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Full text of "Mercure de France"

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John 'B igo lau^' 



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MERCURE 

DE FRANCE. 

ÙEDl à AV ROI. 
I AN VIE R. Ï751, 




Chez* 



'ù^ 




APARIS 

ANDRE* CAiLLEAX7,rue 

Jacques, à S André. 
I La Vcttvc P I S S O T, Qaai de Conty , 

i la dcfccntc du Pont-Neuf. 
IJEAN DE KULLY, auPaJaîs. 
[JACQUES BAR ROIS, Qga| 

àts Auguftins > i la ville de Ne?tfts, 



M. DCC. LL 

t4v9Ç jtpfrobâtUn & Privilège de Xêu 



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DES LIBRAIR£9 
\tbiunt le Mercwre dans tes 
\frov'mces du R^jaumc^ 

, rWs Raimond labotticrc^ & ehk 
î'aîné, tibuires , Piacc du Palais, i 
— cote tte 4a Bourfe. V 

liantes ,chh Nicolas Verger & Jofcph Vatar.' 
Rennes chés Jouanet Vawr^ & V^tar le fils^ rue 

Daupnine. 
Blois , chii Maffoo. 
Tours, ^WsGrifwii.^Lajabctt, 
Rouen. .fe6 f^njoifi-Buôackc Hci^ult, & ^fcA 

Caillojié. 
Châlons^foc-Maenc , tkes Sencuzc. 
A^cw ehéi la veuve François, & la veuve Godart^ 
iteias , Wj C. Duchamp , & rfc««arbicr. 
Orle;»is,^WsRo«i«îa«x. 
AbbevMe,rfc/$Levoycz.Lïbratrc 
Angers , à la Poftç . ^ché$ Boffard ,X*hcate 
Dijon , à la Polie , fc éhh Maîily, 
Verfailles , c*e5 Monnier. 
Befanjon , <*/i Brifeut , à I» l^ofte. 
Saint Germain , db/wCtavcpeyrc. 
Lvon • à la Poâe. 

MacfeUle . thé, Sh\t , U M^y , i*t«tM. 
Beauvai$,<W»Dcflau«. ,_ ,. , . 
TxoYcs thés le Ecbvte, Midiclm, Imprnnean- 

Libraires , & BouiWerot LibMirç. 
CharUviUe , <»»<& Piene Thefin. 
MoBlins.«i6 Faute. 

Mâcoa , «W» Ce»**" ' ** 
Auxeitc,«fc/*Fourm«. 

Mancy,*W»Nicobs. 

Touloafe ; chts Robett, 

Aire , chés Cotbeville. 

Pr;x XXX. Sots. 

Digitizedby Google 




MERCURE 

DE FRANCE. 

DEDIE A 'U ROI. 

JANVIER. 1751. 

V 1 ECE s FUGITIVES^ 
en Vers é" *» ^"S^* 

LE BOUqUET. 
FABLE 

Dh Mercmre , am foUic. 

jL Ont les mtnos SBrandre , appoctolc i. PbtCf 
Un boaqoet qu'il faifoit lui mtine ; 
On a unt àf plaifir i parer ce qu'on^aimc l 
Iz rdlpe fc Tœilletyles roTes & les Ijrs, 
La renoncule 9 & Tanénione 
Etoienc traités en ^aiuls SeigaeiTi s 
Dans leuts Etats Flore & Pomone 
Ont aniS leurs degrés d'honneurs» 
Ai; 



dby Google 



§ MiERCURE D'Ê F fi. AN CE; 

Cette raifon cmpéchoit-t'cllc 

Que i'oo n'admit danile bouquet 

La Vielette , le Muguet , 

La Marguerite ,^ J'ImmortelIe ? 

Ces fleurs , quoique d'un moindre prîx^ 

Ne méritoient point de mépris. 

{•'Amour fe peint foulent par une bagarelle 
A l'objet àant il eft épris : 

l^jtis ce.mêUnge-ià blefla quelques efprics. 

Un berger^ rival de^il^aodre , 

En propos aflez peu flatteurs 
Sur cet aflbrtiment eut foin de fe répandre | 
I«es amans font jaloux autant que. • • les Auteur 

A quoi bon ., dit«^il ^ces fleurettes } 
Un auill frivole tribut 
N'eft bon que pour les amourette ^ 
Le véritable amour veut un autre attribut. 

Mais» répondit Silvandre , il eft plus d'une imagf 
Pour le p eindrc &le publier : 

5005 difierens objets préfencer Ton hommage , 
N'eftce pas le multiplier } 

Quandjles Dieux réglèrent les place» 
De la brillante Cour qui marche fur les trace» 
Des Dceffcs d? la beauté ; 
^our la quatrième des Gracet 
Ou nomma la VariétjL 



^v;^v^;: 



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E UV O I. 

'N*admctrf#fls.noo8 ici qu'une forte d'oa^agesK 
Ce fcroit un bouquet d'une feule covleur : 
Of6ns btiguer tous les fuftager, 
£c que chacun ttouvc û ieur. 

H I s T o l R E 

©il Komieu de Provence y far Ai. dt 
Fontenelle-. 

PEndant que la France ctoit partagét 
en plufièurs petits Etats , prefque in- 
dcpendansdu Roi, la Gomtéde Provence 
tomba, par un mariage, dans laMaifon 
des Comtes de Barcelone , qui par la 
même voie devinrent peu de tems après 
Rois d'Arragon. Tantôt le Royaume & la 
Gomté furent dans une même mnin , 
tantôt le Royaun>e fut le partage de Taî-^ 
né, & la Comté celui d'un cadet. Le der- 
nier des Comtes de cette Maifon fut Rai- 
mond Bcr^ngcr V. qui, vers lan iiitf, 
s'étant fbufirait à la tutelle fufpede de Pier- 
re , Roi d'Arragon , fon oncle , qui le te- 
noit en Efpagne , étoit venu en Provence 
prendre jppflcflîon de fon Etat. Après qu'il' 
cul remis dans le devoir qticlqucs-uns dçfï 

A ii|; 

Digitizedby Google 



t MERCURE DE FRANCE. 

f principaux Seigneurs » & quelques Vil^ 
es des plus confîdérables du Pays > qui 
àvoient vt)ulii profiter de ftm sfbfencc , 
quoiqtfe tout ne fût pâs encore calme , fz 
Cour ne hiffa pas d'être agréable & flb- 
riflTante. 

Raimond entendoit bien la guerre , Se 
l!aîm»it peu ^Ic foki de fe maintenir fdfir 
foit pour confumer toute Ton adivîté , Se 
il ne itti eti reftoit pas pout fonger à s'a- 
grandir; Il étoic naturellement doux» ùtn*^ 
pie , populaire :,mais il prenoit quelque-^ 
fois les défeutsde Prince , qqand il fe fou-^ 
venoit de fon rang *, ce qu'il avoir de macK 
vais lui côûtoit quelque effort 8C quelque 
attention , 9c ce qu*il avoit deb^n ne Itii: 
<<o&toit rien. L'inftinâ^ qui le portoit à h^ 
i^erru , écoit plus sur que fes lumier'îa >.ÎÈ 
n'avoîtpas allez d'cfprit pour être inébran- 
lable dans le bien. Il aimoit les plaifir^, 
êc fe connoiflbit aflcz aux chofcs d'agré- 
menr. Cela joint à fa bonté naturelle , êc 
à la familiarité qu'il accordoit aifèment à 
^eux qui Papprochoient > attira auprès 
dt lui prefque tous les Seigneurs du Pays» 
quoiqu'alors tes Gentilshommes fetinflênc 
Volontiers dans leursCbâteaux » & ne fiC- 
fent guéresplus leur cour à leurs EHics ou 
leursComtes » que ces Comtes flc.ces Duct. 
lift f^oicnt au KoL 



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J A K V ï E »• it$f. y 

Ces tcms-là furent fort ignorans , & if 
&inble que la nacorc lescboint exprès pont 
faire voir ce qu'elle peut par elle-inèaie ^ 
flc pour produkc des Poètes qui lui* 
dûficnr tour. Axt nàkiw de la groffiereté 
do douzième & du treiaiéme (îecle , il ft 
icpandir dans tome la Franee on efprir 
poétique 5 qui alla jufquen Picardie 9êé 
à plus fone raifon h Pirovcncc en eut- elle 
& part. 

La PoëCe & les Poftcs de ce tems^là 
étoient bien di&rcns de ce qu'ils font 
aujourd'hui. La Poëfie étoit fans art >fans 
régie » telle enfin qu'elle doit être dans (a 
naijflànce ; car à Tégard"^ de ces fiécles , les 
Grecs 8c les Latins n^tvcHent jamais été; 
£e Grec étoit absolument inconnu , & fi 
qaelques-ons de ces Auteur (çavoient lè 
Latin, ce n*étoicnt guéres que des Prêtres 
ou des Moines , qui même ne le (çavoient 
prefque que par l'Ecriture Sainte , & par 
conféquent afltz' mal. Homère & Virgile 
n'éroient tout au plus connus que de repu* 
Cition, 8c fi vous trouvez quelquefois dan^ 
ces fortes d'ouvrages quelque trait de la Fa* 
ble 9 croirez que .c*étoit une érudition bien 
rare. En lécompenfe ils ont une fimplicité 
qui fe rend fon. Leâeur fevorable , uncr 
naïveté qui vous fait rire , fans voos pa« 
R>îtrc ridikulc^.& quelquefois des trattr 

A iiij 



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8 MERCURE DE FRANCE. 

de génip imprévus , & aflcs^ agrcaWe^i, 
La plus grande gloire de la Pocfic Pror 
yençale eft d avoir pour, fille la Pocfic- 
Italienne, Non-fculemcnt l'Art de riracf 
pafla des Provençaux aux Italiens » mais 
il eft sûr que Dancc , Pétrarque , & 13o- 
cace même dans fcs Contes, ont bien fait 
leur profit de la ledarc des Provençaux. 
Il y en a pLifieurs dont Pétrarque fait l*Cr 
loge , fans doute par reconnoiflàncc , ôç 
outre tout cela ^ il fat encore infpirc par 
une Provençale , &, animé par le Splcil dç 
Provence. 

Les Poètes d'alors refTembloient encore 
moins à ceux d'aujourd'hui y que leur Poq- 
iîe à la nôtre. Je trouve que ceux de Pro- 
vence étoient prefque tous de grande qua- 
lité , & fi l'oa eft furpris que dans une 
Nation , telle quç la Françoile , qui avolt 
toujours regarclé les Lettres avec mépri$ y, 
& qui aujourd'hui tient encore beaucoup 
de cette cfpéce de barbarie , des Gentils- 
hommes & de Grands Seigneurs s'amufafr 
/Cent à faire des vers ,Je ne. puis répondre 
autre chofc , finon que ces fortes de vers-, 
là fe faifoient fans étude & fans fcience , 
& que par conféquent ils ne dçshono- 
roieni. pas la Noblcflc. Il eft vrai cepen- 
dant que ces Poètes n'exerçoient paslç 
métier, trpp noblcmçpc ^ ils fe failoiçiV: 



>y Google 



jai^vier;. Î751Î f 

fort bien payer. Us sVtachoicnt à quel- 
que Prince , ou alloient errans de Cour en 
6our , pour faire voir leurs ouvrages. 
Quelquefois pendant le repas d'un Prince, 
vous voyiez arriver un Troubadour , c'eft- 
à-^ire-, un Poète ou trouveur de belles 
chofesr,avec fes Jongleurs, c eft-â-dire., . 
Joueurs d'infkumens, & le Troubadour 
faifoit chanter aux Jongleurs fur leurs- 
Vielles ou Hétrpes les vcr^ qu'il avoircora-- 
pofes. On lès payoit en draps > armes Sc 
chevaux» payement affez* noble , mais^' 

four tout dîrc^ on leur donnoic aiiilî de* 
argent. L'Hiftoire marque beaucoup de* 
Troubadours qui s'y - font enrichis y & ces • 
Troubaddurs-ll portent de fi beaux noms , - 
qu'il n*y^a point de grand Seigneur au- - 
jonrd'hui , qui ^ né fut bienheureux d'en » 
de(cendt:e. Ce qui relevé fort leur hon- 
neur, c*cft que dans ces payen^ns qa on ^ 
l^r faifoir , entroient aflez (buvcnc les^ 
faveurs des Princeflès, & des plasgran-- 
des Dames, qui érbienraflèz foiblcs contre ' 
un bel cfprit. Uii Sonnet d'Armand ôa * 
Ghometl mit i bout toute la vertu d^ U i 
Vicomtefle de Boiers, 

Quelques Troubadours avoient établi , • 
qu'après avoir chance devant- un^JalTem-î- 
Wéc de femmes de qualité , ils écoierrt ert • 
4ifaît d'en^cc-^baifcr une à leuc choiï.:^ \ 



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>o MrR'Cïr^RE DE PR ANCE. 

Inais ce qui marque cncôrfc 'tliieux Ic^ 
'cas qu*Qti faifdit des PoëlcSs , on trouvt- 
•quc Rôbeft , flls de Charles II. Roi- de Na- 
«pies , & Comte de Provence, icxctnpttiu 
•pôtfr -dk afns la Ville de Tarafcen de toa- 
•Tcs Taitles &'Sttbfidcs , à Cûtidiiion cp'otfe 
7 cntretietîdroit ^Uî^^é|>en5: de Public^ 
T^ierric 'Gaïdchal , bon Troubadoof. Et 
*Crotra:-»t-on bien atojottrd htti qo'ufti Albec- 
ter de 'Sifterdn,ayîint envoyé en'mourartt: 
^s ttuvxes à la Marquîfe de Mallefpihe, &l 
*qii*ûn nomme fabredWellcs ayant trFter- 
iceptées^.âc les? donnanfc xomme de lui>. 
Ton procès loiïùt &ic 'dans tontes'lts ré^ 
*glcs, & que le plagiaire futftftigé,y5wtf««' 
4ts hoix Jmfirialcs , dit THiftoirt , tant 
xe&. choCts-li. écoient traitées. ferieQf<x 

il eft aîfc rfc dtvinfer^jqtte^anstni fiëclè- 
où la Poëfie ét<^t fi fott àlatnode , la g^ 
'hntcrie y devoir ître auffi. Tbtts ces Poe- 
'tes éfoicnt amoureux ,. & comment les; 
IDatnes auroiént-eilcs manqué de complaî.*> 
Tance pour eux i. Les marisv même n'en 
Inanqiioiejit pasi.on en rroui^ quelques- 
uns qui ont micux^ aimé difiitnuler que de- 
«chaflcr le Trottlfedottr de cirez eux. Ce- 
pendant l'aventure de ©uilhumfe deÇa- 
îcftan , marque affci^qjue tous les maris ffe? 
£Cûvem pas déj^ijaiitex: Icot. ftroicîité. owt»- 



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janvier; 17-5 1'.- ri 

tUrcilc. Il avoit quitte Bcrangcre ' des 
Kiux^Daiiie de la première qualité de 
Provence , qui pour s'adurer de laconC- 
fance da Poëre luiavoic donné un brea^ 
¥age y dom tlpenfa mourir ,*& qui airéra 
(dn cetveaii tsth peucplos-quâl-n*écoit néceC- 
Ôîrc foufr faire des ¥«r$. ills*étctt attaché 
âla fismine 4a Seigneur de Seiilan » Sc 
•avôic obteliu d^lfc ce ^i étôîc prefque 
•d&a«i Troubadour. Le maTrir, moins^tou* 
4[^ de la Poëiie,affuffina Guillaume de 
C^d^ftan y'tira fon cœur Hors de foti 
lxn:ps,Sc^ le donna àman^rïrfaifênaffnc, 
bien apprêté. 6Hb le trouva bon:., fiêquanii 
ftn itiari k*iA'pcè^e«cVrtoit ,'eUc répons 
tk , ^ ^ifqû^^ ^vmt mangé <ie fi 
hthit vitfnd^ , ctiei^'enrimiigeroir jamais 
é*ûùttt , Sc iê laif& mcnnir de faim;- 

tWiftbkeJic ccs'Pc*>c$ cft plcined*ef-- 
ftts tîir^râérdimtkfc^ de :pi(fion /qui font 
à|>eine ^ofabks danB^an fiécle auffi tdoL* 
ché for Panlodr^qtie Peft^^clui-ci. L'un ^- 
âân^Hii dépit âttiMYeox» tue fa Mûhrctk.te 
tt-tue enfùirc -, 1 aurre meurt ^dé ce que Toti 
porte la*ficnnfc en teite» Il cft vrai qult* 
teottMc trop tôt , car la ©àftfc revint pen-- 
dantqtt^ faifoit fotifcrvkc dansfEglifiç^ 
léoin 'eHe fit bien fon dfevoir v elle alla^- 
^ëifierifer dafls^in Convetit;- Mais qui »' 
pmmiséffié ,i^^^^iâ]^ jaamir Gefirot^ 

Avj. 



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t^ MERCURE- DE F.RANQR 

BùAcl , Sieur de Bliçux? Il catcnd. parleur 
de la beautés, des perfections de la.Com- 
tefTe de TripolLa des Pelcrias q\.ûvenoienc 
<le la TcTTc Sainte-, Iç. voilà qui .devient 
antîourcux fiir leur parole , & qui paflc fa ., 
vie i faire des^.vers pour fa chère Idée, . 
Enfin ncpouvant plus louteni]: T^bfençe de - 
ce qu il, n avoir jamais vu -, iLs'cmb^rquc 
pour Tripolijcn hkbit de Pèlerin. En appro- . 
chant de <:es, lieux chaonansoùicoit tout : 
fon bien , fa paUîon augmenta ^ & il arriva . 
malade. Son confident , qull avoir mené : 
avec lui , alla avertir laComteffc qu'il ve-- 
noit d'entrer- dans. le Port m VaiûTeaa . 
qui lui ainenoittm amant , niaist fort in- 
«lifpofé. Elle eut la bonté de venir, auffi^^ 

^ tôt dans le Vâifïcau \ mais > comm4 le Poctç . 
commençoit un compliment très- tendre ^ ^ 
il fut fuffoquc r-par Tçxçès de (qn amour , , 
& mourux.* La Comtedç paya du moins (a . 
paflîon par un magnifiqqe^ tonobc^q » & * 
çvcifues depMss ^Ah rHiftor-iea^ m fia vhc, - 
faire bonne chéreé\\,i2m.(]prQ^ fe fouvien-? - 
ne, en lifgnt cette Hiftoirc , que ce Héjros ^ 
ctoit né fous le. Soleil: de. -Provence , ôf\, 
^oit Pocr;e , & je crains qii on n*ait encore • 
dr la peine à k trouver vrai fembiable» 

Riçn n'étôit. alors plus fingutier eq Pro-? „ 
vence , que cç qu'on appclloit la Cour d'A> 

iOQùr^^(3'étQit.uJ5«flfeaiiblée;dfi Dames.d^iU^^ 



,y Google 



p^micrc qaaiitc , q«i ne traîtoicnr que d^ • 
matières de galanterie. S'il^aiffoit quelque * 
conteftation entre un an»nt & une mair 
trèfle , on-envojrok la queftion â la Cour - 
d*Atnotir , & comme Kefprir da fiécle étoit r 
fcricux fur les bagatelles , les Dames pro- - 
fionçoient gravement fur laqueftion, Sc^ 
leur jugement éroit reçu avec.une fonmiC^ 
fion très îGncére, 

Telle fut' la Pl^ovencc fous les Comtes ; 
de la Maiibn de Barcelone , & particuliè- 
rement fous Raimônd Berenger V \ itétoit 
Troubadour Im^mème , pktot par^ mode * 
que par génie. Il avcm époufë Béa.trix 4e 
Savoyedontil eut quatre fillcs^, Marguc^ 
- rite , Elconore , Sance , & Beatrix ^ que; 
l*on remarque qui. ont toutes été Reines » , 
quoique la Royauté de Pune des quatre aie 
été un peu imaginaire. Je parle de Sance >, 
-qui époufa Richard d'Angleterre , que lés ; 
Princes A Uemans élurent Roi des-Romains^^ 
& qui jvcD eut jamais que le titre. 

Avant îqu'aiKune de ces Princcflcs -fïir - 
mariée , &tandis,qtt elles ornoicnt encore * 
la.Cour de Provence , oh y vit paroître le - 
Romieu , fr célèbre -^ dans les Hiftoi tes du 
Pays* Romieu en Pro\eoçal^eur dire Pè- 
lerin ,' ou qui va à Ronae , parce que d'à*- 
' bord.on alloit comnranément à Rome en^ > 
JBçkiin^ge , eofuite la .dévotion ie^ourçau 



,y Google 



*n4^ MERCtJIRED'EFRArTCBi 

à\h Tcrrc-Saintc. Un fôir que le Comte de 
:^Provcncerevenoic de laxhalft, il rencontra^ 
ce Romteu avec fa cappc & fbn boardoa,î 
-qui-maréhoit fcui d'un «tr fof t:gai & fort 
^aoncem.:L4' bonne htimeui où^écoic alors le* 
Comret, & l'ètfivetévftfent^'îl parla âu 
Romiea»& kl fuit fort étonné que le Rtii- 
itïieu lui rcpondic «wccfprit , avecKbcrté ,^ 
Se comme un homme accoutumé au com* 
^merce des Gratnds.Le Gomtc lui deman- 
da qui il étoîc .v<Nionf<iignei(ir , lai dit 4Lr 
Je vous ftipptte%tFèsîhtimblement de tncx*- 
-€ii(et ^7e<re^en«de4a Torrc^Sainte>& Oh^ 
-m'y fait faite voBtt de ne dire }am^t^ 
>e fuis. Cette réponfe fatisfit le Comte , 
.prceNOuec^érclit affez^là modecn testeras- 
M deMirc des 'Voeux biaarrcsîv jevoisbite 
ce quec'cft^ dit le Comte 4iu Romicu ^^ 
vous 4td$ un Konnne de qualité , qui êtàr 
tombé dans qUclqtie grande îfàùce , Sc-on^ 
vous^ donné pour :péniteneed*errcc par te" 
monde fous>èe miferable équipage , fahs^^ 
^fer déclarer qui vous ères i^c vous avoue" 
^e je trouve cette mortifearion affcz Inet^' 
imaginée. Monftigneur , répondit-il , je 
tfaorois pas eu aflfez îpcu de confctcrfee^ 
jpur ne pas tiire à mon 'ConfeArcur de 
-m'en chercher une aïKre , car en vérité il^ 
aaroit été trompe , & & j'étoîs femnie de- 
cg^icé ^rica4ac- ntf co^crpicgiaias^igb 



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^tatfaer^tia imifTaoce & mon nom. Corn- 
meiK , i;e{M»tte.Comce r Strie*- vous bic»'' 
aife qa^OA 'irons (raiiÂtxommc an homme 
du: f^pte ? Rrcn;dift2»vous ^plaifir â vous* 
^rfveec >cfo9 "égards^c 4«s*Te^âii ^ au'om 
, ji^WHôk ^. ^vo«te :rafflg ?- Vous Me lour- 
JÉÉSck. KCdi!i»«'tnitne ^la réponfe , Monfei* 
(|Ppi^oir,^i:ét>Ku{U& tcRomiiett > ce feroîc i 
^non r9t>g4|ue^fo«t <cela>ferottii^ ,41 té jKfr-^ 
<âif|ûc ', tk%&t»^oclr moi je nt pordroisTftn ;: 
Wbti ra^eSe mm^néos ne ferions pu la^ 

iLe<;:omce »miofows plm fftf^^dtt Ro- 
Hài^:, as plte 'Cmfieor^dt l^^tnienilre pat-»- 
llt^.lic il approfokidfr , s'H tfe potrrott y. 
%(^re ^aventure ,Jui ordonna4e^ftiîvre ;. 
â^m beau s^cn défendre , il eut beau rc- 
l^^éfiuiter'^uev fes affaires* l^appelloîent* aiU 
'4ietirs^, ft^^u'U n'éroic poîn^ propre i pa-^ 
^fottfe dans- une Cour »,U y^ fut- poinr 
^a, &^n leik monter achevai; Le Gom^ 
' t€ ne parloîc qu'à Juh, & qnand'onfût ar- 
rivé , il ftieteul le ^âsaclc de toute la^ 
Cour. Mais pour mieux comprendfç de 
quelle manière il y ftit regardé , ileft bbn^ 
de fçavoif de qfeik»|>trroan«sr'elte éroi»: 
«ompoféfe, 

'Ceiix qàiaii^ieflt tè|)lii5-<le part^lafii* 
im\]mï(i âu'Côm6e,étoientBefalde> cad err 



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liPi MERCURE DB FRA NCB. 

pose la Provence aux Comtes de Barcelone; 
Boniface de Cafteilane ; Raoul de Gacin y 
liAbbé' de MonMnaiouc Perdigon. 
' Beralde des Baux^coic bien fait & d'un 
exticieur trè^ agtéabèc , il avoît de la va- 
leur , de la libértlicé , de la généro&é , da 
dénméreflTement -, mais il ne Te croy^ir 
obligé â coures ces verras que parce quJM 
^oit de bonne Maifon. Il croyoit que I^ 
naiflànce les donnoit , & qu'un Gentil- 
homme qui ne les «avoit pas » avoit pris 
foin de les étouffer en lui. On le trouvoic 
jmrfaicemenc honnête homme, quand on ne 
s'appcrccvok pas de fon motif. U avoit des 
vues affez iSnes (ur les chôfcs^de morale > 
Se QQ étoit charmé deTcn entendre dif« 
courir ; nwis au .milieu de raifonnemcns 
très folides i il piaçoit quelquefois que Ix 
maifon des Baux écoit defcendue d*un des 
tcois Rois, nommé Balthafar, & que l'Etoi- 
le d argent qu'elle a pout Armes, rcpréfen- | 
toit celld qui avoir, conduit les Mages i { 
Jirufalem. Il - avoit beaiKoup d'cfprit ^ 
mais malhèurçufemeot il avoit éradié des 
livres Arabes^ que lui avoit donné un Mé- 
decin Catalan du Comte Rain^ond , qui Ta- 
voicnt entêté de toutes lés rêveries de TA^f- 
trol<5gie j &- kû avoîont appris à craindre 
Ids Chouettes. Il ne pouvoit pas s'imaginer 
^e ce qui étoile écpt dans une Langi^e aul& 



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jANVTERv i7Tf. tr 
AÙfténeafe que TArabe > & qui lui avoir- 
tant coûté à apprendre , ne fut pas vrai. Sa. 
femme étoic aimée de Fouqucr.. . • 

Boniface de Caftciiane éroic au(C d'aner 
naiflànce très diftinguéc , grand Poète 
âtyrique , mais (âcyriqoe par nature , & 
Poète par Art, feulement pour erre faiy- 
tique. On l'appelloit POutrcareat , tant il 
ctoit hardi dans fes Sirvtntes ou Satires :; 
il n'y cpargnoit pcrfonne , & il les finiC- 
{oit d'ordinaire par ces mots BouguM ijums 
dich , qui marquoitnt l'étonnement où il- 
écoit lui-même de fa hardiefTê. 

Il facrifioit tout à la Satyre^ amitié> bien- 
feance , & même l'honneur de Ton propre- 

Êoût, excnfable feulement par Timpoûi- 
ilité d'avoir de l'efprit dans un autre gen- 
re. Il étoit très timide quand il étoit mena- 
cé par le moindre faifenr de Sirventes». 
très redoutable quand il étoit craint. Sa 
bile, fa férocité, (on indifcretion luL 
avoient donné plqs de vogue que d'autres . 
n*en avoient par lenrs bonnes qualités , & 
il étoit endroit de méprifcr autant qu'il' 
iâifoit » la bonté » la douceur & l'équité. 

Rapul de Gatin avoit un caraAere preC-. 
que entièrement oppofé , un génie fou 
cstendu , & qui n'étoit borné que^ parce- 
qu'il ne s'étoit pas appliqué à tout , une^ 
niyacitç douce > tm agrément facile > des >; 



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ir MERCURE nEFKAFTCË; 

grâces fimplcs, one probité & une droht#> 
f c de cottM: y que tout fon extérieur repté^ 
fentoit 'y mais il étoir extrèniement foible 
fur l'amour , 8c très fujet à faire de tnaa« 
▼ais choix. Alors tout fen mérite dcvenofc 
ridicule par lliommage qu'il en faifoir â 
des perfonnes indignes*, & Tes refpedts mal 
placés le défiguroicnt enricrenacnt. Le plu^ 
grand deshonneur où il fut encore tombé 
etoic daimer Richilde de la Maifon de 
Montaubao', |êune Dane très^galante qui 
s'acconnmodoir de toutes (brtes d'amans,. 
hormisdç ceux qui étoient honnêtes gens » 
Se i qui R^oul ne manqua pas de déplaire' 
dès qu'elle eut découvert fes bonnes qualî* 
tésJLétoir extrêmement aimé du Comte de 
PtoTcnce , qoi Templofoit dâns^fts guer- 
res , ÔC lui confioic fes plus importante»^ 
afiTaires s mais du moment qu'il fat 
amoureu» de Richilde, il quitta tout, pour 
erre fans ceffe à Montpellier oirclle demeu- 
roit. Il étoft excellent Troubadour, 8c 
H eut le malheur de faire pour elle les plu^ 
Beaux vers qu'il eût faits de (a vie, 

L-Abbé deMontmaionr étoit toujours à la 
Gour (bus prétexte de quelques afiFaires de 
fon Monaftere qui alloicnc lentement. lia* 
mais Moine n^èntendit mieux Tart d'accor- 
der les intérêts fpirituels & les temporels; 
Cowne le Comte n'ctbit |Nas4cvot^rAI)b& 



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JANVIER. hTft. if^ 

^r^Montmaioar gardok fur Tesdéfordres de 
ta Cour un (îicnce qui paroUTott forcé , 8c 
CfVLi o'étoir c^'un cffcrnarurclleracnt poli- 
tique 'y il faifoit de très légères reraonrran-^ 
CCS, & fcmbloit fe retenir â regret par la ré* 
fiaexîon qu*dn n'étoir pas^en état d'en profit 
ter; ainfrie peu qui! difbir ne le brouilloit 
avec pcrfonnc , de il avoit le mérite de ce- 
qull n'avott point dit. Il fe faifoit forcée 
à prendre parc à des divertiflemens de 
ta Cour, à ctes parries dt chaâfes, il des fpfc-- 
tacles , & il avoir Teforit de faire oiei^ 
des chofes contre fon état fans^ rien fiiire 
Contre la bienféance.Son hypocrifie étoic 
fort fine , en ce qu'itne l'outroit point, &- 
cu*il la réduifoit aux chofes effentielles. Il^ 
ftavoit bien attirer de» donations à fôn* 
Abbaye , mats it ne les recevoir qu*eti^ 
avertiflant que ce n'étoit pas U le capital! 
de la dévotion , comme on n'étoit pas fore 
éloigné de le croire en ce temps-U«. 

Hugaes.de Sobieres étoit dt bonne Mai- 
son , mais né fans bien. Le métier de- 
Troubadour lui a¥oit valu une grande for- 
tune , ôc la familiaritéi de tous les grands 
Seigneurs. Il ne faifoit guère de fir ventes y, 
mais il étoit plus méchant que Boniface de: 
Caftellane^ parce qu'il étoit plus retenu 8c 
plus circonfpe£b,il outrageoitmoins, ic Ùlu 
hU phs de mal*. Jiimais coartifanne fçtt&: 



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^ MERCURE DE FRAHCÇ. 

mieux le grand art de nuire , auflî l'Hi^- 
toire remarque cxpreflemcnt qu'il cntrcto- 
noit les Barons dans une divifion pcrpc* 
ruelle. Il ctoit fufcepciblc de roures les 
formes que rintcrêc peut donner ;il fe for-* 
foit quelquefois* à être amoureux , parce 
que le Conue de Provence 1 croie toujours y 
il eut cru faire mal (^cour , don leur pu. 
furprendre fans ■• une paflion* 

Les autres Seigneurs attachés au Comte 
de Provence, étbicnt le Comte de Vinti- 
mille, Thibaud de Vins, les Ghevaliecs 
de Liparron , de Porcellet , de Lauris , 
d'Enrrecaflcaux., de Pujet, de Furban, &c 
les Troubadours Rambaudd'Of ange , Sei- 
gneur de Correfon , Guy , Ebles & Pierre 
a Ufez, frères, Boniface Calus Gentil^Fîr* 
meric de Bcluclcr , Perdigon ^ Pierre cje 
Cbarcau neuf, Guillaume de Bargemon.. 

Le foir que le Romieu fut amené par le- 
©omte à fon Château, prefquc toute cette 
Gour s'y. trouva raffcmhléc î tous les ycdx 
écoiciit tournés vers lui , & le Comte ne 
parloir qçi a lui. Quelques Courtifans des 
plus prévoyans craignirent déjà , que daus 
là pcrfonne de cet inconnu il ne rut arri- 
vé un favori. Vous venez de la Terre-Sain- 
te , lui dit le Comte , fans doute autant 
gar curiofité que par dévotion \ he bien , 
û cte$-vous pas content de votre voyage V 



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^ A N V I E Tl. 17J1. xt 

^îtcs-nous ce que vous avez remarqué de 
plus finguficr chez les Grecs , les Turcs , 
les Sarrazins. Monfcigneur , répondit- il » 
je vous ferai tin aveu , ^ue d'autres voya- 
geurs ne fcroicnr peut-être pas volontiers. 
ï*ai perdu nïcs pas , je n'ai rien vu de re- 
marquable. Comment , rcptit le Comte 2 
£t tous ceux qui reviennent de ces Pays- 
U , nous en rapportent tant ^e mer veilles. 
Je le crois bien , répliqua leRomieu 5 il 
y a des yeux plus propres à voir des mer- 
yeillesjles uns que les autres , & pour mot 
f ai vu des Crées , des Turcs , des Sarrazins^ 
des Tartares même ^ mais je n!ai vu que 
dts hommes , & j'en avoisdéja vuen F ran« 
çc. Il eft bien -aifé de jager que tout le gen- 
^ humain n'cH qu'une fiamitle , tant on s'y 
reflcmble. Mais , reprit le Comte , ces ma- 
nières de s'^habiller & de bâtir/:esiTnEurs fi 
différentes des nôtres , ces Gouvcrnemens 
6 bizarres, tout cela n'eft-cc pas un fpeç- 
taclc fort agréaWe pour la curiofité î Mon- 
fcigneur jtcpondit le Romieu , c'eft félon 
les fpeûatcurs. Ceux qui croyent que tout 
ce qu'ils voyent dans leur pays eft la natu- 
re , Se qu'on ne doit pas s'habîUer ni faire 

' la révérence autrement qu'eux , je fuis d'a- 
vis qu'ils courent le monde, ils verront 
mille objets nouveaux , dont ils feront 
puiiS^mn^wni touches. Pour moi j'ai trouvé 



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«t MËKeUKH 1:11: t*K.AXM\;& 

mne autce manière de voyager, quiefll» 
feule que je praâquef ai dorénaYanc. Je GiU 
forcement perfuadé > que le fond de latia- 
<cure humaine cftpar tout le même , maïs 
^u'il eft rufc^ptible d'une infioîcé de dî£&* 
«encese excédieures>(ar toucce qui nedé- 
|)end que de l*opinion& de rhabicude^Toti» 
^cescesdifférencesiyje me les imagine comnie 
je pttiS) je fais à jna fantai(ie des moeurs, Sc 
xles Gouvernemens , qui ne font poui:cao€ 
pas contraires aux principes qui nous fooc 
«ffentiels « & je dis , tout cela cft quelque 
|>arc , fi ce n eft pas cela , c*eft quelque 
chofe d'approchant i voila le rour du mon« 
de fait. Ce n'eft pas que toas ces objecs 
differensxie foienc un peu plus agréables ^ 
*& peut-être un peu phis utiles i voir , tête. 

Su'ils font en eux-mêmes, mais je ne (^ais 
le plus d'agrémenté d'utilité vaut la pei- 
ne du voyage. 

Les difcours du Romieu firentdes effets 
bien diâ&rens fur ceux qui y furent prén 
£ens. Pre£c^ue tous les Courti&ns n'y en« 
tendirent xien , & eucent beaucoup d'envie 
4e s'en mocquervLeComtey fentoit utie 
vérité qui le touchcHt , mais il n'oibit s'ea 
fier à ce fentimcnc , & la (îngularité des 
chofes que lui diCbit le Romieu réix>nnoit ^ 
lui faiCoit plaifir , & en même tems lui 
étoit fofpeâe. Beralde des fiattx»& RodoU 



,yGOOgk 



:J A N V 1 E R. i7fi. i| 

jftie de Gaciii » n'héTicerenc point » 4c lui 

tfoaverem beaucoup d*efpriC4 il n*y eue 

que cette différence que Beralde le xruc 

Ivotnme de qualité » & Rodolphe jugea 

feulement qu'il étett fort honnéte-hom* 

me* Ils en parlèrent tous deux au Coone 

avec :beaiicoup d'éloges ,•& ils fixèrent foa 

jugements Mais quand ils l'eurentdétcraai. 

x^y il crut n'avoir jamais douté, & il s'iina- 

^na^uilayoitfentiadfi vivement^ auf- 

il promptement qu'eux tout ce que valoît 

le Rotxvku. 

Le lendemain il demanda foo congé^mati 

4}ans le goàt4]ue l'on avoit pout lui , on 

ii*avoit garde de le lui accorder^ Le Comte 

lui fit prometnre qu'il paflèroit quinze 

joars aiiprès de lui. 

Il le mena au(fi*t6t dièz la Comteflfe de 
Provence , & chez les quatre Princeflès fet 
filles^^que le Romieu n^avoit point encore 
«rues. 

La Comteffc avoir l'eiprit extrêmement 
galant^ elle aimotc les jeux , la Mqfique , 
toutes les Hiftoires où il entroit de l'a- 
mour •, elle avoit même fouffcfi que quel- 
ques Troubadours lui adrelTaûent des ou- 
vrages , où elle pouvoit foupçonner que 
Cçm «em -ne (èrv^tt t^u'i en eacher -un au- 
tre ; enfin tout ce qui avoir quelque atr de 
galanterie l^térefibit, la touchoit , &cU 



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»4 MËItCURÎDÊFRAflCB. 

le étoit indifférence à tout le refte , ccpcti* 
^^ant elle ctoit toujours demeurée dans les 

bornes d'une exadc vertu , foit que fcs in- 
«dinations nallaifcnt pas plus loin, foie 

que fon rang eûncontrâint fcs inclinations.'' ' 
Quand le Comte 'fut entré dans fon ap* 

f^artement fuivi du Romieu , Madame > 
ui dit-il , je viens vous demander du fc<» 
«cours pour arrêter quelque tems ici cet in- 
connu , qui à chaque moment veut nous 
•échapper. 

Le morceau (jH*on vient délire neftéjiftim 
fréigment i vutis nons avons cr» qn^nn frag^ 
ment de Ai. de -Fontenelle miritoit £être con* 
fervi. 

VERS 

Sur Renelas *^ far Mdi, Huboccâfè^ 

IVJL Ufe , qui charmes mesibifîrs , 
^iens rendre aa François la peinture 
De ces jardins , où les plaifirs^ 
Les ris , la paix 5c les défirs , 
Toujours dans leur juAe mefure^ 

* Lieu i^smtêfement ^ fur la gauche îU laTamifii 
Rival de Vauxhall , ùh les AngUis s'affitnhUnt a de^ 
eUner , ^ U f9tf^ Qn4çri% Rdnelagh , ^ en penonca 
Renelas, 

Raflemblenc 



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JANVIER. ,7,1. ij 

Raflemblcnt tous les agrémenf 

XJuc l'Art ajoute â la Natutc. 

C'eft.» , qu'aux bords d'une onde pare, 

Londres au Ton des in/lrumcns, 

Voit chaque foir , malgré les vents . 

Mille lampes dans la verdure 

Eclairer mille amufcmens. 

Pour peindre i la -race future 

f aihall » , ?c Tes enchaniemens. 

De Voltaire il faudroit les clanti^ 

Bt d'Albanela touche sdre ; 

Mais vous , Renelas . lieux charmant, 

Souffrez qu'une main plus obfcure 

Par amour pour vos monumcns , 

En crayonne ici la ftruâure. 

Dans votre moderne parure , 

Je vois la grandeur du vieux tem$| 

Sous un dôme orné de fculpture^ 

yos balcons par compartimens^ 

En trois ordres d' Architcâurc , 

D'un vafte Cirque ont la figure ^ 

Au Centre un feu perpétuel 

Du Printcms rappelle l'abftncc^ 

Et Pidolc de <?et Autel 

£ft la liberté fans licence : 

Ce lieu rempli de fa puiffance ; 

*^ t)» /crit Fauxhall . (§. on pronom Faxhstl , ;>. 
dtn fur U Tmife.ok hs An^lois $'AnmbUn$pom 
s'éêmufer. *^ 

B 



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%S MERCURE DE FRANGE. 

Ne fat point un Temple Payen ^ 
Céft l'oun^ge d'un Citoyen r 
D'un Viiruvc * en delTeins fettile. 
Qui clu bien public fait le fiea, 
£t joint l'agréable à l'utile. ^ 

Dans ce Séjour Elizien , 
Par les échos l'orgue embellie , 
P'Haindel empruntant l'harmoAte ^ 
£'unit au chant Italien. 
Tandis que l'oreille ravie 
i\dmire leMuficten , 
Du godt tout y prévient l'envie^ 
Le Commerce par Ton génie , 
( Des deux mondes l'heureux lien } 
Y joint aux dons de la Patrie 
Les vins Grecs , les parfums d'A£e , 
le thé qu'un Chinois offre au Tien ♦*, 
De Moca la liqueur chérie » 
Et ce noir breuvage Indien ^ 
Que TEfpagnol nomme Ambrofîe : 
En un mot , fous l^ mêmes toits » 
Confondant les rangs 8c les droits , 
Ce lieu charme par cent merveilles. 
Des Grands , du Peuple & du Bourgeois , 
Le goût 9 les yeux 8c les oreilles. 

Grèce y orgueilleiiTe de tes jeux y 

* Ce lieu ejl bits far m» Entre freneur » fui du prend 
** Dûtê tbi Chinois^ 



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JANVIER. ,751. ^f 

t>édc â Rcflcias !a viftoirt j 

Dans tes champs an Vainqueur poucfecux, 

AthWtccriicl fcibdgaeux , 

D'un ▼ain laurier tiroir fk gloire : 

Ici raille cfbjets enchanteurs , 

A Pocil fripon , tendre ou volage^ 

D*un pas noble , léger & fage , 

«ous des chapeaux ornés de fleurs, 

y recherchent pour avantage 

Xe prix que donnent au befâgc 

£r \ts grâces & la beauté: 

Ces plaifirs , cett^ vohpcé , 

Qu'on rencontre félon Lucricc > 

Dans une molle oifireté 1 

Selon Zenon » dans U façefle ; 

Ce vrai bonheur , tant fouhaité , 

Qu'i définir , chacun s'cmprcffe , 

Sans l'avoir connu ni goûté. 

£n ces lieux , PÀnglois tranfporté ^ 

Semble le trouver dani là pteile : 

Du moins , le fils de la richefle , 

L'ennui, fur le fenill'a quitté j 

Comus en bannit la trifteiTe ; 

Comme au rivage du Léthé , 

L'oubli du tems s'y boit fans ccfle 

Dans le fein de la liberté. 

Là , le politique entêté , 

Calme (bn feu contic !a France j 
Dui^arltmcfiUirc irrité 

B ij 



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^8 MERCURE DE FRANCE. 

Fhilis adoucit I*éioquence ; •. 

Le Marchand , toujours agité , 

Des mers craint moins la violence^ 

L'amateur de i'Antiquiré 

Du préfent fent la jouiflance : 

La vieille , en favourant Ton thé^ 

Voit fans regicts Hcbé qui danfe. 

Et la Courtifane en gaîté , 

Pcend le mafque de la prudence. 

Fuyez , jeux de Flore"* , où jadît 
Rome étala fon opulence ; 
Londres profcrit votre indécence s 
Sans godt '^Cms pudeur , vos Lais 
A Plutus y livroicnt leurs charmés* 
D'un faui zélé honorant Cy pris 
Dans la débauche 8c le mépris , 
A la courfe , aux combats des armes ; 
De vils Vainqueurs gagnoîent le prix i 
Et dans les fttc« que je chante " 
L'Amour vrai , délicat , fecret , 
Vient couronner l'amant difcrct , 
Et la beauté vive êc touchante , 
Qui femble y briUer â regret ; 
Mais dins ce Temple où tout l'enchante ; ^ 

il ne fçait plus i quel objet 
Donner la palme triomphante^ 

* Jiux tju'on ciUbfois i K(^me en l'honneur de Tlôi 
te JsmeMfc CeurtifmH^t^nim lefyHeU regneit U 
licence» 



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JANVIER. 1751. »^ 



RÉFLEXIONS 

Sur U prrfgnne & les emvrsgtf 
de M.^ tAbbi Terrajfon. 

LA plupart des Princes font beaucoup 
plus loués durauc leur vie qu'après 
leur mort. On peut dire aujourd'hui le con* 
traire des gens de Lettres*, tant qu'ils vivent 
00 les critique , ou on les oublie > feloa 
qu'ils fe di(tinguent , ou qu'ils rcftent con- 
fondus dans la foule \ mais on les célèbre 
tous 9 dès qu'ils ne font plus. Cette multi- 
plicité déloges funèbres hiftoriques eft 
cenfurée par quelques perfonnes. Si on 
les en croit , ceux qui par leurs lumières 
& leurs talens ont éclairé leurs contem- 
porains , & honoré leur Patrie , font les 
feuls dignes de nos hommages ; mais à quoi 
bon , difent-ils > tranfmettre à la ipoftérité 
àcs noms inconnus à leur propre hécle , & 
leur accorder folemnellement une place 
dans les faftes Littéraires , où l'on ne pcn- 
(erajamaisà les-chercher^Quclque exagérés 
que me paroiflènt ces reproches , j'avoue 
quel'ufage dont on fe plaint a fcsabus^ 
(8c quel ufage n'a pas les Cens) mais je 
fputrens qu'ils (bntoien légers en compa^ 



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1 



|o MERCURE I>E FRANCE. 

taifon de fcs avantages^ Si les anciens qtiJ 
éie voient des ftacues aiix grands hommes ^ 
avoiciu eu k même foin que nous de célé- 
brer les Sçavans , nousaurions> il eft vrai,^ 
quelcpics Mémoires inutiles > mais nous 
ferions plus inftruits fur le progrès des 
Sciences & des Arts , & fur les découver- 
res de tons les âges \ Hiftoire plus intéref* 
fante pour nous , que celle d*une foule de 
Souverains qui ;i*ontfait que du malaux 
hommes. D'ailleurs , ne craignons point 
que la poftériîc confonde les rangs : en 
fcifant l éloge des gens de Lettres, nous 
aflîgnons àpeu près, même fans le vouloir» 
la place que chacun doit occuper. 

Je fouhaiterois feulement , que pour 
donner à ces fortes de Mémoires toute l!u- 
tilicé poiftble , on, sîactachâc à peindre 
Fhomme encore plus, qtw l'Ecrivain , au^ 
rifque de changer quelquefois le pané- 
gyrique en Hiftoire : les ouvrages d'uiv 
grand génie , ou d'un Sçavant illuftre , 
fixent aflcz par eux-mêmes le jugement 
qu'on doit porter de (es talens : mais le 
ipeftaclc de fa conduite , de Ifes mœurs, 
de (es foibleflci même , eft une école de 
Philofophie : furtout , quelle inft^uûioiii 
jie peut-on p^s en retirer , lorfque par fon 
caradkére & (a façon de penfer , il a mérité 
et fervir de modèle à ceux qui courent U 
«oêoie çairrieie l 



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J A N VI t R. i7fi, 31 

Tel fut M. l'Abbé Tcrraflbn : il occu- 
poit fans douce , une place diftinguce dan^ 
la Littérature , mais ce fut la moindre par- 
tic de la gloire : ce qui le caraûéf ife , c'eft 
d'avoir ère à la tête des Philofophes pra- 
tiques de ToB fiédc ; reloge cft d'autant 
plus grand , qu i'. eft plus rare aujourd'hui 
de le mériter* 

On la die it 7 a lone-tems yh gloU 
fc & l'iiitcrêr , quelquefois couples deux 
enfemble , quelquefois Tun aux dépens de 
1 autre , font les deux grands relTortsqui 
Êsnt mouvoir les hommes , 8c les gens de 
Lettres ne font pas exempts de payer le tri- 
but à rbumanité : quoique leurs travaux 
mènent rarement à la fortune , plufieurs 
d'entt*enx ne laiflcnt pas de s'y mépren- 
dre 9 & de s'engager dans une ctrriere auflt 
noble , par un motif qui ne Teft pas. Quel* 
ques-uns femblent avoir renoncé à l'inté- 
rêt , facrifîcc médiocre , ror(qu*îls n'onr 
aucuns défirs à fatisfaire ; mais ils n'en font 
ordinairement que plus vifs^fur cet amour 
de IB téputation ^qui fclon Texpreflion^de 
Tacite , eft la dernière paffion des Sages. 
£q vain fe repréfentent-ils que le nombre 
des. bons Juges cft petit, il leurfufGtdc 
penfet que le nombre des Juges cft grande 
te par une contradiâion , dont ils ont' 
peine â fe rendce raifon > ils font avidcs4l»' 

fi iiij 



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31 ME RCURE DE FRANCE. 

la réunion de ces fufFragcs , dont chacun 
en particulier , fi on en excepte quelques- 
uns , ne les flarceroit nullement. Heureux, 
quand ils ne travaillent pas à fc les pro- 
'curer par les nianœavres &c par L*iatri- 

g"e 1 

M. TAbbé Terraflfbn étoit bien éloigne 
de cercc manière de penfet :il ne fut fujec 
m à cet amour propre ii délicat , qui fait 
quelquefois le iupplice des Sçavans , ni » 
cette bafle jaloufU qui les dégrade r il ne 
regardoit Ces Ouvrages que comme des en- 
fans de Ton loifif qu'il abandonnoit à la- 
ccnfure publique ^ content de lapproba- 
tion de quelques amis éclairés, il éroit fort 
tranquille fur le jugement des autres. On 
lui demandoît un jour de qu'il penfoir d*u- 
r.e Harangue qail devoir prononcer :,£/& 
ejl bonne , répondit^ il , ;V dis- > très hoirie j 
tffHt h monde n^en fenftra peut-être ^4S dm* ' 
fne moi : mais cela ne m'inquiète guère. 

