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SOCIETE IMPERIALE
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1)E L'AGRICULTUKK ET DES ARTS,
DE LILLE.
ANNEE 1852.
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CHEZ TOUS LES MRR.VIRRS.
PARIS ,
OHRZ DERACHE , rue d« BOUI.OY, N.» 17, \v 1.-
1853.
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MEMOIRES
DE LA
SOCIETE IMPERIALE
DES SCIENCES,
DE L'AGRICULTUIIE ET DES ARTS,
DE LILLE.
ANNEE 1852.
LltLE,
CHEZ rOUS LES LIBRAIRES,
PARIS,
CHEZ DERACHE, ri^e du bouloy, k.» 17, ac 1."
1853.
^
(1 )
ESSAI DE GfiOLOGIE PRATIQUE
Sur la Flandre francaise,
Par M. MErCY, Membre risidant. (Suite.) (i)
-
CHAPITRE III. ,
Formation tertlatre.
Les terrains tertiaires du'departement du Nord qui font suite a
ceux delaBelgique,comprennent cinq systeraes principaux que M.'^ -^
Dumont a appeles: landenien,ypreslen,bruxellie7i,tongrien,el
dieitien, dunom des localites beiges oil ils son! le plus developpes
et oil par suite I'observateur pent le mieux enetudierlescaracteres.
Les trois premiers systemes ontete formes pendant la premiere
ou la plus ancienne periode du depot tertiaire , la periode eocene.
- Le systeme tongrien appartiendrait, d'apres des considerations^
• toutes georaetriques emises par M. Duraont', au terrain tertiaire
- moyen ou miocene et le systeme diestien au terrain tertiaire supe-
rieur ou pliocene (2).
(i) Voir le volume de i85o, page 8a, et celui de i85i, page 1 14.
(s) Extrait du rapport de M. Dumont sur la carte geologique de Belgique
( iS.'iy) , page iG.
• . . . . Des etudes independantes de toute consideration paUontologique
m'ont prouve que le systeme tongrien devrait eire separe du terrain tertiaire in-
ftrieur ou tfociiie et lange dans le terrain tertiaire moyen ou miocene. En efftt,
si les couches marines de la formation miocene du bassin de Paris sont nettement
separees du calcaire grassier par nne formation nympLeenne ou d'eau douce , les
couches tongriennes de la Belgique sont separees d'une mauiere encore plus Iran-
chee des couches bruxelliennes et landeniennes par la difference de leur strati-
fication. Or, comme sur des points si voisins, I'equilibre n'a pu etre derange d'uu
c6ti sans etre trouble de I'autre , on pent conclure que I'envahissement du lac
parisien par les eaux marines de I'epoque miocene et la denudation du systeme
bruxellien par les mers tongriennes sont des evenements conteraporains .
Je rangeai* dAji en iSSg le systeme diastien dans le terrain tertiaire snpe-
(2)
pK, I 1. — Systeme tandeniej^ de M. Dumonl [partie inferieure de
de la periode eocene ; argile plastique du bassin tertiaire
parisien.)
t^ Le systeme landenien repose immediatement sur la craie et
£» correspond au terrai n d'ar^ile plaslicjuo dii btLssiu de Paris. O n y
7 /distingue deux etages.L'uninferieur,de formation marine (indique
/ sur la carte par une teinte vermilion fonce), consiste en macignos
I (g r^es ar^ilo-calcaire s) , psa mmitcs j gres schisteux), sa bles ar gileux
I plus^jiiLnioins consistants , g laises .^ sables tins et argil ites glau-,
^£oniferes a la base desquels on trouve souvent des cailloux.
^ /L'autre superieur, de formation fluvio-marine (teinte en vermilion
/ pale) est compose dg sables verdatrcs plus ou moins gros avec
V^res , lignites et veines de glaise.
L'epaisseur maximum deces deuxetages reunis atteint environ
.,55 metres dan s la Flandre - Francaise .
^ En general, on trouve au-dessus de la craie un sys tenip. n^-g jjn^
I sjibleuxfossilif ei'e . ^ ans lequel il faut comprendrele del de mame, ^^
^— 'le tuf el les durs bancs d'An zin ^ les glaises dures et c o mpactes _
que traversent la plupart des forages avant d'atteindre la craie et
les gres verdatres et coquillers de La Bassee et de Phalempin, puis
n^ Yun depot de sable ^rt tres-fin auquel succedent des sables plus
'^ ' i gros et de moins en moins glauconifercs avec rognons de gr^s,
rieur ou pliocene ; or, j'ai de fortes raisons pour le mainlenir a celle place 5 car il
differe des sjsteines precedents non seulement par sa composition inais encore par
sa stratification ; ainsi tandis que les etages du terrain miocene sent ^clielonn^s
siiivanl une direction gencrale de rO.-N.-O. a I'E.-S.-E., le sjstiMne dieslien est
dirige de i"0. un pen S. a I'E. un peu N. , d'ou il rcsulte que depuis Cassel en
France jusqu'au Boldcrberg en Campine , il rccouvrc successivement ces divers
Stages
Quelques giologistes ont consider^ les sables de Diest corame docine oii miocene
en les rapporlant soil aux sables moyens soil aux sables supirieurs du bassin de
P;iris ; mais je me fuis assure que le systeme diestien n'existe pas plus aux envi-
rons de Paris que les systemes supirieurs du terrain miocene, »
(3)
veines de glaise et lits de cendres noires oii de lignite pyriteux.
Les gr^s blancs de Bavay et les cendres pyriteuses de Sars-
Poteries (arrondissement d'Avesnesj, que je considere corarae au
meme niveau geologique que les lignites du Soissonnais, appar-
tiennent a la partie superieure du systeme landenien.
On sait deja , par ce que nous avons dit dans le chapitre pr6
cedent , que la formation tertiaire existe de chaque cote du
^assUcraycux qui traverse I'arrondissemenl de Lille, de^^oing
a Fache^ et_a jCarvin^ Les terrains postericurs a la craie forment
don e jeux bassins distinct s , I'un situe auJNord desjnarais de la ['
^eu]e^ de la Marque, I'autre appuyc sur le versant sud de la •'
proerainence^ cxa^us£ que je viens de rappeler. La direction
de I'affleurement du premier ^ ha^ n figure comme une espece
(L angle obtus quij miait-Sflnj;sommet a Lille, et dont les deux
c6tes aboutiraient , d'une part a La Basseg^ejjiitr e^a Baisieux.,
Celui du second bassin decrit une ligne courbequi suitla cein
ture crayeuse dont il est entoure. Cette ligne passe^a Bourghelles,'
Avelm^ecliii_, Gondecmirt , J^hemy^^^^ Garvin, suit le
canal de la Haute-Deu[e^jrayei-geJes mar ais de la Scarpe entre
Jjoost-JWarendicuet^Lalaiag ,. et se continue ensurte par Somaiii_j_
^Wallers et^nziu^ Le^piateau tertiaire d'Absoon et Eraerchicourl
et les ilotssableux de Montigny, Erchin, etc., ue sont eux-memes
que les rdeyements du bord meridiojial dece bassin auquel ils se
rattachent plus ou raoins dircctement a causae des nombreux
affleurements de craie produits par les denudations du sol au pied
ae ces collines. Cette disposition est d ailleurs parfaitement raise en
evidence par les coupes N."' 2 et 6.
Landenien inferieur. — La partie inferieure du systeme lande
nien est a decouvert en plusieurs points de la Flandre. La petito
colline d e Bourgh elles en est entierement formec. On observe en
effet , le long de la route de Lille a Saint-Amand , dans le village
meme , des sables argileux glauconifeLCs d'un gris blanchatre soa_
veines de jaune et plus ou moins ccnsistants , qui acquiferonl
(4)
quelqucfois uae certaine durete et happent fortement a la langue (1).
line tranchee ouverte pour rextraction du sable au sommet de
la m^me colline presentait la serie suivante de haul en bas :
Sable gris verdatre , tres-fin 1 "' 50
Glaise grisect sable, agglu tines 20
Sable gris 30
Sables argileux avec veine de glaisc (meme
niveau que ceux des talus de la route). . . , . 2 - 50. -.
Sable gris verdatre - » - . »
^C^ ^ •" 50
\
4
Les puits domcstiques de* pmtrghdl^ sont I'onces jusque dans
la marne crayeuse , qui se trouve a 12 metres environ de pro-
fondeur. lis traversent , en general , 9 metres de sable plus ou
r moins argileux et 3 metres de terre gljrise melee'HTe silex a la
partie inferieure avant d'attcindre Ic massirraarncux. Cettecouche
de terre glaise afileure au pied de la montagne et s'etend vers
VVannehain, Cobrieux etLouvil. Ce dernier village est bati sur
une petite eminence tres-peu elevee au-dessus des raarais qui
I'entoureut. La terre glaise corapacte forme la base de cette emi-
nence et meme est exploitee dans le bois du Chene a Louvil , par
les fabricants de pannes de Cysoing ; elle est recouverle au
sommet par un sable grossier mele d'argile que je considere comme
quaternaire.
En moutant vers la frontiere beige par le chemin qui conduit
de Wannehain a Rumes , on voit tres-bien les roches tertiaires de
meme aspect qu'a Bourghelles, superposees a la marne grasse du
systeme nervien. Ces roches, bien qitayantTapparence d'un gres
(i) C'est exactemeiit la meme rocbe qui constitue la surface du sol aux enriroDs
Je Tournai ou elle repose tant6t sur les mariies nervieunes, tant6t sur les graviert
aacbeiiieni.
m
(5)
argileux parseme de petits grains de silicate de fer , donnent
cependant une legere effervescence avec les acides, ce qui indique
qu'elles renferment un pen de carbonate de chaux. Ce sont done
des especes de macignos dont la faible proportion de calcaire est '^'^''*^
due sans doute a la proximite du terrain de craie que baignaient
les eaux tertiair c flw nH ' ' ' cp oqne de leur depot
La glaise qu'on rencontre a la surface du sol entre Ennevelin
et la ferme d'Argremont , represente aussi la partie inferieure du
systeme landenien. On la retrouve a Pontjia -Marcq^ au-dessous du
sable vert a 8 ■" environ de profondeur.
Cette meme glaise se poursuit a I'ouest par le pont Thibaut et
Avelin. Le bas fond, qui comprend le chateau de M. Desrotours
et la majeure partie du bois d'Avelin , en est entierement forme.
Elle existe aussi a Seclin. Unpuits fonce chez M. Desmazieres,
filateur de lin rue d'Arras , en a traverse une epaisseur de 2
avant d'arriver a la craie. A la nouvelle filature de MM. Labbe et
Prage, sur le chemin de I'Hopital oil la craie se trouve a lOmetres
de profondeur , on en a aussi constate une couche de 3 metres de
puissance. La glaise d'un gris assez fonce est ici melangee d'un
pen de sable glauconifere.
Un forage pratique chez M. Billies , fabricant de sucre a Pha-
lempin . a donne la serie suivante :
Terre vegetale "' 50
Argileplusoumoinssableuse decouleur grise. 1 50
Sable mouvant 3 00
Banc de gres ver datre co quillerj^ ........ 30
Sable rrTTTT. . . . 777^ 40 J
Second banc de _coqiiille s^ 30 ■/•
Glaise^ noir atre tres-grasse cttrcs-dure. ., . ... 17 00
Craie 50 00
A cette profondeur on a trouve I'eau qui s'est elevee jusqu'a
13 metres au-dessous du sol.
A-
( 6]
All nameau de la Bcuviere , pres de Phalerapin , on a aiissi
Iroiive sous I'argile sablcuse grise un banc de coquilles superpose
a la glaise noire. C es coquill es. parmi lesquellcs doniine le genre
cijpris, sont marines. Leur tel a, en general, conserve loule sa
blancheur.
Les monies couches affleurenl pros dgCarv iji oii Ton extrait du
sable el de la glaise. La sabliere est situee a environ 700 metres
de la route nationale enlre cette route et le hameau de Buqueux.
En voici la coupe :
Terre vegetale et argile 1 "' 30
Sable argileux verdatre I 30
Banc <:oquiller oil Ton remarque les genres
cyprint [cyprina planata) Uirritellc , ostrca ,
area (?) ...-:. .'. ... 20
Sable fin semblable a celui de Bourghelles. . » »
'D'
Une partie de cette sabliere eta fremblayee quandje I'ai visitee,
de sortequeje n'ai pu en prendre une coupe complete.
L'extraction de glaise a lieu pres du chemin qui conduit direc
tement de la place de Garvin a la station du chemin de fer et a un
-demi-kilometre dn bourg. On en tire une terre glaise grise cora-
pacle el lenace qui renferine quelques rognons de fer carbonate..^
Cette glaise se montre a la superficic du sol qui est en ce point
un pou moins cleveque celui dc la sabliere. II est done probable,
urlout d'apres I'analogie que ces terrains out avec ceux de Pha-
lempin , (|ue la glaise est inferieure au sable. D'ailleurs, il m'a ete
assure (juon avail trouve du sable au-dessus de la glaise a pen
pres a egale distance des deux extractions.
Si Ton se rapproche de Garvin en parlanl de la glaisierc , on
arrive a une briqucttrie donHe-puits a traverse au-dessous du
limr^n, 1 metre dc sable argileux de couleur noiralrc avec cailloux
rollle^ a la partie inferieure ; cette couche repose sur la craie qu'on
Toit dans le puits a 4 metres dc profondeur , ct semble ctre infe-
s
(7 )
rieuie elle-meme a la glaise qui parait a la surface a quelques pas
de la briqueterie.
Le systeme landenien inferieur afileure aussi en quelques points
du'ferritoire'd'Oignies oil il est soiiVent cache par le limon. Un
sondage pour recherche de houille pratique par M. Mulot, sur la ' '■''*■■
rive gauche du canal de la Haute-Deiile , entre les communes
d'Oignies et de Courrieres , a , en effet , traverse les couches sui-
vantes: ^ ^
Terre rapportee 4 '» 00
Argile jaune - . . 4 00
Sable vert 90
Glaise noire tres-compacte , .->3 00
Glaise sableuseavec silexala partie inferieure 2 10
Craie a . . . • 14 metres.
Le meme systeme borde les marais de la Scarpe dans les com-
munes deMasny, Ecaillon, Bruille-les-Marchiennes,Somain, etc.
II consiste en roches plus ou moins dures qui ne sont autres que
des sables ou des gres argileux. On donne aux parties dures le
nom de ttifoxi de ttirc, et aux parties moUes celui de rougeon.^..*^[^
Ces roches ont ete mises a decouvert quand on a fait les fondations V .-"
de la sucrerie de Somain. Elles reposaient sur la craie a 3 ou 4
metres de profondeur.
Le chemin de grande communication de Somain a Erre est tout
enfier daiis le rougeon , qui est meme exploite comme terre a bri;;
/fu'es'clans cette derniere commune oil il forme une couche d'un V
metre sur la craie.
Les roches de la formation tertiaire inferieui'e sont aussi bien
visibles dans la tranchee du chemin de fer de Somain a Abscon.
On rencontre dans ce terrain certaines parties oil la glaise
domine et communique au sol une grande humidite. II y a meme
certains points oil elle forme des couches assez epaisses. Ainsi a
Bellaing, on I'exploite pour la fabrication des tuiles et des pannes.
Cette glaise, dans laquellej'ai aussi remarque quelques rognons
(8)
de fer carbonate , me parait elre exactcmeat parallele a celle de
Carvin.
Dans la crandc carrierc d'Abscon, on voit la craie a 2 m. 50
de profondeur rccouvcrtc par dcs _couchcs de gr es argil o-c^lcaire
!*•' l end re fmacigno ''i faisant line legere effervescence avec les acides
el au milieu desquelles sont stratilieesdcs veinesde glaise noiratrc
tres-minces. Ces roches rappellent bien celles des environs de
Wannehain .
C'est le meme terrain qui forme le sous sol du plateau d'Emer-
chicourt, et dont Taffleurement longe au nord ce plateau en tra-
versant les communes d'Aniche , Auberchicourt et Masny. Ce sont
encore les nic gies r oches qui aftleurent aupied de la cote d'Erchin.
Seulement elles ne sont pas loujours calcaires bien qu'elles aieul
tout-a-fait le meme aspect.
On les a rencontrees aussi sous le limon en creusant un puits
dans une briqueterie situee au sud-est du village de Cantin , pres
de la grande route. En ce point la craie ex iste a 5 ou 6 metres de
profondeur et le niveau d'eau se maintient a une dixaine de metres
au-dessous du sol.
»^v^i^ Enfin elles recouvrent tout le plateau d'Anzin, oil on les connait
"l/'fC sous les noms de tuf, durs bancs, del de marne. La formation
tertiaire d'Anzin se compose d'alternances de sables argileux
jaunatres (rougeon), d'argilites gris blanchatre glauconiferes quel-
quefois calcareuses et avec veines de glaise, de gresjrgUo-
calcaires d'un gris bleuatre et de roches siliceuses bleuatres assez
yC jlures . Ces dernicres ont cte designees par M. Dumont sous le
nomac psammites; elles se divisent souvent, en effet, enfeuillets
minces et sonores. J'ai pu les observer dans une ancienne carriere
voisine de la route deFresnes(p. 154, vol. del85t).Oiielqucfois la
silice s'est condensee en certains points de la masse oil elle forme
des geodes d'opale mamelonnee et translucide d'un gris perle.
On trou ve dans toutes ces couches des cjkiiuIIcsou d(!s cmpreintes
qu'il est difticile de se procurer completes et intactes et qui parais-
'izo. sent appartenir au genre ostrea. Elles renfermcnt toutes aussi
(9)*
des grains verts, qui , a la base de la formation d^iennent plus
gros et plus frequents.
Le nom de dur ban c s'applique aux roches siliceuses dont il
vient d'etre question ; celui de tuf comprend toutes les autres
roches parmi lesquelles on distingue le del de marne, qui repose
inimediatement sur la craie et qui n'est autre qu'une argilite cal-
caire criblee^glauconies.
Les argilites glauconiferes du systenie landenien inferieur ont
quelquefois une assez grande analogic d'aspect avec le gres vert
superieur du terrain cretace represente \)^rlamenk deBernissart ,
et par la gaize de Vouziers. Or, il est un fait digne d'interet; c'est
que ces argilites renfermentcommeles roches cretacees auxquelles
elles resseniblent, une grande quantite de ^ilice^pluble dans la
potasse liquide. Je n'en ai pas fait I'analyse complete; mais les
essais qualitatifs auxquels j'ai soumis des echantillons provenant
d'Anzin ne peuvent me laisser aucun doute a cet egard. Ainsi
done , voici deux roches d'ages tres-differents separees I'une de
I'autre par une epaisseur considerable de terrain crayeux , et qui
cependant offrent une analogic de composition des plus remar-
quables.
Ne pourrait-on pas tirer parti decette com position«commc nous
I'avons dit endecrivant les roches du gres vert superieur? Et, a
cet effet , ne serait-il pas possible d'utiliser les residus des fabri-
ques de potasse? La silice des roches tertiaires inferieures etant
soluble dans cet alkali, il serait facile d'obtenir du silicate de
potasse qui est, comme on sait, un puissant engrais.Ce sel serait
susceptible aussi d'etre employe comme cnduit pour rendre les
ctoffes incombustibles ou pour silicatiser diverses substances.
Le systeme la ndenien inrpricur n'est pas moins bien caracterise -^^i^^
au nord du plateau crayeux ({ui traverse I'arrondissement dc Lille
qu'au sud de ce plateau ; mais ses aflleuremenls sont beaucoup
moins etendus. 11 suit les cotes de Willems, dc Mons-en Baroeulet
disparait sous le limon a partir de Lille pour ne plus se montrcr
que pre s de La Bassee. (pimM^ "kiC*^
( 10 )
A Willems^ chez M. Truffaut, filateur , on a fait un sondage
qui a Ira verse :
Terre vegelale ot argile 3 "' 00
Sables argiicuxglauconifercsblauchatrcs avec
empreintes d'arca, alternant avec des cou-
ches de sables moins argileux quj donnent
de I'eau ■■.,,^. . ;/. . . 12 00
Marnes grasses (dieves du terrain de craie) . . 38 00
Terre noire pyriteuse du systeme aachenien . 2 00
55 "' 00
Les puits de Forest prennent I'eau dans le sable a 5 metres de
profondeur an plus. Un forage entrepris chez le charpentier De-
clerc a traverse d'abord de I'argile sahleuse, puis le sable argileux
griscendredu systeme landenien inferieur et une couche de glaise
noiralre avant d'arriver a la craie qui a etc rencontree a la pro-
fondeur de 18 m. . L'eau de la craie s'elove jusqu'a 2 m. de la
surface du sol.
Chez M. Esprit , teinturier au hameau de I' Empenpo nt (com-
mune d 'JIcm^. la craie se trouve a 10 metres de profondeur recou-
verte par de la glaise noire el par du sable argileux verdatre cache
sous 2 metres au plus de limon.
Au chateau de M. Smet, situe dans la commune d e Flcrs^ pres
de la route de Lille a Lannoy et sur la rive gauche de la Marque
a pen de distance de la riviere, la craie existe a 5 metres du sol
sous les memcs terrains.
Le svsteme landenien inferieur est a decouvert a la base de la
' *J%* tranchee du chemin de fer, a Fives. J'ai eu occasion de I'observer
a 250 metres environ au nord du pont oil il est caracterise par
des sables argileux , blanchatres et jaunatres, et par des glaises
grises plus ou moins sableuses.
Le remblai du chcniin de fer de Dunkerque a la traversee de la
Deule a ete presqu'enticrerap;it.e^xecut.e;au moyen de sables argi-
( Hi
leux semblables a ceiix de la tranchee de Fives , (lui forment sur
la craie une assise de 100 pieds d'epaisseur , ct qui ne sont recou-
verts que par une faible couche d'argile.
Ce terrain forme le sous-sol de toute la plaine qui s'etend sur
la rive gauche de la Deiile au nord et a I'ouest de Lille.
•A la briqueterie du Mont-Aquanl (commune de Lomme]^ Ic
sable argileux connu sous le nom de sable niouvant a etc ren-
contre a 2 m. 50 environ sous I'argile. U passe a une glaise
sablonneuse de couleur bleuatre qui renferme de gros grains de
glauconie et qui repose sur la craie a 25 metres de profondeur.
Cette meme glaise designee par le nom deJerrc bleue , existe aussi
chez M. Solignac , blanchisseuTTpres de I'ancienne abbayo de
Marquette, oil elle a ete atteinte a 23 metres au-dessous du sol et
oil elle forme une couche de 12 metres sur la craie.
Les forages executes dans les fabriques desucre deMM. Bonzel,
aHaubourdin, deMM. Bernard freres, a Santes, et de M. Coget,
a MarquiUies , ont traverse aussi les memes terrains. A-Santes .
la craie est a 18 m. du sol et supporle des sables argileux plus
ou moins mouvants qui , a la base sont plus glaiseux et meles de
silex. Ces sables sont reconverts par 8 metres de terrain quater-
naire.
La coupe du sondage pratique chez M. Coget , a MarquiUies ,
est la suivante :
Terre vegetale ■" 50
Argile 1 00
Argile sableuse avec petits frag- ( alluvions
ments de gres ferrugineux et ile.^ i anciennes.
gres roules i 00 ,
Sab le vert_. 2 00
Banc coquiller » » ) , ,
^ . , , . I landenien
Terre grise grasse plus dure pres > . „, .
, , . — ■ — ~^' ,.. .„ \ inferieur.
de la craie > 25 oO ;
Craie 20 00
Total ... 50 » 00
1
I ;
( 12)
L'eau monte jusqua 11 metres du sol»
Enfin , le systenie landenien inferieur affleure sur le versant
Slid de la colline au bas de laqiielle se trouve le bourg de La
Bassee. La couchcjo ssililtirc que j'ai deja eu occasion de citer
plusieiirs fois affleure meme en differcnts points , et j'ai recueilli
nioi •nieme-dans les fosses de la route d'Estaires , en sortant de
J ■ La Bassee , dcs debris de ces coquilles parnii lesquelles on dis-
r*^ tingue des turritelles , des cyprines et des moules interieurs de
crassatelles. Ces fossiles sont inferieurs au sable vert fin qui cou-
ronne le sommet de la colline. lis existent aussi pres de la fabrique
e Sucre de M. Barbry , a S alome , oil Ton compte cxactement
3 pieds jusqu'a la craie. Le systeme landenien inferieur est re-
j^presente ici par des sables argileux et par dcs glaises compactes
^;
'^'^ comme a La Bassee oil on trouve generalement aii-dessus de la
^j/J' craie 4 metres de glaise dure noiratre et 4- metres de sable vert
\ argileux.
^--€es— ftftts«sont , comme on levoit, exactement les raemes que
ceux qui ont ete observes pres de Carvin.
Landenien superieur. — Get etage est compose principalement,
comme nous I'avons dit, de sables plus ou moins gros avec lignites
et yeines_de glaise. Les sables sont d'abord tres fins et verdatres, et
I'etage se termine par des sables a plus gros grains moins glau-
coniferes, qui supportent la glaise ypresienne. lis sont assez sou-
vent colores par 1 'hydrate defer dont I'accuraulation en certains
points peut donner naissance a une sorte de gres ferrugineux sans
solidite. On ne rencontre aucun fossile dans ces sables, au milieu
desquels des lignites se sont formes dans certaines circoustances
comme les tourbes se forment de nos jours. Ces lignites sont
toujours accompagnes de pyrites qui se rencontrcnt meme en
veines ou en amas isoles dans le sable (I' Empcnpont , le Tiiu LdeLa
JUagdeleine, Tempjeiivil^tc). On n'en a pas decouvert jusqu'ici
de gisements importants dans notre contree, bicu que leur pre
sence ait etc constatee par sondages dans differentes localites
(13 )
(Tourcoing , Merville) ; mais ils sont exploites en divers points du
bassin terliaire parisiea pour la fabrication du sulfate de fer (cou-
perose verle) et de Talua. II en existe aussi dans la partie sud-est
du departement du Nord , qui sont connus et exploites depuis
plusieurs annees (Sars-Poteries, Sains) pour raraendement des
terres ; et meme on en a trouve a Maubeuge , a Hargnies et a
Raismes , qui paraissent dignes d'etre examines avec interet. Je
n'ai observe jusqu'ici le lignite que dans les sablieres ouvertes
sur la cote de I'Em pennont (comnume d'Hem) (tig. 3). La plus
elevee touchait au chemin qui conduit au chateau de M. Brame,
et presentait la coupe suivante :
Argile jaune avec cailloux roules a la base
(limon) 1 '" 00
Argile plastique iaunatrc I , . i 1 00
7. ,. . Jglaise ypresiennei ^
Id. bleuatrer ^^ i 2 00
Glaise sableuse grisatre 2 00
Lignite tres-pyriteux 20
Sable vert fin 5 00
Profondeur de la sabliere 11 a 12 metres.
Le lignite pourrait etre utilise par les cultivateurs soit en repan-
dant sur les terres les cendres provenant de sa combustion , soit
en le laissant s'effleurir a I'air et le melangeant avec de la chaux
pour former du sulfate de chaux, ou avec des engrais ammoniacaux
dont le principe volatil serait fixe par I'acide sulfurique du sulfate
de fer.
Voici la coupe d'une sabliere de rEmpenpont , ouverte a un
niveau un pen moins eleve que la precedente :
( U )
Argile a briques avec galets lerrugineux el
silex roules a la partie iuferieure -2 ™ 00
Argile plaslique bleue 1 50
Sable vert 50
Veine de glaise » u
Glaise sableuse grisatre 1 00
Sable vert avec cailloux roules de silex 2 00
VeiaeHc glaise » »
Sable plus Wane. w.. ... ......... :%,-^-:--;tt ... o »
00
Dans deux autres .sablieres situees encore a un niveau plus bas,
on voyait :
Argile jauue 3 ■" 00
Sable argileux propre au moulage avec silex
et galets de gres ferrugineux a la base 1 50
Sable vert 1 50
00
Le sable de I'Empenpont est le type du sable vert fiu.
Ceux qu'on observe dans la tranchee de Fives , a Euneti^res-
en-Weppes, sur le plateau de Salome, a lilies , Herlies , aux en-
virons de Genecb et a proximite du cbateau du baron de Lagrange
(commune de Cobrieux), sont completement semblables au prece-
dent et se trouvent exactement ou meme niveau geologique. II en
est de meme des sables qui aflleurent le long de la cote d'Avelin,
entre ce village-etcelui d'Attiches ; de ceux qui aflleurent dans les
fosses des fortifications de Lille, derrierc la manufacture des
tabacs , et qui se rctrouvent au Irou de la Majo;deJeioe , sur la rive
droite de la Deule.
( 15 )
La tranchee du chemin de fer de Fi ves a 1200 metres environ
de longueur. Je I'ai visilee il y aplusieurs annees, avant qu'on
ne garnit les contrefosses de revetemenls en briques destines a
prevenir leur ebouleraent , et aussi avant que les talus ne fussent
converts de vegetation. J'ai done pu etudier completeraent les
terrains qu'elle a traverses. Cette tranchee dont on voit la coupe
(fig. 4) a 10 metres environ de hauteur a son point culminant.
Le sable fin qui parait encore aujourd'hui dans, diflerentes parties
des talus et qui ne commence qu'ii 3 ou 400 metres du pont, repose
directement sur les sables argileux inferieurs. On voit ces der-
niers an fond des fosses dans la partie la plus profonde de la tran-
chee. La couche de sable fin a en ce point une epaisseur d'environ
6 metres. Elle est recouverte par une veinule d'argile plastique
et par 0.50 a 0.60 de glaise sableuse grossiere qui represente
sans doute la base de la formation glaiseuse ypresienne; car on
voit dans le sable une cavite (g) remplie par une argile plastique
compacte d'un gris bleuatre- qui semble reposer sur cette nappe de
glaise sableuse. La partie superieure de la tranchee consiste en
linion avec veines ou lentilles de sable de meme nature que le pre-
cedent.
Le sable vert forme done le sous-sol de toute cette coUine qui
est dirigee de I'ouest a Test et sur laquelle est bati le village de
Mons-en-Barceul. On en a extrait d'ailleurs il y a quelques annees
pres de I'cglise pour I'entretien de la route. De I'autre cote du
chemin de fer il exisle encore aujourd'hui au sommet de la colline
une carriere appartenant a M. Collette, oil Ton exploite le sable
sous 4 metres d'argile plastique. Ce sableaexactement les memes
caracteres que celui de la tranchee de Fives, et il est veine de
glaise. On I'extrait sur une epaisseur de 2 metres jusqu'au niveau
d'eau.
Aux environs d'Englos et d'Ennetieres-en-Weppes , le sable fin
se trouve aussi a pen de profondeur et constitue le sous sol sur
une assez grande etendue de lerritoire. M. Lelong de Sequedin
en a fait extraire a 300 metres au nord-est du cabaret du Vert-
( 16 )
Ballot , sur le chemin d'Englos a Haubourdin. M/ Delangre en
a fait tirer aussi pres de I'eglise d'Englos. Enfin, plusieurs sa-
blicres sont ouvertes dans la commune d'Ennetieres. La plus rap-
prochoe du village louche au chemin d'Ennetieres a Escobecques
et apparlient au sicur Ridcz. On y trouve le sable sous 0.30 de
glaisc. A la sabliere du sieur Augusle Wemel , pres du hameau
du Paradis , il y a 2 metres environ de glaise sur le sable. II
existe encore trois autres carrieres de sable a droite et a gauche
d'un chemin qui descend dans la vallec a I'ouest d'Ennetieres.
Elles appartiennent a MM. Bonzel , Crespel et Floure. Chez
M. Floure , au sud du chemin , le sable est reconvert par 2 on 3
metres dc limon , et on I'exploite jusqu'au niveau d'eau sur 2 me-
tres d'epaisseur. Dans les autres sablieres qui se trouvent au nord
du merae chemin , il y a une couche de glaise de 2 metres d'e-
paisseur sur le sable qui affleure au pied de la c6te. De nora-
breuses sources se font jour sur les pentes. Ces sources sourdent
du sable et sont recueillies dans des becqttes ou ruisseaux qui se
rendcnt a la Lys.
Le sabj c a grai nsjgl us gros qui succede au sable, fin.est exploite
/dans les communes de W attrel os , Fourn es, Me rignjes, Rhnh^ir
> pin , Wahagnies , OstricourJ, Le^F orest , Raimbeaucourt^Raclips,
-^ Flines, Coutiches, Beuvry, Landas, Lalaing, Montigny , Loffre,
\ Lewarde , Erchin , Fressain , Bugnicourt , Cantin , Goeulzin ,
^-rleux, Hamel et Estrees. '"^
II affleu re dans ces differentes communes oil il n'esl reconvert
que par unTcoucEe^peiTepa^isse de limon. C'est un sable a grains
moyens, plus oumoins charge de giauconie, quelquefoisjaunatre
mais ordinairement de couleur verdatre ou grisatre. Les grains de
quartz sont transparents et ont un certain eclat, et ce caractere permet
souvent de dislinguer les sables tertiaires des sables aacheniens
dont les grains sont presque toujours opaques et d'un aspect mat.
Les sables des localites ci-dessus designees, bien que se trou-
vant a des niveaux differents , sont paralleles au point de vue
geologique. Leurs caracteres mineralogiques et leur position rela-
( i7 ]
tiveiuenlaiix sables veils iulerieurs eu soat la pieiive. Je ue sache
pas qu'on y ail jamais trouve de lignites , el je siiis poile a croire,
(I'apres les observatitms quej'ai faites jusqu'a piesent daus les
arrondisseraents de Valenciennes et d'Avesnes , que ces sables
sont encore inferieurs a ceux de la hauteur de Raismes et a ceux
de Bavay qui, eu general, sont beaucoup plus blancs, renfer-
ment tres-peu de glauconie et sont accompagn^s, conime a Sars-
F'oteries, de bancs de lignites assez epais.
A I'entree du village c k Foiirn es^en venant de Lille , on voit a ^i^^
gauche de la route une Iranchee de 3 a 4 metres de profondeur, ^
oil Ton extrait un sable gris jaunatre a assez gros grains pour
I'entretien des routes. On a remarque que ce sable ne laisse pas
passer I'eau assez librement , circonstance qui le rend souvent
impropre au pavage. Cc defaut tient a la presence de pelites
veincs de glaise inlercalees au milieu de la oouclie. Yoici du resle
la coupe de la tranchee (fig. 5) :
Terre vegetale '" 60
Argile jaunc (en moycnne) 1 00
Sable tin argileux avec galets de silex et IVag-
menls feirugineux 1 00
Glaise sableuse 40
Sable avec veines et lentilles de glaise 30
3 30
Au hamcau de Plouy (commune de VValtrelos), le sable est
jaune mais plus fin qu'a Founics. 11 est reconvert par 0.30 d'ar-
gile et 0.30 de terre vegetale.
Pres du village de Merignies . a lest, on extrait un sable gris
verdatre sous 1 metre environ d'argile plastique yprcsienne.
A droite du chemiii de Phakpipin a Wahagnies et a I'entree du
bois, se trouve une sabliere qui fouruit un sable semblable a celui
de Merignies ; ce sable s'enfonce sous la cdte et dans la parlie est
de la carriere, il est deja reconvert par 3 metres de glaise.
2
18,
^^L^lleiirenieDt^u_sable^ suit la lisiere da bois d e Pbalemp ts et ^
sejgroioDge en lo ngean t la c ote de Wahagnies jus qu'aux impor-_
tantes sa Mieres dX)stricQu rt. oil I'on a abondamraent puise pour
le cheniin de fer du Nord. On voit Ires-bien dans ces carrieres le
sable reconvert par la terre glaise qui est elle-meme recouverte
vers le nord-est par le limon. L"ne couche de glaise sableuse com-
pacte et dure de 1 a 2 metres d'epaisseur forme le passage du
sable a la glaise.
Dans la carriere de Le Forest, au li^de la c6lc de Moncheaux ,
le sable est gris blanchatre. La surface du sol consiste en un me-
lange de glaise et de sable rougeatre d'une epaisseur variable qui
se prolonge jusqu'a la station du cheniin de fer et que je rapporte
au limon.
A Raimbeaucourt , entre le village et le raarais , il existe aussi
une sabli^re oii Ton voit au-dessus du sable une couche do I a 2
metres d'epaisseur, consistant en un melange compact de sable
et de glaise qui fait comme a Ostricourt le passage du sable laa-
denien a la glaise ypresienne. On y remarque parfois des veines
de glaise et des concretions ferrugineuses et calcareuses.
Plus loin vers Test, on rencontre presde la route deDouaia Lille,
dans la commune de Rac hes, une excavation oil Ton a lire du sable,
et plus loiu encore, dans la meme direction, la grande sabliere
de Flines qui est ouverte au pied meme de la cote. Le sable de
Flines est gris et assez semblable a cclui de Le Forest. — Dans la
partie nord de la carriere , on observe raffleurement de la glaise
sous 1 metre de sable argileux quaternaire dans lequel sont me-
langes des fragments do diverses natures , quartzeux , ferrugi-
neux , etc. II se trouve encore d'autres sablieres dans la mi^me
commune, contigues a la route de Douai a Tournai. Dans I'une
d'elles, derriere la maison d'un -douaiwer, -le sable est pres-
qu'ii fleur du sol et n'est reconvert que par tres-peu d'argile
sableuse avec fragments de gres. '
C'esl un sable gris analogue a celui de Flines qu'on extrait a
proximite de la meme route avant d'arriver a Coutiches.
19 ,
La sablieie tie Beuvrj -lez-Orchies, siliiee a 1 kilometre a I'ouesl
du village et celle du moulin de Laiidas foiirnissenl aus»i du sable
giis et sont ouvcrles conime les precedeutes pri's dii contact des
formations sabJeuse et glaiseuse. Dans cette dorniere,le massif
sableux est traverse par des veines de sable ferrugineux agglu-
tine, et on reraarque a la partie siiperieiire une veine de glaiso ,
puis 0.20 de sable glaiseux , entin 0.80 d'argilc avec fragment-,
roules a la base.
Le sol de toute la conlree qui s'etend de Beuvry a Sl.-Amand ,^
c'est-a-dire depuis laffleurement de la glaise jusqu'aux marais
delaScarpe, est sablcux a une Iris faible profondeur. Cette
plaine qui comprend les communes de Bouvignies , Brillon , Sars-
et-Rosieres , penche tres-legeremcnt vers le niarais. Le sable pent
y afdeurer a certains points ; mais il est generalemcnt cacbe par
un pen de limon.
Au raidi dc la Scarpe , le sable glauconifere sujierieurqui cons-
litue les petits mamelons tertialres indiiiues sur la grande carte au
-^~ fait I'objet d'asscz nombreuses exploitations disseminees dans
les communes que nous avons designees plus haut. Le plus sou-
vent, il y a sur le sable memc, au sommet des mamelons une coucbe
d'argile melee de sable , de silex roules et de fragments de gres
donl I'epaisseur peut allcr jusqu'a 3 metres. C'e-t dans ces loca-
lites qu'on extrait les gres blancs pour paves. On les decouvre au
moyen de la sonde.
L'espece de promontoire sableux dirige a peu pres du sud au
nord d'Erchin k Levvarde , est coupe par Ic chemin de fer do
Douai a Valenciennes, pres dcMoniigny. 11 se prolonge jusqu'a
Lalaing , oil Ton extrait pres du moulin a vent un sable diverse <
ment colore qui renferme des rognons de gres assez volumineux ^
La lig.ne^d£jcontact_ent ie le system elandenien et Je_sjstini£_- \
vprg&iep au sud de Lille est assez nettemenl indiquee sur la carte (
pour que nous soyons dispenses de nous y arreter ; mais elle f'
est moins visible au nord, et il est necessairc de faire con- ;'
naitre en quelques mots sa direction souterraine. Cette ligne pas«e
V
*>'-■
•20
du haiueau d e I'Em penpout , tourne autour de Jjjeni etjlcJSailly,~
traverse Lanpoy et VA-ftagnerJaJLontiere bei ge au h ainaau-jje
Plouy, en laissant le villase_deLee Tsa I'esL D'un autre c6t6, elle
suit a peu pres la Marque a parlir deXEmpenpjontJusgiLau_poiit
^de Marquette. La elle fait un crochet et se releve au nord en en-
veloppant le village de Wambrcchjes , puis elle suit les cotes de
Lomme et d'Enneti ereSj_se^outou rne fortement d'E nnMiJLres ii
^Kad inghem, p asse a Mscob £cq- Ues et a Erquiiighim^l&&ej[L, cotoie
jiULD ord reminencg de Fou r nes et va i Mid££j£SjaftLe]iiremeDts d^s^
environs d'Aub ers.
Ainsi les affleuremenls souterrains du systeme landenien fer-
ment des zones plus ou moins larges comprises entre ceux de la
craie et de la glaise. Ces affleurements prennent un grand deve-
lopperaent le long de la Scarpe, et abstraction faite des alluvions
de cette riviere , s'etendent, sans discontinuite, deBeuvry jusqu a
Anzin pr^s de I'Escaut , et de Klines a Bugnicourt , a une demi-
lieue de la Sensee. Les terrains qui appartiennent k ce systfeme
sur la rive droite de la Scarpe et dont les contours ne touchent
qu'^ la craie , puisqu'il n'existe plus de glaise de ce cote , se
relient done souterrainement avec ceux de meme epoque qui se
trouvent sur la rive gauche de la nifime riviere conmie la coupe
N.* 2 le fait voir.
II resulte de ce qui precede qu'en negligeant le terrain quater-
naire , la surface du systeme landenien dans les arrondissements
de Lille et de Douai serait d'environ 32,600 hectares. Elle em-
brasse en partie ou en totalite : au nord de Lille , les communes
de Wattrelos, Leers, Lannoy, touTilers, Sailly, Baisicux , Forest,
Hem , Flers, Wasquehal , Marcq-en-Baroeul , Mons-en-Baroeul ,
Fives , la Magdeleine , Lille , Saint-Andre , JVIarquette ,-^Vambre-
■ chies , Verlingheni , Larabersaert , L_omm(L,-Seq.uedin , Englos ,
Ennetieres-en-Weppes , Radinghem , Escobecques , Hallennes ,
Haubourdin , Santes , Erquinghem-le_-Sec., Beaucanips , Ligny,
Wavrin_^ Saingjiin^^-Weppes , Fournes^jj^Wicres , Herlie^.^^
lilies, M arquillies , Hantay, Salomt^ , La Bass^ ;
r 21 ]
Au sud de Lille , les communes de Wannehain , Bourghcllcs ,
Cysoing , Louvil , Cobrieux , Genech , Templeuve , Ennevelin ,
Pont-a-Marcq , Avelin , Seclin, Gondecourt , Chemy, Caraphin ,
Phalempin, Wahagnies , Ostricourt , Raimbeaucourt , Roost-*
Warendin , Raches , Flines , Coutiches , Boiivignies , Marchien-.|
nes , Tilloy, Beuvry, Landas , Sameon , Aix , Mouchin ; ^
Et au midi de la Scarpe, celles d'Hornaing, Erre, Fenain,
Soraain , Villers-Campeau , Rieulay , Bruille-lez-Marchiennes ,
Ecaillon, Masny, Pecquencourt, Lalaing, Montigny, Loffre, Le-
warde , Roncourt , Erchin , Cantin , Goeulzin , Estrees , Hamel ,
Arleux , Bugnicourt , Fressain , Villers-au-Tertre , Monchecourt ,
Auberchicourt et Aniche.
EnGn , il existe un petit affleurement de sable landenien dans
la commune de Blaringhem (arrondissement d'Hazebrouck), a la
limite des deux departements du Nord et du Pas de-Calais. La
riviere de la Melde qui coupe la pointe sud-ouest de cette com-
mune separe en effet le sable de la glaise. La portion du terri-
toire de Blaringhem au sud de ladite riviere est done comprise
dans les sables du terrain lertiaire inferieur. %
Le sol landenien atteint son niveau maximum dans la commune
de Villers-au-Tertre, oil il se trouve a la cote 90 [90 metres au-
dessus du niveau de la mer). Les points les plus eleves sont dans
I'arrondissement de Lille : Bourghelles (cote 46), et Comines
(cote 44).
Je crois devoir donner ici les resultats de quelques sondages
qui ont travers6 les roches du systeme landenien dans I'ditendue
des zones oil il n'est reconvert que par des alluvions et que j'ai
definies precedemment (1).
(j) Nous laistons subsister autant que possible dans ce compte-rendu les ex-
pressions qui ont ixk employees pai les • foreurs pour designer let terrains tra-
verses.
Landeiiieh
siiperieiir.
Landeni«ir
iiifcrieur.
( 22 )
LANNOT.
Argile jaunc * S"
Sable jaune avcc pyrites a la partie inWrienrc. . 7 80
Sable avcc pyrites :i oo
Glaise bleue ni^l^e de sable 7 20
Sable vert <>o
Glaise bleue nn^lee dc stable i 50
Grain fin ,durelsec a *"
Glaise tres-compactc avec cornus a la partic in-
f^ricure •• • t:l 80
Craie.
U 40
WASQUEHAL (fabriquc de potasse de M. Lefebvre.)
Terre v6g6tale o 66
Argile jaune 4 00
Sable mouvant liquide 6 oo
'::;^ jsableverlfln 3 oo
Landenien i Tcrre glalse mel(5e dc sablc <> 66
inferieur, | qi^j solide avec cornus 15 00
Craic H 33
l.andcnicn
sup^rieur.
Laiidcnlrn
inferieur.
51 65
FIVES (filature Dclecroix.)
Argile jaune 2 20
Sable vert mouvant 3 oo
Couche dure 30
Sable vert 12 oo
Terre glaise verte et luisante 8 00
Sable argilftux noiralrc 4 50
Craie
30 00
(23 )
LILLE (Hdpital-General.)
Terre rapport^e et terre v6g6lale 3 30
Aqueduc 1 ao
Sables gris jaun^tres argileux sous la dalle de
Undemen | I'aquedUC 1 00
inf^rieiir. j Sable gris verdatre argileux avec pelits fragments
de silex a la partie infiirieure 19 50
Craie blanche. (Voir p. 166, vol- 1851.)
U 00
wAMBRECHiEs (distillerie Lenssen.l
Argile i 00
Sable argileax grisatre 15 00
Landenien (
superieur j Sable vert mouvant tres-fln 15 00
Landenien i Sable vert argileux 15 00
inferienr. | Qlaise grise . . 5 00
Craie blanche 33 oo
84 00
La sonde s'est arretee sur une pierre dure ( tun?) L'eau de la
niarne qui a ete rencontree a 63 metres , jaillit a un in^tre
au-dessus de terre , et le produit de la source est de 1 hectolitre
par minute au niveau du sol.
TEMPLEUVE ( sucrcrie de M. Deraesmay. j
Terre vegetale et sable m61ang6d'argile. ... 2 oo
Landenien 1
superieur. ) Sable vert . 37 00
Landenien (
inferienr. ] Argile pla.stiquc bleuatrc 10 50
Craie. (Voir p. 167, vol. 1851.)
39 50
On a rencontre des gr^s a 18 metres 50 de profondeur.
( 24 )
PONT-A-MARCQ ( sucrerie do MM. Derick et Bulteau. )
Tone vegOtalo 30
Argile 1 00
supirieur. j Sable vpri niouvaill 6 00
,„firie,.r. j Glaise IresduiT < 00
Craie j' 70
63 00
L'eau prend sod niveau a 9 metres au-dessous du sol.
1,'ESCAnPELLE.
Teire vegetalc et sable blanc . 50
Sable blanc « 50
Sah'e mouvant 50
Sable bleu o '«
/ Sable ( I gravier mouvants < :*<»
I Idem ties-moiivants ... 1 50
V Sable mtMede gravier. .... . . '30
- , . ) Gres verdatrc 5.5
j Argilc -^ •'•"
' Argile sableuse • •• i 30
' Sable vert < <0
■. Sable bleuSlre 2 75
Craie blanche. (Voir p 108. vol. 18.') I.)
17 35
KLINES.
I.iiiileiKch ; Sable jauiic melaiig6 dc sable blauc. Ires-liii. . 8 (jo
siipcrieur. ( Sable vcrt 10 00
- , . / Sible vert argileiix T 67
LanJenien \
inCerieiir. j
Sable noiratre argileux 8 66
Glaise sableuse noiralre 8 50
Craie blanche. (Voir p. 168, vol. 185!.)
43 49
( 25 ',
^ VRED.
-• '#'* Sable jaunc l^gerement argileux 9 18
■ ^' / Sable vert argilcux ties-charg6 de grains desili-
. \ Landenien ) ''^^^ '"''<''• ^ «*
V •JJiferieiir. i Gr6s quarlzeux avec grains de silicate dc fcr. . 39
^1^- Argile plasliquc gris verdatre feuillet^e .... 8 Ti
"/V Craie blanche. (Voir p. 170, vol. 1851.)
''* 9
' ^/. 23 32
" MARCHIENNES.
Terre vegetale et argile sablcusc jaunc .... 2 88
Tourbc 1 12
Landrnien | ga^Ie bleuatrc 2 6fi
superirnr. (
- L^nd.nien * ^^^'^'^ ^^rl argilcux . 8 66
^ inferieur. ' Argilc grise compactc 10 34
^i\ Craie. (Voir p. 168, vol. 1851.)
^ ■ ■■■ . . *
*»# 25 66
i;
.^ WARLAING.
•^ Torre vegetale et argile sableuse 2 15
Kt Landfiiien J sable mouvant gris 3 60
^^ suptrieiir. •
^ L»nd€ni.n | Sable bleu et argile 3 90
•* iDRrieur. ( Argile plastiquc compaclc 11 4o
\ ' Craie blanche.
* 21 05
^ _ Le sable landenje arft etc attcunf aussi a diverses profondeurs
en dehors de ses zones d'affleiiremenl dans plusieurs localites de
la Flandre, entr'autres :
^ A Faumont a la profondeur de 7 50
X Orchies 11 92
A Cappelle 27 00
A Thuraeries 27 00
(26)
A Lys-lez-Lannoy 16
ARoubaix 25
A Bondues 51
A Tourcoing 58
A Roncq 80
A Halluin 70
A Armentieres 24
A Merville i
A Estaires j
A Hazebrouck 100
A Bailleul 106
§ 2. SyiUme ypremn de M. Dumonl. (Argile de Londres ,
London-clay.)
Le sysleme ypresiea dont le nom rappelle les collines d'Ypres
oil il prend un tres-grand developpenient, coniprend iine puis-
sante [formation glaiseuse superposee aux sables landeniens et
inferieureaiix sables deCassel qui represententcbez nous lecalcaire
grossierparisien (1). 11 correspond straligraphiquement et mine-
ralogiquement a I'argile de Londres [London-clay] et manque
dans le bassin de Paris oil le calcaire grossier repose immediale-
ment sur le terrain a lignites. II faut considerer qu'apres le
comblemcnt de la mer parisienne par les sables landeniens , il
s'est produit dans la contree comprenant Londres , Bruxelles et
Lille , un affaissement progressif qui a prolonge la submersion
de ces parages et perrais le depot de la'glaise pnr rnur hfj i, ?viLr
^ (0 ^l- D'liuonl coinjireiidaussi dans son sysleme ypresien uneparlie Jes sables
/ siipdrieiirs a la glaisc qui afflcurent an somniel de Moiis-en-P6vele et au pied dii
^ Monl-Cassel ; mais j'ai cm pouvoir, on ra'appiiyani siir les caractcres niinera-
(, logiqucs, considerer ces sables conime faisanl parlie de I'itage du calcaire grossier
et reservcr la denomination de formation ypresienne a la glaisc sous-jacente si
leraarquable par sa pjjjsince et pai son homogineite.
■»
! 27 ^
cessives pendant que le sol des environs de Paris restait a sec.
Cette formation presente done un certain interSt sous le rappon
scientifique puisqu'elle etablit une distinction entre les deux has
sins tertiaires de Londres et Paris et qu'elle relie geologiqueuieut
une parlie du sol de I'Angleterre avec le nord de la France et de
la Belgique. — Elle est remarquable aussi par sa puissance.
Ainsi, a Hazebrouck, la glaisea deja 100 metres d'epaisscur; mais
la surface sableuse sur laquelle elle s'appuie se releve au sud et
vient paraitre au jour pres de la limite des departemeuts du
Nord et du Pas-de-Calais. Les derniers affleurements de glaise se
voient a Wittes, Isbergue , Mazinghen , Cheques , Fouquereuil
(Pas-de-Calais), entre Bethune el Merville el pres de Raches au
nord de Douai. De ce point , la ligne de separation entre la glaise
et le sable landenien qui jusque-la avail affecte une direction
generale de 10. un peu N. a I'E. un pen S. se courbe vers le
N.-E , va couper le canal d'Anthoing entre Mortagne el Mau-
bray et se continue jusque dans les environs de Louvain. — Au
sud de la ligne brisee donl nous venous de poser les principaux
jalons, il n'exisle plus trace de glaise ypresienne.
Les details dans lesquels nous sommes entres en parlant des
limites du sysleme landenien ont fail connaitre en menie temps
celles de la glaise. — Celle-ci forme dans la Flandre, comme les
sables landeniens, deux bassins dislincls ; I'un , au milieu duquel
s'eleve la coUine dc Mons-en-Pevele , parfailement circonscrit
dans tons les sens et donl on pent facilement suivre les contours
en jetanl un coup d'oeil sur la carte ; I'aulre , embrassant toute
la superficie des arrondisscraents de Dunkerque et d'Hazehrouck
el une partie del'arrondissement de Lille. On pcut ajoutcr comme
appendice a ce second bassin le monticule de Fives el de la
Magdeleine el celui de Willcms donl Ic sous-sol glaiseux n'est
indique que sur la deuxienie coupe.
Avanl de passer en revue les localites oil Ton peul observer la
glaise, il est necessaire dc dire quelques mots de la nature de
cette roche et des circonstances particulieres de son gisement.
(28]
La glaise est une argile compacte de couleur gris bleuatre ou
gris jaunatre et a texture souvent feuillctee. Elle est impermeable
a Teau et jouit de proprietes piastiques qui la rendent propre a
la fabrication des poteries ; elle est aussi eminemment onctueuse
et delayable et on I'emploie pour le foulage des etoffes de laine.
On trouve assez frequemment au milieu de la glaise des no-
dules de calcaire blanchatre connus sous le nom de septarias ,
quelques veines de silex roules et de sable , du fer carbonate en
lits minces ou en rognons et des coquilles marines de differentes
especes.
Les nodules calcaires forment des amas assez considerables
en Angleterre oii ils sont exploites pour la fabrication du ciraent
romain (1); maison n'en connait pas degisementsimportantsdans
le departeraent duNord. Cependantj'ai constate I'existence de ces
nodules en plusieurs points, notarament a Moncheaux, a Perenchies
et le long du chemin de fer de Dunkerque dans la plaine com-
prise entre I'Yser et la tranchee d'Arnecke. Je ne doute pas qu'ils
n'aient ete rencontres dans la plupart des sondages. Seulement
comme on n'y attachait aucun interet, on a sans doute neglige de
noter la profondeur et I'epaisseur des couches qui rcnfermaient
ces nodules.
J'ai reconnu le fer carbonate dans la glaise en divers points ,
mais jamais en quantite suffisante pour pouvoir etre exploite
utilement. Toutefois comme il existe a peu de profondeur dans
beaucoup de localites, les proprietaires des carrieres de glaise et
de sable qui le rencontrent , pourraient le mettrc de cote et en
reunissant les quantites partielles provenant de chaque exploita-
tation , on obtiendrait une assez grandc masse de minerai qu'on
pourrait peut-etrc transporter avec avantage a Denain oil il
arriverait facilement par bateaux. Je I'ai observe a la surface du
sol dans les communes d'Aubers, de Fives, de Raches , de Worm-
(j ) Lyell , £lements de geologic , p. SSg.
' 29 )
hout. A Perenchies , on en avail extiail do la glaisi^re de M.
Bonzel, donl on avail dalle la devanture d'une maison. On I'a
Irouve aussi par sondages a Faumonl, a Moncheaux , a Roubaix
ainsi qu'a Oslricourt et a Phalempin oil la sociele des Hauts-
Fourneaux de Denain a meme fait executer des travaux de
recherche il y a quelques annees.
Ce mineral est de couleur grise el jaunit aprfes un sejour pro-
longe a I'air. Sa richesse est variable a cause de la plus ou raoins
grande quantile d'argile dont il est intimenient penetre. Celui
(|u'on a rencontre a Roubaix, dans la fabrique de M. Dervaux,
u 50 pieds de profondeur, a une texture tres-serr6e el un poids
assez considerable.
Les debris organiques de la glaise sont assez rares. Les seuls
que j'ai recueillis proviennenl d'un puils creuse dans I'atelier
a vapeur de M. Delahousse-Delobel , taillandier au hameau de
la Rousselle ^commune de Roncq) . La coupe de ce puils est la
suivante :
Argile sableuse 1 " 30
Cailloux roules 50
Glaise jaunatre 3 20
Banc de calcaire argileux grisalre I'ossilifere . 2 00
Glaise bleue schisteuse avec quelques fossiles. 11 30
Glaise melee de >able avec quelques coquilles. « »
18 ■« 30
Celle derniere couche donne une source dont le produit parait
devoir suflire a ralimenlation de la machine a vapeur. L'cau
s'elevejusqu'a 5 metres du sol.
Le premier banc coquiller que ce puils a traverse consisle en
un calcaire argileux gris jaunatre melange d'un peu de sable
fin. On a mis deux jours pour percer ce banc qui est assez dur
et qui donne un peu d'eau il serait interessant de rechercher
( 30 ;
si la chau.v qui en pioviondiait nc jouirait pas dc pioprieles hy-
drauliques et s'il n'y aiirait pas quelqu'analogie do composition
entre ce calcaire ct les nodules du London-day. Les fossites sont
on fifcneial depeliles dimensions ct assezabondanls. On distingue
surtout des turritelles ([ui out jusque \ el 5 centimetres dc
longueur , des nummulites de I'espece ■pUtnnlata dout le dia-
metre n'est que de quelques millimetres, des venericardex, des
cardium , des htcines , des ostrea avec leur let nacre , des
pleurotoma , etc.
On remarque dans la glaise bloue les nienies fossiles et sur-
tout de petites nuiumuliles et de ])eliles coquilles univalves.
Enfin la couchesableuse qui se trouve au fond du ])uits renferme
aussi quelques fossiles parmi lesquels je puis citer des pecten ,
des denUtlium, de petites ostrea. Ces fossiles sont nialheureuse-
ment tres-fragiies ct tres-diflicilenient conservables a moins qu'ils
ne se Irouvent dans des bancs durs tels (juecelui qui a ete tra-
verse chez M. Delahousse.
Le sondage de Bailleul dont la coupe sera donnee ii la iin de
de ce paragraphe a aussi traverse plusicurs lits cocjuiilers.
La glaise ypresienne presenle de nombreux aftlourements
dans la Flandre. On peut lobserver en montant les cotes de
Bachy, Tempieuve, Avelin. Phalempin, Wahagnies, Moncheaux,
Raimbeaucourt , Racbcs. Elle s'etend au pied de la colline de
Mons-en-Pevele jusqu'a Tourmignies ct Pont-a-Marcq au Nord ,
et jusqu'au bois dc Flines au Sad. En un mot on la trouve a la
surface du sol sur de graudcs etcndues de terrain dans les can-
tons de Cysoing, Poul-a-Marcq ct Orchies oil elle parait presque
partout sur les bords du bassin dans lequel elle est comprise.
D'un autre cote elle aftleure , cntre la Deiile et la Lys , de Ra-
dinghem a Aubers et d'Ennetieres-en-Weppes a Verlinghem. On
la trouve aussi sur la Iiaulour de Fives , a FEmpeupont et en dif-
ferents points des cantons de Roubaix , Tourcoing et Quesnoy,
sur la ri\o droile de la Dcule , notammeni sur les monts de Bon-
dues, d'lialluin et de Wervick.
•M
C'esl surtout dans ies anoudissements d'Hazebrouck. et de Du>
kerque que ce terrain , designe en flamand par le nom de clytf. ,
est le plus developpe. II forme , entre Estaires et Merville, comme
one espece d'ilot au milieu de la plaine de la Lys , qui, de Bail-
leul a Hazebrouck et a Aire, est ceinte par une suite de collines
glaiseuses. La glaise parait encore au pied des cotes des environs
de Wittes, de Blaringhem et de Lynde, et elle forme une large
bande qui borde pour ainsi dire sans discontinuite Ies marais de
St.-Omer et la plaine alluvienne deDunkerque, d'Ebblinghem k
Watten, aLooberghe, a Steene, a Bergues et a Hondschoote. On a
retire sur la place de Bergues des milliers de voitures de glaise qu'on
a remplacee par du sable afin de faciliter I'ecoulement des eaux. 11
existe aussi de larges affleurements de ce terrain autour des mon-
tagnes de Tarrondissement d'Hazebrouck , surtout dans Ies com-
munes dEsquclbecq , Bambecque , Noordpeene , Zermezeele, Win-
nezeele, Steenvoorde, Godcwaersvelde, Eecke. Fletre, Boeschepe
et St.-Jans-Cappel. La lIollG-Bec([ue , qui passe a Winnezeele ,
coule sur la glaise depuis sa source jusqu'a I'Yser. II en est de
meme dela Zimine-Bccqucet de I'Ey-Becque qui separe le terri
loire francais du territoire beige.
On voit encore cctte rocbe le long de la Peeue deWormhout a
I'Yser ; cetle deruiere riviere coule aussi sur la glaise, pres d'Es-
quelbecq et de Wilder. Enfin la glaise est a decouvert sur la ligne
du chemin fer du Nord , dans Ies deux tianchees situees de part
el d'autre de la station de Roubaix , dans celle de Perenchies . de
Steenwerck a Bailleul, entre Strazeele et Hazebrouck, dans Ies
tranchees d'Hondeghem, de Bavinckove, de Noordpeene , d'Ar-
nccke , de Bissezeele, de Soex et dans Ies communes d'Ebblinghem
et de Renescure.
Les principales extractions de glaise ypresienne sont ouvertes
dans les communes de Baches , Orchies , Beuvry , Landas farron-
dissement de Douai) ; Mouchin , Bersee , Moncheaux , Wahagnies ,
Merignies , Templeuve , Aubers , Ennelieres-en-Weppes , Preraes-
ques, Perenchies, Fives, Hem. Halluin, Wervick (arrondissemeul
32
de Lille) ; Meiville, Bailieul . Ha/.ebrouck , Morl)ec>|iie , Reue«-
cure , Sleouvoorde (ariondissement d'Hazebrouckl ; Wormhoiit ,
Lederzeele, Bollezcele el Rexpoede (anondissement deDiinkerque).
Les terrains glaiseux sont gen(^ralement tres-difficilos a cnltiver
d cause de leur tenacite, ct la plupart sont pour ce motif en nature
de bois ou de prairies. Cependant ils peuvent donner de riches re-
coltes quand ils sont convenableraent prepares. J'ai souvent en-
lendu dire par des praliciens que le ble qui croit sur uu sol glai-
ocux pese plus que celui qui a ete seme sur uue terre legere , et ce
fait peut s'expliquer par la plus grande proportion d'engrais que
retient la glaise.
Onpeutevaluer approximativement a 30,000 hectares la surface
tolale des aflleurenienls de la glaise dansledepartenieutdu Nord.
Cette formation s'eleve jusqu'a 76 metres au-dessus du niveau
de la mer , au pied des collines de Cassel et de Mons en Pcvele.
Elle atteint la cole 69 auv monis d'Halluin , de Blaringhem et de
Watlen.
Voici maintenaut les coupes de quelques puits ou sondages qui
ont traverse la glaise el dont quelques-uns indiquent I'epaisseur
des terrains sous-jacenis :
ORCHIES.
Terre veg^tale ' 23
Argile ' «=«
Sable mouvant i 5S»
i Glaise avec parlies calcaires blanches 76
•^ ( Glaise b'.cue ^ '•*
Sable gris mouvaut 4 as
Landeuien ) Sable Vert 21 89
supirieur. \ Lit lie glaise 05
I Sable mouvant o 56
i Sable dur , 8 70
Landenien ) '^'^i'^C « **
iuferieiii j Sablc cliir ' ^^
{ Glaise el sable. ^ ^^
Craie. (Voir p. 167. vol. 1851 )
57 50
I 33 )
FAUMONT. {Enlre les villages de Faumonl et de Flines. )
Terre v6g6laleelglaise 7
Sable tres-mouvant noirSlre 2
Sable vert mouvant avec couche de glaise bleue. 19
Sable vert el glaise dure 7
Argile plastique 8
Craie.
Ypresien
Landenien
superieur
Landenien
iuf^iieuT,
■I
Ypresien .
Landenien.
Ypresien
Landenien.
50
40
20
20
70
45 00
THUMERiEs. ( Sucrcric Coget. )
Terre v6g6tale l 00
Argile 3 00
Sables mouvants de diverses coiileurs 8 00
Glaise bleuatrc 15 00
Sables verts aquiferes 30 00
Glaise dure 24 00
Craie. .' 45 oo
126 00
MONS-EN-PEVELE. ( Sucrcrie Vallois. )
Melange d'argile et de sable 2 oo
Sable gris mouvant tres liquide 2 30
Glaise bleue compacte 16 CO
Sable vert 5 lo
26 00
MERiGNiEs. ( Ferme du Blocus. —• Sucrerie Desmoutiers. )
Ypresien. Glalse jauu&tre 2 50
Lfindenien, Sable vert , . 8 00
10 50
( 34 )
CAPELLE. ( Sucrerie Gapan. )
Argile 1 20
Sable mouvant l 80
Yprcsieii.j Glaisc bleuc fi CO
Landenien ( Sable iioir tres dur *5
supiiieur. ( Sable vert aquifere.
10 05
L'eau monte jusqu'a I"' 20 dii sol. — — —
TEMPLEUVE. { Brasscrie de M. Cuisinier. )
Argile a 50
Sable mouvant 7 40
Ypresien. Glaise 70
Landcnien ( Sable vert U 50
snperieiir. ( Pyrite 21
Landemeii ) Glalse noiralre el conipacle avBC pyrite 17 79
inleneur. (
Senonien. Crale 3G 00
,^ . ) Tun ... 41
( Marne avec silex i 40
80 91
lA MAGDELEiNE. ( Atelicp de chaudronneiie de MM. Fontaine. )
Terrev6g6tale o 60
Argile sableuse jaune passant ait sable mouvant. 7 00
Ypresien. Glaise bleuatre '. . . 8 60
Landenien [ Sable vert (in 3 00
siiperieur. ( Id. avec veine de glaisc o 60
I Sable vert argileux faisant effervescence avec les
abides n 00
Glaise grisnoir&tre tr^s compacte 8 60
Sable argileux grisatre( effervescence) 3 30
Crale.
45 70
(35)
LOMME. (Puits domestiques.)
Argile 4 00
Ypresien. Glaise 10 00
Landenieii. Sable boulanl aquifere.
U 00
PERENCHiEs. ( Puits domcstiques. )
Limon 5 00
Ypresien. Glaise 12 00
Laudetiien. Sable 1 00
18 00
BONDUES. (Sucrerie Vandongheni. )
Argile 3 00
Sable mouvant ou argile sableuse coulante , avec
galets (le silex roul6s a la partie inf(5ricure. . 9 00
Ypresien. Glaise bleue 39 00
Landenien. Sable vert aquif^pe.
51 00
L'eau prend son niveau a ai"" 60 du sol.
MouvEAux. (Puits creuse dans la sucrerie de M. Lemaire-
Requillart.)
Terre v6g6lale et argile 5 oo
Cailloux el sable 3 00
Ypresien. Glaise 56 00
Landenien. Sable vert 1 00
05 00
Ypresien.
LanJeuien.
Twraiii
crelace.
Terrain ^
carbonilrre, (
Ypresien.
Laiidenien
siipeneiir.
Landeiiien
iulerieur.
Ypresien.
Landenien
supirieur.
Landenien
infirieur.
{ 36 )
LYS-LEz-LANNOY. ( SucFcrie Duthoit. )
Argile et sable mouvant 6
Glaise bleue ^^
Sable verl ^
Glaise el sable 10
Glaise noiraire avec cornus a la base 26
Marnes crayeuses i'
Calcaire bleu *
75
GO
20
CO
50
10
70
30
00
ROUBAIX.
Terre v6g6lale et argile sableuse grise passant
au sable mouvant 6 00
Saiole mouvant argileux gris-vertlatre l 50
Glaise bleue 18 00
Sable vert H 40
Glaise mSl^e ile sable 12 CO
Sable vert 1 50
51 00
TOURCOiNG. ( Petite Place. )
Argile 2 33
Sable mouvant 11 00
Glaise bleue 32 C6
Pierre resseniblant a I'emeri o 33
Glaise 12 00
Sable vert 5 00
Veine de lignite de 4 ii 5 centimetres d(^paisseur
Sable vert 13 CC
Glaise ni^l6e de sable C CC
Glaise avec veine de pyrite de 3 cent, d'epaisseur. 1 00
Glaise m616e de sable , suivie d'une pierre tr6s
dure , couleur gris-paic, d'une 6paisseur de 8
a 10 centimetres ( fer carbonate ?. ) 10 00
Glaise sableuse noire etsecbe avec cailloux. . . 17 36
A reporter tia 00
( 37)
Report 112 00
Craie blanche 12 oo
Silex (rabots?) 8 33
Bleuset (lieves (?) 14 33
Formation J Roches dures el calcairc ferrugineiix rougcatre
creiacee. \ 111^16 (le gravier ( base (lu grccnsaiid ?). ... 3 33
(Glaisesde diverges couleurs avec couchesde gra- 10 66
vier (paraissent repr6senler le systeme aachc-
nieni')
IGO 65
On avail rencontre deux nappes d'eau , I'une a 13 metres et
I'autre a 60 metres de profondeur. Le niveau sc maintenait de
25 a 33 metres au-dessous du sol. Mais l.i sonde a subitemenl tra-
verse a la profondeur de 156 metres une cavite de Om. 64 qui a
absorbe I'eau du puits.
