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4 Y 



MÉMOIRES ET DOCUMENTS 

PUBLIÉS PAR LA 



f^ ^_ 



SOCIETE SAVOISIENNE 

D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE 



MÉMOIRES ET DOCUMENTS 



PUBLIES PAR 




D'HISTOIRE 

ET D'ARCHÉOLOGIE 



TOME QUATORZIÈME 




CHAMBÉRY 



ALBERT BOTTERO , IMPRIMEUR DE LA PRÉFECTURE 

l'L.VCE SAINT-LÉGKK 
1873 



LibKMKr 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ SAVOISIENNE 

D'HISTOIRE ET DÂRCHËOLOGIE 

187 3-1874 



TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ 

séance générale <lu « janvier ISTS 
{Présidence de M. Dufouk) 

Le procès-verbal de la séance du 4 décem- 
bre 1872 est adopté. 

— La Société adopte Tordre du jour suivant, 
proposé par M. L. Rabut : 

« La Société, persuadée que M. Perrin vou- 
dra l)ieu réintégrer au local de la Société les 
objets qu'il a transportés au Musée déparle - 
mental, et entre autres les fac-similé ou estam- 
pages d'inscriptions, etc., [»asse à l'ordre du 
jour. » 



VI 

La Société délègue auprès de M. Perrin MM. 
le baron de Ponnat et L. Rabut. 

— M. Kraemer, professeur d'allemand au 
lycée, présenté par MM. le baron de Ponnat 
et L. Rabut, est reçu membre effectif de la 
Société. 

— M. le docteur Jules Garret communique à 
l'assemblée le projet de la création d'une biblio- 
thèque circulante à Chambéry. Il formule ce 
projet de la manière suivante : 

« Considérant le défaut absolu d'une biblio- 
tlièque circulante dans la ville de Chambéry ; 
considérant que la seule l)ibliothèque publique 
de la ville est ouverte à des heures et jours qui 
ne permettent que difficilement la lecture des 
volumes qu'elle renferme ; considérant que les 
livres de cette bibliothèque ne semblent point 
destinés à la plus grande partie du public; vu 
l'utilité évidente d'une bibliothèque populaire, 
l'assemblée décide qu'elle prend l'initiative des 
mesures qui doivent doter notre ville de cette 
fondation. » 

Le projet, mis aux voix, est adopté. 

L'assemblée nomme immédiatement une com- 
mission, composée de MM. le baron de Ponnat, 
Jules Carret, ilabut, Mossière et Robesson, à 
qui elle délègue tous les pouvoirs nécessaires 
pour la réalisation de ce projet. 

— Avant de se séparer, les membres de la 



VII 

Société approuvent la note destinée à être pu- 
bliée dans les jouniaux, et ainsi conçue : 

(( La Société savoisienne d'iiistoire et d'ar- 
chéologie , dans sa séance générale du 8 jan- 
vier 1873, a décidé qu'elle prend l'initiative de 
la formation à Chanibéry d'une Itibliothèque 
populaire circulante. Les dons en livres ou en 
argent pourront être re»;us aux bureaux des 
journaux ou directement au siège de la So- 
ciété, rue Saint-Antoine, maison Saint-Sulpice, 
au 1^''" étage , où ils sont i)rovisoirement cen- 
tralisés. A cet effet, un membre de la Société 
sera présent tous les jours aux bureaux, de deux 
à trois heures. « 

— M. Laurent Piabut montre un ornement 
gaulois , qui se portait sur la poitrine , et dont 
la forme se rapproche de l'antique huila. Cet 
objet est creux, muni d'un anneau de suspen- 
sion , et décoré d'ornements gravés , d'une 
grande simplicité, et semblables à ceux qu'on 
voit sur les bracelets lacustres. Un objet iden- 
tique faisait partie du trésor de Réalon. 

Il donne ensuite lecture de quelques notes 
réunies pour servir à l'histoire des compagnies 
de tir en Savoie , de MM. F. Rabut et A. Du- 
four. Ces notes, disposées par ordre chronolo- 
gique et par localité, excitent un vif intérêt. J^a 
vSociété décide l'impressiuii de ce travail, qui 
commencera le i¥ volume de ses Mémoires. 



VIII 



séance du ^^ Janvier 1S>3 

(Présidence de M. Dufour) 

Le procès-verbal de la séance du 8 janvier 
est adopté. 

— M. le président communique une lettre 
du 30 décembre dernier, de M. le Ministre de 
l'instruction publique, invitant la Société savoi- 
sienne d'iiistoire et d'archéologie à lui trans- 
mettre, avant le 1*^' avril , les noms de ses 
membres qui seront délégués pour la repré- 
senter ou taire des lectures à la réunion des 
Sociétés savantes qui doit avoir lieu à la Sor- 
bonne le mois d'avril prochain. 

MM. le baron de Ponnat et le docteur Jules 
Carret sont élus délégués et représentants de 
la Société. 

— M. L. Rabut aimonce qu'il se propose de 
faire une lecture sur l'industrie des fondeurs 
de bronze de la vallée du Bourget. 

— MM. de Ponnat et Rabut rendent coinitte 
de la mission qui leur avait été confiée par 
l'assemblée générale auprès de M. le conser- 
vateur du musée. Après quelques explications, 
on décide que M. Perrin sera invité par lettre 
à donner l'inventaire des objets lacustres, ro- 
mains, etc., qu'il a déposés pour elle au musée 
départemental. 



IX 

— La Société accepte la police d'assurance 
laite par M. Mossière, et autorise son prési- 
dent à la signer. Cette police sera déposée 
dans les archives. 

— iM. Dufour lit une lettre de M. Perrin, 
donnant sa démission de membre de la Société. 
Sur cette démission offerte, tous les membres 
présents sont d'avis d'ajourner toute décision 
jusqu'à ce que M. Peri'in ait répondu à la lettre 
qui lui sera écrite pour réclamer l'inventaire 
dont il est parlé ci-dessus. 

— M. le Ministre de l'instruction publique a 
informé la Société , par une lettre datée du 
15 janvier , qu'il mettait à sa disposition un 
exemplaire du Cartulaire de Saiid-Hugues de 
Grenoble. M. J.-J. Kabut, de Paris, sociétaire, 
sera invité à retirer cet ouvrage du dépôt des 
livres du ministère. 

— Ouvraç^es reçus : 

1» Mémoires de l'Académie de Smme. "i" série, vo- 
lume XII, 187-2, avec album iri-Colio. 

2" Société archéologique de liambonillel. Tome T', 
2" livraison, 1871. 

3" Revue des Sociétés savantes des départetnenls. 
Tome IV, 1872. 

4" Bulletin historique de la Société des antiquaires 
de la Morinie. 1'" livraison, IVe volume. 

5" Revue savoisienne. 13" année. 

6° Dictionnaire du Dauphiné, par Guy-Allaril, to- 
mes ler et Ile. Grenoble, 1801. 



X 

7" Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Cal- 
mar. 12« et i3e années, 1871 et 1872. 



séance tlu 3 février 1H73 

(Présidence de M. Dufour) 

Le procès-verbal de la dernière séance est 
adopté. 

— M. le président donne connaissance d'une 
lettre de M. Roberti, professeur à Valence, en 
date du 17 janvier, par laquelle il sollicite l'hon- 
neur de devenir membre correspondant de la 
Société savoisienne. 

On décide que, suivant les usages, cet hon- 
neur ne pouvant être accordé qu'aux personnes 
qui ont fait hommage à la Société de quelques 
travaux , une réponse sera adressée à M. Ro- 
berti pour lui faire connaître ces traditions et 
cette règle. 

— La Société , pour encourager un de ses 
membres dans la publication de Sabaudia, re- 
vue historique , a décidé de prendre un abon- 
nement. 

— Ouvrages reçus : 

1" Revue s(Woisien)ie. 1873, janvier. 

2" Bulletin de l'Aciidémie delphinalc. 3° série. 

3" Bulletin de la Société dunoise. Janvier 1873. 



Xï 



séance du 3 mar-e 1S73 

{Présidence de M. Dufour) 

Le procès-verbal de la séance du 5 février 
est adopté. 

— M. Dufour donne lecture d'une lettre de 
M. Perrin, qui adresse à la Société la liste des 
antiquités lacustres et des ol)jets qu'il a dépo- 
sés pour elle au musée départemental , et qui 
retire sa démission. 

— M. Dulbur donner lecture d'une lettre de 
M. le Ministre de Finstruction publique, qui 
demande l'envoi des deux derniers volumes de 
la Société, pour faire représenter à l'exposition 
universelle de Vienne les Mémoires des So- 
ciétés savantes de la Fi-aiice. 

Quoique cette demande ait été envoyée tar- 
divement par l'entremise de M. le recteui" d'a- 
cadémie, la Société décide l'envoi du volume 
XIII, qui sort des presses, ainsi que le volume 
précédent. 

— M. le baron de Ponnat annonce l'envoi 
de plusieurs dons faits à la Société pour sa 
bibliothèque, par MM. Baudet et Tenant. 

— M. Perrot, trésorier, demande la radiation 
de quelfiues sociétaires qui refusent d'acquit- 
ter leur cotisation. 11 communique ensuite le 



XII 

compte-rendu financier de la Société, qui sera 
examiné par une commission , composée de 
MM. J. Carret et L. Rabut. 

— La Société a reçu les ouvrages suivants : 

1" Mémoires do la Sociélé archéologique de Lorraine. 
1^ série, volume XIV, 

2° Bulleiin de la Société d'agriculliire de Savoie. 
1873. 

3° Bulletin de la Société académique du Var. Tome V. 

i" Mémoires de la Société de Cannes. N» 1, 5«amiée. 

5» Revue savoisienne. Février 1873. 

0° Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie 
de Chdlons. I^e el 2^ parties, tome V. 



séance du 19 mars 1^7 3 

{Présidence de M. Dufour) 

Le procès-verbal de la séance précédente est 
adopté. 

— M. le président annonce que les plancbes 
du travail de M. Perrin sont terminées, et que 
le Xlll'' volume des Mémoires va être mis en 
distribution. 

— M. Albrier demande à acquérir à prix 
l'édiiit les dix premiers volumes des Mémoires 
de la Société. La Société accueille la demande 
de M. Albrier, qui est sociétaire. 



XIII 

— M. Schiile annonce l'envoi des Mémoires 
de l'Académie des sciences de Bruxelles. 

— Le président de l'Académie de Lorraine 
regrette de ne pouvoir envoyer la collection de 
ses Mémoires, l'incendie ayant dévoré tout son 
fonds de publications. 

— L'Académie des sciences et arts de Dijon 
annonce qu'elle complétera l'envoi de ses Mé- 
moires. 

— M. L. Rabut lait un rapport de la vérifi- 
cation des comptes de M. Perrot , trésorier de 
la Société , comptes tenus avec une exactitude 
scrupuleuse. 11 propose à la Société de voter 
des remerciments à M. Perrot, et de l'engager 
à continuer ses services dévoués à la Société. 
Cette proposition est votée à l'unanimité. 

— M. Bochet adresse à la Société sa démis- 
sion, qui est acceptée. 

— M. Piabut comnmnique un dessin d'un tube 
en bronze à anses et à anneaux, provenant des 
palafittes du lac du Bourget, et déposé au mu- 
sée départemental. Ce tube est semblable à 
ceux qu'il a déjà fait connaître. Le dessin de 
ce tube accompagne la notice que M. Rabut 
doit lire aux réunions de la Sorbonne, au mois 
d'avril. 

— M. Jules Carret annonce que le conseil 
municipal a pris en considération le projet de 



XIV 

la fondation d'une bibliothèque circulante, et 
qu'une demande de crédit sera portée à l'ordre 
du jour d'une prochaine séance du conseil. 

— Ouvrages reçus : 

i" linllelin de la Société d'émulaiion de l'Allier. 
Tome XI, 3" ol 4" livraisons. 

2" Mémoires et documents de la Société de la Suisse 
romande. Tome XXVIÏ. 



séance générale du 7 avril 1^7S 

{Présidence de M. Dufour) 

M. l»abut, ayant fait fonctions de secrétaire 
au.x. séances des 3 et 19 mars, donne lecture 
des procès-verbaux, qui sont approuvés. 

— M. Ptévoil Alphonse, professeur au lycée, 
est admis, à l'unîmimité, membre de la Société 
savoisienne d'histoire et d'archéologie. 

— Le conseil municipal de la ville de Cham- 
béry, dans une délibération récente, ayant ou- 
vert un crédit de GOO francs pour l'organisation 
de la bibliothèque circulante , el ayant mémo 
offert une des salles de la maison des écoles 
laïques pour l'installation de celte bibliothèque, 
l'assemblée remercie l'administration munici- 
pale de sa bienveillante et hbérale sollicitude, 



XV 

et prie M. Jules Carret d'être son interprète 
auprès du conseil. 

— M. L. llabut donne communication du 
travail qu'd a fait sur les industries des fon- 
deurs de bronze de la vallée du Bourget , et 
qu'il doit lire prochainement dans la réunion 
des Sociétés savantes. 

Cette communication est accueillie avec plai- 
sir par les membres de la Société assistant à 
la séance. 

— Ouvrages reçus : 

lo Bulletin de l'Académie royale de Bruxelles. To- 
mes XXXIIIe et XXXIV^ 1872. 

2° Annuaire de l'Académie royale de Bruxelles. 

3" Académie royale de Belgique. 

¥ Noies sur le huilième congrès inlernalional de 
statistique, par Ernest Quételet. 

5» Notes sur les étoiles plantes et aurores boréales du 
4 janvier 1812, par Ernest Quételet. 

Go Bulletin des sciences do l'Yonne. 1872, vol. XXVI. 

70 Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie. 
1872, nM.. 

8" Mémoires de la Société nationale des antiquaires 
de France. Bulletins I et II de la 40 série. 

'> Bulletin de la Société nationale des aniiquaires de 
France. 3« et 4« trimestres, 1872. 

10° Mémoires de la Commission des antiquités de la 
CdIe-d'Or. 2'- livraison, tome Ville. 

il" Voies romaines du déimrlement de la Côte-d'Or, 
et Répertoire archéologique des arrondissements do 
Dijon et de Beaune. 1872. 



XVI 

12° Revne savoisietme. Mars 1873. 

13° Collection des docuuienis carlulaires de l'églùe 
cdihédrale de Grenoble, dit Carlulaue de Sainl-Hugues, 
publiée par M. Jules Marion. 



séance ilu 91 mai 1^73 

( Présidence de M. DurouR ) 

Le procès-verbal est adopté. 

— M. Dufour donne lecture d'une lettre de 
M. le président de la commission d'initiative 
pour le concours musical, qui doit s'ouvrir à 
Ghambéry. 

Le budget de la Société étant très-restreint , 
et la Société ne pouvant fonctionner qu'avec 
les subsides qu'elle reçoit , l'assemblée estime 
qu'à son grand regret la Société ne peut voter 
aucuns fonds. 

— M. le président présente une demande 
d'admission de la paii de M. Billiet, avocat. Elle 
est remise à l'assemblée générale procliaine. 



XYII 



Séance du % Juillet 18Y» 

( Présidence de M. Dufour ) 

— M. L. Rabut dépose sur le bureau deux 
livraisons du Bulletin de la Commission des 
antiquités de la Seine-Inférieure^ et donne lec- 
ture d'une lettre de M. l'abbé Cochet, président 
de cette Commission , qui demande l'échange 
des publications de la Commission qu'il dirige, 
contre celles de notre Société. Cette proposi- 
tion est acceptée. 

— M. le président annonce que le subside 
accordé à la Société par le conseil général n'a 
pas été mandaté par suite d'un oubli. Il a fait 
des démarches à la préfecture pour faire déli- 
vrer le mandat. 

— L'Association florimontane d'Annecy vient 
d'adresser à la Société les numéros de ses pu- 
blications qui lui manquaient pour compléter 
ses collections. 

— M. Blanchard présente un tableau ou no- 
menclature de toutes les juridictions de la 
Savoie en 1740 , sous le titre : Les juges sei- 
yneuriaux en Savoie vers le milieu du dix- 
septième siècle. Après avoir écouté la lecture 
de ce travail, la Société en décide le renvoi à 
la commission de publication. 

B 



XVIII 

— M. Jules Carret fait connaître les résultats 
des travaux de la commission de la bibliothè- 
que circulante. 

— Ouvrages reçus : 

1° Comité des travatix historiques. ■ — Instructions. 

2» Société des sciences naturelles et historiques de 
Cannes. Tome III, no ^2. 

3" Revue savoisienne. Mai 1873. 

4° Recueil des travaux de la Société d'agriculture, 
sciences et arts d'Agen. 2" série, tome III. 

5" Société archéologique de Rambouillet. Tome I , 
livre III. 

6" Mémoires de la Société académique d'archéologie, 
sciences et arts de l'Oise. Tome VIII, "2" partie. 

7° Rullelin trimestriel de la Société d'agricuUure de 
Savoie. Avril 1873. 



Séance générale du l£i août X^'73 

{Présidence de M. Dufour) 

Le procès- verbal est adopté. 

— La Société d'émulatio.i de l'Allier accuse 
réception du XIll*^ volume, et demande le vo- 
lume IX qui manque à sa collection. L'assem- 
blée décide que le volume sera envoyé. 

— La Société a reçu le Codex cliploniaticus 
Longobardiœ, don du roi Victor-Emmanuel IL 
L'assemblée vote des remercîments. 



XIX 

— M. F. Rabut, président honoraire, présent 
à la séance, annonce un envoi par M. Dufour, 
de dix-huit documents sur le château de Mio- 
lans. Ces documents contiennent les chartes 
d'inféodation du fief de Miolans , dont on ne 
connaissait que les titres. M. Dufour, son col- 
laborateur infatigable , les a toutes trouvées. 
Les documents envoyés contiennent encore la 
liste des gouverneurs , les noms des prison- 
niers, et les registres d'écrou de cette prison 
d'état. M. Rabut pense faire une excellente 
notice sur ]\îiolans avec ces documents. 

M. L. Rabut possède une gravure du château 
à la fm du seizième siècle , qu'on pourra join- 
dre à la notice. 

M. F. Rabut fait connaître une deuxième let- 
tre sur la sigillographie savoyarde. Cette lettre 
contient la description du sceau de Simon, évo- 
que d'Aoste; du sceau de la cour de justice du 
comte de Savoie à Aoste, et du sceau d'Aimon 
du Bois. 

Il donne aussi connaissance de notes nou- 
velles pour servir à l'histoire des Savoyards de 
divers états. Elles sont relatives aux sculpteurs 
et aux sculptures en Savoie , du treizième au 
dix-neuvième siècle. 

Ces travaux seront publiés dans le volume 
qui est sous presse. 

M. Rabut F. annonce un travail en prépara- 
tion sur le tiers-état, le clergé et la noblesse. 



XX 

— M. L. Rabut propose une exploration à 
l'oppidum de Saint-Michel, près de Curienne. 
Plusieurs membres s'inscrivent pour faire par- 
tie des excursions qui auront lieu pendant les 
vacances. 

— M. J. Carret, à l'occasion d'une disserta- 
tion intéressante de M. Rabut François sur la 
fontaine de la place de Lans , propose de de- 
mander à la ville le rétablissement de cette 
fontaine. 

L'assemblée émet le vœu que la ville fasse 
reconstruire cette fontaine, qui est une œuvre 
d'art. 



séance générale du 3 décembre 1S7S 

{Présidence de M. Dufour) 

Le procès-verbal de la dernière séance est 
adopté. 

— M. Ronzière envoie sa démission de so- 
ciétaire; elle est acceptée. 

— La Société reçoit comme membres elïec- 
tifs : M. Billiet, présenté par MM. L. Rabut et 
Perrot, et M. Domengc, présenté par MM. Du- 
four et Rabut. 

— La Société de Montbéliard demande l'é- 
change de la première série de ses Mémoires 



XXI 

contre les six premiers volumes des publica- 
tions de la Société savoisienne qui manquent à 
sa collection. L'offre est acceptée. 

— M. Rabut François annonce un envoi de 
documents historiques par son collaborateur 
M. Auguste Dufour. Ces pièces sont des plus 
variées. Quelques-unes ont encore trait à l'his- 
toire féodale de Miolans. Deux ont rapport à la 
maison-forte de Saint-Hippolyte près d'Aix, et 
à son possesseur le comte de Seyssel en 1327. 
Cinq intéressent la topographie de Chambéry 
au seizième siècle. Le plus grand nombre sont 
d'utiles renseignements sur les artistes et les 
artisans en Savoie : peintres, doreurs, orfèvres, 
chantres, organistes, libraires, merciers, pape- 
tiers, imprimeurs; ou sur les ordres reUgieux : 
Dominicains, Antonins et Jésuites de Chambéry. 
Les titres des suivants témoignent de la diver- 
sité de ces documents. 

1583-1598. Pièces relatives à l'historiographe Claude 
Guichard. 

1689. Fausse alarme des Lucernois au faubourg de 
Mâché. 

1688. Orage et grêle dans la nuit du 16 juillet à 
Chambéry. 

liOO. Réception d'un notaire à Chambéry. 

1564. Deux pièces relatives à la peste de cette année- 
là. 

1527. Patentes de roi d'armes pour Jean de Tour- 
nai. 



XXII 

1570. Pièces en vers, imprimées par Léonard de la 
Ville, sur la mort du chevalier de Chambéry, gouver- 
neur de Lyon, etc. 

— Ouvrages reçus : 

1" Revue savoisienne. Août, septembre et octobre 
1873. 

2» Douze numéros du journal V Institut. 1873. 

3° Mémoires de la Société de la Suisse romande, 
Tome XXVIIi, 1873. 

4<J Société de Gratz {Styrie). Deux fascicules, 1872 
et 1873. 

5« Mémoires de la Société académique de l'Aube. 
Tome IX, 1872. 

6» Société polymathique du Morbihan, l^"" semestre, 
1873. 

7» Bulletin de la Société dunoise des années 1870 à 
1873. 

8" Société archéologique de l'Orléanais. Tome V. 
N«s 64 à 76. 

9» Société d/es antiquaires de Picardie. N"^ 1 et 2, 
1873. 

10" Académie delphinale. 3^ série, tome VIII. 

11° Revue des Sociétés savantes. Mars et avril 1873. 



séance <Ia lO décembre ISTS 

{Présidence de M. Jules Cakret) 

Le procès-verbal de la séance précédente est 
adopté. 



XXIII 

— L'assemblée décide, sur la proposition de 
son président honoraire M. F. Rabut, de faire 
l'échange des publications de la Société contre 
V Inventaire des archives de la Côte-d'Or, dont 
trois volumes in-4o à deux colonnes ont déjà 
paru; le quatrième volume est sous presse. 

Cet inventaire comprendra environ quinze 
volumes. Beaucoup de documents de ces archi- 
ves hitéressent l'histoire de la Savoie. 

— M. Jules Garret fait connaître les explo- 
rations qu'il a faites, les vacances passées, dans 
la grotte de Challes , avec quelques membres 
de la Société. Il a r^; cueilli dans cette grotte 
le tranchant d'une hache de bronze à ailerons, 
et 66'2 os humains , pouvant appartenir à une 
dizaine de sujets. 

Le récit de M. Carret est écouté avec le plus 
grand intérêt; l'assemblée l'engage à lire, à la 
prochaine réunion, le rapport qu'il a écrit sur 
les explorations, de la grotte de ChaUes. 

— M. Fivel parle de ses premières investi- 
gations à l'oppidum de St-Michel, à Gurienne. 
Il a trouvé dans cette localité un objet d'orne- 
ment en pierre violette , ayant la forme d'un 
prisme quadrangulaire, décoré de Ugnes gravées 
paraUèles, et muni d'un trou de suspension. Cet 
objet est analogue à ceux qu'on retrouve dans 
les palafittes du lac du Bourget. 



XXIV 

— M. Auguste Dufour a encore adressé à 
M. F. Piabut huit autres documents historiques, 
relatifs à l'histoire féodale de Miolans pendant 
les XIV% XV^ et XVP siècles. 11 a en outre 
envoyé vingt-huit autres documents des plus 
variés, tous relatifs à la Savoie et se rapportant 
aux séries de travaux entrepris par ces deux 
sociétaires, entre autres : 

Deux ordonnances du comte Edouard, relatives à la 
maison-forte de Saint-Hippolyte, près d'Aix; 

Deux pièces relatives à des peintres ; 

Deux relatives à des organistes du quinzième siècle; 

Trois relatives à des imprimeurs de Gliambéry et 
d'Annecy ; 

Plusieurs pièces relatives à la topographie du vieux 
Chamhéry; 

Pièces relatives au commerce et à l'industrie en 
Savoie, pendant les XVI« et XYII" siècles; 

Autres pièces diverses ayant trait aux dorures de la 
façade de la sainte-chapelle de Ghambéry en 1659, à 
l'Inscription du IVonton de l'église des Jésuites de la 
même ville en 1644, etc., etc. 



iVB«eiubIéo générnie du m Janxiei* 1ST4 

(Présidenee de M. Dufour) 

Le procès - verbal de la dernière séance est 
adopté. 



XXV 

— L'ordre du jour appelle le renouvellement 
du bureau de la Société. Le scrutin donne les 
résultats suivants : 

Président M. Dufour François. 

Vice-Président.. M. CarrelJules. 

Secrétaires MAI. Rabut Laurent, et Robesson, 

avocat. 
Bibliothécaire.. . M. le baron de Ponnat. 

L'assemblée lui adjoint, pour le remplacer 
en cas d'absence, M. Laurent Paquet, ex-biblio- 
thécaire. 

Le comité de publication est ainsi composé : 

MM. Blanchard Claudius. 
Garret Jules. 
Paquet Laurent. 
Rabut Laurent. 

La commission pour la recherche des char- 
tes et documents historiques, et pour les explo- 
rations archéologiques , est ainsi formée : 

MM. Billet Paul. 

Dufour Auguste. 
Fivel Théodore. 
Mullard Francisque. 
Paquet Laurent. 
Rabut Laurent. 
Révoil Alphonse. 

La commission pour l'étude des monuments 
historiques est composée de : 



XXVI 

MM. Albrier Albert. 

Blanchard Claudius. 
Bonnefoy, notaire à Sallanches. 
Descostes. avocat. 
Diifour François. 
Fivel Théodore. 
Janin Edouard. 
Meurianne Charles. 
Baron de Ponnal. 

— M. Janin Edouard, présenté parMM. Perrot 
et Dufour , est reçu membre effectif de la So- 
ciété. 

— M. Dufour remercie en termes chaleureux 
l'assemblée de l'honneur qu'elle lui fait en le 
renommant président. Il promet de faire tous 
ses efforts pour le bien et la prospérité morale 
et matérielle de la Société. 

— M. Perrot, trésorier, présente l'état tinan- 
cier de la Société. Il résulte de son rapport que 
celle-ci est en voie d'amélioration et de pro- 
grès. Une commission, formée de MM. Blan- 
chard Claudius et Garret Jules, est chargée de 
vérifier les comptes de M. le trésorier. 

— Le président de la Société des antiquaires 
de Zurich adresse les derniers fascicules des 
Mémoires de cette Société, et offre de complé- 
ter ce qui manque à nos collections. Des remer- 
cîments sont votés. 

— La parole est donnée à M. Jules Carret 



XXVII 

pour la lecture de son rapport sur le résultat 
des explorations faites, les vacances passées, à 
la grotte de Challes-les-Eaux. 

Les sociétaires écoutent avec attention la 
lecture de ce rapport , fait avec conscience et 
avec des soins méticuleux. L'heure avancée de 
la soirée fait renvoyer à la prochaine séance 
la suite de cette lecture. 

— Ouvrages reçus : 

1° La carte archéologique de la Suisse orientale, 
dressée par le docteur Keller. 

2" L'Indicaleur d'antiquités suisses. 1872-1873. 

3« Quelques mailles de Tavernier en Savoie , de 
F. Rabiit. 

4" Remie savoisiemie. Novembre et décembre 1873, 

5° Revue des Sociétés savantes. Mai et juin 1873. 

6° Bulletin de l'Institut national genevois. Tome 
XVIII. 



Séance générale du SO Janvier 1S7 4 

{Présidence de M. J. Carrbt) 

Le procès-verbal de la dernière séance est 
adopté. 

— M. J. Carret fait un rapport sur l'état 
financier de la Société. Tous les comptes du 
trésorier, M. J. Perrot, sont tenus avec la plus 



XXVIII 

grande exactitude. L'assemblée vote, à l'unani- 
mité, des remerciments à M. Perrot. 

— Le secrétaire donne lecture d'une lettre 
de M. Garnier, archiviste de la Côte -d'Or; 
ce dernier annonce l'envoi des trois volumes 
parus do V Inventaire des archives de la Côte- 
d'Or. 

— Le docteur Garibaldi adresse à la Société 
une notice sur l'état météorologique de la ville 
de Gènes pendant l'année 1872. 

— La Société ligurienne de Gènes a envoyé 
tous les volumes de ses Mémoires qui man- 
quaient aux collections de la Société. 

— Le docteur Jules Carret continue la lec- 
ture de son rapport sur les ossements humains 
de la grotte de Challes. 11 fait connaître les 
nombreuses observations qu'il a faites sur ces 
ossements. Il résulte de ses observations que 
les hommes de la grotte de Challes étaient de 
petite taille ; leurs crânes étaient presque bra- 
chiocéphales; leurs bras étaient proportionnel- 
lement plus petits que Ijurs avant - bras , et 
leurs cuisses plus p -tites que leurs jambes; 
leurs mains étaient surtout très-petites. 

La fin de la lecture du rapport de M. Carret 
est renvoyée à la prochaine séance. 

Sur la proposition de M. L. Rabut, l'assem- 
blée nomme une commission pour continuer les 



XXIX 

explorations commencées à Toppidum de Saint- 
Michel et à la grotte de Ghailes. Clette commis- 
sion se compose de : 

M.M. Jules Carret. 
Th. Fivel. 
L. Paquet. 
Billiel. 
L. Rabut. 
Révoil. 

Séance tenante, la commission charge M. Ra- 
but d'adresser à M. le Ministre de l'instruction 
publique une demande afin d'obtenir un sub- 
side pour les frais d'exploration de l'oppidum. 

La séance est levée à onze heures et demie. 



séance générale du 13 février 18^74 

(Présidence de M. Dufour) 

Le procès -verbal de la dernière séance est 
adopté. 

— M. le président donne connaissance de la 
lettre du président de la Société ligurienne di 
Storia patria, annonçant l'envoi des divers fas- 
cicules de ses Mémoires. L'assemblée vote des 
remercîments. 

— M. Rabut est chargé de faire un rapport 



XXX 

sur l'histoire des médailles de la Ligurie , con- 
tenue dans le VIII'^ volume de ces Mémoires. 

— L'assemblée reçoit, c^mme membres effec- 
tifs do la Société : M. Castellan, médecin-vété- 
rinaire, présenté par Mi\l. J. Garret et L. Ilabut, 
et M. le docteur Dumas, présenté par les mê- 
mes parrains. 

— M. le docteur J. Carret continue sa lec- 
ture sur les ossements recueillis dans la grotte 
de Challes. 11 fait connaître une observation sur 
une particularité qui n'avait jamais été signalée 
sur les races anciennes. Le petit trochanter 
dans la tête du fémur, au lieu d'être placé inté- 
rieurement, se trouve dans la partie postérieure 
de l'os; le grand trochanter est lui-même plus 
élevé que la tête du fémur. M. de Quatrefages 
a aussi constaté ces faits dans une entrevue 
qu'il a eue avec M. Carret^ les vacances derniè- 
res. Il trouvait ces observations nouvelles et 
intéressantes. 

M. Garret pense que les hommes de la grotte 
de Ghalles étaient de la race hyperboréenne, 
et qu'ils ont dû exister à l'époque du renne. Il 
croit aussi que les divers ossements ont appar- 
tenu à deux races de diverses époques ; la se- 
conde serait contemporaine de l'âge du bronze 
et de l'époque de nos lacustres. Il croit à l'an- 
thropophagie de cette race. 

Une discussion s'engage entre MM. Rabut 



XXXI 

et Jules Carret sur ces différentes questions, 
M. Rabut dit que ces questions d'origine et 
d'ancienneté devraient être plus réservées ; 
qu'il faudrait s'en tenir spécialement aux faits 
des découvertes, et s'en rapporter, pour l'an- 
cienneté, aux objets d'industrie associés aux 
ossements. 

L'assemblée décide l'impression du rapport 
de M. J. Carret. Il terminera le quatorzième 
volume qui est sous presse, et sera bientôt en 
distribution. 

— La Société désigne M. Carret pour un des 
délégués qui la représenteront aux réunions 
des Sociétés savantes de la Sorbonne , au mois 
d'avril. 

— Sur la proposition de M. L. Rabut, l'as- 
semblée décide qu'une lettre sera adressée par 
M. le président à M. Fivel , délégué de la So- 
ciété savoisienne auprès de la commission du 
musée départemental, pour le prier de vouloir 
bien faire, dans une prochaine séance, un rap- 
port sur l'administration du musée , sur les 
moyens de le rendre plus accessible aux tra- 
vailleurs, et de faire augmenter ses collections. 

— Ouvrages reçus : 

1" Bulletin trimestriel de la Société d'agriculture de 
Savoie, l^"" janvier 1874. 
2o Revue savoisienne. Janvier 1874. 



XXXII 

3" Le journal V Institut. Janvier et février 1874. 

4» Note sur la chapelle des chevaliers de Malte à 
Beaune. Don de M. Auberlin. 

5° Mémoires de la Société de géographie de Vienne 
(Autriche). 1872. 

G» Bulletin de la Société archéologique et historique 
du Limousin. Tome XII, l^o livraison. 

7° Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie. 
Année 1873, N« 3. 

8» Bulletin de la Société dunoise. N» 19, 1874. 

9o Histoire de Grésy-sur-Aix, par le comte de Loche. 
Don de l'auteur. 



XXXIII 



II 

MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ SAVOISIENNE 

d'histoire et d'argiiéologie 

ET SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 



1873-74 



Composition tlii Itticean. 

MM. Dufour François, président. 

Dufour Auguste / . • , . , 

„ . , r. • présidents honoraires. 

Rabut François > * 

Carret Jules, vice-président. 

Rabut Laurent / ,, . 

„ , , , , secrétaires. 

Robesson Joseph ^ 

Perrot Jacques, trésorier. 

Baron de Ponnat, bibliothécaire. 

CoiiimiBsion de pul>lic»tion. 

MM. Blanchard Claudius. I MM. Paquet Laurent. 
Carret Jules. , Rabut Laurent. 

Commission poni* la neelienehe «les eliai*te« 
et doeuments iiistoriques. 

MM. Billiet Paul. i MM. Paquet Laurent. 



Dufour Auguste. 
Fivel Théodore. 
Mollard Francisque. 



Rabut Laurent. 
Révoil Alphonse. 



XXXIV 



Commission poui- l'étude des monuments 
liistoriqucs. 



MM. Albrier Albert. 1 MM. Dufour François 

Blanchard Claudius. ! Fivel Théodore. 

Bonnefoy, notaire à 

Sallanches, 
Descosles François. 



Janin Edouard. 
Meiirianne Charles. 
Baron de Ponnat. 



Membres honorai res. 

MM. 

Adriani, professeur d'histoire à l'université de Turin. 
Angelo Angelucci, capitaine d'artillerie, à Turin. 
Aubertin Charles, conservateur du musée et secrétaire de la Société 
d'histoire de la ville de Beaune (Cùte-d'Or). 

Baudot Henri, président de la Coniraission archéologique de la 

Côte-d'Or, à Dijon. 
Bertini, professeur de philosophie à l'université de Turin. 

Caumont (de), directeur de l'Institut des provinces, à Caen. 
Cibrario Louis, sénateur du royaume d'Italie, à Turin. 
Cochet (l'abbé), inspecteur des monuments historiques de la Seine- 
Inférieure, à Dieppe. 

Daguet Alexandre, professeur à Fribourg (Suisse). 
Diégerik, archiviste, professeur à l'Athénée d'Anvers (Belgique). 
Dufour Auguste, général d'artillerie à Turin. 
Dupuis, président de la Sociélé archéologique de l'Orléanais , à 
Orléans. 

Forel François, présid(înt de la Société de la Suis.se romande, à 
Lausanne ( Suisse). 

Garnier Joseph, secrétaire delà Société des antiquaires de Picardie, 

à Amiens. 
Guichard, avocat à Cousance (Jura). 



XXXV 

Jussieu (de), archiviste du département de Ja Savoie, à Chainbéry. 

Keiler, président le la Société des antiquaires de Zurich (Suisse). 
Kerkhove-Vareiit je comte , président de l'Académie d'archéologie 
de Belgique, à Bruxelles. 

Macé Antonio, professeur à la faculté des lettres de Grenoble. 

Pilot, archiviste à Grenoble. 

Ponnat (baron de\ publiciste à Chambéry. 

Rabut François, professeur d'histoire au lycée de Dijon. 
Revilliod Gustave, bibliophile à Genève. 
Ricotti Hercule, professeur à l'université de Turin. 
Sclopis (le comte\ président de la Députation d'histoire nationale 
à Turin. 

Taillar, conseiller à la cour d'appel de Douai. 

Violet-Leduc, architecte du gouvernement, à Paris. 
Vuy Jules, avocat à Caiou.ge (Suisse). 



Membres effectifs. 

MM. 

Albrier Albert, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Dijon et 

à Sivry-les-Saiut-Piix (Cole-d'Or). 
Arminjon, substitut-procureur général à Chambéry. 

Beauregard Alexandre, percepteur à Aiguebelle. 
Beauregard Paul, grelOer du tribunal à Aoste (Italie). 
Bel François, avocat à Montmélian. 
Billiet Paul, avocat à Chambéry. 
Blanchard Oaudius, avocat à Chambéry. 
Borson Francisque, colonel d'état-major à Paris. 
Bottero Albert, imprimeur de la préfecture à Chambéry. 
Burnior-Fontaiie], piopriétaire à Reignier (Haute-Savoie). 

Caffe Paul-Louis-Balthasar, médecin à Paris. 
Carrét Jules, médecin à Chambéry. 



XXXVI 

CMstellau, médeciti-vélùrinairc à Chauibéry. 
Challier Honoré, négociant à Chambéry. 
Charapod Jean, lithographe à Chambéry. 
Curt-Conite, avocat à Thonon. 

D'Albanne Ernest, imprimeur à Chambéry. 

Descostes François, avocat à Chambéry. 

Domenge Joseph , vice-directeur de la caisse couimerciale à 

Chambéry. 
Dufour François, agent voyer en retraite, à Chambéry. 
Dumas Joseph, notaire à Yenne. 
Dumas, docteur-médecin à Chambéry. 
Durandard Antoine, avoué à Moi\tiers. 

Finet Auguste, avoué à Cliambéry. 
Fivel Théodore, architecte à Chambéry. 
Fousseraux, professeur au lycée de Chambéry. 

Gaillard César, médecin à Aix-les-Bains. 

Glover Melvillc, professeur d'anglais à Lyon. 

Gotteland Antoine, conseiller à la cour d'appel, à Chambéry. 

Guiliand Louis, médecin à Aix-les-Bains. 

Guillermin Charles, avocat à Chambéry. 

Guinard, ingénieur des ponts et chaussées à Chambéry. 

Jacquier Jean-Baptiste, procureur de la République à Toulon. 
Janin Edouard, professeur d'histoire. 

La Chavanne (comte de) Christin, banquier à Chambéry. 
Loche (comte de), à Grésy-sur-Aix. 
Lubin Antoine, avoué à Chambéry. 

Marchand Henri, notaire à Chambéry. 

Martin Joseph, avocat à Chambéry. 

Mcnard Paul, imprimeur à Chambéry. 

Meurianne Charles, à Grenoble. 

Moilard Claude, entrepreneur à Chambéry. 

Mollard Francisque, archiviste de la Corso. 

Monnet Hyacinthe, grellier de simple police à Chambéry. 

Montagnole Joseph, juge d'instruction à St-Julien (Haute-Savoie). 

Mossièro François, agent d'affaires ;i Chambéry. 

Mugnier François, procureur de la République à Die (Drôme). 



XXXVII 

Paquet Laurent, publiciste a Cliauibéry. 

Parent Nicolas, avocat à Chambéry. 

Pépin Joseph, propriétaire à Giliy. 

Perrin André, libraire à Ctiambéry. 

Perrot Jacques, huissier à Charabéry. 

Piilet Louis, avocat à Chambéry. 

Pognient Paul, avocat et maire de Sainte-Hélène. 

Python Jean-Jacques, avoué à Chambéry. 

Rabut Jean-Jacques, orfèvre à Paris. 

Rabut Laurent, professeur de dessin à Chambéry. 

Revel Samuel, architecte à Chambéry. 

Révoil Alphonse, professeur au lycée de Chambéry. 

Robesson, avocat à Chambéry. 

Saluées, pliarmacien au Pont-de-Reauvoisin ( Savoie }. 

Serand Eloi, à Annecy. 

Simon Joseph, grefBer de la justice de paix du Riot (Haute-Savoie). 

Trenca Joseph, maître de chapelle à Chambéry. 

Vallet Jean, sculpteur à Chambéry. 
Vanni Rernard, architecte à Padoue. 



Sociétés correspondantes. 

AgeH Société centrale d'agricultuie , sciences et 

arts. 

Amiens Société des antiquaires de Picardie. 

Annecy Association llorimontane. 

Anvers Académie de Relgique. 

Aoste Société académique. 

Auxerrc Société des sciences historiques et natu- 
relles de l'Yonne. 

Beauvais Société académique du département de 

l'Oisv.. 
Bordeaux Commission des monuments et documents 

historiques de la Gironde. 



XXXVIII 

Bruxelles Acadoinie royale. 

— Aoadiimie des sciences. 

Caen Société française d'arcliéologie. 

Cagliari Societk arclieologica sarda. 

Castres Société littéraire et scientitique du Tarn. 

Chdlons-sur-Saône ... Société d'iiistoire et d'archéologie. 

Chambéry Académie de Savoie. 

— Chambre d'agriculture et de commerce. 

— Société centrale d'agriculture. 

— Société d'histoire naturelle. 

— Société médicale. 
Châteaudun Société dunoise. 

Colmar Société d histoire naturelle. 

Constantine Société archéologique. 

Dijon Académie des sciences^ arts et belles- 
lettres. 

— Commission des antiquités du département 

de la Côte-d'Or. 

Douai Société d'agriculture, sciences et arts. 

Dimkerque Société dunkerquoise pour l'encourage- 
ment des sciences et arts. 

Genrve Société d'histoire et d'archéologie. 

— Institut national genevois. 

Gènes Società ligure di storia patria. 

Gratz ( StyricJ Comité historique. 

Grenoble Académie delphinale. 

— • Société de statistique du département de 

l'Isère. 
I[dvre (le) Société hâ vrai se d'études diverses. 

Lausanne Soci Jté d'histoire de la Suisse romande. 

Limoges Société archéologique du Limousin. 

Lyon Société littéraire. 

Marseille Société de statistique. 

Mayenne Société d'archéologie de la Mayenne. 

Mclun Société d'archéologie , sciences et arts de 

Seine-et-!Warne. 
Montbcliard Société d'émulation. 



XXXIX 

Moulins Société d'émulation de l'Allier. 

Moûtiers Académie de la Val-d'Isère. 

Nancy Société d'archéologie. 

Nîmes Académie du Gard. 

Orléans Société archéologique de l'Orléanais. 

Paris Société des antiquaires de France. 

— Société parisienne d'histoire et d'archéo- 

logie. 

Rouen Commission des antiquités de la Seine- 
Inférieure. 

St-Jean-dr-Mauricnne . Société d'histoire et d'archéologie. 

Saint-Omer Société des antiquaires de la Morinie. 

Soissons Société archéologique, historique et scien- 
tifique. 

Toulon Société des sciences, lettres et arts du dé- 
partement du Var. 

Troyns Société d'agriculture, sciences et arts du 

département de l'Aube. 

Turin Regia deputazione sovra gli studj di storia 

patria. 

Vannes Société polymatique du Morbihan. 

Vienne f Autriche J . . . . Société impériale et royale de géographie. 

Zurich Société des antiquaires. 



-^■'VlArJVAAA/^ 



MÉLANGES 



NOTES 

POUR SERVIR A l'iTISTOIRE 



DES 



COMPAGNIES DE TIR EN SAVOIE 



EDITEES PAR 



AUGUSTE DUFOUR 
ET FRANÇOIS RABUT 



NOTES 

POUR SERVIR A l'IIISTOIRE 

DES COMPAGNIES DE TIR 

EN SAVOIE 



Les compagnies de tir à l'arc, à l'arbalète et 
à l'arquebuse en Savoie ont plusieurs fois pro- 
voqué les recherches des amateurs. Les Mé- 
moires de la Société savoisienne d'histoire et 
d'archéologie contiennent déjà un travail d'une 
certaine étendue, rédigé par M. A. Perrin, et 
inséré dans les tomes VllI, IX et X, pendant 
le cours des années 1864,1865 et 1866 (1). On 
y trouve le résumé de ce qui a été publié pré- 
cédemment, et beaucoup d(; faits inédits. 

Dès lors, nous avons puisé quelques rensei- 
gnements nouveaux dajis les archives de la 
chambre des comptes et dans les archives du 
royaume à Turin ; et pour la chambre des comp- 
tes, principalement dans les séries suivantes : 

(1) Les Moines de la basoche, les Abbayes de la jeunesse, le Tir 
du papegay et les Compagnies de l'arc, de l'urbaUlc, etc.... Tome 
VIlI, page 43 ; tome IX, page 1 ; tome X, page 241. 



6 

Arrêtz originaux, Patentes de Savoie, Comptes 
des trésoriers généraux , Corresp(jiidance et 
Pareri di congresso. 

Nous les offrons aujourd'lmi à nos collabora- 
teurs à l'usage des futurs travailleurs. Noussui- 
vrons d'abord l'ordre géographique, et, comme 
ces notes se rapportent aux compagnies des 
villes de Chambéri , d' Anneci , de Moûtiers , de 
Tlionon, d'Evian, de Montmélian et d'Allinges, 
nous aurons une première division en sept 
parties , correspondant à l'une de ces sept lo- 
calités. Dans chacune d'elles nous grouperons, 
au besoin, les renseignements, suivant l'ordre 
le plus commode pour les recherches. 



CHAMBERI 

H- 

Précis des litres et privilèges des compagnies de tir 

de la ville de Chambéri el de quelques élections 

des chefs. 

I. — ICii 1509, les tireurs de l'arc, de l'ar- 
balète et <!(' l'arquebuse dt; Chambéri se sont 
adressés au duc Charlcs-le-l^ou , p(»ur obtenir 
de lui des privilèges, et le [)rince , par lettres 
patentes du 4 septembre, leur accorde les cha- 



7 
pitres par eux demandés. Les lettres patentes, 
dont nous fixons la date, incertaine jusqu'à ce 
jour, au 4 septembre, ont déjà été publiées (1). 
Elles sont accompagnées d'un placet et des ar- 
ticles dont les tireurs avaient demandé l'octroi, 
articles que nous publions d'après le registre des 
Pareri di comiresso de la chambre des comp- 
tes (2). On sait déjà qu'elles n'ont été enregis- 
trées par le conseil du prince que le 18 avril 
1510, et par la chambre des comptes que le 17 
juin suivant. 

i» De pouvoir s'assembler sans la présence, ou appe- 
ler avec eux aucun des officiers à voix de crois {sic) 
ou à son de trompette ou tambour pour tirer aux dits 
jeux, et à cliacun d'iceux, en élire, et prendre jour et 
places propres pour tirer au papegay ou autrement. 

2" Item que quiconque des dessus dits de quelque 
état et condition qu'il soit, qui, au temps et lieu à ce 
députés, abbattra le papegay de chacun des dits trois 
jeux, soit appelé et tenu pour Roy duditjeu pour toute 
celle année entière prochainement en suivant, et que 
chacun Roy des dits ti'ois jeux soit pour celle année 
franc, exempt et quitte en tous vos pays, de tous dons, 
tailles, péages, gabelles, guets, echarguels, communs 

de ville, etc et pareillement soient exempts de 

payer l'émolument du scel et écritures de toutes lettres 
actes, procès et autres écritures que les dits Roys feront 
faire durant leur Royaume en quelque cour par devant 



(1) Op. cit., tome X, page 292. 

(2) Vol. VII. 



8 

quelque officier que ce soit, et s'il advient que l'un 
des susdits en une môme année al>baltit les deux ou 
trois papegays des dits jeux, qu'il soit exempt comme 
dessus pour autant d'années prochaines et continuelles 
qu'il aura abbattu de papegay. 

3" Que le conseil résident à Cbanibéry et le juge 
donne testimoniales de ce qu'ils sont Kois pour avoir 
la jouissance des privilèges. 

4" Que les sindics et conseil de la ville donne à cha- 
cun des dits trois rois et leur suite un prix franc. 

5° Que pendant l'assemblée du jeu, en allant ou 
revenant, pour dette ou cause civile, ni autre petite 
diffei'ence ou débat, aucun d'eux ne puisse être pi'is 
ni emprisonné pourvuque le cas ne mérite peine de 
sang et que le Roy, ou le lieutenant en son absence, 
appellant avec lui des plus gens de bien de la Compa- 
gnie puisse appointer, seder ctappaiser tels débatz. 

6" Que les instrumens appartenans au jeu ne puis- 
sent être saisis. 

7" Autorisé aux Rois de pouvoir faire par le Conseil 
de leurs gens constitutions des chapitres convenables 
au jeu, et imposer de petites peines pour les faire ob- 
server, contraindre les contrevenants au payement, 
que l'argent de la boette ou l'on mettra les amendes 
soit emploie au service divin et prières pour les sou- 
verains. 

II. — 1510, 10 miii. Acte de couvocalioii de 
64 tireurs, où il est dit (pn; leui- compagnie 
excède le iionil)re de 100. Oii voit (|n'il y av;ut 
des nobles, des marchands d'épiciers (sic) et 
autres de loiiles (jualités. Us oui [)ublié avec des 



9 

fêtes d'allégresse leurs privilèges, et il y est dit 
qu'ils avaient dressé 23 articles (1). 

111. — 1510, '2 juin. Délibération de la ville de 
Cliambéri, par laquelle tous, unanimement, à 
l'exception de l'opposant Ginet Rogniatti, ont 
délibéré que les privilèges et franchises devront 
être observées 

uti laiulabilcs, hoiiorilicas et admocium pi'oficturas nec- 
noii regibus et consociis suis preiliclis, verum eliam 
loli reipuhUcœ hujus insigiiis oppidi Ghamberiaci , 
quod imperium et caput est lolius palriœ muUis ex 
causispreserlim sequcnlibus quippe cum hoc lempore 
et elate iioslra fortia Galloruai arma Italis semper ter- 
rifica Pailhenopeos Insubres Ligures ac Venetos {H) 
juslo Marie lolque secundis prcdiis vicei'inl et doinue- 
rint sepe numéro conligerit, frequenliusque contingat 
ingentes arraorum turbas, tam equilumquampedilum 
ex Galliis in Italiara, el e conlra per ipsum bunc lo- 
cum, tam euudo quaui redeundo transilum facere 
prout jam malo noslro ultra salis fuimus experti (3), et 
prelei-ea innumerabiles exteriorum lurbe sindonem 
sanctam (i) salulifere passionis crisli veram, vivaeem- 
que memoriam oculis et cordibus lideUuiu singulari- 
ter imprimentem Dci nulu et munere IHuslriss'" P. 
Sabaudie Ducum boc in loco Gamberiaci reposilam 

(1) L'ouvrage cité, tome IX, page 29, signale la réunion qui avait 
eu lieu le lendemain 11 juin, sous les tilleuls du Verney. 
[2] Napolitains, Milanais, Génois et Vénitiuns. 

(3) C'était l'époque des guerres de Louis XII en Italie, 

(4) Le saint suaire. 



iO 

crisliano rilii veneralurc quoi annis h\n) affluanl, qui- 
bus de rébus, el causis quanlum maximum fieii pote- 
rit sagillariorum numerum eidem huic loco pcr neces- 
sarium fore pcrspicuum est, quo mediante lumultuose 
seditiones et rixe in illis lam incomposilis armatorum 
et populoruni luibis non unquam emersure faciUus 
componanlur scandalis quibusvis occurralur, ac si 
quando illoram, aut boslium conatus, viresque forti 
animo propulsenlur. I[)si igilur consiliarii et Burgen- 
ses prcfati opère pretium se facluros arbitiali sunt, si 
bac pro facili el spoiitanea bujusmodi privilegiorum 
observatione, el cum pretiorum l'rancorum largilione 
frequeulem el egregiam liujus oppidi juvenlulem ad 
boneslum sagiltandi studium, et conlinuura exercilium 
sedulo alliciani et impettant, itaque ut Reges prefati 
ac eorum commiblones vei'am ipsorum privilegiorum 
fruitionem et effectum reabter exequanlur prebbali 
domini sindici de quorum supra consensu et expressa 
volunlale pro se suisque in diclo sindicatu successori- 
bus nominc communitatis predictc jam dicta pielia 
franca constiiuerunt, deciai'averunt el laxaverunl, con- 
slituunlque déclarant et taxant per présentes sallem 
pro nunc consideratis oneribus mulU jugis per eam- 
dem communilateni lis temporibus sustentis el adbuc 
suslinendis, videUcet ad trigenla llorenos annuales eis- 
dem Uegibus seu comilivis prediclis in principio men- 
sis maii above tempore per ipsos reges capiendos, de 
et super quibusvis dicte communitatis proventibus per 
sindicos, qui pro tempore fuerint mediante quillaucia 
o|)portuna annuatim persolvendos ad ralionem llore- 
norum decem pro quobbel Rege et quobbel anno. Ex 
nunc jubentes et ordinantes ipsi sindici consiliarii et 
Burgenses prefati ipsos trigenla llorenos sic ulpremil- 



11 

tUurpersolvendos in coinputis illos exbursaiilis iiitraii 
sine diflicultale (luacumqiio sperantes nihilomiiius et 
intendeiitcs iidem sindici et consiliarii, si quando red- 
ditus et bona ipsius commnnitalis ad uberiorcs siic- 
cessus provehanlur. aiit onera eidem nunc occurentia 
dimiiiuanlur ipsa preLia franca pro reriiin ville pre- 
dicle exubei'antia Regibus prediclis augmenlare, vo- 
lentcs etiam et ordinantes proclamala jiissiones iiihi- 
biliones et precepta aliosque actus publicos eisdem 
Regibus et comilivis pro forma suorum Imjiismodi 
privilegiorum quomodoUbet necessarios quotiens et 
proiit ipsi reges petierint, aul jiisserint per preconem, 
lubicines et alios servitores publlcos et stipeiuliatos 
ville predicle Cliamberiaci piTsenles et fiituros gratis, 
sine(|ue costu {sic) prompte fieri debere, ac celeriter 
expediri. {Ibidem.) 

ly. — 1510, 8 juin. Décret du juge-mage de 
Savoye, sur requête des rois des archers, por- 
tant ordre aux sindics de la ville de paier les 
30 tlorins pour les prix francs. (Ibidem.) 

Y. — 1510, 8 juin. Patentes du duc Charles, 
par lesquelles il a ordonné l'exécution du décret 
expédié par le juge maje et énoncé ci-devant. 
(Ibidem.) 

VI. — 1511, 5 juillet. Lettres du conseil ducal 
poi'tant contrainte de la ville de Charnbéri, pour 
le payement des susdits 30 llorins. (Ibidem.) 

VIL 1511,12 juin. Patentes du duc Charles, 



12 

sur requête des arbalétiers , dans laquelle est 
énoncé le différend survenu entre deux préten- 
dant être rois, et que l'un d'iceux avoit obtenu 
lettres ducales par les(|uelles la connoissance de 
la cause étoit commise au conseil résident; et 
comme cette commission étoit contre la forme 
des privilèges, ils supplièrent en observation 
d'iceux être commis au roi passé d'évoquer les 
plus apparents du jeu et ensemble les rois des 
archers et coleuvriniers pour sommairement en 
connoitre à forme des privilèges , dérogeant à 
la commission faite au conseil résident. Les pa- 
tentes sont conçues comme il s'ensuit : 

Dilecto viro Petro Anleriui régi ballisle ville nostre 
Cambcriaci anni nuper decursi salulem. Visa suppli- 
calione iis annexa, informati de privilegio iiiibi alle- 
galo noleules siipplicatorum maleriam per litigionum 
amphractas dediici, aliis bonis moli respeclibus in dic- 
toium privilegiorum observanliani vobis per bas com- 
miuimiis et mandamus, qualenus bujusmodi suppli- 
calorum maleriam cum suis dependenliis universis 
vocalis eL vobiscum assistentibus ex notabilibus et 
apparenlioribus balisleriis et cum eis consiUo partici- 
pa lo sinnmario décida lis et ordinetis consibis nobiscum 
et Camberiaci residenlibus, hoc ideo danles in manda- 
lis ut de bujusmodi malei-ia se nullalenus impedianl, 

verum penitus desislanlliteris & non obslanlibus 

cV" (Ibidem.) 

VIII.— 1541, 20 septembre. Patentes du roi 
François 1''', portant conilrmation générale aux 



13 

scindics , manans et habitans de Chambéri de 
leurs franchises et privilèges. (Ibidem.) 

IX. — 1547, mois de février. Autres patentes 
du roi Henri II, portant cette générale conlir- 
mation en faveur des manants et habitants de 
Chambéri. (Ibidem.) 

X. — 1550, 10 octobre. Patentes de Henri H, 
roi de France (1), dans lesquelles sont énoncés 

(1) Datées de Rouen. Voici le texte complet de ces lettres pa- 
tentes : 

< Henry par la grâce de Dieu Roy de France a noz amez et 
feaulx les gens tenans nostre court de parlement en Savoye et 
séant a Chambery, salut comme par privilleige donne aux manans 
et habitans des villes et fauixbpurgs de Chambery par Charles 
duc de Savoie en l'an mil cinq cens et neuf le quatriesme jour de 
février confirme par feu de bonne mémoire nostre très cher sei- 
gneur et père le Roy dernier decede le vingt septiesme de sep- 
tembre l'an mil cinq cens quarante ung et depuis par noz lettres 
de confirmation de l'an mil cinq cens quarante sept au mois de 
février leues publiées et enregistrées en nostre court de parlement 
de Savoye séant au dict lieu de Chambery des le cinquiesme jour 
de may l'an mil cinq cens quarante huict Guy sur ce nostre procu- 
reur soit entre aultres choses expressément dict que celluy des 
dictz habitans qui aura abbatu le papegay de chacun des trois jeux 
de l'arc de l'arbaleete ou de la harquebuze sera pour l'année qu'il 
aura abbatlu le dict papegay exempté de tous dons subsides tailles 
péages gabelles et aultres charges y conleiiues de laquelle exemp- 
tion liberté et franchise ont les dictz manans et habitans toujours 
joy et use plainement et paisiblement sans aucune contradiction 
et encores par arrest du dix huicfiesmc de juillet mil cinq cens 
quarante neuf ung nommé Jehan Bouvier Roy du jeu de l'arba- 
leste pour la dicte année a esté maintenu par le consentement de 
nostre dict procureur en la jouyssance du dict privilleige pouien 



14 

tous les précédents privilèges et l'arrêt du 5 mai 
4548, par lequel, ouï le procureur patrimonial, 

joyr selon la forme et teneur dicelluy ce neantmoins au mois de 
février ensuivant a la poursuite et instigation dung nommé Ber- 
nard Françoys Gavar est intervenu autre arrest de notre d' court 
par lequel a esté ordonné que le dit Bouvyer soy prétendant 
exempt joiroit de la dicte exemption de péage et gabelle pour son 
usaige et de sa famille tant seulement en tant que touche la négo- 
ciation et faict de marchandise il paieroit les droictz de péage et 
gabelle comme les aultres marchands et ce touteffoy par manière 
de provision jnsques à ce que autrement en feust ordonné ce que 
les sindicz manans et habitans nous ont faict remonstrer nous sup- 
pliant humblement ne vouiloir permettre leur estre faicte aucune 
limitation ou restriction de leur dict privillege et sur ce leur oc- 
troyer nos lettres de déclaration. Pour ce est-il que nous voullans 
favorablement traicter nos subjectz et leur augmenter plus tost leur 
privilleiges libertez et franchises que les diminuer Avons de noz 
certaine science plaine puissance etauctorite loyal declaire au cas 
dessusdict que noz vouiloir et intencion sont (|ue les diclz manans 
el habitans jouyssent de leur dict privilleige tout ainsi et en la 
forme quilz en ont jouy et usé par cy devant pourveu toutelluy que 
les privillegiez soubz lorabre de la dicte exemption ne facent plus 
grand tralïic de marchandise qu'ilz faisoient auparavant l'année 
quilz auront abbaltu le papegay de chascun des jeux de l'arc arba- 
leste et harquebuse ou que autrement ilz nabusent du dict privil- 
leige. Sy voulions et vous mandons que de noz presens vouiloir et 
déclaration vous faictes soulîrez laissez joyr les diclz suppliant 
plainement et paisiblement sans leur faire mettre ou donner ne 
soulîrir estre faict mis ou donne aucun cmpeschement au con- 
traire nonobstant le dict arrest provisionnel et quelconques ordon- 
nances mandement ou défenccs à ce conlraiie. Car tel est nostre 
plaisir. 

« Données à Rouen le dixiesmc jour d'octobre l'an de grâce mil 
cinq cens cinquante cl de nostre règne le (|uatriesnio. 

« Parle Uny le duc de Guyse lieulenant gênerai et gouverneur 
en Daulphinc et Savoye pre.senl contresigne Bochatel. » (Le sceau 
manque). (Arch. de la ville d(; Chambéri, lettre C, tiroir de l'an- 
cien inventaire.) 



15 

il a été expressément dit que celui des habitants 
qui aurait abattu le papegay de chacun des trois 
jeux de l'arc, de l'arbaleste et de l'arquebuse, se- 
rait pour l'année exempt de tous dons, subsides 
et tailles, péages, gabelles et autres charges ; 
où il est encore dit qu'ils étaient en possession 
de cette franchise; que, par arrêt du -18 juillet 
1549;, le roi de l'arbaleste a été maintenu en la 
jouissance du privilège par le consentement du 
procureur du roi; qu'au mois de février suivant 
est intervenu autre arrêt de la cour, par lequel 
il a été ordonné que le roi exempt jouirait de 
l'exemption des péages et gabelles pour son 
usage et celui de sa famille seulement ; mais 
que , pour ce qui touche le commerce ou les 
marchandises, il paierait les droits de péages et 
gabelles comme tous les autres marchands, et 
ce toutefois par manière de provision, ce que les 
sindics, manans et habitants ont fait remontrer. 
S. M., voulant augmenter plutôt leurs privilè- 
ges, libertés et franchises que les diminuer, a 
déclaré sou vouloir et intention être que les 
manants et habitants jouissent de leurs dits pri- 
vilèges tout ainsi et en la forme qu'ils en ont 
joui et usé par ci-devant, pourvu que les privi- 
légiés, sous l'ombre de la dite exemption, ne 
fassent plus le grand tratic de marchandise qu'ils 
faisaient auparavant l'année qu'ils auraient abattu 
le papegai de chacun des dits jeux de l'arc, de 
Tarbaleste et arquebuse, et qu'autrenuînt ils n'a- 



16 

busent du dit privilège, et ce nonobstant ledit 
arrêt provisionnel. (Ibidem.) 

XL — 1557 , 10 aoust. Certificat des sindics 
de Chamberi attestant le droit des rois de jouir 
des exemptions y contenues. ( Ibidem.) 

XII. — 1562, 16 juin. Lettres du duc Emma- 
nuel-Philibert, contenant Tordre de laisser jouir 
le roi de l'arbaleste, qui étoit l'hoste de la tour 
percée , de tous les privilèges y détaillés , à la 
charge qu'ils en rapporteront confirmation dans 
six mois. (Ibidem. ) 

XIII. — 1502, 18 juillet. Décret du comte 
Challant, gouverneur, sur requête des trois rois 
des trois tirages pour que, suivant leurs privilè- 
ges , possession et jouissance, lors([u'il se fait 
quelque assemblée générale ou montre en la 
ville, soit pour fentrée ou la venue des ])ri li- 
ées , leurs iieutenans , commis ou députés , ou 
autre assemblée comme celle commandée pour 
le 19 par le gouverneur, les rois des trois tira- 
ges doivent marcher ensemble au ])remier rcmy 
de la présente ville, et, en leur absence, leurs 
connestables desdits tirages ([ui ont semblable- 
ment puissance comme lesdits rois. (Au milieu 
des paroles soulignées, il y a trois mots eiracès. ) 

Le gouverneur , par son décret , attendu la 
possession et jouissance des privilèges susmeii- 



17 

tionnés, dont il a été suffisamment certain, a 
accordé aux suppliants de marcher au rang et 
en la façon qu'ils requièrent. (Ibidem.) 

XIV. — 1570, 9 décembre. Patentes du duc 
Emmanuel-Philibert, voulant donner moïen que 
les trois jeux de trait d'arquebuse, arc et arba- 
leste institués et accoutumés soient continués et 
entretenus afin d'instruire et habituer les jeu- 
nes gens à tous honnêtes exercices et récréa- 
tions ; sur supplication tant des sindics et bour- 
geois de Chamberi que des rois des susdits jeux, 
au lieu de l'exemption requise par la requête, a 
accordé sur la trésorerie un prix de 40 écus de 
3 livres pièce pour l'exercice, entretient et con- 
tinuation des dits tirages, paiables le premier 
jour d'avril aux mains des sindics annuels, pour 
être emploies à l'achat des armes v mention- 
nées pour chacun des rois. ( Ibidem.) 

XV. — 1571, dernier août. Mandat pour les 
tireurs des trois tirages de la ville de Chamberi. 

A noz seigneurs des comptes , 

Supplient luinil)lement les tireurs aux trois tiraiges 
de la présente ville de Cliambery quil vous plaise leur 
ordonner quelqiuî somme des deniers adiugez a la 
réparation de la Cliappellepour sayder et supporter les 
fraiz (|ue leur cunuient fere pour la venue de ceux 
dAnnessy qui viennent en ceste ville prendre leur re- 
uenche du tiraige qui fust a Aix. Et a linslar du sénat 

9 



48 

que leur en a aussi ordonne ainsi quil appert par la 
requête y joincte Et ces suppliantz auront touiours 
meilleur occasion a vous fere très humble service Et 
prieront dieu pour vos sautez et prosperitez. 

Signé: De la Rose. 

La chambre aiant veu la requeste susd" ensemble 
aultre requeste présentée par Icsdictz supplians au sé- 
nat, et ordonnance sur jcelle a ordonne et mande a 
M° Humbert de Vdle emolumenteur céans dehurer aus 
diclz supplians des deniers adjugez a la réparation de 
la chappelie la somme de vingt liures ducales pour 
estre emploiez suiuant les fins de lad^ requeste Et rap- 
portant exlraict de la présente ordonnance auec testi- 
fication du payement dicelle somme de vingt liures elle 
luy sera entrée et alloee en la despence de ses comptes 
sans difficulté. Faict a Chambery au bureau des comp- 
tes le dernier aoust mil cinq cens septante vn. 

Signé :MiCEiiVD, Vautier, Delalee, 
De Ramus. 

{Mandats de la chambre des comptes, vol. II, page 

127.) 

XVI. — 1613, 29 novembre. Jiission sur la 
difficulté faite par la chambre que, suivant les 
privilèges, l'exemption n'est que pour les ans 
((ue le papegay a été al)battu par le roi; S. A. 
ordonne l'entérinement et veut que les sindics 
soient déchargés de sa cotte de taille par le tré- 
sorier et le trésorier par la chambre. — 1614, 
10 octobre, autre jussion. — 1614, 5 décembre, 
arrêt limitatif. ( Pareri di congresso , vol. VU.) 



19 
XVII. — 4630, dernier janvier. Patentes du 
prince de Piémont, approuvant les articles dres- 
sés par les arquebusiers de Ghambéry le 4er 
mai 1628(1). 

Le prince de Piémont voulant faire cognoislre a noz 
1res chers bien ainez et féaux les arquebusiers de nos- 
tre ville de Chambery, combien nous auons agréables 
les articles par eux dressés le premier de may 1628 
et le compartement faict des cent ducattons donnés 
annuellement par S. A. nostre très honoré seig'' et 
père au roy des arquebusiers de lad*^ ville, Scauoir que 
celui qui sera roy se retiendra seulement 40 ducattons 
de lad° somme de 100 et les 60 reslans seront em- 
ployés a dix prix francs qui se tireront durant Tannée 
à forme desdits articles. Par ces présentes en appreu- 
uant et confirmant lesd'« articles nous declairons vou- 
lons et nous plaict qu'en sorte leur plein et entier effect 
des la datte d'yceux et que lesd^^ dix prix francs se 
tirent annuellement moys par moys et a chaque pre- 
mier dimanche. Et c'est desd'* 60 duc* sans qu'ils 
puissent estre appliques a autre chose qu'auxd'^ dix 
prix francs d'autant que par cet exercice ordinaire 
lesd's arquebusiers se rendront plus asseurés et cap- 
pables de nousscrnir aux occasions qui se présente- 
ront, et affin que la présente déclaration soit jnuio- 
iablement et perpétuellement observé par notre d" ville 
de Chambery et arquebusiers d'icelle. iNous mandons 
et commandons a noz très chers bien âmes et féaux 
conseillers les gens tenans nostre chambre des comp- 

(1) La guerre de 1629 explique cet intervalle. 



20 

tes en Sauoye de veriffier et jntheriner ces d^^ patentes 
et registrer lesd'» articles. Car telle est la volonté de 
S. A. et la notre. Donne à Chambery le dernier de jan- 
vier 1630. 

Signé : V. Amédée, V^» H. Milliet. — 
Contresigné : Claret, et scellé en placard. 

Articles dressés par les arquebusiers de Gliam- 
béri, le 1"" mai 1628. 

Au nom de dieu et de la glorieuse vierge marie et 
saincl/ de paradis nommément de sainct Sebastien 
patron et protecteur de ceux qui louablement s'exer- 
cent au jeu de larquebuze et autres honorables exerci- 
ces des armes. Comme ainsi soit que Monseigneur 
Charles-Emmanuel nostre serenissime Prince aye tou- 
jours heu en singulière recommandation lexercice de 
la vertu en tous les pays de sa domination et principa- 
lement celui de l'arquebouse, lequel jl auroit en sultte 
des sereniss^s Princes ses prédécesseurs de très glo- 
rieuse mémoire décoré et jllustré d'une infinité de 
beaux et sureminens privilèges franchises et jmmuni- 
tés, comme encores de dons et libérales concessions 
pour toujours de plus en plus jnciter et encourager ses 
sujetz et honorablement entretenir led' exercice s'en 
rendre cappables et exceller en jcelluy. Ayant mesmes 
par ses patentes du 8^ aoust 1G2G deucment verifdées 
en chambre le 17'^ novembiT suyvant voulu faire jia- 
roistre vn rayon de sa libérallc mugnilicence enuers 
lesroys de l'arquebuse de la présente ville de Cham- 
bery tant presens que futurs par la concession de 
cenldncatlons annuels qu'il vent jrrefragablement leur 
estre payé et par eux employés vtilement à l'entretien 



21 
de leur royauté et par conséquent de leur tirage, ce 
qu'ayant este mis en délibération par le roy de la pré- 
sente année auec l'aduis de son conseil généralement 
pour ce faire assemblés auroit disposé et ordonné 
sur Femploy desdicts cent ducattons annuels ainsy et 
comme par le règlement cy après est contenu. Lequel 
d'un commun consentement de tous les arquebusiers 
fréquentant a présent le tirage et autres bourgeois et 
enfans de ville pour ce fait généralement assemblés au 
son de la cloche dans la salle de la maison de vUle 
sera désormais observé jnuyolablement entretenu et 



gardé. 



Premièrement que desd'* cent ducattons led^ sire roy 
s'en retiendra annuellement quarante pour les em- 
ploier tant à la collation quil est accoustumé de faire 
le jour de son couronnement à ses mignons et autres 
gens de sa suite et faire le surplus des incombences 
accoustumés. Et bien que l'honneur joinct au plaisir 
que prennent ceux qui sont naturellement enclins à 
si honorable exercice soit plus que suffisant pour les 
y attirer neantmoins pour animer ceux qui y ont 
moins de natifve propension a esté jugé expédient d'y 
ioindre encore le profflct aux fins qunissant Ihonneui- 
le plaisir et le proffit les plus incensibles soient excités 
etjncités a telle vertu. 

Et à ces fins a esté dict et arresté qu'annuellement 
se feront douze prix francs lesquels se tireront infailli- 
blement chesque premier dimenche du moys sans au- 
cune autre cérémonie que la simple affiction du billiet 
qui pour ce sera faict elremys entre les mains du mar- 
queur, auquel est enjoinct de le remettre et affiger au 
lieu accoutumé, et ceux de tous autres prix suyuant 



22 

l'aduertisseraent qui luy en sera faict par le marqueur 
chesque diraenche et autre feste de commandement a 
peyne de priuation de sa charge. 

Le premier des dicfz prix francs sera celuy de la 
ville lequel se tirera a laccoustumé le premier dimen- 
che après l'abbattement de l'oyseau aux cérémonies 
duquel l'on ne déroge rien. 

Le second celuy du roy. 

Les autres dix sequtiuement de mois en mois à la 
forme sus arrêtée et est de la valleurde six ducattons 
pour chescun. Lesquels dix prix francs se feront des 
60 ducattons qui restent des cent sus specifliés et don- 
nés par S. A. S. comme dict est lesquelz seront pour 
ce faict annuellement retirés par le trésorier du tirage 
estably ou à establir, lequel sera chargé de les repré- 
senter chesque premier dimenche du moys sans y co- 
mettre abbus à peyne de privation de sa charge. 

A esté de mesme arresté quexcepté celuy de la ville 
comme dict est les autres onze se tireront chescun dans 
un jour, à commencer des midj jusques au soleil cou- 
chant, passé laquelle heure le tirage sera clos et per- 
sonne sera plus admise à s'enroller. 

Sera permis à un chescun de s'enroller pour tirer 
esditz prix francs comme est accoustumé en celuy du 
roy. De chesque tireur enrollé sexigera sans exception 
pour la messe (1) accoustumée, laquelle se mettra im- 
médiatement dans la boite du tirage en escriuant son 
nom et auantque tirer. 

Et parce que le prix franc du roy n'arrive à la som- 
me de six ducattons sus speciffiés a esté arrêté que le 

(1) Pour mise; de l'italien mcssa. 



23 

surplus se prendra de l'argent de la boelte pour faire 
le complément d'jceluy. 

La boitte du tirage sera le lendemain de chaque prix 
franc premièrement ouverte en présence du roy ou du 
conestable, et l'argent compté sera remys au trésorier 
et à l'instant la somme controllée par le controUeur du 
tirage auquel est enjoinct d'en tenir liure pour y avoir 
recours quand besoing sera et n'en pourra estre dé- 
placé aucune chose sans mandat deuement signé scellé 
et controllé. 

Le roy establira auec son conseil annuellement ses 
officiers auxquels seront expédiées prouisions conue- 
nables par le secrétaire du tirage deument signées scel- 
lées et controllées en prestant le serment en tel cas 
requis. 

Est neantmoins arresté que le chancelier trésorier 
procureur secrétaire et marqueur une fois establis ne 
se changeront annuellement ains seront continués pen- 
dant quds exerceront fidèlement leurs charges auquels 
est enjoinct dy vacquer et se treuuer à cet effect tous 
les jours du tirage aux heures accoustumées à peyne 
de priuations de leurs charges. 

Et en cas de legittime excuse establirons personnes 
cappables en leurs places desquel z ilz demeureront 
responsables et lesquelz ils nommeront des le matin 
au m. 

Mais dautant que la raison veult que la peyne soit 
suiuie de sa recompense a esté arresté que le Roy et 
sesd's officiers lorsquilz vacqueront a lexercice de leurs 
charges seront exempts de payer la messe (1) desd'^ 

(1) Messe, tuife. 



24 

prix francs, et ce pour tous salaires quils pourroient 
espérer moyennant quoy leur est enjoinct dy soigneu- 
sement vacquer à peyne que dessus. 

Sera faict vn seau des armes du tirage et remys au 
chancelier pour sceller les provisions et mandalz du 
Roy et autres expéditions requises. 

Les ordonnances du Roy et autres papiers procédu- 
res et formalités que par luy se feront au tirage et 
iceluy concernant, seront enregistrés par le greflier 
son secrétaire dud' tirage, comme aussy tous les prix 
moyenant le salaire accoustumé de demye mise et les 
registrations annuellement, et au changement de ches- 
que Roy remys au procureur dud^ tirage pour les 
mettre et garder ez archives. 

La boitte auec le liure du Règlement et Statulz dud^ 
tirage sera gardée par le secretayre d'iceluy homme 
afiidé qui en sera responsable, et auquel est enjoinct 
de la porter chasque fois qu'il se tirera. 

