultre appoinct6 de diamant et une 
ameraulde; et a Pierre Cappelier, son filz, ung anneau 
a turquoise, avecq tous les livres que Ton trouvera en 



— 105 — 

ma maison mortuaire, en latin. A Marguerite Capelier, 
sa soeur, ma fiUoeuUe, je donne une vasselle d'argent 
ou est engrav6 THistoire du Temps. Item, je donne a 
ma fiUe Anne ung cojffre bende de larges bendes de fer 
avecq ce qu il y a dedens, si comme demy chaine d'or 
avecq quatre poirettes, deux rubis, deux diamans,une 
ameraulde enrichie de trois perles. — 11 d6cembre 
1623. 

288. Frangoise du Mont, veuve de Jacques Payelle, 
testa le 14 aout 1623. — EUe veut et ordonne que soit 
delivre a ladite 6glise de S. Piat une tapisserie vail- 
lable dix livres de gros, de six florins la pi^che, de 
laquelle elle en faict don et I6gat pour ornement de 
ladite 6glise. Item, elle donne k sa fiUe, soeur Fran- 
choise, religieuse au convent des Soeurs Grises, un 
tableau de Fcce homo estant en sa maison. Item, k sa 
fille dame Michelle, religieuse k Audenarde, la vais- 
selle a elle donn6e pour baptesme, comme aussy un 
pareil tableau que dessus, qui sera achet6 des deniers 
de sa maison mortuaire. 

289. Marguerite Deffresnes, veuve de Simon Camoy, 
testa le 12 septembre 1623. — Je donne a Quentin 
Camoy, mon filz, ma vaisselle d'argent en laquelle est 
emprinte la Nativit6 de Nostre-Seigneur. Je donne 
a Guillemette Carnoy, ma fille, une mienne vasselle 
d'argent en laquelle est grav6e la marque d'un certain 
marchant de Malines appell6 Jean van Rayman. — 
25 Janvier 1624. 

290. Leon de Harchies, seigneur de Milom6z, testa 
le 15 Janvier 1624. — Mon corps je d^laisse k la terre 
dont il est proc6d6, pour estre inhum6 en r6glise de 
S. Jacques au coeur, ordonnant y estre pos6 une lame, 
et mes armoiries et cotte d'armes estre mises avecq mes 
quatre quartiers contre le pillier, ainsy que sont celles 



— 106 — 

de feu monsieur de Failly. Item, je donne k Jaspard, 
mon filz aisD^, une tenture de lict de champ de velour 
cramoisy bord6 de satin blan et cordon d'or. Item, 
k Jean Drincwaert, escuyer, mon second filz, une ten- 
ture de lict de velour pourpre bord6 d'argent et de 
cordon d'or. Item, je donne A Jacques Jh6rosme de 
Maulde, mon fillcBul, une tasse d'argent oil sont gra- 
vies mes armoiries et celles de ma femme. Item, je 
donne k mondit filz Drincwaert une tasse d'argent oil 
sont les armoiries de MSrode et de Montfort ; et le sur- 
plus de mes vasseUes, assavoir ung bachin, esghierre, 
deux chandeliers, deux sallidres, douze culi^res d'ar- 
gent, avecq mes tapisseries, je les donne et legate k 
mondit filz aisn6. — V^ avril 1624. 

291. Loys Bernard, bourgeois, testa le 16 Janvier 
1624. — Je donne k mon filz Nicolas les parties que 
s'ensuivent : premiers, une table d'autel fermante, con- 
tenant le pourtrait de Nostre-Seigneur J6sus-Christ en 
croix, trois tableaux qui sont les pourtraictures de mon 
grand p^re et de ma grande mere Bernard et de mon 
grand p^re Nicolas de Hautighem, ma grande tapis- 
serie, deux plats de fine gallere blan, une cocquille de 
perles sans pied et ung foeuiliet de table verny. — 
24 mai 1624. 

292. Georges Michau testa le 23 d6cembre 1624. — 
Je donne k ma fiUe Magdelaine, laquelle j'ay eu avecq 
ma seconde femme Magdelaine du Trieu, une vaisselle 
d'argent avecq THistoire de Marie Magdelaine lavant 
les pieds de Nostre-Seigneur J6sus-Christ. — 19 sep- 
tembre 1625. 

293. Louise de Harchies, veuve de Jacques de 
Failly, 6cuyer, testa le 14 fevrier 1625. — Au regard 
des arr6raiges que me seront deuz audit jour de mon 
trespas par le seigneur de Bemissart, je donne iceulx 



— 107 — 

arr^raiges k ladite dame Jacqueline de Harcbies, dame 
de Mansarty a charge que ladite dame sera tenue de 
payer et furnir pour une fois k ladite 6glise de 
S. Jacques la somme de cent florins carol us pour ei 
k radvanchement d'une paire de bastons d'argent pour 
les clercqs, auxquelz seront mis et engrav^z les armes 
de mon feu mary avecq les miennes. 

