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Full text of "Memoires de l'Academie Royale des Sciences (Turin)"

MEMOIRES 



D E 



L'ACADÉMIE 

DES SCIE NCES, 

LITTÉRAT(JE.E ET BEAUX-AR.TS. 



. Utìc/.-B /^, 




MÉMOIRES 

D E 

L'ACADÉMIE DES SCIENCES . 

LITTÉRATURE ET BEAUX-ARTS 
DE TUR IN, 

rOUR LLS ANNÉES X. ET XI. l ■ ' ^ —-^ ' ^ ' ■ 



efaeuceó 9^iuéiaue<s> 



ei~^ 



cJlÌDailiematiaueKD , 

I. òathe. 



T U R I N, 



DE LIMPRIWERIE DES SCIEKCES EI DES ARTS 
AN Xll. 



6^11 GéiiéiaL Jomdau, 



9.y 



yjmeiffev d'&ai^, 



-D 



et - u epatite 




mmf 



du alì'^'- 



temom^ , 



M' oAcademie ucomiaiuante. 



T A B L E 



BES MATIÈRES CONTENUES DANS LA PREMIÈRE PARTIE DU VOLUJIE 
APPARTENANT A LA CLASSE DES SCIENCES EXACTES. 



P R E L I M I N A I R E S. 



M 



loTiCE sur la vie et Ics ouvragRS d'EANDi. Par A. M. V^s- 

SAT.ZÌ-EASDI {lue leiplitviòse an \i) pag. r. 

Objtìts d'histoire nalurelle présentés à l'Académic • . . Lxxvii. 

Objcts de beaux-aits LXXXV. 

Ouvrages présentés à l'Académic LXXXVI. 

Prix proposés CXIV. 

Nouveaux prix quc l'Acadéinic propose CXVlir. 

MÉMOIRES DE MATHÉMATIQUE ET DE PHYSIQUE. 

Obscrvations anatomiqucs sur l'origine de la membrane du tj-mpan , 
et de celie de la caisse. Par le Citoyen Brvgnose {lucs le i."" 
thermidor an g ) pag- i- 

Observalions sur les oeillcts , avec la description de trois nourclles 
espèces de Dianthus. Par le Citoyen Jean - Baplisle Balbuì 
(Ines le 8 thermidor art [) ) ir. 

Histoire d'un Tctanos avec sympt(\mes d'hydrophobie , produits parie 
poison des cantharides. Par le Citoyen Giulio (^lue le 3o germinai 
fl« 9 ) 1 5. 

Sur la revivi ficatìon d'une petite fougère desséchée. Par le Citoyen 
Louis Bellardi ( lu le 20 prairial an <)^ 33. 

Description d'un monstre , avec dos rcchorchcs physiologiques sur 
les monstres , concernant particulièrement la question : s'il faut 
rapportcr tous Ics nioiistrcs à des causcs accidentclles. Par les 
Citoyens G 111.10 et Rossi (lue le io germinai an loj . 3j. 



16 



Sur trois nouvcllfis espJccs d'H(?pafiqnc Ji ajoutcr ìt la Flore da 
Viómont. Par le Cit.J.li.BMinis (^lu le io Jloréal art io) yS. 

Sur la pliysiologic et la pathologie dcs poissons , suivi d'un tableau 
indiquant l'ictyographic subalpine. Par le Citoyen BvtìlT^A {^lu 
le z^prairial an io) 78. 

Expéricnccs et obscrvationi sur le fluide de rclcctro-moteur de Volta 
Par A. M. V^issaliiEakoi (^lues le "io Jloréal an ^) . i23. 

Observations myologiques. Par le C. Brugxose .... iSy. 

Sur la nature dcs tons et des sons. Par le Cit. Charles BoTTA 
(^ lu le 2.C) plufióse an g") igr. 

Mémoire d'entomologie. Par le C. Giorna (lu leG iherm.an 9)215. 

Vues écononiiques et politiqucs sur la culture dcs produits du 
règne minerai cn Piémont. Par le Docteur BoNroisiy ( lues 
le i.'^'' messidor an g ) 223. 

Sopra il solido generato dalla rivoluzione dell' ellisse attorno ad uno 
de' suoi diametri. Di Gregorio Fustana 2G3. 

Sopra il centro di gravità della logaritmica finita , e infinitamente 
lunga. Del medesimo zyS. 

Problema statico. Del medesimo 281. 

Problema idraulico relativo alla forza ccntrifiiga. Del medesimo 285. 

Problema di ottica. Del medesimo ■ 289. 

Analysc de la magnèsie de Bandissero cn Canavais, dcpartcmcnt do 

la Doire. Par le ciloycn Gwiìert. f lue le 2C) play, an 11) 2C)3. 

Additions au méraóirc prccédent. Par le mémc . . . 3i3. 

Miscellanea botanica etc. Auctore Jeanne Baptista Balbis. 
{^lecta dieZpluv. anni ii ) 817. 

De l'électricité animale. Par le C. Rossi {^lu leu reni, an 9) 887. 

Notice d'un météorographe. Par Antoine Marie Vas s ALLI- 
BA 1^ DI (lucie 2.^ brumaire an 12 J 426. 

Slirpes nova, vel minus notse Pedemontii , descriptx , et iconibus 
illustrata. Aufl. Ludovico Bellardi (^lect.an. 11 3oJlor.) 445. 

Observations sur un zèbre métis. Par le Citoyen Giorna . . 453. 

Sur la déterminalion dcs vilesses de l'eau par la grandcur des jets. 
Par le Cil. Jgnace Michelotti . 471, 



N O TI e E 

SUR 

LA VIE ET LES OUVRAGES 

D^ E A N D I 

PAR A. M. VASSALLI-ÉANDI. 



J osEPH-ANTOiNE-FRANgois-JÉROME Eandi , pi'ofesseur de 
Physique expérimentale , membre du Collège de Philo- 
sophie , Littérature et Beaux-Arts dans les Classes de Phi- 
losophie et de Mathématique de l'Université , de l'Aca- 
démie des Sciences et de la Sociétc d'AgricuIture de Turin, 
de rinstitut de l'Académie des Sciences de Bologne , de 
TAcadémie des Beaux-Arts de Perugia , naquit à Saluces, '/Éa^dif 
le 12 octobre lySB, d'André -Valérien Eandi, notaire , 
et d'Antoinette Garetti. Un esprit vif , un caractère bon Soa caracière. 
et une figure agréable lui donnèrent une enfance inté- 
ressante , et firent prévoir qu il aurait beaucoup de succcs 
dans la carrière des études. Aussi ne trompa-t-il poiut 
les espcrances quo ses parens eu avaient concues , et se 
porta plus avant que sou faible tempérameut ne parais- 
sait le permettrc. 



Daus le cours de ses étutles il almait la letture avec 
passioii , et il devancait toujours la classe et ses compa- 
gnons. Son pere ctaut mort en lySi , aprcs avoli- par 
Ics malheurs de la guerre et bcaucoup de bonhomie perdu 
une fortune considérable , le jcune Eandi, qui ne f'aisait 
cncore que ses huuianités, laissa à sa mère et à ses sceurs 
la jouissance enticre de la modique fortune qui restait à 
la famillc, et commenca à vivre du produit de ses lecons. 
L'acquisii ion des livres propres pour s'nvancer dans les 
Son amour scicnces était l'objet de sa plus grande dépensc ; mais 
doué d'un cocur très-scusible et maitre absolu de toufes 
ses passions , Eandi presenta le plus heureux tableau de 
l'altachenieut lìlial , qui en lui l'emporla sur l'amour 
mème du savoir. Il sacrifiait une portion de ses sucurs 
pour fournir à sa mère une aisance quelle ne pouvait 
pas avoir autrcment , et qu'il était bien loin de souhailer 
pour lui-méme. Après avoir continue pendant 5 aus ses étu- 
des, moyennant les lecons qu'il donnait aux écoliers des 
classes inférieures, et les répétitions qu'il faisait à ceux de 
°e'«r7ère.'" ^* sieDDC , le profcsscur de philosophie au collège de Sa- 
luces, l'abbé Butis , sous lequel Eandi en faisait le cours 
en 1753 et 1754 , professeur qui de son tems se distia- 
guait par son savoir , et par l'attachement sincèi-e qu'il 
avait pouf ses élèves, lui fit connaìtre l'excellent établis- 
sement de l'école qu'ou pourrait appeler normale, pour 
laqucUe il y avait , cornine aujourd'hui , tous les aus le 
concours ouvert à Turin. 

Le tableau d'une iuslilutioa destinée à former des pro- 



(in) 

fesseurs , en apprcnant non seulenicut la sclence qui fait 

' . . ^ . VMUé de la 

ies savans , mais ce qui est cncorc plus nécessaire aux'''='™''« p'"'"- 

* ■■ soptiip et de ]i(- 

piofosscurs , l'art d'enseigoer , à la faveur duquel un me- ^'i^",^"'^' ''''"* '* 
diocre savoir devient plus utile aux élèvcs que la plus 
étendue et la plus profonde doctrine , lorsqu'elle n'est pas 
associée à l'art de la débiter et de l'insinuer dans l'esprit 
de ses auditeurs, qui par leur àge manquent de beaucoup 
de qualitcs propres à aider la mémoire et l'entendement ; 
le tableau y dis-je, de cette iustitution , qui par le grand 
nombre de professeurs qu'elle forma , fìt faire dans l'es- 
pace de quarante ans, plus de progrès aux sciences et aux 
Jettres en Piémont, qu'clles n'en ont fait dans bien d'au- 
tres pays pendant le cours de quatre siècles, laissa sur le 
jeune homine une telle impression , quii abandonna Ies 
études ecclésiastiques , auxquelles la dévotion de ses pa- 
rens l'avait destine dès l'enfance , pour se livrer entière- 
ment à ceux de la philosophie et de la liltérature , qui 
étaieat Ies sujets du concours pour obtenir une place gra- 
tuite dans le collège pour la classe de philosophie et 
beaux-arts. Ce fut à la Toussaint de 1766 quii vint à 
Turin se mesurer avec de nombreux concurrens de foutes Admissiot. 

« Eacdi alt 

Ies provinces, pour obtenir une des trois places vacantes ""'^s''' 
qu'il y avait cette année dans la classe susdite, alors com- 
posée de 24 sujets , dont 18 pour Ics chaircs de gram- 
maire, des humanités et de rhétorique , et 6 pour Ies 
chaires de philosophie. Dans Ies travaux du latin et de 
litalien, et dans ses réponscs sur la philosophie, il sur- 
passa tellenient Ies autres concurrens , que Ics professeurs 



(IV) 

lui adjugLTent une place , ea dcpit d'un défaut de lan- 
gue quii pai'vint, comme Démosthòue , à vaincre entiè- 
rement h force de dédamer sur la lùve du Po. 

Eutré dans le collège , quel fut son contenlenieut de 
se li'ouver compagnou de l'elite de la jeunesse du Pié- 
mont destinée à porter le flambeau de la sciencé danà 
toutes les villes de l'Etat ! combien de sujets d'émulation ! 
son esprit vif et son caraclère sincère lui attirèrent l'amitié 
de tous ccux qui l'entouraient; sa doctrine et son ame 
gcnéreuse et bienfaisante , l'admiralion universelle. Au 
annuds dtìs niilieu, ct à la iiu de chaque annee lon donnait dea 
examens à tous ceux, qui jouissaient de places gratuites 
poui* voir s'ils continuaient à les mériter par leur appli- 
cation et par leur progrès: c'est dans cettc occasion que 
le jeune Eandi exercait sa bienveillance vers ses com- 
pagnons en les aidant dans leurs travaux. D'abord il étudia 
la littérature italieuue, latine et grecque sous les célèbres 
professeurs Bartoli et Chionio. A cette epoque les chaires 
de rUniversité , qui à la restauration de l'instruction pu- 
blique cn 1720 avaient été, en grande partie, remplies 
par de célcbrcs étrangers, que les Rois Victor- Amé et 
Charles- Emmanuel avaient appelés particulièrement de 
l'Italie pour porter les lumières en Piémont, se trouvaient 
dójà occupées par de célèbres Piémontais, tels que les 
vtw^'h'i du Beccaria , Ferreri, Natta, Revelli, Chionio, Gerdil, 
Ansaldi, Arcasio, Berardi, Bruni, Somis, Bertrandi, 
MiCHELOTTi, et rUniversité n'avait plus que trois des cé- 
lèbres étrangers, Barigli, Carburi et Donati. Dcpuis 



(v) 
cettè epoque le collège dit des Frovìnces , dont nous ^^^^^^ ^ 
avons trace le tableau ci-dessus , non seulement a toujours ''•"''*8'=*'" 
fourai dcs professeurs habiles à notre Université, mais 
comma rapporte le célèbre Andres *, il a encore fourni 
aux autres États plusieurs hommes célèbres , dont cha- 
cua suffirait pom* donner de la réputation à un Etat. 



• Cartas familiares del Abate 1). Juan Andres a su hermano D. Carlos 
Andres , daudole noticia del viage , que hizo a varias ciudades de Italia 
en el.ano 1791, Madrid 1793. , 

Por esto se ve en Turia loque no creo se vea en parte alguna ."^ser los mili- 
tares casi la mayor parte de la Acadeaiià de las Ciencias. ( toin. V, face. ^o. ) 

Y a qui quiero hacerle una reflexion , que no dexa de ser gloriosa para 
Io3 estados de a quel monarca. 

De estos han salido el gran metafisico , y teologo el Era.° Gerdil , el 
poligloto abate de Rossi , el matematico La-Grange , el quimico Iìertollet, 
el anatomico Malacahue , el eloquente Deniha, el tipografo Bodoni, 
los luminare» de las ciencias, y artes les ornflmentos de Roma, Parma « 
Pavia, Paris, y. Berlin ^y sugetos que cada uno de por si bastarla para 
dar honor à la cultura de una uacion. 

Il aurait pu en ajouter plusieurs, tels que Montu de-Chieri, physicien 
mécauicien , qui tira de soii genie, snns avoir beaucoup dinstructiou, plu- 
sieurs uiacLines iiouvelles, quii presenta à l'Institut natioiial de France , 
telles que la machine pour le nximérotage des assignats; le balancier mon- 
ntyeur, le vaisseau qui se dimonte; deux inslrumens propres à Jaire des ex- 
pénences Irh-intéressantts sur les proportions muskaìes , reìati\es aux syslèmes 
anciens et moJernes , qui lui mérilèrent plusieurs prix du Gouvernement, et 
dernièrement il publia une numfration harmimique ou échel/e d'arithmétique 
pour servir à ì'rxpUcation des lois de l'hannonie ( Paris chez Duprat. ) 

Les IVères Decotti de Turin , premiers décorisles de l'Europe élèves 
de no3 célcbrcs Gagliari , le célèbre Iragique AtriEKI d'Asli , et plusieurs 
autres établis dans l'élranger. 



(v.) 
„ ., Los poétos et les orateurs Ics plus célèbrcs faisaient 

Freni lorej •■ , *■ 

«ludti Jtinai. ^^;j.\ Ijj lecture chérie d'JÉANDi , laiulis niéme qti'il étudiait 
eucorc à Saluces, il ^crivàit déjà quelques pièces de ipoésie 
où le genie uaturel supph'ait au défaiit de l'art; mais ce fut 
sous les professeurs de littérature qu'il vit se répandre un 
nouveau jour sur les ccrits , qu'il avait tant de fois lus 
et mcditc's sans y soupcontier tant de scionce : comme 
robscrve róloqucnt Alibi-rt dans són elòge de Spallan- 
zani « chaquc àge scmble avoiu soti geure d'ctiide de 
» piéférence. Les poétes uous plaiscnt sur-tout dans les 
» piemicrs tems de la vie», aussi ce fut la poesie qui 
nut d'abord ea réputatioa Bandi : les essais qu'il cn 
donna, prouvaient ses heureuses dispositions ày réussir, 
les niémoiies mémes qu'il a faits ensuite sur les poétes 
et Ics orateurs, ea sout une marque evidente. Cependant 
aussilót qu'il cut appris la scieuce poétiquc, il fut beau- 
coup plus réservé à faire des vers. 11 sentii quo ce 
n'était pas encore là le genre auqucl il e'tait appdé; son 
penchant le devait porter sur-tout à la contemplation de 
la naturo: eii effet le célèbre pere Beccaria étant venu 
à purter le goùt de la vraie physique dans notre Uni- 
versité, et y attirer par ses expériences et ses découvertes 
sur l'électricité les rcgards de tout le monde savant , le 
jounc écolier commcnca ì\ s'apercevoir de ce penchant, 
il comnionca ;\ se counaitre, et le bcsoin de -tout savoir, 
dcvenant bicntòt pour lui un tourmeut irrésistible, il 
s'appliqua particulicremcnt à cette étude de la nature 
la satisfaction qu'il y éprouva d'abord, l'cngagca à de- 



(vii) 

mander aux supt5iieurs l'agrément de pouvoir passer de ^^ „i„aiaiit- 
la sectioii de littcrature dans celle de j)hilosophic , l'on Jf ^'j;;;;^ P°^ 
satisfit à sa demaade et il s'acquit dans celle nouvclle p'''1'''"p''"- 
carrière tant de réputalion , qu'il fut nonimé répétiteur ii e^-i nommé 
de géomélrie vers la fin du lySy. Cette qiialité le mit 
dans le cas de reconnaitre combien il faut de tems et 
de soins, d'étude et de palience pour apprendre à bicn 
étudier, voir, observer, méditer et enfia raisonner. Pour 
contracter ces louables habitudes , il eut aussi lieu de se 
coovaincre qu'il fallait vivre quclque tems daus un grand 
recueillement d'esprit, et ce fut dans cette vue qu'il 
travailla pendant plusieurs années uuiquement pour lui- 
mèrae ; la veuve Thérèse Vassalli , qui était sa sceur , 
le pourvoyait dans ses besoins, et s'affectionna tellement 
à lui, quelle le suivit à Savillau , loi'squ'il fut sorti du 
collège, et de Savillan à Turin sans jamais plus le 
quitter. La section de philosopliie présente aux élèves 
plusieurs avantages. Après quelques années d'étude ils 
sout nommés répétiteurs des étudians cu philosopliie, qui 
soQt dan? le collège, pour les traités qui se donnent à 
rUniversité aux élèves dans les mémes classes. N'ayant 
d'autre occupation que celle de la répélition, ils ont tout 
le loisir nécessaire aux études suivies. Cet emploi mème ^^r,,];,^ jg 
leur fournit les moyens de s'exercer dans l'art d'enseigner, répéuìeur. ' 
particulièrcmont , lorsque les deux premiers répétiteurs 
étaient aussi répétiteurs publics à l'Université en jouissaut 
d'une retribuì ion de 120 fr. pour le cercle, ou enseigne- 
meut public qu'iis faisaieut diaque jour de classe à l'Uni- 



(vili) 
versile. Enfia la couversation ou sociét(5 des rcpétiteurs de 
toutcs Ics facultes donne à chacun une éruditiou plus 
étcndue quii n'acquérrait jamais par la lecture. 
òrgaii;<Mion Pouf voir combieu est précieuse cette société de ré- 
" '*'■ pétiteurs , il sufHt de jeter un coup d'ocil sur l'organisa- 
tion du collòj;;c , couuu alors sous le uom de Collège 
dcs Frovinces , parce que c'étaient elles qui avaicnt verse 
peu-à-peu dans les caisses des finances les fonds néces- 
saires pour sa fondation. C est pour cela que cliaque pro- 
vince , en raison de son éteudue et de sa populatiou , 
avait un nombre de places gratuites dans le collège, ap- 
pliquées aux différeutes i'acultés, selon les besoius de la 
province. Ces places se donnaient au concours dans les 
mèines provinces , sauf l'appel au magistrat de la Réforme 
dans les cas contentieux. C'est ainsi que les élèves du 
collège ne pouvaient qu'etre l'elite de la jeuuesse des pro- 
vinces ; et uous avons vu ci - dessus que par des cxa- 
méns rigOureux on s'assurait de leur application cohti- 
liuelle. Avec le tems d'autres places , des fondatious par- 
tlculicres ont été réunies aux loo places de la première 
fondation , et pour que le bien qui en résultait , pùt se 
re'pandre davantage et accroitre l'émulation, un nombre 
de pensionnaires proportionnc au locai y fut admis. 

Les élèves qui , pendant Ics premières années du 
cours, se dislinguaient dans la faculté qui les avait admis, 
étaient ordinairement nommds, dans la dernière année, ré- 
pétiteurs extraordinaires des élèves de la première. Cette 
place , qui valait quelques distinclions houorifiques et 



(IX) 

quelques agrórnens , veuant à vaquer , était convoitde 
par les meilleurs élèves , soit pour l'honneur , soit parce 
que c'était parmi ces répétiteiirs extraordiuaifes quon 
choisissait les répétiteurs ordiuaires élus parnii les gia- 
dués dans leurs faciiUés respectives. Les rdpétiteurs étaient 
douc l'elite des talens les plus distiiigués , qui s'étaient 
avantageusoment fait connaìtre daus le cours de plusieurs 
anuées. S'il y avait beaucoup de difEcultés pour obtenir 
cette place , en revanche elle assuiait à ceux de dioit 
une magistrature ou une chaire à 1 Université ; à ceux 
de théologie des bénéfices , des emplois ecclésiastiques , 
des chaires en province et à Tiu-iu ; à ceux de mede- 
cine et de chirurgie de bonues places aux armt'es , et 
les chaires de leurs faculfés , soit des provinces, soit de 
rUniversité , à ceux de philosophie, Les répétiteurs an- 
ciens étaient nommés préfets ou régcns de leur faculté , 
quand il s'en offrait l'occasion. Cette échelle donnait à la 
jeunesse la plus giaude émulatiou , et fouruissait au Gou- 
vernement des hommes très - distingués pour les chaires 
taut des provinces que de l'Université , et pour les dif- 
féreus emplois de la société. 

Le Gouverneur , qui par son zèle et son credit avait 
obtenu l'ouverture du collège dans l'au 7, car en 1792 
on l'avait ferme , ainsi que l'Université et Ics sociétés litfé- 
raires (hormis l'Académie des sciences et la Société d'agri- Perfrfhonne- 
culture),en obtint de la méme manière la nouvelle ouver-"'""'" ""*^'' 
ture en l'an 9 , et le transport dans le locai le plus propre 
de la ville , où il y a un jardiu pour Ics cxerciccs des 

b 



(X) 

élòves , qui peut servir en méme tetris par le choix deg 
plantes à donner les preraières notions de botanique, et 
1111 locai pour mi observatoire météorologique et astroDO- 
mique, pour deux Jaboratoires , l'un de physique , l'autre 
de chiinie , pour une grande bibliotlièque et une salle 
pour les exercices litt(5raires et de déclamalion , qui ne 
dcmandent que d'ètre portés au poiut propose pour les 
plus grands avantages des élèves. Le nombre des classes 
fut aussi augmenté de celle des mathématiciens; l'on vient, 
par Tarrété du 2 1 frimaire , d'agréger au prytanée ou col- 
lège les élèves de l'école vétérinaire , comme une succur- 
sale placée dans le locai de l'école au Valentin. La langue 
fraucaisc , devenue plus nécessaire que jamais , eut aussi 
un établissemeut particulier avant Tunion du Piémont à la 
France ; fous les élèves du prytanée sont obligés de se 
rcndi-e au cours de cette langue , qu'un liomme Labile 
donne chaque jour avant l'étude du soir. La géogra- 
phie fut aussi adjointe à l'instruction des élèves, qui sont 
aussi obligés de s'en occuper , de méme que de la lan- 
gue fraucaise. Des salles pour les exercices gymuastiques 
de l'fscrirae et de la dause , et pour les arts d'agrémens 
pour ceux qui soulialteut les cultiver , furent aussi pré- 
parées , de facon que ce collège réunit aux anciens avan- 
tages crux qu'on a dans les meilleures maisous d'éduca- 
tion de France. 

Si l'ancienne organisation du collège a fait tant de blen 
au pays, que ne doit-on pas en attendre maintenaut quelle 
est perfectionnée et si sagemcnt augnienlée ? Quelle sa- 



(XI) 

tisfaction ccs additions n'auraient-elles pas donne à nofre 
Eandi ? Mais e' est l'histoire de sa vie que je me suis 
propose de vous présenter : ainsi revenons sur la rouLe 
de ses études. 

L'immense carrière qu'il vit s'ouvrir devant lui dans les 
études philosophiques , redoubla son ardcur, et mépiisant 
les avis de ceux qui raimaicat , il fit de tels efforts que 
sa sante ne put y resister ; une fièvre lente le réduisit au 
poiut que les médecins désespéraient de le guérir , et 
il en aurait été la victirae sans un ami qui l'amena avec 
lui à la campagne pour le distraire de ses études , et il 
rétablit sa sante, ea le forcant à faire benne chère, et 
en le détournant du travail. 

Le pere Beccaria , voyant l'heureuse disposition et l'ar- 
deur dEANDi pour apprendre, le fit son compagnon danSqu^" ",S,-.H-é. 
les recherches physiques, et lui inspira le goùt des ma-audi.' 
thématiques , dans lesquelles il étudia liuit ans sous le 
célèbre Dominique Michelotti , et il en profila tellement 
qu'il fit presque des annces entières la classe pour soa 
professcur, tandis que celui-ci était absent pour commis- 
sion du Gouvernement. 

Après avoir été quelque tems répétiteur , il n'attenditsonexamm de 
pas qu on le nommat proiesseur pour en subu' 1 examen phiiosoj iiie. 
ordiuaire. Cet examen consistait dans une dissertatiou à 
écrire dans une salle près le secrélariat de l'Université. 

Le sujet sur lequel roulait celte dissertatiou , était un 
poiut de pliilosophie qu'on tirait au sort sur 5o, nombre 
auqucl se réduisaicut les traités. Il y avait cncore un 



(XII) 

examen vcrbal d'uac heure sur tonte la philosophlc ; Ics 
examinateurs ctaient au uombre de douze , doat deux 
étant contraires , le candidat était renvoyé. * 

La fraucliise qu'il n'a jamais su modérer , pouvait lui 
faii-e quclqnes ennemis ; mais son mérite extraordinaire le 
meltait ù Tabri de toute vengeance. Libre du souci de l'exa- 
nieu, quVn homme qui voyait toute l'étendue de la scien- 
ce, et Ics vides qui se trouvent dans les plus célèbi-es écri- 
vains , il ne rcgardait pas corame peu de chose , ainsi quo 
font les ignoraus qui ne voient point ce qui leur manque ; 
Eandi, polir se procurer des liv^res , soulager sa sceur de 
la dépense qu'il lui rausait , et augmenter Taisance de sa 
mèro, rcpiit ses Ircons privées et scs répétitions de phi- 
losophie et de mathe'matiques, par lesquelles, oufrc l'acliafc 
des livres et le soulagcmcut de sa famille, il fournissait 
cocore des moyens à ses amis, qui n etaient pas tous assez 
discrels pour ne pas abuser de son bou coeur, Trcs-lié 
non- seulement avec les répctiteurs de sa faculté , mais 
aussi avec ceux de médecine , de chirurgie , de droit et 



* Ce flit le 14 aoùt 1761 qu'EANDl subii son exameu de professeur eli 
pliilosophic, Les persounes Ics plus distiiiguées par la science et la nais- 
sance ainbitionnaient d'élie du coUèoe de pliilosophie et beaux - arls de 
Cl.i»!c Je philo- 1 Universilé , et à celle epoque la classe de pliiiosophie élait composée des 
d i!à''d'^" '""' c^'èbres BnuNi , professeur d'anatomie ; Bautoli , professeur d'anliquilés > 
Reyneki , aiidileur; Berta, bibliolhdcaire ; Revei.li, professeur de gc'omé- 
trie ; Beccahia , professeur de pbysique ; Feureri , professeur de morale ; 
Natta, professeur de logiquc ; E.onA , ensuile archevéque; Orjiea ci Costa, 
cusuile cardinal. 



(XIII) 

de tlidologie , ardent à tout savoir , il étudla toutes ces ses/iudei, 
facultés, et il s'en procura les meilleurs oiivrages. C'cst 
la société des Bon , Tobon , Baudisson , Cigna , Laneri 
et de tant d'autrcs honimes cdlèbres , qui euflamma tou- 
jours plus Eandi du désir de savoir , et lui procura , 
dans toutes les sciences, la vaste érudition doni il brillait 
eu società. Suivant le principe des grands liorames nìl 
actiim reputans , si quid superesset agenduni , il étu- 
dia, le scalpel à la main , l'anatomie avec Ics médecius , 
les droits civil et canon avec les jurisconsultes , la tliéo- 
logie avec les tliéologiens, et la pli3'-sique , les malliénia- 
tiques , la chimie avec les hommes les plus distingués 
dans ces sciences. Le pi-ofesseur le plus renommé de son 
tems , le célèbre Beccaria , faisait le plus grand cas de 
son savoir ; il voulait le voir tous les jours , et bica sou- 
vent mème le consulter. 

La franchise de son caractère, et la vivacité qui l'ac^ 
coinpagnait , le portait quelquefois à choquer l'amour- 
propre de quclqu'nn panni ceux qu'il fréquentait ; mais 
il était naturellement bon , et il attribnnlt à ses semblables 
la méme bontér'ce caractère suivi de tant d'autres vertus, 
le tirait toujours des picges qu'on pouvait lui tendre : il 
ne lui venait pas méme la pensée de les éviter. 

Il resta dans le collège jnsqu'à la Toussaint de 1770, 
qu'il devint professeur de philosophie et préfet des écolesf^^i'°^ff/.p;^°; 
à Savillan. La philantropie qu'il avait toujours exercée^"^"""'"' 
envers ses collègues , ses amis et on peut dire avec tout 
le monde, trouva dans les huit classes du collège, doni 



Erercicc ùes 



(xiv) 

reùscignement était parfagó depuis l'art de lire et d'écrire 

jusquà la pLiiosophie iuclusivemeut , un objet digne de 

sua ame bieufaisante et de soa géoie. Il commeu(;a par 

abolir les coups de fouet , qui avilissaient les eufaus dans 

]es quatre prcmières classes , et les copies de centaines 

de vers qui rorrnaient la base des peiues pour les trois au- 

„ ,ui,„;,u3j„trcs classes. Il y substitua uq peu d'ccriture faite avec ap- 

oriinain-, pourPlicstion ct 1 excrcice de la nieuioue pour les prenuers , 

et le Seul exercice de la méraoire pour les seconds. De 

cede mauière il rendit autant que pos^ble les chàtimens 

liti les , soit aux coupables , soit aux autres élèves de la 

mcme classe , et mit ea méme teins les professeurs à labri 

du soupcoQ qu'ils pusseut infliger des peines par inlérèt. 

Il reinit en vigueur la loi , en general inobscrvée, d'en- 

seiguer Ics quatre opératious de l'arillimctique aux enfaus, 

dès quils savaicut lire et écrire, pour cjue ceux qui uè 

suivaieut les écoles que jusciu'à la grammaire, fussent en 

etat de tenir uu livre de comptes , et faire les calculs les 

plus ordiuaires. A cet effet il faisait insister particuliè- 

rement sur l'enseignement de la langue vulgaire , et sii 

eùt été cu son pouvoir, il aurait changé en grande partie 

les livres des écoles et la méthode d'enseignement , qui 

dcpuis si lon":-tcms était en usa^-e. Il avait propose d'o- 
li propose le per "^ *-" " "• 

nTiiomirtncni ]^\\crej. tous Ics Drofcsscurs de grammaire, des humanités 

dei uictioiinai- or o ' 

u.'n!'"'" " '" et de rhétorique, de noter les additions dont lexpérience 
journalière leur ferait voir quétait encore susceptible le 
dictionnaire italien et latin à l'usage des écoles , et d'en 
eovoyer tous les ans une liste cxacte. Ce dictionnaire, 



(xv) 
«insi auginenfé , seraìt dcveou uà modèle plus compiei 
de ce qu'on peut faire dans toutes les laugnes. L'on sait 
que ce fiit le célèbre bibliothécaire Pasini * qui forma 
ce dictionnaire , et que lorsqu'il fut achevé , il merita 
detre admis dans toutes les écoles d'Italie ; mais l'on sait 
aussi que ces sortes de livres ne peuvent acquérir qu"à la 
longue toute la perfection dont ils sont capables. 

Il souhaitait de former de bons citoyens , des horames 
utiles à eux-mémes et à la patrie; h cet effet il aurait sonpro;ef.ivn- 
voulu donner dans les classes inférieures des uotions suf- 1^3001", p',h,?ai- 

_ 11-1 ^ 1 . . res el seconde». 

nsantes d agriculture , de commerce , des arts prmcipaux , 
comme il exposait l'application des priucipes de physique 
et de chimie aux arts, aux métiers , à l'economie do- 
mestique ; la pratique de l'arpentage et des ingéniciirs 
dans l'explication de la geometrie; l'analyse des sensations, 
l'art de trouver et de présenter la vérité , les sources 
des erreurs dans la logique et les bases des vertus, et les 
maximes sociales dans la moiale. Son traité de philoso- 
phie qu'il dictait , selon l'usage , en deux ans , était un 
modèle dans son gcnre bien supérieur à la science ordi- 
naire de son tems. Il inspirali la vertu , base du bonheur 
prive et public, tandis qu'il enseignait ce qu'il y avait de 
plus sublime dans la pliilosophie. Il avait étudié, médité 



* Professpur des s. ^'criliires Pt ars langues orìpnlales dans riTniversJK* , et 
tandis qu'il écrivait la grammaire de la laiigiip h<^braiqup, qui lui fit une ré- 
piilalioii dans cp grnrp , il pipparait 1p colalufjiip dps iiiannsriils dp la bi- 
blioihequc de l'Univeisité de Turin, qui luoutra sa giaude éiuditiou. . 



(xvi) 
les grands maìtres de toutes les nations ; il en avait fcoih- 
parò le piincipes et les méthodes , pour ea déduire ce 
quii croyait le plus avantageux à la jeuuesse qui lui ctait 
cunflce , e est-à-dire à la patrie. 

Pour donnei- une aualyse du traité de philosophie 
d'EANDi , il iuudiait analyser trois traités , puisqu'il eii 
dieta trois dificreus , en dounaut trois cours de philoso- 
phie à Savillau. Mais cornine ces traités pour les parties 
de la logique , de la métaphysique et de la irorale , n'ap- 
parteuaieut pas à l'ancienne Académie fondce pour l'avaa- 
cemeut des scieuccs pliysiques et matht'maliqnes, et quils 
ne sout pas mème du ressort de la classe dont l'objet est le 
mème que celui de cette Académie , je ne ferai qu'indiquer 
les institutions de sod premier cours de philosophie. La 
We àe son première annéc, suivant la loi , il dieta la locique , la nié- 

cours He rbilo- '^ ' , . . 

Sophie. taphysique et la geometrie. D'abord il donna des notious 

prélimiuaires, établissant que l'horame est un anncau dans 
la chaìne des étres , et que par conséquent il participe 
de plusieurs ; il aunouce eusuite l'origine des idées par 
les scns ; il indique les opérations de lame; il explique 
l'outhologie qui sert de base au traité ; et dans cette par- 
tie des notions préliminaires il traité de la vérité , de 
la perfectioa et de la beante ; il établit les bases ou pria- 
cipes de tonte la philosophie. Après l'onthologie, il traité 
des opérations de l'ame; des idées, des mots, du jugement 
et des propositious ; des règles pour distinguer la vérité 
de la fausscté; du raisonncment et de l'argumentafion ; des 
sophismes j de la méthode et de la certitude . Dans le 



( X V I 1 ) 

second cours il a commencé par Thistoire critique de la 
pliilosophie ; il dieta ensuite un traile des préjugés di- 
viscs en quatre classes , sclon la divisiou des idoles de 
Bacon. Le genie et l'érudition éclatent méme dans les par- 
ties qui paraissent les plus stériles. Dans la métapliysique 
il traile de lame et de Dieu. D'abord il annonce quo ces 
dcux sujets sont hérissés des plus fortes difficuUcs ; en- 
suite il chcrchc à déraontror la spiritualité et rimmortnlilé 
de l'ame , qu'il déduit particulièrement de ce qu'il n'y a 
pas de raisou pour croire que le Créateur vcuille dé- 
truire l'ame quand le corps meurt, Cette institution est 
un précis de tout ce que Ics anciens et les modernes ont 
écrit sur ce sujct, avec de nouvcllcs réflexions. Dans l'ins- 
titution oìi il traile de Dieu , il prouve son existence 
et ses attributs , dont le dernier est son incompréhen- 
sibilité. Ces deux sujets lenant fortemeut à la morale, par 
conséquent au bonheur de l'homme , Eandi les a par- 
ticulièrement soignés , et saus taire , ni mcme affaiblir 
aucune des diftìcultés proposécs par les anciens et moder- 
nes incrédules , il croyait qu'on pouvait trailer ces sujets 
à l'avantage de la sociale ; aussi laissa-t-il tout prét pour 
l'impression un traile de Dieu et de ses attributs. 

La geometrie qu'il dieta dans le premier cours , tenait 
bcaucoup de celle de Revelli , qui avait été son profes- 
seur, avec Ics chaugcmens ncccssaires dans les démoustra- 
tious pour réduire à un plus petit nombre les proposi- 
tions , sans cn omettre aucune principale , et y faire les 
additions des usagcs de chaque proposilioa dans la pra- 

• e 



( X V 1 1 1 ) 

(Ique. La seconde annde du cours , il donna la morale 
Uéf df 1.1 <^t la physique. Dans la morale , qu'il definii la science 
■"<"»''• pvatique de vivre heureux , il commence par Iraiter du 
bonheur ou de la fclicité , qui uè se peut trouver que 
dans Ics bouues racEurs ; ensuite il traile des actions hu- 
maincs et de leur imputation , du juste , de l'honuéte et 
du decent , des vertus et des viccs en general , et des 
vertus et des vices ea particulier. Cesi dans la morale 
que la pliilautropie d'EANDi brille particulièremcnt , et 
6on ama pure et patriotique qui s'exaUe , soit eu réfu- 
taBt les sophismes des anciens et des modernes en faveur 
des vices , soit en préscutant le bonheur iudividuel et 
public , qui de'rive de lexercice des vertus. C'est le phi- 
lantrope qui veut le bien du genre bumain , c'est le pèrd 
qui dirige ses enfans. La physique pour les éludians en 
philosophic , n'osi pas un traité particulier sur quelque 
poiut , ni un assemblage de mémoires académiques qui 
puissenl intéresser la classe , c'est la collection des vérités 
les plus assurces qu'on ait dans toules les parties de la 
science, et il suflit de dire qu'EANni savait par cocur les 
oeuvres des plus célèbrcs écrivains de toutrs Ics nations , 
et qu'il en diclait les principes rais dans le mcilleur or* 
dre et avec la plus grande ciarle. Pour donuer une idée 
de son traile, j'indiquerai les litres des instilutions ; et j'y 
ajouterai quclques remarques pour qu'on puisse raieux ca 
jugcr. 
H.'e df sa Le traile qu'il dieta en 1772 , est disfribué cn scpt 
dissertalions. La i.^^ Des propriétés générales des coi ps. 



( X I X ) 

comprend tout ce qu'on a écrit de plus certain sur cetfe 
matière, en y ajoutant à propos l'application de la science 
Bux arts, et eu tiraut les exemples toujours instructifs des 
autres sciences uaturelles dout il eut l'adi esse d'iusérer 
les r<?suUats les plus utilcs et les plus iutéiessaus dans soa 
traile de physiyue, oi!i en peu de mots on trouve claire- 
nieut annoncés fous les systèmes. La 2.'' Des forces des 
corps , est la plus longue, et contieut non seulement ce 
qu'ont écrit là-dessus Galilée , Newton et les aulres 
grands maitres en physique , mais ce qui de ce tems 
était très-paiticulier , la théorie des allìnitcs et leurs ré- 
Sultats. Daus cctte dissertation Eandi non-seulemcut sur- 
passe ses conteraporains , mais il devance les dc'couvertes 
les plus récentes, en les déduisant, par coroUaires , de 
celles que lui-méme avait confirmées par ses expériences. 
C'est ainsi qu'il prédit le fluide galvanique , le déduisant 
des expériences sur 1 electricité , sur les afiìnités , et des 
vues de Newton dans son troisième livre de l'optique. La 
ò." Des pressìons , et la 4.* Des mouvemens produits 
par la grattile, renferment toute la stalique , la théorie 
dii inouvement compose, des pendules , des forces cen- 
tra les , les lois de la communication du mouvement ou 
du choc , des résistances , eie. et cheque partie est dé- 
montrée avec les principes de la geometrie , et éclair- 
cie par les diverses applications aux sciences et aux arts. 
La 5.* Des corps célestes , présente l'astronomie physi- 
que dans laquelle par la doscripfion de la sphère se trou- 
vent aussi les principes de la géographic. Ce qui pour 



(XX) 

l'ordlnaire est plus difficile pour les ^lèves , est mis ici 
avec la plus grande ciarle , et les questions les plus su- 
blimes sont annexées aux plus intéressantes sur les divers 
phéuomèaes célestes et aux plus proprcs à réfuter les vains 
pit'jugcs. La 6/ Z>e5 liguìdes, comprenà l'hydrostatique , 
la gcoliydrostatique et l'hydrauliquc. Ce qu'ont écrit sur 
celle matière les Italiens, les Francais «t les Anglais , se 
trouve dans peu de pages, avec des réflexions et des ap- 
plications utiles et faciles. Et comme l'hydraulique a été 
particulièrement perfectionnée dans ce pays par son pro- 
fesseur ea matlicmatiques Francois-Dominique Michelotti, 
il lui rend les liommages c[u'il a bieu mérilés. Il indique 
plusieurs questions frivoles dont s'occupaient les Physiciens, 
mais il ne s'y arréte pas, s'occupant plus avantageusement 
de la maniere de déterminer les gravités spccifiques , et 
de connaìtre par les mémes, les proportions dans les al- 
liages des mctaux , de l'usage du tube de Pitot pour 
déterminer la vìtesse des eaux des rivières , de la manière 
la plus propre de dériver les eaux pour Tarrosement, etc. 
Il finit celle dissertation par un petit traile sur l'origine 
des fontaines , réfutant l'opinion de ceux qui ne les rap- 
porlcnt pas aux pluies et aux neiges. La 7.^ et dernière 
dissertation de ce cours est de l'air. Eandi commence 
par démontrer les propriétés physiques de l'air , telles 
que la fluìdité , Yélastické et la gravite , en indiquant 
les usages de chacune, et par résoudre les questions re- 
lalives , comme de la hauteur de l' atmosphère , de la 
meuire des éle'vations par le baromèlre , eie. Ensuile 



(xxi) 

il passe aux proprldtc^s chini iques ; il démontre la quan- 
tité d'air qu'absorbent le soufre en brùlant et un ani- 
mal par la respiration ; l'air qui se forme paf les fruits 
qui , mis sous des cloches avec le baromètre , le firent 
monter à plus de 5o pouces , selon les expériences 
dHALEs, la nécessité de renouveler l'air dans les cliam- 
bres fréquentées et pour la végétation , la différence entre 
les vapeurs réduites à l'apparence de l'air , et l'air or- 
dinaire , la vie du foetus et des animaux qui vivent dans 
l'eau ; les dangers auxquels s'exposent les animaux mis 
dans un air du doublé ou du triple condense , etc. ; en 
peu de mots il examine les théories diverses des appli- 
cations des connaissances ph3'siques et cbimiques de l'air 
à l'economie des étres organisés et aux arts. Les seuls 
titres des questions traitées dans cette dissertation pi-ou- 
vent qu'EANDi se tenait au courant de toutes les décou- 
vertes pliysiques et cliimiques , et quii étudiait aussi les 
autres sciences, pour en donuer, les resultate les plus utiles 
aux élèves qu'il aimait comme ses enfans , et dont il 
avait la consolation d'étre estimé , respecté et aimé comme 
un pere aifectueux. 

Dans les traités qu'il dieta aux deux cours suivans , 
comme professeur de pliilosophie à Savillan , on voit le 
progrès des sciences dans les additions d'EANDi , qui se 
faisait le plus grand plaisir de communiquer aux étudiaus 
tout ce que la lecture , la méditation et l'expérience lui 
apprenait de nouveau. C'est ainsi qu'il dieta aux élèves 
l'explication de l'électricité ( dont il donna une institution 



( XXII ) 

dans le second (jours ) positive et negative par la con- 
densafioa ti la raix'factiou du méme fluide qu'il compara 
h l'air soiis ce rappoit ; la manière de déterminer avec 
pic^cisiou le poids de l'air , qui se fixe dans l'oxidatioa 
dos niétaux par le transport du con tre de gravite des 
vases où se fait l'opération ; sa théorie des trcniblcmens 
de terre par Iclectricité ; le développcment de ce fluide 
daus les opérations chiniiques , pari icuiiòrcmeut dans les 
fermenlafions , la coliibence de Teau gelée, quand la giace 
o'a pas l'humidité ordinaire provenaute de sa fusion, et 
plusieurs outres découvertes et théories dout il aurait pu 
aisément l'aire des mémoires académiques qui lui auraient 
donne de la réputation . Mais le but priuclpal d'EANDi 
était l'iustructiou des élèves qui lui étaient confiés; pouF 
cela il préféra d'écrire des élómeus dout s'occupent trop 
roremcut ceux qui sont en état de les composer , et trop 
souveut ceux qui ne conuaissent pas assez ni la malière 
qu'ils eutreprcnnent de traiter , ni leurs propres foices. 
L'amour cclairé du bien public le portait à eutendre 
^ m"d-E,!ndT' l^s miaistres du culle, quaud ils parlaient à la jeunesse 
et au public ; il crut qu'on pouvait présenter la morale 
dune manière plus utile, il medita les chefs-d'ocuvres 
des dirCcrenlPS sectes , il étudia particulièrement les Port- 
ro3'alislcs et les Fénélons , Bossuets , Bourdaloue, Mas- 

6ILLON, FlÉCHIER, PaSCHAL , S.-CyRAN , ArNAUD , NlCOLE, 

lÌACiNE et Fleury , et se mit à prècher premièrement à 
la jeunesse les jours de fète , et aux exercices spiriluels 
qu il y avait tous les aus pour ics étudians mème de 



( XXI II ) 

rUniversité . Fait pour réussir parfaltement dans tout , 
Eandi acquit une telle rt'putalion dans l'art de piédicr , 
quii fut noinmc poni- faire devant le Roi le scrmon du 
S. Simile, comrnission dont il se chargea volontiers pour 
me piocurer la pension ecclcsiastique au lieu de Ja prea- 
dre pour lui, cu de prondre une somme correspondante. 
Gomme c'était l'usage. C'est dans cette occasion qua, con- 
versant avec les ministres du eulte et parcourant Icurs 
ouvragcs les plus estimés , il crut rendre un service à 
riiumaoité, en éclairant beaucoiip de monde sur les idées 

... .,,..,, , . _ Son ouvrage 

religieuses , et il ecrivit louvrage qui a pour titre ; xia- dereiigion. 
gione e Religione quii a rais sous les auspices de monsei- 
gneur Valperga, évéque de Nice, qui avait été gouverueur 
du collège dans le tems qu'EAKDi y était , et quii fut nora- 
mé évèque du tems que j'y étais moi-méme, avec le regret 
universel des élèves du collège quii chérissait et dont il 
était aimé. Cet ouvrage d' Eandi est trop étranger à la clas- 
se, pour que j'en donne un précis; je dirai douc seulement 
qu'il fut fort estimé , et que les journaux classiques ea 
matière de religion eu firent beaucoup d'éloges. Tandis 
qu il vaquait à la prédication , à toutes les parties de la 
pbilosophie , à diriger la jeuncsse dans leurs études et 
dans la morale, il faisait continucllemcnt des expériences 
dont il m'inspira le goiit dès l'enfance , ainsi qu'aux cnfans 
que leurs parens lui avaieut particulièrement confiés , le 
priant de les rccevoir dans sa maison. C'est dans l'exer- 
cice de dircctour de la jeunesse , qu'EANDi montrait plusH^ienr ute» 
particulièrement sa philantropie , la dirigcant avec une 



( XXIV ) 

patfence étonilante pour son caraclère vif, avec une pru- 
dence raisonnée ; ne perdant aucune occasion de leur ins- 
pirer la plus pure morale sociale , sans les ennuyer , ni 
les fatiguei- de préceptes , en leur donnant le goùt de 
toute sorte de science et de littérature , dont il parlait 
en professeur, et en l'intéressant par des expérieuces cu- 
rieuscs. Par cette éducation il voyait se développer daus 
ses élcves le germe du genie naturel qu'il avait tous Ics 
soins de seconder , et fournissait de cette manière des 
artistes , des raédecins , des jurisconsultes à la Société , 
empechant souvent les parens de forcer les enfans de 
sui\Te des études contraires à leur inclination naturelle. 
Nomination C'est après six ans d'exercice dans la chaire de pliilo- 

n Eandi àU pla- 
ce .le subsuiut Sophie de Savillan, qu'Eandi fut nommé à Turin , le 5 

«Beccaria. l J M ' 

novembre 1776 , professeur substitut du célèbre pére 
Beccaria. Il n'était pas aisé de ne pas perdre de son 
crédit , en reraplacant de tems en tems un professeur si 
célèbre dans les lecons , et dans les expérieuces et dé- 
monstrations publiques. Mais Eandi n'avait pas à craiudre 
le parallèle de son maitre; car , appelé méme à l'im- 
promptu à faire la classe ou les expérieuces , il ne lais- 
sait sentir aucun vide aux auditcurs accoutumés à son 
grand maitre ; il avait méme l'adressc d'aperccvoir d'un 
coup d'ceil , s'il y avait des savaas distingués ctraugers 
ou du pays parmi les auditeurs , pour s'entretenir plus 
cu moins sur les découvertes les plus récentes et pi-oposer 
les véi'ités nouvelles qui pouvaient Ics iutéresser de pré- 
férence , tandis qu'il expliquait le traité de Beccaria aux 



( XX V ) 

élbvos. Poh de teins aprcs qu il flit nommd profcsseiir 
Siibsti'ut de physique, BtCGARiA lotnba malade, alors 
Eandi out lieu d'cxeicer son genie ef sa pliilantiopie. 
Iv'on seulemcnt il exécutait les expériences dclicates que 
BiiCCARiA lui iudiqiiait , mais il cu imaginait daulies 
tiès-irigéuieuscs quii proposait toujours ù sou maitre , 
pour le soiilager par de uouvelles dccouvertes de l'enuui 
de la loiii^ue et douloureuse maladie, qui Tculeva aux 
scicnces. Il pf)iissait la cornplaisauce poui* son professeur 
au poiut do lui tout altribuer et de s'éloigner de quel- 
ques soeiélés sav'antes que Beccaria ne voyait pas de 
bon oeil par ces faiblesscs, qui se trouvent souvent daus 
les giauds hoinrat^s. Il v avait dans l'ancien légiine à .,, 
'J'uiiu l'Académie royale des sciences pour l'avanccmcat'-'''- '''^'^"''''• 
des sciences physiques et mathématiques, Société qui 
eut pour foudateurs.les cólcbrcs Saluces, Lagbajsge et 
CiG>!A, qui lui procurèrent par le i." volume de leurs 
ménioires une réputation qiie })eu de sociétés acquièrent 
dans des siècles;la8ociélé royale dagricuUure, aujourd liui 
centrale de la 27." Division militaire, dout les six volumes 
ont élé tradui's en francais ; la société privée de litté- 
rature, n )inmée sociélé patriotique , dont les actes en trois 
volumes sous le titre d OzJ leUcrcxrj ^ en font regreder la 
dissolution; société qui a élé remplacée par celle des l na- 
Liimes, qui a publié aus»;! des actes cu d^^ux volumes, et fut 
refablie en fan g sous la dénoniination d'Académie su- 
balpine d histoire et beaux ails ; la sociélé littéraire dite 
dii conile Bava c/s 5. Pah., uotie conficre de la classe 

d 



' ( XX V I ) 

des Sciences morales et politiques, de litk'rafure et beaux- 
arts, qui pubjia huit volunies des vies des Piémontais 
illustres daiis tous les genres ; la Socicté physico-médì- 
cale, qui s'occiipait de l'avancement de l'art de giiérii-, 
eu y appHquant les dccoUvcitcs physiques et cliimiques 
quelle uvait soia de vérificf ; la Colouie des Pasteurs 
de la Doiie qui a publié deux volunies de pièces exx 
piose et en vers qui font honneur aux auteurs. Plu- 
sicurs sociétés de jurisprudcnce et de ihéologie ; TAca- 
déniic royale des beaux-arts, et plusieurs sociélés de 
musiquc. E.vndi était très-lié avec les uiembres les plus 
disliugués de toutes ces acadcinies, qui veiiaient mème 
souvent le consulter, et souhaitaient de l'avoir pour col- 
lègue. Il les aurait toutes fiéquentces avec le plus giand 
plaisir n'étant étranger à aucune science , ni à la litté- 
rature, ni aux beaux-arts; mais tarKlis que vccut Bec- 
caria, il se tint éloignó de plusieufs, de peur de luì 
faiie de la peine, et Eandi ne voulait lui procurer que 
du soulagement méme pai- le sacrifice de son amour 
propie et de la gloii'e qui le cherchait et le suivaifc 
malgré lui. 
„ . . En 1781 Beccaria étaut moit le 27 mai, l'abbé 

Koniinahon ' ' 

d'E.inJi Mh ph Canonica , qui avait occupa la piace de substitut de 
de geometrie, physiqne long-temps avant Eandi, et qui Tavaif quitfée 
poni- ètre piofesseur do geometrie , passa à la chaire de 
physique, et Eandi l'ut nommé pioffsseur de geometrie, 
le 8 juin. Ce ne f'ut pas une giande affaire pom- lui, que 
de former un nouveau tiaité des élcmens d'arilliméfiquey 



( X X V I I ) 

d'nlgèbre et de geometrie piane et solide avcc leS appi i- 
cations priiicipales à la pratiqne qu'on donne dans un an. 
Il cn avait déjà compose un à Savillan , il y lit quelques 
rcformes et additions pour le rendre digne de l'univer- 
sité, ce qui ne l'occupa pas autant quo la prclection 
d'usage de tons Ics professeurs nouvellement élus. Nous 
voyoiis dans Ihistoire des plus célèbres écrivains Italiens, 
qu'ils aimaient mieux faire un traité qu'une prélection, 
dont ils apptéheudaient tant les suites qu'on a va n'accepter 
les chaires les plus honorifiques , qu'à condilion de ne 
faire point de prélection. Eandi voyait toute la difliculté 
de, son eutreprise , principalemeut pour la geometrie , 
mais il fallait obéir et la faire. Son genie le tira dem- g^ praeciion. 
barras , et le discours dinauguration ;\ la chaire de geo- 
metrie montra la profondour de sa science , réloquence 
particulière quii savait répandre méme sur les matières 
les plus arides, et la vaste érudition qii'il avait. Les 
éloges de la geometrie pour l'acquisition non seulement 
des sciences exactes, mais aussi de celles qui cn paraisscnt 
plus séparóes , telle que la tht'ologie, la jurisprudence , 
la philosophie et la littérature mème; ces éloges répétés 
depuis les pbilosophes auciens par un très-grand norabre 
d'écrivains modernes, qui à cet égard peuvent bien se me- 
riter la reproche qu'on flt à Platon de frop donner h la 
geometrie, qui peut bien aider, perfectionner Ics autres 
sciences, mais non pa? entièrement les remplacer, ayant 
chacune leurs mérites et leurs avantagcs proprrs ; ces 
éloges, dis-je, auraicut été le siijet du discours d'im 



( xxviiO 
homme savant et crudit, (jiii n'aurait pas chcrclid eie se 
douner un (i-avail extraordinaire poni' l'avantage de la 
scicnce. 

Lo góiiic d'ExNDi ne voyant dans ces répétitions qii'un 
étalage d'éloqucncc, et d'ailleuis étant obligé de faire 
l'éloge de la scieuce qu'il allait prof'esser, medita son su- 
jet, et ttouva un vide à rcniplir, c'était de démontrer de 
quelle manière l'étude de la geometrie remplace , jusqu'à 
un cerlain point, celle de la logique , et comme elle 
est lUile pour l'avaucement des sciences, qui en paraissent 
les plus éloignces; quoiqu'elles se tiennent toules mu- 
tueliement comme les auucaux d'une chaine. Avant d'cn- 
trer daus l'analyse, il indique les sciences et les arfs, 
qui recoivent le plus de peifectionnement de la géomé- 
Irie, et poui- les autres, il leur applique la pensée de 
Galilée, « que comme dans l'art de la teiuture il faut 
préparer les draps à recevoir les couleurs , ainsi pour 
toutes les sciences , c'cst utile de préparer la jeunesse 
par l'étude de la geometrie. » Il annonce ensuite l'objet 
de son discours qu'il adresse aux élèves. Pour démon- 
trer conimeut la geometrie perlectionne l'esprit , et lui 
fait prendre l'hcureuse habitude de bien penser , de bicn 
trailer et examincr un sujet quclconque, et de le pré- 
sentcr clairement aux autres, Eaindi considère la nature 
de lliommc, qui est de cliercher toujours le vrai, comme 
on voit dans les enfans , qui ne restent tranquilles que 
lorsqu'ils ont , ou croieut avoir compris la raison de ce 
qui Icur est présente; le mal est que souvent on ombrasse 



f XX IX ) 

l'apparoncc à la place de la réaliló , et c'ost ponr cria 
que de tout tcms on a chcrchó dcs moycns de disdnguec 
le vrai du faiix, et quo les diverses sectes des philoso- 
phes ont propose des règlcs diffc'rentcs. Ce ne flit qu'apiès 
l'expóricncc de rinutilité dcpliisieurs, qui avait fait naìtre 
le proverbe, que la vérité est au f'ond du puits, d'oìi 
l'homme ne peut la retii-er , c|u'on a cu recours ;\ la 
méthodc géonidtrique, qui fut appliquce à toutes les 
sciences. Celle-ci a été connue comrae la plus propre 
poup appiendic et pouv enseigner, parca qu'oa donne 
l'explication des niots, pour l'intelligence de tout ce qui 
est exposé , on ibrnie les plus claires définitions des 
choses; on mct dcs principcs frès-clairs par cux-mèines, 
on fait des suppositions, sur lesquelles ne peut tomber 
aucun doute , et des antécédens on déduit des proposi- 
tions qui pcrsuadcnt et convainquent. Des propositions 
démontrées , on tire les conséquences , et on établit 
une serie de propositions liées les unes aux autres , 
corame les anneaux d'une cliaine , sans laisser passer- 
mème le plus petit mot qui ne soit defini. De cette 
manière l'esprit prend Ihabitude de u'acquiescer qua 
la clarté et ;\ l'évidence. Par la comparaison dcs idées, 
il distingue cellcs qu'il doit unir, de celles qu'il faut 
séparer, les réduisant à des principes certains , qui sont 
les premicrs des sciences, il classe les idées suivant Icur 
véritdble valcur , et par les véritcs singiriières, il monte 
aux vérifés universelles qui formeut la science qui com- 
prcnd toutes les vérités partielles, et il piane sur elles 



( X X X ) 

duu Seul coup-d'oeil. L'homine, par cette méthode, prend 
l'habitude de bien classer les id(^es , soit pour appren- 
drc, soit pour enscigner , il en préseute immédiatement 
la coHucxion cu la séparation , les comparaut aux priu- 
cipcs de la science, à laquolle clles appartienuent , puis- 
que chaqiie faculLc a ses princlpes propres, tels que l'ob- 
servalion et Ics expéi-iences pour la physiqoe , les mé- 
dailles et les mouumens pour riiistoire, etc. 

Par celtc raélhode l'homme apprend à ne point mas- 
qucr sou ignorance par de vains mots , ce qu'EAKDi 
recomniandait souvent à la jeunesse , disant qu il faut 
toujours èire de bouuc foi, et confesser son ignorance , 
douter quand on n'a pas la cercitude , suspendre le juge- 
ment à propos, et uetre pas fàché de dire souvent avec 
Galilée le plus savant de son teuis : cette chose est une 
dcs inflnies que J'iguore. 

Par cette médiode se sont distinguds non seulemeut 
le malhcmaticiens , les pliysiciens , les cliimistes, les na- 
turalistcs , mais eucore les pliilosophes , les oratcurs , les 
poétes. 

Ges maximes ornées de rélocfuence dont il abondait , 
et exposces avec la plus, pure lalinité quii savait par coeur, 
fìreut admirer comme cUef-d'oeuvre ce discours d'EANDi , 
qui aux atiliTS niérilcs ajoulait cncore celui qui est de 
la plus grande importauce dans un proi'esseur , de bien 
drbiler ses discours avec un tea de voix agréable, et cet 
air mc'ijesfueux et modeste qui plait et se fait resperter. 

G'cst le G" novembre 1781 qu'EAUDi a lu sa préiec- 



( XXXI ) 

tion , membrc du collège dcs beaiix-arfs dans Ics classpg 

de philosophie et do malhcniatiqne , il joiiissait de taut 

de ropiitation dans tonte sorte de liltéiatme, que più- 

sieiirs ■ présidens dudit collège lui euvoyaient à esatninetf 

Ics ouvragcs appnrtenaiis aux (lois classes, pour voir s'ila 

méritaifut l'approbation pour ètre iinpriuiés; enstiite lef.^pj'a"!"^.','"" 

collège le nonima président lo 3i décembre 1782 pour dè'phi"ol|,[u« 

. . et bcaux-aclt. 

les tiois ans suivans. 

Bien souvent les minìstres dEiat lo chaigeaient de leur 
faire des rappf)rts, et l'archevèque Costa nièine le consul- 
tai!: SUI" des points de religion. Ceux qui ne ciaiguaient pas 
la vérité , u'avaient qua s'adrcsser à lui pour Tentendie j 
mais il ne fullait pas l'ioterrogei' quand on aimait des 
réponses flatteuses ou au moius équivoqucs , car il disail; 
le vrai souvent meme saus ètre interrogò, ce qui lui fit 
beaucoup de mal. Eandi voulait le bien , et ne pouvait 
souffrir de voir faire le mal , et masquer le vrai : il le 
dévoilait nième <i ceux qui ne l'aimaient pas. 

Le président du collège de philosophie , littérature et 
mathématique doit faire un diseours, lorsquon recoit quel- 
que noiiveau membre. Les éloges de la famille et du ses d.-cours de 

Ci ' 1 ' * 1 • !■• 1 • promolicD. 

andidat etaient le sujet ordmau-e des promotions aux " 

degrés de i Université. Eandi ne voyait dans ces verbia- 

ges que des llagorneries indignes du professeur qui les 

prononcaif , et dangercuses par lambitioo mal placée quils 

donnaient aux nouveaux gradués. Il y subslilua des dis- 

cussions scionti{ìc|ues ou lilléraires , selon la classe dans 

laquelle le Caudidat était rccu, et celui-ci et l'assemblée 



( XXX n ) 
trouvaient tonjours de liastruction daus sos discours. Les 
avauliigcs de celte mélhode furent si fbitcmcut sentis , 
cju'aiijoiiidliui elle est sulvie par les profcsseiirs de tou- 
tes les l'acultés, et il est bien à rogietter qu'oa ne fasse 
pas iinpiimer ces c'crits , car on auiait d'excellens nié- 
nioirts qui oidinairemeut ne se publient jias. Ceux dEANDi 
réiinisseiit la bcauté de léloqueuce à la plus profonde 
docfrine. Ces discours n'étaient que pour déclarer doc- 
leurs dii collège ceux que le lioi avaif nommcs sur la 
proposition que le Magistrat des études lui eu avait larte, 
cn lui ìndiquant aussi la classe d'éloqueuce et de poesie, 
de philosophie ou de inalhéinatique , suivaut le genie 
dans lequel le Candidat s'était dislingué. Eandi en fit plii- 
sieurs lant pour lui que pour danti cs, parce que souvent 
par maladie ou par abscncc il Ics faisait pour le chef 
du college avant de létre lui-méme. Quoique brefs, ces 
discours uc inanqualcat pas d'intérét par la réunion des 
Irois classes du collège , par la préscncc du INlagistrat , 
parliculièrenicnt du censeur Djoikr , littérateur de premier 
ordre, qui conserve si digncniout sa place daus le nouveau 
regime, par celle des personnes les plus distinguées daus les 
Sciences et daus la lillcrafurc, enfin parce que lescandidats 
pour l'ordiuaire orateurs, poétes, ])hilosoplu'S ou matlié- 
maticiens, pronoucaieut leurs discours de reception que 
le Public comparait avcc la promotion. Mais le genie et 
lerudition ne laissaient jamais manquer de sujels aux dis- 
cours dEANDi , qui les modclait suivant la classe à la- 
quelle ils tlaient dirigés , se moutrant tour- ù- tour ora- 



( X X XI I 1 ) 

^pur , philosophe , mathcmaticien snlvant l'occasion, et il 
était toujours entendu avcc beaucoup do plaisir. Dans uue 
vie completle (Ì'Eandi il faudraif piésenter quelqu'un de 
ces discours en enlier, poiir douoer un essai de sa facon 
de les écrire, et l'analyse des aiitres pour faiie l'insloiie 
de toiit (e quii a écrit. Pour une simple notice , je n'ea 
inrljquerai que quelques pensées. Daus plusieurs de ces 
discours il trace les progrès que la branche de littéra- 
turc, dont il est question, a faits en Piémont , pour en- 
flammer la jpunesse à l'étude par les exemples des hom- 
mes distingués qui! pioduit en tout genre. En parlant 
à la classe de littérafure , il dit que , corame les eaux , 
soit des pluies, soit des fontaines, ont besoin détre réu- 
nies daus des cauaux , des étangs , eie. pour servir à 
1 irrlgation et aux aufres usages , ainsi les beaux-arts se 
forlifiont, s'augmenlent, deviennent utiles en les réunissant 
dans des soi'iétés , des collèges, etc. Dans la méme promo- 
tion il rapporto lo texie de Sénèque « que l'homme qui 
apprend à In jpunesse IVrudition et Ics bonnes nioenrs , 
est plus utile à la patrie que le jurisconsulte et celui 
qui decido de la paix et de la guerre». Dans une pro- 
motion adressóe h la clns^e de pliilosophie , il trace le 
tabloMu de sa chute diez les diverses uations anciennes 
et niodernes , quanti elle arriva au plus haut degró re- 
lai ivcmont au touis , et il présente le collège conmie le 
soution qui a flit le plus giand bien au public, parce qu'il 
fui compo'ó dliommes « qui bona studia acPiriine tue- 
rerUur , et piobaieiit eos , qui ad hasce nostras diaci- 

e 



( X X X I V ) 

plìnas tracIencJas vocaronlur ; hìcjue ad ìd munerìs vo- 
cali , qiiidquid aiit sapieniia , ani eloquentia posseni , 
vel alìquando valerent , lolum ìd ad palrice comwoda , 
et ornamenta converterent ». Dans une promotion lue 
à la classe de mathémntique , Eandi obscrve qu'on a vu 
ti'ès-rarement aillcurs la science perfectionnc^e dans la ca- 
pitale se rcpandie toiit de suite dans toutes Ics proviuces, 
corame il est: arrivé eu Piémont, suit-tout à l'égard de la 
Ei.nbiiwnidii science hydraulique , movennant le magnifique établisse- 

Iij.lraulique el ^ ± j o i 

•iouuiii.ié. nicnt qiie le Roi Charles-Emmanuel forma, pour que le 
professeur Dominique Micheloxti pùt faire les expéiicn- 
ccs Ics plus importantes sur des grandes masses d'eau , 
et les mettre sous les yeux des élèves . Ces expériences 
mireut fin h un grand nombre de procès qui s'élevaient 
sur les distribufions des eaux ; éclairèrent la nation sul- 
la meilleure méthode de tirer parti des rivières et des 
canaux, ce qui était l'objet principal de la cliaire de nia- 
thématique, et firent à Micheloxti une si grande répu- 
tation dans ce genre d'expériences , que son ouvrage fut 
cité par les savans de toutes les nations de l'Europe , 
dont pUisieurs vinrent à Turin pour voir des expériences 
que , fautc d'édifices propres à cet objet , on ne pouvait 
voir aillcurs. 

Eandi ne fit point imprimer ces écrits : il avait trop 
de modestie pour croire qu'ils fussent digncs d'otre pu- 
bliés. Envain ses amis Texliortèrent à les faire ou h les 
laisser paraitre ; il ne voulut jamais y consentir. De-là 
il arriva que tous ces travaux qui ne faisaient qu'aug- 



( X XX V ) 

menfpr sa rc^pulalion dans le pays , ne le fciisaienf poinf 
connailre dans letranger; ainsi son noni ne pouvait ctie 
répandu que par quelqucs voyagcurs qui avaicut occasiou 
de le voii" , et encore ne cherchait-il ces oocasions que 
lorsqii'il s'agissait de quelquc Savant ou Littcìafciir ou 
Ai-lisle du premier ordre. 

Il scrait donc reste toujours dans l'obsciirllé , s'il n'avait 
éiù pneté par Ics circonstances à écrire l'histoire des études 
da pere Bkccahia , des métnoires acadéiniques, et les élé- 
niens de physique et de geometrie Tant il est vrai que la 
Cv'léhrité n'est pas (oujours en raison du mérite, et qu'elle 
est souveul donnée A des hommes médiocres auxquels le 
hasard fit faire quelqne découverte utile ou piquante , 
tandis que bien d'autrcs d'un mérite très-distingué l'estent 
dans l'oubli. Ce f'ut donc pour avoir publié ces pctits 
ouviages et ces mémoires qu'il acquit dans l'dtranger la 
rt'pulation d'un homme savant : en efiet , la célèbre Aca- 
démie des sciences de l'Instifut de Bologne , le 3o juin 
lygS; celle des beaux-arts de Perugia, en lygS, lui en- 
voyèrent les palentes de membi-e associò avec des lettres 
très -flalteuses ; et il en aurait recu plusieurs autres sans les 
circonstances de la guerre, qui interrompirent (oute cor- 
rcspondance littéraire avec le Piémont. ]\Iais revenons à 
scs travaux savans er phiianlropiques. 

Sans jainais pordre de vue létude de la physique dont 
rien ne pouvait (ntièrement le distraire , lorsqu'il avait 
Tempii aver la plus grande exactitude les devoirs de sa clini- 
re, il s'occupait parliculièrcmcnt des soius iufiuis qui étaicut 



( XXX VI ) 

Bftachcs à la présidence du collège : car, outre la rcvisi'on 

des livres apparfcnans aux trois classes du college et les 

Co^gM <ic Tu examcns de l'Uiiiversité, et bien d'auires fbiictious, cetfe 

rin polir IVnsei- 

|^'^™""<'"'"^charge portait encorc avec elle la siu-veillauce sur les six 
petits collages alors cxistans daus la ville de Turin. Cclte 
òccupation ctait celle qui, par sa liaisou.avec le biea 
public, l'intéressait plus que tout le reste. Et assurément oa 
ne peut pas louer assez la loi qui a mis la première édu- 
cation des enfans sous rinspection des membres du collège 
de pliilosophie, littérature et mathcmatique , qui- à cause 
de leur morale et de leur scicuce sont nonimés par leurs 
coUègucs à les présider. G'est dans l'eufance que se forme 
le caractère, que se développcut les premiers germes des 
vertus ou des vices , et l'aptitude pour tei ou td aulre 
Office» au di. ^it, etc. Il est du plus grand iutérét pour la patrie, que 

ree tene des cn- i ■•• , . , . , 

Uni. le sage directeur sache exciter les uns et retcnir les au- 

Ires, reprimer la vaine ambitiou de se faire graduer daus 
des facultcs , pour lesquelles on n'a pas ncu Ics dispo- 
sitions nécessaires de la nature , ce qu'on ne peut guère 
espérer des maìtres , quand leur reveuu dépend des élè- 
ves. Il est donc très-avantageux à la société cjue la pre- 
mière éducation soit sous la surveillance dhommes pro- 
bes , sages et pbilautropes , qui par raisonnemcnt et par 
sensibililé, aieut loute la patieuce de se faire pclits pour 
procurer de grauds hommes à la patrie. E.\ndi porta , 
dans la direction des écoles de Turin , les mcmos prin-. 
sr< principescipes qu'il avait utilcment pratiqucs ù Savillan ; douccur, 

éVduciiion. . . . . . , 

sentimcut , peiues ulilcs aux élèvcs , et discipline tics- 



( X XX V II ) 

exacte, accompagnde de la plus scvìuA justicc , faisaienfc 
le contCDtemeat des clèves et des pareus , et le bonheur 
public. 

Tandis qu'il était si surchargé de Iravail , et que soa 
genie le poitait cucore à s'occuper de physique , ayaot 
lu daiis un journal étranger de justes reproches aux Ita- 
liens et particulièrement aux Piémontais, de ce qu'ils ne 
lépandaient pas quelques fleurs sur le tombeau du célè- 
bre pere Beccaria, il ne put tenir aux égards pour le 
professeur de physique-, qui l'avaient jusqu'alors empcclié 
d'écrire. Preniièrement il demanda à son collègue , sii 
voulait óler cette tache à la nalion. Voyant quii ne vou- 
lait pas s'occuper de cette affaire , il se mit à écrire 
leloge de son professeur sous le tilre très- modeste de 
Notices histon'c/uHs su?' les étucles du pére Beccaria. 
Il publia , en 1783, ses Memorie {storiche adrcssés au J^';;^^^^^^''';^^ 
G. Balbe, héritier par testament des manuscrits du res- j"^ '^^^^arL * 
taurateur de la physique en Pit'mont. Cet ouvrage rcm- 
pli d'érudition est écrit avec la plus grande pureté de 
style, et il est plutót fhistoire du rétablissement des Scien- 
ces exactes en Picmont , que l'histoire de Beccaria. 

Il voulut meltre le lecteur à méme de juger du bieu 
que son professeur avait fait à ce pays pour l'avancement 
des sciences. Dans l'avis au lecteur il déclare que son but 
a die de rcndre hommage à son préceptcur , et de le 
proposer corame un cxemple aux physiciens , ce qui est 
un des grauds avanfages qu'apporte l'usage décrire les 
éloges des académiciens, usagc re^u presqu'universellemeat 



( XXX V I 1 I ) 

„.,.,, des plus c^'lèbiTs Acadcmies. L'homme pourvu dii né- 

l'iiliif net ' ' 

iUgn. ce-^saiie ;ì soa cxistcnce , soccupe ])lus de 1 avcnir que 
dii prcscnt , ime' nuble cmulation ranirae quand il volt 
la rc'conipeusc du morite, et l'iiistoire meme des erreurs 
de cciix qui ront procede , lui est utile pour appreudre 
à Ics éviter , et Tencourage pu* l'espoir d'ètre plus heu- 
rcnx daus scs tiavaux. Pour le doublé objet qu'il s'était 
propose , Eandi trace eii peu de ligaes l'histoire dea 
picinièies éludes de Beccaria, né à Mondovi cn 1716', 
ci nomine piofesseur de physique à Turiti cu 174^» où 
ses prédécesseurs Ruma et Gakro, depuis le rélablisse- 
mcnt de lUniversité en 1720, u'avaieut occupé les élèves 
Eui .le la piiy que dcs l'évcs de Descartes, 11 remarque que la ville 
de jjecc.ria. ^[^, Turili qui, dès le siècle préccdeut, avait été uue des 
prcmières villes de l'Europe à entendre et il répaudie 
la doctriue de Galiléiì et des aufrés Italieus suruommés 
grands maitres dans les sciences exacles ; cetfe méme 
ville méprisait les bases solides de la physique, Tobser- 
vation et rexpérience, pour ne suivre que des hypotliè- 
«es. Heureusement Beccaria les rétablit , et iilUima eie 
nouveau le feu du o;(5nie pour les sciences nalurelles et 
JDiitliciiKitiques , qui depuis n'out cesse de donner uue 
lépuiation avanfageuse au pays. 

Biccaria pendant quatre ans, n'occupa ses dlèves que 
d<> la doclrine de Galilée , de Newton et dcs plus cé- 
Icbres écrivnius de son (cms : doctrine qu'il a aussi np- 
pliqiH'p à ri-tablisscmcnt des poids et mesures unifoinios 
daus loul le Piéinout , fait par ordre du Gouverncmeut , 



( X X XIX ) 

avcc le pere Accetta, professeur de matht'mah'qiies. L'an^ . . 

1 *• ' Origine Hm tra' 

1762 il eut la notice de la nouvelle théoiie de Fiunklik ìj^ufi^"",^;: 
sur l'électricité ; tout de suite il s'y dévoua prcsqu'fDlic-'""'' 
rcment , et im an après il l'aiigmcnta de nouvoaux faits 
et de nouvellcs applications daus son excrlltut ouviage 
Dell' elettricismo arlijìciale e naturale , i^nhVié en I753: 
ouvrage qui a répandu la viaie ihéorie clectrique dans 
tonte l'Italie, et qui lui merita Ics éloges des académi- 
ciens de Bologne et de Loudres. 

Jaloux de son tnérite qui commencait à éclater , bicn de 
gens accusèrent Beccaria de ne faire que des i-echerches 
inutiles; Eandi le défendit , soit en auuoncant les avan- 
tagcs de la science électrique , soit en lapportant que 
Bacon , dont les écrifs lui étaient tiès-faniilieis , recom- 
maude de s'occuper des expérienees frugifères , mais aus^i 
des lucifères , qui ne sont rien moins qu inutiles , quoi- 
qu"ellcs le paraissent , puisqu'elles ouvrent le chemin à 
des vérit(5s utiles. 

C'est aux succès de Beccaria dans l'électricité, et à ses 
préceptes sui' la manière de culfiver la pliysiciue, qu Eandi Ongine de ia- 

* ' _ r J 1 ' 1 cacltmie Jc Tu- 

rapporte la fondation de la Société royale des scienccs""- 
faile par ses élòves le comte de Saluces, notre présidcut 
très-célèbre par ses découvertes physico-chimiques, et qui, 
fut peut-étre le premier à démontrer la nécessité de 
réunir la cliiraie à la physique pour les progròs des 
Sciences naturelles; par notre collègue Louis La-Grange 
dont le noin seni dit plus que tous les éloges possibles , 
et Francois Cigka, physicien très- distingue, qui aurait 



égalé Beccaria, s'il n'avait cesse de travailler à r%p on 
les autres commcncent. Beccaria qui, quelque grand 
qu'il fùt, ne laissait pas del re homme, ne voyait pas 
de bou oeil la fondatiou de cotte société, dans laquelle 
il ne voalul: jamais entrer, et Eandi avec le plus grand 
regret, pour ne pas déplairc h son préceptenr, s'en tiut 
éloignó, quoique lié avec les Ibudaleurs, particulièrement 
avec Sai.uces. 

Eakui communiqnait i\ Beccaria ses pensées et ses de- 
couvertes, qui auràient si bien figure daus les niélanges 
de la socii'lé, et son professeur cn profitait pour angmenter 
sa gioire, de laquelle il élait si avide que quelqurfois, ou- 
bliant ses proprcs préceptes, il précipitait la publication 
de découvcrtes dont oa connaissait après l'erronéilé. La 
modestie d'EANOi élait si forte qu'il ne récl.iina jamais 
ses propres iuventions, et dans les notices hisloriques de 
Beccaria il parie très-rarcment de hii-mème, quoiquil 
d'Eaiidi. fj^jt gQf-j gjjg principal , que non seuleinent il fil les 
expériences proposées, mais qu'il en suggérait d'autres, 
et que souvent il rectifia les idées de son professeur. 
C'est aiusi, que par la leclure de la brochure de Bey, 
imprimée cu i6:o, il lira Beccaria de l'erreur, qu'ouire 
l'oxigène, quelqu'autre principe se fixc dmis ToxidHtion 
dcs niélnux. 11 n'y a pas ime idée hrui-tuse , ou iuuii- 
xieuse dans les ouvi-ages de Bkccar a , ou d;ins Ics rcrils, 
qu'il dictait à ses élèves, cpii ne so trouve dans oes no- 
tices d'EANDi, qui accompagna do savanlos róflcxions , 
tous les poinls priucipaux, soit pour l'avancemeut de 



Modesiie 



ìi Science, eu dccouvrant quelqucs eiTeurs de son pié-< 
cepteur, soit pour la gioire du pays et de l'Italie , en 
leur restituant les découvcrtcs dont d'autres s't^taieut 
emparés. La sciencc de rélectricité, des météorcs parti- 
culièrcinent, perfectionuée par Biìcgaria, est assez déve- 
loppée , et l'idée que le maguétisme est dù à l'éleclri- 
cité, est annoncée avec tout l'intéièt du siijet. C'est dom- 
niage que ni Beccaria , ni son digne successeur Eandi 
n'aient connu les belles expéiiences du citoyeu Coulomb 
sur le magnctisme de tous les corps , celle de Volta sul- 
le lluide de l'clectromoteur, et les effets de cet admi- 
rable fluide sur Ics corps organisés et iuorganiques ; car 
avec leurs imaginations ardcutes ils u'auraieut pas tarde 
à expliquer le mécanisme de l'uaivers pliysique et moral 
par le fluide universel de Sanconiaton, comme Beccaria 
attribua h l'électricité les mouvemens des corps célestes, 
■et Eandi prédit le premier 1 electricité qu'on a par les opé- 
rafions chimiques. En vérité, par les analogies' et les diffé- 
rcuces de l'électricité, du galvaùisme, du fluide magué- 
tique,du calorique, de la lumière considérés dans leurs 
effets sur les fossiles et les corps organisés, il y aurait 
bieu de quoi s'entretenir agréablement, mais ceci m'écar- 
terait trop de mon sujet. 

Dans les notices historiques de Beccarlv , Eandi pré- 
sente la suite des occupations du restauratcur de la vraie 
physique en Piémont, accompagnée de réflexions et addi- 
tions qui atlestent la grande étendue de son érudition , 
de son genie pour les sciences exactes, et l'excellent ca- 

f 



( X L I I ) 

racttjre de l'auteui". Beccabia , dcvoré par l'amour de la 
gioire, profita du rctoui- de la comète de 1769 pour faire 
conuaitre à la Cour sa science dans l'astronomie, ce qui 
lui procura la commission de déterminer le degré de 

Origine (le la ,„ . i i /^ />. i i i t- 

nifsure Ju de- luna, pour Icquci L.ANO^MCA nt les calculs, et Landi 

gre de Tuiin. 

un -grand uombre d obscrvalions, et d'établir un petit ob- 
servatoirc, qui donna licu à la superbe salle que l'Aca» 
démic des sciences fit bàtir cn lySg. * 

Beccaria, distrait par Ics exptViences électriques , ne 
publia soii onvrage que 14 ans après la niesure de la 
base. Excitc par la icpulation dont jouissait Dominique 
MiCHELOTTi , il tàcha de se signaler aussi dans cctte partic, 
ion"Becca"ria'' et il cut la commission dc fixcr la valeur de l'once 
d'eau, quii etablit de 32^ onccs cubiques par des cxpé- 
riences en grande partie faites par Eandi, qui les con- 
tinua journellement pendant plusieurs mois. Mais la science 
qui intéressa toujours le plus Beccaria, et qui lui pa^^ 
raissait presqu'une proprictc , c'est la tliéorie frankli- 



Orìginedel'ob- * C'est après avoir assiste à la séance publique, tenue le 28 jiiin 1789 

sM-vaioirs dp jI^^^j le salon ùe l'Acadóinie, que le Roi Victor delibera de faire balir 
inno* * 

l'observatoire , et qui envoya à MJlan 1 Labile architectc Francois Fer- 
ROGGio, membre de la classe de matliéniatique, du collège de philosophie, 
littératurc et mathématique de l'Universilé, pour y exaininer celui de Bueba, 
et y puiser Ics idces qui pouvaient èlre convenables h iios cirroiislanccs. 
L'observatoire fut acbevé en 1791 , et l'Acadéuiie accorda une médaille 
d'ora l'architecle FsHnocGio, qui en avait eu la direction. Ce fut alors 
qu'EANDi consenti à laisser trausporter à ce nouvcau bàliuient tous Ics iiis- 
trumens et livres de l'observatoire de l'Université , dont la diicdion lui 
élait confióe. 



( X L I I I ) 

nTenne de l'élcctricité quii démonti'a par un trcs-graud 

iiombre d'expcriencos, qui auraieut porte la scicnce à 

sou comblc, s'il était possible, mais rimmeusité de laimmfnsiiédeii 

nalure, et Ics limites de l'esprit liumaiu sont tellement 

ea oppositioti , que si tous les ginnds liommes du mème 

age s'appIiquaieDt à uu seul point des sciences pli)'si- 

ques , je ne doute pas que tous pourraient faire dcs 

dccouvertes intércssanles, et ancore laisser à la postérité 

bien des véritt's à découvrir sur le mòme sujct. Ainsi 

Beccaria porla la plus grande lumiere sur l'électricilé, 

sans empècher que d'aulres se distinguasscnt en traitant 

du mèmc fluide. Ses ouvrages seront ccpcndant une 

source ' iutarissable de vérités sur tous les points de la 

Science électrique. Il démontra que l'électricitc qu'on 'T'^^^™''^,':^"- 

■1 -1 J- caria sur Idee- 

a dans les lames de cristal aprcs la déchargc, celle *""'"■■ 
qu'on obtient par le frottement des rubans , et les autres 
cxpériences qui paraissent contraires à la théorie de l'unite 
du fluide électrique, bien loin de l'affaiblir, conCrmcnt 
la théorie de Franklin, Il développa la théorie dcs at- 
niosphères élcctriques, par lesquelles on rend raison des 
faits qui paraissent surprenans , comme , par excmple , 
que le mème corps déférent puisse otre électrisé positi- 
vement , ou négativement dans ses parties diverses. Il 
perfoctionnait toujours ses travaux , et aussitót qu'on 
publiait quclque nouvelle cxpéricnce en électricitc , il 
ne nianquait pas de s'en saisir, d'en faire d'autres ana- 
logues, et de les cxpliqucr sclon le systéme de Frank- 
lin qu'il avait embrassc. Il travaillait à uu ouvrage sur 



■ ( XLI v) 

rélectricitó uaturclle, dont Eandi publia les poiuts prin* 
cipaux, CD lamassant tout ce quii en a public scparé- 
ment, diete daus locole, ou dit dans les explicatious et 
cu conversation. 

Beccabia rapporlait à l'clcctricité Ics métóores , priu- 
cipalemeut Ics aurores borcales, les étoiles tombantes, 
la forme de la ueige , les tremblemens de terre. Sur 
ceux-ci il publia une lettre adressée à notre collègue S. 
Martin, aujourd'hui Prcfet du dcpartcment de la Sesia. 
11 s'occupa beaucoup de Télectricité atmosphérique , sur 
laquelle il publia un ouvrage et une lettre adressce au 
comte Balbe, Secrétaire adjoint de l'ancienne Académie 
des scicnces sur un cérauuographe, ou instrument pro- 
pre à indiquer la direction de la foudre. Enfin il publia 
une troisième lettre adressée au C. Cotti Brusasque, 
notre collègue, sous-Préfet à Casal, sur la cause des ora- 
ges , et de leurs phénomènes extraordinaires quii rap- 
porto à l'clectricité, en réfutant les préjugés des esprit? 
malins, des magiciens, etc. que S. Agobard avait déjà 
réfuté de son tems à Paris. Enlhousiasmé pour l'électri- 
cilé, il voyait dans ce fluide l'cthcr de Newton qui, 
répandu sur la surl'ace des corps, rcflécliit régulièremcnt 
la lumière, et mèle en diverses proportions, produit les 
différcntes réfractions. La répulation de Beccaria dans 
la science élcctrique était si répandue, qu'en i774 ^'■ 
fut appellò à Milan , pour mettre les para-tonnerres au 
vaste édifice de la cathédrale. 

Eandi n'oublia aucuuc pensée scicnlifiquc de Beccaria 



( X L V ) 

dans ses noticcs hlstoriques, et les accompagna eucore 
de réflexions physiques et de beaucoup d'éruditioù. 

Aitisi il observc que Beccaria croyait qu'uuc poition Auiros d^cou- 
d'air atmospliérique circulait avcc les humeurs daus le <'>' """""• 
corps animai , ce qu'il prouvait en percant une artère 
dans le vide pneumatiquc; il démonfra le premier en 
Italie, que la couleur rouge du sang dépcnd du contact 
de l'air; il fit de longucs expériences sur la sensitive, 
qui prouvent quelle pcrd l'iiritabilité, soit par la trop 
grande quanlilé d'humeur, soit qu'elle en manquc ; 
il perfectionna le baromètre de Déluc ; il imagina lliy- 
gromètre à paille ; il s'occupa des couleurs cjue le feu 
donne aiix métaux; de la lumière que réfléchit le plios- 
phore de Bologne ; il confirma que les montagnes font 
décliner le pcndule; il fut le premier à soupconner 
que le point luisant obscrvé par Ulloa dans la lune 
éclipsée, était un volcan. 

Toutes ces idées de Beccaria , et plusieurs autres moins 
importantes , sont rendues par Eandi avec toutes Ics cir- 
constances et les réflexions nécessaires pour étre uliles au 
progròs des sciences, et lon peut dire qu'aprcs les plus 
célèbres éloges des grands hommes, cet ouvrage d'EANDl 
est cncore un modèle dans son genre. Cet ouvrage a 
obtcnu les suffrages de tous les savans et de tous les 
littérateurs , et il est encore la source où les écrivains 
pui^eut riiistoire des sciences en Piémont , histoire qu'il 
connaissait jusques dans les moindres anecdotes dont il 
eupprima ccllcs qui pouvaient bicsser l'houneur de 



( XLVl ) 

quelqu'un , mcme des plus forts eunemis que sa frau- 
chise lui faisait, et il a tià It's traits les plus' lionora- 
bles pour lui. 

meritar sempre e non pretender inai était la devise 
à laqucllc il sacrifia méme les poinls de l'histoire des 
scieuces qui le régardaient. 
<ii--.lidi"iariÌ?r- Eli 1788, la mauvaise sante de Canonica Tayaut rais 
re ep J*'?»» j^qi's dclat dc fairc la classe, il obliut la pensiou de ic- 
(niilc, et Eandi fut uommé t\ la cliaire de physique le 
17 octobi-c. Alors il se livra entièrement à la science de 
la natiu-e, et particulièrement à ces partics , dout l'ap- 
plication à la médecine et aux arts promcttaicnt plus 
d avantages à la patrie. Ses prédécesseurs avaieut suivi 
les anciens traités de pliysique presqu'entièrement niathc- 
matiqucs. Dans ce tems manquaient à rUuiversilé de 
Turin les deux chaires de chini ie , et celle d'histoire 
naturelle, dont elle jouit aujourd'hui; Eandi piit sur lui 
de donner aux élèves toutes les ddcouvcrtes physico-chi- 
miqnes, et de faire les expériences publiques des prin- 
clpales. Malheureusenient daus le tenis do Canonica on 
avait pris Ihabitude d'cconomiscr exlrémemcnt pour les 
expériences l'argent qu'on avait prodigué dans tout le tems 
que Beccaria rcmplit la chaire de physique. Par colte 
«economie, Eandi ne pouvait pas faire Ics dépeuses qu'il 
.souhaitait pour le cabinet, autroment déjù de son tems 
il aurait fallu joindre aux salles du cabinet de pli3'sique, 
celle qu'on vicnt de m'accorder pour y piacer Ics nom- 
brcux instrumens, dont le cabinet à été eurich^ depuis la 



( XL VII ) 

dotation de rAfhcnde faite par la Cornmission F.xrcutive. 
Mais en coinparant ce quii a fait avec les moyeus quii 
avait, on trouvcia qu'il a auginenté le cabinet beaucoup 
plus que ses prédéccsseurs. L'amour de la scicuce et Ics-, 
poir d'en faire d'utiles applica(ions , le poriaient à y faire 
tous les sacrifices, non seulemcnt de son propre argent, 
mais encore do sa sauté; ainsi il passa long-tems près 
des lits des malades pour eu e-aminer l'air; et tandis 
qu'à rUnivcrsité il faisait de dispendieuses expériences 
sur l'air, l'ulectricité artificielle , la combustion, l'électri- 
cité animale i\ Ihópital, il ne mcnageait point sa sante pour 
voir les effets des miasmes contagieux , des plaies , etc. 
sur l'air atmosphérique. Aussi ses travaux ont été cou- 
ronncs par plusieurs découvertes dans différeutes parties 
des scicuces physiques. L'Académie de Turin Fa tout de 
suite re^u daus son sein , et elle n'a pas eu dans Eandi uu 
membra simple auditeur. 

C'est le 21 dccembre 1788 qu'EANDi fut élu acade- fi°°^^;^'/°" 
micieu i\ la premiere place vacante parmi celles d'aca- 
démiciens nationaux, apròs celle que l'Acadómie avait dè- 
cerne au célèbre chimiste Berthollet. Eandi niit le plus 
grand ztde à seconder les vucs de cettc illustre Société, 
aussi le voit-on déjà figurer dans la séance publique du 
3o novembre 1789 (qui a été la i/^dc l'ancienne Acadé- 
mie) par son Essai sur les erreurs de r/uelr/ues physiciens 
modernes au sit/'et de l'eleclricite ; et les mémoires histo- 
riques des vtjlumes que l'Acadéniic publia depuis son ac- 
ceptalion , annonccut plusieurs travaux de lui, outre les 
uiomoircs miprimcs daus Ics actes. Jl ainaait de preiereuce r^vuriu». 



( XLV I I I ) 

les occiipations qui apparteuaient plus direclement au bieu 
ctre de ses concitoyens; aussi a-t-il beaucoup travaillé sul- 
la nirillcuie mauicre d'cclairer la ville, soit pour le choix, 
la prcpaiatioa et la couservation de la matière inflam- 
mable, soit pour la forme et la matière dcs lanternes, des 
l'éverbcres et des méches , soit pour la disti'ibution des 
lanlemcs , la l'acoa de les piacer , et la méthode de les 
flUumer , sujet sur lequel les Admiuistrateurs de la ville 
cousuUèrent TAcadémie , qui ea publia le concours le 
28 iiiillet 1780. Le lA novembre 1700, il fit le rapport 
«iituiin«. ^ l'Académie sur le tuyau de chemiuée quadrangulaire , 
avec quatre ouvertures garnies de battaus qui ferment de 
haut en bas. Chacun de ces battaus est joiut par une pe- 
tite barre à celui qui lui répond de l'autre coté , de sorte 
qua le vent qui soufflé , tient toujours ferme l'ouverture 
par laquelle il pourrait agir sur l'iutérieur du tuyau , tandis 
qu'il fait ouvrir le battant oppose. Dans ce rapport, Eanùi 
à qui l'érudition sitr tonte sorte de sujets scientifiques et 
littéraires ne manquait jamais, non seulement fit connaì- 
tre les avantages de cette iuveution du sieur Francois 
Topino, qui l'avait présente à, l'Académie; mais il an- 
nonca encore ce qui avait été imaginé d'analogue par 
Délormes , architecte d'Henri II, roi de France, et Leon 
de Padoue , sous le pape Paul V. 
Hu.oireHed^. Le 20 mars 1791, Eandi kit à l'Académie une disser- 
I«uÌBÙiS«^"fation sur Ics découvertes de Beccaria et deS confròres 
Saluces , Cigna et Morozzo , relativement ,à la calcina- 
tiou, à la combustion, à la rcspiratiou et à la végétation. 



(XLIX) , 

Aprcs les clioscs les plus immédiatement utiles, la mét(5o-Rspporisnieié» 

■ . _, rolugiquei. 

1-ologie et l'électricité iotéressaient particulièremeul; Eandi, 
comme on le voit par les rapports sur 'les obscrvations de 
M/Gaussen, surlcs expéricnces de Bezout, de Lavoisier et 
de Vakdeivmoisde , f'aites d'ordre de l'Acadérnie, concemant 
le froid de 1776 , et sur le Saggio sulla nube del monte 
Soana , e sulla nebbia , cJie in alcune stagioni osser- 
vasi lutti gli anni nella Corzoneia , e nei contorni , 
coli' aggiunta delle ossermzioni harometricìie e termo- 
metriche fatte in quel villagio nel mese di luglio 1790 
dal professore di filosofia ( ensuite de geometrie à 
l'Athénée ) Bernardo Bertolini , qui montra dans ce 
méinoire le goùt qu'il avait pour les uiathéraatiqucs , la 
niiuéralogie et la chimie. 

L'électricité fut le sujet des lecturcs d'EANDi dans les 
trois premières séances publiques de rancienne Académie. 
J'al indiqué le méiuoire lu dans la première scance pu- 
blique ; je vais donner un précis de^ autres qui se trou- 
vent dans les volumes V et VI de ses acles. Son genie fc- 
cond trouvait toujours des additions à faire , méme sur 
les sujcts qui paraissaient entièrement c^puisés. C'est aiusi ^jJ.'^Jf^J^'"^"* 
qu'cQ 1790 il entretint utilement l'Acadérnie sur l'électricité 
dans le vide. Son but était d'en démonlrer l'existence cou- 
tre l'opinion qu'avait avance Morgan dans les transactions 
plulosophiques pour l'an 1786 , et de prouvcr que les 
pliénomènes ignées de l'électricité ne sont poiut de vérita- 
bles combuslions ordiuaircs. Il commence par un court 
récit des poiuls d'analogie et de différence cutre la Ui- 



\ 



niiòre , le feii commun et l'électricité. Il dc'dui't des faits 
conslatés quo l'électricité est l'ageut le plus puissant de la 
nature ( on ne conuaissait pas encore le fluide de 1 electro- 
inoteur de Volta), et par plusieurs expériences failes avec 
la plus grande cxactitude , il prouve coutre lopiniou de 
INloRGAN et d'autres pbysiciens que lelectricité n"a pas be- 
soin de l'air vital poiir s'allumer. 11 enrichit sou sujet 
de plusieurs autres faits intéressans , il icnd raison du 
phéuomène observé par Prikstley, qu'uu nombre detin- 
cellcs électriques , tirées dans le méme air clos , le rrnd 
incapable d'cntretenir la fiamme , et de servir à la les- 
piralion des animaux par l'action que l'électricité exerce 
sur l'air vital , en l'altéraut sans le détruire. Il attribue 
Ics différeutes couleurs cjue la lumière élcctrique présente 
dans plusieurs occasions, aux molécules des corps qu'elle 
entraìue. De l'expérience de la décomposition de l'eau il 
déduit que l'électricité n'est ni l'air infiammable , ni 
l'air vital , ni un mélange de ces deux gaz. 11 finit par 

■tienine de In j ■ i /-i ■ 7 • > • > ir ir j 

lumière, ducadu'e cjue ìejluide Ignee qui s olire sous la loime de 

Kciriciié. lumiere ( IdERSCHnr. navait pas encore iait ses expencnces 

sur la distiuction des rayons lucifères d'avec les raj^ons 

calorifères ), de fcu commun et d'élcctricité, n'est quun 

Seul et méme fluide , et que Ics dif'férentes manières 

dont il se decèle , ne dépendent que des modijications 

analogues aux corps su?- lesquels il agii , et de la dif- 

J'crente manière dont il s'en degagé. 

Oiidaiion sam Pai'mì Ics iufércssantes expéricnce« qui se trouvent dans 

ga/oi'igène. " Ce mémoiic d'EANDi , celle de loxidaliou do la feuille 



Mentile de In 



(LI) 

d'or daus le vide me parait méritev la plus grande at- 
tention. Car, si oii ne pouvait ripèter l'oxidation d'une 
petite portion de gaz oxigène reste dans le vide , il 
f.iudrait ou eu trouver la source, ce qui ne serait pas aisé 
dans rcxpcrience d'E^NDi, ou faire une exceptiou au prin- 
cipe de Rey , confirmé et mis dans tout sou jour par Ics 
moderne?. Cttle expéricnce est analogue à celle de la Mé- 
THERiE, notrc confi ere, qui avait déjà observé que letin- 
celle élecfrique , en passant dans un vide d'envirou deux 
ìignes par un fd d'or enveloppé dans un morccau de pa- 
pier blanc, en avait réduit quelqurs parties en vapeurs , 
puisqu'il avait trouvé sur le papier une teinte pourprée. 
Persuade quii n'y a ì-bn de petit dans la nature, 
que la moi/idre decomberle a des rapporta a\;ec tout 
le monde pliysique, Eandi presenta à l'Académie la ré- 
solution des questions suivantes sur l'électricité, i.° L'air |.,2^'[^"|^°'\'^[]^^ 
est-il électrique par frottement? 2.° La lumière exci tee '""'"'"■■ 
par le frottement dans Ics corps, est-elle électrique? 3.° Lcs 
corps résincux décèlent-ils de l'élecfricité par la chaleur 
et la fusion ? Poiir l'ésoudre la première , il placa mon 
élcctromèlre ( Mém, de l'Acad. , tom. V, pag. 67 ) sous 
le tambour pncumatique, et quaud la vessie se rompit 
par la pesautcur de l'air, celui-ci en frappant l'électro- 
mètre avec une vitesse par laquelle il aurait parcouru 
l3o5 pieds par seconde, causa tant de divergence dans 
les bandeleltos qu'elles se brisèrcnt. De cette cxpérience 
et de celle qui fait voir que l'air poussé rapidrment 
sur les corps, y excite une lumiere très-vive, ce quii a 



(LII) 

aussi démontré le premier. Eandi ddduit l'explicatiou 
de la lumière époiivaufable que l'on voit souvent tour- 
noyer sur les plus grands tourbillons et plusieurs autres 
phénomènes. La seconde questiou est décidée par l'ex- 
périence qu'il fit en brisant du sucre sur le plateau du 
mème électromètre, ce qui lui douna une très-sensible 
électricité. Cependaut, quoique l'expcrieuce soit exacte , 
je n'oserais pas aflSrmer que toule lumière quon obtient 
en brisant des corps, soit une lumière électrique; moa 
doute est coufumé par les belles expériences de notrc 
collègue GiOBERT , qui démontrent que les stls sont 
phosplioriques , quand iis cristallisent dans un endroit 
éclairé, et quils ne le sont point, quand iis se cristal- 
lisent dans les ténèbres. Ce qui prouve la propositioa 
que j'ai avancée ailleurs, que la lumière se flxe dans les 
corps, et quelle y reste jusqu'à ce qu'uue cause mécauique 
cu chini ique, en rompant son adhc-sion , la df'gage et la 
fasse reparaìtre. N'ayant point obtenu de lelectricilé sensi- 
ble dans moa électromètre, en y versant dessus du soufre 
et de la ciré d'Espagne en fusion, il conclut la negative 
de la troisième question; mais dans ce mème mc'moire 
il répète la maxime de Galii.ée, que ce serait une grande 
témérité de la part de lliomme, que de vouloir prendrc 
son inlclligeuce et ses opérations pour mesure de l'in- 
telligence et des opérations de la nature. Un des soins 
particuliers d'EANDi c'était de tenir TAcadémie au courant 
des nouvelles découverles, D'abord qu'on publia celle qui 
Ut la réputalion de Galvani, professeur ù Bologne, sur 



(lui) 
les coutractìons musculaires , Eandi fut des premiers à 
ea étre averti par ses correspondans; il la comrumiiqua 
aussitòt i\ rAcadcmie, et il s'en occupa pour la vciilier 
et ietendre. Dès les premicres expéiieuccs , Eakdi vit 
dans le uuide qm cause les confractious nnisculaues, cn <iFdndisurie 

/ . gaUanisiue. 

toucliant les nerfs armés d'une feuille metallique, et les 
muscles correspondous d'un animai vivant, ou tue depuis 
peu de tems avec un corps conducteur de Télectricité , 
il vit, dis-je, un uouvel agent propre à guérir des ma- 
ladies rebelles aux autres remèdcs; et à reculer les bornes 
de la ph^siologie , de fa^on que les découvertes que 
nous venons de faire sur le fluide galvanique, et celles 
qu'on trouve annoncées dans les dilférens journaux et 
ouvrages sur le galvauisme, ne sont que l'accoraplisse- 
ment de ce quavance Eandi dans sa lettre au comte 
Balbe, secrétaire adjoint de l'ancienne Académie, imprimee 
dans le volume de mars 1792 du journal scieutifique et 
littéraire, qui paraissait à Turin sous le titre de Biblioteca, 
Dans cette lettre Eandi trace Ihistoire de la découverte 
de Galvani, il dccrit exactement tous les mo5'ens dont 
il fit usage, et les heureux hasards qui le portèrent à 
toucher les nerfs armés et les muscles avec un conducteur 
metallique , la théorie de l'auteur que l'élcctricité se 
trouve condensée ou positive dans les nerfs, et raréfiée 
ou negative dans les muscles; les elfets de lelectricilé 
artificielle, soit positive, soit negative, et de lelectricitc 
atmosphérique sur les animaux préparés, effets analogues 
à ccux qu'on obticut en galvaaisant les animaux avec la 



(liv) 
pile de Volta, et à ceux qu'on obtieut en touchant les 
nerfs armés et les muscles avec des couducteurs métal- 
liquos ; il avcrtit que les contractious qu'on excite par 
celte dernière mélliode, sont plus foi-tes quand on fait 
usage de métaux divers pour ramasser lelectricité et pour 
la faii'e passer des nerfs aux nmscles; que jusqu'à un cei*- 
tain point l'extension des conducleurs influe sur la force 
des contraclions qui dépendent aussi de lYige des aui- 
maux, les jeunes étant moius propres que les plus tigés 
pour ce gt^nre dVxpcriences; que ccs contractions se 
propagcnt dans tout le corps de l'animai, quand les parties 
deracurent réuuies ; qu'elles se font i-emarquer jusque 
dans la téte , dans les paupières, quand on l'excite forte- 
ment dans les parties infcrieurcs. On trouve dans cette 
lettre toutes les expériences du professeur de Bologne , 
qui peuvcnt répandre quelque lumiere sur ce sujet, et 
souvent ces expériences sont accompagnées de celles ana- 
logues ftutes en Piémont ou par Beccaria et par ses 
dlèves Eaisdi, les docteurs Cigna, Jean Baptiste Anforni, 
MoRiONDi, Gabdini (qui remporta plusieurs prix acadé- 
niiques sur rólectricitc ) et plusieurs autres. Il n'y a 
point de branches de la science clcctrique et de l'appli- 
cai iou de rélectricitc qui ne soit parcourue. C'cst ainsl 
qn'au commenccment de la lettre à propos de la théorie 
de Galvani il rapporta la pensée que j'ai publiée en 17SÒ", 
di'duile de plusieurs faits que la nature a qnelquc moyea 
de consorver et de retenir l'électricifé raraassée dans quel- 
que paitic du corps animai , pour s'en servir dans più- 



(lv) 

sìpurs opdrah'ons, ce que jai confirmd en 1789 par mes 
expériences sur Ics rais. Qu en parlant de la plus promple 
putrélaction dos animaux que Galvani a souniis à scs 
expéiiences , il rapporle celles aualogues que j'avais drjà 
publices daus les memorie fisiche, et si la biirveté d'uue 
lettre écrife pour soulager celui auquel elle est adressée, 
d'une douleur morale, lui eùt permis de citer les faits ana- 
logues aux expérieuces de Galvani qu'on frouve dans les 
ouvrages de Gakdini , oq aurait eu des rapprochemens en- 
core plus précieux. Cefte lettre d'EAUDi, aussitót traduite 
en francais et réimprimée dans le journal de pl^ysique 
avee celles que le docteur Valli ( qui apporta à Turin, 

^ . Travaux fralra- 

à Paris, à Londres, etc. les expériences galvaniques ) ni^ues de \ aiu. 
a publié à Turin sur le meme sujet, contribua bcnucoup 
à répandre en France et dans toute l'Europe la thcorie 
galvanique des contractions musculaircs. Le docteur Valli, 
après avoir répété ici Ics expérieuces de Galvani et 
plusieurs autres aualogues à l'Acade'mie , à la Socicté 
physico-médicalp chez le secrétaire J. B. Akforni, avcc 
Eandi, Balbe, S. Martin et dans plusieurs autres conipa- 
gnies, il alia à Pai-is répéler les mémes expériences avcc 
des mocllficafions ; en altendant Eandi continua à s'en 
occuper et il obtint des grenouilles des attractions anale- 
gues A celles des corps électrisés, expérience qui fut confir- 
niée par le docteur Valli, qui observa des signes sensibles 
deleclricité dans mon électromètre niis dans la chaìne de 
conimuuication cnlre les nerfs armcs et les muscles. 
Gomme Ics cxpéricDccs les plus parliculières de ce 



(LVI) 

fetns-là sout devenues aujourd'hui Ics plus ordinaires par 
les additions de Galvani lui-méme , de son neveu pro- 
fessciu- de physique à Bologne, Jean Aldini, de Valli, 
de FowLER , de Volta, d'Hu.viBOLDT et des sociélés gal- 
vauiqucs de Paris, de Loudies , de Turin , etc. je n'iii- 
diquerai pas les iugónieuscs raodificalions apportces par 
Eandi dans ccs expériences quii poussa si loin daus trois 
mois que l'Académie en arrota la Iccturc dans sa séauce 
publique du 3 juia 1792 , sous l^ titre à' Expériences et 
réflexions sur les fnouveinens des anirnaux, nou^'elle- 
Tnent altrìbués au fluide éleclrique. Par ce qu'EANDi a 
écrit sur le galvanisrae , il paraìt que si les occupatious 
prcssantes dont il fut accablé , et les circonstances ne s'y 
étaient opposées , il auiait apporté la plus grande lu- 
mière sur la cause de ces coutractions et sur les appli- 
cations de la théorie ù la physiologie et à l'art de guérir. 
L'amour des sciences , la pliilantropie et le vrai pa- 
triotisme qui dirigeait toutes les actious d'EANDi , se font 
remarquer parliculièrement dans son Essai sur l'kisloire 
des ihéories de la respiraùon, de la comhustion , eie. 
en Piémonl , public après sa niort dans le 6." et der- 

Sùn demiprmi!- *■ '■ 

iuoircpLj5i<iue.j,;ej. yolume de l'ancicnne Acadcmie des sciences. Les re- 
dierches sur la mort des aniniaux et sur la végétalion 
des plantes dans un air non rcnouvelé , le portèrent à 
' écrire cet essai , où il reproclie à scs confrères de s'ctre 

arrétés à la découverte que c'est l'air pur ou l'oxigòne 
qui donne la couleur rouge au sang , et de s'étre con- 
tentés de comtnuniquer cette découverte à d'autres qui 



(lvii) 
éfablirent sur la mome la nouvelle théorie de la rpspi- 
ration , clc'jìi apcrcue par les Académiciens de Turin ; il 
propos.e Ics difflciiUés et les faits à véiifier sur la méme 
théorie, et les expcriences quii avait en coust^quence exé- 
cutécs en lavant le résidu de l'air avec de l'eau de chaux, 
ce qui proloagea la vie aux moineaux tenus dans l'air 
clos. Il dcmontre aussi que c'est à Turin qu'on fixa la 
véritablc base de la calcination des métaux, en décrivant 
exactemcDt l'cxpérience qui la constata , et en proposant 
les expériences qu'on opposait à la théorie de l'oxidation, 
il annonce , le premier que je sache , la décomposition 
du gaz acide carbouique , par laquelle les mctaux s'oxi- 
dent dans ce gaz. Il fmit ce précis liistorique par le récit 
d'expérieuces quii a faites sur la végétation dans l'air 
clos , en expliquant les phénomèues par plusieurs ana- 
lyses et synthèses opérées par la nature dans la végéta- 
tion , moyennant l'air pur qui se trouve tout consumè , 
de facon qu'en introduisant la fiamme dans un vase oìi 
des plantes ont vegete à l'air clos, elle s'éteint à l'instant. 
Ou voit , par ce mémoire , quii s'occupait des poiuts 
principaux des théories modernes physico-chimiques. 

La juste réputation qu'EANOi s'était acquise , fit jeter 
particulièrement sur lui les yeux du Magistrat qui pré- 
sidait alors à l'instruction publique. Le cardinal Costa , 
archcvéque , qui le présidait , était un savant et un lit- 
térateur éclairé , le priucipal * autcur des coustitutions de 

* Je dis le priucipal auteur , parce que plusieurs personnes ont con- 

11 



( L VI II ) 

l'Athéuée de 1772; le censeur Didier, connu par ses belles 
proses et pocsics , clait dès long-tems l'ami d'EANpi : ils 
conclurent entr'cux de le consuUer sur la manière de per- 
fectionuer les études de la philosophie et de la théolo- 
gie daus les provinces, où il est difficile d'avoir tonjours 
des savans da premier ordre. L'un des priucipaux raoyens 
qu'EANDi proposa , fiit de fiìire imprimer des traités de 
tr*h!)r'mprim"sCes scìeDces ; inoyen dont le moindre avantage est l'uni- 
meni."""^°° formile de la science que le Magistrat voulait ctablir , 
qui assure aux élèves un texte correct , qui donne à i'ex- 
plication et aux discussions trois quarts d heure par lecon 
qui se perdaient à écrire, et cnfin qui aide beaucoup les 
professPurs,particulièrement parla bibliograplue adjointe à 
cliaque articlc, pour puiser dans Ics grauds maitres, et dans 
les traités particuliers les notices nccessaires , pour bien 
expliquer les traités aux élèves. Eandi fut nommé pour 
écrire les élémens de physique et de geometrie, et ce fut 
alors qu'il obtint de m'avoir pour coUègue et compagnoa 
de ses études , ce qui depuis long-tems était i'objet de 
ses voeux. 

Vous avez vu dès le commencement , que c'est par les 
secours de sa soeur Thcrèse Vassalli qu'EANDi avait eu les 
inoyens de faire tranquillement ses premières études à 
Turin , sans avoir à se distraire eu donnant des lecons pour 



couru à les foruier par ordre du Roi , qui consulla encore le conilp Jean 
Rinaldo Cai\i.i , comiiie il est dit dans sou éloge óciit par le célèbre 
Louis Eossi , § 3g. 



(lix) 

fournir à ses besoins , et qu il resta toujours avecv elle. 
Pliilaiitrope par exccllencc , il aimait tous ses neveux. Jl Liaison emr. 

' , . Ili ■! •. 1 ■• j Bandi ellAu- 

mavait vu dans le bcrceau , il avait eu la patience de uur. 
me doQuer la première édiication, il m'avait assiste dans 
toutes les classes; j'avais par incliuatiou entrepris sa carriè- 
re, j'avais toujours demcuré à son coté, mème daus le tems 
qua j'élais répétiteur dans le collège , j etais son ólève , 
SOQ ami intime, et il aimait à me cousulter sur toutes 
ses pcnsées , de manière qu il m'avait vu partir avec le 
plus grand regret, quand j'allai professeur à Tortone, où 
il m'écrivait méme plusieurs lettres chaque courrier. Il 
profila de la commission honorable dont il était cliargé, 
pour m'appeler de nouveau auprès de lui, en qualité de 
son substitut, pour le remplacer à lUniversité , et l'aider à 
écrire les élémens de physique et de geometrie à l'usage 
des écoles royales du Piémout. 

Gomme c'était par lui que mon caractère et mon esprit 
avaicnt été modelcs , et que je trouvais toujours plus ad- 
mirable la science et le coeur qui le distinguaient , c'était là 
la société la plus intime qui eut jamais existé. Nous convin-^'*"^!'^.?''?' 
mes du pian plus convenable aux circonstances de ce tems. "^^ ""'''• 

L'Université de Turin, très-bien moutée pour les études 
de théologle , de droit civil et canon , de médecine et 
chirurgie , d'éloquence et poesie grecquc , latine et ita- 
lienne, de philosopliie et de la science bydraulique; cette 
Université, des premières de l'Italie pour la meilleure 'mé- 
thode d'enseigner et pour les grands bommcs qui en sorti- 
rent, mauquait des cliaires de cliimie et d'histoire naturelle, 



(LX) 

tant pour l'avanccment des sciences naturelles que pouc 
la pliarmaoie et pour les arts. Nous conviames de réparer 
dans la ph3'sique , autant qu'oa le pounait , le défaut de 
ces deux chaires. La physique , ainsi que la gdométrie , 
élant regardées cornine la première auuée du cours de 
médecine , nous chercliames A la l'aire servir d'introduc- 
tioa à l'art de guarir. L'architecture et la distributioa 
des eaux furent aussi particulièrement considérées; la clas- 
si6catiou de tous leS corps organisés et fossiles, et enfia 
les préceptes d'agriculture et d'economie domestique , dé- 
duits des counaissances physiques , nous parurent du res- 
sort de la pliysique , parce que personue ne les présen- 
tait aux élèves. 

D'après ce pian qui nous parut le plus utile à la patrie, 
lutcressant toutes les sciences et les arts , nous nous par- 
tageàmes le travail , et ayant divise la physique en huit 
institutions , la i." des propriélés des corps; la 2." dit 
mouvenient , de ses lois et des Jorces; la 3." des liqui- 
des; la 4.^ des corps célestes; la 5.^ de tair ; la 6.' du 
calorique, de Vélectricìlé , de la lumière , et de l'ana- 
logie et des différences de ces troìs fluides; la 7 * cfe 
leali; la 8.* de la terre, c'est-à-dire de nolre planèle; 
tM^t'^ndl;''"^^^"^' se chargca d'en écrire l'iutroductioa historique , 
les trois premières institutious et la cinquième , et moi 
les quatre autres. Mais je peux bicu dire qu'il concoul-ut 
aussi aux autres institutions, puisque chaque article ache- 
vé , je le lui lisais , comme il voulait aussi que j'enten- 
disse tout ce qu'il avait écrjt avaut de le donuer à l'ica- 



(lxi) 

primeur qui nous pressait , n'ayant commencé que le 
niois de juillet la coraposition de cet ouvnige, qui à la 
Toiissaint devait otre distribué dans toutcs les provinccs. 
Je ne donnerai pas l'analyse de ce cours de physiquc , 
qui se répandit subitement daus toute l'Italie; les journaux 
en fiient les plus grands éloges , les savans les plus dis- 
tingués lui écrivirent leurs félicitatious , et plusieurs pro- 
fcsseurs étrangers piirent ce cours pour texte de leurs 
lecons. Encore aujourdhui, qiioique la pliysique depuis 
dix ans ait fait de grands progrès , plusieurs professeurs 
des Universifés étrangères deraaudeat ces élémens de phy- 
que pour leurs classes. 

Mais dans une nolice des travaux littéraires d'EANDi 
je ne peux pas taire entièrement les parties du cours qui 
lui appartienneut. Modeste autant que savant, il ne vou- 
lut pas donner le titre de traité , ni de cours, ni antro 
semblable à son ouvrage, il connaissait trop les signifi- 
cations des mo(s , pour cn abuser; il l'intitula PJiysicas 
experìmentalìs lineamenta ad Suba/pr'nos. II commence intioauca«ai 
son inlroductiou historique par un tableau de l'univcrs , 
et dit : voilù robjct de la pliysique , qui nécessaireraent 
a dù étre cultivée de tous les tems, comme il le prouve 
par la supposition que les premiers habitans de uofre 
globe ont été chasseurs , pasteurs , agriculteurs. Ensuite 
il indique les traces de la bonne pliysique qu'on trouve 
dans les livres les plus anciens, tels que les saintes écri- 
tures ( quii savait par cceur) et Illiade d'HoMÈRE. II 
trace riiislgire des détouvertes des Grecs, particulilreoient 



( LXII ) 

de Thales , de Pitagore , cVAristote , d'AncniMÈDE , 
d'HiPARQCE, de Ptolomée et les erreurs priucipales des 
différentcs sectes; dcs Grecs il passe aux Latius; Lucrèce, 
CicEhox, ViRGiLE, Pline, Sénèque. Il présente Une idée 
des temps barbares , dcs-^crreui-s des platoniciens et des 
péripatéticions au rétablissemeut des leltres , des décou- 
vertes de Copernique, de Thicon, de Kepler , du sys- 
témc des sciences de Bacon , des découvertes et de la 
bonnc méfliode de cultiver la physique de Galilée, de 
BoRELLi, ViviANi, CASTELLI, TORRICELLI, et des autres 
gi-auds-maìtres dans les sciences exactes. Il démontre après 
combien la physique est redevable de ses progrès aux 
réves de Descartes , qui la délivra de l'esclavage des 
Péripatéticions ; il annonce les services rendus par l'Aca- 
démic del Cimento, qui a été la première fondée pour 
ravancement des sciences exactes, et dont aucune ne suivit 
le bon cxcmple de travailler en commun , et de donner 
les écrits du torps et non des individus qui le composent. 
Les découvertes d'OTTON, de Boile , de Pascal, de 
Mayow, d'EuGÈNE, de Levenoek, de Redi, de Marsigli, 
de Malpigiii, ctc. sont comparées à celles de Mariotte, 
de Duiiamel , de Buffon , de Spallanzani et des autres 
écrivains plus modcrnes; les queslions de Newton et les 
découvertes dHALES, de notre confrère De-Saluces. 
Il présente la théorie cliinilque de Boerahave et ics 
correcfious de Crawford et de Lavoisier , et i' finit 
.son histoire par le vocu d'un traité qui réuuisse toutes 
les découvertes des anciens et dcs modcrucs comparées, 



( LXIII ) 

ce qu'ìl fit dans tout le cours de cotte introduction. En- 
suite il annonce Ics limites de la physiqiie et de 1 histoire 
natiirelle, et les secours mutucis que se prètcnt ccs dcux 
scicQces, et il donne la meilleure mélhode de cultiver la 
pliysicjiie, par re>xplicatiott des quatre lois de plnlosophcr, 
proposccs par Newton , et des diflicultés qu'il y a à 
trouvei- la connexion de vérités. 

De ce qne nous ignorous la nature intime des corps , 
il déduit qu'il ne faut pas definir la physiqne la science D^finiiion ie 
de la nature , mais la recherche des phénomènes de l'uni- 
vers. On ne pcut pas metfre plus de science en 88 pages , 
qu'EANDi n'cu a mis dans celte introduction, dont il pié- 
parait la continuation pour une nouvcUe éditiou *, cn tra- 
pani l'histoire des dernicres dccouvertes. 

Dans la première instilution du corps et de ses pro- 
priétés qui appartiennent à la compositiou , après avoir 
dit quii entend , par coips, tout ce qui affecte les scns , Propri(?i^sg^né- 

rales des corpi. 

il cn démontre les propriétés gcnérales , coraposition , 
impt'uétrabilité , porosità?, figure, condensation , raréfac- 
tion et il en montre les usages; il annonce les qucstions 
sur la nature des corps et sur leur divisibilité , d'où il 
en résulte la circulation pcrpél nelle de la méme matière 
80US des formes différentcs , l'opinion de Newton sur ^ 
l'immufabilitd des parties primogéniales de la malière , 
l'attraction et les affiuilés, leurs effets, leurs lois, leurs 
usages, la iht'orio, comnie les exemples sont puisés dans 

* Eu j8oo il eu parut une contrefaile , reoiplie de fautes. 



( LXI V ) 

Ics ouvragos dcs célcbrcs Chaptal et FourcroV , il n'y 
ait qiie clioisir les plus utiles à la médcciue, à la physr 
siolojjie et aiix arts. Il passe ensuite aux phénomènes 
de l'adliésion , aux qucsfions sur la forme des parties et 
des corps , sur la formation des fossiIes,sur leurs couleurs, 
SUI' les résuUafs des dissolutious des pyrites, et il finit 
cetle institufion par l'histoire des opinions sur la forme 
régulière des cristaux. 

Dans la seconde instltution du mouvement , après les 
niimoiivemeni,^^''ì'iitions et divisìoDs géiiérales, restiinatioii de la quaa- 
"léquiUb/e/ "lite du mouvement et la manière dont uous ea jugeons, 
il cousidère les forces qui le produiscnt et il en démon- 
fre les proprictés. De l'inertie il déduit les trois lois du 
mouvement, et de la i/*^ toute la statique ; il enseigne dans 
un articlc à part les précautions nécessaires dans l'usage 
des machines. Il pose la 2.*^ loi pour base dcs tliéories du 
mouvement accéléré et retardé, sur les plans inclinés, des 
pendulesj'^e projcction et des forces cenlrales. Il déduit 
enfia de la 5.* Ics tliéories de plusieurs mouvemcns , tels 
que ceux du canon, du vaisseau , du uageur, du voi des 
oiseaux, du choc des corps, et il fiuit l'iustitulion par uq 
article de la résistence en general , où il rend raison des 
phétiomcnes qui paraissent contraires aux tliéories de 
Galilée, exposées dans cette institution. 

La troisiòrae institution de l'équilibre et du mouve- 

Be ivqiniihremcnt dcs llquldcs est partagée eu trois articles. Le pre- 

Bmnd«iiqui- jjjjpj. contieni l'hydrostatique , le second la gcohydrosta- 

tique, le troisième l'hydraulique. Ce que la théorie et la 



( L X V ) 

pratique présentent de plus important dans l'hydrodiua- 
niiqiie se frouve dans cette institution avec les différentes 
applicalions qu'on peut faire,et les précaulions qu'on doit 
avoir dans l'emploi des principes scicntifiques. Saus parcou- 
rir ces trois institutions, il paraìt impossible qu'on puisse 
reufei'mer taut de science dans go pages ; mais c'est la per- 
fectioa de la science qui en fait la clarté et la briéveté. 

Ces qualitc^s d'EANDi paraitraient encore plus , s'il était 
possible,dans la 5/ institution qui traile de l'air.La persua- 
sion intime duns laquclle il était, que la doctrine de l'air Deia;teide« 
enrichie des découvei-tes modernes, est de la plus grande^"" 
utilité non seulement aux médecins , mais aussi à chaque 
pére de famille, à chaque individu, le porta à s'occuper 
particulicrement de cette branche de la physique, et à 
se charger dea écrire les lecons à l'usage de la jeunesse 
subalpine, à laquelle il chercha de donner un traitc de 
ce fluide de la plus grande utilité pour chaque étatj 
ou place dans la société. Gomme cette institution est plus 
longue que les trois précédente» prises ensemble , je ne 
ferai qu'indiquer les choses principales qu'elle contient. 