L'envie de s'enrichir ne le tourmentoit 
pas plus, que celle de faire dabruit; la> 
fornine vint à lui fans qu'il lacberclÉt» 
elle le quitta fans qu'il fongçat à la reteniri 
& il fe retrouva dans un état médiocre ^ 
avec cette même Pkûlofophie qui ne l'a- 
voir jamais abandonné ^cependant, quoi* 
qu'il eût confervé au. milieu des richcfles, 
la fimplicité de mœufs qu'elles ont cou^r 



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TAN V I E R. r75u ^^ 

^amc d otcr , il n croit pas (zns dcHance 
de luimcme : ^c répmds dtmoi , difoic-il » 
jufjuk un million : ceux* qui le connoiC- 
foicnc auroienc bien lépondu de lui par 
delà. 

Il rcgrctroii le teins où les gens de Let- 
tres, moins répandus & moins diftraits,. 
vivoient davantage enrr'eîix : comme ils 
avoicnt moins d*intcrêt de fe nuitc , ils 
écoient plus unis , & par confcqueni plus 
refpeâés ; leur fociécé n'avoir peut-être 
pas les mêmes agrémcns qui la font recher- 
cher aujourd'hui \ mais la politefle ne fe 
pcrfeûionne que trop fou vent aux dépens 
des mœurs; la charlatannerie , qu'on me 
permette ce terme , fi commune & fi har- 
die maintenant , Tétoit alys beaucoup- 
moius , .parce qu'elle écoit moins fûre de 
féuffir 5 ce n'eft pas que le commerce du^ 
inonde ne foi^^ccÛaire aux gens de Let- 
tres , furtout J^Pur qui travaillent potir 
plaireàleur fiéclcou pour le peindre rniais 
ce commerce, devenu général & fans choir,. 
cft aujourd'hui pour eur , ce que la décou- 
verte du nouveau-monde a été pour TEtP- 
sopc4 ileft.fprt douteux- qu'il leur ait fair 
autant de bien que de mal. 

Nullement emprefle de faire (à conr,> 
JSE l'Abbé Terraflon trou voit plus aifé de 
BC-gôiac vivre avec-la £iu£art des Grauds>> 



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y4 M'&RGU'RE DE FRANCE. 

que d'ctic avec eux à fa place, fans fed^ 
grader , 8i fans fc compromettre. Il fuyoir 
lurtout , ceux dont l'orgueil perce à tfa-^ 
vers leur accueil même , & à l'égard def-^ 
qr.cls la fierté cft fouvent ujie verra dans^ 
un homme de Lettres, & la douceur un 
vice. Mais il eftimoit beaucoup les Grands, 
d'une fociété fimple & aimable , qui cul- 
tivent fans prétention les Sciences & Ic^ 
Beaux Arts, qui les aiment fans vanité, 
ic qui, s'il cft permis de parler le langage 
du tems , ne font point fervir leur naiC» 
fànce & leurs titres de fauvegardcàleur/ 
efprir. 

Aufli- étoît-il bien éloigne de. con- 
fondre les amateurs véritablement éclai- 
rés ,. avec ftux qui en ufurpent le 
nom , ordinairement occupés du foin de- 
rabaifler les grands talens pour élever les. 
médiocres y.parce qu*ils jjporent que le- 
mérite éminenc honore f<Slprotcâseurs , & 
que le mérite médiocre avilit les ficns. Om^ 
n'aura pas de peine à croire qu'il n'étoit 
quêtes plus faVorabre-à ces Sociétés parti- 
culières , fia la mode aujourd'hui , qui s'é-- 
rigent en arbitres des Auteurs. On avoir- 
beau lui repréfetwer que par le moyen de 
ces Sociétés , l'efprit fc répand & fc com- 
munique de proche en proche» Il répon- 
dpû par une comjparaifoii plus, éaerg^iquer 



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J A N V I ER: irjr. J5 

que recherchée , qae l'efprit d'une Nation 
reCItmble â ces feuilles d'or qui deviennent 
plus minces à mefure qu'elles s'érendenc ^ 
& qu*il perd ordinairement en profondeur 
ce qu'il gagne en fuperficie. Il eraignoit 
fur xouc que ces Tribunaux fans droit & 
fans titre , faits pour prendre le ton des> 
Gens de Lettres , ne prétendilfent un joorr 
le leur donner , & ne cherchaffent à (e 
rendre par cette ufcu-pation le fteau des bons 
livres ^ & l'azile du mauvais goût. Selon 
lui , il ne falloir point attribuer à d'isiutrcs^ 
caufes ce jargon qui fe^ répand infenfible* 
ment dans les ouvrages modernes , & qui 
devenant de jour en jour plus étrange» fem- 
blc nous annoncer la décadence prochaine* 
des Lettres-, céc le faux belefprit tient de' 
plus près qu'on ne croit à la barbarie» 

Un homme qui penfoit comme M, l'Ab-- 
béTerraffbn nedevoit guère» (ôlliciter 
de grâces , même purement Littéraires^ II* 
eût fàlla lui apprendre jafqu*aux noms de* 
ceux qui JcsdillribuoicnTî fon mérite fculi 
avoir brigué pour ki celle»qo'on lui avoifi 
accordées. 

On ne doit partroovctrurptenanr qu'îli 
ait eu pour les autrcr Tindifference qu*îk 
avoir po^r lui-même. Le fpeftacle fi varié' 
des paffions qm agitent-les hommes , anu— 
ftacot o^ d iftai re - df là plupart des Sages >» 

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3<S MERCURE DE FRANCE.. 

nVtoit pas même un fpeftaclc pour lui;,. . 
Plus Pliilx^fophe que Démocrite , il fe con- 
tcniou de voklc ridicule de fes contempo- 
rains y & ne daignoit pas en rire : on eût; 
dit qu'il contemploir de la Planète deSa-- 
lurnc cette terre que nous habitons ; il cft^ 
vrai que les. hommes ne font qu'un point 
pour qui les voit de-11^ mais ne s'y place- 
pr.s qui veut. 

Sur tout^ ce qui Kocaîpoit le moins, c'c- 
toienrles démêlés des Princes, & les affaires^ 
d'Etat,dont les Philofophes ne parlent gué- 
rcs , que pour médire de ceux qui gouver-. 
nent , quelquefois mal- à- propos , & tou-v 
jours inutilement,. iLavoit coutume de di«^ . 
r^ qu'il ne faut point fe mêler du gouver-^ 
B^ldans un vaiueauoùl^bhJi'eft quepaf- 
fager. Ce parti eft afifCucment le meilleur 
dans une Monarchie bien gouvernée , Se 
le plus (ur au moinr dans quelque Monar-* 
cbie que ce puifle êtf e. 

L'ignorance où il ctoit fur la plupart des, 
chofes de la vie , lui donnoit cette naïyct^ 
qui eft unagrénjent^quandeUe n'èft pas un- 
ridicule, qui du moins annonce ofdinaire-^ 
ment la vertu,& dont par cette raifon le vt- 
ceemprunte quelquefois lemafque.Comme- 
elle le faifoit paroîrre fimple aux yeux de: 
bien des gens , elle a fait dire qu'il n'étoit 
homme d'efpnt qv^e de proEh ou pourroic> 



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T A N V r E R. i7fr. jr 

are avec moins de fineflc & plus de véritc>. 
qu'il avoir un vifage pour le peuple , & uiw 
aatFe pour les Pbilofopbes;. 

Sans être extreroeœenc zélé pour aucune 
fyftêmc ni pbyfique ni- métapbyfique , le^ 
Cartéfunifme écoit celui qu il rembloÎD 
avoir ?doptc. C'croir pour ainfi dîie , ua> 
pli quUl avoir pris de jeunefle ; mais il ne 
trouvoir point mauvais <p'onene(k pri^ 
un autre. Cependant cette Scûc , qui n'eft* 
pas aujourd'hui trop nombreufe, eft volons- 
tiers- intolérante comme bien des Seâes. 
opprimées ou négligéesrpeu s'en faut qu çl- 
4e ne décrie âcs adverfaire^iComme de mau*^ 
vais citoyens infenfihies à la gloire de leur 
Nation. Les partions de Defcartcs fcroienr 
peut-être bien étonncs^ , fi ce grand hono- 
me revenoit au mQnde>de trouver en lui le 
plus redoutable ennemi du Cariéfianifme.^ 

Enfin, ce qui met le comble à PEloge de 
M. i'AbbéTcrralTon , fa Philofophie étoit* 
ians bruit , parce qu'elle éroit fans efibrt Ç 

Peut-être avoit^il eu moins de mérite à- 
acqucrir: mais ks' verrue qu'on loue le 
plus > font fouvent celles qui coûtent le 
moins. D'aiUeui:»^^ quclc^t;e ridicules que 
foienc les préjugée , leur empire eft fi puiC-- 
&nr, ({pe ceux même qui lui réfiftenr> s'ap- 
pJaudiÛcnt de leur courage ; pour lui , fans. 
&.£cévaloic d'iin avantage, fi. rare. ^iiea^ 



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1 



jsF MERCURE DE FKA^KCE 

jouifloitpaifiblctncnf, iln'avoit pas bcfoift' 
d'avertir les aacres qu'il n'écoit ni complai- 
fent de perfonnc, nicfclav'e.dc fonamoitr 
j^opre *} tout le monde le voyoic afTez , SC 
il aimoic nittux renfermer fa Philofphie 
dans fa conduite, que delà borner âfes^ 
difcours. 

lime refte â dire un mor de (es Oii^ 
vrages. Le premier* fût la DilTertation con-» 
tre riliade. Elle parut en 1x15 , dans le 
fbrt de la difputc fur Homère, difpute auf- 
fi peu utile que prefque toutes les autres ». 
Ôc qui n'a rien appris^ au-genre humain ^ 
finon que Madame Dacier avoir encore 
moins de Ll)gique que M. de laMotte ne: 
fçavoit de Grec. Les coups que l'on portoit 
alors au Prince des Poeccs , lui firenr peut- 
«rc moins de rort que la manière dont ils^ 
étoient rcpouffes. Attaqué pat des gens- 
d'efprit & par des Philofophes , il n'avoit 
guère s dans fon parti quedts gens de goûr 
qtii fe xaifoienr , ou dà pefans érudits qut 
auroicnt admiré la Pucelle , fi Chapelain* 
la voit écrite il y a trois^ mille ansi» 

D'un autre côté les adverfaires d'Home* 
rc , rrop peu ferrfiblcs aux beautés de dé- 
tail dont l'iliadc eft remplie, & qui fonr 
peut-être lapariie là plus effcntielle d'iin^ 
Poëme Epique , s'attachoient trop à juger 
an. Ouvragç de.gçnie^fur des > té^ips^ d'91^ 



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lANvrERr. 175 1; fjr^ 

lîarbitrairc n'eft pas tout-à-fait exclu , St^ 
fur des ufag|cs^ qu'ils rapportoicnt trop à ' 
notre goûr*. 

A legârd de là querelle fur les Ancient « 
& les Modernes qui faifoic auffi partie 
de cette difpute, je ne prétends point lare*- 
nouvcller ici , encore moins la terminer u 
j'obferverai feulement que Ci les Grecs & 
fes Romainsnausfontfupérieursà certtins^. 
égards » Ôc inférieurs a d*autres , c'eit 
peut-être moins i la diftcrcnce de génie 
qu'il faut IWtribuer , qu'à celle des cir»^ 
conlbnces , du Gouvernement , des motifs 
d'émulation , & Ctxi tout à l'avantage qu'ils 
ont eu de parcourir av^ant nous certaines^ 
routes, &à celui que nous avons d'en- 
rrouver d^autrestoutes ouvertes qu'ils n'a- 
Vi>icnt fait qu'entrevoir. 

Quoiqu'il en foit , TOuvrage de^ M.'. 
l^bbé Xcrraflbn eut un fuccès dont l'Au^ 
leur fat digne par fâ modération , & fur- 
tout par le mérite qu'il eut d'avoir porté.^ 
dans les Bcllcs-Lettrescet efprit de lumiè- 
re & de Khilofophie ft utile mêrrc dans-. 
ks matières de goût , quand il remonte -à*. 
Uur vrais principes.. Peut erre aiiffi cft-ili 
quelquefois dangereux , lorfqu'égaré par: 
. nne fauffe Métaphy^que , il analyfe fr oi^ 
dément ce qui doit être C^x'u 

Mad;ime Dacicr qui r>c gpuvôit pas rcr- 



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49 MERCUREDE FRAtfCB 

prochcr à M. l'Abbé Tcrraflbn d'ignorer 
îû Grec , ne jugi^a pas'à-propos-de s'engager 
dans une réplique, M. Dacicr s'en chargea,. 
Se acciifa cntr'autres chorfes (on advcr- 
faire d'avoir fait dans fon Ouvrage l'Apola- 
gic de la morale du Théâtre Lyrique , im- 
putation luflîinjufte que déplacée. M.l'Ab- 
béT^rraflTon daiguaccpendant y répondre ,, 
& il faut^ avouer que c'eft la partie de fa.» 
Differtation la plus inutile 

L'Ouvrage qui fui vit, fut d'un goût bien» 
différent. C'étoit des Réflexions fur le Éi- 
meux fyft&raequi a ruiné parmi nous tant, 
de familles > pour en enrichir tant d'autrjeSr^ 
M. l'Abbé TetraflTon eut k courage d^en 
prendre la défenfe , parce que Tayant en-^ 
vifagé. d'un œil philofophique , il le ju- 
geoit utile , & qu'ilen féparoir le princi- 
pe d'avec ce qui n'étoit qn'ac<:e(Ibire. A la 
veille du dcfaftre public & de la chute de9 
fortunes qu'il ne pouvoit prévoir , il jufti- 
fia, pour ainfi dire.d'avance ce qu'on alloio 
a< enfer bien-tôe d'être la caiafe de tant de 
aialhcurs ', & au jourd'ui , que les efptits ne 
f oiit plus échauflfcs fur cette matière par un 
intérêt préfent & perfonnel , l'c^inionr 
qu'il défendoirne- manqueroit peut-être 
pas de pariifans éclairés. Au refte ce fut à 
cet Ouvrage qu'il dut Topulence paflTagerc 
dLoftt: nous, ayons £arlc j, & |>at^ bonfiîurv 



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X A N V t E R. 175 r. 4t 

pour lui clic ne fin que paflTagcrc : car quoi*- 
qu'il ne rcût pas eu pour objet en écrivant^ 
on auroit pu la lui reprocher > fi le peu de 
durée de fa fofcunc n'avoir répondu de la 
droiture de (es morifs. 

Il fcmbloit que M. TAbbé TerraflTon fût 
de ftiné à s'exercer ftir les genrc^les plus op* 
pofés. En îji i il publia le Roman de Se- 
ihos. Cet Ouvrage , quoique bien écrir, 
& cftimable par beaucoup d'endroits, ne fit 
cependant qu*^une fortune médiocre. Le 
iticlange de Phyfique & d'érudition que 
l'Auteur y avoir répandu , & par lequel il 
avoir cru inftruirc & plaire, ne fut point 
du goût d'une Nation qui facrific tout i l'a- 
grément, & que M . l'Abbé Tcrraffbn avoir 
inoinsétudiée en homme du monde, qu'en 
Philofophe. Mais fi le Roman de Seihos efr 
inférieur de ce côré-là au Tetemaque fon- 
modèle , il n'y a rien auflî dans le Telcma- 
quc qui approche d'un grand nombre de- 
caradéres , de traits de Morale , de réfle- 
xions fines , & de difcours, quelquefois fii- 
Wimes , qu'on trouve dansSethos. Je n'en 
apporterai pour exemple que le fcul por- 
trait de la Reine d'Egypte en forme d'O- 
raifon fonébre , ( 4 ) portrait que Tacite 

*' Voyez le premier f olaràe , page 6i Se betar* 
QMip d'ancres eadioits. 



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4ï MERCURE DE FRAITCE. 

eût admiré , Se donc Placor^ eue confeillé is» 
lc6lure a tous ks Rois. 

Le dernier de fcs Ouvrages cft fa traduc- 
tion de Diodorc de Sicile Quoiqu'il n'é^ 
pargne pas les éloges à fon Auteur dans la 
préface, on prétend qu'il a*entrcprir certc 
tradiidion que pour prouver combien les 
admirateurs des Anciens font aveugles. 
Quand on traduit les Anciens dans cet cf- 
prit , & qu'on choifit Diodorc dcSicilc il 
y auroit du malheur i être condamné fur 
fon ouvwgc. 

Il éroit entré d'afTez bonne heure à l'Aca-- 
demie desScicncespourcndcvenir un jour 
le Secrétaire, L étendue de fcs connoiflan- 
ces,5c le talent qu'il avoir pour écrire, don- 
noient tout lieu dcucroire qu'il rempliroic 
ftvec honneur cette place importante. Mais 
lorfquc M. de Fontcnellc fortit d^nc car- 
rière qu itétoii encore en érar de pourfui^ 
vrc après l'avoirparcourue durant quaranre 
a^^s avec la plus grande répurailon , ce fuc- 
ccffeur qu'il s'étoit deftiné depuis long- 
tcms , n'avoit plus.a(rcz de forces pour Ic; 
remplacer. 

Un Philofophc tel que nous venons de 
k dépeindre , fçavoit trop bien fe fuffirc 
è lui même, pour ne pas dîfparoîrre de. 
delTus la fcène,quand la vieillcfle & les in- 
£rmités conunencercnt à l'j^ rendre inutile^. 



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J A N V I E R. I7jr. 4^ 

Û Ce rcnfcrina donc abfolatnenc chez lui ». 
Se ne fc montroit touc au plus que dm^ 
des lieux publics , où il ne pouvoir être k 
charge à pcrfonne. Il comioi{î.>it trop bien 
fà Nation pour n'avoir pas (cnri de bonne 
heure conibien eHceft ingrate envers ceux 
même qui ont le plus contribué à fon inf- 
truûion ou à (es plaifirs : Il fçavoit que 
l'avantage d'être recherché avec emprelfe- 
inent juCqu'à la fin eft le privilège d'un pe- 
tit nombre d'hommes rares;, fouvent même 
quoiqu'ils méritent cet empreffement par 
leurs qualités perfonuttclles , & par l'a- 
grément de leur commerce , c'cft à la va- 
nité qu'ils en font principalement redeva-- 
blcs. M. TAbbé TcrralTon retira donc de 
boime hflUrcyS» Mme de lapreffe , fuivant le 
confeil de Montagne , & fa vieilleffc fat- 
auflî philofophique que fa viei. 

L'efpéce de ftoïcifmc dont il faifoK pro-. 
fcflîon, ne l'empêchoic pas d'avoir des amis, 
auxquels il étoit fort attaché ; M. le Mar- 
* quis de LafTay , & M.Falconet étoicnt de 
ce nombre -, c'en eft aflez pour juger qu'il: 
fçavoit les choifîr , & fur tout qu'il ne fc 
fronipoit pas en honnêtes gens. Pleure de^ 
itrs amis, M. l^AbbéTerraflTon eft gêné- 
salement regretté de tous ceux qui Tout 
connu ; on ne (çauroit manquer dé Tè- 
tre , qiiaïKlaycc de Tef^ric & dc$ calen»,». 



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44- MERCURE DE FRANGE. 

on n'a jamais nui à l'amout ptaprc , ni^ 
à l'avidité des autres. 

LE SINGE ET LE CARDINAL- 
e O N T E. 



M 



Aître François, ce Peintre ingénieur^ 
Dit quelque part dans fes folles archives , 
Qix'il cft un lieu, féjour des gens heureux ,. 
Un lieu charjnant, peuplé (famés oifives ^. 
l£la Fontaine , i ce tableau flateur 
Ajoute cncor mille grâces- naiVes, 
Et l'embellit par Ton flyle enchanteur^ 
Il y nous peint cette ain^able indoltnce ;. 
Qi) la raiibn s'endort parmi les jeux : 
Ce doux repos , enfant de Hnnocence ,. 
* Et ce rien faire , hélas î fi précieux ; 
Ge n'eft le toat : le fripon curieux. 
D'honnête amour, de maîtrefle jolie, 
Y joint aufli l'amoureufe folie , 
Et du plaifir les traits délicieux-, 
Il a raifon 5 c'eft le nœud de la vie ; 
Kien ne connois auffi doux fous les CieuT. 
Mais d'oà^vient donc , que mes Maîtres tous de»» 
Ont oublié de célébrer le rite , 
Ce bien fi cher qui comble tous nos ▼œux , 
l^oot ks tranfpotts banmflenU'humearaoire ^ 



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^^ JANVIER, ,75r. ^y 

*3ai nous ravir , qui non fait fouvcnt boire 
L 'oubli des foins de des feacis fâcheux } 
O rire aimabfc , ô vrai régal des Dieux l 
Doux aban<<on d'une amc dégagée 
Des'Iongs dégoûts dont la vie cft chargée, 
Xibrc dVnouis, quand pourrai-je â loifir 
De tes âccè5 godter tout le pJaifir ? 
C'eft par toi fcul qu'on voit d'une maîcreffe 
Le paavrc amant otfblier la rigueur , 
Le vieillard roor»c égayer Cn tiifteflè, 
Et l*AJgébrïftc animer f. froideur, 
Je dis bien plus • rt falutaire yvrcffc 
Plus d'une fois fufpendit la fureur 
De la mort même de de fa faulx traîtrcffe ; 
Témoin ce trait d'un certain Monfcigneur. 

Par un abfe es d*une flclicttfe fuire , 
Vn CardioaUux portes de la mort , 
^lloit bientôt trouver fon dernier gite | 
Les Médecins, le Prêtre , reaubenite , 
Lui promettoieat dé;a fon pafleport; 
Des hérifiersla troupe grimacière , 
Ri^nt tout bas , 6c tout bauc fangIotraaC| 
D'un air contrit , d'un «il impatient , 
Autour de lui dépêchent leur prière ^ 
£t les couûnfi & la foeur & le irere , 
£t des neveux l'avide pépitiiere, . 
Cens peu honteux & dt* biens altérés ^ 
Déjà par eux de l'œil font dévorés , 
Tableaux » bijoux^ )oyaax de toute efpece | 



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4« MERCURE DE FRANCE. 

J'aurai ceci ; moi je retiens cela ; 

Moi je pcéteQS aux meubles que voîli« 

On lorgne, on pleure , on feint grande trifteffe* 

Mais le malade expire cependant ; 

t.'abcès/du fou/He arrêtamt le paflage , 

JDe fcs poumons lui dérobe l'ufage ; 

Il efl fans vie .il eft fans mouvement. 

£c les confins de prendre impunément. 

Tous font leur main, chacun court au pillage; 

•C'cft un plaifir devoir avec quel cœur « 

«On vous nettoyt un fi bel héritage ; 

St les valets funout de Monfeigneur , 

K^ui n'en font pas à leur apprentilfage* 

Or dans la chambre où gifibit le mourant , 

Va Singe étoit, qui d'un «il mécontent, 

Refléchiflant en grave perfonnage , 

Hegardoit tout fans bouger feulement^ 

£t de Tes yeux parcouroit le vifage , 

Tantôt du Prêtre & tantôt du parera. 

Le (àpajou voit ce remu- ménage , *' 

£t le cœur gros , quoi l dit-il « ces gens-dl 

Ke vont laifler que les quatre mur ailles , 

£t moi , Bertrand ^ je n'amrai rien ici i 

Je refierai , ^eâieurs , fans fols ni mailles i 

Par mes ergots , fçachons un peu cecL 

Disant ces mots , il voit fut une table 

De Monfeigneur l'équipage brillant , 

Chapeau ^ calotte , appareil refpedlable , 

Qu'on lui prépare, hélas l pour quel inftant; 



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JANVIER. I7J r. ^ 
Anffi-tôr fait , le nouveau légataire , 
Sans béfter ..empoigne bien 8t beau 
Tout Pattîrail , les gands, le (âint Chapeui 
Et la calotte , & Ja parure entière. 
Or Toilâ donc notre Singe empêtré t 
Nouveau Prélat , il endoffc avec peine 
Du vrai Prélat le vêtement facré. 
^ms le magot de la forte accoutré , 
Sur le parquet 6érement fc piomene. 
Dieu fçait les ris â ce plaifaa afpeft ; 
Pour Monfcigoeur chacun perd le rcfpcai 
En cas pareil aifément on s'ouWie. 
Qui n'eut pas ri i Quant i moi , fur mz vie ^ 
Je n'en aurois voulu céder ma part. 
ÏJotre mourant jette à peine un regard; 
II voit, il rit , il pâme i cette yâc; 
Mais le tranfport de fon rire eiccfltf 
Fut fon falui , carlcfiort fut fi vif. 
Que la fauté lui fut d'abord rendue ; 
L'abcès creva, le Singe en eut l'bonneitr , 
Chacun s'en fut , le rire fut vainqueur. 
Qu'on me fouticnnc après un tel exemple. 
Parmi ces biens que de loin je contemple , 
Qu'il ea eft un plus ^harmanc^ plus doux ^ 



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48 MERCURE I>E FRANCE-' "^ 

^Qlle la fortune à ma perte confpire , 
^Qlle je demeure en butte â tous Tes coups i 
Pourvu qu'en forame elle me laifle rire > 
Je Tufs coAienc , je brave (bn courroux. 

DES DEVOIRS 
DE UACADEMIGIER 

Difiotêrs lu par M. de Maufenuts , data 
une djfemhlie puhlitjue de l^jlcademk 
Royale des Sciences & Selles Lettres de 
Truffe. 

LOrfquc f «fitrcprcnàs ici de parler dc« 
devoirs de TAcadéinicicn , je n au- 
Tois qu'à dire ce que vous faites » pour 
avoir prcfquc dit ce que vous devez fai- 
re *, & j*aut(MS pu donner cette forme à 
mon Difcours , fi je n'a vois eu à craindte 
un air d oftentation qu^on auroit pu me 
tcprochcr , malgré le peu de part que j'ai 
à vorre gloire &c à vos travaux. Je parlerai 
tîonc ici des devoirs de l'Académicien en 
généraU fi vous y trouvez votre élogc,t^'ux 
qui ne font pas de ce Corps , y trouvctoflt 
ce qui peut les rendre dignes d'en ctrc. 
Mais avant que de parler de devoirs \ 

des 



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î A îï V l E R. 1751. A9 

^ts hommes libres, tels que font les Ci- 
toyens <le la République des Lettres, 
quelle eft donc la Loi qui les peut obli- 
ger \ Pourquoi le Philofophe renonccra-t*îl 
à cette Jibcrtc , à laquelle il femblc qu'il 
air tout iacrifié pour s aHujettir à des de« 
▼oirs ? pour fe fixer à des occupations ré- 
glées, & tl un certain genre ? Il faut fans 
doute qu'il y trouve quelque avantage, 
ic cet avantage quel eft-il ? 

Ceft <?clui que les hommes retirent de 
toutes les fociciés -, c eft le fccours mutuel 
que fe prêtent tous ceux qui en font les 
membres. Chaque fociété poflcde un bien 
commun, où chaque particulier puifc beau- 
coup plus qu'il ne contribue. 

Qu'uh homme , qui s'applique aur 
Sciences , veuille fe fuflSre à lui-même | 
qu'il ne veuille emprunter d'aucun autre 
les connoiâànces dont il a befoin \ quand 
même je fuppofcrois qu'il eût tout le génie 
poffible^avec quelle peine, avec quelle 
lenteur [ne fera-t'il pas ces progrès ? Quel 
tefiis ne perdra-t'il pas à découvrir des 
vérirés qu'il auroit connues d'abord, 
s'il eût profité dufecours d'autrui ? Il aura*, 
épuifé fes forces , avant que d'être arrivé 
au point d'où il eût pûpanir. Combien 
celui qui ^ aidé des lumières de ceux qui 
IV>BC devancé, & de celles de fes conteo^ 

C 



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50 MERCURE DE FRANCE. 

porains , réfèrve tonte Ta vigueur poor kt 
leules difficultés qu'ils ii'onc pas réfQlues ? 
Cpmbien celui-là n'efti-il pas plus eu écac 
de la réfou4rc } 

Tous CCS fccours qu'on trouve difpcrfës 
dans les Ouvrages & dans le con^merce 
des Sçavans , T Académicien les trouve raf- 
femblés d^ns une Académie ; il en profite 
fans peine dans la douceur de la fpciété » 
& il a le plaifîc de tes devoir à dçsconfire- 
res Sç à des amis. Ajoutons-y ce quieft 
plus important encore : il acquiert dans 
nos aflfemblécs cet efprit académique , cet 
cfpéce 4c fenriment du vrai , qui le lui fait 
découvrir par tout où il eft , éç lempêchc 
de le chercher où il n'çft paç. Combien 
de diffcrcfls Auteurs ont hasçardc 4e fyf- 
ternes , dont la difçuflSon açadéipique leur 
auroit fi^it connoître le faux ? Combien de 
chimères qu'ils n'auroicnt ofé prpduire 
dans une Académie ? 

Je ne vous ai cité ici que les iivanr^ges 
immédiats , que chaque Académicien trou- 
ve dans fon afTociacion à une Académie i 
c'éi;oit par ceux-là que je devois comnïcn- 
cçr , en parlant à des Philofophes. Il y en 
ad autres, qui, s'ils ne font pas des moyens 
dirç^S f doivent être de puilfans motifs 
pour Ç3çcitcf les gens de^-ettres yc'eft k pro- 
tçé^ipn I dptiLt les SçHiveraiqs h^oorenç les 



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JANVIER, 1751. sr 

Académies » & les grâces qu'ils répandent 
^f ceuJc qui s'y diftingaenr. Ici k nôtre a 
tin avantage , qu't^ucune autre n« peut lut 
4irputer. Je. ne pf^^ point de lamagnî^^ 
ficence avec laqucAe le Roi récompcnfe 
vos travaux, ni du fuperbe Palais qu'il vous 
deftine-: il employé des moyens plus fûrs 
pour la gloire de Con Académie* Les Oa« 
vrag^es que nous avons Ci fouvent admirés 
tkms des jours tels que celui-ci , feront 
des monumens éternels de Tcftime qu'il a 
pour elle , & du cas qu'il fait de Tes occu- 
pations. 

Voilà tes avantages que chaque Acadé- 
. îpicien retire du Corps dont il tait partie : 
. voili les motifs qui le doivent exciter 
dans la caniere des Sciences ^ 6c combien 
puilTamment ne doivent pas agir fur vous 
tant de motifs réunis ! Les devoirs mène 
que^Académie vous impofe, font-ils au-* 
tre chofe que ce c}ue l'amour feul àcs 
Sciences vous feroit faire ? Trouveriez- 
vous trop de contrainte dans 1* Académie 
de4'£urope la plus libre ! 

Tous les Phénomènes de ta Narure ; 
toutes les Sciences Mathématiques , tous 
les genres de Littérature % (ont fournis i 
vos recherches *> & dès-lâ cette Compagnie 
embràflè un champ plus vafte. » que ta plo- 
nos des aacrcs Âi^démies ; mm U eft cer« 

Ci; 



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5;^ MERCURE DE FRANCE. 

tains Sanduaires , dans Icfquels il n'dt 

Ïermis à aucune de pénétrer v votre 
ondatcur même, tout fublinie , toutpro^ 
fond , tout exerce f il itoit dans ces 
routes , n'oia y conduire fcs premiers Dit- 
ciples. Les Lcgiflateurs de toutes les Aca- 
démies , en leur livrant la nature entière 
des corps, leur ont interdit celle des ef- 
prits , & la fpjéculaiioa des premières cau- 
les. Un Monarque qui a daigné didcr nos 
Loix -, un efprit plus vaftc , plus sûr peut- 
être auffi de votre prudence , n'a rien 
^eulu vous interdire. 

Quant à notre Difcipline Académique , 
il n'y a aucune Académie dans TEurope, 
dont les Réglcmens exigent fi peu , car il 
ne feroit pas jufte de faire entrer dans cet- 
te comparaifon , des fociérés fur lefquél- 
les, ni Toeil, ni les bienfaits du Souveraiâ 
n'ont jamais aucune influence. 

Notre Académie embrafle dans quatre 
départemcns toutes les Sciences. Chaque 
ClalTe concourt avec égalité au progrès de 
chacune ; cependant la diverfité de leurs 
objets admetdc la diverfité dans la maniè- 
re de les traiter. 

La première de nos Claffcs^ celle delà 
Philofophie Expérimentale , comprend tou- 
te l'Hilloire Naturelle, toutes les connoif- 
fanccs , pour lefquelles oii a beioin des 



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JANVIER. t75t. S9 

jeux , des mains & de tons les fens. Elltf 
confîdére k$ corps de l'Univers , revcms 
de tontes leurs propriétés fcniîbks*, clk 
compare ces propriétés , elle les lie enfeno- 
blc , & Ics^ dédak les unes des autres. 
Cette Science eft toute fondée fur Texpé- 
rience.Sansclle, le raifonneroent, toujours 
rxpofé à porter à faux, fe perd en fyftêmcs 
qu'elle dément* Cependant Texpérience a 
befbin anflî de raiionnement -, il épargne 
au Phyficien le tems & la peine î il lui fait 
feîGr tout a coup certains rapports qui le 
difpcnfent de plufieors opérations inuriles , 
& lui permet de tourner toute fon appli- 
cation vers les Phénomènes décifife. 

Que le Phyficien s*appliqae donc à exa- 
miner foîgneu(ement les expériences fai- 
tç^par les autres ; qp'il n'ait pas plus dln- 
dnlgence pour les ficnnes propres ; qu'il 
n'en tire que des conféqnenccs légitimes , 
Se (hrtout , qu'également éloigné de Tof- 
c^ntation qui fait produire le merveilleux, 
8c du myftére qui tient caché Tucile , il les 
cxpofe à fes confreres^avec toutes leurs cir- 
confiances;; 

Nous voyons phis d'un Académicien , 
que je pourrois citer ici pour modèles, qui 
eonnoiffcnt également l'Art de faire les 
expériences les pUis délicates , & celui d'en 
tirer les conféquenccs les plus ingénieur- 

G ii) 



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54 MERCURE DEFRANCa 

Ces \<^in malgré les pUis grandes oecupc^ii 
tions , & les occupations les plus laieiles de^ 
la Cour & de la Ville , trouvant ctcs hcu^ 
rcs poqr ik)us donner d^exccUcns Oavra-r 
gcs , & font les premiçrs 8c les plus a0îdu5^ 
dans nos aflcmblccs,. 

Notre ClalFe de Mathcms^i^ues eft la 
féconde^ La première confidéroit Icscorpç. 
revêtus de toutes leurs propriétés fcnfiblcs ^ 
celle-ci les dépouille de la plupart de cef 
propriétés , pour faire un examen plu^. 
Içvere & plus (ur de celles qui y reftenr. 
Les corps , ainfi dépouillés > ne préfeiitent 
jplus au Géomètre que de l étendue & dcs^ 
iîombrçs,ô< ceq,x que des diftances ina« 
menfcç ipct^ent hors de la portée de pla- 
fieur$ de Tes feos , n'eu çzxoitkm <pc pluf. 
fou^ij; à ^es fpéçutations & i iês calcul. 

La Çéomép^ie , qui doit Con ociginc à fo^ 
utilité>& que les premiefs Géçcpécres ap 
pliquerenr avec tant de fuccès aox befoi^ 
de la vie , ne fut enfuite pendant plufi^f. 
fiéclçs qu^une fpécuktion ftérUe > & une eP 
peççdç jeu dVfprit. Trop boruéç à fesat^ 
traûions , elle fe contentoit d'ejtercer Cçm, 
Art fiK de? bagatelle^ difficile»» & »'o& 
\c porter jufqu'aux Phénomènes de la Na» 
çufe,^ t'hetu-eufc révolution qui s'eft Êiite >, 
prefquede nos jours, dans les Sciences» 
JUrçadit plus audacieufe. On>atlaCî4o-^ 



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JANVIER. I7fi. 55 

mécrie expliquer tou^ le» Phénomènes du 
mouvement , & quelle panic n'eft-ce pat 
de la Philofopbie Naturelle } On ta vit iui- 
▼rc le rayon de k luwïicre dans i'cfpacc dcf 
Cieux , à travers tous ks corps qu'il péné- 
tre \ calculer toutes les merveilles qui nait 
fet>c de Tes réflexions & de Tes réfractions y 
fbii pour nous faire découvrir des objets 
que leur immenfc éloignement déroboic 
ii tK>s yeux , foit pour nous rendre fenfî- 
blcs ceux qui par leur extrême petitefTè 
ne poiivoient erre apperçusi. On vit le 
Géomètre déterminant par de.<dimen(ions 
exaâes la grandeur & la figure du Globe 
que nous habitons , marquer au Géogra- 
phe la véritable pofiti^n de tous les lieux 
de la terre s erffe^nei; au Navigateur des 
régies fwes pcfur y arriter. On vit Us 
Sciences Mathématiq^te» s'apptiqtier à tous 
les Arts utiles on agréabtes.^ 

La marche du Géomètre eft fi détermi-' 
née ', Ces pas font , pour ainfi dire , fi comp- 
tés > qu'il ue i efte que peu dt confeils à^ 
Uit donner*. 

Le premier , c'eft dan» le choix dtp 
fujetsaufquels il s*applique/d*avoir plus eti 
vue Tutiliré des Problêmes que leur difït 
ouké. Combien de Géomètres , s'il effi 
permis de les appelle^ de ce nom s ont 
petdu leur tems dans la recherche^^l»^ 

C iiij 



>yGdogle 



5^ MERCURE DE FRANCE. 

Qa.idrature d'une courbe qui ne fera ja?^ 
mais tracée 1 

Le fécond confeil , c*eft dans les Pro-^ 
blêmes Phyfico - mathématiques , que le 
Géomètre réfdut , de fc rcffouvenir tou- 
jours des abftradkions qu'il a faites; qucr- 
fcs folutions ne font juftes, qu'autant qii'it 
iv'y auroit dans le corps que ce petit nom- 
bre dc^ propriétés -, il doit fur ceux qui onc^ 
été les objets de fes calculs , confulter en- 
core l'expérience , pour découvrir fi des 
propriétés dont il a fait abftra<3:ion , on. 
dont il a ignoré la préfcncc , n'altèrent 
pas les effets de celles qu'il y a confer-- 
vées. 

En fui van t ces confcils , le Géomètre* 
mettra fon An à l'abri du reproche d*îna^ 
tilitéjk& le juftificra aux yeux de ceux >, 
qui pour pe le pas cor>noître afièz , lui im-» 
putent des défauts qu'il ne faut attribuer 
qu'à l'ufage mal habile qu'on en fait. 

La ClafTe de Philo/ophie /epculative e(b' 
U tfoifiéme. La PhilBfophie expirimânulc^ 
avoit examiné les corps tels qu'ils font , 
J:e\^êtusdê toutes leurs propriétés fenfiblcs; 
la Aiathemati^ptiB les avoit dépouillés de la^' 
plus grande partie de fcs propriétés; U Phi^ 
Ufophie fpécHlative confîdére des objets qui 
n'ont plus aucune pippriété des corps. 
, L'Etre fuprême , l'efpric h\xmain , 8ft 



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JANVIER. 175 t. y? 
It)at ce qui apparcicnt à rcfprit cft Vobjct 
de cette Science » la Nature des corps 
même , en tant que reprcfentcs par nos 
perceptions , fi encore ils font autre chofe 
que ces perceptions , font de (oh reffurt. 

Mais c'eft une rendarque fatale , ôc que 
nous ne fçaurions nous empêcher de faire y- ^ 
que plus les objets font intéreifans pouc 
nous 5 plus font difficiles & incertaines Ics^ 
connoiflances que nous pouvons en ac* 
quérir. Nous ferons expofés à bien des* 
erreurs > & à bien des erreurs dangereufcs, 
fi nous n'ufons de la plus grande circonf- • 

Ec6kion dans ccne Science qui confidérc 
îsefprits. Gardons-nous de croire yqcCctk* 
y. employant la même méthode, ou les* 
mêmes mots qp^aux Sciences Mâthémati^ 
queSyOn y parvienne à la même certitu- 
de. Cette certitude n'eft attachée qu*4 1»^ 
fimpltcité dcsôbjets-que le Gét)tnétrc con* 
fidére \ qu'à dcsobjets dans kfquelsil n'en*- 
trc que ce qu'il a voulu y fuppofer. 

Si je vous expofe ici toute la gfandcor* 
du péril dçs fpécuktions^qut conccrnenc 
JiEtre fupréme v les premières caafcs r i^' 
là ny arc des efprirs-, ce n'eft pas que j$ " 
veuille vous détourner de ces recherches ; 
tout eft pcrmis^au Philofophe , pourvoi 
qqs'ilt craite tout avec l'efpptt phiiofophi-- 
qyc^c^U-à-duo:ir*v<c cet cfprtt qui mc-i- 



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58 MERCURE DE FRANCE. • 

furc les differens degrés d^afTentiment : qai 
diftingne Tévidence , la probabilité » le 
doute ; & qui ne donne fcs fpéculatipns 
que fous celui de cesdiffetens afpeâs qài 
leur appartient. 

Si la plupart des objets qiMC la Phhilofb- 
phie f p^nlative coniidére > paroiflenc trop 
au denus des forces de notre efprir , cet-* 
raines parties de cette Science font plus i 
notre portée; je parle de ces devoirs qui 
l^ous lient à l'Etre fuprème > aux autres 
hommes , Se à nous-mêmes > de ces Loiz >- 
aufquelles doivent être fouroifes toutes 
les intelligences ; vaftc champ , & le plus 
Utile de tous à cultiver. Appliqucz-y vos 
foins 8c vos veilles v mais n'oubliez jamais», 
lorfque l'évidence vous manquera, qu*une 
aurrr lumière auffî (ure encore doit vous 
contiuire. 

La quatrième de nos Cla(res réunît tous 
tes dinerens objets de deux célèbres Aca* 
demies d'iin/ Royaume^ où l'abondance des 
grands hommes les a tant mulripKés. ^ 
parle de notre CkSe de Belles-Leurgs ^ç^% 
comprend tes Langues, rHiftoire& tous 
les genres de Littérature ; depuis les pre- 
miers clémens de cet Art qui apprend jt 
former des (bns & des fignes pour expri- 
mer les penfées , jufqu*à i'ufage k plus 
Àendu qu'on en peut fiûicw 



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JANVIER. T7rr. j^ 

Cet Arc , le plus merveilleux de tous , 
le plus utile fans doute , fut dans fcs com- 
mencemens un Art très (impie. Le peu de 
belbins que fentiretit les premiers hom- 
mes ) n'exigea pas un grand nombre de 
mots ni de (ignés pour les exprimer. Ce 
fie fut qu'après le fuccès de ce premier cf» 
ùâ qu'ils defirerent de fe communiquer des 
idées moins communes , & qu'ils com» 
mencerent à connoître les charmes de la 
conver(ation. Combien fallut- il de tems > 
combien s'écoulèrent de fiécles^avant qu'ils 
içuflènr peindre aui yeux la converfation 
Blême l 

Là première Langtie des hommes s*érok 
déjà vrai-femblablement diverfifiée , lorC^ 
qu'ils paflêrenc de la parole à l'écriture» 
Les familles érant devenues des Nations » 
chacune par des fuites différentes d'idées fe 
forma , non-feulement des mots différent 
mais des manières de s'exprinoer dtfieren* 
tes > les Langues vinrent de cette diver(ité^ 
& tous ces enfans d'un même père , (î dif- 
perfés y 8c après rant de générations > ne 
purent plus , torfqu'ib fe retrouvoîent , fe 
leconnoîrre ni s'entendre. 

Un beau projet feroit , non de Tes &ire 
f evenir à leur Langtie paternelle ( lachofe 
n'eft pas poflS>le > nuis de leur former une 
LaogEte plus régj^ce que toutes nos Lan» 

Cvi 



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58 MERCURE DE FRANCE 
furc les difFerens degf es d'afTentîmcîit : q, 
diftingiic l*évidcnce , k probabilité,! 
doute ; & qui ne donne fcs fpécuiaîion 
que fous celui de ces differcns afpcas qâ 
leur appartient. 

Si ta plupart des objets que la Phhilofo 
phielpéculativc confidére , paroilIèDcrroi 
audcirus des forces de notre efpm ,cci' 
taines parties de cette Science f^m plus ; 
notre portée j je parle de cesdcvoirson 
nous hcni d rEcre ruprême , aax aacrd 
hommes , & a nous-mêmes ; de ces Loirw 
tufquclles doivent être fourni fcs toufd 
les intelligences -, vafte champ ;& le phi 
utile de tous à cultiver* Appliquez-y voj 
foins & vos veilles ; mais n oabHez jamds, 
lorfqoe l'évidence vous manquera, qu'une 
autre lumière aiiilî fûrc encore doit voas 
conduire» ^^ 

La quatrième de nos C! "^ mk ccui 
Jcsdiècrens objets de de -s Af 

déni les d'un Royaume, r 
grands hommes les a 
parle de notre Claffe r 
comprend les Langn 
les genres de Lirtér.- 
tnicrs élémcns de 
former des fon^ ' 
mer les penl>' 
étendu <^ti' 



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^o MERCURE DE FR.ANCE. 

eues V qui ne fc (6m formées que pcai 
a peu *, plus facile & qui pue être emenduc^ 
de tous« 

Ce Problème , qui. a été plus d*unc fois 
propofc, fut Tobjcc de notre Académie dès 
fa naiflance : * un habile homme entreprit 
lonvragc; un plus habile le regarda coaimcr 
^i^flîblc & ne Tcntrcprii pas. **Ce n'cftpas 
ici le lieu d*c xpofer les penfées qui me font 
venues fur ce fujcr y elles appartiendroicnt 
même plutôt â une autre de. nos ClalTes. 
qu'à celle-ci. 

L'Académie la plus célèbre de l'Univers; 
cft depuis un fiéclc occupée à perfeftion- 
ner celle des Langues qui approchoit 
déjà le plus de la perfcÂLon. Les plus 

Srands génies de l'Antiquité , & pluficurs- 
'jentrc les modernçs » nous ont donné dcs^ 
teglcs pour tous les genres d'écrire. L'ér 
tendue de ce difcours ne me permet pas;: 
de traiter iîe tels fumets, jquand même j'en 
fcrols capable:. je me borne à quelques^ 
principes généraux* 

L'Ecrivain, à quelque genre de Littéra-^ 
ture qu'il s applique , ne doit jamais ou- 
blier que les mots étant les figncs dcs^ 
idées, le premier point eft le choix „ dii*. 

»SolbrîC. 
^ ^ Lçibnicx. 



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TAN V I E R. i7rr. tfif 

ttot propre. Qu*il ne fc laiflç jamais fé— 
duire par Fharmonie oa la mefure ; que - 
[amais Tagrémenr ni la gêne ne lui fallc- 
dire autre chofe que ce qu'il veut dire* 

La canftruâion d'une phYafc forme une • 
partie du fcns des mots qu'on y- employé.. 
Que rEcrivain obfervc donc- rclig^icufc-- 
ment les régies dé la Syntaxe. 

Que le ftyie fimple & pur foit égalèmenr 
éloigné de la ptfameur piéUme/^tie , & de - 
ce qu'on appelle fi improprement hl efi 

Certaines gens ne fçauroiênt*encorc par^ 
donner â un Auteur François d'avoir rc* 
fiifc It M efprtt aux Allemands. * S'ils fça* 
voient mieux ce-qn^on entend d'ordinaire- 

Ear bel efprit , ils verroient qu'ils ont peu^ 
eu de (e plaindre» Ce n*cft le plus louè- 
rent que Fart de donner i une pcnfcc- 
commnne un tour fenteruieux-.C'eft, dit un : 
des plus^ grands hommes de l'Angleterre , , 
Fart df fure fây oitre les chê/is ftms ingeniett^ 
fes (ju elles ne font, *^ 

Quelques Auteurs Allemands fe fonr 
vengés en rcfufant à nos François ./4 fro*^ 
feniiHT^ rérudriton 'AsL'Vcngczncc auroic 
ère plus jufte & non moins facheufe , Ri 
nous abandonnant le M e/prh , ils s'c— 

♦ Le P. Bouhoors. 

^^Moa, de Mr^memk Seiemmmm. lif, j^ . 



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6t MERCURE DE FRANCEi 

raient ccmcentés de dire que noos en fâi* 
Bons trop de cas. Mais fi ces Auteurs en- 
tendent par rérudition qu'ib refufenc aux 
François , un fatras de citations Latines » 
Grecques & Hébraïques^ un fïyle diffus & 
cmbarra(fé , on leur fçaura gré du repro» 
che , & Ton s*applaudira du défaut. 

Cette netteté de ftylc , qui caraâérifc 
nos Auteurs , dépend fans doute beaucoup 
du génie de notre Langue>& c'cft ce qui 1 a 
rendue en quelque manière la Lan^e uni- 
verfclle de TEurope. C'ell ce qui fauqu*un 
Monarque , dont le goût eft le fuflfrage le 
plus décifif s la parle & Tcerit avec tant 
élégance & veut qu* elle foit la Langue 
de fon Académie. 

J'ai parcouru icî^ toutes les différentes 
Sciences auxquelles nous nous appliquons,^ 
& je n'ai point parlé d'une , qui tut un des 
principaux objets de cette Con>pagnie lors 
de fon établiffcmenc. . 