294. Nicolas de Hercbin, bourgeois et chirurgien, 
testa le 11 octobre 1625. — A Pdre Germain, luy 
donne mon petit Journal Romain k quatre petits coings 
d'argent et deux petits cloans aussy d'argent. — 
20 octobre 1625. 

295. Antoinette Le Luytre testa le 17 d6cembre 
1625. — A la chapelle de Nostre Dame du Rosaire 
de ladite maison des P^res Dominicains, je donne 
deux cens florins pour un calice. A mon fr6re maistre 
J6rosme, je donne deux chapeletz de coralz et trois 
enseingnes d'argent, avec une petite lampe d'argent. 

— 3 f6vrier 1627. 

296. Wallerand de Landas, 6cuyer, fils de Walle- 
rand et d'Antoinette des Espringalles, testa le 29 Jan- 
vier 1626. — Je veuxet ordonnequemesdits executeurs 
ayent ^ faire faire une lame de cuivre avecq une cornise 
de pierre, quy sera ent6 dans le mur de I'figlise (des 
Augustins), proche le lieu de ma s6pulture, oi!l sera 
insculpt6 la remembranche de Nostre Seigneur en 
croix et mon effigie k genoux devant led it crucifix, 
avecq mes armes, oii sera aussy escript : Cy gist 
Wallei'and de Landas, escuyer. — 23 octobre 1645. 

297. Jacques Tays, musicien, testa le 16 mars 1626. 

— Je donne k ladite maison et religion des Freres 
Mineurs une table d'autel en laquelle est represents et 
pourtraict la Circoncision de Nostre Seigneur, pour 
icelle estre pos6e et attach6e audevant du lieu ou 



— 108 — 

mondit corps sera mis en sepulture. Item, je donne 
k Philippe Tays, mon filz, tous mes armes, instrumens 
et livres de musicque. Item, je domie audit Philippe 
Tays une vasselle d'argent y ayant engrav6 au milieu 
d'icelle un S. Jacques. Item, je donne k ladite Jenne 
Tays, ma fiUe, une vasselle d'argent y ayant engrave 
au milieu un S. Franchois. — P' avril 1626. 

298. Martine Gavelle, veuve de Denis de la Riviere, 
testa le 2 avril 1626. — Mon corps je d61aisse k la 
terre dont il est proc6d6, pour estre inhume et ens6pul- 
tur6 en Teglise de S. Marie Magdelaine avec une lame 
sur mon tombeau, sur laquelle sera grav6e une teste 
de mort avecq les jour, mois et an de mon trespas. Je 
donne k I'autel de la Tr6s Saincte Trinit6 quarante huit 
florins pour achepter ung calice pour le service dudit 
autel, ensemble six florins pour acheter des corpo- 
raulx et ornemens de calice, donnant aussy pour servir 
k ladite messe deux pochons et ung plat d'estain k 
laver. Je donne en oultre audit autel tous les aorne- 
mens que j'ay chez moy et desquelz j'ay accoustum6 de 
le parer les jours soUemnels, ascavoir trois nappes et 
trois serviettes damass6es, ung parement d'autel d'ar- 
moisin (i) rouge, une paire de gourdaines blanches 
damass6es, une aultre paire de gourdaines de changean 
rouge, six tableaux d'allebastre, ung crucifix, ung 
tableau convert de vitre, deux houppeaux de soye de 
diverses couleurs avecq les potz y servans, deux chan- 
deliers de cuivre et deux petits angles de piastre dor6. 
Je donne encoire k ladite 6glise S. Magdelaine la 
somme de cent florins une fois, pour estre emploi6 k 
une couronne de cuivre portant douze chandeilles, et 
icelle couronne estre pendue hors du coeur d'icelle 

(1) Varmoisin est uDe sorte de taffetas. 



— 109 — 

6glise audevant du grand crucifix, et non aultre part. 
— 13mai 1633. 

299. Catherine Simon, fiUe d'Antoine et de Clare de 
Hasne, testa le 25 juin 1626. — Je donne a Marie 
Simon, ma sceur, ung grand tableau estant Thistoire 
de la Femme adnlt^re. Je donne a ma niepce Anne 
Laurent une paire de manches de couteaux d'argent. 
Item, je donne k Franchoise Simon, ma sceur, un 
goblet d'argent ayant la figure de S. Franchois grav6e 
dessus, ma croix d'or, deux tableaux d'allebatre. Item, 
je donne k Anne Simon, ma sceur, un tableau de 
Nostre Dame. — 12 Janvier 1632. 

