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MEMOIRES ET DOCUMENTS 



PUBLIÉS PAR 



f f_ 



LA SOCIETE SAVOISIENNE 

D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOC-IE 



MÉMOIRES ET DOCIMEIVTS 



11 



PUBLIÉS PAR 



9 




\ mmmi 



nisteiËi 



ET D*ARCIIÊOLOGIE. 



TOME PREMIER. 




CHAMBÉRY 

IMPRIMERIE DU GOUVERNEMENT, PLACE S. -LÉGER. 



MDCCCLVI. 



i^TER 



RAPPORT 

SUR LA FORMATION ET LES TRAVAUX 



DE LA 



SOCIÉTÉ SWOISIENNE 

D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE 



Messieurs, 

La pensée de fonder à Chambéry une Société na- 
tionale d'histoire et d'archéologie , dans le but de re- 
cueillir et de publier les documents relatifs à notre 
histoire , et de donner en même temps une impulsion 
nouvelle à l'étude de nos annales , fut partagée dès le 
principe par tous les hommes qui en comprirent l'uti- 
lité. 

L'initiative en est due à MM. Rabut François , pro- 
fesseur d'histoire au collège national de Chambéry , 



VI 

Claude Saillel, professeur de liUéraUire au même col- 
lège, et Joseph Dessaix. 

Les fondateurs se réunirent pour la première fois 
le 6 août 1855 dans les bâtiments du collège national 
( salle de l'école de dessin linéaire ). 

M. J. Dessaix prit la parole en ces termes pour 
développer le but de l'association : 



« Messieurs, 

« Au milieu de l'élan général qui pousse les généra- 
tions nouvelles vers les études sérieuses, il est un fait 
pénible à enregistrer, c'est qu'on ignore généralement 
en Savoie l'histoire de la patrie. Nous n'avons pas à 
examiner ici la cause de cette apathique inertie pour 
tout ce qui touche à l'honneur et à la gloire de notre 
pays; mais nous ne pouvons nous empêcher de la dé- 
plorer en songeant surtout que l'histoire est l'école des 
nations , et que nos annales renferment des pages aussi 
brillantes de faits , aussi belles de morale que celles 
d'aucun autre peuple. 

« Si nous jetons un coup d'œil sur la période de 
l'indépendance gauloise, nous voyons les Allobroges 
se signaler par leur bravoure et leur intrépidité entre 
tous ces peuples de la race gallique disséminés des Al- 
pes à l'Océan. Leur valeur devient proverbiale. Plus 
tard Rome leur fit la guerre; elle les vainquit sans ja- 



VII 

mais les soiimellre. L'histoire et la tradition racontent 
la résistance désespérée que les Centrons opposèrent à 
Tenvahissement de ces Cers conquérants du monde. 

« Glorieuse époque où les montagnards combattirent 
pour leur indépendance ! 

« Des ruines grandioses, des inscriptions, des débris 
de toute sorje inscrivent sur notre sol, à chaque pas, le 
nom de Rome qui nous apporta ses bains, ses jeux, sa 
corruption et sa civilisation. 

« Peu à peu les farouches montagnards disparurent, 
et le pays des AUobroges, sous le nom de Sapaudia, ne 
fut plus qu'une petite fraction d'un vaste empire. 

« Mais un jour le colosse s'ébranla sous les coups 
multipliés des Barbares; frappé au cœur, il tomba 
pour ne plus se relever. La Savoie subit alors encore 
le sort commun de la Gaule esclave^ qui devait plus 
tard, par une étonnante transfiguration, se retremper 
dans la barbarie et venir y puiser les éléments d'une 
civilisation toute nouvelle. 

« Vers l'an mil , la tradition raconte qu'un vaillant 
soldat, premier de son nom, devint par ses exploits 
souverain maître d'une partie de la Maurienne. Ses 
descendants agrandirent peu à peu ce mince patri- 
moine, et finirent, grâce à une politique adroite et 
persévérante, par grouper autour d'eux de vastes et 
belles contrées tant en deçà qu'en delà des Alpes. De 
comtes de Maurienne , ils devinrent ainsi comtes et 
ducs de Savoie. Ces princes, perpétuant leur dynastie 



VIII 

par une suite non interrompue, régnent encore au- 
jourd'hui sur nous avec le titre de rois de Sardaigne. 
« Depuis neuf siècles, quarante princes de Savoie se 
sont succédé jusqu'à nos jours. Il y a dans cette longue 
série de monarques des hommes de grande valeur, 
des législateurs et des sages , des incapahles , des fai- 
bles et des enfants. Ils firent aussi parfoi^ commettre 
des actes cruels, conséquence du fanatisme de l'époque; 
ils ont laissé de belles et de tristes pages; mais il faut 
le dire à l'honneur de cette dynastie , on n'y trouve 
pas comme ailleurs les grands criminels qui s'assirent 
aux temps néfastes sur les autres trônes de l'Europe. 
« Et si du trône nous descendons sur le champ de 
bataille , dans le cabinet de l'étude et dans l'atelier du 
trayailleur , nous trouvons que l'art fatal de la guerre, 
la législation, la chimie, la médecine, l'histoire, la lit- 
térature, la peinture et l'industrie ont eu chez nous 
leurs représentants dans le congrès scientifique de 
l'Europe. Nous avons eu des hommes taillés sur des 
patrons romains. A côté de la grande et noble figure 
de Bonivard qui combattit si vaillamment pour l'indé- 
pendance genevoise , vient se poser f image de Fran- 
çois de Sales qui évangélisa le Chablais. Etonnant 
contraste! nés à peu de distance l'un de l'autre, le 
fameux prieur de Saint-Yiclor est le plus ardent pro- 
moteur de la réformatiou , et l'évêque de Genève en 
devient le plus violent adversaire. L'un cherche à dé- 
truire l'œuvre de l'autre, et, dans cette lutte religieuse, 



dans ce conflit ihéologique, la liberté qui nous fuit 
arbore son étendard à nos portes. 

« Dirai-je ce que tous ont dit et ce que nous savons 
tous sur nos grands hommes des temps anciens comme 
des temps modernes? Quelle que soit la page que nous 
parcourions de l'histoire savoisienne, les récits en sont 
palpitants d'intérêt, et les enseignemenis de la plus 
haute gravité; et cependant chacun de nous semble 
prendre à tâche de nous déshériter de nos gloires na- 
tionales et d'ignorer combien le nom savoisien fut porté 
jusqu'à l'étranger avec honneur et distinction. Soyons 
fiers aujourd'hui de ces infatigables travailleurs , gar- 
dons religieusement dans nos cœurs leur impérissable 
mémoire , car les grands hommes sont les plus beaux 
titres de noblesse dont puisse se parer une nation. 

« N'accusons pas légèrement notre indiflërence, car 
la faute vint d'en haut. Pendant que la France libre et 
régénérée encourageait les études historiques et leur 
donnait cette forte impulsion à laquelle nous devons 
tant de chefs-d'œuvre ; pendant que son histoire sortait 
des langes des chroniqueurs, et que les savants pui- 
saient à leur gré d'immenses richesses dans les travaux 
des Bénédictins , la maison de Savoie fermait impito- 
yablement la porte de ses archives et étouffait toutes 
les généreuses aspirations. La vérité n'est pas faite 
pour l'oreille des rois ; aussi l'histoire fut-elle sévère- 
ment éloignée du trône et tenue fn charte privée. On 
a peine à se rendre compte aujourd'hui des persécu- 

A 



X 

lions auxquelles furent en butte les historiens indépen- 
dants, occasionnées par une censure qui s'est perpétuée 
ignorante et méticuleuse jusqu'en 1848. Nous avons 
là-dessus de précieuses révélations : 

« Il y a dans les archives publiques , écrivait Ferdi- 
« nand del Pozzo , des lacunes que ni la vétusté ni 
(t les calamités du temps ne sauraient suffisamment 
(( expliquer. On ne saurait s'imaginer à quel point la 
« politique du Piémont a jugé convenable de pousser 
« le mystère à cet égard. Nulle part il n'y eut un sys- 
« tème aussi suivi , aussi conslant de cacher la vérité 

« de 1 histoire que dans le Piémont 

« Dans le recueil des lois de Borelli , les relranche- 
(c menls et les interruptions sont partout visibles. Il 
« parait que ce sénateur, instrument docile de la vo- 
ce lonté des ministres de celle époque, en était lui-même 
« honteux , car , dans une courte préface , sans trop 
u entreprendre de justifier ce qui fut fait , il cherche à 
« s'excuser avec une humilité remarquable. » 

« Nous pourrions multiplier des citations de ce 
genre qui nous foraient comprendre comment , grâce 
à ce système de compression , la Savoie n'eut pas 
d'histoire, tandis que la dynastie qui régnait sur elle 
n'eut que des historiographes gagés et des chroni- 
queurs d'antichambre. 

« Aussi l'histoire reste-t-elle encore à écrire. 

(c Rendons cependant justice à notre époque, car, 
après ces déplorables exemples de servilisme , si le 



XI 

mal vint du trône , le remède en est descendu sous le 
règne de Charles-Albert. Ce monarque, pour encou- 
rager les études historiques, nomma des commissions 
composées d'hommes érudils , avec mission de fouiller 
dans les archives et d'y chercher les hases de l'histoire 
de la patrie dans les monuments anciens. Déjà [)lu- 
sieurs volumes in-folio ont été publiés par la savante 
députation d'histoire nutionale, et ce vaste recueil ren- 
ferme de précieux documents. Il faut le dire, cest du 
Piémont qu'est partie l'initiative de ces grands travaux 
imités de toutes parts avec le zèle le plus louable ; car 
nous voyons la royale Académie de Savoie travailler 
aussi à élucider nos annales. Les volumes qu'elle édite 
sont riches de matériaux. L'Association florimontane 
nous offre de son côté des recherches pleines dinlérét. 

(( Mais là ne doivent point s'arrêter les efforts, La 
division du travail est précisément la loi de notre 
siècle. Le progrès emporte notre époque vers des idées 
nouvelles ; les hommes mêmes qui se cramponnent à 
celles d'un autre âge en subissent l'inlluence, et c'est 
daii£ Ihisloire qu'il faut aller étudier cette loi de l'hu- 
manité qui fait que tout marche et progresse dans la 
vie des nations. 

« L'histoire savoisienne est encore à nailre : elle 
reste à créer. C'est aux sources qu'il faut remonter 
pour l'écrire ; c'est aux documents originaux , aux pa- 
piers vermoulus qu'il faut demander ce que nous fûmes 
aux diverses époques de notre existence nationale , et 



XII 

c'esl de là que notre histoire sortira vraie, intime, pal- 
pitante. C'est là que nous verrons les luttes glorieuses 
de nos pères , là que nous sonderons la profondeur de 
nos misères , et que nous lirons dans le passé la loi de 
l'avenir. 

« Mais où sont-ils ces documents précieux qui nous 
échappent encore? La position de notre petit coin de 
terre au pied des Alpes nous a été bien préjudiciable 
sous le rapport j)aléographique. Les invasions des Es- 
pagnols, des Français et des Bernois, qui ont porté 
trois fois en moins d'un siècle l'incendie et la dévasta- 
tion sur le sol savoisien, n'ont pas contribué faiblement, 
avec la mauvaise volonté de quelques-uns de nos sou- 
verains , à la soustraction de nos archives. En ITO'^ , 
le peuple crut faire justice de la noblesse en brûlant ses 
titres. Dans plusieurs villes de la Savoie, la flamme 
dévora des monceaux énormes de parchemins ; pendant 
ces exécutions d'un genre particulier, le glas lent et 
lugubre des funérailles retentissait, et la foule accou- 
rait, éprouvant dans ces temps de réaction violente la 
joie irréfléchie ou, pour mieux dire, la satisfaction 
d'un peuple qui joue avec les débris d'un trône dont il 
jette la poussière au vent, sans songer qu'il le réta- 
blira le lendemain peut-éire. 

(c Aujourd'hui nous n'avons plus à craindre de sem- 
blables pertes pour de pareils motifs. Les grands 
feudalaires ont disparu , et , s'il y a encore des nobles, 
il n'y a plus de seigneurs. Des institutions dun ordre 



XIII 

beaucoup plus avancé nous régissent. Le prince a inau- 
guré la liberté dont l'arbre symbolique et comméniora- 
teurse dresse sur toutes nos places publiques. La douce 
révolution de Février nous l'a fait bénir; les vieux 
parchemins ne nous servent plus qu'à écrire l'histoire 
du passé, qui, sans eux et sans communication directe, 
sans adhérence avec le présent , sommeillerait dans 
l'oubli , ce vaste et solitaire domaine des institutions 
qui n'ont plus leur raison d'être. Chateaubriand a dit 
que les souvenirs historiques étaient pour beaucoup dans 
le plaisir du voyageur, et que les princes de Savoie avaient 
bien su marier leur mémoire aux montagnes de leur petit 
empire. Eh bien ! ces ruines pittoresques que nous 
rencontrons à chaque pas aujourd'hui, d'un vallon au 
sommet d'une colline, sur un roc escarpé, il faut les 
reconstruire par la pensée, à l'aide de l'histoire. Le 
temps les a mutilées, il en a fait justice, et l'histoire 
en relève les débris que le passant foule aux pieds. 
Elle les interroge avec soin , et en rebâtit pièce à 
pièce le monument déûguré. Elle galvanise ces pierres 
muettes, et rend à ce château, veuf de l'animation que 
ses habitants lui communiquaient et des scènes gran- 
dioses dont ses murs furent les témoins à l'époque 
brillante de son existence, une part de vie et de durée. 
(( Mais ces documents, ces débris se trouvent aussi 
dispersés aujourd'hui dans les archives publiques, dans 
les dépôts particuliers où la science conserve des ado- 
rateurs, en Piémont, en Suisse, en France, en Savoie, 



XIV 

et c'est dans le but d'en provoquer les recherches, 
de sauver d'une nouvelle dcslruclion des titres égarés, 
et d'encourager l'étude locale , que nous avons formé 
une société d'histoire. Nous avons fait appel à toutes 
les intelligences, nous nous adressons à tous les hommes 
amis du pays , qui , comprenant l'utilité de ces investi- 
gations faites au profit de leur patrie ou à celui de la 
science, contribueront puissamment à propager jusque 
dans les villages le goût de l'étude. 

« Nous avons pris ainsi l'initiative d'une société qui 
aura son écho dans toutes les provinces savoisiennes 
où son nom parviendra, et qui ne tardera pas à étendre 
dans nos villes ses nombreuses ramifications. 

« L'histoire doit avoir une couleur propre , essen- 
tielle, à part. L'école passionnelle prédomine dans 
notre époque. Son intérêt s'agrandit de toute l'anima- 
tion qu'elle emprunte au récit dramatique des événe- 
ments. C'est avec raison qu'on a abandonne le genre 
aride et stérile qui consistait à ne présenter dans un 
cadre plus ou moins étroit que des faits et des dates , 
en laissant au lecteur le soin de les raisonner et d'en 
tirer lui-même les conséquences. 

« Mais si l'historien a sa passion , le terrain que 
nous avons choisi est un terrain neutre, inaccessible 
au\ interprétations que dictent ou les sympathies ou 
les haines. Tous les partis peuvent s'y donner rendez- 
vous. Ce n'est pas à faire de l'histoire que doivent 
tendre principalement nos efforts , mais bien à jeter les 



XV 

fondements de l'histoire , à en constituer les bases , à 
en rechercher les sources^ à en découvrir les docu- 
ments, à en mettre en lumière les matériaux pour les 
livrer aux hommes qui, les coordonnant un jour, écri- 
ront eux-mêmes, aidés de nos recherches , l'histoire de 
la patrie. 

« Tel est , Messieurs , notre but, tel est l'esprit qui 
nous a dicté le projet soumis à votre discussion, » 



L'assemblée fut ensuite appelée à discuter son règle- 
ment; à part quelques légères modifications, elle adopta 
celui de la Société d'histoire de la Suisse romande , et 
procéda à la nomination, par vote secret, des membres 
du bureau et de ceux des diverses commissions. 

Dès lors , la Société savoisienne d'histoire et d'ar- 
chéologie s'est assemblée deux fois à l'hôtel-de-ville 
de Chambéry. La première séance nous a réunis le 
b décembre ISoS, et la seconde, le 10 août 1836. 

Dans la première, la ville d'Annecy a été choisie 
pour notre réunion semestrielle, dont l'époque, à te- 
neur de l'article 5 de notre règlement , a été fixée à la 
seconde quinzaine du mois d"aoùt suivant. 

Après quelques opérations relatives à Tadmission 
d'un grand nombre de membres présentés , et dont il 
est fait mention dans nos procès-verbaux , la Société a 



XVI 

fixé à une somme de 40 francs la cotisation annuelle à 
prélever sm' chacun de ses membres effectifs. Elle a 
arrêté que chaque sociétaire recevrait gratuitement un 
diplôme de membre effectif et un exemplaire des tra- 
vaux édités dans le cours de l'année. 

Toutes les sociétés savantes avec lesquelles M. le 
président a cru devoir mettre en rapport celle de Sa- 
voie, en leur écrivant à ce sujet, ont répondu avec le 
plus vif empressement à l'appel qui leur était fait au 
nom de la science. 

Telles sont : 

La Société d'histoire de la Suisse romande; 

La Société dliisloire et d'archéologie de Genève; 

V Académie des sciences, belles-lettres et arts de Dijon; 

L'Académie delphinale de Grenoble; 

La Société de statistique de la même ville; 

V Association florimontane d'Annecy; 

La Société d'histoire naturelle de Savoie. 

Aucun des hommes que leur position scientifique ou 
administrative pouvait rendre utile à la Société, et à 
qui avait été adressé le même appel , n'y est resté in- 
difiërent. 

En procédant au dépouillement de la correspon- 
dance , nous avons enregistré les lettres suivantes , 
dont il a été donné lecture à l'assemblée, qui a statué, 



XVII 

sur la proposition d'un de ses membres, que quelques- 
unes d'entre elles seraient publiées en tout ou en partie 
dans les mémoires ou le compte-rendu de la Société. 
Parmi ces lettres, figurent, par ordre de dates, i" celle 
qui nous fut adressée le 8 septembre 185S par M. Hip- 
polyle Fortoul, ministre de l'instruction publique et des 
cultes à Paris. Elle est ainsi conçue : 



« Monsieur le président, j'ai reçu la lettre que vous 
m'avez fait l'honneur de m'éerire le 22 de ce mois, en 
m'adressanl un exemplaire du Règlement de la Société 
savoisienne d'histoire et d'archéologie de Chamhéry. 

« Je m'empresse , monsieur le président , de vous 
remercier de celte communication. 

« Les sociétés étrangères ne jouissant pas de la fran- 
chise des droits de poste accordée à celles de la France, 
j'ai prié M. le ministre plénipotentiaire de Sardaigne de 
vouloir bien vous transmettre , sous son couvert , les 
instructions publiées par le Comité de la langue , de 
l'histoire et des arts de la France , établi sous les aus- 
pices de mon ministère, et que vous m'avez demandées 
au nom de la Société savoisienne. 

(f Je joins à cet envoi deux exemplaires des instruc- 
tions relatives aux poésies populaires de la France , 
dont la publication a été décidée par le décret du 13 
septembre 1852. Si MM. les membres de la Société 
savoisienne découvraient, pendant leurs recherches. 



xvni 

des chansons ou poésies d'origine française , je vous 

serais obligé de vouloir bien m'en adresser des copies. 

« Je me félicite, monsieur le président, d'avoir pu, 
en accueillant le \œu de cette Société , contribuer au 
succès des travaux qu'elle se propose d'entreprendre'. 

Agréez, etc. 

« Le ministre de l'inslruclioii publique et des cultes, 
^< Signé : H. Fortoul. » 



2° Celle de M. le ministre de l'intérieur en Piémont, 
qui nous a fait remettre les quatre volumes dont se 
compose l'ouvrage estimé de M. Barlholomeis sur la 
statistique et la topographie des Etals-Sardes. 

3° Celle de MM. Bertini et Ricotti , membres de la 
députalion royale d'histoire à Turin, qui donnent l'es- 
pérance d'enrichir la bibliothèque de la Société du 
savant ouvrage connu sous le nom de Monumenla pa- 
triœ , aussitôt que la Société dont ils sont membres 
serait réunie. 

fi° Celle de M. Fleyer, secrétaire de la Société d'his- 
toire et d'archéologie de Genève, nous annonçant que 
le comité de cette Société nous offrait et mettait à notre 
disposition les 10 volumes déjà publiés de ses Mémoires 
et documents. 

5" Celle de M. Revilloud , secrétaire perpétuel de 
l'Académie delphinale de Grenoble, chargé par elle de 
nous annoncer qu'elle échangerait ses publications avec 



les nôtres , et nous offrant les livraisons du h" volume 
des travaux de cette Société, en nous exprimant le re- 
gret de ne point pouvoir nous faire parvenir immédia- 
tement les précédentes, dont le tirage est épuisé. 

6° Celle du président de l'Association florimonlane, 
M. Jacques Replat, accompagnée de la colleclion de 
tout ce qui a paru de ses bulletins , dont les livraisons 
nous seront ultérieurement et régulièrement adressées 
à mesure qu'elles paraîtront. 

7" Celle de M. Brullé, bibliothécaire de l'Académie 
de Dijon , autorisé à nous envoyer, au nom de cette 
Académie , la 2« série de ses Mémoires ( années 1851 , 
4852, 1855 et 485Z|). 

8« Celle de M. Charles , président de la Société 
d'histoire naturelle de Savoie, qui forme aussi un mu- 
sée d'archéologie. Elle nous annonce, après nous avoir 
donné les témoignages de la plus sympathique adhé- 
sion , que la Société d'histoire et d'archéologie vient 
d'être inscrite au nombre de celles qui recevront le 
bulletin mensuel qu'elle publie. 

Telle est , sous le rapport des relations intérieures 
et extérieures , l'esquisse rapide des correspondances 
de la Société d'histoire et d'archéologie pendant cotte 
première période de son existence. Nous n'avons point 
parlé d'un très grand nombre de lettres particulières 
de moindre iuiporlance, mais qui témoignent toutes du 
favorable accueil qui a été fait par cette partie du 



XX 

public qui se dévoue à la science nationale ou qui 
encourage de ses vœux les travaux historiques et 
archéologiques dont vous avez l'intention de poursui- 
vre le cours avec une persévérante activité. 

Vous avez entendu la lecture de quelques fragments 
inédits sur le couvent de Saint-Dominique à Chambéry. 
M. Rabut, qui a bien voulu vous les communiquer, se 
propose de les publier prochainement à part, en les 
complétant. 

Un rapide aperçu sur quelques mémoires, docu- 
ments et manuscrits, envoyés à M. Joseph Dessaix et 
présentés par M. Dessaix lui-même, a clos cette séance, 
dans laquelle MM. Rabut, Guillermin et Saillet ont 
annoncé qu'ils auraient prochainement à vous commu- 
niquer plusieurs mémoires dont ils n'ont pas encore 
indiqué le sujet. 



Voici maintenant le résumé de ce qui s'est passé 
dans votre réunion du 10 août 1856. 

Comme dans la précédente assemblée, on a procédé 
à l'admission de nouveaux membres, et signalé les re- 
lalions nouvelles que la Société avait nouées dans l'in- 
tervalle des deux réunions. 

Plusieurs des lettres qui se rapportent à ces commu- 
nications ont élélues et écoutées avec le plus vif intérêt. 

La première en date vous venait de M. Replat, pré- 
sident de la Société jlorimonlane. Nous en transcrivons 



XXI 



un extrait, comme témoignage de l'empressement avec 
lequel vos premières ouverlures, à propos de votre 
séance semestrielle fixée à Annecy pour la dernière 
quinzaine du mois d'août, a été accueillie dans la ville 
que vous avez choisie. 

« Monsieur le président , ' 

« Dans la dernière réunion de l'Association flori- 
monlane, j'ai donné lecture de la lettre que vous m'a- 
vez adressée; et tous ont applaudi au projet de tenir 
dans noire ville la première assemblée générale de la 
Société d'histoire et d'archéologie. 

« J'avais déjà auparavant communiqué votre lettre à 
M. le syndic Levet, en lui demandant pour vos réunions 
une des salles de l'hôlel-de-ville : M. le syndic s'est 
empressé de me répondre que tout serait mis à votre 
disposition. 

« L'Association florimontane, en particulier, mettra 
tous ses soins à vous rendre agréable le séjour d'An- 
necy, et sera heureuse de donner à une sœur l'accolade 
de bienvenue. 

« J'ai proposé à l'Association d'organiser quatre ex- 
cursions Au reste, quand le moment approchera, 

nous nous entendrons sur tous les détails , et je pense 
que nous devrons entrer en correspondance suivie, de 
manière à ne rien négliger pour la réussite de l'œuvre. 

• « Signé : J. Replat. » 



XXll 

La seconde , datée de Turin 3 juillet , et écrite en 
langue italienne, est de M. Frédéric Sclopis, président 
de la royale députation pour les Monumenta. Elu, ainsi 
que ses deux collègues , MM. Bertini et Ricotti , mem- 
bre honoraire de votre Société, il vous écrivait ainsi : 

« La royale députation de l'histoire de la patrie dé- 
sirant montrer à la Société savoisienne d'histoire et 
d'archéologie tout son intérêt et l'espérance qu'elle a 
conçue de lui voir prendre en peu de temps un accrois- 
sement plus considérable, a arrêté d'offrir à sa biblio- 
thèque tous les volumes des Monmnenta historiœ patriœ 
qui se publieront, à commencer par le premier volume 
du Liber jurium. 

« Signé : Frédéric Sclopis. » 

Je ne vous donne ici qu'un extrait de cette lettre si 
honorable pour vous , puisqu'elle émane de l'un des 
plus savants personnages dont le Piémont puisse se 
glorifier. Ces lignes sutTisent pour vous rappeler que la 
promesse ou plutôt l'espérance de MM. Bertini et Ri- 
cotti a eu son plein accomplissement. 

Je dois vous parler en troisième lieu d'une lettre 
écrite de Zurich par M. Ferdinand. Keller, président 
de la Société des antiquaires de la même ville. Après 
avoir témoigné le désir d'entrer en relation avec vous, 
M. Keller vous offre, au nom de la Société des anti- 



' xxin 

quaires, un échange de publicalions, el donne d'utiles 
éclaircissements sur le mode usité parmi les membres 
de l'association qu'il représente , pour opérer ces 
échanges. 

Il est inutile de vous rappeler une multitude d'au- 
tres lettres pleines de félicitations et d'encouragements 
à votre adresse. La communication qui vous en a été 
faite serait de nature à vous donner un redoublement 
d'aclivité, si votre zèle scientifique avait besoin d'élre 
stimulé. 

Je ne puis toutefois passer sous silence ni celle qui 
vous a été adressée d'Aix-les-Bains par M. Iturbé, savant 
américain , qui vous demandait , avec l'autorisation 
d'assister à vos réunions de la fin d'août, l'appui et 
les instructions de votre Société pour en établir de 
semblables dans l'Amérique du Sud, double demande 
trop honorable pour n'être point accueillie ; ni la lettre 
de M. le docteur Mottard, offrant de former à Saint- 
Jean-de-Maurienne un comité local d'histoire et d'ar- 
chéologie qui correspondrait avec vous. Il est fâcheux 
que celte intention , qui vous était chère , soit restée à 
l'état de projet. 

Vous avez témoigné dans votre règlement , dans la 
réponse faite à cette ouverture, et toutes les fois que 
les circonstances vous l'ont permis , le désir de voir 
des comités locaux d'études et de recherches histo- 
riques se multiplier sur notre sol. Espérons que ce 
vœu sera réalisé bientôt dans toutes les villes de la 



XXIV 

Savoie! Vous applaudirez à celles qui en prendront 
l'inilialive. 

Après avoir appelé par des renseignements déve- 
loppés l'allenlion de l'assemblée sur la tour en démo- 
lition du château de Chambéry, M. Revel a accepté de 
la Société la mission de reproduire par le dessin ce 
monument. Il a ensuite parlé d'un édifice de struc- 
ture singulière, existant à Conflans; et, à cette occa- 
sion, M. Rabul a donné quelques détails restés dans 
son souvenir sur cette construction. Au-dessus dune 
de ses portes, de date plus récente, il a lu autrefois 
une inscription en lettres liées ainsi conçue : 

PAUTHENIS PRINCIPIBUS 
DE PROPHANO FANUM. 

Il a lu également une date qui lui semble se rapporter 
aux premières années du \\'\f siècle, et observé des 
écus sculptés dans des losanges sur la façade princi- 
pale du château. Cette date, cette inscription, cette 
porte moderne dans un édifice des vieux temps, lont 
amené, par voie d'induction, à penser que le monument 
de Conflans avait eu deux destinations successives , 
l'une civile, ce fut la première; l'autre religieuse, au 
commencement du xvu^ siècle. Il conjecture, jusqu'à 
plus ample vérification , qu'il aurait été habité par des 
princesses de la maison de Savoie entrées en religion 



XXV 

et Glles de Charles-Emmanuel I" (1), ou que tout au 
moins elles auraient dote une maison religieuse à Con- 
flaos, où existait en effet un couventde Bernardines (2). 

De nouveaux témoignages de la sympathie des socié- 
tés savantes et des particuliers que les investigations de 
l'histoire et de l'archéologie intéressent, vous sont ve- 
nus en grand nombre. Le catalogue de votre bibliothèque 
s'est enrichi de manuscrits précieux , et, à commencer 
par eux, vous avez à enregistrer un tilrc d'inféodation 
juridictionnelle du 20 avril 1770. M. Marc Viridet, 
chancelier d'état de la république de Genève , à qui 
vous avez voté, à l'unanimité, des remerciments , l'a 
extrait des archives de cette ville, et vous l'a transmis 
par l'intermédiaire de M. Huguenin. Cet acte nous ap- 
prend que Charles-Emmanuel IV érigea en comté les 
|)ossessious seigneuriales de Pierre- Claude de la Fié- 
chère, avec le titre de comte de Vairier ajouté à son 
seigneuriat et à la juridiction qu'il entraînait encore 

(1) Charles-Emmanuel I<" eut quatre filles. La première, Isabelle de 
Savoie, fut mariée en 1608 à Alphonse d'Est, prince de Modène ; 

La seconde, Marie de Savoie, religieuse du tiers-ordre de S. François, 
mourut a Rome en 1656 ; 

La troisième, Françoise-Catherine de Savoie, religieuse du même ordre, 
mourut a Bielle en 1641 ; 

La quatrième, Jeanne de Savoie , causa en naissant la mort de sa mère, 
et ne vécut qu'un jour. 

(2) En parlant de l'établissement des Bernardines de la réforme do la 
mère de Vallon à Conflans, Grillet écrit qu'il eut lieu en 16..., et laisse en 
blanc le reste de la date. 



XXVI 

alors, par l'adjonclion faite par lui , au prix de 2,C00 
livres , des terres sises derrière le territoire et le ha- 
meau de Sierrus, enclavé dans la paroisse de Vairier. 

Après le milieu du xvni* siècle , ces concessions de 
titres faites par les rois ont un caractère vénal et sin- 
gulier qui ne vous a point échappé peut-être. Par un 
pressentiment des luttes qu'elle ne tarderait pas à su- 
bir, la monarchie multipliait les ventes de litres. Le 
joueur qui prévoit sa ruine met en gage ou vend ses 
diamants, Depuis l'asservissement des petits fiefs aux 
possessions plus considérables de la couronne ducale 
ou royale, la même noblesse achetait. Cet encan de 
litres devait bientôt finir. 

M. Marc Viridet a été admis à bon droit par vous 
au nombre des membres effectifs de la Société d'his- 
toire et d'archéologie , que plus que tout autre il peut 
éclairer et servir. 

M. Pallalin^ procureur à Chambéry, vous a fait 
hommage des papiers , registres et sceau qui avaient 
appartenu au club ou cercle démocratique formé en 
\ShS dans la ville oii s'est tenue cette séance. Ces 
documents , qui vieilliront comme tout vieillit , auront 
une grande importance historique : ils finissent en mai 
1849. Les pages de l'histoire contemporaine vous sont 
aussi chères que les pages de l'histoire du i)assé; aussi 
avez-vous adressé par un vole unanime une lettre de 
remerciment au collègue généreux qui remettait entre 
vos mains les titres d'une association politique dont il 
était le président. 



XXVII 

M. Joseph Hugiienin a donné à la Société d'Hisloire 
et d'Archéologie des manuscrits et documents relatifs 
à l'abbaye d'Aulps, en Chablais, sur lesquels M. Rabut 
a fait un rapport plein d'intérêt. M. Léon Ménabréa 
avait déjà fait imprimer un mémoire pour servir à 
l'histoire de ce monastère. L'un des manuscrits pré- 
cieux qui nous ont été transmis par votre collègue , 
qui est membre du comité de recherches, est 1" mie 
ancienne copie de la chronique dans laquelle l'auteur 
précité a puisé ses renseignements^ mais elle parait 
être plus complète que celle qu'il a eue entre les mains. 

Les autres manuscrits sont : 

T Un obituaire de l'abbaye ; 

5° Une centaine de chartes des xiu*' , xiv^ et xv" 
siècles. 

Toutes ces pièces sont inédiles , et la plupart ont 
semblé au rapporteur du comité de recherches mériter 
l'impression dans les Mémoires de la Société. Il a été 
d'avis qu'on imprimât la chronique, des fragments de 
l'obituaire et une cinquantaine de chartes, dont la plus 
grande partie appartient au xm'^ et les autres aux xiv« 
et xv« siècles. « Ce sont, vous a-t-il dit, cinquante 
« chartes sur cette célèbre abbaye à ajouter aux qua- 
« rante-sept qui ont été déjà publiées par Besson dans 
« ses mémoires et par M. Ménabréa dans son ouvrage 
« déjà cité et dans sa notice sur la chartreuse de Val- 
ce Ion. M 11 vous a lu quelques-uns de ces documents , 
et l'assemblée , après avoir entendu ses observations 



XXVIII 

sur l'intérél qu'offriront les documents qu'il propose 
d'éditer, a adopté ses conclusions et voté des renier- 
cîinenls unanimes à M. Iluguenin, qui a mis de plus à 
votre disposition d'autres documents, enire autres les 

Franchises de Sallanches. 

Les ouvrages qui vous ont été offerts sont donc : 

Nouveaux élémetUs de physiologie, par Richerand. — 
Donné par M. Hugucnin. 

Philosophie de l'histoire naturelle ^ par J.-J. Virey. 
— Donné par M. Hugueuiu. 

Etudes sur les constitutions des peuples, par Simonde 
de Sismondi. — Donné par M. Hugueniu. 

Documents manuscrits relatifs à l'abbaye d'Aulps, 
en Chablais, consistant 1° en une ancienne copie de la 
chronique de cette abbaye; 2° en un obituaire; 5° en 
une centaine de chartes des xni^, xiv" et xv^ siècles , 
toutes pièces inédites. — Donné par M. Iluguenin. 

Causes de la formation actuelle de la vallée du Rhône , 
par M. Demaria. — Donné par l'auteur. 

Précis statistique des antiquités du département de l'I- 
sère, par M. J.-J. -A. Pilot. — Donné par l'auteur. 

Notes sur la crypte de Saint-Laurent (Isère), par 
M. Vitu. — Donné par l'auteur. 

Notes sur le mouvement de la population dans le dépar- 
tement de l'Isère, par M. Yitu. — Donné par l'auteur. 

Delphinalia, par M. Gariel , bibliothécaire de Gre- 
noble. — Donné par l'auteur. 



XXIX 

Grenoble en 1814 et 1815, par M. Gros. — Donné 
par M. Maisonville, imprimeur à Grenoble. 

Bullelin de la Société staiistique de l'hère (1836). 

Tableau des positions géographiques et des hauteurs 
absolues des points principaux du département de VlsèrCj 
donné par M. Macé , professeur criiisloire à la faculté 
des lettres de Grenoble. 

Précis statistique des antiquités du département de l'I- 
sère, donné par le même. 

Essai géologique sur le groupe des montagnes de la 
Grande-Chartreuse j par M. Lory. 

Boiseries et anciens vitraux de l'ancienne chambre des 
comptes à Grenoble, par M. Pilol. — Donné par l'auteur. 

archives et mémoires de la Société dliistoire de Fri- 
bourg (huit livraisons), 185G. 

Eludes biographiques pour servir à l'histoire littéraire 
de la Suisse, par Daguet. — Fribourg, 1 856. — Donné 
par l'auteur. 

Notice sur la vie et les travaux de la Société d'études 
de Fribourg depuis \8oS jusqu'en iSbk, par Alexandre 
Daguet. — Fribourg^ 1854. — Donné par l'auteur. 

Coup-d'œil sur les publications de la Société d'histoire 
de la Suisse romande. — Lausanne , 1846. 

Histoire de François- Marie Revenaz et Joseph-Biaise- 
Martin Guillabert , prêtres catholiques, par P. Eusèbe. 
— Donné par M. du Marleray. 

Lettres de remercîment des prêtres déportés et captifs 
du diocèse de Genève aux fidèles. 1799. — Donné par 
le même. 



XXX 

Esquisses historiques de la révolution de Belgique en 
1830. — Bruxelles, 1830. — Donne par le même. 

Notes inédites sur la guerre des Espagnols en Savoie 
en 1742, par l'abbé Bonnefoy. — Donné par le même. 

Charles -Félix au tombeau de saint François de Sales. 

— Donné par le même. 

Notice historique sur Notre-Dame de Myans, par M. le 
chanoine Chevray. — Donné par le même. 

Oraison funèbre de Mgr Martinet, par l'abbé Rendu. 

— Donné par le même. 

U Assiette, poème, par le chev. de Lostia^ traduit 
par le général comte de Loche. — Donné par le même. 

Essai sur V amélioration de V agriculture en Savoie, 
par M. de Costa. — Donné par le même. 

Mémoires pour servir à l'histoire naturelle et princi- 
palement à l'oryctographie de l'Italie et des pays adja- 
cents, par Albert Forlis. — Donné par le même. 

Papiers, registres et sceau du cercle politique de 
Chambéry, 4848-49, donnés par M. Pallatin, 

Monuments de Paris et de ses environs, papier vélin, 
avec atlas in-f'', — Donné par M. Joly, libraire. 

Inscriptions des tombeaux de Bel- Air, près Chesnay- 
sur-Lausanne, par M. Troyon, de Lausanne. -:- Donné 
par l'auteur. 

Etudes pour l'histoire de la Suisse , par Daguet. — 
Donné par l'auteur. 

Mémoire sur l'importance du frêne commun pour le 
repeuplement des forêts, par M. J.-B. Francoz. — Donné 
par M. du Marteray. 



XXXI 

Quelques réflexions médicales et philosophiques , par 
M. le docteur Guilland. — Donné par le même. 

L'Arl de bien discourir, par le sieur Nicolas de Hau- 
leville. — Paris, 1C6 . — Donné par le même. 

Le levain du calvinisme , ov commencement de l'heresie 
de Genève, faicte par reuerende sœur leanne de lussie; 
réimpression conforme à celle publiée à Chambéry par 
les frères Dv-Four; 4 5H. — Edité de nouveau et 
donné par M. Reviilod, 

Réduction des florins en livres de Savoie. — Annecy, 
{7lii. — Donné par M. du Marteray. 

Les principes catholiques justiflés par eux-mêmes, par 
M. La Palme, vicaire-général de Chambéry. — Cham- 
béry, 4801. — Donné par le même. 

Vie d'Anastase Germonio, archevêque et comte de Ta- 
renlaiscj par l'abbé Gaspard Bonnefoy. — Lyon, i83b. 
— Donné par le même. 

Hommage d'un Chablaisien à saint François de Sales 
le jour de la translation de ses reliques et de celles de 
sainte Françoise de Chantai. — Annecy, 182G. — Poé- 
sie sans nom d'auteur, donnée par le même. 

Les actes et gestes merveilleux de la cité de Genève, par 
Anlhoine Frommcnt , réédité de i5î>4 et donné par 
l'éditeur, M. Gustave Reviilod. 

Histoire des Eglises réformées du pays de Gex , par 
Théodore Claparède. — Genève, 1856. — Donné par 
l'auteur. 

Chronique fribourgeoise , par Héléodore - Rœmi de 



XXXII 

Berligny. — Friboiirg , 4852. (Dix -huit livraisons.) 

— Donné par l'auteur. 

Inspiraiions , par M. de Juge. — Paris, 1834. — 
Donné par M. du Marleray. 

Un pelit livre très sérieux , par un futur tabellion. 

— Ghambéry, 18S7. — Donné par l'auteur. 

Dans l'intervalle du temps écoulé entre votre séance 
du G août et celles de notre grande réunion semestrielle, 
dont le siège avait été indiqué à Annecy et la date fixée 
aux derniers jours du mois d'août^ votre Société n'est 
|)oint restée inactive , et votre président a multiplié sa 
correspondance et fcs démarcbes pour donner à celte 
fête scientifique toute la solennité dont elle était sus- 
ceptible. Dans ce laps de temps, des lettres nouvelles, 
dont il a été donné communication à votre assemblée, 
lui sont parvenues. Elles n'avaient ni moins d'impor- 
tance pour la Société , ni des expressions de fraternité 
scientifique moins chaleureuses que celles dont vous 
aviez eu connaissance antérieurement. 

Le 16 août, M. Fore! , président de la Société de la 
Suisse romande, vous rappelant les beaux travaux his- 
toriques de M. le docteur Chaponnière, qui ne pouvait 
être oublié dans la liste des membres honoraires de 
voire Société; M. Forel , dont le dévouement est sans 
limites lorsqu'il faut encourager les éludes historiques, 
vous avait déjà envoyé le 1 3 une de ces pages écrites 
par la plume sous la dictée du cœur. Sa correspon- 



XXXIII 

ilâiice , les dons faits par lui à la Société savoisienne 
d'histoire el d'archéologie , ont droit à une mention 
particulière; son dévouement à notre œuvre ne saurait 
être dépassé. 

Si l'histoire moderne a eu sa place dans votre cor- 
respondance , celle de l'art aux vieux âges de notre vie 
nationale n'y a point été oubliée. Je transcris ici une 
partie de ce que vous écrivait M. Revel le 18 du même 
mois sur la caserne d'Albertville et sur une autre con- 
struction située plus en arrière au nord-ouest : 

« Ces bâtiments , vous disait-il , ont été construits 
en briques et manifestement élevés aux meilleurs temps 
de l'architecture ogivale. On retrouve en eux cette lar- 
geur dans l'exécution^ cette simplicité noble, cet af- 
franchissement de l'accessoire qui rappellent les œuvres 
de celle belle époque. Nous avons surtout remarqué au 
^'^ étage de la caserne des fenêtres à une colonnetle en 
pierre sortant du bandeau : elles nous ont paru d'une 
très heureuse proportion , el nous signalons ces inté- 
ressants débris à l'attention des archéologues; ils pour- 
raient donner , nous le croyons , une belle page à 
ajouter à l'histoire de l'art dans notre pays. 

Pour ne point donner à ce compte-rendu des pro- 
portions trop grandes, je passe sous silence, Messieurs, 
beaucoup d'autres lettres que vos procès-verbaux ont 
enregistrées , et j'arrive en hâte à l'analyse de nos 
trois journées annéciennes , celles du 30, du 31 août 
et du 1" septembre. 



XXXIV 

Celle réunion a trouvé dans la presse un écho bien- 
veillanl. Le Consiitnlionml savoisien, la Gazelle de Sa- 
voie, à Chambéry, et, à Annecy, la M ojiileur savoisien, 
ont rendu compte avec le plus louable empressement 
des opérations de votre assemblée. D'autres journaux 
étrangers, et notamment la Gazelle de Lausanne, ne vous 
ont pas été moins favorables. Il résulte du compte- 
rendu adressé par M. Rabut à la Société tlorimoulane 
et publié dans le bulletin de cette Association, que, 
réunis le 30 août dernier, à 9 heures du matin, dans 
la salle du grand conseil de l'hôtel-de-ville d'Annecy, 
(pie la municipalité intelligente et protectrice des scien- 
ces avait mise à votre disposition , vous trouvâtes au 
milieu de vous un grand nombre d'hommes spéciaux 
qui s'étaient empressés de repondre à votre appel et au 
programme de vos courses archéologiques dans les en- 
virons de la ville, dressé, publié et répandu par vos 
soins. Ce programme annonçait en ces termes les ex- 
plorations que vous vous proposiez de faire : 

Samedi 30 août. 

9 heures du matin. — Réunion dans la salle du grand 

conseil , à l'hôlel-de-ville. 
9 heures \jii. — Séance, lectures et communications. 
il heures. — Visite du musée et de l'exposition des 

objets d'art et d'archéologie. 
{ heure d/2 après midi. — Départ pour Montroltier. 



XXXV 
Dimanche 31 août. 

7 heures du matin. — Visite du château et des monu- 
ments de la ville. 

9 heures. — Le tour du lac, visite à Veyrier^ Menthon, 
Talloires et Duing. Séance sous les marronniers de 
Talloires : lectures et discussions. 

Lundi 1^'^ septembre. 

7 heures du matin. — Promenades aux Barattes , à 

Dingy-Saint-Cilair et Annecy-le-Vieux. 
5 heures de l'après-midi. — Séance à l'hôlel-de-ville. 
5 heures. — Réunion d'adieux. 

Les personnes qui ont bien voulu prendre part aux 
premiers essais de la Société savoisienne d'histoire ont 
été, parmi les étrangers : M. Forel père, président de 
la Société d'histoire de la Suisse romande; M. Daguet 
Alexandre , président de la Société d'histoire du can- 
ton de Fribourg; M. Gustave Revillod , spécialement 
délégué par la Société d'histoire et d'archéologie de 
Genève ; M. Troyon Frédéric^ de la Société d'histoire 
de la Suisse romande et des Antiquaires de Zurich; 
MM. Griolet Ernest , de Nimes; Claparède père, Cla- 
parède Théodore et Gosset H.-J., de la Société d'his- 
toire et d'archéologie de Genève ; MM. de Montet Marc 
et Forel fils, de la Société de la Suisse romande. 



XXXVI 

Parmi les Savoisiens, c'étaient MM. Replat Jacques, 
président de la Société florimontane d'Annecy, membre 
de l'Académie royale de Savoie; de Morlillet Gabriel , 
secrétaire de la Société florimontane, membre de l'In- 
stitut genevois; Eloi Serand , archiviste de la Société 
florimontane; M. le commandeur Despine , de l'Aca- 
démie royale de Savoie et de l'Institut historique de 
France; MM. Auclair, procureur; Bolthauser, profes- 
seur de philosophie positive au collège d'Annecy ; Bou- 
vard, inspecteur des écoles primaires; Despine, avocat; 
Perissoud , médecin , et Terrier François , tous de 
l'Association florimontane. MM, Demaria, inspecteur 
des douanes ; Courte employé du génie ; Foldi, olTicicr 
d'infanterie; les membres de la Société d'histoire et 
d'archéologie, au nombre de quinze, représentaient à 
peu près toutes les provinces de la Savoie. 

M. Joseph Dcssaix, président de la Société, a ouvert 
la séance par une allocution dans laquelle était pré- 
senté le tableau rapide de la formation, de la marche, 
des phases diverses, du progrès et du but de l'asso- 
ciation depuis son berceau jusqu'à ce jour, oîi celle 
d'Annecy lui faisait avec tant d'empressement et de 
grâce les honneurs d'une réception fraternelle . 

M. Replat, dans sa réponse faite au nom de l'Asso- 
ciation florimontane, s'est attaché à constater que le 
droit de réunion, consacré par le Statut, n'a été exercé 
en Savoie que pour le bien général, et qu'à côté d'in- 
stitutions de bienfaisance et de sociétés de secours 



XXXVII 

mutuels, d'autres associations avaient été créées dans 
le but de faire , par la science , une noble et sainte 
propagande pour la liberté. 

M. deMortillet vous a lu ensuite un mémoire tendant 
à prouver que la voie romaine de Pesey ne se prolon- 
geait pas à travers la vallée de Chamonix, qu'il croit 
avoir été inhabitée dans la période de la domination 
romaine^ se fondant sur l'étymologie des noms des 
localités, tous d'origine celtique; mais que cette voie , 
qui n'allait que jusqu'à Servoz, remontait à Vandagne, 
franchissait le col de la Forclaz , et descendait ensuite 
le val de Montjoie pour gagner la vallée d'Aoste. Des 
débris romains, une inscription du règne de Vespasien, 
l'étymologie latine des localités, lui paraissent autant 
de preuves que Grillet est tombé celte fois dans une 
grave erreur. Une discussion intéressante s'est élevée 
à ce sujet. MM. Bernard, Replat et Despine y ont pris 
part et éclairé la question. 

Vous avez entendu ensuite la lecture d'une notice 
sur des vases antiques en verre , trouvés à Montagnole 
près de Chambéry. M. Laurent Rabut en a fait la des- 
cription , et il a mis sous les yeux de l'assemblée des 
dessins et une empreinte de l'un de ces vases , qui est 
orné de bas-reliefs. Ses considérations sur l'usage gé- 
néral de la verrerie chez les anciens ont donné lieu à 
de savantes remarques de M. Troyon, qui insiste sur 
l'usage expressément répandu du verre, non seulement 
chez les Romains, mais chez les Gaulois, dont l'habileté 
c 



XXXVIII 

est citée par Pline ^ et qu'ils devaient probablement au 
rayonnement de la civilisation des Phocéens. M. Des- 
pine vous a entretenu de la découverte récente d'une 
voie romaine, en travaillant à la route du Fier, entre 
Rumilly et Seyssel. Vous avez demandé qu'il en fût 
dressé un plan avant que les mouvements de terrain 
que l'on opère l'aient fait disparaître. Des découvertes 
de villages lacustres en Suisse vous ont été signalés par 
M. Troyon. 

La séance du lendemain a eu lieu .sous les marron- 
niers de Talloires; mais avant de se .séparer, la veille, 
tous les membres de l'assemblée ont voulu visiter les 
salles du musée de l'exposition temporaire d'objets 
d'art et d'archéologie , apportés par les particuliers et 
réunis pour deux ou trois jours seulement. Celte expo- 
sition , provoquée par votre Société, a présenté à l'oeil 
des amateurs un très grand nombre d'objets précieux 
antiques et modernes, armes, bijoux, vases, poteries, 
dessins, peintures, pierres gravées, médailles, manu- 
scrits, monnaies, dont l'inventaire se trouve dans 
votre procès-verbal . 

L'après-midi du 31 août a été consacré à une pro- 
menade scientifique. Vous avez visilé l'antique château 
de Monirottier, dont le temps a respecté les tours. La 
salle d'armes , où se voit l'écusson des Menlhon-Mon- 
trottier , l'escalier en spirale de l'une des tours , le 
donjon arrondi , en pierres de taille jusqu'à la hauleur 
du pont-levis, et, depuis là jusqu'au sommet, en tuf à 



XXXIX 

l'extérieur et en molasse à l'intérieur, h galerie supé- 
rieure, une forge intacte, si bien conservée qu'elle pa- 
rait n'avoir même pas servi; la grande fosse, profond 
et pittoresque escarpement qui entoure en demi-cercle 
la terrasse sur laquelle le château est construite ont 
attiré successivement votre attention. 

Le lendemain, vous avez visité le château d'Annecy, 
ancienne résidence des comtes de Genevois; la cuisine, 
la salle d'armes ^ la salle du Iribunal, les oubliettes, le 
donjon , d'où la vue est si belle, ont été explorés par 
vous , ainsi que les divers quartiers de la ville qui peu- 
vent présenter quelque intérêt historique. 

Vous vous étiez proposé , dans la séance de la 
veille e de faire le tour du lac sous la conduite de 
M. Troyon, pour voir si les pieux dont M. Serand 
avait signalé l'existence au fond des eaux avaient quel- 
ques rapports avec ceux qui soutenaient les villages 
lacustres de la Suisse; avant cette exploration, vous 
avez visité Veyrier avec sa nouvelle église d'architec- 
ture gothique; Menthon, où vous avez vu, outre la 
chambre qu'habitait saint Bernard avant d'aller fonder 
l'hospice de Mont-Joux, des armes oll'ensives et défen- 
sives antiques, casques de parade, costumes, ornements 
et harnais de toute espèce dont on se servait dans les 
joutes et les tournois. Vous vous êtes arrêtés au bord 
du lac à examiner les bains romains découverts depuis 
quelques années, et explorés avec soin par M. Ruphy, 
qui se propose de continuer les fouilles. Il a fallu vous 



XL 

arracher à l'examen de ces beaux souvenirs du passage 
de la civilisation romaine en Savoie, longtemps enfouis 
dans les entrailles du sol , pour aller, après un repas 
cordial que la musique de la garde nationale d'Annecy 
a eu la courtoisie d'embellir de ses symphonies, accom- 
plir les recherches projetées sur le lac aux environs de 
Duing. M. Gosse, en plongeant plusieurs fois, a re- 
connu l'existence des pilotis. On a retrouvé un grand 
nombre de têtes de pieux, et des débris d'anciennes 
poteries noires, aux cassures anguleuses, viennent don- 
ner aux hommes spéciaux la certitude de l'existence 
d'un village lacustre. Ces débris ont été offerts au mu- 
sée d'Annecy par M. Gosse. L'Association florimontane 
s'est engagée à pousser activement les recherches pro- 
voquées dans votre sein, et qui peuvent jeter un grand 
jour sur les populations primitives de nos contrées. 

De là vous vous êtes rendus à Duing , où vous ap- 
pelaient les parties encore debout du vieux château, la 
tour isolée, de forme pentagone, qui servait de signal; 
puis, à Talloires, où vous avez pu copier des inscrip- 
tions romaines ou rectifier d'anciennes copies; vous y 
avez pu constater approximativement l'âge de quelques 
constructions , lesquelles, attribuées aux Romains, sont 
évidemment romanes du xi^ ou du xri** siècle. 

Le i" septembre, une séance de midi à deux heures 
a remplacé la promenade de Dingy-St-Clair indiquée 
dans votre programme. A votre retour des Barattes, 
où vous avez admiré des médailles , des vases , des 



XLI 

ustensiles romains , des meubles sculptés du moyen- 
âge, des tapisseries, des cuirs gauffrés, d'anciennes 
gravures , de vieux tableaux , des incunables , des 
émaux, des porcelaines, des armes, etc., dans la villa 
de M. Ruphy, et dans son jardin des colonnes et d'au- 
tres gros débris de l'âge roman , vous avez reçu de 
nombreux hommages de livres , caries et manuscrits 
de la part de MM. Picut , Revillod, Glaparède, Des- 
saix,Troyon, Daguet, Forel, Rœmi de Bertigny, etc., 
et M. Daguet vous a fait des communications nom- 
breuses. Il vous a parlé de M. Buss, professeur à 
l'Université de Fribourg-en-Brisgau , et de l'hi&toire 
de S. François de Sales à laquelle ce savant travaille; 
d'une lettre latine et inédite de S. François de Sales 
au père Canisius , jésuite ; la lecture qu'il fait de la 
première page de la vie du père Gérard nous apprend 
qu'il est originaire de Savoie ; quelques nouveaux 
détails sur la vie d'Eustache Chappuis; quelques lettres 
inédites de Lamennais, datées de Genève en 182^, où 
il est question de la Savoie : tels sont encore les prin- 
cipaux sujets sur lesquels ces communications ont 
reposé. — M. Dessaix a ensuite fait connaître des 
documents curieux sur la prison d'Etat de Miolans et 
sur deux prisonniers qui y ont été enfermés. 

La séance, suspendue pendant une heure, a permis 
de visiter les églises , les manufactures , le cloître de 
Ste-Claire, etc. A la rentrée de l'assemblée, M. Rabut 
François a fait connaître des monnaies mérovingiennes 



XLII 

trouvées en Savoie, et dont trois appartiennent à l'an- 
cien royaume de Bourgogne M. Ducis vous a appris 
qu'il avait mesuré lui-même avec une corde mélrée 
l'ancienne voie romaine qui descendait du St-Bernard 
à travers la Tarentaise et la Haute - Savoie ; il a pu 
constater ainsi l'identité de iMoùliers et de Tarentasia 
placée jusqu'ici à Salins, il vous a ensuite parlé des 
découvertes récentes faites à Giily , où de nombreux 
débris retrouvés annoncent l'ancienne existence d'un 
grand centre populeux et d'une ville violemment dé- 
truite par le torrent de Gbiriac. M. Troyon a conseillé, 
au sujet de cette communication, de dresser une carte 
géologique de la Savoie, et il vous a montré celle qu'il 
a commencée pour le pays de Vaud et autres contrées 
voisines. 

M. Josepb Dessaix vous a appris alors que M. Sé- 
rand Eloi avait déjà fait une carte semblable pour la 
province du Genevois, qui resterait dans ce travail bis- 
torique la part de M. Sérand, appelé à collaborer en 
outre à celles de la Savoie-Propre et de la Maurienne ; 
celle de la Tarentaise serait confiée à M. Ducis. 11 
aurait voulu que l'on convînt auparavant de signes 
identiques; et cette motion, devenue l'objet d'une 
discussion à laquelle ont pris part MM. Auclair et 
Bernard, est restée sans solution immédiate. 

M. du Marteray vous a communiqué quelques lettres 
de M™® de Warens; M. Replat, un morceau plein de 
fraîcheur et de poésie sur les mœurs des babitanls des 



XLIII 

Alpes, sur les principales légendes de la Savoie el sur 
un usage de Beaufort à roecasion des mariages. Ce 
récit a clé complété par ce que M. Ducis vous a dil sur 
le droit de passade dans la même vallée. 

Vous avez entendu encore un discours sur l'instruc- 
tion élémentaire dans le Genevois, par M. Bouvard; une 
communication sur les manuscrits de Grillet, avec un 
récit du voyage que cet écrivain a fait pendant la Ré- 
volution française et plusieurs autres renseignements , 
par M. Joseph Dessaix , qui a encore donné connais- 
sance des manuscrits de l'abbé Frère. Ces manuscrits 
contiennent;, entre autres, le récit de l'invasion des 
Espagnols au milieu du siècle passé, et des chansons 
en patois sur cette invasion el sur le départ des troupes 
de l'Espagne. Il a mis en outre à la disposition de la 
Société une copie des pièces les plus intéressantes des 
manuscrits de l'intendant Pescalore concernant le Cha- 
blais, et vous a fait don du premier volume de la Savoie 
historique et pittoresque , dont il poursuit la publication, 

M. Forel vous a signalé l'existence de la chronique 
de noble Prévost , châtelain d'Evian , contenant l'his- 
toire du Chablais dès les temps les plus reculés, ainsi 
que des chartes anciennes et une inscription burgonde 
àEvian, portant le nom de Gondemard et d'un peuple 
nommé Brandohrices . 

Les présidents des sociétés voisines ont terminé la 
séance en prenant successivement la parole pour vous 
remercier et vous féliciter d'une initiative qui ne peut 



XLIV 

manquer d'être fructueuse pour la science. Ils vous 
ont dit combien ils avaient été flattés de la pensée que 
vous aviez eue de convoquer les archéologues des pays 
voisins aux promenades de votre Société , qui ne man- 
queront pas de devenir toujours plus variées dans leurs 
résultats et plus agréables pour tous. 



J'ai donné, Messieurs, dans un compte-rendu peut- 
être trop circonstancié, la rapide esquisse des travaux, 
des efi'orts , des relations de la Société et des dons qui 
lui ont été faits. Je n'ai rien dû omettre d'essentiel, 
dans la pensée que le tableau de vos premiers succès 
vous encouragera dans la voie où vous êtes entrés si 
résolument. Si l'on considère le temps qui la sépare de 
sa naissance , votre Société a beaucoup fait; mais vous 
croyez tous avec moi , j'en ai l'assurance , que c'est 
bien peu en regard de ce qui nous reste à faire. 



Le Président, 
Joseph DESSAIX. 



RÈGLEMENT 

DE LA SOCIÉTÉ SAVOISIENNE 



d'histoire et d'archéologie 



Article i". — La Société est destinée à offrir un 
centre aux amis de l'histoire répandus dans les diverses 
provinces de la Savoie; à provoquer des recherches 
dans les archives publiques et dans les dépôts particu- 
liers; à encourager l'étude locale des monuments et des 
faits propres à jeter du jour sur l'étal ancien du pays ; 
à rassembler les matériaux de l'histoire nationale ; à 
publier enfin, autant que ses moyens le lui permettront, 
des documents inédits et des écrits propres à étendre la 
connaissance des anciens âges de la patrie. 

Art. 2. — La Société se compose de membres effec- 
tifs nationaux ou étrangers. Leur nombre est illimité. 

La Société peut conférer le titre de membres hono- 
raires à des hommes que recommandent leurs titres 
scientifiques et leurs services. 

Le membre honoraire peut prendre part aux séances 
de la Société et à ses délibérations, mais sans droit de 
suffrage . 



XLVI 

L'admission de nouveaux membres a lieu dans l'as- 
semblée générale de la Société. Chaque candidat doit 
être présenté par deux membres. L'assemblée vote au 
scrutin secret. Pour être admis, il faut réunir la majo- 
rité des voix des membres présents. 

Les démissions devront être adressées par écrit au 
bureau de la présidence ; elles ne produiront leur effet 
que pour l'exercice de l'année suivante. 

Art. 5. — La Société se réunit deux fois par an en 
assemblée ordinaire, et extraordinairement quand les 
affaires le demandent. 

Le lieu de la réunion est fixé , dans chaque séance , 
par l'assemblée générale , pour la séance suivante , à 
moins que la Société ne charge le bureau d'y pourvoir. 

Art. 4. — Le bureau de la Société est composé d'un 
président , d'un vice-président , de deux secrétaires et 
d'un trésorier. 

En cas d'absence du président , ses fondions sont 
remplies par le vice-président. 

Les secrétaires se répartissent entre eux les fonc- 
tions relatives à la rédaction du procès-verbal , à la 
correspondance et à la conservation des archives. Ils 
sont mutuellement suppléants l'un de l'autre. 

Le trésorier est chargé de la gestion de la caisse. 

Les membres du bureau sont nommés par l'assem- 
blée générale, pour deux ans, au scrutin secret et à la 
majorité des suffrages. Ils sont toujours rééligibles. 

Art. b. — La caisse de la Société est formée : 



XL VII 

a) D'une contribution d'entrée , fixée à h francs ; 

b) D'une contribution annuelle, qui sera déterminée 

chaque année par l'assemblée générale, sur la 
proposition du bureau, et qui ne pourra jamais 
dépasser 10 francs; 

c) De la vente des publications ; 

d) Des dons volontaires qui pourraient être faits. 
Art. 6. — Si ses ressources le lui permettent, la 

Société publiera chaque année un volume de docu- 
ments inédits, rares ou précieux, de mémoires ori- 
ginaux et de renseignements archéologiques et topo- 
graphiques. 

Art. 7. — Une commission, composée du bureau 
de la Société et de quatre autres membres nommés par 
l'assemblée générale pour deux ans, au scrutin secret 
et à la majorité des voix , est chargée de choisir les 
matériaux destinés à être publiés, ainsi que d'en diri- 
ger et d'en surveiller l'impression. 

Deux autres commissions, nommées de la même 
manière , seront chargées , l'une , de rechercher les 
chartes et documents historiques ; l'autre, de veiller à 
la conservation des monuments antiques, de les explo- 
rer et de les décrire. 

Ces commissions font à chaque assemblée générale 
des rapports sur leurs travaux. 

Art. 8. — La Société cherchera à établir dans les 
diverses contrées de la Savoie des commissions locales 
chargées d'explorer les bibliothèques et les dépôts pu- 
blics ou particuliers de documents. 



XLVIII 

A ri. 9. — La Société se mellra en rapport avec les 
Sociétés scientifiques de la Savoie et des pays voisins. 
Elle établira avec ces Sociétés, s'il y a lieu, un échange 
de mémoires, de renseignements et de matériaux. 

Art. 10. — Les propositions que des membres de la 
Société pourraient avoir à faire à l'assemblée générale 
sont communiquées au bureau quinze jours avant la 
séance. 

Art. i\. — Les membres de la Société domiciliés 
dans la même province peuvent se constituer en comité 
provincial. Ils en donnent connaissance à la Société. 

Ainsi résolu dans l'assemblée générale de la Société, 
à Chambéry, le 6 août 1856. 

Signé à l'original : F. -M. Bebert, notaire, président 
provisoire, et F. Mugmer, avocat, secrétaire provisoire. 

Pour copie conforme : 

Le président définitif, 
J. Dessaix. 

Les secrétaires définitifs , 

F. -M. Bebert, notaire. 
C.-J. Saillet, prof, de litt. au Coll. 
nat. de Chambéry. 



MÉLANGES. 