RONCQ. ( Filature de M. Dupont.)
Argilejaune, l 30
Sable mouvant et gravier 2 oo
Ypresien. Glaise 80 00
Laiideuien. Sable vert
89 30
L'eau s'eleve jusqu'a 20 metres de la surface.
LiNCELLES. ( Filaturc Hennion. )
Argile m616e de cailloux . 2 50
Ypresien. Glaise 77 50
Landenien. Sablc vert, glaiscux vers Icfoiid 20 oo
100 00
Le niveau d'eau est de 17 a 20 metres du sol.
(38)
HALLUIN. ( Forage pour recherche de houille. 1838.)
'f erre v6g6lale el argile 3 35
Ypitsien. Glaisc bleue 66 45
Landenien I Sabig ycrl 13 25
superieur. (
( Glaisc m6l6c dc parties calcaires in
Landenien \ ^,355^ sablCUSe * 20
' Glaise compacle Ires dure 18 85
Terram ( ^^^'^^ blaildllC 12 30
cr*iaci. [ Roche dure (tun?) 1 60
127 45
ARMENTIERES.
Terrc v6g^tale i W
\rgile niel^e dc sable (alluvion) 2 40
Sable jauncmouvant 9 00
Ypresifii. Glaise bleuc H ■'0
( Sable noir assez fermc 3 00
Landemen ' Saljlc VCit lllOUVant 10 50
superieur. ( ^^.g.,^ ^.V^^lmc 60
( Sable argileux verdatre 15 90
Landenien ) dajse COmpaCte, 3 00
inftrieur. j ^laisc dure et s^che n lo
Craie • » <»
76 20
ESTAIRES.
Argile glaiseuse (alluvion) 2 00
Ypresien. GlaiSC 52 00
Landenien ) Sable vert.
superieur. (
54 00
MERVILI,E.
( Forage fait en 1781 , aii milieu de la place pour I'e-
blissement de la lontaine publique. )
Terrc vcg(*tale o 80
Argile d'alluvion * "°
A reporter i so
( 39 )
Report 1 80
Sable mouvant 3 60
Glaisc 30 00
Id. avec 3 bancs dc loche de Om. 16 d'^pais-
ipresien. < seur (fcr carbonate ?) 3 60
[ Glaise' 9 00_
Pyrite 30
Sable noir l 80
Landenien J Sable VCrl . 2 10
siipeneur. I
' Sable noir avec vcine de glaise. ....... 3 00
Sable mouvant noir 13 80
i Glaise sableuse- 2 40
Sable argileux niarbr6 4 50
Glaise noiratrc 11 lo
Craie 21 00
108 00
L'eau jaillit a iin Im. 00 au-dessus dii sol.
BAiLLEUL. ( Forage pratique en 1830 , par M. Flachat. )
Terre rapporteo 1 33
Sable argileux oereux 3 50
Glaise bleue asscz pure 5 17
Glaise jaunatrc moins pure que la pr^cedenle. . 6 66
Glaise blcuS,tre schistcuse sc d6tachant par frag-
ments 14 00
Glaise jaune avec un lit decoquilles 16"
Glaise bleuatrc dure et schisteuse 2 00
Glaise avec quelques lils de coquilles 6 33
Glaise grisatre Ic^geiement sableuse se d6tachant ^
Ypresieii. ^ par fragments 26 00
Banc de silcx roul(?s >> »
Glaise grisjaunatre 16gerement calcarif^re. . . 24 00
Glaise grisjaunatre 1 00
Glaise bleuatre 5 34
Glaise blcue gris&tre 1 33
Glaise jaunalrc 33
Glaise asse? pure 7 67
Landenien | ^^^^^^ ygj-j 2 . 00
superieur. I
108 33
(40)
HAZEBRoucK. ( Feculcric Ilouvenaghel. )
Glais('gris-blancluitremL'16edcgravier(anuvion). 2 00
[ Glaise blciic 31 00
Y.r..,.,. ) Bancdesilcxroult5sdeOm27 d'^paisscurdansla
' J glaisc.
( Glaisc bleueavccquclques pyrites 67 00
Landeiiieii i Sable vcrt * 00
tuperieur. (
104 00
L'eau nionlc au niveau du sol.
A la station de Cassel , on a creuse un puits de 92 metres dans
la glaise qui est recouverle par 3 metres d'argile.
Un forage pratique en 1836 , a Dunkorque , a aussi rencontre
la meme argilc sous 36 metres de sable de mer , et a ete pousse
jusqu'a la profondeur de 117 metres sans renconlrer d'autres
terrains.
Quand nous parlerons des puits artesiens , nous dirons quel-
ques mots des chances qu'il peut y avoir de trouver le sable aqui-
lere inferieur a la glaise dans ces localites.
§ III. Systemes bruxellien, tongrien et diesticn de M. Dumont.
x\ous croyons devoir comprendre dans un meme paragraphe
les trois systemes superieurs du terrain tertiaire, parce qu'ils ne se
montrent que dans des points isoles et tres-circonscrits du depar-
lement du Nord, et qu'il sera plus facile de les faire connaitre en
donnant tout d'abord la description des quelques localites ou on
les observe.
Le systcme bruxellien , qui correspond au calcaire grossier des
environs de Paris, existc a Mons-en-Pevele (arrondissement de
Lille ) , a Cassel , au Mont des Chats , el au Monl-Noir (arrondis-
sement d'Hazebrouck ). Les systemes superieurs ne sonl represcn-
tes ^u'au sommcl de ces trois derniers monticules.
( 41 )
MONS-EN-PEVELK.
Le petit village de Mons-en-Pevele est bati sur le haut d'lme
colline formee par des sables Ires-fins qui reposent sur la glaise.
Ce terrain n'occupc environ que 160 hectares sur 31 metres au
plus d'epaisseur. Le point culminant de la colline se trouve a la
cote 107.
En suivant le chemin de Tourmignies a Mons-en-Pevele , on
arrive au pied de la montagne qui est tres-ravinee de ce cote. Le
sable parait en plusieurs points , et ony remarque de petites num-
mulites qui sont quelquefois assez abondantes pour former une
couche compacte. Arrive a rembranchement des deux chemins de
Mons-en-Pevele a Tourmignies et a Merignies , on voit dans une
tranchee la serie suivante :
Sable gris tr^s-fin rubanne 3 m. 00
Une veine de glaise grise de 1 a 2 cent.
Sable gris verdatre 3 00
Sable avec lits fossilifercs renfermant une
grande quantite de nummulites et de
dentalium 1 00
Sable verdatre rubanne 1 00
Argile sableuse gris-jaunatre 1 00
9 00
Ces sables fossiliferes se continuent jusqu'au sommet du mont
avec les memes caracteres. lis sont giauconiferes, micaces et tres-
fins, plus fins encore que les sables landeniens de I'Empenpont
et d'Ennetieres. Cette Constance de caracteres sur une puissance
d'une trentaine de metres doit etre remarquee ainsi que la pre-
sence des nummulites (nummulites i^lanulata) qui dominent
presqu'exclusivement.
Les sables alternent avec des vciaes ou des couches d'une ar-
(42)
gile gris-jaunaire un peu sableuse a pate tres fine et micacee , oil
Ton voit aussi des eniprcintes dc fossilcs univales [turritelles ?) et
bivalves , difficiles a reconnaitrc. Cette argile se voit tres-bicn
dans Tancienne carriere du Pas-Roland , dcrriere la fcrrac de
M. Vallois , d'oii Ton jouit d'une vue siipoibc sur les environs de
Moncheaux et de Faumont. On la rencontre aussi dans une tran-
chee au sud-ouest du village et dans Ic chemin de grande com-
munication en descendant a Deux-Villes. Sur Ic haut du mont , le
long de cette derniere chaussee , le sable tres-fin , connu dans
le pays sous le nom de terrc douce , est a fleur du sol et reconvert
en quelques points par une cspece de glaise brune de meme nature
que les couches argileuses (|u'on observe au milieu du sable a un
niveau inl'erieur. Les nummulites sont la tellemcnt abondantes
qu'elles constituent un veritable banc de pierre calcaire qui dur-
cit a I'air et qu'on emploie pour daller les trottoirs ou paver les
cours des fermcs ; on en a meme extrait pour empierrer le che-
min de Faumont a Thumeries. Ces pierres coiitent 2 fr. le metre
cube , tandis que le gravicr revient a 8 fr. au canal. Mais il faut
les laisser sechcr avant de s'en servir , sans quoi elles se reduisent
facilement en poussiere. Elles ont plus de durcte quand elles soul
recouvertes par la couche argileuse dont nous venous de parler ,
sans doute parce qu'elles sont plus seches. — On pourrait aussi
les calciner et en faire de la chaux qu'on repandrait sur les terres
fortes. — Les agriculteurs de Mons-en-Pevele font une assez
grande consommation de chaux qu'ils font venir de loin , tandis
qu'ils pourraient la produire a beaucoup moins de frais sur les
lieux. lis auraient en meme temps I'avantage dc fournir au sol une
certaine dose de silice soluble provenant de la reaction du calcaire
sur le sable avec lequel il se trouve iatimement melange.
CASSEL.
La montagne de Cassel a depuis longtemps attire I'attention
des geologisles et des amateurs de paleonlologie. Isolee au milieu
d'une vastcplaine, et sillonncc de aombreux ravins, elle iateressc
(43)
en effet aiitant par sa situation pittoresque qne par les materiaux
norabreiix que le naturaliste peut y puiser. — Elle coniprend la
commune de Cassel et une partie dc celles d'Hardifort , Zerme-
zeele , Bavinckove , O.xelaere , ct presente une surface de 750 a
800 hectares.
Quant on gravit cetle raonlagnc et qu'on voit tons les circuits
des routes qui conduisent au somraet , on est porte a s'exagerer
les inclinaisons naturellcsdu terrain. Cependant des mesures assez
precises prises en differents points m'ont prouve que sur le versant
sud, les plus grandes pentes nedepassent pas 15 degres sur le plan
horizontal, mais qu'elles peuvent atteindre 45 degres surle versant
nord.
Le sommet du raont est a 157 metres au-dessus du niveau de
la nier , ct la glaise ypresienne qui en forme la base s'elevant jus-
qu'a la cote 76 , il s'ensuit que la puissance des terrains poste-
rieurs a cette formation est, a Cassel , de 81 metres. Les systeraes
bruxellien, tongrien etdiestien de M. Duraont y sont representes.
En procedant de has en haut, on trouve d'abord des sables
verdatres ou jaunes-verdatres plus ^ou moins argileux traverses
par des veines de glaise et renfermant des bancs de gres que
M. Dumont a definis par I'epithBte de lustrvs , pour les distinguer
d'autres gres qui existent a un niveau superieur. Viennent en-
suite des sables glauconifercs avec gres, cribles de coquilles; puis
des sables blancs un pen jaunatres , tres-purs, legerement glau-
coniferes et avec concretions ferrugineuses ; puis des sables gris a
grains tins avec gres calcaires fossiliferes d'un aspect terne et mat.
Get etage correspond au sysleme bruxellien ou au calcaire gros-
sier de Paris et a une epaisseur que j'evalue a 48 metres. II est
reconvert par la formation tongrienne qui a 16 metres environ de
puissance et qui est representee par du sable noir , de I'argile sa-
bleuse glauconifere et micacee , el de la glaise grise.
Enlln la montagne est couronnee par des sables bruns rougea-
tres a gros grains avec gres ferrugineux qui caracterisent le sys-
teme diestien.
( 44)
On rencontre tr^s-frcquemment a la surface un depot plus ou
moins puissant dc sable melange d'argile, de glaise , de cailloux
roules et de fragments de gres ferrugineux (|iii souvent cache les
terrains sablonneux du sous-sol, etprovient dc la destruction des
couches superieures operee par Ics eaux de repo(|ue diluvienne,
Ce depot acquiert quelquefois jusqu'a 12 metres d'epaisseur.
Les divers elements de la formation sableuse de Cassei , etu-
dies dans leurs details , possedent des caracteres mineralogiques
et paleontologiques qui se reconnaissenl sur tons les points de la
montagne ; seulcment, les couches sont souvent rejotees par des
failles qui ne permettent pas toujours de les suivrc sur le m^me
horizon.
Nous exposerons successivement les faits geologiques que nous
avons recueillis en parcourant les dilfcrentes voies qui serpentent
de la base au sommet du mont.
Sommet de Cassei. — II n'existe pas de plateau horizontal au
sommet de Cassei. Dans I'intcrieur de la villc , les pontes sont, il
est vrai, peu sensiblcs et tres-faibles rclativement a celles qui af-
fectent les tlancs de la colline ; mais le sol est partout accidente ,
et sur la place mcme il y a des differences de niveau de plusieurs
metres. Encore y a-t il en beaucoup d'endroits de la terre rap-
portee dont I'effet a etc de niveler le sol. — Quoiciu'il en soil , il
existe bicn peu de points oil les sables rougeatres diestiens soient
a decouvcrt. Je ne les ai vus en place que pres dc la bifurcation
des deux routes de Watten et de St.-Omer , et en montant sur la
butte du chateau.
Chez M. Cortyl , brasscur , on a fait une cave dans une argile
sableuse rougeatre avec fragments de gres ferrugineux qui n'est
autre que le systeme dieslicn remanie. — Un puits creuse pres du
moulin-ii-vcnt sur le plateau le plus eleve a traverse 3 metres de
terre rapportee et 14 metres de sables rougeatres avec gres de
meme couleur. — Dans une maison voisine de I'Eglise, un puits
de 8 metres a rencontre les memcs sables, puis dc la glaise. A
(45)
proximity de I'Hotel du Saiivage, il y a beaiicoup de terre rap
portee.
Les piiils domestiques de Cassel prennent I'eau dans le sable
diestien. Celui-ci repose sur im banc de glaisc impermeable qu'on
Irouve generalement dans toute la ville , a une prpfondeur de 5 a
7 metres.
Route de Bergues. — A 50 metres de la porte de Dunkerque ,
et a droite de la route , un sentier descend rapidement pres d'une
petite ferme en face de laquelle on remarque un sable gris fin avec
gres calcareux-coquillers oil la profusion des nummuUtesvariolaria
est des plus remarquables.
Plus loin, en descendant et a gauche dela route , le sable gris
est recouvert par 3 a 4 metres de glaise grise pure qu'on retrouve
a pen pres an meme niveau sur d'autres points , et qui parait se
rapporter a quelque partie du systeme tongrien de M. Dumont.
( fig. 6. ) Du meme cote de la route , au point oil celle ci fait un
coude prouonce, une carriere appartenant a M. Deberne de Caes-
tre , est ouverte dans un massif sableux oil Ton distingue un sa-
ble blanc un pen glauconifere ( 3 metres ) parseme de grains jau-
nes qui lui communiquent une nuance tout-a-fait caracteristique.
Ce sable est inferieur a un sable gris fin ( 6 metres ) dans lequel
on remarque de gros grains de quartz hyalin , et qui en certains
points est charge de nummulites. On voit vers le haut dela car-
riere , sous 3 a 4 metres d'argile rougeatre melee de cailloux,
une veine de sable noir qui indique la base du systeme tongrien.
Le sable blanc est veine de sable ferrugineux. Dans certaines
parties de la carriere , il y a a la partie inferieure de ce sable des
gres coquillers oil les venus , les cardium et les turritelles abon-
dent. On trouve aussi plusieurs ostrea, [I'ostrea flabeUula en-
tr'autres ) , des natka , des pecten , des dents de squale , etc. II y
avait au fond de la carriere 7 a 8 metres au plus de sable blanc ,
puis 2 metres de gres coquiller qui recouvraient un sable noi-
ratre.
(46 )
On rencontre dans le sable gris , mais assez rarement toutet'ois,
des rognons compl^tement siliceux d'lin gris clair dont la surface
est couverte de silice pulverulente resultant de leur desaggrega-
tion. Ces rognons renrermentordinairemonl des fossiles(nMmw«/«<es,
la-vigata, cardium , etc.). lis affeclent loute cspecc de formes et
sont de meme epoque que le depot sahleiix au milieu duquel ils
se trouvent. Leur origine est due a des infiltrations d'eaux char-
gees de silice en dissolution.
Plus bas que la carriere Deberne, en face du cabaret du Vert-
Wallon et pres du cherain d'Oudezeele , on pent voir dans une
petite excavation creusee au piedde la niontagne, du sable verda-
tre veine d'argile et renfermant des leutilles on des rognons de
gres lustres gris-blanchatres.
Le meme sable verdatre , avec veines plus blanches passant au
gres , affleure pres du moulin de Standart , a la cote 86. Les gres
sont en ce point traverses par une quanlite de mollusques perfo-
rants. (Teredo navalis ?. )
Routede Watten. — II existait dans lecoude brusque forme par
la route de Watten , a 400 metres environ du point oii elle s'em-
branche avec le Chemin des Pierres , une carriere exploitee par un
sieur Binaut , dont la figure 7 represente la coupe verticale du
S. S.-O. au N. N.-E. Cetle carriere est aujourd'hui remblayee.
^ Les couches penchaient un pen au N.-E. et elaient coupees par
deux failles (/'/")orientees suivant leur direction , c"est-a-dire de
rO. N.-O. a I'E. S.-E. On y voyait le sable blanc ( i ) et le sable
gris ( /) au milieu duquel un lit coquiller (c) etait dispose paralle-
lement aux plans de stratification. Parmi les fossiles on remarquait
surtoutdes cardium, des crassatelles , diverses ostrea, entr'autres
Vostrca virgata , des nummnlites variolaria , des corbula , des
dents de requin. Au-dessus du sable gris reposait le sable noir (a)
et I'argile grise glauconifere du systeme tongrien [t) qui presen-
taient ensemble une epaisseur de 6 metres. U y avait a gauche de
la faille (/■), un sable gris treslinavecquelques parties noires bilu-
(47)
mineuses et de petits fragments de lignite. Ce sable exisle aussi
au Mont des Recolli^ts , et se troiive en haut de I'echelle du sys-
tenie bruxellien. Enfin, le tout etait reconvert par une faible epais-
seur de terrain a cailloux (rf).
En suivant toujours la route de WattCQ , on arrive au chemin
d'Arnecke , pres duquel affleurent a la fois la glaise ypresienne et
le sable verdatre inferieur de la formation de Cassel.
Route de St.-Omer. — C'est pres de la route de St.-Omer que
sont ouverles a mi-c6te les grandes sablieres exploitees par
MM. Moisson et compaguie pour le chemin de fer du Nord. Elles
n'ont pas moins de 20 metres de profondenr. Les couches de sable
ontete entaillees a pen pres parallelcment a leur direction (fig. 8).
On y voit de nombreuses failles dont les plans sont paralleles a
I'inclinaison generale des strates. Ces failles sont a peu pres nor-
males a celles remarquees dans la carriere Binaut , et sont appro-
ximativement dirigees N. 30° E. a S. 30" 0. II y a done a Cassel
deux systemes de failles sensiblement perpendiculaires I'une a
I'autre , et qui affectent les deux formations bruxellienne et ton-
grienne. Ces deux directions semblent etre indiquees aussi dans
la chaine qui comprend le Mont des Chats et Boeschepe.
Le sable blanc ( 6 ) et le sable gris fossilifere ( /) qui lui est su-
perpose sont tres-bien a decouvert dans les carrieres Moisson ,
ainsi que le sable noir et I'argile du systerae tongrien dont la
puissance est de 8 m. en certains points.
La figure 8 montre aussi une espece de poche remplie par le
terrain a cailloux qui repose en stratification discordante sur les
couches tertiaires.
Les sablieres dont il s'agit ont 6te ouvertes en mars 1847, et
sont maintenant abandonnees. J'ai pris la coupe suivante sur
une de Icurs parois :
lougrien.
(4«)
I Glaise sableuse ou sable fin ^laiseux glau-
Sptime conifere 1 00
Sable noir argileux 50
Sable gris sans coquilles 3 00
Sable coquiller 60
Banc solide de coquilles 60
Sable coquiller 4 00
Sable blanc.
9 70
Les fossiles appartiennent aux genres mtmmuUte (laevigata),
otirea [flabellula), cijtheree, cardium, terebratule. crassatelle, fus%i$,
venericarde , lucine, etc.
Le sable blanc n'avait en cc point, dit-on, que 2 m. 50
d'epaisseur, et rcposait sur le banc de gres a turritelles et k
venus.
Ce massif de sable est traverse en tous sens par des veinules
ferrugineuses qui affectent souvcnt la forme tubulaire , et qui se
reduisent en poussiere entre les doigts. Ces veinules proviennent
d'infiltrations posterieures au dep6t du sable. La concentration
du liquide ferrugineux par I'evaporation , a pour effet de conden-
ser pen a peu les molecules d'oxide de fer dont le rapprochement
doit s'operer de I'interieur a I'exterieur ; c'esl ce qui explique la
forme particulifere qu'affectent ces sortes de concretions.
A un niveau plus bas que les carrieres Moisson et sur le che-
min de Zuytpeene , a peu de distance du grand circuit que fait la
route de St.-Omer , une petite carriere appartenant a M. Serlyes
de Cassel est ouverte dans le sable verdatre inferieur. Ce nieme
sable affleure dans le sentier qui monte de la station du chemin
de fer a Cassel .
Route de Lille. — Deux carrieres importantes sont situees de
part et d'aulre de la route de Lille en sortant de Cassel. Ce sont
les carrieres Planque et Schwenberg. La premiere est situee sur le
(49 )
versant S.-E. du mont, pres du petit chemin qui conduit directe-
raentdeCassel a Ste.-Marie-Cappel. La figure 9 representc une
de ses parois orientee du S.-E. au N.-O. — On y apcrcoit plu-
sieurs failles dirigees vers le Mont des Recollets , dout les plans
sont paralleles a I'inclinaison generale des couches et qui appar-
tiennent par suite au deuxieme des systemes que nous avons re-
connus. On voit encore dans cetle carriere le sable blanc ou jaune
pale ( b ) avec concretions ferrugincuses , exactement semblable a
■«elui de la carriere Deberne contigue a la route de Bergues, sur
le versant oppose de la montagne. Ce sable blanc est reconvert
par le sable gris ferrugineux et fossilifere ( I ] avec gres calcaires
petris de fossiles. Le systenie tongricn est represente aussi par les
raemes roches que celles des carrieres precedentes. Eufin , les de-
pressions du sable sont comblees par une epaisseur variable d'ar-
gile sableuse et glaiseuse avec galets.
La carriere Schwenberg touche a la route de Lille. — Elle est
comprise dans I'espece d'arc de cercle que decrit cette route entre
Cassel et le Mont des Recollets. Cette carriere se trouve a un ni
veau un peu plus eleve que toutes celles que nous venous de pas
ser en revue. Aussi n'y voit-on plus de sable blanc , mais seule
ment du sable gris avec des bancs ou des amas de gres calcaires
coquillers ( fig. 10). On trouve parmi les fossiles des cy</ie're'es ,
des lucines. des corbula ?, des ttirritelks , des mimmulites [laevi-
gata, variolaria) , des ostrea ( flabelhiht , etcj , des xpatangus
(Halloiji), de gros nautilus (zigzag), le cerithium gigan-
teum , etc.
On distingue dans cette carriere six bancs de gres de 0'« 50 d'e
paisseur separes par des couches sableuses dont la puissance est
d'environ 1"' 30. — En donnant a ces bancs des numeros d'ordre
a partir du plus eleve , on remarque que le nautilux zigzag se
trouve surtout entre les numeros 2 et 4 , le cerithium giganteum
dans le numero 4 , les nummulites lavigala dans le numero5 , les
spatangus entre 4 et 5. Au-dessous de cette formation dont I'e-
paisseur est , comrae on voit, de 9 a 10 metres , on trouve 3 rae-
4
(50)
tres de sable blanc, puis dcs gres coquillers ct des sables fossili-
feres noiralres. Un puil? creuse au fond de la carri^re n'a rencon-
tre I'eau qu'a 102 picds de profondeur. Ce niveau est determine
par les premieres couches de glaise qui existent a la base de
Cassel.
A la partie supericiire de la carrierc Schwenbcrg, on voit 0"' 70
de sable noir argileux avec debris de coquilles , puis 4 metres d'ar-
gile sableuse glauconifere gris-jaunatre dans laquelle j'ai remar-
que des emprcintes de cardium , de turritelle , de yeclen [ systeme
tiingrien^). line masse assez consideral)le de glaise grise compacte,
sableuse a la partie infericure [g) , semble reposer en stratifica-
tion discordante dans une cavite creusee au milieu des terrains
sous-jacents.
Les couches de la carriere Schwenberg plongent sensiblemeijt
vers le N. et sont coupees par une faille ( /") qui parait se rappor-
ter au deuxieme systeme.
II existe pr^s de cette carriere , du cote oppose a la grande
route , un petit chemin creux dans lequel on remarque un sable
d'un vert noiratre plus ou moins argileux, traverse par des bancs
de gres coquillers. Get elage a environ 10 metres d'epaisseur. Les
turritellcs y abondent a la partie superieure ; elles sont jaunatres
et se detachent sur un fond blanc pointille de grains verts. On y
voit aussi de nombreuses ostrea flahelhda. — Plus has on rencon
tre en outre beaucoup de cardium , de natica , etc. Le sable ar-
gileux verdatre renferme aussi des noyaux de calcaire blanc pul-
verulent. Au-dessous de cet etage on observe en descendant , les
sables verts sans fossiies qui ceignent le pied du Mont-Cassel. 1
n'est pas doutcux que les gres fossiliferes de la carriere Deberne ,
et ceux qui existent au fond des sablieres Moisson, ne soient les
meraes que ceux dc la panic superieure du petit chemin creux
dent il vienl d'etre (juestion. Mais on ne remarque pas ici le sable
blanc des carrieros Binaut , Moisson , Planque ct Deberne , qui
toutefois existe sous la carriere Schwenberg, comme nous I'a
vons dit.
(51 )
Nous avons encore une observation assez importante a faire
avant de passer a la description dii Mont des Recoilels. Pres de
I'hotel de la Gendarmerie , afrteurc une glaise conipaclc qui est
sans doute la meme que celle de la route de Bergues et de la
carriere Schwenberg , et qui regie la hauteur des eaux des sables
diestiens dont on se sert a Cassel. Plusieurs sources, eneffet,
s'echappent des flancs de la montagne au-dessus du banc de
glaise , et on en voit une entr'autres pres de saules plantes au-
dessous de I'ancienne eglise. — Or , a la Gendarmerie, il a fallu
foncer un puits de 10 metres pour traverser cette terre glaise et
trouver I'eau qui s'est elevee jusqu'a 1 ou 2 metres du sol. L'ar-
gile glauconifere longrienne inferieure a la glaise etant d'une com-
pacite qui la rend impermeable , les sources qu'a rencontrees le
puits de la Gendarmerie tendraient a faire presumer qu'il existe en
certains points des sables tongriens intercales entre cette argile
glauconifere et la glaise.
Mdnfdes Recollets. — Le Mont des Recollets est situe a 1 kilo-
metre a Test de Cassel , entre les routes de Lille et de Steen-
woorde. Les sables verdatres inferieurs aftleurent au pied de ce
mont oil sont ouvertes plusieurs carrieres. En venant de St.-Syl-
vestre-Cappel , on rencontre a droite de la route , contre un petit
bois et a 400 ir.> es environ de la limite des deux territoires de
Cassel et deSte-Marie, une premiere carriere d'oii Ton tire un sable
jaune-verdatre a grains tins. Cettecouchede sable a 20 pieds d'e-
paisseur, au dire du proprietaire , et repose sur un banc de glaise
de4 p. environ qui recouvreune seconde couche de sable. Si Ton
penfetrede 10 p. dans cette seconde couche , on trouve des sources
qui annoncent la glaise ypresienne proprement dite.
En poursuivant un pen plus loin, la route traverse un petit
bas-fond dans le prolongcmcnt de celui qui separe Cassel de Ste
Marie , et qui est glaiseux dans loute son etendue , puis on arrive
a une deuxieme sabliere qui est pour ainsi dire au meme niveau
que la precedente , et oii Ton exploite un sable gris-verdatre au
( 52)
dessous d'unc veine de glaise deO">50a 1"' d'epaisseur. A cin-
qiianle pas de celte carriere , vers Ic Mont des RecoIIets on rc-
marqiie iin sable fin gris-verdatrc avec lits d'argilile blanche hap-
pant a la languc, ct un sable plusgros d'lin gris-verdalreassezclair
et veine de sable jaiine agglutine qui raf)pclle exactemout celui du
nioulin de Standard el du cabaret du Vert-Wallon. On retrouve
encore le nieme sable a 100 metres plus loin dans une anciennc
tranchee , oii il est recouvert par un sable argileux verdatrc tout-
a-fait semblable a cclui qu'on rencontre en suivant le sentier qui
raonte de la station du cheniin de" fer a Cassel. Ces sables se re-
presentent avec Ics meraes nuances caractcristi({ues le long de la
route de Steenwoorde jusqu'a la sabliere Libart, sise au pied
N.-E. du Mont des RecoIIets. Toute la cote boisee qui s'etend de-
puis cette route jusqu'au mouliu de Standard ap])artient au meme
etage.
Le cheniin qui conduit au sommet du Mont des RecoIIets traverse
en tranchee la serie des courii os rogniliiM-ps de la formation bi'U^el^
lipn e ^ deia observee en montant a la carriere Schwenberg. On voil
d'abord des sables g ns-vei:d^ii|-^ t; assez fins avec. gr gs re nfermant
une quantite de fossiles (cytliene, ostna, nalicaon ampullaria spi-
rata, carcUum, iitrritelles) ; puis on arrive a une grande carriere
ouverte dans les memes couches que cclles de la carriere Schwen-
berg au niveau de laquelle elle se trouve. Ce soutf^es memes sa-
!)les calcaires avec gr^s coquillers , dans lesquels on remarque le
t'en'thium giganteiim, des nummulites variolar ia, des ostrca ( ca-
riom) , des corbula, etc. La couche a turn'telks se Irouve un pen
plus has , comme dans le petit cheniin creux voisin de la carriere
Schwenberg ; niais je n'ai pas retrouve ici, pas plus que dans le
voisinage de la dite carriere , le sable blanc si remawjuablc des sa-
bli^res Planque et Deberne. Cependant il parait qu'on I'a trouve
au fond de la carriere des RecoIIets.
A la partiesupericure de cette carriere, Icsysteme tongrien
repose sur le calcaire grossier et coniprend les memes roches
que celles que nous avons precedeinment decrites. Enfin , on
• ( 53 ) ,
trouve au sommet du mont le sable jaiine diestien avec gres ferru
gineux dont I'epaisseur doit etre un peu moins considerable qu'a
Cassel a cause de la difference de hauteur des deux collines.
Mont du Tom. — Le Mont du Tom , cntre Noordpeeneet We
maers-Cappel , est couronne a son sommet par les sables verdatres
de la base de Cassel qui sont reconverts par une faible epaisseur
de silex et de gres ferrugineux enipates dans un melange de glaise
el de sable. Ces sables verdatres reposent d'ailleurs sur la glaise
qui affleure sur la pente jusqu'au-dela du chemin de fer de Dun-
kerque.
Pour nous restimer, nous donnons ci-apres , sous forme de ta
bleau , la serie des terrains compris dans la montagne de Cassel ,
dont Ics termes places sur autant d'horizons bien delinis peuvent
guider dans les recherclics gcologiqucs qui pourronl etre entre-
prises ulterieurcment.
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(55)
Les gres coquillers de Cassel ne sont employes que pour paver
les etables et les cours des fernies. On pourrait faire aussi un
tr^s-utile emploi des sables calcaires qui les accompagnent en
repandanl ceux-ci sur les terres argileuses dans lesquelles on
ferait entrer ainsi les deux elements principaux qui leurmanquent :
l£ sable «t le calcaire. Nous n'insisterons pas sur cette applica-
tion agricole qui ressort de tout cc que nous avons dit dans les
chapitres precedeAls.
Je n'ai pas remarque a la base dumont Cassel les sables gris tres
(insavec nummulitcs flanulata de ]\Ions-en-Pcvele. II existe cepen
dantquclqucs localites de la Belgique (Rcnaix, Mont delaXrinite)
oil les memes sables sont inferieurs au calcaire grossier Bruxellien.
Toutefois je dois dire que j'ai vu en un seul point des sables lins
qui paraissent avoir la plus grande analogic de couleur et de
finesse avec ceux de Mons-en-Pevele. Ce point est situii dans un
fond au N.-E. du Mont des Recollets sur un petit chcmin qui
conduit a Winnezeele par le bois du Temple.
MONT DES CHATS.
Eloigne des grandes routes et des centres de population, le
i\lont des Chats [Cassherq] a ete beaucoup moins fouille que le
Mont-Cassel ; aussi n'esl-il pas aussi bieu conuu. La chaine du
Mont des Chats dont le point culminant est a la cote 158, com-
prend le moulinde Boeschepe (cote 137), le mont Kolloereele, et se
prolongevers la frontiere jusqu'au moulinde Westen en traversant
les communes de Meteren, Godewaersvelde , Berthen et Boes-
chepe. Sa surface est d'environ 700 hectares.
Si Ton se rend de Fletre au Cassberg , on commence a s'elever
a 2 kilometres de ce village sur le terrain a cailloux et on arrive
au pied de la collinc oii est ouverte une carriere dans le sable
verdalre inferieur de la formation Bruxellienne, lequel est tra-
verse par des veines de glaise sur lesquelles on voit uetlemcnt se
dessiner de petites failles (lig. U). La coupe de cette carriere est
la suivante :
^>
(56)
Fragments degrcs fcrrugincux plus ou
nioins volumincux empales dansl'ar
Terrain J gj|y { 30
Uoiix i Veines de sables jaunes, gris, rougea-
tres melanijes 4.0
a
cai'
'D^
Sable jaunalrc 80
Sable argilenx jaune-verdatrc 1 . 00
c .. \ Deux veinesdegiaisc scparecs par une
bvstemc ) 111 ' A r^»
, -^ I,. < veme de sable 50
bruxellicn. \
^ I Sable verdatre a grains moyens, mi-
-:^'^
i
cace 3 50
7 50
On |)cut observer le sable verdatre le long des chcmins d'Eecke,
de Bailleul, de Godewaersveldc, au Spotterkus, au bas du Mont
KoUoerecle sur le chemin (|ui conduit au Mont noir et en beaucoup
d'aulrcs points tout autour du Mont des Chats, aiusi qu'a la base
des collines qui s'y rattachent. Mais il n'existe pas de trace des
sables coquillers siipi'ricurs de Cassel. En revanche, Ics systemes
Tongrien ct Dicstien y sent bien developpes. Dans la parlie la
plus elcvee du Mont qui est trcs-ondulce et couverte de bruyeres,
on voit tres-bien le gros sable Diestien en place avec veines de
gres ferrugineux.
Le couvent de la Trappe est compris dans ce terrain oil les
religieux ont creuse un chemin qui gagne le somniet de la mon-
tagne.
Sur le versant nord de la colline, au dessous du monasterc, on
voit dans la tranchee du chemin de Boeschepe, des sables jaunes-
bruns a grains fins avec gres fossiliferes de meme couleur, super-
poses a des sables jaunes ou gris pale tros-lins , veines de rouge,
f|ue Ton rencontre aussi au Mont noir ct qui etant compris cntre les
sables bruxellicn el diestien, doiveul ctre rapportcsa (juelque etage
de la lormation Tongrienne. Le meme fait s'observe sur le ohcmiu
dc Godcwacrsvcidc au-dela du moujin a veut.
(57)
En suivant le cherain du Moiil des Chats aBoeschepe, on des-
cend d'abord dans un l)as-}'ond oil al'tleurent les sables verts infe-
rieurs du systeme bruxellien , puis on remontc sur une nouvelle
eminence qui fait suite an Cass])erg et an sommet de laquelle se
trouve le nioulin de Boeschepc. Cette eminence est couronnee par ^■'"i-'»^'>,
de gros sables diestiens , veines de gres ferrugineux (3"".) au-
dcssous desquels s'etend une couche de silex roules de 1 a S"
d'epaisseur. Ces silex sont exploites pour la construction du che-
min vicinal de Bailleul h I'Abeele, en meme temps que les gres
qu'on passe a. la claie pour les separer du sable.
Si Ton va rejoindre cette nouvelle voie de communication a un
demi kilometre au midi dc Boescliepe, on observe dans un petit ^
chemin creux dirige a Test les sables jaunes lins ton^r iens tres- \^'^''i
bien caracterises sousle systeme diestien; puis on arrive a la route,
oil une tranchec de 6 metres dc profondeur a fait decouvrir au
jiiijii\u,^s sa])les verts supericiLCsJi la.glaise ._une petite couche
J'osjibfere consistent en une pate argilo-sableuse blanche, dans
laquelle on distingue des grains noirs de silicate de fer et de
petites lentilles vert-pale de glauconie alteree. Les fossiles qui /'
sont tous a I'etat de raoules appartiennent aux genres turritelle -f^f^*^
(lurritellaimbricataria), cardium[porulosum). ostrea, cypricardia, ■
cytheree, voluta, mytilus, etc. On y a trouve aussi le moule inte-
rieur d'une grosse coquille univalve qui n'a pas moinsde 1 decime-
re de hauteur et dont la forme se rapproche de celle &w.stromhus,
mais qui , d'apres I'opinion de paleontologistes anglais, serait de
I'espece cyprwa coombii ou ovtila tuberculosa (Deshayes) (1 ).
MONT NOIIl
Le Mont noir n'est separe de la cote de Boeschepe que par
un kilometre de terrains glaiseux ou le sous-sol est seulemeul
(l) II parait que des terrains ajialogiies cxistenlau moiit Paniscl pres dc Moiis,
et qu'ils sont assez developpes pour que M. Duinonl ail cru devoir en faire un
systeme particulier auqueJ il a donnc le nott) 4e paniselien lequcl est classe tBtyc
Jcs systtmes ypresien et bfuxelliea.
(58)
rccouvert en quelques points par dc I'argile sablcusc melee de
cailloux.
Les sables fossilifercs de Casscl on le calcairc grossier bruxcl- »s
, licnn'cxistent pas plus an MonJLnoir qu'au M oat dcs Chats I cile
»**^>^**- systemc bruxcllien n'cst rcpresente comme au Cassbcrg que par
les sablcsjjy^latros qui succedent ininiediatenicnl a laglaise. Ces
sables sont visibios au bas du mont sur les chcniins dc Boeschepe
et de S' Jans Cappcl, et dans la tranchee du cheniin qui conduit
a Bailleul. A rextremite de ce dernier on voit sur le systeme
Bruxellien des sables fins quartzcux , gris , jaune.pale, rouges
(tongriens) au milieu desquels une carriere etait ouverte il y a
^ quelques annees. Ces sables dont I'epaisseur est de 6 ■". renfermcnt
^/U^ bcaucoup^de fossiles a I'etat ferrugineux (cardium, dentalium,
ampuUaria, lurrilelles, cypricardia, cythcrec, etc.) et sont Ira-
verses par de pctites veines de glaise grise quelquefois inipregnee
d'oxide de fer et lachant le papier comme la sanguine. Viennent
cnsuite d'autres sables d'un jaunc-brun un pen argileux dont la .
puissance est de 8 a 10 metres et qui sont traverses par plusieurs
lits minces dc gres ferrugineux disposes en bandes horizontales.
Ces sables sont parfaitement a decouvert dans la dernicre tranchee
que Ton rencontre avant darriver au somraet de la montagne el
terrainent I'etage tongrien. lis supportent le systeme diestien qui
n'a que 6" environ d'epaisseur et qui consiste en un sable brun-
rougeatre a gros grains traverse par des veines irregulieres de
gres ferrugineux. On rcmarque de nombreux cailloux roules de
silex a la base dc ce systeme qui n'existe qu'a la partie tout a fait
supcrieure de la montagne; car pourpeuqu'on dcsccnde, on renlre
aussitot dans les sables jaunes dont on voit des afllcurements dans
les chemins de Boeschepe et de Berthen. Ces deux chemins sc
reunissent an Mont noir (pi'ils traversent de I'ouest a Test dans
loute sa longueur et separent les communes dc Boeschepe et dc
S'-Jans-Cappcl sur Icsqucllcs s'clend la colline dont la surface
n'est (|uc de 230 hectares environ. Lc systeme tongrien afileure
encore pres dc la froulicrc beige dans le chemiu de Bailleul a
X.
(59)
Ypres oil Ton voit du sable jaune pale tres-fm inferieur a ime
couchcde sable argileux jaunatrea la base delaquelle on reraarque
une croiite ferrugineuse coquillere.
Le sommet du Mont noir quiestcouverldebois, eslalacote 13t.
Ses llancs sont tres-ondules, tres-ravines. Ses pentes assez rapides
atleignent quelqiicfois 45 degres sur le versant sud, landis que
la c6te du Cassberg, vue du Mont noir, n'est pas inclinee de plus
de 10° al'horizon. On embrasse du haul du Mont noir, pres du
moulin a vent, un panorama tres-elendu qui coniprend le Mont
des Chats, Poperinghe, Ypres, Bailleul, Armentieres, etc.
(60)
CHAPITRE IV.
Foruiatioii f|ua1crnaire.
( Systeme diluvicn ; alluvions anciennes, )
La formation quaternairc se distingue des terrains dccrits prc-
ccdemnient, en cc qu'eile n'est pas, comnie ces derniers, coniposee
de couches regulieres et horizontales. Elle rccouvre au contraire
les roches auterieures coninie un rideau plus ou moins epais qui
s'est pour ainsi dire moule dans toutes les inflexions du sol
preexistanl. Ce systeme se trouve done en discordance de stratifi-
cation bien tranchee avec les terrains sous-jacents , dont on pent
encore apercevoir a I'exterieur les oudulations les plus prononcees,
a cause dc la faible epaisseur des alluvions (\m les recouvrent. La
physionomie du sous-sol est en effct pour ainsi dire independante
du limon supcrliciel , et c'est pour cctte raison qu'en s'aidant de
quelques observations faites en divers points , on peut en quclque
sorte deviner la nature du terrain en d'autres points que des cir-
constances locales ne permettent pas d'explorer directement.
Ainsi les caracteres generaux de la formation quaternaire sont
de recouvrir indistinctement toutes les couches plus anciennes ,
d'embrasser par suite de larges etendues de territoire, et d'exister
a tons les niveaux depuis les sommets les plus eleves jusqu'aux
plaines qui bordent les vallces modernes , avec unc epaisseur va-
riable, mais ordinairenient tres faible, relativement a la puissance
des roches cretacees et terliaires auxquelles elle est superposee.
Cette formation est d'une haute importance au point de vuc
agricole, en ce que d'abord elle comprend plus de la moilie du sol
do la Flandre, el aussi parce qu'en vertu de scs variations do
( 61)
composition et d'^paissciir die influc puissamment sur la qualile
des terres cultivables.
II est rare que son epaisseiir soil s uperieure jiJ.-»B-5-m4t£CS- .
m ais elle s' el ev e quelqucfois jusciu'a l(L _12eLl5 metresJTluime-
rics^ Tcmpleuvc , Wasquchal , Bondiies , Mouvmii x . Tourcoing ,
Wambrechies, CasseK)^
Les roches qui constituent le terrain qualcrnaire sont des cail-
loux roules, des sables et des argilcs plus ou moins sableuses.
Je n'ai point encore entendu dire qu'on ait trouve dans nos
environs, au milieu de ce terrain, des ossements d'elephants ou de
ces grands mammiferes donl les debris sont meles aux cailloux et
aux blocs erratiques dans d'aulres parties de la France et de I'Eu
rope. Lesj;q(fu illes fossi lesqinli-enfernie s^nMerrestres et^ttes-
rares. Je n'ai rccueilli que dcnx jielices , I'une au nord d'Haze
brouck , sur la route de Saint-Sylvestre-Cappel , I'autre au pied
sud-ouesl du Mont des Recollets. Le terrain quaternaire pent done
etre considere comme une formation d'eau douce due au dernier
cataclysme dont reffcl a etc d'anicncr de grandes inondations dans
diverses parties du continent (1).
Les eaux qui ont fait irruption a cette epoque se sont elevees
jusqu'a une certaine hauteur au-dessus du niveau actuel de la mer
et ont convert des espaces plus ou moins considerables suivant le
niveau primitif des contrees oil elles se repandaient. C'est ainsi
que notre Flandre a ete totalement envahie tandis que d'autres
pays dont le sol est plus eleve n'ont recu les eaux diluviennes que
dans les depressions de leur surface.
(i) Ce cataclysme correspond-il au deluge de Noe? Le f:iit de la non dicoii-
verte d'ossements liumains dans les terrains de la periode quaternaire observes
dans nos contrees ue tend a prouver autre chose, ce me serable , si ce n'est que
cette partie du continent europien n'etait pas habitee a I'epoque du deluge histo-
rique. — Et quant aux esptces animales elcintes depuis le deluge, on peut concevoir
que cerlaiucs races telles que celles des mastodontes , des iSlatis , des auiochs , se
trouvaient alors dans des conditions cliniatt-riques defavorables quineleur perraet-
taient plus de se reprodiiire avec abondance et devaienl provoquer leur aneauli^sc-
racnt prochain.
iu- r
es- T^A^
(63)
Les derni^res valines ont etc creusees a la I'm de cette periode
par les grands couranls qui alors sillonnaicnt le globe. C'est
sans doute au milieu de cc calaclysnie qu'a 6le detruit Tisthme
qui reunissait les cotes actuelles de France cl d'Anglcterrc el
qu'ont ele produitos , par de proi'onds dochircnients de la craie,
les haules falaises de Douvrcs et du ca]) Blanc-Ncz pres Calais.
Les mers entreprenaient alors un travail d'erosion dont les traces
ne devaient plus etre effacees et la geographic physique du globe
prenait peu a pen la physionomie qu'elle devait definitiveraent
conserver.
Dans le departement du Nord les eaux diluviennes ont atteint
la cote 220 ; car on trouve du limon dans I'arrondissenient
d'Avesnes a ce niveau.
Nous avons distingue sur notre carte au -^^ deux parties
dans le terrain quaternaire : Tunc inferieure teintce en jaune
d'ocre fonce et I'aulre superieure teintee en jaune pale. La pre-
miere represente les mati^res les plus lourdes telles que les
cailloux et les sables ; I'autre les parties les plus fines qui con-
sistent en une masse d'argile plus ou moins sableuse et plus
ou moins coloree par I'hydrate de fer. Quand toutes ces roches
sont reunies dans un raeme lieu , on observe qu'elles sont
disposees par ordre de pesanteur specifique , c'est-a-dire que
les cailloux occupent la partie la plus basse avec les sables et
sont recouverts par des sables argileux et de I'argile de moins
en moins sableuse qui forme la partie superieure du depot. Mais
il arrive rarement que la formation soil complete en un point
donne et on remarque generalement que les cailloux sont plus
gros et plus nombreux sur les plus hautes collines el que les sables
les plus purs se rencontrent au contraire dans les plaines basses
comme par exemple le long de la Deiile el de la Lys, de Wambre-
chies a Comines et a Menin. Au premier abord , cette di.^position
paralt contraire aux lois de la pesanteur; mais il faut obser-
ver que le depot n'a pas eu lieu comme dans un vase a fond plat
ct uni, mais bien dans unbassin, herisse d'asperites ou de monti-
(63)
cules plus oil moins Aleves , et qu'a la premiere p^riode qui
a ete toule d'erosion et de transport , et pendant laquelle
ont ete roules et baliotcs les iVagments les plus volumineux, a
succede une periode de tranquillite , de calme , de repos , qui a
permis le depot lent et successif des particules argileuses les plus
tenues. Or, lorsque les eaux ont fait irruption dans ce bassin et
qu'elles se sont chargees de debris provenant de la degradation
de diverses roches, Icur force vivc a du necessairement croitre en
raison de leur profondeur et diminuer au-dessus des hauts-fonds
rapproches de leur surface. On coucoit done que les caillouxles
plus volumineux aient pu rester en suspension a la traversee des
passages profonds et soient tombes an contraire sur les ilots sous-
marins oil le volume d'eau en mouvement ne suffisait plus pour
empecher leur chute. Supposons encore que les eaux aient atteint
un sommet eleve comme celui de Cassel et aient souleve les gres
ferrugineux et les sables diestiens qui se trouvent a la partie supe-
rieure de la montagne. Ces gres ferrugineux ont du se briser et
suivre une direction qui n'a pu etre que la resultante de la force
de transport des eaux et de la pesanteur. II n'est done pas eton-
nant que des blocs de gres quelquefois enormes soient amonceles
sur les (lanes du mont , et qu'on en retrouve encore , mais de
dimensions moindres sur des sommets moins eleves tels que ceux
deStrazeele, de Vervvick et d'Halluin (1).
Pendant la periode agitee de la formation quaternaire , il n'y
avail aucun courant ayant une direction determinee; mais les
eaux devenant plus tranquilles, favorisaient le depot des sables qui
devaient gagner les points les plus has du bassin , tandis (pie les
(i) Nous admettons iraplicileraenl ici un priucipc que tout le moiKle coimait,
savoir, que deux corps de meme dcnsite mais de volumes iuegaux, ne tombent pas
avec la meme vitcsse dans un meme milieu parce que Ja surface exterieure de ces
corps conlre laquelle s'exerce la resistance du milieu ne croit pas en raison du
volume, el que par suite , un petit Iragmeut a une surface proporlionnellomeut
plus graude qu'un plus gros.
( 64 )
grands fleiives qui prenaient naissance laissaient les malieres
argileuses les plus fines sur les pontes des coliines qui bordaient
Jeur lit.
La partie inferieure du terrain quaternaire coiuprend le terrain
a cailloux et le sable carapinicn do M. Dumont. La partie supe-
rieure correspond au limon hesbayou du raenie geologue.
Nous avons cru devoir distinguor deux etages dans la formation
dont il s'agit. Cettc division a I'avantage en effet de separer des
roches differcnlcs au point de vuc mineralogiquc el de rappeler
les' deux periodes d'agitation et de repos qui se retrouvent dans
toutes les formations gcologiqucs et qui sont caraclcrisees, I'une
par desmateriaux de transport ou des roches arenacees, I'autrc
par des depots operes au scin d'eaux tranquilles et consistant en
argiles de diverses natures ou en caicaires deposes par voie de
precipitation chimique.
L'argile jaune ou le limon superficiel des plaines de la Flandre
est exploilee en beaucoup de points pour la fabrication des bri-
ques. C'cst un silicate d'alumine colore par I'hydrate de fer et
melange intimemcnt de sable tres-fin en proportion variable dont
on pent cffectuer la separation par le lavage. Cette argile est bien
developpee aux Moulins, a Wazenimes, a Seclin , a Haubourdin,
aHallesnes, a BolJezeele, et dans beaucoup d'autres communes
qu'il serait superfUi d'enumerer ici.
On trouve souvent de petits fragments de craie dans le limon
qui participe d'ailleurs plus ou moins des proprietes du sous-sol
qu'il recouvre. Ainsi , l'argile peut etre plus ou moins glaiseuse
(Mouchini , sableuse (Raimbeaucoiirt, Lcforest, Ostricourt) ou
crayeuse (Wattignies, Seclin) suivant la nature du terrain infe-
rieur. L'argile etant, comme nous I'avons deja dit, le produit de
la desagregation de roches plus ancicnnes , ne doit renfermer que
des traces de chaux a I'etat de silicate, ipiand elle on renferme;
de sorte que la chaux qu'elle peut contenir s'y trouve a I'etat de
carbonate ou do craie melangee en fragments plus ou moins gros.
II y a des argiles qui ne renferment pas un at6nie de chaux et
(65)
cependant on voit souvent des forels cpaisses siir de semblables
terrains, bien que la cbaux cntrc comme Element essentiel dans la
cendre des arbres. Cette anomalie n'est qu'apparente ; carles
vents et les pluies suffisent pour amener sur ces terrains les sels
min6raux dont ils manquent. La foret de Raismes , par exemple ,
situee au N.-O. de Valenciennes , est rapprochee de nombreux
affleurements crayeux dont les debris reduits en poussiere et en-
traines par les vents peuvent fournir et bien au-dela aux besoins
de la vegetation. De plus, elle croit sur des sables tertiaires qui
empechent I'excfes d'humidite et fournissent des aliments a la
plante par le liraon dont ils sont melanges pres de la surface du
sol. La foret dc Moripal dans I'arrondissement d'Avesnes est dans
le meme cas. II faut considerer qu'un sol , pour etre propre a la
croissance spontanee des essences forestieres, doit remplir plusieurs
conditions, entr'autres celles de conserver une certaiue quantite
d'eau et de renfermer de la silice, des alkalis, etc. Or, ces condi-
tions se trouvent reunies dans les terrains siliceo-argileux et c'est
pour cela que les forets s'y plaisent tout particulierement.
L'argile passe a une faible profondeur a une argile sableuse et
souvent calcareuse a pale fine jaune on grise dans laquelle on trouve
de pelites concretions calcaires semblables aux septarias de la
glaise; ces concretions sont quelquefois tres-abondantes et font
eclater les briques lorsqu'il s'en glisse dans la pate argileuse.
Parnii les localites oil cette argile sableuse existe a la surface du
sol, on pent citer le bas des cotes de Waha gnies et de Pha kmpin.
le plateau d e Forest et celui de Bondues au sud d u village , Re« —
baixjj^s, la plain e Sajnt-Amlre, le c alvaire de W amhied iies ,
P erenchi es , La Mag deleine, la trancbe c de Fives, Jeb^s-fond entre
IlHes etJHerlies,Jes environs de Terdeg hem. de Cro chtey-Ies bords
de I'Yser de Bollezeele a la station d'Esquelbecq , et le territoire
compris entre Oost-Cappel et Hondschoote. Dans presque toutes
ces localites, l'argile sableuse fait effervescence avec les acides.
Elle pent done etre melangee avec avantage a la terre vegetale
quand celie-ci ne renferme|pas de chaux. Aux environs deCassel,
( 66)
on la connait sous le nom de marne et on s'en sert pour amendcr
les terres trop argilcuses ou troj) sablcuscs (1).
A un niveau infericur au limon argilo-sablcux , la proporliou
de sable augmente do plus en plus et donne lieu a un sable plus
ou nioins argileux connu dcs foreurs sous le nom de sable boulant
ou mouvant. Ce nom s'applique aussi aux couches d'argile sa-
bleuse qui coulent avec une extreme facilite quand ellcs sont im-
pregnees d'eau. Les tranchees du chemin de fer de Lille a la
frontiere de lielgique , dont les talus se sont 6boules a plusieurs
reprises, offrent de nonibreux exeniples de la penetrabilile ct dela
mobilite de ce terrain. Le sable argileux est ordinaireraent dc
couleur grisatre et a grains tres-fins. Je I'ai observe sur la hauteur
de Mons-en-Baroeul, a Baisieux dans la sabliere Defontaine, dans
les briqueteries des Moulins , de Loos , d'Haubourdin ; je I'ai vu
aussi pres de la station de Seclin , dans une excavation qui avail
ete ouverte sur rcmplacement actuel de la fdature de liu de
M. Duport; en monlant de Martinsart a Atliches ; sur la hauteur
de Fournes; au hameau de I'Ermitage, pres d'Estrees; dans le
chemin creux de Fressain a Marcq. — On exploite ce sable, soit
pour les constructions , soit pour le moulage. Celui d'Estrees
revieut a la fonderie de canons de Douai a 5 fr. le metre cube. —
■ Le sable argileux renferme souvent des debris des terrains infe-
rieurs. Ainsi, dans la plupart des localites que nous venous d'enu-
merer, il est melange de petits fragments de craie qui lui commu-
niquent une teinte blanchatre et fait meme une assez vive
effervescence avec les acides. Cost alors un sable calcaire dont
on pourrait se servir tres-utilemcnt pour amender largile troj)
compacte qui le recouvre.
On trouve aussi dans le meme sable des fragments de catillus
meles aux debris crayeux. Dans d'autres localites , il renferme
d'autres fossiles qui proviennent toujours de la destruction des
(i) Aux environs de Bruxelles , on marne les terres avec la meme argile quoii
retire des fossis ou d'excavations peu profondes.
(67)
couches inferieures. Ainsi, on a rencontre dans le village de Bon
dues, a la partie inferieurc du limon et au-dessus de la glaise, un
banc de sable mele d'argilc et de gravier d'une epaisseur d'un
metre au plus , dans lequel on rcmarque de pctites nummulites ,
des turritelles, des fragments d'ostrea, etc. II n'est pas douteux
que ces fossiles qui sont ceux de la glaise ypresienne, n'aient ete
remanies a I'epoque du limon. Cost probablement aussi dans les
niemes conditions que se trouvaient les univalves turricules qu'on
m'a dit avoir decouverts a 3 metres de profondeur en faisant un
puits chez M. Bouillet, brasseur a Tourcoing.
Le sable jaune plus ou moins argileux qu'on rencontre surtoul
le long de la plaine de la Lys doit elre aussi rapporte a la partie
inferieure du limon , cu egard aux caracteres particuliers de son
gisement. Ce sable est rarement parfaitement pur ; il est presque
toujours un peu argileux , ne renferme presque pas de glauconie
et fait suite au terrain a cailloux. C'est le sable campinieu de
M. Duniont. II existe a une profondeur maximum de 4 a 5 metres
sous les alluvions de la Lys, a Fleurbaix, Armenti^res, Houplines,
Frelinghien, Deulemont, Comines. II se montre meme au jour sur
de petits mamelons rapproches de cette riviere entre Houplines et
Frelinghien. Un large afileurement suit aussi la vallee de la Lys
de Perenchies a Comines et a Menin. On le voit en cffet reposer
sur I'argile plastique dans la glaisiere de M. Bonzel au has de la
cole de Perenchies et on I'exploite au hameau de la Prevote pour
I'entretien des routes et pour les constructions. Entre Halluin et
Menin , sur le chemin de Bousbecques , on extrait du sable jaune
pour les routes et la moulerie qui est exactement semblable a
celui de la Prevote.
Le village de Quesnoy-sur-Deule est bati sur le meme sable que
j'ai cu aussi occasion d'observer au hameau du Chien, a 2 kilo-
metres a Test de cette commune.
J'ai encore vu le sable jaune au fond d'une grande briqueterie
sise a peu pr^s h mi-route de Quesnov a Deulemontjet dout la
coupe 6tait la suivante :
Alluvion
luoderne.
« J>
en
o ^
-^3
rt
« *2
u "
a>
1 1
C3
o <"
a -f^
o
J 2
1 20
70
5 00
(68)
Argile glaiseuse jaune 1 20
Sable argileux jaune, tres-fm. 60
Argile sableuse grise, a pjilc line, avec
concretions ferrugiucuses 1 30
Sable argileux gris-jaunatre , tres-fm
avec beaucoup de petites paillettes
deraica
Sable tin gris-jaunatre
Profondeur dc la tranchee
Des terrains semblables existent aussi a Wambrechies sur la
rive gauche de la Dculc , pres d'Erquinghem-sur-Lys , a Mcr-
ville, a Caestre , a Roubaix , a Tourcoing , et il est remarquable
que tous ces sables, quoiqu'a une assez grande distance des al'lleu-
renients de craie , font noanmoins effervescence avec les acides.
Voici la coupe d'un puits fence a Roubaix dans la uouvelle fila-
ture de laine de M . Ernould Bayard et qui a traverse un sable
lout-a-fait analogue a celui qui aflleure a Wambrechies :
Terre vegetale 0-60
[ Argile sableuse grise 90
Limon. } Sable argileux grisatre, aquifere (sable
( mouvant ) 4 20
Ypresien. I Qlaise blcue 90
6 60
On a aussi creuse un puits pr^s de intersection du cheniin de
fer avec la route d'Erquinghem a Armentieres , dans un sable (in
argileux grisatre de nierae nature que les precedents.
Le sable canipinien existe sous une partie de la ville de Tour-
coing avec une epaisseur d'au moins 10 metres. Chez M. Lemaire-
Requillart, rue de la Cloche, on I'a trouve sous 2 metres d'argile
sableuse avec septariai.
(69)
Les puits domesUques du village de Caestre prennent I'eau
dans un sable argileux gris jaunatre qui renferme aussi du car-
bonate de chaux ; leur profondeur est de 6 metres et le niveau
d'eau se maintient a 2 metres du sol.
Enfin, a Merville , ce meme sable argileux , toujours Ires-fin el
calcaire, est visible dans une excavation voisine d'une fabrique de
pannes oil 11 n'est recouvert que par 1 metre environ de terrain
moderne.
En dehors des localites voisines de la vallee de la Lys , on pent
observer le sable campinien dans plusieurs parties des arrondisse-
ments d'Hazebrouck et de Dunkerque , dont le sol toujours sec
decele son existence a tres-peu de profondeur. II existe des ter-
rains sablcHx pres de la frontiere beige au N.-E. de Boeschepe,
au hameau de Drogelande ( commune de Winnezeele) qui signific
en ilamand terre seche ,_ddins la^ vallee de la Jole-Becque, dans
celle de I'Yser, pres de Wilder et de Bambecque et entre Honds-
choote et le canal de Furnes. On voit le sable jaunc campinien
dans une briqueterie pres d'Herzeele , sous 1 metre environ d'ar-
gile, et dans la tranchee du chemin qui raonte de I'Yser a Bam-
becque oil il est aussi recouvert par une couche d'argile de 1 metre
50 c. a 2 metres d'epaisseur.
On trouve quelquefois dans le sable argileux du limon (tran-
chees du chemin de fer entre Hazebrouck et Hondeghem), des con-
cretions ferrugineuses qui ont la forme de pelites baguettes d'un
centimetre au plus de diametre, traversees, suivant I'axe , par un
tube effile de la grosseur d'une aiguille. Nous avons deja eu occa-
sion de remarquer des concretions de cette nature dans I'argile
sableuse grise et micacee du limon, et nous pensons que la liqueur
ferrugineuse a laquelle elles doivent leur origine n'est que le
resultat de la decomposition des pyrites dont il devait exister des
debris dans les eaux diluviennes. Cette supposition est confirmee
par un fait assez interessant qu'il importe de citer ici , savoir : la
presence en certains points , au milieu des sables argileux et des
cailloux quaternaires, de cristaux prismatiques de gypse trans-
(70)
parent , dont les aretes asscz vivcs ct Ics pointemcnls bicn con-
serves indiquent que ccs crislaux n'ont pas ete roulcs, mais qu'ils
se sont formes dans les points raemes oil on les rencontre. Or, ii
n'est pas douteux qu'a I'epoque du limon, les eaiix rcnfermaient
du carbonate de chaux en dissolution, puisqu'on trouvc des con-
cretions calcaires dans I'argilc sableuse. Ce carbonate a done pu
donncr lieu a du sulfate de chaux en rcagissant sur le sulfate de
fer provenant de I'alteration des pyrites. Lc gypse est connu
depuis longtcmps des habitants de Bailleul qui le ramassent dans
leurs promenades au Ravensberg et le gardent comme unc curio-
site. J'ai constate aussi sa presence sur le flanc N.-E. du mont
d'FIalluin, en suivant le chcmin qui conduit au village. II parait
qu'on en a trouvc aussi a la traversee de la cote de Soex par le
chcmin de fer de Dunkerque. Enfin , un puits pratique dans la
sucreric de M. Lcmaire-Requilla rta Mouveaux en a fait decouvrir
un gisement au-dessus de la glaise. Ce puits a traverse :
Terre vegetale et argile 4 00
Sable mouvant 8 00
Cristaux de gypse au milieu du sable
et des cailloux (couche aquifere) ... 1 00
Glaise ypresienne.
horraalion
(juateraairc.
Les cailloux se trouvent , comme nous I'avons dit, a la base du
terrain quaternaire. lis consistent en fragments plus ou moins
gros de silex roules, de gres ferrugineux , de fer carbonate, de
gres blancs , empatcs dans des argiles de natures diverses sui-
vant la nature meme du sous-sol des terrains environnants. lis se
trouvent lantot au milieu d'une glaise brune qu'on rencontre assez
generalement sur la craie entre Lille et Cysoing , tantol dans la
glaise ypresienne remaniee, tant6t dans des melanges d'argile et
de sable en proportions variables et plus ou moins colores. Assez
souvent les cailloux sont enveloppes dans I'argilc grisc compactc
et micacee que nous avons dcja signalce a Perenchies et le long
{ 71 )
de I'Yser, do Bollezcelc a la station d'Esquelbecq. II n'y a rien
d'ailleurs qui doive surprendre dans la diversite des roches qui
accompagnent les cailloux. Ccttc diversite s'explique tree-bien, en
effet, par I'etat d'agitation qui regnait a I'epoque de Icur depot
ct conti-aste d'une maniere frappante avec I'liomogeneite du liinon
dont les differentes couches conservent les memes caracteres sur
dc si grands espaces. Les paillettes de mica qui existent dans
I'argile jaune et qui deviennent plus frequentes vers la partic infe-
rieure de la formation sont bien aussi I'indice du retour a unc pe-
riode de calme et de repos.
Les galets de silex atteignent rarement la grosseur du poing.
Us sont souvent de forme ovoide , tandis que les gres ferruginenx
de la chaine de Cassel et ceux de fer carbonate qui ont ete deta-
ches de la glaise, se prcsentent sous forme de plaquettes angu-
leuses a cause de leur moindre durete, Les silex n'ont pu elre
ainsi arrondis ou uses a la surface sans avoir ete roules et ballotes
un certain temps avant de se deposer. L'epaisseur des couches
dans lesquelles on le^rencontre demontre aussi d'ailleurs que le
mouvenient des eaux a ete d'une assez longue duree.' Ainsi dans Ic
village de Mouveaux , I'argile superficielle qui renferme des silex
recouvre une argile beaucoup plus sableuse qui passe a un sable
de moins en moins argileux. Les puits domestiques ont dans cetle
localite de 8 a 12 metres de profondeur et traversent en general
2 metres d'argile avec cailloux roules et 6 metres de sable boulant
avant d'atteindre la glaise. Un fait analogue se prescnte dans la
carriere du Mont-des-Chats dont nous avons donne la coupe dans
le chapitre precedent.
J'ai vu a Tourcoing, d ans une excavation prati(|uee au milieu
de I'enceinte de la brasserie de M. Bouillet , la serie suivante dc
has en hautlfig. 12):
( 72)
a Glaisc impure iin peu sablciise 60
b Argilc melangec dc sable ties tin niicace 50
c Glaise impure 40
d Sable argileux grisatre micace 40
e Argile sableuse avec siles a la partie inferieurc . . 1 00
2 90
Au milieu des couches dont le detail precede se trouvait en f
une lenlille d'argile sableuse Ires-fine d'un gris pale avec cailloux
arrondis. La glaise compacte a etc rcnconlrec en ce point a 7 metres
environ de profondcur.
La tranchee du chemin de fer a Arnecke presentait une coupe
analogue (fig. 13).
a Glaise bleue.
b Glaise grise melee de sable.
c Sable argileux grisatre avec veincs de glaise.
d Glaise impure melee de cailloux.
e Argile jaune.
Les silex roules sont exploites pour I'entretien des routes. Une
carriere importante est ouverte dans la commune de Bolle/eele,
pres de I'Yser, oil la couche de gravier atteint en certains points
6 metres de puissance. On lave les silex pour les debarrasser de
I'argilc ct du sable dont ils sont melanges. Une autre carriere est
situcc au pont de la Creuillc , a 2 kilometres au nord de Worm-
hout. La couche de gravier dans laquelle on remarque des frag-
ments de fer carbonate repose sur la glaise et a 3 metres d'epais-
seur. Elle est recouverte par 1 metre de sable argileux etcalca-
reux etpar 1 metre d'argile et de terrc vegctale.
II existc aussi du gravier sur les eminences dePilgam, Zeggers-
Cappel, Mcrckeghem, Volckorinckove , Watten, Lynde, Blarin-
ghcin, Witlcs, Boeseghcm, Morbccque et autour des montagucs
de iarrondissement d'Hazebrouck.
(73)
Au nord-est du village de Godcwaersvelde, prfes de la frontiere
beige , un maraelon glaiseux est couvert de cailloux qui lui ont
raeme fait donner le nom dc Steenacker (en flamand , Champ de
Pier res).
Le petit village de Strazeele est bati sur le terrain a cailloux ;
les cours des habitations sont pav6es avec des gr^s ferrugineux
tires sur les lieux memes.
Au sommet du Ravensberg , pr^s Bailleul , sur 250 metres de
longueur et 50 metres de largeur environ , la surface du sol con-
siste en un sable rougeatre mele de glaise avec des fragments de
gres ferrugineux souvent tres-abondants.
Le mont du Pile , pres de Wittes , sur la route d'Aire a Saint-
Omer, est aussi couronne par une couche assez epaisse de silex
empates dans un melange de glaise et de sable.
Lorsqu'on s'occupait de la construction du chemin de fer de
Calais, quelques sondages executes dans le bois situe entre Mor-
becque et Wallon-Cappel firent decouvrir des indices de sable et
la compagnie se decida a y ouvrir une grande tranch6e dans
laquelle on etablit meme une petite voie de fer destinee a trans-
porter les materiaux sur la ligne principale. Mais le gisement
sableux ne repondit pas aux esperances qu'on avait concues , et
on fut oblige d'abandonner les travaux. Cette tranchee laisse voir
des alternances irregulieres de gravier, de glaise , d'argile grise
compacte et de sables de diverses couleurs plus ou moins argileux.