300. Marie Bernard, veuve de Charles de Cordes, 
6cuyer, seigneur de Guisegnies, La Barre, etc., testa 
le 29 aout 1626. — Ordonne que mon corps soit 
enterrS en la chapelle de Nostre Dame du Bruisle, 
scitu6e dans la paroisse de S. Nicolas au Chasteau. Je 
veulx que soit mise sur ma tombe une lame de pierre 
ou marbre telle que j'ay ordonn6 audit Chasteau. Je 
donne a Maximilien Gais, mon fiUoeul et nepveu, une 
croix d'or; et k Jeanne Gais, sa soeur et ma niepce, 
ung Agnus de christal. Je donne d ladite damoiselle 
Marye de Cordes une bague d'or en laquelle il y at 
quatre perles, deux diamants et ung caillou de rubbis ; 
la figure d'icelle bague est une grande M. Je donne 
encore k Marye de Cordes ung jazeran ou cinture d'or 
massif. — 3 novembre 1628. 

301. Chrestienne d'Oultreman, fiUe de feu Jean, 
testa le 11 septembre 1626. — J'ay eslis place pour 
mon corps en I'^glise de monseigneur S. Jacques, 
aupr^ de la sepulture de feue ma sceur, au cceur de 
ladicte ^glise, du cost6 gauce proche du pilpitre des 
chantres. Je veulx et ordonne que mesdits ex^cuteurs, 
incontinent ou peu apr^ mondit trespas advenu, ayent 



— 110 — 

a faire faire un 6pitaphe de bois, de tel grandeur et 
semblable ou k pea pr^ de celaj de ma sobqf, oil soit 
pourirait le martire de S. ChresUemie, et aax foeoilletz 
S. Franchois et S. Clare, et hors d'iceulx fgeoilletz ce 
qu'ilz troaveront bon, pour estre mis et pos6 en icelle 
^lise k I'endroit de madite sepulture. Je donne et 
l%ate k mon nepveu Charles Franchois ung agneau 
d*or avecq une teste rouge, une m6daille d'or le fond 
blanc, une couppe d'argent, une petite verge d'or avecq 
la pierre du soleil, de la lune et des estoilles. Je donne 
et legate k ma niepce un plat et esghi^re d'argent dor6, 
une couppe-tasse d'argent dor6e, une tasse aussy 
d'argent dor6e, un benitoir d'argent, une escuyelle 
d'argent, une chaisne d'or de six tours, une aultre de 
trois tours, deux paires de brachellte d'or, un brachelet 
a boutons aussy d'or, une aultre petite chenette d'or, 
une baghe d'or en forme de croix agens6 de rubis, ung 
chapelet d'or, deux paires de pendans d'oreille aussy 
d'or, une culi^re d'argent dor6e, une scribanne de cuir 
dor^e, ung tapy de Turquy. — 27 mars 1628. 

302. Daniel van Linth, bourgeois, testa le 21 novem- 
bre 1626. — At ordonn6 et I6gat6 pour une table 
d'autel que Ton fera et dressera en I'^lise paroisciaUe 
de Merchtem, jurisdiction de Bruxelles, dont il est 
natif, ot sera d^pinct I'Assomption de Nostre Dame, 
la somme de trois cens florins, -r- 2 d6cembre 1626. 

303. Hermes Le Clercq, docteur en m6decine, testa 
le 8 mars 1627. — Je donne et l^ate au monastere 
des Chartreux l^z Tournay une ann^e de mes gages de 
m6decin de ladite ville, pour faire mettre au coeur de 
leurs 6glises quelques tableaux des martirs de leur 
ordre. Item, je donne et legate au monastdre des Prets 
Prochains le berceau du petit J6sus, qui vient des 
ancestres de feue ma femme. Item, je donne et l^ate 



— Ill — 

k madame Marguerite Le Clercq, abbesse du susdit 
monast^re des Pretz, ma fiUe, une vaisselle armoy6e 
des armes de feue grande mere Le Clercq, qu'elle luy 
a doDn6 k son baptesme, outre une couppe d'argent qui 
ma servie k chauffer ma boisson. Item, je donne k 
Jenne Le Clercq, procuratrice dudit monast^re, ma 
fille, une vaisselle armoy6e des armes de feu grand 
pSre de Montifaut. Item, je donne et 16gate k damp 
Agatanche Le Clercq, mon filz, une vaisselle k bords 
dor6, armoy6e des armes de monsieur de Moucron; 
item, la Linsisgraphie (?) de Belleforest (i) en trois 
volumes, les chartes d'Abrahamus Ortelius (s), avecq 
tons les livres de th6ologie, de devotion et histoires. 
Item, je donne et legate k monsieur maistre Franchois 
Caron, chanoine de Tournai, Tesgui^re d'argent que 
m'a donn6e feue madame Jolente de Werchin; item, 
un livre in-folio contenant les oeuvres de Joannes 
Molanus (3) ; item, Toeuvre de la Praciique de Mercu- 
rialis (4), in-folio; item, les oeuvres de Joannes Fer- 
nelius (5), in-octavo. Item, je legate k maistre Antoine 
de Vie, chirurgien, un livre in-folio convert en cuir, 
intitul6 : Chirurgia Germanica, et un autre livre de 
rinstrument scarificateur et des herbes vuln^raires. 
— 18 aoat 1629. 