Et finalement le présent Règlement sera obserué 
inuiolablement et à ces fins leu et publié en generalle 
assemblée du Roy et sesd^^ tireurs aud' tirage après le 
son du tambour affin que personne n'en prétende 
cause d'ignorance. Puis inséré et enregistré par le se- 
crétaire dud' tirage dans le liure des statut/, suyuant 
les réquisitions du procureur d'iceluy pour y avoir 
recours en temps et lieu. Faict leu et publié a Cham- 
bery ce premier de may 1628 signé Reydellet Roy. 
Bernardin Roux connestable. Baptazard Pic Empereur. 
Champagne Empereur. Thomassin. Bonaud. A. Mey- 
nier. Thouex. Bonjean appreuuant. Rybet adére aux 
susdicts articles. Bonaud. De Balmelis. Gueydioz. 
Mugnier. Legier. Baltaglin. Ginet. Regnaud. Tharin. 



25 

Tallabard. Seaerat. Labreuil. Fouit. Marlin. Galey. 
Peissard. Piffady. Mojon. Breuille. Benoict. Pain et 
Vin. Benoict apprenne. Berthier. Berut aderant. Jean 
Batt° Vyollon. Michaud. Planche. Gnilloraat. Pasquier. 
Devilla. Piccolet. Mactret. Perrod. Viollon. Villat. Viol- 
Ion. Blardet-Biset et François Fonteynne. (Chambre des 
comptes, Patentes de Savoie, vol. 3, page 15.) 

XVIII. — 1632, 10 octobre. Ordre de S. A. 
Yictor-Amé pour le roy des arquebusiers de 
la présente ville. 

Le Duc de Savoie A notre très cher bien amé féal 
conseiller et trézorier gênerai de la les monts N. Lois 
Roglia présent et autres aduenir salut. Voulant tes- 
moigner a noz bien amez et féaux les Arquebusiers de 
notre ville de Chambery combien nous auons agréable 
l'honorable exercice qu'ils praticquent du tirage de 
larquebuze, et leur accroistre le courage de continuer 
en icelluy aftin qu'aux occasions de notre seruice ilz 
soient adroicts aux armes comme ils se sont tousiours 
monstres jusques à présent estant bien informés de 
l'accroissement faict par S. A, de glorieuse mémoire 
nostre très honoré seigneur et père jusques à cent dn- 
cattons de vingt blancs pièce annuellement au Roy des 
Arquebusiers comme par ordre du 8 aoust iG2G et 
autre par nous signé à Chambery le dernier janviei' 
1630 lesquels conlirmant d abondant par ces présentes 
nous vous mandons et commandons de continuer le 
payement desd's cent ducattons annuellement à celuy 
qui sera Roy des Arquebusiers pour estre emploies 
conformément aux ordres susditz Mandant à ces fins à 
notre Chambre des comptes dainsy obseruer et faire 



26 

obseruer nonobstant tous ordres et autres choses au 
contraire ou que telle partie se Ireuuant omise sur ce 
bilanz. Car tel est notre voulloir. Donné à Turin ce 
10« octobre 1632. 

Signé V. Amctlée. V. Piscina. Costa. Mortolinet. 
B. Garneyrin. 

Entériné le 21 novembre. 

L'original dud' ordre a esté par moy remys au s'" de 
la Peysse premier syndic de ville pour le remettre aux 
archives de la ville ensemble l'arrêt de veriflication. 
{Ibidem, vol. 34, page 278.) 

XIX. — 1681, 4 septembre. Le duc de Sa- 
voie ordonne de payer aux tireurs de l'arque- 
buse de Charabéri une somme de 420 livres 
ducales, soit 100 ducatons effectifs, pour les 
frais du voyage qu'ils ont fait à Lyon, avec 
l'agrément de S. A. R., pour y tirer à la cible 
pour les prix francs. 

Cette somme a été versée aux mains de M*' J. 
Alphonse, roi des tireurs de la ville de Cham- 
béri, par le trésorier général, quelques jours 
après cet ordre. 

{Comptes des trésoriers généraux, vol. 354, art. 131 .) 

La même année, le même trésorier avait déjà 
fait payer au mois de mai la somme de 100 du- 
catons, fournie annuellement par S. A. 11. Elle 
a été versée aux mains de Jean Alphonse , 
maître-chirurgien, roi des tireurs de l'arque- 
buse. (Ibidem.) 



27 

XX. — 1682, 12 août. Le sénat de Savoie 
rend un arrêt portant défense aux tireurs ar- 
quebusiers de Ghambéri de tirer dorénavant au 
nouveau tir construit vers l'IiOpital de Paradis. 
Cet arrêt a été publié dans les carrefours et 
faubourgs de la ville, et affiché par le premier 
huissier au sénat, IVP Charles Morol, qui a reçu 
pour cela trois livres ducales. (Ibidem.) 

XXI. — 1683, 13 juin. Ordre existant aux 
archives de la chambre , en forme de service 
secret, pour le payement de 100 ducatons de 7 
florins chacun, en faveur des tireurs de Cham- 
béri. (Pareri di congresso , vol. VII.) 

XXII. — 1715, 1er janvier. Délibération des 
chevaliers tireurs de l'arquebuse , assemblés 
dans la maison du président Costa, leur pro- 
tecteur, par laquelle ils ont nommé pour ca- 
pitaine le marquis De Lescheraines du Chàte- 
lard. {Ibidem. ) 

XXIII. — 1715, 3 janvier. Autre délibération 
des chevaliers tireurs, assemblés chez le prési- 
dent Costa, marquis de Saint-Genis, par la- 
quelle ils ont nommé pour 

Capitaine en second , Jacques Paccoret ; 
Lieutenant, François Dutruc; 

Cornette, Jean Paccoret; 

Maréchaux-de-logis, Charles Fort et Hum- 

bert Curtet; 



28 

Brigadiers, Jean-Baptiste Piey et 

Joseph Galliard; 
Aumônier, Noble Jean -Baptiste 

Carpinel, chanoine 
de la Ste-Ghapelle. 
(Ibidem.) 

XXTV. — 17ol,-19 mai. Patentes par lesquel- 
les S. M., voulant bien continuer les grâces à 
la Compagnie des suppliants chevaliers tireurs, 
leur a permis de s'assembler à l'accoustumé 
pour le tirage pour l'arquebuse et, par un effet 
de sa générosité, leur a accordé gratification de 
400 livres sur la trésorerie de Savoie durant son 
bon plaisir. (Ibidem.) 

XXV. — 1732, 30 mai. Nomination de : 
Capitaine en second, Charles Fortis ; 
Lieutenant, Baptistin Bey; 
Cornette, Ignace Dardel ; 
Garçon-major, î^i^yn; 
Maréchal-de-logis , Villat ; 
Brigadier, Tonin. 

Par cette délibération, il conste que Porraz 
était roi, et le comte d'Entremont , capitaine. 

(Ibidem. ) 

XXVI. — 1737, 20 janvier. Autre délibération 
du roi et de son conseil, suivant les règle- 
ments portés à l'article 20, par lesquels il est 
défendu expressément aux étrangers de tirer 



29 

aux prix francs de môme qu'à l'oiseau , le- 
dit privilège n'étant uniquement que pour les 
bourgeois ou enfants de ville qui se seront fait 
enrôler, et auront payé la mise. Le procureur 
Pernet avait tiré audit prix sans être bourgeois 
ni natif de Ghambéri. Le conseil des chevaliers 
tireurs assemblés a décidé qu'il serait privé du 
prix qu'il pourrait avoir en conséquence des 
coups qu'il a faits aux cibles. (Ibidem.) 

XXVn. — 1749, 20 décembre. Délibération 
par laquelle le comte d' Entremont ayant fait sca- 
voir qu'il ne pourroit plus continuer la charge 
de capitaine, étant obligé de s'absenter fré- 
quemment comme colonel du régiment de Sa- 
voie, on a élu capitaine le comte d'Evieux, et 
capitaine en second le comte de Sainte-Héleine. 

(Ibidem.) 

XXVIII. — 1750, 4 juin. Autre délibération 
pour reprendre l'exercice de l'arquebuse inter- 
rompu par la guerre. On a conservé les pré- 
cédents règlements, et on a nommé 



Contrôleur , 


Jacques Chardon ; 


Trésorier du tirage, 


Jacques Dupuy; 


Major de la compa- 
gnie, 


De Marthiet; 


Lieutenant en premier, 


De Comène ; 


Td. en second, 


Heardi ; 


Cornette, 


Chapelle ; 


Aide-major, . 


Bertier. (Ibid.) 



30 

XXIX. — 1751, 5 août. Après avoir informé 
le gouverneur de la ville, et obtenu son agré- 
ment, les chevaliers tireurs ont ordomié les 
préparatifs pour abattre l'oiseau. {Ibidem.) 

XXX. — 1755, 23 juillet. Avis de M. l'in- 
tendant général de justice , police et finances 
dans les états de Savoie, sur la requête des 
syndics de Chambéri (1). 

Chambéry, 23 juillet 1755. 
Mon.sieur, 

Les nobles sindics et conseil de la ville de Cham- 
béry ayant représenté à S. M. l'ancien établissement 

du jeu du tirage 

Ils supplient S. M. de vouloir bien approuver 

ladite compagnie qui s'est ainsy formée et de luy ac- 
corder les privilèges, etc 

La facilité avec laquelle tous manants et habi- 
tants de Chambéry se sont introduits au tirage, y a 
véritablement causé un concours extraordinaire de 
gens de toute espèce, qui veulent se rendre égaux à 
tous autres, et qui a dégoûté les personnes plus dis- 
tinguées de la ville 

Il seroit à souhaiter que les mesures prises par Mes- 
sieurs les nobles sindics et conseil de Chambéry pour 

former cette nouvelle compagnie puissent i-amener 

l'ordre et la décence qui font l'ornement d'une fête 
publique, etc 

A l'égard des privilèges du tirage, il n'est plus ques- 
tion maintenant d'aucune franchise ny exemption. Et 

(1) Voir la rc()ii(''lc, op. cit., tome IX, pas;e 50. 



31 

la compagûie ne jouit plus que de la liberté de ses 
assemblées suivant Tusage, et de la gratification de 
400 livres que S. M. a la bonté de luy continuer pour 
fournir aux frais nécessaires, et de quelques prix que 
la ville est aussy en coutume d'accorder 

Il dépend par conséquent du bon plaisir de S. M. 
d'accorder cette grâce au corps de ville de Chambéry. 

Fait à Chambéry, ce 23 juillet 1755. Signé, Ferraris. 
(Archives du royaume, Leltere dei parlicolari. ) 

XXXI. — 17G3, 19 juin. Délibération des che- 
valiers tireurs assemblés pour dîner en la mai- 
son de ville, par laquelle, sur la représentation 
de Porraz , roi , que , depuis la démission du 
marquis de Saint-Maurice , le comte de Sainte - 
Héleine, qui ne pouvait plus assister aux exer- 
cices du tirage, la compagnie était sans capi- 
taine, on a prié le marquis de Gordon d'accepter 
la charge de capitaine, et celui-ci y ayant con- 
senti, il a été reconnu. (Ibidem.) 

XXXII. — 1763, 24 juin. Délibération dans la 
salle du tirage; on a fait l'élection des offices 
qui suivent : 

Conseillers , Comte de la Pérouse, — 

Comte desCharmettes, — De 
Droz, — Du Bettier, — Bon- 
jean le cadet, — Revel aîné, 
— Bastien, — Porraz, — 
Gorrin ; 

Maître de cérémonies, Jean Dupuy; 

Contrôleur, Chardon ; 



32 

Quarlier-mailie, Bataillard ; 

Capitaine en second, De Soyrier; 

Capitaine, Dardel père; 

Aide-major, Borel : 

Lieutenant, Hyacintlie Paccoret; 

Id., Jacques Revel: 

Cornette, Ciiappelle ; 

Sous-lieutenant, Sancet; 

Id., Fortis; 

Id., Pavy; 

Garcon-major, Bertier ; 

Maréchaux-des-logis, Duroc, — Petavin; 

Brigadiers, Pitlil, — avocat Roissard,— 

Laracine, — Beaud. 

II a été en outre ordonné que nul ne sera ag- 
grégé chevalier tireur qu'il ne soit reçu par le 
corps et assenté par le commissaire quartier- 
maître, lequel devra tenir un état général de la 
compagnie . ( Ibidem . ) 

XXXIII. — 4767, 24 décembre. Renouvelle- 
ment du règlement de la compagnie des cheva- 
liers tireurs, imprimé en 1708. (Ibidem.) 

XXXIV. — 1769, 11 juin. Délibération pour 
l'abattue de l'oiseau movennant l'as^i'ément du 
commandant général du duché. 

XXXV. — 1775, 7 avril. Délibération des 
chevaliiM's tireurs assemblés dans la maison du 
comlc (le rili'ipitnl, roi du tirage, ])onr in for- 
matioii (riiii escadron de chevaliers tireurs au 



nombre de 50 à 60 à l'occasion de l'arrivée de 
S. M. à Gliambéri. 

On arrête pour l'uniforme « l'habit écarlate, 
doublure parement et collaret vert, veste et 
culottes blanches, boutonnières à franges en 
or, housse et cappe verte et sistème or large 
d'un pouce. » 

On a député quatre tireurs pour l'enrôlement. 
( Ibidem.) 

XXXVI. — 1775, 15 avril. Délibération dans 
la maison De Soyrier. Le capitaine du tirage 
Villat, le lieutenant Clerc et l'avocat Lancet 
ayant donné leur démission, les chevaliers ti- 
reurs ont procédé à l'élection. 



Capitaine, 


l'avocat Pavy; 


Capitaine honoraire, 


Revel ; 


Lieutenant et aide-ma- 




jor, 


Pittit; 


Lieutenant, 


Duroch; 


Cornettes, 


Champrond et Heurteur 




aîné; 


Marécliaux-de-logis, 


Pavy cadet, — Bertholus; 


Brigadiers, 


Porra père, — , Heurteur 




cadet ; 


Fourrier.^, 


Corcellet, — Vibert. {Ibid.) 



XXXVII. — 1780, 29 avril. Lettre de l'inten- 
dant général de Cliambéri Félix-Gassien Vacca, 
et rapport du mémo sur une demande desclic- 

3 



34 

valiers tireurs de Gliambéri pour se construire 
un local. 

Ces pièces renferment les détails les plus 
intéressants sur les endroits qui ont servi au 
tir, sur le couronnement du roi, etc. 

Chambéry, le 29 avril 1780. 
Monsieur, 

J'ai l'honneur de restituer cy inclus à V. E. le pla- 
cet et le plan (1) y joint de Messieurs les Chevaliers- 
Tireurs de Chambéry qu'elle me communiqua par sa 
lettre du 20 septembre 1777. Elle le trouvera accom- 
pagné de ma relation sur la demande qu'ils implorent 
de pouvoh- réédifier le bâtiment désigné par la lettre 
G dans ledit plan. 

V. E. trouvera que j'ai bien différé de satisfaire à ce 
devoir, mais n'ayant pu me procurer aussitôt que je le 
souhaitois, les connaissances assurées pour constater 
à qui le sol dont il s'agit appartient, ni quelques autres 
notices qui ont du rapport à l'exposé, notamment la 
patente du 14 mars 1566 qui confirme le relâchement 
à perpétuité à la ville des revenus de tous les grands 
fossés au moyen qu'elle entretienne les murs d'en- 
ceinte d'icelle, les tours et les foris. C'est ce qui m'a 
causé ce retard qui ne porte cependant pas le moindre 
préjudice aux recourants. 

.l'ai l'honneur, etc. 

Monsieur de V. E. le très Inuiible 
et très obéissant serviteur. 

Vache {sir). 
A S. E. M. le comte Corte, 
ministre. 

(1) Le plan niangue. 



35 

Au Roi. 

Sire, 
La compagnie des Chevaliers-Tireurs de l'arquebuse 
de Chambéry, prosternée aux pieds de V. M. prend la 
liberté de luy exposer que l'année 1775, qu'elle eut le 
bonheur de la posséder en cette capitale, le marquis 
de Cordon, capitaine en chef de la susdite Compagnie 
eut l'honneur de luy présenter le plan ci joint pour 
obtenir l'agrément de réédiffier en mur le petit bâti- 
ment qui étoit anciennement construit en planches, et 
que le laps de tems a fait tomber en ruine : le général 
et commandeur Pinto s'étant transporté sur les lieux 
d'ordre de V. M. visât le susdit plan ni trouvant aucun 
obstacle qui peut empêcher la susdite réédiffication 
portant 20 pieds en largeur et 30 en longueur qui est 
nécessaire pour mettre en seureté le marqueur, reti- 
rer les cibles et autres meubles de ladite compagnie 
et c'est à ces fins qu'elle recourt 

A ce qu'il plaise à V. M. par un effet de ses grâces 
permettre à ladite compagnie de réédiffier le susdit 
bâtiment désigné dans le susdit plan par la lettre G 
dans le lieu ou elle s'exerce au jeu de l'arquebuse et 
elle ne cessera jamais d'adresser ses vœux au Ciel 
pour la longue durée et prospérité du glorieux règne 
de V. M. et de toute l'illuslre famille royale. 

Signé, de Lambert de Soyrier, capitaine. Pittit, lieu- 
tenant. F. Heurteur, cornette. 

MM. les chevaliers tireurs de l'arquebuse de la ville 
de Chambéry ont présenté une supplique à S. M. et y 
ont exposé : 

Que l'année 1775 qu'elle eût le bonheur de la pos- 
séder dans cette capitale, M. le maniuis de Cordon, 



36 

qui en étoit le capitaine, eût l'honneur de lui présen- 
ter le plan dont ils ont accompagné leur recours pour 
obtenir l'agrément de réédifier en mur le petit bâti- 
ment qui étoit anciennement construit en planches et 
que le laps des temps a fait tomber en ruine. 

Que M. le général commandeur comte Pinto s'étant 
transporté sur le local ensuite des ordres du Roy, vi- 
sât ce plan, n'y ayant trouvé aucun obstacle à empê- 
cher la susdite réédification par 20 pieds de largeur et 
30 en longueur pour y mettre en sûreté le marqueur, 
y retirer les cibles et autres meubles des tireurs. 

Avant que d'en venir au mérite de la demande, il 
est bon de déduire quelques faits qui y ont du rap- 
port. 

D'après les connaissances prises, il n'est pas à dou- 
ter que le conseil de ville pour exciter l'émulation des 
habitants de tous les Etats d'icelle fit des représenta- 
tions au sérénissime duc Charles pour l'établissement 
d'un tirage, lequel en conséquence accorda par paten- 
tes du 4 septembre 1509 aux gentils hommes, bour- 
geois, manants et bons compagnons de la dite ville la 
liberté de s'exercer aux jeux de l'arc, de l'arbalète et 
de l'arquebuse. 

Par autres patentes du 14 mars 4566 Emanuel Phi- 
libert confirma le relâchement à perpétuité aux sindics 
et conseU de la ditte ville, des revenus de tous les 
grands fossés, au moyen qu'elle maintint et eût soin 
d'entretenir les tours, les toits et les murs qui en font 
l'enceinte 

Les Tireurs arquebusiers ayant fait représenter en 
1663 qu'il n'étoit pas de leur honneur (jue l'on conti- 
nua de tirer aux papegais et aux })rix francs, l'artiue- 



37 

. buse appuyée par ce qu'étant conviés souvent à aller 
tirer hors des Etats, et même en Bresse, les étrangers 
qui étoient accoutumés à tirer à bras étendus y avoient 
beaucoup plus d'avantage. 

Le prince Charles-Emmanuel déclara en conséquence 
aux sindics et conseil de Chambéry par sa lettre du 24 
aoust de la susdite année 1566 que des lors on ne li- 
reroit plus le papegay, les prix francs et autres qu'à 
bras étendus, etc 

Cette déclaration fut notifiée par les sindics et con- 
seil à tous les Tireurs, ils s'y sont dès lors conformés. 

L'endroit destiné et fixé dans ces tems là pour tirer 
les papegaix et les prix, étoit situé à Beauvoir dans les 
prés appelés de la ville, éloignés d'un quart d'heure 
d'icelle, et y a existé pendant de longues années, mais 
en vile de la distance et des fâcheux événements qui 
pouvoient arriver aux gens de la campagne, la ville, 
ensuite des représentations des tireurs, leur permit 
gracieusement.... de s'exercer au jeu de l'arquebuse 
dans l'endroit actuellement appelé le tirage. 

Cet espace occupe plus de la moitié de l'étendue des 
fossez qui dez la porte du Reclus se termine à celle 
du fauxbourg Montmeillant. Elle ferma les yeux sur la 
perception des revenus de cette partie des fossés. 

En 1740 feu M. le comte de Bellegarde, en sa qua- 
lité de Roy des Tireurs, se pourvût à la ville par requête 
du 27 juin 1740 pour obtenir la permission de faire 
construire une muraille dez le tirage jusqu'au canal 
proche de l'hôpital gênerai, de la même lïianière que 
celui au long dudit tirage, et pour faire conslruii-e un 
toict sur le petit bâtiment que la ville avoit déjà per- 
mis de faire pour mettre à couvert le marqueur, 



38 

comme encore d'obtenir un fil d'eau tant pour net- 
toyer les armes que pour le service des tireurs, le tout 
à titre de précaire.... 

Elle accorda ensuite de ce recours la permission 
demandée.... 

.... Ce bâtiment étoit plus que suffisant pour le mar- 
queur puis qu'outre le rez de chaussée il y a au-des- 
sus une chambre de la môme grandeur, que les Tireurs 
l'ont ascensé à un maréchal sous le loyer annuel de 
24 livres. 

La ville ayant fait faire un étendart et des banderol- 
les pour deux trompettes pour les tireurs, lorsqu'à 
l'occasion qu'ils formoient une compagnie pour faire 
parade aux souverains et aux princes quand ils ve- 
noient en Savoye, le chef quils avoient choisi pour les 
commander en demandoit l'emprumpt à la ville. Elle 
les leur prêtoit et ils venoient les rendre en règle tam- 
bour battant. 

Lorsque ces chefs soit capitaines ne se croyoient 
plus à même de continuer d'être à la tête des Tireurs, 
tels que feu M. le marquis de St-Maurice et M. le comte 
Devieux de la Perrouse vivant. Ils participoient par 
lettres, ou autrement leur démission à la ville 

La ville fit aussi faire en même temps vne couronne 
pour couronner le Tireur qui abattoit le papegai. Le 
couronnement après les formalités requises s'y est 
toujours pratiqué en plein conseil de vdie jusqu'en 
1775, que tous les Tireurs guidés par un esprit d'indé- 
pendance, malgré que la ville eut procuré leurs insti- 
tutions.... jugèrent devoir se sevrer du lait de leur 
bonne mère.... 

Passant à présent à la demande des suppliants.... 



39 

Le terme qu'ils employent dans leur recours de re- 
edifler un bâtiment détruit par le laps des tems, est 
d'autant moins à sa place qu'il n'y en a jamais eu au- 
cun de construit dans l'endroit qu'ils proposent. Ce 
fait est de notoriété publique. 

Il y a quelques années, il est vrai, qu'ils entrepri- 
rent d'y faire élever un petit mur pour ensuite y cons- 
truire un bâtiment, mais sur ce que la ville avoit fer- 
mé les yeux là dessus, feu S. E. M. le gouverneur 
comte de Sinsan fit appeler Messieurs les sindics, et 
leur ordonna non seulement de faire démolir celui qui 
avoit été commencé. La chose fut exécutée ; les Tireurs 
n'en portèrent aucune plainte... Ce n'est donc pas le 
laps de tems qui a détruit celui qu'ils disent vouloir 
reedifier.... 

L'on ne voit pas, et il ne paroit pas non plus que ce 
soit le cas de leur accorder leur demande, en ce que 
ce seroit préjudicier, ce semble, à l'intérêt de la 
ville.... 

Chambery, le 29 avril 1780. 

Signé, Vacha. (Archives du royaume, Letlere dei 
particolari, paquet VAC. ?) 

Quelques rois des tireurs de Varc , de l'arbalète et de 

l'arquebuse de Chambéri, à ajouter aux listes 

déjà connues {\). 

1572. BalthasardPiG, roi de l'arquebuse. 

Le compte du trésorier général N. Jean Ge- 

(1) Travail cité, tome IX, pages 78 et 209. 



40 

nevois porte une somme de seize écus de trois 
livreS;, soit quarante-huit livres, payée à Baltha- 
sard Pic, roy de Varquehouse, attendu l'attes- 
tation des syndics de Cliambéri. (Arch. C. G., 
vol. 235.) 

1574. Claude Picolet, roi de l'arquebuse. 

Il reçoit 47 livres, mais en 157G seulement ; 
l'attestation est signée par le syndic liochet. 
(Ibidem.) 

4574. Balthasard Pic, roi de l'arbalète. 

Il reçoit la môme somme de 47 livres. (Ibid.) 

1575. François Claret, roi de l'arquebuse. 

Il reçoit 78 florins. Les syndics qui ont signé 
le certificat sont MM. Milliot, ThyoUier, Boysson 
et Rochet. ( Ibidem, vol. 240.) 

1575. Jean Brun dit Berrot, roi de l'arbalète. 
On lui paye 58 florins et 6 sols, revenant à 

trente-cinq livres ducales et cinq sols. (Ibidem.) 

1576. Philibert ToLLOMONT, roi de l'arc. 

11 touche la même somme de 58 florins 6 sols. 
(Ibidem.) 

Il y a ici une grande lacune qui va jusqu'à la 
fln du siècle, et pendant laquelle on ne trouve 
rien dans les comptes des trésoriers généraux, 
si ce n'est, en 1599, le payement d'une somme 
de 40 écus de cinq florins pièce, valant 120 li- 
vres ducales, accordés par S, A. aux syndics de 
Cliambéri pour les trois tirages de rar(]uel)use, 
de l'arc et de l'arbalète. Le reçu a été lait par 



41 

le sieur de Jacob. (Compte de N. Pétrin Pre- 
cipia, vol. 965.) 
1601. Aymard Gombet, roi de l'arquebuse. 

Plus payé aux scindiez de la présente ville 

de Chambéry entre les mains de M« Aymard Combet, 
roy de l'arquebouse en la dite ville la somme de qua- 
rante liuict liures ducalles pour estre employés en 
achept d'armes au proffict du dict Gombet suiuant les 
anciens privilèges concédez par S. A. (Compte de N. 
Em. Dian, vol. 267) (1). 

1603. Gbarles ViOLLON, roi de l'arquebuse. 

Il reçoit cent et vingt livres ducales pour 
avoir été roi. (Ibidem.) * 

1604. Jean-Baptiste Pic, roi de l'arquebuse. 

1605. Id. id. 

1606. Id. id. 

Ce roi a déjà été signalé par M. le capitaine 
d'artillerie Angelucci dans son ouvrage intitulé : 
// tiro al segno in Italia, et, d'après lui, par 
M. Perrin. On sait aussi que celui qui abattait 
l'oiseau trois années de suite était empereur, et 
que Pic obtint pour cela l'exemption de toutes 
tailles et impôts pendant sa vie, en récompense 
de ses trois succès consécutifs. Mais nous avons 
voulu donner ici en entier les lettres patentes 
du duc Charles-Emmanuel, du 22 mars 1609, 



(1) Pour obtenir son mandat, il présente des requêtes à la cham- 
bre des comptes les 25 et dwrnier juin 1601, et le mandat fut octroyé 
le 6 juillet suivant. (Gh. des comptes, Arrêts orig., vol. 91, pag. 29.) 



42 

auxquelles la chambre des comptes s'opposa 
vivement, alléguant qu'il n'avait jamais été lait 
ainsi par les prédécesseurs du duc de Savoie. 
Nous ne publierons pas, quoique les ayant sous 
la main, les nouvelles lettres ducales dejussion 
et de péremptoire jussion, en date des 10 octo- 
bre 1614 et 20 novembre 1G17, lancées pour 
l'exécution des lettres patentes du 22 mars 
1609. Nous donnons seulement ce dernier do- 
cument, trouvé à la chambre des comptes, re- 
gistre des patentes de Savoie, vol. 26, pag. 184 
et suivantes. 

Charles -Emmanuel par la grâce de dieu duc de 
Sauoye Prince de Piedmont, scauoir faisons a tous 
qu'il apperliendra nous auoir esté de la part de nostre 
amé Jean -Baptiste Picq de Carignan, marchand et 
bourgeois de notre ville de Chambery remonslre et 
faict entendre, comme ez années mil six cent et quat- 
tre, 1605-1601), l'vne subsequutiue a laullre jl auroit 
abbatu le papegay du tirage de larquebouze en la dite 
ville de Chambery et esdictes années seroit esté co- 
ronné roy de larquebouze , qui luy auroit occasionné 
bonne et notable despence ausdictz coronnementz. Et 
quoultre les trente ducattons qu'auons cy devant 
ordonné au roy du dict papegay se treuue par les 
anciens priuiléges accordes par noz seren""^s prédé- 
cesseurs au tirage du dit jeu de larquebouse au dict 
Chambery, que celui qui abatra auec larquebouse le 
dict papegay trois années de suitte l'vne a laultre, ainsy 
qu'a faict le dict suppliant, qu'il doibt estrc declaire 
priuilegie et exempt sa vie durant, du payement de 



43 

touttes tailles, gabelles, daces, péages, emolumenlz, im- 
positions, gardes et de quelconques charges. Nous sup- 
pliant par ce très humblement en conformité du dict 
priuilege et de notre grâce spéciale luy vouloir accor- 
der la dicte exemption et sur ce luy pouruoir de noz 
lettres a ce conuenables. A quoy libéralement jnclinans 
et aussi pour jnciler tous aultres de la dicte ville de 
Ghambery a sy Iionorable exercice qu'est le dict jeu 
de larquebouse, par ces présentes de notre grâce spé- 
ciale, certaine science plaine puissance et aucthorité 
souveraine, heu sur ce laduis de nôtre conseil destat 
près nous en confirmant en tant que de besoing seroit 
le susdict priuilege accordé par noz prédécesseurs, 
pour ce particulier, avons exempté et exemptons le 
dict Jean-Baptiste Picq et jcelluy auons declairé et de- 
clairons voulons et nous plaid quil soit et doibue estre 
entièrement et toute sa vie naturelle durant, exempt 
et immune d'aucung payement de tailles, gabelles, 
daces, péages et jmpositions, emolumentz, gardes et de 
quelconques aultres debuoirs et charges imposées et 
à imposer a laduenir soit pour les biens par luy tenuz 
et a présent possédés et qu'd tiendra ou pourroit tenir 
cy appres que pour aulcung trafic qu'il puisse faire 
de quelle marchandise que ce soit. Et a ces [linsjjnhi- 
bons et deffendons expressément à tous nos trésoriers, 
exacteurs, fermiers, recepueurs, gabelliers, commis- 
saires et à qui appertiendra de molester en sorte ny 
manière que ce soit le dict Picq pour aulcunes des cho- 
ses susdites et qui en dépendent, sur peine de centes- 
cus d'or en cas de contravention a notre lisq applica- 
bles. Si donnons en mandement a noz très chers et bien 
amezetfeaulx conseillers les gens tenantz notre cham- 
bre des comptes au dict Sauoye et a tous noz aultres 



u 

magistrats, ministres, ofliciers et vassaulx elsubiecl/ 
chacun si cumme luy apperliendra d'observer et faire 
observer nos présentes selon leur l'orme et teneur et 
djcolles faire permettre et laisser jouyr plaiuement et 
entièrement le dict Picq, sans permectre qu" il y soit 
contreuenu, car ainsy nous plaict. Données à Tliurin, 
ce vingt-deuxième mars mil six centz et neuf. 

C. Emanuel. ¥•' Prouana. Soubsigné, Délaie. 

Scellées en placard. 

1607. François-Nicolas Noerey, roi de l'ar- 
({uebuse. 
11 fait reçu de la somme de 120 livres. (Ibid.) 

1G09. Nicolas-François Noerey, roi de l'ar- 
quebuse. 

C'est sans doute le même que le précédent, 
malgré l'inversion des prénoms. Il touche les 
120 livres accoutumées pour lui aider à suppor- 
ter les despens quil luy conuient faire à son 
couronnement de roy du jmpegay. (Ibidem.) 

1610. Etienne de Balmctis, roi de l'arque- 
buse. 

Un mandat de trente ducatons, de six florins 
huit sols de Savoie pièce, est fait à ce vain- 
(pieur , ([ui était procureur et bourgeois de 
C.hambéri. (Ibidem.) 

On trouve au compte du trésorier de Savoie, 
N. Nicolas Arnaldo, de l'année 1610, nu autre 
payement fait à Ftienne de Balmetis. Il est bon 
de le signaler. 



45 

Plus la somme de mille huict cens et vnze francs 
vallans mille huictante six liures ducales et douze sols 
payés à W Eslienne de Balmelis pour despenses par 
lui faites en la présente ville de Cliambery au passaige 
de Mons'" le prince Philibert allant en Espagne comme 
ayant de ce charge de seig'" de Jacob comte de S' Mau- 
ris cheu'" de l'ordre de S. A. gouverneur en ce pais etc. 

liquidation du vinq troisiesme septembre 1G10 

(vol. -278.) 

C'est évidemment à raison de son titre de roi 
de l'arquebuse qu'Etienne de Balmetis a été 
chargé par le gouverneur de Savoie de la ré- 
ception à faire au prince Philibert ou mieux 
Enmianuel-Philibert, troisième enfant du duc 
Charles - Emmanuel I''", que le roi d'Espagne 
avait nommé vice-roi de Sicile. 

1611, 1612 et 161:^. Lupien Sancet, roi de 
l'arquebuse, pendant trois années consécutives. 

Lupien et non Lucien Sancet ^ dit Champa- 
gne, tailleur de la ville de Chambéri, vainqu(nu" 
trois ans de suite au jeu de l'arquebuse, a déjà 
été mentionné par M. Angelucci. Mais nous 
avons quelques détails à ajouter à ceux (jue 
Ton connaît déjà. Et d'abord disons qu'il reçut 
chaque année la somme de trente ducatons, 
valant 120 livres. Chaque fois que le cas se pré- 
sentait, le roi du tir s'adressait à Messieurs de 
la chambre des comptes pour oJjtonir le mandat 
de ces trente ducatons. Nous donnons ici, une 
fois pour toutes, celle que présenta, en 1611, 



46 

Lupien Sancet , à cause de certains détails cu- 
rieux qui s'y trouvent et des difficultés qu'il a 
eues. Elle est suivie de l'avis du patrimonial 
et d'une nouvelle requête plus détaillée et plus 
intéressante, à la suite de laquelle le mandat 
sollicité a été délivré par la chambre, le 30 mai 
1611. 

Requête de Lupien Sancet. 

A nos seigneurs des comptes. Supplie humblement 
honorable Lupien Sancet dict Champagnie maitre tal- 
lieur et bourgeois de la présente vdle, disant comme 
le vingt quattriesme présent mois jl auroit abbattu le 
papegay qu'on a accoustume de tirer touttes les années 
en la dicte présente ville. Et comme de loutte ancien- 
neté par les constitutions de priuiléges octroyées tant 
par les prédécesseurs de S. A. a la couronne ducalle 
de Sauoye quaussy par luy confirme ont et accoustume 
de percepuoir la somme de trente ducattons pour luy 
ayder a supporter les fraiz de son couronnement quest 
la cause que le suppliant recour a vous nos dictz sei- 
gneurs a ce quil vous plaise luy décerner mandat de la 
dicte somme de trente ducattons envers le sieur tré- 
sorier gênerai a forme des precedantz mandat/, oc- 
troyés aus dictz roys mesme celluy en dernier lieu 
octroyé à M. de Balmetis jadis roy en datte du dou- 
ziesmemay mil sixcentz et dix. Et feres bien. 

Décret 
Soit monstre au procureur patrimonial. Faicl a Cbam- 
bery au bureau des comptes le vingt liuictiesnin may 
mil six centz et vnzc. Signé Benoit. 



47 
Conclusions 
Le procureur patrimonial dict qu'appres que le sup- 
pliant sera couronné roy du tirage de larquebouze 
quil nempeche luy astre décerné le mandat requis en 
suitte de la coustume cy deuant obseruee. A Chambery 
ce vingt huictiesme may mil six centz et douze. Signé 
Deuoley. 

AiiUre requête à la Chambre pour le surnommé 
M. Champagne. 

A noz seigneurs des comptes. Supplie humblement 
hon« Lupien Sancet dict Champagnie M^ lallieur bour- 
geois de la présente ville et roy de larquebouze quil 
vous plaise pouruoir sur le contenu de la requête cy 
jointe, sans s'arrester aux conclusions du sieur pro- 
cureur patrimonial. Attendu qu'U ne sagist d'aulcun 
couronnement pour ja avoir esté couronné sur le lieu 
du tirage en présence et du consentement de tous les 
tireurs a qui est le principal jnterestz et autres assis- 
tantz jllec assembles pour cet effect et en telle qualité 
il est tenu nomme et réputé et a esté conduict en 
sa maison auec les solennités requises enseigne dé- 
ployée tambour battant Et le couronnement qui se 
doibt encour fere c'est par forme d'vng bommaige 
qu'on a à la vUle laquelle en apprennant ledict cou- 
ronnement et en commémoration de ce baillie vne 
aultre couronne non de Heurs ainsy qu'a esté faict [de] 
la part desdictz tireurs ains de beaucoup plus riche Et 
encour déplus aflin d'inciter la jeunesse à la vertu des 
armes vng prix franc lequel se tire le mesme jour du 
dict couronnement ainsy que de tous temps jl a esté 
observé Et les trente ducattons qu'il a pieu tant aux 



48 

serenissimes prédécesseurs de S. A. de bonne me- 
raoyre que Dieu absolue octroyer Et par sa dicte A. 
contlrme en lanne mil six centz et deux ou mil six 
centz et trois vérifie en chambre a este aux fins les 
employer en achept dune arquebouze fournimentz 
morillion espéeet pognard pour le service dudict roy 
Lesquels luyestantz balliesla feste passée jl non auroit 
de besoing Et pour monslrer que la coustume est telle 
les luy octroyer par aduance Ion employé a fin favo- 
rable le liure tenu par le secrétaire dudict tirage 
dans lequel est jnscrit le jour de ladite confirmation et 
approbation du roy de larquebouze fait par ladite vdle 
de la personne de M« de Balmetis jadis roy que fust le 
dernier may mil six centz et dix Et le mandat décerné 
par ladite chambre se treuue du douziesme du dict 
mois que sont dix huict au paravant de quoy la cliam- 
bre est suppliée y avoir esgard Et sur ce luy pouruoir 
ainsy que de rayson Et feres bien. 

Signé Ladreuillie pour le suppliant. (Arcli. ch. des 
comptes, Patentes de Savoie, vol. 3i.) 

Les requêtes que Lupien Sancet présenta les 
deux années suivantes n'éprouvèrent aucune 
difficulté. Mais il en eut peut-être à essuyer 
pour l'exécution des patentes du 10 avril 1G18, 
entérinées le 20 mars 1619, qui lui accordaient, 
comme à Jean-Baptiste Pic , l'exemption de 
toutes charges et tailles pour avoir abattu le 
papegay trois ans de suite. L'on trouve au 
même volume des archives de la chambrer des 
comptes des bittres patentes de Victor-Amédée, 
du 15 octobre 1632, portant confirmation des 



49 

privilèges accordés à Lupien Sancet, à savoir : 
exemption de toutes charges et i allies ordinai- 
res quextraordinaires, gabelles, décimes, daces, 
péages, gardes, emollument et autres. 

1615. Piiilibert ViOLLON, roi de l'arquebuse. 
Mandat de trente ducatons de huictante sols de 
Savoie pièce. ( Ibidem. ) 

1G16. Pierre, fils d'André Peytavin, hoste, roi 
de l'arquebuse. Mandat de trente ducatons do 
6 florins huit sols pièce. (Mandats de la cliani- 
bre, vol. 7.) 

1618. Pierre Peytavin, roi de l'arquebuse. 
( Ibidem. ) 

1619. Thomas Galley, roi de l'arquebuse. Il 
figure au compte de N. Bernardin Novarinaz. 
(Trés*^ gén'% vol. n" 286.) 

1620. Honorable François Chabot, roi de 
l'arquebuse. (Mandats, vol. 7.) 

1621. Honorable Loys Bonjean, roi de l'ar- 
quebuse. (Comptes, vol. 280.) 

1622. Claude Bonjean, roi (h; l'arquebuse. 

Il est qualilié de marchand et bourgeois de 
Chambéri. Va\ marge o]i lit : Vlioste Boujean. 
(Ibidem, v(.l. 202.) 

1623. Pierre Violi.on, roi de l'arquebuse. 
(Ibidem.) 

1624. Le sieur de Bressieïi, roi de l'arque- 
buse. Il reçoit les 30 ducatons. (Mandats, vol. 8.) 

1626. N. Jean-Louis Miri.iET de Ciialles, roi 
des arquebusiers. Déjà signalé comme le pre- 



50 

mier qui a touché cent ducatons de 20 blancs (1), 
en vertu de lettres patentes dont il faut recti- 
fier la date. Elles sont. du 8 août 162G au lieu 
du 17 novembre même année. Cette dernière 
date est celle de la vérification de ces lettres, 
dans lesquelles il est dit que cette somme de 
cent ducatons valant quatre cents livres com- 
prend colle de deux cents florins que Son 
Altesse donnait déjà auparavant aux rois des 
arquebusiers. (Comptes, vol. 294.) 

1027, Le sieur IIeydkij.k.t, roi des arquebu- 
siers. (Ibidem. ) 

1028. Charles Cocastel, roi de l'arquebuse. 
(Ibidem. ) 

1032 Meynier, roi de l'arquebuse. 

(Mandats, vol. 9.) 

1033. M" Pierre Pevtavin , bourgeois de 
Chambéri, roi des arquebusiers. (Comptes, vol. 
302.) 

1034 Champagne, roi de l'arquebuse . 

( Ibidem^ vol. 303.) 

1 035 Biset, roi de l'arquebuse . 

11 obtient son mandat sur une attestation des 
art|uebusiers. (Ibidem,\o\. 304.) 

1030 Peytavin, roi de rar(|uebuse. 

C'est sans doute le même que le vainqueur 
do 1033. Les cent ducatons ont été versés, sa- 
voir : 40 entre les mains de Peytavin et 00 

{}) Ouvrage cité, tome IX, page 209. 



51 
entre les mains d'iion*^ François d'Hauteville , 
trésorier des arquebusiers (ibidem., vol. 305). La 
destination de ces 60 ducatons est indiquée 
plus bas, à la date de 1638. 

1637. Le sieur de Maletray, roi de l'arque- 
buse. 

Le payement a été fait comme pour le pré- 
cédent. Il y a eu quelque difli culte pour le paye- 
ment, ainsi qu'il résulte de l'ordre du 10 juin 
1637, que nous reproduisons ici. Il mentionne 
un ordre antérieur du 10 octobre 1632, que nous 
avons donné plus haut. 

Ordre de 100 ducallom pour le sieur de Malelrait, 
roy des arquebusiers de Chambery. 

Dom Félix de Savoye gouuerneur etlieulenant gêne- 
rai de S. A. R. deçà les montz a noble Georges Ganfel- 
let conseiller de S. A. R. et son U^^sorier gênerai deçà 
les montz salut. Estant jnformé des difficultés que vous 
faictesdepayerau sieur de Maletray roy des arquebu- 
siers de la pi'esente ville de Chambery les cents ducat- 
tons portés par le mandai do la ciiambre cy joinct du 
!29 may dernier quelle a accoustume de fere a celyrpii 
est roy soubz prelexto que vous dictes neslre saisy du 
bUans de la coiiraule année Et parce que l'intention 
de S. A. R. est(|iie le roy desdits arquebusiers soit payé 
annuellement desdits cent ducallons ainsy que resuite 
par l'ordre de sa dite Altesse du 10 octot3ie 1032, 
veriffié par arrest de ladite chambre du 23 novembre 
mesme ann<'e (juoyque la partie ne se ti-euuast couché 
sur le bilans Nous vous mandons et ordoimons en vertu 



52 

du pouuoir qu'auons de sadite Altesse vous ayes a 
payer audict sieur de Malelrait ladite somme de ceut 
ducattons nonobstant que vous n'aiez encoures le bilan 
de l'année courante Et rapportant le présent, etc 

Donné à Cbambery le 10 juin 1637. 

Dom Félix de Savoye. — Registre Benoict. 

[Patentes de Savoie, vol. 38.) 

1638. Jean-Laurent Vespre, roi de rar(|ue- 
buse. 

Payement comme aux précédents, mais avec 
ce détail de plus qui suit l'énoncé des 60 duca- 
tons livrés à François d'Hauteville « pour être 
employés à dix prix francs suivant la volonté 
de feu S. A. R. de glorieuse mémoire mon- 
seigneur Victor Amé par patentes du dernier 
janvier 1630. » Nous avons publié cet ordre de 
Victor-Amédée dans la série précédente, consa- 
crée aux privilèges des compagnies de tir de 
(lliambéri (1). 

1639. Honorable Pierre Biset, roi des arque- 
busiers. {Ibidem., vol. 308.) 

1640. Le même. {Ibidem., vol. 311.) 
-161-3. S. A. 15. Chaules- Kmmanuel II Ci). 
Cette lois, c'est unci somme de 200 ducatons 

ou imit cent quarante livres, qu'ensuite de man- 
dat de Madame Royale (Christine de France, 
tutrice du vaiinpii-ur, le trésorier général paye 



(1) Voir plus haut, J? V, page 10. 

(2) Roi de l'arquehuse, ainsi que tous les suivants. 



53 

au sieur de la Biguenie, geutilliomme de bouche 
de S. A. R., capitaine des enfants de la ville de 
Charnbéri et premier syndic, pour être employés 
à faire remonter le papegay qne le jeune duc a 
abattu, le dernier en 1643, et qui n'a pas été tiré 
ni relevé jusqu'à présent (1645) audit lieu; à 
dresser les prix francs et à d'autres dépenses à 
ce requises (ihid., vol. 316). En conséquence 
de ce qui précède, il n'y a point eu de roi de 
l'arquebuse à Chambéri les années 1644 et 1645. 

1646. Claude Turrel. 

40 ducatons à Turrel et 60 à honorable J ean- 
André Pic, trésorier de la Confrérie des tireurs. 
(Ibidem, vol. 317.) 

1647. Jean-Jacques Biseï. (Ibid., vol. 319.) 

1648. ITumbert jje la Fontalne, bourgeois 
de Chambéri. (Ibidem, vol. 320.) 

1649. Le môme. 

1650. Le même, roi et empereur. 

C'est un nouvel exemple de trois victoires 
consécutives; c'est donc un empereur à ajouter 
à la liste de ceux que l'on connaît déjà. (Ibid., 
vol. 320, 321 et 323.) 

1651. Jean-Jacques Biset. 

1652. Le même. 

1653. Le même, roi et empereur. (Ibid., vol. 
124, 125 et 126.) 

1654. François Bonjean. 

1655. Le même. 

1656. Le même, roi et empereur (ibid., vol. 



54 

128, 129 et 130). Honorable François Bonjean 
a donc, comme tous ceux qui avaient abattu 
l'oiseau trois fois de suite, été exempté des tail- 
les et gabelles pendant sa vie. Les patentes, qui 
ressemblent aux autres analogues, sont du 19 
août 1657. (Ibidon.) 

En 1665, Claude Bonjean l'aîné, père de Fran- 
çois Bonjean, a présenté requête à la chambre 
des comptes pour être admis à jouir des mômes 
privilèges et exemptions que son dit lils. Mais 
la chambre a déclaré n'y avoir lieu. Ce décret 
est signé Milliet de Challes et Alexandre Joly. 
(Patentes de Savoie, vol. 47. ) 

1657. Bernard Cochet. 

Les 60 ducatons sont payés à M^' Brun , tréso- 
rier de la ville de Chambéri. {Ibidem. ) 

'1658. Antoine Yvrard; n'a été payé qu'en 
1662. (/5idcm., vol.335.) 

1659. Jean-Jacques Biset, déjà empereur. 
{Ibidem., vol. 332. ) 

1660. Louis Yvrard. {Ihidein., vol. 333.) 

1661. Ilumbert Fontaine, chirurgien et boui'- 
geois de Chambéri , déjà empereur. Il a abattu 
l'oiseau le 8 mai. {Ibidem^ vol. 334.) 

1662. Antoine Yvrard, bourgeois de Cham- 
béri. (y&?'rfem, vol. 335.) 

1663. N. Victor J)E B.uttet. {Ibid., vol. 336.) 

1664. Pierre Cugnej-, bourgeois de (Cham- 
béri. {Ibidem j vol. 337.) 



55 

1665. Hyacinthe Perret, bourgeois. {Ibidem, 
vol. 338. ) 

1666. Sieur Centorioz de Bertrand de la 
Perrouse. 

Les 60 ducatons sont versés entre les mains 
de Jean-CUaude Dupuis, trésorier des tireurs, 
député à cette charge par les empereurs, rois 
et tireurs; les 40 ducatons remis à N. Cento- 
rioz. (Ibidem, vol. 339.) 

1667. M*5 Pierre Cugnet, bourgeois. (Ihidem, 
vol. 340.) 

1668. Spectable Claude-François Guichon , 
avocat au sénat. 

L'année suivante , Guichon voulait entrer au 
parterre avec trois personnes de sa suite , at- 
tendu qu'il était roi de l'oiseau et cornette 
des enfants de ville. On trouve cette indication 
dans une des deux lettre? du procureur géné- 
ral Ducret, dont voici des fragments. 



Chambéry, le2may 1669. 



Monseigaeui 



s' 



Mardi dernier, environ les trois heures après- 
midi, l'on me donna aduis dans mon eslude (pi'il y 
avoit eut dispute entre quelques jeunes gens de cette 
ville et les comédiens qui sont icy ce qui m'obligea 
soudain d'aller au ieu de paume où Us ont dressé leur 
tbéàtre et là j'ai trouvé un jeune homme nommé l'ad- 
vocat Guichon blessé à la main et au-dessous du tetin 
droit, et un autre nomme Saunier blessé en la cuisse et 



56 

le petit ventre, d'abord je fis informer. Par les infor- 
mations iay lieu qu'il y a eu d'imprudence du cousté 
des enfants de ville, et trop de chaleur de la part des 
comédiens, et notament du portier (que Ton dit estre 
blessé au bras) et d'un nommé Rocliemore contre les- 
quels portier et Rochemore le Sénat a creu estre de 
justice de donner des prises de corps, uoyantun ieune 
aduocatsur le point de mourir des.blessures qu'il auoit 

receuquoyqu'il n'eusse aucunes armes 

Monseigneur, de V. A. H. très-humble, etc. Signé, 
Ducrest. 

Chambéry, le 7 juin 1009. 
Monseigneur, 



Il résulte donc, monseigneur, de l'information et 



du dire de trois tesmoings que l'avocat Guiclion eut 
querelle avec le portier des comédiens, parce qu'il vou- 
loit entrer dans le parterre nonobstant la résistance du 
portier, et vouloitfaiie entrer trois de sa suitle, attendu 
qu'il estoit roy de l'oyseau et cornette des enfans de 
ville. Lequel Guichon estoit desia entre dans le par- 
terre. Voilà, monseigneur, ce qui résulte de l'informa- 
tion. Quant à l'origine de la querelle, j'en suspendroy 
le jugement comme V. A. R. l'ordonne et attendroy ses 

précises volontés 

Monseigneur, de V. A. R. très-humble, etc. Signé, 
Ducrest. 

IGGl). Jean -Jacques Fontaine, bourgeois. 

(Ibidem, Yo\. 342.) 
1G70. Le môme. (Ibidem, vol. Ilio.) 
1G71. Claspard Peiuugt, bourgeois. (Ibidem, 

vol. 344.) 



57 

1672. N. Claude-Louis de Buttet. {Ibidem, 
vol. 345. 

1673. Jean-JciC(|ues Fontatne. (Ibidem, vol. 
346.) 

1674. Féli.v Guerry. (Ibidem, vol. 347. ) 

1675. Georges Pongy. (Ibidem, vol. 348.) 

1676. N. Gaspard Dalmaz. (Mandats, vol. 17.) 

1677. Melchior Heurteur , maître vitrier , 
bourgeois de Chambéri. (Ibidem.) 

1678. N. Gentorioz de Micual du Mollard. 

1679. François Janin, bourgeois de Cham- 
béri. (Ibidem, vol. 18.) 

1680. Jean-Baptiste Ballet , qualilié d'hono- 
rable. (Ibidem.) 

1681. Jean Alfonce, maître ciiirurgien. (Ibid.) 

1682. Honorable Joseph Dardel, bourgeois 
de Chambéri. {Ibidem.) 

1683. Claude Sulpis. (Ibidem.) 

1684. M"^ Antoine Laragine. (Ibidem.) 

1685. Jean-Jacques Fontalme. (Ibidem.) 

1686. Le comte de Lesgiiaux de Lécue- 
raine. (Trés'° géni% vol. 359.) 

1687. lion'' Jean-Jacques Fontaine. (Man- 
dats, vol. 19.) 

1688. Amédée Arestan. (Ibidem.) 

1689. Pierre Voisin dit la Granaz. (Trés'« 
géni% vol. 362.) 

1732 Porraz. (Délibération du 30 mai, 

publiée plus haut, page 28.) 



58 

1763 PoRHAz. (Délib. du 19 juin, pu- 
bliée plus haut, page 31.) 

1775. Le comte de l'Hôpital. (Délibération 
du 7 avril, publiée plus haut, page 32.) 



ANNECI 

l I- 
Histoire des compagnies de celte ville. 

Nous avons peu à donner dans ce paragra- 
phe. Nous avons bien sous la main une copie 
authentique, complète et exacte des patentes 
de Chrétienne de France du 5 mars 1641. Mais 
la copie non authentique qui a été publiée (1) 
suffit, malgré quelques lacunes et quelques 
erreurs. Nous nous contentons d'en déposer 
une copie hdèle aux archives de la Société 
d'histoire et d'archéologie. Elle a été prise aux 
archives de la chambre des comptes , Patentes 
de Savoie, vol. 41, page 115. 

On trouve aux archives du royaume, dans la 
correspondance dei particolari (2_) , une lettre 



(1) Tome IX, page 175 des Mnn. de la Soc. 

(2) DUC, n" 95. 



59 

de (loin Diiclos de Blanzy, commandant à An- 
neci, dans laquelle il parle entre autres de la 
convenance qu'il y aurait à remplacer l'arc, 
l'arquebuse et l'arbalète par le fusil ou la cara- 
bine. Voici le passage de sa lettre où il en est 
question. 

Annecy, 15 may 4781. 

Monsieur, 

Je croirols manquer au devoir de ma charge, si je ne 
faisois part, à V. E. de deux abus des plus graves qui 
se sont introduits dans la ville, au grand préjudice du 
bien public et du service du roi. Le premier de ces 
abus est le magazin des poudres qui est au centre de 

la ville 

L'autre abus concerne les chevaliers tireurs 

de cette ville, qui dans ce mois s'exercent à tirer à 
trois oiseaux : l'un à l'arc, le second à l'arbalète et le 
troisième à l'arquebuze. Lors de l'érection de leur 
compagnie, créée pour s'en servir à la deffence de 
l'état et de la ville, ces armes étoienl en usage el pou- 
uoient être utiles , mais à présent elles sont hors de 
tout usage et ne peuvent servir à rien. Il me paroîtque 
si Votre Excellence daignoit mettre sous les yeux de 
S. M. que si l'on s'exerroit a tirer au fusil ou a la ca- 
rabine des prix ou des oiseaux contre la cibe , les 
tireurs pourroient alors remplir le but de leur institu- 
tion et être utiles. D'ailleurs ceux qui s'exercent à tirer 
avec les anciennes armes, ne sont que quelques caba- 
reliers ou des vendeurs de vin pour pouvoir jouir de 
l'exemption du commun et de la gabelle du vin. Les 
personnes d'un certain rang ne s'y amusent que très 



60 

peu, au lieu que si ou abbaltoit ces oiseaux, que la 
ville (qui seroit très disposée a donner quelques prix 
francs), se détermina à donner 200 ou 300 livres, tou- 
tes les personnes d'un état décent s'exerceroient à tirer 
à ces prix, rémulation renaîtroit dans la jeunesse, la 
compagnie, presque réduite à rien dès le départ de 
LL. MM., prendroit un nouvel essort et l'état pourroit 
en tirer avantage dans le besoin. 

Telles sont les représentations, etc. 

J'ai riionneur, etc.. Monsieur, de V. E., le très hum- 
ble et très obéissant serviteur. 

Dom Duclus de Blanzy. 

Les comptes des trésoriers généraux, pour 
l'année 1642, contiennent un détail qu'il a paru 
utile de consigner ici. 

Plus se descbarge le comptable de la somme de deux 
centz quarenle liures ducales valleur de soixante du- 
cattons de vingt blancs pièce quil a paye aux tireurs 
de l'arc arbarestc et arquebouse de la ville d'Annessy 
es mains touttes foys de M" Viollet moderne recepueur 
des deniers du tirage dudict Annessy et ce pour sem- 
blable somme que Madame Royale a accordé aux bour- 
geois et tireurs de ladite ville pour estre employée en 
dix prix francs du jeu de larquebouse les premiers 
dimanches de chaque moys et pour la fondation d'vne 
messe annuelle dans la chappelle de Saint-Sébastien 
pour la remission des âmes des serenissimes princes 
de la Royalle Mayson de Savoye et a perpétuité à la 
charge que lesditz tireurs rapporteront deux actes de 
la dicte fondation riesre les greffes du sénat et de céans 
comme du tout par les patentes de Madame Royale du 



61 

quinziesme de mars 4641 dlieuement visées conlre- 
rollees et expédiées veriffiees céans le vingt septiesme 
d'aoust mesmc année desquelles et dudict arrest est 
jcy remis extraict signe par M^ Cliamproux notaire 
ducal et secrétaire de la mayson de ville dudict An- 
nessy ledict payement fait en conformité des dictes 
patentes et arrest et ce pour lannée du présent compte 
1642 duquel payement appert par la quictance dudict 
Me Viollet du quinziesme de juin mesme année 1642 
jcy remise auec ledict extraict. (Vol. 311, art. 84.) 

La même somme figure dans les comptes sui- 
vants : en 1643 (vol. 313) ; en 1644 (vol. 314) ; 
en 1646 (vol. 317) ; en 1647 (vol. 319); en 1664 
(vol. 337); en 1665 (vol. 338); en 1666 (vol. 
339); en 1667 (vol. 340); en 1668 (vol. 341); 
en 1669 (vol. 342); en 1670 (vol. 343); en 1671 
(vol. 344); en 1672, en 1673, en 1674 et en 
1675. 

On trouve mention de ce payement en 1676- 
1686 dans les volumes de la trésorerie géné- 
rale ; puis en 1687, 1688 et 1689 dans les comp- 
tes des trésoriers. En 1697, le trésorier paye 
360 livres pour quinze prix francs au lieu de dix. 
On retrouve la somme de 240 livres pour les 
•années 1698-1702. En 1703, le trésorier géné- 
ral paye 180 livres ; en 1713, le trésorier géné- 
ral paye 136 livres ; en 1714 et les années sui- 
vantes, 240 livres. 

En 1681 et en 1682 le payement est l'ait aux 
mains d'honorable Claude Estiot, trésorier des 
tireurs. 



62 

En 1G83, entre les mains des tireurs Nanche, 
Manissy, Pierre Reverdy et Micliel Gliatenay. 

En 1684, aux mains de M° Claude Manissy, 
roi de l'arquebuse, et de Gervais Poitier, roi 
de l'arc. 

En 1685, aux trésoriers ; mais la quittance 
est signée aussi par les rois, savoir : par Vin- 
cent , roi de l'arbalète ; par Manissy , roi de 
l'arquebuse, et Poissy, roi de l'arc; par Michel 
Bedcl, trésorier, et (Ihamproux. (Comptes des 
trésoriers généraux. ) 

En 1686, aux rois honorables Pierre-François 
Gagnon , Michel Bedel et Jacques Bernard. 
{Ibidem.) 

Quelques rois des tireurs de VarCy de l'arbalète 

et de Varquebuse d'Auneci à ajouter aux listes 

déjà publiées (1). 

16i0. Jacques Synton, arquebusier, dont nous 
avons rencontré le nom au bas de gravures peu 
artistiques de ce temps-là, a haillie a la cheville 
du blanc au tirage de l'arc au Pasquier d'An- 
necy, en présence de Madame royale, (jui lui a 
lait donner pour cela la somme de cent vingt- 
six livres qui lui ont été payées le 22 août 1640. 
{Comptes des trésoriers généraux, vol. 319.) 

(1) Mém. de la Soc. sav. d'Iiisf. et d'nrch.. vul. IX, page 100, et 
vol. X, page 267. 



63 
1G41. Maurice Raffy, roi de l'arquebuse pour 
la troisième fois de suite et empereur. 

Ce vainqueur figure dans les listes publiées, 
et son nom n'est ici que pour donner occasion 
d'ajouter quelques détails à tout ce que l'on 
sait déjà de lui. 

Et d'abord voici une attestation que le sieur 
Ralïy a bien et loyalement abattu l'oiseau pour 
la troisième fois. Elle est du 30 mai 1641. 

Alleslation des sieurs Jean-BapHsle Du Motial noble 

et spectable Guy Eslyot , nobles Jean Faiire 

et Michel Perreard pour Mauris Raffy. 

Nous Jean-Baptiste Du Monal seigneur de Sarrasson 
docteur ez droictz aduocat au souuerain sénat de 
Savoye noble et spectable Guy Estiot docteur en mé- 
decine. Nobles Jean Faure et Michel Perreard procu- 
reurs au magniffique conseil d'Annessy : A tous ceux 
qui ces présentes verront salut scavoir faisons , que le 
vingtiesme du présent mois de may lundy de pente- 
costes M» Mauris Raffy loy des deux années précéden- 
tes du pappegay de larquebouze seroit venu au lieu 
accostumé de tirer les papegaux en la rue du Pasquier 
et au deuant la porte de ville d'jcelle ou estants jl 
auroit en notre présence présenté à tous les tireurs 
loiseau qu'il estoit prest de faire percher et monter 
au lieu destiné et auoir esté receu et qu'il y eust à 
l'accoustume des personnes deputtees pour voir char- 
ger lesdicts tireurs aflin quil ny arriuat point des tri- 
cheries. Nous estant retiré on nous auroit rapporté de 
quelques petittes espaces de temps ledict oyseau auoir 



64 

esté abbattii par leclict M« Raffy pour la troisième année 
et troisiesme fois secutivement lequel sitost venu dans 
l'hostel de ville, et en présence de tous les mesmes 
tireurs nous auroit représenté et mis en main ledict 
oiseau que nous aurions treuué auoir esté frappé 
d'une balle de plomb dans la platine au dessoubz du 
col, ensuite de quoy il nous auroit requis acte. Et de 
luy attester comme de bon jeu. Et sans aucune conni- 
uence ny tromperie, il auroit abattu ledict oiseau a 
Jarquebouse. Sur quoy nous aurions encores faict 
veoir ledict oiseau a tous les tireurs assemblés dans 
ledict bostel de ville. Et leur aurions fait prester le 
serment sy ledit Raffy l'auoit fidellement abattu et sy 
l'on l'auoit veu cbarger son arquebouse sans qu'il eust 
vsé de fraude ou qu'U y enst aulcun dol ny support: 
auxquelles propositions appres le serment par eux 
preste , ont tous unanimement affermes entre noz 
mains, que ledict M^ Raffy l'auoit bien abattu de bon 
jeu, et ont allégué que noble Balthazard Barfety , 
Me Huycbard Rosset, et M" Jean-Pierre Fabert Ion veu 
cbarger son arquebouse d'une seule balle . appres 
(|uoy nous aurions donné acte audit M° Raffy de telles 
déclarations pour s'en seruir et valoir ainsy que de 
raison, attestant par raesme moien a tous qu'il appar- 
tiendra icelluy M*^ Raffy auoir aussi abattu les aultres 
deux années précédentes le mesme oyseau a larque- 
bousc et qu'en qualité de roy il a fait ses prix francs 
suivant l'ancienne costume du tiiTige. Et pour tesmoi- 
gnerde lavt'rilté de la preseiile noslie alleslation nous 
sommes tons quatre signe/ faict contresigner par le 
secrétaire de ville et scellé du sceau des armes de 
ladite vilie. Donné Annessy dans l'hostel de ville le 
trentiesme may IGil. Signez .1. Du Monal , Esly, 



65 
Faure, Pereard et contresignes Champrond secrettaire 
et scellé des armes de ladite vdie. 

(Archives des comptes, Patentes de Savoie, vol. 41.) 

Maurice Piatîy, ayant éprouve des difficultés 
pour jouir des exemptions accordées aux empe- 
reurs, obtint de Madame Royale la patente sui- 
vante, en date du 13 septembre 1642. 

Chreslienne seur du roy très clireslien duchesse de 
Sauoye l'eine de Chipre &'' mère tutrice du serenis- 
simc Charles Emanuel par la grâce de Dieu duc de 
Savoye prince de Piémont roy de Chipre etc., et ré- 
gente de ses eslatz cV:"». A nos très chers, hien âmes et 
féaux conseigneurs les gens tenantz notre chambre des 
comptes de la les montz salul Pour temogaer combien 
nous auons eu pour agréable les preuuesque nous ont 
rendu nos chers bien âmes et féaux les nobles scin- 
dicqz et bourgeois de nostre ville d'Annessy a notre 
arriuee en jcelle, et notamment l'expérience qu'ont 
faict p.iroistre ceux qui font profession des nobles 
exercisses des jeux de l'arc, l'aibaresle et arquebouse 
en noslre présence noris leur accordâmes aussy très 
volontiers par nos patentes du 15 mars 1611 non seu- 
lement la conlirmatioii de leurs priuileges du tii'age 
ainsy quilz ont jouy jusques a présent mais encore la 
mesme concession delà sorte qua este accorde a ceux 
de noslre ville de Ghambery, auec le don de soixante 
ducaltous de vingt blancz pièce pour estre employez 
conformément a nos dictes i)alontes et moyenaiit la 
fondation annuelle et perpétuelle d'une messe a la 
vérification desquelles vous auries astrainct le paye- 

5 



66 

ment des diclz soixante ducattoas au billans contre 
nostre intention. 

Et depuis ayant recouru a vous notre bien cher Mau- 
ris Raphy des anciens bourgeois de notre ville d'An- 
nessy lequel auroit abbatu auec larquebouse loyseau 
soit papegay trois années subsecutivcment comme il 
en auroit faict apparoir affin qu'ensuilte du contenu 
en nos dites patentes et de leurs privilèges vous eussies 
jcelluy Raphy faict jouir des mesmes franchises, im- 
munités et exemptions de touttes taillies tant ordinai- 
res quextraordinaires sa vie durant et tout ainsy qu'en 
ontjouy noz autres bourgeois de Chambery qui ont 
abbattu ledict oiseau trois consecutiues années et jouit 
encore de présent vn Champagne (1), vous auries par 
votre arrêt du 19 décembre dernier dict ny auoir lieu 
sauf pour les quartiers extraordinaires desquelz ledict 
Raphy se treuue desia exempt attendu sa qualité de 
bourgeois le priuant par ce moyen de tous et vn chacuns 
lesdictz priuileges desquelz lesditz de Chambery ontjouy 
et jouit ledict Champagne, ce qui est aussi contre nostre 
expresse jntention et volonté pour n'auoir jamais en- 
tendu y auoir aucune jnegalilé entre nosdictz bour- 
geois de Chambery et Annessy ny differentié les vus 
desaultres notamment concernant lesditz priuileges et 
exemptions concèdes a ceux qui abbatent ledit oiseau 
comme dessus ce quauroit conuie lesditz nobles scin- 
dicqz et bourgeois d'Annessy et ledit Raphy de recou- 
rir d'e nouueau a nous pour auoir déclaration plus 
ample et expresse de nostre dicte jntention. 

Pour ces causes et aultres dignes considérations e( 

(1) Lupieu Sancet dit Cliaiiipagno, empereur à Chambéri. Voir 
ci-devant, pago 45. 



67 

respect a ce nous raouuans et appres en auoir encor 
participe auec nostre conseil l'esident près nostre per- 
sonne do nostre certaine science plaine puissance au- 
lliorité nous auons déclaré et déclarons ledict Raphy 
et aullres bourgeois dudict Annessy lesquelz ont abattu 
et abbalront ledict oiseau trois années subsecutiue- 
ment exemptes et jmmunes du payement de toutes 
taillies tant ordinaires qu'extraordinaires de quelle 
nature que ce soit, voulons et entendons et nous plaict 
qu'outre ce jlz jouissent de tous aullres droictz jmmu- 
nites priuileges franchises exemptions emolumentz et 
autres desquelz ont jouy nos dits bourgeois de Cham- 
bery que cy deuant ont abballuleditoiseau trois années 
subsecutiues et dont jouit encor a présent ledit Cham- 
pagne comme encores du paiement desdits 60 duca- 
tons portes par nos dites patentes pour eslre employés 
comme par jcellcs est contenu Ordonnons a ces lins de 
plus fort a nostre tresoi'ier gênerai de la les montz et 
autres auenir jceux paier et satisfaire comme par nos 
dites patentes et sans que ladite partie ne se treuuat 
couchée sur les bilans mesmes sur celluy de l'année 
dernière, présente et autres suivantes attendu la modi- 
cité de ladite somme et le faictpriuilegie duquel s'agit, 
lequel en demeurera duement décharge en ses comp- 
tes comme de mesme de la cotte en laquelle ledit 
Raphy est tiré en taillie tant pour les quartiers ordi- 
naires qu'extraordinaires rapportant extraict aulenti- 
(jue des présentes de l'arrest de veriflication des 
présentes et ceitifllcat de la cotte ce que nous vous 
mandons et expressément ordonnons faire obseruer 
en conformité de nos dites i)recedentes patentes du 15 
mars dernier et présentes et ce faisant faire jouir ledit 
Uapliy et autres a l'aduenir en semblable laict des 



68 

effaiclz desdits priuileges franchises jmmunites exemp- 
tions et emoluraentz y contenus et selon leur forme et 
teneur leur vie durant tant seulement et a la veriffica- 
tion desquelles vous procéderez sans aulcune modifi- 
cation ny restriction quelconques et sans vous arrester 
a tous vs stilz status editz bilans bilancins mémoires 
instructions verbales ou par escrit que pourries auoir 
de nous au contraire. 

A quoy tout en tant que de besoin nous auons ex- 
pressément par ces mesmes présentes dérogé et déro- 
geons et a la dérogatoire de la dérogatoire y contenue 
mesme a vos arrestz et decretz des 27 aoust et 19 dé- 
cembre dernier portant entre autres chefs que ladite 
somme de 60 ducatons ne seroit paiee quen confor- 
mité du bilan a laquelle condition par ces mesmes pré- 
sentes nous auons leué et louons comme dessus et les- 
quelles nous voulons vous servir de l""" 2^ 3c dernière 
finale etperemptoiie jussion, sans en attendre de nous 
autre mandat plus spécial enioignant a nos patrimo- 
niaux dy prester tout consentement requis sans aul- 
cune difficulté, car ainsy nous plaict. Donné à Turin 
le Iroisiesraejuilliet mil six cent quarante deux. 

Signé, Cbrestienne. V» Piscina. Castagnery. Graneri. 
Reg-"» Garron. 

Ensuite du décret de la chambre du dixiesme sep- 
tembre 1642 les 60 ducattons de vingt blancs pièce a 
forme du bilan et poui' l'exempliom de M« Mauris 
Raiilii pour dix-luiit Moiins deux sols huicl deniers et 
demy qu'il est tiré en taille par quartier a forme de 
l'attestation de M" Dui'och controlleur particulier de la 
chambre du 10<= septemlire 1642 soubsignee de Saint- 
Thomas etselee en placard. 



69 
1667. Pierre .Iossermoz, dit l'Ange, roi de 
l'arc. C'est à lui qu'a été payée , le 25 juin 
1667, la somme annuelle de 240 livres, parce 
qu'il était en même temps trésorier des tireurs 
d'Anneci. (Comptes, vol. 340.) 

1683. Gervais Poitier, roi de l'arc. Il a reçu^ 
ainsi que le suivant, de la trésorerie générale le 
montant du mandat annuel de 240 livres, en 
1684. (Trésorie génie, ^qI 357.) 

1683. Me Claude Manissy, roi de l'arquebuse. 
(Ibidcui. ) 



MOUTIERS 



Nous avons trouvé pour Moûtiers les lettres 
patentes du 20 novembre 1628, qui, outre les 
concessions relatives au tir , en font d'autres à 
la capitale de la Tarentaise , telles qu'exemp- 
tions de cîiarges extraordinaires, droit de faire 
des bourgeois , etc. Voici le texte complet de 
ces patentes : 

Charles Emaniiel par la grâce de Dieu duc de Sa- 

voye etc De la pari de noz chers bien aiues et 

feaulx les scindicqz, cytoyens el bourgeois de notre 
bonne ville de Mostier capilale en la province de Tha- 
renlaisc. Nous a esté remonslré qu'ayant pieu a Dieu 
continuer ses grâces et bénédictions sur ceste maison 



70 

par la naissance d'un filz (1) au prince Thomas, notre 
très cher et 1res ayme filz ilz tiennent à vn giand bon- 
heur pour eulx et leur postérité que ce don de Dieu 
soit arriue à leur dicte ville espérant de sa grande 
bonté quil le préservera longuement en vie et pros- 
périté, et quilz pourront obtenir par sa considération 
quelque particulliere protection entre noz subjectz et 
cependant ilz nous supplieroient volontiers d'agréer 
leur très humble supplication qu'a mémoire perpc- 
luele de sa naissance en leur ville notre bon plaisir 
soit de gratiflier les citoyens et bourgeois dune exemp- 
tion de toutes charges extraordinaires pour tous leurs 
biens en quelle part quilz soyent situes et pour ceulx 
quilz acquerront a laduenir leur octroyer le pouuoir 
de donner lettres de bourgeoisie et de prendre deux 
onces sur chesque liure des chairs qui se débiteront 
dans les boucheries et marches de ladite ville pour 
estre les deniers à quoy elles reuiendront employés 
aux bastiments et manutention d'une maison de ville 
qui est vng principal ornement et décore nécessaire et 
vtille à toutes les bonnes villes. 

Et linalement de jouir des priuileges dont jouissent 
les bourgeois de la ville de Chambery pour le tirage 
du papegay aftin que jouissantz de telles libéralités ilz 
puissent aussi auoir moyen a l'aduenir de maintenir 
et conserver ladite ville et donner courage a ses con- 
citoyens et bourgeois de s'applicquer a toutes sortes 
d'exercices vertueulx et decentz en mémoire de la joye 
perpétuelle (}uilz tesmoignent du seing ijuil plaise à 
Dieu prendre de la conseruation de notre maison et 

(1) Philibert-Emmanuel, sourd-muet, né à MoiMiers le 20 août 
1628, mort à Turin le 23 avril 1709. 



postérité a quoy jnclinantz volontiers tant pour tesmoi- 
gner a eux et a chacung le contentement et consola- 
tion que nous recepuons de ce don du Ciel et pour 
complaire a la princesse de Carignan ma fille laquelle 
pour son heureux accouchement en ladite ville nous a 
fort particullierement recommande le requeste que 
nous font lesdils citoiens et hourgeois que a contem- 
plation de leur zèle et tidelité et par ce qu'ainsy nous 
plaict. 

Par ces présentes de notre certaine science plaine 
puissance et grâce spéciale pour nous et nos suc- 
cesseurs a l'aduenir quelconques, nous auons les.- 
dits scindicqz citoiens hourgeois de notre dite ville 
de Moslier présent et aduenir exempte et exemp- 
tons perpétuellement du payement des ustencilles et 
décimes de bledz et de toutes aullres impositions et 
charges extraordinaires tant demandées et establies 
que a demander et establir à l'aduenir pour quelque 
cause prétexte et occasions que ce soit, ausquelles ilz 
eussent peu eslre tenus auant la présente concession 
pour tous leurs biens et fondz quilz possèdent de pré- 
sent en quelle part quilz soient assis et situes riere et 
dans les confins et limites de la province de Tharen- 
taise a quelle somme que le tout puisse monter et 
revenir encores qu'il n'en soit fête mention en ces pré- 
sentes, ne voullant qu'ilz puissent eslre tenuz a aultre 
payement et charge pour lesdits biens et fondz que de 
la taillie ordinaire a cause de la gabelle generalle du 
sel voullant que les communaultes en soient deschar- 
gees enuers notre trezorier gênerai, et jcelluy enuers 
notre chambre des comptes en manière que jamais ilz 
en puissent estre recherches troubles ny molestes en 
manière que ce soit, et de plus nous leur auons donné 



72 

et octroyé pouuoir de donner lettres de bourgeoisie à 
ceulx qui en seront cappables appres auoir continues 
habitation ordinaire en ladite ville l'espace de dix ans 
sans en abuser. 