Les silex sont tres-nombreux en certains points de cette hauteur
et servent a I'entretien des chemins. Des enfants les ramassent et
les transportent dans des paniers a la facon des porteurs d'eau.
Les cailloux sont aussi tres-abondants au mont d'Halluin et au
has des bois sur le chemin de Roncq a Bousbecques. lis ont meme
donne leur nom a un hameau de la colline d'Halluin
Sur la hauteur de Salome, on voit des cailloux roules dans une
couche d'argile rougeatre de 1 a 2 metres d'epaisseur qui recouvre
le sable vert landenien.
Je ne raentionnerai que pour memoire les quelques silex qui
( 74 )
existent au soramet dc Linselles et qui sont melanges dans I'argile
comme a Mouvcaux et a Tourcoing.
Les cailloux siliceux sont tres-souvenl accompagnes de pla-
quettes dc gres ferrugineux. J'cn ai rencontre sur les collines dc
Watten, Verwick, Fives ; mais c'est surtout sur les flancs du mont
Cassel d'oii ces gr6s provienncnt , qu'ils sont accuniulcs en plus
grande abondance et qu'ils prescntent le plus gros volume. Les sables
dc la collinc figurcnt en coupe verticalc une succession de paliers
et dcrampes qui ressemblent a dcs especes de marches d'escalicrs
gigantesques sur lesquels le terrain a cailloux s'est depose.
On extrait a Cassel de tres gros blocs de gres ferrugineux qu'on
taille sous forme de larges paves et qu'on dispose le long des chc-
mins vicinaux oii il servent de trottoirs. On les emploie aussi dans
les constructions. Parmi ces gr^s ferrugineux, il existe devcrita-
bles minerais de fer qui rendcnt jusqu'a 45 p. Vo a I'essai. On
en exploite pour les hauts fourneaux de Denain, au sud de Cassel,
oil ils se trouvent en morceaux de diverses grosseurs au milieu du
limon argilo-sableux qui recouvre les pentes de la montagne. J'ai
recueilli de tres-beaux echantillons du meme mineral avec em-
preintes decoquilles sur le haut du Ravensberg, pres Baillcul.
On trouve aussi , mais moins frequemment , des debris dc fcr
carbonate a la partie inferieure de la formation qualeruairc. Ils
sont assez frequents a Perenchies. J'en ai vu aussi dans quclques
autres localites, a Wormhout, a Fourncs, dans des carricres de
Flines, de Landas, de Beuvry, etc.
Les grfes blancs tertiaires n'existent pour ainsi dire que dans
I'arrondissement de Douai a I'ctat de fragments plus ou moins
gros, melanges au limon. On les trouve ordinairement au sommet
des eminences sableuses sises entrc la Scarpe et la Sensce. Ainsi
a Cantin, par exemplc, il y a jusqu'a 3 metres d'argilc melee de
sable , de silex rouies et de fragments de gr^s , sur le massif
sableux exploite. Ces gres atteignent quelquefois un volume
assez considerable pour qu'on puisse les extraire et en fairc des
paves.
(75 )
J'ai reconnu aussi dans rarrondisscment de Dunkerquc au mi-
lieu du terrain a cailloux qui rccouvre une hauteur au S.-E. de
Pitgara des fragments de gres blanc chlorite avec empreintes de
fossilcs. Ce gres appartient sans doute a la formation bruxellienne.
(Gres lustre?)
A 1 kilometre a Test du village de Capelle (arrondissement de
Lille), j'ai remarqu6 surla glaisedes fragments roules du calcaire
nummulitique de Mons-en-P6vele.
On voit par ee qui precede que les debris qui existent a la base
du terrain quaternaire sont de natures tres-variables. II y a dans
ce terrain un nombre assez restreint de roches bicn caracterisees ;
mais ces roches changent d'unc iocalite h une autre. Ainsi a
Louvil, parexemple, ontrouve, de meme qu'a Neuville-en-Fe-
rin , un melange d'argile et de sable pen propre a la briqueterie.
Sur la hauteur de Mons-en-Baroeul au contraire, c'est de I'argile
qui renferme des lentilles de sable et des veinules de glaise grise.
II existe aussi dans les arrondissements de Dunkerque et d'Haze-
brouck , surtout dans les plaines comprises entre Worrahout ,
Houtkerque et Cassel un terrain d'une nature particulifere qui est
connu dans le pays sous le nom de brouck (en flamand , marais,
marecagc). Ces broucks ne sont autrcs qu'une terre glaiseuse dans
laquelle il entre un pcu de sable et qui est trfes-tenace et tres-
difficile a travailler. Elle doit son origine au remaniement de la
glaise op6re par les eaux de la periode quaternaire.
{ 76 )
CHAPITRE V.
Forniafiou positdllnviciiue.
( Alluvions modernes.]
Cette formation, la plus recente de toutes celles qui constituent
la croute exterieure du globe , est loin d'etre aussi etendue que
celles qui sesont produites antericurenient. Elle suit le cours des
rivieres ou les bords de la mer, et n'atteint jamais qu'une tres-
faible hauteur relativement au niveau actuel des eaux , bien diffe-
rente en cela du limon quaternaire qui tapisse les pentes des
vallees et recouvre meme des plateaux eleves sur de grandes
etendues. Les roches qui la composent different aussi de celles de
la periode diluvienne par la iinesse et la variete de leurs ele-
ments , et en effet les detritus ou fragments des terrains desa-
greges doivent etre en rapport avec le volume des eaux ou avec
la force de leur courant, et d'un autre cote la nature de ces de-
tritus depend necessairement de la composition du sous-sol de
chaque vallee.
Les terrains modernes representent les depots formes par les
debordements des cours d'eau qui ont eu lieu depuis I'ctablis-
sement de la civilisation sur le continent. La date recente de ces
depots nous est revelee par les medailles, les poteries, les objets
de toutes natures qu'ils recelcnt , et d'ailleurs ils se continuent
encore de nos jours , sous nos yeux , par I'effet des inondations
qui sc produisent a la suite de pluies torrentielles et persistantcs.
Dans la Flandre francaise , les alluvions modernes comprennent
dcscailloux, des argiies de diverses sortcs plus ou moins sa-
bleuses , quclqucs depots de minerais de fcr, de la tourbe et des
sables.
(77 )
Ces roches , a I'exception de la toiirbe et du fer hydrate, ne sont
que le produit de la desagregation dcs terrains qui forment les
parois et le fond des vallees, et comme en Flandre, ces terrains
ne different pas beaucoup d'un point a I'autre, il en resulte que
leurs debris ressemblent souvent aux roches originaires , au point
qu'il n'est quelquefois permis de les en distinguer que par leur
niveau ou par les fossiles qui s'y trouvent renfermes. On y trouve
assez frequemment , en effet , diverses coquilles d'eau douce
{palndines , plamrbes , lymnees , etc.) des ossements d'auimaux
et des vestiges de I'industrie humaine , tels que fragments de
briques , de tuiles, de vases en terre cuite, etc.
II existe des alluvions raodernes dans les vallees de la Sensee ,
de la Scarpe, de I'Elnon, de la Marque, de la Deule , de la Lys et
dans la plaine de Dunkerque.
Vallee de la Sensee. La vallee de la Sensee dont la largeur
maximum de depasse pas un kilometre et derai , se trouve sur la
lisiere des deux departements du Nord et du Pas-de-Calais. Elle
est bordee par les sables tertiaires de Lecluse a Brunemont et
par la craie de Brunemont jusqu'a I'Escaut. Les communes qu'elle
traverse dans I'arrondissement de Douai sont celles de Lecluse ,
Hamel , Arleux , Brunemont , Aubigny-au-Bac et Fechain ; son
etendue dans cet arrondissement est de 1,100 a 1,150 hectares ,
et son niveau est a la cote de 40™ environ. On y exploite de la
tourbe au moyen de la drague, jusqu'a une profondeur de 5 a G"'.
Ce combustible est employe surtout au chauffage domestique et
se vend 3 francs le bateau contenant 400 tourbes. (1) G'est ce que
peut faire un ouvrier dans sa journee. Les cendres dont les
cultivateurs fontusage comme engrais, coutent 0,25 c. I'hectolitre.
(i) Ces lourbes out i5 cent, de longueur sur g de largeur et 6,5 d'epaisseur.
Elles cubent o decim. 88 et pesent environ 1/2 kilogr. Les tourbii-res de Lecluse,
Arleux , Brunemont , Aubigny-au-Bac el Fecbain , produisent annuellemeiit
ao,ooo metres cubes pesant cbacun de 35o a 4oo kil, et occupant 44° ouvriers
pendaut trois mois. — La journie du tourbeur est d'environ i fr. ao c.
(78)
Le marais est traverse du nord au sud , entre L^cluse ct Ilamcl
par une anciennc voie roniaine, ([ui est reconverle par unc couclic
de tourl)C de 0"',30 a 2'" d'6paisseur, et par 1"" au plus d'ari^ile.
— Co monument a cte Tobjet d'un rapport fort intercssant com
muniqu6 a Tacademie en 1757 par le comte de Caylus (1).
Vallee de la Scarpe. La Scarpe coule au centre d'une large
vallee qui n'a pas moins d'une lieue ct deraie de largcur entre
Fenain et Bouvignies, et qui est tourbeuse en beaucoup de points.
On y a decouvert des indices de limonite pr^s du hameau de Do
rignies oil des recherches de minerai , enlreprises il y a quelques
annees, sont restees sans succes. Sa surface, y compris celle des
valines secondaires qui s'y rattachent, pent 6tre 6valuee a 11 ,000
hectares dans I'arrondissement de Douai ; son niveau moyen est
de 18 a 20 metres au-dessus des eaux de la mer. Elle s'etend sur
les communes de Tilloy, Warlaing , AInes , Wandignies , Hor-
naing , Erre , Somain , Marchiennes , Vrcd , Rieulay, Pecquen-
court , Ecaillon , Masny, Bouvignies , Flines , Lalaing , Loffre,
(i) « Cette chaussie qui est dirigee a 5 degris i/» nord-ouest de la boussole
est placte dans la parlie la plus etroite dii marais. Sa longueur est de 366 toises
et sa largcur depuis i8 jusqu'a a4 pieds ; mais il faut attribuer cette diminution
dans la largeur aux degradations causees par les hommes qui tircnt la tourbe et
qui fouillenla cote de I'ouvrage, ct meme en quelques endroits par-dessous jusqu'i
la profondeur de i8 pieds; ils font cLaque jour crouler les borJures de cette
cbaussee. Cette belle levee est composee d'un enipierrement rrayeux de 6 pouccs
a 5 pieds de hauteur sur lequel on a pos4 un lit de cailloux igal partout et d'en-
viron 8 pourcs qui lui-nieme supporte un second lit de gres bruts de grosseurs
dilTcrenles liaisonnis avec de la menue craie et du gravois ; on a seulement re-
raarque par rapport a I'arrangeraent de ces gres que les plus longs et les plus larges
etaient pos^s sur les bords^ Luit bommespeuvent a peine reruuerquelques-uns de ces
blocs. . . une des plus grandes singularites de ce monument, c'est que Ton trouve
depuis 6 jusqu'i i8 pieds de tourbe fine dcssous la cbaussee et qu'il y a dessus
un autre lit dont la tourbe est de beaucoup nioindre quality. Aussi les tourbierc
en fontpeu de cas, et n'en ont tiri qu'autant qu'il a ete neccssaire pour praliquer
les coupures ou separations qui scrvent au jiassage des barques pour communiquer
d'un cM du marais a I'autre. ... « { Histoire de TAcad^mic rnyale dca Inscrip-
tions et Bellcs-IiCttres, tome XIII, page aSB )
(79)
Guesnain, Dechy, Sin , Waziers, Anhiers , Raches, Raimbeau-
court , Roost-Warendin , Auby, Flers , Cuincy, Lauwin-PIanquc ,
Esquerchin, Douai, Lambres, Courchclettes , Ferin et Goeulzin.
On extrait chaque annee de la tourbe dans quelques unes dc
ces communes pour les besoins des habitants, et aussi pour
quelques industries particulieres. M. le comte de Montozon , pro-
prietaire a Lalaing, en a livre a des blanchisseries d' Arras. La fon-
derie de canons de Douai consomme elle-meme annuellement pour
le sechage des monies, 150,000 tourbes provenantde Dechy et re-
venant a 4 fr. 50 le mille a Tetablissement. (1) La tourbe s'extrait
sous I'eau et on se garde d'attaquer les parties intactes qui ser-
venldescchoirs oude patures. Dans les marais communaux, il est
expressement defendu aux extracteurs de s'approcher de plus de
6 a 8 metres des talus. Les proprietaires de marais particuliers
ne cherchent pas d'ailleurs a agrandir leur champ d'exploitatiou
quand le sol qui recouvre la tourbe est susceptible d'etre cultive
avec quelque avantage.
Un etang connu sous le nom de Mer de Flines et situe sur le
bord septentrional des marais, a deux kilometres a Test de la route
de Douai a Lille , est depuis longtemps renomme par la quantite
d'objets d'art qui s'y trouvent enfouis. On en a retire , d'apres
M. Derode (2) , deux bateaux de pres de 12 metres de longueur,
tailles dans un tronc d'arbre, des baches de silex, des monnaies,
des bronzes, des statuettes.
Des forages pour recherche de houille ont ete entrepris au mi-
lieu de la vallee de la Scarpe , a I'Escarpelle , a Vred , a Mar-
chiennes , a Warlaing. Les coupes de ces forages qui ont ete rap-
portees ci-dessus (page 138), montrent que les alluvions de cette
riviere consistent en sables et argiles sableuses avec veines de
tourbe, et ont une epaisseur de 4 metres au plus.
(i) Ces tourbes ont i4 cent, de longueur sur 6 de largeur et 4 d'^paisseur^ i,ii
metre cube en renferrae j386etpese 690 kil,Elle»couteiit sur place4 fr.lie mille.
(s) Derode, Histoire de Lille, page si.
[80)
Vallee de tElnon. La petite vallec de I'Elnon , entre Mouchin et
Bachy, ne doit elre mentionnee que pour meraoire. — L'alluvion
n'a ici qu'iin a deux metres d'epaisscur, et consiste en une tcrre
glaiseuse renfermant quelques debris de vegelaux decomposes.
On y a trouve dans une propriete appartenant a M. Nicole, de
Mouchin , une croute de mineral de fer limoneux et calcaire , de
0"' 15 environ qui setrouvait comprise entre une couche de glaise
blanchatre et une argile ocreuse. II parait que la societe de De-
nain y a fait quelques recherches qui n'ont aniene aucun bon r6 -
sultat.
Vallee de la Marque. La vallee de la Marque n'a une largeur
appreciable qu'entre Ennevelin et Hem. Elle pent etre partagee
entre ces deux points extremes en deux parties situees a des ni-
veaux differents, I'une d'Ennevelin a Gruson dont le niveau se
trouve a la cote moyenne de 30'" et qui est tourbeuse dans toute
son etendue, I'autre comprenant laplaine des environs de Forest
(cote 21), oil le limon quaternaire n'est recouvcrt que par une
laible epaisseur d'alluvion. La surface totale de cette vallee est
d'environ 2,000 hectares. — Elle comprend une partie des com-
munes d'Ennevelin , Fretin, Templeuve, Louvil , Peronne,Cy-
soing, Bouvines, Sainghin, Gruson, Anstaing, Chcreng, Tressin,
Ascq, Willeras, Forest, Hem, Flers et Annappes. La tourbe a ete
exploitee anciennement le long de la Marque, d'Ennevelin a
Bouvines et Cysoing , et ces extractions avaient pris , a ce qu'il
parait , assez d'importance vers la iin du siecle dernier ; mais
n'etant soumises a aucune surveillance , et les travaux s'execu-
tant isolement dans chaque propriete sans ordre ni ensemble, il
en est resulte des inconvenients graves qui les ont fait interdire.
Je n'ai pu me procurer aucun renseignement precis sur ce gite
tourbeux dont la profondeur allait, dit-on, jusqu'a 5 et6 metres
el qui etait intercale an milieu d'une argile sableuse tres mouvante.
— 11 ne pent etre question de la mise en valeur de ces tourbieres
au point de vue du besoin de combustible dans ie departement du
(81 )
Nord qui foumit la houille abondamraent et a has prix pour lous
les usages.
II y a dans les bruyeres entrc Cysoing et Cobrieux, et dans les
marais de Wannehain , des sources ferrugineuses qui peuvent
donner lieu a un depot de minerai semblable a celui que nous
avons signale dans la vallee de I'Elnon ; ces sources sonl dues
aux eaux pluviales qui, en filtrant a travers les colliues cnviron-
nantes , entrainent les matieres ferrugineuses qu'elles trouvent
sur leur passage et les deposent dans les bas-fonds oil elles
peuvent sejoumer.
Le village de Forest se trouve sur un petit plateau argileux uo-
tablement eleve au-dessus des terrains marecageux quil'entourent.
— Ces terrains consistent generalement en une argile sableuse et
calcaire qui a ete souvent couverte d'eaux stagoantes. Aussi rc-
raarque-t-on la plupart du temps que leur surface est noircie par
des detritus de plantes qui pourrissent sur place. — On a observe
aussi a peu de profondeur des arbres entiers renverses. — Enfin,
la presence de coquilles d'eau douce demontre aussi la date
rccente des couches superficielles de cette plaine. J^ me conlen-
lerai de citer pour exemple la coupe d'un petit sondage que j'ai
fait pratiquer dans la partie la plus reculee du marais vers I'ouesl
prfesdela ferme Ridez (commune de Flers), Ce sondage a traverse
Terre vegetale ou argile noiratre avec coquilles
[planorbes , bjmnees) 30
Argile grise avec coquilles semblables 70
Sable argileux gris blanchatre, avec fragments
de coquilles et beaucoup de parties calcaires. 50
Argile sableuse jaune , micacee , avec nodules
calcaires et debris de coquilles. ...... 20
Profondeur totale du trou. . . 1 70
(82)
Toutes ces couches font une vive effervescence avec les acides et
je rcgarde rarj,nle sableuse jaunc du fond comnic annoncantla
proximile du limon quaternaire dont ccUc argile ne scrait que la
partie superieure desagregee et remaniee par les eaux de la
Marque.
Vallee de la Deiilc. Les marais de la Defile, entre Bauvin et
Lille, occupent une surface de 4,4-00 hectares environ et sont a la
cote nioyenne de 21 metres. lis s'etendent sur les communes de
La Bassee , Salome , Hantay , Bauvin , AnnceuUin, Maniuillies,
Sainghin-en-Weppes, Wavrin, Don, Allennes- les-Marais, Herrin,
Gondecourt, Seclin, Houplin, Santes, Noyelles, Wattignies, Em-
merin, Haubourdin, Sequedin, Lomme, Loos, Esquermes, Wa-
zemmes el Lille. — On extrayait anciennement de la tourbe dans
presque toutes ccs communes pour le chauffage domestique. —
Aujourd'hui I'usage de ce combustible devient de plus en plus
restreint et on ne I'exploite plus qu'accidentellement. Les seules
tourbieres ouvertes aujourd'hui dans la vallee de la Deule sont
celles d'Haubourdin et d'Emmerin. Encore la tourbe n'est-elle ici
consideree que comme un produit tout-a-fait accessoire et ne la fait-
on cxtraire que dans les parties de terrain oil la vegetation languit
et dans le but d'utiliser les cendres comme engrais. La tourbe se
Irouve souvent a la surface du sfll-dans ces localites oirelle forme
une couohe de 1 a 3 metres d'epaisseur reposant sur un lit d'a^t
gile blanche. On I'extrait a la drague. La tourbiere d'liK^onvi^'
occupe vingt- cinq ouvriers pendant cinq a .six mois. EI& prodiiit
journellement 30 metres cubes de tourbe huraide ou 3D metres
cubes de tourbe sechepesant 600 kil. le metre cube, loiires four-
nissent au moins 30,000 tourbes equivalant chacune a 2 deci-
metres cubes el valant 6 fr. 50 le mille. Les cendres se veudent
0,75 I'hectolitre.
La vallee de la Deule se retrecitbeaucoup d'Haubourdin a Lille,
et .se trouve limitee par la riviere elle-meme sur pres de la moitie
de son 6tcndue. Les marais n'existent plus en effet que sur la rive
( 83 )
gauche de la Deiileentre Haubourdin et Loos. Ainsi la fabrique
de produits chimi qucs dc M. Kulmanu, qui louche a sa rive
droite, estbatie surl'argilc; tandis ((ue de Tautre cote do la ri-
viere, a la teinturerie de M. Fievet , Ic terrain tourbeux se re-
connait a la nature tremblante et elastique du sol. On a trouvc ,
eu effet , en faisant une excavation dans cette usine :
Vase noiratre ou argile noire avec coquilles
d'eau douce , 70
Tourbe 20
Argile grise sableusc avec coquilles 1 00
Sable mouvant (quaternaire), a . . . . 1 90
A partir de la Planche-a-Quesnoy, le canal se separe de I'an-
cienne Deule qui prend le nom d'Arbonnoise. II se dirige vers le
Pont de-Canteleu en traversant I'argile du limon , ct ne rentre
dans le niarais qu'a Tccluse du faubourg dc la Barre. Toutcfois
les prairies Saint-Andre dans lesquelles circule le .canal de la
Deille , a I'ouest de la citadelle , sont raarecageuses en plusieurs
points. Dans les parties basses de ces prairies, entre la rue du
Bois et le chemin de Lambersart , ou trouve en effet 0"'G0 a 0"'80
de vase ou de glaise sableuse noiratre avec coquilles supcrposee
a une argile sableuse grise que je rapportc a la base du limon et
do'nt les caracteres annoucent la presence du sous-sol tertiaire a
une faible profondeur.
Dans la commune de Wazemmes , le long du canal de VauJian,
la largeur du marais , qui est de 7 a 800 metres a Esquermes et
a Lille , diminue de moitie a cause du terrain de craie qui en ce
point s'approche beaucoup du sol. Au centre de cette espece de
dctroit, sur reniplacemcnt dc la fdature de lin dc MM. Dccock
etLahousse, on a trouve seulemcnt 1"'10 d'argile sableuse d'un
jauue sale sur le massif crayeux , et 11 parait qu'ancicnnement
on a extrait de la tourbe dans le memc verger ou est etablie cette
(84- )
fabrique. La craie se rapproclie encore dc la surface depuis le
canal des Planches jusqu'a celui des Stations. Elle se trouve a
la profondcur dc O^^GO a 1"^ a la tcinturerie Duvivier, situce entrc
ces deux canaux , oil elle est rccouverte par unc argile sableuse
d'un gris noiratre faisant effervescence avec les acides et renfer-
mant des fragments de craie et des coquilles. Dans I'enceinte de la
raeme usine , on voit a la surface du sol une roche argilo-sableuse
avec fragments de craie, decatillus, de silex , que j'ai observce
aussi dans les fosses des fortifications de Lille voisins de la porte
de Tournay lorsqu'on s'occupait de la construction du raccorde-
ment destine a faire penetrer le chemin de fer dans I'interieur de
la ville. On a meme decouvertence dernier point beaucoupd'osse-
ments disseraines an milieu d'un sable argileux verdatre superieur
aux fragments de silex et de craie et inferieur a une terre noire
tourbeuse. J'ai remarque parmi ces ossements des dents de rumi-
nants et la machoire inferieure d'un petit sanglier.
Tout le centre de la ville de Lille est conipris dans le marais.
Le terrain tourbeux y pcnetre entre les portes de la Carre ct de
Bethune et s'etend jusqu'a la rue des Jardins. Tout le sol est
tourbeux entre St. -Maurice et la place du Concert. Les rues
Basse , Marais , des Molfomh , ont d'ailleurs des noms significa-
tifs. Le puits artesien pratique a I'hopital militaire a traverse
0,50 de tourbe sous 1" de remblai et 1™ d'argile sableuse jaune.
— La tourbe existe aussi sous toute la surface de I'ancienne butte
du Cirque que I'administration municipale a fait raser pour don-
ner de I'occupation aux ouvriers sans travail aprte la revolution
de 1848. On en a retire 30,000"''=- de terre qui ont servi a
relever le sol de quelques parcelles sises en dehors des fortifica-
tions sur la commune de St. -Andre. Cette butte, dont la forme
etait celle d'un cone tronque, avail 42". de diametre a son sommet
ct 9™. de hauteur. Elle provenait suivant toute probabilite d'un
remblai execute de main d'homme a une epo({ue tres-reculee
et formait au milieu des terrains baset marecageux qui I'environ-
naienl une espece d'ile d'oii la ville a tire son noni. J'ai fait faire
( 85 )
sur le lieu de cette ancienne bulte quelqiies sondagcs qui tous
ont traverse une couche de tourbe de 0'",20 a 0"',50 d'epaissenr.
Voici la coupe d'un de ces sondages que j'ai fait pousser jus-
qu'a la craie :
Sable argileux grisjaunatrene donnant
aucune effervescence avec les acides. 1 20
Tourbe sableuse 30
Argile sableuse grise tachee de jaune
Alluvions / faisant effervescence 1 20
Sable argileux gris-jaunatre sans cal-
caire 1 00
Argile jaunatre avec petits fragments
de craie , plus sableuse a la partie
inferieure 90
Sable argileux gris-verdatre glauconi-
fere et calcareux. ... 70
Id. a plus gros grains 45
UdllUClLJCll I
inferieur. \ Id. vciue de jauue 60
Id. a plus gros grains mele
de petits silex et de nombreux debris
crayeux 65
recenles.
Laiideiiien
Craie blanche a la profondeur de 7 00
Ce sondage a ete pratique tout-a-fait au centre de la buttc. On
pourrait demander oil se trouvait le plan de separation entre le
terrain vierge et le terrain rapporte. — Mais il serait tres-difficile
de repondre a cette question parce que le terrain dont la butte
etait formee consistait en une argile sableuse et calcareuse sem-
blable a celle qui recouvre la tourbe dans les autres sondages que
nous avons fait execuler vers la circonference de ce mamelon. —
Seulemenlla presence du sable argileux sans calcaircqui se trouvc
indique au-dessus de la tourbe dans la coupe precedente autorisc
a douter que ce sable ait ete reniue. II est probable qu'il se trouve
(86)
l)ipn on place de niemc que rarp;ilc jaiinatrc qui repose inimcdia
temeut sur la tourbe dans d'autres parties dc la hutlc. II est done
permis de supposer que Ic sol natiirel etait en cc point un peu
plus eleve (\ne dans Ic marais environnant cl forniait une legerc
preeminence dont les premiers habitants du nord ont profite pour
s'etahlir en le relevant encore au moyen de terrains rapportes.
Les plans dc Lille montrant les agrandissements successifs que
cette ville a rcrus de I'an 1000 a I'an 1670 et qui sont deposes au
Musee, prouvent en cffet que c'est la que notre grande cite a pris
naissance. — En aval de Lille, les alluvions modernes de la Deule
sont pour ainsi dire limitees a ses deux rives. Je ne les ai observees
qu'a I'inlersection de cette riviere et du cheniin de fer de Dun
kerque oil Ton a Irouve a quelques metres de la rive gauche
un sable argileux noiralre et tourbcux avec un grand nombre de
coquilles (/)a/t<dmes, planorbes, lymnees, etc.).
Vallee de la Lyx. Cette vallee est la plus large dc toules celles
de la Flandre. Sa largeur est de 4 lieues entre Merris et Aubers,
et va en diminuant a la hauteur d'Armenlieres jusqu'a Deulemont
et Coraines. J'evalue sa surface totale a 29,000 hectares. Ellc
comprend en tout ou en partie les communes d'Havcrskerque,
Thiennes, Steenbecque, Morbecque,Hazcbrouck, Borre, Strazeelc,
Merris, Merville, LaGorgue, Estaires, Neuf-Berquin , Vieux-
Berquin , Bailleul , Steenwerck , Nieppe , Aubers , Fromelles , Le
Maisnil, Radinghem, Ennetieree-en-Weppes, Erquinghem-sur-Lys,
Armentieres , La Chapelle d'Armentieres , Prcmesques , Peren-
chies, Verlinghem , Houplines, Frelinghien, Quesnoy-sur-Deulc,
Deulemont, Warneton et Comines. — On voit la coupe transver-
salc de cette vallee (fig. 14) a" b" represente le lit actuel de la
Lys ; a' b' les prairies qui la bordent a la cote 14 et sur lesquelles
sc repandent encore les eaux de la riviere dans les grandes crues ;
rt 6 la grande plaine elevce de 17 a 20 metres au-dcssus du niveau
de la mer et que les inondations n'ont alteinle (|u'a uncepociue
reculee. — Ce sont ces ancienncs inondations qui ont nivele le sol
( 87)
deja Ires plat de la vallee primitive el y ont depose les terrains de
toute nature qui existent maintcnant a sa surface.— Les ruisseaux
qui sillonnent celtc p;rande plaine , corame la Lawe, la Clarence,
la Bourre et la Lys elle-meme n'onl creuse leur lit definitif (ju'a
une epoquc plus recente puisqu'ils coulent a un niveau infericur
aux alluvions qui les bordent.
Imraediatement apres la periode tertiaire, il existait deja au-
dessous du sol aciuel de la vallee de la Lys un bassin dans lequel
se sont deposes les sables campiniens si bien developpes aux en-
virons de Quesnoy-sur-Deule; mais les affleurements de glaise qui
se montrent sur les bords de la plaine au-dessous du linion des
plateaux prouvcnt aussi que les eaux diluviennes en se retiranl
ont modifie la physionomie de ce vaste bassin dont la surface irre-
guliere a ete nivelee ensuite par les alluvions recentes.
On concoit que la nature de ces alluvions varie suivant le point
de la vallee que Ton considere , puisqu'elles doivent participer
necessairement de la nature du sous-sol sur lequel se balancaienl
les eaux modernes. Ainsi entre Hazebrouck, Bailleul et Merville,
c'est la glaise et les cailloux qui dominent, tandis qu'entrc Armen-
tieres , Quesnoy et Premesques , on trouve surtout de I'argile et
du sable. — Onremarque que les silex setrouvent en plus grande
abondance sur les bords de la vallee aux environs de Bailleul ,
Merris, Hazebrouck, etc., et ce fait resulte de ce que ces cailloux
ont ete detaches de la glaise par les eaux qui , en degradant le
pied des collines , provoquaient leur eboulement sur le rivage oil
ils etaient ensuite plus ou moins remues , niais no pouvaient dans
tons les cas etre transportes a une grande distance a cause dufaible
volume des eaux en mouvement.
En certains points, les cailloux sont accumules en assez grande
quanlite pour pouvoir etre exploites utilement. — La Compagnic
du chemin de fer du nord en a fait extraire a nioitie chemin de
Bailleul au hanieau d'Outtersteene, a la liniite de la coUine et du
terrain plat. On a trouve d'abord l"" d'argile avec quebjues
silex , puis une couche de gravier dont I'epaisseur va jusqu'a
(88)
l'",80 mais diminuc vers rintericur dc la plaine. — Cello couchc
repose sur rargilesableuscdu liiuon qui afllcurca un niveau plus
clcve. — Une coupe faite uormalciiicul a I'axe du chemin dc for
donncrail done la ligurc 15.
Les silex sonl melanges avec un sable quartzeux , grossier ct a
gros grains. II y en a de loules grosseurs , de toutes formes , dc
toules couleurs. J'ai rcconnu des fragmcnls dc plhanilc a eclat
gras et a cassure droile cl d'assez belles agalhcs. II y a aussi des
fragments de gres blancs el des poudingues fcrrugineux du sysleme
diestien. -^ Commc cas particulier asscz interessant, je dois cilcr
la dccouverle au-dessous de la coiiche dc gravier d'un gros frag-
ment de lignite schisloide, compact, parfailcracnt noirela cassure
Ires unie, de I'espece connue sous le noni de Jayet. U est presu-
mable que ce lignite provient des sables tertiaires ct aura etc
entraine en memo temps que les cailloux qui raccompagnenl.
En face d'Outlersteenc cl a 1500 "'au sud du chemin de fer,
un forage a fait reconnaitre les couches suivanles :
Terre vegelale et argile 1 "' 20
Sable glaisenx 30
Sable pur avec veine dc glaise i GO
Sable , gravier et glaise 15
2 65
La Compagnie se proposait de remplaccr le sable dc Cassel par
celui qu'elle avail decouvert en cc point.
Quand on descend du moulin de Strazecle vers le chemin de
ler , on nc rencontre que de la glaise et on peut penser au pre-
mier abord (jue cellc de la plaine est la niemc que celle qui
afllcure sur le versant dc la cole. Mais si Ton s'avance jusqu'a la
sabliere ouvcrlc dans le bois de Merris, entre Strazecle et Vicu\-
Berquin, on reconnail que celte glaise appartieut a I'alluvion el
( 89 )
recouvrc des sables et des gravicrs. — Voici la coupe de la sa-
bliere de Merris :
Glaise avec quelques silex 80
Gravier 40
Veines irregulieres de sables plus ou moins
glaiseux avec gravier. . . . , 1 50
Glaise compacte, a 2 70
La couche de sable varie de 0"'50 a 3 metres.
11 peut arriver que le sable manque comme a la fccuierie de
M. Houvenaghel , pres d'Hazcbrouck , oil Ton n'a trouve a la sur-
face que 2 metres de glaise blanchatre melee de gravier sur I'ar-
gilc plaslique du systeme ypresien (page 40) .
A 1 kilomfetre au sud-est d'Hazebrouck, et a peu de distance dc
I'usine dont il vient d'etre question , on extrait aussi pres d'un
petit bois sous une couche de glaise sableuse avec silex, un sable
plus ou moins argileux analogue a celui de Merris et renfermani
quelques petits galets.
Si Ton suit la route d'Hazebrouck a Merville, on remarque
encore de la glaise plus ou moins sableuse avec quelques cailloux.
Mais au fur et amesure qu'on s'avance, les silex deviennent moins
frequents et finissent par disparaitre presqu'entierement. Ainsi
la foret de Nieppe en est pour ainsi dire depourvue , bien que la
superficie du sol soit glaiseuse. Cette glaise parait cesser a peu de
profondeur ; car a Tecluse de la Motte-au-Bois , on n'en voit sur
les talus du canal qu'une couche de 1 metre 50 superposee a une
glaise sableuse avec concretions calcaires. La glaise de cette foret
adonccte remaniee par les eaux modernes. M. le baron de La-
grange aessayede faire des briques avec cette terre a laquclle il
a du ajouter une certaine quanlite de sable , et il n'aurait cerlai-
( 00 )
ncmcnt pu songer a fairc cct ossai , si la glaise cut olo en i)lace
coninio siir les eminences dc rarrondissement d'Ha/.ebrouck. La
nature a ici cpargne les labeurs de rhal)itant des canipagnes en
rendant le sol qu'il cuUive plus accessible aux instruments ara-
toires , et en ajoutant a la propriete qu'il possede de bien retenir
I'engrais , une autre qualite aussi precieusc qui est cellc d'etre
assez meuble, assez poreux pour laisser filtrer les eaux pluviales.
Neanmoins ce terrain est encore trop huniide pour que les plantes
oleagineuses telles que rocillcttc et le colza puissent y reussir ;
mais il donne detres-beau tabac , de tres-beau ble.
A Merville , on exploite la meme glaise d'alluvion pour la fabri-.
cation des pannes dans Tangle sud-ouest forme par le canal de
la Bourre et la route d'Hazebrouck. On trouve en ce point 0'"70
de glaise et 0"'30 d'argile jaunatre veince de blanc [marklie] sur
le sable jaune mouvant argileux et tres-fin du limon.
On rencontre encore le merae terrain en amont de Merville , oil
sont etablies plusieurs briqueteries sur les bords du canal. Les
trois couches de sable argileux , de raarlette et de glaise sont me-
langees entreelles,et c'est avec ce melange qu'on fait les briques.
D'Estaires a Steenwerck , on constate les memes faits que ceux
observes entre Merville et Hazebrouck. Ainsi dans tout ce parcours,
les terres sont brunes et prcsentent tout-a-fait I'aspect glaiseux.
La couche superficicUe qui correspond a I'alluvion modernc, n'esl
en effet qu'un melange en proportions variables de glaise et dc
sable de 1 a 2 metres d'epaisseur superpose a I'argile sableuse ou
au sable mouvant quaternaire. Les puits domesliqucs prennent
j'eau dans ce sable mouvant a la profondeur de 7 a 8 metres.
Pres de Steenwerck , I'alluvion rcnfernic des cailloux qui de-
viennent plus nombreux quaud on se rapproche des collincs glai-
seuses des environs de Neuve-Eglisc et de Bailleul.
A 1 kilometre de la station de Bailleul vers Hazebrouck , il
existe une briquetcrie pres du chemin de ler, oil Ton remarque
1 metre de terre vegelalc sur une glaise blanchatre parfois un pen
sableuse etgraveleuse. C'est aussi une glaise alluvicnnesemblable
(91 )
que M. Lecomtc, de Railleul, extrail pres du chemin de fer dc
I'aulre cole de la station.
La raeme glaise aflleurc , au restc , dans les contrc-fosses de la
voie jusque la station de Stccnwerck, et le long do la route dc
Lille jusqu'a la limite de la commune de Nieppe. L'alluvion est
encore sableuse et caillouteuse pres de la rue du Sac et du Ro-
raarin au nord de Nieppe , oil Ton a meme extrait du sable pour
I'entretien de la grandc route.
On voit par ce qui precede que le sous-sol de la plaine d'Haze-
brouck a etc presque partout reconvert par les eaux modernes, et
que la glaise qu'on rencontre au milieu de cctte plaine a ete la
plupartdu temps remaniee , et pent meme recouvrir des veines de
sable et de gravier.
Aux environs de Nieppe, d"Erquingljem, d'Armentiercs?, d'Hou-
plines, et en general , tout le long de la Lys jusqu'a Deideraont
et Comines , l'alluvion modcrne est representee par une argile
jaunatre compacte, dont on fait d'cxcellentesbriques. Cette argile
est quelquefois sableuse et repose sur le sable mouvant quater-
naire. Elle a 4 a 5 metres d'epaisseur pres des rives de la Lys ;
mais a une plus grande distance elle s'amincit, et on n'en retrouve
plus qu'un a deux metres a la briqueterie de Quesnoy (page 182).
Toutefois I'epaisseur de l'alluvion pent diminuer pres des emi-
nences de sable campinien qui existent aux environs d'Houplines
sur les bords dc la Lys , et qui sont coriimc autant dc pctites iles
isolees au milieu du terrain modcrne. Ainsi dans la grande brique-
terie d'Houplines, il n'y a que 2 metres 50 au plus d'alluvion
reposant sur une argile sableuse grise. L'argile glaiseuse compacte
de la surface passe a une argile ferrugineuse veinee de sable tres-
fin dans laquelle on remarquc quelques cailloux, des debris de ' /
coau j j^^ et divers ossements. Les briqueteries Mille et Dubois , ■a^^'^'^
Armentieres , sont alimentecs par une argile glaiseuse de 5 metres^
de puissance qui renfcrme des co([uillcs et des debris de diverscs
natures , tels cjue gres , fragments de maconneric , etc. Ces debris
altestent bien que les couches superieures de la vallee ont ete
IN A'.. I
(92)
deposecs postcrieurcment a I'liabilalion dc cette conliec par les
anciens.
A Comines, I'alluvion est reprcsciilec aussi par iinc couchc d'ar-
gile glaiseuse qui a environ deux metres d'epaisseur et qui repose
sur le sable campinien. On y a trouve, a la (ilature dc M. Dehem,
un petit vase en poterie enfoui a 1 metre dc profondeur.
On retrouve encore quelques lambeaux dc cctte argile sur la
route dc Comines a Quesnoy-sur-Dculc (ferme de laGrande-Perle),
et memo assez avant dans les terres (haraeau du Chien pres Ques-
noy).
Les grandes briqueteries de Deulcmont , dont les produits sont
si renommes , sont etablies au milieu d'un depot alluvien d'unc
epaisseur de 5 metres qui consiste en unc argile grasse de
couleur jaune. Cette argile est niclangee intimcmcnt dc sable a sa
partie superieure et renferme aussi des silex ; ellc parait plus
giaiseuse et moins sableuse h la partie inferieure. Sa nature
compactc et les grains de sable qu'elle renferme communiquent
aux briques une grande solidite.
L'argile moderne s'etend sur la rive droite de la Lys entre Ar-
mentieres et Prcmcsqucs. Mais elle devient sableuse et renlermc
meme des veines de sable pur a pcu dc distance de la cote. La
nature mineralogique du depot alluvien depend ici , comme dans
les autres parties de la vallee , de la nature meme des terrains les
plus rapproches. Ainsi ,'au hameau dc la Prevote pres dc Peren-
chies , on ex trait du sable campinien sous 1 metre d'argile sableuse
ferrugincuse qui represente I'alluvion.
A la Croix-au-Bois . commune de Frelinghien , on voit a la
surface du sol de l'argile calcaire et du sable plus ou nioins ar-
gilcux.
Des extractions de sable sont operees au hameau dc W^ -Mac-
jj[uart_suiLlajoute de Lille a Armcntiercs, dans I'alluvion mo-
derne qui a au plus 3™ d'epaisseur , ct qui rccouvrc la glaisc
ypresiennc. Voici la succession , dc haut cnbas, des dil'fcrcntes
couches ou plulot des veines irrcgulieres que j'ai remanpiees aux
(93)
deux extremites d'une meme sabliere dont la [profondeur n'exce-
dait pas 2'" 50 :
1.0 Melange de glaise ct de sable de couleur gris-jaimatre.
Sable gris veine de glaise.
Sable argileux jaune tres fin , employe an moulage.
Argile grise micacee avec noyaux calcaires.
2." Sable argileux et calcareux de couleur jaune.
Sable argileux et calcareux grisatrc avec coquilles {lym-
nees. ) '
Argile sableuse et calcaire.
Sable gris tres pur glauconifere , semblable a celui d'En-
netieres et employe a I'entretien des routes.
Veines de sable rougeatre et de sable gris.
La couche de sable exploitee avait 1" 25 d'epaisseur. On trouve
(juelquefois dans cetle localite , au milieu de I'argile et du sable ,
des coquilles d'eau douce , des silex et des debris de briques et
de poteries.
Au hameau du Paradis ( commune d j^nnetiferes ) et dans le bas
de Radinghem , il y a des terrains analogues aux precedents ,
c'est-a-dire des melanges de sable de differentes couleurs , des
sables argileux , des argiles jaunes et des glaises marneuses avec
coquilles.
On n'a jamais signale de banc de tourbe exploitable dans la
vallee de la Lys , si ce n'est en dehors du deparlement , aux en-
virons d'Aire et de Bethuue. II parait qu'on en a trouve quelques
indices (0"' 20 au plus) a la traversee de la Lys par le chemin de
fer de Dunkerque et dans quelques localites entre Steenwerck et
Bailleul.
Plaine de Dunkerque. — La plaine de Dunkerque est conligue
a la mer et dirigee comrae le rivage de I'ouest uu pen sud a Test
uu peu uord ; sa largeur maximum , de Watteu au fort Philippe,
(94)
pres Gravclines , est de cinq lieues et se reduit a deux on trois
lieues pres d'Hondschoote , le long de la fronti^re beige. Elle se
trouve sur le prolongement de la vallec au milieu de laciucllc
coule la riviere de I'Aa qui y debouche pres de Wattcn , et qui
dans I'origine formait pres de son embouchure une cspece de
delta dent la vieille Colrae n'etait sans doute qu'unc dcs ramifica-
tions.
La vallee de I'Aa , pres de St.-Omer , comprend environ
350 hectares des communes de I.ederzeele (canton de Wormhout)
et de Noordpeenc (canton de Cassel). Laplaine de Dunkcrqueeni-
brasse en partie ou en totalite, les territoires des communes de
Bourbourg , Brouckerque , Cappellebrouck , Dringham , Holque ,
Looberghe, Millara , St.-Pierre-Brouck , Spycker, Watten (canton
de Bourbourg) ; Craywick , St. -Georges , Gravelines , Loon (canton
de Gravelines) ; Coudekerque, Coudekerque-Branche, Dunkerque,
Leffrinckouke, Teteghem, Uxem, Zuydcoote, Armbouts-Cappel-
Cappelle, Mardyck, Grande-Scynthe , Petitc-Scynthe (cantons de
Dunkerque E. et 0.) ; Armbouts-Cappel , Bergues, Bierne, Erin-
gheni, Hoyniille, Pitgam, Soex, Steene (canton de Bergues);
Ghyvelde , Hondschoote , les Moeres et Warhem (canton d'Honds-
choote), dont la surface totale pent etre evaluee a 39,000 hec-
tares.
Le sol de la plaine de Dunkerque est pour ainsi dire compl^te-
ment plat ; cependant il penche leg^rement de I'Ouest a I'Est , et
baisse d'un metre de la limite du Pas-de-Calais a la Belgique. Les
nivellements fails pour I'etablissement de la voie de fer montrenl
aussi que de Dunkerque a Bergues , transvcrsalement a la plaine,
le sol baisse d'abord de 1"' 80 pour se relever ensuite au-dela de
Bergues, jusqu'a 2 et 3 metres au-dessus du point de depart. Ainsi,
cette plaine coupec normalement a sa longueur, a la forme d'un
bassin donl le ])oint le plus has se trouve a 1 kilometre 1 [2 environ
au nord de la station de Bergues. Cc bassin correspond au terrain
tourbeux qui prend naissance entre le Fort-Louis et le Fort-Fran-
cais etqui se developpe de plus en plus vers le midi.
(95)
Au ruisseaii de Rockamer Dick , entre Bergues et le fort Fran-
cais , il y a deja O™ 90 de loiirbe. Un sondage execute par la
Conipagnie du chemin de fer a traverse en effel :
Terre vegetale 12
Sable et argile 80
Tourbe 90
De I'autrecote de Bergues, pres de la Croix-Rouge, a Textr^mile
la plus meridionale du terrain tourbeux , on a trouve 1'" 70 de
tourbe sous 0™ 60 de glaise moderne.
A Bergues nieme , oil le passage du chemin de fer a necessite
I'ouvcrture de larges fosses pour la construction de nouveaux reni-
parts , on a decouvert a 1"' 50 de profondeur une couche de tourbe
d'une epaisseur variable au milieu d'un sable bleuatre avec veines
de glaise et debris de vegetaux. Cette couche presente des gonfle-
ments oii elle acquiert jusqu a 2 metres de puissance, et elle s'a-
mincit jusqu'a disparaitre entierement. L'etendue des excavations
a permis de constater quelques fails curieux. On y a observe
des ossements d'animaux ( cornes de bceufs , tetes et machoires de
moutons , etc.), divers ustensiles en fer (un couteau , une espece
de poiilon a demi-ronge par I'oxidation) , un sommieren bois , etc.
Au milieu de la tourbe se trouvait un gros chene de 9 metres de
longueur , orieute N. 14" 0. eomme s'il avail ete renverse du Nord
au Midi. II avait 0"' 80 de diametre a sa base et 0" 50 a I'au-
tre extremite. La tourbe etait de coulcur brune , a tissu lache ,
et renfermait une multitude de branches d'arbres de diverses
essences a peine decomposees ( saules , chenes , noisetiers , peu-
pliers blancs , etc. ).
Aux environs de Looberghe et le long dela Colme jusqu'a Wat-
ten , c'est une tourbe spongieuse comme a Bergues. La couche,
dont la puissance est de 1™ 50 environ, est recouverte par un depot
d'argile ct de sable avec coquilles tcrrestres et d'eau douce (cy- . -
clostomes, paludines, lymnees, clc.]. J
La profondeur de la tourbe est tres variable ; souvent on la
Aa-i
(96)
rencontre a 1'" ou 1™ 50 aii-dessous du sol , ct quelquefois elle
n'existe qu'i 6 metres de profondcur. M. Cue! , ingenieur en chef
des ponts-et-chaussees a Dunkertjue , a Irouve cu effet le long de
la Colme , en faisant des fondations d'ecluse , un pied d'epaisscur
de lourbe a la cote de [ — 2"'), le radierdes ecluses de Duukcrquc
6tant pris pour zero.
Dans la commune de Warhem , pr^s du canal de Bergues a
Fumes, on a exploite un banc de tourbe d'un metre de puissance,
qui etait reconvert par un metre environ de glaise blanchatre co-
quillere. En certains points, la tourbe n'etail autre ((u'une accumu-
lation de Ironcs d'arbres (chene , sapin, etc. ) presqu'a I'etat na-
turel et renverses pele-mele les uns sur les autres , comnie si a une
certaine epoque , les forets qui bordaient le marais dans sa partie
meridionale avaient ete tout-a-coup detruites par I'effet d'une vio-
lente inondation. Si Ton se reporte plus au nord , vers Uxera ,
Tetcghem , Ghyvelde, I'epaisseur du gite tourbeux n'est plus que
de 0"' 60 a 0"" 70 ; mais la tourbe est plus noire et plus compacte
que du cote de Looberghe. — On voit done que le terrain tour-
beux s'amincit vers le nord oil il finit par disparailre a une cer-
taine distance de la cote.
Les tourbes extraites aux environs de Dunkerque ne servent
plus qu'au chauffage domestique et se vendent 8 fr. 50 c. le mille.
EUes ont un volume de 2 dec. cubes 1/2 et pesent environ 2 kilog.
On les employait autrefois en meme temps que la houille pour le
chauffage des chaudieres a vapeur ; mais la baisse successive du
prix des charbons y a fait completement renoncer,
Les principales tourbi^res sont concentrees dans les communes
de Ghyvelde , Uxem , Teteghem , Warhem et Looberghe. II en
existe aussi dans la vallee de I'Aa , entre Watten et Saint-Omer.
En face decette derniere ville, on extrait la tourbe a la drague. Le
^,. * '\ banc tourbeux a de ce cote une epaisseur qui varie de 0'» 50 a 7"',
'"** * et repose sur un sable coquiller auqucl se sont arretes les pilolis
^qui ont scrvi a etablir les fondations du chcmin defer a la traversee
du marais. Pres de la station deWatlen , la tourbe est recouverte
par 0'» 30 de vase grisalre renfermaut de uombreusescoquilles.On
(97)
t'abrique dans cotle localile de ])etites lourl)es de 8 centimetres en
carr6 siir 16 centimetres de hauteur qui coiilent 3 Ir. le mille. Au
chauffage domestique qui est le princi])al del)ouche des lourbieres de
I'Aa, 11 fautajoulerles brasseries etlesfonderies de suif deSt-Oraer.
Le niveau moyen de la plaine de Dunkerque se trouve a 0"' 80
environ au-dessous de la haute mer , de sorte qu'en temps de
guerre on pent inonder toute cette plaine en ouvrant ies ecluses.
Son elevation au-dessus de la basse mer , qui est de 3 a 4 metres ,
perraet de la dessecher au raoyen d'une serie de cauaux aboulis-
sant a des ecluses ouvertes a maree basse et fermees a maree haute.
On a donn6 a ce pays le nom de Wateringues d'un mot flamand
qui signifie canal. — Ces Wateringues, qui sonl sillonnees de
100 a 150 canaux dits Watergangs, sont divises en quatre sec-
tions ayant chacuue leur administration et leur caisse particuli^re
sous la direction d'une commission composee de cinq membres
reeligibles lous Ies ans par I'assemblee des principaux proprie-
taires. — Un rcglement de police prcscrit diverses mcsures donl
I'objet est d'assurer la conservation des canaux, digues, chemins ,
ponts et ouvrages d'art etablis pour le dessechement du pays et
ramelioration de Tagriculture.
Les Watergangs coramuniquent avec de grandes arteres ou ca-
uaux de navigation qui debouchent dans la mer. La chute moyenne
des ecluses de ces Watergangs est de 0™ 30 a 0'» 35. On maintieut
I'eau dans les canaux de navigation a 2"' 66 (8 pieds) au-dessus
de la mer basse. — Les radiers des ecluses de Dunkerque sont
etablis au niveau moyen de la basse mer de viveaux, ou de la basse
mer a I'epoque de la nouvelle ou de la pleine lune. Dans ces vi-
verntx , la mer monte ou baisse de 5™ 50. Dans les quartiers de
lune ou a I'epoque des morteaux, la maree monte et descend a 1'"
de moins (1). La figure 16 montre les niveaux relatifs des hautes et
basses niers en viveaux et morteaux , du sol des environs de Dun-
kerque , de la tourbe qu'il reulerme et de I'eau des cauaux de
dessechement.
(i) Ces venseigueinents sont dii» a M. Cuel , ingiiiienr en chef Jii port Je
Dunkerque,
7
(98)
Le sol (les Moeres , qui est a un niveau inferieur de 4"' 60 a la
haute mer , est encore plus has que les terrains environnants. — On
n'a doncpu I'assecher (juc par des moyens mecani(iues. Ces Moeres
Ibrniaiont une espece de lac de 3,200 hectares d'elendue (ju'cu a
rendus a la culture en elevanl I'eau daus les canaux au nioyeu de
vis d'Archimede , mues par des nioulins a vent.
Nous avons adopte deux teintes pour differcncier la zone oii
existe de la tourbe de celle plus rapprochee de la mer oil il n'en
existe pas. La ligne ondulee qui separe ces deux zones indicjue en
quelque sorte le passage des eaux marines aux eaux douces , ou si
Ton veul, la demarcation entre la plage sableuse autrefois conslam-
ment submergee par les eaux de la mer et oil ne pouvait regner
aucune vegetation , et la zone marecageuse baigniie par les eaux
douces de la riviere de I'Aa et oil la mer ne penetrait qu'acciden-
tellement ou par intervalles.
Toute cette plaine a ete un pen relevee par les atterisscraenls
successifs de I'Aa , qui ont donne lieu au limon argileux et sableux
superpose a la tourbe. Le depot forme par les eaux douces s'est
done etendu peu a peu jusqu'a ce que par suite du comblement du
delta , les sables amenes par le flux de la mer vinssent eux-memes
recouvrir I'argile raoderne. Dans la region la plus voisine de lamer
on ne rencontre , en effet , que de I'argile glaiseuse et des sables
qui souvent sont amonceles sous forme de dunes pres du rivage.
Chez M. Angellier, scieur de bois, rue David d'Angers , a Dun-
kerque , on a creuse un puits dont la coupe est la suivanle :
Sable 4 50
Terre glaise • 1 00
Sable aquilere 2 00
Profondeur. . . 7 50
Ce puits donne de I'eau douce dont le niveau se maintient a
4'" 50 au-dessousdu sol. II parait que la couche de glaise traversee
par ce puits est tres-reguliere et qu'on la retrouve partout a Dun
kerque.
( 99 )
La mfnie glaise affleure a Boiirbourg oil elle est exploitee avec
avantage pour la fabrication des briques. — Elle est ici melee d'uu
pen de sable et fait effervescence avec les acides. — On la trouve
au-dessus d'un sable glaiseux qui renferme aussi des parlies cal-
caires en melange intime. En certains points on remarque une
grande quantite de coquilles ( lymnees , etc. ) ; mais on evite de
se servir de I'argile oil elles se trouvent , parce que la chaux
qu'elles produiraienl ferait eclater les briques en foisonnanl par
Ihumidile.
Les dunes occupant sur les bords de la raer une etendue d'en-
viron 1,900 hectares. On essaie de s'opposer a leurs envahisse-
ments en fixant le sable au moyen de plantations de luzerne , de
petits peupliers , de hoyas , de genets , de sapins, etc. Mais il ar-
rive quelquefois que par de grands vents , ces plantes sont noyees
de sable. — On cite des peupliers , des frenes de douze pieds de
hauteur qui ont ete ensevelis de cinq pieds dans le sable. On sail
comment a lieu la marchc des dunes. Les grands vents qui soufflenl
du cote de la nier chassent le sal)le et le rassemblent sous la forme
de petits monticules qui n'onl qu'une legere pente vers le rivage ,
et inclinent , au contraire , fortemenl vers la plaine. — Ces monti
cules presentant de ce cote des talus de plus en plus rapides linis-
sent par s'ebouler , et le pied des talus gagnant du terrain , em-
piele de plus en plus sur la campag-ne. — C'esl ainsi que des
champs , des habitations , des villages , sont engloutis au milieu des
dunes. On voit a Zuydcoote un exeraple de leur effet destructeur.
Une tour enliere de forme carree et de 20 metres de hauteur est
entourec de sable de loutes parts (Fig. 17). Ses qualre faces por-
tent les traces de la toiture de I'eglise dont elle faisait partie. Cette
ancienue eglise devait avoir la forme d'une croix , au centre de
laquelle se Irouvait la tour. On connait des vieillards de 85
ans qui y ont fait leur premiere communion. Elle etait done encore
deboul vers 1775. La bultc de sable voisine de la tour au sud-est
u'existait pas en 1829. Cette butte a 10 metres de hauleur sur
une largeur de 150 metres. On pent juger d'apres cela des pro-
gres que font les dunes dans un court espace de temps.
jU-
fOO }
APPEIVDK^E A liA 3/ PARTUS.
i
EXPLICATION DES PROFILS. — SOURCES. — PUITS
ARTfiSlENS.
Nous avons ajoute a noire grande carte 18 coupes geologiques
monlraut la succession des differenles couches qui conslitueiil
le sol jusqu'a une profondeur maxiuium de 200 metres. Trois
sortcs d'elenients nous ont servi pour la construction de ces
coupes. 1." Les cotes de nivellement fournies par la carte du de-
pot de la guerre; celles qui ont ete detcrminecs pour I'etablisse-
nient des chemins de fer; et celles des routes nationales et depar-
lenientales et des chemins de grande communication des arron-
dissements de Lille et d'Hazebrouck resumees avec beaucoup de
soin dans une note de M. Davaine , ingenieur des ponts-et-chaus-
sees [i] ; 2." les observations recueillies par nous a la surface du
sol sur les affleurements desdiverses roches; 3.° les resultats des
nombreux sondages qui ont ete cntrepris soil pour recherche de
houille , soit pour I'obtention des eaux necessaires aux etablisse-
ments a vapeur. — La multiplicite de ces documents nous a permis
de tracer des profds qui , joints a la carte, peuvent etre la source
d'une foule d'applications utiles. C'est ce qui justifie I'epithete de
Pratique (jue nous avons cm pouvoir donner a notre Essai de
Geologie sur la Flandre francaise. Et, en effet, nos coupes etaut
le resiiltal, non pas de donnees incerlaines ou d'hypotheses gra-
tuiles, mais bien de faits positifs et bien constates, seront le guide
(i) Nivellement des roiiles natioli.iles et (K'liailomontales ( Menioires de la
SociMc des Sciences, de I'Agriciiltnre el des Arts de Lille, i844-'84&).
( 101 )
le plus siir qu'on poiirra suivrc pour la decouverte des malcriaux
de construction, des amendcments ct aiissi pour le creusement des
puits destines a absorber les caux de la surface ou a procurer cet
element si essentiel aux usages domestiqiies ainsi qu'aux indus-
tries de toutes sortes qui font la richesse du pays. Les agricul-
teurs surtout pourront tirer le plus grand profit des rcnseigne-
ments qu'elles fournissent, non-seulement pour ameliorer leurs
terrains au moyen des amenderaents, mais aussi pour perdre dans
des puits absorbants les eaux provcnant de I'assechement du sol
par le drainage. Notre carte est encore pratique en ce sens que
chaque teinte representant en quelque sorte une seule ct meme
roche, les limites qui s'y trouvent tracees sont aussi les lignes de
demarcation d'une serie de zones dans chacune desquelles existent
des terrains possedant, toutes choses egales d'ailleurs, les memes
qualites, les memes proprietes inherentes a la nature du sous-sol.
Ces donnees sont completees par les coupes geologiques qui indi-
quent I'epaisseur des couches superficielles dont rinfluence se fait
sentir sur la vegetation jusqu'a unc certaine profondeur, soit en
retenant les eaux pluviales, soit en les laissant filtrer avec trop de
facilite. — La carte et les coupes conibinees permettent en un mot
de definir aussi exactement et aussi completement que possible les
proprietes d'un terrain quelconque , ses ressources agricoles, et
par suite, les cultures qui peuvent le mieux y reussir.
On remarquera que plusicurs coupes se croisent quelquefois au
meme point. Si je n'avais cu pour objet que de donner une idee
generale de I'allure etde la disposition relative des diverses cou-
ches superposees , j'aurais pu certainement reduire le nombre de
ces coupes ; mais ce n'est pas sans raisons que j'ai ete porte a les
multiplier ainsi. — D'abordj'ai eu I'avantage d'y fairc Ogurer les
resultats d'un plus grand nombre de sondages; puis j'ai facilite
lesmoyens d'en construire une infinite d'autres; car si Ton ima-
gine un plan vertical transversal a plusieurs profils , on aura a
chaque point d'intersection des donnees suffisantes pour la cons-
truction d'une nouvelle coupe suivant ce plan. Ainsi les profils
( 102 )
joints a la carte gcologique ne sont pas sciilonicnl utiles au\ Inca-
lites par lesquelles ils passent, mais ils peiivent cinore elrc facile-
ment lendus applicables aux localiles voisines.
L'echclle dcs coupes pour les distances est la nicnic que celle
dc la carle (j^iTTS-'j ; mais pour les hauteurs j'ai du adopter unc
eclielle beaucoup plus graude; autromenl les inllexions du sol,
k's cpaisseurs dcs couches ct I'inclinaison dcs parois dcs ])assins
qui Ics renferment, auraicnt ele insensihics ct inappreciablcs. Unc
cchelle de —^ [i niilliraetre pour 4 metres) m'a paru la plus con-
venable pour les hauteurs.
La coupe N." i de Tournai a Douai montrc le terrain tertiairc
^systemes ypresien et landenien] coiupris dans unc depression du
terrain crctace qui lui-menie repose sur Ic terrain houillcr ct sur
le calcairc bleu. — Les Coragcs d'Orchics, dc Flines et de I'Escar-
pellc y sont iudiqucs.
La menic serie est representee sur les coupes N."' 2, 4, 5, 6 et
7 oil Ton voit les deux bassins tertiaires au nord et au sud du
plateau crayeux qui traverse rarrondissenient dc Lille, ainsi que
les sondages de Lys-lez-Lannoy, Orchics, Vred, Aubcrchicourl,
Kmerchicourl (coupe N.° 2 , nord-sud , par Orchics) ; Tourcoing,
Wasquchal , Fives , Wattignies , Seclin , Camphin , Courriercs
(N.''4,de Tourcoing a Seclin) ; Halluin, Roncq, Bouducs, La
Magdclcine, Lille, Wattignies, Seclin, Oignies(N.''5, d'Oignies a
Seclin, Lille et Menin) ; Marquette, Lille, I'Escarpelle (N." 6, de
Wervick a Lille , Monsen-Pcvele et Bruncnionl) ; Lommc , Tcni-
pleuve, Orchics, Warlaing(N.<' 7, de Warlaing a Orchics, Tem-
pleuve cl Pcrenchics). — La coupe N " 6 est la plus etendue : die
traverse le departenient dcpuis Wervick sur la Lys jusqu'a Brunc-
niont sur la Scusee. — On y rcniarquc la colline dc i\lons-en-
Pevele ctreminence sablcuse dc Canlin dans rarrondissenient dc
Douai.
La coupe N." 3 est dirigee de I'Ouesl a I'Est par Mons-cn-
i'evele et porte les forages de Thumeries el d'Orchics.
Cellc N.<» 8 (d'Eslaires a Bouvines) a sensiblement la memedirec-
( 103 )
tion que la precedentc ; on y voit (igiirer le forage d'Gstaires.
Les coupes N." 12 (de Bauvin a ArmeiUieres) el N." 13 (deMar-
quillies a Eanetieres) donnent des details sur les environs de
Fournes et d'Ennetieres-en-^Veppes. Les I'orages d'Armentieres et
de Marquillies s'y trouvent indiques.
Enfin, les profds N." 9 (de Watten au Mont-Noir), N.o 10 (d'Ha-
zebrouck a Cassel et a Dunkerque), N.° 11 (de Gravelines a Cassel),
N." U (du Mont-des-Chats a Merville], N." 15 (de Watten a Dun-
kerque), N.o 16 (de Saint-Momelin a Ghyveldel,N.° 17 (de Wittes
a Cassel) , et N." 18 ( d'Estaires a Bailleul ) , traversent en divers
sens les arrondissements d'Hazebrouck et de Dunkerque et mon
trent les systemes bruxellien, tongrien et diestien du Mont-Cassel,
du Mont-des-Chats et du Mont-Noir. — La teinte dominanle dans
loutes ces coupes est celle de la glaise ypresienne dont les al'fleu-
reraents sont si frequents et si etendus dans cette partie du depar-
tement du Nord. II n'y a que les forages d'Estaires, de Bailleul
et d'Hazebrouck (coupes N."** 10 et 18) qui indiquent la prolondeur
du sable landenien et celui de Merville (coupe N." 14] qui montrc
I'epaisseur des terrains superieurs a la craie. — Les sondages eutre-
pris a Cassel et a Dunkerque pour reclierche d'eau sont aussi
representes sur les profds N."^ 15 et 17.
On concoit de quelle utilitc peuvent etre ces coupes, quand
on veut se procurer de I'eau pour un usage quelconque ou quand
on veut connaitre les chances d'obtenir une source jaillissante en
un lieu determine.
II existe dans laFlandre plusieurs niveaux d'eau correspondants
aux diverses couches permeables de la serie geologiijuc. II est
facile de les enumerer en partant du sommet del'echelle el des-
cendant jusqu'aux profondeurs les plus grandes que les sondages
aient atleintes. Seuleraent , pour qu'une couche permeable soit
aquifere, il est necessaire qu'elle repose sur un banc impermeable
ou moins permeable qu'elle. C'est cette condition (|ui determine
les niveaux des nappes d'eau souterraines que nous allons passer
en revue.
( 104 1
Lc sable argilcux du liinon , qiiand il est superpose a la glaise,
pcut donner des sources, el c'esl souvcnt en eflet dans ce terrain
qu'on prend I'eau pour Ics usa^^cs donicstiques. Nous pourrions
oiler pour exemplcs Ics environs dc Monchcaux , la Neuville-en-
F'halcmpin, Capollc, Orchies, Bachy, Croix, Roubaix, Tourcoing,
Mouvcaux , Bondups , Comincs, Armenlieres , Melercn, Caeslrc,
llondcghcm cl une foule d'autrcs localiles.
Lelimonctanl d'unc nalurc argilo-sableuse, se laisse difficile-
menl penclrer par les eaux pluvialcs donl une parlic s'ccoule a la
surface du sol ou s'echappe par cvaporalion apres avoir pcnctre a
une f'aiblc profondour. La lenleur dc la lillration a travers I'argile
(|ui juslilic ics travauN de drainage pratiques dans ces sorlcs dc
terrains, s'oppose done a cc que le sous-sol recoive toutes les eaux
(|ui tombcnl a la surface. D'un autre cole, la faible epaisseur du
limon augraenle encore la perle occasionnec par la chaleur solairc.
Aussi I'cau qu'on rencontre a ce niveau n'est-ellc jamais Ires-
abondaate.
Un deuxieme niveau esl donne par les sables diestiens du sonimel
dc Casscl.La glaise longrienne qui les supporle, reticnl en cffct les
eaux dans ces sables oil viennenl puiser la pluparl des puils
domesliques du bourg. Ce niveau est indiquc par plusieurs sources
qui se font jour aulour de la monlagne, vers le plan de separation
des syslemes tongrien el dieslicn.
Le puils dela gendarmerie de Cassel indique un troisieme niveau
compris entre la glaise longrienne el Targilc sableuse glauconifere
el conipacle qui se Irouve a la base du mcnie etage.
Un qualriemeniveau exisle entre les sables bruxelliens el la glaise
ypresiennc el produit les sources de la Pecnc-Becque a Cassel, de
la Yliele-Bccque ou du ruisseau de Popcriughc, au pied du Monl-
<les-Chals , dc la Marque a Mons-en-Pevelc el les fonlaincs du
Monl-Noir donl les eaux sonl amenees a Bailleul.
Lv sable landenien rcposanl sur des sables argileux el sur des
argiles tres-conqiacles qui existent a la base de la formation ter-
tiaire, donne lieu a un cinquieme niveau (jui alimenle un grand
( 105 )
nombre de machines a vapeur, notaniment celles de Touicoing
et de Roubaix.
Vient cnsuilc le sixiemc niveau , ccUii de la craic , qui doit etrc
I'objet d'unc courte observation. Quoique ia craie soit supportee
par une couchc de marne ou d'argile marneuse impermeable
(dieves du systeme nervien], I'cau pent cependant nepas s'y trou-
ver partout au meme niveau. Cette roche jouit bien d'une cer-
lainc porosite qui lui permet d'absorber les eaux de la surface ;
mais elle n'est pas permeable a la maniere du sable dont toutes
Ics parties, independantcs les unes des autres , laissent entre elles
des interstices qui donnent a I'eau un facile acces. La craie forme
au contraire des massifs puissants, sillonnes a la vcrite par de
nombreuses fissures qui communiquent entre elles plus ou moins
directement. Quand un puits rencontre une ou plusieurs de ces
fissures, on pent obtenir de I'eau en plus ou moins grandequantite;
mais il pent arriver aussi qu'il n'en traverse aucune et qu'il y ait
absence de sources. Aussi arrive-t-il quelquefois qu'apres avoir
penetr6 a une certaine profondeur dans la craie , on se decide a
pousser en divers sens des galeries horizontales qui recoupeut des
fentes d'oii I'eau aftlue en asscz grande quantite pour I'usage au-
quel on la destine. Beaucoup de machines a vapeur prennent leurs
eaux dans la craie , entr'autres celles de Lille , Wazcmmes ,
Armentieres , Seclin , La Bassee , Douai , Aniche , etc.