(1) Francois de Belleforest, n6 k Sarzan en 1530, moo rut A Paris 
en 1583. L*ouyrage ici repris n'est pas cii6 par Branet. 

(2) Ortelias, c^ldbre g^ographe du XVI» siecle. II B*agit sans doute 
de son Theatrum orhis terrarum. 

(3) Jean Molanus ou van del* Meulen, professeur de thdologie k Lou- 
vain, naquit k Lille en 1533 et mourut en 1585. 

(4) J^r6me Mercurialis, mMecin, naquit k Forli en 1530 et mourut 
en 1606. 11 est I'auteur de la Medicina practica. 

(5) Jean Femel, u6 k Montdidier en 1485, mourut en 1558. U 
s'adonna d*abord k la philosophie, puis k la mddecine, et devint premier 
ro^deein du roi de France Henri II. 



— 112 — 

304. Jean du Quesnoy, chevalier, seigneur de Le 
Loire, testa le 7 octobre 1627. — Quant k mon corps 
je le d^laisse k la terre dont il est issu, pour estre 
inhum6 et ens6pultur6 en leglise des Peres Augustins 
d'icelle ville, k Tall^e de Tautel de la Vierge Marie 
d'icelle 6glise. Item, je veulx et ordonne que soit faict, 
mise et pos6e une pierre sur ma sepulture, en laquelle 
seront grav6es mes armes. 

305. Pi6rart Cazier, greffier de la ville, fils de 
Francois, natif de Fleurbaix pays de I'Alleu, testa le 
6 novembre 1627. — Mon corps je d6laisse a la terre 
dont il est issu, pour estre enterr6 et ens6pultur6 ou 
chin^entiere de la paroisse de S. Brixe, audevant de 
la representation des Sept Douleurs de la Vierge 
Marie, que j 'ay faict construire pass6 quelques ann^es. 
— 24 Janvier 1635. 

306. Marie Deghe, veuve de Fr6d6ric Laigneau, 
testa le 5 Janvier 1628. — Je donne au convent de 
Wulpen k Furnembach, pour aorner leur 6glise et 
faire ung imaige de taille de monsieur S. Norbert, 
pour une fois, la somme de vingt quatre livres iiandres. 
Item, je donne k Marie de le Marre, ma niepce, pour 
m6moire, une pourchelaine k pied dor6. Item, je donne 
k Jeanne Laigneau une louche d'argent avecq une 
armoirie. — 12 Janvier 1628. 

307. Anne Arrous, veuve d'Antoine de le Hedde, 
testa le 21 juin 1628. — Je donne k Isabeau de le 
Hedde, ma fille, une louche d'argent et deux Toisons 
d'or de Tempereur Charles le Quind , provenans de son 
baptesme. 

308. Catherine Havet testa le 3 mars 1629. — 
J'ordonne a Timaige de Nostre Dame en la parroisse 
de S. Albin en Douay ung Agnus d'argent rempli de 
la Saincte Vraye Croix; et k Timaige de S. Catherine, 



— 113 — 

deux enseignes aussy d'argent. — P' juin 1629. 

309. Francoise van den Berghe, veuve de Jean Den- 
neti^res, testa le 12 mars. 1629. — Je eslis s6pulture 
en la ville de Tournay en T^glise de S. Piat, aupr^s 
de feu mondit mary, en la chapelle S. Barbe. Donne 
k mon filz Jacques mon grand reschaud d'argent. Item, 
donne k Charles-Philippe et k Claude, mes fils et fiUe, 
aussy k chacun un reschaud d'argent semblables I'un a 
I'autre, et audit Charles-Philippe un petit b6nitoir 
d'argent. — 4 avril 1630. 

310. Clare de Houthem, veuve de messire Robert 
de Bersacques, chevalier, lieutenant du ch&teau de 
Toumai, testa le 31 mars 1629. — Pour mon corps 
inhumer et ens6pulturer, j'ay eslis place en I'eglise 
S. Nicolas au Chasteau de Tournay, aupres de la sepul- 
ture de mon feu mary. Item, je donne et I6gate k mon 
filz les parties suyvantes, sy comme une chalne d'or, 
un curdent, une image de Nostre Dame de Montagu, 
une croix d'or, les espees et pendans de mondit feu 
mary, un cordon d'or de chapeau, ung bachin et une 
esghidre d'argent, une tasse d'argent les bors dor6z 
avecq le couvercle, les armes de Croy au mitan, et ung 
fort beau tapis d'ouvraige, cincq pitches de tapisseries 
d'ouvraige blanc, et une aultre tenture de lict que j'ay 
faict et non poinct du tout achev6e. — 23 mai 1630. 