Dans les six premiers articles il parie de la nature de 
l'air et de ses propriétés en general, ensuite de la gra- 
vite, de l'élasticité, de la raréfaction , de la dilatafion 
et de la condensation séparément en dcmontrant les 
usages de chaque propriété. Dans le septième de l'hu- 
TTiUìilé et de la sécheresse de l'ùir, Eandi compare les 
découvertes de Saussure avec celles de Mariotte et 
d'autres physiciens. Dans le huitième de la nécessilé de 

X 



V 



( LXVI ) 

Taìr pour la vìe animale, pour la végétatìon et pour 
la cornbustion ; il trace un tableau des dccouvertes mo- 
dernes et de ses propres cxpériences, et annonce plusieurs 
erreurs des physicieus , telles que celles de Bebgman , 
cjue l'air qui a servi à la civnhuslion , seri encore à la 
respiralion. Avant de parler des gaz, qui furcut le sujet 
d'une partie de riutroducliou, en tracant les découverles 
de Van-Helmont , Boile , Mayow, Hales et Priestley, il 
décrlt l'appareil pncuinalo-chimique , il indique celui à 
mercure et il dccrit celai à liuilc de uotre confrère 
, GiOBERT, beaucoup plus commode et plus économique. 
Après ces uotions dans l'article g.' Eandi traite du gaz 
acide carbouique, de ses propriétés et de ses usages. 11 
en donne tout ce qu'on en savait de ce tems ( 179^ ) 
et il rapporte les expériences faites ci rhópital de S. Jean 
par uotre confrère Rossi, expériences qui démontrent que 
le gaz acide carbonique se trouve prodigieusement abon- 
dant près des lits des malades qui ont des plaies. L'ar- 
ticle 10.^ traite du gaz oxigène. Après avoir décrit , 
comme il le fait de tous les autres gaz, la manière de 
se le procurer, ses propriétés et ses usages, il donne 
l'opinion de notre confrère Saldces, qui déduit de 
noinbreuses expériences que le gaz oxigène est l'air élé- 
mentaire, qui mèle aux différentes substances forme la 
variété des, diverses espèces d'air; un abrégé des décou- 
vertes de notre confrère Senebier sur cctte partie de 
la physiqur , qu'il éclaircit particulièrement. Le 11.*, du 
gaz hydrogèue et de la combuslion, présente la descriptiou 



( L X V I I ■) 

de reudiomèfrc de Volta. Dans le 12.*, de la compo- 
sitioii de l'air atmospWriqiie, il discute Ics expériences 
dii G." MoROZZO contro la propositioa déduite de l'ana- 
lyse , que l'air atmosphévique est compose d'envirou trois 
quarts de gaz azotique, et d'iiu qiiait de gaz oxigène. 
Dans cettc discussion Eandi indique le premier l'affinile 
des gaz par laquclle oa a des pliénomèucs particuliers. 
Daus le iZ." , du gaz azotique, il dccrit Teudiomètre de 
uotre coufrcre Giobert, et les précautions' à prendre 
dans l'usage de cet iustrument, et il réfutc le préjugé de 
corrigcr l'air vitié avec des aroraafes qui, en absorbant le 
gaz oxigène, le vilieut encore plus. Dans le 14-^? de la 
composition de l'eau , il applique à beaucoup de pliéno- 
mènes la nouvelle théorie démontrée par synthèse et par 
analyse, et il présente les produits de la corabustion d'une 
bougio. Le i5.'', de la resplratiou des animaux contient 
l'application de la théorie aux principaux phénomcnes 
de la chaleur animale. Le 16.^, des changemens , que 
subit l'air dans le corps animai , est un abrégé des dé- 
couvertes sur cette matière de Fourcroy , Lavoisier , 
Seguin et Jurine. Dans le 17.*, du gaz nitreux, Eandi 
présente l'eudiomètre de Priestley perfectionné par Lan- 
DRiANi et Fontana , les défauts des eudiomètres pour dé- 
terminer la salubrité de l'air que, selou Eandi, on pourrait 
plus aisément counaìtre par l'hygromctre de l'Académic 
del Cimento, décrit dans l'inlroduction à la pbysique /90^. 
34- Dans les articles 18, ig et 20 il donne les gaz hépa- 
tique ou hydrogène sulphuré , pliosphorique et ammo- 



( LXVIII ) 

niacal. Le 21.*, du gaz acide muriatique et du mème oxl- 
géné, contieut les découvertes du cél. Guyton, que le gaz 
acide muriatique est le zncilleur moyea de purger l'air et 
les murs des exlialaisons putrides, et celles de notre confrère 
Berthollet sur le blanchissage des toiles par le gaz acide 
muriatique oxigéué. Dans les 22, 23 et 24 du gaz acide 
fluorique spatliique , de la fermentation et putréfaction 
et des veuts, Eandi présente l'ensemble des découvertes 
sur ces sujets avec des remarques sur les obscrvations 
des anciens sur la putréfaction. L'article 26.* et dernier 
est du son , dont il contieut les différentes tliéorics. 
L'auteur y indique ses propres expériences , celle de Pe- 
ROLLE , les applications à la musique, les expériences 
de B'erein sur les voix des différens auimaux et les usa- 
ges de la doctrine du son. 

Si cette institution peut paraitre un peu longue pour 
les élèves en philosophie , en la lisant on la ti ouve très- 
courte par le corps de doctrine qu'elle présente. Pour ne 
pas trop fatiguer les étudians , on a mis les thoses les 
plus nécessaires à savoir dans le texte, et le complément 
de la science pour les professeurs dans les notes , en y 
ajoutant la bibliogiaphie pour chaque institution. 

Quand la physique fut imprimée , uous combinames 

tout de suite le pian de la geometrie sur les bases sui- 

p]3„jjj, ^jjVantes : i.^* de la brévité nécessaire pour la douncr dans 

"'^''"" une anuée , avec un autre traifé de philosophie ; 2.* de 

la plus parfaite connexion des principes , définitions , dé- 

moustrations et conséquences , disposés dans une telle sé- 



( LXIX) 

rie qu'oa ne rencontre rien qui ne soit déduit dcs anté- 
c^dens pour Ics avantages décrits par Eandi dans sa pré- 
lection de geometrie ; 3.* de la plus grande ciarlò réunie 
à la précision , pour donner dans un petit volume toule 
la scicnce qu'oa rencontre dans des traitcs plus étendus ; 
4.' que les vérités démontrées ouvrent le chemin t\ bica 
comprendre les plus sublimes et les vérités physiques ; 
5." quelle put servir pour les arpenteurs , ingéuieurs, ar- 
chilectes, qui par la constitution de TUniversité devaient 
prendre l'examen de geometrie théorique et pratique , 
plus ou moins étendu, selon les opérafions diverses qu'ils 
demandaicnt d'étre aulorisés à faire, moyenuant les exa- 
niens qu'ils prennent. 

Quoique le pian fùt convenu ensemble dans la geo- 
metrie , il n'était pas possible , par la 2.' base, d'écrire 
séparément les élémens , comme les institutions de phy- 
sique ; ainsi nous convinmes quii écrirait les élémens de 
geometrie , et moi l'arilhmétique , l'algebre et les usages 
de la geometrie , qui excitent les élèves à étudier la 
science qui dirigent les beaux-arts susdits. De cette ma- 
nière dans peu de tems nous achevàraes l'ouvrage. Les 
expres^ions de l'approbation du Magistrat qui nous cliar- 
gea d'écrire ces élémens de physique et de geometrie , 
prouvent combien Eandi avait réussi dans sa partie : 
« quod cum eia/issimi viri Eatìdi et Vassalli in geo- 
metrìa et-physìca , nohis instanlihus , summa cwn ce- 
lerilate egregie proesl iteri tìt ». Le jugement du Magistrat 
fut confirmé par les félicilatious de plusieurs matliéraa- 



( LXX) 

tlclens dii pnys et ^trangers. L'oidre dont toufes les pro- 
positiotis soiit liées les unes aux aulres sans manquer jamais 
à la seconde base, et à la clarté qui eufraìne les étudians à 
passci" dune proposition à l'autre , et les mot dans le cas 
de couliniier les óliules des mathematiques et de pliysique 
avec la plus grande briévctc , porta plusicurs à lui écrire 
qu'ou n'avait encore vu dans aucune langue un traité de 
geometrie si court et si complet , et d'une plus grande 
utilité pour les sciences et pour les arts ; 200 pages 
__ in-S." ont suflìjpour renfermer ces Aìithinelices et geo~ 
melrioi elemenla ad Subalpìnos , y cornprises les no- 
tions de trigonometrie et des courbcs couiques La geo- 
metrie est divisce en quatrc parties : la-'prcmicre pré- 
sente les propositions principales des quatre premiers li- 
vres d'EucLiDE; la 2/ des proportions; la 3." des lignes 
pvoportionnelles et des figures semblables; la /i.^des solides. 
Auircs ^cris ^^ "vows uc parlerai pas de plusieurs autres écrits d'EANDi, 
UEandi. gyj jq^j. entièrcment étrangers à la classe , dont quelques- 
^ uns relatifs aux circonstances , sermous , pant'giriques , 

discours pour les religieuses, discussions de principes po- 
litiques , en un mot tous ses travaux étaieut dirigcs vers 
le mème but , le bonheur du geni'e humain, pour lequcl 
il ne craignait point de dire le vrai, méme aux gens les 
plus échauffés dans leur parti. 

L'immense érudition quEandi déplovait presque malgrd 

Cone^pondance ^ i .^ i. ■■ 

4taodi. i^„-^ pj^ rapport aux objets des sciences, littt'rature et bcaux- 
arts , la philantropie qui paraissait dans toutrs ses actions^ 
et sa doctrinc profonde des sciences exaclcs , lui procu- 



( LXXl ) 

raient une corrospondauce très-dtciidLic,'soIt dans le pays, 
soil dans l'étiangci-. C'est dans la parile qui reste de son 
porte-feuille ( dont les malheureuses circonstances fircnt 
égarer bcaucoiip de pièces ) qu'on voit le poitrait ino- 
rai d'EANDi. II rendait service à tous ceux qu'il pouvait, 
souvent mcme sans cousulter scs forces , faisant des dcdcs 
pour piéter, quand il ne le pouvait pas aulrement, et le 
titre d homme nialheureux était pour lui le plus sacre , 
sans en consiiltcr aucun autre. Sincère et bon , il croyait 
tout le monde incap&ble de le (romper , mcme aprcs un 
grand nombre d'expcricuces confraircs. Doué de la plus 
exquise sensibilità , Eandi plaignait aulant les malheurs 
moraux que les pliysiques ; c'est dans les lettres conso- 
latoires que bien loin de mettre cette gaieté qui aug- 
mente l'alTliction , il sait y glisser des discussious de lit- 
térafure , de beaux-arts , de philosophie , d'histoire na- 
turclle , etc. suivant les personnes auxquelles il écrivait, 
et c'est dans scs lettres qu'on voit ses pensces sur les 
divers sujets dont il est question. La perle de sa soeur Pensi^M JiV^r. 

•* *• ses d'Eandi. 

Thérèse Vassalli le porta au systéme de Bonnet sur les 
facultés de l'ame , dont la spiritualité peu counue des 
anciens n'a ricn à faire avec l'iramortalité qui est de foi 
et appuyée sur des ralsons probables , comme il le dis- 
cute dans une longue lettre. Dans une autre il analyse 
le principe de Fontenelle, que l'esprit a ses besoius qui 
sont pcut-ctre plus nombreux que ceux du corps. Ea 
écrivant à un avocat , il trace les dangers de la Iccture 
des abrégés, particulièrement dans Ictude des lois. 



( Lxxn ) 

Dans (outes Ics occasious il combaltait Timposture, le* 
erreurs et les prcjugés , sur-tout lorsqu'il s'agissait d'ius- 
triiction publitjue. Les questions sur les événcmens qui 
paraisseut invraisemblables ; sur la direction d'un collè- 
ge de jeunes gens ; sur la priorité des Italiens dans les 
scicaces relativement aux autres nations ; sur l'abus des 
mots ; sur les logomachies ; sur la physique d'ARiSTOTE; 
sur l'idée d'une langue universelle ( qu'il croyait pres- 
qu'impossible et inutile*), donnèrent à Eandi l'occasion de 
moutrer son genie et sou savoir dans la correspondance 
où, selou le jugement d'un littérateur du premier mérite 
(Victor Didier censeur de l'Université ), Eandi surpassa 
pour le slyle les meilleurs modèles dans ce genre. C'est 
dans sa correspondance qu'on voit que des littérateurs 
et savans distinguds lui envoyaient leurs écrits à corriger, 
qu'il fournissait à d'autres les matériaux pour écrire , les 
expériences nouvelles à faire sur plusieurs branches des 
Sciences naturelles , et que les Magistrals le consultaient 
souvent sur le mérite de bien des ouvrages cu des opé- 
rations relatives aux sciences et aux arts. 

Quand les Frangais prirent possession de Turia , plu- 



* TI réfiile le parallele avec les notes musicales , aritbn](''tiqiies et algé- 
briques , parce qiie les significations de celles-ci soiit détermidées , et le 
nombre en est limile, et il n'est pas possible de réduire à un petit nom- 
bre de piincipes fixes et déterminés toiit ce qui exisle oii peut exister , ou 
élre ima;;lné , el qui doit élie sigiiifi6 par la langue universelle, qui d'ail- 
leurs auraii élé superflue , la Ialine pouvant y suppléer. 



( LXXIII ) 

sieuis amis sollicitèrcnt Eakdi à prcndre des emplois cl- 
vils, mais il voLiliit rester professeur de physique, et il 
n'eut aucuue place. Ce fiit alors que le Gouvernement 
provisoiie me nomraa commissaire à Paris pour concourir 
à la flxati-on des poids et mesures, place à laquelle j'avais 
été demaudé du tems du Roi qui, sous le titre d'economie, 
a nommé pour cet objet le C." Balbe, alors son ambassa- 
deur à Paris, et secrétaire adjoint de l'Académie. Connaissant 
lextreme sensibilite dHiANDi, je ne voulais pomt le quitter udic dEamiL 
dans un temps de revolution ; mais, quoique désolé de 
mon éloigDcmeut qu'il prévoyait fatai pour lui , au cas 
qu'il cut eu les moiudres dcsagrémens , dans lesquels en 
peu de mots je le consolais, il préféra à sa propre exis- 
tence ma gioire et mon obéissaoce au Gouvei'uement ; 
moment fatai , qui separa pour toujours deux amis qui 
désiraient vivement de vivre et de mourir ensemble ! La 
vive douleur que le souvenir me cause , m'empéche de 
m'entretenir sur les deruiers adieux que nous nous don- 
nàmes à mon départ. Rien ne pouvait me consoler de 
celle se'paratioa fàcheuse que l'espérance que j'avais de 
me rejoiudre à lui dans quatre mois , pour ne jainais 
plus m'en séparer : mais helas ! cclte espc'rance fut bica 
trompouse. Les travaux de la commission des poids et 
mesures se prolongcrcnt jusqu'à l'invasiou des Austro- 
Russes, à lapproche desquels je lui écrivis de venir me 
trouver ou bien de me permettre de venir le prendre. 
Il me répondit d'clre très-tranquille sur son sort, en 
m'ordounant de ne poiat meluigner de ma place. Lei> 

k 



( L X X I V ) 

malheufs afiVcnx des circonstauces firent une telle im- 
pressioD sur soa ame très-sensible qii'il tomba dans un nia- 
rasmc de mélancolie. En vaiu ses amis le coufortaicnt-ils 
par l'espoir d'un avenir plus lieurcux ; jetais loin, il ne 
pouvait plus avoir régulicre-mcut de mcs lettres, et pour 
comble de malhenr , l'ami iulime depuis sa jcuncsse 
Benoìt Dolce, qui le voyait tous les jours , fut aussi 
emprisonnó à l'improviste : alors sa maladie augmeuta, 
il craignait que j'en fusse iufoimé , il eut soia de me 
caclier sou état jusqu'au dcrnier moment qu'il put tenir 
la piume , et il me Ut encore écrive par l'ami Charles 
Graneri qu'il avait été incommodé , mais qu'il se por- 
tait bcaucoup. mieux, dans le tcms méme qu'on désespé- 
rait do sa gudrison , et que lui méme ne souhaitait plus 
de vivre. Les conversations qu'il avait avec ses amis *, 
ne roulaient plus que sur la misere publique et sur mon 
absence; ses dernières expressions, qui me furent rc- 
pdtées , me font trop souffrir, pour que je m'y arréte. 
Mort d'Eandi. C'est le premier octobre 1799 à six hcures du matin , 



* r.e conile de Saluces , acliiellerapnt piósider.t de rArad(?mip , et M.' 
9011 Cls CÉSAn, nolie confrère, qui marche glorieusement sur les traces de 
son pére et de la celebrai Diodata , sa sceur , étaient au nombre des amis 
qui le soulagealent le plus, et ils ne cessèrent de le voir jounii'llement 
jusques à ses derniers momens. La reconnaissauce m'impose de faire aussi 
metilion de l'assistence plus qua filiale que l'avocai Second Foi^tana d'Albe, 
lui a - prélée dans tout le cours de sa maladie. .Je potirrais encore nommer 
d'autres amis, tels que l'abbé Marentini, l'abbé Perugini, Rossi, Massa et 
plusieurs autres qui lui donnèrent les marques les plus éclatanles de leiir 
attarbrment, en lui rendant tous les services possibles dans tout le cours 
de sa maladie. 



(LXXV) ^ 

que rUniversité et l'Académie perdirent un de ses plus 
illustres membres, la Patrie un philantrope et un savant 
qui riionoi-ait, Ics sciences, la littérature et Ics arts uà 
promoteur zélé et moi le professeur et le directeur in- 
comparable, l'ami coidial, le confident intime, le guide 
de mes travaux, le modèle de toutes les vertus, ce que 
j'avais de plus précieux et de plus cher au monde. Séparé 
par le fatai destin d'un liomme que j'aimais plus que 
moi-mème, j'ai adjoint son uom au mien , pour m'iden- 
tifier ea quelque sorte avec lui, et me soulager ainsi 
autant que possible , du mal que me fait souffrir le 
manque de sa société et pour témoigner au Public que 
c'est de lui que je tiens le peu que je sais. 



( LXX VII ) 

OBJETS 

D'HISTOIRE NATURELLE 

PRÉSENTÉS AL'ACADÉMIE. 

DONATEUnS. 

C^ NE cassette contenant du sable fluviatile, et L'A.chipréire 

Stiìlla. 
qiielques rainéraiix des enviroas de Morbello 

avec de l'or en paillettes, extrait du torrent , 

Visone , et du sei ea efflorescence des environs 

du mcme lieu, rcconnu par M/ Giobert pour 

étre du sulphate de magnèsie. 

Ouelques ^chantillons de marbres, partie du Melch'oni 

^ -^ _ ' de JNovarc , 

pays et partie étrangers , au nombre de i3. corresponJant 

de V Acadèmie. 
t 

Ouelques scrpentincs des environs de Suze , ,,*^' 

^ ■' ' . MOROZZO. 

des pierrcs stéatiteuses , quelques grauits et des 
pisolites. 

Une espèce de granii compose de feldspati! L'Archiierte 
° ^ ' . Fehkoccio. 

et de hornblende, parsemi de pyrites; une va- 

riolite et un cristal de roche. 



Quelques productions naturelles de Nice de l/Abbé 
Proveuce , de Nice de la Faille et de Dogliani. 

li 



(lxxvtii) 

I.e feu Baili! Une très-bclle production de tner du genre 

.t-t,ERMAJN. ^^jg zoophytes, connue sous le nom de corali 

noìr y de la hauteur d'un homme , divise en 

deux branches , prise dans la mer de Sardaigne, 

non loin d'Alghieri. 

Hyaciiithe Quelques pièces d'une espèce d'argile assez 

COGO, corres- . . . „ , . , , 

ponddeiAca- cndurcie pour taire leu au briquet, trouvée a 

démi€. r> j 1 

oarges dans un pi'é. 

». 
L'AbbeDo- Quantifé de production.s volcaniques du Vé- 
de Napics , gQ^g parmi lesquelles on trouve : 

corresiìrinannt 

dt CAcaJém. Uue collcctioa de laves en tablettes" polies; 

Beaucoup de laves poreuses et d'autres com- 
pactes ; 

Quantité de pierres calcaires , compactes , 
vomies par le volcau , et qui out très-peu 
éprouvé les effets du feu; 

Beaucoup de brèclies volcaniques, parmi les- 
quelles les dccouvertes iriodernes des minéra- 
logistes ont trouvé l'idocrase , le pyroxène , la 
néphéline, la leucite, etc. 

Pierres ponces, etc. 

Bernard Quelqucs picrrcs provenant du Canavais , 

comme : serpentines de la Cordopere et du haut 
Canavais; steatite bianche mélée d'ocre defer; 
pyrìtes de Nivolastro; mines dargent de la 



( LXXIX ) 

Kéal, mélée de cuivre et de plomb; spath cai- 
caire, jaspe, etc. 

Cristaux groupés de feldspatli rhomboidal ; Le Pére Pi«i. 
feldspati! paralellipède pellucide; adulaire irisée 
ea lames; tous ces minéraux provenaient du 
saiut Gothard. 

Quelques productions marlnes recueiHIes dans Acxis, cor- 

t 1 UT 1 1 <r> 1 respondant J* 

les golphes de rnaples et de Calerne; l'Académii. 

Dilférentes espèces de madrépores et éponges; 

Etoiles marines; 

Oursins ; 

Beaucoiip de testacées , comtne : 

Huitres , piunes mariues , patelles , buccins , 
tclliues , nérites, porcelaines, etc. 

Echantillons des marbres des euvirons de Le Pére 

_^ , . Franchi 

■TC'SIO. tbarlreux. 

Quelques minéraux des environs de Cor- 
majeur, et deux pièces de mine d argeut de 
la Thuille. 

Une lastre de marbré du saint Gothard, rendu Docieur 
élastique par M/ Flenriau de BcUevue; 
Dolomie parsemée de mica vert; 
Spath pesant de la montagne de Pormcnasj 
Spath iluor rose de Chamounix; 



( L X X X ) 

Mauganèse crlstallisé rougeàtrc de Saint Marcel 
cu vai d'Aoste, 

LeThéolo- Mine de cuivre méléc de erenats de la mon- 

pien «LRTO- _ ° _ 

LINI. taglie de Brenvei, dans Ics cnviions de Valprà. 

de^IVov'are! Quelcpcs cchantlUons dcs marbrcs qui se trou- 
vcnt dans l'Ossola supérieure, daus la vallee 
de Grana, et aux environs du lac de Cóme. 

M.' Granfui Quelques cartous faits avec de l'araiante ; un 

de la Roche. , , 

pelotoa et une lesse faits de la memc subs- 
tance filée. 



HOROZZO, 



Une outarde prise à saint Sauveur, province 
de Casal. 



Le fou Com- Tout le Cabinet d'histoire naturelle du Com- 

mnnrleur(jHA- 

vcRi. mandeur Graneii par acte testamentaire, qui 

consiste' à-peu-près dans ies ai'ticles suivans: 
. ' Une belle collection de minéraux d'or, d'ar- 
gent, de mcrcure, de cuivre, de fer, de plomb, 
etq. provenans de la Saxe, d'Espagne, d 'Angle- 
terre, etc. ; 

Une belle suite de substances appartenantes 
à la lithologie , parmi lesquelles on en reraarque 
qui sont d'une rare beauté tant par la nature, 
que par le choix des pièces ', 



( LXXXI ) 

Une suite des argiles du Pidinout, remise par 
le Docteur Gioanetti au Commandeui- GRA^ERI, 
et qui se trouve dans laditc collection; 

Une belle suite des marbres de Salzbourg , 
de la Moravie , dU Tyrol , etc; 

Beaucoup de substances appartenantes à la 
classe des roches ; 

Quelques pvodiiits volcanfques; 

Farmi Ics substances en état de pétrificatioa 
qui sont en grand nombre, on remarque une 
belle suite des bois pétiiGés de Ribitz en Traa- 
silvauie , et de Ronitz eu Hongrie, quelques 
oursins , des cornes d'ammou en quantité , des 
coquilles et des zoophytes pétrifiés de divers 
endroits de l'Allemagne. 



•"O"^ 



Divers eroupes de cristaux de roche remar- M."" 

*^ "^ _ . MoROzzo. 

quables par les accidens dont ils sont remplis; 

Quautitc de pièces de feldspath et d'adulaire, 
la plupart cristallisées; ■■ 

Quelques pièces de cyanite et granits; 

Trois pièces de trémolites,- 

Cristal de roche superposé à la pyrite et 
aurifere , des caves de Macugnaga , au-dessous 
du Mont-Rose; 

Cristaux de roche avec chlorite et tifane j 

Diverscs pièces de schorl noir daus le quartz, 
le cristal de roche et Ics schistes. 



( LX XX 1 I ) 

Le feu Baili; M/ le BaillI de Saint-Germain a falt don à l'Aca- 
S.'-Germaia. démie de son riche musée d'histoire naturelle: 

1,° Quaatité de cristaux de roche, la plupart 
considcrables par leur clarté , leur grosseur et 
les accldens qui les accorapagnent , beaucoup 
de porphyi-es , jaspes, agathes, granits, feldspaths 
et quautité de pierres dures, doat la plupart 
sout poliesj 

2." Une collection d'argiles ; 

3.° Beaucoup de pierres magnésiennes, ser- 
pentines, asbestes, talcs, etc; 

4.° Uue considérable collection de substancea 
calca ires, spalh-fluor, gypses, spaths-calcaires, 
marbres , stallactites , etc. ; 

5.° Quantité de substauces inflammables , sou- 
fres , pétroles, charbons de pierre, etc; 

6° Beaucoup de minéraux d'or, d'argent , de 
cuivre, de fer et autres métaux, parmi lesquels 
quelques-uns sont du Piémont et de Sardaigne; 

7.° Uue très-grande quantité de substances en 
état de pétrification , comme bois, fruits , inadré- 
pores , coquilles fossiles du Piémont , etc, le tout 
en très-grand nombre et très-remarquables par 
leur beauté et les accidcns qui les accom- 
pagnent; 

8." Une nombreuse et belle collection de 
coquilles mariues de la Mediterranée, des Indes 
et d'Amérique, avec beaucoup d'oursinsj 



(lxxxiii) 

g.' Coraux et beaucoup d'autres zoophytes; 

io.° Poissons, écrevisses et trois crocodilles; 

II." Une superbe défense d'Elt^phant fossile, 
apportée de la Sibèrie par M/ de la Turbie, 
dont la circonférence de la partie inférieure est 
de 23 pouces et de 16 à la supérieure qui est 
brisée; la longueur de ce beau fragment de 
défense , est de 63 pouces ; 

12." Enfio, oiseaux sous cloches de verre, 
divers animaux préparés, quelques monstres, etc. 



Deux grands vautours, Yunlehwbu, etl'autre GoANTErfe/a 

falìée de Lu- 

le percnoptère, tous deux pris dans la vallee seme. 
de Luzerae. 



Uà oiseau nommé Ardea stellaris. 
Une cicogne prise du coté de Banna. 

Granits de différentesespèces 
Grauvvakes .... 
Schistes argileux variétés 
Trapps .... 

Jaspes de différentes couleurs 
Lithomarge sur la grauwake 
Roches quartzeuses , micacées et autres 
Amygdaloides diverses 
Serpentines ..... 
Argiles diverses .... 



Lp Doctenr 

BcLLAnDI. 

Le feu Bailli 

de 
S.«-Gerrnain. 

N." 12 Le Docteur 

n BONVOISIN. 

) o 

. i5 

► 6 
. 5 

> I 
» i5 

' 4 

» 5 

V 2 



, (lxxxiv) 

Porphyres et roches porphyritiques . » g 
Giès . . . . . . . » 7 

Marbres, différentes pièces de pierres cal- 
caires , et albiitres . . . . . » 3o 

N. Tous les minéraux ci-dessus soni du Hartji. 

Le Docteur Beau fra^rment d'im très-CTos crlstal de roche 
clair et limpide , venaut de la vallèe de Luzerne. 

M/ Plusieurs écliantillons de magnesie native de 

Bandissero en Canavais, et de celle de Castel- 
lamonte. 

Echantillons de sulphate de Barite , amorphes , 
rayonés et mélés de cristaux de sulphate d« 
Strontiane , de Alfiano eu Monferrat. 

Une collection des mines de la vallèe d'Aa* 
derno dans le Biellais , contenant des sulphu- 
res de cuivre , du cuivre natif , des mines de 
plomb, d'argent, et de fer. 

Dégrégori. Une collection de minéraux de la vallèe de 
Lanzo , ddcrite dans l'apercu statistique du mcme 
auteur. en messidor an g. 

De-Cavour. Troìs beaux échantillons de la fameuse roche 
polle du Saint Bernard. 

BoRsoN. L'arsèhiate de cuivre, le muriate de cuivre , 
l'oxyde d'Urane et le jade. 



( L X X X Y ) 

O B J E T S 

DE BEAUX ARTS. 



Otafue en argile représentant . la paix avec _ ^^1 , 
ses emblèmes, du ciloyen Lavy, Graveur Pié- 
montais , qui a niérilé l'approbatiou de l'Aca- 
démie, d'après le rapport des Commissaires 
nonimés pour l'examiner. 



N. B. On ne fait mention ici de différens 
aiilrcs ohjets de heaux-arts présentés à l'Aca- 
dérnie, puree que leurs autews les ont redrés; 
et la toi ììous impose de ne meniionner c/ue 
ceux qui resleni dans les cabinels de l'Aca- 
demie. 



tu 



( LXXXVI ) 

O U VR AGES 

PRÉSENTÉS A L'ACADÉMIE. 



DONATEURS.' 



D, 



L'Institut JL/e Bononiensi scientiarum et aitium instifuto, 

«e rJologue. ' 

atque Acadcmia. Tomus septimus 1791, 111-^.° 



L'Abbé 
Cavalli. 



L'auleur. 



Tavola delle efemeridi astronomiche per l'anno 
1792, calcolate al meridiano di Roma, ad uso 
della specola Gaelani, dall' Abate Eusebio Yeiga. 
Roma 1791. 

Expérimens and observafions on different Kinds 
of air and others branches of naturai philosophy 
connected with thè subject. etc. By Priestley 
1790, in-S." 

Ricerche filosofiche e critiche sopra alcuni 
fossili metallici della Calabria. Di D. Gaetano 
D'Ancora. Livorno 1791, in-?>° 



L'auleur. Reliquiae Rudbeckianae , sive Camporum Ely- 

siorura , libri primi , olim ab Olao Rudbeckio 
patre et filio , Upsalige anno 1702 editi, quaj 
supersunt adjectis nominibus Linuaeauis. Accedunt 



L'auleur. 



(lxxxvii) 
alìpp qiiaedam icones CcCteris voluminibus Rud- 
beckiaiiis aut destinati^, aut certae, aut omnino 
alienae, hacteaus ineditae; cura Jacobi Eduardi 
Smith. Londini 1789, in-fol., Jìg. 

Papers from the 6rst volume of the transac- L'auteur. 
tioDS of the Linnaean society : by James Edward 
Smith. President of the society, in-i^.' , Jig. 

Aloysii Galvani , de viribus electricitatis in L'auteur. 
motu musculavi coraraentarius. Bononice 1791 , 

»«-4-° ' fis- 

Memoria sobre a formaccio naturai das cores L'auteur. 
par Diego de Carvalho e Sampago. Madrid 
1791, m-S." 

Dissertazione concerncule le proprietà e gli L'auieuf. 
usi del Solarium guinense, del Dottore Luigi 
Arduim. 

Esame chimico , e considerazioni sopra la L'ameur. 
marga, ossia marna scopei'ta nei campi dello 
stabilimento a tabacchi , del sig. C. Girolamo 
Manfrino appresso Kona in Dalmazia , dal ce- 
lebre sig. Canonico Andrea Zucchini. 



■O' 



Dissertazione sopra il governo dei boschi, del L'auteur. 



chiarissimo sig.' B'i-ancesco Girlesio, coronafa 
dall'Accademia di Treviso. Kenezìa ijqi, ìn-^." 

fauieur. Lettere Sieoesi del Padre Guglielmo Della- 

Valle, sopra le belle arti. VoLT) {n-/^° 

Vite de' più eccellenti pittori, scultori ed ar- 
chitetti, scritte dal Vasari. Edizione Sanese, 
molto arricchita per opera del P. M. Guglielmo 
Della- Valle, 1791, co/. 4 m-S." con Jig. 

L'Auteur 

_ *t.' Sur la section de la svmphvse des os pubis. 

Desghanges. J r j r 

TAbate Lettera del Dottor Eusebio Vaxli suU' elet- 

VASCO. 

tricità animale ad uu suo amico. 

L'auieur. Saggio Sopra diverse malattie croniche,,.del 

Dottore Eusebio Valli. Pavia 1792, ?n-8.° 

L'auteur. Essai sur le goltre et le crétinage , etc. par 
le médecia Fodere, 1792. 

LePèrePiM. Dell' architettura , dialoghi di Ermenegildo 
PiNL Mi/ano l'Jjg in-l^.° 

Mémoires sur les nouvelles cristallisations du 
feldspati!, et aufres singularités renfermées dans 
les granits de Baveno, par Herménégilde Pini. 
Mìlan 1779 m-tS." 

Descrizione di un pantaulo , «ssia di una 



( L X X X 1 X ) 

nuova march ina atta ad aspirare ed elevare L'auteur. 
qualunque fluido con massimo vantaggio, di 
Ermenegildo Pini. Milano 1783 in-^° 

De veuarum raetallicai-um excoctione. Voi. 2 
in-l^.° 1780. 

Memoria mineralogica sulla montagna e sui 
contorni di S. Gottardo, di Ermenegildo Pini. % 

1783 m-8.° 

Elementi di storia naturale, di N. G. Leske, 
professore di storia naturale e membro di molte 
società scientifiche , tradotti ed aumentati da 
Ermenegildo Pini. Milano 1785 in 8." 

Osservazioni sui feldispati ed altri fossili sin- 
golari dell'Italia, del P. Pini. 

De calculo integralium exercitatio mathematica L'auteur. 
Petri Ferronii. Florentice 1792 in-l^." 

Osservazioni intorno alle proprietà saline dell' r, 
atmosfeia Ligure : lettera in difesa dell' ai-ia 
nostra marittima del Dottor Domenico Boschi. 
■Genova 1 79 1 m-4 ° 

De morbis et symptomatibus popularibus, (jnuM:R. 
Bredanis tempore obsidionis, et eorum imrau- 
tationibus , etc. Jencn 1792 ih-/^." 



Lusus medici, Jence 1792 z'/z-.'j.* 



(xc) 

Gioanni Nuovo giornale d'Italia spettante alla scienza 

Arduino. i m • 

naturale, ali agricoltura , alle arti ed al com- 
mercio. Varj voi. 

Raccolta di memorie delle pubbliche Acca- 
demie d'agricoltura, arti e commercio dello 
Stato Veneto , tomo quarto. Venezia 1792 

Desghamges. Sur les tumeurs fongueuses et les fongosités 
de la dure-mère. 1779 in-I^° 

L'auteur. Aloysii GALVANI , de viribus electricitatis in 

motu muscolari , commentarius cura Joauuis 
Aldini dissertatione et notis : accesserunt epistolae 
de animalibus ad electricitatis theoriam perti- 
nentes. Mudnce 1792 in-^.° cum Jig. 

L'auteur. ^^ electrici ignis natura, dissertatio a Jo- 

sepho Gabdinio. ManlucB 1792 ^-4.° 

L'auieur. Tractatio de milliarium origine, progressu , 

natura et curatione, auctore Carolo Allionio 
2'aui'ini 1792 i«-8.° 

L'auieur. Zoologia adriatica, ossia catalogo ragionato 

degli animali del golfo e delle lagune di Vene- 
zia, dell'Abate Olivi ec. Bussano 1792 in-/^' 
con Jig. 



(xci) 
Atti della Reale Accademia delle scienze e L'Acadìmie 

de Naples. 

belle lettere di Napoli , dalla fondazione sino 
all' anno 1787. 1788 ìn-i\° 

Méinoires sur des nouvelles pieires flexibles L'auteur. 
et élastiques, etc. par M.' Fleuriau de Belle- 
vue. m-4'° 

Lettera sui pesci fossili del monte Bolca. I7q3. Dominique 

Focolare economico dell' Avvocato Virginio. L'auteur, 
1792 /«-8.° 

Conspectus prsesentaneae roorborum conditio- L'auteur. 
nis , auctore Allionio. 1793 in-^° 

Saggio della scuola clinica nello spedale di 
Padova. 1795 /n-8.° 

Des eaux sulphureuses et thermales de Vau- L'auteur. 
dier, avec des observations physiques, écono- 
miques et chimiques sur la vallee de Gesse, 
etc. par Jean Antoine Giobert. Twin I7g3. 

De morbo gallico scriptoi-es medici et histo- L'édiieur 
. . ,. . . . . ., Grunbuo. 

nei partim mediti, partim rari et notationibus 

aucti, edente Gkunero. Jenos 1795 in-^." 

De zea mays pianta analitica disquisitio, auc- L'auteur. 
tore Francisco IMarabelli. Papice 1793 inS." 



( X e I l) 

L'auieur. Sai priucipj e sulle differenze dell'orina iu 

due specie di diabete confroutata colla uatu- 
rale; aac/ore Marabelli. m-S." 

L'auteur. Lettera di Francesco Marabelli concernente 

r esame dell' acqua cavata colla paraceatesi d' un 
idropico della clinica di Pavia, uel mese di 
maggio dell'anno lygi. 

L'autcur. Zostersc oceanica; Linnei, contempla tus est 
Philippus Caulinus. Neapolì 1792 in-fol. 

L'auteur. Ricerche fisiche del Dottor Matteo Zaccharoli 
sulla natura delle acque, in cui si macerano le 
canape. lygS in- 12. 

La BiBLio- Codices manuscripti Theologici Bibliothecae 

THFQUE Irn- 

pér, de Vien- Palatinas Vindobonensis latini, aliarumque occi- 
denlis linguarum, voi. i , edeute Michaele Denis. 
1793 in-fol. 

Le Pere Les trois siècles de la liftérature francaise , 
eharireux! dppuis Fran(;ois premier jusqu'en 1773, uou- 
velle édition. 1774 ^'oZ. 4 in-^° 



"VAtsALLi. Physicae experimentalis lineamenta ad Subal- 
piaos, pars prima. Taurini 1793, 2 voi. in-'6.° 



( X e I I I ) 

De' Capitani illustri, de'Miigistrati , de'Teo- Mai.a.caiu(e. 
logi , Medici, Letterati ed Artefici insigni, che 
fiorirono iu Saluzzo a' tempi del marchese Lu- 
dovico 1 1 , discorsi accademici del sig. D. Vin- 
cenzo Malacarne, in-^." 

De convulsione cereali epidemica novo morbi I''Edite«»- 
genere facultalis medicae Marburgensis respon- 
sum: libellum primum rarum , et argumento 
gravem recudi curavit, notulisque auxit D. Chiis- 
tianus Gruneb. Jenon lygS ìn-I^° 



Jura et privilegia doctoris medicinae , diplo- 
mate Patavino exprossa et illustrata : scripsit . . . 
Gruner. Jenoe lygS m-8,° 



L'auteur. 



Lettere sopra il sospetto di un nuovo senso 
nei pipistrelli, dell' Abate Lazzaro Spallanzani... 
con le risposte dell'Abate Anton-Maria Vassalli... 
Torino 1794 ÌQ-8.° 

Della moneta secusina, dissertazione del Ba- 
rone Vernazza. Torino lygS in-4.'' 



L'auteur. 



L'auteur. 



Saggio fisico- chimico. Milano 1794 in-i^." m.' 

Maìmaroi. 

Nuovo metodo di applicare alla sintesi la L'auteur. 
soluzione analitica di qualunque problema ^eo- 

K 



( X e I V ) 

metrico: applicaziouc alla geometria, alle sezioni 
coniche ed alle meccaniche: aitifizj da usarsi per 
farne la costruzione , e darne la geometrica di- 
mostrazione; di Antonio Romano al servizio della 
Repubblica di Venezia. 1796 iu-8.° 

L'aiiieur. Riscontri fisico-botanici ad uso clinico di An- 

drea CoMPABETTi. Padova 1792 in-S." 

L'auieur Riflessioni sopra alcuni punti di un nuovo 

Caldani. _ ... 

sislema de' vasi assorbenti ed esperienze sulla 

elettricità animale, lette nell' Accademia di Pa- 
dova. 1792 z«-8.° 

L'auteur. Memoria chirurgica sul labbro leporino com- 

plicato da Giuseppe Somis , regio assessor della 
facoltà di Cremona. 1793 in-/^° 

L'auteur. Considerazioni sopra i mezzi conducenti alla 

prosperità delle arti e del commercio : del C. 
Luigi Torri. Verona 1798 in-^." 



Les 

RÉDACTEUnS. 



Giornale di medicina di Venezia, parte 3.' 
4.» , 5." e 6." del voi. IX. 



L'auieur. Dei bagni di Albano, trattato del Dottore 

Salvator Mandruzzato. Padova 1789, voi. I. 
in-/^." 



( X e V ) 

Dissertazione dell' Abate Autonio PiNAZzo , L'auieui-. 
locio dell' Accademia di scienze di Mantova. 1788 
in-S." 

Discorsi dell' Abate Autonio Pikazzo. Man- 
ioca 1790 /«-B." 

Discorsi dell'Abate Antonio Pinazzo, in oc- 
casione della solenne annua distribuzione dei 
premj alle scuole superiori. Mantova 1792/^-8." 



L'auteur. 



Memoria sopra la pellagra del territorio Pa- 
dovano , da F'rauccsco Fanzago. PadoiU 1789 
m-4.° 

Paralelli tra la pellagra ed alcune malattie, che 
più le rassomigliano, del Dottore Fanzago. Pa- 
dova 1792 in-S° 



tloauuis Aldini, de animali electricitate, dis- L'auie 
sertationes dua?. Bononioi 1794' 



Ghuneh. 



Theophanis Nonni, de curatione morborum 
grajce ac latine epe codicum manuscriptornm 
recensuit notas quae adjecit Bernard. 1794 '"-8.° 



Osservazioni sopra la membrana del timpano , Làuieur. 
e nuove ricerche sulla elettricità animale. Ielle 
neir Accademia di scienze di Padova da Floriano 
Caldani. Padoi>a 1794 in-S." 



( X e V I ) 

Caldauj. Delle fasce per uso de' bambini, lettera all' il- 
lustrissimo sig/ Fortuuato Naccari. Padova 1794 
m-8.° 



cBrucno»" Opere cerusiche ed anatomiche di Ambrogio 
Beltrandi. Tomo IX 1794. 

L'auieur. De causis tantcC per multas maxime Longo- 
bardiae rogiones silvarum amputationis : deque 
modo tot illata nemoribus damna reficiendi. 
Specimen agrariura Pomiuici Nocca. j794«Vz-8.° 

L'auteui. Lettera XI sull' elettricità animale del Dottore 
Eusebio Valli. Mantova 1794 m-S.° 

L'édileur. Catalogus Bibliothecae Grecee ineditus : edeute 
Grunero. Jenoi /n-8.° 



La SociÉTJÉ Memorie di matematica e fisica della Società 
italiana. Verona 1794» iomo VUin-i\.° 

LcProfessenr Raccolta di memorie delle pubbliche Acca- 

ArBUIUO. . . • j 11 

demie di agricoltura , arti e commercio dello 
Stato Veneto. Venezia 1793, tom. 7, 8 e 9. 

IDocteur Ragionamento sopra la pellagra , colla risposta 

al sig.^ Dottore Gaetano Strambio, Torino 1795, 
m-8.^ 



( X e V I I ) 

De' bollitori di Bergullo e suoi fanghi, me- L'auieur. 
moria del Dottore Luigi Angeli Imolese. 1795. 

Saggio di osservazioni e memorie sopra alcuni L'auteur. 
casi singolari riscontrati nell'esercizio della me- 
dicina e dell'anatomia pratica, dal Dottore Pe- 
^\DA. Padova 1793, in-I^." ^ 

Delle osservazioni medico-pratico-meteorolo- 
giche inservienti alla intelligenza delle cousti- 
tuzioni epidemiche di Padova, opera del Dottore 
Giuseppe Penada. Padova 1792 , zaì-8.° 

Fondamenti della scienza chimico-fisica , ap- I^'auieur- 
plicati alla formazione dei corpi , ed ai feno- 
meni della natura, esposti in due dizionarj , che 
comprendono il linguaggio nuovo e vecchio... 
Opera di Vincenzo Dandolo Veneto. Venezia 
1J95. 

Ricordi di anatomia traumatica , pubblicati L'auieur. 
ad uso de' giovani Chirurghi militari da Vin- 
cenzo Malacarne. Venezia 1794» in-i\° 

Encefalotpmia di alcuni quadrupedi, del sig/ 
Vincenzo Malacarne, m-4." 

Ragionamento pratico sopra la coltivazione , L'auieur. 
macerazione e preparazione del canape, opera 
del sig.' Colite Nuvolone. Torino 1796. 



( X e V I 1 1 ) 

L'auieur. Lezione aritmetica di Ignazio Giulio, architetto 

idraulico , sopra Testi-azione delle radici cube. 
Torino 1795. 

L'auteur. Theoria recfarum parallelarum ab omni scru- 

pulo vindicata, auctore Pagnini. Parmce 1783. 

L'auieur. ^"^ passaggio del fulmine, che nella sera delli 

6 agosto 1795 scoppiò nel magnifico Tempio 
di S. Andrea di Vercelli, osservazioni di Gior- 
gio Pollini. 1796 m-S." 

L'auieur. Dissertazione sulla trisezione dell' angolo , 
ossia dell'arco colla piana geometria, ossia col 
compasso e colla retta , e soluzione del problema, 
dell'Abate Giuseppe Pjzzati. Venezia 1796, 
m-8.° 

Jacques Teorie, formole e metodi raccolti per la mi- 

Larhetto. * _ 

sura dell' acqua che si estrae per via di sfori 
e bocchctti, o fluisce entro a canali come rego- 
lari , con applicazione anche ad uso pratico in 
Piemonte. Torino 1795, /«-/|.° 



L'auieur. Nova analyseos elemenfa , auctore Joanne Bap- 

tisfa Nicolai j fomus primus, pars altera. Pala- 
vii 1793. 



(;xci x) 

Codices matmscripti Bibliothecae Palatlnae Vin- la Bibtio- 
dobonensis Latini, aliarumque Occideulis ha- de Vienne, 
guarum , voluinen i , codices ad Caioli VI tem- 
pora. Pars li, editore Michaele Denis. 1794» 
in-fol. 



Riflessioni del Dottore Andrea Vacga-Berlin- 
GHiERi sul trattato di Chirurgia, del sig.' Benia- 
mino Bell. P/òo lyyS-g^, voi. 2 m-8.° 



L'auteur. 



Christiani Volfii , dementa raatheseos uni- m.' 
versae , euitio novissima, trenevce lJl^^-/^b-/^J- 
62 , voi. 5 1/2-4.° 

Histoire naturelle de la pyrite etc. par Hen- 
CKEL. Pam 1760 in- li." 

Art. de la verrcrie , par Neri , Merret et 
HuKCHEL, etc. Faris I75g, in-/^.° 



Legons de chlmie propres à perfectionner la 
physique , le commerce et les arts , par M. 
Pierre Shaw. I75f), in-i^." 

Le calcul différentici et integrai , exph'qués 
et appliqués à la geometrie etc., par M. l'Abbé 
Deidier. Paris 1760, in-l^." 

Géographie physique, ou essai sur l'histou-e 



(e) 

naturclle de la ferre, tradm'f de l'Aaglais par 
MJ NoQUES. Paris lySS, in-/^." 

jj, Optice: sive de reflexionibus, refractionibus , 

MoRozzo. inflexionibus et coloribus lucis , libri trcs , auc- 
tore Newton, editio novissima. Lausannoe et 
Genevoe 1740 > in-i^° 

Elementa cliemiae, quce anniversario labore 
docuit in publicis, privatisqiie scholis, Herman- 
nus BoERHAAVE. VenetUs 1769, voi. 2 in-^' 

Èlémens d'algebre par M/ Léonard Euler. 
Lyon 1774» in-S." 

LAcAD*MiE Memorie della Reale Accademia di scienze, 

L'auteur. Instructions sur les moyeos d'administrer dcs 

secours aux personnes noyées, pour les rappeler 
à la vie , par J. B, Desgranges. Lausannoe 
1795, 7^-8." 

lì.' Medici Antonii Abbo, de cicuta majori, pliy- 

MohOZZO. . ,. ,. . _ .. r-oo 

sico-medica dissertatio. laurini 1790 j in-o. 

L'auteur. Analisi chimica della china gialla di Fran- 

cesco Marabelli. Pavia 1796, //7-8.° 



(ci) 

Codlces Mss. Thcoloffici Bibliothecae Palatinae I-a Bibuo- 

... TllKQUB Inip. 

Vindoboaeusis latini , aliarumque Occidentis lia- de Vienne, 
guarum , editore Michaele Denis. « 

Viaggio da Milano a' tre laghi. Milano ij^^. Charlps 

Amoretti. 

« 

Alnianach vétcrinaire , contenant l'histoire des ^gj auieurs. 
progrès de la médeciue des aniinaux depuis 
IVtablisseraent des écoles vétérinaires, etc. nou- 
velle éditioQ par MM." Chabert, Flandbin et 
HuzARD. 1782-1790, torri. I, Paris. 



Instrucfions et observatlons sur les maladies Huzard. 
des aniniaux domestiques. 1791. 

Essais sur les eaux aux jambes des chevaux, 
etc, par M.' HuzARD. 

Traité des haras, avec un traité des mulets, 
par George Hartmann, publié par Huzard. 

Instructioa sommaire aux voituiùers, cooduc- 
teurs des fourgons et autres voitures publiques 
natiouales, etc. par M.' Huzard, 

Mémoire sur les causes qui s'opposent à la 
gucrisoa des fractures dans les grands aaimaux. 



(cu) 
L'auieur. Teorìe, forraole e metodi raccolti da Giacoino 
Carretto per la misura dell' acqua. Torino ìJSJ- 



I.a SociÉTÉ 

d'agriculture 

de Turin. 



L'avocat 
Riccardi. 



Metodo pratico per la coltivazione del colzat. 

Elementi d' agricoltura del sig/ Mitter-pacher, 
dall' Avvocato Riccardi , adattati al clima del 
Piemonte e circostanti provincie. Tom. IV , 2o- 
rino. 



Le CoNSEiL 
des Miues. 



Le Citojen 
PoKTAL. 



Journal des mines. XXIII cahiers. 

Instructions sur les traitemens des asphyxies. 

Méthode directe et inverse des différens arcs, 
avec des développemens sur quelques autres 
brauches de l'analyse, etc. formant une suite de 
lecons données à l'école polytechnique. 

Essai expérimental et analytique sur les lois 
de la dilatabilité des fluides élastiques , et sur 
celles de la force expansive de la vapeur de 
l'eau, etc. 



L'auteur. Théorie de la terre , par Délaméthrie. Voi. 
Ili, m-8.» 



(cui) 
Théorie des fonctions analytlques, contenant L'aui^ur. 
les priacipes du calcul différentiel , dégagés de 
toute cousidération d'infìniment petit, etc. par 
J. L. De La-Grange. 

Effemeridi calcolate al meridiano di Napoli , L'auteur.- 
del regio astronomo Giuseppe Casella, per gli 
anni 1796 e 1797. 



L'auleur. 



I.'éiliteur. 



Recherches expérimeutales sur le principe 
de la comraunication laterale du mouvcment 
dans les fluides, applique à l'explicatiou des difi'é- 
rens 'phénomcnes hydrauliques, par le citoj'en 
Venturi, professeur de physique expérimenlale 
h Modène. 

Essai sur les ouvrages physico-mathémafiques 
de Léouard De-vinci avec des fragmens tirés 
de ses manuscrits , par le citoyen Venturi, pro- 
fesseur de phj-sique. 

Memoria del sig.' Dottor Bcniva intorno alle 
provvidenze emanate dagli Eccellentissimi Ma- 
gistrati di sanità di questa Città e di Berna contro 
la corrente epizoozia nelle bovine. Torino l'J^'J't 
in- 12. 



Dell' epigramma greco , saggio di Eduardo I-'iuienr. 
Conte di Vargas. Siena 1796. 



L'aiitour. 



(e IV) 

Lauieui. Snggio dcl sistema metrico della Repubblica 

Francese, col rapporto delle sue misure a quelle 
del Piemonte, del sig/ Abate Vassalli. 

L'auteur. Lettera del Prete Maria Antonio Vassalli 
Professore di fisica , all' Abate Lazzaro Spal- 
lanzani etc. sopra i suoi due ultimi volumi dei 
viaggi alle due Sicilie. 

Jospph Risposta al quesito medico-chirurgico proposto 

dalla Classe medico-chirurgica della reale Acca- 
demia di scienze di Mantova. Per l'anno 1796. 



L'auteur. Lcpidoptera pedemontana , illustrata a Leo- 

.rd( 
1798 



nardo de Prunner etc. Augustos Taurinorum 



L'auteur. 



L'auteur. 



Ricerche meccaniche e diottriche sopra la causa 
della refrazioue della luce, di Ambrogio Fusi- 
NiERi, ove si dimostra, che coli' attrazione in- 
trodotta da Newton non si può render ragione 
di questo fenomeno. 

La résolutioa des équations numériques, par 
La-Grange. 



L'auteur. Observation sur un écouleracnt spermatique 

ijQvoloutaire dans un cheval , par le C" Huzard. 



(cv) 
Instruction sur les nialadies inflammatoires Lesaiueur». 
épizootiques, publiée par le Conseil d'agricul- 
ture et rédigée par les C."* Huzard et Duplas, 
vétériuaires. 

Rappórt general des travaux de la Société phi- L'auteur 
loraatique de Paris, depuis le premier janv. 1792 
jusqu'au 2.5 frim. an VI, par le citoyeu Silvestre. 

The resister of time : or a perpetuai calendar. M.' Saluces 

® , . , de la Maule. 

part. I. cOQtaining Juliaa calendar together with a 
particolar treatise on epacts. Southampton 1782. 

Traile des engrais da citoyen Maurice. L'autew. 

Observations sur les morts apparentes, du L'auteur 
Docteur James. 

Relation d'un accident fatai arrivé à un voya- L'auteur. 
geur sur le glacier du Buet. Par M.' Pictet. 

Mémoire sur l'iuoculatioa de la vaccine, du Lauteur. 
citoyeu OoiER. 

De iart de penser , cousidérés dans leur L«iiteur. 
rapport uaturel, par le Cit." Degerando. 

ì^otices sur la vie littéraire de Lazare Spal* L'auteui 

LANZANI , par .7. TOURDES. 



(evi) 
Laiueur , le Enuraerazioue delle piante, che crescono nei 

DocleurBAL .,.„!• 

BIS. contorni di ioiuno. 

CJ '^NBRi" Spiegazione di una tavola contenente i fon- 
damenti della dottrina di Brown. 

L'Tnstitut 

naiioiiai de Ti'ots volumcs de scs actcs, 

Fraiice. 

Vassalu" Rapport fait à la classe des sclences pliysl- 
ques de rinslitut, sur les expériences d'AcHARO, 
sur le sucre cootenu dans la betterave. 



Métliode analytique pour la détermination 
du méridiefltv par DeXìAmbre. 

^''"'•" ^"9- Mécanique pbilosopliique, cu aualyse raison- 
tiit uaiioiial. née des diverses parties de la science de l'èqui-, 
libre et du mouvement. 

T/auieur. Memorie per servire élla storia dell' innesto 
della vaccina , raccolte e compilate dal cittadino 
Vincenzo Sacchetti. 

Teresio Mi- Elementi d'algebra di Pietro Paoli. Folume 

CHELOTTl. <^ 

primo, parte IL 

L'auteur. Sull'uso del vajuolo, come preservativo del 

vajuolo umano, del Dottore Luigi Sacco. 



( e V I I ) 

Saffffio sulle ca£:ioni recenti della minor prò- r.'antput 

, . . . „• BonvoifiK. 

duziooe de' bozzoli e delle sete in Piemonte. 



Osservazioni meteoroloffiche , e della loro I-'auieur. 

_ Mllateha. 

influenza sull'economia animale. 



Operazioni di chirurgia d' Ambrogio Bel- Fbugnone 

et 

TRANDi, con note ed eccezioni da lui fatte col Penchienah 
Professore emerito Penchienati. 

Ippometria, ossia della conformazione esterna L'auteur. 
del cavallo di Gio. Brugnone. 

L'Italiano in Parigi , ovvero Grammatica fran- l^'^uieur. 
cese ad uso degli Italiani , di Francesco Due , 
uomo di legge. 

Mémoires de l'Iustitut national de France. iJouirdl 

Paris. 

Stationes plantarum, auctore Jeanne Lavi. L'auteur. 

Genera plantarum subalpinam regionem exor- 
nantium etc. , auctore Lavi. 



Del retto uso delle osservazioni meteorolo- l'auteur 

MULATERA. 

giche , e della loro influenza suU' economia 
animale. 



( CVIll ) 

L'autear Topoffraphie medicale de la Savoie. 

YloRE'l^u'ck Qiiadrupèdes du Paraguay , par D. Felix 

Sauix-Méry. d'AzARA. 



L'aiiieur, Nuovo metodo di costruire macchine elet- 

NECRo. ' triche di grandezza illimitata. 



L'auieur. Cours d'iostruction analogue au décret du 

Corps législatif, du xi floréal an io, du cit." 
Anselmi 



Le ritoyen Nolices sur la vie , et les ouvrages de Piccini. 
Lettres sur les confessions de Rousseau. 



Le citoyen Le premier Grenadier des arraées , noticèff 

MaGOURIT. ^ T rr 'A 

sur CiORRET La-10UR-D AUVERGNE. 



L'auieur. De vitalitatis ceconomia, auctore Canaveri. 

L'auieur. -^^ ragione nell' adolescenza , virilitìi e vec- 
chiezza , poemetto di Francesco Grassi. 

^à!io™e Trois volumes de l'Institut de Paris. 

Paris. 

L'auterir. Description des plantes nouvelles et peu con- 

nues, cultivées dans le jardin do J. M. Gettò, 
par le cit." Venténat. 



(cix) 
Précis historique de la vie, et des travaux I-e c''" Gnt- 

GOIRE, cnrres- 

de Jeaa d'ARUT, de llnstitiit national, etc. pondant. 



Considérations sur le danger des lumières L'auieur. 
trop vives, par Farkin, membre de l'Athéuée 
des arts. 

Mémoire sur le pemphigus, ou exanthéme I-'autcur. 
vésiculaire, par Charles Bobba, docteur en mé- 
decine. 

La Chiesa subalpina , l'anno XII della Re- jg cit!"^ Mo- 
pubblica Francese. '^'^"^• 

Nuinération harmoaique, pour servir d'expli- L'auieur. 
catioa des loix de l'harmonie, du cit." Montu. 

Théodoric, rol d'Italie, discours historique. iecit.°BoNA- 

FIDE. 

Pian d'une statisfique generale pour Ics De- L'auteur. 
partemens de la 27/ Division militaire, auteur 
P. Labouliniùre. 

Osservazioni di punti fondamentali della dot- , L'.auipur 

*^ Louis Bossi. 

trina , del cittadino Quartemère Disjonval , rap- 
porto all'origine delle arti, del linguaggio e 
della scrittura. 



(ex) 

L'anfeur, Bometria , ossia della conformaziolie esterna 
CNONE. delle bestie bovine. 



Léditeur, Del bea parlar toscano, o raccolta di cento 

le cit." Ghio. 

novelle. 

Raccolta di sonetti epitalamici. 

taSociiri Memorie della società agraria per gli anni q 

BgrairedeTu- . oro j 

riu. e IO. Parte prima. 

ledf" 'ciìàr- Pfécis historiquc de la maison de Savoie, 
les Botta. 

L'auteur. De l'inutilité et des dangers de la vaccine, 

prouvée par les faits, par le cit." Goetz. 

L'auteur. Instructions vétérinaires , par le cit." Hczard. 

L'auteur. CEuvres diverses de P. L. Lacretelle , aiué. 
J^ol. 3. 

L'auteur. Mémoires sur les maladies qui affectent les 
bouts des os, aprcs les amputatious des mem- 
bres, par J. B.^ F. Léveillé. 



L'auteur. ]VI(^moire snr la necessitò de ne pas toujonrs 

amputer sur-le-champ dans les cas où un mem- 
bre est emporté par le boulet etc. , par J. B. F. 
Léveillé. 



(cxi) 

Elenco delle piante, che crescono nei contorni L'auteur. 
di Torino, del Dottore Balbis. 

Versi del cittadino Emanuele Bava di S. Paolo. Lauieur, 

Traité théorique et pratique sur l'art de faire L'auteur. 
et d'appi iquer les vernis, par P. F. Tikgry. 
Deux voi. 

Tables trigonométriques déciraales , ou table L'auieur. 
des logarithmes des sinus, etc. calculée par Ch. 
Borda, revues et augmentées par J. B. J. De- 
L AMBRE. Paris an IX. 

Relation d'un voyage fait dans le diparte- L'auieur. 
meut de l'Orne, pour constater la réalité des , 
pierres tombées du cicl, par J. B. Biox. 

Reclierches physiques surl'influcnce de Foxi- L'auteur. 
datiou sur l'clectricité , développée par la colonne 
de Volta , par le cit.° Biot. 

Uà mot sur les idées du Docteur Gaio, etc, L'auieur. 
par C. G. BoBBA. 

Sur la tliéorie du son, par le cit." BioT. L'auteur. 

Recherches sur l'integration des ^qiiations dif- L'auicuf. 
férentiellcs , partielles etc, par le cit." Biot. 



(ex t I ) 

génieur er 
rOurcq, h l'assemblée des ponts et chaussées. 



Le Gém^iftl Rapport de rlneénieur en chef du canal de 
Menou. "^ 



Voyage daus la basse et la haute Egypte , 
pendant Ics campagues du General Bon aparte, 
par Vivant Denon. Paris, 2 voi. in- fol. grand, 
doni un avec de planches, 1802. 

Le General Recucil et parallèle des édlfices de tout genre 

LE-GRAND, . -r 1-x 

correspondant aociens ct modcmes, par J. Durano, avec uà 
texte extrait de l'histoire generale de l'architec- 
ture , par Le-Grand. Faris an Vili. 

BoNvicino. Elementi di chimica farmaceutica. Voi. 1 /n-S." 

Malacarne. Ricerche sui sistemi e sulla loro reciproca 
influenza nell' economia animale. 

Vigo. Latina carmina. 

Les auteurs. Vicissitudes de l'instruction publique cu Pié- 
mont, par les cit."' Brayda, Botta et Giraud. 
Voi. i in-ò." 

Au»iNj. Essai théorique et expérimental sur le gal- 

vanisme. 2 Voi. in-B." 

GLASSI. Poema sulla r.igione. Voii poetici. 



( e XI I l) 

Dell' imposslbilitù della quadratura del cercliio, L'anteur. 
memoria di Tommaso^ Valperga Caluso. 

Tomba del secolo XVIII. Poemetto. Mabenco. 

Dictionnaire mss. du dialecte piémontais , NovottoNE 
ouvrage posthume du médecin Brouardi. En 
dìx voi. 

Dell' impiego delle persone. Ouvrage de lAbhé Arnaud. 
Charles Denina. 

Corso d' istruzioni per gli studenti di lettere. Anselmi. 

Calendari georgici. La Société 

agraire. 

Versi di Diodata Saluzzo. Torino 179&. Diodata 

Saluzzo. 

Orazione funebre in morte di Ferdinando I. ec. Bodoni. 
Parma, co tipi Bodoniani. . 

Introduzione agli elementi d'algebra di Pietro provana. 
Pauli. Parte prima, Aritmetica. 

Ragionamento accademico sopra lo studio delle 
, „ . *^ Accio. 

belle arti. 



Saggio sopra il dolore. 



Canavehi. 



( e XIV ) 

PRIX 

PROPOSÉS PAR L'ACADÉMIE 

BANS LA SÉANCJL PUBLIQUE DU 21 THERMIDOR AN 9 DE LA RÉPUBUQUE. 



CLASSE DES SCIENCES MATHÉMATI^UES 
ET PHYSIQUES. 

PREMIER PRIX. 

I^^DlquER c/uels soni les dif/érens vìces cjue conlraclent 
les tonneaux à vin ; les ??iocIiJicalions que souffrent 
les vìns par les tonneaux vicìes; les moyens de 
remedier aux uns et aux auties. 

JLiE Piémont abqnde en vin , mais il s'eu faut de beau- 
coup qu'il en tire tout le parti qu'il pourrait. Plusieurs 
instruotions ont éié publiées sur l'art de faire le vin, et 
do le préserver de la putréfactiou, Ou ne s'est pas encore 
assez occupé des différcns viccs que contractent les ton- 
neaux, et de ccux que le vin, saus étre gate, prend 
des tonneaux méiiies. 

Plusieurs Physiciens ont déjà traile ce sujct: les con- 
currens pulseront des conuaissauces précieuses dans un 
mcmoire du Docteur Villermoz; dans l'art de faire le vin, 
parCHAPTAL; ou à l'article vin du Dictionnaiie d'cgricul- 
turc de Rozier. 



( G X ▼ ) 

Mais il y a loìn que ce sujet soit suffisamtnent t^clairci. 

L'Académic sotihaite que dea retlierclios bicn dingc^es, 
des expérieuces exactes, exposces avpc dark', ajoiitcnt 
aux connaissances actuelles sur ce sujet beaucoup plus 
intcressant qu'on ne croit. 

Le prìx est de 600 francs. 

Le concours est ouvert jusqu'au i.*' fiitnaire exclusi- 
rement an XI. 

Le p*rix sera déclaté daus la dernière séance publique 
de la tnéme année. 

DEUXIÈME PRlX. 

Déterminer les causes p7iysic/ues et poUtiqiies du 
deperì ssement des bois et foréls de tout gerire dans 
ìes six Départemens Subai pìns , les moyens de les 
prevenir, ceux de rétablir les bois et foréts qui 
dt'pén'sseni ; ceux enfìn d'augmenler cette culture, 
suT'tout dans les poys wontagneux. 

Le commerce de nossoies, l'exploitalion de nos mines, 
sont très-lics à rabondancc du bois ; et le Piémont , 
comme une grande partie de l'Europe, est meuacé d'une 
discltc. 

L'Acadc'mie, en proposant ce sujet int^ressant , dt^cTarc 
qu'iudépcudammcat des secours que les Aulcurs peuvcnt 



( ex VI ) 
piiiser dans les sources conuues, veut qii'ils y ajoufrnt 
des expériences, s'il est possible , ou des observafions qui 
leui' soirut propres, aux moycas desqudles leurs prin- 
cipes soient adaptés à la nature de uos leheius, à notre 
cliinat. 

L'Académie recevra avec plaisir un article où l'on 
discuterait la question , s'il ne serait pas convenable de 
proscrire les chèvres des endroits alpestres, où lon veut 
établir cette culture et la conserver. 

Eq ce cas les Aufeurs iodiqueront s'il y a des autres 
animaux également utiles aux particuliers par leurs pro- 
duits en laitage et en peaux , qui puissent les retnplacer. 
Et ils apprécieront par des calculs exacts, si à cet égard 
la conservation ou l'abolition des chèvres convient au 
public et aux particuliers. 

Le prix sera de méme de 600 Ji'ancs. 

Le concours sera ouvert jusqu'au premier vendémiaire 
de l'an XI. 

Il sera proclamé à la i/* séance publique de la 
mème année. 



(e X y 1 1) 

CLASSE DE LITTÉRATURE ET BEAUX-ARTS. 



SUJET DU PRIX. 



±AR quelle méthode la plus démonslratìve en théorìe, 
et la plus facile en pradque peut-on maintenir cons-' 
tamment à un prix modéré les denrées de première 
Yiécessilé, et principalement le blé , dans une popu- 
lation culti<^airice cornine le Piémont. 

Le prix est de 600 francs. 

Le terme de rlgueur pour les aspirans est à tout fruc- 
tidor de l'an X. 



/ 



NB. Aucuu méinoire n'a été présente au concours, soit pour 
le prix propose par Ja Classe de littérature et beaux-arts, soit 
pour le deuxième prix de physique , sur les causes physiques 
et politiques sur le dépérisscment des bois. 

Cinq mémoires ont été présenlés au concours pour le i ."' prue 
de physique, sur les vices des tonncaux à vin et les vins viciés. 

Mais c'est avec regret que l'Académie a trouvé que, dans ces 
mémoires, le sujet était loin d'etre traité dans toufe son étendue, 
et d'aprcs les lumières que la chimie répand sur ce sujet. 

L'Académie a rctiré conséquciument ces prL\ et propose lec 
sujeli siiivaii;». /■ 



(e XV I I 1 ) 

...NPUYE A UX PRIX 

PROPOSÉS PAR L'ACADÉMIE. 

CLASSE DES SCIENCES PHYSIQUES 
ET MATHÉMATIQUES. 

PREMIEB PRIX. 

Lje fluide électrique et le galvanique offrent tant de 
points d'analogie, et un si grand noml)re dVff'ets diffé- 
l'ens, que biea des Pliysicieus les croient identiques, et 
bien d autres en font deux fluidcs distincts. 

On demanda dp nouvelles eocpériences c/ui decìderli 
d'une manière definitive de leiir identité ou diveisilé. 

Le prìx est de 600 francs. 

Le conconrs est ouvert jusquau 5o frimaire inclusi- 
vement au XIII. 

Le prix sera déclaré dans la dernière séance publique 
de la méme annce, en raessidor. 

DEUXIÈME PRIX. 

vJn pput voir ì\ la page 217 de la counaissauoe des 
tems pour l'an XII, que les réfractions que l'on adopte, 
oe mettcut pas d'accord les observations des solsticcs 



( e X I X ) 

d'élé et d'hiver des années 7, 8 et 9 , à donner la méme 
obliquité de l'écliptique, comma elles devraient ; et il 
est clair qu'unc diffcrence, tellc qu'on la trouve de 8 
dans le rcsultat des calciils, non d'une seule obseivalioa 
Oli de deux , mais dii total de plusicurs, faitcs eu dif- 
férens jours de différentes aunées doit avoii* quelque 
cause. On en demande une explicalióh sali sfai san te. 

On seut que la qiiestion se rcdiiit à ime recherche 
sur les réfractious qui pourraient n'ètre pas égalcs du 
coté du Sud et du coté du Nord : et sans cela lien 
n'est plus facile que de supposcr des réfractious qui 
ruduiscnt au plus parfait accord les deux hauteurs sols- 
ticiales. Mais on doit sentir aussi qu'oa ne pourrait 
etra satisfait d'une hypotlièse gratuite; et fon ne peut 
prétendre aux prix que par une ihéorie, d'ailleurs tout- 
à-fait probable, assez conforme au résuliat de l'eusemble 
de toute sorte d'observations de réfractious asfronomi- 
(j^es, pour quelle puisse éfre préférée aux tables dont oa 
a fait usagc dans le calcul des deux hauteurs solsticialcs. 

Le prix est de 600 francs. 

Le concours est ouvert jusqu'au 3o frimaire inclusl- 
vemcnt an XIII. 

Le prix sera déclaré dans la dernìère séance publique 
de la méme anuce, en messidor. 

Signés SALUCES Président. 
GiOBERT Secrétaire. 



(e X X ) 
CLASSE DE LITTÉRATURE ET BEAUX-ARTS. ■ 

—!■ !■■■ 

PROBLÉME. 

Uémontrer si la science économic/ue, reconnue sous 
le noni de Slaùstìque, est une science noiwellej et 
cfuels soni les avantages que les états peuvent en tirer. 

Le prix est de 600 francs. 

Le concours est ouvert jusqu'au 3o frimaire iaclusi- 
vement aa XIIL 

Le prix sera déclaré dans la dernière séance publique 
■ de la méme aiinée , eu messidor. 

Sigfiés BAVA Président. ^ 
Marengo Secrétaire. 



CoNDJTiONS géne'rales à remplìr par les aspirans 
auoc pn'cc, quel que soit le sujet quils traitent. 

./iucuN ouvrage envoyé au concours ne doit porter 
le nona de l'auteur, mais ^eulement une sentcnce ou 
deyise: on pourra, si l'on veut, y atlacher uu billet 



(e X X 1 ) 

séparé et cachete, qui ren fermerà , outre la senfence 
ou devise , le nom et l'adresse de Taspiraut ; ce billet 
ne sera ouvert par l'Académic que dans le cas où la 
pièce aurait remporté le prix. 

Les ouvrages destincs au concours seront écrits lisible- 
ment ou cn latin, ou eu italicn , ou en francals. lls 
peuvent étre envoyés à l'Académie , en affranchissant le 
paquet qui les contieudra; on peut aussi les adresser, 
francs de ports, à Turin, à l'uà des Secrétaires de la 
classe qui a propose le prix, ou bien les lui faire re- 
mettre entre les mains; daus le deruier cas, le secré- 
taire en donnera le recepisse , et il y marquera la sen- 
tence de l'ouvrage et son numero, selon l'ordre ou le 
tems dans lequel il aura été recu. 

Les concurrens sont avertis que l'Académie ne peut 
rendre ni les mémoires, ni les dessius, ni les machines 
qui auront été soumis au concours ; mais les auteurs 
seront toujours Ics maltres de tirer des copies des mé- 
moires , des dessius , et de retirer les modèles des 
machines , en remettant des dessins conformes. 

C'est la Commission d'Admiuistration économique de 
l'Académie qui délivrera le prix au porteur du recepisse; 
et dans le cas où il n'y aurait point de recepisse , le 
prix ne sera remis qu'à l'auteur méme, ou au portene 
de sa procuration. 

Les Membres résidans de l'Académie sont seuls exceptés 
du concours. 



M E M O I R E S 



D E 



MATHEMATIQUE 



ET 



DE PHYSIQUE. 



M E M O I R E S 

DE MATHÉMATIQUE 
ET DE PHYSIQUE 

DE 

L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

LITTÉRATURE ET BEAUX-ARTS. 



OBSERVATIONS ANATOMIQUES 

SUR l'origine de la membrane DU TYMPAJf 
ET DE CELLE DE LA CAISSE. 

PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 

1. -t RESQUE tous les Anatomìstes ont reconnu, dans la 
membrane du tympan, qiiatre lames. 

L'origine dcs deux premicres ( en commencant à comp- 
tcr du coté du conduit auditif) est, avec raison, attribuée à 
répidei-me et à la peau propremcut dite, qui, après avoir 

A 



2 SUR l'origine DE LA MEMBRANE DU TYMPAN 

tapissd Ics parois internes de ce conduit , se rcplient en un 
diapliragme qui le séparé de la caisse *. 

Les deux dernìères lames seraient formées, si nous nous 
en rapportions à Haller ** et i\ plusieurs autres Ecrivains 
classiques ***, par le périostc, c'cst-à-dire la troisième, par 
le périoste da conduit auditif, et la quatriàme , par celui 
de la caisse, 

n. Mais cette assertion n'est rien moins quo vraie ; car 
ai cela était , il ne scrait pas possible , après avoir ouvcrt 
la caisse , et détaché la meml^rane qui en revét les parois 
internes , d'emporter avec elle les deux dernìères lames de 
la membrane du tympan , comme il m'a réussi plusieurs 
fois , avec la mcrae facilita que dans les foetus , dans les 
enfans , et méme dans les adultcs, en détachant , depuis 
la conqiie jusques au cerale osseiix, la peau du conduit au- 
ditif , on Temporte sous la forme d'un tuyau membra- 
ucux clos dans son fond comme le doigt d'un gant ; ce 
fond ainsi clos résultant de la méme peau repliée , pour 
formcr les deux premières lames de la membrane du 
tympan. **** 



* Trew, acta Academ.Nalur.Cu- 
rios. voi. II. observ. 56. Commerciuin 
literar. specim. II, anno lySi. 

Vals.vi.va , de aure humana 
tractat. part.I,cap. II, num. I et seq. 

Wl^SLOw, exposition anatoui. 
traile de la téle , num. 394. 



Morgagni, epist. anatom. V > 
lium. 7,8, et seq. ctc. 

** Elementa physiol. corp. hum. 
toni. V , pag. 201. 

*** Walther, de menil)r.tymp.§.i. 

**** Trew , Winslovv , Morga- 
gni , locis cit. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 3 

in. On comprend aiscmcDt que , si Ics demièrcs la- 
mes étaient foi-mécs par les dcux périostcs (i) , on ne pour- 
rait en cmporter par la première administration (ii) que la 
qiiafrièmc , qui seule serait une continuation du périosle 
de la eclisse ; la troisième que l'on suppose formée par le 
périoste du conduit , resterait à sa place et coutinuerait à 
faire la séparatiou du conduit de la caisse : on les emporte 
toutes les deux , parce qu'elles sont une production de la 
peau et de Yépiderme qui tapissent intéricurcment les 
parois de la caisse. 

IV. Je n'ignore pas que tous les Anatomistes , tant an- 
ciens que modcrnes ne reconnaissent nutre tégumcnt h 
ces parois que le périoste , dont ils tirent l'origine , les uns 
de la dure rnère , et les autres de la membrane de la trorri' 
pe ; et si quelques-uns ont avance que la face interne de 
la membrane du lympan est revétue ainsi que l'externe 
de l'épiderme , Morgagni s'écrie avec étonnement : Quasi 
vero cutis ipsum quoque tympani ca\>um convestiret. 
Rien pourtant de plus vi-ai , ni rien de plus aisc à étre 
démontr(5. 

Tout le monde convient que la trompe d'EusTACHE est 
tapissée intérieurement par la membrane propre de la 
bouche unie à la piluitaire et que ces deux membrane» 
sont une production de la peau. 

Après quelques jours de macératiou dans l'cau , ou\Tez 

— - . . 11 — ■ — 

* Epist. anatom. cit. num. i. 



4 SUR l'origine de la membrane do TYMPAN 

la (rompe dans toute sa longueur , c'est-à-dire dopuis seri 
pavillou jusques à son entree dans la caisse ; dctachez-en 
avec une épingle et eu tiraillant de bas en haut la mem- 
brane interne ; lorscjiie vous serez arrivé à son cmljou- 
cliure dans la caisse , vous vcri-cz , à n'en point douter , 
qu'elle se continue avec la membrane qui tapisse cette 
dernière cavita , puisqu'en continuant à tirailler , vous la 
détachez et l'emportez également. 

Vous verrez aussi , par cette préparatiou , que les fené- 
ti'es l'onde et oro/e , ainsi que l'ouverture qui est cntre Ics 
deiix jamhes de l'étrìer, sont boucliées par la méme mem- 
brane qui se replie à la fin sur la face interne de celle 
du tympan , de laquelle par le mème tiraillement vous 
la détaclierez sans peine , ou si vous aviez déjà emporté 
avec la peau da conduit auditil" Ics deux premières lames 
de la membrane du tympau (ii) , cette membi-ane sera 
ainsi entièrement empoitée. 

V. Après avoir ainsi emportd la membrane du tympan , 
celles de la caisse, et de la trompe (ii, ni, et iv) , en exa- 
minant les parois internes de ccs trois cavités , vous y dc- 
couvrirez cncore le pérìosle ; vous verrez que colui de la 
trompe s'unit à celui de la caisse; que celui-ci va se joindre 
sans interruption au pérìosle du conduit audilif, et que ni 
l'un ni l'autre ne se replicnt sur la membrane du tympan. 

Celui de la caisse communique aussi , au inoyen des 
fenétres ronde et ovale, avec celui du labyrinthe et parait 
meme se continuer avec le périoste des osselets de Vouìe. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 5 

VI. Le C/" GuviER, dans ses le^ons d anatomìe compa- 
re'e *, paraitrait avoir connu la vraic substance de la rtiem- 
brane dii tynipan et de celle de la caisse , lorsqu'il dit : 
» tous Ics animaux h sang chaud , oìseaux, celacés et qua- 
y> dnipèdes , ont aiusi qiie riiommc ... le lympan loujours 
» divise en trois lames au moins ; une qui lui est propre , 
» une interne qui est la continuation de la membrane in- 
» teme de la caisse , qui l'est elle-méme de celle de la 
» bouche, et une exteme qui l'est de la poau. » 

Mais qu'est-ce que cette troisiòme lame quii dit propre 
du tympau , et d'où vient-clle ? C'est une chose remar- 
quable que Winslow qui ne rcconnait , comme tous les 
autres Anatomisles qui ont écrit avaut lui (iv) , qvi'uue 
seule membrane daus la caisse pi'oduite par le périosle **, 
en parlaut ensuite de la membrane qui tapisse les celhdcs 
masto'idieimes , cn donne cctte description *** : » ces ca~ 
vités OH cellules sont lapissées d'une membrane qui esC 
en paflie la continuation du périoste de la caisse , et en 
partie , marque une struclure glanduleuse cornine une 
espèce de membrane pituilaire. 

N'est-ce pas y reconnaitre cu d'autrcs termcs, deux mem- 
branes distinctcs , dont une est la continuation du périoste 
et l'auti'e de la pcau ? Je conviendrais volontiers, avec 
Haller , cfue **** membrana interna tubai, in principio ad 
fauces molli s, mucosa, glandulosa , sensi/n in tenuitatem 



* Tom. II, pag. 494. *** IL>i<l- unni. 397. 

** Ibid. iiiiin. 394. **** Loco cit. pag. 214. 



6 «UR l'origine de la membrane DU TYMPAN 

periostìi degeneral ; si par ces expressions il voulait dire , 
que la peau de la trompe épaisse et glanduleuse dans soa 
commcncemcut s'amincit à la fin , de manière à prendre 
l'appai-encc du périoste ; mais je ne peux lui accorder , 
comme , quelques pages avant , il l'avoit avance *, et avant 
lui Cassebohmius **, que la membrane de la caisse qu'ils 
disent une coutiuuatiou de la membrane de l'arrière - bou- 
clic , au moyen de la trompe , soit aussi continue avcc la 
dure mère et avec le périoste : totum cavum tympani a 

pen'osteo ohducitur idenique cumfaucìum mem- 

hrana per tuham Eust acuii subeunte continuatur , inde 
cum dura maire cerebri. 

Nous n'avous nulle part, dans le coi'ps de l'homme ou 
d'autres animaux , aucun excmple que la peau se change 
ou degenere en périoste , et dans les cavités de l'oreille 
ces dcux membranes sont , aiasi que je l'ai dit (v) , très- 
distiuctes comme partout ailleurs. 

VII. Les expressions ambigues de Winslow et l'espèce 
de paradoxe eu anatomie, avance par Haller, font voir 
que le préjugé et la prévention font méconnaitre la vérité 
méme aux plus grands génies. 

La méme chose est arrivée à Morgagni. Cet incomparable 
Anatomiste , après avoir emporté une portion de la mem- 
brane qui l'èvét la caisse , et avec elle la lame interne de 



* Ibid. pag. 207. 

•* De auxe , num. 102. 



PAR LE CITOYEN BRUCNONE. 7 

la membrane du tympan , en ayant ensuite cmporlé avec 
la peau da coiiduit auditif la lame externe : hac quoque 
altera ahlata lamina y dit-il *, eliamluTn in sua sede 
restahat lertia , qua; inter ulramque media fuerat. 

Prévenu , comme il étail, que la membrane du Ijmpaa 
flit forméc par la peau du conduit , et par le pcriostc de la 
caisse qui , à la rigueur , ne formeraicnt que dcux lames, 
ayant rencontré cctte troisième , il est force d'attribuer 
deux lames au périoste , lui qui n'en connait qu'une seule 
dans la peau du conduit , quoiqu'il ait observé plus d'une 
fois 1 epidenne se separar et dans le conduit et sur la face 
exteme de la membi-ane du tympan de la véritable peau, 
par la seule putréfaction.** 

Il est vrai qu'ayant r(^ussi à s^parer très-aisément la lame 
externe de celle du milieu, et ayant, au contraire, éprouvé 
une grande difficulté à en séparer nettcment la lame interne, 
il aime mieux de regarder, comme une seule, les deux der- 
nières lames, et, à Timitation de Valsalva***, et de Wiks- 
Low****, ne considórer dans la membrane du tympan que 
deux lames , dont l'externe est une continuation de la 
peau du conduit et l'iuleme du périoste de la caisse *****. 

Vni. Or il est évident que , si Morgagni n'eùt pas éié 
prévenu , il se serait très-aisément appercu que dans la pre- 



* Episl. cil. nuua. io. **** Loco cil. 

** Ibid. niim. 7. *«### Ujjd. nuni. 10 et n. 

*** De aure luuTiaua , cap. II, nnm. 1. 



8 SUR l'origine de la membrane DU TYMPAN 

mière dissectiou il u'avait cmportc que la surpeau de la 
caisse et avec elle la qxiatrième lame de la membrane du 
tympan qui en est une contiiiuation : que la peau propre- 
ment dite de la méme caisse, dont il ignorait l'existeuce , 
était restée à sa place , ainsi que la troisième lame du 
lyrapaa qui est formée par elle. 

IX. Ces observatlons sur l'expeVience de Morgagni que 
je viens de rapporter et d'expliquer (vii et viii), répoudeut 
à une objection que l'on pourrait en tirei', qui, au pre- 
mier coup d'ceil , parait trancliante. 

La preuve que vous demandiez , pouiTait-on me dire, 
de l'origine , qu'ont les deux dernières lames de la inem- 
hrcine du tympan , des deux périostes , la voilà dans cette 
expcrience de Morgagni : il a emporté la dernière lame 
du tympan qui est ime coiitiuuation du périoste de la 
caisse, et la quatrième qui est formée par celui du couduit , 
est restée à sa place. 

X. Une autre preuve que ni le périoste du conduit , ni 
celui de la caisse n'entrent pour rien dans la formatiou 
de la membrane du tympan , se déduit d'une préparation 
de l'oreille faite par Gassebohmius, qui, ayant emporté 
dans un foetus de quatre ou cinq mois le conduit auditif 
qui , à cet àgc, est encore mcmbraneux, et en conséquence 
avec la peau qui le revét , les deux premières lames du 
tympan , il a observé , secec7e/i/e annido, fjai insulco suo 
viembranani lympanì continuerat , hanc cum membrana 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 9 

cavrlatìs lympani uniim continuatimi saccum quasi for» 
mare, qui ossicula audilus in se recondebat. * 

XI. Valsalva , polir s'aspurer si la nipturc de la mem- 
brane chi lympcm produisait ou sur-le-champ , ou sculc- 
incnt quelqucs mois apirs , la surdité , aiusi quc qnelques 
AuU'urs l'avaieut avance , a rompu cettc membrane sur 
trois chicns vivans avcc une sonde un peu grosse , id sci- 
licet (dit-il ** ) modo ruplurm crepita , modo simili alia 
re testante... ; immo specillo huc illuc ducto rupluram , 
quantum potiti , dilatavi. Or, qu'en est-il arrivé ? Non seu- 
lement ces trois chiens n'ont point perdu Fouie ni immé- 
diatcmeut après la rupture , ni pendant tout le reste de 
leur vie ; mais les ayaut tués , le premier treize mois après 
l'opératiou , le second cinq mois , et le troisième quelques 
mois après ( il n'en marqiie pas le tems précis) , il a ob- 
servé dans tous les trois singulas perruplas memhranas 
in pristinam integritalem restitutas , ut nec minimas 
rupturce reliquìas ( voilà ses paroles ) in earum nulla ^ 
immo nequc levissimum , si unam lantummodo excipias, 
ductce cicalìicis sìgniim reperire potuerim. Si Fon me 
demande à quoi bon je viens de rapportcr ici ces trois cx- 
périeuces de Valsalva, qui paraissent n'avoir aucune rela- 
tion à la qucstion que j'agite sur l'origine des jnembranes 
du tympan et de la caisse , je répondrai qu'elles confir- 



• De aure humana, traci. Ili num.yz. n. 5 — Morgagni epist. anat. XIII , 
** D« aure humaiia,part. Ucap. V, uum. 12 et i3. 

B 



IO SUR l'origine de la membrane du tympan, etc. 
ment, au contraire, de plus cn plus celle que je Icur attri- 
bue. En effet , tous Ics Chirurgicns savcnt qxie Ics parties 
simplement membrancuses et indépendantes de la peau , 
telles que la pìévre , le péritoine , le penaste ctc. , dòs 
qu'elles ont été incisées , cu autremcnt diviséeg dans leur 
continuiti , jamais plus ne se réunisscnt cntr'ellcs , mais se 
coUent uniqucmeut aux parties voisincs. 

Comment donc les deux denv'cres lames de la membrane 
du tympan auraient-elles pu se rejoindre dàns Ics trois chiens, 
si ces deux lames étaicnt , comme on le prétend , une con- 
tinuation du pe'rioste, et se rejoindre, de manière à uè lais- 
ser presqu'aucun indice de la cicatrice? elles se seraient col- 
lées à la face interne de la troisième lame, et leur premiere 
division aurait été toujours apparente et très-visible. 



OBSERVATIONS 

SUR LES CEILLETS, 

AVEC LA DESCHIPTION DE TROIS NOUVELLES ESPECES 
DE D I A N T II U S. 

PAR LE €.='' JEAN-BAPTISTE BALBIS. 



O I ilans toutes les familles naturelles des plantes Von ol> 
serve des vai-iétés saus uouibre , soit quellcs se rencon- 
trcut spoutanéinent , soit qu'cUes aient été cultivées , au- 
cune , ce me semble , eu présente d'aussi frappantes que 
celle qui comprend le genre connu par les Botanistes sous le 
notn de Dianlhus.Dcs observations faites sur qiielques-uues 
de ces espòces prouveront , à l'évidence , la véritd de moa 
assertion ; elles seront suivies d'une courte descriptioa de 
trois espèces nouvelles de Dianthus , ne les ayant point 
trouvé décrites d-nns aucun Auteur qui me soit connu. 

L'espèce de Dianthus qui se rencontre daus les patu- 
rages secs et arides des alpes , et qui a été décrite par 
quelques Botanistes , sous le nom de Dianthus alpinus , 
parce qu'elle est uniflore , n'est autre chose , sinon une 
variété de celle que les Auteurs ont appeléc Caryophyllus 
syhestris Jlore rubro , inodoro, calyce oblongo cum hre- 
vihus unguihus. En effet , ce méme Dianthus , qui est 
uniflore sur le sommet des alpes , et qui ne s'y élève 
qu'i\ la hauteur de cinq ou six pouccs , commeuce s'élevci' 



12 OBSERVATIONS SUR LES (ElLLETS 

davantage ;\ mesure qu'il dcscend plus bas ; sa corolle a 
une coulcur plus claire, et au lieu d'avoir une seule fleur, 
clic en porte dcux ou trois. Ce Dianthus est rcgardé par 
ics Auteurs commc le pòre des ceillcts * qui orncnt uos 
jardins , et qui , par la variété de leurs coulcurs tt par 
celle de leurs pétales , par la suavité de leurs paifums , 
font les délices dcs fleuristcs et de tous ceux qui Ics ad- 
niirent. En effet , notrc infatigable et zélé Ignuce Moli- 
neri, ayant ramasse quclqiies - unes de ccs plantcs daus 
les endroits sal)lonneux qui se trouvent le long de la pe- 
tite rivière appclée Sei-onda , et les ayant transporlées 
dans le Jardiii Botanique , pour s'assurer si elles appar- 
teuaient à l'espèce de Dianthus , connue sous le nom de 
viì'gineus ( sur laquelle il y a encore bien de doutcs ) , a 
observé , l'anuée suivante , qu'ellcs étant daus un terraia 
meilleur que celui où elles avaient été prises , leur fleur 
devint monstrucuse et très-double , et ressemblant parfaite- 
ment à celle que produit le Dianthus Cai-yophyUus de 
LiNNÉ , piante trcs-connue parmi iions snus le nom de da- 
rofo et de Tunica par les apoticaircs, qui cinploicnt ses 
fleurs pour cn faire la conserve , rcgardée en niédecine 
comme stomacliique e) légèrcmcut cxcitantc. 

Le Dianthus est vraiement une piante polymorphe ; le 
merae IVIolineri a seme une fois la variété qu'on désigue 
dans ce pays avec le noni de Piumini , parce que sa fleur 
est tellcment fraugée , qu'elle ressemble à uuc piume ; 



* Iste caryophylìus horUnsium pater est. HALL.liist. stirp.Helv-, voi. I , pag. Sgi, 



PAR LE. CITOYEN J. B..BALB1S; 'l3 

iflans rintervallc d'une annéc , elle a produit plus de trenle 
variétés constantes , parrai lesqucUes il n'y eu cut qucl- 
ques-unes qui fleurisscnt pendant le cours de toute l'an- 
née , comrac font dinérenles variétcs de DianlJius caryo- 
phylliis , qui en produit aussi sans nombre. 

Voici la description de la première cspèce de DiantJius 
qui approclie de la varieté dont je viens de parler. 

Je la nomme Dianthus ( aìiyeslrìs) Jloribus solitariis, 
squamìs calycinis cluahus cordcUis hrevìssimis , coioUis 
emarginalis , caule ereclo. 

Gette piante produit une espèce de gazon uni et éten- 
du , d'où s'élèvent plusicurs tiges droites à la liauteur de 
neuf à dix pouccs , qui portent , le plus souvcnt , trois , 
quelques fois quatre fleurs , dont celles du milieu sont 
toujours sessiles ; ses feuilles sont dures , étroites et cour- 
tes ; le calice et Ics écaillcs sont rougeàtres , la corolle 
est d'ime couleur blanc-de-rose fort claire. 

Ce Dianthus a été trouvé par Molineri daus Ics patu- 
rages plats des Alpca maritimcs ; il est fréquent dans celles 
de Notre-Dantf chs Fenétrcs , Vivace. 

J'appelle la seconde espèce : Dianthus Cj'urcatus) caule 
hi/loro , squamìs calycinis oppositis binis , tubo admo- 
dum brevioribus. 

Cette cspèce forme un gazon très-copicux et serre , du- 
qucl s'élève une tige à la hauteur d'un pied ,dc Paris cn- 
viron ; elle est quelquefois simple , mais le plus souvcnt 
fourcliue , ses pédonculcs sont longs et orncs de dcux 
feuilles , ou pluLut de deux bractccs ; Ics feuilles sont op- 



l4 0B5ERVATI0NS SUR LES QEILLETS 

posces, liiicaires , subulées , de la longueur d'un pouce, 
et iròs-dcartées les unes des aiitres. Le calice est doublé 
et cyliiidrique. Les écailles sont ordioairement au nombre 
de deux, rarement de quati-e , elles sont opposécs. La co- 
rolle est composée de cinq pétales d'une coulcur blanc de 
chair , créucle'e, avec la poiute légèrement bifide; dix éta- 
miucs un peu plus couvts que les pétales , deux pistils 
très-saillans. 

Je dósigne la troisiòme espòce sous le noni de Dianlhus 
(tener) caule uni/loro, corolììs Jìmbrialis , squdmis ca- 
lycinis plerinncjuc dunhus vice calyce bro'^ioribus , follis 
Unearìbus siibiilads. 

La tige de ce Dlanthus est plus basse que celle du pré- 
oédent , elle est simple et très-faible ; ses feuilles sont li- 
ncaìiGs , subulées et bien minces ; le pédoncule est très- 
long ; le calice a , le plus souvent, deux, rarement quatre 
écailles , qui sont à peu près de la méine longueur du 
tube. La corolle est composée de cinq pétales frangés d'une 
couleur de rose foncée. 

Ges deux dei-nières espèces de Dianilnis ont été trou- 
vées par Molineri sur Ics Lords des champs dans les mon- 
tagnes de Tende ; elles ont été transportées par ce savant 
Butauiste au jardin national des plantes , où elles n'ont 
jamais varie depuis l'espace de dix ans qui y sont cultivées. 

Ce sont dono trois espèces distinctes qui peuvent étre 
ajoutées à la Flore de notre célèbre Alligni ; f^Hcs con- 
tribufront toujours à l'enrichir des nouvelles productious, 
dont abonde notre sol , et qui ne cessent d'occuper no8 
Botanistes dans leurs recherches les plus soigneuses. 



Jife/7l . i/c /Ac . c^ Jc. t /v 77/r/k W/. Vy/AhTcrj^j 




jHiiutti. e 7^M é 



Mc'fnJc /V.-.,/v Se c/.-77ir/n UViy//.r.f,^': 




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Mcm.^^ /'Ac. Jki Se. c/c7ìu-i/i Vo/. Vj/./'aj/. /^fj 




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J^in^i/t.i^ 'J^7a. . /t 



HISTOIRE 

D'UN TÉTANOS, 

AVEC SYMPTÓMES d'hVDROPHOBIE , PRODUITS PAR LE POISOK 
DES CANTHARIDES, 

Siih>f/> eh queìqucs conside'ralions physiologìqiies sur Ics 
sympalìiies nerveusos , et l'aclion cles remèdes ahsorhés 
par les valsseaux lympliatiqutò da la pooui. 

PAR LE CITOYEN GIULIO. 

I. JLi HISTOIRE de la maladie que je vais vous commu- 
niqucr, mérfte l'attention des Médccius et des Physiologistes, 
sous plusicurs rapports. Oc y verrà Ics suites tcrriblos d'une 
substance caustique, imprudemmeut avalée,ct les horribles 
couvulsions qui furent l'effet de son impression iiritaute sur 
les nerfs de l'estomac et dcs iritestins ; on y verrà cettc mala- 
die prendre en quelque sorte et pour quelgues heurcs , le 
masque truiupeur d'une effrayante hydrophobie, et, ce qui 
est bien consolant poui l'humanité, on y verrà tout l'appan'il 
terrible des plus allarmans symptùmcs dissipé , en très-pcu 
de teras , par la puissance du muse , de Xopiuin , de Tom- 
mornaque , appliqués extéricuremcnt de la manière que 
nous iudiqueruua. 

n. Je traiterai cette maladie avec quelque «^tendue. J'y 
ajouterai queìqucs réflcxions , qui coufirmcrout les idées 



l6 HISTOIRE d'un TÉTANOS 

de qiiclqaes Auteurs célèl)res , et ccllcs que j'aJ exposé 
ailleurs ; elles rectiQerout certaines théories , ellcs fcront 
rcjaillir quelques nouveaux trails de lumière du dedale 
des raisouneniens , qui embarassent les jeunes Médeciu» 
sur-tout , elles ajouteront , peut-étre , enfin quelques vues 
nouvelles et utiles pour l'avauccment , le perfectionnfment 
et la haute importance de la métliode d aclmmistrei- quel- 
quefois de» iciiiòdca à rextérieur. 

in. Le sujet , sur qui j'ai eu lieu d'observer la maladie 
dont je vais vous reudre compte , était un jeune homme 
d'environ 2 1 aus , très-biea fait , très-bien constitué , très- 
sain , vigoureux , brave , vaillant , plein de vivacité ,. de 
sensil)ilité et de feu. Il a été sujet, daus son enfance , aux 
convTilsions de cet àge ("eclampsia pueroi-wnJ.Deux niois 
auparavant qu'il ait été atteint de la maladie dont uous 
nous occupons , il avait été blessé dans deux endroits dif- 
féreub du bras très-légèrement , dans un combat particu- 
lier. Ges blebsvu-es n'avaient eu aucun accident. 

r 

IV. Etant dans l'appartement d'un de ses amis , il y voit, 
sur un bureau , un petit flacon rempli de teinture de can- 
tharides , dont son ami faisait usage extérieurement , pour 
se guérir d'une sciatique rebellc. Son ami n'étant point 
cliez lui , et le jeune liommc , ignorane quelle t'tait cette 
licjucur , impatieut d CU faire la découverte , il en avole 
quelques goutles. 



PAR LE CITOYEK GU:t,TO. 17 

" V. n rcssent , ìi l'instant mémc , une ardeur subite aux 
lèvres , à la langue , à la membrane du palais , et malgré 
qu'il s'cmpresse de crachcr le peu de la brillante liqueur 
qui lui cu restait ^dans la bouche , la membrane interne 
eu est pourtant euflammée en peu d'heurcs , une lumcur 
infl.nìnmatoire considcrable s'y manifeste , et la forte iirita- 
tion qui agit sur les conduits excréteurs de la salive et sur 
les glandes du palais , y produisent im ptyallsmc dcs plus 
abondans. Dans l'appréliension fondée des conscquences 
qua peut avoir l'avalement d'une substance si mordantc 
sur les nerfs de l'estomac et des intestins, il a recoiirs à un 
chirurgien , qui lui conseille l'usage du lait et d'aboudan- 
tes boissons dmollientes , pour ompccher ou tempcrer les 
effets dcs particulcs caustiques sur les uerfs de l'estomac et 
dcs intestins. 

VI. Malgrd l'usage de ces boissons , il éprouvait de tems 
en tems de cuisantes doideurs au creux de l'estomac et aii 
milieu de lar^gion ombilicale. Trois jours étaicat à peine écou- 
lós , lorsque daus la nuit du 1 7 frimaire an Vili , après étre ren- 
tré chez sci , et avoii soup*^ comme à l'ordinaire , environ 
une heure avant minuit , il est tout à coup saisi de convul- 
sions horribles , tantót il se jette et se roule si"" son lit en 
désespéré , tantòt il se relòvc et s'élanec en furieux vers le 
lit d'un ami chérj, <jin dormait dans une alcove de la méme 
chambre , empoigne les barres de fer des rideaux de ce lit , 
les plie comme des roseaux , en poussant des cris et des hur- 
lemcus affreux. 



l8 HISTOIRE d'un TÉTANOS 

VII. Son ami étoané , intcrdit , efTray^ à ce spectaclè 
inattendu , appelle du monde , les convulsions repreunent 
avec ime telle violence , que huit hommes des plus robus- 
tes , à peiue peuvent - ils le coDtenir. 

Vm. Aux convulsions , se joint un delire compiei , furi- 
bond , piesque plu-éuétique. Les convulaious laisseot quel- 
que iuLcr%'allc j lo dciùe continue saus iuterruption. 

IX. Occupé à voir un très-grand nombre de mallicureux 
alteiuts d'un typlius coatagieux , très-meurtrier , qui fit le 
plus grand ravage dans la Gommane de Nice et daus les en- 
virous , dont l'histoire paraìtra sous peu de tems , on ne pùt, 
malgré le plus grand empressement , m'apprendre l'état 
affligeant de ce jeune homme , que vers les 9 heures et 
demie du matiu. Je le vois, à io heures, pour la première 
fois. 

X. Je le trouve dans un état afTreux. Les convulsions so 
Succèdent presque sans interruption , avec la plus grande 
violence. Tantót elles ont la formp d'uu eìnprostotoìios , 
tantùt d'un opistotonos. Tantót il ouvre la gueule corame 
un cerbère , tantót un trisme violent la lui serre avec grin- 
cement très-fori à.es dcntsetun écoulement de salive écu- 
meuse , mélée quelqucfois à des raies sauffiunolcutes. Sur 
sa physionomie continue , dans les intervalles , l'empreiute 
de l'effroi et du désespoir. On voit , dans les convulsions , 
ses cheveux mèmes s'hérisser sur la téte , le regard fixe. 



PAn LE CITOYEN CIUUO. I9 

farouclie, les yeux étincelans, allumés, et Icurs musclcS 
qui entrent succcssivement en convulsion , produiseut daus 
le globe de l'oeil une rotation effrayante.' 

XI. A travers tous ces symptòmes , la clialeur animale 
h'éprouve aucun accroissemeut , je ne trouve aucun signe 
de pyrexle dttus le ponls j il est , au contraire , grand , bica 
développé et plutót lent poiu- suu ago , oar le nombre des 
pulsations n'arrivait pas à 55, dans cliaque minute première. 

Xn. Ignorant entièrement les causes que pouvait avoir 
données le malade à un ctat si effrayant , je m'applique , 
aussitót , à l'explorer avec la plus grande attentiou. J'ob- 
serve qu'il éprouve les plus grandes étreintes à la gorge , 
qu'il y paraìt menacé de suffocation , que de teras à autre 
il tache d'y porter les mains , que , malgré les plus grands 
cfforts , il ne peut avaler la salive , qu'il fait tous ces ef- 
forts pour se déchirer les entrailles. Voyant les musclea ab- 
dominaux et sur-tout les droits, dans une convulsion pres- 
que continuelle , je pose ma main sur la rcgion ombilica- 
le , et j e la presse. C^^^fì pression produit une secousse ins- 
tantanée et universellc. Imaginez une secousse électrique 
des plus fortes , communiquée par une bouteillc àt Leiden , 
et vous aurez une foible idée de l'effet de cette pression. A 
l'instaut , lec inuscles abdomiuaux entrent en contraction , 
l'abdomen parait entièrement obliterò au milieu, et les rous- 
cles paraissent collés h l'épiue , sur-tout les droits, qui ont 
la roidcur d'une corde des plus tcndues , et de cet endi'oit 



•20 HISTOIRE d'un TÉTANOS 

comme d'un ceutre , avec la rapidité de rdtincclle élec- 
ti'ique , la commotion est cominuniqucc à tout le corps , 
les coDvulsions sout gcuéralcs , et la tète est reuversée 
d'une maniere (^pouvantable. 

Xin. Je lafsse le malade tranquille , et je ddfends à ceux 
qui le soigucut , de lui faire épi-ouver la momulro agitation , 
après qiielques minntfls rl'> ropoa abaolu, je passe légèrement 
la main sur la gorge. A l'iustaut, les muschs stemo/iyoì'diens j 
les muscles ihyréoliyo'ìdiens , les cleino-sLerno-hyoulìenSy 
et les muscles qui lèveut la machoire iuféi-ieure , entrent 
eu convulsion tous à la fois. Je les sent presque tressaillir 
sous ma main , j'en distingue le trémoussement , la bouche 
en est fermée , et on entend le craquemeut Jes dents. Il réi- 
tère ses efforts , à différentes reprises , pour se déchirer , 
tantót à la gorge , tantòt au bas-ventre. Et cette scène se 
renouvelle toutes les fois que les attouchemeus sout répétés. 

XIV. J'ai dit que les convulsions lalssaient quelques in- 
tervalles ( §. via). Les accès convulsifs duraient des demi 
houres , et méme des heures eutières ; on avait ensuite des 
calmes de quelques raiuutes. Il reudait , dans ces interval- 
les , par le fondement, une matière liquide, aussi verte 
que du sue de cUìcore'e. 

XV. Ayant observé les symptómes produits par l'attou- 
chcment et la pression sur la rcgion ombilicale , et ne sa- 
cliant quelle était la cause d'une secousse si violente et si 



PAR LE CITOYEM GIULIO. ei 

instantanée, le dcfaut de fièvre et la leateur du pouls ne me 
laissant soupconner aucune inflammatioii , tout en tàton- 
nant , je pensai ù y appliqiier quelque chose de biea émol- 
lient. Oli me porte du bouillon bien cliaud et gras , j'y 
trempe une cponge et je l'exprime , pour l'applicpicr toute 
chaude sur l'endroit le plus douloureux de l'abdomen. 
Quelle fut ma curprise , lorsqu'à l'aspect et au muraiure 
de l'eau cpil en découle , jc wla le malarlp, tout à coup, 
s'élancer furieusement , la salive en jaillir, plus abondante 
et écumeuse , ses yeux devenir plus féroces , le scrrement 
de la gorge presque étouffaut , pousser des liurlcmens plus 
terribles , semblables à des aboyemeus , et immcdiatement 
après ces symptòmes , tomber dans des convulsions géné- 
rales , qui ne Cnissent que par des défaillauccs cu un assou- 
pisscmcat profond ! 

XVI. De semblables accès se renouvellent fréqucmment, 
l'attouchement de la gorge , la pression du bas-veutre dans 
les endroits douloureux les reproduisent , et les reproduit 
encore plus fortemcul la simple vue -le l'eau ou du bouillon. 
Lorsqu'aprcs l'assonpissement on clioisit quclques momeus 
lucides pour lui faii-e avaler quelques gouttcs de bouillon , 
autant nos teutatives sont iuutiles , autant elles sont cruelles 
pour le malade. A l'attouchement sur 1<^8 lòvres du bouil- 
lon ou de l'eau , ou à sa siniplc vue, ses yeux s'allument , 
ses cheveux se drcssent , Ic-s dents se griiiccnt, il hui'le , 
il rugit , il fait des effoils pour se jetter du lit , et ces acci- 
dcns sout suivis bienlòt d'un scri-enient violoni des musclcs 
de la déglutition , et d'un trisme des plus forts. 



aa HisToiRE d'un tétanos 

XMI. Dans rimpossibilité de lui rien faire avaler, dans 
l'impuissance de rien injecter dans les gros intestins , que 
faire pour soulager ce malheureux , tandis que le tctanos 
donne h peine de relàche , et que ses accès paraissent à 
chaque fois redoubler d'intensité ? Après avoir bien réflé- 
chi sin- cet état dangereux , je me rappelai heureusement 
les surpi-enans effets que l'opium et d'autrca icmèdes di- 
gérés dans le avic gastilc ou la salive , et réduits en pom- 
made avec de la graisse, administrés à l'extérieur, avaient 
produit , dans un grand nombre de douleurs très-fortes, de 
coliques , de convulsions. Ainsi , sans m'arréter à faire d'ul- 
térieures conjectures sur la nature de ce tétanos et des 
symptómes hydrophohiformes qui l'accompagnaient , je 
résolus , aussitót , de les essayer dans un cas si pressant. 

XVm. A la place des pommades dout je manquais abso- 
lument , je fais préparer un liniment compose d'une livi'e 
d'huile d'olive , trois gros de laudanum liquide , autant 
d'ammoniaque , et au défaut de la teinture de muse , j'y 
fais ajouter loo graius de cette substance; je recommaude 
de frictionner , avec ce liniment , tonte l'cpiue du dos , 
depuis la nuque jusqu'à l'os sacrum , tout le bas-vcntre , 
et principalement les endroits douloureux , tonte la gorge , 
les bras et les cuigses; je recommande de répéter ces fric- 
tions , tous les quarts d'heuies ou toutes les demi heures 
pouv le moins, de les prolonger long-tcms , et d'cnvelop- 
per ensuite le malade dans des couvertures de laine bien 
échauflccs. Je recommaude aux amis qui l'environnent et 



PAR LE CITOYEN CIULIO. 'sS 

à tous ceux qui le soignent , de ne poiut toucber la sa- 
live , ni les linges dont ou l'essuye. 

XIX. Toutcs ces oi-dounanccs sont exactcment obscr- 
vdes , oa commence li fiictionncr à 1 1 heures. Huit lieures, 
envirou après , il parait plus tranquille , et les accès qui 
rcviennent, soni moins longs et moins violeus. Il se plaint, 
dans l'intervalle d'un de ces accès , d'une forte douleur 
dans l'intdrieur de la gorge , je l'examine et j'y découvre 
une légère rougcur qui s'étend de la partie supérieure et 
postérieure de la membrane du palais , aux muscles du 
voile mobile et ù la Inette. Je dis au nialadc que quelques 
gouttes d'buile lui seraient bien utiles. Mon dessein éfaifc 
seulement d'cssayer , si les symptòmes bydrophobiformcs 
ne se renouvelleraient pas , et si quelquc liquide pom'- 
rait étre avalé ou seulement toléré. Le malade , à peine 
a-t-il recu, dans la bouche, une petite cuillért'e d'iiuile , 
qu'il éprouve de violens serremens , il fait de grands ef- 
forts , mais enfin il rcussit à avaler ce peu d'iuiile , saus 
que ni la vue, ni le goùt de Thuile renouvclle Ics cou- 
vulsions et la scene affreuse dont nous avons parie. . 

XX. Eucoui-agé de ce qu'il commence à avalor quelque 
petite dose d'huile, nous y mclons de la teinture d'opium , 
du muse ot mème du cinabre natif , à de très-fortcs do- 
ses , et on cu donne de demi lieure en demi lieurc. Dans 
la nuit du 17 au 18 , on réussit à lui faire avaler quelques 
petites doses de bouillon. Depuis 7 heures , il rcprit prcs- 



24' HISTOIRE d'un TKTANOS 

qu'cn entier l'ustige de ses sens. 11 rcconnnit tous ses ami's, 
il y a des momcns où il montre de rcujoucment , il ba- 
dine , il folàtre. Oq lui anuonce , i\ 1 1 hcures du soir , 
qu'un de ses amis auquel il est beaucoup attaché , doit 
partir. La surprise , le chagt-ia de voir pai-tir son ami , 
produisent une forte émotion sur ses nei-fs cbranlés et aftai- 
blis. Uu violent accès survient bientót, accompiigué de coa- 
vulsions effroyables ; cec accès dure une hcure et demie, 
prcsque sans interruption. Les symptómes hydrophobi- 
ques ne se réveillent pourtaut pas , et après que le calme 
fut rétabli , il se plaint méme d'une soif violente, il boit , 
dans la nuit , une grande quantité de bouillon , évaluée 
par les assistans à plus de douzc livres. Il dort. Vers les 
6 heures du matin , il eut une nouvelle attaque, dout la 
durée ne passa pas une demi heure. Il dormit pourtant 
quelques heures , à diffórentes reprises. Le pouls était tran- 
quille , sans indice de caractère céphalìc/ue. Une doiileur 
obscure continuait à l'ombilic et à la gorge. On continua à 
frictionuer It raalade , de demi heure en demi hcure. 

XXI. Je le revois , le i8 , sur les 6 heures du matin , je 
le trouve tranquille , le calme et la se'rénité sont dans ses 
yeux, pas le moindre vcstige de pyrexie, le pouls est sou- 
ple , grand , la cìialeur tout-ù-fait naturelle , il a de l'ordre 
et de la liaison dans les idccs. Craignant le retmir, j'ordonne 
encore l'opium et le muse mélés à l'huile, h prendre 
intérieuremeut , et je recommande d'en prendre une cuille- 
rée toutcs les demi heures. Mais le maladc ennuyé de tou- 



PAR LE CITOYEN CIVl.IO. sS 

tes ces petites doses rditcrces , la quaatité qiii dcvait servii' 
pour tonte la journée, il lavale tonte à la fois, c'est-à-dire 120 
gouttes de teiiiturc thubaVquc, et 80 graias de muso, mè- 
le avcc 8 onces d'huile. II m'apprit, apròs midi , son étour- 
derie. Ce qu'il y eut de bien singulier , c'est qu'il ne s'en- 
suivit aucune altération , ni dans son pouls , ni dans sa cha- 
lem*. Il contiuuc à prrndre , daus cette journée , beaucoup 
d'eau , de bouillon et de vin. tJou appétit se i-éveillc , on lui 
prépare un hacliis de poule de plus de 1 8 onces en poids, eb 
une soupe forte et nourrissantc. Il la dcvore avec voracité. 
La journée entière se passe assez paisiblcment , sans accès 
convulsifs et sans aucune défaillance ; il a un grand mou- 
vcment , une grande rapidité dans Ics idées , de la gaité , des 
caprices , et s'abandonne i\ un parlage continuel , ce cju'il 
faut probablemcut attribuer à l'impression de l'opium et dii 
muse. Dans la nuit suivante du 18 au 19 , il y eut un som- 
meil paisible de cpielcjues heures , il continue à boire abon- 
damracnt de bouillon , il y eut quelques crachats teiuts de 
raies sanguinolentes. 



'o'- 



XXII. Dans la matinée du 19 , le pouls est naturel, mou , 
élevé , ondoyant , céphalique , ( il est souvent céphalique 
dans le sommeil , immédiateraent ou peu après , sur-tout 
lorsqu'il a été profond ) , la chalcur natmelle , la tumeur 
de la luctto n Hisparu , la phiogose en est entiì-rement dis- 
sipée ; il ne reste quc quelque rougeur un peu foncée dans 
les arcs du palais , qui sont encore légèrement tuméfiés. 
La prunelle est très - mobile , des évacuations copieuses et 



2^ HISTOIRE d'on TÉTANOS 

vcrdàtres , à plusieurs rcprises. La douleur abdominale esC 
à peiue sensible. Son humour est trcs - eujouce. Il assure 
qu'il se seut entièremeut gucri. Il demaude à mangcr , il 
boit beaucoup d'eau et de vin , on répéta encore , dans cette 
journée , les fiictious et il avala quelques cuillerées d'iiuile 
avec l'opiuin et le muse. 

XXIII. Il se porte encore mieux le 20. Toutes les tra- 
ces des symptómes coavulsifs sont entièrement évauouies. 
Toutes traces de roug-eur et de douleur ont entièrement 
disparu. Le pouls est très-bon, grand appétit , il n'observe 
plus aucuu regime, il quitte la chambre et le lit le 21. 

RÉFLEXIONS 

SUR CETTE MALADIE. 

XXiV.D'après ce que je viens d'exposer,j'établis en thdo- 
rème , que cette maladie était un tdtanos , conséqucnce d'un 
empoisonnement produit par la teinture de cantharides. * 
Tous les Médecius doivent savoir combien est grande la sym- 
pathie de l'estomac et des inteslins avec touL le systcme ncr- 
veux , ou pour parler le langage des Browuiens , avec com- 
bien d'energie se font ressentir sur l'incitabilité de tout le 
systéme, les effetsou inipressions opdrées sur l'incitabilité de 
l'estomac. Il suffit de rétléclilr aux origiues des nerfs iu- 



* Ce n'est qu'à ma spconde visite sps amis qu'il avait ayalé de la teixi- 
que je suis parvenu à savoir d'uu de tuie de caiitliaiides. 



PAR LE CITOYEN GIULIO. 27 

tercostaux , formés par clcs filamens de tous les nerfs spi- 
naux , de songcr à la gi-ande dtenduc des nerfs vagues , 
aux ramifications de ces nerfs ;\ tous les viscères abdomi- 
naux , par rintermède de tant de plexusetde ganglions , et 
siir-tout à l'estòmac et aux iutestins, par les plexus stoma- 
chiques formés par la 8.^ paire , aux intestins , par les gan- 
glions céliaqucs , móseutcriques supéiieur et iufcrieur, pom* 
comprcndre la liaison de la grande sympathie c£ue l'estoniac? 
et les intestins établissent avec tout le systcme ncn'eux , et 
de l'iuflucnce que ces viscères exercent sur tout le systéme. 
Je ne m'ctendrai pas sur cette sympathie , dont les phéno- 
mènes out été si bien détaillés et rapprochés parTissoT,et 
dont la théorie a été si bien développée, d'après les con- 
naissauces anatomiques les plus exactes , et les principes 
physiologiques Ics mieux établis , par l'illustre Scarpa. 

XXV. Et si je persiste à admettre ces sympathies, et à les 
expliquer d'aprcs les principes que jc vicns d'établir , j'en 
dcmande bien pardon ;\ Joseph Frank , dont les raisons con- 
tre ces sympathies , et l'utilité d'une connoissance exacte , 
fidèle et subtilc de la neurologie n'ont aucun poids , ni la 
moindi'e solidité à mes yeux. 

XXVI. La douleur cuisante à la région ombih'cale , Ics 
tranchécs vìnlentcs , le tenesme continuel , l'évacualiou dou- 
loureusc et par secousse d'ime m«tière acre, verdàtre et bril- 
lante, la contraction continucUe du bas-vcntre, la roideur de» 
muscles abdominaux , des droits sur-tout , rintolcrance de 



28 HISTOIRE d'un TÉTANOS 

rattoucliemcnt sur ces partics , et cette secousse convulsive 
qui se propageait daus un iustant à tout le systéme comnie 
une étincclle électrique , montrcut assez que le foyer prin- 
cipal était dans l'estomac et daus Ics intestins. L'irrilation 
avait renda ces partics très-scnsibles , la brùlante acrimonie 
du principe caustique des cantliarides ne Ics avait pas lieu- 
reusement enflammécs , mais Tirritation trop foi te avait reij- 
du ces parties trop cxcitables. De-là le stimulus de la part 
de la bile, des alimens , la seule distension de l'air suffisaient 
pour produire des douleurs aigues , et ces traucliées , et le 
lenesme , et ces évacuations douloureuses ; de-là , l'intolé- 
rance de tout attachement , et Ics symptòmes spasmodiques 
produits par la comprcssiou. Il n'y avait certaiuement pas , 
comme jc vicns de le dire , d'iuflammation ni à l'estomac , 
ni aux intestins ; l'absence de la fièvre et l'état du pouls , en 
sont une prcuve suffisantc. L'évacuation des maticres verdà- 
tres, liquides , très-fétides , accompagnée de cuisantes dou- 
leurs > et l'impossibilité de rieu injecter dans le rectum , sont 
une uouvelle preuve du spasme iutestinal. 

XXVn. Comment expliquer les symptòmes en apparcnce 
hydrophobiques ? Est-c:e la douleur , est-ce le spasme que les 
liquides excitaieut sur des partics phlogosces? Et cotte aver- 
sion aux liquides , et cctte horreur de l'eau , dépendaicnt-cUe 
du souveiiir de la douleur et du prolongement do l'idée dé- 
chirautc dont l'ame avait ^té fortement affectóc, corame 
Haller et quelques autres auteurs paraissent l'iusinucr ? On 
peut élever bien des doutes contre cet avis. Car, pourquoi 



MJm ./.■ /Ar./,:i Sr.,/,-71irni KVy/iay.2o^. 



Fig^' i/e/ J^ro/)/cmcz Sfatico 




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FMc/e/ Jh-'Z/i'/mi /c/nuaco 

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jì/c'/n . eie c'yic . (/ój Se. c/c 7ùr/n KV. y . /la^. zS 





^ 



2 l'ui^c/cZ/a z^Mcvnor 





PAR LE CITOYEN GIULIO. 2^ 

dans les dlfférentes espèccs d'esquinancics iiiflammatoìres , 
ne voit-oii pas les memes symptòmes ? * 

XXVni. .le me crois fonde à croire ces symptòmes hydro- 
phobiformes , comme cutiòremont nerveux. La tualadie était 
convulsive , et l'aversion à l'eau n'cn était qu'un symptóme. 
Onsait quo de tels symptòmes out été plus d'une fois observés 
dans des cas où la ti'te était profondémcnt affcctée , et dans 
les paroxismes d'hystei'icisme. Et c'est bicn à tort que l'oa 
a rapporté à la rage spontanee plusieurs exemples de cette 
nature , si pourtant par le nom de rage , Fon entend une 
maladie de la méme nature que celle qui est produite pal- 
la morsure d'auimaux enragés. C'est peut-ètre avec raison, 
queBosQuiLLON remarque.t/e ne connaìs pas d'ohservations 
qui puisse constate?' j'éelleìnent l'existence de la rage 
qu'on appelle spontanee , et je crois que les exemples 
qu'on en a dnnnes , sont des symptòmes d'autres mala- 
dies ; ainsi , dans la phi'énésie , lorsque le malade a l'hor- 
reiir de l'eau. Ueaafroide bue dans le tems où ì'on était 
Jori échauffé , a produit quelquefois des symptòmes de 



* BosQuiLLON assure que l'inflam- Ilammation ni à l'eslomac , ni aux in- 
mation du pharynx de l'extrémité svi- testins , el la plilogose du palais élait 
pi'rieure de l'oesophage , du lai-ynx , très-légère. D'allleurs , dans les cas 
de la irachóo arière . des poii'"nn<: , ciiés par Bosquuxon , il y avait prè- 
de l'eslomac, des inleslins, et de tous scnce de fiè\Te , et daus uotre uia- 
les viscères du bas-ventre à fréquem- lade il n'y en eut jamais la nioindrc 
ment produit l'horreur de l'eau. Mais trace, 
dans uotre cas, il n'y avait poiut dia- 



3a HisToiRE d'un tétanos. 

rage spontanee , qui était prohablement dde à une in/lam- 

malion locale. 



■ XXIX. Si l'on s'essayait h expliquer cette crucile maladie 
selon les priucipcs et la théorie dii docteur Brown , il fau- 
drait raisoniier ainsi : les convulsions appaitiennent aux allcc- 
tioas astliéniqucs ; les asthéiiies sont, oli par faiblesse directe, 
ou par faiblesse indirecte : on ne pouvaiL , dans notre cas , 
accuser une faiblesse directe, car, commeut supposer une ac- 
cumulation d'excitabilité , après l'action d'une puissance si 
fortement stimulatrice ? Il faudrait donc dire , d'après les 
principes du Docteur d'Edimbourg , que l'action trop sti- 
mulaute du principe caustique des cantliarides , en épui- 
sant l'excltabilité , a produit une faiblesse indirecte , cause 
immediate des convulsions , et comme dans les cas de fai- 
blesse indirecte ( toujours en suivant les principes du me- 
me auteur ) , il faut se servir des stimulans les plus énergi- 
ques, et à de très-hautes doses , tout au contraire que dans 
les cas d'une trop grande accumulation de l'incitabilité , la 
prompte guérison opérée par de si fortcs doses d'opium , 
de muse et d'ammoniaque paraìtrait coufirmer les idées 
du Docteiu- Anglais. 

XXX. Mais quelle que soit l'explication que l'on préfère 
de donner, de la maniere dont les cantliarides proHuisircnt et 
Ics convulsions tétaniques , et les symptómes hydrophobi- 
formes , il se présente quelques observations bieu impor- 
tantes à faire ; 



PAR LE CITOYEN GIULIO. Sìf 

1.° Oa rcmarquera conibien est puissaate l'action des cau- 
tharides , et combien doit etra imprudeut et daugereux 
Tusage iutérieiu' de ces iusectes , recommandés poui-tant dans 
les hydropisies et d'autres maladies , par plusieurs auteurs 
célèbres. 

2.° S'il est vrai que Fon ne peut pas compter sur l'opium , 
le muse, Y amìnoniaque y donnés à graudes doses, dans la 
védtable hydrophobie, produites par la morsure d'animaux 
enragés , cctte observation prouve , au moins , que dans des 
convulsions accompagnées de symptómes hydrophobiques , 
dont l'origine u'est pas la méme , l'opium , le muse , l'alkali 
rolatil peuvent déployer la plus grande action. 

XXXT. Je voudrais bien savoir auqucl de ces trois rcmè- 
des, àuniusc, de Vopi'um ou de Valicali volali! , on doit par- 
ticulicremcnt attribucr la prompte guérison de cctte maladie. 
On me demanderà pourquoi je n'ai pas prcféré de me ser- 
vir d'un Seul à la fois ? A quoi je réponds , que le cas étaut 
trfes-pressant et très- grave, il importait de se servir d'une 
méthode qui pùt promettre du succès , d'autant plus que , 
dans l'impossibilité de rien faire avaler , et l'action des re- 
mèdes à l'extérieur étant plus faiblc , il fallait réunir plusieurs 
inoyens actifs à la fois, pour que l'inefficacité de l'un pùt 
étre suppléc par l'activilé de l'autre. Au reste , je pense que 
ces rcmèrjos acissont parliculiè-.rcmeut par leur vcrtu stimu- 
lante , et qu ils se ressemblcnt à beaucoup d'cgards. On 
peut supposer aussi que l'alkali volatil , intimcment mèle à 
l'opium , le rcud plus pénc'trant. La disivibiLité infiniment 



52 

graudc dii muse, me faisait aussi esperei- que, malgrd le 
peu de fluiditc de l'huile , il se serait facilement glissé dans 
les vaisseaiix lymphatiques , et serait passe promptement i 
l'iutérieur. 