Le premier règlement de ta Société Roya- 
le portoît,qu*unc de fes Clafles dévoie s'ap* 
Jjliquer à retuJc de U Religion &.ila cori'» 
tferfign ûks infidelestzxxic\c^\\xs fingulier par 
la manière dont il étoit préfenté , qu'il ne 
Pcft peut -être en cfifèt. Notre Règlement 
moderne ne charge aucune. Claffc en par- 
ticulier de cette occupation jmnis ne peut- 
€a pas dire que toutes. ; concoustnc l 



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JANVIER. i7f ï. <5 

Ne trouvct'on pas dans rérudc des mer- 
veilles de la Narure »des preuves de l'exif- 
tencc d*un Etre fuprètnel^ 

Quoi de plus capable de nous faire con* 
noicre fa fagede , que tes vérités géoroérri- 

3ùeS)que ces loix éternelles par Urquelle» 
r^git rUnivcrs> 

La Philofopbie (péculatlve ne nous fait* 
elle pas voir Unécedité de Texiftence à\xtk 
Etre infiniment parfait f 

Enfen l^ctude des faits nous appreml 
qu'il s^'cft manifefté aux hommes d'une 
manière encore plus fcnfible ^q«*il a exigé 
d eux un culte , 8c le leur a prefcrit, 

mmmmmmmmm m*mmM"m" 

L*Edit portant création d'une NoBleflt 
Militaire , a été reçu avec iranfport 
par tous les Ordres du Royaume. M. Mar- 
monte! a déployé toute la pompe & toute 
kl force de la Pocïîc pour célébrer le bien- 
fait & la reconnoillancew Nous croyons; 
faire plaifir i nos Lciîburs , en leur coni-^ 
moniquant un Ouvrage que la Cour a ho^ 
nof é de foA attention & de foa fuâragpw 



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^Cj; MERCURE DE F-R^AN-GIÊ 



SurrEdif p9Hr la Noblejfe Militaire.. Par 
Af. M^rmomeL 

QUë tu fçars bien , grand Rôi , conrcmaer te»* 
projets [ 
Terrible i tes rivaux , & cher à tes fajets , 
Tii rahienois lapaix far ton char de viékoirc; 
QâemanquoK* il encore â resv<s(»^ ita<gbire|^ 
D'illuftrer à jamais des Héros citoyens , . 
Nés dans le rang obfcur de fimples Plébéyens : 
D'attacher k\tm fang , ignoré dans fa fo^rce , 
Dés honneurs , dont Téclat le fuivîc dans facpurfe: : 
De défendre â la mort , de^éfendre à rôubli , - 
De toucher au lautier fur leurs frants ennobli* - 

Guerriers , ne craignez plus que le tenift vous arra^ 

ch©* 
Le prix <fu^à vos exploits un^Hôt fenfîbic attachc;- 
6e prix inaltérable ,ain(i qu'illimiré^, 
Bû marqué du vraiiceau de Pimmortalicé. 
ysi NobkiTe cft'Tce prrx.Tont périr, tout fuccomber- 
tc marbre eft mutilé , l^^irain fe brife &-tombe^ . 
Par l'orgueil élôvés^, ces momimens pompeux,. 
Gltvrage des humains , font fragiles comme eux» 
ta. Nôbleffé elle feule â chaque inftant nouvelle ;. 
Rènak de fe» débris plutaugufte & pluibelle^ 
£t4^ éclat pluïpjir^oiaéeea vieiUiâain',, 



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JANVIER. 175Î. ^j? 

Toujoart fon dernier âge eu le plus floriflanr. 
C'cfl Qo fouâle divin , qui paffaot dans une ame ^ 
De l'amour de la gloire y fair naître la flamme ; 
Soutient^ élevé un cœur par le fon abbactu , 
Et fait avec le fang circuler la vertu : 
Pareille à ces rayons, dont la chaleur féconde 
Epure la matière & ranime le monde. 

Le devoir , il eft vrai, (ans ce mobile heureux ^ 
Pair d'un François obfcur, un guerrier généreux; 
li puife la valeur dans les yeux de fon Maître ; 
Pour former dçs Héros , Louis n'a qu'a parotrre^ 
Son au y digne héritier de toutes fcs vertus , 
Va du faDg d'un Augufte engendrer des Titus 5 
Mais fi jamais ce Tionc éprouvoit^quelquc orage 
Alors , de ces guerriers , ton immortel ouvrage ^ 
Les nobles Rqettons prêts à fe réunir , 
R^rodoiroieot ton Règne aux fiécles à venir. 

Quel plas fnbHme accord its dcffcins les plo^ 

Taftes 
PoBvoit decc beau Règne éremifer les faftes l 
A i*immortalité quel plus noble chemin ! 
Que de Hiros créésd'utt fcuUrait de ta main ! 
Les biens multipliés que ce bien feul renferme . 
A nos yeux étonnés n*ont ni nombre ni terme. 
G*eft peu que d'enflammer de Tamour de leur Roi' 
Ceux que le Cieî fiic vivre on naîere fous ta loi r. 
Image de ce Dieu dont tu riens ra puiffancc,. 
I^s fiécte «cijés tu ûanchis la.diftaiicc^. 



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Si MERCURE DE FRANCE* 

Tu feoibles^ p^aécref dan»]» ntm an caho»^ 
Tu dis â Tavcnir : Enfante des HJros; 
Ec cel (|tte TAigle alciec échau& dans Ton aire 
Des gcnnies dcftioés i porter le tonnerre , 
Pour former àcs guerriers, ta puiffance bonté 
DirpoTe cet Eoiprre i la fécondité. 

Ils naîxront ces guerriers ; en ouvrant la. paupière 
]e les vois de l'houneur cootemplet la carrière : 
Le zélt Se le devoir , dans leurs cœurs imprimés ^ 
Annoncent le beau foog dont ils font animés: 
La gloire ci\ leur inftindt , & l'aéUvc Nature 
Devance en eux les ans , & prévient la cu^tiue.^ 
Aiiifi leurs premiers pas, leurs premiers fencimeos- ». 
Seront de tes bienfaits les premiers monumens« 
Dé&n&urs de l'Eut > leur grandcàr Sl la fienuCi^ 
Ne feront q.a'oaiayoa émané de ku tienne. 

Délices de ton ùéde & des fiécles futurs , 

Goûte a^rec nous longtems des jours caimes & puts*;^ 

C^and on fait des henceui, on e& digne de l'être.. 

Culciive de tes nuins les Êrutts <£ae ta fais naître ,, 

Et que la terre envie ^en admirant ta Loi , 

l^a tel Maître i ton peuple , un tel peogle à Som 



i^ 



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JANVIER. I75Î. tf7 
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 

A MYLORD DE CHESTERFIELD > 

Bdron de Stanope ^ ChevaUer de l'Ordre dê^ 

UJarretiere^ci'devanà Viccroi (ClrUmde^ 

& Secrétaire itEtit. 

^/l Ylotâ ^ dont la fagcffc en fuccès fi Kconde ^ 
Pfotcgc les Beaux- Axes & joint tous leurs tréfocs 
A ccui q^ue la Tamife attire fur Tes bords 

Des plas lointains climats du monde i; 
Vous, qui mettes au rang de vos Concitoyen!. 
Tous les. naturels du ParnaiTe > 
Voi3:e accueil m'y donne une place 
De beaucoup au^^leff^ de celle que j'y deoe». 

îbtté dans inoa Pays , appelté^par fe Maître 
f joor ckanter Gss cravauB on fès nobles plaîfirs , 
Habitant d*ttne Cour, dont tous ffavez pcut-êtrft 
Que j'ai depuis long-tems aouiré lès loifirt >. 
]e croyois n'avoir pks à fermer de «kfics ; 
Votre lUMn dans mon cœui eikfait encoc renaîtrai 

i*Earope retentit d'un^nom fi rcfpeôé , 
L'Angleterre fe plaît d'en oc ner fon Hifh>irei. 
Eh ! qçd lieu plus fctjilc en jHiges de la gloire h 

Que la ?6tre edt en fâreté • 
^ On ((ait que d^ms itotre Bauie ». 

Qui relpire la liberté » 
i^ogcn'eft.jamaisrnr£eft de flatterie ». 



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^S MERCURE DE FRANCE. "■ 

Du Héros , du Miniflre , afleml^Iant tous les fbîoSt^ 
Vous avez d'un grand peuple afFermi la puiflancc;. 
Nous vousappIau^/Hons^ors mdmeque la Francir' 
Vous auroit fouhaicé quelques ralens de moins ^ 
Enfin entre eW'tSc vous Theurcuft intelligence 

Rend l'eflbr à nos fcntimens. 
Les Mufes défornïais partagent vos nToit>enSf> 
Ea mienne attend de v^uf un regard d*indulgcnc«^ 
Ajoutez Ton tribut aux hommages divers 

Que vous a rendus l'Univers , 
iàt admiration ou par reconnoiflance,- # 

Soi y. Chevalier de [Ordre dn Koï;^ 

SÉANCE PDBLIQJJE^/ 

De l'Académie, dei. fi^/b ;gti{ms Cr Belles^ 
Leitres.: 

L'Académie des Infcriptions tint Cx 
Séance publique^^ le i 3 Novembre ^ 
félon la coutume. Nous aHons donner l'ex- 
trait des Diflcrcations très agréables Se? 
ttès-curieufes qui y furent lues. 

ECL AIRCrSSEMENS 

Sur les Ainmies drEgypte. Par M.le Cûmtm 
de Cayliis. 

£*ufagc. des cmbaumcmcns a éié coto*^ 



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î A î^ V I E R. I75T. è^ 

Émn à plufieurs Peuples dé rAntiquîici 
Hiais les Tculs Egyptiens paroiffenc avoir 
I attcini le but <\\xi\s s'étoient propofts. Fa- 
< vorifés par Taridicé de leur climat , ils 
aveicnt trouve le fccret de rendre les corps 
immortels 5 fccret ^qu'ils (c faifoicnt une 
Religion de cacher aux étrangers» en foi te 
que les anciens Hiftoriens Grecs Se Latins 
B ont pà parler que très - fuperficiclle- 
ment âes Murnies , ou des embauroemens 
des corps. Nous fommes redevables des 
connoiffànces que nous en avons à Tavi- 
xiité (les, Arabes, qui les détruifent tous 
ks jours pour s'approprier les amulettes 
qifellés renferment. Voici ce que nous 
apprennent fui ce fujet Hérodote , Diodo- 
re de Sicile & les autres Auteurs anciens 
& modernes- On diftineuoît trois fortes 
d^embaucnemens y dont le plus recherché . 
s'exécutoit ainfi. 

Premièrement on tiroit avec un fer obli- 
que la cervelle par les narines , ôc par le 
fond de l'orbite de Tocil. Après avoir vui- 
dé le cerveau foit par ces ouvertures , foie 
j)ar le moyen des drogues qu'on introdui- 
loitdans la tête , on ouvroir le flanc avec 
une pierre d'Ethyopie , bien aiguifée \ 6C ^ 
l'on tiroit les vifcereç, qu'on lavoir avec 
du vin de palmier ; après les avoir remis 
jdans le corps , on le laloit , en le tenant 



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yo MERCURE DE FRANCE: 

pendant 70 jours dans le natron > jefpccej 
âc Tel alkali fixe , dont les anciens fe fe^- 
voient communément pour faire le verre > 
bu pour dé^raiffer & blanchir les étofifes » 
& qui en s'uniiTant à toutes lesliqueiKS 
iiuileufes ^ lymphatiques > & autres graif. 
fcs , produit fur les corps le nocmc clfet ^ 
iQu'opére fur les cuirs la chaux donc on fe 
icrt pour les ranner. Quand le corp^ étoit 
fuffiumment itnpregné/de ce fel , on rem- 
plifloit la ccte , la poitrine & le ventre de 
matières réfincufes& bitumineufes » com- 
tnc de myrrhe & divers autres aromates^ 

Le fécond embaumement exigeoit moins 
dé dépcnfes. On faifoit dans le ventre d» 
in jeâions , dont la bafe étoit le natron dif> 
fous. Elles y féjournoient jufqu à ce qu'elles 
«uffent confumc les vifccres , après quoi 
en faloit le corps avec ce même natron y Sc 
on y introduifoit , pour le confervcr , une 
liqueur tirée du cèdre, connu par lesNatu« 
raîiftes » fous le nom de cedria^ Comme ces 
dernieresinjeâions occafionnoient de nou- 
veaux frais , on les négligeoit quelquefois» 
Le trôifiémc embaumement n'étoic 
employé que pour ceux dont les facultés 
n'auroient pu fournir à une dépenfe plus 
confidérable. 

Le corps étant ainfi préparé , on lut croî* 
foit les bras fur la poitriae > oa Uoit les 



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1ER. 175 1* 7^ 

:$ , ic pour le garantir <Ie l'bamtdtté» 

couvroicdcs rocmcs matières réfincu« 

£c biiuiBÎncures donc on lavoit rem- 

£li , Je on les retenoic par le moyen des 
andclettes arrangées avec la même matiè- 
re , ou fknplemencavccla gomme Arabi- 
que , ou gomme de Sénégal. Lorfqu'on 
i}*employoit pas les matières rcfmeufes, 
on ajoûtoic de nouvelles bandelettes ^juf- 
qu'à ce qu^on eût donné à la Mumie l*é- 
paiâèur convenable : Ion y trouve quel- 
quefois jufqu a mille aunes de bandelettes. 
Après toutes ces opérations on mettoic 
le corps dans une caittè , qui étoit le plus 
ibuveot de bois de Sycomore , qu*on ap» 
pelle dans le pays Fieuier de Pharaon. Il 
n'efl poinr incorruptible, mais dans un 
pays aufli foc que l*£gypte , il réllftoit aux 
imprefiions de Tair, & les vers ne l'aiment 

S oint. On divifoit le tronc de Tarbre en 
eux parties ) deftinées à former le delTus 
8c le delTous de la caifTe \ on les creufoit » 
de on leur laiflbit quelquefois jufqu^à trois 
pouces d'épaiflcur. Telle cft celle que Ton 
çonferve avec la Mumie dans le Cabinet 
(de Sainte Geneviève. 

Les bandelettes qui ehveloppent ces 
corps ^ £c les cailTcsqui les couvrent , fe 
trouvçnt quelquefois chargées de figures 
^ d'oroi^nieps peiacs ou dorés. La pcitita« 






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*, 



yr MERGlTREDEFRAKfclB^ 

te nctï vaut rien > mais la dorure en cft é*-- 
xcllcnic. Les Egyptiens connoiflbicnc 6i 
parfaitemeut l* Arc de dorer , qu'on trouve 
en Egypte des morceanx qui ont encore, 
tout leur éclat , & paroiflent forcir de U 
main derouvrier. 

On a fait dans ces derniers tems ua 
:grand commerce de Mumies, dans la ridî»- 
culc perfuafion où l'on éroit que rafphal- 
tum & le piffafphaltum , (jui entrent dans 
la composition delà Mumie,pouvoientTer- 
vir de remède. Ce remède ctoit jngé d'au-, 
tant meilleur , qu'il étoit plus rare, & qu*il 
venoit d'un Pays plus éloigné, U eft à pré* 
fent très difficile d'avoir des Mumies de U 
première main , patÇe que la fupercheric 
àes Arabes les a prefque toutes altérées. 

DISSERTATION. * 

Dam U^elle on entreprend de prouver que 
de toutes les Langues que ton parle dSlueU 
lemem en Europe , la Langue Allemande 
efl celle éf us conferve le plus deveftiges de 
fin anciennetés Par M, Tercier, 

LEs Romain?, du tems de la République^ 
ne connoiffbient de TEurope que l'Ita- 
lie , la Grèce , l'Efpagne , & la partie mé- 
lidionale des Gaules.Lc nom de Germains^ . 
^'ils donnèrent à tous les Allemands > 

étoit 



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1 A N V I E.R. I7JI. 7j 

ctoit nouveau du rems de Tacite , qui ne 
connoiflbit point leur vcrirable nofti , mo- 
nument le plus incontcftable de lancicn- 
iietc de leur Langue. Ib fe nomment Ten-^ 
tnls , & c'eft dans ce nom qu'on trouve 
leur culte le plus ancien , nom qu'ils coa- 
fervent encore aujourd'hui. 

Prefque toutes les Nations donnent aux 
jours de la fcmainc les noms des Planètes, 
-ou de quelque Hcros fameux dans leur 
Hiftoire , ou dans leur Mythologie* Les 
Allemands ont fuivi cette coutume , & 
CCS noms démontrent l'antiquité de leur 
Langue , qui eft encore prouvée par une 
fameufe Divinité de ces Peuples. C'eft Ir- 
menful , révéré principalement par les Sa- 
xons , & dont Charlemagne détruifit l'i- 
<Jole. Quelques Auteurs croyent qu'Irmen- 
ibl eft Mercure, fondés fur ce que tous les 
Germains rendoienc un culte particulier 
i ce Dieu. D'autres penfcnt qulrmen- 
ful eft une colomne confacrée au Dieu 
Mars. Il çft vraifcmblable qu'irmcnfui 
n'étoit autre chofe qu'un monument élevé 
 l'honneur d'Arminius, On fçait avec 
quel zélé il défendit contre les Romains la 
liberté de fa patrie. Heerman fignifie hom- 
me de guerre , icfaul fignifie colomne , & 
fc prononce yîi/ dans le dialecte bas-faxon, 
Arminius n'eft point le nom propre de ce 



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/ ^ &▼« «^ 4,v v^ vy L^ «^ A-^ *^ 1- IX /a 1-^ \^ E,^ 

Général , mais fon appcllaiif , & Tiiiàgs 
cft encore en Allemagne d'ajouter au nogi 
propre de que^u un , celui de la dignûé 
dont il eft revêtu. 

On trouva dans Céfar un root cjuî no 

i)crmct pas de douter de l'ancienneté dç 
a Langue Allemande i c'eft celui à'jimba^i 
cfpécede Cavaliers, qui fcdévouoientaa 
fervice d'un Grand , & qui dans les cooi- 
bats étoienr toujours à Tes côtés. Ce mot , 
qui aujoqrd'kui en Flamand Çgnifie on 
corps de métier , vient du mot ûmbcchtan ^ 
fervir, travailler. 

Tacite dit encore en parlant des Ger* 
mains , in camm^ns herttim , id eft terram 
matrem coltmu Htrthum ç. eft à peu près le 
même mot que Efide , le feul que les Aile* 
mands ont pour désigner la terre. On trour 
ve dans le mea>e Hiftotien , & dans les aq^ 
ciens Auteurs bien d'autres mots qui (ônf 
encore eu ufagc dans la Langue All^ 
mande. 

Paul Diacre,dit des Lombards > qu'ils ha^ 
bitoienr des campagnes ouvertesj nomméel 
fcld dans leur Langue barbare. Ce moccon^ 
ferve. encore la (igniBcation qu'il ayoip da 
tem$ des Lombards. L«s noms des difFc'» 
rentes amendes impofecs par les Loix S^ 
liques des Allemands , des Bavarois & auf 
1res de ce tcms éloigaé > finiflcnt toujours 



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1 A N V I.E R. i7$i. 7f 

feat le mot gddum qui s'cft confcrvc , & 

?[iii fignific largcni en tant que monnoyc,& 
c d\igeld.hts mêmes formules contiennent 
deux modèles d'Aûes, dont le titre indique 
la nature à ceux qui entendent TAilemand» 
On ne finiroit pas,fi l'on vouloit rapportée 
tous les anciens mots , qui ayant encore la 
même lignification en Allemand » prou- 
vent l'ancienneté de cette Langue, M. Ter- 
cicr,pour mieux faire voir rexiftence de la 
Langue Allemande , avaiit toutes celles 
qu'on parle actuellement en Europe , fe 
propofe de prouver dans de nouvelles Dif- 
fcrrations,qu elle cft la même que celle des 
Scythes , des Gctes & des Goths. 

DISSERTATION 

Sur rmliti de U Tragédie , par Monfieur 
Racine. 

MOnficur Kacinc examinant la défi- 
nition qtf Ariftote donne de la Tra- 
gédie dans fa Poétique , a commencé par 
observer que notis avons coutume de ren- 
dre par le mot terreur » le mot çal^r, qui ne 
veut dire que crdinte ^ Se que tous les in- 
terprètes latins ont rendu par le mot meius. 
Anftote n'a pu regarder la terreur comme 
cflcntielle à la Tragédie, puifque les objets 
qui texcitent font i^os^Sc ne l'excitent que 

Dij 



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.-jzsiit- Les 



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arsaë- 






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JANVIER. 1751. 77 

^cxcfjftf& de vicieux ^ & Us ramené k 

m^m Aëtt Cêtiformc k la raifon. Et qu'cft-cc que 

La. pitié peut avoir d'cxccflif & de vicieux î 

I— *liomiiic peat-il être trop coropatilTant ? 

S*il s'agit d'exciter en lui une crainte & 

YHie pitié conformes ï la raifon , quelle 

p%éce plus propre qu'Athalic , qu'Ariftotc 

CDcpeodant eût à peine nommée Tragédie , 

Se n*cût mife que parmi celles du (ccond 

X2Uig , parce que la cataftrophe cft favora- 

l>le aux bons ,& funcftc aux méchans \ ce 

<]oi , feloo lui , remet Tame dans la tran- 

^ailliré ? 

Enfin , continue M. R, pourquoi cher- 
cher à iDodérer dans les hommes les deux 
paillons , les plus propres à nous rendre 
doux & charitables ? La Nature nous a 
donné un cœur toujours prêta s'attendrir 
fur les malheurs de nos femblables. Les lar- 
mes que nous font verfer des fiâions 9 
prouvent quelle eft notre fcnfibilité. Vou- 
loir purger en nous la crainte & la pitié , 
c'cft vouloir émoudèr les deux aiguillons 
de lavcrtu. 

L'objet de la Tragédie , fuivant qtsel- 
qucs interprètes d'Ariftote , eft d'endurcir 
nos cœurs , & de nous accoutumer par U 
vue de nos mifcres à les fupporter. M. R, 
répond qu'on ne voyoic fur le Tliéatrc 
d'Athènes qaioceftes & parricides , & 

Diij 



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78 MERCUREDE FRANCE. 

que parconféqucni lobjct des Poëres n'c- 
toit pas de nous accoutumera des malheurs 
qu'on voit rarement arriver fur le Théâ- 
tre de la vie humaine. 

Néron , qui aimoit les Tragédies , s'y 
lairtoit fans doute attendrir. Quelle gloire 
pour la Pocfie , de faire entrer la pirié 
dans le cœur de Néron l Etoit-ce pour en 
purger ce cœur ^& pour l'endurcir ? 

Alexandre, Tyran de Pherés, fc fentanc 
ému par une Tragédie , fortit en difanc , 
qu*il étoic honteux de pleurer les mal- 
heurs d'Andromaque ,lui que les malheurs 
de Ces fujets n'attendriflbient pas. Puifquc 
la pitié excitée par une Tragédie a pu inf-, 
pirer cette réflexion à un Tyran , elle pou- 
voir peu à peu le ramener an bien. Les 
Poètes , loin de fonger à nous endurcir , 
doivent travailler à nourrir & augmenter 
en nous cette fenfibilité , qui nous porte à 
des aâiiojis eftinrables ; quand ils nous font 
verfer des larmes fur des objets dignes de 
larmes , ils excitent en nous une tendrelfè 
qui nous fait honneur. 

M. R. ne peut donc croire qu'un auflî 
grave Philofophe qu'Ariftotc ait penfé ce 
qu'on lui fait dire ordinairement -, il aime 
mieux croire qu'en cet endroit fon texte cft 
corrompu , & il n'eftpas étonnant que fer 
écrits foient venus jufquâ nous très défec* 



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JANVIER. 1751- 19 

Wcux , puifqa'ils rétoicnt déjà quand Syl- 
la , qui les trouva à Athènes > les fie ap- 
porter à Rome. 

Les mots de TEnigme & des Logogri* 

phes du fécond volume de Décembre lonC 

la bouteille de favon , caravane , co^aillage , 

Vielence & le Mercure. On trouve dans le 

premier Logogriphc car , ane , rave , arc , 

cane , ancre , cave , Carme , Cana, avare , 

crâne ^ nacre ^ ver , jûare. On trouve dani 

le Tecond r^f , ean , Z«r , Uce , 4/g/r , ^/7/.' » 

JE/ài , 7(7, 4/7 , colicjuey licou , C/>/ , âge , I#/<i, 

coquille , /^ , c/o« , (juitle , L«(r^ , f /> , catl-- 

lou^ col , loge , <!fî/f , (74'^^, On trouve dans 

le troifiéme Noé^vin^vélin , Lion , v/^/ , vie , 

v/Vtf j C/r/, Im , E(?/r , ^/o^r^ , Elie , t//a/f , 

coin , C/^^^ , ri/ des yeux , cïf , Uce , t/^;7tf , 

o//V^, Eve ^vol 9 loi , cene^ once , œil , oui^ 

oncle & nièce ^ Nil , Nice , Ino , C//a , CoHn^ 

On trouve dans le quatrième mer 1 riim^ ^ 

crime ^mnr fie rri^w^ 



%^ 



Digitizedby Google 



8o MERCURE DE FRANCE, 



D 



ENIGME. 



E la Nobleffc fort chéris , 
Nous portons pour livrée & le jaune & le gris. 
L'amitié chez nous eft fi grande , 
Que l'on nous voit prefque toujours en bande; 
On ne fait prefque point de bons repas fans nous; 
Cependant un deftin jaloux 
A permis que nos amis même , 
Nous moleftent fans ceffe , & qu'en butte i leur» 
coups y 
Nous ne refpirons qu'au Carême. 



I 



DeteronnCy /^ 14 O^obre X750. 
^ V T K E. 



£ tiens par fois fans droit & fans raifon » 
Bons & mauvais en étroite prifon ; 
Et néanmoins aux homme& très utile. 
Je fuis d'ufage aux champs comme à la ville* 
Depuis (^ent ans des fujets vertueux 
Me font l'objet d'un travail frué^ucux. 
Même pour moi Ton foulîrc en Amérique ; 
Chaffe nuifible à la chofe publique, 
pour mon fouticn j'ai deux corps de métiers , 
5t j'y nputiis tiavailleurs â milliers. 



,; Google 



i 

JANVIER. 175 t. Si 

ENIGME JRREGVLIERE, 



On nom cft Grec , non pts tiré du G tcc pu 
force . 



M 

Par le fecours d'une fçavante cntarft ; 
Mais Grec , purement Grec , & tel que Cafaubo», 

Les deux Scaligers & Saunvaife , 
Epris d'amour pour moi fe feroient pâmés d'aife 

En foupirant pour ce beau nom. 
S'il m*cdc manqué, réduite i me fournir en France; 
3*cn avois fous ma main un autre affcz heureui » 
Qui des fiécles naiflans retrnçoit l'innocence , 
Les plus tendres liens , les plus aimables jeux , 
Charmes , qui de nos jours s'en vont en décadence,' 
Au défaut des deux noms , il me feroit refté 

Une figure fi parfaite , 
Que je pouvois en toute fdreté , 

Etre Machurine ou Colette. 

Par M. de Fontenellè. 

LOGOGRIPHE. 

U Ix membres réunis forment mon exiflence^ 
On y voit un poiflbn , une Ville , un oifcau ^ 
Ce qu'une femme porte en guife de manteau | 

Ce dont un tout tire (à confiflance 5 
!Un fruit , un Elément , un péché capital; 
Un animal immon^ie, un précieux métal; 
ffû vafc 4e £iyance ^ ou bien d'autre maLcieec; 

Dv 



,y Google 



IL 



Sx MERCURE DE FRANCE^ 

Ce qui réduit le tabîc en pouffiere ; 
Ce que l'on trouve au corps humain ; 
Infin ee <\'à*â fouvcnt un joueur â la main. 
On dit que je renferme cncor quelque myftcref 
Lecteur , c'eft votre tour j il eft tcms de me taire; 

NOUVELLES LITTERAIRES^ 

Et TRES de Ninon de Lcnclos y 
traduites en Anglois , à Landrts 
1750. 

Ces Lettres ont eu en France une de(H- 
HCC Ç\ brillante , qu'il n'étpit pas paifible 
qu'elles jn'cxciraflcnt la curiofitc de nos 
voifiaSi& des Anglois finguliéremenr. 
Cette Nation , qui n'accorde guércs fou 
cftime qu^à des Ouvrages pcnfés , a adap- 
té celui-ci : c'eft l'avantage des Ouvra- 
ges réfléchis de pouvoir être traduits , & 
de plaire dans toutes les Langues & i. 
tous les peuples, La nouvelle édition 

3u*on prépare de ces Lettres , .& qu'ont 
it fort pcrfcdtionnéc , viendra très-biea 
avec la vie de Mademoifellc de Lcnclos. 
On nous à fait Thonneur de nous con> 
muniquer quclqucs^cndroits de cotte HiC^ 
oirc tout-à-fait piquante:: nous 7 avons 
rouvé des recherches , du ftyle , des ré- 



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J AN V lE Rw 1X51- 1^ 

Acxions fines > de la philofophie : l'Au- 
teur nous a paru avoir fait pafTcr dans 
fort Ouvrage la douceur de (c$ mœurs > 
& ks agrémens de (on efprir. 

Histoire des Négociations & du Trai« 
té des Pirenées > i /Imfterddm chez Guy % 
& fc trouve i Péris chez Brinjfon , /»- 
II. !• vol. 1750. 

L'Htftoire des.gucrres qui ont précédé 
ce Traité, çft étranglée, & trop féche dant 
le livre que nous annonçons ; nous n'jr 
avons trouvé d'écrit avec foin & avec 
quelque étendue , que la bataille des 
Dunes. Mais la partie politique > qui eft 
la partie elTentieile de fOuvrage , nous a 
paru très-bien. Les intérêts des PuilTan- 
ces contraâantes font bien expofés \ le 
but qu'elles fe propofoicnt bien vu s les 
reflTorts qu'elles faifoient agir pour y ar- 
river , bien développés j le génie des Né- 
gociateurs bien peint : parmi les Hidoires 
modernes , on auroic de la peine à en 
•trouver une feule où il régnât plus d'im- 
partialité. Le (lyle eft clair , facile , & 
îans prétention. Cette nouveauté peut 
être regardée comme une fuite de l'excel- 
lente Hiftoire de la paix de Veftphalie. 
Traduction de l'Orateur de Ciecroii 

avec des notes , par M. l*Abbé Colin , non- 
' ircllc édition.^ Paris chez de Bn^e Taîné, 

D vj 



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84 MERCURE DE FRANCE; 

Quay des Auguftins 1751. i- v. in-izZ 
Le Volume que nous annonçons, pre- 
fente trois objets d'une grande utilité. 
I®. Une tradudion extrêmement; cxaâ:c 
& aflcz élégante de l'Orateur de Cice- 
ron, 1**. Trois difcours couronnés à l'A- 
cadémie Françoife, fortement , mais quel- 
quefois un peu durement écrits. }**. Une 
longue prérace qu'on peut regardée com- 
me une fort bonne Réthorique débarraf* 
fée des puérilités dont on fatigue les 
jeunes gens dans les Collèges. Nous ofons 
fortement exhorter les Maîtres à arracher 
des mains de leurs élèves ces rapfodies pé*- 
dantefques qui les dégoûtent des fciences, 
& à les nourrir de la Içdure de Quia- 
rilien , de Rollin , de l'Abbé Colin , &c. 
Capitulation harmonique de M. MuU 
dcner , continuée jufqù'à prefent : ou Tra* 
dudion exaftcment littérale & mot pour 
mot i & concordance générale de toutes 
les Capitulations des Empereurs , depuis 
& compris Charlc-Quint , jufques & conv-» 
pris l'Empereur Français I , adtuellemenc 
régnant, A Paris chez Hyppolite Louis 
Guérin , rue S. Jacques , in-^. 1. v. 

Le titre de l'Ouvrage en annonce le 
plan & rimporcance , c'cll une traduc- 
tion exade du pade que les Elcâieurs, 
tant en leur nom qu'en celui de tous les 



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JANVIER. 1751. 85 

Etats de TEmpirc , font avec un Roi des 
Romains lors de fon élcftion. Ce padc, 
dit l'Auteur , cft réciproque de la parc 
des Etats de TEmpire qui le propofent , 
& de celle du Roi des Romains défigno 
qui l'accepte , & qui eft tenu de le con- 
firmer par un ferment folemnel avant fon 
couronnennent. Il renferfloe les conditions 
de 1 elcdion , la portion d*autorité que 
les Etats cèdent au nouveau Roi , & les 
régies qu'il doit fuivre pendant le cours 
de fa régence. Il devient ainfi récipro* 
ment obligatoire , tant pour l'Empereur 
que pour les Etats , & il prend force de 
Loi^tant pour le Chef que pour les Mem- 
bres de TEmpire. Il ne contient pas ce- 
pendant cous les cas qui peuvent furvenir 
dans les affaires Eccléfîaftiques & Séculier 
res , de police & de guerre. L'Empire a 
pour chaque objet en particulier des Loix 
qui rendroient fon Gouvcrnenfïcntdcs plus 
lages & des plus heureux , fi elles éioicnc 
toujours fidèlement obfervées. Mais la 
Capitulation d*cleélion cft comme le pré- 
cis des autres Loix ; & tons les refcrits 
qui concernent le Gouvernement s'y iroU'- 
venc réunis comme dans leur centre com- 
mun.On voit dans d'autres Royaumes,des 
exemples de tran(aftions entre ceux qui 
clifcac Se le Prince qui eft élu > on. lui 



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%â MERCURE OE FRANCE. 

Éaic jurer robfervation des Loix faire» 
fous fes Prédcceltèurs ^ ou bien on hit 
prcfcric de nouvelles obligations relatives 
à de nouvelles cirçonftances y attendu 
que les variations continuelles des Erat$ 
fonr toujours naître des événetnens im« 
prévus , particulièrement dans ceux où la 
puiffancc fouveraine cft partagée. Mais 
toutes ces fortes de conventions ne peu- 
irent en aucune manière être comparées 
avec celle qui fc fait en Allemagne à, 
chaque éleûion^ Aucune République ne 
peut être auflS comparée avec le Corps 
Germanique. On peut voir dans un dif- 
cours préliminaire qui eft à la tète * du 
Livre que nous annonçons , nn Tableau 
très-bien fait de la Conftituiion du Gou- 
vernement d^Allemagne : c'étoit une in- 
troduftion prefquc ncccflaire i la kâiurc 
des Capitulations. M. de la Chapelle eft 
Auteur de cette Traduction :c*eft un homnxc 
poli , doux , modcfte y un homme profond 
dans la connoiffance des Langues , de 
THiftoire , du droit public, de la poUti- 
que -, un homme propre à tout & qui 
nafpire à rien. 

Mures A^menii , GaWce ^ les Hermines* 
Carmen ^Antore AngeloKw&n , Salonicenfi. 
Parifiis. Thibout. 1750. 

lx% Penfionnairçs du Collège de Louis 



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JANVIER, ijfu %7 

le Grand , féconds en p&cnoméncs lit-» 
céraircs , donnèrent il y quelques années' 
les Poëfies dé trois ou quatre jeunes Cbi^ 
Dois s lis nou9 donnent aujourd'hui* lor 
Poëme d'un Acs Orientaux que Sa Ma« 
jefté fait inftruire dans tes Langues Sça« 
Tantes. Cet Ouvrage a toutes les qualt*' 
tés qui cacaâérifent les premières produC'^ 
rions d'une Mufe naiffante » de la facili- 
té ^ de t'aifance , pas toujours aflez de 
correâion , quelquefois même àcs défauts 
de Grammaire » qui font d'autant plu» 
excufables dans un jeune Poète » que le» 
Mbitres de l'Art j les Bonnefons » les la 
Rue , les Polignac ne les ont pas toujours 
évités. Le fujet que TAuteur a choifi pa- 
f oît avec toutes les grâces de la nouveau^ 
tcs'û chante les Hermines y qui C<^nt une 
partie des richeSes & des ornemens de 
Ion Païs; leur origine, leurs mœurs, la ma- 
nière de les prendre , leurs ufages utile» 
& glorieux. Entrons an peu dans le 
dératl. 

Thémis tremblante â la vôc des Gcans, 
déferre avec tous les Dieux l'immortel 
féjour. A leur exemple , elle cherche 
tinc retraite afltûrée dans le corps de quel- 
que animal. L*Herminc a la préférence, 
& la* Déeffc , par reconnoiffàncc , veut 
qu'elle foie le fymbole de la candeur. 



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se MERGÛRBDE FRANCE. 

& qu'elle décore les Juges intégres , pro- 
tecteurs de rinnoccnce. Après cette fic- 
tion ingénieafe vient le détail des moeursy 
il cft à peu près le même que celui que 
nUuftrc Mé de Maupertuis vient de 
nous donner dans les Mémoires de Ber- 
lin. Le climat qui met tant de différence 
dans le cara6fcérc des hommes , n en mec 
aucune dans celui des Hermihes d*Armé- 
nie Se de Laponie \ les unes 6c les au- 
tres mènent une vie erranre & vagabon- 
de elles aiment les lieux deferts y & tan- 
tôt dans les forêts , tantôt fur le bordl 
des rivières , elles trouvent leur nourri- 
ture dans les fruits de la terre , au dans 
la pêche du poiflon qu'elles prennent 
avec une dextérité merveilleufe. L'Hy ver 
termine leurs courfes , & elles attendent 
dans un tranquille repos le retojir de la 
belle faifon. Le Poëtc tire de ces mœurs 
un Tableau naturel des vices & des ver- 
tus de la jeunefle. 

La manière de les prendra, n'eft pas 
moins curieufe. On peut les pourfuivre à 
la chaffc , ou les faire tomber dans des 
pièges qu'on leur tend. Un autre artifice 
plus fingulier & aufli fur , c'cft de mettre 
un peu de boue à louverture du trou où 
elles fe retirent , aullî-tôt elles tremblent, 
elles frémiffeat , elles demeurent interdi- 



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JANVIER. 1751: 8> 

tes , & aiment mieux monrir que de rcrnic 
Téclat de leur blancheur en franchiffant 
cet obftacle. Cette fingularité a fourni i 
une des plus belles Provinces du Royaume 
Ùl Devise , potius mori , ijuàm fœdari. Le 
Pocce la propofe à toute la jeunelTe , qui 
tire Ton plus grand luftre de la candeurSc 
de l'innocence, 

L'Hermine , jufqu'ici l'objet de lamufc- 
ment & du plaifir » devient plus intére{^ 
fante par les avantages qu'elle procure* 
Confacrée en quelque fa^on après la mort » 
elle paUe dans les Temples , & diftinguc 
les Miniftres les plus aflidus des Autels. 
Toujours amie de la grandeur , elle figure 
dans les plus riches nabillemens avec l'or 
& les pierreries. On lui fait même l'hon- 
neur de la prendre pour récompenfe de la 
fcience & des talens. Et jamais la belle 
Hippodamie ^ ou les immortelles Couron- 
nes d^Olympie ne furent difputces avec 
tant d*ardeur que raugufte fourure des 
DoAcurs. De la condition privée , l'Her- 
mine s'élcve jufqu'au Trône ; elle décore 
tout ce qui en approche,elle rehauflc même 
la Majcfté de la pcrfonne facrée des Rois. 
Enfin la Nobleflc lui érige un éternel tro- 
phée dans les Armes. L'Auteur tire l'ori- 
gine de cet ufage d'un trait de l'Hiftoire 
de Bretagne > qui fent aa peu i^ 



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^o MERCURE DE FRANCE. 

fiâion , mais qui n'en eft pals moins agrcâ* 
blc en Poëfie. La Pièce acvoit narurcilc-* 
ment finir ici > mais les Hermines qui cou- 
vrent le Tombeau de Louis XIV. font 
fouvenir le Poète des vertus & des bien* 
faits de ce Monarque , qui au commen- 
cement du fiécle fonda l'éducation gra- 
tuite de ces jeunes Orientaux : il Icu^ 
paye le tribut de louanges qu il leur doit * 
Se ne fc confolc de la perte de ce Roi 
Bienfaifaritjjcju'en fe rappellant les gran- 
des qualités de Louis le Bien- Aimé , héri- 
tier de fon Trône & de Tes vertus. 

Telle eft l'économie de cette Pièce in-* 
gcnieufe , qui paroît fous les aufpices dd 
M, Rouillé , Secrétaire d'Etat , ayant le 
Département de la Marine. L'édition en 
•ft fort élégance s elle eft ornée de Vi- 

fiettes qui ont rapport à la (ituation dt 
Auteur , au fujet de fon Poeriie , & a 
l'illuftre Mécène à qui il eft dédié -, mais 
dont fa modeftic n'a pas permis au Poète 
d'exprimer dans une Epîcre préliminaire 
tous les fentimcns de fon cftime & de 
fa reconnoiffanceé 

Le Spectacle de l'Homme. ^ Paris 
chez BrUfon^ïMt S. Jacques, xyyi. 

L'objet de cet Ouvragé , qui paroîtrà 
par Cahiers , eft de détromper les Pyrrho- 
niens ou Sceptiques) de confondre les 



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J A N V ï È R. î7ji; $• 

• 

Epicuriens ; d'inftruirc les Déîftcs ; de 
confondre les Athées. C'cft une trèsbcUcf 
cmreprife , & l'Auteur nous paroîc fort 
capable de la bien exécuter. Nous ofons 
Icxhoner à ne point adopter d'hjrpotéfes | 
a être plus dimcik fur le choix de fes 
preuves 5 à prcfler un peu plus fes rai-* 
îonnemens » & à faire fentir davantage 
la iiaifon que les matières ont entr'elles. 
Mémoire fur l'Horlogerie , contenant 
diverfes remarques fur les Ouvrages & Ic^ 
Prétentions de M. R. 175 c.Brochure in- 4*^^ 
^ Parisy chez Guerin, Hndrt^ Jomheri^ Sec, 
L'Horlogerie , fi négligée autrefois en 
France , y a fait depuis quelque-tems des 
progrès fi rapides , que nous fommes att- 
(orifés à regarder fans injuftice nos Hor« 
légers > fingulierement M. Julien le Roy » 
& quelqu autres » comme les premiers 
Horlogers de l'Europe. Cette perfuafion» 
qui nous paroît très-répandue même chez 
nos Voifins , n*a pas empêché un Hor- 
loger étranger, nouvellement fixé à Paris , 
de traiter nos Artiftes avec mépris. L'aîné 
des fils dc[ M, Julien le Roy , Auteur du 
Mémoire que nous annonçons , démontre 
à ce que nous croyons , que M. R. veut 
battre fes maîtres » & qu^il n'a rien de bon 
qu*il n'air emprunté de nous. Ce Mémoire 
nous a paru plein de lumière ic de fageSe^ 



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^i MERCURE DE FRANCE.: 

Le Triomphe Littéraire de la France ," 
Poème Italien ^ dédié à M. le Marquis de 
Piiyfieiilx , Miniftre & Secrétaire d'Etat- 
A Paris chei Chanbert , & à Avignon chez 
GiroHt, 

M. TAbbé Venmi qui a paiTé pluficur* 
années en France , prêt à retourner en 
Italie , où l'Empereur Ta nommé à la pre- 
mière place de l'Eglife de Livourne , a 
voulu donner un témoignage public de 
l'eftime qu il a pour la Nation Françoifc , 
en célébrant dans un Poëme Italien la 
plupart des hommes de Lettres de France , 
aftuelleraent vivans. Le ftyle de cet Ou- 
vrage nous a paru noble & poétique j 
mais les louanges y fonr quelquefois pro- 
diguées à des hommes très-médiocres. Elles 
font ingénieufcmcnt tournées •, mais les 
mêmes tours reviennent fou vent. Nous 
traduirons feulement quelques Vers pour 
donner une idée du relie. 

Quel cft , ( dis- je à la Renommée , ) 
ce Vieillard dont la tête augufte eft ceinte 
d'une double Couronne? C*eft Fonterielle , 
m^ répondit-elle ; les collines & les val- 
lons raifonncnt encore des doux fons de 
fa Mufette. Ceft lui qui par des routes 
inconnues , a conduit à la Cour les Ber- 
gers de la Seine ; nous le verrons enco- 
re plein de force & de vigueur , dévoi-^ 



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JANVIER. 1751. 91 

ier les fecrecs de la Nature ; contempler 
les A(lreS)& apprendre aux hommes à roé- 
prifcr la mort. . Je vis Arrouet , l'honneur 
de la Pocfie Françoife , d*un vifage , tan<* 
tpt riant , taniôr févére. Son courage 
réleva le premier aux plus grandes en- 
treprifes ; les fonsliarmonieux de fa trom-* 
pette remplirent l'Univers d'étonncmenc 
& d'admiration : ils pénétrent jufqu'aux 
Champs Elizéens ^ Homère > Virgile > Sta« 
ce , Milton , Camoëns » Ariofte & le Taf- 
fe prêtent une oreille attentive. Infatia- 
ble de gloire , tantôt il chaude le Cothur* 
ne , tantôt il raconte les Aftions de TAle- 
xandre du Nord , tantôt il niefure avec 
Newton Timmenfiié de rcfpacc . . . maii 
qui me donnera afTez de force 8c de vi« 
gueur pour célébrer cet homme dont l'A- 
quitaine s'honore , & que rUnivets révè- 
re? Ah l fî Rome eut eu dans Ton fein 
un Sénateur Ci fage > la liberté n'eût pas 
fuccombé fous \^ tyrannie *, mais plus 
durable que la Roche Tarpeïenne , le 
nom de Montefquieu vjvra tant que Thé- 
mis diâera Ces Loix ^px François , tant 
que les Dieux immortels accorderont aux 
hommes le dàn de peu fer. 

Aluanach DE Table pour l'année 
1751 » contenant un détail exaâ; de tout 
ce qui fert à la vie de l'homme & à la bonr 



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94- MERCURE DE FRANCE: 

ne chère , dans chaque faifbn de l'année». 
^ Paris , chc;s la veuve Pifot , Quai de 
Conri. 

Nous annonçons w% honnêtes gctis que 
ce titre pourra réveiller , qu'il eft rempli 
i8c fori: bien rempli* On a mis à la tête do 
l'Âlmanach une Préface qui eft très-plai- 
ûntc & qu'il faut lire. 

Dissertation fur laQucftion, lequel 
de l'homme ou de la femme eft plus ca- 
pable de conftance ; ou la Caufe des Da« 
mes y (butenue par Mademoifelle Archam^ 
tauU , de Laval , Bas-Maine ; contre M. 
'^ * *. & M. L. L. R. Ji Paris chez h 
veuve Pifat , Quai de Conti , & J* BffUot , 
rue S. Etienne des Grès. 17^0^ in-iz. 
C'cft Mademoifelle Archambault qui 
cite , qui raifonnp & qui dit de jolies 
ichofes dans cette difpuce: fes adverfai* 
res n*y ont mis d'efprit que ce qu'il en fal^ 
Joit pour faire briller le fien. 

On vient de donner une Edition tout>* 
i-fàit élégante des Mémoires pour fer* 
vir à i'Hiftoire de Brandebourg. Nous 
rendrons compte incc0amment de ce bel 
Ouvrage. 

DETAiJts Militaires^ dont la connoif- 
fance eft nécçffaire à 'tous les Officiers & 
principalement aux Commiffaires des 
Cucrrcs^par M, çic Chenncvicres^CotBr 



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I 



lER. 175 1* 9f 

miflàirc Ordonnateur ^ & premier Coni« 
mis de 1^ Guerre» ui Paris , chez Jombert ^ 
roc Dauphine , & k FcrfiùUes , chez Fonri» 
mer yXVLQ d'Anjou» 1750^4 v. in^\%. 

C*eft de l'économie "que dépend pre(^ 
que toujours le fuccès de b guerre > die 
M. de Chennevieres > dans la Préface dç 
fon Livre > qui cft bien éprice ; l'habiletç 
du G(ênéral & la valeur ties Troupes dét» 
cidear de la viAoire s piais c'eft la bon- 
ne adminiftration qui prépare les pre- 
miers œojrens de faire des conquêtes , Çc 
[ui en aflûre la confervation. Pu tenu 
es Grecs & des Romains , le gain d'une 
bataille ouvroît au vainqueur un pay^ 
immenfe ; il s'emparoit de rout , ^ ce 
qu'il reciroic des Peuples vaincus , le 
tncttoic en état d'entretenir, de faire futv 
£fter fes troupes , de récompenfer leur 
valeur. L'Art de faire la guerre au point 
de perfeâioa o^ ilpft porté aujourd'hui ^ 
l'a rendu plus ruineufe & plus di£Ecile , 
même pour les vainqueurs. Les frontie^ 
res font remplies de Places fortes ; il 
faut faire des fiéges » donner des batail- 
les \ on n'avance que pied à pied \ les 
dépenfirs font prodigieufes -, le Conqué- 
rant traite le Peuple vaincu prefqu*avec 
autant de doucetur que fes propres fnjets , 
^ ne tire qu'on médiocre fccoursdu pe^ 






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9S MERCURE DE FRANCE. 

de terrain qu'il gagne en plufîcurs Cam- 
pagnes , & qu'il acheté fou vent bien 
cher. 

Rien n'eft plus important que de choi- 
fir des hommes intelligens , fidèles & def- 
intercfles , pour diriger les immcnfcs dé- 

}>enfes qu'on cft obligé de faire ; routes 
brtes de gens n*y font pas propres : il 
faut apporter. dans ces places des fenti- 
mens puifés dans une éducation conve- 
nable , une fortune affez honnête pour 
Arrêter le projet & \c dcfir d'acquérir -, il 
faut alfez d'efprit pour n'erre pas trompé 5 
aflPez de fermeté pour être craint , aflcz 
de complaifance & de politefTe pour être 
aimé , & toute la probité & la droiture 
néccflaircs pour être eftimé. 

Le Livre de M. de Chennevieres nous 
paroît très propre à infpircr des verms & à 
donner des connoiflTances. C*eft l'Ouvra- 
C€ d'un Citoyen plein de probité & de 
lumières. Son zélé pour fa Patrie ne lui 
fait méprifcr aucun détail , comme bas, & 
fon difccrncmcnr l'empêche d'entrer dans 
des détails inutiles. Il eft rare qu'il n'ap- 
puyé pis ce qu'il dit de quelque Ordon- 
nance , & il n'a prcfque jamais recours à 
des conjeétures. Lorfque quelques Or- 
donnances ont cçfle de faire la loi , oa 
4ju'c]les font divcrfemcnt interprétées , 

l'Autcuc 



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J A N V lE R. 175t. 97 

TAutcur a foin d'en avertir , & fcs dif- 
cuflions deviennent alors intéreffântes » 
quoique courtes. Nous ne connoilTons 
guéres d'Ouvrage éciic avec plus de net- 
teté » d'ordre. & de préciûun ^ mérice 
cffentiel à ce genre d'ouvrage , le fcul 
pcoprement qui lui convienne. On n'attend 
pas de nous l'Extrait d'un Livre qui n'en 
jeft pas fufceptible. Nous nous borneront 
à dire que tout ce qui concerne les re- 
vues 9 les congés , les réformes » les armes^ 
les abfences , les marches , les campemens^ 
les défertions , les étapes , l'habillement 9 
les foriificatioiis » les nopitaux , les loge«^ 
mens , les milices » les paflevolans » les 
vivres , &cç, toutes ces chofes Se une in* 
iinité d'autres , qui ont rapport aux fonc* 
cions des CommifTaires des Guerres ^ 
7 font tout'âfait bien développées. La 
leâure de ce Livre nous a fait faire une 
réflexion qui n'échapera à aucun de ceux 
qui le liront *, c'eft qu'il n'y eue peut- 
être jamais aucune Nation qui eut des 
Régtemens aufil fages <]ue les nôtres. 