Comme aussy les mesures priuileges et exemptions 
concèdes cy douant a la ville de Chambery pour ceux 
qui abattront le papegay au tirage de larquebouze a 
tous lesquels nous voulions estre paye chacung an par 
notre irezorier gênerai présent et aultres à l'aduenir 
la somme de cinquante ducattons pour aider à la des- 
pense quil conuient ferc au roy qui sera pour cha- 
cung an pour marcher en parade fere les collations et 
aultres solempnitez et préparations accoustumees. Et 
finalement nous leur auons permis et permettons de 
prendre et fere leuer deux onces sur cbasque liure des 
chairs qui se vendront dans les bocheries et marches 
de ladite ville pour estre les deniers employés a bastir 
et entretenir la maison de ville decentement comme 
il est requis au décore dicelle par l'aduis et assistance 
de noz juge mage et procureur fiscal en ladite pro- 
uince presentz et aduenir, ausquels nous jmposons 
expressément d'y tenir main qu'il ne sy commette 
abbus. 

Si donnons en mandement a noz très chers et bien 
amez etfeaulx conselliers les gens tenantz notre cham- 
bre des comptes en Sauoyede veriftler et jnteriuei'noz 
présentes lettres d'exemption et concession de pi-iuil- 
leges de point en point sellon leur forme et teneur et 
d'icelles et tout leur contenu faire et laisser les dits 
scindiez citoiens bourgeois de notre dite ville de Mos- 
lier presentz et aduenir jouir et vscr plaiuement paisi- 
blement et perpétuellement sans ])erniettre ny souffrir 
en manière que ce soit leur estre faicl mis ou donne 



73 

ores ny a Pailueiiir aulcun trouble ny erapeschement 
nonobstant tous edicts arreslz statulz et aultres choses 
a ce contraire ausquelles nous auons expressément et 
speciallement déroge et dérogeons pour ceste fois et en 
cestendroict seullement, vouUant que pour ce regard 
ces présentes leur seruent de première seconde troi- 
zieme et peremptoire jussion et commandement sans 
en attendre aulcung aultre. Car ainsy nous plaict. 
Donne a Tliurin le vingtiesme de novembre 1528. 

Signé, C. Emanuel. — V-'Piscina. — V» Monllioliuel. 
— Contresigné Carron. — Scelié a scel pendant. 

(Arch. de la chambre, Patentes de Savoie, vol. 33, 
page 151.) 



THONON 



Histoire des comjiagnies de tir de la ville de Thonon. 

Nous avons déjà publié, dans le tome VI des 
Mémoires de la Société, plusieurs pièces sur 
les compagnies, de tireurs de cette ville (1). II 
n'a pas été ajouté de renseignements inédits à 
ceux que contient cette série, et ([ui ont servi 
à M. Perrin pour son travail (2). 

(IJ Voyez pages 164, 168, 176, 189 et 218. 
(3) Tome IX, page 106. 



74 

La somme de 30 écus, soit 90 livres ducales 
ou cent cinquante florins, assignée au roi des 
tireurs de Thonon, a été payée, pour la pre- 
mière fois en 1672, comme il résulte du compte 
du trésorier général, N. Nicolas Brun (vol. 340). 
Les lettres patentes du 3 octobre 1670, qui or- 
donnent de verser cette somme annuellement 
au roi du papegay, n'ont été vérifiées à la cham- 
bre des comptes que le 2 juin 1072, et c'est 
alors seulement que la somme a été livrée. 

On trouve qu'elle a été payée en 1673 (ibi- 
dem), et les années suivantes jusqu'en 1688 
(Mandats, vol. 17, 18, 19), sauf l'année 1680, 
parce que cette année-là il n'y avait pas eu de 
roi du papegay. 

En 1689, la même somme a été payée par 
le trésor. Mais, au lieu d'être remise au roi des 
tireurs, elle l'a été aux nobles syndics de Tho- 
non, MM. Marin de Loisinge et Moret, pour 
être par eux employée à des prix francs ({ui 
ont dû être tirés cette année-là. (Compte du 
trésorier général noble Hyacinthe Saillet, vol. 
362, art. 170; et Mandats, vol. 362, art. 170.) 

§ IL 

Quelfjnes rois de l'arquebuse à Thonon. 

Les payements des 30 écus annuels ayant 
été faits aux rois du papegay, les archives de 
la chambre des comptes nous ont en outre 



75 

fourni le nom de quelques-uns de ces vain- 
queurs. 

1G72. Charles Galliat, bourgeois de Thonon. 

4673. Jacques Gollard, id. 

1674. Jacques Gollaru, id. 

1675. Jacques Gollard, id. 
Jacques Gollard, dont le nom est écrit une fois 

Gallard, a été vainqueur trois années consécu- 
tives; mais il ne paraît pas qu'il ait eu, comme 
les empereurs de Ghambéri et d'Anneci, des 
exemptions de tailles, etc. 

1676. M° Glaude-Joseph Michaud, bourgeois 
de Thonon. 

1677. M*^ Glaude-Joseph Michaud, id. 

1678. M« Glaude-Joseph Michaud, id. 

1679. Gabriel Moret. 

1680. Pas de roi. 

1681. Gabriel Boccard, second des syndics 
de la ville de Thonon. 

1682. M-^ Michel de Genève, secrétaire de la 
compagnie (1). 

1683. Bernard Grez, dit Pissot (2). 

1684. Glaude-Joseph Michaud, bourgeois. 

1685. Spectable Jean-Antoine Pennet, avocat 
au sénat (3). 

(1) Les syndics étaient cette année-là : Marin de Loisinge et 
Boccard. 

(2) L'avocat Pennet était second syndic. 

(3) Les syndics qui ont signé l'attestation étaient Marin de Loi- 
singe et Genevois. 



76 

1686. Spectable François Dufresne, avocat 
au sénat. 

1687. Spectable Henri Morel, bourgeois. 

1688. Noble Jean-Charles de Foras. 



EV!AN 

§ I- 

Tout ce que l'on sait des anciennes compa- 
gnies de tir d'Evian se réduit aux lettres pa- 
tentes de Jeanne de Savoie-Nemours qui créent 
le tir du papegay dans cette ville le 17 décembre 
1675, et qui ont été citées parCTrillet (1). Nous 
avons trouvé cette charte aux archives de la 
chambre des comptes, vol. 51 des Patentes de 
Savoie, et nous la transcrivons ici en entier. 

Marie Jeanne Baptiste par la grâce de Dieu duchesse 
de Sauoye princesse de Piedniont Reyne de Cliipre 
mère et tutrice de S. A. R. Victor Ame second par la 
grâce de Dieu duc de Sauoye prince de Piedniont Roy 
de Cliipre k. A tous ceux qui ces présentes verront 
salut Notre li'es cher bien ame et l'eal Josue Dordct 
aduocat au sénat de Sauoye et bourgeois d'Euian en 
Chablais ayant este député par la dilte ville pour au 

(1) Tume II, page 256. 



77 

nom dicelle prester le serment de fidélité a S, A. R. 
MonsF mon filz Et en mesme temps fonde de procura- 
tion pour requérir la confirmation des priuileges ac- 
cordés a la ditte ville par les serenissimes prédécesseurs 
de cesle Royale Goronne , il nous auroit faict suplier 
très humblement de la luy vouloir octroyer, et de plus 
de faire ressentir a la mesme ville quelques effects 
particulliers de nostre affection tant en vue de la fidé- 
lité inuiolable quelle a tousiours gardé enuers ses sou- 
uerains qu'a cause quelle est frontière de diuers pays 
estrangers, A quoy inclinant fort volontiers tant en con- 
sidération de ce que dessus que pour autres dignes 
respects a ce nous mouuant, Nous auons confirmé, 
certifié et de nouueau en tant que de besoing concédé, 
ainsi que par ces présentes signés de Nostre main de 
Nostre certaine science plaine puissance et authorité 
souuerainne, lieu sur ce l'aduis du Conseil résidant 
près nostre personne, Nous confirmons, ratifions et de 
nouueau en tant que de besoing concédons aux nobles 
scindiclz bourgeois et habitans de la vdle d'Euian en 
Chablais tous vn cbaqun les priuileges a eux accordés 
cy deuant par les serenissimes prédécesseurs de ccste 
royale coronne voulons et nous plaist quilz jouissent a 
laduenir tout ainsi et de mesme quils en ont joiiy cy 
deuant a la forme des arrestz de vérification diceux 
sans aucune modification restriction ny reserve et 
dautant que Madame Royale Chrestienne de France 
dheureuse mémoire du douze januier rail six cent 
trente neuf il fut expressément ileclairé que le filtre et 
qualité de capitale de Chablais donné à la ville de 
Tlionon ne pourroit ny ne debroil preiudicier en rien 
aux priuileges et concessions faicles a lad'' ville d'Euian 
et que le mesme aduocat Bordet nous a parelliement 



78 

suplié de vouloir renouueller lad" déclaration par ces 
mesmes présentes nous auons declairé et declairons 
que le susd' tiltre et qualité de capitale accordé a lad"' 
ville de Thonon ne debura ny pourra en rien preiudi- 
cier ny nuire en façon quelconque aux droictz d'an- 
cieneté franchises libertés immunités prééminences 
exercisse de justice riesre le ressort dudictEuian, pre- 
rogatiues raisons et autres priuileges appartenant a 
lad" ville et desquelz elle est en possession nonobstant 
tous actes contraires qui pourroient seslre ensuiuy 
depuis telle déclaration ausquelz si aucun y en a Nous 
auons dérogé et dérogeons en tant que de besoin vou- 
lant et entendant que lesd^^ deux vdles de Thonon et 
d'Euian demeurent chaquune en leurs anciens droictz 
et priuileges respectivement sans aucune nouuauté 
d'une part ny daulre, Et comme nous desirons donner 
quelque marque particulliere de nostre affection enuers 
lesdictz nobles scindiclz bourgeois et habilans de lad« 
ville d'Euian et leur fournir le moyen de pouuoir exercé 
la jeunesse au faict des armes, Nous leur auons permis 
et permettons d'élever vn papegay, dy tirer chaque 
année, et de choisir a cest effect celuy des dimanches 
du mois de juin quil jugeront le plus commode, Esli- 
sant vn ou plusieurs capitaines et autres officiers pour 
régler et conduire lad" jeunesse aux exercisses leur 
donnant pouuoir de ce faire et den vzer tout ainsi et 
de mesme quen vzent les autres villes de Sauoye qui 
ont parel priuilege En conséquence duquel et pour 
donner courage a la jeunesse de se rendre tousiours 
plus habille aud^ tirage Nous auons accordé et accor- 
dons pour celuy qui abbaltra le dict papegay la somme 
de cent cinquante llorins monnoye de Sauoye cha(|ue 
année lesquelz nous ordonnons a nostre moderne tre- 



19 

sorier gênerai aud' pays et successeurs de luy payer 
annuellement a commencer la prochainne septante six 
florins et continuer a laduenir sur le certificat desdictz 
scindicts que moyennant la copie authentique des pré- 
sentes auec led' certificat et quittance de celuy en 
faveur duquel il sera faict sans autre au premier paye- 
ment et aux suiuanz ledict certificat et quittance comme 
dessus tout ce qui aura este paye en ceste conformité 
sera entré et alloué en la despence de leur compte par 
la Chambre d'iceux à laquelle nous mandons de ce faire 
et de vérifier les présentes de poinct en poincl selon 
leur forme et teneur sans aucune limitation restriction 
ny reserve faisant et laissant jouyr les impétrants du 
fruit et bénéfice d'icelles plainement et paysiblement 
sans point de difficulté et aux patrimoniaux dy prester 
leur consentement requis et tenir main a leur entière 
observation et exécution car ainsi nous plaist. Donné a 
Turin le dix septiesme jour de décembre mil six cents 
septante cinq. 

Signé Marie Jeanne Baptiste. — V» Busquet. — 
V" Graneri. — R'» Carron 

a forme des bilans et distribution pour les cent cin- 
quante florins annuelz scellées et contresignées fay en 
seau pendant. 

On voit que ces lettres patentes contiennent 
en outre le renouvellement des anciens privi- 
lèges de Tlionon. L'arrêt de vérification et 
d'entérinement de ces lettres par la chambre 
des comptes est du 31 janvier 1676. Il men- 
tionne d'autres patentes qui ont été vues par la 
chambre, savoir : des privilèges, de mai 1265; 



80 

des patentes de confirmation du comte Amédée, 
du lundi avant la S^ Martin l^OO; du comte 
Edouard, du l*^"" février 1324; du comte Amédée, 
du 24 février 1365 ; de Madame Bonne de 
Bourbon^ du 25 juin 1392; du duc Amédée YIIT, 
du mois de février 1418; dn duc Louis, du 
8 juin 1458 ; du duc Charles, du 17 décembre 
1485 ; de Madame Blanche , tutrice du duc 
Charles, du 12 avril 1490; du duc Charles II, 
du 5 août 1508; d'Emmanuel-Philibert, du 3 
octobre 15G9; de Victor- Amédéfi P'', du 15 no- 
vembre 1632, et une autre du 12 février 1639. 

§11. 

Quelques rois des tireurs à Evian. 

La somme stipulée dans les patentes qui 
précèdent a été régulièrement payée aux rois 
des tireurs de l'arquebuse d'Evian depuis l'année 
1676 jusqu'en 1689, soit pendant quatorze ans. 
Cela résulte des mandats de la chambre des 
comptes de Turin, où l'on voit la mention du 
payement d'une somme annuelle de 90 livres 
ducales aux: rois du papegay d'Evian , livrée 
ensuite de certificats des syndic et conseil de 
la ville, et en conformité sans doute des patentes 
susdites. 

Cette somme était livrée aux rois du tir à 
rar(|uebus(^, dont voici la liste pour les quatorze 
années dont il s'agit. 



81 

1676. Discret Noël Billiot, bourgeois d'Eviau. 

1677. Egrége Jérémie Bordeï, id. 

1678. Id. id. id. 
1670. Id. id. id. 

1680. Id. id. id. 

1681. M*^ François Bordkt, id. 

1682. M^ Josiié BuGNET, commis au banc de 
sel à Evian. 

1683. Spectable Pierre Laurent , avocat au 
sénat et bourgeois d'Eviao. 

1684. Spectable Josué Bordet, avocat au sé- 
nat et bourgeois d'Evian. 

1685. Noble Guillaume de Gribaldi. 

1686. Spectable Pierre Laurent. 

-1687. Honorable Nicolas Morel, maître ar- 
murier de la ville d'Evian. 

1688. Honorable Pierre Hautier, bourgeois 
d'Evian. 

1689. Noble Pbilippe Dunant. 



MONTMÉLIAN 

Les archives di; l:i cliamlmules comptes con- 
tiennent: trois pièces relatives aux tireurs de 
Montméiian. La prcmièiv, datée du '^ mars 
1563, est une coiilii'iiiiilidii de iirivilégcs pour 





82 

les rois des jeux de l'arc , de l'arbalète et de 

l'arquebuse de cette ville ; la voici : 

Eraanuel Philibert par la grâce de Dieu duo de Sa- 
uoye Chablais et Aousle, prince et vicayre perpétuel 
du sainct empire romain marquis en Itallie prince de 
Piedmont comte de Gcnesuc et Geneuois Bauge Ro- 
mont Nyce et d'Ast baron de Vaulx de Gex et du Fau- 
cigni seigneur de Bresse Verceil et du marquisat de 
Ceue &•■•. A tous ceux qui ces présentes verront salul, 
Scauoir faisons que nous aiantveu les requesles priui- 
leges franchises couslumes libertés et immunités cy 
allachees concédées et confirmées par noz très dlustres 
prédécesseurs pour lesroys des jeux de l'arc arbalcste 
et arquebouse de notre ville de Montmelian et le tout 
bien veu et considère ensemble les lettres de prouision 
desia octroiees par notre chambre des comptes y atta- 
chées encoures les auons confirmées et approuuces 
confirmons et approuuons par les présentes de notre 
certaine science et aucthorile souueraine et en tant 
qu'est de besoing de nouueau les concédons et oc- 
troions veuillans quelles soient obseruees gardées et 
inuiolablement entretenues par tous et ainsi qu'il ap- 
paitiendra auec les clauses opportunes et exemptions 
y insérées selon ce qui est plus amplement porte pai- 
icelles. 

Si donnons en mandement a noz très chers bien amez 
et feaulx conseillers les gens tenans notre sénat et 
chamlire des comptes en Sauoye et aultres nos minis- 
tres officiers vassaulx et subiectz a qui appartiendra 
que de noz présentes lettres de coiilii'mation ensemble 
desdictz priuileges franchises coustiimes libertés et 
immunités susdites (piilz facent et souffrent jouyr et 



83 

vser lesdictz supplians et tous aullres par cy après a 
qui appertiendra ainsi quilz ont faict jusques ici plai- 
nement et paisiblement sans aucune difficulté en tant 
que vous estime notre grâce car tel est notre voulloir 
lesquelles voulions estre obserue nonobstant quelques 
droicts ordonnances mandemens et restrictions faisans 
au contraire ausquelles auons déroge et dérogeons 
par ces présentes. Données à Montmellian le trois mars 
mil V*" soixante trois. 

Signé : Emanuel Philibert. — V" Montfort et Ferreri, 
et scellées a cordons pendans de soye en cyre 
rouge. ( Patentes de Savoie. ) 

La seconde pièce, datée du l*"'" mars 1678, 
émane de la régente de Savoie Marie-Jeanne- 
Baptiste, et elle a été enregistrée le 2 avril sui- 
vant. Elle accorde aux habitants de Montmélian 
et d'Arbin une somme annuelle de 150 tlorins 
pour s'exercer à l'arquebuse et établir des prix 
francs , à la condition que cette laveur s'éten- 
dra aux officiers et aux soldats de la garnison 
de Montmélian. Voici le texte complet de ces 
lettres patentes. 

Marie Jeanne Baptiste par la grâce de Dieu duchesse 
de Sauoye princesse de Piedmonl rayne de Chipre 
raereet tutrice de S. A. R. Victoi- Amed duc de Sauoye 
prince de Piedmoiit roy de Chipre et régente de ses 
cslalz a tous ceux qui ces présentes verront salut. De 
la part des nobles scindictz bourgeois manantz et habi- 
lans de la ville de Montmellian et Arbin nous ayant 
1res humblement représente que plusieurs villes de 



84 

Sauoye ont la faculté en certains jours de chaque 
année de sexercer au tirage du papegay soit au jeu de 
larquebuse pour rendre la jeunesse plus habille et 
plus propre au maniement des armes, et qu'a cest 
effect les serenissimcs prédécesseurs de S. A. R. mon- 
sieur mon filz leur ont estably quelque somme pour 
des prix francs aflin de lanimer par ce moyen audit 
exercisse nous ayant faict suplier ensuitte de leur 
vouloir accorder le mesme priuiiege nous nous y som- 
mes portés bien volontiers tant pour ne pas différen- 
cier ladite ville des autres qui ont seraftlables libertés 
que pour luy lesmoigner combien nous chérissons 
toutes les occasions qui se présentent de donner a ses 
habitantz des marques de noslre affection Voulant donc 
qua Paduenir il soit loisible et permis ausdits nobles 
scindictz bourgeois manans et habitants de la ville de 
Montmelian de s'exercer chaque année audict jeu de 
l'arquebuse de choisir a cesle lin tel jour de l'année 
quilz jugeront plus a propos et d'eslablir des prix francs 
nous leur accordons et assignons chaque année sur 
quelconques deniers de la trésorerie générale de la les 
montz la somme de cent et cinquante llorins monnoye 
de Sauoye a condition neanlmoins que ce mesme pri- 
uiiege sestendra en faveur des officiers et soldaz de la 
garnison de Montmelian ausquelz nous entendons (|uil 
sera loisible de s'exercer et de se treuuer au mesme 
tirage et de recepuoir le prix qu'ils emporteront et 
aflin quil consle de notie présente concession. 

Par ces présentes signées de noslre main de nostre 
certaine science plaine puissance et authorité souue- 
rainne heu sur ce l'aduis de nostre conseil résident 
près nostre personne nous avons accordé et accordons 
aux nobles scindictz bourgeois mananiz et habitans de 



85 

la ville de Monlmeillan et Arbiii aux officiers et soldatz 
de la garnison dicellc la faculté et permission de s'as- 
sembler chaque année a commencer dez la courante 
et aux jours quilz auiseront les plus commodes pour 
tirer au papegay et s'exercer au jeu de larquebuse et 
destablir des prix francs tels quilz jugeront convena- 
bles au(iucl effect nous leur aiions octroyé et octroyons 
la somme de cent et cinquante Uorins monnoye de 
Sauoye lesquelz nous ordonnons au moderne trésorier 
gênerai audit pays et ses successeurs de payer chaque 
année a commencer la courante de quelconques de- 
niers de leur recepte générale entre les mains desdilz 
nobles scindictz qui seront successiuement que moyen- 
nant copie authentique des présentes auec leur quit- 
tance au premier payement et aux suivanz leur simple 
quittance tout ce quilz auront payé en ceste conformité 
sera entré et alloué en la despence de leur compte par 
la chambre d'iceux à laquelle nous mandons de ce 
faire et de vérifier les mesmes présentes de point en 
point selon leur forme et teneur et aux patrimoniaux 
de S. A. R. monsieur notre filz d'y presler leur con- 
sentement requis Mandons a ces fins a tous magistrals 
ministres of liciers vassaux et tous autres qu'il appar- 
tiendra de faire et laysser jouyr les impelrantz de nos- 
Ire présente concession plaiiiement et paysiblement 
sans aucune difficulté. Car ainsi nous plaist. Donné à 
Turin le premier jour de mars mil six cent septante 
huicl. 

Signé : Marie-Jeanne-Baptiste. — V-' Busquet. ^ V^ 
Graneri.— R'=' Carron. Scellé et conti-esigné Fay a forme 
du bilan. 

[Patentes de Savoie, vol. 62.) 



86 

Eiitiii, la troisième pièce est une contirma- 
tion par Victor-Amédée II des patentes précé- 
dentes. Elle est du 19 février 1698. Comme 
elle n'oftre rien de particulier, nous ne jugeons 
pas nécessaire de la reproduire ici. 

Puisant aux mêmes sources, on trouve pour 
Montmélian le payement de cette somme de 150 
tlorins, soit 90 livres ducales, fait aux mains des 
syndics de cette ville, pour les années 1080-1689 
et 1699-1702, soit pour quatorze années (1). 



RUMILLI 



Les documents suivants s'ajoutent encore à 
la publication si complète de M. F. Descostes 
sur les chevaliers tireurs de Rumilli (2). Nous 
les publions sans commentaires. 



(1) Notons en passant les noms des syndics rencontrés : 
En 1581, le sieur La Mollie. 

1582, M" Dunant. 

1583, Bourgeois et Roy, abbé. 

1584, Bourget et Viod. 

1685, Biod, Genin et Tissot. 

1686, Biod, premier syndic. 

1687, Laurent et Sonnet. 

1688, Id. Id. 

^2) Annacy, Thésio, 1869, in-S». 



87 



1777. — Lellre de l'intendant fjénéral de Chambéi'ij, 
Félix-Cassian Vacca, et rapport du même sur une 
demande des chevaliers tireurs de Rumilii. 

Au roy. 

Sire, 

La compagnie des clievalieis tireurs de votre ville de 
Rumilly prosternée au pied du Itirône a l'honneur de 
représenter en toute Immilité à V. M. que vos royaux 
prédécesseurs, par pattenles des 2i juin 165i et 14 
août 1674., ayants accordés à la ville pour le tirage de 
Tarquebuze et jeu du papeguay, des privilèges confir- 
més par autres patientes du 25 avril 1754 de Charles- 
Emmanuel Votre auguste père d'heureuse mémoire, 
la jeunesse de cette ville la plus zélée la plus distin- 
guée s'est portée avec l'empressement le plus vif à 
s'exercer conformément à ladite patente depuis la fin 
de la dernière guerre jusqu'à cette année; que son 
ardeur s'est renouvelée à la première nouvelle de l'ar- 
rivée de Y. M. en Savoye, et a fait renaître le zèle 
ardent de la compagnie qui s'est mis en uniforme avec 
l'agrément de S. E. Monsieur le commandant général 
du duché, pour pouvoir vous témoigner sa joie et son 
ardeur, et a fait construire un nouvel édifice plus com- 
mode et plus convenable pour l'exercice de l'arque- 
buse; cette compagnie, Sire, qui est composée de l'élite 
de la bourgeoisie de cette vdle dont les cœurs pétillent 
du courage pour le service du meilleur des rois, et 
qui n'a d'autre ambition que de pouvoir lui prouver 
toute l'étendue de son amour et de sa fidélité , prend 
la liberté de recourir 

A ce qu'il vous plaise , Sire, lui faire la grâce de 



88 

confirmer l'éleclioii de ses officiers, de niarclier sous 
leurs ordres dans les occasions qu'il vous plaira d'or- 
donner pour le soutient de la couronne et deffence de 
la patrie, et que nul tireur ne seia admis au tiiage 
qu'il ne soit enrôlé dans ladite compagnie, et par ses 
exercices en être reconnu digne, enliii lui accorder la 
jouissance du fossé ou ladite compagnie a fait cons- 
truire à grands fraix un tirage jiour s'exercer n'ayant 
eu aucun autre secours que son déboui'cé, cette espace 
de terrein aride et inculte lui serviroit d'embellisse- 
ment si elle étoit améliorée par les soins de la compa- 
gnie qui redoublera ses vœux pour la prospérité de 
votre couronne et pour la précieuse conservation de 
votre sacrée personne et de la famille royale. 

Daniere capitaine. — Durhône, lieutenant et aide- 
major. — Gayme lieutenant. — ^Rubellin, secré- 
taire des nobles chevaliers tireurs. 

Les tireurs de l'arquebuze ricre la ville de Riimilli 
en la personne de noble Danière, et en celles des sieurs 
Durone et Guairne, le premier en qualité de capitaine, 
le second de lieutenant aide-major et le troisième de 
lieutenant exposent par leur supplique au roy 

Que par patentes des 24 juin 165i et 14 aoust 1074 
ayant accordé à la dite ville pour le tirage de l'aniue- 
buze, et le jeu de papeguai des privilèges confirmés 
par autres patentes du 25 avril 4754 du roy Cbarles- 
Emanuel de glorieuse mémoire, la jeunesse la plus 
distinguée et la plus zélée s'est toujours portée avec un 
vrai empressement à s'y exercer 

Après avoir exposé qu'elle a fait construire un édifice- 
plus commode et plus convenable pour l'exercice de 
l'arquebuze, elle recourt à S. M. aux lins qu'il lui 



89 

plaise par un effet de ses grâces 1° confirmer l'élec- 
tion de SCS officiers, elc 

L'intendant général soussigné étant requis de donner 

son sentiment s'esta ces fins procuré les con- 

noissances nécessaires et il lui a résulté 

Que Cliarles-Emanuel degloiicuse mémoire accorda 
par patentes du 25 avril 1742 à la ville de Humilly en 

confirmation de privilèges qu'elle avoit obtenu 

par patentes des 24 juin 1654 et 14 août 1674 re- 
latives à des précédentes , entr'aulres à celles du 28 
octobre 1647 la permission du tirage de l'arquebuse et 
jeu du papegay et autorisa le conseil à nommer un 

capitaine de ville de même qu'à prendre tous les 

ans sur ses revenus une somme de 50 livres pour être 
employée à des prix francs 

Que le conseil d'icelle ainsi (juc par délibération des 
12 aoust et 13 septembre 1751 détermina des règles 

qui dévoient être observées lors de cbaque tirage 

lesscindics ouvriroient le prix fi-anc pour S. M le 

roy de l'année précédente tii-eroit ensuite le capi- 
taine en après et successivement tous les autres 

Que le fossez dont le recourant demande la jouis- 
sance a toujours été un des communaux appartenants 

à la ville dont la contenance est de trois journaux 

164 toises 6 pieds 

Qu'il n'y avoit en premier lieu qu'un simple petit 
bâtiment appuyé d'un côté sur un mur de ville, lequel 
fut construit à l'aide de plusieurs particuliers mais (pie 
par délibération du 16 may 1775 cet emplacement fut 
pris pour élargir la grande route et l'entrée de la ville. 

Que dans cette circonstance ladite ville concertât 

avec les principaux tireurs de faire construire tout 



90 

proche du premier emplacement un nouveau tirage 

mais malgré ce que lesdits tireurs ont fourni et les 
générosités de différents particuliers Touvrage n'est pas 
achevé faute de fonds. 

Le conseil de vUle se détermina par délibération 

du 1 9 avril 1 775 non seulement de concourir à cette res- 
tauration mais encore à la formation de cette compa- 
gnie de tireurs choisis de l'élite de la bourgeoisie pour 
parader en uniforme 

Le conseil en conséquence fit un mandat de 450 
livres ensuite des représentations de noble Daniere 

capitaine de la compagnie pour aider aux frais 

qu'ils étoient déteiminés de faire pour parader en uni- 
forme 

Que par autre délibération du 2 avril 1775 le 

conseil sur la demande de la compagnie des tireurs 
d'avoir un capitaine nomma noble Charles Daniere de 
Gantelet lequel est actuellement dans ladite charge 

A considérer le recours des suppliants il ne tend 

rien moins qu'à devenir indépendants de la ville 

les trois demandes qu'ils font consistent 

4° A ce que l'élection de leurs officiers soit contir- 
méc par S. M 

2" Que personne ne soit admis au tirage sans être 
préalablement enrôlé dans ladite compagnie. 

3" Qu'il leur soit accordé la jouissance du fossez qui 
existe au long du tirage. Quanta la première demande 
Ton ne peutijue remonter à la naissance de l'établisse- 
ment dudit tirage et voir(iui en a été le principe. 

La ville de Rumiliy n'a pas manqué de recourir 

au souverain pour en obtenir les patentes 

sous les dates des 28 octobre 1047, 24 juin 1054 et 14 



91 

aoust 1674 le fait esl encore plus constaté par les 

patentes (lu 25 aviil 1742 

C'est le conseil qui par ces patentes a dû nommer 

le capitaine de la compagnie C'est le conseil qui a 

fait publier le jour du jeu du papegay et qui a aussi 

fourni la somme de 450 livres Il paroit en consé- 
quence que dans les circonstances présentes et 

relatives au tirage c'est à elle de donner les dispo- 
sitions convenables et que ce n'est pas le cas que S. M. 

approuve l'élection des ofiiciers actuels du tirage 

ce seroit une élection qui leur deviendroit un 

moyen de se rendre indépendants de la ville qui est 
bienfaitrice 

Pour ce qui est de la seconde demande qu'aucun 
ne soit admis au tirage sans avoir été préalablement 
enroUé dans la compagnie elle est assés singulièie, eu 
égard à ce que le tirage et le jeu du papeguai n'ayant 
été établis que pour exciter de l'émulation dans la 

jeunesse si l'enrôlement en question avoit lieu, 

les officiers de la compagnie n'y admettroient que l'élite 
de la jeunesse 

Le moyen qui paroîtroit le plus propre seroit... que 
ceux (jui voudroient être admis au tirage se présentas- 
sent au conseil de ville qui en tiendroit registre 

pour en donner note au secrétaire des tireurs 

A l'égard de la troisième demande qui concerne la 
jouissance du fossez la ville en étant la proprié- 
taire il paroit que ce ne seroit pas le cas de l'en 

priver, etc 

Chambéry, le 31 décembre 1777. 

Vaciia. 

( Leltere dei parlicolari, Vac. 2.) 



92 

ALLINGES 

Le 6 février 1582, les habitants du mandement 
d' Alliages ont obtenu du duc Charles-Emma- 
nuel une somme annuelle de dix écus de trois 
livres pour les Irais du tn* à l'arquebuse, dont 
l'usage était très-ancien dans le pays, et s'était 
maintenu même pendant la domination ber- 
noise, comme en témoinne la charte suivante : 

Charles Emanucl par la grâce de Dieu duc de Sa- 
uoye Chablais Aouste et Gcncvoys etc. A tous ceux qui 
ces présentes verront salut. Scauoir faisons que nous 
ayant très humljlement remonstré et faict entendre noz 
Ijien araez scindiez ])ouigeoys manans et habitans de 
notre comté et mandement d'Alinge comme de tous 
temps et louable costume, obseruee mesme du temps 
(|uilz ont estes occupes des seigneurs de Berne dz 
font riere ledict lieu tous les ans ung roy du tirage de 
larquebuse pour l'exercice de la jeunesse et pour se 
rendre aptes et cappables au maniement des armes, 
auquel roy cstoit annuellement donné quelque ayde et 
moyen pour pouvoir supportei' les fraictz qui luy con- 
nient fere aux pris qui se deffendent et aultres choses 
nécessaires audict tirage. Nous suppliants très hum- 
blement, affin que tel honneste exercice puisse estre 
continué leur vouloir establir et constitué tel don et 
ayde qui! nous plairoit pour cest affaii'e. 

A quoy jnclinans tiés uolontiers par ces présentes 
de notre certayne science et auctorité, ayants pour 
agréable ledict exercice auons accordé et donné accor- 



93 

dons et donnons des aujourdhny ausdictz d'Alinge sup- 
pliants la somme de dix escuz de trois liures nostres 
lung tous les ans, et au premier jour de raay a iceulx 
prendre et percepuoir par les scindiez ou procureurs 
de ladite communaulté sur les deniers quilz nous 
payent annuellement tant pour le subside que aultres 
extraordinayres pour estres employés par iceulx scin- 
diez ou procureurs aux fraiclz dudicl tiraige comme 
mieulx sera aduisé entre eux. 

Si donnons en mandement a noz tics chers bien amez 
etfeaulx conseillers les gens tenans notre chambre des 
comptes audict Sauoye, quen obseruation des présen- 
tes ils entrent et alouent ausdictz d'Alinge tous les ans 
ladite somme de dix eseuz sur les deniers quilz' nous 
payent annuellement comme dict est et den décharger 
ainsy que nous en déchargeons la receple de notre 
très cher bien amé et féal conseiller et tresoiier gêne- 
rai della les montz messire Loys Bruno présent et tous 
aultres a laciuenir ausquelz nous mandons de ne mo- 
lester ny contraindre lesditz suppliantz au payement 
desditz dix escuz ains leur enballier ferme assignation 
et les leur laisser jouyr comme dessus sans diflb nlté 
cai' tel est notre vouloir. Données a Turin le sixième 
feuricr mil cinq cent huielante deux. 

Signé : G. Emanuel. — V» L. Milliet. Caluxe. 



'O' 



Ces lettres ont été vcrifiées et entérinées par 
la cliamljre des comptes , lo 2 mai de la même 
année, sur requête des syndics et habitants du 
comté (rAllinges. iMais, eu 15(S3 et en 1581-, ils 
ont éprouvé quelques didicultés à toucher cette 
somme anniicllc de ciniinanlc lloriiis on dix 



94 

écus. La chambre des comptes, à laquelle ils 
se sont adressés pour cela, a exigé d'eux une 
sommaire apprise par-devant le châtelain d'Al- 
hnges, et cette enquête a eu lieu le 5 juillet 
1584. Tout cela résulte des documents sui- 
vants, extraits des archives de la chambre des 
comptes. 

A noz seigneurs des comptes , 

Supplient humblement les scindiez bourgeois ma- 
nans et babitans d'Allinges, comme il auroit pieu a Son 
Altesse par ses lettres palantes du sixième feburier 
1582 leur donner annuellement la somme de cinquante 
florins payaibles au premier jour de may par le sieur 
trésorier gênerai ou son commis ez balliage, ou vray- 
ment leur estre par luy précomptez sur ce quilz doib- 
uent de sul)side lesquelles lettres sont estes veriffiees 
céans. Depuys pour le reffus que leur faisoit ledit com- 
mis seroient esté conlrainctz obtenir aultre arrest céans 
du 28 auril année présente lequel est cy atlacbe no- 
nobstant lequel encores ne peuuent ilz obtenir paye- 
ment des deux années et termes escbeuz 1582 et 1583 
ayns travaillez et contrainclz par ledit commis de payer 
et; quils deburoient dudil subside quest a leur giand 
preiudice dont ils protestent de tous despens domma- 
ges et intereslz. 

Ce considéré plaise vous faisant foy desdits arrestz ot 
lettres leur octroyer lettres de contraincte contre ledit 
seigneur trésorier pour son commis pour le payement 
des deux termes reuenans à cent lloiins et pour la con- 
tinuation cy après et suyuant lerlil arrest si ferez bien. 

Baie. 



95 
Soit monstre au trezorier gênerai et au procureur 
patrimonial Perrod. Faict a Chambery au bureau des 
comptes le xxvij juillet 1583. 

De Ville. 

Le xxvijje jour des dits mois et an signiffié au sieur 
trésorier gênerai parlant a sa personne lequel na faict 
aucune responce faict par moy. 

Beisson. 

Attendu quon est sur ce intervenu cy joinct le pro- 
cureur patrimonial na moyen empecber quil soit 
ordonné par la chambre commandement estre faict 
audit sieur tliresorier gênerai payer lesdicts suppliantz 
suyuant ledit arrest. Faict a Cliamberi le xwiij'^ juillet 
1583. 

Perrod. 

Est ordonné et mandé au trezorier gênerai de payer 
et satisfere lesdits suppliantz des termes escheuz suy- 
vant et a la forme de larrest de céans du vingt huic- 
tieme auril dernier. Faict a Chambery au bureau des 
comptes le vingt nenfu" juilliet 1583. 

Val liez. 

Le trésorier dict quil ny a fond quant a présent de 
paier la somme dont est c(iieslion moins des aullres 
sans le commandement de Son Alteze. A Chambery 
lesdits an et jour susdits. 

J. Brun. 

A nousseigneurs des comptes, 

Supplient humblement les scindiques bourgeois ma- 
nanlz et hahitans du conté d'Alinge. Comme appres la 
veriffication des lettres patentes par eulx obtenues de 



96 

Son Altesse par lesquelles leur auroit donné annuelle- 
ment la somme de cinquante florins. Ils auroient ob- 
tenu céans le mandat cy attaché du xxviij" auril 1583 
par lequel estoit mandé au seignieur trezorier de Son 
Altesse fere ledit payement de ladicte somme de cin- 
quante florins annuelz tant pour les termes excheux 
quostoiont pour Tannée 1582 a la fin des rates que 
pour l'aduenir ce que n'auroit esté paie en tout ny en 
partie par le jadis sieur trésorier gênerai ny aullre- 
ment et despuis seroient escheux aultiTs deux années 
assauoir 1583 et Si a la fin de may. Au moyen de quoy 
desireroient estre mandé au sieur trésorier gênerai 
moderne leur fere payement suyvant l'intention de 
Son Alteze et de la chambre de cent et cinipiante flo- 
rins pour lesdites trois années et continuer par cy 
après, ce quilz supplient très huniMement leur accor- 
der et ordonner cl ferez bien. 

Fague. 

Soit monstre au procureur patrimonial de Tardi et 

au trezorier gênerai. Faict a Chamhery au bureau des 

comptes le onz" juin 1584. 

De Ville. 

Le trezorier gênerai dict (|uil sen lemecl au bon 
playsir et volumpté de la chambre et questant sur le 
billans quil payera. Faict a Chand)ei'y le (m/s- jour sus- 
dit. 

Em. Dinno. 

Plaise a nousseigneurs des comptes a riiuiiible sui»- 
plication des scindicpies bouigeois et habilantz d'A- 
lingc Icui- feic dioii I siii' h^s lins de la requête sus 
escripte et ce faisant leur ordonner payement vers le 
sieni- Irezoïier des cent et cinquante llorins suppliés 



97 

pour les trois années excheues et a continuer par cy 
apprés suyuant le consentement dudit sieur trezorier 
et sans avoir esgard aux. conclusions du sieur procu- 
reur patrimonial quant aux cent et cinquante llorins 
pour les trois années passées et ferez bien. 

Fague. 

Après que les suppliantz auront fait apparoir par 
bonne attestation d'auoir tiré les pris pour raison de 
quoy la somme est demandée badlee par Son Alteze 
leur sera pourueu. Faict a Chambery au bureau des 
comptes le cinquième juilliet 1584. 

Vallier. 

Le procureur patrimonial nempesche les suppliantz 
estre payés pour l'aduenir a la forme du billans qua 
esté ou sera baillié au sieur trezaurier et pour les 
arrérages requis se doibuent pouruoyr par deuers Son 
Altesse. Faict à Chambery les an et jour susdictz. 

Letardj. 

Nous François Clerc châtelain au conté d'Alinge pour 
messeigneurs de la sacrée religion des sainctz Mauris 
et Lazare. Scauoir faisons que cejourdhuy seziesme 
Juilliet mil cinqcentz huictante quattre sont comparus 
honorable Jaques Perrod conscindic du conté d'Allinge 
auec maîtres Claude Bellot Pierre Faure et Pierre 
Peirand conseilliersdu dictlieuproposanlz que sur re- 
queste par eulx présentée a nos seigneurs de la souue- 
reine chambre des contes en Sauoye, tendante a ce quilz 
soient payez de la somme de cinquante llorins annuelz a 
eulx donnés par laltezze de monseigneur et que pour 
satisfaire a lordonnance sur ce rendue par nous diclz 
seigneurs des comptes le cinquicsme jour du pi'esent 

7 



98 

moys ilz auroyent fa il appeler par deuant nous hono- 
rable Pierre de Jiizinge grangier du seigneur de Char- 
moysi du lieu de Margentel aagé de quarante ans. 
Claude ûlz de feu Jehan Baud bourgeois de Thonon 
aagé de trente sept ans. Yppolite Meldont dudict Tho- 
non aagé de cinquante ans, et Berlhel filz de honorable 
Anthoyne de Corsens aagé de quarante cinq ans aussi 
bourgeois de Thonon. Nous requerantz diceulx vouloir 
recepuoir le serment en tel cas requis puis les ouyr et 
examiner sur le tirage des pris de l'arquebuse et sur le 
roy qui se faict a tirer le papegay declairé en ladicte 
ordonnance. 

Desquelz susnommés expers nous auons prins et 
receu le sarment en tel cas requis apprés ayant estes 
dheuement admonestés de fidellement dire la vérité 
soubz le péril de leur ame, ont tous dune mesme voix 
dict et certiffié comme les années mil cinq centz Imic- 
tante trois mil cinq centz liuictante deux et mil cinq 
centz huictante quattre an présent les dictz manantz 
et habitantz audit Alinge continuellement ont faict le 
tirage des pris les dimenches déterminées des le jour 
que ledict roy a mis bas le papegay et faict un roy an- 
nuellement pourleffaict que dict est fors que en lannee 
mil cinq centz huictante deux ilz ne se fist aulcung roy 
entre eux pour raison des trouppes que lors estoient 
audict Thonon combien toutes fois que ilz tirassent des 
pris ladicte année par le moyen de honorable Gaspard 
Mathieu de Prigny audit mandement d' Alinge loy de 
l'année précédente mil cinq centz huictante vng ren- 
dantz cause de science de ce que dessus pour eslre 
venus du dict Thonon annuellement au dict Alinge 
voir le tirage et compagnie du dict papegay et tiré au 
pris audict lieu auec lesdictz d' Alinge comme encours 



99 

ilz font de présent toutes les dimenclies déterminées 
pour tirer les pris. Desquelles choses les susnommés 
comparens nous ont requis acte que leur auons ac- 
cordé pour leur seruir ainsi que de raison. Donné au 
dict Allinge au banc du droict soubz nostre signature 
et cachet accouslumé les an et jour que dessus. 

Ainsi a esté procédé et faict jacoict(l) d'aullre main 
soyt escript puis expédié ausdicts scindiqz. 

Clerc. 

(1) Jacoit, jacois, quoique. 



LES JUGES SEIGNEURIAUX 

EN SAVOIE 

AU MILIEU DU XVII le SIÈCLE 



PAR 



CLAUDIUS BLANCHAKD 

Avocat 



LES JUGES SEIGNEURIAUX 

EN SAVOIE 
AU MILIEU DU XVIIIû SIÈCLE 



On ne peut se faire une idée exacte de la 
profonde transformation opérée dans notre so- 
ciété par la Révolution française, si Ton n'étudie 
les détails mêmes de notre ancienne organi- 
sation pour les comparer à celle qui existe 
aujourd'hui. Pour atteindre ce but , il faut des- 
cendre jusqu'aux derniers degrés de la hiérar- 
chie sociale , se rendre compte de la situation 
des plus infimes représentants de l'autorité, et 
l'on verra que la transformation a été, peut- 
être, plus radicale et plus complète en bas qu'en 
haut. Si les sénats et les parlements ressem- 
blaient à nos cours d'appel, les intendants à 
nos préfets, les magistrats subalternes se sépa- 
raient grandement, surtout au point de vue du 
pouvoir qui les nommait, des fonctionnaires 
inférieurs de la société actuelle. 



104 

Cletto considération nous a amené à publier 
le tableau des juges seigneuriaux et des châte- 
lains , exerçant dans le ressort du sénat de 
Savoie, vers le milieu du siècle dernier. A cette 
époque, la féodalité couvrait notre sol malgré 
les nombreuses atteintes qu'elle avait déjà su- 
bies. Le seigneur, en règle générale, avait le 
droit de justice dans ses terres, et celles-ci 
étaient fort étendues, spécialement dans la pro- 
vince de Savoie ; aussi la plupart des juges in- 
férieurs recevaient leur nomination des sei- 
gneurs ou vassaux du prince. Au dessus d'eux 
se trouvaient le juge de la province , appelé 
juge-mage ou préfet (1), et enfin le sénat, rele- 
vant , ainsi que les juges-mages , directement 
du souverain, et recevant les appels des sen- 
tences rendues par les juges seigneuriaux. Telle 
était l'organisation des tribunaux ordinaires, à 

(1) Voici les noms des juges-mages et de leurs lieuteuauts , en 
1740: 

Province de Savoie : Joseph Grelïié ; lieutenant, Michel Thiollicr. 

Province de Genevois : Jean-Baptiste Simond ; lieutenant , Paul 
Nicolin. 

Province de Faucigny : Joseph Rambert ; lieutenant , Georges 
Dussaix de Boringe. 

Province de Chablais : Pierre-Antoine Dichat ; lieutenant, Mau- 
rice Buttet. 

Province de Maurienne: Jean-Thomas Boutai; lieutenant, Fran- 
çois Martin. 

Province de Tarcntaise : Jean - Baptiste CuUierat, lieutenant, 
André Vignet. 

Bailliages de Tcrnier et Gaiiliard : G hurles -Antoine Paget; lieu- 
tenant, Jean Truciiet. 



105 
côté desquels se trouvaient le magistrat de 
santé, le consulat , le tribunal ecclésiastique, 
etc., dont nous n'avons pas à nous occuper ici. 

Les judicatures féodales, dont plusieurs étaient 
peu imporlantes, restaient quelquefois vacan- 
tes. Le seigneur, vivant à la cour, à l'armée ou 
dans un de ses manoirs, s'inquiétait souvent 
fort peu des terres qu'il n'habitait pas. Charles- 
Emmanuel III voulut mettre fm à cet état d'a- 
bandon des juridictions seigneuriales, et, dans 
un édit du 22 mars 1740, rendu exécutoire en 
Savoie par un manifeste du sénat du 26 avril 
suivant , il se plaint que divers abus se sont 
glissés dans l'administration de la justice, parce 
que « le vassal ou la communauté, » qui a droit 
de nommer le juge, néglige de remplir cette 
obligation. 

En conséquence, il prescrit que toutes les 
judicatures du ressort du sénat seront répar- 
ties dans chaque province en trois classes ou 
départements ; que la durée des fonctions des 
juges sera de trois aiHiées, qui commenceront : 
pour le premier département, le l*^'' décembre 
4740; pour le deuxième, le l®'" décembre 1741, 
et pour le troisième, le l*^'' décembre 1742. Les 
juges, en fonctions au moment de la publication 
de l'édit, ne pourront plus exercer passé les 
époques ci-dessus. 

Les vassaux, communautés et autres, qui ont 
droit de nommer auxdites judicatures, tlevront 



106 

expédier leurs lettres de nomination , savoir : 
aux juges du premier département , dans le 
mois de septembre de la présente année 4740; 
à ceux du deuxième et du troisième départe- 
ment, dans les mois de juin 1741 et de juin 
1742. A défaut de nomination dans les termes 
prescrits, le sénat y pourvoira d'office sur les 
réquisitions de l'avocat général, aux frais et dé- 
pens du justicier. 

Dans tous les cas , le titulaire nommé devra 
se faire approuver par un décret du sénat et 
prêter serment à la grande chancellerie ou à 
celui qui en sera délégué , dans le courant du 
mois de novembre qui précédera son entrée 
en fonctions. 

A côté, mais au dessous du juge ordinaire, 
se trouvait le châtelain. 

On désignait ainsi dans presque toute la 
France et dans certaines parties de l'Itahe le 
propriétaire du château. En Savoie et en Dau- 
phiné , ce mot indiquait rofiicier préposé à la 
garde du château et à l'administration du dis- 
trict qui en dépendait. Pendant le moyen âge, 
le châtelain partageait avec le bailli le gouver- 
nement de la province, et était investi de di- 
verses fonctions militaires, administratives et 
judiciaires. Ainsi il convoquait le l)a)i et Tar- 
rière-ban en temps de guerre , il percevait les 
revenus de la châtellenie, il faisait exécuter les 
jugements des autorités judiciaires, recevait les 



107 
plaintes, procédait aux premières informations 
contre les délinquants, après les avoir fait in- 
carcérer préventivement; en même temps il 
jugeait lui-même les infractions légères, telles 
que les rixes, les invasions dans la propriété 
d'autrui; il recevait les compositions admises 
ou transactions en matière criminelle ; il con- 
naissait les causes civiles de peu d'importance 
et de nature à être jugées sommairement , 
comme celles concernant les salaires, les dom- 
mages causés aux propriétés rurales, etc. Dès 
lafm du XV^ siècle, son importance commença 
à déchoir, et elle s'affaiblit peu à peu jusqu'à ce 
que le nom même de châtelain disparût entiè- 
rement de nos institutions , ce qui n'eut lieu 
que sous le règne de Charles-Albert (1). 

Le seigneur, qui avait le droit de nommer le 
juge, nommait aussi le châtelain ou les châte- 
lains compris dans le district judiciaire, car les 
chàtellenies étaient plus nombreuses que les 
judicatures. L'édit de 1740 prescrivit que cette 



(1) Les juges seigneuriaux ne survécurent point à la période 
révolutionnaire. Victor-Emoianuel I" , remettant en vigueur les 
anciennes institutions de la monarchie, par son édit du 28 octobre 
1814, fit une exception pour les judicatures, et autorisa « provisoi- 
rement les justices de paix établies dans les cantons respectifs, à 
pourvoir et décider de la même manière que les juges ordinaires 
y étaient autorisés par les Constitutions générales. » Le 8 janvier 
1815 , une ordonnance du commissaire plénipotentiaire de Sa 
Majesté divisa les provinces de Savoie en mandements, correspon- 
dant à peu près aux cantons français. 



408 

nomination aurait lieu dans les deux mois (jui 
en suivraient la publication, et qu'à défaut, le 
sénat y pourvoirait aux frais du seigneur ou de 
la communauté. 

D'après les royales constitutions publiées onze 
ans auparavant (11 juillet 1729), les juges ordi- 
naires devaient être docteurs dans les villes et 
dans les terres relevant directement du sou- 
verain, appelées terres immédiates, et licenciés 
en droit ou notaires, dans les terres des vassaux 
ou terres médiates. Quant aux châtelains, le 
nouvel édit , plus rigoureux que les constitu- 
tions de 1729, exigeait qu'ils fussent notaires 
collégiés ou au moins secrétaires de paroisses. 

Une fois nommé , chaque juge ou châtelain 
se choisissait un suppléant; tant le juge et le 
lieutenant-juge que le châtelain et vice-chàte- 
lain, devaient ensuite être approuvés par le 
sénat et prêter serment de bien remplir leurs 
charges. 

Ensuite du manifeste du sénat du avril 
1740, un état du personnel des judicatures et 
des chàtellenies fut dressé sur un registre spé- 
cial , qui devait être tenu à jour à l'avenir. 
Malgré les lacunes qu'd présente , nous avons 
pu en extraire les éléments du tableau que 
nous publions ci-après, complété par des notes. 

Nous devons faire observer, en terminant ce 
préambule , que nous ne donnons dans notre 
travail que les noms des juges et des châtelains 



109 
des juridictions féodales, et que la plupart des 
villes ressortissaient, de même que les terres 
immédiates, d'autres magistrats. On sera dès 
lors de plus en plus surpris de savoir que l'on 
comptait dans le ressort près de 300 judicatu- 
res subalternes seigneuriales. Le nombre des 
officiers qui les occupaient était Ijeaucoup moins 
nombreux; chacun d'eux en réunissait ordin;u- 
rement plusieurs sur sa tête. 



110 



Siégti de Justice 

ou 

Judicature. 



1. Aiguebelelte. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 

I. — PROVINCE 

PREMIER 
Le seigneur du lieu(1). 



2. Aix cl dépendances, mar- i M'^e Victor-Amé de Seyssel-Asinari , mar- 



quisat. 

3. Saint-Alban, comté. 

4. Hauteville -sur - Montmé- 
lian (.3) et Croix-d'Aigue- 
helle. 

8. La Bâtie, près Chambéry, 
marquisat. 

6. Beauges, marquisat. 

7. Belmont, seigneurie. 

8. Bettonnet , comté. 

9. Bonport. 

10. Bouchet, baronnie. 

\i. Prieuré du Bourgct. 



quis d'Aix. 
Joseph-Alexis Duclos-Defrenaz, comte de 

Bonne et d'Esery. 
M"'"'' Marc-Antoine de Trochc de Rocr de 

Saint-Severin , marquis de Verel. 

M'''^ Guillaume d'Oncieu, marquis de La 
Bâtie et comte de Douvres. 

M'''" Pierre-Louis Delcscheraine , marquis 
de Heauges. 

Pierre-Gabriel Chivilliard de la Duy, sei- 
gneur du lieu. 

Pierre-Louis de Mellarède, comte du Bet- 
tonnet. 

» 

M'^i^ Victor-Amé de Maillard, comte de 
Tournon et baron du Bouchet. 

R^ Charles -Emmanuel de la Perrouse, 
recteur du collège des Jésuites de Cham- 
bérv. 



(1) Le 7 juillet 1745, noble Pierre François, sénateur au srnat de Savoie, nommait 
Claude-Thérèse Gagnèro juge, et Joseph Gruat, (ihàtelain d'Aiguebelette, en qualité de 
seigii<3iir d'Aigueheleite. Il l'ut nommé présiileiit 1I3 chambre au sénat, le 6 décembre 
1763. Sa piorre tombale se voit dans 1(3 cloître de l'archevêché do Chamhéry, le long 
du mur (Je la calhijdrale, et porte la daic; de 1775. — 11 reyut, le 10 scijleml)re 1771, 
des hittres patentes d'invesliturc <hi liet d'Ai,i;uel)elette, qui lui donnaient le droit de 
poche sin- tout le lac. (Voir Jurisprudence savais.. I, 220). 

(2) L'aslérisque signifie (pi(3 le juge a été nommé d'otlice par le sénat. 

^3) Montmélian relevait directement du souverain. Le sénat confirma et approuva, par 



111 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édil de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



châtelain nommé 

ou confirme en vertu 

de l'édilde 1740. 



DE SAVOIE. 

DÉPARTEMENT. 

Speclables. : 

Jean Pacoret. |18 février d741 (*), 

I par le sénat (2). 
Pierre Dolin i 3 novembre 1740. ; Antoine Vignet. 

le jeune. | 

Claude Mina. il7 décembre i740. 



Maîtres 



Claude Mina. 



Claude - François 

Brunet. 

Pierre Dolin. 

Jean Pacoret. 

Pierre Dolin 

le jeune. 

Id. 

Id. 

François-Philibert 
Philippe. 



27 mars 1740. 



7 janvier 1741. 



Joseph Blard. 



Joseph Blard. 



i»r • • ir-in i 1° <juy Bereer. , 
l"juml740. ;2o Pierre Francoz.; 

I 18 février 1740 (*).| Victor Morci. 
^ 18 juin 1740. j Joseph Vallicn. 



18 février 1741 ('). 
17 aoiH 1739. 

29 septembre 1739. 



Jean-François ! 

Arnaud. 1 

Jean-Louis Clarel.! 



Date 
de sa nomination. 



23 juin 1740. j 
20 juillet 1741. 
» 

26 août 1740. 

31 mai 1740 (4). 

2- juillet 1740. 

16 octobre iTll. 

6 mai 1736. 
17 juin 1739. 



son décret du 13 aoiit 1740, le châtelain Laurent Grilliet pourvu de cette chàtellenie, 
par lettres patentes royales du 13 septembre 172G. 

(4) Le mandement et manjuisat des Beau.2:es se divisait en plusieurs chàtullenies : l'une 
comprenait les paroisses du Cliàte4ard, d'Aillon, de Doucy^ de la Compote , de Jarsy, 
d'Ecole et de Sainte-Reine; l'autre, celles d'.iritii, du Charmillion, du Noyer, de Les- 
cheraines, de Bellecombe et de la Motte. 

Il parait <|u'il y avait encore en Heaugi^s une troisième chàtellenie, celle de Villaret- 
Rouge et dépendances, relevant de l'abbaye du 13etton. Le 20 juillet 1741 , les dames 
abbesse et religieuses de ce monastère nommèrent châtelain du Villaret M. Claude 
Carriera. 



H2 



siège de Justice 

ou 

Judicature. 



12. Bourdeau, seigneurie. 

13. Beaufort, marquisat. 

14. Césarche, seigneurie. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19. 



Chamousset et Bourgneuf , 
marquisat. 
Châteauneuf, baronnie. 

Chamoux et dépendances, 

seigneurie. 

Chaffardon , marquisat. 



Château ou comté de Ru- 
milly et dépendances (3). 



20. Chevelu (i). 

21. Conllans, marquisat. 

22. Domessin. 

23. Le Désert, seigneurie. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. . 



François-Joseph de la Tour, marquis de 
Cordon , seigneur de Bourdeau. 

François Guironsilla de Ricardel, marquis 
de Beaufort. 

Maurice de Pradel d'Auturin , seigneur de 

Césarche. 
Le marquis de Chamousset (2). 

Charles de Castagnery , baron de Châ- 
teauneuf. 

Noble Joseph Arestan, baron de Montfort, 
seigneur de Chamoux. 

jyjire Hyacinthe d'Oncieu, comte de Saint- 
Denis, marquis de Chaffardon. 

Rév™e François-Amédée Milliet d'Arvillars, 
archevêque de ïarentaise, seigneur dudit 
lieu. 

M'""® Charles de la Saunière , marquis 
d'Yenne, seigneur de Chevelu. 

Maximilien-Emmanuel , comte de Vuale- 
ville, marquis de Conllans. 

Noble de la Cornière , seigneur de Do- 
messin. 

Noble de Coisiaz, seigneur du Désert. 



24. Le Donjon, baronnie. 

25. Grignon et Neveaux. 



Dame Claire Amoretti, baronne du Mol- 
I lard et du Donjon. 

[Marc-Antoine de Troche de Saint-Severin, 
' marquis de Verel , seigneur de ladite 
juridiction. 

26. Sainte-Hélène-du-Lac, sei- i Claude de Robert Brunet, seigneur dudit 
gneurie. lieu. 

(1) Le mandement de Beaufort comprenait les trois chàtellenies de Queige , d'Haute- 
Juce et de Saiiit-Maxime-dc-Beaufort. 

{2) Le '28 juin 1742, Messire Grisante de Bertrand, marquis de Chamousset, nommait 
l'avocat Nicolas l'oncet à cette judicature. 

(3) Cette juridiction comprenait quelques hameaux de la paroisse de Moye, tels que 
ceux de Bissinc, Saint-Ours, la Bruyère ; le juge et h châtelain furent nommés par 
Messire Joseph Milliet , marquis d'Arvillars et de la Fléchère , fondé de pouvoir de 



113 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'iiilit de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Spectables. 

Pierre Dolin 

le jeune. 
Joseph Favre. 



Pierre Dolin 

le jeune. 

François Pillet. 

Joseph Savey. 

Claude -François 

Brunet. 
Claude -François 

Brunet. 
Claude Mina. 



Nicolas Poncet. 

Id. 
François Pillet. 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Maîtres. 



Date 
de sa nomination. 



20 avril 1741. 

i Michel Chevalier.^ 9 juillet 1740. 
18 août 1740. Ji' Chevalier-Joly..^ 14 mai 1739. 

'Cde ChevalierJoly 14 mai 1739 (1). 



10 mai 1741. 

18 février 1741 (*). 

7 décembre 1740 



Gros Bermoud. 



Joseph Gachet. 



29 novembre 1740. Jacques Ladoux 

Joseph Blard. 



20 décembre 1740. 
25 août 1740. 

21 mars 1741. 



Jean-François 
Armand. 

Joseph Goibet. 



2 juin 1740. 
» 
27 juillet 1740, 
19 septembre 1740 
10 mai 1737. 
9 juin 1740. 

1 octobre 1740. 



3 septembre 1739.' Joseph Fontaine. | 17 octobre 1740. 



H mars 1741 (*) 



François-Philibert: H mars 1741 (*). 
Philipéou Philippe. 
Claude Mina. 



Pierre Dolin 
le jeune. 

Claude Mina. 



30 août 1739. 
22 mars 1741 (*). 

30 août 1740. 



Victor Morel. 

Joseph Blard. 

Claude Perret. 

Hyacinthe Vignon 

Laurent Grilliet. 



19 juillet 1740 (5) 

26 août 1740. 

27 août 1740. 
14 juillet 1740. 

28 août 1739. 



1 
l'drohevéque de Tarentaise. La viile et mandement de Rumilly étaient une ?erre immé- 
diate, et <;harles-Eminanuel III y avait nommé pour châtelain M. Joseph Renaud, par 
patentes du 24 mai 1738. 

(4) Le territoire de Chevelu, simplement qualifié de terre en 1741, est appelé baronnie 
en 174.5, et maïquisal en IT.'JO. 

(5) Morel fut nommé par les demoiselles Aune-Catherine et Françoise de la Manche, 
de la Rebattière, sœurs. g 



114 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



27. Sainte-Hélène-des- Miniè- 
res, baronnie. 

28. Saint-Innocent, marquisat. 

29. Saint-Jeoire, seigneurie. 

30. Jacob, seigneurie. 

31. Lay Avressieu, seigneurie. 

32. Lucey, marquisat. 

33. Lupigni. 

34. Marthod. 

35. Montagni. 

36. Les Marches, marquisat. 

37. Miolans (baronnie et val- 
lée de). 

38. Montbel, comté. 

39. Monnet. 

40. Les Molettes, baronnie. 

41. Outrecbaise, seigneurie. 

42. Saint-Pierre- d'Entreraont. 

43. Plancherine, seigneurie. 

44. Rochefort, seigneurie. 

45. Rubeau. 

46. Salagine, baronnie. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



M're Joseph-François de Duin de Mares- 
chal, comte de la Valdisère. 

M're Jacques-Guillaume Dorlié , marquis 
dudit lieu. 

Etienne Charroct, seigneur dudit lieu. 

S. A. S^ne dame Anne-Victoire de Savoie. 

Pierre-Louis de Mellarède, comte du Bet- 
tonnet, seigneur dudit lieu. 

M""e Louis de Marestc, marquis de Lucey. 

Le comte de Chabod. 

Le comte de Biancheville, seigneur de la- 
dite juridiction. 

jyjire Pierre-François Dallery. 

M're Jean-François de Bellegarde, marquis 
des Marches et de Lucinge. 

Joseph-Antoine Saluce, marquis de Garez, 
baron de Miolans. 

M'fe Nicolas Deschamps, marquis de Chau- 
mont, comte dudit Montbel. 

M'f» Jean-Joseph de Chabod, marquis de 
Saint-Maurice, seigneur de ladite terre. 

Dame Claudine Brun, veuve de noble Jé- 
rôme Ballard, baron dudit lieu. 

M'f^ Joseph-François De Duin de Mares- 
chal, comte de la Valdisère. 

Don frère Michel Larnage, prieur et gé- 
néral de l'ordre des Chartreux. 

Les R*i^ abbé et religieux de Tamié. 

M'"^ Nicolas Deschamps, marquis de Chau- 

mont, seigneur de Rochefort. 
M't'e de Clermont. 

François de Rochette, seig'' de la maison- 
forte de Beaufort, baron dudit Salagine. 

(1) Nommé par Philibert Charroct, seigneur de Saint-Jeoire, en 1737. 

(2) Le comté do Montbel comprenait deux ch;itellenies : la première, formée des pa- 
roisses d'Ayn,Nances et Montbel ; la deuxième, de Novalaise, Marcieux et Rochefort. 



115 



Juge nommé ou confirmé 


Date 


Châtelain nommé 


natp 


en vertu 
de ledit de 1740. 


de sa nomination. 


oi' confirmé en vertu 
de ledit de 1740. 


de sa nomination. 


Spectablcs. 

Nicolas Poncet. 


15septembrel740. 


Maîtres. 

Jean Fatin. 


10 janvier 1730. 


Pierre Dolin 

le jeune. 

Nicolas Poncet. 

. . .François. 

Pierre Dolin 

le jeune. 

Claude Mina. 

Jean Pacoret. 

François Pillet. 


7 décembre 1740. 

15 juin 1740. 

18 février 1741 (*). 

18 juin 1740. 

19 janvier 1741. 

le'" avril 1740. 

22 mars 1741 (*). 


Louis Rabut. 

Laurent Grilliet. 

Jacques Lavigne. 

Victor Morel. 

jn_pre Dupasquicr 
Hyacinthe Levret. 


1" octobre 1740. 

20 août 1737 (1). 
15 juillet 1741. 

20 juillet 1740. 

21 juillet 1740. 
24 juillet 1740. 


François-Philibert 

Philippe. 
Claude- François 

Brunet. 
Gaspard Perrin. 


27 novembre 1740. 
15 septembre 1740. 
3 novembre 1740. 


Sigismond Girod, 

Amédée Vallier. 

Geor^s-Anlne Rose 


6 octobre 1740. 

30 juin 1740. 

2 mai 1738. 


Joseph Favre. 


4 juin 1740. 


1" François Frandin 
2" Cl'ie Gélibert. 


23 août 1740. 
25 août 1740 (2). 


François Pillet. 


22 juin 1741. 


Laurent Grilliet. 


10 mars 1735(3). 


Nicolas Poncet. 


19 décembre 1739. 


Laurent Grilliet. 


30 septembre 1740 


Nicolas Poncet. 


15 septembre 1740 


Michel Geux. 


4 juillet 1740. 


Claude-François 

Brunet. 

François-Philibert 

Philippe. 

Joseph Favre. 


27 décembre 1740. 

28 juillet 1740. 

4 juin 1740. 


Jean-François 
Poncet.' 

(4) 


21 juin 1740. 


Claude-Thérèse 

Gagnère. 

Claude-Nicolas 

Poncet. 


5 août 1740. 
8 avril 1740. 


Jean Gachet. 
» 


3 juillet 1740. 



(S) La terre du Monnet et celle de Saint-Jean-Pied-Gauthier formaient une seule et 
même chàlellenie. 

(4/ Aucun nom n'est indiqué sur le registre du sénat avant le 23 mai 1761: Claude 
Vachon lut nommé à cette date châtelain de Rochefort. 



116 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 


Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 


47. Sonnaz, comté. 

48. Villeneuve, seigneurie. 
1 49. Yenne, marquisat. 


Albert-François de Gerbaix de Châtillon, 

comte dudit lieu. 
Aynard Bruyset de Chabod , seigneur de 

Villeneuve. 
Charles de la Saunière , marquis d'Yenne. 



SECOND 



50. Aiguebelle, baronnie. 

5\. Arvillard, marquisat. 

52. Hautecombe. 

53. La Bâtie-d'Albanais, mar- 
quisat. 

54. Betton. 

55. Bissy, seigneurie. 

56 Bonvillard, seigneurie. 

•57. Bourget, baronnie. 

58. Candie et Chambéry-lc- 

Vieux. 

59. Saint-Cassin. 

60. Charansonnex, baronnie. 

61. Champrovens, seigneurie. 

62. Châtcaufort, baronnie. 

63. Cbâtillon - en - Chautagne, 

baronnie. 

64. Challes, marquisat. 



Philippe Raymond de Gerbaix de Sonnaz, 

baron d'Aiguebelle. 
M'''e Joseph Milliet. marquis d'Arvillard. 
L'abbé d'Hautecombe. 

M""" Jean-François de Clermont, marquis 

de Mont-Saint-Jean et de La Bàtie-d'Al- 

banais. 
j{de Marguerite du Villard, abbesse de 

l'abbaye du Betton. 
Benoît-Denis de Renaud, seig^ de Bissy. 
M'i^e Jean-François de Bertrand, comte de 

la Perrouse. 
Claude-Louis de Butfet et Pierre-Antoine 

ChoUet, barons du Bourget. 
Joseph Sarde, seigneur de ladite terre. 

Dame Marie-Louise-Octavie de Clermont, 
comtesse de Saint-Cassin. 

Noble François Vibert, baron dudit lieu. 

La marquise de Lucey et dudit Champro- 
vens. 

M'f" Louis Dufrenoy, marquis de Cluses. 

]\lirc Viclor-Amédcc de Scyssel Asinari, 
marquis d'Aix, baron dudit lieu. 

Dame Françoise de Beaumont, marquise 
dudit Challes , comtesse de Sacconex et 
de La Croix. 



(1) L'avocat Claude-Thérèse Gagnère fut nommé par lettres émanées de la chambre 
des comptes, à cause de la vacance de l'abbaye. Le dernier abbé comraandataire avant 
la Révolution, Jean-Baptiste Marelli, était mort en 1738. 



117 



Juge nommé ou conGrmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Spectables. 

Nicolas Poncet. 
François Pillet. 
Nicolas Poncet. 
DÉPARTEMENT. 

Claude-Thérèse \ 

Gagnère. 

Joseph Savey. 

Claude-Thérèse 

Gagnère. 
Claude-Thérèse 

Gagnère. 

Claude-François 

Brunet. 

Claude Mina. 

Pierre Dolin. 

Claude Mina. 

Claude-François 

Brunet. 
Claude-François 
Brunel. 
J''-Louis de Barrai 
Hyacinthe Fran- 
çois. 
J''-Louis de Barrai 
Claude Mina. 

Claude Mina. 



Date 
de sa nomination. 



16 janvier 1741. 
15 mars 1741 (*). 
13 octobre 1740. 

4 juin 1740. 

30 août 1741. 
lo juillet 1741 (1). 

30 décembre 1740. 

13 mai 1741. 

24juilletl741. 
19 janvier 1742. 

30 juin 1741. 

10 janvier 1742. 

12 décembre 1741. 

20 mai 1741. 
29 novembre 1743. 

24 juin 1741. 
4 septembre 1741 

21 juin 1741. 



Châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



iilaitres. 
» 

Louis Carret. 
Dominique Daviet 

François Brunier. 

Jean-Marie Pralet 
Louis Gojon. 

François Perrière. 

Joseph Valliend. 

» 
François Brunier. 

Claude Perret. 

Jacques Berthollet 

Jacques Berthollet 

Renaud Joseph. 
Joseph Goibet. 

Alphonse Dumont. 
Alphonse Dumont. 

Gaspard Humbert 



Date 
de sa nomination. 



12 juin 1740. 
!«■• octobre 1740. 

20 juin 1740. 

25 août 1740. 
27 août 1740 (2). 

20 juin 1740. 

29 avril 1737. 

» 
10 juillet 1740. 

3 novembre 1740. 

28 août 1740. 

9 août 1740. 

24 juillet 1740. 
27 juillet 1740. 

19 août 1740. 
1er décembre 1740, 

13 juin 1740. 



'2) Le châtelain Louis Gojon fut également nommé par la chambre des comptes, par 
le motir ci-dessus indiqué. Cotte ciiàtellenie comprenait la seigneurie de la Val-ile- 
Crenne (aujourd'hui Saint-Pierre-de-Curtille), Hautecombe et ses dépendances. 



118 



Siège de Justice 

ou 

Judicalure. 



65.Châtelet Venthon, baronnie 

66. Cogiiin, seigneurie. 

67. Chevron, baronnie. 

68. La Croix, comté. 

69. Coise, seigneurie. 
70.Dullin. 

li. Eotreraont-le-Vieux, comté 

72. La Motte- de-Montfort, ba- 
ronnie. 

73. La Motte, seigneurie. 

74. Méry. 

75. Montfleury, baronnie. 

76. Montmayeur, comté. 

77. Saint-Pierre-de-Soucy. 

78. Saumont. 

79. La Serraz, marquisat. 

80. ïournon, comté. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et chàtelams. 



François Favier, baron de Châtel-Dunoyer. 
François Vibert, baron de Charansonriex, 

seigneur dudit Cognin. 
François - Guillaume des comtes de Val- 

pergue, baron de Chevron. 
Dame Françoise de Beaumont, marquise 

de Challes, comtesse de Saconnex et de 

La Croix. 
Jean-Baptiste Amédée de la Roche , sei- 
gneur de Coise. 
M'""® Marc-Antoine de ïroche de Roër de 

Saint-Severin. 
M'""*^ Jean-François de Bellegarde, marquis 

des Marches, comte d'Entreraont. 
Aretan, baron de Montfort. 

Pierre-Gabriel Chevilliard de Saint-Oyen. 
seigneur de La Motte. 

L'abbé d'Hautecorabe. 

M'f^ Claude-François de Mareste, baron de 
Montfleury. 

Jean-Gaspard de Fausson, comte de Mont- 
mayeur. 

Claude-François de Montfalcon, comte du- 
dit lieu. 

Charlotte de la Forest, dame de Saumont, 
veuve de noble François de Marcs- 
chal. 

M'"'" Victor-Amé de Seyssel Asinari, mar- 
quis d'Aix et dudit lieu. 

M'''« Victor-Aimé Maillard, comle de Tour- 
non, marquis d'Alby. 



(1) M' Charles Bellemin fut approuvé par décret du sénat du 25 aoiU 1740, comme 
châtelain dans la (eire et man|iiisaf de Duilin. II parait que les paroisses de Verel, la 
Bridoirc et le Pont-iioauvoisin foriiidient une même! ciiàtulicniie de co marquisat. 

(2) L'dbhaye d'Hautecombe étant vacante, la chambre des comptes nomma le juge de 
la judicaturo de Mery. 

Deux ans après, par lettres du 12 avril 1743, R** Marthod, prieur et procureur d'Haute- 



H9 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Spectables. 

Claude Mina. 
Joseph-Louis de 

Barrai. 

Joseph-Louis de 

Barrai. 

Claude Mina. 



François Pillet. 

Jean Pacoret. 

Claude Mina. 

Claude-François 

Brunet. 

Claude Mina. 

Cde.xhse Gagnère 
Nicolas Poncet. 

Claude Mina. 

Joseph-Louis de 

Barrai. 
Nicolas Poncet. 



Date 
de sa nomination. 



\^ mai 1744. 

20 mai 1741. 

30 novembre 1740. 

21 juin 1741. 

29 novembre 1740. 
19janvier 1742 (*). 

2oaoùt 1741. 
10 janvier 1742. 

28 août 1741. 

15 juillet 1741. 
12 janvier 1742 (*). 

31 juillet 1741. 

28 août 1740. 

... 1740. 



Châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Claude Mina. 4 septembre 1741 
Jean Pacoret. !7 mars 1741. 



Maîtres. 

Cf^-Anfe Viallet. 
Claude Channon. 

Joseph Deschamps 

Etienne Cornery. 

Jean Gachet. 

Charles Bellemin. 

Joseph Mareschal. 

Jacques Berthollet 

Jean-Louis Claret. 

Sigismond Girod. 
Victor Morel. 

Antoine Decollaz. 

Antoine Deserre. 

Joseph Goibet. 

Claude Perret. 

Claude-François 
Mercier. 



25 juillet 1740. 
1" juin 1751. 

31 mars 1738. 

30 juin 1740. 

8 juillet 1740. 
1" août 1740 (1). 

22 août 1740. 
2 septembre 1740 

22 juin 1740. 

16 juillet 1750 (2) 
27 septembre 1741 

5 juin 1740. 

14 décembre 1740. 

20 avril 1743. 

ler octobre 1740. 
26 juin 1734. 



combe, nomma un vice-fiscal en la personne de M' Louis Bertier, procureur au sénat. 
Il paraît que, malgré l'édit et le manifeste de 1740, il n'y eut pas de châtelain nommé 
avant 1750. M" Sigismond Giiod le fut par lettres de R°" seigneur dom Jean-Antoine 
Pallazi , économe général des abbayes royales vacantes. La chàtellenie comprenait la 
paroisse de Méry, dépendant de l'abbaye a Hautecombe. 



120 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



81. Apremont, baronnie. 

82. Bellevaux-en-Beauges. 

83. Saint-Beron, baronnie. 

84. Bonvillaret, seigneurie. 

85. Centanieu ou Centagncu , 
seigneurie. 

86. Chanaz, Charmettes et Bar- 
beraz, mandement. 

87. La Chavannc, comté. 

88. Cusy, baronnie. 

! 89. La Dragonnière, seigneu- 
rie. 

90. Les Echelles, mandement 
et seigneurie. 

91. Grésy-en-Savoie, marquisat. 

92. Gerbaix, comté. 

93. Saint-Genix et ses dépen- 
dances, marquisat. 

94. Gilly. 

95. L'Horme, baronnie. 

96. Lornay, baronnie. 

97. Montfalcon, baronnie. 

98. Montailleur, baronnie. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



TROISIÈME 

M'''^ dom Jacques d'Allinges, marquis de 
Coudrée. 