XXXJI. Le corollaire pourtaut le plus utile que l'on puisse 
dcduire de cefte belle observation, regardela grande activité 
que certains remèdes adrainistrés extévieurement peuveut 
déployer dans les cas les plus désespérés ou dangereux. Je 
pense que ces mémes x-emèdes digérés , au préalable , dans 
le sue gastrique de quelques animaux carnivores , commé 
dans le sue gasti-ique des corneilles, par exemple , dont je 
me suis sei-vi autrefois pour un très-grand nombre d'exp<5- 
riences , auraient été encore plus cilicaces , comme ces mé- 
mes observations me l'out prouvé , observations dont j'at 
rendu compte en partie dans un discours lù à cette Aca- 
démie , et réimprimé dans le journal de physique de Paris ; 
mes observations et celles de plusieurs Médecins très-estima- 
bles , rassemblées dans un ouvi-age assez étendu , publié par 
le Docteur Brera, montrent assez, combien ont toi-t les 
Médecins , de negliger ime méthode si importante d'admi- 
nistrer les remèdes , et combien sont dénuces de fondement 
les objections qu'on a voulu élever , il y a quelque tems , 
cantre moa ouvrage. 



i 



M E M O I R E 

SUR LA REVIVIFICATION d'uNE PATITE FOUGÈRE 
DESSÉCHÉE. 



PAR LE C" LOUIS BELLARDI. 



ITarmi les plantes rares et nouvelles, dont je compte 
enrichir la Flore du Piémont, j'ai cultivé , dans le jardin 
de la maison Asinari Saint-Marsan, une petite Fougère appe- 
lée par Linnée Adìanthumfragrans *, que j'avais recue de 
la ville d'Aoste des Citoyens ex-Barnabites Tillier et Fiotta , 
très - instruits sur les plantes de leur pays. A peine eut-elle 
présente sa fructification , sur laquelle je pris des notes, que 
malheureusement elle mourut. 

Il ne m'a pas été possible de me procurer cette piante 
vivante , car ces deux Botanistes , de qui j'avais eu lieu 
d'espérer une nouvelle expédition , dès l'entrée des Autri- 
chiens en Piémont , furent mis en prison par leurs compa- 
triotes , où ils demeurèrent enfennés jusqu'à la rentrée des 
Frcincais. 



* Pteris acrostico, Balb. addit. ad ilor. ped. pag. g8 elenchi. 

E 



34 SUR LA REVIVIFICATION d'uNE FOUCÈRE DESSÉCHÉE 

Le Citoyeu Fiotta, dcs qu'il fut rendu à la cité d'Aoste, 
m'envoya plusieurs exemplaires de cette piante qu'il avait 
déraciaée dans le mbis de juillet précédeut , et desséchde 
pour mon herbicr. Farmi ces exemplaires , il y en avait qui 
avaient été mal desséclics. 

Pour en avoir des meilleurs , je piantai dans un pot rem- 
pli de terre , en octobre , six individus de cette piante. 
Elles étaient tellement sèches, ainsi que leurs ti-ès-minces 
racines , qu'on pouvait fort aisément les réduire en poussiè- 
re; j'avais l'espérance de voir reverdir leurs petites feuilles, 
et la piante reprendre sa forme naturelle , par mie simple 
absorption , comme l'on voit arriver dans les tuyaux capil- 
laires. Après les avoir bien arrosés , j'eus la satisfaction de 
voir les feuilles de cette Fougère s'épanouir et reprendre 
leur verdure ordiuaire. 

Get épanouissement dura jusqu'à ce que la chaleur du 
soleil eùt desséclié la terre , et ce pliénomène se renouve- 
lait chaque fois qu'il tombait de la pluie. Get év^nement 
me fit soupconner que , si j'avais continue à arroser ces plan- 
tes, ou si je les avais conservées jusqu'au printems, exposécs 
a l'air libre , à la neige, et à la pluie , j'aurais peut-étre ob- 
servé quelque revivification , mais l'expérience fut inter- 
rompue par des accidens que mes affaires publiques ne 
m'ont pas permis de prevenir. Gar le pot de terre qui 
contenait les plantes, fut place, contvp i-nnn attente, dans 
un endroit du jardin , à l'abri de la neige et de la pluie ; 
aussi , trouvai - je , avec beaucoup de regret , les plantes 
parfaitement desséchées. 



PAR LE C.*" LOUIS BELLARDL 35 

Le désir de léparer la porte de cotte piante me fit re- 
nouvolor rexpéricnce dans le mois de niars de l'anuée 
courante avcc six autres individus , quf avaient été conser- 
vés pendant l'hiver dans le papier en une chambre très- 
sèche , j'ai eu soin de Ics arrosor claaque jour, excepté cn 
tems de pluie , j'obsei-vai d'abord dans tous les individus 
répanouissement de leurs feuilles pliéos, qui reprenaieut Icur 
verdure naturelle , comme je l'avais dójà vu dans le mois 
d'octobre précódent. 

Pendant deux mois et demi , les feuilles de l'année d'au- 
paravant, onttoules pordu peu à peu leur couleur, et ont 
péri exactement avoc leurs tigos. Quelques jours après ce- 
pendant, en examinant les racines transplantées , je com- 
mencai , non sans surprise , à entrevoir un principe de vé- 
gétation dans lesrudimens desnouvelles feuilles , et qiiim'ont 
ensuite convaincu d'une véritable végétation ; car elles se 
sont présentées avec la figure propre à ladite piante. Cotte 
végétation sui-preuante s'est fait voir dans trois de ses raci- 
nes différentes , et elle continue cliaque jour , comme oa 
peut le voir dans ledit jardin. 

Ccrtainement, la revivification de plusieurs plantes dont 
les tiges se dessèclient parfaitement dans l'été , n'est pas uu 
fait nouveau en Bolanique , mais il faut observer que leurs 
racines demcurent dans leur lieu nata! ; celles-ci , au con- 
traire, ont ótp rlessécliées dans le papier, et ont reste huit 
mois dans l'état de desséchement. La racine , de méme 
que la tige , pouvaient aisément se réduire en poussière. 

Je domande , où est douc roste la vie de la piante ? Il 



56 SUR LA REVIVIFICATION d'uNE FOUGÈrÈ DESSÉCHÉE, ETC. 

paraìt qu'elle devait résider dans la substance moelleuse de 
préférence aux autres parties. Mais la racine de cette piante 
est fort mince, et fa moelle presque invisible, dans l'état 
méme de la plus gi'ande vigueur de la piante. 

Ce fait , uéanmoins , est précieux pour la Physique et 
pour la Botanique , car il engagé à étudier les végétaux, ea 
les comparant aux animaux rotifères du célèbre Spallan- 
zani , qui , après avoir reste plusieurs mois desséchés , re- 
prennent la vie , en les mouillant d'une goutte d'eau ; ce fait 
donne aussi aux Botanistes l'espoir de se procurer beaucoup 
de plantes étrangères de la famiUe des Fougères , en tirant 
les racines sèches de l'Amérique , qui sont très-rares dans 
le jardin de Botanique de l'Europe , faute de graines. Je 
pourrai ajouter plusieurs autres avantages que fournirait 
cette expérience , mais je me borne à proposer deux pro- 
blémes ; 

l." Quelles sont les limites de la vie des v^gétaux ? 

2.° Dans quelle partie réside la vitaiité des végétaux, qui 
paraissent eutièrement morts ? 



DESGRIPTION 

D'UN MONSTRE, 

AVEC DES RECHE^CIIES PHYSIOLOGIQUES SUR LES MONSTRES, 
CONCERNANT PARTICULIEREMENT LA QUESTION : 

S'iL FAUT RAPPORTER TOVS LES MONSTRES A DES CAUSES 
ACCIDENTELLES , 

PAR LES C.«Ns GIULIO ET ROSSL 



Ìjé monstre doni nous allons vous communiquer la des- 
cription, Citoyens, est une production très - intéressante , 
. très-précieuse pour réclaircissement d'un point de physio- 
logie , qui a tourmenté la méditation de plusieurs savana 
Anatomistes , qui a donne lieu , panni eux , A de très-lon- 
gues disputes et partagé leurs sentimens. Farmi la foule 
presqu'innombrable de différentes variétés de monstres, dont 
les Auteurs nous ont laissé des descriptions plus cu moius 
détaill«5es, plus ou moins exactes, peut-ètre n'en est-il aucun 
qui répande une plus grande lumière sur la formation d une 
classe d'iudividus qui s'écartent, bien sensiblement, des for- 
mes et des lois de l'organisation que la nature observe dans 
le plus grand nombre des étres, dans les espèces d'animaux 
auxquels ils appartienuent. 

V 



38 RECHEBCUES StJR LES MONSTRES 

La singularité frappante de ce monstre , les conséqucnces 
importantcs et décisivt'S qui paraissont en découlcr , pour 
pouvoir enfin fixev nos idées sur une classe bien nombrcuse 
de monstrcs, et pour pouvoir prononcer , avec bien moins 
d'hcsitation et de doute, dans une discussion qui a été agi- 
tée par de très - habiles Anatomistes et des Physiologistes 
célclircs, nous forceront à nous enfoncer dans un labyrinthe 
de discussions bien difficiles et obscures à la vcrité, mais 
qui recoivent cependant un grand jour des observations , 
dont nous allous vous entretenir , et des considérations que 
nous offrirons à votre méditation. Ainsi^ nous ne nous bor- 
nerons pas à tracer une description sèdie, minutieuse , stè- 
rile ; mais approfondissaut , comparant ce que nous avons 
vu avec ce que d'autres Anatomistes out observé , nous ag- 
grandirons nos VTies , et , appuyés à une sèrie d'inductious 
que , le flambeau de l'anatomie à la main , nous croyons 
très-rigoureuses , inductions directement déduites des faits 
les mieux avérés , nous taclierons de généraliser nos idées 
sur toute cette classe de monsfres qui, par leur structure 
et par la nature de leur organisation, ont des rapports directs 
avec cclui dont nous allons commencer l'examen. 

Ce mémoire sera partagé en deux parties. Nous trace- 
rons, dans la première, l'iiistoire de ce monstre, exactemeut 
détaillée , et nous en comparerons la description avec d'au* 
Ires monstres , qui paraìssent s'en approcher le plus. 

Nous tacherons , dans la deuxième , de déchirer , en par- 
<ie, le voile tènébreux qui enveloppe d'une grande obcurité, 
les causes matérielles et productives des monstres , causes 



PAH LES ciT. Giulio et Rosst. S9 

dont plusienrs paraìssent intiincincnt liées avec les forcoa 
dont dcpcnd la generation , et qui par-là n'cn sont quo plus 
profondcment cachccs au physiologiste. Nous nous applau- 
dirons, nous serons prescjue fiers de nolre travail , s'il nous 
réussira de porter quelque faible rayon de lumière de plus 
au milieu des dpaisses ténèbres, dont laformation des mons- 
tres parait environnée de tonte part. Nous ajouterons quel- 
ques rdflexions qui ont pour but de redresser les idées sur 
les caractères cssontiels des monsti'cs, qui, daus Bonnet et 
dans d'autres Auteurs célcbres, nous paraìssent défectueuscs. 

I/* P A R T I E 

DESCRIPTION DE KOTRE MONSTRE. 



Ce monsti'e qui a été envoyé de la vallee d'Aoste, est 
un chevreau à une seule tète, à doublé épine, avec qua tre 
ordre de cótes , dcux pom* cliaque épine , deux sternum, 
huit jarabes , et avec cela une seule cavité de la poitrine, 
une seule cavité de l'abdomen, et tous les viscères con- 
tenus dans ces cavités , simples, à l'exception des reins. 
Dans ce monstre, si vous regardez la charpcnte osseu- 
«e au-dessous de la téte , et les parties adjointes ou dé- 
pendantcs, vous aui-ez les squelettes complets de deux che- 
vraux, commencans sous l'unique osoccipital de la téteuni- 
que: si vous considérez les viscères contenus dans la cavité 
du thorax, et dans celle de l'abdomen , vous ne retrouverez 



40 RECHERCHE3 SUR LES MONSTRES 

que les viscères d'un seul iiidividu , avec les módificatloua 
qiie nous ferons obsei-ver , et vous n'aurez qu'une seule 
tètc , un seul cerveau, etc. etc 

Pour se former une idée plus exactc , et plus étcndue 
de ce monstre , il faut commeucer par la considération de 
la charpente osseusc. Or, pour cn avoir une idée bicn nette 
et bicn claire , voici comme il faut procéder. Figurons- 
«ous cet animai éteudu et place sur une tablc , de manière 
que sa téte y pose par sa partie postérieure , et par son os 
occipital , place de la méme manière que nous éten- 
drions un individu ordinaire quelconque sur son dos cu sur 
l'épine vertebrale. Aloi's nous commencons par retrouver 
une téte unique , dont la conformation , la figure, les con- 
tours ne s'écartent en rien de la structure des autres tétes 
dans ces auimaux. A sa base, l'os occipital qui est unique 
présente le grand trou doublé ; de chaque trou commcnce 
une colonne vertebrale; chaque colonne a le méme nombre 
de vertèbres, méme arrangement, méme disposition que 
dans les individiis non monstrueux. Les trous étant l'un à 
coté de l'autre , c'est-à-dire, Fun à droite et l'autre à gauche 
de la base de l'os occipital , de méme, les deux colonnes 
vertébrales, laissant entre elles un intervalle rempli dans 
le cou par les parties que nous dirons, sont, l'une à droite 
et l'autre à gauche. Elles descendent en manière qu'ellès 
vieunent à occuper les parties latérales moyennes de là 
"cavité du thorax et de la cavité de l'abdomén , chacune 
de son coté. Chaque colonne a ses deux ordres de cótes : 
aiusi preaant la colonne ou épiue droite pour la ligne 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. 4* 

laterale moycnne de son coté , nous retrouvons deux ordrc9 
de cótes , l'un se portant antérieurement , et l'autre posté- 
•rieuremeiit ; de mème l'épine gauche ótant la ligne late- 
rale qui passe par le milieu du coté gauclie, s'avancent aussi 
deux séries de còtes , l'une forraant la moitic du parois 
Bntérieur osseux du thorax , l'autre' la moitic du parois 
ósscux postérieur de la mémc cavité. La partie antérieure 
du thorax , c'est-à-dire la face qui répond à la ligne qui 
se continue de la pointe du museau, est formée par la serie 
antérieure dcs còtes de l'épine droite, et la mèrae sèrie 
des cótes de l'épine gauche. Au milieu de ces deux séries 
de còtos est un sternum , auquel ellcs viennent aboutir. 

Les deux séries postérieures des cótes, tenaut h chacune 
des deux cpines, se courbent postérieureraent et là où, daus 
un individu parfait, se trouverait l'épine du dos , se trouve 
tin autre sternum , auquel aboutisseut l'oi'dre postérieur 
dcs cótes de l'cpinc droite, et l'autre ordre postérieur des 
cótes de l'épine gauche. 

Par cettc singulière disposition de deux épines , de 
quatre séries de cótes , de deux sternum, naìt une seule 
cavité de la poitrine , ayant au milieu, antérieurement et 
postérieurement, un sternum, et de chaque coté, le long 
de sa ligne moyenne laterale, une épine. Ces épines sont 
placécs, l'une vis-à-vis de l'autre, et se regardent par les 
corps cl('s verlèbres et par la concavité dcs cótes. 

Au-d^\ssous des vertèbres dorsales viennent les lombai- 
res et les os sacrum, et le couyx, et les deux innominés, 
qui , de chaque coté , sont confoi'més comme dans uà indi- 



^^ RECHERCHES SUR LES MONSTRES 

vidu entièremeat parfait. Avec les os iuaominés de chaque 
épinc, soiit aiticulces les deux jambes postéiieures. 

Voilà donc au-dessous d'ime téte imique toutes les par- 
tìes osse uses de deux individus ; voilà les deux squelettes 
setenanf:, corame le fci'aient deux animaux embrassés , de 
manière qu eatvclacanit leurs quatre pattes autérieurcs , se 
touchcraioiit par leur poitriae et Icur abdomcn. De cet 
arrangement rcspectif dcs deux charpeutes osseuscs, il est 
fròs-aisé de conccvoir de quelle manière doiveat étre en- 
tralacées Ics jambes antérieures et les postérieures , ce qui 
sera encore plus aisé, en jettant un coup d'oeil sur la fi- 
gure que nous avons fait dessiuer avec toute l'exactitude et 
precision possible. 

L'arrangement , la configuration , le nombre de toutes 
les parties tant extéricures qu'iutérieures de la téte, ne dif- 
féraient en rien de l'organisation des mémes parties dans 
les individus de la méme espècc. Cerveau , cervellet , les 
membranes qui les enveloppent , les artères , les veines , 
les sinus ne px-ésentent aucuue différeuce remarquable. 

Mais à la base du cerveau et du cervellet , commencent 
à paraitre des différences bica sadlantes et bien marquées; 
La moelle allongée est unique jusqua l'extrémité des 
corps olivaires et pyramidaux, c'est-i\-dire , jusqu'à l'endroit 
où sortant par le grand trou occipital, elle s'enfonce dans 
le canal des vertèbres, et recoit le nom de moelle épinière. 
L'os de l'occiput, au lieu d'un seul grand trou occipital, 
en présente deux ; au-dessous de chaque trou commence 
une colonne vertebrale , dont le canal répond au trou , et, 



PAR LES Gir. Giulio et Rossi. 4'5 

la moolle allongée, biffurquée en deux troucs, donne une 
branclie pour chaque canal vertébral. 

Dans rópaisseur du cou, au milieu du canal des ver- 
tèbres ccrvicales des deux colonnes , on trouve un seuI 
larynx, et de l'extrdmité inférieure de celui-ci, descend une 
trachèe unique. 

De chaque cóle du larynx, et de la trachèe, descend le 
grand nerf sympatique ou iutercostal , dont on ne trouve 
qu'un Seul trono de chaque coté, jusqu'à son entrée dans 
la cavile du thorax, ainsi que jusqu'à son entrée ou à son 
issue du canal carotique , de mème que la trachee étoit 
unique , nous avons trouve un seul ésophage , dans lequel 
nous n'avons rien oliservé qui s'écartàt de la structui-e 
ordinaire. 

La téte étant et n'ayant que deux trous lacerum , il 
n'existait que deux nerfs de la 8/ paire descendans le long 
de l'ésophage. 

Dans la cavité de la poitrine , nous ne rencontràmes 
qu'un ccEur unique , logé dans le péricarde , comme à 
l'ordinaire. 

Deux seuls poumons , dont le droit cxcédait de beau- 
coup son volume naturel, car, au lieu d'un lobe de plus 
que le poumon gauche , il est pour le moins volumineux 
trois fois autant. lei nous rencontrons une différence bica 
remarquable. Du ventricule gauche du coeur naìt, comme 
à l'ordinaire, Fartòre aorte, qui, après avoir fait son grand 
are, se prolonge le long de celle des deux épines , qui se 
trouve du coté gauche de la cavité de la poitrine. 



44 RECHERCHES SUR LES MONSTRES 

L'artère qui nait du ventricule dioit , et qui devrait 
toute culiòre se portar au poumon, se plie, se renverse 
du còte droit, gagne l'épine de ce cute, après avoir forme 
un are cornine l'aorte, semblable en tout à la véritable 
aorte de Tautre coté, et cette artère pulmonaire, trans- 
formée cn aorte, donne les mémes branches au-dessous 
de l'are que donne l'aorte véritable. 

Pour ce qui regarde les poumons qui ne recoiveut point 
une artère pulmonaire, proprement dite , voici de quelle 
maniere ils sont pourvus de vaisseaux. 

Le poumou gauche recoit une grosse branche de l'aorte 
véritable , c'est-à-dire , du gros tronc artériel qui naìt du 
ventricule gauche, et le poumon droit recoit un tronc de 
l'artère qui devrait étre la pulmonaire. 

Gomme là grosseur du poumon droit excède extraor- 
dinairement le volume du poumon gauche, le diametro 
de l'artère qu'il recoit, excède à peu près, dans la méme pro- 
portion, celui que recoit le poumon gauche. 

Lesquatre veines pulmonaires se jettent, comme à l'ordi- 
naire, dans l'oreillette gauche. 

Les artères carotides naissent de l'aorte droite , montent 
le long de la trachèe , et se partagent comme dans les au- 
tres individus. 

Chaque aorte suit l'épine à qui elle s'est jointe. Comme 
dans la poitrine vous avez dcux ordres de cótes appar- 
tenant à chacim d'elles, et qu'ainsi, chaque ordre de cótes, 
a ses 22 muscles intercostaux , l'origine des artères inter- 
costales a lieu de chaque aorte, comme à l'ordinaire. 



I 



PAR LEs ciT. Giulio et Rossi. 4 5 

Dans la cavité de rabdomcn noiis avons trouvé un seul 
estomac , dans lequel se l'aisait l'inscrtion de l'ésophag© 
comme h l'ordlnaire. L'estoniac se continuait dans le ca- 
nal intestinal , le duodenum est seul , aussi bien quc tout 
le system e de tous les autres inteslius lant gréles que gros» 

Le colon seiilcment se partage en deux, et comme il y 
a deux os sacrum , il y a aussi deux intestins rectum ; 
ainsi les matières fécalcs, préparées dans un seul cctcum 
et colon , sortent par deux rectum. 

Le foie est unique , et du coté droit , les vaisseaux arte- 
riels lui viennent de l'aorte dioite , qui lui donne vme très* 
grosse artère. 

Comme il n'y a qu'un seul systéme d'intestins , un seul 
estomac , il y a aussi une seule rate. 

La veine porte qui est formée du concours de toutes 
les veines qui pi-ennent le sang de cespartics, devait aussi 
étre unique , et ne différait en rien de la formation de la 
veine porte des animaux de la mt-me espèce. 

Aux deux còtés de chaque épioe étaient deux reins com- 
me à l'ordinaire , avec leurs capsules , et chaque artère 
aorte donnait les deux artères rénales. 

Comme il y avait deux artères aortes, il y avait aussi 
deux veines caves , une le long de chaque tapine , et cha- 
cune recevait Ics deux veines rcnales, et Ics deux veine» 
iliaques. 

La veine Cave du coté droit passait, sclon la dlstribution 
generale, derrière le foie , et la veine cave du coté gauche, 
veuait réjoindre la cave droite dans la fosse postérieiu-e du 

G 



4° RECHKRCHES SUR lALS MONSTRES 

foie , par laquelle passe la cave ordinaire , et versait s on 
«ang dans la vciue cave droite. Ainsi tout le sang dcs 
deux caves venait dans l'orcillcttc droite. 

Daprès cette description ou voit que les viscèrcs qui 
occupent le milieu des cavitc^s de la poitrine et de l'ab- 
domcn, étaient uniques, comma le cocur , les poumons , 
le foie, l'estomac, les intcstius. Les parties qui sont à 
coté de l'épine , comme Ics reins, les urctères, étaient 
doubles. 

Les bassins étaieut doubles aussi, ainsi que la vessie et 
la matrice *. Les parois de l'abdomea n'étaient unis que 
par les intégumens et Ics muscles. Les muscles de l'abdo- 
men étaient doubles. 

Nous ne poursuivrons pas plus loin la description mi- 
uutieuse de ce monstre extraordinaire. Ce qui peut servir 
pour en faire bien connaìtre la nature singulière , et à 
jetter quelques lumières siu- sa formatiou, est suffisam- 
meut décrit. 



* C'était une fcmelle. 



PAR LKs ciT. Giulio et Rossi. 47 

II.' PARTI E 

RECHERCHES PHYSIOLOGIQOES SUR CE MONSTRE 
ET SUR LES MONSTRES QUI ONT DES RAPPORTS DIRECTS 

AVEG CELUI-CI. 

L'expllcation des moustres est un des poi'nts les plus 
difficiles et cmbarassans de la physiologie. 

Un monstre est une anomalie, une aberratlon , un 
écart dos lois que la nature semble avoir établies dans 
l'orgauisation des ctres vivans ; ces aberrations tiennent à 
leur formation, et celle-ci à leur generation, 

Pour pouvoircxpliqucr de quelle manière se font Ics mons» 
tres contre les lois de la nature , il faudrait connaitre ces lois, 
il faudrait connaitre comment les ctres vivans sont organiscs 
selon ces lois. 

De méme que , pour pouvoir dire d'un phénomène qu'il 
contrarie Ics lois du mouvcmcnt et de l'attraction, il laut 
connaitre ces lois; il faudrait connaitre égalcment les lois du 
mécanisme de la génc^ration. Peut-étre, ce que nous regai- 
dons comme une abcn-ation d'une loi de la nature, est bien 
loin de l'éfre. Peut-ctre, dcpend-elle de quelque loi se- 
crette non encore bien connue. Car quel est Ihomme qui 
puisse se flatter de les avoir dccouvcrtes toutes, et de 
les connaitre dans leur universalité, ces lois? 

La tJu'orie des nionstres tient intimement à celle de 
la generation , comme Haller l'a très-bien observé ad 
intima penetrai mysteria generationis. 



4^ REGHERCHES SUR LES MONSTRES 

Tous les naturalisfcs connaìssent les trois systémes cpi'on 
a imaginé poni- expliquer la generation. Tous connaìs- 
sent Ics preuvos sur lesquelles chacun d'eux est étayé , 
et les difficullés qui paraìsseut les combattre , chacun à 
leur tour, et nous laisscnt incertains sur le choix d'un 
des trois , pour nous tirer d'un scepticisme , qui paraìt 
d'autant plus excusable , que les preuves, les expériences , 
les raisonneraens paraìssent presque se balancer. 

Mais quelque soit le systéme qu'on voudrait adopter, 
) entrevois une manière d'envisager la question , qui, laissant 
intact le systéme de la géne'ration , peut étre résolue jusqu'à 
im certaiu poiat , avec plus ou moins de vraisemblance ^ 
ou de certitude dans tous les systémes. 

Pour bien comprendre ceci , il faut bien poser l'état 
de la question, et l'énoncer aussi clairement qu'il est 
possible. 

Faut-il attribuer la formation des monstres à des cau- 
ses pureraeut accidentelles , faut-il la rapporter à des oeufs 
raonstrueux ? On connaìt la longue et fameuse dispute de 
Lemery et WiNSLow, qui ne finit que par la mort de 
l'un des combattans. 

Chacun appuyait son opinion sur Ics monstres , et 
quand la victoire balancait , on recourrait à la subtilité do 
la mótaphysique ; Lemery soutenait que la formation 
des monstres était due uniquemeut^à des causes acciden- 
telles qu'il assignait , et qu'il savait employer avec bcau- 
coup de sagacité et d'esprit. 

WiNSLow laissait là tout cet attirail d'explications phy- 



PAR LEs ciT. Giulio et Rossi. ijg 

■siques, et le scalpel à la main, il prctcndait trouverdans 
certains monstres des preuves incontestablcs, que leur 
formatioa ótait due uniquement à des CEufs originaire- 
mcat monstrueux. 

FoNTENELLE, dignc de juger les deux célèbres adver- 
saires, nous a donne la relation abrégée de leur combat , 
que Fon peut lire avec plaisir dans l'histoire de l'Acadé- 
mie des sciences pour l'an I740' 

Charles Bonnet , observaleur subtil , et naturaliste in- 
génieux , parait, dans ses derniers tems, avoir pris parti 
pour l'hypothèsc de Lemery , dans le deruier cliapitre 
principalement des corps organisés. 

Celui, parmi tous les anatomistes et les pliysiologistcs , 
qui était, à notre avis, en état de traiter avec plus d'é- 
tendue , de justesse , de profoudeur , cette question , par 
l'immensité de ses connaissances , par une habilité extraor- 
diuaire en anatomie, par Fordre admirable qu'il savait 
mettre dans les faits, par un coup d'oeil toujours pcjuétrant, 
et presque toujours juste , était le célèbre Haller. Aussi 
a-t-il traité avec étendue cette matière dans son troisième 
volume des opuscules anatomiques mincurs. Le méme 
ordre qui règne dans son incomparable physiologie, 
règne dans ce traité. 

Haller a adroitement et avec beaucoup de justesse, 
distingue les monstres , et les différentes espèces de mons- 
truosités qui tienncnt à des causes accidcntclles , et ceux 
qui tienuent à des causes plus profoudcs , liécs avec la 
formatiou de tout l'iudividu. 



50 RECHErtCHES SUR LES MONSTRES 

Nous avons examinées attentivement les raisons de Leme- 
RY, de BoNNET, de leurs partisans, nous avons comparés, 
pescs les faits qui sont rapportcs par diffcrens anatoniistes, 
uous les avons rapprochés de ceux qui sont présentés 
par Haller , et après un mùr cxamcu , nous pensons 
qu'il faut aljsolument admcltre deux espèces de monstrcs, 
dout l'iinc tient à des causes accidenlelles , et l'autre à des 
causes bien plus profondcs. 

Puisque pous accordons à Lemery, à Bonnet, età d'autres 
auteurs la formation des monstres par des causes accidcn- 
telles , puisque non seulement Haller les admet , mais 
qu'il cu cite un grand nombre d'exemples , il serait 
fort superllu d'en démontrer l'existence. 

Mais, Gomme nous différons en ceci de Lemery et de 
Bonnet , que nous soutenons qu'il y a des monstres 
qui ne sont point dùs à des causes accidentelles , telles 
que ces auteurs les entendent, et d' après lesquelles ils 
en expliquent la formation sans exception ; comme nous sou- 
tenons que l'explication de Lemery et de Bonnet n'est nul- 
ìement applicable au monstre , dont nous avons donne la des- 
cription , nous choisirons quelques-unes des prcuves les plus 
éclatantes de l'existence des monstres dans le sens de Wins- 
Low et de Haller, et nous ferons voir ensuite, par les induc- 
tions que notre monstre nous fournira, que ce monstre, et ceux 
qui lui ressemblent, n'appartiennent absolument , indubita- 
blemcnt point à la classe des moustiuusilds accidentelles. 

L'ossentiel est de nous bien entendre sur le sens de 
CCS mots , causes accidentelles. 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. 5i 

Quand nous disons qii'un monstre n'est poiut dù à des 
causes accidentelles , nous %'oulons dire que toutes les 
partics qui le composcnt , aussi bien que la variété de 
toutes CCS partics, sont contemporaines , coexistantes, for- 
mées et arrangées toutes à la méme epoque , quelqué soit 
cette epoque , et quelque soit le mccaDisme de leur 
formation. 

Aiusi , Gomme nous le rdpéterons après , quelque soit 
le systéme de la generation qu'on veut préférer, cela 
nous est égal , pourvn que dans tei systcme qu'on choi- 
sira , l'on avoue que toutes les parties des moustres, que 
nous uions avoir été produites par des causes acciden- 
telles , soit celles qui obsei-vent la régularité de Forga- 
nisation naturelle , soit celles qui s'en écartent , ont été 
formées et moulées , pour ainsi dire , eu meme temps , 
et que ces irrégularités ne dépendent ni de pression, ni 
de suraddition , ni de greffe, ni d'autres unions ou dé- 
rangemens accidentels. 

Nous pourrions citcr une infinite de monstruosités, qui 
déposent cn faveur de notre In-pothcse : mais comme ce 
u'est pas tant le nombre, que le clioix, la force, et l'évi- 
dence des prcuves que nous clierclious, nous ne ferons meu- 
tion que de quelques-unes des plus saiUantes , pour nous 
hàter de venir au nótre , qui présente un des plus écla- 
tans témoignages en faveur des raonstres, qu'on ne peut 
point attribuer à des causes accidentelles. 



52 RECHERCHES SUR LES MONSTRES 

Quii exìste des monstres et des monstruosilés , qu'on 
ne peut absolument point rapporler à des causes 
accidentelles. 

S'il existe des écarts qui ne peuvent etra expliqués 
pai- des causes accidentelles , soit qua ces anomalies d'or- 
ganisafion se trouvent à l'exiérieur , soit qu'elles se trou- 
vent dans l'intérieur du corps, il en naìt une grande pié- 
soniption , que plusieurs monstres ne peuvent non plus 
etra expliqués par les mèmes principes. 

Il arriva souvent , que les anatomistes trouvent des con- 
formités ou positions dans» les parties iutérieures , bien 
différentes de la disposition et de Tarrangemcnt natui-el de 
ces mémes parties. 

Lemery accorde que da tels arrangemens ne peuvent 
ètre expliqués par des causes accidentelles, mais il nie 
qu'ils soient des monstres. 

Getta obsecvatiofl de Lemery n'est point du tout fondée, 
car la différence n'étant que du plus au moins,deréx- 
térieur ou de l'intérieur, aliene changa rien à leur nature. 
Et si cela ne formait pas des véritables monstres aux yeux 
non instruits en anatomia, cela forme des monstruosités 
aux yeux des bons anatomistes. L'aiTangement différentdes 
organes ne change point l'essence des monstruosités, il 
n'en présente qu'una differente moditication. Est-ce que 
pour qu'il y ait une monstruosité , il sera nécessaire de 
midtiplier le nombre des parties ? est-ca que la téte collée 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. 53 

sur l'abdomen ne serait pas une monstruosité? et si nous 
démontrons, que ce que Lemery s'obstine à uè vouloir 
point appeller du nom de monstruosité , en est une , si 
nous démontrons quii est impossible d'expliquer de tdles 
monstruosités dans l'hypothèse de Lemery et de Boknet, 
nous avons une bicn forte analogie pour cxpli(jucr de la méme 
manière d'autres moustres. Que disons-nous dar' logie? nous 
en aurons une preuve sans réplique. Vous poun-ez juger 
de la solidilé de nos raisonncraens , par quelques exemples 
que nous allons vous retracer. 

Un des exemples les plus frappans , nous le trouvons 
dans ce déplacemcnt , dans cette transposition des viscères, 
par laquelle ceux du coté di-oit se trouvent du coté gau- 
che , et ceux du coté gauche se trouvent du coté droit. 
Lemery dira , que ce n'est pas une monstruosité. Qu'est- 
ce donc qu'une monstruosité ? elle n'est pas extéricure, 
il est vrai, elle ne se présente pas aux yeux de tout le monde j 
ne suffit-il pas qu'elle puisse étre reconnue par les anatomistcs ? 

Or , cette monstruosité donnée , vous pourrez supposer 
que le coeur, dont la pointe regarde naturellement la 
cavité gauche de la poitrine, a été tournée à droite , pai- 
une cause fortuite, une compression ou une autre cause 
quelconque , et ceci ne serait peut-étre pas impossible à 
concevoir. Mais commcnt expliquercz-vous, que la veine 
cave qui naturellement se trouve à droite , qui vieut 
aboutir à l'oreiliette droite , qui passe par un trou du 
diaphragme situé à droite , ait pu se porter à gauche ? 
comment aura-t-elle quitte son trou? commcnt un nou- 



54 RECHERCIIES SUR LES MONSTRES 

veau passage lui a-t-il été prdparé ? voulez-vous suppo- 
scr , ou que le diaphragme n'existait pas encore , ou qu'il 
était encore gélatineux, ductile, prcsque fluide, et que sa 
partie teudineuse n'a pris de consistauce qii'après que 
cet étonnant déplaceinent a eu lieu ? mais qucllcs preuves, 
quelle analogie avons-nous que , lorsque le cocur , et ses 
ventriculeo, et ses oreillettes, et les gros vaisseaux , tant 
artérieux que veineux sont déjà bien développés, le 
diaphragme ou n'existc point encore , ou est eucoi'e fluide ? 
quelle preuve , que la partie tendineuse du diaphragme , 
par laquelle passe la veine cave, n'ait pris de consistance , 
qu'après que la veine cave a été portée à gauche ? c'est 
bien judicieusement et avec beaucoup de subtilité que 
Haller a remarqué , que l'aorte ne pourrait quitter sa 
place naturclle , et se porter à droite , sans déplacer en 
mt'ine teraps et les artères iliaques , et les fémoi-ales con- 
tinues avec les iliaques; que les artères fémorales de- 
vraient, daus ce dc^placement, entraìner avec clles les os 
des extre'mités inférieures et Ics dcplacer en méme temps; 
qu'd faudrait que la téte du fémur droit allàt se pia- 
cer dans la cavité colyloide gauche, et la téte du fémur 
gauche allàt se nicher dans la cavité cotyloi'de droite , 
chosc inintelligible et impossible ! ou bien il faudrait 
que tout l'ensemble du bassin , que tous les muscles qui 
sout attachés au bassin , ainsi qu'à l'épine , que l'épine elle- 
méme fùt renversée , de manière que leur face anléi'ieure 
devint postérieure et cette dernière devìnt antérieure; 
que les corps des verlèbres prissent la place des apophyscs 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. K5 

épineuses , et que Ics apophyses épincuses piissent la place 
des corps des vertèbres , reaversement que nul anato- 
miste ne pourra jamais comprendre. 

Pcrsistez-vous à dire que la seule aorte peut étre dé- 
placée et tournée ; et voulez-vous , vous borner à la partie 
de l'aorte, qui est au-dessus de sa diviuion? mais quand 
nous pourrions bica vous passer cotte restriction , vous 
seriez néapmoius forcés de reconnaltrc , que l'artère hé- 
patique qui doit étre à droite , ne peut se porter à gau- 
che , que l'artère splénique qui doit étre à gauche, ne peut 
gagner le coté droit , à moins que la face antérieure de 
l'aorte ne devieune postérieure, et alors l'artère céliaque, 
la mésaraique supérieure , la mésentérique inférieure qui 
naìssent constamment de la partie antérieure de l'aorte, de- 
Vraient avoir leur origine de sa face postérieure. 

Le foie tourné à gauche présentei-ait son bord tranchant 
à l'épine , et son grand bord aux còtcs. L'estomac ren- 
versé aurait sa petite courbure antérieure, et sa grande 
courbure serait postérieure , etc. 

Mais, dans ccs déplacemens dont on nous a conserve 
l'histoire, tout était dispose avec ordre et symétrie , et si 
l'on excepte le chaogement de coté , tout était disposò 
comme à Tordinaire, et les transpositions étaicnt arran- 
gécs , comme si les viscères du coté droit fusscnt desti- 
nés à occupcr le coté gauche, et cclles du coté gauche 
à occuper le coté droit. Le canal thoracique lui-méme avait 
son insertion dans la sous-clavière droite. 

Lorsqu'ou trouve deux artères aortes , ime pour chaque 



56 RECHERCHES SUR VES MONSTRES 

Vcntricule du cocur, cornine il a dté observé par Tcxact 
Sthenon; lorsque toutes les grosses veiues se réunissaient 
daus une seule qui communiquait avcc les deux vendi- 
cules du coeur, et qua de Tun de ces deux veutricules 
sortaient deux grandes arlères, ce qui a été obscrvé par 
Mens ; lorsque le coeur avait trois veutricules, dont le 
droit recevait la veioe cave, le gauche recevait la vcine 
puhnonaire , et celui qui tenait le milieu, donnait issue 
aux deux artères aortes et pulmonaires à la fois, ainsi que 
nous le lisons dans l'histoire de l'Acadérnie des scieuces 
de Paris ; lorsque la veine umbilicale , au lieu de ga- 
gner le foie, pénétrait dans la cavité du thorax, et ver** 
sait son sang dans la veine cave , que cette méme umbi- 
licale recevait les veines iliaques, les lombaires, les ré- 
nales, les adipeuses , les phréniques ; lorsqu'on trouve 
trois testicules bien avérés , ou deux vessies , et d'autres 
semblables écarts , est-il bieu aisé de les expliquer pay 
des greffes , par des aboucheniens , des compressions ? voilà 
des faits sur lesquels Bonnet aurait dù s'arrèter. 

RoÉDERER parie dans les commentaires de Gottingue d'un 
foetus , dans lequel il y avait deux veines umbilicales et 
le foie manquait. Des deux veines umbilicales, l'une entrait 
dans la veine cave pour aller au ccEur, et donnait les 
branclies thoraciques , l'autre finissait dans la cave abdo- 
mmale et s'étendait aux parties gauches du cou. 

Nous avons plusieurs exemples dliommes à six doigts. 
On nous en a conserve des exemples dans quelques fa- 
milles romaiues, ainsi que de Volcalius sedigilus. Plike 



PAR LÉs ciT. Giulio et Rosst. 57 

oous parie des six doigts de la famille des Horaccs. Plu- 
sieurs é(;rivains , ainsi qua Cardakus Schaarschmidt , 
Panarole , Bauhin , Bartolikus , RuiSKE , Réaumur , 
Daubenton en font mention. II serait long et inuliie d'ca 
retracer ici un plus grand nombre dhistoires, Rui6KE 
parie de six doigts à la main gauche, de scpt h la main dioile, 
de huit au pied droit, de neuf au pied gauche. DaubentoiC 
parie d'un doublé pouce. Valleriole a vu sept doigts à 
chaque pied. Dans le journal de savans de 1696 , N.° 5 j, il 
est parie de huit doigts. Hallerb vu une famille entière 
ùvee des doigts surauméraires , et il en cite plusieurs 
autres exeraples. 

, BoNNET s'est efforcé d'expllquer cette niultiplicalion de 
doigts surnuméraires par beaucoup de subtilités qu'on peut 
sur-tout lire dans son dernièr chapitre des corps organisés. 
Mais que peuvent des subtilités contre des preuves anato- 
tniquement irrécusables?ll arrive, d'un très-grand nombre 
d'hypothèses ingénieuses, ce qu'il arrivait auxpalaisenchantés 
que nous peint TArioste. A peine on jettait les yeux sur 
quelques pages de la sevère Logistille , et on vxjyait ces 
magnifiques palais s'évanouir en fumèe. C'est le cas de 
nombre d'explications,qu'une brillante imagiuation enfante, 
et que quelques pages du grand livre de la nature , su£S- 
sent souvent pour détruire de fond en comble. 

Il paraìt , disait Haller , qu'on ne peut se refuser à de* 
germes originairement moustrueux. 

Un sixième dolgt bien conditionné, avec ses phalanges, 
ses tcndons, ses rauscles, ses nerfs, ses artères, sesveines. 



58 RECHEHCHES SUR LES MONSTRES 

ne saurait ctre louvrage d'im avcugle hasard: car, notez 
que ces teudons vieunent de rhumerus, et qu'une cause 
quclconquc qui n'aurait agi que sui- la maiu seule , ne les 
aurait jamais pi-oduits. 

Et quaud Bonnet demandait « est-il physiquemcnt im- 
possible que de pareilles causes divisent un doigt du germe 
sans agir sur l'humerus , et sans iuterrompre la communi- 
catiou avec lui ? » Haller lui répondait « un doigt à divi- 
ser eu deux, me parait une opération bien dillicile. Dos 
que les deux doigts ont leur mouvement , ils ont donc 
leurs muscles proportiònnés , leurs nerfs , leurs artères. Ils 
ne devraient en avoir, que la moitié dans le systérae de 
partage. Il y a deux troncs droits et parallèles d'artères 
et de nerfs ; il n'y en aui-ait qu'nn , et ce tronc unique 
s'acquitterait mal d'un emploi , pour Icquel il n'y a rien 
de trop que de deux. « 

Si l'existence de qnelques hernfl^phrodites dans les espè- 
ces d'animaux , dans lesquels les sexes sont séparcs, et placés 
sur des individus différens, a vraiment été prouvée : s'il est vrai 
que l'on ait observé , dans le genre humain , de véritables 
hermaphrodites , s'il parali certain que l'histoire donnée 
par un anatomiste , aussi habile que Petit , dans les mé- 
tnoires de l'Académie des sciences , ne peut étre re- 
Voquée en doute , histoire , par laquclle nous appre- 
nons que dans un individu humain avec tous les organes 
Biàles, testicules, verge ,. vaisseaux spermatiques , on a 
trouvé la matrice, les trompes de fallope etc. ; nous serions 
bien curieux d'apprendre quelle a été cette cause acciden- 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. Jk) 

telle si pulssante , à laquclle il faudrait rapporter et cette 
matrice, et ces trompes, et leurs vaisseaux, etleurs nerfs? 

Considéralions pardcuUères sur ce monslre. 

Quoique Ics cxcmplcs des monstres quc uous venons 
de citcr , aussi bien que d'un très-grand nombre qu on peut 
lire dans les livres de plusieurs auteurs, aux yeux d'uà 
anatomiste éclairé et impartial , prouvent assez l'insuffi- 
sauce à les expliquer par des causes accidentelles : cepen- 
dant , commc , peut-ètre , nous n'avons pas assez déve- 
loppé , et établi le sens de ces mots, causes acciden- 
telles , qu'il uous soit permis de le faire maintenant , avant 
de tirer les inductions qui découlent de la considéra- 
tion du monstre que nous avons décrit. 

Il faut avaut tout bien établir l'état de la question, car 
de cet état bien pose , dépend la solution exacte du 
probléme. 

Puisque nous nious que la formation de notre monstre 
puisse t'tre rapportò à la classe de ceux qui sont dùs à 
l'action , ou au coucours de causes accidentelles , expliquons 
bien daus quel sens nous voulons ici prendre ces mots. 

Mais il ne s'agit pas de toutes les acceptious que ces 
mots peuvent avoir : il ne faut pas oublier que nous com- 
battons ici les idces de Lemery , de Bonnet et de leurs 
parlisans ; ainsi , au nom de causes accideìitelles , il faut at- 
tacher une signilìcation telle que ces auteurs leur ont 
donnce , et les refuter dans le sens de leur cxplication, 
«?t dans les vucs propres de leur systéme. 



€^ REciirncHES sur i.es monstres 

Nous ne nous allacho;is pas à conibaltrc toutcs Ics Sub- 
tilitcs qu'ou peut hasardcr sur ce siijr( , nous conibattons 
les bases géncrales de leurs explications , et rapplication 
de ces priucipcs généraux à tous les moiistrcs iudis- 
tiuctement. 

Oi- , qu'en dlt-il Bonnet ? d'abord quant aux monsf res 
par excès , il dit, qu'une ou plusieurs parties d'un 
germe s'unlssent, s'anastomosent , ou se greffent avec les 
parties d'un autre germe : que deux parties s'unissent 
pour en former une seule , ou une partie unique se di- 
vise pour en former deux distinctes et semblables. 

Pour appuyer catte hypothèse, Bonnet remarque que 
les monstres par excès, sont plus communs parmi les ani- 
maux qui produisent plusieurs petits à la fois, que chez 
ceux qui n'en produisent qu'un ou deux. 

Qu'il doit arriver bien plus fréquemraent dans les pre- 
miers, que deux germes se reucontrent, et de-lù des 
abouchemens, des anastomoses entre ces deux ou plusieurs 
germes qui doivent donner naissance à différentes espèces 
de monstres. 

Il observe que toutes les parties du' germe ne se 
développent pas à la fois , et uniformement. Les obsei'va- 
tions sur les incubations des oeufs le démontrent; et cette 
inégalité dans revolution doit modifier les effets du con- 
tact, de la pression, de l'adhérence, de la pénétration i-éci- 
proque de la greffe. 

Il observe que les germes de l'horame, celui d'un 
quadrupòdc , d'un oiseau , ont , après la fccondation , une 



PAR LES ciT. Giulio et Rossi. Ci 

consistance qui, pi-obablcmcnt , nt' diUcre beaucoupde colle 
d'un polypc ; que rien ne favoiise plus l'union de lous 
orgauiqufs , que la Juctilité des partics; quo dcsgouttes de 
la menie gelée, cu d'une gelée analogue, n'ont pas de 
peine à s'unir ; que l'art, et souveot l'hasard , réunissent 
des portions de polypcs ou différens polypes , d'où nais- 
scnt cent sortes de monstres, et il s'écrie « si Lemery avait 
connu les merveillos de ce genre, avec quel plaisir et 
avec quelle dextérité ne les aurait-il pas fait servir à étayer 
son hypothèsc ! pourquoi , dit-il , dcux cuisses , deux 
bras , deux épines , encore gélatiaeux , ne pourraieat-ils se 
greffer par approclie ? » 

Gomme il s'agit d'un monstre par excès , nous n'avons 
dissimulé les différeutes explications , et hypotlièses, selon 
lesquelles il paraìtrait que notre monstre pourrait t-tre 
interprete dans le sj'steme des causes accideutelles. Allons 
voir s'il paraìt raisonuable de le rapporter à quelqu'uue 
de ces explications. 

Partisans de l'universalité des causes accidenlelles , si 
Vous essayez d'en donner une explication dans votre sys- 
téme , vous serez forcés de dire que cot individu est le 
résultat de deux autres , dout quclqucs parties ont été 
conservées dans leur entier , sans que Icur forme, leur 
contour, leur volume, leur organlsatiou n'aicnt été cnricn 
altérées , tandis cp.ie d'autres parties auront été déliiiites , 
ou auastomosées ensemble. 

Ainsi , les deux épines , les deux moelles épinières , les 
guati-e reins et les deux artères aortes , avec leurs rami- 



^2 RECHERCHES SUR LES MONSTRES 

fications rcspectivcs , Ics liuit patlos avcc Icurs miisclos , 
scraicnt Ics parllcs de doux gcrmcs jadis dislinctes , puis 
dans la suite uuies cuscmJilc , par des aboucliemcns , vt 
des anastomoscs. 

Au coDtraire , commc il ny a qu'unc scale tele , un 
Seul cei-vcau , un seul cervelet , un seul larynx, une 
seule trachee , un seul ocsopliage ; que le péricarde , le 
ccEur , restomac , le foie , Ics intestins sont uniquos , il 
faudra dire , ou que cliacun de ces organes est le résulfat, 
et Gomme l'amalgame de deux oi-ganes scmblables et cor- 
respondans, ou bien, que Ics organes correspondons de 
l'uu des deux germes ont óté détruits , dissous ou non 
développés par des causes que les partisans du système 
que nouscombattons, n'auront pas de peine à assigner. Car, 
il ne sera pas plus difficile ù l'imagination de retrancher , 
de couper, de dissoudre, de fairc disparaìtre corame que 
ce soit, quii n'est embarassant pour elle de greffer , de 
joindre , de mouler , d'amalgamer plusieurs partics , ou 
méme plusieurs individus. Supposcr que ce monstre a 
cté un ctre compose de deux individus, dont plusieurS 
organes ont disparu par quclque dissolution , ou qui ont 
été fondus, moulés ensemble ; et d'autrcs ont conservée leur 
forme, nous parait une hj^othèse insoutenable. 
Et voici nos raisonnemens : 

Commenconspar la téte.Toutes les partles rn sont szmples, 
tant les exlernes que Ics intcì'nes. Intégumens , musdcs fron- 
taux , muscles occipitaux , coeffe aponevrotique, os du era- 
ne. Ics ycux. Ics muscles des yeux, lalangue, os byoi'de. 



PAR LES ciT. Giulio et Plossi. G3 

•Ics musclcs de ccs partics, les niuscles du museau , les rausclés 
de la inachoire iuféricurc, vaisseaux , nerfs de ccs partics; 
cervcau, ccivdct , envcloppcs de ces viscères, sinus, ar- 
•tères, moelle allongée , ueri's cérébraux, tout ctait comme 
dans la lète d'un individii non monslrueux. Elait-ce dono 
la lète d'un de dcux individus qiroii supposerait conscr- 
vée , Oli bicu vcut-on qu'elle soit le itsultat de deux 
tètes amalgamóes? 

Dans le premier cas , que sera devenue l'antre lete ? 
dirons-uous qu'elle a élé dctruitc par des pressions, ou • 
dissoute quand elle n ctait encore qu'uue gelée tcndre et 
niuqueuse ? mais comnieut les os de la téte de l'un des 
deux individus auraiect-ils été dissous , sans que ceux 
de répine attachée n'aient rien souffert? si vous suppo- 
sez les OS eucore nious, ceux de l'épine le sont égale- 
nient ; si vous parlez d'un tems oìi ils ont déjà acquis 
de la cousistance , ceux de la téte ne sont pas des dcrniers 
à s'endnrclr, et Ics os des tenipcs par cxeniple , ne sont 
pas moins durs certaiuement que les vertèbres. 

On répondra , sans doute, quii y a d'exemplcs, tantót 
d'un, tantót de plusieurs os du crane, quelquefois de 
tout le crane manquant , tandis que rien ne manquait dans 
l'épine , qu'ainsi , quelle qu'cn soit la cause , cette cause a 
pu faire évanouir une téte entière , et laisscr l'autre in- 
tacte. Mais , comme nous le répéterons après , c]uand on 
aura par celle supposition renda raisou du défaut d'une 
téte, comment expliquera-t-on les deux grands trous de 
I l'os occipital de l'autre lete , et l'union de dcux épines 



^4 RECHERCIIES SUR LES MONSTRES 

à cet OS iiniquc ? vciU-on supposer qiie Ics deux tctcs 
se sont rcunics en iiue tóto seulc? e ost-à-dirc, que cliaque 
tt'te a été détruitc par moitir , cf quc des deux moitiós 
conservées et collées ensemble par Icur milieu , tandis 
qu'elles ctaient tendres et gélalineuses, en est résultée une 
téte unique ? qu'il est aisé à prouoncer une telle expli- 
cation , qu'il est difTicile d y reconnaìtre la moindre trace 
de solidité , ou méme de vraiscrablance , quand on preud 
la peine d'y réfléchir mùremcut! d'abord un liasard si 
heureux , qui aurait dctruit à point nommé les deux moi- 
tiés des deux létes avec une telle précision et justesse , à 
laquelle un Albinus , un Hunter , un Haller n'auraient 
pu atteindre ^ quand ils en auraient eu le choix ; un ha- 
sard si savant, qui aurait su aboucher tant de raraifica- 
tions des carotides , de leurs branches , des artères ver- 
tóbrales , tant de branclies des veiues, tant de rameaux, 
tant de filets nerveux avec les parties qui doivent leur 
correspondre , et dont ils prennent leur origine ; un liasard 
infaillible qui, avec un succès inconcevable, aurait anas- 
tomosées les artères et les veines de la moitié d'une téte, 
avec les troncs de ces vaisseaux , qui vienuent de l'autre 
individu, qui aurait uni les sinus d'une téte avec les gros 
troncs veineux du con de l'autre individu , qui aurait 
colle toutes les ramiflcations des artères trachéales , thy- 
roi'diennes, labiales, linguales, temporales d'un coté de 
cette téte , avec les troncs de ces artères qui viennent de 
l'autre individu ( car il n'y avait qu'un cocur , et quoiqu'il y 
eùt deux aortes , une seule donnait les carotides ) non seu- 



PAR LEs ciT. Giulio et Rossi. 65 

lement un tei hasavd scrait étonnant, mais il y aurait 
tant de sagcssc , tanl de prévoyauee combinalricc, laut 
d'adresse, que nous ne voyous pas pourquoi l'on ne poiir- 
rait dire également , que le corps euticr d'un liomme 
ou d'un animai , est dù à l'hàsard. 

Dircz-vous donc que les dcux létes ont étc fondiies 
ensemble ? qu il est mal-adroit de transporter ces idees 
grossicres à une organisation si composce , si symétrique, 
si admiiable? quand les deux tòtes auraient été comme 
dissoutes et mélées , où est le moule dans lequel on aurait 
fa^onnée la téte imique , composéc du mélange de deux ? 
si nous avons rccours à un moule intérieur, tei qu'il a 
été enfanté par l'imagination de Buffon , il faudrait alors 
abandonner l'existence des germes préformés, que Bonnet 
a constammeut admise et soutenue; et quand la force d'un 
semblablc moule serait aussi réelle qu'HALi,ER , soit dans 
la préface de la traduction Allemande de Tliistoire natu- 
relle du Pline francais , soit dans le huitiòrae volume de 
sa grande physiologie , l'a démontré chimcrique , il poiu*- 
rait tout au plus figurer le coutour des parties externes, 
mais jamais ne poun-a-t-il arranger , ordonner avec tant 
de symétrie et de prévoyance, un si grand uombre de 
parties interncs. Mais de telles idées fondccs sur une prc- 
tendue rcsseinblance des parties organiques, avec une ma- 
tière liquifiée dans un creuset et jctée dans un moule , 
ne méritent pas mème une réfutation sérieuse. 

Si de la tòte nous passons au cou , nouveUcs diffl- 
cultés, nouveaux embarras , si uous admeltons pour cct 



66 RECHERCIIES SUR LES MONSTRES 

inclivii.lu l'explicallou dcs causes accidcntclles. Comment 
l'os ocoipital, étant uuiquc, il a deux grands trous , à clia- 
cuu desqucls coniinencc une colouue vertebrale ? le ccr- 
vcau et le ccrvelet ótant uniques , et ne dillérant cu ricii 
de lour structure ordinaire, quel est lliasard qui a paitagée 
cu deux la moelle allongée , pour en faire deux moeJlcs 
epinières, une pour chaque eanal vcrtébral ? 

L'unite du pliarynx dcsceudant au milieu des deux co- 
lonues des vertèbres cervicales n'est pas moius cmbaras- 
sante. Les anatomistes savcnt bicu que le pharynx atta- 
ché snpérieurement à l'os occipital , est colle le long dcs 
corps des vertèbi-es cervicales; ainsi, on aiirait dù rcn- 
contrer deux pliarynx , lougeant Ics deux colounes ver- 
tébrales, si janiais deux pliarynx cussent existés daus quel- 
que tenis. Car , c[uelle est la cause cjui les aurait dépla- 
cés , qui cn aurait détruit un, qui aiu'ait place l'autre au 
milieu des deux colonnes ? 

L'existence d'uu seul pliarynx avec deux colonnes ver- 
tébrales , uous paraìt prouver, sans r^plique , que daus 
aucun temps , quelque soit l'epoque de la formation ou 
du dcveloppement de cet étre monsti'ueux, il n'a existé 
un pharynx doublé. Le coeur ctait uuiquc, conime nous 
avons fait observer. Mais Tartère puhiionair'e était rem- 
placée par une aorte secondaire. Ainsi , il y avait deux 
artères aortes , une pour chaque épiue. Arrètons-nous un 
moment, et livrons-nous ìi quelques réflexions qui suffi- 
raient seules pour renvcrser l'accidentalité des causes for- 
matrices de ce monstre. 



PAR LEs ciT. Giulio et Rossi. S7 

Quand on aura racme admis qu'un coìur a ctc dctruit, 
on sera encorc bieu loiii d'avoir expliqué rcxistoncc de 
deux artcres aorlcs, et la naissance des artcrcs piilmo- 
naires de l'aorte droitc. Nulle cause accidcnlclle rcndra in- 
telligible l'exlstence de deux veines caves iulcricurcs, tan- 
dis qu'il n'y avait qu'une seule oreillette droitc. Cct arran- 
gement si bien ordonné , cet accord si bien cntcndu dans 
iin syslcme particulicr, et celle doublé aorte pour une 
doublé épine , et ces quatre artères iliaques fémoralcs 
pour les quatre pattes postérieurcs , et ces artères pul- 
monaires aortiques , et cette union des deux veines caves 
inf'érieures cn un seul tronc, parce qu'un seul était le 
trou du diapliragme destine à y donner passage , et une 
seule l'oreillette destinée à le recevoir , et tonte cette dis- 
position dtonnante avcc les rcins doubles , le venti-icule, 
le foie, Ics intestins uniques, Ics rapporterons-nous aux 
hasards, et aux chances des causes accidcntelles ? Que 
«i quelque ardcnt dcfcnscur de rbypothòse que uous 
combattons , avait rccoui'S à l'union de deux coeurs fondus 
cn un seul , nous le pi'ions de vouloir bica peser les 
réflexions suivantes. 

Gommencons par supposcr un cceur place dans sa situa- 
tioD naturdle. Maintcnant, il s'agirait d'expliqucr commcnt 
Un autrc cocur venaut au contact du premier , pourrait 
s'y unir , s'y amnlgamer comme des portions gclatiucuses 
de polypes s'unisscnt , et se gi'cffcnt dans rbypothòse de 
BoNNET. Or le sccond cocur qui vicnt se présenter au 
premier, et dont une parile a cté foudue et dctruite. 



C8 KECHERCIIES SUR LES MONSTRES 

et Taufre luiie et amalgamce daus le coeuv cxistant , sVst- 
il i^résenté au còte antérieur du premier ? dans cette 
supposilion il aurait présente son veutricule gauche au 
ventricule droit de l'autre , ccs deux ventricules aiiraicnt 
cté détruits, et il cu scrait résulté un ccrur uuiquc com- 
pose da \ cntriciile gauche de l'un , et du ventricule droit 
de l'autre. Mais comme de ce ventricule droit sortait 
l'artère pulmonaire , dans un cccur primitif , cette artère 
pulmonairc aurait toujours dù exister: mais cette artère 
puhnouaire primitive u'existait pas dans le cceur de notre 
monstre , et à sa place on trouvait une seconde artère 
aorte : donc cette supposition ne peut pas avoir lieu. Si 
vous supposez que le second cocur se soit présente au 
còte postérieur du premier, alors le ventricule gauche 
de celui-ci , et le ventricule droit de l'autre auraient été 
détruits. Donc il se serait conserve le ventricule droit 
d'un coeur , et le ventricule gauche de l'autre cceur; mais 
du ventricule droit doit naitre l'artère pulmonaire : donc, 
à la place d'une seconde aorte , l'artère pulmonaire aui-ait 
toujours dù exister : mais cette artère pulmonaire u'existait 
pas ; donc la supposition de l'amalgame de deux cocurs 
ne peut pas étre admise. Donc le cocur unique c]ui existait, 
n'a point été forme par l'union de deux autres coeurs , 
mais il a été primitivement forme tei qu'il existait. Donc 
l'existence de deux aortes ne dépcndait d'aucune cause 
accidcntelle, elle était le résultat d'une formation primi- 
tive. Ce raisonnement parait de la dernière évideuce pour 
toiit anatomiste qui voudia bien s'en péuétrer. Que si , 



PAR LEs ciT. Giulio et Rossi. 69 

enfin, on voulait faire unir Ics deux coeurs dans qiiel- 
qii'aiitre sens , le cccur qui cu serait l'ésulté aurait étc 
informe , au lleii qu'il avait sa conformation ordinaire. 
Et quaud on voudrait passer pour bonucs toutes Ics sup- 
positions qu'on pourrait entasser Ics uncs sur Ics autres , 
pour Tcxplication du coeur , on n'expliquerait jamais la 
naissancc dcs deux artèrcs pulmonaires de l'aorte ; et si 
Fon disait qua ces artcres pulmonaires étaient Ics bron- 
chiales , Fon ne pourra comprcndre pourquoi l'autre ar- 
tèrc aorte ne dounait pas naissancc aux artèrcs bronchia- 
les , et l'on ne poarra jion plus comprcndre pourquoi 
les deux veincs caves ne venaient pas aboutir^directe- 
mcnt et immédiatement dans l'oreillette droife , et pour- 
quoi elles s'aboucliaieut avant d'y parvenir. Ce raisonne- 
ment peut aisément ètre applique aux poumons,à l'estoni ac, 
aux intestius qui n'étaient poiot doubles , et de mcme 
que nous avons dcmontrd l'absurdité d'imaginer des grcf- 
fes, des anastomoses , des pcnétrations, des amalgames 
pour la téte, pour le pharynx, pour le larynx , pour lo 
coeur, nous croyons qu'il serait également absurde, de Ics 
suppose» pour l'cstomac , pour les intestius , pour les pou- 
mons , pour le foie , pour la rate. Nous serions cntraiués 
dans dcs longueurs fatiguantcs , inutilcs pour les anato- 
mistes , peu intelligibles pour ceux qui ne le sout pas , 
si nous prcnions à luche dVxaminer, et de combattre 
une sèrie d hypolhòscs sur cliaqne viscere , comme nous 
l'avons fait ci-dcssus. Ceux qui ont des connaissances exactes 
et prcciscs sur récoupraie animale , n auront pas de peiue 



no RECHERCnES Sim LES MONSTRES 

à ctcndre ces raisonnemcns mix viscòres , que nousn'avous 
pas examitics minuticusemeut. 

Nous avons vu , que d'apròs Bonnet mr-me, grand 
partisan et subtil défcnseur dcs causes accidentcllrs, les 
germes des foctus et lours organes sont pn'fonnós : que, 
selon l'avis de cet ingcnicux naturaliste, les foetus ne peu- 
vent devenir monstrueux , que par dos modifications de 
parties préformées : or , de quelle manière que l'on veuille^ 
tourner dans son imagination , et faire agir ces modifica- 
tions de parties préformées, notre monstre n'y peut point 
otre rapporté. Aiusi , si tous les monstres sont dùs , ou à 
des modifications de parties préformées, ou à des germes 
monsti'ueux, notre monstre appartient à la classe de ces 
derniers. 

Des germes monstrueux, s'est-on plus d'une fois écrié ! 
comment peuvent-ils exisler, comment Ics aecordcr avec 
la sagesse du ci-éateur ? 

Ce n'est pas la manière , par laquelle il peut cxister 
des germes monstrueux que nous avons entrepris d'cx- 
pliquer , c'cst de prouver par des faits irrécusables qu'il 
en existe. C'est envain quon vcut opposer des subtilités, 
des preuves morales , pour combatti-e des conclusions bit u 
déduites du lémoignage de nos sens. 

Et d'ailleurs , en bonne logiqne, les règlcs générales 
ne doivent elles pas étre étayées de la réunion cons- 
pirante de tous les faits parficuliers bien nvérés ? mais si 
je trouve des faits qui s'opposent directement à ces 
préteudues règles générales, dois-je repousser ces faits 



\ 



PAR LKs ciT. Giulio et Rossi. 71 

par les rcgles génóralcs , ou fairo des exceptions ù ce s 
règles pai" Ics faits? 

Ne voit-ou pas que le fait attaquc et renverse runl- 
versalitc de la rògle que l'on s'est trop hàlé de géncra- 
liser , parce qu'il a più ainsi à des faiseui'S de systèmcs ? 

Au surplus , voici un autre exeinple de monstre que 
uous somiues bien curicux d'approndre comment il sera 
cxpliqué daus riiypothèse des causes accideatelk-s. 

( Ujx Agneau. ) 

Nofice snmmaìre d'un second monstre , cloni l'organisatìon 
conjìrme la ihéorie dé^tiloppée dans ce inémoùe. 

Si le monstre doat nous vous avons présentt'e' la des- 
criptiou, uous parait fournir une pi-cuve inécusable de 
l'existence de quelques CEufs monstrueux, un aiitre monstre 
que nous avons examiné, il n'y a que quelques jours, nous 
parait en fournir une preuve non moins in-ésistible. Voici 
une description abrcgée de ce monstre, qui était un agneau. 

Deux cràncs complets , excepté la partie postérieure , 
où ils se joignaient derrière les orbites , et ne formaleut 
plus qu'une cavité commuue; deux machoircs supcrieures, 
deux machoires inféricures, les yeux au nombre de qua-, 
tre, ainsi que Ics oreilles; deux bouches, deux langues, 
avpc toutes les autres partics de la cavité antérieure de 
la bouche ; deux cavités de la bouche postérieure , et ces 
cavitcs se continuaicut inféricurement en un pharynx, et 



73 RECIIERCHES SUR LES MONSTRES. 

UH oesophnge uuiques , ainsi que daus un larynx et une 
trachee uniques. 

Les deux cavitcs de la bouche postérieure commuui- 
quaient avec la cavité des narines , corame à rordinaire, 
mais au milieu du concours des deux cavités de la bouche 
postérieure, nous avous remarqué une Inette uniquc, 

Nous avous trouvò deux cerveaux parfaits , un pour 
chaque crane ; mais les jambes de ces deux cerveaux, 
s'uuissaient par leur partie postérieure. Le cervelet étaif 
unique , la moelle épinicre était uniquc. La moelle al- 
longée était doublé, jusque vers l'extrémilé de sa queue. 

Les sept premières paires des nerfs cércbraux étaieut 
complets de chaque coté. Mais les nerfs de la huitième 
paire , étaient simples , ainsi que les grands nerfs sym- 
patiqucs ; toutes les autres partics étaient comme à 
Tordinaire. 

Cctte description démontre , que l'organisation mons- 
trueuse se bornait aux parties de la téte. Il est aisé 
d'appliqner à ce monstre le méme raisonnement que 
nous avons applique au premier , et il nous parait une 
uouvelle pi-euve qu'il existe des oeufs monstrueux. 



75 

SUR 

TROIS NOUVELLES ESPÈCES D'HÉPATIQUE 

A AJOUTER A LA FLOI^E DU PIÉMONT. 
PAR LE CITOYEN 

JEANBAPTISTE BALBIS. 



M. 



-ALGRÉ les recherclies réitérées de nos savans Botanistes 
faites ea différeus eudroits de ce paj's superbe,. et aussi 
riche en autaat de productious, la nature ne cesse ce- 
pendant d' offrir de lems en tcms à ses amateurs des 
objets curieux , et bieu intéressans. Tels sont, à mon 
avis , ceux que nous présentent trois espèces d'H«5patique, 
que j'ai eu occasion d'observer, à louverture de la belle 
saison, où nous sommes. EUes servirout à enrichir da- 
vantage la flore de ce pays, regardée, à si juste titre, 
comme une des plus étendues qui y existe. 

L'une de ces espèces d'Hépatique ne m'a poiut paru 
décrite encore par aucuu Botanista , les deux autres ap- 
prochent beaucoup, par quelqucs-uns de leurs caractères, 
de celles que le célèbre ScopoLi a décrites dans la fioro 
de la Carniole, sous le nom de Marchanlict Iriandra, et 
de celui de quadrata. J'ai cru pouvoir retenir ces deux 



74 Tbois nouvelles espèces d'hépatique etc. 
lurmcs noms triviaux, qui se rapportt'ut si bieii àcelles, 
duiit jc vais parler; j'y ajoutcrai sculeuicnt quelques ob- 
servations particulières quo j'y ai laites , les ayaot sui- 
vi( s daus It'urs difl'érous ctats , ainsi qu on pcut le voir 
par Ics fìgureà qui les reprcseutent dans leur état naturel. 
Eu voici la dcscriptiou, 

I.° Marchantu (n'andrà, tab. I. M. pileo liaemisphe- 
rico integro, trilocuhui. Scop. /lor. CarnioL, voi. i, p. 
354, t. 65, 

Getto Flt'patique s'élfeve à la méme hauteur , que 
riiémisphórique de Linné ; ses rcuillcs sont obloogues, 
lacÌDÌées^ pònctuées en-dessus, vertes, quelques-unes sont 
dichotomes , plus ou moins profoudéineot divisces , sul- 
vant ràge de la piante. Le pt'doncule est nu'nce > brun, 
et soutient une espèce de chapiteau ht'misphén'que d'un 
beau vert luisant et vésiculaire, lequel porte en-dessous 
ordiaairemeut trois globes, rarernent quatre très-lisses et 
jaunes , qui deviennent eusuite par leur maturité noiràtres, 
ainsi que le chapiteau. 

Elle vient sur une espèce de poudìngue au bord du 
Pò dans le jardin du Valentin , dout jouit le citoyen Ignace 
MoLiNERi professeur de botanique à Técole vétérinaire, 
et conservateur da jardin des planfcs. Je lai aussi ob- 
§ervce à la Moli/ietta. 



TAR I.E CIT. J. B. BaLBIS. 7? 

II." Marchantia (luaJrala. lab, I. M. plico lincmis- 
phcrico, quadiicostato , quadriloculari , capsulls subtuf 
hiantibiis N." 

M. pileo haemisphprico, soniiqiiadrifido, quadriloculari 
Scor Jlor. Cariiiol. p. 355 /. 63. ? 

Les feuilles de cette lu'patique ressemblent à celles de 
la précédente , cUes sont laciniócs , ponctuc^cs on-dessus, 
et se bifurquent lógòrcment en vieillissant ; c'cst du cenlre 
de cotte bif'urcation, que sVlcve un pédQiicule ti-òs-court, 
qui souticnt une espèce de bonnet carré qui approche 
beaucoup du fruit do Y Ei^oììymus europa'iis L. ou honnet 
de pràlre\ il a qnatre cutcs très-saillantes d'un beauvert 
en-dessus. Ce chàpitcau presente en-dessous quatre cap- 
sules, ou petites bourscs ouvertes et carrées, minces et 
blaiKliafrc; , ronfi'rmant un petit globule rhacune, scs- 
silc, situo au milieu d'elles; c'est leuv graine , qui devient 
aussi noiràtre cn vieillissant, et grossit tellement , quelle 
étcnd considcrablement les còtes du chapiteau. 

Lorsque cette marchanlia est jeune , elle a vers la 
pointe des feuilles une espèce de globule sessile avec un 
l)ord mcmbraneux , qui , à mesure que la piante avance 
en àge , s'élòve inseusiblement , et se ti'ouve soutenu par 
na pédoncule^parfaiteinent semblable au prc'cédent , sans 
cepondant que ce globule renforme aucnne graiue. 

J'ai comparo cxactement cette inarcJianlla a\cc Vhwmis- 
pherica , pour bion en saisir les diffóronces. J'ai %'u que 
le chapiteau de cette dernière a ses bords divisés cn cinq 



yf» Trois nouvelles espèces d'hépatique etc. 
segmcus, qui sont munis en-dessous de quelqiios poils 
rudes, ainsi qu'ils se trouvent tics-bien reprdseutcs dans 
Ics figiires de Dillen tab. 76 f. 2 , et dans la tab. 2 
f. 2 de l'ouvrage de Micheli , de maniòre que la nutre 
en diffère bien sensiblemcnt, et ne peut absolument étre 
rapportée à cette espèce. 

. Nous avons trouvé cette jolie espèce, Molìneri et mol 
daus un endroit humide et ombragé cntre Revigliasco 
et l'Eremo de Tiuin , à coté du Pinguicida flavescens , du 
Jungermannla epìphylla, el du Charajlexilis. Nous Tavons 
cnsuite remarquée aussi vers le commcncemeut de floréal 
dans des endroits sablonneux , humidrs et ombragés suv 
les bords de la Doire au-dessus de l'école d'hydraulique , 
hors de la porte de France. 

HI." Marchantia fragrans N." II. M. pilco haemis- 
pherico tiiloculari subtus , perichaetioque fimbriatis. 

Cette espèce diffère de toutes les autres connnes par 
des caractèrcs bien frappans. Ses feuilles, et son chapitcau 
sont à peu piès les mèines que ceux du triandra, mais 
le pédoncule sort du certtre de la bifurcation des feuilles, 
comme d'une espèce de gobelet gami d'écailles fiangc'es 
très-minccs, blancbes, rt'ticulaircs , presque semblablcs 
à celles des lUecpbrum ; ce pédoncule, qui devient noi- 
ràtre en vieiìlissant, soutieat un chapitcau gnrni en-dessous 
de plusieurs écailles , ou bractées, et renfermc trois glo- 
bulcs noirs, qui dans la piante un peu avancée, se rétrécis- 






Mc'm A- / Ac\J.:X- /e Tu-uii Vo/.7./ui./.77 



c/ruz/'c/ia/2Ùtx S^-Zi-z/tc/ra 





C^<7/^c/Zi2^7itZa k^ictiifriz^z^ 





s^-^-/ 




l^ri7f./'.7/^ i^/ff .z /i.t/c y4/n»n*i' ^7r/.t t{ Titrt. 



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J^^.3. 



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■.f.^i.t/- iVn.t/ì.ì/,- y4/iuiti d' 7^Ai ,i Jìiri'n 



PAR i,E ciT. J. B. Balb:s. 77 

sent et se rcplient. Tonte la piante répand une odeur tiès- 
agréablc de fraise , et tròs-forte mème , c'est par celle 
raison quo je l'ai appelée frugrans. 

Elle se trouve aa mème endioit que la Iriandra. 
MoLiNERi l'avait déjà observée à Aoste dans une luasuie 
près de ruche taillée. 



EXPLICATION DES FIGURE S. 

i A Etat natiirel de la piante. 
Fig. l." j B JJans son état de maturile. 
i e Chapiteaii vu par dessous. 

«A Etat de la piante encore jeune. 
u',„ « e - ^ Cliupitfau vu par dessous. 
Ìc Etat de la piante avancée. 
D Vue avec le microscope. 

f A Etat naturel de la piante. 
\ B Chupiloau vu par dessous. 
Fig. 3/ ' e Etat de la piante dans son état de maturile. 
j D Fue avec le microscope. 
E Frange ou bracte'e vue avec le microscope. 



78 

PAR LE CITOYEN BUNIVA 

MÉMOIRE 

CONCERNANT LA PHYSIOLOGIE ET LA PATHOLOGIK 
DES POISSONS, SUIVI d'un TABLEAU INDIQUANT 

l'ictyographie subalpine. 



§• I. «^ AI l'honneur de vous prc^senter un premier 
tableau indiquant une grande partie des poissons qui ha- 
bitent les eaux du Piémont. 

Je me flatte de pouvoir vous en présenter bienfót un 
second. Je ferai des efforts, pour que les deux ensemble 
offi-ent l'ictyographie subalpine compiette; je conserverai 
avec beaucoup d'attention les poissons , qui sont indiqués 
dans les susdits tableaux ; j'en ferai une propricfc de 
l'Académie ; ils formeront ces poissons , j'ose le dire, une 
partie intéressante de la collection ictyologique de notre 
museum , laqnelle , en vertu des généreux soins du savant 
et très-zélé directeur, vient d'étre enrichie par la très-rare 
chimère monstrueuse, chimcera monstruosa de Linn. * 



* Lacepede écrit qu'on ne connait enc.ore dans le gpnre tip la cliiniPre 
que deux espèces: celle doni nous nous occupoiis, quii appaile Chimère 



SUR l'ictyograpiiie subalpine. 79 

et par une espèce bien curieuse de raya , probablcment 
non encore nommés , que j'appelerai bien volontieis 
Glorniana ; sa figure et descriptiou serout sous peu adres- 
«ées au celebre Lagffede **. 

arcliqiie et uiip seconde, à laquelle il a donne le noin d aiitarctique; aver.de 
pareilles di'iioiiiiiiations il enleiid indiquer les conlrécs du globe qu'ellcs 
habitpiit, et il remarque que e' est encore un fait digne d'étre obsené , 
que ces dpiix espèces , qui ont de très-grands rapports dans Icurs formes, 
et dans Icurs habitudes , soient séparées sur le globe par les plus grands 
inlervalles , que l'une ne se trouve qu'au tnilieu des mers qui environnent 
le poi septentrional , et qu'oii ne rencontre l'autre que dans les eaux situées 
«upròs du pole antarclique, et particuliòrerneni dans la parlie de la mer 
du Sud qiii avoisine ce derniei pole. Ou diiait suivant lui , qu'elles se 
sont part.igé les zones glaciales. Aucune de ces deux espèces, observe-t-il 
ne s'appi'oclie que raroinent des contrées tempcrées ; cUes ne se plaiscnt , 
pour aiiisi dire , qu'au milieu des montagnes de giace , et des tetnpéles 
qui boukveispnt si souvent les plages polaires , et si la chimère antarclique 
«'avance , au milieu des flots de la mer du Sud , beaucoup plus près des 
.tropiques , que l'arctique au milieu des ondes agitées de l'Océan boréal , 
c'est suivant Lacepede , que l'héinisphère austral , plus froid que celui que 
nous habitons. offie une temperature ipoins cliaude à une égalc dislance 
de la ligne equatoriale, et que la chimère anlarctique peut trouver dans 
cpt hóinisplièrc , quoiqn'à une plus grande proximité de la zone torride , 
le mème dégré de froid , la méme nature , ou la méme abondance d'ali- 
mpns , et les mémes facilités pour la fécondation de ces ceufs , que dans 
l'hémisphère septentrional. En écrivant plus particulièrement de la chimère 
arctique , il fait observer que ce n'est que rarement quelle approchc des 
rivages , que le tems de son accouplement est presque le »oul, pendant 
Icquel elle quitte la haute mer; quelle se tieni presque loujours dans les pro- 
fondcurs de l'Océan. Cependanl le cil. GiORN.».a trouvé ce poisson dans la mer 
de Nice ( départeraent des Alpes niaritimes ) : le méme a aussi trouvé dans 
la méme mor une espèce de Baliste, qui n'est trouvé jusqu'ici, que dans 
les mers de l'Amérique. 

** Vn individu de cette espèce fait parlie de la colleclion d'hisloire na- 
turelle, que le cil. Gioivna, directeur du museum . a cède à l'Académie. 



So BUNIVA 

Je rrnicille aussi des observations sur rictyoHtographle 
du pays. 

Je m'emprcsse, en attendant , de vous communiquer 
quelqucs résultats de mcs observations, et de mes ex- 
périeiices sur la physiologic, et la palhologie de ces 
animaux. 

Seul dans ma rctraite gdorgiquc, je coinrhcr^ai ce 
genre d'expériences l'aa 5 de la révolulion. Leur cours 
a été interrompu par quelques accidens rnallieurcux qui 
soat étrangers à l'objet , dout il est question. 

Je les ai reprises dans le courant de cette année : elles 
ont eu licu en grande partie presque publiqueraent , dans 
les salles du Conseil de sante, où j'ai eu le bonheur de 
me voir entouré de plusieurs amis et coUaborateurs à 
la fois , et eu particulier du citoyen Crivelli , doctcur 
médecin , prt'fct du collège vétérinaire subalpin , et du 
citoyen Fornaseri , chirurgien , officier de sante de pre- 
mière classe, attaché au secrétariat dudit Conseil. Le ci- 
toyen AuDÉ, docteur médecin, m'a été aussi d'un grand 
secours. 



celle raye lui a cté envoyée par son beau-père doiiiicilié à Nice, nalura- 
lisle distingue , qui s'empresse de répondre avec toute l'intelligence et rnclivité 
possible, aux intentions du pére, en recueillant sans relàche des objels très- 
curieux d'histoire naturelle , qu'il lui transmet avec la plus grande exacti- 
tudeàTuria. Celle belle raj'e a élé cédée parlecil. Gioiijsa à l'Acadéiaie. 



SUR L'iCTYOCRAniIE SUBALPINE. 8f 

Il règne parmì les poissons un principe animaleur de la 
méme nature de ceka, doni sont pénétrés les autres 
ani/naux. 

§. II. L'on a débite avec beaucoup frop de facili'fé , 
que CCS habitans des eaux sont presque stupides et iu- 
sensiblcs: l'observateur attentifadmirera au contraire chcz 
eux une très-forte activité d'un principe semblable à celuf, 
qui vivifie et anime les autres ètres analogues: je suis 
convaincu que Ics deux très-puissans agens du monde 
animai, le plaisir et la douleur, opèrent aussi dans les 
poissons de la manière la plus décidée. Dans plusieurs 
circonstances ils m'ont fait admirer des traits qui indiquent 
beaucoup de prévoyance , et un dégré très-fort d'intel- 
ligence. Le cit. Geoffroy vient lui aussi avec tant d'autres 
naturalistes à l'appui de ce que j'ai avance. On a écrit, 
que les rcqnins avaient soumis à leur empire un très-petit 
poisson du genre des gades que celui-ci précédait soa 
maitre dans les voyages qu'il lui indiquait les endroits 
de la mcr les plus poissonncux , lui découvrait à la piste 
les proies , dont il était le plus friand , et qu'en recon- 
naissance de services aussi signalés , le requin , malgré sa 
gloutounerie, vivait en bonnc intelligence avec son com- 
pagnon aussi utile.' Les naturalistes toujours en garde 
cent re les exagérations des voyageurs , qui n'ont pu con- 
cevoir l.es motifs d' une parcille association , ODt rcvoqué 



§2 BUNIVA 

ces faif" «"^ doute; les observations que le cit. Geoffroy 
a eté à méme de faire à cet égard , et qui ont été ac- 
compagnées de circonslances qui ne se sont peut-étre of- 
fcrtes qu'à lui avec tant de d^tail; ces observations, 
dis-je, lui ont prouvé , que c'est à tort que l'on a revoqué 
en doute les faits sus-exposés. 

Les poissons donnent des marques évidentes de leur 
sensibili té aiioc changemens almosphéricjues , météo- 
rigues , sidérales. 

§. ITI. Des ichtyologistes , mème du premier ordre, 
paraisscnt avoir regardé le poisson plongé dans l'eau, 
comme n'ayant presque aucun rapport avecTatmosplière, 
avec les météores, avec les astres; il n'en est pas ainsi: 
les poissons, de mème que tant d'autres animaux, tels 
que les chauve-souris, les chouettes, les aheilles, les 
pigeons , les jnoineaux , les poules , les pans , les hy- 
rondeltas , les mouches , les oiseaux aquatiques cn ge- 
neral, ìesgrues, les dauphins, les grenouilles, \escra- 
pauds , les vers de terre , les scorpions , les Jourmies , 
les taitpes etc. Les poissons , dis-je, de méme que tant 
d'autres animaux donnent des marques claires de leur 
sensibilità aux changemens de l'atmosphère, des météores, 
et aux influences sidérales. 

Ij' Arnmodytes tohianiis, le Gadus JEgÌpfinus L., et 
bien d'autres poissons de l'Océan, nous cn donnent des 
preuves convaincantes ; plusieurs de nos poissons d'eau 



SUR l'iCTYOCRAPHIE SUBAtPTNB. 83 

^ouce sont sous ce rapport semblables aux premicrs : 
le plus grand nombre de nos pécheurs sont pleinement 
persuadés qiie la carpe, par excmple, la tanche, le 
hrochet, la trutte, etc. annoncent constamment les gi-andes 
mutations météorico-atmosphdriques , par des positions , 
et des agitations particulières et extraordinaires, par ce 
que je rapporterai dans la suite, il resulterà, je pense, 
qu'il n'y a rien qui ne soit improbable à cet égard. 

Action de l'aìmant sur les poissons. 

§. IV. L'on a assuré , que YanguìIIe de surinam faisait 
varier , ou dcclincr la boussole : ce phénomène , qui vrai- 
semblablement dépend de Télectricité ridondante dans 
cet animai , m'a fait concevoir le projet de recherch-er 
l'action de Taimant sur les poissons : les carpes entr'autres, 
et les loTìiproyps se sont montrées très-sensibles à l'ap- 
plication immediate de l'aimaut ou des pièces de fer 
airaantécs. T.eiirs mouvemens devenaient quelquefois 
presque convulsifs : cefte inlluence de l'aimant s'est raéme 
déclarée en l'employant à la distance de leur corps de 
2 ou 3 pouces: l'aimant dans ces essais a produit des 
effets semblables h ceux qu'il a occasionné sur le corps 
de l'homme dans les expériences de lliouret. Ce genre 
de rccherches morite bien de n'étre pas discontinua: il 
ne s'agit pasici, dece prclendu principe, qui a été ap- 
pelé Tnagnetisme animai, par plusieurs écrivains, (aut 
*iaciens que modernes, et en particulier par Mesmebj 



84. BUNIVA 

encore que jc ne sache pas, que les poissons ayent été 
un objct dcs occupations des magnétiseurs. 

Effet du Gahanisme sur les poissons. 

5. V. Nous avons essayé, notre collègue Vassalli et 
moi , les effets du galvanisme sur les poissons , et en 
particulier sur des carpes , des harheaux etc. ; nous avons 
employé la pile de volta : il en est résulté que ces 
poissons ont é\é assez vivement excités par ce principe, 
mais plus encore hors de l'eau que dans l'eau. 

Eleclricité relali^'ement ance poissons. 

§. VI. J'ai tue sur-le-champ une pelile fruite par le moyen 
d'une forte étincellc électrique, qui lui a traverse la téte : 
des expériences faites sur mon invitation par mon collègue 
Vassalli, le 18 prairial courant,dans rampliylhéàfre ana- 
tomique de l'Athénée , prouvent que les hnrbeauoc of- 
frent dans de pareilles circoustances des phénomènes 
semblables ; deux poissons dorés que j'avais placés dans 
wn récipient métallique, isole et électrisé excessivement, 
semblaient avoir gagné beaucoup de vilalité : des har- 
heaux placés de la méme manière par le cit. Vassalli 
le mènie jour, n'ont pas paru étre fort affeclés de l'accès 
de l'électricité non plus que de sou délaut , qui a été 
aussi emploj'é. 

Nous nous sommes proposés, le citoyen Vassalli et 



SUR L'iCTYOGRArUlE SUBALPINE. 85 

nioi, de poursuivre ce geme d'expériences ; clles ne pou- 
veiit que devenir trcs-iutéressanles : le principe de l'élec- 
tricité joue un grand iòle dans l'economie animale eii 
general , et spécialement dans Ics poissons ; ce principe 
Dous élonne, lorsque nous l'observons dans la torpille , 
dans un letrodon , dans un gymnote, dans un sylure etc, 
mais uous le savons aujourd'hui , cette manière d'étre 
de rélectricité , n'est pas exclusive aux poissons, que je 
vicns de nommer: nous la ti'ouvons aussi dans daulres: 
en interrogeant la nature, elle nous la fera voir celte 
électricité animale de mille manières différentes dans bien 
d'autrcs poissons cncorc. 

Phénomène concernant Ics rapporls que la lumière 
peut avoìr avec les poissons. 

§. Vii. En general les cadavrcs dcs poissons se rcndont 
phosphoriques très-facilcment : il en est de ceux qui don- 
ueut de la phosplioricité en raison de leur vilalité: l'on 
assure, que les squa/es sont respleudissans ]ìcndnnt la 
nuit, ainsi que les épiues du hleriìiius vi^^iparus ; lon 
a voulu attribuer à une grande pliosphoi'icité des pois- 
sons le feu de S. Elme: quelques amatours d'iclyologie 
cut voulu me donner pour assuré , qu il existait des 
poissons dans le Lac-majeur de la République Italique, 
qui ol'tVent un pareli phénomène : je suspens mon opi- 
nion à cet égard , attcndu que je n'ai point encore vu 
moi-méme ce phénomène ni dans la mediterranee , ni 



85 BUNITA 

dniis la parfie de l'Oc^an que jai parcourue, encore moìns 
sur le Lac, doiit je viens de parler. 

Aucune classe d'animaux (observe Lacepède par rap- 
port aux couleurs ) n'a cté aussi favorisce à ce( égard; 
auciioe u'a recu une parure plus cU'j^ante , plus varice , 
plus riche : les zées, les c/ielodons , ics spores , lorsquils 
na^ont sur la surface d'une eau tianquillo, et qu'ils 
rétléchissent les rayons d'un soleil brillant; que ceux 
qui les ont vu, disent , si jamais l'édat des piunies du 
paon et du colibrì, la vivacité du diamant , la splen- 
dcur de l'or , le rcflet des pierres précieuses ont cté 
mclés à plus de feu , et ont renvoyé à Tceil de l'obser- 
vafeur des images plus parfaites de cet are nicrveillcu- 
semeut colore, dont l'astre du soleil lait s'ouvcut le plus 
bel ornemeut. 

Nous pouvons élablir, que tout ce qui peut avoir la 
moiudre action sur les poissous , influe d'une manière 
decisive sur leur couleur. D'abord j'ai cniployé diffé- 
rentes subs[ances salines dissoutes dans l'c.nn, qui, tou- 
tes ont alfaibli , et meme quelquefois anéauti les cou- 
leurs des poissons, sur lesquels je faisois l'cxpérience: 
mais il est vrai aussi de dire cpi'il y a d'aufies piinci- 
pcs qui favoriseot très-fort leur colorai ion: le piincipe 
de la vitalité , par exemple , en est un très-puissant, de 
sorte que nous voyons que la beante et 1 iulensifé de 
cotte coloration est, poiu- l'ordinaiie , en rai'^on dircele, 
de la force de la vitalité : effectivement la coloration 
s'aflaiblit dans presque tous Ics cas de nialadie , et quel- 



SUR L'iCTYOCRArHTE SUB4TPINK. 87 

qupfois insfrDfancmriit. La peiie de la vilalilc produit 
asscz souvcnt clicz cnx la perte presque totale de hnirs 
couleurs , coninrie il ariive dans Ics cada\ res des cori- 
phoena hippurus, et daiis ceux aussi dii coi ìpliana veli- 
J'cra , dii scaius rivulalus efc. ,les diffcirnlos eiiconslan- 
ces relalivrs à la temperature, à l'air, à IVaii , prodiii- 
sent de très-graiides varialions dans leuis couleiirs ; la 
lumière paraìt avoir beaiuoup de pouvoir à cet égaid: 
elle opere senstblement sur la vitalité de cette classe 
d'aniniaux; aussi la cherchent-ils ordinairement avec beau- 
coup d'avidité ; la lumière de la lune, au dé/'aut de celle 
du soleil , leur parait fbrt dière : cependant il ne faut 
pas généraliser trop facilemeat sur ce point, car j'ai 
exposé en plein jour deux poissons dorés', ils iouissaient 
de la lumière rétlcchie du soleil depuis deux mois en- 
viron : deux aufrcs ]ioissons aussi dorés du mème volume, 
et du mème poids à peu prés, se trouvent depuis trois 
mois aussi renfermés dans une obscurité presque com- 
piette, mais ces derniers ne sout pas moius colorés à 
présent que les deux premicrs. 

L'action du calorique par rapport aux poissons m-ans 

cu moris. 

§. Vili. Les fempératures exfremes sont beaucoup dan- 
gereuses pour les poissons, une forte soustraction de ca- 
lorique produit d abord chez eux un engourdi.s^ement , 
puis uuc espèce de sommeil, qui leur devieut fatai, si 



88 BuNivA 

letat des cliosos à cct cgard u'est point changé. L'effet 
est subit, si la soustractiou est opcrée subitement, cornine 
nous l'avons éprouvé, moa coUègue le cit. Rizzetti et 
inoi, sur un harheau que nous avous exposé à uà très- 
grancl froid produit artificiellement par le melange de 
la giace avec du muiiate calcaire. Le froid de l'iiiver 
en Piémont n'est pas assez fort, pour y occasionuer une 
destruction considérable de ces animaux. Il arrive cepen- 
dant que des liivers extraordiuairement rigoureux dé- 
peuplent des poissons restants dans nos pctits lacs, et nos 
rivières. * Le lac d'Avigliana en particulicr nous a fourni 
quelques exemples de cette nature; j'ai reraarqué que 
des poissons engourdis bien profondément , de manière à 
les croire morts , ont repris leurs forces vitales par le 
inoyen de la simple inspersion sur eux d'une eau tant soit 
peu chaude; l'expéi-ience ma prouvé qu'ils ne revivent que 
pour quelques raoniens, si l'on u'a point l'attention de les 
remeltre de suite dans de l'eau au degré ordiuaire de la 
temperature de nos eaux, immédiatcment après l'inspersiou, 
Martine rapporte que le sang des poissons qui ont 
leur branchies en agitation , n'a qu'un degré de chaleur 
de plus que le milieu, dans lequel ils viveut: ce degré 
ne pourrait point Ibrmer une règie generale , car j'ai 
introduit le thermomètre dans la bouche d'une carpe du 



* jElian ( de animalium natura llh. i , e. 29 ) falt mentioii d'une manière 
parliculièn! de pécher dans le fleuve de Pò, par les Iiabitans du pa>s, eu 
liiver, dans le tcjus (dit-il) que ce Ileuve est glacé. 



SUR L'iCTYOCRArHlE SUBALPINE. 89 

polcls de trois livres; il est monte jusqu'à trois clegix's 
au-dessus de celili du milieu, dans lequcl jc l'avais prise. 
Ces animaux, en géucral, ne pcuvent pas tolérer un 
degré tant soit peu élevé de la temperature : des centaincs 
d'expcrienccs me l'ont prouvé ; de sorte que tout cn con- 
venant avec Lacepède , que plusieurs cspèccs de ces 
animaux peuvent vivre dans des eaux thermales écliauffées 
à un dogré assez élevé , je pense aussi avec lui qu'il 
faut modérer beaucoup les résultats des obscrvations, que 
Fon a f'aitos à ce sujet ; celle de Sonnerat sur-tout, qui 
nous racontc, qu'en parcourant l'intérieur de lile de 
Lucon, une des Philippines , il (roma à i5 lieues en- 
viron de JManille, dans un petit lac situé sur le bord 
du grand lac de cette ile , un ruisseau d'eau très-chaude 
ou bouillaulc , dont la chaleur était de 6g degrés au 
tlaerm. de Réaumur, quoique l'cpreuve en fùt faite à 
une licue de sa source: il apercut à travers les va- 
peurs de celle eau des poissous à écailles brunes, longs 
de 4 pouces , que leur agilité , dil-il , et la mal-adrcsse 
des sauvages du cantoii, uè lui permircnt pas de prendre. 
A propos des poissons vivans dans les eaux thermales , 
il est une erreur à relevcr , qui s'est fort accrédilée et 
rc'pandue chez nous; lon a dit, et mème écrit, que des 
poissons vivans, vulgaircmcut appelés pas di Bagn , se 
rcncontrent dans les llicrmcs ù'Accjui', Ics animaux dont 
il est question , ne soni poiut des poissons, mais bien des 
inseck's appartenant à la iamilie du Cancer puìex de 
L. , qui habilcut les mèmes eaux thermales; cest-là ce 



<)0 BUNIVA 

qui a donne lieu a cette erreur. Quclqn'un prc'tf-nd y avoir vu 
aussi des dyliscus et des oTiiscus; ce qui demandc coiiriiiua- 
tion; jai dernièrement reeu du cit. Canavert ronseillcr 
coi-nspondant pour laiTondissement d'Acqui, de l'eau sus- 
dile, contenauf qiielques animalcules, qui me sont ai-iivds 
daos un état si dc-gradé , que je n'ai pu les caraclériser. 
Nos poissons d eau douce ne sont presque poiut com- 
biist:bles taut quils sontfrais; je n'ai pu tiier d*'s pois- 
sons fiais ni par la piession , ni autrement une qnantité 
considérable dhuile; mais par le inoyeu dune exsicca- 
tion bien diriger, ils m'en out donne une assez grande 
quantilé; ce qui rend vraisemblabie , quune paitie de 
celte huile se forme dans le tems de l'exsiceation. 

Effet de l'air atmosplièrique sur les poissons. 

§.1X Je ne ripeterai point ici ce c[ue Rondelft, Derham; 
Bay, WisDOM, ViRiDLT, Désagulurs, Mussghembrokch, 
S. GravlsAnde , NoLLÉT, et bien d'autres aufeurs antiens 
et modernés nous ont transmis lelativemout ù l'influeuce 
de lair atmo'pliérique sur la vitalité des poissons: tous 
pensent que c'est bien les molécules de l'air contenu dans 
l'eau, qui soutiennent la vie aux poissons: je n'ai ricn 
de bien positif à opposer à cette proposition : jobserverai 
seulement que des tanches miscs dans de 1 eau , qui 
avait souITert ime demi-heure d'ébullition, et qui s'était 
refroidie, sans étre exposée au contact de lalnKìsplirir; u'y 
ont pas vecu moins longj-tems que daufres tanches dans 
1 eau bica aèree du Pò : nous devous eucore observer 



stm l'ictvographie srBATPTNi»:. 91 

qrie Viirpressiou de l'air alniosiihrrique, font scul, sur 
certnins poissoiis , est si forte, qii'ils pcrissent presque 
aiissitót qu'ils y soiit exposés : de sorte que nous se- 
rions portés à prononcer, quo c'cst bien au moins un 
poison i^oiir eux, qnand il s"iutroduit seni dans la capa- 
citò de leurs braiicliies , de leur nez, de leiir bouche , et 
quii einbrasse, en mème Ifms, toute la surface extérieure 
de leur corps, ea preuaut la place de leur vciitable ani- 
bicnt , Feau. 

Effet de d'ìfjérenles suhstances gazeuses sur les 

poìssoiis. 

§. X. Je vais interroger la nature sur rinfluencc de 
différentes substances gazeuses sur les poissons, et je choì- 
sirai celles particulièrement , qui sont nuisibios aux autres 
aininaux : à cet effet , je ferai dans le laboratoire , efc 
sous les 3'eux de notre collégue, le cit. Bonvoisin, une 
suite d'expériences, qui, je pense , se reudront d'autaut 
plus curieuses, qu'elles seront vraisemblablement ferfiles 
en rcsullats, et qui n'ont point cncore été faites mctho- 
diquemcat comme il couvieut. 



g2 BUNIVA 

Los Jbrles vìbratìons qui occasìonnent de grancls 
hruits , sont contraires à la ìnultipUcalion des 
poìssons. 

§. XI. La doctrinc concernanfc lorgane des ouics des 
poissons , coutraire à celle d'AsTEDi , de Linné , de 
GouAN , etc. est si bien constatce aujourdhui, qiie je 
crois inutile d'exposer les rt'sultats do mes obscrvalions , 
qui vicndraient à son ajipiii : je ne ferai donc qiic rap- 
porter ici un fait , qui me paraìt assez curieux, et qui m'a 
élé communiquc par différens pcclieurs que j'ai consullés. 
Les eaux du Piémont, auprcs desqucllos des balailles 
b)-u3-autes out eu lieu, daus lo cours des dcux lustres 
passós, ne sont plus aussi poissomieuses qu'avant les 
batailles. 

De l'eau par rappoi't aux poissons. 

§. XII. L'eau conside'rée coinme l'ambient des poissons , 
parait avoir un rapport avec ceux-ci , presque semblable à 
celui de l'air, relativement h presque tous les autres animaux 
considérés sous le rapport des quantitós et qualités rcspec- 
tives : c'est ici qu'il y aurait une branche fertile à suivre ; 
mais les bornes , dans lesquelles doit étre restreint le 
présont mémoire , ne ine pormettent point d ontrer dans 
des détails à cet égard, malgré qu'ils soient fort iuté- 
ressans, d'aulant plus que les auleurs ont un peu trop 



SUR L'iCTYOCRAniIK SLEALPINE. 93 

divagué là-dessus: le cliainp est vaste, et bien pcu par- 
couru par nos pródccesscuis : ce qiie je dirai' par la suite 
conceniaiit rallération de Teau par des substancos de dif- 
ferente nature, apporterà, je pensc , quclque jour sur 
cet objet. 

Rernarqups sur Irs substOTices qui servenl 
ile nouiriture aux poìssons. 

§. XIII. Il en est do mcme à trcs-pcu de cliose près poiir ce 
qui concerue la nourriture des poissons : les écrivains ne 
nous ont donne , sur cet intéressant article , qiie de clio- 
ses vagues , incomplcttes , assez souvrnt erronnées , et 
pour le inoins , toujours trop gcnérales. Il est étonnaut 
que les auteurs aient fant écrit sur la nourriture de l'hom- 
me et des auiinaux domestiques , qu'ils aient gardé un si- 
lence presque compiei, concernaut celle qui convient le 
plus aux poissons ; j'entends parler ici spécialement de 
ceux qui sont conservés dans les étangs, lesquels sont si 
avant;igeux à l'homme. 

Panni les ictyologistes , il e'n est qui ontrap|)orté quii 
y a des poissons , dout la nourrilure nest que de la 
terre : raes observations ne me permettent pas de me 
rapporter à une pareille assertion. 

Le scwtis stcllatus L. , le sciccna strideiis L. , le 
salmo mareniila L. , le 5. nxtr/nian/ii L. , le c/upea 
tlin'ssa L , le cyprinus gobio L , le e. carassius , le 
e. crylltrophUiulinus , lo e. nasus , le t\ asmus , le e. 

K 



9^ Bl'NIVA 

bìpitnctatus , le e. vhnha , et tant d'aufres aimont ò se 
nourrii- do vcgctaux spontanémcnt ; il est méme des ap- 
pàts tirés du règne vdgrtal , tels que les grosses fòves , 
les boulettes de son ; lon assure que Yassajoetida et les 
autres drogucs dont l'odeur est forle , rendent plus sur 
Tappàt qu'ou présente aux brocliets et autres poissons d'eau 
doucc : l'on assure aussi que le safran et la térébenlhine, 
et autres substauces végétales de nature analogue , pro- 
duiseut le mènie ef'fet. 

Un tròs-grand uonibre de poissons se nourrissent in- 
distinctenient de substances tirées du règne vegetai ou du 
rogne animai. 

Cependant les poissons en general appètent de pré- 
férence les substauces auimales. 

La viande des chats, des chiens, du cheval, du boeuf, 
des coehons , et eu particulier le foie de ces animaux , 
le laid , tout sert à merveille d'appat pour ccs ani- 
maux. Les sauterellcs, les scarabées , Ics fourmies et en 
general les chcnilles d'un bien grand nombre dinsectes , 
serveut toutes au niéme usage , ainsi que les crabes de 
tonte espèce , les moules des rivicres , les limas, Ics gre- 
nouilles , les vcrs marins , les folades , les grandes pa- 
lourdes , les coructs ou calamars ; les poissons sont gour- 
maods de tous ces animaux et de tant d'autres que nous 
passons sous silence ; ils se poi-tent méme avec avidité sur 
les cadavres des autres poissons ; le lamproye , la tanche 
et pkisieurs autres poissons servent dappàt ]:)()ur un très- 
grand nombre d'autres poissons, Leurs eulraiilts mémes, 



SUR l'iCTYOGP.APHIE SIBALPINE. gS 

dont on garnit le hamocon, formcnt Ics mcilltaiis appals 
pour les poissons ; Ihistoiie nous appiend que les poissons 
et eu paiticulier le mia-cena cilena inauge avec beau- 
coup d'avidité la chair de l'hominc : ce poissou dounait 
le plaLsir à ({uelques tyraus de Rome , d avaler à cliaque 
repas quclques parcelles du corps de leurs esclaves qui ser- 
vaient expressémcut de noiiriiture à de tels poissous. 

Je me siiis propose d'examiner les propiictés nouriis- 
santes de diffcrcntes substances , par rajjport aux pois- 
sous : ce geme de rechercbes, qui me paraissait d'abord 
assez facile, ne laisse pas que d'ètre très-embaiassant ; le 
sucre, le miei, la gomme arabique m'ont paru une nour- 
riture délicieuse pour presque tuus leg poissous de notre 
coutrée. 

Jaurai llionneur de vous faire part , dans un autre 
tems des rcsultats de plusicurs autres expcriences de ce 
genre. 

La différcnce de nourriture occasionne des différcnces 
remarquables dans les poissons: les hommes -gourmands 
le savcnt assez : Demoxè/ie , dan-^ Alhénée , dil que celait 
une des sciences du savant Kplcurf^ de bien faire cette 
espèce de dilférence de poisson à poisson .• de bicn voir 
aussi lesquelles des saisons sont plus propres ù servir des 
poissons pour les délices de la (able. * 

Lu [ìhénomène qui a toujours éLé fort curieux pour 
tous les uaturalistes , est la bien longue abstinence sup- 

* ^ilùnèe , livr. 3, chaj). io. 



C)6 BUNH'A 

posée de riourriture quo tous Ics poissons en gt^n^rnl pa- 
raissout poiivoir soutcnir, sans clanger immicent : là-des- 
siis les écrivains se sont coiistamment rcpétés : mais le 
fait ii'cst pas bien vrai dans tonte 1 ctondue du terme : 
il est certain que le reuouvellcmcnt de l'eau sert à mer- 
veiile pour la conscrvation dcs poissons; mais aussi les 
eaux , dans lesquellcs j'ai fait vivre un assez long - tems 
des poissons , sans leur donuer de la nonrriture propre- 
ment dito , m"out toujours montré dcs injìisojres , qui 
vraisemblableraent leur ont pu servir d'alimeut : je f'ais 
actiiellcment des observations et des expéiiences qui sont 
très-fatigunntes, pour savoir lesquels parmi le brachionus, 
le vorticella, le t/JknJa , le cerca? ia , le bit/sana, le 
gnmuni etc. , sont plus propres à cette manière de nour- 
r il are. 

Indica t/'on de dìfférentes subslances qui, mises dans 
l'eau, se/vent à la deslniclion des poissons. 

§. XIV. S'il est vrai de dire quc quclques subsfances 
non nourrissanles miscs dans l'eau, coucourent efficace- 
ment à la couservation de la vie des poissons, il est 
aussi bien vrai quii en existe d'autres , méme en très- 
grand nombre , qui produisent un effct totalemcnt con- 
traire : des expériences directes me l'ont prouvé ; voici 
le dénombremcnt d'une partie de cclles, que j'ai déjh. 
cssayées. _ _ 

he poivre, le muse , le ca?nphre, Yalocs, le cuivre, 



SUR I.'lCTVOCRAnnE SrBATPTNE. 97 

le plomb , les amandes arnères , Vacétie do plomb , Io 
/ait móme, sont nuisibles aux poissons ; mais le sont hicn 
davantage le siilphate de chaux, l'urine, le tvV?, Yulkool, 
le tabac, le Iwlre stibit^ , V acide sulphuriciue. «l'ai rc- 
marqiié à cet ^gard des exceptions de la uatiire de colles 
qui s'appelaient aufrcfois anomu/ies; nos lamproyes vi- 
vent assez longtems hors de l'eaii .- ils ne vivent que très- 
difficilement dans l'caii salce; mais ils périsscnt presque 
iostautanément, en vertu de l'inspersion sur leur corps du 
muriate de sonde pulvérisé, qui est innoceut , et qui 
mème peut èirc nécessaire pour la vie de tant d'aufres 
poissons ; il est cepcndant de ces substanccs , qui sont 
dangereuses pour tous Ics poissons, tels, par excmjjle, que 
\opiurn ; il y a anssi des vénins d'un autre genre , qui 
semblent Tetre pour tous les poissons: tei serait levcuin 
vipcriu , Gomme je le prouverai plus Las. 

Remarques sur quelques substances , qui, sans entrer 
dans tordre des alimens , cuntribuent Irès-Jort a la 
conservation de la vie des poissons. 

§. XV. Il est des substanccs , qui concourent jusqu'A un 
certain point à la conscrvation de la vie des poissons , 
sans que pour cela elles doivent ótre rangccs dans lor- 
drc de cdles proprement difcs nourrissanles. 

En faisant des cxpériences dans le laboratoire de mon 
collégue BoisvoisiN , nous avons remarqné qne diffé- 
rentes espèces de poissons paraissent se l'éjouir, quaud 



t)8 BUNIVA 

on jottc (Ili sable pur dans l'cau , dans laqiulle il na- 
gout : ce fahle leur a effectiveinent prolougé la vie; 
inais il est d'autres substauces , qui produiseut à cet égard 
des effets bien plus merveilloux: le soufre, par exeruple, 
cu est uue prcuve ; les poissons de toute espcce , tircs 
de nos eaux cesseut de vivre en très-peu de tcms , si 
iious les retenons dans de l'eau, qui ne soit pas cliangée 
do tems en tems. Il arrive précisément le coutraire aux 
niemes poissons, qui, toute autre chose dailleurs égale, 
Sont retenus dans de l'eau , dans laquelle l'on ait jeté 
du soufre, deux onccs par exemple sur Gay livres 
d'eau : les poissons, dis-je, de cette dernicre eau conti- 
nuent à vivre pendant un tems cousidérable ; jeler(5pcte, 
ce phénomène est , ou ne peut plus intcressant: le soufre 
réagit-il directemcnt et immcdiatemcnt sur l'animai , ou 
bien sur l'eau seulement ? réagit- il à la fois sur le poissoa 
et sur l'eau? et dans l'un des deux cas , ou dans tous 
les deux, quelle est sa manière d'opérer? certes, mes 
travaux tendant à la résolution de problenies aussi pi- 
quants, ne cesserout pas de sitót. Il est aisé deprévoir, 
que cette découverte ne resterà pas simplement curieuse. 

Kers , et ìnsectes agresseurs des poissons. 

§. XVI. Les poissons scmblent , il est vrai, bieu plus 
que fous les autrcs animaux , à labri de plusieurs causes 
de morts naturelles et accideutelles. Les cousidétalions 
de Lacepèdiì sur cct objet sont trcs-justes, et rcndues 



SUR l'iCTYCCRAPHIE subai PINS. 99 

h sou ordina ire avec boaucoiip d'óloquence; crpendiiut 
il y aurait do uolre part une erreur, si nous altncliions 
une idée , dirai-je , d'invulnérabilité à ces anini.uix : Ics 
opercus , que je vicns de vous offrir concfrnant cet 
objct, prouveut la rccfitiide de ma réflcxion ; j'ajouterai 
qiielqiie chose , tendant à confirmcr ce qiie je vions 
d'avancer : je (erai qiielques remarques sur les vcrs, et 
sur les insectes que je puis metlre dans l'oidre des agres- 
sèurs des poissons. Il en est parnii ces animaux nuisi- 
bles aax poissoDS, qui les attaquent extérieurement : il en 
est d'autres qui Irur rongeut quelquefois l'inléneiir. 
L'expc^rience ma prouvé , que les sangsues attaqueut , 
et sucent les poissons: parmi celles dont je me suis 
servi daus mes expciriences , il en est qui leur ont 
percé subitement les yeux : les sangsues n'ont pas mrme 
<5pargué les cadavres des poissons, (ant cUès soni avidcs 
de leur sang. 

La ìerncva L. s'enfonce dans les branchies, pour y 
sucer leur sang. 

Dans les actes de l'Académie de Stokolm pour l'annue 
1760, pag 5o6 , il est fait mention du gordius rnari- 
nus, qui est exfrèmement dangereux aux poissons; jen 
ai parie dans mes dissertations de vermihus intra corporìs 
hiimani cibar'ium canaìein hospitanlibus : nul cas n'est 
arrivé sous mes yeux, qui me piouve que les gordius 
cliez nous, soient aussi dangereux aux poissons que le 
g. marinus l'est ailleurs. Les poissons, ainsi que Ihòmme, 
et presque lous les aulres animaux, sout aussi expose's 



lOO BUNIVA 

mix m*'mcs effets procluits par différentes espcces de 
vers, qui scmbleut ne pouvoii- vivre que daus l'intérieur 
d'autres animaux vivans. Les famillcs dcs ascax-ides sout 
très-ordiaaircs daas les intestins des poissons: Yascarìs ver- 
mìcLilarìs s"y trouve plus souvcnt que les aulres espèces : 
il cn est de mt-me du loenia; le T. /ly da ligeììci h. est aussi 
trcs-ordiiiaire ■ daus les poissons; lù-dessus nous pouvous 
bic'u dire à peu de chose près, ce que j'ai ccrit de ces 
vers parrapport aux autres animaux, taut dans les susdites 
dissertalious, que daus le mémoire iutitulé: Ohservadoncs, 
et expprhnenta ad recognoscoìida hiibuloi speciei polis- 
simuììi ìli subalpina regione iììjesta ammalia, horumque 
nocendi moduni detegendum. , imprimé dans l'avant 
deruier volume de rAcadcmie. Je me l'crai un dcvoir 
de vous présentcr celte coUecliou aiissitól qu'elie sera mise 
en ordre , daus l'cspoir que l'Académie voudra bica 
l'agréer. 

Les insectes qui sont nuisibles aux poissons sout ea 
grand uombre, mais l'ou a poiut encore donne l'attentiou 
nécessaire à cet intéressant objet dliistoire naturelle : mes 
obscrvatious et mes expériences à cet égard , n'élant pas 
cncore assez avancées , je me réserve d'en parler daus 
une autre occasiou. 

Principes contagieux parmi les poissons. 1 

1 

§.X\1T. 11 règne aussi parmi les poissons un principe ana- 

logue à celai qui, varie de diffóreutes mauièrcs, occasionile 



SUR L'iCTYOGnAPHIE SUBALPINE. lOr 

dps Tnaladics conlaginises panni Ics autres animaux. Ce 
piiucipc maléricl jouit d'une très-graude force destructive: 
nous vcnons ])ar la suite , en parlant des maladies dcs 
poissons, quii est bien pioliable, que ce principe joue 
un grand ròle, sur-lout daus les épizooties de ces habilans 
des eaux : j'ai cru devoir ne pas perdre de vue de paieils 
objets, qui d'abord pan leur nature, sont très-intéressaus, 
et qui le deviennent davantage encore pour nous qui 
savons que la palliologie des poissous n'est guère conuue. 

Causes mécaniciues qui incomivodent , hlessent ou liient 

les poissons. 

§. XVm. Broussonet a montrd, que dans quelqiie sens, 
qu'on coupé une nageoire , les nienibranes se réunissent faci- 
lement, et les rayons, ceux méme qui sont articulés et 
composés de plusieurs pièces, se reuouvellent et repa- 
raissent ce qu'ils étaient , pour peu que la blessure ait 
laissé une petite portion de leur origine; jai biessé, 
coupé, vulnéré de mille manières diff'érentes des poissous 
de diverses espèces; il cu est toujours effeclivenient ré- 
sullé que les blessures sont moins dangereuses chez les 
poissons, que chez l'homme et les animaux analogues. 
La carpe, que j'ai Ihonneur de meltre ici , sous vos 
yeux dans ce vase qui confieut dix livres d'eau de puits, 
retient presque iinpmiément deux longues aiguilles im- 
p]anli''<'s toul près de la fèle , et bien près de la moelle 
épiuicre : elles traverseut presque tonte lépaisseur du 

o 



102 BUNIVA 

corps : CCS aiguilles lui ont été implant^cs le 24 germinai : 
le cit. Vassalli, et quelques aiitrcs collcgues ctaiciit pré- 
seas à cette crucile opération. Nous verrons dans le ca- 
davre la vraie position desdiles aiguilles. 

Je dois vous commuiiiquer un auLie fait decegcure, 
qui me parait aussi curieux. 

Par le moyen d'aiguilles , j'ai pcrforé la vessie nata- 
toire de dif'féreus poissons ; ils sout immcdiatement fombcs 
au foud du vase: rien d'extraordinaire jusquc-là : car 
leur corps ne pouvait plus se soutcnir à difféi-entcs sta- 
tions , dans la hauteur de l'eau; mais ce qui est à notei-, 
c'est que quelques lieures après, les poissous, ainsi blcsscs, 
nageaient de nouvcau, ce qui paraissait prouvcr, que la 
cicatrice _de la pìaie, faite à la vessie natatoire , s'était 
formée, quelle s'était de nouveau enflée , et que parca 
moyen, la faculté de nagcr, s'était rétablie dans le pois- 
son. Ef'fcctivement j'ai ti'ouvé la cicatrice en question , 
dans le cadavre de ces poissous , que nous avons exa- 
raiués après ìeur inort. 

Malgré tout ce que je viens de narrer , il faut con- 
venir qu'il existe des causes mécaniques saus uombre , 
qui incommodcnt, blessent , et détruisent les poissons. 
Aussi les bons observateurs s'accoi-dcnt avec moi là-dessus, 
ceux sur-fout qui ont étudié la guerre que les autres 
animaux font aux poissons, et celle aussi qui se fait ordi- 
uairement entr'eux , laquelle est souvent horriblement 
cruello. 

Bcaucoup de monde est d'avis, cju'il y a dcs poissous 



SUR L'iCTYOCRArHlE SUBALPÌNE. Io3 

arnics de daids, épincs, et dont Ics piqiu-es sont véiii- 
meuses pour riiomine et pour les poissons aussi de toute 
autre cspcce , et suivant quelqiies-uns non seulement pour 
la mtnie espcce, mais encore pour le mòme individu. 
Le cit. AcTis bibliotliccaire de l'Athénée me rapporte 
avoir remaiqué dans ses voyages sur la mer Lybienne , 
que Ics pccheurs de Licate , de Palme , d'Eirgcnti de 
Xacca, et de toute cette còte, ont soiu de couper, et 
enfoulr de suite dans la terre l'épine de la première na- 
gcoire dorsale du poissou, appelée la vìve, Varaignée da 
ififir, trachinus eliaco L. , parce quils croicut que sa 
piqùre serait fatale pour l'homme : parcille opinion , sui- 
vaut ce quii m'est rapporte par le mème cit. Actis , 
règne aussi parrai les pècheurs du golfe de Naple; il 
me rapporte encore que par le mème motif il est d'usage 
de entcrrer le dard du raja pastinaca L. , vulgaircmeut 
pasteuacjue, et que dans quclques pays l'on y est obligé 
en force d'une loi de police. Le raja aquila L. , et lautre. 
raja, que j'ai appelé giorniana , dont il est question dans 
l'introduction du présent mén)oire, se trouvent aussi dans 
Tordre des poissons, qui sont sensés étre vénimeux de la 
manière dout nous parlons : il est vrai que Ics blessurcs 
occasiounent des inflammations , des spasmcs, dont les 
suites sont quelquesfois fuuestes ; mais il est aussi vrai, 
que de pareils cffets sont produits par des causes , dont 
la manière d'agir est tout-à-fait mécauique , puisque les 
dards et épines , dout il est ici question, ne sont nuUe- 
ment vénimeux. 



JOJ BUNIVA 

Changcmens produits chez les poìssons par dljforentes . 
causes , et en pardcuUer par la castrati on et l'hybri- 
disation. 

§. XIX. Toiit ce qui peut avoir une action quelconque 
sur ces animaux , peut y produire des mutations plus 
ou moins remarquables , plus ou moins avantageuscs ou 
désavantageuscs pour eux : elles leur sont quclqiicfbis fa- 
tales : la castration auginenfe leur volume , et noli-e at- 
tention se tourne ordinairement vers Ics varictcs dans les 
qualités de leurs chairs, qui soni causées par ce motif. 
Il est aussi très-probable , que l'hybridisnie ait lieu chez 
eux ; au moins il ra'arrive assez souvent de rencontrcr 
des poissons , dont la forme les rapproche très-fort de 
deux espèces différeutes. Au reste cette doctrine ne peut 
qu'étre basée sur des faits tirés des fécondations artifì- 
cielles, dont l'exécution n'est pas difficile chez ces ani- 
maux : je m'en occuperai sous peu , et je vous rendrai 
compie des résultats : notre collégue Vassalli veut bien 
lui aussi en faire autant, ce qui servirà à merveille pour 
rectifier mes observalions et mes cxpéricnccs à cct t'gard : 
Jacobi racoute avoir découvert un nombrc considc'rable 
de monstres panni Ics poissons provenus de la fccon- 
dation artificielle : mais sur-tout il en est plus vcnu , 
écrit-il, des oeufs d'une fruite, que des autres: entr'autres 
il s'en est trouvé suivant. cet auteur, qui avaient deux 
tctcs avecuucorps d'ailleurs irrégulier; d'autres n'avaieut 



SUR L'iCTYOCRAPHrÉ SUBALPINE. Io5 

qii'iin ventre, à dcux; et pnrmi ceux-ci, on cn voyait, 
dont Ics ventrcs s'étaicnt tellcment rt^unis , qu'ils sem- 
blaient aftachcs l'un à l'autre par toute leur longueur; 
d'autres tcnaicnt ensemble, conime si l'on avait vu deux 
truites , l'une à coté de l'antre dans l'eau : Quelques-uns 
présentaient deux corps qui allaicnt se confondre en une 
seule qneuc; mais le plus extraordinaire de ces nionstres 
était sans contredit , cclui, qui était forme par deux 
petits poissons réunis en croix , et qui n'avaient qii'un 
Seul ventre commun. Je n'ai guères l'espoir de pouvoiL* 
admirer de pareils prodiges, eucore moins de voir uà 
jour de ces monstres-poissons , que quelques anciens ap- 
lielaìent poisso7is-hoT7ime , attendu leur prétendue ressem- 
blancc avec nous. Rondelet * donne la figure d'un pois- 
Bon monstrueux , qui représeutait la figure d'un moine , 
et celle d'un autre qui représeutait un éveque en habit 
épiscopal. — Spectatum admissì rìsum teneads amici ì 

Efftìt de quelques suhstances appliquées ecctérieurement 
au corps des poissons. 

§. XX. Il est notoire , qu'il existe bien des substanccs 
qui, appliquées . extérieurement au corps des vers , des 
insectes et de cpielques amphybies leur sont f'ort nuisibles. 
Telle est l'huile qui est lalale à tous les insectes. L'expé- 
riencc ma bien prouvé , qu'il est quelqucs-unes des 



* Gulielmi RonDELETlt • lib. de plscibus , LvgJun. pag. 49z— gS. 



loG BUNIVA 

siibstances susditcs qui, appliquccs exlérioiin-incnf , pro- 
dui.sfiit Ics inéines effcls sur les poissous; mais il n'est 
pas aiiisi de Thuile , cai- je l'ai nppliquco do bien de 
manières dificrentes exactemcut sur (onte la surl'ace de 
leni- coips, cu pai-liculier sur celle des branchics, niènie 
dans riuléricur, et toujours saiis lem- causer la moiudre 
iucommodité. 

Reinarques sur les iiialadìes , auxqueUes soni aussì 
suj'els les poissons. 

§. XXI. i.° Rieu de plus ordinaire cliez les poissons, 
que Yo'c/ijjnose; presque toutes les blessures la foiment. 

2° Il n'existe pas d'auirnaux, qui ofl'rent une variété 
aussi admirable de couleurs , cornine les poissons; mais 
je a'ai rencontré cliez eux rieu d'extrèmeraent niarqucint, 
par rapport à leurs taclies preternaturelles au-delà de ce 
c{ue j'ai eu l'honneur de vous rapporter dans le §. VII 
de ce reémoire. 

3." Les pustulcs extérieures, les boutons , des cspèces 
de phiyctcnes ne leur sont pas étrangères: ces dernièrcs 
quelquefois occnpent presque tonte la surface inttrieure 
de leurs branchies et de la bouche. 

4° Existe-t-il chez les poissons des affectlons propre- 
ment dites phlegmonodécs , analogues anx éiysipèles , et 
aiix autres tumeurs de cette natuie dans Ics animaux à 
sing chaud ? c'est encore un problème à résoudre. Sont- 
ils sujcts à quelque cspèce de vrai cliarbon , ou à des 



SfR l'iCTYOCRAPHIE St'BALPINB. 10J 

nffi'Ctìons gangrcncuses? Dos pècheurs exports , croicnt 
avoir roconnu qiie les hrochets et Ics carpes sout quel- 
quefois attaquds d'une cspòce de peste; qu'il Icur vicnt 
des tumcurs anx coips , quo les écailles des carpes tom- 
bcnt, et qu'elles deviennont puantes , et pcrisseut pvcsque 
toules, principalemcnt lorsqu'il y en a un grand nombre 
ensemble dans un vivicr ou rt'servoir; mais cotte rela- 
tion est bien vague , pour pouvoir servir de rcponse i 
la question. / 

5." Je n'ai presque pas d'cxemple de squìrre dans les 
poissons. 

6'.° L'édcmc et les affections aualogues ont lieu dans 
les poissons. 

7.° L'on assure que les perches sont sujettes à prendre 
Sous la giace une maladie particulière ; leur corps s'enfle 
coDsidcrablement, et aiors, quand on les pòche dans les 
lacs profonds , on voit une cspcce de vessie conique sortir 
de leur bouche; mais quand on les tire d'un lac peu 
profond , on trouve cotte vessie au JìOJiihril *. Par la 
disruption de la vessie nataloire (aite exprès, j'ai obtenu 
choz quolques poissons des tumcurs omphyscmatiques. 
Il me reste ;\ savoii- si de parcilles maladics arrivent 
spontancnient aux poissons. 