GiFfART ^ fils » Libraire rue S. Jacques» 
vient d'imprimer une Tragédie chrétien- 
ne, intitulée Attilie, Nous ignorons ce 
3ue le public penfera de l'intrigue du 
ialogue & du ftyle de cette pièce ;; mai$ 
îl nous a .pacu que TAuccitc ^voit de$ ccf» 

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^8 MERCURE DE FRANCE. 

fourccs dans rcfpric ; qu'il n'ignoroit pa$ 
l'art d'exciter les paffions , & qu'il faifoit 
affcz fouvent de beaux Vers. C'abondan^ 
ce des matières nous oblige à renvoyer 
au mois prochain l'Extrait de cette Tra- 
gédie. 

Discours , qui a remporté le prix 4 
VAcadcmie de Dijon, en Tannée 17^0, 
•fur cette queftion > propofce p^r la même 
Académie» Si le rétahliffcmem des Sciences 
4!r des Arts a ccntrihui à épurer les purters^ 
Par un Citoyen de Genève, ji Genève , 
chez Barrillot , & fils , 17 5 i . 

Le Difcours eft dîvifé en deux parties, 
la première eft deftinée à prouver la pro» 

Î)omion par les faits ; dans la féconde » 
'Auteur s'attache aux preuves tirées da 
laîfonnemcnt. 

La première partie commence par ua 
court & brillant clogede la Science. Après 
avoir peint l'état de barbarie où l'Europe 
étoit retombée depuis plufîeurs fiécles» 
TAuteur fait en abrégé THiftoirc du réta-^ 
bliflêmcnt des Arts & des Sciences dans 
cette partie du monde. Il examine les 
avantages que cette révolution nous a pro^ 
curés , & il trouve que tous ces avantages 
fe réduifent à nous rendre un peu plus £o*- 
ciable5,& à nous donner Tapparence df 
toutes les vercus > f«as en avoir 9a(aui^« . 



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JANVIER 1751. 99 

-Comme c eft ici proprement le fond de 
ta qucftiort , l'Auteur s'étend fur l'examen 
de nos mœurs pré{êntes,& s applique 2 
bien dtftinguer ce qu'elles ont acquis de 
douceur & d'agrément par nos connoif- 
lânccs , Se ce qu'elles ont perdu de droiture 
£c de candeur. Cela le mené à un parallèle 
iks moeurs de nos pères & des nôtres, prU 
^ôus une face nouvelle. 

»• Avant , dif-ii , que l*Art eut façonné 
• nos manières, & appris à nos pafHons 
» à parler un langage apprêté , nos mœurs 
•t éroient ruftiques ', mais naturelles , & la 
«différence des procédés annonçoit aa 
premier coup d œil celle des caradéres. 
» La Nature humaine» au fond, n'étoit pas 
M meilleure , mais les hommes trouvoiept 
n leur fecurité dans la facilité de fe péné- 
M trer réciproquement, & cet avantage » 
«dont nous ne fentorïsplus te prix >leuc 
» épargnoit bien des vices. 

» Aujourd'hui , que des recherches plu« 
» fubtiles , & un goût plus fin ont réduic 
» Tart de plaire en principes , ilxcgoe daps 
» nos mœurs une vile & trompcufe uni- 
•ïformité , & tous l^s efprits femblenc 
» avoir été jettes dans un même mdule. 
» Sans cefle la politeffe exige , la bien- 
9» féance ordonne s fans ceffe on fuit àçs 
e ofâgcs; jamais fon propre génie : on n 95 

Ëi] 



O. 4^t 



^^iNz^erfy'C^OéglJ 



lôo MERCURE DE FRANCE. 

99 fc plus paroître ce qu'on cft , & dani 
M cette contrainte perpécuclle » les homoicts 
» qui forment ce troupeau , qu on appelle 
't* (ociété , placés dans les mêmes circohf- 
» tances , reront tous les mêmes chofcs , & 
w> des motifs plus puiflàns ne les en détour^ 
'»> nent. On ne fçaura donc jamais bien à 
'%> qni Ton a à faire. Il faudra donc , poar 
» connoître Ton ami , attendre les grandes 
MQÇcafions , c*eft- à-dire > attendre qu'il 
>i n'en foie plus tems , puifque c'eft pour 
«> ces occafions même qu'il eût été ellèh« 
f* tiel de Je connoître. 

M. Rouffeau fait voir enfui te quel cor* 
té^e de vices j défiance , fourberie , trahi- 
fon , Ceci accompagnent néceflairement 
cette incertitude , & fe cachent fous ce 
* voile de politelTe , & fous cette urbanité 
û vantée , que nous devon$ aux lumie-i 
tes de notre fiecle. Ce morceau finit par 
une réflexion qui paroîtra fingulier« \ 
2> ^'eft qu'un habitant de quelques Gon- 
» trées éloignées , qui chercfaeroit à fc for- 
*>• mer une idée des mœurs Européenes , 
M fur rérat des Sciences parmi nous , far 
w la perfcétion de nos Arts > fur la bien- 
n féance <le nos fpcétaeles , fur la politeffe 
i> de nos manières , fur l'affabilité de nos 
» difcours , fur nos démonftrations per- 
99 pétttcljes de bienveillance 4 fc fiir ce 



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tf ÎANVIER. 17^1. 101 
^'concours tumultueux d*homtncs de tou^ 
* âge & de tout état , qui fcmblcnt cm" 
* prctTés i depuis le lever de l'Aurore ju(- 
m qu'au coucner du Soleil , â s'obliger té» 
1'^ ciproqucmcntic'eft que cet Etranger, 
|«a»dis je , dcvineroit exaâcmenr de nos 

I» moeurs le contraire de ce qu'elles font, 
[ Voilà donc l'effet démontré de nos 
Sciences '& de nos Arts \ la culture des 
tfprits 5 & la dépravation des cœurs* 
Dira-t'on que c'cft un malheur panicu- 
licr a notre âge ? Pour faire voir que les 
maux , caufcs par notre vaine curiofiré , 
font auflî vieux que le monde , M. R. pafTd 
en revue les peuples les plus renommés 

λar la culture des Sciences -, les Egyptiens, 
es Grecs > les Romains > les Chinois, & 
il trouve toujours que n ^élévation, &c i*a-» 
» baiffcment journalier des eaux de TO- 
» céan , n'ont pas été plus régulièrement 
MaflTujettis au cours de TAflre qui nous 
J> éclaire durant la nuit , que le fort des 
9> mœurs & de la probité au progrès des 
» Sciences Se des Beaux Arts : on a vu la 
» vertu s'enfuir , â mcfure que leur lumière 
» s'ékvoit fur notre horizon , &c le même 
*> Phénomène s'cft obfervé dans tous les 
D tems &c dans tous les lieux. 

A CCS tableaux l'Auteur oppofe celui 
des niaurs , du petit nombre de peuples 

£ iij 



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101 MERCURE DE FRANCE. 

qai , préfcryés de Gctrc contagion des vai- 
ncs connoîflances , ont par leurs vcrtusf^ 
fait leur propre bonheur , & l'exemple 
des autres Nations. Hérodote lui fournir 
ks Scythes •> Plutarque , les Lacédcmo- 
niens -, Xenophon , les premiers Pcrfes ; 
Tacite , les Germains , & il trouve dans Ia 
Suiflc , fa Patrie , un exemple plus récent y 
& du moins auffi beau à nom^ propofer. 

Quelques Sages , il eft vrai , ont réfifté' 
au torrent général, & fe font garantis dii 
vice dans le féjour desMufes. L'Auteur 
prend de la occafion de rapporter ce beat|> 
morceau de l'Apologie de Socrate , où ce 
Philofophc marque fi peu d*eftimc pour \ts 
5çavans, & les Artiftcs de Ton rems 5 puil 
il pouifnii ainfi i 

t> Voilà donc le plus (âge des hommes y 
« au jugement des Dieux , & le plus fça* 
» vant des Athéniens , aufcntiment deli^ 
»> Grèce entière -, Socrate , faifant lelo* 
** ge de l'ignorance. Croit- on que , s'il ret 
-» fufcitoir parmi nous , nos Sçavans & 
>3 nos Artiftcs lui fcroient changer d'avis î- 
» Non ^ Mcffieurs ; cet homme jufte coni- 
>» tinueroit de méprifer nos vaines Scicn* 
*• ces ; il n'aideroit point à groflir cette 
•» foule de Livres , dont on nous inonde 
» de toutes parts , & ne laifleroit , comme 
•» il a fait , pour tout précepte à fc& Dif(â^ 



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m pies & à nos Neveux , que l'exemple de 

15^ £a vertu : c'eft ainfi qu'il cft beau d'int 
» truire les hommes» 
*» Socrate a voie commencé dans Athé- 
I M nés , le vieux Caton continua dans Ro- 
I » me ; de fc déchaîner contre ces Grecs 
n artificieux ic fubtils , qui feduifoient la 
w vertu , & amolliflbient le courage de fes 
»> Concitoyens y mais les Sciences , les 
*f Arts>& la Dialc6tiquc prévalurenC cn- 
«» core. Rome fe remplit de Philofophe^ 
» & d'Orateurs. On négligea la Difcipli- 
».ne militaire , on méprifa l'Agriculture | 
i> on embra/Ta des Seules , & ï'on oublia 
9i la Patrie. Aux noms facrés de liberté , de 
» défintéreflement ,dc pauvreté , d'obéif* 
» fànce 9ut Loix » fuccéderenc les nom$ 
» d'Epictire , de Zenon > d'ArceHlas \ de* 
m puis f Mf les Sfovans ont far h parmi mus , 
«> difoienc leurs propres Philofophes • les 
»gens de bien fe fiméclipfi^*. Jufqu'alois 
« les Romains s'étoient contentes de pra- 
D tiquer la vertu s tout fut perdu , quand 
9f ils comoKsncerent à l'étudier. 

*» O Fabricius l Qu'eût penfé votre gran-» 
* de ame , (î pour votre malheur rappelle 
» à la vie , vous euifiez vu la face pom-* 
» peufc de cette Rome , fauvée par votre 

^ * Pôflqitkm dûBi frodumnt , boni dêfmt. Se« 

I E uij 



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104 MERCURE DE FRANCE; 

'« bras, & que votre nom rcfjpeftablc avoîtr 
39 plus illuftréc que tomes Içs conquêtes ? 
w Dieux 1 Euflîcz-vous dit , que font d^- 
» venus ces toits de chaume , de ces foyers 
99 ruftiques qu'habitoient jadis la modéra- 
• 99 tion Se la vertu ? Quelle fplendeur fu- 
>» nefte a fuccédc à la (implicite Romaine l 
» Quel eft ce langage étranger ? Quelles 
w font ces moeurs efJFcminécs.^Quc fignr- 
99 fient ces Statues , ces Tableaux , ces Bdi- 
99 ficcs } Infcnfés , qu'avez vous fait "i Vous^ 
» les Maîtres des Nations , vous vous êtes 
i> rendus les efclaves des hommes frivoles 
» que vorfs avez vaincus l Ce font des 
« Rhéteurs qui vous gouvernent. C'eft 
*> pour enrichir des Architcékes , des Peia- 
» très , des Statuaires & des Hiftriôns que 
» vous avez arrofé de votre fang la Grèce 
m&c TA fiel Les dépouilles de Carthage 
99 font la proye d'un joueur de ftûtc l Ro- 
i> mains , hâtez-vous de rcnverfer ces Am- 
99 phithéâtret y brifcz ces marbres j brûler 
p ces Tableaux ; c^halTez ces efclaves qui 

• vous fubjugucnt , & dont les funcftçs 
» Arts vous corrompent. Que d'auttes 

• mains s'illuftrcnt par de vniiw talcns i le 
» feul talent , digne de Rome , eft celui de 
» conquérir le monde , & d'y faire regnet 
M la vçrtu. Quand Cyneas prit notre Sénat 
]l».pour nnç aflTemblée de Rois > il ne fut 



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JANVIER, lyp. lof 

h ébloui , ni par une pompe vaûie , ni par 
» une élégance recherchée; il n'y entendit 
• point celte éloquence frivole , Tétudc 
» & le charme des hommes futiles. Que 
ii vit donc Cyncas de fi majcftueux l O 
» Citoyens t lï vit un fpeétadc cjiic ne 
» donneront jamais vos richcflfes , ni tous 
» vos Ans : le plus beau fj^edacle qui aie 
» jamais paru lous le Ciel \ raflemblée de 
«deux cens hommes vertueux > dignes de 
» commander à Rome & de gouverner 1» 
n terrcr 

» Mais , continue M. R. francbiflohs la 
« diftancc des lieu* 8c des tems , & voyons 
»cc qui s*cft paflj dans nos Contrées., & 
» fous nos yeux , ou plutôt , écartons dies 
» Peintures odreufcsqui bleflTcroï^nr notre 
»délicate(Fe , & épargnons-nous la peine 
i^de répéter les mêmes chofcs fous dlwî-. 
» très noms v& qu'ai-je fait dire à Fabri- 
wctus i que je n'euiTe pu* mettre dans fa 
» bouche de Louis XII. ou de Henri IV, 
» Parmi nous , il cft vrai , Socrate n'câc 
» point bu la ciguë, mais il eûîbuidkn» 
n vmc coupe encore pïusamére , k raitlfev 
n rie infultante , & le mépris pire^ccnc 
P fois que la mort.. 

M. R. conclut (a première partie par 
des. réflexions; fui le voile épais», donc la 
UmMc a coavcrv tau;tes fe$ opétatiôotxs» 

Ev 

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i^MERCURE DE FRANCE, 

& fur les foins qu'elle fembli avoir prt^ 
pour nous préfervcr de la Science , coroine' 
une tendre mère arrache une arme dangcv» 
reufe des mains de fon enfant. Les hota— 
mes font pervers 5 ils (croient pires cnco** 
le , s*ib avoient le malheur de naître fça.- 
vans. 

Après avoitipuifc la queftion de faic 
par des indudions hiftoriquc» , l'Auteiur 
paifc dans la féconde partie , à la queftioiir 
de Droit, & confidérant les Sciences Sc 
les Arts en eux-mên>cs , il eramine parleur 
nature ce qui doit réfulter deleurpxo-: 

Il établit que la plupart de nos Sciences 
font vicieufcs dans kur origine, vaincs 
dans leur objet , & pernieieufes par les 
effets qu'elles produifcnt* Il fait voir les 
dangers attachés à rinveftigation^ la vé- 
rité ^IHncertirude du faecès , & , même ca 
fuppofant enfin la vérité dévoilée , la 
difficulté plus grande encore d'en biea 
wfcr. 

Pour montrer le danger des Sciences 
par Içurs effets , il remarque d abord que ^ 
nées de loifiveté , elles la nourriflTem à 
leur tour , & que la perte irréparable du 
tcms , eft le premier préjudice qu'elles 
caufem néccflairement à la fociété i en po^ 
liûquc comme en morale > c'cft un grand 



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T A N V I E R, 1751. 107 

ttial que de ne point faire de bien » Se coat 
Citoyen inutile doit être regardé comme 
un horpme pernicieux. Padanc dbnc ea 
revue les plus brillantes découvertes de 
nos Pbilofophes modernes , M. R. de- 
mande quels avantages réels nous en avont 
Cetirés. Que û les travaux des plus éclairés 
de nos Philofophes , & des meilleurs de 
Ods Citoyens nous procurent fi peu d'uti* 
IJté , quedevon^nous penfer de cette fou- 
le d'Ecrivains obfairs , & de Lettrés oiSfi, 
qui dévorent en pure perte la fubftance de 
FEtat? 

» Que dîs-je y oifîfs } potirruitil d*im 
uton plus véliément ; & plut au Ciel qu'ils 
« le . fûflTcnt en effet 1 Les moeurs en fc- 
;p roicnt plus faines , & la fociété plus pai- 
» fiUe ', mais ces vains & futiles déclamaD» 
» teuts vont de tous côtés , armés de leurs 
» funeftes paradoxes, fappant les fonde-» 
99 mens de la Foi> & anéamifTant la Vercdr 
» Ils fourient dédaigneufcmentà ces vieux 
]n mots de Patrie & de Religion , 8c con- 
y> facrent leurs taîens & leur Plûlofopfcic 
p â détruire & avilir tout ce qu'il jt a de 
» facré parmi les hommes : non qu'au fond 
vils haiirent ni la vertu , ni nos dogmes ; 
jftc'eft de l'opinion publique qu'ils (ont 
» ennemis > de pour les ramener aux picits 

E v'i 



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fôS MERCURE DE FRANCE; ' 

» des Autels , il fufEroit de les reléguer 
s» parmi des Athées?. 

Ceft un grand mal que rabus" du tctasJ 
D*autre$ maux , pires encore, fuivent les 
lettres & les Arts. Tel cft le luxe , né > 
comn>c eux ,;de roifîveté & de ta vanité 
des hommes. Le luxe va rarement fans lc5 
Sciences & les Arts , & jamais ils ne vonr 
ians tut. L'Auteur combat forten:ient tes 
maximes de nos Philofbphes modernes ea 
laveur du luxe , & fait voir , qu'après 
avoir corrompu les moeurs , it corrompt 
tuffî le goût. Il termine ainfi ce morceau > 
qui eft un des plus vifs de tout te Di£» 
cours. 

» On ne peur réffechîr fur les mœurs^ 
^ qu*on ne fe plai{e à fc rappeller Timagc 
s» de la iimplicité des premiers tems. C*c(l 
9» un beau rivage , pare des feules mains de 
» h Nature , vers lequel on tourne incet 
su fiiTiment les yeux , & dont on fe fenc 
«éloigner i regret. Quand les hommes 
» îni>ocens & vertueux aimoîent i avoir 
» les Dieux pour témoins de leurs aélions> 
» ils habitoient avec eux fous les mêmes 
,a» cabanes v n^ais bientôt devenus méchans^ 
>► ils fe laffèrcnt de ces incommodes (pcc- 
» tatcurs > Se les reléguèrent dans des 
l^Tesnptes magtûSqties» Ils tes en chsSè* 



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iirent enfin pour sV établir eux-mSmes, 
» ou du moins les^ Temples des Dieux ne 
»• fe diftinguerenc pks des maifons dct 
«Ciroyens, Ce fut alors te comble de Ta 
«dépravation » & tes vices ne furent \a^ ~ 
M mais poudes plus Ipin^que quand oti 
» les vit , pour arnfr dire , fourcnus à l'en^ 
j^ trée des Palais des Grands , fur des co- 
» lonnes de marbre» & gravés fur des cha- 
' » piraux Corinthiens. 

Tandis que les commodités de ta vie 
fe multiplieht , Se que te luxe s'étend » te 
vrai courage s?énerve , les vertus militairct 
s'évanouiUcnt , & c'cft encore l'ouvrage 
des Sciences & de tous ces Arrs fédentai- 
res qui s'exercent dans l'ombre du Cabi- 
net» Mais Cl leur culture eft nuifîble aus 
qualités guerrières» elle Tcft bien plus aum 
qualités morales , & ladiftinâiion funefte ,. 
introduite parmi les hommes par la dif^ 
tinârion des tatcns & l'avilillement de» 
vertus , eft la plus dangereufe de teurs con* 
féquences. >» C'eft ,.drt M. R. ce que Pcx- 
^péricnce n*a que trop confirmé depuis^ 
jtle renouvellement des Sciences & de» 
»Arts. Nous avons des Phyficiens, des 
a^ Géomètres, des Cbymi(les,des Aftro* 
I» nomes, des Poètes, des Mu(ïciens , des» 
•> Peintes X nous n'^avonsplus de Citoyens^ 
«ce 

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ïi^MEîLCtTRE DE FRANCE. 

V Ccft dès nos premières années qu'une 
éducation infcniée orne notre cfprit 8c 
p corrompt notre jugement. Je vois de 
3f9 toutes parts des ctablifTemens imm^nfcs > 
» où Ton élevé à grands frais la jcuneflc 
P pour lui apprendre toutes chofcs^excepté 
j* fes devoirs. Vos enfans ignoreront leur 
»• propre Langue v raais ils en parlcron.c 
m d'autres qui ne font en ufage nulle part 5 
^ ils fçauront fabriquer des vers , qu'à pei- 
» ne ils pourront comprendre , fans fça- 
•• voir démêler l^errcur de la vérité -, ik pof- 
V fedcronc l'Art de les rendre roéconnoif- 
» fables aux autres par des argumcns fpc- 
•• cicux -, maïs ces mots de tempérance , de 
» magnanimité , d'équité , d'humanité , 
^ de courage , ils ne fçauront ce qtie c'eft f 
» ce doux nom de Patrie ne frappera ja- 
» mais leur oreille , & s'ils entendent par- 
*»lcr de Dieu , ce fera moins pour le 

.*» craindre que pour en avoir peur. J'aime- 
»rois autant, difoit un Sage , que mon 
» Ecolier eût paflTé le tems dans un jeu de 
» paulme , au mçins le corps en feroit plus 
^ difpos. Je fçais qu'il faut occuper les 

. » enfafis , & que rolfivcté eft pour eux le 
» danger le plus à craindre. Que faut-il 
w donc qu'ils apprennent , me dira-t'on l 
» Voilà certes une belle queftion l Qu'ils 

*» apprennent ce qu'ils doivent faire étaot 



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JANVIER. fTjf. tit 

j9 hommes , Se non pas ce qu'ils doivent 
.j* oublier. 

L'éloge des Académies , qui femblc- 
roic être ici déplacé , eft amené par une 
tranficion aficz heureufe , Se la manière 
dont l'Auteur a traité ce morceau , le fait 
rentrer namrellement dans te nombre de 
fcs preuves. Les louanges qu*il donne à 
ces Sociétés célèbres , chargées à la fois- 
du dangereux dépoc des connoilfànces hu« 
maines , & du dépôt facré des moeurs ^ 
n'empêchent point qu'il n'en blâme la 
BiultipUcatioUypar des conCdérations poli- 
tiques. » Tant d'ËtablifTemens , dit il , 
» faits a Tavantage des Sçavans , n'en fonr 
j» que plus capables d'en impofer fur les 
» objets des Sciences , & de tourner les 
» efprits à leur culture. Il fembie aux pré. 
99 cautions qu'on. prend , qu'on ait trop de 
.» laboureurs , & qu'on craigne de man- 
9»quer_de Philofophes. Je ne veux point 
» bazarder ici une comparaifon de TAgri* 
)» culture & de la Philofophie v on ne la 
» fupporteroit pas. Je demanderai feulç- 
» menr,qu'cft-Ge que la Philofophie ^ Que 
» contiennent lc5 écrits des Philofophes 
» les plus connus ? Quelles font les leçons 
» de ces amis de la fageflc > A les enten- 
» dre , ne les prcndroir-on pas pour une 
» troupe de charlatans^ criant chacun de 



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ïrrMERCURE I>E FRANCE; 

* fon côté fur une Place publique , venci 
j» à moi : c'cft moi fcul qui ne trompe 
n point ? L'un prétend qu'il n'y a point de 
» corps , & que tout cft en rcpréfenra- 
étions* L'autre , qu'il n'y a d'autre fub{^ 
» tance que la matière , ni d'autre Dieu 
3» que le monde. Celui-ci avance qxi'it n 7 
» a ni vertus , ni vices , 9C que le bien 8C 
» le mal: moral font des chimères. Celui* 
» là , que les hommes font des loups , 8t 
9 peuvent fe dévorer en fûteté decon& 
» cience. O grands Philofophes l Que ne 
» réferver-vous pour vos amis & pour vos 
jr enfans ces leçons profitabl-cs } Vous en 
j» recevriez bientÔT le prix , & nous ne 
» craindrions pas de trouver dans les nô» 
» très quelqu'un de vos fcdlrateurs* 
' » Voilà donc ks hrommcs merveilleux: V 
n à qui Feftime de leurs contemporains^ 
n été prodiguée pendant leur vie , & l'im- 
» mortalité réfervée après leur trépas ! 
» Voilà l'es fages inftruârions que nous 
» avons reçues d'eux , Se qxie nous tranf» 
'9y mertrons d'âge en âge à nos defcendans* 
» Le Paganifme, livre à* tous les égare- 
» mens de la raifon humaine , a-t'il- laiflS 
'*^à la pofférité rien^ qu'on puiffc compa- 
» rer aux monumens honrcux que luia pré- 
» parés rimprimcrie fous Je règne de l'E- 
» van^lc i Les Eej:its impies des Leacippcs 



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î A N V I E R. 1751. ii^ 
99 Se des Diagoras font péris avec eux. Ôa 
M n'avoit point encore invente l'Art d*é- 
» rernifer les extravagances de refprit hu- 
» main y mais grâces aux caradéres Typo** 
J9 graphiques , & à Tufage que nous en fai- 
» fôns , les dangereufes rêveries des Hob- 
» bes & des Spinofâ refteront à jamais* 
» Allez , écrits célèbres , dont l'ignorance 
»& la rufticité de nos Peies n'auroient 
/> point été capables l Accompagnez chez 
m nos dcfcendans , ces ouvrages plus dan- 
» gereux encore , d'où s'exhale la couup* 
* tion des mœurs de notre (iécle , & por* 
» tez enfemblc aut fiécles à venir untf 
Si Hiftoirc fidclle du progrès & de^avan- 
»tages de nos Sciences & de nos ArtsI 
« S'ik vous lifent , vous ne leur laifTerez 
f» aucune perplexité fur la queftion que 
9> nous agitons aujourd'hui > & à moin$ 
*» qu'ils ne foient plus infcnfés que nous, 
» ils lèveront leurs mains au Ciel , & di- 
» ront dans Tamcrtumc de leur cœur : 
» Dieu tout-puilTant , toi qui tiens dans 
» tes mains ks efprits , délivre-nous de$ 
4» lumières &c des funeftes Arts de nos 
» Pères , & rends nous l'ignorance , l'in- 
i^tiocence Se la pauvreté , les feuls bienâ 
» qui puiflcnt faire notre bonheur , & qui 
jifoient précieux devant toi 1 

On juge bien qu'un homme qiû voï| 



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Tf4 MERCUREWE FRANCE: 

tant de tùaax dans le progrès des Scictf^ 
ces , n'a garde d approuver cette fouler- 
d'Auteurs élémentaires , & ces Compila- 
teurs de Diâfionnaires , qui ont indifcrct- 
tement brifé la porte du Tempic des^Mu- 
fcs , & introduit dans leur Sanctuaire une 
J)opulace indigne d'en approcher , tandis- 
qu'il fcroit ifoahaicer que tous ceux que 
ne pouvoient avancer loin dans la car^ 
fiere dcs^ Lettres, cuflfent été rebutés dàs^ 
Ijentrée , & (c fafTcnt jettes dans des Arts* 
utiles à la Société, Il n'a point fallu dtf 
Maîtres' à ceux que la Nature deftinoit â 
faire des Difciplcs. C'eft par les premier* 
obftacles qu'ils ont appris à faire des ef- 
forts , & qu'ils fe font préparés à fftochir 
l'cfpace iramenfe qu'ils ont parcouru» S'i4 
û\xt permettre à quelques hommes de fc 
livrer à l'étude des Sciences & des Arts » 
ce n'eft qu'à ceux qui fe fentiront k force 
de marcher feuls fur leurs traces, de le« 
fuivre , & de les devancer v c'eft à ce petit 
nombre qu'il appartient d'élever des ma» 
numens à la g;loire de l'efprit humain. 

w Pour nous , hommes vulgaires , con* 
» clud modeftemetit M. R. à qui le Ciet 
^ n'a point départi de (ï grands taiens 9 
^ & qu'il ne deftine pas a tant de gloire > 
Ji^reftons dans notre obfcurité 9 ne courons 
w point après une réputation, qui nous 



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JANVIER, r/jr; irç 

«f échappcroit , & qui , dans Térar préfcnc 

• des chofes,ne nous rcndroit jamais ce 
n qu'elle nous aurok coûté , quand nou^ 
» aérions tous les titres- pour Tobtes^ 
*nir. A quoi bon chercher notre bon*' 
»>heur dans l'opinion d autrui , fi nous^ 
«pouvons te trouver- en nous-mcnies ^ 
» LaifTons à d'autres le foin d^inftruitc Icî 
» peuples de leurs devoirs , & bornons- 
» nous à lÂen remplir les n&tres -, nous^ 
V n'avons pas befoin d'en fçavoir davan*^ 
» rage. 

» O Vertu t Science fublîmc des ame^ 
»£mples l Faut il donc pour teconnoîcre, 
» tant de peines & d'appateil? Tes prin- 
» cipes^ ne font^ik pas gravés dans tous les 
» cœurs y & ne iuffir^il pas , pour ^prcn-^ 
a> dre rcs loix , de rentrer en loi- même , & 
» d'écouter la; voix de fa confcicncc dans^ 
» le filence àcs paâions ? Voili la vérita*- 
» ble Pbilofophie. Sçachons nous-cn con-^ 
» tenter , & fans envier la* gloire de ce* 
» hommes célèbres , qui s'immorralifent 
» dans la RépuUique àcs Lettres > tachons^ 
«rde mettre entre eu* & noa», cette dif-^ 
» rinâion glorieule , qu'on remarquoit 

* jadis entre deux grands peuples , que 
» l'un fçavoic bieii dire > Se Taurre bie» 
» faire. 

Ce Diicottrs ^i eH penfé , écrit & rai^ 



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lié MERGURE DE FRANCE; 

fonné de la plus grande manière ^ eft àd- 
compagné de notes auffi hardies que le 
texte : on toit aifément que l'Auteur s'eft 
nourri l'efptit ôc le ccsur des maximes de 
fon Pays. 



BEAUX-ARTS* 

LA confidcratîon que méritent les Ou- 
vrages 4c Raphaël a engagé M^ de 
Tournencm â ne rien négliger pour la coa» 
1 crvation du fameux Saint Michel , que le 
Roi portcde , & que Raphaël peignit ai>* 
trefois pour François !• Il y a quelques 
mois que M- le Direûcur Général desBâ- 
timens fit confulter T Académie de Peintu- 
re & de Sculpture au fujet de ce précieux 
Ouvrage , 8c lui fit porter le beau Tableau 
d'André Del Sarre , dont nous avons ren- 
du compre, pour avoir été enlevé de delfus 
le bois , &c^ remis fur toile. Le fuccès de 
l'opération fît dès lois confeiller de la ré- 
péter fur le Saint Michel. Cependant , 
pour ne rien faire à la légère , M. de Touf- 
nchem a mandé â l'Académie de nommer 
fix Profeflèurs & deux Ajnateurs , qui fc 
font rranfportés le 8 de ce mois à VerfaiU 
les avec M* Coypel , Premier Peintre du 
Roi , & après avoir examiné le' Tablcat: 



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f 



JANVIER, î7n. iiy' 

avec foin , & s'être convaincus du dangpp 
cmipcnt o\i il fc irouvoit, étant au moment 
de tppnber pr écailles , ii$ font convenue 
qu*il n*y avoit pas d'autre moyen pour le 
fauvcr , que de le remettrei fur toile ; ca 
confcaueAcc il doit être livré â M. Picot, 
qui a h bien réufli pour la Vierge d'André 
Del Sarte » qu'on a lieu d'efperer un par 
reil fuccès pour |e Sfàjàt Michel de Ra* 
j)haël. 

^Iqus aurons foin d'inftruire le Public 
de ^'événement \ il intéreffe trop les Ama- 
t€ur5 de la Peinture , popr ne pas leur en 
rendre compt/c. 

: Ce'st avec pla^Hf que nouç annonçons au 
Publip ^u^trc jolies Eftampes gravées par 
Bafan , (çayoir deux d'aprçs des Tableaux 
de François Mieris ( nous prononçons Mi- 
ris } Peintre Hollandois ,difciple de Gérard 
Daw i quelques pejrfonties prononcent 
mal-â-propôs Çirardou : on ne fçauroit 
trop louer le bp^ti fini de Miris. Dans fei 
Tableaux les étoffes ne font point de U 
Peinture , c'cft de la foie , c*e^du velours, 
Ce^ deux Eftampes font intitulées » Tune 
le Lpver ^ l'autre le Déjeuner Hollandois. 
files font dédiées à M. le Comte de 
Brulh , à qui les Tableaux appartiennent y 
la plupart 4e^ têtes fpnt des portraits. Une 
autre Çftaippc gravée d'apxfs Dayid Tf-s 



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ii« MERCURE DE FRANCE. 

^iers , intitulée les Apprêts Militaires. 

Une autre gravée aaprès Scalf , intit«- 
|ée le Befiedicite Hollandoïs, M. Bafan de* 
ineure Place-Maub^rc ^ proche la jruc de 
,1a Bucherie^ 

Il parent depuis quelques Jours une Ca^ 
ricéitare, gravée fans nom d'Auteur , inii- 
.«ulée les Nouvellifits 4 l'idée en cft plaifan- 
itc. Elle rcpréfcnte ce qu'on appelle depuis 
^quelques tems Pjirbre deCracovie. Pla- 
ceurs Nouvelliftes font aâSs fur un banc » 
•un deux qui eft au milieu lit la Gazette ^ 
les autres écoutent dans des attitudes dif- 
férentes. Les diverfes façons dont les 
nouvelles le^ affedent , font exprimées 
fur leurs vifagcs , d'une manière tout-1* 
fait comique : On lit ces vers au bas de 
l'ÈAampe. 

Ici le profane valgake 

Vient Gcnfurcr le Potentat; 

Tel y veut rédiger l'Eût , 

Qai néglige fa propre affaire. ^ • 

WeJJdrd Graveur , rae de la Harpe , vîç- 
;âvis la rae Serpente , a mis en vente qua- 
tre Eftampes , deux grandes & deux pe- 
tites » inventées i8c gravée^ à Rome pac 
Tetim. 

La première repréfentc une Elévation 
en perfpe^iye d une colonûe funéraire » 



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- JANVIER, t7su 11^ 

idcftinéc pour la fépulture d'une Reine. 

La deuxième , le projet d un Poac 
Triomphal. 

La croifiémc , la bafc d'une Pyramide , 
deftinée auflî pour' un Tombeau. 

La quatrién^e , une Statue de Diane ^ 
élevée fur une baze confidérable. Cette 
baze eft pofée fur une grande arcade. Le 
fonds de l'Eftampe reprcfente une cfpécç 
de Portique , qui paroîc appartenir i ua 
Temple de cetcc Dçcflc. 

Ces quatre morceaux font d'une inven- 
tion noble , grande & riche 'y Texécutioa 
en eft fpirirucUc , fine , légère & très-clé» 
gante. Ils font gravés à l'Eau- forte , & au 
premier coup, ils fuffifent pour donner 
ponne opinion du génie ^ du goûc de 
leur Auteur. M, Petitot fe deftine à TAr- 
chite£hire , & la manière dont illa^rave, * 
noi^s montre que quand les Architeâes 
voudront fe donner la peine de graveir 
eux-mêmes leurs penfées , ils feront tou^- 
jours les meilleurs Graveurs en ce genre. 

Ov trouve auflî chez Fcflard, une fui- 
te de jo Eftampcs, intitulée Catavanne 
du Sultan à h Mecque » Mafcarade Tur- 
que donnée à Rome par Mrs. les Penfion^ 
nairesde l'Académie de France Se leurg 
amis, au Carnaval de Tannée 1 74^, dédiée 
i M. dcTrpy 1 .gravée par , Jofcph Vipn , 



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110 MERCURE DE FRANCE. 

Peintre , PenGonnairc de ladite Académie 
La Caravanru du Sultan à la Mecque , 
paf fon dcffcin & fon jinvention , porte 
avec foi le caraftére que toute chofe de ce 
genre doit avoir , ce à quoi les Peintres 
doivent donner une grande attention. 
Chaque tcte rend le caraAcre diftinâif de 
chaque pcrfonnagc. Le Sultan n'y porte 
point t*àir du Soldat , le Soldat celui do 
Sulran.Les habillemens yfont parfaitemene 
rendus ; quoique l'on dife ordinaitemenc 
cela eft fait en Peintre y on ofe avaacc'r qu'il 
y a plus que du peintre dans cet ouvraM» 
la Gravure par la touche rend bien Tes 
étoffes, & les fonds font d'ane lcgcrcté,pctt 
commune ^ans ces fortes d'Eftampes. Cha- 
que figure par fon habillement , par les 
^ effets de lumière & de demie teinte , ex- 
prime parfaitement ce que TAuteur nous 
annonce par fon frontifpice : pour touc 
dire enfin , la touche légère & la variété 
de fa pointe , nous fait connoître que les 
bons Graveurs ont bien connu les bellej^ 
EjtHX'firtes ,^ que les grands Peintres pof 
fi bien traitées. 

Le Public éclairé jugera , conmie nous » 

des Eftampes qœ nous lui annonçons. 

Elles font gravécsà l'Eau-fortc , & au prc? 

miercoup. 

Lb Sieur Odifu^n avertit le PuMia^ 

^tt'il 



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JANVIER. . t7ji. tii 

qu'il n'a point quitté fon commerce d*Ef- 
lanipes & de Tableaux , comme on la ré- 
pandu. On trouvera chez lui un fort joli 
ipagazin de Tableaux , d'Eftampes mon- 
tées , 6c en feuilles , Se beaucoup de 
Pcflcings de grands Maîtres. Il continue 
0vec fucçès la fuite des portraits de^ pcr- 
fonnes illuftres dans tous les genres. Il 
vient de mettre au jour Tanegui du Cha- 
TTEX , Louis DE Sforce , Duc de Milan , 
Jean • Jacques Trjvulcb j 8c publiera 
bientôt plufiears autres Eftampes , que 
Us meilleurs Graveurs gravent aduellc* 
ment. On trouve chez le même Mar- 
chand p 5 portraits pour l'Hiftoire de Louis 
XIV , 70 pour les Mémoires de Sully, & 
3 Eftampes hiftoriques j 58 pour les Mé- 
moires de Comincs , & 3 Eftampes hifto- 
tiqvics 5 71 pour Tabiégé chronologique 
de rHiftoice de France , de M. le Préndent 
Henault , & j Eftampes hiftoriques i 50 

four THiftoire d'Allemagne , 47 pour 
Hiftoire d'Angleterre. 
LcSr. Odieuvre demeure rue des Portes , 
Cul-dc-Sac des Vignes, proche TEftrapa- 
dc, vis-à vis la rue du Pot de fer , à Paris. 
Description Sommaire des Statues , Fi- 
gures , Buftesi Vafcs , & autres morceaux 
de Sculpture , tant en marbre , qu'en 
bronze ^ & des modèles enterre ciuic, 

F 



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iii MEfttURE DE FRANCE. 

Porcelaines & FâyànCés d'tTrbiti > prove* 
nantdu Càbirtet dfe feu M. Crozat , dont 
la vente a commencé le 14 Décenibrc tti 
THôtel où cft décédé M- le Marquis Du- 
chacèl, rue de Rfchelicu , àPatii, chea; 
Ût làîoûî:, rue Saint Jacques 17 ÇO. 

Les Sculpture^ de M. Crozat doivent 
être , & font ert effet un objet de très gran- 
de curiofitc pour tous les ConnôiflTeurs ta 
ce genre, 11 n*eft guéres poflîblc de voir 
Une plus belle colledion , Se perfonne ne 
fera furpris que nous ajoutions qa*ûn au* 
rôit difficilement trouvé quelqu'un en Eu- 
ropè,qui en eut donné une defcriptioti plufe 
iure , ou plus agréable que M. Marietrc. 
On nous apprend que les Tableaux de M. 
Crozat , qui ont paffé dans les n\ains de 
M. de liciers, feront bientôt mis en ordre 9 
alors fà maifon fera ouverte â tous ceuSt 
iqui voudront étudier les grands modèles » 
^out former leui: goût > où pour perfcc^ 
tiômier leurs tdens. 



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JANVIER. 175 t. ia| 
PROJET DE SOUSCRIPTION 

FûUr la CfuipelU dis Enfam-^rouvis , exiau 
tée y ipumt k VHt^oire , féir M. Natoirc > 

. Peintre Ordindire du R$i , (^ pur Mrs. 
Brunctii, père & fils , ^nam à Vjlrchitec^ 
tsêre , dent 0n trêuve mte defcripsion désn 
le Mercière du mois de JsùUet 1750. 

QUcl accueil ne doit«on pas faire i un 
Arr , qui prévient le ravage du tems^ 
& qui conferve à la poftérité les belles 
idées d'un grand honunc /* Cet Art e/l la 
Gravure ; en poflcflîon de multiplier les 
morceaux les plus exquis, elle les cternife 
encore. Tous les gens de goût {bntfenfi- 
blés au fer vice important , qu elle nous 
Xend aujourd'hui. L'enrreprifc hardie d un 
de nps laborieux Artiftcs ♦ , réunit tous 
les avantages de ce bel Art^ en faifànt con- 
^okre la Éudcnfc Galerie de^ Verfaillcs » 
long-tems apurés la révolution des années , 
.Mii diétruira fans doute la couleur , le def> 
j(cing,& la compofition de M. le Brun.Pcr- 
ibnne n'ignore que les plus bcauxTablcaux, 
qnelque foin qu'on en prenne ,ne peuvent 
être d'une durée comparable à celle des 
Planches qui les répètent , & peuvent les 
conferver de$ ûécles entiers lurement ^ 

Fii 



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it4 MERCUREDEFRANCE. 

fap« peine , de mille façons différente^. 

Ces confidérations ont engagé le fieur 
Fcflard , Graveur en taille-douce , à pré^ 
fenter au Public c(e$ foufcriprions pour la 
Chapelle des Enfans-trouvcs de Paris, 
exécutée , quant à THiftoire , par M, Na- 
toire , qui préfidera à la conduite des Plan- 
ches/, & quant à T Architedure ^ par Mr% 
Brunecti , père & fijs. 

L'éloge unanime , le concours des Ci|- 
ricux , que cet Ouvrage attire tous ks 
Jours , aflare celui des foufcripteurs. 

Cette Chapelle repréfentc rAdoration. 
des Rois. La pcnfée & Texéçurion fem- 
fclent faites pour fatisfaire tous les goûts. 
Ce n*eft pas feulement un Tableau qt^i 
puiffc exciter la dévotion , c'eft un paflagc 
de l'Hiftoire Sacrée , développé dans tous 
fcs détails,embelli de toutes Ces circonftân- 
ces , Se traité avec toute l*élévation & la 
noblcffe , dont il é.toit fufccptiblç. C'efl: 
donc aux vrais Curieux que cette iSouC- 
cription eft principalement adrefTée , car 
le morceau qu'on s'engage à graver , flat- 
tera les connoiffances , lamour & le goût 
des Acquéreurs. La grandeur de rcûfctïi- 
blc , les beautés de détail , la belle exécu- 
tion , enfin le bel accord , tout répond à 
la réputation de l'Auteur. On auroit porte 
pl4S loin ce détail, s'il n y çn avoir ui| 



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JANVIER. X75t;. i»j 

3ans le Mercure de Juillet 1750. 

Il faudroic un Burin qui répondîc au 
Pinceau , que Ton veut exprimer ; mais 
. £ je dois me défier de mes talens , j'ai conC 
à e(perer du Public équitable , qui ne troa^ 
▼cra dans mon Projet, que le dcfir de m ac- 
quitter en quelque forte avec la Société , 
pour reconnoître fes bontés , & lui te* 
moigner par quelque grande entreprife Ifi 
iéût que j'ai d'être utile à ma patrie. 

CONDITIONS. 

L'Ouvrage compofé de treize Tableaux ^ 
la Gloire étant partagée en deux , avec les 
deux Chapelles de Sainte Genncviéve SC 
de Saint Vincent de Paule , formera quin- 
ze Planches d'environ dix neuf pouces de 
haut , fur onze de large , imprimées fur le 
plus beau papier de Nom de Jefus. 

Pour ne rien laiffer à défirer , on en 
donnera une fciziéme qui les comprendra 
toutes , afin de faire voir d'un coup d*œil 
l'effet de ces Tableaux en place , leur union 
& le mérite de l'Ouvrage en entier. 

La première année , à compter du pre* 
mier Avril 17513(1751, on donnera les 
trois Tab^panx principaux du Maître- 
AateL 

La féconde imnée , la Gloire en deux 

F iij 



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ti(S MERCURE DE FRANCE. 

Planches , & les dcQx Tableaux des ckuif 
côtés de rAutel. 

La troiOéme année, le côté de Sainco 
Geneviève des Ajrdens , 5c un côcéi dcsi 
Sœurs. - 

La quatrième année , l'autre côté Se VsLVt^ 
tre Tableau des Sœurs. 
. La cinquième année y la Pl:\|ich€ gé^ 
fiérale. 

il n'y aura que ^oo Soufcriptions , l<x 
prix de chacune fera de 60 liv. eh cinq 
payemens de 1 1 liv. chacun , dont le pre- 
mier commencera au icr. Janvier 1751» 
jufques & compris le dernier Juin 17 J î > 
terme au de4à duquel on ne fera plus ad« 
mis à foufcrire i les quatre autres payement* 
fc feront en recevant chacune des quatre 
premières Uvraifons ci deffus indiquées i- 
ôc dans le dedcin de faire trouver aux 
Soufcripteurs un avantage réel ^ans les 
avances qu'ils font aa Graveur , on leur 
prouvera qu'il i>€ fe réferve au dcffus de^ 
500 Soufcriptions > que i(5o Exemplaires 
poUr (on bénéfice. 

Le nombre des Soufcripteurs une foi^ 
complété , les Exemplaires (cront payés 
So liv. fans aucune efpérance de dimino-* 
tion , d'autant plus que les Planches ferons 
caflecs, dès que le nombre des 500 Souf^ 
criprïons ^^ d<e3 %6o Ëxen^laires-du Gra^ 
veur fera tiré. 



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• 1^ manière dont on ve^f traicf f ^veç Lç 
Ihibliç , mémera fans deutf fa conâance» 
La voici, 

' 1 ^» On dtonnera une tift«>qoi contiendra 
les noms de tous les Soufcripteors*» iU chpiv 
iiront an d*eiitt'euK) pourftgntr Us Eafi^r 
plaires , & ii -verra bilFèr4t$ Planches. 

x"** Les deniers âçs Soafcripceurs ne fe- 
ront point remis au Graveur , mais ils fc"- 
jTont d^poiîéschcs M.Trotat» Notaire, 
ru£ de Condé « chez lequel 00 prçndtl^ 
la Soufcripcion au premier Janvier 1751* 
i^.tfi Notaire ne dâivrera d!argcnt au 
Gcaveur, que de la vobnté de M. Klatoir^» 
^ à proportiou du progrès des Planches* 
4** Par ce moyen , H n'y a^ra jamais de 
-j^ayé que l'ouvrage qui (èr^ failt , & Par- 
sgcntqui Te trouver^ en caîfflfe « appartien* 
dra aux SoufcriiKeurs , qui auront ton- 
fcurs droit ùxt la fomme dépofi^e , au cas 
mie Pouvra^e paur lequel on (oufcrit ne 
nt pas travaillé fans relâche , ic fe trouvât 
interrompu pat la mort du Graveur , ou 
P^r quelqu'autre évioement. 

l^s Sottfcripteors » eufieux de voir le 
progrès de iXHivrage , pourront (è don- 
ner la peine de pa&t c^bez le Sieur Feflard » 
demeurant â Paris rue de la Harpe , vifi â- 
vis la rue Serpente , i commencer au pre- 
mier Avril 175 !• Il iè. fera un vrai piaifir 

F iiij 



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ii8 MERCURE DE FRANG& 

de leur communiqaer Ici Dcfleings , & le 
commencement de k Gravure (ur leé 5. ôc 
6 heures de Taprcs-midi. 

NoHS invitons nos LeSeurs à faufcrire pt>Mr 
des Eflantpes (fui doivent nous rendra jà* ^jm a 
ce que nous croions nom rendront bien un des 
fins grands CT dés plus beanx morciaux de 
Peinture qui ajent été faits depuis long-tems. 
M. Fe0ard a du talent » de 1 émulation , Se 
il a beaucoup refléchi fur Ton art ; que de 
motifs pour lui attirer de k confiance l 

François Cheredu , tue Saint Jacc^pes y 
ftux deux Piliers d or , a mis en vente une 
garniture de fept Ecrans nouveaux, j 
compris le grand. 

' Les fujets , tires des Fables de la Fot>- 
-taine , font , pour le grand Ecran : rhommt 
entre deux âges &/es deux maitrejfes. 

Pour les fix petits : la Folie & l^yimouri la 
Laitière & le Pot au laity le Chartier embour* 
hé\ fHuttre & les Plaideurs \ le petit Poiffon 
& le Pêcheur \ le Pot de terre & le Pot de fey^. 

Au revers de chacun de ces Ecrans , qui 
font graves d'après les deflfeings de Nî, 
C. Eifen , cft la Fable, réduite en Couplets 
fur les Airs les plus connus, par M. ^<«¥. 

Il les diftribucra montés ou en feuilles. 

On trouve chez le même un très béaa 
.Plan de Londres ^ eix une feuille ^ fuc le 



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JANVIER. 17^1. Il, 

papier grand Aigle. Le prix eft de 6 livres* 
11 a audi un bel afTortimeDC d'Eftampes 
Angloifes en manière noire > propres k 
peindre fur verre. 

Il paroîr deax Cantacillcs , dont M. 

arcel a fait les paroles & la Mufique , 
excepté les accompaenemens. La première 
cft inrirulée TEloge de TAmour, h féconde 
le Bocage. C cft M. Blavet qui a fait les ac« 
compagncmcns de la première, & M. Nau- 
dé ceux de la féconde. M, Marcel donne 
encore un petit recueil de Bruncttes» d'airs 
férieux & i boire. Le notp de M. Marcel 
eft bien propre à prévenir en faveur des 
Ouvrages qu'il publie. 