DOCUMENTS 

RELATIFS 

Al COUVENT m SAIiXT DOMINIQUE 

DE CHAMBÉRY 

PUBLIÉS PAR FRANÇOIS RABUT, PROFESSEUR D'HISTOIRE 



DOCUMENTS 

RELATIFS 

Al COUÏFJT DE SAIXT DOMINIQUE 

DE CHAMBÉRY 

PIBLIÉS PAR FdWÇOIS RABUT, PROFESSEUR D'HISTOIRE 

PREMIÈRE iiÉRlE 



INTRODUCTION 

Les documents dont nous commençons aujourd'hui 
la publication sont extraits d'un manuscrit in-folio de 
plus de 850 pages, qui appartient à M. C. Guillermin, 
vice- président de la Société savoisienne d'Histoire et 
d'Archéologie. 

Ce volume, qui est appelé par un de ceux qui l'ont 
fait : le Livre de la Communauté, était tenu par les 
procureurs du couvent de S. Dominique de Chambéry. 
Il a été écrit en très grande partie par le P. Jacques 
Pelin (1), qui a este procureur du conuent par quatre di- 

(1) Les Pelin étaient une riche famille de Chambéry dont le nom sa 
rencontre quelquefois dans les documents du seizième siècle. 

1 



2 

nerses fois , comme il le dit lui-même au folio 623 de 
son livre. Ce religieux a fait profession en 4GS0 ; il est 
mort en 1609 , à l'âge de 83 ans. Les fragments de 
son manuscrit que nous publions , et les additions 
qui y ont été faites pendant le dix-huitième siècle par 
ses successeurs à l'emploi de procureur, nous appren- 
nent qu'il a fait de nombreux dons au couvent, qu'il a 
rempli les charges de sacristain, de portier et de maître 
des novices; qu'il était fort assidu aux offices et aux 
confessions; enfin qu'il était très zélé pour la prospé- 
rité de la maison. Son écriture, qui est très belle et 
très facile à reconnaître , ne paraît plus dès l'année 
1668. Postérieurement à cette date , on voit, dans le 
livre du couvent de S. Dominique de Chambéry , trois 
ou quatre autres écritures différentes. 

On trouve dans ce manuscrit des travaux de diverses 
espèces : état de rente, inventaires de titres , cartu- 
laire, inventaires de meubles, procès-verbaux du con- 
seil , chroniques, liste de proies, de prédicateurs, de 
prieurs, etc. 



ETAT DE RENTES ANNUELLES. 



Le commencement du volume jusqu'à la page 332 
contient l'énoncé des divers revenus du couvent : fon- 



3 

dations pieuses , aumônes périodiques des grands 
corps, legs, rentes constiluées, loyers, censés de biens 
ruraux, etc., etc., avec l'indicalion de l'origine de la 
rente, de la quantité, de l'époque du payement, des 
précautions à prendre pour éviter les prescriptions , 
les procès ; avec l'exposé des difficultés de toute nature 
auxquelles leur perception a donné ou peut donner 
lieu ; avec des conseils pour les procès éventuels , et 
l'énumération des pièces à y employer ; la manière de 
faire des reçus et cent autres détails. On rencontre dans 
cette partie du livre des renseignements sur les biens 
immeubles possédés par le couvent , sur les donations 
en capitaux qui ont été faites aux Dominicains de 
Cbambéry, et accidentellement des notes intéressantes : 

1° Sur les chapelles, les orgues et autres parties de 
leur église ; 

2° Sur les confréries et les corporations darts et 
métiers qui y célébraient leur fête patronale ; 

3° Sur la chapelle ou aumônerie du Sénat et de la 
Chambre des comptes ; 

4° Sur les fermages et l'agriculture au dix-seplième 
siècle ; 

5° Sur la généalogie de quelques familles et sur le 
personnel du couvent. 

Mais tout y est pèle-méle, de sorte que l'on ne pou- 
vait se servir de cette partie du livre sans une bonne 
table que contenaient sans doute quelques feuillets dé- 



chirés au commencement. Il serait donc impossible de 
la publier textuellement. J'ai analysé ce qui regarde les 
revenus , et trié tout le reste pour le publier en forme 
de notes au bas d'autres documents plus importants et 
relatifs aux divers objets sus-énoncés. 



INVENTAIRES DE TITRES ET CARTULAIRE. 

J'ai cru pouvoir appeler ainsi les pages suivantes du 
livre de la communauté (de 553 à 412 et de 453 au 
folio 594), dans lesquelles on rencontre effectivement, 
mélangés entre eux avec une certaine confusion : 

Des inventaires partiels de pièces utiles dans divers 
procès avec la ville, le sénat, les particuliers, etc.; 

Des inventaires de titres relatifs ^ux propriétés du 
couvent; 

Un inventaire de contrats de réception et de profes- 
sion ; 

Des lettres-patentes, des transactions entre les domi- 
nicains et d'autres religieux , des actes de fondations 
pieuses et d'autres documents, dont plusieurs sont iné- 
dits. 

En rétablissant un peu d'ordre dans ces pages , on 
publiera les inventaires en les réunissant suivant l'or- 
dre analytique , et les documents sous la forme d'un 
cartulaire. 



INVENTAIRES d'oBJETS MOBILIERS. 



De la page ^15 à la page 451 sont des pièces qui 
méritent d'être reproduites en entier à cause de l'intérêt 
qu'elles présentent au point de vue de l'art, de l'archéo- 
logie, des mœurs et des usages. Ce sont des inventaires 
de reliques , argenterie , ornemem et linge de sacristie , 
de chapes , chasubles , tuniques et paremens d'hautels , 
comme aussi de vaisselle d'estain et ulenciles de la cui- 
sine et de la chambre prieuriale. 

EXTRAITS DES ACTES DU CONSEIL. 
' ( Folios 594-603. ) 

Le livre des délibérations du conseil du couvent 
ayant été perdu, le P. Pelin, pour éviter les désagré- 
ments d'une autre perte semblable, a couché dans le 
livre de la communauté les comptes-rendus des séances 
de ce conseil depuis le 28 août 1646 jusqu'au 20 jan- 
vier 1664. Ces extraits seront publiés avec des notes. 

CHRONIQUE. 

Le même religieux a consigné dans les folios 617 
et suivants de son manuscrit des choses très variées, 



réunies chronologiquement sous ce litre : Mémoire des 
réparations faites dans ce commit dez l'annè 1 600 comm' 
aussy des procès arriuès tant pour les décimes que pour 
les prescie.ices prétendues, des chanoines et vicai'^es , et 
comm' aussy de plusieurs autres remarques que jay col- 
ligè en diuers endroits. 

Cette pièce est peut-être celle qui présente le plus 
d'inlérêl ; malheureusement nous ne l'avons que jus- 
qu'à l'année 1660 et jusqu'au folio 632, parce que des 
pages ont été arrachées au manuscrit. Je la publierai 
avec des notes contenant des notions relatives aux faits 
qu'elle produit et tirées des autres parties du manuscrit 
où elles sont parsemées. Je ferai de même pour les 
pièces suivantes, qui terminent le volume. 



LISTE DES PROFES. 

Le titre que porte cette liste la fera mieux connaître 
qu'une description ; le voici : Calhalogue des religieus 
proffes de ce conuent de Chambery qui esloienl vivants en 
l'anné \ 600, et du jour de leur deces, comm' aussy de ceus 
qui du depuis ont receus lliabis et faits profession. 

Celle liste, qui est aussi un obiluaire, offre d'inté- 
ressants détails sur la vie et les œuvres de plusieurs 
religieux savoisiens. 



LISTE DES PRÉDICATEURS DU SENAT. 

Elle est intitulée : Cathalogae des prédicateurs qui ont 
preschès demnt k sénat les aduents et caresmes dez i'annè 
iG50. Cette pièce, qui peut paraître étrangère à notre 
sujet, s'y rattache cependant, puisque ces prédicateurs 
étaient pour la plupart dominicains. 

LISTE DES PRIEURS. 



Ce document est en latin et porte en titre : Calhalogus 
RR. PP. Priorum islius conuentus ah eo temporequo [un- 
datus et recepius fuit a ciuibus huius Camberiencis . 

Les rats et d'autres accidents ont fait des lacunes à 
celte liste , mais J'en ai trouvé ailleurs une autre qui 
permet de la compléter jusqu'en 178^. 

Par cette rapide énumération des travaux contenus 
dans le manuscrit que nous publions , on peut juger 
de l'intérêt qu'il doit présenter. Ce volume est tout 
à la fois un livre de compte, un inventaire, un cartu- 
laire, un obituaire, une chronique, etc. Mais, différent 
de la plupart de ces recueils qui, par leur nature, sont 



8 

appelés à aller sous les yeux du public, celui-ci, lenu 
par les procureurs dans l'intérêt de la communauté, et 
pour elle seule, renferme des notes curieuses : 

Sur les querelles des religieux avec le clergé pour 
les préséances ; 

Sur leurs procès et les causes qui ont quelquefois fait 
pencher un instant la balance de la justice; 

Sur leurs tracas avec le sénat, qui était logé chez 
eux; 

Sur leurs petits travers personnels et leurs tribula- 
tions intérieures. 

Nous y trouverons la vie monacale prise sur le fait, 
à une époque où elle est peu connue et où la prospérité 
tendait à disparaître de nos maisons religieuses. 

Nous y rencontrerons surtout, et c'est sous ce rap- 
port que l'étude de papiers relatifs à nos couvents pré- 
sente un véritable intérêt , bien des détails sur les us 
et coutumes du pays, beaucoup de notes biographiques 
qui intéressent toujours tant, et quelques f;iits ignorés 
de la topographie, de l'histoire politique et même de la 
météorologie de la Savoie. 



Ces publications seront faites successivement et sans 
suivre l'ordre du manuscrit; chacune d'elles sera pré- 
cédée d'une courte notice. Nous donnons aujourd'hui 
les trois dernières pièces de l'énumération qui précède : 



les listes des profès , des prédicateurs et des prieurs. 
Ces documents ont entre eux un grand rapport, et ils 
se complètent les uns les autres. Gomme ils ont tous 
trait au personnel du couvent, nous les ferons suivre 
d'une petite table de noms d'hommes, sans préjudice 
de la table générale qui pourra suivre toute la publica- 
tion. Comme le même individu figure quelquefois sur 
les trois listes, et souvent sur deux d'entre elles, cette 
table des personnes devient indispensable pour savoir 
tout ce qui les regarde dans ces trois documents . 

Nous croyons devoir terminer cette introduction par 
un très léger aperçu sur les couvents de l'ordre de 
S. Dominique en Savoie, pour faire connaître ce qui a 
été publié sur ces maisons religieuses. 



En 12iG , un chanoine castillan , Dominique de 
Guzman, homme singulièrement cliarilable et pieux (1) 
qui employait son éloquence et ses écrits à convertir 
les Albigeois (2) el à réformer les mœurs du clergé, 
fonda à Toulouse l'ordre des Frères prêcheurs pour 
travailler à celte conversion, pour s'adonner à des études 

(1) MiCHELET, Hisl. de France, liv. iv, clï. vu. 

(2) « Saint Dominique ne prit aucune part à la sanglante croisade dont 
les atrocités vinrent paralyser les efforts Ju nouvel apôtre. » 

(L'abbé C. Bandeville ) 



10 

sérieuses et porter la parole de Dieu dans tout l'univers. 
Ces nouveaux religieux furent bientôt appelés Domini- 
cains, du nom de leur fondateur. On les nomma aussi 
Jacobins en France, parce que leur premier couvent fut 
bâti dans la rue Saint Jacques sur l'emplacement d'un 
ancien hôpital de pèlerins dédié à ce saint. Le nom de 
Frères prêcheurs leur fut donné à cause du but principal 
de leur instilution. D'abord chanoines réguliers obser- 
vant la règle de S. Augustin, ils furent déclarés moines 
mendiants en 1220, dans le premier chapitre de l'or- 
dre. Celui-ci se répandit bientôt en France, en Espagne, 
en Italie et successivement dans tons les pays chrétiens 
de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. Ses maisons se 
multiplièrent et furent groupées en provinces. 

11 y a eu en Savoie quatre couvents de Dominicains. 
Ces religieux se sont établis à Montmélian au treizième 
siècle, à Chambéry en 4^4 18, à Annecy l'année 1422, 
et aux Voirons au dix-septième siècle. 

Nos écrivains ne nous ont presque rien transmis sur 
le couvent de Montmélian. Grillet dit qu'il fut fondé en 
1536 (1). Besson dit que les Dominicains s'y établirent 
dans le courant du treizième siècle (2), et Guichenon 
nous donne la clef de celte diflerence de date en nous 
apprenant que l'église et le couvent de S. Dominique de 

(d) Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements 
du Mont-Blanc et du Léman, tome i, page 156. 

(2) Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Ta- 
rentaise, etc., page 322. 



11 

Monlméliau ayant été brûlés, les religieux recoururent 
au comte Aymon, qui leur donna un emplacement pour 
les faire reconstruire, par lettres du 22 mai 1536, et 
qu'il en posa la première pierre au mois de juin sui- 
vant {'[). Grillet nous fait encore connaître quelques il- 
lustrations du couvent de Montmélian : Guy Furbity , 
célèbre par ses prédications dans Genève (2), el le Père 
Grillet Jean, qui mourut évèque d'Aoste; et voilà tout. 
Notre publication ajoutera quelque chose à ces courtes 
notions. 

L'histoire du couvent des Frères prêcheurs d'An- 
necy, fondé en 1422 par le cardinal de Brogny, nous 
est un peu mieux connue. Le curé de Chapeiry lui cou- 
sacre deux pages dans ses Mémoires pour l'histoire 
ecclésiastique de la Savoie , et il a transcrit l'acte de 
fondation dans ses Preuves (3). On rencontrera aussi 
quelques notes à prendre sur cette maison dans les 
documents qui vont suivre. 

On ne sait pas grand'chose à ce moment sur les Do- 
minicains de Chambéry. Ils s'établirent dans cette ville 
en 1418, ensuite de la permission que le duc Amé- 
dée VIII avait obtenue du pape Martin Y (^). Ils cons- 
truisirent leur église et leur maison hors des murs. 

(1) Histoire généalogique de la R. Maison de Savoie. Turin, 1778-80. 
Tome I, page 390. 

(2) Ouvrage cité, tome m, page 125. 
(5) Pages 122, 125 et ItUk. 

(4) GuiCHENON , ibid. , tome ii, page 34. 



12 

Besson leur consacre sept lignes, et il dit entre autres 
que le couvent de Chambéry a eu l'honneur d'être gou- 
verné quelque temps par S. Vincent Ferrier. C'est une 
cireur. Car, outre que le fait serait trop saillant pour 
avoir échappé au P. Pelin et aux autres Pères qui nous 
ont transmis des listes de prieurs et tant d'autres ren- 
seignements, il est certain que S. Vincent Ferrier est 
mort en 1^4 15, trois ans avant l'établissement des Do- 
minicains à Chambéry. Cette erreur vient sans doute 
de ce que l'on conservait parmi les reliques de ce cou- 
vent plusieurs objets qui avaient appartenu à ce saint et 
qui sont énumérés dans les inventaires que nous avons 
à mettre au jour (1). 

Notre intention n'est pas de réunir dans celte intro- 
duction les faits de l'histoire du couvent de Chambéry 
qui sont contenus dans les documents que nous avons 
à publier. Cependant , comme la première série que 
nous en donnons cette fois est relative au personnel de 
la maison, il faut mettre ici une ou deux notions ana- 
logues tirées du Livre de la communauté, où elles sont 
éparses. 

Le nombre des religieux de ce couvent semble n'a- 
voir jamais été bien considérable, il paraît que, dès sa 

(1) On peut encore voir, relativement aux Dominicains de Chambéry, 
une inscriplion publiée par M. le chevalier Ménabréa dans le tome xii des 
Mémoires de l'Académie de Savoie, page lx, et une notice sur leur portail 
récemment démoli , que j'ai lue à cette Académie et qui est insérée au 
compte-rendu, tome i (2'' sér.), page n. 



-13 

fondation, il alla en augmentant jusqu'au milieu du sei- 
zième siècle, qui aurait été son moment de plus grande 
prospérité. 

A la page ^00 de notre manuscrit, on voit un extrait 
des archives de la chambre des comptes de Savoie tiré 
A'un livre couvert de carton blanc intitulé Inscription des 
testes de Chamhery de Vanne mil cinq cents soixante un et 
aultres armes suiuantes, duquel il résulte qu'il y avait à 
cette date au couvent de Chambéry 15 religieux, 3 no- 
vices , 3 non profès , i convers et 2 domestiques laï- 
ques, en tout 2^1 personnes. Voici la liste nominale 
qui est dans cet extrait : 

Au CONUENT DES PeRES PrESCHEURS DE St DOMINIQUE 
LIEU DU SENAT DE SON AlTESSE 

F. Pierre Revillandy prieur et docteur 

F. Jehan Forroy docteur 

F. Humbert Barbichon soubs prieur 

F. Louys Barreii 

F. Jehan Pignaty 

F. Pierre Gay sacristain 

F. George Bastardy procureur 

F. Antoine Baudet 

F. Jehan Suauet 

F. Jacque Lambert 

F. Nicolas Alban 

F. Philippe Cheurier 

F. Jehan Mollard 



H 



F. François Lutrini 

F. Pierre Pigny 

F. Jehan Blanc nouice 

F. Hiimbert Basset nouice 

F. Gabriel Collombat nouice 

F. Antoine Jacquet non proffes 

F. George Collombin non proffes 

F. Benoit Cheurier non proffes 

F. François Plaut conuers 

Micliel serviteur 

et Pierre cuisinier 



La chronique du P. Pelin nous apprend qu'en l'an 
ICOO les vignes et les métairies du couvent étaient rui- 
nées, et que le nombre des religieux n'était que de cinq 
Pères, un tiers seulement de ce qu'il était quarante ans 
auparavant. Ce fut l'époque la plus calamiteuse de l'his- 
toire du couvent. Il se releva cependant, et eut une 
seconde époque de prospérité vers le milieu et la fin 
du dix-septième siècle. 

Vers l'année iG40, il y avait huit ou neuf Pères et 
trois ou quatre novices, quoique la peste eût enlevé cinq 
religieux en i630. 

En 4729, on aflîlia au couvent de Chambéry un do- 
minicain espagnol. 11 y eut consentement unanime de 
tous les religieux enfants de ce couvent, au nombre 
de quinze. Mais cela ne prouve pas qu'il y eût quinze 
Pères à Chambéry. Quelques-uns d'entre eux pouvaient 



15 

fort bien se Irouver dans d'autres maisons où les appe- 
laient leurs diverses fondions. 

Quant à la maison des Voirons {\) , voici ce qu'elle 
était. Des ermites qui vivaient en communauté dans 
cette localité embrassèrent la règle de S. Dominique 
et s'unirent à son ordre au milieu du dix-septième siè- 
cle. Plus tard, cette communauté fut érigée en couvent 
particulier de Dominicains et subsista jusqu'à l'incendie 
de la maison en 1769. Les religieux se réunirent alors 
à ceux d'Annecy (2). On voit dans le contrat d'entrée 
en religion du sieur Louis Saillet , de Burdignin , que 
le 1" novembre 4 7i!i4 le P. François Jordan, natif et 
bourgeois de Thonon, était prieur du couvent des Voi- 
rons et qu'il y avait avec lui trois autres religieux : 
le P. Claude Ganlin, natif et bourgeois de Chambéry, 
le P. Nicolas Blaix, natif et bourgeois de Tbonon, et le 
P. Ch. Dunant, natif et bourgeois de Montmélian (3). 

(d) Montagne du Faucigny aux confins des communes de Bons et de 
Boëge. 

(2) Grillet, Dict. hist., tome m, p. 436, et Besson , Mémoires pour 
l'hist. eccl., p. 110. 

(5) Ce document m'a été communiqué par M. Saillet, professeur de 
littérature au collège de Chambéry, l'un des secrétaires de la Société sa- 
voisienne d'Histoire et d'Archéologie. 



CATALOGUE ET OBITUAIRE DES RELIGIEUX 
PROFÈS DU COUVENT DES DOMI- 
NICAINS DE CHAMBÉRY 



Ce document occupe treize pages du manuscrit. Le 
P. Pelin a écrit en cnlier ou en partie les 56 premiers 
numéros. Les derniers de ces numéros, celui même qui 
lui est consacré, ont été seulement commencés par lui 
et complétés par ses successeurs à l'office de procureur. 
Quelques noies ont aussi été mises par eux aux [)re- 
miers articles pour y ajouter un renseignement. On a 
séparé par un tiret les différentes écritures d'un même 
numéro. 

L'extrémité inférieure des feuillets du manuscrit a 
été un peu rongée. Cela a donné lieu à de petites la- 
cunes, rares du reste et faciles à compléter. 



n 



CATHALOGUE DES RELIGIEUS proffes de ce con- 
uent de Chambery qui estoient viiiants en l'anne 
1600, et du jour de leur deces , comm'aussy de 
ceus qui du depuis ont receus Ihabis et faits pro- 
fession. 

1 . P. F. François L'oRioL bachelier de Paris, deceda 
1608 au conuent d'annecy. 

2. P. F. EsTiENNE PicHOT Icquel a esté longtemps 
procureur, deceda le 7 septembre 1603, enterré aus 
cloistres sépultures des religieus (1). 

3. P. F. Benoit Quimier natif de Chambery et proffes 
de conuent docteur de nantes, a esté prieur de conuent 
par deus diuerses fois vicaire de la nation, lequel com- 
mença a remettre et dégagé le conuent. 11 a laissé a 
receuoir au conuent la somme de cents escus d'or (2), 

(i) C'est probablement sur cette tombe commune qu'était placée l'in- 
scription dont nous avons parlé à la page 12. Nous la reproduisons : 

en mercy 

les bons trespasses 
qui sont mis icy 
sur quelz vos passes 
par dieu ne cesses 
de prier por tous 
et sur tout pances 
qu a., sere unis 

(2) L'écu d'or valait alors huit florins. (Promis , Monete dei reali di 
Savoia, tome ii, p. 252.) 

2 



48 

voiez page 367(1). plus a laissé 400 ff. (2) qui estoient en 
rente constitué, lesquels en l'anné 1636 furent mangés 
Item des obligations desquelles le conuent a esté paie, 
plus 400 ff. quon treuva après son deces qui fut le 28 
décembre 1609. 

4. P. F. PiERUE DEBOLLO natif du faucigni proffes de 
ce conuent, docteur de Paris, lequel en Tanné 1577 
prescha l'aduent et le caresme deuant le sénat ensuite 
vicaire gênerai, de la congrégation Gallicane, prieur 
des conuents de lion de st maximin et de ce conuent 
dés l'anne 1604 jusqu'en Tannée 1613, durant lequel 
temps a esté vicaire de la nation et a presché par trois 
ou quatres diuerses fois deuant le sénat avec applaudis- 
sement, a donné au conuent dez Tanné 1577 jusqu'en 
Tanné 1613 en diuerses fois pour les réparations du 
conuent plus de deus mille florins, na iamais pris un 
sol du conuent, a été grand Théologien de S. A. Charle 
Emanuel, a laissé quantité de beaus et bons livres, et 
400 ff. dargent que Ion porta au dépôt après son deces 
qui fut le 2 septembre 1613 estant aagè de 84 annés , 
fut sépulture soubs une pierre en montant en la tribune. 

(1) On voit k cette page du manuscrit, dont nous publions des fragments, 
que cette somme fut perdue pour le couvent. D"" Bouvier, femme en pre- 
mières noces de l'avocat Quimier ci en secondes du président Tardy, belte- 
sœur du P. Quimier, avait passé avec lui une transaction où elle promettait 
paj'er cette somme à lui ou k ses successeurs. Après la mort du Père Qui- 
mier, le couvent a reçu du président Tardy un a-compte sur les intérêts de 
cette somme ; mais ayant eu un procès en 1637 pour le capital avec M. de 
Sonnaz, petit-fils dudit président, les dominicains furent déboutés par arrêt 
du sénat, parce qu'il leur manquait un titre, le testament de Jean Quimier, 
oncle du religieux « et que l'ayant cherché dans les minutes cCun nomme 
» Pagniard notaire il cest treuué arraché. Faut aller a conseil » 

(2) Florins. 



{9 

Le P. Gallesius observantin fît l'oraison funèbre , le 
corps du sénat y assista (Ijjja ville donna six flam- 
beaus. Utinam reuiuiscat. — Il est dit de luy dans le 
journal des guerres de Flandres qua la demande de 
l'ambassadeur despagne le General l'envoya a Amiens, 
ou se préparant pour prescher il feut pris par les enne- 
mis et pieds et mains liés en son col entouré de mèches 
allumées par les deux bouts feut mené dans un vaisseau 
ou ayant conveincu les huguenots ils l'abandonnèrent 
et il retourna en france etc. 

5. P. F. Claude Guilliaume natif de Chambery et 
proffes de ce conuent deceda le 16 septembre 1610. 
Nota qu'a la sépulture du susdict père, Ion commença 
à inuiter les croix des conuents , de st francois et au- 
tres et a leur faire une petite collation car au parauant 
Ion ne faisoit aucune cérémonie dautant que il ne se 
Ireuue rien dexposè en auqune façon dans les comptes 
pour les enterrements, ny mesme pour... escarpins. 
Lon a donc commencé pour le d' p. et ensuite pour p. . . 

6. P. F. Jehan Maugin natif de chambery et proffes 
de ce conuent deceda au conuent de troye lieu de son 
assignation dans septième anné 1613. 

7. P. F. Henry Perrody natif de Chambery et proffes 
de ce conuent et p. du conseil deceda le 18 février 1616; 
fit faire deus petis chandeliers dargent Item laissa 300 
ff. au dépôt Item 200 ff. en rente constitué hippothe- 
ques sur des terres a Villarcher (2). Le sac est chez le 
proc. Chiuillard. 



(1) Probablement parce que ce religieux était auditeur de la chambre 
des comptes de Savoie. (Voyez plus loin la liste des prieurs , n" 60 ) 

(2) Hameau de la Motte. 



20 

8. P. F. Nicolas Fillion de Chambery proffes de ce 
conuent et p. du conseil decedé le 12 septembre 1617. 
fit faire ce grand calice doré avec le peti ciboire dar- 
gent doré. Plus fit une fondation scavoir qua tous les 
quatres temps de l'annè Ion chanteroit une messe so- 
lemnelle de requiem et qu'il seroit donné a chasque 
prestre 4 . . et 5 fî. pour la récréation mais faute dauoir 
mal assuré la somme capitale pour la dicte fondation, 
layant donne à son priué nom , nous avons esté con- 
damnés par arrest du sénat. 

9. P. F. LouYs Dauid de Chambery prédicateur gêne- 
rai de ce conuent (l)deceda le 10 juin 1633. a esté prieur 
17 ou 18 annès prieur au conuent de Montnielliant , 
laissa au dépôt 400 ff. employés pour les pulpitres , 
tables et chère dans la bibliothèque plus a laissé mille 
trois cent florins en rente constitué plus laissa 600 ff. 
en rente qui fut mangé sans nécessité l'anne 1647. 

10. P. F. Chàrle Vial de Chambery proffes de ce 
conuent Bacchillier de Paris, docteur de Bourges, a esté 
prieur de céans par deus diuerses fois , estoit bon scho 
lastique , assidus au confessional et aus offices divins , 
reucilloit toutes les nuicts les religieus pour les matines 
a laisse 300 ff. dans le dépôt, et 200 ff. quil donna pour 
faire une cloche l'anne 28. deceda de la contagion Tanné 
1630 (2) fut pourtant enterré aus cloitres (3). 

(d) Les dominicains donnaient le nom de prédicateur général aux maî- 
tres en théologie institués par le prieur provincial. (V. Dl'Caivge a ce mot.) 

(2) Celte peste a enlevé quatre pères et un frère non profès aux domi- 
nicains. (Voir n"* 11, 17 et 18 de cette liste.) 

(5) La famille Vial avait un tombeau dans l'église des dominicains de 
Chambery. Dans les récentes démolitions faites des chapelles du collatéral 



21 

11. P. F. André Moncellin de Chambery et p. du 
conseil deceda de la contagion le 11 octobre 1630 fiist 
enterré dans nostre verger de Cognin proche la maison 
avec un novice non proffes nomme cartier. le susdit 
P. André a bien trauaillè pour le conuent. — Il com- 
posa un livre des miracles du Rosaire. 

12. P. F. NoÉ Malibre de Chambery p. du conseil et 
jubilé (1) deceda a Montmellians y estant allé pour se 
pourmener le 19 juillet 1638. 

. 13. P. Pierre Pagnody de Chambery p. du conseil et 
jubilé decedé le 17 mai 1648. 

14. P. F. HuMBERT Raymond de Chambery prédica- 
teur gênerai et jubilé deceda dans sa septante septiesme 
anné fît faire le Renisfier d'argent, le 26 mai 1658. 

15. P. F. Jehan François Delalê de Chambery p. du 
conseil decedé le 23 décembre 1644 (2) fit faire deus 

gauche de cette église , on a trouvé une dalle entourée de l'inscription 
suivante : 

Sepulcrum . hereditarium . famiUœ . d. procuratoris . vial . 

1609. 

et, dans le haut de la dalle, les initiales I. V. dans une couronne de 
feuillage. 

(1) Jubilé, yu6i7ar«MSj celui qui a persévéré 50 ans dans le même état. 
DucANGE, V Jubilarius, cite entre autres un exemple pris dans un nécro- 
logue de dominicains. 

(2) Les religieux indiqués dans les 14. alinéas qui précèdent semblent 
être ceux qui, d'après le titre de ce catalogue, existaient au couvent de 
Chambery en 1600. On est amené a celte idée en voyant que l'ordre chro- 
nologique des décès suivi jusque-là est interrompu par la date de la mort 
du P. Delalé, mort avant le P. Raymond qui figure cependant avant lui 
sur la liste ; les dates d'autres décès viennent encore confirmer cette ob- 
servation. 



chandelliers dargent valant cent ducattons (1). Item 
donna cent diicatons pour faire cloche Tanné 1629 et 
laissa vne sedule de 800 ff. — Assistoit les agonizant 
nuit et jour avec grande assiduité. 

i6. F. Pierre Gay conuers receu Ihabis lan 1606 le 
14 auril. — deceda le 28 septembre 1666 dans sa 78« 
anne enterre dans le cloistre. 

17. P. F. Claude Rollet de Chambery mourut de 
contagion le 3 septembre 1630 fut enterré dans les 
cloistres. 

18. F. André de Chambery nouice non profîes mou- 
rut de contagion dans septembre 1630 enterré dans les 
cloistres. 

19. P. F. Jacque LAROCHE de St Beron proiTes et p. 
du conseil de ce conuent décédé le 7 décembre 1638. 

20. P. F. Jacque Hamard de Chambery proffes et p. 
du conseil decedé dans sa quarante neufuiesme annè le 
14 janvier 1648. 

21 . P. F. Gabriel Maugin proffes du conuent de lion 
assigné céans deceda dans le mois de décembre 1648. 

22. P. F. Dominique Nostre natif de Montmelliant 
proffes de ce conuent docteur de Nante , a esté prieur 
céans par deus diuerses fois, a Montmellian vicaire delà 
nation , decedé a Guerrande (2) estant allé pour près- 
cher, l'an 1651 . 

23. P. F. François Delorme de Chambery protTes et 
p. du conseil de ce conuent decedé dans sa cinquante 
septiesme anné, dans le mois januier 1651 . 

(1) Le ducaton valait en Savoie à cette époque sept florins. ( Promis , 
Monete dei reali di Saxoia , tome II , page 2S4. ) 

(2) Ea Bretagne. 



23 

24. P. F. Claude Léger du Verromey (1) proffes et 
prédicateur gênerai de ce conuent decedè le 21 may 
<654 en sa cinquante neuuiesme annè estant sousprieur 
et ministre des nouices, a été le premier prieur du voi- 
ron (2) durans six annés et quelques mois, laissa dans 
nostre dépôt 300 ff. a laissé plusieurs livres. 

25. P. F. François Farconet natif des eschelles prof- 
fes de ce conuent licencié de Rheins et docteur du 
gênerai deaedè le 26 août 1652 dans le conuent de 
Maubec (3) y estant allé pour uoir son frère qui estoit 
prieur. — Il étoit fort homme de bien et exorciste in- 
fatigable. 

26. P. F. Ambroise dequeresque de Chambery profFes 
et p. du conseil de ce conuent decedè le 10 septembre 
1657. enterré dans le premier charnier sortant de la 
sacristie pour entrer dans le S»» S^oium et le P. Ray- 
mond (4) est enterré dans le suivant (5). 

27. P. F. Christophe Crochon profTes de ce conuent 
docteur de camps (6) a esté prieur céans et vicaire de 

(1) Valromey. 

(2) Le Voiron ou les Voirons , en Faucigny. 

(3) Département de l'Isère. 

(4) Voyez n" 11 de cette liste, page 21. 

(5) Voici ce qu'on lit fol. 631 v» du manuscrit du P. Pelin dans la par- 
tie que nous publierons plus tard et qui est intitulée Mémoire des répara- 
tions : 

« L'anné 1653 je fis faire les six charniers qui sont dans le sta stor auant 
» que l'on posa le marche pied du grand autel , lesquels charniers forti- 

1, fient le retable . - 

»... le charnier du milieu est au président Costa les massons s'en 
» feront paie, et aus deux premiers du coste de la sacristie sont enterrés 
» les PP. Raymond et Ambroise. » 

(6) Caen. 



24 

la nation mourut d'une inflamation de poulmon le 19 
octobre 1662 a esté prieur au voiron et deceda dans sa 
58^ anné. 

28. P. F. Antoine Granier natif de Beaufort proffes 
et p. du conseil de ce conuent — decedé le 4 juin 1671 
aagé de 64 annés (1). 

29. P. F. Benoit Picard de Bugey proffes de ce con- 
uent deceda en Italie lannè 1645. 

30. P. F. Girard Bonnefois proffes de ce conuent 
decedè le 24 auril 1654 dans sa quarante troisiesme 
annè. 

31 . P. Joseph Gayme natif de Chambery proffes et p. 
du conseil de ce conuent — il a procuré les réparations 
et peintures du cloistre et. du chapitre (2) et fait bastir 

(1) Il avait rempli les charges de sacristain et de sous-prieur. 

(2) La démolition, faite il y a deux, ou trois ans, de la salle capitulaire, 
a laissé apercevoir a tout le monde , sur la muraille qui subsiste encore , 
les traces de ces peintures du chapitre a travers une couche de badigeon. 
On y voyait encore les formes d'une Vierge , d'un religieux et de quel- 
ques autres personnages ; malheureusement elles étaient dans un si triste 
état de dégradation qu'il n'y avait pas même espoir d'en pouvoir ressaisir 
le sujet avec toutes les précautions d'usage en pareil cas. 

On trouve dans le Mémoire des réparations déjà cité que « le boisage 
» de la sacristie a été fait par l'industrie du dit P. Joseph Gaime, aussi 
» bien que les tableaux du cloitre 

» Le président Castagnery donna beaucoup de fer a ceste considération. 
» Le P. Gayme fit poser les armoiries du président Castagnery a vne des 
» voûtes de la sacristie soubs espérance qu'il donneroit dauantage et na 
» rien donné. » 

Ailleurs on trouve que ces tableaux des cloîtres , au nombre de 36 , 
représentaient des hommes illustres de l'ordre, 'a l'imitation de ce qui 
avait été fait au couvent de Grenoble. Ils avaient été payés au peintre, 
M. Bese, mille et soixante florins. 



1^5 

une fort chambre — decedé le 24 septembre 1 675 

aagé de 58 ans (1). 

32. P. F. Pierre Borrel de Chambery proffes et p. 
du conseil de ce conuent decede le 3 januier 1 653 dans 
sa tr me anne. 

33. P. F. Charle Gaud proffes de ce conuent docteur 
de paris. — Il soutint des thèses au chapitre de lyon 
1643 il vint icy dire sa messe feut maitre des nouices a 
Paris, prescha a plusieurs chaires de Paris et aus prin- 
cipales de france deus aduents et caresme deuant le 
sénat feut fait prédicateur ordinaire et conseiller de 
S. A. R. C. E. (2) deuant lequel il prescha a Turin et 

soutint contre des in les priuileges de la nation, 

obtint pour cet effet arrest du sénat (3) feut vicaire de 
la nation prieur de céans en 1657 et en 1661 a l'élection 
et demande de tous les religieus il feut institué prieur 
par bref apostolique (4) en 1663 il feut esleu prieur a 
Nessy (5) Troye et Besançon il s'excusa de tous 3 en 1 669 

(1) Dans son contrat de profession du 2 mars 1631 , sa mère donne au 
couvent deux mille et cent florins, a la charge qu'il jouira des revenus de 
cette somme durant sa vie Plusieurs fois il fut sacristain cl procureur. 

(2) Charles Emmanuel H. 

(3) Du 28 juin 1662. 

(4) Notre manuscrit contient , comme nous l'avons dit, des extraits des 
actes du conseil depuis l'an 1646 jusqu'à l'an 1664. On y trouve la note 
suivante relative à cette léélection du P. Gaud, fol. 600 v" : 

« Die 27= Sbris 1660 P. M. Gaud Trienniuni sui prioratus explevit. die 
>• 13 sequentis mensis R<^' PP. capitulariter congregati eundem P. Gaud 
» de novo elegerunt et poslularunt in priorem scrutinium eicctionis ad 
„ Rmum generalcm dirigentes Romam qui R^us aucthoritate aposlolica 
» sibi in hac parte commissa defîectus eiusmodi electionis supplens hune 
» coufirmavit por litteras datas Rom» die 1 3 decembris » 

(5) Annecy. 



26 

il feut ancor fail prieur a Nessy et l'accepta. — decedé le 
7 octobre 1680 une heure après minuit moreut dapo- 
plexie le 3 octobre (sic) après soupe aagé de 72 annés 
qui furent eschues au mois de may 1690. — Le P. Ch. 
Gaud licencié de Paris, docteur de lordre decedé le 20 
juillet 1696 a sept heures du matin dans sa septante 
septiesme année (1). 

34. P. F. Hugues Noé Marchand de Chambery proffes 
du conuent de Clermont en Auuergne alïilie a ce conuent 
dez l'annè 1641 docteur de Paris — Profond théologien 
aigu disputant feut prieur de céans , de Nessy , des 
voirons vicaire de la nation et des conuents de lyon et 
moulins maitre des nouices a Paris proposé pour y 
estre prieur et ampeché par des dauphinois mauvais 
voisins (2). 

35. P. F. Dominique thorombert de Saint Innocent 
proffes de ce conuent — decedé le 8 novembre 1681 
aage de 62 ans f3). 

36. P. F. Jacque Pelin de Chambery proffes et p. du 
conseil dès lan 1 650 de ce conuent — decedé le 24 mars 
1699 reliquit sept mille trois cents florins dans son de- 



(1) Nous rappelons au lecteur que les passages séparés par des tirets 
sont de diverses écritures sur le manuscrit et de plus eu plus récentes. 

(2) En 1654, il voulait se retirer du couvent de Chambery lors de la 
visite du P. provi icial ; mais il resta à la sollicitation des Pères , qui fu- 
rent très contents. Son contrat de profession porte une rente de 50 ff. an- 
nuels racbetable après sa mort pour le capital de mille florins, qui a été 
payé au couvent par M. Carron , procureur au sénat, son héritier. 

(3) Dans son contrat de profession , M« Claude Thorombert , châtelain 
de Saint-Innocent, s'oblige pour mille florins. Ce religieux a été procureur 
eu 1657. 



27 

post. il avait 83 annés ils estoit fort [assidu] aux offices 
et aux confessions (1). 

37. P. F. HiACiNTHE Histoire natif de montmelliant 
proffes et p. du conseil de ce conuent (2). 

38. p. F. Geruais Granet proffes de ce conuent — 
decede le 19 mars 1694 en sa 69 annè. 

39. P. F. Maxhie Gayme de Cliambery proffes et p. 
du conseil du conuent — decede le 24 feb. 1676 aagé 
de 53 (3). 

40. F. Antonin Gros bourguignon conuers proffes de 
ce conuent decede le 16 aoust 1655. cestoit un bon con- 
uers qui a tousiours travaille a la sueur de son visage. 

41 . F. Claude dunand montagnard conuers charpen- 
tier decede le 23 octobre 1661 âgé de 36 annés receu 
Ihabis lanne 1644 (4). 



(1) V. notre introduction, p. 1. C'est lui qui a écrit la plus grosse partie 
des documents que nous publions. Dans un autre endroit du livre de la 
communauté on lit la note suivante : 

« Le susdit P. Pclin est mort le 24. mars 1699 âgé de 83 années lequel 
» estoit père du conseil très assidu aux confessions et au cœur zélé pour le 
» bien temporel de la maison, il avait esté sacriste et portie au conuent 
» de St Jacque et icy a esté trois a quatre fois procureur et sacriste a fait 
» beaucoup de reparafions et a baucop espargne de telle manière quil a 
» laisse en argent 7S61 ff. » 

(2) Son contrat de profession, du 31 janvier 1654, porte cent ducatons. 
Il a en outre laissé, par testament du 28 juillet 1642, 600 ducatons au cou- 
vent, h la charge de célébrer une messe de requiem tous les quatre-temps 
après sa mort. Il fut sacristain. 

(3) Il a laissé par testament du 7 février 1641, Greffe notaire, la somme 
de mille florins, dont il s'était réservé la jouissance durant sa vie naturelle. 

(4) On voit aux actes du conseil que le F Claude Nant conuers de la 
paroisse de Vertenay ( Verthemex ) delà la montagne a fait profession le 
19 mars 1649. 



28 

42. P. F. Thomas Ducouz de Chambery proffes de ce 
conuenl receu Ihabis soubs n. m. Nostre le 27 septem- 
bre 1647 — célèbre prédicateur paroist dans des cbaires 
des plus considérables de france et de paris il feut fait 
docteur a Rome par le R^^e gênerai de Marinis en 1 668(1) . 

43. P. F. Albert Maillant natif de Montmelliant 
proffes de ce conuent receu Ihabis soubs n. m. Nostre 
le 27 septembre \ 647 — docteur de paris proffond théo- 
logien très intelligent dans les langues presanté de la li- 
cence ses harangues du parlement furent imprimées à la 
demande du parlement et dédiées a M. de Châles pre- 
mier président aux comptes a Chambery (2) et a M. le 
procureur gênerai du parlement de paris (3). 

44. P. F. Vincent Carron de Chambery receu Ihabis 
sous n. m. Marchand le I o januier 1 651 et fit proffession 
soubs n. m. Lornet le 19 auril 1654 qui estoit le second 
jour de sa 17^ annè — il feut docteur de la faculté de 
bourges prieur de Baulne (4) et de céans decede le 23 
may 1682 a 7 heures du malin ayant receu tous les sa- 
crements en sa 46 anne (5). 

(1) Il a fait profession le 19 janvier 1649. On lit dans le journal d'un 
Bourgeois de Ciiambery, que nous éditerons : Le mercredy dix feburier 
1685 l'on a fait a St François l'oraison funèbre du seigneur marquis de 

St Maurice l'oraison funèbre faite par le Rd Père Ducouz 

dominiquain. De borte que nous savons au moins qu'il n'est mort qu'après 
cette année 1683. 

(2) Hector Milliet , baron de Challes et d'Arvillars. 

(3) Il a fait profession le 19 janvier 1649. 
(4.) Département du Loiret. 

(5) On a consigné dans les actes du conseil du couvent l'article suivant 
relatif h ce religieux et à son frère Benoit : 

« Die 18 jauuarli 1651 recepit conuentus duos filios dni Carron magiâtri 



29 

45. P. F. Charle Dalmaz natif de la balme receu 
Iliabis soubs n. m. Marchand le 15 januier 1651, et fit 
proffession le 20 aoust1654 soubs n. m. Crochon (1). 

46. P. F. Benoit Carron de Chambery receu Ihabis 
soubs n. m. Marchand le 15 januier '1651 et fit proffes- 
sion au nom de ce conuent au nouiciat du faubourg de 
St Germain de paris Tanné 1656 — il est presantement 
bachelier en la faculté de paris et dans un voyage qu'il 
fit a Rome la presante anne 1668 il apporta la confir- 
mation des nominations de paris long temps contestés 
fit déclarer sa proffession nulle et quitta (2). 

47. P. F. Hyacinthe Morand de Chambery receu Iha- 
bis soubs n. m. Marchand le 21 septembre 1651 et fit 
proffession le 20 aoust 1654 soubs n. m. Crochon — 
decedé le 29 septembre 1666 enterré dans le second 
[charnier] sortant de la sacristie pour entrer dans le 
cœur (3). 

» computorum thesauri regii intendentis qui dédit conuentui 1» trigenta 
» pistolas pro ingressu. 2° decera pro pensione uniuscuiusque. 3° ornavit 
» caméras eorum. 4° obligavit se ad mille sexentos ducatones ut fundet 
» pensiones pro suis filiis tempore vilae illorum et post erunt conuentui 
» sub obligatione duarum missarum hebdomalium » 

(d) Article inache\é ; son contrat de profession porte 300 ducatons. l\ 
était neveu du prieur. 

(2) On voit dans un autre endroit du manuscrit que son contrat portait 
800 ducatons acquis au couvent après sa mort, comme pour son frère Vin- 
cent ; qu'il quitta l'habit pour être chanoine au Château ; qu'alors son père 
fit une ccdulc de 300 ducatons aux religieux de S. Dominique ( V. ci-dessus 
n» hU). 

(5) On lit dans un autre endroit du manuscrit qu'il laissa 800 ducatons 
par testament, et qu'il nasquit le ^" septembre 1637, avec deux sœurs, 
tous trois d'une porté.... Il prit donc l'habit à 14 ans. Son père était au- 
diteur a la chambre des comptes. 



30 

48. P. F. Dominique Calonzier natif de Rumilly re- 
ceu Ihabis le 22 may 1654 et fit profession le 28 juillet 
1654 sous n. m. Gaud (1). 

49. P. F. Antonin Genot de Cliambery fils du procu- 
reur genot receu Ihabit le 21 décembre 1657 soubs n. 
m. Gaud et fît proffession Ie28juilliet 1659 soubs n. m. 
Gaud — estant aumosnier du marquis de sourche en 
Hollande il mourut a Nimegue et deut aus guerres estre 
enterré a la cathédrale réconciliée nouuellement par le 
cardinal de Bouillon et gist deuant le grand autel (2). 

50. P. F. Jean François Gald receu Ihabis le 21 dé- 
cembre (3) soubs n. m. Gaud et fit proffession soubs m. 
Gaud dans le mois de feb. 1660 — il soutint a Paris des 
thèses publiques a la fin du cours dédiées a monsieur le 
sénateur Castagnere baron de Chasteauneuf qui assista 
a l'acte avec messieurs ses enfants, il dit sa première 
messe a Troye en Champagne 1668. 

51 . P. F. LouYs Charroi de Chambery receu Ihabis 
soubs n. m. Gaud le 9 feb. 1 658 et fit proffession soubs 
le mesme m. Gaud dans le mois de juin 1 661 après avoir 

encouru la proffession tacite — deced décembre 

1690 aage de 48 annés (4). 

52. F. Charle de Bellegarde de Chambery receu 



(1) Dans un autre passage du livre de la communauté il est nommé Gas- 
pard D. Chalonzier. Il y est dit qu'il n'avait que 12 ans et demi quand 
il prit l'habit ; il fit profession en 1659, le 28 juillet, par conséquent à 17 
ans et demi. Son contrat parle de 400 ducatons acquis au couvent après sa 
mort, suivant l'usage. 

(2) Son contrat parle de 4000 fl., a la charge de quelques messes 

(3) En 1637. Lisez l'article précédent et le suivant. 

(4) Contrat de 3000 florins. 



31 

Ihabis soubs le P. M. Gaud le 31 décembre -1660 et 
soubs le mesme fit proffession le 9 mars 1662 (1). 

53. P. F. Bernard Morand de Chambery receu Ihabis 
soubs M. Gaud le 3 février 1662 et soubs le mesme fit 
proffession le 4 feb. 1663.— Obiit die 6» mayi Rd^p.Ber- 
nardus Morand doctor bituricensis in conuentu Argen- 
tomensi (2) hora nona serotina apoplexia paralysi et 
linanche correptus die sequenti ?=> ejusdem niensis hora 
circiler tertia matutina vitœ suœ metam attigit aetatis 
anno circiter quadragesimo (3). 

54. P. F. Ignace Brondel de Chambery receu Ihabis 
soubs N. M. Gaud le 21 décembre 1657 et partit d'icy 
le 22 mars 1 663 pour aller faire son noviciat a Besancon 
nota qu'il y eut beaucoup "dobstacles à sa proffession, 
non contre sa personne mais pour le payement de 800 ff. 
que les PP. Marchand et Gayme pretendoint estre deus 
pour les pensions du susdit F. Et tout compte fait et 
arresté par deuant M^'' doncieu aduocat gênerai lequel 
prie par mad. Brondel fit porter le liure chez luy et 
layant veu en présence du P. Marchand fit voir à la 
confusion dudit P. Marchand que Mad. Brondel ne res- 
tait redeuable que de la somme de 125 fl. Le dit Ignace 

(i) 11 est nommé ailleurs Adrian. Son contrat porte 100 pistoles d'Es- 
pagne (la pistole d'Espagne valait plus de 20 fl.), pour lesquelles le séna- 
teur de Bellegarde, son frère, s'obligea. Les Bellegarde des Marches étaient 
d'anciens protecteurs du couvent. Le musée de Chambery possède une clef 
de voûte qui porte les armes sculptées et peintes de cette famille, et qui 
provient d'une chapelle de l'église des dominicains. Cette chapelle était du 
quinzième siècle : elle était a droite du porche de l'église : c'est celle qui 
a longtemps servi de magasin à un quincailler piémontais. 

(2) Probablement Strasbourg. 

(5) Son contrat porte 1000 fl. 



32 

fit proffession solemnel soubs le P. M. Richecœur pro- 
vincial le 16 septembre 1665 (1). 

(2) F. François Vieux natif de Bonne en Foussigny 
prit Ihabis en l'an 1660 soubs M''® Gaud et fit proffes- 
sion soubs le mesme decedè le 6 feb. 1678 aage de 45 
annè. 

55. F. Jehan Michel de Bertrand natif en mourienne 
le 11 aoust 1650 receu Ibabis soubs le P. M. Richecœur 
provincial le 13 septembre 1665 qui mena le dit nouice 
au conuent de Moulin pour faire son nouiciat duquel il 
en sortit sur la fin de januier 1667 pour venir faire sa 
proffession solemnelle icy qui fustle23feb. 1667 soubs 
le P. M. Purry prieur. Le contrat de réception porte 
2000 fl. acquis au conuent après le décès dudit nouice 
acte receu par M*^ Noble notaire le 12 septembre 1665. 
— Il fit déclarer sa profession nulle et quitta l'habit (3) . 

56. F. Charle Emanuel Milliet fils de Mons"" le mar- 
quis de Fauerge ayant receu Ihabis de nostr'ordre dans 
le conuent de Quyers (4) et après y auoir demeuré enui- 
ron neufs mois, est uenu a Chambéry du consentement 
du P. prieur du conuent de Quyer pour changer d'air, 
Mons"" le marquis son père la doncque propose pour 
estre receu au nombre des enfants proffes de ce conuent 
ce que luy a esté accordé en recommençant son noui- 
ciat (5) des le 4 may commil conste par lacté du conseil 

(1) Son contrat porte 2400 fl. 

(2) Sans numéro. 

(3) Son contrat portait 2000 fl. 

(4) Chieri , en Piémont. 

(5) Il paraît que ce fut encore à condition qu'il changerait de nom. On 
voit dans un manuscrit de Bcsson qui appartient aux descendants de la 



33 

du susdit jour et le il du dict mois 1667 fust fait le 
conlract par lequel ledict marquis s'oblige de paier au 
conuent après le deces dudit F. Charle Emanuel son fils 
la somme de trois cent ducatons pour une fois ou quinze 
ducatons annuels a la charge d'une haute messe vu jeudi 
de chasque mois à Thonneur du S' Sacrement acte 
receu par M"^ Vachery notaire. — Il fut envoyé à Clair- 
mont en Auuergne pour faire son nouiciat et la il quitta 



maison Milliet, et dont une copie m'a été obligeamment communiquée par 
M. le chan. de St-Sulpice, que , par testament olographe fait a Cbambéry 
le 10' octobre 1668, le marquis de Faverges légua A Cbarles-François 
son autre fih nouice chez les religieux de S' Dominique sous le nom de 
Charles Emanuel jOO ducalons. 

On ne lira pas sans intérêt la note inédile consacrée par notre généalo- 
giste Besson ;> ce Charles-François Milliet ; 

« Charles François fut page de S. A. R., prit ensuite l'habit chez les 
» religieux de S' Dominique de Quiers qu'il quitta peu avant de faire 
» profession puis se réavisa et fut refaire son noviciat a Clermont en Au- 
» vergne dans le couvent du même ordre d'où il sortit trois mois après et 
). se sauva a Toulon où il reprit l'habit séculier. Son père le fit fermer 
» dans le château de Nice. Etant élargi il se rendit en Espagne en 1670 
» étant arrivé a Rhodes dans l'Andalousie, il entra en qualité de volon- 
» taire dans la compagnie de cavalerie du comte de Valpergue il prit congé 
» environ la S' Michel 1671 , qu'il se détermina ii retourner en Savoie. Il 
» s'embarqua a Cadix sur un bâtiment français et fut transporté a Tanger 
» de la reprenant la route de Marseille il lui prit fantaisie de tirer un 
» mousquet chargé dés long temps qui lui creva a la main , dont il eut le 
» pouce ouvert, fut blessé a la mâchoire au col et au ventre ; le patron 
» fut obligé de le débarquer a Malaga ; il y reçut les sacrements, testa et 
» mourut le 8 novembre 1671. Git en l'église de la Trinité de la même 
» ville. 

)) Il procura bien des dépenses et des chagrins a son père qui le réduisit 
» a sa légitime par son testament du 8 juin 1669, Chaque famille a ses 
» étourdis. » 



34 

volontairement l'habit. Quelque temps après mourut en 
Espagne. 

57. F. Raymond Chafardon natif de Toyry fit pro- 
fession soubs le Mre Vincent Carron le 3 aoust 1668 
estant gênerai le P. R""' De Marinis. Il mourut l'an 1 673 
en janvier. 

58. Fr. Pierre nu Marette d'un village proche Ar- 
bicr(1) en Geneuois receu Ihabis dans le mois de may 
4 676 soubs le P. M. Malliant prieur et lanne suiuante fit 
profession II n'y a point de contract — dècedè en Is- 
pagne Valence. 

59. F. GoNDiSALUE Adam natif de ceste ville print 
Ihabis au mesme temps, et fît profession, que F. duma- 
rette il y a contract receu par M"" Bourgeois notaire de- 
meurant deuant la prison (2). 

60. F. Grenat natif de cette ville prini Ihabis dans 
septembre 1676 soubs le P. Malliant et fit profession le 
10 septembre, il n'y a rien. 

61 . F. Pierre Perret natif de S' Jehan de Mourienne 
print rhabis et fist profession avec frère Grenat il y a 
contract portant 200 ducatons pour Perret. Le contract 
est dans le dépos signe Jaquin : 

— Le P. Malliand garde le contract. 

62. F. François Crottet natif de Chambery fust en- 
voie au conuent de S' Germain de Paris 1 677 ou il receut 
Ihabis et lanné suiuante vient icy avec attestation commil 
auoit fait son nouiciat et fust receu profes de ce conuent 
le 7 octobre 1 679 il ny a point de contract — il a laisse 
au conuent 4000 iï. 

(1) Probablement Alby, car on disait ordinairement Arby, Arhiacum. 

(2) Le contrat est de l'année 1675 ; il porte 200 ducatons 



35 

63. F. Jacque Bonet de Mouriene pris Ihabis de F. 
conuers soubs le P. M. Malliand prieur lanné 1676, et. 
fit profession soubs le P. Bresillet prieur Tan 1679. 

64. F. AviME Merieu charpentier de delà le Rosne 
prit Ihabis de F. conuers soubs le P. M. Malliand prieur 
et fit profession soubs le P. Bresillet prieur l'an 1680 
et decedat le 28 novembre 1 680 il est mort poulmonique 
en sa 33" anné. 

65. F. Jacque Villard natif de Chambery fut envoie 
a Besancon pour y faire son nouiciat et par son contract 
de réception a donne après sa mort au conuenU deux 
milles livres acte receu par M® Roux procureur notaire 
le 15 auril 1681 il est dans le depos. 

— Le P. Villard la retiré. 

66. Le R'^ P. Pierre F. de Rochette natif de Cluse 
a prit Ihabit le 25 du moy daout 1 686 par les mains de 
P. de Bellegarde prieur auec le suiuant (1). 

67. R'' P. Anibal Saluer fils de M'' Sallier laduocat 
lesquels appres auoir fait leur anné daprobation dans 
ce conuent la ou le nouitiat auoit este estably furent 
enuoye tous deux a Orléans pour i recomencer leur no- 
uitiat attendu que le nouitiat fut casse dans la visite que 
fit icy le provincial mestre Gaulthier de Brulon a son 
retour du chapitre gênerai de Rome la ou ce R'' P. M. 
prouincial auoit obtenu la cassation dudit nouitiat pour 
lestablir au conuent de Nessy. et lanné estant acheue 
de leur nouitiat a Orlean firent profession le 21 octobre 



(1) Pierre-François de Rochette était (ils du seigneur de Rochette, de 
la Croix et de Songez, qui s'obligea dans le contrat de profession de son fils 
pour /lOOO fl, 



36 

1688 par les mains du R. P. Perrin, nota que le P. de 
Bellegarde estant prieur la dernière fois a fait rétablir 
icy le nouitiat qui fut 1696 par un commissaire du R""® 
P. gênerai Cloche lequel s'appelait F. Brigniole. 

68. Le RJ P. Ferdinand de la Balme natif de la 

Roche affilié et accepté enfant de ce conuent 

de Chambery (1). 

68 bis. Le P. Joseph Guillard a pri Ihabit le sixième 
du mois d'août mille six cens nouante cinq par les mains 

de M provincial dans sa visite le unze août 1689 

a fait profession en Avignon elle (2). 

69. Frère Pierre Rey de Chambery a prit l'habit le 
16 septembre 1701 et a fait profession le 10 octobre 
1702. 

70. Frère (3) Blanc de Lyon originaire de Beaufort 
en Sauoye a prit Ihabit le 26 novembre 1701 et a fait 
profession le 6 décembre 1702 — contract receu par 
Petit. 

71 . Frère Joseph Vibert de beaufort a pris l'habit 

le 1702 et a fait profession le 11 janvier 1703 

sous le R. P. M. Bret prieur de ce conuent. 

72. Le P. Hyacinthe de Rochette estans prieur du 
Voiron a esté affilié le 1 5 may \ 702 a ce conuent il estoit 
sy deuant du conuent d'auignon. prouuince deTolouze. 



(1) Cet article a été effacé, ainsi que son numéro, qui a été reporté à 
l'article suivant. On lit en marge : son affiliation cassé au capitre de Bloys. 

(2) On lit ailleurs : « Le P. Joseph Guillard a receu l'habit Il n'y a 

» point eii de contract aient esté receu gratis en considération de ce qu'il 
>) joueroit de lorguc. » 

(3) C'est probablement François qui a été prieur. {ï'. iV" 102 de la liste 
des prieurs ci-après.) 



37 

73. Le F. Vincent Clerc. 1703 (i). 

74. Le F. Antonin Labaye ; 18 février 1703. 

75. Le F. Joseph Suisse. Pour frère conuers, 1704. 

76. Le F. Jean Bougay frère conuers, 1704. 

77. Le F. François Hyacinthe Blanc de Chambery; 
4 mai 1704. 

78. Le F. Nicolas Rambert 1706. 

79. Le F. Dominique bu Truc 1706. 

80. Le F. Thomas Cartanas 1706 obiit die 10 feb. 
1725. 

81 . Le F. Philibert Rosset — 10 juillet 1710. 

82. Le F. Philippe Chambre a fait profession a 

Quiers 1710. 

83. Le Fr. Marc Antonin Rey le 12 avril 1711. — 
obiit 1728. 

84. Le F. Claude Perrin 10 juin 1711 . 

85. F. Simon Pernat a pris l'habit le 12 juin 1711 et 
enuoyé au novitiat de dijon. Il a promis au conuent 
1000 escus a sa profession par contrat receu par M® 
Renaud et a fait son testament par lequel il confirme 
la ditte donation de 1000 escus et donne en outre 
1000 fl. receu par M® Garret et a fait profession le 18 
du mois d'aoust 1712. Les 1000 escu ont esté payés 
après sa profession on a preste 500 a la paroisse de la 
Gettaz (2) le reste a esté employé tant à la solemnité de 
S' Pie qua l'orgue. — Il ny a rien eu de cet argent em- 
ployé a la solemnité de S' Pie mais tout à l'orgue. 

(1) Cet article et quelques-uns des suivants n'offrant d'autne intérêt que 
celui du nom et de la date de la prise de l'habit, on a cru devoir se borner 
pour eux à ces indications sommaires. 

(2) La Giettaz , commune de la Haute-Savoie. 



38 

86. F. Pierre du truc. 1712; proffession en 1713. 

87. F. Jean Baptibte Labaye soIiBeardé. nov. 1712. 

88. F. Claude Lard. 1715.... il a esté enuoyé au 
nouitiat de dijon il donne au conuenl 2500 florins. 

89. F. Joseph Jay. 1715... il a esté enuoyé au noui- 
tiat de dijon il donne au conuent 4000 ff. 

90. F. Jacque Heurteur fait profession a Besancon 
le .. octobre 1718. 

91 . P. Pierre Sonnet fait son nouitiat a Besancon (1 ) . 

92. Fr. Catherin de Carpinel a pris l'habit a auignon 
1723 et fait profession icy le 20 août 1724. 

93. F. Melchiel Guigue 1724. a pris l'habit et fait 
son nouiciat a S' Germain a Paris (2). 

94. F. BENOiTBisETfr. conuers 1 724. obiitanno 1729. 

95. F. Pierre Pernet a receu l'habit pour le conuent 
le 7 septembre 1727 a été a Aix en Prouence faire son 
nouiciat et y a fait profession le 20 septembee 1728. 

96. F. Joseph Rey a receu l'habit pour ce conuent 



(1) Il a été professeur de philosophie au collège royal de Chambéry et 
dans ceux d'Annecy et de Thonon ; il a euseigné la théologie au couvent 
de Grenoble; il était très instruit en droit et en histoire ; il disputa avec 
succès contre un ministre genevois pendant qu'il enseignait à Thonon. Il 
est mort à l'âge de 79 ans, le 21 janvier 1777. 

(Extrait d'une noie rédigée par le P. Varol , prieur.) 

(2) Il est l'auteur d'un mémoire manuscrit que nous avons sous les yeux : 
Récit abrégé de Viy^terdit signifié au R"^ P. Lartigue dominicain prœdi- 
cateur du carême a Annecy en 1754, de la part de M'' les grands vicaires 
du chapitre de la cathédrale , le siège vacant , du procès dont cet interdit 
fut l'occasion et de l'arrêt du sénat de Savoie qui le termina en déboutant 
le même chapitre de ses demandes. Il s'y agit d'une tentative semblable à 
celle que ces chanoines avaient déjà faite en 1689 pour s'introduire dans 
l'église des dominicains, et qui est narrée dans Besson (Mém., p. 123.). 



39 

le 7 septembre 1727 a été a Aix faire son nouiciat et a 
fait profession a Chambery le .. octobre 1728. 

97. F. Peissard a reccii l'habit pour le conuent il est 
allé faire son nouiciat a Aix en Prouence a fait profes- 
sion le 8 octobre 1729. — a fait profession en 1731 (1). 

98. R'' P. François Corbel espagnol du conuent des 
églises prouince d'arragon a été affilié dans cette maison 
le 4 février 1729 du consentement unanime de touts les 
religieux enfants du conuent au nombre de quinze le 
R. P. Pierre Rey prieur. 

99. F. François Revel a été habillé en qualité de 
convers le o j'anvier 1730. 

100. F. Joseph Faure. 1731, fait profession a Cham- 
bery. 

4 01. F. Beardê. 1731.... et fit son noviciat a Aix ou 
son frère le conduisit, le dit fut bachelier de Paris et 
enseignoit pour son frère la philosophie. Est mort en 

1747. 