8.° Les affections , que les nosologistes placont dans 
l'ordrc dos oxcroissanccs , se rencontrcnt aussi dans Ics 
animaux dont nous parlons. 



* Aiusi écrit-ii Bonatekhe , enc^cl. par ordre de matière : ictyologie. 



I08 JBuNIVA 

£)." Je u'ai point encore conuaissance d'un cas d'ane- 
vrisrne , ou de varice dans les poissoos : mais Ics hyda- 
tid's, et sui"-tout les hydatides vivautes, leur sont laini- 
licirs , conime l'on pcut concluie par ce que j'ai dit 
plus haut §. XV[. 

io.° Il nest point encore bica décide au moins pour 
moi, que ce que nous connaissons sous le nom d'apostème, 
dépót , abcés ait aussi réellement lieu chez les poissons, 
car, malgié tous les^iioyens que j'ai employés pour pro- 
duire clicz les poissons des iuflamniatious locales, et cu- 
suite des suppurai ions , il ne ma pas été possible d'cn 
former de bien évidentes: cependaut il est des éciivains, 
cjui rapporteut, que les poissons sout sujets à des ukères 
au foie. * '■ 

ii.° La struclure et Ics circonstances particulières aux 
poissons nous font juger ce qui est cu effet, savoir que 



* BoNATEBHE loc. cit. , suivaiit un vapport qui mVst fait par le ciloyen 
GlORKA , Ics populalions de la République, IcsquelUs occupent Ifs < óics 
miTulionales de la Méditeiianée , croient, en general, que le foie de la 
chimère monstrueuse , dout il a élé queslion dans linlioduclion au piésent 
mémoire, est un terrible poison pour les personnes qui en inangenl. L'on 
assnre assez générhlement , que rette sulislanre a une action aiialo};ue à 
celle de lopiuni, mais plus fatale encore; l'on est persuade, en oulre, 
quelle occasionne une vraie déuienre, ou , pour le luojns , une stupidite 
mcurable. Il est cependant de ceux qui peusent que de pareils cflets' 
fiinestes ne sont produits par le foie, doni nous parlous , que lorsqu'il 
est atlaqué de quelque maladie partirwlière ; l'on conroit que cet objet 
deinande des fclaircisscnirns , qui me srronl Cournis par des aniniaux , sur 
lesqupls je .fera! les essais que je jugerai uécessaiies . si les circoustauce» 
me le permetteul. 



Sfl\ L'iCTYOCrAPHlE SCBALPINE. lOg 

les déplaccmcus , Ics cliiitcs, les de'scentes , Ics hernies, 
Ics abcrrations et les seasatious, ii'ont quo bicnrareniiuk 
lidi cluv nix. 

12.° Les plu'nomtncs de tonte sorte de h /essa re , cou- 
. pure , riip/ure , fraclure , excoriulìon , contuslon clicz 
les poissous , scront toiijours fort curieux pour les patho- 
logistes qui voudront bien comparer ces plicuomcnes avec 
ccux qui sont oidinaircs cn pareilles ciiconstances dans 
les animaux dits à sang cliaud\ aussi rexj)osé de ces dif- 
féretis points de compMraison , foniicra-t-il iobjet d'un nu- 
tre mémoire que j'aurai riionueur de vous préscuter daus 
une aufre occasiou. Il existe peut-èirc un mode particu- 
lier d'ulcerai ion et d'ulcères chez ces animaux , qui nest pas 
eucore assez bien counu. Quelques écrivains assinent que 
les ulcères ont lieu aussi dans l'intérieur de ces animaux, 
comn>c dans le foie. Au reste , la facilité de la cicatri- 
sation et de la réparation à cet égard, m'a toujours para 
admirable dans les animaux dont nous parlons ; je n'ou- 
blierai pas de vous rapporter qulls sont aussi exposés 
aux mauvais cffets des blessures vénimeuses .- j'ai engagé 
le citoycn Foruaseri à vouloir bien exposer des poissons 
à la morsure de la vipere; il en a fait l'essai; le résultat 
montre qu'elfectivement cette blessure est cncore mortelle 
pour les poissons. Nous nous sommes proposésdcmultiplier 
ce genre d'expériences, d'cmplo^'cr l'inoculation dans les 
poissons , par le moyen de la lancette , des différentes 
substances vénéneuses connues. Nos expériences rclatives 
aux rcproduclious des parties du poissoa amputées ou 



no BiJNivA 

sc'pavt?es d'une manière qiu-lconqne , on élc nnilfipli('c8 
et bien diversifices. La hricvetó du présent mémoiio ne 
me permetfunt pas dVnlror dans tous ccs détails, je me 
home h. dire quclles vienneut toutes à Tappili de ce 
que Lacepède rapporte lù-dcssus : « Plusicui-s de lenrs 
» orgaues, dit-il dans son discours sur la nature dcs pois- 
» sons , pag. i35 , plus indcpendans les uns des autres , 
» que ccux des animaux à sang chaud , moins intime- 
» ment liés avec dcs centres communs , plus ressemblans 
» par-là h ceux des végétaux , peuvent ètre plus profon- 
» dément altérés , plus gravement blesscs , et plus com- 
» plétemeut dtHruits , sans que ces accidcns leur donnent 
» la mort. Plusieurs de leurs parfies peuvent méme etre 
» reproduites , lorsqu'elles ont cté emportces , et c'estua 
» nouveau trait de resscmblance , qu'ils ont avec les qua- 
» drupèdes ovipares , et avec les scrpens. Notre confrère 
» Broussonet ( poursuit-il ) a montré qnc , dans qncl- 
» que seus que l'on coupé une nageoire , les membranes 
» se réunissent facilcment , et les rayons , ceux mcme qui 
» sont articulés et composés de plusieurs picces , se re- 
» uouvellent et reparaissent ce qu'ils étnient , pour peu 
» que la blessure ait laissé une petite portion de Icur 
> origine. » 

iS." Je me vois encore force à demander, si les pois- 
sons, ainsi que tant d'autres animaux, sont aussi sujets 
il la fièvre , et dans le cas positif , quel est ici le mode 
du spasme fébril ? quelles sont les conditioiis dcs pulsa- 
tions du systéme artcricl ? quelle est l'alternative de la 



SUR L'icTYOcRArmr: sibalpine. 1 1 1 

temperature dans leur coips ? Voilà d 'iiilcressans problè- 
mes à réscmdre par Ics Natuiallstes , et pour tous ceux 
qui étudieut la pathologie compaice , dout rimportance 
est iufiuiment grande. 

14 " Lcs écrivains nous rapportcnt que les carpcs sont 
exposécs à certame maladie appclce mousse , et mème 
à la petite vérole ; que la première consiste dans de pe- 
tites excroissances qui se maiiii'cstent ordinaircmont sur 
la téte et sur le dos ; que la seconde est caractérisée par 
des pustulcs , qui se fixent entre la pcau et les écailics. 
Je ne connais point la première ; quant à la seconde , 
elle ne me somble pas pouvoir étre rapportée à la va- 
riole , car je l'ai vue durer quelquefois au - delà de i5 
deca des. 

iS." Les maladìes appartenant à la classe des convul- 
sives , sont ordinaires cliez les poissons ; ou peut racme 
les produire chez eux presqu'à volonlé. 

16.° 11 en est ainsi de la difFiculté de rcspirer quils 
épi-ouvent bion souvent à leur manière .-la dyspnée chez les 
poissons est occasionnée presque par tout ce qui peut alté- 
rer leur systerae vital : elle est extréme, lorsqii'ils sont privés 
tolalement ou en partie , de leur véritable arabiant. Les 
pècheurs rapportent quii arrive quelquefois quii se fait 
un amas entre les còles , ce que Fon reconnait par le 
cliangcmcnt de couleur, dans l'endroit indiqué. Bem^okii'S 
remarquait que YhyJrocanlie était frequente chez les 
poissons : cette observation a été confirmée par plusieuis 
aulres naluralisles , taut aucieus que nioderues. 



112 Bl'NIVA 

17.° Los taycs de la cornee ne sout pas uifrcqucntesr 
cliez les poissous : cllos fonneiit les diffcrentes cspcces 
do leucoma , qui se reiicontrent daas les yeux des pois- 
sons. Le défaut de paupières domande ici toute la con- 
sidération : la calaracte est une maladie qui ne Iciir est 
pas ctraugòre. Qtianl à la cécile des bruchcts, jc ne fo- 
rai ici quo rapportei- ce qui est écrit , sur col ohjet, 
dans le Coiirs coniplet d\4gricultLire , par une sociclé 
d'Agriculteurs : « Ou assuro cpie le brochei a pris , cu 
» six ans, toulc la grosseur où il peut parvrnir, et qu'cn- 
» suite il devient aveugle. La premièj-e partie do celle 

• asscrtion est vraie jusqu'à lui certain point , si letang 
» est trop circonscrit ; j'ai une preuve conlraire dans 
» les étangs de vaste éteudue. Quant à la cécité , le fait 
» domande coufirniation ; cepcndant je suis Ijien cloigné 

• de le uicr , puisque celle assci'lion parali avoir une 
» espèce d'analogie avec une observation insèrte dans lo 
» volume de l'Académie royale des scicnces do Paris , 
» année 1784, dans la partie de lliisloire , pag. 27.» 

18.° Il règne quelqucfois choz eux un t'iat dengour- 
dissemenl , pendant l'hiver , sur-tout sous la zone gla- 
ciale où il devient complct. 

ig.° La porte de l'odorat et du goùt paraissent aussi 
avoir lieu chéz Ics poissons dans différentos circonstau- 
ces , et les péchcurs sont fort au fait de ccs deruiòres 
iufumités. 

19.° Ils m'out assuré qu'il est des poissons qui srmblent 
ótre vraiment altcicls d'une surdité parl'aitc : Ics Natura- 



SUR l'ictyogrAphie subalpine. Il3 

lisles dolvent fixor Iciir atleulion là-dessus , afin de rccli- 
Ccr ce que je vicns de noter. 

20. ° J'ai vu des poissons dont les nageoires élalont 
prosque daus un état de paralysie : j'ai produit de ccS 
sortes de paralysies artiGciclIemcnt ; j'ai nième obscrvó 
que les ble^sures profondes, faites exprès dans la nioclle 
épiiiiere , douiient la paralysie des parties poslérieures 
du coi-ps. 

21.° Rien de plus ordinairc que la ìypothymie et la 
syncope chez les poissons , lors sur-tout que nous les pri- 
vous totalemcnt ou cu partie , de leur ambiaut nature!. 

22° Il est des màlcsqui, après le frais , torabent dans 
un épuisement considérable , qui , suivant l'observatiou 
des pècheurs , finit , clicz quelques - uns , par une sorte 
de It'lhariiie. 

23." Les connaissances sur l'état des raaladles, qui sont 
compiises daus la classe des douloureuses , ne sont que 
très-confuses. 

24." Nous ignorons aussi , si la 7-age proprement dite 
règne parmi Ics poissons , de mcme que parmi tant d'au- 
tres animaux ; nulle raison ne peut nous persuader que 
Ics poissons ne soient pas sujcis h cette maladie : au 
contrairc , quelques considératious faites sur la struclure , 
la forme et le nombre de leurs dents , sur la rapacité des 
poissons en general , sur la force de leurs machoires , 
sur l'usage de ce fior insfrument des poissons , sur dif- 
fcrens phénomèncs occasionnés sur le corps des poissons 
et aulres animaux mordus par les poissons , semblenE 



1 1 4 BUNIVA 

nous faire pcnclier vers l'affiimative à cet ^gard. Il sci-ait 
bien ciiricux de savoir , si les poissons deviendraient , par 
colte raison, hydfnp/iobesì Celie iuterrogation paiait fenir 
à un paradoxe ; je ne chcrcherais pas nioins à piofifcr 
de la circonstance , aussitót qu'elle se ptcbenlera pour 
faire movdre un gros poisson par un animai onragc quel* 
conque. Je ne taclierai pas moius d'introduiie , par le 
mo^'en de l'inoculatiou , dans le corps des poissons , une 
partie des sucs salivaircs d'un animai eniagé , pour cn 
reconnailre l'cffet : je ne puis pas me figurcr que d^ 
pareils essais puissent étre ou ridicules cu nuls. 

25.° Il est aussi certain que Ics poissons dormcnt , qu'il 
est certain que les causes qui troiiblcnt sans relàclie leur 
sommeil, Icur sont incommodes ou pcrnicieuses. Je tiai- 
terai plus en détail , daus une aulre occasion , do l'offet 
de l'opium par les poissons, dout il a dójà èie questioa 
dans le §. XIV. 

26.° L'hómorragie spontanee n'arrivo prosque jamais 
aux poissons : elle leur est presqiie toiijours procuréc par 
des agens mc^caniques ; j'ai saigué do dilfóreutes manièios 
les poissons : j'en ai saigné jusque ad animi tleliqiiium : 
j ai fait pordre rexistence à un grand nomhro do pois- 
sons par le soni moyeu do la saignée. La dyssouterie 
s'observe ceprndant quelquofois parmi eux. 

27." La diarrhée lour est familiòre , et quolquefois 
fatale. 

28.° Lo dinhète huiìeux a aussi é\é obsorvó ohoz oux- 

29.° \jclìiisle , Valrophie et le dessdckeinent a lieu 
cliez les poissons. 



SUR l'ictvographie subalpine. il 5 

So" Lcs éci'ivains rappoitent que l'on trouvc souvrut 
des Ja/ios et dcs hcrgforellcs couverts de lèpre. Je n'ea 
connais pas encore. 

3o.° 11 en est de mémc de différentes autres maladies 
que l'on assure causer dcs ravagea épi/ootiqucs parm£ 
4ous les poissons indistinctemcnt , ou seulemcnt parmì 
quelque espèce particulière. Ces épizooties paraissent , 
dans quelques circonstances, récllement contagieuscs; telles 
m'ont para des épizooties , qui ont régné dans le lac 
majeur et dans ccux à'Aviglìana , lesquelles ont lait dea 
ravages étonnans ; il faut cependant avouer que les ex- 
périences diiectes pour prouver la qnalitc contagieuse , 
n'ont point encore été faites jusqu'à ce jour; c'est une tache 
que je remplirai aussilót que l'occasion s'en presenterà : 
j'employerai la méthode de l'inoculation. Ce genre d'ef- 
forts de uotre part , tournera au grand avantage de la 
société , car nous marclions , par-là , vers le grand but , 
savoir vors la découv'erte de la vraie manière de conser- 
ver la vie , la sante des poissons , et de les défendrc 
des épizooties qui , en faisaut des ravages affreux , dé- 
pcuplent quelquefois tofaleincnt nos rivières, nos étangs, 
«OS lacs, d'animaux qui sont, pour l'homme , d'une uti- 
lité majeure. Vic-d'Azyr observe fort à propos , que le 
défaut d'obscrvations en ce genre avait fait croire aux 
anciens , que les poissons claient tout-à-fait exenipts de 
inaladics épizootiques . Aristote l'assure dans son his- 
toire des aniniaux. Quoique les niodernes ne soient point 
d'accord sur cct article avcc les anciens , nous trouvons 



'il 6 " BUNIVA 

nénnmoìns , daus leurs dcrits , peii d'excmples do mor- 
talitc panili ccS animaux. Le plus frappaut est cclui dii 
lac de Constance , dont Ics poissons. fiirent atfaqncs , eii 
1772 , d'une mortalité p;éncrale. L'abbé Richard , daus 
son histoirc naturclle de l'air et des nictéores ( toni. Ili , 
png. /j5i ), dit aussi que dans quelques lacs dii royaiime 
de Naples , à peu de distance de Pozziiolo , Ja coiiup- 
tion des caux stagiiantes , qui a lieii pendant réte , fait 
mourir nne grande qnautitc de poissons. Le mcdecin 
Adam, de la cominune de Caen , lapportait à la Socicté 
royale de Mcdeciuc de Paris, quo, depuis l'année 1760, 
on avait observd deux ou Irois fois une c^ptce d'épi- 
zootie , panni Ics poissons de la rivière de Di\es ; la 
mortalité u'a pas été generale, à la vérifé ; mais, outre 
ceux qui pcrissaient , la plupart étaient languissans , et 
se présentaieut à la surface de l'eau où on Ics preuait 
aisément. Il lui a été facile de trouvcr la cause de celte 
mortalité dans les. mauvaiscs qualités de l'eau qui , après 
avoir croupi dans les niarais voisins de la rivière , avait 
coinniuniqué son iufection aux eaux de cotte dornière. 
De paroillcs iufections sont fréquontcs cu Piémont , et 
leurs effcts sont pareillemcnt très - dangeroux pour ccs 
animaux ; lo rouissage du chanvre pratiqué aux liords des 
lacs dUA^'ìglicma et de quelques autrcs lacs du Piémont, 
est, on ne peut plus, mcurtrier pour les poissons. Les pois- 
sons de nos rivii-res se rcssentent presque tous de cotte 
pratiqué condamnahle : nne macération semblable du lin, 
aiiibi que de plusieurs autrcs végétaux , occasionne cons- 



SUR L'TCTYOCn APHIE SUBALPINE. 1 17 

tammcnt le mcme ellct. Aussi le Consoli supcricur, civil 
et inilitaiio de sante , que j'ai riionncur de prcsider , 
proposcia-t-il soiis pcu un projet de loi à cct égaid , le- 
quel , cci-tes, sera diete par des principes conformes àia 
sa^;es^e de rAdmiuistiateur GéucTal et dii Gouvememeut 
qu'il rcpi-éscutc. 

Remarr/ues sur la vìtaVué des poissons. 

§ XXII. Par l'apercn que j'ai donne sur les maladics aux- 
quelles les poissons soni sujets, et par les considérations et 
les remarqncs qiie je viens dexposer dans les §§. XVI et 
suivans, sui-lout co qui pout avoir quolque influonce sur 
le système vital de ces animaux, l'on serait porte à tirer 
dos inductions générales, mais là-dessus il faut marcher 
lentement ; car il en est panni eux, qui ne peuvent pas 
supporler la nioindrc offense impuncment : leur vitalité 
est éteinte prosque dans un clin dreil. Leur force mus- 
culaire est trcs-peu considerable , leur mort résulte tou- 
jouts de la moindre altération que l'on apporte à l'eau , 
à l'air, en un mot, à ce qui pout avoir un rappoit notable 
avec eux : il est vralment des poissons qm ne jouissent 
point d'une bion forte ténacité de vie; tels sont, par 
excmple, le salmo ynurcena L. , le S. miircenu/a h. , 
le cypriniis viinba L. etc., et d'un autre còte il ne faut 
point perdi-e de vuc que l'on pout trouvor des exem- 
plos des plus grands eO'orts musculairos dans cotte classe 
d aaiiuaux ; Blaìse, daus sou discours sur le mouvement 

Q 



1 1 8 BuNiv\ » 

musculaire, raconte avoir vii lep(?e clu poisson t^pc^ s'cn- 
foncor dans une planche, et la pénctrer de part et d'autre: 
si Fon remarque, ( obscrve le méme aiiteur ) que cet 
animai faisait son mouvement dans un milieu aussi dense 
que l'eau , et qui marchait dans la direction meme que 
le vaisseau , l'on pourra se fornicr une idee assez jusfe 
de sa force musculaire. Rappclons à uotre mernoirc les 
différens exemples de poissons qui ont poursuivi plu- 
sieurs jours de suite dcs vaisseaux , dont la velocitò était 
très-grande : rappclons à nolrc mémoire, en particulier, 
les exploits du corip/icena hyppuius L. , représenfons- 
nous les élans , les courses, les sauts du salmo syh-a- 
ticiis L. , du cyprinus jesos L. , et de tant d'autres : rc- 
préscntons-nous la Idnacité de la vie des anguilles cn 
general , du lobylis tamia L. , des cyprinus carpio L. , 
e. linea L. , e. idus L., e. lalus L. , etc. , et nous nous 
convaincrons que la vitalilé cn general est trcs-fortc dans 
la classe des poissons. N'allons cependaut pas trop loin , 
et à l'instar de ceux qui ont dé])ité que les poissons 
cn general pouvaient se mouvoir ìi leur ordinaire dans 
les eaiix un tems assez long aprcs l'amputation de leur 
tète. Les différens cssais que j'ai faits, m'ont constam- 
ment donne des n'snltats contraires. Un phónomcne 
que j'ai remarque à l'occasion de ces expérienccs, c'est 
que le corps du poisson aceplialé, cjuelque quart d'heures 
après l'opération se remuc très-vivemeut , si on le place 
tout simplement sur la main : une seule feuille de papier 
iutcìTouipt le plus souvcnt cct effct eutièremeut. Consi- 



SUR 1,'lCTYOGBAPHIE SUBALPINE. Ilf) 

dt'rons enfin leni' longévitu pour conccvoir cn rux une 
bien retnarqiiablc ténacité vitale. D'aborti Bacon de Yé- 
nilame fait meritioii d'im hrochet agé de 40 aos. 11 est 
parie d 111) murn'/ia de (ù). aiis *. Bradlèy écrit d'un cy- 
pi in de 100 aiis ** et Buffon d'un autre agé de j5o, 
lesqucls poissons n'étaient cepcudant point encore arrivés 
à leur juste volume: il fut trouvé un hrochet dans uu 
étang en AUemagne, Fan i497' "^l"^ avait un auncau 
d'airaiu passe dans la couverture de ses ouies, surlecjuel 
il y avait une inscriplion gi'ccque , faisant nicntion que 
c'était i'empereur Fréderic li. qui l'avait mis dans cet 
élang, en sorte, qu'il avait au moins 267 ans***, enGn , 
pour ne point muUiplier ici ce genre d'cxenfples , con- 
venons sans hésitation avec Lacepède qu'il est des pois- 
sons qui ont prolougé leur existeucc jusqu'à 3oo ans. 

Remarcjues sur la destruclion et réproducllon despoissons. 

XXIIl. Malgré la ténacité de la vie de ces animaux 
un nombre infini périt avant le terme de son cxistccce 
ordinaire. Les causes destructivcs de ces animaux sout 
parcillement bien nombreuses , mais la nature ne niauque 
jamais de ressources : la plus simplc de toutes , est celle 



* GnAKDiS Ioni. I, png. 3oi. 
** Plillusopli. account pag. 66. 

•** X^onind. Cellis opml gej nerum in sua epistola nuncupatoria : hisloiie dtt 
liècle du Pere, reufaut au 5 cbap. , pag. z38. 



120 BUNIVA 

qui rdside dans la mullilucìc dcs ceufs ; Icnr nomhre est 
vraimcut grand dans prcsquc (oiis les poissous ; il est 
iininense par excmple dans Ics gades , dont une seule fe- 
niello contieut plus de ueuf millious d'cuufs, suivaut le 
calcul de Lagei'Ède. 

L'étude de l'histoire naturelle dcs poìssons est utile 
et dcUcieuse à lu Joi's. 

§. XXIV. Les objcts dont il est qucsfion dans le 
préseut métnoire, sout par Icur nj\ture délicieux et utilcs 
à la fois: tous sont iutéres'-ans : tous réclament rattcniion 
des naturalistes: telle est l'histoire naturelle des poissons: 
étudions-les douc avec les grands ictyologistes qui nous 
ont précède, suivons eu cela l'exemple de l'illustre La- 
cepède: nous ne troiivcions avec lui aucune classe des 
ètres vivans qui nous environneut plus dignes de nos 
soins, et de notre examen que celle des poissons. Diver- 
sité de familles , graud nombre d'espèces, prodigicuse 
fécondité des individus , facile multiplication sous tous 
les climals, utililé varice de loutes les parties. Dans 
quelle classe i-pncon(rerions-nous et tous ces titres à l'at- 
tention, et une noun-iture plus abondante à l'iiomme , 
et une ressource moins deslructive des autres ressources, 
et une matière plus rcdamce par 1 iiidubijìt-, et des pré- 
parations plus répandues par le commerce? Quels sout 
les aniniaux, dont la rccberche peut employer taut de 
bras utiles, accoutumcr de si boune heure à braver la 



SUR l'iCTYCCRAPHIE SUBAtPINB. ÌZf 

violeuce dcs (finpclcs, produire faiit dhaljilcs et intic- 
pides navigutcìirs , et cit-cr ainsi pour notie grande calion, 
les élcmeus de sa Ibrce pendant la guerre et de sa pros- 
péiité pendant lapaix? 

Nos efforts tourueront toujonrs ìi l'avanlage de nofre 
chcre patrie; les Golhs mémes out reconuuu eette vérilé. 
Tliéodoric roi des Goths , après sa conquéte d'Italie , 
se plaignit de bien de désordres qui avaieut lieu, et en 
particLilicr de ceux que les pècheurs cansaient sur le 
fleuve de Po , par le nouvel usage des clutures de piaes 
et de hayes qii'ils avaient inventé , et dont ils barraient 
ce fleuve, pour y enclorre et produiie un plus grand 
nombre depoissons, qu'avec les simples filets, dont l'usage 
leur était permis. « Sciens enim f elibus , non sepihiis 
» esse pìscandurn ; nani lune quoque deteslubilìs avidi Cas 
» proditufy ut sibi iaulum J^cslinet includere , quantum 
» ad nudtos pillerai pei\enìif^.r> Ce roi ordonua aux Ma- 
gistiats d'y pourvoir , et il en rend la raison suivaute, 
qui doit servir de norme à tous ces gouvernemens. « Quia 
» nulli grave credimus pra'bere , qiiod Deo auxiliarile 
» prò communi ulililate pruaparalur. * 

Nota. LACErkDE, mrmbre du se'nal consenaleur , a 
hii'n voutu applaudir à cct essai; il a nième daigné 
vie faire pirvuttir, par un canal très-lionorijique pour 
moi , une noie de plusicurs expériences qui devaient 

! ■ - — 



122 BUNIVA EC. 

étre faites par IIumbold et lui , lorsque le do'pari clu 
premier pour VAìnérìque meridionale , Jit dijfórer ce 
Irtvail ; je ferai des efforls pour re7nplir à Turin la 
lache cpi'HuMBOLD s'élait propose de remplir à Paris ; 
les résultals , dont la rédaction sera sou?nise à l'ap- 
probalion de l'illustre Lacefède , se trouieront duna 
un autre mèmoire, auquel seront anneccés les tahleuux 
iclyographiques , doni il est question dans le premier 
§. de. cei écrit. 



EXPERIENGES 

E T 

OBSER VATIONS 

SUR LE FLUIDE DE l'ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA. 

PAR A. M. VASSALLI-EANDI. 



J_jES nouvoaux faits dans Ics sciences naturellcs attircnt 
toujours l'attention dcs savans et des amateurs, qui s'em- 
pressent de les vérifier , de Ics étendre et de Ics appli- 
qiier aux aufres parlics de la scicnce de la nature ; et 
quoùjuc rcuthousiasme porte souvent l' cxagératiou des 
propriótcs du nouvcl agent, dans pcu de tems il recueille 
des phénomèncs , qui ne seraient connus que dans une 
longuc suite d'annccs , sii n'y avait qu'un petit nombre 
qui s'cn occnpàt. Tel a vté le sort dcs principaics décou- 
vcrtcs , tei est cclui du fluide qui se degagé du contact 
des métaux mouillés, dont je vous ai déjà parie plusieurs 
fois. Je vais cn prcsentcr quelques uouveaux faits à la 
Classe. 

Aprcs avoir porle dans l'appareil les divers chan- 
gcmnis, dont je vous ai rcndu coinpte, faisant usage de 
tubcs lautót droits, lantòt courbes, essayant les dillércns 



12/(. SUR LT^ FLUIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

niólaiix Vii pile et ea flls ; passaut les fils niétalliques par 
le nièuie bouclion , qnand je voulais cxnminer le gaz 
pai- la conibustion , en les plongeant dans des tubes se- 
paies pour l'examcu de la mai-ehe du fluide , et de ses 
elTets sur les divei'S métaux ; après avoir déeomposé l'acide 
nillique dépuré pai- Tai-gent el lalkool très-pur, qui ni'ont 
été fburuis par nutre collègue le docteui" Bojnvoisin; apiès 
ces expéi-i(;nces et les auti'es, que je vous ai annoueées, 
je nai poiiit cesse de consacrer les momens de loisir ;\ 
ces rechetclies. Ayant observé d'autres pliénomènes, dont 
quelquesuus ont rectifié mes idées , je vous les présente, 
et pour rnettrc plus de prccision dans un travail , doni; 
les détails minnticux et les nombreuses anomalies fati- 
guoraient iuntilemeut votre attention , je les partagerai 
en six paragraphes, savoir : i.° des matériaux de l'élcc- 
tro-moicur : 2.° des conducteurs du fluide: 3.° des cflets 
da fluide : /^.° parallèle des cffets du fluide de l'électro- 
motcur et de l'électricité : 5.° des effets de lelectricité 
sur l'électro - moteur : 6° coujectures sur la cause des 
pliéaomèues de lelectro-moteur. 

§. I. 

DES MATÉRIAUX VE l'ÉLECTRO-MOTEVR. 

Dans mes premières expcrlences je vous ai annone^, 
que tous les métaux oxidables servent à composer l'élec- 
tro-moteur, pourvu qu'ils soieut entremélés avcc un corps 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. I2D 

liumidc , et clisposcs par paires de mctaux divcrs , tou- 
jours dans lo iiième ordre ; qiie l'argeut pur u'cst pas si 
boa (jLie celili qui est mèle de cuivie , pour eomposer 
la pile; quii ii'est presque poiiit attaqué pai- la dissolutioa 
du imu iat de sonde , et que Ics disques de ziuc , joints 
à ceux d'argciU pur , l'oxideiit iiifininient moins que ccux 
quo ron joint aux éeus. Le ineilleur titre de l'aigeut 
que j'aie liouvé , pour avoir Ics plus forts cffcts de la 
pile , est colui des pièces do cinq iVaiics. Les pièces IVap- 
pées ne fout pas si bieu que les disques polis , je crois , 
pirce que le contact nest pas si complet. Quoique l'oxi- 
dation des métaux soit nécessaire pour obtenir les elfets 
de relectro-nioteur , comme il parait dos piles coraposées 
avec des disques de platine et d'or purs , qui ne s'oxi- 
dant poiut , ne dunueut aucun signe , il y a des liraftes 
dans Toxidaliou pour avoir les plus grands effots. Ain^i 
le plomb agit très-pcu. Sorait-ce parce que les disques 
sout couverts d'une couclie d'oxide avant que la pile soit 
achcvée ? le fluide parait se disperser pendant qu'ou forme 
la pile. 

Ayant appris par mes expériences ( toni. V , pag. 67 , 
Acad. de Turiu ; que les métaux en s'oxidant changeut 
de capacitò pour coutenir Télectricité , et que la pile pré- 
sente son fluide en mouvemciiL en raison de roxidatioa 
dos mélaux ; que quand ceux-ci sont oxidés , il laut les 
p )lir pour avoir les phénomènes ordiuaires , en lépélant 
les effets de la pile de roxidation , j'ai essayé de la f'or- 
nier sans corps humide, eulremèlaut des oxides aux dis- 

R 



IzG SUR LE FLUIDE DE l'ÉLEGTV\0-MOTEUR DE VOLTA, 

ques dargent et de cnivre. L'oxide roiige de niercure 
par l'acide uitrique me parut le plus propre par la fa- 
cilitò de qiiittcr l'oxigcne : ainsl j'ai établi lelectro-motcur 
cn subslituant une concile de 0,00 1 mètre dcpaisscur 
d'oxidc rouge de mercurc aux carlous mouillcs. ]\!ais je 
n'obtins ni commotiou, ni dccomposition de l'cau. L'oxide 
rouge de plomb , l'oxide de chaibon cn poudre el plu- 
sieui's autres n'agirent pas de plus. Je laissai une cjuan- 
tité d'oxide de mercure et de plomb liois de la pile , 
pour le compavcr avec celui que je mcltais entre Ics 
métaux, et je n'y ai jamais aper^u aucune dilfcrcnce ; de 
facon que j'avais conclu quon peut bica avoir rappaicil 
aclif avec un seul metal , ou nicuie avec diffcrcnles li- 
qiicurs , mais non sans liquides. Dcs cxpéiienccs poslé- 
rieures m'ont appris que, quoique très-faiblcs, on a cc- 
pendant des cffets de la pile composée eutièrement de 
corps secs, tei que dcs disques d'ai-gcut , de zinc et de 
carton, et de carton bien scc. Jai eu quclque Ii'gèic dé- 
compositiou de l'cau, mcttant des couches de sci enlre 
les métaux , mais le soupcon de 1 humide ne me laisse 
tirer aucune conscquence. J'ai prcparé 26 disques de cliar- 
bon, et j'en ai foimé la pile avec autant de disques de 
ziuc et d'argent : clic n'agissait point pas mcme svu- les 
grenouilles. Je fìs une autiu pile avec de disques de bois 
très-secs entremclés parmi ccux d'argent et de zinc ; elle 
ne manifesta aucune action pas mème sur la grenouiile. 
Substituint des disques de carton non mouillcs à ceux 
de chaibon et de bois dans la formalion de la pile , j'ai 



PAH A. M. VASSALLI-EAKDT. I27 

eu des contractions dans la grcnouille , point d'autre 
indice dti [luidc. Lcs cartous avaicut été mouillés liuit 
jours avant. 

Cette pile cepen laut n'agissait plus,quand on avait en- 
■core do f'aihies conlractions avcc le seul cordoiinct d'or. 
Soiipconnant di- lluiinide dans Ics carlons, jVn ai subs- 
tituó do noiiveaux bica secs , la pilo agissait ógalement, 
mriiic apiòs avoif reste 24. heures dans une chambre 
bica chaiide et scche. J'ai fait la pile, argcnt , caitou 
mouillé et charbon : olle n'a pas agi de plus que cello, 
qui était argont , chaibon et zinc De meme la pile com- 
posée z!nc , cartou mouillé et charbon, d'abord n'a rica 
agi sur la grcnouille , très-irritable avcc la pile argcnt, 
carton sec et zinc ; apròs cinq minutes elle a agi forte- 
nient sur une autre grcnouille très- vivace. Cepcndant , 
comme la pile sèdie, elle n'agit ni sur l'oeil , ni sur la 
langue , et encore moins sur l'oau. 

Un phónomènc rcmarqiiable , dans ces expériences , est 
qu'en forinant la pile argent, carton mouillé et charbon, 
Targcnt s'est oxidé en noir dans cinq minutes plus com- 
plétement que dans trois jours d'action avcc le zinc ; le 
carton étant mouillé dans la móme solulion de muriat 
d'ammoniac , zinc, carton mouillé et charbon , le zinc 
s'oxida boaucoup moins que l'argent. Les mcmes disqucs 
d'argent et de zinc avcc les cartons mouillés, donnòicnt 
encore de petitos sccousscs , et décomposèreut l'cau, soit 
avec des fds d'or que de platine. 

Lorsqu on essaye l'actiou d'une pile sur les grcuouilles, 



128 ST'R L'È n.UIDE DE l'^LECTRO-MOTF.UR DE VOLTA, 
il csf nisc de se Iromper , si oii laisse comniuniqucr Ics 
condiicteurs des houts de 1 electro-moteur .• car , daiis ce 
cas , nn u'a plus le passagc du fluide par la pile , inais 
simplemcnt par Ics conductcurs jusquau point de Icur 
coiilact. Ainsi , quand la grcnouille ne souf'fVe plus au- 
cunc agitation d'une pile sèdie , on a encore de fortes 
coutractious , faisant la communication de deux conduc- 
teurs de méme qu'avec un seul are mctallique. 

De ces expériences il résulte que , tandis qu'on assaye 
l'action de différcntcs pilcs sur les animaux , ou jucsure 
non seulenjent les cffets que l'clectro-motcur fait sur les 
mèmes , mais encore la résistance que les matériaux de 
la pile opposenl au passage du fluide dit gahankiue. 

Vu la necessitò de mcttre un corps humide entre Ics 
métaux hétdrogènes , pour avoir dcs efl"ets un peu forts 
du fluide galvanìque , j'ai essayó l'action de plusieurs li- 
quides. Leiu-s effcts sont en raison de l'oxigène qu'ils 
còdeut aux métaux, ainsi les liuilcs ne font pas plus que 
les oxides ; l'alkool agit trcs-peu ; l'eau pure fait asscz 
bien : saturée de sels qui cn aident la décomposition , 
elle agit beaucoup plus : aussi en general aujourd'luii 
on ne mouille plus les disques de carton ou de drap 
dans l'eau pure , mais dans une solution de murial de 
sonde ou d'ammouiac. Substltuant des acidcs aux sels, 
on a de plus grands effets. Ainsi six gouttes d'acide sul- 
pliurique sur deux onces d'eau, donnèrcnt un liquide assex 
actif pour rintcusité et la durée de l'acliou. 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. 1 29 

La pile agissait encore le jour apics, malgrc la chaleur, 
à 28 dcgrés du thermomètie centigrade. L'acide nilriciue 
concentrò agit plus promptement et avcc beaucoup plus 
de force , mais il cesse aussi d'agir bientòt. Il me pre- 
senta inéme un phénomèae singulier daus la dccoirposi- 
tion de l'eau. On sait quc , si les fils métalliques sout 
de Tacile oxidation dans la décomposition de l'eau , l'un 
s'oxide, et l'autre donne le gaz liydrogène; qu'en subs- 
tituant des fils d'or ou de platine à ceux de cuivre , ar- 
gent ou fer , on a d'un fil le gaz oxigène , et de 1 au- 
tre fil le gaz hydrogènc dans les proportions de la com- 
position de leau , cn mouillaut Ics cartons daus l'eau 
mèlóe avec 0,06 d'acide nitrique , la décomposition de 
l'eau avcc une pile de i5 couples d'argent et zinc , se 
fit d'une force qne je n'avais jamais observé avec des 
piles de 100 couples des mémes métaux , les bouillons 
portaient en liaut foxide de platine, et sortaient en égale 
quantitó de deux fils. En renfoirant 'la dose de l'acide , 
on augmentc les effets jusqu'à un ccrtain poiut , ensuite 
l'action de la pile diminue à proportion quii augmcnte 
la dose de l'acide. Ainsi 0,1 d'acide sulfurique donna 
une oxidation si forte qu'on cntendaifc et on. voyait la 
fermentation , sans avoir d'effets sensililcs sur l'eau, quoi- 
qu'ils fussent assez forls sur Ics grcnouilles et les lézards. 
Ayant l'eau salurte d'acide nitrique de lexpérience sus- 
mentionnée, j'y melai celle saturée d'acide sulfurique , et 
je fis la mèiue pile avec les cartons mouiiics dans ce 
mélange : alors j'eus des effels beaucoup plus forts. La 



'l30 SUR LE FLUIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

grcnouille galvauisée de la bouclie à l'auus siflla ; une 
douzaino de secousses cependant uè sufTìirut pas ìi la 
tucr entièrcineut. Des phénomènos analngues me presenta 
le lezard, qui ne cessa jnmais de respiier, le seni sigue 
de vie qu il conserva it encore. Après avoir essayé l'ac- 
tion des différens liquides , je voulus voir les eITt Is de 
leur quanlilé. Javais observé , avec tons ceiix qui s'oc- 
cnpent de ces expériences , qiie l'action de la pile di- 
niiiiue ;\ proportion quo les disqiios sèchent , je ne dou- 
tais pas donc , cja'en humectant h-gèrement les disques , 
j'aiirais cu de petits effets, et j'étais pei-suadé que ce qui 
ariiv(> aux disques de carton , devait aussi anivcr aux 
disques d'autres corps. 

Cependant je voulus essayer le bois et la terre grasse 
un peu luunide, entreniélés aux disques ordinaires d'ar- 
gent et de zinc. Ces deux électro-moteurs n'agirent poiut 
sur l'eau : ils ne dounèrent non plus aucune secousse , 
mais ils faisaient sentir le gout du fluide galvanique; et 
celui qui contenait les disques de la terre de potier , 
n'agissait point sur la grenouille vivante , et faiblement 
sur la grenouille préparée : Tautre au contraire agissnit 
sensiblenient sur la grenouille et les lézards , mais dans 
celui- ci il presenta ce phénomène particulier. Quand on 
fait passer les secousses de la pile par le corps du le- 
zard , aussitót qu'il étend ses pattes , de nouvelles secous- 
ses ne font qu'augmenter sa langueur : celles de la pile, 
avec des disques de bois légércment humides , paraissaient 
lui reudrc la force c£u'il avait perdue par les premièrcs. 



FAR A. M. TASSALLT-EAKDI. iBl 

Jc finirai ce para^raplic pai- une observatioa quc j'Ignoro, 
si .|uc'lqu'aiiti-e l'a déjà faite. Faisant usago de solution de 
dillérens sels pour mouillcr les disqucs de caiton , on ob- 
scrvc, dans la décompositlon de l'eau par Ics fils d'or ou de 
platine, la proportion dans les gaz, rcqiiiso pour rccom- 
poscr loau par la comlnistion , mais quoiquc dans la dif- 
fcrcuce de bb à i5 les bulles se préscntont égales en 
grosseiir ; quand on mouille les cartous dans l'cau sur- 
cliargée d'acide , Ics dcux fds prcsentcut deux courans 
très-forts de bulles, dout celles du còte positif sont bcau- 
coup plus grosses, et celles du coté uégatif sont plus minces, 
mais daus un noinbre qui parait compenser leur moindre 
grosspur. Daus d'autrcs cas j'ai cu Ics bulles plus grosses 
ducute ncgatif , et les plus nombreuses du coté positif, 
de f-icon quc cela parait lenir aux métaux plus qu'aux 
dissolutious qui Ics mouillent. 

Toutes ces observations sur les rnatcriaux de la pile ,. 
ne font que nous avertir de la necessito de nombreuses 
cxpériences sur Ics diffcreus rnatcriaux, tant solidcs que 
liquidcs de rélccfio - moteur , et sur l'action cju'ils out 
particulicremeut par rapport au corps animai. 

Il cu est du galvanisme ce qui a été de rélectricllé , 
et de plusicurs aulrcs corps ; on veut en faire une pa- 
nacee. Je démontrerai ailleuis, que rélcctricitc, quoique 
trcs-bon remède en certains cas, a fait plus de mal, 
que de bicn par la inauvaise application que lon cn a 
fai! e. Je crains bcaucoup, quii u'en arrive de méme du 
galvanisme. 



101 SUR LE FLUIDE DE L ELEGTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

Le cit. le Bovyer-Desmortìeks a dcjà fait remarquor 
dans ses obseivaiions su?- Ics dangers du gahanlsiiic 
dans le Iraìlemenl des maladies, où il amionce aussi , 
qua dans la forniation de la pile l'uriue agit plus, quo 
l'cau salée, et la bile plus qua l'uriue. (Sue, hisloire du 
gah-auisme , tom. 2, pag. 422.) 

§. II. 

DES CONDUCTEURS DU FLUIDE, 

Ce qui donna lleu a Galvani d'établir sa tliéorie de 
l'électricité annuale, et à Volta celle de lelectricité 
commuue, mise en mouvement par le contact des cou- 
ducfeurs imparfaits, fut le phécomcne des confractions, 
qui se mauifcstcnt , faisant commuuiquer par des coips 
conducteurs de l'électricité , les nerfs d'un animai vivant 
cu tue et écorcé tout récerament avec Ics muscles, et 
du défaut des contraclions quand on touche Ics nerfs et 
Ics muscles simuUanémeut avec un corps cohibent. L'clcc- 
tro-motcur, inventé pour mettre en évidence ce qui 
arrive dans les animaux , suit la méme loi , c'està-dire 
il présente ses efféts, quand on a élabli une communi- 
cation entre Ics extrcmitcs de la pile par des corps con- 
ducteurs de Félcctricité , et ces cffets ccssent aussitót 
que la communication deferente est interrompue. Mais si, 
considérée en grand, l'analogie entre l'électricité ordi- 
naire et le fluide galvanique paraìt parfaitc , il n'cu est 



PAR A. M. VASSALLI-EANDT. l35 

pas' de inòme loisquoii exatiiiue tous Ics phcnomèues 
tic rapparcil de Volta. Car les petits cordous et les fils 
métalliqucs s'oxideut très-aisémeut à la suiface > et alurs 
ils ne transmetlent plus le fluide de la pile, quaud il 
n'est pas bicn fort , taiulis qu'ils sont encore d'excollcns 
conducteurs de lelectricité. Ce pliéuomcne fait paraitre 
la pile très-chatouilleuse , puisque tantùt elle agit, lantùt 
non , et elle reconimeuce à agir par un Icger contact des 
conducteurs , par leur torsiou ou pression , par le moindre 
arrangement dans la pile , etc. 

La raison cu est, que pour voir renaìtre les effets, il 
sufHt de porlor un autre point des conducteurs, ou des 
disques à la place de celui qui , étant oxidé , bouchait le 
passage du fluide. Un autre phénomène, qui ne suit pas 
la loi generale de 1 electricité , c'est que , retenue par les 
corps cohibens , elle se condense , et le fluide de l'élec- 
tro-motcur ne paraìt point augmcntcr , de facon que 
l'actiou n'en est pas plus forte , quand la pile reste 
quelque tems saos agir , que lorsqu'elle agit sans inler- 
ruption. H y a cependant des eas où le fluide ne paralt 
pas trouver d'obstacles dans les corps cohibens , et c'est: 
quand on charge une bouteille de Leyde , mais ou sait 
que ce ncst pas la méme electricité , qui se manifeste 
aux deux surfaces. Le fluide de la pile , bien loin de se 
condenser dans le couducteur interrompu , il paiaìt re- 
flucr dans la pile , et lui faire perdre l'action ; ainsi cs- 
sayant de faire passer le fluido galvanique par diverses 
huilcs , j'ai vu cesser les phénonicucs de la pile dans 

s 



IJ-f SUR LE FT.UIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

24 heures cu hivci-, landis qu'ils continnaicut tiois joiirs, 
si le fliiixle passait par ì'cau. SI Ics conductcurs dii fluide 
de la pile sout unis par un autre conducleur avaiit de 
coinimuiicpier avec les fils ploiigés daiis Icau , quelque- 
fois ceux-ci disconllnueut la dccDniposItion deTeaUjinais 
pour l'ordinaire elle continue ; ainsi j'al observé les luilies 
continuer également , qiiand un coidonuet d'or unlssait 
les conductcurs de la })ilc , uc iiicnic quVn uictlant sur 
ceux-ci une aiguille ainiantce , sur laquclle je voulais es- 
sayer l'action du galvanisme. Gomme la dccompositiou 
souvent cesse par le plus léger contact dcs couducteurs , 
OQ ne péut pas dire qne l'intermission fùt rdlct; de la 
communicatlon des couducteurs pluiót que d'un légcr dé- 
rangcmcnt dans leur dlsposition. Ayant dcux pilcs , qui 
agissaleni: faiblcnicnt , j'ai essayé de doubler l'action sur 
l'eau, faisant coramuuiquer les dcux conductcurs du bout 
posilif avec un fil , et ceux da bout ucgallf avec l'autre, 
mais je n'y ai apercu aucun changcnient. Les deux pilcs 
agissant ensemble , ne décom posa leu t pas plus l'eau que 
chacune séparémcnt. Alors j'alternai les conductcurs dcs pi- 
lcs, de facon que chaque fil de platine coramuniquait avec 
la p'artie positive d'une pile , et avec la negative de l'aulre 
pile. La dccompositiou de l'eau diminua eu grande par- 
ile, mais elle ne cessa pas cntlèrement , de manière que 
jc ne pourrais pas assurer que la moindie action alt élé 
leffet de l'union dcs pari ics opposécs des dcux pilcs. H 
y a cncore bicn d'expériences à fa ire sur ce sujet. 

Il faudrait couslater par plusicurs expérieuces bicn re- 



rAR A. M. VAS.SAI.LI-EANDT. l35 

p-'t(?es dans Ics diverscs circonsliiiices, la durée, la ff)ice, 
la perle du fluide passanti» par les liquides conduclcui's , 
et non condnc-fenis à diliV-icns dcgrés de chalcur , soit 
avec la pile composéc des mèmes métaiix, soit avec eelle 
qui est forniée de niélaiix dilleiens et d'autrcs corps tant 
soli les que liquides , propres à foiuier l Vlectro-moteur. 
Il faudrnit nussi élablir les Communications par le moyea 
de dilTéicns niétaux en cordonnets , bandeleltes etc. , et 
par Ics autres coips d(-fV'i'ens , et noter les i-ésuUats dans 
toufes les eiironstances ei-dessus iudiquées. Ce n'est que 
dim tiès grand nombi-e d'expérienecs bien soiguées , que 
l'ou pouna lirer quelque couséqucuce fondée. 

§111. 

DES EFFETS DE LÉLECTRO-MOTEUR. 

■ Dire que l'appareil de Volta donne des secousses ana- 
logues à celles des petites* bouteilles de Lej'de; que celles- 
ci se chargent déleetricité , qui se manifeste à l'électro- 
mètre ; que du mènie appareil, quand il est assez fort , 
on a la divergence dans les électro-mètres, les étincelics , 
les conibustions et Ics autres effets de rélectrieité , ce n'est 
que répéter des choses connues de tout le monde, ainsl 
que notrr la décomposition de l'eau , l'oxidation dun fil 
métalli(iue , et lelévation du gaz hydrogène de l'autre 
fil , (]uand le metal est oxidable , la production de deux 
gaz , oxigène et hydrogène , quand il ne l'est poiot , la 



1^6 SUR LE FLUIDE DE L ELECTnO-MOTEUR DE VOLTA , 

rcprodiiction de l'eau par la combiistiou de ces gaz , et 
plusieurs auties faits dcjh obsei'vés par un grand noiubre 
de Pliysicicns. 

•Te ne m'arroterai dono pas à détailler ces ph(^nomc- 
nes, dont je vous ai rendu compte i\ niesure quo je 
les obscrvais , quand ils étaient nouveaux , mais je no- 
terai coux que je u'ai pas encore vu dccrits, et qui pcu- 
vent f'aire av'ancer la science. 

Pour décomposer les liquidcs, j'ai falt usage de fils de 
cuivre, d'argcnt , d'or et de platine , voici Ics plicno- 
mèncs que j'ai observés. Si à l'eau comraune on subs- 
titue l'eau de chaux à décomposer par des fils de cuivre , 
on voit celle-ci se troubler avant de voir monter les pe- 
tites bulles de gaz , c'est-à-dire quo dès le commcnce- 
mcntj se forme le gaz acide carboniquc , qui ncsl pas 
tout absorbé par la chaux qu'il precipite , puisqu'il donne 
encore une teiute blcuàtre à l'oxide de cuivre. 

Le gaz acide carbonique n'est pas moins abondant dans 
la décomposition par des fils "dargent. Dans ces deux 
cas , comme dans les autres , des fils des métaux oxida- 
bles, le gaz qu'on obticnt au sommct du tube, n'est qu'hy- 
drogène, acide carbonique et une très-petite dose d'oxi- 
gène. Les fils d'or donnent tous Ics deux du gaz dans 
la proportion des composants de l'eau , par conséquent 
ce gaz brille sans résidu. Si l'or a do Inlliage , celui-ci 
s'oxide , et donne du gaz acide carbonique. On.a aussf 
la précipitation de la chaux, dc'coraposant l'eau de chaux 
par les fils de platine. L'or pur 'souf'fre quclqucs k'gcres 
altcratious , et tombe en poussièrc jaune au foud du vase. 



V\K A. M. VASSALLI-EANDI. 'iZj 

L'oxide cVargent dans sa formation est lilanc , mais 
par l'action de la lumiere il devicnt noii- , en passant par 
toutes les teintcs, grisàtre, jaunc , violette. L'action con- 
tinuelle de plusicurs joms de la lumière sur l'ojiide noir 
d'argent, le révivifie de facon qu'il reste en plaque d'ar- 
gent le long du tube. 

Si les fils mdlalliques sont contenus dans des tubes 
différens qui dópasscnt les fils , et qui plougent dans le 
meme vase d'cau , alors l'oxide forme un fil de brouil- 
lard , qui s ctend jusqu'au foud du vase sur lequel se re- 
pand. L'agitation fait disparaìtre ce fil , qui reprend pour 
deux ou troia fois , mais apics il no se forme plus , 
quoique l'oxide continue à toinber. Par cet appareil ou 
a séparément les deux gaz qu'on obtient par les fils d'or. 

L'acide nitriquc dépuré dans sa dccomposition par l'élec- 
tro-motcur et les fils d'or pur , prcsentent un phénomcne 
singLilicr , qui est de l'oxide d'or, qui s'étend en fumèe 
d'un fil i\ l'autrc, formant une cspèce de cordonnet aux 
Louis dcs fils et des gaz supcrieurement. 

Lorsqu'on decompose l'eau par des fils d'or et de pla- 
tine , les gaz produits sont réabsorbés cutièremcnt , si 
ccs mctaux sont parfaitemeut purs , et avec quelque ré- 
sidu , s'il y a un peu d'alliage. Rcpétant l'opération plu- 
sieurs fois , le résidu augmente toujours cn raison de l'al- 
liage dans les fils. Quand Ics métaux , or et platine , 
sont purs, en brùlant Ics gaz produits par l'étincelle élec> 
triquc , on n'a point de résidu ; ou s'il y cn a un , il 
n'cst plus enflammé par d'autres étincclles qu'ou tire 



'loS SUR LE FLl'IDE DE L'ÉLECTRO-MOTTm PK VOLTA, 
dans Ics niòincs ; et porle ù la sin l'at'c de 1 cau , il ne 
'briile pas niòme avrc los bonj^ics , co (|iii jiioiivc t|ii"il 
n'est pas du gaz hydtogcue. Jc lo ciuis a/oit- U cur- 
bonicjiie. 

Ayant Ji'composé do l'oaii coTiiniiino piw dos fils de 
platine, qui ploiigont quaho coulmiòlros daiis lo ti;})0, 
j'ai dójà cu cinq absorptious du gaz pioluit })nr cos flls 
dans un tube de 26 niillimòliTs , ot ie j-ésidu do ccs 
cinq absorptioQS est à poiue do quntro dix milliniòtrcs 
d'ópaisscur. Dans cotte expériouco il iaut nolor quo le 
fil de platine , qui communique avoc le bout positi! de 
la pile , se couvi-e d'une cioùte d'oxide blanchàtro , qui 
est séparé par le nouveau gaz qui se forme et tombe 
en morceaux , dont quelques-uns de qnatre à cinq milli- 
mètres de longueur , ot qui présentont des domi tubos. 
Cet oxide ne change pas de coulour , soit quii reste 
dans l'eau , soit qu'on le lire et on loxpose au soloil. 

C'est ici que je dois vous dire que je m't'tais trompé , 
lorsque j'avaucai que l'oau bouillie ne so dócomposait 
pas. J'avais essayé plusiwurs ibis l'action de dif'fóronlos 
piles sur l'eau de chaux , l'eaa commune , et l'eau j)ur- 
gée d'air par l'ébullition , sans observer la moindre bulle 
de gaz dans celle-ci , tandis que d.uis los autros il ótait 
assez aboudant; ce qui m'avait fait conclure quo l'oau 
bouillie ne se decompose point. L'oxpóricnoo, par rap- 
port à l'action do la memo pile sur los oaux ci - dossus ' 
montionnóos , ró|uHée devant plusiours amis , me ron- 
fli-ma plusiours fois dans la meme opinion , jusquà ce 



PAR A. M. VASSALLI-EANDr. l5^ 

qu'cn ivpctant la mème expcricncc au doclcur Soqlet, 
après avoir vu qiie l'caii bouiUic ne se décoinposait pas 
dans qiu'lqucs iiiinutcs, landis que la nou-boiiiliic lancait 
de gros bouillons dans quinze secoudcs d'action de la 
pile , on la issa contimier à agir rélectro-moleur sur la 
première. Qiielqiu' tcms après jo vis l'eau purgée d'air 
se dócomposer comme la commune. En répt'fant l'expé- 
rience, il ne me fut pas difficile de connaitre la raisoa 
de inon erreiir. Lcs gaz dont l'cau se compose , ont une 
très-grande affinile avec l'eau , comme il parait par l'ex- 
péricnce précédente du gaz abondant absorbé cinq fois 
par la mème eau commune. Quand l'eau est purgée d'air, 
les gaz dolveut ètre absoibés avec une force plus grande , 
de facon que pendant quelque tems , à proportion qu'ils 
se forment, ils sont absoibés d'autant plus aisément , qu'ils 
sont partagés en de très-petifes bulles ; ainsi il paraìfc 
que l'eau ne se decompose poiut pendant le tems requis 
à sa saluralioa ; quand celle-ci en est saturée j.usqu'à uà 
certain point , alors les bulles se montrcnt , éfant leur 
légéreté cn comparaison de l'eau plus forte que laffinité 
entre les mèmes gaz et l'eau. 

Faisant communiqucr Ics bouts de la pile au dos et 
aux extrémités d'une grcnouille , elle souffre des contrac- 
tions assez violrntes plusieurs fois ; ensuite elles s'affai- 
blissent , et ù la fin dii^pai-aissent. La grcnouille ne parait 
gucres souffrir de cotte opération : qiumd elle n'agii plus 
par le contact de la pcau , je lui mets une lame d'étaia 
daus la bouchc , les coutraclions se rcnouvellcut , cn 



l/Jò SUR LE FLUIDE^ DE l'ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA, 

touchant cu méme tems cette lame et la pcau de la gre- 
Boiiille SUI' le dos , à l'aaus , sai* les cuisses, etc. Si une 
aulre lame d ctain roulée pénètre dans les boyaux , ea 
touchaiit celle de la bouche et celle de lanus , on a 
des conlractioiis très-violentes , qui, pom- l'ordinaire , si 
la pile agit assez pour se faire sentir à la seconde arti- 
ciilatiou du doigt , tuent la greaouille à la seconde se- 
cousse , quand l'animai jouit de la plus grande vitalité, 
et à la première , s'il est déjà affaibli. Après la niort , 
il mon(rc- encore plusieurs coutractions, qui s'aflaiblisseut 
a cliaque coup, enfia elles cessent tout-à-fait ; alors prc- 
parant tout de suite la grenouille , on a encore des cou- 
tractions touchaut le nerf et le muscle avcc les bouts 
de -la pile , ce qui n'arrive pas avec le cordonnet d'or. 

La première secousse de la bouche à lanus sur une 
grenouille pleine de vie, ne la tue pas tout-à-fait, re- 
mise dans l'eau , elle conserve c{uelqups mouvemens vo- 
lontaires , elle ne peut pourtant pas changer de positiou. 

Une pile d'une vingtaine de couples de disqucs d'ar- 
gcnt- pur et de zinc , cjui dt^compose l'eau faiblement , 
suffit pour les phénoraènes ci-dessus. Faisant agir la mème 
pile sur un moineau , il ne donnait aucun signe cn tou- 
chaut à la fois la lame d'étain de la bouche et le pied : 
de très-fortes contractions , en touchant ladite lame, et 
line autre qui pt^nétrait dans l'anus , cjuoique répétées 
plusieurs fois , n'ont pu la tuer ; quelque heurc aprcs 
il paraissait n'avoir rien souffert. 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. l/f I 

Dcux jours apics le voyant plein de vie , je preparai 
une pile de 24 couplcs de disqucs d'argeut et de zinc, qui 
avaient déjà servi , de fa^on qiic la commotion était pres- 
qu insensible; en faisaiit passer de la bouche à l'anus le cou- 
rant de la pile , dans peu de tenis il le tua , de ma- 
uièie quii ne donnait plus aucun indice d'initabilité : 
cej)endunt en louviant , le cocur niontra encore quelque 
mouveuìent , et en faisant passer le courant de la pile 
dans les viscères, ou observa encoi-e quelque Icgère con- 
traci ion. 

J'ai fait passer le mcnie courant da nez au derricre 
d'un pL'lit ehien , qui a paru en c[re beaucoup affecté , 
il semblait mèine le sentir à quelque distance , faisant 
tous ses efforts pour détourner son museau , quand oa 
approchait le bout du conducteur quii ne voyait méme 
pas, mais il u'a rien soufl'ert de plusieurs secousses. 

Avec le nième courant j'ai tue plusieurs autres gre- 
nouilles, dont cjuelqu'une n'a plus donne aucun indice 
d'irrilabilité , élant préparée et explorce ù la manière or- 
dinaire. 

Les écrcvisses souffrent encore plus que Ics grenouilles 
du courant galvauique , qui passe de la bouche à l'ex- 
trémitc de la queue. Si la pile agit très-peu, les secous- 
ses ne suHisent pas à les tuer ; mais elles eu recoiveut 
des contractions si violeutes , qu'elles lancent le metal 
à l'exlrémité de la queue avec beaucoup de force; si le 
fluide est assez fort pour préseutcr quelque légère décom- 
positioa de leau , le faisaut passer pour quelque tems da 

X 



l/p SUR LE FLUIDE DE l'ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA, 

la boucho à rcxtréinité iuférieure de l'écrevisse , ellcs ea 
meurent. . 

Polir voir les efTets de quelqnes secousses sur l'econo- 
mie de cct animai , je n'en ai icservé qnelqu'un pour terme 
de coniparaisou , et à d'aiitres je n'en ai lait soufdir que 
quelques légères secousses qui les engouidireut un peu saus 
les tuer ; eusuite je lai rendu à ses compagnons dans la 
fraìcheur humide; mais quelque tems après je les ai Irou- 
vés morts ; ce qui prouve que les écievisses sont plus 
affectées que les autres animaux par le fluide galvauique. 

Le collègue professeur Buniva , dans son intcressant me- 
moire sur les poissons , vous rendra un compte délaillé 
des expériences galvaniques que nous avons laites sur ces 
animaux. Je ne marquerai pas ici qu'ils sont al'fectés par 
le courant galvanique à-peu-près comme les autres ani- 
maux. 

Un lézard a souffert des contractions aussi violentes 
jusqu'à l'extrémité de la queue, par le passage du cou- 
rant de la pile de la bouche à l'anus. Ses contractions s'af- 
faihiissent de manière quii paraìt mort tout-à-fait, mais 
avec quelqu'heure de repos , il se rctablit entièrement , 
tant que le courant galvanique est assez fort ou suflì- 
sant à moutrer quelque bulle très-mince de gaz , agis- 
sant sur l'eau par des fils de platine. Le mémc lézard 
fut soumis , pour la troisième fois , au galvanisme , fai- 
sant agir continuellement la pile de la langue au der- 
riòre ; d'abord il montra les symptómes ordinaires , en- 
suite il parut mort tout-à-fait ; lui ayaut coupé un mor- 



PAR A. M. VASSALLI-EANBT. ì/^Z 

ceau de queue , il ne inontra plus auciui monvomcnt : 
6té dii coui'iint galvaniquc , daus peu de minutcs il com- 
menca à i-espirer lenteineut , ensuite ses respirations se 
reudirent plus tiéqu<*ntes, et dans deux heures il recouvra 
tonte sa vivacité ; ainsi le fluide d'une pile de i5 couples 
de disques d'aigent et de zinc avec du cartoli mouillé, soit 
dans l'eau acidulée de quelques gouttes d'acide sulf'uri- 
que , soit daus celle saturce de inuriat d'ammoniac , ne 
suffit point pour tuer le lézard qui , deux jours après , 
paraissait n'avoir lien souff'ert ; mais eu forinant une 
pile de trente couples des mémes disques avec des cai*- 
tons mouillés dans l'eau , qui contenait 0,02 d'acide sul- 
furique , il fut tue dans moins de deux minutes , de 
mème qu'un autre pris une heure auparavant. 

Les effets chimiques de l'électro - moteur furcnt les 
premiers à étre observés. Plusieurs membres de l'Institut 
national de France , Ritter , Pfaff, Darvv , Auiskank, 
Simon etc. , ont examiné l'action de la pile sur l'air at- 
mosphérique et sur différens gaz. Deinièrenient Aldini 
dans son Saggio di esperienze sul galvanismo , fit des 
obscrvatious particulières sur ce sujet, dont je crois inu- 
tile de tracer l'histoire , aiasi que de répéter la Ibnna- 
tion de l'acide mnriatique forme par le hout positif , et 
celle d'ammoniac par l'extrémité negative de l'électro- 
moteur. Tous ces faits , ainsi que les apparciis composés 
de plusieurs liquides , qui cn réagissant présentent les 
phéaomènes des piles composées de divers métaux , sout 
autant de points ;\ examiucr par celui qui s'occupcrait 
d'un traile complet de l'électro-moteur. 



I44 SUR LE FLUIDE DE l'ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA, 

Je ne fcrai qu'ajonlcr un fait poiir confirmcr les ef- 
fets de ce fluide. L'idée generale quc le fluide de la 
pile ncst quc lolcctncité ordinaire , opinion rcfutée pai- 
Ics expéricnces prcccdcntes sur Ics aniinaux , me fìt naì- 
tre l'cnvio de voir Ics cffots de l'action de rélectro-moteur 
sur les aiguilles aimantccs , que Fon sait éti'c forfcmcnfc 
affectces , non seulcment par 1 elcctricitó foudroyaute , 
mais encore par la faible prcssion de celle des aurores 
borcales. J'ai pris une aiguille , et j'cn ai nofc la direc- 
tion avcc tonte l'exactitude ; ensuite je l'ai fait commu- 
niquer avcc les conducteurs de la pile , d'abord le pole 
nord avcc le conducteur positif , et le sud avec le néga- 
tif , ensuite j'ai alterne , niettant le sud sur le positif , et 
le nord sur le ncgatif : j'ai mcsuré le tems pour voir 
l'égalité d'action, et je n'y ai jamais observc aucune dif- 
fcrence constante dans les petites dt'cliuaisons qui se pré- 
seutaient tantót à l'est , tantòt h. l'ouest , de fa^on que 
je ne pcux qu'attribucr au Icgcr frottement sur le pivot, 
les très-pctites différences que j'observai dans la direc- 
tion de l'aiffuille. 



'tj*^ 



§. IV. 

PARALLÈLE tìES EFFETS DE LÉLECTRO-MOTEUR , 
ET DE I^ÉLECTRICITÉ. 

L'analogie des effets du fluide galvaulquc , avec ceux 
de l'électricité , la combustion de l'alkool , de la poudrc 
et d'aulres combustibles , roxidation des mctaux , les 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. 14^ 

étìncdles , les expériences do Wollaston , qui a obtenu 
la décomposition de l'cau pai- l'clcctricité oidinaire, cn 
hi faisaut jaillii- des pointes metalliques très - niiuces , 
l'existence de rélectricitc mCnie daus la pile , et plusieurs 
autres faits , oat porte les Physicicns à concluie avec 
Volta , que tous les pliénoiiièues de la pile n ctaieut 
que ceux de l'électricité ordinaiie , mise cn mouveracnt 
par le contact de conducteurs de différeus dégrés de dé- 
férence. Il était cependant naturel d'en comparer les ef- 
fets , pour en conclure l'identité de la cause , et dea es- 
sayer l'action réciproque. 

Gomme les animaux ont paru très - sensibles au deux 
fliiides de la pile et de l'électricité , c'est sur eux que j'ai 
fait le premier essai. Les insectes , tels que les mouches , 
papillous etc, ne marquent point d'étre affectés par l'élec- 
tricité , soit positive , soit negative , ils restent tranquil- 
lement sur le couducteur et sur la machine fortement 
électriscs , ce n'cst que les étincelles qui les affectent ; 
le galvanismo , quoiquo assez faible , les agite beaucoup 
plus que les étincelles , et dans peu de tems il les tue. 

Le bain électrique ne paraìt pas mèmc affectcr les 
lézards, Ics grenouilles, les oiscaux , qui sont très-sensi- 
blcs aux étincelles médiocres et au plus faible galvanisme. 
Quand ou tiro Ics plus fortes étincelles de la bouteille 
de Leyde , ou du tableau magique par les grenouilles , 
elles paraisscnt étourdies , mais pas aussi agitécs que par 
les étincelles ordiuaircs ; au contraire le torrcnt galvaui- 
que , memo assez faible, les fait chanter, ou plutót sif- 
llcr conimc des oiscaux. 



'l/^6 SUR LE FLUIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

Gomme tous ces animaux donnent des iudices assez 
foits du changement de tems , particulicrement dcs oia- 
gcs, il parait que , dans le cas du bain clectrique , ce 
n'est pas qu'ils ne sentent l'action de rélcctricité , mais 
plutót parce qu'ils sont plus vivement affoctés de la pré- 
sence de l'appareil et des personnes qui les eutourent. 

Un pigeon assez fort, qui environ 20 jours auparavant 
n'avait point paru souffrir de la décharge d\ui tableau 
qui oxida des feuilles d'or et d'argent environ trois pou- 
ces de longucur jusqu à trois lignes de largeur , brùla de 
la rèsine , cassa des tubes de verre bien forts , qui con- 
tenaient des gouttes d'cau ; qui brùla plusieurs combus- 
tibles, et prt^seuta d'autres phénomcncs de la foudre; ce 
pigeon si robuste fut soumis à l'action de la pile de 
l'électix) - raoteur compose de trente couplcs de dfsques 
d'argent et de zinc, et préparé à l'ordinaire avec la téte 
d'une (5pingle dans l'anus , et un morccau de fcnille 
d'ètain dans la bouche. A chaque contact des coriducteurs 
de la pile il donna it dcs marques de fortes convulsions. 
Pour comparer les effets de ce fluide à ceux de l'élec- 
tricité , je laissai reposer le pigeon , ensuite j'alternai les 
décharges de la boutcille de Leyde ù 12 , 24 , '5/^. tours 
de roue avec les secousses de l'électro-moteur. 

Les premières l'étourdissaient un peu , mais elles ne 
l'agitaient pas beaucoup , tandis que le fluide galvanique 
lui donnait les plus fortes convulsions ; voyant cette gran- 
de différence, je chargeai la bouteille à son comble, qui 
ne l'affecta guère de plus : alors je le soumis aux de- 



PAR A. M. YASSALLI-EANDl. 1^7 

charges du tableau magique , qui 1 etouidissait de plus , 
sans lui donnei- les couvulsinns qu il soufTrait par l'action 
de rélectro-moteur. J'augmmtai à chaque coup la charge 
du tableau de cinq pieds environ de surface ; il a resistè 
à cinq , dont la dernière était la plus forte possible , sans 
mourir , et deux heures après il paraissait plein de vie , 
coinme s'il n'avait rieu soul'fert. L'ayant ensuite soumis à 
l'action de la pile , il marquait à l'ordinaire de très-fortes 
convulsions, et le passage, centina de deux minutes en- 
viron du fluide de l'électro-moteur , le tua coniplétement. 

Les moineaux sont aussi beaucoup plus affectés par le 
fluide galvanique que de l'électricité par étincelles et par 
secousses, mais ils montrent , en proportion de leur corps, 
plus de force que les pigeons , on les tue cependant ai- 
sément par les décharges du tableau magique , et par 
l'action continuelle de l'électro-moteur, quoique assez af- 
faiblies. 

Dans le cours de ces expériences il se presenta plu- 
sieurs phénomèncs que je crois dignes d'étre indiqués. 
Une grenouille des plus fortes , aux premières secousses 
de l'élcctro - moteur qui agissait sur elle de la bouche à 
l'anus , comme dans toutes les autres expériences analo- 
gues , s'enfia de facon à présenfer une véritable tympa- 
nite , par laquelle rendue à l'eau, elle ne pouvait plus de- 
scendre. Faisant de vains efforts pour y réussir , elle je- 
tait , avec les pattes de derrière , l'eau à plusieurs pieds 
de distance. Elle souffrait de fortes contractions par les 
étincelles , elle était étoui'die par les décharges de la 



Ì48 SUR LE FLUIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

bollicine de Lej'de^ et le plus faible galvanisme lui don- 
nait des convulsions qui la tuèrent. Alors elle n'était plus 
affectde par Ics étincelles assez fortes , Ics di'diarges de 
la houlciilc produisaiont cn elle un seni moiivcmcnt loa- 
giludinal : le fluide de lélcctro-nioteur lui donnait un 
mouvcmcnt lent de coutraction , qui imitait singulière- 
mcnt celui de la respiration ; l'ayaiit préparée , à l'entrée 
des ciseaux dans le ventre, il sortii de l'air avrò un It'ger 
bruit, comnie si on avait coupé ime vessic cnflée ; ou 
u'apercut aucune diffórence, ni aucun dérangement daus 
son organisalion intérieure. Comparant les eff'ets du gal- 
vanisme et de 1 électricité , je les ai trouvés plus analo- 
gues, quand il s'agissait de petites secousses de la bou- 
teille ou du tableau , cjue de grandes décharges tant 
fortes que faibles : ainsi Ics étincelles foudroyanles du 
tableau étourdissaieut le pigeon , celie de l'électricité dite 
\indecc par le Beccaria , c'est-à-dire l'électricité qui re- 
saillit du corps cohibcnt , quand on a óté la pression 
qui l'y a fait pénétrer , bcaucoup plus faibles tjue les 
premières, agilait l'animai des mouvemens analogues à 
ceux produits par l'électro-moteur. Enfin persoune n'ignore 
que les animaux tués par l'électricité , soit naturelle, soit 
artificielle, se gàtent bcaucoup plus tòt que ceux tués par 
cì'autres moyens , et qu'eu general l'électrisation accélère 
!a putréfaction , coinme je l'ai prouvé ailleurs (Memorie 
fisiche, pag. (j5 ). Le pigeon tue par le galvanisme ne 
fut pas plus tendre quo la colombe tuée par le gaz ui- 
trcux. 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. l49 

Il parait dono que , s'il y a de 1 analogie entre Ics ef- 
fets de réloci licite et ceux de rclcctro-molcur , il y a 
aussi bica de la difiiirence. 

§. V. 

DES EFFETS UE L É LECT RIC I T É 

SUR l'électro-moteur. 

Quelle que soit la ihéorie de l'électiicité , on voit tou- 
jouis que l électiicité vitree et l'csiueuse de Dufay , ou la 
positive et negative de Franklin , c'est-àdiie la condensée 
et la raicfiée d'EANDi , se détruiseut mutuellement. Ccst 
par-là qu'on juge de la qualité de rélectricité d'un corps. 
Fonde sur ce Cait , j'ai pris à examiuer les eii'ets de 
l'clectricilé sur rélectro-moteur. 

Faisant la pile de disques dargrnt, de carton mouillé et 
de ziuc , on a dans Fappareil de Volta lélectricitc positive 
cu liaut et la negative eu bas; il est naturel de croire qu'ea 
ajoulant ù rextrcmité supérieure de la pile, lelectricité 
artificielle positive, on doit augnienter les effets de Iclec- 
tro-mofeur Mais en physique c'est plus la nature qu oa 
doit consulier que le raisounement. Eu faisant lexpérieuce, 
tantòt rélectricité artificielle paraissait augmenter les ef- 
fets, tantót les diniiuuer, de facon cjue jai coucln , que l'elee-" 
Itricité positive artificielle ne nioutrait aucuue action dé- 
fcidée sur la pile, quaud elle y entrait du coté positif, 
taudis qu'ou observe les mèiues varialious daus les ellcts 

V 



l5o SOR LE FLUIDE DE LELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

de lelectro-moteur , quand il n'est point élcctrisé. Polir 
m'assurer de la vciité de ma conclusion , j'ai porte la 
communication du conductour char'gé positivcmcut au 
foud de la pile , c'cst-à-dire à l'extréniité negative. Dnns 
ce cas , s'il n'y avait point de différcnce cntrc le fluide 
galvanique et lelectricité aitlficicllc , celle-ci étant positive, 
aurait dù déti"uire la negative de la pile, mais je n'y ai 
pas méme apercu aucun changcment cxtraordinaire. Ccs 
preiuicrs essais m'ont porte à douter de l'ideutitc^ du fluide 
de l'électro-moteur et de rélectricité. La macliine cfant 
cleclrisée négativement , taudis que le conductcur s'élec- 
trisait eu plus , j'ai porte la communication avec la ma- 
chine successivement aux deux bouts de la pile , sans y 
apercevoir aucune variation causéc par Télectricitc artifi- 
cielle da US les effets de l'électro-moteur. L'action nulle 
du fluide électrique sur le galvanique , m'avait porte à 
le séparer , lorsque je re^us , par le célèbre Senebier , 
la notice qu à Berlin , unissant les effets de la macliine 
électrique avec ceux de la pile , les effets ont aug- 
menté, mais l'eau ne s'est plus décomposée. Il ajoute : vous 
devriez essayer l'effet que produirait sur la pile l'électri- 
cité atmosphérique, que vous pourriez coramuniqucr ;\ la 
pile avec rélectro-motcur de Volta , ou celle qu'on re- 
tirerait de l'évaporation des eauxbouillantes; il scrait bicn 
curieux de voir aussi quelle différence produirait l'élec- 
tricité negative. Craignant de m'étre trompé dans les ex- 
périences précédentcs , jc les ai répétécs avec le mème 
succès cn prcsence de plusieurs personueS , particu- 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. l5l 

lièrcment avoc le docteur Charles Mezzera , qui annonca 
catte expérioncc aii §. 5i de son elegante dissertation 
de electricilate animali et galvanismo. Par consi'quent 
je ne peiix pas douter, que le défaut de la décomposition 
de IVau ait été causée par quclqirnne de ccs ciiconstan- 
ces dilficiles à saisir, dont j'ai parie dans le §. II. 

Aprcs avoir recu la lettre susdile dii célèbre Senebier, 
j'ai essayé le pliitót possible l'action de lelectricité at- 
ino'plicrique sur l'électro-moteur. Eprouvée dans plusieurs 
circonstances , et dcrnièrement cinq heures de suite qua 
dura un orage qui me la fournit très-forte , tantót posi- 
tive , tantòt ni'gative , celie-ci né troubla pas plus que 
lelectricilé artificielle , les if'fets de la pile , d'où , sì 
ridentité des électricités naturelles et artificielles n'était 
pas evidente par tant d autres raisous , on pourrait tirer 
un ar<>;ument du défaut de leur action sur les effets de 
rélectro-moteur. 

§. VI. 

eONJECTURES SUR LA CAUSE DES PIIÉNOMÈNES 
DE l'ÉLECTRO- 3I0TEUR. 

L'envie de tout oxpHquer , si naturelle à l'homme qui 
se trouvc huinilié, quand il doit confesser son ignorance, 
a été de tout tems, un des plus forts obstacles au progrès 
des sciences. Lorsqn'on a établi une Ihéorie, soit de ootre 
inveutiou , soit imagiuee par d autres, peu iniporte : on 



l52 SUR LE FLUIDE DE L ELECTRO-MOTEUR DE VOLTA , 

tacile toujours de rameuer tous les phénomcncs à la tliéo- 
rie ad mise. 

C'est ainsi que llioiTeur du vide et les qnalités occultes 
et tant d'autres causes imaginaires, retardèreot l'admissioa 
de la gravite de l'air , de l'attraction Newtonienne , et 
des autres piincipes aujourdhui admis par tous Ics Phy- 
siciens. 

C'est ainsi qiie la théorie de Volta sur la cause des 
phi^nomènes de l'électro-moteur, c'est-à-dire que les corps 
changont Icur état électrique par le simple contact, sus- 
pendit bcaucoup de rcclierchos ultcricures sur celle cause 
près un grand uonibre des plus habiles Physicicns , de 
facon que Sue, dans sou histoire du galvanisme , dit que 
la nouvelle théorie de Volta, adopU'c prcsqu'universel- 
leinent , ayant détruit toutes celles antérieures, il croit pres- 
qu'iuutile de les présenter avec les planches qui les éclair- 
cissent ( Préface pag. ig ); je ne in'arrèterai donc pas à 
examiner tout ce qui a été propose sur la cause des phé- 
nomènes de l'appareil de Volta, je ne préteuds pas non 
plus de réfuter l'ingénieuse explicalion des phcuomènes 
proposte par le Physicien de Come. Je me bornerai à 
présenter quclques réflexions sur cette théorie et quelqucs 
doutes sur la cause des phénoniònes de ce uouveau ap- 
pareil électrique. 

L'idée du Profcsseur de Pavio, que les animaux ne 
sont cjue des électromètres naturels , bcaucoup plus scn- 
sibles que les artificiels , est une idée heureuse que j'ai 
enibrassée avec enthousiasme d'abord qu'il me la presenta 



PAR A. M. VASSALLI-EÀKDT. l53 

dans i5es Icttres, mais dans peu de tems V03\int quc l'é- 
Icctricitc par froltcmcnt, bion plus forte quc etile qu'on 
peut avoir par contact, tant positive que negative, appli- 
quc'c aux muscles et aux nerfs simultancmcnt ou scpa- 
rdmcnt , ne produisait pas Ics contractions ordinaires dans 
Ics grenouillcs préparées , quand on fait la coinmunication 
par un corps différent entre Ics nerfs et les muscles; je 
fus force à douter de la vérité d'un principe qui m'avait 
frappé. C'est le dcfaut Constant des contractions animales 
par l'électricité artificielle très-scusiblc à l'clectromctre 
observé aussi dernièrcment par le C." Mezzera ( pag 3i), 
qui m'a porte à proposer une autre théorie dans le journal 
de pliysique de germinai an 7 ( Histoire du galvanisrae 
pag. 71 ). Mais on pourrait bien dire que ce n'est pas 
l'électricité excitée par le contact des corps de divers dégré 
de différence , qui cause les contractions dans les animaux 
préparés , sans douter que le fluide de rélectro-moteur 
qui présente tant de phénomènes analogues à ceux de 
l'électricité , soit le fluide électrique ordiuaire mis en raou- 
vement par le contact des matériaux de fappareil. Quand 
j'ai eu la première notice des effets de la pile galvanique , 
j'ai imaginé de charger une petite bouteille de Leyde, et 
j'cn ai vu Texpérience à fècole de sante de Paris, faite par 
Ics cifoyens Halle, La-Place, Thillaye fils et plusieurs 
autres avcc rélectro-mètre du citoyen Couloumb qui, chargé 
en plus, était ropoussé par la partie positive de la petite 
bouteille, c'est-ù-dire , par la petite boule qui avait com- 
muniqué avec le zinc de la pile formée avec 5o disques 



154 SUR LE FLUIDE DE l'ÉlECTRO-MOTEUR DE VOLTA, 

d'argent, de caitoii mouillé dans l'eau comtnune et de zinc. 
Ce fait, ceux anaoncés au commencement du §. IV. et 
.plusieurs auties, uè laissent aucun doute que ra])pairil gal- 
vaniqiic donne de l'clectricité , ainsi la ihéoiie dii célèbre 
Piolcsscur de Pavie paraìt très-assurée. Cependant lorsqu'oa 
réfk'chit qii'on a d'assez fortes comraotions de la pilegalva- 
nique sans élincelles, quand on volt les plus grauds effets 
par la plus mediocre dose de fluide galvanique, que les 
effels plus analogues de l'électiicité h ceux du galvanisrne, 
ne soiit pas Ics giandes étiucelles du tableau magique, mais 
Ics sccondalies qui ne sont pas la forte électiicité, mais 
plulót un cifet de la mème pour ainsi dire, ou cette por- 
tion d'clectricité ordiuaiie, qui Torcée par la pression à une 
union plus intime du corps, sur lequcl elle a été répandue, 
Jorsque ladite pression cesse, se d('gage par sa tendance à 
se mettre en équilibre; loi-sque, dis-jc, nons voyons fant 
de difierence eutre les effets de lelectricité et du fluide 
de 1 electro-moteur , n'est-il pas permis de douter de l'i- 
dentité de ces deus tluides? Lorsqu'on observe qu'une bat- 
terie électrique qui, dans une dcmi-heure à peine se charge 
pour donner des médiocres secousses, se trouve chaigé 
dans moins d'une minute par la pile, avec cette remar- 
quable dill'érence que la charge de la boufeille avec la 
pile n'augmeute pas et se détruit presquentièrement, étant 
la communication mème avec un corps cohibent, tandis 
que la charge de la bouteille augmente cn raison de l'élec- 
tnsation qui y reste long-tems as«ez forte. 
; Si Oli observe enfia qu'un voile huraide , qui empe- 



PAR A. M. VASSALtl-EANDT. l55 

cTiprait les effets de la plus forte machine élcctrique , 
ne nnit presque .rica à la pile galvanique , qui , plongce 
dans l'eau et retirée , requiert vme nouvelle force , ne 
serait-il permis de douter quo l'clcctricitcf , qui se mani- 
feste dans la pile, n'est pas la cause qui produit les cfiets 
dits gahaniques ? La faiblcsse de 1 electi-icité et la force 
extraordinaire du galvanisnie paraissent mal s'accorder en- 
semble. N'est-il pas plus probable que Foxidation , tandis 
qu'il produit lelectricité , en chaugeant la capacitò dea 
métaux , commc je l'ai démontré dans les expériences 
électro-métriques , degagé aussi un autre fluide qui peut 
étre celui qui produit les contractions dans les grenouilles 
pr<5parées , qui aidc l'oxidation des métaux différeus par 
l'influcnce mutuelle , démontrée par Faleroni. 

Ne serait-il point permis de soupconuer qu'il existe dans 
la nature un fluide, qui fait l'électricitd ordinaire et anima- 
le *, le fluide de 1 electro-moteur , le fluide de l'aimant peut 
étre le calorique , selon les différentes modificatious quii 
prend de la nature diverse des corps qu'ils le meltent ea 
mouvement , et la variété de leur action ? Newton sup- 
posa un fluide inconnu pour se rendre raison de plusieurs 
phénomènes optiques. L'existence et l'analogie des fluidcs 
électrique , magnétique , calorique, est démontrée, tandis 
qu'on y observe des difierences très - remarquablcs. J'ai 



* Le ciloyen Rossi av«it d^jà déduit le changement de l'électricité ordi- 
naire cu éloctricilé animale , de nomhreusrs (•xp(''riences Ines à l'Académie 
dèi le a6 ventóse au 8 , qui serout insérées dans ce volume. 



lB6 SUR LE FLUIDE DE l'ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA, 

aiinoncé supérieuremeut qu'un point de différence entre- 
rélcctricité ordinaire et l'animale , il n'est pas diflicile 
don araasser plusieurs autres, aussi bien qua des poiuts 
daiialogio. 

Personne n'ignore que l'électriclté , soit naturelle , soit 
arhficiellc, aimunlc les fers, et les corps ferrugineux. Les 
expciiences de Couloumb , qui a aimanlé les substances 
ariiniales et végétales , c'est-à-dii-e, qui a soumis à l'aiirian- 
talion toiis les eorps de la nature , soni répétt'es dans les 
journaux plus cstimés , et prouveut que le fluide magne- 
tique peut agir sur tous les corps. Le fluide galvanique 
u'agira-t-il point également ? Nous avons vu l'oxidatioa 
de l'argent se faire beaueoup plus promplement et com- 
pk'lemeuf , cn substituant des disqiies de eharbon à e ux 
de zinc dans la formalion de la pile ; à quoi bon sup- 
poser autant de fluides que nous avons de phénomènes 
à expliquer ? N'est-il pas plus naturel de dire que e'est 
le mèuie fluide différemment modifié ? La lumière élec- 
trique et galvanique cliange en raison des corps par les- 
quels elle passe, pourquoi le méme fluide ne pourra-t-il 
pas changer aussi, et présenler aussi des phénomènes 
assez divers pour acquérir différens uoms ? Du resi e , 
tout ceci n'est qu'un doute que je propose aux Pbysicicus. 



bBSERVATIONS 



MYOLOGIQUES, 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 



L 



INTRODUCTION. 

Anatomie humaìne a éié, dans le dernier siede, 
cultivée avec tant de ferveur par des liommes savans , 
ingéuieux et très-laborieiix , qu'elle est arrivée , pour aiosi 
dire, à sa perfection, et quii n'y reste plus aucune dé- 
couverte essentielle à faire; on ne peut tout au plus qua 
glaner par-ci par-là quelques épis qui ont échappé à 
leur diligence, et quelques variétés que Fon reucontre 
de tems à autre dans la conformation ordinaire des par- 
ties, vcuiétés néanmoins qui sont le plus souvent analogues 
à la structurc naturelle des mémes parties dans d'autres 
animaux; ce qui prouvc que ces prétendus écarts, ces 
jeux de la nature , ainsi qu'on a coùtume de les nom- 
mer , tiennent à un moule general , cfu'elle s'est forme 
poni- la composition des étrcs viyans. t li semblc , comtne 

X 



l58 PAR LE CTTOYEN BRUGNONE. 

» le disait Aristote, que, pour la composìtion des aui- 
» niaux, la nature se soit asssrvie à uà seuI pian uni- 
» forme, gdnéral , dont il est blen des délails qui uè 
» remplissent d'utililé manifeste que dans quelques espèces, 
» et qui dans d'autres ne s'annoncent et ne se produisscnt 
» que par des formes avortées, que par des ébauches 
» timides, incomplettes, qui n'ont et ne peuvent avoir 
» aucun usage * » je me bornerai pour le prcsent, pour 
donner quelque preuve de cette vcrité, aux variétés que 
l'on reucoutre assez souvent dans les muscleò de Ihonime. 



I I. 



Muscles grands clroits postérìeurs de la lète 
surnimiéraires. 

Le célèbre Albinus ** a obsevvé une cu deux fois qua- 
Ire muscles grands droits postérìeurs de la téle, dcux 
de chaque cóle; les deux surnuméraires ctaient plus 
longs et plus giéles que les deux ordìnaires : ils desceu- 
daieut au coté externe de ccux-ci, et s'implailtaient dans 
les niémes partios. Moi aussi je les ai rencontrés sur (rois 
cadavrcs, c'est-;i-dii'e cn 1784. sur deux hommes , et en 
1786 sur une femme. Dans les oiseaux, il y a constam- 
meut six muscles droits posléiieurs de la téle, trois de 



* M(^moire sur la nutrition, par M/ GfllMAUD, pag. 12 et i3. 
** Histor. muscuhr. homin. , pag. 385. 



OBSERVATIONS MYOLOGIQUES, iSg 

chaque còte , ce que l'on observc aussi assez frcquemment 
dans les quadrupèdcs , et sur-tout daas les solipèdes et 
dans les bisulqiie%. 

III. 

Droìts latéraiioc. 

Ea 1781, j'ai aussi observé sur un jeune liomme (jxmtre 
mxiscles dro'Us lalcraux de la téle, deux de chaque 
coté, dont le plus gros tirait son origine de \apophyse 
transverse de l'allas , et le plus petit du corps ménie de 
cettff vertebre, d'où ils allaient s'impiantar dans Vapophyse 
jiigidaire de l'occìpital *. Les droils latéraux sont éga- 
lemeut très-souvent doubles dans les oiseaux, mais plus 
rarement dans les quadrupèdes. 

I V. 

Variélés dans le splenius de la téte. 

Le splenius de la lète , par son extrémité supérieure, 
finit ordinairement en un tendon large et aplati , qui 
s'insère dans la face externe de lapophyse maslu'ìde , 
et dans la partie voisine de la ligne Iransversale supé- 
rieure de l'occìpital. Je l'ai vu se terminer et s'implan- 

* ÀLBINVS kc. cit., png. 415. 



l6o OBSERVATIONS MYOLOGIQUES, 

ter dans cotte apophyse par une extrémité enticremcnt 
charuue, du bord interne de laquelle partait Vapone- 
vrose, qui s'insérait dans la lìgne Iransverse ', et en 1788 
j'ai vu partir du mcme bord interne, vis-à-vis la troisième 
i'ertèb/e cervicale, un Jctisceau charme, qui allait s'in- 
sérer dans la face externe de la parlie moyenne de l'o/'c 
poslerieiir de l'allas. Ce faisceau charnu assez consi- 
dérable, est Constant en general dans les quadrupèdes , 
et notamment dans le chetai. Les spienti manquent dans 
les oiseaux, 

V. 

Dans les sterno-mastoidiens et cleido-masloìdiens. 

Les muscles sternomasto'idiens et les cleido-mastoìdiens 
forraent, pour l'ordinaire, deux muscles séparés; mais il 
n'est pas rare aussi de les ti'ouver i-éunis en un seul, soit 
des deux cótés, soit d'un còte seulement. Qu'ils soient 
réunis ou séparés , cela n'empcche pas de rencontrer 
assez souvent un muscle cleido-mastoìdien eoctraordi~ 
naire, qui naìt de la clavicule très-distinct de Yordinaire, 
et se termine aussi à part dans l'os occipital. Je l'ai 
observé deux fois , c'est-à-dire en 1788 sur une femme, 
seulement du coté gauche, et la méme année sur uà 
liomnie robuste des deux cótés, il marchait le long du 
bord postérieur de Yordinaire. Dans cette méme femme 
j'ai aussi rencontré le faisceau charnu observé et dcciit 



/ 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. l6l 

par Albinus *, qui du cleido-mastouUen allalt s'Implantcr 
dans la face postcrieure du sti^rno-mastoìdlen. En 1781 
et dans les anuccs suivantes, j'ai trouvé quatre fois uue« 
poriion charnue , qui se détachait du Lord iutéiieur du 
sterno-mastoìdien , poiir s'impUmter dans l'ang/e de la 
mdc/inire in/crieure: cncore plus souvent A la place d'une 
poriion cJiarnue, j'ai renconlró un tcndou, ou une apo- 
ìievrose qui de ce muscle se portait à la mcme régioa 
de la machoire. Ces drff'creutcs variélés observées dans 
l'homme, sont des couforraations naturelles et constantes 
dans les dilféi'cns quadrupèdes. Dans les singes, par 
exemple, et dans presque tous les anìmaux clavicules , 
les sterno-masto'ìdiens sont loujours entièrement séparés 
des cleido-Tìiasto'ìdiens , et ceux-ci sont assez souvent 
doubles. Dans les animaiicc qui n'ont point de clcmcules, 
les vrais cleido-ìnastoidiens inanquent, mais les sterno- 
masloì'diens , avant que d'arriver à la tete, se partagcnt 
ordinairemcnt en trois portions. Dans les solipèdes ces 
muscles n'arrivent jamais jusques à la tote, ils s'insèrent 
par leur extrémité supérieure dans la tuherosité de la 
inàcìiuire postérieure , et c'est par cette raisou qu'oa 
les appelle sterno-ìnaxillaires. ** 



* Hi'stnr. musculor. homin. , pag. 198. 

** BouBGELAT, précis auatomique du corps iv. cheval, q.'' 149. 



ìGo. PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 

VI. 



Dans le grctnd-cloi'sal. 



Eu 1785, sur une femme du cò\.é gauche, en ventóse 
de Fan IX et en germinai de cette année ( an X), sur deux 
hommes du coté droit et du coté gauche, j'ai rencontré 
wn assez gros trousseait charmi se détacher de l'extré- 
mité antéricure et supérieurc du grand-dorsal, deux 
travers de doigt envù'on plus cu arrièrc de soa tendone 
se portcr en avant eutièrement séparé du reste du muscle, 
passer devant le coraco-hrachicd et le hiceps de Vavant^ 
braSf se changer à la fm en un tendon aponevrotique , 
qui s'implantait dans la face postérieure du tendon du 
grand-pecloral. Cette por don accessoire du grand-dorsal 
se trouve consta mmcnt dans la laupe et dans les oiseaux. 

V 1 1. 

Dans le pronaleur rond. 

Le pronaleur rond a aussi très-souvent une port'ion 
charnue accessoire, qui naìt aponevrotique de Yangle 
postèrieur du cubitus près de l'insertion inférieure du 
hrachigl interne *, d'où je_l"ai.YJie sjrnp.lanter charnue 



* CowPER itiyoloiu. aiin. 172.} , cap. XXXI. — AxBU<us histor. musculor. 
lomin. , pag. 478. 



OBSERVATIOKS MYOtOGIQlTES, 1 63 

quclquefois dans le bord postcrieur du méme pronatcìir, 
d'auties fois, et notamment ca 1785 dans le radius au- 
dessous des deux tendons , qui quelquefois termincnt, 
comma dans co sujet, l'extrémité inf'éiieure -de ce mCrae 
pronateur. 

Vili. 

Dans le court sripinatèur. 

Albiniìs * fait observer qiie la portion du muscle court 
siipinateur, qui s'implanfe dans la partie supérieuie de 
la tuberosi té bicipitale du radius, est assez souvent près 
de son origine séparce du rèste du muscle. Ea 1784, 
sur une vieille femme, fai rencontré ce m«5c/e compose 
de deux plans charnus très-distincts dans tonte son ex- 
tensiou, et s(^parcs par des nerfs, des vaisseaux san- 
guins et beaucoup de g)-aisse. Le premier pian tirait 
son origine du condyle externe de Thwnerus et du li- 
gament capsulaire , d'où s'épanouissant sur toute l'extré- 
mité supéricure du radius, allait finir dans l'angle anté- 
rieur de cette méme extrémité. L'autre pian naissait de 
la te'te du méme radius, d'où après s'étre contourné 
au tour de cet os, il allait s'implanter comme à l'ordi- 
naire dans sa face interne au-delà de la moitié de sa 



Loco citalo-, pag. 459. 



Ì&4 OBSERVATIONS MYOLOGIQUES , 

lougacur. Bonn, professeur d'anatomie à Amsterdam, a 
assuré le célèbre Sandifort, qii'il a rencontré deux mus- 
cles courts siipinateurs ^ très-bien distincts dans le bras 
droit d'une ferame robuste, qui finissaient tous les deux 
daus le radius. * 

I X. 

Muscles pronaleurs et supinateurs dans les singes. 

Les singes, qui sont les seuls animaux parmi Ics c/ua- 
drupèdes, qui cxécutent de véritables mouvemens de 
pronation et de siipinatìon avec leurs extrémités anté- 
rieures, ont en general trois muscles supinateurs, et 
trois pronaleurs de chaque coté; on voit par-là que les 
variétés que j'ai remarquées dans ces muscles de Ihonmie 
( VII, Vili ) s'approclieut de la conformation uaturelle 
des singes. 



X. 

Variétés dans le palmaire long. 

Assez fréquerament l'on voit manquer le corps, ou le 
tendon, ou l'une et l'autre partie du muscle palmaire 

* Sandifort exercitat. anatom lib. i, cap. VI. pag. 93, 94. 



i 



^ 



PAR LE CITOYEN BRL'GNONE. r65 

long, qiioiqu'on reucontre toujours Xaponevrose pai- 
maire quo l'on dit en étre une continuation ; lorsquo le 
muscle mauque ea cnticr, Xaponevrosc nait constamincnt 
du Lord int'orieur du ligament annulaire interne propre 
du carpe. Albinus * a obscrvé le ventre du palniaire 
long d'une telle longueur, qu'il ariivait jusqu'à l'extrc- 
mité inféricurc de Vavant-bras , et Lieutaud ** jusqn'au 
bord supérieur du meme ligament, où il finissait sans 
communiqucr avec Xaponevrose: dans d'auties sujefs le 
lendon s'implanfait dans Vos trapeze sans toucber de 
méme à Vaponevrose. Une fois j'ai vu naìtre ce muscle 
du condyle interne de Thumerus par un tendon très- 
niiuce , qui se mélait avec les chairs du sublime, et qui 
coutinuait sa route jusques au-delà du milieu de la lon- 
gueur de Vavant-bras; ici après s'ctre separé entièrement 
du sublime, ce tendon se changeait en un ventre oblong, 
qui près du ligament du carpe dégénérait en deux ten- 
dons courts, dont l'un finissait dans le bord supérieur 
du mcme ligament, et l'autre se prolongeait jusqu'à 
Vaponevrose palrtiaire. En 1785 dans un homme, dans 
lequel du coté droit manquait le long palmaire , j'ai 
trouvé de l'autre coté près du ligament interne propre 
du carpe une portion charnue, qui tirait son origine 
[, de ce méme ligament. Ces observations et d'autres va- 
riétés sans nombre, qui sont trcs-fréqucntes dans les chairs, 



* Hiitor. muscuìor. Iwmin. , pag. 474- 

** EssaU aualouùques pieinière édilion, pag. 4%- 

y 



l6G OBSERVATIONS MYOLOCIQUES, 

Ics lendons et les inserlions de ce ??iiiscle, pvonvent que 
son priucipal usagc se borne à la flexiou du potgnet , et 
que Vaponevrose pahnaire ne tire nuUemeut son origine 
ui du corps charnu, ni du tendon da muscle de ce 
nom, quoiqu'il arrive quelqucfois jusques à elle: on la 
uomraerait peut-étre plus propremeut ligament palmaire. 

XI. 

Dans le plantaire. 

C'est encore plus mal à propos qu'on a donne le nom. 
^aponevrose plantaire au liganient , qui s'épanouit le 
long de la piante du pied au-dessous des légumens , 
dans la suppositiou qu'il tire son origine du tendon da 
muscle plantaire Jamais ce tendon n'anive dans l'homme 
jusques à la prétendue aponevj-ose; il finit constamment 
au coté interne du calcaneum. Cowper ■* et quelque 
autre Ecrivain nous assurent méme d'avoir vu mauquer 
entièrement le ventre et le tendon du muscle plantaire ^ 
quoique Yaponevrose existùt. Je n'ai jamais vu raanquer 
ni Tua ni l'autre; au contraire dans un enfant j'ai ren- 
contré un second tendon , qui partait de la face posté- 
rieure de la gaine aponevrotique du muscle solaire, et 
allait se joindre au tendon ordinaire du plantaire. Il ne 



Myotom. aun. 1724. cap , XXXIV. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. l6j 

faut pas dlssimuler que dans les singes ce tenclon s'éteud 
manifestcraent jusqu'à Wtponevrose platUaire; mais il uè 
paraìt pas qu elle ea tire sou origine. 

XII. 



Dans Fexlenseiir commun des dolgts de la mairi. 



Il u'y a poiDt de parties dans le corps liuraain, où 
l'on i-encoutre aussi souvent des variétés que dans les 
muscles propres et communs des doìgts de la mairi, 
Uecctenseur commun se divise ordinairement en trois 
tendons sculemcnt , qui se portent aux trois doigts qui 
vicunent apiès le pollex; mais il arrive frès-fréquemment 
que l'on en trouve un quatrième qui va aii petit doigté 
en se joignaut, avant que d'y avvìver , aii tendon de son 
extenseur propre: on a méme quelquefois observé ce 
quatrième tendon se partager en deux dès le commen- 
cement du dos de la main , dont le plus petit se portait 
au petit doigt et le plus gi'os se subdivisait en deux 
autres portions, dont l'une allait rejoindre le premier 
tendun près de la racine du petit doigt, et l'autre se 
joignait au tendon extenseur du doigt annulaire *. Dans 
deux sujets que j'ai disséqués, l'un en 1782 et l'autre ea 
1784, V extenseur commun se partageait non seulement 



* AtBlKUS hislor. musculor. homin., pag. 4^*> 



l68 OBSERVATIONS MVOLOCIQUES, 

en quatre lendons, mais aussi en quatre portions cJiar- 
nues dès son origine. Dans un autre dissóqué eri 1785 , 
il se divisait en quatre venlres vers le milieu de la lon- 
gueur de Ym'ant-bras , et plus bas en autant de tendons, 
mais dans ce sujet manquait absolunieut Yextcnseiir pro- 
pre du petit dolgt. En 1790 daus une femme Vexten- 
seur commun était partagé vers son extrémité inférieure 
en deux portions charnues , l'une antérieure et l'autre 
postérieure, qui produisaient chacune deux tendons; ceux 
de la poition antérieure se portaient l'un à Yindeoc , et 
l'autre au doigt du milieu: ceux de la postérieure s'in- 
séraient tous les deux dans le doigt annulcdre. 

XIII. 

Muscle court exienseur. 

Albinus que l'on ne saurait trop citer, sur-tout à l'égard 
des muscles , dont il uous à donne l'histoire la plus 
compiette et la plus exacte que l'on puisse souhaiter , 
a décrit et dessiné un muscle extenseur court des doigts 
de la main , qu'il croit analogue au court extenseur des 
orteils * : il l'a observé dans un homme robuste et de 
haute taille; il ^irait son origine de la sinuosité qui 
donne passage aux tendons de l'extenseur commun; 



* Academìcar. annotai, lib. IV , png. 28 , lab. V , £g. 3 a, b. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. 1G9 

Borti de cette sinuositd, il dcgéuérait vers le milieu du 
dos de la main en uu tendon. qui bicntòt se joignait 
à celui de Yextenseur commun qui va au doigt du mi- 
lieu, pour s'iusérer dans la base de la première pha- 
ìange de ce doigt du còte de tindex. Dans un autre 
sujet il allait s'implantcr dans la racine de Yindex méme. 
Sandifort a rencouti'c dcux fois ce muscle exlraordinaire\ 
mais dans Ics dcux cas son tendon s'inscrait dans le doigt 
du milieu f il aime donc mieux l'appeller Yextenseur 
propre du doigt du milieu de la main *. En 17 85 
j'ai observé un muscle à peu près semblable sur une 
femme : il tirait son origine de la sinuosità du radius, 
par où passent les tendons de lextenseur commun; ar- 
rivé sur le dos de la main , il se changeait en deux petits 
tendons y l'uu pour Yindex et l'autre pour le medius. En 
frimaire de cette anncc ( 1802 v. s. ) le cit.^" Mangosio , 
chirurgien et très-bon anatomiste, et actuellemcnt profes- 
seur-adjoint à l 'Ecole vélérinaire, m'a fait voir un petit 
Tnuscle qui naissait par uu principe charnu épanoui de la. 
face externe du ligameni capsulaire du poignet; d'où 
il descendait vers l'os du metaca/pe, qui souticnt le 
doigt du milieu, en devcnant toujours plus étroit, pour 
se chaugcr vers le milieu de la longucur de cet os en un 
tendon mince et aplati, qui allait s'implanter dans la base 
de la première phalange du doigt du milieu du coté 
de Yannulaire. 

' Kxercitat, acaJcmicar. lil). I, cap. VI, pag. gi: — observat. anatomie, 
pathologic. lib. IV, cap. IV, pag, 41. 



l'^O OBSERVATIONS MYOLOGIQUES, 

XIV. 

Variétés dans Jes muscles lomhrìcaux de la main. 

Heister * a uue fois rencontré dans la maiu cinq 
iniiscles loinhìicaux; moi je les ai observés trois fois; 
sin- une femme en 1781 dans la main gauche, et sur 
deux hommes en 1787 dans l'un à gauche et dans l'autre 
à droite. Des cinq lombricaux observés par Heister, aucun 
n'appartenait au petit doìgt ; mais le premier fiuissait , 
comme dans les cas ordinaires, dans l'index, et des 
quatre autres les deux antérieurs dans le medius , et les 
deux autres dans Vannulaire; la chose se passait de la 
méme manière dans les deux hommes que j'ai vu : mais 
dans la femme le seul doigt annulaire recevait les ten- 
dons de deux muscles lombficaux; Yindex, le medius 
et le petit doigt en rccevaient chacun un seul. Albinus 
** donne comme une règie invariable, que l'origine des 
muscles lombricaux du tendon du profond le plus 
voisin du pollex , a toujours lieti de sa face qui regarde 
Yaponevrose palmaire. Je me suis assuré par un grand 
nombre de dissections que cette règie est très-inconstante; 
puisque à cet égard j'ai rencontré dans les différens su- 
jets, et méme dans les deux mains du mème sujet, des 
variétés sans nombre; comme l'on sait n'étre pas con- 



* Compend. anatomie, num, 74. 

Hìstor. muscuhr. homin., pag. i(94- 



«• 



PAR LE CITOTEN BRt'CNONE. 17I 

stante la règie qui fait toujours naitre les troìs derniers 
lomhrìcaux de deux tendons dii projond. J ai vu trèa- 
souvent, et d'autres l'ont vu avant moi, le second lom- 
bricai naitre seulement du tendon da profond qui va au 
doigt du milieu, sur-tout lorsque la pardon charnue du 
projond, qui produit ce tendon, est séparée du reste 
du miiscle presque dès son origine, ainsi qu'oa Fob- 
serve assez fréqueinmcnt. 

XV. 

Dans le ihe'nar. 

Le court abducteur du pollex ( le thénar ) forme 
souvent dans son origine un muscle biceps; l'une de ses 
deux tétes naìt de Yos crochu, et l'autre du tendon du 
long abducteur: ces deux tétes se i-éunissent en un seni 
corps avant que d'arriver à la première pJialange de ce 
doigt. Une fois néanmoins j'ai rencontré les deux por- 
tions st'parces dans tonte leur longueur; le muscle dans ce 
cas était doublé, un antérieur et l'autre postérieur, abou- 
tissant chacun par un court tendon dans l'os sesamoìde 
antérieur, l'un du coté antérieur de cet os et l'autre dans 
sa face interne. 



172 OBSERVATIOJJS MYOLOGIQUES, 

XVI. 

Éxtensews des doigls des extrémìlés antérìeures 
des singes et aidres animaux digités. 

En examinant les muscles exlenseurs des doìgts des 
exlremités antérìeures dans les singes et daus les autres 
animaux digilés, l'oa verrà quo Ics varie Ics oljservées 
dans ces muscles de Hiomme (XII, XIII) sout analogues 
à ce que l'on observe constamment dans ces animaux. 
Dans les singes et dans le lapin l'extenseur propre da 
petit doigt donne aussi un tendon au quatrième doigt: 
dans les chiens et daus les ours il en donne un troi- 
sième au medius : dans les singes l'extenseur propre de 
l'index donne un tendon à ce doigt, et un second au 
medius, 

XVII. 

Variétés dans le triceps de la cuisse. 

Le triceps de la cuisse, que Ton distingue en long, 
en court et en gros adducteurs , a très-souvent quatrc 
létes , qui avant d'arnver à leur iusertion inférieure se 
réunissent ordinairement en un seni musc.le. En 1782 j'ai 
rencontré le court adducteur du coté dfoit séparé en- 
tièrement des autres, depuis son commencement jusqu'à 
sa fin. Le gros adducteur dans ce méme sujet était 
divise supérieurement en deux portions , dont l'une s'im- ■■ 



t 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. lyS 

piantali dans la partic infdrieure de la syrnphyse du puhis 
et dans la partie volsine de sou hras descenckmi, et i'autre 
au milieu de la partie iulérieure de la mème symphysey 
comrac à l'ordinaire. Les adducteurs de la cuisse dans 
les solipèdes et dans les bisulques formeut siniplemcnt 
un muscle biceps; ttès-rarement ils ont trois tétes , corame 
dans Vhomme: au coutraire dans les singes et dans les 
àutres (fuadrumanes ils forment presque toujours trois 
Tnuscles dislincls, dont le plus gros se divise supérieurc- 
ment en deux portious : les chain'e-souris n'ont qu'ua 
muscle adducieur. 

XVIII. 

Dans le petit péronìer et dans le long extenseur 
des orteìls. 

Le petit péronier dans sou origine est le plus souvent 
tellement confondu avec le long extenseur des orteils 
que l'on ne doit pas s'étonner, si la plupart des autcurs 
n'en ont fait qu'uu muscle. Mais Morgagni* a trouvé les 
tìois péroniers assez bien distincts dans un cadavre , oìx 
le long extenseur produisait cinq tendons , un pour 
chaque orteil. Dans un jeune homme que j'ai disséqué 
en 1783, j'ai observé se détacher du coté interne du 
tendon du petit péronier , avant son passage au-dessous 



^Jtersar, anatom. II. animadven. XX. 



174 OBSRRVATIONS MYOLOGIQUES, 

du Ilgament commun du tarse, un autre tendon gréle, 
qui allnit s'implanter dans le dos de toutes les phalan- 
gi's da petit orteil, tandis que le tendon principal s'ia- 
scrait coinmc de coutume dans la face supérieure de la 
base du dernier os du métatiurse ; c'est méme une ob- 
servation constante que, lorsque le long extenseur n'a 
que quati-e tendons , le petit péronier ne mauque jamais; 
jamais aussi son tendon ne s'étend aux phalanges da 
petit orteil, mais il fìnit toujours dans ledit os du mé- 
talarse. Le 22 de ventóse an 9 j'ai rencontré , dans la 
jambe droite d'un liomme très-robuste, la portion char- 
nue du long extenseur qui produit le tendon pour le 
petit orteil, fout-à-fait séparée du reste de ce musale, 
mais confondile avec le petit péronier, en sorte qu'elle 
produisait deux tendons, l'un pour le métatarse et l'autre 
•pour le petit orteil. Ces observations paraissent prouver 
que le petit péronier est cffectivement un muscle distinct 
appartenant au tarse et au métatarse et non aux orteils. 

XIX. 

Dans le court extenseur. 

Le court extenseur des orteils , qui ne forme cora- 
muncment dans son origine qu'uu seul rnuscle , dans 
quelques sujets , quoique rarement , est divise daus toute 
son extensioa en quatre petits muscles Ir ès- disti ncls. 



PAR LE CITOYKN BRUGNONE, lj5 

Albinus * a observé la portioti qui va au quatrièiiie 
orleily unie dans soa commencement aux autrcs , se di- 
viser en deiix, une extcrne et l'autre interne; la première 
produisait le tenilon or dì ned r e , et l'autre un ^e«c/on très- 
gréle qui s'nnissait à celui de Xorteil da milieu. D'autres 
Ibis il a rencontré une petite portion , 8Ìtuée entre la 
première et la seconde, qui produisait un très-petit lendon 
pour la première phalange du second orleil. La por- 
tion du court exlenseur qui va au pouce , forme un 
muscle à part eucore plus fréquerament que les autres ; 
voilà pourquoi Cowper ** et d'autres out donne au pouce 
du pied , comme à celui de la main , deux extenseurs 
propres. Je les ai pourtant observés trois fois en 1782 
sur une femme, et en 1786 sur deux liommes. Dans 
les oiseaux la face supérieure du mélalarse porte quatre 
mu-ìcles distiììcts, qui répondeut au court exlenseur 
des orLeils de Vhomme ; ces quatre muscles forment uà 
extcnscur propre pour chaque doigt de la patte de l'oi- 
seau. 

XX. 

Dans les muscles suhlimes et profonds. 

J'ai rencontré deux fois le muscle sublime du pied 
partagé seulement en -irois tendons, mauquant celui qui 



* Hislor. musculor. homin. , pag. 661. 

»» Mjolom. aan. 1714, cap. XXXV et XXXVI. 



lyG OBSERVATIONS MYOLOGIQUES , 

va au petìf. orteil. Le défaut de ce tendon était supplóé 
par un tendon qui tirait soa origine dii muscle profond, 
et qui cotoyant le bord interne du tendon de ce muscle, 
qui se porte au petit orteil, y étant arri ve , se feudait, 
pour donncr passage au tendon ordinai/e , cu sorte que 
daus ces deux sujets le muscle profond faisait, pour le 
petit orteil, l'office de muscle perjvrant , et de muscle 
perfora. Get exemple, très-rare dans thomme, est na- 
turel et Constant dans le mandrill appellò par Linn^,us 
sìmia sphinx *. Dans cet animai, et daus un grand 
nombre d'autres singes , le sublime et le profond des 
exlrémités postérieures se niélent et se confondeut d'une 
facon fort compliquée , et leurs tendons sont si étroite- 
ment unis ensemble, qu'il est fort difficile de décider 
quel est le muscle pei f ore , quel est le perforant. 

XXI. 

Muscle anomale au còte' gauche de la poilrine 
d'ime femine. 

En 1789, en disséquant les muscles du has-ventre 
d'une vieille femme, j'ai trouvé au coté gauche de la 
poitrine un muscle particulier , dont j'iguore si quelqu'ua 
a encore parie. C'était uu/h/sceau c/iornM, presque rond. 



Systtma natura , toin. I, pag. 35, nutn. 6, édiliou de Vienne, 1767, in-8,*' 



PAR I.E CITOYEN BRUCNONE. I77 

qui , aprcs avolr cotoyé le borei infcricur du grand pec-~ 
toral , finissait par une aponevrose dans la gaine , qui 
enveloppe la léle plus coitile du h'ic.eps de lavante 
bras près de son origine de la pelile tubèrosité de 
l'huTnerus. Ce faisceau , par son extréniité antérieurc , 
qui étnit tendineuse , naissait de la face externe de 
l'extrémité iuléricurc du slernum, du cartilage de la 
dernière vraìe cri te , et de l'aponevrose du musei e grand 
oblique de l'ahdomen : avant que d'arriver au biceps , 
deux travers de doigt environ en deca de l'aisselle, il 
se changeait en un lendoii aplali, long environ six 
lignes , qui, arrivé près de l'aisselle, devenait de nou- 
veau cliarnu , pour bieutòt après dégcnérer en une apo" 
nei>>rose, qui se terminait , comme je l'ai dit, dans le 
biceps. Du bord supérieur du tcndon mitoyen partaif: 
une autre aponevrose assez larga , qui allait se joindre 
au lendon du grand dorsal. Ce muscle anomale paralt 
analogue à une portion du muscle commun au bras; 
à l'encolure et à la lète, qui dans les quadrupèdes 
dépourvus de clavicule resulta de l'union du Irapèze, 
du delto'ìde , et du cleido-masto'ìdien . 

XXII. 

'Autres muscles anomales à la parile antérieure 
de la poitrine. 

En 1782 j'ai rencontré, au coté gauche de la partie 
antéx'ieure de la poitrine d'un vieillard, deux muscles 



l-yS pBSliRVATIO>iS SIYOLOGIQUES , 

exlraordìnaires , dout l'uà long huit travers" de doigfc 
enviroD , et larga deux descendait obliquement de devant 
eu arrièi-e de la paitie supérieure du slcrnum jusqu'à 
la première fausse còte ; l'autre plus éfroit et plus court, 
était situé au còte interne du précédent , et s'cteudait 
aussi obliquement de liaut en bas, et du devant cn ar- 
rièrc , dcpuis la fin du tiers supérieur du sternum , ]\xs-' 
ques au cartilage de la sixième vraie còte. Le premier 
s'attachait par un lendon mirice et aplati à la face ex- 
terne du premier os du sternum; ce tendoii se con- 
fonda it avec les fibres charnues de la portlon clavica- 
laire du grand pectoral du coté oppose , et de celui 
de son coté, ainsi qu'avec l'origine de Vàutvc muscle ex- 
Iraordinaire. Deveuu charuu, il descendait ensuite l'cs- 
pacc de cinq à six travers de doigt , pour se terminer 
ìi la fin par un autre tendon mince et large dans l'apo 
nevrose de lohlìcjue externe da bas-ventre. Le premier 
vmscle a beaucoup de ressemblance avec celui qui a 
été observé par Kaau Boerhaave au méme coté de la 
poitrine d'un homme très- robuste , dont il a donne la 
description et la figure dans le II voi. des nouveaux 
commentaires de l'académie de Pétersbourg *, et encore 
plus ap muscle observé deux fois, et décrit par Albi- 
Nus **. Le sccond muscle tirait son origine par un tendon 
plus étroit, mais plus épais de la face externe du second 



* Pag. 169 et 170, lab. XI, fig. 2. 
** Histor, musculor. homin. , pag. i9'. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE, I^C) 

OS da stfirnum , et de l'extrémité antérieure dii carli- 
lage de la troìsìème vraìe còte, doìi devenu charmi, 
il descendait , pour se terniiiicr par dcux dìgilations , 
dans la face externe des cartìlages des deux want-der- 
nièrps vraies cótes. Ce sccond muscle a quelque analo- 
gie avec celui, qui a été observé par Haller *, et 
par WiLDE **, et représente encore mieux le muscle 
observé par Bonn sur un Negre ***. En floréal de cette 
anuée , le citoycn Crouzet , Chirurgieu et Répétiteuc 
d'anatomie pratique au college national, m'a fait voir 
deux inuscles semblables qu'il a renconfré au coté droit 
du sternum dun hoTnme\ dans ce sujet , oulre Ics deux 
muscles eoctraordinaìres , que je viéns de décrire, il y 
en avait dcux autres plus petits, dont le plus externe 
naissait aponevrotìque de Xapoiievrose convnune au grand 
pectoral , et à l'oblique externe de l'abdomen, vis- h- \is 
le carlilage de la quatrìème et cìnquième vraie cote ; 
il se cliangcait cusuite en un ventre mt'nce et plat , qui, 
aprfcs avoir monte un bon travers de doigt, se joignait 
à l'autre musale. Cclui-ci tirait son origine par un tendon 
plat et large de la face externe de la partie laterale du 
sternum , vis-à-vis son articulation avec le cartilage de la 
cìnquième vraie còte ; il montait toujours tendineux 



* Elemenla physiolog. corpor. humani , lom. Ili, pag. 72 — Fascicul. aiia- 
tòm. VI, tab. I. 

** Commentar. Academ. Peiropnìit. , tom. XII, pag 320, tab. VIII, lìg. 5. 
*** Sandifoax exercilat. academicar. lib. I, cap. VI, pag. 88. 



l8o OBSERVATIONS MYOLOGIQUES, 

jusqu'aii bord supéricur du carlilage de la qualrìème , 
ici il se chaageait ea uu i>>e7ìtre , qui , apiòs le trajet 
d'uà travers de doigt, se joignait à lautre muscle: ces 
deux portions ainsi unies, moutaieut eusuite obliquement 
de dedans en dehors, jusques au bord supérieur du car- 
lìlage de la seconde vraie còte; dans cet endroit elles 
fonnaient un petit tendon , qui allait s'implanter dans 
la face poste licure du lendon commun des deux autres 
muscles surnuméraires. 

XXIII. 

Continuatìon des muscles droits du has-ventre 
sur le sterman dans Ihomme. 

Kaau décrit et dessiue deux autres muscles quii a 
observés au coté droit de la partie antérieure de la poi- 
trine dans un jeuue homme ; ces inuscles de la partie 
supéfieure du slej'num. descendaient obliquement de devant 
en arrière , pour se terminer dans le muscle droit de 
tabdoìncn *. Ces deux muscles thoracJiiques ( c'est le 
noni qui leur a été donne par Bonn et par Sandifort**) 
peuveut étre considcrés comnie une continuatìon des 
mèmes muscles droits , et cette continuation a été eu 



* Voycz la pag. 271 et suiv. du raéme lom. II des nouveaux eommen- 
taires de Petersbourg , et la pianelle XII. 
** Sandifort loco citato. 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. l8l 

ofiet observée plusieurs fois, et entr'autres par Weic- 
BRECHT *, par Kaau Boerhaave **, par Portal, qui 
a vu les muscles droits des deux cótés prolougcs sur le 
sternum jusques à la seconde vraìe cóle ***, par Juppin , 
etc. ****. RioLAN avait déjà dit que ces muscles s'étendent 
quelquefois par uue aponevrose, jusques à la première vraie 
cote, et il assure qu'uae fois il les a vus redevenus cliarnus 
eutre la première et la seconde; que Sylvius les a ob- 
servés plus d'une fois continués charnus jusques à la partle 
supcricure du slernum quelquefois des deux còtés , d'autres 
fois seulement du coté droit, mais le plus souvent du 
gauche. ***** 

XXIV. 

Dans les quadrupèdes. 

Ces muscles thoracJiiques surnuméraìres rencontrés dans 
Yhomme par nous et par tant d'auteurs à la partie antc- 
rieure de la poitrine ( XXII ) , et le prolongement des 
muscles droits de l'ahdomen, jusques à la partie supé- 
rieure du sternum ( XXIII ) , sout ime iraitatiou des 
mémes muscles droits des quadrupèdes, qui s'étendent, 



' * Commentar. Pelropatit., tom. IV, pag. iSg. 

** Not'i commentar. Academ. Petropolit., tom. II, pag. 268 et zGg. 

*** Anatoin. histor. et pratique de Lieutaud , auginenlée pai- Portai., 
tom. I, pag. 256. 

**** Journal de médccine, tom. XXXIX, pag. 3iz. 

***** Aulkropolog. Lb. II, cap. VII. 

A a 



j82 OBSERVATI0I?S MY0L0GIQUE3, 

sur-tout dans les carnù'ores , jusques à l'extrémìté aut^- 
rleiire du slernum. Ce pi'olongement daas les chìens et 
dans les singes u'a pas échappé au graud Vésale, qui 
prouve par la descriptioii que Galien nous a laissée des 
ìmiscles droils du bas-ventie , que ce grand anatoìnisla 
u'a disséqué que des brutes. 11 donne méme la figure 
de la coutinuation de ces muscles sur le sternum , tels 
qu'on les trouve dans les quadrupèdes , en avertissant 
que la figure des muscles droits de thomme se trouve 
dans une autre pianelle * 

XXV. 

Varìétés dans les muscles cofaco-liyoì'diens. 

Les muscles que l'on nomrne mal à propos coraco- 
hyoì'diens, puisque jamais on les a vus naitre du hec 
coracotd<^ , pi'ésentent aussì très-fréquemment des varìétés 
considérables. En 1782 j'ai rencontré le coraco-hyoidien 
du coté droit partagé à son extrémité inférleure en deux 
portlons, dout la plus longue s\insérait dans la cóle supé- 
rieure de l'omuplate prcs de son échancrure, et l'autre 
dans la face supérieure de Yextrémité scapulaìre de la 
cladcule près de son articulation. Après un court trajet, 
les deux portions se réunissaient et dounaieut origine au 
tendon mìtoyen, qui dans ce sujet était très-court et 

* De humani corpor, /abrica, lib. II , cap. XXX.I musculor., tab. IV et V. 



PAR LE CITOYEN RRUGNONE. l83 

couvert de chair dans sa face postériciire. Dans un autre 
sujet les deux miiscles coraco-Jiyo'ìdiens naissaient de la 
rt'gion ci-dessus indiquée des cla^ìcides , saus s'atfacher 
aucuncnient à Yomoplale , et en general j'ai ol»cn'é que, 
presque toujoiirs, quelque soit l'origine de ces muscles, 
il y a une gaine aponevrotique , ou , si l'on veut, un 
ììgament qui, après avoir enibrassé leur ventre posté- 
rieur et iuféiueur i\ l'endroit où ils marclient presque 
parallèlement à la clavicide, vient s'implanter daus cct 
OS. En gdnéral, dans les quadrupèdes les muscles qui 
répondent aux coraco-hy^oidlens de llionììiie , ne s'atta- 
clicnt point à Yomoplate, dans les solipèdes, par exemple, 
ils naissent par une aponevrose de la face externe du pedt 
pectoral, et dans les animaux claviculés de la face anté- 
rieure de Vextrémité scapidaire de la clavìcule. 

XXVI. 

Dans les sterri o-hyo'ìdìens, 

Dans le méme sujet où le mitscìe coraco-hydklicn 
était inférieurement bifiirqué ( XXV ) , par son extrémité 
supérieure il était uni et confondu avec les chairs des 
sterno-hydidiens. Uenen^don tendineuse transversale , 
oblique ou tortueuse que l'on trouve constammont à la 
face exteme de ces derniers, n'outrepassait point toute 
ileur épaisseur; elle se bornait à cctte face exteme. Mais 
f daus les animaux solipèdes et dans les bisulques, les 



184 OBSERVATIONS MYOLOGIQUES , 

7?iusc!es sterno- hyouliens sont constamment et parfaìfe- 
ment digastrìques; le lendon mitoyen manque dans les 
dìgìtés, on y remarque à sa place Xeinpreintc tendineuse; 
cette empreinte est donc dans Yliomme, et daus les autres 
animouoc dìgìtés, une trace du lendon mitoyen des niiis- 
cles sterno-hyo'ìdiens digastrìques dans les solipèdes et 
dans les hisidques. 