C HA N S N. 
rAMOUR VERITABLE, 

XN E point s'engager fur le cbamp ^ 
'Aimer quelqu'un qui puifTe être eftimables 
Chercher dans nn tendre penchant 
Un ot>>et moins beau qufr touchant | 
Pour le pharmer fe rendre aimable » 
Le lui prouvet fans trop d'empreflement ; 
Et voilâ comme , & voilà juil.*menc 
Comme il f^ut que l'on (oit en afmant. 



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tjo MERCURE DE FRANCE; 

De tout caprice hors de fairon , 
Des Tains foiipçons Se de route humennioire 
£?iter le fatal poifon 
Pour le cœur 8c pour la raîlbû $ 
M'ètre jaloui que de la gloire 
D'aimer le mieui 6c le plus ardemmeitf; 
£t voila comme', Zc voili jufteœetic 
Comme il &ut ^uc Ton foit ea aimaor; . 

Vouloir ^e Air toas oos pl«ifir« 
Ce fok la (àgefle <|iii noas^icUire; 
Deviner /ufqiies 4ws èéârs 
Da tendre objet de tiot (oopîn | 
Boraer fon triomphe i lai plante , 
£t (on bonheur à Taimer con^nnnent • 
£t toîli comme , 8c i^ll }uAeaienr 
Comme il faut cpc l'«ttfoic en «imaRÇ 

Etre vif 8c refpeâueuz 
Huprès de h Beauté <pn nous engage i 

£tre fage 8c vohiprneat ; 

Plaire fansitre faftuçux ; 

Paire parler dans fon langage 
beaucoup moms l'efprit que le fetftimeiyi|[ . 
Et voitl comme , 8c voili )uftcmem 
C omme il faut que l'on foit en aimant* 



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JANVIER. 1751. i|i 

Cojnoip le délicat bdyear 
Sjait ménager une liqaenr charmante » 
Pottf nneos geétar eka^e (aveur 
EpwonUer fi>»^etir : ^ 
Sor Us foibleffes à^uat amante 
fermer les yeux , même en la foamettant $ 
Et yQ'ii comme,. de voilà juilemept 
Comme il favcijoe Yon fotteo tAmsmu 

Varier (ci amiitemeof , 
jEt des neuf Sœars fçtvoîr fiiif re les traces 1 

parquer , orner tous fes momens , 

Par qatflques nôiveaux agcémeas; 

Faire des talens fie des grâces , 
£t des Amours Phenrèux affo'rtiment $ 

Et f oili comme , fç voflà ^oftemcnt 

• • • 

Ptfetitr, 



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t}t MERCURE DE FRANCE; 

, SP ECTA CLES. 

L Académie Roy ait de Mufiquc donnai 
le Dimanche ip Novembre i la pre- 
mière rcprcfcncation de TOpcra de Thécia 
& Pelée. 

Cet Ouvrage fut reptéfcnté pour la pre- 
mière fdis eiiFannée iéS^, &ilcftà£i 
cinquième reprifc. On en a obmis une 
dans l'édition nouvelle qui a été faite 
du Poème. C*eft une erreur que nous ne 
relevons point par un efpric de critiques 
mais on ne fçauroit mettre trop d'éxaûiia- 
de dans les Anecdotes qui intcreflent Icô 
Grands Hommes , & lé Poëme de Thétis 
cil l'ouvrage de rilluftre M. de Fontenelle. 

Cet Auteur , fi cher à fa Nation » &.fi 
eftimé des Etrangers > qui jouit de la gloi- 
re d'appartenir au ficelé de Louis le Grand, 
& d'être du nôtre : Cet. homme wpc^ , 
dont les talens , les Ouvrages , la fancé 8c 
les grâces de i'efprit , dans le plus grand 
âge , font une efpéce de prodige , goûte le 
plaifir nouveau de, voir encore applaudir 
un Ouvrage , <}ui eft en po0c(fion de plai-t 
re depuis plus de foixante ans* 

Les hommes uniques ne font pas faits 
pour cueillir des fleurs communes ;lcs plus 



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ÏANVIER. ti^tl Ml 

-iprécieufc^ndlefont pas troj^'Iorfqu^il s'as* 

Î^t des couromies , aonc la Renommée 9c 
c Public fc plaifcnc à parer leurs tètes. 
Eh t Que pourrions- nous dire de TOpc- 
ra de Thétis qui dût flatter M. de Fonte-* 
lîcUc , ou qui lui rendît ee que les ^rart- 
^ois penfent de Tes gcands talens > de fa per«-^ 
lonne, de la douceur de (es mœurs > 4c 
- TBonneur qu'il fait à fa patrie ? 

Il eft des hommes qui font parvenus aU 
point de rie pouvoir plus êtrç bien loués p 
on les admire > & on les nomme. 



VERS 

J>e JH. df Fontcnelleyfurfa vicilUfe^ 



I 



L falloir n'être Tient qu'à Sparte ;, 
Difent les anciens Ecrits. 
Oh Dieux ! combien )e m*cn écarte ;. 
Moi qui fuis fi vieux dans Paris. 
OSparte^ Sparte y hélas r qu'êtes- tous devenael 
' Tous fçavîez tout le prix d'une tête chenue» 
' Plas dans la canicule on étQÎt bien fourré « 
Flu$ l'oreille étoit dure & l'ail mal éclairé^ 
Plus on déraifonnoit dans fa trifte famillç ; 
Pins on ^pibguoit &r la moindre vétille ; 
' Plbs on. crachoir de flegme i grand'peine atttré^^ 
P^s on «voi{ de goi^te 9Vk d'autK béaiiUt p 



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f J4 MERCURE DE FRANCE; 

plus <»i avoit perdu de dents de leur bon gti î 
Mus on marckoit courbé fur fa grofle béquille | 
Plus on éc«âc enfin digne d'être enterré , 
£c plus dans nos remparts on étoir bonoré. 
Q Sparte > Sparte , hélas * qu'été*- vous defeaue fi 
y^us (faviez toui le prix d'une cête iiheniie. 

L'Académie Royale de Mufiquc a repris 
les Fctcs Vénitiennes , charmant Ballçc 
qu'elle donne le Mardi & le Jeudi, 

LETTRE 

Sur CémCé 

VOus exigez , Mad^tne , qac je vous 
difc mon fcntimcnt fur Céme , & que 
je Vous entretienne du fond , ^ts car^fté- 
tcs y des (ituations , & du ftyle de cette 
Pièce, fi conftanmient applaudie durant 
vingt-cinq repréfencations. J'obéis avec le 
pla$r qu'on a à s'occuper de diofes très- 
dgréables , 6c je commence par le fujet. 

Il m'a paru que Dorimoad avoit épotfie 
dans un âge driproporcioané uœ femme 
aimable , ma^ dangéceufe , iiommée Mé- 
liflTç. Que Méli{& , pour ne pas lifqiier de 
retomber *ésLm riadtgonce donj^elk ay«idt 
été tirée , xéfûlut dans le défe^^kipù cUe 
était de n'avoir point d'cafant , de s'en 
donner uo ipar uoeilipfijicheûe j ^\À ùii le 



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JANVIER. 17 st. tff 

iKieiKlde la Picce. Elle feignit d'être en"* 
ceinte , & profita d'un voyage de Doci<« 
mond , pour faire paflcr pour u fille Céniei 
fiUé d^Orphife. Dorimond n'eût aacun foup-r 
îçon d'une fuppofiiion G criminelle. Orphî- 

• fc crut fa fille morte , & Ccnie fat elévév 
comme fille de Dorimond. 

La fiaîte précipitée de Dorfainville ^ 
qu'une afFaicc d'honneur obligea de fe re- 
tirer dans les Pays étrangers , péduifit Or- 
phi(è,fon époufe^dans une fi grande mi (ère* 
que Melifle crutdevoir la placer en qualité 
•deGodvcrnântcauptcs deia propre fille ^ 
qui ne cefla point de lui deipeurer inconnue* 
Quinze ou feize ans au mokis s'étoienc 
écoulés , fans qu'un fecret de cette impor- 
tance eût été même foupçonné , lotlque 
gélifie fut attaquée en Province d^unc 
jnaladie mottelle. Ses remords la force- 
tcnt i avouer fon crime. Elle en témoi- 
gna fon repentir dans deux lettres qui dé- 
voient être remifcs , l'une à Dorimond ) 
l^tiutre à Cénie., 4c qui fuEftit toutes 
deux confiées à Méricourt. 

MéricooTt , neveci de Dorimond , a un 
frcre nommé Clcrvat , amoureux auffi- 
fcicn que lui de Ccnie ; mais ils font re- 
gardés bien différemment : Cilerv^ a fçtt 
plaire , & Méricourt cft détcfté. 

Le mauvias fuccès de fes feux nç Vtm* 



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ïjdr MERCURE I>EFRANC& 

feehc point de tout tenter pour en époufcc 
Tobjct , & de mettre à profit dans cette 
vue le fccrct important que Melifïè lui 
avoit confie y mais la noble réfiffancc d« 

^ Génie donne aux drconftances le rems (de 
i*arrangcr , de manière qu'étant reconnue 
pour fille d'Orphife & de Dorfainvillç 
4jui a obtenu fa grâce , elle devient par (a 
naidànce un objet digne de Talliance de 
Clerval , comme elle l'étoit déjà par Ces 
^ppas & par fes vertus* 

Tel eft le fond que Madame de Graf^ 
figni a choifi pour l'embellir de toutes les 
.grâces du ftyle & du fentimcnt. Voici le 
caradére tout-à-fait bien deflîné & biea 
foutenu Qu'elle donne à fes perfonnagcs. 
Quoique Meliffe ne foit plus quand 

. la Pièce commence , elle y joue à propre- 
ment parler le grand rôle , puiiqu elle eu: 
caufe des principaux évenemens. Cette 
femme eft peinte en deux mots dans la prc- 
micre fcéne : » Elleétoit d'un caradkére dé- 
J» teftablc, & féduifait par de fauffes vct- 
p tus. 

Dotimond eft un vieillard bon par ex* 
cclfcncc , d'une probité fcrupulcufe > en- 
clave de l'honneur , ennemi des foupçons » 
& que la crainte d'être injufte rend facile 
à tromper. Sa femme s'en étoit emparée ^ 
ic le gouvernoit abfolument* 



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JANVIER. f7ji. ttf 

Méricoucc cft un homme méchant , faA 
& vain. 

Clerval joint a l'amoar leplas tendre « 
le plus vif & le plus délicat , une can- 
deur charmante ,- une générofitc pleine 
d'égards & d'attentions. On ne peut pa$ 
remplir avec plus de noblefTe & de viva- 
cité qu'il tè fait , le» devoirs du fang , de 
Famour & de lamitié. 

Les fentîroens de Clerval , & fes etft- 
preflèmens font bien juftifiés par les grâces 
& les qualités de Cénie. Elle joint aux 
agrémens de l'âge Se aux charmes de la fi- 
gure une jufteffe d'efprit , & une fermeté 
d'-ame qui excitent lafurprifis & l'admira* 
tion. 

Orphife eft une femme fupérieute que 
les revers n'abbattent ni n'aigriffent. Ses 
malheurs ne l'affeâent qu'autant que cela 
cft néceflaire pour n'être pas foupçonnéc 
d'infênfîbilité. On a prérendu que (es prin- 
cipes étoient trop fcveres , & cenc opi*- 
nion a eu beaucoup de partifans > & des 
'parti(àns éclairés. 

Dorfainville n'a pas , & il n'étoit pa* 
néceflaire qu'il eût un caraâére décidé* 
C*e(l un honnête homme malheureux fani 
favoir mérité.' 

Liferte fait le perfonnage ordinaire de» 
Suivantes , curicufede ce qu'on veut loi 



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tjS MERCURE DE FRANCE. 

cacher , indifercttc fut ce qu clic fçair, ja* 
loufc du crédit que Ton ufurpc fur l'cfprii; 
de Ton Maître. Elle n'a d'ailleurs à Tin^ 
trigue qu'une afTez foible part , Se conrrqf 
l'ordinaire 9 lellene fert.guércs qua Tex-j 
|>oficion< 

Tous ces caraâéres pris dans k nature « 
fc liés les uns aux autres par les chaîner 
dune aâion vraiment théâtrale » font 
amenés d'une manière infenfible à des (i- 
fuations frappantes^ Il en eft quelques^ 
unes Oui font un teletfet fur le fped:ateur ^ 
qu'il le pafliontie , s'irrite » s'attendrit » Sç 
fcmble prendre la place du p^rfonnagc. 

De ce nombre cft celle du î«. Afte , où 
Méricourt préfente à Cénie la lettre fatalp 

aui lui dévoile Us cttmes de Mcliffe > lea 
eux fiiivantes dain$ lefqéeUfti Cfcrval 9 
Dorfainville Sc Cénie (brrQCn<«iii tablea^ 
ti0uf Sc kuâreCant, Le^ momttït oà coiu 
change au quatrième AéU » lorfqae Dorir 
mond fe déicr;mnç à adopter Céoie , S/: 
que Méricourt hii porte un nouveau coup 
plus cruel que tous les attires , «n dévclop* 
fant fa tiàiflanee. 

. Tout le monde a £enti encore <éh q\3C 
le fujet a fourni an commencececot du 
cinquième Aâc. Clerval y moiitrc Ter- 
idenr » les tranfports » Timpattence & Tin-* 
i^oiémde d'un jeune lioaiœe ^ ^nv^acwx (k 



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JANVIER. 1751. ï}9 

k plus digne & de la plus tnalbeareafe des 
maîcréflcs^ 

- Je ne parle pas de la double reeonnoif* 
fancc qui termine k Rccc 5 qaoiqae cette 
ficoation foit moins nouvelle que toute» 
les autres , elle ne laiflè pas d*émouvoir ^ 
&de produire dans le conir du fpeâareur 
ce changement d'état, qui fait le grand 
plai(îr des repréfentatîons intéreffantcs, 
' Le ftyicdc cette Pièce eft certainement 
ime des chofes qui ont dû le plus contri- 
buer à fon fuccès. Elle me paroît en gé- 
néral écrite purement fans affe£brion , na« 
furellement fans négligence , noblement 
fens oftentatton. Ceft alternativement le 
tangage de la raifon , de Tefprit , du fen- 
timcnt , & toujonrs celui du goût. Je vais 
avoir Thonneur de-vousrapcllcr quelques^ 
unes des beautés de corail , qpi ont pafTj 
pour être le plus agréabkment ou le plui 
finement tournées. 

Dor(kinville dit, m que Tinfortune a 
» des détails , qui né font connus que de» 
» mathetireux l Onfoutient avec fermeté 
» un rc_ver$ éclatant y le courage $*affai(e 
9 (bus le mépris de ceux-m^mes(^'on mé- 
m prifè. 

Rien n'cft-plus vrai que ce que Dorfénn-^ 
ville dit des Convents , 1» qu'ils (ont plu» 
» lazilcdc k déceirce > ^pç cekd du mat* 



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«40 MERCURE DEFRANCE: 

Que d'ame , & (ï j^ofc le dire que d oixv^ 
tlon , dans ce que Dorfainville dit à fott^ 
ami Clerval l » Qu'il cft doux de vous de- 
j» voir ! Ah cher ami l La reconnoiflanfce 
i» que vous infpirez n*eft poidt à chare/e y 
m elle n'accable point un cœur délicat fouis 
» le poids des bienfaits : elle écarte ce que 
M la crainte a d'importun & de rebutant» 
» Vous ne ferez jamais d'ingrat. 

Peut-ét#e Cénie penfe & parle-t-elle plu< 
finement, plus fpirituellement , plusrai- 
fonablcracment que fa jeûncffc ne le comM 
porte , en difant de Aiericonrt , qu'eHe 
craindroit tpème qu'il ne prît du gouc 
pour la vérité , n parce que lui ôcant U 
» fauiTeté , il ne lui refteroit pas même 
p» l'apparence des vertus. 
. Par la même caiibn , je trouVe un peu 
déplacé dans fa bouche un portrait du ma- 
riage , d'ailleurs admirable, & confor- 
me à la faconde penfer de tous les honnê- 
tes gens. 

Orphife dit , que d c*cft quelquefois unt 
^ bonheur de n'avoir pour fon epouX 
P qu'une tcndrcflc mefurée. 

Cinie répond , » je me fuis fût une 
t» idée différente du mariage. Un mari qui 
n n*eft point aimé ne me paroît qu'unt 
!w maître redoutable. Les vercus , les de- 
fv VQir3>U Gomplaifancej tien n'eft de notrqr 



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y AN VI EU. i7Jt. 14* 

it choix *, touc devient cyranniqae » oa 
i> fléchit fous le joue , on n'a que le mé- 
j» rite d'un ciclave obéiflant. Mais fi Toti 
M trouve dans un époux l'objet de tous Tes 
tt yocux , je ci^pis ûue le defir de lui plaire 
» rend les vertus raciLes » pn les pratique . 
« par fentimént , Teftime générale en eft le 
» fruit i on acquiert fans violence la feule 
j» gloire qu'il nous foit permis d'ambi^ 
» rionner^ i 

Ce que l'Auteur mec dans la bouche 
JtOrfhife , eft d'une vérité moins agréable , 
mais par malheur trop commune. » Helas t 
»• Votre erreur eft bien naturelle. L'expé- 
iî^ ricncc peut feule nous découvrir les pci- - 
»> nés inséparables d'un attachement trop 
p tendre. Mais cette félicité , dont l'ima- 
. w ge vous féduit , dépend trop de la vie ic 
♦> des fentimcns , du bonheur même de 
9i l'objet aimé , pour qu'elle foit durable. 
, w La tcndrcffc double notre fenfibilité na- 
» tutelle , elle multiplie des peines de dé- 
M tail y dont la répétition nous accable» 
9» Les véritables malheurs font ceux du 
M cœur. 

Orfhifi fait véritablement le perfonna- 
gc de Gouvernante, quand elle dit à C/- 
nic^ qui lui a fait confidence de fon amout 

Îioor Ctervaly ou-clle condamne trèsforc 
e dclfem où elle croit de lui déclarer. fâ( 



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t4t MERCURE DE FRANCE. 

fcntimcns, parce qu'il «* cft permis root 
. 3» au plus à uf)e fille biea née d*avouer (k 
» répugnance , & jsaaazis fon penchant» 

Jaime dans la boache.de C/#rtM/lepor^ 
traie du véritable amotr» par lequel il 
)uftifie (i bien 5 Se fi noblemenc (à façon de 
penfer. «» Je me mépriferois nœi-même , 
» fij'avoisles Tentimens dontvoos m^ac- 
^ akcz. Non , Madame ^ j'eurtoujours ea 
»> horreur la lâcheté qui nous aua>cife^ 
'«» mancpier de bonne foi avec les femmes. 
» Si l'on ne croit pas aux amours étemeli^» 
M on doit fentir ce que peut une oendce e£- 
• «» time fur un cœur vermeux»> Les char- 
•Dmes naiiTans de Cerne me firent cofi- 
»9 noître Tamour ; le développement de 
» fon caraâére me fixa pour jamais. C'eft 
"n ùm coeur , c'cû fon ame que j'adore : 
H Ce n eft qu'à la bpauté^jue Ton devient 
« infidèle. 

La téponfè etOtfhife eft fage » noble- » 
conforme à fon caraâére âc à (ts fi^nc- 
tions. » Il faut cependant rcooncrt àC^« 
» nie. jPIus vous l'aimez , plus vou&devez 
w ménager fa gloire. Qui nous détourne de 
» nos devoirs^nous manque plus efienciel- 
9> lement que qui nous eft inlidéle* 

Derimond fc peint merveilleufemeac 

dans CCS mots. » C'eft gagner beaucoup 

m ^ue de détruire un foupçon > & dans ce 



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J A N V I Ê R» i7Tf. I4>. 

Îjtt^ililK iCkrvâl fur Ton refus d'époufcf 
ïlâTÎce. » Encore an refus î Je conunen« 
I» ce à être Us d* en efluyer. Je ne m'écon« 
» ne pas aue ie ftionde foie rempli de mé- 
t» chAns^ Le penchant au mal eft toujours 
^ (]àt de réunie : on peut faire des malheu» 
j» reus , iti^Mic fads leH connoîcre; mais 
^ qoe^ue envie qu'on en aie » il n'eft pas 
n (i aifé qu*on le penfe de faire des beu«» 
»> reux -, cela rebute , ic Ton devient dur 
D faute de fuccès. 

Voici du (4:iblime -d*eicpreIfion 6c de 
feâtimcnt à là fois. 

Cime a rcfufé Miricourt , lorsqu'elle fe 
croioic fiUe de Donmmd. Il lui découvre 
&lui prouve quelle ne Teft point , & 
fur cette fatale découverte < il lui deman^ 
di: quels font à préfent fes fcntimens ) 
dnie répond » les mêmes. 

Que cetto^le infortunée peint d'une 
façon bien iiitéreflante la trifte iitmtioa 
d'une perfohne ifolée dans le monde par 
fa naiaance, & qui n'a pasmfcme.le bon^ 
heur de tenir à quelqu'un ( 

» Les plaintes me feroient-elles inter« 
M dites , quand fe Ciel me ravie ce qu'il 
l' accorde aux- plus vils mortels ? Je ne 
M prononcerai plus les tendres noffis de 
M père <c de mer^^. Je fcns anéantir dans 
M mon cœur la coi^âaace qu'ils fnfpirchc^ 



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t44 MERCURE DE FRANCE; 

1» Plus de foutien , plus de defenieor ; 
n plus de guide à mes volontés l Mon indé^ /^ 
9i pendance m'épouvante \ je ne tiens plus 
^ \ rien , & rien ne tient à moi. 

Je n'ajouterai à ce que j*ai déjà rappoc* 
té que U première Scène du cinquième 
Aâe , laquelle a pade univerfellemeac 
pour un0 des plus agréables qui foient aai 
Théâtre. 

GtERVAL,DoiLSAlMVILLB« 

DorfainvilU. 

n Rcpofcz-vous fur moi : Paurai foîci 
à de tour. 

Cterval. • 

i> Nç Ie$ préfcntcz point comme dct 
» infortunées. Les malheurs ne font pag 
p_ toujours une bonne recommandation» 

Dorfainvili^ 

» Je fçais ce qu'il faut dire. 
ClervaL 
' n Qu'elles foient bien traitées. Si I4 
p peniion ne fuffit pas , on la doublera. 
Dorfainville. 
p Vous m avez dit tout cela. 

CUrval. 
^ Recommandez fur tout que Ion vous 
.4» ^Lvcrtiflc , s'il arrivoit la moindre in* 
^ j:oa.|PQdicé à Cçnict 

Dorfainville. 



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JANVIER. 175X. 14J 
DorfalnviUe. 

^ Je n'y manquerai pas. 
Clervéd. 
a» Faites bien fencir qae ee font des 
m femmes de mérite* Ce n'eft qu'en mmtk* 
f» trant pour elles une grande confidéra- 
p ûon 9 que vous pourrez leur en attirer» 
Dorfainville. 
9 Je n'oublierai rien. 
ClervéL 
m Qu'il eft fôcbeux dans de certaines cîr- 
^ conftances de ne pouvoir agir foi<- 
m même ! 

» QucH ! Doutez- vous de mon zélé i 

Clervéd. 
» Non , cher ami -, mais vo«s ne con^ 
•>noi(fez point les deux perfonnes qui 
I» méritent le plus qu'on s'intéreflè vivc^ 
i^men <^t àelles. 

Dnfainvilh. * 

» Vous les aimez s cela me fuffir. 

Clerval. 
9 II faut fervir les malheureux avec 
a tant de circonfpe&ion , d'égards & de 
9 rcfpeâ: l 

Dèrfainville. 

M Qui doit mieux que moi Tçavoir IcS 
fxiénagct l 



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146 MEJICURE DEFRAN<:E* 

Ctervél. i 

n II eft vrai ; mais un homme^^cou^ 
m rage contradc une certaine dureté pour . 
m lui même» qu'il peut étendre fur les au- 
H très , fans même qu'il s'en apperçoivÇà 
» Il eft mille petites attentions qu'on qe 
0- peut néglige , fans bleflcr ceux qui ont 
j» droit de les attendre. 

DorfainvilU. 
1» Je ne manquerai à rien > je vous, ea 
M.donne ma parole^ > 

ClârVétU 
t> Quel inconvénient y auroit-il que 
m je vous acconipagnalTe à cette première 
M entrevue ? Je parlçroi^ viyetpeni. C çft 
99 le premier mom.enc qui décide î il eft 
i^rimpQtt^nt» •••• 

Dorfuinviile. 
tj Ce n'en pojint trc]^ dire. Loîts dç 
4»lesfcrvir, votre âge, votre tqa pour^ 
^ roienc faire na qaaiivaîs effet. Je crains 
n déjà que vos arrangcmens ac: nmfcnç i 
» leur réputation. 

ÇUrvaL 

» Comment ? 

Dorfainville. 

» Par un fafte.qui me paroit déplace, if 
» eft bien -difficile que leur avanture ne 
n tranfpirc pas : Que, voulez-vous que Ion 
n pcnfe dccc que vous faites pour elles l 



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.JANVIER. 17SI. 14^ 

Clerval. 

. 3» CcU nemc regarde plus y ie ne faU 
n à préfcQC qu'eiécater les ordres de moa 

m oncle. 

Dorfétinville. 

» Qu'importe ? Il eût été plus prudent 
M de les mettre d'abord fur un ton appro- 
m chant de leur état. 

Clerval. ^ • 

» De leur état l Ah ! gardez-vous de 
m croire qu'il foit tel qu'il paroîc. 
^ DorfainvilU. 

» AveavottsdcséclairciflremenslirdcP 

i^fus? 

n il n'eti eft pas befoin. Tout parle ça- 
ai elles ^ tout a];inonce ce qu'elles foat* 

. » JiC çi;ois qurlamere Çc la fille ont 
:#' mille qualités \ mais enfin ce ne ront.pfi^* 
m des preuves. ... 

CUrval. 

M Depuis long-tcms je foupçonne Or- 
n phife de cacher fa naiflance. Tout ce que 
n je vois me le confiroçie -, mon rçfpcél ne 
j»; rétonne point'.: Il lui eft naturel d*en^ 
•I tendre le ton dont je lui parle -, elle de» 
wvinc fans doute ce que je pcnfe d'elle ,, 
^ $C cep^adftnt elle ne me dément point*. 

Gij 



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«48 MBRCURE DE FRANCE^ 

Dorfàinvillf. 

99 £lle vous a faitgrace de f affirmadvc 
hU cû peu de gens de cette efpéce » <]u| 
ton'ayenc ane mftoire[toat arrangée dyi 
4P lioaibeiAT qui les a réduits à fctyir^ 
CUrval. 

99- Ami , en cherchant a avilir ce qu^ 
li^'aiaie ^ penfcz-vous ? ••.• 

n J'^ tort. Pardonnez à un Ziéle peut<- 
W être trop prévoyant. Je crains ^u'entiajt- 
99 ofi j^t Yptre f aâion. • ^ ,. 

CUrvat. 

^ Je vous entends : Vous craignez que 
1i jen'cpoufe Cénie? Èh iMeh 1 Âpprene? 
P que mon parti eft pris > que rieti ne 
;» pourra ni'y faire renoncer , qu'elle fer^ 
» ma fenune > dès que fn mère y c$»jgt^ 
«fçntira. 

DorfainvilU^ 

a> Quoique mes difcourii vouspffènfèot^^ 
i> me taire feroit vous trahir. 

n Voila » voila ce que je prévoyok î 
4î N'ayant pas de lamcre & dclafilic les 
#i mêmes idées que moi , vos foins man^ 
«j qucront d'égards , votte politeflc fera 
n humiliante. O Ciel ; s'il vous échapoir^ «.^ 



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Dorfdinville. 

3» Ah cefTez: de me f^ire injure ! Je ne 
$tr fuis point aflez barbare pour humilieiT 
^ les n^alhéureux. Je refpeÀe ce que vou9 
» ainvez '5 mais je ne fuis point aflèz lâche 
A pour n'ofer combattre im ptncbanc opi 
» vous égare. 

ClerDâî. 

j^ Éh bien l Vous le combattrez^. Maîj! 
«f pour ce moment a'abufez pas dû befoia 
» que j ai de votre amitié ^ & fur tout que 
^ Cénre ne s'apperçoive pas de vos fenti- 
■^ mens i renfermez votre zélé. Dor imon<{ 
J6 vient ici j votre préfence lui feroit im- 
^ portufie V ne Vous écartez pas , yt vous» 
» en conjtire. • 

Voila Madame , une partie de ce que 
faî trouvé d'excellent dans TOuvragc donc 
yai f honneur de vous rendre compte, llcft 
heureux que cette Pièce, qui certainement 
f cfteraf au Théâtre , foit aulH-bien jouée 
qu'elle puiflc Têtre. Jai Thonneur d'être y 
&c. 

Notïs venons die lire fur Génie une' Let- 
tre, imprimée depuis un ou dcu^t jours i 
^lle eft de M. Lafond de Saint Ycnnc > 
& noutf croyons quelle fera honneur au 
cœur & à l'cfprit de fon Auteur. Il loue 
^aucoup un ouvrage , qu'on se. peut nï 
icop louer ni trop lire. 

èii| 



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ïjô MERCUR/'EDE FRANCE 

Extrait d^jimémfhis. 

Le îtijet de cette Piccne cft un fujet d*iti«- 
vcntron. Amafis fe révolta contre Apriés^ 
le fit périr , & ufurpalé Trôner Voilà tout 
-ce que TAtireur a emprunté de THifteâre 
d'Egypte. Apriés ne laiffa point ck fils't 
TAureur lui en donne un ,quil nomnac 
Aménophis. Il fuppofe , que lors de la 
lévolte^ce fils écoic encore au berceau i 
& qu'A pries l'avoir fait paffer ^. la Coût 
de Menés ,*Roî d'-Hecatompyle. Menés fit 
;donner au -Prince une éducation confoP^ 
me à fôn état. Il z\ oit une 'fille uA peu 
inoins âgée, qu' Aménophis , il les deftirrtt 
l'un à Tartre , Taiflour féconda fes i^terf- 
tions , mais un amour qui n*aVoît rien que 
4e grand & d'hérciquc. Dès qu'Améno- 
phis fut en igc de connoîtrc fenifort.>3l 
le propo.fa la mort ou la vengfcance. Arw 
thenis (c*eft le nom <îc la Prin^^cffc ) lé 
tonfirma dans ces nobles femimens , 8fc 
Menés le tpit en état de les fuivrc. Amé- 
nophis à la tête d'une armée , fit *d*abordt 
\h plus g^rands progrès/otitrcfcntiffoit dli 
bruit de (es. expWit^^ & fts droits foûtcnuS 
'de fa valeur , lui acqueroierit tous les 
|curs de nouveaux Partifans ; ttiais dan^ 
Un dernier combat ,tnal fécondé de Menés 
qui l'avoit jpint , H fut vaincu ; Menéç fin 



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JANVIER. 1751. 151 

feit prifonnicr , & k Prince compta parmi 
les morts ^ Artbcnis ofa former te piojet 
de itclivrer Ton père , ôc de vcqgcr (on 
amanr. Elle recueillie les dtbris de Tar* 
mée , en forma une nouvelle y-mais elle 
fut vaincue , & tomba elle même dans les 
fers du Vainqueur. Amafis devint amou- 
tcax de fa captive , & ne pouvant fotmon- 
tcr Ces mépris , il la mit dans la cruelle al- 
fcrnativc de répou<er,ou de voir .périr 
fon père , Se ravager fon pays : il fallut 
donc qu*Arthenis coi»feniît à époufer 
le Tyran , e'cft dâBs k moment où elle 
éft prête -daller à T An tel que commence 
f aâion ; la Scène eft à Memphis 9 dans le 
Palais des Rois. 

AcTB Pkimier. 
ArtKenis ouvre la Scçne avec Iphifè ^ /k 
confidente , qui lui eft nouvellement attat- 
ehée,& qui ne fixait des évenemensque 
ce qu'ils ont eu de public. . . 

- ' Iphffe. 

fth qoeil ictfqne bcpaix â Mempliis it t étant , 
?08r mbige: auguftc (Hymen a «Mi^é ce grand 

: ' ■ .fOàr:,,. . 
Far Boi makts^ malgt'é rons' , pocifcnfement pu- 

rée, 
en riâime à PAikcI vous marchez -^pl orée l 
Madame p ah l qne je plains Técat oà îe.voas fci S 

Giiij 



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rji MERCURE DE FRANCE,' 

^o Ht dans vos regards & rhorrreur 6c l'cffroî j 
Une pMeuf mortcllcobfcurcit tous vos charnues j^ 
Xc voile de l'Hymen cfr trempé de vos larmcC 

jirthenis^ 
lldt âii Cieî que ce fiît le voile die la mort l 

Arthenis exprime vivement toute Thor-^ 
leur qu'elle a d'un Hymen qui va l'unir ,^. 
non-feulement à un ufurpateui: , nmis ait 
bourreau de fon amanr. Elle apprend ^ 
Jphife qu'elle aimoit Aménophis ^ & que 
JVlenés le lui avoir deftîné pour époux. 

Jphi/è. 
^oi ! dfuo Pûnce iàns Trâne autorifant Tes 
vceuz...* 

Arthenhi. . 
iphift , il n?appartie.u q»i*â des âmes commune»^ 
De pefec lès monels aa poids«de leurs fortunes fo- 
lies rentimens pour lui n'étoient pas combattus^, 
H n'avoir point de Trârne , il avoit des vertus-* 
Ceft au fort irrité qu'il les devait peut- être.- 
H conmit le malheur avant de fe connottre; 
iLâiement on eft^ grand au faîte àcs grandeurs ;. 
Jl la Cour de fon père entourède flatteurs', 
£t tcpp fû» de monter au rang de f«8 Aticècfes ;, ' 
L'orgueil Se la molleffe auroientité ((^s maîtres t. 
Mais le fort pour tout bien» lui laii&nt Is dangec • 
D'un Trône i conquérir , & d'un père à venger » 
A toutes les vertus on exerça fon ame.- 
Qfl^aiaoar de la gloire on y porta laflamme-r» 



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î A KV I ER. 1751. 1.51? 

(h enjorcit Ton corps aux plot roJet triTaoK» 
Dvk Prince «a fit nn^hommt, ic dePhonioieiim< 
hétos. 

Cette Sc^iieqiiii contient rexpofitioa^ 
£i)it par ces^vcrs que dit Arthenis. 

O niotj pcit*, pardonne licttte infortunée ;; 
il contrainte i fubir on iâtal hy menée » 
liion cowur gémit du prix que lai coâtenr tes joorrv 
"foi-j qui des tiens y.chet Ptioce,, as terminé le-' 

cours,. 
Toi , <}pi s*€s plus qu'une omlre 9 j& dontJa ?ofV 

plaintive 
ACCUfc ton amante ,i te foine tardiVc;. 
Pardonne , Aménophis , fi je trabts nu foi }. 
Mon père alloit périr' , Ton (Âlut eft ma loi ,, 
Et Pinrérêt facré^des droits de la Nature , . 
De tout autre intérêt étouffant le murmure ;» 
Je doh malgré mon cœur , yiainemem combatttsy» 
Bpaufer un Tyran pat eSbrt de ? ertu^. 

Ramcfles arrive y et perfonnagc" quii 
croit qu'Amcnophis a péri-, cft un de (csi 
plus zélés panilans ;;mais un partifan ca*- 
ehé,& qat pour le micux^ fervir , s'éroicc 
en apparence arraché àSofis , qui cft le frcr^ 
st du Tyran-, il n'cft'connud'ÀnKcftïiqar 
poift un homme qui avoir étéciévotiéaai 
Prince,& il vicnrlui faire dès» plaintes ret^ 
pcftoett£es> fur fon Hpnen avec le Xj^ranv 



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t^4 MERCURE DE FRANCE, 
il va même ju^u^è lui ofl&ir de io tacrV 
Ai^cfavn^ts loi répacKi , <jtt€ Sofis v<ngcroic 

fon frerc fur Menés. 

; CfcT Hymen cft affreux j mais iî cfl néceÛairc , 
Arthenis va traîner dans le fcin de l*horrear, 
Se joues empoifonaés d'opprobre & de douleur. 

Dans ce moment Nephcé paroît. Nephtc' 
èft «ne femme ambiiieufe d'une des plus- 
îllufres^ Maifons'tda Royaume. Aroafis 
Tavoic aimée , & lui avoir promis fon 
Trône & fa main : défefperée de fe voir 
abandonnée pour Arthenis , elle avoir ofé 
s'emporter contre elle à des difcours peu 
rcfpeâucux , & elle vient par ordre d'A- 
mafis kii faire des fatisfadions. . Arthirnis 
interrompt (es cxcnfcs , lui parle avec di- 
griité , mais fans hauteur , & fort , en di- 
fant , qu'elle voudroit au prix de tout foa 
fang , la voir au Trône qu'elle va occa- 
fcr. 

Nephté charge Ramefles de dire à Sofis,, 
quelle attend impatiemment fa vue. Elle 
refte fur la Scène avec Paimis , qui a élevé 
fon enfance,elle laifTc éclater coûte fa rage^ 
& le deiTcin arrêté de faire périr Amafisr. 
dans le jour même. ^ 

Ce jour a vu nra honte > il verra ma vengeance , 

Saiîs >frcrc & hériûcr d'Amafis, doit 



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JANVIER. trTi\ t^^ 

{partager IcTfâne avec elle •, elle a JTeinttfc 
'aimer ^ mais elle n*aime tti cfFec que te 
Tronc. 

Mon ame toute entière e(V â Tambîtioni' 
tïn cœui peut-il avoir plus d'une pâflîofif' 

Palmis veut lui donner de lliorreur du 
-crime qu'elle eft prèce de commeccrci 
Nephté lui répond» 

Quand par un crime heureux on fceptre dt 
iachcié , 
5'èn âbfoudre foi même , eft un droit qu'il adjugei 
Il n'eft plui de forfait , quand il n'éftplus de }VLgj$, 
Palmis. 
Ce fceptre , dont Wclat brillç tant i vo5 yeu» ^ 
Excitera bientôt qiielqu'autre aniliitieux»' 
Quiconque fur le Tt Ane envîra votre place ^ 
Aura les mêmes droits , s'il a la même audace^ 
<Gttre crainte fans cefle obfedant votre cœur, , 
Sur le Trône avec vous portera la terreur. 

Nephté. 
Non , il eft peu , croi-moi , de ccj âmes hardîef j. 
€^i dans un grand deffcin comptent pour lieir 

leurs viey, 
Et f^achent joindre encor ancourage d^ofcr >/ 
t'efpiit de tout prévoit & de tout difpoftr ,. 
Ôe qui l'ad^ivité par l'obftacle redouble , 
^'âucun des coup» du- fort ne furprennc 5!r ne* 
K^tiblc ,. ' 

G vj; 

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!?(? KTERCirRE DE FRANCE' 

De cesgraQdscœQts enfin , nés pour donner laJoT;» 
52S^^'^em la pjcid,, le remords, ni l^effroi. 

Sofis artive •, N^phté lui apprend que 
ttoat eft.prèc^ le Kea» l'afTadîn , le momenc^u 
mais que ceTui, dont le bras fe prête à & 
ijengçancç , ignore qu'elle foie d'intçUi-/ 
gcnce avec Sofis rqu*encas de mauvais fuc- 
^cès y Sofis n'étant pas^fonpçonné,.fcrà libre? 
d'agir , & qit'enfin , fi elle périt , elle aurai 
àtk moips. pour un grand cœur. 
tt glâifir confolant de laifier un.vengeur». 

S&Jîs.fiut. 

"Blartons d*iin vaîn ef|»oit la fdrcur qnr Pinfptre •; 

Wèphtin'eft pas l'objet pourri mon c<sur.roii«r 

pire ,. 

tiamejjes , arrivant:. 

lignent: , P Auteli eft prêt > & le Roi vous atcendî* 

ftitffe Arthents 8c M n'être unis qu'Un iaftantl: 
A»C T B, S ECO N Rî, 

KigTttf îTitt» Gbur î Etraiïgcr dans Mèmpliisl: 
BàûisLde mesaycux, otti , c'eft Aménophis ;, 
C^èO; cet infort uiié.qu!au Trône ta vis naître, 
StiefesTois-^^hélâs 1 maisce.n*cft*pla$eninaîtreé} ^ 
,lîfc5 murs onuvdfwidér par le:meuj;tte'& l'cffroii^ 
IfitXi&ic^iU' TLrttt.fuUa.tOinhfi du Roû. 



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JANVIER. 17$ r. tsT 

Dans oc momcnc^il entend lcséclat5> 
tumultueux d une fète > Se fcnt redoubler 
fa fureur it Ton indignation»- 

Quoi !, tandis qgat de cVinu ces Toutesteteittifléiiry, 
O moB gère , j'entends tes mânes qui gemiOentl 

Il menace Atnafo , 8c implora les Dieuxv- 

To lès Hrarci , Tyran j trcmWè , je vis encore ,. 
Je vi»-> de fumes pas pour punir tes forfaits ^ 
"iîa vengeance & la mort fondent dans ce Palaff«« 

RameflTés paroît ; Je Prince qui connoîr 
fa fidélité , fe découvre à lui ; Rameffés ex- 
prime avec les plus- vifstranfports fa joiev 
Ion zélc , fa furprife ^ il demande au Prin- 
ce » par quel miracle les Dieux lont cotiii^ 
fbrve*, 

5\ir un monceau de morts, immolée de ma makr*;,* 
Dans àt% ruilTeaux de fang coucbé fur ]à pouffiere^ 
Je touchois , Rameffés , imon Kcure dernière.. 
Eh 1 pldt aujc Dieux puiffans, feuls arbitres du fort»» 
Qpi tiennent dans leurs mains la vid^oire i(,\9» 

mi>rr,. 
Qu'en ce combat, fanglani , itoui les miens £v^ 

neftè ». 
Ils enflent de mes jours éteint lé foiblë rcfte-r 
Dic4JX cruels , dont Je bras daigna m,e fecoutir^^ 
^us oem'ayci&^laiilË ni TaiBCirC|;ii moucir^^ 



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ifS MERCURE ITE FRAKCE. 

Rétmejjis. 
Bn cettt ettrâtnité ^quelle heureufe afCftance t 

Aminophh* 
ta naît faifoit régner l*Iiorreur 5c le fileace; 
Ces cLamps hideux, couvertir àt niocrs<& de moUrr 

rans , * 

Ke retentiflbient plas da bruifde? Cdiubactans^ 
£t l'Aftre it la nuit brillant dans les ténèbres , 
Frétoit un jour afireuiD à tant d'#bjets funèbres. 

Ua fidclc fcrviteirr du Prince vint far 
le champ de bataille , le dcmèla parmi les- 
morts , & lui ayant trouve un rcfte de ciia-f 
leur , le porta dans un sur azile*^ 

Li de fang épuifé , de blcffures couverr^ 

J^a mort pendant fix mois tint Ton fépulcre oti^ctr,- 

Mais enfin l!amour & la vengeance, plus» 
puiflans que TArc , ont ranimé (qs forces-; 
guidé par tous les deux , il vole fecourir 
Arthenis & Menés ,11 connoît le danger 
de foii projet, il en voit toute la téméritÇr 

Mais Textes do malheur admet peu la prudence.- 

Surpris de voir RameflTés interdit , il lut 
en demande la caufe, Kamcirés eft forcée 
de lui apprendre , qiï'Arthenis vient àcr 
»'irnii: au T]fra«;. » 



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JANVIER- 175^- ^5^ 

Qîc <fi$-ta t QiieUe horreur l 

Cet Hymen néceflaire 
Ift le prix de la paix , & des jouis de fon petc,- 

jlminofhis. ^ 
Prix honteux l Paix inC^if , & dont Wndigne h>r 
D*an vil nfurpueur fait VdXiM d'un Roi ! 
Voila donc quelle étoit cette ftre exëcrabJc ;- 
Souiiens-nioi. . ^\t fuccombe â ce' coupcf&oya-- 

ble, 
Q^*â la face des Dieux par un wru (olemnel y 
Elle ail couvert fon front d'un opprobre éternel ; 
Artheùis t O vertu I n'es-tu qu'une ombre vainc ^ 
Une juftc fureur me faifit «è m'entraîne ; 
^i vécu , c'en eft fait , allons. 
Rumeps. 

Oà coureZ'VOBt y 
jirminophis. 
Pans les bpasd'Atthenis immoler cet épou»»!' 

Ramefféu 
Ah i^ quittez on deflcio a vos jour« fi funeile ! 



yis. 



Ta me verrots trancher ces jourf qne je dcrefté ;. 
Mais qui n'cflpas venge , n'a pas droirdc mourir 
Tyran , c'eft gar ta mort que je rais^racqiierii^ 



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«tfo MERCURE DE FRANG^fe 

^^Scigocorr 

Qpoî 1 foutUé da meartre de Ces maftr^r;. 
tfc moaftre affis en paix aurang demes ancêtres ^ 
Dans les bras d' Atchenis cotslèroit d'keureufjoursi 
It moi y comme an proTcrit*, errant^ de Coacs<& 

Cours »> 
yirois , triftc rébot d'ùcre pitié ftcrîlé. 
Chez 1er Rcms ^ mes égaux , mandiér ua azile>î^ 

Daignez m^enttndre. 

^mhophis > fafis icoHttr^ 
Nbn^ mon cceur défcQ>er^,, 
ih cefeul cottp du fore n'écoit pas préparé V 
Ab , cruelle Arthenis! tufçais (jnedemes Peres^> 
}?ai vu^paffer le&eptreen des mains meurrrieres> 
Et que ce coup n'a point ébranlé ma vtwit ; 
ï\ me reftoic ton cœur y je. n'avois den perdiw 

Après bien des agiraf ioîis > Aménophît 
ffe réfout à voir Arthcnis pour la dernière 
fois 5 il charge Ramefles de l'y dccermincr... 
Ramefles doute qu' Arthcnis y conftnte \, 
mais il imagine un moyen de (atisfaire le 
Prince , il l'engage à fe retirer ,-& lui pro*^ 
met d*aller inccffamment le> rejoindrev- 
Arthcnis arrive alors fur la Scène s. elle; 



■r- 



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JANVIER. iTsu »« 

paroic abîmée dans la douleur ; maisenfîit 
Menés eft parti aufil-tôc après la cérémo--^ 
aie 5 elle a reçu (es adieux : je n'ai plas^. 
die- elle ^ ^ trembla pour les jours de mon» 
pcre^ 

Ombre ie Rionâtnanr» je vais te fatisfaires 
Koa, je n'entrerai point au lit de ton boureaoy» 
£.ibre en£o de.choifir , je choifis le tonibean. 

Rameflfés fe préfente à elle » & lui dit p 
^*an malheureux demande arentretenir«- 

QjQel efHil ! Hélas » il pent venir ^ 
InftfQîtr par mes maux a fentir leurs miféres , 
Totis les infortunés (ont- devenus mes frereti 

. RamelTés lui dit , que c*cft un homme 
qui a reçu les derniers (bupirs du Prince*. 
Archenis brûle de le voir v mais dans le 
moment ^u «lie charge RamelTés de Tame*- 
«er , Ipfaife , toute effrayée , vient lui anr 
noocer qu'on vient d'ailafllner le Roi* 

^rtbenh» 
Jfmafis I AK » fid'elle â dés nceuds que j'abhorrr^ 
Couron» le (ècoorif ,.s'il en eft tems encore. 

Bile fort. 

Sofîs qui paroit , confirme à RameflTér 
1k nouvelle de la mottd'Amafis ornais il« 



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t6% ME RCURE DE FRANCE. 

prétend , dit-il , jouir fçul dn fruit de ce 
grand crime. Il a faic arrêter l'aflaffîn aprè^ 
îc coup. Par les Loixdc TEtat ,lavçavc 
du Roi mort , aflSftée 4ts Prêtres . dlfis , 
doit juger te coupable. So(fs,qui aime 
Arthenis , & quiconnoît fa vertu , a grand 
intérêt d*écarter de lui les foupçons ril etï 
a un moye» sûr j Paflaflîn croit n'avoir prê- 
té fa main qu'à Ncphcé y Sofis ie fera pa- 
jTûicre devant Ai:'tlieni9^& fitôt qu'il aura 
déclaré Ncphté , Sofis aura foin de faire 
périr fon (ccret avec elle -, mais il craint 
que Mephté , frerc de "Ncphté , à qui la 
Garde dti Palais obéit yiie faffc quelques 
niouvcmens s il charge Ramenés de tout 
préparer fans bruit, pour l'arrêter ou le 
faire périr, s'il étoit néçeflaire '/û lui pro- 
inct pour récompcnft laplaec de Mephté. 
Bamcffés,refté fcul, exprime viiFement 
dans un court monologue fon zélé pour 
Aménophis. U fort pour le rtsjoindrè , SC 
prendre avec lui les mefures ctjrttvcnablcJ^ 
i k circonilance* 

Acte I IL 

Art&cnîs ouvte la Scéiie avetîpîîîfev 
elle plaint Anïafis,mais elle ne peut s*cmpê- 
'cher de rcconnoîtrela cbnduite -des Dieux; 
idaAa.lc crime d'ua, traître». , 



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7 A NT V I E R. 175 1. 1^ 

DJsIong-temti leur Tr6nc affùxântxtrtTjtMn^ 
Le Tang <les Rois criait Se dcmandotc hn fang ^ 
Mais en qseî ttms, Grands Dieaz , votre juftice 

lartce 
LHnévtcabk irajc^aibrgé la f engeance I 
Aménopbis n'eu plus I 

EUc s'ctonnc <lc ne point voir paroîtra 
le dépafitaîre des derniers foupirs du Priti?' 
ce ; Iphifc lui dir , que cet homme a dif- 
paru y Sofis arrive ,& annonce à Arthonis». 
qu'il va faire amener dcvanr elle le meur- 
trier d'Amafîs , mab qu'il ne le verra; 
qu'après quVUe Taura interrogé. Il die 
qu'il foupconne Ncpbrc d'ivoir armé la 
main de ce malheureux, Sofis plaint le 
(brc d'Amatts ; il périt au mo nent qu'il 
venoic <l*ètre k Arthenis \ Sofis prend de 
U occafion de lai déclarée (on amour ,^eiE 
lui difant néanmoins , que cet aveu de« 
mand^ un aurre tems > & qu'il ne doit fou* 
ger ou'â pleurer , & qu'à venger fon frerçj, 
il finir par dire a. Arthenis r 

Mais je rûH dans vos yeux le troubKe delà colère*. 