Rf's prieur et religieux du couvent de Bel- 
levaux. 

M'i'e Louis-Angélique, comte de Disimieux 
et baron de Saint-Beron. 

Joseph-Marie Devidonne, baron de Cusy. 

Jean-Jacques de Mareste, comte de Koche- 
fort, baron dudit lieu. 

Dame Louise Favre, dame des Charmettes, 
veuve d'Edouard de Conzier. 

Joseph Borré, seigneur de La Chavanne. 

Joseph-Marie Devidonne, baron de Cusy. 

jyjire Marc-Antoine Costa, comte de (!!bar- 
licr. 

Frère Georges de Sales, chevalier de l'or- 
dre de Saint-Jean-de-Jérusalem, com- 
mandeur des Echelles. 

Le marquis de Grésy (1). 

M'""" Marc-Antoine Costa , comte de Char- 
lier. 

M'''^ Marc-Antoine Costa , comte de Char- 
lier. 

M'''*-' Grisante de Bertrand, marquis de 
Chamousset, seigneur dudit lieu. 

M'"'*' Charles-François-Anselme , comte de 
Montjoye, baron dudit lieu. 

Le seigneur de Menthon, baron de Lornay. 

M""8 dom Jacques d'Allinges, marquis de 

Coudrée. 
M'f" Joseph-César Grimaldi, marquis de 

Beuïl, baron dudit lieu. 



(I) Le 13 mars 1745, l'avocat Claude-Thérèse Gagiière succédait au juge de Barrai, 
en vertu do lettres de nomination données par M'" Gabriel-Jean-Baptiste Asinari, mar- 
quis de Gràsy. 



124 



Juge nommé on confirmé 

en vertu 

de ledit de 1740. 



Spectables. 

DÉPARTEMENT. 

Claude-Thérèse 

Gagnèrc. 
François Mansoz. 

Joseph Savey. 

François Picollet. 
Joseph Masson. 

Pierre Dolin 

le jeune. 

Guillm^Guidard. 

François Picollet. 

François Pillet. 

Pierre Dolin. 

J''-Louis de Barrai 
François Pillet. 

François Pillet. 

Nicolas Poncet. 

François Pillet. 

J''-Louisde Earral 

de Montauvrard. 

Claude-Thérèse 

Gagnère. 

François Picollet. 



Date 
de sa nomination. 



Cbâtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édil de 1740. 



Maîtres. 



Date 
de sa nomination. 



25 juin n42. [ Antoine Arétan, 
17 août 1747. ICl^^'-FrO's Carrier. 
25 août 1742. i François Landre. 



21 mars 1743. 
11 mars 1743. 



Etienne Buissier. 
Joseph Goihet. 



24 août 1743. François Pillet. 



21 mars 1743. 
8 juillet 1742. 



Laurent Grilliet. 
François Perrière. 

» 



6 décembre 1742. J" Francis Poncet. 

! 

16 mars 1743 (*). Georf^s-Ant^ Rose. 
8 juillet 1742. iChMc St-Bonnet (2) 

o • Il 4 ,nr<n \ François Comte. 
8 juillet 1742. ) ^^^^^^^^ ^-^^^^ 

Joseph Deschamp. 

Laurent Grilliet. 



28 juin 1742. 

16 juillet 1745. 

16 mars 1743 (*). 

25 juin 1742. 

25 août 1742. 



Jean- François 

Armand. 
x\ntoine Vignet. 

Claude-François 
Mercier. 



25 juin 1740. 
25 juillet 1740. 

S mai 1740. 

29 juin 1740. 
l'^'- juillet 1740. 

3 octobre 1740. 

26 juin 1736. 
22 juin 1740. 

» 

5 mars 1738. 

9 juin 1740. 
» 

20 juillet 1740. 
2 avril 1742. 

23 avril 1741. 
10 juillet 1734. 

17 juin 1740. 

25 juin 1740. 
27 juillet 1740. 



(2) De Sainl-Bonnetnefut nommé châtelain (\uc le 16 juin 1762 par M""" .\lexis-Barlliù- 
lenii Costa, marquis de Saint-Geni.x, comte de (jeibaix. 



122 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



99. La Rochette et comté de M''"'' dom Jacques-Louis, marquis d'AUin- 
i l'Huillie ou Heuille. ges, de Coudrée, etc. 

100. Saint-Sulpice, seigneurie, ' Dame Félise Salteur, veuve de noble Jean- 
Pierre Morand , comme procuratrice de 
son tîls Claude-François-Alexandre Mo- 
rand, seigneur de Saint-Sulpice. 

Dame Thérèse de Saint-Oyen, comtesse 



101. Thénésol ou Ténésol. 

102. Tresserve, seigneurie. 

103. La Thuille. 

104. Le Villard, comté. 



d'Ugine. 

Noble Joseph de Buttet, seigneur de Tres- 
serve. 

Frère André Gaulne, prieur de la Char- 
treuse d'Aillon, seigneur dudit lieu. 

M'''" Marc-Antoine Costa, comte de Char- 
lier. 

IL— PROVINCE 

PREMIER 

Marie- Charlotte de Sacconex, veuve de 

Philibert de Verboz. 
Lucrèce de Montanier, veuve deCarrelly, 

seigneur de Bassy. 
Le marquis de Saint- Maurice , Messire 

Jean-Joseph de Chabod. 
Le seigneur de Chaumont, abbé de la 

royale abbaye de Chézery. 
» 
Pierre-Claude de la Fleschère, seigneur 

de Chàtillon et de Bellegarde. 
RJ Joseph-François-Jérôme de Clerraont 

de Rossillion, doyen du chapitre de Sal- 

lanches. 
Noble de Grimaldi, seigneur dudit lieu. 



105. Arcines. 

106. Bassy, seigneurie. 

107. Crète, baronnie. 

108. Chézery, seigneurie ecclé- 
siastique. 

109. Crimpigny. 

110. Chàtillon rière Elrambiè- 
res, seigneurie. 

111. Challonges et Franclens. 

112. Copponex, seigneurie. 

(1) Joseph Perrier fut nommé châtelain par dames Jacqueline-Thérèse et Marie-Jac- 
queline Ducrest, comtesses d'Ugino, sœurs. 

(2) De la « chîUellenie de la terre, mandement et comté du Villars, » dépendaient les 
paroisses de Loysieux, la Chapelle-Saint-Martin et Saint-Pierre-d'Alvey. 



123 



Juge nommé ou confirmé 
en vertu 
del'édit de 1740. 



Spoctablos. 

Pierre Louis 
Ihioilier. 
François Mollin- 
•gai. 



Pierre Dolin, 

Pierre Dolin 

le jeune. 

Claude-François 

Brunet. 
François Pillet. 



Date 
de sa nomination. 



25 juin 1742. 

26 mars 1743. 

15 février 1745. 

8 juin 1743. 

1*"'' janvier 1741. 

8 juillet 1742. 



DE GENEVOIS. 

DÉPARTEMENT. 



Pierre -François 

Guillet. * 

Jacques -Philibert 

Richard. 

Id. 

Id. 



1er juin 1740. 

7 mai 1740. 

3 mars 1740. 

20 avril 1740. 



châtelain nommé 

ou coiiilrmé en vertu 

de l'éditdc 1740. 



Maitrcs. 

Antoine Fosseret. 
Claude Ghannon. 




25 juin 1740. 
13 novembre 1740. 



Joseph Perrier. l^juiliet 1740 (1). 
Claude Perret. 10 août 1740. 
Laurent Grilliet. 18 août 1740. 
François iVlagnin.ilO juillet 1740 (2). 



Claude Chiron. 
Jean Berlioz. 






8 mars 1738. 
23 juillet 1740 (3). 



pre.prois Guilliet. 20 février 1741 (*), 

Id. 17 juin 1740. 

1 

Jacques-Philibert 18 février 1741 (*). Bernard Mollat. j 12 juillet 1740. 
Richard. ! 



Id. 



février 1741 (*). 



(3) La baroiinie de la Crète comprenait les lieux de Versonnex , de Boniieguète et le 
château de Mioniiaz. M" Jean Morand remplaça M" Jean Berlioz le li août 1741 en 
vertu de lettres du même seigneur de Chabod. 



124 



Siège de Justice 

ou 

Judicalure. 



Id3. Cernex. 

114. Châtel-Usinens. 

H5. Chesabois , seigneurie ec- 
clésiastique. 

116. Desery et dépendances, 
comté. 

m. Dizonche, seigneurie. 

118. Entremont (vallée d'). 

119. Epagny, seigneurie. 

120. Etrambières. 



121. Faussemagne et la Côte 
de Montmin, dépendant de 
l'abbaye de ïalloires. 

122. La Fléchère et ses dépen- 
dances. 

123. Iléry. 

124. La Molte-en-Genevois. 

125. La Roche et ses dépendan- 
ces, marquisat. 

126. La Ruas. 

127. Leschaux, seigneurie. 

128. Marlioz et dépendances. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



Noble Louis Brun, seigneur dudit lieu. 
Le comte François -Joseph de Varax était 

seigneur dudit lieu, en 1744. 
L'abbesse de la royale abbaye de Bonlicu, 

« seigncure » dudit lieu (1). 
M'""" Joseph-Alexis Duclos-Defrenoz, comte 

de Bonne et d'Escry. 
(2). 
R""e Jean-Louis de Piochetde Salins, abbé 

comfe de la royale abbaye d'Entremont. 
Noble François Pelard, seigneur d'Epagny. 
Noble Pierre-Claude de la Fleschère, et les 

administrateurs de l'hôpital de Notre- 
Dame de la ville d'Annecy. 
Dom Michel de Rolland, abbé régulier 

de l'abbaye de Talloires. 



M'""^ Joseph Milliet, marquis d'Arvilhrd et 

dudit lieu. 
Jacques, marquis de Lescheraines. 

(4). 
M"'« Charles -Gaspard -Bernard Granery, 

marquis de la Roche. 



M« Durollier, acquéreur de noble Antoine 
Crassus de Lescheraine. 

M'"' François-Amédée de Corapeys, mar- 
quis de Lucinge. 



(1) Le 1" février 1744, sœur de Bellegardo d'Entremont, abbesse de Bonlieu, nomme 
pour juge de la seigneurie de Chesabois l'avocat Fieire-François Guillet. 

(2) En 1761 , Messirc François Centaure do Regard était marquis de Dizonche et de 
Ballon, seigneur de Saint-Germain. Par lettres du 13 juui de cette année , il nomma 
M' Antoine Doucet, notaire coliégiô, châtelain de Saint-Germain, paroisse dépendant de 
la chàtellenie de Dizonche, ensuite de l'union qui en avait été faite depuis peu. 

(3) Il parait que le seigneur de la Fleschère avait droit de juridiction non-seulement 
sur la seigneurie de Chàlillon « riére Etrainhiéres, » mais encore qu'il partageait la 
juridiction d'Etrambières avec les administrateurs de l'hôpital de Notre-Dame d'Annecy. 



125 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Speclables. 

Jques-Phert Richard 
Id. 

Id. 

Pierre-François 

Guilliet. 

jques.pijeii Richard 

Id. 

Claude Cochet. 
1" Pierre-François 

Guillet. 

2° Michel Bouvard 

Claude- Gaspard 

Ducret. 

Michel Bouvard. 

Claude Cochet. 
Claude Cochet. 

Jacques -Philibert 
Richard. 



Claude Cochet. 
Michel Bouvard. 



Date 
de sa ncraination. 



Châtelain nommé 

011 confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



30 janvier 1740. 
20 février 4741 (*). 

18 février 1741 (*). 

23 mai 1741. 

18 février 1741 (*). 
19 avril 1740. 

20 février 1741 (*). 
17 juin 1740. 

o février 1740. 
13 septembre 1740. 

9 juillet 1740. 

4 mars 1746. 
20 février 1741 (*). 

14 juin 1740. 

» 
18 février 1741 (*). 

23 mai 1740. 



Maîtres. 

Joseph Chabert. 



Joseph Hyvert. 



André Dufour. 

.François Tekerel. 
\i° J'' -Marie Gay. 



Date 

de sa nomination. 



27 juillet 1740. 



25 mai 1741. 



12 août 1740. 

26 juillet 1740. 
20 novembre 1740. 



2° Joseph Hyvert. 20 juillet 1740 (3). 
Michel -Bernard 4 janvier 1741. 
Saddier. 

Bernard Mollat. [ 13 août 1740. 

pre.pert Du Rettier j 26 juillet 1 740. 

François Touvier. 21 février 1742. 

1° André Dufour. 

'^2° Joseph Hyvert.' 14 juillet 1740. 
/3°JeanRiondet(5).' 

» I » 

Jacques Domenjodi 22 janvier 1741. 

François Touvier. 3i juillet 1740. 



Il nomma en etfet à Etrambières Je juge Guillet et le châtelain Gay, indépendamment du 
juge Bouvard et du châtelain Hyvert, nommés par les administrateurs de l'hôpital. 

(4) En 1747, André de Bertrierde la Motte nomme juge de la Motle-Cernex François- 
Marie Burdin. 

(5) Le marquisat de la Roche se divisait en trois chàtellenies : la première compre- 
nait les paroisses de la Roche, Amansy, Saint-Sixt, Etaux, Evires et la Cliapelie-Kam- 
bod ; la deuxième, les paroisses de Monnelier-Mornex , les Esserts et le Sapey ; la 
Toisième se bornait à la paroisse de Régny. 



126 



siège de Justice 

ou 

Judicature. 



129. Melz ou Mez. 

130. Montpont, seigneurie. 

131. MoDtagny, seigneurie. 

132. Mons, seigneurie. 

133. Menthon et dépendances, 
comté. 

134. JVIontrottier et dépendan- 
ces, comté. 

135. Noiret-Saint-Euslache. 

136. Pelli-Vancière. 

137. Pontvoire, seigneurie. 

138. Quintal et dépendances, 
baronriie. 

139. Seynod et dépendances. 

140. Saint- André, seigneurie. 

141. Songi, seigneurie. 

142. Soirier. 

143. Tbônes et dépendances, 
comprenant Manigod et le 
Val-dcs-Clefs , mandement 
et marquisat. 

144. Vansy, comté. 

145. Vidonnat, Dandens et dé- 
pendances. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



François-Louis de Ville, seigneur dudit 
Mez et Tessy. 

François-Philibert de la Faverge, seigneur 
de Montpont. 

Claude-Gaspard Dupuis, seigneur de la- 
dite terre. 

» 

M're Bernard, comte de Menthon et de 
Montrottier. 

Id. 

Le seigneur baron de Saint-Eustache. 

» 
M'f" Victor de Bertrand de La Perrouse, 

marquis de Thunes. 
Jean - Baptiste de Pellard , seigneur de 
Châteauvieux-Seynod. 
>» 
» 
Gaspard de Lambert, seigneur dudit lieu. 
M'i's Victor de Bertrand de La Perrouse, 
marquis de Thônes. 



(4). 
MelchioKc de Bnllan , comme héritière de 
noble Pierre-Daniel de Gros, dame du- 
dit lieu. 



(1) Le châtelain Philippe Dompmaitin fut nommé à la Motte en 1740 par Marie-Doœinim.io 
Goujon, veiivc de noltle Claude Dupuy, en r|ualité de |)i'Ocurati'ice générait; de noble 
Claii(ie-Gas[)did Dupuy, son fils. 11 devint ainsi châtelain de la terre et seigneurie de 
Monlagny, ne formant qu'une chàtellenie avec la Motte et ses dépendances. 

(2) Lechalclain est nommé par dame Marianne de la Mard, veuve de messire delà 
Periouse, manjuis de Thùues. Cette mort eut donc lieu entre le 19 juin 1740 elle 24 
janvier 1741. 



(3; Le mar(|uisal de Thunes renfermait quatre chàlellenies : la première comprenait 



127 



Juge nommé ou confirmé 


Date 


châtelain nommé 


Date 


«Il vertu 




ou confirmé en vertu 




de l'cdit de 1740. 


de sa nomination. 


de l'éditde 1740. 


de sa nomination. 


Spectables. 




Maîtres. 




Claude Gaspard 


12 mai 1741. 


Pierre Tessier. 


10 août 1740. 


Ducruet. 








Jacques- Philibert 


d0septembrel740. 


jn.pre Amand. 


I4aoi'itl740. 


Richard. 








Pierre -François 


5 juillet 1740. 


PheDompmartin 


26 juillet 1740 (1). 


Guillet. 








Joseph Thonnin. 


28 février 1747 (*). 


» 


» 


Jacques- Philibert 


30 mai 1740. 


Joseph Marchand. 


22 juin 1740. 


Richard. 








Id. 


Id. 


Ph^ Dompmartin 


22 juin 1740. 


C'^e-Gaspd Ducrest. 


20*février 1741 (*). 


Jacques Domenjod 


24 août 1741. 


Antoine Jacquier. 


18 mars 1741 (*). 


»» 


» 


Id. 


18 mars 1741 (*). 


» 


» 


Claude Gaspard 


19 juin 1740. 


jn.gte Perrissod. 


24 janvier 1741 (2) 


Ducrest. 






1 


Cottin Joseph. 


22 janvier 1741. 


Joseph Gouville. 


20 septembre 1740 


Antoine Jacquier. 


18 mars 1741 (*). 


» 


» 


Michel Bouvard. 


18 février 1741 (*). 


» 


» 


jes.pijcrt Richard. 


15 juin 1740. 


» 


» 


Claude-Gaspard 


19 'juin 1740. 


10 Berd Héritier. 


22 novembre 1740 


Ducrest. 


•' 


2° Cde-Nic« Gay. 


7 octobre 1740. 






3° Claude-Jh Viry. 


21 novembre 1740. 






4° Aimé GoUiet. 


22 nove 1740 (3). 


Michel Bouvard. 


20 février 1741 (*). 


» 


» 


Jacques- Philibert 


15 juin 1740. 


Jean-Michel 


10 avril 1741. 


Richard. 




Mouton. 





a ville et paroisse de Thônes , les paroisses des Clés et des Villards ; la deuxième, les 
)aroisses du Grand-BornaEd et de Saint-Jean-de-Sixt ; la troisième, la paroisse de Ser- 
•aval, et la quatrième, la paroisse de Manigod. 

(4) Le sénat le nomma d'ollice à celte judicature « et sans frais, attendu la pauvreté 
ludit vassal. » 

Le 7 décembre 1743, l'avocat Etienne Boitier-Avrillon est nommé juge du comté de 
Tansy, '< par lettres de pauvre dame Anne Reyne de Gillicr, comtesse de Vansy, veuve 
ie noble Charles Bernard de Loche. » 



d28 



Siège de Justice 
ou 
i Judicature. 

1 


Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 


d46. Vuache. 

147. ViUard-Chaboud. 


Noble du Coudray, comte de Blancheville. 
Jean-Antoine de Gruel , seigneur de ladite 
terre. 



SECOND 

148. Annecy- le- Vieux , sei- ! Les syndics et conseil delà ville d'An- 
gneurie ! necy. 

149. Alex-Cbesenay, baronnie. \ Noble François Favier, baron du Noyer. 
130. Ballon. Paul-Louis -François de Perrucard, sei- 
gneur de Ballon. * 

151. Clermont, Desingy et de- Dame Marie-Louise-Octavie de Clermont, 
pendances, comté. comtesse de Saint-Cassin et dudit Cler- 

i mont. 



152. Chitry. 

153. Cmseilles, marquisat. 



M'""» Jean-Josepb de Cbabod, marquis de 
I Saint-Maurice. 



Noble Gaspard de Bonnière, marquis du- 
dit lieu. 
134. Cessens, Grésy et dépen- \ Evard Carron, comte de Grésy et de Ces" 

dances. . | sens. 

155. Gyé ou Giez. 



Françoise - Hiéronimc de Montjoye, ba- 
ronne de Villette. dame de Gyez. 

Noble François-Amédée ExcofTon, seigneur 
de Marceias. 

François-Amédée de Mouxy, comte de 
Loclie. 

M"'''^ Joseph-Gaspard de Bonnière , baron 
de Montoux, marquis de *.ruscillcs. 

jVJire François, marquis de Sales, seigneur 
de Boisy. 

François de Malivcrs, seigneur de Con- 
flans et dudit lieu. 

161. Vul[)cliièrc, seigneurie, j François de Keydef, seigneur de Vulpel- 

lière. 



156. Marceias. 

157. Mognard, seigneurie. 

158. Moîitoux, baronnie. 

159. Sales et dépendances, 
mar(]uisal. 

160. Saienove et dépendances, 
comié. 



129 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de lédil de 1740. 



Spectables. 

Michel Bouvard. 

Jacques -Philibert 

Richard. 



DEPARTEMENT. 

Michel Bouvard. 

Joseph Cottin. 
Pierre- François 

Guilliet. 
Pierre- François 

Guilliet. 



Claude Cochet. 

Joseph Cottin. 

Michel Bouvard. 

Jacques- Philibert 

Richard. 
Etienne Richard. 



Date 
de sa nomination. 



20 juin 1740. 
6 février 1741. 



Chùtclain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'éditdc 1740. 



Maîtres. 



Joseph Dupra. 
Jacques Donaenjod 



Date 
de sa nomination. 



20 mai 1741. 
22 janvier 1741. 



7 décembre 1741. Jacques Riouttard! 4 juillet 1740. 

4 juin 1731. 



27 juillet 1741. 
6 décembre 1741. 

l"décembre 1741. 



22 janvier 1742. 

3 juin 1742. 

8 décembre 1741. 

28 août 1744. 

10 mars 1747. 



Pierre Tusier. 

» 

Claude Chiron. 



24 septembre 1740 



, 10 Th' Descotes, i 4 juillet 1740. 
^2oCde.LouisGirod\ "* 
^30 pre.jh Dunand.I 29 août 1740. 
4° Claude Chiron. 19 septembre 1740 



Joseph Tinjod. l 5 février 1748(*). 



Joseph Cottin. 



15 novembre 1744 

20 juin 1740. 

lOjuillet 1740, 



Jacques- Philibert 

Richard. 
Michel Bonnard. 



3 janvier 1742. 
4 décembre 1741. 
20 novembre 1741. 
Joseph Cottin. |12 décembre 1741. 



pre.pro's Mollard. 

François Martin. 

Alexis Baudé. 

» 

Louis Rabut. 26 septembre 1740 
ler juillet 1740. 
24 octobre 1740. 



Jean-François de 

Chaumnnlcl. 
J"-Mic' Moulhon. 



Frano'3 de Robert. 
Id. 



20 juillet 1740. | 
1" mai 1739. ! 



130 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



162. Alby, marquisat. 

163. Allery, comté. 

164. Allonzier, baronnie. 

165. Barriez, comté. 

166. La Balme-Choisy, comté 

167. La Balme-de-Thuy. 

168. La Chapelle rière Cernex. 

169. Chaumont, marquisat 
no. Duingt, seigneurie. 

171. Faverges, marquisat. 

172. Gruffy. baronnie. 

173. Hauteville, comté. 

174. Menlonnex - Forax - sous- 
Clermont. 

175. Ollières-Aviernoz. 

176. Pomiers (pour les terres 
dépendant du Genevois). 



TROISIÈME 

jyjire Victor- Amé de Maillard, comte de 

Tournon, marquis d'Alby. 
Pierre-François d'AlIery, seigneur du lieu. 

Claude-François de Lambert, baron d'Al- 
I lonzier. 

I François Annet de Monthou, comte du lieu. 

I 

^]\lire Louis de Conzié , comte de Choisy et 
< de la Balme , marquis d'Almogne ou 
( Allemogne. 
I Le seigneur de Menthon , baron de Gruffy 

et de la Balme-de-Thuy. 
! Joseph-Henri , marquis de Challes, sei- 
j gneur de ladite terre. 
Micolas - Clair Doschamps , marquis de 
I Chaumont. 

François, marquis de Sales, seigneur de 
I Duingt. 

\ Anne-Charlotte Duclos Desery , veuve de 
I Jean-Baptiste Millict , marquis de Fa- 
verges. 
Bernard-Joseph de Menthon , baron de 

Gruffy. 
Joseph - Michel - Antoine Perret , comte 

d'Hauleville. 
Demoiselle Jeanne - Françoise Duserrc , 

dame dudit lieu. 
Jean-Antoine de Menthon, comte des Ol- 
lières-Aviernoz. 
Dom Maurice Brunet, prieur de la Char- 
treuse de Pomiers. 



131 



Jugp nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Spectables. 



DEPARTEMENT. 

Jacques - Philibert 24 décembre i742. 

Richiird. 
Etienne Boittier- 24 janvier 1743. 

Aurillon. 
Jacques- Philibertjier décembre 1742. 

Richard. 
Etienne Boittier- 1 5 février 1743. 
Aurillon 

6 mai 1743 (*}. 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Jacques- Philibert 
Richard. 

Pierre-François 

Guilliet. 
Georges Ribilel. 

Claude Gaspard 

Ducresi. 

François Lossc- 

rand. 

Joseph Ribitel. 

Pierre- François 

Guilliet. 
Joseph Toniii. 

Pierre-François 

Giiillicl. 

Jacques- Philibert 

Richard. 

Jacques -Philibert 

Richard. 



4 décembre 1742. 

13 juin 1742. 

15 mars 1743. 
2 décembre 1744. 

24 décembre 1742. 

4 décembre 1742' 

5juillet 1742. 

24 février 1740. 

18 février 1743. 

4 janvier 1743. 



Maîtres. 

Joseph Garnier. 

J.-B. Perrissod. 

Frano's de Robert. 

Jean-François de 

Chaumont. 

Pierre-Joseph 

Dunand. 

» 

François Touvier. 

Bernard MoUat. 

Claude Rey. 



Joseph-Philibert 

Aude. 

Jean- Pierre 

Arnaud. 
Jean-François 

Armand. 
Jean Berlie. 



Laurent Borgel. 



Date 
de sa nomination. 



18 janvier 1741. 

1" juillet 1740. 

28 juillet 1740. 
23 septembre 1740^ 
14 septembre 1740 

» 

13 juin 1742. 

4 août 1740. 

7 décembre 1738. 

1" août 1740. 

23 juin 1740. 

15 mars 1733. 

8 février 1740. 

» 

8 août 1740. 



132 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



177. Talloires. 

178. Turchet, Villy et Menton- 
nex. 

179. Ugines, comté. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 

R^ Amé-Philibert Mellarède, abbé com- 
mandalaire de la royale abbaye de Tal- 
' loires. 
Jean-Baptiste Anselme, baron de Villy. 

Jean-Jacques de Mareste, comte de Roche- 
fort, en sa qualité (2). 

III. — PROVINCE 



PREMIER 



180. Arrache. 

181. Arenlhon et Scientrier, 
baronnie. 

182. Ayse-en-Faucigny. 

183. Bellecombe-en-Faucigny. 

184. Pellionnex 

185. Toisinges. 

186. ïiez ou Thiez. 

187. Villard et Burdignin, ba- 
ronnie. 

188. Saint-Ixmier. 



(3). 



Dames Louise et Marie Favre des Char- 
meltes. 

Le curateur à l'hoirie de Guy Balthazar 
de Pobel, marquis de la Pierre. 

jyjire Hyacinthe Capré, comte de Mégève, 
seigneur de Bellecombe. 

François-Marie, comte de Compeys. 

Marc-Antoine Dichat , seigneur dudil lieu. 

L'évèquc de Genève. 

Louis François-Marie de Rochette, baron 
du lieu, seigneur du Mont-Saxonnex. 

Dora Charles-Auguste de Dingy, procureur 
général des Barnabites de la Sainte- 
Maison do Thonon. 



(1) La première des deux chàtellenies djpeiid.uit do l'abbaye de Talloires compre- 
nait « les terre et juridiction de Talloires; » la deuxième, la paroisse de « la Cluse lieu 
Dieu. » 

(2) Le comte de Rochefort représentait si femmi dJfunte Jacqueline d'Ugine. Il 
nomma le juge concurremment avec dame Marie-Jacfjueline d'Ugine , baronne de 
Luysel, et dame Thérèse d'Ugine, baronne de Saint-Oyen, sœurs et baronnes d'Ugine. 

(3) Ce n'est qu'en 1751 qu'apparaît le nom du vassal d'Arraché. Le 23 août 1751, 
noble Joseph Hurrex? Gallition, comte d'Arraché, nomme châtelain de celte juridiction 
M" Georges Pairnat ou Pernat, qui fut ensuite, le 26 avril 1754, nommé châtelain de 
Maglans par la communauté de cette paroisse. 



133 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de Tédit de 1740 



Date 
sa nomination. 



Châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Spec tables. 

François Josse- ^29 décembre d742\„ pje rs vii.dillpr 
rand. \ la" L.'^''-r^ Missillier 



Maitres. 

l°Louis Berthollet 



Pierre- François ] 5 avril 1743. 

Guilliet.* j 
Joseph Tonin. ,\9 novembre 1742. 



DU FAUCIGNY. 

DÉPARTEMENT. 

Joseph -François H8 février 1741 (*). 

De la Grange, i 
Michel Presset. jl5 novembre 1740. 



Pierre-François 
MoUat. * 
François Buchard. 



Date 
de sa nomination. 



1'' juillet 1740. 
3 décemre 1740 (1), 

16 avril 1744. 
1" juillet 1740. 



Nicolas Cornu. 



30 août 1740. 



Michel Presset. 1 25 juin 1740. 
Nicolas Cornu. !24 septembre 1740 

Id. ■ 17 juin 1740. 

Joseph Ducrest. 30 juin 1740. 



Michel Presset. 



28 mars 1740. 



Laurent Saillet. 
Valentin Aude. 

Jean-Baptiste 

Coppel. 
Joseph-Nicolas 

Besson. 

Pierre Bastian. 

Nicolas Cchendet, 

Joseph Burin. 

Pierre Pinget. 



Louis Cochet. 



23 février 1742 (*) 

16 janvier 1739. 

23 février 1742. 

26 janvier 1739. 

25 juin 1740. 
» 
6 juillet 1741 (4). 
4 octobre 1740. 

14 décernée 1731 (5) 



(4) L'avocat Cornu fut nommé d'ofSce par la chambre des comptes, « attendu la va- 
cance de l'évôchô de Genève dont dépend ladite juridiction. » Le châtelain fut nommé 
l'année suivante par R"" Joseph-Nicolas Deschamps do fihaumont, évêque de Genève. 

(5) M' Louis Cochet fut pourvu de la rhâtellenie comprenant les paroisses de Saint- 
Jean-Tholomé et Saint-Ixmier. Le 8 juillet 1742, M' Jacques Chatricr fut pourvu de la 
ch'itellenie de la paroisse de Contamine dépendant du mandement de Saint-Ixmier, 
suivant lettres de dom Charles-Emmanuel de Sonnaz , prévôt, et des R"*' Pères de la 
Sainte-Maison de Thonun. 



134 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



189. Scionzier. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



Les religieux de la chartreuse du Repo- 
soir (1). 



SECOND 

, M'""^^ François-Araédée de Compcys , mar- 
^ quis de Lucinge, et Jacques , marquis 
i d'AUinges et de Ternicr , seigneurs de 
' Brison. 

^ R<i3 seigneurs doyens et chanoines de l'in- 
signe collégiale de St Jacques de Sallan- 
ches, seigneurs temporels desdits lieux. 

192. Cordon- Oombloux, mar ~ — 
quisat. 

193. Les Gets, seigneurie ec-^^o™ Charles-Eoimanuel de Sonnaz prévôt 
„,A„.„„,: . " j du collège de la Sainte-Maison de Iho- 

non, et le chapitre de ladite Maison. 

M''"^ Jean-Joseph de Chabod, marquis de 
Saint-Maurice. 

Joseph-Amédée de Bien, comte de Flumet. 

jVjire prançois-Amédée de Compcys, mar- 
quis de Lucinge. 

Joseph Deloche, baron de Saint Martin. 



190. Brison. 



191. Charaonix et dépendances. 



clésiastique. 

194. St-Jeoire-la-Tour , comté. 

195. Flumet, comté. 

196. Lucinge, marquisat. 



I 

I M"^ François-Joseph de la Tour, marquis 
I de Cordon. 



197. St - Martin -Domency, ba- 
ronnie. 

198. Mégève et dépendances, 
comté. 

199. Mieussy-Ognon. 



200. Montjoie, comté. 

201. Montsaxonex et 
dances. 

202. Morillon. 



Hyacinthe Capré, comte de Mégève. 

Joseph de Planchamp, seigneur de Châ- 
teau-Blanc et Mieussy. 

Charles-François Anselme, comte de Mont- 
I joie. 

' Louis-François Marie de Rochelle, baron 
! duVillar'd. 

i Marie-Josephte de Gex de Grenaud, ba- 
' ronnedeSt-Christophe,damede Morillon 

(1) Depuis 1740, on no trouve |)as de nomination antérieure à celle de M* Pierre De- 
lisle, notain; colléïié à Scionzier, pourvu de la oliiiL-llunie de la juridiclion do Scionzier 
le 29 mars 1749, par lettres de dom Halthazar d'Huet, « prieur de la dévote chartreuse 
du Reposoir, seigneur dudit lieu. » 



dépcn 



135 



Juge nommé ou confirmé 

en venu 

de ledit de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Spectables. 
») 



DÉPARTEMENT. 
Joseph Ducrest. 

Nicolas Cornu. 
Joseph Ducrest. 

Joseph-Hippolyte 
Fernex. 

Joseph Ducrest. 

Nicolas Cornu. 
Joseph-François 

de la Grange. 

Joseph -Hippolyte 

Fernex. 

Nicolas Cornu. 

Michel Presset. 
Joseph Ducrest. 
Joseph Ducrest. 
Michel Presset. 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'cdit de 1740. 



Maîtres. 



Date 
de sa nomination. 



17 janvier 1742. 

2 mars 1741. 
16 avril 1741. 

19 novembre 1741 

6 juillet 1741. 

27 juillet 1741. 
24 décembre 1741 



*''''iï„!r°"'-''" 8i -plembre .740 



Saxonnex 

Pierre Paccard. 
Nicolas Perier. 

Claude-Joseph 
Montant. 

Jean-Marie Mo- 
rand. 
pre.pro's Besson. 
Guillaume Gentil, 



24 octobre 1741. 

1" décembre 1741 

21 août 1741. 

l'^r janvier 1741. 
If"" septembre 1741 
24 novembre 1741. Joseph Biord 



Joseph Thovex. 
Amédée Desforges 
Francs Rossillion. 

Pierre Paccard. 



9 novbre 1741 (2). 
25 juin 1740. 

20 juillet 1740. 

30 juillet 1740. 

2 juillet 1740. 
23 février 1742 

25 août 1740. 

13 juillet 1740. 

31 décembre 1739 

» 

13 juillet 1740. 



(2) M' Paccanl, 'le Saint-Gervais, fut pourvu des trois chàtellenies dûpondant de la 
juridiction de Chamonix, qui étaient : Cliamonix, Valorsine, Vaudagne dans la paroisse 
de .Servez, et le château de Saint-Miciiel-du-Lacq. 



136 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



' 203. Samoëns, marquisat. 
204. Servez. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



205. Annemasse, seigneurie fai- 
sant partie de la baronnie 
de Monthoux. 

206. Beëge, seigneurie. 



207. Bonne, comté. 

208. Boringe et Nangy, comté. 

209. Châtillon, marquisat. 

210. Cluses, marquisat. 

211. Cohendier, seigneurie. 

212. Saint-Etienne-Marignier. 

213. Foron, seigneurie. 

214. Marcellaz. 

215. Monthoux, baronnie (par- 
tie). 



M'fe Jean-Baptiste Salteur , marquis dudit 
lieu. 

(1). 



TROISIEME 

M're François -Eléasard de Ricardel ou 

Vuicardel , marquis de Fleury et de 

Beaufort. 
M'""® Henri de Mareschal De Duin de la 

Valdisère, marquis de Saint-Michel et 

de Marclaz. 
Joseph-Alexis Duclos Defrenoy, comte de 

Bonne et d'Esery. 
M're François de Bellegarde, marquis des 

Marchés (3). 
M're Louis Dufrenoy, marquis de Cluses et 

de Châtillon. 
Louis Dufrenoy, marquis de Cluses et de 

Châtillon. 
Jean -François-Joseph de Rochelte, sei- 
gneur dudit lieu. 
Dame Marthe-Françoise Saillet , veuve de 

noble Joseph Favre. 
Le chapitre de la cathédrale de Genève. 
François-Philippe de Seyssel , seigneur de 

Marcellaz. 
François de Pougny de Guillct, baron de 

Monthoux. 



(1) Le 22 janvier 1745, noble Charles-Joseph Deriddes de Bettetouret dame Georiii;ine 
de Menthon-de-Dmgy , épouse de noble Etienne-François Rogès, seigneur de Choilux 
et dudit Servez, nomment juge de la seigneurie de Servez l'avocat^ Joseph-I'i-angois 
La Grange. 

(2) Le châtelain fui nommé, en 1744, par M'" Joseph de Thoire, procureur général de 
dame Marie de la Valdisère, veuve de M'" François (luironsilia de Ricardel, tutrice de 
demoiselle Marie-Anne-Joséphine de Ricardel, sa fille. 



137 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'idit de 1740. 



Spectables. 

Joseph -François 

de la Grange. 
Michel Presset. 



DEPARTEMENT. 
Michel Presset. 

Joseph Ducrest. 

Michel Presset. 
Michel Presset. 

>' (4). 

Joseph Ducrest. 

Id. 

Id. 

Id. 
Michel Presset. 

Joseph Ducrest. 



Date 
de sa nomination. 



22 octobre 1740. 
12 janvier t742(*) 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de ledit de 1740. 



Maîtres. 

Pierre Gerdil. 



Date 
de sa nomination. 



20 juillet 1740. l 
Joseph Thovex. |23 février 1742 {*). 



24 janvier 1740. Guillauine Gentil. |27 janvier 1744 (2) 

30 juillet 1740. 
François Maret. 



28 décembre 1739. Charles - François 

. Gurliat. 



20 février 1742. 

10 mai 1739. 

» 

10 janvier 1740. 

26 août 1739. 

23 novembre 1739. 

1" août 1739. 
2 décembre 1740. 

27 décembre 1739. 



Claude-Joseph 

Montant. 
Joseph Jorand. 

Nicolas Cohendet. 

Etienne Couduricr 

») 
Louis Cochet. 

Jean - Louis 
Masson. 



6 mai 1741. 

» 

19 juillet 1740. 

4 juin 1740. 

23 février 1742. 

2 décembre 1740 

» 
25 novembre 1740 

18 septembre 1740 



(3) Le 30 avril 1743, ce môme avocat Presset fut renommé juge du comté de Boringe 
par Joseph de Conzié des Charmettes, qui avait acquis ce comté du marquis des 
Marches. 

(4) Probablement Chàtillon est faussement indiqué sur le registre des judicatures, 
n° 246, comme étant le siège d'une judicature, et ne formait qu'une chàteilenie du dis- 
trict judiciaire de Cluses. 



138 



siège de Justice 

ou 

Judicature. 



216. Poncbi et dépendances, 

comté. 
2t7. Ruaiilly-sous-Cornillon, 

comté. 



218. Sitz. 



219. Sainf-Sigismond-l'Hermi- 
neur. 

220. Taninge, comté. 



221. Abbaye d'Aulps et terres 
en dépendant. 

222. Les AUinges, touité. 



223. Allemand -Tollon et dé- 
pendances. 

224. Ballayson. 

225. Bellevaux en Chablais , 
seigneurie. 

226. Brons et dépendances , 
seigneurie. 

227. Coudrée, marquisat. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



M'fe Joseph Milliet, marquis d'Arvillars,et 
noble Jean-François More. 

Nobles Pierre-François, Pierre, et Jean- 
Baptiste Muffat de Saint-Amour, comtes 
dudit lieu. 

Charles-Joseph de Valpergue de Chevron, 
prévôt de la collégiale d'Aiguebelle , 
abbé de la royale abbaye de Sitz. 

Demoiselle Anne-Marie de Gantelet, veuve 
de noble Claude de Rochelle. 

Noble Joachim de la Grante, comte de 
Taninge. 

IV. — PROVINCE 

PREMIER 
L'Abbé d'Aulps. 

Charles Duvergier, seigneur de Saint-Tho- 
mas-des-Esserts en Tarentaise, comman- 
deur de la commanderie des AUinges. 

Marc -Antoine - Araédée Bouvier, baron 
d'Yvoire. 

Isaac Budé, seigneur de Boisy et de Bal- 
layson. 

R^ Charles-Emmanuel de Sonnaz , prévôt, 
et les R<'^ Pères Barnabites de la Sainte- 
Maison de Thonon. 

Joseph-François de Sales, seigneur dudit 
lieu. 

M'""** Jacques d'Allinges, marquis de Cou- 
drée. 



(1) Le châtelain fut nommé par demoiselle Maric-Josephle-Ignace-Eusèbe Fichet, 
épouse du marquis d'Arvillars, et noble Jean-François More, en qiialitiî de mari et 
constitutaire général de dame Marie-Ignace-Jeanne-Bjpdste Fichet, seigneurs du comté. 

(2) Nommé par la chambre des comples à cause de la vacance de l'abbaye. Il en fui 
de même pour les châtelains. 



139 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Spectables. 

Michel Presset. 29 septembre 1739 



Id. 

Nicolas Cornu. 

Joseph Ducrest. 
Id. 



3 mai 4738. 

12 avril 1738. 

6 janvier 1740. 
3 février 1740. 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Maîtres. 

André Gaillard. 
Nicolas Cohendet. 



Michel-Joseph 
Raphet. 

Joseph Jorand. 

Claude- Joseph 
Montant. 



Date 
de sa nomination. 



15 juillet 1740 (1). 
3 avril 1742. 

12 août 1738. 

18 juin 1740. 
7 avril 1739. 



DE CHABLAIS 

DÉPARTEMENT. 



Claude-Aimé 

Brelat. 
Louis Dubouloz. 



Gaspard Borret? 
Pierre Duperier. 

Louis Dubouloz. 
Pierre Duperier. 



29 mars 1740 (*), 

(2). 
24 septembre 1740 



lopre.FoisVullien./ „ ■ .,, . ,„,. 
^oja.pre VuUien.^ 9 juiUet 1740. 



Pierre Naz. 



,n f ■ ,„,, ,.v *P''Moseph Cachât 
17 février 1741 ( ).,ja.jacques Billiod 
20 septembre 1740 Jean Marcet 

14 juin 1740. 



18 février 1741 (*). 



Michel-Gabriel j22 décembre 1740. 
Mugnier. | 



André Favrot. 



24 septembre 1740 



14 août 1740. 

13 août 1740 (3). 

23 juin 1740. 

20 juillet 1740. 



Jean-Baptiste 20 octobre 1740. 

Giraud. ! 

Jean Marcet. 25 juin 1740. 



première chàteilenie comprenait la paroisse Ju Biot et ses dépendances ; la se- 
!, les lieux de Saint-Jean-d'Aulps, Morzine et dépendances. 

(3) Tollon formait une chàteilenie, et AUemand-Lugrin une autre chàtelienie. 



La . 

conde 



440 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



I 2"28. Coursinge, marquisat. 

229. Félerne. 

■ 

230. Habère-Lollin et dépen- 
dances, seigneurie. 

231. Habère-Poche. 

232. Laringe et dépendances, 
baronnie. 

233. Minière. 

234. Nernier et Messery, sei- 
gneurie. 



235. Trocbe, baronnie. 

236. Vallon. 

237. Vernaz. 

238. Yvoire et dépendances, 
baronnie. 



Vassal ou communauttî ayaut droit de nommer 
les juges et châtelains. 



Dame Charlotte d'Oglelorpe, marquise des 
Marches et de Coursinge. 

]yiire François-Amédée de Compeys, mar- 
quis de Lucinge, baron de Féterne. 

Claude-Jean-Baptiste Gerbaix de Sonnaz, 
seigneur d'Habère. 

L'abbé d'Aulps. 

Le marquis de Coudrée et baron de La- 
ringe et dépendances. 

Le prévôt du Saint-Bernard. 

Marc-Antoine Costa de Charlier, et Bar- 
thélerai comte Costa, son frère. 



M'""® Marc- Antoine de Roër de Troche 
de Saint-Severin, marquis de Verel. 

Frère Honoré, prieur de Ripailles. 
» 

Marc- Antoine- François-Amédée , baron 
d'Yvoire. 



SECOND 



239. Abondance. 



240. Beauregard. 



L'abbé Com'» d'Abondance, R"'* Pierre de 
Guérin de Tencin, cardinal archevêque, 
comte de Lyon, ministre d'Etat. 

Marc-Antoine Costa, comte de Charlier. 



(1) Dans cette circonscription, comme dans toutes les autres dépendances d'un établis- 
sement ecclésiastique, c'était la chambre des comptes et non le sénat qui nommait 
d'office les titulaires, quand l'établissement était privé de son supérieur. Cela arriva en 
1740, à cause do la vacance d'3 la prévôt i du Saint-Bernanl. 

(2) M' André Favrat aurait été pourvu, dès le 30 septembre 1702, de la chàtellenie de 
Vallon, par le frère Luc de la Levretière, prieur des chartreuses unies de Ripailles et 
Vallon. 

(3) La première chàtellenie comprenait la pai'oisse de Saint-Gingolph, t part de Sa- 



141 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édit de 1740. 



Spectables. 

Louis Dubouloz. 

Charles Pancrace. 

Louis Dubouloz. 



Claude-Aimé 

Brelat. 

Id. (*). 

Maurice Buttet, 

lieutenant de laju- 

dicature-raage 

du Chablais. 

Louis Dubouloz. 

Id. 

Pierre Duperier. 

Id. 



Date 

de sa nomination. 



l^raars 1741. 
28 septembre 1740 
27 septembre 1740 

» 

22 décembre 1740. 

23 juillet 1740. 

23 novembre 1740. 

18 février 1741 (*). 

23 avril 1741. 
18 février 1741 (*). 
18 février 1741 {'}. 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'édit de 1740. 



Jlaitres. 

Pierre Naz. 

Jean-Jacques 

Billiod. 

Jean -Baptiste 

Mouton. 

. Id. (*). 

Pierre Cayen. 

Jean-Fçois Sache. 

Jacques-Amédée 

Le Masson. 



Id. 

André Favrat. 

>i 
Jean Marcel. 



Date 
de sa nomination. 



20 février 1741. 

26 juillet 1740. 

8 juin 1740. 

9 juillet 1740. 
25 juin 1740. 

16 juillet 1740 (1). 
23 juillet 1740. 

1" août 1740. 

» (2). 
5 juillet 1740. 



DEPARTEMENT. 



Gaspard Bordet. 

Claude-François 
Quisard. 



2 mars 1742. 



30 janvier 1742 (*) 



40 pre-jh Cachât. 
4° André Maxit. 



23 juillet 1740. 
6 juillet 1740. 



/3o Antoine Bron. 9 septembre 1740. 
'40 Jacques Folliet. 15 juillet 1740 (3). 

Clde.jvioe vialland.^aK • 11 . ^n/A //\ 
J-Aa«eLeMasson<25 juillet 1740 (4). 



voie. » M" Cachât en fut pourvu par M" Garin et Bron, fermiers généraux des revenus 
de l'abbaye. 

La deuxième comprenait la paroisse de la Chapelle et fut dévolue à M« Maxit par ledit 
Antoine Bron. 

La troisième comprenait la paroisse de Vacheresse, et la quatrième, celle d'Abondance. 

(4) M' Viollard fut nommé châtelain de la chàtellenie de Beauregard dans ia paroisse 
de Massongy ; M' Le Masson le fut de la paroisse de Cusy, dépendant de Beauregard. 



442 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



241. Bourgneuf dans la pa- 
roisse de Domène. 

242. Charmoisy. 

243. Langin, comté. 

244. Loisin. 

245. LuUin, marquisat. 

246. Saint-Paul Bernex, man- 
dement. 

247. Servette. 

248. Vallée d'Aulps (4). 

249. Veigy. 



250. Avully. 

251. Chapelle- de- Marin, ba- 
ronnie. 

252. Hermance, marquisat. 

253. Marclaz, marquisat. 

254. Saint-Cergues-Saxel. 



Vassal ou Communauté ayant droit do nommer 
les juges et châtelains. 

Janus de Sonis, seigneur dudit lieu. 

Dom Jacques , marquis d'Aliinge, de Cou- 
drée, etc. 

Id. 

Id. 
M're Claude-Louis de Blonay (3). 

Dom Jacques, marquis d'AUingfe, de Cou- 

drce, etc. 

» 
Dame Marguerite de Brotz d'Antioche, 

dame de Veigy et de Ville-la-Grand. 

TROISIÈME. 

Le marquis d'Avully. 

Les ayants-droit du marquis d'Hermance, 
baron du lieu (6). 

Id. 

M''" Henri de Duin de Mareschal de la Val- 
disère , M'^ de St-Michel et de Marclaz. 

Noble Jacques-François Rebut, seigneur 
de Saxel-de-Saint-Cergues. 



(1) Le 2 décembre 174JL, dom .Foseph-lYançois de Bullegarde, marquis des Marches, 
coseigneur de Charmoisy, nommait juge de Charmoisy l'avocat Jean-.\ntoine Rivolat. 

(■2) M' Gentil fut nommé à la chàlellenio des paroisses de Saint-Didier, Breutonne, 
Luiiy et Fexy, dépendant « do la comté de Langin. » 

(3) Le juge et le châtelain furent nommés par dame Marie d'Aliinge, veuve de Claude 
de Blonay, baion d'Accise , seigneur du mandement de Saint-Paul^ procuratrice géné- 
rale de son liis Claude-Louis do lîlonay. 

(4) Il paraîtrait qu'outre la « judicature de l'abbaye d'Aulps et ses dépendances, » 
classée dans le premier département, il y avait celle de « la vallée d'Aulps, » comprise 
dans le second département des judicatures du Chablais. 

(5) François Quisard fut nommé juge par lettres de l'avocat Louis Dubouioz, délégué 



443 



Juge nommé ou conârmé 

en vertu 

de ledit de 1740. 



Date 
de sa ncmination. 



Châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

del'édit de 1740. 



Maîtres. 

30 janvier 1742(*).l Claude Violland. 



Spectables. 

Claude- François 

Quisard. 
Louis Dubouloz. ! Id. n 

Maurice Butlet. 30 novembre 1742. François Gentil. 



Id. 30 novembre 1741. M«J'>-C'ie Violland 

Id. I Id. Amédéo Carron. 

Gaspard Bordet. id^"" décembre 1741. Jean-Jacques 
I j Billiod. 

Maurice Butlet. i30 novembre 1741. MeJ"-Cde Violland 



Date 
de sa nomination. 



Claude Bron. }3 novembre 1742. 
Pierre Duperrier. 21 décembre 1741. 



DEPARTEMENT. 

François Quisard. 
Nicolas Charles. 

François Quisard. 

Id. 

Id. 



31 août 1742. 
l*"' janvier 1743. 

30 août 1742. 

15 mars 1743 ('). 

Id. 



René Grée. 
Guerin -François 

Genoud. 
Jacques-Amédée 

Le Masson. 
Pierre -J'> Dunand 

de la Place. 

jn_Bte Mouthon. 

Jean-Bap'« Girod. 



15 avril 1742. 



23 juin 1740 (2). 

25 juin 1740. 

•• Id. 
26 juillet 1740. 

25 juin 1740. 

» 



25 juin 1740 (5). 
28 juillet 1740 (7). 

22 février 1742n.| 

25 juillet 1740. ! 

18 juin 1740. ' 
I4octobrel740(8).' 



par le sénat de Piémont pour pourvoir à tout ce qui concernait les droits et intérêts de 
feu le seigneur baron de Fcrrod, marquis d'Avuily. 

M= Grée fut pourvu de l'exercice de la chàteileiiie des paroisses de Bons, Maxilly et 
AvuUy dépendant du comté de Langin, par lettres de Messire Jacques d'Allinge, martquis 
de Coudrôe. 

(6) Il fut nommé par l'avocat Louis Dubouloz « juge délégué par l'excellentissime 
sénat de Turin pour tout ce qui concerne les intérêts du concours Ferrod et baronnie 
de ladite Chapelle-Marin. » 

(7j Le 9 juillet 1717, Pierre Gain était nommé châtelain de la Chapelle-de-Marin par 
noble Jean-Antoine Ferrod, marquis d'Hermance, baron duditlieu. 

(8) La première chàlellenie comprenait la paroisse de Saxel-St-Cergues ; la deuxième 
était formée de Saint-Cergues. 



144 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



Vassal ou Communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



255. Bcssans et dépendances. 

256. La Chaudane. 

257. Heurtières, comté. 

258. Monlbérenger, seigneurie 
ecclésiastique. 

259. Saint-Rémy, comté. 



V. — PROVINCE 

PREMIER 
Abbaye de Saint-Michel de la Cluse. 

Vichard de Saint-Réal, seigneur de Saint- 
Réal et de La Chaudane. 

Le chapitre de la cathédrale de Saint-Jean- 
de-Maurienne. 

Jean-François de Bertrand, comte de la 
Perrouse, en sa qualité de père et admi- 
nistrateur de Messire Pantaléon-Joseph 
de Bertrand, comte de Saint-Rémy. 

SECOND. 

260. Cuines et Villars, comté. Gaspard-Martin Sallières d'Arves, comte 

de Cuines et Villars. 

261. Evéché de Maurienne (ju- j R^^ Ignace-Dominique- Marie Griselle de 
dicature ordinaire et tem- Rosignan, évêque de Maurienne. 
porelle). 

TROISIÈME 

262. La Chambre, marquisat, et Claude de Michal de Cagnol, marquis de 
JMontaimont, comté (6). i La Chambre. 

(1) La chambre des comptes nomma les juges et châtelains du mandement de Bessani 
pendant la vacance de l'abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse. M* Grassy eut la chàtellenii 
de Lans-le-Viliard ; M' Fodôré, celle de Bessans. 

(2) « Juge corner et commun de la cité et ressort de Saint-Jean-de-Maurienne. » 

(3^ Trois chàtcllenies dans le comté : celle des paroisses des Saint-Colomban et Saint 
Albaii-des-Villards ; celle de la paroisse de Saint-Etienne-de-Cuines; celle de la paroissi 
de Sainte-Mari e-de-Cuines. 

(4) Trois cliàtellenies dans le domaine temporel qui restait à l'évoque de Maurienne 
le mandement de Valloiie, la paroisse de Saint-André-de-Mauricnne et dépendances 
Argentine. 



145 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

Je l'édil de 1740. 



Date 
de sa nomination. 



Châtelain nommé 

ou confirmé en verlu 
de l'édil de 1740. 



Date 

de sa nomination. 



Spectables. 

DE MAURIENNE. 



Maîtres. 



DÉPARTEMENT. 

I Noble Jn-Domi"''!»' 
Joseph Darve. 
Id. 

Id. 
Id. 

Jacques Albrievi. 



DEPARTEMENT. 



29 mars 1739. 



^ François Grassy. | 12 juin 1736. 
( Barnabe Fédéré IG juillet 1740 (1) 



20 février 1741 ('). Etienne Buissier. ,17 février 1742 

i ' ! 



20 février 1741 {*). 
29 novembre 1740. 

17 septembre 1740.' 



Jacques Rey. 

Sinion-Josepb 

Dupré. 

Jean-Louis 

Tognet-Bonvoisin. 



17 février 1742 (*) 
21 mars 1742. 

27 juillet 1740. 



Jacques Albrieu 11 août 1741. 



10 Jo-B'e Frasse. 



2° J"-L's Truchet, 
^ 3° J"-L's Tognet. 



Pierre-François 
Martin. 

DÉPARTEMENT. 

Noble Claude- ' 
François de Rapin 



jn.Bie Grange. 



20 septembre 174r Alexis (Irange. 
' Etienne Buissier. 



i . " 

; 2 )um 1740. 

27 juillet 1740 (3). 

13 octobre 1741. 

16 octobre 1741. 
29 janvier 1742(4). 



18 juin 1742. 



J"-Louis Truchet.! 
P"-Antoine Petel.l 



7 juin 1740. 
Id. (5). 



(5) La paroisse du la Chambre et Notre-Dame-du-Cruct fonaait la première chàtel- 
lenie ; la baronnie ou comté de Moutaimont formait la seconde. 

(6) 11 y avait encore en Maurienne, comme ju.i?e ordinaire et subalterne, le «juge cour- 
rier et commun de la province » nommé parle roi. L'avocat Jacques Albrieu fut confirmé 
dans cette charge par patentes de Charles-Emmanuel III, du 4 avril 1742. Après sa 
mort, l'avocat Joseph-Louis de Banal de Montauvratd fut commis pr-ovisoirementà cette 
charge par décret du sénat du 16 mar-s 1744. 

On comptait dans la même province vingt chàtellenies relevant directement du roi. 

10 



146 



siège de Justice 

ou 

Judicature. 



j Vassal ou Communaulé ayant droit de nommer 
i les juges et châtelains. 



I 



VI. — PROVINCE 

PREMIER 

263. St- Thomas -des-Esserts , H'' Christophe Duverger, doyen de la rné- 
baronnie. tropole de Tarenlaisc. 

264. Villette , baronnie. Hyacinthe de Chevron , baron de Vilielte. 



265. Archevêché (terres en dé- 
pendant). 

266. Cevins, comté. 

267. Saint-Paul. 

268. La Valdisère et dépen- 
dances, comté. 



SECOND 

R"'eAmédée Milliet, archevêque de Taren- 
taise. 

Claude de Montfalcon, comte de Saint- 
Pierre et de Cevins. 

Noble Claude Davallon, seigneur de Saint- 
Paul. 

M'"'^ François de Duin de Mareschal, comte 
de la ^'aldisère. 

TROISIÈME 

Noble Pierre-G.îbriel Chivilliard, seigneur ; 

de Sainl-Oycn. ■ 

Noble Duvergicr, seigneur de Blay. | 



269. Le Bois, baronnie. 

270. Hlay , seigneurie. 

(1) Il cumulait les fonctions de juge de l'archevêque et de lieutenant du juge-maje de 
la Tarentaiso, lieuteaance dont il était pourvu depuis 3721, par patentes royales du 8 
avril de la mémo année. 

(2) 1" M' Joseph Fontaine fut approuvé par le sénat, le !«■■ juillet 1740, pour re.>Lercice 
de la chàtelleuie des terres et mandements de la Bâtie et tours dépendant de l'archevê- 
ché de Tarentaise ; 

2" M" Victor-Araédùe Bergonzy, notaire collégié à Moùtiers, fut noœmé vibailli soit 
châtelain de l'archevôchô le 22 octobre 1736 ; 

3" M" Georges Ravier, notaire collégié aux Allues, fut nommé châtelain des paroisses 
des Allues et de la Perrière le 13 décembre 1740 ; 

4° M' Nicolas Favre, notaire collégié de la paroisse de Montagny en Tarentaise, fut 
nommé châtelain du mandement de Bo/el et dépendances le 29 décembre 1740; 



147 



Juge nommé ou confirmé 

en vertu 

de l'édil de 17'iO. 



Date 
de sa nomiGation. 



Speclables. 

DE TARENTAISE. 

DÉPARTi':MElNT. 



Châtelain nouinic 

011 confirmé en vertu 

de l'édit de 17 iO. 



Maîtres. 



Date 
de sa noiiiinalion. 



9 janvier 1741 (*). 
28 juin 1740. 



Josepli Fonlainc. 
Jacques Gevry. 



Jean- Philippe 

Viciiaid. 
François-Louis 

Hospès. 

DÉPARTEMENT, 
i André Vignet (1). 



Jean- Philippe 
Vicliard. 
Claude lionnardelll" décembre 1741 Antoine Borne. 



27 juin 1740. 
28 juillet 1740. 



13 mai 1741. Six châtelains (2).| » 

! i 

12 août 1741. ÎMauricc Sylvestre 2G décembre 1741. 

17 septembre 1741 



François- Amédée M juin 1741. 
Merel. 



J" B'e Gonthier. j 14 juillet 1740. 
Jean Minoret. ilo janvier 1739 (3) 



DEPARTEMENT. 



François-Louis 
Hospès. 
Claude Bonnardeli lo mars 1742 



12 juin 1742. Marc-Antoine {20 juillet 1740 (4). 



M auge. 
Antoine Borne. 



14 septembre 1741 



5" M' Jean-Pierre Raymond, de Saint-Jean-de-BelIevi!le, eut la chàtelleiiie des terres 
de celte paroisse par lettres du 20 janvier 1741 ; 

6° M" Jean-Baptiste Ulliel fut pourvu de h châteiJenie d'un mandement formé des pa- 
isses d'IIautccour, Montgirod, le Pré et Saint-Marcel, le 28 novembre 1740. 



roisse 



Il parait que la juiidiclion do l'archevêché comprenait encore ie mandement de Saint- 
Jacqueuiolz et 1.4 paroisse de Naves, formant une seule chàteilenie qu: fut dumiée quel- 
ques année.s plus tard à M' Jean-François Grillirt, notaire coll3gié à Moùtiers, par lettres 
de R'' Pierre Pétrin, sous-économe des bénélices vacants en Tarentaise. 

(3) La première chàteilenie comprenait les paroisses de lignes, Sainle-Foy et la Val ; 
la deuxième, celles de Séez, Saint-Germain, .Montvalezan et Villaroger. 

(4) De la chàteilenie de la baronnie du Bois dépendaient les paroisses de Saint-Oven, 
Doucy et les Avanchers. 



148 



Siège de Justice 

ou 

Judicature. 



271. Saint -Eusèbe- de- Cœur, 
seigneurie. 

272. Saint-Maurice, marquisat. 

273. Saint -Laurent et Salins, 
comté. 

274. Saint-ïhomas, marquisat. 



Vassal ou communauté ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



François-Amédée du Tour de Villeneuve, 
seigneur de Saint-Eusèi)e. 

M'''" Jean-Joseph de Cliabod , marquis de 
Saint-Maurice. 

Victor-Araé Chappel, seigneur de Saint- 
Laurent et Salins. 

M''^^ dom Joseph-Gaétan Carron , marquis 
de Saint-Thomas. 

VII. — BAILLIAGES DE 

PREMIER 

275. Ambilîy, seigneurie. j François-Philippe de Seyssel , seigneur de 

I Marcolaz et dudit lieu. 

276. Archamp (la Poepe, Mont- ' R™^ Millict d'Arvillars, archevêque de Ta- 

rentaise, — Bertrand de la Pérf)use , — 
Ignace de Sacconcx, coseigneurs d'Ar- 
cbamp. 

Noble Antoine Ignace de Sacconex, sei- 
gneur d'Augny. 

Françoise de IJeauinonl, niar'^" de (".halles. 

Bernard de Menthon, comte de Menthon et 
de Montrottier, seigneur de Beaumont. 

Noble Louis-Amédée de Louys , baron de 
la IJàthic-Choulex, seigneur de Collonge- 
Bellcrive. 



fort, le Villars) 



277. Augny (dépendant de la 
coseigneurie d'Archamp). 

278. La Bâtie-Mélie ou Meille. 

279. Beaumont, seigneurie. 

280. La Bâthie-Bellerive. 



281. Bessinge, seigneurie. 

282. La Bâtie -Choulex, 
ronnie. 



ba- 



» 
Id. 



(1) La première chàtellenie était celle du mandement et marquisat de Saint-Maurice; 
la deuxième comprenait la paroisse de Màcot. 

(2) Spectable Jean Truchet était en même temps lieutenant de la judicature -maje 
des bailliages (1740-1749). 



149 



Juge nomme ou confirmé 


Date 


Châtelain nommé 


Date 


en vertu 




ou confirmé en vertu 


deréditde 1740. 


de sa nomination. 


de ledit de 1740. 


de sa nomination. 


Speclables. 




.Maîtres. 




Claude Bonnardel 


15 mars 1743 0. 


Jean-Baptiste 
Ulliel. 


30 mai 1740. 


Joseph - François- 
Amédée Merel. 


ler avril 1742. ) 


Antoine Villien. 
Jean Rullier. 


12 juillet 1740. 
25 mai 1741 (1). 


Claude Bonnardel 


20 octobre 1742. 


» 


» 


François-Louis 


18 novembre 1742 


Marc-Antoine 


12 août 1746. 


Hospès. 




Mangé. 




ÏERNIER ET GAILLARD. 




DÉPARTEMENT. 




Jean T ruchet (2). 


17 février 1741 (*). 


Guillaume Gentil. 


15 novembre 1741. 


Id 


9 juillet 1740. 


Jean-Nicolas 
Picollet. 


1" août 1740. 






Laurent Borgel. 


13 août 1740. 


Charles-Anloine 


22 janvier 1744 (*). 


Jean-Nicolas 


ler octobre 1740. 


Paget (3). 




Picollet. 




Id. 


l^"" décembre 1740 


Alexis Christine. 


23 avril 1742. 


Jean Truchet. 


17 février 1741 (*). 


Laurent Borgel. 


7 janvier 1741. 


Id. 


20 septembre 1740 


Jacques-Araédée 


27 juillet 1740 






Le Masson. 


(pour CoUonge dé- 
pendant de Belle- 
rive). 


Id. 


I) 


Guillaume Gentil. 


2 octobre 1741. 


Id. 


22 janvier 1744 ('). 


Id. 


22 septembre 1740 
(p'' Meissy dépen- 
dant de Choulex). 



(3) Spectable Paget fut nomm6 juge-maje des bailliages par patentes royales du 24 
février 1740. 

On peut remarquer que toutes les judicatures seigneuriales des bailliages étaient oc- 
cupées par le juge-maje et le lieutenant-juge-maje, nommés à ces dernières fonctions 
par le roi, comme nous l'avons dit dans notre préambule. 



450 



Siège de Justice 

ou 

Judicalure. 



283. Choulcx, seigneurie. 

I 284. Compeys, seigneurie. 
; 285. Cursinge. 



286 Foncenex. 
I 287. Rossillioii, comté. 



288. Ilougemorit. 

289. Sa-cconex, comté 

290. Saint-Siruond. 



Vassal ou communaul-'; ayant droit de nommer 
les juges et châtelains. 



Noble Etienne-François Hogex , seigneur 

de Ciioulex. 
François-Philippe de Seyssel. 
Noble Jean-Charles Dadaz , seigneur de 

Cursinge. 



Jean-Baplisle, comte de Saint-Amour et 

de lîossillion. 
Pantalcon-Joscph de Bertrand, comte de 

la Perrouse, seigneur de Uou;.';cmont. 
Milliet d'Arvillars? 
Noble Dufrenoy, marquis de Cluses. 
291. Ville-la-iSrand et dépen- Charles-Nicolas de (iraiily, seigneur de 
dances. Veigy et de Ville-la-(iraud. 



SECOND 



292. Châtelard, seigneurie. 

293. Confignon, baronnie. 



François-Amédéo, comte de Compeys, sei- 
gneur du Châtelard. 
! Victor-Ame de Maillard, comte de Tour 
I non. 

294. Poraiers , seigneurie ce- i Dom Maurice lîrunet, prieur de la char- 
i clésiaslique (2). treuse de Pomiers et seigneur dudit lieu. 

{ 295. Ternier et dépendances, Dom Jacques d'Allinges , marquis de 
marquisat. Coudrée. 

296. Viry, comté. François-Joseph, coiute de Viry. 



(1) M' Jacques-François Vuagniaz ou Vua.^nat fut pourvu de la chàtollenie ro}alc des 
bailliages de Teruier et Gaillard par patentes de S. M. du 30 juillet 17-10. 



151 



Juge noninii' ou confirmé 

en vertu 

de l'édil de 17 iO. 



Date 
de sa nomination. 



Sjjcclables. 

Jean ïriichel. 17 février n41 (*). 



châtelain nommé 

ou confirmé en vertu 

de l'cdit de 1740. 



Jd. 
Id. 



30 août 1740. 
17 février 1741 ( 



Maîtres. 

Guillaume Chuit. 

Guillaume Gentil. 
Guillaume Chuit. 



Date 
de sa nomination. 



Charles-Antoine.! 4" août 1741. 



Paget. 
Id. 



15 juillet 1740. 



Jean Truchet. \i février 1741 (*). 
Id. [17 février 1741 ('). 

Id. il6 septenabre 1740 



DEPARTEMENT 

Charles-Antoine 19 janvier 1742 (*). 
"ige 
Id. ! 19 janvier 1742. 

19 mai 1741. 



15 novembre 1740. 

15 novembre 1741. 
5 septembre 1741. 

17 février 1740 (*). 
l"aoùt 1740. 

l^"- août 1740. 

1:7 février 1740 (*). 
17 février 1742 (*). 
Jean-François | H juillet 1740. 
Foex. I 



François Cavussin. 

Jean-Nicolas 

Picollet. 

Id. 

Id. 



Paget. 



Id 



Jacques- François; 15 juillet 1740. 
Vuagnat (1). ^ 
Jean Collomb. 10 mai 1741. 

Laurent Borgel. i 8 août 1740. 



Jean Truchet. !30 novembre 1741 .1 Jacques - François 



Jean Truchet. 



Vuagnat. 



30 juillet 1739. 



19 janvier 1742? (')j Albert-Eugène , f'' octobre 1740. 

Saulier. 



(2) La c!iar(reuse de Pomiers avait des terres dans les bailliages et dans le Genevois, 
formant deux districts judiciaires dilforents et une seule chàtellenie. Voir plus haut 
Pomiers, en Genevois. 



INDEX 

DES NOMS DE LIEUX CITÉS DANS LE TABLEAU 

DES JUSTICES SEIGNEURIALES EN SAVOIE 

AU MILIEU DU XYIII*^ SIÈCLE <*'. 



Pages. 

Abondance d 40 

Aiguebelelte 110 

Aiguebelle 116 

Aillon m 

Aix 110 

Alban (St-) 110 

Alban-des-Villards (Si-) 144 

Alby 130 

Alex-Chesenay | Alex , Chesse- 

naz? I 128 

AIleraand-Thollon | ThoUon | . 138 

Allery en Genevois | Gevrier j . 130 

Allinges(les) 138 

Allonzier 130 

Allues (les) 146 

Amansy I Araancy I 125 

Ambilly 148 

André (St-) \ canton de Ru- 

milly I 126 



Pages. 

André-de-Mauricnne (St-) 144 

Annccy-le-Vieux 128 

Anneraasse 136 

Apremont 120 

Archarap 1 48 

Arcines 122 

Arenthon 132 

Argentine 1 44 

Arith m 

Arraches 132 

Arvillard 110 

Augny I Archamp ? | 1 48 

Aulps 1 St-Jean-d'Aulps | .. 138,142 

Avanchers ( les ) 1 42 

Aviernoz 130 

Avressieux 114 

Avully I Brenlhonne I 142 

Ayn 114 

Ayse 132 



(1) On ne trouvera point dans cet index les noms de lieux figurant seulement dans 
là deuxième colonne du tableau des justices si'igneuriales'et n'indiquant quejes titres 
des seigneurs justiciers; nous n'avons voulu donner ici qu'un répertoire des" noms de 
lieux se rattachant directement aux judicatures de Tépoque. 

La plupart sont aujourd'hui des noms de communes; ceux-là ne sont accompagnés 
d'aucune explication. Quant aux autres, se référant à d'anciens châteaux, à des hameaux 
ou à de simples terres féodales, nous les avons fait suivre de la désignation'de la com- 
mune ac!uclle sur le territoire de laquelle ils se trouvaient, quand nous avons pu la 
connaître d'une manière précise, et d'un point d'interrogation, mis aussi entre traits 
verticaux, lorsque nous l'avons ignoré al)solument ou lorsque la multiplicité de com- 
munes renfermant une localité du même nom nous a laissé quelque hésitation. 

Nous devons adresser ici à M. André Perrin nos remerciments, pour le concours 
qu'il nous a donné dans la recherche de ces indications. 



154 

Pages. 

Ballavson 138 

Ballon I en Genevois? i 128 

Balme-Choisy (la) | Cboisy | .. 130 

Balnie-d.'-ïhuy (la) 130 

Barberaz 120 

Barrioz 130 

Bassy 1?2 

HaUiie (la), près Cliambéry 

! Barby | 110 

— d'Albanais I Montcel I liO 

Mélie, en Chablais | ? | . . 148 

— -Bellerive ( canlon de Ge- 

nève?) | Collonge | 148 

— Choiilex I Cbolen en Cha- 

blais? 1 148 

Bâtie ou Bàtbie | canlon d'Al- 
bertville I 14G 

Beaufort 1!2 

Beauges, marquisat 110 

Reaumont 148 

Beauregard | Chens-Cusy, Cusy | 140 

Bellecombe en Beauges 111 

Bellecombe en Faucigny | Kei- 

gnier ( 132 

Bellevaux | Kcole | 120 

Bellevaux en Ciiablais 138 

Belmont 110 

Bernex 1 42 

Beron (Si-) 120 

Bessans 144 

Bessinge | ? | 148 

Betton, abbaye | Belton- Betto- 

net I 110,116 

Bettonel (le) 110 

Biol (le) 139 

Bissine, hameau de Moye 112 

Bissy 116 

Blay I Esserts-Blay i 146 

Boëge 136 

Bois (le) 146 

Bonne 136 

Bonneguète 123 

Bonport | Tresserve | 110 

!îons , . 1 43 



Pagos. 

Bonvillard 116 

Bonvillaret 120 

Boringe en Faucigny | St-Cer- 

gues i 136 

Bornand (Grand-) 126 

Bouchet I Brison-Sf-Innocenl | . HO 

Bourdeau 112 

Bourget (prieuré du) MO 

Bourget (le) Ît6 

Bourgneuf 1 1 2 

Bourgneuf I Douvaiiie I 142 

Bozel 146 

Brcns i38 

Broulonne 1 Brentbonne | 142 

Bridoire (la).. 118 

Brison en Faucigny 134 

Bruyère (la) j Moye i 112 

Burdignin | Le Villard en Fau- 
cigny? I 132 

Candie | Chambéry-leVieux | . 116 

Cassin (St-) 116 

Cenlanieu | ? | 120 

Cergues ( St ) 142,143 

Cernex 124 

Césarches 112 

Cessens 1 28 

Cevins 146 

Chaffardon | St-Jean-d'Arvey | . H 2 
Challes | ïriviers-les-Eaux | ... 116 

Challonges 122 

f.hambéry 110 

Cbarabéry-le- Vieux . . , 116 

Chambre (la) 144,145 

Chamonix 134 

Chamousset 112 

Charaoux 112 

Champrovens | St-Jean-de-Che- 

velu I 116 

Chanaz | Jacob-Bellecombette | 120 
Chapelle (la) | canlon d'Abon- 

bondance | 140 

Chapelle-Bambod ou Bambaud 

(la) 125 



Pages. 

Chapelle-rière-Cerncx ( la ) d 30 

Chapelle-St-Martin du-Villard 

(la) 123 

Charansonnex I ? I Ii6 

Charmettes I Chambéry j 420 

Charmillon | St- François - de- 

Sales I .* Ml 

Charmoisy en Genevois | Or- 

cier I 142 

Châteaufort | Motz | 116 

Cbâteauneuf 112 

Cbâtcl I Ugines | 118 

Cbàtel-Usinens | Usinens | 124 

Cbàtelard (le) en Bcauges 111 

Cbâtelard dans les bailliages (1) 

I Gaillard | 150 

Châtillon 136 

Cbàtillon-en Cbautagne | Chin- 

drieux | 116 

Châtilion-rière-Etrambières 122 

Cbaudanne (la) en Maurienne 

I Argentine | 144 

Cbauinont 130 

Cbavanne (la) 120 

Cbesabois en Genevois | Ballai- 

son I 124 

Chesenay ] Chessenaz ? ] 128 

Chevelu | Saint- Jean-de-Cbe- 

\elu I 112,113 

Chevron 118 

Cbézery i arrondissem' de Gex 

ou canton de Vaud? I ... 122 
Chitry en Genevois | Vallières | 128 

Cboulex i Cbolen? | 130 

Clerraont 128 

Clés (les) 127 

Cluse-lieu-Dieu (la) en Gene- 
vois I ? I 132 

Cluses 136 

Cognin 118 

Cohendier | ? | 136 

Coise 118 



iOD 

Pages. 

Collonge 149 

CoIomban-des-Villards (Si-)... 144 

Combloux 134 

Compeys ] ? | 150 

Compote (la) 111 

Confignon | ? | 130 

Conflans | Albertville | 112 

Contamines i Contamines - sur- 

Arvc i 132 

Copponex 122 

Cordon 134 

Coudrée en Faucigny | Sciez | . 138 
Coursinge en Cbablais | Jussy ! 140 

Crète I Yersonnex \ 122,123 

Crirapigny 122 

Croix (la) | StAlban | 118 

Croix-d'Aigueb'« 1 Bourgeeuf | 110 

Cruseilles.. 158 

Cuines (comté de) 1 44 

Cursinge | ? | 1 50 

Cusyen Cbablais 1 Cbens-Cusy | 141 
Cusy en Genevois i Cusy | 120 

Dandens ] Burdignin | 126 

Déserts (les) H2 

Désery | ? | 124 

Desingy 128 

Didier (St-) .• 142 

Dizonche en Genevois i Villaz ', 124 

Domency 134 

Domessin 112 

Donjon (le) ] Drumettaz-Clara- 

fond I 112 

Doucy m 

Doucy en Tarentaise 1 45 

Dragonnière ( la ) | Yenne | . . . . 1 20 

Duingt 130 

Dullin 118 

Echelles (les) 120 

Ecole 111 

Entremont-le-Vieux 118 



(]) Les bailliages de Ternier et de Gaillard formaient la 7" 
du ressort du Sénat. 



grande division judiciaire 



156 

Pages. 