XXVII. 

Dans les slylo-hyo'idiens. 

Les stylo-hyoì'dìens sont assez souvent doubles; et tels 
je les ai trouvés quatre ou cinq fois; le miiscle siirnu- 
inéraìre est toujours plus petit que Yordìnaìre: il naìt de 
la partie inférieure de Vapophyse slylotde, d'où, en de- 
scendant au coté interne de son corapagnon, de charnu 
quii était, se change bientót cn un tendon très-gréle, 
qui s'implante dans Vos granìfor?ne. Le stylo-hyoidien 
ordìnaìre , avaut que de s'implanter dans cet os, se fend 
presque toujours, pour donner passage au tendon mi- 
toyen du muscle dìgastrìque de la machoire ìnjerìeure; 
d'autrefois, au lieu d'otre fendu dans sa portion charnue, 
il se bifurque en deux portìons tendìneuses qui , après 
avoir laissé passcr le tendon du dìgastrìque, se réunissent 
en une seule qui va se terrainer daus Yos hyo'ìde. En 
1781 daus un homme robuste l'origine supérieure et 
tendineuse du ìnuscle stylo-hyoìdìen du còte gauche était 
égalemcnt bifurquée , comme l'inférieure : une de scs 



PAR I.E CITOYEN BRUGNONE. I 85 

Comes s'implantait dans le muscle digastrìque près de 
son insertion daos la sìnuosìtd mastoìdìenne , et l'autre 
dans Yapophyse stylo'ìde. Dans le memo sujet du coté 
droit à l'endroit, oìi le siylo-hyoìdien est ordiDairement 
fendu , corame il était dgalcmcnt dans celui-ci , il y avait 
uu Irousseau charmi, qui de-là allait s'implantcr dans le 
inuscle glosso-Jiyo'ìdien. Dans un autre cadavre le stylo- 
liyo'ìdien naissait, comma à l'ordinaire, pai* un seul tendon 
de Yapophyse stylo'ìde , mais, avant que d'arriver à sa fin, 
il se partageait en deux portions charnues, qui, après 
avoir donne passage au tendon du digastrìque, allaienfc 
finir l'antérieure , qui se subdivisait en deux autres por- 
tions, dans la partie laterale du corps de l'os hyo'ìde^ 
près de son bord supérieur, et la supérieure qui étaiC 
plus cpaisse, par deux faisceaux bien distincts dans la 
partie moycnne de la largeur de ses grandes cornes , 
où ces deux faisceaux confondaient Icurs cliairs avec celle 
du muscle kerato-glosse , qui était très-apparcnt dans ce 
sujet. 

XXVIIl. 

Leur conformation et orìgine dans les sìnges , 
dans les ruminans et dans les solipèdes. 

Dans les singes , les stylo-hyoì'diens naissent des 
mémes parties que dans Vhomme , et on les trouve éga- 
lement presque toujours doubles avec les mémes varidtés 
dans leur fente j mais dans les ruminans et dans les 



iSG OBSERVATIONS MYOLOGlQUES, 

solipèdes , ils ne tirent poiut Icur origine de X'apophysc 
sly Ioide , puisque cette apophyse , daus ces animaux 
D'appartieni point à X os tempora! , mais à Yoccipilal , 
ils naissent de l'extrémité supérieure des grandes braìi- 
ches de Fos hydìde, et se termineot aux parties late'- 
rales du corps du niénie os, 

XXIX. 

Aniygdales douhles, 

RiOLAN dans son anthropographie * ( pour le dire ici 
en passant ) décrit quatre glandes aniygdales, deux de 
cliaque coté de Yarrière-bouche , Morgagni ** les a aussi 
observées quelquefois , mais si rarement que l'on ne doit 
pas donner pour une règie coastante de la nature ce qui 
u'est qu'une variété. Je ne les ai rencontrées doubles qu'une 
scule fois: c'dtait un jeune homrae , en qui les deux 
aniygdales du mème coté étaient séparées l'une de l'autre 
par des fibres charnues dcs muscles staphylopharyngiens. 

XXX. 

Variétés dans les muscles slylo-pharyngìens. 

J'ai aussi rencontrés doubles des deux cótés les stylo- 
pTiaryngiens sur une femme , en 1792; Morgagni les a 



* Lib. IV, cap. X. 

** Epìstol. anatom. IX , num. 17. 



^AR LE CITOYEN BRUCNONE. 187 

cbservds triples *: deux de ces ?nuscles se tcrminaieut 
dans le pharynx, le troisième dans Vos hyo'ìde et dans 
le carlilage thyroide', il me paralt que ce dernier était 
plutót un second muscle stylo-hyoìdicn , le slylo-hyoì- 
doiiis alter d'ALBiNUS **. Le plus gros des deux muscles 
vraiment stylopharyngiens que j'ai observés, tirait soa 
origine de l'endroit oidiuaire, d'où il s'épanouissait dans 
les parois latérales du milieu de la longueur du pharyna^ 
et dans l'extrémité des coines superieures du carlilage 
thyro'ìde. Le plus petit naissait par un long tendon fi- 
breux de la face antérieure de ì'apophyse slyldìde, d'où 
devenu charmi , il allait se tcrminer dans les parois latérales 
supcrieures du pharynx par trois faisceaux bicu distiucts, 
un antérieur qui se prolongeait jusques au bord posté- 
rieur des piliers poslerieurs de Varrière-houche , et méme 
jusqu'à la langue près de l'insertion du slylo-glosse; l'autre 
moj'en qui fmissait dans les parois latérales inférieures 
du pJiarynx, et le troisième postérieur dans ses parois 
supérieures mitoyennes. Les stylo-pharyngiens dans les 
riiTìiinans, et dans les solipèdes se nomment kerato- 
pharyngiens , parce qu'ils naissent des grandes branclies 
de Vos hyo'ìde et non de ì'apophyse stylo'ìde: dans ces 
animaux ils sont constamment doubles, c'est-à-dire , il y 
en a deux pour chaque còte. 



* Epistol. anatom. Vili , uutn. 5o. 
** Uislor. musculor. homin., pag. 211. 



l88 OBSERYATIONS MYOLOGIQUES, 

XXXI. 

Dans les circonjlexes du palai s. 

Heister* décrit un muscle extraordìnaìre qu'il nomine 
kerato-stap/iyUn , paice qu'il ualt du crochet de Vaile 
interne pterygoì'de , et finit dans les parties latérales du 
voile du palais; c'est le muscle que Winslow appelle 
plus proprement spìieno-staphylin ** : le uom de kera- 
to-staphylin peut induire ea erreur, et faire croire qu'il 
vieut des comes de l'os hydide. Je l'ai observé deux ou 
tx-ois fois , mais il ra'a toujours paru étre une portion 
du muscle circonflexe du palaie. 

XXXII. 

Muscle anomale de la face. 

Personne n'ignore que les muscles de la face varient 
dans Yhomme à l'infini, et c'est avec raison que Mor- 
gagni observe que c'est de ces variétes que dépendent 
W grande partie les différens traits du visage dans cliaque 
individu: Neque vero jnirari convenit ( dk-ìl*** ) , quod 
Jaciei musculi non omnes omnibus eodem et numero, 



* Compend. anaiom. , nurn. 71. 

** Exposit. anatom. , traile de la téle , num. 499- 

*** Adfersar. anatom. II animadvers. XII j pag- »9' 



PAR LE CITOYEN BRUGNONE. l8(J 

et modo conligoìint ; nam illa adtnirahilìs facieriini et 
vulluum varietaif inde quoque est deducenda. Je me 
contenterai, parmi les autres variétés que j'ai rcncoa- 
trées , de faire niention du muscle anomale de la fa- 
ce , VII premièrcmcnt par Sartorini * , et ensuite par 
Albikus **, par Sandifort *** , et par d'iiuties: ce mus- 
cle naìt par un tendon étioit et mince de Vos maxil- 
laire superieur au-dcssus Ae -Valveole de la dent canine; 
il devient presqu'aussitót cliarnu , plus large , et plus 
épais, pour se termiuer par un tendon très-gréle dans 
le mème os près de rorigine de la portion externe de 
l'incisif laléìxd. Je l'ai rcncontré trois fois , loujours 
avec quelque petite différeuce dans son origine , dans 
sa figure , son épaisseur , sa marche , et sa fin , mais 
toujours finissant dans le mème os immobile, d'où il 
tirait son origine ; il éfait néanmoins constamment fort 
attaché à la pcau , d'où Fon pcut conclure que soa 
iisage est de tendre, et faire rider la pcau qui est entre 
le nez et les joues. Peut-ctre ce niuscle anomale a 
quelque analogie au petit muscle presque Iransversal , 
qui dans les animaux qui ont le boutoir mobile, comme 
les ours , les cochons, les taupes, vient de Vos maxil- 
Jaire , au-dessus du bord ahéolaire des deJils canines, 
s'implanter dans Vos incisi/, et dans les partics latéraks 
du mcme boutoir qu'il abaisse. 



* Observal. anatom. , cap. I, § 25. 

** Histor. musculor. homin. , pag. 167. 

*** Exercitat. academic. lib. I, cap. VI, pag. 79. 

B b 



ÌQO OBSERVATIONS MYOLOGIQUES, 

XXXIII. 

]\tusclc surnuméraire du globe de l'osil. 

Albinus *, Bertrandi ** et Sandifort *** ont obscrvé 
daus Yhomnie uu niuscle accessoire du grand obìUiue 
du globe de l'olii, qui tirait son origine, comme celuici, 
àìi Jbnd de l'orbite: le niuscle observé par Albinus , 
et par Sandifort était très-gréle (gracillimus ) et finis- 
sait par une aponevrose dans la gaiue du grand oblique 
ordinaire. Celui qui a été observé par Bertrandi , était 
égal à ce dernier, et s'insérait par un tendon assez long 
dans la scléroticjue entre les inseitions du dì'oit supérieur 
et de l'exlerne. Albinus est d'avis , que ce niuscle sur- 
numéraire est le musculus trochlearis de Mohnetti ****, 
ou cet autre également extraordinaire qu'il regarde comme 
uu cinquième droit ****, Je n'ai rcncontré qu'une seule 
fois, c'est-à-dire eu 1786 sur une femme sur l'ocil gauche, 
un niuscle surnuméraire, tout-à-fait semblable à celui 
qui a été' observé par Albinus. 



* Loco dialo , pag. 176. 

** Dans sa dissertation de oculo , pag. 79. 

*** Loco citato, pag. 80. 

**** Dissertai, anatomico-palholog. cap. IV. 



M E M O I R E 



SUR LA NATURE 



DES TONS ET DES SONS, 



PAR LE CIT." CHARLES BOTTA. 



O- 



'jN a souvent agite la question de savoir, si les sons 
de la gamme ont chacua un caractère particulier, au 
rnoyen duquel une oreille exercée puisse facilemcnt les 
reconnaitre et les distiuguer de tout autre. Plusieurs au- 
teurs out décide cette question d'une manière afflrmative. 
Ils sout méme allcs plus loin; et ils ont cru de trouver 
des rapports entre la nature de chaque son et certaines 
qualités, dont quelques étres naturels sont doués. 

Le citoyen Lefebure est de ce nombre. C'est son opi- 
nion qui a donne lieu au mcmoire que j'ai l'honneur 
de mettre sous les yeux de TAcadémie daus ce moment. 

Le citoyen Lefebure attribue à chaque son un carac- 
tère distinctif, qu'il chercha exprimer par des analogies 
empruntées des différentes coulcurs, Ainsi il compare Vut 
au bleu, le 7nì au rougc et le sol au jaune. h'tit, dit-il, 



ICjl SUR LA MATURE DES TONS ET DES SONS, 

est la note du repos , caractère propre à la couleiir 
bleue', le mi porle une fospiession d'energìe ardente 
semhlahle au rouge qui agile la vue; enjin le sol pré- 
sente une douceur hunineuse reprdsenlce par la couleur 
jaune, qui, dil-il , allire la me a%>cc douceur. ( Voyez 
le uum. 22 de la Decade philosophique de Fan io). 

Le méme aiUeur non conteut d avoir élabli une ana- 
logie marquée enLre les sons de la gamme et les couleurs 
du prisme , croit d'en trouver une autre non raoins sensible 
avec les différentes figures des solides. Ainsi Vut, selon 
lui , ressemble à un cube , le mi au tétraèdre et le sul 
au spliéroi'de. 

Quaut aux autres sons de la gamme il leur attribue 
directement une expression particulière, qui les rapproclie 
de certaiues affections de l'ame. Ainsi le re a, selon lui, 
un caractère sauvage, le Ja un caractère de langueur, 
le la un caractère d'égarement et le si un caractère de 
férocité. 

C'est de ce caractère essenticUement distinctif, que le 
citoyen Lefebure assigne à chaque note de l'cchelle , 
qu'il prétend que naissent toutes les beautés de la me- 
lodie et toute l'energie de 1 expression musicale. 

D'autres auteurs ont assuré , au contraire , que ces pré- 
teudues aiialogies entre les sons de la gamme et différentes 
qualités des étres physiques de la nature, ou certaines 
affections de l'ame étaient tout-à-fait chimériques; et qu'il 
y a si peu de différence entre un sou et un autre soa 
cousidcrcs isolémcnt, qu'il est impossible de les distinguer 



PAR LE CITOVEN CHARLES BOTTA. IC)5 

et quon pcut aiscment se troniper à cet égaid, cn prciiaut 
l\iu pour l'autre. 

J'ai voulu examiner les opinions de ces diffcrcns autcurs, 
en comparaut ce que ma propre expdrience m'a appiis 
sur ce sujet, avec les résultats dcs expciiences faites ea 
préscuce de musicieus habilcs doués de l'oicille la plus 
fine, et la mieux exercée. 

En considérant mon sujet sous un rapport plus ge- 
neral , j'examinerai : 

i.° Si les tons de la musique ont chacun un ca- 
ractère particulier, et esseutiellement distiuctif, au moyea 
duquel une orcille juste et bicn cxercée puisse facilemeut 
les recounaìtre. 

2.° Si les sons de la gamme , pris chacun isolément , 
ont aussi ce caractère univoque, qui les fasse distinguer 
de tout autre. 

3.° Dans le cas oìi tant les premiers que les scconds 
aient vraiment ce caractère distinctif dout nous venons 
de parler, j'énoncerai mon opinion sur la cause, à la- 
quelle on pourrait l'attribuer avec un certain dégré de 
probabilité. 

D'abord il est certain qu'une oreille tant soit peu 
exercce, peut aiscment distinguer les tons majeurs des tons 
mineurs. On attribue gén^raleraent aux premiers un ca- 
i-actèrc de grandeur, d'aisance et méme un certain 
brillant qui les rend propres à exjorimer les passions 
grandes et généreuses, les actions d'éclat, les marchcs 
militaires et autres semblablcs e£fets du grand orchestre. 



i'g/fi SUR l'A NATURE DES TONS ET DES SONS , 

Ou attribuo aux secouds ime cxpression de langiieur 
et de tristesse propie à expiimer des passious tout^s 
contraircs. 

La difl'crence d'effet entre les tons majeurs et les tons 
miueurs est si grande, qu'elle se fait remarquer méme 
entre ceux qui portent les mcmes accidents à la clef. 
Ainsi, par exemple, il existe une différeuce infmimeut 
sensible entra le ton du mi bémol majeur et celui d'ut 
mineur; entre Yut naturai et le la mineur, quoique les 
deux prcmiers portent l'un et l'autre également trois bémols 
à la clef et les deux deruiers n'en portent aucun. 

Ceci est si vrai qu'on observe un goùt décide de 
préférence entre les tons majeurs ou mineurs cliez dif- 
férentcs nations. Les Italiens aiment micux les pi-emicrs, 
les Francais les seconds. Dans la musique italienne sur 
cent morceaux, vous n'en trouverez que dix écrits cu 
mode mineur. Vous en trouverez cinquaute dans la mu- 
sique francaise. L' cxpression tonte simple, le caractère 
ouvert et aisé des tons majeurs, convieni infiuiment mieux 
au chant naturel de la musique italienne. Le caractère 
gène et presque force des tons mineurs, se prète mieux 
au chant maniere de la musique francaise. Presque loutes 
les romances francaises , ces petites bluettes muslcales sont 
écrites en ton mineur. On trouve en France dilllcilement 
de Texprcssion dans un morceau de musique , sii n'est 
écrit en ton mineur. En parcourant les villages de ce 
pays, vous euteudrez à chaque pas chauter en ce mode. 



PAR LE CITOYEN CHAPLF.S BOTTA. ir)5 

Vous ne trouvercz pas une sculc chauson villagcoisc en 
Italie, qui ne soit cu ton xnajcur. 

Dans cette dittércnce entre les deux modes de la musique 
moderne , Dous ne pouvons encore trouver rien dctonnant. 
Cai-, en premier lieu la dilférence de la ticrce majeure 
ou niineure doit nécessairement donner une physionomie 
tonte differente aux uns et aux autres. L'accord fonda- 
mental se trouve fortement altere et les rapports de la 
tonique avec la mediante et la dominante entièrement 
changcs. 

En second lieu, la marche de l'harmouie est si dif- 
ferente dans les deux modcs, qu'il serait impossible de 
ne pas la reconuaìtre. Car, le mode mineur n'étaut pas 
dans la nature , Foreille ne pourrait pas s'y entretenir 
trop long-tems, et on est obligé de lui manager une 
espèce de rcpos et de soulagement par le passage fré- 
quent sur des notes en mode majeur. Ainsi , par excmple, 
cn composant en ton mineur , on doit frcquemment Taire 
sentir l'accord de la dominante, tant sur la deuxième 
note du ton, que sur la dominante mème , et sur la 
note sensible, accord qui est toujours en mode niajcur. 
Ce mcme mode majeur doit encore étre employé sur la 
sixième, lorsqu'on modale en dtescendant sur la dominante. 

Au contraire, l'harmouie est bcaucoup plus simple 
dans une modulation cn mode majeur, et on y évite 
les passages brusques et forcés du mode mineur. 

Ce qui pourra peut-étre avoir quelque chose d'extraor- 
dinaire , c'est qu'il existe une différence marquée entre 



IgG sur la nature DES TONS et DES SONS, 

les différens tons du nu-mc mode. Cnr , commc (ous 
CCS lons sont composés des mémes intervalles, et que Ics 
sons qui coniposent l'accord foudamental , et les accords 
accessoires ont cntr eux les nicmes rapports , il semble 
qu'ils devraicut tous préseuter le méme résultat. 

Cest partout des tierces majeures ou mineures, des 
quintes ou des quartes placées aux mémes cndroits. Il 
pourra donc paraìtre asscz étonuaut, que des mcmes 
causes il en puisse i-ésultcr un effet différeut, et que le 
tout puisse cliauger , tandis que Ics élémens dont il est 
compose , restent les mémes. 

Gepcndant il est ceitaiu qu'uu musicieu hablle peut 
distinguer au premier abord un ton d'un autre ton , et 
cela sur quclqu'instrumeut que ce puisse étre. En cntca- 
dant jouer de loia un instrument quelconque , il pourra 
assurer, sans crainte de se tromper, que c'est daus tei ton 
qu'il entend jouer. 

Ceci est si vrai qu'on a assigné aux différens tons , 
tant raajeurs que mineurs , des caractères particuliers. Le 
toa de fa majeur, par exemple, est majestueux et grave; 
celui de re majeur est gai et brillant; celui de la ma- 
jeur est à-la-fois délicat, tendre et brillant; celui de mi 
majeur est gai et délicat , sans étre brillant. Les musi- 
ciens l'appellent le ton des angcs. Ut mineur porte la 
tendresse dans l'ame ; fa mineur, va jusqu'au lugubre 
et à la douleur. Celui qui n'a pas éprouvé de l'atten- 
drissement en entendant dans nos églises et dans les oc- 
casious de deuil de la musique composée et exécutée 



PAU LE CITOYEN CHARLES BOTTA. KJJ 

pnr d'habilcs arlistes en ces dcux dcrniers tons, n'est 
Ccrlainc'iiieiit doiié d'aiicuue scusiliilik-. 

CoinJjicu de succès niilitaircs cclatans ne sout-ils pas 
diis, méinc do uos jours, ù dcs morccaux d'ime ni usique 
guerrière coniposée en mode majcur ? II y aurait une 
iuconvcnance qui serait mcmc ridicale, il y aurait peut- 
etre du danger , si la musique d'uue armée se faisait 
entcudre tout-à-coup en mode mineur au comracncc- 
ment d'uue bataille. La trompctte guerrière ne peut pas 
entonner dans ce mode , qui doit ètre relégué dans Ics 
sombrcs dcmcurcs des soufiVances et de la douleur. 

Un morccau de musique qu'un rausicicn liabile aurait 
compose dans un ton déterminé, perd tonte son expres- 
sion, et sa physionomie en le ti-ansportant dans un autre. 
Ce changement est d autant plus sensible , que la difi'é- 
rence de caractère entro le ton primilif et le lon cm- 
prunté est plus grande. 

De cetLe différence , entre les caractères dcs lous, nait 
une source inépuisable de varictés et de beautés dans la 
musique. Les liommes de genie ont su en tirer parti, 
pour exciter dans l'ame des spectateurs des scutimens 
différcns. Quoique ce ne soit pas là la source princi- 
pale et unique des effets ravissants de leurs sublimes 
conceptious, elle est cepcndant un moyen accessoire 
quils n'ont pas negligé , et qui sert admirablemeut à 
les réhausser et à les rendre plus énergiques. 

La inéme différcuce parait rapproclier beancoup, rela- 
tivcment à leurs effets, les tons de la musique moderne 

e e 



I()8 SUR LA NATURE DES TONS ET DES SONS, 

des modes si famciix de l'ancicnne musiquc des Grecs. 
Et qaoiqu'il faille raisonnablcmout rabattre beaucoup sur 
les histoires, que ce peuple spiritucl et scnsiblc nous a 
transmiscs , concernant les effets étonuans de leurs modes, 
cn eu jugeant ccpeudant d'après le pouvoiv que les tous 
luoderncs exercent sur notre sensibilité, et d'après leurs 
différens caractères , ou ne peut se refuser de croire 
qu'elles ne portent jusqu'à un certain point le caractère 
de la vérité. 

Non seulement on peut deviner sans difficultés dans 
quel ton on joue ; mais on peut aussi , lorsque le toa 
est determinò, distinguer quel est l'accord qu'on fait 
entendre. Les trois accords principaux de la tonique , 
de la dominante et de la sous-dom inante, sont aisés à 
reconnaìtrc. L'accord sensible sur-tout se fait remarquer 
par un caractère extrèmement saillant. 

Ou peut assurer- la mème cliose de certains accords 
qui paraissent plus étrangers h l'harmonie du ton, dans 
lequel on module, et qui ont vraiment des rapports plus 
rechercbés et plus cloignés. Tels sont les accords de sixte 
superflue et de septième diminuée. Le premier cependaut 
est beaucoup plus reconnaissable que le deruier; car, 
comme il a un rapport determinò avec la tonique , du 
moins suivant le systeme de Tartini, et qui ne peut se 
résoudre que d'une seule maniere, son caractère est mieux 
prononcé. Taudis que l'autre n'ayant point, ;^ proprement 
parler, de note fondamentale, se trouve presquc sans 
liaisons et pourant se résoudre de plusieurs manières. 



PAr. LE CITOYEN CHARLES feOTTA. igg 

il ne pcut pas avoir une plij'sionomie aussi marqnée , et 
ou uè sait, pour ainsi dire, ni où il va, ni d'où il vient. 

Les priucipes que nous venons d'exposer, sout si vrais 
qu'ua musicien excrcé recounait de suite dans une sallc 
de spectacle le ton , dans loqucl un orchestre joue, et 
comme la composition passe très-souvent d'un ton à un 
autre, et presque à cliaque iustant d'un accofd à un autre 
accord, il peut vous indiquer la suite souvcnt très-rapide 
de ces tons et de ces accords, en les nommant successi- 
vcment et sans la moindre hésitation les uns après les 
autres, à mesure que l'oicliestre les fait entcndre. 

Il faut dcs oreilles accouturaées à saisir toutes les plus 
pctitcs nuauces de l'harmouie, et un certain dégré d'atten- 
tion poni- distinguer de la manière que nous venons de 
le dire, tous les sons et sur-tout les accords, à mesure 
qu'ils se préscutent. Mais il y a de certaines transitions 
et certains accords, qu'une expéricnce communc peuÉ 
aisément reconnaitre dans un grand orchestre. Tels sont 
les passages d'un ton majeur à un ton mineur; d'un tou 
maieur ù un autre ton majeur un pcu cloigné, ou d'un 
ton mineur à un autre ton mineur également cloigné , 
corame ou pratique quclqucfois dans des morceaux un pcu 
recherchcs. Les accords de sixte superflue et de scptiòme 
dimiuuce frappcnt si fort l'oreille par leur singularifé , 
qu un auditeur tant soit pcu iustruit les reconnait sur le 
champ; et le spcctateur ctranger à (onte notion de mu- 
sique en demeure lui-mcme étonné. Ces ti'ansitions cx- 
traordiuaireSy ces accords rechcrchés sont en usagc pria- 



zoo Sl'R LA NATt'RE DES TONS ET DES SONS , 

cipalement dans les récitatifs obligcs, lorsquc dans des 
grandes situations il faut exprimer avec tout l'éclat de 
l'orchestre, et toute la vérité de l'iiriftalion, l'excès des 
plus sublimes passions, dont les héros peuvent étre agités. 

Après avoir démontré au flambeau de l'cxpérieuce que 
les totis et les accords dont ils sont composés, ont chacira 
un caractère particulier qui les distingue , au moyen du- 
quel ils ont chacun la faculté de produirc sur notre er- 
gane auditif une sensalion particulière, sui generis; nous 
passerons maiutenant à examiuer, si cliaque son de la 
gamme, pris isolémeut et sans étre accompagné d'aucua 
autre, porte aussi avec soi cette idcntité de caractère et 
de physionomie, qui le fasse distinguer de tout autre. 

Plus une sensation est simple et moins elle presente 
de termes de comparaison pour la reconnaitre. D'après 
ce principe on peut croire, que les caractères distinctifs 
des sons doivent étre moins prononcés que ceux des 
tons; et que par conséquent il doit y avoir plus de dif- 
ficulté pour les deviner. Ef'fectivement on trouve beau- 
coup de musiciens qui sout en état de vous dire avec 
vérité et du premier abord, quel est le ton d'un morceau 
de musique quon leur fait entendre. Mais il faut avoir 
une oreille extrémement fine et bcaucoup d'usage pour 
pouvoir faire la méme distinction à l'égard des sons isolcs. 
Et un grand nombre de musiciens, méme des plus dis- 
tingués, qui ne connaissent pas cette finesse de Fart, ou 
qui du moins ne la possèdcnt que pour les sons tirés 
d'un instruraent donne, qui Icur est familier, ne l'ont 



PAR LE CITOYEN CIlABLrS BQTTA. 201 

pas également pour ceux tirés de certains aiilrcs instiu- 
mens ou de la voix chaotante, oii enfiu pour ccux dcs 
inslriimens monosoncs, tcls que les cloches. 

11 y a effccfivement une grande différence par l'apport 
à la plus, ou moins grande facilita de les reconnaitre 
entre les sons, dont nous venons de parler. 

Les sons plus faciles à distinguer sont ceux qu ou tire 
des instrumens à cordes, dont on est obligé par différens 
mécanismes de changer la longueur, pour en obtcnir 
difiérens sons plus ou moins élcvés. Ces instrumens sont, 
par exemple , le violon et ceux qui lui ressemblent. 

On doit comprendre dans la méme classe les sons 
tirés des instrumens à vcnt, dont le raécanisme consiste 
à boucher, ou à ouvrir différens trous, ou à altérer les 
rapports de leurs distances rcspectives. Tels sont les sons 
tirés de la clarinette , du haut-bois , de la fliite , etc. ctc. 

Après ces sons on doit compier ceux tiiés des instru- 
mens à son fixe, dont la longueur des cordes ne varie 
point. Tels sont les sons du clavessin, de la harpe, etc. 
On reconnait ceux-ci plus dilllcilemeut que les premiers. 

Enfin les plus difliciles à déterminer sont les sons de 
la voix chautante , des trompettes, des cors de chasse , 
des cloches, etc. 

Je me suis assuré plusicurs fois moi-méme, qu'un 
musicien habile et exercé peut aisément et à l'instant 
reconnaitre quel son que ce soit. Un musicien dtant place 
dans une chambre, jc fis piacer un piano dans une 
chambre éloigndc du méme appartement, J'ai touché sur 



202 SUR LA NATURE DES TONS ET DES SONS, 

ce piano la note ut. Il lépondit sur le chainp lU. Je 
fis sentir également dautres notes fort éloignées de Vut, 
et qui u'ont aucun rapport avec lui; il les dévina toutcs 
avec la méme facilité et la mème justesse. 

J'ai voulu faire sentir daiis le méme tems plusieurs 
notes, qui u'ont aucun rapport eiitr'elles et qui forment 
ensemble d'iiori-ibles dissonanccs. Je touchai à-la-fois re 
et ut. Il répondit sur le champ re et ut. Je touchai 
après sol et ut diesis. Il répondit avec la méme assu- 
lauce et sans la moindre hésitation sol et ut diesis. 

Je posai au hasard la main sur le clavier et je fis 
entendre à-la-fois dix à douze sons forniant ensemble 
une cacophonie iusupportable. Il les uomma tous l'un 
après l'autre avec une justesse étouuaute. 

Je posai au hasard les deux mains sur le méme clavier, 
laissant un intervalle de trois touches eutr'elles; et je fis 
entendre à-la-fois une semblable cacophonie. Il nomma 
tous ces sons de la méme manière, sans se tromper d'uu 
Seul, eu sautant sur ceux dout les touches avaicnt été 
laissées libres. 

Je lui fis ensuite entendre un seni son de ma voix , 
et cela brusquemeut, sans aucun prelude , ni aucune pré- 
paration. Il me répondit sur le champ: c'est un ut de 
ielle octave. Nous uous Iransportànies de suite dans la 
chambre du clavessin, et uous avous reconnu qu'il avait 
dit la vérité. 

Je répétai plusieurs fois ces expérienccs avec d'autres 
pcrsonncs , et j'en oblius toujours Ics niémcs résultats. 



PAI\ IX CITOYEX CHARLES BOTTA. 2o5 

Le meme musicicn savait distinguer avec une facililé 
et une justesse surpronantc le son d'une cloche quclconque, 
quoique fori cloign^e, pouivu quo son timbre ne fùt 
pas faux. 

Cette faculté de déterminer les sons s'cxcrce dans loute 
rétendue du clavier, depuis les plus aigus jusqu'aux plus 
graves; c'est-à-dire dans une dteudue de cinq octaves en- 
viron, On peut méme passer ces bornes; mais on ne va 
guère au-delà dans la pratiqiie. 

Il est dono constate quc tous Ics sons de la gamme 
portent avec eux un caractère distinctif , à Faide duquel 
ils ont Igi faculté de produire sui' notre ergane une sen- 
sation particuliòre, qui les fait distinguer de tout autre. 

Sans autre secours que celui de l'oreille, uà musicien 
habile et exercé peut reconnaìtre et déterminer de loin, 
et sans le moindre effort, tous les sons appréciables. 

Je me suis servi ici du mot appréciable, puisqu'il ar- 
rive souvent , que dans l'étendue méme du clavier, dont 
uous venons de parler, on rcncontre des sons faux, 
dont on ne peut trouver l'uuisson, ni les harmoniques. 
On trouve souvent des cordes fausses dans les instrumens 
à cordes; des sons faux dans les instrumens àvent, dans 
les vcrres , dans les cloches, etc. etc. qu'on ne saura it 
déterminer. L'oreille la mieux exercée ne peut les rap- 
porter li aucim son connu ; et il est impossible de les 
mettre daccord avec aucun autre. Ces sons faux sont pro- 
bablcment tels, parce que le corps sonore qui les engen- 
dre, est compose matéricllemcnt de manière qu'il l'cud 



20-'(. SVR LA NATURE DES TONS ET DES SONS, 

deux, ou plusicurs sous à-la-f'ois, mais tcUcmcnt mck's 
et fondus ensemble qu'il est impossible à l'oreille de 
les eu: st'pai'er. Cest ce qui Ics icnd indétcrmiués. 

Quoique tous Ics sous de la gamme puissent étre , 
aiusi que nous veuous de le dire , aisémeut distingucs 
par une oreille exercée , je ne dirai cepcudaut pas qu'ils 
porlent le caractère de certaines couleurs , ou qu'ils rcs- 
scn>blent à des corps Cgurés déterminés. Je n'oserai ccr- 
taincment pas assurer que Viit est bleu , le mi rouge , 
et le sol jaune. Encore moins me hasarderai-je d'avancer 
que le premier est un cube, le secoud un tétraèdre, le 
troisicme un sphéroVde ; et que le la est égaré , et le si 
feroce. Les sons ne sont pas plus colorics ou llgurcs , 
qu'ils sont amers ou odoriféraus. Il est impossible d'éta- 
blir des points de resserablance entre les seusalious pro- 
duites sur des scus d'une differente nature. 

Il est vrai que Newton , et après lui monsieur de 
Mairan , ont cru aussi d'apercevoir des rapports et une 
certaiue analogie entre Ics couleurs de la lumière et Ics 
sons de la gamme , qu'ils appelleut ions , en taut quo 
les scpt couleurs daus l'image colorice du soleil allon- 
gce et rompuc à travcrs le prisme, image que le pre- 
mier a appelé spectre , dans f ordre où clles se trouvent 
couchées sur cette bande , y occupcnt scnsiblcmcnt des 
espaces proportionnels aux intervalles que laissent entr'cllcs 
les divislons du monocorde pour les liuit notes de l'oc- 
ta%'c, re, mi, fa, sol, la, si , ut, re. Ainsi lo violet exprimc 
l'intervalle du re txn ini ; l'indigo cdui du 772/ au fa; 



PAR LE CITOYEN CHARLES EOTTA. 205 

le bleii ceiosie colui clu /a au sol et ainsi de suite. Mais 
il y a loia de ce rapport à l'idée bizarre quc \ut est 
cube, le re sauvage, le ini rouge, et le si feroce. 

Apics avoir démontré que les tons et les sons ont cha- 
cun un caractère particuliei* , une pliysionomie , pour 
ainsi dire, qui Ics distingue, nous allous voir quellcs 
sout les causes de ces différcus caractcres. 

Je suppose un davessin accordò à un ton flxe deter- 
minò, qu'on appelle ordinairement diorìslc. ^ows avons 
vu quune oreille exercée reconnaìt sans peine un ton 
quelcouquc, dont on lui fait entendre la modulation. Jc 
suppose maintcnant , qu on accordo le memc clavessin 
plus bas d'un demi-ton. 11 est évident que toutes les toni- 
ques chaugent, et que le ton dìut naturcl, par exemple, 
deviont celui de si naturel; celui-ci devient si bémol 
et ainsi des autres. Copendant, ces tons ainsi altérés con- 
serv'cnt leurs caractères primitifs; et l'oreille rcpondra 
toujours quand on lui fait entendre Yut baissé d'un de- 
xniton, ut naturel, à celui de si naturel, égalcment baissé 
d'un demi-ton si naturel , et ainsi de suite. 

Ceci fait voir que leur caractère dépend de toute 
autre cause , que celle de l'élévation des tons dans l'éclielle. 
Car ils sout toujours les méraes , malgré que leur élé- 
vation cbauge. 

Il faut attribuer la véritable cause de cette tcnacifc 
do caractère qui suit les tons dans Ics diffcrens dégrés 
d'élévation, aux différences produitcs dans les inlervalics 
ile cliacun par le tempórament. 

D d 



2oG srn i.A nature dks tons et des sòns , 

On sait que sur l'orguo, sur le clavcssin ot sur (oiis 
les instrumens à clavier, il n'y a, et il ne pcut y avoir 
d' intervalle jiiste, que l'octavc. La raison cu est quo 
sur ces instrumens troia tierccs majeures , ou quatre 
ticrces mineures devant faire une octave juste, cellcs-ci 
la passeut, et Ics autres n'y arrivent pas. Car , le rapport 
de la tierce majeure étant de |, trois de ces tieices prises 
ensemble sont rcprésentées par la fractiou de -^tj tandis 
que 1q rapport de l'octave est de '-^. Et le rappoit de 
la tierce mineure étant de | , quatre de ces tierces prises 
ensemble, sont i-eprésentées par la fraction de-~^, tan- 
dis que le rapport de l'octave n'est que de Vfr- Ainsi 
ou est ccntraint de l'enforcer les tierccs majeures , et 
d'affaiblir les mineures, pour que les octavcs, et tous 
les autres intervalles se correspondent exactement , et que 
les mémes touclies puissent étre employées sous leurs 
divers vapports. Cette altération dans lès tierccs en pro- 
duit nécessairement une pareille dans les quintes. Il y 
a des règles établies , que tous les organistes et les fac- 
teurs conuaissent, pour mettre leurs instrumens d'accord, 
de la manière que nous venons de le dire. 

D'aprcs cette doctrine, il est clair qu'il n'y a pas deux 
tons dans les instrumens à clavier, dont Ics intervalles 
harmoniques aicnt subi le méme dégré d'altération. Leurs 
tierces et leurs quintes sont nécessairement plus ou moins 
altérces; et comma ces différens dégrés d'altération sont 
toujours les mémes dans le mème ton, quel qu'il soit 
d 'ailleurs le dégré d'élévation de la tonique dans le sys- 



PAR LE CITOYEN CHARLES BOTTA. 207 

teme gciiéi-al, il iiY'sl pas étonnaut quo cliaque ton con- 
serve toujours un caraclcie pailiculicr, ime niauière dctie 
sui generis, qui le siiit dans tous les dt'grds de l'échelle. 

Telle esL la véritable origine des caraclères des tons 
dans les inslrumcos de l'cspcce sus-indiquce. Ccpeudant 
il faut avouer quc le simplc dégré d'clévation de la to- 
uique pcut suffire pour Ics f'aire recounaitre à une oreilie 
exercée, toulefois qu'on ne change pas ce dégré; c'esl- 
à-dire le choristc. IMais l'aUération produitc par le tcm- 
pérament dans les inlervalles liarmoniques, cu donnaut aux 
différens tons une physionomie plus marquée, pcut beau- 
coup aidcr l'oreille dans ce jugcraent, et sert admirable- 
ment à les faire distinguer dans tous les dégrés d'élévation. 

Quant aux iustrumens dout on est obligé de varier 
la lougueur des cordes, pour en tirer différens sons, tels 
que le violon et les autres de ce gcnre, le tempéraraent 
doit aussi opérer jusquà un certain point; et c'est là une 
des premières causes, auxquellcs il faut attribucr les dif- 
férens caractères des tons, sur lesquels ils sont joués. 
Gomme dans le violon, par exemple, il y a quatre cordes 
à vide et que tous les sons formant octave avec les sons 
rendus par ccs quatre cordes, doivent étre parfaitemeat 
juslcs, Ics autres intervalles consonnants doivent néccs- 
saircment subir des altéralions pour s'y accommodcr. C'est 
ce tfui rcnd cet iustrumcnt le plus difficile à étre bica 
joué, et quii faut pour cela une oreilie des plus fìnes 
et des plus justcs, avec une pralique lougue et très-élendue. 

Je it»ipose qu'on joue sur le violon le ton de 5/ béraoL 



ao8 SUR LA NATURE DES TONS ET DES SONS, 

D'après les rapports numériqucs, qui iudiquent le notnbrc 
dcs oscillations du corps souorc , et qui exislent cntre tous 
les sous de réchellc, la tierce majeure de ce 5/ bémol, 
qui est le re, ne peut pas ètre le niémc son qnc le ?e, 
qui sert de tonique au ton de re. Gependnnt sur le 
violon ce re, tierce majeure de si bdmol, doit nécessaire- 
mcut l'aire l'octave juste avec le re, que reud la troisième 
corde de rinstrumcnt, et qui est la tonique du ton de re. 
Mais comme ce deruier re ne peut subir aucuue altéra- 
tion, attendu qu'il est reudu par une corde à jour, 
il faut néccssairemcut , ou que la tonique sì bémol su- 
bisse une altératiou, pour quelle puisse faire la tierce 
majeure juste avec l'octave du re de la troisième corde, 
ou, ce qui revieut au mème, la sixte mineure avec cette 
mème corde, ou bien que, la tonique si bémol restanfc 
à sa place, la tierce majeure demeure altérée. 

D'après cct exemple , il est démontré que de ce qu'il 
y a sur les instrumens, dont nous parlons, des sons fixes 
rendus par les cordes à vide , et des sons variables qu'on 
reud par les différens dégrés d'accourcissement des cordes, 
il doit y avoir aussi une osi)cce de tempérament, qui 
altère plus ou moins ces derniers sons et les intervalles 
qui en dépeudent, et par conséqnent les tons. 

Geci est si vrai que les plus liabiles musiciens , qui 
jouent le violon, pour rendre moins sensibles ces altéra- 
tions , évilent, autant qu'il est possible , de toucher les 
cordes à jour , et rendcnt leurs sous par transposition. 

De cette espèce de tempérament qui a lieu sur les 



PAH T.F, CITÒYEN CHARLES BOTTA. 2oq 

iuslfumcus à cordcs du gcnre du violou, il doìt en rc- 
sullei- dcs mianccs de caractèrcs dans Ics différcns tons; 
nuaiices qui doivcnt ciré Ics mémes, quelque soit d'ail- 
Icurs le clioriste, sur Icquel Fiustrumcut est accordé; et 
qu une oreille exerede ne doit pas avoir de pcine à saisir 
daus tous les dcgrds d'élévation. 

Mais ind^pcndammcnt de la cause que nous venons 
d'assigner à ces différences de caractères dans les tons , 
qui Ics fait distinguer entr eux sur le violon , il cu existe 
line autre tout aussi et peut-étre plus puissaute encore, 
qui est la diversità du timbre des sons qu'on tire des 
différentes cordes et sur les diffórens poiuts de ces mé- 
mes cordes. 

La differente longueur des cordes d'un violon cliange 
non sculemeut leur son du grave à l'aigu; mais aussi 
elle altère sensiblement son timbre, en le rendant plus 
ou moins plein, plus ou moins rcsounant, aigre ou 
doux, sourd ou dclatant, sec ou moelleux. Ainsi la corde 
étaat à jour drpuis le sillet jusqu'au chevalet, le son en 
est plus plein et plus résonnaut. Quand on y pose les 
doigts, il devient plus doux et plus moelleux, à cause quo 
leur moUesse gène et intercepte les vibrations de la corde. 
A mcsure que la corde vibrante se raccourcit par la 
position du doigt plus avancée-vers le chevalet, les sons 
deviennent toujours de plus en plus moins t'clatauts; et 
quoiqu'il u existe pas autant de différcnce, quant au timbre, 
entre les sons tircs d'une corde comprimée pas le doigt 
daus une position quelconque, qu'ii y en a eatre le son 



2IO SIR LA NATURE DES TOKS ET DES SONS, 

d'une corde entièremeut ;\ jour, et celui de la mème 
corde iuterccptée par la positiou du doigt, la difl'érencc 
entrc les premiers n'cn est pas moins scnsihle. 

D'aprcs CCS diff'érenccs du timbre entrc Ics sons tirés 
dcs inslruiiiens à manche, il est facile de deviuer de loin 
et sans la moindre peine les tons qui en résultent; et 
Gomme ces différcnces sont les mcmcs dans tous Ics dé- 
grés delévation, sur lesquels l'instrumcnl pcut ciré accor- 
dé, ou concoit aiscment, pourquoi l'orcille peut Ics re- 
connaìtre, quclquils soicnt ces dégrés d't'lévalion. 

Un aulre cause qui peut aider l'orcille dans la con- 
naissance des tous, c'est le dégré d'élévation de la (oni- 
quc dans récliclle gt^nérale des sons. Mais cette dcrnière 
cause pcut la guider seulement dans im ddgré d elcvation 
et daus un clioriste donne, auqucl elle soit habituée. En 
liaussant, ou en baissant l'iustrument , elle ne pourrait 
plus se reconnaìtre, du moins avec la méme facilita , si 
les deux précédeutes causes ne veuaient à son secours. 
Cependant si elle connaissait le rapport qu'il y a entre 
le son fixc, ou choriste, auquel elle est accoutumée, et 
le choriste sur lequel l'instrument est accordò, elle pour- 
rait encore, par comparaison et sans l'intervcntion des 
deux autres élémcns, c'est-à-dirc, le tempéraraent et le 
tinibie , dc'termincr les sons et Ics tons, Ainsi jc suppose 
im instrument accordò plus bas d'un (on du choriste ordi- 
naire, et qn'on fasse entendre sur cet instrument un la. 
L'orcille accoutumée à ce choriste dira immédiatement sol. 
Mais si elle connait le rapport cjui cxisle entre Icdit choriste 



PAR LE CITCVEN CHARLES BOTTA. 2 I t 

et celili de riustrumcut, elle dira, après avoir calculé , 
la. L'idée du choriste ordiuaire est nieme si eniprcintc 
dans l'oreillc des grands rousiciens, qu'ils sont cn c(at, 
sans autre guide que celui de leur organa , et sans ancune 
aiitre iiotioa préalable, de rapporter à l'idee de ce sou 
fixe tous les autrcs, et calculer ainsi avec une facilité 
étounante les diffcrences dont nous venons de parler. 

Qiiant aiix instrumeus à vent, comme tous les sons 
y sont k très-peu-près fixes, le tempérament uc pcut y avoir 
aucune part pour giiider l'oreille dans la conuaissance des 
sons et des tons. Il n'y a que leur timbie et leur dégré 
d'élévatiou qui puissent les falre distinguer. Mais la dif- 
férence du tiinbre y joue ici un très-graud iòle. Car dans 
ces sortes d'instrumens le uombre et la position des trous 
bouchés Oli ouverts , produit une très-grande différence 
dans la nature des sons qu'on en tire; différence que 
les grands maìtres, à force de soins et d'attcntion, par- 
viennent à atténuer jusqu'à un certain point, mais qu'ils 
uè peuvent jamais faire évanouir cntièrement. Il y a des 
sons secs, des sons moeilcux; il y en a de résonnants, 
d'oclatants, de sourds, d'aigres, de doux. Il n'est pas du 
tont difficile de les deviuer; et d'après le genie de mo- 
dulatiou , qu'ou fait entcndre, on counait de suite le tea 
dans Icquel on joue. 

Il nous reste à voir, pourquoi Ics sons considérés iso- 
lément et indépendamnicnt de leur timbie, peuvent «icore 
otre saisis et délerminés par l'oreille, d'après le simple 
dégré de leur élévaliou daus l'cchelle géuéralc. Je uè 



2112 SUR LA NATURE DES TOXS ET DES SONS, 

prentlrai pas., pour cclaircii- la question, pour cxcmple 
ce qui arrive sur le clavessiu , quoiqu'il semble au pre- 
mier abord, qu'il ne puisse y avoir d'aulres différences 
eatre ses sons isolés, que celle qui dépcnd de leur dégrc 
d'élcvation , leur tiiubre étant partout le meme. Car cornine 
une corde quelcouque ébranlée sur le clavessin fait ré- 
sonner dans le méme tems , ainsi qu'il est trcs-connu , 
celles de ses harraoniques , il est impossible cju'un sou 
tire de cet instrumeut soit parfaitemeut isole. Un son scul 
en vcrtu du principe de la résonnauce engendre tou- 
jours un accord parfait; et alors le tempérament, quoique 
faiblement , vient au secours de roreille. 

Je supposerai donc un instrument où le tenipérament 
est absolument nul , dont les sons ne présentent , quant 
au timbra , aucunc différcnce, et où par conséquent l'oreille 
ne peut juger que d'après le simple dégré de leur élé- 
vation. Cet instrument est la voix liumaine, lei l'oreille 
n'a d'autre i-essource que celle de rapporter un son donne 
au choriste, auquel elle est accoutumée. Entend-elle un 
hoinme qui cliante ut ? elle le rapporte sui--le-cliamp 
à sa place dans la serie des sons déterminée par le elio- 
viste , dont la sensation lui est toujours présente , et elle 
répondra immédiatement ut. Elle pourra porter le méme 
jugcmcnt sur (out autre son de la meme serie. Voilà la 
manière, dont on peut dctermincr un son quelconque 
d'après le simple dégré de son élévatiou. 

D'après tout ce que nous venons de dire, il résulte: 
1.° Que les sons et les tons ont sur les instrumens 



PAR LE CITOYEN CHARLES BOTTA. 2l3 

à cordes, tant à son fixo qua son variablc, et sur les 
instrumens à vent, un caractère particulicr, qui les fait 
distinguer de tout autre par une orcille juste et bien 
exercée. 

2," Que ces différcns caractères dépendent principa- 
lement du teinpdrament et du timbra. 

3.° Que le dégré d'élévation d'un son donne dans un 
systcme de résonnauce dctermiué par un clioriste aussi 
dctermiué , scrt aussi à guidar une oreille habituéa à ce 
choriste dans la counaissance das sons , et par consé- 
quent des tons qui an résultent. 

4.° Que ce dégré d'élévation sufllt indépendamtnent 
du températncnt et du timbre, pour que roreille puisse 
distinguer un son et un ton qualconque dans un systènie 
déterminé de résonnance. 

5.° Que loi'sque ces trois causes, c'est-à-dire le tempé- 
ramcnt , le timbre et le dégré d'élévation se réunisscnt , 
les caractères des sons et des tons sont plus marqués, 
et 1 oreille paut les saisir plus facilenicnt. Tel est le cas 
das instrumens à manche. 

6." Dans le cas où il n'axiste que le tempérament et 
le dégré d'élévation sans le timbre, les caractères davien- 
neut moins prononcés, et cette counaissance devieut un pcu 
plus diflicile. Tel est le cas des instrumens à clavier. 

7.° De mème , lorsqu'il n'y a que le timbra et le 
dcgrc d'élévation sans le tempérament, il devient aussi 
un peu plus difficile de reconnaìtre les sons et les tous. 
Tel est le cas des instrumens h veut. 

E e 



2l4 SUR LA NATURE DES TONS ET DES SONS. 

8.° Lcur distinction devient encore plus difficile , 
lorsque ni le tempérament , ni le timbre ne jouent 
aucun róle, et qu'on doit en juger d'après le simple 
dégré d'élévation. Tel est le cas de la voix huraaine , 
des sons tirés des verres, des cloches, etc. etc. etc. 

g." Qu'entre ces trois diffórentes causes, le timbre est 
plus puissaut pour faire reconnaìtre les sons, et le tem- 
pérament l'est davantage pour faire reconuaitre les tons. 

io.° Enfin , que d'après le tempérament, on connait 
les sons d'après les tons ; et à Faide du timbre on con- 
nait au contraire les tons par les sons. 

Voilà , citoyens coUègues , ce que j'ai cni apercevolr 
de vrai dans la doctrine, qui attribue aux sons de la 
gamme, et aux tons de la musique des cai'actères par- 
ticuliers , qui les distingueut de tout autre. Vouloir aller 
plus loin, trouver des ressemblances, des analogies entra 
les sensations produites par ces différens caractères, et 
d'autres sensations occasionnées par la couleur, ou la 
figure des corps, c'est entrer dans le règne de l'ima- 
gination, c'est former des cliiraères , que le moindre 
dégré de réflexion suffit pour dissiper. 



M E M O I R E 



D'ENTOMOLOGIE 



DU CITOYEN GIORNA. 



Xl est sans doute utile aux progrès de l'entomologie, 
qua de découvrir de nouvelles espèces d'insectes: il est 
instructif aussi pour les araateurs de cette science , et en 
méme tenis très-juste de revendiquer à l'Europe , et de 
lui rendre dans cette partie d'histoire naturelle des es- 
pèces, dout tous les naturalistes ont fait un honneur 
exclusif aux autres parties de notre globe. 

Anime par ce doublé motif, j'ai la i'avcur de vous prd- 
senter, citoyens collègues, et souraettre à vos yeux trois 
espèces d'insectes ramassés aux environs de Nice, départe- 
meut des Alpes maritimes, durant mou séjour en cette ville. 
La I." dans l'ordre des Coléoptères, comme espèce 
nouvolle. 

La 2.'"* _ dans l'ordre des Hcmintères ì , 

T " me , . , ? deux beaux 

La D. . , . . des Lépidoptères ) 

insectes, que les entomologues ont cru jusqu'à préseut 

étraugers à l'Europe. 



ai6 MÉMOIRE d'entomologie, 

JEspèce nouvelle. 

C'est uu Coléoptère dans le genre des mordelles. 
M. ambigua nob. ( pi. II, fig. 3 et 4 ). 

Def. capite, tìiorace, anocjue atris, abdomine testa- 
ceo , elytroriim ludimentis patlidis. 

Descrip. antenne^ nigrui Jlabellatm JlaheUis odo : 
elytrorum riidimenta testaceo-pallida: aloe patidoe basi 
et apice hyalinos , medio Jiiscescentes , macula costali 
obscuriore : thorax, pectus, Jemoia omnia, et anus 
aculealus atra: pedes cmtici pallidi, medii saturatiores, 
postici J'usci: abdomen testaceum, obesum, molliuscu- 
lum: aculei vagina truncata. 

Singula/-e hoc insectu?n primo intuita prò thentre- 
dine habelur, at caput ìncurvum, antenna; pectinatoe, 
elytra , et anus injlexus aculeatus ad mordellas reje- 
rendum, suadent. 

Cet insecte m'avait éié envoyé de Lyon en 1792, par 
le citoyeu Biguet, comme nouveau et inconuu de tous 
les naturalistes ; je l'avais perdu ensuite avec Ics \ de ma 
collectioa dans les malheureuses vicissitudes auxqnelles 
je fus exposé, et j'eus la satisfaction de le retrouver moi- 
mème à Nice, le 1.*" fructidor an 8 ( 20 aoùt de l'anuée 
dernière v. s. ) 

■Espèces à piacer dans l'entomologie Européenne. 

La I." est uQ Hémiptère dans h: genre des Mantes 
( pi. li . fig. 5 ). 



PAR LE CITOYEN CIOHNA. 217 

M. Pectìnìcornìs thorace lan'i , elytrìs vìridihus , alis 
ohlique striatis , vertice suhulalo, anlennìs peclinalis. 
Habitat in India, Australi A/nerica, Janiaica, Lin. edit. 
cur. Gmel. io. 

Ce bel insectc se trouve sur les collines de Nice, il 
m'a été apporté par le citoyen Rizzo, jeune uicois, trcs- 
instruit en chimie et en botanique , et amateur zélé de 
l'iusectologie. 

La 2.*^* est un superbe papillon attribué à l'Afrique 
par l'immortel Linnée. 

P. Jasius E. A. alis hicaudalis Jliscis posterius lu- 
tescentibus , subtus fascia characlei'ibus albis ( pi. II, 
fìg. I et 2.) Habitat in Africa, prossertim barbaria. Lia. 
edit. cur. Gmel. 26. 

Cramer le donne à l'Amérique- et a l'Asie, et le pere 
Engramel n'en fait point mention dans sa belle collec-. 
tion des papillons de l'Europe. 

On peut ajouter à la définition de Linnée la descrip- 
tion de la larve et de la chrysalide. 

Larva nuda viridis, punctulis numerosis, maculis 
dorsalibus diiabus, lineaque per stygmata decurrente 
albis: ad occiput tentaculis quatuor principio rmnosis 
violaceisy inde glahris viridibiis, cauda primo bijìda 
ramosa violacea y inde Icevi lu fiata viridi. 

Puppa viridis, brevis obesa sphoiroìdea. 



2i8 mémoire d'entomologie, 

H I S r O I RE. 

La larve de ce beau Lépidoptère se nourrit des feuil- 
les de l'arbousier, arhatus unedo. Lin. Cet arbre toiijours 
verdoyaat a des feuilles oblongues, Icgèrement deulelces 
et lisses, ses flears sout blancliàtres , soitant des aisselles 
en bouquets et assez seniblables , au premier coup d'oeil , 
à celle du muguet: le fruit rond, scabre, verd de pomme, 
tant qu'il n'est pas mùr, d'uQ beau cramoisi et gros 
comme une cérise, lorsqu'il est à sa maturité. 

La femelle de ce papillon y depose ses a3ufs vers la 
inoitié de fructidor ( commencement de septembre ) , uà 
et quelquefois ideux sur la méme feuille, et les attaché 
avec un giù , ordinairement sur la nervure principale de 
la feuille. 11 est très-facile de les trouver et de les con- 
naìtre par leur grosseur, leur couleur, leur forme et leur 
position. Ils surpassent la grosseur d'un grain de millet, 
de couleur citron , forme sphérique , convexe du coté 
qui tieut à la feuille , concave de l'autre , avec un poiut 
noir.au milieu: le bord de cette concavitò est rayé avec 
une bande brune festonnée tout au tour, cette bande ne 
prend cotte couleur que par gradation, en approehant 
du terme que la chenille doit éclorre. ( pi. I , fig- i et 2 ). 

Entre plusieurs de ces ocufs que je trouvai le 28 fruc- 
tidor an 8 ( i5 septembre 1700 ), il n'y en avait qu'un 
Seul avec cette bande coloriée, les autres étaient cntic- 
rement jaunes, ils étaient probablemcnt pondus de fraix. 
• K'ayaut pu surprendre un de ces papillons sur le faif , 



PAR LE CITOYEN GIORNA. 219 

j'Ignore la pérlode depuis la ponte au cliangcment de 
couleur de cette bande. 

Le 5o au soir, l'ccuf qui avait la bande obscure , parut 
entièrement brun et le lendcraaia matin ( i." coinplé- 
mentaire ), je trouvai la chcnille éclose: elle était jaune, 
claire , de 3 ligues , pied de Paris , de longucur , sa tòte 
très-grosse ea proportion , d'un fond pale avec des 
traits saillans noirs, et elle devint eutièrement obscure 
par gradation dans les 24 heures, d'un violet foncé; elle 
était armée de 4 cornes, deux sur l'occiput de la longueur 
de I ligae et ~ : deux à coté plus courtes , mais plus 
grosses , représentant deux oreilles , toutes ses cornes sont 
violettes et rameuses: deux autres semblables moins ra- 
meuses et tant soit peu plus longues , sortant du dernier 
anneau, lui forment une espèce du queue fourchue. 
( pi. I, fig. 5, 4 et 5 ). 

Cette cheuille fit sa i.^inue la nuit du 1/ au 2.'' ven- 
démiaire, savoir, le 6.""* jour dès sa naissance; ses cornes 
paraissaient plus distinctes , moins rabouteuses , de cou- 
leur plus claire : le devant de la téte vcrd tendre , ains£ 
que tout le corps. Trois jours après cette mue, il y parut 
une lache ronde blancliàtre sur le dos et sur le 5." anneau: 
la peau devient chagrinée dans cette mue avec une ligae 
bianche de chaque coté, qui s'étend depuis le 2.^ anneau, 
jusqu'à la queue , en passant par les stigmates. 

Aprcs la 2.''* mue qui se fit la nuit du g au io ven- 
démiaire, le 8.^ jour dt-puis la i.", les cornes devinrent 
plus pàles , celles de la queue plus courtes , et plus écar- 



220 mejMoire d entomologie, 

tées, la ligae bianche sur les cótés plus apparente: deux 

ladies tirant sur le pourprc, paraissaient derrière la lète. 

Obligd par des circonstances a m 'absenter de tcms en 
tems , la 3." raue échappa à mes observations , elle ne se 
fit cepcndant pas dans la quiuzaine après la 2.'^^; je la 
trouvai d'un verd plus éclatant, la tache sur le dos plus 
apparente, les cornes moins rameuses, et les taclies 
couleur de pourpre derrière la téte, avaient dlsparu. 
(pi. I, fig. 6). 

Je fus témoin de sa quatrième, le 21 germinai. Il y 
parut une seconde tache ovale sur le septième anneau : 
les cornes étaient lisses , les pointes de la qucue avaient 
presque disparu , et ne formaient plus qu'une espcce de 
croissant. ( pi. I, fig. 7 ), 

Le 12 floréal, cettc chenille qui avait acquis 19 h'g. 
de longueur , quitta sa feuille, et commenca à courir 
sur les branches. Le 14 au matin je la trouvai suspendue 
par le dernier anneau au-dessous d'une feuille, courbée 
et repliée sur elle-raéme, la téte entre ses pattes. Le 17 
elle changea en chrysalide, prenant une forme arroudie 
d'un beau verd de pomme ( pi. I , fig. 8 ). Dans cet état 
l'insecte imite parfaitement , par sa couleur et sa forme, 
le fruit de l'arbousier dans cette saison. 

Le 4 prairial , à 6 hcures du matin, je trouvai que 
la chrysalide commencait à noircir, à q heures elle était 
entièrement obscure , le papillon en sorfit à io, et s'ac- 
crochant à sa dcpouille mcme, il y a restd suspendu 
jusqu'à 2 heures après midi, pour cteudre et dessécher 



PAR LE CITOYÉN GIOHNA. 22 1 

ses alles; je lui ai passe une c'pingle au moment qii'il 
allait s'envoler, et il est mort le 22. ( pi. II, fig. iet2.) 

Vous aperccvez , citoyens Collègues , par l'histoire 
de cet insccte, combien il est irrégulier dans ses méta- 
moi-phoses. Six joiirs dès sa naissance à la premiere mue, 
8 de la première i\ la seconde, 6' mois de la seconde à 
la quatrième, 26 jours de la qiialrième au changoment 
eu chrysalide, et 17 de celle-ci àia sortie du papillon. 

L'ou voit daus tous les auimaux briller la providcncc 
par les soins attentifs quelle se donne pour l'entvetien, 
et consei'vation des espèces. Obligée cette chcnille à se 
tenir sur des feuilles dures et très-lisses d'un arbre qui 
croit sur les montagnes au bord de la mer, et pav 
conséquent exposée à des coups de vcnts subitanés et 
très-impétucux, à peine est-elle née, quelle commence 
à fller et tisser à l'endroit de sa naissance une toile très- 
légère, sur laquelle elle se crampone et reste toute la 
journée immobile , étendue le long de la nervure de la 
feuille: et cette feuille qui l'a vue naìtre, devicnt soa 
berceau et son gite pour toute la durée de ses méta- 
morphoses. * 

Je ne connais pas de chenille plus tranquille , plus 
inerte et plus lente dans ses opérations que la chenille 
du Jasius. Au tomber de la nuit , elle se met en mouve- 
ment pour chercher de la nourriture : elle élève sa téte 
d'un coté et d'autre, sì elle rencontre quelque feuille à 
sa portée, elle la ronge sans se déplacer , si non elle 
grimpe, ou descend le long des branches pouren chercher; 

F f 



223 MÉMOIRE d'enTOMOLOGIÈ , 

mais ce n'est pas sans peine, elle file continuellement 
dans sa marche tardive, et attaché ses fils le long des 
tigcs par où elle passe , et cela peut-ctre pour se former 
ime espcce d'cchelle pour s'accrocher , ou bicn , nouvelle 
Ariadne, elle se devide à elle-mème un fil conducteur, 
qui puisse, après le repas, la ramener à son gite. 

Cornine je tenais, pour nourrir ces chenilles, des bran- 
ches d'arbousier dans des bouteilles rcmplies dcau , et 
qua je changeai de tenis en tems, pour leur rafraichir 
la nourriture, la fouille où se tenait la chcnillc, se 
desséchait et tombait très-souvcnt , je m'avisai pour 
obh'ger la chenille à la changer d'attendre le moment 
qu'elle la quittait pour aller à la pature, et la lui óter, 
ell(! en choisit effectivement une autre, où elle se logea, 
en y filant sa toile : jc rép(5tai la mcmc opdration , 
lorsque je vis de uouvcau celte leuille scche ; mais ma 
chenille fatiguée de ce travail , et pcut-ètre limitcc par 
la nature dans le magasin fini doit fournir son fil, ne 
s'est plus fiée à l'inconstanco des fcuilles , elle est desccndue 
sur le goulot de la bouteille , l'a couvert de sa toile , 
s'y est cramponóe , et n'a plus* changc de place jnsquVi 
sa mcHamorphose : la méme chose m'est airivcc à dcux 
autreSj auxquellcs j'avais réplic|uó la mtnic cxpérience. 



[Tafl 




M/m Jc /'Accio Sc.</c Turin Volrlìxq.n^ 




»->»afc>i^^ 







.•-„„./.... d.-.J.. ,7.,..., i- >.•/. .. vL 



Mc'm 1- /'AcM S.:Jc Tunn Vo/.y. Fa-;. 22J. 




PAR LE CITOYEN GIORNA. 225 

EXPLICATION DES PLANCHES. 

P L. I. 

Fig. I (Euf eh grandew naturelle du papillon jasius. 

2 Le ménie vu au microscope. 

3 Clienille d'ahord née. 

4 Sa lète grossie au microscope. 

5 Sa cjueue de me me. 

6 La chenille à la 5/ 77iue. 

7 La méme après la 4»^ viue. 

8 La chrysalide suspendue. 

9 Dc'pouille de la chrysalide. 

PL. II. 

Fig. I Le papillon vu par-dessus. 

2 Le méme vu par-dessous. 

3 La mordelle vue par-dessus. • 

4 La m(^me vue en projll. 

5 La mante peclinìcorne. 



VUES ECONOMIQUES 
ET POLITIQUES 

SUR LA CULTURE DES PRODUITS DU RÈGNE MINÉRAL 

EN PIÉMONT, 

PAR LE DOCTEUR BONVOISIN. 



J_jEs provinces qui forment les six départemens actuels du 
Piémont, et qui intéressent dans ce moment la Rc^publique 
Francaise , noa seulcment par leur position géograpliique et 
politique , mais encore par la grande fertilité du sol , par Ics 
productions spéciales des soies, du chauvre, du riz etpard'au- 
tres denrces; elles peuvent encore , à mon avis, attirer les re- 
gards de la grande Nation par d'autres productions essen- 
lielles, et sur-tout par celles du règne minerai, qui cut 
été jusqu'ici presqu'entièremcnt négligées. 

Le Piémont entouré des alpes dans une grande partie 
de son étendue , i-ecoit de leurs sommets et de leurs cols, 
par des canaux plus cu moins convergens vers la plaine, 
des eaux abondantes, qui le fertilisent , et qui peuvent 
servir à la navigation et au transport de divers objets; 
il correspond de ^ tous còlcs à des vallces , qui toutes 



PAR LE DOCTEUR BONVOISIN. 2 = 5 

conduisent à de précicux dt^póts de trésors du règue 
minerai parsemés et enfouis dajis le sein de ses énormes 
remparts naturels; ou peut aiscraent Ics deterrei- avec 
des bcnéGces considérables et bien plus forts qu'on ne 
l'a cru jusqu'à prc^sent. 

Pour le voir, il n'y a qu*à jeter un coup d'ocil sur 
le tableau de la mindralogie du Piémont, inséré dans les 
volumes de l'Acadéinie des scieiices de Turin, et publié 
en 1786*. Ce travail qui a été fait par l'infatigable ci- 
toyen de Robilant , dont nous regrettous la perte , 
joint à un auti e tnémoire du méme auteur , public cn 
1788, et iuséré dans le volume pour les annccs 1786- 
87 , ayant pour titre : Descrìpdon particidière du duché 
d'Aoste, peut donner une idée des nos richesses en ce 
genre, l'aufcur ctait élòve du célèbre Gellert; il ctait 
par conséquent asscz instruit dans la docimasie de son 
tems; et quoique ou voie, par sa manière d'écrire, quii 
n'était pas au courant des connaissances modernes de 
lithologic et de cliimic , on peut pourtant sùrement comp- 
ier sur ses analyscs , eu égard au produit en metal. ** 

La culture des mincs donne le bénéfice annuel de 



* Essai géo^rapliique, suivi d'une topograpliie soulerraine minéralogiquo 
et d'une docimasie des Etats. Par le cheiialier ISicolis ROBILAUT, insirè dant 
■ lei mémoires de TAcadémie des Sciences; année 1784-1783, pag, 191. 

** Mon goùt et nion pcnchant pour lesscieoces nalurellos, m'a^au» teorie à faire 
beaucoup de courses minéralogiques dausnos niontagnes, j'aì «'isilé la plupart 
d€s mines , j'ai répi'l<^ lieaucoup d'essais, et i'ai en ocraaiou de voir que Ics analy- 
ses de iioiie auleur pour ce qui concerue la pmiie inélallique , soni foiuléeset 
exacles. 



aaG sim LEs produit^s de la mineralogie, 

boaucoup de millions de livres à l'AlIcniagne, à la Saxe, 
à la Suède etc , et je sufs sur que , lorsqu'cUe sera birn 
couduitc cn Picmont, elle pourra donnei- un produit 
cu ar<;cut, non moins cousidérable que celui que nous 
rcliious de quplqiies-uus de uos priucipaux gemes d'ox- 
poilation *. 

Tour se ronvaincre de la vérité de cotte assertion, il 
ny a qua couiparcr la quantitó et la ualure de nos 
miues avoc celle dcs autres pays, dans lesquels on sait 
eu tirer parti , et juger par-là comparativemcnt de ce 
qu'cllcs pourraicnt produii-e dans le cas de eonvenable 
culture. La Piusse nous eu présente un exeniple frappant. 
Ali tems de Frédexic li , les mines valaieut peli de 
chose à son é(at , parce qu'elles étaient négligt'es. Ce 
prince philosophe , toujours grand dans ses entrcprises , 
voulaut tirer parti de cette branche essenlielle d'economie 
politiqne, chargea de cette importante commission le baron 
dHeiuitz, en mettant à sa dispositiou tous les nioyens 



* L'on n'igiiore poiiit corabion de bénéfices les six départemens de la 17.^ 
Division mililaire ri-tirent de l'exportalion da riz, du clianvre et sur-tout 
de la soie. Ce dcruier article valait jusqu'ici 18 raillions de livres au Pié- 
«noiit , et romme dans les Iciiis passés on ne payait pas plus d'impositions 
a"" finances de l'Etat , on pouvnil dire qu'avec une seiile branclie, avec 
un Seul arbre les peupLes subalpins payaient les dépenscs piibliques, et 
<]ue toni le loste des copieuses denrées était réservé pour les parliculirrs. 
11 est à espérer, qi><. ]e Héros, pacificaleur de l'Europe, qui a bien voulii 
lier nos destinées à celici de In grande Nailon , nous rainencrn ce bonheiir, 
qu'il l'améliorera méme, en favoiisaiit iri la manoeuvre des soies qui sor- 
laiejit prcsquc toutes . sans t'ire juanuriiriurées. 



I 



PAR LE DOCTEVR BONVOISIN. 227 

pécuniali-es , qui pouvaicnt ctre néccssaires ; cn peu 
d'années ses vocux lurcnt accomplis au-delà de toute 
espérance; car cd 1786 le rógne minerai valait déj;\ à 
cette monarchie plus de cinq millions d'écus en produit 
total, dont, abstraction f;iife de la somme employée à 
la manutention , et à la paia de plus de quatre-vingt- 
mille pères de faraille, qui vivaient sur ces produits , 
on avait encore un résidu de sept-cent-soixante-dix-neul:' 
écus de rente anuuelle pour les caisses publiques , et de 
quatrc-cent-quatre-vingt et treize mille aux propriétaires 
et actionnaires des mines. On peut vérifier ces faits dans 
un compte exact rendu et publié par le mème baron 
d'Heinitz par ordre du Rei, intitulé: Memoìre sur les 
produits du règne minerai de la monarchie Prussienne, 
et sur les moyons de cultii'er celle branche déconomic 
politique. In-/^° , Berlin 1786. 

Qu'ou compare à présent notre mineralogie avcc celle 
des états Prussions, et on verrà que, sans compier les 
uombrenses mines quon peut encore sùrement découvrir, 
celles qu'on connaìt déjà , soit par rapport à leur quan- 
tité , soit par rapport à leur richesse , paraisscnt sur- 
passer les mines de Prusse, et par consdqueut en parile' 
de circonstancps, cUes peuvent produire un bénéfice t^gal 
et mème plus fort que celui de ces dernières. 

Comment est- il donc arrivé que, puisque ie gou- 
vornemcnt monarchique a fait des tep<^<«tivcs pour ac- 
tiver ce g^nrc d'industrie natloiiale , le projet ait 
presepi echoué, et que, qiioique quelqucs mines traitces 



'2:;8 siiR LEs produits de la MInÉRA(,OGIE, 

pour compte de l'état , alcnt donne quelque Wnéfice, 
et quellcs soient cucore en activitu depuis lors; quoique 
par-ci par- là quclques paiticuliers aient percu quelques 
avautages dans cet objet; commcnt, dis-je, cst-il arrivé 
qu'cn general il n'ait point mérité d 'etra suivi; que le Gou- 
veincincnt se soit lasse d'encourager cette extraction, ou 
de la fairc pour son compie, et quenfin les particuliers iu- 
diistricux embrassent tout autre genre d'eutrcprise , et 
se refusent à celiii-cf ? 

Si l'on examine la chose de près, il ne sera pas dif- 
ficile de voir qiie e est fante d'avoir su prendre les bons 
nioyeus, que les uus et les autres u'ont point percu ce 
qu'ils auraient dù percevoir, et se sont eusuite raleutis 
dans une affaire aussi importante. 

D abord et en general dans ces sortes d'entrcpriscs , 
tout ce qu'ou fait aux frais d'un gouvernement quclconque, 
est toujours plus couteux que ce que peut faire écono- 
niiquement un particulier; et à cause de cela, ce qui est 
souvent utile à cclui-ci , ne l'est pas au premier. On a 
commencé les travaux de mineralogie en Piéniont, pour 
le compte du Gouvernement; on a débuté par dépenser 
beaucoup en bàtimens superllus; on les a construits avec 
trop de solidité et de luxe dans des endroits, où des 
hangnx-ds et des haraeaux auraient suffi; de facon que 
i5 à 20 tinaées d'exploitation bien entendue, auraient à 
pcine suffi à Clonner assez de bénéfice pour se défrayer: 
cn attcndant, les gens pr^posés contens de Icurs appoin- 
temens se souciaient très-peu de; l'assiduite nécessaire des 



PAR LE CITOYEN BONVOISIN. 2 25 

òiivriers au travail et de leconomisatiou des frais; et ainsi 
les dépeuses surpassaieut de beaucoup Ics rentes, quoique 
avcc des épargnes nécessaires et de l'intérét et de l'atten- 
tion , il fùt possible d'avoir un bénéfice considérable. C'est 
de cefte facon que le Gouvernenacnt , instruit par une 
expérience mal entendue, n'écouta plus les promesse* 
qu'on lui faisait , se dégoùta de ce qu'il avait entrepris , 
et laissa les mines dans un abandon absolu. 

Quant aux particuliers , plusieurs ont tenté fortune 
dans cefte branche d'industrie , et il faut convenir, qu'au 
moins dix à douze d'entr'eux ont réussi et se sont enri- 
chis ; mais la plus grande partie a échoué par la raison , 
que généralement parlant, pour que des particuliers réus- 
sissent, il est encore essentiel qu'ils soient fournis des 
coonaissances nécessaires et propres à les mettrc dans le cas 
de juger par eux-mémes de ce qu il convient , ou de ce 
qu'il ne convient pas de faire , de lutilité ou des incon- 
vénions, de la convenance ou de l'iDCongruité des projets 
d'pxploitation et de traiicment qu'on leur propose; au 
défaut de quoi , ils sont ordiuairement la dupe des char- 
latans. C'est ce qui est arrivé : beaucoup d'entr'eux, et 
cu peut le dire, la plupart de ceux qui se sont laissés 
entraìner par des fourbes à ce genre d'industrie, ne con- 
naissnnt aucunement les routes utiles et économiqups , 
au lieu de trouver dans leurs entreprises dn bénéfice, 
y ont perdu tolalcment Icur fortune, en fouraot après de 
folles espéranccs , destituées de fondcmens et d'appui ; 
et tout cela poicc que dépouivus de la moindie instioiction, 

«g 



2i)0 SUR LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

et mème des conuaisscinces les plus ordinaiies dans ce 
genre , ils n etaieut point en (3tat de juger si on les 
frompait. 

Et comment pouvait-ou acquérir dcs Gonnaissanccs de 
catte nature, si le Gouverneineut noa seulement ne favo- 
risait point leur enseiguemeat , ni celui d'autres sciences, 
qui auraient été utiles à l'État, mais faisait déf'ense ex- 
presse de les propagar? On aura de la peine à le croire, 
mai^, non seulement du tems du roi , on n'a jamais 
voulu pcrmettre l'établissemeut d'une cliaire publique de 
chimic en Piémont, mais encore les préposés à l'ensei- 
gnement public ont f'ait tout ce qu'ils ont pu pour 
m'empècher de donner des cours privés de cette scieuce 
utile daus mon laboratoire particulier. Les mcmes difli- 
cultés ont été faites à mes confrères Gioanetti et Giobert, 
qui avaient aussi taché, quelque tems après, d'eu faire 
de mème ; et si nous avons pu réussir à avoir cette 
pcrmission , ce n'a été qu'avec des prccautions, des réser- 
vcs, et par la puissante protectiou de quelques-uns des 
amateurs de cette science, compris dans la classe de la 
noblesse. Mais ce qxii étonnera encore davantage , c'cst 
qu'au tems de l'invasion des Austro-Russes , les miuistres 
du roi de Sardaigne s'élaieut hauteraeut expliqués , et 
U0U8 nvaient déclaré, que jamais plus il nous serait peimis 
de recevore dans nos laboratoires des gens à instruire eii 
ch'imie. D'après de pareilles entraves, qu'une mal enten- 
due polilique avait mis, on peut aisément concevoir 
dans quel pitoyable état ont dù. étre parmi nous les sciences 



PAR LE DOCTEUR EONVOISIN. 23 1 

naturelles. Si on exceple quelqucs géuies sublimes, a qui 
les obstaclcs rctlouhleut la passion de s'instruire , et qui, 
malgré Ics oppositions des gens en place, et malgré le. 
ridicule qu'on a tàché de rc'pandre sur cux , ont su 
méi-ilcr des droits à la célébrité, auprcs de toutes les 
nations ; si on exceptc quclques jcunes gens, qua les 
livres multiplics de ccs scicnces ont cxcité à s'en pro- 
curcr les notions ; tous ccux mcmcs , qui poni- s'ctrc 
adonnés à 1 etude de la médecine , de la pharmacie , ou 
des aits devraient Ics posseder, les ignoiaieut entièrement, 
comme tout le reste de la population , et par consé- 
quent personnc ne pouvait juger par soi-mème de la 
condiiite nécessaire à teuir dans l'exploitation des raioes, 
dont cu general l'utilité ou le mauque de bénéfice 
dépend presque toujours des bonnes ou des mauvaises 
méthodcs qu'on cmploie. 

Dans ce mauvais état de clioses il arriva, comrae on 
peut le croire, que d'un còte tout ce que le Gouver- 
nemeut avait entrepris dans les premiers tems qu'il se 
proposa de cultiver la mineralogie en Piéniont , ayant 
été entrepris et suivi sans les connaissances , et la con- 
duite convenable conta beaucoup à l'état, fatigua le Irésor 
public par les dépcnses, sans qu'on pvit espérer solidc- 
ment du bénéGce , et fut fìnalement abandonné ; que 
d'un autre coté , les entreprises de ce genre /'«lites par 
des particuliers, n'ont pas eu racillcurc issue. La plus 
park de ceux-ci beaucoup plus ignorans encore que Ics 
directeurs des miucs préposés par le Gouvernemcnt, 



252 SUR LES PBOPUITS DE LA MINERALOGIE, 

cajolds par des charlatans , pleins d'idées chimérlqucs et 
trompeuses; courant apròs des projets fantastiques , et 
après l'espoir de trouver de l'or et de l'argent, qu'ils ne 
rencontraient jamais, négligèrent les autres métaux , qui 
étaient sous leurs maius, et qui auralent pu les cziri- 
chir, et finireut pour épuiser et pcidre entièrement lem* 
fortune. 

Quii soit vrai que ces malheurs sont arrivés che» 
nous par pur effet d'ignorance , on pcut le démontrer 
facilement , car, malgré ce peu d'aptitude à la bonne 
réussite de part et d'autre , cu ne manque pas d'exemples 
de gens qui, ayant su sinstruire, ou ayant eu l'adrcsse 
de se mettre entre les mains des véritables connaisseurs 
de la Science des travaux des mincs , qu'ils voulaient 
entreprendic, ont eu le bonheur de retirer de ce travail 
des bénéfices d'une tris-grande considération .• quelques- 
uns, méme de ceux qui étaient déjà ruiués, pour s'y 
étre mal pris, ayant eu le bonheur ensuite d'écouter 
et de suivre la direction d^s véritables connaisseurs de 
docimasie , en peu d'années ont éprouvé que l'exploita- 
tion mèine qui était ci-devant la cause de la perte de 
leur fortune, étant mieux dirigée, devenait la source de 
gains incalculables. Nous connaissons tous des exemples 
muUipliés de ce que j'avance ici , sans qu'il soit encoi-e 
nécessaire que je m'y arréte davantage *. 



* La mino de cuivre du Rim,>.„Jaìc nn valait point h lei rompafinir qui 
a cui tiva:t (lana le coinmenccmenl ; ou jr associa les Gioan etti, et elle 



PAH I.E DOCTEIIR BONVOISIN. 233 

Une autrc cause non moins essent ielle, qui faisait 
qu'on ne pouvait point activcr Tcxploifation utile des 
mines , c'était la mauvaisc législatiou qui existait à cet 
égaid. Les propriétaircs des ficfs avaient le privilège de 
pouvoir cxploitcr exclusivcment les mines trouv^es dans 
le district de leui- domaine. U leur était permis , ou de 
les faire trailer eux-mcmes , quoiqn'ils n'en fussent poiut 
les inventeurs , ou de prétendie le dixième, ou unautre 
tribut anuuel de l'inventeur, à qui ils en permettaieut 
l'cxploitatioo. Le Gouveniement royal avait aussi ce mal 
entendu privilège exclusif des mines existantes <3ans ses 
états, et non comprises dans des fiefs particuliers. De 
cette facon , les inventeurs et tout autre particulier étaient 
cntravés à entreprcndre et suivre un travail si importaut, 
et le maitre du fief , ou le roi d'ordinairc ne l'entre- 
prenait point non plus, fante de moyeus ou de bonne 
volonté. 



est deveDue très-prodiiciìvp. Le citoyen Chiavoletti avalt presqu'épulsé 
entièreiueul sa fortune à la mine de ploinb et argent de Tende ; inieiix 
dirigi'e par un nouveati associé dans une année ou deux, non seulemenl elle 
a suffi à le défrayer des perles , mais elle lui a valu en oulre iin pam 
ronsidéiiiMe La mine de cnivrp d'0/omonf , vallèe d'Aoste, produisait |r^-s- 
ppu; en ayant changé le direrteur, l'ex-comle Perron qui en ^'«""l le 
propriémire, en a retiré (lendiiot le toiirs de 12 k i5 ann<''es p'^JS de 5o à 
€0 mille livres nnnuelles de l)fni''£ce net, oiitre la pay ^''^ ouvriers. 

I-es mines d'or ile BTani^nafia ne doonaient P"'""' '^^ bénéfice, lorsqu'on 
les travailliiil par conipte du Gouverneme"' ; enlre les niains d'une benne 
eompaguic, elles donucnt eucare " jrésent ub produil coubidérable. 



234 *^^ ^^^ PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

Des moyens de retirer tout le bénéfice possìble 
de la mineralogie du Piémont. 

Nous touclions henreusement à l't^poqne où la plus 
part des inconvéniens sus-énoncés , qui cinpcchaicut uu 
si grand bducfice h. dos provinces, vont ccsscr. La coiis- 
titutioii d'uu peuple libre va nous protcgcr et nous dc- 
livrer de toutes ces lois absurdes et cruelles, qui ne (en- 
daient qu'à asservir la race humaine. Le ministre de l'in- 
térieur de la plus grande des nations est déjà chargé de 
Tadministration de notre pays; il nous comprend dans 
le partagc du boulieur que soa zcle édairé procure 
aux frane ais, Que ne devons-nous pas attendrc de bien 
par rétablisbcmeut et l'avanccment de cette branche de 
productious minéralcs de la part d'un des savaus les plus 
distingucs de l'Europe, qui a lant illustre la chimie et 
l'histoire uaturelle par les ouvrages qu'il a publiés , et 
qui est coustitué ministre? La nation piémontaise elle- 
mcme, à pcine a-t-elle pu recouvrer sa liberto par le 
puissant appui des francais, que sa Coramission du gou- 
vernement, composée de citoycns les plus éclaircs , diri- 
gere par le ministre extraordinaire de la grande Nation , 
Jouqdan, se liàta tout de suite d'établir des bases solides 
à 1 iustruction publique. Elle renouvella l'Academie des 
sciences, lui aj^xita un nouveau lustre, en y joignant k 
littérature et les becv-ix arts, placa au Lycée national 
des professeurs instruils daua foutcs les branches de la 



PAR LE DOCTEUR BONVOISTX. 235 

plulosopllie naturclle et morale*, désormals les connais- 
sanccs miiiéralogiques et cliiiniques , comme toutcs les 
autres , vont se répandre avec toute la rapidité , toute 
la facilité possible. Avec ces avantages, et avec Ics sageé 
dispositioDS qu'on peut doaner , nous aurons le bonlieur 
de voir non seuleiuent fleurir parmi nous l'cxploitalion 
des mines et des autres produits du règue minerai , qui 
donnera une richesse réelle à ees intéressantes couti-ées, 
mais nous aurons encore la touchante cousolatiou de 
pouvoir tirer de la misere une population vertueuse, 
qui jusqu'ici est forcée de s'expatrier, cu de péx'ir souvcnt 
de faim, fante de pouvoir employer utilement ses bras.** 
Pour perfectionner et accélérer autant que possible ce 
bonheur à mon pays et à la Nation entière, dont il 
ferapartie***, qu'il me soit permis de proposer ici quelques 



k 



* Nou seulemeiit la Coiuiuission de gouvernrment a su choisir le genre 
de science et d'iuslruclions les plus uliles, et les professeurs Labiles h \e 
répandre ; mais elle a encore sagemcnt décrété une dot en biens-fonds , 
qui donne un revenu sufiBsant pour fournir h l'iionoraire des inslituteurs , et 
aux frais néressaires. Doréuavant celle dépense si utile ne sera plus à la 
charge du gouvernement, ni assujettie aux chanccs malheureuses qui arrivent 
dans les lems de désordre publique, et les gens de lettres pourront vaquer 
tranquilleiuent à leurs travaux et à l'inslruction publique , sans devoir les 
discontinuer pour songer aux moyens de vivre. 

** Toul le monde sait que les Labilans des alpes sont obligés de set- 
palrier l'biver pour gagner leur subsislance , et celle de leuis enfan" . que 
leur sol couvert de frimats ne peut pas fournir. Qu'on leur j^resenle un 
moyen de gagner 4^5 sols par jour chez eux , ils bé^'iont le ciel et iis 
seroDt heurcux dans le sein de leur famille chén''- 

***Lorsque i'ai lu ce raémoire à l'Acadé^»e, la réuuion du Piémont à la 
Fraace u'était pas encore décrélée 



236 SUR LE8 PRODUITS DE LA MINÉrALOG'E, 

pensées et quelqnes observalions , qui en bonne pnrtic 
sont le ffuit de la coanaissance des localitt^s dcs mines 
et d'autres circonstances que j'ai acquises dnns mes voya- 
ges minéralogiques et gcologiques de nos alpes. 

Avant tout, je dois commenccr par rediie, que riea 
n'est plus essentiel que de chercher à insfruiie aufant 
que possible le public daus loutes les branches de lliis- 
toire naturelle, et suv-tout dans celles qui conccruent 
l'objet doiit je parie. Car , eu premier Lieu nous ne con- 
Daissons pas toutes les mines de uotre pays, et il estsiir 
qu'il: y en a encore plus à d^couvrir, qu'il n'y en a déjà 
à notre connaissance, et qui sont consignées dans nos 
tab\oaux minéralogiques. Pour s'en convaincre, il n'y a 
qu'à avoir sous les yeux quelques observations que jai 
faites à cet pgard. Par exemple , quoique le tableau miné- 
ralogique du Piémunt de Tex-chevalier de Robilant, con- 
signé dàns le premier volume de notre Académie , soit 
l'ouvrage le plus complet que nous ayons , cependant 
en l'examinant on voit qu'il est bien loin de contenir 
toutes les mines qui existent. En cffet, au §. /^o , pag. 
232, traitant des mines de la montagne de Brosso, l'au- 
teur ne parie que de deux filons de plomb et de cuivre 
avec argent aurifere; des pyrites raartialcs dont on tire 
le vitiiol, et de quelqnes antrcs filons de mine de fèr 
écailleux ou micacee: J'ai cependant vu qne dans ce 
Seul endKoit il y a peut-étre plus de 5oo veines de di- 
verscs mines , ou tìc varit^'tés des mémes , et que cette 
montagne si intéressante pour un minéralogiste est 



PAR LE CITOYEN BONVOISIN. 257 

dt'jà percée par plusieurs ccntaines de fouIUcs qu'oa 
avait oiiveit pour mettre ces miucs va. activité ; j'ai vu 
qu'outre les niines de la qualité rappoitce par l'aulcur, 
il y ea a oncore d'aiitres tout-à-fait différcutcs , soit par 
la variété de la miuéralisation dcs mèmes métaux dont 
il parie, soit par la nature, qualité et minéralisatioa 
d'autres métaux, dont il ne parie pas. Ainsi, outre les 
diverses espèces des raines de fer, de plomb et de cuivre, 
qui sont dans la montagne de Brosso, et qui contiennent 
souvent des métaux fms , il y a de superbes filous de 
blende , cu sulfure de zinc , metal qu'oa n'cxploite 
point panni nous. -l'ai vu qu'on travaillait à Challant, 
aux dépens du Gouvernement, une carrière particulière , 
dans Tespoir de rencontrer la mine d'or , et que cede 
mine est la seule de cet endroit, dont il soit parie dans 
l'ouvrage cité; cependant j'ai observé moi-mc-me qu'aux 
environs il y a encore une riche mine de Brunispalh 
et quolques filons d'autres métaux minéralisés, quii ser.-'it 
peul-ètre beaucoup plus avantageux d'exploiter, que la 
préteiidue et soupirée mine d'or qu'on chei^'be avec 
tant d'avidité , et qu'on ne parvient point à rencontrer. * 



• Un paysan avait casuellempiu tiouvé , il y a 3o à 40 aiis , un suppil>e 
moireau d'or natif, ppsanl qiielques onces , au-dessus de Challant. Jusqu'à 
tps dornirrs tpins , ret iiitéressant monimieut de la richosse inini'ralogique 
de nos alpes se conseivait au cabinet de l'arsenal , mais dani tes tourhillons 
poliliqiies, et de la "uerre il a disparii, cornine toule la colleclion r.imas- 
sée avec tant de peine et de teins, sans qu'on sache à qui un ponrrait 
cn demauder des renseigneineus. Cesi la découverle de celle pièce d'or natii, 

Hh 



238 SUR LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

Je pourrais fairc Ics ménies obscrvations , sur rénumc'- 
ratioii des mines, que l'auteur fait en parlant du Mont- 
Jou°t , de S. Marcel , de Chajfip-de-pras , de Cogne, 
à'Olmont et de tant d'autres eudroits de l'intéressante 
vallee d'Aoste; cornine aussi de celles des autres valk'es 
des alpes fertiles eu semblables produits; ou voit par-tout 
qu'il décrit une quantité remarqiiable de filons métalli- 
ques , mais qu'avec des recherclies plus exactes , on peut 
en découvrir beaucoup plus , soit de la méme nature , 
soit de différentcs qualite's. Je pourrais ajouter encore 
beaucoup d'autres observations de cette nature, et prou- 
ver eucore par les relations parficTilièrcs, et par les 
courses instructives de plusieurs amateurs de l'histoire 
naturellc , que les métaux sout parsemés partout , et méme 
dans des endroits oìi l'on ne les soup^ounerait pas, et 
qu'il existe encore une quantité étonnante de mines dans 
nos montagnes , dont nos minéralogistes n'ont point 
parie, et qui nous sont pour la plus part inconnues; 
mais la chose est assez démontrée , sans que je m'arréte 
encore ù tous ces détails, et je conclus qu'il n'y a que 
la propagation multipliée et facile des lumières qui puisse 
faciliter leur connaissance , faire déterrer ces trésors ca- 
chés et perdus, et en faire retirer le bénéfice immense 
qu'ils peuveut donner à l'État. 



qui a eiiduit le gouvernement à en rechercher avec tant d'ar livilé le fìlon. 
L or qu'oD ramasse par le lavage des sables des torrens du voisinage, a en- 
core SPIVI à allumar, et à chauffer l'espérance de sa reucontre dans le filoa 
de Challaut. 



PAR LE DOCTEUR BONVOISIN. sSg 

En effet, lorsqu'uu jeuoe médecia, un chirurgien rentrera 
dans son pays natal, uon seulement instruit daus son art, 
mais eucore ayant des connaissauces en chimie, en docima- 
sie, en mineralogie, en histoire naturelle; lencoutrant sous 
scs pas des objets dout il pourra tirer parti , commeut ne le 
fera-t-il pas , ou ne pei'suadera-til pas de le faire à ses parens, 
à ses amis ou à d'autres personnes qui en auront le moyen ? 

A ces heureuses dispositions et speciale aptilude des 
particuliers , pour cultivcr les productions du règne 
minerai , le Gouvernement juste et éclairé , n'envisa- 
geant le bien de l'Etat que dans celui des citoyens 
qui le composcnt, ajoutera tous Ics moycns qui sont 
en lui pour lavoriser leurs entreprises de ce genre. 
Il ótera toutes les entraves que des lois absurdes appor- 
taient à l'extraction des mines. Il établira un Jury, ou 
Gonseil des mines résidant ici, qui par des lumières 
solides , aidé de ses conseils , dirige les travaux esscn- 
tiels, et trace les voies sùies qui conduisent à lamcilleme 
méthode d'exploitation. On clabliré. des compagnies, ou 
SUI veillera , et on répondra des directeurs , et des fonds 
et des produits, On ouvrira des associations, où les ac- 
tiounaires, employant quelques fonds, scront siirs d'en 
avoir un proCt plus fort que par Ics autres affaires de 
commerce, ou d'autres spéculations; ou se règlcra enfiu 
à-pcu-prcs corame on fuit en Saxe, en AUeroagne, en 
Prusse et dans d'autres pays , où l'on sait non seulement 
retirer tout le profit des bonnes mines, mais avec une 



240 SUR LES PBODUITS DE LA MINERALOGIE, 

sage economie tiier mème parli des niincs , qui par 
elles-mémes ne tnériteraient pas detre exploitées. * 

Un des enti-aves à la culture des mincs, c'est le 
manque de combustible en quelques endroits de leur 
gite. Nos alpcs, quoique exposdes à une temperature sì 
froide, qu'une partie de la végétation utile à la nour- 
riliy-e de lliomme , puisse à pcine s'y établir , sont 
pourtant propres à laisser végéter et prospérer une 
quantité d'arbres, sur-tout de la famille des sapins , et 
pourraient par conséquent former une continuation im- 
mense de foréts de cette nature, qui seraient d'une utilité 
pour les arts et manufactures , et d'une richesse immense 
à noti-e pays. Des lois mal entendues , et des abus de 
toute espèce ont laissé détruire daus plusieurs endroits 
ces dons pr(5cieux de la nature, qui partout sait les 
répandre à propos, et c'est encore à la clairvoyance du 
Gouvernemcnt Francais qu 'il appartient d'y porter remède. 
Dans la plupart des endroits, les foréts des alpes ap- 
partiennent au public ; un particulier qui a besoin d'un 
arbre ou de plusieurs, jugeant mal de leur util'té 
pendant qu'ils sont sur pied, en abat plusieurs, etlorsqu'ils 



* En Saxe, sur-tout, il y a des fonderies de inines , où i'on Teqmt à un 
pnx fixé à leurs poids des minéraux pauvres en metal. Les particuliers en 
hiver ne pouvaiit point gagiier autre chose dans ses endroits, resleiaient 
oisifs. Ils so déterminent à exploiter des mines , doni la venie en poidg 
ne leur donne que 3 ou 4 sols par jour. C'ist loiijours niieux que rien. 
C'est aìnsi que l'Élat et les particuliers jouissenl d'un levenu qui serait 
perdu. 



PAR LE nOCTEUR BONVOISIN. Z/ff 

sont atterrcs, ne les trouvant point de son goùt, ou 
propres à l'usage destine , il les abandonnc pour cn 
abattrc d'autres. De cette facon on fait des dégats conti- 
nuels des foréts sans aucunc utilité, et les bois de refus 
se laisscnt , et sont pcrdus sans aucun profit. 

L'existcnce des chòvres sur les alpes est encore fatale 
à la production des foréts. Cet animai se nourrit avide- 
ment , comme on le sait, de tous les rejetons des arbres ; 
de cette facon il n'cst plus possible de voir reproduire 
une foiet qui a été abattue dans les endroits oìi se 
trouvent ces animaux si daugereux à la vt^gétation. 

Le Gouvernement doit dono par des lois sages r^pa- 
rer et empccher les dcgats faits tant par les hommes, 
que par les animaux , et pourvoir au rétablissement des 
foréts, que l'abandon et la nonchalance du Gouverne- 
ment passe avait laissé détruire. Il pi-endra des mesures 
bien concues en plusieurs endroits, oìi le locai peut le 
pcrmettre , et les fera rcvivre partout où elles ont 
dépéri . 

Lorsqu'on aura partout du combustible , on pourra 
établir et exécuter l'exploitation des mines dans tous les 
lieux, où elles peuvent se trouver, et comme par bonheur 
dans plusieurs endroits il existe des cótes immenses cou- 
vertes do bois, on commencera tout de suite à exploiter 
les mines qui sont placécs à leur portdc , et cn attcndant 
on soigncra et on établira les foréts des autres endroits, 
pour faire prospérer à son tems les autres minières qui 
y sont coutigucs, ou qui en sont eutources. 



242 SUR LES PRODUITS DE LA MIKERAtOGIE , 

Par la propagatiou dcs lumièrcs nc^cessaiies , et par les 
sages dispositions du Gouvernemenf, non seulcment nous 
recucillerons un plus ampie produit des mélaux qu'ou a 
déjà exploité parmi uous , mais uous eu aurons aussi 
aboudammcnt à uotre disposition d'autres, qui, quoique 
iudigcnes, n'ont jamais été exploités- Nous ne serons 
plus obligés de tirer le cuivre et le plomb de letranger, 
comme on Ta fait daus cette guerre , pendant que nous 
avions une si forte quantité de ces mèmes métaux ense- 
velis dans nos mines; et nous retircrons aussi quclques 
autres métaux et entra autres le zinc qui u'est pas rare 
cbez-nous, et qu'on n'a jamais clierché à extraire de nos 
niiues , parca qu'on ne soupconnait presque pas qu'elles 
pusscnt en conteuir, et qu'on le mécouuaissait loi'squil 
était avec ses miuéralisateurs. 

Non seulemeut on établira désormais, avec un si fort 
bénéfice national, l'exploitation des mines, mais on poun-a 
aussi tirer un parti assentici des métaux extraits, et faire 
de très-utiles élablissemens pour les arts qui en dépen- 
dent. Nous possédons, par exemple, des mines de fer, 
qui non seuloment sont riclies et aboudanUs, de facon 
à pouvoir sufKre à la plus forte exploitation possible, 
et à ne tarir jamais , mais qui cncore donnent la meil- 
Icure qiialité de fer qu'on peut aisémcnt convertir en 
acier excelleut. La faraeuse mine de fer noir atlirable à 
l'aimant de Cogne de la vallee d'Aoste, est d'un filon 
massif et pur, de la hautenr ou épaisseur de plusicurs 
toises, horizoutal , et qu'on peut suivre à dccoùvert pcn- 



PAR LE CTTOtEN BONVOISTN. 2/(?> 

dant deux ou trois Heues; elle pourrait donc fournir à 
jamais le fcr à l'Europe entière. Ce fcr est très-doux 
et point cassant ni à froid , ni à chaud. Nous avons 
celle de Chaùllori, de la vai de Locana, de la vai de 
Brosse, de Tra\'erseUa et de tant d'autres eudroits, qui 
donnent tontes une excellente qualité de fcr. 

En traitant avec un peu de manganese et avec une 
quantité convenable de carbonate de chaux , quelques- 
unes de ces mines de fer , on peut les convertir en ex- 
cellcnt acier; et en effct , par ces additions et en suivant 
les autres procédcs connus , j'ai réussi à convertir eu 
bon acier le fcr de la mine de Cogne; puisqi|(^n ayant 
donne à un célèbre artiste auglais établi depuis long-tems 
à Turin, celui-ci, par l'empiei quii en a fait à la for- 
matiou de quelques outils et autres ouvrages, l'a trouvé 
d'une bonté telle à égaler le meilleur acier d'Angleterre. 

Mais laissant à part la possibilité de pouvoir former 
de bon acier avec le fer commun, qui, selon l'avis de 
quelques grands hommcs , est encore douteuse , ii est 
sur que nous possédons aussi de ces miucs paiticulières 
de fer , que la longue expérience a démontré, propres à 
la fabricatiou et réduction en bon acier: nous avons, dis-je, 
en plusieurs endroits de nos alpes d'abondantcs mines de fer 
spalhic/ues blanches, ou de bi-um'spath, ou dec/iaux car- 
honalée, ferrifere avec manganese d'Hauy, que les miné- 
ralogistes appellcnt mines dacier. J'en ai vu , comme je 
l'ai dit, un superbe filon qui traverse la cave que le Gou- 
veruemeut royal avait fait excaver pour la recherche de 



244 *^'^ ^^^ PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

la pi'ctendue mine d'or de Challaat dans la vallèe d'Aoste; 
il y cu a une autre abondaute veine à la première fouille 
de la mine de Kolbat à Ussef dans la vallee de Lans; 
il y eu a une autre cncore à Traversella dans le Cana- 
vais; et eufin quoique je me fusse prescrit de ne parler 
dans ce mémoire, que des productions raiuéralogiques 
de la 27.* Division , cependant comme citoycn francais 
jc dois dire, que dans la vallee, qui de S. Jean de Mo- 
rienue, du départemcnt da Mont-blanc, monte vers le 
midi, j'ai rencoutré une mine abondaute de hìunispalh, 
et Oli n'en trouve mème pas à pas des échanlillons dans 
le torre^jt qui la pai-court. QLiclque economiste vieni; 
de faire des souhaits pour qu'on puisse retrouver en 
France des mines d'acier, et il avoue que la découverte 
de pareilles mines serait pour la France un trésor qui 
pourrait épargner à cette grande Nation l'cxpoi'lalion 
de 4 à 5 miilions en argent, qu'on paye annucllemeut 
a l'Angleterre et à l'Allemagne pour l'acliat de leurs aciers. 
Voilà qu'une parlie de ce trésor est découverte pour 
nous ei pour uos concitoyens: mettons-le à profìt; ft si 
réellcnient, conime le mème economiste le soupconne , 
il n'est guère possible de former de bon acier avec Ics 
autres mines de fer, et les addilions couvcnaliles, met- 
tons tout de suite en activité nos mines de bniriìsnal/i, 
pout en tirer parti dans ce rapport: hàtons-nous d'établir 
des fabriques de bon acier cliez-nous , soit pour notre 
usage, que pour en donner à l'étranger. Pourquoi ne 
ferions-nous pas des établisscmens de manufactures de 



PAR LE DOCTEUR BONVOISIN- 2/|5 

liines, de couteaux, de faux, de rasoirs et d'aulres 
outils; de celles de tole de fer blaoc, de fil de fer, 
d'aiguilles ù coudrc et de toute sorte de quiucaillcries 
en acier et cn fer ? Les Anglais , les Suisses et les Alle- 
niands nous vendent très-cher toutes ces marchandises 
que nous pourrioos débiter nous-raémes à l'étranger. 

L'eau abondaute qui desccnd rapidement des inonta- 
gnes, peut mci-veillcusemeut servir aux ruachincs néces- 
saires, pour dpargncr les bras. La main dceuvre doit 
encore revenir à tròs-bon marche dans ces lieux alpes- 
tres, puisque, comme je l'ai dit , la plupart des habitans 
de ces contrées sont obligés de s'expatrier l'hiver, pour 
pouvoir gagner de quoi fournir à leur nourriture; cora- 
raent ne seraient-ils point heureux ces étres précieux, 
ces enfans de la nature intéressans par la pureté de leurs 
mceurs, s'ils trouvaient cliez eux , dans le sein de Icur 
faniille, de quoi pourvoir à leur subsistance ? 

Il y a encore dans la vallee d'Aoste une mine abon- 
dante doxide de manganese. Elle est peu connue dans 
l'étranger, quoiqu'elle soit de très-bonne qualité. Il n'y 
a que nos verreries, et quelques fois celle de V^énise 
qui ea fassent usage; et souvent encore ces fabriques 
en ont été dégoùtées, parce que les propriétaircs de la 
carrière , ne distinguant point le manganese qui est 
mèle de fer, de celui qui est pur , quoique ce dernier 
soit très-commun et abondaut , font souvent des envois 
du premier , sans soupconner quii soit moins proprc 
à leffet recherché , et au lieu de donner une droguc 

I i 



246 SUR LES PBOnUiTS DE LA MINERALOGIE, 

propre h blancliir Ics verrcs, ils en fournissent une qui 
le noircie avec l'oxide de fer quelle contient et ddgoù- 
tent ainsi les verreries, qui fiuisscnt poui- ne plus ea 
voulofr. 

L'instruction corrlgera facilement dorénavant ces mé- 
prises de l'ignorance, et nos maic.handises mincralo- 
giques expcdiées par des connaisseurs seront choisies , 
et conserveront leur crédit. 

Mais en attendant puisqiie la Doire qui descend du 
fond de cetle vallee ca Piémont , peut très-bien servir 
au transport; puisqu'il y a sùrement toutes les terres 
appropriées , et suffisamment de combustiWe ; puisqu'il 
y a des bras à bon marche, pourquoi ne pense-t-oa 
pas à profiter de tous ces avantages , pour établir une 
verrerie à l'eudroit mème? les mines de plomb qui exis- 
tent de tous cótés , pourraient fournir la litharge , ou 
oxide de plomb pour la bonne fabrication du cristal. 
On pourrait facilement fabriquer des glaces à miroir, 
et autres qu'on tire ici à grands frais de l'étranger. 

Les trapps et les autres pierres et terres fusibles exis- 
tent eticore dans plusieurs endroits de la vallee ; on 
pourrait s'en servir pour établir une fabrication de bou- 
teilles, qu'on aurait à très-bon marche. Il n'existe qua 
deux verreries en Piémont qui sont à ferme, et qui jouis- 
sent d'un pi-ivilège exclusif. Cela est cause , que les objets 
de verre sont ordinairemeut raauvais et fort chers chea 
nous, dautant plus que les fermiers ne sachant point 
que toutes les pierres calcaires font à-peu-près le mcme 



PAR LE DOCTEUR BONVOISIN. 247 

effet en vcrrerie, aii lieti de se servir de celles qui 
sont sous leurs maius, font transporter de fort loia le 
marbré, pour mèler aux silex, et former le verre com- 
mun des boiiteilies. 

Nous avons à Usscy , dans la %allée de Lanzo , la rare 
mine de cobalt, qui est très-riclie et abondante , et qui 
est en exploitatiou dcpuis long-tcms. Pourralt-on croire 
qu'on pe Texploife que pour en vendre le minerai tei qu il 
est, cu {\ peine lave et bocardé, sans qu'on ait encore su 
parmi nous en faire le safre, le smaltii, le bel azur pour 
les porcelaines et pour la verrerie , ni meme en exlraire 
le régule pur? * Nous pourrions préparer utilement ces 
produits cliez nous , puisque nous ne manquons point 
de tous les fondants possibles à portéc de la mine. Nous 
devrions au moins cherclier a séparer le metal du cobalt, 
et à le déméler des autres métaux, gangues et miuéra- 
Hsateurs pour le vendre avec grand bénéfice, sans que 
1 etranger soit contraint de payer le transport de la pierre 
et des corps pesants hétérogènes et étrangers à son but. 
Nous pourrions aussi établir l'extraction et la fabrication 
de Tarsenic qui est toujours très- abondant dans cette 
mine. 

Dans plusieurs endroits de nos alpes , nous avons des 



* Notre confrère le citoyen Gioanetti en tire rette précieiise couleur 
de bleu très-foncé pour l'usagc de sa fabrique en porcelaine , qui est d'une 
beante élonnante. Avant qii'il sul se la pr(^arer, il devait l'achcter des fabrì- 
ques étrangùre» au très-haut prix d'un scquiii le gros> 



248 Sl'R LES PFODUITS DE LA MINERALOGIE, 

baacs immeuses de pyrites, ou sulfure de fer. On a 
profitc de ceux de Brosse , avec lesqiicls on fabn'que de 
l'excellent sulfate de fer ou vitrlol martial. Dans la pre- 
mière combustion quon donne h ces siil)slauces sulfu- 
reuses, pour les rdduire cn état de s'cffleurir et de se 
vitrioliser, pourqiioi avec des fourneaux appropiics ne re- 
tire-t-on point le soufre excédant par une cspèce de 
sublimation en grand? 

Nous n'avoDs pas établl assez des martinets à cuivre, 
pour en (irer tout le pai'ti possible , et en faire facile- 
inent les vases necessaires à l'economie et aux arts. 

Il ny a pas des fabriques de laitons et de similor , 
on ne tàche point d'en faire de la quincaillerie , et 
de lui donner le superbe vernis anglais, qui lui donne 
l'aspect de dorure, et qui lui conserve l'éclat; et en attcn- 
daut, nous tirons à grands frais tous ces objets de 
l'Angleterre. 

Je ne finirais plus si je voulais faire l'énumération de 
tous les avantages que nous pourrions tirer de nos mé- 
taux par rapport aux arts. Kous avons t'té si négligcns 
jusqu'à cette heure dans ces branches d'industrie, que 
nous aclietons encore à préscnt des marmites , des poéles 
et des autres objels de gueuse des Anglais et des Suisses, 
pendant que nous avons plusieurs fourneaux continuel- 
lement ouverts, oìi nous fondons la mine de fer en 
gueuse, pour la consigner de suite aux autres fourneaux 
de forge et aux martinets, et la réduire en metal mal- 
Icable. 



PAR LE CITOYEN BONVOISTN. 249 

Outre les métaux il y a eucore une infinite? d'audes 
objets du rogne minerai eu Pidmont, qui sculs ou cm- 
ployés en manufacturcs, pourraicnt otre tròs-ulilcs, et 
produire un grand bcnéfice ti l'Etat , en empechant l'ex- 
portation de la grande quantité d'argcnt que nous dé- 
pensons, pour les tirer de l'étrangcr, et en noiis pro- 
curant la rentrée en argent par le débit que nous ea 
pourrions faire hors de notre pays. 

Nous avons la superbe steatite bianche à Pràles , que 
les Brianconnais transporfcnt de chez nous , rcduisent et 
préparent en poudre impalpable, et vendcnt depuis des 
sièclcs à tonte l'Europe sous le nom de terre de Bi-ianron. 
Elle fait la base du fard, et scrt à un milliou d'usages, 
et peut constituer un des meilleurs principcs de la 
porcelaine. 

La terre ou pierre de Cumiana , qui est un vérJtable 
petunsé des Chinois , ou un feldspati! en masse. Cette 
pierre qui est parsemée en pelits cristaux dans presque 
tous les granits , se trouve rarement isolée et sans mé- 
langes ; celle de Cumiana dont nous parlons , est très- 
purc , très-blanche , en gros cristaux en carrière , sans 
l'iuterpositiou d'aucune autre snbstance ; elle est par con- 
scquent rare et tròs-précieuse. Au Mont-Cenis et au fond 
de la vallèe de Lans , dans les environs de Tendroit 
nommé ìa Croix de fer , il y a aussi du superbe feld- 
spati! en masse. Ces dcux rares productions gtjologiques 
de notre pays pourraient élre utileraent employées pour 
le vernis des porcclaines , et etra à cct elfet cncore 



2D0 SUR LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

dcbitócs dans rétranger. Celle de la Croix de fer est à 
portée de la mine de Cobalt. De quelle utilité ne se- 
raitcllc pas pour la fiibrication dii smaltii blcu ? 

Oli troiivc à Bandissero , département de la Doire , 
line terre d'une blaucheur eclatante. 11 est fort étonnant 
que cette terre ait toujours été cousidérc^e comme de 
ralumiue presqiie pure , quoiqu'elle n'en coutieune pas 
no atome. Ce qui a coutribué à établir cctle erreur , c'est 
qu'on a toujours cru que la bonue porcelaine ne peut se 
fabriquer qu'avec l'alumine , et comme ou a reconnu 
par expérlence , que la terre de Baudissero étalt trcs- 
propre à cette fabrication , sans cousultcr Tanalyse , on 
l'a prlse pour de l'alumine. 

L'ex-marquis Visqué deBirague, qui le premier con^ut 
l'idée d'établir , il y a plus de /^o aus , la fabrication 
de la porcelaine en Piémont , fit une soigneuse recherche 
de toutes les terres blanclies de uos contrées , dans le 
but de destiner celles à cotte manufacture que des essais 
en petit auraieut démontrées plus convenables. Rencon- 
trant la terre de Baudissero , qui avait toutes Ics appa- 
rences favorables à son but , pour mieux s'cu assurei-, il 
cn a remls des échantillons à notre célèbre Saluces, et 
le pria d'cn cnvoyer à Maquer et h Beaumé à Paris , et 
de les inviter à vouloir bicn l'essayer. Maquer qui s'oc- 
cupait aussi de porcelaine en ce tems, répondit à notre 
collègue Saluces , qu'on n'avait point une argille uatu- 
relle aussi pure et aussi parfaite en France. Le doctcur 
Gioajsetti avait vu que cette terre se dissolvait dans les 



PAR LE CITOYEN BONVOISTN. 25 I 

acides enlièrement ; d'après Ics renscigncmens ci-dessus 
il ne douta polut quelle ne fùt de l'aigile pure , et 
dans cettc persuasion n'entra point à exaniiucr parti- 
culièremeut sa dissolution , ni à faire autre analyse de 
sa terre , et pour venir à son but , se contenta de la 
méler à une conv^cnable quantité de silice et de feld- 
spati! , et parvint ainsi à en faire une exceliente porce- 
laine. Tous ces faits réunis ont concouru à conGrmer 
l'idée , que la terre de Bandissero fut de l'alumine pres- 
que pure. Deruièremcnt le C,'"Giobert, dans l'intention 
detablir une fabrication d'alun , traita cette terre avec 
l'acide sulphurique ; quelle fut sa surprise de voir qu'au 
lieu de sulpliate d'alumine , il en retira un superbe sul- 
pliate de magnesie ou de véritable sei d'Epsom ? Tout 
ceci nous prouve conibien il est essentiel d'illustrer l'his- 
tolre naturelle avec des soigneuses analyses chimiques. Le 
Piémont est fort richc en objets de mineralogie. Cette 
science a été trop négligée jusqu'ici chez nous, Les cour- 
ses que j'ai fait à ce but dans nos alpes , m'ont fait voir 
une partie des trésors qu'elles recèlent. Obligé , jusqu'à 
ces deruÌL'res annécs , d'cxercer la raédecine pratique , 
j'avais peu de loisir pour m'adonner à l'examen cliimi- 
que de ces objets ; à préscnt que l'emploi de professcur 
va d'accord avec mon peuchant pour ces études chéries, 
je ne manquerai point d'cntrcprendre et de suivre ce 
travail ; mon collègue Giobert en fera de mémc , et 
- ces travaux ne pounont qu'étre avantagcux à cette bran- 
che intéiessaate d'economie politique. En atteudant, pour 



a52 SUR LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

reveiiir ;\ robjet de la terre de Baudissero , on peut 
dire ù préseut i.° que nous possédons de la magnèsie 
native presque pure, et en aboudancc ; 2.° que par égard 
aux usagcs médiciuaux , olle pourra rcinplacer celle que 
nous tirions à grands frais du sulphate de magnèsie ; 3.° 
qu'on pourra facilemcnt et avec un grand bénéfice la 
léduirc encore en ce méme sei, et en vendre à Ictrauger 
au lieu d'en tirar ; 4-° euGn le hasard nous montxe que 
la terre niagnt'sieuue peut étre utilement eraployée à fa- 
briquer de l'excellente porcelaine. 

On rencontrc à Barge , département de la Sture , une 
terre bianche stéatiteuse, d'un aspect micacé. Cette terre, 
dont on n'a pas encore une analyse exacte , n'est pas 
tout à fait réfractaire , mais un peu fiisible. Le docleur 
GiOANETTi en ayant fait dcs essais particuliers , a reconnu 
qu'elle est fort appropriée à une fabrication de poterie 
bianche semblable à celle de Wigwood en Angleterre. 
La Commission du gouvernement piémontais, qui existait 
avant la réunion, devant donner des indemnités à Gioan- 
NLTTi , préféra de lui céder un édifice à eau à Barge , 
, qui est très-propre à cet établissement; et tout est déjà 
prét pour que cette manufacture soit incessamment mise 
en activité. 

A Castellamont il y a une terre argileuse , très-liante 
et blanchàtre , qui est très-i-éfractaire , et bien propre k 
Ibrmer des crcusets , des retortes et autres vaisseaux chi- 
miqucs adaptés aux arfs. 

On trouve encore , dans le mcmc endroit , de gros 



PAR LE CITOYEN BONVOISIN. 255 

rognons de semi- opale , dont qiu'lques-uns sont rcmplis 
de dcndrilcs plus ou moins bleues ou d'un noir foncé. 
Au Musinet il cxiste encore de ces picrres singulières , 
dans Icsqucllos j'ai découvert l'iiydiophane du Pit'mont. * 

A la Thuille près de Cormayeur , département de la 
Doire, an-ondisseinent d'Aoste, il y a une carrière d'une 
substance noire ccailleuse , d'un cclat mélallique et mi- 
cacee , qui participe de la nature du cliarbon fossile et 
du molibdcne **, elle est propre à former de très-bons 
creuscts absolument rcfractaircs , qui valent ceux qui nous 
vienueut d'Iiesse. Nous devrions bicn en faire un éta- 
blissement pour rcmplacer ceux-Ià, et en faire encore un 
dcbit à Tétranger. 

On a trouvé à Vinay , département de la Sture , de 
boune plombaginc trcs-douce , et à grains très-fius , qui 
rivalise celle d'Angleterre. Nous devons étre empressés 
de la faire conuaìtre , et d'eu former des bons crayons. 

Une carrière d'cxcelleute plombagine se trouvc encore 
dans une région nommée les C/iabrìoIs du Jllìars , 
vallèe et arrondissemcut de Lucerne ou de Pellis , dé- 
partement du Pò. A cet endroit elle est ordinairemcnt 
très-pure , très-douce au toucher , et en la coupant 
adroitement et avec intelligence , elle forme , sans autrc 
preparai ion , des crayons parfaits. Dans la méme vallee 
près de Bobbio ,' il y a une autre carrière de plombagine 

* Mémoires de l'Acaclfmio des Sciences de Turin , tom. I , png. 47^- 
** (;>st le kolilenhleiide de Brochant , ou l'anthracolile de Bor:< , ou l'aii- 
ihracile de Doi-ojU£U. 



254 S^^ ^^^ PBOnUITS DE LA MINERALOGIE, 

scliisteusc Oli ccaillcuse, moins douce au toucher , et im 
pcii plus rerrugincuse. A la Monlagìui rossa de la mi-me 
vallee, on rencoutre aussi de la plombagine mélée d'alumine. 
Oli broye en poudre fiue la plombagine scliisteuse , et 
nioyennant uu priucipe glutineux qu'on y joint , oa ea 
l'oline des crayons artificicls. La manufacture de ces crayons 
a été établie il y a pcii d'ancées. 

Dans les montagnes au-de§sus de Pignérol , il y a im 
schiste argileux noir , qui est doux au toucher , et peut 
servir à faire de ces crayons à dessein qu'on appelle crayons 
de peintre. Nous devriotis leur faire retiiplacer ceux qui 
nous viennent de Rome à cet usage , et qui sont bica 
loiii d'étre meilleurs. 

Quelques granits de nos alpes , et sur-tout plusieurs 
dOlomout, arrondissement d'Aoste, sont variés cu belles 
couleurs , sont parsemés de quartz transparent , et ils ont 
l'éclat , la beante , l'uuis , la solidité et l'aspect de ceux 
d'orient. 

A Vidré dans le Canavais , il y a une carrière de jaspe 



rouge. 



Dans la vallee de Suze il y a de gros roguons , et mcme 
une carrière de variolites, qui dans le méme blocus va- 
rieut en couleur , en grosseur , et font des espèces rarcs 
et recherchees des naturalistes. 

Dans les environs du Mont-VIso existe un porphyre 
d'un ciment le plus souvent d'un vert de poireau , Irès- 
dur , parsemé de prisnics tétraèdres oblongs frès-régu- 
liers de feldspati! , unis souvent à des grenatz de couleur 



PAR LE CiTOYEN BONVOISIN. 2fl5 

foncde , dont l'cnscinhle icooit un jioli ])icn uni et (ecla- 
tant , et fait un el'fct arlmirahlc. Dans plusieurs aiilies 
endioits ces porpliyrcs-à-f'eldspatli onl un ciment égalenieut 
dur, mais d'une couleur tiès-décidée de gris 4l'acier. 

Kos alpes enfin recclent une quantité de pierrcs dures 
cllncelanfes de loutes les couleurs, de serpentines, de pe- 
ti'osilex eouleur de rose, bleuatre el anlies, qui toutes 
reeoivenl un beau poli. Dans qiielques endioits des luou- 
tagnes de Vinny ou a méme trouvé du lanzuli. 

Le pavé de l\irin forme de pierres roulces , qui nous 
pi-oviennent des alpcs occidentules, est un rccueii de la 
plnpart de ces ol)jets intéressans qui mériteut l'attention 
des géologues , et donnent uni? jireuve de l'exislence de 
ecs raiTS produils. Ou y a menie renconlré quelques 
jiièccs rares de ventuiine*. Si des arfistes cn formaient 
des 1al)les, des vases , des garnitures de ehemiuées , de 
pondules et parcils ornemens , ou pourrait cu faire un 
objet produci if au pays. 

Sur la montagne de Barge il y a une carriere abon- 
danle d'un scliisle silicieux pai-semé d'une petite quan- 
tité de mica fin , presqu'imperceptible , qui fait qu'on 
pourrait le ranger parmi les gneiss. Ce schiste de couleur 
blancliaire d'une cassure grainue , à angles aigus , semi- 
Incidcs , est très-uni et d'une durcté si forte quelle 



* On pnil jriintlro toules Ics rsppcps Ac bois npalisi^s qu'on tiouvc dans 
la colliue de Turia , et daus cellcs du Moiilferral ci oillouis. 



256" SUR LES PBODUITS DE LA MINERALOGIE, 

surpassc celle des agates et des porphjTes. Il se ddfaché 
en tables quelquefois larges de plusieurs pieds parfai- 
tcmcut applanics cn ligne droite, qui peuvent recevoir 
mi beau poli à l't^m^il. Ces tables naturelles peuvent 
servir à une quantité d'usages très-essenticls pour les aits 
et l'economie domestique. Les peintres, Ics bi-oyeurs de 
couleurs et d'autres matières, trouvent en elles ce qu'il y 
a de mieux à leur art-, puisque la darete excessive de 
ces corps les met à l'abri d'avoir des melanges dans Ics 
corps bi'oyés. Elles servent encore à faire des pavés qui 
ne s'usent jamais pour les grandes salles, les galleries 
et autres pièces fréqucntées des maisons ou des bàti- 
meus publics. 

L'hydrologie minerale du Pii5mont est encore un objet 
iatéressaut , soit pour l'art de guérir , soit parce qu'il 
pourrait attirer le concours de l'étrauger , et étre utile 
à l'Etat. Les eaux thermales sulpliureuses comme à Acqui, 
a Vinay , à Vaudier, les eaux thermales ferrugineuses 
cbaudes, qui sont rares et si utiles, comme celles que 
nous avoDS à Près S. Didier. 

Les eaux thermales froides si avantageuses pour la 
guérison des maladies dautreuses et autres de la pcaux; 
comme celles de S. Génis et de la Saxe , de la Pirenta. 
Les eaux mincrales, acidules, ferrugineuses, solutives ; 
comme celles de Cormayeur , de S. Vincent, de Bi- 
biane, de Briquerasco , etc. si utiles eu tant de cas , 
ont déjà une célébrité appuyée de l'expérience des siècles. 

Quclque part, et sur-tout à Acqui, ces eaux thermales sont 



PAR LE DOCTEUR BONVOISIN- zBj 

si abondanlcs ci out un degré de chaleur si forte qvi'oa 
pourrait cu profitcr à heaucoup d'usagcs éconoiriiqucs , 
et épargner le combustible. 

Deux gros tuyaux, de plus d'un ponce et demi de 
dlaniètre, fournissent avec impétuosité et sans intérruplion 
deux jets d'eau minerale, dite laboui/lanle, qui marque 
le 60.* degré de chaleur au tlicrraomcti'e de Reaumur. 
Cette fonlaine est placée à la partie supérieure d'une 
petite place qui a une légcre pente vers le midi, daus 
le centre de la ville. 

J'ai été chargé de l'analyse des eaux tliermales d'Acqui, 
que je n'ai pas encore public à cause des troubles de 
la guerre et de la revolution *; mais j'ai tout de suite 
concu l'idee de proposer de rendre utile à quelques 
manufacturcs ce calorique intarissable. 

L'eau cliaude est telle quelle pourrait servir à filer 
les cocons. On pourrait établir une filature dans quel- 
ques maisons conligues, et la faire aller dans les bassins 
à volonté. L'hydiogcne sulfuré que ces eaux contieunent, 
servirait à commencer un blancliinient à la soie. 