102. F. Thiollier 1735. au noviciat de S' Germain. 

103. Fr. Varot (2) ,1735. au noviciat de S' Germain, 

104. F. Perrin. 1735. envoyé au noviciat de S' Ger- 
main. 

(1) Voici ce qu'on lit dans l'article nécrologique qu'a fait de lui le 
P. Varot, prieur de Chambery : 

Hesterna die {li juin). ...a nobis ablatus est R. P. Fr. Franciscus 

Peyssard annos nalus 66. religionemque ingressus ah annis 50 

lùm Cantoi-is eximii partes exjAevit cum singulari frequentantium eccle- 

siam noslram plansu acpia lœtitiâ, tum procuratoris-syndici officiuni 

prioris etiam et in hoc et in Monmelianensi conventu munus pari digniiate 
sustinuit etc. 

(2) Pierre-François; il était natif de Termignon. Grillet lui a consacré 
un article (tome m, p. 408). 



40 

105. F. MoLLiNGAL a pris l'habit et fait son noviciat 
a Besancon en 1748 (1). 

106. En 1750 au mois de may. les FF. Saillet et 
Vincent ont été reçus pour cette maison et le R. P. 
M. Peissard prieur les a conduit a Paris au noviciat de 
S' Germain d'où ils ont passé au collège gênerai de la 
rue S' lacques. 



■*»»«^ 



II 



LISTE DES PREDICATEURS DU SENAT 



Le sénat de Savoie était dans l'usage de faire prê- 
cher pendant l'avenl et le carême dans l'église des 
Dominicains, où il tenait chapelle. Il assistait, -ainsi 
que la chambre des comptes , à ces sermons , et l'on 
voit dans les comptes des Frères prêcheurs de Cham- 
béry, qu'ils recevaient quelque chose pour sonner les 
sermons du sénat. Cet usage paraît s'être conservé 
jusqu'à la fin du dix-septième siècle. li n'existait plus 



(1) Mort a 55 ans. l\ a été sous-prieur au couvent de Monlmélian pour 
faire plaisir au P. Bimet, prieur de cette maison , qui était son cousin. 



41 

dès longtemps lorsque Besson écrivait ses mémoires 
pour l'histoire ecclésiastique de notre pays, c'est à-dire 
au milieu du dix-huitième siècle, puisqu'il dit, en par- 
iant de l'église de nos religieux, on y prêche le carême^ 

et autrefois celait en présence du sénat (1). Les 

personnes appelées à faire ces prédications étaient tou- 
jours des hommes de talent, et plusieurs étaient Sa- 
voisiens. Les dominicains, appelés par le but de leur 
ordre à cette mission, en ont fourni plus que les autres 
corporations. C'est pour cela que nous publions, dans 
les documents relatifs à leur coûtent de Chambéry, !a 
liste suivante, qui fait connaître l'état et la patrie de 
ces orateurs. 

Le P. Pelin a commencé à dresser cette liste; il l'a 
poursuivie depuis iôoO jusqu'en 1667. Dès lors elle a 
été continuée, jusqu'en d68"2, avec deux écritures dif- 
férentes. Celui à qui appartient la dernière a ajouté, en 
marge des premières notes du P. Pelin, les prédicateurs 
des quatre années 1646, 4647, 1648 et 1649. Nous 
les mettrons en tête des autres, à leur rang chronolo- 
gique. 

Nous allons nous-même augmenter celte liste, en 
ajoutant ici, d'après d'autres annotations éparses dans 

(1) Le sénat faisait aussi prêcher quelquefois en dehors des temps d'a- 
vent et de carême. C'est ainsi qu'il obtint, en 1660, un sermon de M. de 
Maupas , évéque du Puy, qui était alors a Annecy, où il travaillait aux 
verbaux nécessaires pour la canonisation de S. François de Sales. 

{La vie de messire Jean d'Aranthon, page 76.) 



42 

le Livre de la communaulé et ailleurs, des laits anté- 
rieurs à ces dates. 

L'année 1577, le P. de Bollo prêche l'avent et le 
carême devant le sénat et la chambre des comptes (J). 

Grillet cite un autre prédicateur du sénat en 1587 : 
le P. Michel Trepier, de Chambéry, religieux francis- 
cain de l'Observance. 

En 1623, le P. George, jésuite, fut le prédicateur 
du sénat. 

En 1630, N. M. Ratlellier, prieur des dominicains 
de Chambéry, prêcha devant le sénat, lequel donna pour 
sa nourrilure 50 f[. et 12 liv. brochet, la chambre donna 
aussy 50 ff. et poisson. 

Enfin, dans l'intervalle compris entre 1 633 et 1 637, 
le P. Jean Portier, qui était du couvent d'Annecy et qui 
était prieur à Chambéry, prêcha une année devant le 
sénat. 

Comme pour la liste précédente, nous séparerons 
dans celle-ci par un tiret les annotations ajoutées pos- 
térieurement en marge ou ailleurs à quelques articles. 

(d) Voy. ci-devant, page 18. 



43 



CATHALOGUE DES PRÉDICATEURS qui ont pres- 
chés deuant le sénat les aduents et caresmes dez 
Tanné 1646. 

1646. Le R. F. P. Robe jacobin. 

1647. Monseigneur l'euesque de Geneue (1). 

1648. Monsieur Bely. 

1649. Un père carme. 

L'annè 1650 le P. Bally harnabite il logeât céans 
aduent et caresme — il est présentement évesque 
d'Aoste (2) - 

L'annè 1651 N. M. Adet du conuent du Mans il fut 
demandé au sénat par P. M. Marchand prieur, fit des 
merveille, il donna au conuent trois pistoles pour le 
pain et le vin qu'il prenait pour lui et son valet. 

L'annè 1632. le P. Hospes cordellier observantin. 

L'annè 1633. vn P. feuliant. 

L'annè 1654. vn Père de l'oratoire. 

L'annè 1635. N. M. Cherpignon jacobin provincial 
de la province de France du conuent de Bourge qui fut 
bien ouï, et bien aimé des religieux a cause de sa ci- 
vilité les [sic) donnant les présents a la communauté de 

(1) Charles-Auguste de Sales. 

(2) Philibert-Albert Bally, d'Alby, occupa le siège d'Aoste de 16S9 à 
1691. (Besson, Mém. pour servir à l'hist. eccl., page 264). — Il a laissé 
plusieurs écrits, des lettres pastorales, un traité de l'oraison, etc., qui 
ont été imprimés, à Chambéry chez Etienne Riondet, et à Lyon chez Jean 
Certe. 



44 

la volalie et ne prenant du conuent que le pain et vin 
pour luy et son conuers qui faisoit nostre cuisine, et a 
la fin voulut recompenser et les PP. refusèrent. 

L'annè 1656. vn P. jesuiste nommé P. Martinet de 
Chambcry. 

L'annè 1657. le P. Dumolin jesuiste. 

L'annè 1658. N. M. Gaud prieur de céans qui fit 
merveille. 

L'annè 1659 le supérieur de S"^ Antoine — nommé 
Dufournel. 

L'annè 1660, vn prestre séculier auquel M. Gaud fît 
retracter en chaire de quelques propositions qu'il avait 
avancées le jour de la conception. 

L'annè 1661 . N. M. Laubreuiere prieur de Grenoble 
lequel ne fit aucune civilité au conuent. 

L'annè 1662 le P. Louis augustin fut nommé et ayant 
fait prescher un autre augustin reformé les advents, le 
sénat nestant satisfait du d' P. Louis choisi N. M. Gaud 
pour prescher le caresme. 

L'annè 1663 N. M. Gautier jacobin du conuent de 
Troye en Champagne grand prédicateur mais bien fas- 
cheux et ne fît aucune civilité au conuent. 

L'annè 1664 prescha le P. Lambert jesuiste. 

L'annè 1665 prescha un benefîcier nommé M^"" 

qui auoit este jesuiste et M*'' le premier président vint 
prier le P. prieur de loger le d' prédicateur dans la 

chambre ou logé le P. Gautier, le P. prieur fît 

responce que le P disoit ne pouuoir donner sa 

chambre a cause qu'il dauoir les goûtes, don 

le d' président fust telle civilité et commença 

a reprocher les nous auoit rendus. 



45 

L'annè 1666 le P. Paul carme déchaussé. 

L'annè -1667 le P. Lcmege docteur proffes de nosîre 
conuent de Clermont en Auuergne qui fust bien suiuit 
et bien recompencè sans qu'il aye rien donne au con- 
uent. Nota que tous nos prédicateurs simaginent quen 
disant la messe pour le conuent, ils sont acquittés. 

L'annè 1668 Monsieur De la Perrouse docteur de 
Paris associé de Sorbonne doyen de la S'« Chappele et 
fils du premier président (1). 

L'annè 1669 le P. Gerin cordelier de l'observance et 
du conuent de S' Bonaventure de Lyon. 

L'annè 1670 le R. P. Bresson jésuitte de Lyon. 

L'annè 1671 le t. R. P. Patoiiillet jésuitte de Salins. 

L'annè 1672 le T. R. P. Archange Girard de Dijon 
capucin. 

L'annè 1 673 le R. P. Gaud dit Dom Jaques de S^ Loiiis 
feuillant natif de Tours. 

L'annè 1674 R. P. Ducouz religieux de ce conuent. 

L'annè 1675 Leuesque de Grenoble Estienne Le Ca- 
mus {%. 



(1) Le doyen François de Bertrand de la Perrouse était fils du président 
au sénat du même nom. Il naquit à Chambéry le 20 septembre 1640 , et 
y mourut le 23 avril 1693, comme on le voit aux registres des décès de 
la paroisse de Mâché. C'était un excellent prédicateur. On a son portrait 
gravé par Gérard Audran. 

(2) La même année , les syndics de Chambéry le prièrent de faire l'o- 
raison funèbre de S. A. R. , mais il ne la fit pas ; elle fut faite a S' léger 
par le R. père Gaud dominiquain , au sénat par le seigneur doyen de la 
Perrouse et a la S'« Chappelle par le sieur abbe Fauijer. (Extrait d'un 
journal d'un bourgeois de Chambéry, au dix-septième siècle, manuscrit 
qui paraîtra probablement bientôt dans les publications de la Société sa- 
voisienne d'Histoire et d'Archéologie.) 



46 

L'anné 1676 P. Vallier docteur de Paris de nostre 
conuent de gren — 

L'anné 1678 un cordelier de l'obseruance. 

L'anné 1679 un carme de la Grand manche. 

L'anné 1680 un feuliant. 

L'anné 1681 P. Bresilliet nostre prieur. 

Nota que l'anné 1682 le sénat a nommé vn prédica- 
teur pour l'aduent qui fut P. Gratin supérieur de S' An- 
toine de ceste ville et pour le caresme le P. Arcange 
capucin qui auoit deia presché. 



III 



LISTE DES PRIEURS DU COUVENT 
DES DOMINICAINS DE CHÂMBÉRY 



Le P. Pelin et ses successeurs ont dressé celle liste 
à la fin du livre de leur communauté. Il y manque la 
dernière page et quelques fragments des précédentes , 
qui ont été rongées ou déchirées; mais jai trouvé un 
autre catalogue des prieurs de celle maison , relié 
avec diverses pièces analogues, à la suite d'un volume 
in quarto qui a appartenu à la bibliothèque des Domi- 



47 
nicaius (1). J'ai pu , grâce à lui , avoir une liste com- 
plète jusqu'en 1784, et ajouter en notes des détails qui 
n'existent pas sur le document que je publie. 

De l'année 1784 à la suppression du couvent en 
1795, il y a encore neuf ans; et comme la durée de 
la charge de prieur était de trois ans, il nous faudrait 
trois noms pour qu'il ne manquât rien à notre série. 
De ces trois prieurs, je puis en citer deux avec certi- 
tude. L'un fui le P. Prudent Delabaye qui figure dans 
un acte notarié de 1789; et l'autre, le dernier, fut le 
P. Girard , orateur distingué (2) , que beaucoup de 
vieillards de notre ville ont connu, et qui était profes- 
seur de philosophie au collège royal. Il ne nous manque 
donc plus que le prieur des années 1784-1787. Peut- 
être était-ce le P. Curtet Marc-Antoine, qui avait déjà 
rempli deux fois cette charge et qui accepta en 178G 
un département de quittance pour les RR. PP. de 
S. Dominique (3). On ne peut pas l'assurer, car il ne 
prend point ce litre dans l'acte. 

Celle liste est plus intéressante encore que les deux 
précédentes; elle est plus ancienne et remonte au pre- 
mier jour de l'existence du couvent de Chambéry. On 
y trouve aussi des renseignements sur l'histoire de celte 



(1) Il fait aujourd'hui partie de la bibliothèque de M. l'avocat Charles 
Guillermin. 

(2) Voy. Grillet, Dictioyinaire historique, tome r, page 202. 

(5) J'ai vu cet acte et celui que j'ai cité auparavant entre les mains de 
M. le chanoine A. de St-Suipice. 



48 

communauté. L'on y voit, par exemple, que les pre- 
miers prieurs étaient plutôt étrangers que nationaux, 
et qu'ils étaient Français ou Genevois. 



CATHALOGUS RR. PP. priorum istius conuentus ab 
60 tempore que fundatus et receptus fuit a civibus 
lîuius Camberiensis (1). 

1 . Falco Brodeletus qui obiit anno 1418 sub eo re- 
ceptus fuitconventus a proceribus oppidi camberiaci (2). 

2. Hugo Julianus etiani primus qui prsefuit conventui 
ab anno 1418 usque ad annum 1424 (3). 

3. GuiDO Flamocheti pater ab anno 1424 usque ad 
annum 1445. Fuit procurator ordinis et postea M"^ ge- 
neralis vigesimus octavus. — erat Gallus. 

(1) On lit de plus sur la seconde liste dont nous avons parlé : Volenie 
domino, req^iirente lum regulari , cum seculari clero obnixè supplicante 
procertim et civium turma. 

(2) La seconde liste ajoute : et eodem anno interiit in domino. 

Les Dominicains de Chambéry ne le comptaient pas dans la liste d<>s 
prieurs de leur couvent ; car on voit le mot primus donné a Hugues Julien 
dans l'alinéa suivant. Us citent ailleurs Etienne Martin comme le troisième 
de ces fonctionnaires. Cependant j'ai laissé subsister les numéros d'ordre 
tels qu'ils sont dans la marge du document publié. 

(3) \\ y a ici une erreur matérielle, peut-être du copiste; c'est 1421 et 
non 1124 qu'il faut lire, ainsi qu'il l'article suivant. La durée des fonctions 
de prieur était de trois ans. l\ résulte d'ailleurs d'un acte du 26 octobre 
1421 qu'il celte date Guido Flamocheti transigeait, en qualité de prieur 
du couvent des FF. Prêcheurs de Chambéry, avec le prieur de Lémenc sur 
des droits de sépultures , etc. 



49 

4. Stephanus Martini claremontis, fuit vicarius gene- 
ralis ordinis miraculis clarus anno 1446 (1j. 

5. Antonil's Gastandi prœfuit ab anno 1 446 usque ad 
annum 1463. Confesser Ludovic! régis Cipri (2) doctor 
Bononiensis obiit 1463. 

6. JoHANNES Bertrandus pater 1463, obiit 1468. 

7. Stephanus de Altardis 1470. 

8. JoHANNES PicARDi alias hougy doucii anno 1472 
doctor louuaniensis (3). 

9. JoBANNES Bertrandus auuo 1474 secunda vice. 

10. Georgius Sabaudiœ pater anno 1476. 

11. Stephanus Durand jubilatus pater 1478 (4). 

12. Petrus Parui , pater anno 1481. 

13. NicoLAUs DE Laudino pater 1483. 

14. Jacobus Grucelli pater anno 1485. 

15. NicoLAUs DE Letaualle Genevus et primus scri- 

ptor librorum (5) et congregationis hoilandice (6) 

anno 1487. 

(1) On voit ailleurs qu'il était Auvergnat, qu'il est enterré sous la pierre 
sur Inquelle est graiié limage, entre les portes sous la tribune prés du grand 
autel , in Iransitu navis ad chorum, et que l'on pendait à de nombreuses 
chevilles placées entre ces deux portes , des cierges , flambeaux et autres 
vœux en son honneur, pour être guéri de la rupture, de la colique, etc. 

(2) Louis, fils du duc Louis de Savoie, qui avait épousé en 1458 Char- 
lotte , héritière de Chypre. 

(3) Louvain. 

(4) Il fait cette année-là et le mardi 10 novembre une transaction en 
qualité de prieur avec les religieux de Lémenc ; acte que nous donnerons 
plus tard. 

(5) Ailleurs : primus exarator librorum chori. 

(6) Probablement vicaire général de cette congrégation. Le couvent de 
Chambéry était d'abord de la congrégation de Hollande ; mais ensuite , a 
une époque qui n'est pas indiquée et à la sollicitation de Martin Grurel , 

4 



50 

16. ViNCENTius Brunetus pater anno 1489. 

17. Jacobus Catelli hic fuit ecclesiasles archiducis 
Philippi A (1 ) doctor apostolicus anno 1 491 . 

18. ViNCENTius Brunetus pater secunda vice — 1492. 

19. Jacobus Catelli magister (2) secunda vice — 
1493. 

20. Grallus Clerici ligonensis (3) doctor apostoli- 
cus 1494. 

21. Jacobus Grucelli pater secunda vice 1498. 

22. Claudius Suffiselli pater 1500. 

23. Jacobus Sabaterius pater 1502. 

24. GuiLLiERMUs Clerici lingonensis doctor aposto- 
licus 1503. 

25. JoHANNES BoNETUS patcr anno 1506. 

26. Jacobus Catelli magister tertia vice 1508. 

27. ViNCENTius BouERi patcr 1510. 

28. Antomus Decostis pater 1512. 

29. JoHANNEs Borrelli patcr 1516. 

30. Petrus de Tardito pater 1517. 

31. Antonius Decostis secunda vice 1518. 

32. JoHANNEs Bonetus patcr secunda vice 1519. 

33. Antonius Decostis doctor apostolicus tertia vice 
1521. 

premier vicaire fie la conç/régation (jallicane , il accepta d'être mis dans 
cette dernière, qui devint plus tard la jjrotn'wce de Paris. Elle était ainsi 
désignée au 17^ siècle. ( Inventaire des pièces contenues au sac n" 57. ) 

(1) Très probablement Austriœ. Pbilippe-le-Beau , fils de l'empereur 
Maximilien et père de Charles-Quint. Ecclesiasles signifie ici évidemment 
chapelain. 

(2) Le titre de magister était donné aux docteurs en théologie. 

( Cazaluis, De ieier. sac. christ, rilihus. ) 

(3) De Langres. 



51 

34. Claudius GiNETus Genevus tloctor pisiensis 1523; 
fuit vicarius geneialis. 

35. Petrus detardito docfor aposlolicus secunda 
vice 1525. 

36. HuMBERTi s Martinetus magister nannetensis (1) 
— 1528. 

37. Claudius dequercu pater 1530 congregationis 
gallicanse. 

38. Antonius Decostis ecclesiastes principisCaroli (2) 
quai'ta vice 1531 . 

39. NicoLAus MoRiNi alexen. (3) doctor Valenciae 
1533. 

40. HuMBERTUS Martinetus de belloforti (4) secunda 
vice 1535. 

41. Andréas Vallini MoiUismeliani prœdicator ge- 
neralis (5) — 1540. 

42. GuiLiERMLS Baston doctoi" Nannetensis conventus 
Lugdunensis 1543. 

43. JoHANNEsFoRRERius SENIOR doctoi" l'omanus 1545. 

44. Andréas Valini prœdicator generalis secunda vice 
1549. 

45. JoHANNES FoRRERius SENIOR inquisitoi' fidei secun- 
da vice 1550. 

46. NicoLAUs CoNTAN trcccnsis (6) doctor parisiensis 
et regens, et prior huius conventus tempore capituii con- 

(1) De Nantes. 

(2) Charles III, duc de Savoie. 

(3) Probablement d'Alex. 

(i) De Beaufovt en Haute-Savoie. 

(5) Voyez la note de la page 20. 

(6) De Troje. 



82 

gregationis gallicanœ sub magistro Ludovico de bolo vi- 
cario generali anno 1555. 

47. Petrus Gay a Camberio prœdicator generalis — 
i557. 

48. Petrus Riuilliandus doctor nannetensis 1561. 

49. Petrus Gay pater secunda vice 1563. 

50. JoHANNEs FoRRERius SENIOR tcitia vîce 1565. 

51 . JoHANNEs FoERERius JUNIOR doctoi" pcr iiiagislrum 
generalem 1571 . 

52. Deifilius Pettitus prœdicator generalis montis- 
meliani 1573. 

53. JoHANNES Forrerius SENIOR quaita vice 1577. 

54. JoHANNES Forrerius junior secunda vice 1581 . 

55. Philibertus Cochet qui annis 1582 1583 1584 
prœfuit. 

56. Mammertus de Ponte (1) prœdicator generalis 
annessiensis prœfuit annis 1585. 1586. 1587. 

57. Benedictus Quimerius doctor nannetentis huius 
oppidi filius prœfuit annis 1588, 1589 1590 et 1591 (2). 

58. Stephanus Blanchet prœdicator generalis mon- 
tismeliani prœfuit ab anno 1591 usque ad annum 1594. 

59. Benedictus Quimier secunda vice prœfuit ab an- 
no 1594 usque ad annum 1604. 

(1) Les du Pont étaient du pays. Guichenon cite un Louis du Pont 
écuyer, seigneur de Myans, époux de Jeanne de Cusinens (Histoire de la 
Bresse, pag. 227). Au iS"^ siècle, un Jacques du Pont fonda une chapelle 
dans l'église des Observantins de Myans, où l'on voit son épitaphe. 

(2) Le franciscain P. F. Quimier, qui a été gardien du couvent de 
Chambévy et qui est mort en 1608, était probablement de la même fa- 
mille. C'était un prédicateur distingué, egregius co»u(o»ia/or ( Obituaire 
des franciscains de Chambéry, 7 novembre). 



53 

60. Petrus Debollo huius conuentus filius, doctor 
parisiensis, theologus (1) S-"' Caroli Emanuelis Sabaudise 
ducis, fuit vicarius generalis congregationis gallicanae et 
vicariiis substitutiis nationis, prœfuit ab anno 1604 us- 
qiie ad annum 1613. — qui etiam erat magisler auditor 
in suprema caméra coniputorum Sabaudiœ. 

61. Carolus Vial huius conuentus fîlius, bacchalau- 
reus parisiensis et doctor Bithuricensis (2) prtefuit ab 
anno 1613 usque ad annum 1620. 

62. JoANNEs Baptista Dumesnil brito (3) conuentus 
Rhedonensis (4) et doctor nannetensis prsefuit ab anno 

1620 usque ad annum 1621 et fuit ejectus priorin con- 
uentu claromontensi (5). 

63. Carolus Vial pro secunda vice preefuit ab anno 

1621 usque ad annum 1627. 

64. Petrls Rattelier conuentus Bisuntinensis (6) et 
doctor nannetensis prœfuit ab anno 1627 usque ad an- 
num 1630. 

65. Bernardinus de cbarpene conuentus annessiensis 
doctor nannetensis prsefuit ab anno 1630 usque ad an- 
num 1633. 

66. JoANNEs Portier (7) conuentus annessiensis doc- 

(I). Theologus, qui parle de Dieu, prédicateur. 

Sur la seconde liste : « Scriptor et prœdicator celeberrimus. » 

(2) De Bourges. « Ftiit ^Hr simplex sed acittus theologus ( a**' liste ). 

(5) Breton. 

(4) De Rennes. 

(5) De Clermont en Auvergne. 

(6) De Besançon. 

(7) 11 était très probablement de la famille de François Portier, prieur 
des dominicains d'Annecy et vicaire général des dominicains en Savoie, 
qui publia une description dé l'ermitage des Voirons en 1643 , et une vie 
du B. G. D'Orlié. (Grillet, tome i, page 290.) 11 prêcha devant le sénat. 



54 

tor naiinetensis prœfuit ab anno 1633 usque ad annum 
1637. vicariiis generalis congregalionis gallicanœ; vica- 
rius substitufus nationis. 

67. Do.MiNicus NosTRE huius conuentus filins doctor 
naniK'tensis ab anno 1637 usque ad annum 1640. vita 
funclus Guirrandise in Britania. 

68. MiCHAEL Maruim conuentus annessiensis doctor 
parisiensis 1640 usque ad annum 1643. 

69. HuMBERTUs Raymond huius conuentus prœdicator 
generalis ab anno 1643 usque ad annum 1646. 

70. DoMiisicus NosTRE secunda vice prœfuit ab anno 
1646 ad annum 1649. 

71. Hugo Natahs Marchand huius conuentus alïilia- 
tus, vicarius nationalis et conuentuum lugdunensis et 

molinensis vocalibus (1) huius conuentus, prœfuit 

ab anno 1649 ad annum 1652. fuit prior conuentuum 
Vorionensis (2) et Annessiensis. 

72. Franciscus Lornet conuentus lugdunensis et doc- 
tor parisiensis ab anno 1652 usque ad annum 1654, 
in quo electus fuit prior monmelianensis. in quo obiit 
et sepultus est in eodcm. 

73. Christophorus Crochon istius conuentus filius 
doctor cadomensis (3) vicarius substitutus nationis |)r8e- 
fuit ab anno 1654 usque ad annum 1657. 

74. Carolus Gaud huius conuentus alumnus licenlia 
tus parisiensis prsefuit ab anno 1657 usque ad annum 
1660. et iterum electus 



(d) Focales, ceux qui ont voix dans les chapitres. 
(2) Des Voirons 
f3) De Caen. 



56 

75. et a reverendissinia auctlioritale apostolica con- 
firmatus prœfuit usque ad annum 1663 fuit vicarius 
substitutus nationis sabaudiœ — et regiœ celsitudinis a 
consiliis et concionibus. privilegioruni nationis defen- 
sor acerrimus. 

76. Jacobus Purry annessiensis , doctor nannetensis 
prsefuit ab anno 1663, usque ad annum 1667. 

77. ViNCENTius Carron buius conuentus alumnus et 
doctor Bithuricensis — ab anno 1667 usque ad annum 
1670. 

78. Claudius Grobaz doctor ordinis alumnus conuen- 
tus montismeliani preefuit ab anno 1 670 usque ad annum 
1671 in quo anno obtinuit a P. Martin provinciali suam 
demissionem et per annum ob discordias iï. nullus fuit 
prior. 

79. Hugo Noè Marchand doctor parisiensis huiusce 
conuentus filius prsefuit ab anno 1672 usque ad annum 
1675 pro secunda vice (i). 

80. Albert Malliand doctor parisiensis huiusce con- 
uentus filius prsefuit ab anno 1675 usque ad annum 
1678 (2). 

81 . Petrus Bresillet conuentus Bisitunensis [sic] (3) 
prsefuit ab anno 1678 usque ad annum 1681. vicarius 
generalis congregationis britannicœ et commissarius ge- 
neralis. 



(2) Composuit librum typis mandandum qui inscribitur Ecclesia re- 

GULARIS. 

(1) Orationes paranymphicas , parisiis tiabitas, typis mandavit. repe- 
riuntur inter volumina R. P. Varot. 



(2) Probablement Bisuntinerisis , de Besançon. 



56 

82. Thomas Ducouz doctor ordinis huiusce conuentus 
fîlius prœfuit ab anno 1681. iisque ad annuni 1684. 

83. F. Adrianus de Bellegarde huiusce conuentus 
lîiius , frater maj-ni cancellarii ducis sabaudise Vicl. 
Amedei, prœfuit ab anno 1684 usque ad annum 1688. 

84. F. HiAciNTus Perrin conuentus montismelliani 
Hlius et doctor ordinis et natiuus camberiensis prœfuit 
ab anno 1688 usque ad ann. 91 . 

85. Sebastianus Caire conuentus Barcelonensis el 
postea in conuentii lugdunensis [sic) afilliatus prœfuil 
ab anno 1692 usque ad annum 1693 quia renunciavit 
post primum annum. — Doctor et professor thcologus 
barnlondusis. 

86. F. HiACiNTUs Veiset (1) doctor parisiensis bene 
meritus natiiius camberiensis et conuentus nostri Annecii 
filius prœfuit ab anno 1693 usque ad annum 1695. 

87. Fr. Adrianus de Bellegarde secunda vice prœ- 
fuit ab anno 1695 28 mensis februarii usque ad annum 
1698. 

88. F. Albertus de la Balme de Rupe (2) olim filius 
conuentus valentiœ postea alliliatus in hoc conuentu die 
6» aug. anno 1695 et 1697 fuit elcctus in priorem con- 
uentus vorionensis et anno 1699 die 23 decembris fuit 
electus in priorem huius conuentus et confirmatus per 

Rmuni magistrum generalem Cloche — et affiliacio 

eius fuit cassata et annulata in capitulo Blesensi (3). 

89. F. ViNCENTius Bret doctor facultatis parisiensis 
1703. 



(d) Il est nommé Veyne sur l'autre liste. 
(2) La Roche en Genevois. 
(5) De Blois. 



57 

90. F.CAROLusDECHARRiEREmontismellianensii1706. 

91 . F. Jacobus Villard huiiis conuentus alumnus erat 
prior in conuentu montismeliani quando fiiil electiis ad 

huncprioratum et prœfuit in hoc conuentu a 14 jan 

niO usque ad 22am 9h"H712. tune prœfuit an (i). 

92. F. Petrus Franciscus de Rochette a 24 

1712 1713. 

93. F. JoANNEs Claudius Vuillemot conuentus Bi- 

suntini alumnus, electus in priorem huiusce 

— januarii 1716 

94. et anno 1718 iterum electus est de man- 

dato praefuit usque ad annum 1723. 

95. R. P. F. JoANNES Grillet conuentus monmelia- 
nensis doctor parisiensis in partibus sabaudiœ vicarius 
provincialis prœfuit ab anno 1723 usque ad annum 1726 
la aprilis , et postea fuit episcopus Vallis Augustae (2). 

96. F. Petrus Rey camberiensis huius conuentus fi- 
lius ab anno 1726 usque ad annum 1729 

97. F. Claudius Perrin huius conuentus camberien- 
sis filius doctor parisiensis ab anno 1 729 usque ad annum 
1732. 

98. F. Philïbertus Rosset huius conuentus filius 
doctor parisiensis ab anno 1732 usque ad 1735. — vi- 
carius quoque provincialis et nationalis. 

99. F. Anmbal Hyacinthus Sailler huius conuentus 
filius prsedicator generalis conventus monmelianensis 



(1) Annecii probablement. 

(2) Il fut évèque d'Aoste, sur la nomination du roi de Sardaigne, le 11 
octobre 1728, et mourut le 14 septembre 1729. (Besson, Mémoires pour 
l'hist. eccL, page 265.) 



58 

vicariiis proviiicialis et nationalis — ab anno 1735 iisque 
ad 1738. 

100. F. Melchior Guigue hiiius conuentus fîlius doc- 
lor pari!?iensis ab anno 1738 usqiie ad anniim 1740. 
— abdicavit mense februario 1740. 

101. F. Petrus Rey huius conuentus fîlius et prsedi- 
cator generalis prsefuit secunda vice ab anno 1740 usque 
ad 1743. 

102. F. Franciscus Blanc ab anno 1743 usque ad 
annum 1746. filius huiusce conuentus et prœdicator 
generalis conuentus vorionensis. 

103. F. Clauuius Perrin- doctor parisiensis huius 
conuentus iîlius prœfuit secunda vice ab anno 1746 us- 
que ad annum 1 749. 

104. F*" JosEPHus Peissard huius conuentus aluninus 
licentiatus parisiensis et doctor theologus ordinis, et 

posthac doctoi' parisiensis. electus novembris 

anni 1749 

105. Fr, Claudius Perrin doctor parisiensis lertia 
vice prœfiiit ab anno 1753 mense martii ad annum 1756. 
electus iterum obtenta prius R. M. gêner, licentia. 

106. F'' Natalis Sabbatier conuentus lugdunensis 
doctor parisiensis , et ex provincialis provinciee nostrœ 
parisi. electus; a mense aprili 1756 praefuil huic domui 
et sponte abdicavit ente mensem novembrem ejusdem 
anni ut lugdunum repeteret. 

107. R. P. F"^ Franciscus Peyssard parisiensis bacca- 
laureus, huius conuentus filius a mense novembri anno 
1756 usque ad annum 1759 — 

108. R. P. F' Petrus Franciscus Varoï huiusce con- 
vcntus alumnus, doctor parisiensis, sacrœ theologiœ 



59 

professer in regio camberiensi athenaeo , studioruni 
prsefeclus librorum censor. a mense 9bii 1759. 

109. mense decenibrMieâ eleetus estR. P. M. Perrin 
idem qui supra e\ vicarius nationalis et provinciaiis. 

110. mense januario anno 1766 R. P. Dutruc buiusce 
conuentus ex vicarius nationalis et provinciaiis prcefueral 
conuentibus annessiensi et vorionensi (1). 

m. mense fabruario anno 1769 eleetus R. P. Jose- 
phus-Ignatius Vulliod in hune conventum jam prideni 
cooptatus : Vorionensis eral jam prœfuerat conventui 
nostro Mantalensi (2). 

112. Mense martio anno 1772 R. P. Marcus-Antonius 
Cl'rteï bujus conventus doctor parisiensis, suum Irien- 
nium absolvit mense maïo ob capitulum provinciale ha- 
bitum post pascha anno 1775. 

113. Mense maïo anno 1775 R. P. Petris-Franciscus 
Varot, idem qui supra et anno 1776 mense augusto , 
eleetus et confirmatus vicarius nationalis et provinciaiis. 

M 4. Idem Magister Fr. Varot, labente junio, anno 
1778, obtenta prius a R^issimo niagistro generali de Qui- 
nonès dispensalione ab interstitiis denuô pro tertia vice, 
unanimi sulïragio , eleetus est in priorem liujusce con- 
ventus , et a colendissimo provinciœ nostrse parisiensis 
magisiro provinciaii, Jacobo Launay, confirmatus die 
25 julii et tandem regiminis babenas suscepit die 2» au- 



(1) Ou ne sait duquel il s'agit ici des deux pères Dutruc Dominique, 
profès en 1706 , ou Pierre, profès en 1712. 

(2) Montmélian. ainsi appelé suivant la croyance répandue que l'as- 
semblée de Mantaille, pour l'élection du roi Boson , avait été tenue a 
Montmélian. (Voyez J. Dessaix, La Savoie historique, tome i, p. 115.) 



60 

gusti 1778. quia munus vicarii provincialis etnationalis 
gerebat in partibus sabaudiœ confirmari tlebuit a ma- 
gistro provinciali. 

115. dieseplima mensis auguslian. 1781 comniunibus 
votisinprioremelectusest, elconfirmatusR.P. Magister 
Clrtet; idem qui supra (1). 



(1) D'après les observations consignées au commencement de cette liste, 
elle se compléterait ainsi : 

il6. Le P. Marc-Antoine Curtet pour la 3* fois? 
il 7. Le P. Prudent Delabaye. 
118. Le P. Girard. 



TABLE DES PERSONNES. 



Alban Nicolas page 1 3 

Adet 43 

Altardis f Stephanus de J 49 

Amédée VIII, comte de Savoie 11 

André 22 

Archange, P. capucin, voy. Girard. 

Bally , barnabite 43 

Balme ( le P. Ferdinand de la ) 36 , 56 

Barbichgn , Fr. Humbertus 13 

Barreii Louis .- . 13 

Basset Humbert 13 

Bastardy George 13 

Baston Guiliermus 51 

Baudet Antoine 13 

Beardé 39 

Bellegarde (Adrianus de), le même que le suivant. 

Bellegarde ( F. Charles de ) 30, 36, 56 

Bely 43 

Bertrandus Joannes 49 

Bertrand ( F. Michel de ) 32 



62 

BiMET , prieur de Montmélian 40 

BizET Benoît 38 

Blaix Nicolas 15 

Blanc François 36, 58 

Blanc François-Hyacinthe 37 

Blanc Jean 14 

Blanchet Stephanus 58 

Bonet Jacques. 35 

Bonetus Johannes 50 

Bonnefois { le P. Girard ) 24 

Borrel Pierre 25 

Borrelli Johannes 50 

BouGAY Jean 37 

Bouillon ( le cardinal de ) 30 

Bouvier (Demoiselle) 18 

Boveri Vincenlius 50 

Bresilliet 46, 55 

Bresson , P. jésuite 45 

Bret Vincentius 56 

Brignole 36 

Brodoletus Falco 48 

Brognv ( le cardinal de ) 11 

Brondel Ignace 31 

Brulon ( maître Gautier ) 53 

Brunetus Vincentius 50 

(]aire Sebastianus 56 

Calongier Dominique 30 

Camus ( Mgr le ), évêque de Grenoble 45 

CARMES 43, 46 

Carolus ITI , dux Sabaudiœ 51 



63 

Carpinel ( F. Catherin de ) 38 

Carron Benoît 29 

Carron Vincent 28, 55 

Cartanas Thomas 37 

Catelli Jacobus 50 

Chafardon Raymond 34 

Chalonzier Gaspard 30 

Charles-Emanuel 1 18 

Charles-Emanuel II 25, 53 

Charpène f Benedictus de ) 53 

Charriere f F. Carolus de J 57 

Charroi Louis 30 

Cherpignon. , 43 

Chevrier Benoît H 

Chevrier Philippe 13 

Chiviliard , procureur .- 19 

Clerc Vincent 37 

Clerici Grallus 50 

Clerici Giiilliermus 50 

Clgchi; , P. général 36, 56 

Cochet Philiberlus 52 

CoLLOMBiN George ... 14 

CoNTAN Nicolaus 51 

CoRBEL François .* 39 

CORDELIERS 46 

Crochon Christophe 23 , 54 

Crottet François 34 

CuRTET Marc-Antoine 47, 59, 60 

Dalmaz Charles 29 

David Louis 20 



64 

Delabeye Prudent , 47 

Delalé Jean-François 21 

Delorme François 22 

Dequercu Claudius 51 

Dequeresque Ambroise 23 

Debollo Pierre 1 8, 42, 53 

Decostis Antonius 50, 51 

DOMINIQUE ( S. ) 9 

Ducouz Thomas 28, 45, 56 

DuFOURNEL , supérieur de St-Antoine 44 

DuMARETTE Pierre 34 

DuMESNiL Joannes Baptista 53 

DuMOLiN , P. jésuite 44 

DuNANT Charles 15 

DuivANT Claude 27 

DoRAND Stephnnus 49 

DuTRuc Dominique, voy. Truc. 
DuTRuc Pierre» voy. Truc. 

Farconet François 23 

Faure Joseph 39 

Ferrier ( S. Vincent ) 12 

FEUILLANTS 43 

FiLLiON Nicolas 20 

Flamochetus Guido 48 

Forrerius Johannes Junior 52 

Forrerius Johannes Senior 51 , 52 

FoRROY Jean 13 

FuRBiTY Guy 11 

Gaime Joseph 24 

Gallesius , observantin 19 



65 

Gantin Claude 45 

Gastandi Antonius 49 

Gaud Charles 25, 44, 45, 54, 55 

Gaud Jean-François 30, 45 

Gaud , P. feuillant 45 

Gautier , M«. . . 44 

Gay Pierre 13. 52 

Gay autre Pierre 22 

Gayme Maxime 27 

Genot, p. antonin , 30 

George , P. jésuite 42 

Georgius Sabaudiœ 49 

Gerin, p. cordelier de l'observance 45 

Ginetus Claudius 51 

Girard Archange , capucin .45, 46 

Girard 47 

GoNDisALVE Adam 34 

Granet Gervais 27 

Granier Antoine 24 

Gratin , supérieur de S. -Antoine 46 

Grenat 34 

Grillet Jean 1 1 , 57 

Grobaz Claudius 55 

Gros Antoine ~. . . . . 27 

Grucelli Jacobus 49, 50 

Gruret Martin 49 

GuiGUE Melchiel ou Melchior 38, 58 

GuiLLARD Joseph. 36 

GuiLLiAUME Claude 19 

HosPES , P. cordelier 43 

5 



66 

Hamard Jacques 22 

Heurteur Jacques 30 

Histoire Hyacinthe 27 

Jacquet Antoine 14 

Jay Joseph 38 

JÉSUITES - 44 

Jordan François 15 

JuLiANUS Hugo 48 

Labaye Antonin 37 

Labaye Jean-Baptisle 38 

Lambert Jacques 13 

Lambert , P. jésuite 44 

Lard Claude 38 

Laroche Jacques 22 

Lartigue ( le p.) 38 

Laubrevière m., prieur de Grenoble 44 

Laudino ( Nicolaus de j 49 

Launay Jacobus 59 

Léger Claude 23 

Lemege ( le p. ) 45 

Letavalle ( Nicolaus dej 49 

LoRioL François 17 

Lornet Franciscus 54 

Louis Augustin 44 

Louis DE Chypre 49 

LuTRiNi François 14 

Maillant Albert 28, 55 

Malibre i\oé 21 

Marchand Hugues-Noé 26 , 31 , 54, 55 



67 

Marette, voy. Dumarette. 

Martin V, pape '. i i 

Martinet , P. jésuite 44 

Martinetiis Humbertus . 51 

Martini Stephanus 49 

Marvin Michael 54 

Maugin Gabriel 22 

Maugin Jean 4 9 

Maupas ( Mgr de ), évêque du Puy 41 

Merieu Aymé 35 

MiLLiET Charles-Emmanuel , 32 

MoLLARD Jean i 3 

MOLLINGAL 40 

MoNCELLiN André 21 

Morand Bernard 31 

Morand Hyacinthe 29 

Morini Nicolaus 39 

NosTRE Dominique 22, 54 

ORATORIENS 43 

Pagnody Pierre 21 

Parvi Petrus 49 

Patouillet , P. jésuite 45 

Paul , P. carme déchaussé 45 

Peissard François 39 

Peissard Joseph 39, 58 

Pelin Jacques | , 26 

Pernat Simon 37 



68 

Pernet Pierre 38 

Perret Pierre 34 

Perrin 40 

Perrin Claude ,. . 37, 57, 58, 59 

Perrin Hyacinthus , 56 

Perrody Henri. 19 

Perrouse ( M. de la ), doyen de la sainte Chapelle. 45 

Pettitus Deifilius 52 

Philippus archidux Austriœ 50 

Picardi Johannes alias Hougy. 49 

PiCART Benoît 24 

PiCHOT Etienne 17 

PiGNATY Jean 13 

PiGNY Pierre 14 

Plaut François 14 

Pojile ( Manimertus de J 52 

Portier François 53 

Portier Joannes 53 

PcRRY Jacobus 55 

Quimier Benoît 17, 18, 52 

Quimier 52 

Quinonès f M. generalis de J 59 

Rambert Nicolas 37 

Rattelier Pierre 42, 53 

Raymond Humbert 21 , 23, 54 

Revel François 39 

Revillandy Pierre 1 3, 52 

Rey Joseph 38 

Rey Marc-Antonin , 37 



69 

Rey Pierre 36, 57, 58 

RoBÉ 43 

RocHETTE Hyacinthe 36 

RocHETTE Pierre alias Pierre-François 35, 57 

RoLLET Claude 22 

RossET Philibert 37, 57 

Sabaterius Jacobus 50 

Sabatier Natalis • 58 

Saillet Louis 15 

Saillet 40 

Sales Charles-Auguste , évêque de Genève 43 

Saluer Annibal 35, 57 

Sonnet Pierre 38 

SouRCHE ( le marquis de ) 30 

SuAVET Jean 13 

Suffisent Claudius 50 

Suisse Joseph 37 

Tardito ( Petrus de J .50, 51 

Tardy , le président 18 

Thiollier 39 

Thorombert Dominique 26 

Treppier Michel , observantin 42 

Truc ( F. Dominique du ) 37, 59 

Truc ( F. Pierre du ) 38, 59 

Vallier 46, 59 

Vallini Andréas 51 

Varot Petrus Franciscus 39, 58, 59 

Veiset Hiacinthus 56 



70 

ViAL Charles 20, 53 

ViBERT Joseph 36 

Vieux François 32 

ViLLARD Jacques 35, 57 

Vincent 40 

VuiLLEMOT Joannes Claudius 57 

ViJLLiOD Josephus Tgnatiiis 59 



TABLE DES NOMS DE LIEUX (1) 



1 



Alby en Genevois page 34 

Alex id 51 

Annecy i 0, 1 1 , 1 7, 

25, 26, 35, 38, 41, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 59. 
AosTE 43, 57 

Balme ( la ) 29 

Beaufort en Tarentaise 24, 36, 51 

BoÊGE en Faucigny 15 

Bonne id 32 

Bons en Chablais 15 

(1) On s'est borné aux localités de l'Étal Sarde. 



71 

Chambéry presque à toutes les pages. 

Chieri en Piémont 32, 33 

Cluses en Faucigny 35 

CoGNiN en Savoie-Propre 21 

DoucY en Tarentaisc ou en Savoie-Propre 49 

Echelles ( les ) en Savoie-Propre 23 

Faucigny , province 18 

Genevois , province 34 

GiETTAz { la ) en Haute-Savoie 37 

Lémenc , paroisse de Chambéry 48, 49 

Marches ( les ) en Savoie-Propre 31 

Maurienne , province 32, 35 

MONTMÉLIAN 10, 11, 15,20,21, 

22 , 27, 28 , 39 , 40 , 51 , 52, 54, 55, 56, 57, 59. 
MvANs , hameau des Marches 52 

Roche ( la ) en Faucigny 36, 56 

Rhône , fleuve 35 

RUMILLY 30 

St-Beron en Savoie-Propre 22 

St-Innocent id 26 

St-Jean-de-Maurienne 34 

SAVOIE , 8, 9, 10, 33, 38, 40, 49, 53, 55, 56, 57, 60 



72 

Termignon en Maurienne 39 

Thoiry en Savoie-Propre 34 

Thonon 16, 38 

Verthemex en Savoie-Propre 27 

ViLLARCHER , liameau de la Motte 29 

VoiRON ( les ) , montagne et couvent en Faucigny, 10, 
U,23, 24, 26, 36, 54, 56, 58, 59. 



NOTICE 

DE M. DE CONZIÉ DES CHARMETTES 

SUR 

MADAME DE WARENS 

ET J. J. ROUSSEAU 

PUBLIÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS 

Et augmentée de quelques Notes 

PAR If. C.^ CiSJIIiliERlIIM 

AVOCAT. 



Je voyais à Chambéry, dit J. J. Rousseau, M. de Conzié, 
gentilhomme savoyard, alors jeune et aimable, qui eut la 
fantaisie d'apprendre la musique et de faire connaissance 
avec celui qui l'enseignait. Avec de l'esprit et du goût pour 
les belles connaissances, M. de Conzié avait une douceur 
de caractère qui le rendait très liant, et je l'étais beaucoup 
moi-même pour les gens en qui je la trouvais. La liaison 
fut bientôt faite. Le germe de littérature et de philosophie 
qui commençait à fermenter dans ma tète, et qui n'attendait 
qu'un peu de culture et d'émulation pour se développer 
tout à fait, les trouvait en lui. M. de Conzié avait peu de 
disposition pour la musique ; ce fut un bien pour moi : les 
heures des leçons se passaient à tout autre chose qu'à sol- 
fier. Nous déjeunions, nous causions, nous lisions quelques 
nouveautés, et pas un mot de musique (1). 

J'écrivis à M. de Conzié pour m'informer d'elle (madame 
de Warens) , et ce fut lui qui m'apprit qu'elle avait cessé 
de soulager ceux qui souffraient et de Souffrir elle-même. 
Allez, âme douce et bienfaisante, auprès des Fénélon, des 
Bernex, des Catinat et de ceux qui, dans un état plus hum- 
ble, ont ouvert, comme eux, leurs cœurs à la charité véri- 
table ; allez goûter le fruit de la vôtre et préparer à votre 
élève la place qu'il espère occuper un jour près de vous.... (2). 

(1) Confessions de J. J. Rousseau, liv. v. 

(2) Id., liv. xn 



NOTICE DE M. DE CONZIÉ 



SDR 



M""^ DE WAREXS ET J. J. ROIJSSEAl 

(1) 



->•<- 



Vous voudriez, monsieur le comle, que je vous in- 
struisis de quelques anecdotes touchant la feue baronne 
de Warens. Je puis effectivement vous en apprendre 
quelques unes, l'ayant vue d'abord à son arrivée à 
Evian en 1726, si je ne me trompe, et ensuite durant 
longues années à Chambéry. Voici son premier début 
en Savoie ou j'étais pour lors à la suite du feu roi Vic- 
tor qui buvait les eaux d'Amphion à Evian. 

Ce prince allait à la messe de l'église paroissiale ac- 
compagné simplement de quelques seigneurs de sa 
cour, du nombre desquels était feu monsieur de Ber- 



(i) Ce mémoire est adressé à M. le comle de Mellarède. Le famille de 
Mellarède est éteinte aujourd'hui. 



78 

nex evèqiie d'Annecy (1). A peine le roi était-il entré 
dans l'église, que madame de Warens arrêta le prélat 
par sa soutane, se jeta à ses genoux, en lui disant les 
larmes aux yeux, In manus tuas domhie commendo spi- 
ritum meum. Cet evèque s'arrêta en la relevant, et il 
parla cinq à six minutes avec cette jeune pénitente qui 
de là se rendit directement au logis de ce prélat, lequel, 
la messe finie, alla la joindre, et après une conversation 
assez longue avec elle revint à la cour, sans doute pour 
en rendre compte au roi. Celte fugue, comme vous le 
pensez bien, monsieur le comte, fil un éclat subit dans 
celle petite ville; et dès ce moment, les uns disaient 
que c'était une scène d'une Magdeleine véritablement 
repentante , d'autres cl surtout les Suisses qui étaient 
venus à Evian partie pour boire les eaux et partie pour 
y voir le roi , soutenaient que ce repentir n'était que 
simulé, et que le vrai motif de la fuite de cette baronne, 
était le dérangement qu'elle avait mis dans les affaires 
d'intérêt de son mari par une prodigalité inconsidérée. 
Exemple qui n'est pas le premier à citer de jeunes et 
aimables femmes, qui moyennant leur esprit et figure, 
savent captiver leurs maris au point de les maîtriser.' 
D'autres Suisses arrivèrent en bateau après diner. 

(1) M. de Rossillon de Bernex, evèque d'Antoecy et de Genève, mort 
le 23 avril 1731. Sa vie a été écrite par le P. Boudet, de l'ordre de Saint- 
Antoine (Paris, 17S1, 2 vol. in 12). On y trouve des détails curieux sur 
la conversion de M»"' de Warens. 



79 

A peine eurent-ils débarqués que le bruit se repandit 
dans toute la ville que ces nouveaux venus, parents, 
disait-on , de madame de Warens , venaient pour l'en- 
lever. Ce bruit tout mal fondé qu'il était, prit, à ce 
que je pense, quelque crédit à la cour, puisque le len- 
demain matin, on fit partir avant jour cette dame dans 
la litière du roi , escortée de quatre de ses gardes du 
corps , qui la conduisirent eu droiture accompagnée 
d'une bourgeoise à Annecy dans le couvent du premier 
monastère de la Visitation pour l'y faire instruire de 
notre religion. Celte baronne me parut alors âgée de 
vingt-quatre à vingt-six années. Depuis cette époque 
je la perdis de vue par mon retour en Piémont, où je 
restais jusqu'en 1733, que je revins à Cbambéry pour 
m'y fixer. Ce fut l'hyverde cette même année que j'eus 
l'occasion de lier société avec elle, car au sortir de la 
Visitation elle avait pris une petite maison à Annecy 
après son abjuration ; d'ailleurs elle y était pour ainsi 
dire forcée, ne jouissant pour lors que de quinze cents 
livres de pension que notre roi lui faisait donner, comme 
nouvelle convertie. Mais monseigneur de Mazim (i) 
evêque pour lors de Maurienne, l'ayant connue, la gra- 
tifia d'une somme annuelle de cinq cents livres et mon- 
seigneur de Bernex lui en donna autant, alors celte ba- 



(1) François-Hyacinthe de Valpergue, comte de Mazin, abbé de Saint- 
Pierre de Chàlon, évêque de Maurienne, mort en i737. 



180 

ronne trouvant sans cloute la ville d'Annecy trop petite 
pour l'étendue de ses projets et de ses vues, vint s'é- 
tablir à Chambéry, non pour se soustraire à la vigilance 
de ses pieuses institutrices ; car sa conduite jnsques là 
avait été exempte de tous soupçons et à l'abri même 
de la calomnie qui communément poursuit les nouvelles 
venues, dès qu'elles ont de l'esprit et de la figure. 

A propos de figure je veux vous donner ici une es- 
quisse de la sienne. Sa taille était moyenne, mais point 
avantageuse, eu égard qu'elle avait beaucoup et beau- 
coup d'embompoint, ce qui lui avait arrondi un peu les 
épaules et rendu sa gorge d'albâtre aussi trop volumi- 
neuse; mais elle faisait aisément oublier ces défauts par 
une physionomie de franchise et de gaieté intéressante. 
Son ris était charmant, son teint de lis et de rose, joint 
à la vivacité de ses yeux annonçaient celle de son esprit 
et donnaient une énergie peu commune à tout ce qu'elle 
disait. Sans le plus petit air de prétention , tant s'en 
faut, car tout en elle respirait la sincérité, l'humanité, 
la bienfaisance, sans donner le plus petit soupçon de 
vouloir séduire par son esprit non plus que par sa fi- 
gure, car elle négligeait par trop cette dernière, sans 
néanmoins l'affecter comme quelques prétendues sa- 
vantes de son sexe. 

Je ne veux pas vous laisser ignorer, monsieur le 
comte, une anecdote de cette baronne crainte de l'ou- 
blier, quoiqu'il en soit la voici : M'entretenant un jour 



81 

avec elle lête à tête de son changement de religion et 
d'état, elle me dit, croiriez-vous , mon ami, qu'après 
mon abjuration je ne me suis jamais mis au lit, durant 
deux ans environ, sans y prendre comme on dit la peau 
de poule sur tout mon corps par la perplexité dans la- 
quelle mes réflexions me plongeaient, sur ce change- 
ment de religion qui m'avait fait secouer les préjugés 
de mon éducation , de ma religion et abjurer celle de 
mes pères. Cette longue incertitude était terrible pour 
moi qui ai toujours cru à un avenir éternellement heu- 
reux ou malheureux. Cette indécision m'a bien long- 
temps bourraudée; ce fut là son expression, mais ras- 
surée à présent, continua-t'-elle, mon ame et mon cœur 
sont tranquilles et mes espérances ranimées. Je ne vous 
rends , monsieur le comte , que fort imparfaitement et 
en précis les expressions vives et animées dont elle se 
servit à cette occasion ; elles lirent en moi une sensation 
qui ne s'en est point encore effacée, quoiqu'à la veille 
de remplir mon seizième lustre. 

Les grâces de son parler, son esprit déjà enrichi de 
difllérentes lectures, la rendaient extrêmement sédui- 
sante et agréable dans la conversation, et m'attachaient 
intimement à sa maison ou j'allais journellement et y 
mangeais fréquemment avec Jean-Jacques dont elle avait 
déjà commencé l'éducation, usant toujours d'un ton de 
maman tendre et bienfaisante, y mêlant de temps à au- 
tre celui de bienfaitrice, auquel Jean-Jacques répondait 

toujours avec docilité et même soumission. 

6 



82 

Après quelques années de séjour à Chambéry elle 
prit une campagne à portée de la mienne, ce qui con- 
tinuait à me mettre à même de lui faire plus fréquem- 
ment ma cour et Jean-Jacques de me voir journelle 
ment. Son goul décidé pour la lecture faisait que ma- 
dame de Warens le sollicitait vivement pour qu'il se 
livrât tout entier à l'étude de la médecine, ce à quoi il 
ne voulut jamais consentir. Comme je le voyais tous les 
jours et qu'il me parlait avec confiance, je ne pouvais 
douter de son goût décide pour la solitude et je puis 
dire un mépris inné pour les hommes, un penchant dé- 
terminé à blâmer leurs défauts, leurs faibles ; il nou- 
rissait en lui une défiance constante en leur probité . Ce 
fut dans cotte maison de campagne qu'il commença à 
barbouiller du papier, soit en vers, soit ea prose sur 
différens sujets dont il me faisait lecture plutôt je crois 
comme à son voisin que pour se décider par mes lumiè- 
res, en quoi il pensait très juste. Etant arrivé à Paris, 
il fit imprimer, pour son coup d'essai, une méthode 
qu'il avait forgé aux Charmettes, pour apprendre par- 
faitement la musique en moins de trois mois ; heureu- 
sement pour Jean-Jacques cette brochure tomba entre 
les mains du savant aristarquc de ce temps là, je veux 
dire du fameux abbé Desfonlaines. Quand je vous dis 
heureusement, monsieur le comte, je ne parle que d'a- 
près Jean -Jacques qui me dit qu'ayant été pulvérisé en 
tout sens et en tout genre et avec toutes raisons par le 



83 
dit docte abbé, il lui avait prouvé qu'il ne savait encore 
rien, pas même écrire français, et qu'il fallait lire et 
apprendre à lire, avant que de vouloir écrire et dès lors 
je m'appliquais à profiter de cette juste leçon et je 
quittais la plume. 

Revenons à celte aimable femme. Malheureusement 
pour elle, n'ayant nul goût pour les ouvrages auxquels 
l'éducation accoutume son sexe, la ressource de la lec- 
ture dont son esprit était déjà orné ne suffisait pas a la 
vivacité de son imagination, et pour s'occuper elle en- 
treprit de former une compagnie pour faire exploiter 
une minière dans la province de Maurienne dont ses 
associés et elle furent les dupes. Son esprit toujours 
entreprenant la fit encore succomber dans d'autres en- 
treprises, dont le succès ne fut pas plus heureux (1). 
Ce fut dans cette maison attenante à la mienne qu'elle 
forma ses ruineux projets ; heureuse si le goût de l'agri- 
culture avait remplacé ces premiers, il aurait décidé la 
tranquillité et la douceur de sa vie et aurait suffi, joint 
aux pensions qui lui restaient au bien être modeste de 

(i) Madame de Warens avait établi à Chambéry une fabrique de savon. 
Nous trouvons à ce sujet, dans le volume des délibérations du conseil de 
la ville de Chambéry, sous date du 5 août 1744, ce qui suit ; 

« Sur le rapport fait par le premier sindic que madame la comtesse de 
» Warans de la Tour l'a prié de lui procurer une permission pour le débit 
>) du savon qu'elle fait fabriquer, la ville a délibéré d'accorder la dite per- 
» mission pendant le bon plaisir de la ville. » 

Elle en envoya à Rousseau. (Voir sa lettre de remerciraent, du 25 fév. 
1745.) 



84 

ce qu'il lui fallait, car je vous dois la justice de vous 
dire que ses entreprises de richesse ne lui étaient point 
inspirées par la cupidité d'en jouir, mais bien plus sû- 
rement pour en procurer à ses associés, car la généro- 
sité et la libéralité étaient au nombre des autres qualités 
de son cœur. 

Après le départ de Jean-Jacques, je continuais de la 
voir et souvent j'allais lui porter de ses nouvelles quand 
je soupçonnais qu'elle en manquait (1). 

Enfin cette charmante et digne femme, sans argent 
et j'ose quasi dire sans crédit et accablée de dettes, eut 
l'heureuse ressource de plaire à un vieux seigneur de 
la première distinction qui fournit durant qu'il vécut, 
aux journaliers nécessaires de la subsistance de cette 
malheureuse baronne ; mais le noble désintéressement 
dont son âme avait toujours été pénétrée, ne lui sug- 
géra jamais de confier à ce vieux seigneur le triste et 
inévitable avenir qui la menaçait. Aussi après cette 
perte se vit-elle forcée de mendier, pour ainsi dire, un 
recoin de chaumière dans un des fauxbourgs où elle 
n'a végétée que par les secours et soins charitables de 
ses voisins, qui n'étaient tant s'en faut dans l'aisance. 

Finalement accablée de différents maux qui la rele- 



(1) "TM"'« de Warens habita les Charmeltes pendant onze ans environ, 
et céda le bénéfice de son bail à un nommé Viale, au printemps de 1749, 
Elle occupa ensuite la maison d'Allinges, au Reclus, et vint finir ses jours 
à Nezin, maison Crépine, où elle mourut le 29 juillet 1762. 



85. 
naient au lit , depuis plus de deux années , elle suc- 
comba avec tous les sentiments d'une femme forte et 
bonne chrétienne {\). 

J'ai toujours condamné Jean Jacques qu'elle avait 
décoré du nom de son fils adoptif, en premier lieu 
d'avoir préféré les intérêts de Lavasscur à ceux d'une 
maman aussi respectable pour lui, en tous sens, que 
l'était peu sa blanchisseuse Lavasseur ; il aurait bien 
du suspendre son orgueil de tems à autre et ne tra- 
vailler que pour gagner son indispensable nécessaire, 

(1) Voici l'acte de décès de M""» de VTarens. Quoique publié déjà plu- 
sieurs fois , entre autres dans le Voyage en France pendant les années 
1787, 88 et 89 , par Arthur Young , Paris , 1793 , 5 vol. in-8», il mérite 
d'être reproduit ici. L'abbé Gaime, alors curé de Lémenc, prévoyant sans 
doute l'intérêt qui s'attacherait dans la suite au nom de M™" de Warens, 
a voulu rappeler en quelques mots la vie de cette femme, qui fut la bien- 
faitrice de l'illustre philosophe de Genève. 

EXTRAIT DU REGISTRE MORTUAIRE 

DE LA PAROISSE DE SAIM-PIERRE DE LEMENC. 

Le trente juillet mil sept cent et soixante-deux, a été ensevelie au ci- 
metière de Lemens , dame Louise-Françoise-Eléonore de la Tour, veufve 
du seigneur baron de VTarens , native de Vevay, dans le canton de Berne 
en Suisse , morte hier sur les dix heures du soir, en bonne chrétienne et 
munie de ses sacremens, âgée d'environ soixante- trois ans. Il y avait en- 
viron trente-six ans qu'elle fit abjuration de la religion protestante et a 
vécu depuis dans la notre , et dès lors a fini se? jours dans le fauxbourg 
de Nezin ou elle habitait depuis environ huit ans, dans la maison du sieur 
Crépine ; elle a habité ci devant au Reclus , pendant environ quatre ans 
dans la maison du seigneur marquis d'Alinge ; elle a passé le surplus de 
sa vie depuis son abjuration dans cette ville. 

Gaime, curé de Lémens. 



86 

pour restituer loul au moins en partie, ce qu'il avait 

coûté à sa généreuse bienfaitrice. 

Voicy, monsieur le comte , un brouillard , ou pour 
mieux dire un bavardage que je n'ai pu vous commu- 
niquer plutôt par la répugnance que j'avais d'hazarder 
ce petit détail que je vous avais offert imprudemment 
en ne songeant qu'à l'envie que vous aviez d'en avoir 
un ; je ne vous l'envoie que dans l'intime persuasion 
que vous le rectifierez. J'aurais pu lui donner plus 
d'étendue , bien sur que vous l'auriez rendu précis et 
orné de ce charmant syle que je vous connais ; mais 
je vous le répète, monsieur le comte, ma répugnance 
à rapporter des faits flétrissans pour Jean Jacques et 
d'ailleurs me sentant si peu propre à narrer je ne suis 
pas allé plus loin : le seul avantage dont j'ose me flat- 
ter, est, que le sacrifice que j'ai fait de mon amour 
propre en votre faveur vous prouvera tout au moins 
les sentimens distingués avec lesquels j'ai l'honneur 
d'être, 

Monsieur le comte, 

Votre très humble et affectionné serviteur 
GoNziÉ des Gharmettes. 



Nous avons vu par le récit intéressant de M. de 
Gonzié que madame de Warens était morte à Gham- 



87 
béry, dans une chaumière du faubourg Nezin. Celte 
maison, qui appartenait à cette époque à M. Crépine, 
existe encore aujourd'hui et se trouve dans le même 
état de vétusté et de délabrement que lorsqu'elle l'ha- 
bitait. Elle est située un peu au-dessous de l'entrée 
principale de l'établissement de M. Martin Burdin , 
pépiniériste^ et porte le numéro 27. 

M. Benoit l'aîné, qui l'a acquise de M. Marie Cré- 
pine par contrat du 18 juin 1815, en est le proprié- 
taire maintenant. 



Nous complétons celte Nolice parla publication d'un 
document inédit : le bail passé par M. Noirey, pro- 
priétaire de la maison et du domaine des Charmettes , 
à madame de Warens. 