Au-dessous des dieves, on rencontre quelquefois dans des loca-
lites tres-circonscrites, comme aux environs d'Anzin par exemple,
des sables et des graviers aacheniens oil s'accumulent des masses
d'eau considerables relenues par les glaises du meme etage. Ces
masses d'eau forment des especes de grands lacs souterrains qui
font designer par lenom de torrent les terrains qui les renferment.
C'cst la un septieme niveau.
Enfin a une profondeur plus grande , on peut trouver un hui-
tieme niveau dans lecalcaire bleu dont les assises sontsuperposees
aux schistes impermeables du systeme devonien. Ce calcaire ayant
ete soumis a de violentes secousses, est crevasse, fendille en diver
( 106 )
sens, ct pent par suite rcnfcrmcr dc I'cau. Mais on doit hii appli-
qucr robservation que nous avons faite ci-dcssus relativement a la
craie , a savoir qu'il est impossible dc prevoir si un forage pra
tiqiie en tel ou tel point dans Ic calcaire amenera la decouverte
d'nne source plus ou moins abondante, et que par conseciuent, la
reussitc d'une semblable enlreprise est pour ainsi dire subor-
donnee aux cbances du hasard. Toutefois nous dcvons dire que
plusieurs soudages executes a Lillc par M. Dcgousee , et pousses
jusque dans le calcaire bleu, out 6te couronnes d'un plein succfes.
Nous reviendrons plus tard sur ces sondages qui , pour la plupart
nnt nierae donne des eaux jaillissantes.
Kn general , plus une couche aquiferc est profonde , plus la
quantitc d'cau qu'elle est susceptible dc fournir est considerable.
On le conceit facilemcnt. Les couches calcaires , argilcuses ct sa-
bleuses qui font partie des diverses formations geologiques, ctant
disposees en forme de bassins emboites les uns dans les autres, et
les eaux de la surface s'infdtrant par les affleurements des couches
])ermeables, il est clair que ces couches sont susceptibles de re-
cueillir une quantite d'eau d'autant plus grande qu'elles sont plus
anciennes ou que leurs afileurements sont plus eloignes du centre
des bassins, et consequemment plus developpes. Par suite de la
meme disposition , il y aura en general d'autant plus de chance
d'obtenir de I'eau jaillissante qu'on ira la chercher a une plus
grande profondeur, puisque raffleurement du terrain qui la rece-
lera , sc trouvera a un niveau relativement plus eleve que ceux
d'un age plus moderne. C'est ce qui explique un fait qui a du
frapper les industriels de rarrondissement de Lille, savoir:
I'insuffisance des eaux extraites des sables tcrliaires , comparati
vement a cclles de la craie. Aussi ne fait-on usage, aux environs
de Roubaix , que de machines a vapeur a haute pression , tandis
qu'a Lille, celles a moyenne pression qui exigent plus d'eau pour
condenser la vapeur, sont en grande majority.
Nous avons neglige de raentionner dans renumeration des diffe
rentes sources, celles qui peuvent exister dans la partie inferieure
( 107 )
du systeme briixellien (Mons-en Pevele) ; dans le systeme ypresien
(Roncq , hameau de la Rousscllcj ; dans Ic systeme landenien infe-
rieiir (Willenis] , on nieine dans les dieves dn syslenic nervien
(environs de Cysoing]. Ces sources sont ordinairement pen inipor-
tantes et doivent leur existence aux alternances de veines per-
meables et impcrmeables qjjjusjc-presentent quelquefois au milieu
de ces etages.
II y a dans la Flandre franraise plusicurs puits artesiens qui
donnent de I'cau jaillissante. Ces puits sont creuses dans le cal-
cairc bleu a Lille et a Wazcrames, et dans la craiea Wasquehal,
Marquelte, Wambrechies et Merville.
Les eaux de la xraie s'^levent a 1 metre environ au-dessus du
sol dans ces localites. ChezM. Lenssen , distillateur a Wambre-
chies , le produit de la source n'elait que d'un hectolitre par mi-
nute au niveau du sol , parce qu'unc partie de I'eau s'echappail
par des fissures laterales; mais on a double ce produit en abaissant
le niveau d'eau jusqu'a 06 metres de profoudeur pour eviter les
deperditions. M. Degousee a trouve aussi des eaux fortemenl
jaillissantes dans la crai«-«-Vred (a-25-raetres de profondeur) et a
Marchiennes (a 32 metres).
C'est cet habile sondeur qui a dirigc les forages de I'Hospice-
Gencral, de I'Esplanade et de I'Hopital-Militaire de Lille en 1839,
1840 et 1841 (1).
A I'Esplanade le calcaire bleu a ete rencontre a 85 metres 45
el la principale nappe a 108 metres 30. L'eau a jailli dc 0"i60.
Le volume debite par minute etait de 2 litres a cette hauteur el de
40 litres au niveau du sol.
A I'Hopital-Mililaire, on a atleinl le calcaire a 69 metres 75 et
la nappe jaillissante a 107 metres. L'eau s'est elevee a unc hau-
( i) Le premier a iSo"',6o de profoudeur el a coiite 8,000 fr. ; le second a
iai'",5o el a couti^ ^54^7 fr. ( 160 jours de Ir.ivail; approfoiidisscnicnl moycn ;
o"',7f> par jour). Eufiu le iroisierae a ete pousse a iso'",3o moyennanl 6,45o fr.
(iqa jours dc travail ; approfoDdisscment journaliermoyen : o"',6s ). (Degousee,
Guide du Sondeur, p. 44^- )
{ 108 )
leur (k 2 metres 40. A 2 melrcs 38 lo |)ro(luit dc la source elait
de 1 litre par minute et de 4 hectolitres au niveau du sol.
Voici les coupes de ces deux forages extraites de notes ((ui
m'ont ete comnumi(juees par M. Degousee :
Laiideiiieu
inferieur.
Terrain
rrelace.
ESPLANADE.
Sables argileux verdatres 16 90
Craic blanche et silcx a la partic inf^rieurc 32 50
(Grande nappe dean dela rraic a 48,30.)
Craic marneusegrise avecsilex a la parlic sup6-
ricurc seulemcnt 24 20
Dievcs chargCes dc grains dc silicate de fcr a la
base :.. 11 20
Conglom^ral acimcntargilo-calcaire, grisjaune,
verdalre, avec beaucouit dc noyaux de quartz. 6.5
Calcairc carbonifere plus ou moins coherent prc-
nanl quclqucfois une texture lamellairc 36 Cj
Alliiviojis
inodcriics.
LanJenien
iiilerieur.
Trrraiu
rretace.
121 50
UOPITAL-MILITAIRE.
1-
Tcrrain rapporlC 1 00
Argilc sablcii.sc jaune 1 00
Tourbe pyrileusc 50
Argile sableuse jaune sale 2 00
Sable jaunc argileux avcc fragments de craie. . . o 90
Sables qunrtzcux Icgerement cimentes d'argilc. . 8 10
Craie blanche sans silex , fort tcndre , impurea la
partic supCrieurc 15 00
Idem avec silex noirs H 00
Craie marncusc grisatre plus ou moins dure — 21 00
Dii'ves • 11 85
ConglomCrat avcc bcaucoup de noyaux dc quarlz 40
Calcairc carbonifere plus ou moins coherent. ... 50 55
120 30
Leforagepralique, en 1839, dans la blanchisserie deM.""* veuve
( 109 )
Selby, cour dii Beau-Bouquet a Lille, a 100 metres deprofondeuret
p6netre de 20'" environ dans le calcaire. La source jaillit a 2 metres
au moius au-dessus du sol et debite 6G litres par minute a 1 m^tre
de hauteur.
Un resultat analogue avail ete obtenu a pen de distance de la
dans la brasserie de M. Vandarae, sise rue du Gros-Gerard.
II est remarquable que I'eau de ces sondages n'est nullement
calcaire et dissout par suite tres-bien le savon. EUe est au con-
traire iegerement alkaline, ct quand on la recoit dans un verre a
sa sortie du trou de sonde, on la voit se troubler presqu'inslan-
tanement par suite du degagement de petites bulles de gaz acide car-
bonique. L'eau de I'Hopital-Militaire, evaporee a sec, a laisse uu
residu de 1 decigramme par. litre consistant presqu'entierement
en bicarbonate de sonde et en chlorure de sodium.
En 1830, la ville de Bailleul a fait faire un sondage dans I'es-
poir de trouver de l'eau jaillissante; ce sondage execute sous la
direction de M. Flachat , n'a pas reussi , bien qu'il ait atteint le
sable landenien au-dessous de la glaise. Du reste , ce resultat n'a
rien de surprenant et on peut meme predire a I'avance qu'une
entreprise de ce genre n'aurait aucune chance de succes dans cette
commune , quand meme on sonderait jusque dans la craie. En
effet, a Merville(cote 17), l'eau de la craie nes'el^ve qu'a 1 metre
au dessus du sol. Si done on se porte a Bailleul , a la cote 44, il
est tres-probable que dans le cas oil on rencontrerait les memes
sources qu'a Merville, le niveau d'eau se maintiendrait k la pro-
fondeur de 26 metres.
II est certaines localites oii la decouverte de l'eau douce en
suffisante quantite pour I'alimentation domestique on pour le ser-
vice des chemins de fer serait extremement importante, en suppo-
sant meme que l'eau nes'elevat pasjusqu'a la surface du sol. Ainsi,
a la station de Cassel , par exemple , on a fore sans succes jusqu'a
92'". de profondeur, et a Dunkerque on a ete jusqu'a 117 metres.
Les resultats des sondages qui ont ete executes dans la plaine
d'Hazebrouck combines avec la distance et la direction des affleu
( 110 )
rements sableux el craycux au niidi, pourront peut-etre nous
coaduire a former quel(|ues conjccluies assez plausibles sur la
profondeur prol)able du sable landenicn ou de la craie a Cassel et
a Diinkerquc. — Je remarquerai d'abord qu'unc ligue droite tiree
de Merville a Ilazcbrouck va passer precisement par la station de
Cassel, et (jue le forage dela feculerie Houvenaghel a Hazebrouck
est a tres-peu pres a egale distance de cetle station et du village
de Merville. — La surface de la plaine aux environs d'llazcbrouck
etant moyennement a la cole 20, si Ton jette un coup d'oeil surles
coupes des forages de Merville et d'Hazebrouck ( pages 38 et 40 ),
on reconnailra que le sable landenicn exislea Merville a 31'" el a
Hazebrouck a 80'" au-dessous du niveau de la nier. Si done I'in-
cliuaison de la surface sableuse n'augmenle pas enlre Hazebrouck
el Cassel , on peut prevoir qu'en ce dernier point le sable se Iron-
verail a (80 x 2) — 31 =: 129 au-dessous du menie niveau ou a
1G8'" de profondeur, la slalion de Cassel etant a la cote 39.
Maintenant si Ton observe qu'une droite allanl d'Aire a Moulle
(Pas-de-Calais) represente assez bien la direction de raftleurement
des sables landeniens ou des bords du bassin dans lequel est de-
posee la glaise ypresienne el que la ville de Dunkerque se Irouve
a une distance de eel affleureraenl 2 fois plus grande que la slalion
de Cassel , on arrivera a cetle conclusion que la profondeur du
sable au-dessous du niveau de la raer serail a Dunkerque de
<29x2 = 258 metres. Toulefois cetle profondeur pent elre con-
sideree comme un maximum ; car en Anglelerre oil la glaise
ypresienne est Ires-developpee , on n'en a pas traverse plus de
700 pieds.
Voici la coupe du sondage qui a 616 entrepris a Dunkerque
en 1836 :
( 111 )
Terrain rapports. aopieds e-" 66
Sable fluide 20 66
Sable avec coquilles analogues a celles
vulgairement connues sous le nom
(le St.-Jacques et renfcvmant des
c 1 1 / veines tres-minces de liinon va-
Je mer. \ SCUX 23
jsable mouvant de couleur noiratre. . 15
[Sable niouvanl jaunatrc, melange de
coquilles brisees 17
Sable noirdlre aussi m^le de coquilles. 1 3
/ Glaise compacte 242
v.™;™! ' ^" y 3 trouve quelques pelits cailioux
a la profoiuleur de 314 a 320 pieds.
7
6G
5
00
5
60
i
33
80
(y;
Ypresien.
Profoudeur totale 350 p. no™ 63 (i )
II peut etre utile de mettre en regard de cette coupe celle du puits
creuse a Calais en 1844 par M. Mulot :
( Sable et gravier rapporttis S-" 00
Sablfs I Sable grisjaune, bleualre , avec coquilles et
de mer. l
\ d6bns v6g6taux 20 30
[ Argile brune sableuse 50
Sysierae )cailloux roul6s avec veines d'argile ( gros
laiidenien . j silex) 2 65
I Argile brune sableuse 6 25
A reporter 32 70
(i) On peiil remarquerque la profondeiir a laqiielle on a commence a rencontrer
la glaise , coincide avec la partie la plus profonde de la pleine mcr en face de
Uinikerque (ai brasses de 5 pieds ou iio pieds). Ce forage a ele enlrepris par
lui nomine Charlicrde Lille. La d^pense totale a d^pass^ 8,000 francs. — Le prix
etail tixk a I 2 fr. par pied jusqu'a 100 pieds de profondeur ,317 francs de too a
jSo pieds , el h ao fr. audela. — Dans le cas ou on anrait rencontre nn banc de
roche , le forage a Iravcrs cetle roche devait etre paye a raison de 3o fr. par
pied. — Le sienr Chartier devait fournir avec la main-d'ceuvre tons les outil s,
coffres, etc., necessaires pour contenir les terres et tuber le tuyau d'uB-
censiou.
Sysieme
landenien
(suite).
Systiiine
sinoiiieii.
Systeiuc
nervieii.
Sysleine
liervien
(Gault rt
Grepiisaiiil
iiiferieiir )
Sj'sleme
caleareux
suprrieiir,
(Calcaire Je
Tournai.)
I 112 )
Report 32 70
Sable vcrdatre argileux . o ' 35
Sable veil avcc i)yriles 2 70
Cailloux roult^s tres-gros 1 10
Sable gris verdalre 10 oo
ISable gris trt^s-fin 5 20
Argilesableusc — 55
Sable aggloin(5r6 avec pyrites 30
jSable argileux 1 80
' A rgile sabieuse compactc avec pyrites 3 30
Argile brune sableuse tres-diiro 9 00
Sable gris verd<\tre argileux 3 30
Argile brune sableuse 2 40
id. avec silcx 25
Craie blanche friable 8 05
id. avec silex (Spars 83 ir>
Craie grise avec .silex 4 15
Alternances de niarne ct de calcaire siliceux
gris bleucitre tri'S-dur avec pyrites 122 30
(Fortes toises, bleus, dieves).
Id. marnes de coulcur plus fouc(^c 15 29
Marne glauconieuse (Tourtia) 90
Argile brune micac6e 4 95
Argile a grains verts avec pyrites de fer l 05
Argile brune avec grains de(iuartz el pyrites. i 80
r.res a grains fins tres-durs avec points verts
de silicate de fer • — 5 81
Calcaire carbonifere gris compacte 26 10
346 86
11 est a rcmarquer qu'ici les sables landcniens ne sont pas pre-
serves des inliltrations des eaux de la mer par une couche d'argile
sufrisammenl epaisse et inijiermcablc, de sorte que I'eaii de ces
sables doitrtre saiinialre a pen de distance de la cote. II pourrait
en etre de iiKMue des eaux de la craie doiU les falaises .soul bat-
tues par les Hots eiit re Sangatte et Wissaul. — On voit d'ailleurs,
( 113)
en compai'anl Ics forages de Diinkerque ct do Calais, que ces deux
villes onl des situations loutes dilferenlcs au point dc vue geolo-
gique et que, si a Calais on en est reduita courir la chance de
rencontrer une crevasse dans les couches de calcaire bleu, on peut
a Dunkerque trouver I'eau dans le sable landenien ou dans la
craie comme aux environs de Londres oii sont creuses une quan-
lite de puits artesieus dans I'une ou I'autre de ces formations. Les
fontaines de Trafalgar square, a Londres, sont alimcntees i)ar les
eaux de la craie qu'on a reucontree a une profondeur de 450 p.
Leur niveau s'etablit a 50 p. dii sol, et des ponipes mues par la
vapeur I'clevent jusqu'a une hauteur deterniinee. Adniettons (ju'a
Londres I'epaisseur moyenne des terrains a traverser pour atteindre
la craie soit de 500 pieds (1). L'affleuremeut de la craie, ou plutol
la ligne de separation entre la craie et le terrain tertiaire passant
a 20 kilometres au sud de cette capitale, tandis que la distance de
Dunkerque auprolongementde la mcme ligne dans le Pas-de-Calais
est de 35 kilometres environ , il en resulte que la profondeur de la
craie a Dunkerque serait, proportion gardee, de 875 p. ou de 292"'.
En extrayant de ce nombre la puissance des couches du systeine
landenien qui est au plus de 55", on obtient pour Tepaisseur pro
bable des terrains superieurs au sable sous la ville de Dunkerque
le chiffre de 237°". qui s'eloigne peu de celui que nous avons cal-
cule precedemment d'apros d'autres considerations. Sans doule
ces calculs n'ont rien de bien precis ; mais ils suffisent neanmoins
pour donner une idee assez exacte de la profondeur a laquelle il
serait possible de trouver de I'eau douce a Dunkerque. En adniet-
tant une profondeur moyenne de 250™ jusqu'au sable landenien,
la depense d'un forage execute a la journ6e d'apres les prix de
M. Degousee s'eleverait a une vinglaine de mille francs. Cette
question presentant un certain interet pour la ville de Dunkerque,
j'ai cru devoir lui consacrer quelques lignes qui peut-etre ne serout
pas perdues pour I'avenir.
(i) La profondeur de la craie aux environs de celte capilale varie de soo a
6oo pieds. (Lyell , EUmenls de GMogie , page 36o.)
8
(114)
QUATRnCllE PARTIE.
DOCUMENTS STATIST IQUES. — PRODUITS ET CONSOMMATfONS.
IMINES.(l)
Les seules mines exploitees dans la Flandre francaise sont
celles d'Azincourl, d'Anicbe et de I'Escarpelle,
Ces dernieres ont ete concedecs par decret du President de la
Republique, en date dn 27 novemhre 1850. (2) Elles sont done
tontes recentes et n'ont pas encore donne lieu a une exploitation
bien active. Une seule fosse, la fosse Soyer , a servi jusqu'ici a
(i) II n'entre pas dans le cadre que nous nous somines trace de faire une
description detaillee de rexploitation des mines de houille , ni raeme d'envisager
le terrain lioailler au point de vue de I'allure et de la configuration des difKrentes
couches. Une itude seinblable exigerait a elle seule un volume et rentre d'ailleurs
dans la lopograpliie souterraine qui s'exicute en ce moment 4 Valenciennes sous
les auspices de I'aduiinistration. Nous nous contenterons de donner un apercu
tres -succinct sur I'importance de ces mines et sur les produits qu'on en retire.
(a) « II est fail concession a la compagnie de la Scarpe , constitute par acte
notarie du 4 fevricr 1847 et representee par Icssieurs Eugene Soyer, Marc Douai,
Amable Ueleau , Clement Courtois , Charles-Martin Taverne et Jules Baralle,
des mines de houille comprises dans les limites ci-apres definies sur les communes
de Douai, Hers, Raches, Roust- Warendin, Raimbeaueourt , Monchcaux , Thu-
raeries , Ostricourt , Auby, Lauwin-Planque , Cuincy (dep.' du Nord), et sur les
communes d'Evin, Courcelles et Le Forest (dip. du Pas-dc-Calais). Cette conces-
sion qui preiidra le nom de Concession de I'EstarpcUe , est liraitee conforraement
au plan annexe au present decret ainsi qu'il suit : au Sud-Est par la rive droitc
de I'ancien cours de la Scarpe h partir du point m ou elle est coupie par une droile
j oignantleclocher de CourriCresaubeffroi de Douai jusqu'a I'axe dupont de Raches
(point n), puis par I'axe de la route national e de Douai h Lille jusqu'iui point p de
( 115 )
'extraction , sa profondeur est de 203 metres. Une machine a
vapeur de 30 chevaux y est etal)lie pour elever les tonneaux de
houille et epuiser les caux. Cette fosse a traverse qiiatre couches
de houille de 0"' 55 a 2"' de puissance qui sont inclinees vers
I'ouestdelG degres environ. L'epaisseur exceptionnelle de ces
couches ne s'est pas maintenue et n'etait due qu'a un renflement
lout-a-fait local. Une galerie de recherche a ete dirigee, en effet ,
sur une longueur de 500 metres vers le nord-ouest, dans une
veine reguliere de 0"' 20 au plus. C'est ce qui a decide la compa-
gnie a faire creuser un nouveau puits au nord-ouest du premier,
pres dela station de Leforest. Ce puits est sur le point d'atteindre
le terrain houiller. La mine de I'Escarpelle occupe iTOouvriers ,
dont 140 a I'inlerieur.et 30 a I'exterieur, etproduit annuellement
216,000 quintaux metriques ou 240,000 hectolitres de houille
demi grasse , semblable a celle des fosses de la Renaissance,
Saint-Louis, etc., a Aniche. La valeur de ce produit est de 240, 000
francs.
La concession d'Aniche a ete defmitivement limit6e par arret
du Directoire executif en date du 4 messidor an V (1). Elle a une
son intersection avcc une Jroiletiree du clocher de Raclies a celui de AA'aliagnies ;
au Nord-Est , i parlir du point p par ladite drolte jusqu'au point r ou clFe
est coupee par une autre droite align^e sur le clocher d'Evin-Malinaison et sur
celui de Courcelles ; au Nord-Ouest, a partir du point r par cctte deniiere droite
prolongee du c6t6 du Sud juscju'au point s ou elle est rencontree par la ligne joi-
gnant le clocher de Courrieres au beffroi de Douai ; au Sud-Ouest a partir du
point s par cette derniere ligne droite jusqu'au point de depart m siUxi sur la
Scarpe; lesdiles liuiitcs renl'ermaul une etendue superiicielle de 47 kilometres
ijuarres 21 hectares. « ( Extrail du decret de concession.)
(i) Les etendues de terrain concedees succ.essivement au marquis de Traisnel
par arrets du 10 mars 177/4 el du a 5 seplembre 1779 , ont ete riihiites a 6 lieues
carries , conforraement aux dispositions de la loi de 1791 sur les mines et leurs
limites iixees comme suit : A I'Est par la chaussce de Marchiennes a Bouchain ,
depuis Marchiennes jusqu'a 46o loiscs au niidi de la rive droite du vieux chemiii
qui conduit de Douai a Valenciennes ; au miJi par une ligne qui de ce dernier
point se dirige sur le clocher d'Erchin , puis sur celui de Brehieres jusqu'au che-
min de Douai a Arras ; a I'Ouest par ledit chcmin d' Arras k Douai jusqu'h cette
1 116 )
etendiie tie 11,850 hectares. On y connait 22 couches tie houille ,
donl 13 tie charboasec (Fosses Renaissance el Saiut-Louis) el 9 tie
charbon gras (Fosses Fenelon el tl'Aousl). Les ancieus puits de la
compagnie d'Aniche tiui sont sillies au sud des puits acluels ne
produisaient que des charbons gras. lis ont travers6 26 couches
plus ou moins exploila.])les qui sont comprises enlre celles d'Azin-
courl el celles des fosses d'Aousl el Ftintiion ; mais il est probable
que ces 26 couches ne sonl pas loules dislinctes el que les menies
veines se reproduisent plusieurs fois par suite du renversenient
du lerraia au midi. Leur epaisscur varie de 0"' 30 a 1"' ;
nioyenne , 0"' 55. II u'y a que 10 veines donl la puissance
soil superieure a cclte moyenne. On n'exploile a Aniche que
14 couches qui ont de U"' 35 a 0"' 80 de, puissance , savoir :
5 a la Renaissance , 5 a Saint-Louis el 4 aux aulres fosses.
L'iuclinaison de ces couches va en auenientant du nord au
niidi. A la Renaissance, elles penchent de 30 degres au sud ; a
Saint-Louis, de 35 ; a d'Aousl , de 42 ; el a Azincourl , elles se
redressent el se renverseut nienie au-dela de la verlicale de ma-
niere a incliner toujours au midi. Leur direction pent varier beau-
coup d'un point a un autre. Toutefois , en les considtjrant dans
leur ensemble el les suivant sur une assez grande longueur, on
remarque qu'elles courent moyennement de I'E.S.E. a I'O.N.O.
A la Renaissance, la direction moyenne reconnue sur 1,500
metres de developperaent est de E. 13" S. a O. 13" N. Dans
I'ancienne exploitation d'Aniche, oii les veines de houille ont ele
explorees sur une etendue de 4,500 metres , elle a ele trouvee de
E. 20" S. a O. 20O N. C'esl la direction generale du bassin a la
hauteur d'Aniche. Les couches de charbon sec exploilecs aux
fosses de la Renaissance el Saint-Louis ont une allure tres-regu-
liere qui u'esl inlerrompue dans un inlervalle de 1,500 metres
Jcmiere ville et de cc poiiil en suivant la rive Jroite Jc la Scarpe jiiscjiraii Pont-
R^RacliPS ; an Nord, en snivant la rive droite du Pont-a-Raclies jnsqn'a Mar-
ch i en nes.
( 117)
que par deux petits crains ou etranglements de 6 a 8 metres
d'epaisseur ; mais le faisceau dc houille grasse qui se troiiveplus
au sud est beaucoup plus accidente. A d'Aoust notaniuient, il est
froquerament traverse par des failles dans le sens de la direction
et de I'inclinaison. Cette irregularite est encore plus sensible a
Azincourt et dans les anciennes mines d'Aniche qui, pour celte
raison , n'ont jamais ete tres-productives. 5 puits |d'extraction
d'une profondeur maximum de 350 metres sent desservis par 5
machines dont la force totale est de 206 chevaux. 716 ouvriers,
dont 545 a I'interieur, recoivent 348,000 fr. pour 195,000 jour-
nees. La production annuelle est de 1,100,000 hectolitres , dont
680,000 de charbon demi-gras (a 1 fr. I'hectolitre) et 420,000
de charbon maigre (a fr. 90) valant ensemble 1,058,000 fr. Ces
charbons sont employes pour les usages domestiques, le chauffage
des chaudieres a vapeur, la cuisson des briques, etc.
L'acte de concession des mines d'Azincourt est du 29 decembre
18i0 (1). On connait dans cettc concession, dont la surface est de
870 hectares , 9 couches dc houille dont 5 sont exploitees.
L'epaisseur maximum de ces couches est de O"' 70 (veine N.° 5) ,
et l'epaisseur minimum de 0'" 35 (veine N." 4)- Deux puits d'ex-
(i) « II est fail concession des mines tie houille comprises dans les limites ci-
apres definies (communes d'Abscon , Aniche , Emercliicourt el Ercbin , arrondisse-
raents de Douai el de Valenciennes ), a MM. E. Lanvin , L.-J. Wacreiiier, N.-V.
Delaunc , P.-A.-F.-G. Bossut , G. Toiissin , J. -A. Toussin , P.-G. Gliiolin , A. de
Saint-Franeaii , E.-C. Griraonprcz , L.-A.-C.-J. Lanvin , J. -F -M. Clieradame ,
F.-L.-C. Colonibier, A.-D. Bougenier, A. -J. Leclercq, A.-N. Taigny, P.-F.-G.-b.
Carette,L. Minguet , Cirier-Deloine , Boudard-Horris , Deparis el A.-F. De-
planque. Celte concession, qui prendra le nom de concession d'Azincourt esl
limitee ainsi qu'il suit : au Nord par la liraite de la concession d'AnicLe , depuis
le point ou cette limile rencontre la cbaussee de Bouchain a Marcbieunes , jus-
qu'au clocBer d'Erchin ; au Sud , par une lignedroile tiree duclocher d'Ercbiii a
riiiterseclioii des chcmiiis d'Eracrcliicourl a Aubercbicourt et a Aniche , et par
line autre droite raenee de ce dernier point a la jonclion du pelil chemin d Azin-
court avcc la cfaaussee de Boucbaiu a Marcbiemies ; a I'Est par ce'.'e chaussee
jiisqu'n la rencontre de la limite nord de la concession d'Auiclie , point de depart.
( Extrail de Tordonnance de concession.)
(118)
traction pt doiix machines ii vapour de 30 chevaux chacime. Pro-
londour maximum dos travaux : 318 metres. 282 ouvricrs a I'in-
tcricur ct 76 a rextericur , recevant un salaire de 161,100 fr.
povir 100,700 journecs. Extraction annuelle : 400,000 heclolitros
valanl 400,000 1'r. et employes a la fabrication du coke, au chauf-
fage des chaudieres a vapour, dos fours de vorreries, etc.
La production totalc du bassin houiller de Valenciennes pent
etre evaluo a 13 millions d'hcctolitres on 1,100,000 tonnes de
houille (1) provenant de 84 fosses d'une profondcur maximum de
519 metres desservies par 87 machines dont la puissance totalc
est de 2,543 chevaux-vapeur. Le nombre d'ouvriers employes est
de 9,400, dont 7,800 a rinlerieur.
Cos 1,100,000 tonnes sont expediees pour plus de moitie dans
les departements voisins (Pas-de-Calais, Aisne, Somme, Seine,
etc.), et il en reste dans le departomcnt du Nord de 4 a 500,000
tonnes qui sont consommees surtout dans les arrondissemenls do
Valenciennes, Douai et Cambrai. L'arrondissoment d'Avesnes no
consomme que des charbons beiges, et ceux de Lille, Hazebrouck
et Dunkerque n'cntrent pas pour plus de 1/10'' dans la consom-
mation do houille francaise qui so fait dans le departement.
On concevra pourquoi les houilles de Valenciennes no penetrenl
quo difliciloment a Lille , si Ton compare leur prix a celui des
houilles de Mens.
(•)
La production en i843 a
cte de
857.783 tonnes.
en i844
—
957. 176
en 1845
—
94&.803
en 1846
—
I .0^9. 173
en 1847
—
I . 570. i4i
en i848
—
937. 3 r 2
en 1849
—
9o3.386
en i85o
—
I. 018. 673
Tons les biissinii lioiiillcrs de France reiinis onl produil en i847> 4^ niillii'ns
do r|uinlatix nietrir|iios pour une ronsommation lolale de 66 millions.
( 119 )
Ces dernieres valent :
L'heclolitre sur place. . . 85
Au bateau 05
Transport de Mons a Lille 25
Droits d'entree en France , decime compris ... 17
Octroi (12 centimes par quintal) 10
1 42
Tandis que celles de Denain coutent :
Sur place 1 00
Au bateau 275
Transport de Denain a Lille 18
Octroi 10
1 555
L'importatiou y compris le transit est moyennemenl de
1,600,000 tonnes, dont la moitie sort du departement qui , par
suite, acquiert pour sa consonimation interieure de 12 a 1,300,000
tonnes tirees pour les 2/3 des charbonnages beiges.
II entre, en outre, par les ports de Dunkerque et de Gravelines
une certaine quantite de charbon anglais (8,000 tonnes) provenant
des environs de Newcastle : 3 a 4,000 tonnes sont consommees par
les bateaux a vapeur et le reste est exporte pour la plus grande
partie dans les colonies, apr^s avoir sejourne en entrepot. H y a
aussi une quantite d'environ 1,800 tonnes qui acquitlent les
droits et sont consommees dans la localite; mais c'est la une
exception; car on ne consomme pour ainsi dire a Dunkerque que
des houillcs de Mons et d'Anzin. Voici les prix de ces divers char-
bons rendus a I'interieur de la ville :
( 120)
MONS.
L'hecloliire au bateau 00
Droits d'entiee 17
Transport par les canaux beiges 40
Octroi 18
1 65
Anzin.
L'hectolitre au bateau 1 175
Transport ... /|0
Octroi 18
1 755
Bassin de Newcastle.
Les 1 ,000 kilog. mis a bord 5 00
Transport par mcr (150 a 200 beues) 8 75
Assurance 10
Entree 5 50
Octroi 2 20
21 55
Soit par hectolitre dc 80 kilog 1 72 (1)
En 1850, ii a et6 importe de Belgi(|ue 1,633,315 tonnes de
houille H 1 18,099 de coke, dont re(|uivalent en charbon est de
(1) 11 I'aiidrnil en outre ajoiiler a cc prix les I'rais de iii.n;,'asin qui n'e.xisleiil
pas pour les aulres cliarbous. On lomptc que la houille revieiil a Dunkerque de
3 fr. 3i 2 t'r. 20 la razirre de a licclolilres rombles pesaul 190 kilogrammes.
L'hcclolitrc corablc fail en volume i hetlulilrc et i/5.
( 121 )
202,468 ; total : 1,835,783 tonnes, dont 1,046,176 sont entrees
par Conde. Ce dernier chift'rc se decompose ainsi qu'il suit :
Chargenients diriges vers Tinterieur par I'Escaut. 463,630
— descendant I'Escaut pour prendre la
Scarpe 395,674
— Id. pour prendre a
Mortagne les eaux beiges 186,872
1,046,176
Le rcstc penelre sur le terriloire Irancais soit par le chemin de
fer , soit par la Sambre , soit par diverses voies de terre.
Les 463,630 tonnes qui suivent I'Escaut sont exportees en
presque totalite hors du departenient , sauf 10,000 environ (|ui
restent dans I'arrondissement dc Cambrai.
Quant aux 400,000 tonnes que transporte la Scarpe , elles
s'ecoulcnt partie dans le deparlement , partie hors du departe-
nient , savoir :
Vers Lille, Wazemmes, Armentieres, etc... 240,000
ADouai 16,000
A Arras 40,000
Par le canal de La Bassee 64,000
Sur les bords de la Deule, entre Douai et Lille 40,000
400,000
Les charbons de Mons qui sortent du territoire francais a Mor-
tagne sont destines pour la plupart aux cantons de Tourcoing ,
Roubaix , Lannoy, etc. La majeure partie rcntre en France par
le canal de Roubaix ; le reste suit la route de Tournai a Lille ou
est dirige vers Dunkcrque par les canaux beiges.
Les arrondisseraents de Lille, Ilazebrouck et Dnnkenjue reunis
( 122)
consomnicnt environ 500,000 tonnes do houille. La consommation
inlerieure do Lille est dc 1, '200,000 hectolitres, dont 500,000
sent absorbes par les etablissemenls a vapeur, 175,000 par di-
vcrses industries et 525,000 par le chauffage domestique. Elle a
etereduite a 1 million d'hectolitres en 1848.
On pent adnieltre que la consommalion moyenne de charbou
dans la Flandre francaise est a peu pres moitie de cellc du depar-
temeni du Nord tout entier, soit 600,000 tonnes. Les machines a
vapeur qui entrent a peu pres pour 1|'3 dans la consommalion
totale sont au nombre de 537 et ont une force dc 6,968 chevaux-
vapeur. On en comptait en 1850 :
63 dans rarrondissement de Douai.
460 — Lille.
6 — Hazebrouck.
9 — Dunkerque.
Ces machines desservent 14 puits de mines , 254 lilaturcs ,
7 fabriques de cardes , de broches , etc. ; 47 fonderies et ateliers
de construction ; 37 teintureries , fabriques d'indiennes, etc. ; 81
sucreries; 17 feculeries, distilleries ou brasseries ; 15 fabriques
d'huile; 13 moulins a blc; 1 verrerie; 7 fabriques de ceruse ;
4 plombcries ; 2 fabriques de bleu ; 4 fabriques de produits chi-
miques ; 5 scieries de bois ; 2 ateliers de tourneurs ; 6 fabri(|ues
de chicoree ; 2 imprimeries et 13 autres industries.
raiKii;RES.
II n'y a qu'une scule miniere de fer dans la Flandre. Elle est
ouverte au milieu du terrain a cailloux ([uaternaire, sur le llanc
sud du Monl-Cassel , pres du chemin qui descend a Oxelaere (1).
( I ) C'cst Ic siciir Grondcl , marbricr a C.isscl , qui en est proprielaire.
( 123 )
Cette minifere est exploilec a cielouvert et fournit iin fer hy-
drate siliceux, en morceaux plus ou moins gros et plus ou
moins riches, empales dans un melange d'argile et de sahlc.
4 ouvriers a 1 fr. 50 extraient 4 metres cuhe dc pierre en douzc
heures ; mais on doit faire un triage pour separer le bon minerai
du gres ferrugincux impropre a la fabrication de la fonte et dont
la proportion est tres-variable. On crible aussi I'argile seche pour
en retirer ies petits fragments qui s'y trouvent dissemines.
Ces minerais pesent 1,500 kilog. le metre cube et peuvent
rendrc a I'essai jusqu'a 45 p. OjO de fonte. lis coiitent sur place
4 fr. la tonne et 5 fr. rendus a la station de Cassel. U faut comp-
ter, en outre , 8 a 10 fr. de transport par cherain de fer dc
Cassel a Denain. Le proprietaire n'en a expedie que 468,667 kil.
du 1 ."f juillet 1849 an 31 mai 1852.
La decouverte de ce gite date de 1849 ; mais il est douteux
([u'clle soit d'une grande importance pour I'avenir. Les minerais
de Cassel proviennent, .suivant toute probabilite, de la destruction
des couches tertiaires qui couronnent le sommet de la montagne.
On observe , en effet, des gres ferrugineux semblables an Mont-
Noir, au Mont-des-Chats et au Moulin-de-Boeschepe , soit dans
le systeme tongrien, soit dans le systeme diestien.
TOLBBlEBEii.
Les seules tourbieres oil I'extraction ait lieu reguli^remenl
dans la Flandre francaise, sont celles des environs de Dunkerque.
Chaque annee pendant les mois d'avril , mai et juin, les fermiers
font tourber une certainc etenduc de terrain dont le produit est
destine exclusivement au chaufi'age domestique. lis out ainsi
I'avantagc de niveler le sol dans les parties oil il presente des
inegaliles , de I'ameublir et do lameliorer en enlevaut la tourbe
dont les principes acides brulent les recoltes en meme temps que
la chalcur due a la couleur propre de ce terrain. Tant que la
( m)
tourbe est niouillee, les liges reslent vertes; mais dcs que Ic
niveau d'cau descend et laisse la tourbe a sec, les plantes se tle-
trisscut et meurent. Les terrains do la plaine dc Dunkerque donl
la superficie est en general sableuse sonl Irop sees en ete et sous
ce rapport, I'cx traction de la tourbe a encore pour heureux effel
de rapprocher la terrc v6getale du niveau d'eau ot dc permettre
de lui donner plus de consistancc en jetant au loud dcs entaillcs
le sable le plus pur et en ramenant a la surface I'argile (pii ordi-
nairement recouvre inimedialement la tourbe. Enfin ce combus-
tible procure des cendres qu'on emploie comnie engrais en les
melant au fumier des Stables.
Les principales tourbieres sont situees au\ environs d'Uxcni
et de Looberghe et produisent une tourbe ligncuse oil abondent
les fragments de bois. Elles sont cxploitees en vertu d'unc auto-
risation donnee par le prefet sur le rapport des ingenieurs. L'ar-
rete rappelle les conditions a remplir pour sauvegarder les inte-
rets de la salubrite publique , la conservation des proprietcs e(
la siirete des ouvriers. Ainsi il prescrit de faire connaitre cbatpie
annee par une declaration adressee a la prefecture, le point precis
oil doit s'executer le tourbage, de donner au\ parois des excava-
tions un talus suflisant pour prevenir les eboulements, de rcm-
blayer les entailles tourbees au fur et a mesure de I'avancement
des travaux au nioyen des couches d'argile et de sable superpo-
sees il la tourbe el de faire en sorte que le niveau du sol apres le
remblai soit superieur a celui des plus hautes eaux. Ces mesures
essentielles sont strictement observees et il n'en peut ctre autre-
ment. Les terrains anciennemcnt submerges dcs environs de
Dunkerque ayant ete acquis a la culture par I'ouverture dc canaux
de desscchcment , il est d'un haul intcrct pour les proprielaires
de ne faire aucunc excavation pcrmanente oil les eaux puissent
de nouveaux s'infiltrer.
I'our que la tourbe soit exploitable , il faut qu'elle ait une
epaisseur suffisante et qu'elle se trouve a une profondeur assez
restreinte pour (|uc les eaux puissent ctre enlevees avec facilitc.
( 125)
A Looberghe, le gite tourbeux a 1 m. 30 c. de puissance
moyenne et est recouvert par une epaisseur a peu pres egale
d'argile et de sable. L'extraction s'opfere an moyen du petit
louchet qui a 20 o. de longueur sur 15 c. de largeur. La briquette
de tourbe a done la forme d'un prisme carre de 15 c. de cote sur
20 c. de hauteur. On s'arrange de maniere a ce qu'apres le
remblai , le niveau du terrain soit abaisse de 40 a 50 c. Aussi
est-on souvent oblige de laisser au fond de I'exeavation une
tranche de tourbe plus ou moins epaisse. Dans les conditions de
gisement que nous venous d'enoncer, on n'enleve que 1 m. en-
viron de tourbe (cinq fers de louchet) en ayant soin de jeter celie
qui provient de la premiere tranche et qui est de mauvaise qua-
lite. On perd done une partie notable de la couche (50 c.) taul
par ce qu'on rejette que par ce qu'on laisse intact dans la pro-
fondeur. Dans une exploitation active et bien conduite, les tra-
vaux sont disposes comme on levoit(fig.l8). Lesentailles tourbees
ont 2 m. de largeur sur 12 m. 50 c. de longueur. L'extraction a
lieu dans I'une de ces entailles pendant qu'on remblaie I'entaille
voisine en decouvrant la tourbe sur uAe surface egale. Les eaux
d'intiltration sont jetees dans une rigole qui aboutit au watergang
le plus rapproche. J'ajouterai que pour prevenir la destruction
des canaux, digues et chemins etablis pour faciliter la culture
des terres ainsi que des divers ouvrages d'art qui en dependent ,
le reglement de police des wateringues defend d'extraire des
tourbes a moins de 60 ra. des dits canaux. On fait secher la
tourbe en la disposant en tas coniques sur le terrain tourbe
I'annee precedente, lequel recoit aussi la terre vegetale qui re-
couvrait le .sol de la nouvelle exploitation. De sorte qu'une terre
soumise au tourbage reste improductive pendant deux ans.
Huit ouvriers, dont deux tourbeurs et trois remblayeurs a 2 fr.
par jour, un brouetteur a 1 fr. 50 c. , un chargeur a 75 c. et un
arrangeur de pyramides a 40 c. par mille , peuvent extraire 7,00(>
tourbes en douze heures , ce (lui porte a 525,000 le produil
maximum d'unc carapagne de trois raois. Ces ouvriers sont diri-
• ( 126 )
ges par iin entrepreneur auqiicl le fermier paie 3 fr. 50 c. par
mille. L'arpent ou la mesure du pays, est de 44 ares ct eqiii-
vaut a 300 verges carrees de 3 m. 83 c. de cote. Sa valeur varie
de 600 fr. a 2,000 fr.
Une are pouvaut donner environ 17,000 tourbes, en supposant
une epaisseur exploitable de 80 c. ou de quatre fers de louchet,
il en resulte qu'a Looberghe , une extraction ne s'etend pas sur
plus de 30 arcs dans le courant dune annee. Un fermier ne fait
en effet tourber ordinaireraent qu'une derai mesure au plus , ren-
dant environ 380,000 briques de tourbe. Ces briques se vendant
8 fr. 50 c. le mille , le benefice que le proprietaire partage avec
le fermier est de 5 fr. par mille, ou de 1 ,900 fr. par demi mesure
de 22 ares. Si Ton retranche de ce chiffre le produit que donne-
rait cette surface pendant deux ans, si ellc etait cultivee, produit
qu'on peut evaluer a 120 fr., il reste 1,780 fr. pour le benefice
net acquis dans une periode de deux annees par suite de I'extrac-
tion de la tourbe, abstraction faite des avantages qu'on retire
de I'amt'lioration du terrain.
La tourbe en se dessechant se contracte de la moitie aux 2/5
de son volume primitif. Un prismo de tourbe humide qui a uu
volume de 4 dec. cubes 1/2 se reduit en effet a 2 dec. cubes
45 par le sechage (0 m. 12 sur m. 12, sur m. 17). La
tourbe seche a une densile de 0,7 a Looberghe. Une briquette
pese done 1 k. 715.
A Teteghem et a Uxem , le banc de Tourbe n'a que m. 00 a
m. 80 (3 fers de louchet] d'epaisseur et se trouve a la profon-
deur de 1 m. 20 environ. II est, comme on le voit, notablement
moins puissant qu'a Looberghe; mais la tourbe est de meilleure
qualite et a un plus grand poids (0,850). Un morceau sec pese
2 kil. et on en extrait environ 2,000 dans une verge carree ou
13,000 dans un are; mais le produit d'une exploitation ne de-
passe guere annuellement 60,000 tourbes qui sc vendent 1 fr.
le cent. Trois ouvriers , dont un broueltcur dpuiscnt en uu jour
une entaille de 9 a 10 metres de longueur sur 1 m. 50 de lar-
( 127)
geur et pr^parent une nouvelle entaille. On pent admettre qu'un
ouvrier dans sa journee extiait 7 a 800 lourbes y compris le
temps employe a deblayer et a remblayer.
25 tourbieres sont ouvertes dans Ics communes de Ghyvelde ,
Uxem , Teteghem , Brouckerque , etc. Elles occupent environ
125 ouvriers et produisent annuellement 100,000 quintaux me-
Iriques , on 22,222 metres cubes dc lourbe representant une
valeur de 30,000 fr.
CARRIERES.
Le tableau recapitulatif par commune que nous donnons plus
loin indique le nombre et I'imporlance des carrieres de gres , de
sable, de gravier et de craie ouvertes dans les arrondissements de
Dunkerque, Hazebrouck, Lille et Douai. Toutes ces carrieres sont
a ciel ouvert a I'exception de celles de craie qui sont quelquefois
exploitees a I'aide de puits pen profonds. Voici quelques details
sur les carrieres souterraines de rarrondissement de Lille.
Le systeme d'exploitation consiste a creuser successivement a
7 ou 8 metres d'intervalle des puits evases qui ressemblent a des
especes d'entonnoirs renverses et dont la profondeur maximum
est de20 metres jusqu'au niveau d'eau. L'extraction n'a lieu que
durant la belle saison, les eaux etant trop elevees pendant I'hiver.
Quand un puits est termine , on en creuse un autre dont on jette
les menus debris dans le precedent qu'on remblaie ainsi en partie.
Ces puits sont circulaires et ont 1 metre d'ouverture jusqu'a la
craie solide. A partir de ce point, on les elargit de plus en plus
jusqu'a cc que leur diametre atteigne 7 et 8 metres. Tons commu-
niquent eutr'eux par de grandes arcades de 4 metres de largeur ;
de sorte que quatre puits places aux quatre angles d'un carre de
8 metres de c6te laissent entr'eux un pilier octogone dont I'epais-
seur est de4 metres environ. Le service d'un puits est fait par
quatre hommes dont un ouvrier et son aide a I'interieur, recevant,
( 128)
j'lin 2 Ir. 50, I'aulre 1 fr. 50 par joiirnee de travail, el deux a
I'exterieur, doul !e salaire jounialier est de 1 Ir. 50 , el qui sonl
occupes a clever la pierredans des paniers au moyen d'un treuil.
L'ouverlure du puits doune ordiuairenienl assez de jour pour
(|u'oii puisse Iravailler sans le sccours d'uue lumiere. Les seuls
outils en usage sent des pics , des Icviers en fcr el dcs pelles. Ce
mode d'exploilalion senible vicieux en oe que les parois des cxca-
vatious surplonibenl au-dessus des ouvriers qui Iravaiilenl ainsi
sous une especede voi\le doul la clef, reniplacee par louverture
du puils, man((ue; cependanl les etals Iransniis chaque annee a
I'adniinistralion prouvenl que le nonibre d'accidenls esl Ires res-
Ireiul.
Des elTondremenls se produiseul souvcnl pendant I'hivcr, lors-
que les travaux sonl suspendus, el sembleraient exiger (pie cha<pie
puils fill enloure d'une baluslrade circulaire d'un diamelre egal a
sa profondeur. Ces effondremonts sonl dus a rinliltralion des
eaux qui, en se repandanl au milieu des fenles donl la craie esl
sillonnee, font ecrouler les puits sous Taction de la gelee. Les ou-
vriers ont soin , quand ils renconlrent ces fcntes , de laisser
subsisler au-dessous d'elles un massif qui puisse scrvir de sup-
port el empecher rcboulement des parlies superieures. Leur surete
personnelle exige aussi qu'ils sondenl la pierre au fur el a raesure
qu'ils approfondissenl le puils. Si leson qu'elle rend, lorsqu'ilsla
frappenj avec le pic, leur donne quelques doules sur sa solidite, ils
provoquent immedialement la chute des parois qui menacent
mine el modiiient, suivant lescas, la forme interieure de la cavite
de mauiere a prcvenir les accidents. Malgre ces precautions, il
arrive quelquefois que la chute de petits fragments do craie leur
presage un eboulenienl prochain el alors ils se refugient dans
I'une des chambres voisines pour se meltre a I'abri du danger. II
doit done toujours y avoir deux puits en communication dans
I'interet de la surete des ouvriers. II est aussi tres-imporlant dans
le systeme d'exploilalion suivi , que les cordes donl on se sert
soient tres-solides ; car les ouvriers etanl fr^quemment places vers
( 129 )
le centre de la fosse, ne seraieut uuUeinent preserves de la chftte
des materiaux en cas de rupture. Ces cordes out 2 centimetres de
diametre, pesent kit. 260 le metre courant et coiitent 2 fr. le
kilogramme; elles sont garanties pour deux mois et demi. L'ex-
Iraction journaliere par un puits est de 250 paniers contenant un
demi-hectolitre et pesant 50 kilogrammes. On fait douze puits dans
un cent de terre (8 ares 80], duquel on retire 5 a 7,000 metres
cubes de moellons, suivant la profondeur des travaux. Chaque puits
produit en moyenne25 verges[l)ou 4*25 metres cubes de moellons
et dure environ six semaines. Voici Ics conditions economiques de
ces sortes d'extraction :
On achete au proprietaire du sol le droit d'ouvrir une crayere
moyennant 400 fr. par cent de terre ou par surface de 8 ares 86
et on paie en sus une indemnite de 20 fr. par surface egale pour
les terrains occupes par les travaux et les depots de moellons.
L'extraction se donne a I'entreprise a raison de 10 a 12 fr. par
verge de 17 metres cubes , uon compris les frais d'outils, cordes,
Ireuils, etc., qui sont a la charge de I'exploitant.
Le metre cube revient sur place, d'extraction , d'indemnite et
de frais accessoires, a fr. 75 c.
Une partie de la craie provenant des carrieres de Loos et d'Es-
quermes, est expediee en Belgique et dans les environs d'Armen-
tieres et de Nieppe par la Deule et la Lys , pour etre convertie en
chaux destinee surtout a I'amendement des terres. Les registres
de I'octroi de Lille constatent que chaque annee il en passe envi-
ron 200 bateaux ou navees contenant ensemble de 25 a 30,000
metres cubes. La navee de Loos contient 8 verges ou 136 metres
cubes de moellons et coute 300 fr. rendue au bateau, soit 2 fr. 20
le metre cube. Ce prix de 2 fr. 20 comprend 1 fr. de transport
des carrieres au canal.
(i) La verge est une espece cle pyramide tronquee a base carreeqiii a a-peu-piis
9 pieds de baut snr lo de largeiir K la base et 5 au sommet. Sa contenance esl dt
17 metres cubes.
( i:{0 •;
Uu metre cube de moellons recemmenl exlrails pese 1,000 kil.
Ce poids est reduit a 850 kil. par la dessication.
Les silex qu'on retire de la craie valent 3 Ir. le metre cube sur
(e carreau et reviennent a 6 fr. aux environs de Lille.
On ne compte pas moins de 45 carriferes de craie dans les
arrondissements de Lille et de Douai, Icsquclles occiipent environ
225 ouvriers ot produisent anuuellcnient 70,000 a 80,000 metres
cubes. II n'y a qu'unc tres-petile quantite do moellons qui soient
tallies pour etre employes comme pierres de construction. La
carriere d'Annappes est peut-etre la seule qui fournisse speciale-
ment pour cet usage une craie chloritee semblable ii la pierre
d'Hordain. Presque toute la craie extraile aux environs de Lille
et de Douai est done deslinee aux fours a chaux du deparlement
et de la Belgique.
Le sable est employe a la confection des briques, a la fabrication
du mortier et aussi al'entretien des routes avec les gres et le gra-
veir. En admettant que la construction absorbe annuellement
240,000 metres cubes de maconncrie [arlicle Briqueterie], comme
il entre dans un metre cube 3 hectolitres , 38 de mortier renfer-
mant f de sable, la quantite de sable afferente aux constructions
seraitde 54,000 metres cubes (1). Les briqueteries en consomment
15,000 [meme article; 1 hectolitre par mille briques). Enlin, I'en-
trelien des routes nationales, departementales et des chemins vici-
Qaux de grande communication , donl le developpement est de
951 kilometres dans la Flandre, exige, annee moyenne: 20,715
metres cubes de sable au prix moyen de 5 fr. le metre cube rendu
a pied d'ceuvre, 970 de gres a 200 fr. le mille et 7,268 de gravier
au prix moyeii de 7 fr. 50 le m^tre cube (2). Le sable est tire de
Bethune et de Saint-Omer, les gres de la meme localite et de
(i) Les regislres dc I'oclroi coiistateut qu'il entre a Lille, dans une aiinee ,
1 4 1800 metres cubes de sable.
(s) Ces derniers chiffres in'ont ete coramuniqnis par M. Lamarle , ingenieiir en
chef des ponts-et-chaus.<ie$.
{ 13! )
Qiienast : Belgique), et le gravier du hameau des Fontinetles,
pies Sainl-Onier.
Les carrieres de gres et de gravier ouvertcs dans ia Flandre
francaise sont pen iniportantes. Mais il n'en est pas de meme des
sablieres qui sont an nombre de 90 a 100 et qui ne fournissent
pas moins de 200,000 metres cubes a la consomraation. Une
des sablieres de Cassel , exploitee par MM. Moisson et C.'' ,
a fourni a elle seule, pour Ic chemin de fer de Dunkerque, 150,000
metres cubes a raison de 2 fr. 50 le metre rendu a la station de
Cassel et mis en tas sur 5 metres de hauteur. Cent ouvriers etaient
employes a cettc extraction qui produisait par jour 400 metres
cubes de sable. On payait aux ouvriers fr. 40 par metre cube et
fr. 75 de transport jusqu'a la station.
Le sable se vend en general fr. 75 le metre cube sur place.
Celui d'Ostricourt revient a 2 fr. 60 rendu a Seclin et a4 fr. 56
rendu a Fives. Le gravier des Fontineltes passe a la claie coilte
2 fr. 50 mis en bateaux et revient a Lille a 6 fr. Les gres de Be-
thune (1." classe, de 18 a 20 centimetresi valent250 fr. le mille
y compris la mise en bateaux , et 300 fr. rendus a Lille. On em-
ploie aujourd'hui de preference les gres en porphyre de Quenast
qui reviennent a pen pres an meme prix et qui ne coutent que
150 fr. sur la carriere.
( 132 )
ARTS MINKRALURGIQUES.
BRIQLETEBIES.
Le nombre de briqueteries qui existent dans la Flandrc fran-
caise est considerable. On u'cn compte pas moins de 150 dans Ics
quatre arrondissements de Dunkcrque , Hazebrouck , Lille el
Douai. L'argile jaune du limon est le plus souveut la matiere pre-
miere qui donne lieu a ce produit. Toutefois les argilcs d'alluvion
de la vallee de la Lys el de la plaine de Diinkerque servent aussi
a la confection desbriques, el ces derni^res ont nieme des qualites
superieures a celles fabriquees avec le limon argilo-sableux des
plateaux. Aussi sout-elles en general d'un prix plus eleve : Les
briques jaunes valent 18 fr. le mille aux environs de Dunkerquc
el celles de Dculemonl 14 fr. 75 rendues a Lille, tandis (juaux
Moulins, a Wazemmes, a Roubaix, etc., le raille ne coulc que
12 francs.
Les briques ont generalement 21 centimetres de longueur sur
10 de largeur ct5 d'epaisseur. Chacune pese 2 kil. 1/4. Un metre
cube de terre non remuee en donne 750. On les fabriquc partout
en plein air par le precede hollandais. Des ouvriers du ])ays
ftxtraient en biver I'argiie que d'autres nianipuleut dans la belle
saison. Voici comment on pent elablir le prix de revicnt du niillc
de briques aux environs de Lille :
Main-d'cBuvrc. — In ouvrier becho mojcnneineut
dans sa journee , 20 metres cubes de terre et gagn<;
fr. 10 par metre, on par 750 briques, soil par mille 0,13
On admet que eel homme pent exlraire en 150 jours
A reporter. . . 0,13
( 133 )
Report 0,13
une quantitc de terre suffisaute pour alimenter trois
tables produisant chacune 750,000 briques durant
une carapagne de six mois. Une table est desservie
par une brigade de 6 ouvriers, ordinairement beiges,
dont 1 mouleur, 1 demeleur, 1 brouetteur, et 3 ga-
mins ou femraes pour porter les briques , le sable et
I'eau. Ces ouvriers sont payes ensemble a raison de
2fr. par mille 2,00
Un mouleur fait au inoins 7000 briques journelle-
ment [1].
Sable. — 11 faut par mille briques un hectolitre de
sable a 3 fr. 50 le metre cube (Prix moyen) 0,35
Enfournement. — L'enfournement a lieu a raison
del fr. 35 par mille briques 1,35
(Combustible. — On consomme par mille briques
1 hectolitre 1/2 ou 135 kil. de charbon de Fresnes a
I fr. 50 I'hectohtre , soit 2,25
Defournement. — Le defournement est opere par les
ouvriers qui extraient I'argile. II se paie aussi aux
mille briques a raison de 0,50 0,50
Frais divers. — Les paillassons pour couvrir les
briques, les planches qui servent au brouettage, I'en-
A reporter 6,58
(i) Les i4 tr. qiiegagnela brigade en un« jotiriiee de travail sont repartis entre
les ouvriers de la maniere suivante :
Mouleur I •
Demeleur. 3, qS
Brouetteur i, 8i
Gamins 3, 33
( 134 ]
Report. . . . C,58
irelien des brouottes, des tables el de tous les acces-
soires d'une briquelerie donncnl lieu a une depense
qui pent etre evaluee par niillc briqiies, a fr. 50. . 0,50
Location dc terrain. — On lonipte par table 3 cents
de terrc (3 fois 8 ares, 86]. Chaque cent coute 20 fr.
de location par an , plus 400 fr. d'indeninite une fois
payee pour la moins value du terrain apresrextraction
de I'argile. Ensupposant a la couche exploitable une
(^paisseur de J ".50, on trouve que cette depcnse s'e-
leve par iiiill(! briquos a fr. 48 0,48
7,56
Dechet. — Tel serait le revient des mille briques si
Ton faisait abstraction du dechet ; mais celui-ci est
loin d'etre negligeable et on I'evalue a 1/6 au moins,
soil 1 ,26
II y a des briques vitrifiees qui ont perdu leur forme
et dont on se sert pour les fondations dc batiments :
celles des parois qui n'ont pas ete assez cuites sont
reportees dans une nouvelle fournee, ou on les cmploie
pour les murs de refend ; enfin celles qui sont brisees
servent a erapierrer les cherains vicinaux. Ces briques
se vendent moitie moins cher que celles qui sont bien
cuites et bien reussies. Les mauvaises briques concas-
sees entrent aussi dans la composition du beton. Elles
coutent 4 fr. 50 le metre cube, cassage compris.
8.83
Interets de fonds. — Enfin il faut tenir compte des
avances de fonds. Le credit accorde etant d'une annee
environ, les 8 fr. 82 produiront pendant ce temps un
»n ioterSl de 0,44
I
Total 9.26
( 135)
Lcs grandes fouruees contiennent 1 miliiou a 1 ,"200,000 briqucs;
et oil u'eu fait gu^re oil il en cntre moins de 400,000. La cuisson
dure 20 a 25 jours.
Les briques des Moulins reviennent a Lille rendues a pied
d'(cu\re a 13 fr. 50 le niille (1).
Les 150 briqueteries qui existent dans la Handre Iraneaisc,
produisent environ dans une annee 150 millions de briques repre-
sentant une valeur moyenne de 1,800,000 fr., et rapportent a la
classe ouvriere la sorame de 600,000 fr. qui se reparlil entre
2250 ouvriers. Les debouches etant concentres pres des lieux de
fabrication, la production annuelle exprime aussi la consoninialion
locale du pays, et comme il entre 630 briques dans 1 metre cube
de inaconnerie , on pent en conchire que Timportance de la cons-
Iniction est de 235 a 240,000 metres cubes dans iine annee.
II y a dans les arrondissements de Douai , Lille , lla/xbrouck et
Dunkerque , 60 fabriques de pannes et poteries diverses qui sont
f'tablies dans les communes de Walten , St.-Momelin , Pitgam ,
(arrondissement de Dunkerque) ; Wormhout, Lederzeele, Bolle-
/eele, Rexpoede, Steenvorde, Renescure, Morbecque, Haze-
brouck,Merville, Caestre, Bailleul (arrondissement d'Hazebrouck);
Fives, La Magdeleine , Marcq-en-Bar(eul , Lorame, Haubourdin,
Templemars, Avelin, Phalempin , Wahagnies, Moncheaux, Ber-
see, Teiiipleuve, Moucliin, Cysoing, Hem, Roubaix , Walrelos,
Halluin, .\rnientieres , La Bassee (arrondissement de Lille);
Douai, Raches, Orchies, Landas (arrondissement de Douai )-
Le nombre total des fours est d'envirou 130.
(i) II entre aiinuellcment a Lille, d'apies les registres ilc r<iilini prfs <le j'i
million!! d* briques. (i i,{)!t!i,o3/| : tnoyenne «le lo aiis.)
( 136 )
Lcs produils de ces usines consistent principalemcnt : t.oen
carroaux ot pannes; 2." en poteries grossieres vernissees et non
vcrnissees ; 3." en tuyaux pour chcminees (1).
M. Salomon, ii Fives, confectionue en outre depuis quelque
temps des tuyaux dc drainage au moycn d'une machine analogue
au tubufornie mccanique qui sert a la fabrication des tuyaux de
plonil).
On fait aussi des briques refractaires , notamment chez M. Bon-
ze! aHaubourdin, oil les meules sont mises en mouvement par
une machine a vapcur de la force de trois chevaux.
La glaise ypresiennc alimente exclusivement toutes les fabriques
de poteries de la Flandre qui sont placees pour la plupart sur les
affleiirements de ce terrain. On melange a la glaise environ moitie
dargilejaune pour prcvenir les bris qu'entrainerail le retrait d'line
argilc trop pure.
La houille est le seul combustible consomme. On cuit dans des
fours qui peuvent contenir au plus 2,500 carreaux et dans lesquels
on brule 14 hectolitres de charbon par fournce. Les pannes, car-
reaux et poteries di verses sont exposees pendant douze heures
consecutives a une ilamme ardente , et on defournc trois
jours apres la misc a feu.
M. Salomon fait 300 fourneespar an avec quatre fours et pro-
duil pour une valcur de 30,000 fr.
Uu carreau a 19 centim. dc cote sur 27 mill, d'epaisseur et pese
2 kil. Un metre cube de lerre en donne 700.
Une panne pese autant qu'un carreau mais coute un peu moins
de facon. EUc a 35 centira. de longueur sur 24 dc largeur, et 12
millim. d'epaisseur.
[1 y a en general pour chaque four cinq ouvriers qui gagnent
moyennement I Ir. 70 c. par jour. Chacun d'eux pent mouler en
(i) L'argile du pays n'est pas propre a la fabrication de« poteries dites d<-
gris.
( 137 )
dix heures 700 carreaux ou pannes qui lui sont payes fr. 30 le
cent. Mais ces pieces exigent une manutention beaucoup plus mi-
nutieuse que les briques et sont retouchees a trois reprises diffe-
rcntes avant d'etre passees au four. La main d'oeuvre coiite en
effet 9 fr. par mille carreaux , tandis qu'elle n'cst que de 2 fr.
par mille briques.
Voici les prix des produits qui sortent de ces usincs :
J
Carreaux 6 fr. le 100.
Pannes 5 fr.
( Briques refractaires 15 fr.
Soupieres de "' 25 de diametre 0,50 la piece.
Pots a lleur de '" 08 a f" 25 0,02 a 0,20
2.0 { Telles a lait (0"^ 40 a 0"> 45 de diametrej. 0,60 a 0,75
Chaufferettes a nianche 0,10
Cruches de ■» 35 a '" 45 de hauteur . . 0,50 a 0,75
Tuyaux de cheminees de 12 a 22 cent, de diametre. 0,70 a
a 1,70 le metre courant.
3.° ( Tuyaux de drainage. 28 fr. les mille tuyaux de "' 30 de
longueur sur "' 05 de diametre interieur et m 02 d'e-
paisseur. 18 fr. ceux dont le diametre est de 0" 03.
Dn fabrique aunuellement pour une valenr approximative dr
800,000 fr., et on eniploie650 ouvriers qui gagnent en salaire a
peu pres 200,000 fr. (1)
(i) Les regislres <ir rodi'i)i innslatcnl qu il riilre chaqiie aiincf a Lillr ,
l,'.iii,6o8 luile.s , paiinp.s , laiti(:ies , rtr.
( 138
FOLK»> .\ « ll/tl X.
On compte dans la Flandre fiancaise 68 fours a chaux , dont
15 a Diinkerque, Coiidckerque-lkanche , llondschoolo, Bcrgucs,
Watten, Saint-Momelin , Wornihout, Lederzeelc, (arrondisse-
iiient de Diinkerque ; G a Hazcbrouck, Mcppe, Haveiskerque ,
Vieux-Berquin ( arrondissement d'Hazebiouck) ; 33 a Armen-
tieres, La Bassee , Marcq-cn-Baroml , la Magdeleine , Lorame,
Wazenimes, Esqucrmcs, Loos, Ilauhourdin, Soclin, Phalerapin ,
Avelin, Fachos, Lezennes, Ronchin , Bouvines, Cysoiug, Bour-
ghelles.Wannehain, Baisieux , (arrondissement de Lille); 14 a
Douai , Hornaing , Fenaiu, Aniche , Auberchicourt , Masny, Le-
warde, Bugnicourt, Auby,Lanibres, Esquerchin, (arrondissement
de Douai.)
Tous ces fours marchent a la houille et n'emploient comnic
matiere premiere, (fue la craie blanche des environs de Lille , do
Douai ou de Saint-Omer. lis ne produiscnt que de la chaux
grasse dont les agriculteurs font une consommation tresconside-
rable. On remploie aussi pour les constructions concurremment
avec la chaux hydraulique de Tournai qui est plus specialement
reservoe aux fondations. 11 faut encore ajouier a ses debouches
principaux , diflerentes industries telles que les sucrerics, les sa-
^onneries, les teintureries, les fabriques de produits chimiques,
de gelatine, de gaz d'eclairage, etc.
Les fours ont la forme d'un c6nc ironque renvcrse avec quairo
oiivertures a la partie inferieure par lesquelles s'ecoule la chaux.
QueUiues-uns sont muiiis dun grille a barreaux mobiles places
au-des.^us dun plan incline qui facilile le dei'ourncment. Ces
derniers ont iin avantage marque sur les autres , en cc que Ic
lirage y est phis aclif el la calcinali(ui plus jiarfaile. Tous ces
fours sont construils ea hri'jues. I.enrs dimensions soni tres-\a-
riables. On peut admelire (|u"un I'oui' ninycn a une contcnance do
\() metres cubes c[ fournif par jour environ .")() hech-l. de chaux.
( 139 )
La calcination a loujours lieu a feu courant.
Four 100 hectolitres de chaux , on depense :
It m. c. 50 de moellons a 2 fr. 05 le metre cube.
Nous supposons que le chaufournier ne soit pas lui-
nieme extracteur et lire la craic d'une carriere situee
a 3 kilometres environ de son four a chaux. . . . 23,57
20 hectolitres de houille maigre a 1 fr. 50. . . . 30,00
Frais de fabrication. — Un ouvrier entrepreneur
recoil 0,10 c, par hectolitre de chaux, y compris le
ca.ssage , la cuisson et la mise en voilure 10,00
Frais d'elablissement, enlrelien des oulils , etc. . 3,00
66,57
Dechel pour pierres non cuites (1 10) 6,65
Total. . . 73.22
Tel est le prix de revieut de la chaux choisie deslin^e aux
plafonneurs , laquelle revient a Lille a 1 fr. 20 1'hectolitre trans-
port et droits compris (1).
Le poids de Thectolitre de chaux est de 54. kilog.
Les fours a chaux marchenl en general la moilie du temps,
lis occupent environ 272 ouvriers pour une production annuelle
de 61,200 metres cubes.