Si Fon faisait passer continucllemcnt de cette eau sì 
chaude, sous cfes récipiens, des alambycs, des vascs dva- 
poraloircs , on pourrait établir des évaporations d'eaux 
imprégnécs de scls , et en Taire des cristallisations à pcu 
de IVais. On pourrait distiller le vin qui est si ajjondant 
dans ces provinces , et en obtcnir l'eau de vie . ou pro- 

* Daus le courant de celle aunée j'espère de pouvoir publier celle analyse. 



258 Sim LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

céder au rafTiiuigo. Le bnin- inarie ne coùlerait l'icn. On 
pourrait rcduiie le sucre en sirop; tircr dcs cxlrails ot 
autrcs prodiuìs pliarmaceulicjuos ou économiqnes à bon 
marche. On a une forte production de nitre en Mout- 
ferral; le raffinage en serait à très-bon marche, cn se 
servaot du calorique de la bouiUarUe pour les cvapo- 
lalious, 

Les habilans dcs maisons voislnes poiu-raient avoir des 
chambres très-c.haudes Thiver, en faisant passor sous leurs 
pavés, ou cntie dcux inurs l'cau de la bouillantc. 

On n'a pas cncore découvert des carrières de sei gemme 
rn Piémont, mais on connait une quantilé dcfunlaines, 
qui couticnrient du sci marin. Ces fontaiucs sont oidi- 
naircmcnt pcu chargces de ce sei de cuisine, c( jusqu'à 
préscut le gouvcrnement a cru qu'il valait mieur.acheler 
le sci, et le faire venir de Barbarie, de Sicile, de Sar- 
daigne, des iles de Hièrcs eie., que de tcnter d'eu relirer 
de quelqucs-uncs de ces caux, qui peut-élre reviendrait 
à un prix plus fort; quoiqu'il en soit, comme il^ pourrait 
se faire, que l'extraclion de ce sei méi-iliìt l'attenlion du 
Gouverncment Fi-ancais , je vais indiquer les endroifs 
qui sont à ma connaissance , où il y a des fonlaincs 
falées. Il y en a deux à Barbaresco; un pin'ls et une 
fonlaine à Agììano, ime à Mag/iano , dcux à Casta- 
gnole dell'i Lanze, deux autrcs à JSftyve, une à saint 
Martin de Covone, à Costigìiole d'Asti, à Cassano, 
à Alba, rcgion des Camoletli, à Acqui , un mille au- 
delà de la ville vcrs le Nord, à S. Genis près l'cau 



PAH LE DOCTEL'R BONVOISIN. 25c) 

minerale froide. Peut-étre dans quelqiR'S-uns de cps cn- 
dmits on pourrait pi'aliqucr des récipiens dans le sol , 
et oljtcnir une évaporation lente du sei à pcu de f'iais, 
puisque le conibustible est un peu raie. 

A Canal, un apotliicaire nomnié Alloy a trouvd, il 
y a quelque lems , que ceilaiucs tenes donnaJent du 
sei cathaitique , counu sous le noni de sei d' AiigletPire 
cu d'Epsom, qui est du su Iphale de magnesie; 11 s'est 
mis ci eu faiie deslixiviations et des évapoiations, et il a 
obtenu ainsi de ce sei , qu'il vend sous le nom de sei 
de Canal. Le débit qu'il en fait est assez considérable, parca 
que ce sei a obtenu la réputation d'ètre bien meilleur 
que celui de l'étranger, et on croit qu'il est plus pur, 
et qu'il ne donne point de trancliées aux malades; mais 
comme les terres qu'on lessive pour son extraction, n'ea 
donneut qu'une livre, ou une livre et deinie par quiutal, 
ce sei est du doublé plus cher que celui de l'étranger. 
Dans l'Astigiane, dans la vallee d'Aoste et ailleurs il y 
a des baucs de Schiste noir, qui donnent continuelle- 
nicnt des efflorescences de ce sei. Il serait très-aisé de 
les recueillir, et d'obtenir par lixiviations de ce produit 
UQ sei plus abondant , et par conséqueut à meilleur 
marche *. 



* A pn'sent que nous savoiis que la lene de BaiidIss<'ro est de la magne-, 
sie native , on peut la rediiire h peu de frais cn sulphale de niannésie , 
qui scrail extréineraent pur , et reviendrait à Irès-boù marcile. Giobeht 
a vu qu'ea trailant au feu les pyrites martioles de Brosso avec celle 
lene, il j ayail une réiipliou réciproque; le souire des p^riles se brùlait 



zGo SUR LES PRODUITS DE LA MINERALOGIE, 

Dans Ics collines de Toltone ou a tiouvé des car- 
rières de soufre natif. Si l'oa pcrcait un peu plus pio- 
foudcnient , on trouverait pi-obablcmeut des couchcs , qui 
niérilcraiout Ics fVais d'exploitation , et cela iavorisciait la 
fabiicafion de l'acide sulphiuique qua j'avais cuticpiis 
d ctablir cn Picmont:. * 

Enfiu, 011 peut juger par le court apercu quc je vieus 
do douner de la mineralogie du Piéniont , conibicn cette 
branche importante decouomic politique pounait valoir 
à ces intéressautes contrées, et combien il est à espérer 
qu elle voudra en effet sous les auspices de la plus grande 
des natious, et à la faveur des lumières. 

Je nai point jugé h propos de parler des marbres du 
Picraout, puisque ces objcts sont presque par-tout trop 
cominuns. Il y en a pourtant ici des fort beaux qui pren- 



ci se converlissait en acide sulphurique , qui s'iuiissant ìi la lene, en for- 
niait le sulphale de magnèsie qu'ou pouvait épiuer et séparer par lixi- 
viaùon. 

Jnvais élabll , il y a quelqiies années , une maiiufaclure de cel acide 
et la dislillaiion on grand des eaux forles qu'on ne connaissait pas enrore 
en Piemont. Cet établissement nouveau pour nous coiiiiuen9ait à douner 
un béuéfice remarquable de faliricalion , et un avantage en faveur des 
consommatenrs par égard à un fort rabais du prix de ces produits; lorsqne 
moti associé qui était spécialement chargé de celle main d'oeuvre, trou- 
vant des prufits plus forts daiis d'autres entreprises de founiilures pour la 
guiTie, nt''gligea entièreraent celle-ci. Il est à espérer qne ces nianiifaclures, 
conlonitemont à d'autres fabricalions, qui sont encore ignorées chez nous . 
ne larderoiit pas à s'élablir solidement, et assureronl ainsi ce nouveau geure 
d'iuduslrie à nos déparleuiens. 



PAR LE DOCPEUR BONVOISIN. sGl 

ncnt un superbe poli, et sont de foutcs Ics couleurs et 
de toiites les nuauces. Celai cntiòrcment noir de Fiabouse, 
aiTondissemont du Mondovi; le giis nuance deVaudiers; 
le marbré de Busca varii'gué en zones de couleur tanctte 
plus ou moins concentriqnes, nuance par du blanc de 
lait, et de blanc spathique transparent, mérilcnt l'atten- 
tion des ainateurs. Le superbe marbré blanc de Ponte, 
vai de Locane , objet intéressant pour la sculpture ea 
figures et pour les statues, qui rivalise presque le marbré 
de Paros , outre de servir à l'art statuaire du Picmont , 
pourrait élre un objet d'exportation.* 

Si aux prodiiits fossilcs, et la branche d'Industrie qui 
les regarde , on ajoute les produits spécials du Piéraont 
appartenant aux autres deux règues, on pourra augmenter 
immensement la ricliesse natlonale **. Le Piéraont ofl'ralt 



* Je n'ai point parie non plus du charbon minerai des régions piémou- 
laisps. Jusqu'à présenl, lualgré la rarelé du bois qui est déjà bien lorle eu 
quc'lqiie pnii , miilgré qu'on ait rentontré plusieurs veines superficielles de 
ce fossile dans les collines du Monferrat et de l'Astigiana, oìi il ny '"' 
presque pas de foréts , ni d'arbres , on n'a point encore cherché à voir > 
si aux moyeos de fouilles plus profondes, l'on en trouverait point des cou- 
ches plus fortes, ou des carrières propres à en mériler l'exploitalion. 

Nous avous encore beaucoup d'endroits marécagrux dans nos plaines et nos 
vallées, qui par les essais pratiqués donnrnt de la lourbe, et ccpendant 1 on 
n'en fait point l'extraction , ni la préparaliou. Ces objels si utiles à l'exercico 
et au soutien des nrts , mériterout suroment l'altenliou du nouveau Gou- 
verneraent. 

** Ce n'est pas ici le lieu de parler des productions piémonlaises qui 
apparlicnnrnt aux autres deux règnes , mais je dirai seulcment en passant 
que le tliauvre seul pourrait apporter une utilité bien plus forte , si on 1« 

Li 



zCz SUR LES PBOPUITS PÈ LA MIKÉRALOCIE, 

un conti-aste frappaut: la fcrtilité du sol de la plaine 
établissait une opulencc qui était prcsqu'insultante aux 
pauvres habitans des alpes, qui mouraicnt de misere par 
la sterilite de leurs i-ochcrs. L'industrie réparera désormais 
à ce désordre , ou cettc apparente inj astice de la nature. 
Les bras indiistricusement employés des purs et inuo- 
cens liabitaus des alpes, vonf: poiirvoir abondamment à 
leur besoin , et les mettre à leur aise , comme ecux de 
la plaiue , et il eu resulterà le bcnéiice general de la 
Natiou. 



traitait avec les mélliodes connues et convenables. Oii sali il piósent que 
par des llxivialious praliquées avant de le peigner,, oii peut le re- 
dtiire à la finesse du lin, et fnbriqiier des loiles siiperfìnes, et d'un iisage 
bien plus fort. Celle seule bianche d'industrie pounait emplojer dans 
beaucoup de nos montagn^s les pauvres Labiians , et leur faire gagner aisé- 
meut leur vie. 

La famiile des sapins domicllléc et répandue sur nos alpes, pourrait élre 
miPux employée à la production essenlielle de la Icrcbenlhine , de la poix 
jaune , et de la poix navale, du noir de furaóe, de l'enu rase elr., et nous 
fouruir ancore des produclions utiles pour nous et pour l'élrangcr. 



SOPRA IL SOLIDO 

GENERATO 

DALLA RIVOLUZIONE DEL L' ELLISSE 

ATTORNO AD UKO DE* SUOI DIAMETRI. 

DI GREGORIO FONTANA. 



J. L Varignon nelle memorie dell'Accademia delle Scienze 
di Parigi per 1' anno i6q5 ha dato la misura di quel 
conoide , o solido rotondo , che viene generato dall' el- 
lisse , allorché questa si rivolge intorno ad uno de' suoi 
diametri , il qual solido egli chiama col nome di cuore 
per certa somiglianza di forma, che esso ha col cuore. 
Ma il d' Alembert nell'articolo Coeur dell Enciclopedia ha 
giustamente avvertito , che la misura da Varignon pro- 
posta è totalmente erronea, per non aver egli tenuto conto 
dell'angolo obliquo formato dal diametro di rivoluzione, 
e dal suo conjugato. Siccome perù in quel brevissimo 
articolo non entra il d'ALEMBERT in nessun esame parti- 
colare su questo punto , che sembra meritare qualche 
<:onsiderazione anche per la sua novità , io ho creduto 
non inutile di espor qui brevemente ciò , che intorno 
a siffatto argomento mi si è offerto al pensiero. Inco- 
mincio dallo stabilire il seguente teorema. 



2^4 SOPRA IL SOLIDO EC, 

/ 

TEOREMA I. 

Il solido generato dal rivolgimeBlo (Jìg. \.) del pa- 
rallelogrammo obliquangolo ABDC inforno al lalo CD 
sta al cilindro retto generato dalla rotazione del rettan- 
golo A'B'D'C , equilatero col parallelogrammo , in- 
torno al lato uguale C D' , come il quadrato del seno 
dell'angolo AGI) del parallelogrammo al quadrato del 
raggio. 

Bim. Si ponga CD = a,CA = 5 ,Tangolo ACD=<p, 
CF = a;, e si guidino FÉ, fé infinitamente vicine, pa- 
rallele al lato G A. L' elemento del solido generato dal 
parallelogrammo è il solido conico cavo , che nasce dal 
rivolgimento del piccolo parallelogrammo Ee/F intorno 
^^ ^f'ì ed in tale rivolgimento la linea F E genera la 
superficie convessa d' un cono retto , il quale ha per 
base un cerchio , il cui semidiametro è evidentemente 
FÉ , sen. EFD=ò sen. cp , e chiamando i :x la ragione del 
diametro alla periferia circolare ne viene -ziri) sen. (p per 
l'espressione della periferia della predetta base , e questa 
espressione moltiplicata per la metà del lato EF dù irh" ^m.a? 
pel valore della superficie conica. Se si mena da/" sulla 
FÉ il perpendicolo y>n , che è F/sen. jn¥f=dxsGa. (p, 
è manifesto , che moltiplicando per questo valore quello 
della superficie conica il prodotto tò' e? a: sen. <p' es- 
prime r elemento del solido generato dalla rotazione 
della parte indefinita GAEF del dato parallelogrammo. 
Laonde integrando la detta espressione , sari rò'oc sen. (f* 



DI CRECOBTO FONTANA. sG'S 

il valore del solido iiulcfiuilo generato da CAEF, e 
prendendo x=a , sarà ttÒ'o sen.<p* tulio il solido generalo 
dal dato parallelogrammo CABD Ora se l'angolo <p del 
parallelogrammo è retto , cioè se il parallelogrammo è 
un rettangolo, e il solido un ciliiìdro retto il valor tro- 
vato diventa -rb^a , siccome è altronde noto anche dalla 
Geometria elementare. Sta dunque il solido al cilindro 
retto , come Trb'a sen. <p' : Trb'a , ovvero come scn. <p^ : i. 
Il che era ec. 

Cor. i. I solidi generati da due parallelogrammi ri- 
spettivamente equilateri, ma non rispettivamente equian- 
goli, che si rivolgono intorno ai due lati uguali, stenno 
fra loro in duplicata ragione de' seni de' loro angoli ri- 
spettivi. 

Cor. 2. Due solidi generati dal medesimo parallelo- 
grammo , che prima si rivolge intorno ad un lato , e 
poi iii'oi-no all'altro sono tra loro in ragione inversa 
de9;li assi di rotazione ; e due cilindri retti nati dal ri- 
volgiriìento d' uff" rettangolo intorno all' uno , e indi all' 
altro lato hanno la ragione inversa dei loro assi. 

Cor. 3. In generale i solidi nati dalla rotazione dei 
parallelogrammi obliquangoli intorno ai Ìoi-o lati , starino 
fra loro in ragione composta della sémplice i-agione degli 
assi, della duplicala degli altri Mi , e della duplicata 
de' seni dei loro angoli rispettivi. ' '^"'^^ 



a66 «OPRA IL SOLIDO EC. 



TEOREMA II. 



Il solido generato dalla rotazione del triangolo obli- 
quangolo (fig. 1.) ABC intorno al lato AC sta al cono 
retto nato dalla rotazione del triangolo rettangolo A'B'C 
intorno al cateto A'G'=AC , essendo anche 1' altro cateto 
C'B'= G B , come sta il quadrato del seno dell' angolo 
ACB al quadrato del raggio. 

Bìm. Posta AC=a, CB=6 , l'angolo ACB=(p , e me- 
nate le RP, rp infinitamente vicine e parallele a GB, 
si faccia AR=a; , e si abbassi da R il perpendicolo R/i 
sopra rp. Ora 1' elemento del solido generato dal trian- 
golo non è altro che il solido conico cavo prodotto dal 
rivolgimento del piccolo trapezio PR/p intorno Rr, giac- 
ché la retta PR produce , rivolgendosi , la superficie con- 
vessa d'uQ cono retto , il quale ha per base un cerchio 

Ix 
descritto col semidiametro = PR sen. ARP = — sen. <p. 

a 

La circonferenza ^'^ -^'^™- , 'P j-jj questo cerchio moltiplicata 

per la metà del lato PR dà l' espressione "^'''"^r""^ pc.r 
la misura della superficie conica. Se si moltiplica questa 
espressione per la perpendicolare R/2=R/'. sen. R/'« = 
dx sen. <p , nasce visibilmente il preacceunato elemento 

del solido, cioè - " ^y"'^ . Laonde integrando avremo 
3^. per la misura del solido indefinito generato 



DI GREGORIO FONTANA. 2G7 

dalla rotazione del triangolo ARP , e prendendo x = a , 
sari 3 TTÒ'asen. <p' la misura del solido infero generalo 
da tutto il triangolo ACB. Se 1' angolo (p del triangolo 
è retto , cioè se il triangolo obliquangolo ACB si cangia 
nel triangolo A'C'B' rettangolo , la predetta espressione 
diventa -Trb^a, e rappresenta il valore del cono rello 
generato dal rivolgimento del triangolo rettangolo A'C'B' 
intorno al cateto A'C , come anche dalia Geometria 
elementare è già noto. Perlochè sta il solido mentovato 
a questo come retto come Ittò'u sen. (p* : -^vrb' a , ovvero 
come sen. (p':i. ]1 che era ec. 

Cor. ì. Come nel parallelogrammo rettangolo diviso 
in due triangoli rettangoli per la diagonale , il cono retto 
generato dal rivolgimento d' un triangolo intorno ad un 
lato è il terzo del cilindro retto generato dalla rotazione 
del rettangolo intorno allo stesso lato ; cosi nel paral- 
lelogrammo obliquangolo diviso colla diagonale in due 
triangoli obliquangoli il solido prodotto dalla rotazione 
di uno di questi intorno ad un lato è un terzo del so- 
lido prodotto dalla rotazione di tutto il parallelogrammo 
intorno al lato medesimo. 

Cor. 2. I solidi prodotti dalla rotazione d'un triangolo 
obliquangolo prima intorno ad un lato , poi intorno ad 
un altro , stanno tra loro in ragione reciproca de' lati , 
intoi'no ai quali si aggirano. 

Cor. 5. Due triangoli , che hanno due lati rispettiva- 
mente uguali ai due lati, ed in cui gli angoli compresi 
da questi lati formano insieme due retti , se si aggirano 



268 SOPRA IL SOLIDO EC. 

intorno ai lati uguali , geueràno col loro rivolgimeufo 
due solidi uguali , comunque i terzi lati dei due trian- 
goli esser possano estremamente ineguali, ed in tal sup- 
posto anche i triangoli sono uguaK. 

Cor. 4. Perchè nel triangolo sono i lati proporzionali 
ai seni degli angoli opposti , e però BA : BC : : sen. G : 
sen. A ; sarà in conseguenza BC\ sen. G'=BA\ sen. A'. 
Dunque il valore del solido generato dal triangolo BAG 
giiaulo intorno al lato AG può esprimersi tanto con 
jTT. AG. GB sen.G', come si è trovato, quanto con Itt. 
AG. AB* sen. A\ 

Cor. 5. Il solido prodotto dalla rotazione d' un trian- 
golo rettangolo intorno all' ipotenusa sta al cono retto 
Dato dalla rotazione del triangolo intorno all'uno o all' 
altro cateto , come questo cateto all' ipotenusa. 



PROBLEMA. 



Ritrovare la misura del solido , nominato cuore , che 
vieue prodotto dal rivolgersi della semiellisse ([/ig.'ò.J ADB 
attorno al diametro AB , che le serve di base. 

Sol. Sì guidi dal centro G dell' ellisse il semidiametro 
CD coniugato di GB, e si ponga 1' angolo obliquo dei 
due semidiametri conjugati BCD=? , BG=a, GD=5 ; 
indi presa l'ascissa centrale GP , si tiri l'ordinata PC al 
diametro AB , e 1' altra infinitamente vicina pg , e si 
abbassi dal punto p il perpendicolo pn sulla prima or- 
dinata , e pongasi al solito GP=.T , PG==r. Il solido 
generato dal rivolgimento dello spazio ellittico DGPG 



DI GREGORIO FONTANA. 269 

intorno a CP ha per elemento il solido infinitesimo pro- 
dotto dal rivolgimento del trapezio infinitesimo GPpg , 
il quale genera nel rotarsi un cono scavato , che ha le 
pareti infinitamente sottili. La superficie conica , che nasce 
dalla rotazione dell'ordinata GP e palesemente ttj* sen.<p, 
e questa moltiplicata pev prì=da: sen. (f dà tt^'c/o? seD.(p* 
por r elemento anzidetto. Dalla proprietà dell' ellisse ah- 

bianio y=b' — , sostituendo questo valore nell' es- 

b^dx — —7^ j sen.<p , 

il cui integrale tt (b^x 5~r ) scn. <?>' è la misura del 

solido indefinito prodotto dalla rotazione dello spazio 
DCPG. Perlochc prendendo x=a , si otterrà {-Trab^ sen.<p' 
per la misura del solido nato dalla rotazione dell' intero 
quadrante ellittico DCB , il doppio sarà la misura del 
solido generato dalla rotazione della scmicUisse ADB in- 
torno al diametro AB. Il che era ec. 

TEOREMA III. 

Se un'ellisse ha gli assi conjugati rispettivamente uguali 
ai diametri conjugati di un' altra , la sferoide generata 
dalla rotazione della prima intorno ad un asse sta al 
solido prodotto dalla rotazione della seconda intorno al 
diametro uguale a quell' asse , come sta il quadrato del 
raggio al quadrato del seno dell'angolo formato dai due 
diametri conjugati. 

Dim. E noto dalle sezioni conicJic , che la sferoide 

ai m 



2-70 SOPRA IL SOLIDO EC. 

prodotta dal rotarsi della seniielHsse intorno all' asse sa 
( ritenute le precedenti denominazioni ) è = 3 ttoò', e 
nel proljlema antecedente si è trovato , che il solido nato 
dal rivolgersi della scniielllsse intorno al diametro =ia 
viene espresso da y'^raò^sen.i?*. Dunque la sferoide sta a 
questo solido come y'^raò' : y^raò' sen. (p*, ovvero come 
I : sen. <p*. Il che era ec. 

TEOREMA IV. 

La sferoide nata dal rivolgersi dell'ellisse attorno uno 
de' suoi assi sta al solido , o cuore nato dal rivolgersi 
della medesima attorno uno de' suoi diametri , come sta 
questo diametro a quell' asse. 

JDini. Si dicano A, B i semiassi conjugati dell'ellisse; 
e la sferoide generata dalla rotazione intorno all' asse 
2A sarà IttAB', e il solido prodotto dalla rotazione at- 
torno il diametro 2a sarà iTrab' sen. <p\ La sferoide ha 
dunque a questo solido la ragione di AB' : ab' sen. tp'. Ora 
si sa dalle sezioni coniche , che il rettangolo circoscritto 
all' ellisse , cioè foi-mato dai due assi conjugati , che è 
4AB , è uguale al parallelogrammo circoscritto alla me- 
desima , formato dalle tangenti all' ellisse guidate per gli 
estremi di due qualunque diametri conjugati , il quale 
è visibilmente /^ab seu. <? ; ed è perciò AB=o6 sen. (p : da 
ciò ne viene, che la predetta ragione di AB' : a&' sen. <p' 
sarà la stessa che quella di B:èsen.<p, e questa a mo- 
tivo dell' equazione AB=a6 sen. <p si riduce all' altra di 
a; A. Perlochè in ultimo la ragione della sferoide al so- 
lido è quella di a : A. Il che era ec. 



DI GREGORIO FONTANA. Syi 

^ TEOREMA V. 

I solidi , o cuori generati dal rivoltarsi dell' ellisse 
prima intorno ad un diametro , poscia intorno ad un 
altro qualunque , stanno tra loro nell' inversa ragione 
de' diametri stessi. 

Dim. Chiamo a, h' gli altri due semidiametri conju- 
gati dell' ellisse , e <p' il loro angolo. 11 solido prodotto 
dalla rotazione dell' ellisse intorno al diametro sa è es- 
presso da jTraò' sen.(fi% e quello, che e prodotto dalla 
rotazione intorno al diametro ia , viene rappresentato 
da jTra'ò'* sen.(p'' : onde la ragione di tali solidi è quella 
di a6' sen.<p' : a'ò' sen. (?'. Sappiamo dalla proprietà dell' 
ellisse , che tutti i parallelogrammi ad essa circoscritti 
sono uguali : uno di questi parallelogrammi , formato 
dalle tangenti parallele ai due diametri conjugati 20, 26, 
ha evidentemente per valore l^ab sen. <? , 1' altro formato 
dalle tangenti parallele alli due diametri conjugati 2a', 
26' ha per misura l^a'b' sen. <p' ; e però la loro ugua- 
glianza somministra 1' equazione ab sen. tp = ab' sen. (p. 
Se per li membri di questa equazione si dividono i 
termini rispettivi della detta ragione a6' sen. tp' : a'ò" seri. 
ip", essa diventa b sen. <p ; b' sen. <?' , ovvero a' : a con ri- 
solvere in analogia la stessa equazione. Dunque i due 
solidi prodotti dalla rotazione prima intorno a 20 , poi 
ini orno a id sono tra loro come a la, ovvero la' : 2a. 
Il che era ec. 



272 SOPRA IL SOLIDO EC. 

TEOREMA VI. 

Se alla semicllisse terruiuata da un diametro si cir- 
coscrive un pai-iiUelogi-ammo , e tutto si fa rotare intorno 
allo stesso diametro, il solido, o cuore prodotto dal ri- 
volgimento dell' ellisse , è due terzi del solido prodotto 
dal rivolgimento del parallelogrammo circoscritto. 

Di/n. Essendo 2a il diametro dell' ellisse , 20 il suo 
conjiigato , e <p l'angolo compreso da essi, e parimente 
sa un lato del parallelogrammo circoscritto alla semicl- 
lisse , b ì' altro lato del parallelogrammo , e <p 1' angolo 
contenuto da questi lati , abbiamo pel problema prece- 
dente r espressione -vrab^ sei\. <f>' per misura del solido 
generato dalla rotazione della semiellisse intorno al dia- 
metro 2a , e pel teorema I. l'espressione 27raò' sen. <p* pel 
valore del solido nato dalla rivoluzione del parallelo- 
graùuno intorno allo stesso diametro 2a. Sarà dunque 
il primo solido al secondo come ivrab'' sen. <p' :27rab sen. (p^, 
ovvero come | : i , e conseguentemente il primo solido , 
ossia il cuore è due terzi del secondo. Il che era ec. 

Scolio. Era noto da Archimede in qua , che il cilin- 
dro retto circoscritto alla sfera , o alla sferoide , è ses- 
quialtero della sfera , o della sferoide ; e qui ora si 
scorge , che questa ragione scsc|uialtera fra il solido cir- 
coscritto , e il solido intei-no ha luogo generalmente fra 
tutti i solidi cilindriformi circoscritti, ed i solidi conoì- 
diformi , generati dalla rotazione dell'ellisse , e di tutti 
i parallilogrammi a lei circoscritti intorao a qualunque 
de' suoi diametri obliqui. 



SOPRA 

IL CENTRO DI GKAVITÀ 

DELLA LOGARITMICA FINITA 

E INFINITAMENTIi LUNGA 



DI GREGORIO FONTANA. 



TEOREMA I. 



I 



L cenh-o di giavità dello spazio MOCN della Loga- 
l'itmica inGuifameute esteso verso la parte, dove la curva 
si accosta all' asse , o asintoto NG è distan'e dalla prima 
ordinata MN per un traflo uguale alla sottangeulc cos- 
tante {fig. I.) 

Ditn. Sia l'ordinata AB uguale alla soltangentc cos- 
stantc =f/ , e guidate le due ordinate infinitamente vi- 
cine PG , />^ , facciasi PG=)', NG=.r, NB=c,MN=6, 
e sarà 1' ajiiola , o pesetto 'Pg=ydx=. — ady per la pro- 
prietà della logaritmica , ed il suo momento per rapporto 
ad IVIN sarà = — a.x</)' = — a {e — BG) c7)'=: (per essere 
BG=cilog. y^ — a (e — a log. )' ) e/)'. Dunque la somma 
de' momenti sarà = — acy-^ajdy Iog.^'=-acj'-i-a'y log y 

— o'fy — = — acy — a'j' + a'j' log.j)'+ cost ; e siccome 

svaniscono i momenti, quando >'=6; nasce perciò cost.= 

K n 



274 SOPRA IL CENTRO DI GRAVITA* EC. 

acb-t-a' b — a*Z» ìog.b=a'b, perchè a log. 6 = c, e però 
acb — a' b log. b = o. Diiuque la predetta somma de' mo- 
menti = a' b+a" y log. y — a (c+a^y. 

In oltre la somma de' pesi elementari = — ay-*-ab. 
Laonde la distanza del centro di gravità dello spazio in- 

determinato MNGP da MN sarà "' f'-*-^'yH:r-'^(r^^) X 

a h — a Y 

= — r-^ — . Ora si faccia r infinitesimo , 

ovvero = o per passare dallo spazio MNGP all' infinita- 
mente lungo MNOG , e si ottiene — =a per la distanza 

del centro di gravità di detto spazio dalla prima ordi- 
nata MN. Il che era ec. 

TEOREMA II. 

Il centro di gravità dello spazio logaritmico infinita- 
mente lungo MNOG è distante dall' asse NC per un in- 
tervallo uguale alla quarta parte della prima ordinata MN. 

D'un. 11 momento del peso elementare P^- per rapporto 
air asse NG è = {j X — ci^fy ■> e la somma de' momenti 
è = — \ay^ -*- '^ab'' ; la somma poi de' pesi elementari è 
=y — a cly = — ay + ab. 

Dunque la distanza del centro di gravità dello spazio 

indeterminato MNGP dall'asse NG è =4^P^° =j(èH-r). 

Quindi posto y=o, sarà la distanza del centro di gra- 
vila dello spazio infinitamente lungo MNOG dall' asse 
NC= { b. Il che era ec. 



DI GREGORIO FONTANA. 276 

Cor. al teor. I. Poiché BG=olop;. j, sarà la distanza 
del centro di gravità dello spazio MPGN dall'ordinata 

ttiaegiore MN ==— i — ■ ; : — ;- =a — , cioè 

° b — y b — y 

Uguale alla sottangenle scemata d' una quarta propor- 
zionale alla diCfcrcnza delle due ordinate estreme dello 
spazio , alla distanza di esse ordinate , ed all' ordinata 
maggiore. 

Ciò si dimostra anche cosi : il momento di INÌOCN 
rispetto ad MN è uguale al momento di POCG unito 
al momento di MPGN. Dunque chiamando z la distanza 
del centro di gravità di MPGN, da MN si avrà MOCN.a 

— POCG(a+a;)=MPGN.z, cioè MPGN.z = MPGN.a — 

— POCG. a;. Pcriochc z^a—^^~. Ma POCG=o)-, 

»1 'V* 

MPGN=a6 — ay. Dunque z=a — -— — . 

Scolio. Queste proprietà della logistica spettanti al 
centro di gravità , erano state scoperte da Huygeus , e 
dimostrate diversamente da Grandi nel libro Geomelrìca 
demonsirado iheorematum Hugenianoruin circa logis- 
ticam. Fior. 1701. Da queste io mi faccio strada al se- 
guente 

PROBLEMA, 

Ritrovare la distanza del centro di gravità della logi- 
stica MO infinitamente lunga dall'asse NC. 

a T % 

Soliiz. L' equazione re/ a; = — ady dà clx'=~^ ' 

V{dcc\dy') = — Via' +y')= all'archetto elementare della 



nj6 SOPRA IL CENTRO DI GRAVITA* EC 

logaritmica, il momento del quale per rapporto all'asse 
è =j't—->/[^a^ -hy')=dyV(a' -i-y'). Dunque la somma 
dc'momcnti sarà l'integrale di dyV(ii' +)-' )=lcIyV(a' -t-y' ) 

■—=^dyV(a'+y')-^- ' . „. + 



Vi^'-'+y') 



Vk'-'+X') VC""+7'J 






7« ' t-^y 






haondc fdyy/(a^y')^f.idyV(a'-^y')-*- -'^Q 



7y 



i-'^A'+rfeS 



/^'^^'^y^^;:'' =}jV(a' +j" )+-^a^ log. Cj+v/[a Vr']) + cost. 

E poiché si annulla questa somma di momenti , quando 
j^b, sarà cost. =-]W(a' +V) — \a^ log.(èW[a ' +6" ]) ; 
e quindi la predetta somma sarà = ^ y V {a'' -i- y" ) — 



(ì y 



La somma poi de'pesetti elementari '—' v^(aV r"") si trova 
colia sostituzione di v(u +y') = z; y' z' — a'; — -^ = 

— - — - ; d'onde si deduce /— v^ (a' + i* ) = r. + 



7 a log. "3;^ — + cost. = v'(a + j') + 70 log. 






Di GREGORIO FONTANA. 277 

cost-V(a'-^y)-^a log. *^i^^lt2^-ecost.=v'(aVj')- 

alog. — ^ »- cost. Si trova qui la cost. = -^^(0' +&')•♦■ 

a log. — ^^ — -. ; e però la somma de pesetti risulta 

Sicché la distanza del centro di gravità dell' arco in- 
determinato M P dall' asse NGè = 



■ijv^(aVj')-i6>/(a'^-ò')-iaMog. 



y+^a- 4-r^ ) 



• (a -.j )_v'(a -Ho >-alog._^^-,-^;^^-^ 

^■6^(aV5')-frv^(a'^r)-^4«Mog ^r^;;;y^^^^^^^ 

^ ( a' + 6 ) — y/ ( a' + r' ) + a log.-l;^ ^4^^ 

^ ^ ^ ^ ^ ° Vv/(/j^ +ii» )+ay 

Facendo ora y = o , per avere la distanza del cen- 
tro di gravità dell' arco inCnito M O , si trova questa 



2 M i^ 

V(a' + b') — a + a log. 



— — = ad una quantità in- 



finitamente piccola. Dunque ec. Il che era ce. 



PROBLEMA. 



Ritrovare la distanza del centro di gravità della traet- 
toria AMO infinitamente estesa dalla parte, dove si 
accosta all'asse asintotico B Q dello stesso asse. (Jì§- "2-) 

00 



278 SOPRA IL CENTRO DI GRAVITA' EC. 

Sol. Chiamata BN=n; , NM=/, AB=a , la proprietà 
di questa curva di avere la tangente costante d;\ l'equa- 



zione — V{dx- +dy')=a,e qa'mdW(dx' +dy')=Y 



.l'tJy 






( perchè MN scema , crescendo BN. Essendo dun- 

y 

que — '—^ r archetto elementare , il suo momento per 

rapporto all'asse BQ sarà j'X -= — <^df, e la som' 

ma di tutti questi momenti sarà — a j + cost. = a^ - oy, 
perchè i momenti svaniscono, allorché y'=a. La somma 

poi degli archetti, o pesi elementari è = / — — - = 
— alog.r + a log. a = a log. — . Dunque la distanza del 

y 

centro di gravità dell'arco indeterminato AM dell'asse 

tff/7 — y) (t — y , , 

h =■ — — : — = — -. Facendo ora r = o, si ha la di- 

Stanza del centro di gravità dell'arco infinito = = 

log.- 

ad un infinitamente piccolo, 11 che era ec. " 



SCOLIO. 

E veramente strano , che il Grandi nel liliro citato 
de' Teoremi - Ugeniani ( pag. i63 , 167 ) sia caduto 
neir enorme assurdo di asserire , che la logistica , la 
traottoria , e tutte le curve infinitamente estese , le quali 
col rotarsi generano una superficie finita , sono prive di 



DI CRECORIO FONTANA. 273 

centro di gravila : Ciir\a traeloria gravi tatìs centro ca- 
rere dia^nda erit , sicut logistica , et alice quKvis inter- 
minatoe linece , Jìnitarn siiperficiem. sui rolatione clescri- 
hentes. La ragione , f he ne reca il Grandi è la segucnle: 
si quod haheret gravitatis cenlrum curva logistica , illud 
certe in axe non forel , co quod curva suoni convexi- 
lateni illi ohvertat , sed ncque in ulla ab axe dislan- 
tia ; quanlilla enim hoec foret , circumjerentia a tali 
centro doscripta, in conversione curva circa axem de- 
terminalte alicujus longitudinis esset ; et rectanguluni 
ex ipsa in curvam injinilam logisticcB , adeoque et su- 
per Jicies curva , in rotatione circa axem descripta, im- 
Tnensce magnitudinis foret ; cum tamen Jinitani esse 
sic denionstretur eie. Da ciò si vede , che Grandi non 
ammette alcun mezzo fra il cadere precisamente sull'asse, 
e cadere in un luogo distante dall' asse per un intervallo fi- 
nito, comunque piccolo, quasi che fra la distanza zero asso- 
luto, e la distanza finita non vi sia la distanza infinitamente 
piccola, o inasscgnabile particolarmente nell' opinione di 
Grandi, il quale ammette l'assoluta rcaliti\ degli infiniti, 
ed infinitesimi di tutti gli ordini. Ma qual idea ( si dirà ) 
dobbiamo fijrmarci di questa distanza infinitamente piccola, 
se la quantità infinitamente piccola non ha alcuna realità, 
come giustamente si crede ? Il vero concetto , che dee 
formarsi della quantità infinitesima , non meno dell' in- 
finita , è di essere quella il limite della quantità de- 
crescente senza fine , questa il limite della crescente 
senza fine , e 1' asserzione , che il centro di gravità della 



aSo SOPRA IL CtlNTRO DI GRAVITA' EC. 

logistica, e della traeltoria infinita casca ad una distanza 
iufiuitesima dall' asse , ha questo senso : quanto più 
grande si prende t arco della logistica , o della traet- 
loria , tanto più si avvicina all'asse il suo centro di gra- 
vità , e facendosi l arco maggiore di ogni data f/uanr- 
li là diventa viceversa minore di ogni data quantità la 
distanza del centro di gravità dell asse. 



PROBLEMA STATICO 



D I 



GREGORIO FONTANA. 



U: 



NA trave AB fissa' in un' estremità B (Jig. i) viene 
innalzata da un peso P mediante un filo PMA , clie ac- 
cavalca una carrucola , ed è attaccato in A altra estre- 
mità della trave : cercasi la posizione della ti-ave nello 
stato d' equilibrio. 

Sol. Si congiunga il centro M della carrucola col punto 
d'appoggio B mediante la retta MB, che però sarà nota e 
in lunghezza, e in posizione. Risolvasi tanto la tensione 
del filo AM prodotta dal peso P , e rappresentata da 
AF , quanto il peso R della trave espresso dalla verti- 
cale GR guidata dal suo centro di gravità , ciascuna ia 
due altre, l' una in direzione parallela ad MB, l'altra 
secondo la lunghezza AB della trave. La tensione AF del 
filo equivarrà in quanto all' effetto alle due forze AQ , 
AN ; e la resistenza R alle due GH , GS. Le due AN , 
GH restano elise evidentemente dal punto fisso B j onde 
le attive sono le AQ , GS fra loro paralelle. 

pp 



282 PROBLEMA STATICO 

Sia ora MB=a , AB lunghezza nota della trave = b , 
BG=c , il seno dell'angolo GRH formato dalla verticale 
colla retta RH paralella ad MB dato di posizione , sia 
=m , il suo coseno =ai , 1' angolo MBA=a; , e 1' angolo 
AB]M=j. 

Ciò posto , si avranno le analogie AQ : AF :: sen.y: 
sen. a- \ e GS : GR : : sen. RGH : sen. GHR : : sen. ( GRH + 
GHR):sen. MBA, essendo GRH + GHR supplemento 
di RGH; d'onde si avranno le due equazioni AQ = 

AFscn.r Psen.y -„ R(scn.GTlH.cos.GHR+sen.GHR ros. GBH) 

scii.a ~~ sen. x ' sen. M13A 

Rwcos.j-4.R«sen.a: i- tt n n/r d a t\t 

= . per essere G H R = M B A. Ma per 

sen. X 

ipotesi le due forze AQ,e GS sono paralelle, ed in equi- 
librio ; dunque pel noto teorema i loro prodotti per il 

TI ,. . Pi^sen. y 

braccio rispettivo di leva sono eguali , ossia -^ = 

^cm COS. X -i-ViCn stn.x -, -m -n -n 
: onde ro sen.r=Rc/n cos.a;+nc/2 sen.o;. 

sen. X '^ 

I triangoli simili FAN , MAB danno la proporzione. 
MB(a):FN(AQ;::AB(6):AN = L A Q. Ma sen. MAB: 
sen.AFN::AQ:AN=^-^l^.ÌQ=^i2J!Ml!Z^ ^ 

^ scn.AJAB ^ sen. MAB 

. „ sen. )'cos. jr4.scn..r COS. y- , ^-^ ^^ i . ^ 

A Q = — 1 1 1. A Q . Dunque - . A O = 

sen. y ^ ■» o >■ , 

sen rcos.a:+sen.a:cos.y . _ ,-..,. AO 

— ■ ^.AQ; epperò dividendo per — i , e 

sen.^ X / j. i i sen.r 

trasponendo (è — a cos.a:)sen./ = a sen. a;'V^(i — sGn.y'^') , 
e quadrando (ò* — 2a6cos.a?+a* cos.a;^)sen.j'^a'scn.iX:*— ^ 



DI CRECORIO FONTANA. 283 

a* sen. a;* sen y , ovvero (6^ — 206 cos.oj + a* ) sen. j* = 

. , /7 Sfn. X „ . . . 

a* sen.o;^ .cioè sen.r=-T— -. —. . bostiluciido poi 

questo valore nell' equazione de' momenti P b sen. y ^ 
Rem COS. a; +Kcn sen. or , si avrà I' equazione 

R e ( m COS. oc + n senj a? ) = —77- j — '■ -r . Quadro 

questa equazione , ed ho R^ c^fni' cos. a;*+n* sen. a;* •*- 
smra sen.a; cos.arVò^ — 2aècos.a;-i-a* )=P* 6* a^ sen.a;^ , e 
facendo ò* +a^ =/^ "^ viene R* e* (m* +(n'-m*) sen.o;^ -t- 
2m«sen.a; cos.ajVy* — 2a& cos. a;") = P^ 6^ a* sen.o;* , cioè 
R* e- (m'^J^ + in^ — Tìi^ )/^sen.oc^ -t-aTìinf^sen.xcos.cc — 
277z^ aòcos.o; — 2(«* - m^ ) ab sen.x^ cos.ac — l^mn.ab sen.a;*: 
l^mn.ab sen.a;'')=P- Z>^ a* sen.a;* , ovvero 2R^ e- ( ni^ ab — 
mnf'' sen. x+{ìi^ -m- )a6sea.aj*WCi-sen.a;'")=R'' c'^mP-J^ — 
4R* e'' m n ab sen.x'-i- (R* c^ (n' -ni" )/'-P' 6" a" ) sen.a;* 
•4- 4 R* e* 77Z/Z aòsen. ae'. Se orasi fa i." m'a6 = /i ; . 2.° 
ninf^=k ; 3." (n^ -m^ )ab=g; 4."R' c^ m^f^^^p-, 5." 
4R» e' mnabz=q ; 6.° R* c^-/^ («" — /«" )— P" 6^ a" =/• , e 
si quadra l'equazione , nasce 

4R*cYA — «sen.a^-t-^scn x^ \ ' Ci — sen. a;" ^^(p — 7sen.a;+ 
V* sen. .t' +(7 sena;') , ovvero 

4RV'V/r- — ihkicn.x-i-Ck'- -i-iJig) sen. a;* — 2^A-sen.a;'-»- 
g^ sen. a* Vi — sen. a?- )^J* -ipq%cxì.x-i-{q'^ +ipr)%cn.x'^ -j- 
(s/jf/ — 2^/) seD.a:;'+ (/'■ -2^* )sea.a;V29/'sen.a;'+^'' seu.a;*. 



284 PROBLEMA STATICO EC. 

Laonde ordinando si ottiene 



7* ]sen.x'+2qr )sen.a;'+ r 



^sen.o; 
•i-4RV^M -SRV^yti -27' 

-4RVy 
4RVXA-^-+2^7i)] 

Hripq jsen.a;'+ 9* Isen.a;*— 2^7 ìsen.a; 

-2r//' f +2/9;' I +8R'''cVjA) 

+8RV'^7cj -4R<c''(^^+27;^)t 

-SRVVi^tJ +4RVVì^ ] 

■^/^' =0. 

- 4 R^ c< /i^ 

Da quest' equazione cavato il valore di sen oc , si avrà 
pure quello di ce , cioè la posizione della trave nello 
stato di equilibrio ; il che era ce. 



PROBLEMA IDRAULICO 



RELATIVO 



ALLA FORZA CENTRIFUGA 



DI GREGORIO FONTANA. 



u. 



's cannello rettangolare ACE infiultamente sottile , e 
vuoto d'aria contiene nel ramo orizzontale AC del fluido 
omogeneo , che lo riempie , e facendosi girare il can- 
nello intorno ad A tenuto fìsso, si va innalzando il fluido 
nel ramo verticale CE per lo sforzo centrifugo , che mercè 
la rivoluzione concepisce : cercasi qual esser debba la velo- 
cita rotatoria dell'estremo C del cannello orizzontale, affin- 
chè il fluido s'innalzi in CE ad una data elevazione CD. 



so LUZIONE. 

Supposto che il fluido , che quieto riempie il ramo 
AC , non empia in moto che la parte KC , e però si 
sollevi in CD=AB , si prenda BC=ò , AR=CD=« , la 
velocità di rotazione del punto C=c , la sezione infÌDi- 
tesima circolare del cannello =« , la densità del fluido 
= 1 , ìa gravità acceleratrice terrestre :=g , la indeter- 
minata BP=a;. Avremo dunque AC ad AP come la ve- 



286 PROBLEMA IDRAULICO 

locità di C a quella di P , cioè a+b : a+x : : e : -—— sss 

alla velocità di P ; e però la forza centrifuga dell' ele- 
mento Pp , cioè la massa dell' elemento moltiplicata pel 
quadrato della sua velocità , e divisa pel raggio sarà 

uc'(/i4-x)*dx ac'{a+x')dx , . - 

= , ,,.,, r-= — r — Tvt — > ed mtegrando avremo la 

ceC^ (ax4.'x*'\ 
forza centrifuga del fluido contenuto iaBP=-— ^ — — ^ — . 

{(]+b) ' 

senza aggiunta di costante , perchè la forza svanisce in- 
sieme con ce. Sicché mettendo b per x , nasce la forza 

centrifuo;a del fluido contenuto in BC = ^—y — j^^^ — , la 

quale dovendo essere uguale al peso del fluido contenuto 

in CU, SI ha perciò 1 equazione — - — — — =gu>a. Laonde 

liberando e' si ottiene c' = - — . Prendasi h per l'al- 

tezza dovuta alla velocità e, e sarà c^=2^/t; onde si avrà 

h = —r- — ~T- . Il che era ec. 
2b{a+{b) 

Cor. 1. Se viceversa • sì dimandasse l' altezza a data la 
velocità e, oppure h, sì avrebbe ibJia+b^ h=^b' a+^ba^ ■*-a' , 
e si dovrebbe risolvere 1' equazione cubica a' + 2 6 a* -t 
(6' — 2bh)a — òVz = o. 

Cor. IL Volendosi b , dato il restante , si dee risolvere 
l'equazione quadratica (a — h)b^+'2.(a^ — hd)b-*-a'=o , ov- 

vero b'+2ab-t T'^^^» '^ quale dà è=-o±v'f a' — ^ZT}- 

Questo valore di 6 è ognora reale ,a motivo dia-h ne- 



DI GREGORIO FONTANA. 287 

gativo; per cui risulta b=-a±Y (- — + aj^^-a+aV—- 

Si vede poi essere a — h negativo , cioò h-^a y ovvero 

,^"^ , ,, > a , osservando a+2ab-t-b' > 206+6'; il che ap- 

parisce ancora dall essere n = j— — — =0+ 



zab+O^ 2ab^b* 

Cor. IH. Se 6=0 , A^^ao , cioè affinchè s'innalzi tutto 
il fluido contenuto nel cannello orizzontale , la velocità 
di rotazione esser debbe infinita , che è quanto dire , 
che per quanto grande sia uoa tale velocità , vi rimane 
sempre del fluido nel ramo orizzontale. 

Cor. IV. Chiamando A la lunghezza del cannello oriz- 
zontale , sicché sia a+6=\, si ottiene A ^ — -r — r^ 

= — ;-, e quindi h>^'-ha^=a^'; e perciò A= 



^'-a''^^ ' -'"r V{/'-à)' 

dal che si ha la lunghezza del cannello orizzontale, qua- 
lora sia nota Y altezza del fluido nel cannello verticale , 
e la velocità di rotazione al punto estremo C. 

Cor. V. L' equazione del corollario precedente ordinata 

per a diventa la quadratica a •*■ -^ a — A'=o, che dà 

Cor. VI. Se contro l' ipotesi del problema , il fluido 
del cannello è esposto alla pressione dell' atmosfera nel 
ramo aperto EC , la quale equivale al peso d' una co- 
lonna del fluido del cannello di altezza = e , cioè al 

peso giae, allora risulta 1 equazione — - — Tr~=S^(fl+ej} 



288 PROBLEMA IDRAULICO EC. 

e quindi c = )/. ;•; — • Laonde h = -^ . ^^ sas 

; — n =a+e-t- — 7——. 

Cor. VII. Il valore di a si ha dalla risoluzione dell* 
equazione cubica a'-»-(26-*-e)a*+6(2e+6— 2A^^a+è (e — h) 
= 0. 

Cor. Vili. Il valore di b si ricava -dall'equazione qua- 
dratica (a+fi—k)b^-^2a(a+e—h)b+a'^ (a+é)=o , ovvero 

b^^2ab-^"-l^ = o, la qaale dà b=-a±\/( a'^'^^"\ 
a+e — /i '■ ' \ a+e — lij 

, —h , —h 

a^c — Il h — a — e 

Cor. IX. Posto A=a+b , T equazione precedente diventa 

A - a » -— ^-- — =0 , Cloe A - =— — =0, che dà A=av-; • 

k — a— e h-a-e n-u-e 

Cor. X, L' equazione precedente ordinata per a diventa 

a H — —a r-{à — e)=o, da cui si ricava a= ± 

k h '2.n 

Cor. XI. L'equazione del cor. IX si cangia (A'- a') /i 

=À*ia-He), dulia quale nasce n= =^a+e-^ ^• 

facendo ora A = na ( preso per n qualunque numero 

7 * 

affermativo ) si otterrà h = (a -*- e) . 



PROBLEMA DI OTTICA 



V I 



GREGORIO FONTANA. 



JOMiTH nel § i65 della sua imniorlale Ottica per is- 
piegare come il sole , e la luna compariscooo più grandi 
neli' orizzonte , che nel meridiano , ricorre alla figura 
apparente del cielo , e dice cosi : « La concavità del 
cielo apparisce all' occhio , che e il solo giudice della 
figura apparente , come una porzione d' una supei-ficie 
sferica minore dell' emisfero , vale a dire il centro di 
questa concavità h molto al di sotto dell' occhio , e pren- 
dendo un mezzo fra molte osservazioni , io trovo , che 
la distanza apparente delle sue parti verso 1' orizzonte è 
ordinariamente tre in quattro volte maggiore , che la 
distanza apparente delle sue parti verso il zenit. Impe- 
rocché se l'arco ABCD Cj^S- ^^ rappresenta la conca- 
vità apparente del cielo , O la posizione deirocchio , OA 
ed OC le distanze apparenti orizzontale, e verticale, di 
cui si cerca il rapporto {rapporlo traduce Duval-le-Roi , 
e posizione traduce il P. Pezemas malamente , come pare) 

Rr 



ego rpoblema di ottica. 

cercate priiuieramcule in qual tempo il sole, la luna, una 
nuvola, o una stella si trova in tal posizione B, die gli 
archi appaienti BA , BC, che si estendono da una parte, 
e dall' altra di quest'oggetto verso l'orizzonte, o il zenit, 
appariscano uguali all' occhio. Poscia prendendo l'altezza 
dell' oggetto B con un quadrante , o un arhalestrìlle , o 
trovandola col calcolo astronomico pel tempo dato , voi 
aviete V angolo AOB. Menando dunque la linea OB in 
questa posizione , e determinandosi un punto B ad ar- 
bitrio , si cercherà al basso nella linea CO prolungata il 
centro E d' un cerchio ABC , i cui archi AB , BC inter- 
cetti fra B, ed i lati dell'angolo retto AOC , sieno uguali 
fra loro : quest' arco ABGD darà la figura apparente del 
cielo. Avvegnaché all' occhio noi stimiamo la distanza 
fra due oggetti qualunque nel cielo dalla quantità del 
cielo, che apparisce fra funo, e l'altro Si può trovare 
geometricamente il punto E mediante la costruzione di 
un' equazione cubica » , Sinqul Smith , il c|uale non reca 
punto quest' equazione ; né supplisce a c|uesta mancanza 
il suo traduttore P. Pkzenas, uè tampoco l'altro valente 
traduttore, e cementatore Duval-le-Roi , e lo stesso 
Beniamino Robins, che nelle sue Remarks on Dr. Smiih's 
compleat system, of Opliks ha fatta una sì acerba critica 
all' ottica di Smith, si contenta di rimproverare a questo 
autore una tal mancanza , ma non vi supplisce in altro 
modo , se non con recare una costruzione per mezzo 
dell' iperbola , ma senza ricavare 1' equazione cubica , o 
dare alcuna dimostrazione di tal costruzione. Ecco pertanto 
la soluzione del problema. 



DI GREGORIO FONTANA. 29 1 

Guido da B il peipcudicolo BK sopra OC, e col rapfp;io 
EB descrivo l'arco circolare MBN , che dovrà essere di- 
viso egualinente in B. Essendo date di posizione le linee 
O A , OC, il punto B , e r occhio O , saranno date 
OF=a , ed FB=ò , e sarà da cercarsi OE=a;. Oia es- 
sendo EB=v/[(a + a:)'+6*]=EM=EN, sarà sen. CEB=: 

7— = -^,6 COS. LEB=— -==—;- :—rr^ ■ 'ooltre 

ON = v/(EN'— EO*) = ^(a' + 6'+2aa?), e sen. CEN 

=-— ===11— i— J-— /. Ma per ipotesi sen. CEN=sen.2CEB 

= 2 sen.CEB. cosCEB. Dunque —-. ———^=i- — — - ; 

e moltiplicando in croce , e quadrando 
(n' -t-ò' -i-iax) [(a h-.t)" +ò' J =4^' (a-t-o;)* , ovvero 
(a' +0" +iax){a' +b' +2ax + x^ '^s=/^h' (a* ^lax+x' ) , 
oppure a* +6^ +/fa' a?' + 20° 6" -+-40' a; + 4^^' a;+a* a;' ■<= 
b' x' -t-2ax^ =/^ a' b' +Sab' x+/^b' x' , la qual equazione 
purificata si liducc alla cubica seguente 

" ■ a; +(20 — 26 jic-»- = 0, cioè 



za ^ 'za 

x' + + 2(a^ — V)x+- = o. 



11 Gehler nel suo eccellente dizionario di Fisica (art. 
Hìmmel ) dice a questo proposito : « Di qui apparisce 
ora molto chiaramente , perchè il sole , la luna , le di- 



292 PROBLEMA DI OTTICA EC. 

Stanze delle s(clle fra loro , la larghezza cicli' arco cele- 
ste , e in genere tutte le grandezze apparenti nel ciclo 
sembrino molto maggiori all' oi-izzonte , qhe nell' altezza. 
La cagione è la figura apparente del cielo , ovvero ciò 
cbe è lo stesso , perchè V occhio secondo le regole or- 
dinarie della visione le prende per più lontane all'oriz- 
zonte. Smith dà sopra questa proporzione delle distanze 
apparenti OA , Oa , OB, OD, OC, la quale è insieme la 
proporzione delle grandezze apparenti, la seguente tabella. 

ALTEZZE. DISTANZE APPARENTI. 
0.° lOO. 

15." 68. 

30." 5o. 

45." 40. 

60.» 34. 

75.° 3i. 

90.° 3o, 

Egli spiega eziandio con ciò la figura ellittica degli 
aloni, che Newton, Whiston ( Philos. Frang. n.° 369) 
ed egli stesso avevano osservalo ; perocché il semidiametro 
inferiore dell' alone , o corona comparisce sempre piìi 
grande del supcriore; il che altera il diametro verticale, 
rimanendo inalterato 1' orizzontale. Finalmente egli con- 
ferma questa molto giusta teoria cogli esempj della coda 
delle comete , e di una meteora veduta da Cotes. » 



A N A L Y S E 

DE LA MAGNÈSIE DE BAUDISSERO EN CANAVAIS, 
DÉPARTEMENT DE LA DOIRE , 

PAR LE CITOYEN GIOBERT. 



JLj a terre de Baudisscro , connue sous le nom de terre 
à porcelaine (terra da porcellana) , a été regnrdép jiis- 
qu'à ce jour comme une terre argileuse des plus pures 
cjue l'oD connaisse dans riiistoire des fossiles. Oii la pla- 
cait , dans nos cabinets de mineralogie, comme de Talu- 
ni ine native. 

Dans une manufacture de poterle de grès , quc l'on 
avait établi à Vineuf, on a long-toms fait usage de cette 
terre , cn n'y vo3^'^nt qu'uuc argilc d'une pureté pcu or- 
diuaire. Le célèbre Maqulr , et avec lui le C" Bai'mé, 
auxquels , lors de 1 etablisscment de cette manulacture , 
on eovoya des échantillons de cette terre , prononcèrent 
positivemeut que cctait une argile mcilleure que celle 
dont on l'ait usage dans la manufacture nationale de por- 
cclaine à Scvre. 

Le docfeur Gioanetti continua à IVmployer avec suc- 
còs dans la manufacture do sa belle porcelaiue dans le 

ss 



'94 ANALYSE DE Lr MAGNESIE DE BAUDISSERO , 

méme locai de Viuciif, et il cnlroprit sur cetle terre, 
si non une analysc , au moins qudqucs expéricnces pour 
mieux connaìtre Ics proportlons entre la silice et la terre 
quii croyait éfrc de l'alurnine pure. Ces expcriences ont 
persuade an doctcur Gioanetti , quc si Ton exceptc un 
peu d'acide carboniquc quii avait (rouvé , la terre de 
Baudisscro n'était quc de lalumiiie presque pure , cu du 
moins aussi pure qu'il u'en counaissait pas d'excmple ail- 
leurs. Ce chimistc, auquel j'ai demando dcs ronscigncmens 
sur cotte terre , m'assura plusicurs fois que les morceaux 
clioisis lui donnèrent quelquefois jusquà o,go d'alumine, 
y compris un peu d'acide carboniquc , et qucn masse 
elle en donna it constamracnt au-delà de 80. 

En lisant la descriplion miuéralogiquc des montagnca 
du Canavais, par le chevalicr Napion , on trouve que ce 
minéralogiste estimahlc u'hésife pas d'assurer que la terre 
de Bandissero est l'argile la plus pure que Toa ait trouvé 
jusqu'ici en Picmont. 

Le mcnic Napion a dans la suite , et dans scs élt'mens 
de mineralogie , regardc la terre de Bandissero comme 
de l'alurnine native. 

Des faits si positivement assurés par dcs savans aussi 
estimables que Maquer , Baumé , et nos collògues Giga- 
netti et Napion , ne permettaient guòres de doutcr de 
la nature de cette terre ; on pcut ajoutcr cncore à ces 
autorités le succès avec lequcl Gioanetti l'employa cous- 
tamment dans la fabrication de sa .porcelaine. 

Dans une suite de rcclicrchcs que j'avais entreprises 



PAR I^E CITOYEN GIOBERT. ?r)5 

sur la fabricatiou iiitificicUe de l'alun , j'ai du m'occuper 
de cette tene , et à inon grand étonncment j'ai trouvé 
qua non seulcmcnt la tene de Baudissero n'cst pas de 
l'aluiiiine presque pure , mais qu'clle n'cii toutieut pas 
mcme ini atonie. 

La ville de Baudissero est piarle à moins de trois 
Jieues dlvrt5e et de Brozo. Ce deruier village , célèbre 
aulnnt par ses mines de fer que par la manière dont 
on les travaille, renferme entr'aulrcs mines dans une mon- 
tagne , luic mine eu amas et inépuisable de fer sulpliurc 
d'une pureté très - reraarquable , où l'ou a établi, depuis 
pUisieurs aunées , la fabrication du sulphate de fer par 
la combustion du sulpliure. 

En iuspcctant l'année passéc cette manufacture, j'ai élé 
frappé de l'action singiilièremeut éuergique que l'acide 
sulphureux, qui se forme par la combustion du sulpliure, 
et dont une partie se répand dans les environs , excrce 
sur de gros blocs de pierres, 

Ces pierres sont une sorte de scliiste granlfeux; l'acide 
sulpliureux Ics attaque si fortemcut qu'il les fait effeuil- 
lelcr , et les réduit , en dernier résultat , en une espèce 
defllorescence ou poussière bianche évidemraent saline , 
dont la saveur astringente y annonce du sulphate d'alu- 
mine. 

Cette circonstance me fit croire que , si l'ou eùt ex- 
posé à l'action de cet acide une bonue argile , on aurait 
pu l'aluniser ; et celle de l'existence de la terre de Bau- 
dissero , que je croyais de lalumine presque pure , à une 



29S ANAI.YSE DE ÌA MAGNÈSIE DE BAUDISSERO , 

distance asscz peu considcrable , me fit coacevoir l'cspé- 
rance de pouvoir établir arce economie ca Piémont , la 
fabricalion artificiolle do ralun. 

L'idee de cet établissemetit me paralssait d'autant plus 
heureuse qu'aux pieds memes de la montagne où est la 
pyrite, je venais de découvrir une grande tourbière qui 
se prolonge jusques près de la Chiusella , e est- à- dire 
jusques près de Baudissero , et qui presque sans frais au- 
rait pu fournir le combustible. Et il me paraissait qua 
a nature , en placaut d'un coté une mine inc'puisable de 
soufre qui fournirait l'acide sulphurique , de l'autre , 
des carricres int^puisables d'une terre destinée à en four- 
nir la base, dans un état de pureté très-rare , et au mi- 
lieu de l'une et de l'autre un combustible abondant , et 
le meilleur pour ce geure de travaux ; s'était, pour ainsi 
dire , épuisée en faveur pour l'établissement que jc proje- 
tais , et je m'étonnais que personne n'y eùt songé avant moi. 

Il ne s'agissait que d'entreprendre des essais , dans le 
but d'établir Ics proccdés les plus écouomiques que Fon 
suivrait ensuite ; et d'examiner, avant tout , si le fer qui 
est uni au soufre dans le fer sulphuré , n'exercerait pas 
sur l'alun qu'on obtiendrait , une influcnce dangercuse. 

Dans ce but j'ai commencé par chercher l'action. de la 
terre de Baudissero sur le sulphate de fer, et la quantité 
de terre nécessaire à la décomposition d'un poids donne 
de sulphate. 

Dans ces différens essais, le sulphate de fer dissous 
dans l'cau , et bouilli avec cclte terre eu différeutes prò- 



PAR LE CITOYEN CIOBERT. 297 

povtlons se dccojiiposa évidcmmcnt daos moins cVun qiiait 
d'heure dV-Inillition. Le fev se précipitait en gris noir ; 
lorsque la dissoliitioa élaìt bien sans couleur, loifque 
rainmoniaqiie instillée daus la dissolufion, n'y formait 
qu'iin precipite bica blanc, qui n'aunonca plus de fcr, 
je liltiai la liqueur , dont une partie fut mélt'e avec uu 
peu de potasse. Je l'abandonnai ensuife à la crislallisa- 
tion. Pour m'assurer s'il y aurait de la potasse dans la 
terre de Baud isserò, j'en fls cristalliser uue partie sans 
addition d'alcali. 

D'abord après le rofroidlsscment j'obscrvaì que Ics 
liqueurs avaient cristallisé; mais au lieii d'octaédres, fai 
trouvé les plus beaux, Ics plus élt'gans et Ics plus purs 
cristaux de sulphate de magnesie. 

La liqueur qui resta , donna par une nouvclle cvapo- 
ration les mcmes cristaux de sulphate de jnagnésie très- 
purs ; et il en fut de méme par les évaporations et cris- 
tallisations succcssives jusqu'aux dernières gouttes de li- 
queur. CVst atasi que Talumiue native se transforma 
fonte cnticrc cn magnesie , et que la ìnagnésie devint 
tout-à-coup une cxcelleute terre à porcelaine. 

Si dcs exemplcs de ce genre vicnnent à se multlplier, 
on se convaincra de plus en plus de la néccssité de lana- 
lyse chimique pour la connaissance des fossiles, et on 
appicudra, je pense , à ne pas trop se fier aux caractères 
extérieurs et physiques , dout il me paraìt qu'oa abuse 
trop. 

Quoiqu'il ca soit, ces rcsultats inattcndus m'cngagèrcat 



2f)8 ANALYSE DE LA MAGNÈSIE DE BWDISSERO , 

à f'aire de la terre de Baudissero unexamen plus soigne?; 
cest ce qui fait robjct de ce mcmoire. 

Lorsque j'ai trouvé que la prétendue alumiiie de Bau- 
dissero cn Canavais u'ctait qu'une terre magnc^sicnnc, je 
ne Gonnaissais d'autre cxemple d'une terre vraimeut ma- 
gncsienne , que celui que présente la terre de Salinellr , ou 
de Soramières , quo le citoyeu Berard a fait conuaitre, 
( annal. de chimie , T. 5c) , p. 65). 

Dans cette terre la magnèsie, quoique cn proportion 
mediocre, ii'est associéc à aucuue antro terre que la 
silice , ce dont on a bica peu d'exemples. 

Mais ea recevaot le 2 voi. de la minuralo2:ic de Bro- 
CHANT, j'ai trouvé que l'oa y annonce la découverte de 
la magnèsie native. Cest du carbonaie natif de magne- 
sie que le docteur Mitchel a trouvé à Roubschitz en 
Moravle. D'aj^-ès l'analyse qu'il cu a faite , et qui est 
indiquée par Brogh\nt, on assure que le carbonate de 
magnèsie , natif de Moravie, est compose uniquement de 
magnèsie et d'acide carbonique, à peu pròs en parties 
égales; mais la couleur grise jaunàtre tachetée de noir , 
que le docteur MitcheCì donne ;\ cette terre, paraìt in- 
diquer assez l'existence de quelques autres parties consti- 
tuantes. En coraparant les caractères et la nature de la 
magnèsie de Baudissero, il sera aisé d'ètablir les diffèrences 
qui la distinguent des terres magnèsiennes précèdentes. 

La magnèsie de Baudissero se trouvé disposée en 
filon dans une pierre stèatiteuse , dont est formèe 
la montagne qui la reufermc. Elle est accompagnce de 



PAR LE CITOYEN CIORERT. 2q<) 

pierre cornee, tantót coulcur de paille traasparente, tanlót 
coiinncncant se dccomposer , blauche , presqu'opaqiic. 
Dans cet état , celle piene coni^^e me parait la piene dont 
le docteur BoNvorsm a donne la dcscriptioa et l'analyse 
sous le nona d'hydrophane dii Piémout. 

Notre magnesie se présente en masses , souvent marne- 
lonnécs et souvent cn fragmens , plus ou moins gros ; 
les manielons ou fragmens sont quelquefois , mais ra- 
rement , tuberculeux. 

Cette terre est du plus beau blanc ; eu quoi elle diffère 
de celle de Moravie , dont la coulcur est grise jaunàtre 
tachefée denoir; elle differe de celle de Salinelle, ou de 
Sommiòrcs dont la coulcur est celle du chocolat. 

La dureté de cette terre est variable , quelquefois 
elle est tendre ; dans cet état je la nommerai dans la 
suite lerreuse ; quelques morceaux ont une dureté con- 
sidérable ; comme dans toutcs Ics expcriences je les ai 
essayés comparativcment, je nommerai cette dernière variété 
pìerrcuse , pour dfetiuguer 1 ctat de celle-ci de celui de 
la précédente. 

Les morceaux ou la variété pierreuse est rayée par 
l'acier ; mais elle raye l'acicr. 

Oa peut asse?, aisément la rédulre en poudre; mais 
avec beaucoup de dilTicultés en poudre très-Cne ; et on 
n'y parvient que par une trituration long-tems continuée 
dans un mortier de porpliyre. Sa darete ni s'aug- 
moiile, ni se diininuc par l'action de l'air. En cela 
elle diffère de la magnèsie de Moravie, qui est tendre 



300 ANALYSE DE LA MAGNESIE DE BAUDISSERO , 

et très-lcndre , et de colle de Stilinelle qui est molle dans 
sou lit , et ne durcit que par son exsiccation à l'air. 

Sa cassurc est dans cotte variété couchoi'de inégale. 

Sa suil'ace est matte; ou y volt ccpcndant quclque- 
fois , mais très-raremeut, des taclies luisautes. Elle est cons- 
tammeut et parfaitement opaquc, et médiocrement pe- 
sante; sa pesaoteur spécifique est variable. 
- Elle est ouctueuse au tact; mais très-peu dans les mor- 
ceaux pierreux; un peu plus dans les morceaux plus Icn- 
dres , ou terreux. 

Elle happe sensiblemcnt à la langue, mais très-peu ; 
elle acquiert cette propriété dans un degré considérable, 
lorsqu'elle est médiocrement chauffée au feu. 

Plongés dans i'eau, les morceaux pierreux n'en absor- 
bcnt pas; les morceaux tendres l'absorbcnt avidemcnt , 
et avec sifFlcment ; le mélange ne s'échauffe point. 

Los morceaux tendres se délayent considérablement 
comme les argiles ; les molécules de cette terre, comme 
celles des argiles, se tieuuent long-teflfc suspendues dans 
I'eau, à la différeuce de ccllcs des argiles, cllcs ne se 
lient pas. Au clialumeau sur un cristal de cianite, elle 
est iufasible. 

Traité cu masse, au feu dans un creuset, lors sur-tout 
qu'on y l'exposé dans un creuset rougi, auparavant elle 
decrèpite et se divise en pièces écaillcuses grosse s, qui 
s'élancent hors du creuset; ceci n'arrive pas si ou la eliauffc 
doucement et leutcment. 

Si on la réduit fiaement en poudre, et on la traite 



PAR T.E CITOYEN GIOBERT. 3o I 

cnsuite au fcu, dès que le fond du creuset commence 
à rougir, cctte terre bouillotiue un instant, ses moléculcs 
paraissfut se lier , couimo si elles étaicnt légèreineut 
humectées. 

Cent parties de cette terre traitées de celte manière , 
jusqu'à ce que tout bouillouucnicut cessa , et après une 
heurc d'incandesceuce , se réduisirent à 85 et 40j<^- Ctlte 
terre ainsi calcinée , jette cette lumière bleuàtre qu'oa 
remarquc dans la magnèsie ordinuire. 

La calciualion étant faite dans une coruue de grès, à 
laquclle on adapta un siphon, plongeant dans un llacon 
rempli d'eau de cliaux , il passa da gaz de la première 
impression d'une forte chaleur, et il se forma dans le 
flacon du carbonate de chauxj ainsi la diminution dans 
le poids est due ea partie au dégagement de l'acide 
carbouique. 

Mille gr. de cette terre en poudre très-Gne ont cté 
bouillis dans six livres d'eau distillée. La liqueur filtrée , 
essaycc par différens réactifs, a présente les résuUats 
suivans. 

Avec la solution de l'acetate , nitrate et muriate bary- 
tlques , le mélange se troubla sensiblement presque de 
l'instant, et il se forma un sédiment de sulpliate de ba- 
rytc , mais en très-petite quantité. 

L'oxalate d'amnioniaque y forma de l'oxalate de cliaux ; 
mais aussi très-peu. 

Ccs expériences répétécs dlfférentes fois sur de Ja 
terre provenante soit de morceaux pierreux , soit de 

J t 



502 ANAIA'SE DE LA MAGNESIE DE BAUDISSERO , 

morccaux tcrreux , ont conslanunent donne le mcme 
rósultat. 

La chaux et l'acide sulphurique, ou le sulphafe do ■ 
cliaux est dono , qnoiqu'rn petite quantité , aii nombre 
des pai'ties constituanfes de la tei re de Baudisscro , soft 
quelle se trouve a letat pierreux, soit lorsque elle se 
trouve à l'état plus teudre de terre. 

Dans les deux cas le nitrate d'argeut a forme t'galement 
un precipite. Mais oa a remarqué avcc celte solution , 
des diffórcnces remarqnables sur la lessive des morceaux 
pierreux. Sur celle des morceaux Icrreux, le nitrate d'ar- 
gen^ ne forme qu'uo precipite qui se ramasse cn poudre 
dans le verye ; au lieu que dans la lessive des morceaux 
pierreux , indépcndamment de ce precipite , on observa 
constammcnt des filamens qui iudiquaient la présence de 
l'acide muriatiqae. Plusieurs fois on commenca par enle- 
ver l'acide sulphurique par l'acetile de baryte , on filtra 
la liqueur , et on la traita par le nitrate d'argcnt qui 
y forme encore un precipite de muriate d'argent. 
-La lessive des morccaux pierreux presenta encore des 
différences avec l'ammoniaque. Ce réactif ne trouble ja- 
mais la lessive de la teiTe provenante des morceaux tcr- 
reux. Il troublait cepeudant , quoique très-legèrement , la 
lessive des morceaux pierreux. 

11 résulte de ces observations , qu'indépendamment du 
sulphate de chaux que les deux variétés pierreuse et 
terreuse de la terre magnésienne de Bandissero coufìen- 
oent , la dernière , e est-à-dire la vai"icté pierreuse , con- 



r PAR- I-E CITOYEN GIOBERT. 5o3 

iicìit de plus de l'acide inuriatique , prut-ètre combine 
en parfie à do la chaux , ù laquelle l'acide sulphurique 
tae peut suifire ; et très-sùreincnt tu pattie à une terre qui 
n'est pas de la chaux , puisqne sa dissolutioQ se laisse 
"décomposer par rammoniatjue. On verrà dans la suite , 
que celle terre n'est que de la luaguésie. 

Les acides sulphurique, nitrique et muriatiquc atlaquent 
cette terre , lorsqu'elle est bieu divisée ou en poudre 
très-fuie . 

Leur action ccpeudant est peu sensible ; mais à la moiu- 
dre iuipressiou de la chaleur elle devient très - niarquée. 
Des buUes très-petiles de gaz , qui s'élèvent du foud de 
la liqueur, une petite dcume bianche qui se forme à sa 
siuf'ace , et un léger sifllement annonccnt assez qu'il y a 
dégagement d'un fluide aeriforme ou de l'effervesccnce. 

Lorsque la terre a élé auparavant calcinée au ftu , 
leur action est bien differente. Il n'y a , comme il est 
naturel de le prévoir, aucune effervescence. Mais ce mé- 
lange s echauffe très - considérablement et au poinf qu'il 
s'ensLiit une vraie ébullition ; dans quelques uiinutes le 
melange se trouve changé en corps solide forme par une 
espèce de gelée qui en résulte. 

Celui des aoides qui cxerce une action plus marqnce, 
rst l'acide muriatiquc, ensuile le nilrique, et après ceux-ei 
le sulphurique. Ce dernier cependant ne dissoni que Irop 
dilficiiement en eutier la partie soluble, méine apiòs une 
ébullition long-lems conlinuée. 

La dissolulioD -faite dans des vaisseaux fermés et dis- 



3o4 ANALYSE DE LA MAGNESIE DE BANDISSERO , 

posés de mauicrc à en pouvoir recevoir le gaz , formo 
avec l'eau de chaux du carbonate calcaire ; ce qui con- 
firme le dcgagcment d'un peu d'acide carbonique déjà 
indiqué par la calciuation de cette terre au feu. 

Les dissolutions de cette terre dans les acides sont par- 
faitement sans couleur. 

La prussiate de chaux , l'oxalate d' aiumouiaque ne les 
troublent pas du tout. 

L'ammoniaque y forme un precipite très-abondant. 

Le carbonate de potasse ordinaire non sature y forme 
encore un precipite. 

Dès que ce carbonate ne trouble plus la liqueur , oa 
la laisse cn repos , et ensuite on la filtre , cette liqueur 
claire étant soumise à l'ébuUitiou , se trouble de nouveau 
et donne un deuxième precipite terreux. 

Eufìu , si au lieu de carbonate de potasse ordinaire non 
sature d'acide carbonique , on fait usage du carbonate de 
potasse bien sature , il ne se forme pas le moindre pre- 
cipite. 

Les expériences dont je viens de rendre compte , au- 
nouceut douc non seulement que c'est de la magnesie la 
portion de terre dissoute par les acides, mais quii n'existe 
avec elle aucune trace de chaux que foxalate d'ammo- 
niaque aurait iudiquéo ; quii n'existe avec elle pas raéme 
un atome d'alumine , que le carbonate de potasse sature 
d'acide carbonique precipite et ne peut rcdissoudre; qu'elle 
ne contient pas du tout d'oxide de fer , que le prussiate 
de chaux aurait fait connailre ; enfm que c'est de la ma- 



PAR LE CITOYF.N GIOBERT. 3o5 

gnt'sìe toute pure. Ce icsullat est coofiimé encore par le 
sulphate de magnesie que donne exclusivemeut la cris- 
tallisation de la dissolution de cette terre daas l'acide 
sulphurique. 

Les acides en dissolvant cette terre , laissent un résidu. 
La qiiantilé de ce rdsidu ne noiis a pas paru bicn cons- 
tante. Celili que laisse l'acide sulphurique, est constam- 
ment plus fort que celui que laissent les acides muria- 
tique et nitrique. 

Cent-vingt gralus de cette terre auparavant bicn les- 
sivce par de l'cau pure , ont laissd un résidu dont le 
poids , dans les diflérentes expériences qu'on eu a fait , 
n'excèda jamais ly.grains, et jamais ne fut moindre de 
i4' L'espèce plerreuse est celle qui eu general donne le 
plus de ce résidu insoluble. Plusieurs expériences qu'on a 
fait, et qu'il est inutile ici de rapporter, nous ont con- 
vaincu que ce résidu n'est que de la terre siliccuse très pure. 

La terre de Bandissero, d'aprcs les expériences précéden- 
tes , n'est dono que de la magnèsie avcc un pcu dacide 
carbonique , un peu de silice et très-peu de sulphate de 
chaux , avec des Iraces de muriate de magnesie dans la 
variété pierreuse. 

Pour en évaluer les rapports , nous cn avons Icssivé 
un poids donne , et on en precipita l'acide sulphurique 
d'une part par l'acélile de baryfe, et de l'autre la chaux 
par l'oxalate d'ammoniaque. Le poids de l'oxalate de chaux 
et cclin' du sulphate de baryte qu'on en a obtcnu , nous 
ont fait voir que ccut parties cn contienueut i,6o de sul- 



3o5 analyse de la magnesie de baudissero, 
phate de chaux Les expérieaces rapporlécs iudiquout la 
proportion de la silice. 

Pour établir celle de l'acide carbouiquc , nous avons 
tantót calcine des poids donncs dans dcs corniics , dont 
un siphon adaplé à leur bec plongeait dans des flacons 
reDi'onnaot do l'eau de chaux au-dclà de ce que le gaz 
acide carbonique , fuurni par la quanlité de terre em- 
ployée , aurait pu précipifer; tantót cn en dlssolvant des 
quantités considcrablcs dans des acides. aidés de l'action 
de la clialeur , ou cn recnt. le gaz développé dans dcs 
flacous rcrnplis de mème d'eau de chaux. Le premier 
procede est colui qui nous en fournit constamment le 
plus. Le carbonate de chaux forme .dans ces dilférentes 
expéricnces, nous apprit que cent partics en conticnueut 
de 8 à 12 d'acide carbonique, et un peu moins quclque- 
fois dans respcce pierrcuse. Maintenant , si l'on déduit ce 
poIds de l'acide carbonique de la perte en poids que 
cette terre souffre par la calcination au feu , que nous 
avons ci - dessus énoncé , nous avons encore la quantité 
d'eau cjue cette terre conticnt , et il résulte , en rappro- 
chanl nos différentes expériences , que la teiTC de Bau- 
dissero est composce de 

Magnèsie 68. 

Acide carbonique .... 12. 

Silice i5,Go. 

Sulphate de chaux. . . . 1,60. 

Eau 3. 



PAR LE CITOYEN GIOBERT. Soy 

Cest d'aprcs ce resultai quc je lui ai donne le nom de 
magnèsie native. Elle se trouve à la vérité mèlée dua 
peu de silice; mais si lon a pu donnei- le litie dalu-- 
mine native à l'aluminc de Hall cn Saxe , dont cent 
parties ea contieuneut 2/(. de sulphate de chaux ; si Tea 
a pu donnei' le noin de mapfnésie native à celle de Mo- 
ravie annoucée pai- M/ Mitcuel , dont cent parties ea 
conlieuncnt 5o d'acicle caibonique , il me parait que celle 
que je vicns de faiie connaitre, y a de plus giands titres. 

La terre de Bandissero présente un sujet d'observations 
intéressantcs dans la rechcrche de sou origine. Plusieurs 
faits me portent h croire que cette terre n'est que la pierre 
cornéenne ou cacholong, décrite et analysée par mon col- 
lòguc BoNvoisiN. Il me parait que le cacholong à un point 
donne de sa décompositlou, forme ce que Bonvoisin a 
dc'signé sous le nom dliydrophane du Piómont , et que 
par sa di'-composition complète il forme la terre magnc- 
sienne dont je vicns de donner l'analysc . Bonvoisin a 
énonré une opinion précisément opposéc ; car il a sup- 
pose que ceftc terre, loia d'ètre le produit de là décom- 
position du cacholong , cest lelément de sa formation. 
No! re coliègue Gioanetti porte la meme opinion. Dans 
ces dcux hj^potlièses on aurait toujours le changcmcnt 
d'une terre dans une autre, c'ost-à-dire le changemcnt de 
la silice et de l'alnmine cn magnesie dans ma maniere 
de voir; car c'est piincipalement de ces deux Icrrcs que, 
d'après l'analyse de Bonvoisin , est compose le cacholong 
et l'hydrophanc; et le changement de la magnesie en ala- 
mine et silice daus Ihypothèse de Bonvoisin et Gioanltti. 



3o8 ANALYSE DE LA MAGNESIE DE BAUDISSERO , 

Ce sujet me paraissaut assez piquant , je me propose 
d'auitlyscr compai-ativement ces pierres à différens degrés 
de décomposition ou d'agalisatiou , ce qui fcMa le sujet 
d'un mémoiie que j'aurai l'honucur de vous prescnter. 

Il me reste maiutenant i\ examiner les usagcs écono- 
miques auxquels cctte terre pourrait étre employée. 

L'expórieuce dont j'ai rcudu conipte au corameuce- 
ment do ce Mémoire , de la décomposition da sulpliate 
de fcr par celle terre, décomposition dont un exccllcnt 
sul[)hate de magnèsie eu est le résuUat, indiquc déjà 
un des moyens par Icsquels on en peut fairc une appli- 
catiou utile. 

Les 2,5 livres de sulpliate de fer ne coùtant cliez uous 
que 3 fraucs, tandis que le prix du meme poids eu sul- 
phate de magnèsie est de 8 francs,on pourrait déjà suivre 
ce procède avec avantage. On peut y ajouter encore que 
le sulpliatc de magnèsie du commerce gras , mèle de 
beaucoup de sulpliate de sonde, ne saurait étre compare 
à celui que l'on obtient par le procède indiqué, qui ègale 
au moins le meilleur sei de Canal ; aiusi dans cette com- 
paraisou on pourrait èvaluer à dix francs au moius le 
sulijliate de magnèsie plus pur qu'on en obtient , et le 
bèuèQce en est rèellement plus grand. 

Ce nest cependant pas le meilleur procède à suivre là 
où l'on est dans le cas d'en pratiquer d'autres , dont je 
vais rendre compte. 

Les expèriences sulvantes font connaitre deux procèdés 
intÌDimcnt plus éconorniques. 



PAR LE CITOYEN CIOBERT. Sog 

Dans un premier essai jai pris deux livres de terre de 
Bandissero rcduite en poudre grossière, avcc aiifant de fer 
sulphuré de Brozo , également réduit en poudre. Ou les 
mela exactemeut , et on en traita la moitid daus un creu- 
set ; l'aiitre moitió on la traita dans une capsule au fcu. 

Dans l'ime et l'autre le melange écliauffc au rouge , 
jetait dcs étincelles, sur-lout cn le rcmuant. Il parut se 
réduire en poudre plus fine; une espèce de bouillonncment 
cut lien, produit sans doute par le dégagemeut de l'acide 
carbonique ; et on observait ca et là de la fiamme de 
soufre qui se brulait sans donner aucim indice de forma- 
tion de sulphurc. L'odeur siilpliureuse u'ctait cependaut 
pas bien incommode, d'où l'on en concluait que la ma- 
gnesie absoibait asscz bicn les acidcs sulphuiique et sul- 
phurcux en proportion qu'ils se formaieut par la . com- 
bustion. Le melange dcvenait d'un gris-noir , ou à mieux 
dire , noir , mais qui paraissait gris par des molécules 
blanches qui le divisaient encore. 

Apròs trois heures on le laissa refroidir, on lliumecfa 
avec de l'eau, et on l'abandonna jusqu'au lendemain. On 
en lessiva alors une partie; la dissolution ('Nait trèsclaire, 
et traitée par l'ammoniaque donnait un precipite très-blanc 
et abondant. Cettc circonstance indiquant que beaucoup 
de magnesie s'était sulphatde dans l'opcrafion , on lessiva 
tonte la malière. La Icssive (rès-claire , évaporée couve- 
nablemeut , donna de la première cristallisation une li- 
Vre de sulpliate de magnèsie en cristaux élégans. La li- 
queur qui resta, donna encore , par des évaporations suc- 

YV 



3 IO ANALYSE DE LA MAGNESIE DE BAUDISSERO , 

ccssives, une livre et dcmic dii mémc sci en beaux cris- 
ttiux trcs-sccs et tròs-blancs. Jiisqu'à la dernière goutte 
la liqueiir fournissait des cristaux , et Tcau mci'c ne de- 
vient jamais grasse. 

Le mélange qui resta après la lixiviatiou, fut giillé une 
deuxième Ibis , et il nous donna encore du sulphale de 
magnesie. On le rejcta alors , quoique ttès-apparemment 
il pùt donnei-, par une nouvelle tonélaction, du nouveau 
siilphate de magnesie. 

Dans une deuxième expérience on a essayé le sonfre 
pur au lieu de la pyrite ; il était facile de prévoir que 
le résultat en serait le méme; on a cependant voulu s'eu 
assurer , et le résultat en fut parfaitement satisfaisant. 

Le parti que fon peut tirer de catte terre , consiste 
donc à la sulphater et à la réduire en sei d'Epsora ou 
sulphate de magnesie. 

Le procede par lequel on y parviendra , ne saurait 
ètre plus simple. 11 suffit de réduire en poudre la terre et 
le soufre , ou le sulphure de fer 1;\ oìi l'on peut s'en pro- 
curer , comme on pourrait le faire à Baudissero. On m&- 
lerait ces substances à-peu-près à parties égales , car il 
est utile de procéder avcc excès de terre , d'autant plus 
qu'elle ne coùte presque rien. On torréfie le mélange 
dans un four cliauffé au point que le soufre puisse se 
brùler Dès que l'on ne voit plus de jets de lumière sul- 
pliureuse, on laisse lefroidir le four. La matière extraite 
est mouillée avec de l'eau dans des cuves , et abaudoanée 
pendant quelqucs jours eu la remuaut. ' 



PAR LE CITOYEN CIOBERT. OH 

Tjn partie de soufre qui cu se brùlant n'étaft passée 
qu'à l'ótat d'acide siilphiireux , ou le sei qui u'éfait qu'à 
l'état de sulphite , s'oxigèiie leutemcnt , et se change en 
sulphate. Oa lessive alors la matièie de la mémc mauicre 
qu'oQ le pratique avec les terres nitreuses , on evapora 
sullisaniinent la liqiieur, et on l'alt ciistalliser par rcfroi- 
dissciiuMit. 

On pcut encore pratiqiier une autre niélliode Ih où 
l'on pmccderait avec des sulphures , cu \k oli , commc i 
Biozzo , on a une manufacfiue de sulphate de fer. Le 
four où l'on brulé la pyrite , pcut ciré couvert par des 
tas de magnesie. L'acide sulphureux qui se degagé , sc- 
rait absorbé par la magnesie , et a l'avautage de metfre 
un terme aux réclamations des propriétaircs des biens 
près de la manufacture, ou aurait celui de sulphatcr de 
la magnesie, dont on tirerait ensuite le sei par la lessive. 
Ce dernier procede , s'il était inlroduit dans la manu- 
facture d^e Brozo , pourrait verser du sulphate de ma- 
gnesie dans le commerce à un prix extrèmement modique. 

La magnesie de Bandissero, formant une très-bonue 
porcelaine avec le silice , presenta encore un sujet de re- 
cherches intéressantes daus l'art de la poterie. tl'ai forme 
avec cette terre et une quautlté de terre argileuse de 
Castellamonte suffisante pour la lier en paté , quelques 
ereusets et capsules. Ces creusets ont été expos^s au four 
de la verrerie de Pò pendant /^S heures. Les terres ne 
paraissaient pas avoir contraete sufGsamment de l'union ; 
cependant la dureté de ces creusefs est felle qu'ils ne 



/ 



3 12 ANALYSE DE LA MAGNESIE DE BAUDISSERO , EC. 

soat pas attaqucs par la lime. Le clocleur Gioaketti , 
qui s'occupe daus ce moincnt d'une manufaclure de po- 
tei-ie ea grès , répandra dcs lumicres sur ce sujet. 

Je terminerai eu observant que les essais qu'on a fait 
de cette terre dans la nicdeciae vétérinaire , employée 
comme absorbant, oat réussi complètemeat. 



A D D I T I N S 



AU IIÉMOIRE PRÉCÉDENT 



PAR LE MEME. 



Ues recherches ulférleures que Je viens de faire sur 
les argiles , ni'ont appris que ce n'est pas seulement à 
Bandissero qu'on trouve la magnèsie quo uous vcnons 
de faire connaitre; on en trouve encore à CastcUamoute , 
gros village pròs celui de BaudisscM-o. 

Le C/" Bertolini , doctcur cu médecine , un de raes 
élèves des plus dislingués , ayant suivi le détail des ex- 
péricnces que nous avons faites dans notre laboratoire à 
lecole de cliimie generale , nous invita à cssaycr une 
terre particulicre de Castcllamoute, sa patrie , qu'il croyait 
pouvoir nous fournir l'alumiue qu'on avait cherché inuti- 
ietnent dans la terre de Bandissero. Bientót par Ics soins 
du C."" Onorato cliurgien de Castellamonte, qui est le 
propriétaire du bicn-fonds oh se trouve cctte terre , feti 
rccus une très-grande quantité , et nous l'avons exaniince 
C'oinparativenient avec celle de Bandissero. 

La terre de Castellamonte cju'on nous apporta, parais- 
sait assez la mème que celle de Bandissero ; mais, tclle 
qu'on la relire de la terre, clic a, d'autrc part , des ca- 
ractères extérieurs diffcrcDS , qui paraisseut lenir aux dif- 



3l4 ADDTTIONS AU MEMOIRE PRÉcÉDENT , 

férens dogics de dócornposition de la pìerre cornéenne 
ou cacholong , qui la fournlt ci Castellamonte toiit aussi 
bien qua Baudissero. 

La couleur de cotte terre est le blanc tirant au blcuà- 
tre. Eq masse: cette terre est opaque ; mais dès qu'on 
l'examiue en petits IVagmens d'uue moyenne épaisseur , 
elle a une demie transparence. 

On ne pcut mieux la comparer , à ces deux égards , 
•quVi la matière de la come. 

Elle est tròs-tendre , et se laisse couper par le coutcaii, 
comme du fromage dur. Son taci est plus onctueux; elle 
liappe vm pcu plus forteraent à la langue , que la terre 
de Baudissero. 

Traitée par lés acides, corame celle de Baudissero ter- 
reuse, cette terre commence s'y délayer, ensulte s'y dissout; 
il y a cependant une différence bien remarquable : c'est 
qu'elle se dissout dans tous les acides sans la moindre 
effervescence. 

Elle ne donne non plus le moindre indice d'acide car- 
bonique , en la traitaut au feu dans des vaisseaux fermés 
et garais d'un siphon qui met dans de l'eau de chaux. 

Cette terre ne contieni , comme celle de Baudissero , 
aucune trace ni d'alumine , ni d'oxide de fer. 

Gomme celle de Baudissero , la magnesie de Castella- 
monte, contient un peu de sulphate de chaux et du muriate 
de magnesie qu'on y séparé par sa lixiviation dans l'eau. 

Le reste n'cst que de la magnesie et de la silice. Mais 
la proportion de cette deruicre y est plus grande, quo 



PAR LE MEME. 3t5 

dans celle de Baudissero. On pcut la fixer de 18 à 20 
centicines parties. 

Lorsqu'on conserve celle terre au coniaci de l'air, ses 
caractères extérieurs cliangenl. 

Sa couleur dcvienl peu-à-peu le blauc mal, la mcme 
que l'on a remarquc daus la lerre de Baudissero. 

Sa demie trausparence se détruil; ses molécules se dé- 
lieul; et dans deux ou trois semaines elle se trouve avoir 
absorbé de l'acide carbonique au point de faire une elfer* 
vescence avec les acides aussi marquce que celle que pro- 
duit la terre de Bandissero. Elle s'identifie eii un mot com- 
plètement avec cette dernière ; avec celle seule diff'érence 
que, physiquement considérée , sa compacité est beancoup 
moiudre , elle devient méme friable ; et que considérée 
chiraiquement, elle contieni un peu plus de terre siliceuse. 

11 parali donc bien démontré que les terres de Bau- 
dissero et de Castellamonte soni une vraie magnèsie native, 
mèlée d'un peu de silice *. Dans la lerre de Castellamonte 



* Le village de Castellamonte est trcs-célèbre par ses arpiles et par la 
bornie poterle qu'il fouruit à toute la 27.* Division militaire. Il faut bien 
se garder de confondre les argiles doni cette polerie est formée, et la terre 
qui est dans le commerce , sous le uom de terra di Casteìlumonle , avec la 
terre dcint il est ici question. Celle-ci est une terre niagnésienne , la méme 
que celle qui , dans nolrc commerce , 'est connue sous lo uom de terre de 
Baudissero , tandis que la terre communc de Castellamonte u'esl qu'une 
vraie argile ferrugineuse, assez riche en aìumine. C'est de la terre h por- 
celaine de Baudissero que doiveiit drmander ceux qui roudraienl piacer 
de celle magnèsie dans leurs cabinets. Si l'on souliaitait celle qu'on trouve 
i CastBllamonte. il faudra s'adresser au cbirurgien O^OBATO. Od eviterà 
par ce mo;)eu toute uiéprise. 



Zl6 ADDITIONS AU M^MOIRE PRÉcéoENT , ETC. 

il est bien dtimoutré que l'acide carbonique est tout-à-fait 
ctranger à soii existence daus le sein de la terre ; et 
quelle u cu conlient que lorsque par une longue exposi- 
tiou au contact de l'air, a pu en absorbcr de l'atmos- 
phère. Celle de Bandissero coutiont à la véritc de l'acide 
carbonique ; mais la quantité quelle en contient est 
assez éloignée de celle c[ui serait nécessaire pour la re- 
gardcr comrne ini carbonate de magnèsie; au surplus 
la terre de Baudissero depuis long-tems explollée se 
Irouvant au contact de l'air, c'est de l'atmosphère qu'elle 
doit l'avoir attiré, et en proportion du tems plus ou moins 
long quelle y a été exposée : au moins je ne doute pas 
que si l'oa prenait la terre de Baudissero à une cerlaiue 
profondeur, oQ'n'y trouverait pas de l'acide carbonique. 
Je terminerai ces additious en observant que la terre 
du Musluet à Caselette , proveuante de la décompositioa 
de la mème pierre cornéenne ou cacholong , doit étre 
probablement aussi de la magnesie. Mais je n'ai fait cncore 
sur celle terre aucune i-echerche ; le docteur Bokvoisin , 
qui en a donne l'analyse dans son état de cacholong , et 
de pierre liydrophane, et moi nous nous proposons de 
répéter l'analyse de celle pierre dans les deux états énon- 
cés et dans celui terreux ; ce sera le sujct d'un mémoire 
particulier que uous aurons l'honueur de vous prcscntcr. 



MISCELLANEA BOTANICA, 

UBI ET RARIORUM HORTI BOTANICt STIRPIUM , MINVSQUE 
COGNITARUM DESCRIPTIONES , AC ADDITAMENTUM ALTERUM 
AD FLORAM PEDEMONTANAM, ET AD ELENCHUM PLANTARUM 
CIRCA TAURINENSEM VRBEM NASCENTIUM ; lUM LOCORUM 
KATAIU'M INDICATIO , AG OBSERVATIONES BOTA^'ICJ: 
CONTl.NEKTUR. 

AUCTORE JOANNE BAPTISTA BALBlS, 



P 



OSTQUAM liorti liujusce botanici cura rm'liì concreditiT 
est , prò virili parte mihi elaborandura existimavi , ut 
qucE propter belli vicissitudiucs darana, caquc gravissima 
passus fuerat , illa , quantum fieri poterat, rcpararentur } 
bine intermissum jamdiu cum summis extcris Botanicis Viria 
commercium revocavi, mutuam seminum commutationem 
proposui , ac itinera , et excursioues varias suscepi , ut 
hortus hic, inimortalis praeserlim All'onii- nostri opera, 
studioque olim plurimis plautis ditatus, ad pristinat» 
faniam , gloriamque resurgoret. 

Ob id perdiflicile anno Reipublicfe nono, ac tliermali 
mense iter iustilui, et primo quidem Vesidum monlem 
CODScendi, ut Isalìdem alpinani nuuquam a me visan7 
legereni, vivamque hunc iu hortum transferrem; descendi 

XX 



3l8 MISCELLANEA BOTANICA 

cU'iu in vallom Queìras , ubi amoenissima prata ccrnas 
influito, vai'ioquG stirpium uurnei'O ornata: ibi plantas , 
et semina legi pernmita, atque hsec prasscitim circa 
Guìlleslre , ]\lonl-L,yon , et Brian^on: dein jiigiim adii, 
cui Geneire nomen , et Col/et ipsum superavi, ut /^rt- 
lerianam scdiuncam , et Berardiani suhacauleni colli- 
gerem , praHcr innumeras alias rarissimas alpinas stirpes, 
atque ex iis alias vivas effodi ; aliarum semina percepi : 
tum ad oppidum Cesane, ac in valleni Pragp/Ias Cor' 
tusam Matthioìl acquisiturus transivi. Ex hoc itinere 
redux, Segusiuin contendi, et varios montcs circa liane 
urbem sedalo perlustravi ; mox Ccnisium montem milii 
viscndum diixi, quem cceteris, quos peragravi, montibus, 
multo ditiorem stirpium numero, ac varietate reperii. Ibi 
nempe fere omnes existunt piantai, quo? frigidis alpibns 
enasci consueverunt. Scilicet et alterna glacie tegiintur 
alpiuin cacumina hunc montem praecingentia, tamque 
diverso modo se prodit earum aspectus , tot tantcCque 
sunt limpidarum aquarum undequaque patentium scatu- 
l'igines, omnesquc in communem alveum confluentes, 
quaMS vastissimus lacus efficitur, delicatissimo Salmone 
Trulla refertns : hunc circa lacum proinde lacustrcs 
pluriinne piantela exoriuntur, plerceque caricuin species, etc. 
ridentia quoque prata undequaque optirais stirpibus, ac 
gramineis priesertim conspersa observantur. 

Hic igitur pluribus diebus mansi, et magnam tum stir- 
pium vivarum , tum scminum quoque segetem collecta, 
Sogusìn/n redii , ubi et alios praeterea montcs , ucc siue 
fructu percurri. 



AUCTOnE J. B. BALBIS; 5lf) 

Hic (amen nolim sua laude fraudatum oculatissimum 
virum Ignatium Molinrri, mihi in hoc itinere socium, 
comitetnquc, cui et tanta locorum peritia, tanta stirpium 
determinato loco crescentiiim notilia , ac lantus in senili 
licet gelate ardor, ac oestus, ut maximam ipsi fructus ex 
diuturno ac laborioso hoc itinere percepti partem tri- 
Lueudum volens, lubcnsque conGtcar, 

Neque etiam silentio prcrtercam, ob multa a pi-ceclaris- 
simis botauicis accepta semina, ac praeseitim ab egregio 
viro, et amico dilectissimo Nocca botanices professore Pa- 
pe/? s/, et illustribus Bonato, Pascal, Romero, Thouinio, 
NicoDEjii , ViLLARio , aliisquc hortum hunc nostrum novis 
stirpibus mirifice ditatum existere. 

Sed,ut id magis magisque perficeretur, et stirpes maxi- 
me in hortum invehercntur, quce regionem liane nostrara 
subalpinam exornant, calidiora insuper loca, Ligwiam, 
ISiceKììsem agrum, ac marilimas alpes revisendas cxi- 
stimavi, ob idque Ignatio Moliueri, quem supra laudavi, 
auctor, hortalorque fui, ut illuc iter capesseret. Quod stre- 
nue ipse perfecit, ac maximam inde stirpium, et scminum 
copiam , qua hortus in praesens ditcscit , mihi reportavit. 

Neque vero in solo multiplicaudo stirpium numero 
totus fui, sed et in casdcm rite cxpendcndas, mulfipli- 
ccsquc errores emendaudos incubui. Item planfarum ab 
alio cognito auctore band traditarum descriptioncm in- 
sili ui, ut quum tandem occasio tulcrit, cas publici juris 
facicndas, iconibusque illustrandas curarera. 

Qua quidem in re perficicuda anccps quam maxime 



320 MISCELLANEA BOTANICA, 

fui, veritus, ne quas foi-te stirpes a me novo nomine 
iusignitas tratlcrcm, eae ab aliis antea fuen'iit descriptop, 
ac sic confusio hac in re suboita propagarclur. Namque 
botaniccs tot tantaque nosfris dicbus cocpit incrementa , ut 
uudequaque percelcbres viri minus cogifarum, novarum- 
que eli.im stirpium descriptioues exhibeaut , quia corum 
opera quisque sibi iuterdum comparare facile queat. 

Ceterum , ut in re tanti momenti indiligens minime 
sim , atque stirpes dubiie , vcl nullo vulgari adliuc pecu- 
liari nomine iuslgnilce ulterius Botanicorum indaginem 
haud effugiant , optimum duxi nonnuUarum modo des- 
criptionem tradere , ac icones rariorum adj icore , obscr- 
vationcsque ah'quas a me factas cursim indicare. 

Quum vero , tum ex iustitutis ilineribus , tiim ex sol- 
lertiori Pedcmontanarttm stirpium pervestigaliouc , per- 
multa3 mihi pvoesto fuerint, qu?e alteri additamento Floras 
Pedemontanne esse possunt, quumque potissimura ex fuu- 
gorum familia , et ex Tauri) lensihus collibus , et ex aliis 
praetcrca circa liane urbem locis planis aliati sint , qui 
elenchuin alias evulgatura amplificcnt, hcCC universa unico 
.hoc libello complccti malui , et aliqua insupcr uatalia 
plantarum loca accuratius indicare , doncc opportuniori 
occasione liccat opus hoc in synopsi stirpium omnium 
vigesimam scptimam divisionem Reipublica; Gallicae exor- 
nantium fusius ,_et seorsim pertractare. 

In iis autem tradcndis Linnceanum scquar systema , 
atque ut planfas horti hujusce ab iis , quaì Pcdemontio 
indigena; sunt , distiuguantur , * asterisco eas aduotavi. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 321 

C L. II. 
DIANDRI A MoNOGYNiA. 

PiNCUicuLA grandiflora Lamarrk. 

P. calcare cyliudiico , floris longiludine, fauce dilatato, 
labio supcriore latissimo. Encycl. t.'ò ,p. \ , pag. 22 , 
lab. 14,/^. 2. 

P. ncctario subulato recto, longitudine floris, labio su- 
pcriore patente emarginato. IVild. i,p.i,p. no; 
Kitni. sappi. I , pog. 5^. 

Legi in alpibus Vesulis, et in valle J^araitce. Circa 
S. Peyre repcrit soUertissimus mediciuie doctor 
Genzana. 

Recte speciem liane a vulgari L. scjunxit CI. La- 
MARCK. Flos eniui liuic major, purpureo -violaceus, 
calcari -longissimo praeditus, cujus orificium magis 
dilatatum; corollaì labium superius latissimum, et 
obtuse trilobum. 
** PiNGuicuLA alpiìia, L. 

Copiose reperi hanc Piuguiculae speciem in rupestri 
cavea, secus rivulum excurrenlem retro Kremum 
Tauriuensem prope Pecelo. Elegantissime llorentem 
ad fiuem aprilis, in hortum traustuli. 



Hoc, signo iodicantur slirpes floree Pedeinonlapje, 



322 MISCELLANEA BOTANICA , 

T R 1 A N D R I A M o n o g y ni a. 

+ Crocis medius Baiò, addii, ad Jlor. pedem. p. 83. 
nunc est Crocus ( multifidus ) flore aphyllo , slig- 
matibus capillaceo raultifidis. Ram. buUelìn des Scien- 
ces. Paris lab. ^,Jig. i, 2, 5, I^. Vilm.suppl. i, 
pag. 58. 

* Iris Irijhra N. (Tah. \.J 

Iris imberbis foliis lioearibus , caule trlfloro tereti lon- 
gioribus. 

Descr. Radix caespitosa , caulis pedalis erectus , infir- 
mus foliis brevior ; folia plerumque ùria linearla , 
plana, striata, acuta, interius lougissimum, reliqua 
sensim breviora ; vagine extus viridescentes , striala*, 
ora albida , acumiuatae , parum ventricosre. Flores 
plerumque tres pedunculati , cerulei ; honim petala 
reflesa reticulata, ungue albicantej striis cyaneis. Po- 
tala erecta caerulca , emarginata , ad ungucm valde 
attenuata. Stigmata pariter caerulea, bifida, laciniata. 
Gennen bcxagonum oblougum. 
A pluribus annis in horto colitur. 

* Iris deserlorum N. ( Tab. i. ) 

I. barbata, foliis ensiformibus , extrorsum falcatis, caule 
tereti, foliis duplo alfiore , trifloro , petalis exlerio- 
ribus reflexis, interioribus incumbentibus. 

Sigoo t plantve de»ignautur additamenU nostri ad Floram pedemoulanam. 



AUCTORE J B BALBIS. ZlZ 

Descr. CcUilis tcrcs , hinc inde aiticulnhis , trifloriis , 
foliis duplo altior; ha>c extrorsum falcala, ad nodos 
spathacca ; florcs alterni ; pelala exierioia tria re- 
flcxa , alba , purpnrcis , rarisque striis trausversis ad 
maiginem signata ; interiora costa , striisqiic puipu- 
reis , incunibeutia , subemarginata ; barba alba ; sti- 
gma purpnreum ; anihcra' alba-; germen trigouum, 
turgidiim , angulis medio snlcntis. 

A pluribus annis in horto exciilta sub eodem Iiiclìs 
desertorum nomine. 
SciRPUs Ewnlhryon Rotli. 

S. culmo striato nudo , spica bivalvi , glumis calycinls 
inaequalibus, ovatis obtusiusculis, ni embranaceis ; al- 
tera majore, spica duplo-longiore. Lìnn. sappi. io3, 
(Ed. F/or.Dan., lab. i6j. 

S. Halleri; Fi/l. DelpJi. 2, p. 188. 

S. minimus capilulo squamoso, breviore , et crassiore, 
fusco ; Scheuchz.Agrost. p. 366, tab. 7 , fg. 21. 

Ex agri Cuneensis turfosis , udi«que retulit eximius 
medicina? doclor Bruno , similibusque locis repcrit 
MoLiNERi ad Ponte de prati iu superiori Moute- 
ferralo. 
** Eriophorum iaginatufn, L. 

Hujus fortassc varietatem potiusquam distinctam spe- 
ciem exliibere vidctuv £riophoriim capitatum HoJJ'm. 
iu quo , si quod discrimen occurrit , illud in minori 
capiluli magnitudine , ejusque figura magis subro- 
tuuda cousisleie vidclur. 



524 MISCELLÀNEA BOTANICA, 

D I G Y N 1 A. 

Pantcum Capillare , L. 

P. panicula capillari erecla patente , follorum vaginis 

hirtis ; sysL vegeL 106. 
Reperì Nìceoi, eimdlo ad flumcn le Var. Ex eodem 

Nicea^sì agro misit diligens botanices cultor, et 

pharinacopola Rissò. 
** Panicum Burmannì , TV. 

P. spicis subquateruis , ramosis secundis simpliclbus ; 

florum glumis binis exterioribus aristatis. Sp. plani. 

t. 1 ,p.i , pag. 540. 
Panicum hirtellum Burm.Ind.i/^, tah.ii,Jìg.i.~AUion. 

FI. Peci. 1, ?2.°2i8o. 
Frequcns apud nos locis umbrosis ac submontanis , nec 

in planitie desideratur. Copiose reperi Alorelloi in 

umbrosa sylva secus la vìa di Saluzzo. 
Obs. Hoc ah hlrtello Linnoii diser sissi mum , jiwe 

credit iVild. loc. cit., pianta casteruni Indiai oc- 
cidentali s indigena. 
** Phleuìi aìpinum , L, 
In summis alpium pratis. 
Obs. Hoc a sequenti distinclissifnum pula. ■ 
Phleum Gerardi IV. 
In alpibus Pedemontanls. 
Stirpim a celeberrimo Allionio deletam in auctario 

ad Fior. Pedemont., eidem Flora? rcstituendam credo. 



AITCTORE J. B. BÀLBIS. ' 325 

qiiutn et spica subrotunda , nec cylindrica , ac vcn- 
tricosis vaginis ab alpino differat. Rcc(e quoque hoc 
ab alpino seccrnunt praeclari viri Jacq. ic. raiior. 
12. , t. 3o2 ; JVild. t. i , p. I , pctg. 355 , aliique. 
Agrostis hispida , W. 

A. ramis pauiculae patentis verticillatis , calj^ibus aequa- 
libus hispidiusculis , flosculis muticis. Sp. pi, i , p. i , 
pag. 370. 

Poa monaotha , caule erecto , panicula diffusa , calyci- 
bus dorso exasperatis ; Hall. helv. n. 14?^ > -^^* Dan. 
l63. Leers. lierhor. n. 64 , tah. 4 ìjìg- 3. 

In pascuis Pedemontanis haiid rara. 

Obs. Hanc a capillari L. separavi nunc video ah il- 
lustri WiLDENOwio , aliisc/ue , qiium calyces dorso 
hìspidiiiscidi ad lenlem se prabeant ; ohservavi la- 
men in eodem individuo modo Iceves , modo his- 
pidiusculos esse , ita ut cegre credam. prò distin^ 
età specie habendam Jbre. 
Agrostis verticillata TV. 

A panicula recta , verticillis radiatis rigidis interrupta , 
flosculis muticis. TVild. i ,p.i, pag. 374. Fili. DelpJi. 
2 , p. 74. 

Locis hunaidiusculis , et umbrosis maritlmis legit Mo- 

LINERI. 

+ Agrostis intermedia , Balb. addii, pag. 85. 

Obs. Panicula magis coarclala , arista panilo hre- 
vior ac in alpina ; cui ceterum similUnia , necjue 
inde velut disiincta specìes habenda. 



Z'zG MISCELLANEA BOTANICA , 

AiRA arlìculala , Desfont. 

A. pauiculata ; calycc flosculo longiore , acuto nitido , 
arista medio nodosa , e basi glunise prodeuntc. Fior. 
Atlant. 1 , pag. 70 , tah. i3. 
Locis areuosis maritimis prope Savona , Finale , et 
Loano reperit oculatissinius noster Molineri in iti- 
nere elapso anno peracto, ac in liortum trausportavit. 

** PoA eragrosds , L. 

Obs. Anccps pluiìmum hassi , an gramìnis specics 
adeo opud nosjiequens , c/iiam sub Fase ciagro- 
stidis nomine recensuit ceìeh. Allionius , ea remerà 
Jbret , quon in bolanicorum operibus ti adi tur , idque 
praeserlini , postquam ex merilissinio botanico Ni- 
coDEMi Lugdunensis horti Frcefecto Poam acccpe" 
ram pilosaj nomine insignitam , nostroeque Era- 
grostidi pi'orsiis simillimaTìi. Auctores proinde , qiios 
in promptu habere potui , omnes, eoriimque icones 
consulta , eoe quibus accurate perpensis , vialui 
Poam istam sub Eragrostidis nomine retinere. Hanc 
enim tradiderunt Hallerus in hist. stirpium Hehet. 
Villarius in Flora Delphinatus , quin ullam de 
pilosa mentionem focerint , quce species haud dili- 
gentissimorum certe horum Bolanicorum aciem (f- 
fugisset. 
Id insuper conjìrmat icon Barellieri 44 '^- 2, quam 
et LiNNiEus , et Hallerus , et Allionius , ac Wil- 
denow citarunl , quon eacacte stirpem nostrani re- 
proisentat ,• neque video , quomodo Wildenowius 



AUCTORE .7. I?. BALBIS. 5^7 

idem synoniinum Halleri hiiic specìci , et Brizoc 
eragroslidi adscribat distìnctissimis adeo planiis, eo 
vel magìs quod Hallerus ipse falealw numquam 
in Hclvetia gramen hoc reperlum fuìsse , illudqud 
ex Hungaria accepìsse ( n° i/jSo^. Dìffert siqui- 
dem lioic pianta , et spìcularum numero majori , 
earumque colore fusco , ilem pedicellis vix Jlexuo- 
sìs , nec ad eorum exortiim pilosis. 

Ncque WiLDENOwio assentire possum , qui Morisonii 
Jiguram s. ^ , t. 6, f. 47 Poas eragrostidi assignat , 
quum icon /fcecBrizam virentera potius reprasentety 
quemadmodum nec oplime citata vi de tur a Villabio 
icon. 744 Barellieri , in Bi-iza eragrostide , quum 
nec spiculce adeo magnai , nec adeo ramosa sit 
nostra pianta, ut memorata exJiibet Jigura. 

Ncque demum cum Cavanilles puto ejus Poam Era- 
grostidem ic. rarior. tab. 92 , tom. l, n° loi , cani" 
'dem esse ac Linn^i , quum haic icon cxacte Brizam 
Eragrostldcni prcebeat, quemadmodum et descriptio, 
lumjlgura, quoti, pog. \oi,et Cab. ^'5 laudati ope- 
ris , relata sunt ad Poam verticillatam , sat apte 
ad Poam nostram Ei-agrostidem sunt reducenda. 
Imo verlicilli hi a pedicellis in nostra pianta adeo 
dislincti sunt , pilisque ad imorum exortum ornati, 
ut nisi confusioncm ob frequenter adeo mutata 
nomina metueremus, satius quidem vcrticillatac no- 
mea proiferendum , retinendumque Botanicis esse 
suaderemus. 



N 



323 MISCELLANEA BOTANICA, 

+ PoA Ulo/lnerì , Ba/b. addit. ad II. Ped. pag. 85. (^tah5 > 

Valtle afGuis Brizce capensi , cujiis cxernplar ex ci. 
RoMER Turìcensi accepi. Pianta quidcm natali loco 
lecta paniculam magis compactam exliibet, et calycem 
margine pilosum , gluiuas apicibus violaceis : culmus 
teres est; utque diligentiori examine videaut Bolanici, 
an distiucta species sit , nec ne , iconem exhibere 
placuit. 
+ Cynosurus cylindrìcus , Balb. addìi, ad FI. Ped. p. S6. 

Descrìpt. Ex radice crassa , firma , culmus exurgit pe- 
dalis , aut sesquipedalis , striatus , duabus , tribusve 
foliis tectus longissimis , cuUnum intei-dum superaa- 
tibus , nervo subtus eminenti instructis , acutis. Spica 
cylindrica congesta, firmiter imbricata, uncialis, albo, 
coeruleoque varia , aristis C. coeruleo longioribus , 
acutis , glumae magis compressee , et fere slrigosae. 

Frequentera reperit streuuus botanices cultor Cumino 
in valle Pìsii, 
Festuca divaricata Desfonl. 

F. culmo basi geniculato, spiculis compressìs, elongatls, 
muticis paniculato divaricatis. Fior. Atlant. i , /).8g. 
tah. 11. 

Gramen maritimum panicula loliacea ; locustis sti'igo- 
sioribus , unciam longis. Vaili, herb. 

In arenosis raaritimis inter Albenga et Loano. 
Avena loe/lingiana , L. 

A. panicula contracta, flosculis binis; altero pedunculato, 
apice biaristcìtis , dorso arista reflexa. Spec. plani. 
p. 1 18. Ca't'an. ic. rarior. n." 5o, lab. 46, fig. i. 



AUCTORE J. B. BALBIS. ^^9 

In colllbus de Nus legit eximius Tiiltfr , ac sccus 
viam infer Joavansan , et AymoKÌlle iu valle Au- 
gusloi Praetorlae reperit indcfessus horll liujusce bo- 
tanici prcefectiis alter Fiotta. 

Ipso autem similibiis locis reperì intcr Cinzano , et 
Moncucco loco dicfo Ainprdlì. Molikebi circa iSe- 
gusìum prope // Foresi invcuit. 

TETRANDRIA Digynia! 

Hypecoum prociimbens , L. 

H. siliquis arcuatis compressis articulatis. Hoii.UpsaI.5T. 

H. siliquis arcuatis compressis articulatis ; petalis binis 

majoribus , obtuse trilobis , TrUcl. sp. pi. i , p. 2 , 

pag. 704. 

In olivetis circa Alberga in Liguria reperit Molineri. 

Tetragynia. 

PoTAMOGETON alpinwn. N. 

P. foliis lanccolatis, inferioribus alternis , supen'oribus 
oppositis ; spica brevissima. 

Lectum fuit a cive Fiotta in lacu ChamoUei. 

Descripi. Froximum lucenti , cujus forsitan varietas ; 
differì tamea foliis dimidio angustioribus , lanccola- 
tis , longioribus , quorum infera alterna , suprema 
opposita , quandoque verticillata , ex quorum ceutro 
pedunculus crassus emergit, vix eadcm folia superans, 



53o MISCELLANEA BOTÀNICA 

iutcrdum, iisdeiu bi-evior; spica brevissima , floregquG 
laxe eidem adprcssi. 
PoTAMOGETON Augustanwn , ISl. ( Tah. 3.) 

P. folils infcriofibiH loagissiine petiolalis , ovato-lan- 
ceolatis , supei'ioribus conferlis sessilibus linearibus , 
peduDCulo oppositifolio longissimo. 

Disliuctissimum a praeccdenti , caule tenuioii , ramis fo- 
liosis , foliis inferioribus , longissime petiolatis , lan- 
ceolatis , falcatis , superioribus confeitis sessilibus , 
linearibus, pedunculus longissimus, folio, et vagina3 
oppositus, superne incrassatus , spica pra?cedenti lou- 
gior. 

In stagno non longe aib itinere Inter Oyaz , et Bìonaz 
in valle Auguste^ Prwtorìce reperit Tillier, rctu- 
litque ex eodem loco meritissimus Fiotta. 

PENTANDRIA Monog\nia. 

CynOGlossum syhaticum , Hcenke var. B. e. officinal. Wild, 
spcc. pi. 1 , p. 2. , pag- jSo. 

C. ( ìnontanum ) staminibus corolla brevioribus , foliis 
viridibus sub asperis ; radicalibus ovato -lanceolatis , 
petiolatis , caulinis oblongis sessilibus. Lajn. encycl. 
l. 1 , p. 1 , pag. 237. 

C. staminibus corolla brevioribus ; foliis lanceolatis as- 
peris, plauis subsessilibus, remotis. Jacq. coll.i /0.77' 

Cynoglossum Dioscoridis Vili. Delph. 'z, pag. /\S']. 

C, foliis angustis , petiolatis hirsutis subasperis. Hall, 
hìst. n. 588. 



AUCTORE J. B, BALBIS; 53 j 

Ex valle Pis/i' mìsit laudatiis Cumino. Reperì quoque in 
itiuere anni X Refp. in rnoutibus circa Brigatuium. 

Obs. Velut officinal/s varìetas habetur a e/. Wildeko\t 
he. c!t. Biffert tamen foìiis valde anguslhrihus , 
raJlcallbus pedolalls , virentibus , unclalaùs ; cele- 
r'iscjue parlibus miniis. 

In horto, seminibus circa Brigantium lecds, habilum 
suum hatid mutwit. Bienne. 
Phyteum\ betonicwfo/ia y W. 

P. spica oblouga, foliis simplicifcr creuatis, radicalibus 
lanceolato cordalis, cauliuis lanccolatis. Sp. pi. p. 2, 
pag. 922. 

P. foliis cordalis oblongis , crcnatfs ; spica oblonga. 

riti. Delph. 2.;j. 5i8, lab. 12. 
Legi abunde m Monte -Cenisio. 



D I G Y N I A. 



* AscLEPiAS villosa , iV. (Tab./^.) 

A. fol. oppositis ; inferioribus cordatis , supcrioribus 

oblongis; corollis barbafis. 
Tofa pianta villosa : caulis sesquipedalis , cra^sus ; folia 
luferiora cordata, opposifa , petiolala, reticulata ; su- 
periora ovafo-oblonga, superne nitida, sublus vil- 
losa. Pedunculi laterales breves umbellati. Corolla 
viridis, iutus villis clausa , vel lanugine potius o^b- 
tecta. Odor planloe nauseosus ingiatus. 
Obs. Valde convenit cum A. h.niflora Foi-sfc; sed folia 
nec linea/ ia sunt , nec pianta lactescit. 



332 MISCELLANEA BOTANICA 

Sub villosre ìiornine colilur in horto a i5 annis , et 

ultra. Floret junìo. Perennis. 
Herniaria fruticosa , L. 

H. caulibus friiticosis , floribus quadrifidls. Amosn acad. 

4, p. 269. 
Polygonum lierniarlae foliis , et facie , perampla i-adice. 

J. B. Just. 3 , p. 378. Loh. ic. 2 , p. 85. 
In arcnosis fluvii Er prope Cartos. 
Obs. Caules ramosissimi procumbe?ites , repentes. 
** Caucalis leptophylla , L. , 

Lccta fuit, elapso anno, in Liguria ab Tgnatio Molineri, 

ac in collibus maritirais , agro Nicecensi, Tenda etc. 
Haec prò maritirna sumebatur , a qua valde differt. 
Caucalis daucoides , L. 

C. umbellis trifidis aphyllis , iimbellulis trispermis , tri- 

pliyllis. Hort. Cliffort. 91. IVild. sp. plani, i ,/j. 2, 

pag. i38/j-. 
C. arvensis echinata parvo flore. Moris Jiist. 3 , 5. 9 , 

Echinopliora tertia leptophylla purpurea. Col. Ephr. 

i , p. 96 , tom. 97. 
Inter segetes locis submontanis frequens. Habui ex agro 

Cuneensi , et ex valle Augustce Prcetorioi. 
Pro leptophylla habebatur haec pianta , sed compara- 

tione facta cum praecedenti , didici veram esse dau- 

coidem. 
** BupLEURUM graminifolium Vald. 

B. iuvolucellis heptaphyllis , uuivei'sali sub triphyllo ; 



AUCTORE J. B. BALBIS. 333 

follis raclicallbus liuearibus; scapis nionoph3-llIs.»S)772&. 

3 , ^. 48. IVild. \ , p. 2 , pag. 1370. Juccj. ic. rar. i , 

t. 56. Ronier. Fior. Europ. J'asc. 7 , ciim desciìpl. , 

obseiv. , et icone opiirna. 
Reperit Molineri in rupibus alpium mare spectautium. 
Obs. Hoc est pctrajuin Allionii Auctar. ad Fior. Ped. 

n. 4, et incurvum Bellardi app. p. l'J , t. 2 , quod 

a petraeo Linn^i dìstinguunt mine onines Botanici. 

Exemplaria possideo montanis locis lecta Bupleuri 

ciijusdatn, quod ^camimioVn credo varietateni. Folla 

in hoc linearla longisslma ; scapus TnonopJiyllus\ 

ìnvolucella admoduin ininoj'a. 
** LiGUSTicUM aquile gì foli imi. JV. 1 , p. 2 , pag. i^sS. 
Danaa aquih-gifolia. Alllón. 2 , n. i3g2, tal). 65. 
In collibus 2'aurlnenslbus supra Eremuin copiose legi. 
Obs. Recte quldem ad Ligustici genus pertlnere liane 

stirperà tradlderat Smith In actls hujus Academloi 

voi. V , pag. 420. 
Strias evidenles tani in immaturo , ac in maturo se- 

ìnlne conslanter vidi , neque adeo arde semlnuni 

cortex nucleo adhceresclt ^ ut aegre queat ab eodein 

separarl. 
Chìerophyllum Cicutaria. Vili. 

G. l'oliis bipinuatis , foliolis cordato -oblongis incisis , 

petalis emargiaatis, caule glabro. FI. Delpìi.2 ,p.6i\l^. 
Varietates habeo flore rubro, alboque, missas ex vallibus 

Augustce Pratorla; , et Plsll. 
Obs. Ut Chccrophylli hirsuti varietas a plerlsque Bo- 



554 MISCELLANEA BOTANICA, 

tanich habetur ; foUìs tamen lalìorìbus , planis , 
fere glahrìs ah eo differt. Umbellas quoque , et 
tota pianta majora, 

HEXANDRIA Monogynia 

Ornithogalum hoJiemìcwn W. 

O. scapo folioso subunifloro ; foliis alternis , laiiceolatis, 
radicalibus, filiformibus ; pedunculis pilosiusculis, pe- 
talis aequalibus lauceolatis obtusiusculis. Sp. plant. 2 , 
p. I , pag. Il 5. 

Ornithogalum boheraicum. Zeuschm, ad. Bohem. 2 , 
p. \ii cum icone. 

Ex valle Augustana retulit Fiotta, 

Obs. Licet Jlorìs structura luteo similUmwn , oh indi- 
cata tamen notas distinctissimum credit IV. 
Obnithogalum minimum, L. 

O. scapo angulato nudo ; pedunculis umbellatis , sub- 
ramosls pubescentibus ; petalis eequalibus lanceolatis 
acutis. IVild. sp. plant. 1 , p. i. pag. 1 14- 

Promiscue interdum cum luteo occurrit hoc Ornitho- 
galum locis cultis. Ex Augustoi valle misit laudatus 
Fiotta. 

Anceps haereo an dlstincta species. Nullum discrimen 
inter hoc, et luteum inesse scribit Scop.Fl. Carniol. 
I , p. 245. Ipsum tamen distinguunt Likn^eus, GovA- 
nus , Leertius , RoTH , Wildenow , aliique. 
+ JuKcus arcticus , Wild. 