Bail passé par noble Claude NoeYey à dame Louise- 
Eléonnre Delatour baronne de Warens. 

L'an mil sept cent trente huit et le sixième jour du 
mois de juillet à Chambéry dans la maison du seigneur 
comte de S' Laurent ou habite dame Françoise Louise 
Eléonore de Latour baronne de Warens par devant moy 
nol^ collégié soussigné et en présence des témoins sous- 
nommés s'est étably et constitué noble Claude François 
fils de feu noble Célius Noerey capitaine grenadier dans 
le régiment de Tharantaise natif et habitant de cette 



88 

ville lequel de gré pour luy et les siens a ascensé ainsy 
que par le présent il ascense à la ditte dame Françoise 
Louise Eléonore de Latour baronne de Warens native 
de Vevay habitante en la présente ville cy présente et 
acceptante, les biens appartenant au dit noble Claude 
François Noerey situés aux Charniettes et à Montagnole 
consistant en maison, granges, prés, verger, terres, 
vignes et généralement en quoy qu'ils consistent et puis- 
sent consister sans s'y rien réserver et tels que les a 
tenu cy devant M^ Pierre Renaud procureur au sénat 
par contrat d'ascensement du huict may mil sept cent 
trente sept reçu par M^ Falquet nol^, dont les confins 
sont icy tenus pour exprimés et c'est pendant le terme de 
neuf années neuf prises entières perçeiies et reciieillies 
à commencer par prise de la présente année qui a été 
remise toute entière à la ditte dame, et à finir au der- 
nier juin de l'année révolue du dit ascensement sous la 
censé annuelle de deux cent vingt livres, payables aux 
festes de Noël de chaque année dont le premier paye- 
ment commencera aux festes de Noël prochaines et ainsy 
à continuer d'année en année pendant la durée du pré- 
sent, le dit ascensement passé sous les conditions cy 
après, scavoir qu'il sera pris acte d'état de la maison 
et autres bâtiments en dépendant, après quoy sera tenue 
la ditte dame d'entretenir les dits bâtiments en bon père 
de famille, d'avoir soin de faire cultiver les dits biens 
aussy en bon père de famille sans y laisser introduire 
aucune servitude, que la ditte dame payera les servis 
des dits biens au seign"" des fiefs de qui les biens dépen- 
dent, et en rapportera quittance au dit sieur ascensateur 
à la fin de chaque année; étant convenu en outre que 



89 

si pendant la durée du présent les dits biens ou quel- 
qu'uns d'iceux dépendant du dit ascensement viennent 
à être mis à la taille ensuite de la péréquation générale, 
les dites tailles seront à la charge du dit s"" ascensateur, 
ayant aussy été convenu que si la d" dame de Warens 
fait quelques réparations et améliorations dans les dits 
biens elles resteront acquises au dit sieur ascensateur. 
Sera tenue la d^ dame de Warens de rendre à la fin du 
présent la somme de cent septante quatre livres onze 
sols huict deniers pour le chadal de deux bœufs et des 
vaches qui luy ont été remis par le dit M^ Renaud, ou- 
tre dix brebis ou moutons, sept poules et un coq qui 
luy ont été de même remis par le d' M^ Renaud et de 
laisser cinq veisseaux de froment, cinq de seigle, cinq 
d'orge et trois quarlans de fèves à la fin du présent en- 
semencés dans les dits biens attendu que la même quan- 
tité de bled luy a été remis ensemencé ; bien entendu 
cependant que le droit colonique soit la moitié des grains 
qui proviendront des dits grains qui doivent être laissés 
à la fin du présent appartiendra à la ditte dame de Wa- 
rens soit à ceux qui auront le droit d'elle la ditte quan- 
tité de semences cy dessus préalablement prélevée, et 
c'est en achevant par la ditte dame la culture des dits 
biens. Sera aussy tenue la ditte dame de laisser les vi- 
gnes dépendantes des dits biens, dcilment cultivées 
comm'elle les a trouvées au mois de juin dernier; sera 
aussy tenue la dite dame de rendre à la fin du présent 
un charriot estimé vingt livres, une charrue, une herse, 
et un berroton, le tout fort usé et presque hors de ser- 
vice, et rendra aussy à la fin du présent six quartans de 
bled noir qui luy ont été remis. Et concernant les meu- 



90 

blés qui sont dans la maison du dit s"" ascensateur il en 
sera pris un mémoire entre les d^^ parties par elles signé 
qui fera corps du présent. Et au moyen de tout ce que 
dessus la d^ dame de Warens promet bien payer la d® 
censé de deux cent vingt livres annuellement au terme 
cy devant exprimé, à peine de tous dépens, dommages 
intérêts à l'obligation de tous ses biens présens et ave- 
nirs qu'elle se constitue tenir et le dit s"" Noerey promet 
faire jouir la ditte dame des d'^ biens ascensés pendant 
la durée du présent aux mêmes peines et obligations de 
biens que cy devant. Ainsy convenu entre les parties 
qui ont promis observer le contenu au présent chacune 
en ce qui la concerne et de ne venir au contraire direc- 
tement ny indirectement en jugement ny dehors aux 
mêmes peines et obligations que cy devant. Passé sous 
et avec toutes autres deiies promissions, soumissions, 
renonciations et clauses requises. Fait et prononcé au 
lieu que dessus en présence du sieur Philibert Falquet 
secrétaire de l'intendance générale de Savoye bourgeois 
de Chambéry et du sieur Jean Jaques Rousseau habi- 
tant en la présente ville, témoins requis qui ont signé 
avec le dit noble Noerey et la d''' dame de Warens, sur 
la minute qui contient quatre pages et trois quarts d'au- 
tre sur trois feuillets. 

Insinué au bureau du tabellion de Chambéry au fol. 
583 du 2" livre de 1 738 suivant quittance de s"" Charroct 
insinuateur du 8 juillet 1738. Rivoire, not«. 



LISTE 

par ordre alphabétique de communes) 



DES 

HAMEAUX, CHATEAUX, FERMES ET AUTRES LIEUX HABITÉS 
QUELCONQUES PORTANT UIS NOM PARTICULIER 

DE LA 

PROVINCE DE SAVOIE-PROPRE 

SUIVIE 

de la même liste par ordre alphabétique 
DE HAMEAUX, CHATEAUX, ETC. 

recueillie et éditée 
PAR FRANÇOIS RABUT, PROFESSEUR D'HISTOIRE 



LISTE 

( par ordre alphabétique de communes ) 

DES 

HAMEAUX, CHATEAUX, FERMES ET AUTRES LIEUX HABITÉS 

QUELCONQUES PORTANT UN NOM PARTICULIER 

DE LA 

PROVINCE DE SAVOIE PROPRE 

SDIVIE 

de la même liste par ordre alphabétique 
DE HAMEAUX, CHATEAUX, ETC. 

recueillie et éditée 
PAR FRANÇOIS RABUT, PROFESSEUR D'HISTOIRE 



Si l'on ne peut douter de l'avantage qu'il y aurait , 
pour les administrations et pour les particuliers , de 
posséder une liste exacte des hameaux de la Savoie, 
il est bien plus aisé de comprendre toute l'ulilité que 
ce recueil peut présenter aux hommes qui s'occupent 
d'histoire, lorsqu'ils veulent connaître les localités ac- 
tuelles correspondant aux anciens noms de lieu qui 
fourmillent dans les vieilles chartes. On voit aussi avec 
intérêt dans une pareille table : 

De nombreux rapprochements entre les noms de 
lieu de même étymologie ; 



94 

Plusieurs noms de famille; on sait qu'ils se perpé- 
tuent si longtemps dans les centres de population ru- 
raux ; 

Quelques noms de saints nationaux; 

D'autres noms qui rappellent les vicissitudes du 
pays; etc. 

Ces considérations m'ont enhardi à mettre sous les 
yeux du comité de publication de la Société suvoisienne 
d'histoire et d'archéologie la première partie d'un tra- 
vail que j'ai fait pour mon usage et auquel j'ai souvent" 
recouru avec un grand fruit. 

Une semblable liste, bien complète et bien exacte, ne 
peut s'obtenir qu'après des recherches beaucoup plus 
grandes qu'on ne pourrait le croire au premier abord. 
Le gouvernement lui-même, avec les puissants moyens 
qu'il a à sa disposition, n'a pu arriver jusqu'à présent 
qu'à posséder un tableau très incomplet de nos ha- 
meaux. 

Aussi n'est-ce point un travail auquel il n'y aura 
absolument rien à redire que je donne aujourd'hui, 
mais une liste aussi parfaite que j'ai pu la faire après 
de nombreuses recherches {\), et avec l'aide des ren- 

(i) Les vieux terriers, les cartes géographiques de diverses époques, 
les mappes et les cadastres, sont des sources principales auxquelles j'ai 
puisé quand je l'ai pu ; je me suis aidé également de quelques recueils ma- 
nuscrits où l'on avait réuni des noms de hameaux, et j'ai souvent pris des 
renseignements sur les localités elles-mêmes en les parcourant avec des 
gens du pays. 



95 

seignemenls multipliés qu'ont bien voulu me procurer 
un grand nombre de personnes auxquelles je fais ici 
de bien vifs remercîmenls(4). Mon but, en la publiant., 
est encore d'attirer sur cet objet l'attention de tous les 
amis du pays , en les priant de vouloir bien faire con- 
naître les additions on les rectifications qu'ils trouve- 
ront à y faire , et que je pourrai introduire dans un 
supplément. C'est pour les obtenir plus facilement que 
je me suis décidé à présenter d'abord l'énumêration 
par communes. La liste alphabétique des hameaux, 
avec l'indication de la commune ou des commîmes où 
ils se trouvent, vient ensuite. C'est la plus utile, à 



(1) Je dois des remercîments tout particuliers a M. Auguste Le Pré- 
vost, de l'Institut de France, qui m'a témoigné la plus grande bienveil- 
lance pendant son séjour à Aix-les-Bains en 18S0 et dès lors. C'est lui qui 
m'a conseillé l'étude des noms de lieu , et ce sont les travaux qu'il a faits 
dans le même genre pour le département de l'Eure , qui m'ont servi et qui 
me serviront de modèle. 

Je témoigne aussi toute ma reconnaissance entre autres : 

A Mgr Billiet, qui m'a donné beaucoup de renseignements qu'il a eu 
l'obligeance de demander pour moi aux curés de son diocèse ; 

A M. Bal, officier au bureau des postes de Chambéry. Je lui dois la 
connaissance et la communication de tout ce que le gouvernement a publié 
sur cette matière ; 

A M. Dufour , agent-voyer-chef de la province , qui m'a permis de 
prendre des notes sur les beaux travaux topographiques exécutés sous 
ses ordres ; 

Et à M. Pillet Louis , avocat , qui m'a confié très obligeamment un ma- 
nuscrit de son oncle , C-M. Pillet , fait en 1787 et intitulé : Mémoire pour 
servir à une description géographique, historique et naturelle de la Savoie; 
2 vol. format in-18 compacte. 



m 

cause de la grande commodité qu'elle offre pour les 
recherches. 

Je me suis préoccupé dans celle publication de l'or- 
thographe des noms, pour laquelle on trouve une bonne 
direction dans les anciens noms latins. Ainsi , j'ai cru 
devoir en ramener plusieurs à la forme commandée par 
l'élymologie, en retranchant, par exemple le d final 
dans le mol Chatellar qui vient du latin castellarmm, 
et dans Villar , du latin villarium , et ses composés 
Arvillar, BoNvn.LAR , etc., mais je l'ai fait avec beau- 
coup de discrétion. 

J'ai aussi ramené à une orthographe unique quelques 
mots qui sont évidemmenl les mêmes, et que j'ai ren- 
contré écrits avec quelques légères différences, dans les 
diverses sources où j'ai puisé ; par exemple : Bâtie el 
Bathie , An.L0UD et Ai.lioud. Cependant, lorsque les 
leçons sont assez divergentes pour qu'il semble y avoir 
de l'intérêt à les connaître ; ou bien , lorsque le même 
hameau est désigné de deux ou plusieurs manières , 
j'ai donné dans la première liste ces variantes entre 
parenthèses et en Caractères italiques à la suite du nom 
auquel elles se rapportent (1). 

Enfin, à l'exemple des hommes les plus instruits qui 
se sont occupés de l'étude des noms de lieux, j'ai rétabli 



(1) Voyez , par exemple, à la seconde page de cette liste, au mot Combe 
DE LouRDiN dans la commune d'Aillon. 



97 
Vi final à la place de 1'^, dont l'emploi ne s'est introduit 
à une époque assez avancée du moyen âge que par la 
paresse des copistes ou par une mauvaise lecture des 
abréviations de ces lemps-là (1). 

Le comité de publication de la Société d'histoire 
ayant estimé que celte nomenclature pouvait aider à 
l'édition qu'il veut faire de chartes et autres documents 
relatifs au pays , j'aurai l'honneur de lui soumettre 
successivement pour les autres provinces un travail 
identique à celui que j'essaie aujourd'hui pour la Sa- 
voie-Propre. 



LES HAMEAUX DE LA SAVOIE-PROPRE 



I 

LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE 
DES COMMUNES 

AIGUEBELLETTE. Les Allamans , sur les Bois , 
Cambet, la Comba, le Crêt, l'Eglise, la Girardiére , 
les Gustins, les Michelons, la Molua, Noio, le Port, 
le Pré , le Trolliu. 

(I) Voyez le Dictionnaire des communes, hameaux, etc. du départe- 
ment de l'Eure, par A. Le Prévost, page 2. 

7 



98 

AILLON (I). Aillon-le-Jeiine, Aillon-Ie-Vieux , chez 
Baillai, la Bottière, chez Bravard , les Chenais , Che- 
vrette, le Cimetière, le Cimiteret, la Combe, la Combe 
de Lourdin f Combe d'Aillon, Combe des Chartreux , 
Lourdin, la Chartreuse d'Ailloii, le Couvent], La Cor- 
rerie , Cret-Vibert [mdgo Cœuilbert om Cuillibert), la 
Crochére , chez Ciirial , la Fraissetle ( les Frassettes ), 
Leyat, Marguet, le Martinet, le Mas dessous, le MoUar, 
Monlpelaz, le Muret, Panton, Penon, le Plan, les Ri- 
vollins, Roqiieran , le Villar, sur la Vi ( sur VÀm ). 

AIX-LES-BAINS. Le Biolei, Chantcmerle, les Chap- 
piuz , Chaudi {Choudi), Chevaline, Cornin, les Davats, 
la Fin , les Garins , Goncelin, les Guillaumes , Liaudi , 
Marlioz, le Mas, Massurmat, Meimard [Meinard], le 
Murguet, les Pacots, le Pont rouge. Puer, Saint-Simon 
[Saint Sigismond), Sandiez, les Simons, la Ville [Aix, 
Aix-les-Bains ). 

ALBENS. Albens ( Albins, la ville], Berchou, les 
Bois, chez Bossu, Bottière vulgà Bouttire, Brouaille, 
Colonge, Crochet, les Crouteaux, la Curiaz, la Baisse, 
Dreissi , Favraz , Futenai dessous , Futenai dessus, les 
Grangeons, les Granges, Lepeaux , Lepinette, Maco- 
gnin, Marnas, Mazet , Merderai, Merline vnlgo Mar- 
line , le Mollar, Mont - Vagnard , Mouxi, les Nattes, 
Orlier, Pegi, le Perroet, Pouili, la Tour. 

ALBL AIbi, Beaunoyer, Boeviaz, Borlet, Cantel, les 
Chardons, Chéde , le Chêne, Copetaz , les Crêts, Cre- 
via, la Croix-Rouge, Elien, Gagive, les Granges, Loret, 



(1) Cette commune a 2 paroisses ; l'église d'Aillon-le-Jeune est à Mon- 
pelaz. 



99 

la Maison-Blanche, les Mallinjods , Marlacher, Maugi, 
Maxigni , Mont-Coinon, Monldésir , Montpont, Mou- 
tiers, Patlu, Polie, le Pont-Neuf, Saint-Donat, Saint- 
Maurice, les Vitets, Viri. 

ANSIGNI. Sans hameaux. 

APREMONT. Apremont, les Charbonnières, la Chaz 
(i), la Clusaz, le Crosel , les Entremondans, le Gas, le 
Palais, le Penei, Pierregrosse, Saint-Pierre^ Sain-Vi, 
le Sever, fen SeverJ, les Villars. 

ARBIN. Arbin, le Crêt, Lourdin, Mérande. 

ARITH. Arith, Bourchigni, les Fontanelles, Monta- 
gni. 

ARVILLAR. Arvillar , la Chapelle , les Chalets , 
Champ-Sevestre, le Chatelar, la Chavanne , la Chaz , 
les Chevrels, la Correrie de St-Hugon, les Fourneaux, 
Mollar, Cuilli, le Molliet, Monlevet, Monpesard , Saint- 
Hugon , Terre-sainte, les Vars {les Varandes ). 

ATTIGNAT-ONCIN. Attignat, les Chapelles du Co- 
tillon, Coudurier, la Genaz, le Gruat, Oncin. 

AVRESSIEUX. Avressieux, Barroz, Bert, Bessieux, 
la Bigotlière, Bunand , les Carmes, la Caussardière , 
Chamard, la Clavellière, Dausserre, Gillot, Magninière, 
Maland, Martinière, Montfleuri, Petil-Foré , Pregi , la 
Quetière , Ragé, Régi, le Replat, la Salle, Tore, la 
Tougeraz, VaLlère, Vaute, Vernei, Villar-Martin. 

AYN (prononcez Aïen ). Ayn, les Bards, les Ber- 
Irands, les Bonivards , les Bouteis, les Deschamps, le 



(1) J'ai adopté cette leçon La Chaz en deux mots au lieu de la suivante 
Lachaz en un seul mot , parce que la première est celle que l'on trouve 
dans les plus anciens documents. 



100 

Forcheix, les Franquets, les Grands-Gaudins, les Guil- 
lots, les Laquaz , le Mollar , les Montignons , les Pio- 
chons , Vétonne. 



BALME (LA). La Balme , les Bessons , les Cadets , 
les Carrotes, les Châtelains, les Collombs, les Combes 
[vers la Combe ), l'Ile, les Létangs , les Marmoux , 
Portmillet, les Rayes. 

BARBL Barbi, la Bâtie. 

BASSENS. Bassens (Bassins, BacinJ, Bouillet, Bres- 
si, les CorrierS;, la Croix, Dralli, le Wollar, le Mont, 
la Palliasse, le Plat. 

BAUCHE (LA). Bande, le Bugnon , le Guillot, le 
Jacquet, les Lanffreis , les Platières , la Vetlaz. 

BELLECOMBE. Les Blancs, Bressi (BroissieAix), la 
Charrière, Côte-Blette (1), Côte-Chaude, Cudrai, En- 
trèves, Fontani, Glapigni, Lessales, la Maison-blanche, 
le Mont ou Mont-Isbod deçà , Mont-Isbod delà , les 
Moulins, Planchamps, les Taballets, le Tessieu, Villar 
derrière, Villar devant. 

BELMONT-TRAMONEX. La Belle-Etoile, Belmont, 
Champulli la Forêt, Tramonex. 

BILLIEME. Les Berlions, ^WWème (vers l'Eglise ) , 
les Combes (en Combe ) ^ Gerbat, les Jacquins. 

BIOLLE (LA), la Balme, la Biolle, les Combes , 
l'Etraz, Extur ( Ex leurs , chez Blanchard)^ Longefan, 
la Molière, Montfalcon, l'Orme, le Parc, les Plagnes , 

(1) Côte mouillée. 



404 

Rouasson f Roasson ], SaVigni , Tarenci , Troissi , les 
Udrians, Urine, le Villar, la Villette. 

BISSI. Bissi, Chalod, Chamoux, la Charrière-Neuve, 
Chiron, le Village de la Croix ou de l'Eglise, la Cuerde 
( ? les Tâchons, Torson J, les Foi'ais, la Labiaz. 

BORDEAU. Chez Bejet, Bordeau, la Tillière (1). 

BOURGET (LE) (2j. Barbezet, les Berbets, le Billot, 
les Buissons, chez Cachoud, les Cartères, Charpiniaz, 
le Cimetière, les Ciseaux, la Comba, les Decouz, les 
Panières, les Fenevières, les Piolets, les Fourneaux, le 
Garachon, le Grand-Caton , les Grangeons, Gremailloz, 
Juifverie, Layot, la Maltassina fia MatassineJ, les Ma- 
thieux, les Metranniers^ 3Iontanduaz , les Moulins de 
Thibaud, Nerdais, Panlou, le Peiit-Caton, PierreCuse, 
la Plaine, la Planta, le Raffour, sous Rami, la Ravoire, 
la Rochette (sur la Roche J, Saint-Alban , la Serrez, 
Soyère , Thuix f la j^apeteriej, les Tumonières f Timo- 
nièresj , les Varons , le Verger, le Vignier. 

BRIDOIRE (LA). Les Baruchands , Bernardi , le 
Bert , la Boissière, la Briddire, Buisson-Rond, la Char- 
pine, le Chatelar , la Chautagne, Colombier, les Com- 
bes, le Corbel, Cota-Liardet, Crêt Magnin, les Falcons, 
les Grand'Cotes, Grenaud, leGonin ( Gunin), le Got, 
Lingonai, le Mollar, les Moulins , le Palais , la Pissière, 
le Plan, la Planta, le Reynaud, la Rivoire , Rochas- 
sieux, Sainte-Catherine (3), Tulutière , la Vaure. 

(i) Ainsi nommé parce qu'on y fabrique des cordes en écorce de tilleul 
pour les bateaux , les filets des pécheurs et pour l'usage de la fabrique d« 
papier de la Serraz. 

(2) On dit aussi Bourget-du-Lac. 

(5) Il y a une chapelle. 



102 

BRISON- SAINT -INNOCENT. Le Bouchel, Brison 
fies granges de Brison J , Grésine^, Mencard , Saint-In- 
nocent. 



CESSENS. Bollivet, les Broz, le Bulet, Cessens , 
Champdoci, Chanel, la Charrière, Chênai, les Cochet, 
les Cours, Dominian, les Faulx fies FœusJ, les Granges, 
les Grilloux, Haulecombe la Vieille, Héri, l'Huis-de- 
Four, Manchet, Morioii, la Moutaz, lesPiolat, la Roche, 
les Taupiers, la Tour, Villa-Rouland. 

CHAINAZ. Chainaz, leGolleiron, Molliénaz, le Mont, 
Mornant (1), l'Orme ( vulgo l'Uermoz ), la Ravière. 

CHAMBÉRI. L'Angleterre, les Barandier, Beauvoir, 
laBionnaz, laBoisse, Caramagne, la Cassine, Chanibéri, 
le Chanei , les Charmettes, les Chaux, Comba-Rochet, 
les Combes, la Croix-Rouge, Graberat, Hauturin , Lé- 
menc, la Martinière, sur le Mont, Montracul, Nezin, 
le Noyer, Piochet, le Planté, le Plat, Pugnet, leRavet, 
la Raveriaz , les Rochets, St-Georges, St-Saturnin , la 
Violette. 

CHAMBÉRI-LE- VIEUX. Vers les Bois, la Boisse, le 
Carre, les Garbillons, Morat, les Pantons, lesPolliers, 
Putigni, St-Ombre. 

CHAMPAGNEUX. Champagneux, Duisse, Léchaux, 
la Saunière. 

CHANAZ. Les Bertheloux , les Bimets, le Bochet, le 
Buloz (le Bute ), le Couloir fie CouleuJ, les Combes, 
Curtet, Flandre, les Granets, Landaz, Pomet, les Prail- 

(1) Il y a un ruisseau du même nom. 



403 

les, Porthoiid dessous, Porthoud dessus, les Tonets , 
Yon. 

CHAPELLE-BLANCHE (LA). 

CHAPELLE-DU-MONT DU-CHAT (LA). La Cha- 
pelle-du-mont-du-Chat , Communal , le Grand Villar , 
Grateloup, le Petit Villar. 

CHAPELLE-SAINT-MARTIN (LA). La Chapelle, 
Crêt deçà , chez Gâche , Haute - Court , Mussieux , le 
Secrétaire , Tonlon ( Thélou ) , Verdan , le Villar f le 
château du Villar j. 

CHATELAR (LE). Amand , Atilli , le Chatelar , 
chez Coitou , les Ecuries , TEtoile , chez Garin , les 
Granges, la Lavanche, en Leat fLeyat, chez PossoiJ, le 
Martinet, Melessine , Mollardier, le Mont fie mont Jn- 
UosJ, Mont-Tordu, le Petit-Mont, chez les Pissieux , 
Planchevri, le Plan - de - chaise, le Var, la Verrière, le 
Villaret fie Villaret-Rouge, le Villar-Rouge J, chez Vi- 
viand. 

CHAVANNE ( LA ). Blondet , la Chavanne. 

CHIGNIN. Chignin, le Clocher, le Colombier, Mont- 
Levin, la Place, Tormeri, les Tours, le Villar, le Viviers. 

CHINDRIEUX. Les Callets, les Carrets, Champfleuri, 
Châtillon, Chaudieux, la Chaz, Chevigneux, Chindrieux, 
la Combe , les Cordis, les Déprimoz, Expilli f PilliJ, 
les Goddards, Groisin, Mollar de Vion, Praz, les Rattes, 
Rigolet, Vars , Veraz, Viuz. 

COGNIN. LeBiolai, le Bois, les Capucins, la Cardi- 
nale, Chalod, Champrond, Cheron, les Chevronnés, 
Cognin, les Combes, Corinthe, l'Eglise, Folésan, les 
Grandes- Terres , Lode , chez Manet , les Molasses, 
Mont-Charvin, la Pintaz, le Pont, le Pont Saint-Char-' 



104 

les, les Raniers, Salins, la Thiolière (1), Villeneuve, 

COMPOTE (LA), la Compote, chez Collet. 

CONJUX. La Bergerie, la Chatière, Semelaz (2), 

CORBEL (3). Les Ambiards, Corbel ( Corbet ), les 
Cruz, les Cuchets, les Duplals, les Egaux, les Piolets^ 
les Gants, les Guillermins, les Perrucons (les PericonsJ, 
les Rats-griS;, les Rosaz, les Rossaz. 

CROIX DE LA ROCHETTE (LA). La Croix, Mon- 
tabon f Mont-AbouJ. 

CRUET. La Baraterie, le Chaffard, la Combe, la Côte, 
Cruet-la-Chapelie fia Chapelle), Cruet-l'Eglise, Cruet- 
Ferroud, le Madoux, le Mas dessous, la Bavière, la Rive, 
St-Laurent, Verdun. 

CURIENNE. L'Abaz flabasj. Chapelle St-Michel , 
l'Eglise, Fournet, le Mollar , le Moulin, Montgelard , 
Mont-Marlet, Pommier -Champet, Sordet, le Vachet, 
le Vernet. 

CUSL Les Bajets, Baléve, Barroca, Bellejoie, le 
Château de Cusi , le Château de Fesigni, le Château 
Pers, les Chavannes , la Chaz , Collombet, les Crêts, 
les CristoUets, la Curiaz, Cusi, l'Essert, les Filliards, 
les Genêts, Labaz, Longefan, les Massettes, les Miéges, 
les Murats, Nant-Favai, Notaret, la Palud, la Perrière, 
les Petellaz, la Praz, les Raffîs, Rapillat, les Reys, les 
Terres, la Thiollière , la Tropaz fia Trompe), les Vau- 
tereis. 



(i) Mot patois qui signifie la Tuilière ou Tuilerie. 
(S8) Une portion de ce hameau est sur la commune de St-Pierre-de-Cur- 
tille. 

(S) Tous noms de famille. 



105 



DÉSERTS (LES). L'Alosinaz [la Lésine), Anlagnusse, 
Balbière, les Bouvards, les Clianires, les Charmelles, 
la Combe, les Déserts, les Droux, le Favre, le Gérard, 
les Mermets, Plaiiipalais, le Pleuracliat , les Ricordes, 
les Villes derrières, les Villes devant. 

DÉTRIER. Les Chaberls, la Chapelle Sle-Marguerite, 
les Cheneis, les Moulins, la Plaine, Ribolet. 

DOMESSIN. Les Aleraz , le Blanc, le Bonnard , le 
Boudrier, Chapeluf , le Cusin, Domessin, le Falque, le 
Genin , Gubin , le Guillot, le Magnin, Revilliet. 

DOUCI. Le Cul de ^oh (sur les Bois), Douci d'aval, 
Douci ( la Chapelle), les Gonliers, le village du Mil- 
lieu, le Villar (chez Magnioud J . 

DRUMETTAZ-CLARAFOND. Cerarge f SerargesJ, 
Clarafond , Drumcttaz, Fresenei. 

DULTN. Les Bois , le Château fie château de Saint- 
SeverifiJ, Dulin , les Frandins , la Galinière , les Ga- 
brioux , les Gentils, les Guichers , les Journaux , le 
Potin, la Roue, les Tevenons, Vergenucle. 



ECHELLES ( LES ). Les Andrés, Badier, Bande , le 
Bois, la Croix de la Roche, les Echelles, Gerbet, la 
Grotte, le Maillet, Pont St-Martin, le Villar. 

ECOLE. Les Aroles, Bellevaux, la Chapelle, le Crest- 
du-Mont f le creux du mont), Garnoit, Grateloup, le 
Jersin, le Villar. 

ENTREMONT-LE-JEUNE. Voyez SAINT-PIERRE- 
D'ENTREMONT. 



106 

ENTREMONT-LE-VIEUX. Les Bessours, les Bran- 
coz , les Bruns, la Coche, les Combes, les Curialets, 
Derbetan, le Désert, Enlencovaz, Entreniont-le-Vieux, 
Epernei (1), les Gandis, les Girouds, le Grand Carroz, 
le Grenerie, les Martenons, les Minets, le Mollar, les 
Perrets, les Pins, la Plagne , Plan-Martin , Pomet, les 
Rigauds , les Tcppaz. 

EPERSI. Les Aillouds, les Burnats, le Bois, Epersi, 
Mognard. 

ETABLE. Comba, Etable?, Foïau, Gorapon, le Vi- 
laret. 



FRANCIN. LeBoisset, la Charrière , Curtille, Fran- 
cin, le Plan. 

FRASSES ( LES) (2j. Le Carrier, le Charvier, les 
Chalets, les Lombards, les Martins, les Plotiers. 

FRÉTERIVE. La Barletta, la Carre, la Cave, Cova- 
rel, la Fiardière , le Four, Fréterive, la Mazerie, Mont- 
Plan, les Moulins, le Prieuré, la Tour, la Tronche, le 
Villar. 



GERBAIX. Angosard, Angran, Bardelaz, Berl, Brét 
[lesBrets), Cariaz, Crevel, les Damesins, les Demeures, 
le Désert, les Fleurets, Gerbaix , les Guigardets , la 
Late, Mure, le Rieu. 

GRESIN-LEPIN. 



(i) L'église est à Epernei. 

(2) On disait la Frasse au siècle dernier. 



107 

GRÉSI-SUR-AIX. Les Aillouds, Antoger , Arbucin 

(le mont d" Arbucin), les Barrilliats, les Bojets, le Chà- 
lel, Cellière, les Choseaux, Clochet , la Commanderie, 
les Couduriers, Droisse , les Durands, les Filliards, les 
Fontanils, la Fougère, Gerba-Sèche, Grési, le Jéaz , 
Loche, les Magiiets, les Martins, les Melets , Miiitaz , 
Poulli, Roulant, Vertbois. 



HÉRI-SUR-ALBL Boqueraz , les Bois, Breyneros , 
Chainaz, les Combes, la Côte, les Côtes, le Criiet, les 
Darans, les Duverneis, l'Epine, les Gaimes, Galissar, 
chez Gatillon, les Granges, Heri-sur-Albi , chez Liaudi, 
le Mât, Mouilléne {Mollienaz), la Montée, les Morands, 
Parella, les Plats, la Ruetraz, le Vernei , Vétro. 



JACOB-BELLECOMBETTE. Bellecombette , le Cha- 
nel, la Grobette, Jacob, la Peisse. 

JARSL Derrière Bellevaux, Bclleviile, chez Burgos, 
Carlet, la Chapelle, l'Eglise fJarsiJ, Precheret f Pré- 
CherelJ, entre Roche ftrès Roche], sur Roche, le Sau- 
gei, Verêtre ( Ethre ). 

JONGIEUX. Aimavigne, les Barlets, Beau-Villar, 
Jongieux , le Mart, le Vernat. 



LAISSAUD. Beauregard , les Bonnefois, Coise , les 
Cortannes, Laissaud , Sonnaz. 

LEPIN. Basatiére, Bernardi, Chabodière, les Gri- 



408 

monet, les Martins dessous, les Martins dessus, Micoud, 
la Montagne, Pinet , le Port, le Puy , Rassignolet , 
Riondet. 

LESCHERAINES. La Coudraz , Coupebois , le Cro- 
zet, Lescheraines , chez Lovât , la Madeleine, le Mou- 
cliet, la Palud , les Ponsiers, le Pont, Roussillon, le 
Villaret. 

LOTSIEUX (1). Bressieux, les Cottarels, les Crêts, 
la Croix, les Farcots, les Favres, les Monnets, le Mur- 
ger, les Paris, les Payots, les Rebottons, les Rubins, 
Touchefeu , les Vullioux. 

LUCEL Le Biez, les Cléments, Cremont, l'Eglise, 
Montagnin f Montagins j , les Puthods , la Tuillière, 
Veytrier, Vereyzins dessous, Vereyzins dessus. 



MARCHES (LES). Les Abymes, Ballegarde, la Ber- 
gei, les Bouvets, Chacusard, Champlong, le Grand Vil- 
lage fies Marches J , les Granges, Mûr (Murs , Mure), 
Myans, Pierre-AchéC;, Seloge , Vauche. 

MARCIEUX. Les Galets, 3Jarcieux , le Poncet. 

MERL Cerarge, Fournet, Jaquier, Meri (MeiriJ. 

MEYRIEUX - TROUET. Les Marmoux , Meitenod 
( MainteinodJ , le Menard , Risolet (Roselel), Trevouet 
(Trouet), le Villaret. 

MOGNARD. La Chapelle , la Combe dessous , la 
Combe dessus, la Droise dessous, la Droise dessus, 
Gouri, Maclans f MaclinJ, Mognard , la Nernai, fie 
VernaiJ, les Rippes, les Sauvages. 

(1) yulgb LÈJEU. 



409 

MOLETTES (LES). Les Aillouds, l'Allée, Bagard, 
chez Bottaz, les Bourbières, les Davalets , lesDouins, 
i'EgUse f les Molettes J, les Granges, Haute-Bise, le 
Mollar, les Piagets, Villar-Ibert /^vulgo Villarbe'J, la 
Ville. 

MONTAGNOLE. Le Bas de l'Eglise, les Bocquets , 
Cesolef, les Faviers, Fenesiroz, les Guillermins, Lou- 
vete, Mappaz, les Meuniers, Montagnole, Pierregrosse, 
le Platon, le Pontet, le Puysat, Revel, les Routins, le 
Villar. 

MONTCEL (LE). Belaix, les Bertrands , les Blancs, 
la Chapelle, les Chamoux, le Chàtelar, les Curtouds, 
les Davids, Decampoux, les Faverins, la Grange, les 
Jacquignons, laChaz, les Laurents, les Légers, la Ma- 
rine, les Marierais, les Mermoz, le Mollar, le Montcel, 
le Moulin, le Moulin des Clers, le Moulin de Tête, le 
Moulin de Varetasse , le Pérou, le Plan, les Riiouds, 
Villeneuve ^vulgo Vlanouva J. 

MONTMÉLIAN. Les Adoubes, laMaladière, Mont- 
mélian. 

MOTTE-EN-BEAUGES ( LA ). L'Abbaye fchez Dal- 
phinj, les Aillouds, les Burnods, la Cretaz, chez Co- 
tion , la Frenière d'amont, la Frenière d'en bas, chez 
Freniou (les FrenandsJ, la Motte, le Noiret, le Rocher. 

MOTTE-SERVOLEX (LA). Barbeset, Barbi, Beau- 
voir, le Bourg (village de VEgliseJ , la Catonière , la 
Champagne , Chamoux , Chantabord , la Chapelle de 
Chavan, Cheminet, les Ciseaux, Corrieu, la Curline, 
les Granges, Etrambrai /^^e Tremblai), Léliaz, Mon- 
tarlet, Montauger dessous, Montauger dessus (Monto- 
gier ) , Montessui dessous, Montessui dessus, les 



110 

Moulins, le Noirel , les Perrouses, Pingon , Roujoux 

fRougieux), la Salle, Servolex, la Tessonnière, le Vil- 

lar, Villarmarin, Villarperon, Villarphilippon, la Vil- 

lette. 

MOTZ (1). Blainti (Blintil), Chateaufort, les Iles, 
le Nant;, Onex, Reinaiid f RaneaiixJ. 

MOUXI. Le Biollai, les Blancs, le Chaffaron, le Crêt, 
Loche, le Menten. 



NANCES. Les Cliarpines , le Château, la Côte, les 
Gigots, le Gollat, les Malaguerres, Nances dessous , 
Nances dessus. 

NOVALAISE. Beauvent, les Berlioz^ les Boltières, 
le Boure, les Champs {? le grand champ), les Collombs, 
la Cretaz , l'Eyanette , les Fauges , Heisse dessous, 
Heisse dessus fLaysseJ, Monlbel , Monthieux, les Nei- 
rets, Novalaise, Putignieu, les Richards, Rosière (2). 

NOYER ( LE ). Le Buisson , le Chalet, la Chavanne, 
Chêne, Cholex, le Cimetière, les Créts fleCréJ, le 
Mont, le Noyer, le Perrier, la Ville [la VellaJ. 



ONTEX. Billard, Billion, chez Brondel, Commu- 
nal, TEglise , Grumeau, Hautecombe, le Mont, Seme- 
lard. 



PETIT-BARBERA ( LE ). Buisson-Rond, la Challe, 



(1) On prononçait Mou. 

(2) On prononce Rossière. 



441 

Chanaz, les Chevrons, la Croix du Rampau, les Got- 
telands, la Grange-neuve, Grateloup , Logerai, la Ma- 
deleine, Paberi (1), le Petit - Barbera , les Plantés, 
Reposieu, Ruffîer, chez Sancet, Salai, le Sourd, la 
Tour, Vermont. 

PLANAISE. Planaise, lePuysel. 

PONT-BEAUVOISIN (LE) Lécuré, la Pissatière, le 
Pont-Beauvoisin, lePouisat, les Rivaux, la Touche. 

PRESLES. Les Agers, Biolai, Presles. 

PUGNI-CHATENOD. Les Barrais, les Bollons, Cha- 
tenod ( Chatelnod ? ), les Hôtes , les Massonats, les 
Mollars, Pugni, les Sandres. 

PUYGROS. Arvei, le Bois , le Chêne f le Châne J , 
Fenestroz , Marie fMarliozJ, Montgelard, Puygros. 



RAVOIRE ( La ). Boêge, la Déserte, Laisse, le Mol- 
lar, Néquidez, la Peisse, la Peyrouse, Petite-Laisse, la 
Ravoire, la Trousse, Villelte. 

ROCHEFORT. L'Eglise, Plevieux, le Suard, Urice, 
le Vivier. 

ROCHETTE (LA). La Croix, Mont-Bertrand, Mont- 
taboud, la Rochette, St-Maurice. 

ROTHERENS. Rolherens. 

RUFFIEUX. Le Château de la Roche, Chaussepaille, 
la Chaux-David, Chessine, Colonge, Crozant, Lachaz 
fia ChazJ, la Loi fia Loex), Montagnai, Montclerion, 
Montlorgeon, Orbessieux, les Panquets , Mecoraz (2), 



(1) Une partie a pris le nom de Monplaisir. 

(2) Une partie de Mecoraz est sur Serrières. Voy, cette commune 



lia 

les Perrouses, Pirole, Putignai, Rojux, Ruffieux, Sô- 
mont. 



SAINT-ALBAN. Balangère, Chesse, la Cluse deçà, la 
Cluse delà, Conniances, la Grand -Laisse, Guillotière, 
Lescherenne, Létillerai, Lovetaz, Monterminod;, Nivo- 
let, lesPerriers, la Petile Laisse, Plama, Raserei, Saint- 
Alban, le Villaret, Villeneuve. 

SAINT-ALBAN-DE-MONTBEL. Les Calamans, les 
Collombs , les Darmezins, les Frandins, les Ganivets, 
les Grimonefs, les Guiguets, les Munins, le Perron ;, 
St-Alban-de-Montbel, le Saugeai. 

SAINT-BALDOPH. Le Bourget, la Croix, Lachenaz, 
Masselin ( Musselin), le Mollar, Montcharvet, le Nant, 
la Petite Montagne, Rocheron , Ronjoux, St-Baldoph. 

SAINT-BERON. Le Bajat , les Bernerds, le Bois- 
sard, les Bonnes, le Cleyet, le Croibier, le Favre, le 
Grand-Bois, le Grand-Cevoz, le Graven, le Jacquemet, 
la Màtre, les Micoulaz, le Néritan, le Nigon , le Pirod, 
le Raclet, le Ravei , les Roses, Saint-Beron. 

SAINT-CASSIN. Les Abberges , Arcollières , le Be- 
nêt (chez les Dnbonnet), la Clinière, la Combe, Com- 
bette, la Corbière, le Couvent, les Culées, Delà-les- 
Bois (Damoz - le-bois) , Déserta, Dessous - le - Bois, 
l'Eglise, Fontaine - Déserte, (}T\%n(iv\ ( Gragnon ) , le 
Grand - Verger , Laillat ( Léliaz J, Mossens , Nonnet , 
l'Oratoire, le Planei, le Platon, Saint- Claude, la Sé- 
nière, la Serraz, la Thiollière, la Tour. 

SAINT - CHRISTOPHE. Les Andrés , Bande, les 
Bâtés, Boguière, chez Capuchon, Gerbaix, la Grotte, 



113 

Saint -Biaise, Saint -Christophe, Saint - Martin , chez 
Tirard, le Villar. 

SAINT-FELIX. Le Brouillet, Chamoussat, la Cha- 
pelle, Crozagni, Linière, Malagni, Merci, les Moiroux, 
Pattu, Saint-Félix, Soffa , Touvière. 

SAINT-FRANC. Le Bois, le Bourdon, Chaille, sur 
Chaille, le Chaniprond, le Chevron, la Combe, Curtille, 
Damière, les Entes , le Garon , la Grand - Maison , le 
Grand-Mortier, le Gruot, Larigni, le Marquis, le Mi- 
chal, Morge, le Mulet, Saint-Franc, Sibilliat, Tartavan, 
le Thevenon, le Trepus. 

SAINT - FRANÇOIS - DE - SALES. Le Chalet , le 
Champ, le Charmillon , les Chavonnes, chez Dumas, 
l'Eglise, la Magne, le Mouchet , les Perriers. 

SANT-GENIX. Bachellin, Bauge, Bessé , Camelin , 
Champ-Long, Comba-Gilli, les Davrets, le Jasemin , 
Joudin , le Mont, Montdragon, Pigneux , Saint -Genix, 
la Taillât, Truiton, Uris fUriceJ. 

SAINT-GERMAIN. Les Broissants, la Chambotte, 
les Guinets, Laci fLassiJ, Marcin , Mont-Durant [sur 
la Roche J, Panloup , Poinçon, Saint-Germain, Salière, 
Sargoëns , Sernaz , la Val (Laval), Verdet. 

SAINT- GIROD. Carcallane, Champ -Berard (vulgo 
ChamberaJ, Colombier, la Croix - Blanche , chez Dar- 
mond, les Guerras, Lansard , Marcellaz, chez Maurin, 
les Pinettes, Ribitel, Saint-Girod , la Villette. 

SAINTE-HÉLÈNE-DU-LAC. Les Berthets, les Bois, 
la Chapelle de l'Hôpital, la Chapelle de Sainte Hélène, 
l'Eglise, la Grange- Mareschal , Montmillerat , le Pi- 
chat, lesPogniens, laRamade, laRomargue, la Tour, 
le Touvet. 

8 



'114 

SAINT-JEAN-D'ARVEI. Chaffardon, la Cliamère, 
Contaminaz , la Cretaz , la Grotte, Laberi, Lachaz f la 
Chaz ), Lancenaz , Lovetaz, le Mollar , Montagni , 
Nivolet, le Planaz , le Puysat, Saint- Jean- d'Arvey , 
Salins , le Villar. 

SAINT-JEAN-DE-CHEVELU. Bergin, les Borgets, 
Champrond (Champ riond), Chevelu, Chonzon , la Fo- 
rêt, Monthoiix fvulgo MonteuJ, la Platière, Sômont, 
Vernalel. 

SAINT-JEAN-DE-COUX. Bande, les Barriers fCôte- 
Barrier), la Catlin, le Cheval-Blanc, chez Héritier, les 
Merles, les Molasses, les Replats, Saint-Jean. 

SAINT- JEAN- DE-LA-PORTE. L'Allier, le Bourg 
f Bourg Evescal J, Comba-Fou f Combe folle J, le Féal, 
le Friot, Mont-Lambert fvulgà Mollambert) , la Palud, 
la Ravoire, Saint-Jean-de-la-Porte, Saint-Philippe. 

SAINT-JEOIRE (1). Bois -Plan, la Boisserette, Fa- 
verat , le Puyset , St-Jeoire dessous, St-Jeoire dessus. 

SAINTE - MARIE - D'ALVEI. La Blanchinière, les 
Guicherds, la Mégère, St-Bonnet, Sle-Marie-d'Alvei. 

SAINT - MAURICE - DE - ROTHERENS. Berin, les 
Borgets, le Bornel, Grenoz , le Mollar, les Rives, Ro- 
cheron, Rotherens, St-Maurice. 

SAINT - OFFENGE (2) DESSOUS. Le Bonnevaz, 
Champagnole, le Chêne, Cholex, le Cimetière, le Creu- 
set, les Fermiers, les Grès, les Guers, les Huguets d'a- 
mont, les Huguets d'aval, leMolinet, le Mont, lesMorels, 
le Nantel, la Plaisse, le Revers, Rocherai, les Toquets, 
St-Offenge dessous, les Suavets. 

(t) Dégénérescence de St-Gcorges. 
(2) Dégénérescence de Ste-Euphémie. 



115 

SAINT-OFFENGE-DESSUS. Les Combes, les Cor- 
nants (Cornuant, Cornât), les Faverins (\es FavratsJ, 
les Gonards, Loi, Saint-Offenge dessus, les Suavets (1), 
les Vouthiers. 

SAINT- OURS. Bàssat dessous, Bàssat dessus, la 
Boltaz , chez Bouchet, l'Ecluse, la Forêt, chez Jean- 
Rey, les Mas, Remollar, les Roberts, St-Ours, Vieugerel, 

SAINT-PAUL. Les Gonnets, les Moiroux, le Mollar, 
les Pijoles , les Rougeaux, Rubaud , les Trins, les Ve- 
lats , les Vinchols. 

SAINT-PIERRE-D'ALBIGNI. Albigni, l'Allier, les 
Allues dessous, les Allues dessus, le Bourget, la Cham- 
pagne, la Chapelle de Pitié, la Chapelle de Ste-Brigitle, 
chez Chevillard, Cornet, les Contins, Favasset, Garnier, 
les Gex , les Hibouds, Lazare, le Mas, Minjoud, Miolan, 
Miolanet j^vulgo MénaletJ , Mollar-Cretin, Mollar-Ra- 
chat, la Montaz, Mont-Benoit, la Noiriat, Paux , le Pé- 
chet, la Planlaz, les Sandres, la Saussaz , Sei. 

SAINT-PIERRE-D'ALVEI. Le Carrel, les Collets, 
l'Eglise, le Mas, Oncieu, les Tardis. 

SAINT -PIERRE- DE -CURTILLE. Les Boissières, 
Conjux, la Côte, Crene, Curlille, les Gredauds, Haute- 
Combe, les Martins, le Mollar, chez Morin, chez Piollet, 
Pontbeau, Quinfiot, les Radeles, Saint-Gilles, Semelaz^ 
chez Tête, les Voûtes. 

SATNT-PIERRE-D'ENTREMONT ou ENTREMONT- 
LE JEUNE (2). Les Baudets, St-Pierre-d'Entremont. 

(1) Une demie est surSt-Offenge dessous et l'autre demie sur St-Offenge 
dessus. 

(2) Dépend , pour le spirituel , de l'évèché de Grenoble , l'église étant 
située sur la rive gauche du Guiers. 



116 

SAINT-PIERRE-DE-GENEBROZ. Bellet, St-Pierre- 
de-Genebroz. 

SAINT-PIERRE -DE -SOUCI. Les Bertrands , le 
Bardaz, le Chanei , Chàteaublanc, Combefort , Côten- 
vcrs, les Côtes, Frédière fies Roses , les Bontrons), le 
Fregni, la Fontaine, Mont-Raillant, la'Petrelle, le Plan, 
Poulli (Fouille), les Richards, St-Antoine, St-Pierre, 
Souci, chez Verdet , Villar-Domenge, Villar-Laprin 
(Villarprin vulgô LaprinJ. 

SAINTE-REINE (1). Epernex, Routhêne fRouthe- 
nexj, Sainte-Reine. 

SAINT-SULPICE. Les Barins, Bigon, les Cantins , 
Chalod , le Frenai , les Gevrots, les Girouds, le Grand- 
Bois , Grand-Champ, le Grand-Rey, chez Julian , les 
Martins, les Michotons, le Mollar, Montfort, Pravaux, 
Saint-Sulpice, Vernaud , Villar-Marin. 

SAINT-THIBAUD-DE-COUX. Les BerthoUets, la 
Cattin , les Favres, les Forains, le Grand-Village fCoux- 
GrandJ, chez Gros-Louis, les Guillermes, Hauteville 
dessous, Hauteville dessus, les Martins, les Meules, 
les Michellets, Montessui fies Jea7icoiirtsJ, hs^atrons, 
la Perrière ^^a Praire], les Pollets, les Valetas , les 
Simons. 

SERRIÈRES. Carcine, Chevignet, la Chetraz , Cla- 
rafond. Contamine, les Durands, les Iles, la Loy, Ma- 
reste , Matli , Mécoraz , Mouton , Nouvelle - Mécoraz 
fNovelJ, Serrières, Venaise, Vovrai. 

SOl^îNAZ. Antigni, Bellecombette, Bornand , Cer- 
venaz fvulgo Sarvenaz), la Chapelle, les Combes, le 

(1) Dégénérescence de Ste-Radegonde. 



417 

Crét (1), les Fontaines, le Mollar, Montagni, Rager, 
le Ruttet, Sonnaz. 



TABLE ( LA ). Les Boissards, les Cartels, le Defai , 
le Fau, les Fugains, Lombmard, le Magnin, la Marti- 
nette, le Mollar, les Portiers, la Provenchère, Repidan, 
la Ruaz, la Table, Tognet, les Verolets, le Vissard. 

THOIRL Bonvillar, les Chavonnes, les Chavonnettes 
dessous, les Chavonnettes dessus, les Créts, la Fougère, 
la Palud, le Replat, le Saugeai, lesTiapes, Thoiri, Tor- 
mère. 

THUILE (LA). Les Barriers, les Baux, les Bourgeois, 
le Château, Entrenant (2), la Glière fia GuillièreJ, chez 
Marôque, le Monet, le Mont, Monthoux, Mont-Riond 
(^vulgô MorionJ, Nicodet [Nequidet), chez Pachoud, la 
Pière, la Place d'Armes, les Poncets, la Rongère (vulgô 
Rondière], la Thuile, Tournassat, le Village du Lac. 

TRAIZE. Beirin , les Berlhets , Charosse , Cornet , 
Cottin, les Malods, Suerin {Soirin, Centagnier), Traize, 
Triât, Verdan {Vertin). 

TRESSERVE. Bonport, la Carbonnière, le Champet, 
les Diables^ Haut-Tresserve, Pétrel, le Quart de Pétrel, 
la Servage. 

TREVIGNIN. Les Clercs, les Curies, les Maillands, 
le Nantriond [Nandrion), la Pierre, chez Robert, Saint- 
Victor, Trevignin, Veniper. 



(i) La Chapelle et le Cret forment ce qui se nomme proprement Sonnaz. 
(2) Entre deux ruisseaux qui se jettent dans la rivière de Laisse. 



118 

TRINITÉ (LA) (1). La Bithieux, la Charrière (2), la 
Cochette, la Conche, le Cruet, les Curtets , le Flechet, 
les Grassets , les Hemeris, les Liigats, Magnificat, la 
Maison-Blanche, Pont-Belon, la Trinité , les Viondis. 

TRIVIER. Les Baraques , Boisplan , le Chairard , 
Châles , le Grand-Barbera , le Puits , Saint-Vincent , 
Trivier, le Viaget. 



VEREL-DE-MONTBEL. Les Bajats, les Bernerds, 
Verel-de-Montbel. 

VEREL-PRAGONDRAN. Bassis, les Chavannes, la 
Croisette, Mont-Basin, Pragondran, le Tilleret, Verel. 

VERNEIL. Les Bernards, le Jânin^ les Menges (pro- 
noncez MlngesJ, les Picolets ( le grand village), le Ver- 
nel (on prononce Vernei). 

VERTHEMEX. L'Abbaye ( les Labbayes), les Du- 
praz, les Majoux, Mau-Nant , Vacheresse, Verthemex 
( Vertemeix ). 

VILLAR-D'HÉRI. 

VILLAROUX. La Bâtie, les Cristins, les Curtouds, 
l'Eglise, Gagoux, les Yvraz. 

VILLAR-SALLET. Les Cantins, l'Huis-du-Four, le 
Mollaret, les Postillons, les Tours de Montmayeur, les 
Vignes. 

VIMINES. Les Berlioz, les Bondins, chez Camberlin, 
la Chaz , chez Coutaz, les Fontaines, la Fougère, le 
grand Village , chez Jacquier , le Lard , Laudier , les 



(4) Se nommait anciennement le Moultier. 
(2) Il y a une chapelle. 



119 

Michauds d'avat , les Mithieux , le Mollar d'en bas , 
le Mollar d'en haut, les Perriers, Pierre-Rouge, chez 
Quidoz, Rousin , Vimines. 

VION. Bovayron , les Brotteaux , la Fontaine, les 
Granges, Mollar dessous, Mollar dessus, Montuizel , 
la Muraille, les Oliers, Panillon, Vion. 

VIVIERS (LE). L'Ernai, la Servage, les Terrels [le 
bord du lac), le Viviers. 

VOGLAN. Bouvard, chez Comte, le Dorterai , les 
Perrouses, Villarcher, Voglan {V Eglise). 



YENNE. Amezin, les Bernards, les Bouchets, Cham- 
buet le haut, Chambuet le bas, Chardon, Chaumont, 
Chevrut, les Coleu {les Couleurs), Cumugnin, Curtelot, 
la Dragonière , Etaing { Heting , Nétin), Lagnieu-le- 
Grand, Lagnieu-le-Petit, Landressin, les Palatins, Ra- 
voreaz, le Reffîeux, les Recans {Ricans), Sômont le 
haut, Sômont le bas, Soudans, les Tareus {les Terreaux, 
les Terroux), le Tayeu ( Théou), Touvière, Veloutaz 
( Volonta), les Vezins, le Vigeot, Yenne. 



II 



LISTE ALPHABÉTIQUE 

DES HAMEAUX, CHATEAUX, FERMES, ETC. 

DE LA PROVINCE DE SAVOIE-PROPRE 



Communes et hameaux (1). 

Abas (!'). 
Abbaye (I'). 

Abberges (les). 
Abymes (les). 
Adoubes (les). 
Agers (les). 
AIGUEBELLETTE. 
Aillon-le-Jeune. 
Aillon-le-Vieux. 
Aillouds (les). 



Communes. 

Curienne, Cusi. 

La MoUe-en-Beauges, Ver- 

Ihemex. 
St-Cassin. 
Les Marches. 
Montmélian. 
Presles. 

Aillon. 
Aillon. 
Epersi , Grési-sur- Aix , les 

Molettes , la Motte - en- 

Beauges. 



(1) J'ai cru devoir répétor dans cette première colonne les noms des 
communes pour faciliter les rapprochements. On les distinguera aisément, 
parce qu'ils sont en grandes capitales , et parce qu'il n'y a aucune indica- 
tion dans la seconde colonne sur la même ligne. 



m 



Aimavigne. 


Jongieux. 


AIX-LES-BAINS. 




ALBENS. 




ALBI. 




Albigni. 


St-Pierre-d'Albigni. 


Aleraz (les). 


Domessin. 


Alesinaz (!'). 


Les Déserts. 


Allamans (les). 


Aiguebellette. 


Allée (1"). 


Les Molettes. 


Allier (1") 


Saint-Jean-de-la-Porte, Saint 




Pierre-d'AIbigni. 


Allues dessous (les). 


St-Pierre-d'Albigni. 


Allues dessus (les). 


St-Pierre-d' Albigni. 


Amand. 


Le Chatelar. 


Amblards (les). 


Corbel. 


Amezin. 


Yenne. 


Andrés (les). 


Les Echelles, St-Christophe 


Angleterre. 


Chambéri. 


Angosard. 


Gerbaix. 


Angron. 


Gerbaix. 


ANSIGNI. 




Antagnusse. 


Les Déserts. 


Antigni. 


Sonnaz. 


Antoger. 


Grési sur Aix. 


APREMONT. 




ARBIN. 




Arbucin. 


Grési-sur-Aix. 


Arcollières. 


St Cassin. 


ARITH. 




Aroles (les). 


Ecoles. 


Arvei. 


Puygros. 


ARVILLAR. 




Atilli. 


Le Chatellar. 


Attignat. 


Attignat Oncin. 


ATTIGNAT-ONCIN. 




AVRESSIEUX. 




Avi (!'). 


Aillon. 


AYN. 





422 



Bachellin. 
Badier. 
Bagarcl. 
Bajat (le). 
Bajats (les). 
Bajets (les). 
Balangère. 
Babière. 
Baléve. 
BALME.(LA). 
Balme (la). 
Bande. 



Barandiers (les). 
Baraques (les). 
Baraterie (la). 
Barbezet. 

BARBI. 
Barbi. 
Bardelaz. 
Bards (les). 
Barins (les). 
Barlets (les). 
Barletta (la). 
Barrais (les). 
Barriers (les). 
Barrilliats (les). 
Barroca. 
Barroz. 

Barucbands (les). 
Basatière. 

Bas de l'Eglise (le). 
Bassat dessous. 



StGenix. 

Les Echelles, 

Les Molettes. 

St-Beron. 

Verel-de-Montbel. 

Cusi. 

St-A!ban. 

Les Déserts. 

Cusi. 

La Biolle. 

La Bauche , les Echelles , 

St-Christophe, St-Jean-de- 

Coux. 
Chambéry. 
Trivier. 
Cruel. 
Le Bourget, la Motte-Servo- 

lex. 

La Motte-Servoiex. 

Gerbaix. 

Ayn. 

St-Sulpice. 

Jongieux. 

Fréterive. 

Pugni-Chatenod. 

St-Jean-de-Coux, la Thuile. 

Grési-sur-Aix. 

Cusi. 

Avressieux. 

La Bridoire. 

Lépin. 

Montagnole. 

St-Ours. 



123 



Bassat dessus. 


St-Ours. 


BASSE i\ S. 




Bassis. 


Verel-Pragondran. 


Bâtés (les). 


St-Christophe. 


Bâtie (la). 


Barbi, Villaroiix. 


BAUCHE (la). 




Baudets (les). 


St Pierre-d'Entremont. 


Bauge. 


St Genix. 


Baulat (chez). 


Aillon. 


Beaunoyer. 


Albi. 


Beauregard. 


Laissaud. 


Beauvent. 


Novalaise. 


Beauvillar. 


Jongieux. 


Beauvoir. 


Chambéri, la Motte. 


Beirin. 


Saint-Maurice-de-Rotherens, 




Traize. 


Bejet (chez). 


Bordeau. 


Belaix. 


Le Montcel. 


BELLECOMBE. 




BeUecombette. 


Jacob-Bellecombette, Sonnaz 


Belle-Etoile. 


Belmont-Tranionex. 


Bellegarde. 


Les Marches. 


Belle-Joie. 


Cusi. 


BELMONT-TRAMO- 




NEX. 




Belmont. 


Belmont-Tramonex 


Bellet. 


St-Pierre-de-Genebroz . 


Bellevaux. 


Ecole. 


Belleville. 


Jarsi. 


Berbets (les). 


Le Bourget. . 


Berchou. 


Albens. 


Bergei (la). 


Les Marches. 


Bergerie (la). 


Conjux. 


Bergin. 


St-Jean-de-Chevelu. 


Berlions (les . 


Billième. 


Berlioz (les). 


Novalaise, Vimines. 


Bernardi. 


La Bridoire, Lépin. 


Bernards (les). 


Verneil, Yeniie. 



124 

Bernerds (les), 
Bert. 
Bert (le). 
Bertheloux (les). 
Berthets (les). 
Bertholets (les). 
Bertrands (les). 

Bessé. 
Bessieux. 
Bessons (les). 
Bessours (les). 
Biez (le). 
Bigon. 

Bigottière (la). 
Billard. 
BILLIEME. 
Billion. 
Billot (le). 
Bimets (les). 
Biolai (le). 
Biolei (le). 
BIOLLE (LA). 
Bionnaz (le). 
BISSI. 

Bithieux (la). 
Blainti. 
Blanc (le). 
Blanchinière (la), 
Blancs (les). 

Blintil. 

Blondel. 

Bochet (le). 

Bocqueraz. 

Bocquets (les). 

Boège. 

Boeviaz. 



St-Beron, Verel-de-Montbel. 

Avressieux, Gerbaix. 

La Bridoire. 

Chanaz. 

Ste-Hélène-du-Lac, Traize. 

St-Thibaud-de-Coux. 

Ayn , le Montcel , St-Pierre- 

de-Souci. 
St-Genix. 
Avressieux. 
La Balme. 
Entremont-le- Vieux. 
Lucei. 
StSulpice. 
Avressieux. 
Ontex. 

Ontex. 

Le Bourgel. 

Chanaz. 

Cognin, Mouxi, Presle. 

Aix-les-Bains. 

Chambéri. 

La Trinité. 
Motz. 
Domessin. 
Ste-Marie-d'Alvei. 
Bellecombe, le Montcel, Mou- 
xi. 
Motz. 

La Chavanne. 
Chanaz. 
Héri-sur-Albi, 
Montagnole. 
La Ravoire. 
Albi. 



Bois (le). 

Bois (damoz le). 
Bois (delà le). 
Bois (dessous le). 
Bois (les). 



Bois (sur les). 
Bois-Plan. 
Boissard (le). 
Boissards (les). 
Boisse (la). 

Boisserelte (la). 
Boisset (le). 
Boissière (la). 
Boissières (les). 
Bojets (les). 
Bollivet. 
Bollons (les). 
Bondins (les). 
Bonet (le). 
Bonnard (le). 
Bonnefois (les). 
Bonnes (les). 
Bonnevaz (le). 
Bonnivards (les). 
Bonport. 
Bontrons (les). 
Bonvillar. 
Boquière. 
Bordaz (le). 
Bord-du-Lac. 
BORDEAU. 
Borgets (les). 

Borlet. 



125 

Cognin , Epersi , Puygros , 

St-Franc. 
St-Cassin. 
St-Cassin. 
St-Cassin. 
Albens, Chambéri-le-Vieux , 

Héri-sur-Albi, Ste-Hélène- 

du-Lac. 
Aiguebellette, Douci. 
St-Jeoire, Trivier. 
St-Beron. 
La Table. 
Chambéri , Chambéri - le - 

Vieux. 
St-Jeoire. 
Francin. 
La Bridoire. 
St-Pierre-de-Curtille. 
Grési-sur-Aix. 
Cessons. 

Pugni-Chatenod. 
Vimines. 
St-Cassin. 
Domessin. 
Laissaud. 
St-Beron. 

St-Offenge-dessous. 
Ayn. 

Tresserve. 
St-Pierre-de-Souci . 
Thoiri. 
St-Cassin. 
St-Pierre-de-Souci. 
Le Vivier. 

St Jean-de-Chevelu, St-Mau- 

rice-de-Rotherens. 
Albi. 



126 

Bornant. 
Bornel (le). 
Bottaz (chez). 
Bottaz (la). 
Bottière (la). 
Boltières (les). 
Boucliet (chez). 
Bouchets (les). 
Boudrier (le), 
Bouillet. 
Bourbières (les). 
Bourchigni. 
Bourdon (le). 
Boure (le). 
Bourg (le). 

BOURCtET (LE). 
Bourget (le). 

Bourgeois (les). 