Aux environs de Tournai el de Basecles, sonl elablis 70 fours
a chaux , dont les plus grands donnenl jusqu'a 40 metres cubes
de chaux en vingl-qualre heures. lis consomment 2 hectolitres
1/2 de houiiic par metre cube de calcaire a calciner et produisent
de 4 a 500,000 metres cubes de chaux dans une campagne de
8 raois.
Les renseigneraents fournis par Tadministration des douanes
indiquent que I'importalion s'est elevee en 1850 a 24,462,929 kil.
de chaux hydraulique provenant de ces localites.
(i) II entre a Lille annuellement 18,436 hectolitres de chaux du pays, et
43,336 de chau.x hydraulique ou de ctndr^e de Tournai.
( lio
V i: K I
11 y a quatre veireries dans la Flandre traacaise , .savoir : ime a Du^
quelques reuseignemenls statistiques sur ces etablissements. (1)
OL VRIERS
employes.
MATlfiRES PREMIERES fiLABOREES.
NOiMS
— —1
— ■ -^ — — — -
"" — —
" — "^"^
Prix
Jes etablissi'meiils.
oJ
b.
Journees
de
Salaires.
Nature.
Poids
inoycn
(111 quint
molrii|Uft
o
travail.
ou volume.
ou do
'^
Ihectol.
Verrcrie dc Dun-
35!
8.500
19000
Sable.
1650 heel.
50
kcrquc.
Sulfate de soude.
Ccndres lav6es.
Croutes dc scl.
Vase de mer.
r.roi.«il.
580 qx.
3000 heel.
260 qx.
1350 hcct.
2080 qx.
25 »
2 »
10 »
OS
a «
9 i
Icrrc refractaire.
200 qx.
VerreriedeDouai
40
10000
22500
Sable.
2000 hect.
4«
(ville).
Sulfate de soude.
Cendrcs de bois.
Croutes de sel.
Groisil.
Terre r6fractaire.
700 qx.
3600 hcct.
200 qx.
2500 qx.
250 qx.
24 «
2 »
18 .
5 i
8 \
1
VerreriedeDouai
.iO
12.500
28125
Sable.
2500 hect.
J
(banlicue).
Sulfate de soude.
Ccndres de bois.
Croutcs de sel.
\ ase de iner.
Groisil.
Terre rt^fractaire.
875 qx.
2500 hcct.
250 qx.
2050 hcct.
3125 qx.
310 qx.
"I
18
1 i
5
8
Verreric d'En-
200
COOOO
21300p
Sable blanc.
24000 hect.
Ti
Haut , a Ani-
Sulfate dc soude.
7200 qx.
24
che.
1
Calcaire.
Oxide de manganese
Acide ars^nieux.
Charbon de hois.
Groisil.
Tcrrc r<''frartaiic.
8000 qx.
32 qx.
128 qx.
160 qx.
1440 qx.
3200 qx.
«|
85
05
7 6
10 )
I''
(i) Ces renseigne
111 en Is
onl eti re
ciieiliis en
i84&.
1
1 E »i.
( 141 )
erque, deux a Douai et une a Aniche. Voici, sous forme de tableau,
COMBUSTIBLE
PRODUITS
ORIGINE
CONSOMME.
FABRIQPES.
des
DEBOD CHES
Prix
"~ ^
"
raalieres premieres
des
OBSERVATIONS.
Poiils
)u volume.
nioyen
duquiQl.
motrique
ou (le
Quanlite.
Prix.
et des
combustibles.
produits.
rhectol.!
U130 qx.
2 25
700000
15 fr.
Sable de Cassel.
Les depart. '^
1 four a 8
le houille.
bouteilles
le cent.
Soude dAmiens
voisins , celui
pots. -- En
commu-
el Lille.
de la Seine ,
chomage
nes.
Sel des raffineries
de Dunkerque.
Vase du port de
Dunkerque.
Groisil de Paris.
Terre a pots de
Forges.
Houille d'Aniche.
le Havre .
Rouen, rArae-
rique.
depuis plu-
sieursann^es.
16150
1 50
850000
15 fr.
Sable de B6thune
Le Nord ,
1 four a 6
bouteilles.
le cent.
Terre r6fraclaire
deBelgique.etc.
la Somme,
la Seine , etc.
pots.
20187
1 50
lOPOOOO
15 fr.
Sable des envi-
Id.
1 four a 8
de
le cent.
rons de I'usine
Les dames-
pots.
bouteilles.
et de Compie-
jeannes
50000
45 fr.
gne , etc.
s'exp6dient
dames-
le cent.
dans les colo-
jeannes.
nies.
96000 qx.
1 30
24000
32 fr. la
Sable deB^thune
Le Nord et la
5 fours i\ 8
le houille.
caisses de
caisse.
Soude deSt-Gobin
Seine surtout.
pots dont un
6400
11 ..
60 feuilles
Manganese et ar-
inactif. Une
stores de
chaque.
senic d'AUeniag.
machine a
bois.
Calcaire de Bel-
gique et de Mar-
baix (arrondiss.
d'Avesnes), etc.
vapeurde 15
chevaux pour
le broyagc
desmati^res.
10
( 142 )
TABLEA
PhESEXTAM PAR COMMUNE LA CONSTITUTION GEOLOGIQUE DU SOL , LA NATL'RE DES SUBSTANC
>OMS
des
coM^!C^ES.
DESCRIPTION
geologique sommaire
du
SOUS-SOL.
S C B T A N C E S M I N E R A I E S
EXPLo'TeES.
NATURE.
§5
2 ?
NOMS
des
pnormcTAiREs.
•/,
I'nj.i. C
£5
to
>.^
TIlMrfs
a
C ilifS.
DEBOtrCDES.
Abubocts-Cippei. I Alluvions
I (.Sable ,
I seuse et
< Alluvions
( Systcnic y
r Alluvions
< Alluvions
( Yprcsien..
I Alluvions
I Ypresien.
( Alluvions
( Ypresien.
{Alluvions
Alluvions
Ypresien.
Bebgies. .
BlERNE. . .
BiSSEZEELB. .
CnOCBTE.. .
ERmCBEU. .
HOTMIUE. .
PiTSlM. . .
QCIEDTPBE.
SOEX.
Steeme.
modernes.
argile plai-
tourbe.)
modernes..
presien.
modernes. .
anciennus..
anciennes.
modernes.
ancieuncs.
Wesi-Cappel
Wtldeh . .
BOCBfiOCkO -
VXUE , . .
BOCBBODKG-
ClUPACAE. .
Bbouckerqie. .
CAPPELLEBBOI'CK.
Alluvions modernes..
Alluvions anciennes..
Ypresien
(Alluvions modernes..
< Alluvions anciennes..
( Ypresien
/ Alluvions modernes..
\ Alluvions anciennes..
( Ypresien
Alluvions modernes..
Alluvions anciennes..
Ypresien
{Alluvions modernes..
Alluvions anciennes..
Ypresien ... • . .
( Alluvions anciennes..
\ Ypresien
1 Alluvions anciennes..
(.Ypresien
Argile glaiseuse.
Sable.
Argile jauoe. .
Carpcnlier-Bi-
gorne
.%rroudiss»ciiion
CANTON 1
La commune el celles fnvi
ronnantes
Vcu\c Oulters.
Jean Cailleau.. .
Gontier.
Ciesen.
ISOO
Canton de Bergues.
Le chemin de fer.
CANTON 1
AUuviont moderoei.
Argile glaiseuse.
Allavions modernes-
Sable
Alluvions modernes.. I Tourbe
Argile glaisense.
Alluvions modernes. ]
Tourbe .
Il DRi:i«aii(.
1 Alluvions modernes.
-< Alluvioni anciennes.
t Ypreiien
Meesemaecker. .
Duliois-DauUruy.
Dcliaye
Veu\uDelierripon
Dcvey
Lclnireaudebien-
faisanie . . .
Beens
Wissocq
Coppey
Horo
4000
100
10
80
210
3000
2i00
80O
Dunkerquc el Calais.
Id id.
Bourbourg-Ville ct Campaga
Id. id.
Id. id.
La commune
Bergues, Dunkerque, St.-Omc
et Calais
I La commune et les eovironl.
( 143 ;.
iTA.Tl«iTlQie
ITILES EXPLOITEES ET NON EXPLOITEES, LA POPtLAflUS ET LETESDLE SUPKRFICIELLE.
UTILES
Population
par
NON
COMUDNE
au
EXPLOITEES.
l.erjan\ier
1846.
ie Dunkerque.
3ERGUES.
fourbfi, sable.
Tourbe, etc.. . .
Arjiile jaunc.
Glaisc.
Argile jaune,etc.
Glaisc.
Arpile jaune, etc.,
Glaise.
Toiirbc,etc . . .
Affile jaune.
Gla se.
Tourbe, ttc. . •
Arpile jaune
Glaise.
Tourbe, sable
Affile jaune, gravier.
Glaise.
Tourbe, etc
Arpile jaune.
Glaise.
Tourbe, etc.
• I
Glaise,
Tourbe, etc.. .
Ar^ile jaune, sable.
Glaise.
Argile jaune
Glaise.
Argile jaune, sable.
Glaisc.
BOURBOURG.
Tourbe. . .
Sable. . . .
Tourbe, ttc.
Argie jaune
Glaiie.
833
59G7
S14
i9I
736
719
S39
169B
1875
779
96i
359
2503
2315
9i8
1147
260
Etendue
de chaque
COMMtWE.
OBSERVATIONS.
beet
937 89
151 05
1089 63
317 38
762 22
1139 8J
551 95
2293 15
1821 81
793 64
1076 20
745 77
249 23
27 95
784 24
H8T 58
1741 37
336 22
[.e suut-Eol est gen^ralement du sable pur.
La commune de Bergiies est limitee^ies rauri d'enceinlf.
Le sable ue s'extraitque dans les terrains doot le sul t?>l assezeleve
pourqu'on n'ait pas ^craindre d'inondations.
^oussol glaiseui, argileuiou sableu
La terre cultivable a en general une epaisscur de 25 i entimetres. I
Sous-sol la plupart du temps argileui.
Les deux briqueteriei ont et* etabliei par la compasuic du chemin
defer, en 1847.
L'epaisseurde la terrc labourable n'eil que de 5 a liwpntlaetrea.
Le sous-iol coDsisle en terre glaise.
La commune de Bourbourg-Ville est limitie a la ■ville elle-m^me._
L'orge est la spicialit^ commerciale de Bourbourg On en expedie
considirablement a Lille, Valenciennes, Cambrai,St.-i)uenlin, etc.
Les briques de cette locality sonl Ires-recherch^es cninme toutes
celles qui sont fjbriquees a^ec I'argile glaiseuse di's alluTions
modernes.
La seule tourbijre qui existe artuclli'menl dans cellc commune a
43 ares d'etendue; on extrail pendant deux mois 40,000 tuurbes qui
soot distributes aux indigent;.. Sous-sol sableux.
Lc nombrc total d'ouvners attaches a la briquelerie cstde25.
( Hi )
>iOMS
des
COMMUNES
DESCRIPTION
giologique sommalre
SODS-SOL.
SUBSTAiNCES MINERALES
EXPLOITEES.
NATURE.
E ?
NOMS
des
PROPBIETAIKE.
-. 2
lYoduil
B^
PU
O O
fi
Culil'S.
DEBODCDES.
HOLQUE . .
LODBEBGBE.
AlluvioDs modernes
^Argile glaiseuse
I sable
L Alluiioos modernes. <
[ Tourbe. .
Milium.
modernes.
uncieunes.
Mo«eun(Saim-)
Saint - Pierre
Brocck.. . .
Sficur ...
Watien ....
wclverdingbe.
:1
Allusions
Ypresien .
Alluvions
Alluvions
Ypresien ,
C Alluvions anciennes
( Ypresien
Alluvions modernes
I
I
1 Alluvions
< Alluvions
(Ypresien
i Alluvions anciennes.
( Ypresien
Alluvions modernes.
modernes.
ancionnes.
Tourhe..
Gravier.
Glaise
Fauvel . . .
Hocquetlc. .
Smecihaerl .
(lodarl . . .
Ilocqucllc. .
Facqueur . .
firenou . . .
Picot ....
Card ....
Dron . . .
Drieux . . .
Driux . . .
Lecocq . . .
.20
Winoc . . . .
Veuve Heban .
300
7200
H2
Chemin de Millam iiLederzeeU
Pannerie dc Watten.
CocBEiERQtE. . lAUuvions modernes.. Sable ; lourbe
'^"^^^S^^- I Alluvions modernes..
DoxtERQiE . . . Alluvions modernes..
Leffbinckhocke. lAUuvions modernes.
Tetesbem .
Sable des dunes.
Alluvions modernes.
I Tourbe.
[Sable.
UiEM ^ Alluvions modernes. -, Tourbe.
ZuTvcooTE. . . ] Allnvions modernes. j . . . .
I Faveau
, 1 Wispelacre.. . .
\ Vanlansdscboote.
'Taccoen ....
[ Vanlansdschoole.
V.eBaccberool
Manlhe. . . .
:!
923
CANTON I
Les habitants de la commune
Les habitants de la communt
La classe pauvre de la ronir
el les communes limilruphi
Les habitants de la communi
260 ILalocalite
CANTON
^p?EL^^*'"'' f A""^'""' moderpes . . ( Arglle glaiseuse .
Marhtck. . . . ! -Alluvions modernes. .
G»akde-St>tue. 1-Mluvions modernes..
Pehte-Symtbe . I AIIUTions modernes.
Argile glaiseuse .
Vermesch . . .
Hurliel.
3200
i85
Dunkcrquc el environs. .
La commune el les villai;
circonvoisins
CANTON
C»iTwiM. . .,;. 1 AUuTionsmodernes . I
I . I
I . . I
( 145)
UTILES.
Population
par
Etendue
NON
EXPLOITEES.
COHHCNE
au
l.er jan-vier
18i6.
de chaque
COMMUN*
OBSERVATIOKS.
Tourbe, etc
461
377 88
1877
1922 17
irgile jaune.
Glaise.
V
«ablo, etc
\r2ile jaune.
Glaise.
87i
1221 58
267
483
S96 74
881 20
ronrbe, etc
rourbe, etc
701
938 48
rourbe , etc
Gra-vicr.
Glaise.
1237
774 13
\rgile jaune, grazier. . .
Glaise.
412
291 77
)i;nkerqi3e-e.
404
1173 7o
Sous-sol sableui et tourbcui. — Los propriotaires ou occupeurs
extraient de temps a autre du sable ou de la Inurhe, mais sculement
pour leur usage personnel. II n'en osl fail auiun commerce.
190S
273ob
1188 09
247 62
Le sable des dunes ne donno lieu a aucuno esploilalion rogulifere.
I,a commune de Dunkerque esl limitoo a ses fortifications.
?able, etc
281
708 49
Le sous-sol est dc nature argileuse.
>ablc, argilc glaiseuse . .
23S3
2101 07
On exploite annuellement 100 tcrgos de terrain cor.lenanl ohaeune
2,400 lourbes. — La terre Topelale, dont Tepaisseur esl de 30 centi-
metres, recouvre tantol rargjie, lanlol le sable.
Argile el sable
460
730 11
Argile glaisou.se, sable. .
317
263 87
Sous-sol sableui ou argilom.
UNKERQUE-O.
Tourbe, sable
311
S38 31
La lourbe n'eiisle (|iie d.in> ui e |iarlic de la romniuno, el na quune
faibic epaisscur. Le nonibrc total d'ouvriers altaohcs a la briqueterie
Sablo, argile glaisouso. .
ill
1260
t
682 08
1647 45
est dc 25.
Sable, argile glaiseuse.. .
1877
1847 44
GB.4VELINES.
Sable, argile glaiseuse .
1 299
1 772 S7
1
( U6 )
NOMS
des
COUMCKCS.
DESCRIPTION
geologiquc sommaire
(lU
SOIS SOI .
SUBSTANCES MINEBAI.ES
NATCRE.
EXPLOITEES.
£ =
o —
NOJjS
des
PRornitTAiREs.
11
'a
SJlMllPl
fn
miMrP •
DEBOOCBKS
Saist-Geobgbs . VllUTions mndornes.. Argile glaiseuse. 1 DeoarpcBtir.
GltATELIAES. .
Loon ...
■ AlIuTioDs modiTiies.
• Alluvions modcrncs
900 Lesdip.duNordpldiirasdo-C
BiMBECQlE. .
Gbtvf-lde . .
HONDSCHOCTi:.
KILI.E>1. . .
Les Moebes.
OoST-CArrn..
nE.^I>OKDE .
■Warblm.
BoLLEZEELE. .
Bboxeele . .
ESQl'EI.BEOK .
HRRZKELt . ,
LEDERIEELE. ,
LEDnnbHKsi ,
MERCKE6BEM
Canton
.Uluvions
' Yproficn ,
Alluvions mod(rnes
I Alluvions modorncs .
j Alluvions aneicnnes .
' Vpresicn
\ Alluvions ancicnnes .
Ypresien
Mluvions modernt'S .
Alluvions anriennes .
^pnsien
Alluvions ancicnnes .
'( Ypresien
Tourbe.
Glaise .
Argile jaune.
] Alluvions
Sable.
s nioilcrnej.
.Tourbe. . .
Alluvions i
k Ypresien .
iDevulder ....
Janssen
Ve. Jordacns . .
Vandaele .
Vandaele .
I Verquaille.
3 ] Weniacrc.
I Planrkeel.
/ Dcsaussois
, ) Devos. . .
1 Wemaere .
\ Macke . .
i
i
1
(flOIS )
2
2
2
i18
65
750
La commune el les environs .
L'arrondissenient.
Le canton.
200 1 Les cantons de Borffues ,
200 ' Hondschoole el Worm-
500 \ houdt
(.
313
idem.
t Ailuvitiiis aneit'unes . I Argile jaune. .
[oraTier. . . .
Mpresicn | Glaise
I Alluvions aiH'ii'iini'S .
J Uluvions anciciines . j Argile jaune.
) Ypresien
' Alluvions anrirnncs .
I \ presien
( \lluvions mndernes .
\ Alluvions anriennes ,
\ Ypetien
I
I
' Alluvions ancicnnes .
# Ypresien
Tourbe.
Glaise .
\ Alluvions modernes.
\ Alluvions ancicnnes
' Ypresien
Arjiile jaune.
Argile. . . .
Tourbe . . .
jsOj.
^) Luvin. . .
( Leurs . . .
1 Cuudere . .
3 Leurs J 13
( vaiidcnbroucke
.Mine. Vitse .
Oemerseman .
1 Lhuillier .
/ Boulu. . .
Icalty. . .
5 < Cicn . . .
I Devulder .
VDewynck .
. . Crclon . .
1
1 m.
1200
3000
35
700
10
• I Beens. . .
( Smuckaerl .
1 IWoeis . .
La commune.
CANTON I>1
t
Routes de Bcrgues a SainI
Onier el do CasscI ii lira
velines.
Bollczeele.
Esquelbeck .
2000 Saint-Omer et les environs.
50 \
20O I
200 / Sainl-Omer, Wallcn etc.
200
50
La localile
( m ]
UTILES.
Population
par
Etendue
NON
COMMIWE
an
de chaque
OBSERVATIONS.
EXPLOITEES.
ler. Janvier
18i6
COMMCNE.
306
hect.
812 13
Le nombre d'ouvriers employes est poric a 12 du ler. mai au
Icr. septembre. — La terre \egetale de cctte commune est forte el
grasse el participe de la nature du sous-sol qui consiste en une
couche d'argile glaiseuse d'un raelrc d'epaisseur.
Sdbic ; argile glaiseuse. .
S585
1927 97
Sable ; argile glaiseuse. .
iSiS
3430 26
Sous-sol sableux ou argileui.
d'bonschoote.
Argile jaune ; sable. . . .
Glaise . . . •
1168
1175 92
Sable
1774
2449 27
Tourbe , etc
Glaise.
3971
2474 37
Argile jaune
1348
1196 97
Les terras glaiseuses de cette commune nc produisent guere quo
des osiers.
Tourbe, etc
912
1932 82
Argile jaune
Glaise.
BOB
288 81
1977
1321 20
Les terres oil Ion a exlrait I'argile a briques peuvent dire converties
en bonnes prairies. Le nombre total tl'ouTriers attaches a la
briqueterie est de 10.
3571
2799 22
On eiploite la tourbe pendant trois mois de I'annee dans les terrains
les moins has et a une profondeur telle qu'on n'ail pas a redouler
d'inondations. Les terrains ou s'opi'reni ces Pitraclions soni en
general sableui et pen produclifs.
Argile jaune.
Glaise.
WORMHOUDT.
1800
17S5 72
Argile jaune
362
376 45
Glaise.
1960
1212 6o
Le nombre total d'ouvrior.'s allaches a la hnquclcrie (5I de li . Ira-
vaillant pendant 3 mois 1 2.
Argile jaune ; sable . . ,
Glaise.
1857
1705 9a
lBi8
1877 90
La glaite se IrouTe a tnvinin Om. 50 sous la terre cultivable.
Argile jaune.
709
704 41
Un seul four de :Mi0.iiO(l liriqiicn a i»l(' fail en 1813 pour In conslructioD
d'unc fermc.
Glaise.
■ .
828
1066 »
GraTier.
Glasie.
(U8)
SOMS
dcs
rOMMl'NES.
DESCRIPTin.N
gfologiquc $oiiiniaire
du
SOl'S-sni..
SCBSTANCES MIXERAI.ES
EXPLOITEES
NATURE.
NOMS
dos
PnoPRIETAIRES.
(,-
iTi' ml
zi a.
aiiD'-fi
eu
^ ^
KK'lres
fiilrs.
DEBOl'CBES.
I
VoLKERnscKoyr ,
WORSlBOniT.
Zecgers-Cappel.
Alluvions ancionncs. .
Vprosicn
GraTicr. .
I Alluvions anrienncs.^ Argile jaune.
firavier . . .
[Tpresifn .
\ Alluvions ancionnos.
Yprosien
Glaise.
Veuve Bernard
Condevillc. . .
Seize
Dcsmytlcrc. . .
Decroos. . . .
Loctcnfalquin .
IS
Clicniin de Millam a Leder-
I zei'lo
20O0 , WormhoudI ct U-s villos en-
I vironnantes
1200 1 Wormlioudt,Quacd\pre, Hcr-
zecle, et Damberqiie. . .
10 i Wormhoudt ct les villages
1 enviroiinanls
Arroudisisciiicni
CANTON Dl
[ Allusions modcrnes. \ ^^^l„;
Alluvions ancicnnes..
' Vpresien
, Alluvions anclennes.
\ Dicstien
ST.-Ji>}-C,>prEi.. Tnngrion
I i)ru\('llitn
\|iro«ii'n
NlKPPi:. .
(
Alluvions moderni's .
Steen^it.lk . . I Alluvions niodernes .
Argile jaune.
Sable.
Argile grassc .
Argile grasse.
1 1 Leconito. . . . [ 1
1 1 L'liospice civil . 8
a\ Huvtellc t ,
3i0
850
22G0
I'our la poterie du propriet .
Enlretien des chcmins vicin.
uuriez
t
n
1
Lhollh{^ ....
2
300
Bailleul
»
„
2
Dcbnilloul. . .
1 aCompagniedu
chemin de for.
Chariot
1
2
3
lo6
207
Les environs
Ballast du ihcmin de fer. . .
CANTO.S Dli
B^;|^1HI^. . .
ri.dr.p.
Mtiinis.. .
MblEHt.V. . . .
Mil \-B(:bcm i\
Dieslien
Toncrripn
■ ■
Bi'uxi-ll.en
\lluvionsanoieiincs .
Vppfsii'U
Allinions modirri 's .
Mliivlons anciennes .
Sable
1
Deharchies. . .
70
Chemin dc fer de Duokerquo.
Vpri'sien
Alluvions anciennes .
Briixellien
Argilej aunc . .
2
Deswartc. . . .
Vareuieni . . .
1
J1200
Meteren el les conini. voisin.
Mluvions niodernes .
Argile gUiseuse.
1
Lamps-Binaul. .
2
800
Communes environnantes. ,
ABM.kE . . .
BAVl^»aovt .
BUTSSuBblDE.
Alluv ions ancicnnes . Argilcjaunc . . 1 Hemarl.
^|iri>>irn
Alluvions anciennes .
Brutrllien
Vpri"-iin
A luvioiis anciennes
Ypresien
Sable.
;ii
CATfTON BE
( U9 )
JTILES.
Population
par
Elendue
NON
COSISIL'NE
au
l.er Janvier
de chaque
OBSERVATIONS.
EXPLOITEES.
COJIMl'NE.
1846.
irKilc jaune
jlaisc
936
983 13
La carrierc de pravier a et^ ouverlp en 1847, par le sieur Robei 1 ,
pnlrepreneur du ohemin de prande conimuuicalion .N." 46 , de Millam
a Lederzeele.- La lerre vegelale a de 35 a 40 cenlim. d'lpaissseur.
lable
3991
ri3 23
La terrc \cgetale de Wormhoudt forme une couche de 10 a 30 cen-
timetres surtoute la surface de la conlree. EUe est composee d'argiie
mSlee de sable et deelaise. Le plus sourent elle est grasse ct assez
consistante, circonstance qui oblige le cnllivateur a I'amender aveo
de la marne qu'il va chercher au loin dans le Pas-de-Calais.
Irgilejaunp. fable, gratirr
liaise.
I7i6
1713 91
Hazebi'ouck.
iiicEn. N.-E.
irgile jaune et gravicr. .
ires ferrugincui.
iahlo.
liaise.
ILLEUL S.-O.
rgile jaune el gravier. . .
able et gr^s ferrugineux
iablc.
irfrilc jaune , cailloux el
sable
liaise.
irgilp jaune , gravier.
liaise.
Iravier
iahic.
>ableet gravicr, glaisc. .
.SSEL.
liaise.
Lrgile jaune , etc. . . .
jiaisc.
Irgile janne
liaise.
10141
1099
3bb0
4761
d8S
1173
1247
Jol2
3463
1479
983
8.S1
Kit 03
790 70
1723 39
2737 63
311 93
886 98
toil 18
Les huit ouvriers ne sont employes que pendant I'ete.
Sous sol argileux reeouTerl quclquefois par 50 f cnlim. seulemenl
de terre vegetale.
Faible couche de sable prcs du cbcniin de ter. II enisle aussi du
pravier mais qui n'est pas ciploitable. La terre vegetale qui re-
couvre I'argile a 30 cenlimctrcs d'epaisseur.
a 8000 metres cubes de sable ont ele e:vtrails en 1846 el 1847.
1838 33
2538 63 i Sous sol: terrc forte mais asscz permeable a I'cau.
1341 14
831 48
615 12
( 150
NOMS
ies
COMMUnES.
DESCRIPTION
g^ologique sommaire
dn
SOUS-SOL.
SUBSTANCES MINERA
LEsTj
EXPLOITEES.
NATURF.
£ =
NOMS
^1
aimuel
F ^
des
K f
en
rRDPBlKTAIRFS.
&p
mflri'S
^
DUD 00 CnES.
I
Allu\ions anciennes.
L Dipslicn
kTongrien
Arcilejaune. . .
Grcs ferrugineui
Cassel.
jBruxellien
HiKHFOBT. . .
Ste-MAWE-CAPPEL
NOOBBPEENE . .
OCHIEZEELE . .
OlELAEBE . . .
rubrouck . .
Wbmaers-Cappel
Eebmezeble. . .
ZirVTPEENE. . . .
Ypresien
Alluvions anciennes..
Bruxellien
Vprosien
Alluvions anciennes
Ypresien
Alluvlon.s mndcrncs .
Alluvions anciennes .
Ypresinn
Alluvions anciennes.
Bruxellien
Ypresien
Alluvions anciennes.
Rru\ellien
Ypresien
Alluvions anciennes.
Ypresien
Alluvions aneiennes.
Bruxellien
Ypresien
Alluvions anciennes.
Ypresien
Alluvions anciennes.
Bruxellien
Ypresien
Sable .
Argilcjaune. .
Swemberg..
Grondel.. .
Planque. .
Cocvoet . .
Binaut. . .
Moreel. . .
Libaerl . .
Swemborgh.
Moisson. .
Spanneut
2
2
2
1
2
1
too
1600
4000
^nno f "oules de larrondissemenl el
mm ducanlon de WormhoudI;
'iftfio I briqueteries ; chcmin de fer
{^JJq \ dc Dunkerque.
75000
350
Les environs.
C.-VNTO
Blabinghem.
Alluvions modemes.
Alluvions anciennes .
Ypresien .
Caestre . . .
Ebblikgdch. .
Hazebrouck .
Hondegdem. .
Ltnbe. . . .
Landenien.
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Ypresien
' Alluvions niodernes.
' Alluvions anciennes .
Ypresien .
U
RE^ESCURE.
Serccs . .
Alluvions anciennes .
Alluvions anciennes.
prcsien
Alluvions anciennes.
Ypresien
Alluvions anciennes.
kpresien
Staple j Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Argilc jaiinc.
Glaisc. . . .
Glaise .
'I
Vandcrvallc . . \
I.emcUrc. . . . ' o
Dcmajer. • . ■ (
Vandaninie. . . ;
Massart . . . . | .
Veuve Franfois.
Vandamnie.
4793
400
55
Les environs.
Id.
\VAIIO\CAPrEL.
Ypresien
(151 )
DTILES.
NON
EXPLOITEES.
Glaise.
Glaise.
Arpile jaune , grazier .
Sable.
Waise.
Arpile jaune , sable etc.
Glaise.
Tourbe
Glaise.
Ar^'ile jaune
Sable.
Glaise.
Ar^'ile jaune , grazier .
Sable.
Glaise.
Afiiile jaune
Glaise.
Argile jaune,, pravier .
Sable.
Glaise.
Argile jaune , etc . . .
Glaise
Arpile jaune
Sable,
■laise.
'hazkbrouck N.
Tourbe
Argile jaune , gravier.
Glaise.
Argile jaune.
Argile jaune.
Glaise
Argile glaiseusc , sable et
gravier
Gravicr, etc.
Argile jaune
Argile jaune
Glaise.
Argile jaune , gravier
Argile jaune
Glaise.
Argile juuLS . .
Ai-eile jaune . gra^icf
Glaise.
M31
535
1763
1703
718
7570
1375
809
1681
511
1096
616
Population
par
Etendue
COMMUNE
au
de cbaque
ler.janirier
COMMUNE.
1846.
1300 71
614 01
93i
7S6 «
1140
1711 96
521
S57 88
530
465 81
1574
1487 74
504
412 89
il3
483 38
871
1180 45
1819 84
1009 fiO
908 12
2725 78
1259 08
896 44
1881 08
495 16
995 40
539 75
OBSERVATIONS
les gr^s ferrugineux empales dans I'arpile rouge serTcnt aux fon-
dations des batinients, au pa\age dcs elables , des rours et des
chemins. II en ciistc quelques fois jusqu'a 12 metres d'cpaisseur au-
dessus du sable. On troufc parlout a la surface 33 centimetres au
moins de lerre \egelale.
Le terrain tourbeui n'e:i brasse qu'nne petite partie du territoire,
ainsi que le sable landenien. Les caillous se trou\ent en general au
sommet des collinesglaiseuses. 40 centimetres de terre vcgetale sur
I'argile.
I,e pen de pelilcs pierres melang^es a la glaise sont rassemblees
par les cnltivateurs qui les deposent dans les chemins vieiuaux, pour
aidiT a la viabilite.
L'epaisscur de la couche vegetale est de 60 a 90 centimetres.
On rencontre la glaise bleuatre de i a 6 metres de profondcur.
La Compagiiie du cheniiii de fer a fail dans felle commiiin' une
grande Iranchec dans I'espnir de rencontrer nne rnurhe do s:\hle ex-
ploitable . niais elle n'a pas reus.si.
NOMS
des
cojrau>BS.
ESWIHES. . .
HA\ERSK£ItQCE
La GoacuE. .
( 15-i )
DESCRIPTION
geologique sonimaire
du
SOUS-SOL.
SUBSTANCES M 1 N E R A L E S .
EXPLOITEES.
NATURE.
.* =
NOMS
dPS
z =
l>ROPMiTAlRE.<i.
■rr
ITudtMt
asDud
Bflrcs
DEBOG CB£S.
CASTOX'
BOESECBEM .
BORRE. .
morbecqce. . .
Praoelles . . .
Stbenbecqie.. .
Strazeele. .
Tbienses. .
1 .AIIUVJODS
I Alluvions
( Ypri'sien
{ .Alluvions
• Alluvions
Alluvions
I Alluvions
Ypresien
Alluvions
Alluvions
Alluvions
Alluvions
Ypresien
i Alluvions
Alluvions
Ypresien
( Alluvions
< Alluvions
( YprcsicD
; niodprno<:
; anciennos..
Cravier
1
La commune . .
■ ■
600
Enlretlen des rhemlns vicinaux
anc ennrs..
Argile jaune. . .
1
Smagghe . .
5i9
Borre el les environs.
anciennes.
niodornc^.
Arglle jaune. . .
Sable
Glaise
1
3
2
Dclanghe
Deroo
Des«arte
Carrez dc Boury..
Borlecle
Massart
10
6000
1800
185i0
3700
Morbecque el les comm. vols..
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
1
modornes
ancioiines..
Arg:le jaune. . .
1
BernasI
700
Sleenb., Bocse?bem,Thiennes,
Haverskerque, .Morbecque.
modernes
Argile jaune. . .
1
. ,
. , ,
CANTON DK'
['.
illuvions modernes..
prcsien
Alluvions modernes..
I Alluvions modernes..
j Ypresien
I
\ Alluvions modernes. <
Argile glaiseuse.
Glaise
( Glaise
Merville.
' Ypresien .
Id. ct argile .
Nbif-Berouin . . I Alluvions modernes.
Delassus
Arnould.
Graux .
Courly .
Fabrique de poterie d'EsIaires
Sa fabrique de poteries. . . .
re, Arqi
Ardrcs.
ItO
jgQ^) Aire,.\rqucs,St-Omer,watteD,'
aiooi
CANTON DE
/ Alluvions anciennes.
X Dieslien
BoESCBEPE . . . < Tongricn
I Bruscllien
'Ypresien
( Alluvions anciennes.
■ j Ypresien
t Alluvions anciennes.
\ Pieslien
Godewaersvelde < Tongrien
j Bruiellien
Ypresioii
Ebckc .
noUTkERQlE
Oudexeele .
SlEB.WOOEnE.
( Alluvions anciennes.
• Of
tpresien
( Alluvions anciennes.
I Ypresien
Alluvions anciennes.
ypresien
Sable.
Argile jaune-
Gtaise . . .
Veuve Vanhee
,j Bckc . . .
( VandaelP.
I I Nandaple.
800
Les communes cnviionnanlcs.
nso Ite ranion.
( 153 )
UTILES.
PopulatioQ
par
Elendue
NON
COMMIWE
au
de chaque
OBSERVATIONS.
EXPLOITEES.
l.er jan^iicr
4846.
COSISIDNE.
►'hazebrouck s.
Argile jaune.
Glaise.
1002
693 03
Le travail s"effectue par prestations en nature.
Glai.se, etc
'775
3817
595 05
4384 83
Dii ouTricrs attaches a la briqueterie.
1
Idem . •
Glaise, grazier, etc. . . .
Glaise, etc
Argile jaune.
376
323 20
jiaise, etc
Glaise.
1961
1775 74
Cinq ouvriers en He
jlaise, sable, etc
Glai.se.
359
466 22
line briqueterie a M etablie par la compagnie du cheniin de fer
Jlaise, gravier, etc.
irgile jaune, etc.
Glaise.
H3i
743 17
IERVIU.E.
Glaise.
6890
2523 17
I.a fabrique de poleries d'Estaires tire la gUise de La Gorgue.
Argile glai.seuse
1630
924 28
3274
6079
1488 11
2705 41
■
I'n puits artesien de 360 pieds de profondeur a He creuse en 1781
au milieu de la place ; mais on a ^tabli la fontaiue ^ un niveau un
peu plus bas pour aTOir I'ean jaillissante.
Glaise.
Argile glaiseuse
1478
631 08
TEENWOORDE.
Argile jaune, sable, etc. .
Gra\ier, sable, gres ferru-
gineui.
Sable.
Glaise.
1953
1358 83
Argile jaune, gravier. . .
Glaise.
1193
1029 33
Argile jaune, sable, etc. .
Sable, gres ferrigineui.
Glaise.
1803
1189 36
Le sable entre dans la composition du morlier el sert aussi pendant
lele a couTrir le funiier pour le mellre ii I'abri de I'ardeur du soleil.
On ne trouve point de terre TCg^tale sur lo Mont-des-Chats ; celle
qu'on cultive dans la commune a environ 0,30 depaisseur.
Argile jaune et sable. . .
Glaise.
1332
1312 52
On a fail des recherches de gravier qui n'onl pas eu de succes.— La
tcrre v^g^talc, qui est forte, pesanle ct humide, a une ipaisseur de
0,30 a 0,50. — On Irouve presqiie partout des sources d'eau A i m^tr»s
de profondeur.
Argile jaune
Glaise.
1037
935 BO
Le gravier qu'on cxtrait dans celte commune est, dil-on. impropre
a faiie de bonnes routes.
Sable gravier
r3982
2981 53
Seize ouvriers attacljis aux deui briqueleriei.
[ 154 )
NOMS
des
COMMUNES.
DESCWPTION
giologiquc sommaire
du
SOUS-SOL.
SUBSTANCES MlNERALEiH
EXPLOITEES.
NATURE.
(A
^OMS
aaiive
des
~ —
(11
O 3
PROPRirTAIRES.
"'S °
DEBOUCHES.
S.tlM-STLVESTRL- I
Cappel ' Alluvions aiu'icnncs .
i Alluvions ancicnnes .
( Yprcsien
)' Alluvions anciennes .
Tpresien
TEBDEr.nEM
WiNNEZEElX.
Argile jaune. .
Durancl
Si9
Les cnvirORs.
akmentieres. . .
Capincoem. . ■ .
La Crapelle-d'aiv-
memieres . . .
Ebquingbem-Lvs
FRELI^u^IEN. . .
houplines. .
Premesqdes.. . .
Alluvions niodernes . ' Argile glaiseuse
Linion
Alluvions modcrnes .
Alluvions niodernes .
Alluvions niodernes .
I Alluvions moHcrncs .
I Alluvions anciennes
Alluvions niodernes .
Alluvions anciennes .
Vpresien 'Glaise
Argilc glaiseuse.
Sable
Dubois .
Mille . .
Charlet.
„ j Sauvage ....
i Caucheleux. . .
1 1 Cuvelier .
.%rrondisseinen(
CANTON
1906 Armenliires el ses environs.
2CC6
La fommuneel ses environs
200 t Lille, Arnienliircs ct les coi
400 ( munes voisines ....
Haubourdin.
CANTON DB
ADBERS.. . .
La BaSsee.
Alluvions niodernes .
Alluvions anciennes .
Ypresien
Alluvions niodtrncs .
Alluvions anciennes .
Landenien superieur .
Landenien inferieur .
Alluvions anciennes .
Argile jaune.
Glaise . . .
FODRnES.
I Landenien superieur .
Fhomelles .
( Alluvions niodernes .
{ Alluvions anciennes .
Hantat.
HEIU.1ES . .
Alluvions niodernes .
Alluvions ani'icnni'S .
Landeiiiin superieur .
Alluvions anciennes .
Ypresien
Landenien superieur
Alluvions anciennes .
ILUES { YpiT
Harqdillies . .
Sainghin « en -
I Weppis . . .
Landenien superieur.
Alluvions niodernes .
Alluvions anciennes .
Landenier. superieur
Alluvions moderncs .
Alluvions anciennes .
Landenien superieur
Sable.
Argile jaune.
Sable . . . .
Le Rique . .
Leroy . . .
Leieni. . . .
De Roiivroy.
4
2
460
no
1360
300
La Bassee.
Foumes el les environs. . .
Enlretien des routes el b
quelerits.
( 155 )
TILES.
Population
par
Eteudue
^0N
COMMl'NE
au
de chaque
OBSERVATIONS.
EXPLOITEES.
ler. Janvier
1846.
COMMUNE.
1050
592
!
813 61
SOJ 50
Argile jaune , sable ,
pravier
Gliiise.
Arj.'ile jaune , sable ,
gravier
Glaise.
doOl
1553 B5
dc lilllc.
d'armkntieres.
7959
(ii9 10
La Compagnie du Chemin de fer du Nord a etabli temporairemenl de
graiides briqueleries sur le lerriloire de cetle commune pour fabri-
quer le ballast destine a la TOie de Lille a Dunkerque.
irgilc jaune
263
185 09
*.rgile glaiseuse, sable. .
1927
1.366 14
11 y avail autrefois des eiploitations de sable el d'argile h briques
qui n'exislcnl plus.
irgile glaiseuse
2049
1332 54
On a exploile temporairement quelques terrains argileux pour faire
des briques a destination du chemin defer.
irgile glaiseuse , sable. .
2152
1119 39
Le sous-sol est compose , partie d'argile a briques, parlie de sable.
2183
1129 93
On fait annuellement deux fours ; Tun de 110,000 , laulre de 900,000
briques.
Sable argileux.
1095
505 57
Irgile jaune
LA RASSEE.
roi
1013 86
Fer carbonaU.
2540
344 iS
i
Argile jaune
Gris sables argileui.
1
Sable argileux
1391
1360
822 06
854 24
Argile jaune.
Glaise.
Tourbe
Argile jaune.
Sable.
445
209 .
L'^paisseur de la lerre vig^lale qui recouvre I'argile est de
Om. 70a0m80.
Argile jauue
Glaiso.
Sable.
1001
711 09
Le terrain glaiseux n'affleure que dans une Iris-petile partie de la
commune.
Argile jaune
Glaise.
Sable.
1476
791 09
Tourbe
Argile jauue.
isable.
i097
691 3i
Tourbe
1093
770 «0
Arcile jaune
.sable
( 156]
lies
COMMUNES.
1
DESCRIPTION
g^ologique somiiiaire
du
SOUS-SOL.
SI
:bst
s.
ANCES MINEBALE:
1
EXPLOITEE
NATURE.
£ 1
NOMS
des
PROPRIETilRES.
2
I'rodri
auirj' 1
("1 \i <.
DEBOUCHES.
1
Sii.osii'; . . . . ■
WlCRES 1
Bacoy
BornrnEUEs.. . <
BOU\iSES. • • • i
CiMPBIN ■ EN-PE- 1
\tI.E 1
Cappelie. • ■ • j
CilURIEUX. • ' ■ j
Cvs ISO <
(;E^EC^ . . . . <
LOLML
MoicniN
Peiionne. . . .
Si<\.jhi>-e:«-Me-
tiMOIS . . .
TEMPLErVE. . .
Wannehain . .
Bbaucahps . . .
EnMiaiN ....
Alluvions niodi'vin's
^
Ii
11
!l
(1
Landenicu superieur.
AliUTions nncioniio^
It
. . \
. . - 1
CANTON DE
!)
Ynrcsicii
: : : : : :i
in
I.aiiJcnicn infcricur ■
«
\ prt'sion
I
I.audenion suporieur.
Salile
1
Hospices de Lille.
1
soo
Route de Boubaix a St.-Amat
k
Nor\i(.'n
i
«
Alluvions anciennes .
iNervien
Allii'vions ancioiinps .
Argile jaune . .
Craic niarneuse .
.1
2
constant ....
4
6ni.
La commune .
Fours a chaux de la commui
T
it
U
I.andfiiien superieur.
!l
Landenien superieur.
Landeiiien inferiour .
«
H
Allu\ions anciennes .
Landenien inferieur .
Nervien
Argile jaune. . .
Glaise
Craie marneuse .
1
2
2
Ve. Toussainl . .
Ve. Toussainl . .
Ve. Daniide . . .
Leroy
Delournie ....
3
6
4
14
7
180
615
60
1739
720
La conlr^e .
Agriculture et bitisse .
!l
1
Landenien suiiciicur.
1,
Alluvions aneieiines .
Landenien inferieur .
Sable..
!
Ypresien
Glaise
2
Defenin
Sourdcdu ....
i
1
20
20
JLa commune.
Alluvions aniieuues .
Alluvions moderncs .
Nervirii
Ma; ne grasse .
Alliiv'ons ancii'nnes .
M'l'i'S en
Landenien snperieur.
Landenien inferieur .
Alluvions anciennes .
Landenien inferieur .
\inile jaune. . .
Ulaise
4
i
Havez el divers .
Huvez
16
3
3200
100
I.c villacrc.
U .
I
1 Alluvions anciennes..
1
i Alluvions inoderoes..
( Alluvions anciennes..
Argile jaune. . .
1
i
S33
CANTON
Argile jaune. . .
' i
Cazier
1
800
( 157 )
UTILES.
Population
par
Etendue
i
NON
COMMUNE
au
de chaque
OBSERVATIONS. i
EXPLOITEES.
ler. Janvier
COMMDNK.
1
1846.
i
Tourbe
Argile jaune
Sable.
1 870
525 16
i
Gres , sables argileux . .
)
Argile jaune
sable.
1 2S8
1
277 .
Pendaul quelques annees , Ic sieur Lelcu , de Fournes, a fait des ;
briques sur une piece de lerre de89 a. 40 c.dontilest propriitaire. i
cysoiNG.
1
Argile jaune
Glaise.
950
635 84
Argile jaune
Glaise.
IS04
646 22
On a rechercW du niineriii de fer daus la I'ommune en 18il
Sable argileux.
Uarae.
Tourbe
563
268 87
Argile jaune
1479
639 11
1
i
Argile jaune
Claise.
Sable.
1S18
806 41
■
Glaise
Sable.
482
278 57
Tourbe
278C
1351 65
!
Argile jaune
Glaise.
Sable.
1125
740 08
On a eitrait du sable pour quelques briquelcne^ p.irtitiili^rei , man |
il ny a pas d'exploitation suivie.
Tourbe
Glaise.
760
248 H
On a decouvertdepuis peu un gisemeiit de sable que Ion a eiploit« !
pour la oonsUuclion du pav6 comuiunal.
1467
919 29
Une laible lOuche de minerai de fer a ^te decouverle dans les i
al!uvion.s modernes de la faliee de I'Elnon
Argile jaune.
Sable.
i
Tourbe
Argile jaune.
573
113 41
'
Tourbe
1706
1036 68
Tourbe
3180
1565 31
Sable.
i
Argile jaune
498
367 68
Uarne.
o'hauboubdin.
Tourbe ....
750
134
422 63
490 17
On ue rait qu'un petit lour de 4UU,000 briques pur an. L'argile , dout
lepaisseur est de 2 mi[.. est recouTerle parO m 80 c. de lerre v^getale.
11
( 158 j
I
DESCHIFTION
geolnglque <;(imniair»
SOLS-MjI .
SDBSTA^SCES IHINERALE!
EXPLOITEES.
NiTl'BE.
des
PIIOI'HIETAIKIi>
Enslos
EflNbllEIIKS -F\-
WBPPES
I
( Alluvions aniieiiiies.
[ Landenipn sup^rieur
illuvioii)' iiiodci'ues.
Alluvions ancipnnes.
I Ypresieu
(jlaisr
I Crespel
If
Landeoien sup^rieur. Sablr
EkUUI.N«HKH-J.K-S
EtC0IEC9tE!> .
eu.le!«i<es - lks
Badiodbdin .
EtVBOl'RDI> . .
L16NT
LOSHE . . .
LAOS
Alluvions aai'ienne:; .
Alluvions aniiennes .
Alluvions anciennns
Alluvions modernes.,
1 AlluviODS anciennes.
r Alluvions anciennes .
, Landeuien sup^rieur
■ Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes .
r Alluvions modernes .
Alluvion!! anciennes.
Argile jauue.
\$^noni«)n .
Le MAiSNn.
KiPlNKBCa .
Slum . .
SEQDESIh.
WATRl^
AUu-vions modernes.
Alluvions anciennes.
( Vpresien.
Argile jaune .
Argile jaune.
' Ridez.
/ Wemel..
) Ridez. .
) Crespel .
' ROUTTOy
I Roussel.
) Brunei. .
1
Jacques.
Oraie.
Siou-DragOD . .
Veuve Fournier ,
I Deleval
iwambre ...
iDenoyelles . .
/Gilquin
iBninel ....
IPottler ....
fPelicier. ...
\ Andries. ...
ts
eg
Z o
a
PMuil
l> KBUUCHB^.
400
Baiil'uurdiii Waiennnos
iOU j LiMi> . Waiemnie.« . Ksquir
lOOU nies. Haubnurdiu.LillP.Hni
IBOO * plincs
1000
1000
1100
Les rommunes voicines. . .
Les environ.*
Les environs .
> 31^00 I'i aui environs, Hi pbi
' I'arrondissem. d'Hazebrouc
el 1^ pour la Belgiqiie
i Alluvions modernes
Alluvions anciennes .
Ypresien. . . • . .
( Alluvions modernes
\ Alluvions anciennes .
( Alluvions modernes .
{ Alluvions anciennes .
i Alluvions modernes .
\ Alluvions anciennes. .
M.atidenien sup^rieur.
Argile jaune.
i Liinard.
W
La commune .
CANTON DI
ANiitrrES
AIIST«1II«.
Asco . .
itllSlEUl
Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes.
I Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes.
Alluvions modernes .
I \Uuvions anciennes.
, Alluvions modernes
1 Alluvions anciennes.
CSEEliNC.
Flim.
Landenien inf^rieur
Nervien
I Alluvions modernes .
Alluvions ancionnes
I Landenien sup^rieur
, Alluvions modernes .
Alluvions aucieDDes.
! Laoilenien sup^rieur
Craie.
Argile jaune.
Craie marneuse.
Deroo
Marcv.
i i 1000 Pierres dc construction p(
Lille el les oommones env
1
40S
Baisieui, Ch^reng el Willei
( 159 )
UTILES
NON
fiXPLOITEES.
Population
par
COtWCME
au
ler. JaiiTier
18i6.
Kteortue
lie cbaqu«
COMMUNE.
B S E R V A T I i> S.
Argile jaune
Sable.
Sable. . . .
Argile jaune.
Argilejauue
Argile j., sable argileux.
Sable argileai
Toarbe
Argile janne
Argile j.. sable argileui.
Sable.
Tourbe
Tourbt
Argile jaune.
Glaise.
Argile jaune.
Glaise.
Tourbe
Irgile jaane.
Fourbe
Irgile jaune.
Tourbe
'table.
LANINOY.
Irgile jauue.
rourtie ?
Irgile jaune.
irgile janoe.
tourbe
irgUe jaune
Harne.
Lrgile j. , gable argileui
able
SSI
mi
234
im
807
3130
140
2480
4in
USD
166T
2780
1943
489
1771
IDOO
IMO
K71
beet.
131 86
1038 «0
174 55
183 83
431 91
itae
Hi 31
917 SO
750 02
3iS 87
683 4»
764 IB
408 04
1367 91
Le sable d'Euuelieres est tiapliAi' ijoiir Ics briqueUriL-N el poui Ic.
routes. II esistail autrefois une'sablieie apparlcnaut au sieur Bonzel,
d'Haubourdio , qui est tupprimee , celle du nomuii Wemel u'a *te
oVTerte que recemment au hameau du Paradis.
Uuu2« ouTriers altashet t la briqu*l«rid.
Les terrains tuuibetii unl "In liyres 4 la eultur* et produiteut de
bonnes recolles
11S6 6S La craie i^nouienD<i $e irouTt i use faibleproroodeur.
M6 88
659 04
86t 33
411 69
907 Ji
' 160
.>OMh
des
DESCRIPTION
g^ologique sommaire
dii
SOCS-SOL.
SUBSTANCES MINERAI.ES
EXPLOITEES.
NATURE.
^-
«
ji;
a
■s
o
Z
a-
■^
MOMS
des
PkOPRIKT AIRES.
«■;
Prnluil
3DDUfI
ss
eu
a
cubf^.
OEBOrCBKS.
FOBEST
( Allusions niodernes .
i Alluvions ancienncs .
1 Alluvions niodernes ,
< Alluvions anciennes ,
( Nervien
Hem
Alluvions modemes .
I Alluvions anciennes .
Vpresien
' Uandcnicn sup^rieur.
LlNNOf ....
l.EERS
LVS-LEZ-LlNNOT.
SlILLV
TOUFPLEES . . .
TBESSm ....
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
I Alluvions modernes.
Alluvions anciennes.
WULEHS
t Alluvions modemes. .
< Alluvions anciennes..
w.andcnien inf^rienr..
Argile sableuse .
Glaise
Sable.
Argile jaune.
ql Leclercq. . .
\ Delecroix . .
i I Agache . . .
iPennel (Louis)
Pennel (Alex.)
leclercq . . .
I 2 I 400
2200
a \ Agache . .
( Defontaine.
. 4
) 3 mou
La commune
Poteries d'IIcm,Roubais,Marcq
Tourcoing.Roubaii el les com-
munes environnanles. . .
Willems.
CANTON DE
Fives.
HCILSSMES. .
Alluvions modernes..
I Alluvions anciennes..
. Ypresien
iLandcnien sup^rieur.
Lille
1 Landenien intericur.
( Alluvions anciennes..
( S^nonien
Alluvions modernes..
Alluvions anciennes.
Landenien inKrieur.
Argile jaune. .
Glaise ....
Sable
( Salomon . . .
. ) Colette . . . .
j Li^nard. . . .
\ Casse-Bayard .
1 I Salomon . . .
I Salomon . . .
I ) Colette . . . .
J Li^nard. . . .
\ Casse-Bayard .
Alluvions anciennes. | sibi'e''argileux. '. \ *
Mons-en-Bar«.,x j Ljj„denien sup^rieur,
Landenien inferieur.
niPtD.
id.
id.
id.
iiit'm .
18
12
17
15
Les environs.
2000
1900
5000
iOOO
400 j Les environs.
550 ^
1000 (Po>"" 'a fabrication des briquei
900 )
Les environs.
La Maiuielllne.
i Alluvions anciennes.. I Argile jaune.
j Sable. . . .
I '
CANTON I>K
i Chemin dc fer dc Dunkerque
I Lille el les environs. .
CANTON DE
Alluvions anciennes.
Facbes. .
LE2BNNE9.
BONCHU^ .
I
1
\ Si'nonien
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Senonien
I
Craie.
Craie.
Craie.
/ Dcschamps . .
\ Duhayon . . .
5 Desainl frercs .
I Defretin. . . .
iPlanquetle . .
1 Leroutre ,
a t Cotils-Bernard . j i
^(Morelle. . . . i 7
} Les communes voisines
900
140
230
Les communes voisines'
La localile
161
UTILES.
NON
EXPLOITEES.
Population
|)ar
tOMMBHB
au
ler. Janvier
1846
Etendue
de cbaque
COMMUNE.
OBSERVATIONS
Argile jaunc
irgile jaune.
Marnc.
Lignite pyritfux.
Argile jaune. . .
Argile jaunc. . .
Argile jaune. . .
Argile jannc. . .
Argile jaune.
MM.E N.-E.
754
400
2'20S
Argile jaunc.
Craie.
199i
579i
Sable.
I.ILLK CENTRE.
LILI.E S.-E.
Argile jaune. .
Argile jaunc.
Argile jaune.
838
76430
4043
1528
«88
I2B0
1S65
103 4.'?
3il 32
1602
!i 77
2440
525 10
1375
320 67
917
430 IS
772
2.37 14
453
186 32
LP sable qu'on filrail pres du hameau de I'Empenpont »8t surtoBl
employe pour les lirKjueteriei.. — Des recherohcs dc houiUe qui n'ont
produit aucun resultat nnt ete faites en 1842 dans rette rommune.
La commune dc Lannny est limitee pan'enr.einle mt^roe de la Till*.
570 S6
543 76
j On nielaniic parfois la tern; rulti\aMe avec I'argile jaune pour la
I fabrication des briques. — Le terrain pcut , apres pluiieurs annees de
jachires, (Sire rendu a la culture el produire une demi-recolte.
329 13
411 63
288 OR
28S 1!
On a extrait autrefois dc la i raie sur le lerritoirc de rette commune
vers Lczennes. La picrre servait am constructions.
La commune de Lille est limitee a .«es murs d'enceinle.
On exploile dans la nicmc carrier?, sur la hauteur de Mens, du jable ,
argileux pour niortier el pour fondcrie.s, ot dc I'argile deslinee a 6tre ,
melangeealaglaisedanslafabrique de polcries de Fives.— On aeitrait I
autrefois du sable blanc poiirles route* dans rinlerieur dc la commune.
L'citraction d'argile el de .-able a lii i au irou de La Magdeleine \
oil est stabile une grande briqueleric. Lii glaise et le sable landenien !
superieur se trouvent a peu de profondcur.
463 2S 1 La craie converlie en chaux est ronsumniec dans Ics communes
voisines pour amcnder le sol ou pour faire le mortier, defequer les
sirops de betteraves , fabriquer le savnn, etc.; une petite parlie est
employee aux conslruilions apres avoir ete taillee.
2(3 82
K39 72
La craie senonienne existe a peu de profondcur.
162 )
NOMS
COMMUTES.
DESCRIPTION
g^ologiqne iommaire
dn
SOtlS-IOL.
SCBSTANCES Ml.NERALES
EXPLOITEES.
NATURE
a
II
NO MS
des
PBOPIIETAIRES.
«
Prodoii
t&
snnuel
E^
n
o 5
mftrf>
a
cotei .
urb iir.BB.i
CA?iTON RF.
,11
ESOtTBIIIIEt.
Lza Mouum:
WtSENMES.
SilNT-ANDRE .
LAMRHSART .
Hamquktte. .
WAmBRCBIBB
1
1 AlluvinnK anriennes. .
Argilr.jaune. .
, DeleplanqDP. .
' Laden
. . .
4615
1K38
I.ef I'ommuncs Toisines.
^Sinonien
Craie
Lhermite. . . .
3 Deleplanqne. . ,
Baton j
5
s
10
1280
1480
t560
Idem .
) Allnvionsanciennes .
Argilr jauDe. . I
5
1
i
Biriol
CourmoDt . . .
Duchange .
415.
l!i41
Lille el les environs
Alluvions ancienoes .
Argilejaune. .
1
HaltonBKsei. .
6
600n
Les envirnn*'
CANTON DK
) Alluvions anciennes..|
I Landenien inf^ricur .
/ Alluvions modernes.
Alluvions anciennes.
Landenien inrerieur'.
Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Argile janne. . .
,j Warlelle.
j Vaniscote
S66
Chemin de fer dp l.ille a Dun-
I kerque.
CANTON DK
Atticbes . . . . I Ypresien
I Alluvions anciennes
AVKIl.N
Bemre.
E!<l«BVI!t.I^ ,
F»ETIN. .
MElIGNniS . . .
MOHCUEADI . . .
MO!«R-F,n-PeTFIE.
1.4 Snivii.LK .
OflTBir.ODKI.
PlALEMPiy. .
Landenien sup^rivur.
Alluvions anciennes..
Ypresien
Landenien .snperieur.
Landenien inf^rieur .
Senonicn
Alluvions anciennes. .
Ypresien
Alluvions modernes..
Alluvions anciennes..
Landenien inferreur. .
Senonien.
Alluvions modernes.
Alluvions anciennes.
SinoDicn
I Ypresien
i Landenien snperieur.
I Alluvions aii>iennes
! Ypresien
( Alluvions anciennes..
Bniiellien
' Ypresien
Alluvion.'^ anciennes..
. Alluvions ancicnues...
) Ypresien
i landenien snperieur.
. Alluvions anciennes .
VYpretien
(Landenien supcrienr
Landenien inKrivur .
Argile jaune.
Craie. . . .
Argile Jaune
Glaise . . .
Glaise
Sahlo.
Glaise pour briq
Sable.
r.lais
Delannny.
1 Delinselle .
I I Demessine.
1 ' I.cvrin.
, \ Marquette . . .
'( Desrloquemonl.
1 Dehaies.
.•Regard.
1 mills
La localile.
800
70
iOO
liion
soo
20110
La localitc
Les villages voisins el surtonl
Pont-a-Marcq
l.ille et Henin-Lielard.
Pannerie d'Avelin.
La commune el celles environn
La localile. Routes et chemins
divers.
Poteries de Phalempin et rte
Templemars,
»
' t6c
r 1 1, r. s .
KXTLOIlKf. S.
ILLK S. O.
oiirhc .
I'illc
oiirhr .
E I.ILLE O.
r^llc jauinv .
iihli" .irjiileux.
iiiiU' argiU'iu.
it;ili' janne. . . .
rsilo jHUiic. nMe
(NT-A-MABCy.
rgilf jaunf ; sable argil,
laise.
llllH. I
lai.^f ; for railmiiale.
iblo
aisi".
• UjllC. . .
"gilo jaunc.
laisc.
aie.
lurbe. . .
■gile jaune
aif.
■gllr jaunr
(ilf jaune -, sable argil.
i6lo fin , calcaire.
laisf.
'gill-' lauiie
"gilf jauiic
laivi' , fpr larbenale.
rgilf jaune.
tbie.
r^, sabksargilaui
Population
par
i:OHMU>F,
all
Icr. jaiiTier
1846.
!659
an
843
1161
17iG
35ia
33S
<762
(-o9
2079
%i
1010
1796
401
820
137«
Etendue
de thaque
liO.MMlMI.
B S E R \ AT 111 N >
ii7S W l,a I'laje esi coiiTeilieen chaui dans la cemraunc el a Wazemmes
279 82
292 18
31 :l 72
62;j 91
12 tables iiour Ics quaiic briqiiclcrii;j ; 72 ouTi'iers cniploye.v
485 48
1542 79
668 39
1376 3i
1093 09
991 16
1317 03
861 22
497 27
1M6 87
394 Si
7S9 87
792 SI
Iipfc recherche? de houillo loul a tail inutile* ont etc faites a
Laiiiberr^arl , il y a une vinglaine d'aonee.*
bans le> parlie? giai>iu»P5. 1 ea\i .■^ejonrnerait d'une maniere nui-
sible i la surface . >i le culli^aleur n'arait soin de pratiquer de>
rigole:> OH dfls fosses au milieu des lerres. — C'est dans la Rlaisn que
Ion a d^t'Ou^erl . en 1813 , qnelqui-s Teini's dr fer carhonal*.
Le Bons-soles* nn melange d« sable etdeglaise quereaunepenetre
qu'avec rtifficulte Pes rerhe.rchef de niinerai df f' r ont i^te Inltes
en 1841 .
Des leeheiches dr mineiai de fer ont et<» faites ail«-i a IS meme
^poque.
( 164 )
NOMS
dps
COMMtNES^
DESCRIPTION
g^oloi;ii|>io sommaire
du
SOUS-SOL.
SUBSTANCES MINERALES
NATURE.
EXPLOITEES.
■a ■^
NOM.«
des
Q
Proiluil
CO
z -
PBOPIUETAIBES
cults.
DEBOUCBES.
POM-A MiBCo. - ) Ypresicn
u
I AlliKions anriennes .
Thumeries.
TOI'BUICMBS
WAE»r,iiii6 . . .
Landenien superieur.
\ \IIuvionsancienncs .
j Ypresicn
i Alluvions anciennes .
Ypresicn
Alluvions anciennes .
ITpresicn GlaiSB
Argilo jaunc.
Argile jaunc.
f Landenien supcrieur . Siiblo.
Landenien inferieur .
Bruneau
1 Plouvicr . .
I
iMcureau . .
Declercq , Ve.
Vallois. . .
, j Declercq , Ve.
' } Plouvier . .
I
I
finioiv
1
1
1
3 niois
2
1
500
Thumcries
600 La commune .
300
goo
200
3000
1200
!;
,es 3 panneries de Phalempin
celle d« Wahat'nies pl (•elli
do Libercourt
Briqueler., panner. et constr.
cbemins vicin. Nos. K et 30
CANTON DE QUESNOY
COMI.MiS
DEULfilONT.
i' Alluvions moderncs .
Alluvions anciennes .
Ypresicn
\ Alluvions modernes .
j Alluvions anciennes .
Argile glaiseuse.
lOMPBrr . . . . j Alluvions anciennes . \
Perencbifs.
Alluvions modernes ....
Alluvions anciennes . Sable.
Ypresicn r.Iaise ,
Qdesnov- suR- ( Alluvions moderncs
DBUI.E I Alluvions anciennes ,
iVandermersch. .
Laloy. . • . . .
Delattre
• ) Vankersachavor
) Bonz«l
5333
5333
5333
I Lille et
ses environs.
Lillo, Armenlieres et romm. v
Vebmngheu .
Alluvions anciennes .
I Ypresicn
_, A_„„/ij.„ \( Alluvions modernes
Warsbton(Bas-)} Alluvions anciennes
WAB^CTON (Sud) Alluvions modernes
! Alluvions modernes .
jLlluvions anciennes . . .
Ypresicn Olais
I
(Six Paret. .
'A Hynden'nct.
( Pcrsegaele .
I
2
200
50 ) La Belsiquc ct Dculemont.
50
CASrO.N I)K
CRori
RODBAIS.
: Alluvions anciennes .
Ypresicn
[Landenien supcrieur.
/Alluvion? iini;i(niies.
Ypreiiou.
Argile jaune.
iPennel (Alei.l.
Pennel (Louis).
Waltine-Dazin.
Frero (Louis). .
Krerc-Dcstombes
.- Delvinquicre. .
JHcnnion. . . .
IRasson. . .
I Lavaine . .
\ Beaucarnc. . .
\Demcssine. . .
,ii j 30000
Ronhaii
i 165' )
iTILES.
tso>
ENPLOITEES
Population
par
r.OMMDNE
au
ler. Janvier
1846.
Etendue
dc chaque
COMMUKE.
OBSEBVATIONS
Ugile jaunc.
liaise. . . .
able. .
^liaise ; fer carbonate
Irgile jaune
laisc.
•'er rarlionatH.
SUB-DEULE.
irgilc glaiseuse. .
Irgile jaune, ,?ablc
'laise.
able,
trgilejamie.
I Irgile jaune.
er carliniiale.
irgile glaiseuse. . .
Ugile jaune , sable.
Irgilc jaune, sable . . . i
laisp.
Irgjie glaiseuse.
able.
Irgile glaiseuse.
ir;. jaune, oailloux, sable.
BOUBAIX
rgile jaune.
liaise,
able.
826
806
495
7Bt
sns
5140
603
9U
1729
94
tfOl
1890
222 17
702 86
202 OS
S69 22
1B78 li
966 16
306 SO
298 04
1436 26
997 70
273 50
133 70
SOS 95
466 li
31039 1273 32
Le sous-!ol fonsiste en grande rartie en argilemClee de sable recou-
\erte par 20 cent, de lerre vcgetale. V a etc fait ily a quelques anneei
des recherches de mineral de fer qui n'ont pas eu de suite.
On a Irouve le mineral dc fer a quelques metres au-dessous du sol
dans plusieurs parties dc la commune , mais il n'elait pas asset
abondantpour pouToir fitreeiploite d'unemaniere utile, Ccs fouilles
nnt ^le faitcs vers 1840,
Les fonds sur lesqnels les briqueteries ont iUi etablies sont transfor- j
mes en prairies moyennanl de grands sacrifices pour les amAliorer. \
avec des -vases de riVi^re , de la cbaux , du fnmier, etc |
Les briques de Deiilemont sont tres-renommees.
Les terrCB noires d'alluTion de la Deiile recouvrent iinmediatemenl la
glaise. Sur les deux ri-ves on trouve d'ahord de I'argile avec veines
de sable (sable mouvanll , puis la glaise.
liaise.
166 I
NOMS
Am
I>KS(,RIPT10N
g«olosique sonimaire
du
iocs-sor..
S I B S T A N I, F. > Ml N V. R A I K?
EXPI.OITEES
DATKS
e 5
MOMS
drs
PaOHUBIAUFS
a ►
o s
Prodnit '
mrirc^
fiiks.
nKBOllCHES.
WisgrEBAt .
Waitkeios .
lLlE^•^■E6-LBS-
MiRAT!:. . .
Alluvions sncionncs
AIIutIoiis anciennes' .
Ypresien
I.andenieii superieiir
*rttile jnuhf .
I
SDroiilors
Hoazet .
, Lpppr» .
6 1 3t00^ Roubaij , roiiri'iiiii).' i>l le
villiir'i^*' »oisiii>
GlaiA^r
I.a potprie de la cominuue.
r,A^•Tn^
. AiluTiuns iiiuderues
Alluvions anciennes
[S^nonien
Vllu'vions inodeines .
Alluvions anciennes .
Bauti>
CASipai.N -E^-l;i
BBMBAl'LT .
Carkir. . .
CHEUr .
GOWDSCOURT .
Alluvions nioderncs .
Alluvions anriennrs .
Alluvions anciennes
Landenien sup^ricur.
Senonien
I
Argile jaune.
Artcilc jaune.
Alluvions anciennes ,
Alluvions anciennes
Landenien inf^iieur ,
Alluvions moderucs ,
Bbrri.v. .
HOOPi.iN
Alluvions anciennes
Laudenien infirieur ,
S Alluvions moderncs .
Alluvions anciennes .
$ Alluvions inodernes .
( Alluvions anrienni's .
Lesquix •
NOTEUES. .
Provi.v. . .
SEa.i>. . .
Templehars.
Vemdeviilh. .
Watiiomks .
BOD«BP.Cnl.t«.
Railcir. . . .
( Alluvions anciennes
Senonien
1
i Alluvions modernes .
\ All vions anciennes .
( Senonien
\ Alluvions modernes .
Alluvious anciennes .
( Senonien
Arp'ile jauue.
, » Pecqueui.
■ I Deharge .
I Chretien . .
' Horletuqne|.