Arthchis lui répond r 
Toyezrj le jBépris ; c'eft lui qm m'a fait tairé*^ 

Elle demeure entrée de TinfolerKe de 
Sofis^ elle ^'adiire de vivre encore. 

fi a'eft plos de devoir ^oi renchâtae à la? ie*. 



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t«4 MÉRGITRE DE ^KAUQÉc 

Son amant n^cft plus > pourquoi tar^*^ 
tfcllc à fc rejoindre } Dans ce rootnenc , oh^ 
amené celui qui a été arrête comme meUr-* 
trier d'Amafis. C'cft Aménophis. Arthe:- 
Éiis , qui ne fonge plus q^'à mourir^ lui diç' 
làns le regarder»' 

Qii*ua autre foir ton juge , «r ^nîrfe ptutêtt^ 
te généreux forfait d'avoir vangé ton matcre p 
i/Uïs Arthénis ne veut l'entendre ni te voir. 

Alors pleine de Tidce cfAménophis q^i 
éft préfent , mais qu'elle -croit chcÉ le* 
morts , & qu'elle brûle d y re)oindrc7eU^- 
lui adreffc ces paroles.» 

Objet évanoui d'une ëteraeiic ardeur, 
6;tovqui ne vis plus; hélas .'que dans mon coM^Jm 
jiif(|.u'ici condamnée au- foppîice êe vivre , 
^on Arthénis n'a pu te venger ht rc Caiite^ 

Aménophis à paru 
De quel trouble mon cowir fe feot-il agitélf 
ifipprochonSi 

Mais je touche au moment fouhaité^ ^ 
^ui me va pour jamais rejoindre â ce que; j'aime f 
!A&! (î nous confervons au fein de la mbtt même^ 
Ce célefVe rayon diomt l'homnte e?t animé > 
Si tout entier » hélàs ! dans ta tombe enfermé i, 
Tu n'es pas une cendre infenfible 5c légère » 
;^la xaort^ncms rejpint^.ô que la more rafcAcher^t^ 



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JANVIER. 1751; 14$ 

laines infercooés , mines que j'ai trahis » ' 
^ciB^Q malbeoreax.Cuig apiuife eofio voi ai$^ 
Elle veut fe frsiffêt. 
uin^tufhis faifam fauter U foignêrd^ 
& Ciel ! çttc faites- yous * 

/irthinis. 

Quelle pitié crae^i; 
Eîle U reconnoit. 
S'oppofe } . . Aménophii î 

Amante trop fiddie; 
Votts vpnlez le rejoindre ; il eft â vos genoa]^ 

^rthinis. 
Ah S Prince^ ^, je me moiirs • r • ckec «naot , fiibl 

^CVOttS? 

/imènophis, 

jirthinis. 

Je ne pais parler. ^ » mon ame trop iv^xxt: f ; • 
Tu vis • • • f e te re? ois ... A chère & douce vue ! 
|!.es Dieux ontpris pitié des maux que f^ai £>Qffert||] 
Qife dis-je ? En cet état , chargé d'indignes fers | 
Inexorables I>ie,udc , eft-ce là me le rendre } 
O malheoreux oijet de Tamour le plus tendre ,; 
De q^ei mélange affreux le cékfte courroux 
Empoifonne un iof^ncqai m'edt ét^ fi doux. 
Quoi! chei Prince , le fore veut que je te revoye'if 
7a.yh t A'^Mais pleuH & ce «'çA p^s de ^oy e( 



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•£^ MERCURE DE FRANCE. 

jifninofhis. 
Eh \ pourvoi meplaim-tu^ N'^i-je pat va ta laakl 
^ête poux me rejoindre i déchirer ton fein ; 
Ah\ dans ceœomenc^ci ta coolUacejSc tes charme^ 
C'efl toat ce que je vois$ je feos couler mes launei^ 

Arthinis. 
Infortmié ! l'amour te cache en cet Inftant 
£t rhorreur de ces fers & le fott qui t'attend, 
Ceft tout ce qu'à mes yeux ce même amour pré* 

fente, 
Je te vois ( quelle image, ô Ciel, pour une amante)^ 
Sous le fer des boureauz (anglant & déchiré ; 
A cet a&euz deftin c'efl moi qui t'ai livré ; 
Malheur eufe , c'eû moi qui pour comble de peine^ 
Ai pouilé mon amant â fa perte certaine ^ 
C'eft mon fatal Hymen 

Aménopbis lai apprend que ce n'eft 
point lui qui a tué Amafis î qu'il en avoic 
formé le detTein \ mais qu'un autre la pcé« 
venu & a ravi fo vengeance. 

J'attendois RarpcfTés » & craignois d'être va » 
Lotfque dans ce détour éclairé d'un jour ibmbre, 
J'ai cru voir un poignard étiaceiet dans l'ombjcei 
Les airs d'un cri perçant ont foudain retenti. 
]*ai couru vers l'endroit d'od le btuit eft partû 
Un m.alheureuzt attçiot, d'une maia meurtrière ^ 
A fait en chancelait quelques pas en arrière ; 
^l topdbe.^ j> m'dp^9d^fcjK«C9 ycMX fatif&iti; 



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K V I ER. I7SI. 1S7 

t>a perfide Amafis ont reconnu les traits 1 
Son anac poufle dors un foaptr ^ui l'entraîne; 
Soadâin la Garde accoarr» me fatfic Se m'encluîaiu 

Ec ta t*ef v4 foiviii» i cette iadigaicé i \ 

» 

Mais comment arracher le Prince au fort 
a^Freuii: qui le ipenace ^ fans crédit , fana 
appui , ccrangcrc i Memphis , Anhénis ne 
peut rien ; Soiis prétextera la vengeance 
d'un frère *, Aménophis lui répond que fi 
pour colorer fa perce , Soli» ofc faite a(reai* 
bler les Prèires d'Ifîs , elle fera à leur tète* 

Ah; n'efpere rien d'eax. 

Aménophis. 
£h Uen ! s*il faut périr, mon courage me rcfte { 
]e-ne plains que ton fort. 

Mais , lui die Arthcnis , Sofis ignore 
jurqu^4 prérçnc que c'cft Aménophis 
qu'il ti^nr ca fan pouvoir i le Prince ré*» 
pond qu'il fera reconnu de Sofis au mo- 
ment qu'il paroîrra devant lui > dans le 
moment Sofis atrive. 

Sofisu 
A't'il dit quelle main s'arma contre fon Roi , 
Mûdaoie, & Ijavcx-yous î 

JiMrccomQU.. 



,y Google 



,6» MERCURE DE FRAiNCE; 
.^.. ... Miis qtt'cft-cc que je.m« 

Ma rarprife eft extétui 

'/Sjcaiaovhxsjmtixl 

.4méfi«p'>i(. 

Oui .c'eft ion Roi lui même ^^ 
/Que comme un vil mortel entouré de forfait* 
Tu v^$ cbargé de fers en fon propre Palais , 
Cr qui fouffte portant d'une amc moins émue 
Vopprolwesde fes fers , que i'horxcHi Atta yùc 

Vous pouve* tout permettre i votre défefpoir j 
|?rince ; l'outrage ceffe oi^ manque le poufoir. 

Sofis loi reproche le meurtre d'Amafi*. 
Arihcnis dit que ce n'eft point lui qut 
«n cft l'auteur i mais Aménophis l'intcr- 
rpmpt 8c demande à Sofis de quel droit, 
teint dir fang de fes Rois , noirci dua 
parricide , il pourroit reprocher a lott 
Maître un meurtre qui le» autoit venges. 

Sofs, 
Moa poUToit eft mon. droit j ma fiMbleûe cft to* 



crime. 



vaaai.iva 

Quand le fort a jugé , ce n'eft plus qu'aux »ai» Wt 
Que les noms de perfide &ie tiran font dus. 



„ Google 



'- ï A K V I Ë R. 17^1. 169 

Il ordonne qu'on emmené le Prince » 
qui rote en lai filant : 

Monftre , exerce fur moi toute ta barbarie | 
Tu me fêtas p^rir ftns me âiire trembler. 

Arthenis à fMrt. 

Sortons; j'éclaterois $ il faut diffimuler* 

^ofis refté fcul , marque l*étonncmcnc 
où il eft que le Prince foît vivant , Sc 
que cefoit lui dont Nephte ait fait choix ; 
mais RamcflTès qui arrive & qui vient de 
voir paflTer ce Prince chargé de fers , lui 
apprend que ce n'cft point lui qui eft 
Tairaflin -, que Ncphtc a fait donner la 
mort au meurtrier véritable ; qu elle ne 
fçait que penfcr de celui qu'on fait pa- 
roître , 8r qu'elle attend impatiemment ua 
éclairciflcment de Sofis. 

Sofis fe réjouit de l'heureux hazard 
qui a mis le Prince entre hs mains; il 
ne cardera pas à le faire périr \ mais il eft 
encore en balance fur les movens ; il va 
cependant calmer la défiance de Ncphté , 
endormir fcs foupçons par un frivole ef- 
poir j mais il fçait de quelle façon il doit 
S'acquitter envers elle j elle ne fera pas 
long tems à redouter. 

RamcfTès pénétré de douleur de la prî- 
fon d'Aménophis , crainc que les amis da 

H 



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I7Q MERCURE DE FRANCE. 

Prince qu il a vus & raflemblcs,n*cn foicnt 
refroidis : il va néaomoins tout tenter ; 
il fauveralc Prince ou périra lui-même^ 

ActeIV, 

Sofis & Nephté paroiflcnt ; Ncphté lui 
demande pourquoi le Prince vit encore , 
& lui dit qu il cft à craindre que le peuple 
fee fc foulevc en fa faveur. 

Le Peuple qui gémit fous le poids da pouvoir ; 
iaifil avidement le plus frivole efpoir. 
La nouveauté lui plaît ; malheureux & volage , 
11 croit changer de fort en changeant d*cfclavagé|f 

Sofis lui répond qu'il importe à fcs 
droits que le Prince foit jugé , & que 
Içs Prêtres d'Ifis en le condamnant, légi- 
timent le régne d'Amafis & le fien , 
que de plus il détournera fur eux la hai^ 
ne de cette mort. 

Je n'en tmpofetai &ns doute qa*âTi vulgaire ; 
Mais c'cft â lui fur tout qu'il importe de plâiril' 
I>*(ine vaine apparence il le faut éblouir ^ 
£t l'att de le tromper eft Tart de k régir. 

. Arthenis , il eft vrai ^ fera à k tête dès 
Juges -, mais elle ne peut rien -, fi elle ofoic 
fe déclarer pour le Prince , on la croiroic 
fioniplicç , &c Sqûs jBo a àé^ £m fcî»er 



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JANVIER. i7ft. f7i 
lè hvmu Ncpfcté fort avec Taffàrancc qw 
SoGs lui donne d^ partager le leademaiir 
Ion tcone avec elle. 

Sofiffenl. 
Va ; je fywtûi bkii-iAt dégager cette foi i 
Tu pourras chez les morts t'aller piaiodre it-moU 

Arthenis vient , & SoCis lui fait part 
^es bruits qu'il a répandus , & aufqudrf 
il dit qu'il n'ajoute aucune foi. Arthe^ 
nis lui répond avec hauteor ; Soâs fort 
en lui difant , que les Prêtres vont s'af- 
femWcr j que la perte d*Amcnophis cft 
certaine , & qu'en montrant pour lui une 
vaine pitié , clic ne fcreit que coûfir- 
ftter i'errei» d«,:public. 

Le Grand-Prêtre d'Ifis entre avec fea 
Coilégtws i ils fô placent fur des fiéges i 
la gaucte d'Arrbenis qui cft dans.un Fau-*- 
Uvàl Un Officier amène le Prince & lui 
4iVi voflâ vos Juges. 

, jimenophis. 
Oes Juges ! Tant qu'il vit , en eft-îf pow Utt Roi f 
Que du droit des Tyrans Sofis ufc eaversmot. 
Et que digne héritier de Ton barbare frerc , 
5a parricide main joigne le fils au père. 
jEJue du (âng de fcs Rois il fouillé encor ce* 

lieux : 
Idais je De recoiwois p^mr Ji^es que les Dieux, 

Hij 



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,71 MERCURE DE FRANCE.; 

Vous , fi voaç êtes tels que vous le iercz être ; 
Tombez , Prêtres d'ifis, aux pieds de votre Maître; 

Le Grand-Pf ctrc lai répotid qu^ils ne 
rcconnoiffcnt pour Roi que Sofis. Eh 
qui lui a iranfmis le droit de mes A yeux r 
dit le Prince ? 

Le Gr^ndPretr€. 
Le Peuptb qui jadis a ckoifi vos ancêtres: ^ 
L'intéiêt de l'Etat demandoii d'autres Maîtres ; 
>Jous enavoBS change, 

jimenophis* 

L'audâCC & l'attentac 
,Ont toujours prétcité l'intctêt de l'Etat ; 
£t vous atttorifcz ces maximes finiftrcs , ' 
Dieux juftes î Dieux vengeurs, ce font U vos Uié 

niftresJ 
M^prifables objets du rcfpea det mortels , 
Pontifes , qui d'ifis profanez les Autels , 
Vos cœnrs par mntérêt inftruits en l'art de feindre; 
Méprifcnt-ils les Dieux ,. ^uc vous nous faite* 
craindre i 

Le Grand-Prêtre répond que punir Içs 
affaffins , ccft honorer Ifis, & que Tans 
chercher de vains détours il ait à ^répon- 
dre à fes Juges i le Prince dit qu'il n cii 
reconnoît point , &c qu il ne répondra 
point. 
Sous an nom révéré vils 0T£ancs d'un traître , 



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JANVIER. 17JI. 17Î 

'Vbiis pouvez i h mort cnvoicr votre Maicre. 
}'aî trop long*tems moi-mëine oublié qui je fui's ^ 
Et c'cA i mot) filence i marquer mon mépris. 

Il fort. 

Le Prince étant forti , Arthenis dit anx 
Prêtres qu'elle fçait les bruits qu'on a 
femés contr'elle ; mais qu'elle ne prend 
que réquité pour Loi. 

Dût ma gloire en fouffrir , c'efE la vertu foprême 
D'immoler au Jevofr jufqu'â la gloire mCme , 
£t de compter pour rien des bruits injurieux , 
Lorfqù'^oD a pour garants de foncœur & hs Dieux* 

Elle eût voulu fauver les jours d'Ama- 
Rs y aux dépens des fiens , elle plaint fon 
fort & voudroit le venger , mais il fiit un 
ufurpateur ; Aménophis eft le Roi vérita- 
ble ,.& c'cft un crime inoîii i des fujers 
de prétendre juger leur Maître. 

Mais il eu dans les feri <{*dn Tyrao redoutable: 
La vertu malheMetife cn,eû plus refpcébble. 
Faites votre devoir ; laiflez le refte au^x pieux. 
Songez que dans les fers de ce montre odieux 
Ce Prince fans^ appui n'cft pas moins votre Maître i 
Qu'il en fera plus beau d*ofcr J'y reconnoître f 
JEt que les Dieux enfin que vous repréfcntez ^ 
Pour l'être dignement veulent être imités. 

Elle ajoute qu'Aménophis eût é;é fanf 

H iij 



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174 MERCURE DEFRANCfe. 

doute en droit de punir un fujer parrici-» 
de -, mais que ce n eft point lui qui a ta© 
Amalîs , & que tel cft l*aatcur du crime ^ 
qui peut-ètcc ofc encore s'en dire le ven-^ 
fcur. 

. Le Prince cft condamné par les Prêrret 
(d'Iiîs \ on le fait rentrer , & Arthcnis aprè^ 
un niomcnt d'effort & de lilence > lui prç>^ 
nonce le jugement. 

L'injudicc triomphe ; un Arrêt parricide 
Abandonne vospars aux fureurs d*un perfide^ 
Cesmooftres ibàic armés du glaive de la Loi | 
Ilsofent s'en fervir pour égorger leur Roi. 
Vous êtes condamné. Prince » vôtre «grande am^ 
Entend fans fe troubler ce Jugement ia&me ^ 
£t je fçauraî moi-même en ce i»omont affreux 
Ne rien faire éclater d'indigne de tous deia. 

Aux Prêtres tjui fartent* 

Oui* ^' Laiffez-nous. . . Mes pleurs iaondent moit 

vifage. 
]Vi fenti qu'ils alloieot démeattr mon courage, 
l'ai dû leur épargner des témoins odieux ; 
Mais je puis fans rougir être foible â tes yeuf. 

Amemphis. 
Verfe tes pleurs au fein d'un amant qui t'adore ^ 
Et n'a plus qu'un moment à ce le dire encore* 
C'eft â les cfluycr que je veux occuper 
Los rapides inflansqui ooos^o^t édMfpcf* 



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JANVIER. 1751. i7y 

Anheniu 
Ah! Prince S 

^memphiSé 

Pénétré de ca douleur etcréme ; 
ma chete Arthenis je m'attendris rooi-mim^? 
iTaodis que ton amant cherche i te confoicr , 
aient que fa conâaoce eitp^ête i s'ébranler. 
Ah 2 Qooiqu'i ta pitié mon cgeur trouire des chai* 

met p 
^e deriendrois trop folMe i voir couler tes lar^t 

mes. 
Des pleurs , même des pleurs , échappear de met 

yeux. 
4E'en efi trop . . J'en rougis • . • Terminons ooi 

odieux. 

Va , des pleurs d'au Héros liiitmaiitté «*hoaore ; 
(Jû graad homme Cea&blc eo eil plus grand c»; 
core. 

jimifipphis. 

D'un barbare aifime J^e brave les rigueurs ^ 
Mais ma. çher^ A rthenis tu m'aimes , le je mc^l^ 

Arthenis vïvmsnt. 
Je t*aime ^ & nous mourons. 
jimen^fhis. 
Vis. . . • Mais je vois ce traitreé 
J^e fens ma fermeté toute entière renaître , 
St toi , cacbç fur tout tes larmçs i Sofis. 

H iiij 



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i7(î MERCURE DE FRANCE. 

Arthenis lui repond qu'elle ne s abbaiC- 
fera point aux pieds de ce barbare 

Je ne fçais plas pleurer ^ mais je fçaurai moarîc; 

Sofis , qui a entendu ces dernières pa- 
roles, s'avance , te offre à Arihenis la vie 
d'Aménophis , mais à une condition , c*efl: 
d cpoufcr Sofîs ; le Prince fe tourne vers 
Arthenis , lui dit de répondre , & qu'il 
ne craint pas de la voir hé(iter« 

Kon y je ne ferai point â tous deux cet oatrage. 

Elle ajoute que l'Hymen l'avoit unie 
au (ort d'un Tyran ; mais que ce qui pour 
fauver fon père & fa patrie , étoit gran- 
deur d'ame & gcnéroficé , dcvicndroit 
maintenant foiblcrfe & lâcheté. 

^n Tyran. 
JMoufons, 9c toi y tandis que la vengeance ap« 

prête ^ 

Le glaive menaçant fufpendu fur ta tète » 
îVispoûr fentir en toi , pour lire dans ton cœur; 
tic que tu dois cau(èr de mépris Ôc d'horreur. 

Le Tyran ordonne qu'on remcnc. le 
Prince ^ 6c qu'on prépare tout pour (a. 
mort. 

JÛmenêphis^ 
'Adieu, Madame ;. . . 



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JANVIER, i7yi. 177 

jirthénis. 
Va ,cc n*eft pa s pour loog-tems* 
|ie re ruivraibiencAc , & malgré ce barbare ;. 
i.a mort nous rejoindra , £ la mortaoos fépare^ 

Acte V. 

Ramctfes qiii voir le Prince ptcr à partir; 
déclare à Nephté les delTeins de Soiîs con^ 
tre eHe ? que pour les prévenir & fe vciw 
gcr , il ne lui rcfte que d engager Mepb» 
té' à ouvrir fa ptifôn du Prince \ qQ*uii 
gros d'amie qu'il a raflemblés» n*atten<l 
qqe ce momcpt pour agir \ que pour 1* 
Êmver elle-même , il n'cft point d*autte 
Urojre , & que 

Lorf^uetout efli craindre, ilrefte icoutoitr^ 

Nephtc dit à Ramcfï^s qu'il lui eft fut 
peft i^lle doute quelque rems de fon rap»- 
port s Rame (Tés levé fcs doutes & ajoute;. 

Je fçâi que feule admife i l'honneur de fa tabtr,. 
TSi Tient de vous offrir la coupe refpeâiable ^ 
Pc la foi de nos Rois gage au5;u{le & facré ;; 
Mais furce gage en vain le perfide a juré-.* 
Contre vous ou lé fer ou le poifon s-'apprétef 
De votre Hymen demain il ordonne la Fête*;; 
Mais \t coup aujourd'hui doit vous ècre porté^ ;; 
Si,, eependant-cncor a ne l*àipas été», 
J|fi:iKQiiiA.aai^eZLdéj^ [aji bien cher peur-âtte: 



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I7S MERClTRïDE FRANGE. 

Le dangéreui honneur que vous a fait le traître,; 

Nephté cft faific de crainte & d'horreur •> 
clic délibère fur le parti qu'elle doit pren* 
drc. 

Songez4)ue Jcs.œomens font chtii ; 
Qu*i trop d^lib^cer rioâ^nt d'agir échappe , 
Ct qu'aux coiips io^prévus dpnt le 4eftiii nous fra^ 

F, 
Va cotir y qpe rî^ n'abb^t , met j^ les diitoiirnei 
le cems (ju'pn-foibk c^tixp etd â Vep 4tQm)erf 

^cphté fortfarieufe & va chercher Mcpb* 
té. La Reine paroic , & demande à %^^ 
jnefTcs ce qu'il a fait , il lui répond 
que le tems cft précieux y qu'il ne |>eiié 
Pinftruire 5 m^is qu'il vient de bazarder 
un moyen dangereux,, & que fa derntei:ç 
refïburce cft de tuer Sofis & de périr lui- 
même ; dans ce moment un Officier vicnr 
dire a Ramefles que le Roi le demande. 
Ranaeflcs craint d'être découvert \ mais il 
s*arme d'audace , & fuit l'Officier. Arthc- 
nis rcftéc feule eft dans la plus grande 
agitation ; on la retient prifonnierc dans 
le Palais , & clic ignore le fort d'AmcBO^ 
phis ; mais clic eft réfoluëde le fuivre ; ur 
poignard quelle a fçu fe procurer , la mec 
en état^e difpo£:r d'clle-xx^mc : £Ueiu:oii^ 



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JANVIER, 1751. 17? 
voir fou amant expirant 8c tournant en* 
cote vers elle Tes derniers regards. 

Ah j>i pâ le durer. ... Je le d^Tois peut-être i 
A rHymen de Sofis il falloii fionfeiinr. 
Qui mqi ! j'ècouterois un honteux repentir } 
Kon , je le d^favoue , $c h douleur iji'égdre i 
D.e fa mort cependant l'appareil (^ prépare. 
II va périr. . • Eh bien ne le fairrai-je pas ! 
Nous aurons même bit C^$ doutf » ouis bêlas I 
Un cœur ei3c-il poufTé la cpndancç à l'eittême , 
Infenfible pour foi , l*eft-on pour ce qu'on aime i 
Peut-on voir fans frémir le moment abhorré 
De la deftniétioa d'un c^jet a^Toré } 

Iphife arrive , & lui dît que tout fcfpokr 
n*cft pas perdu i que le Peuple cft prêt 1 
fe foule ver , &c que tout rctctuit déjà du 
crrde la menace. Arthenis répond qa'ellt 
n*efpcre plus rien, 

D'AménophishelasIa perte efl affûrééi 

Et ce Peuple fans Chef qu'anime un raintrani* 

port, 
t^ lai&ra péiir en déplorant fop foJvt. 

Elle voit paroître Sofis, & apprend qu'il 
vient d ordonner qu'on immolât le Prince 
en fa prifon.' Dans ce moment , Ncpthé 
poacoît fbuccnue de Palmb ', elle a été cm- 
poifonnéc par Sofis dans la, coupe facrée^ 

H vj 



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i$c MERCURE DE FRANCE. 

elle révèle tous fcs crimes & ceux de SoGs, 
fait des imprécations contre luii fon plus 
grand tourment eft de nKmrir fans ven- 
geance \ mais Sofîs l'a prcvemie e» étei- 
gnant Mephté.fii»un vain prétexte , & 
chargeant un autre de la garde du Prince^ 
Tremble encore , dit-elle à Sofis , le Pca- 
pie eft Cbulevé , va , dit Soûs > je ne crains- 
rien, 

£c àâns ce moment même une fidelle main , 
RaracITés , plonge an Prince un po^nard dans le- 
km. 

Au nom de Ramcffcs^ Nephté fe ra-- 
DÎme , & Arthcnis conçoit quelque ef- 
pok V on entend alors un gr^md bruit, 
Sofis tire un poignard; & dit que fi le 
Prince vit encore , il va hâter le coup, 
& faire an prefent de fa tête aux nftucii*». 
mais à peine a-t-il fait un pas , qu il voit 
au fond du Théâtre le Prince luivi de 
R^meflcs & d'un gros d'amis. 

Nephté. 
]*apper(oîs num ? cngeor ; traître je nicurrcon— 
tente. On L'emforte, 

Sûfis. 
I:ameffés.& le France i O traLif«i l Ofort r- 
]^is dans mes mains, da moins j^'al le prix de «a: 
moti^ 



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JANVIER. 17 jr. iftr 

H levé le pignardfur jlnhenis^ 
'Misttt , AménopHis ^ 

Barbare. 

JcvaisTéttc; 
Bt pttîfquc it'fes jours le fort me laiflc maîtrr,\ 
Tout trahi que je fuis , c'c(^ â toi de trembler. 

Amenophis^ 
Q^e dis-tu, malheureux ? tu pourrois immolerh..:. 

Sofis. 
}e fçais qu'il faut mourir ^^maîs ma viâimeeft: 

t prfte ; 

Tout fou ÛD^ya coulen régne i c^priv. 
jdmenofhis. 

Bn ce moment , Grands Dieux-! c^i me fecourera^ 
Arthenh fraffam Sofis. 

Moti; 

]^on bras m'a bien fervt, approcher , (ors d*èffroî. 
L'amour le coodutfoit & nous rend J'uni l'autre •;. 
Cher Prince. 

Améhophis. encore tout tremblant, (c 
jette aux pieds de la Princcffe \ & là 
Tragédie nnix par ces Vers que dit At- 
ihçnis.. 

4»x£ett£tes ^ant taactallonamootcer un Maître^ 



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n% MERCURE DE FRANCE. 

Un Roi par le malheur rendu digne de rècre. - 
Qui joint aux droits du faag un droit cncor plut 

faint » 
JaflTe chérir un père oà te Tyran (ut crainr. 
^ Que le bonheur public â mon benheur réponde ^ 
£r que i'adore en toi le bieafaiAeur du monde* 

Les Comédiens Italiens ont donné le 
lo Décembre l* Ecole des prndes , Comédie 
nouvelle en trois Adles , en Profc. Cette 
Pièce n'a été ^ouéc que trois fois ; Tef- 
prir des détails n'a pas pu fauver le vice 
<lu fonds, 

CONCERT SPIRITVeL 

Le Mardi 8 Décembre , jour de la Con- 
ception , il y eut Concert Spirituel dans 
la Salle du Château des Thuillerics ; iï" 
commença par une Sonate du cinquième 
ceuvre de Corelly , mife en grand conceic 
par Geminiant. 

On «xécuta enfuite Cantate Domîn» , 
pC 95. motet à grand'Clvrur de M. 
Martin : on y trouva un très-beau def- 
fein , des chœurs frappés au coin du 
grand Maître , des traits de chant neufs ^ 
des fymphonies agréables , & deuj beaaj 
récits . un de dcfliis , l'autre de baflc tail- 
le. M. Malines fut fore applaudi dans le 
dertûer. 



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7.AN V I EW. ffsi: ir^ 

A la fuite de ce Motet , on donna une 

Srandc fymphonie de M, Guillemain Or- 
inaire àc UMufique du Roi, déjacon-^ 
nue ,6c que le public entend toujours avec 
nn nouveau plaifir. 

'M.Gelin , baf{e*taille nouvelle > chan« 
la après f^eniu exultinms ^ fftxk motet. Il 
conncma les grandes efpétanees qu'on » 
conçues de Ton talent ^ tes progrès rapi-' 
des qu!oA lui voit ^fatre , annoncent lonr 
travail ^ il le doit au public qui Tencou^ 
ragc,& â lui-même qui peut un jour en 
faire les plaifir^. 

Des Duo de Hautbois coopèrent le 
chanc ; ils furent exécutés par Meilleure 
&iientin & Bureau , tou» deux jeunes , 
«yant un jeu léger , délicat & précis. Cet 
inftiument fi agréable, & qui paroifloic 
négligé , va revivre. Dans ce ficelé heu- 
ceux tous les takns agréables fembiJicQf 
fe preflTcr d'éclore ou de renaître. 

Mademoifelle FeUdont une maladie 
fort longue avoit privé te public 8c le9 
Amateurs , parut dans ce Concert, & ex- 
cita cette joyc vive , ces applaudifTcmens 
{apodes & redoublés » ces mouvement 
de fatisfaâipn & de plaifir , plus Hareurs 
pour les grands talens , que les récompen* 
les & la fortune. 

Elle avoit déjà chanté un récit rtès^ 



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*S4 MEvRCUREDt FRANCE; 

brillant dans le motet de M. Marriin^ 
elle exécuta Laudate pusri ^ motet Iralied 
avec une légèreté ^ une ot^on , &c une 
dlélicatelTe qui lui font propres. Le pu- 
blic fut ravi ; mais les ConnoifTeurs fo» 
Xent fuBpri» de tout ce qu'elle mit ddt 
fien dans le morceau de Mufique » chat* 
ciant par lui-même. Il y a iurtout un 
Cantate <ju*elle enrichit de tout ce que 
l'Art peut imaginer de plus féduifant 6c 
de plus agréable. 

Aprèsce motet ^!Mv Gaviniès joua une 
Sonate allez bien , pour donner encore 
un nouveau plaîfir y & le Concert finie 
par le Cœli enarrant ^ àc M..Mondoaville 
où Mademoifelle Fel qui chanta en- 
core , perpétua le charme de ce fpcâa-^ 
de > & la &tisfa£^ion extrême qu'avoir 
caufee au«pnblic,k variété des morceaux , 
la précifion de 1- exécution , & les dijfFe* 
rens talens des Conccrtans- 

On ofc le dire \ ft Meffieurs Royer Sc 
Capran fiiivent dans tous leuts Concerts 
Je plan fur lequel ils ont fait les arran.- 
gemens decclui-cLjlcur (allé, qui ne de£. 
«mplira point , leur annoncera leur fuc*' 
aès^, & le contentement dut public &dig> 
Amateurs^ 



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/JANVIER. 1751. 18 j 

CONCERTS j1 LACOVR. 

Mois de Novembre^ 

LE Luncti 1 j , le Samedi 27 Novembre», 
& le Samedi 5 Décembre , on chanta 
chez la Reine // BnUtt des Elimens. Mefdc- 
fnoifellcsCanavas, Lalande, Defelle , Ro- 
mainvillc & de Saihtreufc en ont chantcles^ 
Rôles,ainfi que Mefficurs Benoît , Joguet > 
Poirier & Befche. 

Utois de Dicembre^. 

Le Samedi 1% , le Lundi 14 , & le S;t- 
.fnedi 19 , on cfanta chez la Reine Se 
chez Madame la Dauphine , la JPafioréiU 
de Djétfte^^^Sc Jl§^^hn ^ de M. de fcta^ 
morît*) Sur-Intendant àc la Mufiqirc de- 
btChambrcdu Roi. Le Pocmc cft de Kf^ 
de Fontenelle. 

Mlles Lalande , Romain vilk , Dcfel- 
le,5c Godonnefche en ont chanté les Ra- 
ies » ainfi que Mrs Benoît y Dubourg > Poir 
fiex & Bcfchc» 



i$9^ 



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ité MERCURE DE FRASÏCE. 



NOUVELLES ETRANGERES, 
DV IStORD. 

1>E pETERSBOUEG,/#<SiVw#J!»^r^, 

L£ Générd d'Arnitnb , Envoyé- Ettraordiaatctf 
du Roi de Pologne , Elcâear de Saxe , 6t ^ 
ces jonrs derniers , & nouvelles inflances auprè» 
des Miniftres de cette Cour , pour le rétabliflc-4 
ment du Comte Erneft de Btron dans le Ooché de 
CoQrlande. On lai répondit ; Que l'Imp^atriee. 
élvâit tpus les JgMrds fpfildes fôm la recêmménttU-^ 
tion du Rffi de Pologne , ^ four Us inftsnces fui 
fefmfiient de fa pMrt i mais qu'elle étoir ntenuefaf 
df9 raijhm fMrticulietes , qu'eth communiqMereit h 
S. M. Pêt, qùOnd 4 êJAfMM têmu 

Lcf dtfôreos Terticoire^ , aui c^otnpoiVnt ti^ 
frontières de cet Eut & cell^ des Etats de U Rê^ 
publique de Pologne , étant comme enclavés lef 
uns dans les autres , il e^ ferrent arrivé que les 
Habitans de ces Territoires limitrophes ont es 
àt% difputes epfèmble ;f& ces différends auroleac 
eu des fuites fâcheufes , fans ratteotion dés deaiÇ 
Paiflances â les prévenir. Ceft ce qui fait que 
Ton a beaucoup de )oie ici de la part que le même 
Général d'Atnimb donna , la lemaine paffée , 2 
cette Cour d*tfn Rcfcrit du Roi de Pologne , datte 
de Warfovie le i% de Septembre , dans lequel il 
dit à tous les Staroftes & Continandans de la parc 
de la République fut les frontières de la Ruffie f 
Çb*e , p»ffe% Untverfaux adreffés mux V^euphs de U 
ftênt'tere , il leur € o^'dênné de ne faire aucun tort ni 
fréjfêécû MX Sujm de l'ImférâfrifÈ di R«^; é* 



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JANVIER. t7Jt. itr 

pÊt'tout di ne doMnet âucum reHâin nifeeoim 4 eitm 
quife feroiint fMwvés des Titrés d$ tttte Vnncêjje^ Il 
dit enfuit^ ; Q;u , pour fcttet fluf loin fon Mttentiom 
fur cette matière , il ordonne i ceai autq[)if Is il 
adcefle ce Refciit « quand il tenr fers fsii quelque 
plainte de la part 4ei Sujets de Rujjie , d examine/ 
avec foin quai en eft le motif. , ^ da procurer , aujf 
prompemont qu'il fera pojjiùle , une jufte fatisfaHion 
a la partie Uxée. Il ajoute ^ Çiu*il Uur recommandé^ 
sujp particulièrement de veilUr a ce que îei Sujets da 
tiuffie »s futfiênt a^ûir aucun fujft de fi plaindre da 
ceux de fon Royaume , auxquels il enjoint pareille^ 
ment déUre at^ent{fs à ne ^foint Bcc^toaner d9 
flatntes. 

De ^AK%oyityte lù ^«vemire^ 

17 ae Lettre , écrite de Wifniofwict , le ^^rcmieT 
it: ce ii»ois ^ porte j^u'jQ5c K^Udte coattgleufe 
qiii s'câ manifeât^ daos U MoUavie , y iak <lc 

Î grands ravages , ^ Qu'elle l'cdeommiuiiquée dans 
, a Haute- PodoÛe , i plus de 3Q Villages du voiijh 
mage de Kamioiecjc. 

ALLEMAGNE. 
DeViennc/^iS Nêvenire^ 

IL y a quelques jours oue M.Keittr, Mîoil^ 
tre du Roi de la Graode-B^eugae y fit part ag; 
'CoAite4'UMefeldt, GraDd-Chancelierde la Couu 
de la conclulion du Traité entre r£(psgne 9g 
l'Aoglecçrie ^ figné i Madcid le } d'Oâobre^ 



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tSS MERCUItE DE FRANCE 
ITALIE. 

De R o m e , /tf 14 Novembre^ 

LE Dac de Savoye ayant éré-,1c 17 de Sep- 
tembre , aggre^é à TArcadie , avec" l'Infante 
I>uchcfle Ton Epou«, a fait rera^ettre dernièrement 
'i l'Abbé Morel , Gardien général de TArcadie* , 
un Brillant de la valeur de i \o Louis , avec une 
Lettre pleine de témoignages d'eftime pour (â 
perfonne & pour la Compagnie dont il^eft Te 
Chef. 

Le P. François Retz , natif de Bohême , le- 
quel depuis 10 ans étoit Général de la Compa*- 
t^nie de Jefus , mousut ^ le 19 au nu lin , dans 1^ 
M^ifbn de S. André du Noviciat , âgé de 7^ 
ans. Il faifoit fa réiLlence dans cette Matfoa , 
pour y jouir de la pureté de l'air de Monte- 
•Çavallo : mais fcs Obféqiies fc feront dans l'E. 
giifc du Jefus, oèjle jour même de fa mort, 
oji tran (porta fon corps dans un Cafofle fermé; 
Le 13 apiès-midi , le Pape l'avoir été voir ,pour 
la féconde fois y depuis qu'il gardoit la Chambre ; 
^ S. S, s'étant entretenue avec lui alïe^ long^ 
frems > l'a voit laiHé avec route l'apparence d'ui» 
prompt réiabJiflcment. Dcpnis ce jour , le P.Retr 
n'avoit pas paru être un icd moment en danger. 
Avant fa mort , en fe conformant à Tufage de 
fcs PrédéccflTeurs , il a Qommé , dins un Billet 
écrit de fa^ main &- cacheté , le F. Ignace 7iC- 
conti , l'un de fe» AfKftans ,,pouc être Ytcairc- 
Clénécal ^^ pendant la: vaca^nce du GénéraUt. 

D B Tu R I N. , /^ 11 hTovemhre^ 
Le 1^1 le Koi tendit un. ELiit ^ qui fût pubUé* 



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J A N V I E R^ tjsj. liy 

Wr , par lequel S. M. réduit i quatre poar ceac 
les Inçérêçs au-dciTus de ce rau , des fommet 
emprunté/és par les Monts de piété de S. Jean 
Baptifle de Turin 6^ de Sant-Angelo 4e Cod! « 
& ordonne , que les Capitaux de ceux qui ne 
yrudront pas fe foutncttre à la réduâioB , Icut 
feront i^mbourfés. 

Il arriva ces jours dctnîers en cette Ville an 
Courier dépêché de Madrid avec des Lettres de 
Change y pourra ▼ait ur d'une partie des 150 mille 
Pifloles i k quoi monte la Dot accordée par le Roi 
d'irfpagne à Tlnfaote Ducheûe de Saroie » fa' 

GRANDE BRETAGNE. 
De Londres, le j Déetmire. 

OK apprend par une Lettre de Gibraltar en da« 
. te du 9 Oftobre, que le Vaiflieau de guerre, 
le Cheval Marin y étoit de retour de Cadix avec 
une fomme d'argent que Ton y avoit négociée 
fur le crédifdu Ticfor d'Angleterre. Elle eft dcf- 
tinée au rachat des Anglois qui font captifs à 
Tétuan ; & l'on doit l'employer fur le pied de la 
dernière Convention , conclue avec l'Alcaïde dei 
cette Place. Cette Convention eft à peu près fcm- 
^labie aui Traités faits ci-devant avec les Empe- 
reurs de Maroc ; & par conféquent fujette i être 
révoquée, au gré de l'intérêt des Sujets de cet Em- 
pire , ou du caprice du Prince. La même Lettre 
porte , que les Habrtans de Tétuan ont aflafliné , 
depuis peu, dans une Mofquée l'Alcaïde , dont 
on vient déparier, Ôc qu'ils en ont élu un autre 
en fa place. 
Le t6 du mois dernier ^ il fe tint un Grand 



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190 MERCURE DE FRANCE; 

Çonfeil au Palais de Saint-James , dans lequel le 
parlement , que l'on avoit en dernier lieu pro- 
logé au z de Décembre , le fut de nouveau au t de 
^▼riet de Tannée prodiaine". 

Le paffaee du nouveau Pont de Weftminfter fut 
fendu public le 50 au marin , au milieu des accla-» 
«lacions ^t$ principaux habirans de cette Ville. l( 
y eue toute la journée un concours extraordinaire 
âe peuple , venu de toutes parts pour voit cet Edi* 
fice , que l'on regarde comme un des plus beaux 
de ce genre qu'il y ait en Europe. La première 
pierre en avoit été pofée le f de Février 1739 • on 
a mis 1 1 ans & 9 mois i le bâtir , Se il coûté à U 
I^atian environ 3 3^ mille livres fterling. 

Il fut réglé dernièrement au Bureau de la guerre^ 
ique Ton rele^ eroit â Tavenir , de cinq ans en cinq[^ 
jans ,les Garnifon^ dé Gibraltar, de Port-Mabon 
&• de toutes les autres Places que la Cooronae 
Britannique poflede hors du Royaume. 

Divers Seigneurs & d'autres per(bnnes de là 
Koblefle ont ouvert une Soufcripcion pour ériger 
4ans TEglife de >9^eftmin{ler un Monument à la 
mémoire du céleWe Poëte Alexandre Pope. 

La maladie qui règne parmi les cbevaux , c6a<^ 
idnue à Ce répandre dan( le Royaume , fans que le» 
remèdes qu'on employé puiflèuc en arriérer le pro« 
^rès. 

, Deux Députés des Proteftans de Moravie font 
arrivés depuis peu dans le Duché d'Argyle en 
'Ecoffe , pour examiner le pays & choifir un lica 
propre i l'éjtabliiïemenf d'un^ Colonie d'environ 
Aeux mille perfonnes. 

Le 8, l'Amiral S.tex^art fut nommé Amiral eà 
jclief des Armées Navales d'Angleterre, à la place 
£u feu Chevalier Chalonnet Ogie i Se le Roi lui 
fit l'honneur en méme-tems dé le créer CHévalièr, 



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î A N y l E R. rrjT. i>t 

tJne Proclamation ;du Roi, publiée ces joars-ci i 
jxcfans àuùe proro^acion , rouvcrturje du Pafl^« 
jnent au it de Jartfier prochain^ 

U F^çhedu barang,qat s'^coit fai|e jufqtt'l 
prirent avec fuccès pour le compte de la oourcllc 
Oompagaie établie en cette Ville 9 eft ûtCpendue 
jft^qu'au retour de la faifon convenable. Oa smw 
prend dfEcoffe oue la vinême Pêche avoir été de* 
puis an mois fi abondante yerale» Ides de POueft^ 
me l'on f employoit aâuellemeat locBittate^s 
cbo9 la ^âyé de Harloch. 

La maiadte des bètes i cornet re%ne rou/oort 
^ot beaucoup de violence dans let Provinces Sepi 
tentrionales d'Angleterre. Celle doni leackevaux 
font attaqués , continue i fe répandre dans ce 
Royaume ff, a'^ft mnikùit ca divers pndrotft 
dtf.l'Ecoiie. • 

Une Patente accordée ces foora ci à M. OuiU 
honte Pemint , Gentithomma de tettd Ville , lui 
j^ttott de rendre pubHcpie une Macbise de fou 
invention y propre a iuoudre Jes grains^ ^ ainfi qu'à 
deâéeber 1^ Mines de £har|>oo â: les terres ma« 
xécagcuf^; 

, On appretid de Dt^in que les efueces d'argent 
font fi. rares en Irlande, qu'on a réiolu de deman« 
dec au Gouvernenient )a perinifiion de haiiflc» 
Jji râleur des Dollars iufqu'à cinq Sbellîngi* 

FROFJNÇES^VNJES, 

De l a Yi xm y le io Navemh0r 

L^ Abbé de la Ville^ qui , pendant quelques an^ 
nées , a réfiiié^ici en qualité ie KUoiftre de Se 
Ma^eÔé Très-Chrétienne} , a fait prelcnter der^ 
fiieiis^enr le» MtffU de Rappel aux £tda Gé* 



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«5^ MERCURE DE FRANCE; 

uétaux , avec le Mémoire fuivant , par lequel il a 
fris congé de leurs Hautes Puiffances. 

Hauts irPeif SANS SErcNstrus; 

>t Le Roi ayant jugé â propos de faire ceflfer la 
«•midion que j'ai eu liionneur de remplir auprès 
9» de vos Hautes- Pùiilances , Sa Majeûé m'a or- 
3» donné de leuft envoyer la lettre qu'elle leur écrit 
9»i cetteoccafîon. Si les devoirs indtfpenfables de 
M l'emploi que le Roi a daigné me confier depuis. 
M mon retour de Hollande , me privent de la fa- 
9* tisfaé^ion de m^acqiiittet en perfonne de cette 
W dern«cre fonction de mon Minifter« ^ )'ai da 
«moins la confolathornd'être encore une foisria- 
a» tecpréte des fentimens d'eiiime Sc.d*êS:^ioa de 
a»SaMajefté pour vos HIautes- Pui (lances , & de 
n leur en renouveller les plus fortes aflârances. 

»» V^us fçavc» , Hauts 5c Puiffans Seigneurs , 
» que mon zclc & mon travail , dans l*exécutioo 
M des ordrçs dont le Roi m'a konoré pendant mon 
M^jour â la Haye, n'ont jamais eu pour •bf ec 
99 que de prévenir ou d'éteindre le feu de la guerre 
«•dont l'Europe étoit malheurcufemcnt embrafée, 
9»& de maintenir entre Sa Majefté & vous, cette 
» intelligence parfaite donc elle avoit fait dès le 
^commencement de fon règne, une maiime coaC 
9) tante de fon Gouvernement. 

9) Les premiers nœuds de votre union întîme. 
M avec la Couronne du Roi , fixent l'époque de la 
»>nai^ancedé votre République, ât vos annales 
»»m*ont appris que le (iécle le plus fioiiflam des 
» Provinces-Unies a été celui où cett j alliance n*A-5 
» voit encore (buffert aucune altération. 
' » Ceft avec regret que Sa Majefté a viî les cîr- 
wcpnûaaces qui ont paru donner quelque atteinte 

M a ime^ 



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tANVIER. X7SI. 19Î 

#1 une correrpondance fi ancienne 9c fi naturelle f 
. nmais le Roi eft perfuadé que vos Hautes- Pufl^ 
•» Tances ne confervcront le fourentt des événe- 
•>niens qui ont occafionné entre 5a Mdjeilé 6c vo* 
•» tre République une différence paflàgere de fen* 
Mtimens 5c de mefures , que pour mieui fentir ieê 
«avantagés d'une liaifon que Sa Majeité défir0 
«>jCncérement de perpéruer, 

93 Tout ce que lé Roi a fait pour rétablir la tran« 
^quillité publique, & les foins que Sa Majefté 
M continue de fe donner pour prévenir dé nou- 
•> veaux troubles , ont du convaincre l'Univers 
«entier qu'elle n'a d'autre vâe d'ambition que de 
prendre la pais aufli inviolable que l'eiprit ae mo- 
B9^ration & de générofité qui lui eft a fait admets 
«tre les conditions. 

M Le Roi ne craindra pas de rentrer en guerre î 
«3 quand il y fera forcé par les confîdérations fa*, 
supérieures de fa gloire , du foucien de fes Alliés 
M & de la fidélité à fes engâgemens; maisPob/ct de 
É9 fes vxxux fera toujours de n'avoir i faire ufage 
M de ion pouvoir & de l'influence qui , dans l'ad* 
p^m^iniflracion des intérêts publics , appartient 2 
p^ l'ancienneté & â la dignité de fa Couronne , que 
9» pour afTdrer le repos de toutes les Nations & le 
#» bonheur de ks Peuples. 

» Ces fentimens du Roi , plus refpé^lables 
■•encore que Umajeflé de fon Trône , font un des 
«plus fllrs garants que l^urope puifle avoir de la 
•s conférvation de Câ liberté & de l'équilibre de 
m puifTance qu'il n'efl pas moins elTentiel de main- 
•> tenir fur la mer que fut la terre, 

»9 Sa Majefté ne doute point que des principes fi 
m équitables ne foient auffî conformes àr la nçoto 
• de pcnfcrde vos Hautes-Puiflances, qu'à leurs 
» vintabks intérêts , & le Roi attend des lujxkiercs 

I 



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mât la Tagefle ip kui: Çouveraernenç , qj^e y^^ 
iMRëpabliqtte fis fera an devoir Se im plaiâ^4e 
m ooncottiic avec Sa Majeflé à établir générale* 
wment 6c inrariableacnit qe fy^éme 4e juflice j|^ 
#>4'lu»manué. 

«• La bonne for exercée i:4cîproquenienr 9c avf^ 
«i émulation fu toutes les Puiflànces , qui ont q« 
o9 |>an au Ttaité d' Aiz-l^-Chapelle , a produif 1^ 
Mpatx,^ ce n'eft que par les tournes mpyeb^ 
. ^ jgu'oci parviicndra 4 la rendre dorabie. . , 

. « 11 me refte , H^iuts 6c Puiijàns Seigneqrs^ apr^^ 
M vpt|$ avoir cspofi les fentimeos du i^oi pour ^ 
«s bien géoétal de TEurope 6c pour votre Rép^<* 
^bliqae ea particulier , qu'à iuipplier trjès fauiQ^r- 
Mblemem vo» H^uteç-Puiflances de recevoir avQç 
^. bonté l'hommage de mon profond refpcifî 6^ 4ç. 
» ia reconooiflance q^e je c^nferve précieufemenjc 
,Jit$ témoignages de bienveillance dont elles m'o$ic 
>£oniUmmcnt tionoré- ]e regarde comme uqc 
9»4efi j6poques les plus flatteufes de n;ia vie y le lAif 
M niftere que j*ai exercé aupi;^ d'£JIes, ^^q)ioiqi)/e 
19 je B^aye plus l'avantage de ferrir |e Kpi Ib^£ 
M leuts yeux, je ne ceflerai point d'a(pirer auxoç* 
ao^afions de leuf Étire ma cour,^ je m'ipterefièr^ 
9>ioçjdors avec la m^e fervcuj: i la gloire ScJ, 
•» la profpérité de leur République. lait iJFo^n^* 
•3 tteUean le i ( de >Iovembre 1750. 