Bourg-Evescal. 

Bouteys (les). 

Bouvard. 

Bouvards (les). 

Bouvets (les). 

Bovayron. 

Brancoz (les). 

Bravard (chez). 

Bressi. 

Bressieux. 

Brêts (les). 

Breyneros. 

BRIDOIRE (LA). 

Brison. 

BRISON-SAINT-INNO- 

CENT. 
Broissants (les). 
Broissieux. 



Sonnaz. 

St-Maurice-de-Rotherens . 
Les Molettes. 
St-Ours. 
Aillon, Albens. 
Novalaise. 
St-Ours. 

Brison-St-Innocent, Yenne. 
Domessin. 
Bassens. 
Les Molettes. 
Arith. 
St-Franc. 
Novalaise. 

La Motte-Servolex, St-Jean- 
de-la-Porte. 

St-Baldoph , St-Pierre-d'Al- 

bigni. 
La Thuile. 
St-Jean-de-la-Porte . 
Ayn. 
Voglan. 
Les Déserts. 
Les Marches. 
Vions. 

Entremont-le-Vieux. 
Aillon. 

Bassens, Bellecombe. 
Loisieux. 
Gerbaix. 
Héri-sur-Albi. 

Brison-St-Innocent. 



St-Germain. 
Bellecombe. 



127 



Brondel (chez). 
Brotteaux (les). 
Brouaille. 
Brouillet (le). 
Broz (les). 
Bruns (les). 
Bugnon (le). 
Buisson (le). 
Buisson-Rond. 
Buissons (les). 
Bulet (le), 
Buloz (le). 
Bunand. 
Burgos (chez). 
Burnats (les). 
Burnods (les). 



Ontex. 

Vions. 

Albens. 

St-Félix. 

Cessens. 

Entremont-le-Vieux. 

La Bauche. 

Le Noyer. 

Le Petil-Barberaz. 

Le Bourget. 

Cessens. 

Chanaz. 

Avressieux. 

Jarsi. 

Epersi. 

La Motte-en-Bauges. 



Cachouds (les). 
Cadets (les). 
Calamans (les). 
Callets (les). 
Camberlin (chez). 
Cambet. 
Caraelin. 
Cantel. 
Cantins (les). 
Capuchon (chez). 
Capucins (les). 
Caramagne. 
Carbonière. 
Carcallane. 
Carcine. 
Cardinale (la). 
Cariaz. 
Carlet. 
Carmes (les). 



Le Bourget. 

La Balme. 

St-AIban-de-Montbel. 

Chindrieux. 

Vimines. 

Aiguebellette. 

St-Genix. 

Albi. 

St-Sulpice, Villarsallet. 

St-Christophe. 

Cognin. 

Chambéri. 

Tresserve. 

StGirod. 

Serrières. 

Cognin. 

Gerbaix. 

Jarsi. 

Avressieux. 



128 

Carre (le). 
Carrel (le). 
Carrets (les). 
Carrier (le). 
Carrotes (les). 
Cartères (les). 
Cassine (la). 
Catonière (la). 
Cattin (la). 

Caussardière ('la). 

Cave (la). 

Cellière. 

Cérarge. 

Cervenaz. 

Césolet. 

CESSENS. 

Chaberts (les). 

Chabodière. 

Chacusard. 

Chaffard (le). 

Chaffardon. 

Cbaffaron (le). 

Chaille. 

Chaille (sur). . 

CHAINAZ. 

Chainaz. 

Châles. 

Chalet (le). 

Chalets (les). 

Challe(la). 

Chaloz. 

Chamard. 

CHAMBÉRl. 

CHAMBÉRÎ-LE-VIEUX 

Chambotte (la). 

Chambuet le bas. 

Chambuet le haut. 



Chambéri-le-Vieux, Fréterive 

St-Pierre-d'Alvei. 

Chindrieux. 

Les Frasses. 

La Balme. 

Le Bourget. 

Chambéri. 

La Motte-Servolex. 

St-Jean-de-Coux, St-Thibaud- 

de-Coux. 
Avressieux. 
Fréterive. 
Grési-sur-Aix. 
Drumettaz-Clarafond , Méri. 
Sonnaz. 
Montagnole. 

Détrier. 

Lépin. 

Les Marches. 

Cruet;, Triviers. 

St-Jean-d'Arvei. 

Mouxi. 

St-Franc. 

St-Franc. 

Héri-sur-Albi. 

Trivier. 

Le Noyer, St-François. 

Arvillar, les Frasses. 

Le Petit-Barberaz. 

Bissi, Cognin, St-Sulpice. 

Avressieux. 



St-Germain. 

Yenne. 

Yenne. 



Chamoussat. 
Chamoux. 
Chamoux (les). 
Champ (le). 
Champagne (hi). 

CHAMPAGNE UX. 

Champagnole. 

Champ-Bérard. 

Champdoci. 

Champet (le). 

Champfleury. 

Champlong. 

Champrond . 

Champs (les). 

Champ-Sevestre. 

Champulli. 

CHANAZ. 

Chanaz. 

Chanci. 

Chanei (le). 

ChaïUabord. 
Chanlemerle. 
Chantres (les). 
Chapelle (la). 



CHAPELLE-BLANCHE 

(LA). 
Chapelle de Chavan (la). 
Chapelle de l'Hôpital (la) 
Chapelle de Pitié (la). 
Chapelle-Ste-Brigitte (la) 
Chapelle-Ste-Hélène la) 
CHAPELLE-DU-MONT- 

DU-CHAT(LA}. 



i29 

St-Félix. 

Bissi, la Motte-Servolex. 
Le Montcel. 
St-François. 

La Molte-Servolex, St-Pierre- 
d'Albigni. 

St-Offenge dessous. 

St-Girod. 

Cessens. 

Tresserve. 

Chindrieux. 

Les Marches, St-Genix. 

Cognin , St-Franc , S(-Jean- 

de-Chevelu. 
Novalaise. 
Arvillar. 
Belmont-Tramonex. 

Le Petit-Barbera. 

Cessens. 

Chambéri, Jacob-Bellecom- 
betle, St-Pierre-de-Souci. 

La Molte-Servolex. 

Aix-les-Bains. 

Les Déserts. 

Arvillar, la Chapelle St-Mar- 
tiO;, Douci , École, Jarsi , 
Mognard, le Montcel, Si- 
Félix^ Sonnaz. 



La Motte-Servolex. 
Ste Hélène-du-Lac. 
St-Pierre-d'Albigni. 
St-Pierre-d'Albigni. 
Ste-Hélène-du-Lac. 



130 

Chapelle Ste-Marguerite 

(la). 

CHAPELLE -St- MAR- 
TIN (la). 

Chapelle St-Michel (la). 

Chapelles du Cotillon 
(les). 

Chapelut. 

Chappiuz (les). 

Charbonnières (les). 

Chardons (les). 

Chaimettes (les). 

Charmillon (le). 

Charosse. 

Charpine (la). 

Charpines (les). 

Charpiniaz. 

Charrière (la). 



Charrière-Neuve (la). 
Chartreuse d'Aillon (la). 
Charvier (le). 
Château (le). 
Château-Blanc. 
Château de Cusi (le). 
Château de Fesigni (le). 
Château de la Roche (le) . 
Château de Pers (le). 
Château de Si - Severin 

(le). 
Château du Villar (le). 
Châteaufort. 
Chatel (le). 
CHATELAR (LE). 
Chàtelar (le). 
Châtelains (les). 
Chatenod. 



Détrier. 



Curienne. 

Attignat-Oncin. 

Domessin. 

Aix-les-Bains. 

Apremont. 

Albi. 

Chambéri, les Déserts. 

St-François-de-Sales. 

Traize. 

Le Bourget. 

Nances. 

Le Bourget. 

Belleconibe, Cessens , Fran- 

cin, Saint-Jean-d'Arvei^ la 

Trinité. 
Bissi. 
Aillon. 
Les Frasses. 
Nances, la Thuile. 
St-Pierre-de-Souci. 
Cusi. 
Cusi. 
Ruffieux. 
Cusi. 

Dullin. 

La Chapelle St-Martin. 

Motz. 

Grési-sur-Aix. 

Arvillar, le Bourget, le Mont- 
La Balme. [cel. 
Pugni-Chatenod. 



131 



Chafière (la). 


Conjux. 


Chatillon. 


Chindrieux. 


Chaudi. 


Aix-les-Bains. 


Chaudrieux. 


Chindrieux. 


Chaumont. 


Yenne. 


Chausse-Paille. 


Ruffîeux. 


Chautagne (la). 


La Bridoire. 


Chaux (les). 


Chambéri. 


Chaux-David (la). 


Ruffieux. 


CHAVANNE (LA). 




Chavanne (la). 


Arvillar, le Noyer. 


Chavannes (les). 


Verel-Pragondran. 


Chavonnes (les). 


Cusi, St-Francois-de-Sales , 




Thoiri. 


Chavonneltes - dessous 




(les). 


Thoiri. 


Chavonneltes - dessus 




(les). 


Thoiri. 


Chaz (la). 


Apremont, Arvillar, Chin- 




drieux , Cusi , le Montcel , 




Ruffieux, St-Jean-d'Arvei;, 




Vimines. 


Chêde. 


Albi. 


Cheininet. 


La Motte-Servolex. 


Chenai. 


Cessens. 


Chenais (les). 


Aillon. 


Chêne (le). 


Albi , le Noyer, St-Offenge 




dessous, Puygros. 


Cheneis (les). 


Délrier. 


Chesse. 


St-Alban. 


Chessine. 


Ruffîeux. 


Chetraz (le). 


Serrières. 


Cheval-Blanc (le). 


St-Jean-de-Conx. 


Chevaline. 


Aix-les-Bains. 


Chevignet. 


Serrières. 


Chevigneux. 


Chindrieux. 


Chevillard (chez). 


Sl-Pierre-d'Albigni. 


Chevrets (les). 


Arvillar. 



in 

Chevrette. 
Chevron (le). 
Chevronnés (les) 
Chevrons (les). 
Chevrut. 
CHIGNIN. 
CHINDRIEUX. 
Chiron. 
Cholex. 
Chouzon. 
Choseaux (les). 
Choucli. 
Cimetière (le). 

Cimiteret (le). 
Ciseaux (les). 

Clarafond. 

Clavellière (laj. 
Cléments (les). 
Clercs (les). 
Cleyet (le). 
Clinière (la). 
Clocher (le). 
Clochet. 
Clusaz (la). 
Cluse deçà (la). 
Cluse delà (la). 
Coche (la). 
Cochets (les). 
Cochette. 
Cœuilbert. 
COGNIN. 
Coise. 

Coitou (chez). 
Collet (chez). 
Collets (les). 



Arvillar. 

St-Franc. 

Cognin. 

Le Pelit-Barbera. 

Yenne. 



Bissi, Cognin. 

Le Noyer, Sl-Offenge dessous 

St-Jean-de-Chevelu. 

Grési-sur-Aix. 

Aix-les-Bains. 

Aillon, le Bourget, le Noyer, 

St-Offenge dessous. 
Aillon. 
Le Bourget , la Motte-Servo- 

lex. 
Druniettaz - Clarafond , Ser- 

rières. 
Arvillar. 
Lucei. 
Trévignin. 
St-Beron. 
St-Cassin. 
Chignin. 
Grési-sur-Aix. 
Apremont. 
St-Alban. 
St-Alban. 

Entremont-le-Vieux. 
Cessens. 
La Trinité. 
Aillon. 

Laissaud. 
Le Chatelar. 
La Compote. 
St-Pierre-d'AIvei. 



Coleus (les). 
CoUombet. 
Collombs (les). 

Colombier. 

Colombier (le). 

Colonge. 

Comba-Fou. 

Comba-Gilli. 

Comba-Rochet. 

Combe (la). 



Combe d'Aillon (la). 
Combe de Lourdin (la). 
Combe des Chartreux (la) 
Combe dessous (la). 
Combe dessus (la). 
Combefort. 
Combes (les). 



Combette (la). 
Commanderie (la). 
Communal. 

COMPOTE (LA). 
Comte (chez). 
Conche (la). 
Confeniances. 
CONJUX. 
Conjux. 
Conlaminaz. 
Contamine. 



133 

Yenne. 

Cusi. 

La Balme, Novalaise, Saint- 
Alban-de-Montbel. 

La BridoirC;, St-Girod. 

Chignin. 

Albens, Ruftîeux. 

St-Jean-de-la-Porte. 

St-Genix. 

Chambéri. 

Aiguebellelte, Aillon, la Bal- 
me , le Bourget , Chin- 
drieux, Cruet, Etable, St- 
Cassin, St-Franc. 

Aillon. 

Aillon. 

Aillon. 

Mognard. 

Mognard. 

St-Pierre-de-Souci. 

La Balme, Billième, la Biol- 
le, la Bridoire, Chambéri, 
Chanaz , Cognin , Entre- 
monl-le-Vieux , Héri-sur- 
Albi , St-Offenge dessus , 
Sonnaz. 

St-Cassin. 

Grési-sur-Aix. 

La Chapelle du mont du Chat^ 
Ontex. 

Voglan. 
La Trinité. 
St-Alban. 

St-Pierre-de-Curtille. 

St-Jean-d'Arvei. 

Serrières. 



134 



Copetaz. 


Albi. 


CORBEL. 




Corbel (le). 


La Bridoire. 


Corbière (la). 


St-Cassin. 


Cordi. 


Chindrieux. 


Corinthe. 


Cognin. 


Cornât ou Cornant. 


St-Offenge dessus. 


Cornet. 


St-Pierre-d'Albigni, Traize. 


Cornin. 


Aix-les-Bains. 


Correrie (la). 


Aillon. 


Correrie de S'-Hugon (la) 


Arvillar. 


Corriers (les). 


Bassens. 


Corrieu. 


La Motte-Servolex. 


Cortannes (les). 


Laissaud. 


Côta-Liardef. 


La Bridoire. 


Côle (la). 


Cruet , Héri-sur Albi , Nan 




ces, St-Pierre de-Curtille. 


Côte-Barrier. 


St-Jean-de-Coux. 


Côle-Bletle. 


Bellecombe. 


Côte-Chaude. 


Bellecombe. 


Côtenvers. 


St-Pierre-de-Souci. 


Côtes (les). 


Héri-sur-AIbi, St-Pierre-de 




Souci. 


Cotion (chez). 


La Motte-en-Beauges. 


Cottarels (les). 


Loisieux. 


Cottin. 


Traize. 


Coudroz (la). 


Lescheraines. 


Coudiirier. 


Attignat-Oncin. 


Couduriers (les). 


Grési-sur-Aix. 


Couleurs (les). 


Yenne. 


Couloir (le). 


Chanaz. 


Coupebois. 


Lescheraines. 


Cours (les). 


(Ressens. 


Coutaz (chez). 


Vimines. 


Coutins (les). 


St-Pierre-d'Albigni. 


Couvent (le). 


Aillon, St-Cassin. 


Coux-Grand. 


St-Thibaud-de-Coux. 


Covarel. 


Fréterive. 



135 



Crémont. 
Crene. 
Crêt (le). 

Crètaz (la). 

Crêt deçà. 
Crét-Magnin. 
Crêt-du-Mont (le) 
Crét-Vibert. 
Crêts (les). 

Creuset (le). 
Crevel. 
Crevia. 
Cristins (les). 
Cristollets (les). 
Crochère (la). 
Crochet. 
Croibier (le). 
Croisette (la). 
Croix (la). 



Croix-Blanche (la). 
Croix de la Roche (la). 
CROIX DE LA RO- 

CHETTE (LA). 
Croix du Rampau (la). 
Croix-Rouge (la). 
Croset (le). 
Crouteaux (les). 
Crozagni. 
Crozant. 
CRUET. 
Cruet (le). 
Cruet-Ferroud. 
Cruet-I'Eglise. 



Lucei. 

St-Pierre-de-Gurtille. 

Aiguebellette, Arbin, Mouxi, 
Sonnaz. 

La Motte-en-Beauges, Nova- 
laise. 

Chapelle-St-Martin. 

La Bridoire. 

Ecole. 

Aillon. 

Albi, Cusi, Loisieux, le No- 
yer, Thoiri. 

St-Offenge dessous. 

Gerbaix. 

Albi. 

Villaroux. 

Cusi. 

Aillon. 

Albens. 

St-Beron. 

Verel-Pragondran. 

Bassens, Bissi, la Croix de la 
Rochette, Loisieux, la Ro- 
chette, St-Baldoph. 

St-Girod. 

Les Echelles. 



Le Petit-Barbera. 

Albi, Chambéri. 

Apremont, Lescheraine. 

Albens. 

St-Félix. 

Ruffîeux. 

Héri-sur-Albi, la Trinité. 

Cruet. 

Cruet. 



136 

Cruel-la-Chapelle. 
Crux (les). 
Cuchets (les). 
Cudrai. 
Cuerde (la). 
Cuillibert. 
Cul-du-Bois (le). 
Culées (les). 
Ciimignin. 
Curial (chez). 
Curialets (les). 
Curiaz (la). 
CURIENNE. 
Curies (les). 
Curtel. 
Curtets (les). 
Curtille. 
Curtine. 
Curtouds (les). 
CUSI. 
Cusin (le). 



Cruet. 

Corbel. 

Corbel. 

Bellecombe. 

Bissi. 

Aillon. 

Douci. 

St-Cassin. 

Yenne. 

Aillon. 

Entremonl-le- Vieux. 

Albens. 

Trévignin. 

Clianaz. 

La Table, la Trinité. 

Francin, St-Franc. 

La Motte-Servolex. 

Le Monlcel, Villaroux. 

Domessin. 



Baisse (la). 
Dalphin (chez). 
Damesins (les). 
Danière. 
Darans Clés). 
Darmezins (les). 
Darmond (chez) 
Dausserre. 
Davalets (les). 
Davals (les). 
Davids (les). 
Davrits (les). 
Decampoux. 
Decouz (les). 



Albens. 

La Motte-en-Beauges. 

Gerbaix. 

St-Franc. 

Héri-sur-Albi. 

St-Alban-de-Montbel, 

St-Girod. 

Avressieux. 

Les Molettes. 

Aix-les-Bains. 

Le Montcel. 

St-Genix. 

Le Montcel. 

Le Bourget. 



137 



Defai (le). 
Demeures (les). 
Deprimoz (les). 
Derbetan. 
Derrière-Bellevaiix. 
Deschamps (les). 
Désert (le). 
Déserta. 
Déserte (la). 
DESERTS (LES). 
DETRIER. 
Diables (les). 
DOMESSIN. 
Dominian. 
Dorterai. 
DOUCI. 
Doiici d'aval. 
Douins (les). 
Dragonnière (la). 
Dralli. 
Dressi. 
Droise. 

Droise dessous (la). 
Droise dessus (la). 
Droux (les). 

DRUMETTAZ -CLARA- 
FOND. 
Drumettaz. 
Duisse. 
DULIN. 
Dumas (chez). 
Duplats (les). 
Dupraz (les). 
Durauds (les). 
Duverneis (les). 



La Table. 

Gerbaix. 

Chindrieux. 

Entremont-le-Vieux. 

Jarsi. 

Ayn. 

Gerbaix. 

St-Cassin. 

La Ravoire. 



Tresserve. 

Cessens. 
Le Vivier. 

Douci. 

Les Molettes. 

Yeune. 

Bassens. 

Albens. 

Grési-sur-Aix. 

Mognard. 

Mognard. 

Les Déserts. 



Drumettaz-Clarafond. 
Champagneux. 

St-Francois-de-Sales. 

Corbel.' 

Verthemex. 

Grési-sur-Aix, Serrières. 

Héri-sur-Albi. 



138 



ECHELLES (LES). 
Ecluse (1'). 
ECOLE. 
Ecuries (les). 
Egaux (les). 
Eglise (!•). 



Elien. 
Entes (les). 
Entremondans (les). 
ENTREMONT-LE- 

VIEUX. 
Entrenant. 
Entre-Roche. 
Enlrèves. 
Epernex. 

EPERSL 

Epine (!'). 

Ernai (!'). 

Essert (I'). 

ETABLE. 

Etaing. 

Ethre. 

Etoile (I'). 

Etrambrai. 

Etraz (1'). 

Expilli. 

Exteur ou Extur. 

Eyannette (!'). 



St-Ours. 

Le Chatellar. 

Corbel. 

Aiguebellctte, Billième, Bis- 
si, Cognin, Curienne, Jarsi, 
Lucei, les Molettes, Ontex, 
Rochefort, St-Cassin, Sle- 
Hélène-du-Lac, St-Fran- 
çois- de -Sales, St-Pierre- 
d'Alvei, Villaroux. 

Albi. 

St-Franc. 

Apremont. 



La Thuile. 
Jarsi. 

Beliecombe. 

Entremont-le-Vieux, Sainte- 
Reine. 

Héri-sur-Albi, 
Le Vivier. 
Cusi. 

Yenne. 

Jarsi. 

Le Chatelar. 

La Motle-Servolex. 

Billième. 

Chindrieux. 

La Biolle. 

Novalaise. 



Falcons (les). 
Falque (le). 
Panières (les). 
Farcots (les). 
Favasset. 
Faverat. 
Faverins (les). 

Faviers (les). 
Favrat. 
Favre (le). 
Favres (les). 
Fau (le). 
Fauges (le). 
Faulx (les). 
Féal (le). 
Fenestroz. 
Fenevières (les). 
Fermiers (les). 
Fiardière (la). 
Filliards (les). 
Fin (la). 
Fiolets (les). 
Flandre. 
Flechet (le). 
Fleurets (les). 
Foiau. 
Folésan. 
Fontaine (la). 
Fontaine-Déserte, 
Fontaines (les). 
Fontanettes (les). 
Fontani. 
Fontanils (les). 
Forains (les). 
Forcheix (la). 
Forêt (la). 



Saint - Offenge 



439 

La Bridoire. 

Domessin. 

Le Bourget. 

Loisieux. 

St-Pierrc-d'Albigni. 

St-Jeoire. 

Le Montcel , 

dessus. 
Montagnole. 
Albens. 

Les Déserts, St-Beron. 
Loisieux , Saint-Thibaud-de- 
La Table. [Coux. 

Novalaise. 
Cessons. 

St-Jean-de-la-Porte. 
Montagnole, Puygros. 
Le Bourget. 
St-Offenge-dessous. 
Frétérive. 

Cusi, Grési-sur-Aix. 
Aix-les-Bains. 
Le Bourget, Corbel. 
Chanaz. 
La Trinité. 
Gerbaix. 
Etable. 
Cognin. 

St.Pierre-de-Souci, Vion. 
St-Cassin. 
Sonnaz, Vimines. 
Arith. 

Bellecombe. 
Grési-sur-Aix. 
St-Tbibaud-de-Coux. 
Ayn. 
Bellecombe, St-Ours, Saint- 

Thibaud-de-Coux. 



uo 

Foreis (les). 
Fougère (la). 

Four (le). 
Fourneaux (les). 
Fournet. 
Fraissette (la). 
FRANGIN. 
Frandins (les). 
Franquets (les). 
FRASSES (LES). 
Frassettes (les). 
Fredière. 
Fregni. 
Frenai (le). 
Frenands (les). 
Frenière d'amont (la). 
Frenière d'en bas (la) 
Fresenai. 
FRETERIVE. 
Friol (le). 
Fugains (les). 
Futenai dessous. 
Futenai dessus. 



Bissi. 

Grési-sur-Aix, Thoiri , Vimi- 

nes. 
Fréterive. 

Arvillar, le Bourget. 
Curienne, Méri. 
Aillon. 

Dullin, St-Alban-de-Montbel. 
Ayn. 

Aillon. 

St-Pierre-de-Souci . 
St-Pierre-de-Souci . 
Sl-Sulpice. 

La Molte-en-Beauges. 
La Motle-en-Beauges. 
La Motte-en-Beauges. 
Drumettaz-Clarafond. 

St-Jean-de-la-Porte. 
La Table. 
Albens. 
Albens. 



Gabrieux (les). 
Gâche (chez). 
Gagive. 
Gagoux. 
Gaimes (les). 
Galets (les). 
Galinière (la). 
Galissar. 
Gandis (les). 
Ganivets (les). 
Gants (les). 



Dullin. 

La Chapelle-St-Martin. 

Albi. 

Villaroux. 

Héri-sur-Albi. 

Marcieux. 

Dullin. 

Héri-sur-Albi, 

Entremont-le- Vieux. 

St-Alban-de-Montbel. 

Corbel. 



Garachon (le). 
Garbillons (les). 
Garin (chez). 
Garins (les). 
Garnier. 
Garnoit. 
Garon (le). 
Gâs (le). 
Gatillon. 
Genaz (la). 
Genêts (les). 
Genin (le). 
Gentils. 
Gérard (le). 
GERBAÏX. 
Gerbaix. 
Gerbat. 
Gerbe-Sèche. 
Gerbe t. 
Gevrots (les). 
Gex (les). 
Gigots (les). 
Gillot. 

Girardière (la). 
Girouds (les). 

Glapigni. 
Glière (la). 
Goddards (les). 
Gollat (le). 
Golleiron (le). 
Gonards (les). 
Goncelin. 
Gouin (le). 
Gonnets (les). 
Gontiers (les). 
Gorapon. 
Got (le). 



U1 

Le Bourget. 

Chambéri-le- Vieux. 

Le Chatelar. 

Aix-les-Bains. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Ecoles. 

St-Franc. 

Apremont. 

Héri-siir-Albi. 

Attignal Oncin. 

Cusi. 

Domessin. 

Dullin. 

Les Déserts. 

St-Christophe. 

Billième. 

Grési-sur-Aix. 

Les Echelles. 

St-Sulpice. 

St Pierre-d'Albigni. 

Nances. 

Avressieux. 

Aiguebellette. 

Entremont -le -Vieux, Saint- 

Sulpice. 
Bellecombe. 
La Thuile. 
Chindrieux. 
Nances. 
Chainaz. 

St-Offenge dessus. 
Aix-les Bains. 
La Bridoire. 
St-Paul. 
Douci. 
Etable. 
La Bridoire. 



i42 

Gottelands (les). 
Goiiri. 
Graberat. 
Gragnon. 

Grand-Barbera (le). 
Grand-Bois (leK 
Grand-Carroz (le). 
Grand-Caton (le). 
Grand-Cevoz (le). 
Grand-Champ (le). 
Grandchamps. 
Grand'côtes (les). 
Grandes-Terres (les). 
Grand-Laisse (le). 
Grand'Maison (la). 
Grand-Mortier (le), 
Grand-Rey (le). 
Grands-Gandins (les), 
Grand-Verger [le). 
Grand-Village (le). 

Grand-Villar (le). 

Granets (les). 
Grange (la). 

Grange-Neuve (la). 
Grangeons (les). 

Granges (les). 



Grassels (les), 
Grateloup. 



Graven (le). 



Le Petil-Barberaz. 

Mognard. 

Chambéri. 

St-Cassin. 

Trivier. 

St-Beron, St-Sulpice. 

Entremont-le-Vieux. 

Le Bourget. 

Sl-Beron. 

Novalaise. 

St-Sulpice. 

La Rridoire. 

Cognin. 

St-Alban. 

St-Franc. 

St-Franc. 

St-Sulpice. 

Ayn. 

St-Cassin. 

Les Marches, St-Thibaud-de- 
Coux, Verneil, Vimines. 

La Chapelle -du -mont- du - 
Chat. 

Chanaz. 

Le Montcel, Ste-Hélène-du- 
Lac. 

Le Petit-Barberaz. 

Albens, le Bourget. 

Albens, Albi, Brison-Saint- 
Innocent, Cessens, le Cha- 
telar , Héri- sur -Albi, les 
Marches , les Molettes , la 
Motte-Servolex, Vion. 

La Trinité. 

La Chapelle -du -Mont -du - 
Chat, Ecole, le Petit-Bar- 
bera. 

St-Beron. 



U3 



Gredaux (les). 
Gremaillon. 
Grenaud. 
Grênerie (la). 
Grenoz. 
Grés (les). 
GRESI-SUR-AIX. 
Gresine. 

GRESIN-LÉPIN- LES- 
MOLASSES. 
Giignon. 
Grilloux (les). 
Grimonets (les). 
Grobelle (la). 
Groisin. 

Gros-Louis (chez). 
Grotte (la). 
Gruat (le). 
Grumeau. 
Gruot (le). 
Gubin. 

Guerres (les). 
Guers (les). 
Guichers (les). 
Guigardets (les). 
Guiguets (les). 
Guillaumes (les). 
Guillermes (les). 
Guillermins (les). 
Guillière. 
Guillot (le). 
Guillotière. 
Guillots (les). 
Guinets (les). 
Gunin (le). 
Gustins (les). 



St-Pierre-de-Curtille. 
Le Bourget. 
La BrJdoire. 
Entremont-le-Vieux. 
St-Maurice-de-Rotherens. 
St-Offenge dessous. 

Brison-St-Innocent. 



St-Cassin. 

Cessens. 

Lépin, St-Alban-de-Montbel. 

Jacob-Bellecombette. 

Chindrieux. 

St-Thibaud-de-Coux. 

Les Echelles. 

Attignat-Oncin. 

Ontex. 

St-Franc. 

Domessin. 

StGlrod. 

St-Offenge dessous. 

Dullin, Ste-Marie d'Alvei. 

Gerbaix. 

St-Alban-de-Montbel. 

Aix-les-Bains. 

St-Thibaud-de-Coux. 

Corbel, Montagnole. 

La Thuile. 

La Bauche, Domessin. 

St-Alban. 

Ayn. 

St-Germain. 

La Bridoire. 

Aiguebellette. 



Haute-Bise. 
Haulecombe. 

Ilaiitecourt. 
Hauteville dessous. 
Hauteville dessus. 
Haut-Tresserve. 
Hauturin. 
Heisse dessous. 
Heisse dessus. 
Hémeris (les). 
Héri. 

HERI-SUR-ALBl. 
Héritier (chez). 
Helin. 

Hibouds (les). 
Hôtes (les). 
Huguets d'amont (les). 
Huguets d'aval (les). 
Huis-du-Four (1'). 



Les Molettes. 

Cessens, Ontex, St- Pierre 

de-Curlille. 
La Chapelle-St-Martin. 
St-Thibaud-de-Coux. 
St-Thibaud-de-Coux. 
Tresserve. 
Chambéri. 
Novalaise. 
Novalaise. 
La Trinité. 
Cessens. 

St-Jean-de Coux. 
Yenne. 

St-Pierre-d'Albigni. 
Pugni-Chatenod. 
St-Offenge dessus. 
St-Offenge dessus. 
Cessens, Villarsallet. 



Ile (!'). 
Iles (les). 



La Balme. 
Mots , Serrières. 



Jacob. 

JACOB - BELLECOM- 
BETTE. 

Jacquemet (le). 
Jacquet (le). 
Jacquier. 
Jacquier (chez). 



Jacob-Bellecombette. 



St-Beron. 
La Bauche. 
Méri. 
Vimines. 



145 



Jacquignons (les) 
Jacquins (les). 
Jànin (le). 
JARSI. 
Jasemin. 

Jeag-Courts (les). 
Jean Rey (chez). 
Jéaz (la). 
Jersin (le). 
JONGIEUX. 
Joiidin. 
Journaux. 
Juifverie. 
Julian (chez). 



Le Montcel. 

Billiènie. 

Verneil. 

St-Genix. 

Sl-Thibaud-de-Coux. 

St-Ours. 

Grési-sur-Aix. 

Ecole. 

St-Genix. 

Dullin. 

Le Bourget. 

St-Sulpice. 



Labaz. 

Labiaz (la). 

Lachenaz. 

Laci. 

Lagnieux le grand. 

Lagnieux le petit. 

Laillat. 

LAISSAUD. 

Laisse. 

Lancenaz. 

Landaz. 

Landressin. 

Lansard. 

Lacquaz (les). 

Lard (le). 

Larigni . 

Lassi. 

Late (la). 

Laudier. 

Lauffreys. 

Laurents (les). 



Curienne, Cusi. 

Bissi. 

St-Baldoph. 

St-Germain. 

Yen ne. 

Yenne. 

St Cassin. 

La Ravoire. 

St-Jean-d'Arvei. 

Chanaz. 

Yenne. 

Sl-Girod. 

Ayn. 

Vimines. 

St-Franc. 

St-Germain. 

Gerbaix. 

Vimines. 

La Bauche. 

Le Montcel. 



10 



146 



Laval. 


St-Germain. 


Lavanche (la). 


Le Chatelar. 


Layot. 


Le Bourget. 


Laysse. 


Novalaise. 


Lazare. 


St-Pierre-d' Albigni . 


Léat (en). 


Le Chatellar. 


Léchaux. 


Champagneux. 


Lécuré. 


Pont-Beauvoisin. 


Légers (les). 


Le Montcel. 


Léliaz. 


Sl-Cassin, la Motte-Servolex. 


Lémenc. 


Chambéri. 


Lepeaux. 


Albens. 


LEPIN. 




Lépinette. 


Albens. 


Lessales. 


Bellecombe. 


LESCHERAINE. 




Lescherenne. 


St-Alban. 


Létangs (les). 


La Balme. 


Létillerai. 


St-Alban. 


Leyat. 


Aillon, le Chatelar. 


Liaudi. 


Aix-les-Bains. 


Liaudi (chez). 


Héri-sur-Albi. 


Lingonai. 


La Bridoire. 


Linière. 


St-Félix. 


Loche. 


Grési-sur-Aix, Mouxi. 


Lode. 


Cognin. 


Logerai. 


Le Petit-Barbera. 


Loi (la). 


Ruffieux, St-Offenge dessus, 




Serrières. 


LOTSIEUX. 




Lombards (les). 


Les Frasses. 


Lombinard. 


La Table. 


Longefan. 


La Biolle, Cusi. 


Loret. 


Albi. 


Lourdin. 


Aillon, Arbin. 


Louvette. 


Montagnole. 


Lovât (chez). 


Lescheraines. 


Lovetlaz. 


St-Alban, St-Jean-d'Arvei. 



LUCEI. 

Lugats (les). 



U7 



La Trinité. 



Maclens. 

Macognin. 

Madeleine (la). 

Madoux (le). 

Magne (le). 

Magnificat. 

Magnin. 

Magnin (le). 

Magninière. 

Maguets (les). 

Maillands (les). 

Maillet (le). 

Mainlenod. 

Maison-Blanche (la) 

Majoux (les). 

Maladière (la). 

Malagni. 

Maland. 

Maîlinjouds (les). 

Malods (les). 

Mallassine. 

Manchet. 

Manet (chez), 

Mappaz. 

Marcellaz. 

MARCHES (LESj. 

MARCIEUX. 

Marcin. 

Mareschal. 

Mareste. 

Marguet. 

Marine (la). 

Marlacher. 



Mognard. 

Albens. 

Lescheraine, le Petit-Barbera 

Cru et. 

St-François-de-Sales. 

La Trinité. 

Domessin. 

La Table. 

Avressieux. 

Grési-snr-Aix. 

Trévignin. 

Les Echelles. 

Meyrieux-Trouet. 

AIbi, Bellecombe, la Trinité. 

Verlhemex. 

Monlmélian. 

St-Félix. 

Avressieux. 

AIbi. 

Traize. 

Le Bourget. 

Cessens. 

Cognin. 

Montagnole. 

St-Girod. 



St-Germain. 

Ste-Hélène-du-Lac. 

Serrières. 

Aillon. 

Le Montcel. 

AIbi. 



U8 

Marie. 
Marlioz. 
Marmoux (les). 
Marnas. 
Marôque. 
Marquis (le). 
Mart (le). 
Martelions (les). 
Marierais (les). 
Martinet (le). 
Martinette (la). 
Martinière (la). 
Martins (les). 



Martins dessous (les) 
Martins dessus (les). 
Mas (le). 

Mas (les). 

Mas dessous (le). 

Masselin. 

Massettes (les). 

Massonats (les). 

Massurmat. 

Mât (le). 

Mathieux (les). 

Màtre (la). 

Matti. 

Maugi. 

Mau-Nant. 

Maurin (chez). 

Maxigni. 

Mazerie (la). 

Mazet. 

Mécoraz. 

Mégère (la). 



Puygros. 

Aix-les-Bains, Puygros. 

La Balme, Meyrieux-Trouet. 

Albens. 

La Thuile. 

St-Franc. 

Jongieux. 

Entremont-le-Vieux. 

Le Montcel. 

Aillon, le Chatelar. 

La Table. 

Avressieux, Chambéri. 

Les Frasses , Grési-sur-Aix , 

St-Pierre-de-Curtille , St- 

Sulpice, St-Thibaud~de- 

Coux. 
Lépin. 
Lépin. 
Aix-les-Bains, St-Pierre-d'Al- 

bigni, St-Pierre-d'Alvei. 
St-Ours. 
Aillon, Cruet. 
St-Baldoph. 
Cusi. 

Pugni-Chatenod. 
Aix-les-Bains. 
Héri-sur-Albi. 
Le Bourget. 
St-Beron. 
Serrières. 
Albi. 

Verthemex. 
St-Girod. 
Albi. 

Fréterive. 
Albens. 

Ruffîeux, Serrières. 
Ste-Marie-d'Alvei. 



U9 



Meimard ou Meinard. 

Meitenod. 

Melessine. 

Melets (les). 

Ménalet. 

Menard (le). 

Mencard. 

Menges (les). 

Menten (le). 

Mérande. 

Merci. 

Merderai. 

MERI. 

Méri. 

Merles (les). 

Merliiie. 

Merraets (les), 

Mermoz (les). 

Melramiers. 

Meules (les). 

Meuniers (les). 

MEYRIEUX-TROUET. 

Michal (le). 

Michauds d'avat (les). 

Miclielels (les). 

Michelons (les). 

Micliotons (les). 

Micoud. 

Micoulaz (les). 

Miéges (les). 

Minets (les). 

Minjoud. 

Mintaz. 

Miolan. 

Miolanet. 

Mithieux (les). 

MOGNARD. 

Mognard. 



Aix-les-Bains. 

Meyrieux-Trouet. 

Le Chatelar. 

Grési-sur-Aix. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Meyrieux-Trouet. 

Brison-St-Innocent. 

Verneil. 

Mouxi. 

Arbin. 

St-Félix. 

Albens. 

Les Marches. 

St-Jean-de-Coux. 

Albens. 

Les Déserts. 

Le Montcel. 

Le Bourget. 

St-Thibaud-de-Coux. 

Montagnole. 

St-Franc. 

Yimines. 

Sl-Thibaud-de-Coux. 

Aiguebellette. 

StSulpice. 

Lépin. 

St-Beron. 

Cusi. 

Entremont-le-Vieux. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Grési-sur-Aix. 

St-Pierre-d'Albigni. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Vimines. 

Epersi. 



450 

Moiroux (les). 
Molasses (les). 
MOLETTES (LES), 
Molière (la). 
Molinet (le). 
Mollambert. 
Mollar (le). 



Mollar-Cretin. 
Mollar-Cuilli. 
Mollar d'en bas (le). 
Mollar d'en haut (le). 
Mollar de Vion (le). 
Mollarel (le). 
Mollardier. 
Mollar-Rachat. 
Mollars yles). 
Molliénaz. 
Molliène. 
Molliez (le). 
Moliia (la). 
Wonels (les). 
Mongex. 
Monlevet. 
M on pesa rd. 
Mont (le). 



Mont (sur le). 
Montabou. 



St-Félix, St-Paul. 
Cognin, St-Jean-de-Coux. 

La BioUe. 

St-Offenge dessous. 

St-Jean-de-la-Porte. 

Aillon, Albens, Ayn,Bassens, 
la Bridoire, Curienne, En- 
tremont-le-Vieux , les Mo- 
lettes , le Monlcel, la Ra- 
voire, St-Baldoph, St-Jean- 
d'Arvei, Saint-Maurice-de- 
Rolherens , Saint - Paul , 
Si-Pierre-de-Curtille, St- 
Sulpice, Sonnaz, la Table. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Arvillar. 

Vimines. 

Vimines. 

Chindrieux. 

Villar-Sallet. 

Le Chatelar. 

St-IMerre-d'Albigni. 

Pugni-Chatenod. 

Chainaz. 

Hcri-sur-Albi. 

Arvillar. 

Aiguebelletle. 

Loisieux, la Thuile. 

Chambéri. 

Arvillar. 

Arvillar. 

Bassens, Bellecombe, Chai- 
naz, le Chatelar, le Noyer, 
Ontex, Saint-Genix, Saint- 
Offenge dessous, la Thuile. 

Chambéri. 

La Croix-de-la-Rochette. 



451 



Montagin. 

Montagne (la). 

Montagnei. 

Montagni. 

Montagnin. 

MONTAGNOLE. 

Monlanduaz. 

Montarlet. 

Montauger dessous. 

Montauger dessus. 

Montaz (la). 

Mont-Basin. 

Monlbel. 

Mont-Benoît. 

Mont-Bertrand. 

MONTCEL(LE). 

Mont-Charvet. 

Mont-Charvin. 

Mont-Clerion. 

Mont-Coinon. 

Mont-Desir. 

Mont-Dragon. 

Mont-Durand. 

Montée (la), 

Montcrminod. 

Montessui dessous. 

Montessui dessus. 

Montfalcon. 

Montfleuri. 

Montfort. 

Montgelaz. 

Monthieux. 

Monthoux. 

31ontignons (les). 

Montisbod deçà. 

Montisbod delà. 

Mont-Julios (le). 

Mont-Lambert. 



Lucei. 

Léjîin. 

RulFieux. 

Arilh, St-Jean-d'Arvei , Son- 

Lucei. [naz. 

Le Bourget. 

La Motte-Servolex. 

La Motte-Servolex. 

La Motte-Servolex. 

Cessens, St-Pierre-d'Albigni. 

Verel-Pragondran. 

Novalaise. 

St-Pierre-d'Albigni. 

La Rochette. 

St-Baldoph. 

Cognin. 

Rufïîeux. 

Albi. 

Albi. 

St-Germain. 

St-Germain. 

Héri-sur-Albi. 

St-Alban. 

La Motte-Servolex. 

La Motte-Servolex. 

La Biolle. 

Arvillar. 

St-Sulpice. 

Curienne, Puygros. 

Novalaise. 

St-Jean-de-Chevelu, la Thuile 

Ayn. 

Bellecombe. 

Bellecombe. 

Le Cliatelar. 

St-Jean-de-la-Porte . 



152 

Montlevin. 

Montlorgeon. 

Montmarlet. 

MONTMELTAN. 

Montmillerat. 

Montpelaz. 

Montplan. 

Montpont. 

Monti-acul. 

Montraillant (le). 

Montriond. 

Monlaboud. 

Montordu. 

Monluizel. 

Montvagnard. ■ 

Morands (les). 

Moral. 

Morels (les). 

Morges. 

Morin (chez). 

Morion. 

Mornant. 

Mossens. 

MOTTE -EN-BEAUGES 

(LA). 
MOTTE-SERVOLEX 

(LA). 
MOTZ. 
Mouchet (le). 

Moulin (le). 
Moulin des Clercs (le). 
Moulin de Tête (le). 
Moulin deVaretasse(le). 
Moulins (les). 



Moulins de Thibaud (les) 



Chignin. 

Ruffîeux. 

Curienne. 

Ste-Hélène-du-Lac. 

Aillon. 

Fréterive. 

Albi. 

Cliambéri. 

St-Pierre-de-Souci. 

La Thuile. 

La Rochette. 

Le Chatelar. 

Vions. 

Albens. 

Héri-sur-Albi. 

Cliambéri-le-Vieux. 

St-Offenge dessous. 

Si-Franc. 

St-Pierre-de-Curtille. 

Cessens, la Thuile. 

Cessens. 

St-Cassin. 



Lescheraine, Saint-François- 
de-Sales. 

Curienne, le Monlcel. 

Le Monlcel. 

Le Monlcel. 

Le Monlcel. 

Bellecombe, la Bridoire, Dé- 
trier, Fréterive, la Molte- 
Servolex. 

Le Bourget. 



f5S 



Moutiers. 


Albi. 


Mouton. 


Serrières. 


MOUXI. 




Moiixi. 


Albens. 


Mulet (le). 


St-Franc. 


Munins (les). 


St-Alban-de-Montbel. 


Muraille (la). 


Vions. 


Murais (les). 


Cusi. 


Mure. 


Gerbaix, les Marches. 


Muret (le). 


Aillon. 


Murger (le). 


Loisieux. 


Murgue! (le). 


Aix-les Bains. 


Murs. 


Les Marches. 


Musselin. 


St-Baldoph. 


Mussieux. 


La Cliapelle-St-Martin. 


Myans. 


Les Marches. 


NANCES. 




Nances dessous. 


Nances. 


Nances dessus. 


Nances. 


Nandrion. 


Trévignin. 


Nant (le). 


St-Baldoph, Motz. 


Nantet (le). 


St-Offcnge dessous. 


Nant-Favai. 


Cusi. 


Nantriond (Je). 


Trévignin. 


Nattes (les). 


Albens. 


Neirets (les). 


Novalaise. 


Ncquidez. 


La Ravoire, la Tliuile. 


Nerdais. 


Le Bourget. 


Néritan. 


Sl-Beron. 


Nernai (le). 


Mognard. 


Netin. 


Yenne. 


Nez in. 


Chambéri. 


Nicodel. 


La Thuile. 


Nigon (le). 


St-Beron, 


Nivolet. 


St-Alban, St-Jean-d'Arvei 



154 




Noio. 


Aiguebellette. 


Noiret (le). 


La Motte - en - Beauges , la 




Motte-Servolex. 


Noiriat (la). 


St-Pierre-d'Albigni. 


Nonnet. 


St-Cassin. 


Noiaret. 


Cusi. 


Nouvelle-Mécoraz. 


Serrières. 


NOVALAISE. 




Novel. 


Serrières. 


NOYER (LE). 




Noyer (le). 


Cliambéri^ Novalaise. 


Oliers (les). 


Vions. 


Oncieu. 


St-Pierre-d'Alvei. 


Oncin. 


Atlignal Oncin. 


Onex. 


Motz. 


ONTEX. 




Oratoire (V). 


St-Cassin. 


Orbessieux. 


Rufïîeux. 


Orlier. 


Albens. 


Orme (1'). 


La Biolle, Chainaz. 


Paberi. 


Le Petit-Barbera. 


Paclîoud (chez). 


La Thuile. 


Pacots (les). 


Aix-les-Bains. 


Palais (le). 


Apremont, la Bridoire. 


Palatins (les). 


Yenne. 


Palliasse (la). 


Bassens. 


Palud (la). 


Cusi , Lescheraine , St-Jean 


* / 


de-la-Porte, Thoiri. 


Panillon. 


Vions. 


Panlou. 


Le Bourget. 


Panloiip. 


St-Germain. 


Panquets (les). 


Ruffîeux. 



4 55 



Panton. 
Panions (les). 
Papeterie (la). 
Parc (le). 
Parella. 
Paris (les). 
Patrons (les). 
Pattu. 
Paux (les). 
Pavots (les). 
Pécliet (le). 
Pegi. 
Peisse (la). 

Penei (le). 
Penon. 
Pérou (le). 
Perrets (les). 
Perrier (le). 
Perrière (la). 
Perriers (les). 

Perroet (le). 
Perron (le). 
Perrouses (les). 

Perrucons (les). 
Petellaz (les). 
PETIT-BARBERA (LE) 
Pelit-Caton (le). 
Petite-Laisse (la). 
Petite-Montagne (la). 
Petit-Foré. 
Petit-Mont (le). 
Petit-Villar (le). 

Pétrel. 
Petrelle (la). 



Aillon. 

Chambéri-le-Vieux. 

Le Bourget. 

La Biolle. 

Héri-sur-Albi. 

Loisieux. 

St-Thibaud-de-Coux. 

AIbi, Si-Félix. 

Sl-Pierre-d'AIbigni. 

Loisieux. 

St-Pierre-d'Albigni. 

Albens. 

Jacob-Bellecombetle, la Ra- 

voire. 
Apremonl. 
Aillon. 
Le Montcel. 
Entremont-le-Vieux. 
Le Noyer. 

Cusi, Sl-Thibaud-de-Coux. 
Sl-Alban, St-François- de- 

Sales, Vimines. 
Al b en s. 

St-Alban-de-Montbel. 
La Molte-Servolex, Ruflîeux, 

Vogian. 
Corbel. 
Cusi. 

Le Bourget. 

Sl-Alban, la Ravoire. 

St-Baldoph. 

Avressieux. 

Le Cliatelar. 

La Chapelle -du -mont- du - 

Chat. 
Tresserve. 
St-Pierre-de-Souci. 



156 

Peyrouse (la). 
Piagets les). 
Pichat (le). 
Picolets (les). 
Pière (la). 
Pierre (la). 
Pierre-Achée. 
Pierre-Cuse. 
Pierregrosse. 
Pierre-Rouge. 
Pignieu. 
Pijoles (les). 
Pilli. 
Pi net. 

Pinèdes (les). 
Pingon. 
Pins (les). 
Pinlaz (la). 
Piochet. 
Piochons (les). 
Piolats (les). 
Piollet (chez). 
Pirod (le). 
Pirote. 

Pissatière (la). 
Pissière (la). 
Pissieux (les). 
Place (la). 
Place d'Armes (la). 
Plagne (la). 
Plagnes (les). 
Plaine (la). 
Plain-Palais. 
Plaisse (la). 
Plama. 
Plan (le). 



La Ravoire. 

Les Molettes. 

Ste-Hélène-dii-Lac. 

Verneil. 

La Thiiile. 

ïresserve. 

Les Marches. 

Le Bourget. 

Apremont, Montagnole. 

Vimines. 

St-Genix. 

St-Paul. 

Chindrieux. 

Lépin. 

Sl-Girod. 

La Motte-Servolex. 

Entremont-le-Vieux. 

Cognin. 

Chambéri. 

Ayn. 

Ccssens. 

St-Pierre-de-Curtille. 

St-Beron. 

Rufïîeux. 

Le Pont-Beauvoisin. 

La Bridoire. 

Le Chatelar. 

Chignin. 

La Thuile. 

Entremont-le-Vieux. 

La BioHe. 

Le Bourget, Détrier. 

Les Déserts. 

St-Offenge dessous. 

St-Alban. 

Aillon, la Bridoire, Francin, 

le Montcel , St-Pierre-de- 

Souci. 



PLANAISE. 

Planchamps. 

Planchevri. 

Plan de la Chaise fie). 

Planei (le). 

Plan-Marlin. 

Plantaz (la). 

Planté (le). 

Plantés (les). 

Plat (le). 

Platière (la). 

Platières (les). 

Platon (le). 

Pkts (les). 

Plevieux. 

Plotiers fies). 

Pognients (les). 

Poinçon. 

Polie. 

Pollets (les). 

Polliei's (les). 

Potin (le). 

Pomet. 

Pommier-Champet. 

Poncet (le). 

Poncets (les). 

Ponsiers (les). 

Pont (le). 

Pont-Beau. 

PONT - BEAUVOISIN 

(LE). 
Pont-Belon. 
Pontet (le). 
Pont-Neuf (le). 
Pont-Rouge (le). 
Pont-St-Charles (le). 
Pont-St-Martin (le). 



4S7 

Bellecombe. 

Le Chatelar. 

Le Chatelar. 

St-Cassin. 

Entremont-le-Vieux. 

La Bridoire, le Bourget, St- 

Pierre-d'Albigni. 
Chambéri. 
Le Petit-Barberaz. 
Bassens, Chambéri. 
St-Jean-de-Chevelu. 
La Bauche. 

Montagnole, St-Cassin. 
Héri-sur-Albi. 
Rochefort. 
Les Frasses. 
Ste-Hélène-du-Lac. 
St-Germain. 
Albi. 

St-Tliibaud-de-Coux. 
Chambéri-le-Vieux. 
Dullin. 

Chanaz, Entromont-le- Vieux. 
Curienne. 
Les Marches. 
La Thuile. 
Lescheraines. 
Cognin^ Lescheraines. 
St-Pierre-de-Curtille. 



La Trinité. 

Montagnole. 

Albi. 

Aix-les-Bains. 

Cognin. 

Les Echelles. 



158 



Port (le). 


Aiguebellelte, Lépin. 


Porthoud dessous. 


Chanaz. 


Porlhoud dessus. 


Clianaz. 


Porliers (les). 


La Table. 


Portmillet. 


La Balme. 


Postillons (les). 


Villar-Sallet. 


Pouille ou Pouilli. 


St-Pierre-de-Souci. 


Poulli. 


Albens, Grési-sur-Aix 


Pouisat (le). 


Le Pont-Beauvoisin. 


Pragondran. 


Verel-Pragondran. 


Prailles (les). 


Chanaz. 


Praire (la). 


St-Thibaud-de-Coux. 


Pravaux. 


St-Sulpicc. 


Praz. 


Cliindrieux. 


Praz (la). 


Cusi. 


Pré (le). 


Aiguebellelte. 


Précherel ou Préçheret. 


Jarsi. 


Pregi. 


Avressieux. 


PRESLES. 




Provenchère (la). 


La Table. 


Prieuré (le). 


Frété rive. 


Puer. 


Aix-les-Bains. 


Pugnet. 


Chambéri. 


Pugni. 


Pugni-Chatenod. 


PUGNI-CHATENOD. 




Puits (le). 


Trivier. 


Putliods (les). 


Lucei. 


Puligiiai. 


Ruffîeux. 


Putigni. 


Chambéri-le-Vieux. 


Putignieu. 


Novalaise. 


Puy (le). 


Lepin. 


PUYGROS. 




Puysat (le). 


Montagnole. 


Puyset (le). 


Planaise, St-Jeoire. 



Quart de Pétrel (le). 



Tresserve. 



Quetière (la). 
Quidoz (chez). 
Quinfiot. 



1Ô9 



Avressieux. 
Vimines. 
St-Pierre-de-Curtille . 



Raclet (le). 
Radèles (les). 
Raiïis (les). 
Raffour (le). 
Ragé. 
Rager. 
Ramade (la). 
Rami (sous). 
Raneaux. 
Raniers (les). 
Rapillat. 
Raserai. 
Rassignolet. 
Rats-Gris (les). 
Rattes (les). 
Ravei (le). 
Ravet (le). 
Ravière (la). 
RAVOIRE (LA). 
Ravoire (la). 

Ravoreaz. 
Rayes (les). 
Reljottons (les). 
Recans (les). 
Reffieux (le). 
Régi. 
Reinaad. 
Remollar. 
Repidan. 
Replat (le). 
Replals (les). 



St-Beron. 

St-Pierre-de-Curtille. 

Cusi. 

Le Bourget. 

Avressieux. 

Sonnaz. 

Ste-Hélène-du-Lac. 

Le Bourget. 

Molz. 

Cognin. 

Cusi. 

St-Alban. 

Lépin. 

Corbel. 

Chindrieux. 

St-Beron. 

Chambéri. 

Chainaz, Cruet. 

Le Bourget, Saint- Jean- de- 

la-Porte. 
Yenne. 
La Balme. 
Loisieux. 
Yenne. 
Yenne. 
Avressieux. 
La Bridoire, Metz. 
St-Ours. 
La Table. 
Avressieux, Thoiri. 
St-Jean-de-Coux. 



160 

Reposieii. 
Revel. 

Reveriaz (la). 
Revers (le). 
Revilliet. 
Reynaud (le). 
Reys (les). 
Ribitel. 
Ribolet. 
Richards (les). 

Ricordes (les). 
Rieu (le). 
Rigauds (les). 
Rigolet. 
Rippcs (les). 
Riondet. 
Risolet. 
Ritouds (les). 
Rivaux (les). 
Rive (la). 
Rives (les). 
Rivoire (la). 
Rivollins (les). 
Roasson. 
Robert (chez). 
Roberts (les). 
Rochassieux. 
Roche (la). 
Roche (entre). 
Roche (sur). 
Roche (sur la). 
ROCHEFORT. 
Rocher (le). 
Rocherai. 
Rocheron* 

Rochets (les). 



Le Petit-Barberaz. 
Montagnoie. 
Chambéri. 
St-Offenge dessous. 
Domessin. 
La Bridoire, Molz. 
Cusi. 

"St-Girod. 
Détrier. 

Novalaise , Saint -Pierre- de- 
Souci. 
Les Déserfs. 
Gerbaix. 

En tremont-le- Vieux. 
Chindrieux. 
Mognard. 
Lépin. 

Meyrieux-Trouel. 
Le Montccl. 
Le Pont-Beauvoisin. 
Cruet. 

St-Maurice-de-Rotherens. 
La Bridoire. 
Aillon. 
La Biollo. 
Trévignin. 
Sl-Ours. 
La Bridoire. 
Cessons. 
Jarsi. 
Jarsi. 
St-Germain. 

La Molte-en-Bauges. 
St-Offenge dessous. 
St-Baidoph , St-Maurice-de- 
Rotherens. 
Chambéri. 



ROCHETTE (LA). 

Rochette (la). 

Rojux. 

Romarguc (la). 

Rondière. 

Rongère. 

Ronjieux. 

Ronjoux. 

Roqueran. 

Rosaz (les). 

Roselei. 

Roses (les). 

Rosière. 

Rossats (les). 

ROTHERENS. 

Rotherens. 

Roue (la). 

Rougeaux (les). 

Roulant. 

Roussillon. 

Rousin. 

Routhéne. 

Routins (les). 

Ruaz (la). 

Rubaud. 

Rubins (les). 

Ruetraz. 

Ruffîer. 

RUFFIEUX. 

Ruttet (le). 



161 

La Bridoire. 

Ruffîeux. 

Ste-Hélène-du-Lac. 

La Thuile. 

La Thuile. 

La Motle-Servolex. 

St-Baldoph, la Motle-Servo- 

Aillon. [lex. 

Corbel. 

Meyrieux-Trouet. 

St-Beron, St-Pierre-de-Souci. 

Novalaise. 

Corbel. 

St-Maun'ce-de-Rothèrens. 

Dullin. 

StPaul. 

Grési-sur-Aix. 

Lescheraine. 

Vimines. 

St-Pierre-de-Souci . 

Montagnole. 

La Table. 

St-Paul. 

Loisieux. 

Héri-sur-Albi. 

Le Pelit-Barbera. 

Sonnaz. 



SAINT-ALBAN. 
SAINT - ALBAN - 

MONTBEL. 
Saint-An loine. 
SAINT-BAL DOPH, 



DE- 



St-Picrre-de -Souci. 



11 



162 



SATNT-BERON. 

Saint-Bonnet. 

SAINT-CASSIN. 

SAINT- CHRISTOPHE. 

Saint-Christophe. 

Saint-Claude. 

Saint Donat. 

Sainte-Catherine. 

SAINTE-HELENE-DU- 
LAC. 

Sainte-Hélène-du-Lac. 

SAINTE-MARIE-D'AL- 
VEI. 

SAINTE-REINE. 

SAINT-FELIX. 

SAINT-FRANC. 

SAINT-FRANÇOIS-DE- 
SALES. 

SAINT-GENIX. 

Saint-Georges. 

SAINT-GERMAIN. 

Saint-Gilles. 

SAINT-GIROD. 

Saint-IIugon. 

Saint-Innocent. 

Saint-Jean. 

SAINT-JEAN-D'ARVEI 

SAINT-JEAN-DE-CHE- 
VELU. 

St-JEAN-DE-COUX. 

SAINT-JEAN-DE-LA- 
PORTE. 

SAINT-JEOIRE. 

Saint-Jeoire dessous. 

Saint-Jeoire dessus. 

Saint-Laurent. 

Saint-Martin. 

Saint-Maurice. 



Ste-Marie-d'Alvei. 



St-Cassin. 

St-Cassin. 

Albi. 

La Bridoire. 



St-Girod. 



Chambéri. 

St-Pierrc-de-Curtille. 

Arvillar. 

Brison-St-Innocent. 

St-Jcan-dc-Conx. 



St-Jeoire. 
St-Jeoire. 
Cruct. 

St-Christophe. 
Albi, la Rochelte, St-Mau- 
rice-de-Rotherens. 



163 



SAINT- MAURICE -DE- 




ROTHERENS. 






SAINT-OFFENGE DES- 




SOUS. 






SAINT-OFFENGE DES- 




SUS-. 






Saint-Ombre. 




Chambéri-Ie-Vieux. 


SAINT-OURS. 






SAINT-PAUL. 






Saint-Philippe. 




St-Jean-de-la-Porle. 


Saint-Pierre. 




Apreniont. 


SAINT-PIERRE-D'AL- 




BIGNI. 






SAINT- PIERRE-D'AL- 




VEI. 






SAINT - PIERRE - 


DE- 




CURTILLE. 






SAINT - PIERRE - 


DE- 




GENEBROZ. 






SAINT-PIERRE-D'EN- 




TREMONT. 






SAINT -PIERRE - 


DE- 




SOUCI. 






Saint-Saturnin. 




Chanibéri. 


Saint-Sigismond. 




Aix-lcs-Bains. 


Saint-Simond. 




Aix-lcs-Bains. 


SAINT-SULPICE. 






SAINT-THIBAUD 


-DE- 




COUX. 






Saint-Vi. 




Apremont. 


Saint-Victor. 




Trévignin. 


Saint-Vincent. 




Trivier. 


Salière. 




St-Germain. 


Salins. 




Cognin, St-Jean-d'Arvei. 


Salle (la). 




Avressieux, la Motte-Servolex 


Sancet (chez). 




Le Petit-Barbera. 


Saugeai (le). 




St-Alban-de-Monlbel, Thoiri 


Saunière (la). 




Chanipagneux. 



164 

Saussaz (la). 
Sauvages (les). 
Saudiez. 
Sandres (les). 

Salai. 

Saugei (le). 
Sargoëns. 
Savigni. 
Secrétaire (le). 

Sei. 

Seloge. 

Semelard. 

Semelaz. 

Senière (la). 

Sérarge. 

Sernaz. 

Serraz (la). 

SERRIERES. 

Servage (la). 

Servolex. 

Sever (le ou en). 

Sibilliat. 

Simons (les). 

Soffa. 
Sômont. 
Sômont le bas. 
Sômont le haut. 
SONNAZ. 
Sonnaz. 
Sordet. 
Souci. 
Soudans. 
Sourd (le). 
Soyère. 
Suard (le). 



St-Pierre-d'Albigni. 
Mognard. 
Aix-les-Bains. 
Pugni-Chatenod, St-Pierre- 

d'Albigni. 
Le Petit-Barbera. 
Jarsi. 

St-Germain. 
La Biolle. 
La Chapelle -du -mont -du - 

Chat. 
St-Pierre-d'Albigni. 
Les Marches. 
Ontex. 

Conjux, St-Pierre-de-Curtille 
St-Cassin. 

Drumettaz-Clarafond . 
St-Germain. 
Le Bourget, St-Cassin. 

Tresserve, le Vivier. 

La Motte-Servolex. 

Apremont. 

St-Franc. 

Aix-les-Bains, St-Thibaud- 

de-Coux. 
St-Félix. 

Ruflîeux, St-Jean-de Chevelu 
Yennc. 
Yenne. 

Laissaud. 

Curienne. 

St-Pierre-de-Souci . 

Yenne. 

Le Pclit-Barberaz. 

Le Bourget. 

Rochefort. 



Suavets (les). 
Suerin. 



16^ 

Saint-Offenge dessous, Saiot- 

Offenge dessus. 
Traize. 



Taballets (les). 
TABLE (LA). 
Taillât (la). 
Tardis (les). 
Tarenci. 
Tareus (les). 
Tartavan. 
Taupiers (les). 
Teppaz (les). 
Terreaux (les). 
Terrels (les). 
Terres (les). 
Terre-Sainte. 
Terroux (les). 
Tcssieu (le). 
Tessonnière (la). 
Tête (chezj. 
Tevenons (les). 
Teyeu (le). 
Thélou. 
Thé ou. 

Thevenon (le). 
Thiollière (la). 
THOIRL 
THUILE (LA). 
Thuix. 
Tiapes (les). 
Tilleret (le). 
Tillière (la). 
Timonières. 
Tirard (chez). 
Togniet. 



Bellecombe. 

StGenix. 

St-Pierre-d'Alvei. 

La BioUe. 

Yenne. 

St-Franc. 

Cessens. 

Entremont-le-Vicux. 

Yenne. 

Le Vivier. 

Cusi. 

Arvillar. 

Yenne. 

Bellecombe. 

La Motte-Servolex. 

St-Pierre-de-Curtille. 

Dullin. 

Yenne. 

La Chapelle-St-Martin. 

Yenne. 

St-Franc. 

Cognin, Cusi, St-Cassin. 



Le Bourget. 

Thoiri. 

VerelPragondran. 

Bordeau. 

Le Bourget. 

St-Christophe. 

La Table. 