3J1. Beltremieu Farvacque, b6guine, testa le 2 mai 
1629. — Je veulx avoir ma s6pulture devant I'imaige 
S. Marie Magdelaine en I'eglise dudit B6ghinaige. Je 
donne k lesdites deux chapelles (de S. Elisabeth et des 
Onze Mille Vierges) de I'feglise dudit Beghinaige tout 
le parrement de I'eglise quy est en mon coflre. Je 
donne ma bonne affulure k la chappelle S. Elizabeth 
pour faire deux corporaux. Je donne k soeur Marie 
Lefebvre mon chappelet avecq un reliquaire ; item, k 

anKalbs. IV. 8 



— 114 — 

soeur P6ronne de le Ville, le livre S. Augustin et un 
tableau du crucilQx; k Jenne Roget, V Imitation de 
Jesus Christ. Item je donne a monsieur Vize, chanoine, 
un tableau Ecce homo. Item, je donne k Jean Nolf un 
tableau du Bon Pasteur. — 25 mai 1629. 

312. Jaspard de Harcbies, seigneur de MiIlom6z, 
testa le 10 d6cembre 1629. — Mon corps je d6laisse 
k la terre dont il est issu, pour estre inbum6 et ens6- 
pultur6 au choeur de Teglise des P6res Augustins, pr^s 
ma feue mere et de ma tante. Je veulx et ordonne que 
sur ma sepulture soit mise et posee une lame de pierre. 

— 29 d6cembre 1630. 

313. Jean Le Blan et Jeanne Roze, sa femme, tes- 
lerent le 10 juillet 1630. — Donne ladite testatrice un 
drap d'autel de cuir dor6 avecq I'imaige de S. Agatbe, 
au prouffit de I'^glise de S. Piat. — 26 ftvrier 1631. 

314. Pierre de Formanoir, seigneur de Merlain, 
pr6v6t de Tournai, testa le 13 juillet 1630. — Quant 
k mon corps je le laisse a la terre dont il est issu, pour 
estre inhum6 en I'^glise de Jolain, en la cbapelle de 
S. Sauve auprds de mon oncle messire Nicolas de For- 
manoir, vivant prebtre, seigneur dudit Merlain, et de 
damoiselles Marie Liebart et C6cille Alegambe, mes 
deux bonnes etvertueuses femmes ; audevantde laquelle 
s6pulture, au plat pan ou il y a representation de 
I'Adoration des Trois Roix, Ton y mettera un ^pitaphe 
a la discretion de mes ex6cuteurs. Je laisse a Jenne de 
Formanoir, ma fille, la croix d*or gamie de diamants 
ayant appartenu k Isabelle, sa soeur, a present reli- 
gieusea Sion. — 20 juillet 1630. 

315. Roland Lubrez testa le 16 decembre 1630. — 
Je donne a ma fille Catherine un pot de gallere bleu. 

— 12 novembre 1632. 

316. Jeanne Sar, fille de Jean, b6guine, testa le 



_ 115 — 

23 d6cembre 1630. — Je donne k la chapelle de 
S. Elizabette mes petites hardes d'autel, comme son 
J6sus avecq les reliquaires, une Nostre Dame paree, 
et le reste qu'elle at. Je donne a soeure Jeanne Decq 
une chainlure noire et le livre de YA hrige du Pont ; 
et a scBure Magdelaine Broudeur, le livre de la Villa 
Caty; et k soeure Anne Bauduin, ung livre a noire 
couverture ; k soeure Pieronne de le Ville, les Petites 
Heures de Nostre Dame; k soeure Jeanne Lefebvre, 
ung petit livre ; k soeure Guillemette Roze, son Agnus 
d'argent qu'elle porte journellement, son chapelet a six 
dizaines et ung livre du Jardin Nostre Dame. Je prens 
et choisis pour mes ex6cuteurs messieurs le chanoine 
Vize, auquel je donne une toile contenant la Coro- 
nation de Nostre Dame, et maistre Remy Plouvier, 
chapelain des haultes formes de T^glise cath6drale 
Nostre Dame en Tournay, auquel je donne ung petit 
tableau contenant ung Dieu Piteux. 

317. Jean Baudry, veuf d'Anne Poitau et d'Ali6nor 
Hua, testa le 6 mars 1631. — Je donne k r6glise 
dudit S. Brixe la table d autel ayant pour repr6sen- 
tation la Resurrection de J^us Christ nostre R^emp- 
teur, ordonnant et enchargeant mesdits ex6cuteurs de 
moy faire pindre endessoubs ladite table , ou du moings 
k Tun des buys d'icelle, avecq ung crucifix, et derridre 
moy mon filz Pierre Baudry, et k Taultre Timage de 
monsieur S. Jean. — 2 mai 1631. 