Enlremont ( vallée d' ) 124 

Epagny 124 

Esserts (les) | les Esserls-Esery | 125 

Efaux 125 

Etienne (St-) ] Bonneville | ... 136 

E(ienne-(le-Cuines ( St-) 144 

Etrarabièrcs 1 22,1 24 

Eusèbe-de-Cœur { St-) 1 48 

Evires 125 

Faussemagne | Montmin? | .... 124 

Faverges 130 

Féternc 140 

Fcxy ou Fessy 142 

Fléchère (la) | St-Jean-de-Tho- 

lomé? 1 124 

Fliiraet 134 

Fonceney | Veigy-Foncenex | . . 150 

Foron | Côte-d'Arbroz j 136 

Foy (Ste-) 147 

F'ranclens 122 

Gaillard 150 

Gcnix (SI-) 120 

Gerbaix 120 

Germain (St-) 124 

Germain ( St-) | Séez | 147 

Getz (lesj 134 

(liez ou Gye 1 28 

Gilly 120 

Gingolph ( St- ; 140 

(irésy-en-Genevois ] Grésy-sur- 

Aix I 128 

Grésy-en-Savoie | Crésy-sur-Isère | . . 120 

Grignon 112 

Grulïy 130 

Gye ou Gyez 1 28 

Uabère-Lullin 140 

Habère-rochc en Chablais 140 

Hautecombe | Sl-Pierre-dc-Cur- 

liile I 116,117, M 8 

ilautccour 1 47 

Ilauleluce 112 



Pages 

Hauteville, près de Rumilly 130 

Hauteville-sur-Montmélian 110 

Hélène-du-Lac ( Ste- ) H 2 

Hélène-des-Millières (Ste-) 114 

Hermance | Cbens-Cusy | 142 

Héry , 124 

Heuille ou Huile, comté | canton 

de la Hocbette | 122 

Heurtières | comté des | 144 

Horme(r) j Villaroux? | 120 

Innocent (SI-) | Brison-St-Inno- 

cent I 114 

Ixmier (St-) | Pellionnex | 132 

Jacob 114 

Jacquemotz (St-) | ? | en Taren- 

taise 147 

Jarsy m 

Jean-d'Aulps (St-) 139 

Jean-de-Belleville (St-) 147 

Jean-de-Sixt (St-) 126 

Jean-Pied-Gauthier (St-) 115 

Jean-Tholomé (St-) 132 

Jeoire (St-) 134 

Langin | Bons | 142 

Lans-le-Villard 1 44 

Laperrière 1 46 

Laringe ou Larringes 140 

Laurent (St-) | St-Laurcnt-de la- 

Gôte I 148 

Leschaux 1 24 

Lescberaines 111 

Loisin 142 

l.ornay 120 

Loysieux 1 23 

Lucey 114 

l.ucinge 134 

Lugrin 139 

Lullin 142 

Lully 142 

Lupigny 114 



Pages. 

Màcot 148 

Magland 132 

Manigod i26 

Marcel (St-) U7 

Marcelaz | Marcellaz , près de 

Rumilly | 128 

Marcellaz en Faucigny d36 

Marches (les) 114 

Marcieux 114 

Marclaz en Chablais | Anthy 1 . 142 

Maric-de-Cuines (Ste-) 144 

Marignier 136 

Marin 142 

Marlioz 124 

Marlhod 114 

Martin (St-) | canton de Sallan- 

ches j 134 

Massongy 141 

Maurice (St-)[Bourg-St-Maurice] 148 

Maurienne (évèché de; 144 

Maxilly 143 

Miximc-de-Beaufort ( St- ) 112 

Mégève 134 

Meissy | ? ( 149 

Menthon 126 

Menthonnex - Forax | Mcnthon- 

nex-Seyssel? i 130 

Menthonnex | Menthonnex-Tho- 

rens? ] 132 

Méry 118 

Messery 140 

M ez ou Metz 126 

Mieussy 134 

Minière I Tbonon? I 140 

Miolans | St-Pierre-d'Albigny | 114 

Mionnaz | Nonglard? | 123 

Mognard 128 

Molettes (les) 114 

Monnet | Coise- St -Jean - Pied- 
Gauthier I 114,115 

Monneticr-Mornex 125 

Mons en Genevois | Vanzy | ... 126 

Montagny | Sonnaz j 114 

Montagny en Genevois 125,126 



157 

Pages. 

Montagny en Tarenlaise 146 

Montailleur 120 

Montaimont 144,145 

Montbel | Verel-de-Monlbel | . 114 

Monlbéranger | Charaoux | 144 

Montfalcon I la Biolle I 120 

Montlleury | Avressieux | 118 

Monlfort | ? | 148 

Montgirod 1 47 

Monthoux 1 Annemasse | 136 

Montjoie en Faucigny | ? | .... 134 

Montmayeur 118 

Montmélian 110 

Montmin 124 

Montoux ou Monthoux 1 Pringy I 128 

Monlponl | Alby | 1 26 

Montrotlier | Lovagny | 1 26 

Montsaxonnex 134 

Montvalezan 1 47 

Morillon 134 

Morzine 139 

Motte (la) I la Molle-Servolex | 118 

Cernex | Cernex ? | 124 

de Montfort | la Motte-Ser- 

volex I 118 

en Beauges IH 

en-Gcnevois | Cernex | .. . . 124 

Moùtiers 146 

Moye 112 

Nances 114 

Nangy 136 

Naves, canton de Moùtiers 147 

Nornier 140 

Neveaux | Grignon-Neveaux | .. 112 
Noiret- St-Eustache ] St-Eusta- 

che I 126 

N.-D.-duCruet 145 

Novalaise 114 

Noyer ( le ) IH 

Ognon 134 

Ollières - Aviernoz | les Oliiè- 

res I 130 



158 



Pages. 

durs (St-) ( hameau de Moye | . 112 

Oulrecbaise 114 

Oyen ^Sl-; 147 

PauIvSl) canton d'Eviaii I ... 142 

— canton d'Albertville | 146 

Pellionnox ou Peillionnex 132 

Pelli-Vancière | Versonnex j .. 126 

Pierre-d'Alvey ( St- ) 123 

Pierre-dc-Curtille ; St- ) 116,117 

Pierre-d'Entreniont ( St- ) 114 

Pierre-de-Soucy ' St- ) 118 

Plancherine 114 

Poëpe (la) I ? I 148 

Pomiers | Presilly | ... 130,150,151 

Ponchi 133 

Pont-de-lJeau voisin 118 

Pontvoire en Genevois | Lova- 

gny I 126 

Pré [le) I N.-D.-du-Pré 1 147 

Queige 112 

Quintal 126 

Régny ou Régnier 1 25 

Reine ( Ste- ) 111 

Rémy (St-) 144 

Ripailles | Thonon | 1 40 

Roche ( la) 124 

Rochefort 114,1 1 5 

Rochelte Ma) 122 

Rossillion | ? | 150 

Rougemont | ? | 150 

Ruaz ( la ) en Genevois | Saint- 
Julien 124 

Rubeau 1 Coise I 114 

Rumilly 112,113 

Rumilly-sous-Cornillon | LeSap- 
pey I , 138 

Sacconex | canton de Carouge | 150 

Salagine | Bioye | 114 

Salenove 128 

Sales I ïborens | 128 



Pages. 

Salins 148 

Samoëns 136 

Sapey (le) 125 

Saumonl \ Yenne | 118 

Saxel 142, 143 

Scientricr 132 

Scionzier 134 

Séez 147 

Serraval 126 

Serraz (la) | Bourget-du-Lac | . 118 

Servette | Douvaine | 142 

Servoz 1 36 

Seynod 126 

Sigismond-l'Hcrmineur | Saint- 

Sigismond 1 138 

Simond (St-) | ? | 150 

Sitz ou Sixt 138 

Sixl (St) 125 

Soirier 1 26 

Songi en Genevois | Saint-Sil- 

vestre | 126 

Sonnaz 116 

Sulpice ,St-) 122 

Talloires 132 

Taningc 138 

Tarentaise (archevêché de) 146 

Ternier | St-Julien | 150 

Thénésol 122 

Thomas (St) en Tarentaise | ? | 148 
Thomas-des-Ësserts (St-) | Es- 

serts-Blay | 146 

Thônes 126 

Thuile (la) 122 

Thyez 132 

Tignes 147 

Toisinges en Genevois | Saint- 
Pierre 1 132 

Tour (la) 134 

Tournon 118 

Tresserve 122 

Troche | Douvaine | 140 

Turchet en Genevois | Relie- 
vaux I 132 



Pages. 

Ugines 132 

Vacheresse 1 40 

Val (la) I Vai-de-Tignes | .... 147 
Val de-Crenne | Si- Pierre-de- 

Curtille I 117 

Val-des- Clefs | Les Clés | 126 

Vahiisère (la) /comté 14G 

Valloire , 144 

Vallon I Bellevaux | 140 

Valorcine 134 

Vansy 1 26 

V-iudagne | Servoz | 135 

Veigy 1 ViryouVeigy-Foncenex | 142 

Vcntiion 118 

Verel | Verel-Monlbel \ 118 

Vernaz | la Vernaz | i 40 

Vcrsonnex 1 23 

Vidonnat | Loiiin | 126 

Villard (le) | la Chapelle-de- 

St-Martin-du-Villard 1 .. 122 



159 

Pa-e-. 

Villard-Chaboud | St-Jorioz | . 128 
Villard et Burdignin | le Vil- 
lard, canton de St-Jeoire 

en Faucigny ( 132 

Villards (les) en Genevois .... 126 

— en Maarienne.. . . 144 

Villaret-Rouge | le Cbàtelard | 111 

Villaroger en Tarenlaise 147 

Ville-la-Grand 150 

Villeneuve | Cognin | 115 

Villetle 146 

Villy I Villy-le Beuveret | 132 

Viry 150 

Viiache en Genevois j ? ( 1 28 

Vulpellière en Genevois j Aman- 

cy I 1 28 

Yenne 116 

Yvoire 140 



ERRATA 



Page 104, ligne 8. Au lieu de : celles-ci, lire : les (erres féodales. 

Page 124, colonne 2, ligne 8. Au lieu de : Defrenoz. lire : Defrcnoy. 

Page 126, note 2. Au lieu de : Cette mort eut donc lieu, lire : Ce dernier 
mourut donc. 

Page 134, colonne 1". Après le n" 192, lire : Cordon et Combloux ; — 
après le n° 194, lire : St-Jeoire et la Tour; — après le ii>' 197, lire : Si Martin 
et Domancy; — après le n» 199, lire : Mieussy et Ognon. 

Page 135, note 2. Après les mots : qui étaient, lire : l'^ Chamonix, 2» Va- 
lorcine, 3° V'audagne. 

Page 136, colonne ir^. Au n" 206, lire : Bocge. 

Page 141. Rectifier la note 4 comme suit : 

M" Vialland ou VioUard fut nommé châtelain de la jjaroisse de Massongy; 
Me l,e Masson le fut de la paroisse de Cusy, dépendant l'une et l'autre de la 
seigneurie de Beauregard. 

Page 142, colonne 1^'', n" 241. Au lieu de : Domine, lire : Douvaine. — 
No 246, lire : St-Paul et Berncx. 

Pages 142 et 143. Reporter l'indication de la note (6) dans la 3^ colonne du 
tableau, après les mots : ISicolas Charles. 

Page 144. Reporter l'indication de la note (6) à la ligne, au-dessus du 
n" 262. 



LETTRES 



SUR LA 



SIGILLOGRAPHIE SAVOYARDE 



PAR 



FRANÇOIS RABUT 

Prolcssciir il lii-iloire 



DEUXIEME LETTUE 

Sceau de Simon, evéque d'Aosle. 

Sceau de la Cour de justice du comte de Savoie à Aoste. 

Sceau d'Aimon Du Bois. 



11 



LETTRES 
SUR LA SIGILLOGRAPHIE SAVOYARDE 



A Monsieur le docteur Argentier, 

médecin cl urchéoloaue à Aostc. 



Mon cher docteur, 

En lisant ma première lettre sur la sphragistique de 
la Savoie, vous avez bien compris qu'elle était un appel 
aux personnes qui pourraient apporter un détail de plus 
dans cette branche de notre archéologie nationale, et 
aussitôt votre patriotisme et votre amitié poui' moi vous 
ont poussé à rechercher et à mettre à ma disposition 
les petits monuments qui font l'objet de cette seconde 
épître. Je suis heureux de vous l'adresser comme un 
témoignage de gratitude et d'estime. 



1" SCEAU DE L'ÉVÊQUE SIMON. 

Le plus ancien de ces deux sceaux, que j'ai dessiné 
sous le numéro 2 de la planche ci-jointe, est celui de 
l'évéque d'Aoste Simon, qui a exercé les fonctions pas- 
torales dans cette ville de 1272 à 1283. 



164 

Forme : Il est de forme ogivale, de 50 millimètres 
de hauteur sur 35 millimètres de largeur. 

Type : Le prélat est représenté debout sur une con- 
sole, bénissant de la main droite et tenant la crosse de 
la main gauche, mitre et revêtu du pallium. Dans le 
champ deux étoiles à six rayons, placées l'une à di'oite, 
l'autre à gauche, dans le vide qui est entre le person- 
nage et la légende. 

Légende: MONIS: DI : GRA.E. SCOPI. AVGVSTE. 

Malgré deux interruptions causées par des cassures de 
la cire, on complète aisément ainsi cette légende : Si- 
gilvm Simonis dei gratin episcopi Avgvsle. 

Ce sceau pend à une charte du 16e fies calendes de 
juillet (16 juin) 1282. Il est en cire jaune et suspendu 
à deux lacs en toile jaunâtre qui sont réunis en entrant 
dans la cire et qui se séparent pour en sortir dans la 
partie inférieure. (Voyez le n» 2 de la planche.) 

La charte que cori-oboie ce sceau me permet de rec- 
tifier une assertion un peu trop sommaire de notre 
vénérable Besson, qui termine les six ou sept lignes 
consacrées à l'évêque Simon, dans ses Mémoires pour 
l'histoire ecclésiastique, par ces mots : « Et il fonda 
Thôpital du bourg de la Salle, par acte du 16 juin 1 282. » 
Evidemment l'historien Besson a en vue la charte qui 
nous occupe et dont on lui aura communiqué la date 
avec une indication très-sommaire de son contenu. 
Dans cet acte, ce n'est point l'évêque qui est le fonda- 
teur de l'hôpital de la Salle. Il ne fait que confirmer et 
approuver une fondation due à la générosité d'un per- 
sonnage appelé maître Nermeniat dans la charte. Ce- 
lui-ci fait donation de tous ses biens en faveur d'un 
hôpital des pauvi'es dans la commune de la Salle, à la 




iJea df F Rubl» 



C/tJnijuod f.HhiOiBmliry. 



Sceaux de la vallée d'Aosle, 



165 

condition d'en être le recteur pendant sa vie. Ce qui fut 
volontiers approuvé par un prélat qui, comme Simon, 
a été surnommé le bon. 

2» SCEAU DE LA COUR DE JUSTICE DU COMTE 
DE SAVOIE, A AOSTE. 

Le sceau suivant appartient à une autre série, celle 
des sceaux judiciaires; en voici la description : 

Forme : Rond, de 40 mdlimètres de diamètre. 

Type : Un écu ogival avec la croix de Savoie, accosté 
de deux épées. emblèmes de la double juridiction ju- 
diciaire et militaire du bailli (1), le tout dans un entou- 
rage composé de huit lobes qui sont alternativement 
des angles droits et des demi-cercles, et dans les angles 
rentrants duquel on a ajouté deux petits segments de 
cercles. 

Légende : t SCVRDNI COMITIS SABAVD IN VALL 
AGVSTA. 

Sigillum ctirie domini comitis Sabaudie in valle 
Augusiana. ( Voyez le n" 1 de la planche. ) Cire verte, 
pendant à une bande du vélin d'une charte de l'année 
1347. 

Cet acte est une sentence du bailli d'Aoste Gui de 
Provana, par laquelle il reconnaît la franchise de la 
leyde des bestiaux en faveur de la commune de la 
Salle, ensuite d'un débat contradictoire tenu en sa pré- 
sence et détaillé dans la charte entre le procureur du 
comte Amédée VI et les mandataires de la commune. 
On lit avec le plus grand intérêt ce jugement, qui nous 

(1) Suivant la formule accoutumée cum omnimoda gladiipolestate. 



466 

montre qu'il y avait des juges à Aoste déjà au 1 4" siècle, 
sous les princes de la maison de Savoie. 

3" SCEAU d'aimon du bois. 

Je veux terminer cette lettre, comme la précédente, 
en signalant aux amateurs de sphragistique des sceaux 
récemment édités, et surtout un sceau très-curieux, 
celui d'Aimon Du Bois, que M. De Foras vient de pu- 
blier dans son splendide et consciencieux Armoriai et 
nobiliaire de Savoie. Ces lettres auront au moins le 
mérite de faire connaître ce qui a été publié sur le 
même sujet dans l'intervalle qui séparera leur publi- 
cation. 

Le sceau de Jean Du Bois, dont un excellent dessin 
figure en tôte de l'article consacré par V Armoriai à sa 
famille (page 242), pend à une charte de 44G9; il 
représente des armes parlantes : un chêne ou une 
branche de chêne dans un écu incliné, timbré d'un 
casque avec ses lambrequins, que surmonte pour ci- 
mier la tête d'un animal à museau très-elfilé (jui 
pourrait être un lévrier, et qui a un collier. Autour 
des armes court une banderolle sur laquelle est gravée 
la légende, dans laquelle je propose de lire autrement 
que M. De Foras un mot abrégé et oblitéré que cet 
archéologue instruit ne transcrit du reste qu'avec un 
point de doute. Comme la banderolle unique disparaît 
vers le milieu de sa longueur, sous la pointe de l'écu, 
il pense qu'il y a deux banderolles, et lit sur une, 
celle de droite : JÉFIAN ? DU BOIS, et sur celle de 
gauche : AIMO DE NEMORE. Je crois qu'il n'y a 
qu'une banderolle dont les deux extrémités enroulées 



167 

sont voisines l'une de l'autre vers le sommet de l'écu ; 
qu'il n'y a par conséquent qu'une seule légende com- 
mençant à gauche , et je propose de lire : AIMO DE 
NEMORE ALIAS DU BOIS. Le mot douteux présente 
en effet deux lettres seulement dans lesquelles l'A est 
assez visible, et pour la seconde ce serait unL gothique 
dont l'extrémité inférieure se relève souvent aussi haut 
que le jambage principal. Ce serait donc ainsi AL, 
abrégé à'alias, qu'il faudrait lire. Il arrivait fréquem- 
ment, dans les chartes latines, que le nom latin des 
personnages était reproduit en langue vulgaire à la suite 
du mot alias, ainsi que cela se faisait pour les surnoms. 
Cela arrive surtout quand la forme du mot latin diffère 
beaucoup de celle du mot français : par exemple pour 
Du Bois et deNemore; pour De Bongain et Boni lucri. 
Ce qui se faisait dans les chartes, Aimon Du Bois l'a 
fait pour son sceau, et c'est là ce qui donne de l'intérêt 
à ce petit monument. La certitude de l'existence d'une 
seule banderoUe devient plus grande, si l'on remarque 
que le mot Nemore est en partie à droite et en partie à 
gauche de l'écu. 

Je dois signaler encore, dans la remarquable pubh- 
cation de M. De Foras, le fac-similé de deux anciens 
sceaux de la famUle De Blonay qui pendent à des chartes 
du XlUtne siècle. Sur l'un on ne voit plus qu'un écu 
triangulaire portant un semé de petit meubles ayant 
l'apparence de fleurs de lys avec un lion sur le tout. 
Il y a un contre-scel avec un écu où figurent deux 
aiglettes et un fragment de légende : ecreta ay, 
sécréta aymonis. Sur l'autre un écu ogival, aux mêmes 
armes, est entouré de la légende : S. AYMONIS 
DOMINI DE BLON. 



168 

Enlin, je renvoie à la 4"'« livraison de la Snbatidia 
pour la description que j'y ai faite , il y a quelque 
temps, du sceau équestre du duc Charles-Emmanuel h'. 

■Te vous renouvelle, cher docteur, mes remercîmenls 
et l'impicssion de mes sentiments affectueux. 

F. Rauut. 



^ ^ rm^- 



REGALIS SABAUDIE DOMUS PREEMINENTIil 

JURA 
IN MAGNUM HeTRURI^ DuCEM 

AuGUSTissiMi Emanuelis 
Philiberti ducis 

JUSSU 

A Philiberto Pingonio Barone de Cusy 

A LIBELLIS PRIMO MAGNiEQUE CANGELLARIiE 

Pr^FECTO COLLECTA 

AD DOMINUM DE LA CrOIX SaBAUDI^ 

APUD C^SAREM LEGATUM 

MISSA 

IN SOLEMNIBUS ImPERII COMITIIS 

X Kal. Septembris MDLXXXII. 

FIRMATA. 

Cura Aug. DuFOUR, œneonun tormentorum prœfecti 
in lucein emissa. 



t««««««««*«**«*«« *♦♦«♦«««♦ 



La pièce que je me décide à publier aujour- 
d'hui est une copie faite, en 1779, pour les 
archives du royaume de Sardaigne, par le vice- 
conservateur des archives de la chambre des 
comptes, Anastase Gurlando (1). Ce paléogra- 
phe l'a transcrite de l'original qui appartenait à 
Gaspard de Pingon, chanoine et comte de Lyon, 
vicaire-général du diocèse de Vienne , grand 
aumônier du roi de Sardaigne, etc., un des 
descendants de la famille de l'auteur. 

Le sujet de ce factum, très-clairement indi- 
qué dans le titre qui précède, est peut-être peu 
intéressant par lui-même ; mais il est l'œuvre 
d'un Savoyard illustre, Philibert ou Emmanuel- 
Philibert de Pingon, historiographe de la maison 
de Savoie, premier référendaire et conseiller 
d'Etat, baron de Gusy et seigneur de Prémeisel, 



(1) Le même qui s'est chargé de faire imprimer à Turin, chez 
Mairesse, l'arrôt de la chambre des com])tes concernant les ar- 
moiries de la maison de Pingon, la même année 1779 



172 

œuvre inédite qui a peut-être été la dernière 
de ce travailleur, mort au commencement de 
l'année 1582 (le 18 avril). 

Ce mémoire , rédigé sans prétention littéraire, 
n'est qu'une série de notes destinées à l'am- 
bassadeur , chargé de faire établir par l'empe- 
reur les droits de préséance des ducs de Savoie 
sur les ducs de Toscane. Cette mission réussit, 
et les droits de Charles-Emmanuel J^'' furent 
reconnus par le conseil impérial , le 10 des 
kalendes de septembre (23 octobre 1582), six 
mois après la mort de Philibert de Pingon. 

A. D. 



--AAAPXlJVl-A/^ 



REGALÏS SABAUDIE DOMUS PREEMINENTI^ 

JURA 
IN MAGNUM HeTRURI^ DuCEM 

A Philiberto Pingonio 

COLLECTA 



Quod serenissimus Sabaudke Dux. pra'cedere debeat 
magnum Duccm recens editum Hetrurise, quodque non 
modo magni Ducis,imo maximi privilegiis apud Cfesa- 
res, et Ponlifices maximos gaudere debeat, hsec summa 
capita, et firmamenta articulatim nulle cum fuco, sed 
omni cum veritale, quaï magis ac magis elucescet, in 
médium proferunlur. 

In primis sive locorum, regionum, reive, sive per- Livius.iib". i".ier- 

... lia decad. 

sonarum liabeatur ratio, constat, an milio Aliobrogum 

fuisse regnum, qui Sabaudi dicuntur, cui regioni Bran- Laiu h. libiis nos- 

r. .Il- I . o .■ Il- (lis etiii aucusta Tau- 

chus Rex Annibalis tcmpore uiiperabat, Lotium uili- ,!„. probavimus. 

mum sub Nerone fuisse Regem, ac proinde regiam 

dignitalem per quamvis mutationem lemporum nun- 

quam in ipsis Provinciis extingui posse, ut juris est, et jacobusdesoceor- 

unus jurisperitorum consensus. """" 

Secundo regnum illud posl varias vastitates ad 
Burgundos pervenisse , etGun(iio(;um primum regem 
anno Christi GCCCXIV. slabilitum Attihe temporibus in 



SIO 



Taurin. 



474 

aperto est, el Allobrogibus imperasse usque ad iilli- 

Exdivo Hieionimo muiii Regein Roclolplium, qui anno MXXXII. successo- 

lirrbisf 's"b! ex l'em i-eliqiiit Beroldum Saxonem , sive Humberlum 

s.>nio. et hist. vau- fliiujn^ gt hœredcm Conradiim imperatorem instiluil, 

qui donationes confirmabit, amplificavitque Sabaudis. 

Ex Diacono Anasta Tertio coRstat Principaluui Pedomoiitium olim Reg- 
num fuisse Longobardorum dictum, cujus Regia Tau- 

Aiicgaiis in hist. riiium eiat ab anno DLXXXIX. Flavio Agilulpbo Rege 
proclamalo, quos Reges Longobardorum, ubi Carolus 
magnus devicit, successorem dédit Abbonem, a quo 
Marcbiones Secusiae prodierunt, quorum ultimus Ma- 
gnifiedus Adelasiam fdiam, et heredem reliquil Hum- 
berti Saxonis uxorem , Araedei Sabaudise Principis, 
et Comilis . aliorumque Sabaudorum parentem , qui 
proinde eis , Iransque Alpes regionibus vere Regiis 
successerunt. 
Quarto ex monumentis constat circa annum MCIIII. 

Ex tabeiiario fun- Amedcum^ecundum Humberti Ilfdium, Amedei primi 

dalioiiisabbatiseRipa; . t->- ,-t^ i- . t i 

aiu-c pedemoiit. Repotem plurics se Dei gratia Burgundiaî, et Lombar- 
dise Comitem inscripsisse : quorum istud? nisi quod 
Regibus Burgundiae et Lombardiœ ille légitime suc- 
cederet. 
Quinto el è contra in aperto est, Hetruriam quam Fs. 
sirabo. Lib. 5". mutato FlorcntipT; nomine in magni Ducis lilulos as- 
sumpsit, Liguria^, fuisse principium, ergo sub Liguri- 
bus, nec nisi à Tarquiniis olim ea regio magnis insignita 
fuit ornamenlis. Hsec verba suntprisci, receptissimique 
auctoris, quaî novissimi Principes a Tarquiniis alieni 
observent, obsecro, cajterœ ad Regionis ipsius Hetru- 
riae, sive Florentiœ, et Medicea) familiae qualitatibus, 
circurastantiis, dignitatibus ad Ferrariensia acta me 
referam, qua' jurisprudentissimorum responsis supra 
quam satis demonslrata sunt. 



175 

Sexto ad geiius ipsum, et personas inclilas Sabau- vitichmd.is mona- 
îlorum Principura me converlo, qui dubio piocul a p ^,oT'adduc'ti^■n 
Saxonibus Ducibus originera traxerunt : Saxones vero ^'"'"■''• 
ab anno DCXXXVI. Reges fuisse, et longe ante raani- 
festum est Siqueardo primo Rege, a quo recta linea 
Augustus Saxoniœ Dux potentissimus et Emanuel Phi- 
Ubertus Sabaudiee prodierunt, a quo primum Csesares 
quinque, Henricus Auceps, Othones très, et Henricus 
secundus, Ponlifices maximi duo, Gregorius quiutus, 
et Félix quinlus emicuerunt, Greciœ , sive Achaise , et 
More» principes, Cypri Reges, et a Sabauuis fœminis 
Gallorura, Hispaniorum, Lusitanorum, Angiorum Re- 
ges ortos taceam, prœter Cœsares Romanos, Constan- 
tinopolosque , et multoties raixtam ab ipso etiam ovo 
Austriacam, Sabaudamque sobolem. 

Septimo ipsa arguunt prisca stemmata Sabaudorum ,ij|f,'",\,j;;~ ** 
principum, quœ in sigillis, et monetis aureis, argen- 
teisque passim conspiciuntur bicipite aquila pra?ful- 
gentia, quasi quod a Csesaribus prodiissent, quod « 
Principes et Iniperii et csesareas vices non modo per 
Sabaudiam, sed quoque per universam Longobardiam 
agerent. 

Oclavo extat diploma Humberli III per annum MGL ,„î;r[',^^t'ï,:5f:'::i 
quo sigillum équestre ipsius Humberti apparet scep- ^;ji;;'d^;LiTila«ï 
trum dextra tenentis. 

Nono extat diploma Thom» Humberti III fdii anno ^\ tabeiiario Epis- 

' coiiatus Jlaunana; et 

MCLXXXIX et MGCXXVIII quibus sigillum équestre ue'iiiceniium. 
Thomse sceptrum tenentis. 

Decimo patet Pbilinum fdium Tbomte in sigillé se- e. Diplomate dato 

Il ^ apnd monlem tlori- 

denlis imagine sceptrum manu tenere Ulio super im- dum anao co mense 

" ' oclobris. 

posilo, idque MCCLIX. 
Undecimo extant varii contractus inter Rodulpbum 



176 

Ctesarem, et tlictum Tliomam Sabaudui^ et Burgundiœ 
Comitem per annum MCCLXXXIl, quibus post varia 
bella, inducias, pacem et fœdera perciitiebant : magni- 
que Sabaudum Csesar liabebat, ne dicam fere Regem 
alterura, ut ex transactionum verbis patet. 
Dipiomaie ,ini« PI Duodecïmo extat diploma bullœ aurese Henrici sep- 
juiui 00 iinno. timi CsÊsaris anuo MCCGXIII, quod principem Imperii 
déclarai Amedeum Comitem SabaudiaR , Diiceraque 
Cbablasii. et Augusta;. Idque cum sceptro Regab, quod 
Caesar manu tenebat. 
Ex dipiomaio daio Declmo tcrtio. Quid dilucidius erectione Ducatus 
9'Teb.*'">'nrbuîia''"u° Sabaudio? per Sigisraundum Csesarem facta anno 
''''^- MCCCGXVI. Amedeo septimo?(l) pneter priscos Duca- 

tus Cbablasii et Augustœ prfctoriic, in quibus bœc infe- 
runtur disertis verbis : Cum sceptro, vexilUs, et Ducali 
diademate, ila quod deinœps inler sacri Imperii Duces 
Dux vocetur, et confirmât privilégia raajoribus con- 
cessa. 

Decimo quarto. Regnum Cypri in Sabaudam gentem 
justa successione delapsum est anno MCCCCLVII tam 
dotis nomine Carloi-rp filiae, et hseredis Jobannis Régis 
Cypri cum Ludovico Sabaudo Ludovici Ducis Sabaudi 
filio collocatae, quam quod illa Carlotta déficiente; Sa- 
baudicc Duces Anna> Cypria^, fiiii essent, et soccessores. 
Ludovicus vero Sabaudus Rex Cypri salutatus, qualuor- 
decim fere annis Regnum possedit, et ad annum 1470, 
ut innumerisdiplomalibus constat, mortuo vero Ludo- 

ooniracui donatio- vico siue liberls, Carlotta Regina donationem facit 
nis^datoRoraa.25fei>. ^^^^y^ (.^p^.j (.^j,^,^ p^^j Sabaudiffi uepotï suo , quem 

filium eligit, et SabauditO Duces, quem et quos Reges 
Cypri vull appellari, et insignia Cypria cum Sabaudis 

(1) Evidemmerit Amédée VIII. 



177 

déferre, prout detulerunl, ul ex monetis, et aliis mo- 
numenlis constat. 

Decimo quinlo. Dux Carolus nonus, et alii Ducesjus 
illud Regiurû a Venetis occupatoribus semper repos- 
cere studuerunt, et posscssionem saltem animo reti- 
uueruiil, imnquam juri Regio renunciare voluerunt. 

Decimo sexto. Ea ommkt Céesares ingénue semper 
agnovisse, Carolum maxime quinlum, qui suo diplo- 
mate anni MDXXX. dignilales Ducis Sabaudiœ his ver- 
bis déclarât : Assignato sibi in nostra coronatione 
digniore loco, cum gerendœ coronœ Imperialis officia 
in cunctis ceremonialibus dtctœ coronationis , uti cœ- 
teris tnnc astanlibus dignior astitit. 

Decimo septimo. Id Cpesar Maximilianus manifeste 
aperuit cum in Helrusca illa magna inauguratione 
coram Pontefice maximo protestari jussit, et Sabau- 
dum per litteras certiorem fecit, non juribus, et auc- 
toritatibus Sabaudiae derogari quoquo modo sese 
unquam toléra lurum. 

Decimo octavo. Ex ceremoniali libro Pontiticum 
Romanorum in ordine Ducum sub Julio II. anno 1503 
constat immédiate post Ducem Auslriœ inscriptum 
Ducem Sabaudiae ante Duces Mediolani. Venetiarum, 
et alios Duces. 

Decimo nono. Id quoque Ponlifex Pius diplomate ad 
Ducem Emanuelem declaravit, fatelurque ipsum Sa- 
baudum Ducem a Regibus originem traxisse. 

Vigesimo. Id quoque Cosmus Medices suis ad Sa- 
baudum lilteris significavit. 

Quibus ila constantibus reliquum est, ut Csesarea 
majestas Sabaudi Ducis auctoritatem teneatur, utequi- 
tatem et justiciam reddere cuique solel, atque ila Sa- 



Ëx monetis Caroli IX 
Ducis et Enianuelis 
Philiberli. 



Ex diplomate clalo 
lioiionia- eo anno 13 
niartii. 



178 

baiulum Diicem, vil Regum propaginem, et Regiariim 
Regionum propagatorem, ut Principem Imperii anti- 
quissioium, merabrumque Caesaieum robuslissimum 
prœfereat Mediceo Florenlino civi, tum Duci fado, tum 
raagno nuper evaso, qui magni litulis inler suos, aul 
sui similes contenliis esse debel, non altius Sabaudis 
Aquilis volare contendere, qua^ cedere flosculis nes- 
ciunt. Ex tempore 

P. De Pingon. 

Hoc ad concilandam invidiam plurimum valere vi- 
detur. Ducem hune magnum nihil unquam erga Csesa- 
ream majeslatem ex oflicio fecisse , aut facere , aut 
facturum esse. 

Primum cum ad Pontificem recurrit, qui ad Csesarera 
recurrere debuerat, a quo creatus Dux primus Floren- 
tiae fueral, non vero a PonUficibus, et Ca3sarem Roma- 
num in primis recognoscere debuit. 

Secundum quod cum Ctosar Sabaudo Duci poiUcilus 
sancle fueril, se nihil contra Sabaudam dignitatem fieri 
proraissurum, id tamen exorare, et Cœsarea promissa 
violareHetruscus subteiraneis viis mohatur. 

Tertium quod per abos curriculos Ca^sarera eludere 
tendet cum videatur a solo C;esare banc coronam ac- 
ceptam ferre velle, eamque magni Ducis dignitatem. 
et tamen inscriptio Coronae apposita, et insculpa, im- 
pressa, et promulgata secus imposterum ostendet bis 
verbis dédit Pins. 

Misi simul Domino Crucis legato apud Ca'sarem 
unum taler Caroli cum armis Cypri. ununi les- 
lonem Caroli cum armis Cypri, unum solidum 
Edoardi Comitis cum bicipite aquila, et cruce ex 
alia parle. 



179 
Extraclum ab original i pênes III"'»™ et Rev"""" Do- 
minum Gaspardum .le Pingon Comitem Lugduni. 
Taurini, 15 X'"''"^ 1779. 

Anastasiiis Cuiiandiis prisoorum cliarac- 
lerum sciens, archiviorumve R. R. C^'pro- 
custos. 



NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE 



SAVOYARDS DE DIVERS ÉTATS 



LES SCULPTEURS 

ET J.ES SCIJEPTEHES EN SAVOIE 

DU XII1'= AL" XIX' SIÈCLE 
NOTES RECUEILLIES ET MISES EN ORDRE 

PAR 

AUGUSTE DUFOUR ET FRANÇOIS RABUT 

l'ifsiilijits liciioniin'ï de la Sociilc' 5a\oislt'niie 
«riiisloiie i"t tlarilit'olo.^ii'. 



12 



Voici iioti'e seconde srric de notes sur les 
travailleurs de la Savoie : les Sculpteurs; bien 
moins volumineuse (\ur la [trécédente : les Pein- 
tres , elle n'en sera pas moins intéressante. 
Nous aurions pu l'allonger aisément; mais Jidè- 
les à cette loi de sobriété que nous nous som- 
mes imposée dans la publication des documents 
historiques relatifs à la Savoie, nous n'ajoutons 
aux textes reproduits que les lignes strictement 
nécessaires pour lier entre eux des renseigne- 
ments épars et pour élucider certains passages. 
Nous aimons mieux laisser à rintelligence des 
historiens de Técole descriptive le soin de tirer 
de ces fragments ]iistori(|ues , lidèlement édi- 
tés, tout !"(' qn'ds peuvent renf.'rmci' d'cnsci- 



184 

gnoments utiles et. variés (1). D'un autre côté, 
les noms des artistes, à qui Ton doit bien des 
travaux en sculpture , sont aussi ignorés que 
ceux des architectes de nos églises et de nos 
châteaux. 

Nous n'hésitons pas à tlonner ce que nous 
avons recueilli jusqu'à ce jour , quoique bien 
persuadés qu'il y a encore plusieurs choses à 
découvrir, et que notre série serait plus com- 
plète si nous attendions encore quelque temps. 
Nous savons par expérience qu'en publiant ce 
que nous avons réuni, nous attirerons l'atten- 
tion des chercheurs sur ce filon de la mine his- 
torique, et c'est ce qui nous décide. Depuis la 
mise au jour de nos notes sur les peintres , 
nous avons trouvé, et diverses personnes, entre 
autres M. le comte Amédée de Foras, nous ont 
transmis des notes très-nombreuses et très- 
intéressantes, qui nous serviront à donner bien- 
tôt un supplément assez volumineux à la série 
des peintres. 

Tous les genres de sculpture trouveront place 
dans ce recueil, et, de même que nous avons 
réuni" sous le nom de peintres les artistes (jui 



(1) Nous nous inquiétons fort peu de ce que (comme de bons 
amis nousl'ont fait rumarquer) quelques-uns de ces écrivains ont 
ouliUi' d'indiquer les publications et les publicistes auxquels ils ont 
emprunté le plus vrai et le plus curieux de leur récit. La satisfac- 
tion d'avoir fait mieux connaître et mieux apprécier notre Savoie 
nous suint. 



185 

ont fait de la peinture historienne ou du por- 
trait, de la miniature ou de la peinture déco- 
rative , de même nous placerons ici, à leur 
ordre chronologique, tous les artistes qui ont 
donné à la matière une forme artistique : sculp- 
teurs sur bois et sur pierre, modeleurs en cire 
ou en terre , statuaires ou ornementistes ; ren- 
voyant cependant à d'autres séries tout ce qui 
se rattache à l'orfèvrerie ou à la gravure. Ainsi 
les artistes en repoussé et les ciseleurs figureront 
avec les orfèvres, les graveurs de sceaux et de 
médailles ou monnaies avec les graveurs. 



LES SCULPTEURS 

ET LES SCULPTURES EN SAVOIE 

DU XIII» AU XIX' SIÈCLE 
— • — *3^>Ç> 

TREIZIÈME ET QUATORZIÈME SIÈCLES 



(Test au XlIP siècle qu'est attribuée la Vierge 
sculptée et peinte de l'hôpital d'Aix-les-Bains. 
(Voy. Mém. Acad. de Savoie, 2^ série, t. 1, 

p. LVI). 

1292 

Gu.il lauLme ( d.e l'Hôpital) 

Le comte Amédée V, que nous avons déjà vu 
dans la série des peintres protéger les arts et 
les artistes, devait figurer ici. Le compte du 
châtelain du Bourget, en 4292 , mentionne le 
payement de deux sols viennois à Guillaume, 
de riTopital (aujourd'hui Albertville), sculp- 
teur, qui avait travaillé deux jours à un chapi- 



188 

teau (le l;i pui'ic du chàtouu du IJourgct {'\.).Ce 
chapiteau est peut-ètr'e bien celui (jue l'un de 
nous a acheté, il y a quelques années, lors- 
qu'on démolissait les l'uines de ce château , et 
qu'd a placé dans le Musée d'archéologie de 
(-hambéri. Ce sont plutôt deux, chapiteaux qui 
sont taillés dans uu seul bloc de grès ou mo- 
lasse, et qui portaient sur deux petites colon- 
nes en retraite , comme on les disposait à 
l'ouverture des grandes baies qui servaient de 
portes d'entrée. Pour l'instruction de certain 
critique, qui ne connaît pas la valeur des mon- 
naies anciennes, et qui a accusé les princes 
de Savoie de peu payer les artistes qu'ils em- 
ployaient, nous ajoutons ici, cette t'ois seule- 
ment, que ces deux sols viennois valaient envi- 
ron quatre francs, (le qui est bien en proportion 
avec les quelques sous (5 h\ 05 c.) que rece- 
vait par jour, vers cette époque, le peintre Ci- 
mabué pour lui et son serviteur (iattorino), 
quand il})eignaiL en mosaïque dans le dôme de 
Pise. 

1296 

Achat de pieiTes pour lairc au château de 
Saint-Ti'ivier des fenêtres anglaises (anglicas), 
d'autres à colonnes, une cheminée, etc. (Arch. 
de la CliHe-irOr, doïiiplc des cliàlcluin^i ). 

(1) Cibrariu, lùconomia pultlica ilel incilcj cro. 



189 



1335 

Robin de Parisin-O 

Libravit Bohino de Parisino ymaginatori quos domi- 
nus sibi debebat pro quibusdam operibus faciendis 
apud Burgetuin de taUba per blteram domini de raaii- 
dalodalamdie xvii.j raensisapribs anno predicto (1335) 

quam reddit cum bclera dicti Bobini de recepto 

ij s. gros. tur. 

(Archives di- la chambre des comptes. Compte de Guillaume fion, trésorier 
ducal ). 

C'est le comte Edouard, continuant à em- 
bellir le ch;iteau du Bourget, qui a l'ait le man- 
dat en question en faveur dn tailleur d'images 
Robin. 

1342 

Jean- Anaéd-ée Jacqu-emard 

Jean-Amédée Jacquemard , de Lyon , fait au 
château de Pont-d'Ain, pour le comte de Savoie, 
la grande fenêtre du côté de la ville (cum tri- 
bus piloriis j , et trois autres petites fenêtres 
ornementées [' fenestris quadratis faclis cum 
subtilibus ovragiis foylliatis de petra alba I , 
pour le prix de 26 florins. 

Il fait aussi la décoration de la vis (escalier) 
de la chapelle, entre autres une image de la 
Vierge in capite dicte viissie cum subtiJibas 
ovràfjiis et foylliamentis. 



190 

Enfin une piscine (lavatoriumj pour l'autel, 
au prix de 18 sols tournois. 

( Archives de la Cote-d'Or. Compte du châtelain de Pont-d'Ain, Guillaume 
d'Oncieu). 

1357 

Gvi.illa.-u. me , Anglais 

Amédée VI, qui avait épousé Bonne de Bour- 
bon en 1355, n'eut son fils aîné qn'en 1360. Ce 
lut sans doute pour obtenir du ciel un héritier 
que son épouse fit modeler sa statue en cire, 
du poids de 134 livres de Lausanne, par un 
artiste anglais nommé Guillaume, et qu'elle fut 
offerte en ex voto à Notre-Dame de Lausanne. 
Le prix de la main d' œuvre fut de douze de- 
niers genevois et de trois florins de bon poids, 
équivalant à près de 64 fr. de notre monnaie 
actuelle, et payés par le trésorier Guichard de 
Marboz. Voici le texte du compte de ce fonc- 
tionnaire. 

Librauit (21 aprilis 1356) in precio sexoies vi- 

ginti et xiii.j librarum cere ad pondus lausanne, quali- 
bet libra tribus solidis tribus denariis lausanensium 
pro facienda una ymagine ad simiUtudinem domine 
data etoblata per dominam ante ymagincm beatc marie 
(!e lausanna inchisis xij denariis gebennonsium et tri- 
bus llorenis datis magislro guillielmo angUco per ope- 
ragio d^cte ymaginis xxi libras, xv soUdos lausancns"'. 

( Arch. chambre de5 comptes. Compte de Guichard de .tlarboz, chapelain et 
trésorier de l,i comtesse de Savoie, Kouliau 19). * 



191 



Etienne Lagier 

C'est vers les derniers temps du moyen âge, 
peut-être à la fin du XIIP ou au commence- 
ment du XIV*^ siècle, que l'on peut attribuer la 
statuette singulière que possédait M. le cha- 
noine Fortin, de Chamljéri. Elle a été trouvée 
à Myans et a été décrite par Grillet (i). Cette 
statuette de bronze portait une inscription que 
cet auteur a transcrite ainsi : Stephs Lagerp 
me fecit. Ne faudrait-il pas lire Layerius au 
lieu de Lagerp, et n a-t-il point pris pour un p 
Vi avec l'abréviation de us9 Tous ceux qui co- 
pient de vieilles chartes de cette époque com- 
prendront facilement qu'une pareille erreur ait 
été faite. 

QlII^ZIÈME SIECLE 



1408 

C 1 a vx 3C 

Allocaiilur sibl (jUGs pro domino eX de eius maiKhilo 
U'adidit el libiauil dicto Claiix scissori yiiiagiiium do- 
mini diicis burgoudie donc sd)i l'aclo per domiiunn ul 
per liltei'am domini do donacione predicta cum maii- 

(l) Tome III, page 161 de son Dirt. hist. 



192 

dato allocandi datam burgeti die vicesima mensis ja- 
iiuarij anno domini millesimo quatercentesimo octavo 
quamreddit sigillo domini sigillatam et manu johannis 
Balay eius sccretarii signatam. xx llor. p. p. 

( Arch. ch. des comptes. Compte de noble Jacques de Fistillicux, d'Yenne. 
Vol. 55). 

Claux Sluter, imagier du duc de Bourgogne, 
était Hollandais. C'est lui qui a fait, entre au- 
tres, le portail de l'église de la Chartreuse, 
près de Dijon, de 1387 à 1393; la croix monu- 
mentale , dont la base est appelée aujourd'hui 
le Puits de Moïse, de 1396 à 1402 , et le tom- 
beau de Philippe-le-Hardi , qui est aujourd'hui 
au musée de Dijon. 11 fut aidé de plusieurs 
autres artistes, parmi lesquels son neveu Van de 
Verne, Hennequin Prindalle, etc. Il fut nommé 
ymagier d'autels du duc de Bourgogne en 1390. 
Il fut aussi valet de chambre du duc. On ignore 
la date de sa mort. 

1410 

A . C a p r é 

Cette signature qu'on peut lire Antoine ou 
Anthelme Câpre ou Capré, à côté d'une petite 
chèvre légèrement gravée , ainsi que le nom, 
au bas du tombeau de l'évêque de Maurienne 
Savin de Florano , dans la nef latérale de gau- 
che de la cathédrale de Saint-Jean, nous paraît 
être le nom de l'artiste qui a fait ce tombeau, 
tombeau dont la niche allongée où était couché 



193 

le prélat défunt est vide, mais sur la face anté- 
rieure duquel on voit encore ses armoiries (1). 

r 

\lk\l 

GTailla.Tam.e de Boes et Perrin Lours 

Librauit (17 octobris 1417) guillelmo de boes 

pro XXV iornatis et perrino lours ymaginatoribus pro 
XXIX iornatis quibus vacaueruiit operando très ymagi- 
iies nemoras factas gebeiinis de mandalo domiui rela- 
tione johannis prindelles ad opus capellc domini noue 
facte in castro Aquiani unara videlicet ad siniilitudinem 
beale marie aliam ad similitudinem beatl georgii exis- 
lentis equester et aliam ad similitudinem beali mi- 
ciiaelis archangelli capiendo quilibet ipsorum pei- diem 
inclusis expcnsis 1res denarios oboluni grossoruin. 
XV llor. IX d. gross. p' p'^ 

(Ibiil. Coniple de Guigonet Maréschal, de Clianibéri, 1res. %é.\\., vol. 61, 
pag. 620). 

Nous retrouverons plus loin le sculpteur Jean 
Prindelles ou Prindalle, qui a été chargé de 
faire un rapport sur la valeur des trois statues 
de bois dont il s'agit. Le prix des 54 journées 
faites par Guillaume de Boes et Perrin Lours 
correspond à une somme d'environ 300 francs 
de notre temps, ce qui met la journée à une 
somme qui vaudrait près do quatre francs de 
nos jours. 

(1) Quelques inscriptions funéraires trouve'es en Savoie, par 
François Rabut. Ext. des Mém. de l'Académie de Savoie, tome 1 
de la 2' série. 



194 



1418 

Gu.oyra.ncl (cie Berne) 

Libruiiit die vicesitna secunda inensis novem- 

bris anno (luo supra (1418) guerando de Beiiia pro 
preliû quatuor imaginum lapidis albe per ipsum do- 
mino vendilorum pro lanlo viij iloi-. p. p. 

( Compte du lré-;or. gén. de Hascplo, \ol. 65 ). 

1418 et suivantes. 

Jean Prindai le.^ alias Pringalles 

On a déjà vu Prindalles chargé d'estimer des 
statues faites, eu 1415, par (luillauine de Boes 
et Porrin Lours , et payées en 1417. En 1418, 
il est qualifié de inagister Prindalles iinaffina- 
tor dans un compte du châtelain de Ghambéri, 
Boniface du Challand, où il est parlé de répa- 
rations faites au château de cette ville, et entre 
autres au toit de la loge où maître Prindalles 
travaillait pour la nouvelle chapelle du château 
(pro capella nova). L'année suivante, il reçoit 
du trésorier généi'al le prix de statues de pierre 
faites pour cette chapelle et pour Ripailles. 

Libravit .lohanni pringalles imaginalori cui 

dominas solui voluil et mandauitper dictum tbesaura- 
rium undecim tlorenos parui i)ondeils subscriptos pro 
temporc qno vacauit ad faciendum ymagines lapideos 
pro capella domini cbamberiaci et hoc ultra quanti- 
lates |»ecunie per ipsum aliundc receplas. Item et pro 



195 

expensis et labore suo per eiim substentis ad porta n- 
dum quamdam ymaginem lapideam sancli mauricii a 
chamberiaco apud Ripalliam ad que vacauit spacio sex 

dierum saliio pluri Confessio de recepta dictijo- 

haniiis pringalles recepta sub aiino domini millesimo 
iiijc vicesimo die décima quarla meiisis marcii manu 
bartholomei cliabodi notarij et signata. 

xj flor. p' p's parue monele. 

(Ibid. Compte du très. gén. Barih. de Raczepto, vol. OG). 

M. Ghapperon signale cet artiste comme 
ayant sculpté , en 1409 , des chapiteaux et des 
gargouilles, et en 1411 une statue de saint Geor- 
ges, pour la chapelle du château. Mais, comme 
d'habitude, cet auteur ne cite pas ses sources. 

• 

1424 

Jan-in (de Bru.2celles) 

« 

Libravit Janino de brucelles ymaginatori die xxvilj 
augusti pro locagio vnius equi viginti quatuor dierum 
quibus vacauit eundo de mandalo dominj a cbambe- 
riaco apud thonoliium pro certis operagiis jn caslro 
dicti loci liendis ad rationem cuiusUbet diej. j. d. ob. 
gr....... iij il. 

(Ibidem. Coiiiple de (iiiig. Marcsclial, vol. 7(1). 

1440 

L'inventaire du château de Saint-Laurent-lez- 
Macon, qui appartenait au duc de Savoie , lut 
dressé en 1440 par les soins du châtelain noble 



190 

Guillaume Ranty, écuyer. On y voit figurer une 
paix de bois, une image de Notre-Dame et une 
image de saint Jean. (Arch. de la Côte-d'Or). 



QUINZIEME SIEC:LE 

C'est au XV*^ siècle ijue l'ut élevé le portail 
de Saint- Dominique do Clianibéi'i. ( \'oyez la 
notice insérée au tome 1 de la 2'* série des Mé- 
moires de r Académie de Savoie, p^ge 6). 

QUINZIÈME SIÈCLE 

C'est aussi vers le milieu du X\'" siècle que 
l'ut élevé dans l'église de Lémenc le tombeau 
de Barthélemi Cbabo de Lescheraine, où figu- 
rait sa statue avec casque, cottê d'armes, épée 
et éperon (1). 

1452 

Date de la mort du franciscain Hugues de 
Cluses, qui a l'ait faire de ses aumônes la sta- 
tue de S. Bernardin dans l'église du couvent de 
Chambéri. (Ohituaire des Fr. Mineurs). 



1467 

Date qu'on lit sur la croix de pierre (jui est 
au sommet du faul)0urg de Macbé, à Cliambéri. 

(1) Capré, Tfdilr de la chambre des coutiitex, page 248. 



197 



1470 

Ros de Balme dit Pot\xs 

Ros (le Balme dit Potus, qui était un sculp- 
teur ou mynusier de bois , nous est révélé par 
les comptes du secrétaire ducal, N. Alexandre 
Richardon, comme ayant fait les ouvrages exté- 
rieurs des orgues que la princesse Yolande fit 
construire dans la chapelle du cluUeau de Cham- 
béri, en 1470. Il avait été chargé des travaux 
de menuiserie pure et simple que comportait la 
construction desdites orgues, mais il avait aussi 
été chargé de l'ornementation extérieure du 
buffet , comme cela résulte évidemment des 
lignes suivantes, extraites du compte du secré- 
taire général. 

II est deu par ma très redoutée dame à son 1res 

humble seruileur mestre Kos de Balmes dil Potu le- 
quel a pris entache et priffait a fere la lampo {sic) (1). 
des orgues que mad'" dame a feit fere en la chapelle 
du chasteau de Chambery. C'est assauoir taillier les 
pennacles et folliages (2) einsy qu'il appartient et sem- 
blablement les filloles (3). Item autour en minuserie la 
clerevois et arche pendant. Item les vj courbes les 

(1) La Lampe de l'orgue paraît être Ja cage ou I)uiret au-dessous 
duquel, soit de la galerie à claire-voie, se trouvait un arc pendant, 
soit un pendentif ou cul-de-/«H!/>e. De là l'expression de lampe pour 
la partie située au-dessus du pendentif, sauf meilleure explication. 

(2) Expansions végétales. 

(3) Filloles, filleules, rejetons , a le même sens. 

13 



198 

qualres enlretaillies detza et délia les aultres deux 
dimies part reuesties de grosses moulures de lault 
jusques au bas ensemble les arches de telles moulée 
et lambrie el les escussons tout autour enlretailliees 
des armes et deuise de Mad" dame ensemble toutes les 
aultres chouses necesseres en la d^ lampe lequel tache 
a ete baillie au d^ mestre Ros par Jehan Piaz raeslre 
et facteur desd^^ orgues en présence 4 florins pp. 

( Arch. de la chambre, 3« compte de Richardon, page 95). 

Le même compte nous apprend que Ros avait 
avec lui ses .deux enfants, Pierre et Ros de 
Ralme, et deux ouvriers. 

1470 

ScTJ-lp teiars a.n.orxymes 

On voit dans le même compte de Ricliardon 
que le travail des orgues se faisait dans la cham- 
bre du château qu on appelait la chambre de 
l'empereur, celle où avait logé Sigismond lors 
de l'érection de la Savoie en duché , en 1415. 
Cette pièce, très-vaste sans doute, avait été sé- 
parée en deux au moyen d'une paroi faite avec 
les pieux qui avaient servi récemment au tour- 
noi tenu devant le château à tous venants par 
le sieur du Roule, fils du seigneur de Viri. D'un 
côté , travaillaient ceux qui faisaient les orgues, 
et de l'autre , ceux qui faisaient les images de 
pierre de la chapelle dudit château. 



199 



1470 

Ma r q u- e t 

Maître Marquet, taillierot d'images, était sans 
doute un de ces artistes qui travaillaient pour 
la princesse Yolande, alors régente de Savoie. 
Il figure aux. comptes d'Alexandre liichardon, 
trésorier oénéral. 

1472 

M e r-m. e t 

Il a fait un oratoire en bois pour mettre les 
images de cire des princes devant saint Se- 
cond ( 1 )■ (Compte (le Jean Loclier, vol. IHi). 

1475 

GutillaTame le Parisien 

Le même compte nous apprend qu'ini 1475 
Guillaume le Parisien et Nicolas Robert, pein- 
tres, firent une statue en cire de grandeur natu- 
relle du jeune duc de Savoie, pesant 60 livres, 
dette image était destinée par la régente au 
couvent de Saint-Bernardin en Ivrée, pour la 
guérison du duc Charles. La façon a coûté deux 
llorins ; le bois et le charbon achetés p.our ce 
travail, 4 gros et 2 quarts. 

(1) Voy. Série des peintres, W Janiu. 



200 



14.. — 1482 

Artistes arLon.ym.es 

C'est à la moitié du XV*^ siècle, avant et après 
la mort du prieur du Bourget , Oddoii de Luy- 
rieux, arrivée en 1482, qu'ont été élevés aux 
frais de ce personnage l'église et les cloîtres du 
prieuré. C'est alors que l'ut orné de sculptures 
nombreuses le jubé de cette église, qui a été 
démoli vers 1830 , et dont les débris , repré- 
sentant de nombreuses scènes de la Passion, 
entourent aujourd'hui le chœur de l'église pa- 
roissiale. C'est alors que furent sculptés les 
nombreux chapiteaux et les écus armoriés du 
cloître et de l'église. Ce fut alors aussi que fut 
gravée la tombe de ce prieur que l'un de nous 
a dessinée et décrite dans les Mémoires de l'A- 
cadémie de Savoie^ et qui nous renseigne sur 
les libéralités de ce prieur (1). Mais nous som- 
mes sans renseignements sur les divers artistes 
qui ont accompli ces travaux. Peut-être que quel- 
ques-uns des derniers dont nous venons de 
parler y auront travaillé. 

1482 

Date de la mort du franciscain Nicolas Ga- 
dlliacti, qui avait fait faire la statue d'argent de 

(1) Notice sur une dalle funéraire existant dans l'église du Bour- 
get, par F. Rabut. 



201 

saint Antoine de Padoue pour le couvent de 
Chambéri. ( Obituaire des Fr. Mineurs). 

1494 

Pierre Mocliet (de Genève) 

Pierre Mochet , de Genève , fut un habile 
sculpteur qui fit pour l'évêque de St-Jean-de- 
Maurienne , Etienne Morel , les magnifiques 
stalles de la cathédrale et le cihorium du chœur 
de cette église. (Angley, Hist. du diocèse de 
Maurienne, pag. 26, et Grillet, tome III, 
page 275. ' 

SEIZIEME SIÈCLE 



1500 — 1522 

C'est au commencement de ce siècle qu'ont 
été sculptées les portes de bois du grand por- 
tail de la cathédrale de Ghambéri, par les soins 
du franciscain Jean Sermeri, mort en 1522 (1), 

1508 

Cette année , Claudine de Brosses , veuve du 
duc de Savoie Philippe II, fit élever dans le 

(1) Obituaire des Fr. Mineurs de Chambéri, tome VI des Mém. de 
la Soc. sav. d'hist. et d'arch. 



202 

chœur de l'église de Lémenc un autel au-de- 
vant duquel était un tombeau pour le cœur et 
les entrailles de son mari. iVu-dessus était la 
statue en bois peinte et dorée du défunt. Ce 
tombeau a disparu au XVllP siècle. 

1517 

Date gravée sur la croix de pierre de Co- 
gnin, dont la partie supérieure a disparu, comme 
pour celle de Mâché à CUiambéri (i). 

1527 



Mort du franciscain Claude liai-rot, (pii a fait 
ire une image d'argent de saint 
pour le couvent de Chambéri (2). 



faire une image d'argent de saint Bonaventure 



1559 

Robert Brisebarre 

... Plus à Me Robert brysebarre pour auoir tuict les 
armoiries et timbres de monseigneur et de Madame 
faictes en relief/, sur la cheminée de la grand sale du 
château de Chambery par le commandem^ de monseig'' 
le Me Duc et selon l'ordonnance et pris faict a luy baillé 
liuré pour la façon desd^^ armoiries le vj septembre 
1559 huit escuz sol cy viij sol. 

(Ibid. Coinpli' (lu Iri'Sorier géiiornl, iKihlc Krauçiiis de Lali'e, vol. 'iOO). 

(1) Les Mi'nidirea de la Socirté savoisieniie d'histoire et d'archro- 
logie ont donii J la description de ces dcu\ croix, qui marquent 
l'ancienne route du Bourget, et les inscriptions qui y sont .gravées. 
(Tome II, page ix). 

(2) Obittiaire des Frères Mineurs de Chambéri. 



203 



1562 

Frédéric Brandeino 
< 

Ce Frédéric Brandano commence une série 
d'artistes ducaux , de sculpteurs aux gages des 
ducs de Savoie, que nous trouvons désormais 
au service de ces princes, comme nous l'avons 
vu pour les peintres de la cour. La note où 
nous l'avons découvert se rapporte à des tra- 
vaux faits aux châteaux de llivoli et de Fos- 
sano; mais il est plus que probable qu'il a 
travaillé avec ses compagnons dans les autres 
résidences ducales. Ce Frédéric Brandano était 
d'Urbino. Un mandat du l^'" novembre 1562 
ordonne au trésorier général de lui payer cha- 
que mois la somme de 150 livres pour son 
entretien et celui de ses cinq compagnons , i 
quali lavorono tutti di stucco nelli castelli..., 
etc. (Arch. de la chambre des comptes, mandats, 
vol. 12). 

1564 

Bartliélemi Prior 

Celui-ci était Poitevin, de Bressuire. Il est 
qualifié de sculpteur de Son Altesse Royale dans 
un mandat du 1<^'' octobre 1564, par lequel son 
traitement est fixé parle duc, depuis ce jour-là, 
à la somme de 45 livres par mois. (Ibidem). 



204 



1564 

Etiexine Bordier 

Le mc'ine jour un mandat ducal fixe à 30 li- 
vres par mois le traitement d'un autre sculp- 
teur de Son Altesse, Etienne Bordier, de Paris. 
Bordier était un sculpteur sur bois ; la note sui- 
vante nous apprend qu'il fut d'abord chargé de 
travaux sur bois d'ébène. 

Alli 4° di oltobre jl pr» nostro signore ha ordinalo al 
d° générale di pagare (lontanti a Stefano Bordier jnta- 
gliatorc dei legnami di S. A. la summa di libre venti 
che sono per franciii sedeci che gl'ha ordinati S. A. 
da impiegare in libre cento di ebano a meitere in la- 
voro per S. A. R. (ibidem). 

Le mandat est daté d'Avignon. 



1582 

Ra.-ym.on.cl Ramcu.rel 

Nous n'avons sur cet artiste que la note qu'a 
donnée Grillet (1), et qu'il a puisée dans la 
Bibliothèque française de La Croix du Maine. 
Il fit, dit-il, plusieurs ouvrages de sculpture 
pour le j^talais du roi de France, et mourut l'an 
1582. Il était aussi dessinateur, calligraphe et 
miniaturiste. 

(1) Tome I, page 324 du Dicl. his(. 



205 



1587 

Belea.sa.rio Cambio Bombarcia 

Assento di scuti 100 di L, 3 l'anno a Beleasario Cam- 
bio Bombarda scultore. 

Il Duca di Sauoja. Al magnif" ettesoriere 

M. Antonio Solaro hauendo noi rettenuto al ser- 

uizio nostro Beleasario Cambio Bombarda scultore 

vi ordiniamo di pagare.... al d" beleasario.... la somma 
di scudi cenlo di Ire libre noslre l'uno ciascun anno et 
a quartiere cominciando dalla data délie presenti 

Turinoal 1° di X^^ ^537. 

C. Emanuel. L. Milliet. Gromis 

(Arch. cl), des comptes, contrôle, vol, 50). 

1588 

Adrien Fries 

Assento sopra il Tesor^ gen'e di scuti trecenlo l'anno 
per Adriano Fries scultore di S. A. a cominciar al i° di 
genaro passalo. 

Il duca di Savoja. Al magnif" M. Antonio Solaro 

présente liauendo noi costiluito et deputato pei' 

nostro scultore il bendiletto Adriano Fries fiamengo... 
vi ordiniamo per le presenti cbe abbiate da pagare al 
detto Adriano ogni anno et per tjuartieri la somma di 
scuti trecento di tre liure nostre l'uno cominciando 
dal l°di genaro passato 

Date in Torino li 6 di marzo M. D. ottantotto. 
C. Emanuel. L. Milliet. Gromis. 

( Ibidem ). 



206 

DIX-SEPTIÈME SIÈCLE 



1603 

André R i at a 1 1 o 

Al Tesor gen'e Coardo che paghi ad Andréa Riualto 
scullore di S. A. ducattoni 610 a f' H-6 Funo ch'egli 
è creditore di suoi slipendj dal 1° d'ottobre 1603... 

Il duca diSauoja. Al magnif"... Tesor"^... M. Nicolô 
Coardo sainte. Hauendo noi sin dell'anno 1603. il 
primo di ottobre ritenuto Andréa Riuallo per nostro 
scullore et promessoli di darli 50 ducattoni il mese da 
fiorini undici e mezzo l'uno e ch'egli dal d° giorno 
d'ottobre sin airullimo d'aprile hora passato nonne 
habbia mai hauuto che ducatoni Irecento quaranta si- 
mili et che percio resti creditore nostro per d° tempo 
di ducatoni seicento diece... v'ordiniamo... debbiate 
pagare al d» Riualto li d' ducatoni 610 et continuar di 
pagarli all'avenirc li ducat' 50 che gli stabilissimo 

Torino il 1" di maggio 1605. 

G. Emanuel. Prouana. Boursier. 

(Ibidem, vol. 67). 

1611 

Augiastin Solier 

Per Agostino Solyer Inglese Intagliatore di piètre 
fine. Assento. 

Il duca di Sauoja... hauendo noi per degne consi- 
derazioni... accordato a Agostino Solyer Inglese inta- 
gliatore in piètre fine vna ratione ossia liura ordinaria 



207 

di pane viiio e companatico al lardire {sic) in questa 

casa vi ordiniamo etc Torino li 12 marzo 1611. 

Carlo Emanuel. Prouana. Coardo. 

(Ibidem, vol 72). 

1611 — 1619 

Jean Ottera 

Ordine al consiglio délia casa delli serenis' Principi 
di assentare Gio^ Ottera iiUerciator di piètre in ducal"' 
300... et vna ratione cibaria ogni anno 

Il Duca di Sauoia. Al consegUo délia casa delli prin- 
cipi miei figUuoli hauendo ritenuto al servitio loro 

Gioc Ottera per jnterciator di piètre etestabUiergli per 
suotratlenimento ordinario la somnaa di ducattoniSOO 
da fiorini 13 Tano et vna ratione cibaria ordinaria ogni 

anno Vi ordiniamo che abbiale da assentarlo 

con farlo pagare dal passalo cominciando dal 1" 

d'oltobre IGOO Torino 1» genaro 1611. 

Carlo Emanuel. Prouana. Coardo. 

(Ibidem). 

Per Gioe Ottero venetiano habitante jn ([uesta citlà. 
Letlei'e di naluralità per lui, sua moglie et vnfigliuolo. 

Carlo Emanuel hauendoci Gioanni Ottero vene- 
tiano nostro inlersciatore di piètre habitante in questa 
città significato d'essere maritato nel nostro stato et 
hauer vn figliuolo con alcuni pochi béni supplicandoci 
si contentassimo ritenerlo et riceverlo come suddito 
nostro talmente che possi goder dei privileggi... Noi a 
detta supplicatione benignamente inclinati... si siamo 
contentali naturalizare sicome per le presenli.. .. na- 
turaliziamo esso Gioanni Ottero etc... Turino li a ge- 
naro 1619. 

Carlo Emanuel. . Argentero. Coardo. 

(Ibidem. Patentes, vol. 3-5). 



208 



1616 

Jea.ii.-Dom.irLiq\ie Daciei 

Le l^"" mars 1619, le duc de Savoie choisit 
pour son sculpteur ordinaire maître Jean-Domi- 
nique Dadei, de Turin , avec le traitement an- 
nuel de deux cent quarante ducatons, soit de 
vingt ducatons par mois. ■ (Ibidem). 

Avant d'avoir obtenu ce titre de sculpteur 
ordinaire de Son Altesse, Dadei avait déjà été 
au service du duc Charles-Emmanuel, et, quand 
il avait épousé demoiselle Alexandra Malingro, 
dont le père Horace Malingro était seigneur 
de Bagnolo, mais pauvre, le duc, en vue de ce 
mariage, avait donné audit Horace les revenus 
du greffe de Ptevello. A la mort de ce dernier, 
il les donna à la femme de Dadei pour en jouir 
et disposer à son gré comme l'avait fait son 
père, et cela à raison des mérites et bons ser- 
vices de son mari. Les patentes sont datées 
de Rivoli, le 28 mars 1616. 

1629 

Jean. Clappier 

On voit dans l'église de Lans-le-Villard en 
Maurienne, dans une chapelle latérale de gau- 
che, la chapelle du Chapelet, deux très-grands 
panneaux sculptés et peints. Chacun d'eux est 
divisé en liuit compartiments, représentant des 



209 

scènes de la Passion. Dans le dernier pan- 
neau , on voit saint François d'Assise qui pré- 
sente à la Vierge le fondateur. Cette œuvre 
est accompagnée d'une légende moderne ainsi 
conçue : Sculpté et peint en 1629 par Jean 
Clappier, de Bessan, et repeint par E. F. Ta- 
beur, de Villarodin, en 1840. Ces deux énor- 
mes panneaux sont mobiles sur charnières , et 
au revers sont peintes des grisailles du temps 
très-endommagées ; la mieux conservée repré- 
sente un saint Charles Borromée. 

1631 

R. D. L. Du-lac 

Nous avons transcrit cette date, ce nom sur 
une grande table d'ardoise couverte de sculp- 
tures, parmi lesquelles on voit deux jeux : un 
jeu de l'oie et un jeu de fortune ; des orne- 
ments divers, les armes parlantes de la famihe 
Castagneri, parties d'autres armes dont l'ab- 
sence de toutes couleurs rend la détermination 
difficile (un hon et sur le tout une fasce 
chargée de trois roses), armes qui peuvent 
être celles des maisons Amblard de Chignin 
ou Gex. De la couronne qui surmonte l'écu 
émerge un ours qui tient une branche de châ- 
taigne avec son fruit, et la devise : Pasco honos 
pungoque malos; enfin le nom du sculpteur 
et la date de son travail : 

R. D. L. DULAC FACIEBAT 1631. 



210 



1635 

Isidore Bieunco et ses fils 

La régente de Savoie, Ghiistine de France, 
récompense par lettres patentes du 20 novem- 
bre 1635 le chevalier Isidore Bianco du lieu de 
Campione, sur les bords du lac Lugano, et ses 
fils Pompée, François et Charles , des services 
rendus par eux depuis plusieurs années dans 
les professions d'ingénieurs, de peintres et de 
sculpteurs; professions dans lesquelles ils se 
sont montrés très-habiles, surtout dans les tra- 
vaux des châteaux de la Vénerie , de Turin, 
du Valentiuo, etc. Outre la décoration des Saints 
Maurice et Lazare donnée au père , ils sont 
tous exempts, leur vie durant, de tous impôts 
ordinaires et extraordinaires, présents et futurs, 
en temps de guerre comme en temps de paix, 
service militaire, logements, etc., etc. 

1646 

Aleixianclre Casella. 

Le stuccateur Alexandre Casella travaille au 
château du Valontino, à la décoration de la 
chambre des lis et des roses , de la chambre 
de la chasse, de la chambre de la munificence 
et de la chambre du commerce. 

(CiBRARio, Spccchio cron.) 



211 



1646 

Les Dominicains de Chambéri font faire deux 
anges en bois doré pour le tabernacle du grand 
autel (1). 

1647 — 1683 

François Cu-enot 

Nous voici en face d'un artiste dont nous 
aurons beaucoup à parler : François Guenot , 
né en Franche - Comté et bourgeois d'Anneci, 
qui a longtemps travaillé à Chambéri. La pre- 
mière fois que son existence dans cette ville 
nous est signalée , c'est par le compte du 
trésorier général noble Pierre Champroux, de 
l'année 1647. Ce fonctionnaire paye à François 
Cuenot , ^naître sculpteur habitant à Cham- 
béry, une somme de 280 florins de Savoie, 
soit de 40 ducatons effectifs de 7 florins pièce, 
ordonnancée par la chambre des comptes de 
Chambéri, pour auoir faicl en bois le relief 
du portail de la sainte chapehe de cette ville, 
façade dont tout le monde sait que les plans 
furent donnés par le célèbre architecte Juvara, 
de Messine. 

En 1600, il avait déjà rendu assez de services 
au duc de Savoie pour en obtenir coup sur coup 

(1) Documents relatifs au couvent de St-Dominique de Cham- 
be'rij page 34 de la 2« série. 



212 

deux grandes faveurs, savoir : l'exemption de 
logement et de charges domiciliaires et le titre 
de sculpteur de Son Altesse Royale tant en 
deçà qu'au delà les monts. Les exemptions 
sont accordées à Guenot à cause de ses talents 
dans l'architecture et la sculpture , et pour en- 
courager les étrangers de mérite à venir résider 
dans les états du duc. 

Voici les patentes d'exemption de logements 
et autres i)our François Cuenot. Elles sont du 
!«■ juin 4 000. 

Charles Emanuel par la grâce de Dieu Duc de Sa- 
uoye, Chablais, Aouste, Geneuois et Monlferrat, Prince 
de Piémont Roy de Chypre etc.. A tous ceux qui ces 
présentes verront salul. Scauoir faisons, sur les rela- 
tions que ion nous a faict du mérite, vertueuses et 
louables qualités qui concourent en la personne de 
françois Cuenot du Comté de Bourgogne et bourgeois 
d'Annecy, Nous auons incliné à la très humble suppli- 
cation qui nous a esté faitte de sa part de luy accorder 
l'exemption des charges tant domiciliaires, personnel- 
les et publicques que de tous logements de soldates- 
que, de caualerie et d'jnfanlerie non seulement à 
cause que nous désirons maintenir dans nos estats des 
personnes de sa profession. 

Estant bien jnformé qu'il est très habille maistre 
dans l'art de l'architecture et sculpture, mais aussy 
pour conuier et donner courage aux estrangers ver- 
tueux d'y venir faire résidence, c'est pourquoy, pour 
ces causes et autres dignes considérations à ce nous 



213 

mouuants, nous auons eximc. libéré et exempté par 
ces presente> signées de nostre main, de noslre certaine 
science pleine [ uissance et auctorité souueraine. eu 
sur ce l'auis des gens de noslre conseil résident près 
nostre personne, nous eximons, libérons et exemptons 
ledit François Cuenot de toutes charges domiciliaires 
personnelles et pubiicques, ensemble de tons logements 
de soldatesque, tant de caualerie que d'infanterie. 

A ces fins nous deffendons très expressément à tous 
colonels, capitaines, lieutenants, mareschaux de logis, 
fourriers et autres de quelle qualité et condition qu'jls 
soient déloger moins permettre que Ton loge dans les 
maisons et grangeages dudit Cuenot, soit par bUlieltes, 
ou autrement en manière que ce soit, soubz peine 
quant aux chefz de noslre jndignatian , et aux soldats 
de punition exemplaire. Ayant à cet effet jceluy Fran- 
çois Cuenot, sa famille, domestiques, bestaii, maisons, 
biens meubles, jmmeubles et grangeages réduit et ré- 
duisons soubs nostre spéciale protection et sauvegarde, 
défendons aussy aux nobles scindics, conseillers et 
autres qu'il appartiendra de nostre ville d'Annessy pré- 
sents et à uenir, de molester ny souffrir que ledit 
Cuenot soit troublé ny recherché tant pour le regai-d 
desdes charges personnelles, domiciliaires, et pubiic- 
ques que dudil logement de soldatesque à peyne de 
cinq cens iiures contre les contreuenants, applicables 
à notre fisque et autres arbitraires, outre la nullité de 
tout ce que s'en suiuroit au contraire des présentes, 
à condition neantmoins que le dit Cuenot satisfera à 
toutes les autres charges qui nous pourroient estre 
deiies, au cas qu'jl possédasse ou viense à posséder 
des biens dans nesd'» estais. 

14 



214 

Si donnons en mandement à tous nos magistrats, 
ministies, officiers et à qui jl appartiendra d'obser- 
uer, ou faire obseruer les présentes de point en point 
selon leur forme et teneur, en le faisant iouir et vser 
piaillement et paisiblement des choses susdites sans 
difficulté ny contradiction aucune Car tel est nostre 
vouloir. Donné à Turin le premier de juin mil six cens 
soixante. 

Signé C. Emanuel. 

V» Morozzo. \^ Gaslagnery. V-^ Granery. R" Carron. 
Soubsigné Milliet et scellé. 