166 

Toncts (les). 

Toquets (les). 

Tore. 

Tormère. 

Torméri. 

Torson. 

Touche (la). 

Toiichefeii. 

Tougeraz (la) 

Toulon. 

Tour (la). 



Tournassat. 
Tours (les). 
Tours de Montmayeur 

(les). 
Touvet (le). 
Touvière. 
TRAIZE. 
Tramonex. 
Tremblai (le). 
Trepus (le). 
Très-Roche. 
TRESSERVES. 
TREVIGNIN. 
Trevouet. 
Trial. 

TRINITÉ (LA). 
Trins (les). 
TRIVIER. 
Troissi. 
Trolliu (le). 
Trompe (la). 
Tronche (la). 
Tropaz (la). 
Trouet. 
Trousse (la). 



Chanaz. 

St-Offenge dessous. 

Avressieux. 

Thoiri. 

Chignin. 

Bissi. 

Le Pont-Beauvoisin. 

Loisieux. 

Avressieux. 

La Chapelle St-Martin. 

Albens, Cessens, Frélerive, 

le Petit -Barbera, St-Cas- 

sin, Ste-Hélène. 
La Thuile. 
Chignin. 

Villar-Sallet. 
Ste-Hélène-du-Lac. 
St-Félix, Yenne. 

Belmont-Tramonex. 
La Motte-Servolex. 
St-Franc. 
Jarsi. 



Meyrieux-Trouet. 
Traize. 

St-Paul. 

La Biolle. 

Aiguebellette. 

Cusi. 

Fréterive, 

Cusi. 

Meyrieux-Trouet, 

La Ravoire. 



Truiton. 
Tuilière (la). 
Tululière. 
Tumonière. 



467 



St-Genix. 
Lucei. 

La Bridoire. 
Le Bourget. 



Udrians (les). 

Urice. 

Uris. 



La Biolle. 

Rochefort^ St-Genix. 
St-Genix. 



Vacheresse. 
Vachet (le). 
Val (laj. 
Valetaz (les). 
Vallère. 
Var (le). 
Varandes (les). 
Varons (les). 
Varres fies). 
Vars. 
Vauche. 
Vaura (la). 
Vaute (la). 
Vautereis (les). 
Velats (les). 
Veloutaz. 
Venaise. 
Veniper. 
Veraz. 
Verdan. 

Verdet, 
Verdet (chez). 
Verdun. 
Verel. 



Verthemex. 

Curienne. 

St-Germain. 

St-Thibaud-de-Coux. 

Avressieiix. 

Le Chatelar. 

Arvlllar. 

Le Bourget. 

Arvillar. 

Chindrieux. 

Les Marches. 

La Bridoire. 

Avressieux. 

Cusi. 

St-Paul. 

Yenne. 

Serrières. 

Trévignin. 

Chindrieux. 

La Chapelle - Saint - Martin , 

Traize. 
St-Germain. 
St-Pierre-de-Souci . 
Cruet. 
Verel-Pragondran. 



168 

VEREL-DE-MONTBEL 
VEREL-PRAGON- 
DRAN. 

Verêtre. 

Vereyzins dessous. 
Vereyzins dessus. 
Verger (le). 
Vermont. 
Vernai (le). 
Vernat (le). 
Vernatel. 
Vernaud. 
Vernei (le). 

Vernel. 

VERNEIL. 

Vernet. 

Verolets (les). 

Verrière. 

Vertbois. 

VERTHEMEX. 

Vertin. 

Vetonne. 

Vetro. 

Vettaz (la). 

Veytrier. 

Vezins (les). 

Vergenucle. 

Vi (la). 

Viaget (le). 

Vielle (la). 

Vieugerel. 

Vigeot (le). 

Vignes (les). 

Vignier (le). 

Village du Lac (le). 

Vilkge du Milieu (le). 

Villar (le). 



Jarsi. 

Lucei, 

Lucei. 

Le Bourget. 

Le Petit-Barberaz. 

Mognard. 

Jongieux. 

St-Jean-de-Chevelu. 

St-Sulpice. 

Avressieux, Héri-sur-Albi , 

Verneil. 
Verneil. 

Curienne. 
La Table. 
Le Chatelar. 
Grési-sur-Aix. 

Traize. 

Ayn. 

Héri-sur-Albi. 

La Bauche. 

Lucei. 

Yenne. 

Dullin. 

Aillon. 

Trivier. 

Cessens. 

St-Ours. 

Yenne. 

Villar-Sallet. 

Le Bourget. 

La Thuile. 

Douci. 

AilIon, la BioUe, la Chapelle- 



Villarbé. 
Villarcher. 
Villar derrière. 
Villar devant. 
VILLAR- D'HÉRI. 
Villar-Domenge. 
Villaret (le). 



Villaret-Rouge (le). 
Villar-Ibert. 
Villar-Laprin. 
Villar-Marin. 

Villar-Martin. 

Villar-Peron. 

Villar-Philippon. 

Villar-Prin. 

Villar-Rouland. 

VILLAROUX. 

Villar-Rouge. 

Villars (les). 

VILLARSALLET. 

Ville (la). ^ 

Villeneuve. 
Villes derrière (les) 
Villes devant (les). 
Villette. 
Villette (la). 

VIMINES. 
Vinchots (les). 



169 

du-Mont-du-Chat, Chignin, 
Douci, les Echelles, Ecole, 
Fréterive, Montagnole, la 
Motte-Servolex , St-Chris- 
toplie, St-Jean-d'Arvei. 

Les Molettes. 

Voglan. 

Bellecombe. 

Bellecombe. 

St-Pierre-de-Souci. 

Le Chatelar, Etable, Lesche- 

raine , Meyrieux - Trouet, 

St-Alban. 
Le Chatelar. 
Les Molettes. 
St-Pierre-de-Souci . 
La Motte - Servolex , Saint- 

Sulpice. 
Avressieux. 
La Molte-Servolex. 
La Motte-Servolex. 
St-Pierre-de-Souci. 
Cessons. 

Le Chatelar. 
Apremont. 

Aix -les- Bains , Albens , les 
Molettes^ le Noyer. 

Cognin, le Montcel, St-Alban 

Les Déserts. 

Les Déserts. 

La Ravoire. 

La Biolle, la Motte-Servolex, 
St-Girod. 

St-Paul. 



470 

Violette (la). 
VION. 

Viondis (les). 
Viri. 

Vissard (le). 
Vitets (les). 
Viuz. 

Viviand (chez). 
Vivier (le). 
VIVIERS (LÉ). 
VOGLAN. 
Volonta. 
Voûtes (les). 
Vouthiers (les). 
Vovrai. 
Vullioux (les). 



Chambéri. 

La Trinité. 

Albi. 

La Table. 

Albi. 

Chindrieux. 

Le Chatelar. 

Chignin, Rochefort. 



Yenne. 

St-Pierre-de-Cur tille . 
St-Offenge dessus. 
Serrières. 
Loisieux. 



YENNE. 
Yon. 
Yvraz (les). 



Chanaz. 
Villaroux. 




NOTICE 

SUB 

JEAN-MARIE FRÈRE 

DOCTEUR DE TURIN, ANCIEN CHANOINE DE CHAMBÉRY 
CURÉ DE COLLONGES-SOUS-SALÈVE 

ET SUR 

LES MANUSCRITS QU IL A LAISSÉS 

PAR 

JOSEPH DESSAIX 



NOTICE 

SUR 

JEAN-MARIE FRÈRE 

DOCTEUR DE TURIN , ANCIEN CHANOINE DE CHAMBÉRY 
CURÉ DE COLLONGES-SOUS-SALÈVE 

ET SUR 

LES MANUSCRITS QU IL A LAISSÉS 

PAR 

JOSEPH DESSAIX 



Grillct compte au nombre des hommes illustres de 
la Savoie un nommé Frère , natif de St-Julien , curé 
de Colionges-sous-Salève, qui publia, dit-il, divers 
opuscules dans le commememenl du dernier siècle. 

Je dois à l'obligeance de M. Adolphe Dumonl, de 
Bonneville , la communication d'un volume manuscrit 
portant pour titre : OEuvres meslées et esbauchées de 
M. Frère. 

Ce volume contient treize opuscules ou ouvrages 
différents : 

4° Traduction françoise des hymnes du breuiaire ro- 
main, deuost ouurage, diuisé en trois parties, sauoir : 



174 

i"^^ dez le commencement du breuiaire jusqu'à la fin 
des feslcs mobiles, — 2""^ Contient le Propre des 
Saints. — S"**" Le Commun des Saints. 

2° Oratio vnica ad synodum pro anno 4733, jussu 
Illus"" et Rdissimi x)ni ^ Domiui et in Christo Patris 
Michaelis Gabrielis de Rossillion de Bernex Geben- 
ncnsis Episcopi. — Avec cette note : Hsec autem 
secundo scripsi 9« maii 17^3 in gratœ mentis testifi- 
catione pro S^'^^'"'° Prœsule defuncto cujus toties com- 
mensalis fui. 

3° Oraison synodale composée àChaumont et recitée 
au synode d'Annecy le 23 auril 1733 , traduite de 
lallin en françois à Collonge sous Saleue le 15^ may 

47^3. C'est la dernière qu'ait ouïs monseig" de 

Bernex, étant mort au uendredi S' (23 avril ) de 1734, 

4" Compliment funèbre pour feu Monseig' Michel 
Gabriel de Rossillion de Bernex , Eueque et Prince de 
Geneue, mort au uendredy saint 23 auril 1734. — 
N'=* Jay récité ce discours lattin en la conferance de 
Marlioz proche Chaumont le 28 auril mesme année , 
et je lay traduis en François a Collonge sous Saleue le 
20 may 1743 par respect, ueneration et reconnoissance 
enuers le RJissime clefunct. 

3° Breuis Oratio funebris pro illusn^o et Rdissimo ])no 
D"" de Rossillon de Bernex quondam Episcopo et Prin- 
cipe Gebennensi qui animam S^'**'"i='"' Christo consigna- 
uil die 23^ aprilis 1734. 



475 

Hœc uero peroraui die 28= ejusdem mensis in con- 
uenlu seu conferenliâ de Mariiez propeChaumout ciijus 
lune Parrochus eram. 

6° Réponse à la longue lettre de M.... ecclésiastique 
apostat à Genève, en date du i 5 de 474'2, par un doc- 
teur de Turin ancien chanoine de Chambery, le 30 
janvier d742. 

7" Mémoire instructif sur les droits curiaux et pas- 
toraux des R*^* Curés de Collonge sous Saleve contre 
Messieurs de Genève Decimateurs de Bossay. — Petit 
ouvrage adressé au mesme mons"^ apostat a Geneue en- 
suite de nos controuerses^ du 45 feurier 1744. Reddite 
ergo quGC sunt Csesaris Cœsari, et quœ sunl Dei Deo. 
Math. 22, V. 24. Par Mons"" Frère, docteur de Turin, 
ancien chanoine de Chambery, curé du dit Collonge. 

8° Certificat soit rapport des droits que le Roy a sur 
la aille de Geneue, et ses enuirons. Ouurage trauaillé 
par l'archyuiste de Sauoye sous le Seig"' Intendant gê- 
nerai comte Bonaud. Aporté d'Aix par moy le 20 aoust 
4740. 

9" Caroli Emanuelis magni Hispanos ab Italie hse- 
roice propulsantis Encomium , simul et objurgatio in 
ipsos Hispanos Regem noslrum inique inquiétantes. De 
hisce duobus oratio habita in nostro ecclesiastico Con- 
ucntu vulgo Conferentia in œde parœciali vrbis Julia- 
nensis die 48'"» junii ; an : 4742. Hic eliam légère et 
inuenire est omnia addilamcnta ab exordio belli hyspa- 
nici usque ad pacem. 



176 

40'' Histoire lalline abrégée de tout ce qui s'est passé 
en Italie et en Sauoye entre nous et les Espagnols dez 
le commencement de la présente guerre jus(fu'a sa fin. 
La foiblesse des Espagnols, leur peu d'expérience et 
de courage relatiueraent à la grandeur du Roy de Ser- 
daigne , a l'habileté de nos généraux et a l'intrépidité 
de nos troupes. C'est le sujet du présent cajer. -I^juin 
1743. 

il" Chanson sauojarde sur le mauuais succès des 
Espagnols en Italie puis en Sauoye. 

Trois chansons sur les Espagnols chassés de Sauoye 
par l'inuincible Roy Charles Emanuel le 22 octobre 
4742. 

Chançon sur les François chassés d'Allemagne dans 
la présente guerre de 4744. 

Dialogue entre un Sauojard et Don Philippe. — 
Chançon. 

42° Consulte et sentiment sur les afl'aires de Mons"^ 
Doucy comme héritier de M" Delatour son oncle auec 
les héritiers de Mons'^ Deuille. — Donné à CoUonge 
sous Saleve le S""" may 4736. 

43° Consultation ihéologique et canoniste sur la 
question proposée scavoir si un protestant sortant de 
Geneue qui auroit déclaré ouvertement et par écrit en 
présence de trois témoin» vouloir abandonner la reli- 
gion et secte de Calvin, embrasser dès l'heure présente 
la religion romaine, y vivre et mourir, et abjurer so- 



177 
lemncllement dès que le R'* Curé de son domicile l'en 
trouuera capable. Noire protestant dez lors ne retourne 
plus à Geneue , va fréquemment chez le S"^ Curé pour 
se faire instruire, ne manque point sa messe, ni les 
divins offices, ne commerce plus avec ceux de sa secte : 
on demande si un tel prosélyte surpris par la mort avant 
son abjuration solemnelle par l'absence de son direc- 
teur ou par autre sem-blable cause doit être enseveli 
chrétiennement dans nos cimetières. 



Nous allons jeter un coup d'œil rapide sur quelques- 
unes de ces productions. 

La traduction des hymnes est précédée d'une courte 
préface. 

L'auteur y prend soin d'annoncer qu'il a « promis 
une traduction en rimailles et nullement une poésie, et 
qu'ainsi on ne peut lui faire aucun reproche de par le 
Parnasse. « 11 signale au contraire quelques-unes de ses 
licences poétiques qui consistent à faire rimer un sin- 
gulier masculin avec un pluriel du même genre, et à 
faire suivre plusieurs vers masculins sans les alterner 
de vers féminins. 

« On remarquera en outre , dit-il , que pour mieux 
exprimer la pensée de l'autheur lattin, j'ai perpétuel- 

12 



08 

lement donné trois pieds et une syllabe aux emisliches 
qui auoient une finale féminine. » 

« Je me mets peu en peine de la poésie , ajoute-t-il , 
pourvu que d'ailleurs l'original soit traduit dans toute 
sa force. » 

Cette traduction, qui comprend 121 hymnes, fut 
commencée le 10 janvier 1743 et achevée le 6 mai de 
la même année. 

Si le curé Frère employa moins de quatre mois à 
faire plus de 2000 vers , ils se ressentent de la rapidité 
avec laquelle ils ont été composés ; car, à part quelques 
strophes passables, la poésie latine y est complètement 
travestie ; c'est du burlesque sérieux entremêlé de naï- 
vetés avec un style de complainte. 

Dans l'oraison synodale , le curé Frère soutient la 
thèse que les prêtres sont au-dessus des anges, et par 
conséquent bien au-dessus des rois de la terre. 

« prodige admirable, s'ccrie-t-il , digne de notre 
croyance, quoiqu'au dessus de nos entendements! Nous 
devenons une même personne auec le Père, auec Jésus, 
et auec Marie encor? Auec le Père, parceque ce qu'il 
opéra d'abord dans l'incarnation de son Verbe , nous 
l'opérons chaque jour dans nostre ministère; et quant 
au Sauueur , c'est luy qui est le uray prestre quand 
nous l'offrons : c'est luy qui sanctifie, et transubslantie 
nos dons. Enfin j'ay dis que nous devenions une même 
personne auec la S'^ Vierge, parceque le même S' Es- 



179 
prit descend en nous pour nous donner une même 
fécondité : la même vertu du tout puissant daigne 
aussi nous couurir ? Ensorte que paroissaut extérieu- 
rement des hommes nous avons neantmoins une forme 
diuine. Nos mains sont à la vérité des mains d'hommes, 
mais notre voix est la voix de Dieu mesme, puisqu'a 
peine l'entend on que les cieux s'ouurent, Jésus Christ 
obéit, les anges descendent, et les choses les plus bas- 
ses communiquent aux suprêmes. 

)) H n'est donc pas vray que Dieu nous ait placé 
sous les anges , mais au contraire notre condition 
l'emporte sur la leur 

M Passons au deuxième pouuoir des preslres, à qui 
la dignité royale est autant subordonnée , que l'âme 
l'est au corps, et la terre au ciel. Vous scavez, MM., 
comment les souverains gouvernent leurs sujets : ils 
font mettre en prison qui il leur plait, et puis ils les 
libèrent à leur grez : mais ce lien est pour le corps, et 
temporel seulement. Le prestre au contraire, enchaîne 
l'âme mesme, et il est si positivement portier du ciel , 
que s'il vient à l'ouvrir, personne ne peut le fermer, et 
s'il le ferme, nul ne tente ny essaye de l'ouurir. Le Roy 
donc fait grâce au corps, le prestre fait grâce a l'âme, 
par la remission de ses peschés. Et qui peut ainsy re- 
mettre les peschés s'il n'est Dieu mesme V Les armes 
des Roys sont sensibles, celles des prestres invisibles : 
ceux-là font la guerre aux barbares , ceux-ci la font 



i80 

aux Démons : leur principauté l'emporle sur toute 
autre , et c'est pour cela que les monarques s'inclinf^nt 
(levant les prestres pour être bénis d'eux (4). » 

Après avoir ensuite développé la dignité du sacer- 
doce, les devoirs qu'il impose et les vertus qu'il exi§e, 
le prédicateur jette un regard douloureux sur l'Eglise. 

« L'église, dit-il, est souvent obscurcie, deshonorée 
et mesme Corrompue scavoir par les faux frères qui , 
préposés a l'amendement des peuples, leur enseignent 
le vice, peschants publiquement eux qui devroient faire 
cesser tous les desordres ? Tant s'en faut qu'ils l'em- 
portent en sainteté sur les laies leurs inférieurs , qu'au 
contraire ils sont pires et plus mauvais que les sécu- 
liers plongés dans les embarras du siècle. C'est pour- 
quoy au grand jugement les laies seront revêtus de la 
robbe sacerdotale et les mauvais prestres dépouillés de 
leurs dignités, seront relégués parmy les bypochrites 
et les payens. 

)) Qu'ils seront malheureux alors ces faux ministres, 
mais que malheureuse est actuellement l'Eglise épouse 
du Sauveur , confiée a de tels paranimphes , soit ofli- 
ciers de nopces , bien moins amis de l'époux que ses 
rivaux et ses Irailres? malheureuse Eglise a qui ses 
ministres rendent moins d'honneur et de services que 
les lévites n'en rendoienl à la synagogue. Ceux-là 

(1) Pages 288 et suivantes. 



181 
scandalisent tant de foibles consciences, et tant de 
mauvaises paroles partent de leurs bouches , qu'ils 
rendent le nom de noire Dieu méprisable parmy les 
infidelles. Ces malheureux prestres sont comme des 
filets tendus sur le Thabor de l'Eglise, ou ils saisissent 
des victimes pour ensuite les précipiter. Dignes par 
conséquent d'autant de morts, qu'ils communiquent 
de mauuais exemples de leur perdition, « 

Ailleurs il flétrit une certaine catégorie d(! prêtres 
qu'il appelle mercenaires, et qu'il divise en trois classes: 

« Mais quant aux mercenaires indilïorenls sur le 
sort des brebis, ils se reposent et tranquillisent dans 
les plus grandes nécessités; ils se réjouissent quand ils 
devroient pleurer, et dans les dangers marchant testes 
baissées, ils s'y divertissent. Pendant que les autres 
hommes s'occupent et travaillent, eux se plongent dans 
les délices , regorgeants de biens dans leur oisiveté : 
la cupidité et le soin du superflu font leur unique oc- 
cupation , et pour parler d'après S' Bernard, ils n'en- 
trent point dans les peines du genre humain , ils ne 
sont point inquiétés comme les autres ; mais ils le se- 
ront assurément avec les démons dont l'amorce est 
l'oisiveté mesme : d'où vient que le bon mailre con- 
damne aux ténèbres extérieures son domestique fai- 
néant et paresseux. » 

Telles sont les idées qui prédominent dans cette 
oraison synodale , prononcée en latin , comme nous le 



182 

dit l'auteur , en présence de Michel-Gabriel Rossillon 

de Bernex, évêque d'Annecy et de Genève. 

L'oraison funèbre de ce prélat, sans contenir rien 
de remarquable, renferme cependant quelques détails 
de la vie de cet évêque qui ont échappé à ses biogra- 
phes. 

Le cinquième opuscule de l'abbé Frère, en réponse 
à un apostat de Genève, renferme Ions les arguments 
connus contre la religion réformée. 

En parlant des profanations des protestants dans les 
églises , le curé de CoUonges ajoute : 

« La seconde chose que j'ay a vous dire sur les au- 
tels est plus à votre portée, puisqu'elle est arrivée dans 
votre ville de Genève en 15'4'2. Amy Perrin^ capitaine 
gênerai de votre garnison , fit lui-même transporter la 
pierre du grand autel de la cathédrale, dans la place 
ou l'on punissoit les criminels, afin qu'elle servit dé- 
sormais d'échafeau dans les exécutions de la justice, 
et Perrin fut le premier qui ensenglanla cette pierre, 
car il y eut avant tout autre la teste tranchée , et vojé 
qu'on ne badine pas impunément de nos saints autels.» 

Le mémoire qui suit a rapport aux droits curiaux et 
pastoraux des curés de CoUonges. Il est adressé au 
même individu. 

M. Frère y expose qu'on lui retient depuis sept ans 
ses honoraires sacrés de Bossay, par la plus criante et la 
plus sacrilège des injustices , et demande qu'on lui ad- 



183 
juge la moitié prébende des bénéfices de Bos&ay, ou que les 
decimateurs du dit lieu y entretiennent un prêtre pour les 
catholiques. 

li énonce ainsi les motifs de cette prétention : 

« Bossay est une paroisse conliguë à celle de Col- 
longes sous Salève proche Genève , possédée par les 
hérétiques dès leur apostasie sous Jean Calvin. 

)) Cette paroisse est aujourd'hui my partie de ca- 
tholiques et protestants : ceux-ci ont un temple et un 
ministre audit Bossay : et les catholiques au contraire 
dudit lieu , vivraient en sauvages , sans les peines et 
soins pastoraux du Rd. curé de Collonges , comme 
cy-après. 

5) Car la forte moitié dudit Bossay, tout le village de 
Lacombe qui en dépend , sont en pure Savoye , ainsy 
la religion protestante leur est absolument prohibée et 
interdite. Pour professer donc la religion catholique ils 
viennent avec la moitié d'Evorde, seconde dépendance 
de Bossay, ils viennent, dis-je , audit Collonges sous 
Salève, dont le Rd. curé pour satisfaire à leurs besoins 
et dévotions fut obligé de prendre un vicaire en 4739, 
afin de partager avec lui tant de travaux et ne pas 
faire souffrir sa vraye paroisse de Collonges par une 
division de services et par les fréquents voyages qu'il 
faut faire aux dils trois villages de Bossey et dépen- 
dances, vers les malades en pays marécageux. 

M Tous ces pauvres catholiques de Bossay, Lacombe 



184 

et Evorde payent scrupiileusement leurs dixmes à Mrs 
de Genève, sans que ces décimaleurs veuillent fournir 
en rien à ma subsistance, ny à celle du vicaire que j'ay 
pour leur compte, ny à l'entretien du chœur de notre 
église , quoyqu'elle serve à leurs payants dixme , au- 
tant qu'elle sert aux urays paroissiens de Collonges , 
sans parler de l'abandon qu'ils font aux pauvres catho- 
liques dans la distribution des aumônes prises sur la 
dixme dudit Bossay. 

» Pareille injustice de la part de Genève me fit en- 
lever quelques quatorze gerbes aux chanqis des catho- 
liques de Bossay l'n la moisson de 1757. En 1758 jeu 
fis enlever 22 et messieurs de Genève y acquiescèrent 
tacitement par les rabais qu'ils firent à leurs dimiers 
sur mes propres déclarations. En 1759 les dits mes- 
sieurs convaincus de mon droit m'envojèrent six louis 
d'or par leur sindicFabry le 15 juillet 1759. Six se- 
maines après ledit scig^ sindic donna sept louis à M. le 
curé de Feigère qui se trouve par Neydens , dans un 
cas semblable au mien. )> 

Ce magistrat, ajoute-t-il , leur promit que la sei- 
gneurie leur payerait la même somme à perpétuité, et 
qu'il serait passé dans peu de mois un acte authentique 
de cet engagement. 

Mais il paraît que dès lors le payement fut suspendu. 
Le curé de Collonges soutient qu'il doit lui être continué, 
puisqu'il a ainsi charge d'âmes comme le ministre qui, 



185 
commodément logé, servant sa demy communauté sans 
peine et sans course, touche anmiellemeiit deux cents écus, 
tandis que lui très éloigné servant Vautre demy commu- 
nauté à grandes peines et grands frais ne reçoit que quel- 
ques centaines d'avanies, mépris et affronts. 

« Comment prétend-on , dit-il , me faire faire gratis 
ce qu'aucun ministre, s'il le pouvoit, n'entreprendroit 
qu'à gros profit? Comment prétend-on moissonner mes 
sueurs, cueillir me travaux, me faire cultiver la vigne 
sans en manger des raisins ; me faire paître des bre- 
bis, et Genève en avoir la layne avec le laict? » 

11 fait observer que , si ses prédécesseurs ont pris 
patience , c'est qu'ils appelaient cent fois par an les 
révérends capucins à leur secours ; mais que , quant à 
lui, qui n'a aucun droit de faire marcher ces pères, il a 
jugé à propos de s'adjoindre un vicaire qu'il ne peut 
seul nourrir et entretenir. 

A l'objection qui lui est faite qu'il n'est curé des ca- 
tholiques de Bossay que par provision, l'abbé Frère ré- 
pond qu'il ne requiert aussy ses prébendes que par pro- 
vision , c'est-à-dire jusques à ce que par établissement 
d'un pasteur catholique à Bossay on l'ait déchargé des 
trois villages et réduit à l'ancien pied de ses prédécesseurs 
avant Calvin. 

Tels sont en résumé les raisonnements sur lesquels 
le curé Frère se fonde pour appuyer ses prétentions . J'en 
passe plusieurs sous silence , car j'ai hâte de terminer 

12* 



486 

cette analyse déjà trop longue de ses productions , qui 
ne présentent rien de remarquable et n'ont d'autre in- 
térêt pour nous que de renfermer certains renseigne- 
ments sur l'histoire particulière de la commune de Bos- 
sey à cet époque. 

J'arrive aux chansons. Elles se rapportent toutes, 
sauf une seule , à l'invasion des Espagnols en Savoie. 
C'est un persifflage continuel assaisonné de gros sel sur 
le mauvais succès de ces insulaires en Italie , où l'in- 
fant don Philippe et le duc de Montemart sont mis en 
scène. Elles sont en général d'un assez mauvais goût , 
et les expressions saugrenues sont loin d'y manquer. 

Il parait que la première , quoique assez triviale, a 
joui pendant plusieurs années d'une certaine popula- 
rité. Il n'y a rien là de bien étonnant, quand on songe 
aux productions de ce genre qui courent les villages. 

Je la donne ici en entier. 



Montemar, en bonna fay, 
Que pretendié-vos fare? 
Vos vodras le Milanois, 
Mais vos ne Tarez jamais. 
Panavo, panavo, panavo. 

Se dai être pé quaquon, 
E pé notron ray Charle ; 
Car votron dom Philippon 
De cho morcho n'ara boccon. 
Panavo, etc. 



187 

Ramena à sa mama 
Cho popon tant bravo ; 
Dette-liai : Madama, héla! 
Ma fay, pé cetta forna, 
Panavo, etc. 

Los Modenais, megieux d'ognons, 
Fassiévont bin los bravos, 
Mais y se sont recoulas 
Quand notros Liaudos ont cria : 
Panavo, etc. 

A-t-eille bin grou gagna 
Avoy monchu Modéne? 
— Le lia bailla bin d'argent 
Que n'éton ne mai ne min. 
Panavo, etc. 

Magra sen nos en montra 
A cho duc politico 
Qu'avoy no il faut alla 
A la bonna écalafra. 
Panavo, etc. 

Vos y par ma fay, bien fay 
De gagni lé serralie. 
Castropiniano et vos, 
Quand vos panseré à nos, 
Panavo, etc. 

N'attendié pas de secor 
De contre la Provance, 
Car on y entend cria , 
Los Anglos et los Niçards : 
Panavo, etc. 



188 



Et qu'é-vos fait en Savoye, 
"Vos atros de Provence? 
Vos é passa le Galibé, 
Et vaiqua votros lauriers. 
Panavo, etc. 

Votros saudards saront bons, 
Bravo comte de Glimes, 
Pé fare guerra as ognons, 
A los pois et los melons. 
Panavo, etc. 

Ensenada, cho grand fripon, 
Nos a metta en peina, 
Nos menassen sans raison 
De vola nôtres maisons. 
Panavo, etc. 

Nos in pé protecteur 
Cho bon comte de Sada : 
Dieu vollie bin le garda, 
Ensenada diablo emporta. 
Panavo, etc. 

Le bon Dieu nos a rendu 
Notro ray légitimo, 
Et nos le conservera 
Avoy tos sos bons saudards. 
Panavo, etc. 

Corage, mos bons enfants ; 
Vos n'y grand' chousa à craindre ; 
Los Espagnols sont des gens 
Que coront tojors devant. 
Panavo, etc. 



189 



Se vos volié los aborda , 
Gallopa on pou vitto ; 
Car, en n'allant que le pas, 
Jamais vos los attrapa. 
Panavo, etc. 

Ecotta los grands explois 
De les troppes d'Espagne : 
E sont venus en Savoye, 
Creiant d'an faire leu proye. 
Panavo, etc. 

E sont bin tos de Césars, 
A les entendre dire; 
Mais dian le moindre élan 
E faront comme à Milan. 
Panavo, etc. 

A l'ont pray dé généraux 
Bons pé mena les chèvres. 
Avoy tos leus bieaux chevaux, 
A l'ont trop peu de leus pieaux. 
Panavo, etc. 

A l'ont bin vingt bataillons 
Et atant de gens d'armes. 
Crejé-vos que se battront? 
Non : é sont tos de poltrons. 
Panavo, etc. 

On certain maître fripon 
Qu'on appelle Ansenada , 
Vrai intendant de Pluton, 
Valet, magra tos sos noms. 
Panavo, etc. 



190 



De Charles le grand renom 
Los fa serra les fesses. 
L'attendront-y? Oh, que bon! 
E ly montront los talons. 
Panavo, etc. 

Fiera rayna, apprenié donc 
Los bieaux faits de Philippo ; 
Sa grand' réputation 
Le fara ray de carton. 
Panavo, etc. 

Vos, sajé le bien-venu, 
Le grand ray qu'on admire; 
Bin à tems vos é paru; 
Sans vos tôt étay perdu. 
Victoire, victoire, victoire ! 

Toutes les chansons du curé Frère sont dans ce 



goùl-là. 



Le ménétrier Michelin les colportait et les chantait 
dans les villages : c'est du moins ce qui résulte d'un 
couplet de réclame; mais rien ne nous apprend si les co- 
pies qu'il distribuait étaient imprimées ou manuscrites. 

Viste qu'on s'avance, 
Voicy des chansons ; 
Michelin les chante 
Avec son violon. 
Que chacun s'empresse 
Pour en acheter; 
Nous boirons sans cesse 
A votre santé. 



191 

Ailleurs le chansonnier varie sa réclame : 

Voicy Michelin, 
Le violon en main, 
Que tout le monde le voit bien. 
Venés en diligence, 
Achetés en tous ; 
Vitte qu'on s'avance ; 
Aportés des sols 
Pour boire quelques petits coups. 

Le dernier couplet du dialogue entre dom Philippe 
et un Savoyard rend hommage au beau sexe du petit 
village de Landecy. Je ne sais pas si de nos jours il a 
conservé la réputation que lui fait ici le curé chan- 
sonnier. 

C'est à Landecy 

Mille fois plus qu'à Madry 
Qu'on voit des beautés, 

Petites divinités. 

Si vous les avié vu, 
Vous en sérié, prince, ému. 

Vos infantes gratecus 
Vous auraient dès lors parus; 
Mais qu'en aurié vous obtenu? 

La paille, et rien de plus. 

Le curé de Collonges croit devoir terminer ces ma- 
nuscrits par la déclaration suivante ; 

« Par tous ces petits ouvrages on verra que j'ai eu 
de l'empressement pour la théologie, le droit, l'oraison 



192 

et la poésie : si je n'ay réussy dans aucun de ces chefs, 
c'est 1 ° pour ni'être trop divisé et partagé en ces di- 
verses branches ; c'est 2» pour n'avoir pas eu de la 
nature assez de talents , de santé et autres semblables 
secours nécessaires absolument ; c'est 3° pour avoir 
un peu preschotté dans et hors mes paroisses succes- 
sives; car, attaché, comme de raison, à mon sacré 
ministère, j'ai dressé et composé selon ma petite por- 
tée et celle de mes paroissiens : 

« 1° Trois bons volumes de Dominicales; 

)) 2° Deux semblables volumes d'éloges , mystères 
et panégyriques : dans le plus gros desquels on trou- 
vera le cathalogue d'environ trois cents volumes qui 
composent ma gresléc bibliothèque , avec 20 à 25 
discours latlins par moy composés et prononcés en 
diverses occurrences. » 

Je possède un manuscrit qui a pour titre : 

Analyse critique du Dictionnaire historique de Jean- 
Louis Grillel , ouvrage nécessaire à ceux qui ont acheté ce 
dictionnaire, auquel il sert de suppléme^il, pour se former 
une idée complète de la Savoie ancienne et moderne ; sans 
épigraphe, sans dédicace, sans discours préliminaire^, sajis 
affectation et sans prétention, — par un Allobroge qui 
n'écrit que pour passer son temps et que pour lui. 

Cet ouvrage , presque aussi volumineux que le Dic- 
tionnaire de Grillet , est dû à la plume du Voltaire 
savoisien , J.-F. Décret, président de l'assemblée na- 
tionale des Allobroges. 



4 93 
Voici ce qu'on y trouve à la page 316 : 
« Frère, né à Saint-Julien^ curé de CoUonges-sous- 
Salève , a publié divers opuscules, si l'on-en croit 
M. Grillel; sur quoi il se trompe ou trompe le public. 
La vérité est que tous les ouvrages de ce savant sont 
contenus dans un manuscrit in-folio relié en veau doré 
sur trancbe qui a été entre mes mains, et peuvent faire 
comparer l'auteur à un âne couvert d'une bousse de 
brocard à fond d'or. Sa principale occupation a été de 
traduire en français les bymnesdu bréviaire pour loule 
l'année. On ne peut rien voir de si sot, de si plat. Il 
n'y a ni rime, ni raison, ni quantité, ni mesure, ni 
cboix d'expressions, ui style, ni césure, ni observa- 
lion des règles les plus triviales de la versification. Un 
manœuvre, qui, sans savoir ni lire ni écrire, compose- 
rait quelques couplets pour sa maîtresse, accoucberait 
de quelque chose de mieux ; et pour prouver que je ne 
ments pas ni n'exagère, et faire juger des autres au- 
teurs savoyards en manuscrits par celui-là, je joins un 
échantillon de ses productions en jurant, foi d'honnête 
homme, que je n'y ai rien changé et que tout le livre 
ressemble à ce commencement : 

Dans ce saint dimanclie, dans ce premier jour 
Où par le Tout Puissant fut fabriqué le monde, 
Et ou le Créateur prenant vie seconde 
Nous affranchit de mort aussi à notre tour : 
Loing de nous l'assoupissement 
Levons nous tost et promptement 



194 

Et dans les horreurs de la nuit 

Cherchons le prophète promis 

Exaucés nous père bénin 
Et vous fils sorti de son sein 
Avec l'esprit consolateur 
Vous régnerez au temps futeur. 

» Le temps futeur employé par une licence poétique 
au lieu de futur, pour rimer avec consolateur, couronne 
l'œuvre. Je laisse le soin aux lecteurs de relever les 
autres fautes , et à Jean-Baplisle Rousseau de nous 
donner ces hymnes sur un Ion plus élevé el plus su- 
blime. Pour moi, je me contente de traduire quatre 
couplets dune chanson en patois qni en contient vingt- 
quatre, et, en les donnant tels qu'ils sont, d'en placer 
à côté tels qu'ils pourraient être : 

Espagnols, restez en paix! 
Quelle est cette bagarre? 
Vous voudriez le Milanais, 
Mais le prendrez-vous jamais? 
Tarare , tarare , tarare. 

Si quelqu'un devoit l'avoir. 
C'est notre bon roi Charte : 
En main il a le pouvoir; 
C'est un drille ; il faut le voir 
Qui parle , qui parle , qui parle. 

A sa maman bien fessé 
Ramenez don Philippe, 
Et dites-lui : l'insensé 



195 

Pour cette fois a cassé 
Sa pipe, sa pipe, sa pipe. 

Jamais l'on a vu, je croi. 
Si grand guerrier à Sparte ; 
Partout il semé l'effroi ; 
Sa valeur le fera roi 
De carte , de carte , de carte. 

» Et ce roi de carton , pour roi de carie , comment 
le trouvez-vous? comment trouveriez-vous tout ce que 
contient ce grand in-folio, si vous l'aviez sous les yeux? 
Personne ne pourrait se donner la peine de le lire en 
entier. » 

Il a raison ; j'ai sous la main le même manuscrit in- 
folio relié en veau et doré sur tranche , et réellement 
il est quelque peu indigeste. 

Décret , dans son Analyse critique , juge Grillet trop 
sévèrement. Le Dictionnaire historique des départements 
du Mont-Blanc et du Léman renferme de précieuses 
notices auxquelles on aura toujours recours. Si Grillet 
n'a pas su tirer tout le parti possible des nombreux 
documents qu'il a consiUtés, on ne saurait lui refuser 
le mérite de laborieuses recherches. On ne doit, il est 
vrai, le consulter qu'avec précaution, et il ne faut pas 
enregistrer aveuglément les brevets d'immortalité qu'il 
décerne à un grand nombre de Savoisiens. 

La partie biographique est surtout traitée d'une ma- 
nière très légère. Les hommes vraiment remarquables 



496 

y sont passés sous silence pour faire place à des noms 

obscurs portés j)ar des hommes sans mérite. 

On ne saurait, sous ce rapport, lui appliquer une 
critique plus spirituelle que celle qu'en fil l'évèque 
Irénée-Yves de Soles. 

Le chanoine Grillel, dit un jour ce \>ré\iii, pQiit aller, 
son livre sous le bras, demander à dîner à toutes les fa- 
milles de la Savoie. 

L'abbé Frère, natif deCranves, et non de Saint- 
Julien , devint curé de Collonges en 4750, et y mourut 
en 1777. 




LA SAVOIE 



DE 



JACQUES PELETIER 

DU MANS. 



43 



LA SAVOIE 



DE 



JACQUES PELETIER 

DU MANS. 



->*ci. 



Voici un tout petit livre très-curieux et surtout très- 
rare , écrit et publié au xvi^ siècle sur ia Savoie par 
Jacques Peletier, du Mans. 

Malgré la précaution que prend l'auteur de ce 
poème de nous dire qu'il est dit Mans, les biographes 
savoisiens le font naître à Annecy. 

L'opinion de Grillet,qui lui a consacré un article (1), 
a fait en ce sens autorité, et dès lors tous les historiens 
de notre pays ont affirmé que Peletier était Savoisieh. 

L'auteur du Diciionnaire historique des départements 

(1) Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements 
du Mont-Blanc et du Léman. — Chambéry , 1807 , 'tome premier , art. 
Annecy, p. 278. 



200 

du Mont-Blanc et du Léman semble s'appuyer en cela 
sur Seévole de Ste-Marthe, mais cet auteur, dans son 
ouvrage Gallorum illustrium elogia (pagl33), publié à 
Limoges, en 1606, cite Jacques Peletier , du Mans et 
non d'Annecy : Jacobus Peletarius Cœnomanorum dé- 
çus, etc. 

On a donc le droit de s'élonner aujourd'hui d'une 
semblable assertion, et surtout de la légèreté avec la- 
quelle on l'a propagée, lorsque les ouvrages de Pele- 
tier^ et les nombreux auteurs qui se sont occupés de 
lui, démontrent le contraire. 

C'est là pour nous cependant un point essentiel de 
notre biographie à éclaircir. 

Si Grillet eût eu sous les yeux La Savoye de Pele- 
tier, dont il ne donne pas le titre exact, il aurait acquis 
la conviction que son auteur ne devait pas le jour à 
Annecy, mais bien au Mans. 

Ceci résulte en effet de plusieurs passages de ce 
poème. 

Peletier, dont Joachim du Bellay a dit : 

Son corps porta çà et là 
Son ame ici vagabonde, 

n'avait pu se fixer nulle part ; après avoir parcouru la 
France et l'Italie, après avoir séjourné un instant dans 
les principales villes de l'Europe , ce pèlerin de la 
science, qu'un simple caprice guidait dans ses voyages 



204 

conlinuels, neul garde d'oublier la Savoie. Amant des 
beautés pittoresques , il s'arrêta au pied des Alpes 
et se mit à chanter les merveilles d'une nature sans 
rivale. 

A côté des fléaux qui désolaient alors l'Europe, et 
surtout exemple des dissensions intestines qui divi- 
saient la France, la Savoie , sa demeure présente, lui 
apparaît favorie des deux. 

En parlant d'Annecy il dit qu'elle lui a 

esté nommée 
Pour y avoir dames de renomee. 

Ailleurs , lorsqu'il décrit le cours de la Loire qui 
sort de V Aucergne niontueuse , ce fleuve passe, dit-il: 

Auprès d'Angers, là, où le Droit s'aprand 
Au mesme lieu les trois fleuves il prand, 
Meine, et le Loir et nostre Sarthe ensemble. 

Il appelle nôtre la rivière qui arrose le Mans et qui 
traverse le département actuel dont cette ville est le 
chef-lieu. 

Il nous apprend enfin qu'il a voyagé en Savoie pen- 
dant l'espace de deux ans : 

A tant par moi la Savoye chantée 
Après l'aucir deux ans entiers hantée. 

Ces citations prouvent jusqu'à l'évidence que Pele- 
tier n'était pas Savoisien. 



202 

En restituant le poète manceau à sa patrie, il faut 
effacer de la biographie savoisicnne deux hommes 
marquants dont Grillet l'a dotée. 

Cet auteur cite dans son Dictionnaire historique 
(tom. ni,,. 284) un certain Jacques Prlletard, méde- 
cin et mathématicien de Saint- Jean-de-Maurienne, qui 
publia, dit-il, en dGOO, suivant le docteur Bertrand, 
un poème français sur la Savoie , sur l'induslrie et le 
caractère de ses habitants . 

Le médecin Bertrand écrivit et publia en 1625 une 
histoire de N. D. du Charmel, dans laquelle il dit que 
les plus anciens auteurs qui ont parlé des glaciers de 
la Savoie sont Jacques Foderé, in tnpographicis narra- 
lionibus, et Jacques Peletarius dans son élégant poème 
sur la Savoie écrit en vers français. 11 ajoute que ce 
dernier éttiit son ami quand il vivait. 

Ce poète, ami de Bertrand, n'est autre que Pelelier, 
dont le nom lalin Peletarius a été mal à propos traduit 
par Peletard. 

Jacques Peletier est un de ces hommes qui jouirent 
dans le siècle où il vivait, d'une grande renommée, 
mais dont il ne nous est pas parvenu le moindre reten- 
tissement. Qui le connaît aujourd'hui comme philo- 
sophe , comme médecin , comme mathématicien , 
comme grammairien et comme poète? Et cependant il 
fut tout cela, et il s'est réellement distingué dans les 
diverses sciences qu'il étudia et approfondit avec une 



203 

rare aptitude. En parcourant les nombreux ouvrages 
qu'il a publiés, en le suivant dans toutes les phases de 
sa vie aventureuse , lui l'ami de Clément Marot et de 
Théodore de Bèze, on est à se demander si l'oubli dans 
lequel il est tombé doit être attribué à l'indifférence et 
à l'ingratitude des hommes, ou si la réputation dont il 
jouissait était usurpée, et s'il faut l'expliquer par l'en- 
gouement d'un jour? 

Plusieurs critiques modernes ont tranché la question 
avec un dédain superbe. Si l'on a parfois soulevé la 
cendre qui recouvre le poète manceau, ce n'a été que 
pour le signaler injustement d'une manière railleuse à 
la postérité. 

L'abbé Goujet s'est montré à son égard d'une sévé- 
rité outrée, et Sainte-Beuve, dans son tableau histo- 
rique de la poésie française au xvi^ siècle , refuse 
même de l'admettre au nombre des poètes français ! 

C'est le cas de dire qu'il est toujours facile de faire 
de l'esprit au dépens des autres. 

Il faut excepter de la catégorie de ces contemp- 
teurs dédaigneux deux critiques consciencieux qui ont 
entrepris la noble tâche de réhabiliter la mémoire de 
Peletier , et de lui assigner la place qu'il a le droit 
d'occuper parmi les littérateurs du xvi^ siècle. Ils ont 
ainsi compris qu'un pays n'est jamais trop riche eu 
grands hommes pour effacer de l'histoire littéraire de 
la France un poète modeste. 



204 

Les écrits de Peletier apparliennenl à l'école de Ron- 
sard, et attestent chez l'auteur de fortes études et un 
bon jugement. Rien ne lui était étranger, et toutes les 
sciences lui étaient familières. 

Cet homme infatigable voyagea toute sa vie, il ne 
pouvait s'arrêter longtemps nulle part, et préférait sou- 
vent le coin de terre le plus obscur aux délices d'une 
grande ville ; il se fit ainsi des amis partout. 11 écri- 
vait en courant, et marquait chacune de ses haltes par 
un ouvrage. Il ne cessa surtout de travailler sans re- 
lâche au perfectionnement de la langue française. 

L'ode alors n'était point encore connue ; Jacques 
le premier, l'introduisit dans la poésie , ainsi que le 
sonnet. Joachim du Rellay témoigne de cette priorité 
dans une épîlre à Ronsard qui le surpassa dans le 
genre. 

Peletier me fit premier 
Voir l'ode dont tu es prince, 
Ouvrage non coustumier 
Aux mains de noslre province. 

Il chercha en outre à introduire avec Meygret et 
Ramus, une réforme dans l'orthographe ; il voulait que 
l'on écrivît comme l'on prononce. Mais ces tentatives 
n'eurent pas le moindre succès. En 1754 Duclos di- 
sait: « Lorsque cette réforme sera faite , car elle se 
fera, on ne croira pas qu'elle ait pu éprouver de la 



205 

contradiction. » C'était encore le sentiment de D'Aleni- 
bert qui ne cessa de répéter à racadémie qu'elle 
serait adoptée lorsque le bon sens aurait secoué le joug 
de ce tyran qu'on nomme usage. « Si le bon sens du 
xvi^ siècle, dit au contraire Charles Nodier, n'avait pas 
résisté à ces ridicules tentatives , nous aurions au- 
jourd'hui en français autant de systèmes d'écritures que 
nous avons de prononciations diverses, c'est-à-dire un 
par province, par ville, par village, par homme peut- 
être , car il n'y aurait rien d'exagéré à dire qu'il 
n'existe pas en France deux hommes, si bien élevés 
qu'ils soient, qui prononcent tous les mots de la lan- 
gue française d'une manière absolument identique. » 

Théodore de Bèze , Ronsard et du Bellay applau- 
dirent à cette leulative de réforme , mais elle n'a- 
mena que quelques changements de détail que le temps 
a ensuite consacrés. Ronsard conseillait de faire dispa- 
raître des lettres inutiles (elles que celles qu'on ne pro- 
nonçait pas, et décrire cieus et non pas ciculx, j'alloiSj 
f aimerais, \)Ourj'aimeroy, j'alloy. 

Grâce à Denisol, courtisan de plus haut ton, le 
poète manceau fut introduit chez Marguerite de Valois, 
où se réunissaient tous les beaux esprits de l'époque. 

C'était la fameuse reine de Navarre. 

Ce n'est point à elle que Peletier dédia son poème, 
comme on jmurrait le croire. 

Il y avait aloi-s en France, comme personne ne l'i- 



206 

gnore, trois Marguerites qui se disputaient chacune 
dans leur rang la célébrité de l'époque. 

La première, Marguerite de Valois ou plutôt Mar- 
guerite d'Angouléme, connue sous le nom de reine de 
Navarre, qui était fille de Charles d'Orléans duc d'An- 
gouléme et de Louise de Savoie. Son frère, François P', 
l'appelait sa mignonne, la Marguerite des Marguerites. 

La deuxième, Marguerite de France, fille de Henri II, 
qui épousa Henri de Béarn ( Henri IV ) : c'est la reine 
Margot, comme l'appelait son frère le roi Charles IX. 

La troisième, Marguerite de France, duchesse de 
Berry, fille de François l'', qui épousa Emmanuel-Phili- 
bert. Elle cultiva les lettres à l'exemple de son père 
et de sa lanle, el protégea les littérateurs et les savants. 

C'est à celte femme aimable el pleine d'esprit, que 
les savants appelaient la Pallas de France et la mère du 
peuple, que Peletier dédia son poème sur la Savoie. 

Le mariage de Marguerite avec Emmanuel-Philibert 
fut une des clauses du traité de Càteau-Cambrésis, 
et cimenta la paix. On sait que les fêtes qui eurent lieu 
à cette occasion furent troublées par une catastrophe qui 
amena la mort de Henri II frère de Marguerite. 

Peletier, après avoir séjourné tour à tour à Paris, à 
Rome, à Bordeaux, à Poitiers el à Lyon , revint de 
nouveau à Lyon se livrer à des travaux sérieux de 
malhémaliques , mais fatigué d'un repos qui n'allait 
pas à sa nalure, il se décida à reprendre le bàlon de 



207 

pèlerin pour fuir le bruit des armes , et ne pas avoir 
à se prononcer entre les partis qui divisaient ses com- 
patriotes. 

Il parcourut la Suisse et visita la Savoie. 

Attiré par les beautés pittoresques de nos vallées, et 
charmé du commerce agréable des Savoisiens, il choi- 
sit, près du lac d'Annecy une retraite solitaire où il se 
(ixa, et put tout à son aise se livrer à la poésie, qui fai- 
sait le charme de son existence. 

Le lieu était propice, aussi pensait-il finir ses jours 
sous notre ciel j)rivilégié. Avant d'entreprendre ses 
longs voyages, Pelelier avait pris le grade de docteur 
en médecine. N'ambitionnant qu'une modeste aisance, 
celte profession ie mit à même de subvenir aux dé- 
penses de la vie, et il ne quittait guère sa retraite et 
ses travaux que pour l'exercer. 

« Le poète avait vu se succéder déjà bien des hivers; 
insensiblement s'était écoulée sa vie; il soneea sans 
doute que l'heure du repos devait eulin sonner pour 
lui. En preuant le grave parti d'attendre paisiblement 
la mort au pied des Alpes, Pelelier ne manqua pas de 
donner quelques regrets à la France, qu'il ne complaît 
plus revoir; mais il oublia inconsidérément, malgré 
qu'il en eût fait la triste expérience, qu'un jour arrive 
inévitablement où l'amertume du pain étranger n'est 
plus supportable. Jacques était heureux pour l'instant : 
il ne vit point au-delà, et, comme Teucer , il pensa 



208 

que la patrie se Irouve partout où l'on a goùlé un ins- 
tant de bonheur » {i) . 

Ce fut dans la seconde année de son séjour à An- 
necy que Peletier composa le petit poème que nous 
reproduisons. 

Cette œuvre est jugée sévèrement par les critiques 
modernes, qui n'y trouvent pas la moindre invention, et 
ne reconnaissent à son auteur que la facilité de tourner 
levers. 

Nos lecteurs ne seront peut-être pas aussi sévères ; 
ce petit livre a dans la forme comme dans le fond 
quelque chose de remarquable , et il renferme, pour 
nous Savoisiens, des détails intimes sur notre pays qui 
parlent au cœur. 

Les biographes ne sont pas d'accord sur la date de 
l'arrivée et du séjour du poète manceau en Savoie. 

Son poème nous donne à cet égard des indications 
précises. 

Il nous apprend, comme nous l'avons déjà fait re- 
marquer, qu'il séjourna deux ans en Savoie; d'un autre 
côté, il dit avoir assisté à l'arrivée de Jacques de 
Nemours, comte de Genevois, à Annecy. 

Quand Jacques vint là où Jacques était. 

Le duc de Nemours avait avec lui ses deux enfants : 

(i) Bulletin du Bibliophile, n« 10, octolire 1816, p. 467. 



209 



Reçoi ton prince, Anecy, revenant 

Ce couple beau de chers enfans menant, 

Bien tendres d'ans, mais deux gages bien fermes 

De son amour : 

Or, le second de ses fils, Henri I", élaitné en i 57^. 
Celte date se trouve précisément la même que celle de 
l'impression du poème, et indique d'une manière po- 
sitive que Peletier visita nos contrées pendant les an- 
nées 4 571 et 1572; celte dernière date est encore 
confirmée par l'avanl-dernier vers du troisième livre ; 

Et ayant vu cinquante cinq hivers. 

Cinquanle-cinq ajoutés à 1517, année de sa nais- 
sance, donnent elVeclivemenl 4 572. 

Si Peletier quitta de nouveau Paris en 4570, il n'ar- 
riva que l'année suivante en Savoie. 

Disons quelques mots du poème qui nous occupe : 
lui seul mninlenanl nous intéresse au point de vue 
de notre pays. 

Le commencement du premier livre contient des 
notions élémentaires de géographie physique qui de- 
viennent intéressantes en ce sens qu'elles font con- 
naître l'état de cette science à Paris au moment de la 
publication de l'ouvrage, et plusieurs préjugés de l'é- 
poque. 

Ainsi l'on croyait que les lacs communiquaient in- 
férieurement avec les mers, et que l'élévation de l'eau 



210 

à certaines hauteurs dans le sein de la terre était due 
au vide ou à Tabsence de l'air. 

Des hauts sommetz la raison s'imagine, 
Pourquoy ils sont des fleuves l'origine : 
Vne eau sans air, tousioars va haut tendant, 
Ayant pris l'air, lousiours va descendant : 

Ne pourrait-on pas trouver dans ces vers une pré- 
vision des théories de Torricelli? 

L'auteur trouve ensuite l'occasion de parler d'hy- 
drologie et de minéralogie d'une manière qui ne man- 
que ni d'intérêt, ni d'exactitude. On peut y remarquer 
un vers ( pag. 25b ) qui pourrait faire croire qu'il 
connaissait la composition gazeuse de l'eau : mais 
l'expression employée n'est qu'une allusion à la grande 
théorie des quatre éléments. 

Après avoir expliqué sa manière de voir sur tous 
ces phénomènes physiques, Pelelier décrit le cours de 
la Seine, de la Loire, de la Garonne et du Rhône, et 
arrive au Lac du Bourget. 

Dedans le lac, que le Bourget dénomme 
Le lauaret friand, seul se renomme; 
Haran d'eau dousse et viuant tout à part. 
Mort aussi tost que de l'eau il départ. 

Puis vient 

Hautecombe 
Fondée en biens, et en murs érigez, 
Ceus là bien pris, et ceusci négligez, 



211 

Les merveilles de la fontaine intermittente attirent 
l'attention du poète voyageur , mais l'explication du 
phénomène lui échappe, il parle seulement d'un ma 
rais formé par l'eau qui en découle, 

où est rislette herbue 
Qu'on voit nager lors qu'il y a grand'eau 
Par là dessus, ainsi comme vn bateau 

Il signale une autre islelte de ce genre dans le lac de 
Chevelu, où 

s'est un arbre produit 
qui sert de voile au vent qui le conduit, 

et indique ainsi 

quel Cartier vente ; 

puis vient le torrent des Usses. 

La description du cours de nos rivières amène l'au- 
teur à parler des inondations qui arrivent : 

Lorsque se romt le grand Monceau glacé, 
Oui sert de bonde à l'cstang amassé? 

11 dit plus loin que les rivières neigeuses soni Iroublesj 
froides, miisans au corps, sans poissons, sans oiseaus, 
et que leur usage occasionne le goitre dont quelques 
unes de nos populations sont affectées. 



212 

Le langage de Peletier est excessivement imagé et 
énergique. 

Bien grand, dit-il, en s'adressant aux eaux, 

Bien grand rouurier qui vous a assurées 
Dans vos canaux, et de rocz emmurées, 
Pour affermir et de veines et d'os 
A cette terre et le ventre et le dos. 

Il cite plus loin les ruisseaux qui charrient l'or. 
Mais que dire de l'avalanche (lavanche) se ter- 
rible ouragan de neige ; 

que les passans auisent 
De marche coy, et qu'entr'eus ne deuisent 
Et Ion a vu ( merveille ) au seul parler 
La neige rompre et en bas deualer ; 

et du lac de Beaufort, d'où, suivant la tradition popu- 
laire, il s'élève des miasmes qui amènent la tempête. 

Après les eaux viennent les montagnes : Montagnes 
grosses et rocs pendans. 

îci, 

Près Anecy une montagne mise 

Au bord du lac, s'est peu à peu souzmise : 

Là, la chute du Grenier 

Et de Mians les abiz en font preuue. 

Plus loin les métaux que recèlent les montagnes, et 



213 

les minéraux que maîtresse nature cuit, trampe et forge 
de sa mein, laissant le reste à l'exercice humain. 

Rien ne lui échappe, ni les antiquités romaines, ni 
les eaux thermales d'Ais la pierreuse ou les scrpens 
du creus sans nombre sortent, mais que les enfants por- 
tent dans leur sein sans danger, 

Car du lerroi minerai la tiédeur, 
Leur amortit du venin la froideur. 

Tout n'est pas rose dans les pays de montagne : la 
belle saison apporte des fleurs; mais l'hiver, la neige, 
la glace et les frimats. Demandez à Bessan et à Bon- 
neval. 

Vos habitans sont aus froides saisons, 
De vens et neige assiégez es maisons : 
Et leur famille ainsi emprisonnée 
Vit demi an du pein d'une fournée. 

Puis quand ce vient que les lumeaus rapportent 
Le beau soleil, de leur fumiere ilz sortent, 
Pour voirie ciel, qu'ils n'auoient veu depuis 
Quatre ou cinq mois, sinon du fons d'vn puis. 

En décrivant les montagnes , Pelelier mentionne le 
passage d'Annibal^ qui brisa les rocs avec du vinaigre. 

Mais quele ardeur, ou plus (ost quele rage 
De l'Afriquein anime le courage. 
Quand pour passer son équipage gros, 
Auee vinaigre et feu brisa les rocz? 

14 



214 

La vie simple des champs sourit au poète , il vou- 
drait y couler le reste de ses jours dans l'obscurité. 
Que ne puis-je devenir, s'écrie-t-il : 

Le laboureur qui cultiue le val 

Du froid Bessan, ou bien de Bonneual : 

Pourn'auoir point les ennuiz qui me cuisent; 

mais il a bientôt fait un retour sur lui-même, à lui la 
vie errante et les vasies solitudes, les lieux delournez, 
les hauteurs précipiteuses , le froid païsage et les voies 
raboteuses. 

Tout cela est empreint de la plus suave mélancolie. 

Le commencement du deuxième livre est consacré à 
énumérer les produits de la terre , les arbres et les 
fruits ; la pomme dousse et la guigne Mollette, l'artichot, 
le melon, le safran, le chou, la laitue, l'hisope, lamente, 
le thin, la marguerite, les roses, le baselic, le fenoil, la 
marjolaine, le roumarin, la paslenade et l'asperge. 

On remarque dansées détails, qui rappellent ceux 
du jardin polager de Gharlemagne, que les vins de 
Maurienne et ses melons étaient alors déjà renommés. 

Les montagnes de la Savoie sont très giboyeuses. 

Delà 

Chasse aus sanglers, aus chamois et aus ours. 
Et a meint autre animal, qui s'appiete 
Par ces rochers, chacun selon l'assiete. 



215 

Puis la chasse au lièvre blanc , prejiant ce teint des 
neiges qui sont proches à la perdrix^ albine» à la geli- 
note et à la marmote. 

Noire poète s'exlasie sur le sommeil particulier de 
cet animal. 

La marmotaine, une année demie 
Dedans son creus tout en rond, endormie. 

Il ajoute foi à l'invention qu'on attribue aux mar- 
motes de transporter le foin dans leur tannière et de se 
servir de l'une d'elles comme d'une charrette. 

Estce par tour, que cette pecorette 
Se fait treiner, en guise de charrette, 
A la renuerse, es bras portant le foin 
Dans le terrier, pour le commun besoin? 
L'autre tandis, qui fait la sentinelle, 
Estce que plus d'astuce soit en elle, 
Qu'en sa compagne? étant pour agueter 
Et d'un sifflet la troupe amonnester? 

On sait aujourd'hui que cela est une fable. La mar- 
mote porte le foin dans sa bouche non pas pour le 
manger, mais pour s'en faire une litière, se garantir 
de l'intempérie des saisons, et fermer à l'ennemi l'en- 
trée de sa retraite. 

Les beaux jours reviennent j le berger mène ses 



216 

brebis aux champs , ses vaches à la montagne où il 
reste 

lusqiies à tant que de la Vierge Astree 
L'astre doré ait ia passé l'entrée, 

et tire de son bétail trois profilz, la crémeuse gresse , 
le fûurinage mollet et le serai. 

Second fourmage, et de grosse sustance 
Des poures gens ordinaire pitance. 

Il voudrait alors raconter la vie paisible du labou- 
reur, c'est avec regret qu'il y renonce. 

Oh que ie n'ay le tems tel que l'enuie, 



Mais si vn jour des muses m'est permis 
le reprendrai ce labeur intermis. 

Il décrit ensuite les arbres 

que nature 
Produit es mons d'eminente stature 

.les pins, beauz, rameus, et pommez 
Et les sapins, les mclezes, et peces 

L'un a sa gomme entre l'ecorce et bois. 
L'autre contient en sa torche la pois. 

La Savoie n'est pas seulement remarquable par les 



217 

merveilles de sa nature, mais aussi par les hommes 
dont elle s'honore. 

C'est l'homme seul, qui rend le lieu spectable : 
Non pas le lieu, qui rend l'homme acceptable : 

C'est Lambert, évèque de Maurienne, digne du lieu 
auquel il est monté. 

El Batendier de suffisance égale 
En poésie et science légale . . . 
Rapin Courier que vit naître Valoire. 

Mais au plaisant Val de Cuine, près la Chambre, Pcle- 
lier s'éprit d'amour pour Yolande, qui lui fit oublier, 
un instant peut-être, Louise Lahé , la belle cordière 
lyonnaise, 

Cette face gentile 
De Violand, dont mon œil fut ravi 
Voire mon caeur, tandis que ie la vi. 

Viennent à Chambéry le bien disant Biilet, 

Et Deseissel, qui de sagesse et grâce 
Orne et meintient sa noblesse de race, 



Et Chatelart, le docte politique 
EtDucondrei, dont l'éloquence franche 
Dans le Sénat honore la Salanche. 

14* 



218 

Peletier a principalemenl j)arcourii les campagnes, 
il a assisté aux noces , aux danses et aux chants du 
village. 

Dirons-nous rien des bergères qui chantent, 
De leurs amours, que les forêts rechantent? 



Quel plaisir c'est, passant par la Bourgade, 
Quand vous vient voir des garses la brigade 
Au mois d'Auril, les corps au busq, et ceints 
Par souz l'aisselle, ainsi que ces viens seinz : 

C'est dans tous ces détails intimes qu'il trouve la Sa- 
voie heureuse ; heureuse parce qu'elle est ornée de 
simplesse. 

Il décrit les Alpes et se fait ramasser au Mout-Ceois. 

Large sommet, neige, orages, glaçons : 

Mons des deux flancs, lac froid et sans poissons. 

11 paraît en elî'et résulter de traditions que nous 
n'avons pu éclaircir, que ler, fameuses truites qui vi- 
vent aujourd'hui dans les eaux du lac du Mont-Genis 
sont une race transportée artificiellement. SI notre mé- 
moire ne nous fait défaut, M. Goste signale cette 
circonstance dansées travaux sur la pisciculture. 11 se- 
rait intéressant de connaître le nom de l'homme à qui 
les voyageurs doivent ce bienfait. 