318. Catherine Hughe, veuve de N. Bourla et de 
Francois du Pret, testa le 16 avril 1631. — Je donne 
k Jean Bourla, mon filz, une vasselle ayant dedans 
rimage de S. Jean Baptiste entredor6, et une hochette 
d'argent qui lui a estd donn^e pour son baptesme. 
Item, je donne k ma fille Barbe du Pret quattre 
coussins, les deux de tapisseries et les deux autres 



— 116 — 

fails 4 Tesguille, et trois saillidres d'argent. Je donne 
pareillement k ma fille Jenne da Pret une salliere 
d'argent ajant la representation de S. Philippe. Item, 
je donne & mon fils Jean du Pret une vasselle d'argent 
avecq la representation de S. Jean. Item, je donne 
semblablement k mon filz Franchois du Pret une 
vasselle d'argent ayant Timage de S. V6ronicque. 
Item, je donne aussy 4 mon filz Jaspard du Pret une 
vasselle d'argent ayant grav6 I'image S. Catherine. — 
7mai 1631. 

319. Quinte Boye testa le 18 avril 1631. — Je 
donne 4 Pierre Hughe le quabinet ou Nostre Dame 
de Sichem est imposSe; item, 4 Gilles Hughe, son 
fr^re, ung S. Franchois dans ung ver rond, et ce qu'il 
at dedans; item, 4 C6cile Hughe et Theodore, deux 
tableaux de mesme fachon avecq I'image de Nostre 
Dame dedens; item, 4 Jolente du Pretz, servante de 
maistre Gilles Hughe, ung tableau de bois en glace 
oik que le petit J6sus porte sa croix; item, 4 Gilles 
Houfflin, un tableau de Nostre Dame de Hal; 4 mon 
confesseur qui sera alors, une petite blance boite avecq 
deux Agnus, I'une venant de Romme et I'aultre de 
Hi6rusalem, non encass6es; item, 4 maistre Gilles 
Hughe, ung tableau de la Nativity, entourr6 de plu- 
sieurs fleures; item, 4 grand'm^re Mesl6, luy donne 
mon chappelet de bois de Nostre Dame de Sichem 
avecq une croix d'argent au bout, 14 ou que mon nom 
est escrit. — 18 f6vrier 1632. 

320. Florence de Cambry, veuve de Gilles de Chas- 
tillon, 6cuyer, testa le 30 juillet 1631. — Je donne 4 
ladite eglise S. Pyat ung pal de velour noir, auquel 
debveront estre impos6 en brodure mes armes en 
alliance avecq celles de Chastillon. — 13 juillet 1633. 

321 . Marguerite Sailly, veuve de Nicolas de Mor- 



— 117 — 

lies, testa le 13 Janvier 1632. — Je donne k mon filz 
Pierre Morlies ung cofFre de cuir boully bend6 de fer, 
avecq mon anneau d'or rond et ung aultre portant une 
teste de mort. Je donne k Jacques, mon filz, ung tappy 
de table qu'il at compos6 pour chef-d'oeuvre. — 19 avril 
1632. 

322. Antoine de Gaest, 6cuyer, testa le P'^ septembre 
1632. — Mon corps je delaisse k la terre dont il est 
issu, pour estre inhum6 et ens6pultur6 en I'^glise des 
P^res Augustins, audevant de S. Charles Borom6e, 
joindant le pillier. Je donne k I'Sglise de S. Jacques, 
doiit je suis paroischien, la somme de trois livres de 
gros pour emplier en une chasuble noire. Je donne k 
mon frere Michel de Gaest, escuyer, mes escouppettes 
avecq mon espee d'argent. — 10 septembre 1632. 

323. Gaspard du Fay, fils de Hugues, testa le 
6 d6cembre 1632. — Donne et 16gue, et par droit de 
particuli^re institution delaisse pour une fois et pour 
tout k S6verin du Fay, son fr6re, la somme de deux 
cens livre^ tournois, de laquelle somme ses dits ex6cu- 
teurs feront faire une coupe, laquelle sera gard6e par 
ledit Severin du Fay, son fr^re, en memoire et souve- 
nance dudit testateur, et sur laquelle il veult et ordonne 
estre escript et devis6 : Trop est avare h quy Dieu ne 
suffit. — 16 f6vrier 1633. 

324. Jean de Buyre, pr6tre et chapelain de S. Cathe- 
rine k S. Jacques, testa le 22 aoCit 1633. — Mon corps 
je delaisse k la terre d'oil il est issu, pour estre inhum6 
et ens6pultur6 en ma chapelle en Teglise S. Jacques, 
audevant de mon imaige, ou je choisis ma sepulture. 
Je veux et ordonne que mon calix avecq le plat et pottes 
entredor6z, avec ma casure et la rouge boitte avecq 
les corporalles, et les sacques avecq les purificatoires, 
soient donn6s a T^glise de Souastre. — 27 juin 1635. 