Les £t^s cinéraux ont ùdt expédier des Lettt9$ 
4c Récréance pour être envoyées à l'Abbé de J^ 
Ville , avec le préfem d'une Chaîne Se d'une Mié- 
.4fillc d'or de la valeur ifi 13 cens Florins, auqu^ 
ils ont joint unefutte Médaille d'or de 300 FI«« 
rins pour ^tfç 4^ix^ic , fuiv^t j'afag/e ^àiofi 5ce 
#Kiairei» 



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JANVIER. 1751. 19, 
FRANCE. 

tJoMvelUt de UCtur, dePdris, &e; 

LE % D^c^mbre ,Féte de la G>ncepttOQ de la 
Ste Vierge . le Roi » la Reioe , Monfeignear 
le Dauphin , Madame la Daapkine bi Mef£iiiiet 
de FiaDce affiftérenc ea bas dans la Chapdie dft 
Cbireaa ao Sermon de l'Abbé Poule Dodeur de 
Sorbonne , & aox^ Vêpres , qat fereot chantée» 
par la Mafîqae & ausaoelles l'Abbé Gergois.Cha- 
f elaio de la Chapelle de Mufique ie Sa Maiedéi. 
40fficia. 

Le f y le Roi donna \a Charge de Chancelier 
ie France â M. de Lamoignon de Blancmefnil ^ 
Cheralter , Premier Préfîdent de la Coor des Ai- 
des ; & nomma Garde àc% Sceaux de France , M. 
de Machaulc, Miniftre d'Etat , Confeiller au Coo^ 
iêii Royal , 5c Conttâleur Général des finances. 
Le Roi aToit ordonné , par on Arttt rendu 
dans fbn Confeil d'Etat le 17 de janvier de l'année 
dernière i cous ceux qui fe prétendent Oéancier^ 
de l'ancienne Compagnie Royale delà Chine 
comme Propriétaires ou Dépofîtaises de Billet^ 
fblidaires . d'Aûionsde mille Livres & de Brevet^ 
deDireâionde 50 mille Livres, de les repréfca. 
Set dans fix mois ^kx toute fréfixfon ^ délM aux 
Dire^eorsde cette Compagnie , dans la per(bnqe 
du Sr Chevalier leur Caifficr , k V effet detre par' 
ledit Chevalier %ifés (jr enregifirés , four enfmte 
être frocéU a la li^uidatinn defdsts Ejets , ^ 
fmevA Mê fayemcm Vieeux amfi ^u'il offMtieth^ 

Ht 



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196 MERCURE DE FRANCE. 

Par un nouvel Arrêt , rendu au Confeil d'Etat 
tenu à Fontainebleau !e 1 5 06lobrc , Sa Majefté 
accorde encore pour le P^ifa des mènies Effets , 
fix mois pQur têute fréfixhn ^ délai, par grâce (^ 
fans efpérance d'aucun autr» délai, a compter du jcut 
des publication ^ affiches qui feront faites duprefen$ 
Arrêt. . , 

Le 9 & le lô , les Religieux de rOrdfe Roïal 
Se Militaire de Notre-Dame de la Merci , inftitu^ 
pour la Rédemption des Captifs , firent voira cet- 
te Ville , dans des Procédons folemnelles , les 6^ 
Captifs François rachetés , au mois d'Oftobre de 
cette année , dans le Royaume d'Alger , par les 
Pères Jacques Houllier & Mclchior Hçr4ud , dé- 
putés du même Ordre. 

Parla nomination de. M. de Lamoignon dé 
Blancmefnil â la Charge de Chancelier de Fr^nce^ 
M. de Lamoignon de Maleshçrbes , Ton fils , Con- 
feiller d'honneur â la Cour des Aides , prend la 
Place de Prcmicr-Pxéfident de cette Cour , â la- 
quelle il avoii été reçu en furvivance. 

Du 10 , Avions , 1 8 cens 70 ; Billets de la prcï 
»iere Loterie Ro'iale , 74S ; Biilets de la féconde , 

Le 10 Décembre , M. de Lamoignon , & M. dç 
Mathault prêtèrent Serment entre les mains da 
Roi; le premier, pour la Charge de Chancelier 
de France ; & le fécond , pour la Place de Gar- 
de des Sceaux , auxquelles Sa N(ajeAé les avoi^ 
nommés la veille. 

Le 1 5 , troifîéme Dimanche de TA vent , le Roî , 
là Reine , Monfeigneur le Dauphin, Madame \^ 
Dauphine & Mefdames de Fratice , adidérent et\ 
bas dans la Chapelle du Château , au Sernion de 
l'Abbé Poule Dodcur de Sorbonnc. . 

|.e Roi 4lla| le 14^ au Chiteau de la MeatCf 



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JANVIER^ lyyi. 197 

UtD revint le itf après-midi » tfc le foir il par« 
fit pour Choffy. 

Les Pères Akxândre la Manière , ]ean Mon- 
rour , êc Michel Gairoard , CommifTaiies-Géné- 
raaz des Chanoines Réguliers de l'Ordre de ta 
Sainre Trinité , Rédemption des Captifs , dits Ma* 
thurins , ayant ramené du Royaume d'Atg?r lOf 
Bfclaves Chrétiens , quMs ont rachetés cette an-> 
née ; ces Efclaves furent conduits folemnellemenf 
eti Proceffion , le i i & le 1 1 , en difFcrcns Quar- 
tiers de cette Ville. 

Le 1 4 , les Religieux de l'Ordre Roïal & Mili- 
taire de Notre-Dame de la Merci , Rédemption 
des Captifs , firent une troifiéme Proccffion , pa- 
reille à celles Qu'ils avoient faites , le 9 & le io« 
Ils altèrent de leur Eglife a celle des Dominicains 
de la rue S. Honoré , od ils chantèrent une gtati- . 
de Mtiïe en Mufique. 

Le itf, l'Abbé Baiteux , Chanoine de l'Eglift 
de Reims , Se ci devant ProfeiTeur d'Eloquence a|i 
Collège Roïal de Navarre , nommé par le R<^ 
pour remplir au Collège Roïal de France la ptaci 
de Lefl-eur & Profcffeur en Philofophic Grecque 
& Latine , vacante par la mort de feu l'Abbé Tef* 
ipfTon , en prit poiteffion , fuivant l'ufage , par ut 
Çifcourt public , qui fut honoré de la prefenc* 
du Comte d'Argcnlon , Miniftre & Secrétaire d'É- 
tat, Le Difcouts avoit pour fujct ; ilue l'on trouvé 
Aum les découverîts d$t Aneitns do qmife fcrtitê 
une JHjle idée deiforcos do l*Ejprit humain. L'O- 
rateur montra dans la première Partie ; Que les 
Anciem\ avec le fecours de la raifon feule , ont dL 
couvert dam la Nature tout ce qui , pour être connu , 
n'a pas befiin prmeipaUment d'une longue fuite d'ex* 
piriences ; U dans la féconde ; Q^e ce que les Au* 
nén$ n'ont fas connu .fat a marquer la borna ds 

I iij 



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t^S MERCURFOE FRANCE. ^ 

l'Uffx'tt humain. Il remplit fon fujet àe manière' ^ 
^u'eti faifjnt valoir les obligatioqs c|ue les Scien-j 
ces Philofophiques oncauit Anciens, il rendit auif 
Modernes la >ufticc qui leur cft d»3«. LMbbé Bat^ 
teux commencera? fcs Leçonsle 7 dcjanvier. Apre»: 
avoir diÙé 00 abrégé de U FhUp/o^ie anfiBnne , 
il traitera Dt% pnmieres Cmtffs des ekofei yfuiviin$ 
les ofinions des Anciens , m Uur comfarMnt cellep 
di ^Hélifues Modernes, 

Du 17 , Aâliêns , iS cens 9Ç ; Billets <k U pre- 
mière Loterie Roïale,738 â 740 1 B$lUt$ de I*. 
Xecondc , 6j6. 

MARIAGE ET MORTS. 

LE 9 Décerrbrc , Louis, Comte de Dutfovf ^ 
époufa dans TEglife Paroiffialc de Saiut Rocb^ 
Mârie-Fran^oifo le Tixier de MennetouM , fille 
d^Etienne le Texift de Mennetoux , Rcceveu*^ 
Oénéral des Finance» de Limoges , de de feue Ma- 
rie Anne Richard, ion époufe. LeComrede Dur^ 
fore eft fils de Nicolas . Comte de Durfort , Cbe^ 
iralicr de l'Ordre Royal Se Militaire de Saint Louiv 
Gouverneur des Villes & Citadelle de Mont*Louis^ 
ic de Marie-Agnès de Dorfort de Bourde ville. 

Le 10 Novembre , Marie*AnDe Thihouét de 
McfzJeres , veuve d« R <i« Ri*ef/# .Chef d*Efeadrer 
<ies Armées Navales , mouiar âgée ée 71 ans.^ 9C- 
fut înbitmée â Saint Euftache. 

Le 18, Claude Catittef , mourut S^é de ia^ 
ans , & plus de fijt mois , clvez UComteffe d*BotK'> 
<lant ^ au Cbâreait de I^gntc«urt-éur*Seaalx , prèsh 
yitïi le- Franco»» , 

Lçif Décembre » Macie- Ana« LêUnfte t^éfcnfyfi 



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âe M« MMier » CotifeiHer-Sccrecaîre da Roi ; 
Mâifon , Coiirmme de France 8c de fes Finances , 
tnouruc Se foc inhumée i Saint Paul. 

Lç ^, Anne- Marie CW/5 , veuve de N^ Hervé ^ . 
Secrétaire du Rcrt , knoutui ôi Fat rn&umée À Saint 
Oermain rAuxçrrois, 

Le ï y , Thércfe- Martine !e VeUêùif ieKofMfnhQf 
^poufe de Jofeph- Marie Annibal , Comte de Moni* 
mwencuLuxembmrg , fille , & petite- fille de Prà- 
toi ers Préfidens du Parlement de Paris ^ monruv 
fur ia Parolffe de Saint Sulpiçe , U fut tranfportée 
Hans rEgltfe des PP, de TOraroire de la rue Saint 
Honoré. 

Le mente four Marie-Anûfe-ÇlauJe i?r^/4r# A 
Oenlis , veuve de Henri , Duc d*Harconrt , Pair Bt 
Warcdb^l dç France, Chevalier des Ordres du Roi, 
Capitaine des Gardes du Corps de Sa MajeAé , Gé« 
néral de fes Arnnées , Gouverneur de Tournai Se 
Toys en dépendans , Anihaffadeur Ei^traordmaite 
éa Roi en Efpagne , mourut Sg^e de 8z ans , fur lé 
' ParoiiTe de Saint Sulpice , de fut inhumée dans 
l'Eglffe Mëtropeliraine dt cette Ville , oâ eft Ja 
fipuftUre d^e cette illultre. Maifo»^ dont depnii 
quelque tems^nôut ivoAii beaucoup parlé» fis donc 
tnalhenreofement nous parlerons encore daiisty 
mois prochain. 

tJne fauté de Copîfle à oceafiona^ dans le «fel^ 
ticr Mercure une erreur confidérable. On y lit 

Îue le 7 0£lobre, Char les- Armand Comte dâ 
iaUUbois , étoit mort , Se avoit été inhumé i Sainte 
Koch. U fuffifoifdece peu.de mots, pourcjtcitev, 
\f% reerets di^ Public fur la perte d\in de no« plu« 
grands Militaires , beitreufemeni l'application, n^é 

ÏMnc de lieu: M. le Comte de MaïUebois jouiff 
ope fleiao Se farfaitcrlanté f celui dont ûo«»^ 

liî^ 



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l6o MERCURE DE FRAMCÉ; 

arons voulu annoncer le décès, cft Charles »4Ï^ 
Pfcnd , Comte de Maillelois. 



VERS 

Sur M. le Maréchal de Saxe^ 

-L 'Eternel Nocher de la Parque ^ 
Voyant approcher de fa barque ^ 

Le grand , l'invincible Saxon ; 
Sortez» y Ombres » dit-il ,àh troupe ttmidç 
Qu'il alloit mener chez Pluton , 
Il faut encor |>afler Alcîde. 

Par Af. Potm , J^e^gf de la Marine dé 
France à Rotterdam^ 

LETTRE 

De M. de Beaumond à M, le P. C. D. fV 

4 Strajbourg , oh fajet de M. Daran^ 
chirurgien ordinaire dn Koi ^fervant p4K 
quartier , &c. 

Vous me faites un crime , Monfienr , d'avofr 
été jufqu'ici fans tous informer des Cures 
que M. Daran a faites dans notre bonne Ville de 
Marfeille , &_de celles qu'il fait tous les jours â 
Paris. La Rcooinimée qui a foin de publier k9 



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^JANVIER. 175 1. ip9 

c^ofe^ ëclafantes , a dû vous en apprendre plus 
que je^e pourrois vous en écrire. Cependant com- 
me vous m'ordonnez de vous inftruire , & qne jt. 
ne puis me refufer ni â Pamicié ni à l'évidence , j» 
vais vous tracer dans le moindre efpace po/Eble ^ 
les traits que j'ai recueilli. Quclqu'exaà que )• 
puiffe être dans le dérail , je laifferai échapper en-» 
core bien des circonAances eiTentiellcs a Ion Aon» 
leur. 
^ , - # • • • • 

Mes yeux ont été les fidèles témoins de quel* 
ques-uns de Tes fuccès , les autres m'ont été attcûés 
par des gens dont la véracité eft infaillible ; mais 
n'attende?: pas que je me fafle arbitre de M. Da* 
ran , Sl de fcs rivaux. Son mérite eA au deilus de 
ines éloges , & d'ailleurs mon témoignage n'eft 
pqint d'une valeur i -mettre un derniei (ceau i 
tant de vérités connues. 

Le fufFrage public eft un arrêt , après lequel il 
né refte plus rien a juger. Croiez , M. qu'à traitef 
des maladies fecretces , la célébrité ne s'acquiert 
pas gratuitement , & que C\ M. Daran eft fi fameux 
pour la guérifon des maladies de l'urcthrc,c'eft que 
la difcretion de Tes malades n'a pu refufer a l'éfica* 
ciVé de Ton remède l'hommage que méritent Us 
talent.. 

.Le bruit que faifoient Tes Cures â Naplesfe ré.' 
pandit bien vite dans toute l'Italie , de ne tarda 
point â traverfer les mers. Marfeille , comme la 
plus prochaine ville , fut inftruite des premières. 
Sçs habitans le fouhaitoient avec impatience. 
Quelqu'un d'entr'cux prcflé par de juftes motifs , 
s'embai qua pour Naples , ou il trouva un jufte 
équivalent d'un nonvel être La Renommée n'avoit 
point groflît les objets , il éprouva heurcufemenc 
qu'elle avbit iié tiop modefte au fujet de M. P«^* 

if 



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«ï MERCURE DEFRAÎTCE; 

rati. te témoignage que ce maleiîcié , devenu Gté^ 
tenait â fes citoyens ^ augmente encore plu» ledr 
atdcur. 

^Cct hortïmc û défiré arriva enfin a Marfeillè , 1er 
snal y étoit extrêmement répandu. Ma^{èil(e f2is- 
joor délicieux par fa (Huacion avantaget^e , & par 
Je degré de Ton élcration , pepeut manquer dçr 
nourrir d>tns Ton fein des habitans expofts à de pa« 
xeils maux. Pour furcroit la guerre y entreteiroiè 
alors quantité de troupes; auffî M. Oaran trou* 
^a-t-il des occafîons fans nombre d'exercer la vercif 
€lt fbo rpécifique : La majeure partie d^s Nf arfèil- 
lois le regarde comme fon fauveur. Qiii oferoit 
«'élever contre , qu'il aille recueillir Us fulïrages ^ 
je lui déclare avec franchrfc > ^ite ia malignk^ 
pourroir avoir un tiifte fort. 

• C*cft fur de fi folides fondemens que- M. de f* 
l^eyroniç » digne à tous égards d'être i \a tête de» 
Chirurgiens du Royaume, fcllicita M. Djran de 
Tenir a Paris. M. Chico-yneau , dont la prudence 
Se le difcernfmeni égalent le profond fçavoir ,' 
fo^f^urs attemif aux progrès de la Médecine , cruf 
ctt*îljmportoit au bien public de l'y attirer. Ils'af* 
luxa delà vérité de fes Cures , par le témoignage 
qac lot rendit généreufemeni M. Bertrand, Doyei» ' 
ics Médecicks de Marfèille. 

La réputation de M. Dara» étoit toute faite 
Iwiqull arriva i Faris: Il n'eut pas befoio de recelai, 
ik aux placards , aux affiches, ni aux fubterfuges» 
L*e3KiVeiKe de (bo Tpécilique fe montroit au gtand* 
jour ^ nralgjpé le voile de l'envie. Tous ceux qui 
réprouvèrent, facrîEer en rieur modef!ie en faveur 
^e îa vérité- toute l'Europe a retenti de leurs té& 
jBBO'gnages. 

Vétts détaine r la moindre partie des fàmeuftf» 
Otfcs ^e M^ Daran affaires dans Paris « ce fetoif^ 



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lAtîVfEft. i7Jt. itfj 

tfn cmtrage de longue haleine ,& qm n'âfforeîroît 
j^oloc aux jades bornes d'ane hccre. Sansvoas c'net 
tant d'exemptes , comlneû M. P, ne lui efi-il pai^ 
i^devable ? 

Cet homme ptm que Texâgenatre , que Ms foow 
^uetïfes pàfGons de la jcuncffe , avotent fourent 
conduit aux portes da trépas , épuifa inaciiemenif 
l^art des plus célèbres Médecins 8c Chirurgiens dtl 
Koyaame. tis'eftimoîtfbrt heureux , torique païf 
des palliatifs il jpuiflToit de quelque iaterrnptroié 
dans Tes maux ; mais ces palhatifs n'empêchoiene 
j>oint l'accroiflement de la maladie virulence & ià 
tes fbuSrances. Les dernières années , ilécoit obîî^ 
gé de chercher dans Ton lir des podures ridicule^ 
pour fe foulager. Bn proie i Tes foufFrances , tt 
fie (cachant â qui fc vouer , H fe jetta entre les bra» 
de ce nouveau Promethée , if ne fut pas loo^-teml^ 
â fenth l'efficacité de fon fpécifiqac ; au bout de 
deux mois les douleurs & les maui qui fes occa-^ 
fionnoient, difparurent, * Dès lorf il remb!e*avof^ 
repris une nouvelleîvie, il ne lui reRc quek foav^ 
Hir des maux paflés , qu'il prend plaifîr à racon^ 
'ter , pour rendre fervice â fon libérateur , & réw 
reiller en même tems fe contentement qu'il reft 
Êmt de Cà par&ite guérifon • bien plus que de (k 
"fortune dont il jbuit. 

QJae de miracles M. D^rsLti n'a-r irpt Oféi6 
depuis! Combien l'avenir lui en réferve-t-il enco-* 
j?e r Car, tel cft le fort de la nature humaine: L« 
Ibmme des plaifirs qui fcmbleot feuîs être et» 
droits de charmer les ennuis de notre exîfîence^ 
'ne fit jamais une équation avec la fomme it0 

* Wûnd *vdetHdo jucunUsof efl th , qui I graiif. 
piorhrecreÀ iCunt y^ttari^ qui numquam àgfê (9t^ 
f9re fuerunu 



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104 MERCURE DE FRANCE. 

maux qm en réfultent. L'on peut dire que c'eâ.ll 
principalement où les eficts font en difpropor- 
tion avec la caufe ; mais aufTi la même difpropor- 
uon (e trouve-t-elle à l'égard de Ces guérifons dan» 
le canal de Turethre. Sa méthode ne requiert ni 
is fer , ni 1e feu, recours fouirent plus crueJ â. 
endurer que les maux même. Elle n'exige que 
de la confiance â fapporrer une légère incommo^ 
àité , qui devient égale à zéro , par rapport aus 
biens permanens dont elle cft fuivie. 
. Cepen^dant au milieu de (à gloire ^ il a été 
obligé de fe juflifier fur des hypotéfes que l'envie 
lui a fouvent oppofées. Quoi ! guérir des mala- 
dies virulentes invétérées , par des remèdes , dont 
ia douceur laiffe ignorer leurs progrés? N'être 
point obligé de fuivre un régime de vie auftéte , 
vaquer â les affaires , fans redouter des pronof- 
tics fâcheux ? c'efl un phénomène qui a paru fur-- 
paturel â plufieurs antagoniftes , il les a révoltés; 
êc révoquant en douce les objets palpables , ils onc 
tenté de faire tomber fa méthode dans le dernier 
difcrédit. L'on n'attaque jamais les talens médio* 
cres^ , ils font deft:nés â l'oubli : mais l'on met 
tout en ufage pour anéantir les talens fupérieiirs. 
La modération avec laquelle M. Darans*eft jufti-. 
fié , fait honneur à Tes fentimens. Que faime voir 
la {implicite des premiers tems , & cette aimable 
naïveté dans Jes hommes de réputation î 

Oui, Monfictur > il efl vrai , & M. Daran lecoa- 
fefTe , que Tart d'introduire la bougre dans le ca- 
jiâl de l'urethre n'eft point nouveau ; j'ignore aut 
fi s'i^eft fort ancien Mais c'cft â M. Daran que 
l'Europe entière reconnoît qu'efl due 'a gloire d'a- 
voir trouve un remède aofi doux & auflî efficace 
pour la guéiifon radicale des miladies de l'a« 
rçthte. Il o'eft point de nation qiy ne fe fat £^ 



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JANVIER. 175 r; zof 

l^noear d'une fi utile déccou?erte ^ fi quelqu'un 
de Ces patriotes eût cù le bonheur de la faire. C'eft 
Tune des jplus falutaires de refprit de l'homme eiv 
^veur de fa nature humaine. M. Daran eft auto* 
rifé'par le filence des fiécles antérieurs , i pronon^^ 
cer hardiment qneferfonne mvms lui n'avait trêU" 
vé de mûjenfuf de guérir rduiicalement les fuites de$ 
gonorrhées vtrulentes , fuites fouvent plus fdcheu* 
fes que U mtlétdie qui leur donne nstdance y quoi'* 
qu'elle foit elle-même une des plus fâcheujes mux-^ 
. que' les la nature humaine foit expofee. 

Toutes les lumières de U Médecine & de la Chî^ 
XHrgie , dans la pratique de la guéri Ton de ces ma« 
ladres fc réduifoient aux fàignées , aux bains , la^ 
vemens , & autres forces d'adoucilTans. On fe fer* 
voit aufli de corrofife pour détruire les çarnofité9 
du canal de l'urethre : mais cette pratique n'é* 
toit que trop fouvent démentie par i'énevenc- 
ment. 

L'une des fameules propriétés de ce remède , 
Monfieur , eA de coopérer à la génération. Plu* 
fieurs Marfeillois m'ont certifié que nombre de 
leurs amis, Se même quelques-uns de leurs pa- 
ïens qu'ils m'ont nommés , n'avoient eâ des enr 
fans que par leurs guérifbns. M. V. que vous 
avez vd chci moi à Paris Tannée dernière , m« 
confirma cette vériré par quantité d'exemples 
îoconteftables , ce n'cà point un paradoxe. Les 
embarras du canal peuvent empêcher la fécondi- 
té » le remède de M Daran les détruit. Donc cet- 
te conféqucnce cft évideûte,.& feroit un grand pré- 
jugé en fa faveur > quand nous n'aurions point 
d'exemples. 

La bénigiMté de ce remède eft telle , que l'a- 
dolefcent ne reffent pas plus de mal que le vieil- 
lard. Tandis qu'il eft employé à I4 deiUuâio» 



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icTcntiemi «fe leur fânté. Ccynraladesfe'lïvrciîÇ; ^ 
«111 pUifiir^ de & promenade , du feu , da Q>e^«- 
rfe , &c. Il y a quelques jours q.ue M. le Mar*. 

?M de S. R. me prapofa de venir déjeuner aa£.. 
huilleries ,' quoi'qtt'il n'y cAt pas une de-* 
^ie heure qu^>n lui eut ineroduit la bougie. Nou^ 
f reftânves jufijues â midi , & nous ne parlâmes 
rien moins que de Tes maux: Il y a plus, l'Arti-*-' 
fan a la liberté de travailler : or il a eft point de 
5toiciçns affcz intrépides pour endurer les grandes 
douleurs ^ qu'occafiomient les cauftiqjues violent , 
Êins'au moins faire mine de fc plaindre; Si: le vi-- 
fege eft le tableau de l'arae , l*on peut voir fiir ce* 
Kii de Tes tnàladès , dans quelle afîicte eft la leur i. 
au reftece remède n'àtraque que .es endroits ma- 
léficiés ,. il n^^Scât en fa^n quelconque les pac^ 
#ies faines^ 

M. D. G s'imagina avoiVlecijnafobftrué. Ifn? 
£leve infidèle de M* Daran lui appliqua à Ton ia- 
Içu des bougies , pendant huit jours: Ton retira cer 
houghs fans le moindre ffux y d'od Pon peut in- 
firer que ce remède n'opère que fur l'endroit oiÉ 
-cft le mal ; de forte qu*iin homme qui fe prèfen^ 
feroiti M D^ran,fan$ erre fur de fon état par 
une fuite d'évenemos réitérés , la tentative ne 
'ijpuroit lui être préjudiciable, il eff vrai que peu* 
d'hommes font logés dans cette cîaff-' d'imbécilli-. 
té. Tout le doute ne peut rouler précifémcnt que* 
'fcr l'endroit où le mafa pris^ naiflance i ou dat» 
la veflîe , ou dans le canal de l'bretRre. Si c'èft â 
îavi (fie , le malade eft' renvoyé aux Chirurgien^ 
qui en traitent; fi c*eft au canal , h/S^ Datante 
retient comme le feul qui foit.en droit de le traîw 
Ter efficacement Ne vous imaginez point , Mbn- 
Seur , qu'il commence clandeftincment (a cure. 
Après a?ori exigé du mahd<: ia. relat ^ de fba 



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JANVIER i7jf. TO7 

ttiaî. Il le feit vifîter par Ton Mé<^ecin ou Cliirur-^ 
gien de confiance , 6c s*il n'en a point , ij le fair 
eonfl^aterfon étara^uel paries M éjectos 5rChi« 
rurgieâS , aufli célèbres que probos , ôc fait eofui- 
te confUiei fi^guérifon lori<)jiie le uaîtemem c(t 
fini. 
~ A l^^gard ^es malades des Villef éloieoées j^ 
M. Daran a iênri l'inconvénient de reotermrr , 
îi nritfque de Ton jcxnide j dans l'enceinte de . 
k feule Capitale du Royaume. Pour y obvier , tf 
a établi dans les principales Villes , le mêir» 
dans les Pays Etrangers , des Cbinirgiensfes di(«^. 
trpîe^ , parfaitement inft^^uvts de fa méthode. 

Ce procédé , Monficur j ne dépeint point une 
awe infjriàblede richefles. La téc^wnpcnfe qu'H^, 
exigé de l'opuTcnt, ne tire point â la lëzinc^l* 
forrune médiocre simpofe elle même , & l'indi- 
gence trouve chcï loi avec aflutance le terme de^, 
&s fouftances. Ce définféreflemcnr tire h fource-, 
du fond de l'humanité ; l'oftôhtation n'y peur 
avoir pMt- Je vous en écrirois davantage ice fujc^,^ 
Monfieur, fi je n'aprehendow de faire murmurer 
k mode ftie des fentimens de M.. Daran : mait 
tÔMt incrédule peut être confondu, s'il inrerrpge^ 
"lès malades iœmédiarcment après les panfcmens* 
leur témoignage lui apprendra l'uniformité de^ 
feins qu'il prend & de l'opulent 8c de l'indigent , 
par rapport a* la guérifon finale; il pourroit mè*- 
nje s'il en connoiffoii quelqu'un , ôire témoîil» 
oculaire de ce que j'avance là, il verroit que la tur- 
piiode & i*indigeBce,:quoiqu'au plus bas degré, nff 
lalenîiflbitnt point Pardeur de cet homme unique; 
Je vous ai dir.^ohficur, que les portes-feuH-r 
les de M. Daran étoienr remplies de certificats ^ 
mil atreft. nt Tes Cures. Il a compofé au milieu de- 
Mes grandes occupations ,. «n Uvre qui a pour turc 



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lôg MERCURE DE FRANCE. 

Obftrvatiom ChirurgicaUi fur Us m^îa/ihs de l*Hff. :. 
ihre ^ f^c, clicz de Bure l'aîné, a Tlma^e :Sdnlf 
Paul , Qpai àt% Auguftîns ,.oû il en a yniéxé pla- 
fieurs , qui atceftenc les Cures qu'il a faites â Paris. 
Ces cercificars en quelque nombre qu'ils puiflenc 
êîre , font encore dans la proportion de l'unité â 
l'infinité , par rapport aux malades qui atteftent 
leurs guérifons , & qui s'efforcent de Tannoncec 
i tout le monde , avec ce zélé ardent qulnfpire la 
rêconnpiflancedans un homme bien né. 
Je fouhaice avec rousles partifans de la vérité, 

5Ue M. Daran Jouiffe longues années des fruits 
e fon fecret. Tout bon patriotî , que dis-je , 
tout homme doit Pexhortcr à préférer fa £a- 
Itfraire prarique â une théorie méditée , qui ne fe 
côncilicroit jamais enfemble , que pour ladeftruc* 
tion de fes malades. Sa gloire eft folide , elle n'A 
pas befoin qu'il fafle des livres de principes théori- 
ques. Les hommes feroient en droit de lui deman- 
der compte d'un tems employé par des fpécula- 
ttoDS qui leur paroîtroienr fiivolcS. Socraces n'é- 
crivit jamais que dans la mémoire des hammes. Le 
nom de Socraces cft-ii moins immortel ? 

Voila, Monfisur , ce que mon amour pour la na- 
ture humaine m'engage de vous écrire. Aucun, au-» 
tre fentiment ne m'afïe^le.Heurcuï ! fi je puis avoir 
xcmpli les vues de votre efprit. Je fuis , &c. 

^/g»/ DE Beaumont. 

Nouveaux Certificats en faveur du Sieur 
j^rnoult, Dro^uifte^ ci-devant rue des cinf 
Di amans & préfentemet rue Quinejuempoix. 

MOnfîèur Feury , Négociant fur l'eau-de- 
R'obec à Rouen , par fa lettre du i6 Sep- 
tembre 1750 , mar;jue que la nommé ç Dumoût 



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JANVIER. 1751* ao> 

femme de joaraée , extrêmement tourmentée de 
▼ipears , ayant porté le remède du 5r ArnouU 
Drognide pendant placeurs années , elle n'a 
point eu de vapeurs ; que le Sachet étant ufé , 
lès vapeurs Tonc reprifes , pour quoi il prie d'ea 
reâvoyer promptctnenr on autre. 

M. de Poudenas , demeurant clie2 Madame 
la première Piëfidente de la Caze , i Bordeaux , 
marque par (à lettre' du 17 Septembre 1750 , écri- 
ici M. de S. Pau , ancien Officier d'Artillerie ^ 
qu'il (ê fert du Sachet du Sr Arnoulr , Droguifte 
depuis plufieurs années, qu'il s'en trouve trér bien. 
D'étant plus fujet comme il l'étoit auparavant i 
des tonmoyemens de tête qui l^nquictoieot beau. 
coup. 

M. Tarodin , Chanoine de la Cathédrale de 
Boulogne fur mer , Prieur & Seigneur de Bre-. 
dom en Auvergne, attcftc que le Sf Clément 
âgé de 75 ans , Maître d'école de Boulogne , étanC 
tombé en Appopleiie majeure le }eudi Saint avec 
paralyfie fur la moitié du corps , compris la tête 
& la langue dont il ne put (e fervir ; il refta fit 
jours en cet état , (ans pouvoir rien articuler ; 
niais M. l'Abbé de Montgazen » Chanoine Théo- 
logal & Vicaire>Général ayant fait venir de Paci» 
un Sachet du Sr Arnoult Drogûifte, & ce Sachet 
ayant étéaudi-tôt appliqué , il reprit fes (ens & 
la parole en peu de tems , & trois jours après il 
vint i rEglife £iire fes Pâques , & que depû il 
coDtinae de tenir fon école fans aucun reiMti- 
ment de Paralyfie ni d'engourdiflèmeot. 

M. de Brefme ,* tientenant Général & Civil 
â Calais . par £à lettre du 11 Juillet 1750 , s'ex* 
plique aiofi. 

Vous pouvez , Monfiear , me mettre au nombre 
des panégiriftes de voue Sachet ^ â l'âge de fôs« 



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«ttf MÊRCtTRE DE PRANCE; 

lante & troUans , je fiiis devenu fujct i des é(oitf^ „^ 
dfiflemeas û fréaaens 8c fi violens, <|iiM$ me ren<« . 
dolent .incapable d'aucun travail , & mêine dtf 
t»uce prompenade : au mois dc^ Septembre 1741 ,.jé 
^t iai un de mes amis » M. Maréchal , Marchand . 
de Soye , encore vivant , a« bout de la rue S. ]ac- ; 
eaes , de m'envoyer promptemenr deux de vo^ 
iachets ; depuis ce tems ià> j'en ai fait venir d'au;^ 
trespar amis pafTantpar Paris^fic je ne me fuis feii^ 
fi de veftiges depuis neuf ans que lot/que les Sa^ 
«hets font devenus tout plats 8c vicils. C'eft un té-' 
moignage que je dois à la vérité. S/x/^é dï BacsMS^ 

Les fuites du fuccès de ce remède fouc autant d^ 
Oouveliespreuvesque le Sx Arnoult eft feultn pof* 
fcilîon de fotn remédie, ^ qu'il eft toralemem dif- 
férent des .Cachets diftribués de toutes parts , 85 
dpnt on n'cfk pas eh état de rapporter aucune prcur- 
tç du fuccè» de ces préteitdus remèdes. 

. Pour la fdrcté du P jblic^ afri qu'on ne puifftf 
^T) pu ter au Remède duSr Atnouk les aceidea» 
d' Apoplexie , qui n'arrivent que trop fouvent avec? 
CCS pr«eod<M-R.eméde&f le Sr Afn.Qu|t décide eii^ 
cote qu'il n'a cornants 8c qu'il ne commettra ja-» 
mais per(bnne pour la diftribuiioo de foo^ Remède» - 
qu'il ne s'^eft janittis diftribué <{ae chez lui ci*de<« 
vant rue des cinq DiamaâS 8c prefenteoMent rue 
Ql^incanrpoiz , vîsi-vîs ceUe de Ven.ife» à Par il ^ 
toujours accompagné d'ukr impriind (igné de & 
giai4l&ns leijuel on oe doit y ajouter «ucune fot^ 

î jf r I S. 

LA vfeute dtï Sîeuf Étiwm ^ l>enei(ïe des Éûûn* 
de France, doimcatisqu'ettc débite journel^ 
lement chez elle ^ rue Sainte A voye , au coin dd 
J» fOG d«i9ra^c^ches^M.ecorget,f<ib fi;er«> 



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7 A NVIE K. tjft. ut 

Ch'fuvgien , leii remèdes de (en Ton mari^don^ 
dfe a feule l<i ccmpofition , & qu'elle a toujours^ 
prépiirés elle-même. 

Sçavoir. ,»®. Un Elizir anti fcorbutique oui ra& 
krmit les dents , diflîpc le gonflement & l*in-^ 
âàmmatiôti des gencives, les fortifie , les faitrc- 
croîire > diflîpc & piéviei>r toutes les aflîi£lion* 
Scorbutiques , âc appaife U douleur de dents. 

t*. Vue eau , appellée Souveraine , qui afFcrrait 
auffi Iesdems> rétablit Icsgjwcives, en diflîpc tour 
tes tumeurs , cliancrcs & bourons^qui vicnrîtn» 
aiflî i la langue , a Tintërieur des lèvres x& des 
^ou€S ,en fe linçani la bouche de quelques goutte» 
flans de Teau tous le? jours. Elle la rend trakhof 
k (ans odeur )& en éloigne les cottuptions,elle 
calme la douleur des dcncs. 
. 3®. Un Opiatc pour aJîèrmir & blancKir le# 
dcnt$,d:flîpcr le fang épais & gio/Ticr des eenciveSy 
^ui tes rend tendres £c oiollafles , & caute de To^ 
dcuT à la bouche. 

V' Une poudre de cor ail pour Blaachir les Jents^ 
èç Itssntrcrcoir j clic empoche que I9 limon ne fis* 
forme en tartre , & qu'il ne corrompe les gencive*, 
k elle les confervc fermes & bonûes,de forte 

Qu'elle peutfuifire pour les perfonnes qui ont fom^ 
e leurs dents ,fan» qu'il 'foit ntfceflaire dclesjjire 
nettoyer. Les cvius petites bouteilles d'Elizir fonO 
d'une ltvi<e dit (ois. 

Les plus petites bop^illes d*Eau Souvetaioa^, 
km d'une livre qiutre fols » mai» font plus grande» 
^uc celles de l'ElIxir^ 

Les pots d'Opiâte ^^Ifs plus fecits , font d'une 
K«re dix fols. ' 

Les boëces d< poudre de Corail , Cû>nt d'une livre 
quatre fols. . 

On trouve aiiflî cbts elle des éponges fines |^ 
des sacines p r-éparées* 



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112 MERCURE DE FR.ANCE. 

La veuve bunon efe affârcr que le Public fer^ 
au(n facisfait de la bonré defdics remèdes , donc les 
Dames de France ont ufé , qu'il Pétoit du vivant de 
ion mari. Elle donne ua imprimé qui cnfeigne ki 
manière de s'en fetvir. 

h E TTR E écrite de CoutMce , far M. 
Hféard ^ Profeffeur de Philofophie , a un 
jiflronime k Paris ^fur un phénomène lar-^ 
. rïvé le II OEîohre dernière 

VO U S nie faitcis honneur , M. de me croîrd 
capable de vous fatisfaife, au fujet du phé- 
^iiomene qui eft arrivé dans notre pays. Si U 
tfiufe ne m*eft pas bien connue , je poarrai du 
inoins vous en doniler une rclarioa fiiéle ; caïf 
j'ai été fur le lieu od a tombé la Pierre , pour 
lii'informer au jufte des circonftancC'. Vo\A \t 
fiait. Le Dimanche onzième jour d*0£lobre , 
environ â l'heure de midi , pîufieurs perfonnci 
tant â la Vilb q^u'â la Campagne, ont enten-» 
du un bruit femblable â celui de trois coups de 
canon tirés au loin , le dernier coup a été fai-* 
Ti <l'un bourdonnement qui a duré quelques mi- 
nutes ; ic à l'endroit oii a jombé la pierre , ce * 
bruit a été fuivi d'^an éclat femblable à celui 
d'une branche d'arbre qu'on auroit rompue. On 
n'a riîQ vu de lumineux dans l'air. Quelques* 
uns des environs difent quMsont va feulement 
^uel^ae chofe de noir qui paroiffoit comme na 
ôtfeau qui auroit volé de haut en ba^ avec gran- 
de, rapidité. Je n'ai point vd la pierre fur la 
place , parce qu'elle avoit été enlevée le jotlt. 
précédent de celui auquel j'y fuis allé { mais on 
m'a affuré qu'elle éroir â peu près de la groffeur 
4'ane bouteille de q^uatre pots , & (ju'clie étoic 



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JANVIER. i75f. m 

^coîre chaude une heure après qu'elle a été 
tombie , ôc en approchant on fiçntoic une forie 
ledeur de fouffre ou de poudre enflaropié^ ; oo 
^ Ta trouvée cafTëe en plu^eurs iporceaux , donc 
le plas gros pefoic environ vingt livres. LVi* 
!térieur eft noirâtre' ft tr^s-dur , l'intéiieur eft 
jgrisâtre & snêlé de petits points brillans qui fe 
'^parent aifément. Le trou qu'elle a fait en ter- 
,^e n'écoit p^s cpnfidérable » il avoit environ um 
pied.de diamètre fur un demi pied de profon* 
deur , elle ne pouvpit aller plus loin i caufe da 
fond qui eft une efp^ce de gravier ou gallet , 
ûSez dur. Le (Impie peuple n'a pas manqué de 
regarder cette pierre comme un effet 4u ton-* 
nerre 9c de Tappeller pierre de foudre ; mais il 
n'y a nulle apparence, x^. Parce que le bruit 
« ité entendu de x y lieues loin à h mime heure , 
ce qui n'arrive point aq bruit du tonnerre qu'on 
entend tout au pios dfe quatre ou cinq lieues. En 
fecpnd lieu , j'ai rem^rquji que cette pierre n'eft 
qu'un compofé de fable & de parties de fer ; 
car on voit que loifqu'elle eft réduite en pou(^ 
fiere , on apperçoit au microfcope comme autant 
de petits criilaux tréstranfparens , & que les par- 
ties luifantes s'attachent toutes au coâteau^aiixian- 
té , ce qui prouve que cette picrfre cft une vérita- 
ble Marcaflite , ou matière minérale mécalliqu.e* 
•Tout ce qu'il y a de furprenânt , c'eft la mapiere 
«jonc elle a été lancée en l'air ic portée au lie^ 
où on l'a trouvée; Pour moi, je croirois volontiers 

2a'|l s'çft fait quelque part aux environs unç 
ruption en forme de Volcan occafionné par une 
snâimmation fubite de matière fulfureule dans 
quelques lieux fouterrains qui auroit produit l'ef- 
ftt d'une mine que la poudre â canon fait fau- 
f er ef> l'air. Nous lifous 4an^ pl^^leurs rt;lations 



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^î4 MERCURE DBFi:41ICR 

<^s effets bien plus furprcnans occafionnés par 
xle femblâbles c^ufes, dans ies pays chaads. OU 
^ic qu'on en a troavé de pareils morceaux datis 
^i'autres Parroiffes plus éloigr^cs ^uc cellç/dc 
^icorps > fcimée â ufie demie lieuj^ d'ici ; <i œ!^ 
eft vrai , ma conieéfcure devîendroit probable» 
On ponrra peu^ê:re Recouvrir Pendroic bdia terre 
ïe feroît euti'ouvertje pour votair cette matière^ 
On m> dit que le bnilc a ^iii plus confidéra* 
ible a ^ Het^s d'ici du cdté de S. Lo, qu'ail» 
-Icars ;4:c qui pourrait faire foupçonner que P<* 
rfuprion fe leroit faite dans ces cantons , oà il y 
..a eu des mines découvertes, il y a quelques aa- 
^ée9. Vous ètoÈ â la foiirce de la belle Phyfiqué , 
.lUnii je fîpis eu voqs affûtant que je fuis , &c« 

Huard , Préirt. 



c 



inQlS« 



A r I s. 

Eux qui doivent au Mcrcuf c , font 
j pries de payer daas le çoor^ac d«; 



APPROBATION. 

J*Ai b) , par ordre de Monfeigncur le Chancei^ 
lier , le Mercure tU FrMCê du préfent mois* 4 
Paris , le S Janvier 175 1. ^ 

MAIGNAN DE SAVICNYi' 



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jtfiiui. i . ■ . 1 • ' ' ' -- ^ "i. l .i I I I I— — y— HT 

,; TABLE. 

PIb«b< FooxTiTBs eo Vers &en ^o^; 
Le Bouquec , Fable du Meicurc«au Public , | 
#iifiaft^ du FLomien de Proveoce > jfit M. de Foa- 
r ^^enelle» , .5 

ITers fur Reoe}as , p^f Mad. du Hoccage , ' ic 
Kéâex ions fut U perfoanc & lespunages de M*^ 
l'Abbé Terraffon, sy 

^e SiDg« & le CatdÎBal , Conte , 44 

.pes devoirs de l'Académicien. Difcours ie M. de 
^Maupeicuis , 4! 

jEpitre au Roi fut Tfidit pour laNoblefle militaire, 
pac M. Marmontel , ^4 

Autre i,Mylord de Chaderfîejd « £7 

jSéance publique 4c TAcadéçiie des InTcriptions 6c 
IBelIcs-Lcrtrcs , 6f. 

Piflertation fujr Tutilicé de la Tragédie , par M. 
Racine, 75 

JMots de PEnigme fie des Logogriphes du feconi 
volume du Mercure de Pécembre , 79 

pnigiiics & Logogriphc , k\p 

Nouvelles Littcraiies. jLenres de Niaon Leh* 
clos , 9^ 

^iftoire des Négociations Ôc dû Trajré des Pire- 
nées, «j 
Capitulation harmonique de M. Mnldenei , 84 
^Hre$ Arminiiy Carmen , , 8tf 
Le Spedtaclc de l'Homme, $9 
J^émoirc fur l'Horlogerie , yi 
JLt Triomphe littéraire de K f raiice ,' Pqëme Ita- 
lien, 9t 
yilmanaqh de Tabk , i> j 
J^iffertation fur la Queftioil > &C. 94 
Mémoires pour fervit â i'Iiiftoire dl^ Brapdebourg. 
Nouvelle Edition I ibtdj^ 



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bétails militaires , par M. de ChenHCvicrcs , tlsi: 
t^tttlie , Tragédie Chrétienne , ^7 

Difcours qui a remporté le Prix a ^Académie de 
DijoD en I7JO, ^8 

Beaux-Arts , zi^ 

.Eftampes , 1 17 

Projet de Soufcriptîon pour là Chapelle des En- 
fans trouves , . Xî3 
Chanfon* L'Auiour véritable y 119 
5pedacles , 13^ 
Vers de M. de Fontcnclle , for fa TÎeilleffe , 133 
Lettre fur Cénic , ( 1 34 
Concert Spirituel , 182, 
Concerrs à la Cour , 1 S f 
J^euvellcs Etrangères. Du Nord , &c. 18^ 
^Irance, Nouvelles de la Cour j de Pari^ , i^f 
Mariage & Morts , J9S 
Vers fur M. le Maréchal de Saxç , loo 
^lettre de M. de.Çeaumond i M. le P. C. D. V. â 
Straftourg , au fujet de M. Daran , Chirurgien 
du Rpi , (ervant par quartier, èLÇ. ibi4. 
t^^ouveaux Certificats ^n faveur du Sieur Arnoulc, 
Droguifte» lOS 
'Avis de la veuve du Sieur Bnnon , Dentijfte , 1 z o 
lettre écrite de Coutance , par M. Huard , Pro- 
feffeur de Philofophie , » un Aftronôme i Pari^, 
fur un phénomène arrivé le 1 1 Odlobrc 9 %i% 
ifrvis, a.14 



, {4 Chânfen mt/e doit regatâtr la fâg$ i %)^ 



De Plïnprimeric de J. B u l j. o r# 



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MERCURE 

DE FRANCE. 

DEDIE JV ROI. 
. FEVRIER. Ï751. 




CbtT^ 



APARIS, '^rr^^"^ 

ANOR€* C AiLLEAC/,ruc Saiat. 

Jacques , â S André, 
j La Vcavc P I S S O T, Qpai de Conry , 

ï la defcence du Pont-Neuf. 
UEAN DE NULLY,attPaIaîs, 
JACQ^UES BARROIS, Qjiaî 
des Auguftins , â la fille de Neveis, 



M. DCC. LI. 

^vecjt[ifnhéum& Privilège d» Roi, 



t 



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AVIS. 

L'ADRESSEginérdleduJUercureefi 
k M. DE Clbves d'Arnicôurt, 
YHi des MoHVMis GMrçons , fanxtourg Sdim 
Germain , s r Hôtel de Mâcon. Nous prions 
très ^ inflamment ceux tfui nous adrejferont 
des Paquets par la Pofte , d^en affranchir le 
fort ipour nous épargner le déplaifir de les 
rebuter^ & i eux y celui de ne pas voirparottre 
leurs Ouvrages. 

Les Libraires des Provinces ou des Pays 
Sirangers , qui [ouhaiteront avoir le Mercure 
de France de la première main^ &plus prompt 
tementy n* auront qu^a écrire a l^adrefe ci-dejfus 
indiquée ; onfe conformera tris-exaSement à 
leurs intentions. 

Ainfi il faudra mettre fur les adrejfes m JH. 
de C levés iF^micourt , Commis au Mercure 
di France , rue des Mauvais Garçons , fostr 
remettre à M* l'abbé Raynal. 



Paix XXX. So&s. 



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MERCURE 

DE FRANCE. 

DEDIE ji Zf RO L 

FEVRIER. 1751. 

PIECES FUGITIVES^ 
en Vers à" <>* ■P"?/^* 

LE M A R. T E A U, : 
E P JT R E, 

Sous le nota ^e Vénus, i Madame •■ 
T E M c I N , en lui envoyant |ui pnic, 
marteau de table., le joai de iVm. Pag^ 
M. Piron. Des Forges eUteoMt, iefre-^ 
vierjarrvier 1748. 

Y^ (7 Rm <b mmde ér f* R^' & ^* ^*f* ' 
T»ur fc€ftre_»ymt U Vnumt iPtr tn mm» , 
Divinité nuUepMt étrangère , 
rmtu«(h«rit&dtqHil'mJetUire ' 

Ai) 



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4 MERCURE DE FRANCE. 

Fâfi le Trône mu fond du cœur humai». 