219 

Le troisième livre tnenlionne quelques événements 
remarquables, comme !es désastreuses inondations qui 
eurent lieu à celte époque, cl les grands débordements 
de l'Arve, ce miilin fleuve, qui forcèrent les roues des 
moulins à tourner en contre sens. 

Ce pbénoraène, observé plusieurs fois dans les sei- 
zième^ dix-septième et dix-builième siècles, a élé con- 
signé par de Saussure (1) et Grillel (2). 

Le fléau n'épargna pas la capitale de la Savoie ; 

L'eau rauineuse en Chamberi entrée : 
Et excédant ses coulumiers debors 
De mainte rue a surmonté les bors. 

La même année im court mais violent tremblement 
de terre réveille en sursaut les habitants d'Annecy: 

Vers la minuit, la terre s'ébranla, 
Dans Anecy, Pelelier étant là : 

Le poète signale encore en tremblant des phéno- 
mènes tellement étranges arrivés près du lac Léman, 
qu'il n'ose en croire les bruits de peu de fois pouruuz. 

Mais aidez-moi, ô muses, à me taire. 



(1)T. I, p. 8. 
(2) T. ir, p. 352. 



220 



Noz suruluans, oyans chose inaudile , 
Estimeroint notre saison maudite. 

Il est inutile de multiplier ces citations déjà trop 
nombreuses ; le charme tout particulier dont ce petit 
poème est empreint, nous a entraîné malgré nous hors 
des limites restreintes d'une simple notice. 

Pour nous résumer : 

Ce précieux petit livre renferme, pour nous Savoi- 
siens, une foule de détails intéressants , que l'on est 
étonné de rencontrer dans un ouvrage édité à cette 
époque. C'est sans contredit le premier auteur qui ait 
jeté un regard si intelligent sur les beautés naturelles de 
noire sol , et sur les phénomènes qui se déroulent à 
chaque pas dans nos contrées alpines. 

L'auteur, qui était très versé dans les sciences de 
son temps, indique les dates des événements qu'il rap- 
porte d'une manière très-poétique, par l'aspect des cons- 
tellations, suivant la méthode astrologique, et cela avec 
assez de précision pour les retrouver exactement si 
l'on voulait s'en donner la peine. 

Les philologues de Savoie y remarqueront en outre 
( pag. 227, 250 et 270 ) l'emploi du mot Savoisien, 
Savoisienne , tandis que l'on n'y rencontre nulle part 
le mot Savoyard. 

Le poème de Peletier est très-rare, les bibliophiles 
nous saurons gré d'avoir cherché à le reproduire avec 



221 

toute la fidélité possible. Nous avons conserve jusqu'à 
la jusiificalion de la page,etl'orlhographe est la même, 
sauf pour les lettres o, i et u, surmontées d'un accent 
aigu à la place d'un accent circonflexe ; ces lettres 
n'existant j)lus dans les caractères d'imprimerie 
actuels , on a employé l'accent grave pour les dis- 
tinguer. 

Le poème est terminé par un chant de l'auteur pré- 
senté à madile dame , et deux sonnets que nous n'a- 
vons pas jugé à propos de réimprimer , comme étant 
complètement étrangers à la Savoie. 

11 n'a pas eu d'autre édition que celle d'Annecy 
composée en caractères italiques et imprimée avec 
une netteté qui a dû faire honneur aux presses de 
Jacques Bertrand. 

Je dois ici un remerciement public à M. Anjubault, 
conservateur actuel de la bibliothèque publique du 
Mans, qui a bien voulu me communiquer dos détails 
intimes et des notes précieuses sur la viede Peletier. 
J'ai dû me restreindre dans celle notice à ce qui inté- 
ressait principalement la Savoie, et passer ainsi sous 
silence une foule de circonstances piquantes qui se 
présentèrent dans une carrière si agitée (1). 



(1) Les bibliophiles pourront puiser des renseignements plus com- 
plets dans les ouvrages suivants : 

Bibliothèques françoises de La Croix du MAiJfE et de du Veudier. Pa- 



222 

Nous ne dirons plus qu'un mot de la vie de cet 
homme remarquable. 

Pelelier, qui désirait finir ses jours au sein de nos 
montagnes, retourna à Paris en 1 b7ô, où il fut nommé 
principal du célèbre collège du Mans. Il continua à 
cultiver les lettres jusqu'à la fin de ses jours ; eu \ 58i , 



ris i772. — Bibliothèque poétique de Viollf.t le duc. Paris, 1843. — Bi- 
bliothèque française de l'abbé Goujet. — Tableau historique et critique 
de la poésie française et du théâtre français au xvi" siècle, par Sainte- 
Beuve. Paris, 1845. — Dictionnaire historique du Maine par le Paige. 
Paris, i777 .- Dictionnaire historique de Moreri. Paris, 1759. — Essais 
de Michel do Montaigne.-- Histoire des Evéques du Mans par le Corvai- 
siER. Paris, 1648. -Histoires et recherches des antiquités de la ville de 
Paris par H. Sauval Paris, 1724. -- Histoire générale et particulière des 
poètes français anciens et modernes, par GuiUaumeCoLLETET (manuscrits 
de la bibliothèque du Louvre). --Histoire littéraire de Lyon par CoiiONiA. 
-- Bibliographie du Maine par N. Desportf.s, Le Mans, 1844, in-12. — 
Notice sur Pelelier par M. Max de Clinchamp, inséré dans \Q.Bulletin du 
Bibliophile des mois de juillet et octobro 1847. -- Histoire littéraire du 
Maine par Barlh. Haureau, Paris, Lanier, tom. ivel dernier, 1852, in-S". 
— Joannis Launoii Navarre gymnasii historia . -- Jugement des Savant) 
par Baillet - Mémoire pour servir à l'histoire de Lyon , 1573. -- 
Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans les let- 
tres, par J. P. Niceron. Pans, 1729. -- OEuvres diverses de Guillaume 
des AuTELZ, Jean-Antoine de Baïf, Joachim du Bellay, Rémy Belleau, 
Pierre de Brach, Charles Fontaine, Etienne Forcadel, de la Fresnaïe- 
Vauquelin, Jean Godard, Landun Daigaliers, Olivier de Magny, Le 
Maire DES Belges, Clément Marot, (édition de la Haie, 1731, tom. m, 
p. 538 et 39. ) -- Louis Meigret, Charles Nodier , Pierre de Ronsard, 
Thomas Sibillet, Pierre Duval , Scèvole-de-SainteMarthe, Jacques- 
Augustede Thou, etc. -- Recherches d'Etienne Pasquier, Orléans, 1665. 
-- Vie des évéques du Mans par Bondonnet. Paris, 1651. Etc. 



223 

il fil imprimer un volume de poésies intitulé Louanges, 
et mourut dans le mois de juillet l'année suivante. 

Les éloges funèbres ne manquèrent pas pour célé- 
brer sa mémoire , les panégyriques abondèrent et sa 
mort fut un événement. 

(c Jl y a tantôt deux siècles, dit M. de Glincliamp, 
que ce concert de louanges a cessé de se faire enten- 
dre, et Pelelier, prisé, peut-être, à son époque , au 
delà de sa valeur réelle, est à cette heure, sinon mé- 
prisé, du moins obscur, inaperçu , délaissé plus que 
cela n'est juste. Triste retour des choses d'ici-bas! Ce 
revirement n'a rien qui doive nous surprendre : la 
postérité se montre d'ordinaire sévère outre mesure à 
l'égard des hommes dont les contemporains ont été 
trop légèrement enthousiastes. 



=»>- 



LA SAVOYE 
DE I A C Q V E S 

PELETIER 

DV MANS. 



A Tresillufitre Princesse Marguerite 

de France, Duchesse de Sauoye 

et de Berry. 



Moins et meilleur. 



A ANECY, 
Par laques Bertrand. 

M. D. LXXII. 



15 



PREMIER LIVRE 

DE LA SAVOY E. 



A TRESILLVSTRE 



PRINCESSE MARGVERITE DE FRANCE 

Duchesse de Savoy e et de Berry. 



Vovs, de la Grèce hostesses anciennes, 
Qui à présent estes Sauoisiennes, 
Inspirez moy des dons de vostre Dieu, 
Lesquelz ie vien rechercher sur le lieu : 
Pour mieux chanter l'admirable facture 
Des bastimens ouurez de la Nature, 
Et les auis que vous m'auez donnez 
Par les hautz Mons que i'ay enuironnez. 
Et toy, sans qui point de los ne mérite 
Cette entreprise, ô franche Margverite, 
Illustre sang du luppiter François, 
Ici conuient que Pallas tu me sois, 
Et s'il y a Déesse plus prospère, 
Représentant et les Seurs et le Père, 



228 PREMIER LIVRE 

Vu que l'espoir d'icelles tu soutiens, 
Et que l'esprit paternel tu retiens. 

En ces partours que dire ie propose, 
Si grand suget, et si diuers s'expose, 
Que la Nature en confuse beauté 
Le iugement de choisir a osté. 
Car quand ce vient que Tonurage on contemple 
Plein de façon, sans patron ni exemple, 
On a de quoy les causes en tirer, 
En quoy se plaire, et de quoy admirer. 
Des hauz sommetz la raison s'imagine. 
Pour quoy ilz sont des Fleuues l'origine : 
Vne eau sans air, tousiours va haut tendant : 
Ayant pris l'air, tousiours va descendant : 
Et court sans fin, tant qu'elle soit reçue 
Au grant giron dont elle estoit issue : 
Ainsi la Mer se vide et se remplit. 
Et sa rondeur éternelle accomplit. 

Pourquoy en haut l'aspre gelée esprise. 
Le clair Soleil et ses rayons mesprise, 
Et aus liens bas, où le Soleil n'appert 
Si longuement, en mains de tems se perd : 
Les raiz luisans, qui libres s'cslargissent 
Sur la campagne, abondamment agissent, 
Et à loisir : car leur proiection 
Sa force accroît par la réflexion : 
Mais la hauteur, où le Soleil applique 
Ses raiz disioinz, et de trait plus oblique, 
Ne peut garder cete viue chaleur 
Si longuement en sa pleine valeur. 

Pourquoy d'Eco, dont l'oreille est déçue, 



DE LA SAVOYE. 22$ 

L'eau resonnant est tellement reçue, 
Que le passant veut voir à l'approcher, 
Si ce ruisseau est dedans le Rocher : 
Comme au Miroir la polie verrière 
Fait voir l'obget, estant close derrière : 
Et comme l'eau ne pouuant transparoir 
Outre le fons, fait le mesme apparoir. 
Ainsi d'Eco est la voix reboutee. 
Quand l'air s'entonne en la Roche voutee : 
Et quand les crotz et circuitz cauerneus 
Rendent le son qu'ilz ont cueilli en eus. 

En trauersant par les Roches hauteines. 
On voit saillir les premières Fonteines, 
Qui donnent nom aus plus petiz Ruisseauz, 
Dont s'enflent ceus qui portent les vaisseauz : 
On voit comment vue Eau aquiert sa force 
En se raouuant, sans qu'autre eau la renforce, 
Par le moyen de son canal, réduit 
De plus estroit, en plus large conduit. 
Tout ainsi fait la matière allumée, 
Qui au foyer rend bien peu de fumée. 
Par le tuyau peu à peu s'estendant. 
Puis par dehors au large s'espandant. 
Cet Air fécond rend les choses diffuses, 
Par les vertuz de ses espriz infuses : 
Vn Vent petit augmente son pouuoir 
Au long aler, et la roue au mouuoir. 

Entre les Eaus de la Nature insignes. 
Les Lacs parfons sont de merueille dignes : 
Les vns sont bas, entre les Mons compris. 
Aucuns d'iceus les plus hauz lieux ont pris : 



230 PREMIER LIVRE 

Des vns les eaus plus que d'autres vtiles : 

Les vns fecons, les autres infertiles : 

Tous peu à peu hors leurs riues sortans, 

Et sur leurs hors par ondes reflotans. 

Quand en leurs fons tousiours plein se limitent, 

De rOcean la nature ilz imitent : 

Tlz ont des rocz, et des goufres parfons, 

Comme la Mer, où n'y a point de fons : 

Par où les vens, qui sourdent, et s'augmentent, 

Des floz ondeus comme en Mer les tornientent : 

Et qui leurs tcms et certains signes ont, 

Si trop nouueaux les bateliers ne sont. 

Et se croit bien que les Fleuves trauersent 
Par souz les Mons, et que les eaus se versent 
De Lac en Lac : qui tousiours abondans, 
Sont l'vn à l'autre en leurs fons respondans. 
Bien deuoit estre vue telle contrée, 
Celle où iadis Cireine ouurit l'entrée 
De ses palais moites et cauerneus 
Au triste fîlz Aristee, et peneux. 
Ayant perdu d'vne mort langoureuse 
Les beauz esseins de dousseur liquoreuse : 
Eir lui montra et Taddresse et l'endroit. 
Où le deuin Protee il surprendroit : 
Et eut le soin de le conduire adonques : 
Par les chemins des humides spelonques, 
Dont les détours conduisent par leans 
lusques aux hors des diuers Océans : 
Desquels les eaus souz l'areine epurgees, 
Et par certains soupiraux dégorgées, 
Changent leur sel en liquide fraischeur, 



DE LA SAYOYE. 231 

Sedant la soif, et le chaud dessecheur. 
Il vit couler tous les Fleuues grand erre, 
Cler resonnans par dessouz la grand' Terre : 
Or choir en bas, or se hausser amont 
Pour trouuer l'air à la pointe d'vn Mont, 
Dont roidement leurs eaus ilz précipitent, 
Pour arroser cens qui la terre habitent, 
Et leur nourrir les diuerscs façons 
D'arbres, d'oiseaus, d'herbes et de poissons. 

Il vit la Seine à la source petite, 
D'vn mesme nom auec son Fleuue dite : 
Qui par Bourgongne, à Chàtillon descend, 
A Bar, à Trois, où seul ancor' se sent : 
Mais tost après d'Aube s'estant fait large, 
De ses bateauz à Nogent il se charge. 
Et vers Prouins, Yonne et Loin beuuant, 
Et puis Melun et Corbeil abreuuant, 
A Charanton prend Marne dans sa riue : 
Et ainsi grand, au grand Paris arriue. 
Passant le pont en arches comparli^ 
Euure de main d'Architecte basti : 
Et puis celuy où tant de moulins tournent : 
Et cil encor' où les trésors seiournent. 
D'or, pierrerie, et labeur martelé : 
Mesmes celuy Petit pont appelle. 
Puis transcourant la structure seconde 
Du pont Seinclou, que luy dressa luconde, 
Vient à Conflans, où l'Oise perd son nom : 
Puis descendant par Mante, et à Vernon, 
Au Pont de l'arche, à Rouan, qui commande 
Par ses arretz à la terre Normande, 



232 PREMIER LIVRE 

Aiant receu l'eau salée et les Naufz, 
Meurt en la mer des Septentrionnaus : 

Loire, qui sort d'Auuergne montueuse 
Pour abbreiier de son eau fructueuse 
Le long païs des Viles et lerrois. 
Par ci deuant plus fréquentez des Rois : 
Orléans, Mun, (l'vn l'Etude renomme, 
De l'autre ancor' son Poète se nomme) 
Blois et Amboise et les beauz iardins vers 
De Tours, experte en l'ouurage des vers : 
Schinon, Saumur : puis de course plus basse 
Dessouz les Pons de bois conioins il passe, 
Auprès d'Angers, là où le Droit s'aprand. 
Au niesnie lieu les trois Fleuues il prand, 
Meine, et le Loir, et nostre Sarte ensemble 
Et les trois noms des Poètes assemble. 
En fin ce Père, à Nantes va souz Mer, 
Luy et tous ceus qu'il boit, se consommer : 

Garonne, issant des Mons confins d'Espagne, 
Qui de ses fioz pierreus Toulouse bagne : 
Et abbreuuant les Gascons d'Agenois, 
Chet à Bordeaus, teste du Guyennois : 
Où la Dordonne auec elle meslee. 
De l'eau des deus Gironde est appellee, 
Dessus Lermont : où la Mer reflotant, 
A Blaye vient, son court nom luy ostant : 

Le Rône ayant des froiz Grisons sa source, 
Qui par le lac Léman passe de course, 
La calme Sône à Lyon enleuant, 
Et puis les murs de Vienne lauant. 



DE LA SAVOYE. 233 

Se va enflei- d'Isère, ia plus noble 

D'auoir passé au tiauers de Grenoble : 

Puis descendant entre Tein et Tournon, 

Court à Valence, Etudes de renom : 

Et par rOriol abbreuuant la campagne 

Du Viuareis, Montelimar il bagne. 

De là, ayant transcouru son tiers pont, 

Va arrouser la Cité qui repond 

Au Romein siège : où passant souz les arches 

D'euure massif, il entre sur les marches 

De la Prouuence : Et la Sorgue aualant, 

Claire du Poète à sa Laure parlant, 

Boit la Durance, et le Gard, qui bruit meine 

Du triple pont de structure Ronimeine : 

Puis entredeus Beauquerre départant 

De Tarascon, et tantost s'ecartant, 

L'vn de ses bras par Arles il transporte 

Dedans la Mer : l'autre près d'Aiguemorte : 

Et à l'entrer, l'eau dousse, murmurant. 

Contre le sel va longuement durant : 

Mais l'Archipel, quof qu'vn tems il la soufre, 

Et sa dousseur et tout son bruit engoufre. 

Là le vaisseau du Pilote inexpert 

Et hazardeus, souuentesfois se perd. 

Or laissons là le cher filz de Cireine, 
Et la contrée humide souzterreine, 
Et son Protee : apresent nous aimons 
La liberté des eaus, et l'air des Mons. 

Dedans le Lac, que le Bourget dénomme, 
Le Lauaret friand, seul se renomme, 



^34 ' PREMIER LIVRE 

Haran d'eau dousse, et viuant tout à part, 

Mort aussi tost que de l'eau il départ. 

Là le Héron vole haut, et crie aigre : 

Là est TArl^tte au corps plumeus et maigre, 

Qui d'œil agu va sa proye chassant, 

Et à fleur d'eau la rauit en passant : 

Le Cormoran, qui iusqu'au fons transperse, 

Pesche la Truite au milieu de l'eau perse : 

Ayant son corps aussi pront mouuement, 

Comme son œil regarde viuement. 

Dessus ce bord est la fameuse tombe 
Des Ducs defuns, déserte Ilautecombe, 
Fondée en biens, et en murs érigez ; 
Ceus là bien pris, et ceusci négligez. 
Là par merueille vne eau du roc deuale 
Endroit midy, gardant vn interualle 
D'arrest et cours, par tems alternatiz. 
Qui souz la pierre ainsi sont departiz 
Que l'eau, qui sort par floz et à la foule, 
Chet en la cuue, et à loisir s'écoule : 
Et ce pendant la source' s'intermet, 
Puis tost après autant y en remet. 
Ainsi se fait l'Euripe par reprises, 
Souz le resort du roc si bien comprises, 
Que les humains artifices n'ont pas 
Leurs manimens de plus iuste compas. 
Et de cete eau la terre proche imbue. 
Fait vn marais, où est llslette herbue. 
Qu'on voit nager lors qu'il y a grand' eau. 
Par là dessus, ainsi comme vn bateau. 

Vne autre Islette au petit Lac mouuante 



DE LA SAVOYE. 235 

De Cheuelu, montre quel cartier vente : 
Car là dessus s'est vn arbre produit, 
Qui sert de voile au vent qui la conduit. 
Tant qu'on voudra, l'Egiptienne feue 
A fleur du Nil s'enracine et se lëue : 
C'est vne niote, où la semence on met, 
Et qu'à cete eau limonneuse on commet : 
Mais ici l'eau fournit sa couuerture 
Sans aide aucun, de terre et de verdure, 
Qu'elle fait bien meintenir et nourrir, 
Tant il s'en faut qu'el' la doiue pourrir. 
Ainsi les faitz de Nature procèdent. 
Et l'vn à l'autre euidemment succèdent. 
Bien l'Air de l'Eau se doit faire aisément, 
Puis qu'il s'en fait le plus gros Elément : 
Ainsi tousiours les quatre qui varient 
Leur mistion, et tant se contrarient. 
Font vn accort sans fin, en s'embrassant, 
Et par enlr' eus les sustances brassant. 

Bien se connaît celle ouuriere altissime 
Auoir transmis ces sources à la cime, 
Tant pour les Mons nourrir et humecter. 
Qu'aussi pour l'homme en profit délecter. 
Quand au milieu des plus hautes Montagnes 
Eir y a mis prayries et campagnes. 
Donnant à l'homme exercice à propos 
D'vtilité, de peine et de repos. 
Et quand ce vient que le Soleil remonte, 
Portant l'Esté, qui les froidures domte. 
Vous y auez bleds et herbages vers, 
Qui ont esté souz la blancheur couuers. 



236 PREMIER LIVRE 

Incontinent que les Neiges pendues 
Par le Soleil des lumeauz sont fondues ; 
Dont les ragaz et bouillons rauineus 
Portent les Rocz par le val ruineus. 
Tant ne se montre outrageus vn grand Fleuue 
En plein hyuer, quoy que long tems il pleuue, 
Qu'en plein Eté, le murmureus Torreni 
Au depouriui implacable se rend. 
Par là se font les petites Riuieres 
En peu de tems intraitables et fîeres. 
Que si ancor' l'air de pluye est troublé, 
Le grand debord borrible est redoublé. 
Le cours errant des Vsses, qui deriue, 
Sable et caillons roulant par fons et riue, 
Les passans naye en son gué deceuant, 
Que Ion passoit à l'aise un peu deuant. 
Et le Torrent, à qui l'horreur bruitiue 
Auoit fait nom : mais la tourbe creintiue. 
Pour l'appaiser, par vn accord de tous. 
De Nant bruilif, l'a changé en Nant dous. 

Mais qui dira les bruyantes ondées, 
Et les frayeurs de ces eaus débordées? 
Lors que se romt le grand monceau glacé, 
Qui sert de bonde à l'eslang amassé? 
Dont la rauine horrible et furieuse, 
Tout à vn coup faite victorieuse, 
Gete à l'enuers ce bouluar remparé : 
Et par l'ouuert qu'elle s'est préparé. 
Sort en façon d'vne Montagne ondeuse : 
Et diroit on, à l'issue hideuse, 
Qu'alors alors se doiucnt déplacer 



DE LA SAVOTE. 237 

Les Mons massifz, pour la laisser passer : 
Quand les Rochers elle heurte et arrache, 
Et les roulant, en tels coins les attache, 
Que parapres on pense qu'en ces lieus 
Hz ont esté depuis les siecks vieus. 
Par ce déluge afreux, épouuantable, 
En peu de tems, pour long tems lamentable, 
S'en vont aual les beuz et les cloisons. 
Les habitants auecques les maisons. 

Par ces Vallons les riuieres neigeuses 
Sont aux humeins presqu'en tout dommageuses : 
Troubles par tout, et froides sont les eaus, 
Nuisans au corps, sans poissons, sans oiseaus. 
Mais au moyen des conduites lointeines, 
Par les tuyaus arriuent les Fonteines 
Aus lieus Bourg'ois. Sauoye, sans cela, 
Auroit le moins de ce que plus ell' a. 
Et ceux qui n'ont des Fonteines l'aisance, 
Estans contreins de boire, par vsance. 
L'eau des Torrens, bien peu y a d'entr'eus, 
Que Ion ne voye en deuenir goitreus. 

Courantes Eaus, dont l'éternelle fuite 
Meintient son cours d'inuariable suite, 
Bien est le lieu fécond dont vous saillez. 
Vu qu'en courant iamais ne défaillez : 
Bien grand Touurier qui vous a assurées 
Dans voz canauz, et de Rocz emmurées. 
Pour affermir et de veines et d'os ' 

A cete Terre et le ventre et le dos. 
On voit à l'œil, par votre force exquise 
La vraye essence aus choses estre aquise : 



238 PREMIER LIVRE 

Vous tempérez des corps les grans excès 

S'ilz sont trop chauz, ou bien s'ilz sont trop secz : 

Vous auancez les herbages qui croissent, 

El tous les fruiz qui sur terre paroissent. 

Les Minerauz sous la terre logez 

Sont tous par vous premièrement forgez. 

Mesmc en passant par les mines veineuses, 

Vous apportez aus riues areineuses 

De l'or exquis les greins perlez et blons, 

Entreluisans par l'obscur des sablons. 

Que si l'Espagne vn Tage iaune extolle, 

Frigie vn Hernie, et Lidie vn Pactole : 

Bien peut Sauoye auoir mesme renom 

Pour ses Ruisseauz, qui d'or ont pris le nom. 

Mesme le Rône a son areine blonde 

Par ses confins. Ainsi Sauoye abonde 

Des dons diuers, qui sont particuliers 

Aus régions pour grans et singuliers. 

Par l'Océan et par vous, la grand masse 

A se mouuoir sa pleine force amasse : 

Puis les deus clairs Elemens d'alantour, 

Plus viuement accomplissent le tour : 

Et vous rentrant en la Mer qui vous pousse, 

Ne la croissez, et ne la rendez dousse, 

Elle gardant tout' vne sa rondeur. 

Son mouucment, sa saueur et grandeur. 

Que dirons nous de la Neige qui tombe 
En vn monceau, tout le long de la combe? 
Quand par les Vens arrachée elle part, 
Ou quand le chaud par dessouz la départ : 
Voire et conuient que les passans auisent 



DE LA SAVOYE. 239 

De marcher coy, et qu'enlr'eus ne deuisent, 
Et a Ion vu (merueille) au seul parler 
La Neige rompre, et en bas deualer : 
Soit que la voix, qui à l'air donne branle, 
La pesanteur ia ruineuse ébranle : 
Et que l'effort du marcher pesamment, 
lusques au lieu monte continemment. 
Ainsi s'en vient la masse à la renuerse, 
Qui son lourd fais tout aual bouleverse : 
Non qu'au partir ell' ait si grand' durté. 
Mais en roulant, de son pois aheurté. 
Amasse en rond tousiours Neige récente, 
Si tost, si fort, de si longue descente. 
Que du fracaz qu'ell' va par l'air donnant. 
De loin cuidez ouïr le Ciel tonnant, 
Ou ce qui semble à la céleste foudre, 
L'horrible son de la machine à poudre ; 
Cete Lauanche au choir se vient ouurir 
Au heurt des rocz, et tout le val couurir : 
Ou (qui la foy de l'ouye surmonte) 
Ce fais massif venu aual, remonte 
Contre le Mont opposite estendu, 
Presqu'aussi haut qu'il estoit descendu. 
N'a Ion pas vu cete boule massiue 
Se rebondir d'vne force excessiue 
Vers l'autre Mont? et auoir acrasez 
Les vilag'ois es hauz liens accasez ? 
Et si le son est hideus et horrible, 
Le souflement est bien aussi terrible. 
Quand les tronsons des gros Sapins branchuz 
Déracinez, du seul vent en sont chuz. 



240 PREMIER LIVRE 

Or auient il que ces Alpes chenues 
A l'œil lointein ont semblance de Nues : 
Car vn corps clair, de près a autre égard, 
Que quand il est distant et à l'écart : 
Et les couleurs, qui semblent bien natiues 
En l'Arc du ciel, ne sont que putatiues : 
Les Nues mesme ont leur coniiexité 
Par apparence, et non par vérité. 
Car l'air moyen, par la vigueur solaire 
Gros ou sutil, et l'espace oculaire, 
Rendent ce sens, qui voit, ou pense voir. 
Sur tous les sens facile à deceuoir. 
Quant au Soleil, qui semble pale ou rouge, 
Grand ou petit, iamais pourtant ne bouge 
D'vn ferme estât : et la Lune souueni. 
Qui nous promet chaud, froid, ou pluye, ou vent. 
Se montre blesme, ou rouge, ou orangée : 
Bien que iamais elle ne soit changée. 
Fors quand la Terre en ses defauz hideus, 
Fait du Soleil et d'elle l'entredeus. 

Ancor, des Mons la face nous expose 
L'estat de l'Air auquel il se dispose : 
Souuent en haut on voit s'amonceler 
L'air vaporeus, et là se congeler 
Tout alantour, et s'en faire vne Nue, 
Qui au milieu du Mont est retenue : 
Et qui voudra par fois prendre le soin 
De la iuger de près comme de loin, 
Il irouuera, quand par là il trauerse, 
Cete vapeur estre bien peu diuerse 
D'vne rosée : Et lors que l'épaisseur 



DE LA SAVOYE. 241 

Est accomplie en sa iuste grosseur, 
S'elle de soy est aquatique toute, 
Force sera qu'en pluye elle dégoûte : 
Mais s'elle n'a que du seul vaporeus. 
Se résoudra au Soleil chaleureus. 

Si quelque fois laissant la Nue basse, 
Jusqu'au plus haut de la Montagne on passe : 
L'air tout serein au dessus on peut voir, 
Et au dessouz en mesme tems pleuvoir. 

Or qu'alantour de ces Montagnes creuses. 
Par soupiraus les humeurs vaporeuses. 
Qui la dessouz ont long tems reposé, 
Saillans en Tair, le lacent disposé 
Au chaud, au sec, ou a chaque contraire, 
Bien, il s'en peut ferme raison extraire : 
Mais que d'vne eau, d'heure en heure expirant 
L'humeur en l'air, qui la va attirant, 
Puisse saillir vue vapeur si preste. 
Qui tout autour emeuue la lempeste, 
Quoi que du lac de Beaufort il soit dit. 
Vers les disans i'en laisse le crédit. 

Entre ces Mons on voit trois droites pointes 
D'vne hauteur iusques aus Nues iointes, 
Qu'VUes on dit : et de ces trois Rochers, 
Semble de loin que ce soint trois clochers : 
Qu'on ne sut onq atteindre iusqu'au fesfe, 
Tant est ardue et pointue leur teste : 
Sinon qu'a pair sont les Mons, ce dit Ion, 
Du Galibier, et de Rochemolon. 
Tous les surpasse ancores le Montuise, 
Planté au lieu, qui Dauphiné divise 

16 



242 PREMIER LIVRE 

Du Marquisat : et le Pau qui en sourd, 

Se perd souz terre vn temps, puis se resourd. 

Mais qui croiroit deuoir estre égalées 
Par trait de tenis, les Roches et vallées? 
Les comparant ensemble, Ion diroit 
Qu'auparauant le monde finiroit. 
On voit les Rocz neantmoins qui se rompent, 
Et par le tems se sèchent et corrompent : 
» Ce qu'en vn lieu la Nature défait, 
» De mesme suite ailleurs elle refait. 
Ne voit on pas vue Colline ostée, 
Et d'vne assiele en autre transportée. 
Près Maurienne, où l'eau tant la mina, 
Que toute entière aual l'achemina? 
Comme iadis le Rône qui tout ronge. 
Dedans Vouache, es confins de Coulonge, 
Fit déplacer vn tertre tout entier, 
Arbres et tout, en vn autre cartier. 
Près Anecy vne Montagne mise 
Au bord du Lac, s'est peu à peu souzmise : 
Et les Chasteaus, que voir on ne pouuoit 
De bord en bord, or aisément on voit. 

Puis regardant par ces Montagnes grosses 
Les Rocz pendans, les voûtes et les fosses. 
Où vous creignez, quand vous passez auprès. 
Les grans cartiers qui à tomber sont pretz, 
On peut iuger que tant de places vides, 
De se remplir selon nature auides. 
Rendront enlin ces monceaus atterrez : 
Ou les fors Vens là dedans enserrez, 
Faisans liembler la masse terrienne 



DE LA SAVOYE. 243 

(Eprouué l'as nagueres, Maurienne, 

Et toi, Moutier, tant de fois l'as senti) 

Applaniront le lais appesanti. 

Et de Mians les abiz en font prenne, 

Par le débriz, qui ça et là se treuue : 

Quand du Rocher la grand' cime partit, 

Et tant de Bours en abîme abbatit. 

Les fortes Eaus, qui leurs courses alongent, 

De iour en iour les Mons cauent et rongent : 

Qui contreindront, à force de miner. 

Le grand amas en fin de ruiner. 

Que dirai plus? les Montagnes n'echapent 

L'effort cruel des hommes qui les sapent, 

Pour arracher l'or au ventre caché, 

Auec le fer, qui en fut arraché. 

Et les Metaus, qui es mines demeurent, 
Sont bons témoins des Rochers qui se meurent : 
Dont le terrestre au long tenis se mang'ant, 
En autre corps plus fin se va chang'ant. 
Qui plus de l'air et du feu participe, 
Qui de la terre, et plus tost se dissipe : 
Qui aisément est fondu et plié. 
Et qui d'humeur aquee est plus lié : 
Pois, fermeté, et couleur, sont les formes. 
Qui par entr' eus les font estre diformes, 
Selon qu'est l'air et le Soleil actif, 
Et Teau passant par le terroi natif. 
Hz sont long tems cachez dans la matrice, 
Autre long tems traitez souz la nourrice. 
D'humeur, de sec, plus ou moins durcissans 
D'air et de feu plus ou moins claircissans. 



244 PREMIER LIVRE 

Mais qui dira la grand' température, 
Et le sauoir, dont maîtresse Nature 
Les cuit, les trampe et forge de sa mein, 
Laissant la reste à l'exercice humein? 

Ancor' voirrez les pierres transparentes 
Dedans les Rocz, de formes différentes : 
Safirs, Cristaus, Diamans reputez, 
Contentans l'œil, s'ilz auoint leurs duriez. 
Et bien souuent l'ouuriere qui les trie, 
Les a taillez d'vnc telle industrie, 
Que la planure et lignemens sutilz 
Feroint bien honte à l'Art et ses oulilz. 
Ainsi les Rocz en corps se conuertissenl 
Plus fins et clairs, et tousiours s'appetissent : 
Ainsi les Mons par tenis deuiendront pleins : 
La terre, mer : et les lieus vides, pleins. 

De ces Rochers la rudesse diforme 
Par art huvnein a reçu autre forme, 
Remémorant et l'ouurage et les meins 
Des anciens, et mesme des Rommeins ; 
Qui retrouuans les choses mémorables 
Es lieus remuz, les rendoint honorables. 
Viuier en a piliers et chapiteaus, 
Tombeaus grauez auec leurs ecriteaus : 
Mais la durté du long tems, qui varie, 
Et qui les ars réduit en barbarie, 
Les beauz labeurs des monumens poliz 
A déplacez, brisez et demoliz : 
Et les ecritz de compassées lignes. 
Mis à l'enuers aus coins des chanis et vignes 
Rien ne restant de l'artificiel, 



DE LA SA VOTE. 245 

Sinon vn peu de superficiel. 

Ainsi l'Enuie oublieuse, gourmande 

Les failz humeins, et a mépris les mande. 

Puis délaissant l'homme à s'euertuer, 

Ne peut ses iaitz, ne soi perpétuer. 

Mais la Nature enseignée sans maistre, 
A délaissé l'eau des Beins en son eslre 
D'Ais la pierreuse, où les pères auoint 
Mis leur sinal, du tems qu'ilz s'y lauoint ; 
Des chaudes Eaus s'y retreuuent les cuues, 
Pour suruenir de salubres estuues 
Aus languissans, par deus effetz, dont l'vn 
Retient du soufre, et l'autre de l'alun. 
Tele dénient l'eau qui a été dousse, 
Passant les lieus, où la froideur repousse 
Le chaud au fons, qui tempère et qui cuit 
Le naturel du terroi qui ly duit. 
Là les Serpens, des creus sans nombre sortent, 
Que sans danger au sein les enfants portent : 
Car du terroi minerai la tiédeur. 
Leur amortit du venin la froideur. 

Or qui diroit tant de sentiers qui virent 
Parmi ces Mons abrupz, que iadis firent 
Les durs Bergers, ça et là trauersans, 
Pour chercher Therbe à leurs moutons paissans ? 
En ces contours, les Vens, qui l'air noircissent, 
De gel tranchant, les visages gercissent : 
Là le passant mal se peut tenir droit. 
Lors qu'en entrant par le passage étroit 
Des deus Rochers, soudein lui viennent contre 
Les tourbillons^ à la foule et rencontre, 



246 PREMIER LIVRE 

L'enuelopans : dont l'effort orageus 
Plus a d'obstacle, et plus est outrageus. 

Quand vous montez^ vous semble que la cime 
Soit cellela que votre vue estime : 
Mais à vos yeus souuentefois deçuz, 
Tousiours se montre vn plus haut lieu dessuz : 
Puis en passant par ce chemin sublime, 
Vous entendez ainsi que d'vn abîme, 
De ces Torrens les bouillons depiteus 
Contre les Rocz qu'ilz trouuent deuant eus. 
En ce haut Ciel, vn air qui règne et vente, 
Voz sens nouueaus étonne et epouuente, 
Qui trauaillez, regardant contre bas 
A rassurer votre œil et votre pas. 
» Ardens désirs, que les hommes affolent 
» D'aler plus haut que les oiseauz ne volent. 
Quele horreur c'est, quand le Rocher pendant 
Est de tout tems sa ruine attendant, 
Et que les Vens, qui là haut se dépitent, 
Rompant le fais, en bas le précipitent, 
D'vn tel randon et fraieur, qu'en cheant. 
Vous fait sembler la Montagne au Géant, 
Qui blasphémant les Dieus et la machine, 
Secoùt le fais qu'il a dessus l'echine : 
Dont les cartiers ébranlez de leur pois. 
Font retentir la valee et les bois. 
quantes fois, si à autre heure ilz chussent. 
Le laboureur aus chams accablé vssent! 
Ces Montagners, du Ciel sont regardez, 
Et de ces hauz précipices gardez : 
Alez y voir, et vous voirrez où meine 



DE LA SAVOYE. 247 

La coiluoitise et la pratique humeine, 

D'aiioir osé mettre le pie es lieus, 

Qui de ça bas donnent horreur aus yeus : 

D'auoir rendu la hauteur accessible, 

Ce qu'à la uoir, ne sembloit point possible : 

Mesme auoir fait par fréquentation, 

Des lieus perduz, lieus d'habitation. 

Soint tant qu'on veut, les Montagnes ardues. 

Les voyes soint par la Neige perdues : 

Si auez vous au haut et au milieu 

Vilages meintz, bastiz de lieu en lieu. 

Cete hauteur, en partour suspendue 

Fait le pais de plus grand' estendue : 

Aussi est il plus peuplé et garni, 

Que s'il etoit en campagne applani. 

Merueille grand', ces lieus tous pleins d'aspresse 

Et de trauail, ont toutesfois la presse 

De ceus qui sont l'an tout entier contens, 

Pourueu qu'il viene vn seul quart de bon tems. 

Et toi, Bessan, pénétré de la Rize, 
Et Bonneual, où l'Arc sa source a prise, 
Vos habitans sont aus froides saisons, 
De Vens et Neige assiégez es maisons : 
Et leur famille ainsi emprisonnée, 
Vit demi an du pein d'vne fournée. 
Contre le Vent ilz vsent pour châssis. 
De clairs glaçons es fenestres assis. 
Et toutefois cete terre natiue 
Leur est si dousse, et si recreatiue, 
Que ne pensans autres endroiz meilleurs, 
Onques n'ont eu désir de viure ailleurs. 



248 PREMIER LIVRE 

Puis quand ce vient que les lumeaus rapportent 
Le beau Soleil, de leur fumiere ilz sortent, 
Pour voir le Ciel, qu'ils n'auoint veu depuis 
Quatre ou cinq mois, sinon du fons d'vn puis. 
Vous les voirriez la face bazanee, 
Mener beufz gras et moutons d'vne année 
Vendre au marché, chëureaus, fourmages, euz. 
Et rapporter de beaus testons tous neuz. 

Vne autre assiete étreinte de gelée, 
Cens du pais Glacier l'ont appellcc, 
Détroit horrible, en long et parfondeur 
Tout endurci d'éternelle froideur. 
Des que les Mons vindrent à apparoitre, 
En mesme tems ce gel y vint à croître : 
Et peu à peu ces Rochers de glaciz 
Maugré l'Esté se sont faitz plus massiz. 
le ne croi pas que les Hiperborees 
Soint transpercez de plus aspres Borées : 
Car le Soleil, qui en vn tems s'y tient 
Tousiours leué, quelque Esté y meintient : 
Mais en ce lieu, dont l'horreur glaciale 
Va dépitant l'ardeur solstitiale. 
N'y a rondeur, ny forme d'orizon : 
Le iour y est comme en vne prison : 
Et si n'y a en l'étroite contrée. 
De tous les Vens, que pour la Bise entrée, 
Au long des Rocz, desquelz le haut sommet 
Luire entredeus au Soleil ne permet. 

Ce lieu pourtant ne s'est pas pu défendre. 
Qu'en meinfz endroitz ne soit contreint de fendre. 
Car l'eau coulant' dessouz l'a dilaté, 



DE LA SAVOYE. 249 

Et des le tons oiiuert et éclaté, 
Par la tiédeur que la froideur regete 
Encontrebas, et la y tient sugette : 
Mesme les creus qu'ell' a au large ouuers, 
Sont de verdeur, tous tems de l'an, couuers : 
Le Bouquetein, souz cete large voûte, 
Gros et cornu, l'herbe pâture et broute : 
Le sang duquel, est celuy entamant 
La pierre aus reins, et le dur diamant. 

Et toutefois l'abimeuse fendace. 
Le vent, l'hyuer, cède à l'hunieine audace, 
Auec crampons acerez franchissant 
Ce dur chemin perilleus et glissant. 
» Que voulez vous? la trop actiue enuic 
» De trafiquer, ne respecte sa vie : 
» Quand ell' estime vn long chemin plus grief, 
» Quoiqu'il soit seur, qu'vn dangereus et brief. 
Ces Mons arduz etoint les iusies termes. 
Que la, Nature auec fondemens fermes 
Auoit donnez, pour séparations 
De Ciel, de meurs, de langue, aus nations : 
Qui toutefois leur laissa des trauerses 
Assez à point, pour traiter leurs commerces, 
Pour s'entreuoir : brief, teles qu'il sufit 
Aus conuoiteus de plaisir et profit. 
Mais quele ardeur, ou plus tost quele rage, 
De l'Afriquein anima le courage, 
Quand pour passer son équipage gros, 
Auec vinaigre et feu brisa les Rocz? 
Pour enuahir la terre séparée, 
Dont la retraite est si mal préparée. 



250 PREMIER LIVRE 

Que bien peu vaut, ou rien, au bon soudart, 
En ces detroitz vertu de main ou d'art. 
Quelz appeliz de victoire implacables 
Ont attelé tant de chars et de cables, 
Pour y guinder ces canons renforcez 
Par haut, par bas, par torrens et fossez? 
Au grand Rommein, né à la monarchie, 
Dont fut souuent cete bourne franchie. 
Coûta bien cher par tems et par bazars, 
A donner nom à tant d'autres Césars. 
Oh si n'était le grand deul qui m'empesche, 
le conteroi' plus d'vne perte fraisché 
Des deus passans, montrans que l'entredeus 
Etoit posé exprès pour chacun d'eus. 
» Mais qui rendra les cueurs hauteins dociles 
» A leur repos? les choses difficiles 
» Sont seul obiet du règne prétendu, 
» Qui ne leur est iamais trop cher vendu. 
Les Sauoyens, que l'auarice honneste 
lournellement aux trauaus amonneste, 
Estans en paix, voyent les estrangers 
Alans, venans, aveuglez aus dangers. 
Hz sont chez soi, et pour durer endurent," 
Regardans ceus qui pour endurer durent. 
» Bon est le lieu, auquel tel comme on naist, 
» On vit content d'estre cela qu'on est. 
Mais quoi? mes vers en ce lieu se lamentent, 
Que les malheurs du Siècle les démentent, 
Quand le venin des proches régions, 
A pénétré par ses contagions 
Les Mons espais, rompant par sa malice 



DE LA SÀVOYE. 251 

Bournes, rampars. Nature et sa police : 
Rendant les bons malicieiis et fins, 
Plus que ceuslà qui sont hors leurs confins. 
Et toutefois, de peur que ie n'accuse 
Moimesme à moi, mon œil propre i'abuse. 
En défendant au cuear, d'aiouler foi 
A tout cela que ie sen et ie voi : 
Et bien souuent en cet erreur souhaite 
A haute vois, deuenir de Poète, 
Le Laboureur qui cultiue le val 
Du froid Bessan, ou bien de Bonneual : 
Pour n'auoir point les ennuiz qui me cuisent. 
Ni les auis qui mon espoir détruisent : 
Pour auoir paix, et demeurer agré, 
Chang'ant de nom, de vie, et de degré. 
fol propos ! que pense ie? et que di ie? 
Oh en quel lieu mon esprit se rédige ! 
Quand ie me veù vanger de mon émoi, 
Pour meilleurer l'état d'vn autre moi ! 
Ce mien souhait, et l'obtinse ie ancores, 
Ne seroit pas pour cil que ie suis ores : 
Car moi estant vn autre deuenu, 
l'auroi' pour lui mon désir obtenu. 
» Bien veins désirs : et bien fol qui désire, 
» Quand en cent pars son cueur romt et dessire: 
» Rien n'est plus vein, qu'en cuidant euiter 
» Ce qui deplaist, soimesme se quiter. 
Cesse tes pleintz, et à toi te compare, 
Et de ton fort toimesme te rempare : 
Pourquoi fuiz tu? si tes rong'ans trauaus 
Tu as en croupe et par mons et par vaus? 



252 PREMIER LIVRE 

Seroit ce pas bien foie fantaisie, 
D'auoir ta paix et liberté choisie 
Dedans les liens distraitz, et neantmoins 
De tes chagrins les prendre pour témoins? 

Lieus détournez, hauteurs precipiteuses. 
Froid païsage, et voies raboteuses, 
Là où quand plus l'œil se trouue arresté, 
Plus a d'espace, et plus de liberté : 
Vangeurs esluz de ma solicilude, 
Qui mesme auez trop peu de solitude, 
Si ce n'etoit que des lieus séparez 
le va cherchant tous les plus égarez : 
Si parmi vous ancor' n'est la macule 
Du sang Ciuil, duquel ie me recule, 
Ayant refuge ans asiles sacrez, 
Fuiant les lieuz poluz et massacrez : 
Et toi, Eco, à qui mes vers raisonnent. 
De qui les fins distinctement resonnent, 
Fidèle issue à mes plus iustes criz : 
Et toi, dieu Pan, témoin de mes Ecriz : 
Vous Demidieus, et vous, Nimphes compagnes, 
Et vous, ô Seurs, habitans ces Montagnes, 
Ferez vous point par vos vniz accors. 
Quelque Génie amoureus d'vn seul cors, 
Lequel rempli de votre faneur, entre 
Dedans ce rond, duquel ie tien le centre. 
Et dont les traitz loin de moi estenduz, 
De toutes pars dedans moi soint renduz? 

Nature grande, vniuerse et commune, 
Toute par tout, innumerable et vne, 
S'il est ainsi, que de toi i'aye ouuert 



DE LA SAVOYE. 253 

Ce qu'en ces Mons etoit clos et couuert, 
Si autrefois, quand ie t'ay implorée, 
Tu as soufert de moi estre honorée : 
Si tu connois que i'aille meilleurant, 
Pour le dcuoir de ce mien demeurant : 
Brief, si ie suis de toi quelque parcelle. 
Et de ton feu quelque viue estincelle, 
Estant epoint des aguillons de toi. 
Quand ie te sen, ie t'auise et ie t'oi, 
Qui as planté en moi selon ma sorte, 
Ce qui de moi est possible qui sorte, 
Entretien moi de ton mieus, et ton plus, 
Si l'en rendrai le conte et le surplus : 
Elargi moi, et donne pour reprendre : 
Car à la fin que te pourrai ie rendre, 
Sinon cela dont tu voudras m'orner. 
Pour deuers toy plus entier retourner? 
Assure moi au moins de quelque grâce, 
Pour tout cela qu'a ton honneur ie trace : 
Tant que par toi mon dessein prospéré. 
Trouve le but tel que i'ai espéré. 



SECOND LIVRE 

DE LA SAVOYE, 



A TRESILLVSTRE 

9 



PRINCESSE MARCxVERITE DE FRANCE 

Duchesse de Sauoye et de Berry. 



Si ie vouloi' dire foules les places, 
Tous les detroiz pleins de neigeuses glaces, 
Il s'i perdroit la grâce et le plaisir : 
Le tems ailleurs m'appelle, et le désir. 

Entre ces Mons, y git un lieu d'aisance. 
Que i'ai connu tout un tems en presance: 
C'est Maurienne, où entre, à un get d'arc, 
Le trouble Aruan dedans le bruyant Arq : 
Vile posée au cueur de la Sauoye, 
Et à peu près au nulieu de la voye 
De Chamberi, et du célèbre Mont, 
Qui la départ d'auecques le Piémont : 
Meintz ornemens font le lieu digne et noble, 
Prez, chanis, vergers, et liquoreus vignoble, - 
Enrayonné par l'entredeus du val, 
D'un clair Soleil, qui au tems estiual 
Plus tost se montre, et plus la nuit diffère. 
Qu'il ne seroit en un plein hémisphère: 



DE LA SAVOYE, 255 

Bien qu'en hyuer un peu soit retardé 

Par le haut Mont de l'Austre regardé : 

Mais aus hauz iours , le front des Mons il touche, 

Quand il se leue, et puis quand il se couche : 

Et pour autant qu'à l'ouuert il les bat, 

Soudein au fons la splendeur s'en rabat. 

Alant au tour la Montagne pendante. 

Vous y voiez la campagne abondante, 

Et en tems deu, beuz, chëures et brebiz, 

Se faisans gras des sauoureus herbiz ; 

Que si du Mont vous est longue la peine, 

Vous descendez en la valee pleine, 

Vous passag'ant au long des prez plaisans. 

Qui par trois fois se fauchent tous les ans. 

Là au trauers, et au long se conduisent 

Les Ruisseletz, qui du Fleuue s'épuisent: 

Dont le clair bruit vous fait si voulontiers 

Prendre repos souz les arbres fruitiers ; 

Où vous cueillez la prune violette, 

La pomme dousse, ou la guigne mollette, 

Tout en son tems si bien entretenu. 

Qu'un fruit failli, l'autre est desia venu. 

Par ces Pourpris sont les herbes tendrettes. 

Pour meslier les salades aigrettes : 

Brief ce solage apporte sans grand coust 

Tout ce que veut Thonnesteté du goust. 

A l'Artichot il est si profitable, 

Et au Melon, friandises de table. 

Que celuila de ces iardins Génois 

Céderait bien à l'air Mauriennois. 

Puis le Safran, de rougeiu" iaunissante, 



256 SECOND LIVRE 

Et de saueur ans cueiirs reioiiissante, 
Y vient bien tel, qu'un mont Cilicien 
Lui cederoit son renom ancien. 

Or en ce lieu faut que ie dissimule 
Le desireus vouloir, qui me stimule 
Et si n'estoit mon plus urgent proget, 
le m'ebatroi' en ce ioyeus suget : 
le chanteroi' de l'eureus iardinage 
Le grand plaisir, et l'utile ménage. 
Tout le premier ici seroit nommé 
Le Chou feuillu, et ancor' le pommé, 
Et la Laitue en sa rondeur serrée, 
Et pour l'hyuer nostre Endiue enterrée : 
L'Hysope, et Mente, et le Thin sauoureus : 
Roses, Euilletz, propres ans amoureus : 
La Marguerite et purpurine, et blanche. 
Et du haut Liz la fleur naïue et franche : 
Le Baselic, et Spic, dont l'odeur point, 
Et le Soussi, dont la fleur ne faut point : 
Le Roumarin, la soeve Mariolaine : 
Fenoil, Aniz, qui font bonne l'aleine. 
le n'oublieroi' le doussatre Cherui, 
La Pastenade, et l'Asperge auec luy : 
l'aiouteroi' les Citrouilles au nombre, 
La Courge fade, et l'humide Concombre. 
Puis les Câpriers ie rendroi' bien plantez 
Au long des Rocz, d'un long Soleil hantez : 
l'apporteroi' en un pais étrange 
L'odorant Myrte, et le pommier d'Orange ; 
Non les Figuiers, ni les Grenadiers francs, 
Malaisément le froid dehors soufrans. 



DE LA SAVOTE. 267 

De celle Plante à Phebus consacrée, 

Dont la couronne aus Poètes agrée, 

l'en parleroi', pour l'entretenement 

Du dous ombrage : et de meint ornement, 

Des pourmenoirs, des treilles entr'ouuertes, 

Des triples fleurs de lossemin couuertes. 

De ces beaulez ie pourroi' deuiser 

Et en leurs lieus et tems les diuiser: 

Aus Citoyens i'apprendroi' leur plaisance : 

Aus Laboureurs, leur domestique aisance : 

Mais en ces lieux il faut auoir respect. 

Que l'art trop grand à Nature est suspect: 

Et sans cela que de tems ie n^ay gueres, 

la ces Traitez se sont renduz vulgueres, 

Si les humeins, de leur bien negligens. 

Ne se rendoient, en leur tout, indigens. 

le chante ici la naïue structure 

Des Mons ornez de moyenne culture : 

Qui ont ancor' des plaisirs non petiz. 

Si la raison guidoit les appetiz. 

Le Montagner tout guey s'en va en queste, 

A la pistole, ou bien a l'arbaleste. 

Et par ces lieus abruptz, sur les hauz iours 

Chasse aus Sanglers, aus Chamois, et aus Ours : 

Et à meint autre animal, qui s'appiete 

Par ces Rochers, chacun selon l'assiete. 

L'Ours qui s'en vient par le Rocher voisin. 

Pour trouuer proye, ou manger le Reisin : 

Le Louceruier, suçant le sang tout sangle 

Dedans le parq des Brebiz qu'il étrangle : 

Le Chat rousseau, viuant dans le halier, 



258 SECOND LIVRE 

Bien plus cruel que le Chat familier . 
Et le Chamoy, à la corne recroche, 
Qui de plein saut passe de roche en roche : 
Et tout soudein qu'il se voit eschapé, 
D'vn haut siflet par luy est Tair frapé : 
Comme donnant de cete deliurance 
A ses compains vrei sine et assurance. 
Mais quand il esl trop pressé du chasseur, 
S'il voit son homme en serre et lieu mal seur,. 
Passe entredeus, afin qu'il le deroque. 
Tant à s'aider Nature le prouoque, 
Et tant hardiz deuienent, de paureus, 
Ces animaus, es Rochers faitz pour eus. 
» La raison seule, est celle qui fait creindre, 
» Et des dangers le courage refreindre : 
» L'homme, ouurant l'œil en ces pierreus detroiz 
» Si perilleus, si ruineus et droiz, 
» A chaque pas croit qu'vne mort y pende : 
» Mais s'il auient qu'aus dangers ses yeus bande, 
» Tout a vn coup cà creindre il desapprend, 
» Quand l'appétit pour le conseil il prend. 
Or s'il a peur d'aler à la rancontre 
De l'animal, qui ces dangers lui montre, 
Il a moyen de faire, en s'ebatant, 
Quelque butin, qui ne coûte pas tant: 
Le Lieure blanc il trouue par les Pioches, 
Prenant ce teint des neiges qui sont proches : 
Et la perdris, Albine, il fait aler 
Dans le filet, l'abusant du parler. 
La Gelinote, es buissons rancontree, 
JEt inconnue en l'air d'autre contrée ; 



DE LA SAVOTE. 259 

Qui a vn goût délicat et exquis, 
Passant la chair du Faisan si requis. 
La Marmoteine, vne année demie 
Dedans son creus tout en rond, endormie: 
Si qu'à la voir, ni mesme au maniment, 
Ne semble auoir vie ni sentiment. 
Estce par tour, que cete pecorette 
Se fait treiner, en guise de charrette, 
A la renuerse, es bras portant le foin 
Dans le terrier, pour le commun besoin? 
L'autre tandis, qui fait la sentinelle, 
Estce que plus d'astuce soit en elle. 
Qu'en sa compagne? étant pour agueter, 
Et d'vn siflet la troupe amonnester? 
Puis quand le tems eschet, qu'elle s'yuerne, 
Elle vous fait, par dedans sa cauerne 
Vn faus chemin, dont le chasseur séduit, 
Faille celuy qui au gite conduit. 
prouidence! vne beste estant née, 
Pour se mourir la moitié de Tannée, 
Montrer ainsi, par vn instinct secret, 
Façon de viure à l'animal discret ! 
» Nature donne un chois et certein ordre, 
» Par vn chemin, qu'elle ne laisse tordre: 
» Mais trop d'auis, à l'homme soucieus, 
» Trouble à tous coups ses faitz negocieus. 
Quand le Soleil, de la pointe estiuale 
Plus loin de nous peu à peu redeuale, 
Et que des Mons, par ses raiz chaleureus. 
Sont les herbiz tous druz et plantureus, 
Lors le Berger ses vaches accompagne, 



2160 SECOND LIVRE 

Pour les mener au haut de la 3Iontagne : 

Où il se lient, tout ce tems estiaal, 

Près son bestail, sans retourner aual : 

lusques à tant que de la Vierge Astree 

L'Astre doré ait ia passé l'entrée: 

Et que les Vens d'Autonne desseclians, 

Ayent flestri la verdure des chams. 

Là sus il prend peine continuelle, 

Pour satifaire à sa charge annuelle: 

En départant par vn iournel détail, 

Les trois prolîtz qu'il tire du bestail : 

Desquelz celuy de la crémeuse gresse, 

Et cil ancor' qu'en la fresselle il presse, 

Par toute terre, à tout le genre humein 

Traitant bestail, sont communs et à mein. 

Bons, ou meilleurs, ainsi qu'est la pâture. 

Et sont par tout de semblable facture : 

Fors que souuent le fourmage mollet 

Hz sont plus gras, sans ebeurrer le lait. 

Mais le tiers gaing, qu'en Sauoye ilz en tirent, 

Est le Serat, que du Latin ilz dirent : 

Au païsan de grande vtilité, 

De peu de coût, et grand' facilité. 

Hz font tramper la racine d'Ortie 

En la liqueur du fourmage sortie. 

Qu'on dit lait clair, dont leur Aisi se fait, 

Nom du Latin, acide, contrefait. 

Puis au chaudron, où boult d'autre lait maigre 

Auec lait franc, ilz getent de cet aigre 

Ce qu'il en faut. Ces trois mistionnez, 

Font le Serat, bien proportionnez, 



DE LA SAVOYE. 261 

Second fourmage, et de grosse sustance, 
Des poures gens ordinaire pitance. 
Les Montagners, ainsi ont vsité 
Ce qui conuient à leur nécessité. 

Quand quelques fois les lenices en nombre, 
Gisent par là, souz l'air de la nuit sombre. 
Sans rien douter, auient que l'Ours arpu 
Par lieus abrutz sort de son creus mal pu, 
Sur le troupeau : mais les masles qui veillent. 
Tous deus d'accord au combat s'appareillent : 
Et chacun d'eus d'ire et d'amour armé, 
Attend venir le Saunage affamé. 
L'Ours sur les piez de derrière s'appreste, 
Et du Toreau veut arraper la teste. 
De ses deus braz, luy le col gauchissant. 
Et contrebas la teste fléchissant, 
La corne en sus de grand' force rehausse. 
Et la cuirace à l'Ours velu il fausse : 
Qui tout rageus de se sentir blessé, 
Sur le Toreau soudein s'est redressé : 
Et le serrant de Tvne et l'autre pâte. 
Bien peu s'en faut qu'en terre ne l'abbate : 
Mais le Compaing vironnant alantour. 
Offense l'Ours d'aler et de retour : 
Qui par l'obscur grince, escume, et rechigne : 
En s'euadant, et la terre egratigne : 
Et en arrière il pousse les cartiers 
Des gros caillouz, trouuez par les sentiers. 

Durant ce choc, les femelles creintiues, 
Tout à recoy ont esté attentiues : 
Dont l'auantage ont eu, mais non pas franc, 



262 SECOND LIVRE 

Les deus mariz : Tvii est atteint au flanc : 

L'autre de l'arpe au col porte l'enseigne : 

L'vn à l'oreille, et l'autre au mufle seigne : 

Mais tous deus ont aus cornes amassé 

Le poil sanglant de l'ennemi chassé. 

Que si la nuit et l'auantage octroyé, 

Que la lenice il aquiere pour proye. 

Le corps meurdri de force embrassera. 

Et par les Rocz entier le passera. 

Sans aide aucun : non comme en la campagne, 

Le Lou questeur, d'autre Lou s'accompagne, 

Quand pour du fais l'vn l'autre supporter. 

Le plus frais prend la brebiz à porter. 

Qui penseroit qu'vn Ours, lourd et saunage, 
Fust si friand du mielleus ouvrage? 
Et qu'en vn corps de si laid maniment, 
Fust si exquis et agu sentiment? 
Lui soit la grape à l'abandon permise, 
Qui est au gré des sens, et à Tair mise : 
Mais le Miel clos, et si près de l'hostel, 
Comment est il senti d'vn museau tel? 
Auec la pâte il abat et dessire 
La Rusche pleine, et les coùtaus de cire. 
Et engloutit vn tant céleste don. 
Du Laboureur le plus noble guerdon. 
Et toutefois c'est la garde peu caute 
Du ménager, à qui s'en doit la faute : 
Qui des grans biens du peuple industrieus, 
Doit par sus tout se montrer curieus. 
Oh que ie n'ay le tems tel que l'enuie. 
D'en dire ici l'artifice et la vie ! 



DE LA SAVpYE. 263 

Mais si vn iour des Muses m'est permis, 
le reprendrai ce labeur intermis. 

Disons ici les Arbres, que Nature 
Produit es Mons d'eminente stature, 
Droitz, odorans, larmoyeus, et gommez. 
Telz sont les Pins, beauz, rameus, et pommez, 
Et les Sapins, les Mélèzes, et Peces, 
D'vsage grand, tous selon leurs espèces. 
L'vn a sa gomme entre l'ecorce et bois, 
L'autre contient en sa Torche la pois, 
Bois qui de flamme épris, la nuit éclaire : 
Nais le Meleze, a vne liqueur claire, 
Qui se reçoit sur le mois des lumeaus. 
Qu'on dit Bijon ; de bois et de rameaus 
Semblable au Pece : exquis pour l'artifice 
Du Charpentier, dressant son édifice. 
Celui Bijon, en Médecine a pris 
De Termentine et l'vsage et le pris. 
Mais l'homme est bien d'ignorante pratique. 
Qui va chercher la mer Adriatique 
Pour en r'auoir ce qui a esté sien. 
Le rachetant de sa peine et son bien. 
Ce qui est deu, par vn droit légitime, 
Aus Mons d'ici, la Vile maritime 
En prend l'honneur : et pour tel le reuend, 
Que s'il eloil apporté du Leuant. 
Au mesme tronc surcroit le Bouley pâle, 
Fraile et léger, tant femelle que mâle : 
Bon à purger des articles et neuz. 
Du chef, des nerfz, l'humeur qui est en eus. 

L'vsage bon de ce Bijon liquide, 



264 SECOND LIVRE 

Deuers le Lac dit d'Anecy me guide, 

Pour dire ancor' vne Eau auec son lut, 

Qui souuent porte au malade salut. 

Vne Roche est au Midi opposée, 

Près de ce Lac, dessus Veiri, posée : 

Qui a deus crotz, l'vn sur l'autre, voûtez, 

Tous deus ouuers, dedans mal rabotez : 

Et du dessouz l'entrée est rude et basse, 

Où vn à vn, en se courbant on passe. 

Le iour pourtant, qui entre es deus manoirs, 

Fait qu'ilz ne sont ni sombres, ni trop noirs. 

Au haut de nuit, les Biselz se vont rendre, 

Pour se iucher : où ilz les vont surprendre 

Auec le feu, et là sont arrestez 

Dedans les retz à l'issue apprestez. 

Par le dehors, on monte en cete voûte, 

Dont le grauir vne grand' peine coûte, 

Haut, âpre et droit, si bien le fait comter 

Cil qui a eu la peine d'i monter : 

Où peu à peu iusqu'au haut on eschape. 

Par les rinceaus souples, où l'on s'arrape. 

En cete voûte, est vn creus écarté. 

Où se conduire on ne peut sans clairté : 

Là est cete Eau, qui bien semble auoir source, 

Mais retenue en sa cuue sans course : 

Où elle croist et decroist par les fois, 

Ainsi que fait la Lune tous les mois. 

Les païsans, qui bien souuent en boiuent. 

Du mal des flancs alleg'ance en reçoiuent. 