(Arcli. de la chanibredes comptes. Palciiles, vol. 46, page48J. 

(les patentes ont été enregistrées le 13 juil- 
let de l'année suivante (1661). Quelques jours 
après la signature de ces lettres patentes 
d'exemption , le prince signait celles qui fai- 
saient de Guenot un sculpteur ducal; elles sont 
du 17 juin. Les détails qu'elles contiennent 
exigent leur reproduction textuelle : 

Charles Emanuel par la grâce de Dieu duc de Sa- 
uoye, Chablais, Aouste, Geneuois, Montferrat, Prince 

de Piedmont, Roy de Chypre ik A tons ceux qui ces 

présentes verront salut. Désirant faire cognoistre au 
monde lestime particulliere que nous faisons des per- 
sonnes vertueuses et douées de mérites et louables qua- 
lités, ainsy que nous auons reconnu auantageusement 
concourir en François Guenot natif du comté de Bour- 
gogne bourgeois de nostre vdle d'Annecy par le liure 
qu'U a composé tant de l'architecture ciuile, que de la 
sculpture a nous dédié, dans lequel nous auons veu 



215 

toutles les preuiies qu'vn bon el scauant maistre peut 
donner de celte profession, nous sommes conuié non 
seulement de retenir led^ Guenot en nos Estatz de la les 
montz ou il iiabile des enuiron vingt deux ans, mais 
encore de le mettre sou'z nostre protection par la qualité 
que nous liiy auons volontiers voulu accorder de nostre 
architecteur et sculpteur tant deçà que delà les montz 
afin de nous seruir dans cet employ lorsque les occa- 
sions le requerront. 

C'est pourquoypour ces causes el autres dignes res- 
pectz a ce nous mouuantz. nous auons créé constitué 
eslably el député comme par ces présentes signées de 
nostre main, de nostre certaine science, plaine puis- 
sance et authorité souueraine eu sur ce lauis des gens 
de nostre conseil résident prez nostre personne créons 
constituons establissons et députons led' François Gue- 
not nostre arcbitecleur et sculpteur tant deçà que delà 
les montz pour lad° charge exercer dores en auantaux 
honneurs authoritéz dignitéz prerogatiues priuileges 
immunitez exemptions et autres choses qui en peuuent 
despendre el appartenir. Si donnons en mandement a 
tous nos magistratz ministres officiers qu'il appartien- 
dra de reconnoislre estimer tenir reputer le dicl Fran- 
çois Cuenol pour nostre architecteur et sculpteur tant 
deçà que delà les montz et de le laisser jouyr plaine- 
ment paisiblement des honneurs priuileges droicts et 
autres choses susdf^^ comme aussy de faire obseruer 
les présentes de poinct en poincl selon leur forme et 
teneur. Donné a Turin le 1 7" jour du mois de juin mille 
six centz soixante. 

Signées Charles Ëmanuel. V-' Morozzo. ¥■' Casta- 
gnery. V'* Granery. Il'" Cai'ron. Contresignées 
Milliet cl scellées. ( ibidem, voi. 47). 



216 

On voit entre autres, par cet acte curieuX;, que 
Cuenot habitait depuis environ 22 ans la Sa- 
voie, soit depuis l'année 1638; qu'il avait déjà 
publié son livre d'architecture (1) , dont il a 
gravé les planches. Car, à son double talent 
(V architectcur et de sculpteur, Cuenot joignait 
encore celui de graveur en taille-douce. Il a 
gravé entre autres, en 1649 , les ligures de 
l'arrêt ducal portant le devis de quelques mon- 
naies étrangères (les réailes du Pérou et du 
xMexique ) , et imprimé à Chambéri chez Du- 
four. Il a reçu pour ce travail la somme de 12 
livres ducales, de la valeur de 20 ilorins, du 
trésorier Pierre (^hamproux. Pour le livre d'ar- 
chitecture, le duc lui donna 200 ducatons pour 
aider aux dépenses qu'il a laites pour l'impres- 
sion. 

Les faveurs du prince continuent encore pour 
Cuenot cette même année 1660. Par patentes 
du 17 juillet, il est nommé échantilleur des 
poids et mesures du Genevois. Ces lettres 
ducales mentionnent encore le livre d'archi- 



(1) Livre d'architecture, dédié à Leurs Altesses Royales, par 
F. Cuenot, sculptr-ur-architecte. Annissy (s. d.) ; un volume in-folio 
dont les planches ont été gravées sur cuivre par l'auteur. Nous 
reviendrons sur cette œuvre dans nos séries sur les graveurs et 
sur les imprimeurs. Nous constatons seulement ici qu'il est anté- 
rieur à l'année 1660, ou de cette année-là. Cela senil)le en efTet 
résulter du passage d(!S lettres patentes d'essayeur des poids et 
mesures de 1660, qui vont suivre, où il est dit, à propos de ce 
livre, qu'il a été présenté au duc de Savoie ces jours passés. 



217 

tecture , et méritent sous plusieurs rapports 
d'être reproduites ici. 

Charles Eiiianuel par la grâce de Dieu duc de Sa- 
uoye Ghablais Aousle Geneuois Monlferrat prince de 

Piedmont loy de Chypre k A tous ceux qui ces 

presenlcs verront salut. La reunion de la prouince du 
GeneaoisFaucigny etBeaufort a notre couronne par le 
dcces du dernier prince appanagé(l) Nous ayant conuié 
a restablyr dans lesdittesprouinces les charges les plus 
necessah^es pour le bien de nostre service et du pu- 
blicq ceste mesme considération nous porte mainte- 
nant pour celle de marqueur et échantiileur des poids 
et mesures ez dittes proumces de Geneuois Faucigny 
et Beauforl tant pour esbuiter les abus qu'ilz pour- 
roient glisser que pour maintenir les obseruances qui 
ont esté jusques jcy pratiquées et comme nous sommes 
esté jnformé par nos très chiers bien âmes et feaulx 
conseillers les gens tenants notre chambre des comptes 
de Sauoye suiuanl leur aduis du vingt cinquiesme juin 
dernier que Jean Poinctet armurier d'Annessy et Fran- 
çois Cucnot son associé qui ont eu recours a nous pour 
l'effect cy dessus sont de la profession a s'acquitter 
dignement des emplois susdicts particullierement led' 
Cuenot qui est vn ouurier dont nous auons receu des 
prennes de sa capacité par le liure de l'architecture 
ciuille et sculpture qu'il nous a dédié et présenté ces 
jours passés iious auons très voUontiers conféré tant 
auxdicts Cuenol qu'a Poinctet lesdittes charges de mar- 
queurs et eschantilleurs des poids et mesures en nos 
prouinces susdicles. 

(1) Henri, duc de Nemours et de Genevois, mort en 1659. 



218 

C'est pourquoy nous auons créé constitué estably et 
député ainsy que par ces présentes signées de notre 
main de nostre certaine science pleine puissance et 
authorité souueraine eu sur ce l'aduis des gens de 
nostre conseil résident près nostre personne créons 
constituons establissons et députons les susdicts Fran- 
çois Cuenot et Jean Poinctet marqueurs et esclian- 
tilleurs des poids et mesures esdites prouinces de 
Geneuois Faucigny et Beaufoi't pour lesdittes charges 
exercer conioinctement ou séparément François led' 
Cuenot dans la prouince de Geneuois et Poinctet dans 
celle de Faucigny et Beaufort aux honneurs préroga- 
tives priuileges immunités proftictz et droicts et autres 
choses qui en peuluent despendre et appartenir aynsy 
qu'en ont jouy les prédécesseurs auxdites chai'ges. Et 
au cas que lun suruiue a laultre nous entendons quil 
fasse lexercice desdittes charges auec les prerogatiues 
profflclz et droictz comme dessus. Si donnons en man- 
dement a tous nos ministres magistratz ofticiers etaul- 
tres elc 

Donné à la vigne de Madame Royalle dans la mon- 
tagne de Turin le dixseptième jour du mois de julliet. 

Signé Charles Emanuel. 

V-'Morosso. V'' Castagnery. V-Hlranery. R'-'^Carron 
et contresigné Milliet et scellé. [Ibidem). 

Ces patentes ont été enregistrées le 12 août 
suivant. 

Enfin, il résulte de lettres de jussion du prince 
en faveur de Cuenot, données à Turin le 20 
mars 1663 , que , cette même année 1660 et le 
17 juin, le duc de Savoie avait fait don à cet 



219 

artiste d'une somme de 200 ducatons en consi- 
dération de ses services, tant pour le dessin 
qu'il avait fait du pont de Brunier que pour 
divers voyages faits par ordre de la chambre 
des comptes. 

Il faut parler maintenant des principaux tra- 
vaux en sculpture de François Cuenot. Et voici 
tout d'abord une pièce très - curieuse qui en 
contient une certaine énumération. C'est un 
extrait des comptes du trésorier noble Jacques 
Métrai (vol. 335), qui paye des œuvres faites à 
la sainte chapelle au château de Ghambéri. Quel- 
ques-uns de ces travaux, notamment la porte 
d'entrée de la sainte chapelle, existent encore. 

Plus se descharge de la somme de trois mille quatre 

cents septante neufz liures ducales ^^ scauoir par 

billiet du 16 nouembre 1662 la somme de mille quattre 
cents vingUots florins quatre solz a honn'*''^ François 
Cuenot sculpteur habitant Annessy et Michel Veiret 
menuisier a Cliambery pour le lier et aduance de la 
somme de six cents dix ducatons effectifz a eux promis 
par le s'' procura" patrim^ pour le prix faict a eux ballié 
par contracl stipulé au greffe de la chambre le iour 
précèdent duquel est icy remis extraict signé par M^ 
Cuidet notaire et de ce faire de bon bois de noyer bien 
sec la grande porte de lesglise de lad" s'" chapelle auec 
ses ornements et sculpture conformément au dessein 
auxd'« prix facteurs remis par led' sieur procureur 
patrimonial et qu'ils représenteront en rendant lad® 
besogne faicte. 



220 

Plus de faire de mesme vne autre porte dud' bois 
noyer en lad^ esglisc au pied du degré montant a la 
tribune des orgues de la façon des formes faictes a la 
mesme esglise. 

Plus la tribune desd^» orgues, et celle pour S. A. R. 
y allant a la messe auec les bocliets pour lesd«s tribu- 
nes iceux de bois chêne et portes de bois noyer aux 
des tribunes et autrement comme par ledict contracl. 

Plus par autre bdliet du second décembre 1002 la 
somme de deux cents ducatons effectifz payés audi 
François Cuenot pour autre aduancc dun autre prix 
faict a luy ballié par le s»" procureur patrimonial par 
contract du premier dud' décembre stipulé au greffe 
de la chambre et ce de faire par le d^ Cuenot vn alcoue 
en l'antichambre de S. A. R'e au chasteau de cette ville 
a l'entrée de son cabinet tant en charpenteric menu- 
.serie que sculpture et jceluy dorer de lin or a foime 
du dessein aud^ Cuenot remis par le s"" procur'" pa- 
trim' et pour jceluy fournir If bois noyer et l'or requis 
pour le prix de qualtre cents vingt cinq ducatons 
effectifz (1). 

Et par le mesme contract aussy de faire et dresser 
le portai et arc de triomphe a la porte do rentrée du 
chasteau tant en charpenteric menuiserie que sculp- 
ture conformément au dessein remis au peintre La 
Biche que led* Cuenot verra entre ses mains, pour le 
prix aussy de cent cinquante ducatons semblables 
comme par ledit contract du premier décembre 1662 
duquel est icy remis extraict signe par led' M° Cuidct 
notaire. Plus par autre billiet du 23' dud' décembre 

(1) Voir les Peintres et les peintures en Savoie, page 214, pour 
les autres détails relatifs à cette alcôve. 



221 

aud' sculpLcur Cuenot la somme de huicl cents florins 
a compte de cent huictante sept ducatons et demy 
cffectifz qu'importe le second terme du prix faicta luy 
donné par ledit contrat du premier dud* décembre de 
faire led' arcoue portai et arc de triomphe (1). 

Plus par autre bdliet du 17 décembre susd' aud' 
sculpteur Cuenot et Michel Veiret menuisier la somme 
de mille llorins a compte du tiert de six cents et dix 
ducatons a eux deubs pour le second terme du prix 
faict a euxballié de la grande porte et autres portes et 
tribunes de la saincte chapelle par contract du 15 
novembre 1G62 duquel est remis exh'aiet au présent 
article 

Et finalement, par autre billet du 13 jan- 
vier susdit, la somme de 1,000 llorins est payée 
audit sculpteur Cuenot et à Jean Nicod, char- 
pentier , et à Samuel Bert, de Genève , 

pour la machine du feu de joie (2) 

A l'occasion de la même entrée, Cuenot fut 
aussi chargé de la partie architecturale et plas- 
tique de Tare de triomphe élevé par la cham- 
bre des comptes (3). Cela résulte du prix fait 
donné à cet artiste et à un autre sculpteur, 
Louis Remellin, pour la facture de ce portail; 
prix fait dont nous citons ici quelques lignes 

(1) Voy. les Peintres et les peintures en Savoie, page 193, pour 
les détails de ces arcs de triomphe élevés pour l'arrivée à Cliam- 
béri de Charles-Éiimianuel II el de son épouse Françoise d'Orléans. 

(2) Ibidem, page 198. 
(9) Ibidem, page 218. 



222 

tirées de l'original conservé aux archives de la 

chambre des comptes de Turin. (Baux, vol. 13). 

L'an 1662 et le 29 novembre se sont cslablis en per- 
sonne hon« François Cuenot et Louys Remellin raais- 
tres sculpteurs lesquels promettent aux s^^^ con- 
seillers d'état président de Lesclieraine et M^ auditeur 
Capré commissaires députes de faire toute l'archi- 
tecture et menuiserie et charpente du portaU qui se doibt 
poser depuis l'enginte {sk) (l) de la S'° chapelle jusqu'à 
la maison de la dame Faure orné de trois figures de 
chaque cousté a double face et le tout conformément 

au dessein et ce d'ici au 10 janvier prochain 

et pour le prix et somme de 400 ducatons effectifs 

Faite Chambery au greffe de la chambre en présence 
du S"" conseUler et clauaire Chastelain et de Charles 
Labiche tesmoings 

On trouve dans le même fond d'autres prix 
faits passés avec Cuenot pour les divers travaux 
mentionnés ci-dessus au compte du trésorier 
Métrai. Ainsi le prix fait le !•''' décembre i662, 
relatif à l'alcôve de S. A. R. en so)î anticha^n- 

bre du cJiatcau à l'entrée de son cabinet, 

tant pour charpenterie et menuiserie que pour 
la sculpture et la dorure en or lin, suivant le 
plan que le marquis de Saint-Maurice o, rap- 
porté de Piémont ; le prix l'ait relatif au portai 
et arc de triomphe à l'entrée du château; le 
prix fait le 12 janvier pour la machine du feu 

(1) Probablement l'enceinte. 



223 

de joie (1). Eiitiii, en 16G3, il reçoit encore 
200 florins pour avoir fait un dais en bois noyer 
sur la tribune de la sainte chapelle. 

Le compte de Nicolas Biun, de l'année 1666, 
porte un payement de 266 livres ducales à ce 
sculpteur pour le prix fait que lui avait donné 
le contrôleur général des finances en Savoie, 
M° Carron, le 25 juin de ladite année, défaire 
le siège pontifical pour le W Doyen de la sainte 
chapelle de Sauoiie et des assistants diacre et 
sous-diacre , de bon bois noyer avec ses ferru- 
res, au prix de 420 florins, et une credence en 
même liois par lui faite à côté du grand autel, 
et aussi pour avoir raccommodé les bancs de 
noyer et les formes de cette église. 

Dès 1663 jusqu'en 1683, nous voyons Cuenot 
occupé principalement de travaux d'architec- 
ture. C'est lui qui fait les plans, signe les prix 
faits et dirige tous les travaux d'études, de 
constructions ou de réparations accomplis par 
le gouvernement : les ponts du Gheran, de la 
Courdi, d'Etrambières , de Conflans, de xMont- 
mélian, de Pont-Solet, de Saint-Michel-en-Mau- 
rienne, de la Denise, de Frangi, de Moùtiers, 
de Lanslebourg, de Briançon, etc. , le clocher 
de la sainte chapeUe, les salines de la montagne 
d'Arbonne, les sources salées de Pontamafrey, 



(1) Voir plus loin l'article consacré au sculpteur Gai, où il s'agit 
encore de ce feu de joie. 



224 

les bains d'Aix, les routes du Mont-du-Chat, 
d'Anneci, de la Rochette , etc. Toutes choses 
sur lesquelles nous avons trouvé de nombreux 
détails , que nous réservons pour la série des 
architectes. Ckicnot est un des commissaires qui 
procèdent à la délimitation des communes de 
Ghapareillan et de Bellecombe en Savoie. Sou- 
vent il est caution des sculpteurs qu'einploie le 
duc, ou expert pour évaluer les travaux. Il est 
toujours par voie et chemin, et s'occupe néan- 
moins sans cesse de sculpture. 

L'œuvre la plus importante de Cuenot est la 
fontaine de la place de Lans, à Ghambéri, ré- 
cemment démolie, et dont il faut espérer que 
les pièces conservées, je crois, dans un hangar 
voisin du cimetière de cette ville, seront bien- 
tôt relevées sur la place agrandie de l'hôtel- 
de-ville, tout près de l'ancien emplacement de 
cette fontaine, dont les vrais amateurs admi- 
raient le bon goût. C'est Cuenot qui a donné 
le dessin de cette fontaine, et qui a travaillé 
aux ornements qui la décorent, avec d'autres 
artistes, en 1670 et 1671, savoir : François Ré- 
vollin ou Rivolin, d'Anneci; Falque ïirard , de 
Miribel; Georges Alaymaz, du Valromay, et 
Laurent Vulliermoz, de Belley. Le prix de cette 
œuvre, accomplie en quinze mois, fut de 500 
ducatons de 5 ilorins pièce. Voici le prix fait 
de cette œuvre. 




Z.i*. C^AMPOÛ 



4 C>^A*f»*Ar- 



Fontaine de la Place de Lans 

élevée, en 1^70, sur les dessins de François Guènot. 



225 

L'an 1670 et le 20"'*-' jour du mois d'aoust par devant 
moy notaire ducal secrétaire de la présente ville de 
Chambery se sont establys et constitués en per- 
sonne les nobles sindicqs de la présente ville les- 
quels ont baillié comme par le présent acte ils 

baillent a prix et marché faict a François fils de feu 
Louys Reuolin d'Anaessy maistre sculpteur George fils 
a feuHeni-y Alaymaz du grand albergeraent en Verro- 
may Falque fils de feu Jean Tirard de Merebel et Lau- 
rent fils de feu Jean Vulliermoz de Bellay tous trois 

maistres massons habitant en la dite présente ville 

A scavoir de faire et construire au milieu de la place 
de la ville au lieu que leur sera indiqué un bourneau 
de pierre blanche de roch de Vimene avec son bassin 
et degrés et de la façon et suivant le modelle a eux 
représenté sur la table du bureau le iour d'hyer auec 
lesd's ornements et figures a forme dud' dessin et pour 
ce faire dresser l'ouurage dud' bourneau de 20 pieds 
et demy de haulteur des le rez de chausse jusques au 
sommet de la teste de la figure. Le bassin d'un bout à 
l'autre soitde diamètre approchant 18 pieds etdedeux 
pieds neuf pouces d'hauteur en seize gros quartiers. 
Les degrés aussy de diamètre 24- pieds, le premier 
corps d'attique de 9 pied et demy de hault et sa corni- 
che compose de huict gros quartiers et tout le reste 
des pierres qui s'employeront dans ledit corps ne se- 
ront moindres de 3 pieds de longueur et 2 pieds de 
largeur et lespesseur des dites pierres seront partout 
gros de mur aussy bien que les ornementz qui ne 
seront pièces rapportées, le pied d'estail de 3 pieds 9 
poulces. La statue de 5 pieds 8 poulces, quatre chiens 
assis de 2 pieds de hault iusques au museau, quatre 
consoles suivant le dessein, deux grandes armes de 



226 

trois pieds, deux masques qui jelleront l'eau d'un pied 
et deniy, deux tables d'attente puur les inscriptions de 
3 pieds de haulteur plus tous les festons pour les angles 
et par ce et pour le soutien dud' ouvrage bien et deu- 
bement pillotter massif dessous les d'^ degrés et bassin 
et sur led' pillotement une muraille de pierre ordi- 
naire fournir les bappes de fer La somme 

de 500 ducattons 7 florins dans le temps et terme 

de 15 mois Fait et payé à Cbambery dans la 

salle de la maison de ville Présent honorable Jean 

de La Monce peintre habilanten la présente ville 

{Arcli. de la ville île Cliambéri. art. 569, n» 6). 

Une autre œuvre importante de Guenot est 
le buffet des orgues de la sainte chapelle. Le 
compte de noble Nicolas Brun , trésorier géné- 
ral et conseiller de Son Altesse Royale, men- 
tionne en 1675 le payement d'mie somme de 
864 livres ducales et 12 sols, fait à l'artiste 
Cuenot , maître sculpteur et architecte, pour 
avances et à-compte de 190 ducatons effectifs 
qui lui ont été promis par prix faits à lui payés 
le 22 septembre 1675, et par lequel il s'est 
obligé , entre autres , à faire dans six mois le 
buffet des orgues de la sainte chapelle avec les 
ornements et figures en dépendant. Ce travail 
devait être fait en bois de noyer, en confor- 
mité du dessin qu'il en avait dressé lui-même, 
et qui avait été signé par S. A. R. de glorieuse 
mémoire. On voit que Guenot avait fait le des- 
sin et exécuté le projet de co buffet, dont les 
jolis fragments ont subsisté jusqu'à nos jours. 



227 
Voici le prix fait de ce travail , extrait du 
registre des baux à ferme (vol. 14). 

Prixfaict donné a François Cuenot m^ sculpteur et 
architecte de S. A. R. pour faire les buffets des orgues 
pour la S'*^ Chapelle avec les ornements et figures a 
forme du dessein qu'en a été dressé. 

L'an 1675 et le 22" 7^''= a comparu au greffe le seig"" 
cons'' d'eslat et aduocat patrimonial Bertrand de Gha- 

mosset lequel a donné à faire à prix faict à hon» 

François Cuenot m^ sculpteur et architecte de S. A, R. , . 
A scauoir le buffet des orgues qui se doiuent faire dans 
la S^^ Chapelle de Sauoye auec tous les ornements 
de figures en despendanlz à forme du dessein qu'en 
a esté dressé par led' Cuenot et qu'a été signé par feu 

S. A. R lequel buffet ornements et figures seront 

faicts de bon bois de noyer bien sec qui ne soit ny 
blanc ny teinct craincle de vermoulures sauf les quatre 
portes du dedans qui seront de sappin fort legier mis 
en couleur de noyer, le vuide duquel buffet sera faict 
delà hauteur largeur et profondeur par la conduite de 
l'organiste et posé en la place qui luy sera jndiquée 
par ledt organiste et attaché par des aggrafes de fer au 
plancher et avec des barres de fer par le dessus plom- 
bés aux murailles de part et d'autre lesquelles 

agrafes et ferrements led' Cuenot sera tenu de 

fournir et de rendre led^ buffet faict et parfaict 

dans six mois prochains venantz a peine de tous des- 
pens pour et moyennant la sommede 190 ducal- 
tons effectifs de sept florins pièce Faict et passé au 

greffe en présence d'honc Etienne Senaud de Bourge 
en Berry prixfacteur desdictes orgues et de m" Jean 



228 

François Vibert l)ourgeois de Chambery tesmoings re- 
quis et appelles. 

De Bertrand de Ghanaosset. Carron. 

F. Cuenot. Senot. Vibert présent. 

George. 

Cuenot eut un fils du nom de Pierre-Fran- 
çois, dont nous parlerons plus loin , et qu'il fit 
pourvoir, avant de mourir, de la survivance de 
ses places d'ingénieur (1), architecte et sculp- 
teur de S. A. R. 

Nous joignons à ces détails sur François 
Cuenot un dessin de la fontaine de la place de 
Lans, fait par M. Champod, d'après une bonne 
photographie. La statue tenait primitivement 
une lance (jui a disparu et qui a été temporai- 
rement , ces années dernières , remplacée par 
des drapeaux italien, français ou savoyard. 

1649 

Berriar dixi Qiaadro 

Ce sculpteur, au service du duc de Savoie, 
reçut depuis l'année 1G49 un traitement annuel 
do deux mille livres de 20 sols l'une, payable 
par quartiers. Cela résulte du registre des con- 
trôles financiers de la chambre des comptes de 
Turin. Quadro alias Quadri a sculpté les mar- 
bres de la magnifique chapelle du saint Suaire, 
à Turin. 

(1) il avail été iioiumô ingénieur do S. A. Ji. en 1676. 



229 
1650 

Mort du franciscain Antoine Lutriis, qui a fait 
faire une grande statue d'argent de saint Fran- 
çois d'Assise pour le couvent de Ghambéri. 
( Ohituaire des Frères Mineurs ) . 

1654 

Les maçons et les sculpteurs achèvent cette 
année-là le rétable, élevé aux frais du président 
Costa, dans le Sancta sandorum de l'église 
des Dominicains de Ghambéri. Le prix fait 
montait à 1,000 ducatons, comprise l'obligation 
de faire la représentation de son sépulcre et 
de sa statue dans une des maîtresses murailles. 
{Chronique du P. Pelin. Documents relatifs au 
couvent des Dominicains de Chamhéri , 2<^ sé- 
rie, page 45). 

1657 — 1663 

LoTJ-is Rxxrraelin. alias Rinn.elin 
et Ru-melliiT- 

Louis Rumelhn, habitant au château de Gham- 
béri, natif de la ville de Durbach en Allemagne, 
sculpte en marbre de diverses couleurs les 
armoiries ducales pour la grande porte de la 
forteresse de Montmélian, et l'inscription du 
portail de la sainte chapelle, comme l'expli- 
quent les pièces suivantes avec d'assez curieux 
détails. 

15 



230 

L'an 1657 et le SO^ jour du mois d'aoust a comparu 
au greffe de la souveraine chambre des comptes de 
Sauoye noble et spectable François Gaud seign"" de Pio- 
chet consi" d'Estat de S. A. R. et son aduocal patrimo- 
nial deçà les monts lequel en l'assistance du s^ cori' m« 
auditeur Sarde de Montagny commissaire député par la 
chambre a ballié et ballie a pris fait a hon'^'"^ Pierre 
Rufflnel maitre masson de la Val de Chiesa parroisse 
de Lagne au duché de Milan et lion^ Loys Rumellin 
sculpteur de la ville Duras {sic) au duché de Vihtem- 
berg en Allemagne (1) demeurants au chasteau de 
Chambery cy presentz et acceptant/- de faire la fabric- 
que et ouurage cy après mentionnés du chasteau et 
préside de Monlmellian porté par le dessein enuoyé 
de Piedmont par Madame Royale Scavoir ledit Pierre 
Rufflnel de fournir vue pierre noire de la grandeur et 
espesseur dud^ dessein lad'= pierre solide en façon 
quelle puisse souffrir la grandeur de linscription qui 
s'y doibt mettre pour laquelle treuuer jl fera touttes di- 
ligences nécessaires et au cas quU ne la puisse auoir 
dune pièce luy sera permis den fournir deux autres 
noires de la mesme condition dont la jonction se fera 
le plus proprement que fere se pourra et sera lad^ 
pierre polie par led^ Rufflnel et en après grauees les 
lettres deubement dores par led^ Loys Rumellin comme 
cy après, plus seront fournies par led^ Rufflnel touttes 
les pierres de marbre blanc de celles qui se treuuent 
aux abimes de Myans ou Vimines a son choix qui 
seront de la mesme coleur, des plus nettes solides et 
propres à tailler pour l'armoirie coronne lions archi- 

(1) Probablement DurbacK aujourd'hui dans le grand-duchô de 
Bade. 



231 

Iraue frise vo)iite et autres ornements dudict dessein a 
la charge neantmoins que la couronne armoirie et lions 
sera chacune d'une pièce et la cartouche en chacune 
de ses faces de deux ou trois pour le plus et les deux 
timpans d'une chacun, lesd^s pièces deuhementct net- 
tement talliees et à la pins délicate hochardeque faire 
se pourra Et la sculpture dudict dessein scavoir lions 
armoirie couronne et autres ornementz sera aussy 
faicte auec les proportions et enjoliuementz par led' 
Remollin conformément aud' dessein qui a esté rerais 
ausdictz pris fadeurs paraphé et signé par lesd^^Sardoz 
et Gaud Et lequel trauailsera rendu posé et deubement 
massoné par led' Rufflnel au lien qui lui sera jndicqué 
a vn pied et demy le moins dans lespesseur de la mu- 
raillie du grand portaU dud' Montmellian en présence 
du s^ Carron controlleur dnà^ préside duquel lesd'« 
pris facteurs rapporteront attestation en rendant la 
besogne deubement faicte et parfaicte ainsy qu'ilz pro- 
mettent dicy a noel prochain a peyne de tous despens 
dommages et jnteretz soubz lobligation de leurs per- 
sonnes etc pour et moyennant le pris et somme 

ctc Faict et passé aud^ greffe de la chambre en pré- 
sence de m« Claude Gorand de Cluses en Foucigny 
secrétaire du s'" m^ auditeur Empereur et m<= Loys 
Puthod secrétaire du s"" Deuoley. 

G. Sarde de Montagny. L. Gaud. RimUlin. Pierre 
Rufllnel. Gorand. Puthod. Et moy secrétaire 
et greffier etc Vd^ert. 

(Registre des baux, vol. 11). 

Plus se descharge le compta de la somme de 756 
liures ducales valeur de 1260 ilorins qu'ensuite du 
mandat de céans deuement expédi(' et contrerollr du 



232 

dernier aoust 1057 le comptable a payé scauoira liono- 
rab^Louys Rumellin sculpteur la somme de cinq cents 
soixante florins pour les deux premiers termes du 
capital de fl. 840 a luy promis du prix faict a luy ballié 
pour ouurage et armoirie de S. A. R'e pour le grand 
pourtail du chasteau de Montmelian par contracl du 
30 aoust 1657 et ce tant pour l'aduance du tier promis 
desdicts fl, 840 que pour les deux termes attendu que 
led' Rumellin auoit desia faict plus de la moitié dudict 
trauail et prix faict comme par certifficat de m^ Carron 
contrerooUeur aiid^ préside du 5may 1G58 deubement 
contrerooUe et a honn'^'"^ Pierre Rutiiiel masson de la 
Val de Chiesa la somme de fl. 700 tant pour le tier de 
fl, 1050 pour lauance promise que pour les deux ter- 
mes de lade somme et ce pour la fourniture par luy 
promise de faire dune pierre noire de la grandeur et 
espesseur du dessein enuoyé de Pied mont par M" R'^ 
pour lesde*^ armoiries jcelles poulir et pour autre four- 
niture de pierre de marbre blanc de Mians ou Vimines 
pour ladicte armoirie, corone, lyons, architraves, frise 
et autres ornements dudict dessein deubement tallié a 
forme du dessein donné aux prix facteurs paraffé par 
le sieur auditeur Sardo et aduocat patrimonial Gaud 
comme plus particulièrement par ledict contract de 
prix faict du 30 aoust 1657 receu et signé par M«Vibert 
premier greffier céans deubement contrerooUé cV: 

( Compte de J.-Picric> Morand, vol. 331 ). 

Plus se décharge de la somme de quarante deux 
liures ducales valeur de septante florins Sauoye que 
par mandat de la chambre deuement expédié et con- 
treroollé du 13'' 7''"' 1659 il a paie a hon^ Louis Ru- 
millin maislre sculpteur a Chambery pour auoirgraué 



233 

d'ordre de la chambre l'inscription en une pierre blan- 
che mise sur le portail de la S^^ Chapelle en la place de 
laquelle en a été mise vne autre pierre de marbre noir 
a tant ladite graueurc taxée par le sieur maistre audi- 
teur Sarde de Candie 

(Compte de N. Jacques Métrai, vol. 332). 

Voici l'appréciation du conseiller maître audi- 
teur Sarde de Candie : 

Veu la graveure des lettres faictes par le suppliant 
en la table de pierre blanche au dessus de la fassade 
du portail de la S''' Chapelle despuis refaict en marbre 
noir,, nous auons taxé au suppliant la somme de 70 tlo- 

rinS elC (Cont. desfin.,vol.80). 

L. Paimelin a aussi travaillé en 1662-1663, 
avec Guenot, à l'arc de triomphe élevé par la 
chambre des comptes (Voy. ci-devant page 221). 

1657 — 1665 

Pierre Ru-ffinel 

Pierre lluffmel , maître-maçon et tailleur de 
pierre, que nous venons de voir associé à cer- 
tains travaux avec l'artiste précédent, était né 
au Val de Ghiesa dans le duché de Milan. Le 
compte du trésorier Gaspard Guigoz (vol. 337) 
relate le payement qui lui a été fait en 1665 de 
48 florins, pour travail d'un benistier en inerre 
blanclie de Vimines a façon de coquille , qu'il 
a lait et posé à l'entrée de la sainte chapelle 
du château de Ghambéri, dans la muraille à 



234 

main droite. 11 est qualifié de sculpteur dans 
le mandat du contrôleur des finances. 

1658 

Cette année fut fait le rétal)le de la chapelle de saint 
Hyacinthe qui est de stuc lequel cousLa 11 pistoles. 
{Chronique du P. Pelin, religieux du couvent des Do- 
minicains de Chambéri ). 

1661 

Sirnoxi Boij-ctLeron. 

Cet artiste a fait les ornements en bronze de 
la chapelle du saint Suaire à Turin. (Y. plus 
haut l'article consacré à Quadro). 

1662 

Cette date est celle de la mort de Pierre- 
Antoine Castagneri, baron de Chàteauneuf, qui 
a fait faire les rétables en bois sculpté, peint et 
doré des chapelles de saint Antoine et de Notre- 
Dame-de-la-Paix dans l'église des Franciscains 
de Chambéri. (Obituaire des Fr. Mineurs). 

1663 

Baptiste Ga.1 

Ce sculpteur milanais était domicilié à ïho- 
non et bourgeois de celte ville. 11 fut chargé 
de faire cinq statues de bitume pour le feu de 
joie de 1663, dont la description se trouve dans 



235 

la série des peintres (1). Voici les détails que 
donne à ce sujet le compte du trésorier N. Jac- 
ques Métrai. 

Plus par autre billiet du 42 janvier 1663 la 

somme de 175 ilorins a hoii° Jean Baptiste Gai sculp- 
teur Milanois habitant à Tonon pour Tauance à luy 
promise pour le prix faict à luy balUé par le s^^ pro- 
cureur patrimonial de faire cinq statues composées de 
bittume et autre matière pour résister à la pluye et au 
vent pour seruir au feu de joye a cause de la reiouis- 
sance de l'heureux mariage de S. A. R, a forme du 
dessein ballié par le S"" ingénieur Garabel et sellon la 
représentation qu'indiquera le R'i père Menestrier je- 
suiste au prix de 525 ilorins payables aud' Gai le tiers 
par auance et les deux autres tiers la moitié besogne 
faite et aussy parfaicte comme par contrat du douz« 
janvier 1663 &... 

Le contrat du 12 janvier le qualifie de bour- 
geois de Thonon , et contient ces autres dé- 
tails composées de bitume et autres matières 

façon de stuc huilées et conditionnées de 

façon qu'elles puyssent résister à la pluye au 
lient et à la gelée. (Baux, vol. 13). 

1664 

Bernard. Falcone 

Le duc de Savoie fit venir ce sculpteur de 
Venise pour faire des statues en bronze, desti- 
nées à la chapelle du saint Suaire. 11 reçut le 
6 décembre 1664 pour ces travaux 337 livres 

(1) Les peintres et les peintures en Savoie, page 199. 



236 

et demie, soit 25 doubles d'Italie, à raison de 
43 livres 10 sols chaque, et le 17 janvier 1665, 
100 doubles d'Italie. (Cont. fin., vol. 143). Et 
cette année-là (1665), par patentes du l'^"" oc- 
tobre , il fut nommé sculpteur ducal. Voici 
quelques fragments de ces lettres en langue 
italienne : 

Essendo informati délia particolar virtù che possède 
nella scultura dei bronzi emarmi BernarJo Falcone di 

Lugaiio e volendo quello ritiner al nostro servizio 

deputiamo il d° Bernardo Falcone per nostro sciiltoie 
di bronzi e marmi con tutti gli onori... e col Irateni- 
mento che gli stabiliamo di liure 1350 d'argento a s* 20 

l'una valuta di doppie cento mandiamo... di pa- 

guarli annualmente ed a quartieri comminciando 

dalla data di cpiesto 

Torino il 1" oltobre 1665. (ibidem). 

Il travailla aussi, en 1669 , pour le palais du 
duc, pour lequel il fit deux statues de marbre 
blanc. Adonis et Vénus, destinées à la chambre 
du souverain. 

L. 540 d'argento date d'ordine di S. A. li 19 luglio 
1660 et allre sborsate a Bernardo Falconi perle due 
statue di marmo bianco di Adone c Venere che S. A. 
ha fatto mettere nella sua caméra de! palazzo reale. 

(Ibidem, vol. 149). 

1668 

JearL Brxxyer 

Jean, fils de Pierre Bruyer, qualifié de maître 
maçon à Chambéri , a sculpté les armoiries 



237 

placées au-dessus de la porte du nouveau ra- 
velin de la forteresse de Montmélian , en con- 
formité du prix fait dont nous extrayons les 
passages suivants. 

L'an 1668 et le 2i 9'"'« s'est personnellement estably 
hone Jean filz de Pierre Bruyer m'^ masson de la pré- 
sente ville lequel de son gre a promis et promet... 

de faire et poser lesd^^ armoiries sur le portai dud' 
nouveau rauelin faict aud' chasteau de Montmélian et 
pour ce subiect se seruir de bonne et belle pierre 
blanche tirée des abismes de N. D, de Mians ou de la 
pierre de Vimine, scauoir lad'^ armoirie sera de lad« 
pierre de Vimine ou desd'^ abismes et le reste se pourra 
faire de la pierre de Lemens.... lesquelles armoiries U 
fera et posera bien et dheubment sur led' portai de la 
largeur de six pieds liprans afim que les deux lyons se 
puissent reposer sur les deux pilastres de la porte et 
de la hauteur de cinq pieds quatre pouces compris la 
croix et la boule sur la couronne et lescu de l'armoi- 
rie, la couronne les deux lyons et la table de lettres 
seront toutes d'une pierre chaquune la cartouche a 
lenteur desd^^^ armes et collier de l'ordre sera de deux 
pièces tant seulement au cas quelle ne puisse estre 
tout d'une pierre que la table où se mettra linscription 
de trois pieds lyprand de longueur et dunze pouces 
dautheur sei'a bien polie et vnie en laquelle l'inscrip- 
tion sera graue et les lettres dorées par led' Bruyer 
accompagnés desdites deux volutes aux deux bouts sur 

lesquelles seront posés les deux lyons que ladite 

armoirie sera en tout et partout faite et parfaicte par 

ledit Bruyer bien tallié cizellé et bochardé le tout 

a forme du dessein laquelle armoirie entrera vn 



238 

pied lyprand dans la muraille auec la saillie des- 
dites armoiries et lyons de huit pouces, pied lyprand... 
dans six mois... et c'est pour le prix et somme de 450 
ducatons effectifs Faict et passe à Ghamberi en pré- 
sence de Me Charles Denarié praticien habitant de 
Chainberiet M^ Denis Picollet bourgeois de Montmeiian 
tesmoins requis, etc. 

Led' jour 24 9^" M« François Cuenot sculpteur et 
Mo Louis Brunet masson se sont constitués et eslablys 
plaiges et caution dudit Jean Bruyer. 

1670 — 1671 

François Rivollin, Fa.lqiao Tirard. 
et Lau-rent VTji.lliermoz 

Artistes qui ont travaillé avec F. CueiUDt à la 
fontaine de la place de Lans. (Voir ci-dessus, 
page 224). 

1670 — 1685 

Nicolas Descl:Lam.ps 

Comme Cuenot, Deschamps était étranger; le 
premier était Franc-Comtois, le second Bourgui- 
gnon. Autre ressemblance : tous les deux étaient 
architectes et sculpteurs, et même peintres (1), 
et c'est sous cette double qualité que Des- 
champs nous est révélé pour la première fois 
dans un acte où Charles-Emmanuel II le prend 
à son service comme architecte, mais en le qua- 
Hfiant de sculpteur;, pour le retenir dans ses 

(1) Voir Les peintres et les peintures en Savoie, page 238. 



239 

états, comme il Ta fait pour tant d'autres, et 
Taiitorise à placer sur le devant de sa bouti- 
que les penonceaux de ses armes. Voici ces 
belles patentes, assez courtes, qui nous appren- 
nent que Deschamps était de Dijon. 

Patiente pour Nicolas Deschamps sculteur. 

Charles Emauuel par la grâce de dieu duc de Sauoye 
Cliablais Aousle Genevois et Montferra prince de Pied- 

monl Roy de Chypre etc A tous ceux qui ces 

présentes verront salut Comme il n'est pas moins de 
lauantage des princes que de leur gloire d'attirer dans 
leurs cslalz les personnes qui sont doilées de quelque 
veilu Nous voulons bien reltenir dans les Nostres le 
sculteur Nicolas Deschamps de Dijon tant pour exceller 
dans son art que pour respondre aux sentimentz de 
zèle quil fait paroistre pour Nostre seruice Et pour les 
conuier a y demeurer et a sy establir nous auons re- 
soulu de le prendre a Nous aftin qu'il soit persuade de 
Nostre protection. 

Et pourtant par ces présentes signé de Noslre main de 
Nostre ceilaÎLie science plaine puissance et authorilé 
souueraine heu sur ce laduis de Nostre Conseil rési- 
dent près de Nostre personne Nous auons créé constitué 
estably et député créons constituons establissons et 
députons le susd' Nicolas Deschamps nostre architecte 
aux honneuis authorités preheminences priuiléges 
prerogaliues jmraunitez et autres choses appartenantes 
dont jouissent nos autres architectes auec pouuoir de 
mettre devant sa boutique les penonceaux de nos ar- 
mes, le mettant pareillement auec toute sa famillie 



240 

soubz Nostre spéciale protection et sauuegarde Man- 
dons 

Donné a Jauen ce huictiesme juillet mil six centz 
septante. 

Signe Emanuel. V^^ Busquet. Y» Granery. 
Ra Carron. Scellé et contresigné Sanson. 

(Registre des patentes de Savoie, vol. 50). 

Ces patentes ont été enregistrées le 27 avril 
1671 par la chambre des comptes de Savoie. 

La première œuvre de sculpture de Nicolas 
Deschamps est l'ornementation de la chapelle 
du bienheureux Amédée de Savoie, fondée à 
Chambéri dans l'église des Franciscains, au- 
jourd'hui cathédrale de cette ville , chapelle 
qui avait appartenu jusqu'alors à la famille de 
la Brouille, comme nous l'apprend le prix fait 
suivant. 

L'an 1677 et le 11« jour du mois de 7''" s'est estably 
en personne le seig"" con'' d'estat et advocat patrimonial 

de Chamosset lequel adonné et donne à faire à 

prix fait à hon« Nicolas Deschamps m^ sculpteur de 
S. A.R. habitant en la présente ville jcy présent et ac- 
ceptant d'enrichir et orner de sculpture auec figures 
toute la chappelle du Bienheureux Amé de Sauoye 
fondé dans l'église de S' François de la présente ville à 

forme des desseins et a eslé conuenu qu'au cas 

qu'on veuille faire quelque dorure aud' ornement que 
l'or et la matière qui sera nécessaire sera fourny aud* 

Deschamps qui a promis de rendre lad^ sculpture 

et ledi ornement bien et deuement faict et de faire 

enleuer l'jnscription et les armoiries qui sont en lad^ 



241 

chapelle appartenantz au s"" de la Breuille de les trans- 
porter à l'endroit qui luy sera indiqué et de regarnir 
les voûtes ou son travail sera posé.... dans la feste de 
S' Jean Baptiste de l'année mil six cent septante huict 

à paine de tous despens pour et moyennant la 

somme de trois cents septante cinq ducattons effectifs 
de 7 florins pièce... Faict et passé au greffe en pré- 
sence de me Jacques Durand d'Annessy et de m" Claude 
Morel huissier témoins. 

Delescheraine. Carron. De Bertrand de Chamos- 
set. Deschamps. Durand présent. George. 

(Registre des baux, vol. 14). 

Le tiers de la somme stipulée lui fut payé à 
l'avance, à Faccoutumée , par le trésorier Ni- 
colas Brun , ensuite de mandat de la chambre 
du 13 septembre. 

Un autre mandat du 31 août 1678 est encore 
délivré au sculpteur de S. A. R., Nicolas Des- 
champs, à compte des quatre cents ducatons, 
montant d'un autre prix fait de même date, par 
lequel il s'oblige à dorer la voûte de la cha- 
pelle du bienheureux Amédée , de faire les 
eschiqiders moitié or rouge et blanc , dorer les 
médailles et ré table de ladite chapelle , etc. 
Enfin il fait encore dans la même chapelle, en 
1684, des travaux en sculpture pour orner l'au- 
tel et mettre au miheu une forme de taberna- 
cle, et il reçoit 84 livres ducales. (Compte de 
Nicolas Brun, vol. 356). 

En 1679, Deschamps fait un voyage à Anneci 
sur les ordres de Madame Royale , veuve de 



242 

Charles-Emmanuel II , Jeanne-Baptiste de Sa- 
voie-Nemom^s , régente pendant la minorité de 
son fds Victor-Amédée II, pom' examiner l'état 
des lieux, où ses prédécesseurs, les princes de 
Savoie-Nemours, avaient été inhumés. (Compte 
de Nicolas Brun, vol. 352). 

Nous re verrons Deschamps dans une autre 
série pour des travaux d'architecture qui sont 
nombreux, tels que : plan et choix de l'empla- 
cement du magasin de poudre à Montmélian ; 
dessin du portail de l'église des Pères Augus- 
tins déchaussés de Chambéri; projet d'aligne- 
ment du pont neuf sur la rivière d'Albane à 
Chambéri, au-dessus des PP. Carmes; dessins 
des guérites du pont de Montmélian, etc., dans 
le cours des années 1681-1685. 

1670 — 1674 

François R"u.mellin ona Rimelliri 

Ce François ilimelhn, dont le nom s'écrit 
aussi Rumellin, ne serait-il pas le même que 
le François Rivollin que Grillet met au nombre 
des artistes qui ont aidé Cucnot à élever la fon- 
taine de Lan s, et ne serait-ce pas à la suite de 
ces travaux faits à Chambéri, en 1670 et 1671, 
que lUmellin serait resté en cette ville, qu'il 
habite dès lors et où il est cliargé de divers 
travaux pour la chambre des comptes? Nous 
posons la question sans la résoudre. Ce qui est 



243 

bien acquis, c'est qu'il était lils de Louis Pà- 
mellin dont il s'est agi plus haut, et que son 
père signait Rimellin et lui Riinelin. 

En 1671, François Rimellin grave les armoi- 
ries ducales sur une pierre de roc , posée sur 
le pont Saint-Charles. Son travail est visité, 
accepté, et il reçoit en payement une somme de 
50 livres ducales et 8 sols, valeur de 80 florins de 
Savoie. On voit encore aujourd'hui sur ce pont, 
qui est établi au-dessus de l'Hyèro, à quelque 
distance de Ghambéri et sur la route de Lyon, 
les armes mutilées qu'a sculptées Rimellin. 

L'année suivante, 1672, la chambre mit en 
adjudication les travaux à faire pour perpétuer 
par une inscription monumentale , accompa- 
gnée des armes de S. A. R., le souvenir des 
travaux exécutés à la grotte des Echelles par les 
ordres de Charles-Emmanuel II, pour ouvrir à 
travers les rochers une route entre ses états 
et la France. Le 23 mars , François RimeUin 
fut adjudicataire de ces travaux , dont nous 
donnerons plus loin le devis, pour une somme 
de 350 ducatons. Mais il trouva un concurrent 
dans un artiste grenoblois, François de Vauges, 
qui passa prix fait quelques jours après à meil- 
leur marché. 

C'était Rimellin qui avait fait le modèle en 
cire des armoiries et les dessins, qui lui avaient 
été payés 30 livres ducales. (Compte du tréso- 
rier Brun). Et plus tard, en 1674, les deux 



sculpteurs s'associent et deviennent prix facteurs 
solidaires de ce travail. (Compte du trésorier 
Brun, vol. 347). 

La même année 1672, Pannellin fut chargé de 
tailler des armoiries à un pilier du Pont-Beau- 
voisin, ainsi qu'il suit : 

L'an 1672 et le 18 9^"'= s'est personnellement eslably 
honorable François Rumellin m° sculpteur habitant en 
la présente ville lequel de son bon gré pour luy et les 

siens a promis et promet de tailler les armoiries, 

escus, coronne, collier et carloche sur le pillier de 
pierre qui se doibt esleuer au Pont de Beauvoisin 
duquel a esté baillié pris fait à m" Michel la Roche 
dict Bistorin et a ces fins sera tenu jceile releuer en 
bosse et tallier a deux fasse dud^ pilUer a forme du 

modelle jcy présentement exhibé led' travail sera 

faict sur deux fasses dud' pillier lesquelles viseront 

l'une contre le vieux chemin d'Ayguebellelte et l'autre 
au nouveau chemin de la Crotte de toute la larg"" de la 
pierre et de la hauteur à proportion, la coronne sera 
releué de deux branches à jour à forme dud^ modelle, 
prendra soing que le m" masson tallie led^ pillier dans 
toute sa proportion et fera laisser en diuers endrois 
pour releuer des croix trèfles et latz d'amours aux 
endroit/, nécessaires, sera tenu de grauer les lettres 

de la cartouche et autres qui luy seront indiqués 

et releuer les chiffres en hausse de lecusson et finale- 
ment de bien faire et finir led' ouurage dans vn mois a 
peine de tous despens... et c'est poui- le prix et somme 
de 24 ducattons effectifs... Faict à Cliambery au greffe 
de lad« chambre en présence de maitreGeruais Jsnard 



245 

bourgeois de Ghamberi et rnc François Truffier huissier 
en lai^ chambre tesnioins. 
Signr par les parties et les témoins. 

(Registre des baux, vol. i'i). 

En 1673, F. Rimellin reçoit T2 florins pour 
avoir fait les croix trétlées et les lacs d'amour 
sur une pyramide destinée à soutenir une croix 
en fer, proche la ville du Pont-Beauvoisin, au 
lieu appelé la croix de Chafard. 

1672 — 1674 

François De Voge 

Honorable François De Voge, alias de Vauge, 
aujourd'hui Devosge , fils de Benoît de Voges, 
était FancètFo de deux peintres distingués de 
Dijon, de la fin du siècle dernier et du com- 
mencement de celui-ci , François et Anatole 
Devosges. Nous avons adopté en tête de cet 
article l'orthographe de sa signature. 

La ville de Dijon est très-fière de ces deux 
peintres, dont l'un, François, a été le fondateur 
de l'école spéciale des beaux-arts de cette ville 
et son directeur , et Anatole , fils et successeur 
de François dans la direction de cette école. 
Anatole est né à Dijon en 1770, et il est mort 
en 1850, en laissant ses tableaux, dessins, etc., 
au musée de la ville , qui a consacré une salle 
à ce don important. 

Voici, sur cette famille d'artistes, une notice 

16 



246 

généalogique que nous devons à l'obligeance 
de M. Albert Albrier : 

I 

François Dévauge [sic), de Grenoble, demeurant à 
Chambéri, épousa Claudine Epinoy, et en eut François, 
qui suit. 

II 

François Dévauge {sic), né à Chambéri le 16 jan- 
vier 1G75, fut baptisé en l'église Saint-Léger de ladite 
ville, et eut pour parrain Didier Tisserand , et pour 
marraine honeste Anne Féchefeu ; il s'établit comme 
sculpteur en Franc-Comté , et épousa Jeanne-Claude 
Bailly, dont il eut : 1" Charlotte Devauges {sic), mariée 
à Claude Saint-Père, maître sculpteur, demeurant à 
Dijon; 2° Claude-François, qui suit; 3» Philippe, 
maître sculpteur à Giay, père de François, sculpteur 
en la même ville. 

III 

Claude-François Devoge {sic), maître sculpteur à 
Gray (1), épousa par contrat, reçu Regnauld, notaire 
audit lieu, le 17 août 1729, Jeanne-Phdippe Faivre, 
et en eut : 1° Claude-Anatole de Vosge {sic), né à Gray 
le 18 mai 1730, docteur en Sorbonne et prieur de 
Cherlieu (son portrait est au musée de Dijon); 2" Fran- 
çois, qui suit. 

IV 

François Devoge {sic), né à Ci"iy le 25 janvier 1732, 
mourut à Dijon le 22 janvier 1811. Devosge {sic), 

(1) Dans le contrat de mariage de son fils Claude-François, 
Devoge prend la qualiflcatioii d'arohitccte. 



247 

peintre hislorique, épousa à Dijon, le 9 décembre 1764, 
sa cousine germaine Marie, fille de Claude Saml-Père, 
maîlre sculpteur, et de feue Charlotte Devosge. Fonda- 
teur et professeur de l'école de dessin, peinture et 
sculpture de Dijon, dit son épitaphe, François Devosge 
a fait prospérer 47 ans les arts dans celte ville. Ses 
grands talents, ses utiles services et son zèle généreux 
ont mérité la reconnaissance des amis des arts et la 

vénération publique, etc 

Cette épitaphe doit émaner de l'Académie de Dijon. 
Parmi les œuvres de Devosge, on cite : Claude-Philibert 
Ftjol de La Marche, premier président du Parlement 
de Dijon, remettant à son fils ses lettres de provision, 
tableau, i 761 ; — S"' Angèle, fondalrice des Ursulines, 
pour le couvent d'Autun, tableau, 1761; — Portrait 
de M"" Mouchet, d'une couleur fine et légère; — Le 
martyre de Saint Marcel, 1779, etc., etc. Devosge, qui 
était peintre et non sculpteur, a laissé un fils, Analole, 
qui suit. 

V 

Anatole Devosges (Voyez Galerie Bourguignonne, 
tome I«% page 291 ), né à Dijon le 13 janvier 1770, 
mort au même lieu le 8 décembre 1850, sans postérité, 
fut élève de son père et de David, puis professeur de 
peinture a l'école des beaux-art's de Dijon et directeur 
de ladite école. On lui doit : Le dévouement de Cimon, 
peint à Fiome en 1803; — Hercule et Philloj — La 
mort de Moïse; — S. Bernard réconciliant Guillaume, 
duc d'Aquitaine, avec l'évêque de Poitiers; — Anacréon 
chantant ses poésies, esquisse; • — Charles de Cossé, 
comte de Brissac, maréchal de France sous Henry II, 
portrait; — La paix d'Amiens, tableau qui obtint un 



248 

prix de 1,500 francs au concours ouvert à Paris, elc, 
etc. (1). 

•Notre François De Voge se charge, en 1G72, 
de faire des armoiries et une inscription à la 
grotte des Echelles. Voici l'acte et le devis qui 
avait été fait par François Ptimellin, avec lequel 
il s'associa plus tard, le 12 septembre 1674, 
pour cet ouvrage (2) , lorsque le plan eut été 
modifié par 11'^ M° Cavorret, prêtre d'honneur 
de la sainte chapelle. 

L'an 1672 et le 6 auril a comparu au greffe de la 
souveraine chambre des comptes de Sauoye le seig"" 
cons'' d'estat et procureur patrimonial Deuolay lequel... 
a ballié et ballie a pris fait a hon^ François fds de feu 
Benoict de Vauges de Grenoble habilant en la présente 
vdle cy présent et acceptant de faire les armoiries et 
Inscriptions au lieu de la Crotte a forme des capitula- 
tions publiés et leués cy bas tenorisés et du modelle 

en cire et aux conditions que les iyons seront tout 

d'une pièce faitz de boime pierre bien solide etquilen 
reste suffizamenl par derrière pour les pouuoir bien 
apper, lepauillion de cinq pièces, et sera obserué de 
mettre les jointz aux cndroitz le moins apparentz et 
depesseuraussy proportionne comme dict est de Iyons, 

(1) Claude-François Devoge ou de Vosge, maître sculpteur, puis 
architecte à Gray, pure du fondateur de l'école des beaux-arts de 
Dijon, portait de gueules à un lion d'or issant d'une tour d'argent. 
J'ai eu plusieurs cachets de lettres de lui avec ce blason, qui est 
en outre gravé sur des pièces d'argenteries lui ayant appartenu. 

(2) Voir ci-devant l'article consacré à François Rimellin. 



249 

la coionne d'une pièce lescu el le collier auec la dra- 
perie restante d'une autre pièce le massif duquel a esté 
porté cy dessus par derrière, la sculpture est présen- 
tement arresté à vn pied le moins de cliaquune desd^» 
pièces pour les pouuoir bien happer, la table sera d'une 
pièce aussy de la proportion porté par led' modelle a 
forme de son échelle et le tout conformément aud^ 

deuis et laquelle besogne il promet faire dans six 

mois prochain et c'est pour le prix et somme de 

240 ducattons cffectifz de sept florins pièce raonnoye 
de Sauoye et pour obseruance des susd^s promes- 
ses a nommé et nomme m^ François Cuenot aussy m^ 
sculpteur pour caution... Faict et passé a Chamberi... 
en présence d'hon° Anlhoine tilz de feu Thomas Canif 
de Lyon habitant en la présente ville et hon^ François 
filz de feu Louys Rumelin et bon» Richard fdz de feu 
Claude Champrond bourgeois de la présente ville tes- 
raoins. 

Deuoley. Balland. Deuoge. Antoine Knyff. 
F. Rimelin. 

L'entrepreneur de l'armoirie et inscription qui se 
doit mettre à la Crotte sera tenu jcelle poser au lieu 
appelé le Chadal ou aillieur ainsi que sera jugé plus à 
propos et à ces iins seront tenus jcelle planter dans le 
rocher et escarper l'endroit afin que toutes les pièces 
se puissent bien solidement gramponer el haper à 
hauteur de terre et à proportion qu'il sera jugé à 
propos. 

La table sera de unze pieds de long et cinq pieds de 
largeur d'une seule pièce, d'une pierre bonne et bien 
saine auec ses ornemens autour ses pilastres et corni- 
ches et plates bandes dans laquelle table seront grauez 



250 

les lettres a forme de l'inscripUon présentement exibé 
scauoir neuf lignes la hauteur de chaque lettre sera 
repartie sur l'hauteur de la table detraction faite des 
enlrelignes sur quoy sera estably lescu des armoiries 
de Sauoye auec le collier coronne et support entourez 
d'un pauillion a forme du modelle présentement ex- 
hibé. Les lyons seront à ronde bosse a forme dudit 
modelle de 4 pieds 1/2 d'hauteur et dans leur propor- 
tion. L'escu avec le collier seront de 3 pieds i/2 d'hau- 
teur... et la coronne à proportion taillé et percé à jour 
Led' pavillion aura onze pieds de hauteur soubs la 
croix treftlee et environ 12 pieds au plus large de ses 

chutes et draperies avec tous les ornemens plus 

propres et convenables à son sujet. 

(Registre des bauN, vol. l'i). 

Eu- 4673, il reçoit du trésorier général 397 
livres pour le travail fait à la Grotte , au lieu 
appelé le Ghadal, pour les armoiries en relief 
qu'il y a sculptées. 

En 1674 De Voge , qui est fixé en Savoie , 
est chargé de faire un rétable à riiètel de la 
chapelle de Bellerive, avec deux armoiries aux 
deux côtés de l'autel, pour le prix de 315 flo- 
rins, dont les deux tiers lui sont payés à l'avance 
par le trésorier général, dans le compte duquel 
De Voge est signalé comme habitant à Cliambéri. 

L'année suivante , il a un fils baptisé dans 
l'église St-Léger. 



251 



1673 — 1676 

Antoine Kny f f 

Antoine Knyfî vulgo Kaniff, fils de Thomas 
Knyff, de Lyon , est chargé par la chambre de 
faire, en 1673, un rapport sur les armoiries 
sculptées à la Grotte par F. De Voge, quand 
celui-ci reçut un à -compte sur son travail, 
comme nous venons de le voir. Le sculpteur 
Knyff avait été nommé expert par le procureur 
patrimonial. On voit que les sculpteurs de 
Chambéri, à cette époque, se servaient réci- 
proquement de caution et d'expert. Là ne s'est 
pas bornée l'activité de Knyff : on voit par le 
compte du trésorier général de l'année 1674, 
qu'il reçoit 63 livres ducales à l'avance et à 
compte de 15 pistoles d'Espagne , qui lui ont 
été promises pour le restable qu'il doit faire 
pour la chapelle de S. A. R. aux entrepots de 
BeUerive, et dont il a fait le projet. Ce compte 
nous apprend que Knyff doit mettre e?^ relief 
et dorure tout ce qui est marqué de jaune au 
dessin, et le reste d'azur, avec deux armoiries 
aux deux côtés du rétable , etc. Le contrat a 
été signé le 30 juin 1674. 

On a vu plus haut que François De Voge avait 
aussi été chargé de faire ce rétable, et avait 
reçu en 1674 les deux tiers de la somme. Le 
mandat est daté du 13 septembre 1674, et son 
contrat du 11 même mois; tandis que pour 



252 

Knyff, les 63 livres ducales qu'il reçoit, c'est 
en vertu d'un mandat du 30 juin 1674, date de 
son prix fait. Ce qui porte à penser que Knyff 
aura renoncé à ce travail en faveur de De Voge, 
qui l'aurait exécuté ou du moins achevé. 

1679 

Pierre Jay 

C4ontrat de prix fait. 

L'an mil six cens septante six et le dixième nouem- 
bre par deuant moy notaire ducal soubsigné, et pré- 
sents les tesmoings bas nommés s'est personnellement 
constitué noble Louys Roglia... lequel baille à prix fait à 
lionnorable Pierre Jay maitre sculpteur bourgeois de la 

présente uille de Tonon icy présent a scauoir de 

faire et fournir tous les matériaux nécessaires en la 
chappelle du préside des Allinges comme cy après, 
premièrement un retable auec les portiques, et un ta- 
bernacle peint et doré a forme du dessein auec l'autel 
et marcbepied, plus une garderobe de sapin pour reti- 
rer les habits d'église plus planchetes d'aix et feuilles 
de sai)in pour empescher que la poussière ne tombe 
sur l'autel et sur le célébrant , plus refaire à neuf le 
plancher du cœur de dessous, plus une porte de noyer 
pour lade chapelle auec la serrure plus il faut refaire 
le plancher de la nef tant dessus que dessous, plus un 
confessionnal de sapin, plus trois châssis pour trois 
fcnestres auec leurs uitres, plus reblancliir les mu- 
railles, et grisailler le planciier, plus pour la masson- 
nei'ie desdites trois fenestres, ot généralement tout ce 
qui sera nécessaire a forme dudit dessein c'^c et 



253 

c'est pour et moyennant le prix et somme de deux 
cens quarante neuf ilorins monnoye &.... Faict et pro- 
noncé à Tonon dans la maison de spectable Claude 
Piston conseil'' de S. A. R. et auocat fiscal de Cliablaix, 
presens le s'' Philippe Charriero capitaine major pour 
S. A. R. en Cliablaix Tcrnier et Gadlard et m^ Claude 
Piston châtelain de la uallée d'Abondance tesmoings 

rerjUiS \" (Registre du conl.lin. do Savoie, vol. 104). 

1680 — 1685 

Pierre-Fraiiçois Cu-enot 

Voici les patentes pour les père et fils Guenot, 
dont nous avons déjà parlé à l'article consacré 
au premier. 

Marie Jeanne Baptiste pai' la grâce de Dieu duchesse 
de Sauoye princesse de PiedmontRaynedeChipreelc. 
mère et tutrice de S. A. R. Victor Amed second duc de 
Sauoye prince de Piedmont Roy de Cliipre et régente 
de ses Eslatz, A tous ceux qui ces présentes verront 
salut Voulant tesmogner a nostre très cher bien ame 
François Cuenot combien nous sommes satisfaictz de 
ses seruices et luy donner quelque marque de nostre 
gratitude , Nous auons agréé volontiers la très humide 
suplication quil nous a faict faire, de vouloir accorder 
la survie de sa charge a Pierre François Cuenot son lilz, 
et sur tous que nous sommes jnformés quil a pris tous 
les soingtz possibles pour l'en rendre capable et (lue 
celuy cy a tous les talans et toutes les dispositions 
nécessaires pour sen acquitter dignement. 

A ces causes donc et pour autres dignes considéra- 
tions a ce nous mouuant Nous auons faict, nommé 



254 

créé constitué estably et député ainsi que par ces pré- 
sentes signe de nostre main de nostre certaine science 
plaine puissance et authorité souueraine lieu sur ce 
laduis de nostre conseil résident près de nostre per- 
sonne Nous faisons nommons créons constituons esta- 
blissons et députons ledict Pierre François Cuenot 
jngenieur architecte et sculteur de S. A. R. monsieur 
mon fîlz de la les monts par suruiuance aud' son père 
pour exercer desliormais et des a présent led*^ office 
conjoinctement ou séparément aucc luy aux honneurs 
authorites en dependans et a la mesme paye de quinze 
ducattons de ving blancs pièce le mois dont jouit son 
dit père sur la maistrance du chasteau de Montmol- 
lian sur lestât et roolle de laquelle nous mandons aux 
officiers du solde de Sauoye de le tirer en vertu des 
mesmes pattentes jncontenant le cas arriué du decés 
de son père sans qu'd soit obligé de recourir a d'autres 
prouisions que celle cy et le luy expédier leurs liuran- 
ces pour lesd'« quinze ducattons de ving blancs pièce 
le mois en la manière accouslumée voulant que sur 
jcelles le moderne trésorier gênerai et de milice aud' 
pays et successeurs luy fassent ses payementz tant 
ainsi et de mesme quilz les font au reste de lad^ gar- 
nison etc 

Donné a Tui-in le troisiesme raay mil six centz huic- 
tante. 

Signé Marie Jeanne Baptiste. V» Simeon pro 
domino canccilario. V» Graneri. R» Carron 
a forme du bilan des guerres et a la de- 
traction ordinaire de six deniers pour liure. 

Sellées et contresigné Fay. 

( Kcgistre dei patentes de Savoie, vol. 53. ) 



255 

Ces patentes ont été enregistrées le 13 mai 
suivant, et l'arrêt est signé Milliet, archevêque, 
et Capré. En 1685, Pierre-François Guenot s'est 
pourvu à la chambre des comptes pour prêter 
serment, le 20 novembre. Il lut admis à le faire, 
et prêta serment le 22 novembre. Nous ne pou- 
vons dire si son père était mort. Il paraîtrait au 
contraire résulter de certaines notes , qu'il fut 
admis à fonctionner en l'absence de son père 
et sans gage. Cette année 1085, il va visiter les 
dégâts faits par l'Arc en Maurienne, et les tra- 
vau.\: entrepris au-dessus de St-Jean, du côté de 
Yillard-Clément , pour y remédier; les dégâts 
faits par le Rhône, rière Ghâteaufort en Gliau- 
tagne, et les réparations qu'il y aurait à faire. Il 
continue les années suivantes, 1687 et 1088, à 
s'occuper de réparations aux digues des rivières 
de l'Isère et de l'Arc, aux prisons de St-Jean- 
de-Maurienne ; il lève des plans, visite les eaux 
salées de Pontamafrey et de Salins, les che- 
mins, etc. 

1684 

ClaTade Jo\xrdain 

M. VuUiermet, imprimeur à St-Jean-de-Mau- 
rienne, possède dans son cabinet de curiosités 
un baliut sculpté , sur lequel l'artiste , qui l'a 
travaillé à ce qu'il paraîtrait au couteau, a mis 
son nom, sa patrie et une date : Claude Jour- 
dain da Modane 1684. 



256 

1688 

Joseph Héritier 

Par deux autres billiets des 11^ 9'^"' 1688 huictanle 
florins six sols à Joseph Héritier M^ sculpteur de Moiit- 
melian scauoir sept florins pour la façon du cadre, 
châssis, peinture et port dud' cadre, pour la chapelle 
de Miolans et pour auoir regarny la caisse du taber- 
nacle de la chapelle du château de Montmelian a forme 
de sa liste a tant arrestée par led* S"" Tarin et florins 

septante c^ (Compte d'Hyacinthe Saillct, vol. 381). 

1699 

Marc d.e Saz; 

Plus se descharge de la somme de neuf liures du- 
cales et trois sols valeur de 15 florins 3 sols Sauoye 
que par autre bilUet du 14 juin 1699 il a payé a M" Marc 
de Saz sculpteur pour le modelle des armes de S.A. R. 
qu'il a fait pour mettre sur les canons, de quatre pai- 
res de torillions et du tampon, a forme de sa liste cer- 
tifflée par led' S"" Braery le 13 may 1G99 elc 

{Compte du trésorier Saillet, vol. 366). 



DIX-IIUITIÈMË SIÈCLE 
1728 

Jean Bar-att-a 

Les princes de la maison de Savoie ont conti- 
nué , pendant tout le cours du dix-huitième 



257 

siècle, à avoir des artistes de cour, sculpteurs, 
graveurs ou peintres. Nous allons donner une 
énumération rapide des premiers. Les dé- 
tails sont pris aux archives de la chambre des 
comptes, sur les registres des patentes. 

Le premier rencontré par nous est l'artiste 
Jean Baratta , que le roi Victor - Amédée II 
nomme son sculpteur sur marbre, par lettres 
du l'^'' décembre 1728 données à la Vénerie. 
Le prince veut le récompenser du talent dont 
il a fait preuve dans les quatre statues qu'il lui 
a faites pour la chapelle de ce château. (Vol. G). 

1729 

Bernardin Cametti 

Le môme souverain, satisfait des bas-reliefs 
qu'il avait commandés au chevalier Bernardin 
Cametti, originaire de Gattinara, pour la Su- 
perga, le constitue son sculpteur sur marbre, 
par patentes données à la Vénerie , le 18 no- 
vembre 1729. (Vol. 7). 

1736 

Simon. Martines 

Charles-Emmanuel III donne , le 22 mars 
1736, des patentes de sculpteur de cour à Simon 
Martines, qui travaillait aussi sur le marbre. 
Elles sont datées de Turin (vol. 12), et, par au- 
tres lettres patentes, datées de la Vénerie le 
12 juin 1738, il lui donne, à cause de son talent 



258 

remarquable et de sa singulière habileté, une 
somme de 1,000 livres. C'est aussi en considé- 
ration de la dépense qu'il a faite pour transpor- 
ter sa famille de Rome à Turin. Ces dernières 
lettres assignent en outre à Martines une somme 
annuelle de 3,500 livres, savoir : 3,000 livres à 
titre de traitement et 500 livres per la provi- 
sione e la manutentione dei fer ri , à partir du 
l*"'' janvier précédent. (Vol. 42). 

1745 

Frariçois IjaciaLe 

Charles-Emmanuel III donne, le 8 janvier 
1745, à François Ladate des patentes de scul- 
pteur royal. 11 travaillait sur le bronze, et reçut 
dès lors un traitement annuel de 800 livres, 
et, pour une fois seulement, une gratification de 
1,000 liv., pour indemnité de son voyage et de 
celui de sa famille de Paris à Turin. (Vol. 18). 
Il meurt en 1787. (Voir plus bas l'art. Duguet). 

1751 

Jean- Antoine Belnnon.cl 

.Jean -Antoine Belmond , connu en France 
seulement comme peintre et comme graveur, 
reçut du roi do Sardaigne le titre de graveur 
sur cuivre et de sculpteur de cour, avec un 
traitement annuel de 500 livres. Il est né à 
Troyes eu Champagne, en 1696, suivant les 
biographes français. Mal varia dit qu'il était de 



259 
Fossano. Son nom serait alors Belmondo, fran- 
cisé en Belmond, au lieu de Belmond italianisé 
en Belmondo. (Vol. 24). 

1763 

Igixace Collino 

Le roi prend ce sculpteur sur marbre à son 
service par lettres du 12 avril, afin de lui faci- 
liter les moyens d'aller travailler à Rome. Col- 
lino était de Turin. (Vol. 35). 

1774 

Jean-Baptiste Berriero 

Patentes du 25 avril, du roi Victor-Amédée, 
en faveur de Jean-Baptiste Bernero, sculpteur 
sur marbre et sur bronze , avec 500 livres de 
traitement. (Vol. 48). 

1775 

François Bolgié 

Patentes de sculpteur royal sur bois, du 3 fé- 
vrier, avec traitement annuel de 300 livres. 
(Vol. 50). 

1779 

Josepli Gianotti 

Patentes de sculpteur royal sur bois, du 26 
janvier, avec 200 livres de traitement annuel. 
(Vol. 56). 



260 

1782 

Ignace Collin 

Patentes de premier sculpteur royal sur mar- 
bre, du 17 mars, avec 500 livres de traitement, 
à cause de sa singulière et rare habileté. 

1782 

Biaggio Ferrero 

Patentes pour cet artiste , qualifié de scul- 
pteur sur pierre et de sculpteur d'ornements 
d'architecture, du 19 mars, avec un traitement 
de 300 livres. 

1787 

Simon D-tigiaot 

A la mort de Ladate, Simon Duguet, qui 
avait longtemps travaillé comme ouvrier chez 
ce maître et qui était très-àgé, fut nommé scul- 
pteur royal sur bronze, le 30 janvier 1787, avec 
un traitement annuel de 800 livres, plus 250 
livres pour le loyer de son habitation. (Vol. 70). 
Son fils et son petit-fils auront les mêmes fonc- 
tions (jue lui. 

1787 

Joseph-Marie Boz:?.an.igo 

Patentes de scul|)teur royal sur bois, du 3 
avril, avec 200 livres de gages. ( V'ol. 78). 



261 
1795 

Jean. Dij.gu.et- 

Jean Duguet, fils de Simon Duguet, fut comme 
son père très-habile sculpteur sur bronze. Ce- 
lui-ci était septuagénaire, quand les patentes 
du 29 septembre 1795 nommèrent sculpteur 
royal son fils Jean , qui avait travaillé sous des 
maîtres habiles à Turin et dans les pays étran- 
gers, pendant que le père occupait encore ces 
fonctions. Ces patentes lui assuraient la sur- 
vivance de son père, mais sans traitement 
jusqu'alors. Cependant, pour le cas où il aurait 
travaillé pour le prince , il devait toucher un 
traitement annuel de 800 livres, et 250 livres 
pour son logement. 

1796 

Rosset, d.e Sa.int-Cla.Tacie 

Ce nom et cette date se lisent au-dessous 
d'un buste en ivoire de Voltaire légué à la ville 
de Chambéri par M. Doppet, magistrat do cotte 
ville. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE 
1814 

Lo-u-is Du.gTj.et 

Fils de Jeau Duguet, il est nommé comme 
lui sculpteur royal sur bronze, le l*^'" juillet 1814, 

17 



262 

avec les mêmes avantages pécuniaires. (Vol. 1*^'' 
des billets royaux). 

1816 

François Tanadei 

Sculpteur royal sur bois et sur ivoire, avec 
300 livres de traitement, 16 février. Il reçoit, en 
1847 et le 8 juin, une augmentation de paye de 
290 livres. (Vol. 9). 

1822 

JacqiJ.es Spalla 

Patentes de sculpteur sur marbre de Sa 
Majesté, du 17 septembre, avec 1,500 livres de 
pension , accordées par le roi Charles-Félix. 
( Vol. 28). C'est cet artiste qui a fait le buste 
en marbre blanc du général comte de Boigne , 
inauguré dans la bibliothèque de Chambéri le 
24 mai 1822. Il avait été commandé par le roi 
Victor-Emmanuel P''. 

1823 

Victor Bernero 

Sculpteur royal sur marbre, le 4 avril, avec 
600 livres de pension. (Vol. 31). 

1824 

Collet, le Romain 

Le sculpteur sur marbre Collet, dit le lîomain, 
travaillait à Chambéri, et lit en 1824 le tombeau 



263 
du président Favre qui est dans la catliédrale 
de cette ville. 

1826 — 1848 

B. Ca.ccia.tori, Alber-toni, Alescandre 
LaboTJi-reiai? , etc. 

Ces artistes et plusieurs autres placés sous 
leur direction ont travaillé, pendant les années 
indiquées ci -dessus, aux sculptures si nom- 
breuses de l'église d'Hautecombe , le St-Denis 
de la maison de Savoie. 

1829 

Jacqu-es Marclaino 

Sculpteur royal sur ivoire , le !24 février, 
avec 500 livres de traitement. (Vol. 51 ). 

1832 

Jean.-Baptiste et CKarles Perrero 

Patentes de sculpteurs sur bois de Sa Majesté, 
le 3 avril. (Vol. 65). 

1832 

Jean. Colla et CtLiafTrecl Odetti 

Patentes de sculpteurs sur bronze de Sa 
Majesté, le 21 avril, avec le traitement annuel 
de 800 livres, plus 300 pour loyer de leur ate- 
lier. Odetti travaillait, depuis 1814, auprès de 
Louis Duguet, au service du roi. (Vol. 65). 