Argile jaiine.
Cfiiic ....
Argili! jaune . .
Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes .
' Landenien infirieur .
I Senonien..
\ij;ile jaiMie.
Craie.
I
( Alluvions ancienne.'i .
) Senonien i ■ • •
) Alluvions anciennes . ! . . .
i Senonien traie.
i Alluvions inoilernes . | . . .
: Alluvions anciennes . ; . . .
I Senonien.. . •...'...
Marijuaiil .
Win I'-'' '■""""""''
it [ Beurchlu , Beauvin . Provm
12 t Billy-Berclau .
320
Seclin , clieniN, Herrin , Allc
nes et fioiidecmirl
^\J^:r:'"::\ M Z i'--rondi.senie,„
l|Da\aine I S 26G Id
I (.ranifld-. .
I liuuje
. Lero) . .
, ) Houzc. . .
' i Delecourl .
' Dclckimhc
Provin et Bauvin
1200 I.a localile
M3S
4050
liOO
U30
La localite.
Tliiliant.
SO
Les communes voisines .
t;A!<(TO> DE
Alluvions modernes .
Alluvions anciennes
Ypicsien
/ Alluvions moderne.^ .
> Alluvions anciennes .
' Ypresien. .-...,
Argilo jaune
niai^c . . .
.< i Venani . . .
■ ( Demeesle.re
\ I Baggio . . .
2 1 600
I.a ronimiinn
Id.
I 167 )
CTILES.
Populatinn
EXPLOITKKS.
par
COMMVISE
au
jor. jan\ier
1846.
Etendue
d(* rhaque
roMMC?ir.
OBSERVATIONS.
■
:034
8736
679 6t
13S8 80
30 oUTrierf nltarhfJ itui hriquetwits
rpilp jauni"
ihl''
DE SECLIN.
jurbp I 870
rgilf jaune
all- !
:iurhc
niirho.
I .U<6
1168
rgili' jaune
laisp, sablp"! arRilPiii
■aic
rgilejaiino
■gile jaunp
laisf
)urbe
aiaiv
)urbf . . .
gile jauiif .
)urbe. . . .
gill' jatine.
laibe . . .
■gilf jaune
air.
)urlM- . . .
ai<"
jiirljc. . . .
ible argilcui
aisi-
rgik- jaune.
aie
•gilp jaune.
)Urbe
■gilp jaune
'aie.
TODRCOIIVG-N.
rgile jaune , erraiier el;
sable. i
lalse.
lillouj , "able arifileux..
943
i»
iOB
f(«9
343
)2i9
139
11.^9
:mo
(900
m\
M 61
1114 09
393 bl
737 S6
S31 93
343 S3
796 68
214
SI
fiJS
78
837
S8
M3
IS
33« 10
r,n 1)3
L'epaisseur du jol cultirable tarie de Om. 30 a Om. 80.
I.a lerre yegelale esi ires-legere , mais cependani as.sei bonne pour
la r^folte du frnmenl. — Sou,«-sol argjle jnMff dc crate.
I.'epaisseur dela tene mllivable \arie de m. 30 i) 1 m. 10. — l.e i
sous-sol .'ic compose d argile a hriques . sauf 1 '4 eiiTirnn du terri-
(oire ou il eiiste de la craie
436 58
5S2 7" ', I.ps lerrains don I'on lire la craie ne soni que d« 3e clafs«
HXi 90 i
638 $l>
1148 31
( t68)
DESCRIPTION
giologique sommaire
du
80U8-80L.
SUBSTANCES MINERALE}
EXPLOITEES.
NATCRE
NOMS
des
PaOPRIETiLIRE!.
at
ProduM
26
3BIMH'I
11
en
o
cubes.
DEBOUCHED.
I
I Alluvions anrienncs..
( Tpresien
Neuviile-ek-Fe- I Alluvions anciennes..
RACf I Ypresien
I Alluvions anciennes..
( Ypresien
( Alluvions anciennes..
» Ypresien
LINSEUES . .
BO>CQ . .
ToimcoiKG.
Argile jaunc. . .
Argilejauno. . .
f Vansteenkislc.
) Catteau. . . .
13
10
CANTON »B
Bonbues
Marcq-en-Babobul
uoitteaoi. . .
I Alluvions anciennes.
I Ypresien
Alluvions anciennes.
Ypresien
', Alluvions anciennes.
Ypresien
Arleuj . .
;AcBIfiNV-AO-BAC
Brukemont . .
Alluvions niodenics .
Allusions anciennes .
LanUenien sup^riour.
Alluvions modernes .
Senonien
Alluvions modernes .
Alluvions anciennes.
Senonien
Alluvions anciennes.. Argilejauni
Sable. . .
Tourbe
Ar;;ile jaune.
Sable
Tourbe. .
Tourbe.
BDr.NicorRT . . < Landcnicn superieur } gres .
Ci>TI\
ERcnii< .
i Senonien
i Alluvions anciennes..
I Landenien supericur.
I Alluvions anciennes.,
I I.andcnien sup^'rieur.
j Landenien infericur .
[Senonien
ESTREES.
FECBA)^ .
FanssAiN
G0EULZI^■
HiVPt
Alluvions anciennes..
Landenien superieur
Alluvions modernes .
Alluvions anciennes.
Senonien
La commune el
celle d'Hamel. .
Deprez ....
La commune . . 1100
La commune . .100 S300
A rrondlsscmenfi
CANTOH
Lcs com. d'irlcui el d'Ham
La commune
5300
La commune et celles avoi$
I Tate . .
! earlier .
Maurice .
Divers •
Craie.
.Salile'
Argile jaune.
Sable. . . .
Gres ....
Alluvions anciennes..
Landenien supericur.
Senonien
Alluvions modernes .
Alluvions anciennes.
Tourbe. . . .
Argile jaune. ,
Argile jaune.
Sahle. . . .
/ Landenien -up^ricui J
Ai;;ile jaune.
Sable. . . .
Ores . . . .
Alluvions modernes.
Alluvions anciennes.
Landenien supi'rieur
I Argile jaune. . . I
I Gravier 1
I Sable ! 1
h
iiieat .
Lemailrc
Drancourt.
Savary.. .
Divers . .
Divers . .
Ladriorre.
Pollarl (J.-B
Pollarl (F.) .
Dfssinc.
Tafnn .
Divers
Cambray ....
Veuv ■ Thomassin
Detournay. . . .
330
1000
20
800
400
200
30
2000
200
30
HO
La localite . . .
Idem.
Routes diverses.
Route departementale
La commune cl les environs
La commune.
Les communes environnantt
La commune . . .
Idem
La commune et ses envip
900
200
iOO
80(1
Les commune^ nvironnim
La c-nmmune.
La commune .
l.a rommnne
f
L TILES.
NON
EXPLOITEES.
JC9
Popalation
par I Etendue
COHMUNE
au
ler. Janvier i commune.
1846. i
par
OBSERVATIONS
Vrt-'ilo jaune. .
ijlaise
able argileux.
jiaise.
liaise.
<able argileui ,
"liaise
TOORCOING-S.
■rgile jaune
liaise.
Ilrgile jaune
jiaise.
|\rgile jaune, sable argil.
"rlaise.
3656
2576
3378
■26834
3627
3937
2149
liect.
1169 64
614 02
1056 26
1S09 36
1292 26
1390 01
414 88
Craie.
irgile jaune.
Craie.
de Doual
O ABLGUX.
irgilc j., cailloux fit gres.
4rgile j., cailloux el grfes.
Salile.
i:raic.
able argileui
Sable argileux.
Craie.
Sable arg. caiUonx etgris.
Craie.
Tourbe
Sable argileux
168S
1157
S84
833
S53
469
1016
1138
827
1036
343
1116 42
516 13
198 79
G26 40
926 58
527 98
452 78
508 00
630 32
471 73
387 35
Leg cailloui que Ton ramasse dans les lerres servent i I'entretien
des chemins. Le sable se vend a la voiture a raison de ir. 25 c.
par cbaque cheval attel^.
Size ouvriers attaches aui briqueteries pendant deux moit.
Sable argileux.
La briqueterie occupe six ouvriers.
Idem.
Idem.
(170)
>OMS
COIiMl;NES.
DESCRIPTION
giologiqut: subiinaire!
i
SOtS-SOL.
SUBSTANCES MINERALES
KXPLOITEES.
NATURE
NOMS
Am
PBUPIUETAIKtS.
' <c
PriKloil
hs
aoDUrl
bS
th
^^
metPM
1 a
cnbf.
b SB OUCH &S
I
LicLVSE .
Maiicq .
i Alluvions niodern«K . .
I Alluvions ancieDues. .
I
Alluviont aociennes.
Sinonien
MOKCBFXOUBT .
( AllnTions aociennes.
{ S^oOQieu
ViiL»««-iii.T«- i Al'u^'ons anciennes.
ViLLEKS-iU-TM- I Landenien tup^rieur.
"^ I Sinonien
Tourbe . . .
Argile jauue.
I
I De Larisoderie.
3 < Lolllol ....
( La comniuiie .
i ( Coup^ ....
\ Dubois ....
130U I
600 I La commune et les villa^
SOOO ) Toisins
1000 ( '"* •'"""i"""' *l I'''' environ
CANTON Dhi«{
Argile jauue.
Craie. . . .
Anbiem .... I Alluvions niodeines. .
/ Alluvions moderues .
jj „ ' Alluvions anciennes..
' Senoniei]
Alluvions modernes. .
! Alluvions anciennes . tAr^-ilr jiiuii
^P"'"*'*" ■
Landenieii superieur.. Sable. . .
5 Divers .
I Dauctiy
< j L arose . .
' > Monrhon .
. i
: Duchatel .
J ) Godin. . .
j DespiDoy .
' Tison. . .
Lalumo.
^ Alluvions modei'iies. . Tourbe. . .
1 Alluvions anciennes
I Landenieii superieur Sable el gre>,
WlZl£BS .
AMicac.
Alluvions modernes.
Alluvions anciennes.
S^nonien ,
Alluvions anciennes.
i Alluvions anciennes.
Argile jauiie. ,
I Idc Monthozon . . 6
t, J D'Areuiberg . . . ( »
^1 DC MonltiozoD. . (
6666
300
ISOO
6000
460
650
La ville, le gonie, Ics ponts-(
chaussiics, labanlieue. .
La Tille pt la hanlieue . . '
La commune el celles circoai
Ch. de (er. pavage, bitiniento
Blanchisiieries d' Arras . .
Lalaing et les communes envii
Martin Rogez .
l{ Cie. des Mines de J 9 '
Warendiii.
Wallers el Douai
CANTON Dhm
, Landenien inferieur
( Senonien
AoiBtcaicoinT.
Dicrr
Alluvions anciennes.
Landenien inferieur.
' .Senonien
' Alluvions modernes.
\ Alluvions anciennes.
1 Senonien
I Alluvions modernes .
EcuixoK . . I Alluvions anciennes
' Landenien infi^ricur.
Alluvions moderues.
FikiH \ Alluvions anciennes.
Senonien
Craie.
Ciaie
Tourbe. .
Argile jaune. .
Guui<4in.
LVWAKDE .
\ Alluvions modemet.
> Alluvions anciennes.
Alluvions anciennes.
Landenien aup^rlenr.
StnoDioD .
Sable blanc .
Craie.
1
Buudron .
Houdron . . .
La I'ommune .
, Guinez. . .
3 { Widiei . . .
I Veuve Hulnl.
16
300 ISucrer., chauffours etbSlisse!
.3000 La commune etles environs.
100 La commune et li fondeu^ d
Douai.
700
•' Dervaui . . .
I Santhieui. . .
S^Ponthieui. . .
I Jouvcnel . . .
■ Dervaui . . .
I
Dechy e( les comni. voisines.
SOOO ,
10000 I
ISOO Douai. BouchJin Aniche. eli
1000 i
BOO
i 171 )
QTILES.
NON
KXfLOITEES.
Population
par
COUUl'NE
att
ter. Janvier
48i6.
Etendue
(1« chaque
COMMUNE.
UB>E H V A Tl ONS.
Sable ai'gileux.
krgile jaune, sable arjfil.
Graie .
Irgile jaune
!;raie.
\rgile jaune. cailloui .
table et gr^s.
!:raie.
«UAI-Jf.
rourbe?
'ourbe
I'ourbe. . , .
iable argijeui.
ilai<;e.
krgile jaune.
rourbe. . .
iT^\\e jaune.
'raie.
OUAI-S.
rgile Jaune
rgile jaune.
ourbe
rgile jaune.
ourbe ?
rgile Jaune.
raie.
ourbe
Jgile jaune.
rgile jaune , cailloui et
grJs
1687
iti
4SS
400
20483
3664
1837
3063
M3
8537
146t
1167
681
«sa
479
1138
495 71
673 67
U8 59
162 37
1674 48
18S9 59
862 S2
1175 32
43) 86
647 M
700 W
88^ 59
398 08
544 43
398 89
3»S 46
l.i-paisieur lic l<i in re \eK^iale e>t de 0,60. — .Sous-su] arglleui
Ticiile-deus uu\rierb siiiil attarbes aui hriijueteric*.
tin- Mil ielr .1 el:iil fuiincc eu llii? puui I eiijlotlaliuu Ju miQerai d4
(er (laiib le terrain inodarne uu bameau de Dorignies, — ('inquantu
oilvriers adaph^s jlu briquelvtie^,
Ou a fail r-ii l!j;tti uii luragr pres de> saldieres pnur ia reiberilie ile
la liouille.
La plupart d&i marais a tuurbe unl ete veudus lu profll de \'j eoni-
mune. — l.e terrain oii Ton poarrait encore tjploiter cecomhustib!©
n'esi pas utilise parc« qu'il e«t coasacrt au rouissag* du lio
1 172 )
NOUS
des
COHMUNES.
DESCRIPTION
g^ologiquc soniniaire
du
SOUS-SOL.
SUBSTANCES MIISEIl \ 1 1
EXPLOITEES.
NATUBE.
E-l
NOHS
0^ M
Prodiii
£'^
des
Eg
CD
« 2"
• s
mt'In s
^, ■-
PROPBIETAIRES.
V, o
CliblS
-=
'a
DEBODCEES.
I
I Alluvions modorncs .
LoFFBE ) Alluvions anciennes .
I LandenicD superieur .
/ Alluvions moderncs .
\ Alluvions anciennes .
I Landenien inferieur .
Isinonien
Has:«t.
MomiGNT
ROIICOURT
ADIT . .
i Alluvions anciennes .
< Landenien superieur
( Alluvione anciennes .
\ Landenien superieur
Sable
Argile jaune . .
Craie
Sable
, ( Milan . . .
'( Jouveoet .
! *
Lcstienne .
Vve. Fievel .
Jovenet . .
800
' 120
' 600
1000
Douai et chemin de granc
communication.
Masny el communes enviror
nanles.
Masuy.
Monligny el communes vo
.'iines.
CANTON tt)(i
! Alluvions modernei .
Alluvions ancienDM .
S^nonien
i Alluvions modernes .
Alluvions anciennei.
Senonien
' Alluvions modernes .
CciNCT < Alluvions anciennes.
' Senonien
ESQDBBCaiN.
1 Alluvions modernes .
\ Alluvions anciennes.
•Senonien
(Alluvions modernes .
Alluvions anciennes.
Senonien
Lambhes.
Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes. .
f Sinonisn
L»rWIN-PLANQDE I *|j"^'
Raches.
Alluvions modernes .
ions anciennes..
/ Alluvions modernes .
I Alluvions anciennes..
jTpresicn
I Landenien superieur .
' Alluvions modernes .
1 Allovions anciennes..
BAIMBEACICOmtT .
I Tpresicn
[Landenien superieur.
Rnn6T.WA»i.>.i)ii« \ Alluvions modernes ,
RoosT-WAEEMDiN ( 4i|„,i(,„g anciennes.
Craie .
Argile jaune.
Craie . . . .
Panii .
9 S Lt^tq
^ \ Dauchy . . .
Vandanvielle.
'I
Caupin.
Dauchy
1«
9
12
5
3 rnois
Argile jaune .
Glaise. . . .
Sable . . . .
Argile glaiscuse.
Sable! '.'.'.'.
Denisse. .
Martin. .
DumonI .
Dumonl .
::l
Bauduin. . . .
Mortelette . . .
7U0 i Dmiai et environs.
750 \
1237 '
330 \
I
Les communes environnante
Idem.
2000
100
10000
400
200
La localiic.
Douai.
Lille et localit^s enviroi
nanles.
Raimbeaucourt . Monchcau
etc.
Les parliculiers et le cheir
de grande commun. N?
CANTON F
AtNBS I Alluvions modernes .
( Alluvions modernes .
BouvioNiES ' ' • ] Alluvions anciennes. .
(^ Landenien superieur.
BBDiiXE-its- ( Alluvions anciennes. .
Uarchiennes \ Landenien inferieur .
Alluvions modernes .
Alluvions anciennes..
Laodeoien inferieur .
SiDODlen
Ebbi.
( 173 )
JTILES.
NON
EXPLOITEES.
Population
par
COUMUME
au
ler. Janvier
1846.
Etendue
dc chaque
COMM'JNE.
OBSERVATIONS.
rourbe. . .
Vr^ile jaune.
rourbe.
^rgile jaune.
lrj!ile jaune et cailioui.
iable.
OCAI 0.
fdurlie
Ut-'ile jaune.
;raie.
Tourlie?
iri-'ile jaune.
]riUL',
rourbe
ir^ile jaune.
jraii'.
roiirlie?
Vri-'ile jaune.
rourbe. . .
lr(;ile jaune.
>aie.
rourbe. . .
rourbe. . .
ir^'ili' jaunf .
rourbi'? . .
rourbe *
I'ourbe
Irgile jaune.
ARCHIENNES.
rourbe ?
rourbe?
Irgilc jaune.
5ablc.
irgile jaune. .
rourbe? . .
irgilc jaune.
nraie.
168
916
827
977
1020
214
846
603
954
718
562
1220
1996
1071
1878
720
999
259 41
706 85
844 19
316 20
706 13
165 76
693 56
528 27
712 03
881 44
365 66
485 41
HOI 72
705 57
388 76
858 31
427 38
585 33
Un a recherche le eharbon a dilTereutes epuques 8ur le tenitoii
de Masuy , qui est compris dans la conces.sion il'Anirhe.
J.c sous-sol du terrain moderne est lourlieui ou glaisenx.
li ouvriers attaches a la briquelerie
Deux recheri'hes de houille out ele failes sans sufces , I'une dans
la pnrlie la plus ^lev^e du territoir.' , vers 1817 ; fnulrc danslavalltie
10 ans plus tard.
.Sous-.?ol sableui.
12
( 174 )
NOHS
des
COMHDHEg.
DESCRIPTION
geologiquc somtnaire
du
SOBS-SOL.
SUBSTANCES MINERALE 1
EXPLOITEES.
NATURE.
SI
as s
NOMS
des
PBOWUETAIBES.
si
o b
'q
Produil
aoDUel
en
nit-lrcs
CDbPS.
DEBOUCBES.
Fbkaw }
HOBNAIHe. ■■ - <
Maechiehses-V. . J
H akcbiehres-C. . !
Pkcouehcodrt. . 1
RiEULAT 1
SOMAIN }
TlU,OT 1
Villebs-Campead 1
Vbkd
Wandionies. . .
Alluvions moderoes .
. . .
Alluvions ancicnnes .
Landonieu inferieur.
S(5nonien
Alluvions modernes .
(j-jie
1
Ve. Dercnoncourt
8
600
Pour la ma^onncrip, dans I
villages voisins
Alluvions ancienncs .
Landenien inferieur
Sinonien
Alluvions modernes .
Alluvions ancifnno'i .
Landenien supWei r .
Alluvions moderne^: .
. . .
Landenien infericu[ .
Alluvions modernes .
1
Landenien inferieur.
Alluvions mo<lernes .
Landenien iijfcrieur.
Landenien inferieur.
Mluvioos modernes
Landenien suptrieur.
Landenien inferieur.
Alluvions modernes .
Alluvions modernes .
Argilc sableuse .
1
1
WO
Cantow
All . .
ACCHT .
; Alluvions anciennes .
> Landenien superieur.
I Alluvions anciennes .
' Tpresien.
Alluvions anciennes .
Beuvbv.
CODTICaiB
FAtmOHT .
lYpresieu ,
f Landenien superieur.
S Alluvions anciennes .
Ypresien
' Landenien superieur.
I Alluvions anciennes..
' ypresien
Alluvions anciennes .
Lansas.
' Ypresien ,
NOMAin.
Obcues
Landenien supirieur.
\
( Alluvions anciennes .
( Ypresien
Alluvions anciennes .
Ypresien
SAaBOR.
Alluvions anciennes .
Landenien lup^riear,
Argile janne.
Ari^ile jaune.
Glaise . . .
Sable. . . .
Sable.
Argile janne.
Glaise . . .
Sahle.
Argile jaune. ,
ftlaise . . . .
Sable
I lUefonlaine ,
n j Falempe. .
I Lacquement
Ve. Simon .
Simon . . .
Delcmer. .
iDelcroia. .
30Iorelle . .
I Descarpcntries
•
. . I I • ■
. ■ I I ■ ■
« ( Dertiineaucourt. j ^
\ Letienne. . . . j
Ve. Dupirc
Duflos. . .
Broutin . .
Ve. Eupire.
Lorlhioir. .
Claise.. . .
Turlure . .
Ve. Dupire.
3 { Leclercq. .
1 Duflos. . .
I
, , Huchon el
* i r.uilherl. .
1 Josson . . .
1 Deaucamps.
.W Pour ses balisscs ,
800
1200
1800
36S0
1200
1000
1800
La Iccalile el telles environ
Tuiles et pannes dans un rayi
dc 3 myriamitres.
Les routes el pavis du voi
sinage
Cuuliches et conimunes voiK
1000
3(10
400
La commune et celles voisinc
Id. pour pavage|
Orcbies el villages voisins .
Id.
Id.
NOW
BXPLOITEES.
(175)
Population
par
COIUIDNE
au
ler. janTier
1846.
Etendue
de ehaque
COHHDNE.
OBSSRVATIONS.
1994
1072
SIO
174
1266
806
671 99
876 63
2046 79
377
«33 82
1438
970 32
40S
175 92
2836
976 77
SSO 51
2i6 II
348 53
622 98
De 1839 a IS4? on a fail des somlagss p9ur iiTliprobe d« houille ^
ii'ont cu aafuii succes.
II txisle une lombiere non exploitee qui a ^Ic ouTerte a^ant 1785*
Une recherche de houille Jaite ea 1840 a etc* infrnctnena*.
Sous-sol sahleni.
975
1576
1990
2181
1600
2378
2384
3S2t
648 81
774 98
1243 14
2S7S 48
921 14
1188 '24
1874 98
1088 67
868 48
Lcs terrains dont le sous-sol est argileui soul excellentsl; ceux doni ii
sous-sol est sableux exigent beaucoap d'engrais.
On lvalue que celte commune renferme 6/10 de terrains sablonneus .
3/10 de terrains argileux et 1/10 de terrains glaiseux. Lee
hriqueleries occnpeni 10 ouvriers pendant trois mois , el ler
fabriques tie panneti 26 duranl la belie saison.
Sur la lisiere .sud dc la commone dOrchies, le sable landemeu se
Irouve ;'i tris-peu de profondeur sou la Klaise. la briqneterif
occupe sept out ricrs el la (abriquc de pauoes seize
( 176)
Le tableau precedent ne doit etre considere que comrae renler-
mant des donndes appro\iraatives et a ete form6 en partic d'aprfes
les renseignements fournis par les maires des differentes communes.
Nous avons transcrit ces renseignements tout pratiques que Ton
pourrait modifier s'il y avait lieu, en recourant a la source d'oii ils
provicnnent. Toutefois son utilite ne pcut etre mise en doute , car
il permet de juger du degre d'iniportance de chaque commune,
par la quantile de substances minerales qu'on y exploite. On pent
aussi facilemcnt reconnaitre a son inspection , non seulement les
produils qu'oQ tire d'une localite donnee , mais encore les res-
sources qu'elle est susceptible do fournir, au point de vue minera-
logique. Ce tableau indiquant d'une maniere succincte la consti-
tution geologique du sol , est d'ailleurs le resume par commune
des divers terrains distiagues sur la carte.
Nous remarquerons en terminant qu'en comparant les colonnes
10 et 11, on peut se rendre compte du chiffre de la population
sur chaque nature de sol. Ainsi, par exemple, les communes
d'Esquerchin , Cuincy, Lambres et Ferin, situees au milieu de la
plaine crayeuse qui circonscrit la ville de Douai au sud-ouest,
ont une elendue de 2,650 hectares ct une population de 2,816
ames , ce qui donne 106 habitants par kilometre quarre; tandis
que les communes deGoeulzin, Estrees, Lecluse, Hamel, Arleux,
sises en dehors de cette plaine , sur les sables tertiaires et surjies
alluvions de la Sensee , ont une population moyenne de 206 ha-
bitants par kilometre. II n'y a que 93 habitants pour la raeme
surface , dans les communes crayeuses de Marcq , Monchecourt et
Erchin ; et dans celles de Lewarde, Loffre, Montigny, Lalaing,
Pecquencourt , qui reposent sur le sable, la moyenne est de 198
habitants. On ne remarque pas les memes diflereoces dans I'ar-
rondissemenl de Lille . parce que rinlluence du sous-sol y est con-
177 )
Irebalaucee par I'actiyite industrieile qui legne au chel-lieu.
Ainsi on trouve de 200 a 250 habitants par kilometre sur le pla
teau crayeux de Faches comme dans la plaine tertiaire de Lam-
bersarl ; mais on doit reraarquer qu'ici comme dans tons les pays
de craie , la population est agglomeree en des points isoles, tandis
qu'elle est beaucoup plus disseminee sur les autres terrains (1).
Les quatre arrondissements de Douai, Lille, Hazebrouck et
Dunkerque dont I'etendue est, comme nous I'avons dit, de 276,125
hectares, ont ensemble une population de 682,221 habitants,
soit 247 par kilometre quarre , et paient moyennement pour cetle
surface , 907 francs d'traposition fonci^re en principal. Le taux
de cette imposition differe pour chaque formation geologique.
II est, abstraction faite des localites oil la propriele batie domine ,
de 700 fr. pour la craie, de 800 fr. pour les sables lertiaires , de
600 fr. pour la glaise, de 900 fr. pour le limon et de 500 li.
pour les terrains marecageux.
Juin 1859.
FIN.
(1) Le territoire ile la France reuferme *n moyenne 63 iudividus p»r ktlomiUe
i{u«rr£.
18
voY v(;e en algehte
OU
ETUDES SllR LA COLONISATION DE L'AFBIOlJE FRAi^CAlSi; :
Par le Docteur Them. LESTIBOUDOIS ,
Merabre rcsid»«t.
INTRODUCTION.
MISSION. — ITINERAIRE.
La question de I'Algerie a jusqu'a present preoccupe plus
particulierement les departements francais qui bordent la Med
terranee. Elle a cependant une telle importance et engage si forte-
ment la prosperite de la France qu'elle doit attirer I'attention de
tous les hommes charges d'etudier les interets publics, lors meme
qu'ils ont pour mission sp6ciale la defense des departements du
nord. M. Denisscl, representant du Pas-de-Calais , M. Duquenne
et moi , representants du Nord , nous pensames qu'il serait inte-
ressant d'etudier sur les lieux-memes si I'agriculturede la Flandre
pourrait avec avantage transporter ses methodes sur la terre q
nos armes ont placee recemmenl sous notre loi , si les planter
industrielles qui ont fait la fortune de nos cultivateurs prosp^re-
raient sur la cote septentrionale de I'Afrique, si les hommes de
nos froides contrees pourraient s'acclimater au pied de I'Atlas, s.
eniinnos industrieuses cites pourraient etablirdes relations avan-
tageuses avec I'ancienne regence d'Alger. Nous fimes part de nos
pensecs au Ministre de la guerre, et lui deraandaraes une raissioi*
qui nous permit de les realiser.
Le 31 octobre 1849 nous recevious du general Rulhieres la
lettre suivante :
f 180 ^
I'aiiii , U Si oetobre i84<^-
« Messieurs etchers collcgues, j'ai recu la leltreque vous m'avez
fait rhonneiir de mecrirc collectivemenlpour me demancler a vou>
rendre en Algerie, avec iine mission de mon departemenl , mais a
vos frais', afin d'etiidier, dune pari , la possibilite d'y introduire
la culture des planles industriolles , I e commerce des laines , de
1 autre, Taction du climat sur la population des departements du
nord de la France.
Je ne puis qu'applaudir. Messieurs et chers collegues. a la
pensee genereuse que vous m'exprimez , et je vous prie dagreer
tons mes remerciements pour le concours que vous voulez bien
prt^ter a mon departemenl dans cette circonstance. Toutes les
questions que vous vous proposcz d'etudier en Algerie ont un
grand interet pour la France et pour la colonie ; et vos lumieres ,
votre experience pratique vous metlent particulierement a meme
de les trailer dunemaaiere complete et reellemeul utile.
J'ai pris, a la dale de ce jour, une decision qui vous contie la
mission que vous m'avez demandee, et j'ai adresse des instructions
au gouverneur general pour I'inviter a prendre toutes les mesures
qu'il jugera propres a vous I'aciliter raccomplisseraent de votre
ikcht.
Recevez, Messieurs et chers collegues. I'assurance de ma tr^s-
haute consideration. »
Le Ministre it la Guenc ,
HULHIERES.
Bientot, M. le general d'Hautpoul , confirmant la mission que
nous avail donnee son predecesseur, nous remcttait une lettre
qu'il ecrivait a M. le general Charon . gouverneiir-general de
I'Algerie, el qui etait ainsi concue
« Monsieur le gouverneur-general de I'Algerie, MM. Lestibou-
dois , Denissel et Duquesne , representants du peuple , se rendeut
i 181 ^
en Afrique pour y accomplir la mission qui a fait I'objet de la
d^p^che ministerielle du 31 octobre dernier
Je leur remets la presenle lettre d'introduction aupres de vous.
pt vous prip df lenr faciliter, par tous les moyens dont vous dis-
posez, raccomplissement d'une t<^che toute benevole de leur part,
fit qui interesse a un si haut point le commerce et la colonisation
del'Algerie.
Je me refere d'ailleurscompletemenl aux instructions contenne*
dans la d^peche de raon predecesseur du 31 octobre dernier.
Recevez. etc. »
Le Miiii&tre dr la Guerre ,
D'Haitpoul.
-Nous deviou.s etre ucoompagnesparM. Destombes-Versraee, ne-
.2;ociant a Tourcoing, qui s'occupede I'achat des lainesel des huiles
propres an peignage : mais il n"a pu nous rejoindre. M. Duquenne
tils se joignit a nous. Nous pensions rcunir les qualites necessaires
pourfaire uue etude profitable des questions que nous nousetions
posees. M. Denissel est cultivaleur et se livre aux industries agri-
coles; M. Duquenne dirige un grand commerce de grains et de
mouture. Medecin, professeur de botanique, occupe depuis long-
femps des questions econoraiques dans la chambre des deputes
etdans les conseils eleclifs, j'esperais apportcr mon iribut dans le
travail commun. Mes collegues voulurent bien me nommer presi-
dent et rapporteur de la commission, el nous songeames a un
prompt depart.
Les pays que nous allions parcourir son! f'ertiles en enseigne-
ments. Ilssont bien fails en mfime temps pour interesser les tou-
ristes, par leur originalite, leurs souvenirs et leur nature grandiose.
11 serait a souhaiter qu'on s'habitual a visiter I'Afrique francaise,
comme on a pris 1 'habitude de parcourir certaines contrees de
I'Europe qui, certes, ne meritent pas plus I'attention. Ces prome-
nades, car les voyages sur la Mediterranee ne sont plus que des
promenades, seraient fructueuses pour notxe colonie ; on y porte-
( 182 )
rait qnelqu'arpent, on en rapportcrait Tamour d'une grandeet
mile entreprise I.c voyage, on veritc, serait plcin de charmes si
I on se rendait en Algerie en visitant quclqucs points importants
de la cote d'ltalie, dc la Sardaigne, de la Sicile ct meme Malte.
cette gardienne de I'Orient, pour atteindre Tunis etBone, etsuivre
loute la cote scptcntrionale dc I'Afrique, de Test a I'ouest, jusqua
Oran et Tleraccn , ct revenir, en raettant le pied sur I'Espagne ,
ceite soeur des regions africaines.
Des paquehots sont etablis pour fairc rapidemcnt ce grand cir-
cuit de la Mediterranee occidentale qui doit plus que touto autre
region rcssentirrinflucnce dela France.
Notre voyage ne fut point ainsi trace : nous avions hate de tou-
cher Alger, le centre de la domination francaise. Nous devious nous
aboucher avec les autorites superieures , et regler, d'apres leurs
avis , notre itineraire sur la terre qu'ils arrachent a la barbaric.
Les evenements firent pourtant que nous pumes visiter la domi
natrice du monde mcditerranecn, dans I'antiquite.
Le 16 noverabre, a dix heures du matin , nous nous niettons en
'oute ; nous parcourons la premiere section du chemin de fer de
Paris a Lyon, et nous descendons, a quatre heures dusoir, aTon-
nerre, pour monter immediatement dans la diligence qui doit nous
conduire a Dijon. Nous sommes huit dans la rotonde! Les bali
raents negricrs doivent etre des paradis, si on les compare a cette
maudite caisse dans laquelle on a voulu resoudre ce probleme :
entasser leplus d'etres humains dans le plus petit espace possible.
Mais grace au ciel , le chemin de fer n'a plus maintenant de la-
cunes !
Nous arrivons a Dijon a septheuresdu matin, deu\ heures apres
depart du convoi que nous devious atteindre. La terre est cou-
verte de neige.
On nous retient a la gare du chemin de for par la crainte de
raanqucr le deuxieme convoi , de sorte que nous ne voyons Dijon
qu'en perspective. Heureusement , je connaissais et le Palais des
Elals, et le Musee, et les lombeaux des ducsde Bourgogne si
( 183 )
miraculeusement restauf^s, el la Chartreuse, et le Pints de Mo"ise,
et le Jardin botanique, et le pare , et les mannequins de I'horloge
enlevee alaFlandre.
Nous parlor,? a huit heures vingt minutes.
Nous glissons surles rails poses dans la magnifique vallee de la
Saone, la plus riche de la France peut-etre. A notre droite est la
Coted'Or et ses vignes renommees, Nulls, Beaune, Romanee,
Champ-Berlin, Clos-Vougeot, Pommard, Meurceaux, bien connus
dans le Nord. A gauche est la plaiue, puis la grande riviere, puis
le Jura, par-dela le Mont-Blanc.
Nous sommes a dix heures quarante-cinq minutes a Chalons. Je
revois avec plaisir son vasle quai ; une heure apres, le bateau
que nous montons prend sa course. Les coteaux de la rive droite
de la Saone, Moulin-a-Vent , Thorin, Macon, oil reside Lamar-
tine , pas.sent devant nous , comme une toile qu'on deroule au
theatre; le flot et la vapeur nous entrainent.
Une froide matinee a rendu les appctits exigeanls. On se ferait
difficilemenl une idee de lentrepont du batimenl a vapeur oil les
convives se pressent, s'entassent el devorcnt tout ce que leurs cris
leur fonlobtenir : ils sont insaliables ; il n'y a pas jusqu'aux jeunes
el jolies femraes qui ne deviennent vulgairement voraces. Nous
ne pumes nous asseoir que lorsque la coborlc affnmce eut quilt6
les tables. Maigre fut noire pitance.
Ouand la faini fut apaisee, et que Ic gros des passagers fut
rcmonte sur Ic pont , la conversation se lia , s'anima, devint
inlime ; les chapeaux lilipuliens des Maconnaises et leurs elegantes
dentelles noires flottantes en firent d'abord les frais , ainsi que le
chapeau des Bressanes avec son bonnet de guipure et ses dentelles
bouffanles, frisees, crispees, faisant pompon au dessus du cha-
peau , le debordant en has. Une fermiere de la Brcsse a deux on
irois de ces chapeaux qui coutenl 150 fr. I'un , puis des robes de
velours de couleurs cclalanles et des collerettes de denlelle. Tout
cela est coquet, gracieux, riche , pimpant. La conversation etait
devenue si familiere , la conQaissaoce etait si bien faite que nous
' 184 )
piimes fajre placer le chapeau kressan sur la tete d'une jcune et
frjDgante Andalouse. C'etait ravissant. II n'y a qu'en France qu'on
jase, qu'on rit, qu'on se lie de cette fa^on avec gens qu'on ne
ronnaitpas.
L'ile Barbe ! nous entrons dans Lyon . nous touchons le quai ;
des torches arrivent, on se pousse, on crie, on se m6le, on epar-
pille des monlagnes de raalles, de caisses, de bagages de loutes
sortes. Chacun fait effort, s'agite, s'elance tantetsi bien que tout
le monde reste immobile, qu'aucun fardeau ne pent etre deplace.
et qu'on court le risque de rester toute la nuit sur eel infernal
bateau, apres I'abordage des pirates, qu'on nomrae portefaix. La
premiere chose a faire , maintenant que Ic chemin de fer est en
communication avec la Saone , c'est d'installer au point d'arrivee ,
une salle aux bagages semblable a celles des stations des chemins
de fer. On aura plus fait, pour les voyagenrs, que si on avail
abreg6 la navigation d'un tiers.
Je connais Lyon . son admirable emplacement , son fleuve . ses
quais, ses coteaux, sonhdpital, son hotel-de-ville, son niusee, son
jardin botanique, sa place Bellecourt, sa cathedrale, son theatre,
ses antiquailles, etc. Nous ne nous arr^tons pas. Le 18 novembre,
a cinq heures dn matin, nous sommes sur un bateau , qui a 100
metres de long et porte deux redoutables machines , car le fleuvr
auquel il doitse confier est immense, impetueux, courant a la mer
droit comme une fleche. On attend qu'il fasse grand jour pour
manoeuvrer et se lancer au milieu du courant, a f ravers les pontt.
de la grande ville.
Nous doublons bientot la presqu'ile Peraches. Nous sommes en
plein Rhone; nous naviguons entre deux rangees de montagnes.
a droite sont les monts du Foret, a gauche ceux du Dauphine deja
converts de neige. Nous sommes pousses ct fouettes par un vigou
reux mistral, que nous appelons la bise nous autres Flamands, el
qui nous glace, malgre un triple paletot. Nous voyons Givors,
Vienne, Ciondrieux ; nous passons en grelotant vis-a-vis C6te-Rotie.
que le president Dupaty, briiie du soleil. Irouvait si bien nommee ;
( 185 )
puis parait Saint-Perais, puis I'Hermilage, noms cbers aux gour
mets du Nord. On ne se figure pas )a magnificence des vignobles
du Rh6ne , ce sont d'immenses coteaux peles , d'oii la main de
I'homme a extrait de formidables amas de cailloux. pour former
des murs qui soutiennent d'^troites terrasses, escaliers titaniques
qui semblent fails pour escalader a I'aise Peiion et Ossa. Nous
voyons longtemps le niontPilat, sur lequel herborisait J.-J. Rous-
seau. Voici Valence , en face de laquelle nous nous arretons ,
toujours glaces. Nous descendons raajestueusement le fleuve, et
suivons le chenal au milieu d'un immense lit de galets ; les mon-
tagnes du Vivarais se dressent a droite, a gauche le mont Ven-
toux , isole et superbe , rendezvous traditionnel des botanistes .
qui cache maintenant ses richesses vegetales sous un blanc lin-
ceul. Au loin sont les Alpes. Nous sommes en admiration devant
un pareil spectacle , nous autres habitants des riches plaines de
la Flandre.
Le pont Saint Esprit nous barre le chemin. 11 s'agit de lancer
notre enorme batiment a travers Tune deses arches etroites ; un
pilote le guide ; nous marchons avec une effrayante rapidity ; le
pont est franchi ; nous avons a peine eu le temps de voir I'anneau
de pierre que nous avons traverse.
II fait grand jour; il est qualre heures et demie. Mais le capi-
taine ne veut plus marcher. Vous netes plus sur la Saone, mes-
sieurs , et vous allez descendre ici I
Comment une ville si restreinte el de si mince apparence donnera-
f-elle des lits a ce flot de voyageurs? Aux plus agiles la prefe-
rence. Nous ne fumes pas les derniers a nous emparer de notre
gite , et bon nomhre de nos compagnons durent coucher sur les
banquettes du salon llottant. C'esl encore la un de.> inconvenieuts
do la navigation ! Depuis on nous a annouce des bateaux qui
feraient toujours la descenle entre I'aube et le crepuscule . el
feraienl la reraonte d'Avignon a Lyon en seize heures !
A cinq heures du matin nous nous rendons a bord , traverses
par le froid ; decidemenl lem?rf< est une mystification. Nous alien-
( 186)
dons \c jour . car le capilaine est deride a ne pas Irop se fier a son
vieux camarade le Rhone. Enfin nous derapons et prenons une
Vitesse de quatre lieues a I'heure ; nous voyons les raemes monts
que la veille, mais les coteaux deviennent plus steriles , et a
raesurc que nous avancons vers la hellfi Provence , lout devient
sable , roc et ruines. Les montapnes a picsonl couronnees d'anti-
ques chateaux presque delruits etmenajant encore le pays.
On s'arrete. Nous touchons le quai d'Avignon, la ville des
Papes. Un immense rocher s'elevesur lebord du Rhone et porte
le chateau feodal de la Papaute. Des tours carrees, dcscrencaux,
des machicoulis, des murailles a perte devue Iccomposent. Nous
avons le temps de gravir la montagne, defaire le tour du chateau
proprement dit , et de visiter Notre-Dame des Doms , eglise som-
bre et massive , dont les murs sont reconverts de pcintures . les
voutes en plein ceintre ; les vitreaux petits , represeutant Cle-
ment VI et la comtesse de Provence, repandent dans leglise
une clarte indecise qui impressionne ceux qui viennent de voir la
voiitt^ lumineuse du ciel meridional. On se trouve en presence du
tombeau de Benoit XIV, et Ton entend des chants graves mais
harmonieux , non trainants comrae dans les psalmodies dw uord.
Tout cela etonne, rend muet et recueilli. Mais il faut sc hater.
Nous ne pouvons que traverser les terrasses qui s'elevent au-dcs-
sus de la contree, comme la tiare s'elevait au-dessus du moyen
age; il faut desccndrc , nous appartenons a la vapeur.
On nous place dans des wagons et nous sommcs lances vers
Marseille. Nous voyons Tarascon et son imposant chateau; Aries
et son port maritime. Mais tout cela n'est qu'unclantcrnc magiquc;
le seul changement , c'est qu'on a trouve plus commode de faire
passer les spcctateurs que de faire passer les verres et les images.
Nous avons le temps cependant de remarquor qnel(|ues types de
ces Arlesiennes. desccndantes directesdes Romaines, dont la belle
figured la tailles'accommodent bicn de Icur costume severe, pitto-
resque, difficile a porter, bonnet blanc, plat, entoure de plusieurs
larges tours de velours, corsage de drap borde parcillemcnl do
( 187)
velours, force bijoux. Mais deja nous sommes loin, bien en pleinp
Provence, terrain sterile, remuti, sablonneux , rocailleux , desert .
et au milieu de cette nature desolee , des aniandiers , des oliviers
charges de fruits, des vignes , des muriers , partout oii il y a un
peu de terre et d'eau une vegetation iuxuriante. Nous cotoyons
linimense etang de Beer, qui communique avec la mer pres de
Bouc, et qui serait le plus beau port du raonde, si on lui donnait
de la profondeur. Nous passons au-dcssus de ses salines et de ses
cabanes de p^cheurs; nous nous elancons dans un soulerrain
d'une lieue et demie , nous iraversons un pays plus d^sole, plus
ravissant, plus sterile, plus magnilique. Nous allons . nous allons,
comme si nous etions sur I'hippogriphe ; voila des maisons de
campagne varices, des bastidons ; le temps est splendide , le ciel
serein ; le vent se tait , la mer est unie ; evidemment nous sommes
a Marseille.
Nous entrons dans la ville balie par les Phoceens , la reine de
la Mediterranee occidentale , le troisieme port commercial de
I'Europe , qui ouvre a la France les marches de I'ltalie , de i'Es-
pagne , de I'Orient, et pour qui la conquete de I'Algerie a prepare
un avenir immense. Le jour de notre arrivee etait un veritable
jour de fete : on celebrait la venue des eaux de la Durance, au
sommct des monts , sur la croupe desquels se tiennent les habi-
tations Marseillaises. Toutes les figures sont rayonnantes du succes
obtenu au prix de plus de quarante millions et de travaux plus
grands que ceux des Remains. Nous allons aussit6t voir cette
enorme cascade , qui doit .servir de moteur a d'immenses usines.
distribuer I'eau a lous les etages des maisons , donner a tous les
habitants cette premiere necessite de la vie , ce grand luxe des
flimats chauds , laver les rues , proverbialemenl mal propres ,
rafraichir et balayer le port, receptacle d'immondices.
En voyant ce port, on apprecie toule la valeurdel'antiquecite.
Get admirable et vaste bassin semblc crcuse dans la piorre par la
main des hommes . tant il s'avance reguliercment au centre d'un
amphitheatre de montagncs qui I'enveloppent et labritent, tant il
r>
( 188 )
86 s^parp bien de la mer avec laquelle il ne communique que par
un etroit passage. La ville I'entoure comme la source de sa vie et
de sa prosperite; la partie vieille occupe le bord occidental, la
partie nioderne rivalisant avec les plus belles cites, en occupe le
fond et ie cote oriental. II est convert de 1 ,000 vaisseaux, arithme
tiquement enumeres , venus de toutes les parties du monde , por-
tant des hommes de loutes races, de toute figure , de toufe nation,
de tout iangage , el desmarchandisesde toutes especes , de touted
valeurs , de toutes provenances. L'espace manque; il a fallu
ajouter a I'ancien bassin le port de la Joliette, conquis sui la mer,
d6fendue par unc jetee, et commuuiquant avec I'ancien port par
un canal qui permet aux navires de s'y rendre en tout lemps, pour
y attendre I'heure du dechargcment , ou le jour du depart. Les
moments sont comptesaux batiments qui viennent a quai deposcr
ou prendre leurs raarchandises, lant est grande leur foulcl
Si telle est la situation d'un port dont le commerce est enorme
Mentactif, comment sefait-ilqu'ontolere des procedes si defectueux
et si lents pour transmettre an rivagedes denr^es encombrantes?Par
cxemple, nous avons vu decharger du ble avec une perte de temp?
infini: les grains sont pris a bord dans des paniers de joncs, jetes
sur le quai , places sur un criblede parchemin, qu'on agite douce-
raentet qui laisse passer la poussiere et les petits grains, les bales
ou pailles, que lemouvement a amenees au-dessusdu grain sont
prises a la main ef jetee au vent. Le grain nettoye est ensnite place
en tas entonres de planches; repris au moyen des paniers de jonc;
place dans un bac de bois , qui le conduit, au moyen d'un trou
ferme par une glissoire , dans une petite mesure egalant a peine
un quart d'hectolitre , raxe par une barre; et, enfin . verse dans
un sac.
Cette methode peut donuer un mesurage uniformc , mais elle
prend un temps elnorme el coilte fort cher. Ne faudrait-il pas
faire executer toutes ces preparations loin du lieu du dechar-
gcment que doivent occuper lant de navires qui altendent , ou au
moins ne devrait-on pas prescrire I'cmploi des machines a vanner
1 189 )
qui accel^rent si puissamment I'operation et la rendent si econo-
inique ? En general , dans le midi , on ne veille pas k diminuer
les frais accessoires imposes au commerce. Cela pent conduire les
etrangers dans d'autres ports et restreindrep'etendue de nos trans-
actions. Le Gouverneraent devrait evidemment interveair quand
les autorites locales poussent trop loin le respect des privileges et
des corporations.
Nous donnons pen de temps a Marseille que nous devous revoir
au retour; et nous nous embarquons Ie20. a une heure apres
midi. Le temps etait superbe ; une clialoupe nous prend au bas de
id Cannebiere et nous conduit a bord du Pharamond , navire de
petite dimension, mais tort joli. Nous sommes installes dans le
salon d'honneur. L'ancre est levee, la machine jelte feu, flamme et
fumee; nous franchissons I'entree du port, et entrons dans la rade
dont les eaux sont lirapides et vertes com me I'aigue marine. Nous
rangeons les lies de Pomegue , de Ratoneau , le chateau d'lf; nous
doublons les longs proraotoires qui ferment la rade ; nous sorames
en pleine raer. Nous tournons les yeux vers cette terre de France,
avec cette tristesse dont on ne pent se defendre , qnand on met
I'abime entre soi et la patrie.
Le jour baissait, la mer etait assez douce ; les beaux vers d'Ho-
race me revenaient a I'esprit :
Sic le dWa poteus Cypri ,
Sic fratres Helens , lucida sidera ,
Ventorumque regal patei,
Obstiiclis aliis, prseter lapyga .
Navis
Lemouvement du vaisseau me paraissaitplutdt voluptueux quo
d^sagreable.
— Le raal de mer est un my the , disais-je en riant a mes com-
pagnons; c'est un symbole pour exprimer les serrements de coenr
qu'on eprouvequand on quittedes etres bien-aim^s; mais devomis
sements il n'en est point question. La-dessus je me mis a ecrire
Mat men a piis ; nous traversions le golt'e de Lyon encore tout
( 190
boulevers^ de la tempfite tie la veille. Les naus6es me saisirent
Tiolemmeot. Oh ! que je maudissais Bouillabes , Clovis et autres
horribles choses provencales qui avaient fait le fonds de noire
dejeuner. Tous les passagers furent dans le raeme etat , excepte,
notre collegue Denisscl, qui resta impassible au milieu de nos
efforts desesp6res.
La nuit, la mer fut atroce , c'est le mot du commandant. Le
navire bondissait cl craquait dans toute sa membrure. Le flot
battait horriblemcnt les muraillcs contre lesquelles nous repo-
sions, ou s'elevait jusqu'a la hauteur de la cheminee, et retombait
sur le pont avec fracas; la machine, tournant a vide, quand une
roue etait en I'air . nous impriraait des secousses qui semblaient
devoir nous briser. Le navire vibrait et se Ireraoussait comme
une corde basse qui resonne. Tout cela ne laisse pas que d'etre
tant soit peu saisissanl pour oelui qui, une premiere fois, met le
pied sur un navire; ajoutez a cela des tourments horribles et anti-
digestifs, et vous aurez une nuit abominable. Le poete a dit juste:
Illi robur et xi triplex ,
Circa pectus erat , qui (ttpltm triici ,
Commisit pelago ratein ,
Primus
Pourtant , au milieu du tintamare de la nuil, roule , cogne,
abime, bercti par la tempete et ses monotones horreurs, jc finis
par m'endormir. \u reveil je n'etais pas vaillant : au moindre
mouveraent, a la raoindre ingurgitation, j'etais preta recommencer
mes exercices de la veille. Mais on signala les Baleares. Jo ne pus
resister a I'envie de les voir. Je monlai sur le pont , je me couchai
dans une chaloupe que Ton y avait prudemmenl retire pour (\\it
la mer ne nous fit pas le mauvais tour de nous I'enlever: le temps
etait magnifique , pas un uuage , le soleil resplendissait , la mer
etait devenue paisible ; nous passions majestueusement entre
Mayorqueet Minorque. Nous rangions les montagnes, les villes,
les ports. Nous apercevions I'ilc do Cabrera , ou perirent tant de
( 191 )
Francais , prisonniers des Espagnols ; puis un navire , qui em-
ployait la belle journee , a refaire ses mats que la nuit avait
brisks.
Notre marche etait rapide , les terres basses s'enfoncaient dans
I'eau, puis les tours, puis les montagnes. Ainsi Chio, dit Chape-
lain, qui par hazard, fit un bon vers :
« s'abaitse, blanchit et disparait. »
Les Bal^ares avaient fui, et s'etaient effacees ; nous nous trou-
vions en pleine raer , rien autour de nous. Pourtant , il I'aut le
dire , I'irapression que je ressentais n'etait pas celle de linfini
comme le disent tous ceux qui se sont trouves entre limraensite
du del et I'immensite de I'eau. L'aspect de la raer pour celui qui
monte unvaisseau, est celle d'une plate-forme circulaire, au centre
de laquelle il se trouve et dont I'horison ne lui semble pas fort
eloigne ; I'etendue est bien plus saisissante quand on apercoit la
mer du haut d'un cap ou d'une tour elevee.
La nuit etait venue; j'etais toujours couche dans ma chaloupe,
couvert d'un amas de manteaux , car il faisait tres frais ; j'avais
sous les yeux un spectacle dont la splendeur n'a pas d'egale :
nous avancions dansun fleuve d'argent, c'etait le large reflet de la
lune ; a I'arriere, un sillage de leu trace au milieu des eaux phos-
phorescentes ;'de deux cotes le gouffre noir ; au-dessus de nos tetes,
sur le ciel parsem6 d'etoiles plus scintillantes cent fois que dans
noscliraatsbrumeux, se dessinaient , comme un immense convoi
de chars a^riens , les longs Hots de fumee et de vapeur vomis
par la cheminee. Us couraient vers la France , emportant des
millions d'etincelles , comme s'ils se chargeaient des pens^es que
nous adressions en notre pays.
11 fallut s'arracher aux r^.veries del a soiree, on ferraait les ecou-
tilles. La nuit fut bonne el douce ; et le leudemain, avant le jour,
nous etions sur ie pont attendant le lever du soleil et de la terrc
d'Afrique. Avant I'aurore, les monts se monlraient a nous; elle
eclaira bientot le plus vaste panorama, le massif d'Alger , derrifere
198 )
I'Atlas, a droite le Jurjura couvert deneige. Successivement sor-
lirent de la mer la pointe de Sidi-Fernich et le cap Matifou ; la
ville apparul en amphitheatre, la cotese dessina , on distingua les
forts, les mosquees, les maisons,lemoIe, les hommes, nousetions
dansle port.
Nous avions traverse en quarante-trois heures , en ligne droite,
en toutesecurite, cette Mediterranee sur laquelle, en 1809, Arago
etait capture et conduit en esclavage par les Algeriens; la science
europeenne apris sa revanche; elle a detruit la piraterie desbarba-
resques.
Le canot ofticiel nous vient prendre et nous conduit a terre; nous
montons vers la place du Gouvernement. La , s'offre aussitot a
nous un indescriptible spectacle ; on ne peut dire I'effet que pro-
duil ce peuple aux jambes nues, couvert de haillons pittoresque-
ment ou insolitement drapes , Maures, Kabyles , Arabes , Tares ,
Juifs, Negres, Chretiens, el quels Chretiens ! de tons les pays de
la terre, vivantia, au soleil, dans une horrible malproprete.
Le cliraat est change , la lumiere est vive, la temperature tres-
chaude; le froid nous a abandonne aux Baleares.
La place jouit de la plus belle vue du monde , elle fait face a
la haute mer et domine la magnifique bale d'Alger. Au nombre
des raaisons neuves qui la bordentse trouvel'hdtelde la Regence.
Nous nous y installons el nous empressons de visiter les
autorites , le lieutenant-general Charron , gouverneur-general ,
M. Latour-Mezerai , le prefet qui venait d'arriver a son poste,
Mgr. Pavis , I'ev^que d'Alger, le secretaire-general du gouverne-
ment, lintendant-general, M. Appert, qui nous tirent I'accueil le
plus empresse. el eurent la bonte de se mettre a noire entiere dis-
position.
Nous fimes une premiere inspection de la ville qui monte raide-
menl sur une cdte Ires-elevee. Elle forme sur sa croupe nn laby-
rintho de rues ctroites . obscure* . lortueuses , souvent couvertes
par les maisons qui se louchenl. parfois Iransformees en escaliers.
Les plus spacieuses seulemeot soul accessibles aux anes. Au poiut
( 193 )
culrainant de la ville est la Casbah, palais du Dey, oh Ion naontre
encore le cabinet dans lequel relentit le fameux coup d'eventai!
qui donna I'Algerieala France : ce palais, entoure d'une enceinte
fortifiee, est maintenantune caserne, et au moment oii nous I'avons
visite, il conservait pen de traces de la splendeur qu'il a pu avoir
autrefois.
La raontagne qui porte Alger pionge son pied dans la mer ;
mais sa partie inferieure a ete coupee et nivelee pour former le
quai, la place et les deux rues qui en partent pour suivre hori-
zontalement le bas dela ville, et se diriger I'une vers Bab-Azoun,
I'autre vers Bab el Oued , les deux portes opposees qui s'ouvrent
pres du rivage de la mer.
Bab Azoun nous conduisit a I'etablissement qui excitait le plus
vivement raou interel, h J aid in d'essai, situe a quelques kilo-
metres d'Alger, au bord de la mer, sur le territoire de Moustapha,
dans la direction de Kouba et de la Maison carree , au pied de
coteaux eleves qui fouruissent, pour les irrigations, une eau abon
dante et feconde. Nous nous y rendimes en compagnie du D"^ Bau-
dens qui se trouvait a Alger, et nous y trouvames le Direcleur,
M. Hardy, dont le zele et la science concourent au developpemenl
de ce magnifique etablissement , dans lequel se cultivent tous les
v6getaux qu'on distribue aux colons ou dont on essaie Taccliraa-
lation.
En visitant Alger avec la curiosite que merite cette ville impor
lante et singuliere , nous penetrames dans ses maisons qui n'ont
a I'exterieur que de simples lucarnes ou des balcons saillants, le
lout ferrae de volets et de barreaux de fer croises et rapproches.
Le rez-de-chaussee , dans les rues marchandes , forme des bou-
tiques qui n'ont pas de communication avec I'interieur. Dans ces
etroits magasins sont reunies des marchandises de toutes sories ,
en petites quantites , pauvrement rassemblees et etalees , gardees
par un maure accroupi et silencieux dont la famille semble devoir
vivre bien raaigrement avec le profit d'un aussi mince commerce
de detail.
14
{ 194 )
Dans d'autres rez-de-chaussees sont des artisans de toute esp^ce,
forgerons , orfevres , selliers , lisserands , des gens qui font de
la farine au raoyen de nioulins a bras, etc., etc. Quelquefois on
voit assis sur le plaucher un pen eleve d'une boutique tout ouverte
a I'exterieur , une espece de notaire , propre , soigne , grave , qui
attend Ics clients qui lui feront rediger un acte.
Quelques unes de ces maisons dont I'exterieur a la plus chelive
apparence, presentent a I'inlerieur une grande ricbesse. On en a
conserve plusieiirs, autrefois a I'usage des grands du pays et qui
m^ritent veritablement d'etre decrites
La maison dans laquelle I'eveque voulut bien nous faire un
honorable et cordial accueil ctait le logis oil le dey recevait ses
h6tes. La porte, enchonebruni , a compartiments varies comme
nos vieux meubles , parsemce d'enormes clous de bronze ciseles ,
est entouree d'un entablement de marbre blauc convert d'arabes-
ques elegamment sculptees. Comme celles de presque toutes les
maisons mauresques, elle est laterale, et donne acces a un corridor
garni de colonnes et d'arcade,$ en forme d'alcoves, dans lesquelles
sont des divans : c'est la qu'on attendait le raaitre, c'est la qu'il
donnait ses audiences aux etrangers , auxquels il est interdit de
penelrer dans I'interieur; la est maintenant I'oratoire de I'eveche.
On n'a menage a la suite de I'entree qu'un corridor peu etendu
qui conduit dans la cour et vers I'escalier. La cour est carree, en-
touree d'arcades surmontees d'une galerie a arcades pareilles. Le
pave du corridor est en marbre blane , celui de la cour en marbre
blanc, le bassin du jet d'eau qui en occupe le centre, les colon-
nes a grosses nervures torses , les chambranles des portes , les
encadrements des fenfires, les marches de I'escalier en marbre
blanc. Tons ces marbres sont tailles et sculptes avec une finesse
qui atteste un art bien superieur a celui du pays : ils viennent
d'ltalie. Les arcades ont cette forme qui caract6rise le style
mauresque; ogivales au sommet, elles s'elargissent beaucoup
lateralement. Les chapitaux des colonnes sont richement sculptes,
souvent dores et colores. Des carreaux de fayence, corapo-
( 195)
sant des dessins originaux , tapissent les murs et les arcades.
La galerie du rezde-chaussee, conduit dans des pieces peu
importantes ; pourtant la saile oil se tenaient les esclaves ,
garnie de colonnes, d'arcades, de ciselures, de carreaux de
fayence est assez remarquable. Toutes les fenetres interieures ont
des grillages en bronze fort artistement travailles.
L'escalier, dont les murs sonl converts de carreaux de fayence, a
ses plafonds formes de poutres de chene sculptees , sur lesquelles
se lisent des inscriptions arabes exprimant, nous dit-on , des sou
baits de bonheur aux voyageurs et pelerins recus dans le palais.
Le pave du premier etage est forme d'un carrelage en fayence
d'un effet singulier et brillant , frais et correspondant admirable-
ment aux necessites du pays , alors qu'il n'etait presse que par le
pied nu des esclaves, ou les babouches des raailres. Mais on a
transporte ce pavage dans les hotelleries , la , sous le talon des
bottes europeennes, les carreaux sont uses, brises, bouleverses,
et d'un bien mauvais usage.
La galerie superieure a une balustrade en chene, sculptee de la
maniere la plus recherchee; elledonneacces a tous les apparle
ments. Ceux-ci sont longs et etroits, munis de petites fenetres
grillees, encadrees d'arabesques , quelquefois fermees par une
pierre decoupee comrae une broderie , placees presque toutes du
cote de la galerie , et ne donnant acces qu'a un jour faible et in-
decis. Dans I'interieur se retrouvent les colonnes de marbre de for-
mes varices, les arcades, les arabesques; les paves sont reconverts
de tapis, les murs rev^tus jusqu'aux 2/3 de leur hauteur de car-
reaux emailles, aux miilecouleurs, souvent dores, formantles des
sins les plus varies et les plus originaux, iraitantdes tapis d Orient.
La partie superieure des parois est blanche, presentant des cise-
lures varices, capricieuses, elegantes, insaisissables. On a dit que
I'architecture gothique imitait une dentelle de pierre , ici c'est
litteralement une guipure; les arcades sont dentelees, frisees,
bouillonnees , comme si leur garniture etait faite au fuseau.
Les plafonds , aux compartiments nombreux , pleins de fantai-
( 196 )
sies , se font remarquer par leurs dessins insolites , jamais les
m^mes, peints en noir, en rouge, en vert, avec force dorures.
Dans quelques-unes de ces charabres , il yades marabouts,
petits domes dont les sculptures et les voutes sont plus riches
encore, et toujours dans le menic genre ; dans les murs sont mena-
gees des armoires dont les portes, dans le gout des plafonds, sont
etincelantes d'or et de couleurs eclatantes. Sous les d6mes, veri-
tables alc6ves , sont des divans. Quand tout cela est garni de
tentures, de portieres, de coussins, eclaire par des lampes et des
bougies , c'est feerique. Les mille et une nuits n'ont eu rien a
inventer, elles n'ont eu qu'a decrire. La maison do gouverneur,
celle do I'intendant militairc sont exactement dans le meme style,
mais sont fort differentes par les details; au lieu de guipure, on
trouve des fruits, des fleurs, des oiseaux peints en couleurs vives,
des ornements d'une variete indicible.
La prefecture a ete formee d'une maison mauresque agrandie
par des appartemenls dont I'ornementation a ete bien mariee au
style ancien. Une soiree qui nous a ete donnee dans ses salons
etait dun effet fort pittoresque.
Ces maisons sont couvertes de terrasses , ou , le soir, on vient
respirer un air frais et jouir du magnilique spectacle que donne
le golfe immense.
C'est une belle et bonne pensee d'avoir conserve les types de 1 'ar-
chitecture orientalc, peu en rapport avecnos usages, pcut-ctre, mais
satisfaisant parfaiteraent aux exigences du climat. Toules les mai-
sons construites dans les quartiers neufs, sont de forme europeenne;
quelques rues sont bordees de galeriesa arcades, commela rue de
Rivoli, a Paris. Dans les h6tels, ou se croirait a Marseille.
On n'a pas ete aussi heureux pour la cathcdrale que pour les
maisons principales. Une mosquee fort belle, dit-on , et parfai-
tementornee, si Ton en juge par les sculptures en marbre qui
en restent, existait pres la maison du gouverneur. On a voulu
la transformer en eglise. A cela Ion n'a rien a dire : mais on a
voulu I'agrandir, la restaurer, la denaturer ; puis lorsqu'elle a
( <97)
ele bien remaniee, on a reconnu qu'elle ne serait pas assez vaste,
on I'a demolie, et, sur son emplacement, on a construit uneeglise
qui a deja coute 700,000 fr., et a laquelle on a donne un air
mauresque original, en formant ses arcades dans ledessin oriental,
en ornant ses murs de guipures, en fermant ses fenfires par des
pierres decoupees en arabesques, en surmontant ses nefs laterales
par une serie de petits domes. Les colonnes en niarnre qui separent
les nefs sont celles de I'ancienne mosquee.
Pres du port etait une mosquee vaste , mais sans ornement ,
qu'on pouvait provisoirement consacrer au cuite cnreiien. Par
une singularite remarquable , elle a la forme d une croix latine.
Une legende dit : « Qu'un dey chargea un chreiien architecte ,
reduit en esclavage, de lui construire une mosquee. Celui-ci
s'acquitta de sa tache , mais donna au temple musuiman la forme
des eglises d'occident; il paya de sa tete cette profanation, aus
sit6t que le dey en eut connaissance. >> Toujours esi-ii qu'il y
avail la une eglise beaucoup plus vaste que celle qu on a editiee.
mais la position n'a pas convenu , et I'architecture n'en etait pas
assez ornee.
Nous avons visile, avec un vif inter^t, les fortifications modernes
qui doivent faire d'Alger une place a I'abri de touie auaque .
les batteries dumole, et I'immense jeleequi donnera a la capitale
de I'Algerie un vaste port militaire, au lieu d'une sunple darse
commerciale ; la base en est faiteen pierres d'un mediocre volume,
car, I'agitation des (lots ne se fait sentir au'a 7 ou 8 metres de
profondeur. La parlie superieure est faite de dIocs aruficiels
enorraes. M. Beghin , habile ingenieur, charge de ceiravai colos
sal , a fait executer, devant nous , toutes les operations au moyen
desquelles ils sont confectionnes et projetes dans I'eau ; le saole, la
pouzzolane, la chaux, iapierre, apportesdans lapariie superieure
du chantier etabli sur le flanc de la moutagne, meies en nroDortion
conslante et jetes a travers une grille , dans un tonneau a niortier ,
sont arroses et melanges au moyen d'un axe tournani garni
d'ailes. lis en sortent et lonibent sur des plans inclines . oil
( 198)
s'ach^ve leur melange ; le morfier est conduit dans des monies en
bois , a parois mobiles dans lesqnels il est tasse pour former des
blocs dont le poids est de 34,000 kil.
Lorsque ces blocs sent seches , ils ont acquis une solidite con
siderable; ils sont debarrasses des parois quiforment le moule ,
numerotes, et enleves, a leur tour, au raoyen de chaines qui sont
passees dans des chambres laissees dans la partie inferieure , ct
que soulevent d'enorraes verins tournes par dix-huit hommes
Sous les blocs viennent se placer, au moyen d'un chemin de fer,
un petit chariot portant un plateau dont la face inferieure est
savonnee. Ces chariots sur lesqucls les blocs sont descendus,
viennent se placer eux-mfimes sur un autre chariot qui roule sur
une voie commune. Ceile-ci arrive a une cale inclinee entrant dans
la mer.
Arrive la , le plateau savonne qui porte le bloc est pouss^ sur
la cale, au raoyen de cries; le premier est arrete par unrebord
de la cale, le second par une chaine trausversale, sur laquelle
appuie sa partie moyenne.
La cale est armee de quatre tourillons qui portent chacun une
chaine qu'on attache a deux flotteurs cylindriques.
Un remorqueur a vapeur entraine les flotteurs sur I'emplace-
ment dc la jetee: a ce point, la chaine transversale est declich^e .
et la masse transportee dans une situation oblique, fait la bascule
et disparait.
Les blocs qui forment le couronnement de la jetee sont con-
duits par un chemin de fer etabli sur la portion deja formee, et
sont culbutes au moyen de cries.
Lorsque I'enrochement est arrive a fleur d'eau , son couronne-
ment est nivele au moyen d'un beton solide qui forme bientdt
une terrasse incbranlablc. En cet etat , la jetee est livree an
genie charge du soin d'etablir ies forts et les batteries.
Les ingenieuses dispositions prises pour confectionner les blocs
artificiels qui composent la digue, ont amene un prix qui est de
4t) p. iOOmoindre qu'il n'etait a I'origine. Selon M. Beghin. ce
' 199 )
prix serait encore abaisse de 12 p. 100, si les travaux etaient
livres a lindustrie particuliere. La situation du chantier est telle
qu'on pourrait doubler les travaux executes , el diminuer ainsi
relativement les frais generaux.