AUCTORE J. B. BALBIS. Oo5 

J. culmo nudo slricto; umbella laterali; pedunculis mul- 
tifloris ; floribus sessilibus. Sp. pi. 2, p. l , pog. 206. 

J. culmo uudo acuminato ad basim squamato ; floribus 
sessilibus. Fior. Lapp. 116', FI. Dan. L 1096. 

Juncus acuminatus. Balb. adclit. pag. 87. 
JuNCUS Tenagpja , L. 

J. culmo ramoso paniculato , floribus solitariis sessili- 
bus ; petalis ovato - oblongis , capsula subglobosa. 
Sappi, p. 208, Flot\ Dan. i 160. 

Juncus annuus floribus per ramulos sparsis. Vaili. Paris, 
lab. 20 , f. i. 

Locis paludosis exsiccatis occurrit. 
Juncus maxi mas , IV. 

J. foliis planis pilosis ; corymbo decomposito ; pedun- 
culis elongatis , divaricatis , subtrifloris , calycinis fo- 
liolis aristatis , longitudine capsulae. Sp. pi. 2 , p. 1, 
pag. 217. Fior. Dan. 44^- 

Gramen hirsutum lafifolium maximum juncea panicula. 
Morìs. hist. 3, p. 226, 5, 8, lab. ^,fig.i. 

In monfosis sylvaticis vallis VaraÌL(z , ac in monte Ce- 
nisio , alibique frequcns. 

T R I G Tf N I A. 

* RuMEX lacerus. 

R. floribus hermaphroditis , distinctis , raris, reticulalis, 

laevibus, foliis geminis , altero longe majori. 
Descr. Caulis spithamjcus , infìrmus , ramosus. Folia 



356 MISCELLANEA BOTANICA, 

longe petiolata , laciuiala , laciniis obtusis, carnosa, 
superne bastata. Folla floralia suprema linearia in- 
tegra longa. Vagiuae foliorura nilickt^ ; ex liarum iu- 
terioribus folla oriuntur, sa?pe gemina , quorum unum 
altero longius , petiolatum. Pcdunculi axillares , et 
lerminales breves , terni aut quaterui penduli. Calyx 
tetrapbyllns margine albo. Valvula tri vel tetraptera. 
Scmen nudum. A 25 annis et ultra in bortum in- 
trusus. 
RuMEX cVAlexandrìe ex scminibus a Musaeo Parisino 
acceptis elapso anno cultus , nostro simillimus. 

OCTANDRIA Digynia. 

** McERHiNGiA muscosa , L. ( Tab. 5.J 

Elegantissimam varietatem bujus Mcerbingiae miserai 
prius eximius doctor Bruno, utque distinctam speciem 
sub nomine M. dasyphyllaì indicaverat ; accepl deia 
earadem a strenuo , et indefesso botanices cultore 
UooNE Cumino sub nomine M. sedoidis . Utrique 
rupestribus locis prope Tendcm fodinas stirpem repe- 
rerunt. Differt a muscosa foliis brevioribus , crassio- 
ribusque Sedo dasiphyllo rcapse similibus , quan- 
doque imbricatis, pedunculis minus florigeris. Exsic- 
cata fragillima est. 

Varietatem hanc dudum observaverat praeclarus noster 
MoLTNEBi in rupibus Tenda;, Brigce et Sai>orgn locis 
exsiccis, aridis , solique expositis , ncque prò distincta 



AUCTORE J. B. BALEIS. SSy 

specie habcndam foie credidit, quum prout umliiosa, 
ningisque huinida eariimdcni alpium loca couscrn- 
doret, il/, rmiscosce simillimam adnolassct, Iconcm 
adjungore placuit , ex sicco specimiiie dosumptam , 
ut siugularem taiiicn plautulani aspiceie datura sit. 

DECANDRIA Digynia. 

D}ANTHUS collinus , ìVahlslein , et Kitaìbel. 

D. floribus bifasciculatis; squamis calycinis ovato-subu- 
latis , tubo brevioribus ; folii's lanceolato-bnearibus , 
qiiinqueucrviis , scabris. Plani, rea: Hangar, tao. 38. 

Inter Savona , et Arhissola locis lupcstiibus invenifc 
Ignatius Mplineri. 

Proxitnus Dlanto barbato, ctD.cartJiusianorum. Differt 
a priori caulibus altioribus , scabriuscubs , foliis lan- 
ceolatis , linearibus , quinquenerviis, scabris, canis ; 
calycinis squamis duplo brevioribus ; petalis versus 
faiicem pilosis. Ab altero vero ob flores fasciculatos, 
foliaqiie quinquenervia , et ob alias plures notas , 
qua; consuli possunt in memorato opere PI, raìior. 



Hangar. 



T R 1 G Y N I A. 



Arenaria V'illarìl , N. 

A. luiiis linearibus oppositis, ramis erectis , pedunculis 
tcrminablnis longissiniis tritloris ; coroilis calycem 
valdc superanlibus. 



338 MISCELLANEA BOTANICA , 

A. ( Irìjlora ) foliis lanceolatis rigidis hirsutis , caule 
crccto trilloro. Ardidn. sp. alt. XXI , lab. io. 7111. 
FI. Deìph. 3 , p. Szò , lab. 47. 

In alpibus vallis Pisii repererunt accuratissimi viri Cu- 
mino , et Bruno : ex alpibus Tenace retulit Molineri. 

Obs. Hcec est vera Irìjlora Villarii , ut certiorem li- 
teris me fecit eximius hic Botanicus , ex coUalo 
specìmine ad eumdem misso ; pianta ab austriaca 
Allionii prorsus di\'ersa , cui Villarii nomen ini' 
posili , lum eo quud trifloraj nomen alteri omnino 
dii^ersce piantai nane inditiim, tian eo ^uoc/ Villarii 
descriptio optirna , utqiie denium in statuenda vera 
stirpis hujus viro inihi in difficultalibus enodandis 
semper humanissimo , publicuin grati animi testi- 
monium redderem. 

Variai quandoque foliis, cauleque glabrls , quando- 
qiie vero pilosiusculis. 
** Arenaria grandiflora , Ali. 

Specimen a ci. Flugge accepi sub trijloroi L. nomine 
ad nostram grandifloram admodum accedens. Pianta 
Flugge constante!- triflora , petalis calycem superan- 
tibus, dutn ea , quam ex monte Cenisio , aliisque 
Pedemontanis alpibus retali , ramosissima , petalis 
calyce majoribus. 

Nostra prorsus congruit cum speciminc Arenarie^ ju- 
fìiperince a Villario missae : utraeque aufcm omnino 
a trijlora Gavanilles differunt , quamvis ci. Wil- 
DEisow , prò triflora L, , Cavanilles iconem citet. 



AUCTORE J. B. BALBI3. ZZg 

Plantam siquidem istam a praeclarlsslnio hoc Bota- 
nico accepi , cujus folia fasciculata lineari subulata ; 
caulis tritloms , pedunculo intermedio aphyllo lou- 
gissimo ; pctalis calicem valde superantibus. 
Jure ideo credo nostrani Arenaria! speciem grandi^ 
Jloram Linn^i , et Alligni esse , licet caules , ut 
plurimum triflori , quemadmodum in varietale missa 
a D. Turba aniraadverterat Wildenow. Spec. plani, 
•z, p. I , pag. 729. 

P E N T A G Y N I A. 

Sedum monregalense , N. (Tab.6.) 

S. foliis subtus convexis , supra planis , verticillatis ; 
caule repente. 

Locis alpestribus ad rupes , inter Rastel et Blìn in 
valle Ellero Monregalensi de Blìn dieta legit prae- 
clarus noster Molineri. 

Descn'p. Ex radice fibrosa plurimi exurgunt cauliculi 
procumbentes , repentes , glabri , qui sensim erigun- 
tur palmares. Folia carnosa , subtus convexa , supra 
plana , cauliculis telluri adpressis insidentia , quina 
dimidiato-verticillata ; superiora quaterna verf icillum 
explentia , verticillis ramosis. Pedunculi villosi , paul- 
lisper glutinosi. Flores ante florcsccntiara nutantes, 
ut in aliis pluribus congeneribus , dein erecti, pani- 
culati albi; antherae bipartitae , sanguinea;. 

Obs. T'arial petalorum nuvrero , modo enim sunt 
(juinque, sex ad ceto. 



34° MISCELLANEA BOTANICA , 

Sedum Guet lardi Vili. 

S, foliis teretibus obtusls , basi solutìs, acutis , calycibus 

teretibus , pctalis lanceolatis , caule corymboso , di- 

cliotorao. FI. Delph. Z , p. G78 , t. J\5. 
Locis saxosis prope les Ferrières obsei'vavit aeternunt 

laudandus noster Molineri, qui iu liortum vkam 

plautam transportavit. 

ICOSANDRIA POLYGYNIA. 

PoTENTiLLA suhocaulis, Jcicq. ic. }-ar.5, lab. 491- CoUect. 
2, p. 145. 

P. foliis l'adicalibus quinatis, crenatis , sericeis , cauliuis. 
ternatis , caule diffuso procumbentc N. 

In apricis della Pavarina dictis , in valle Pisii Iccfa, 
in hortum illata fuit ab Ugone Cumino. 

Obs. CI. WiLDENow slirpem hanc ut vernae varielatem 
Jiabet,a qua tamen valde diversa. Tota enim pianta 
omnino differt radicihus crassioribus , caule magì^ 
diffuso , Jìnnioricjue procumbenle , Jbliis lorigiori- 
bus , in utrac/ue pagina sericeis , suhtus nervoeìs , 
margine crenulato , obtuso ; radicalibus cjuinatis , 
caulinis ternis, quam differenliam non a loco na- 
tali repetendam censeo , ut putat Wildenow , quum 
in horto eulta eumdem liabitum constanler serva- 
verit. Optime congruit cinn Jigura Jacquinii. Po- 
tentina verna proicocius Jloret ac subacaulis. Figura 
Jacquinh ic. rar, exacte piantarti hanc repra'senlat. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 5Ai 

POLYANDRIA Monogynia. 

CisTus pnlifMus, Li. 

C. suCCiulicosus stipulatus procumbens ; foliis oblongo- 

ovafis , incauis ; calycibus lajvibus ; petah's serratis. 

Sp. plani. 745. IVild. sp. pl.-z,p.-z, pag. 121 1. 
Hebatilhemum niontanum , polii folio iucano , flore 

candido. DUI. Ellh. 176, /. 145,/^. 172. 
lu pascuis editioribus supra Eza inter Spolomo , et 

Finale lepeiit Ignatius Molineri. 
Obs. Caulis in nostra pianta ereclus; /olia longìora, 

angustioraque , suhtus incana , rorismari/ii facie , 

/loribus albis. 

P L Y G Y N 1 A. 

Anesione tri/olia, L. 

A. foliis ternatis ovatis iategris serratis, caule unifloro 

Hort. Vpsal. i55. 
A. t.ifolia Dod. ppmpt. 436. Moris. hisl.2,s.l^ , t.25,f.j. 
In sylvis monfanis di MonienoLle , a\q\.\e al ponte di 

Prato reperii , inque hortum intulit Moiikeri. 
**Ranunculus agrarius, y4llion. auctar. pag. 27. 

Hic ranuncuhis haud differt a R. palli Jiore Vu-larif, 

FI. Delph. 'ò,p.']5i, ufi ex comparata viva pianta, 

quarn in horto excolo ex semiuibus a Villahio ac- 

ceptis niilii constitit. 

z z 



542 MISCELLANEA BOTANICA 

Accedit aclinoduu! ad Raminculum philonolìdem Wild, 
sp. pi. 2 , p. 2 , pag. 1324. 

Huic proximam adniodum specicm fortasse dlstiuctam 
attulit Ignatius Molineri , corollis adraodum mino- 
ribus , tenuioribusquc foliis ; cujus excmplaiia sicca 
possideo , lecta locis humidis ultra Bormida inter 
Visone et Entreve prope Acqui. 
Ranukculus gramineus , L. 

R. foliis lanceolato - linearibus indivisis ; caule erecto 
laevissimo paucifloro. Sj'st. veget./^!lS. M-^ild. 2,yij. 2, 
pag. iSog. 

Obs. Differt a R. pyrenaeo L. , seii plantagineo Allion., 
Jloribus hiteis , radice tuberosa. 

Raram hanc , nec alibi in Pedemoniio unquam visam 
Ranunculi specieni debeo sollertissimce indagini 
indofessi naturalis histoiioi unìversoi cultoris exi~ 
mii Francisci Rè , qui eam reperii in sylvalicis 
prope Segusiiim , loco dicto le Blacce , vii>amr/ue 
plantani , nunc in horto excultani , hoc anno 
niisit . 
Ranunculus montanus , TV. 

R. foliis quiuquelobis dentatis, caulino , sessili digifato, 
laciniis liueari-lanceolatis integerrimis ; caule uuilloro. 
Sp. pi. 2. , p. 2 , pag. 162 1. 

R. ( nivalis ) foliis radicalibus quinquepartitis orbicu- 
latitn multifldis, caulinis palmatis intcgris sessilibus, 
caule unifloro. Vili. Delpli. 'ò, p.'ji^i. 

In pratis , et pascuis alpium liaud rarus. 



AUCTORE J. B. BALBIS. -S^S 

Obs. Dislìnclus a nivali L. , c/uo cum anlea mixtus 

erat. Verum nivalem L. in noslrìs a/pibus num- 

c/uam reperì. 
Rakujsculus saxatìlis , N. 

R. foliis raclicalibus trilobis ; caulinis cuncatis, incisis , 

radice grumosa, 
R. ( illyricus ) foHis radicalibus frìFidis , lobis cuncatis 

incisis , holosericeis. Vili. Uelpli. 5, p. 762 . . .? 
Ranuncukis inontanus saxatih's Asphodcli radice. Moris. 

Jiist. 1 , pdg- 44^ » *• 4 ' '^^" ^°' MS' 4^* 
In aridis inter Pullein , et Brissogne in valle Augus- 
luiia Icctus fiiit hic Ranunciilus , vivenscjiic in hor- 
tuni translatus a prtuclaro botauices cultore Bernardo 

TlLLIER. 

Descr. Radix grumosa. Gaulis fere pedalis serlceus , 
ramosus. Folia radicalia triloba , lobis in varias la- 
cinias parum profundas divisis, pefiolo hirsuto. Folia 
caulina lobis angustioribus , profiindius laciniatis , 
petiolatìsque. Pedunculi uniflori, longi , tcretes , hir- 
suti ; bracteae lanceolatre. Calycis folia reflcxa. Rc- 
ceptaculum cjlindriciim. 

Obs. Dijfert a R. illyrico L. folUs radicalibus loba- 
ti s , parti tisque , summis trifìdis , nec pelalis adeo 
amplis. 

A R. nivaliyb///5 non muìtipartilis , nec adeo tenuì- 
bus , et caule jnultijloro , ileni radice grumosa, ut 
in Ranunculis asiatico, et clKerophyllo L. , ac re- 
ceplaculo cylindrico. 



344 MISCELLANEA BOTANICA 

Kalde p7-oxìmus ilìyrico Vill. , non Linn^i. 
Pianta culla mire i'on'at et crassitie Joliorum ma- 
Jori , glahritie , et flonon numero. 

DIDYNAMIA Gymnospermia. 

** Ajvgk pyramida/is , L. 

Rara in nostris alpibus , neque cum proxima adeo fa- 
cile confundenda, licet Screberus hiaas ylj'ugce spe- 
cies aìpinani , ac genevensem , famquam pyrami- 
dalìs varietates liabuerit. Differt enim haec a gene- 
vensi foliis infimis maximis , ut recte exhibet icoa 
Fi. Dan. i85 , constanterque lume servai habitum , 
licet exculta. la alpibus tantum crescit , dum gene- 
vensis coUinis locis , ac in montanis pratis frequens 
occurrit. 

Ajuga geiwvensìs , Wild. 

A. foliis radicalibus cauliuis minoribus. Sp. pi. 3,p. r, 

P"g- 9- 
Addendam credo FI. Pedem., quum in regione nostra, 

ut in propria Wildenow obscrvavit, suam constanter 
scrvet faciem , et foliis infimis angustioribus , flora- 
libusque plerumque trilobis a pyramidali differat. 
Galeopsis grandiflora , TV. 

G. internodiis caulinis superne incrassatis , verticillis 
omnibus remotis , calycinis deutibus lanceolatis mu- 
cronatis erectis ; caule pubescente , pilis glandulosis. 
Sp. pL5, pag.cj\. 



AUCTORE J. R. BALBIS. 345 

G. folils rhomboideis serratis , sericeis, vcrticIUis dis- 

sitis. Hall. heh. n.° 267. 
Locis arcnosis , ac sa?pe iiitcr saxorum congeries prope 

Cuneum repcri. Annua. 
Galeopsis cannahJna , TV. 
G. internodiis caulinis superno incrassatis , verticillis 

summis siibcontiguis ; calycibus puugentibus ; corollis 

calyce quadruplo longioribus ; caule hirto. Sp. pi. 

3 , pi. i , pag. 5. 
G. caule hirto , foliis ovato-lanceolatis , serratis ; flore 

calice quadruplo niajore. Hall. Jieh. n.° 269. 
Lamium cannabinum aculeatum , flore specioso luteo , 

labiis purpureis. Pluk. alm. 204, tah. 41 , J^S'^' 
Secus rivulum Te/idce oppidum excurrentcm copiose 

legit MoLiNERi. In fagetis , locisque montanis Mon- 

regalensìbiis rariorem reperit. 
Hauc , et preecedcntem minime ut varietates habendas 

censeo ; distinctae species sunt , quae cultae faciem 

servaruut , ut recte observavit Wildenow , in horto 

Be/'olinensì, utque in proprio Cuneensi aduotaverat 

elapso anno doctor BRU^o. 
* Dracocephalum chamoedryoides , N. ( Tah. 7 ). 

D. floribus subverticillatis secundis , foliis oppositis el- 

lipticis crenatis rugosis , caule frutescente. 
A pluribus annis in horto colitur; hiemali tempore in 

frigidario locatur. Facile ex maturo semine propa- 
ga tur. 
Descr. Caulis orgyalis frutescens brachiafus. Folia op- 



54^ MISCELLANEA BOTANICA , 

poslta , rugosa , crenata. Rami axillares decussatim 
oppositi. Flores subpedunculati fere semper bini. Co- 
rolla magna , dilute coerulea , striis cocruleis intus 
notala , limbo albicante; quinquefida; labium supcrius 
bifidum, iuforius longius, latcribus reflexum, bifidum. 
Tubus clausus villosis squamis albicantibus , cui au- 
flu'rarum basis adfixa jacet ( quae nota in nulla alia 
Dracocephali specie observafa est ). Calyx quinque- 
fidus , dentibus acutis , quorum duo superiores reli- 
quis aliquauto breviores. Semina quatuor nigra. 

Angiospermia. 

EuPHRASiA salishurgensìs, W. 

E. foliis lanceolalis , setaceo-dentatis , laclnlis labii co- 
rolloe inferioris emargina(is. Sp. pi. 5 , p. i , pctg. gS. 

In alpibus pedemontanis haud rara. Annua. 

Obs. Ab E. officinali differt foliis sessiUhiis , lanceo- 
lalis , ac denlìum Jìgtira , ceterum Jlorum strac- 
tura , ac colore off. siiniUima. 
Obobanche cariopliyl Iacea , TF. 

O. caule sirnplici, corolla inflata fimbriato-crispa, lablo 
inferiore laciniis obtusis aequalibus, staminibus intus 
basi hirsutis. Sp.pl. 5 , p. i , pag. 3/j8. Smith, ad. 
snc. Limi. Land. l\, pag. l6g. 

O. caule simplici , stipula unica , caljxe quadrifido. 
H'ill. hel\?. 2C)5. 

O. major cariophyilum olens. Bauli, pin. 87. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 347 

Legi in montanis Lancei. Habui ctiam ex Segusio a 

ci. Rè. 
Differentias Inter liane, et O. majorem vid. in Wild. 

operibus, loco citato. Odor ipsi caryopliyllaeus , nec 

ingratus. 

TETRADYNAMIA Siliculosa. 

** IsATis alpina , Vili. 

Nullo modo alTinis esse potest Peltarioì alliacece, uti 
asserit Wildekow. Piantam hanc , repetito ad Ve- 
sulurn montem itinere, legi prius florentem; se- 
quenti anno maturescentibus siliculis reperi, quae a 
Pettai-ioi alliacece siliculis differunt; quuni oblongo- 
ovatae siut, dum iu Fellaria orbiculata ac rotundata 
se sistunt. 
Drab\ ni\ralis. Wild. , 

D. foliis lanceolatis integerrimis subpubescentibus ci- 
liatis; scapo unifolio decumbeute; petalis retusis. Sp. 
plani. 5, p. ì , pag. l^i'j. 

Legi in montibus Iseran et Cenisio. In monte Cenisio 
lectam stirpem, sub D. Cenisice nomine, ad C. 
WiLDENOw miserat Villarius, estque D. stellala, 
quam exhibet icon Floree Danicae. Portasse stellala 
Jacquinii est Wildenovvii varietas. 
**Draba muralis, W. 

D. caule ramoso, foliis ovatis amplexicaulibus dentatis, 
siliculis patenlibus glabris. Sp.pl. 3, p. i,pag. 429- 



348 MISCELLANEA BOTANICA, 

Huc sppctat Draba nemorosa Allion. Fior. Pedem. 
1 , iV. 897 ; quac caulem crectuin, alliorcinque, folia 
cordata, corollas albas, siliculas omnino glabras habet. 
f Draba nernora/is, ÌV. 

D. caule lamoso, foliis ovatis amplexicaulibus dcnfatis; 
sih'culis patcntibus pubescentibus. Sp. plani. 3, p. 
1 , pag. 429. 

Ad liane referctida Drabce species, quam prò murali 

tradideram in addii, ad Jlor. Fedem png. 91. Huic 

caiilis magis ramosus, diffusus; corolla flava; siliculas 

pubcscontes, habitusque piane diversus a pra^cedeuti. 

* I EPiDiUM didyinum, L. 

Haud apposite erectum caulem huic speciei tribult 
LiNN^EUs raantiss. 92, utpote qui coustanter apud nos 
procuinbit. 

S I L I Q u s A. 

SiSYMBRU'M palustre, Wild. 

S. siliquis declinatis obloago-ovatis; foliis pinnaflfidis; 

petalis calice brevioribus. Sp. pi. "ò , p. i , pag. 49^» 

Leyss. Hai. num. Gyg. 
S. ( ierresire ) siliquis declinatis (urgidis; foliis pinna- 

tifldis, inapqualiter dentafis; radice simplici; petalis 

calyce brevioribus. Smìlh. Brìi. 2, p. 701. 
Radicula foliis pinnatis, pinnis dentatis ; petalis calyce 

brevioribus. H'ìlL he-h., n." 487. 
Circa lacum montis ChamoUet in valle Augusiana 

rcpcrit PioiTA. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 649 

** SiSYMBRiUM monense , Ali. FI. i , n.° ioo3 est repau- 
dum IV. 
S. acaule, foliis oblongis repando - sinuatis , scapisque 
glabris; siliquls compresso-tetragonis. Sp pi. 2. , p. i , 

Reperì inlor saxa supra J\[ont-Genèvre , et iu rupilìus 
prope Spgusium , euudo ad locum dictum la l'ub- 
hrìca dei marmo. 
SiSYMBRiVM Loeselìi , L. 

S. fuliis runcinatis acutis hirtis ; caule retiorsum his- 
pido Amoen. acacl. 4 > p- 322. 

Circa Loano abunde reperi. 
Sjnapis hispida , JVild. 

S. siliquis hispidis erectis ; fob'is lyratis scaberrimis j 
caule hispido. Sp. pi. t.5 , p. i , pctg. 556. 

Circa Breglio legit Molineri , loco dicto Maiirìana. 
Annua. 

In horto colui hoc anno , seminibus a Molinerio al- 
latis ; proxima admodum S. arvensi , a qua dif'forre 
videtur caule toto hispido , siliquis primum intortis 
hispidis, dein erectiusculls ; rostro longo plano, laevi. 
Eaindem plautam sub hfspidce nomine habeo modo 
in horto florentcm , seminibus ab illustri Jacquimo 
filio acceptis, nostrapqne planfae similliraam. 

Observavi tamen- hanc siliquas omnino laeves praebuisse, 
et in altera plantas extitisse , quce laeves quoque, aut 
hispidas siliquas exhibuerunt. Viventem plantam si- 
liquis retrorsum hispidis , ac aivensì ceterum simil- 

Aaa 



35o MISCELLANEA BOTANICA 

liinani legit laudatus Molineri locis stcrilibus circa 
hauc urbem , mihique obtulit , quibus coUatis du- 
bitare mihi licct S. hìspidam IV. liaud prò distia- 
cta specie habendam fore. 
SiNAPis incana, L. 

S. siliquis racemo appressis levibus ; foliis iuferioribus 
lyratis scaln-is , suuiinis lanceolalis ; caule scabro. 
Amcen. acad. 4 , p. 281. 

S. foliis radicalibus pinnatis hirsutis incanis ; cornu sua 
siliqua breviori. Hall. helv. n.° 463. 

In rupibus mari proxlmis du Lazaret Villa'francoì JSì- 
cceensis legit , misitque accuratissimus botanices cul- 
tor , et pharmacopola Rissò. 

MONADELPHIA Deca ND ri A. 

Ceranium aconìtìfolium , IV. 

G. pedunculis bifloris, foliis su])peltatis, septcmparlltis, 
lobis laciuiatis , caule adsccndente , petalis calyce ma- 
joribus , calycibus , pedunculiscjuc villosis Sp. pi. 3 , 
p. 1 , pag. 704. 

G. ( rivulare ) foliorum segmentis linearibus , petalis 
striatis integris , radiculis rapiformibus. Vili, delph. 
3 , pag. 372 , ^. I o. 

In cavefs gypseis ultra la Posta in Monte-Cenisio re- 
perii indefessus botauices Professor Scholie veteri- 
narioe Igjnatids Molxneri. 
Geranium divaricalum , IV. 



AUCTORE J. E. BALBIS. 35 1 

G. pediinculls billoris ; pclalls emargmatls caTycc bre- 
viofibiis; foliis qiiinqtielobis dcntatis, lobo unico la- 
terali longiorc ; arillis scabris , suponic vcnoso-vu- 
gosis. Sp. pi. 3 , /). I , pag. jncj. Elir. Beiti: 7 , p. 164. 

Secus vias intcì* Polleìn , et Brissogne prope Augu- 
stani Praloriam, 
Gf RANiuw rotLnulìfnlìum , L. 

G. pediinculis bifloiis ; petalls subintegris longitudine 
Cdlycis ; caule prosfrato ; foliis renifornùbus incisis. 
Sp. pi. 967. 

Ubique ad vias. 

ni A D E L P H I A D E e A N D R I A. 

Fumaria Hai Ieri, JV. 

F. caule siniplici; racemo terminali; bracteis cuneafis 

digitatis ; pedunculo longioribus; foliis biternatis ; 

radice tuberosa. Sp. pi. 5 , p. i , pag. 863. 
F. (solida) caule sub simplici crecto; foliis biternatis; 

bracteis palraatis pedunculo longioribus. Ehr. Breii. 

6, p. 146. 
F. radice bulbosa solida; caule simplici multifolio ; 

bracteis digitatis. Hall. Heh. n.° 3/(C). 
In Augustana valle occurrit, observanfe Fiotta, circa 

Pol/ein in sylva Rei^crier , supra Mont-Jouet. la 

j\lonte~Cenisio passim inveuit Molikeri. 
Hedysarum obscurum, L. 

H. foliis pinnatis; stipulis vagiualibus ; caule sreclo 



352 MISCELLANEA BOTANICA 

flexuoso; floribus racemosis peudulis. Sp. pi. loSy, 

Gmel. sib. 4, pag- 29, tah. 12. 
H. caule erecto ramoso; foliis ovatis; siliquis pendulls 

Icevissimis. Hall. Helv. n.° BgB , lab. 12. 
H. ( controversimi ) Crantz. Auslr. pag. 426, lab. 2, 

Mg- 3. 

Hedysaì'wn hoc subslitnatur Alpino, quod in nostris 
alpibus uondum repcrtum, rectcque clarissimi WiL- 
DENow, Haller, et Crantz icones, et synouima 
alpino imposita ad obscurum retulere , cum quibus 
pianta uostrarum alpium incola omuino congruit. 
Phaca frigida, TV. 

P. caulescens erecta indivisa , foliis pinuatis , subquin- 
quejugis, foliolis oblongis obtusis subciliatis, leguini- 
nibus oblongis iuflalis. Sp. pi. 3, p. 2, pag. i253. 

P. frigida. Jac(/. FI. auslr., t. 166. 

In descensu montis Vesuli lectam habeo. Pereunis. 
** AsTRAGALus orislatus , IV. 

A. frutesceus; petiolis spinescentibus ; foliolis oblongis 
mucronatis pilosis; peduuculis brevissimis sub qua- 
drifloris; calicinis dentibus setaceis. Sp. pl.'ò ,p. 2, 
pag. 1328. 

A. ( sempervirens ) Lam. Encycl. i, pag. 317. 

Hsec Astragali species sub Phacce Tragacanlhcii no- 
mine tradita fuit a praeclarissimo viro Carolo Allio- 
Nio nostro in Fior. Pedem. n.° 1267. 

Nequit esse A. TragacanlhaLi. , cnjus specimina pos- 
sideo , locis maritimis lecta , missaquc ab illustri bo- 
tanico Flucge Hamburgensi. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 353 

SYNGENESIA Polyg. ìequalis. 

f Lactuca segusiana Balb. addii., pag. 94. (Tab.S.J 

L. foliis jafoiioribus ruocinato-denlatis; caulitiis hastato- 
linearibus iategerrimis, mucronaLÌs j caule ramoàis- 
simo. 

Descr. Tota pianta glaberrima. Ex radice fibrosa caulis 
erigitur pedalis ramosissimus. Folia radicalia runci- 
nato-dentata laciniata, laciniis recurvis, mucronatis: 
superiora liastato-linearia integerrima, in exiguum 
mucronem desinentia; corolla dilute purpurea, exi- 
gua; petala leniter quinquefida; pappus lougissime 
stipitatus , simplex. Floruit in horto elapso anno, 
versus finem julii. 
HiERACiUM valde pilosum , Vili. 

H. caule recto sub simplici ; foliis amplexl caulibus , 
lanatis; calicibus imbricatis. Fior. Dclph.'ò, p. 106. 

In rupcstribus tnaritimarum alpium occurrit. 
Crepis strida, Scop. 

C. foliis imis cichoriaceis; superioribus basi carlnatls. 
Fior. Carniol. lab. 47- 

Lcgi in valle Queiras pvopc castrum; item prope 
Seslricres. 
Crepis proecox, N. ( Tab. q.J 

G. foliis infcrioribus runcinatis, dentatis; superioribus 
integris, ad radicem dcntatis; bractcis liuearibus ; 
squamis calicinis cxtcrioribus scariosis, patentibusj 
pappo stipitato simplici. 



554 MISCELLANEA BOTANICA , 

la collibus Tauri/iensìbus praesertim prope Stipef^a 
pritnovcre frcquens. 

Descn'p. Radix crassa, fusiformis, caulis bipcdalis , 
rainosus, rarnis uudis folla radicalia riiucinala, den- 
tala, pcliolata, petiolo alato insti-ucta , margine ci- 
liata ;. supcriora liastato-sagidata, ad basini dentala, 
scmi-amplexicaulia. Pcdunculoruni biactcoe liocares; 
infcriores basi dentatae; superiores inlegrac ; utrn?que 
margine ciliatae. Flores corymbosi, lutei. Calix ex- 
tcrior patcns, sqnaniis It-vibus , margine albicante; 
inf( rioribus dimidio fere brcvioribus. Interiorcs squa- 
vnve hirtee, pilis ad extreuiitalem glandulosis referta-. 
Pappus sllpitatus simplex. 
' Mire variat foliis radicalibas, quaudoquc integris, alias 
dentalis. 

Crepkleni hauc prò vesicai'ia tradideram in addii. 
Sed calyces a <,esicaria adniodum diversi. 

Prcecocejìi a()ppllavi, quum prima inter omnes cropldes 
nostrates flores pi'omat. 

Tres , quatuorve alias Crepìdts species distiuctas possi- 
dco, quas nuuc in liorto colo, ut carum nolas 
exacte magis persc(]ui possiin, ctvque tunc alteri 
mibccllancte tradentur. 

. POLYGAM. SuPEUFLiiA. 



Gnaphalium TSorwegìcum Koenig. 

G. caule herbaceo, simplicissimo } foliis laaceolalis, 



"Auctore j. b. baldis. 355 

utilnquc acutis, trincrviis, sublus lanugluosis; spica 
flortjm terminali, densa, Ibliosa Coli. Ausi/: 2, 
/). 21, Oed. Fior.' Dan. lab. '2.^l\. 

Gnaplialium medium Vili, a FI. Delph. 3, pcig. igS. 

In Monte - Cenìsio , plibiquc iu summis alpibus band 
larum. Perenne. 

Cuni sylmtico confusum crat ; uunc ab eodcm distin-i 
ctum est. 

P O L Y G. F R U S T R A N K A. 

Centaurea pedinala , Li. 

Insignem varietatem , vcl distinctara speciem sub dis- 
coidem nomine accepi ab oculatissimo Cumiko , eam- 
demque copiose legit Ignatius Molineri iu alpinis 
supra Bovisium radio omniuo destitulam. 
Gentai'rea collina , L. 

Inter Eza , Finale repcrit Molineri , inque arvis ela- 
tioril)us d'Eza supra la Turbia , et l'il lanif/ancani 
Nicceensem copiose legit , et ad hortum rcportavit. 

G Y N A N D R I A D i A K D h i a. 

** Orchis ensifolìa. Fili. Ali. auclar. p. 3i. 

O. { laxi/lora) bulbis indivisis ; nectarii lablo lii'lobo, 
crenulato, lateralibus productioribus ; iietalis patca- 
tibus. Fani, encycl. 4 , /?. 2 , pag. 5gi. 
.Copiose legi in pnitis humidis di Caselelle prope la 
Favorita. Ex agro Cuneensi habui c^uoque a dociore 
Bruwo. 



Z56 MISCELLANEA BOTANICA, 

f Opiirys wstlva , N. 

O. bulbis aggrcgatis oblongis ; caule folioso , folHs li- 

ncari-lanccolatis. Addii, p. 96. 
O. {oiòlwalìs) bulbis aggregatis oblongis, caule folioso 

crnfrali ; foìiis oblongis; floribus spirali - secundis. 

Lam. Encycl- 4 , />. 2 , pag. òGj. 
f CrHRYS aufuninal/s, N. 

O. bulbis aggregatis crassis ; scapo laterali; folIis ovatis 

bicvibus. Addii, p. gfi. 
O. spiialis. Oed. FI. Dan.,iab. 58j. 

MONCECIA Triandria. 

Cabex pauciflora Host. 

C. spica simplici anclrogyna, floribus femlueis subferni, 
inasculo subnnico terminali , stigmatibus tvibus.Gram. 
austr. p. 33 , lab. 42. 
la Alonie-Cenisio, ac in spougiosis summarum alpium, 

sed rara. 
Confusa cum pi di cari , a qua valde differt. 
CarììX oi'alis , Good. * 



* Poslquam celeberrimorum vlrorum Samufms Goodeisough's de caricìbus 
dissprlaiio in Ròmer , uirchw, ad an. i8ol . p. i , pof,. i33, et WjldenoW 
opusriilijin ili ac.iis Arad. Berolin. ad an. 1794-95; ac demuiu cplebeiiimi 
viri Nicolai Thom,b Host Gram. ytitstriacor. opus ad iiiaims iiipas perve- 
nere; plerasqiie Carices addfiidas credidi Florre Pedernoiilcinre , noininibns 
a tu'Muorulis viris depiomptis , qiiod exacte et eoium descripliones , f>t sy- 
l'^'ilma , Pi icimps spociebus allalis congriiant , ila ut coufusio ouinis sic 
vitetur iiiier stirpos difficile adeo detenninandns. 



AUCTORE J. B. BALBIS. BBy 

C. spìculis subsenis ovalibus approximalis alfernis , squa- 
mis lanceolatis capsulara a?quantibus. Goodenoiigh's 
Bemerkung der segga in Romer arch. p. 149. ìVild. 
mém. de l'Acad. de Berlin iJB^iS^, pcg- "^^^ Host 
gr. aitstr. p. Sg, lab. 5i. 

Gramen cyperoidcs inajus spica divulsa. Morìs. hist. 3 , 
244, s. 8, tab. ^•2.,Jìg. 29. 

C. leporina. Leers Herborn. p. ic^q , t. 1/^ , fig. 6. 

Valde frequcns in pratis luimidis della l^eneria. Simi- 
libus locis iater Borghello et Loano repcrit Ignatius 

MoLINEHI. 

Obs. Cum leporina L. confusa J'uìt , a qua valde 

differt, observanle Wild. loc. cit. 
Carex Schreberi , IVild. 

C. spica composita disticha obtusa , spìculis pluribus , 

flosculis basi masculis , apice focmineis. Act. Acad. 

Be/ol. 2, p. 17. Host grani, austr. p. 36, tab. 46- 
Caicx pi-a'cox. ScJireb. spìcil. pag. 63. 
la agro Taurinensi prope Colegno. Pcrennis. 
Proxima C. brìzoidi. 
Carex dhulsa , Good. 

C. spica decomposita elongata ; basi subramosa ; spi- 

culis infcrioribus remotis, summis contiguis ; capsulis 

suberectis,;x/^. i58. Host grani, austr. p. l\-2,lab. 55. 
C. neraorosa , fibrosa radice ; caule cxquisite triangu- 

lari ; spica longe di\ nlsa , seu interrupta ; capituHs 

solitariis, pra^terquam ultimo. J\lich. Nov. Gen.Gcj, 

tab. 33 , Jìg. 1 o. 

Bbb 



558 MISCELLANEA BOTÀNICA, 

Locis umbrosis nemorosis , prcesertim ad oras fossarum 
prope Veneriam , Druent , etc. Passim quoque ia 
collibus Taurìnensibus reperilur. 
f Carex androgina , Balb. addii, ad Fior. Ped. p. 97. 

Est bicolor Allionii , uti mila constitit ex specimine , 
quod perhuinaniter mihi communicavit ci. Bellardi. 

Minus proprie androgynain appcllari , amicis olim ani- 
madverteram , et sub Cenisioi pioiude nomine ad 
Botanicos raiseram, quum nullibi in alpibus nec Moli- 
neri, nec ipsc, preeterquam in Cenisìo monte repe- 
reiimus , ubi rara quoque ad vivulos cura juncif olia , 
ac capillari interdum occurrit. 

Specimiua habeo , ubi iuferior spicula longissime est 
peduuculata. 
Carex recujva , Good. 

C. vagiuis abbreviatis , spicis fcemineis subcylindricis 
pendulis , capsulis rotundato-ovatis , radice repente. 
Biiddl. hort. sic. ^. 3o , n.° 3 , 4« 

C. spicis masculis pluribus erectis , fcemineis cyb'ndri- 
cis pendulis ; capsulis subrotuudo-ovatis. IVild. mém. 
de t Acad.de Berlin pour Ics ans 1 794-95, /jog". 64. 

C. limosa. Leers Ilcrborn. , t. i5 , f.'ò. bona. 

Gramcn nemorosum spica subnigra recurva. Moris. /list. 
3,5. 8 , lab. 12 , Jig. 14. 

In pratis , et pascuis Venarioì legl. 
** Carex lomentosa L. Hosl grani. auslr.,p.G\ , lab. S2. 

Copiose legi elapso anno in sylvis extra S egu sii pori ain, 
prope la Scuola d Idraulica : itcm locis humidius- 
culis collium Taurinensium prope Eremum. 



ArCTORE 3. B. BALBIS. ZSq 

Carex sempen'irens , ì'"dl. 

C. foliis duris percnnantibus dense CtEspItosIs ; spica 

mascula oblonga ; facmiaeis binis laxis ; omnibus atio- 

fuscis. FI. Delph. 2 , pag. 214- 
Abuudc ad oias lacus mentis Cenisii reperi» 
Carex paradoxa , IVild. 

C. spica supra decomposita coarctata, capsulis acumi- 

natis ore indivisis. Meni, de l'acad. de Berlin pour 

Jes ans 1794-96, pag. 69, t. i , f. i, opfima. 
Carex canesccus. Host gram. austr. p. ufi , lab. 67. 
Ex Augusta PrceCorìa attulit Fiotta. 
Obs. Tato hab'itu , cctspile denso, flore, frucluque 

suo facile a paniculata, cui ajfinis est, distingucnda. 

Synonimon Halleri ab Allionio Iributum Carici ca- 

nescenti ad loliaceam pertinet. Auct. p. 47, n." 25o8. 
Carex curia, Good. 
C. spiculis subsenis ovatis remotiusculis , culmis nudis, 

squamis ovatis aciitiusculis , capsula brevioribus /. e, 

p. 147. Host gram. austr., pag. 5j , lab. 4S. 
C. spiculis subsenis ovatis remotiusculis, culmis nudis, 

squamis ovatis acutis, capsula ovata acuta adpressa 

brevioribus. Wild. loc. cìL, p. 41, lab. "àfjig. 3, bona. 
In sylvis Venarias Icgi. 
Obs. Differì ab e\or)gata Joliis glaucescentibus, culmo 

humiliore, spiculis rarioribus, capsulis non divtr~ 

genlibus, lolocjue habitu. 
Carex umbrosa , Host. 

C. spica mascula unica, spicis foemineis approximatis 



360 MISCELLANEA BOTÀNICA 

dnabiis, tribusve, squamis focrniniuis carina scabn's, 
capsulis oblongis liirtis. Gram. austr.,p. 62, lab.Gg. 

In colliiini Taurinensium umbrosis frequens. 

Obs. proxìma prcecoci Jaccj. 
Carex sleUidala , Good. 

C. spiculis subternis, remofis, capsulis divergenfibus 
acutis, ore integro. Loc. cit. , pag. 146, Hosi gram. 
auslr. , p. ^i , t. 53. 

C. ( echinata ) spiculis subovatis sessilibus remolis an- 
drogynis, inferue niasculis, superne f'ocmineis , cap- 
sulis siuipliciter mucronalis. Hojfm. Germ. i , p. 5-^.6. 

C. spicis ternis echiuatis, glumis lanccolatis, capsulae 
mucrone simplici. Hall. hist. 2, n." i3Gò. 

Carex muricata, Leers Herbor. 4» 709» '«^« ^^ i fig' 
8, bona. 

In pratis, adque fossarum rimas F'ena/'ìce legi abunde, 
majo mense. Circa Auguslam Pra^loriam loco dicto 
Le Basìer frequeutem adnotuvit Fiotta. 

Penta NORIA. 

Amaranthus prostralus , Bell. ( Tab. io J. 

A. glomerulis triandris , floribus trifidis , foliis rliorabeo- 
ovatis , caule procumbente , N. 

Secus muros urbis Aquensis , proesertim ad fontem ca- 
lidnm dictum la Bojenta , tum in Liguria, ac prope 
T-éOano frequentem adnotavit Molineri. 

Descr. Caulis procumbens, .cjuaudoque erectiusculus 



i 



AUCTORE J. B. BAI BIS. 3Gl 

striatus; folla alterna, loDge pt'tiolata , glancescenlia, 
aliqua emarginata, reliqua oblusiuscula; ranii plurcs 
axillaies alterni. Florum gloiiicruli inlerdum ex axil- 
lis folioriim prodeiint scssiles. Flores Icriuiuales sub- 
spicati in aliqiiibiis paniculam fero efllcicnfcs. 
Duobus ab bine aunis in horto excoliieram liane jlma- 
ranlhi specicm, seminibus a pra'cl. Bkllardi daiis, 
a quo prostrali nomen huic plantce sat apposite tri- 
butuiu est, qaodque proiudc retiuendum ccasui. 

POLYANDIllA. 

Carpinus Ostrya, L. 

C. squamis strobilorum inflatls. Sysf. vpg. p. SSg. 
In sylvis Niccvensibiis , pva:seilim circa Casliglivne frG- 
queutem aduotavit Molineri. 

BIRCIA Diandri A. 

Salix hehclìca , Vili. 

S. foliis lanceolatis, superne atro-virldibiis reticulatìs, 

inferne niveis; julis oblongis, basi foliosis ; capsulis 

sericeis, FI. Delph. 3 , p. ySS. 
Ex Augustana valle retulit civis Fiotta. 

P L Y G ATVI I A INI o n ce ci a. 

f ^GiLOPS caudata. Adclit. pag. g8 , eie. legatur. 
iEgilops squarrosa. Murr. 



562 MISCELLANEA BOTANICA 

JEi. spica subulata aristis lougiore. Syst. veget. , pag, 
907, Schreb. gram. p. 2, pag. 44, tab. 27, Jìg. 2. 
Cavan. le' rarior. i, /2.° gg, ^. 90, Jìg. 2. 

Pro caudata habueram stii-pem liane, sed ex siccis 
specimioibus allatis, et a cive Tillier, atque a me- 
ritissimo Fiotta, ceitior factus siim veram esse ^. 
squojTosam quam ex Schrebero tradidit Murrayus. 
loc. cit. 

CRYPTOGAMIA Filices. 

f Pteris acrostìca, N. addii, p. 98. 

Valde proxima Polypodio fragranti L. , cujus optimam 

descriptionem , iconemque exliibuit percelebris bujus 

eevi botanicus Desfontaines FI. atlant. , pag. 408 , 

tab. 267. 
Jure asserit speciem mediam inter Polypodia, et Pte- 

rides constituere. 
Pianta, quam in borto excolo, humilior; pinoce magis 

obtusae, nec adeo tenues; puncta etiam vix disjuncla 

ut exhibet icon Desfont. Ceterum buie valde similis 

plantula. 

Ki& X.. 

Lichen lapicida, Achar. 

L. crustaceus, rimosus, areolato-granulatus, cinereo- 
glaucusj scutcllis depressis planis marginatis , totis 



\ 



AUCTORB J, B- BALBIS. 3é)3 

nJgrIs. Lìchen scec. prodr. pog. 6 1 , Hojfìn. pi. lidi. 

toh. 5o. 

Ex valle Augustana. 
Lichen fui gens , Adi. 

L. crustaceus oibicularis plicato-flcxuosus lobatus flave- 

scens , scutellis demuui convexis rubris. Lidien. svec. 

prodr. p. I02. 
Lichen friabilis. Vili. FI. Delph. Z,p. 979 , t. 55. 
In sterilibus secus viam Inter Cinzano, et Moncucco. 
Obs. Valde proccimus lentigero. 
Lichen, stygius, Adiar. 

L. caitilaginco-inembranaceus imbricatus utrinque ni- 

gfo-piccus, foliolis multifido-subpalmatis angustatis 

convexis , margine incurvis , scutellis concoloribus , 

margine ci-eniilato. Lidi. svec. Prodr. p. log. 
Lichen stygius. Hoff. pi. Lidien. tab. 26 ,Jìg. i.Enuni. 

Lidien. tab. 14 > fig- 2. 
Ex saxosis vallis Augustance. Proximus FaJilunensì 

Jbellard. Append. 
Lichen pulverulentus , Adi. 

L. inembranaceus imbricatus viridi - fuscus ; clnereo- 

pruinatus subtus nigro-tomcutosus , foliolis multifidls 

planis obiusis ; scutellis Ccesiis. Lidi. svec. prodr. p. 

111. Hoffrn. pi. lidi. tab. 8 , Jìg. 2. Enum. lidi. 

tab. II ,Jìg. 1. DUI. liist. muse. tab. 2/^,Jig. 71. 
Ex valle Augitstos Proeloi-icje. 
Lichen jacobea-folius , Adi. 

L. gclaliuosus membiauaceus atrovircns, foliolis multi- 



3^4 MISCELLANEA BOTANICA , 

pardfls crispis; scutellis atro-sauguincis. Lìchen, svec. 
prodi', pag. i38. 

Ex AugusLana valle. 
Lichen cylìndricus , Adi. 

L. nicmbi-auaccus peUatus , glauco-cinerasoens , subtus 
laìvis ochroleucus folio lobato fibrillis marginalibus 
atris ; tricis tiubiuatis pcrforatis , deimim convexius- 
culis gyrosis. Lich. svec. prodi: p. 148. 

Ex valle Augaslana. Totus margine crinitus. 
"f hicnzì^ pulmonarioides , Balb. addit. pag. 100. 

Est L, ( scrobiculalus ) subcoriaceus expansus , rotun- 
dato-lobatus lacunosus , glaiico-vircscens , subtus fer- 
rugineo- nigficans villosus ; glomerulis suliverruco- 
sis ; scutellis fuscis margine pallido. Achar. lichen. 
s\;ec. prodr. pag. ]52. 
Lichen polymoiphus, Achar. 

L, subcartilagineus pallide lutesceus , ercctiusculus, com- 
pressus , laciniato-i'amosus , polymorphus , lacuuulis 
sparsis semiuiferis; glomerulis, scutellisque" congestis 
terminalibus , concoloribus. Lich. sv. pì'odr.pag.ijS. 

In saxis PoUein , Reveriers , et Metun in valle Au- 
guslana. Fiotta. 
Lichen cJirysoptalmas , Achar. 

L. menibranaceus flavo- aurantiacus ca-spitosus erectus 
linearis lacero - laciniatus cilialusque , scutellis fulvis 
radiatis. Lich. sv. prodr. pag. 181. 

Platisma auratum Ho(f. pi. ìich., lab. 36 , Jlg. 4- DUt' 
hist. muse, lab. l'ò , f. 17. 



f 



AUCTORE 3. B. BALBIS. 365 

Strenuo botauiccs cuUoiI illustri medico, ac pliiloso- 
phiaj professori Francisco Rè elegantissimam hanc 
Licheni,'! spcciem debeo,qui abuiide reperii in raniis 
Pruni spinosoi , et Ligustri vulgaris locis calidio- 
ribus di Condole , loco dicto la lìocce'a. 
Lichen ochroleucus, Acìiar. 

L. caulescens subsolidus crectus teres laevis , pallidus 
fruticosus, ramis divaricatis , apice furcatis nigris , 
glomcrulis verrucosis sparsis. Lich. svec. prodr. p. 
21 5. Hnff. pi. lidi. , t. 20' , Jìg. 2. 

Ex alpibus rctulit Ignatius Molijmeri. 

Fungi. 

TuBER cibarium , Bid. 

T. arrhizon , subrotundum firmuiri , superfìcie ectj^pe 
caelata. Herb. de la Fr. , voi. i , pag. 74 , iab. 35G. 
Vern. Trìffote neire. 
In Montejerrato , alibique. 

RETICULARIA. 

Gmel. sysL i'eget. , pag. i^JJ' 

Fungus subrotundus , thcca rigida, seuiinibus inter fila 
reticulata dispcrsis lepleta. 

Reticularia nigra , Bui. 

Jx. pnpuUvformis bicanis ; prima retate gummea, dcia 
filamentosa, intra b'gaura,et corticeni crescens. Herb. 
de la Franco , 1 , pag. 88 , lab. 38 •> ,Jìg. 2. 

ccc « 



366 MISCELLANEA BOTANICA! 

In cmarcklo trunco ex coUibus Taurinensìhus aliata. 
Retigularia sogelum , Bui. 

R. i'usco-nigi icans , gramiuum parasitica, intus filamen- 
tosa. Herb. de la France , i , pag. 90 , tab. 472 , 

In graminum spiculls lieu nimliim quaadoque frequens ! 
Retigularia spìioeroidalis , Bui. 

R. minima , sessiiis , suborbicularis , intus loculosa. 

Herb. de la France , i>>ol. i ì pag. 94 , tab. 446, y. 3. 
Super mortua folia. 
MucoR cJirysospermus , Bui. 

M. caespitosus ; stipitibus erectis , seminibus numerosfs- 

simis, subrotimdis , ex albo-aui-eis. Voi. i , pag. gg, 

t. Sol^,Jìg. I. 
Super Fungos innascitur in eollibus Taurinensibus. 

Relìculariis proximus. 
MucoR glomerulosus , Bui. 

M. sparsus, stipitibus simplicibus; seminibus subrotundo- 

ovatis, numerosis, cinereo-rurescentibus , glomeiatim 

confeitis. Voi. l , pag. Joi , iab. 5ol^,Jìg. 3. 
In emporctica chai'ta , humido loco relieta , copiosis- 

simus. 
IMccoR penicillatus , Bui. 

M. cocspitosus; stipitibus simplicibus aut ramosis, se- 
minibus nudis, concatenatis, penicillatim confertis. 

voi. I, pag. 107, lab. 5o4 , fig- il. 
Attulit ex collil)Us Taurinensibus sollertissimus disci- 

pulus meus, nuucque medicince Doctor Filifpa. 



AUCTORE J. B. BALBIS. Z6j 

MucoR ferrugìneus. Bui. 

M. coespitosus, lateritio- ferrugìneus; pericarpils clavatis, 
apice varie disruptibilibus; scrainibus subrotundis te- 
nuissimis. Voi. i, pag. 108, lab. 5ol^ , Jìg. 12. 

In emortuis foliis BelidoìAlni Icgi Morette^, elapso anno. 

T n I C H I A. 

Bui. voi. I, pag. 117. 

TrichiA Cìnnabarts , Bui. 

T. stipitibus brevissimis , pericarplis subcyliudracco 
ovatis , caliculatis, axi dcstitutis; seminibus sub mi- 
niaceis. Voi. i, /). 121, lab. 5o7.,Jìg. i. 

Post aufuranales pluvias in emarcidis truncis , cxigua , 
capitulo cylindrico cancellato, semine cocciuco, mi- 
niato , pidvinaris ad instar. Stipes brevis albus. 
Trichia nulans. Bui. 

T. llavicans, pericarpiis elongatissimis decumbcntibus 
caliculatis, vix sfipitatis; reticulo laxo. Bui. v. i , 
pag. 122, tab. 5o2 , flg. 3. 

Ad uovcmbris liuem ex collibus retulit laudatus civis 
Filippa ; in emaicido trunco vineae Bianzé in coli. 
Taur. reperii Molineri. ^ 

Obs. Flava , leticulo per maturitateìn achnodum lacco , 
decumbeiUi; stipitata , pcdiculo rubcnti, caljculata. 
Sphcerocarpus albus , Bui. 

S. stipitibus cylindraceis simplicibus, pericarpiis glo- 
bosis umbilicatis, granulosis, albo-suboincrascenfibiis, 
scminibus rotando l'usco-nigricanlibus. L. e. iSy, t. 
407,/. ò, et t. 470, /. I. 



368 MISCELLANEA BOTANICA, 

An Lycoperdon ulmi, Bell, à^ènd. ad Jlor. Pcd. 
p. 'jG.Ì 

Super ulmi corticcm post pliivias. Mire variat. 
Sriia:ROCARPus capsulifer , Bui. 

S. pericarpils latis, globoso sub ovoldeis, primura nl- 
gro-ca'siis, dcin subalbcscentibus, plcrumque sessili- 
bus, intus vix rcticulatis, voi. i , p. i5g, t. 470,./'. 2. 

Super emortua folia Carpini Betuli; etiam in virenfia 
vegetabllia diffuuditur pollen , quo refei'tae sunt cap- 
sulae. Allatus fuit a Molineri super sedani sexan- 
gulare lectus in horto magno Valentini. 
Sphcerocarpus clirysospcrmus , Bui. 

S. Sessilis , aut vix stipitatus , pericarpiis subglobosis 
extus subverrucosis , semiuibus luteis. Fb/. i , pag. 
i3i, l. 417,/. 4. 

In emarcido b'guo , iuitio raensis januarii , lioc auno 
legit Molineri. 

Obs. Liiteus , per Oìtalem fuscescens , ac fere niger 
evadi t. ScJioeff. ic. 2C)6 , Jìg. 2 , et 5. Bona, 
Lycoperdon proteus ovoideum , Bui. var. 2. 

Li. subrotundum, turbinatum aut substipitatum , carne 
alba , seminibus subfub'gineis , pericarpio tenui , flac- 
cido. J/^ol. 1 , p. 148 , t. 435 , y. 3 , 475 , y. b e d m n. 

Variat admodum. 

Locis macilentis , in pascuis , collibus Tauri n ensibus y 
alibique frequens. 
Lycoperdon verrucosum , Bui. 

I-i. subglobosum , rufo - fuscescens , carne caesio - rube- 



< 



AUCTORE J. B. BALBIS. Z6q 

scente ; scminibus fuscis ; collo radlcis latissime pli- 
cato. Voi. I. p. 167, tao. c4- 
Telluri occurrit locis umbrosis collium Taurinensium 
mease augusti , post pluvias.- 

N 1 D U L A R I A. 
Bui. gen. voi. i , p. i63. 

NiDULARiA /cew's, Bui. 

ÌH. sordide lutea, intus laevis , nec lucida, marginibus 
erectis , scminibus glabris. Voi. 1 , pag. l65 , Lab. 
488 , J'. "2. , et 1^0 , f. h e e. 
Ex collibus super emortua ligna retulit Molineri. 
NpuLARiA striata , Bui. 

N. fuligineo-fucescens , extus lanuginea, intus striata, 
marginibus erectis , scminibus subtus tomentosis. Voi. 

I , p. 166 , /. 40 , y. a. 

Facile a praecedcnti ob evidentes strias distinguenda ; 
iisdemque locis occurrit. 

HYPOXYLON. 

Hypoxylon uslulalum, Bui. 

H. ex cinereo-nigricans , inflatum , friabile , superficie 
sinuosa; locellis segregatis. Voi. 1 , p. i']6 , t. /iSj , 

In vetuslis arborum truncis reperit, attulitque Moliueri. 



SyO MISCELLANEA BOTANICA, 

VARIOLARIA. 
Gen. voi. i , pai;. i8i. 

VariolariA melodramma, Bui. 

V. multiloculaiis fuliginco-nigricans, Irregulariter bui- 
lata , locdlis hiaatibus. Fb/. i, pag. 182, tub. 492, 

In Carpini Belali corticc liieme. 
Clavaria antocep/iala , Bui. 

C. coriaceo- molliuscula , ferruginea, basi sublanata ; apì- 
cibus albidis , flabelliformibus , umbeliatis. Herb. de 
la France i , pag. 197, lab. 462 , f. i. 

Ex coUibus Taurinensibus julio mense atlulit strenuus 
noster Molineri , legitque in sylvis locis unibrosis, 
vineae de Bianzè dictoe. 

Obs. Terrestris , annua, hìnc Jacile a C. cornuta di- 
stìnguendo , qucB perenni s est , pubi do Ugno in- 
nascilur , nigramque liabel supeijìcieni , dum an- 
tocephala numquam nigra est, senipeique terrestris. 
Clavaria byssoides , Bui. 

C. minima , ramulis primum nivcis glabris clavatis , 
demani cinercis depressis, coralloidibus pilosis. Voi. 
i,pag. 209, t.l^\b,f. 2. 

Super semipatrida b"gna , ac in eniortuis foliis legit 
clapsa hieme Fiotta in collibus Taurinensibus. 
Clavaria cylindrica , Bui. 

C. fragillima simplex glabra, tereti-elougata, fistulosa; 



AUCTORE J. B. BALBIS. Byi 

basi attenuata, apice subrotuudo. Voi. l, p. 212, 

tab. 4^3 , y. I , a 1 m. 
In alnetis Morettensibus auturanali tempestate Icgi post 

pluvias. 
Clavaria granulosa, N, ( Tab. 11 1 f. i ). 

G. simplex glabra tei'eti-elongata , aurantio coccinea j 

capitulo longissimo , granuloso. 
Terrestris, in coilibus Tauri nensibus lecta ab Ignatio 

MOLINERI. 

Praecedenli proxima, a qua differì stipite aurantio, et 
capitulo toto granuloso cocciueo. 
Tremella ìiigricans , Bui. 

T. comosa , crassiuscula , irregulariter bullato-compla- 
nata, primum coccinea, dein nigra. Voi. i, p. 21J, 
tab. ^55, fg. I. 
In corticibus ramorum emortuarum arborum, post in- 
gcntcs pluvias mense decembri in borto. 
Tremella cìnnabarina , Bui. 

T. minima, sub-gclatinoso-carnosa , ballata, miniacea 
sub purpurea, superficie granulosa. Voi. i,pag. 218, 
tab. 455. Jìg. 2. 
Exigua admodum, super Lìchenes arborum corticibus 
hccrentem reperit Molineri. 
Tremella deliciuescens , Bui. 

T. exigua, gelatinosa, buUato-turbinata , glabra, lutea, 

integra. Voi. i, ;}. 2ig, tab. ^55, Jìg. 3. 
Putrido ligno innascitui*. Lutea gelatinosa. 
Tremella glandulosa, Bui, 



372 RTISCEtLANEA BOTANICA 

T. gelatinosa^ subrotunda, pulvinata , fusco-nigricans , 
integra, superficie mammosa. J^ol. i, pag. 220, 
lab. 420 , ftg. I. 

Super emarcidos truncos. 
Treme(,la cerebn'na , Bui. 

T. major, gelatinosa, crassa, piena; superficie flexuoso 
silicata. ì'^ol. i , pag. 121 , Jìg. 386. 

Yarietates nìgra , et alba allataì super langueutem 
truncum. 

Elegantissima profecto inter Tremellas. 
Tremella granulosa, Bui. 

T. complauata, gelatinoso-cartilaglnea, luteo virescens, 
crassiuscula, in lobulos crassos, imbricatos partita. 
Voi. 1, p. 227, tab. 1\S3,JÌS- 2. 

Post ingcntes pluvias, locis arcuosis occurrit, ubi lette- 
virenti tapcte humum humidiusculum quasi subcon- 
tinue tegit, ut recte advertit Buliard. 
Tremell\ muco7'oides , Bui. 

T. exigua, carnosa, lutea, sub globoso bullata, acu- 
leis hirta. Voi. i , p. 228, lab. 499» .^^- 4* 

In cmarcido ligno aliata ab Ignatio Molineri. Exi- 
gua admodum. 
Tremella aj?ieiliystea , Bui. 

T. gelatinosa , violacea , in lobos teretes varie dlssocta, 
superficie fossis , aut sulcis exarata. Val. 1 , pag. 
229, tab. 499, Jìg. 5. 

Elvela purpurea Schosff., lab. 323, /. 4. (Ed. Jl. dan. 
tab. Gbò,Jig. 3. 



AUCTOBE J. B. BAI.BIS. Z"]^ 

In semiputrido li<j;no repcM-it Fiotta iu collibus Tuurì- 

nensib. versus finem novenibiis. 
Peziza Auiicuìa judcti. Bui. 

P. latissima gclaliiioso-carlilaginea, scssilis frnuis, sublus 
•' venosa, pubescens; cratere cu[)ulari jìlicata subfusco- 

lalerilia. J'ol. i, p. 241, lab. 4-27, fìg. 2. 
Hand rata super arborum truncos, Pyrum, Suinbuciini 

nìgì'cnn, eie. 
Modo ad Ti cmellas , modo ad Heheì/as relala, recfe 

nunc inter Pez-has Buliardus , Gmelikus , aliique 

reposueniiiL 
Peziza Jiydrophora , Bui. 

P. minima, tennis, lingilis, sessiiis, globosa, anranlio- 

coccinea, rore b'mpido turgida , cratere vesiculoso. 

Voi. I ^pag. 243, tab. l^ìo , ftg. i. 
Grcgatim in trnncis emortuarnm arbornm reperit Fiotta 

in collibus Taurine?! si bus. 
** Peziza epidendra , Bui. iol. 1 , pag. 246, lab. 4G7 , 

fg- 3. 

Elvela coccinea Alligni. Fior. Pedem. n." 2773. 

Hanc memoro ut a coccinea Buliardi distinguafnr , 
quum epidendra super emortuarnm arborum dejc- 
ctos truncos habitet , ac stipitata j et coccinea scs- 
silis , ac terrestris sit. 
Peziza laclea , Bui. 

P. minima , cerca , tennis fragili's , nivea , turbinata , 
aut stipitata , snbtus pilosa ; cratere cupulari, J^ol. 1 , 
7^ag. :i55 , i. 5jG , Jig. 5. 

Ddd 



074 MISCELLANEA BOTANICA 

lu cmarcldo . truiico rcperta ab Ignatio Molineri la 
collibus 2aurinensìbus decembris inilio. 

Alba , lan^is intus , cxtus pubcsccus. 
Peziza chrysocoma , Bui. 

P. uiiuima, tcnuissima, fragills, scssilis , glabra, Infra, 
lajvis ; cratera e vesiculosa cupulari. Voi. 1,^.264, 
lab. 376, f. 2. 

In ligao putrido reperta in collibus Taiainensibus de- 
cembris initio. 
Peziza laricina, N. t. 11 , fìg. 2. 

P. niiuinia, teuuissima , frngilis, sessilis, glabra, com- 
planata supra lutea, subtus uigra. 

In dejectis ramis P. Laricis in pinetis de Lans- le-bowg 
iuvenit Molineri. 

Descr. Proxima priori, differì tamen superficie sua 
pene omniuo complanata, supra lutea, sublus nigra; 
levis , tenuis, papyracea , interdum brevissimo, te- 
nuissimo stipite praedita , sed raro admodum. 
Peziza granulata, Bui. 

P. exigua, crassiuscula , fragilis, sessilis, glabra, subtus 
granulosa , dilute aurautiaca ; cratera cupulari au- 
rantio-miniacea, voi. i, p. 268, lab. 458, f. 3. 

Super humanum stercus, retro hortum botauicum gre- 
garia , decembris initio. 
Peziza Balschu , N. t. 1 1 , /! 3. 

P. plana, cornea, sessilis, marginata, puniceo-miniafa: 

Pezizog, cochleatre varietas a, Batsch. el. fungor , pag. 
2 25, lab. 28,/. i58. 



AVCTOBE J. B. BALBIS. Zj5 

Ex collibiis Tttur/'nonsibus retulit PiottA , ad initinm 

meusis mail, It'gifcfue locis humidis iuter Lemia €t 

Ponte dì Barra in valle dicla eli Sassi. 
Dfscr. Tcrreslris. Color supciTiciei intcrunc puniceo- 

miniiitus, splcndidissimus; modo cxplciuata, modo 

pulviuata, sa^pc p;rcgai-ia ; extus saturate ochracco- 

carnea, polline albido furfuracco in arcolas concreto 

obtegitur. 
Peziza crenata , Bui. 

P. exigua , tennis, cerea, fragilis , glabra, cinerea; 

cratera cupola ri ; margine crenato, f^ol. i , p. 261, 

tab. 396, /. 3. 
In summitatc vallis sah'ciim, in coUibus Tauri nensih. 

reperii burnenti solo, diligens botanices cuUor, et 

veterinaricE scliolae alumnus Agosti. 
Peziza Lahelhim , Bui. 

P. lata , tenuis , cerea , fragilis , sessilis , subtus villoso- 

tomentosa ; cratera e vesiculosa cupulari. T^ol. 1 , p. 

262, t. 204. 
Elvela albida Schceff. fung. t. Q, t. l5i. 
Terrestris; babitat in locis umbrosis collium Tauìi- 

nensium, ubi reperta ab Ignat. Molineri in vinea 

de Bianzé dieta. 
Peziza coccinea, Bui. 

P. major, cerea, tennis, fragilis, glabra, sessilis, au- 

rantio-miniacea ; cratera cupulari, aut cocbleata. f^ol. 

I , p. 269 , tab. 474* 
Copiose retulit ex collibns Taurìnensihus meritissimus 

doctor Filippa ad liuem novembris. 



ZnG ntrsCELLANEA BOTANICA ^ 

Peziza vosìculosa, Bui. 

P. major, cerca, tennis, fragilis, glabra, scssìHs; cva- 

tcra e vesiculosa-marsupiiformis. Voi. i, p. 270, lab, 

457, /. I. 
Copiose in pratis fimo obtcctls , ac in fimcLis potissi- 

mum mire luxurlat, formaque variat. 
Phallus /lyemalis, N. ( Tab. 1 1 , /. 4. ) 

P. capilulo globoso, celluioso, riigis anastomosantibug 

profundis; stipite Icniter striato, tenui. 
Lcctus fuit ab Igjjatio Molineri, initio januarii mcnsis, 

in muro quodam septcntrionem spedanti , prope 

Fa cium. 
Rarus admodum. Minimus omnium Phalloritm ; proxi- 

mus ei, quem exhibet icou ScJiooJf. iQCj, f. 5 et 6. 
Stipes tennis, leniter slriatus, castancus, pileus globosus, 

cellulis profundis , circularibus , angulosis. 
AuRlcuLARiA reflexa, Bui. 

A. perennis , coriacea , tennis , supra zonata , villosa , 

subtus lajvis. Voi. i,;j. 281, tab. 274, et /^S'ò,Jìg. 

I , 2 , 5 , 4 , e^ 5. 
In emarcidis truucis , trabibusque occurrit. Variat ad- 
modum : modo cnim lutea , modo ametbystca , uti 

videre est apnd Buliard loco citato. 
Helvella dimì diala, Bui. 

H. membranacea, tenuis, horizontalls , supra laevis , 

subtus in venas divergentes expausa. Voi. 1,/?. 290, 

tab. 498,/?^. I , et lab. 288. 
lu muscis parasilat , potissimura in Eryo murali , L. 



ALATORE J. B. BALDIS. 677 

Logì copiose in licito niajjiio Valenllnì. 
Helvella elastica , Bui. 

H. cerea , stipite gracili , cylintlraceo Iccvi fistuloso ; 

pileo lobato. Voi 1 , pag. 299, lab. il^i. 
Ex collilnis Taurinensibus retulcre cives Molineri, et 

Agosti. 
Hydni'm occan'um , Gmel. 

H. villosum , album , aculeis inagnls oblongis, obtusis, 

planis. Syst. s?eget., p. 1439. 21icJi. nov. pktnl. 

g(^n. , lab. 6^, J". 3. 
In lignis putridis copiose repcilt Molineri.. 
Bor.ETUS anrianlìacus, Bui. 

B. stipite scobinacco; pileo aurantio-miniato, coDCame- 

rato ; tubis niveis longiusculis- Kol. i , pag. 620, 

lab. 489 , Jìg. 2 , et lab. 236. 
Haud larus apud nos auturano. Edulis. 
BoLETUs cyanescens , Bui. 

B. siil)fLih'gÌQeo cinereus ; stipite ventricoso ; pileo lato; 

carne nivea , mutabili; tubis albidis. Voi. i, p. 328, 

lab. 36g. 
Frequeus autumno in sylvis. Edulis. Caro crassissima , 

firma, fractura brevi cyanescens. Dicitur Craviole apud 

nos. Huc spedare videtur Boletus cravetta Beli. 

appena, pag. 73. 
Boletus biennis , Bui. 

B. stipite contraete, lanate ; pileo cyatiformi , crasso, 

siibferrugineo , nec zonato; tubis cinercis, labyriuthi- 

formibus. Voi. 1 , pag. 333 , lab. 449 > /• ^* 



SyS MISCELLANEA BOTANICA , 

Terrestris. Occurrit iti aluetis . Hyduis proximus. 
BoLETUS ob//c/uatus , Bui. 

B. coriaceo-suberosus, velati vernicosus , stìpite late- 
rali ; pileo diiuidiato , zonato : tubis ex albo-fcrru- 
gineis. F'ol. i, /). 335, tab. ^5cj, et 7. 
Baletus Picc.J'iing. tab. i. 
Ex ^ylvis M )rettens'ibus chi Galatè liabui. 
BoLETus Calccolus , Bui. 

B. coi'iaccus , sessilis, aut stipltalns ; pileo dimidiato , 
tenui sublateritio , tlgriuo , tubis brevibus. iTot. 1 , 
pfig. 33tj, ìab. l^l\S , Jìg. 2, et tab. 36"o. 
Ad arborum caudices reperit Molineri , versus iuitiura 
dcccmbris. 
BoLETUs raniosus , Bui. 

B. coriaceo-fragilis , luteo-fulvus in ramos sul)cylindra- 
ceos undique tubulosos expansus ; carne subalbescente 
tubis brevibus. Voi. i , p. 3/|g, tab. 418. 
In collibus Tauri ne nsibus reperit civis Filippa. 
BuLETUS ungulatus , Bui. 

B. coriaceus , sessilis ; cortice ebeneo ; carne ferrngi-^ 
nca , e stnpacea subliguosa ; tubis tenuissimis aequa- 
libus. Voi. I , pag. 357 , tab. 491 , Jìg- 2 , et 401. 
Super truncos , potissimum salicum frequens. 
Obs. Facile ab igniario distinguendus , cui caro minus 
Jilamentosa , rnolliorcjue cortex , ncque niger , aut 
lucens , nec demum regularibus sulcis distinctam 
exhibet superjìciem. 
BoLETus miitabilis , Gmel. 



AUCTORE J. E. BALEIS. Zjg 

B, pileo pulvinato fusco ; (iibis flavescontibvis , rubiis- 
que stipite iocrassato brevi , fuscescente, rubelloque; 
Sfsl. vegflt. pag. 1452. Schcrff. lab. i33. 

Bolctus (comniunis). Bui. lab. 3g3. 

Ex collibus Tduiin. attiib't Molineri mense dcccnibri. 
AcARicus piislulatus , Schopff. 

A. caulescens , plcrumque solitailus, pariim carnosus , 
pileo oi-biculaii , planiiisculo, rufo-cinereo , margine 
striato; vcrrucis parvis albidis adsperso : lamellis sor- 
dide all)is dimidiatis , solitariis; potiolo terell, pieno 
volvato albido , rubelio , apice dilatato , basi squa- 
moso , tuberoso; annulo persistente, velo, ac volva 
mcml)ianaceis , albidis. iV.° 80, \,'ol. i , lab. gì. 

Ad seniilas Jocis uml)rosis eollium Taurìnensiuìn , ac 
vine^ dictae de Rìghìn Nalalin initio augusti re- 
perii MoLlNIilU. 

Obs. ISon est A. pustulafus L., et Alììon. , qui melìus 
marulatus foret appellandus cian ScHa:FFERO. 
Agakicus Russula , Gniel. 

A. friigian^ , dulcis solitarius, pileo rubro; earne albida 
tenera fiiiua; lamellis crassis apqnalibus ri^idis. Syst. 
vpg. p. i/|Oi, Schopff. lab. j5. Baiseli, ci. f un g. lab. 
^>fg' j3. 

Ex Sogli sio misit doctor Rè. 
Agaricus araneosus , Bui. 

A. ]oileo spadlceo , margine filis araneosis fimbriato ; 
lamellis latis , posferius divisis ; stipite albo brevi 
crasso concoloribus. T. g6. Gmel. syst. vegei., p. i/|02, 

Ex collibus Taurinensibus. 



S8o MISCELLANEA. BOTANICA 

AcARicus Tiìgn'pes , Bui. 

A. slipile fistuloso , nudo, tomentoso , basi nij^ricante; 
pilco luteo semi-orbiculari ; lamellis falcatis libeiis. 
Hcrh. de la Franco , 2..' dh\ , p. /\']6 , lab. S^/j , 
«^ 5 19,/^. 2. 
Ad caudicts arborum frequens. 
Agaricus amaì'us , Bui. 

A. stipite fisluloso , glabro , anuulo fugacissimo ; pileo 
semi-orbiculari; carne lutea, fcllca; lamellis liberis , 
basi aduncis. JFlerb. de la France , 2." dh'. , p. 4?^ > 
t. 562 , et 5o. 
Super emortuarum arborum caudiccs initio mensis de- 
cembris. 
Agaricus zonarìus , Gniel. 

A. pileo spadiceo concentrice strialo, veri ice depresso, 
lamellis albidis , stipite fuscescenti-albido brevi farcto 
tereti. Syst. veg. 1 , p. i!\\i. Schoejf. J'ung. t. 235. 
In coUibus Taurinensihus Molineri. 
Ac\iucus sanguineus, Bui. lab., 42. 

Ex coUibas allatus est. Causticus. 
Agraricus cyaliformìs , Bui. 

A. albidus, vel pallidus, canccllis dccurrentibus au- 
gustis, divisis stipite farcto. lab. 248, et 675. Ginel. 
Syst. i'eget. pag. 1409. 
In horto magno Valenllni. 
Agaricus pyxidatus , Bui. lab. 568. > 

Ex collibus Taurinensibus . Umbilicatus , exiguus. 
Agaricus succineus, Gmel. 



AUCTORE J. B. E\LBIS. 38 1 

A. plico convcxo campanuhito lacero glabro pallide 
aurautio-stiialo ; canccllis plumbeis; stipile subdon- 
gato albo. Syst. vcgpt. p. 1426. Schceff. J'u?ìg. t. G. 

Extra Srgusìì poitam ad niaigines fossarum ; cocspitosus. 
** Agarigus stercorari US, Bui. 

A. l'ugacissimus, stipite fibtiiloso, nudo, piloso; pileo 
squarroso seu lanato, striato; lamellis nigresceutibus, 
liberis. Ilrrb. de la Fr. 2,* dlv. p. ScjB, lab. 3/j2; 
f. 1, el tao. 68. 

la stercoratis horti botanici. Epliemerus. 
** Agarigus delicjuescens. Bui. 

A. fugax; stipite simplici fistuloso nudo, glabro, pilco 
campanulato, leviter striato; lamellis latissimis nigre- 
sceutibus, liberis. Herb. de la Fr. ^' c//V. , p. 409» 
tah. 558, f. i , et tab. 437,/. 2. 

In ambulacro Falentini sub ulmis. 
Agarigus atramentarius , Bui. 

A. fugax supra basim communem multiplcx ; stipite 
fistuloso, nudo; pileo campanulato; lamellis latis- 
simis numerosissimis , nigresceutibus, liberis. Herb. 
de la Fr. 2.^ dìv. , p. 4i3, tab. 164. 

Locis umbrosis ad pratorum margiucs. 
Agarigus Adonis, Bui. 

A. er.iguus ; stipite Cstuloso nudo ; pileo subcampanu- 
lato; lamellis angustissimis, liberis, nec basi aduncis. 
2.' dh. p. 445, '• 56o , f. I. 

In syl\ is coUiuni Taurinensium aestiva tempestate oc- 
currit. 

Eee 



582 MISCELLANEA BOTANICA , 

Agaricus Tìntìiìnabuluin, GmeL 

A. cincreus, pileo ovato iutegro ad latcra dense striato, 
stipite liueuri elougalo, flavicaute. Syst. veget. 2, 
p. 1423. Baiseli, el. fnng. 6j , Jìg. 3. 
Umbrosas Taur. colliiim sylvas inhabitat. 
Agaricus lypho'ìdes, Bui. 

A. fugax; stipite fistuloso glabro, aunulario, filifero; 
pileo campanulato, squamoso; lamellis uigrcsceutibus, 
liberis. Herb. de la Fr. 2/ div.,p. i\o5, Lab. 682, 

Jìg- 2. 
Ex cqllibus Tauri ncnsibus. 

Agaricus JisUdosus , Bui. 

A. stipite fistuloso, nudo piloso, firmo; pileo conico, 

striato; lamellis basi angustissimis, aduncis. He/b. de 

la Fr. 2." dh>., p. 464, t. 5 18. 
Super ramos putrescentes , locis umbrosis ad sepes 

mense deccmbri, 
Agaricus eburneus , Bui. lab. 55 1 , Jìg. 2. 

E collibus Taurinensìbus Molineri. 
** Agaricus jnicaceus , Bui. 

A. fugax; stipite simplici, fistuloso, nudo; pileo striato; 

vesiculis nitente; lamellis raris, nigrescentibus liberis. 

Herb. de la France , 2.* div.,pag. 41 5 > l^'^b. 246. 
A. pileo humescente atro striato , lamellisque primo 

albidis partiaelis micautibus consitis. Gmel. syst. veg. 

2, p. 1428. 
Ex valle Salicum attulit strenuus veterinarlae aluranus 

Agosti. 



AUCTORE J. B. BALBIS. 385 

AcARiais orcellus , Bui. Tab.5j'ò,J'. i. 

lu liorlo magno T'alenimi occunit elapsa hycme. 
Agarigus sl/'piicus , Bui. 
A. coriaceus ; stipite laterali,; pilco dimidiato , tenui, 
lamellis curvi-lineis ; iu hemyciclum basi tenniuatis. 
Heib. de la France 2.* div., p. 389, toh. 14 o, et 
557, /. I. 
Frequens et caespitosus ad caudices , et ad truncos ar- 
boruin. Sessilis. 
Agarigus corùcalis , Bui. 

A. exigiius , stipite llstuloso , nudo ; pileo subsemi-or- 
biculari, striato; lamellis raris latissimis , basi adun- 
cis. Herb. de la France , 2/ div., p. 476 , tab. 619. 

Corticibus arborum , praesertim ulmi campestris , post 

ingentes pluvias. Tener admodiun , et fugax. 
Agarigus sessilis , Bui. 

A. tenellus sessilis; dimidiatus , glaber ; supra niveus : 

lamellis angustis, tenuissimis, basi declivibus. Herb. 

de la Fr. , 2/ div. , p. 5^5, tab. 58i ,/. 3 e^ lab. lòz. 
Totus albii«. Super ramos emortuarum arborum. 
Agarigus albidus, N. (Tab. 11.) 

A. sessilis , pileo albido , Itevi ; lamellis fusco-i'ube- 

sceutibus latiusculis, margine integro. 
In sylvis vinetE de Righin Natalia coUium Taurtnen- 

siuni occurrit , observantc Molineri. 
Obs. Terreslris , r/uod rarum est , leste Buliardo , qui 

solum pctaloidem inter sessiles terreslrem esse ob' 



384 MISCELLANEA BOTANICA ETC. 

sen'werat. Proximus deplucnli Baiseli, el. Jung. 

167 , C. 122. 
Dijfert pileo tolo Icevi , albido, margine ìntegro per 

cxsiccalloneJìi Jlaheìliformìler divìso , lohalo. 
AcARICUS hryopìiylus , Pcrsoon. 

A. subresiipinatus , caudidus , pileo membranaceo , po- 

stice porrecto adhcerente, laraellis ramosis. OJjs.mycol. 

pari. 1 , pag. 8, lab. 3 , Jìg. i , a , b. 
Rarus ad muscos. Ex coUibus Taurìnensìbus allatus a 

MoLINERI. 

Facies Pezizoi, Pileus subfomentosus , nunc pronus , 
nimc resLipiuatus. Lamelloe distantes, angusta?, apice 
in ramos utplurimum ternos divisa?; e cenilo diver- 
gimi , et pHcas interdum aemulautur. 
Rhyzomorpha y/-o^/7/ò-, Gmel. 

R. nigra glabra compressa reticulata , intus solide alba. 
Syst. veget. p. 1485. FI. Dan. t. 71 3. 

Ex coUibus attulit Molineri. 



385 
TABULARUM EXPLICATIO. 



f 

TAb. I. a Peiahem interìus. — b ìd. exlerius. — e stigma ^ 

stamina , et gemien. — d slamen. 
2. a Peiuìum exterius cuni stamine, — b id. interius. 

e stigma , stamina , et germ.en. — d germen, — 

e id. transversini sectum. — f pars caiilis su- 

slinens tiia gemina ?natu>a. 
/(.. a FIos. — b nectaria , et stamina. — e corolla 

aperta. — d stamina. — e pistill. — f calyx 

clausus. — gjoi/iculus. — h id. longitudinalitev 

apertus. — i semen papposum. 

5. Poa Molincrii. — a spicula fior. — b ghinia. — 

e eadem . slamina , pist. , et germ. — d styl. 2 , 
et germen. 

6. a Flos expansus. — b capsidcs 5. — e una ex 

his sejuncta. 

7. a Flos. — b corolla aperta , ut pili in ejusfundo 

conspiciantur. — d stamen. — e pistill. — f 
calyx. 

8. a Flos expansus. — b id. oh\>ersus. — e fìnse. 

— d calyx clausus. — e semen cum pappo 
itipit. 



58G 

Tab. 9. a Duo Jìosculi ciwi caìyce. — b ftoscnlus 5c- 

junctus. — e calyx. — ci calyx clausus cum 

maluro semine. — e pappus expansus. — f 

semen curii pappo stipitato. 

IO. a Flos. — b Tria slamina. — e pisi., et germ. 



— d calyx. — 



e seenne n. 







ERRA 


T 


A 


• 


334. 


IId. 14. 


, iriMcaia 






lege hultcatas. 


35o. 


i5. 


Cera ni uni 






Gftnnhim. 


35Ì. 


7- 


alpino 






alpino. 


355. 


i5. 


Geniaurea 






* * Centaurrtt. 


356. 


i3. 


siihteiui 






sttblernis. 


363. 


S. 


posi /. 55. 






aade Bell. app. p. 63, 


38.3. 


3. 


lUpticus 






lege st'^ticus. 



Mc-tn. (A- /'Ac.^Ai Sc.y,- lìtnn l^^i.Ta^ .2>Sb . 



Taé.J 




c/t/j tìfJ/cniZ 



u' 1 4i t^è pa^^^u^xa^ il/ftn Ci cC 7i/tt .i Jìili, 



^ 









M-'m y,- / A- y^j S,-.J.- Iìu'!n PC/ ■7./M.7.Xyti 



IhT 




Q/t/j ac\fc'ìùìt/i/?i 



TTT^^^^^STTT^TJTT^T^^TT"^^^ 



J^m.àc cAc. lùxf Si.-, tu Hirùi T^t. y.fMif.3S6. 




l^7!u!^ui^l^7!w)^^\iTni.ih ^t Tc/,r -i Titt 



t*{ 






'^v^i',:'- 



4 



_^^w_(J£^^;^_<^^i,^Vw^^_^i^2^^^__^AJ^^<^^j♦i^ 



Taé.^ . 




7/cz,/ ira/o<^a. 



<iviè /i*x\ i''A/.7/ttì/.'^^m^tA',éL*^/'7 àTTiti, 



_Mcm^^K_i_-Ac^cù.'Jc.i/^- Turili. !{•/ . y. /i,7fr. -Vt>'. 



Til />. O- 




cf/oa o4/c>///ic't// 



^^^^^/T^^C^^Tit^T^iTm^n^ctJ^Zi^tTÌTx 



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M^e'm . c/c /1-^r. f/cj J'c. ^/c 7ù nn TJ/. 7. /'*'•• ''^'''■ 




.IT C/i4iXtict fc, yi/ritt/'i, A' 7r/,t *i 77t t 



Mi'/n »/• /y4c lAi Sr.,1^- 77//rn J^o/.y. /utj.i\SG. 



Tàó. 



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Gntv^yìa^^^ìana/^tZtÌMTtT? 7c/iz ii2un/i 



Mcfìt c^ /!Ac. itcJ Se. i/c TIi/^erL Vó/. y ■ /^7</. 5<^y 




è flAt CAttZriiiA.^ ^nutfi\&* 2h/cL d Titxtn 






t'J/, r" . 



2fcin . ./■ /J"j.-. c/cj > '.'•■ (/• Tta'f/i K^/. J./uuj. 3So. 




4*iM^ 







Mcm ,/c /'Ac.t^cj ó\-.Jc ^furÙL l^/.y . fiaq. 3/i. 




i'-.xiv /i.ir C/tuznu/c' iZ/ìiafi ctJcAi à Ttcrxrl . 



"[.''^^•rcSL^'*^*; 



f . '*,• , .. V* -A-S ^ 








••■V>s 



3<fc'/!i.i/i' ^'A- c/c.1 fc.M Tìtrin Vi/. y./ia^.JSb. 



T^xé. 



//. 



c/ei^^ ui r(c( ncL^ 



y^_j o 





g/^^^ xJOcttJc/hCO 




FAa/iiu nacrnaciJ 



L angaria ' grtinu/oja^ 







c/Laanau a/ou/fù.i 



4p 



iPi\ti/c yi.if L^\inaA'^/jia/i' c^ y^/'a a 7à/*^t/i 



SUR 



L'ELECTRICITE ANIMALE, 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 



1 J HiSTOiRE du fluide galvanique excita , il y a quel- 
ques annccs , Ics Physicicns à eutreprendre des expciica- 
ces , à les r(5pélcr, et à Ics diversifier de mille facons dif- 
fércutes pour parvenir à connaitre Ics eflels qu'il produit 
sur Icconomie animale. Farmi le grand nombre qui cn 
parut successivement , ou distingua sur-tout cellcs du cé- 
lèbre Volta , qui ont pour objet de démontrer qu'il 
y a dans le corps animai à sang chaud deux sortes de 
musdcs , les iins volonlaires et les autres involontaircs, 
et que les premiers sont sujets i\ l'action du fluide galva- 
nique, tandis que les autres ne le sont point. Ce mémoire 
ayant été publié et fait beaucoup d'impi-ession sur n>oi 
par la différence des résultals obtenus de ses expériences, 
je l'exaralnai atlenlivement avec le docteur Giulio , et 
après avoir fait conjoinlement bien des expérienccs sur 
toutes les parlies niusculaires de diffdrens animaux à sang 
chaud , nous nous assurames que la proposilion du pro- 
fesseur Volta conccrnant la dibtincliou Éiisuommcc des 



388 SUR l'électricité animale, 

niusclcs , ne pouvait subsister , puisque les résultats que 
DOS expérieuces venaient de nous doaner , avaicnt toujours 
été proporlionacis au volume des nerfs qui se distri- 
bueut daas les partics musculaiies , comme oii peut le 
voir daus le Mémoirc coulenaut les dctails et les produits 
de ces expéiiences , et qui fut iuscré dans le VI volume 
de notre Académie , qui l'a lionoré de soq approbation. 
Le proi'esseur Volta voyaut que les expérieuces, dont 
nous publiàmes un exti-ait dans le journal scientifique et 
littdraire , étaicnt conti-adictoires avec les siennes, et que 
Ics Savans qui les avaient répétées , avaient obteuu les 
mèmes résultats que nous , s'engagea à les répéter aussi , 
et sui'-tout celles que nous avons faites sur le coeur ; et 
comme ce n'était pas de son rcssort que de disséquer 
avec le scalpel , il chargea le professeur Rezzia du soia 
de découvrir les nerfs du coeur et de les armer, et 
de suivre nos expérieuces; mais cct anatomiste célèbre 
n'ayant pas été satisfait du résultat de son travail , 
il fiuit par s'en tenir à l'opinion du fameux Haller , 
et abandonna l'entreprise. Alors le professeur Volta 
revenant à son opinion , il crut pouvoir déraontrer , 
suivant le sentiment de Fowler Anglais, laquelle ' alors. 
était eh vogue , que les produits obtenus sur les muscles 
par la méthode galvanique doivent se rapporter à l'élec- 
tricité des métaux, qui servent daus ces expériences pour 
armer les parties uerveuses des animaux. L'on seut bica 
que, sì' cettc opinion était éfay.ée de faits iuconteslables, 
elle reculerait les principes de la physique animale , et 



PAR LE CITOYEN ROSSI. ?8() 

ferait dlsparaihe l'ulilité dcs nerfs sur les pardes aui- 
malcs, qui ont besoiii dans diffcrcntcs maladics de l'élcc- 
tricité aitiflciclle pour qu'cUcs rcntreut dans leurs fonc- 
tions , ce qui rcstrciudrait aussi la Mcdecine pratiqiie. II 
était donc très - imporlant d'examiner celte parlic de la 
physique animale , et de lui douncr tout le jour que le 
llambeau de l'expérience peut rc^pandic. C'cst ce qui ma 
porte à faire les cxpériences suivantes , dont Ics résultats 
ont paru m'autoriser à conclure que les produits du gal- 
vanismo sont un effet de l'electricité animale plutùt que 
de rélectricitc mé(allique. Il est inutile de faire obseiver 
que l'electricité animale est la méiue que l'electricité at- 
inosplicrique , qui subit , cn péuétrant dans les nerfs , 
différentes modifications suivant le différent état où se 
trouvent les neffs qu'elle pénètre. Il suffit d'avoir démoa- 
tré que c'est de cette électricité différemment modifice , 
que dépendent les effets galvaniques , dout les Physiciens 
sont actuellenicnt occupés à rcchercher la cause. 

EXPÉRIENCES 

Sur des animaux à sang chaud, pour prouver que les 
produits galvaniques sont Teffet de l'electricité ani- 
male, et non pas de V électricité mélallique. 

J'ouvris le bas ventre d'un pigeon et j'armai avcc des 
feuilles de plomb les uerfs sacro-iombaires: je separai du 



Sgo SUR l'électricité Animale, 

bassin les ex(i'c^mit<^s inférieni-es, et coupai les commuoìca- 
fions de.8 nerfs armés entre Tarmure et les muscles, aux- 
cj;iels ils se disli'ibuenl; cnsuite j'isolai les extrémitcs sus- 
nommées et armai les muscles avec des feuilles du naéme 
metal : enGn j'appliqiiai le condiicteur d'argent aux deux 
armures, et je n'obtius aucune contraefion. Je cliangeai le 
in.'tal, qui dcvait servir d'armure, of je n'obtins pas plus 
d'cffet. Il Alt aussi iuutile d'employer pour l'are conducteur 
le méme metal qne pour les armures, Cettc exp(^ricnce 
prouve que les nerfs n'c'tant plus cnntlnus aux muscles, 
dans lesquols ils se distribucut, les cliangemens des ar- 
mures et de l'are conducteur ne sufTisent point. En, cffet 
la continuiti des nerfs étant ót^e , il u'y a plus aucune 
substance deferente de l'électricKé animale, et l'dlectricifé 
métallique n'est pas suffisaule pour cxcitcr les coiilrac- 
tions musculaires. Car si les effets galvaniqùes ddpendaient, 
suivant le sentiment du professeur Volta, de cette cs- 
pèce d'électriclté , en opi^rant dans celle première expé- 
rience de deux manières différentcs, c'cst-à-dirc avec des 
métaux différens et des métaux de la mcme cspòcejl'on 
aurait dù obteuir des conlractions. Peut-étre pourrait-on 
dire que comme les exfrémités infcrieures <5taient s(^pardes 
d'avec le tronc, l'excilabililé des muscles était déjà tout- 
à-fait (^puisée , et que c'est là la cause que l'on n'a point 
cu de contractlons. Dans l'idée de résoudre cette diffi- 
cuUé, j'al era devoir hìvc rexpéricnce suivante. 



PAR LE CITOYEK ROSSI. S^I 



2." EXPÉRIENCE. 



Ayant ouveit le Las ventre d'un lapin, et ai-mé avec 
des f'euilles de ploinb les nerfs sacro-lombaires, je separai 
du tronc les cxtrémités inférieurcs , j'isolai ces extrémités 
et je coupai les nerfs arnsés au-dessous des armures; ca- 
siiite , apics avoir découvert les brauches nerveuses qui 
étaieut coutinues avec les nerfs arniés distribués dans les 
mnscies , j'appliquai par un bout l'are conducteur à l'ar- 
mure , et par l'autre aux branches susdites, et je n'ob- 
servai point de contractions. Cest aussi envaiu qiie j'ap- 
pliquai l'cxtrémité de l'are conducteur aux muscles. Après 
ces tentativcs infructueuses , j'armai les brauches nerveuses 
encore coutinues aux ruusclcs , et j'isolai les extrcmite's , 
j'appliquai faro conducteur à l'armure et aux muscles, et 
dans l'instaut les contractions s'éveillèrent. 

Cette expérience fait voir que l'électricité me'tallique 
n'a aucunement affecté l'excifabilité des muscles, loi'sque 
l'are conducteur a été applique aux nerfs qui ea étaient 
détachés, quoique cette excitabililé ne fùt pas tout-à-fait 
^puisce, l'oa n'a eu des contractions que lorsque l'are 
a été applique à l'armure des nerfs encore continus avec 
les muscles: mais si l'électricité métallique était suflisante 
pour obtenir des effets galvaniques, on n'aurait pas manquc 
d'en obtenir dans la première expérience, puisqu'on vient 
de prouver dans la seconde que l'excitabilité musculaire 
n'était pas éteinte. 



3c)2 SUR l'électricité Animale, 

3.* E X P É R I E N G E, 

• Je ddcouvrls les nerfs de l'aile dioite d'un pigeon , 
je Ics armai àvec des feuilles de plomb dans Icur ox-f- 
gine qui tieut aux nerfs cervicciux di-oits, et ayant np- 
pliqnc ù l'ariTiure et aux Hiuscles de ce coté dépouillés 
de leurs téguinens l'are couducteur d'argent, j'en oblitis 
des contraclions très-violcntes , parce que les nerfs étaient 
coutinus aux muscles dénués; et il ne s'en exclfa point 
daiis les nìuscles qui u'étaient pas découverts; et Fon ne 
peut pas dire qu'ils dépeudent de la seule iiritation faite 
par l'are, comme Hali.er dit du scalpel anatomique et 
de l'électricité simplc, parce que cette irritation étant nc- 
, cessaire ponr le déployement de l'action de l'électricité 
animale, quoique l'électricité artificielle soit aUssi capable 
d'irriter les fihi'es musculaires , elle ne sujffit pourtant point 
pour causer des contraclions aux muscles dépouillés de 
leurs propres nerfs , excepté qu'clle soit en Irès-grande 
quantité ; l'on voit par-là que si l'électricité produisant 
les effe ts galvaniques était métallique, les contractions 
auraient dù s'exciter mème dans le muscle couvert, puisque 
le tégumcnt est déférrnt de rélectricité mème métallique, 
laquelle diffère de l'électricité atmospliérique particulière- 
ment dans la plus grande quantité, cu pour mieux dirp 
en ccique l'électricité métallicjue est plus sensible à l'expé- 
vience , attenda que le metal étant un corps plus déférent 
de l'électricité atmospliérique, il peut en accumuler bien- 
tyt une plus grande quantité , et s'électriscr par excès 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 5g3 

positivement, et trausmettre l'excédant au corps animai, 
ainsi qu'il arrive dans Ics expériences de l'tlectiicité ar- 
tificiellc. Donc il rcsulte eucore de cette expciicuce que 
cette clcclricilé n'cst poiiit niétallique. 

4.* E X P É R I E N e E. 

Lès nerfs d'un poulet armés, comma dans l'expérieuce 
précédente, l'aile dépourvue de ses plumes et l'are con- 
ducleur applique, il n'y cut pas moyen d'obtenir des con- 
tractions musculaires : j'électrisai positivement l'animai , 
en faisant commuuiquer, après l'avoir isole , la ebaine de 
la machine avec l'armure appliquée aux nerfs , ensuite j'ai 
répété l'cxpérience avec l'are conducteur, et la tentative 
fut également inutile. Je découvris dans un seul endroit 
les parties musculaires de l'élendue de l'aile et par l'appli- 
cation de l'are conducteur j'obtins d'abord des confraclions 
dans la parlie musculaire toucbée avec l'extréraité de cet 
aro. En cherchant la raison de ce pbénoraèue, j'observe 
i." qu'on n'avait point de contractions mèrae sans dénuer 
les muscles, puisqne les tégumens ne sont que des corps dé- 
férens de l'électricité artificielle et atmosphérique. 2.° Farce 
que l'animai et le metal qui a servi d'arraure, ayant été 
positivement électrisés , ni l'armure, ni l'are conducteur 
n'ont point changé de propriété. 3° Farce qu'ayant dénué 
une parlie dun muscle, et l'armure comprenant tous les 
nerfs qui se distribuent dans l'aile, un seul point touché 
a été sulfisant pour faire agir en mème tems tous les 
muscles de cette partie, puisque les nerfs propres de chaque 



094 SUR l'électrigité animale, 

luiiscle dtaicnt armós dans leur origine comrauoe. Si l'clec- 
tricité était mctallique , puisque le tcgiiment cn est dé- 
férent , les conti-actions aiiraieut dù avoir lieu , d'aulant 
plus qua rauimal et le metal de l'armuic out été élec- 
ti'isés positivement. 

5.^ E X P É R I E N e E. 

Les cxtrémifés inférieures d'un lapin dénuées , et les- 
nerfs de chaque muscle aimés avec des mélaux de dif- 
ferente nature, c'est-à-dire avec des feuilles d'or, d'ar- 
geut , de zinc et de plonib ,- je me proposai d'essayer 
un couducteur qui iiit toujours de differente nature que 
l'armure à laquelle je devais le porter ; et en appliquant 
cct are à l'armure et au mnscle correspondant , j'obtins^ 
daus ce muscle, des contractions très-sensibles ; mais. si 
je l'appliquais à l'armure d'un nerf non propre du mus- 
cle soumis à l'expérirnce, je n'excitais aucun mouvemcnt. 
La l'aison de cette différence est tròs-facile à coraprendre : 
c'est proprement i.° parcc que l'élcctricité n'ctait pofiit 
métallique : 2." parce que le muscle , auquel l'are con- 
ducteur était applique nonobstaut quii flit irrite , ne 
pouvait donuer des contractions sans l'application simul- 
tanee de l'are à l'armure et au muscle correspondant. 

Si donc l'électricilé était métallique , puisqu'elle est 
toujours la merae dans toutes Ics armurcs appliquécs aux 
diffcrens nerfs , l'application de l'are conducteur à cliaque 
armure et à chaque muscle aurait toujours produit des 
contractions / mais un tei effet n'a cu licu que lorsque 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 3c)5 

Tare dtait applique à l'aimure et au niusclc còrrespon- 
dant : róloctricité d'est dono poiut métallique, elle n'est 
pns non plus simplement atmosphérique, mais c'cst l'clcc- 
tricité animale ou fluide galvauique qui ne peut agir 
artificicllement qua dans le cas qu'on applique l'aro à 
l'arniure des nerfs propres du muscle, sur lequel on opere 
eu suivaut la méthode de Galvani. 

6.' E X P É R 1 E N e E. 

J'isolai un lapin sur une plaque de verre, je découvris 
les nerfs iulercostaux ou nerfs grands sympathiques, et la 
huitième paire des deux còtés près de sa sortie de la base 
du cràne; je les armai scparément avec les différens métaux 
sus-nommcs, après j'appliqual l'are conducteur alternative- 
meut, tantót à une armure et tantót à une autre , ayant 
soin d'cmployer toujou'rs un conducteur d'un metal de 
nature differente d'avcc celle de l'armure qu'il touche. Je 
portai cusuite l'autre extréniité de l'are tantót à la poi- 
trine, tantót aux autres parties musculaires, pour m'as- 
surer, si ces nerfs, organes principaux de la vie, exci- 
taient des contractions, moyennant l'armure appliquée 
tneme à d'autres muscles, dont pour abrdger je ne rap- 
porte pas ici le nom, mais cette tentative fut inutile. 
Enfin j'ouvris la cavité de la poltrine, et je dirigeai les 
expérienccs sur le coeur, sur Ics muscles intcrcostaux , 
sur le diaphragme, et j'obtins de toutes ces parties des 
contractions galvaniquos. La raisou de ce phénomène 



5c)G SUR l'électricité Animale, 

est la méme que celle qu'on a rapport^e dans l'expé- 
rlonce précédente, avec cette dilférence que Ics nerfs, les- 
quels étaient armés dans cette expérience, étaient capables 
d'une plus grande seusibilité, et que les muscles élaieut 
doués de beaucoup plus de vitalité. Puisque dans cette ex- 
périence, aussi bicn que dans la précédente, on a employé 
des métaux de differente capacité pour recevoir et pour 
transmettre le fluide électrique , si l'électricité était rné- 
talliquc on aurait dù obtenir des coutractions dans les 
muscles extéricurs de la poitn'ne et de l'abdomcn , etc. 
qui ont été irrités avec l'are couducteur, d'autant plus 
qué l'électromètre marquait environ une ligne d'électricité 
atmosphérique. Au coutraire on en a obtenu de très-sen- 
sìbles lorsqu 'on a ouvert la cavité de la poitrine, et ellectué 
l'expérience dans les muscles qui recoivent des branches 
nerveuses des troncs sus-nommés , en formant auparavant 
des plexus et des ganglious; c'est douc le fluide électrique 
animai qui produit les effets galvaniques plutót que l'é- 
lectricité métallique. 

Il était important, en faisant ces expériences, de com- 
parer, moyennant la variation des animaux à sang chaud 
et de ceux à sang froid, leur irritabilité musculaire, et 
de recounaìtre dans lesquels elle est plus grande et se 
conserve plus long-tems pour obtenir des expériences des 
contracfions plus sensibles et plus violentes, et pour voir 
à quellcs causes on doit attribuer ces variations: il est 
d'abord très-certain que les animaux à sang froid sont 
doués d'une plus grande irritabilité musculaire, et qu'ils 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 5gj 

la cobservcnt plus long-teras , lors méme qu'elle paraìt 
déjà presqu'enticreraent épuisée, en fatigant l'aniinal et 
ses muscles par les expériences galvaniqucs , et qii'on ne 
peut parvcnir à léveiller de nouvelles contractions dans 
les mnscles, qui ne donnent dcjà plus aucunc marque 
d'irritabilité , qu'cn 1 clectrisant positivement, car l'électri- 
cité artificiellc n'est dans le fond que l'électricité.at- 
rnosphcrique, rasseinblée en plus grande quantité avec 
la machine. Dans les auimaux qui décomposent l'oxi- 
gène en plus petite quantité, les nerfs semblcnt avoir 
une plus grande propricté de recevoir l'électricité at- 
mosphérique , et jouir d'une vitalité plus grande et 
plus durable que ceux des animaux à sang chaud, qui 
décomposent une plus grande quantité d'oxigène, et ont 
une vitalité moindre, et moins durable dans leurs mus- 
cles : cela est prouvé par le fait. Si la théorie de Craw- 
FORD, et de Lavoisier sur la chaleur animale ctait vraie 
dans toufes ses parties , on serait fonde à dire des deux 
choses lune, ou que l'oxigène est destructeur de la vita- 
lité, ou que rélectriclté animale détruit les effets de l'oxi- 
gène en partie, ou qu'elle les modifie, c'est-à-dire que le 
corps de chaque animai contenant une plus grande quan- 
tité des produits de la respiration, les effets de Iclectricité 
animale seront toujours moindres; au contraire moins 
le corps animai contiendra de ccs produits, et plus les 
effets de cette clectricité seront grands: pour établir ces 
lois d'une manière vraisemblablc, j'ai fait les expériences 
Buivaatcs avec lesquelles je prouverai ea méme teras que 



3g8 SUR l'électricité animale, 

lelectncité n'est poiut metallique daus les produits gal- 
vauiques, mais que c'est le fluide galvanique et qua 
e' est en raisou inverse de la quantité et de la propriélé 
de loleclricité animale à produire ses effets dans les 
muscles, que c'est la quanlitc d'oxigèue decompose par les 
procédt's de la respiration dans l'animai qu'on examine. 

i.'expérience. 

J'ai trancile la téte à une grenoulllc et arme les ncrfs 
sdcro - lonibaires autérieurs avec une feuille de plomb , 
laissant les exfrémités inférieures couvertcs du (égumeut, 
et ayant applique l'are conducteur d'argent à l'armure 
et aux exfrémités, je n'ai poiut obteuu de contraclious , 
j'ai dépouillé Ics extrémités de Icur tégument, et applique 
l'are conducteur comme ci-dessus, et j'en ai excité de trcs- 
vìolentes, ce c[ui ma fait craindre, au premier abord, que 
les troncs communs des nerfs sus-nommés étant armés , 
ces coutractions ne fusscnt contraires aux résultats des ex- 
périences 5.* et 6.", faites sur les animaux il saug chaud, 
c'est-à-dire j'ai cru qu'il sufKsait d'armer le tronc commun 
pour obtenir des contraclions égales des muscles auxquels 
les branches de ce Ironc se distribueut, et dans ce cas 
on pourrait encore se méficr de l'opinion du professeur 
Volta: pour éclaircir ce fait, je continuai de séparer 
avec le scalpel les filamons nerveux de chaque muscle, 
en conservant leur coutinuité depuis le muscle jusqucs 
au troDc coramuQ toujours arme. Ensuite en appliquant 



PAR LE CITOYEN ROSSI. S^g 

dereclief l'ave couducleur à l'aiinure et aux musclcs in- 
distinctcmciit, je Irouvai que ce inusde dont la bianche 
nerveuse étalt iinnicdiatcnicnt en coutact avcc le trouc 
commun arme, Ics contraclions ctaient tiòs-forlcs, taudis 
que Ics muscles qui recevaient Icurs uerfs de la poi'lion 
intéricure du trouc arine , et nullement sujetle au con- 
tact imraédiat de l'armure , n'cn subissaient aucune. Or, 
si dans cette expérience l'électricité était inétallique, n'cst-il 
pas évident qu'on aurait cu des contractions mcme sans 
découvrir Ics muscles? du nioius en aurait -ou obtenu 
égalemcnt, soit daus les muscles qui recevaient Ics branches 
nerveuses, sujetics au contact immc'diat de l'armure, soit 
dans ceux cjui étaient placcs iutéricurement au faisccau 
nerveux arme, et plus facileracnt encore dans ces ani- 
maux à sang froid que dans ccux à sang chaud. Il ne 
résulte dono point non plus de cefte expérience quo les 
produits doivent s'attribuer à l'électricité métallique simple, 
mais plutòt à uue clcclricité animale, au fluide galvauique. 

2.* EXPÉRIENCE. 

Les neris des extrémités supcrieurc-droite ou antérieure- 
droite d'une grenouille, étant armés avec des feuilles de 
plomb dans deux cndroits sóparés à peu de distance lun 
de l'autre, j'ai óté la communication des nerfs entre les 
deux arniures, découvcrt les muscles et mis en contact 
immédiat avec l'are couducteur, qui partait de l'armure 
oppliquée au cordon de ces nerfs, et je n'ai point eu 



4oo SUR l'électricité animale, 

dcs coutractions daus les rauscles, qui recevaient leurs 
braaclies -nerveuses du cordoa sus-nomrné, et qui avait 
été coupé entre les deux armures, quoique l'animai fùt 
encore en vie, et que le conducteui- fùt tantòt de plomb 
et tanlót d'or; ensuite j'ai applique le couducteur à la 
seconde armure et aux muscles mémes, et j'en ai ob- 
tenu des contractious très-fortes. Si dans cetfe expérience 
l'électricité qui produit les effèts du galvanisnie, t^tait 
métallique, puisque l'animai était encore en vie, et que 
le coidou des uerfs de cette exfrémifé était arme du 
méme metal dans deux cudroits difft'reus, les contractions 
devaient égalemeut se succeder dans les muscles, soit que 
l'on portàt l'are conducteur à la première armure, soit 
qu il fut applique à la seconde. 

De plus, si les eff'ets galvaniques étaient un effet de 
l'électricité métallique, on les aurait obtenus ou par le 
moyen de l'are conducteur de méme metal que l'armure, 
ou par un couducteur d'un metal diffcrent, mais c'est 
envain qu'on a varie ce conducteur, on n'a pas eu la 
moiudre contraction musculaire. Au contraire, lorsque 
cet are était applique à la» seconde armure, c'est-à-dire 
i\ celle de la portion des nerfs qui n'éfaient plus con- 
tinus A leur origine, mais aux muscles, Ton obtenait 
des efifets galvaniques (rès-sensibles, et permanens sur- 
tout dans les muscles plus éloignés de cette seconde ar- 
mure, c'est-à-dire dans Ics muscles dont les branches 
I nerveuses de plus grand volume et longucur , compa- 
rativement aux autres muscles, s'approchaieut davautage 



PAR LE CITOIEN BOSSI. /}ol 

de leur origine et de la seconde armure. Si donc l'elec- 
tricité était mctallique dans cotte cxpéiicucc, Ics dcux ar- 
murcs, essayées avec l'are couducteur , auraient cgalcmeut 
domid des marques galvaniques; or, est-il que le succès 
a été tout au contraire, donc Ics eliefs du galvanisme 
ne sont poiut un produit de Iclectricité niétalliquc, mais 
plutót du fluide galvauique. On prouve encore par cette 
expéricDce quc l'are conducteur de l'électricité artificielle 
n'a pas non plus la propriété d'ètre conducteur du fluide 
galvanique , qui existait encore dans les uerl's compris 
par la piemicre armure. 

3." E X p É K I E K e E, 

Brochei, poisson. 

Ayant arme dans deux endroits diflérens la mor'lle épf- 
nière cervicale avec des feuilles de plomb , sans séparer 
la tète du busto, j'ai cu soin de remettre à chaqne se- 
conde ce brochct dans l'eau pour le couser\'er en vie 
jusques à ce que Ics vertèbres cervicales fussent ótées, 
sans blesser la moelle y renfermée, eusuitc j'ai separé la 
tète d'avec le reste du corps, de manière que Fune et 
Fautrc eussent une armure à la portion de la moclle qui 
lui était correspondantc, apròs je dénuai du coté droit 
de IV'pine de l'étendue d'un ^lemi-doigt le mus<,le 
brancliu de l'épine, eufm j'appliquai l'are conducteur à 
ce muscle, et à l'armure conespondante à la tète, j'ai 
diversiGé le conducteur, j'ai irrite le muscle susnonimé, 

Hhh 



.fj.. 



^02 SUR LELECTRTCITE ANIMALE, 

niiiis sans obtenii- le nioindie cflet galvaniqiie, j'ai porte 
ensuite l'are conducteur à rarmuie qui icpoudait au tionc, 
demeuraut applique de Taulre extrt'mité au luuscle sus- 
norainé, et d'abord il a cxcité des contractions à un point 
de faire rappiocher les deux cxtrt'mités du tronc , c'està- 
dire que la queue du poissou se rapprocliait de l'aimure 
appliquée i\ la moclle cervicale qui était encore continue 
à la dorsale. Je fis la nième operai ion du còlè gauche, et 
Ics contractions se sont également moutr(^cs à un point 
de rapprocher de nicme la qucue du poisson ìi l'armure. 
Par cede expcrience non sculemcut ou piouve que les 
effets galvaniques ne sont point un produit dcleclri- 
cité métallique, il résuUe encore que les mouveniens des 
contractions qui établisseut le mouvement ondulatoire de 
ces auimaux, doivent se rapportcr aux deux muscles bran- 
cheux de l'cpine, ainsi qu'on leur attribue le njouvcincnt 
progressif de toutcs les cheniilcs et de plusieurs animaux 
de la classe des reptiles. En clfet, si réleclricifé etait mé- 
tallique , suppose méme que, pour déployer ces effets sur 
les parties musculaires des animaux, il faille appliquer le 
metal aux nerfs , il aurait été, à mon avis, plus fucile d ob- 
tcnir des contractions, lorsque l'are conducteur était appli- 
que à l'armure de la portion de la moelle cervicale qui était 
encore continue au cerveau, que lorsqu'il était applique 
à l'aimure de la mcme portion de celte moelle continue 
seulemcnt avec la moelle dorsale, mais cela n'esl pourtnut 
poiut anivé, et d'ailleurs l'are n'est conducteur que de 
l'électricité métallique, et non pas de l'éleclricité animale. 



PAR J,E CITOYEN ROSSI. ^OÒ 

Les effets obtcnus par celle expérience dépenclent uni- 
quement du fluide galvanicjup , et nullenient de lelec- 
tricité mctallique , et il ne siifllt pas pour excilcr Ics 
effets de l'clectricilé animale d'appliqiier le melai aux 
neifs , pnisqu'on a observc qiic Tare conduclcur applique 
à la première armurc, c'est-à-dire à la moclle continue 
à la téle, ne donne aucune couliaction. Douc l'élcclri- 
cilé mclfilliqne n'entre point dans ces pioduifs, et ils dé- 
pendcnt uniquemcnt du fluide galwinique, au moyen de 
la continuile des nerfs armés au musde à coutracter, 
puisque si on ole celle conlinuité, ni le fluide galvanique, 
ni toni autre fluide électiique est capablc de réveiller 
des coulractions galvaniqucs. 

4.* EXPÉRIENCE. 

Grenouììle. 

Gomme la vitalitc de cet animai est de plus grande 
dnrce , mcme hors de l'eau, j'ai découvert dans tonte soa 
étcndue la moelle dorsale de l'individu que j'ai soumis 
h l'expcricnce; cnsuile je l'ai armcc avcc une feuille 
d'argent dans deux endroils , à la distance l'un de l'aulre 
de cinq à six lignos ; j'ai dcnué les quatre extremitds, 
et en appliquant l'are conduclcur à la premiere annurc , 
on h la supcrieure , et aux exlrcmilcs infcrieures , et 
tanlót h la seconde armurc, j'en ai oblcnu des contrac- 
tions éjjales dans Ics musclcs de ces parlicsj ensuitcj'ai 



404 SUR l'électricité animale, 

coupé la moi'llc dorsale entre les deux armures, et j'aì 
répétó l'expérieuce dans Fune et l'autre , et ce n'était 
plus la supcrieure qui donnait des contractions , mais 
seulement l'iuférieure. Je rapprocliai nouvcllcment les 
extrémités de la moellc qui venait d'étre coupce, et je 
les tins cxactemcnt en contact , moyennant un gros uerf 
tire d'une autre grenouille, ensuite je répétai l'expérience 
des deux armures , et j'ai également obtenu des contrac- 
tions corame dans le premier cas, lorsque la motille 
n'avait pas encore été coupce. Enfin j'ai ajouté une troi- 
sième armure appliquée à Vendroit précis de la coupiire 
de la moelle , et de ses deux cxti'cmités remiscs en con- 
tact; après cet appareil j'ai applique l'are conducleur à 
cette armure et aux muscles, et bientót les contractions 
y ont été excitées. 

Cotte expérience fait voir i.°, quc l'élecfricilé qui 
cause des contractions aux muscles, n'cst poiut métallique. 
2." Que mème en ótant la continuile des nerfs armés 
à l'endroit de leur origine , on ne laisse pas d avoir des 
contractions dans les muscles. 3.° Que si l'armure em- 
ployée pour obtenir l'effet galvanique , est appliquée au 
ncrf propre d'un muscle , lorsque ce uerf n'a plus de 
continuité avec ce muscle, on ne peut plus obtenir des 
cffeìts galvaniques, mais que si l'on remet en contact 
les extrémités du nerf coupé, et qu'on les maiutienne, 
moyennant une branche nerveuse qu'on vient d'enlever à un 
autre animai semblable corame un corps isolant du fluide 
galvanique , rend ù la portiou supérieure du neri' coupé 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 4"^ 

1 -a proprie le de transraettre ce fluide à la portion inférieurc 
cDCorc continue avec le muscle et contigue seulement à la 
portion du inèine nerf continu à l'origine. /^° Que l'are con- 
ducteur métallique ne sert poiut pour le fluide galvanique. 

L'électricité n'est donc pòint métallique: les raétaux 
ne sont poiut de conducteurs du fluide galvanique ou 
clectricilé animale, qui est le seul qui excite des con- 
tractious daus les muscles, lorsque le nerf arme conserve 
sa continuité avec le muscle, suivant la méthode galvanique. 

Le l'ait est tei, que si l'on dépouille les muscles des 
extréuiités inférieures, et les cordons des nerfs sacro- 
lonibaires antérieurs d'une grenouille robuste, on peut 
avoir des contractions violentes des muscles des dites ex- 
trémités, en Ics rapprocliant du cordon des nei-fs, et ea 
les touchaut avec un muscle des mémes extrémités, sans 
le secours d'aucun metal. Les sels employés pour ar- 
mure ont donne les mémes produits. 

5.* E X P É R I E N e E. 

Grenouìlìe inerte. 

«Tai disscqué les muscles des extrémités inférieures ou 
postérieurcs des deux cótés, en conservant à chacun 
d'eux ses branches nci-veuses, et en les armant graduel- 
Icment à des distances inégales dcpuis l'extrémité du muscle 
propre, c'cst-à-dire en armant la première branche à la 
distance de deux lignes , la seconde de trois, la troisième 
de 5, la quatrième de 6, la cinquièmc de 7, et aiasi 



'/o6 SUR L'^LECTRICITé ANIMALE, 

successiVement jusqu'au nombre de 8 avec diffi^rcns métniir, 
et dinérens sels; ensuitc jc les ai sepaies du tronc commun , 
ranimal étant toiijours en vie, ayant soin que les petites 
lames des mclaux qui doivent servir pour ces armures, 
eussent exactement le rnéme diamèlre. Ensuile, moyen- 
nant l'are couducteur d'un metal diff'érent, je commencai 
l'expérience sur le premier nerf arme , et le muscle cor- 
respondant, et j'en obtins des contractions jusqu'au nom- 
bre de 12, après co terme elles diminuaient cn force, 
et il n'était plus possible d'en obtenir. J'appliquai donc 
l'expdrleuce à la seconde branche armée, et au muscle 
correspoudant , et après en avoir obtenu des contractions 
jusqu'au nombre de i5, elles diminuèrent comnt€ dans 
la première. C'est pourquoi je passai à la troisième branche, 
et ainsi progressivement aux suivanles jusqu'à la dernière, 
et j'eus un nombre de contractions d'autant plus grand 
que la lougueur du nerf arme était plus grand, en sorte 
que le dernier donna deux fois autant de contractions 
cjue le premier. 

Or, n'est-il pas évident que si rélcctrlcilé était mé- 
tallique dans cette expérience, on aurait obtenu un 
nombre égal de contractions dans tous Ics muscles, cjuoi- 
que Ics ncrfs en eussent étc armés à des distances iné- 
gales ? c'est pourtant ce qu'on n'a pas observé. 

Mais si les effets galvaniques qu'on a obtcnus dans 
cctte expérience ne sont point produits par rélccfricité 
métallique, si c'est le fluide galvanique qui les produit, 
et eu proportiou de la plus grande distance de rarmure 



PAR LE CITOYEN ROSSI. /fOJ 

appllqu^e au nerf du muscle corre.spondant, cVsf qu'oa 
avait une plus grande quuntité de fluide galvanique 
pour multiplier, pai- sou nioyen, le nonibre dc^ condac- 
tions daus Ics muscles correspoudans, puisque dans l'cx- 
périence piécédenfe l'on a cu des résultats cgaux, saus 
le coocours d'aucun corps. 

6." E X P É R I E N e E. 

J'armaì les exfr^mit(5s de différens muscles de la gre- 
nouille des marais que je venais de ?cpai-cr entièrcineut 
d'avec le corps de l'animai ; je privai autant qu'il me 
fut possible du contact des armures les très-pctites bran- 
ches nerveuses , qui y étaicut distribuécs; après cela, i." 
avec deux armures de différent metal, c'est-à-dire de zinc 
et de plomb, 2." avec deux armures de zinc et d'argent, 
5.° avec doux armures de ziuc et d'or, et ensuite avec 
ces armures de mème metal , et avec des arcs conduc- 
teurs de metal différent j'essayai d'avoir des coutrac- 
tions dans ces muscles , que jctais fonde à croire qu'ils 
avaieut eucore une vitalité suflisante pour douner des 
effets galvaniqnes, mais la tentative fut inutile. Alors avec 
les memes armures je compris Ics ncrfs très-dclie's, qui 
auparavant n'élaicnt point armés, et j'cn eus bientót des 
effets très-sensibles, mais de courte durée, parce que - 
la vitalité de ces muscles ne pouvait plus avoir assez 
d'activité pour fournir de violentes contractions , elle 
dcvait ctrc dimiuuée cousidérablcmcut daus le teras qu'il 



4o8 «UR LELECTRICITÉ ANIMALE, 

avait fallu employer pour la préparatiou , et depuis qu'it» 
étaient entièrement séparés du corps. 

Cette expérience proiive aussi que les effcts sont un 
produit de fluide galvanique, et non pas de l'élecUicité 
métallique; parca que s'ils étaient produits par l'clectri- 
citc métallique, on aurait obtenu également, et plus 
vivement les contractions au commeucement de l'expé- 
ricDce, lorsque la vitalité des muscles était'plus grande, 
et que les armures étaient appliquées aux seules substan- 
ces musculaires, et point aux nei-fs, les armures étaient 
pourtant les raémes, lorsqu'elles comprirent les uerfs, et 
me donnèrent des produits galvaniques. 

Dono rélectricité métallique n'exerce dans cette expé- 
rience aucune activité sur les muscles, ce n'est que l'actioa 
du fluide galvanique au moyen des nerfs. 

]1 résulte des expériences faites sur des animaux, tanfc 
à sang chaud qu'à sang froid , que les ef'fets obtenus se 
doivent rapporter non à rélectricité métallique , mais à 
rélectricité animale, puisque pour avoir seusiblement ccs 
effets ni les armures , ni les conducteurs ne sont point 
absolument nécessaii'es. Cette électricité pourtant n'est 
nullement subordonnée A la mesure de l'élcctricitc at- 
mosphérique, quoique ce soit par elle que les contrae^ 
tions musculaires se réveillent , ainsi que l'on verrà dans 
les expériences ci-dessous rapportées, lorsque la vitalité 
est encore capable de l'animaliscr. 

A présent j'entreprendrai d'cxaminet- la nature de ce 
fluide galvanique et sou origine. Pour cclaircir ces deus 



PAR LE CITOYEN P.OS6I. ijoa 

points itnportans; j'ai fait d'autres cxpériences, dont les 
résultats me meltent à portée de prononccr avec fondcraent 
que le fluide galvaniqiie, nom quc jc gardcrai toujours 
en honncur de soii iuventeur, n'est lien autre que réloctri- 
cité animale elle-mcme, qui derive de l'électricifc atmos- 
phérique; en effet on observe que, plus la quantité 
de l'électricité atmosphcrique est grande ou petite, suivant 
ies changemeus de la temperature, plus lelectricité ani- 
male est aussi grande ou petite: elle est marquée par 
des effets très-scnsibles dans chaque animai, et plus dans 
ccux h sang IVoid, chaque ibis quils sont exposcs à un 
milieu, où elle se trouve dans une quantile tiès-abon- 
daute. C'est pour cela qu'on les voit mourir hors de l'eau 
après un certain tems, et qu'au coutraire ils vivent 
dans l'eau , parca qu'il y a une plus grande quantité 
delectricité, et cesfaits s'opposeut aussi à l'opinion d'HoM- 
BOLTz qui attribue à l'oxigène la faculté d'alimentcr la 
vitalité. 