— 118 — 

325. Laurence Waucquet testa le 31 aoAt 1634. — 
Je donne aa P^re Nicaise, religieux augustin, ung 
crucefix avecq les images de la Vierge Marie et 
S. Jean, de chire blanche, avec le pi6tement, et une 
Nostre Dame de Montaigu d'escrignerie. Item, je 
donne k la chappelle Nostre Dame-du-bois 16z Antoing 
les trois tableaux de pintures pendans d la sallette de 
ma maison. — 17 Janvier 1641. 

326. Guillaume Moncheau testa le 13 novembre 
1634. — Veulx que ledit Pierre, mon plus jeusne filz, 
emporteroit une petite vasselle d'argent qu'il at gagni6 
k la lotterie. — 14 avril 1638. 

327. Elaine de le Motte, veuve de Nicaise Monnart, 
testa le 27 mars 1635. — Je donne k ma soeur, pour 
m6moire de moj, un tableau ajant la representation 
de Nostre Seigneur et de la Magdelaine. Item, je 
donne k Nicaise Rogier une coupe d'or d'AUemaigne. 
— 5 d6cembre 1635. 

328. Agn6s Inglebert, veuve de Brixe Le Gry et 
d'Antoine de le Vigne, testa le 15 mars 1636. — Je 
donne a Tabbaye de S. Marcq ung b6nitoir d'argent 
pesant trente onches. — 21 avril 1636. 

329. Barbe Flameng, fiUe de Pierre et de Louise de 
le Rue, testa le 6 mai 1636. — A Nostre Dame de 
Foy, k Froyenne, je donne une fois trente patars. Je 
donne k Tfeglise d'Espierre, k advanchement d'un voile 
k rimaige Nostre Dame, trois florins. Je donne k 
Marie du Bois, femme de Toussainct le Conte, mon 
benitoir en cuyvre; et k sa fiUe Marie, mon Agnus 
d'argent. — 21 juillet 1636. 

330. Catherine du Mez, veuve de Jean Le Brun, 
testa le 12juin 1636. — Quand au r6sidu detous mes 
biens, je les laisse et donne k I'^glise S. Marie Magde- 
laine, ma paroisse, Tinstituant mon h6riti6re univer- 



— 119 — 

selle, k condition que, d'iceux biens, serat faict et 
construict une lampe d'argent, vaillable vingt livres 
de gros, pour mettre audevant du sainct Sacrement de 
Fautel, et une robe de velour rouge avecq du passe- 
ment de bon or k I'imaige de Nostre Dame en icellei 
6glise. — 5 juin 1641. 

331. Anne de Bary, veuve de Jean Meurisse, testa 
le 8 juillet 1636. — Donne aux Peres Cannes d'icelle 
ville un bac de pierre d'Escochine, sur lequel sont les 
armoiries de Meurisse. Item, a donn6 et donne ^damoi- 
selle Jeanne Wargnies, sa petite fiUe, un bachin et 
esghi6re d'argent, une escuyelle, six culi^res, six four- 
chettes les plus pesantes, deux grandes salli^res, une 
tasse armoj^e des armes de Bary, un moustardier, un 
petit goblet et un b6nitoir, le tout d'argent; item, la 
Legente des Saincts, en deux volumes; item, un reli- 
quaire d'or, un rabateau de chemin6e faict k Tesguille 
avecq les armoiries des Meurisse, un aultre plus petit 
de buffet, et une chai^re au sermon de tapisserie. 
Item, k Franchoise Wargnies, aussy sa petite fiUe, 
elle luy donne une vasselle d'argent avecq les armes 
des Meurisse, vehant du baptesme de sa mere, six 
culi^res d'argent, un pot convert d'argent dor6 et une 
salli^re aussy d'argent. — 13 aoiit 1636. 

332. Barbe Goudt, fille de Henry et de Catherine 
de la Hamaide, testa en octobre 1636. — Sy veux et 
ordonne que soit pos6 allendroit de ma sepulture ung 
tableau peinct k Thuille contenant la representation de 
I'Annunciation de Nostre Dame, ou de S. Barbe, ou 
aultres, k la discretion de mon ex^cuteur; et sur ma 
s6pulture sera pos6 une petite pierre avecq mes armes. 
— 20 juillet 1640. 

333. Frangoise van Orsele testa le 30 d6cembre 
1636. — Je veux que Ton fasse une robbe de velour 



— 120 — 

cramoisy avecq six voies de passement d'or pardevant, 
et trois embas, pour, icelle estre mise devant Timage 
de Nostra Dame de ladite ^glise de S. Catherine. 
Item, je domie encoire pour rornement de ladicte 
jmage mon chapelet d'argent avecq le patter d'or. 
Item, je donne k Tautel de S. Nicolas de ladicte 
paroisse six tableaux d'albatre avecq mon crucifix et 
trois rabateaux, deux faicts k I'esguiUe et I'aultre A 
bordure, et une Nostre Dame ; item, tous mes tableaux 
avecq une table d*autel en laquelle est d^peinte I'image 
des Trois Rois. Item, je donne k ladicte 6glise de 
S. Catherine I'anneau d'espousailles de feue ma mere 
avecq ung ruby, et ung aultre petit agneau que feu 
mon fr^re le J6suiste me donna le jour qu'il entra en 
la Compagnie de J6sus. — 30 mai 1644. 