Heureusement ce grand et raagnifique travail avance vers son
terme; on a lance des blocs sur toute la longueur de la jetee.
dans presque toute son etendue , elle s'eleve au-dessus des flots,
(en 1850 elle etait entierement sortie de I'eau), il nc restera a faire
que le couronnement en beton et les travaux de defense ; il faudra
ensuite construire la jetee qui commencera a la cote au pied du fort
Bab-Azoun, et garantira lesuavires du ressac; alorsle port d'Alger
pourra abriter les plus fortes escadres. La roche El-Djefna elevee
a fleur d'eau dans I'interieur du port en battra I'enlree, elle est
deja couronnee d'une plate forme, et va etre livree au corps du
genie qui y elevera une batterie. On sait que la direction de la
jel6e a ete le sujel d'lin fort long debat ; d'abord on voulait la
conduire plus au large ; par des motifs d'economie on I'a com-
mencee en la rapprochant plus de la cote ; mais pendant I'execu-
tion on a trouve a propos de Ten ecarter. La digue fait ainsi une
courbe dont la concavite regarde la mer. II se trouve, par hasard.
que la direction suivie, en diminuant seulement de 5 hectares
la superficie du port, a fait economiser une douzaine de millions,
en raison de la moindre profondeur de la mer, et que la courbe
de la jetee est favorable a sa resistance dans les gros temps. Cette
masse , coraposee de blocs isoles , qui portent des forteresses et
des canons, est traversee par les (lots qui mugissent, mais elle reste
inebranlable au milieu des vagues qui se brisent.
Apres avoir vu les etablissemenls maritimes, nous allames
visiter le grand atelier de construction et de reparation des instru-
ments aratoires, situe pres Bab-el-Oued, etdirige par le capitaiue
Renaux et le lieutenant Thomas , ofiiciers du genie , qui s'occu-
penl de leur mission avec un grand zele, et sont parvenus a fa-
briquer, a bon marche etdans les nieilleures conditions desolidite,
les outils employes par les colons. L'activite , rintelligence . une
( 200 )
bonne distribution du travail se font remarquer partoul dans ce
vaste atelier, dans lequel sont employes des ouvriers militairei=;
et civils, tons a la tache.
En suivant 1p cheniin qui commence a Bab-el-Oued, et qui ,
cotoyant la mer, est souvent convert par la vague, nous arriva-
mes a I'hopilal installe dans les jardins du Dey. Le batimenl
principal , maison mauresque fort belle et disposee comme celles
dont nous avons parle, est entoure d'orangers et de bananiers;
le rez-de-chauss6e est reserve a la matiere medicale ; le premier
6tage appartient aux officiers. D'immenses barraques, dont on
apercoit la longue ligne de la rade, blanchies, elcvees, bien
ventilees , dont le plancher est au-dessus du sol , forment des
salles contenant 100 lits ; elles sont balies dans les jardins plantes
de vignes et de figuiers arroses par des sources ; I'hopital pent
contenir 3,000 malades.
Dans ces jardins, M. Brauwers, pharmacien, a etabli des
bassins pour la reproduction des sangsues: il a ainsi offert une
6tude curieuse et des avantages pecuniaircs importants.
On ne peut gueres sejourner a Alger sans prendre un bain
maure ; j'allai done a I'etablissement qu'on dit installe dans les
batimenls des anciens bains du dey. Je confesse queje fus arr^te
en entrant : la malproprete , la mauvaise odeur, le grand delabre-
raent des raurailles conlrastant avec la richesse de I'architecture
primitive, lapauvretederameublement, la figure rebarbative des
baigneurs glacerent mes desirs d'essayer la nouveaute. On ne se
laisse aller aux experiences de cette nature que lorsqu'on est
seduit par tous les sens et les miens se revoltaient. Je leur
miposais silence touteibis. el me livrai aux agents qui s'empa-
rerent de ma personne.
Je traversai un vestibule, avec divan, sur lequel sont accroupis
des Maures, et j'entrai dans une salle ornee de colonnes a nervures
et cannelures spiralees. La est un divan eleve de plusieurs
marches; sur le divan, des nattes et des matelas fort durs; an
centre est une vasque portant un petit obelisque cliarg*'. d'orne-
( 201 )
ments turcs finement sculptes ; le pav6 est en marbre, ainsi que
ies colonnes, le divan, la vasque, etc. ; dans cette pifece, un maure
voiis deshabille, vous ceint Ies reins d'une toile de colon , et, dans
cet etat, vous vous rendez , par un corridor obscur et infect, dans
la salle de bains , qui est grande, a quatre angles coupes , sur-
mont^s d'un dome; ses c6tes presentent des arcades formani
alc6ves dans lesquelles sout deux demi-vasques en marbre blanc
avec des robinets , dans Ies angles coupes sont des portes qui
conduisent dans des cabinets. Au milieu est un divan qui est en
marbre ainsi que le pave. Les colonnes , Ies vasques sont d'une
exquise elegance. Cc pave est briilant et vaporise I'eau ; la
temperature de cette piece est etouffanle , mais on s'y habitue
assez aisemenl.
On se livre alors aux masseurs ; ils vous etendent sur le pav^ ,
dans les alcoves qui sont pour deux personnes , ou les cabinets
qui n'en contiennent qu'une ; ils placent sous votre tSte un oreiller
dur, forme de linges plies, vous pressent tous les muscles, ap-
puyent surtoutes les articulations,vousdistendent, vous retournent,
vous compriment le dos, la poitrine, etc.; ils vous brossent avec un
gant de drap la peau des membres et du tronc, placent leur main
sous votre col, allongent vos bras en prenant vos mains entre l^urs
orteils , enlevent Ies matieres secretees par la peau en les roulanl,
el se coraplaisent a vous les montrer.
Apres ces operations, ils etendent sur tout le corps , au moyen
de gros tampons de lin doux , un savon noir qu'ils fontmousser,
puis vous inondent d'eau chaude. Enlin , ils vous placent sur le
bord dn divan central , et avec de longues toiles de colon moelleux
ils vous entourent les reins , vous font un haick , une sorte de
burnou et un turban. Vous avez une toilette arabe complete.
C'est bien comme cela que se sont conslitues les costumes primi-
tifs des gens qui ne savaient point coudre.
Ainsi v^lu, vous repassez dans la salle oii I'onvousa deshabille,
el vous vous couchez; on vous presente le chibouc (la pipe), du
the fort chaud, ou du cafe, puis de la limonade fraiche. Enfin on
{ 902 )
vous essiiie, et Ton vous habille. Ne sachant pas le prix de
toutesces operations, je presentai 2 fr. ct fus comhlede remercie-
ments ct de salamalec. Je ne sais si des bains pareils , pris avec
tout le luxe et les accessoires que comportent les moeurs orien-
tales , peuvent etre agreables, mais dans leur 6tat actuel ils neme
paraissent pas preferables a nos bains tranquilles. U y a a Alger
des niaisons raauresques transformees en etablisseraents de bains
semblables a ceux de Paris, oil je me suis baigne a des prix tr^s-
moderes.
Nous avons pu etudier en detail lavilled'Aiger, maisseulement
par des visites successives: notre premier sejour fut extrSmement
court. Lelendemain de notre arrivee, nous allames visiter I'etablis-
semenl des Trappistes de Staoueli. Monseisneurl'eveque d'Alger.
homme d'un esprit eminent , vouiiit nous conduire lui-m^medans
sa voiture; nous partimes, a\ec le prefot, le vendredi 23 novem-
bre, et traversames pour nous rendre au convent agricole, une
partie du Sahel bien pcu peuplee. couverte de broussailles, de
palmiers nains , etc.
Staoueli, a trois lieues et deraie d'Alger, est dans une fort belle
situation , sur un terrain assez eleve qui s'abaisse vers la plage ,
et d'oii Ton apercoit du cote de la nier, Sidi-Ferruch, du cdte du Sa-
hel les villages de Saint-Ferdinand , Sainle-Amelie, Ouled-Fayet.
Le bAtiment est carre, au centre est une cour, sur les quatre
c6tes regnc un cloitre ou corridor a arcades , conime dans les
Tuaisons niauresques ; il conduit a la salle capitulaire , a la
chapelle , etc. ; les dortoirs sont au-dessus du roz-de-chaussee :
toutes ces pieces sont fort propres et d'une grande simplicite.
Sur lun dos cotes du batiment principal est une grande cour
carree, entouree de hangars , a usage d'etabies . d'ecuries , conte-
nant un manege a hattre le grain , et lous les accessoires necessai-
rcs a I'exploilation; au-dessus de ces dependances sont les greniers,
vis-a-vis du cote oppose du batiment principal sont , en rangee, les
ateliers de menuiserie et de charronnage, la forge, la buanderie, la
boulangerie, le logement des etrangers et quelques blockhausde-
( 203 )
fendant retablissement. On evalue ces constructions a 300,000 fr
Les Trapistes , installes a Staoueli, sont arrives au nombre de
4j0; en pen de temps 26 sont morts et ont ete remplaces. Au mo-
ment de notre visite, 80 freres habitaienl la raaison , h eux se
joignaient 20 auxiliaires; il y avaitparmi les ouvriers un arabe.
tout-a-fail attache au couvent.
La concession , de "2,000 hectares , est presque entierement
couverte de palmiers nains; des oleandres croissent dans les par-
lies basses, des taillis sur les hauteurs; 120 hectares ont ete d6fri
ches ; les defrichements continuent et sont operes a la pioche ,
par des militaires auxquels on donne 5 c. par metre carre de pai-
miers on doleandres; ils content de 200 a 500 fr. par hectare, selon
I'etendue des souches a enlever. Apres les defrichements, on
a seme du seigle, de I'orge, de I'avoine qui croit mieux que
I'orge, du ble qui exige du fumier, du mais, du sorgho donl les
grains nourrissent les volaiiles, et dont les tiges servent a former
des balais , des betteraves pour les bestiaux, des choux a haute
tige qui ont passe i'ete en perdant leurs feuilles , et ont repoussf^
a I'automne.
Sur les champs dont la recolte a ^le enlevee, se sont formees,
sans soin , des prairies , composees de graminees , de trefle , de
sainfoin qui s'eleve a un metre. Elles ne donnent qu'une seule
coupe et durent deux ans. Elles sontensuite labourees et ense-
mencees ; les pieces de terre sont entourees de niuriers qui ne pa
raissent pas reussir parfaitement.
Le jardin est vaste, il est plante de noyers , poiriers, cerisiers .
abricotiers ; les pommiers y reussissenl tres-difficilement. On y
cultive des legumes de toutes sortes , comme pommes de terre ,
betteraves , choux, oignons , varietes de chicoree , oseille , laitues .
artichauds , turneps , asperges , tomates , patates , aubergines :
les pommes de terrene produisent que 24,000 kil. par hectare, les
patates donnent 40,000 kil. de tubercules par hectare ; le tabao
vient bien. il est sem6 en novembre, sous abri ; les vignes . les
Grangers, les citronniers, les oliviers, les ricins. la canne a sucre
y poussent parfaitement.
( 20-1 )
L'eau d'une source voisine est amenee par des tuyaux prfes
de la raaison ; elle forme un jet d'eau el un abreuvoir pour les
bestiaux ; le trop pleia coule dans le jardia et sert a I'irriguer
Sur un ruisseau est etabli un moulin a moudre le ble, qui a deux
roues , I'une au-dessus de I'autre, prenant l'eau par leur partie
superieure, et marchant durant huit mois.
L'etablissenient possede 100 betes bovines, 500 de race ovine ,
15 a 16 chevaux ; il oblient un hectolitre de lait d'une vingtaine
de vaches ; les bestiaux ont produit 700 metres cubes de fumier.
La collection des instruments aratoires -se compose de cha-
riots , charretles , tombereaux , charrues de Dombasle .charrue a
avant-train , herse triacgulaire en fer , beche plate propre aux
terrains meubies , pioche a pic et a lame tranchante ou a deux
lames tranchanles en sens inverse, petite faulx qu'on repasse a la
lime , et qui sert a tondre les palmiers avant leur arrachage .
grande faulx avec rateau pour larecolte des cereales et des foins;
machine a baltre mise en niouvement avec son crible par un
manege. Le battage s'opere immediatement apres la rccolte , a
raison de '■2\-l gerbes par heure. Les charrues sont attelees
de qualre boeufs, ou de deux boeufs et deux mules, quoique
la terre soil meuble. Cela tient surtout au poids de I'iostrument
et au mode d'attelage des boeufs soumis au joug, au lieu de tirer
au collier. Ces boeufs sont du reste petits , trapus , ra m asses ,
vigoureux. Deux labours sont donnes pour leble, apres grosses
feves ; le ble est chaule.
Le regime des Trappistes est entierement vegetal ; ils ajoutent
seulement aux legumes et aux fruits, du lait et du Iromage , ils
ne s'accordent pas de beurre ni d'oiufs. Le superieur nous a
offert un repas fort suffisant, qui a donne aux bons religieux
un instant de trouble. Monseigneur I'eveque, avec sa courtoisie
ordinaire, voulut me faire asseoir a la place d'honneur. On juge
quelle elait Tinquictude des freres devant la possibilite devoir
la preeminence nice au superieur, aux pieds duquel ils se pro-
sternent. On sent parfailcmenl que je nc donnai pas ce scandalc
( 205 ]
au couvent •. le successeur de saint Augustin eut la place qui lui
appartenait.
L'etablissement de Staoueli est susceptible d'acquerir une
grande importance, et il a recu du gouvernement des encourage
raents considerables , des railitaires pour les defridiements , le
pret d'une sorame fort importante. L'csprit de suite, qui man-
que k beaucoup d'etablisseraents , forraera de cetle institution
agricole une sorte de ferme-modele , oii pourraient se placer
les ouvriers avanl d'enlreprendre une exploitation a leur
compte. A ces avantages , d'aulres elablissements religieux en
joignent un autre fort considerable qui manque a celui-ci , c'est
d'instruire les enfants et de contribuer ainsi au developpement
de la colonic.
Le lendemain , samedi 24 noverabre, nous partons pour aller
visiter Medeah, en compagnie du prefet, de MM. Darn, inspecteur
de la colonisation, Borelli dela Sapie , president du cornice agri-
cole, Boisredon , secretaire du prefet. Nous traversons une partie
du Sahel bien cultivee, et les jolis villages de Birmandreys el de
Birkadem, qui ont de belles fontaines ; nous descendons un instant
dans un cafe elegant a la francaise , et voyons de plus un cafe
maure, oil des arabes accroupis boivent ce fameux cafe reduit en
poudre tres-fine qui est avalee avec I'infusion.
Nous arrivons a Bouffarick , ville de 1,500 habitants, bieu
batie, dans un canton marecageux de laMitidja ; elle etait dune
insalubrite telle, dans I'origine, que la population en a ete plu-
sieurs fois renouvelee; maintenant elle est parfaitement assainie ;
elle a des rues larges , une maison d'ecole , une eglise qui a coftte
30,000 fr., et qu'entoure une remarquable plantation de nmriers,
un caravaus6rail place hors de renceiutequi a coiite 120,000 fr.
et qui jamais n'a abrite un voyageur. La pepiniere , etablie aux
frais du gouvernement , est assez negligee , parce qu'elle va dtre
supprimee; les arbres en seront distribues, et le terrain partage.
Elle renferme des miiriers nombreux et vigoureux , des noyers ,
des pommiers , des platanes , des frfines ffraxinus excelsiprl , des
. 206 )
nopals . des aub6pines [ mespylus oxyacantha ] , des netliers du
Japon, des poiriers, des pruniers Mahaleb (bois de Sainte-Lucie) ,
des amandiers, des gleditzia, etc., les fr^nes, les chines, les
bouleaux y sonl tres-mediocres ; on voit encore des acacias , des
melia azedarach, arbres peu utiles, des caroubiers, arbres trfes-
precieux , mais qui ne viennent bien que dans les terrains sees;
leurs feuilles sont recherchees par lcsbestiau\ , leur bois est pro-
pre au charronnagc, leurs fruits maceres donnent une boisson
rafraichissante.
Les peupliers, les saules poussent avec rapidite dans celte lo-
cality ; les Grangers y prosperent.
Bouffarick possede 2,000 hectares qui vont etre mis en culture
el dont un cinquieme peut etre irrigue ; 850 seront cultives en
f'roment, 350 en orge, 130 on avoine, 150 en plantes sarclees ;
il existe dans la commune 6i chevaux , 760 bceufs, 146 vaches,
34-6 pores, 1,020 moutons , 7 chevres.
On recolte en moyenne 15 quintaux de ble par hectare; le
maTs, le sesame, le lin, la garance, le tahac reussissent. Cette
derniere plante a donn6, par hectare, 15 quintaux qui se sont
vendus a 100 fr. le quintal. Les frais de culture varient, parce
que la culture elle-meme est fort variable; ils ne s'elevent pas a
moins de 700 fr. Les legumes y croissent abondamment; on nous
a servi un choufleur de 0"* 33 de diametre. La viande est a has
prix. Les Arabes s'associent volontiers aux travaux des colons; on
les paie 1 fr. 50 c. par jour , mais ils produisent moins qu'un
europecn.
En sortant de Bouffarick . nous visitons la ferme importante de
Soukali , anciens haras du Dey , qui a etc concedee a M. Borelly
de la Sapie ; il nous en fait lui-m^me les honneurs. L'ancien ba-
timenl a ete conserve ; on y a ajoute des ecuries qui , selon
I 'usage du pays, ne sont que des hangars entierement ouverts
du c6te de la cour. Au-dessus des ecuries est ud vaste grenier
tr6s-a6re, dont le loit est en planche . et qui a servi de magna-
aerie et de s^cberie de tabac.
( 207 )
Une briquelerie etablie sur les lieux , rend les constructions
moins dispendieuses ; les briques cotitent 65 fr. le miile quand on
lesachete, 30 fr. quand on les fabrique; ellcs ontO,30 de lon-
gueur, 0,16 de largeur, 0,06 d'epaisseur ou 2,880 centimetres
cubes. Les briques qu'on fabrique dans les environs de Lille , et
qui coutent 8 fr. lorsqu'ou fournil la terre, n'ont guere que
0,21 de longueur, 0,10 de largeur, 0,05 d'epaisseur ou 1,030 cen-
timetres cubes. Pour payer le memo prix les briques d'Algerie , il
faudrait les payer 22 fr. au lieu de M) ; I'augmentation nest que
de 8 fr par mille briques algeriennes , ou 2 fr. 91 pour I'equi-
valent de mille briques du Nord. Ce n'est pas considerable.
La ferme de Soukali a 500 hectares de bonne terre , dont une
partie marecageuse a ete saignee ; 400 hectares sont en culture, et
out produit des cereales , bear.coup de tabac , etc. Une belle p(§
piniere a ete formee ; elle renferme beaucoup d'arbros tels que
milriers , platanes , poiriers , aubepines , orangers , caroubiers ,
peupliersblancs. Les plantations demuriers onlreussi. et ontservi
a laproduction de la sole en 184^; de vieux muriers, de vieux oli-
viers et de beaux peupliers blancs existent encore sur le sol :
2 hectares ont ete plantes en vignes de Provence.
La ferme possede 70 a 80 boeufs , 12 vaches , 10 juments em-
ployees a la production. Elle n'a pas de moutons.
La charrue est celle de Dombasle ; elle est attelee de quatre
boeufs , nourris a la paille et au paturage.
Le rouleau destine a ecraser la terre est garni de pointer
de fer .
Pour faire sortir le grain des epis , on emploie un rouleau de
pierre a tres grosse tadle, traine par trois chevaux.
La culture, d'abord faite directement par M. Borelly , est re-
mise maintenant a des metayers , europeens ou arabes , a moitie
fruit. Les Arabes vivent en parfaite harmonic avec les Europeens ;
ils ont construit pres de la ferme un gourbis d'un aspect misera-
ble; la charpente des huttes est formee par des perches , les parois
par des tiges d'arundo enduites de terre , le toit avec les tiges du
( 20.9 )
mfirae grainen garnies de feuilles ; le mobilier se compose de
nattes , de rideaux , de miroirs , de plats de bois, propres a fa-
briquer le couscousou. Nous avons vu executer cetle fabrication
par les femmes : de la farine est projetee dans le plat ; elle est le-
gerement aspergee d'eau , de maniere que lorsque la main est
passee rapidement sur la farine , cellc-ci se prend en petits globu-
les qu'on roule plus ou nioins longteraps du plat de la main.
Le gourbis de Soukali est inleressant en ce qu'il montre la pos-
sibilite d'associcr le travail arabe au travail europ^en.
Apres Soukali , nous voyons plusieurs villages :
Souma , pourvu d'une enceinte, d'une fontaine , d'un lavoir ,
et dont les terres sont bien cultivees fit les maisons bien agglome-
rees. Les Grangers et les nuiriers de M. Deule sont prosperes.
Les quatre fermes appartenant a des colons qui possedent 50
hectares chacun. Us nourrissent des troupeaux de moutons de
haute taille et a laine dure , coninie ceux de race flaniande.
Dalmatic , bien bati, entoure d'un fosse garni d'une haie de
cactus; les entrees sont munies de portes , defendues par des
blockhaus. Les jardins et les champs commencent a se cultiver ;
quelques irrigations sont pratiquees.
Le soir nous sommes a Blidah : nous avions parcouru des rou-
tes aussi faciles que les plus belles routes de France.
Nous sommes recus par I'excellent general Blangini , comman-
dant la division d'Alger. Blidah en estle chef-lieu. Par consequent
les chefs de service y resident ; parmi eux est le colonel du genie ,
dirigeant les immenses fortifications d'Alger. Cela peut avoir
quelque inconvenient , raais on a votilu porter les troupes et
les elements de colonisation a I'interieur. Les centres d'action
places au-dela de I'Atlas donneront des resultats encore plus avau-
lageux.
Nous consacrons la matinee du dimanche a visiter la jolie ville
de Blidah , situee au pied de I'Atlas , presque a I'entr^e des
gorges d'oii sort I'Oued-Kebir , dont les belles eaux ser-
vent aux irrigations , et donnent le mouvement a des usines im-
( 209 )
portantes. Elles pourraient servir de moteurs a trente moulins : en
ce moment il y en a ua , dans la ville , qui a deux roues et deux
paires de meules , un autre dans la valine , et de plus sept ou
huit moulins arabes , sortes de turbines qui ont des roues horizon-
tales.
La ville de Blidah est entouree d'une enceinte agrandie,
formee d'un mur crenele , garni d'une banquette de terre du cote
interieur. Servant de point d'appui et de lieu de ravitaillement aux
colonnes qui se portent au-dela de I'Atlas, elle a de nombreux eta
blissements militaires , casernes d'infanterie et de cavalerie , ecu-
ries du train railitaire , magasins de grains, farines, biscuits,
cafe , sel , moulins a moudre , manutention , place d'arme spa-
cieuse, telegraphe , un hopital militaire important , a deux etages,
dont les salles , larges de huit metres , sont elevees , aerees ,
divisees par des rangees de piliers de bois. Les lits sont formes
de deux chcvalets de fer soutenant un fond de planches, par con-
sequent tres-faciles a demonter, a transporter. La cour de I'hfipital
est plantee de vieux orangers et forme une agreable promenade.
L'administration civile de Blidah commence a s'installer : il
existe dans cette ville un fondouk , simple hangar , que les Arabes
fr^quentent parce quils n'ont apayerque lOcent. pour yplacer un
cheval, 15 cent, pour un chameau. Le marche est tres-bien appro-
visionne de fruits, legumes, etc., etc. II n'offre aucun abri ; la lo-
cation des places rapporte pourtant 12.000 fr. a la ville. La muni-
cipalite demande une halle couverte , mais les lenteurs admini-
stratives font attendre I'approbation necessaire depuis pres d'un
an. L'eglise est une ancienne mosqu6e : ses arcades mauresques ,
son d6me , son carrelage rappellent son origine. Elle renferrae
le tombeau de Richard d'Harcourt , tue dans un combat. La ville
a des ecoles , un abattoir ; elle demande une salle d'asile.
Le quartier habite par les Europeens , qui sont au nombre de
3,000 , est tout moderne et bien bati ; il renferme de bonnes
h6telleries , des bureaux de diligences pour Alger , des fontaines ,
des lavoirs.
15
' 210 )
Le quartier habite par les Musulmans , dout le nombre est de
2,500 , a conserve son caractere primitif ; les rues en sont etroites
et torlueuses , les maisons sont des sortes de huttes en pise , de
deux a trois metres de c6te , formant des boutiques d'orfevres ,
de cordonniers , de barbiers , de forgerons , des boucheries ou la
vlande se vend au morceau , des cafes raaures, des magasins dans
iesquels on rencontre conl'ondus navets, piments, oignons, glands,
ligues , savon . oranges, tabac. etoffes, charbon, orge, oeufs,
beurre , olives , sel gros et fin . semoule , couscousou , feves ,
raisins sees , grenades , ocre rouge et jaune , sumac , cordes ,
balais, noix, couf(ins(paniers), etc., etc. La mosquee a ses arcades
raauresques , ses nattes , ses galeries en bois oil Ton monte par
une echelle , sa chaire , la niche en faience oli s'assied le Marabout;
tout cela a un aspect pauvre et grossier.
On trouve hors la ville d'assez grands etablissements qui
preparent le raaroquin rouge ; les peaux de niouton sont traitees
d'abord par la chaux , puis placees dans des vases de bois ou de
terre , avec I'ecorce de chene prealablement pilee dans un mortier
de bois. Ces peaux sont enfin leintes en couleurs diverses.
Les environs de Blidah , abondamraent arroses , sont un verita-
ble jardin. lis sont celebres par les admirables Grangers, grands
comme de beaux poiriers, qui y croissent en bosquets touffus , en
vergers regulierement plantes, dontl'etendue n'est pas moindrede
90 hectares. Outre ces arbres que nous trouvons converts de fruits,
nous en voyons beaucoup d'autres, tels que grenadiers, bananiers,
figuiers, vignes , cilronniers, bergamotiers , muriers, amandiers,
abricotiers enormes, oliviers, caroubiers , pins pignons, quelques
dattiers , jujubiers, noyers , cypres; quelques arbustes d'orne-
menl , comme le volkameria ; des pois et des feves en fleurs , des
fraisiers en fruits , etc. La raoitie des jardins est encore possedee
par les Arabes , qui n'ont point change leurs habitudes , mais qui
pourtant ont des maisons plus propres , dans lesquelles on re-
marque des lits, etc. Un joli bois d'oliviers est pres de I'A
tlas.
( 211 1
Au lieu de modifier et de rebatir quelques quartiers de Blidah ,
atin de les adapter aux usages europeens , on avail songe d'a-
bord a batir une ville nouvelle , et a cet effet on avail conslruil
une vaste enceinte renfermant 40 hectares qui a ensuite ete aban-
donnee. Bien des choses onl et6 aiusi faites en Afrique. L?. maire
de Blidah pense qu'il serait avanlageux d'etablir uu haras sur ce
terrain ; mais ia moitie en apparlient a Saboundji , I'autre raoitie
appartenaitau domaine eta ete partiellement concedee ; I'enccinte
est detruite dans une assez notable etendue. II y a done pen de
profit a tirer des travaux entrepris.
Montpensier et Joinville , anciens postes militaires , sont de
jolis villages situes pres de Blidah, bien batis, entoures d'un fosse
et d'un parapet; les cultures y commencent. Montpensier a 6 hec-
tares de vignes; un nouveau vignoble de 4 hectares 1/3 est forme,
par M. Grenier de Cette, pres de I'enceinte abandonne. La culture
du sesame a ete essayee et a reussi. Un hectare pent donner 12
a 15 quintaux de cette graine.
Nous parlous de Blidah, le dimanche 25 noverabre a midi, pour
Medeah, en voiture, avec le prefet et les personnes qui I'accompa
gnaient. Nous franchissons la Chiffaet nous penetronsbientot dans
les gorges profondes du petit Atlas , d'oii decoule cette riviere.
La vallee de la Chiffa est etroite , sauvage , encaissee de chaque
c6te par d'immenses montagnes souvent couvertes de bois,qui
contiennent beaucoup de chenes-lieges. J'y mesure un olivier
sauvage de 1 metre de diametre. Dans les lieux humides croissent
des tamarix. Des rochers enormes , des torrents mugissants , des
cascades nombreuses , des precipices , des singes sur les arbres ,
des vautours dans les airs , tout cela foime un tableau pittoresque,
singulier , emouvanl , sur lequel ne se dessine aucune population
visible. Pourtant loute cetle terre est possedee ; nous avons vu uu
europeen tenant une pauvre auberge a la montee du Nador , ne
pouvant obtenir un champ a cultiver , et payant aux Arabes une
rente de 40 fr. pour le sol de sa maison. Cette situation si desas-
Ireuse pour la colonisation se presente presque partout.
( 212 )
Cette valine serait impraticable , si Ton n'avait forme une route
en corniche au flanc de la montagne , travail de geant entrepris par
Tarraee et qui n'est point encore acheve ; ce qui est a faire est
prodigieux ; rien ne Test plus que ce qui est execute. La route ,
etroite , n'ayant en certains points que la largeur d'une voiture ,
s'el^ve quelquefois a des hauteurs considerables , d'oii Ton aper-
(joit la Chiffa comnie un gouffre beant ; le sol de la route s'6-
croule sous les pieds dans quelques parties ; dans d'autres , le ro-
cher sans solidiie menace vos tetes. Quand la route nous manque,
nous descendons dans le lit de la riviere , oil Ton marche sur des
blocs volumineux charies par la violence des eaux.
Nous francbissons la riviere qui vient des mines de Mousaia , et
qui a enleve la route qui conduit a ce grand etablissement ; le
pont qui est jete sur ce cours d'eau , a son embouchure dans la
Chiffa, n'est point acheve. Enfin,nous nous elevons, par un lacet
sans fin , jusqu'a la crete du Nador, dont la hauteur est de 1,300
metres , et le soir , eclaires par une lune brillante , nous redes-
cendons a Medeah , situe sur le versant meridional. Nous sorames
bien regus a notre arrivee par le colonel de Cambrai , commandant
la subdivision. J'etais deja connu dans cette lointaine contree ;
j'arrivais apres les journaux qui rendaient compte de la discus-
sion quej'avais eu a la chambre , relativeraent a I'Algerie , avec
M. Emile Barrault, la veille de mon depart. Loge dans une maison
mauresque, j'occupais la chambre qu'avaithabite leducd'Aumale.
Cette maison avait une distribution analogue a celles d'Alger ,
mais elle etait aux riches maisons de la capitale ce que la chau-
miere est aux palais. Au moins y a-t-on fait des cheminees , ce qui
n'est pas sans utilite a cette hauteur.
Nous passons a Medeah la journec du lundi 26 novembre. Cette
ville, comme les principales cites de I'Algerie, est assise sur un
plateau escarp6 de tous c6tes, ne tenant que par un cote 6troit a
I'Atlas qui la surmonte et lui verse ses eaux. Un long aqueduc ,
form6 de nombreuses arcades, et un souterrain vont recueillir une
belle source qui satisfait aux besoins de Medeah. Cet aqueduc ,
( 213 )
qui exige d'importanles reparations, est attribu6 aux beaux
temps des Maures ; il ne porte pourlant pas les caracteres de leur
architecture. II fait partie de I'enceinte de la ville.
L' enceinte nouvelle est agrandie considerablement ; elle est
crenelee , appuy6e d'une banquette de terre ; beaucoup d'an-
ciennes habitations ont ete renversees , de nombreuses construc-
tions ont ete faites , et Ton voit s'elever des cafes , des cercles ,
des boutiques de parfumeries , etc. , etc.
II reste cependant des quartiers anciens habites par les
indigenes , generalement malpropres et deguenilles. La sont en-
tasses , comme a Blidah , des huttes et des boutiques de toutes
sortes. Elles sont moins raiserables cependant que celles de cette
derniere ville , et nous y remarquons des ateliers oil se fabrique
une magnifique sellerie orientale , oil Ton file au fuseau de la
bourre de soie qui sert a broder les burnous et les hails qu'on
fabrique en ville et dans le desert , et dont les etoffes sont bien
superieures , pour I'usage , a tout ce que fournit I'industrie euro-
pcenne ; elles sont plus fortes , plus solides , plus impermeables.
Les Arabes repoussent les tissus francais qu'ils designent , avec
mepris, par le terme de fabrica.
La population se compose de 3,000 musulmans, 600 juifs,
2,000 europeens.
Medeah a des ecoles , un marche , des mosquees pareilles a cel-
les de Blidah , flanquees de minarets octogones , portant un bal-
con pres du sommet. L'une est reservee au culte musulman ; une
seconde a 6te tranformee en eglise ; une troisifeme sert de ma-
gasin.
On se procure facileraent dans la ville tout ce que reclame la
vie europeenne. Des troupeaux superbes de chevres maltaises
viennent se faire traire ; chacune donne deux litres de lail par
jour ; le prix d'une de ces chevres est de 80 fr.
La Casbah est au haut de la ville ; elle renferme une caserne et
un hopital spacieux et solideraent bati. Malheureusement , la dif-
ficulte de transporter des bois de grande dimension dans cette lo-
( 214 )
calit6 <^loignee a engage a soutenir les plafonds de ces (Edifices par
d'enormespiliers et des arcades qui fontperdre une parlie de I'es-
pace, de I'air, de la luniiere. Ces inconvenientssontsurtout graves
pour I'hdpital . De la Casbah on apercoit les divers massifs de 1' Atlas,
qui s'elevent jusqu'a 4 ct 3,000 metres et dont les somraets sent
couverls de neige. On est la au point dominateur de I'Algerie ; les
deux chaines de I'Atlas s'y joiguent ; d'un c6te on descend dans
les grandes vallees de Test, de I'aulre dans celles de louest; on est
adosse a la Mitidja qui conduit a Alger , la reine de la mer d'Afri-
que , on touche le haul Chelif qui mene au Sahara.
M(^deah fait un commerce de laine assez considerable avec le
sud , par Boghar. On demande avec instance une route qui con-
duise a ce dernier point. On propose d'y batir un fondouck. Nous
avons vu de nombreux echantillons de laines ou grossieres ou as-
sez fines. Celles de Titeri (Tell) sont fort sales; celles des hauts
plateaux , ou les moutons vivent sur le sable . sont beaucoup plus
propres. Un seul commissionnaire avait achete cette annee , pour
le compte des europeens, 30 a 40,000 toisons au commerce libre,
et 90,000 provenant de I'impot. Ces toisons , qui pesent 3 livres,
valent fr. 90 dans les tribus; le gouvernement lesprend pour 1 fr.
Les Arabes portent dans le sud du ble , de I'orge , de la graisse
de mouton , des laines brutes. lis donnent 30 a 4^ toisons pour
un aouli (grand haik) qu'ils revendent a Medeah 50 boudjoux. lis
rapportent aussi des tapis grossiers , etc.
Notre influence s'est fortenient consolide a Medeah ; I'impdt de
la subdivision s'eleve a 700,000 fr. et sepercoit regulieremenl
jusqu'a Boghar et au-dela.
La securile e.st complete dans la campagne. Le cure allait seul,
le lendemain , a Boghar , pour c^lebrer un mariage ; un euro-
p6en devenu presque sauvage, devait, dans quelques jours, s'en
aller vers les montagnes qui bordent les hauts plateaux , esperant
y rencontrerdespantheres. Le califat de I'Aghouat balit, a Me-
deah , une maison de bains maures en raarbre, etc. 11 y
depense 200,000 fr.
( 215 )
Les environs de Medeah ont de beaux jardins , presque tous cul-
tives par les indigenes. Des fermes couronnent la crete du bassin
que dominela ville. Les europeens s'occupent surtout de la culture
des fourrages et de la vigne. Les auciens vignobles donnenl un
vin blanc agreable, qui n'est pas sans analogic avec Ic vin du
Rhin.
Nous aliens visiter le village de Damiette , colonic agricole ,
place tres pres de la ville, sur la route qui va s'ouvrir de Medeah
a Constantine , par Aumale, route peu difficile aetablir, niais
montueuse.
Ce village est sur an plateau sablonneux ; il a 1196 hectares
et 120 families encore baraquees. Les maisons en construction
sont baties en pierres , extraites du sol ni^nie, et en terre re-
couverte d'un enduit de chaux ; le toit est en planches, portani
des luiles roniaines debordanf beaucoup les murs ; les croisees
sont vitrees ; I'ensemble de ces ha])italions est propre. Chaque me-
nage a d'abord une salle et une chambre , mais les constructions
sont disposees de maniere qu'il sera possible d'y ajouter une autre
chambre. Une fontaine est etablie ; on va couslruire un abreuvoir
et un lavoir. Un detachement militaire execute les travaux de de
frichement ; on va faire les plantations. Le sol a conserve des peu-
pliers blancs , des saules , des cognassiers , de beaux figuiers, des
amandiers , dcsvignes, des chenes-verts , des oliviers sauvages
converts de fruits. Chaque colon possede dans la premiere zone
unjardin assez fertile, arrose, de 7 iiS ares etun terrain de 70 a
80 ares dans la deuxieme zone ; les terres arables sont fort eloi-
gnees et separees du village par un vallon tres profond.
Les enfants de Damiette ont etc alteints par la diarrhee et la
fievre typhoide; ils commencent a s'acclimater. Nous avons vu de
jeunes gaillards se roulant dans la poussiere sous les yeuxdeleurs
meres , jeunes femmes jolies et elegantes. Les colons sont peu tra-
vailleurs , ignorant pour la plupart I'art agricole. On trouvo
parmi eux un orf^vre ; un peintre , un batteur d'or. lis font en-
tendre des plaintes nombreuses et mal fondles ; ils se reorient
( 216 )
surtout contre le travail en commun auquel on les soumet pour
le defrichement des terres arables.
En revenant , nous visitons la ferme dc Saint-Amand , jolie
construction flanquee de quatre petits bastions crcneles, entouree
d'une belle terre bicn cullivee. Nous nous arretons a la pepiniere
qui a 3 hectares arroses, converts de tons les arbres fruiticrs et fo-
restiers communeraent repandus sur la terre algerienne. II est
question de deplacer cette pepiniere. Ce serail un tort.
Nous allons ensuite a Lodi , situe sous le somniet du Nador , ^
un ou deux kilometres de Medeah , sur la route comraencee de
cette ville a Mousaia. Cette colonic agricole , formee de 135 fa-
milies , a 1200 hectares. Sa terre est glaiseuse, pierreuse; de
nombreux depierrements out deja ete operes ; il n'existe pas un
arbre sur ce point; on commence des plantations; lesjardinssont
form6s. Des sources nombreuses sortent du Nador et rendent ce
sol assez humide. Des tranchees sont necessaires.
Le sol des maisons devrait etre releve; il faut descendre une
marche pour entrer dans plusieurs d'entre elles. Du reste, elles sont
contruites comme celles de Damiette ; quelques-unes sont dou-
bles , a quatre pieces , et ont coute 4,500 fr. Une briqueterie a
6t6 6tablie sur ce point.
La population de Lodi a 6te cruellement eprouv6e : vingt-huit
enfants de deux a trois ans sont morts a la suite de diarrhees.
Les colons sont tres laborieux , aniraes d'un tout autre esprit
que ceux de Damiette. lis reclament aussi contre le travail en
commun commande pour le defrichement ; 250 hectares seront
ensemences cette annee. La charrue qui est en usage est celle de
Dombasle , en fonte; elle est trop lourde et cassante: on la rem-
place avec avantage par une petite charrue analogue au brabant.
La herse a ses dents recourbecs, en fer; 50 boeufs font le travail
commun.
Le mardi 27 , a sept heures du matin , nous montons a che-
val avec I'intention de nous rcndre a Milianah, en nous detournanl
pour visiter les mines de Mousaia ; nous sommes accompagnes par
. I
(217)
le colonel de Cambray et le chef de bureau arabe, escort6s de ca-
valiers francais et indigenes.
Nous suivons la route de Lodi , puis un chemin de mulct qui a
^le construit pour conduire a Medeah nos colonnes qui debou-
chaient habituellement par le col de Mousa'ia. Ce chemin traverse
le pays le plus difficile : ce sont d'enormes coteaux glaiseux , des
ravins profonds , des pentes abruptes ; on marche quelquefois sur
des cretes etroites que bordent des precipices et que la moindre
pluie rend glissantes , impraticables. On arrive ainsi au pied du
revers meridional du petit Atlas ; le chemin serpente sur les pre-
miers contreforts de ces monts , puis s'eleve sur la pente princi
pale, en vue du plateau , qu'on nomme le Camp des ReguUers :
c'est la qu'Abd-el-Kader aitendait nos colonnes avec ses ban-
des et ses bataillons disciplines , dominant egaleraent la route de
Medeah et celle de Milianah. Montant toujours , la route va passer
entre les deux pitons qui forment le col de Mousaia , temoio de
tant de combats, de tant d'heroiques efforts, de taut d'audacieuses
entreprises , lorsque nous tentions de porter notre domination au-
dela de la premiere barriere de I'Atlas.
L'etablissement des mines est situe au pied de la chalne des
montagnes : il est entoure de forts beaux oliviers sauvages charges
de fruits. On commence a greffer ces arbres precieux. Les bati-
raents sont disposes de maniere a former un carre entier , clos et
garni de meurtri^res , bastionne aux angles.
Les habitations prennent jour sur la vaste cour; elles ont un
corridor qui rfegne le long du mur exterieur , de maniere que
les portes detoutes les chambres sont en face des meurtri^res. Une
salle d'armes contient bon nombre de fusils en excellent etat ; des
ateliers de differentes sorles sont joints aux logements.
Les mines de cuivre sont situees aux flancs de I'Atlas, a
une hauteur considerable; le filon qui est exploitee a 1"\ 50
d'epaisseur ; il est perpendiculaire ; on y a pratiqu6 deux galeries
d'exploitation communiquant par des puits et une galerie d'asse-
cheraent. La route qui conduit aux iravaux est raide , tortueuse ,
difOcile.
{ 218)
Le minerai est compose de ruivre uni au soiifre, a i'anlimoine ,
au nickel , a I'argent. Apporte a I'etablissement principal , il est
trie ; celni de premier choix est expedie en nature par une route
tracde dans la vallee du ruisseau de Mousa'ia , qui va se jeter dans
la Chiffa.
Le minerai moins pur est brocarde , lave , broye au nioyen de
machines hydrauliques. Lean prise au ruisseau est amenee a I'e-
tablissemenl au moyen d'un aqueduc de 250 metres ; elle se verse
sur la partie superieure d'une roue de 10 metres de diaraetre qui
met en raouvement les pilons a brocarder. Une autre roue de
8 metres est destinee a faire mouvoir une soufflerie a piston, ani-
mant un I'ourneau qui doit reduire le minerai ; mais jusqu'a
present, la fusion a rencontre de grands obstacles , de sorte que
Ton s'est borne a expedier le minerai en France et en Angleterre.
On a essaye , pres de Bouc , a le traiter par la voie humide ,
mais sans succes.
Un fort somptueux dejeiiner nous a ete servi ; il offrait des
viandes succulentes a noire vif appetit, el parmi elles otait un
morceau bien capable de fixei' noire attention . c'etait un lilet de
panthere, qui elait d'excellent goilt.
Apres le repas , nous visilous I'etablissement et les mines ; nous
nous separons ensuite du colonel et de son escorte, et nous raon-
tons a cheval pour nous dinger vers la demeure de Bou-AIeni ,
Bacbaga du Djendel , a travers d'immenses solitudes, sans routes
tracees . sans autres habitations que de rares gourbis qu'on
distingue avec peine sur les flancs des montagnes , tant ils se
confondent avec les broussailles. De vastes etendues de terre sont
defrichees et portent encore la base des chaumes ; Ton comprend
difficilement que des habitants si clair-semes, aientpuensemencer
une pareille superlicie. Evidemment , les cullivateurs outdurant
Tele porte leurs tenfes ailleurs , ct deja nous en voyons reparaitro
quelques-uns. Nous Iraversons des rivieres , a dos gues connus des
seuls Arabes ; nous suivons le bord de ravins a pic , nous uom
enfoncons dans les broussailles ; nos guides se perdent eux-m^me^
( 219 )
au milieu de ces deserts , et font dcs courses rapides pour aller au
loin interroger des laboureurs ; ils vont en droite ligne , a travers
tout, faisant de veritables courses au clocher , si clocher ily avail.
Nous rencontrons des tribus du sud , araenees parla disette.
faisant paitre des moutons tres beaux et tres propres , des ch6-
vres petites, des chameaux , des boeufs , des vaches , qui errent
loin des tentes blanches et noires dressees ca et 1^.
Nous contournons le Gonlas ; nous apercevons le telegraphe .
dans la maison duquel, il y a deux ans, trois hoinmes, plusieurs
fenimes et plusieurs enfants furent assassines.
La nuit etait venue, nous niarchions en file, sur une sorte dp
corniche , au bord d'un escarpement considerable , lorsque le
cheval de notre ami Denissel s'abat et manque de rouler au fond
du precipice; il est retenu, avec son cavalier, par quelques buissons.
Bientot le terrain s'aplanit ; la lune eclaire la plaine ondulee
et couverte de broussailles ; tout-a-coup apparait devant noas,
a une distance assez grande , une troupe de cavaliers armes de
fusils et d'yatagans , lances a toute bride a notre rencontre ,
converts de burnous on noirs ou blancs ttottant au vent ; ils arri-
vent, ils nous touchent , mettent le pied a terre et viennent nous
baiser la main. Ceux qui portent les burnous noirs sont le
frere , les fils , les neveux de Bou-Alem qu'un spahis depeche par
le commandant du bureau arabe avait prevenu de notre arrivee, et
qui nous envoyait complimenter . a deux lieues de sa residence.
Les cavaliers arabes se replacent sur leurs coursiers , dont quel-
ques-uns sont magnifiques , et nous font cortege. lis sont assis
sur de hautes selles richeraent brodees ; ils portent une double
paire de bottes en maroquin rouge dont I'exterieur est arme
d'eperons aigus , longs de deux decimetres , argentes , ciseles ,
Venus par des courroies brodees en or. Les chevaux ont des brides
et des colliers brodes , plaques d'argent , portant des croissants
suspendus a des chaines d'argent. Tout cela forme une escorte
qu'on aurait pu copier pour uu tableau representant une scene du
temps des Croisades.
( 220 )
A unc lieue plus loin , une troupe nouvelle arrive k grand bruit;
c'est Bou-Alem lui-mSme , se portaot au-devant des h6tes qu'il
attend ; il vient aussi nous baiser la main , el grossit notre cor-
tege. Enfin, nous arrivons a la demeure du Bachagha ; tousles
hommes de la tribu sont assembles et nous recoivent. Deux Arabes
se placent a chacun de nos etriers, nous accompagnent jusqu'a la
porte et nous aident a descendre. Veritablement nous nous trou-
vons au temps feodal ; les siecles n'ont pas marche , nous sommes
en plein moyen-age.
Nos chevaux sont entrav6s ; on leur donnc I'orge en plein air ,
oil ils passeront la nuit. Nous sommes recus dans la maison des
hdtes , esp^ce de caravanserail place au-devant de la maison prin-
cipale, auquel on arrive par une allee de peupliers ; il est com
pos6 d'un vestibule ouvert et d'une salle longue , presentant aux
extremites et sur les c6tes , des arcades dans lesquelles sont des
sortes de divans converts de tapis, comme le pave qui est en beton.
Bou-Alem , entoure de ses parents , nous complimente de nouveau .
Ce chef est le type de la race arabe ; il est grand , sec , rauscu
le.ux , basanc ; sa barbc est longue et noire , ses yeux vifs , pene-
trants ; mais sa figure est grave , par I'effet de sa volonte ; il est
prevenant , empresse , surtout pour nous , sans que sa gravite re-
flechiedisparaisse entierement. II s'est vaillamment battu dans nos
rangs. Sur son burnou brille la croix d'honneur. Son frere a
assez de ressemblance avec lui ; il a perdu un ceil dans les com-
bats.
On sort le cafe , puis on va visiter la maison que ce chef vient
de substituer a la lenle du noraade; elle a la disposition orientale :
mais elle annonce, par des sigoes non equivoques, que des mains
europeeunes ont contribue a I'orner. Au sommet est une girouette
representant un arabe a cheval , decoupe par un fcrblantier de
Paris. La cour centrale est pavee de marbre blanc , mais non en-
tour^e d'arcades ; elle sera bientdt rafraichie par un jet d'eau. Le
vestibule est peint, garni de divans. Les appartements sont ^troits,
longs, revetus inferieurement de carreaux de fayence, converts
f 221 )
sup6rieurement d'ornements rouges etblancs. Le salon d'honneur
est au premier etage ; il a une vue superbe sur la vallee du Chdif.
Les tapis du Maroc , de Smyrne , du desert y sont a profusion ;
quatre divans meublent les arcades creusees dans les murailles ;
ils sont garnis de coussins en soie damassee , brochee en or. ( On
nomme cette 6toffe francia quoiqu'elle vienne du levant ). Ces di-
vans ont un mince matelas , ou en soie , ou en damas de laine et
coton, bleu et blanc , fabrique a Roubaix. Sur les elageres sont
des tasses de porcelaine , des objets en filigrane , des vases a
boire , en argent , a figures repoussees , garnis de chaines ,
corame un encensoir , qui permettent de puiser I'eau sans descen-
dre de cheval. Des vases de formes singulieres, a cols etroits, ren-
ferment des parfums ; on nous asperge d'eau de fleurs d'oranger
et d'eau de Cologne ; contre les raurs sont des trophees d'armes, des
sabres, des poignards, des yatagans, des fusils a inscrustations
d'ivoire, d'argent, de corail , de pierreries. Toutes ces armes
sont dans des etuis de velours rouge. Dans le salon sont divers au-
tres meubles , tels qu'une caisse en fer , un coffre a clous dores ,
et au centre une petite table , a pieds rapproches , haute de
0" , 40 , couverte d'incrustations de nacre ; comme pour faire
contraste avec ce luxe oriental et attester un goiit encore sauvage,
sont appendues, en cette nouvelle demcure, deux gravures colo-
riees, Franpoise et Rose , qu'on achate 10 sous sur nos boulevards,
deux glaces a cadre dor6 tout modernes , un lustre de cristal
venant de Paris ; sur les portes , formees de compartiments
irreguliers , sont fixees douze de ces pommettes en cristal colorie
qui nous servent a fermer nos portes et qu'on a prises pour des
ornements, et de nombreuses pateres, qui n'avaient pas de ri-
deaux a soutenir ; les fenetres ne sont en quelque sorle que des
lucarnes garnies de barreaux de fer croises; celle qui prend
jour a I'exterieur est garnie d'un balcon ferme , d'oii pend une
main rouge et d'autres signes qui preservent des malefices. La
partie de la maison qui renferrae les ferames ne nous est pas
montree, pas meme indiquee. Nous n'apercevons pas la trace d'un
iudividu du sexe f^minm.
( 2-22 )
On sert le diner an piefet, aux trois representants. au coramau-
dant du bureau arabe , dans le salon d'honneur ; Bou-Aleni s'as-
sied avec nous ; son frere et ses fils sont debout autour de la
table , selon les auciens us toujours respectes ; ils ne fument merae
pas devanl le chef de la famille. l,es sieges sont des coussins ; la
table est celle que nous avons rcmarquee; elle porte un large
plateau d'etain; au centre est place un grand vase du meme me-
tal, garni de son couvercle. Celui-ci enleve, nous voyons un po-
tage au vermicelle , lequel nous mangeons au moyen de cuillers
de bois , comme des soldats a la gamelle. Les vases couverts se
succedent , renfermant du mouton aux navets , du niouton aux
amandes , du mouton de toute facon el a toute sauce , energique-
ment poivre. Bou-Alem prend gracieusement uu morceau avec les
doigts , le dechire et men offre par honneur une partie ; tout Je
D\onde alors de plonger les doigts dans le plat pour en retirer les
morceaux. On mange la viande avec des gaieties chaudes Ires
bonnes ; on boil une eau peu claire dans le vase d'argent que nous
avions reraarque , et que les fils de Bou-Alem nous presentent a la
ronde. Enfin , onse lave les mains; ce n'etait pas un soin de luxe
pur ; on nous fait passer successivement un Ires-grand bassin de
cuivre ; au centre est une cupule renfermant du savon vert, le fond
est double, le superieur est perce de trous pourlaisser passer I'eau
savonneuse ; on arrosenos mains au moyen d'ime aiguiere, a bee
long el recourbe , dont la forme etrange nous fait penser quelle
vienl par heritage des premiers patriarches.
On nous conduit alors dans la niaison des hdtes , et Ion nous
sert le couscousou dans le grand plat de bois oil on le fail; ila ete
cuil a la vapeur dans un plat perce de trous , puis assaisonne de
beurre , de poivre, entremele de raisin el deseternels morceaux
de mouton. Ce mels national ne serait pas desagreable si les corps
gras qu'on y introduil n'etaient horribleraent ranees , ct si la
maniere donl les Arabes puisent dans la gamelle commune n'offen-
sait lanl soil peu la delicalesse europeenne.
On sert ensuile le caf6 , et Ton se prepare a se coucher. D6]a
( 223 )
le confortable europeen s'introduitmeiue dans la niaisou des hOtes.
On apporte sur les divans qui nous sontspecialeraent destines, des
matelas en coutil ; mais !e coucher dans une salle commune, sur
des estrades assez dures , ne nous promet pas le sommeil dont
nous avions besoin. Je fais demander , par le commandant du
bureau arabe qui nous sert d'interprele , s'il ne serait pas pos-
sible d'obtenir pour nous une chambre particuliere. Apres des
negociations, qui ne furentpas trop longues, on lit tlechir la regie
ordinaire. On nous introduisit avec le prefet dans la maison de
Bou-Alem, et Ton nous installa dans le salon d'honneur.
Alors se presenta une difficulte iuiprevue : il fallait prendre les
precautions qu'un europeen n'oublie pas avant de se coucher.
Nous n'avions plus d'interprele ; je fis comprendre au Bachagha
lui-meme de quoi il s'agissait. Avec une gravite solennelle il me
fit signe de le suivre et me conduisit dans un endroit ecarte du
jardin. Bien des campagnes de France en sont encore la ! La nuit
etait belle et non silencieuse ; on ne peut .se faire une idee des
hurlements que poussaient les chacals, dans toutes les directions.
Nous nous coucharaes bientdt, en nous roulant dans des cou-
vertures d'une longueur enorme , qu'il faut replier six fois sur
elles-memes ; elles sont d'une laine tres-douce, et peintesen rouge,
d'une maniere assez bizarre. Elles viennent du Maroc.
Le mercredi 28 novembre , nous nous levons a 7 heures du
matin. Cherif, I'un des fils de Bou-Alem, s'etait couche, au dehors,
en travers de notreporte. Est-ce par honneur, est-cepar defiance?
nous n'avons pas cherche a le savoir. On se rend a la maison des
hdtes. On apporte des brasero , dont quelques-uns sont de jolie
forme. On sert le cafe, puis nous visitons le jardin , qui renferme
des vignes, des amandiers, des cactus, des abricotiers, etc., etc.
Le Bachagha nous montre avec complaisance son ecurie : c'est
une cour aussi vaste que la maison , entouree de hangars ouverts
int^rieurement , et renfermant de nombreux coursiers , dont plu-
sieurs noirs, luisants, de haute taille, sont d'une rare beaute
L' Arabe commence a mepriser la tente. Le frere de Bou-Alem
( 224 )
se fait aussi batir une maison. Nous alloDs la visiter : elle est plus
petite, mais peut-^tre plus elegaute. Des carreaux de fayence ea
ornent I'exterieur, et lui donnent un air assez coquet. Ce sont des
ouvriers arabes qui la construisent , ils en sont les architectes en
meme temps que les macons , conime les constructeurs de nos
cathedrales , et no manquent certaincmenl pas de quelque goAt.
Du reste le systerae suivi dans ces constructions atteste I'enfance
de I'art. Les lattes des plafonds sont des roseaux ; les combles des
toils sont des perches sur lesquelles sont placees en travers et
lies par des cordes les roseaux qui portent les tuiles.
Enfin nous allons visiter les tentes et les gourbis qu'habite la
tribu ; celle qui entoure le chef est le Magzem , ou la tribu des
guerriers ; d'autres tribus sont formees de Marabouts ou d'hom-
mes religieux, d'autres de travailleurs ou plebeiens.
II est huit heures et demie du matin, il faut partir pour nous
rendre a Milianah : on tire I'orge des silos, reservoirs en forme de
bouteille, creuses dans la terre seche. Ce grain est d'une fort belle
qualite; il parait tiede, sous rinfluence de I'air frais du matin.
Nous partons accompagnes de Bou-Alem et escortes de tons ses
cavaliers, qui marchent en avant, en arriere, sur les cotes, a leur
gr^, s'6lendant an loin comme s'ils fouillaient le terrain , et faisant
la fantasia. Nous suivons la vallee du Chelif, en gravissant les
coteaux pour couper les sinuosites du fleuve , et vers dix heures
du matin , nous arrivons au lieu ou se tient le marche de I'arba
(mercredi) du Djendel.
Au milieu d'une vaste plaine , dans laquelle on n'apercoit pas
un arbre , pas une construction, au bord du Chelif, Bou-Alera a
fait dresser sa tente : elle est doublee d'etoffes jaunes , rouges ,
bleues ; des tapis couvrent le sol. Aux piquets sont fixes des cro-
chets oil sont suspendus les eperons du chef et de ses enfants ; a
I'entree de la tente est tendue une toile en forme d'auvent. On
s'assied , on prend le caf6 , et les Caids viennent embrasser le
Bachagha au front. Devant celui-ci comparaissent les Arabes qui
OQt de» diffcrents , ou qui sont coupables dc quelques m^faits. U
( 225 )
rend sommairement justice , pendant qu'autour de lui , une t'oule
composee de plus de 10,000 personnes se livre aux operations
coramerciales : le sol est couvert d'une infinite de marchandises
diverses , chevaux, banifs, ble, laines noires et blanches a 2 fr. 50
la toison, pesant 2 kil., poll dechevre, anes , juoutons , etoffes
varices, beurre t'ondu ou graisses, glands, figues, farine, burnous,
des couffins ou paniers de joncs d'une capacite de 2 hectolitres
environ, des oeufs, des babouches , des cribles dont le bord est
form6 de torsades de joncs et le fond de tiges d'alpha paralleles,
reliees entre elles d'espace en espace et aussi regulierement pla-
cees que des his de fer ; descharrues giossieres, niais a bas prix ;
nous voyons un colon francais venu de la commune du Marabou
situee sous Milianah , acheter pour 2lr. 50 le bois d'une charrue.
Tout ce peuple , dont le costume est si singuli(;r , dont les moeurs
sont primitives, dont laphysionomieestsi energique, si animee,el
Irailant pourtant si pacifiquement ses affaires, nous donne loug-
leinps le plus curieux des spectacles. Nous prenons enfin conge de
Bou-Alem qui fait porter des presents au prefet d'Alger; il nous
donne une escorte et nous partons en suivant la superbe vallee du
Chelif qui est presque entierement ciiltivee , el semble pourtanl
une eternelle solitude. Nous allons dejeuner chez un Caid du
Djendel, sorte de vassal du Bachagha, prevenu de notre visite. II
a fait batir une maison assez jolie, couverte en tuiles , entouree de
mis6rables gourbis et de beaucoup de meules de paille defendues
par des rameaux de jujubiers amonceles a I'entour. Le jardin est
plante de cactus disposes en lignes regulieres.
On etend sur le gazon des tapis du Maroc et du desert, doni
quelques-uns ressemblent a nos coussins de laine tricotee , qui
imitent la mousse; ou nous sert une moitie de mouton et un plat
de couscousou au raisin : nous eumes a nous louer de la cordialite
de notre bote.
Apres I'avoir quitte , nous atteignons bientot la belle route
qu'on commence dans la vallee du Ch6lif , et qui uous conduit
jusqu'a Milianah. Nous venions de voir la vie arabe pure , dans
16
( 226 )
unecontree oil mil elablissenienl europeen n'exislait encore, mais
oil deja penetrent iios usages et les objets de notre Industrie. Nous
rentrions dans un des cercles oil noire activite commence a se
deployer.
De loin en loin , qiielques maisons se montreut. Nous suivons
le pied du Zaccar qui abrite Milianah ; nous voyons le village de
Ain Sultan, eu construction, et le telegraphe, dout les employes
ont ete assassines coinnie ceux du telegraphe du Gontas.
i,e commandant Fenelon , chef du bureau arabc, arrive au-
devant dc nous, a la tete de ses spahis , aux burnous rouges; il
vient nous offrir I'hospitalile du general Camou , avcrti de notre
visile par le telegraphe. Nous voyons le village d'Affreville , nous
sommes sur I'Oued-Boutan, forme par les sources de Milianah.
Avant de nous engager dans la vallee de I'Oued-Boutan pour
remonter vers cette ville , nous visitons le camp bati au pied du
Zaccar .Le raarechal Bugeaud proferait a Milianah une position dans
la plaine, au pied de TAtias, parce que les expeditions, venant de
Mousaia ou de la Chiffa , n'avaieut pas a gravir le mont pour
trouver uu abri , et que les colonnes qui marchaient versle sud ne
devaient pas perdre un jour pour se former dans la plaine. Aassi
y a-t-il construit uue vaste enceinte fortiliee entouree de fosses
et de plantations, enfermaut des maisons, des magasins,desetables,
etc. Mais labeautoetla force de la position de Milianah, Tetablisse-
ment de la route de I'Oued-Djer, plus facile que cello de la
Chiffa, ont conserve sa preeminence a I'ancienne fortercsse. La
ville a ete reconstruite, et le camp est habituellement abandonne.
Cependant il forraera toujours un poste avance tres-important.
11 est mis actuellement a la disposition des Provencaux qui vont
former un village sur TOued-Zean, un peu a loupsi de I'Oued-
Boutan.
Nous entrons dans la vallee que parcourl cette derniere riviere,
fortement encaissee, debitant 8U0 litres d eau par seconde, avec
rOued Anasser qui s'unit a elle , se precipitant par une pente de
plus de 420"' depuis Milianah jusqu'au pied de lamontagne. Nous
suivous une route que bordent des jardins irrigables, contenant noui-
( 227 )
bre de vignes, Hguiers, raAriers, araandiers, caroubiers, poiriers,
oliviers,etc. Enfin, apresune rude montee, nous ariivons a la ville.
Le plateau escarpe sur lequel elle est batie est a 8 ou 900 '".
au-dessus de la mer, a 5 ou 600" au-dessus du Chelif. Le fleuvea
done une penle de 300 "' sur un parcours de 200 kilometres, a
pen pres; ce qui donne la declivite enorme de 1 millimetre l/'2 par
metre. Aussi , en novembre , ravons-nous passe a pied sec , en
marchant sur les cailloux de son lit ; apres les pluies , il coule a
pleins bords, et comme ses rives ont 12 "' de hauteur, quesa lar-
geur est d'au moius 100 "', son debit est tantot reduit presque a
zero, tantot il est represente par une section de 1 ,200 metres carres.
Au nord de la ville, et tres-pres de ses murs , le Zaccar, tres-
droit, convert debois, la depasse de 600 metres.
Milianah est presqu'entierement rebatie ; ses rues sout lart^es-
belles, plantees de peupliers et de platanes, arros6es abondam
ment par les belles sources de I'Anasser et du Boutau. Elle est
habitee par 1,200 europeens, 600 juifs et 300 indigenes;
2,000 arabes sont repandus dans les jardins de la vallee. Elle est
entouree de murs et d'ouvrages de fortifications qui battent le
seul c6te par lequel elle est abordable.
Milianah possede une belle pepiniere situee entre la ville et le
Zaccar, renfermant deux hectares , produisant des plants de
Irenes , micocouliers , miiriers , amandiers , poiriers et de beau-
coup d'autres arbres fruitiers.
Les ofticiers de la garnison ont etabli un cercle, au milieu dun
delicieux jardin, bien arrose, et dont les arbres poussent avec une
telle vigueur, qu'un peuplier blanc, age de cinq aus, dont nous
avons pris la mesure, nous a donne une circonference de 1 ■", 50.
Le plus bel edifice de la ville est sans contredit I'hopital ; com-
mence en 1844 et acheve en 1846, il a coute 350,000 fr. quand
les transports coiitaient20 fr. le quintal; ils content maintenant
7 fr. Sa facade a 138 m. de longueur et deux etages; les salles
contiennentSOO lits.elles ont au centre despiliers debois qui n'em-
pficheut ni le reuouvellement de lair, ni I'entree de la lumiere.
( 228 )
Les feneties sonl garnies de persienues, I'eau est repandue a toii;^
les Plages ; les latrines sont bieu lavees ; les salles de bains et
toiites les dependances sonl belies et spacieuses.
De la terrasse de I'hopilal, on jouit de la perspective la plus
splendide ; on apercoit les riches jardins qui s'etendeut dans
loute la vallee en suivant Ic cours de I'Oued Boutan ; sur la croupe
de TAllas , les villages que font batir les Arabes par les ouvrier«»
t^uropeens , et dont treize sont acheves ; a gauche , A'in-Sultan ,
destine au\ colonies agricoles , le camp a I'entree de la plaine,
Aflreville au-dessus , a droite le nouveau village de M. Rosieres ,
et plus au sud rimmense massif de I'Ouenseris , deja convert de
ueige; en face, dans le lointain, Teniet-el-Had occupant les cr(^les
qui separent le Tell des hauls plateaux el sur les llancs desquelles
s'etend une niagnitique foret de cedres qui a cinq lieues de Ion
iiueur; ces cedres, qu'on emploie aux constructions et a la fabri-
cation des meubles , ont de grandes dimensions ; j'ai conipte sue
une table , formee d'une section trausversale, de 1 metre de dia-
metre, 384 couches, represenlant aulant d'aunees. J'en ai raesure
une autre qui avail i ni. 50 de diametre ; il en existe de 2 ni. 50
de diametre. Les fuls dans lesquels on les prend ont 25 m de
hauteur, au-dessous des branches.
Aulour de Milianah , on a etabli deja plusieurs moulins sur les
admirables cours d'eau qui sorlent des flancs de I'Allas : I'un sur
I'Anasser, a une chute de S m. 50. Lean frappe une roue hori-
zontale a palettes courbes. Un autre , donl les batiments sont
beaucoup plus grands, est etabli d'apres le uieme systenie el jouit
d'une chutede9ui. 50, qui ne fait mouvoir, jus(]u'a present,
qu'uneseule paire de meules. 11 j a dans ces usiues une enorme
perle de force, el, meme dans la mieux inslallee, ragencement des
.services est assez mal enlendu. Elles elaient employees a moudre
du ble dur, lequel donne un pain tres-savoureux.
Nous dinons chez le general Camou , qui habile une maison
mauresque dans la cour de laquelle a ele plante un peuplier blauc,
(jui , age de cinq ans. d^passe la maison el la couvre de sa ecu-
( 229 ]
ronne. A sa table, nous reucontrons M capitaine du genie,
flistingue, laborieux et pratique, qui a preside aux belles con-
structions de Milianah , et qui a bien etudie ie pays dans lequel il
reside.
.Ie loge chez le capitaine Fenelon ; la niaison dans laquelle il
demeure est aussi mauresque. Le milieu de la cour est occupe
par une Fontaine dont la vasque, de marbre blanc, d'un fort beau
style, aetetrouvee dans les mines de Milianah. Mon appartement,
avec ses arcades, ses marabouts, rappelant entierement i'architec-
ture arabe, est tout tapisse des gravures qu'on voit aux etalage?
des boulevards de Paris.
Dans I'avant-cour de la maison sent deux aigles et uu lion de
haute taille, age de 15 mois, qui a ete allaite par une chevre ; il est
nourri maintenaut avec de la viande cuite , et fait sa residence
habituelle dans une petite cour dans laquelle il est enliberte. Venu
dans I'avant-cour , pour iaire honneur aux visiteurs , il se trouve
au milieu de vingt-cin(f personnes qui le caressent; il les frotte
et les pousse rudement. Tons les Arabes sont disparus; un .seul
estreste, tapis dans un coin. Le lion le visite a son tour , s'anime
a son contact, le presse de ses llancs, le bat de sa queue, leflaire,
hondit et pousse un rugissement. L' Arabe a les jambes uues, il
repand I'odeur propre a beaucoup de gens desa nation. Ces circon-
slancesont-elles reveille les instincts deranimal,jenesais,maisnous
sommes effrayes pour I'Arabe; il nous semble que le lion va es-
sayer sur lui ses terribles dents. Nous entourons tous la bdte
carnassiere, etfaisonsrapidemeut sortirrhonimequi semblait exci-
ter si vivemeut ses appetits, et qui, en verite, pouvait etre dechire.
II y a un danger certain jjour ceux qui vivrout dans I'intimite dun
pareil bote. (Depuis, je I'ai vu au jardin des plantes de Paris).
Nous nous appretons a partir Ic jeudi 29 novembre , a midi.
Notre desir eut ete de nous icndre de Milianah a Orleansville ,
afin d'atteindre la province d'(Jran par la voie de terre. Mai>
on n'osa nous assurer la securite du passage. On nc put
nous promettre des gites dans le long trajel que nous avioos a
( 230 ■
aire daiis la vallee du Chelif ; rien n'elait pret pour lexpedition
que nous voulions tenter ; force nous fut de renoncer a notre pro-
jet et de nous dinger ^ers Alger, en repassant le petit Atlas.
Nous suivimes d'abord la route qui doit conduire a Cherchell et
qu'on taille en corniche sur le versant sud du Zaccar; nous la
quittames ensuite pour suivre le chemin qui passe dans une pro-
fonde depression, eutre le Zaccar et le (iontas, et arrive dans la
vallee de I'Oued-Djer. Ce col nous parait celui qui donne le plus
facile acces dans la vallee du Chelif.