S'agissant de démontrcr que le fluide d'où provieni 
l'électricité animale, n'est rien autre que l'électricité at- 
niosphérique: i.° il faut isoler l'animai destine pour l'ex- 
péricnce, en sorte qu'il ne soit pas prive de vie: il faut 
aussi, avant de le soumettre à l'expérience, le laisser isole 
pour quelqucs iulcrvalles de tems pour qu'il ne puisse 
plus recevoir de l'atmosplicre la moindre élcctricité par 
la suiface du corps, en excUiant les voics de la respira.- 
tiou. 2.° On doit mcsurer avec le thermomètre les degrés 
^e temperature, et l'humidité relative de l'almosplàre 

lii 



Aio sur l'électimcité animale, 

avcc rhygromètre; et . les degrés de rélectricité avec 
l'électromòtre pour ètre à mérae de découviir les causes 
d'où peuvent dcpendre les variations des produits obfeniis 
par Ics expériences. 3.° 11 convient d'óxaininer la force, 
la quautité et la diirce des contraclions rausculaires, et 
les calculer avec Ics rt%ultats des mesures que l'on aura 
prises avec les instrumeus sus-énoncés. l^.° On comparerà 
l'irritabilité conservée dans les parties musculaires de 
l'aaimal suffoqué dans l'eau, et avec diffcrcnlcs espèces 
de gaz pour faire le parallèle de la faculté qn'ont les 
muscles de se contracter indt'pendamment de la présrnce 
de roxigène dans le milieu oìi l'animai a cté suffoqué. 
5.° Toutes les fois que la faculté que les muscles ont 
de se contracter, est apparemment éteinte, on infroduira 
nouvellement dans l'animai une quantité d'électricité , et 
on le soumettra h. l'expérience pour s'assurer si, les nerfs 
étaut eucore en état de la modifier, on aura encore des 
coatractions dans les muscles soumis à l'expérience. 

I.' EXPÉRIENCE. 

Le ciel était serein, le thermomètre de Réaumur mar- 
quait 12 d. au-dessus de la giace; Ihygromèlre de Saus« 
SURE n'annoncait point' dhumidité relative dans l'atmos- 
phère, Teudiomètre dònnait la pioportion de loo p. , 
dans lesquclles il était divise , de quantité d'air vilal 
sur cent parties d'air atmosphérique do la chambre oìi 
se faijait l'expérience. L'ékclromètre à pointes aigues du 



TAR LE CITOYEN ROSSI. 4ll 

collfegue Vassalli iudiqiia 2 ligncs moins un quart 
delectricité atmosphén'que: je rasai un lapin dans tonte 
la surface de sou corps, jc couvris trcs-exactemeut de 
ciré tonte cotte suiface rasée, en ne laissant de lil)rc 
qne les voies de la respiration: cela fait j'ai enfcrmc cet 
animai sous une cloche dont le diamètre, suivaut un calcili 
d'approximation, contenait environ i5o pouces cubiques 
d'air atmosphérique de la méme chambre, et apiès l'avoir 
fermt^e hcrmétiquement, j'observai en combien de lems 
l'animai fiit prive de vie , et d'après un calcul d'approxi- 
mation du volume des poumons aii corps total, il me 
rdsulfa qn'il aurait dù vivre au moins encore dix minutes 
pour décomposer tonte ou presqne tonte la qnaulité 
d'air vital renfermée dans l'air atmosphérique de la cloche. 
Cependant, le croirait-on , dans dix minutes premières 
et en 12 secondes, il cessa de vivre. Cotte cxtinction de 
vie si rapide et sans bruit et sans aucune pcine de respi- 
ration, me fit soupconnor qne, quoique l'air vital y cxistàt 
encore dans sa plus grande partie, l'air atmosphérique 
de la cloche avait néanmoins contraete une propriété 
particulière à ne pouvoir cntretenir la vie de l'animai 
avec la quantité proportionnée d'air vital; sera-ce parco 
que les produits des expirations sur l'air méme étaient 
tròs-dangcreux à la durée de la vie, ou bien parco qu'il 
ne pouvait plus se décomposer de la surface du corps 
la quantité proportionnée d'oxigèno, qui surabondait ? 
dans ces ontrclaites, assuré que l'animai était mort, je 
l'ótai de dessous la cloche, et sans lui culever l'enduit 



4 12 SUR l'ÉLECTRICITÉ ANIMALE, 

de ciré, dont oa l'avait couvert, comme d'un corps iso- 
lant de l'électricité atmosphérique, je déuiiai simplement 
dans uà eadroit 1 extrémité gauche postéilcure ea cher: 
cliant avec le plus grand soin le nerf crural, et je l'armai 
avec une petite lame d'argeut, et j'en obtius bientót des 
coutractions très-sensibles dans les muscles auxquels il se 
distribuait jusqu'au nombre de trois, ensuite elles cessè- 
rent tout-àfait, et ce fut alors que j'enlevai le corps iso- 
lant de l'animai, ou l'enduit de ciré. Après je l'isolai 
avec le tableau de Franklin, et je l'électrisai positive- 
ment , en conservant les armures appliquées aux nerfs 
pendant trois minutes, et ensuite ayant répété l'appli- 
cation de l'are conducteur, j'obtius nouvellement cinq 
contractions dans les mémes muscles, qui u'en don- 
naieut plus auparavant ; je l'électrisai eucore une ibis 
positivement , et j'essayai nouvellement si je pouvais 
obtenir de nouvelles contractions , mais la tentative 
fut inutile. La dissection faite , je remarquai dans la 
substance méme des muscles, des taches livides éparses 
qa. et là qu'on ne pouvait regarder que comme un 
effet d'une combustion partielle. Les poumons étaient 
remplis d'uà sang noiràtre de méme que ics viscères 
abdorainaux, le cerveau et les nerfs en étaient encore 
plus blessés , puisque dans si peu de tems ils avaient été 
i-éduits à une très-petite consistance et résistance; ces 
mutations soudaiues me firent naitre la pensée que pour 
détcrminer la cause de la raort si prompte, et des effets 
morbeux observés dans les parties sus-énoncées et sur-lout 



PAR LE CITOYEN ROSAI. 4'^ 

dans les muscles, il fallait répéter la mènie expérience 
sur un animai semblable, dans l'idée d'examiner les résul- 
tats des respirations , c'est-à-dire d'examiner l'air résidu 
dans la cloche après la mort de l'animai. A tei effet , je 
mesurai avec le thermomètre la temperature, avec l'hygro- 
mètre l'humidité sensible, avec l'eudiomòtre l'air, et avec ■ 
l'électromctre l'électricité atmosphériquc, comnie ci-dessus, 
je rasai les poils de l'animai de poids égal, autant que 
cela fuf possible au premier, j e l'isolai avec de la ciré, 
et le soumis à la méme cloche fermée hermétiquement. 
Il vit dans cet état deux minutes et deux secondes» de 
plus ; les résultats galvaniques ont été dans celui-ci 
presque égaux à ceux du premier animai, ce qui a été 
observé par un de mes aides, tandis que j'examinai l'air 
de la cloche, que je trouvai très-abondante d'air vital,. 
l'azote s'y trouva aussi en proportion, et il ne m'a pas 
réussi de Irouver du gaz acide carbonique , et la dis- 
section me fournit à-peu-près les mémes changemens que 
ci-dessus. De ces deux expériepces il résulte: i.° que la 
vie de l'animai fut aussitùt éteinte, malgi-é qu'il y eut 
encore une grande quantité d'air vital dans l'air reste 
dans la cloche: 2.° que les contractions musculaires qui 
ont succède , ont été de peu de durée et pas bien fortes, 
parce que tonte la surface du corps de l'animai se trou- 
vait isolée , excepté les ouverfures de la respiration : 5.* 
que l'on observa des taches livides dans les muscles sem- 
blables à des escarres : 4-° que les viscères vitaux et na- 
turels étaient remplis d'un sang noir, tandis que le cer- 



4i4 ^^^ l'électricitì animale, 

veau, et les nerfs avaient très-peu de résistance: 5." que 
les animaux nioururent saus agitation, et saiis haleter 
semblablenicnt à ceux, qui , à cause de la vive impres- 
sion du gaz acide carbouique, sont attaqucs d'aspliyxie , 
à laqiicllc succède la mort réelle: 6° que dans les pro- 
duits des respiratious on ne trouva poiut de gaz carbo- 
nique : 7.° que nioyennaut l'électricité artIQcidle , il se 
réveilla dans les uiuscles les contractious qui auparavaut 
^faient éteintcs. Ces expériences ne suffirent pourtafit poiut 
pour résoudre le problème, c'est^à-dire, que les animaux 
ainsi isolés et raorts aussitót dans la cloche, ont souffcrt 
tròs-peu de coutractioQS musculaires, landis que des effets 
morbeux ont été rapidemeut produits dans toutes les 
parties moUes du coips des animaux, sans que l'on ait 
trouvé de l'acide carbonique dans l'air reste dans la cloche. 
Il fallait douc faire d"autres expériences de comparaison 
eaos isoler l'animai, et sans laser le poil. Les voici. * 



2.* EXPÉRIENCE. 



Le ciel était obscur, le thermomètre marquait g d. au- 
dessus de la giace dans la chambre de l'expérience. L'hy- 
gromètre ne donnait aucune marque d'humidité sensible, 
l'eudiomètre répondait exactement aux mesures des ex- 



* Ces expériences serviront pour démontrer dans une aulre occasion 
qaelles sont les causes produclricet des miasmes putrides el contagieox. 



PAR LE CITOYEN ROSSr. 4 I^ 

périences sus-rappoiiécs, l'électronlèlie marquait dcUK 
ligaes environ de divorgence daus Ics feuilles ; dans ces 
circonstaaces je pris un lapin de moindie voluine que 
les deux qui avaicnt scn'i poiir les cxpcrionces ci-dcssus 
exposées ; et l'ayant souniis à la cloche, j'examinai atten- 
livement les effets queprouvait ce petit animai avant 
de perdre la vie, qui dura dans cet élat violcnt 17 
minutes ou environ. Dans les cinq premiòres minutes, 
les respirations commencèrent à se rendre plus fréquenfes, 
à la dixième Fon remarqua daus les extrémitcs des mou- 
veraens convulsifs, qui augmeutèrent progressivemeut en 
force jusqu'à la dernicre extinction de la vie, et la rcs- 
piration nianquait. A peine l'animai fut-il mort , que 
je le tirai de la cloche, j'en armai les nerfs lombaires. 
Ensuite je dénuai les extrémités inférieures, j'appliquai l'are 
conducteur à l'armure et aux muscles , et j'obtins des con- 
tractious très-sensibles jusqu'au uombre de six, ensuite 
j'électrisai positivement, comme j'avais fait daus la pre- 
mière expérience, et en rcpétant l'application de l'are 
conducteur, il ne me fut plus possible d'obteuir la mòin- 
dre contrae! ion. Jc passai à l'exameiv de l'état des mus- 
cles, et je n'y tro.uvai point les ladies ordinaircs, qiioique 
les viscères naturcls et vitaux fussent farcis d'un sang 
très-obscur , le cerveau et les nerfs offraient plus de 
résistance. Pour examincr les produits des respirations de 
l'animai , jc fus obligé d'cn soumeKre un aufrc A l'ex- 
périfuce, et dans cctle vue je tàchai d'en prendre un 
i-peu-prcs du iDcme volume, il fut mis sous la cloche. 



i^i6 SUR l'électricité animale, 

il y vecut 16 minutes premières et 3 secondes , cn pré- 
sentant avant de mourir les mémes mouvemens que l'autre. 
J'examinai les qualités de l'air reste dans la cloche , et 
et je retrouvai la huitième partie de la .quantité primi- 
tive d'air vital, cinq parties de gaz acide carbouique, 
et le restant d'azote, sans parler des vapeurs attachées 
à la sui'face de la cloche qui, eo faisant uà calcul d'ap-' 
proximafion, auraient dù étre 2 octaves de tout l'air vital 
decompose: ensuite j'examiuai l'animai et je n'y trouvai 
pas non plus les tàcjies que j'avais observées dans le» 
muscles des animaux qui avaient servi pour la première 
expérience; dans tout le reste les deux expériences ont 
été conformes. 

Il rdsulte de ces expériences que l'animai qui o^est pat 
revétu d'un corps isolaut, vit plus long-tems que ceux 
qui sont isolés . 2.° Que ces derniers mourureut coii- 
vulsifs et haletans. 3." Que les contractious obtenues par 
la méthode galvanique furent en plus grand nombre que 
dans la première. ^.° Que l'électricité artificielle ne dé- 
ploya plus ea eux aucune action. 5.° Quii y eut dans 
l'air restant de la cloche une quantité moindre d'oxigène 
et qu'ou y remarqua du gaz acide carbonique avec des 
vapeurs. Donc, si l'animai étant isole par un enduit, -il 
decompose une moindre quantité d'oxigène, tandis quii 
est renfermé dans la cloche, et malgré la quantité d'air 
vital qui reste, il vit moins qiie l'animai qui n'est point; 
enduit d'un ccrps isolani, bien qu'il decompose une più» 
grande quantité d'oxigène, cu pourrait démontrer par- là 



PAR LE CITOYEN ROSSI. '/^IJ 

' qiie la surface dii corps ddcompose une quantitc de cet 
oxigène, et que c'est pour cela que l'animai vit plus long- 
tems , mais l'animai qui était enduit , mouiut sans convul- 
■ sions , et quoiqu'apiès la mort il ne donnàt que pcu de 
contractions , l'électricilé arlificiclle snffit néanmoius pour 
• Ics ranimer, ce qu'on n'a point obtenu dans le i/' animai 
qui a servi pour la 2." expérience; donc il résuile que 
la moiadre quantité d'oxigène décoraposce par Ics aui- 
niaux dans la premiere expérience a été la cause de la 
plus longue duiée de la vitalité observce dans Ics mus- 
clcs, oìi Ics effets galvaniques se sout réveillés mojcnnant 
l'électricité artificielle, ce qui n'est pas arrivé dans les 
animaux de la seconde expérience. Donc la moindre 
quantité d'oxigène décomposce a conserve aiix nerfs de 
l'animai une plus grande propriélé à raodifier l'électri- 
cité artiGcielle pour obtenir par son moyen de nouvelles 
contractions musculaires. Au contraire dans la seconde 
expérience les animaux aj'ant decompose la plus grande 
quantitc d'oxigène, la propriété de modifier l'élcctricité 
artificiclle a été enlevée aux ncrf's, et ce fut là la cause 
quo dans cettc expérience on n'obtint point de produits 
moyennaut cctte électricité ; donc l' oxigène dans cette 2.' 
expérience a détruit l'électricité animale, ou du moins 
a-t-il cnlevé aux nerfs la propriété de niodiBor l'électricité 
atmosphérique, pulsque l'électricité artilicielle est en cas 
de la rélablir eu partie, comme il en est résulté de la 
première expérience, que cette propriété a subsisté peut- 
étre aussi, a cause de la plus petite quantité d'oxigène 

Kkk 



Ai8 SUR l'électricité Animale, 

qui a été dccomposée, et que pour cette raison l'on a 
obtenu de nouvelles conli-actions raoyenuant lélectiisa- 
tioa positive . li me seinble douc que Fon pourrait croirc 
que l'électricitc atniosphóriquc , si elle pénètre dans le 
coi'ps de l'auimal , tant que Ics nerfs sout en état de la 
recevoii- et de l'animaliser, les muscles sont susceptibles 
d'ètre émus par la méthode galvanique. 

3.*EXPÉRIENCE. 

Le thermomèti-e marquait 8 degrés au-dessus de la 

giace, l'hygroinètre enviroa i v d. d'humidité sensible; 

réiectromètre une ligne et demie de divergence des 

petites lames. L'eudiomètie indiqua la proportion exacte 

de l'air vital à l'air atmospliérique. Je mis sous une 

cloche fcrmée hermétiquement un dindon bien lié, où 

il niourut dans 20 minutes premières , moins 5 se- 

condes , l'ayant tire de dessous la cloche, j'armai la 

moelle épinière , tout près de sa sortie des vertebre» 

cervicales, j'armai aussi les nerfs propres aiix extré- 

mités inférieures; je coupai l'animai eu deux parties, 

c'est-à-dire que j'òtai ics Communications des deux armures 

qui avaient licu , moyennant la continuitó de la mcjelle 

épinière; alors je soumis à Texpérience galvanique pre- 

mièrement les muscles des extrcmitcs, ensuite les miiscles 

intercostaux et dorsanx, et jVn obtins des contracfions 

qui durèrent une minute et demie, apròs quoi elles ces- 

sèreut à ne pouvoir plus s'excitcr avec i'élccti'icilé arti- 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 4 '9 

ficlelle. Je ripèta i la mCme expcrience sur un autre ani- 
mal semblable pour cxaminer Ics produits de la respi- 
rafion, et l'animai mourut en 22 miniites, et après cet 
exainen je tiouvai quo l'air restant dans la cloche con- 
tenait une vingticmc paitie d'air vita!, loiit l'azole et 
dix-sept vingtièmcs de gaz acide carbonique , outre en- 
viron trois vingfièmes de vapeui-s. 

Ces dciix cxpcricnces ont donne ii-peu-près les mémcs 
résultats qiie la seconde ci-dessus rappoitce, avec cette 
différence néanmoins quii s'y est decompose une quan- 
tità moindie d'oxigcne , et qiie la vitalité que les 
muscles y ont conservée, a été beaucoup moindi'e , de 
manière que c'est eu vain qu'on a électrisé positivemenC 
l'animai, pour avoir de nouvelles contractions mus- 
culaires. 

C'est dono l'oxigcne decompose en plus grande quan- 
tifé dans ces expériences qui a òté aux nerfs leur vita- 
lite, et par conséquent la propriété de modifier l'élec- 
ti'icité artificielle pour causcr de nouvelles contractions' 
dans les muscles , moyennant la méthode galvanique. 
Mais on pourrait objecter, n'est-il pas vrai , que l'oxi- 
gfene est necessaire à la vie? j'en conviens, mais noa 
pas l'oxigcne scul , c'est l'oxigène combine avec la 
vapour électrique qui est nécessaire à la vie, et c'est 
ce que viennent de démontrer les expériences sus-énon- 
cées. Donc piar les ex|ìériences d'e la première partie de 
ce mémoirc, et par celles-ci l'on pounait dire que 
c'est l'électricité atmosphérique qui produit l'électri- 



420 vWR l'électi\tcité Animale, 

cité animalo on fluide galvaniquc, et qiic, inalgrd le 
peu d'oxigènc decompose , pourvu que le milieu où 
l'animai vif, soit dilTérent de l'électricité atmospht^rique , 
la diiréc de la vilalité après la mort en sera on cagale, oii 
doublé, cu triple de celle des animaux qui déconiposent 
une très-grande porfion d'oxigènc. Nous en avons un 
exemple dans la vitalit<5 des animaux à san^ froid,. com- 
parée avec ceux à saug chaud. 



.* EXPÉRIENCE. 



Je mis un petit cliien sous la cloche , j'introduisis du 
gaz acide carbonique qu'on venait de préparer, et l'ani- 
mai mourut dans deux minutes et 12 secondes. J'en armai 
les nerfs cruraux et ischiatiques , et en employant l'are 
conducteur j'entrepris les expériences galvaniqucs, et j'eus 
d'abord des contractions répliquées des muscles pendant 
deux minutes, ensuite elles cessèrent, et comme l'élec- 
ti'omètre ne donnait aucune marque d'électricité atmòs- 
phérique, et que l'hygromètre marquait deux degrès 
d'humidit^ sensible, il ne me fut pas possible de recueillir 
avec la machine électi-ique une quantité d'électricit^ suf- 
fisante pour ^lectriscr positivement l'animai. Je différai 
à un autre jour une semblable expérience. Le jour que 
je choisis, le thermomètre marquait six degras au-dessus 
de la giace, point dhumidité sensible, et plus de deux 
lignes d'électricité atmosphérique, Dans cette circonsfance 
je soumis à la cloche de la machine pneumatique un 



PAR LE ClTOYEÌ? ROSSI, 4^1 

autre petit chien , qui mourut dans le gaz acide carbo- 
nique dans deux minutcs et demic. J'arraai ensuite les 
nerf's cruraux et ischiatiqucs , et moycnnaDt l'are coa- 
ducteur j'obtius des coatractions pendant 3 miuutes 
continues , après quoi elles cesscrent, alors je Tdlectrisai 
positivement, et aussitót les contracfions se firent nouvel- 
lement remarquer j^cndant deux minutes, et ensuite elles 
cessèrcnt. J emportai les extrémitds avec les nerfs isolés du 
restant du corps, je les électrisai encore positivemect, et 
les muscles me donnèrent nouvellement des contractions. 

Il est à remarquer que nonobsfant la privation de 
l'oxigòne où se trouva l'animai pendant le tcms qu'il vecut 
sous la cloche, il conserva néanmoins l'irritabilité mus- 
culaire , et la propriété qu'ont les nerfs de modifier lelec- 
tricité atmospliérique pour obtenir, raoyenuant la méthode 
galvanique, des contractions réitérées. On peut ajouter 
encore que l'animai, quoiqu'il soit mort dans un milieu, 
où il n'y avait point d'oxigène, néanmoins il a conserve 
une plus grande irritabilité dans Ics muscles que ccux 
que l'on fit mourir dans un milieu où il y avait une 
quantité d'oxigène , ce qui est contraire à l'opinion 
d'HoMWOLTz et de Girtaner. 

Donc le délaut d'oxigène , loin d'òter aux muscles la 
propriété de produire des effets galvaniques, au contraire 
il s'en excite à proportion de plus grands. Il est encore 
hien d'observcr que Ics animaux dans cctfe expérience 
furent suffoqués avec le gaz acide carl)onique, Icquel n'a 
aucune propriété de conserver l'irritabilité aux muscles , 



42a SUR l'electricité animale, 

ni la srnsi'bilifé aux nerfs , et plutót il la ddlruit. Quel 
est douc le fluide qui pourrait dans ce cas avoir con- 
scfvé ces propriétds, si ce n'est 1 electvicité ? en effet les 
contractions des muscles excitées moyennant le fluide gal- 
vanique s'éfant dójò anóanties , IVlecfiicitf^ arlificielle les 
a rcveillóes deux fois de suite. Ce n'est donc point l'oxi- 
gòue la cause de Tirritabilité des muscles; on doit dire, 
au coutraire , quii en serait le destructeur, s'il était seuI 
à agir sur ces parties: c'cst donc plutòt l'electricité ani- 
male cntrcfenue par lelectricité atmosphcriquc , qui en 
est la véritablc cause. 

5.'' E X P É R I E N e E. 

Dans la vue de constater encore micux le fait, il fal- 
lait tenter des expdriences propres pour démontrer que 
mo^fennaut uue quantità d'électricité conservée dans un- 
gaz quelconque non respirable, où Ton fasse mourir l'ani- 
mai, l'élcctiicité animale, exclusivement à l'oxigène, dé- 
ploye avec plus d'activité ses effets sur les muscles par 
la mcthode galvanique, c]ue lorsque ce mème animai 
meurt dans le meme gaz non sature d'électricité j à tei 
effet j'entrepris les expériences suivantes. 

Je mis un petit chien sous la cloche de la machine 
pneumatique, où j"introduisis du gaz hydrogène sulphuré, 
moyennant im tuyau qui tenait par une extrémité à une 
vessic qui en étfiit remplie. Avec un robinet on interceptait 
lolite communication immediate entre la cloche commu- 



PAR 1.E CITOYEN BOSSI. 4^5 

DÌquant avec le Uiyau et la vessie mème: eosnite je tirai 
de la cloche tout l'air afinosphériquc, et ea donuant par 
le robinet issue à l'air de la vessie, oq le fit cntiei- avec 
des pressious dans la cloche où l'animai se trouvait lau- 
guissant. A peine la vessie fut-elle videe, je fermai nou* 
vellement le robinet, et j'observai la mort que fit l'ani- 
mal , arrivée dans moins de deux minutes et dcmie apiès 
l'introdiiction du gaz hydrogène; il mourut en haletant 
et convulsif. X»'ayant tire dehors, j'ouvris le bas ventre; 
j armai les nerfs sacro-lombaires antérieurs. Je dccouvris 
les muscles des extrémités postérieures dans Icsquels ils se 
distribiient, et par l'application de l'are conducteur j'obtius, 
en cinq minutes de tems. dix à onze contractions, après 
quoi elles cessèrent tout-à-fait. De cette expérience il ré- 
sulle que l'oxigène manquait tout-à-fait à l'animai que 
Fon fit raourir dans le gaz; que ce gaz où il mourut 
n'était point respirable, et que néanmoius il s'est con- 
serve dans les muscles assez d'irritabilité pour fournir 
un plus grands nombre de contractions par l'usage de 
la méthode galvanique , que lorsqu'on le fit mourir 
dans l'air afmosphérique oìi se trouve l'air vital. Ceci 
s'opposcrait aussi à l'opinion d'HoMwoLTZ. Il était cncore 
important de voir si l irritabilité des muscles, et par con- 
sóquent la propricté qu'ont les nerfs de modifier et de 
conserver, pour un tems donne, l'électricité animale, était 
en raisou directe de la quantité d'électricité qu'on avait 
reconnue au milieu oi!i l'animai était place. A cet effet 
je répétai l'e-périeuce sus-éuoucée: je Cs dono comma- 



424 *^^ l'électricité animale, 

niquer, avec la capacité de la cloche, le tuyau endm't 
de ciré d'Espagne, à rextrémité libre duqucl la vessie 
remplie de gaz hydrogène sulphuré était attachée, et de 
l'autre coté je fis coramuniquer , avec la raème ca- 
pacita de la cloche, un conducteur qui partait de la 
chaìne de la machine électrique isolée, ensuite j'intro- 
duisis dans la cloche uà autre petit chien égal à-peu-près 
en volume au premier. Je tirai de la cloche l'air at- 
mosphérique qu'elle contenait , et j'y fis . passer le gaz 
hydrogène sulphuré , de la méme manière que dans l'ex- 
périence précédente , après quoi j ai femié le robinet 
qui était aussi enduit de ciré d'Espagne, pour óter k 
communication de la cavité de la cloche avec tout corps 
déférent, excepté le conducteur sus-énoncé, et en méme 
tems que l'on introduisait le gaz, ou faisait tourner le 
disque pour électriser positiveraent le gaz méme introduit 
dans la cloche, et de cette méme manière électriser aussi 
positiveraent l'animai. Lea propriétés du fluide électrique, 
et de celles de toutes sortes de gaz, annoncaient que cette 
électrisation positive devait succèder. Le thermomètre 
marquait 7 degrés au-dessus de la giace, et l'humidité 
sensible manquait absolument, et la machine électrique 
était absolument isolée. Dans cet appareil l'animai ne 
vecut qu'une minute et demie de plus que le premier, 
après ce terme il mourut en haletant et en convulsion 
comrae les autres. Alors j'armai aussitót les nerfs et dé>- 
couvris les muscles, et j'eutrepris Texpérience avec l'are 
couductew. Les coutractious musculaires commeucèrent et 



PAR LE CITOYEN ROSSI. 4^5 

dnrbrent par intervalics pendant viiigt miuutes. Je n'ob- 
servai auciine dif'féirnce essenticlle, si ce n'est qua le» 
poumons se trouvèrent remplis de sang. 

Cos expériences démontnnit que le gaz liydrogèue sul- 
phuré et électrisé positivcmeut , est doué de la pi-opÉÌcté 
de couserver rirritabilité musculaiie et la faciilté aux ncrfs, 
d'animaliser rélectricité rnenie , puisqii'avec ce moyea 
lon obtient des contractions galvauiqucs pendant un 
teras plus long que si le gaz n'cùt pas ctc électrisé 
avec l'animai. 2." Qu'une plus grande quautité d'élecfri- 
cité étaut conibinée avec le niéme gaz hydrogènc, l'ani- 
mai a vecu plus long-tems, et les contractioiis musculaires 
ont cté d'une plus grande durce. 3.° Que rélcctricilc 
atmospliérique paraìt produire l'électricité animale. 

Ce uest dono point la présence de l'oxigcne qui con- 
serve l'irritabilité des musclcs, ce n'est pas non plus cet 
air qui maintient l'électricité animale, c'est élèctiicité at- 
mospliérique elle-mcme qui acquiert de nouvelles prò-* 
priétés moyennant Ics nerfs. 11 est donc vrai de dire que 
l'électricité £itmosphérique dans la respiration pulmonaire 
et cutanee cóntribue égalcment, et peut-ctre plus que 
l'oxigòne , à la conservation de la vie de l'animai. 

La 2.' et 3." partie feront le sujet d'un autre mémoire, 
avec quelques réflexions sur la nature des miasmes putri- 
des et contagieux, et de son couducteur sur les animaux. 



Lll 



N O T I e E 

D'UN MÉTÉOllOGRAPHE 
o u 

DESCRIPTION d'un ANEMOfSCOPE ET ANÉMOMÈTRE , QUI PAR 
UNE HORLOGE TRACENT A CHAQUE INSTAIsT LA DIHECTION 
ET LA FORCE DU VENTJ ET d'aUTRFS INSTRUMENS MF.tÉO- 
ROLOGIQUES QUI MARQUENT d'euX-MÉMES LEUR6 VA- 
RIATIONS. 

PAR A. M. VASSALLl-EANDI. 



O I le mérife d'une science est en rai?on de l'infc^rét 
general , il y a peu de parties de la pliysiqiie qui vn 
aient autant que la iiK^téorologie. Les ouvrages de Toal- 
Do , de Cotte , de Déluc , de Gaboini , de Kirwan et 
de plusieurs aiUres éciivaÌDS , rAcadéniie de méréorolo- 
gie de Mauheim , la coirespoudance météoroiogique du 
Conseil de sante de Turin, celle qui a été établie par le 
ministre de l'intérieur, le célèbre chiuiiste Chaptal, ea 
sont une preuve aulhentique. 

J"ai iodiqué ailleurs les avantages qu'apporte cetfe science 
au premier et au plus nécessaire des arts, l'agriculfure , 
doQt les succès dépendeut particulicrement des météores. 



PAR A. M. VASSALU-EANDI. 4^7 

À l'economie politique, en foiirnissaut aux Gouvemcmcns 
la notice des effets des séchéresses et des pluies, du fVuid 
et de la chaleur extraordinaircs, pour qu'ils puissent d'a- 
vance poiitvoi'r aux besoins de lEtat ; et à la médccine 
éclairée , cu lui faisant connaìtre rinflucnce des métdores 
sur la sauté et sur l'action dos remèdcs , comuie le doc- 
teur Bériat la démontré dans la collectiou acadéraique , 
influencc si couuue d'HYPPOCRATE qu'il écrivit « medici- 
nani quicumque vuìt recle consequi , eum hcec agere 
oporlel ; piinium quideni anni leinpeslatcs animad\ei'' 
leve ; quid harum r/iia'que possit ejficere ; non enini 

quidijuani habent simile Deinde vero venlos tuìn 

catidos , lum J^rigidos eie. 

Ed génifral, Ics modificatious de l'atmosphère aglssent 
trop fortement sur tous les corps orgauisés et inorganisés, 
pour uè pas intéresser toutes les classcs de la sociélé. 
Aussi voyons-noiis dans les écrivains les plus ancieus, tcls 
quc MoYSE, HoMÌiRE , Hésiode , etc. des axioraes méléo- 
rologiqucs qui soiit les résullats de longues observations. 
Mais, laute d'iustruniens, les auciens ne pouvaient poiut 
porter dans leurs recherches la précision nécessaire à for- 
mer la science; c'est pour cela que nous trouvons dans leurs 
écrits beaucoup de préjugés épars parmi Ics vérités. 

C'est au siede XVII /, si fécond cn liornmes de gdnie 
et en institutions utiles , scientifiques et littéraires , que 
nous sonimes rcdevables des principaux iustrumens md- 
téorologiqnes , qui furent cnsuite perfectioiinés et aug- 
fncutés, Dcpuis cette epoque uu grand norabre de phy- 



428 NOTICE D'uK MÉtÉOROGRAPHE , 

siciens s'occupa de la cause des métóoics et des obser- 
vations météoio'ogiques répétées h plusicurs heures de la 
journée, dont 011 a de nombreux voluines. 

L'Acadcmie de Maubeim euvoyant des jnstrumens à 
divcrs savaus des villes principales de l'Europe , et 
en employant ceux dont son observafoire est si bien 
gami, se procura de prccieuses observations de con^pa- 
raison. Notre Académie possedè aussi une rare colleclioa 
d'observations failes à Turin, pendant le conrs de plus de 
cinquante ans successifs, dcpuis le 1763 jusqu'à l'an i7^3, 
par le doclcur SoMis, menibre de TAcadémie , médccin 
du Roi, professeur de médecine pratique dans TUniversité, 
et cbef du protomédicat ; et depuis Tao 1787 jusqu'au- 
jourdhui par l'exacle observateur Jean Bonin, econome 
de l'Académie, garde de l'observatoire et du niuséum 
dbibtoire naturelle. 

D'où vient donc que tant de travaux sulvis , dirafs-Je, 
avec opiniàtreté, ont fait avancer si peu la science ? Ose- 
rai-je le dire ? C'est que nous n'avons que des observa- 
tions délacht^es, qui servent très-pcu pour en tirer des in- 
ductions. Car les journaux météoro]oji;iques ne présenteut 
que les observations faifes à Irois ou quatre heures du jour. 

Souvent lobservation se fait au commencement d'une 
variatiou qui va ètra, ou à la fin d'une qui va cesser. On 
note l'état qu'on y observe, en ignorant cehii qui la pré- 
cède. Plusieurs heures après on en fait de meme. Si Ics 
variations se rencontrent, on dit qu'il n'y en a point eu ; 
et de cette mauièie on allribue les ellets à des cause* 



TkVt A. M. VASSALLI -EANDT. /jog 

qu'on n'a vu qu'en paitie, et quo bien ne sont pas ccUes 
qui Ifs ont piodiiits. 

Ainsi, par exrtnpie, j'observe le baroinì'tre à lolirures 
du soir; il scia à 28 pniices , et rancmomèfie indic|uera 
le vent du nord ; je lépète les obscrvations à six lieures 
du matin : je trouvc la niéme direction du vent , et le 
baromèfre à -^7 et G ; je conclus qiie le veot du nord 
a fait baisser le baromètre d'un demi pouce, tandis que 
ce sera uà vent du sud qui a soufflé daus cet intervalle, 
qui l'aura fait baisser à 27 et 4 > ^^ que le retour du 
vent du nord l'aura déjà fait remouler de deux ligues. 

De la mème manière on se trompe en jugeant des 
aufies modifìcations de l'almosphère, des effets de la cha- 
k'ur et du froid, etc. eu attribuant toujours à la cause 
quon a vue, les effets d'autres causes qu'on a pas obser- 
vées. La dilficulté d'avoir les nièmes heures du jour con- 
tinuellement libres, fit chercher des iostruraeus qui mar- 
quasseut leurs variations par eux-mèmes. 

D ONS-EN-BRAY, CHANGEUX, CuMMINGS , MaCELT.AN , 

Landriani , Moscati, Dalberg , etc. proposèrent diffé- 
rens iushrumens qui tracent leurs variations dans les 
diverses heures de la journée ; mais plusieurs de ces 
iubtrumens ne furent point exécutés, et les autres sout 
trop compliqués, et manquent de la stabilite nécessaire, 
de mauière qui l'observafoire asfronomiquc de Florence, 
où il y avait plusieurs instruraens qui sur le principe 
du baromé!rot;raphe deCnANGrt'x tracaient leurs variations, 
on en abaudonna lusage à cause de la dépense consiJérablc 



^3o NOTICE d'un MÉTlÉ'OBOCnArHE , 

de rcntrch'ou des nombreiises horloges, et à cause de 
riuGdi'lité (cornine m'écrivit le célèbre Jean Fabroni ) 
de quelquiustruincut qui souvent ne maì-quait pas les 
métcores , et quand il les tracait, le tcms cu c(ait rctaidé 
considérablenicut. La simplicité dans la consfruction des 
instrumcns, en assure refftt, et elle dimiuue la dépense 
de leur formatiou et de l'entretien ; je l'ai donc cherché 
dans mon mctéorographe , dont les instrumens cxccutés 
out ivpoudu au but qua je m'étais propose. 

En l'an 7 j'ai communiqud àia Sociéfc Itallenue l'idée du 
baromètre et du tliermomètre qui laisscnt sur un tam- 
Loiu- tournaut sur son axe en 3o heures, au moyea 
d'une horloge, la trace de leurs variations marquées par 
des pincoaux mouillés dans le carbouat de potasse colore 
en rouge et en blcu. J'ai averti qua sur le mèmc tani- 
bour ou pouvait aisément faire marquer les variai ions 
de l'hygromètre et dautres instrumens. L'année dernièrq 
ayaut i'ait exécuter ces instrumens , j'y ai découvert quo 
quelques défauts que j'y avais prévus, n'étaient pas aussi 
légers cjue d'abord je les avais crus. Réfléchissant en outre 
sur l'impoitance de connaitre la direction et la force des 
vents qui excrcent une si grande action sur les autres 
modiBcatious de l'atmosphère, j'ai cherché la constructioa 
d'un anénioscope et anémomètre , qui note à chaque 
instant la direction et la force du vent, et de me servir 
de la mème horloge pour avoir les traces des variations 
du baromètre, du thermomètrc et de l'hygiomètre, et 
si la pratique répoud à la tlicorie , aussi d autres 



J 



PAR A. M. VASSATXI-EANDI. 4?I 

ìnsfnimpns métcoiologiques, y compris l'tnectrnmc'tre et 
le céi-aunogcaphc. En dounant la descrip'iou de j>iiisicurs 
instrume-ns, chacun pcut aisi'meut conccvoir 1 ari ange- 
ment des autres qu'on petit y ajouter, pour avoir Ics 
priiicipaux instrumens métt'orologicjucs, qui marqiuDt 
par eux-mémps leurs vaiiations à chaque iustanf , moyca- 
nant une seule hoiloge. 

L'ant^momè(re est compose d'un oylindre creux, qui 
porte au sommet une lame de fer blauc d'un demi-mètre 
carré; au-dessous de cette lame il y a une girouelte de 
deux niètres carrés placce à angle droit avec la lame 
susdife; la girouette a son contre-poids en fiume de 
lentille horizonrale pour qiie le eylindre ne peuche pas 
du coté de la direction du vent; ce eylindre passe par 
le sommet du dòme de l'ob-^ervatoire, oli il ya cinq 
rouleaux verticaux, qui se meuvent aufour de leurs axes 
pour diminuer le froltement; il finit en bas avec une 
pointe tiès-aigue en acier, qui tourue libremcnt sur une 
platine de pierrc dure, l.a lame au sommet du eylindre 
est mobile sur deux pivots qui sout aux extrèmes du coté 
supérieur du carré. A deux tiers de sa lougueur elle est 
fixée à une petite chaìne, qui eu descendant dans le 
eylindre creux , vient s'unir sous le dòme à un tube 
qui embrassc le eylindre et qui est élevé eu raison de 
l'élévation de la lame qui note la force du vent; ce tube 
par son bord élève un petit chariot mobile dans une cou- 
lisse, qui à son tour traine liorizonlalement un autre 
ehariot qui porte le crayou qui, presse par uu ressort, 



'4^2 KOTICT d'un MÉtÉoROGRAPHE , 

trace les dogrés de la force du veut à chaqne instanti 
Qiiand le vcnt cesse, le chariot est porte h zero de l'échellé 
de la force de veiit , par un poids qui sert aussi à mesurer 
cu kilogrammes la force du vent. Au-dessous de la coulisse 
sur laquelle se meut le chariot de la force, il y a un tam- 
Lour qui tourne sur son axe horizoutal cn 3o heures, 
moyennaut une horloge, dout la caisse sert à porter 
léquerre des deux coulisses des chariota, et l'axe du tam- 
bour, Au-dessous du tambour fixé au C3dindre de l'ané- 
momètre , il y a un limacon dont le tour a 62 rayons 
iiiégaux, au bout desquels se trouvent 52 crayous pressés 
par des ressorts pour inarquer les 32 veuts. 

La surface du tambour est partagée par 3o lignes ho- 
rizonlales, qui indiquent les heures qu'einploie le tam- 
bour à faire son tour , et par treute deux lignes verticales 
qui servent à notcr à chaque instant la direction du vent 
par les crayons noirs du limacon, et la force du vent 
par le crayon rouge du chariot; i'horloge a son index 
extérieurement pour le public et porte sur l'axe du tam- 
bour une poulie qui, en faisant son tour par une chaìne, 
fait mouvoir horizontalement une pianelle qui porte les 
divisfons des heures et des degrés sur lesquels à chaque 
instaat laissent leurs traces le baroraètre, le thermomòtre 
et Ics autres instruraens qu'on peut distribuer des deux 
cólds de la planche. Les précautions à prendre pour l'exé- 
cution de ces instrumens seront facilement coraprises par 
la suivante explicahon des flgures. 

Corame la quantité de metal qui entro dans la forma- 



PAR A. M. VASSALLI-EAHDI. 4^3 

tiòn de ces instrumens , et la forme de l'anémomètre 
pourraicnt attircr la Ibudrc; je place à la dislauce de deiix 
mctres le paia-tonncrie dispose de manière quii mar» 
que sur le céraunographe l'heure , la direction et la force 
des étiuccUcs foudroyaules , corame il parait par la Bgure. 



EXPLICATION DES FIGURES. 

PREMIÈRE PARTIE. 

1,5, ly.C'estla tigederanémoscopeetane'momctre, elle fìnit 
au 17 cu pivot d'acier très-dur, qui tourne librement 
daiis une platine de pierre dure , et elle porte au som- 
met le chassis de l'auémotrictre surmonté d'un rameau 
d'olivier , qui sert d'ornement et d'emblcme. Celte tige 
est creuse de a jusqu'eu h pour l'anémomètre. 

2. Coupé de la plaque de l'anémomètre, placee eu équerrc 
avec la girouette de Tauémoscope 4- 

3. Cordonnet ou cliaine , joint à la plaque 2 , qui de- 
scend dans la tige jusqu'à se joiadre à la traverse du tube 
6 , que le vent peut élever de b en e. 

Ce cordonnet est joint à la plaque au point que la 
corde du quart du cercle , décrit par ledit poiut de la 
plaque , soit égale à la distance h e. 

4. Girouette de l'anémoscope , qui a une surface plus gran- 
de que la surface de la plaque 2 de l'anémomètre. 

CeLte girouette est parfaitcmeut équilibrée avec son 

Mmm 



45/j. NOTICE d'un MÉTÉOROGRAPHE , 

contrepoids forme vn Icntillc , pour qu'il oppose la 
inoiudic rcsistance au vcnt. 

8. Picce gamie de cinq rouleaux , qui par leur rotation 
diminueat le frottement de la tige. 

6. Tube qui pai- son cordon e , m se mouvant de b cn 
e, clcve le cliariot 7 qui se meut dans la coulisse J^g- 

Ce tube , à la traverse duquel est joint le cordon- 
uet 3, ne touche la tige 1, 5, 17 que par luiit 
petits rouleaux dout il est gami inlérieureuient , qui 
par leur mouvement de rotation diminuent la résis- 
tance du fVottenieut. 

7. Cliariot qui est mù dans la coulisse /"g par le bou- 
ton / qui pose sur le cordou e du tube 6. 

Ce cliariot est aussi gami de quatre rouleaux , deux 
à chaque cxtrémité , pour diipinuer la résistance da 
froltement dans la coulisse. 
lt?i Cordonnet ou cliaìne qui joint le cliariot 7 au clia- 
riot g, en passaut par la petite poulie g. 

9. Cliariot c]ui se meut dans la coulisse g h. Ce cliariot 
gami de huit rouleaux, pour en diniinuer le frottement, 
porte le crayon i-ouge presse par un faible ressort cu 
acier , pour qu il continue toujours à tracer la force 
du vent , sans opposer une résistance considérable au 
mouvement du tambour i3. 

no Cordonnet ou cliaìne qui joint le cliariot 9 au poids 

p , en passant par la poulie ?i. 
p. Poids qui tend toujours les cordonnets / ??i no, et 

qui ramène en bas le tube 6 et le chariot 7 vers g» 



I 



PAR A. M. VASSALLI- BANDI. ^?)5 

et le chariot 9 vers // , quand se diminuc la force 
du vent qui élève la plaque 2. 

10. Gaisse de Ihorloge qui lait tous les mouvemens ré- 
giiliers dcs dilTcrentes parties du mctcorographe , sur 
lesquc'lles Ics instrumcns Uacent Icurs vailations. 

Ji. Gadran de l'iiorloge qui donne les minutcs, et sert au 
public pour régler les montres à chaque heure du jour. 

J2. Pièce doublé, dont une partie est jointe à l'arbie 
de la roue qui fait tourncr le tambour i3 , et l'autie 
partie est jointe à Faxa du tambour i3. 

Ces deux pièces se joigncut par deux vis rj r, ou 
par deux petits crochets. 

Par cette doublé pièce on chauge à plaisii- le tam- 
bour , sans altérer le mouvement de 1 horloge. 

l5. Tambour qui tourne en 3o heures, sur Icquel sont 
tracés les degrés de la force, et l'cchelle des 62 di- 
rections du vent, ainsi que les heures pour l'auémo- 
Diètre et pour l'anénioscope. 

Gomme les deux crayons agissent sur le. meme 
tambour, et daus le mème temps, dans les parties op- 
posées, le crayoa de l'anémomètre est rouge, et ce- 
lui de 1 anénioscope est noir. Les heures aux extrémités 
du tambour, sont d'un cóle noires pour l'anénioscope, 
et de l'autre coté rouges pour l'anémomètre. Cclles-ci 
comraencent au milieu des autres, c'est-à-dire, si le 
tambour tourne en 3o heures dans la direction de la 
i5.' de l'anémoscope, il y a la première de l'anémo- 
mètre, parce qu'agissaut à la distance du diamètre, 



436 KOTicE d'un météorographe , 

les variations dans la direcdon et dans la force du venfc 

se verront à la mèine hcui-e rougcs et noires. 
i5. Limacon divise cu 32 dcnts qui répondent aux 32 

dircctions du veut. 

Cheque dent est gamie d'un ci-ayou noir i/j, 

presse par un faible ressort en acier, pour qu'il trace 

contiuuellement les variatious , sans opposer trop de 

l'ésistance au mouvement du tambour. 
iG. ludex dcs vents tracés sur la table i8, qui porte 

l'acK^momètrc, pour ne pas avoir à compter sur l'é- 

clielle quel est le veut qui soulTle. 
La coulisse/"^ h est soutcuue par la caisse de l'horloge, 

daus laquelle descend aussi le poids p. 
s t. Coupé de la partie seconde, ou de Tappareil pour 

le baromètre et le tlierniomètre. 

ACTION DE l'ANÉMOSCOPE ET DE l'anÉmOMÈTRE. 

Pianelle i et ii. 

Le vent qui soufflé, fait tourner dans sa direction 
la girouette 4> dout la tige se meut librcrnent, étaut 
soutcuue par un pivot d'acicr, qui tourne dans la pla- 
tine de pierre dure, fig. 17 pianelle 11, et tenue 
verticale par cinq rouleaux 8, qui touruent librement 
sur leurs axes verticaux. 

Un couvert à entonnoir soudé h la tige, ddfend de 
la pluie les rouleaux 8, qui sout au sommet du dome 
de la chambre où se trouve rinstrumcnt. 

Le limacon i5, qui tourne avcc la tige de l'instru- 



1 



rAR A. M. VASSALLI-EANDI. 4^7 

mcnt, porte (.mi contact du (amboiir i3 le crayon noir , 
qui trace la direction du vent par la pression du res- 
sort 14. 

Ainsi le tamljour, cn tournant contiDuelIeraent , re- 
coit à chaquc inslant la trace de la direction du vent 
qui souIIIp, tandis que l'index présente la mème di- 
rection sur la (ablc. 

La plaque 2 élant dans un chassis fixé au sommet 
de la tige en équerre avec la girouettc /^ , elle recoit 
toujours toute la force du vent, très-.mobile sur l'axe 
du coté supérieur a b, elle s'élève en raison de la 
force du vent. 

En selevant par le cordonnet 3 qui l'unit à la traverse, 
placée au fond du tube 6, elle élève ce tube, qui 
par son cordon e élève le chariot 7 , qui par le cor- 
donnet / m , entraìne le chariot 9 portant le crayon 
rouge , qui trace la force du vent. 

La plus grande force du vent porte le tube 6 cn e, 
le chariot 7 en^, et le chariot g à l'extrémité du 
tambour. 

Les num. 7 et g de la planche seconde présentent 
ces deux chariots plus en grand , pour y distinguer 
dans le premier deux rouleaux à chaqiie extrémité , 
pour dimiuucr toute sorte de frottemcnt contre la cou- 
lisse y^, et dans le second qui est doublé, ayant 5 
porter le crayon -au milieu, quatre rouleaux à chaque 
extrémité pour le méme but de la diniinution du 
frottement , sur ce chariot on voit le ressort qui presse 
le cravon. 



4^8 NOTiCE d'un météorographe , 

Le poids p qui agit eu direction opposee à celle 
de la force du vent, sert à la mesurer , et dans le 
nième tctns il ranicne le tube 6 en ò, le chariot 7 
cn g , et le cliariot 9 à l'extrcmité du tambour , oili 
se frouvc le zero de la force du vent. Je crois inutile 
d'observcr cju'on cmpèche l'action des ressorts , en y 
placant cjuclque cliose dessous, cpaud on a à chauger 
le tauibour, 

SECONDE PARTIE. 

10. Caisse de l'horloge, qui porte le chassis s t dans les 
coulisses a h, e d duquel par l'action de l'horloge glisse 
la plance e f sur laquelle sont les cchcllcs du baro- 
niètre et du thermomètre. 

La planche ne touche les coulisses que par quatre 
ou huit rouleaux, qui par leur rotation rendent pres- 
que nulle la résistance du frottement. 

Elle est tirée par un cordonnet ou une chaine cjui 
s'enveloppe au tour d'un fuseau en 3o heures notees 
sur la plauche. Cette chaine se développe aisémeut par 
la séparation du fuseau de l'horloge quand on veut 
remettre la planche ò la première position. 
g. Barornètre à siphon souleuu par le chassis a h e d 
h. Thermoniòtre ouvert soutenu par le mcme chassis. 
Ces deux instrumens sont d'une force extraordinaire. 
Ceux que j'ai fait exécuter sur les principes que j'ai 
publié de l'au 7 dans le 8,* volume de la Socicté Ita- 



TAR A. M. VASSALLI-EANDI. ^7i^ 

Henne, paj^. 5i(), conlicnncnt , le haromctre reuf kilo- 
gi-animes de mcrcurc, et le tlieiTnoinètre six. On peut 
aiséinent les faiie d'une doublé force, en fai.sant usage 
de tubes de crisi al plus c'pais; mais alois il faut que 
la boule du thermomètre soit bien applalie pour éviter 
un trop grand retard dans les vatiations de cet iustru* 
ment. Celui que j'ai, dans Tespace d'une beiire aux 
expériences pubb'ques par le concours du monde s'é- 
lève de 2 à 3 degrc's. 

/ / Couverts en verre qui servent h rc^parer de la pous- 
sière le mercure dans les deux insfrumens, et par le 
trou qui ont au centi-e , à dii iger la tige des flottans. 

4,4 Flottans de liège qui appuyeut sur le mercure, par 
un pian qui selève et baisse aux variations dans la 
convexité du mercure. 

3, 3 Tigos en verre des flottans qui portcnt à leurs som- 
mets des pouHes ou rouleaux 2,2, dont la rofatioa 
diminue le frottement et le canal de la poulie ou du 
lévier, les reticut dans la position verticale pendant 
qu'elles agissent contre les léviers. 

lm,lm Léviers qui portent des arcs à leurs extrémitds. 
Les extériours /, / cannelés pour que les contre-poids 
rty n agissent toujours à la méme distance du point 
d'appui; les intérieurs m , m dentés pour agir contre 
la crémaillcre des rateaux i , i qui portent les crayons 
pressés par un faible ressort qui ne pcut guòre gener 
le mouvomcnt de la planchc e f. Ces rateaux se meuvent 
dans le chassis /• s. Les dciuc léviers sont mus par les 



44° KOTICE DUN METEOBOGRAPHE , 

floftans qui agisscnt dans le concave d'un quart de cerale 
qui comnicuce à la distance du diauiètre du méme 
cercle du point d'nppui, à fia que rélévation ou l'abais- 
seraent du flottant ne chaugc pas le rappoi't dans le 
mouvemeut de l'are dente. * 
o , o. Deux verniers qui donncnt les cenlièmes paih'es 
des dogrés des instrumens. Ces verniers sont mùs par 
les mt'ines rateaux. 

Gomme la plauche e/" se meut dans un chassis, oa 
peut de l'autre coté faiie agir de la mcme manière 
riiygromctre et ralmidomètre ; et cn profllant de la 
hauteur de la pianelle , piacer encore ludoraètre et 
le manomctre. Par un artifice de fils suspendus qui 
restent attacliés à l'aiguille , si elle Ics touclie , on peut 
aussi avoir les variations de l'aiguille aimantée. 

ACTION DU BAROMÈTBE ET DU THERMOMÈTRE. 

Flanelle i et n. 

La plauche e f se porte à l'extrémité hd à\i chassis 
avant de la joiudre au fuseau de l'horloge par la chaì- 
ue ; Ics deux crayons de différeutes couleurs pressds 
par les ressorts, formeront deux points sur la pianelle 



* Oli peut oblenir le méme efTet par le développcniPiit d'un cercle, comrae 
j'ai praliqué alllpurs ; c'est l'habile artiste Joseph Capel , horloger , qui a 
subslitué ce qiiarl du cercle pour la décoralioii de l'instrumeut , et la fa- 
cililé à faire les cLiingemeus dans le coiitrepoids. 



PAR A. M. VASSALLI -EANDI. ^44* 

qu'on peut faire de distai dépoli avcc leméri, en bois 
couvert de toile cirée ou dii papier. 

LTiorloge tirant la planche de bel en ac , les points 
des crayons tracent dcs lignes sur la planche qui cm- 
ploie 3o heures à parcourir cet espacc. Los lieures 
sont notéos cn deux couleurs sur les bords de. la plan- 
che, de fa^on qu'elles répondent aux deux instrumens. 

Dans ce tems s'il arrive des variations dans le poids 
et dans la temperature de l'atmosplière par l'action des 
flottans sur les léviers , et de ceux-ci sur les rateaux, 
les crayons sont élevés ou baissés suivant les variations , 
et ils tracent des courbes qui notent sur Ics cchelles 
les degrés d'élcvation ou d'abaissement , correspoudaus 
aux heures qu'ils succèdent. 

La tige des flottans , comma on voit dans les figures 
2 , 3 et 4 de la planche 1 1 , a une vis à l'extréniité , 
par laquelle en clevant ou en baissant la poulie , oa 
met aa commencement liustrument d'accord avec Ics 
autres de construction ordinaire et parfaits. 

Les rateaux se meuvent libremcnt dans les coulisscs 
p q, pq, et dans le chassis rs planche i par les rou- 
leaux rs, rs planche ii {Jìg. i ). 

Quand on veut remettre la planche à l'extrémité hil 
par la vis ^■ , on élève le crayon , et par la méme vis 
on le remct chaque jour à sa place. 

L'index t indiquc sur rrchcllc du chassis le degrc 
dclévalion, dont le vrrnipr donne les centièmes partics. 

Par la cassare ab du ratcau ou voit que la crémail- 

> u n 



44^ NOTICE d'un MÉtÌOBOGRAPHE , 

lòre b s'étend autaat quii faut , poiir que le rateau soi'fc 
mù par toute letendue des variations de l'instrument. 

Je <lonnerai dans une autre occasion la descn'ptioa 
de riiygromètre , de rudomètre et de l'atmidomètre, 
qui traceat leurs variations à chaque iustaut. 

TROISIÈME PARTIE. 

1,2, 5,4, 5 , 6. C'est le paratonnerre en fer verni d'un 
0,01 mètre de diamètre , dont la pointe i est dorée. 

Il est soutenu en 2 par une hémisplière de bois séché 
et huilé au four portant sur quatre cylindres de vene aa. 

Le bois en 3 oià il entre dans la chambre, est aussi 
séché et couvert de rèsine. 

Il a en 6 un petit trou non verni pour y piacer le eoa- 
ducteur e qui pose sur le plateau d de 1 electromètre e. 

Le conducteur finit eu 4 pai' "oe houle surmontée 
d'une pointe f. 

Une serablable houle avec la pointe est inférieurement. 

La partie iuférieure du paratonnerre est soutenue 
par le cylindre de verre h i et en 6 par le raur ou 
bois de la chambre, ensuite par des cylindres de verre 
ou de bois huilé et couvert de ré5ine , qui Je (iennent 
séparé du mur jusqu'à ce qu'il s'enfonce dans l'eau ou 
dans le terrein humide. 
g Cadrai! du céraunographe qui tourne cn 3o heures. 
/, m Cylindre en verre qui commuuique le mouvement 

de Ihorloge au céraunographe. 
n Table ou support du céraunographe. 



PAR A. M. VASSALLI-EANDI. 443 

ACTION DU CÉRAUNOGRAPHE ET DE l'ÉLECTROMÈTRE. 

. Pianelle /." 

La po'nfe dorée i atlire l'électricité des nuagcs , et 
qiiand elle n'est pas très- forte, la poiute en empéche 
la décharge sous la forme d'élincelle ou de foudre. 

Jl est bou que cette poiute soit dorée pour l'espace 
de 0,5 mèlres pour que dans le cas d clectricité fou- 
droyante , celle-ci trouve une libre entrée dans le pa- 
raJonnerre qui est verni, pour le garantir de la rouille. 
Les parties du paratonnerre doivent se joindie avec 
le plus grand contact possible, c'est pour cela qu'on 
les ferme à vis et qu'on les cniboite encore. 

La boule 4 accumule le fluide pour qu il ait plus de 
force en sortant par la pointe dorce/tt la pointc/in- 
férieure dorée aussi attire plus fortement le fluide, ayaut 
un conducteur plus vaste en contact, tei que la boule. 
L'action de ces boules est inverse dans le cas que 
l'électricité monte de la terre dans l'atmospht'ie. 

Les dcux pointesyyne répondent pas au méme cer- 
ch; du cadran du céraunographe, ^ pour que Ics trous 
dans le cadran démontrent la direction du fluide, qui 
perce foujours le cadran dans le point qui répond à 
la pointe dans laquelle il entre; eUes sont cepcndant 
dans le méme rayon pour avoir le tems précis indiqué 
sur le cadran. 

Eu colorant le cadran avec un oxide métallique de 



444 NOTICE d'un MÉTÉOROGRArHE.' 

facile désoxidation ou léviviGcation, l'action mcrae du 
• pinceau électriquc laisse une trace, de manièie que, 
par le changemeut dans la couleur, on voit aussi la 
direction de l'électricité non élincelante. 

On pourrait à ce céraiinographe substituer ais(3inent 
le secoud , propose par Beccaria , et qu'il dit meilleur. 
C'cst une largc bande de papier, qui se dév^eloppe d'un 
cylindre, et passe eutre Ics deux pointcs du conduc- 
teur électrique. 

Quand l'électricité est si faible quelle ne produit 
aucun cliangemeut dans la couleur du cadran, ou de 
la bande du céraunograplie par le petit conducteur 
b e d, qui touclie le metal du paratounerre dans le 
trou 6, (il est bon que ce trou soit aussi dorè comme 
la poiute ) et le plateau d de mon électromètre à ban- 
delette d'or e , on obtient encore une divergence assez 
forte pour cssayer la qualité de lelectricité avec le 
cristal et la ciré d' espagne frottés. Quand l'clectricitc 
n'est pas assez forte pour produire de la divergence, 
on la rend seusible par un condensateur de toile ci- 
rce, ou de taffetas gomme. 

Je crois inutile d'avertir ici, que le conducteur i, 
2, 3, 4» 5, 6 doit ótre soigneusement sépai'é dumur, 
qu'on doit interposer des corps coliibens entre le con- 
ducteur et les raétaux qui se trouvent dans la fabrique, 
qu'on doit éviter qu'il fasse des anglcs aigus, et qu'on 
doit avoir toutcs Ics précautious que la science prescrit 
pour le placenicnt des paratouuerres. 



Tae- 1 






nr-rt' 





METe'oROGRAPHE D-. A- M- VASSALLI -E ANDI 



TaB.2. 



Par.- Il I 




f^yn^é var ':,ir<jh!. 



^Wo 



ST I R P E S 

novj:, vel minus not^ pedemontii 
desgript.e, et iconibus illustrata, 

A U e T ORE 

LUDOVICO BELLARDI. 



DIANDRIA MONOGYNIA. 

J^UFFRENIA Jiliformìs. ( Tah. I, Jtg. i . ) 
Churacter genericus. 

Cai. o. nisi corollam dicas. 

Cor. Calycina monopetala, quadrifida, foliolìs ovatis 

acutis fiequalibus. 
Stam. Filamenta duo corolla breviora eidem basi op- 

posite insidentia. Anfheroe capitatae. 
Pist. Germen supcrum subrotundum. Stylus simplex lon^ 

gitudine corolla?. Stigma capital uro 
Per. Capsula ol^longa , nnilocularis , bivalvis , valvis 

suba?qualibus acutis. 
Sem. plura , subrotunda , rcceptaculo iasideatia. 



'44^ STIRPES NOVJE, VEL MINUS NOT^ PEDEMONTI!, 

Descrìplio. 

Raclix rcpens , fibrosa , annua. 

Caulis fililbrmis , humifusus, ramosus, radiculas emit- 
teus ex geniculis. ^ 

Folia iuferiora subsessilia , ovata, opposita, intcrnodlis 
remotioribus, superiora perfecle sessilia, iutemodiis 
brcvìoribus. 

Flores sessilcs parvi , subflavi , opposite dispositi ad 
axillas foliorum , uuus utiinque. 

Nascitur gregatim ad margines agrorum , in quibus 
colitur Oryza apud Vercellenses. 

Floret Augusto, et Scptembri. 

Novam stirpem detexit oculatissimus Civis de Suffren 
loco citato , mihique commuuicavit , cousilium ex- 
postulans de vera plaatee denominatione. 

Primo aspectu ex habitu CallUriches speciem esse su- 
spicatus sum ; at diligenti examini subjecta leutis 
ope hujusce plaotulas fructificatione cognovi ad nul- 
lum ex notis generibus spedare. Quare novum con- 
stituo , quod dicavi Ci Inventori in grati animi , et 
existiraationis testimonium, eo vel magis quod hujus 
icouem salis exactaoi ab eodem acceperim. 



AUCTORE LUDOVICO BELL ARDI. ^/^J 

TETRANDRIA Tetragynia. 

PoTAMOGETON annulatum. ( Tah. I, fìs^. «. ) 

Potamogetou foliis lanceolatis sessilibus, caulinis alter- 
nis, floralibus oppositls, stipula ad uodos aonulata. 

Radix fibrosa annua. 

Caulis natans, teres, glaber, subfuscus, ramosus. 

Folla caulina lanceolata Polygoni Persica/ice eemula,- 
integen-ima , venosa, alterna, iuternodiis longlora , 
obscure vindia, lloralla opposita: singulis interno- 
diis adstat stipula fusca ciliata, cii-cularis instar an- 
nuii, semilincaris. 

Spicaì modo dune, raro tres , ScTpius unica ex alis fo- 
liorutn oppositoium prodeuntes, pedunculo foliis lon- 
giore, modo erectae, raro sulmutantes. 

Flores, et fructus de more generis. 

Nascitur in parvo lacu dì Biona vallis Augustae Prée- 
toriae repertum ab amico de Tillier. * 



• Laudalus vir una rum Cive Fiotta anno 1798 noumillas excursiones bo- 
lanicns instituit in valle Angustie PrKlori» , et nioutibus adjacenlibus , indeqae 
seleclam.Pl amplain slirpium messem coDsilii caussa mihi coimnunicavit. Prie- 
ter nonnullas raras stirpcs jaui Butanicis notas, quas addidil Fior» PcJemonta- 
Hic , specimiua aliquot specierum novarum luisit , inter quas recensen meretur 
Potamogeton, qund Distaihium dixi ob spiras gemin"» , quas siepe gerii, licet 
etiam variare spica unica observaverim JIu|us iconem paravi anno «799 ''°" 
pensis Acadeniite prò alleva nostra Appendice ad Fioram Pedemontanam , et 
specimen siccuui sub Potamogelonii Distochii noiuiuc misi celeberrimo WlL- 
D£^o^vIO cum aliis slirpibus novis, vel dubiis, ut suam opioiouem de hisce 



448 STIRPES NOVJE, VEL MINUS NOTJE PEDEMONTII, 
PENTANDRIA Digyna. 

BuPLEURUM bìcaliculatum, ( Tah. IL ) 

Buplcurum involucro universali heptaphyllo, fnvolu- 
cellis decaphyllis , foliis radicalibus subliuearibus , 
cauliais lanceolatis. 

Radix oblonga, aromatica, vetustis foliis vestita, perennis. 
< Caulis herbaceus, pedalis, et ultra, erectus, glaber, 
teres , lievissime striatus. 

Folia radicalia plura, curvula, sublinearia, ad basim 
latiora , striata , subacuminata , caule dimidio bre- 
vioraj caulina lanceolata, sessilia, alterna, etiam 
striata, duos ramos pleruraque ex alis emitteutia , 
Umbella universalis ampia duodecim circiter um- 
bellulas sustinet ~pedunculatas insequalis altitudinis; 
exteriores longiores, interiores breviores. luvolucrum 
universale heptaphyllum foliolis subovatis aequali- 
bus. Involucella decaphylla eo ordine disposila, ut 
duo in volucella praeseferre videantur, licet unicum 
reapse sit. Quiuque follola exteriora intense viridia, 
interiora pailidiora. Omnia sunt ovata, subaristafa, 

mihi ingenuo aperiret ; at nescio quo falò , licet per lileras bis, terqiie rogatiis , 
usque nunc siluit ; aliquas tamen ex meis ineditis adoptavit CI. Aiictor Inin- 
quam novas in prima pano lerlil voluniinis sute editionis speciernm plan- 
larum LlNN.Er. Nostrge speciei clpsuiplioncui , et iconem hic data opera 
omitto , qmiin inter suas postea receperit slrenuiis Botanices Professor amicus 
Civis BvLBiS sub nomine Potamogelanis Au^ustani. Interim hoc indicare jnvat, 
ne confusio nascntur apud Botaaicos ex duplici diverso nomine triviali eideiu 
plantte imposi lo. 



AUCTORE LUDOVICO BELLABDI. 449 

suhaequalia. Flosculi lutei de more generis, ufi et 
semina. 

Umbellulas ex alis folionim prodeuntes omnibus suis 
paifibus minores, ceterum aliis similes. 

Nascitui- in montilnis Limoni iutcr saxorum rimas, 
observante Joanne Viale. 
Imperatoria anguslifolìa ( Tab. 111. ) 

Imperatoria foliis tripartito -divisis, foliolis lanceolatis 
profunde serratis , compactis. - 

Imperatoria minor. Joan. Bauli. Jiìst, 

Imperatoria alpina angustifolia. Moiis. Hìst. Ili, pog, 
278, lab. IV, sect. g. /. 4. 

Nascitur in pratis subalpinis Limoni dctecta a C. \iale, 
qui specimina sicca , plantam vivam, et semina liu- 
manissime communicavit. 

In Helvetia etiam inventam fuisse scripsit amicus Al- 
bertus Halleev filius. 

Diflert ab Imperatoria oslrulhhan Linn. foliob's angii- 
stioribus, magisque compactis, qua; diflerentia con- 
stans videtur in pianta eulta. Ceterum odore, sapore, 
eetate, foliatione, et florescentia a?mulatur Impera- 
loriani oslnUÌiium , quce nunc appellari potest lali- 
J'oììa. 

Exhibeo iconem rarissimae plantae, ut dubium solvatur 
celeberrimi Morisonii, qui ita scribit : 

An non hcec Imperatoria ( angustifolia J dieta 
ad Astrantiam atlineal, dubitamus ; /loremsi cui 
videre dabitur, hic scrupuhini eximere poluerit. 

000 



45o STIRPES NOV^, VEL MINUS NOTJE PEDEMONTll, 

SINGENESIA Polygamia. 

Lactuca Vialea. ( Tah. IF. ) 

Lactuca foliis radicalibus ovatis, lyratisque pefiolatis , 

caulinis laciniatis, semiamplexi-caulibus, caule laevi, 

altissimo, corymboso. 
Radix ante fiorescentiam napiformis , raro bifida, post 

hanc fibrosa, annua. 
Caulis teres, laevis, substriatus, fistulosus, orgialls. 
Folia semiualia, subovata, radicalia primum ovata, dein 

lyrata , petiolata , petiolo utrinque membranaceo ; 

caulina superiora sessilia, erecta, laciniata, laciniis 

dentato-serratis , auriculafa , alterna , laevia , nervo 

albicante; floralia sagittata, ad basim serrato-ciiiata. 
Flores corymbosi , brevissime pedunculati; flosculi ab 

ceto ad quindecim circiter. 
Calix imbricatus , foliolis ovatis , reflexis. Corollulce 

extus flavce, subtus subfuscas. 
Semina ovata , compressa , subserrata , nigricantra pappo 

de more generis stipitato. 
Tota plaata adulta lactescit. 
Floiet junio. 
Nascitur locis incultis Septemtrioni exjDositis in agro 

Limoni , observante Joanne Viale , cui ■eam dicavi. 
Obs. Jam decem abhinc annìs specìmina sicca misit 

amìcus Viale, qui revera specie differre ab aliis 

Lactucae speciebus Pedemonlii arbitralus est, ejus- 



AUCTORE LUDOVICO BELLARDT. i^Sl 

que descn'plionc'/n aclumhravil. Semina mcenlia ab 
ipso accepla primo vere /'lustra terree commisi ; 
nulla etenim germinarunt; quare experimentum 
autumno tentane et vere subsequente die i3 Fe- 
bruarii germinare ca'pprunt, quo factum est, ut 
piantoni singulis annis suslineani in horto ex se- 
minibus sponte deciduìs, quod etiam obtineo se* 
minatione autumnali tempestate. 

Hujus an varietatem , an speciem distìnctam 
Joliis, et caule maculis sànguineis aspersis misit 
C. Cumino lectam locis sylvaticis vallis Pisii. 



4^2 STIRPES ìffòVJL , VEL MINUS NOTJE ETC. 

TABULARUM EXPLIGATIO. 



Tab. I. FJg. 1. SuFFRENiyi Jìllformis. * 

a Corolla vitro aucta , uli celerà, qucie 

speclant ad fruclificalìonem. 
b Corolla expansa, in qua apparent duo 

stamina. 
e Germe?! , pislillum , et stigma . ' 
d Fructus aperlus, bìvalvis. 
e Semina ohlonga numerosa. 
f Stamen. 
g Receptaculum, cui adhoirent semina. 

III. Impera tori a angustifolia, 

SL^Semen naturali magnitudine utrinque 
b' inspectum. 

IV. Lactuca Vialea. 

a Pianta junior ante Jìorescentiam cum 

radice napi formi. 
b Radix piantai Jloridos. 



* Ut tabula duplicpin fìguram ronliiieret , Incisor prjebuit ulcamque caule 
eKcio , qui in Sun'reoia est procumbeiis , in aliera natans. 



Mi: in c/c /Àc- c/cJ Se. c/c Tu^Kcn Voi, y. fiag .J^iZ. 



Taé.i 








Oritiv' fi^if- i'/i/ii/i.t/,' j'I/nii/tarjfOiaTuT^^ 



^R^a 



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Ilio. 



^^^^n^j^^/yi^^c^^^c/^^Jlat^n^^^i/^jr^ir^^ 




^A)a/i/c'uìa/n /uia/^ru/a/uffi 



'^^^^^^^^^^^mTf^^'^^7^^^!^^^ 



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M-'/n. c^- /Ac.tA) Si ,/c Tlirin l'-/. 7./ut,r ^.-?j 



ikó y. 




S///1/U' ìxT/'ryì/u c7/t(j/!jù^r/'àz 



^^^^^^u^^Ai^i^^^^^^^^^l^A^^Zttu. 



.t 1 



MeuL ite l'Ac i/cj Se. i/c TtLfi/i ?y y ./i,ii/. 4S2. 



Tuó.^ 





cLactuccc Vur/c'cz^ 



cZ^ 



^nù!^utr^^Tì!ì7uz7!^'^jTma?i^!T^^^^un^. 



Af^'/n.at' /^Hr <^<•.' <.fi\ j'./itir/'if/uz^. ^ó3 




j' j'j/m . Zi /itu ye/ùu-Mif 7 1'^ A /^' A¥^/'/'/i ""'>«•»•'/"'- «X/j^ij/-, ./.»«/» .V /<ff .» /; 



Mt'm. </• / Ac./i-j J'c. jyi,rrùc,/itjy,Jff. 




OBSERVATIONS 

SUR 

UN ZÈBRE MÉTIS, 

PAR LE CITOYEN GIORNA, 

AVEC DES DÉTAILS ANATOMIQUES DES CIT."' BUNIVA ET BhCCNOUK, 
LUES A LA sLiNCB CU l3 TUEKUIDOII AH II. 



L 



[A nature toujours agissante a produit des corps oi^ 
ganisds eu les auimant d'un esprit de vie, et par un 
principe vivifiant et fécondateur que nous observons par- 
tout sans le connaitre, elle élabore continuellement Ics 
germes de nouvelles exisfcnces, et non contente d'avoir 
produit d'cspèccs innombraljlcs, d'avoir fìxc Icur repro- 
diiclion continuelle et inaltérable, oUe raultiplie encore, 
par le croisement de ces nièmes espèces et quelquefois 
des genres, le nombre des individus en produisant dea 
espèces hibrides cu des monstres. 

Les métis, ces aberrations des espèces, 50nt très-fré- 
qnentes dans les petits animaux, cllcs le sont nioins 
parmi les grands. Leur somme, dit un Naturaliste, est on 
raisou dircctc du uouibrc des pclits que les animaux 

rpp 



454 OBSERTATIOKS SUR UN ZÈBRE METIS , 

produisent; aussi voit-on plusleurs variétés dans les in- 
scctes, moins daus les oiseaux et beaucoup moins encore 
daus les mammifères. Les monstres sont très-rares: j'ap- 
pelle ici monstre * le produit de l'accouplemeut de deux 
aniraaux de~ geures dif'férens ; tei serait le jiimar que 
des auteurs de méiite douuent à uos vallées , et prin- 
cipalemeut à celle de Pelis , que la tradition de ces 
pays parait coufirmer, mais qui a'existe pas actuellement, 
et les preuves autlientiques d'une existence passée nous 
manquent. 

On observe , il est vrai, des variétés nombreuses dang 
tous les animaux que l'homme a assujettis, et qui vivent 
en société avec lui; mais ces variétés ne sont produites 
que par la différence des climats, de la nourriture et 
de leducatioa; elles ne sont que des variétés et non des 
espèces liibrides : elles forment des races différentes issues 
d'une méme souche, qui toutes sont fécondès et se re- 
produisent constamment, au lieu que l'espèce hibride 
provieni de l'union de deux diverses espèces, et de- 
raeure constamment stèrile. 

Pour que l'union de deux animaux de différentes 
espèces soit feconde , il faut qu'il y ait un rapproche- 
ment de conformation dans leurs parties sexuelles, et 



* Je n'einploie pas ici le lemie mnnslre dans l'acceplion generale fles 
pliysiologisles et des anatomistes qui désignent par ce nom-des étres qui ont 
.plus ou moins de parties, ou bien les ont dans une posilion differente de 
ce que l'ordre nalurel exige. 



PAR LE ClTOYEN GIORNA. /|55 

un certaiu dcgré, dirai-je ainsi, d'affinild cntre la liqucui- 
seminale du male et le germe de la femelle , et ses coa- 
venances ne peuvcnt facilement se rcncontrcr que dans 
Ics cspèces qui se touchcnt, tclles que le cheval et lane, 
le bocuf et le cerf, le lièvre et le lapin. 

Or il est étonnant que l'homme toujours inventif, tou- 
jours curieux , instruit et encouragé sur-tout par les avan- 
tages quii tire du mulet , du bardeau , espèces hibrides 
que lui donnent le cheval et Tane , n ait pas tenie d'ob- 
tenir de nouveaux métis en unissant d'autres cspòccs 
voisines d'animaux utiles. On sait qu'on améliore Ics 
races issues d'une méme origine en les croisant : le croi- 
sement des espèces pourrait bien nous procurer des mu- 
lefs cncore plus utiles que les dcux espèces qui les pro- 
duiraient. 

Les difficultds, les peines, et Ics frais que causeraìent 
de semblablos expdricnces ou plutót la persuasion mal- 
fondée dans laquelle on est que de .tclles unions sont 
impossibles, ou tout au moins iufructucuscs, sont à mon 
avis les causes de notre insouciance à cet égard. 

Malgré que le crocoite fùt connu des anciens, la plus 
part des Naturalistes ont cru impossible l'union du ehien 
avec le loup. Le célèbre Bcffon en a tenté lui -méme 
inutilement plusieurs expériences. M." Spontin cependant 
y a réussi ; il eut des petits dune louve et d'un cliien 
braque qui fureut soignés; on accoupla de nouveau ces 
métis dès qu'ils furent parvcuus à l'àge convenable; on 
ea fit de mème des petits produits par cette nouvcllc 



456 OBSERVATIONS SUR UN ZÈBRE METIS, 

union et cette cxpérience poussée jusqu'à la I^.' ^énéra.- 
tiou avec succès, laisse les Naturalistes dans lembarras d^ 
prononcei-, si le loup et le chieu formcnt deux espèces 
diftérentes. * 

On juge de méme impossible le mélange des deux 
espèces le bocuf et le ceif, la conformité .cependant, 
et la resserablance de leurs parties tant extérieures qu'in- 
térieures nous persuadeut le conlraire, et un fait nous 
le prouve. Je tiens la relation du docteur Eustaclie Sar- 
TORELLi de Roveredo sur un monstre né au village de 
Tesero d'une vache couverte par un taureau et eusuite 
par un cerf. Ce monstre femelle a deux tètes, deux cous 
distincts, quatre pieds, deux queues, deux anus et deux 
vulves. La téle, le cou, la queue à droite et les deux 
jambes de derrière portent par leur forme , leur poil et 
leur grosseur tous les caractères du cerf, tout le reste 
est Gomme dans la vaclie. Le Docteur précité donne , 
dans sa relation, une description anatomique exacte de 
ce monstre quii possedè erapaillé. Ce monstre produit 
apparemment par l'accouplemeut du cerf, ne paraìt-il pas 
une preuve de fécondité dans l'union de ces deux espèces? 



* Le C.*^" Albi qui s'occupe depuis plus de 3o ans par spéculalion à se 
procurer et entrelenir toute sorte d'aiiiinaux rares,a fait couvrir sa chienne 
en clialeur par un loup qu'il avait dans sa ménagerie ; elle con^u et mit 
bas à son terme onze petils non inétis , mais vrais louvetaux. 

Le C.''" Manzouz se trouvant à Madrid en qualité de chargé d'affaires 
pour le Piémont, a été lémoin oculaire de 7 petils -nés d'une louve cou- 
verte par un màtin. C'est le clievalier D. Francois Chapin , qui a fait 
«oigneusemcDt cette exp.érience chcz liù. 



PAR LE CITOYEN GlOnNA. 4^7 

Or de quelle utilitc ne serait-il pas le mulet qui nailiait 
de raccouplcment de la biche avcc le tauicau ou du ccrf 
avec la vache? il uuirait à la force du laurcau l'agililé 
et la célérité du ccrf. - , 

Le zèbre, ce beau quadrupede, espèce moyenne entra 
le cheval et lane, a passe jusqu'à présent comme un ani- 
mai qui ne pcut s'unir à ces deux espèces voisiues. Le 
Pline mème de la France était de cet avis. « Le zèbre, 
» dit ce Naturaliste, n'est ni un cheval, ni un àne, il est 
» de son espèce, car nous n'avons pas appris qu'il se 
« mèle et produise avec l'un ou l'auti-e, quoique l'oa 
» ait souveut essayé de les rapprocher. « Ccpendant , au 
rapport du professeur Ailamakd, nous savons quc milord 
CuvE , ayaut amene du Gap de Bonne - Espérance UQ 
zèbre femellc, tenta, dès qu'il la vit en chalcur , de l'unir 
avec im àne; elle s'y refusa d'abord et ne voulut pas se lais- 
ser approchcr: milord Olive eut recours ;\ la ruse, il fit 
peindre son àne cu zèbre, et la zèbre alors trompée par 
les apparences , lui accorda ses faveurs; et il eu est né. à 
son tcms un petit tout semblable à la mère. Cctte expé- 
riencc dctruit, vous le voyez , citoyens Collègues, entière- 
ment l'idée d'infructuosité d'un semblable accouplement: 
la répugnance pourtant marquée par la zèbre de se laisser 
approchcr, et le stratagèmc qu'il falliit employer pour 
obtenir sa condesceudance , semblcrait appuycr cncore en 
quelque manière l'opinion du Naturaliste Francais; un fait 
plus récent arrivé sous nos yeux va dissiper uos doules 
et nous éclairer tout-ù-fait sur cet article. 



4^8 OBSERVATIONS SUR UN ZÈBRE METId , 

Le C/" Albi dont je vous ai pailé ci-dessus , par mi 
la belle et nombreusc coUectlon d'animaux qu'il a amenés 
ici au commencement de floréal dernier, avait doux jolis 
zèbres , màio et fenielle,^ agés le male de quatre aus et 
demi , el la femelle de six. Gelle-ci étant entrée eii cha- 
leur le 27 floréal au io, le C."" Albi chercha dea pro- 
fiter , et mit le male en liberté avec elle. Le zèbre , soit 
par trop de jeunesse ( il avait aloi-s trois ans et demi), soit 
par inexpérieiice , rodait autour d'elle sans donner aucuue 
marque de désirs ; trois Jours s'écoulèrent ioutilement. Le 
C.'" AiBi s'avisa alors d'y substituer un mie de poil noir 
marqué de feu , quii obtint d'un noble Hougrais ( il se 
troiivait alors à Presbourg ). Il l'enferma dans un euclos 
avec Ics deux zèbres. L'àue saillit pendant trois jours la 
zèbre saus rencontrer aucune difficulLé de sa part; le zèbre 
male , instruit apparerameut et excité par cet exemple , 
la saillit à son tour plusieurs fois jusqu'au 7 prairial que 
la cbaleur de la zèbre cessa , et elle deviut pleiue. Le 
moment douc de la conception se trouve compris dans 
l'iutervalle de sept jours , tems écoulé entro le premier 
accouplement de Tane et le dernier du zèbre , ce qui 
offre uà sujet de discussion physiologique fort intéressant. 

Cette bète mit bas, le i/(. prairial dernier, vers les dix 
heures du soir , le petit zébron ( métis selon toutes les 
apparences ) qui fait le sujet de ce Mémoire. 

Soit impéritie et maladresse du gardicn , soit un pur 
accidcnt malheureux , on a trouvé cet animai avec le 
Gordon umbilical arraché , et une lacératiou très-consi- 



PAR LE CITOYEN CIORNA. 4Fg 

^órable des infégumens et des muscles de l'abdomen , 
par laquelle une grande parfie des iuteslins se fit jour. 
Le C."" Albi qui le trouva dans cet ctat , s'est liattj de 
faire rcntrer les intestins , en tàchant de rassurer leur 
reposilion par le moyen d'une suture faite tant bieu que 
mal. Averti de cet accident, je me rendis à la ménnge- 
rié' avec le coUègue D/ Buniva ; mais ce fut trop tard , 
ces soins ne purent cmpécher la mort de cet animai : iì 
n'eut que i5 heures de vie. 

Jngcaut tous les deiix que ce sujet était trop infcressant 
pour qu'ou le négligcat, je me suis empressé de l'acheter 
et de le faire emportcr. Nous avons d'abord procède à 
l'examen des parties interncs , et nous y avons observc 
que la lacération de l'abdomen s'étendait da nombril vers 
sa partie antérieure par la longueur de 55 millimètrcs : 
deux points de foureur formaient la suture dout nous 
avons parie plus liaut ; les points de cette suture traver- 
saiént aussi une portiou considérable du péritoine , qui 
se montrait entre les lèvres de la plaie. L'ouverture de 
l'abdomen nous fit voir une forte lacération du pi'ritoine, 
la moitié environ des intestins gangrénés , ainsi qu'uue 
portion de Testomac contcuant environ i54giammcs d'ime 
substance liquide mclée de bile ; quclques porfions de 
foin et de paille pelotonnées entre les boyaux et le me- 
sentère ; les grands vaisseaux umbilicaux décbirés et gan- 
grénés, ainsi que la vcssie et l'uraque. Nous avons re- 
marqué ime échancrure tròs- profonde au bovd inféi-iour 
du foie , le thyraus était long 168 millimètres et large 



/}6o OBSERVATIONS SUR VN ZÈBRE MliTIS , 

3i , plat et ayaut ses deux extrémitó coniques : on y 
remarqnait deux glandcs séparées par une cloisou mem- 
Lrancuse , dont la supéiieui-e était plus petite que l'iufé- 
ricure ; nous n'y avoas réellement vu qu'un seul corps 
caverucux. Quant aux testicules , aux mamrnelles , à la 
rate , au diaphragme , au coeur , aux poumons , etc. nous 
avons remarqué qua tout était conforme à la descriptioa 
douncc par Daubenton. 

Gomme le cri du zèbre n'est ni le braire de Tane , ni 
riicunissement du chpval , mais plutót un cri approchant 
de cclui de Taigle; sachant quii y a des modifications de 
quelqucs partics du larynx dans les liibrides résultant de 
raccouplcmcnt de Vane avec la jument et viceversa ; la 
dcsciiption d'aillcurs du larynx du zebre donuc^c par 
Daubenton <'faflt incompiette , sur l'idée dliibridisme 
qu'on suppose à cet animai en question , nous avons cru 
tous Ics deux qu'il était important d'examiner attentive- 
ttent cet organe , et nous avons associé à nos soins le 
collcguc Brugnone, professeur de vétérinaire , en lui en- 
voyant cet organe et le priant de nous faire son rapport 
là-dessus , rapport que nous avons recu dans une obli- 
gcante lettre que voici : 

Du palais du Valentin, ce 16 praiiìal an li, 
( 5 mai i8o3 V. s. ) 

J'ai cVsséqud et examiné , Ciloyens Collcgiies>, avec 
toule Ifxactllitde possìble le laiynx du jcune zèbre que 
vous avpz Oli la coinplaisance de vienvoyer. Je le trnuve 
Irùs-ressemblant en iout le reste à celai du cheval , de 



PAR LE CrroYEN GIORNA. /f^r 

Tane et da rnuìet , avec celle seide dìfférence (/uè les 
deux ventiirules soni heaucoup plus larges et plus prò- 
Jhrids c/ue dans le cheval et dans le vraì mulet , Jils de 
rane et de la fument , mais cpiel(/ue chose de moins 
que dans Vane et dans le hardot. 

Les deux autres poches situées une de char/ue cóle 
au-dessus de l'entrée des ventricules , et dont l'ouver- 
ture est parfaìtement laonde , ne sont pas à beaucoup 
près aussi profondes que les ventricules , mais ellcs 
s'étendent en largeur de chaque cóle ; ces poches se 
trouvent également dans le chetai , dans le mulet et 
dans lane ; dans les deux premiers elles soiìt plus 
petites que dans le zèbre. 

\A Fégard de la troisième poche qui a e'te' nommée 
par Hèrissant /e tambour, que l'on trouve en effet dans 
lane assez profonde et moins dans le hardot , et qui 
manque enlicrement dans le cheval et dans le mulet , 
elle existe également dans le zèbre , mais Irès-peu prò- 
fonde. Elle se trouve au-dessus de textrémilé anté- 
rieure de la glotte et au-dessous de la racine de l'cpi- 
glotte ; on laper^oit , méme avant la disseclion, , par 
un Irou rond silué à la face interne de la parile 
moyenne du carlilage thyroide , immédiatement au-des- 
sous de son bord supérieur. La circonference de ce 
Irou est falle par la jnembrane interne propre du la- 
rynx ; en y inlroduisant un slylet , on péni^tre dans 
une poche , dont le fon d se trouve à la face interne 
du méme carlilage qui est cave ; celle poche s'étend 

Qqq 



4^2 OBSÉRVATIONS SUR UN ZEBRE MÉTIS, 

de cJiaque coté en largeur , mais peu en profondeur. 
Je vous renvoie la pièce préparée , dans laqucUe il 
vous sera aisé de voir et d'examiner les parlies que 
je vous indique. 

Jai Ihonneur de vous saluer avec respect et amilié , 

Jean Brugnone. 

Quant aux parties extcrieures, ce zébron a l'iris de 
couleur cendrée , entrecoupce de rayons concentriques 
obscurs: son pélage est daus le foud d'une couleur fauve- 
chutaia,plus obscure sur la lete et le dos, et qui va en 
s'éclaircissant vers le ventre, et sur les cuisses en déhors; 
celles-ci sont blauches en dedans. 

La crinière setend depuis la nuque jusqu'à la queue: 
elle est mélangée et rayée jusqu'au garrot de poils gris 
et noirs, et entièrement noire sur tout le reste du dos. 

Une ligne noire formée par de longs poils s'étend aussi 
sous le ventre depuis la poitrine au fourreau. Les oreilles 
sont en dedans tapissées de poils gris , contouruées d'un 
bord de poils noirs et terminées par une tache noire au 
bout. Une grande tache noire les termine aussi à l'exté- 
rieur, au-dessous de laquelle le poil est fauve rayé de noir. 

Des rayes très-fines, grisàtres et parallèles tapissent le 
chanfrein; elles deviennent noires au-dessus des yeux et 
convergentes vers le front, oti s'élève une touffe de poils 
plus longs et chàtains. Quantité de pelites rayes noires 
couvrent obliquement la ganache, en partant de l'angle 
extérieur de l'oeil, et se dirigeant la plus grande partie 



PAH LB CITOYEN GIORNA. 463 

en dessous, et partie vers le clianfrein. Les rayes qui 
cciguent le cou et le corps sont fort (ftroitcs et cn grand 
nombie. La bande qni partant du garrot descend sur 
l'épaule , est quatre fbis plus laige que les autrcs; elle 
coinmence seule et se partage cn trois sur l'épaule. Au 
commencement du bras on y ohservc dcux ti'iangles, l'un 
dans l'autre forme par dcs lignes noircs parallèles, avec 
une tacile triangulaire dans cclui qui est en dedans. 
La croupe est couverte de plusicurs rayes parallèles con- 
fusément uuancées avec le foud. Sur les jambes, tant de 
devant que de derrière , les bandes noires sont entière- 
ment semblables pour la forme et pour la quantité à 
celles du zèbre; il n'en est pas de méme sur les cuisses, 
où elles sont en plus grand nombre dans notre individu. 

Voilj^ , citoyens Collègues , tous les caraclcres que nous 
avons observés dans cet animai, il nous reste à décider 
maintenant h quel des dcux màles il doit son origine. 

La différence totale d'abord de la couleur fondamen- 
tale de son pelage, ne pourrait pas étre une preuve 
ccrtaine pour conclure quo notre zébron vient de Tane, 
puisque nous ne tcnons d'aucun autéur la descriptioa 
du zèbre nouvellcment né; il se pourrait qu'elle fùt sa 
couleur naturelle à cctte epoque , et que l'animai changeàt 
de manteau avec làge ; le marcassin , le faon ont une 
livrèe à leur naissance tonte differente de celle du san- 
glier et du cerf. L'expérience cependant de milord Clive 
parait dissiper ce doute. Si le petit né de la zèbre et 
de lane avait eu une différeace si niarquée dans la cou- 



4^4 OBSERVATIONS SOR UN ZÈBRE METIS, 

leur de son manteau. Le professeur Allamand l'aurait 
fait observer et n'aurait pas dit qu'il était tout sernblable 
à la mère. Or s'il est né sernblable à la mère, étant en- 
gcndré par un àue qui u'avait que le masque de zèbre, 
il parait à plus forte raisou que ces animaux doivent 
uaìtre tels, quand leur origine est pure. 

La crinière qui s'étend le long du dos jusqu'à la queue, 
n'en est pas une plus sùre: elle est un caractère propre 
aux ànons , il est vrai, et ils la perdent cn devenant a- 
dultes; mais qui ùous assure que cela n'arrive pas de 
méme dans Ics zèbres? 

Les preuves les plus évideutes de son origine bàtarde, 
sont à mon avis, 

i.° La différence très-marquée qu'on observe dans la 
couleur et dans les rayes , tant pour la forme que pour 
la quanlité, comme on peut voir par le tableau coropa- 
ratif joint ici-bas. 

2° La touffe de longs poils qu'il porte sur le front 
comme les ànes. 

3.° Son cou faconné comme celui des ànes, et qui n'a pas 
la peau làche et pendante au gosier comme ont les zèbres. 

4° L'inertie, l'insouciance du zèbre male dans les pre- 
miers jours qu'il a étó mis avec la femelle en chaleur, 
qui est à mon avis un fort appui aux preuves précédenles. 
Il était trop jeune, il n'avait point encore acquis cette 
force productrice, qui porte les deux sexes l'un vers l'autre, 
il ne donnait point de marque de désir, parce qu'il n'avait 
pas de stimulans, il ne sentait pas eacore la voix impé- 



PAR LE CITOYEN GIORNA. ^65 

ricuse de la naturo, il n'était poiut en état d'cogcndrer. 
Si, excité par l'excniple de lane, il l'a couvcrfe cnsuite, 
il est à presumer quc ces coups d'essai ont été iufructueux. 

Malgré dono quii nous manque la descriptiou exacte 
d'un zèbre nouveau-né, comme un terme de coinparaison 
pour asseoir notre jugement, il paraìt que, d'après toufes 
ces considérations, on peut conclure que cet animai doit 
8on existence à l'àne et point au zèbre; le male, diseut 
les Naturalistes, contribue davanfage que la femelle aux 
caractères extcrieurs; dans cet individu la couleur sombre 
domine en general et la noire particulièrement y est plus 
abondante que dans les vrais zèbres; or l'àne qui a cou- 
vert la zèbre était noir; Forster dous dit quii y a aix 
Gap de Bonue-Espérance des zèbres , dont on se sert pour 
atelage et les ouvrages de campagne; par la descriptioa 
quii en donne, ils diffèrent des vrais zèbres par le pe- 
lage , cette diffcrence et l'état de doraesticité si contraire 
au naturel mutin et revéche du zèbre , fait soup^onner 
que ce ne sont qu'une variété produite par le mélange 
du zèbre avec l'àne ou le cheval. Forster ne nous a 
point instruit , si ces zèbres sont féconds ou non , ce qui 
aurait résolu la question. Qui sait si les liabitans du Gap 
plus industrieux ne se procurent pas ces métis, parce 
qu'ils sont plus doux et plus traitables que le aèbrc ? 

Si la cliose n'est pas, on voit au moins quii est pos- 
sible, et qu'on pourrait tirer un grand parti d'un animai 
qui joindrait à l'élégance, à la beauté de son manteau, 
la force du mulet et la vitesse du cheval. 



4^6 OBSERYATIONS SUR UN ZÈBRE METIS, 

TABLEAU 

De coniparaison dans la couleur , forme et arrangement 
de rayes entre le vrai zèbre et le zébron mélis. 



I . Couleur fonda- vrai zèbre. 
mentale du man- 
teau Blanc dans lafemelle, hlanc , 

jaiinàLre dans le male , . . . I 



ZÉBRON MÉTIS. 



Chàtain obscur dans 
les parlies supi^ripiirps 
citi corps , plus riaii' 
dans les inférieures. 



2. Sur le front. . Des rayes noìres parallèles , l 

quìjbrment une espèce dova- \ Une louffe de longs 



le au nomhre de six de cha- 
gue coté 



poils chàtains. 



3.Sur le chanfi'Cin.ies mémes rayes descendant j II nVn a que neuf et 

,,.,,. f grisatres. Le miiseau 

reduites a dice, et VOnt se per- '^ est maiTon, uoiràtre 

vers les lèvres aveo 



dre dans la couleur noire du 



museau . 



des ladies irrégulicres 
blancbes. 



4. Sur les oreilles.^//e5 sont en dedans entière- ì Re polis giis iiser^es 

_ _ ^ de noir, et finissant par 

ment tapissées de polis blanCS. J une làche noire aubout. 



Elles ont en de'hors le hout 
hlanc, ensuite une large ban- I ^^ ^^^^ ^^;^ ,^ ^^^,^ 
de noire , puìs le reste blanc r chàtain layé de uoir. 
rayé de noir 



rXR LE CITOTEN GIORKA. 



467 



VRAI ZÈBRE. 



ZEBRON METIS. 



5. Sur la ganachc . Sept rayes parallèles ohliques . . . Treize. 



6. Sur le cou . . . Kn complant de la bande prìn- i 
cipale qui descend du garrol \ _ 
sur Vépauìe jusquà toreille , l 
onze rayes très-larges ] 



fori étroitef. 



7. Sur lepaule . . La grande raye commence 

doublé en partane du earrot, / „. , 

' _ '-' f aimple en partant du 

puìs elle devient COnJluente , l garrol , et se partale 

, ,, . - . ( ensuite en Irois. 

et su subdivise enjin en trois 



sur tépaule. 



8. Sur le bras ..Ony observe un trìangle /or- -j q„ ^^ ^^.^ j,„^ j.„, 
me par trois lienes noires , '^.^'J' 'X"""*" . «y^c une 

' -^ . taclietriaapiilairenoire 

lOUt blanc au milieu J au milieu de liulérieur. 



g. Sur les cùlcs.. Des bandes noi ree parallèles \ 

7 o ? I ^"'"^ parlpnt siinpte» 

au nombre de lO,en les COmp- 1 de la ligne dorsale au 

, , 7 j 7- 7 I nouibre de i3, se di- 

tant le long de la tigne dor- F ramcnt ve.s le venire 

7 • '_7 • . . « ( en plusleiirs branches, 

sale, qui ne se reduisenl qu a ^J, „„ ^„ ^^ ,^ 

I I Vers le venire par la con- \ bien marqu^ies ; fes au- 
' I Irrs se perdenl claus la 

Jluence de plusieurs J couleur du foud. 



'468 



OBSERVATIONS SUR UN ZÈBRE METIS, 



VRAI ZEBRE, 



ZEBRON METIS. 



1 o. Sur la croupe . On volt un triangle isoscele 
qui a sa base sur les Jlancs, 
et shmit par son sommet à 
la queue, il est partagé en 
deux par la ligne dorsale , 
et traverse de chaque coté par 
des llgnes parallèles et sy- 
mélrìques 



Point de IriflDgle , od 
n'y remaique que des 
petiles layes parallèles 
confuséinent nuancées 
avec le fond. 



1 1. Sur les cuisses. On compte 7 handes neltes ì On en eompte i5dan» 

, , . - . Me ménie espace en zic- 

transversales depuis le trian^ \ zac , qui se subdivi- 
, 7 l seiilirréculièrementeD 

gle au COude J d'aulresr 



12. Surla queue.. On j' remarque la couleur ì 



Uanche et noire alternéedans > [;« -"JXml. 



loute sa longueur 



\ 



couleiiT est noirà- 



PAR LE CITOYEN GIORNA. /|6g 

DIMENSIONS DU ZÈBRE MÉTIS. 



MÉTUES. PIEDS DE PARIS. 



Longucui- (lu corps dcpuis le bout du 

. museali aii bout de la queue i. 2C)5. 3. 1 1. 10.7 

Du bout du luuscau au haut de la téte. o. 2gg. o. 1 1. 0.» 

Longueur des oreilles o. 214. o. 7. 10.^ 

Hauteur prise à l'endroit des jambcs 

de devant o. 802. 2, 5. 7.7 

Hauteur piise à l'endroit des jambes 

de dcrricre o. 8/|5. a. 7. 2.J 

Distance entra l'anglie antérieur de l'ocil 

et le bout des lèvres o. 181. o. 6. 8.^ 

Distance eutre l'angle postérieur de l'oeil 

et l'oreille o. 071. o. 2. 7.J 

Longueur de l'oeil d'un angle à l'autre. o. o32. o. i. 2.J 

Ouverture de l'oeil o. 021. o. o. g.j 

Distance entra les angles antérieurs des 

yeux, mesurée en lignc A-oite o. ogc). o. 3. 7. j 

La méme distance en suivaut la cour- 

bure du clianfrein o. i io. o. 4- '^■^i 

Circonférence de la téte prise au de- 
vant des oreilles o. 492. i. 6". 2. 

Distance entra les oreilles o. 067. o. 2. i.j 

Circonférence de la base des oreilles 

en suivant la courbure extéricure . . o. 171. o. 6. 5.j 

Longueur du con o. 228. o. 8. 5. 

R r r 



470 OBSERVATIONS SUR UN ZÈBRE MÉTIS , 

MÈTRES. PIEDS DE PARIS, 

Circonférence du cou pris de la téte-. o. 355. i. i. o.~ 

La métue près des épaules 0.438. i. 4* ^-r 

Circonférence du corps prise derrière 

les jambes de devant o. 606. i. io. 4-7 

Circonférence du corps devant les jam- 
bes de derrière o. 585. i. g. 7.^ 

Longueur du bras depuis le coude jus- 

qu'au genou o. 266. o. g. 5 7 

Longueur du genou o. 064- o. 2. 4t 

Longueur du canon o. i85. o. 6. io. 

Longueur du paturon o. 128. o, 4- 8.j 

Longueur du tronchon de la queue. . o. 2gg. o. 11. o-ì 



SUR 

LA DÉTERMINATION 

DES VITESSES DE L'EAU 

FAR LA GRANDEUR DES JETS, 

PAR LE CITOYEN IGNACE MICHELOTTL 



J^ A loi des vitesses relatives ea raison sous-doublde des 
hauteui-s des rffluentes des vases , est uu point aujour- 
d'hiii déjà démoutré par rexpérience , ea f'aisant abstrac- 
tion de quelques anomalies quo Ton ne peut cousidt'rer 
daus la pratique , et qui ne peiivent iutdresser que la pure 
théorie. Ces sortes d'expéiicnccs trcs - ladies à exccuter 
oDt été faites en grand uombre en divers endroits. On 
n'a pas fait de mérae des vitesses absolues , car Icur dé- 
termiualion dépend de la section de la veiue h la plus 
grande coutraction. 

A cet objet , Newton , Dan. Bernoulli , Poleni et plu- 
sieurs autres ont cherché à la coQDaìtre ; mais leurs ob- 
servations faites trop en petit ne pouvaient pas réussir 
cxactes dans une matière si difficile. En effet les mesure» 



472 SUR LA DÉTERMINATION HÌS VlTESSES DE l'eAU, 

presqiie contemporaines de BossuT et de Francois^Do- 
minique Michelotti , comme aussi les postéiieures de 
mon frère , insérées dans la seconde partie du premier 
volume des actes de l'Académic des sciences pour les aa- 
nées 1784-85 , prouvent suffisamment que les aires des 
veiues, au sortii- des vases par des oiiGces pratiqués dans 
de minces parois , répondent fort près aux vitesses ab- 
soliies d'un grave qu'on laisserait tomber de la surface 
de i'eau ; je dis à fort près, quoique les différences qu'oa 
trouve entre les veines mesurées et calculées par les dé- 
penses avec 1 eclielle parabolique des graves qui tombcnt 
librement , soient dues en partie à la difficulté de me- 
surer exactement le diamètre des veines : ces difficultds 
cousistent pi-incipalement en ce que l'on ne peut fixer 
avec toute la précision le lieu où la veine a la plus gran- 
de contraction , puisqu'elle se trouve à l'extrémité de la 
courbure convergente de la veine. De plus, cu doit tenir 
les pointes du compas à quelque distance de la surface 
du jet , afin que le tremblement de la veine , quoique 
fort petit , et celui de la ma in qui tient le compas , ne 
fasseut heurter ces pointes dans la veine; et puisque la 
veine , après sa plus grande contraction, se dilate de 
nouvcau,au moius cn apparence , il s'ensuit que, si loa 
uè saisit pas précisément le susdit lieu , on aura lou- 
jours des diamètres plus grands. 

Suivant BossuT , Taire donnée par la mesure est les 
deux tiers de celle de l'orifice , et l'aire dounée par 
le calcul, en est les v? ce qui produit dans l'évaluation 



PAR LE CITOYEN IGNACE MICHELOTTI. '473 

de l'aire la différcnce d'un seizième , et à-peu-près de 
■37 sur la valeur du diamètre. 

Qiie ces différeuces soient dues pn'ncipalement h. la 
dilliculté des mesures, ou le connaìt aisément de sa gran- 
deur combinée avec, la délicalesse des observations , et 
ea faisant attention que les deux deruiers obsei-vateurs 
s'étant servis d'un instrument fìxe et ne pas sujet au trem- 
blement de la main , ont obtenu une approximation beau- 
coup plus grande que le premier. 

En effet , ces expériences de mon pere, page gì du 
premier volume , donnent : 

Didinèires mcsur<.-s. Diamètrei calcul^s. Diffi'rence?. 

Expérience 46.' 29. 28. -J o. 8. 

104/ ig. 18. I o. 2. 

iSo.' g, i g. i o. I. 

Celles de mon frère rapportées h la page 72 de la 
deuzième partie des actes de l'Académie des sciences de 
Turin, pour les anuées 1784-85, donnent: 

Diamòires mesurtfs. Diamèlrrs calcules. Diflcrences. 

Expérience i." 56\85. 66,68496. 0,16504. 

4.*' 56,766. 56,64072. 0,11628. 

5.' 28,285. 28,28680. 0,0992. 

6.' 28,185. 28,16484. 0,02016. 

7.' 27,185. 27,82092. 

Si l'on excepte la 1.'" de ces observations, trop éloignce 
des six suivantes , et la 7.* douleuse, parce que le diamè- 
tre mesuré est plus grand que le diamètre calculé, on ob- 
tieut le rapport de la différencc raoyenne =o,oo35254g; 



^74 *U^ ^^ DÉTEnsiINATION DES VITESSES DE l'eAU, 

Ayant égard aii5« causes susdiles sur la dilatatiou des diamè' 
tres inesiuvs, on uè peut désirer une plus grande exacti- 
tudé daiis les résultats ,^ et eu couséqucuce on peut consi- 
derar dans la pratique la vitesse de l'eau qui sort d'uà 
vase par un orifice pratique dàns un mince "paroi , corame 
égale à celle d'un grave qui tombe librement de la sur- 
face de l'cau dans le vase. 

On pourrait encore approcher les résultatts de ces expé- 
riences, eu faisaut attention que les plus grandes diffé- 
rences répondent aux plus graudes veines : de-là s'ensuit 
que les aires étant rigoureuseinent calculces , c'est-à-dire , 
en considéraut la vitesse moyeuue vraie, au lieu de celle 
qui répond au centre de l'orifice, les diamètres calculés 
croitrout quelque peu dans les décimales suivantes à la pre- 
mière, et l'accroissenient de? plus grands diamètres sera à 
proportiou plus grand que celui des autres, et on aurait 
ainsi une plus forte approxiniatiou : cette approximation 
pourrait étre poussée plus loin , cn observaut que daus 
nos expériences les hauteurs au-dessus de l'orifice sont 
très-grandes et que le seul cxcès de hauteur daus l'atmos- 
phère de 22 pieds , doit produire sur le baromètre à- 
peu-près un quart de liguc de hauteur sur le mercure : 
eu réduisant la pesanteur spécifique du mercure à celle 
de l'eau , on trouve cet cxcès à-peu-près d'un liers de 
pouce , hauteur qui doit étre soustraife de celles au- 
dessus de l'orifice : quanfitd que l'on ne doit pas negliger 
relalivemcut aux diiférences en question. 

Cette considération peut entree cn partie dans l'expli- 



PAR LE CITOYEN IGNACE MICHELOTTI. •";-• ^j5 
catìon de ce quh de plus graudes hautcurs rt^pondcut 
de plus graudes eouiractions , ce qui a élé reconuu 
par BossuT, auisi bica que par mon frcre daus le mé- 
moire citd. 

La première approximation suflit à mon objet et je 
me contenterai d'iudiquer la lable , qui est iusérée à la 
pag. 77 du mémoire susdit. 

On peut aussi se servir de la grandeur des jets pour 
la détermination des vìlesses absolues, au moins dans le 
cas des oiifices verticaux. Jusquici, que je sache, ou n'a 
pas fait usage de celle mélhode, parco qu'on doulaifc 
peut-ètre que la courbure des jels n'était pas assez connue, 

Avant les cxpérienres de BossuT et de mou pere l'on 
ne connaissait que celies faites dans les cabinets de pby- 
sique , qui dounent des approximations trop grossières 
pour déterminer les vitesses initiales de projection. 

Les expériences sur ces jets des veines en parois niinces 
sont les suivautes: ( Bossut id. , pag. no, n." 585 et 
du 1787 ) 

Grandeur mesurée. Grandeur calrulce. Diffe'rences. 

98,666. 99,5 188. 0,8522. 

278. 280,028. 2,028. 

147,26. 149,2984. 2,0484. 

3i2. 515,848. 5,848. 

23 1. 254,998. 5,998. 

Les grandeurs de la /^.* colonne ont été calculécs sui- 
▼ant la tln''orie des projectiles : ayant pour cela cherclié 
i m'approcher , autant qu'on le pouvait , à la trajection 



Hauteufb 


Abscine. 


Po u ces 48. 


5 1,5833, 


M. 84,5. 


232. 


B. 108. 


5 1,6835. 


M. 145. 


172. 


M. 265,5. 


52. 



'47S SUR LA DÉTERMtNATION DES vÌTESSES DE L'eAU, 

particulière de ce cas. Après plusieurs essais que j'ai faft 
pour résoudre la questiou a priori, jc me suis ariete à 
considérer que la valeur des résistances doit étre fonc- 
tioa de l'espace parcouru dans l'air par le jet , et de sa 
differente densité diffdremmeut raodifice suivant une plus 
grande vìtesse de projection , qui est ellc-méme fonction 
de la charge d'eau au-dessus de l'oriflce et de l'abscisse. 
Guide par ces considéi'ations, j'ai vu qu'à beaucoup près 
on satisfait aux observations de ces cinq trajections avec 
la formule 

y = Q.Va X — e l Vx^+a x +a log. f "^ ^ ^^" ) "^ 
a — X — -^-= — )( o,oi35736" J 

2Vax — xj\ J 

Par le moyen de cette formule on trouve : 

Grandeurs corrigées. Grandeurs mesurccs. Difl'érences. 

98,5225. 98,666. —0,3435. 
277,851. 278,000. 0^1490. 

147,13576. i47,25o. — 0,11424. 

312,16634. 3i2,ooo. ■*■ 0,16634. 

261,28273. 23i,ooo. -+-0,28273. 

Pour diminuer ces différences, je joins au 2.'' membre 

trouvé le premier de la formule / .— , = D , ou 

au lieu des quantités f g h indéterminées l'on substitua 
ses valeurs tirées de l'application de la formule à diflé- 
rentes valeurs de a , de a; , de D et de celles qui leur 
répondent. A cet effet, j'ai considéré D daas Ics expé- 



PAR LE CirOYEN ICNACE MICHELOTTI. /jyy 

riences i." , 5.* et ^.' , et j'ai déduit g = 2?}26G,'jZ.: , 
^=10,747591 , /t = i8c)35,83 ; si l'oD fait i,85 = ò , 
o,oi33736 = e, on a la formule 

y = 2 v^a cT — <? v'.t'-i- ax — e a log/ ^^*^r^+j;_ j ^ 

2^fc/ — r^v^/i.r — ra.-r (/'J- 1 )+r.v ' af^ax-i-ìif-a 
2v/'..'.t — X ii^iij.+h 

Pour avoir cette corrcctioQ je me suis servi de la mc- 
thode enoncée dans un de mes discours publiés ea 1788, 
qui a pour titro: Oralio de udlilate , ac nielhodo invesd- 
gandi causas pJioenomenorum , qui se rcduit à cheiclier a 
priori une lei qui, de quelque manière, s'approche aux 
résultats des expéi-iences, et ensuite à chercher une loi ap- 
prochée aux difTcrences qu'on pourrait renconlrer entie lei 
résuUats de la première, et les observatious, et ainsi de 
suite : cctte méthode, quoique plus lalxjrieuse que plusicurs 
autres mdlhodes d'iulcrpolatiou , ndanmoins, selon moi , 
elle a l'avantage de se rapporter directement aux donuécs 
de la question, quoique cellcs-ci ne soicnt pas assez 
connues; elle converge plus rapidcraent vers les vraies 
lois de la nature , et par conséqueut elle doit donner à 
l'équalion une forme peu éloignée de ces mémes lois. 
Aiusi il ne serait point difficile de prouver que dans 
ma formule il y cntre l'espace, que le jet parcourt dans 
l'air, sa diirérente deusité , eie, quanlitds qui toutes doivent 
entrcT dans la solution rigoureuse du problème. 

Quant à l'usage , puisque il ne s agit pas d'interpoler 
■des quantités, mais des équations, savoir, de trouver 

sss 



478 Sl'R LA DÉTERMINÀTION DFS VITESSES DE LEAU, 

une éqiiafion géuérale , qui sati'^f.isse à fous les cas par* 
ticuliiTs: le parfait accord dans les valours pai tioulirres 
connues ne pent ciré avanlageux à cause des eneurs 
iuévilables, soit des observatious desqnelles ou dcduit la 
formule , soit de cellcs auxquelles on veut l'appliquer, 
comme ou le verrà mieux dans la suite. 

J'ai observé plusieurs fois, qne le jet par un orifice 
vertical et circulaiie uè se uiaiutient tout entier jusqu'à 
la fin , mais il se rompt et se compose presque dans la 
manière reprt^senti^e dans la figure, savoir: la partie su- 
périeure de la veiue se rapproclie à l'iuférieure cu se 
dilatant toujours perpcndiculaireinent à la direction du 
mouvcment, celle dilalation f'ait que la trajectoire de 
fh;ique filet est une courbe à doublé courbure, qui a 
pour projectiou perpendiculaire ;\ la direction de la sortie 
la courbe produite par la dilalation de la veine, et poup 
l'autre la trajectoire décrite par la combiuaison du mou- 
vement de projeclion avec la pesauteur et la résistance 
de l'air, comme A BD. 

La partie infcrieure de la veine, et qui a plus de 
vìtesse, continue son mouvement dans la courbe B t) : 
cette observation que j'ai faile plusieurs fois principale- 
meni lorsque des corps éthérogènes, comme par exemple 
des feuilles sorlaient de divcrs poiuts de l'orifice, m'a 
indiqué une difficulté toute nouvelle, et que l'on n'a 
jjas encore rèsola, qui se rencontre dans la mcsuic pra- 
tique de la grandeur des jets: cai-, comme il est évideut, 
la moilic du jet mesuré ià l'endroit du choc, doit loniber 



PAR LE CITOYEN IGNACE MICIlEt.OTTl. 479 

à uue distance plus petite que colle qui rOcllcmcnt est 
due à la vitesse de la vcinc ; cettc difllcullé s'évaiiouit 
prcEqu'cntiì.TPment , lorsqiie le jet a une fiòs - grande vì- 
tosse et un pelit espacc à parcourir: car dans ce cas Ica 
différcuccs entie Ics vitcsscs en A et en E sont moiodrcs, 
et en conséqueuce les grandcurs mesurécs ne s'éloignent 
pas tant des vraies, commc lorsqu'ou a une moindrc vì- 
gesse et un plus grand espace. 

Soit a la haufcur, c'cst-A-dire , la charge de l'cau au- 
dessLis dn point A et soit 6 = AE: si l'on sujipose que 
Ics dcux liajectoircs GBC , EBD soicnt paiaJjoliques, l'or- 
donnco QB qui répoud ù Icur intcrscction au point B, aura 
pour abscisse la partie EQ = a dounée par Tcqualion 
(a+b) x=a (cc-i-b). 

De-là on comprend aisément que la dilatation de la 
veiuc a licu à son commencemcnt, et que dans le point 
B elle est à son maximum: au-deh\ de ce point celle 
portion de veine se divise en deux parties corame oa 
l'a dt^jà annoncé. 

Mais ces obsprvations peuvent s'appliquer uniquement 
au cas des oriflces ciiculaires, car dans Ics autres a lieu 
le renverscment de la figure dans la seclion du jet, corame 
BossuT et mon Pére l'ont observé sur les orifices carrés , 
mon frère sur les élliptiqnes et triangulaires, et dernière- 
ment Venturi slu- d'autres figuies : et cela parce que 
la partie supcricure du jet dans le rcnversement recolt un 
mouvemcnt par les autres filets du jet , et il s'eusuit qùe 
le filet cential conserve asse/, constamment sa position 
au milieu du jet. 



4*50 SUR LA DÉTERMINATIÒN DFS VÌTESSES DE l'eAU, 

11 s'ensuit donc , i.° que la plus grande dilférence dans 
la niesure dcs jets par des orifices circulaires doit se tiou- 
ver dans le cas de la plus grande abscisse : 2.° quc les 
observateurs ayant déterminé la grandeur du jet en coa- 
sidcrant la centrale effective , les grand eurs mesurées 
doivent réussir plus petitos que ks vraies, lorsque la charge' 
d'eau est tiès-petite par rapport à l'abscisse: en effet 
en appliquant notre formule de correction aux trois cas 
d'abscisse presque égales on a y==o,7475gi, ^=23266,732, 
/{=i8£)35,83, et les seeondes diflérences données par l'ob- 
servation sont, i."o, 2."" -0,140368, 3," o, 4,* -+-0,0250877, 
6/ o. 

Cela pose, ou aura sur la théoi'ie des jets une nié- 
thode nouvelle dans la pratique, pour déterminer les vì- 
tesses absolucs dans les différcns cas pour lesquels on n'a 
pas cncore une mcthode sùre; car, dans notre cas, l'ap- 
proximation est aussi grande qu'ou peut le souhailer , 
Gomme on la déjiì vu. 

Je reprends la formule y=2Vax-{-e( Vx'+ax-log.f — ^ j 

2r\/'ix(a — aO — enx{h+\)+ex^ af^ax+hf- — s 

•i •*- ; ; — : le commence 

Q.'^ax — X ayax+n 

\/xW{^+"^ 



à réduire l'expression log, l — j = log. 



Va 



= log. \ — -H \( — +1 j = log. /— ( n-/i-*-— ir pour 

ordonner la serie qui résulte du développement de cette 
cxpressiou , suivant les puissanccs positives de x. Je fais 



PAR LE CITOYEN IGNACE MICHELOTTI. 48 1 

— = « , et l'on a log. ( 1 +}/7Tu j log. u : soit / = log. 

f 1 + v' ;< 1 : par le Ihdoròme de Taylor je clierche la 

valour de log. f i -*- v' « j lorsque u se changc cu u+ij 

paifaut , joblicns : 

df I (/*f — 6 — 44v/.v— f)6//— G4VM 

</u i^u(i-i^i/) ì.'ò^du* 2.'ò. + ìG.ì,i'^n^uy 



rf'' 3+f ^'H 8« 

Daas chaque fraction je divise le numdrateur et le de- 

nominateur par uT" : si l'exposant de l'ordre de la diffé- 
rcnt ielle de t soit n : supposons 






SU 1 -*-.v « 1 4. , . . ru ' +nu - -t-pu - , _ „ "— y~, _ 
■ ' '- -sAu^ +Bu » +Cu ■'■ +etc. 

Ea multipliant par f '+-7- ) , la sdrie proposée se chaoge en 

-11 -in-i -7"-2 .ZÌI 3 

A ^^'~^+B»~^-♦-C«~^-»-Da~^~ -+- etc. 

A aT"+Bu'^+C«~^-t- efc, [ 



H- A +B 

2 l 

Tl.n-\.r-Z ( 


-*- efc. 
•4- efc. 

Ttt 


} 


..3 i ^^ 



4.82 SVR I.A DÉTEBMINATION DES vÌTESSES DE l'eAU, 

Eli faisant abstraction dii coefflcient numérique , Je 

tiouve A=s , h = s — u s . Li = 5 — u s + s , 

2 

,„ n.n4.i , «.«.<.i.«4.2 i. ' • A 

D=5 — ns -^ 5 r; 5 eie. » et aiusi de 

2 2.0 

suite jusqu'au coefflcient du terme /^^-^'"'^ Soit dans ce ter* 
me <p le coefficient dans la sèrie; 'cp, "(p, "<p... les cocfficiena 
précédens , tp'. <p". <p"' les suivans ; oo aura pour le terme 
t n+i™* <p+/i <p-*- <?>+ ctc. =0 ; et par consequent 

n.n — T , ^ n.n — ì.n — 2 . . - . 

(p +n^-i cp -« : <p=o, et ainsi de suite. 

2 2.3 

Maintenant si l'ou substitue les valeurs correspondantes 

-, «'^ <^'' 
dans les exprcssions de -— , — — r etc. , oa aura 
*• a u zdu 

dt if -• i -i ± -i 2 ! 1 il 'Il \ 

. ^ T (■ -4 i £ "Z "1 ■-? - ■- ì 

^tt' 2.41. ^ / ^ - J 

I f i ::Z 1 -lo'— \ 

— t{-64«' + i6ou'-3oOU^ +elc. V 

2.3.4.I61 ^ J 

2.3.45321^ J 



26 

■z.'òdu' 

du 
d'i 



2.3.4. 5.t/tt 

^^' rp< PYnrp<sinn« . nn a . . 

du 2du " Z.'òdu 



.. . dt d'I d'I 

Ajoutaut ces expressions, on a -r- h — p- +— - — - -t- ctc. , 



PAR LE CITOTEN IGNACE MICHELOTTI. /83 

^ "i ■'> -5 « -7 S 



SII 



■9 -IO 

» 2 ., 2 - 



2 2 2.2 2.4 2.3 2.a 2.3.4 TàT* 2.5., è" ■*■ ^''^•' 

doù l'on déduit log. (ii^) = log. (,W^) ^ 

-2 r 

w<^ ^ 2.3 2.4.5 2.7.8 2.Ò.4 
+ etc. ; Fon aura donc 



3.3.5.8 



, f . i £ X ., 

eyx(oc+a\ =eUVa +-^ ^ ; ^ + _±ll_ etc ! 

\ ) [ ^Va ^ 2.4.aVa 2.4.6aV« | 

{2r^/a.x'-a(h^x)x-Va.x" ^x'^^ \ l^„.x" (i-zjx"- (!,+2xf (^+2)/ (^+2)' (6+2^ (3+2>' efc. l 

e - ' ^— e'(Ct-' + + 4- -i- * + ' — 1 

2Vfl.*" X *• . . T r y 

/if—g4-f/7y/a. x^ ^ì/—g ay/a.g.x'' a'gx" a*^a.gx^ a' gx a''yja.gx a' ■gx' a^^/a.g.x^ l 

,^ , 2 — ~A~ "*■ "~T^ A^*~P~ F" * A» ^ A' ■*■ A' '^ • j 
fffaya.x^ 

aVaar s= av'a.ac' 

Y V V 



484 SUR LA DÉTERMINATION TES VlTESSES DE l'eAU , 

et par couséquent 





+ 


(i^'i e(6-2) (G+2)e (G+zy (6-i-2)g 




ely/a 




2 








iva 2.46V<^ 




tf 3 3e 


- 


v'a •z.'à'^a z.^.iì.u'^a 



En siibstltiiant pour J^, h, g et b les valeurs nuinéri- 
ques correspondant , savoir: /=o,7475gi, ^ = 232Ò"b",752, 
A = i8g55,83 , 6 = 1,85, e = OjOiSBySó", l'on aura 

y = — 0,378591 + (0,0133736) a + .T" (7-^^ ■*- 

,- p„„v , o,oi33736\ / 23266,732 , V o ,.\ 

+(1,9742558) v'a -^— ) +J fllo,ooo5o3925 ) 

i Z' .1 ^V^/V (0,000250755) 0.0022289\ 

* "^^ V (18935,85)* ;?^ "*■ .v« y ■*" ^*^' 

Pour rendre facile l'usage de cette formule, je donneral 
ici les logarithmes des quantités coustantes qui enUent 
dans le calcul : elles sont, 

log. e = / 0,0133736 =2,1262484. 

log. 18935,85 = 4,2772653 =: log. A. 

log. 1,9742558 =0,2954033. 

log. 0,000250755 = 4,3992497. 

log, 0,0022289 =3,5480906. 

los/=log- 0.747591 =7,8736644. 

log. ^ = log. 23266,83 =4,3288743. 



PAR LE CITOYEN IGNACE MTCIIELOTTI. /j85 

Eli prenaiit la premiere expi'rience ou a = /|8, on a 
le premier terme = 0,363342, le 2/ =: g3,2c^8 , le 3." 
= — o,oOzj5()3/|r), le /|.* = 0,0089 igSy : maiiilcnapt si 
avec les scuis trois prcmiers termes ou calcule la pre- 
mière expériencc, on a y = £)8,556c), pour la 2.' y 
= 277,75/17, polir la o." y = 148,678614, la /^.'' y = 
31^,656262, pour la 5.'' j' = 238,121667. 

Do la comparaison de ces rcsullats avec ccux donnés 
par l'obscrvation , ou voit que la valeur de a; croissant, 
la serie diverge de plus en plus de la valeur de y jus- 
qu;\ ce que Ics cocfficicns devicnncnt négatifs: et par 
conséquent l'usage de la valeur de y reste borné aux cas 
où la charge de l'eau u'est pas très-grande, comme dans 
la 5." expériencc, qui est de 266, 5 pouccs, et qui or- 
dinaircmcnt ne se rcncontrcnt presque jamnis dans la pia- 
tique, quand il est nécessaire de découvrir la vìtcsse par 
la grandeur du jet; la valeur' de y ne doit pas aussi ètre 
fort petite, pour que l'obscrvation puisse ètre fa ite avec 
quelque précision : entra ces limites la mélliode propo- 
sée peut étre avaufageuscmcnt appliquée. 



Fautes a corri ger. 
PARTIE HISTORIQUE. 



"Pag. Iir. V^n. 17 ù cfux Vucz à crlles 

XXVII. 10 Ielle que la iheologie Iclles 

idem 24 la reproche le reproche 

XXXIX. i5 de s'occupcr dcs expériences de s'occuper non seulemeot (ì«s 

expérience* 
XLI. 7 est annonc^e est énoncce 

XLII. 21 et qu'eavoja et quM envoya 

li. 2 ri'péler dMuire 

tviii. 25 brtvilé briévcii 



M E iW O I R E S. 



Vag. 



140 


lìgn. 


27 n'oni pu la 


luer 


lise: n'oTil pu le tu«r 


143 




17 Auisk.iQk 




Crui^kiluk 


i53 




7 diH'ercnl 




défiTenl 


li. 




16 différence 




déferrnce 


I5« 




24 elMDt 




ólant 


I5S 




14 F*LEROVI 




Fabroni 


U. 




17 1* Auide d 


e l'ausa 


it pcut le iluid« de l'ain