334. Catherine Delpissote, veuve de Jean Dismal, 
brasseur, testa le 17 Janvier 1637. — Je donne k 
Catherine Dismal, ma fiUe, mes bons bracheletz 4 
grenade avecq des clouans d'or, mon esguille et relic- 
quaire d'or, mon fer de fin or que je porte ordinaire- 
ment, mon anneau avecq un diamant, une verge d'or 
k six et une avecq trois pefles. Je donne a ladite Cathe- 
rine, ma fiUe, hors part, mon petit coffre d'ivoire; et 
a Jean Dismal, mon filz, aussy hors part, une fleur 
appellee de Jericho avecq une petite couple et couver- 
ture k ce servant. — 27 juillet 1637. 

335. Alexandre du Vivier et Agnes Morlies test^rent 
le 16 mars 1637. — Sy donnons k nostre fiUe Anne 
une goudelle (i) d'argent; a Catherine, une vasselle 
d'argent siselet avecq des fruis, et oval; k Magdelaine. 
une aultre vasselle siselet a escafotte. — 24 novembre 
1649. 

( 1 ) Goudelle ou gondelle est un synonjme de gondole. 



— 121 — 

336. Samuel Coppin, bourgeois et marchand apothi- 
caire, testa Je 5 juin 1637. — Jl donne et legate a 
Anne, sa fille, la L^gende de la Vie des Saincts et 
Sainctes, et oultre ce tous les ornemens et imaiges qu*il 
peult avoir servans k un autel, nom^ment Timaige de 
Nostre Dame avecq un rabateau et un tableau de 
Nostre Dame pour servir de table d autel. Et k son 
filz Rolland-Franchois, il donne aussy le grand mortier 
de bronse, et une vasselle d'argent en laquelle est 
rimage d'une saincte portant une croix. — 4 d6cembre 
1641. 

337. Antoinedu Chastel, chevalier, vicomte d'Hau- 
bourdin et d'Emmerin, testa le 11 octobre 1637. — 
Je donne a mon fils Jean-Marcq-Anthoine tous les 
meubles qu'on trouvera, sauf ceux provenans de ma 
femme deuxiesme, Jeanne-Lamberte de Croy, ou faits 
d'entre elle et moy avecq nos armes et chifres, que je 
laisse k Charles*Alexandre-Menas du Chastel, mon 
deuxiesme fils dudit mariage, luy laissant aussy la 
scribane d'6benne avecq les baghes y incluses. Je 
donne aussy k ma fille Jeanne du Chastel mon Ecce 
homo d'or etsoye tissu. — 4 juin 1640. 

338. Philippe de H urges, fils d'Eustache et de Fran- 
Qoise Vis6e, veuf de Marguerite Monnel, testa le 
12 Janvier 1638. — Je donne k Waldrud-C6cile du 
Mont, ma niepce, pour dresser ung authel du S. Sacre- 
ment lorsque le saccre de S. Jacques se fera par les 
rues, ung bois, passet et marchepiedt d'authel, une 
nappe, ung crucifix, une Nostre Dame et S. Jean de 
bois peinct; item, deux bocquets de fleurs de soye, et 
les deux pots de bois peints, une image de la Vierge 
Marie, ung pavilion de fleurs de soye, passet et gour- 
dines de toillette d'ltalie, deux relicquaires de velour 
rouge broud^z, les passets de toillette d'ltalie d or et 



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rouge et les bendes pareilles ; item, deux petits coussins 
de velours rouge et deux de veloui^s verd, le tout 
broud6; item, deux tableaux d'albatre, les plus grands; 
item, ung tableau Ecce homo, et une Nostre Dame de 
bois peincte ; item, ung drap d'autel blan damass^, quy 
servira pour dossere; item, ung aultre drap d'autel de 
satin de diverses couleurs, bend6 allentour de toillette 
d'ltalie, d'or et rouge; item, une bande de garde d'or 
et d'argent, avecq les armes de Croy et de la Lingne, 
les gourdines de crespon blan pour couvrir ledit autel, 
avecq les fronteaux de mesme gage doubl^z de filet 
d'or, et aussy avecq dela dentelle d'argent; item, ung 
tapy velu de Turquie, et ung coussin de velour rouge, 
et deux anges et quattre chandeliers de bois peincts. 
Donne d mondit fils Philippe de Hurges ma couppe 
dor6e avecq I'histoire de Pha6ton au fond ; et k mondit 
cousin, maistre Nicolas Viz6e, chanoine, une cocquille 
d'argent avecq ung escusson d'argent, au pied grav