264 

4838 

Sappey 

C'est à M. Sappey, sculpteur grenoblois, 
élève de Reggio, qu'est due la fontaine de 
Boigne , érigée en 1838 par la ville de Gham- 
béri. Il en a publié une iconographie détaillée. 

1841 

Joseplx Gaggini 

Patentes de directeur de l'école de sculpture 
dans l'académie royale albertine des beaux-arts 
et sculpteur royal sur marbre, du 13 avril, avec 
3,000 livres de traitement annuel. (Vol. 97). 

1842 

Santo Vami 

Le génois Santo Varni, directeur de l'école 
de sculpture dans l'académie ligurienne, reçoit, 
le 3 septembre 1842, le titre de sculpteur ho- 
noraire de Sa Majesté dans la ville de Gènes. 
(Vol. 101). 

Ici se termine la série des sculpteurs royaux 
que nous avons trouvés pour le dix-neuvième 
siècle. Il nous reste à mentionner les artistes 
savoyards qui ont travaillé ou qui travaillent 
encore pendant ce sièck;. Il y aura pour cette 
partie de nos notes bien des lacunes sans doute, 
que nous comblerons plus tard , dans un sup- 



265 

plément, comme nous allons le faire très-pro- 
chainement pour les peintres. 

1848 

Jeari-Marie Vign-y 

Un arrêté du ministre de la justice , du 27 
août, signé Grémieux, admet, à titre de ré- 
compense nationale, à jouir des droits.de ci- 
toyen français, le sieur Jean-Marie Vigny, sculp- 
teur à Paris , né le 22 juin 1800, à Viuz-en- 
Salaz, dans la Haute-Savoie. 

1850—1871 

Ctiarles G-u.m.er'y 

Né en 1829, mort en 1871 à l'âge de 42 ans, 
jeune encore et au moment où la carrière s'ou- 
vrait très-belle devant lui. 

Ancien prix de Ptome. 

Il achevait, en 1868, un groupe colossal des 
Trois-Gràces soutenant des urnes, destiné à 
former le couronnement de la fontaine érisée 
sur la place de la Bourse, à Bordeaux. 

11 a travaillé à la décoration du nouvel Opéra 
de Paris, pour lequel il a fait les deux groupes 
dorés qui sont placés aux extrémités du fronton. 

Mais ce qui le signale plus à notre attention, 
c'est la statue du président Favre et les deux 
statues, surtout les deux statues, la Science et 
la Jurisprudence, qui ornent le socle de ce 



266 

monument, placé devant le Palais de justice 

de Chambéri. 

4855 

Mictuel Dagand. 

Michel Dagand, né à la Motte-en-Beauges, 
élève de Cortot et de M. Jacquot, travaillait à 
Paris et exposait , en 1855 , un Christ au tom- 
beau, statue en marbre blanc. 



Lou-is Rocliet 

Cet artiste renommé est né d'une famiUe ori- 
ginaire de la Savoie. Nous remarquons parmi 
ses travaux les suivants : 

La statue en bronze de José Bonii'acio de 
Andrada, le patriarche de l'indépendance brési- 
lienne, inaugurée à Rio-de-Janeiro ; 

La statue équestre de Guillaume-le-Conqué- 
rant ; 

La statue de Fodéré, érigée à Saint-Jean-de- 
Maurienne, pour laquelle il n'a voulu que ses 
déboursés ; 

La statue colossale de N.-D.-de-Myans. 

1857 

Bazin et De Gxxy 

M. Bazin, sculpteur à Chambéri, a envoyé à 
l'exposition permanente, établie en 1857, dans 



267 

les salons de la Société nationale savoisienne 
d'instruction mutuelle de cette ville, une niche 
en pierre blanche de St-Jean-de-Maurienne. 

M. Clovis de Guy, sculpteur sur bois, sur 
pierre et sur plâtre, à Chambéri, a également 
exposé cette année et dans le même local un 
panneau fantaisie ( végétation renaissance ) qui 
a été fort admiré. Le bois était artistement et 
énergiquement fouillé . 

4865 

L'exposition artistique d'Anneci, en 1865, 
avait réuni quelques œuvres de sculpture d'ar- 
tistes du pays et de l'étranger. Nous y trans- 
crivons les noms et les travaux suivants : 

N" 24. Charles Cordier, sculpteur à Paris, boulevard 
Saint-Michel, 115 : 

Projet de monument à saint François de Sales, es- 
quisse en plâtre. 

No« 57-59. Alexandre Gilardi, sculpteur à Anneci • 
Saint François de Sales, buste en plâtre ; 
Immaculée Conception, statue en bois ; 
Sainte Philomène, statue en bois. 

Nos 90-92. Charles Menn, sculpteur à Genève : 

Saint François de Sales, buste en plâtre; 
Adhémar Fabri, buste en plâtre; 
Mgr Mermillod, buste en plâtre. 

Nos 148-149. Pierre Reydellet, sculpteur : 
Christ en croix ^ sculpture sur bois; 



268 

Jésus-Christ montrant son cœur à Marie Alacoque, 
bas-relief sculpté sur bois. 

N" 158. Michel Solca, sculpteur à Anneci : 

Le Printemps^ buste en terre cuite. 

1873 

François Mia^nier 

Cet artiste, sculpteur à Saraoëns, vient d'a- 
chever le monument destiné à rappeler le sou- 
venir des enfants de la Haute-Savoie tués pen- 
dant la dernière guerre, et érigé à Bonneville. 
C'est un obélisque en marbre noir, sur lequel 
des couronnes de chêne et d'immortelles et 
deux fusils en sautoir se détachent en relief. 

FleTJ.r-y Levret et Jean Vallet 

Nous ne terminerons pas sans signaler quel- 
ques-uns des travaux de nos amis Levret, d'Al- 
bertville, et Vallet, de Chambéri. Parmi ceux du 
premier, il suffira de citer le buste du comte 
Piilet-Will, qui a valu à son auteur un prix de 
l'académie de Savoie, et le buste du célèbre 
agronome Fleury Lacoste, son parent. 

Pour le second nous nous bornerons à une 
fort belle ébauche d'une statue en pied du pré- 
sident Ydyre , au buste de Michel St-Martin , 
exposé en 1863, et au fronton de la halle aux 
grains de sa ville natale. 



TABLE DES SCULPTEURS 



^^-£S-?s 



iwota. — Les chiffres renvoient aux pages. 



Pages. 

Alaymaz (Georges) 224- 

Albertoni 263 

Baratta (Jean) 256 

Bazin 266 

Belmond (.Jean-Antoine) 258 

Bernero (Jean-Baptiste) 259 

Bernero (Victor) (1) 262 

BiANCO (Isidore) et ses lils 210 

BoEs; voyez Guillaume. 

BOLGIÉ (François ) 259 

BoRDiER (Etienne) 204 

Boucheron (Simon) 231 

Bozz.\NiGO (Joseph-Marie) 260 

Brandano ( Frédéric) 203 

Brisebarre (Robert) 202 

Bruyer (Jean) 236 

(1) C'est lui qui a sculpté le buste du président Favre, qui est sur 
le tombeau de ce jurisconsulte dans la cathédrale de Chanibéri. 



270 

Cacciatori (B.) ■ ^63 

Cambio (Bélisaire) 205 

Cametti (Bernardin) 257 

Capré (x\.) 192 

Casella (Alexandre ) 210 

CLAPriER (Jean) 208 

Claux Sluter 191 

Colla (Jean) 263 

Collet, dit le Romain 262 

CoLLiNO (Ignace) 259, 260 

Cordier (Charles) 267 

CuENOT (François) 211, 238, 2i9, 255 

CuENOT (Pierre-François) 228, 253 

Dadei (Jean-Dominique ) 208 

Dagand (Michel ) 266 

Deschamps (Nicolas) 258 

De Voge alias Devauges (François) 243, 245, 251 

DuLAC ( R. D. L.) 209 

DuGUET ( Jean) 261 

DuGUET (Louis) 261,263 

DuGUET ( Simon) 260 

Falcone ( Bernard) 235 

Falque Tirard 224, 238 

Ferrero ( Biaggio ) 260 

Ferrero (Charles et Jean-Baptiste) 263 

Pries ( Adrien ) 205 

Gaggini (Joseph) 264 

Gal (Baptiste) 234 

Gl\notti (Joseph) 259 



271 

GiLARDi (Alexandre ) 267 

GuEYRA^'DJ de Berne 194 

Guillaume, anglais 100 

Guillaume de Boes , 193 

Guillaume, de l'Hôpital 187 

Guillaume le Parisien 199 

Gumery (Charles) 265 

Guy (Glovis de) 266 

HÉRITIER (Joseph) 256 

Jacquemard ( Jean-Amédée ) 189 

Janin, de Bruxelles 195 

Jay (Pierre) 252 

Jourdain (Claude) 255 

Knyff vulgo Caïnif 249, 251 

Laboureur ( Alexandre ) 263 

Ladate ( François ) 258 

Lagier (Etienne) 191 

Levret (Fleury ) 268 

LouRs; voyez Perrin, 

Marchino (Jacques) 263 

Marquet 199 

Martines (Simon) 257 

Menn (Charles) 267 

Mermet 199 

MociiET ( Pierre) 201 

MuGNiER (François) 268 

Odetti (Chiaffred) 263 

Ottera (Jean) 207 



272 

Perrin Lours 493 

POTUS; voyez Ros. 

PrINDALLE ou PRmDELLES a/iasPRINGALLES. 193,494 

Pringalle; voyez Prindalle. 

Prior ( Barlhélemi) ; 203 

QuADRO ( Bernardin) alias Quadri 228 

Rangurel (Raymond) 204 

Remellin (Louis) .... : 221, 222 

Reydellet (Pierre) 267 

RiMELLiN (Louis ) alias Rumellin 229, 243 

Rivalto (André) 206 

RivoLLiN (François) 224, 238, 242 

Robert (Nicolas) 199 

Robin de Parisino 1 89 

ROCHET (Louis) 266 

Ros de Balme 197 

RossET 261 

RUFFINEL (Pierre) 231, 232, 233 

Rumellin (François) 242 

Rumellin (Louis); voyez Remellin et Rumellin. 

Sappey .264 

Saz (Marc de) 256 

SOLCA (Michel ) 268 

Solier (Augustin ) 206 

Spalla (Jacques) 262 

Tanadei (François) 262 

Tirard; voyez Falque. 



273 

Vallet (Jean) 268 

Varni (Sanlo) 264 

Vauges (François de); voyez De Voge. 

Vigny (Jean-Marie) 265 

VuLLiERMOZ (Laurent) 224, 238 



274 



TABLE DES SCULPTURES 



rvota. — Les chiffres renvoient aux articles chronologiques 
et aux appendices. 



Alcôve sculplée et dorée au château de Chambéri, 220, 
222. 

Anges en bois doré pour tabernacle, 211. 

Arcs de triomphe temporaires pour entrées de prin- 
ces, 220, 221. 

Armoiries, 193, 198, 200, 202, 209, 229, 237, 239, 240, 
243,244, 248, 250, 251. 

Autel, 211, 241. 

Bahut, 255. 

Bas-reliefs, 208,257,268. 

Bénitier, 233. 

Buffets d'orgues de la sainte-chapelle, 197, 226. 

Bustes d'Adhémar de Fabri, 267. 

— de Lacoste ( Fleury), 268. 

— de la Vierge, 187. 

— de M. Mermillod, 267. 

— de Pillet-Will, 268. 

— de saint François de Sales, 267. 

— de Saint-Martin (Michel), 268. 

— de Voltaire, 261. 



275 

Bustes du général de Boigne, 262, 

— du président Favre (voyez le mot Bernero 
dans la table des sculpteurs). 

— du Printemps. 268. 

Cadre en bois sculpté, 256. 

Chapelle d'Amédéc do Savoie dans IVglise des Fran- 

— ciscains de Chainbéri, 2i0. 

— du cbâteau de Chambéri, lU, 195, 197, 198, 
2H, 220, 223, 226, 229, 233. 

— du saint Suaire à Turin, 228, 231, 235. 
Chapiteaux de l'église et du prieuré du Bourget, 200. 

— de la chapelle du château de Chambéri, 195. 

— du château du Bourget, 187. 
Chiffre, 24i. 

Christ au tombeau, 206. 

— en croix, 267. 

— montrant son cœur, 268. 
CiDORiUM de Saint-Jean-de-Maurienne, 201. 
Crédence, 223. 

Croix de pierre, 196, 202. 

Dais sur la tribune de la sainte-chapelle, 223. 

Escaliers ornés, 189. 
Ex VOTO, 190. 

Fenêtres anglaises, 188. 

— à trois piliers, 189. 

— ornées de feuillages, 189. 
FoNTAiNu: de Boigne à Chambéri, 26 i. 

— de la place de Lans à Chambéri, 224.. 

— de la ville de Bordeaux, 265. 



276 

Fronton de la halle aux grains à Chambéri, 268. 

— de l'Opéra à Paris, 265. 

Gargouilles, 195. 

Groupe des Trois-Gràces, 265. 

Inscription de la façade de la sainle-chapelle, 229, 233. 

— du pont de ï'Hyères, 243, 248. 

Jubé du prieuré du Bourget, 200. 

Lavatorium, 190. 

Machine du feu de joie, 221. 

MÉDAILLONS, 241. 

Monument à saint François de Sales, 267. 

— en souvenir des Savoyards tués dans la der- 
nière guerre, 268. 

Niche, 267. 

Ornements, 260, 267. 

— en bronze, 234. 

— empruntés au règne végétal, 189, 267. 

— sur des canons, 256. 

Paix, 196. 

Panneaux en bois, 208, 267. 

Piscine, 190. 

Portail de Saint-Domini(iue à Chambéri, 196. 

— de la chapelle du château à Chambéri, 211. 
Portes de la cathédrale de Chambéri, 201. 

— de la chapelle du château de Chambéri, 219, 
220. 

Portiques, 252. 



277 

RÉTABLE de la chapelle d'Allinges, 252. 

— de la chapelle de Bellerive, 250, 251. 

— de la chapelle de Noire-Dame et de la chapelle 
de saint Antoine chez les Franciscains de Cham- 
béri, 234. 

— de la chapelle de saint Hyacinthe chez les 
Dominicains de Chambéri, 2^4. 

— en stuc. 23i. 

— du maître-autel des Dominicains, 229. 

Sculptures sur ivoire, 261, 263. 

Siège du doyen de la sainte-chapelle, 223. 

Stalles de la cathédrale de St-Jean-de-Maurienne, 201 . 

— de la chapelle du château de Chambéri, 223. 
Statues d'Adonis et de Vénus, 236. 

— de Boniface Andrada, 266. 

— de Fodéré, 266. 

— de la Science et de !a Jurisprudence, 266. 

— de la Vierge, 189, 193, 196, 266, 267. 

— de personnages historiques sur leurs tom- 
beaux, 192, 196, 202, 229, 263. 

— de saint Antonie, 201 . 

— de saint Bernardin, 196, 

— de saint Bonaventure, 202. 

— de sainte Philomène, 267. 

— de saint François d'Assise, 229. 

— de saint Georges, 193, 195. 

— de saiiit Jean, 196. 

— de saint Maurice, 195. 

— de saint Michel, 193. 

— du général de Boigne, 264. 

— du président Favre, 265, 268. 

— équestre de Guillaum©»-lc-Conquéranl, 266. 



278 

Statues en argent, 201, 202, 229. 

— en bitume, 234. 

— en bois, 202, 267. 

— en bronze, 235, 264, 265, 266. 

— en cire, 190, 199. 

— en marbre, 236, 257. 

— en pierre, 194, 198. 224. 

— en plâtre, 268. 
Statuette en bronze, 191. 

Tabernacles de la chapelle du bienheureux Amédée 
de Savoie, 241. 

— de la chapelle du château de Montmélian, 256. 

— de la chapelle du préside des Allinges, 252. 
Tarle de jeu en ardoise, 219. 

Tombeaux de Barthélemi Chabo, 196. 
—^ de l'évoque Savin de Florano, 192. 

— de Philippe II de Savoie, 202. 

— des princes de Savoie, 263. 

— du président Costa, 229. 

— du président Favre, 263. 
Travaux au château de Thonon, 195. 
Tribunes de la sainte-chapelle, 220. 

Vierge (figures de la), 187, 189, 192. — Voyez encore 
les mots Bustes et Statues. 



EXPLORATIONS 



A LA 



GROTTE DE CHALLES 

RAPPORT 

lu à la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie 

dans les séances des 16 janvier, 30 janvier 

et 13 février 1874 

par le ilocleur 

JULES CARRET 



18 



EXPLORATIONS 

A LA GROTTE DE CHALLES 

RAPPORT 
à la Société saroisieiiiie d'histoire et (l'ai'cliéolo(|ic , dans les séances 
des 16 janvier, .'^O janvier et \'.\ février 1^7 i. 



Messieurs 



Dans le mois de septembre dernier, et à trois 
reprises, divers de vos collègues, avec le con- 
cours de quelques personnes étrangères à notre 
Société , ont exploré une grotte à ossements, 
située dans le haut de la colline de Challes. 

J'appelle ainsi, faute d'un nom usité , la lon- 
gue et haute colline, dirigée sensiblement du 
nord au midt , qui s'étend du village de Laisse 
jusque près de Saint-Jeoire ; elle a à sa base, 
du côté de l'ouest, l'établissement des eaux de 
rihalles, et porte sur sa pente orientale la com- 
mune de Curienne. Sa crête, souvent rocheuse 
et dent(;lée, est à une altitude moyenne de 81^ 



284 

mètres au-dessus du niveau de la mer, et de 

600 mètres au-dessus de la vallée de Chambéry. 

La pente occidentale, dans laquelle est \)cv- 
cée la grotte, forme une surface rapide, d'un 
angle qui dépasse quarante-cinq degrés, assez 
régulièrement plane , et traversée d'une large 
zone de bois-taillis. Le roc est ce beau calcaire 
bleuâtre qui donne la pierre de Clurienne. Les 
glaciers préhistoriques ont semé cette pente 
(et probablement aussi l'autre, mais je ne l'ai 
pas constaté) de nombreux blocs de granit, 
de grès, et de pierres vertes serpentiîieuses. 
Dans beaucoup d'endroits , et notamment au- 
tour de la grotte, le roc est rongé, tailladé par 
l'eau, à la manière du roc de Lémenc, ou de 
la roche du Roi, près d'Aix. 

Si , s'arrôtant sur la route de Chambéry à 
Montmélian, en face de l'établissement de Chal- 
les, on lève le regard le long de la pente, on 
rencontre vers les trois quarts de la hauteur 
totale, et un peu sur la gauche, la saillit; ipii 
porte les champs et le hameau de Belvard ; un 
peu sur la droite est la sommité la plus élevée 
de la colline, sommité où l'on retrouve les dé- 
bris d'une enceinte fortifiée, datant probalde- 
ment de l'âge du bronze; — nos collègues, 
MM. Fivel et Laurent Rabut , nous entretien- 
dront de cet oppidum; ■ — la grott(3 à osse- 
ments est placée vers le premier tiers d'une 
ligne di'oite ({ui relierait Ridvar(l ;"i l'oppiduni. 



285 
L'ouverture de la grotte n'est point visible 
du bas , ni mémo de tout près. Nous l'avons 
élargie; elle est encore assez étroite pour l'or- 
cer à rampei". Elle est masquée par le taillis, 
et masquée aussi en partie par des matériaux 
anciennement apportés et que nous n'avons 
pas entièrement retirés. On ne peut pas en de- 
viner l'emplacement par la forme extérieure du 
rocher ; celui-ci continue là comme ailleurs sa 
pente à peu près uniforme; et la petite fissure 
au bas de laquelle s'ouvre le trou, n'est visible 
que si l'on est assez près pour la toucher. Un 
sentier à peine indiqué, facile à perdre, et ex- 
trêmement rapide, passe à cinq ou six mètres 
sur la gauciie; il nous est arrivé, non à la pre- 
mière visite, mais à la troisième, de monter et 
descendre par le sentier à plusieurs reprises 
sans découvrir l'entrée de la grotte. A la vé- 
rité, certains aplanissements figurant des sen- 
tiers depuis longtemps désertés s'allongent et 
serpentent là et aux environs, mais ruinés, dé- 
gradés par larges places , et moussus et bran- 
chas comme le reste du taillis. 

J^e mieux , pour y aller depuis Ghambéry, 
est de se rendre à Belvard, par Challes ou par 
Barby, et là demander un guide. A chercher 
dans le taillis, on perd ses heures et ses for- 
ces, nous le savons par expérience. 

Notre première excursion avait pour but prin- 
cipal l'oppidum, déjà visité par M. Fivel; on 



286 

nous avait vaguement parlé d'une grotte, « vaste 
comme mie cathédrale, » située sur la môme 
colline ; sans croire à des proportions aussi re- 
marquables , nous désirâmes la voir le même 
jour. Comptant obtenir tous les renseignements 
à Gurienne, MM. Laurent R.abut, Francis Mol- 
lard et moi, nous nous dirigeâmes par ce coté 
de la colline. A Gurienne, on nous dit qu'une 
dizaine de jours auparavant , c'est-à-dire vers 
la fin du mois d'août, deux jeunes gens de 
Chambéry, MM. Pétellaz et Bontron étaient 
entrés dans la grotte , et en avaient rapporté 
des os. On nous dit aussi que l'entrée était 
d'accès difficile. Une personne obligeante s'otfrit 
à nous mettre sur la voie. Il est inutile de vous 
décrire ici nos longues et infructueuses recher- 
ches. Pendant que nous cherchions encore, 
l'un de nous retourna à Gurienne demander un 
guide. On lui indiqua l'adjoint de la commune. 
Après un temps assez long, car la distance est 
longue^ notre collègue revint avec le guide, et 
nous arrivâmes à la grotte. L'adjoint de Gurienne 
était déjà venu jusqu'à cette place une vingtaine 
d'années auparavant, accompagnant un groupe 
nombreux de visiteurs chambériens, lesquels 
tous auraient emporté des os. Même il paraîtrait 
que ces visiteurs vinrent à plusieurs reprises. 
Gomment alors n'avions-nous rien su de; la 
grotte? Plus tard ayant (juesliouné, j'appris que 
I(_'s ossements humains de cette provenance 



287 
avaient été attribués à des Espagnols morts en 
Savoie au dernier siècle ! Pour cette raison , 
probablement, la trouvaille avait été considé- 
rée comme de nulle importance. Je marque ce 
point, parce que je serais bien aise de voir 
quelques-uns de ces ossements, s'ils ont été 
conservés. 

Je puis dire dès à présent que MM. Bontron 
et Pétellaz m'ont fait tenir le produit de leur 
fouille ; il se compose d'une quarantaine de 
iï-agments, parmi lesquels une extrémité infé- 
rieure d'humérus, des fragments de crânes et 
de fémurs humains, et des os d'animaux. 

La grotte, dit-un, a été découverte, il y a 
vingt-cinq ans environ , par un homme qui y 
vit entrer un renard. Cet homme alla s'armer 
d'un pistolet et revint accompagné de son chien. 
Le chien entra et donna de la voix , l'homme 
entra à son tour, et, quand il put se dresser, 
vit deux points Ijrillants, les yeux du renard; 
il lit feu , et fut assez heureux pour tuer l'animal. 

A cette première visite, nous trouvâmes ex- 
trêmement difficile de franchir l'entrée. L'ou- 
verture , plate pur le bas, anguleuse par le 
haut, formait un boyau long de deux mètres en- 
viron , lequel allait plongeant et se relevant 
comme les deux branches d'un V. Il fallait y 
entrer la tète la première et ramper sur le 
dos, les bras coUés au corps; je parle ici d'un 
homme de ma taille ; vers le milieu du trajet 



288 

le boyau s'étrauLjlait latéralement et s'élargis- 
sait un peu vers le liaut; là, il t'allait se Unw- 
ner sur 1(3 côté, le corps ployé entre les deux 
branches du V, afin de l'aire passer le biissiii. 
Notre guide entra le premier, nous lui l'imes 
parvenir des bougies et des allumettes, et il se 
tint proche de l'ouverture , encourageant et 
conseillant ceux qui se risquaient dans le pas- 
sage. Deux enfants qui nous avaient suivis 
entrèrent après le guide, puis M. Rabut lit une 
tentative et se retira; puis j'entrai, non sans 
avoir cru étouffer dans le bas, et non sans coii- 
server de sérieuses appréhensions vis-à-vis de^s 
difficultés de la sortie; — puis entra M. Rabut, 
moins gros que moi, et stimulé par mon succès. 
Trois autres personnes restées au dehors n'o- 
sèrent pas tenter l'aventure. 

Après ce premier passage, on peut se tenir 
debout, même la voûte s'élève rapidement et 
on la perd de vue. La grotte forme un corridor 
étroit qui se courbe vers la gauche, et, au boni 
de sept ou huit pas, aboutit à uu ressaut seiu- 
jjlable à une gigantesque marche d'escalier, 
haute d'iui mètre et demi, glissante, humi(k', 
couverte de carbonate calcaire déposé par les 
eaux, et dont la face supérieure, au lieu d'èlre 
plane, serait fortement inclinée et ci-eusée en 
rigole. De ce point Jus(|u'à uih' certaine dis- 
tance, douze ou quinze mètres peut-èti'e, les 
concrétions calcaires très-abtjmlanti's tapissent 



289 

complètement les parois, et semblent rétrécir 
le corridor. Après une seconde marche, moins 
haute que la première , on rampe de nouveau 
pour traverser un œil-de-bœuf assez régulier et 
plus haut que large. Immédiatement derrière 
IVeil-de-bœuf est un trou, percé dans le sol 
crayeux, point large ni profond, et en partie 
comblé. Bientôt le plafond disparait dans des 
hauteurs obscures, le sol monte rapidement et 
s'encombre de pierres qui paraissent tombées 
de la Yoùte ; la nudité du roc reparaît, le cor- 
ridor se rétrécit, et aboutit à une troisième 
marche verticale , beaucoup plus haute que les 
autres et qui ne fut pas franchie dans cette 
première exploration. 

Rien dans les parois ne marque le travail de 
l'homme. Les ossements , rares vers l'entrée, 
se rencontrent de plus en plus fréquemment 
vers le fond. Ceux qu'on trouve dans la portion 
stalagmitique sont eux-mêmes couverts d'une 
croûte de carbonate de chaux. 

La première visite fut très -courte, elle ne 
produisit qu'une trentaine d'os, ou de frag- 
ments d'os, presque tous humains, et le tiers 
ou le quart d'une hache de bronze, la portion 
du côté du tranchant. Ce dernier objet est en 
la possession de M. Laurent Rabut. 

La deuxième exploration eut lieu le jeudi 
11 septembre; y prirent part MM. Paul Billiet, 
FYancesconi et moi. Nous nous étions munis 



290 

d'une corde afin de nous aider à franchir le 
pas difficile. Passant par Belvard, nous nous 
fîmes accompagner d'un homme, et prîmes des 
pioches et une pelle dans le but d'élargir l'en- 
trée et d'examiner les matériaux dont on l'avait 
autrefois masquée. Tous quatre, pendant plu- 
sieurs heures, travaillâmes à déblayer la lissure 
du roc devant l'entrée; il y avait beaucoup de 
terre, des pierres de nature diverse, comme 
celles qu'ont laissées les glaciers sur la colline, 
des cailloux roulés, des blocs anguleux pro- 
venus vraisemblablement de l'intérieur de la 
grotte , des débris des concrétions calcaires 
dont je parlais tout à l'heure , des débris de 
morceaux de bois tombant en poussière, môme 
des ossements , des fragments de crânes Im- 
mains, et une forte proportion d'os d'animaux. 
Quelques blocs étaient très-gros; un seul d'en- 
tre nous avait peine à les remuer; nous dûmes 
parfois réunir tous nos elTorts pour tléchausser 
ceux qui étaient, pour ainsi dire, encastrés dans 
la fissure. Nous fîmes ainsi disparaître la bran- 
che extérieure du V, laquelle était aussi la plus 
rapide. J'aurais voulu creuser jusqu'au seuil 
primitif, espérant y trouver un foyer , et peut- 
être des traces de l'industrie humaine ; mais 
mes comi)agnons, fatigués })ar ce dur exercice, 
et désireux de voir l'intérieur de la grotte qu'ils 
n'avaient pas encore visitée, me firent remettre 
à un autre moment, ou à un autre jour, la fin 



291 

du travail de déblai. Nous nous occupâmes à 
élargir le boyau d'entrée, ce qui l'ut long en- 
core et diflicile, puis nous pénétrâmes dans la 



grotte, 



Nous trouvâmes bon nombre de fragments 
d'os dcUis l'espace déjà parcouru à la première 
exploration. Un peu avant le troisième gradin, 
les parois latérales de la grotte se rapprochent, 
en sorte qu'on est forcé d'avancer de profil. 
Examinant attentivement ce gradin non encore 
franchi, nous aperçûmes un vide en dessous; 
il forme comme le plancher d'un étage à une 
maison dont la façade serait abattue. Les pa- 
rois latérales s'évasent vers le haut. Il semble 
évident que des blocs tombés de la voûte se 
sont arrêtés à mi-chemin. Des débris menus, 
de la terre, de la boue même établissent à leur 
face supérieure un sol continu. Un peu plus 
bas que ce plancher, et en avant, est un bloc 
isolé, serré comme un coin entre les deux mu- 
railles ; il facilita singulièrement notre ascen- 
sion. 

Ce plancher est long de quatre à cinq mè- 
tres. Vers son extrémité la plus reculée, le cor- 
ridor se resserre à nouveau. Dans le dernier 
espace , trop étroit pour nous livrer passage , 
est un autre plancher de formation semblable ; 
éclairant par-dessous avec nos bougies , nous 
pouvions voir une portion du prolongement de 
la grotte; elle paraît s'élargir en petite cham- 



292 

bre circulaire à peu de distance. A ce point où 
nous nous arrêtâmes , nous vîmes les traces 
manifestes d'un foyer. Le bas d'une pente de 
débris, sortis de la dernière fissure, est char- 
bonné , non comme par un usage longtemps 
suivi, mais comme par un feu allumé une seule 
fois. Nous cherchâmes vainement par où [)ou- 
vait s'évacuer la fumée, la voûte est partout 
obscure, et la flamme de nos bougies demeu- 
rait immobile. 

C'est dans ce sommet de la grotte que nous 
trouvâmes les ossements en plus grande abon- 
dance ; c'est là seulement que nous en trou- 
vâmes d'entiers. On les trouvait pèle - mêle, 
sans aucun ordre anatomique, et, le plus sou- 
vent, recouverts de débris , ou enfouis dans la 
boue. 

La petitesse de taille, la souplesse et l'agilité 
de M. Francesconi nous furent d'un grand ser- 
vice; en plusieurs voyages il porta nos trou- 
vailles jusqu'à l'ouverture de la grotte; muni 
de la corde , il monta le premier et redescen- 
dit le dernier le ressaut du fond, et nous aida 
ainsi à monter et descendre ce pas malaisé. 

La seconde exploration nous donna environ 
trois cent vingt os ou fragments d'os, mais 
ne nous fournit aucun objet en bronze ou en 
pierre, ni rien de l'industrie humaine. 

La troisième exploration eut lieu le vendredi 
'19 septembre. M. Francesconi avait projeté 



293 

arriver dans la petite chambre que nous avions 
entrevue, en s'élevant contre les parois de la 
grotte jusqu'à un point où , suffisamment éva- 
sées , elles devaient lui permettre d'avancer 
jusqu'au-dessus de la portion élargie, et, de là, 
en se laissant descendre verticalement. Peut- 
être, partant de la petite chambre eût-il pu 
visiter un autre long trajet de galerie. Pour 
l'aider dans cette entreprise, et aussi pour nous 
faciliter l'ascension des marches déjà fran- 
chies, nous avions fait construire deux échel- 
les , chacune haute de deux mètres et large 
de vingt-cinq centimètres; plus longues, elles 
n'eussent probablement pas pu passer par le 
boyau d'ouverture; plus larges, elles n'auraient 
pu s'appliquer au troisième gradin. A l'aide de 
cordes, il était facile de les lier bout sur bout, 
et d'en former une seule échelle haute de près 
de quatre mètres. 

Cette fois encore nous travaillâmes pendant 
plus d'une heure à l'entrée de la grotte , mais 
point assez pour découvrir le sol primitif. T.'en- 
trée fut notablement aplanie et élargie. 

On nous avait dit qu'une autre entrée s'ou- 
vrait au bas de la première, à une distance d'une 
dizaine de mètres. Effectivement nous décou- 
vrîmes une ouverture fort étroite à l'endroit 
indiqué. Nous l'agrandîmes , M. Franccsconi 
s'y glissa , vit dans le roc une fissure bien 
nette, mais fut presque aussitôt arrêté par son 



294 

étroitesse. Nous découvrîmes une troisième 
ouverture un peu plus à droite; elle donne 
accès dans une grotte minuscule, sans com- 
munications apparentes avec d'autres cavités. 
M. Francesconi en retira un crâne de renard. 
Je continuai seul à examiner les alentours. 

Pour des raisons que je développerai plus 
loin, il me paraissait peu probable que les êtres 
humains dont nous retrouvions les ossements 
eussent été ensevelis dans la grotte. Dans ma 
pensée, les cadavres auraient été enterrés à une 
distance peut-être considérable de ce point, 
mais au-dessus , et dans la ligne de l'écoule- 
ment de l'eau, puis mis à nu dans le ravine- 
ment causé par les pluies, et successivemejit 
entraînés dans la grotte par une tissure quel- 
conque. 

Peut-être encore, mais cette dernière liypo- 
tlièse n'aurait qu'une probabilité très-faible, on 
pouvait les avoir ensevelis dans une cavité pri- 
mitivement séparée de la grotte, et dont le fond 
tout à coup se serait écroulé dans cette der- 
nière, au moment de la chute du Grenier, iv.ir 
exemple. Ainsi se seraient expliqués les plan- 
chers intérieurs, et le désordre et la fragmen- 
tation des ossements. 

Je désirais examiner si dans le roc, au-des- 
sus de la grotte , il n'existait aucune cavité ou 
lissure en communication avec elle. 

Mes recherches ne furent ni longues ni con- 



295 

cillantes. Mes compagnons me pressaient de 
venir les aider au travail intérieur. Je pus con- 
stater cependant que le roc , au-dessus de la 
grotte , est rongé de trous nombreux et quel- 
quefois profonds , et que sa forme générale est 
bombée, de manière à faire couler les eaux à 
quelque distance à droite ou à gauche , et non 
directement au-dessus de la grotte , au moins 
dans sa portion connue. 

Un examen plus attentif de l'intérieur nous 
fit apercevoir au niveau du sol diverses fissures 
par lesquelles les eaux actuellement s'écoulent 
plus bas dans la montagne , au lieu de sortir 
par l'ouverture de notre entrée. 

Au sommet de la grotte , M. Francesconi, à 
l'aide des échelles et de notre appui, mais plus 
encore à faide de son dos et de ses genoux, 
s'éleva jusqu'à une hauteur d'environ quatre 
mètres entre les parois latérales. A ce point , 
l'évasement était suffisant pour lui permettre 
d'avancer en Hgne horizontale. Il se fit passer, 
à l'aide d'une cordelette, les deux échelles et 
une bougie allumée. Il posa les échelles à plat, 
comme des ponts-volants, l'une devant l'autre, 
dans la direction de la chambre , s'avança sur 
ces appuis mal assurés, retirant successivement 
l'échelle de derrière pour la mettre devant, 
jusqu'au-dessus du point où devait s'effectuer 
sa dcocente. Il plaça verticalement une échelle 
dans la chambre, et essaya de poser le pied 



296 

dessus; mais quels que fussent ses efforts, et 
({uelle que fût la position, le resserrement des 
parois latérales ne lui permit pas d'arriver. 

Nous recueillîmes ce jour environ deux cent 
soixante-dix fragments d'os, et, non plus qu'à 
l'exploration précédente, nous ne trouvâmes 
rien autre. 



297 



II 



Je possède tous les ossements provenus des 
explorations que j'ai dites. 

Après chacune je lavais les os à l'eau claire, 
avec une brosse ; et quelques - uns , ceux qui 
n'ont pas été atteints par un llambage parti- 
culier dont je parlerai tout à l'heure, sont si 
blancs, que des personnes m'ont demandé si je 
les avais blanchis par des procédés chimiques. 
Ceci fait, je collais sur chaque fragment une éti- 
quette provisoire, portant un numéro d'ordre, 
afin de marquer à quelle exploration il était 
dû, et, autant que possible , à quel point de la 
grotte il avait été trouvé. 

J'ai lieu de regretter que cette dernière dé- 
termination soit parfois douteuse, et souvent 
manquante. Pendant les recherches, soupçon- 
nant l'importance d'indications locales préci- 
ses, j'enveloppais et classais séparément dans 
mon sac les os tirés des quatre endroits prin- 
cipaux : le talus de l'entrée , — la première 
[)ortion de la grottt% jusqu'aux concrétions cal- 
caires , — la portion à concrétions, — et l'ex- 
trémité supérieure. Mais il arriva plus d'une 
fois que mes collaborateurs vinrent à moi les 

19 



298 

mains pleines d'os cueillis un peu partout, et 
de la provenance desquels ils n'avaient pas un 
souvenir précis. Il arriva même, à la fui de 
la troisième exploration , qu'un collaborateur 
trop pressé de montrer nos trouvailles ouvrit 
mon sac, tira les os de leurs enveloppes, et les 
étala pêle-mêle sur une table. 

A la vérité, on aurait pu au premier instant 
distinguer par l'aspect les ossements des quatre 
provenances : ceux du talus étaient secs, jau- 
nâtres, à peine un peu terreux; ceux de la por- 
tion stalagmitique , couverts de croûtes calcai- 
res; ceux du haut de la grotte , empâtés d'une 
boue gluante ; ceux du bas , moins boueux , et 
d'une autre boue; — la différenciation, sans être 
rigoureuse, eût été suffisamment exacte comme 
résultats généraux. Plus tard, la terre étant sé- 
cbée et tombée par places, surtout les os ayant 
été frottés entre eux , il devenait très-difficile 
de s'y reconnaître. 

Je le répète, je ne savais pas alors toute 
l'importance d'une pareille fixation, et cela fut 
cause que je n'y tins pas assez la main. 

Après avoir collé les étiquettes provisoires, 
j'étudiais chaque fragment en particulier, dé- 
terminant à quel os il appartenait. Je cherchais 
à réunir les fragments entre eux, et j'ai été assez 
heureux pour reconstituer bon nombre d'os en 
entier , et un nombre plus considérable en 
presque totalité. Les soudures sont faites à la 



299 
colle transparente pour qu'on puisse constater 
la légitimité des rapports. 

Parmi les os que je vous montre aujourd'lnii, 
vous pouvez remarquer un radius gauche, un 
cubitus gauche, un péroné droit complets, et 
formés chacun de trois ou quatre fragments; 
vous pouvez voir également un pariétal gauclie 
composé de six fragments, et cependant in- 
complet (1). 

A la fm, j'ai rangé les os suivant Tordre usité 
pour la description du squelette, je les ai éti- 
quetés à nouveau, et catalogués. 

Chacun de ces fragments a passé bien des 
fois dans mes mains. Je les ai longuement étu- 
diés. A l'adverbe longuement, j'allais par rou- 
tine ajouter l'adverbe jjatiemment ; celui-ci ne 
serait pas la vérité : j'ai souvent éprouvé un vif 
intérêt dans cette étude, d'autant mieux, je puis 
bien l'avouer, que je crois avoir découvert quel- 
ques nouveautés archéologiques et anthropolo- 
giques. 

Les os ou fragments d'os d'animaux sont 
en petit nombre , une quarantaine environ , le 
seizième du total, ils sont relativement moins 
brisés que les os humains. 

Les os humains ont été trouvés dans toute 
l'étendue de la grotte, même dans le talus con- 
struit devant l'ouverture ; ils étaient très-nom- 

(1) Ces pièces portent les numéros 226, 219, 302 et 5. 



300 

breux sur l'étage du sommet, fréquents dans 
la partie médiane de la grotte, rares vers l'en- 
trée. Les os d'animaux, dans leur disposition, 
suivaient un ordre inverse : fréquents vers l'ou- 
verture, ils diminuaient en nombre à mesure 
qu'on avançait dans l'intérieur , et manquaient 
presque totalement dès le milieu de la grotte. 

Les ossements produits par la fouille de 
MM. Bontron et Pétellaz, ainsi que par notre 
première fouille, contiennent une forte pro- 
portion d'os d'animaux. Ces explorations ont 
intéressé principalement le bas de la caverne, 
et j'ai tout lieu de croire que les explorateurs 
d'il y a vingt ans puisèrent également vers l'en- 
trée. A cette époque, l'ouverture de la grotte 
était étroite comme nous l'avons trouvée à la 
première visite. 11 est probable qu'ils déléguè- 
rent aux fouilles intérieures un ou deux des 
leurs, les plus fluets parmi les plus hardis, et 
ceux-là ne sont pas nécessairement les plus dé- 
sireux de résultats scientifiques. Les délégués 
auront parcouru la caverne pour leur plaisir, 
jusque, exclusivement, la grande marche du 
fond, et, entre temps, auront fait passer aux 
autres quelques os ramassés près de l'entrée. 
Si chacun en rapporta, ce fut comme échan- 
tillons, un ou quelques-uns. L'importance des 
ossements ne fut pas soupçonnée. 

A l'œil et au toucher, les ossements humains 
paraissent plus anciens (jue les ossements d'à- 



301 
niraaux; ils sont plus légers, plus vides, plus 
blanchis ; ils happent plus fortement à la lan- 
gue. Les ossements d'animaux semblent re- 
monter à des époques très-diverses ; il en est 
probablement de modernes , apportés par les 
renards ou par d'autres bêtes de proie. 

L'épreuve par l'acide chlorhydrique confirme 
ces données. Les os humains donnent un résidu 
extrêmement léger de matière gélatineuse; les 
os d'animaux en donnent généralement davan- 
tage , même presque tous ceux du bas de la 
grotte en donnent notablement. Vous savez que 
les os fossiles conservent toujours une petite 
proportion de matière gélatineuse , à moins 
qu'ils aient été brûlés ou pétrifiés, et que gé- 
néralement la proportion diminue avec l'an- 
cienneté; on en a trouvé dans la mâchoire de 
Moulin-Quignon, on en trouve dans les dents 
de squales incontestablement fossiles, et autre- 
ment anciennes. 

Vous remarquerez des dendrites sur bon nom- 
bre d'os humains. Ces sortes de végétations 
minérales ne sont pas toujours un indice de 
grande ancienneté, puisqu'on en a trouvé sur 
des os tirés de tombeaux de fépoque romaine. 
Leur absunce, aussi, n'est pas une preuve que 
les ossements soient récents, car des spéci- 
mens osseux, datant certainement de l'époque 
de la pierre éclatée, n'en présentent pas traces. 

Ici, les dendrites, parfois très-abondantes, se 



302 

voient principalement sur les surfaces naturel- 
les (les os, sur les surfaces qui, à l'état frais, 
étaient recouvertes par le périoste; — rare- 
ment on les voit sur les surfaces articulaires ; 
— on les découvre exceptionnellement dans les 
cavités médullaires des os longs. Elles existent 
aussi bien à la face interne des fragments crâ- 
niens qu'à la face externe. Je les ai vu péné- 
trer légèrement dans le vide des sutures. Jamais 
je ne les ai vues sur les surfaces de cassures des 
os , et jamais dans les entailles ou les exfolia- 
tions , quelque légères et quelque anciennes 
qu'elles parussent. 

On disait, je crois au sujet des ossements 
incisés de Saint-Prest, que la présence des den- 
drites dans les incisions serait la preuve de 
l'ancienneté de ces dernières. Après l'examen 
des os de Challes, je doute que les dendrites 
puissent se produire dans des incisions quel- 
conques. 

Je pourrais vous montrer plusieurs exemples 
à l'appui, je me contente de vous soumettre ce 
tibia (1), tout parsemé de fines dendrites. A la 
portion inférieure fracturée, voyez ces entail- 
les transversales, profondes, parallèles deux à 
deux, et également espacées de quatorze milli- 
mètres par môme série de deux. Personne ne 
doutera qu'elles aient été produites par la so- 

(1; Numéro 298. 



303 

lide mâchoire d'un animal rongem^ de cadavres. 
On ne doutera pas davantage que cette action 
ait été exercée à un moment rapproché de la 
mort du possesseur du tibia , et alors que le 
cadavre contenait encore des matières alibiles. 
Cependant les dendrites, nombreuses parmi les 
entailles, ne descendent pas dans leur profon- 
deur. Examinant au grossissement d'une forte 
loupe, je n'en ai pas vu trace. 

La végétation dendritique s'est développée 
sur les os encore entiers, et la fragmentatioii 
n'est survenue qu'à une époque de longtemps 
postérieure à l'ensevelissement, époque où très- 
probablement les dendrites avaient acquis leur 
complète croissance. En effet, les fragments 
recollés montrent manifestement que les cas- 
sures ont intéressé les plaques dendritiques 
dans toute leur largeur actuelle. Il semblerait 
que les os à dendrites ont été cassés hier et 
recollés aujourd'hui. Comme exemples frap- 
pants, je vous présente les pièces portant les 
numéros 25, 306 et 310. 

Dans le haut de la grotte, les fragments com- 
posant un même os ont presque toujours été 
trouvés voisins entre eux. Cette circonstance 
semblerait marquer que bon nombre de pièces 
ont été brisées sur place, comme par l'action 
des pieds humains verms les fouler. Les brisu- 
res des os longs sont généralement transversa- 
lés, et sur aucun fragment on ne remarque les 



304 

traces de marteaux, de grattoirs ou de dents, 
signalées dans les reliefs de festins d'anthropo- 
phages. 

Au contraire, dans le bas de la grotte (sauf 
une ou deux erreurs possibles) , nous avons 
découvert les fragments d'os longs que je mets 
sous vos yeux, fragments longitudinaux et dis- 
semblables, trouvés dispersés, dont quelques- 
uns présentent le coup de marteau de pierre 
au bord de la cassure, quelques - uns, mais d'une 
manière douteuse , les empreintes qu'on attii- 
bue aux dents, et presque tous les marques de 
l'action du feu, fragments qui semblent appar- 
tenir à des os dont l'homme a voulu extraire 
la moelle pour la manger. 

Sont-ce là des signes indubitables d'antiu'o- 
}»opl)agie ? Je ne le pense pas. 

Parmi tous ces fragments, deux seulement 
peuvent être rapportés avec certitude au sque- 
lette Immain , ils appartiennent à l'humérus 
droit et au tibia droit; les voici. Ils sont rous- 
sis et effeuillés par le feu, mais je vous mon- 
trerai tout à l'heure que les iiommes de cette 
époque avaient la coutume de placer leurs ca- 
davres sur un foyer, dans la cérémonie de la 
sépulture, et que presque tous les os humains 
portent les mômes marques du feu, (juoique 
moins évidentes. Ils ont subi des chocs et di- 
verses actions mécaniques , mais souvenons- 
nous qu'ils ont été trouvés dans le bas de la 



305 

grotte , que , par conséquent , ils ont pu être 
foulés, dans une époque plus ou moins récente, 
par des hommes à chaussures agrémentées de 
clous de fer. 

Peut - être une nouvelle exploration mettra- 
t-elle à jour un os humain portant des marques 
irrécusables, et nous pourrons nous prononcer. 
L'attention est éveillée; c'est quelque chose. 

Un seul os d'animal , une côte , présente 
des entailles manifestement faites de main 
d'homme. Ces entailles, au nombre de quatre 
ou cinq, ont été pratiquées sur l'os frais, visi- 
blement dans le but d'enlever les parties mol- 
les et mangeables dont il était recouvert; elles 
ont été produites par un instrument très-tran- 
chant, et à lame mince. 

M. de Quatre fages se trouvait dernièrement 
à Aix ; je lui demandai la permission de l'entre- 
tenir de nos fouilles , il me l'accorda gracieu- 
sement ; je portai avec moi les os les plus 
intéressants, parmi lesquels cette côte. Exami- 
nant les coupures, M. de Quatrefages inclinait 
à penser qu'elles étaient dues à l'action d'un 
couteau en silex. 

J'ai remarqué sur le plus grand nombre des 
os humains les traces de l'action du feu. 

Cette action, plus violente sur quelques-uns, 
a produit des exfoliations et des taches noires. 
Ces taches charbonneuses, qui pénètrent en 
profondeur, sont le résultat de la combustion ù 



306 

l'air libre de portions de la matière gélatineuse 
de Tos. Elles ont dû se produire sur les points 
du squelette dénudés par la combustion des 
parties molles. Les exi'oliations et les taches 
noires sont très-visibles sur les fragments que 
je vous présente (1), appartenant à un crâne, à 
une clavicule, à un humérus et à un péroné. 

L'action du feu moins vive se signale par des 
marbrures ou des teintes rougeàtres, lesquelles 
sont nuancées depuis le jaune clair jusqu'au 
noir, en passant par le rouge sang foncé. Le 
jaune clair ne se voit qu'à la lumière du jour; 
il existe sur beaucoup d'os. Vous pouvez voir 
le rouge couleur de sang sur le fragment de 
fémur que je vous présente (2). J'ai pu repro- 
duire la plupart de ces tons en jetant dans le 
feu l'os d'animal que voici, entouré de sa chair. 
Le rouge sang foncé, cependant , ne me paraît 
pouvoir être obtenu qu'à la condition que les 
vaisseaux sanguins n'aient pas été vidés de leur 
contenu. Les marbrures rouges sont vraisem- 
blablement dues aux coulures de la graisse brû- 
lante; les teintes uniformes, ou plates, comme 
disent les aquarelUstes, doivent être attribuées 
à une action plus égale de la chaleur, l'os étant 
à l'abri du contact de l'air. 

L'intérieur du crâne est souvent teinté, l'ex- 

(1) Fragments portant les numéros 53, 190, 208 et 307. 

(2) Portant le numéro 275. 



307 

térieur l'est presque toujours, et rarement la 
teinte intérieure est plus foncée que la teinte 
extérieure. Quelquefois l'os du bassin, forte- 
ment teinté en dehors , reste complètement 
blanc sur ses faces intérieures; voici, comme 
exemple, un fragment d'os iliaque gauche (1); 
plus souvent la teinte existe des deux côtés, 
généralement plus marquée à l'extérieur; quand 
l'intérieur est foncé comme sur ce fragment du 
détroit supérieur droit (2), il faut bien admettre 
que le feu a pénétré dans le bassin. 

L'ischion est fréquemment rouge , quelque- 
fois charbonné, comme celui-ci (3). Les apo- 
physes épineuses des vertèbres sont parfois 
rosées, et non les corps des vertèbres, profon- 
dément abrités dans le torse ; il y a exception 
pour quelques corps de vertèbres cervicales. 
Les côtes sont souvent marbrées, plus en de- 
hors qu'en dedans, plus au bord inférieur qu'au 
bord supérieur, et plus en arrière qu'en avant. 

L'action de la chaleur se montre très-inégale 
sur les os des membres supérieurs. 

Aux membres inférieurs , elle est générale- 
ment plus vive aux faces postérieures et exter- 
nes des os qu'aux faces antérieures et internes. 
Les péronés sont plus roussis que les tibias, 
les grands trochanters que les têtes de fémurs; 



(1) Numéro 268. 

(2) Numéro 259. 

(3) Numéro 261. 



308 

les rotules sont presque intactes. Les calca- 
néums ont été atteints principalement en de- 
hors , ainsi que les astragales et les autres os 
du tarse. Les derniers métatarsiens ont été plus 
rougis que les premiers, pas plus, cependant, 
que ceux du milieu du pied. 

Ces différences de colorations ne sont pas 
tellemeiit manifestes qu'elles frappent au pre- 
mier coup d'œil ; et, comme je crois l'avoir fait 
sentir^, les exceptions sont nombreuses. 

La chaleur a rendu les os plus fragiles. Les 
portions brûlées, à moins quelles ne fussent 
petites , et enchâssées dans des portions plus 
solides, se sont effeuillées et manquent. D'où 
une grosse cause d'erreurs dans l'appréciation 
de ce qui a le plus été chauffé. 

En somme, les cadavres ont été flambés dans 
leur graisse et non brûlés sur un bûcher. 

Les hommes de cette époque pratiquaient 
vraisemblablement des cérémonies de funérail- 
les , et l'opération du flambage devait être 
longue , puisqu'elle permettait à la chaleur de 
traverser des os aussi épais que ceux, du bas- 
sin. Probablement, le cadavre étant allumé, 
ils le laissaient brûler autant qu'il avait de la 



graisse. 



Le bûcher, si cela peut s'appeler de ce nom, 
devait être simplement un amas d'herbes sè- 
clies (peut-être aromatiques), tout au plus de 
branches bien minces , — car s'il eût produit 



309 
une abondance de braises , constamment les 
parties du squelette reposant sur les charbons 
eussent été calcinées et seraient manquantes. 
Or, pas une portion du squelette n'est même 
constamment rougie. 

J'ai cherché à déterminer dans quelle posi- 
tion le corps était placé sur le lit d'herbes sè- 
ches. J'ai dû me représenter la graisse fondue 
et brûlante coulant sur les parties déclives, et 
venant former des flaques en feu autour des 
points les plus bas. 

Si le cadavre avait été couché sur le dos, on 
trouverait les acromions, la partie moyenne et 
postérieure des côtes, les apophyses épineu- 
ses du rachis, l'occiput, la portion postérieure 
du bassin et la portion postérieure des calca- 
néums plus particulièrement atteints que les 
autres os. 

Or , le crâne est peu coloré , et il semble 
l'être davantage au front qu'à l'occiput ; il y a 
très-peu de différence entre la coloration de 
la partie antérieure et de la partie postérieure 
des côtes ; les clavicules sont vigoureusement 
atteintes, les vertèbres le sont moins que la 
plupart des autres os du corps ; le bassin est 
aussi rouge à la partie antérieure qu'à la partie 
postérieure ; et , sur trois calcanéums retrou- 
vés, deux: sont complètement rougis à la parties 
externe, et le troisième, relativement indemne, 
— il a probablement appartenu a un vieillard 



310 

très-maigre, — est principalement atteint sm^ 
sa face externe. 

Les corps n'étaient donc pas couchés. Aussi, 
cette position , on le conçoit , n'aurait pas été 
propice à la réussite de la demi - combustion 
qu'on se proposait; il fallait ramasser le cada- 
vre sur lui-même, et faire, pour ainsi dire, de 
ses membres et de son corps des tisons su- 
perposés. 

Ici, les os les plus signiticatifs sont l(^s astra- 
gales. J'ai cinq astragales droites et six astra- 
gales gauches; elles ont appartenu à au moins 
sept individus adultes, comme je le dirai ])lus 
tard; — toutes ont subi l'action du feu. Si on 
les place en rang , comme je le fais devant 
vous , on les voit généralement rougies à la 
partie extérieure du col. Le pied appuyait donc 
sur son bord externe. 

11 faut en conclure, car les autres positions 
ne seraient pas vraisemblables, que le cadavre 
était accroupi avec les jambes pliées et croi- 
sées, et les pieds ramenés près du. corps. Telle 
est également la situation des squelettes dans le 
plus grand nombre des dolmens et des tumulus. 

Le corps et la tête devaient pencher forte- 
ment vers les genoux, cela est indiqué par l'état 
des clavicules et dos os du crâne , et pai- l'ab- 
sence trop générale des os de la face, du st(^r- 
num et des extrémités antérieures d(^s côtes 
supérieures. 



311 
Sur cinq fragments du maxillaire infériem% 
ayant appartenu à des adultes , quatre ont subi 
vigoureusement l'action du feu , le cinquième 
n'est presque pas coloré ; ce dernier est le 
maxillaire d'une femme âgée d'environ vingt- 
cinq ans; les autres ont appartenu très-proba- 
blement à des hommes. Ce fait tendrait à faire 
penser que le sexe fort, dans ce groupe, était 
notablement pourvu de barbe. 

Les radius sont plus marqués par le feu que 
les cubitus, bien que moins superficiels. Il m'a 
semblé que les premiers métacarpiens étaient 
plus atteints que les autres, aussi les faces anté- 
rieures de l'extrémité inférieure de l'humérus 
plus que les postérieures. On peut en induire 
que les bras tombaient verticalement. 

Bon nombre d'exceptions doivent avoir été 
produites par les mouvements du corps dans 
le brasier. La rigidité cadavérique disparais- 
sait à mesure que pénétrait la chaleur, et la 
combustion, atteignant les membres, imprimait 
des mouvements aux articulations. Peut-être, 
comme me l'a suggéré un de nos collègues, le 
cadavre était-il Hé avec des branches souples 
de bois vert, lesqueUes brûlent difficilement. 
Probablement des personnes spéciales, sinon 
des prêtres, veillaient, munies de bâtons, à con- 
server la position du corps. Quoi qu'il en soit, 
ce devait être un vilain spectacle, surtout pour 
la famille du défunt, que le cadavre nami)aiit. 



312 

la bouche ouverte, tressaillant de ses membres 
et crispant ses doigts et ses orteils. 

J'aurais voulu placer ici les remarques rela- 
tives à l'action du feu sur les os d'animaux 
trouvés dans la grotte. Mais, depuis deux mois, 
grâce à l'obligeance de M. J. Clastellan , ces os 
ont été envoyés à M. Toussaint, professeur à 
l'école vétérinaire de Lyon, lequel saura les 
déterminer avec une toute autre autorité que 
la mienne, — car je n'ai pas spécialement étu- 
dié la paléontologie, et même je n'ai pu trouver 
à Ghambéry aucun ouvrage pouvant m'aider 
dans de telles recherches. Depuis deux mois 
ces os ne sont plus en ma possession , et les 
colorations des os par le feu ne m'ont frappé 
que postérieurement à cette date. 

Seuls trois fragments d'os d'animaux sont 
restés chez moi, — par le fait d'une distraction ; 
sauf meilleure et plus complète détermination, 
ce sont : un fragment du maxillaire supérieur 
gauche d'un individu de l'espèce Sus, — un 
fragment du maxillaire inférieur cauche d'un 
petit herbivore, — un iVagment d'humérus gau- 
ciie d'un renard. 

Tous trois, comme vous pouvez le constater, 
accusent l'action du feu. Le premier présente 
un petit point rouge à l'intérieur du |)alais, sur 
la marge du bord médian ; vu outre , les mo- 
laires adhérent(3S sont marbrées de rouge, et 
l'une d'elles, éclatée , est noircie à l'endroit de 



313 

l'éclat. Le second, à sa face interne , porte une 
tache rouge, semblable à une goutte de pein- 
ture d'ocre qu'on aurait effacée ou étendue 
avec le doigt. Le troisième est constellé de 
points noirs, marbré de rouge et effeuillé; il a 
dû être jeté dans le foyer après avoir été dé- 
pouillé de sa viande, puis, par un hasard quel- 
conque, transporté dans la caverne. 

Les taches rouges des deux premiers frag- 
ments, nettement limitées, m'ont paru dues à 
la manière toute spéciale qu'employaient les 
hommes de l'époque de la pierre pour cuisiner 
leur pot-au-feu. On sait que, dépourvus de 
vases pouvant résister à la chaleur du foyer, 
ils plaçaient les morceaux destinés à produire 
le bouillon dans un récipient de bois , ou , 
comme le font encore quelques peuplades de 
l'Amérique du nord, dans un trou creusé en 
terre et tapissé d'une peau ; y joignaient de 
l'eau, et, pour faire bouillir, jetaient parmi les 
viandes une quantité de cailloux rougis au feu. 
Je crois qu'on peut attribuer les marques rou- 
ges au contact des cailloux brûlants. 

11 ne faut pas croire cependant que dans 
cette opération les portions osseuses recouver- 
tes par l'eau peuvent être marquées : elles ne 
le sont jamais, — j'ai fait l'expérience ; seules 
les portions qui débordent le liquide sont colo- 
rées au contact des cailloux. 

Si, par l'examen des autres os , mon hypo- 

20 



314 

thèse se justifie , il faudra en inférer que ces 
hommes préhistoriques mettaient peu d'eau au 
pot-au-feu, — cela s'exphquo pai- la dilTiculté 
de la faire bouillir, — que leur bouillon était 
plus concentré que le notre , et meilleur à ce 
point de vue. 

Avant de passer à l'énumération ut à la des- 
cription des os humains, permettez-moi , Mes- 
sieurs, une courte digression. 

Je vous disais tout à l'heure que les colora- 
tions différentes des maxillaires inférieurs ten- 
draient à faire jienser que, dans la tribu dont 
les os se retrouvent à la grotte de Challes , les 
hommes étaient notablement barljus. Ce simple 
fait, ni pour vous, ni pour moi, ne constitue 
une preuve, et je n'ai pas à insister pour vous 
en montrer les motifs. Nos ancêtres n'ont peut- 
être pas eu de barbe; pourtant, dans ma con- 
viction, leur système pileux était plus développé 
que le nôtre , et eux - mêmes viennent d'an- 
cêtres poilus à la manière des autres mammi- 
fères. 

Vous savez que tout poil est muni à sa base 
d'un petit muscle, lequel, se contractant, dresse 
le poil et fait saillir légèrement l'appareil du 
follicule. C'est par ce mécanisme que les poils, 
naturellement coucliés, à certains moments se 
hérissent; c'est ]tar ce mécanismi; que se pro- 
duit cliez nous le phénomène appelé la chair 
de poule, l/aniinal qui a froid hérisse ses poils, 



315 

augmente par ce moyen l'épaisseur de sa four- 
rure , emprisonne entre ses poils dressés une 
plus grande épaisseur d'air, mauvais conducteur 
de la chaleur. Ainsi font môme les oiseaux; en 
hiver les moineaux semblent doublés de vo- 
lume. Mais de quelle minime efficacité nous 
est Fhorripilation de notre rare système pileux ! 
Il faut en induire que cette faculté, aujour- 
d'hui inutile, nous a été léguée par des ancê- 
tres qu'elle servait. Nos ancêtres , dépourvus 
de vêtements, étaient velus. Il faut en induire 
que l'usage des vêtements va de plus en plus 
atténuant l'importance du système pileux. Et 
volontiers j'en conclurais que , pour conserver 
longtemps ses cheveux, il faut le plus possible 
garder la tête découverte, et que ceux qui pré- 
tendent multiplier leurs cheveux en les faisant 
couper souvent, n'ont pas absolument tort. 



310 



m 



Nos fouilles ont produit environ six cent 
soixante os ou fragments d'os , parmi lesquels 
une quarantaine étrangers à l'espèce humaine. 

Après l'opération du rapprochement des frag- 
ments et des soudures , j'ai classé et catalo- 
gué trois cent cinquante-quatre pièces, toutes 
appartenant à l'homme. J'ai laissé de côté et 
réservé environ deux cents fragments, — indé- 
terminables ou sans signification utile. 

Les pièces principales dont j'ai à vous entre- 
tenir, et le catalogue sont sous vos yeux. 

En résumé, j'ai catalogué : 

Soixante-deux fragments de crânes; 

Neuf fragments de maxillaires, auxquels neuf 
dents sont adhérentes; 

Dix dents isolées; 

Trente-une vertèbres, parmi lesquelles : onze 
cervicales, douze dorsales et huit lombaires; 

Un sacrum ; 

Quatre fragments de sacrum ; 

Sept fragments de lames de vertèbres, desti- 
nées à montrer le mode de formation des sur- 
faces articulaires; 

Quarante-cinq côtes ou fragments de côtes. 



317 

dont vingt-quatre droites et vingt-une gauches; 

Deux fragments de sternum ; 

Dix-sept fragments de l'omoplate , dont huit 
de la droite et neuf de la gauche; 

Cinq clavicules, parmi lesquelles deux com- 
plètes, une droite et une gauche ; 

Dix-huit fragments d'humérus; 

Deux cuhitus complets, deux radius com- 
plets, et dix-huit fragments de cubitus et de 
radius ; 

Un os du carpe, l'os crochu; 

Quatorze métacarpiens , généralement com- 
plets ; 

Sept phalanges ou fragments importants de 
phalanges ; 

Treize fragments des os du bassin ; 

Dix-neuf fragments de fémurs; 

Trois rotules, dont deux gauches complètes ; 

Neuf fragments de tibias ; 

Un péroné droit complet; 

Onze fragments de péronés ; 

Onze astragales ; 

Trois calcanéums; 

Un scaphoïde gauche; 

Un cuboïde droit et trois cuboïdes gauches; 

Un premier cunéiforme gauche ; 

Onze métatarsiens droits , et autant de gau- 
ches, généralement complets; 

Enfin une première phalange du gros orteil 
droit. 



318 

Parmi les fragments non catalogués, les plus 
nombreux sont les fragments de côtes, puis les 
fragments de vertèbres, puis les fragments de 
crânes, puis les fragments de diaphyses d'os 
longs ; — suivent les fragments de diploé en- 
core nombreux, appartenant soit à des épiphy- 
ses d'os longs, soit à des os plats. 

La surface des os n'a généralement pas été 
usée ni altérée, et beaucoup de pièces sont 
admirablement nettes, plus belles peut-être 
que les pièces osseuses modernes destinées à 
l'étude dans nos musées. 

Les empreintes musculaires sont faibles et 
de peu d'étendue; elles marquent chez les in- 
dividus dont il s'agit une force moins que mé- 
diocre et une certaine gracilité des membres et 
des parties ordinairement charnues. 

D'après une règle anatomique , sujette à des 
exceptions fréquentes , les trous nourriciers 
plongent dans les os des membres en conver- 
geant vers les coudes et en divergeant des 
genoux. Les exceptions à cette règle m'ont 
paru très-fréquentes dans les os de la grotte 
de Challes. 

Beaucoup d'os longs présentent des épiphy- 
ses incomplètement soudées ; en outre nous 
avons trouvé des épiphyses détachées. Si on 
s'en rapportait à ces seules données, il faudrait 
en conclure que le tiers environ des individus 
dont il s'agit sont morts entre quinze et vingt- 



319 

cinq ans. iMais on conçoit que la cérémonie des 
funérailles, par TébuUition des liquides des os, 
ait exagéré les défauts de soudures; on conçoit 
aussi que l'action consécutive et répétée de 
l'eau ait agi dans le même sens. 

Les os longs de même espèce ont, à de lé- 
gères différences près, tous la même grandem\ 
Nous sommes donc en présence d'individus 
ayant presque tous atteint la taille adulte, et 
parmi lesquels la différence de taille entre les 
deux sexes n'était pas considérable. 

Les épiphyses détachées , et d'autre part les 
empreintes des granulations de Pacchioni, que 
vous pouvez remarquer sur plusieurs parié- 
taux, prouvent qu'il y a là des jeunes gens et 
des vieillards. 

Combien de personnes en tout? — A mon 
sens une dizaine , peut-être davantage , à coup 
sûr pas beaucoup moins. 

J'ai six fragments du temporal droit et cinq 
du temporal gauche, fragments présentant tous 
le trou auditif interne , par conséquent parfai- 
tement distincts, et ayant appartenu à six indi- 
vidus au moins. 

J'ai six extrémités inférieures du fémur gau- 
che, fragments sûrement distincts; je dois dire 
cependant que l'une d'entre elles , plus grosse 
que les autres (1), a été trouvée dans le bas de 

(1) Numéro 276. 



320 

la grotte, près des fragments d'humérus et de 
tibia qui portent peut-être des signes d'anthro- 
pophagie, lesquels eux-mêmes sont relative- 
ment plus volumineux que les os du haut de 
la grotte, et signalent probablement des hom- 
mes d'une race différenti^ et d'une époque [)0S- 
térieure . 

Je vous présente, enfin, cinq astragales droi- 
tes et six astragales gauches. Toutes ces derniè- 
res sont bien conservées. Quatre des astragales 
droites sont également très-nettes de formes. 
Par l'inspection des surfaces articulaires, des 
saillies diverses et des petits trous qui servi- 
rent à l'implautation des fibres hgamenteuses 
ou à la pénétration des vaisseaux nourriciers, 
on reconnaît des similitudes entre certaines 
astragales droites et certaines astragales gau- 
ches. Ainsi, le N° 314 concorde exactement 
avec le N" 318. On peut affirmer que ces deux 
astragales ont appartenu au même individu. De 
même pour les N"'^ 317 et 323 ; ils sont très- 
sensiblement symétriques. Le N° 316 concor.lo 
peut-être avec le N" 3^21; il y a cependant des 
(hliérences notables. L'astragale droite, [JortanL 
le N" 315, ne peut être rapportée à aucune des 
astragales gauches. Ces astragales nous signa- 
lent donc au moins sept individus et probable- 
ment huit. 

Parmi les astragales gauches, deux sont rela- 
tivemeirt grosses , les N"^ 320 et 321 , — trois 



321 

sont petites, les N"» 319, 322 et 323, — une est 
intermédiaire, le N'^ 318. .F attribuerais volon- 
tiers les deux premières à des hommes adul- 
tes, les trois secondes à des femmes adultes, et 
la dernière à un jeune homme , — ceci non- 
seulement à cause de la grosseur, mais encore, 
et surtout, à cause de la profondeur des em- 
preintes des tendons et des attaches ligamen- 
teuses, indiquant les efforts subis et les poids 
supportés, et à cause de l'état des surfaces arti- 
culaires. 

Les astragales droites, N"* 315 et 316, sont 
aussi volumineuses et autant creusées par les 
diverses empreintes que les grosses astragales 
gauches, N*^'^ 320 et 321. Vous savez avec quel- 
les astragales gauches concordent deux autres 
des astragales droites. Ouant à la cinquième 
astragale droite, elle est trop incomplète pour 
qu'on puisse porter un jugement sur elle; pen- 
dant un long examen j'ai penché alternative- 
ment à la ranger parmi les astragales d'hommes 
et parmi les astragales de femmes. 

De cette étude des astragales, il résulterait 
<|ue la grotte aurait contenu des débris des 
ossements des deux sexes en proportion à peu 
près égale. 

Je ne possède malheureusement aucune autre 
série d'os similaires pouvant se prêter à la 
même étude. 

Le Iragment important de mâchoire inférieure 



322 

que voici (1), composé de trois fragments col- 
lés, a été attribué par M. de ()uatrefages à une 
femme d'environ vingt-cinq ans. 

J'estime que cette partie droite d'un crâne (2) 
appartient également à une femme, et à la même 
femme. Elle se compose de quatre fragments 
soudés : la plus grande portion de la moitié 
droite du frontal, deux portions du pariétal, et 
le temporal presque complet. Le fragment d'oc- 
cipital, portant le N" 17 , fait partie du même 
crâne. Nous parlerons de ce crâne plus lon- 
guement tout à l'heure; je ne veux présente- 
ment vous faire remarquer que la discordance 
apparente qui existe au point de vue de l'âge, 
entre ces molaires à la couronne profondément 
usée, et ce frontal dont les deux moitiés n'é- 
taient pas encore réunies. 

Actuellement , dans notre race , toute trace 
de la suture médiane du frontal est effacée à 
l'âge adulte. Chez cette femme de vingt - cinq 
ans, la suture montre encore toutes ses dente- 
lures, et il n'y a pas trace d'arrachement à la 
table interne par le fait de la séparation des 
deux moitiés de l'os. Cette soudure tardive n'est- 
elle qu'une simple exception , ou rentre-t-elle 
dans la règle générale pour cette race? Je laisse 
la question indécise, n'ayant pas suffisamment 
d'éléments pour la résoudre. 

(1) Numéro 66. 

(2) Numéro 2. 



323 

On a depuis longtemps remarqué que les 
dents des hommes préhistoriques étaient sou- 
vent très-usées, et presque toujours admirable- 
ment saines. La carie est un cas très -rare, 
même elle parait n'avoir été rencontrée qu'à 
dater de l'époque du bronze. Les dents de la 
grotte de Challes sont toutes pai'faitement sai- 
nes, quoique fréquemment marquées de larges 
dépôts de tartre. Nous y reviendrons plus loin. 

Ainsi nous sommes en présence d'os ayant 
appartenu à une dizaine d'individus, parmi les- 
(juels autant d'hommes que de femmes , et, 
selon toute probabilité, ayant atteint leur crois- 
sance complète. Si des difficultés insurmonta- 
bles s'opposent à ce que nous puissions calculer 
les tailles des deux sexes, nous pouvons tout 
au moins déterminer la taille moyenne entre 
les deux sexes , et la comparer à la taille 
moyenne entre les sexes de notre race. 

Les os de Challes sont très-petits , tellement 
qu'un docteur de notre ville, à qui J\IM. Pétel- 
laz et Bontron montraient les résultats de leurs 
fouilles, au premier coup d'œil s'écriait : — Ce 
sont des os d'enfants ! 

Je les ai mesurés avec le plus grand soin. A 
cet effet, je les plaçais horizontalement sur une 
règle divisée en millimètres, et nmnie de deux 
plans verticaux, l'un tixe, placé à l'exti'émilé 
de la règle, l'autre mobile , arrivant au contact 
de l'os. J'ai mesuré non-seulement les os en- 



324 

tiers, mais aussi tous les fragments de quelque 
importance; et, comparant ces derniers avec 
les os homologues entiers , soit anciens soit 
modernes , j'ai calcule avec toute l'attention 
possible la longueur de l'os entier à laquelle 
correspondait le fragment , et , par une opéra- 
tion arithmétique de proportions, j'ai déterminé 
très -approximativement les grandeurs totales 
des ossements dont il ne reste plus que des 
parties. Enfin j'ai pris la moyenne des nombres 
obtenus. 

Je considère mes calculs comme suffisamment 
précis pour un certain nombre d'os : le radius, 
le cubitus , le péroné , le tibia , la clavicule , 
les métacarpiens et les métatarsiens ; et je ne 
pense pas que de nouvelles découvertes dans 
la grotte ou aux environs puissent en modi- 
fier sensiblement les résultats. Je ne crois pas 
avoir atteint la même précision en ce qui con- 
cerne l'humérus, le fémur, la rotule, les os du 
tarse, les phalanges des doigts et des orteils, 
— soit parce que les exemplaires entiers man- 
quaient, soit à cause du nombre trop restreint 
de fragments homologues. Je ne mentiomierai 
pas les calculs relatifs aux autres os du sque- 
lette, trop de causes d'erreurs peuvent les avoir 
entachés. 

Voici les moyennes résultées : 

Clavicule 127 milfim. 

Humérus 254 id. 



325 

Radius 209 railllm. 

Cubitus 232 id. 

Premier métacarpien 38 id . 

Deuxième métacarpien 60 id. 

Troisième métacarpien 57 id. 

Quatrième métacarpien 50 id. 

Cinquième métacarpien 42 id. 

Fémur 313 id. 

Rotule, longueur, 39 milîim., largeur, 40 id. 

Tibia 314 id. 

Péroné 304 id. 

Calcanéum 71 id. 

Astragale 51 id. 

Calcanéum avec astragale 78 id. 

Astragale et scaplioïde 64 id. 

Calcanéum avec astragaleetscaphoïde. 91 id. 

Calcanéum, astragale, scaplioïde et 

premier cunéiforme 111 id. 

Mêmes os, plus le premier métatarsien 164 id. 

Mêmes os, plus la première phalange 

du gros orteil 1 92 id . 

Calcanéum et cuboïde 92 id. 

Calcanéum, cuboïde et quatrième mé- 
tatarsien 148 id. 

Premier métatarsien 54 id. 

Deuxième métatarsien 68 id. 

Troisième métatarsien 64 id. 

Quatrième métatarsien 59 id. 

Cinquième métatarsien 63 id. 

Première phalange du gros orteil 30 id. 

Toutes ces dimensions sont plus petites que 

les semblables dimensions moyennes prises 



326 

dans notre race actuelle, mais les différences 
sont très-inégales et me paraissent précieuses 
à recueillir. 

J'ai puisé les renseignements sur les gran- 
deurs des os modernes dans la table de Krause^ 
dans les Traités d'anatomie, et dans le tableau 
d'Orlila, tel qu'il est donné par Briand et Chaude. 

Le tableau d'Orfila permet de calculer la 
taille d'un squelette moderne, — ou d'un indi- 
vidu moderne , — d'après un seul des grands 
os des membres. 

Prenant pour base le radius ou le cubitus, le 
tableau d'Orfda assignerait une taille moyenne 
de l'"52 aux individus de la grotte de Challes. 

L'humérus donnerait l'"41. 

L'écart est énorme. 11 prouve que dans cette 
race ancienne l'avant- bras était relativement 
plus long que le bras. 

Les longueurs du tibia et du péroné condui- 
sent toutes deux à une taille de l'"45. 

La longueur du fémur fait descendre la taille 
à !•" 38. 

Encore ici il faut conclure que la jambe était 
relativement plus longue que la cuisse , peut- 
être même plus longue en valeur absolue, car, 
entre le tibia et le fémur, j'ai trouvé une dilTé- 
rence de un millimètre à l'avantage du tibia; 
— résultat fort étrange, et qui sera peut-être, 
dans une petite mesure, modifié par des trou- 
vailles ultérieures. 



327 

La longueur du membre supérieur assigne à 
cette tribu une taille de 1'" 46. 

La longueur du membre inférieur, une taille 
de l"i41 ou l'"42. 

Les membres supérieurs étaient donc relati- 
vement plus longs que les membres inférieurs. 