On descend dans la vallee de I'Oued-Djer par une route en cor-
niche qui nest point sans difficulte , et qui est longue parce qu'elle
contourne les anfractuosites et les ravins (lui decoupent les llancs
de la vallee principalc. Lo temps et i'argent ont manque pour
executer les ponts et remblais necessaires pour les franchir. En
suivant les ilancs deces montagnes, nous avons occasion, comme en
cent autres circonstances, de conslater I'agilite des chevaux et la
hardiessedes cavaliers arabes : I'un de nos spahis apercoit sur les
sommets une compaguie de perdrix rouges ; il lance son cheval sur
la montee rapide et la gravit en un clin-d'ffiil. Nous entendons
un coup de fusil sur le plateau , et bientot le cavalier descend .
en couranl, la terrible pente, et nous rapporte un perdreau.
Nous voyons le village commence d'Ain-Benian qui a une fort
belle source , puis Sidi-Abd-el-Kader-Bou-Medfa , et le bel eta-
blissement des eaux chaudes. Nous arrivons au relais situe an has
de la montagne.ou se trouve une auberge, une briqueterie el
tous les signes d'une activite commencante.
Nous suivons une route difficile sur laquelle nous remar((uons
de fort beaux caroubiers. Bientot nous sommes de nouveau dans
la Mitidja ; nous arrivons a neuf heures du .soir a Marengo ,
place sur un plateau peu eleve , pres de Ain-Meurad , et non loin
du Chenouan qui , d'un cote , s'unit a la masse de I'Atlas , de
I'autre au pic des Benassers qui s'avance jusqu'a la mer, et fermc
ainsi a I'ouest la plaine demi-circulaire qui ceint le Sahel.
Le vendredi 30, nous laisons I'etude de ce nouveau village,
( 231 )
que sa situation destine a devenir une ville importante; il est a
I'extremite occidentale de la Milidja, enlre Alger, CherchelletMi-
iianah. Le capitaine Malgleve en dirige les constructions et les tra-
vaux avec beaucoup d'inlelligence et de zele. Lenceinte est
un fosse doiit les teries forment du cote interieur un parapet ,
garni a son pied dune double haie de cactus ; aux angles et aux
portes sont de petits bastions fermes par une muraille crenelee.
Cette enceinte a coiite 9,000 fr.
Lesmaisons , au nombre de 300 , sont disposees aulour d'une
place centraletres grande ou le long de rues tres larges ; ellessoni
unies deux a deux, coniposees de deux pieces, entourees d'un petit
jardin de 6 ares. Elles ont coute 2,000 fr. Eiles renferment des lits
assez bien entendus, composes de deux petits bancs portani deux
barres qui soutiennent une toile sur laquelle reposeni les li-
ter ies.
La population a Clc cruellement frappee' par les fievres et le
cholera ; elle a eu 4-0 deces a enregistrer ; elle a comple 800 indi-
vidus; elle est reduite a 640; elle est intelligente, etparair. animee
des meilleurs sentiments.
Le territoire se compose de 1,700 hectares d'une quahte assez
variable , mais generalement bonne.
La premiere zone a ete divisee en jardins de 16 ares. Il*> sont
deja assez bien cultives. Le capitaine a accorde aux colons qui
creuseraient des puils des primes de 1 fr. par metre ci'enfonce-
raent, et deja 100 puits de'2 a 8 metres de profond^ur ont ete
formes et munis de bascules.
La deuxieme zone a ete divisee en lotsde i h. SO. lis ontetetou*
defrichesen commun, sous la surveillance du proprietaire de cha-
que lot ; la journee des travailleurs est payee a 1 fr. 50 c. Cette
depense sera couverte par la moitie de la recolle mise en reserve
pour le tresor de la colonie. Les premiers lots defriches sont les
plus fertiles.
Les lots de la troisieme zoue seront distribues aux travailleurs
qui aurontfourni la preuveciu'ilssauront tirer parti de la terre qui
( 232 )
leur sera concedee , et refuses a oeux qui se livrenl au travail
avec repugnance.
Un tres bean bois de 100 hectares, situe au pied dn Chenouan.
lornie de trembles, ormes , frenes, etc. , a ete reserve corame do-
maine communal. On a deja exploite les ormes et les frenes pour
le charronnage.
I,e troupeau de la colonic so '.ompose de218 bceuls. On ya
joint 30 vaches et 200 boeufs mis en pension par I'administration.
En outre , le village a 3 mulcts et 200 pores distribues a oeux des
colons qui en ont fait la deraandc. Chacun d'eux a le droit do
placer les betes qu'il possede dans le troupeau commun , a la
charge de payer les frais de garde.
Toutes ces dispositions intelligentes nous ont parii propres a la-
cililer le developpemenl de la commune importante contiee au\
soins du capitaine Malgleve , et doivent lui faire honneur.
En quittant Marengo , pour nous rendrc a Blidah , nous trou-
vons a 5 kilometres, le village de la Bourkika , dont la construc-
tion est interrompue comme celle de Ain-Benian II est en face du
lac Alloula qui baigne le pied du Sahel , snr une longueur de
deux lieues, et dont la largeur est d'une demi-lieuc.
Nous traversons le pays des Adjoutes, qui nourrissent d'innom-
brables troupeaux , et cultivent successivement de vastes espaces
quelajachere a fertilises. Leurs gourbis et leurs tentessont repan
dus dans la plaine. Ces dernieres sont basses , irregulieres , a
nombreux piquets, et formees d'un tissu epais dont la chaine est
en poil de chevres, et la trame en laine. Nous voyons les femmes
revenir de la montagne, chargees de bois , et nc faisant nulle
difficiilte de regarder les etrangers. Les hommessont d'unegravitc
imperturbable, et ne jettentpas un coup-d'uMl sur nous.
Nous voyons Araeur-el-Ain, dont le defrichement et le pen -
plement sont aussi interrompus par decision legislative , et dont
les constructions ne se poursuivent que pour satisfairc aux obliga-
tions contractees envers les entrepreneurs.
.Nons traversons I'Oued-Djer, dont les bords sont couverls de
( 233 )
magaifiques oliviers , devast^s pour les besoins d'une tuilerie.
El-Afroun vient ensuite; il est bati, sous la direction du lieute-
nant Bacquet ( du train d'artillerie ) , au pied de I'Atlas , en face
de Koleah, dans Tangle comprisentre rOued-Djer et le Bourourai,
son plan est celui de Marengo ; niais il n'a pas d'enceinte. II a en
jusqu'a ibO families , y conipris 20 families habitant un haraeau
voisin ; elles sont reduites a 120, composees de 384 individiis qui
nont point ete atteints par le cholera , etn'ont eu a souffrir (\\u'
de fievres peu intenses.
Ce village a une source ; un barrage du Bouroumi perraeltrait
d'arroser une grande partie du terriloire , compose de 1,311
hectares ; G80 hectares sont susceptibles d'etre cultives ; le resle
s'etendant sur la montagne est convert de hois.
Le terriloire d'El-Afrouu , comme celui des autres colonies agri
coles , a ete divise eu trois zones : la premiere est consacree aux
jardins ; ces jardins ont 25 ares ; ils sont defriches , mais a peine
cultives et non irrigues. Quatre compagnies de zouaves y sont .
sous la tente ; deux compagnies sont employees au defrichemenl ,
deux autres aux travaux de la route. Chaque famille a recu un
boeuf ; les colons travaillent par escouade de 8 , parce qu'il faut
souvent atteler 8 boeufs a la charrue. Les colons qui ont un
cheval s'unissent deux a deux pour le travail. On compte 2 hec-
tares defriches par famille.
Nous revoyons bientot le col de Mousaia que nous avons vu par
.son autre face , lorsque nous etions au sud de I'Atlas. Vis-a-vis ce
point important, inais trop loin du pied de I'Atlas , est le village
civil qui a recu , a cau.se de sa situation , le nom de Mousaia. On
\ a construit deux bassins ; deux autres .sont indiques sur le plan ,
mais il n'y a pas d'eau. II serait bien important d'y amener les
sources qui sorlent du pied de la montagne , la oil les Romains
avaient bali , et oii Ton trouve encore des colonnes , des pier-
res, etc. Les habitants nont maintenant que lean des puits.
L'enceintc est formee d'un fosse et d'un parapet en lerre ; elle
estfortiliec par de fort beaux blockhaus en pierre , a deux etages
2S4 ]
percps dc meurtrieres et siirmontes d'line terrasse crenelee, garnie
de machicoulis snrles quatre faces.
Les maisons , baties aux frais des colons, sont en bois, en pise .
en moelions , en briques non cuites ; phisieurs ont un grenier. et
pour cave, un troii creuse dans la terre qui atteste la necessite dc
cet accessoire.
.Nous atteignons la Chiffa, village civil, batia I'entree de la gorge
profonde el difficile d'oii sort la riviere decenom ; il estentoured'un
fosse avec parapet , sans bastions ni blockhaus . Ses maisons sont tres
varices , comme celles coostruites aux frais des colons; elles sont en
general nioins spacieuses ([ue celles qui sont baties par Tautorite
militaire , mais elles ont presque toutes nne cave et un grenier.
M. Laine , qui possede 100 hectares , a bati une fort jolie maison
en briques , .sans etage , longue de H metres , large de 12 , qui a
covite 12,000 fr. , non compris rornemontation.
La ('hiffa a une belle foiitaine avec abreuvoir el lavoir ; 50 fa-
milies rhabilent ; ellos possedent560 hectares. De nouvcl les con-
cessions sont sollicitees dans cettelocalite , mais sans succes. Elles
ont eprouve I'an dernier des lievres meurtrieres . mais raoius
inlenses celte auuee. Nous rencontrous pourtant encore bien des
hommes au teint jaune , amaigris, epuises. Au premier aspect , on
reconnait fort facilement ceuxqui ont en a subir les lerribles acces
de la maladie.
Les populations des villages civils sont en general bien plusener
giques et plus devouees au travail que celles des colonies agricoles ;
mais elles ont besoin d'aide; on a Irop fait pour les uns , pas
assez peut-etre pour les aulres. Les habitants du village sollicitent
des scmences, et leiirs sollicitations n'ont pas de succes; ils
ont un cure , mais point d'eglise.
-Nous rentrons a Blidah le soir apres avoir tiaverse la riviere
de la Chiffa, surlaquellcaeteconstruit unbeau pont en charpente
qu'ont hrule les .4rabes . par accident, dit-on.
Le lendemain nous sorlonsde Blidah, dite la prostituee au temps
des Arabes, pour nousreadre a Koleah, la minte. Nous revoyons
( 235 )
Joiavilleet Montpensier, traversonslaplaiaequi devientdeplus en
plus marecageuse a mesure qu'on se rapproche du pied du Sahel ,
passons le Masafran sur iin pont a ratnericaine, c'est-a-dire construit
de facon quele tablier est supporte paries cotes formes de poutres
longitudinales , a joints croises, unies et soiitenucs par des pou-
tres diagonales retenues au-dessous du tablier et a quatre me-
tres au-dessus par des poutres trausversales. Ce mode de con-
struction permet de former une traveetres longue, sans pilier, et de
ne donner consequemment auciine prise au courant impetueux ;
c'est I'origine du pont tube.
Nous entrons dans la magnitique lerme de Saint-Cliarles , sitiiee
sur noire route , et batie par M. Bruat , sur une concession de
1 ,200 hectares , dont 600 peuventetrecultives. La cour a 1 hec-
tare ; elle est entierement entouree de batiments. La maison
d'habitalion a deux etages ; les vastes bergeries sont surmontees
d'un etage ; les porcheries peuvent contenir 200 pores ; les ecu-
ries tres vastes nontiennent 30 juments ou poulains, 16chevaux
de travail , 100 betes a cornes , parmi lesquelles on remarque des
buftles, et ces admirables boeufs romaius, au pelage gris, aux cornes
immenses ; ils sont au nombre de9 ; leur taille est de 1 "' 60 au ga-
reau. La ferme possede une machine a battre, une noria, etc.Ellc
n'a pas de plantations. Elle a coute 200,000fr.abatir.Elleaetere
vendue 300,000 fr. avec toutes les terres , deux belles maisons a
Alger, une briqueterie et toute la recolte ; il estvrai que cette der-
niere n'a rapporte que les frais de inoisson et de battage. II est
evident qu'on risque fort de se ruincr quand on commence des eta-
blissemeuts agricoles avec de telles mises de fonds , en partie
tres inutiles. Cette annee , la ferme Saint -Charles n'a pas de
culture.
Nous gravissons le Sahel , sur la crete meridionale duquel est
posee Koleah ; en nous retournant, nous apercevons la magnilique
plaine de la Mitidja , enveloppee par I'Atlas, comnmniquant avec
la mer, dos deux cotes du Sahel , par I'Harrach et le Masafran.
Quand les milles ruisseaux qui sortent de la grande chaine dc
f 236 )
moiitagnes seronl retenus et repandus en irrigations; quand les
eaux qui sejoiirnent au pied dii Sahel seront jetees dans un canal
de ceinlure qui debouchera a Test et a I'ouest , la Mitidja sera
le plus beau jardin de I'univers.
Nous arrivons a Koleah , oil nous somnies parfaitement re?us
par le commissaire civil, M. Calandini.
La ville est belle, habitec par 1,100 Arabes, ot 600 Europeen^' :
pile renfermo uu grand nombre de constructions modernes , mais
conserve beaucoup de niaisons mauresques ; elle est defendue
par des blockhaus en pierres tr^s rapproches et par une citadelle
admirablement posee, eutouree d'un raur crcnele du cote exterieur.
el d'un fosse avec parapet du cote de la ville ; elle formait noire
camp avance alors que nos troupes ne pouvaient s'etendre au-dela
du Sahel , sans voir fondre sur ellcs des nuees d'cnnemis.
Nous avons reniarque dans cette cite les jardins de Sidi-Amba
rack , formes d'un delicieux ravin arrose el planle d'orangers ,
d'oliviers, de liguiers, de cilronniers, de grenadiers, dedattiers.
Les torabeaux de ce personnage et de sa famille , (jui sont ei>
graude veni'rafion . sont places sous un dome dont la porle est en
plein ceintrc, porte par des pilastres; I'encadrement est a rosaces
dun gout pur , n'ayant rien de mauresque. Dans un angle , pour-
lant , on remar(|ue un croissant.
Les tombeaux sont en bois converts d'arabesques et d'inscrip
lions arabes; deux sont reconverts d'une cage sculptee , portant
des etoffes, des drapeaux , des cierges , des lustres de crislal , etc.
An monument qui rcnferme les tombeaux est annexee une mos-
quce (jui a etc translormee en hopital (|ui nest pas dans d'excel-
lentes couditiuns : c'est uiilres grand carre forme de cinq rangees
d'arcades mauresques . on de cinq nefs. II est orne d'un dome, de
terrasses, dim tres elegant minaret, pres du((uel s'eleve un su-
perbe datlier de 25 metres de haul.
On a bati , a Koleah . nn caravanserai! qui a co\ile 4-0,000 fr. ;
il est reste sans usage. On va le convcrtir en eglise; malheureusc-
ment il est siluc a I'unedes extremites dela ville.
( 237 )
Dans le Sahel est Douera , entouree d'lme enceinle crenelee ,
bastionnee. Nous nous y arrfitons un instant pour voir ses grands
etablisseraents niilitaires, son bel hopital . ses rues larfjes plantees
de raiiriers et bordees de trottoirs , ses raaisons neuves , sou eglise
elegante et bieu situee. ses fontaines, son temple |)rotestant.
Primitivement , Douera etait une forte station militaire. situee sur
I'unique route qui conduisait a Blidah. Ses habitants, au nombre
de 1,200 , prives du commerce de detail auquei donnait lieu uue
forte garnison , ont tourne leurs efforts vers ragriculture ; ils pos-
s^dent en moyenne chacun 3 hectares qu'ils commencent a bieu
cultiver.
Delly-Ibrahim , que nous traversons , est u« beau village tout
neuf , qui a une jolie eglise, un hopital pour les convalescents,
une grande maison forte (jui pent servir de refuge aux habitants.
Nous nous arretons a Ben-Aknoun , (|ui a un aqueduc arabe.
et possede un etablissenient dorphelins , dirige par les Jesuites .
installes dans un ancien batiment niaure auquei out ete ajoutees
des constructions nouvelles ; les classes , le refectoire sont trop
petitset sont des pieces assez pauvres. La culture preseute uu fort
bel aspect: elle s'etend sur 100 hectares, portant du ble, dc
Forge , de I'avoine , des fourrages ; de vastes jardins renferment
toutes sortes de legumes et de fruits , des oliviers , des orangers
anciens , des bananiers. Les carres cultives sont encaisses par des
chemins releves qui portent des rigoles en maconnerie qui distri-
buent les eaux des norias.
Les enfanls sont employes aux diverses cultures, selon leur
age. Quelques-uns sont exerces aux professions agricoles , comme
ceiles de charron , forgeron . etc. , et aussi a celles de tailleurs .
cordonniers. lis consacrent a I'etude la soiree pendant I'hiver. le
milieu du jour pendant I'ete : ils apprennent a lire , ecrire et
compter. Le directeur pense qu'il ne faut pas trop les instruire ,
et en effet , ils nous paraissent peu instruits : on fait lire de-
vant nous un jeune homme qui est dans la classe la plus avancee,
et qui nest pas bieu habile.
( 238 )
Le prix paye par le gouvernenient , pour chaque eleve . est de
21 fr. par mois pour la pension , plus les appointements des pro-
I'esseurs qui s'elevent de 720 I'r. a 1.000 fr. pour 10 eleves , soil
72 fr. a 100 fr. par eleve : plus 60 fr. pour le trousseau. L'Etal
ne pale phis rien pour les eleves ages de plus de quinze ans. lis
demeurent dans I'etablissenicnt jusqu'au moment oil ils se ma-
rient , et a cette epo(|ue ils doivenl recevoir , pour dot , ce qui est
necessaire a I'installalion d'line exploitation aiiricole. II serait a
desirer que cette dot fut plus e.xactcment deterniinec.
I. a nuit etait venue. Nous nous dirigeons , a travers le Sabel ,
vers Alger, oii nous somraes rendus le samedi 1." decembre .
a sept beures et deinie du soir.
Nous spjournons dans oettc capitale pendant plusieurs jours, et
nous eniplo\ons noire temps a revoir les differenls elablissements
que nous avions visites , noiamment le jardin d'essai , et a etudier
ceux que nous n'avions pu encore examiner. Nous assistons,
avec M. le prefet . a une seance du cornice agricole , tenue
dans I'eglise nouvelle. Le president du cornice, M. Borelli de la
Sapie , prouonce un discours dans lequel il s'attache a repousser
les assertions de M. de Ranee , tendant a faire croireque I'AIgerie
deperissait. Un colon prononce m\ di.scours sur toutes sortes de
sujets. Je niattache a dire en quelques paroles comment j'appre-
ciais la grandeur de I'AIgerie, ce qui avait ete fait , ce qui restait
a faire. Un raembre du cornice presente d'e.vcellentes vues sur I'e-
leve du betail ; et le president termine la seance en indiquant les
principaux objets a etudier, la culture des cereales, celle des
oliviers etdesbois de construction, I'etablissementdessilos si indis-
pensables pour la conservation des grains, la maniere d'acclimater
les europeens et les mettre en position de se livrer a un travail
lucratif. II indique les avantages que les colons doivenl retirer de
I'etude de la laugue arabe , qui les mettra en rapport avec \tpeuplc
qui nous fournit de bons ouvriers , lideles et capables de nous de-
fendre contre les chefs ; il invite les membres a s'occuper de la
redaction d'un raanuel agricole, et annonceque la culture depasse
de UD tiers celle de I'an dernier.
( 239 )
Apres avoir revu les autorites , qui continuent a nous accueillir
avec un extreme erapressement , nous paitons le mardi soir . 4 de-
cerabre , pour Oran , par le bateau commande
par M. d'Armangant. Nous avionsa bord M.Tripier, lieutenanl-
colonel du genie, qui a bien etudie rAlgerie , et dont la conversa-
tion nous interesse infiniment ; il eut beaucoup de bontes pour
nous a Oran.
Aux preniieres claries du matin , nous voyons Cherchell ; uiais
un fort vent d'ouest , qui agite violenunent la mer , nous cmpeche
d'y aborder.
Nous sommes , a la nuil tonibante, ii la hauteur de la masse
enorme de montagnes qui forme le cap Tenes. La ville est batie
sur un plateau au-dessus de la mer ; quclques constructions sont
au bas, pres des flots. Nous ne pouvons aborder taut la merest
houleuse ; mais des canots vienneni rccueillir quelques pas
sagers.
A six heures du matin , nous apercevons Mostaganem qui se
perd dans les brouillards. Nous ne pouvons y toucher tant le vent
est violent, tant les courants du Chelif accroissent les difficultes.
Nous voyons s'ouvrir devant nous le vaste golfe d'Arzen ; voici
les grandes plaines de I'ouest qui s'abaissent et reudeut les debar-
quements faciles : depuis Sidi-Ferruch , les monts, plongeant
leurs pieds dans la mer, rendaient le rivage presque inabor-
dable.
Nous entrons dans le port a trois heures ; je me fais descendre
a terre : nous avons eu le vent debout depuis Alger, et nous avous
essuye un tel langage , quej'en ai ele cruellement tourmente.
L'eau saumatre qu'on boit dans la ville necontribue pas pen a
prolonger les effets du mal de mer ; je le ressentais encore le
lenderaain. Heureusement, les usages fraucais s'implantent sur la
terre d'Afrique : je trouvai dans un cafe la limonade gazeuse que
fabrique si bien Paris , et celte delicieuse eau de Seine m'ap-
porta un grand soulagement. <?.
Le port d'Arzen (portus divini) est forme par une pointe de
', 240 )
terreelevee qui se recourbe, comnie presque toutes cellesde la cote
algerienne , de louest a I'est ; die se continue dans la mer en
formanl uue cliaine inlenom|nie de rochers dont il I'audra coni-
bler les intervalles. 11 faudia aiissi einpeclier le ressac , en prolou-
geant le mole qui se detache de terreet forme le lieu dcdebai-
quement. Aujourd'liui, quand la mer est ap^itee, le port ne jouit
que d'un demi-calnie , et la vague passe au-dessus du mrtle.
On a commcuce les travauxde defense dece point tresimportaui
qui commaude le golfe. Uu lortin est bati sur la pointe qui domine
le port et bat la pleine mer; un blockhaus et uue redoute sont sur
la parlie la plus elevee ; une batterie estetablie a la cote , au sud
de la ville ; «elle-ci est entouree d'un mur crenelee. Sur un Hot
s'elevelephare.
La ville s'etend le long dii rivage; ses habitations neuves , fort
belles, sont en grande partie abandonnees, depuis la crise qui a
suivi la revolution , et le cholera (]iii a eiilc\e 147 militaires sur
700, et 105 habitants.
La ville esl entouree de jardius dont le sol a ete depierre, et qui
sont pourvus de norias. Tl n'v a pas un arl)re dans les environs; la
plaine est generalement pierreuse , mais on la dit fertile et don-
nanl 25 pour 1 .
Nous avons a nous feliciter dii bon accueil qui nous est fait par
le commandant M. Tellet, chef d'escadron au2.« regiment des
chasseurs d'Afrique.
Le vendredi 7 decembre, nous nous mettons en mesure de visi-
ter les plaines qui se deploieut avec magnificeuce sur ce rivage.
En face de nous , vers la pointe opposee du golfe, s'etend Mosta-
ganem , dont les cultures se developpent rapidement et qui a ua
baras important. La reside Sidi-Laribi qui passe pour avoir
500,000 fr. de rentes , dont une partie provient des prelevements
qu'il effectue sur les impots que nous le chargeons de lever, et
des appointements que nous lui allouons.
Dans tout le contour du golfe , des fermes apparaissent sur la
cdle ; au centre est le Vieil-Arzen , et au-dessus , sur le plateau ,
( 241 )
»iOnt tes colonies agricoles de Saint-Leu e( de Damrmt' . placets
^oiis la direction de M. Robert des Hongues.
Pour former leiir teiritoire, il a fallu faire des ecbanges ave(
le* Arabes, on leur adulter des terres au prix de 15 fr. I'hectare.
Saint-Leii a 476 heclares dont 79 sont en dimes , 107 defrichos.
On demande que ie territoire soil porte a 1.500 hectares. Le
niveau des puits, sur Ie plateau, est a 1 1 metres de profoiideur; sur
la pentequi regardela niersont des sources Icgeremoni saumatres,
dont Ie debit est de 100 litres a la minute. Leurs oaux sont con-
duites, par des rigoles de construction romaine , dans des reser-
voirs de m^me origiue , qui ont ete deblayes. J. a partie elevce dr
la villc antique a conserve dc rnagnifiques citernes. donl les ali-
gnenients monlrent reniplacement des rues, el qui pourront
certainement ^tre utiiisees.
Un telegraphe fortilie est ;ui-dessus dii village, une eglise au
centre des habitations ; les javdins sont en has , et peuvent ^tre,
arroses ; les defrichements s'operent par les colons qui sont assez
laborieux , ils sont aides par iessoldats. Les boeufs sont de fort pe-
tite taille , mais passent pour tra\ailler niieux que les grands
bceufs qui viennent de la frouliere du Maroc.
Le cholera a fait des victimes a Saint-I.eu : sur 17(5 personnes ,
23sontmortes.
Tout le plateau est convert de ruines roniaines , dans lesquelles
nous avons pris un morceau de mosa"ique. On y voil aussi un vil-
lage habite par des Arabes. ])ossedant pen de tionpeauv, adonaes
specialement a I'agriculture. ioges dans des maisons tres basses,
couvertes de lerrasses grossieres , formant un dedale inextricable
de rues etroitcs dans lesquelles un homnie a cheval no saurail
p6netrcr. Nous y avons reraarque un puits , une ecole . de beaux
figuiers. Le tout est enloure d'imnienses plantations de cactus
tiguiers de Barbarie qui torment une barriere infranchi.ssable.
A quatre lieucs de Saint-Leu est un lac sale qui forme I'exfre
mite de la serie de lacs qui s'elend au - delu de Miserghin :
lorsque I'evaporation de I'et^ la mis a sec . il a sur son fond
17
f 242 "
une couche epaisse de sel Ires pur qu'on expluite eC qu on livre
1 fr. le quintal. Unnavireen forniait son chargeuient a Arzeu ,
i Dotre arriveo.
Dameine, annexe de Sainl-I.eii , est plus rapproche d'Aizeu-le-
port ; celle colonie a 35:i. hedaros ; ses liabilanis paraissent pen
laborieux ; plusieurs veulent pailir. Pies du village, M. Arri a
londe une belle I'crme : il a fait des defrichenients elendus ; il a
etahli un ben 11 viguoble avuc des ceps de .Malaga ; il en a plante
uu autre de vignes de .Muscat dont les fruits seront seches : mal-
heureusemeiit les eliaeals font de giands ravages dans les vignes;
on a ete force de cueillir les raisins avant Iciir niiUiirite.
A trois heures et deniie nous prenons la diligence qui va de
Mostagancni a Oran , en passant par .Vrzeu. I.e premier village
que traverse la route , apres cette ville, c'esi Sainte-Leonie , bati
aux frais de I'Rtat . sur un beau plateau , entoure dun fosse d'en-
ceinte , compose de maisons de jolie apparence , niais qu'on dit
pen solides , habile par des Prussiens qui passeni pour indolenls.
L'etendue du terrain defriche est a.-^se/ grande. Vn moiilin a vent
a etc construit.
La route passe en vup de .NVgciVr . bati an pied de la montagne
([ui borde la c(Me , puis traverse Meffessour , colonic civile,
a constructions consequeniment varices , situee au centre d'une
plaine immense couverte de broussailles , au milieu desquelles on
voil beaucoup (b' tamarins. Cette colonic posstnle, dans la vallec
qui est au sud . une belle popiniere bi(;n irriguee. l.e fosse d'en-
ceinte n'est pas fait.
Ensuite se presente Snhit-i'.loud , colonic agricole dirigee par
M. Bouzon , capilaiiu! ail l'2c leger: nous la visitons avec beau-
coup d inler^t. Elle compte dejii 300 maisons ; on en batit encore
pour d'anciens militaires , et on projetle une caserne l.'eglise est
construitc , et un canal de d(^rivation amene des eaux abondantes
ie la raontagne. Le fosse d enceinte n'a pas ele creuse , et le di
lecteur n'en veut pas. La colonic a 2 000 hectares, et a I'espoir
4'agrandir soa territoire. Les troupes aurout defriche 450 hectares;
( 2.43 )
au Diois tic mars; Ics jaidins soul plauh's tic muriers; des uoiH
sonl fails pour l«^s plantations qui doivent border la route ; un
vaste terrain est prepare pour la pepiuiere ; il est irrij^abiecommt-
loules les cultures environuantes : quelques vignes sont plantees ,
mais les plants nianquent ; on snllicite des ceps de Bourgogne.
Nous remarquons nne belle lerme batie aux abords dii village pai-
M. Campillo. qui a oree des jardins Ires reniarijiiabies : il possede
un superbe troupeau de ch^vresespagnoles.
Les habitants de Saint-Cloud travaillent, et prubableuienl con-
tinueront leur entreprise ; ils inontrent Thufncur parisienne dans
toute sa gaitft; ils ont uue salle de bal, et ils out otabli unspectack*
d'aniateurs avant de songer aux ensenienceraents. On n'a pas
connu lestievres inlermillenles a SainlCloud : le cholera n'a fait
qu'une seule victime sur 80 malados.
De Saint-Cloud uiie route se dirige sur Christel , village silue
sur la c6te et peuple par des Espagnols.
Arcole est le dernier village que nous reconnaissous; il a
53 feux.
Nous lontournous la uiontague des Lions , en parcourant dei
plateaux elendus , d arrivons a Onin a neul' heures ot demie du
soir.
Nousconsacrons piusieursjouis a visiter cetteville, I'une desplui
pittoresques qu'on puisse voir : elle occupe les deux coles d'un ra
vin profond , dans leqnel . a 80 metres au-dessus de la mer, fait
irruption une niagnifique source qui distribue lean dans la ville,
arrose les terrains oultives , et , pres du rivage , fait tourner uu
moulin. Le ravin conserve (pielques belles cultures ; nialheureu-
sement on a eu la barbaric d'eu conibler une pariie pour former
des terrains a batir. sur remplacemenl des delicieux jardins qu
[jartageaient la ville en deux parties.
Le quartier de la ville oonstruit sur le cdlegauche du ravin
^Guest] ,aujourd'hui le nioins important, est lanciennc ville espa-
gnole; elle montre des restes de ses fortirKations ant^rieures Au
dehors de cetle partie de la ville a etc forme un cimetiere.
:!3
( Ui ^
Le quartier qui occupe le c6te droit du raviu . est comiue uue
autre lite ; elle est la plus considerable el presque entieienieul
ueuve , ses rues onl des peules eaormes. Au-dessus de cette ville
vuropeenne en est une autre habitee par les Juifs. Dans le has est la
\ille maritime que les barques viennent aborder. Enfin , sur !e
bant de lentonuoir on voit un village habile par des Arabes . el
iiu autre habite par des Negrcs.
lie qui domiue dans la population d'Oran, c Cst i'eleinent espa-
i;nol. Les homnies de cette nation habitent surtout la \ille mari-
time. On les recimnait a leur costume pittoresque : ils ont uu
chapeau souvent en velours , garni de pompons sur le bord . el
vers le haut , crmemeni pose de c6t6, unc veste brodee en appli -
cations rouges, jaunes, etc.. coninie les maroquineries du Levant,
et garnie d'un capuchon. Ils sont vils, passionues. violents et labo
rieux. Le prefet, M. Garbe, nous dit qu'il y a parmi cux nombre
d'echappes des presides. Les negres sont honunes de peine. Tons
ces citoyens , Chretiens, arabes, juifs, negres. .sont i-lecteurs, de
par la loi ; pourtant on u'admet a voter que les proprietaires.
Oranl'ait eii ce moment m^me ses elections municipales. La popu-
lation rhrrtienn*' csi asscz agilt'e . niais radiuinistialion comple
entierement siir la po|)ulalion arabe, (pii a, avant tout, le respect
de I'autoritc.
Oran rentenne sur le coteau de I'ouest , un bel hopital, dont les
batiments sont neuls , mais (|ui a conserve une mos(|uee et un
minaret carre , tres-elegant , orne d'arabesques Ibrmees par les
l)ri(|ues en saillie, entre lesquelles sont des vestiges d'incrustalion
de fayence ; parmi ces dessins capricieiix, on ne pent s'empcVher
de remanjuprdes lleurs de \)s, montrant tres-nettcment leurs Irois
pointes superieureset les Irois infericures; ces derniferes, qui son!
.surtout caracteristiques, sont bien delerminees , et plu.sieurs por-
tent encore leur piece de fayence disli note.
On remarque sur le coteau de I'e.et unc mo.squee assez grande ,
mais basse , mal tenue . sans ornenients , pos.sedanf cependani \\n
tort joli minaret. Dans les cloitres \ atlenanl, soni recus les \oya-
geurs arabes ; ils y sont en assez graud nombre.
[ 245 ■
La position d Oran est tres-forte : la villp est entouree dune
friuraille crenelee; a Touest elle est couverte par desolides forti
ficalions ; au sommet de I'immcnse coteau nomme Sanla-Cruz, est
un chjlteau en mine qui sera repare sans de grandes depenses.
Vers le milieu du ravin est line i^rnsse tour mauresque bastionoee.
Au bord de la mer, ii Test . >ur le coteau qui sc lie a la montagne
des Lions , est le chateau neul', bati par les Espagnols , en pierre*
de taille, foimant une escarpe immense; ii domine la rade et la
ville, comme la grosse tour avec[aquelle il communique. Dans le
chateau neuf, doni lelendue est considerable, sonl reunis presqup
tous les elablissemeuts militaires, ainsi que la ravissaute demeure
du gouverneur,(|ui rappelle les beaux palais des Maurcs. Le general
Pelissier nous y offre I'liospitalite avec une parfaite cordialite, el
nous fait tiouver a sa table les autorites de la province. II preud
ta peine de noiis faire voir les beaules de sa residence : il nous fait
remarquer uaepanlbere, griina?anl, s'dlaiiyaul violemment centre,
les barreaux de sa cage, presentanl tous les signes de la plus
grande ferocite, el se laissant pourlant gratler familierement le
sourcil par son mailre.
Du cote de la terre, a 1 entree de 1 entonuoir d'Oran. est une
coupure abrupte, qu'on a uliliseepour retablissementdes carrieres,
et qui mettrait dans une position perilleuse les assaillants qui vou-
draienl s'approcher des murailles. La ciete porte une ligne de
blockhaus et le fort Philippe. Entre cette ligne et la ville sont le
villagearabeelcelui desNegres, etuncaravanserail.bati avec luxe,
dans le style oriental qui aete convertien hopital, faute d'emploi.
La raded'Oran est immense, peuprofondeaux abordsde la ville,
ouverte et pen sure, quoiqu'abritee contre les vents d'ouestpar \h
pointe de Mers-el-Kebir. Mais celle-ci couvre un beau port, (|ui a
plus d'eauquecelui d'Arzeu, et qui est plus tranquille, quoiqu'il ne
jouisse pas dun calme parfait. Sur limmense rocher qui forme
la pointe de Mers-el-Kebir sont etablis phisieurs forts, un pharc a
feiix tonrnants et de nombieuses batteries dont les inferieures sont
i.aseinatees. Quel(|nes-nns de ces ouvrage.'; sont fondes sur des
246 i
blocs artificiels, seniblables a ceux employes a Alger, maisprcsque
tous reposent Mir le rocher. Ces prands travaux, ces forlificatinns
enormes qui balleiil la mer pt la rade, font de co point un poste
formidable. An pied dcs forts est nn joli villaco qui a regu le nom
de Mers-el-Kebir : il est nui a Oran par nne route, taillee dans Ic
rocher, parnio dun parapet dans presque toule son etendue, con-
tournant tout uii rote de la rade. et traversant pres d'Oran, Ic
petit village de St. -Andre. Tontes cos constructions sont vrairaent
cyclopeennes. A Mers-el-Kebir, ro.sidc en ce moment M. Kremcr ,
pbarmacien militaire, botanistc dislingiie. ()ui sr livre a letude
de la nore algeriennc avec beaucoup de zele et de succes. Les
fntretiens ((ue jai ens avec lui out ete pleins d'interel pour moi.
La plaine d'Oran, (lui coinmencc au liaiil flu ra\in dan.s lequel
«;'est nichec la \ilb' . a uue penle inverse a celle dii rivage, de
5orte que ses ean\ seloignenl de la mer, et se jeudent dans des
lacs sans issue, i.a crete, dont nous avons parle. porte des nion-
lins a vent, miVs par (juatre grandes ailes triaugulaires , entre
lesquelles des voiles plus petites souL quelquetois intercalees.
utiles usines dans un pays oii I'cau est rare, et doit ^tre utilisee
pour les irrigations. Le sol de la |)laine est leger. un pen sablon-
nen\. souvent |)ierreu\ : les eau\ y sont generaloment sanmatres.
pourtant la culture s'y etend plus . pcul-(Mre , qu'eii aucune autre
localite : tous marchands , tous employes, qui out des economies,
Ips placent en terres et commenrent une exploitation.
A Iraver.s ce vasle terrain, des routes ont ete tracees, mais non
encore empierrees, elles s'eiendeni en rayonnant d'()ran , et sont
reliees par qiiatre chemins deceintures, el (ni('l(|ues-ims en diago-
■ale.
On voit, au loin, vers la base d'une cliaine de monls pen eleves.
la Senia, bati depuisquatre annees, Valmy. ou Le Figuier, village
civil, Manirin. colonic agricole, Sidi Clianiy. A droite, la plaine
arrive an grand lac. <'t en deca. dans un pli de terrain, se cache
Miserghin. Les Arabes ont presqu'entieremenl abandoune les envi-
rons dOran : on a re.pris les Merina. comprenant 2.000 hectare^,
( 247
dont les beys donnaient la jouissance. a rertaines tribus , et que
les Arabes ont vendiis sans droit. Mais on les concede aux acque-
reurs depossedes, auxquels on accorde, d'ailleurs, quelques sub-
sides, Cette annee on a distribue des eDcoiiragements s'elevant a
40,000 fr. et des primes pour constructions, alteignant la m^mr
somrae. Ce sysleme a donuc d'excellonts resultats.
En parcourant la plaine . nous allons visiter la ferine de M. An-
drieux, qui a achete son terrain, comnie beaucoup dautres habi-
tants. Cest le premier colon de (-e canton : il a commence son
exploitation des I83G; il a laboure, son fusil sur I'epaule, a subi
un siege dans sa maisou , el a repous,se les Arabes ; niais ils lui
ont vole quarante-cinq betes a cornes. II a creuse, avec un plein
>ucces , un puits pour recueillir el absorber les eaux dun ravin
'jui rava^eait scs lerres. C.e colon a liefriclic plus de cent hectares ;
il se serl dune cbarrue a avantlrain, trainee par deux chevaux :
il seme sur les jacberes un melange de vesces, avoine, orge el
seigle , qui lui donne une coupe en fevrier, une deuxiemc en mai
on juin. II prend le fuinier dune caserne de cavalerie.
Nous vo)ons (Misuite la maisou carree on la maison blanche
Dar beida i pres de laquelle est etabli un vignoble et uuo plan-
tation de milriers; le defricbeineut y a coute de liSO a 150 francs
par hectare.
Nous voyons ensuile une petite maiNon qui a coute 1,"2U0 fr. el
qui forme une habitation assez convenable. Puis la ferme Jfor^ww,
bien conduite et bien plantee; VEtoih, village qui n'a encore que
Irois habitations: les autres entoureronl une place circulaire.
forraee an point d'intersection de six route?, et s'etendront sur les
bords de ces routes: enfin la Senia, joli village qui se relie a
Oran par une belle route plantee de quatre rangees de beaux
miiriers ; les proprietaires des terrains riverains les ont plantes en
fonlre-allees ou en quinconces, de sorte que la route ressemble a
relies qu'on admire aux abords des capitales.
Enlre la plaine Ht la mer, a I'onest d'Oran , s'eleve une (•bainf
de montagnes (|ui laisse enire leur pied el le rivage la plaine elp-
( 248 )
vec des Audalouses, dans laquelle deux village.*; sonl prepares. Les
gens de Mers el Kebir, (nii n'en sonl separes que par leur mon
tagne . j vont porter leur culture. Tous les villages de la plainc
d'Oran sent ouverts. C'est, a notre avis, oublier les regies de la
prudence ; il serait necessaire de placer de solides maisons Ao
mani^re a detendrc I'aiiglomeration deshabitalions.
Le dimanclu', decenibre, a 4 beures du matin, nous nioaton<^
dansuue voiture trainee par quatre cbevaux arabes, et conduits
par deux espaguols. Nous prenons la route do Tlemcen qui
cdtoie le grand lac. Nous avons ele forces de laisser a Oran notrc
ami Denissd , indispose depuis Alger. Une consultation demede-
rins, residant on Afrique. avail declare qu'il 6tait couvenable de If
faire passer en France, sans delai, mais i! n'a pasvoiilu metlre iina
son voyage. Nous traversons Misergbin , avant que le jour soil
venu ; a peine pouvous-nous disceruer le grand lac dont une
petite parlie c■OJlser^e ses eaux. Au-dela de Misergbin , le cheniin
est a peine trace. Au lieu nomine Brcdia, nous trouvonsdes chau-
mieies en roseau , balics par des gardiens de pores. Nous voyon>
la a quel point le vainqueur a lespeote religieusement la propriete
du penple vaincu. In vieux soldal , qui a seize ans de service, a
construit une cabine de vingl pieds de long sur clix de large : il
paie, [)Our !<• loiids, di\ I'rancs par niois aux Arabes!
.■^nr la gauclie nous apercevons un grand village ueul.
Nous somraes loujours sur les bords du grand lac , doni les
caux pendant I'hiver s'elevent a 0'". 50, mais ([ui maintenant .
par iVflel de ['evaporation , est totalenieut flessecbc dans sa
partie occidenlale ; il ne represeute qu'une inuneusc plaine nue.
jaune . unie, tellement impregnee de sel que toute vegetation y
est impossible. C'est le desert. Sur les bords du lac, dans les parties
(|iii out etecouvertes par des eaux assez lorlemenl salees, on voit
pousser des salicornes et d'aulres plantes maritimes; ensuite
des stalir.e limonmm el autres especos ; puis viennenl, dans
!es bas-l'onds ijiii sont restes couvcrls d'eau pen cliargee de sel,
des pjantes niarecagenses ordinaires. lelles que le ijnciisji^ulus.
( 249 )
Siir ks nves> non inondees apparaissent le.^ graminees. el Ir
chamaerops qui couvre de ^ astes espaces , el plus haul des brou*>"-
i^ailles epaisses.
Apres nous ctrc anetes quelques instants sur ce point curieux,
nous continuous a traverser des solitudes jusqu'aux xkr putts ,
grande lialle, oii onf ete creuses nonibre dc puits pour satisfaire
aux besoins des voyageurs et des troupeaux. Nous en coniptons
huit, dont trois sont abandomies, les cinq autres en bon etal, e(
sarnis de leuis poulies. L'eau est a cinq metres de profondeur, el
n'est nullemenl sauniatre. Un pen plus loin est une belle noria.
composee d'une corde sans tin, garuie d'une double seriede seaux
s'elargissanl au fond, el non peroes de Irons. Ce chapelet est mis
en mouveinenl i)ai' une lanterne qui est placee en haul , et que
tail tourner la roue a engrenage d'un manege.
Aux six puits a ele batie une hdtellerie a murailles crenelees.
susceptible d'une bonne defense. I; hole est un chasseur : il nous
sert un dejeuner dont le sauglier , les perdrix rouges, et le lapin
font !e menu. 11 nous vend deux peaux de lynx.
Pres de eel etablissement, M. Genard , Alexandre, de I'lsere .
boulauger etboucher, a dejii construil une autre nuiison en clayon-
nage, et demande k conserver Templacementde sa bara(|ue. C'est
la une difliculte ! Kvideniment si un territoire elail disponible en
c€s lieux, un village iinportant ne tarderail pas a se developper.
Les pores pullulent dans ces cantons : quinze truies ont forme,
en deux annees, un troupeau de cent cinquante teles, bien qu'on
ail vendu ime (|uantite d'eleves sufiisante pour payer les meres.
Ce troupeau est estinn; six mille francs; il ne coule rien a nourrir.
Les pores nuingent le raisin du palmier nain (la grappe des fleurs
etdes fruits), les tubercules quicroissent sur les racines,lesiunoni
hrables escargots qui se cachenl sous les feuilles du chainaerop>.
Le palmier nain qu'on est liabitue a regarder eomine le lleau
de I'Algerie, y rend cependant de bien grands .services : il abrite
les herbes don.l se noiirrisscnt les li(>upe;iu\ ; quand !•' soleil a
loiil bri'lit''.'liii senl rcsisle ef noiirril les i)(i'ufs, les nioutons, le'-
' ' •;.;
c
{ 250 )
pores, les chameaux , Ihorame lui-niemc en mange le coeur ; 1^
tissu charnu de la souche. quoiqu'un pen acerbe. n'a pas un goilt
desagreable ; ses fibres peuvent servir a la fabrication du papier.
Nous avons pu voir, en ces lieu\ ecartes, la culture arabe, aver
lous ses caracteres priniitifs : le laboureur a une oharrue forraee
dim soc en bois , terniine par un fer plat, imitaut assez bien In
seraelle d'un Soulier. Sui ce soc est implante un long mancherou
en bois grossier, assez droit, rendu raidc an moyen dune double
corde d'alpha . qui va s'allachor au soc el se tord par un petil
baton . (oninie la corde dune scie. A eel iiislininent sont atteles
deux chevaux greles, douttoul le harnaiscsl aussi lornie d'alpha ;
i! consisie. en un licol qui remplace la bride, rl qui li(>ut a uue cordf
qui va futourer le cou du laboureur. el en nne sorte de bricol .
garni de lambeaux de drap ou decuir, d'ou parleni les trails qui
vont s'attacber a uue traverse fixee au bois de la charrue.
LArabe choisit le terrain qu'il veut enseniencer, c'est un point
ou les broussailles laissentdes intervalles nus. II les entoure d'un
sillon sinueux. 11 est muni d'lin couflin plein de grains, il en
prend dauN iiu pli de son v^tement el les repand avec parcinionir
sur Tespace irregulier qu'il a circonscrit ; alors il en dechire hi
superlicie avei- sa charrue sans versoir. (^lela fait, il altoud I'e-
poque de la nioisson.
Nous continuons noire route par un temps superbe; depuis notre
arrivee en Afrique, le soleil elait brillant, la temperature chaude;
retail le plus uiaanifique printemps. Nous traversons un pays un
pen nionUieux. sablonneiiv. convert debrouj-sailles, sanshabitation;
nou^ reiuontrons senlement ca et la, des tenles, dc-' troupeaux de
nioulons, de b(Pufs. de chameaux. Nous arrivnns au flio Sakidn ,
riviere encaissee , dont les canx soni salees, et (|m"()ii traverse snr
un ponl a ramericaine.
Au-dela de ce cours dean imporlaul , le sol est plus mou-
tueux, mais non difficile, il est d'aboid assez fertile, les brous-
sailles devieinicnl clevcfs. loulTiics, et peuvent passer pour e>
taillis, elles sunt forinees de Icntisqiies , de cht^nes . de philh-
t 251 ,
r^a , etc. Le terrain est ensuite aiternativeraent sablonneux .
pierreiix, fertile. De loin en loin on aper^oit des gourbis.
Nous arrivons de bonne heure a Am Temouchetif, rolonie
qui se fonde , et oii nous irouvons nn ,2:ife passable ,lj. Une
belle source, qui arrose desjardins fertiles, on assure la prosperite;
pourtanl une partio du terriloire disponible. celle qui est situee
sur la cdte-jCst oxlr^menieut pierreuse, Sur celtc cdtc sont les
mines dune cite roniaine, des cilernes resteni entieres, et I'opi-
nion des officiors eM qu'on reussit loujours quand on s'installe
sur un eniplaceineni choisi par le peuple roi. Au bas est une vallee
dans laquelle coule uiie polite riviere , qui lecoii la source d'Ain
Temouchent e( qui va s"unir au Rio Salado. Pres des mines a et»;
forme un camp letranche dans lequei loge une conipagnic , im
capitaine, un cbimrgieu , un chef de bureau arabe, qui nous font
tres-bonne reception. L'ofticier charge des affaires arabes parail
avoir bien etudie les indigenes , et nous parle de leur organisa-
tion : les chefs .sont nobles , ou marabovts; les terres de la tribu
sont connnimulpx , niais le ricbe . qui seul a des baufs et des in-
struments aratoires , tire exclusivement profit du sol. Les moeurs
sont fort dissolues dans le.s tribus ; I'adultere y est fort frequent ;
il est punid'une amende de viugt francs ; les maladies %'eneriennes
) sont tres repandues et inveterecs.
Partis d'.Vin Temouchent le lundi, dix decembie, a sept heures
du matin, nous fraversons un pays qui devient a cbaque pas plus
montucux ; sur de larges espaces , depourvus de palmiers et de
broussailless'eleudent les cultures arabes : nous Irouvons abondani
et touffu le grand gramen (arundo festucoides ] qu'on coupe pour
la nourriture des chevaux et que les Arabes nomnient Difa.
Bienlfit la pluie commence et le pays devient de plus en plus diffi-
cile. La route qu'on u'a pu se contenter dc tracer seulement .
setablit sur le flauc des monis ; nous passons pres d'Ain-Cabalek.
(i) Un dfcret dii Presidciil ijsiivioi iS.Sj) , vieni (inniiniiipr 1.4 (oriinliDii il'un
ifulrc lie |)<>piilalioii ;i Aiii-TemoiioliPiil.
' 262 ■)
belle foataine siluee sur la route et pres de laquelle on propose
de placer un village. La pluie tombe. alors par torrents. Quand
par instants lean lesse de ruisseler. nous voyons les nuages
rourir et rouler sur les pentes des vallons voisins ; ils s'epaississent
autour de nous de nianiere a nous emp^cher de distinguer les
objets a cinquanlo metres de distance ; les vapeurs se resolvent
en eau , elles nous enveloppent , nous penetrent el nous inondent :
nous pouvons vraiment juger ce que sont les pluies d'Afrique.
La route devient effroyable. Nos coursiers arabes , freles . abat
tus , incapables de tirer, sortent a grand peine des bourbier-
qui vienneut de se lormcr. Enlin nous ani\oiH sur I'lsser, an
point ou Ion construit un pont en niaionneric. ot nous passon>
sur un poutprovisoire forme de bateaux, les souls que nous ayon>-
vus sur les cours d'eau deT-Vlgerie. Nous parvenons a nous abritoi
■ious une baraque de branchages et de planches, oil sont entasse-
les ouvriers constructeurs , et oii nous obtenons a grand point-
(juelques aliments.
Nos chevaux elaient harasses: il lour otail absolument impos-
sible dc nous tirer do la. Heureusemenl un camp a^ait olo fornix
pour dofondro ol aider les travaillours. Jocrivis an commandaiil
du camp, Ic capitaiuo Guimas, du 9'" do ligno, et lo priai dc nou'^
procurer un attelago. L'entrepreneur mit a uotre disposition six
chevaux. cl nous pumes reprendrc la direction de Tlemcen.
Del'Isser a cette ville le chemin s'eiablit sur la crete des jnouts.
parcourt des plateaux elcndus . traverse quelques vallees pen
profondes, quolqucs ravins, (juelques ruissoaux que nous trouvon>
tres-grossis. Nous aporcevons, surloul a noiro droito. dc longues
vallees qui semblent parallelos ; enfin apre? quelques heures de
inarche, uu imnionso bassin s'ouvro devant nous et sur un pla-
teau surmonte de cimes elevees , nous apercevons , a droite, la
ville celebre, aulour de laquelle, a une certaino distance, s'el^veni
doja des batimenis (uiropeens. Nous traversons lo village Negrior,
m construction : puis dos vorgois plantos do nonihtoux et suporbos
oliviers. Nous somnies a la porto de Tlonicen.
{ 253 )
Le chef du postc nous vemet uue invilalion du general Mac
Mahon, qui prevenu de notre arrivee, uous engage a nous rendre
au quartier general. Le gouverneur nous y regoit d'une manieie
loule amicale , et nous fait diner avec M. le lieutenant-colonel
Bazin, chef du bureau arabe, M. Gobert, comniandant du genie,
M. d'Abrantes, aide-de-camp du general, les autorites civiles, etc.
La conversation roule naturellenient sur les questions qu'on
pent plus facilement resoudre, dans I'un des postes les plus avan-
ces de la colonic, sur les relations qu'on pent etablir avec le pays
situe au-dela de la region des forets, dont Tlemcen nest separe
que par un espace de dix lieues. iNotre influence se consolide dans
les kauts plateaux : quatre puissants chefs de ces contrees venaient
de faire leur soumission et avaieni fait leur visile au general Mac
Mahon, avec un cortege de 4,000 chaiueaux. Notre commerce avec
les tribus qui les habitent preud de I'extension; nous leurfournis-
sons du ble; nous pourrons facilement leur vend re les produits
de I'industrie europeenne , et nous les porterons jusque dans le
Maroc. Autrefois les indigenes livraient en echange des marchan-
dises dont ils s'approvisionnaient . nn grand nonibre de negres ;
ils ne peuvent plus maintenant en aniencr en Algerie . mais ils
en vendent encore beaucoup en roule. Ils nous livrent, corame
jadis, des quantites considerables de jlaines. Les nioutons pros-
perent dans lesplaines imnienses qui s'etendent au-dela des cretes
du Tell : quelques puits fournissent nne eau sulfureuse suffisanle
pour abreuver les nioutons , qui ne boivenl que tous les quatre
jours, el la chacun adroit de faire paitre les froupeaax qu'il peu(
t^lever. Le parcours est ouvert meme snr les proprietes indivi-
duelles, lorsquelles ne sont pas cultivees. La toison de quatre
livres vaut acluellement a Tlemcen 1 fr. 75; au printemps elle
vaut 1 fr. 50 ; les Arabes en diminuent souveni le poids et le
reduisent m^me a deux livres.
Les officiers avec lesquels nous nous entretenons sont grands
partisans de I'adrainistration militaire ; ils la jugeni infini-
Bienl active el economique : le commandant de place ajoute
254 ]
d ses foiiclioiis celk- do jujie de pai\ , celle dt; jti^e cousuiaire. 11
t'audra d^penser 20.UU0 IV. si on lui t'lilevc sos altributions. On
d«*!pensera 56,000 fr. en ingenicitrs et omploycs. qiiand on 6tera
les routes, etc. aii\ officiers dii genie, etc. 11 v a beaucoup de
vrai dans ces assertions , poiutanl on iie pent se dissinuiier que
I'crlaines fonctions, cellesdcs juges par cxoniple , sont pen compa-
tibles avee le (.ommandement niilitaire; il faiidra les separer
qiiand les interets coloniaux se compliciueroul davantage. Parmi
Ics projets qui doivent ameliorer la colonisation de la subdivision
de Tlemcen, on signale comnie le plus important, letablissement
dun port a I'embouchure de la Tafna ; il servirait a approvi-
sionner les grades \allenes qui seteudeul dans I'ouesi de la re-
gence, el meme I'empire du Maroc; il taut eviter avec beaucoup
•le soin de faire de graudes depenses la oii une rade foraine est
suflisante; mais sans doule , on adniettra la necessite d'ouvrir
un refuge a nos navires presquc au debouche du delroit de
Gibraltar.
Nous allons prendre un repos que notre rude voyage a lendu
necessaire. impatients de jouir bientcit de la vue de la capitale des
rois de Tlemcen , de qui relevaient (ireiiade el f.ordoue , et qui ,
dansl'ouest. efaient aussi puissanlsque I'etaieni dansTorienl les
cables de Bagdad.
Aux premiers rayons du joui . nous visitons avec curiosite I'an-
lique cit^, la reine del'.M'rique, la perlc de I'occideut : la raetropole
des Maures n'est pas aude.ssous do sa reputation; elle est assise
sur un admirable plateau, eleve de 800 metres audessus de la
mer, escarpo de tous cdtes, lerminant I'immense amphitheatre
sillonnepartout desaffluentsde laTafna ; elle est adosseea la mon-
tagne a pic , qui labrite des vents du niidi et lui verse en sources
ct en cascades Ics caux vives qui repandent partout la fraicheur,
et vent arroser les delicieux jardins qu'embaument les orangers
eties citronniers, queparentlesvignes, les (iguiers, les grenadiers,
de vigoureux oliviers. Ce sejour devait tHro choisi par Ics I'astueux
monarques qui venaient de I'Orient . el allaieut repandre eu
s
< 255)
Espague les nieiveilles de leur civilisatiou . nieieore luinineux
au milieu des ten^bres du moyeu age.
La ville a eii une etendue cousideral)le et couseive deiiombreu.v
I't notables vestiges de sa graudeur passee ; nous dislinguons
(1 abord Ics restes de ses sepl enceintes successives, qui ont ete en
se retrecissanl , a niesure que la puissance des Maures d6clinait.
et que lenombredes habitants s'eloignait du chiffrede 200,000,
attaint aux epoques de spiendeui' ; elles sont formees de bloc:
de b^ton , donl on distingue les joints ; elles sont cienelees .
munies de banquelles vers le haul , tlanquees de tours mndes ou
carries ; elles lappelcnt entin les plus beaux types de lage feodal.
L enceinte actuelle enlernie 32 hectares.
Parmi les monuments qui frappeni I'atteation , est une graude
mosquee , disposee conime celle d'Alger . mais plus vaste , plus
elevee , a arcades mauresques ties-prolondement decoupees el
dentelees, du plus curieux effel. Ses murailles sont creusees de
decoupures elegantes , capricieuses , d'un fini admirable ; des
traces de peintures mauresques remarquables font penser qu'un
grand luxe etait d^ploye dans la decoration de ce temple. Le
portail et le minaret sont couverts de fayence, formant des arabes-
ques, enduit eclalant , splendide , ne ressemblanl a rien de ce
que nous connaissons. Ces fayences ne sont pas des carreaux
dont on reconnait les joints; elles sont formees de pieces de
configurations diverses et faites expressement pour s'adapter
aux dispositions del'edifice et dissimuler les points d'assemblago ,
imitant ainsi les fragments des verrieres gothiques. Gettepein-
ture vitrifiee, appliquee a I'architecture exterieure , dun style
vraiment oriental , rappelle en quelque sorte les mosaiques bysan-
tines , mais ne repr^sente pas de personnages , et conserve de
la r^gularite dans son ensemble , parce que les arabesques qu'elle
lorme sont symetriques.
Une autre mosqu6e plus petite est peut-^tre encore plus remar-
quable que celle dont nous venons de parler : Elle a aussi des
lafences sur ses facades, mais elles sont encadrees , dans les des-
{ -256 )
sins originaux tormcs par les briques ♦^n saillie, analogues a celled
del'hdpital d'Oran. On croitaussi rcconnaitre des tleurs de lys,
dans les attaches dos lignes gracioiispiiu'nl conloiirnees for-
inees par les briqiios saillantes ; niais la partie inl'f.rioure df
la (leiir de lys iiapparail pas coninic dans lo minaict d'Oran.
A rinlerieur, la niosqiiec a descolonnes de marbro blanc de stylr
antique , des decoupiues dun fini exquis , delicatcs conime une
guipure, ne constitnant plus nne fantaisie : ces trails dont les
('ontours si capricionx couvrent les murs, fornienl des inscriptions
en caracteres arabes; ce sont des versets dn Goran, dont les lettres
sont illvstreen , plus eleganimcnt que cellcs des vieux missels des
moiues. La voute i)n'senlo des restes do menuiscrie a coinparti-
nients a jour , disposes de nianiere a cacher la charpente du toil .
el lormant une decoration dune rare elegance. Celte mosqu^e
>ert mainlenant de niagasin au fourrage.
(Test a TIemcen qu'on comprend larchileclure niauresque ;
Alger nen donne (pi'mi Nouvenir Iraditionnel , ses ouvriers
u'en avaicnt pas I'inlelligence; les guipures des murs n'}
not plus de sens, elles sont une imitation raaterielle, sans
Tesprit ; les carreaux de faience reguliers, el vendus au cent,
dans la boutique , bien que n'elant pas sans originalite, lie souf
qu'une grossiere tvaduction des belles compositions de TIemcen
qui ferment une peinture d'un eclat eternel , admirablemcut har-
monisee avecrarchitecture ; les charpentes grossieies qu'on Irouve
quelquefois dans les belles constructions algeriennes , sont bieu
semblables aux squelcttes de la construction de TIemcen, mais on a
(tublie leur Elegant vetemeni de bois artistemenl decoupe, peint.
dore , merveilleusenient assorii a I'ensemble des edifices.
TIemcen a conserve iin magnifique bassin qui vient d'etre
deblaye : sa superficie a plus de liois hectares ; ses murs con-
slruits en beton ont 9 metres d'epaisseur; il etail rempli par les
faux de la cascade qui tombe de Tangle de la montagne, ^'es
delAlmansour, etles repandail dans les jardinsoudanslespalais
L'Almansour , est un monument fort singulier : C'est un im-
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mense pentagone irregulier, grand conime line ville, entoure
d'une enceinte liaule, crenelee , flanquee de tours de 20 metres
en 20 metres, coustriiite en blocs de l)eton d'une enormeepaisseur.
Elle renferme les ruines d'une mosquee qui conserve la moitie de
son minaret; il a ete conime fendu dans toute sa hauteur, la moitie
sud a ete detruite, la moitie nord reste debout tout entiere , haute
de plus de cent pieds , comme pour nous montrer I'elegance des
arabesques , des mosaiques en faience , des colonnes de marbre
blanc qui ont orne cet edifice d'un aspect ravissant. A I'interieur,
le minaret presente des voutes servant de paliers a des plans in-
clines qui remplacent les marches. A quoi a servi cette vaste
forteresse, dans laquelle on ne retrouve d'autres ruines que celle
de la mosquee? La legende dit qu'Alraansour ( le victorieux ) qui
vint de Fez pour s'emparer de Tlemcen, ne pouvant la prendre ,
resta dix ans sous ses murs, ct construisil un camp fortifie pour
mettre son armee a I'abri des attaques des assieges. Jelaisse a
de plus habiles le soin de discuter cette opinion.
A I'extremitede la ville opposeeal'Almansour est le Mechouar,
ou citadelle de Tlemcen que defendit si bravement le general
Cavaignac contre tant d'Arabes, et certes avec leurs moyens
d'attaque , lis resleront plus longtemps qu'Alniansour devant uuo
telle forteresse , defendue par une poignee de Francais. La, sou*,
reunis lous les etablissements mililaires.
Pres de la citadelle est la maison du gouverneur, solidement
batie par le genie militaire, vaste, renfermant plusieurs cours
dans I'une desquelles est reuni un troupeau d'autruches que le
general fait manoeuvrer comme un escadron.
Le quartier qu'habitent les Europeens, au nombre de 1,500 ,
est neuf et bien bati; celui habile par les indigenes, au nombre
de 15,000 est forme de maisons miserables , bordant des rues a
peine praticables. Elles renfennent un grand nombre de fabriques
de selleric , de bijouterie, d'eloffes pour haik, etc.
La ville est entouree des plus beaux jardins, tous parfaitement
irrigues et ombrages par des bosquets charmants d'arbres fruitiers
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de toute espore; los orangors sont converts de fruits; roais Ics
oranges sont plus pctites et moios donees que celles de Blidah;
dies murisscnt dinicilemeut sur le plateau eleve de Tlemccn, elles
acquerront de meillenres qualiles dans laplaine.Les oliviers ont
des fruits tres-gros et paraissent provenir de bonlures , fournies
par les ancienncs cultures des Manres.
La contrec que domine Tlemccn crcusee en vallees convergentes
parconrues par la Tafna , I'lsser et leurs aflluents , est magni-
(ique, fertile, couverte d'oliviers, entieremcnt cultivee ;j 10,000
hectares y sont actucllement a la disposition de radniinislration
francaise , nn tiers est susceptible d'etre irrigue. Le general
estirae a plus de 140,000 hectares Ic norabredes terres disponibles
dans la subdivision. Cela tient a ce qu'Abd-el-Kader a force toute
la population a le suivre, quand il s'est refugie dans le Maroc, et
que beauconp de families sont encore en emigration.
II sera facile d'obtenir d'autres terres encore; les indigenes
consentiront a livrer une partie de leurs proprietes, si Ton veut
ameliorer I'autre; le barrage de I'lsser permettra d'irriguer 800
hectares appartenant a un seul arabe; on lui a propose de lui
en laisser 200 irrigues , et de prendre le reste , il y a consent!. II
y a dans de tels arrangements deux avantages , livrer une partie
du sol aux Europeens , conquerir I'arabe a la civilisation ; 500
concessionnaires ont deja recu iO hectares chacun; I'administra-
tion a recu 4-00 demandes de concessions nouvclles.
Nous raontons a cheval pour parcourir le vaste el riche territoire
dans lequel le general Mac-Mahon a deja fait elever trois villages
pour les colonies agricoles , Saf-Saf superieur , Negrier , Brea ,
et marque Templaceraent d'un qualrieme. Tons , places sur
des hauteurs , faisant face a la mcr, recevant les vents d'ouest et
du nord , abrites contre ceux du sud , sont bien pourvus d'eau.
etentoures d'un fosse, avec un parapet, etun bastion aux angles.
L'un de ces fosses soigneusement terrasse , et dont les bastions
sont raurailles a coute 20,000 fr., un autre assez grossierement
fait a coute 3,000 fr. Le general qui veut que tous les villages
soient fermes, estime ce dernier suffisant.
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La depense des fontaines s'est elevee a 3,000 fr. par village;
celle de chaqae niaison n'a pas depasse 1,500 fr., parce que les
tuiles ont ete posees sur des roseaux porles par des combles hruts,
et que la hauteur du batiment est raoindrc que dans les autres
localites , ce qui n'a aucun inconvenient ; les colons ajoute-
ront certainement un etage a leur habitation ; ils y ajoutent
deja une cave et des etables; les cultures commencenl avec facilite
dans les champs qui etaient tous laboures par les Arabes ;
la charrue preferee par les colons est une sorte de brabant avec
avant-train.
Apres les quatre villages , on en construira d'autres formant
une deuxieme zone, puis une troisieme , tous les centres de popu
lation, s'appuyant les uns les autres.
A trois lieues de Tlemcen , il y a une belle foret composee de
chenes-lieges etchenes blancs qu'on peut exploiter pour les con-
structions. On a mis le feu acertaines parties eton va couper les
rones sees.
A cinq ou six lieues dans Test, sont les mines d'une ville
romaine, d'une grande elendue , dont M. Maccarty releve actuel-
lement le plan; Tadministration dispose de 1,800 hectares irri-
gables pres de la ville des Romains; ils seront concedes.
Les grands conquerants ont occupe Tlemcen meme, car nous y
avons vu des pierres tumulaires avec inscriptions latines.
Nous avons parcouru , a cheval , tous les sites oii s'eleveront
bientot, on doit I'esperer, des communes francaises, qui profiteront
des dons du plus beau climat de la terre ; nous etions arrives sur
leterritoire des tribus , en vue des montagnes abruptes , au mi-
lieu desquels le general Mac-Mahon fit une si rude guerre aux
Arabes qu'il fallait depister de rochers en rochers, etpoursuivre
sur des escarpements droits comrae des murailles. Vers le soir,
des multitudes de cavaliers sortent des plis du terrain, se pre-
sentent devant nous, les agahs , les drapeaux , et la musique
en tete ; cette musique se compose de sortes de tambours de
basques fails de pots d« gres, et de cornerauses bizarres dont les
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tiiyaux sunt en corno. Les drapeaux portent au coin uu yacht
tricolore , tenioignagc dc la fulelite du goiini ; les agahs el Ics
chcicks, dont plusieurs portent la croix d'honneur, sont converts do
leurs bnrnous d'invcstitnre; dc coulenr ecarlate ; ils se detachcnt,
mettentjjicd aterre, viennentnous baiser la main, sc rcmetlcnt en
sellc, et rctonrnenl vers leurs gens. Tons les cavaliers du goum alors
se precipiteut sur nous ventre a torre , tirent leur coup de fusil a
dix pasdenos rangs, s'arretent brusquenicnt, se retournenlet s'cn
vont au galop, brandissant leurs arnies, jetlant leur fusil en I'air,
le faisanl tourner au-dessus de leurs teles; ils rcviennent en
couranl, les burnous flottant au vcul , se repandent autour de
nous, ct contiuuent ainsi leur ctourdissantc fantasia; eufin nous
poursuivons iiotre route, et ils nous forment une tumultueuse
escortc. Parlout, quand nous passons au-devant des douaires ,
on nous prcscnte le lait , et les guerricrs grossisseut notre
cortege.
Vous voyez ces honunc>s , nous disaient les officiers qui chevau-
chaient avec nous , ils sont devoues , ils ont conibaltu avec nous,
ils ont recu des blessures a notre service, plusieurs soul decores,
eh bien I notre opinion a tous , est que les plus attaches ne resis-
teraicntpasa rentraincmenlde la revolte,si elle se ralumait. lis
regardent notre expulsioucomme marquee dans le temps; toujours
amateurs du merveilleux , ils attcndent le Messie vainqueur, qui
apparaitra avec des signes rairaculeux. Un spahis iidele, qui a
recu trois blessures dans nos rangs , invite a faire admcttre son
fils dans les rangs, corame enfant de troupe, repondaitau general :
c( Non ! moi je vous ai donne mon ame ; mais vous sercz chasses
avant que mon Ills soil mort'.je ne veux p