Cete Eau est claire, et pesante pourtant, 

Et la senteur de la terre portant, 



DE LA SAVOYE . 265 

Terre en moiteur par elle meintenue, 
Grasse, ardrilleuse, et de couleur charnue : 
Qui tient beaucoup du lut Arménien, 
Et de celuy que Ion dit Lemnien. 
Cens du Vilage, entre autres maladies, 
En font breuuage aux bestes refroidies. 
Si leurs Beuz ont au flanc quelque os rompu, 
Ou deloyé, après qu'ilz en ont bu 
Par quelques fois, la fracture se serre : 
Et qui plus est, se trouue cete terre 
Aus Beuz occis (si vrei en est le bruit) 
Liée autour de l'os qu'ell' a réduit. 

Ce que i'ai dit des Montagnes, ameine 
loye et profit à cete vie humeine. 

» Mais le bon eur de l'homme, et spécial 

» A sa nature, est d'estre social : 

» C'est l'homme seul, qui rend le lieu spectable : 

» Non pas le lieu, qui rend l'homme acceptable : 

» Et la vertu, iointe à l'humanité, 

» Donne aus païs toute leur dignité. 
Tu es en paix, Sauoye, et as des hommes : 
A quoi tient il qu'eureuse ne te nommes ? 
D'vn eur content tu te peuz bien vanter. 
Si tu te saiz de tes biens contenter. 
Et si tu veuz telz qu'ils sont, les connoitre : 

» L'eur n'est pas bon, qui trop se fait paroitre. 
En lieus diuers tu as de bons espritz. 
Dont Maurienne a bien sa part au pris, 
Tant qu'auec soy vn Lambert elle garde, 
Qui d'oeil veillant dessus elle regarde : 
Par son sauoir, sa prudence et bonté, 



266 SECOND LIVRÏ 

Digne du lieu, auquel il est monté. 

El Batendier, de suffisance égale 
En Poésie et science légale, 
Fait de ses Droilz Maurienne iouir, 
Et ses beauz vers par tout le Monde ouir. 
Son Lancessey, basii ioignant la Vile, 
Et Armillon, qui en est loin d'vn mile, 
Près des Rochers, démontrent bien à part, 
L'euure diuers de la Nature à l'Art. 
Quand bien ie voy son estât domestique, 
Le comparant auec le fait rustique, 
le di de luy (ainsi soint vreiz mes chans) 
Qu'il est eureus à la Vile et aus chams. 
Et toi, Bibal, qui laissas de bonne heure 
Ton Languedoc, pour faire .ici demeure, 
As eprouué qu'vn pais monlueus 
Est bien ancor' pais des Vertueus. 
Rapin, Courier, que vit naitre Valoire, 
Reçoit et donne à Maurienne gloire : 
Il sait les Mons, et leurs conditions, 
Les honorant par ses commissions. 

A bien bon droit ma Muse se remembre 
Du val plaisant de Cuyne, près la Chambre : 
Que l'Arq abbreuue, et là près est connu 
L'oiseau de proye, au front laid et cornu. 
Assez m'a plu ce beau lieu et fertile. 
Mais ancor' plus cete face gentile 
De Violand, dont mon œil fut raui. 
Voire mon cueur, tandis que ie la vi. 
Ni plus ni moins qu'vn cheual de seruice, 
Entretenu au meilleur exercice, 



DE LA SAVOYE. 267 

Alors qu'il voit la Pouleine qui pait 
Au pré connu, l'herbe qui miens lui plait, 
N'ayant prouué l'amoureuse estincelle, 
Farrouche au frein, et farrouche à la selle : 
Et lui ne montre autres signes, témoins 
Du feu passant, et ell' ancores moins. 

Raison ne veut, Moulier, que ie te taise, 
Qui eclairciz toute la Tarantaise, 
Comme le lieu du pais, principal. 
Dont tu es siège Archiépiscopal : 
Le Fleuue issant du Mont Isère, passe 
Par le milieu de ton assiete basse : 
Tes beauz logis, tes honnestes façons. 
Ne sentent rien leurs Rocz, ni leurs glaçons. 

Et toi, qui tiens du Sel le nom antique, 
Dont tu as eu longuement la pratlique. 
Les demeurans des fourneaus et cuuiers, 
Témoignent bien l'art de tes viens cuuriers : 
Et les nouueaus, pour leur belle entreprise, 
Bien dignes sont que beaucoup on les prise : 
Par qui sera en Sauoye remis 
Ce grand profit, si long temps intermis. 
C'est vn grand eur de trouuer à sa porte 
Ce que de loin à grans fraiz on apporte. 
Quel don plus grand se dëura reputer, 
Qu'à son besoin rien d'autrui n'emprunter? 

Bien est des Eaus merueilleuse l'alure : 
Celle de Mer, laisse toute salure. 
En s'ecoulant par le sable terreus : 
Mais ceteci, iusqu'en ces lieus pierreus 
Porte son sel ; car qu'elle puisse acquerre 



268 , SECOND LIVRE 

Tele saueur, en passant de la terre, 
le ne le croi, ains la Mer se transmet 
En tel canal, qui salée l'admet 
Pardessouz terre : et puis la distribue 
Aus lieus lointeins par quelque veine imbue. 
Et telle fois le fons est si puissant, 
Qu'vn Roc de sel massif en est issant. 

Ancor' se voit la fonteine salée, 
En Eschalon, sur l'Arq, franche vallée : 
Qui de Salins sa source doit tenir, 
Et souz les Rocz iusqu'en ce lieu venir. 
Là les Brebiz, qui la salure sentent, 
Pour la sucer bien souuent se présentent : 
Mais l'Arq, qui pend tousiours sur ce costé, 
A le signal du sel tout presqu' osté : 

De Chaniberi, le chef de la Prouince, 
Ce ne seroit raison que ie preuinse 
Le bien disant Rutet, qui en n'àquit, 
A qui en touche et l'honneur et l'aquit. 
Mais ie lou'rai le Comte, qui commande 
Dessouz son Duc, comme son lieu demande : 
L'aïant Vertu au chemin enseigné, 
Et pas à pas Fortune accompagné. 
Et Deseissel, qui de sagesse et grâce, 
Orne et meintient sa noblesse de race, 
Donra autant à mes vers de bon eur, 
Comme ilz lui font de deuoir et d'honneur. 
Et Chatelart, le docte politique. 
Me fait recors de l'amitié antique, 
Lors que de soi par étude il prouuoit 
Ce qu'à présent par vrei effet on voit. 



DE LA SAVOYE. 269 

Et Ducoudrei, dont l'éloquence franche 
Dans le Sénat honore la Salanche, 
Mérite vn los ancor' sur celui là, 
Pour la faueur que des Muses il a. 

De la Cité sur le grand Lac assise, 
Qui tient la cause en armes indécise, 
l'aime trop mieus, puisqu'assez ie ne peu, 
N'en dire rien, que d'en dire trop peu. 

Et d'Anecy, qui m'a esté nommée. 
Pour y auoir dames de renommée, 
L'honneur par moi à mon Valence soit, 
Qui sur le lieu la faueur en reçoit. 

Au droit d'Eton, où Isère plus forte, 
De l'Arq bruilif l'eau et le nom emporte, 
Se voit le mont de l'Arcluse eminent. 
Témoin de l'air, et du tems imminent, 
Selon qu'il est emmantelé de Nues : 
Là sont Coutaux de vignes continues, 
En Miolan, beau val et fructueus, 
Où est le lieu de Lambert vertueus, 
Prochein d'honneur, de sauoir et de grâce 
Au prénommé, ainsi comme de race : 
Dont Piochet, parent d'autre surnom, 
D'vn pas égal va suiuant le renom. 

Dirons nous rien des Bergères, qui chantent 
De leurs amours, que les foretz rechantent? 
Mais pourquoi non? il conuient en ces lieus 
Paître l'oreille aussi bien que les yeus : 
Car tout de mesme est la vue eiouie 
De ces Rochers, et de ces chans l'ouye. 
N'i cherchez pas ces accors composez, 



270 SECOND LIVRE 

Ces demytons, ni ces comtes pausez : 
Ce sont chansons pleines et pastorales, 
Ce sont des vois fortes et pectorales : 
Motz tous exquis, et de Parisien, 
Tous frais tournez en bon Sauoisien. 
Quel plaisir c'est, passant par la Bourgade, 
Quand vous vient voir des garses la brigade, 
Au mois d'Auril, les corps au busq, et ceintz 
Par souz l'aisselle, ainsi que ces vieus Seinz : 
Desquelz l'vne, en leur ranc les ordonne, 
Chante première, et sur le lourd fredonne, 
S'assurant bien, que pour son beau chanter, 
Vous leur donrez de quoy le Mei planter. 

Ainsi Sauoye est eureuse par elle. 
En sor\ assiete et force naturelle : 
Eureuse ell' est, pour les diuers espriz. 
Qui dedans elle ont origine pris. 
Et qui lui sont, par pieteus office, 
Recognoissans ce premier bénéfice : 
Eureuse ell' est du Prince qui la tient. 
Et en seurté paisible l'entretient : 
Et croi encor' qu'entre tous ces mérites. 
Moi qui lui ay ses louanges ecrittes, 
Ne lui ay fait de tous le moins d'honneur, 
Gratifiant le tems de son bon cur. 

Doncques, Prouince, ornée de simplesse. 
Sans enuier la pompeuse noblesse 
De tes voisins, qui es, par don exprès. 
Si loin des maus, desquelz tu es si près. 
En cet état pendant tu pourras viure. 
Que tu seras d'ambition deliure, 



DE LA SAVOYE. 271 

Que tu pourras en toi te contenir, 

Par le passé mesurant l'auenir. 

Ce beau Royaume, opulent, grand, et large. 

De sa grandeur n'a pu porter la charge : 

Et n'ayant plus d'ennemis assez fors. 

Contre soimesme a tourné ses effors. 

Que nul pourtant n'attende que l'atteigne 
Ce qu'exposer ie ne peu, ni ne deigne : 
» Ains ie me tai : car qui peut s'opposer 
» A celuyla qui sait tout disposer? 
» Qui choisira ce qui est profitable? 
» Ou qui fuira ce qui est euitable? 
» Puis que la paix les discors sait nourrir, 
» Et les guerriers la guerre fait mourir? 
» Arrestons nous aus causes qui apperent, 
» Ce tems pendant que les hautes opèrent. 
» L'homme ne peut faire qu'humeinement, 
» Et Dieu tousiours fait tout diuinement. 
Que s'il y a ancor' quelquun, qui fuye 
Cet air François, où toute chose ennuyé, 
Où est le sang sur le sang animé. 
Où est l'ami sur l'autre enuenimé : 
Dont cellela, pour laquele on manie 
Le fer tranchant, est iapieça bannie, 
Là où les bons n'ont rien qui soit du leur, 
Que l'étranger n'emporte, ou le voleur, 
Viene en ce lieu que i'ay voulu protrere. 
S'il sait régler l'aise par son contrere : 
» Car qui ne sait Tassez du peu choisir, 
» En lien du Monde il n'aura son plaisir. 
Il iouira de liberté paisible, 



272 SECOND LIVRE 

Tant qu'en permet ce tems dur et nuisible, 
Et tant que sait, selon l'humein pouuoir, 
Vn sage Prince auiser et pouruoir. 
Mais qu'a besoin Nature d'éloquence? 
Il y verra solitude et fréquence. 
Rudesse et art : sauoir, rusticité, 
Tout faire vn beau, par la diuersité. 

Que s'il auient, que ce simple édifice 
Soit a son gré de trop peu d'artifice. 
Il est au lieu, pour trop ne se fascher. 
Et a moyen de plus outre marcher. 
Passe le Mont, qui Sauoye discerne 
D'auec Piémont, qu'vn mesme Duc gouuerne. 
Large sommet, neige, orages, glaçons : 
Mons des deus fiancs. Lac froid, et sans poissons : 
La poste assise, aus Vens tauerne ouuerte : 
Puis la Ferriere au delà, plus couuerte. 
Au val pendant, virant, et plein de crotz, 
Où le Torrent du Lac bruit par les Rocz. 

Par ces haut lieus souuent a fait passage 
Le Dieu Mercure, en faisant son message. 
Voyant ce Mont, entre autres, qui renient 
A celuila où son Ayeul se tient. 
Atlas n'est point plus ardu en son feste, 
Plus de Sapins ne lui couurent la teste : 
Son grand partour n'est pas mieus de tous flancs, 
Batu de pluye, et d'orages souflans : 
Sa face n'est de Nues plus noircie, 
Ni de verglas sa barbe plus gersie : 
Dessus le dos plus de neige n'a pas. 
Plus de Torrens ne lui courent abas. 



DE LA SA VOTE. 273 

Là haut pourtant la sublime Alouette 

Se guindé en l'air, y crie et pirouette : 

Et si n'a lieu, ce semble, iour n'y soir, 

Que sur la Neige, où el' se puisse assoir. 

Là les Marrons, quand les Neiges tout couurent, 

Vous vont guidant, par le chemin qu'ilz ouurent. 

Puis quand faudra pardeça repasser, 

Le long du val vous viendront ramacer. 

Voila le Mont, dcmijour de malaise, 
Jusqu'à trouuer la basse Nonualaise : 
Puis d'or en là, autre langue et humeurs, 
Et vn Turin de plus polies meurs : 
Où est le Pau, qui la campagne laue. 
Et le Sénat d'vne dignité graue : 
Là en public les Sciences on lit. 
Le Prince là, sa résidence elil, 
Et la splendeur d'vne Princesse, illustre, 
A tout cela aioute plus grand lustre : 
Dont la bonté les bons espriz semond 
D'aler trouuer leur repos en Piémont. 
François passant, s'autrefois tu l'as vue, 
Arreste toi, pour plus digne reuue : 
Voire et combien que l'aies vue, ou non, 
Va de tes yeux obéir au renom. 
Si tu l'as vue autrefois, c'est l'Aurore, 
Qu'autant de fois qu'on la voit, on l'honore : 
Si tu la vois orprimes, c'est le fruit 
Du long désir, qui surmonte le bruit. 

Que si plus loin autre désir te pousse, 
Comme de voir la couuoitise est dousse, 
Bien^ passe donq : mais porte tous tes sens, 

48 



274 SECOND LIVRE 

Pour l'assurer au lieu où tu descens. 
Sur toute chose en la mémoire attache 
Le ferme cueur de ce Prince d'Itache : 
Voi les façons, et les diucrsitez 
D'hommes viuans, et païs, et citez : 
Milan peuplée, et de trafique grande, 
Et le Château fameus qui lui commande : 
Et la Cilé, dont les Veniciens 
Se font nommer, ses Signeurs anciens : 
Va voir ancor' la Toscane Florence, 
Belle de nom, d'état et d'apparence : 
Vrbin petite, ample pour la grandeur 
D'vn Prince plein d'honorable splendeur. 
N'oublie à voir les reliques de Romme, 
Si connoitras pourquoi Seinte on la nomme : 
Naples gentile, ornée en Citadins, 
Air chaleureus, délices de iardins : 
Et par chemin tant de V.iles insignes, 
Dont ie ne di ni les noms ni les signes, 
Soit sur le Pau, ou soit sur le Tesin, 
Ou en païs plus lointein ou voisin : 
Dont les Signeurs tretous se fortifient 
L'vn contre l'autre, et en nul ne se fient. 
» Maudit soupçon, qui nous oste des meins 
» Ce beau lien, qui seul nous fait humeins. 
Lors ayant fait par régions diuerses, 
A ton loisir tes courses et trauerses, 
Te reste à voir les superbes façons 
De Gènes braue, et la Mer sans poissons. 

Mais en alant, selon ton entreprise. 
Par meinz endroiz où la vertu se prise, 



DE LA SAVOYE. 275 

Si auras tu mil obgelz alechans, 
Le droit chemin de l'honneur empeschans : 
Tu trouueras la braue Courtisane, 
Qui des enfance est formée artizane 
De beau meintien, dœil orgueilleus et dous. 
Pour sembler estre à vn, et estre à tous : 
De beau parler, de pensée rebourse : 
Aimant l'ami pour l'amour de la bourse : 
Auecques l'âge apprise à moins chérir, 
Vendre les iours, pour les nuiz renchérir. 
Ici sera ta venue nouuelle 
Prise au filet, si tu n'es en ceruelle. 
» Sois vn Vlisse, en ces endroiz, viuant : 
» Non comme l'vn de son troupeau suiuant. 
Autant ou plus te garde des Tricherres, 
Que Mariolz ilz disent par les terres. 
Qui auec toi se venans embarquer, 
Ou au logis apposté se parquer, *■ 

D'vn tel barat tous tes deniers atrapent, 
Que les plus fins à grand' peine en echapent. 
Quand est du fait des tirans tauerniers, 
Hostes sans foi, du change de deniers 
De lieu en lieu, des péages et daces, 
Que sont es pors, es portes, et es places, 
Et brief, par tout : le i-emede à cela, 
C'est patience, il faut passer par là. 

Va meintenant, auerti de bonne heure. 
Possible auras la rencontre meilleure 
Que ie ne pense, et que ie ne t'ai dit : 
Que plust à Dieu que i'vsse mal prédit : 
Lui plust ancor' que les meurs récitées 



276 SECOND LIVRE 

Ne fussent point en la France vsitées, 
Et que les tours des premiers inuentez, 
Ne fussent point des derniers augmentez : 
Car en ce lieu de sanglante discorde, 

Y a il mal auquel on ne s'accorde? 
Et au milieu de tele impieté, 

Y a il bien qui y soit respecté? 
Tu as deus fois, ô France désolée, 
Traité la Paix, et deus fois violée : 
Donques voulant et les corps et les cueurs 
Rendre du tout ou veincus ou veinqueurs, 
Ta propre force à ta force ennemie, 

Te laissera en fin moins que demie, 
Ce semble, afin qu'vne autre inimitié 
Plus aisément détruise ta moitié. 

Huit ans entiers des grans troubles Galliques, 
L'an que le monde en tumultes belliques 
Tout s'emouuoit, quand le froit hibernal 
Passoit de loin l'Equinocce vernal, 
Chantoit ses vers, Peletier, en malaise. 
Se reuanchant de la saison mauuaise, 
A contempler le Naturel decours. 
Les faitz diuins, et les humeins discours. 

La Liure auoit Saturne au lieu vintiéme, 
Et l'Eschanson, luppiter au neuuiéme : 
Le Dieu guerrier les vintehuit tenoit 
Dans le Lion, et arrière venoit : 
La Ciprienne auoit pris pour sa place, 
En ses Poissons le quatorzième espace : 
Dans le Mouton, des Dieus le messager 
Au dixhuitiéme etoit lors passager : 



DE LA SAVOYE. 877 

En son Toreau eleuee la Lune, 

Auoit atteint l'assiete vintevne, 

Quand mon Soleil auoit fait par ses cours, 

En son Mouton cinquante et deus retours. 



TIERS LIVRE 

DE LA SAVOYE, 

A TRESILLVSTRE 

PRINCESSE MARGVERITE DE FRANCE 

Duchesse de Sauoye et de Berry. 

L'an qui fut tel, de nouueau fît refaire 
La paix Françoise, où tant y a d' afaire : 
Que plût au Ciel fermement meintenir 
Ce tiers repos qu'il a fait reuenir : 
Et qu'vn fier Mars, qui Stilbon fin regarde, 
(Stilbon, qui peu les bonnes choses garde) 
Pût assurer auec loyaus accors 
Les cueurs félons, qui commandent aus corps. 
Puisse ce Mars aus inhumeins Tartares 
Traiter sa guerre, ou aus Mores barbares. 
Ou à Neptune enuoïer ses combaz. 
Soit en la Mer, ou d'enhaut, ou d'enbas : 



278 TIERS LIVRE 

Là où s'etans rendues les armées, 
Du Dieu bifront soint les portes fermées : 
Et notre France ayant ses couz ruez, 
Voye au plus loin les orages muez. 

Si vous pouuez d'vne si grand' victoire, 
Signeurs d'Adrie, entretenir la gloire, 
Bien vous pourront ceus de deçà la Mer, 
De leur repos pour auteurs reclamer : 
Mais n'estant l'eur pareil en Mer et terre, 
Préparez vous ans nouueaus faiz de guerre. 
Lors que viendra l'animal vcneneus 
Auec Phenon prendre ce Dieu heineus. 
Mais si les feuz tant de pais atteignent 
Et près et loin, sans que point ilz s'éteignent, 
Et sans qu'au Monde il y ait région. 
Qui n'ait sa part de la contagion : 
Quelque grand' cause en l'Vniuers se celé, 
Entretenant l'emute vniuerselle. 
Afin d'en faire vniuersel accord. 
Duquel demeure vn éternel record : 
Alors qu'etans les effors à la cime. 
Et se faisant Conionclion Maxime 
Des deus plus hauz, dans le chef des Maisons, 
Se referont les loix, meurs et saisons. 
Desia voit on que les Cieus, qui cheminent 
Leur cours réglé, dressent et déterminent 
Les faiz futurs par meinz preparatiz. 
De changement tous significatiz. 
Et ce pendant les hommes se tourmentent. 
Et en leurs faiz eus mesmes se démentent : 
Hz ont la paix, et leur intention 



DE LA SAVOYE. 27Ô 

Nourrit tousioiirs plus grand' dissension. 

Ainsi le cours de noz tristes années, 

En Tiniustice humeine condannees, 

Nous fait pleurer : tandis qu'en soupirant, 

Soit guerre ou paix, tout va en empirant : 

Et le dur tems augmentant la merueille, 

Malheurs nouueauz de iour en iour reueille, 

Plus grans que ceus, qui si grans se trouuoint, 

Qu'a tous auis, plus croître ne pouuoint. 

bien eureus, qui sagement mesure 

De cete paix la durée et l'vsure ! 

Voiant le tems aus dangers s'élargir. 

Et les malheurs l'vn l'autre presagir, 

Et n'est disgrâce ancores auenue, 

Qui n'ait été d'vn signe preuenue, 

Si auisé fût l'esperit humein, 

Ou, mieus, s'il put fuir de Dieu la main. 

Tel fut premier cet orageus eclandre. 

Qu'on vit au lac de Nantua s'epandre : 

Qui si hideus vn tems par l'air venta. 

Que tout autour la terre epouuenta. 

Signifiant le desastre en partie, 

Du Lac voisin, par quelque simpatie, 

Et que l'accord secondement traité. 

Dedans les cueurs etoit mal arresté. 

Montrant ancor' par sa grand' véhémence, 

Du Ciel troublé la future inclémence, 

Il démembra par ses fors tourbillons, 

Des hautes Tours les toiz et pauillons, 

Et pour trophée et signe de victoire. 

Il les planta en autre territoire. 



280 TIERS LIVRE 

Vn autre orage en l'air Irouble et épais 
Droit sur le tems de cete tierce Paix, 
Fut aus confins de Sauoye et de Bresse, 
Pareil d'horreur, et d'effrayable àpresse, 
Qui pénétrant par la riuiere d'Ein, 
Es lieus voisins exploita son dedein : 
Par les foretz, les Sapins hauz et fermes, 
Les Chesnes vieus, les Noyers et les Chermes, 
Furent brisez, arrachez, renuersez, 
Ou parmi l'air tous entiers trauersez. 
En mesme instant, cete tempeste outrée, 
Au beau milieu de tant d'arbres entrée, 
Les vns d'iceus, racine et tout, froissoit, 
Et les procheins sans offense laissoit. 
grand effort, et puissamment nuisible, 
D'vn air esmu, aus yeus presqu' inuisible ! 
grand' concorde en contrariété, 
Et si vnie en sa variété ! 
le di de vous, ô Vens, pleins de présages, 
Qui du fort Tems anoncez les messages : 
Détournez vous, ô sinistres, ailleurs. 
Pour faire place aus messagers meilleurs. 
Sauoye aumoins, ma demeure présente. 
Des plus grans niaus a bien été exemte : 
Et n'a senti que le moins grief des trois. 
Peu longuement, et en bien peu d'endroiz : 
Bien qu'au pais où ell' se contermine. 
S'aille fourrant l'implacable famine, 
Auise bien, Sauoye, ouure les yeus, 
Combien tu es fauorie des Cieus : 
Pren à bon point, que les Destins propices 



DE LA SAVOTE. 28< 

T'ont mise à part de tous mauuais auspices : 
Et ceus qui sont en tes Mons apparuz, 
Sans te toucher, tes voisins ont feruz. 

En nul Empire, ou Règne, on ne vit onques,. 
Ni en pleins lieus d'Hémisphères quelconques, 
Tant d'accidens et signes monstrueus, 
Qu'ilz s'en sont vuz es detroiz Montueus : 
Comme si telz en ces hauz lieus se fissent, 
Afin que mieus et de plus loin se vissent : 
Et que des Mons les eschafaus hauteins 
Fussent Théâtre aus spectateurs lointeins. 

Le Soleil fut en l'Archer, au neuuiéme. 
Et fut la Lune en la Vierge, au seziéme : 
Phenon, l'entrée au Scorpion tenant, 
Et luppiter les douze pars prenant 
De TEschanson : le Dieu qui fait combatre, 
Les sept du Bouc : Venus, les vintequatre : 
Et commençoit en arrière marcher 
Mercure, ayant les treze de l'Archer, 
Lors que le Ciel, se couurant de ses Nues, 
Se déborda en pluyes continues : 
Et que des Mons les hauz sommetz pointuz, 
De leurs blancheurs furent tous deuetuz : 
La grand' lenteur de l'air les faisant fondre : 
Et se venant tout ensemble confondre 
Cete eau du Ciel, les rompoit par morceaus, 
Et tout aual les porloit à monceaus. 
Dont telement les terres en soufrirent. 
Que par dessouz nouueaus conduiz s'ouurirent, 
Par où les eaus à la foule venoint, 
Qui çà et là cours deuoiez lenoinl. 



282 TIERS LIVRB 

Deuers Paumiers, vne eau par dessouz terre, 
Minant le fons, afondra vn parterre, 
Maisons, courlilz, et arbres enterra, 
Et en abime énorme les serra. 

Les Fleuves lors la force méprisèrent 
De l'art humein, et leurs hauz pons brisèrent : 
L'Arue bruyant, les trois siens abbatit, 
Et de roideur le Rône combaiit, 
Tant qu'il le fit par victoire contraire 
Et inaudite, encontremont retraire : 
Dont les Moulins, forcez de ce retour, 
Firent virer leur roue à conlretour. 
Le Rône ondeus, sur le pas de la Cluse, 
Fit choir le Roc, et s'en fit vne Ecluse : 
Quand son passage à soimesme il s'osta. 
Et contremont par les chams reflota : 
Dont les voisins, pour creinte du déluge. 
Eurent au haut des Rochers leur refuge : 
Et au dessouz fut le peuple étonné, 
Par où le cours du Fleuue etoit tourné. 
Donq' s'est il vu, par deus proches epreuues. 
Ce qu'on tenoit impossible des Fleuues : 
Non qu'il se puisse à la Nature offrir 
Chose qu'el' soit contreinte de souffrir : 
Mais les humeins n'estiment rien faisible, 
Que ce qui est ordinaire et visible. 
Croions au moins, qu'vn rare signe, fait 
luste argument de quelque rare effet : 
Et que Nature en vn instant ameine 
Ce que iamais n'a fait la force humeine. 

Or à la fin, ces ondes, qui n'ont pu 



DE LA SAVOYE . 283 

Soufrir arrest, leur obstacle ont rompu : 
Dont le debort, im|3ileiis et énorme, 
Perdant de Fleuue et de cours toute forme, 
Mit en effray les Vilages et Bours, 
Nayant au loin leurs terres et labours. 
Ainsi s'en vint l'epouuentable Rône 
A la Cité où conflue la Sône. 
Qui le repos des habilans surprint. 
Et si acoup tant de pais comprint, 
Que la fureur à la Cluse arrestee, 
Sembloit qu'exprès eût été apprestec, 
Pour apporter le spectacle à Lyon 
Du grand debort que vit Deucalion. 
Chacun fuyant des rues les riuieres, 
Gagnoit le haut de la Côte où Fouruieres : 
Pitié par tout : et vouloir secourir, 
N'estoit sinon se hâter de mourir. 
La fureur croit, les maisons se font pleines : 
Tout n'est qu'vn Rône au large par les pleines : 
Mais ancor' plus par le Fausbourg voisin. 
Des grans marchez resort et magazin. 
Furent rauiz de ces ondes hideuses, 
Pères, enfans, et les mères piteuses. 
Qui sur les ais des planchers abouché, 
Qui sur le dos d'vne poutre affourclié : 
Qui empongnoit vn arbre en quelque sorte. 
Mais l'arbre et tout, l'eau furieuse emporte. 
Deus fois souz Mer le Soleil descendit, 
Deus autres fois le iour il leur rendit, 
Pendant que tout etoit par tout à nage, 
Hommes, bétail, et maisons et ménage. 



S84 TIERS LIVRE 

Et sur la fin, les bouuiers, et les beuz, 
Tous effondrez dans les marais bourbeus. 
Et ne restoit des Vilages et granges, 
Que les monceaus entassez dans les fanges : 
Des prez herbuz, et des beauz chams à blé, 
N'apparoissoit qu'vn terrage assablé. 

Desordre grand, et saison importune, 
Qui fît enfler les sources de Neptune, 
Et les força de quiter leur giron, 
Pour trouuer place es terres d'enuiron. 
En la grand' Mer les ondes eleuees. 
Des Holandais nayerent les leuees. 
Et tant de Bours, qui onq n'vssent douté 
Que rOcean si outre fût monté. 
Terres iadis en isles rédigées. 
Furent souz Mer tout à coup submergées : 
Beuz tant de mil, dessouz les toiz enclos. 
Furent soudein engloutiz des grans flotz. 

La Terre alors, masse pesante et dure. 
Qui le deschet des autres trois endure, 
Encontre l'Air, qui si fort la greua 
De Vens et d'Eaus, s'emut et s'eleua : 
La grand' Cité, qui Venise cotoye. 
Et qu'vn des bras du double Pau ondoyé, 
Sentit l'horrible et hideus tremblement. 
Qui l'ebranla continuellement. 
Et si long tems, que la tourbe Ciuile 
Guida iamais n'auoir forme de Vile : 
Les fondemens sans cesse etoint secous. 
Dont les paroiz s'entreheurtoint de couz : 
Les Temples hauz, en grand nombre tombèrent. 



DE LA SAVOYE. 285 

Et souz leur fais les Palais succombèrent, 
Ou fussent ceus des grans de la Cité, 
Ou fût celui de leur Prince habité. 

De ces fureurs il en fut ancor' vne, 
Quand au Toreau fut nouuelle la Lune, 
Le lieu dernier Saturne reprenant 
Dedans la Liure, et arrière venant, 
Quand de nouueau, Arue, ce mutin Fleuue, 
Rompit ses pons, et leur structure neuue : 
Et ceus d'enbas creignirent de rechef 
Par le déluge auoir mesme mechef. 
Que dirai plus? la Lune ancor' nouuelle 
Dans les lumeaus, cet Arue renouuelle 
Pareil dedein, non content du second, 
Tant etoit l'air en déluges fécond. 

Qui a tant pu causer d'humidité, 
Etans les cinq es lieus d'aridité ? 
Seroit ce point luppiter, qui conuerse 
Auec l'Enfant qui son Aiguière verse? 
Et puis Saturne au Scorpion posé? 
Ou rOrion au Soleil opposé? 
Seroit ce point le Trigone aquatique. 
Qui veut ouurer sa dernière pratique, 
Ains que céder dedans douze ans exprès. 
Au grand Trigone ardent, qui vient après. 

Et auons eu, parmi ces defortunes, 
La glace horrible, et neiges importunes. 
Qui ont en l'air, en la terre, et es eaus, 
Transi de froid, bestes, poissons, oiseaus : 
On ne voit point en l'année où nous sommes, 
Perdriz, leurauz, plaisir des gentizhommes, 



286 TIERS LIVRE 

Comme on souloit : ni en l'air, ni aus chams, 
Oiseaus bandez, et degoiser leurs chans. 

que mon cœur à de dépit et d'ire, 
De tant de fois vn mesme fait redire, 
Et que le tems obstiné me retreint 
En vn suget si dur et si contreinl ! 
Voici ancor' que le pesant Saturne, 
Du Scorpion frapant l'Astre diurne, 
Dedans l'Aquaire, après l'an, retourné, 
Nouueau debord pluuieus a donné. 
Ce Rone ancor' a mis à la renuerse 
Le pont refait, qu'à Seissel on trauerse : 
La neige es Mons se fondant de reclief 
En plein hyuer, pour croître le mechef. 
Plus que iaraais sa fureur a montrée 
L'eau rauineuse en Chamberi entrée : 
Et excédant ses coùtumiers debors 
De meinte rue a surmonté les bors. 
El à Lyon, qui ses foires exploite. 
Tout de nouueau fut troublée l'emploite ; 
Et les marchans ia tant endommagez, 
De mal sur mal se trouuerenl chargez. 
Ces iours Mercure es Poissons se vint mettre, 
Puis contre luy la Lune en diamètre. 
Soir, que l'éclair, et le Ciel qui tonna 
En plein hyuer, le vulguere étonna. 

Donq' faudroit il de ces eaus pluuiales 
Tousiours se pleindre, et des ces fluuiales, 
Si les malheurs venoint de leur seul cours, 
N'estans aydez d'autres plus grans concours. 
Les douze mois, ont tous en vne année 



DE LA SAVOYE. 287 

Quelque sinistre auenture donnée : * 
Voire plusieurs, si notre souuenir 
Pouuoit les tems et les lieus retenir. 
Les Elemens, contraires, entre eus quatre 
Se sont bandez, pour à l'enui combatre, 
A qui seroit le plus desordonné. 
En cet état de Nature étonné. 

Souz les Poissons, trois soirs qui se suiuirent, 
Second de Mars, et tiers, et quart, se virent 
Les feus ardens sur les maisons epars. 
Dans Anecy, et aus procheines pars : 
Venus étant au Soleil iointe, à iuste, 
Alant arrière, et Mars des raiz combuste, 
Deuers la fin des Poissons paruenant, 
Phenon, les trois du Scorpion tenant. 
Et sembloit bien es toiz le feu se prendre, 
Tant qu'au secours chacun se venoit rendre : 
Ici pensiez, que là le feu fût pris : 
Là vous pensiez, qu'ici il fût épris : 
Cbacun en soi auoit fraieur et creinte 
Pour son voisin, plus que pour soi empreinte. 
Au tour du Lac, et mesmes au dedans. 
Brandons de feu tombèrent tous ardens. 

Souz le Toreau, qu'auec l'épaule destre 
De rOrion la Lune pouuoit estre. 
Vers la minuit, la Terre s'ébranla. 
Dans Anecy, Peletier étant là : 
Mais peu durant, et tant que met vn homme 
A s'eueiller la nuit d'vn profond somme : 
Car es Mons creus, enlr'ouuers par dessouz, 
Plus pronteraent les grans Vens sont dissouz. 



288 TIERS LIVRE 

Et n'onf été assez griez et molestes 

Les grans efors de ces signes funestes, 

Sinon qu'on vît (ô cas bien oulrageus 

A la Nature!) vn ecler orageus 

Sortir de terre, exhalant la fumée, 

Suiuie acoup d'vne flamme alumee, 

Et puis d'vn bruit le tonnerre imitant, 

Et de ça bas le haut Ciel irritant : 

lour, qu'à Saturne ont donné noz vieus pères, 

Entrant Phebus au Signe des deus Frères : 

Le premier point de la Liure ascendant : 

La Roche en est témoignage rendant. 

Mais entre tant de mémorables signes, 
Et de merueille à tous les Siècles dignes, 
Du lac Léman le fait contagieus. 
Est l'vn pour vrei des plus prodigieus : 
Enorme fait, qui toute foi excède, 
Toute longueur de tems, et tout remède. 
Par tant d'etez, par tant d'hyuers suiuans, 
Et entre gens sur leur garde viuans. 
Ancor' le bruit rengreg'ant les prodiges, 
Y va meslant fantômes et prestiges. 
Corps simulez, de rencontre et deuis, 
Ne diferans en rien des hommes vifs. 
Mais aidez moi, ô Muses, à me taire, 
Comme à parler, qui vous suis secrétaire : 
» Car l'éloquence, est en rien ne disant, 
» Mieus meintefois, qu'en beaucoup deuisant. 
Noz suruiuans, oyans chose inaudite, 
Estimeroint notre saison maudite, 
Tant sont les cas de peu de foi pouruuz. 



DE LA SAVOYE. 289 

Si Ion ne croit à cens qui les ont vuz. 

Dieu tout bon, qui les Siècles reueilles, 
Et entreliens en tes grandes merueilles, 
Toi qui te faiz en Nature honorer, 
Qui saiz et peuz détruire et restorer. 
Si les labeurs que tant tu m'as faitz prendre. 
Si les desseins que tu m'as faitz apprendre, 
Ou que ie tai', ou que ie ramentoi, 
N'ont tems ni lieu où ressortir, sans toi. 
Renforce moi mes espriz, qui s'appaisent 
En tous tes faitz, puisque telz ilz te plaisent. 
Autre que toi ne me peut conuoier, 
Pour me garder de choir ou foruoier. 
Or fai moi donq' arriuer, s'il est heure. 
Et accompli l'espoir qui me demeure : 
Tien moi la mein, et au lieu me condui, 
Pour le repos de ce petit iourd'hui : 
Ce tems pendant qu'en ma mein i'ai ma plume, 
N'etein pourtant Tardent feu, qui m'alume 
A plus grand fait, espérant que l'vn d'eus 
N'empeschera l'honneur de tous les deus. 

Donq' remetons tous ces cas déplorables, 
Pour retourner aus faitz plus fauorables. 
Si sera tems de reclioisir le bord, 
Et de dresser la prouë vers le port, 
Pour remener, auecques moi en France 
Les Seurs qui m'ont gouuerné des enfance. 
Et m'ont conduit en tant de lieus diuers, 
Par le fort tems des etez et hyuers. 
Que si Fortune onq' ne les a aidées, 
Vertu pourtant les a si bien guidées, 

19 



290 TIERS LIVRE 

Que les longs ans, auecques elles craz, 
N'ont du labeur iamais été recruz. 
Auec lequel l'espoir leur est facile 
D'entrer ancor' en ce grand domicile, 
Mesme portant de leurs dons familiers, 
Pour pendre au haut des plus fermes piliers. 

L'Astre annuel, ia l'estiuale pointe 
Passoit d'huit iours :,sa Seur etoit coniointe 
Sur les dixhuil des lumeaus, auec Mars : 
Phenon la Liure eut aus vintehuit pars : 
Les vintetrois des Poissons, lupin tindrent, 
Les vintesept du Taure, Venus prindrent : 
Mercure, au quart du Lion se geloit. 
Quand laques vint là où laques etoit. 

Reçoi ton Prince, Anecy, reuenanl. 
Ce couple beau des chers enfans menant. 
Bien tendres d'ans, mais deus gages bien fermes 
De son amour, et deus genereus germes. 
Dont sortiront les francs et beaus sions. 
Au long aler des générations. 
C'est meintenant, ô Muses honorables. 
Que vous devez plus vous rendre exorables 
A moi, si onq' mon chant vous fut agré, 
Et si ie suis par vous Prestre sacré, 
Des plus sugets et des plus volonteres, 
le vous requier, Déesses saluteres. 
Par Apolon votre Prince et fauteur. 
Et de nos faiz de Médecine auteur. 
Lui impetrer, qu'en brief lui soit rendue 
Cete vigueur, qui lui est si bien due : 
Car que lui sert d'estre en ses fermes ans? 



DE LA SAVOYE. 291 

D'auoir l'esprit, et le cueur si présens, 
Sinon qu'aussi l'ame, qui Tcuertue, 
D'vn pareil corps soit garnie et vêtue? 
Sans qu'il se face es grans lieus regreter. 
Où il ne peut sa présence prêter? 
De quoi lui sert la veine tant eureuse, 
Imbue à plein de votre eau sauoureuse, 
Si la langueur ses beaus desseins trompant, 
A tous les coups les va interrompant? 
Enten ô Ciel, la grand' prière expresse. 
Les criz et veuz d'vn peuple qui te presse, 
Pour le secours de son Prince indispos, 
Duquel dépend son bien et son repos. 
Et si mes vers en ces Mons qu'ilz decriuent. 
Tout à loisir se nourrissent et viuent. 
Et en l'honneur des Princes genereus, 
Viuent ancor' par toi, et toi par eus, 
Anne, clair sang d'Hercule et de Renée. 
Desquelz tu es l'eureuse fille aisnee : 
Qui vas touiours meinlenant ton bon eur 
Par les mariz, qui haussent ton honneur. 
Et toi le leur, qui du fleuron Galique 
Es prouenue, et de branche Italique : 
Les guerres t'ont le premier preuenu, 
Long tems te soit l'autre en paix meintenu. 

Tu as, Sauoye, vn ornement ancore. 
Qui ton renom de rarité décore. 
Entre les dons de Nature estimez, 
Sont les effetz aus Herbes imprimez. 
Onq cete ouuriere, à produire ententiue, 
Ne se montra si riche et inuentiue. 



292 TIERS LIVRE 

Qu'en ces hauz Mons, si noblement herbiiz, 
Qu'on les diroit boutiques de Phebus. 
Ne pensez pas qu'ell' ne se soit iouee, 
Au grand pouuoir dont elle s'est douée : 
Car quand ces Mons erig'a et vêtit, 
Elle y voulut faire vn Monde petit. 
Bien me déplaît qu'en l'abondance riche, 
le suit contreint d'estre, à l'exposer, chiche : 
Quand ie ne peu en lieu si plantureus. 
Faire aucun chois, sinon auentureus. 

Par tout, celle herbe amere est ranconlree, 
A Gentian Illirique montrée : 
En Anticire il ne faut point passer. 
Pour l'vn et l'autre Elebore amasser : 
Ny pour trouuer l'Absinte aromatique. 
Ne faut chercher la région Pontique : 
Mais au défaut du Dictam Candiot, 
On voit par tout l'odorant Pouliot. 
Assez y sont en leurs liens ordinaires. 
Et l'Hépatique, et les deus Pulmonaires : 
Et cellesla qui ont leurs noms tenuz 
Du mol nombril, et cheueus de Venus : 
Celles ancor' que du Satire on nomme, 
Et rOrchis Grec, irritemens de l'homme, 
Qui au deuoir de l'Amour se contreint : 
Et cellela, qui les lieus molz retreint. 
Dite Alquimile : et celle qui desserre 
Les cours des Mois, qu'ilz disent Fiel de terre, 
La Saxifrage, exquise aus Graueleus : 
Le Liseron, exquis aus grateleus. 
Le Splenion, consumant la râtelle. 



DE LA SAVOYE. 293 

La Germandree, ayant la vertu telle, 
Et telle aussi l'Arabesque Cetrac : 
La Scabieuse, eide contre l'antrac : 
Toutes les cinq, ayans nom de Consoude, 
Par qui la playe et rupture se soude : 
La Fiiipende, et la Berle, qui sont 
Propres aus reins, pour les vices qu'ilz ont. 
Et tous les trois Eupatoires ancores. 
Celui des Grecz, et celui des deus Mores : 
Chacun ayant beauz effetz et diuers. 
Dont l'Agerat, tue aus enfans les vers. 
Et Gracedieu, qui l'Hysope figure, 
Aimant les eaus, des playes promte cure, 
Dont le Cheual deuient tout foible et lent : 
Et à purger, breuuage violent. 
La Numulaire, ainsi du denier dite, 
Exquise à nous, aus Brebiz interdite : 
Et la Merueille. au nom bien auenant, 
Par les iardihs, de plante prouenant. 
Ici ancor' sont les deus Sarrazines, 
Seruans aus beins des nouuelles gesines ; 
Et le Narcisse, attirant au dehors 
L'épine, ou l'er affiché dans le corps. 
Le Sermontein, la Bistorte, qui seruent 
Es composez, qui de danger preseruent. 
Et l'Heptaphile, à bien près imitant 
Celle Bistorte, aus venins résistant : 
Et notre Otruche, à ce tant estimée, 
Des anciens ancor' non exprimée : 
Comme non plus tant d'autres n'ont été 
De nom, d'effet, ni de propriété : 



294 TIERS LIVRE 

Et la Lunaire, a la feuille entreiointe, 
Qui est grapue au plus près de la pointe, 
Belle pour vrei : les multiplicateurs, 
Ne sai pourquoi, en sont grans amateurs : 
Estce point celle (ou si l'auteur bruit erre, 
Lui donnant nom?) qui le cheual déferre 
Passant dessus? et, comme ancor' le bruit 
Accorde au nom, qui à la Lune luit? 
Et Martagon, entre les Liz nombree. 
Des transmueurs ancor' mieus célébrée, 
L'Androscmon, au Trucheran semblant. 
Et comme lui, à l'etreindre sanelant : 
Et celle ancor' aus greins rouges, Limoine, 
A retirer les mois fluans idoine : 
Et les Solans, prouocans à dormir : 
Et l'Asaron, proiiocant à vomir. 
Et le Ciclarn, qui soudein aide baille 
A enfanter, quand la femme en trauaille. 
Et cellela, qui d'ail a la senteur. 
Gardant les corps d'aler à puanteur, 
La tige ancor' de la grosseur du pouce. 
Qui à la cime vne grand' feuille pousse. 
Nom de chapeau de la Grèce portant, 
Et le malin vlcere confortant. 
Et l'herbe ayant la feuille dentelée, 
• (Rifort sauuage, au vulguere appellée) 
Et sa racine, vn goût fort et cuisant : 
Aus hernieus breuuage fort duisant. 
La Cacalie (où le merq deceuable 
Dément les yeus) y est ancor' trouuable. 
Qui a le ius comme Reglice dous, 



DE LA SAVOTE. 295 

Bonne au poumon, et àpreté de toux. 

Et ne faut pas que par oubli demeurent 
Les Aconiz, dont tant de bestes meurent, 
Renars, et Louz, et les fiers Liepars, 
Nez ennemis des etables et parcs : 
Ancores moins celle herbe à voir tant belle. 
Qui de Paris vulguerement s'appelle, 
D'vn bois tout droit, aiant à deus endroiz, 
Milieu et haut, quatre feuilles en crois. 
Aus Aconiz tout contraire s'epreuue 
Son rouge grein, qu'a la cime Ion treuue : 
Qui au cerueau restore la raison. 
Soit par langueur perdue, ou par poison, 
l'ai longuement par ces Mons recherchée 
L'herbe à bon droit des expers tant preschee, 
A qui de l'ange a été fait le nom : 
Mais ie ne sai s'elle s'y treuue, ou non : 
lure, le Mont, qui les Cantons confronte, 
Nous en fournit vne abondance promte. 
Peust elle entière autant se conseruer, 
Qu'eir peut de maus guérir et preseruer : 
Sa creuse tige, et sa rare sustance, 
Contre le tems n'ont longue résistance : 
» Mais il conuient que nous viuons contens, 
» Que les grans biens ne durent pas long tems. 
Le Tamaris, aus feuilles palissantes, 
Y croit au bord des Riuieres glissantes . 
A la douleur des dens bien réputé. 
Et à la rate enflée de durté. 

Mais où me metz ie, en chose si diffuse? 
Qui l'ornement du langage refuse? 



296 TIERS LIVRE 

Là où peu sert l'oreille sans les yeiis, 
L'étude assez, mais l'epruue ancor' mieus. 
Par tout i'inuoque, Apolon, ta puissance, 
Pour de tes dons me faire iouissance : 
Mais en ce lieu, tant ne veu m'amuser 
A dire bien, qu'à bien faire et vscr : 
Ici n'a grâce vn Vers suget au nombre. 
Et des effetz il n'exprime qu'vne ombre : 
Fai moi ici plus ouurer et sauoir : 
Ailleurs fai moi plus d'elegance auoir. 

Dessus la Vile, à qui le nom de Bonne 
(Siège premier du Foucigni) se donne, 
Et qu'au milieu Arue va ondoyant. 
Est Môle assis, en son tems verdoiant 
Pour les Bergers recherfchans la pâture : 
Mais aus espriz admirans la Nature, 
Les Simples beaus produisant a planté. 
Plus qu'autre Mont par les Alpes planté. 
Sa montée est moins roide que hauteine. 
Dessus la pointe ayant une fonteine. 
Dont le clair bruit, donne à ceus qui sont las 
Du long monter, grand' frescheur et soûlas. 
Là vne odeur de fleurs epanouyes, 
Rend du cerueau les forces reiouyes : 
Soit celuila qui de toutes s'epard. 
Ou soit celui des vues tout apart. 

Non loin de lui, est Sodene (ainsi comme 
Il n'i a Mont, que le païs ne nomme:) 
La Roche voit tous les deus audeuant. 
Môle vers Nort, Sodene vers Lëuant. 
Et qui voudra des Mons voir l'outrepasse, 



DE LA SAVOYE. 297 

Par ces deus là, lui conuiendra qu'il passe. 
Dedans les deus, mesme nombre ne vient : 
Mais à chacun sa rarité conuient : 
Quand le premier vous aurez vu à l'aise. 
Force sera que l'autre autant vous plaise. 
Et ainsi sont près à près confrontez. 
Pour en leur tour estre tous deus montez. 

Mais quel pouuoir peut estre tel, qu'il rende 
L'air et la terre en concorde si grande? 
Et qu'vn Soleil donne si grand' tiédeur 
Sur ces sommetz ouuers à la froideur? 
Des flocz neigeus la force aérienne 
Couure et nourrit la moiteur terrienne, 
Et la défend de Tiniurc des Vens, 
Soint glaciaus, arides ou feruens. 

Vreiment ici se voit la grand' largesse 
De la Nature, ou mieus, la grand' sagesse. 
Qui de son sein tout par ordre départ. 
Et qui en donne à tous âges leur part. 
D'œil attentif vous admirez les Plantes 
Ancor' sans nom, et si peu resemblantes 
A cellesla que l'Empirique écrit 
En ce bel Euure à son Aree inscrit. 
N'a cellesla qu'a trouuees notr' âge, 
Leur donnant nom de leur forme et ouurage. 
Grande faueur à noz siècles tardiz, 
Plus grande ancor', qu'ans siècles de iadis, 
Qui a montré ces herbes et racines, 
A nouueaus maus, nouuelles médecines : 
Quoi que n'aions ancores ce merci, 
Que tout l'effet nous en soit eclairci : 



298 TIERS IIVRE 

Mais pensons bien, que les longues années 
Donnent le cours à toutes choses nées : 
» Sauoir ne vient à l'homme qu'à tems du, 
» Et pour labeur les Dieus ont tout vendu. 
Noz sens premiers l'aime Génie honorent, 
Pour les beautez qui la terre colorent : 
Puis à loisir la forme faut noter : 
Apres au goîit la saueur rapporter, 
Si salée est, ou insipide l'herbe, 
Dousse, amere, acre, acide, austère, acerbe : 
Quel temps les fait naître, auancer, vieillir : 
Quele est la fleur, et la greine à cueillir : 
Et si la force au sécher diminue. 
Ou s'elle s'augmente, ou s'elle continue. 
Ainsi en art assemblant les raisons. 
Par vreye «preuue vn iugement faisons, 
N'auons nous pas decouuert les riuages 
De l'autre Monde, et les veluz Sauuages? 
Dont s'est connu ce haut feuillu Petun, 
A tant de maus vtile et opportun? 
Et autres dons, dcsquelz Tesperience 
Nous a formé peu à peu la science? 
Si la vertu autre terroi sentant. 
Et autre Ciel, ne s'aloit démentant. 

Si nous eussions pourtant la connaissance 
Des nôtres biens, ou la iuste puissance 
Sur noz désirs, sans estre mendiens 
Par les pais Mores ou Indiens : 
Nous n'aurions point d'espérances douteuses, 
Ni de noz faitz repentances honteuses : 
Ayant voulu trop chèrement aimer 



DE LA SAVOYE. 299 

Les nouueautez qui vienent d'outremer. 
» Le naturel profit, et légitime, 
» Perd tout son pris, quand on le desestime. 
» Le conuoiter, qui nous ronge et détruit, 
» Du bien contant nous fait perdre le fruit. 
Bien auons nous vn instinct, qui fait croître 
Dedans noz cueurs l'enuie de connoitre : 
Cent mil obgetz se trouuent d'admirer, 
Cent mil et plus, qui nous font désirer, 
Souz les secretz de la grand' Prouidence : 
» Mais le désir doit auoir sa prudence : 
» Cil qui n'a vu que son seul lieu natif, 
» Il a vescu ainsi comme captif: 
» Celui qui est hors de la tourbe vile, 
» Et tout vn Monde estime estre vne Vile, 
» Eureus est il, si ici et ailleurs 
» Il rend ses faitz et ditz tousiours meilleurs. 
» Mais si l'aler et le voir, nous attise 
» De veins obgetz tousiours la couuoise, 
» Meilleur seroit du Berger le parti, 
» Qui n'est iamais des Montagnes parti. 
A tant par moi la Sauoye chantée, 
Apres l'auoir deus ans entiers hantée, 
Et aiant vu cinquantecinq hyuers, 
Au Tems ailé ie consacre mes vers. 



FIN. 



LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ SAVOISIENNE D'HISTOIRE 

ET d'archéologie 

Fondée à Çhambéry le 6 août 1855. 



lleiiibreB fondateurs. 

Albert Joseph , docteur-médecin à la Molte-Servolex. 
Ansermin Victor, employé à la poste aux lettres à 

Çhambéry. 
Arnaud Joseph-Dominique, avocat à Çhambéry. 
Auclair François-Marie, procureur à Annecy. 

Barbe Guillaume, rentier à Çhambéry. 
Beauregard Paul, subst.-proc"" des pauvres à Çhambéry. 
Bebert François-Marie, notaire à Çhambéry. 
Bebert Joseph-Marie, docteur-médecin à Çhambéry. 
Bécherat Jean-Louis, horloger-bijoutier à Çhambéry. 
Bel François, avocat, ancien magistrat, à Montmélian. 
Bergoën Félix, intendant de la province de Tarentaise, 

à Moùtiers. 
Berlie Jean-Jacques , négociant k Çhambéry. 



302 

Bel thel Louis , employé au bureau de la télégraphie 
électrique , à Chambéry. 

Billô Ignace , employé au ministère des travaux pu- 
blics à Turin. 

Boccoz Jean-Baptiste, commis en librairie, Chambéry. 

Bochet Jean-Marie, pharmacien à Chambéry. 

Bocquin Claude, procureur à Chambéry. 

Bontron Francisque, avocat à Chambéry. 

Bottero Albert, imprimeur-typographe à Chambéry. 

Bouchet Louis ,. secrétaire à la direction des contribu- 
tions à Chambéry. 

Bron Pierre, agent-voyer à Chambéry. 

Burdin Marc , négociant à Chambéry. 

Burnet François, secrétaire à l'intendance générale de 
Chambéry. 

Burnier-Fontanel Paul , propriétaire à Reignier. 

(^astellazzo Louis , directeur de la compagnie des 

mines à Albertville. 
Chapperon Laurent, vice-consul sarde à Smyrne. 
Chapperon Timoléon, à Chambéry. 
Charmot César, homme de lettres à Chambéry. 
Corcelet Pierre , trésorier de la caisse d'épargnes à 

Chambéry. 
Curt-Comte Eugène, avocat à Thonon. 

De Bornes , principal du collège national de Chambéry. 

Degalis Hippolyte, juge au tribunal de Bonneville. 

De Glapigny, propriétaire à Chamoux. 

De la Palme Albert, étudiant en droit à Turin. 

De la Palme Charles, rentier à Chambéry. 



303 

Dénarié Jules , propriétaire à Reignier. 

Despine Félix, conseiller d'intendance à Chambéry. 

Dessaix Antony, homme de lettres à Genève. 

Dessaix Joseph, à Chambéry. 

Drivet Claudius, employé aux messageries à Chambéry. 

Dubouloz Ernest, propriétaire-rentier à Thonon. 

Dubouloz Jean-Bapt., docteur-médecin à Montmélian. 

Duclos Eugène, négociant à Chambéry. 

Dufour Pierre, agent-voyer-chef à Chambéry. 

Dumont Adolphe, substitut-greffier à Bonneville. 

Dunant Eugène, percepteur à Chamoux. 

Dupraz Jean-Pierre, à Annecy. 

Dupraz, docteur-médecin à Evian. 

Dumas Joseph, notaire à Venue. 

Du Marterey, libraire à Chambéry. 

Fattoud , propriétaire à Montmélian. 
Finet Auguste, procureur à Chambéry. 
Fontaine , liquidateur à Chambéry. 
Fontaine-Tranchant J.-Elie , avocat à Albertville. 
Frechet Pierre -Marie, procureur à Thonon. 

Gaillard , ancien conservateur des hypothèques à St- 

Marcellin ( Isère ). 
Guillermin Charles, avocat à Chambéry. 
Guillermin François, agent d'affaires à Chambéry. 

Henry Victor , employé au comptoir d'escompte à 

Chambéry. 
Héritier Claude , vérificateur des contributions à Aix- 

les-Bains. 



304 

Huguenin Auguste , professeur d'histoire naturelle au 

collège national de Chambéry. 
Huguenin Joseph, employé aux douanes à Chambéry. 

Janin Jean, agent d'affaires à Chambéry. 
Jacquier Jean-Baptiste, avocat à Chambéry. 
Jacquier, percepteur à Chambéry. 
Joly Joseph, libraire à Chambéry. 

Lacoste-Fleury, propriétaire-agronome à Cruet. 
Lanfrey Pierre , auteur de UEglise et les Philosophes 

du dix-huitième siècle , Paris. 
Leyal Louis-Marie , inspecteur des écoles primaires de 

la division administrative de Chambéry. 
Loguet Joseph , entrepren"" de fournitures à Chambéry. 
Lubin Jean-Antoine, procureur à Chambéry. 

Marchand Henri , notaire à Chambéry. 

Maure André, procureur à Chambéry. 

Meugnier Hippolyte, employé au comptoir d'escompte 

à Chambéry. 
Michaud , docteur-médecin à Chambéry. 
Monet Hyacinthe, agent d'alïaires à Chambéry. 
Mossière François, agent d'affaires à Chambéry. 
Muffat René, instituteur à Chambéry. 
Mugnier François, avocat, juge du mandement de 

Lanslebourg. 

Nicolet Joseph, avocat à Chambéry. 

Nicoud Jean-Baptiste, procureur à Chambéry. 



305 
Ougier Henri, avocat à Chambéry. 

Paget C. -Marie, négociant à Thonon. 

Pallatin Jean-François, procureur à Chambéry. 

Pellegrini Bernard , architecte à Aix-ies-Bains. 

Pépin Joseph , rentier à St-Pierre-d'AIbigny. 

Perret Alexandre, brasseur à Chambéry. 

Perret Louis^ docteur-médecin à St-Pierre-d'Albigny. 

Perrier Janus, employé aux douanes à Chambéry. 

Perrin Joseph , libraire-éditeur à Chambéry. 

Perrin Jean-Jacques , avocat , ancien magistrat , à la 

Motte-Servolex. 
Perrissoud Jean-Marie, docteur-médecin à Annecy. 
Piccus Adolphe , employé au bureau du dignement de 

risère , Chambéry. 
Pinget, docteur-médecin à Bonneville. 
Python Jean-Jacques, procureur à Chambéry. 

Rabut François, professeur d'histoire au collège na- 
tional de Chambéry. 

Rabut Jean-Jacques, joaillier à Paris. 

Rabut Laurent, peintre, professeur à l'école des arts 
à Chambéry. 

Replat Jacques , avocat à Annecy. 

Revel J.-L., architecte, professeur à l'école des arts 
à Chambéry. 

Rey Jean-Jacques, avocat à Chambéry. 

Saillet Claude-Joseph , professeur au collège national 

de Chambéry. 
Saluées, pharmacien au Pont-Beauvoisin. 

20 



306 

Serand Eloi , négociant, à Annecy. 

Simond Joseph, greffier à St-Julien. 

Simond Claude , inspecteur forestier à Chambéry. 

Thorens Charles-Félix, à Thonon. 

Vallet Jean , sculpteur à Chambéry. 
Vernaz Auguste, avocat à Chambéry. 
Vissol Jean , propriétaire à Montagnole. 
Vulliermet B., imprimeur à St-Jean-de-Maurienne. 

Membres honoraires. 

Bertini , professeur de la philosophie du droit à l'Uni- 
versité de Turin. 

Ricotti, professeur d'histoire à l'Université de Turin. 

Le Prévost Auguste , membre de l'Institut de France 
et des Comités historiques. 

Soret Frédéric , ancien secrétaire de la Société d'his- 
toire et d'archéologie de Genève. 



Membres reçus le iO août 1856. 

Buniva Joseph, avocat coUégié, professeur à l'Univer- 
sité de Turin. 

Cabaud Paul, artiste-peintre à Annecy. 

Caffe, docteur-médecin à Paris. 

Dumas, avocat à Chambéry. 

Favier Joachim , greffier au tribunal de première in- 
stance de Chambéry. 



307 
Martin Jules, employé à la douane du Chable. 
Sevez, préparateur à l'école de chimie. 
Simond Joseph , greffier au Biot ( Chablais ). 
Viridet Marc , chancelier d'Etat à Genève. 

Membres honoraires. 

Cibrario Louis, de Turin. 

Chapponnière J.-J., docteur-médecin à Genève, prési- 
dent de la Société d'histoire et d'archéologie. 

Forel François, avocat, président de la Société de la 
Suisse romande. 

Keller, président de la Société des Antiquaires de 
Zurich. 

Macé Antonin , professeur d'histoire à la Faculté des 
lettres de Grenoble. 

Pilot, à Grenoble. 

Sclopis Frédéric, président de la royale Députation 
des Monumenta historiœ patriœ à Turin. 



Composition dn Bureau de la Société. 



MM. Dessaix Joseph, président. 

Guillermin Charles, vice-président. 

Saillet C.-L. i 

r. 1. T. AT ^ secrétaires. 

Bebert F. -M. 1 

Corcelet Pierre, trésorier. 



308 



Membres adjoints au bureau 
pour former la commission de publication. 

MM. Botlero Albert. 
Leyat L.-M. 
Rabut François. 

Commission de recherches. 

MM. Huguenin Joseph à Cliambéry. 
Billô Ignace à Turin. 
Lanfrey Pierre à Paris. 
Curt Comte Eugène à Thonon. 
Henry Victor à Chambéry. 

Commission d'antiquités. 

MM. Dufour, architecte. 
Revel, architecte. 
Rabut Laurent, peintre. 
Vallet, sculpteur. 
Mugnier , avocat. 




TABLE DES MATIÈRES 



■^>*^ 



Rapport sur la formation et les travaux de la So- 
ciété savoisienne d'histoire et d'archéologie, par 
M. Joseph Dessaix v 

Règlement de la Société savoisienne d'histoire et 
d'archéologie xlv 

MÉLANGES. 

Documents relatifs au couvent de S. Dominique de 
Chambéry, publiés par M. François Rabut. ... 1 
Première série. — Introduction. 
I. Catalogue et obituaire des religieux profès 
du couvent des dominicains de Chambéry 16 



310 

Pages. 
IL Liste des prédicateurs du sénat. — Catha- 
logue des prédicateurs qui ontpresché de- 
uant le sénat les aduents et caresme dez 

Tanné 1646 40 

IIL Liste des prieurs du couvent des domini- 
cains de Chambéry 46 

Table des personnes dont il est fait mention dans 

ces documents 61 

Notice de M. de Conzié des Charmettes sur M""* de 
Warens et J.-J. Rousseau, publiée par M. Ch. 
Guillermin 73 

— Bail de la propriété des Charmettes passé par 
noble Claude Noerey à dame Louise-Eléo- 
nore de Latour, baronne de Warens .... 87 

Liste des hameaux , châteaux , fermes et autres 
lieux habités quelconques portant un nom parti- 
culier, de la province de Savoie - Propre, re- 
cueillie et éditée par M. François Rabut 91 

L Liste par ordre alphabétique des communes 97 
IL Liste alphabétique des hameaux, châteaux, 
fermes , etc. de la province de Savoie- 
Propre 120 

Notice sur Jean-Marie Frère, docteur de Turin, 
ancien chanoine de Chambéry, curé de Collonges- 
sous-Salève, et sur les manuscrits qu'il a laissés, 
par M. Joseph Dessaix 171 

La Savoie de Jacques Pelletier du Mans, précédée 



311 

Pages. 
d'une dissertation critique sur l'auteur et le 
poème , par M. Joseph Dessaix 1 97 

Liste des membres de la Société savoisienne d'his- 
toire et d'archéologie 301 

Composition du bureau de la Société 307 

Membres adjoints au bureau pour former la com- 
mission de publication. — Commission de re- 
cherches. — Commission d'antiquités 308 



FIN DU TOME PREMIER. 



ETTY CENTER L 




BRARY