La moyenne entre ces chiffres est 1">437, 
Très-probablement la taille moyenne réelle des 
hommes de Challes ne s'écartait pas notable- 
ment de cette grandeur. 

D'après Krause , la taille moyenne moderne 
est 1'" 683. 

Comparant ces chiffres, nous pouvons dire 
que la taille moyenne des hommes de Challes 
était à peine les 6/7 de la taille moyenne ac- 
tuelle. 

Le poids moyen actuel est 58 kilog. 5. 

Si nous supposons à nos individus préhisto- 
riques un embonpoint égal au nôtre relative- 
ment à leur taille, si, en d'autres termes, nous 
supposons qu'ils nous sont géométriquement 
semblables, — leur poids moyen sera à notre 
poids moyen ce que le cube de six est au cube 
de sept, — même il y aura quelque chose à 
leur avantage dans ce calcul. 

Cette simple opération d'arithmétique leur 
donne pour poids moyen 36 kilog. 83, soit en- 
viron les 3/5 de notre poids. 

Certainement leur poids réel était moindre, car 
leur système musculaire était peu développé. 



328 

En proportion de leur taille, leurs clavicules 
étaient petites, les omoplates plus petites en- 
core, et surtout les acromions ; les côtes étaient 
courtes, minces, à courbure rapide, surtout 
vers le haut du thorax. En conséquence, ils 
avaient la poitrine étroite , principalement le 
haut, et les épaules étroites et de peu d'épais- 
seur. Le thorax probablement était allongé. 

Calculant la longueur de leur pied d'après 
deux méthodes différentes , j'ai trouvé succes- 
sivement les chiffres 22'2 milhm. et 218millim., 
dont la moyenne est 220 millimètres. 

La longueur du pied moderne est, suivant 
Krause, 243 millimètres. 

Le nombre 220 n'est pas tout à fait les 6/7 
du nombre 243. Ainsi, leur pied aurait été pro- 
portionné à leur taiUe, même un peu petit. 

Je n'ai trouvé dans aucun ouvrage les lon- 
gueurs actuelles des difiérents os du pied. 
Calculant d'après les os d'un squelette que je 
possède, et d'après des planches d'anatomie, il 
m'a paru que le tarse des hommes de Chai les 
était relativement moins grand que les méta- 
tarsiens et les orteils. 

Leur pied était plat. Ceci résulte pour moi 
de l'étude attentive de chacun des os du tarse 
et du métatarse, et surtout de la conforma- 
tion du calcanéum. Comparez ce calcanéum 
ancien (1) et ce calcanéum moderne ; vous \ cr- 

(1) Numéro 325, 



329 
rez le profil inférieur du calcanéum moderne 
se relever à Tavant et soulever la face articu- 
laire qui répond au cuboïde; rien de semblable 
au calcanéum ancien , et la partie inférieure 
de la face d'articulation au cuboïde touche le 
plan horizontal sur lequel on pose l'os. 

La longueur de leur main, calculée d'après la 
longueur des métacarpiens, serait de 180 mil- 
limètres. Nous n'avons pas trouvé suffisamment 
de phalanges dans la grotte pour les faire en- 
trer en ligne de compte. 

D'après Krause, la main est actuellement lon- 
gue de 486 millimètres. 

Ici la différence est considérable; leur main 
était très-petite relativement à leur taille. Elle 
était aussi extrêmement étroite. Les têtes infé- 
rieures des quatre derniers métacarpiens , as- 
semblées comme elles le sont dans la main 
moderne, et amenées au contact, ne donnent 
qu'une largeur totale de 39 millim., — les deux 
tiers environ de ce qu'on obtiendrait avec une 
main de squelette moyen actuel. 

Circonstance remarquable, le premier méta- 
carpien est très-long. On peut en induire que 
le pouce offrait une longueur relative considé- 
rable. 

11 n'y a pas à se le dissimuler, les hommes 
de Ghalles, par de nombreux caractères, se rap- 
prochent des singes anthropomorphes. Ils sont 
peut-être plus faibles de corps et plus impar- 

21 



330 

faits que les types actuels les plus arriérés. J'ai 
vainement cherché des chiffres en ce qui con- 
cerne la prédominance chez le Nègre ou l'Aus- 
tralien modernes, de Tavant-bras sur le bras, 
et de la jambe sur la cuisse. Sous Tinfluence 
de Pruner-Bey, on a beaucoup étudié les crâ- 
nes et trop délaissé les autres os du squelette. 
Laissons momentanément la comparaison de 
la race qui nous occupe avec les races actuel- 
les ou préhistoriques; aussi bien, nous n'avons 
pas Uni d'examiner les particularités qu'elle 
présente. 



331 



IV 



Depuis Pietziiis, on s'est beaucoup servi de 
la forme du crâne pour distinguer entre elles 
les races humaines. 

Retzius a divisé les crânes en deux classes : 
les clolicliocéphales et les hrachycéphales ; le 
premier mot signifie têtes longues, le second, 
têtes courtes. 

La longueur du crâne se mesure de la gla- 
belle à la protubérance occipitale. La largeur 
se prend entre les deux bosses pariétales. La 
longueur étant 400, — sont appelés brachycé- 
phales les crânes dont la largeur égale 80 ou 
dépasse ce nombre, et dolichocéphales les crâ- 
nes dont la largeur est inférieure à 77,77. La 
largeur ainsi comparée à la longueur est Y in- 
dice céphalique. On appelle mésocéphalcs les 
crânes dont l'indice céphalique est compi-is 
entre 77,77 et 80. 

Les hommes de la grotte de Challes étaient- 
ils hrachycéphales ou dolichocéphales? 

Question difficile à résoudre en l'absence de 
crânes complets; difficile surtout pour moi qui 
suis dépourvu d'instruments spéciaux de me- 
surage, et qui n'ni point assez de science pour 



332 

me prononcer après la simple inspection de 
quelques fragments crâniens. 

Le plus grand fragment que nous possédions 
est la pièce N'^ 2. Je vous l'ai déjà montrée, je 
la remets sous vos yeux. C'est la plus grande 
portion de la partie droite d'un crâne, — crâne 
que je crois féminin , et que j'ai rapproché de 
la mâchoire déterminée par M. de Quatrefages. 

Gomme je vous l'ai dit, le fragment d'occipi- 
tal N»^ 17 lui appartient. Il se place facilement 
dans sa position normale, et présente notam- 
ment le bord postérieur du trou occipital. 

Pour calculer le diamètre bipariétal, j'ai pro- 
jeté sur un plan la portion extérieure du frag- 
ment et la ligne droite passant par la suture; 
frontale et le milieu du bord postérieur du 
trou occipital. Ceci accompli avec les plus mi- 
nutieuses précautions, il m'a suffi, pour obtenir 
la grandeur cherchée, de mesurer et doubler 
le plus grand diamètre transversal de la figure. 
Le diamètre bipariétal est égal à 131 millim. 

Des erreurs plus graves peuvent s'être intro- 
duites dans l'évaluation du diamètre antéro- 
postérieur. En l'absence de la portion écailleuse 
de l'occipital , j'ai dû calculer ce diamètre à 
l'aide d'une règle de proportions , par compa- 
raison avec un autre crâne que je possède, 
crâne légèrement brachycéphale , et dont l'in- 
dice est 81,8. Sur ce dernier et sur le fragment 
N" '2 , j'ai mesuré la (Ustance outre la glab(!lle 



333 

et le bord du trou auditif. Notez que, sur cha- 
cune de ces pièces, les droites, passant par les 
trous auditifs, passent également par le bord 
antérieur du trou occipital. J'ai supposé dans 
les deux crânes les diamètres antéro -posté- 
rieurs proportionnels aux distances entre la 
glabelle et le trou auditif. Le grand diamètre 
du crâne de la grotte de Ghalles, ainsi calculé, 
est égal à 170 millimètres. 

L'indice céplialique serait donc 77,06, et 
nous pourrions conclure à une dolichocéphalie 
à peine marquée. 

Mais ce crâne serait mésocéphale , si son 
occiput était aplati, ainsi qu'on le remarque aux 
crânes préhistoriques voisins de ceux de Chât- 
ies par la plupart des caractères. 

Le fragment de mâchoire inférieure de la 
même personne peut nous donner des indica- 
tions sur la forme du crâne. Il se compose de 
la presque totalité de la moitié gauche , et d'une 
portion de la moitié droite comprenant les al- 
véoles des incisives, de la canine et de la pre- 
mière prémolaire. Au côté gauche, il manque 
le bord postérieur de la branche dans toute sa 
hauteur, y compris le condyle. 

A simple vue, on juge déjà que les dimen- 
sions antéro -postérieures de cette mâchoire 
sont très -courtes relativement aux dimensions 
transversales. Pour plus de précision, j'ai pro- 
jeté , comme vous le voyez, sur le plan que je 



33i 

vous présente , le Fragriient de maxillaire ; et 
traçant, pour ainsi dire, les abscisses et les 
ordonnées , j'ai construit une moitié droite sy- 
métrique à la gauche; puis, j'ai -mesuré sur les 
projections la distance entre les sommets des 
apophyses coronoides, ainsi que la ligne antéro- 
postérieure qui joint le milieu de cette distance 
avec le point le plus avancé du menton. 

La distance des apophyses coronoides est de 
93 millim. La ligne antéro-postérieure est lon- 
gue de 56 millimètres. 

j^e maxillaire inférieur de mon crâne mo- 
derne brachycéphale oiYre pour ces deux: mê- 
mes longueurs les chitïres 99 et 7'2 millimètres. 

Ainsi, le maxillaire de Challes aurait, si je 
puis m'exprimer ainsi, un indice beaucoup plus 
brachycéphale que le maxillaire moderne. 

J'ai pratiqué les mêmes mensurations pre- 
nant pour base sur chaque mâchoire, non plus 
la distance entre les apophyses coronoides , 
mais la distance entre les points les plus bas 
des échancrures sigmoïdes. Les cliiflres obte- 
ims sont respectivement : 95/66 et 99/90. La 
conclusion est la même. Ces chitîres montrent 
cependant que les échancrures sigmoïdes de 
la mâchoire ancienne sont dans des plans plus 
convergents et versent moins en arrière que 
dans la mâchoire moderne. 

L'écartement des branches de la mâchoire 
intérieure manjue l'écartemeiiL des cavités glé- 



335 

iioides creusées aux temporaux, et, par consé- 
quent, avec une certaine justesse, la grandeur 
du diamètre transverse du crâne. 

La brièveté du diamètre antéro-postérieur de 
la mâchoire a moins de sigiiification relative- 
ment au crâne. Elle indique tout au moins ici 
que la face de cette femme n'avait rien de bes- 
tialement proéminent. Même, en tenant compte 
de la grandeur et de Tinclinaison des lignes qui 
joignent le condyle au menton et la cavité glé- 
noïde à la glabelle, on est conduit à imaginer 
un visage large à l'arrière des joues, et aplati, 
comme celui des peuplades hyperboréennes , 
ou , sans aller si loin , comme celui de beau- 
coup de nos campagnardes , mais sans notable 
prognatisme , et à expression intelligente , car 
le front est plus avancé que le menton ; — un 
visage peut-être en somme agréable. 

Le haut du frontal manque. On juge cepen- 
dant que le front était droit et élevé. Le bord 
orbitaire est long et saillant ; il s'abaisse rapi- 
dement à la partie externe. Le crâne est sin- 
guUèrement étroit à sa portion antérieure , et 
la ligne courbe temporale empiète beaucoup 
sur le front. Ce dernier, mesuré entre les extré- 
mités des arcades sourciUères, oITre 94 millim. 
de largeur, et 81 millim. seulement entre les 
deux bgnes courbes temporales. La glabelle est 
saillante . 

En général, les os des crânes de Challes ne 



336 

présentent pas une épaisseur bien remarqua- 
ble, et les sutures sont presque aussi conqjii- 
quées qu'aux crânes modernes (1). 

Les apophyses mastoïdes sont toutes très- 
petites, et leur pointe se recourbe vers l'ar- 
rière. Les trous auditifs diffèrent trop entre 
eux pour qu'on puisse leur assigner une l'orme 
particulière. La rainure digastrique et le sillon 
de l'artère occipitale sont presque toujours 
absents. En revanche , on remarque parfois , 
et notamment sur la pièce N" 2 , un sillon 
large, profond et semé de cavités secondaires, 
séparant la partie mastoïdienne et la partie 
écailleuse du temporal , et aboutissant au trou 
auditif externe, il ressemble à Timpression d'un 
doigt étendu. 

Les rochers se dirigent plus directement de 
dehors en dedans que dans les crânes de nos 
jours. 

Les crânes de Challes ressemblent plus aux 
crânes de Furfooz qu'aux autres crânes pré- 
liistoriques jusqu'ici étudiés. Néanmoins les 
fronts de Challes sont plus arrondis et plus 
étroits peut-être. Les crânes de Furfooz sont 
légèrement brachycéphales. Nous n'avons jus- 
qu'ici pu mesurer qu'un seul crâne de Challes, 
— avec une exactitude contestable, — et nous 
avons obtenu pour ce crâne féminin une pro- 
babilité de mésocéphalie ; ce résultat n'empè- 

(1) Voy. la pièce n" 43. 



337 

che point que les autres crânes do la même 
tribu , surtout les crânes masculins , aient un 
indice bracbycéphale. 

J'ai déjà décrit tout à l'heure bon nombre de 
caractères de la mâchoire inférieure' N° 66. 
J'ajouterai qu'elle ressemble beaucoup à celle 
du crâne N*^ 1 du trou du Frontal , décrite par 
M. Pruner-Bey, avec ces différences que le 
menton est plus relevé et plus saillant , — le 
profil du bord inférieur légèrement iléchi de 
manière à former un angle obtus regardant en 
haut, — que la dent de sagesse a existé, comme 
le montre son alvéole vide, — et que, peut-être, 
la branche était moins large. L'arcade dentaire 
est un peu plus ouverte que sur les mâchoires 
modernes. La branche est déjetée en dehors, 
un peu plus en haut qu'en bas , et plus en 
arrière qu'en avant. Par suite, l'arrière de l'ar- 
cade dentaire fait une vigoureuse saillie à l'in- 
térieur de la bouche. 

La hauteur de l'os, vers l'avant-dernière mo- 
laire est seulement de 23 miUimètres. 

Les autres fragments de maxillaires infé- 
rieurs diffèrent généralement de celui-ci par 
des dimensions plus grandes, et par des dé- 
tails peu importants , — sous le rapport des 
apophyses, géni par exemple. Les apophyses 
coronoides ont peu d'élévation, et paraissent ne 
pas même s'élever au niveau des condyles (1). 

(1) Numéros 71 et 66. 



338 

Les seuls fragments intéressants de maxil- 
laires supérieurs sont lus fragments que voici, 
portant les N"* 63 et 65. Ils marquent un léger 
prognatisme de la mâchoire supérieure, et une 
largeur notable du bas des fosses nasales. 

Ces points sont des ressemblances de plus 
avec les crânes découverts en Belgique. 

Nous avons trouvé dix-neuf dents humaines 
dans la grotte de Challes , dont onze molaires 
proprement dites, cinq prémolaires, deux ca- 
nines et une incisive inférieure. 

Les dents les plus usées sont les molaires et 
l'incisive inférieure, puis les prémolaires; les 
canines ne portent pas trace d'usure. Encore, 
toutes les molaires ne sont pas usées : six le 
sont beaucoup ; trois à un degré moindre ; les 
deux dernières sont moins usées peut-être que 
les molaires modernes en moyenne. Deux pré- 
molaires seulement sont notablement usées, ce 
sont celles de la mâchoire do la jeune femme. 
11 est à remarquer que les dents de la mâchoire 
supérieure sont usées principalement sur le 
bord interne de la couronne , et celles de la 
mâchoire inférieure sur le bord externe. 

Quelques anthropologues ont attribué l'usure 
préhistorique des dents à la mastication de la 
viande crue , d'autres à l'usage d'un pain con- 
tenant des particules pierreuses , d'autres en- 
core à une aUmentation où entraient pour une 
bonne part les racines qu'il faut beaucoup ma- 



339 

cher, et même les lierbes contenant de la silice, 
comme les graminées. Aucune de ces opinions 
ne me parait fondée. 

La première tombe d'elle-même, si Ton songe 
que les renards et les autres carnassiers n'ont 
pas la coutume de faire cuire leurs viandes, et 
cependant n'ont pas les dents usées. On sait 
d'ailleurs que les hommes les plus anciens dont 
on ait retrouvé les ossements connaissaient 
l'usage du feu. 

La seconde opinion suppose la pratique de 
l'agriculture ; or l'agriculture n'a pu prendre de 
l'extension qu'à l'époque où apparaissent les 
principales espèces animales domestiques, c'est- 
à-dire à l'époque de la pierre polie , et l'usure 
paléontologique des dents a été signalée sur- 
tout chez les hommes antérieurs à cette époque. 

La troisième opinion serait la plus vraisem- 
blable. Rétléchissons cependant. Peut -on sé- 
rieusement admettre que , dans un pays froid 
ou môme à température semblable à celle du 
nôtre, des hommes fassent entrer pour une 
grosse part dans leur alimentation des racines 
et des herbages? Quelles sont les racines dont 
ils pourraient se nourrir, et où sont les her- 
bages siliceux qui soutiendraient leurs forces ? 
On a beaucoup abusé du mot racines à ce point 
de vue. On disait que des rehgieux des pre- 
miers temps du christianisme vivaient de ra- 
cines. Je l'admets si par racines on entend 



340 

des navets et des carottes. Mais les hommes 
d'avant Tagriculture ne connaissaient point ces 
racines. 

Acceptant même la possibilité d'une telle 
alimentation , voyons ce qu'il adviendrait. Evi- 
demment les molaires seraient usées , mais 
aussi les dents du devant de la bouche em- 
ployées à trancher les substances usantes ; les 
incisives seraient usées en biseau. On trouve- 
rait aussi l'usure chez tous les individus adul- 
tes d'une même tribu , plus ou moins, mais 
enfin chez tous. Or tel n'est point le cas des 
dents trouvées dans la grotte de Challes , et 
l'incisive que je vous montre est usée non en 
biseau, mais, comme si, la tenant verticalement 
entre le pouce et l'index, on l'avait longtemps 
h'ottée sur une pierre horizontale. 

Souvent à ce sujet on exprime un fait , — 
que je crois vrai , — mais qui n'est pas une 
explication. On dit . l'usure des dents est une 
affaire de races ; certaines races , même parmi 
les modernes , ont les dents usées , d'autres 
non. Il est remarquable qu'on se contente plei- 
nement d'un pareil énoncé, comme s'il donnait 
la clef de la cause dernière. 

Qu'il y ait ici une question de race, je veux 
en convenir. Cependant nous sommes en pré- 
sence d'individus de la même race, nous étu- 
dions un petit groupe, peut-être une même 
famille ; les hommes de Challes ont même 



341 

conformation physique , probablement mêmes 
habitudes dans une vie commune ; — et toutes 
les dents ne sont pas usées; — six molaires le 
sont beaucoup , et deux ne le sont pas d'une 
manière appréciable. 

Gomment se produisait l'usure ? 

Examinez les quatre dents restées adhérentes 
à la mâchoire de la jeune femme, lesquelles 
toutes sont usées, mais à des degrés divers, — 
voyez la deuxième molaire usée, non comme si 
on avait promené sur elle un plan, mais une 
surface plus compliquée ; — voyez surtout la 
deuxième prémolaire avec ses deux facettes 
d'usure situées sur le bord externe de la cou- 
ronne et se rencontrant à angle, — et vous 
comprendrez que ces dents ont été usées par 
un mouvement de va-et-vient contre les dents 
supérieures, mouvement de mastication ana- 
logue à celui des ruminants , où la mâchoire 
inférieure, au lieu d'aller de bas en haut, se 
meut de droite à gauche et réciproquement, 
mouvement que nous pouvons encore produire, 
mais dont nous ne nous servons pas. 

Ceci vu, il est facile de conclure. Les indi- 
vidus à dents usées sont ceux qui mâchaient 
habituellement de cette façon particulière. Les 
individus à dents non usées sont ceux qui mâ- 
chaient comme nous. 

Les hommes de Challes sont à l'époque de 
la transition ; l'habitude de mastication latérale 
allait disparaître. 



342 

Les hommes préhistoriques mâchaient donc 
fréquemment par des mouvements de latérahté 
de la mâchoire inférieure. Encore, pour que 
cette manière leur fût plus utile que notre ma- 
nière ordinaire , faut-il que leurs arcades den- 
taires fussent autrement disposées que les nôtres. 

Chez eux , comme le prouve la grandeur de 
Tusure, les molaires supérieures et inférieures 
coïncidaient dans presque toute leur largeur. 

Chez nous , les molaires inférieures emboî- 
tent leur crête externe dans le sillon médian 
creusé aux molaires supérieures. La crête in- 
terne des inférieures , la crête externe des su- 
périeures demeurent à peu près inutilisées. 
Quand nos molaires se touchent , nos incisives 
supérieures cachent les inférieures; et quand 
les tranchants des incisives coïncident, les mo- 
laires sont séparées par un grand espace. D'où 
la gêne pour exercer les mouvements latéraux 
de la mâchoire. 

Nos deux arcades dentaires ont presque même 
étendue et même courbure. La coïncidence des 
dents n'a pas lieu, parce que l'arcade inférieure 
est portée en arrière. Sans ce retrait, nous mâ- 
cherions vraisemblablement comme mâchaient 
les hommes préhistoriques à dents usées. 

A mon sens, la conformation actuelle de nos 
mâchoires, — conformation anormale, puis(pie 
les dents de sagesse inférieures restent à moitié 
découvertes , — n'est qu'un accident du déve- 



343 

loppement humain. De génération en généra- 
tion le crâne de l'homme grandit et son front 
proémine. Les os de la face, solidement liés 
au crâne, suivent le mouvement du front. L'ar- 
cade dentaire supérieure s'avance. La mâchoire 
inférieure ne touche au crâne que plus en ar- 
rière, vers le milieu de sa base , et seulement 
par les extrémités articulaires de ses branches; 
— le mouvement en avant ne peut pas l'en- 
traîner. Et comme la maladie atteint facilement 
les organes anormaux ou mal placés, la carie 
est fréquente à notre époque , et les dents de 
sagesse inférieures sont, plus souvent encore 
que les autres dents, affligées de carie. 

Au maxillaire inférieur de la jeune femme, 
vous pouvez voir un bel espace lilore entre les 
deux incisives médianes. Le fait se produit en- 
core quelquefois de nos jours. Plus souvent les 
incisives, trop serrées, chevauchent. Il semble 
que , relativement au volume des dents, les ar- 
cades dentaires diminuent (rétendue. Peut-être 
faut-il l'attribuer à des aliments d'une mastica- 
tion plus facile. J'ignore si le chevauchement 
des dents a été observé chez les hommes pré- 
Instoriques. Ce défaut est aujourd'hui si fréquent 
que les dentistes américains, plus hardis que 
les nôtres, prennent la coutume d'arracher aux 
enfants une ou deux dents saines à chaque mâ- 
choire, en vue de la régularité du développe- 
ment dentaire. 



344 

Notre mâchoire inférieure est moins large que 
notre front, et la face de l'homme moderne est 
un ovale à petite courbure inférieure. La face 
de la femme de Challes , et probablement la 
face des hommes préhistoriques en général, 
présentait des largeurs inverses, et l'ovale avait 
en bas sa grande courbure. 

Quelques mots encore touchant la pièce N*^ 2, 
et nous en aurons fini avec elle. Veuillez m'ex- 
cuser de ne pas suivre dans ces descriptions 
un ordre didactique ou autrement régulier , je 
me laisse peut-être trop entraîner au courant 
de ma pensée, mais j'imagine être ainsi moins 
sec et plus compréhensible. 

Le pariétal incomplet de la pièce N° 2 ayant 
appartenu, com.me vous le savez , à la jeune 
femme, présente à sa partie supérieure et pos- 
térieure une entaille ou plutôt la fin d'une en- 
taille, faite comme par un coup de hache. Elle 
intéresse principalement la table externe; à la 
table interne manque une large esquille. Des 
fêlures très-fines partent de l'extrémité de l'en- 
taille ou courent parallèlement à elle, et la 
lèvre de l'entaille porte une très-mince bavure 
osseuse, résultat vraisemblable du refoulement 
de l'os frais. J'ai vainement cherché à repro- 
duire la môme bavui'e sur d'anciens fragments 
de crânes. 

Les fêlures , la bavure , la position et la 
direction de l'entaille portent à penser que la 



345 

l)lessure a été faite à la femme vivante. Le 
coup a dû être porté verticalement. A ce mo- 
ment, fuyant le coup , elle baissait la tête et la 
retirait vers sa gauche, regardant un peu en 
haut et à droite. La mort probablement a été 
rapide, car on ne remarque aucun signe de 
l'inflammation consécutive de l'os. 

Je me hâte de dire qu'il y a loin de ces 
signes à la certitude. Il est regrettable que 
nous n'ayons pas en notre possession les au- 
tres fragments du même pariétal; on les trou- 
vera peut-être. Les parties que nous possédons 
proviennent du même point de la grotte, situé 
dans la portion à concrétions calcaires, la por- 
tion jusqu'ici la moins bien explorée. 

Si l'acte homicide est prouvé, il dénotera des 
coutumes barbares. Il est déjà probable que la 
condition de la femme n'était pas heureuse 
parmi la tribu de Challes; nous pouvons induire 
que, comme chez la plupart des peuplades 
sauvages modernes, elle était réduite aux dures 
privations et aux exercices pénibles, — car les 
fragments retirés de la grotte, qu'on peut attri- 
buer au sexe féminin, à cause de leur petitesse 
ou de leurs formes, sont moins que les os mas- 
culins marqués par le feu; — très - pro])able- 
ment les femmes étaient maigres. 



îî 



346 



V 



Il y a de curieuses différences de formes entre 
les squelettes de Challes et les squelettes mo- 
dernes relativement aux vertèbres cervicales et 
à l'articulation de la tête avec la colonne ver- 
tébrale. Vous les constaterez sur les pièces que 
je mets entre vos mains (1). 

Comme signification générale elles sont ana- 
logues aux différences que je vous ai signalées, 
notamment dans les os des membres, et à celles 
que je vous signalerai encore. Elles semblent 
montrer que les hommes de la trilm de Challes 
s'écartaient moins que nous des quadrumanes, 
ou quadrupattes, suivant l'expression de M^^^ Clé- 
mence Royer, et des mammifères, dont la station 
ne comporte pas la verticalité de la colonne 
vertébrale . 

.le regrette n'avoir pu étudier aucun squelette 
d'anthropomorphe comme terme de comparai- 
son , et n'avoir presque rien trouvé dans les 
traités spéciaux que l'on peut lire à Chambéry. 
De là des lacunes dans le travail que je vous pré- 



(1) Pièces portant les numéros 17, 18, 82, 83, 85, 86, 87, 88, 89, 
90, 9-2, 9.1, 118, 119, 120, 121, 122 et 123. 



347 

sente, lacunes que je tenterai de combler pro- 
chainement, — et Eiussi ({uelques incertitudes. 

Les condyles des occipitaux de Challes no 
sont pas saillants comme les condyles des occi- 
pitaux modernes. Même la portion postérieure 
de la surface articulaire s'enfonce pour ainsi 
dire dans la matière osseuse du crâne, et cette 
dernière forme une lèvre au pourtour ainsi 
qu'une ptàte refoulée. 

Les surfaces articulaires des condyles mo- 
dernes sont étroites aux deux l)outs, et princi- 
palement au bout antérieur. Ces mêmes sur- 
faces sont presque rectangulaires aux condyles 
anciens, et sont dirigées aussi plus directement 
d'avant en arrière. 

Notons en passant la forme du trou occipital. 
Elle est moins arrondie sur les crânes de Challes 
que sur les crânes modernes, et présente trois 
angles, un en avant et deux sur les cotés, à 
l'arrière des condvles. 

Nous n'avons trouvé qu'un atlas dans la grotte, 
et son arc postérieur fait défaut. 11 a été dé- 
couvert au môme point que le fragment (roc- 
cipital N'J 17 , et paraît ;ivoir appartenu à la 
même personne. 

Ses surfaces articulaires supérieures répon- 
dent par leur position et leur courbure aux 
condyles du N"17; mais, à l'inverse des crânes 
modernes, les surfaces articulaires correspon- 
dantes n'ont |)as, ;"i beaucoup près, la inêine 



348 

forme. Ici les bords interne et externe sont lar- 
gement échancrés ; — sur les atlas modernes 
ces bords sont presque partout convexes. 

Il semble que l'os ancien supportait depuis 
peu de temps le poids de la tête , et que les 
condyles se soient imprimés dans une surface 
osseuse peu habituée à leur pression, et trop 
étroite pour porter la marque de leur largeur. 
Il semble aussi que l'os moderne, sous une 
pression continue , a développé ses masses la- 
térales dans tous les sens, et, faisant saillir ses 
surfaces articulaires, les a amenées au contact 
de la totalité de la largeur des condyles. 

Regardez les deux atlas en face, et considérez 
les proiils supérieur et inférieur des masses 
latérales : — à l'atlas moderne les deux lignes 
convergent rapidement de dehors en dedans; — 
à l'atlas ancien elles sont presque parallèles. 
A ce dernier, non-seulement les crêtes externes 
manquent aux surfaces articulaires supérieures, 
mais encore, et surtout, les surfaces articulaires 
inférieures sont situées presque daus un même 
plan horizontal. 

L'empreinte articulaire de l'apophyse odon- 
toïde est beaucoup plus marquée à l'atlas mo- 
derne qu'à l'ancien. Sur les côtés de cette 
empreinte il est facile de voir sur l'os moderne 
deux grosses saihies pisiformos, que ne signa- 
lent pas les traités d'anatomie , et qui proba- 
bkjment servent, ahisique les dépressions adja- 



349 

centes, aux insertions du ligament transverse. 
Ces saillies n'existent pas sur l'atlas ancien, ou 
plutôt n'existent qu'à l'état rudimentaire et 
presque microscopique. 

L'axis, on le prévoit, a des surfaces articu- 
laires supérieures moins inclinées en dehors que 
l'axis moderne, plus inclinées cependant qu'on 
ne l'aurait supposé après la simple inspection 
de l'atlas. Ces surfaces, circonstance remar- 
quable, se courbent en avant et figurent des 
épaules. Elles permettaient donc à l'atlas et à 
la tête un mouvement de flexion et d'extension 
que ne permettraient pas les mêmes articula- 
tions modernes. 

La surface articulaire inférieure de l'axis est 
fortement cambrée, et plus inclinée de haut en 
bas qu'actuellement. 

Le corps de l'axis moderne est convexe à sa 
partie postérieure ; — il est concave à l'axis de 
(Ihalles. 

Sur ce dernier, le canal de l'artère vertébrale 
est plus coudé et plus long que sur l'axis d'au- 
jourd'hui. 

L'apophyse odontoïde ancienne diffère de la 
moderne en ce qu'elle est vigoureusement étran- 
glée à la partie postérieure de son col, en ce que 
le col est également plus marqué latéralement, 
en ce que l'empreinte articulaire antérieure est 
moins large et moins profonde, et la postérieure 
plus nette et concave, vue de profil. Le hga- 



350 

ment traiisverse avait mieux prise sur l'apo- 
physe odontoïde ancienne, et pouvait plus effi- 
cacement la retenir à sa place. Cette disposition, 
très-utile chez les quadrupèdes et les singes, 
animaux, qui baissent fréquemment la tête, n'a 
plus la même valeur dans la station bipède, et 
doit chez nous tendre à s'effacer. 

J^es corps des vertèbres cervicales de ChuUes 
ont relativement moins de hauteur que les corps 
des vertèbres cervicales modernes. 

Les surfaces articulaires des apophyses des 
dernières vertèbres cervicales sont remarqua- 
blement inclinées et atteignent rapidement la 
verticale. 

Jugeant d'après des figures de scpelettes de 
singes anthropomorphes ou autres, parmi les- 
quels le mésopithèque de Sansan, restauré par 
Lartet, je crois que chez ces animaux les in- 
flexions du rachis sont intermédiaires (;ntre 
les nôtres et celles des quadrupèdes ordinaires, 
notamment en ce qui concerne les vertèbres 
cervicales et les premières dorsales. 

Chez nous, cette portion supérieure du rachis 
offre : en haut, une courbure à convexité an- 
térieure, plus bas, une courbure à convexité 
[X)stérieure ; — toutes deux très-douces et in- 
sensiblement rehées , — la première à peine 
marquée, la seconde moins apparente encore. 

Si l'on passe de l'homme aux singes et aux 
(juadrupèdes, on voit ces courbures se modifier 



351 

de plus un plus. Déjà, chez les singes, la tran- 
sition entre les deux courbes est brusque : il 
y a comme un heurt entre la courbure cervi- 
cale, très -prononcée, et la direction dorsale, 
presque rectiligne. Un singe qui se tient debout 
ressemble à un vieillard ; la tète est en avant , 
les épaules en arrière ; en outre, sa grande cour- 
bure cervicale lui fait une nuque à profil con- 
cave. 

Les inllexions de la portion supérieure de 
l'épine dorsale des hommes de Challes étaient, 
si je ne me trompe , intermédiaires entre ces 
dernières et celles de Thumanité actuelle ; — 
plus proches de nous si l'on veut, mais inter- 
médiaires. 

La verticalité des surfaces articulaires des 
apophyses cervicales marque l'effort accompli 
pour lever la tète et redresser le cou. Les sur- 
faces articulaires de l'apophyse odontoïde, rela- 
tivement plus occupées en arrière qu'en avant, 
dénotent incontestablement une tête abaissée. 
L'enfoncement à l'arrière des condyles de l'oc- 
cipital est encore une preuve de l'effort de re- 
dressement." 

J'ignore si les autres particularités signalées 
se retrouvent chez les singes. Je les rappelle 
pour que des observateurs mieux placés que moi 
puissent se prononcer sur leur existence. Ce 
sont : 

Le peu de saillie des condyles de l'occipital ; 



352 

La largeur des extrémités de leurs surfaces 
articulaires ; 

Leur direction plus autéro - postérieure que 
chez l'homme moderne ; 

La forme échaucrée des surfaces articulaires 
supérieures de l'atlas ; 

Le peu d'obliquité des surfaces articulaires 
inférieures du même os ; 

L'absence des éminences pisiformes; 

La forme bombée et la pente antérieure des 
surfaces articulaires supérieures de l'axis; 

L'obliquité de la face inférieure du corps de 
l'axis ; 

La longueur et l'inclinaison du canal de l'ar- 
tère vertébrale dans le même os ; 

La concavité du corps de cette vertèbre à 
l'endroit du canal rachidien ; 

L'étranglement du col de l'apophyse odon- 
toide ; 

L'importance de l'impression du ligament 
trans verse. 

Pendant que se redressait ainsi le rachis, bon 
nombre d'apophyses articulaires devaient chan- 
ger de lieu , de forme , d'inclinaison. Chez 
l'homme moderne , les apophyses articulaires 
méritent généralement leur nom d'apophyses: 
ce sont des surfaces articulaires portées par des 
socles osseux. Chez les hommes de la grotte, 
ce ne sont souvent que des surfaces frottées 
et comme usées sur les lames des vertèbres. 



353 

Vous en trouverez des exemples dans les pièces 
portant les N^«92, 93, 118, 119, 120, 121, 122. 
Il parait donc que de telles surfaces vertébrales 
étant soumises à des frottements , il y naît des 
cartilages et tous les accessoires constituant les 
articulations, puis que croissent les socles qui 
détachent de l'os les surfaces articulaires et 
les tiennent à distance. L'évolution complète 
embrasse probablement des générations nom- 
breuses. 

Des autres courbures de la colonne verté- 
brale, je n'ai rien ou j'ai peu à vous dire. Nous 
avons trouvé douze vertèbres dorsales et huit 
lombaires; mais je n'ai pu acquérir de certi- 
tude , relativement au rang occupé dans le ra- 
chis, sur aucune, hormis peut-être le N^ 93 qui 
serait une première dorsale. Ces vertèbres, à 
part le volume, ne diffèrent pas notablement 
des vertèbres dorsales et lombaires modernes. 
J'ignore si le sacrum N" 113 a appartenu à un 
homme ou à une femme; je penche à le croire 
masculin; encore dans ce cas, il serait relative- 
ment long, étroit et peu courbé. 

Il est des relations entre les diverses cour- 
bures du rachis; l'une étant donnée, on peut, 
dans une certaine mesure, en induire la forme 
des autres et même la position des membres. 

Si nous essayons de placer la portion supé^ 
rieure de notre colonne vertébrale dans la si- 
tuation que nous avons reconnue habituelle chez 



354 

les hommes de la grotte de Challes ; si nous 
abaissons le cou , tout d'une pièce , exagérant 
sa courbure et relevant la tête ; éi nous mar- 
quons l'angle entre le cou et le dos , — nous 
sentons les courbures dorsale et lombaire ten- 
dre à s'effacer, à devenir rectilignes ; — en 
même temps le corps s'incline en avant , et 
nous sommes sollicités à fléchir un peu les ge- 
noux. 

Telle est la station bipède des singes an- 
thropomorphes. 

Telle était peut-être, quoique à un moindre 
degré , la station ordinaire d'hommes préhisto- 
riques ; en effet, on a souvent trouvé des tibias 
anciens aplatis en lames de sabre , en lames à 
tranchant antérieur, et des fémurs anciens à 
forme équivalente, c'est-à-dire à diamètre latéral 
réduit , à forte épaisseur antéro-postérieure , à 
ligne âpre saillante ; — les tiljias surtout sont 
caractéristiques, la science les désigne du nom 
de platycnémiques ; — ceux de Challes sont lé- 
gèrement platycnémiques. Ces ibrmes osseu- 
ses s'expliquent si la station ordinaire veut des 
genoux plies, car une lame de sabre résiste 
mieux dans le sens du tranchant que sur le plat, 
et, les membres inférieurs étant fléchis, le poids 
du corps porte sur le tibia dans le sens du tran- 
chant. Le platycnémisme a lieu de se réduire 
à mesure que le corps se redresse vX que se 
relève la tête. En dehors de cette hypothèse, 



355 

— car ce n est qu'une hypothèse, — je ne vois 
pas comment on exphquerait le platycnémisme 
et la forme correspondante du fémur. 

Le sacrum, que je viens de vous montrer, 
ressemblerait à un sacrum de nègre, — et aussi 
l'os iliaque -N" 264 que je place sous vos yeux 
parallèlement à un os iliaque moderne. Encore 
qu'on attribue cette pièce à un individu du sexe 
masculin, il faut convenir qu'ehe est remar([ua- 
blement étroite comparativement à sa hauteur, 
que la fosse iliaque interne est peu concave, et 
qu'il n'y a pas un angle bien marqué à l'endroit 
du détroit supérieur du bassin. Non-seulement 
nos crêtes iliaques sont plus évasées, mais aussi 
elles sont comme déjetées en arrière. L'échan- 
crure sciatique, chez nous, se recourbe en demi- 
cercle ; sur la pièce ancienne elle représente 
LUI angle presque droit. Il semble que , des 
hommes de ChaUes à nous, la portion iliaque 
[)roprement dite de l'os coxal ait été repliée en 
arrière, de manière à fermer l'échancrure scia- 
tique, et, tout ensemble, refoulée au dehors. 

Nous comprendrons ces modifications si, nous 
reportant à l'hypothèse de tout à l'heure, nous 
imaginons le corps de l'homme, primitivement 
penche, se relevant à mesure du développement 
de la race. Pendant le redressement, les viscères 
abdominaux pèsent de plus en plus sur les fosses 
ilia(iues internes, et évasent le bassin. Pendant 
le redressement aussi, le sacrum, qui transmet 



356 

au bassin le poids du corps, est porté en arrière 
du plan vertical passant par les têtes des fémurs, 
d'où la déformation constante des os iliaques, 
pressés suivant des forces de sens opposés, mais 
agissant dans des plans différents, et notamment 
la fermeture de la courbe de l'échancrure scia- 
tique. Persistant dans cet ordre d'idées, on pour- 
rait expliquer également comment le détroit in- 
férieur du bassin tend à se rétrécir (le sacrum 
naturellement se redresse plus que l'axe du 
bassin ), et comment l'accouchement est plus 
difficile chez les femmes de notre race que chez 
les femmes de la race nègre, ou des races qui, 
pour cette conformation spéciale, se rapprochent 
des individus objet de notre étude. 

J'arrive à vous entretenir d'une particularité 
très-marquée et très-singulière du fémur; — 
particularité, dis-je, car M. de Quatrefages, à 
qui j'ai montré la pièce que je vous soumets (1), 
ne connaît pas que rien de seml)lable ait été 
signalé dans la science ; — particularité que , 
jusqu'à plus ample informé, nous avons lieu de 
croire propre aux races préhistoriques de Savoie, 
par la raison qu'elle saute aux yeux, et que les 
anthropologues l'eussent décrite si on la voyait 
chez d'autres races; et par cette seconde raison 
que nous l'avons également constatée sur les 
fémurs provenus de nos fouilles de Grésine , 

(l; Numéro 274. Voir aussi les pièces N" 271 et 275. 



357 

fouilles intéressant probablement l'époque du 
bronze, et sur lesquelles je compte vous sou- 
mettre un rapport. 

Je place en face de vous deux extrémités 
supérieures du fémur; l'une est d'un fémur 
moderne, l'autre d'un fémur de Challes. Sur la 
première , vous apercevez nettement le petit 
trocbanter à sa place ordinaire ; — sur la se- 
conde vous ne voyez pas cette saillie. Elle 
existe cependant, mais à une autre place. Je re- 
tourne les deux fémurs et vous montre leurs 
faces postérieures. Il est clair maintenant pour 
vous que le petit trocbanter du fémur de 
Cballes est situé beaucoup plus en arrière que 
le petit trocbanter du fémur moderne. Il est 
aussi moins gros, toutes proportions gardées. 

Piemarquez encore qu'au fémur de Challes le 
sommet de la crête du grand trocbanter s'élève 
au moins au niveau de la portion la plus supé- 
rieure de la tête du fémur, — ce qui n'est pas, 
à beaucoup près, sur les fémurs modernes; et 
que la crête intertrocbantérienne est plus ex- 
terne au fémur ancien qu'à l'autre pièce. 

Pour que vous ne pensiez pas que la pièce 
N" 274 est une exception, je vous montre les 
pièces N"* 271 et 275, qui, bien qu'incomplètes, 
marquent la même curieuse conformation. 

Au petit trocbanter s'insèrent les muscles 
psoas et iliaque, insérés d'autre part à la co- 
lonne vertébrale et à la fosse iliaque interne, 



358 

et réfléchis dans le trajet sur le bord antérieur 
du ])assin. Ces muscles fléchissent le fémur et 
le tournent en dehors, ou, si le fémur est fixé, 
llécliissent le tronc et le. tournent inversement. 

Quelle est la cause du déplacement du petit 
trochanter ? 

Dans le redressement du tronc, les muscles 
psoas et iliaque, étirés, ont-ils pu amener le 
petit trochanter en avant? — Je l'ignore. 

L'habitude de la station assise qui, paraîtrait- 
il , s'est substituée à l'habitude de la station 
accroupie, a-t-elle pu, par pression sur la saiUie 
osseuse , la dévier de sa place première ? — 
C'est encore possible, mais je n'oserais l'affir- 
mer. 

Enfin, sommes-nous en présence d'une de 
ces modifications sympathiques à d'autres mo- 
difications souvent éloignées de l'organisme , 
de ces concordances sans lien saisissible dans 
l'état actuel de nos connaissances et cependant 
nombreuses? — Je ne puis le dire. 

Je constate le fait. 11 aidera peut-être à la 
découverte des lois des transformations du sys- 
tème osseux. Nous ne faisons encore que soup- 
çonner ce que peuvent sur les os les pressions 
et les tractions diverses. 

Je ne veux hasarder non plus aucune expli- 
cation relativement au grand troclianter et à la 
crête intertrocliantérienne . 

J'ai vainement cherciié à comiaitre comment 



359 

les singes anthropomorphes ont l'extrémité su- 
périeure du fémur. Cuvier, ni Audebert, ni les 
autres auteurs que j'ai feuilletés ne sont expli- 
cites à cet endroit. J'ai vu cependant à la biblio- 
thèque de Chambéry une planche représentant 
de face un squelette de gorille , et il m'a paru 
que le petit trochanter était caché. 

A part la conformation de l'extrémité supé- 
rieure et la petitesse, les fémurs de Challes 
n'ont rien d'extraordinaire. Ils sont à peine un 
peu plus épais d'avant en arrière, et un peu 
moins épais latéralement que les fémurs mo- 
dernes. 

Les tibias sont légèrement platycnémiques. 

Les péronés varient extrêmement entre 
eux (1). Sur chacun des fragments j'ai placé 
l'étiquette du numéro d'ordre sur la face ex- 
terne, laquelle est parfois très-difficile à recon- 
naître. Souvent la crête inter-osseuse est plus 
saillante même que le bord antérieur. Ce der- 
nier, parfois à peine visible, est parfois saillant 
comme un tranchant de couteau , et les faces 
interne et externe sont creusées en gouttières. 

On observe également des ditîérences nota- 
bles parmi les péronés modernes , mais , que 
je sache , pas autant que parmi les péronés de 
Challes. 



(1) Numéros 304, 305, etc., jusqu'à 314. 



360 

J'ai dit du pied et de la main tout ce que 
j'avais à en dire. 

La tête de l'humérus présente , d'une ma- 
nière atténuée , des singularités analogues à 
celles de la tète du fémur. 

A côté de cet humérus de Ghalles (1) , je 
vous montre un humérus moderne. Vous voyez 
qu'à l'humérus ancien le grand trochanter est 
plus élevé , la gouttière bicipitale plus externe 
qu'à l'autre humérus. Le col anatomique est 
effacé dans sa moitié supérieure. La surface 
articulaire est étroite d'avant en arrière, étroite 
surtout en bas, et, à ce point, fort distante de 
l'axe de l'os. A la bien examiner, on pourrait 
conclure que le bras était, plus habituellement 
que chez nous, séparé du corps. Le col ana- 
tomique est dans un plan incliné, de telle sorte 
que, si on suppose la position moyenne du 
bras verticale pendant la marche, il faut ad- 
mettre l'inclinaison du tronc en avant. 

Sur cinq extrémités inférieures d'humérus 
ayant conservé leur fosse olécrànienne intacte, 
une seule, portant le N° 196, montre la perfo- 
ration de la cloison. Vous savez que cette per- 
foration , très-rare chez nous , très-fréquente 
chez les anthropomorphes , fréquente à des 
degrés divers chez les hommes préhistoriques, 
est considérée comme un signe d'infériorité de 
la race. 

(1) Numéro 194. 



361 

Quelques cubitus, mais non tous, ont une 
convexité notable de la portion supérieure de 
leur bord postérieur; — autre signe d'infério- 
rité. 

Je n'ai observé sur aucun i-adius la difle- 
rence de creusement de la cupule signalée par 
le docteur Charvet, de Grenoble. 



23 



362 



VI 



Espérant vous intéresser davantage aux fouil- 
les de Cballes , et désirant vous décider à de 
prochaines explorations, je vais essayer de géné- 
raliser les résultats déjà obtenus. Mais, avant de 
vous dire mon opinion, je vous rappelle qu'elle 
n'a jusqu'ici d'autres bases que les caractères 
des ossements humains décrits , — t^t je fais 
mes réserves relativement aux indications que 
pourront apporter les trouvailles ultérieures. 

Les hommes de Challes , je l'ai dit, ressem- 
blent, plus qu'à toute autre race préhistorique 
connue, aux hommes découverts par M. Ed. 
Dupont en Belgique, dans l^es grottes de Furfooz. 
Ces derniers appartiennent à l'époque du renne, 
que l'on convient être la dernière période de 
l'âge de la pierre éclatée, et sont de race hy- 
perboréenne , — analogues dans une certaine 
mesure aux Lapons modernes. 

Déjà , par analogie , on peut croire hyperbo- 
réens les individus de la tribu de Challes. 

Mais le doute n'est plus possible si l'on con- 
sidère leur très-petite taille, leur face large et 
aplatie, leurs narines ouvertes, leur aspect en 



363 
somme semblable à ce que nous savons de la 
plupart des peuplades arctiques actuelles. 

Les hommes retrouvés à Challes vivaient-ils 
réellement à l'époque du renne? — Ici le doute 
est permis. 

Vers la fin de la période glaciaire, alors qu'un 
manteau de neiges et de glaces cessait de re- 
couvrir nos contrées et se retirait lentement 
vers le nord , que la faune et la tlore boréales 
suivaient ce mouvement de recul, — les pays 
élevés où sont les Alpes demeuraient encore 
glacés, puis, à mesure d'un lent réchauffement, 
se revêtaient des mousses et des plantes pro- 
pres aux climats polaires, retenaient les ani- 
maux et les hommes qui vivent sur les limites 
du froid, et formaient comme une ile arctique 
au miheu d'une région tempérée. Les Lapons 
des plaines pouvaient depuis longtemps avoir 
dépassé la Belgique , et les hommes des zones 
tempérées , d'une race plus grande , et prol)a- 
blement hostile, avoir depuis longtemps envahi 
jusque bien loin les pays environnants, lorsque 
parmi les Lapons attardés sur les Alpes vivait 
le groupe de la colline de Challes. 

11 se peut qu'au moment de leur existence 
aucun renne ni aucun animal arctique ne vécût 
plus en Savoie ; il se peut mémo que la faune et 
la flore, modifiées par l'accroissement de tem- 
pérature, fussent analogues à celles (l(>s temps 
modernes; — il se peut, en somme , que les 



364 

individus dont nous avons trouvé les ossements 

ne fussent contemporains ni du renne ni de 

l'époque de la pierre éclatée ou de la pierre 

polie. 

Nous aurons à ce sujet des indications sé- 
rieuses quand de nouvelles explorations nous 
auront fait découvrir leurs instruments de tra- 
vail ou de chasse. Nous en aurons aussi quand 
M. Toussaint, ayant terminé son étude sur les 
ossements d'animaux, nous dira quelles espè- 
ces ont été trouvées dans la grotte. 

Cependant , permettez-moi de hasarder une 
conjecture. J'estime que les hommes de Ghalles 
vivaient à une époque peu distante du renne, 
et dépendante encore de l'âge de la pierre 
éclatée, — car leurs formes sont nettement 
hyperboréennes, et ces formes eussent été mo- 
difiées par une longue existence sous un cHmat 
tempéré; — elles eussent été modifiées, sinon 
par le climat lui-même, au moins par des mé- 
lancfes avec d'autres races. 

A mon sens , la grotte représente doux 
époques séparées par un long intervalle. La 
première est celle que je viens de dire. La 
seconde appartient à l'âge du l)ronze ; elle est 
signalée par le tahis de l'ouverture, le frag- 
ment de hache en bronze et les ossements 
trouvés près du talus. 

Les petits hommes de l'âge de la pierre écla- 
tée n'ont peut-être jamais connu la caverne. 



365 
Leurs ossements y sont venus amenés par les 
eaux. Je m'expliquerai sur ce point tout à 
l'heure. 

Les hommes de Tàge du bronze semblent 
avoir fait de la caverne un refuge , refuge ad- 
mirablement caché , et fortifié par l'étroitesse 
dvi canal d'entrée. Imaginez des ennemis obli- 
gés , pour pénétrer dans la grotte , de ramper 
dans la position que nous avons prise, et voyez 
comme il est facile à un seul homme placé à 
l'intérieur, et armé d'une hache du genre de 
la hache trouvée, de défendre son refuse contre 
une horde entière. Ces hommes y ont laissé 
la plus grande partie des ossements d'animaux 
découverts. Certainement ils ont parcouru toute 
la grotte, et souvent ils ont dû fracturer sous 
leurs pas les os humains de l'âge de la pierre. 
Peut-être ont- ils allumé le feu dont on voit 
les traces au sommet de la caverne. Le talus 
de l'entrée a été construit à la hâte : des os 
humains y sont mêlés , — et aussi des pièces 
de bois, probablement l'extrémité des leviers 
dont ils se servaient pour remuer les pierres. 
S'il y a eu acte d'anthropophagie, il a été com- 
mis par les hommes de l'âge du bronze. 

Je disais que les ossements des hommes de 
l'âge de la pierre sont venus dans la caverne 
entraînés par les eaux. Je le pense : 

1" Parce que ces os se sont présentés à nous 
sans aucun ordre anatomique ; 



366 

ti'^ Parce que le volume total des os retrouvés 
est minime, comparé au volume que formeraient 
les squelettes d'une dizaine d'individus ; 

3'J Parce que les fragments , disposés du haut 
au bas de la caverne, augmentaient à peu près 
régulièrement en nombre de l'ouverture jus- 
qu'au fond; 

4» Parce que la forme de la grotte, sa lon- 
gueur et les accidents de son trajet ne permet- 
tent pas de croire que les cadavres aient été 
passés par l'entrée et portés jusque sur l'étage 
du fond dans un but de sépulture; 

5" Parce que les os ont été trouvés mêlés à 
de la boue et à des pierres, et parfois arrêtés 
en amont d'un bloc un peu gros , exactement 
comme s'ils avaient été charriés dans une crue 
d'eau en même temps que ces matériaux divers ; 

6'^ Enfin, parce que quelques fragments, no- 
tamment la pièce N° 283 , montrent à l'endroit 
de la fracture, sur la surface osseuse la plus 
facile à rayer, de nombreuses et fines stries 
parallèles, — que je ne puis attribuer (|u'à l'ac- 
tion des pierres et des sables entraînés par 
l'eau courante. 

Certainement, si l'on veut admettre (jue les 
corps ont été primitivement portés sur l'étage 
du fond de la caverne, puis qu'une crue d'eau 
a dispersé les squelettes, rayé et fragmenté les 
os , on explique encore , au moins jusqu'à un 
certain ponit, la plupart de ces circonstances. 



367 

En ce cas, on eût trouvé quelques rapports 
anatomiques parmi les os restés au sommet. 
En somme, il est un moyen de décider si la 
dispersion a commencé à l'étage indiqué, ou 
si les ossements proviennent de plus haut. Il 
suffira d'éclairer, avec une bougie placée à 
l'extrémité d'une perche , le sol de la petite 
chambre que l'on aperçoit du fond de la grotte ; 
— si sur ce sol on voit des os, les cadavres 
n'ont pas eu leur sépulture dans la caverne. 

Les dendrites doivent s'être formées hors de 
la grotte , dans le heu primitif de l'ensevehs- 
sement des corps. 

En effet, les dendrites, vous l'avez vu, ne 
se sont pas produites indifféremment sui* 
toutes les surfaces osseuses ; elles se montrent 
principalement sur les surlaces qui, à l'état 
frais, étaient recouvertes d'un périoste, — en 
d'autres termes , sur les surfaces du squelette 
les premières dérmdées de parties molles dans 
la décomposition du cadavre. Elles ont donc 
pris naissance dans le terrain de la sépulture. 

En second heu, je crois vous avoir démontré 
([ue le complet développement dendritique a 
précédé la fragmentation des ossements. Il y a 
eu frai^'mentation au moment de la chute dans 
la caverne et de l'entraînement par l'eau. Que 
le nombre des cassures ait été augmenté par 
le fait des hommes de l'âge du bronze ou par 
le fait des visiteurs modernes, — que même 



368 

on admette d'autres causes antérieures ou pos- 
térieures de fragmentation , — si on convient 
que les os ont été charriés dans la caverne et 
ont pu être fracturés pendant le transport , on 
est forcé de convenir que le développement 
de la végétation dendritique était accompli an- 
térieurement à cette action. 

Les dendrites sont un mélange d'oxyde de 
Icr et de manganèse. Ces éléments ne provien- 
nent pas de la substance des os, car tous les 
os n'ont pas de dendrites, et toutes les surfaces 
osseuses n'en sont pas également couvertes. 
L'os lui-même ne contient ni fer ni manga- 
nèse; à peine trouverait-on ces corps dans le 
sang des vaisseaux osseux, et en proportions 
extrêmement minimes. Les éléments des den- 
drites viennent du terrain qui entoure les os. 
Ce point vous paraîtra plus évident encore si 
vous songez que de simples cailloux , comme 
des couteaux en silex, sont parfois couverts 
de dendrites. Il faut donc qu'à une certaine 
époque, et pendant un temps très-long, les 
ossements des hyperboréens de Clialles aient été 
enfouis dans la terre. C'est une raison de plus 
pour croire à l'ensevelissement au dehors de 
la grotte. 

La durée de l'enfouissement est probable- 
ment de plusieurs milliers d'années. Probable- 
ment aussi, les hommes de l'âge du bronze 
sont eux-mêmes distants de nous d'au moins 
trois mille ans. 



360 

Quel temps s'écoula entre la chute dans la 
grotte des premiers os à dendrites et l'arrivée 
des constructeurs du talus de l'ouverture'? — 
Personne, je crois, ne pourrait le dire. 

J'admettrais volontiers pour le transport des 
ossements par l'eau une durée considérable ; 
j'admettrais même qu'il s'effectue encore à notre 
époque. Un mince ruisselet grossi par inter- 
mittences suffit à expliquer tous les charriages 
dans la grotte, car le fond est étroit et la pente 
rapide. Les os sont demeurés en grand nombre 
sur le plancher du sommet, parce qu'il succède 
à une brusque déclivité, qu'il est plat, et qu'il 
produit une sorte de tamisage. Toute forte 
inondation, tout déluge est ici contredit. Si un 
gros ruisseau avait traversé la grotte pendant 
une seule journée, il eût balayé le plancher de 
ses os et de sa boue, comblé les cavités creu- 
sées dans la couche stalagmitique , et roulé par 
dessus le talus de l'ouverture. On comprend 
(|ue le filet d'eau soit mince , car la grotte est 
près du sommet de la colUne. 

La seule preuve scientifique du déluge , (jui 
reste aux partisans de la tradition biblique, 
consiste dans un prétendu remplissage simul- 
tané des grottes. Je n'ai visité eu Savoie qu'une 
dizaine de grottes ; cependant j'ai pu juger 
qu'elles étaient très - inégalement comblées ; 
même quelques-unes , celles des sources du 
Guiers, par exemple, n'ont pas trace de rem- 



370 

plissage, — et dans les grottes en partie com- 
blées j'ai cru voir à l'œuvre les forces qui si- 
mulent le déluge. Dans la plupart, des galeries 
inférieures se creusent sous les supérieures 
partiellement remplies. Remplissage simultané 
ne signifie réellement qu'existence simultanée 
pendant une longue suite de siècles. 

A la caverne de Challes , l'ouvrier qui mine 
et qui comble ne peut pas être un géant. Pour 
s'en convaincre il suffit de considérer les parois 
étroites et lisses , tapissées par endroits de 
croûtes stalagmitiques , — les parois qui s'écar- 
tent vers le haut , parce que le suintement 
d'eau chargée d'acide carbonique leur donne 
naturellement cette forme. 

Si, comme je le pense , le charriage des os 
s'opère encore aujourd'hui , il est possible que 
nous retrouvions des squelettes restés entiers 
dans le terrain de l'ensevelissement primitif. 
L'espace où l'on doit les chercher n'est pas 
considérable, et, pour mieux le limiter, nous 
pourrons nous servir d'un procédé suggéré par 
M. Paul Billiet. qui consiste à faire au sommet 
de la caverne un feu produisant beaucoup de 
fumée , et à examiner sur la roche par quels 
points la fumée sort. Si nous trouvons le terrain 
de la sépulture, probablement nous y décou- 
vrirons les armes propres à cette race hyper- 
boréenne, et des os d'animaux contemporains, 
— car toutes les peuplades préhistoriques jus- 



371 

qu'ici étudiées avaient la coutume d'ensevelir 
avec leurs morts les armes des défunts, au 
moins des armes votives, et souvent des quar- 
tiers d'animaux destinés à les nourrir pendant 
leur voyage jusqu'à la demeure des esprits. 

Le feu rendra pour quelque temps la caverne 
inexplorable. Avant de l'allumer il conviendra : 
recueillir les os que l'on peut encore décou- 
vrir sur le sol, en notant exactement leur place, 
— transporter au dehors la boue du plancher 
supérieur afin de la laver et la cribler, car eUe 
renferme probablement des instruments en silex 
et en os, ou des grains de colliers, — achever 
enfin l'enlèvement et l'examen du talus de l'ou- 
verture. Je persiste à espérer qu'à cette der- 
nière place nous découvrirons les restes de 
foyers d'hommes de l'âge du bronze ou peut- 
être d'une race plus ancienne. 

Plus lard, dans des explorations ultérieures, 
nous pourrons creuser le sol de la grotte, fouiller 
la couche stalagmitique et le terrain sous-jacent. 

Il est un point sur lequel je tiens à donner 
une dernière explication. 

La tribu de Clhalles appartient-elle réellement 
à la période post-glaciaire? Ne peut-on pas 
également admettre que les races hyperbo- 
réennes reculaient devant les glaces avançantes, 
et les hommes de la grotte ne seraient-ils point 
préglaciaires ? 

La période des glaces a régné sur notre pays 



372 

un temps fort long, huit ou dix mille années 
peut-être. Môme elle ne serait que la plus ré- 
cente période glaciaire , car des géologues et 
des archéologues suisses et anglais paraissent 
avoir démontré l'existence d'une période gla- 
ciaire antérieure. 

Que l'homme ait vécu dans nos contrées avant 
la dernière extension des glaces, cela n'est pas 
douteux. L'époque du renne, qu'elle soit anté- 
rieure ou ])ostérieurc à la période glaciaire, en 
est au moins voisine , — et l'époque du renne 
a été précédée par l'époque du mammouth et 
l'époque do l'ours des cavernes. L'homme fut 
contemporain de ces divers animaux. 

Je vous rappelle que les charbons feuilletés 
d'IJtznach, recouverts par les débris de moraines, 
contiennent des ossements (ïEIepltas antiquus 
et d'Ursus spelœus. 

Et je ne vous parle ni des travaux des abljés 
Bourgeois et Delaunay, qui 'feraient remonter 
l'homme jusqu'au milieu de l'époque tertiaire, 
— ni de la trouvaille de M. l'ingénieur Ciavillet, 
lequel, en Italie, découvrit un crâne humain 
dans une grotte située dans des roches entiè- 
rement métamorphiques, ouvertes par la tran- 
chée d'un chemin de fer. 

Ainsi , diverses races d'hommes , parmi les- 
quelles des races hyperboréennes, ont pu vivre 
sur la colhne de Challes avant la dernière ex- 
tension glaciaire. 



373 

Mais aucune d'elles ne put nous léguer ses 
caractères par descendance , au moins d'une 
manière directe et marquée, parce que les gla- 
ciers en firent table rase. 

La race qui mérite le nom d'autochthone n'a 
pu venir chez nous qu'après l'époque glaciaire. 

Les hyperboréens de la grotte de Ghalles , 
j'ai tout lieu de le croire, étaient des types de 
la race autochthone. 

Le crâne préhistorique du musée d'Aix, trouvé 
à Grésine, proche du bord du lac, présente en- 
core bon nombre de caractères des crânes de 
Ghalles. Il date probablement de l'époque du 
bronze, et a très-probablement appartenu aux 
populations lacustres. 

Le crâne préhistorique du musée d'Annecy est 
presque seml^lable au crâne du musée d'Aix. 

De deux courses faites récemment à Grésine, 
j'ai rapporté trois crcànes et de nombreux osse- 
ments, datant probablement aussi de Tépoque 
lacustre. Nos fouilles à Grésine continuent, et 
je ne veux point anticiper sur le travail que je 
compte vous présenter à leur sujet. Par de 
nombreuses ressemblances, ces restes humains 
montrent que les hommes de Grésine, presque 
aussi grands que nous, sont les descendants des 
peti!s hyperboréens de la colline de Ghalles. 

Encore aujourd'hui les hommes des vieilles 
ramilles de Savoie présentent quelques traits 
caractéristiques : le crâne large en arrière , le 



374 

front droit , les pommettes saillantes , le nez 
mongoloïde, la face large et un peu aplatie. Le 
mot tête de Savoyard est proverbial en Italie; et, 
grâce à cette conformation crânienne inusitée 
parmi les dolichocéphales italiens, un chapelier 
spécial était chargé de la confection des schakos 
de la brigade de îSavoie ; — ce dernier fait m'a 
été rapporté par notre collègue M. Mossière. 

Quelles races vinrent se fondre avec la race 
autochthone et en modifier les formes ? Quels 
envahisseurs étaient armés de la hache de pierre 
polie, et quels hommes apportèrent le bronze? 
Quelle fut encore l'influence romaine ? 

Gros problèmes, questions difficiles, longues 
à résoudre, et dans lesquelles on n'avance qu'en 
amassant des observations. J'espère y apporter 
quelque lumière si vous voulez me prêter votre 
concours dans les fouilles prochaines, et la col- 
laboration de vos intelhgences. 

Dès à présent on peut soupçonner , mais ce 
n'est qu'une hypothèse, — que les autochthones 
furent les constructeurs des premières habita- 
tions lacustres. Envahis par les hommes vigou- 
reux de l'âge de la pierre polie , chassés des 
campagnes , ils durent se réfugier dans ces 
curieux asiles. Probablement les hyperboréens 
étaient d'une intelligence supérieure à celle de 
leurs envahisseurs, — hommes semblables à 
à d'infimes sauvages actuels. Puis, lentement, 
s'opéra la fusion des deux races. 



375 

Le bronze fut-il acquis par le commerce ou 
vint-il apporté par de nouveaux conquérants ? 
Je pencherais vers la seconde manière, car les 
hommes armés du bronze avaient un puissant 
instrument de conquête; — car, aussi, les habi- 
tations lacustres se multiplièrent pendant l'é- 
poque du bronze. 

Dans ces temps reculés , les invasions ne 
pouvaient pas être accomplies par des armées; 
une armée eût péri de faim. Elles devaient être 
le fait de nations vivant sur le sol et s'étendant 
à mesure de leurs besoins ; de nations plus ou 
moins denses, et, par conséquent, plus ou moins 
puissantes, suivant qu'elles s'adonnaient à l'agri- 
culture, qu'elles élevaient du bétail, ou qu elles 
vivaient uniquement de la chasse. 

Les conquérants de l'aurore de Tàge du bronze 
étaient peut-être les Aryas, ce peuple qui nous 
donna notre langue. 

Ici je m'arrête, car des hypothèses entées sur 
des hypothèses n'auraient, pas plus qu'un ro- 
man, de valeur scientifique. 

Quoi qu'il en soit, et malgré la fusion géné- 
rale qui se produit depuis l'époque romaine, la 
forte race des Alpes est encore trop distincte 
des populations environnantes pour qu'elle n'ait 
pas quelque chose de spécial dans ses origines. 
Je puis le dire à plus forte raison du vigoureux 
petit peuple de Savoie, vaillant et laborieux, 
resté , suivant le tableau de Malte-Brun , de 



37G 

beaucoup le plus prolifique de l'Europe au com- 
mencement de ce siècle , et dont les enfants , 
disséminés par le monde , acceptent partout la 
concurrence du travail et soutiennent victorieu- 
sement la lutte pour l'existence. 



OSSEMENTS DE 




Fig. 11 . 




Tlg. 12. 




Lith. CliûMpod à Cki-'nhérj: 



GROTTE DE CHALLES. 




De.-s.joar M'L^.'JiAiui,- l^iA j^ar C^ampd- 



377 



EXPLICATION DES FIGURES 



Dans la planche ci-contre les diamètres dés 
ligures sont la moitié des diamètres réels. 

Fig. 1. — Maxillaire inférieur (N" 66 du catalogue). 

Fig. 2. — Même os, vu par sa partie supérieure. 

Fig. 3. — Fragment de la branche droite d'un 
maxillaire inférieur (N" 71 du calai.); a, apophyse 
coronoïde; b, échancrure sigmoïdc; c, coldu condyle, 
le condyle manque. 

Fig. i. — Portion de crâne vue de face (pièce N' 2 
du catal.); a, frontal; b, suture frontale marquant le 
mUieu du front; c, portion supérieure de l'orbite de 
l'œil droit; d, pariétal; e, temporal; /', apophyse mas- 
loïde; g, ligne courbe temporale; h, cavité glénoïde. 

Fig. 5. — Même pièce vue de profd; a, frontal; 
b. suture du frontal avec le pariétal; c, portion supé- 
rieure de l'orbite; d, pai'iétal; e, temporal; f, apophyse 
mastoïde; g, ligne courbe temporale; h, extrémité 
d'une entaille permettant de soupçonner un coup de 
hache; i, trou auditif externe; j, cavité glénoïde. 

Fig. 6. — Fragment de l'occipital (N° 17 du catal.); 

a, trou occipital; b, condyle droit; c. condyle gauche, 
dont la surface articulaire manque. 

Fig. 7. — Atlas (N" 82 du calai.) : </, arc antérieur; 

b, b, facettes articulaires supérieures. 

24 



378 

Fig. 8. — Atlas moderne; a, arc antérieur; b, arc 
postérieur; c, c, facettes articulaires supérieures; 
d, (l, éminences pisiformes. 

Fig. 0. — Axis (No 83 du catal.); «, apophyse odon- 
toïde; b, facette articulaire supérieure gauche. 

Fig. 10. — Axis moderne. 

Fig. il. — Portion supérieure d'un fémur gauche 
moderne, face postérieure; a, grand trochantei* ; 
b, petit trochanter ; c, tête du fémui-. 

Fig 12. — Portion supérieure d'un fémur gauche de 
Challes, face postérieure (N" 274 du catal.); «, grand 
trochanter; b, petit trochanter; c, tôle du fémur. 

Fig. 13. — Portion supérieure d'un humérus droit 
moderne, face antérieure; a, grand Irochantei'; 6, petit 
trochanter; c, coulisse hicipitale; d, tête de l'humérus. 

Fig. 1 i. — Portion supérieure d'un humérus droit 
de Challes (N° 191 du catal.); a, grand trochanter; 
b, petit trochanter; c, coulisse bicipitale; d, tête de 
l'humérus. 

Fig. 15 — Calcanéum droit moderne. 

Fig. 16. — Calcanéum droit ancien ( N» 325 du 
catal. ). 



— <>v^><^t>— 



379 



TABLE ET SOMMAIRES 



— <>es-?.> — 



Chapitre I". — Colline de Challes. — Situation de la grotte. 

— Sa forme. — Les trois explorations. — Les trouvailles 
résultées de chacune 281 

Chapitre H. — Classement des os. — Leur ancienneté. — 
Les dendrites. — Signes douteux d'anthropophagie. — 
Action du feu sur les os humains. — Cérémonie sépultu- 
rale. — Action du feu sur les os d'animaux. — Observations 
sur le système pileux 297 

Chapitre IIL — Ossements catalogués. — Empreintes mus- 
culaires. — Trous nourriciers. — Age des morts. — Leur 
sexe. — Leur nombre. — Mensuration des os. — Grandeur 
des membres. — Taille moyenne dans le groupe de Challes. 

— Poids moyen. — Formes de la poitrine, du pied, de la 
main 31G 

Chapitre IV. — Diamètres du crâne. — Mâchoire inférieure. 

— La face. — Le front. — Particularités crâniennes et fa- 
ciales. — Usure préhistorique des dents. — Cause do 
l'usure. — Observations sur la carie et le chevauchement. 

— Signes d'un coup de hache sur un crâne féminin. — 
Maigreur des femmes préhistoriques de Challes .331 

Chapitre V. — Courbures rachidiennes. — Particularités 
présentées par les condyles occipitaux et les vertèbres 
cervicales. — Marques de l'attitude inclinée du corps. — 
Formation des apophyses articulaires des vertèbres. — 



380 

Tibias et fémurs préhistoriques. — Formes du bassin. — 
Leur transformation constante. — Extrémité supérieure 
du fémur. — Cubitus. — Radius 346 

Chapitre VI. — Le groupe de Challes est de race hyper- 
boréenne. — Vivait-il à l'époque du renne? — Le bas de 
la grotte est un refuge de l'âge du bronze. — Les ossements 
des hyperboréens sont venus dans la grotte entraînés par 
les eaux. — Signiflcation des dendrites. — Action de l'eau 
dans la grotte. — On trouvera peut-être le lieu de l'ense- 
velissement primitif. — Les hommes de Challes sont nos 
autochthones. — Hypothèses sur l'histoire des races de 
Savoie 362 



TASSLË DES ]I\I1ÈRFS 



— eçs^cj^ 



Bulletin de la Société savoiisienne 
fl'liîstoire et d'iti'ehéologie. 

Pages 

Travaux de la Société v 

Séance générale du 8 janvier 1873 v 

Séance du 22 janvier i87S viii 

Séance du 5 février 1873 x 

Séance du 3 mars 1873 xi 

Séance du 19 mars 1873 xn 

Séance gjnérale du 7 avril 1873 xiv 

Séance du 21 mai 1 873 xvi 

Séance du 2 juillet 1873 xvii 

Séance générale du 15 aoilt 1873 xviii 

Séance générale du 3 décembre 1873 xx 

Séance du 19 décembre 1873 xxii 

Assemblée générale du 10 janvier 1874 xmv 

Séance générale du 30 janvier 1874 xxvii 

Séance générale du 13 février 1874 xxix 

Membres de la Société savoisienne d'histoire ut d'archéologie 

et Sociétés correspondantes xxxiii 

Composition du bureau xxxiii 

Commission de publication xxxiii 

Commission pour la recheichedes documents historiques. . xxxiii 

Commission pour l'étude des monuments historiques xxxiv 

Membres honoraires xxxiv 

Membres ellectifs xxxv 

Sociétés correspondantes xxxvn 

Réceptions de nouveaux sociétaires v[, xiv, xx, xxvr, xxx 

Echanges de pultltcalions et ouvrages reçus. . . ix, x, xii, xiii, xv, 

XVII, XVIII, XXII, XXVI, XXVII, XXVIII, XXXI 



38^ 



Mélanges* 



Notes pour servir à Fhistoii-e des compagnies de 
tir en Savoie, éditées par MM. Auguste Dufour 

et François Râbut 3 

lutroduclion 5 

Chainbéri 6 

§ 1. Précis des titres et privilèges des compagnies de tir de 

la ville de Chambéri et de quelques élections des chefs. . . 6 
§ 2. Quelques rois des tireurs de l'arc, de l'arbalète et de 
l'arquebuse de Chambéri, à ajouter aux listes déjà 

connues 39 

Anneci 58 

§ 1. Histoire des compagnies de cette ville 58 

§ 2. Quelques rois des tireurs de l'arc, de l'arbalète et de 

l'arquebuse d'Anneci, à ajouter aux listes déjà publiées. . 62 

Moùliers 69 

Thonon 73 

§ 1. Histoire des compagnies de tir de la ville de Thonon. 73 

§ 2. Quelques rois de l'arquebuse à Thonon 74 

Evian 76 

§ 1. Histoire des compagnies de tir de la ville d'Evian 76 

§ 2. Quelques rois des tireurs à Evian 80 

Montmélian 81 

Rumilii 86 

Allinees 92 



-■o^ 



Les juges seigneuriaux en Savoie au milieu du 

XVIII« siècle, par M. Claudius Blanchard 101 

Introduction 103 

I. Province de Savoie 110 

Premier département 110 

Second département 116 

Troisième département 120 

H. Province de Genevois 122 

Premier département 122 

Second département 128 

Troisième département 130 



383 

m. Province du Faucigny 132 

Premier département 132 

Second département 134 

Troisième département 136 

IV. Province de Chablais 138 

Premier département 138 

Second département 140 

Troisième département 142 

V. Province de Maurienne 144 

Premier département 144 

Second département 144 

Troisième département 144 

VI. Province de Tarcntaise 146 

Premier département 146 

Second département 146 

Troisième département 146 

VIT. Bailliages de Ternier et Gaillard 148 

Premier département 148 

Second département 150 

Index des noms de lieux cités dans je tableau des justices 

seigneuriales en Savoie au milieu du XVIII» siècle 153 

Errata 160 

Lettres sur la sigillographie savoyarde, par M. Fran- 
çois Rabut 161 

Deuxième lettre. — Sceaux de Simon, évéque d'Aoste, de la 
cour de justice du comte de Savoie à Aoste, et d'Aimon 

Du Bois 161 

Regalis Sabaudie domus preerainentise jura in 
magnum Iletruriïe ducem, auguslissimi Ema- 
nuelis-Philiberti ducis jussu, a Pliiliberto Pin- 
gonio collecta. — Cura Aug. Dufour, seneorum 

tormcnlorum prsefecti in lucem emissa 169 



384 

Notes poui' servir à l'hisloire des Savoyards ile 
divers étals. — Les sculpteurs et les sculptures 
eu Savoie du XIIl" au XIX" siècle, notes re- 
cueillies et mises en ordre par MM. Auguste 
DuFOUR et François Rabut. . . 181 

Introduction 183 

Treizième et quatorzième siècles 187 

Quinzième siècle 191 

Seizième siècle 201 

Dix-septième siècle 206 

Dix-huitième siècle 256 

Dix-neuvième siècle 2G1 

Table des sculpteurs 269 

Table des sculptures 274 

Explorations à la grotte de Challes, rapport lu à 
la Société dans les séances des 16, 30 janvier et 
13 février 1871, par le docteur Jules Garret. . 281 



FIN DU QUATORZIÈME VOLUME. 



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