A V engageant e çjr rare eriMure , 
^f du même mrt tient fn gloire ^fon lo^ # 
Ji.t qui reçut detjnains d^la Nature » 
De quoi ne pas envier m^ ceinture , 
Sdut ygatté y beau cercle ^ douze lots.» . .; 

Morcelle ahnablc, attendant ces aubcines 
De notre part aujourd'hui pour étrennes^ 
Ayez. en gté le don de ce marteau , 
Et tenez-vous pour la bien éçrenaéc ; 
Car c*eft vrainient^m cnrieûx morceau , 
Dont à l'ufage allez être étonnée. 
Depuis l'armure k. d'Achille & d'Enée, 
Ne s'eft id rien forgé de C beau : 
Trépieds mou vans , ni violon d'Orphée , 
Ni de Gigés le merveilleux anneau , 
NiTaWn^ans^niJ>ag|ciettwdç,Fée; ^ 

N'onéfivpaffé ce cheîd'oêuvre en verttt | 
Il eft â vous , nur.auyre Tt% l'fât eu ; 
Affûréaàent vous nâqiuces ,coif ftéç. 
: D'abord a tablé 9C pen4ant le deffert , 
Si vous voulez , tout ifià^pléctierit irfert 
A cafler'noix yfuçre^v^Àinàe ou noifetrc; 
«Ja'aini ftcfoit,«: qui v<)trc couvert 
Il accompagne & cuillère '& fourchette ; - 
Tout n'^ ira que plus gaimeat fon^train ^ 
Il n'en fèra,(g[ue micp» à votre main, 
pour fîgnàlcr fa facuUé fcprf ttc: . 
îsjculi prompte» effi€âçe & coropl.cttft.; 



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FEVRIER. lyyi. 

ï^quelle change un fage en fagotin j 
Fait d*un Mentor un patfait Calotin, 
Opadruplc Egide eûi-il pour amulette ,. 
Enfuite op^re un tout conir^kirc effet , 
Du Caloiin fait un kge parfait , 
^fte maligne , â la fois & recette ; 
Voici comment Pun & l'autre fc fait. 

Droit fur le teiV^ un coup de la hachette*;. 
An plus raflis vaut un coup de gibîet , 
Gâte fon tipabr^ & le fêle tout net j 
Si qu'à l'mftant l'agile girouette , 
S^arborc ,& vire au haut de Ton bonnet* 

Nul n'ed fî fain que le mal ne le gagne, 
îût-ce UD Socrate » un Séneque , un Montagne> 
Du coup de hache à peine eft-ii frappé , 
Que leyoiUt^eaa cheval échappé , 
Qui fe détraqqe & qui bat la* campagne. 

Puis TOUS tournez , ayant bien ri duibuy 
Totre marteau du côté de la maffe , 
fit dans le mut en enfonçant un clou , 
Vous remettez tous les tefloj:ts en place. 
Des doux ainfi fichés dans quelque muv 
Par un Pontife ^en ponupefolcmnelie. 
Pour le falurd'une pauvije cervelle ^ 
Selon Durfé , le miradc éioit fur. 
Le boç Adraftc, aux pieds d'une ctucUe,. 
Avec le cœur ayant laiffe Tefprit , 
Jufqu'â vouloir vivre & mourir fidèle , 
Sbus Adamas répreuve heureufe en fit; 

A ii}; 



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* MERCURE DE FRANCE; 

Telle aujoanl*hui fous tous on la peut faire j 
La main du Maître ayant â ce marteau 
Tranfmis Phonncur d'un don fi falutaire, 
Avec ceci d'aimable Se de nouveau ^ 
Qu'il réunit le plaifant & Tutile , 
Comme il guérit, il bleffc le cerveau, 
t ffayez-en , c'cft la pique d'Achille. 

Mai$ n'allez pas , étendant au furplus 
L'humanité par ée-li fa nwfure , 
Ke bleflant point & clouant tant 8c plus , 
Pe tous les fous entrepiendre la cure j 
Renonccz-y : point d'efForrs fuperflus ; 
Hé quoi î vouloir de tout cerveau perclus. 
Remettre en jeu , remonter Fa macbine j 
Quelle muraille aflez grande auriez-vous\ 
Pour y pouvoir trouver place â vos'^fclôux î ' 
Hélas î auciinc , 8c celfe de la Chine ' ' 
M'y fuffirott. Partant ne vous tnélcz 
Que de guérir les genrils perfonnagcs i 
Qu'en vous jouant vous aure» afbilés. 
Tenez-vous en , de grâce , à vos fcpt Sages ; 
A * Mirabeau, Mairan , Boze 8c Duclos , 
A FontencHe , Aftruc & Marivaur. - 
Que de vos doux la vertu (ans féconde ' 
î^c daigne agir que fur les fep^ Férus ; 
Jà n'cft befoin que leur efpcce abonde , • 
Telle abondance entraîneroit abus, 

*Cesfeft Mejpeurs dlnoient ngulietmm unjowit 
Ufema^i chez* cptie Dami. 



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FEVRIER. I7$î. 

D'hommes fends qui peupleroic le monde t 
Ruineroic les Dieux les plus courus. 
Adieu celui du vin , celui de l'onde « 
Mars , Apollon , moi , mon fils & Plntns ! 
Laiilons la terre en Calotins f^éconde ; 
Nous donnerons gain de caufe i Momus } 
N'importe , il faut vous régler la-defTus , 
Et qu'il en rie , ou que Minerve en gronde; 
Tenez-vousen , vous dis je , aux fept Elus. 

Donc au moment que renaît leur faconde ; 
Que chacun d'eux a pris deux on trois doigts 
Du vin d'une * Ifle od j'ai donné des loix , 
Sur chaque t6te appuyez i la ronde , 
De la hachette un coup bien aflené. 
Ne craignez rien , fuffit qu'an vous répotide 
Qu^â l'efprit feul tout le mal eft borné ; 
Autre accident n'avient du coup donné , 
Qu'une raifon plaifamment vagabonde» 
Courage donc , par curiofîté , 
Dans le Lycée une fois qu*on folâtre t 
Qu'on ait chez vous une fois radotté ! 
Ferme , frappez , le beau coup de Théâtre I 
La bonne fcéne , oh î quel plai'îr de voir 
Cet efprit net , univerfel 8c jufte , 
Dont tous les Gens de goât & de fçavoîr , 
Tant qu'ici bw j'aurai quelque pouvoir , 
Encenferont les écrits & le Bufte ; 
De le voir, dis-je , errer du blanc au nok , 

A lu) 



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s MERCUREDE FRANCE. 

Et poac le corps lourdement prendre l'ombre ^ 
De voir ce clair & lucide Ecrivain 
Qui , dans fa tête eut deifolcils fans nombre ^ 
N'y plus avois qu'une Lune en fon plein ! 

Qi^fcl paffe-tems de voir « l'autre Génie ^ 
Verfé d^ns l'Art de prolonger la vie , 
Qiji , fur la rôire , a Tocil y foir & matin , 
Ce PoffeiTeur de l'Encyclopédie , 
Pic de claf tés., puits d'érudition ^ 
Changeant de rôle & de condition ,, 
Tendre berger , foupitor l'élégie 1 
On joyeux *" Éaâne , entonner une orgie ^ 
Ne célébrer que l'Amour ou le vin; 
Et vous croyant Paftourclle ou Ménade , 
Dan(ê.ur galant , vous présenter la maitij 
Ou plein d'un Dieu , plus gaillard & moins fàic^^ 
Le corps en l'air , âfon exemple , en vain y 
Vous ordoxiner l'entrechat , la> gambade, 
£t l'évohé : de la perfonne enfin , 
Dont il fera l'éternel Médecin > 
Pour un inftant^ devenir le malade 1 

Si pour tout dire , en un mot , le plaifknt^ 
Pour être tel , veut du neuf & du rare , 
Vous en aurez , grâce i notre préfent j 
Car niera t'on que fa vertu bizarre 
'Aura produit du rare & du nouveau ,. 
S'il vous fait voir délirer Mirabeau ? 

♦ Ai. Jipuc , Médecin dé la Dame. 
■ - * M, Afifuc m bon que de. Veau^ 



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FEVRIER. i7ri. 9 
S^ vons fait voir , i'Aïuear de'* Mariaone 
Et d'Anoibal , aa Hea d'ua rc^timent , 
D'an terme heureux , d'un bon raifoDoemenc ^ ^ 
Oa d'an traie fin , lâcher un cocq^à-râoe ! 

Pour moi , je ris d^avancç , en vérité » 
Voyant déjà de notre cher Eaclidc , 
Bo gai Mairan le compas démonté , 
Au lieu d'an-rond , faire un trapezoïde i. , 
Voyant d'ici ratter un trait faîllaiic 
A ce Vaneati , coJorifte & brillant «. 
Dont le pinceau léger » doâe & rapide ^^ 
Pouvoir , après le Seigneur d'ArgenrofQ , . 
5eul acheverde peindre Louis onze : 
Voyant , avec un phlégme de Catoa • 
Sur le plus grave & le pîus ferme ton. 

Notre Arondel ** , grand Déchifreur en bfonze^ 

Dans an Louis démontrer un Othon. 

Que fçais-je ? maint & nuint autre Tertîge;, 

Dont vous rirez (ans doute , ainfi que moh; 

Donnez-vous en tout à Paife ; après quoi , 

Subitement , de- ce premier prodige 

Paflant à Taotre , a grands coups , voorcoigae2r 

Les joHs doux , d'élIebore empreignes^ 

A ce bruit- li , tout fe remet en f 4gle ; 

Tous nos Méiïifurs s'éveiWent : Momus fort 5 , 

De Hanneton , chacunrredevient Aigle ; 

Minerve rcmre. En tout cas, fi d'abord ,. 

Daas <]iiel(}ue tête ilu anq^oit anceiBrt';. 

* MUSBÊfhuiws, '^ ^M^ dé Boze. 



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ïô MERCURE DE FRANCE. 
Que la raifon n'y fut pas libre & franche , 
Qu'un rat s*y fut tapi dans quelque trou ; 
De l'un des fcpt enfin , quelque peu fou , 
Si le bon fens branloit encor au manche , 
i\vcz de quoi lui bien river fon clou. 

SECONDE LETTRE 

De M, Grimvê , d V jiuteur du AUrcure^ fnr 
U LittiratHre jûUemande. 

J'Ai établi , Monfieur > rexiftencc de la 
Littéracui^c . Allcniande -, il. sagic.^d'en 
donner une idée un peu plusçxade» Oa 
nous prédit tous les jgurs qu'elle ne tar- 
dera pas d'èrre à la modç en France. Et 
pourquoi non? Ce ne feroit pas^ comaie on! 
verra, la première fois 5 d'ailleuFs la bizar- 
rerie iTième ajoute 'ici à la vraifcmblance. 
Quand cet heureux tems fera venu> j'aurai 
la gloire de l'avoir annoncé, & c'eft à 
vous que j'en ferai redevable. Eji atten- 
dant cçs lauriers que je partagerai avec le 
peuple des Traducteurs > qui n'attend .que 
le fignal de la mode pour traduire tous- 
nos mauvais ouvrages, je vous parlerai de 
notre Hiftoire , de notre Eloquence , 5c de 
notre Pôëlîe *• Je commence aujourd'fiuî 

* M. Coufched travaille aâtieUemtnt i l^^HiÇ: 



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F E V R I E'R. i7jï; xi 

par cette dcrnicrc,& je réfcrvcraî pour 
une autre Lettre , ce que j'aurai à dire fur 
notre Théâtre. 

Depuis ma première Lettre , Monfieur , 
j'ai eu bien des reproches à efluyer , & j'ai 
éprouve l*univcrfaiitc de cette maxime » 
que je ne croyois pas applicable à la Ré- 
publique des Lettres , que dans les guec» 
res civiles , le plus mauvais parti que Von 
puiffc prendre , eft toujours celui de refter 
neutre. Les François n'ont point vouiit 
convenir que nous fuffions aufC avides ^ 
des bonnes chofes qu'ils le font des nou- 
veaurés \ ils m'auroient bien paffe te mat 
que j aurois pu dire de leur goût , pronrv& 
que je n eufle point dit de bien du notre^^ 
& je comprends que nous pourrions vivre 
en paix , fi je niic conteniois de tout cri- 
tiquer. Mais enfin , je veux , malgré eux > 
me montrer reconnoiflant envers nos Maî» 
très , & quoiqu'ils en puiflcnt dire , je ne 
fçaurois me réfoudre à convenir , que nous; 
n'avons reçu d'eux que de mcchanics in£- 
truâions. 

C'cft bien pis avec nos Gompatriorcy^ 
ils ont pris la chofe cout-à-fair au trngique^ 
Ils ni*ont reproché que /avois donné aux 
François trop de part dans les progrès de* 

t©îre(h h t^npc-, de la Po«fic Sc èc rEFoq;ucBce 

Av| ; 



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Il MERCURE DE FRANCE. 

Belles Lettres en Allcmaene. Ils m'ont- 
iîommc tous les grands Honmies , qui fans . 
chercher ailleurs des modèles, onx fait la 
gloire de notre Patrie; Ils m'ont fait re- 
morquer qu'Opitz, le grand Opitz^(épi- 
thére qui lui eft confacrée depuis long*, 
tcms ) étoii Poëte avant les beaux jours 
du grand Corneille; Enfin ils ont infifté 
principalement fur nos droits d'ancien»- 
neté dans tous les genres de la Littérature- 
Il me fcmble pourtant , qu'à parler frati». 
^diement , ce droit , quand il elt fcul , ne- 
décide pas de g^nd chofe. Mairet ScHar*- 
îdi ont écrit avant Corneille 8c Racine » 
Wontfleutl avant Molière, & la Pïicellc 
^a près de cent ans d'ancienneté fut laHen-- 
riade^ faudroit-il que pour cela Ntairct, 
-Hardi, Montfleuri & Chapelain .fuflent 
au dcflus de Corneille , Racine , Molière 
ic M. de Voltaire ^ Quoiqu'il' en foitv. 
pour confèr^^er la: paix avec mescompaf- 
irioreS', je leur diralque je n'ai point cm? 
•Repris d'écrire rHiftoirc de la Littérature- 
Allemande. Ç'arroit été une entreprifc 
trop féricufc pour moi î d'ailleurs les noms- 
.dc nos grands PhilofophfS , de nos Jinifs- 
confultcs, de nos Médecins, denosGh)N. 
miftcs , de nos Peintres , de nos Arciftcs ^ 
& de prcrqoe tous nos Liccérateucs ont 
éxé portés chc 2^jiûs voidhs yS^. denos jours; 



dby Google 



FEr'RrEK. 175 r. if; 

M. Erncfti par fon ftyJc , digne du beau- 
fiécle de Rome , Se furtoiu par fon goût*,. 
chofe fi. rare parmi (es confrères, s*cft ac- 
quis , fans y fonger , une réputation gêné* 
raie. Tous, ces hommes célèbres n'ont pas 
fcefoin drma yoix pour annoncer leur me- 
^te à l'Europe» Il n'en cft pas- de même de - 
CCS Autcurs^,.non moins dignes d'être con* 
nus, qui n'ayant écrit qu'en Allemand', 
U*ojit pu franchir les frontières de leur 
Patrie. GVft de ceux là feulement que j'ai 
entrepris de parler , & je penfe que ce fe- 
foit mal travailler pour leur gloire, que 
de leur donner effrontément le pas fur 
Corneille & Boilcau , dont ils- (croient 
peut-être devenus-, les égaux,. s^b cuflcnr' 
été leurs Difciples» 

Je pourrois pltis,. Moniteur , & j'àurqis^ 
Bn excellent moy^en pour contenter mes^^ 
compatriotes , fi le goût des citation»^ des 
autorités , & de tout /ce fatras de la mau-* 
vaife érudition, qui brille. encore dans nos; 
Provinces^ , écoit un peu moins décrié en 
France. Qu'il me fcrditaifédc vous con* - 
vaincre par ces argumens , autrefois fi re- 
doutables , que nous avons formé votre: 
Eocfie , que vous av^z reçu la rirje de nos 
Ancêtres , que: votre premier Poëcc Pro- 
iPiençal *Viroit originairement Allemand U 



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T4 MERCURE DE PRANCE. 

Pour vous prouver routes ces vérités in»- 
portantes , je, commcnccrois par la Poëfie 
des Bardes, dont Céfar & Tacite font 
mention y je parlcrois enfuite de nos Poè- 
tes aur Cours d'Atiila & deThéodoric, 
dont Charkmagne a fair une colledtion. 
Je viendrois de- là au fzmcux Epimcion , 
du neuvième fiécle , à Toccaflon de la vic- 
toire des Francs fur les Normands. Je par- 
lerois du Te Deum, en vers Allemands, da 
même ficelé , 8c du fameux Poète Ottfried> 
dont nous avons encore une Tradudiott 
de l'Evangile en vers. Tous ces Poètes 
ctoicttt alors i la mode à Paris ; leurs ou- 
vrages étoient dans tous ks cercles des 
femnîes beaux efprits , & jugés en dernier ^ 
reflort au Tribunal des Toilettes par les 
petits Maîtres du fiécle. Leur langage éfoic 
celui des gens d\\ monde , & de cette Cour 
Gauloife , où les jeunes Bretons & Nor- 
mands, de même que les jeunes Oftro- 
goths & Saxons accouroient en foule , où 
les uns vcnoient pafTer leur vie , manger 
leur bien , & crier d'un air fuffifanr que 
tom étoit pitoyable ,. & que rien n'étoit 
^au que cher eux , ôc on les autres fe hâ- 
ïoient d'obfervcr , & de s'approprier pen- 
dant fix mois , tout ce qu'ils y trouvoient 
de mauvais , afin de s*en retourner triom- 
j^iiis dans leur Patrie faire les petits Maî- 



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- FE V R l E R. I7JI. 15 

très fans grâces, & lesDoâeurs fanséca* 
de > croyant avoir pris les manières des^ 
Francs^ Pour achever de vous convaincre,. 
je m'éccndro s enfuiie for rinftru£kion poc- 
liqae de Winsbeck à fon fils, qui eft du 
tcms de Frédéric BarberouflTc , & je parle* 
rois fur^ouc du Gorps des Poètes Alle- 
mands 4u treizième fiécle , qui eft en ma« 
nufctit dans la Bibliothèque du Roi , & 
de ptufieurs autres manufcrits difperfés 
dans les Bibliothèques d'Allemagne. JV 
jouterois âmon étalage des échantillons 
de tous ces monumens , preuves^ d'autant 
plus convainquantes , qu'elles fèroient in* 
intelligibles à v<>s Ledeurs, &• peut-être à 
fooi-ttiême» Mais franchement ,. après ce 
qu'civ dernier lieu l'ingénieux, ad verfairc 
de riœprimerie vient de dire fur les aato- 
rites , je craindrois y en établiffant avec 
grand foin la gloire de nos-aftciens Pocrcs , 
de travailler fort mal pour la mienne. Je 
hiSh doncle foin de taire valoir tous ces 
monumens à une Mufe Philofophe , qui. 
connoît rArt difficile d'allier les grâces à 
l'érudition , qui penfe comme notfc fexe y. 
& écrit comme le ficn. C'eft de Madame 
Gotrfched que je parle, & donc hcureu- 
fement pour moi, Se pour mesLc£lcurs„ 
j'aurai occafîon de parler Couvent. Mada^^ 
me Gottfchedx née avec des ukasdiâin»* 



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té MERCUTCE DE KUAfrCR . 

gaéspour la Pociîc , & pour toiis les beau» 
Arts , fidcUe & conftantc compagne des» 
uavaux. Littéraires de fon mari , après 
avoir enrichi notre Langue des (Eavrcs 
d'Addiffbn ,.de Scelle ^dc Pope , de M. de 
Voltaire , de Madame la Marquife du 
Chaftcler , & des fienncs propres , fe pré- 
pare à- donner THiftoire de notre Pocfie 
lyrique; 

Je paflcrai de mcme légèrement Cùt ma- 
féconde période^ après l'établiiTcmcnt de 
riraprimcrie. Nos Poëtesde cetems-là^ 
gens de quelque talent fans douce ( car 
d'où leur auroic pu venir Tidce de chan* 
ter O ont route Tinexaélicude: qu'on doiç. 
attendre de l'ignorance:dc leur ûécle , & de 
rimpcrfedion de leur Langue, Ils ont» 
d'autant plus befoin de l'indulgence de, 
kurs Lecteurs , que UPbëfie Allemande * 
eft plus difficile >.& (i j'ofe trancher le mot 
fans faire rire les François , plus recher- 
chée que celle des autres peuples de TEu— 
rope. Car outre la contrainte de la rime >, 
qui nous eft commune avec .les François ,^ 
pous avons- celle dès pieds &. delà quaq^ 
tifé i avec la même, rigueur que les Latins* 
& tes Grecs* 0r il eft bien évident que- 
cette: dernière Loi doit rendre noçre^PoèV 

* De môme que là HôUanJoifér , la Stiédoifcr,, 



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FEVRIER. ï75r. Vf 

fie beaticoup plus harmonieufe , & plus 
yaricc que ecîle des autres peuples y en- 
fortc que nous avons , non- feulement des 
vers lambiques , ou Trochaïques , oi> Dac- 
tyliqucs , mais une infinité d autres gcnrcs^ 
de vers , & en général tous les mètres des 
anciens que nous imitons avec luccès : it 
nous reftc du tems dont je parle , un mo- 
nument précieux , c'cft un Poëmc épique ,. 
intitulé Theuerdank^ , fait ,à l'honneur de 
FEmpereur Maxjmilien !• 

Ce fut Lmher , comme je l'ai dit , qui* 
joignit le premier la pureté de la Langue y 
& l*cxaditude de rexprcffion*, au feu & à* 
la force de la Poëfie. Son langage eft bien 
celui des Dieux > &c après deux cens ans il 
B*a rien perdu de fa beauté , à TexcepiioiL 
de quelques mots énergiques^profcritspar 
nos jeunes Puriftes, & qui n'étant propres- 
en effet qu'à la force & à la vigueur d*eC 
prit de nos Pères , font devenus inutiles 
â leurs defcendans. Luther n ctoit pas feu- 
lement Poëte , il connoirtbit anflî les régi» 
des Beaux Arts , & il en fçavoit donner 
Kiimème. Ses Lettres fur l'Art de traduire 
& d'interpréter y fur les Speftacles & leur 
moralité, font autant de monumens pré»- 
«i u« de fon goût & de fis connoiuan- 
ces. 

Si les contennporains. de cet Homme gck 



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18 MERCURE DE FRANCE. 

lébrc , l'avoicnt toujours pris pour modèle 
dans leurs écrits > U Poë(ie Aiiemande fe* 
toit dès-lors arrivée à un degré de perfec- 
tion , où elle n*eft parvenue que cent ans 
après* Mais au lieu de fuivre les traces de 
cet Ecrivain , il fe forma un corps de fort 
bonnes gens ,& de fort mauvais Poètes , 
fous le nom de Aieifler Sanger, ou Maîtres 
Poëces , qui prefque tous gens de métier 
& ouvriers , imaginoient d'affujettir TArc 
divin d'Apollon aux Loix & Coutumes 
de leurs Communautés. Ils oftroy oient 
la pcrmirtîon de faire des vers , comme on 
donne celle de lever boutique , & pour 
pouvoir rinfïer en paix , il falloit être inf- 
crit aux Regiftres du Corps » qui étoit di* 
vifé en garçons Poètes , coKipagnons Poe* 
tes , & Maîtres Poètes \ U? licences qu iU 
donnoient , étoient expédié^ au nom dçf 
Compagnons de Maitrcs. Le Boyen dç 
cette refpciSkable Confrairie étoit Hsnf 
Sachs de Nuremberg , Cordonnier de f^ 
Profeflîon. L'Hiftoire ne dit pas s'il faifoit 
de bons fouliers 5 mais en revanche il nous 
a lai (Té cinq gros volumes /«-/iZ/o de fort 
mauvais vers, où le génie ne laiflc pas de 
briller quelquefois au travers de Tigno- 
rance & de la groflîereté d- ce Maître- 
Garde de la Poëfie. C*écoit à peu près dans 
le même cems où les Poëces célèbres de 



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FEVRIER. 1751. 19 

f Italie étoicnt honorés du triomphe , & 
couronnés au Capitole , que les nôtres Ce 
faifoienc pafTcr Maîtres. Chacun a fa ma- 
nière d'cnvifagcr les objets. Au rcftc , pour 
ceux à qui les mots ne font pas illunon >, 
ÎL n'y a guércs aujourd'hui que les noms 
de changés. Sous dès titres plus décens > 
je vois encore parmi vos beaux efprits 
quantité d*Apprentifs , quelques Compa- 
gnons , & un très-petic nombre de Maî- 
tre. Je ne dois pas cependant oublier un 
excellent ouvrage de ce fiécle. C*eft le 
Frofchmaujler , Pbcme épique de Maître 
Rollenhagen , dans le goût de la Batra- 
chomyomachie d*Homére , Livre vraiment 
cscellent par fa morale , & dont les Alle- 
inands difent quelquefois en proverbe i 
qu'on n'a rien lu , quand on n*â pas lu ce 
Pocnae. Je ne fçais n le Rynixe f^efs , autre 
ouvrage dans le même goût , écrit origi* 
nairement en patois de la BafTe-Saze , eft 
du même fiécle , ou plus ancien. Le Fofs » 
ou Renard , Héros de la Fable , habile 
Courtifan , s'il en fut jamais , duppant 
Adroitement le Lion , fon Roi , & le fai- 
fant rinftrument de fes ptoj.ets & de fe^ 
volontés , fait tomber dans les pièges tous 
les Amples & lionnètes gens , comme 
rOurs,le Cerf, le Loup,&c. C'eft ur» 
tableau achevé de la vie d-on Courtifan ^ 



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fto MERCURE DE FRANCE. 

qui aura dans tous les fiécles le mérite ât 
la nouveauté Se de la reiremblance. 

L'honneur d'être le Pcre de la Poëfîc 
Allemande écoit donc réfervé à Opitz* 
Ne avec toutes les parties qai font le Poè- 
te , il avoit beaucoup voyagé , & à force 
d'aequerir des connoifTances il s'éroit for- 
mé le goût , en forte qu'il en devint le rct 
curateur dans fa Patrie , 8c qu'il fçut éle* 
ver des Temples aux Mufcs au milieu 
d'un Pays cruellement ravagé Se déible 

Ear la guerre. Plein dur feufacré d'ApoU 
)n , plein d'images tracées d'un pinceau 
Vort & vrai, jamais ébloui par un huit 
brillant , il s'empare, de fon Le£teur , Sc 
fait couler dans fes veines c^tte. ardeur, 
dont il eft embrafé lui-même. Zélé pour 
fa Patrie , homme de bien 8c vertueux par 
tcmpérammcnt , Ces écrits font l'éloge de 
la vertu & de l'humanité. En un mot > 
c'eft le Pope de l'Allemagne , ou pKnôç 
celui-ci eft l'Opicz de l'Angleterre , & fi 
notre Pocfte eût vu lesl^eaux jours deÇor- 
neille ,. il auroit été fon rival , & feroii 
devenu » fans doute ^ le Corneille de fon 
Pays. 

Les bons Pbëtes que l'Allemagne aeu- 
rfcpuis Opitz, ont tous pris ce grand hom- 
me pour leur mçdéle. Je nommerai feule, 
ment ceux. q^i. font devenus Clafliques^i 



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T E V R I ER. 175 1. iM 

Tlemminq & Dach , le premier Saxon i 
Taurrc Priiflîen ,otit tous les deux , de mi- 
me que Pfcherning, excelle dai>« TOde, Se 
dans pluiieurs autres gemres de Poëfîe. Ra- 
chel ,«otre Saiyrique , né en Baflc Saxe , 
fans avoir la pureté & ladélicateflc de Dcf- 
préaux , en aie fel mêle av«c wnt de bile, 
qu'il a reçu le nom de Lucile Allemand. 
I] étoic le vrai fléau & Tcnnemi implaca- 
ble du vice & des ridiailes. Dans (a hui- 
tiénrc Satyre y âdrciFée à Pfcherning , & 
intitulée le Poète , il entre dans une tccri- 
ble fureur contre ceux qui^fent profaner 
ce nom (acre , & le prodiguer à chaque 
rimeur. En traçant de portrait d'un vérita-^ 
ble Poëcc , dont il avoit des idées fort jtif- 
tes , il parcourt tous les ridicules desPoe*^ 
tes de. Ion tcmsi, &:peir galam ,il fe moc- 
que des femmes Poètes qui veulent fc mê- 
ler des Belles-Lettres. Comment , dit-il ea 
vrai dédamateur , pettvent^elles fe flatter 
if atteindre jamah à cette force iTefprn , à cei^i 
u grandeur £ame .niceffaire 4 ceux fui chan^ 
i$nt Les hUros ?.Gorâme fi ce fexe chat;manc 
écoit incapablede célébrer les vertus héro'ù 
que > dont il a tant de fois donné i'exem- 
pie. 

; Le même fia jet a été traité différemment ^ 
pt le plus aimabk de nos Poëtcs* C*câ; 



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•^ MERCURE DE FRANCE. 

»otrc Horace , c'cft le Baron de Canitz ; 

il defcendoic d'une famille illuftre du 

Brandebourg. UElcAcur Frçdcric Gutllaa- 

me 9 qui a mérité le nom de Grand , le 

fçuc bientôt didinguer de la foule des 

Courtifàns ordinaires. Il le fit fon Con- 

feiller d'Etat , Se l'employa dans plufieors 

négociations importantes. M. de Canitz 

fc délafToit quelquefois avec les Mufes da 

faftidieux tracas de la Cour , à Bleimberg » 

Terre qui lui appartcnoit. C'cft-là qu'il 

manioit ordinairement la lyre d'Apollon , 

& à l'entendre réfonner dans fes mains » 

on n'auroit pas dit qu'elle avoir changé de 

maître. Ses Poëûes ne font pas en grand 

nombre y mais elles fe fentent routes , &: 

du bon gouc de l'Auteur , &c de l'élégance 

de mœurs qui tegnoit alors à la Cour de 

Berlin. Joignons ici un trait des (lennes 9 

qui montre qu'il n'étoit pas tellement Poë« 

te , qu'il ne fçût aufH erre homme. Un 

jour ébnt à table avec fes amis > il reçue 

k nouvelle que le feu avoir pris à Blam-^ 

berg,'& réduit le Château & le Village 

en cendres. M« de Canitz , fans fonger 

.aux grandes pertes qu'il faifoit lui-même , 

s'écria : Ah , mon Dieu l mes pauvres pay- 

fans^. • • Mais je leur ferai rebâtir leurs 

maifonsi Eu cflet le Village fortit de (et 



d byX^oogle 



FEVRIER. 175t. aj 

raines , avant qu'il fut queftion du Châ- 
teau. L'illuftrc Ecrivain* de THiftoirc de 
Brandebourg , celui dont la vie fera un jour 
k plus beau morceau de cette Hiftoire, par- 
le ainû du Baron de Canitz : Ceft le Potte le 
fins iUgMnt , le plus cerreU y&le moins diffns ^ 
qui ait fait des vers en notre Langue. Com» 
fkimiment^ ajoute- tll , en jûllemagne le Pé^ 
elantifme affeile JHf^u^aHX Poètes \ la Langue 
des Dieux efi proftituée par la bouche de éjuel^ 
que Régent d\n Collège obfcur ^ ou par queU 
que Etudiant diffolu » & ce quon appelle hon^ 
netes gens ,font , ou trop parejfeux , ou trop 
fiers » pout^ marner la lyre d^ Horace ou la 
trompette de Virgile. 

Malheureufcment cela n'eft vrai que 
trop (buvent \ mais où en eft la faute ? Les 
plus beaiix efprits du (iécle de Louis XI V, 
etoient-ils donc d'une naiflance plus illuC- 
treque les nôtres ? Cependant Louis XIV. 
ie Cardinal de Richelieu^ Colberr, en fçu- 
rcnt faire d'honnêtes gens. C eft la pro- 
f eâion des Souverains,qui donne aux gens 
^e Lettres cette aifance & ce ton de la 
bonne compagnie , qui ne s'acquièrent que 
^ans un certain monde. 

Il m'eût fans doute été bien doux de 
poavoir dc^aer aux différentes époques 

. ^ Voyes les Mémoûes de l'Académie de JSctliiu 



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^4 MERCUREDE FRANCE. 

>qae j'ai établies dans notre Littérature 5 les 
noms des Princes qui l'auroient protégée , 
mais je déclare que je n'en ai pas trouve 
dans nos Annales un feul qui m'en parue di- 
gne. Loin de tir^r de la poufficre & de l'obf- 
curitc ceux qui font luire quelque étincelle 
de talent , ils ont lailTé périr le plus beau 
génie de Poëcc qui nous eût peut-être été 
donné. Qui des Allemands ne connoîc. 
Gunthcr , né en Siléfie fur la fin du fiéclc 
pafle l Je ne fçaurois penfer fans douleur 
au trifte fort de cet homme. Les premiers 
mots qu'il bégayoit étoient des vers : fans 
art , fans régie , fans maîtres , (ans goâc 
fur , il eft devenu un de nos meilleurs Poè- 
tes t celui du moins qu'on lit le plus , ÔC 
qu'on ne fçauroit quitter. Ge talent , qui 
l'eût rendu heureux en France ^ le perdit 
en Allemagne^ Son perc, qui fçàvoitcomj- 
-bien la Poëfie étoit contraire à la fortune^ 
le dévoua à la Médecine. Gunther fe fit 
Médecin -, mais au lieu d'aller voir fes ma- 
lades , il chantoit les yeux de Philis. Soa 
père , outré de le voir fe livrer à ce talent 
dangereux , devint fon plus cruel ennemi; 
& ne fe repentit de fa dureté , qu'après que 
fon malheureux fils eût péri dans k mi- 
fere. Guncher chanta la vidoire du Prince 
Eugène fur les Turcs , dans une Ode qui 
peut fe lire à la fuite de celle de RoulTeau* 

Le 



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ÎÏVRÏER. 1751. 15 

Le Poëtc François trouva tin azilc à Vien- 
ne , l*Alletnand y fat oublié. Malheurcufc- 
TOCfnt fcs amis n'ctoicnt point de ces pré- 
tendus hoimêt'es gcn-s , ainfi appelles par le 
"bien qu ils pourroient faire , &c qu'ils ne 
font jamais. Tdntc kur borinc volonté rre 
put lui faire Une vie douce ^ner^fable , & 
il étoir écrit que <iîuntherfcroit toujours 
inalhcuTec^.. Le feu Roi Augufte de Polo- 
-gne , qt^i fc xonnoiffoit en hommes , lui 
vouloir du bien , & l'avoit attiré à fa Cour. 
*Un rival y non dans la Poëfie, car il étoic 
^rès-mauvais Poète , mais dans le défit 
'd acquérir la faveur du Prince , Temporia 
^ur Guniher , & fit dans la fuite fortune 
à la Cour de Drcfde. Voyant ^infi éva* 
Tioiiir tous fes projets , Bc ai>ândonné de 
tous côtés ,<îunthcT pJtflTa fa vie à chanter 
fcs Maîtr^es qui partageoient "fa mau- 
vaifc étcxilc, (ts amis, fcs plairfirs, fa mJ^ 
férc /& enfin , la mottmêrbc qu'il voyoit 
approcher fans la aaindre , 8c qui rem- 
porta dans laflcur'dcifonage. Les taches 
•qu'on trouve dans fes ouvrages > font au- 
tant de reprôclies pour tous nos prétendus 
Mécènes , qui ont abandonné à lui-même, 
ic lailTé périr fans fe<^utsiin génie , dont . 
la perte rie fera pcut-ctre jamais répa-*, 
rée. 

Neukirch eft encore un Pocre de mar- 

B 



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%S MERCURE D£ FRANCE. 

que da fiécle <l*Opitz« Il commencent I 
éprouver le fore de Guncher , quand il ea 
fuc tiré par le Margrave d'Anfpach , qui 
le nomma fon Confeiller ^ 6c Gouverneur 
de Ton fiU. M. Ncukirch crut ne pouvoir 
mieux s acquitter des devoits de cette 
Chaige , quen donnant au Pifince^ ft^i lui 
^toit conné t une Tradu£fcion di^ Telema • 
que. C'eft ce qu'il exécuta en vers , & 
c cft bien dommage qu'il n'ait pu mettre 
la dernière main à cet ouvrage , & en 
ôter les négligences , qui échafppent tou- 
jours <^n$ la première chaleur de la conv- 
poHcion; Ses autres Poë/ies font beaucoup 
plus travaillées. Il chanta Frédéric I. Roi 
de Pruffc , & n'en fut point récoropenfé. 
M* Neukirch fut ébloui dans fa jeuneflc 
par le clinquant d un certain ftyle enflé & 
précieux > que quelques maij vais Ecrivains 
^voient introduit, ^ qùç M, Gottfched 
a entièrement profçric, dans la fuite. Ces 
Auteurs , ajrant donné dans la lf»^ure des 
Voyages de TAfie & des Indes , s*en 
étoient fait un magafm de comparaifons ^ 
dont ils décoroiçnt prefque chaque ligne 
jde leurs écrits. Toutes tcs^ drogues du Le- 
vant , dont nos Marchands nou$ empoi- 
fonnenc , font moins de ravage fur le fcns 
du goût , & fur le tcnVpéramment de çctix 
q^i s y habituent , que ce farr^ de %ttrc> 



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- FE VRJ E lU I7JU %r 

pétcoxûcs ti*cn avoit fait fur le goût Lk- 
térake , & far la fancé <l*eiprit de tous nos 
Auteprs. U falloic voir le portrait d'une 
Selle dans. ce curieux fty le *> tout y refpi* 
X oit l'ambre » le mufc &c la civette , & le 
commerce de ces Héroïnes endommageoit 
^çaucoup plus la tète que le cœur. M» 
Neukirch ne fut pas long-tcms à s*apperc«- 
voir de fon erreur : il eut la fagelfc de ta 
ïcconnoîire » & la force de l'avouer pà- 
tHquemçnt par une fort belle Pièce , â la- 
quelle il donna le titre de fa converHon 
focrique. 

Voilà > Monfieut > une idée du fiécle 
d'Opitz , de Boberfeld , & des principaux 
Poètes qui l'ont iUuftré, Ces Auteurs ne 
crouvoient cependant que peu de Leâeurs 
^ans une Nation, où chacun renfermé dans 
le cercle étroit de fa fphére , auroit crûfe 
déshonorer de s'amuier un moment â d^s 
vers Allemands, M. Gottfchcd eft venu „& 
a réveillé laNation comme d'une léthargie. 
Il l'a portée à l'étude de fa Langue , il a ex* 
•cité fon émulation par Pexcmple de nos voi- 
fins. Il nousâ appris à faire ufage de la lec- 
ture des anciens , en fuivanr leurs précep- 
tes, & en imitant leurs exemples dans not^c 
Langue.Ses Livres ont répandu le goiit delà 
belle Littérature dans toutes les parties de 
l'Allemagne, ScToiit rendu fur & général 

Bij 



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^ MERCURE DE f RANCE, 

farmi la jcunclTe. Sa Pocci^ue & fà Rlt^** 
•torique (c réimprimenr fans cefTe , & fc 
débitent auffi rapidement que dans leur 
^nouveauté. A la rète de la première il a 
mis une Tradudion en vers de la Poccî- 
/que d*Horace , & il en finit chaque cha- 

.pirre par les préceptes de Boileau. Par 
toute rAllcmagne on a commencé dans les 
Collèges , de faire émdier à la Jcuneflc fa 
Langue naturelle^ & dans les principales 
Villes ^ jufqu'au fond de ta Moravie > il 

. s'efl: formé des Sociétés & des Académies 
Allemandes , à Texemple de celle que M. 
Gottlched av'oit formée lui*mème à Leipfic. 
Il ji'a pu créer des Poètes, mais il a attira 
à lui tous les jeunes gens qu*il a •crû capa- 
bles de le devenir. Par* là il s'eft rendu le 
Pcre de plafieurs,& le Protedeur des 

JBciaux. Arts , autant qu'un particulier le 
peut être avec urc fortune bornée. Il n a 
tien épargné pour les encourager i il cft 
même aile trop loin quelqxiefois , en fai^ . 

.{ànt valoir dé très-foiblcs eflais, fort au- 
delà de leur mérite. Deux Sçavanj de la 
Ville de Zurich, M. lîodmer& M. Brci- 
tin^r ont auffi beaucoup contribué pat 
pluueurs Traités ùxr les Beaux Arts, à cpit- 
rer le goût de la Nation, 
Je nommerai , fans prétendre régler lc5 

rangs > quelques ans des principaux Pocces 



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FEVRIER. i7fi. 25 

qui ont écrit dans ce fîcclc. * Le premier 
cil M. Halter » Gonfciller & Médecin da 
Roi de la Grande Bretagne , Profcflcuc 
dans rUnivcrfité de Gettingue ^ & Mem- 
bre du Confcil de Berne , fà patrie. Nous 
rappelions le Poète Philofophe, ou le Poin- 
te Àngloïï , parce qa*il n*a traité que des 
fujetsde Philofophie, &qu'ilaimiré le- 
ftylc ferré & concentié , qui régne dans les^ 
Poètes de cette Nation^ Cela va quelque- 
fois jufqu'ârobfcurité. Il n'a pu- fe défaire 
tout à fairdu Langage SuifTe, (i dur , (i éloi- 
gné du bon Allemand , & il a en ceci de 
commun avec d-autresgrands hommes^ que 
plufieurs de nos jeunes gens n'ayant pomt 
ion génie , ont cru Timiter , en copiant les 
fautes de Grammaire , qu'il s*èft fi fouvent 
reprochées  lui-même. Il nous adonné un 
recueil de fes Pbëfics fnit avec beaucoup de 
choix ; on y voit , entr'autrcs , un très-beau • 
morceau fur l'origine du mal. Son Pocmc 
dçsyilpes eft digne de la fimplici té & de l'in- 
nocence des moeurs d'un Suifle* M. Halléc 
en homme de goût défavoue toutes les au- 
tres pièces de la compofition , qûime font 
point dans ce recueil. Ce font des enfans 
en qui iF n'a point trouve aflez démérite 

*:0n prépare une fcconde édition des Poë(ie0' 
de M. Gottfched. Le Public a paru dé£rer on peît- 
^us de choix dans la première. 

B ii) 



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3f>' MERCURE IÏEFRA:NCE. 

pour les rctonnôîcrc , & qui témoignent 
Iculemcnt la fertilité * de leur pcre. 
.M. Drollingct^ foB Compatriote ** & 
fon ami , que le Margrave de Bade-Dour*- 
liich aéioit attaché , partage avec lui le 
nom & les lauriers de Poëtç Philofophc. 
Le recueil qu'on a fait de fes PocGes après, 
fa mort , eft plein de Pièces écrites avec 
beaucoup jde^ce & d'élévation. 

M. de Hagedorn qui vit à Hambourg^ 
eft un autre Poëte Philofophe , naais un de 
ces Sages aimables & en joués,qui mêlant te* 
badina^e & Tagrément à la Philofopbie > 
lui attirent plus de feûateurs. Il a chanté 
l'Amour & la Vertu 9 le Vin & la Sagcffe.. 
Il a imité pluHeurs Fables & Contes de W 
Fontaine , &: en a fait lui-même. Il écrit 
far tour avec une grande pureté , & peur 
fcrvir en cela de modèle. J'en ferois vo- 
lontiers TAnacréon de TAllemagne , fi Tor^ 
m'accordoit que l'Allemagne put avoir wt^ 
Anacréon. 

M. Gellert, Saxon, qui vit à Leipfic » eft 
notre la Fontaine. Les Fables & Contes y. 
qu'il a fait imprimer en deux petits velu- 

,* Je, prie ceux qui me critiqueront fur riinpro- 
prîeté du terme , de vouloir bien faire grâce a urt 
Etranger, & m'indiquet le mot qu'il Ëitidrau 
firbftituer i celui-ci. 

**Né àBaûc. 



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É É VÏ^R E R. 1751; ji 

âîCSjOnt eu un fùccès prodigicux>& il y en 
a eu plusieurs éditions contrefaites. Il eft 
peut-être trop unir , & trop difiEus quelque- 
fois , mais que de défàutr ne pardonnc- 
t on pais à un Poëce qui fie refpire que 
Fhumanitéi Tamour /ramitfé , la tendreile 
du'cœur > On vient <le faire intprinaer i 
Strafbourg fes Contes & Fables en Fran- 
çois , à ce qu'on prétend , & en vers , qui: 
pis eft. 11 ne faut que jetter les yeux lut 
ce livre, pour fentir, même fans connoître 
Poriginal , qu'on n'en doit point juger par 
une telle Ttaduftîonr Je crois entendre 
d'ici M; Cîellèrï ^'indigner , & protefter 
que ce ne font pas U (es Contes ni fes Fa-^ 
blés. 

Je paflc fous dïtnct cette foule de jeu- 
nes Poëtçs qui font foriî« de l'Ecole de M. 
Çott(chied , èc qui ont donné des cflais 
dans totïs lies geofcs. Nous avdfns deux Ov^ 
vrages périodiques , remplis de Pièces fu- 
gitives de leur foçon , que toute TAllema- 
gne a lus* 

C*cft aînfi que depuis^ environ trente 
SUIS , TAllemagne eft devenue une volière 
de petits oifeaux i qui n'attendent que la* 
failoW pour chanter; Peut*ctre ce tçms glo^ 
rieux poùt les Mu fes de ma Patrie n'eft il- 
pas éloigné. Au moins 1^. Gottfched les a- 
f-fl fait percer jufqu*à la Cour de Vienne y 

B iiij 



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1% MERCURE DE FRANCE. 

où il a été l'année dcroicrc ; & c*cft avok 
Élit un grand pas. Un Monar(juc,.dont Ix 
Couronne nous cft, étrangère , mais dont 
la naiirmce donne le droit à TAllemagne 
de revendiquer fa glpire Sç Cas vertus > 
vient de donner 1 nos Pcinces le fignal &; 
rexcm^lev Le Roi de E|^nnc*iark , fur. 
l'avis d'un Miniftre *<jue fon caraûére Sd 
fes taleqs ont fait chérir ,, eftimer 8c re- 
gretter cn> ce pays-ci, vient d'attirer uii 
jcu-ne homnK iCopeph^gue , 5i de lui fi*, 
2jcr une penûon de deu\ ^Ulc liv.; poijt 
achever un Poëme Epique i; 4?nc il a fai^ 
imprimer ks pi:emler5;Cha,nt^ ;„fou$ le tiçrc^ 
du Mejfu,: Le fujet 4n eft beaji , & fans, 
contredit plus grand que celui de Milcori,, 
On affûre qqe le Poëte^ Ta traité avec tou?* 
te l'élévation dontfpn I?oc.me ett fufcepd-^ 
ble s 5c.c]u'il fe fait lir^ na^jg^é le détau'C 
de macliines & d'avion qu'il doit néceft 
fairemcnr aVoir^ 

. ^ Il faudroit , je le (ens biea, joindre ici 
des morceaux de nos plus célèbres. Poètes y, 
podr mettre voiLeâreurs en état de juget 
par eux-mêmes *, mais )e n'en ai pas le coiu 
rage ,,& je neme pardonncrois pas d'avoic 
Àtitmt pair une Tradiidion foible , la bon- 
ne idjée qiie j'ai tâ,ché de donner de leuç 
mérite. Je fais fi- peu dç cas dç tputesîcj^. 
.M. le Batoaie Bernftorfr .. # 



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FEVRIER. i75«r 3j 

Tradudions des Poètes , que j'aurois dou- 
hlcmcncmauvaire grâce â entreprendre de 
traduire les nôtres dans une Langue qui 
m'cft étrangère. J*ai l'honneur , &c» 

A Paris , le lo Nêvemhe 1750. 



F E S T E 

Donnée à N'ancy au Roi de Pologne , Diee dé 
Lorraine & de S^r^dans le SiminaireRçjal: 
des MJjfions de la Compagnie de fifas^ dont 
il efl F'bndatenr ^ le 6 Décembre 175a. 

L'Occafion de certe Fête eft un Bufte* 
dtt Roi de Pologne , d*un très^ beau* 
marbre blanc , que le Pcrc Dcmenou»^,- 
Supérieur des Miffions Royales > avoir. 
féit choifir & ébaucher à Rome par M.. 
Slodz., célebrc-ScuIptcur dé rAcadémie de 
Pàris^ Cet Ouvrage, a été fini^cn Lorraine; 
gar une bonne.ntain , avec une vérité de 
reÛTemblince , une noblcflc d'attitude ,&: 
une précifiôn , qui ne laiflcnt rien à défi- 
rer aux/Connoi(Céur5..Les JefuitesMîffio*- 
' naircs^< viennent de le placer dans la ma*- 
gtiifiq^e MaHbn qiieS. Mi a fait bâfirpouc»; 
eux* dânsv un dés Fauxboargs de fa GàpU 
talc.- Us avoicut > deftinélàvcc Mbnumenc: 



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J4 MERCURE DE FRANCE, 

ittimorcel de leur rcconnoiflàncc , une 
très-belle Salle , ornée déjà de huit grands-' 
Tableaux à frefquc , qui retracent les di- 
vers bienfaits de leur augufte Fondateur» 
Ces Tableaux font féparcs par des Pilaf- 
tres. Sur TArchitrave qui règne autour 
de ta Salle, on lit en lettres d or les épo- 
ques de la fondation des Miffions Royales, 
& des autres Fondations , qui y ont rap- 
pqrt , ^ qui font les fujets de ces Ta- 
bleaux, Au milieu des quatre, qui fonc* 
f^cè aux fenêtres, on avoir réfcrvé une 
eFpace de même grandeur , revêtu de mar- 
bre •; c'eft la place du Buftc du Roi , qui 
achevé la décoration de cette pièce , où 
tôiit y a rapport. 

* Le Roi de Pologne ayant daigne le ^ de 
Décembre , honorer cette Salle Je fa pré- 
fence pour la première fois , cicpuîs que 
fon Buftc y a été placé , le P. Lcflie, Jefui* 
té ^ eut liionneur avant le dincr de S. M. 
de lui lire une Ode , dans laquelle à Toc- 
ca,6on éç ce Monumenry il rappclloit leS; 
divers érablilTemens avantageux au Pays , 

3ùi ont Ggnalé prefque toutes les années- 
u Règne de ce Monarque. Cette Pièce 
fut diftribuée à toute la Cour , ainfi que les 
Complimens en vers , faits au Roi , & les 
diverfes Chanfons chantées en fon hon- 
pcur pendant fou diner. Le Roi reçic 



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F E V R I E r; 175 ï'. si 

avec bonté ces difFcrcntcs rparq'ucs du zc- 
le , de ratracheï;jncnc & de U i: cconnoiflan- 
4CC de ces Pères p^i^de la joyc (juç leur inf- 
pirôir fa préfcncc. 

Vers cinq heures du foîr , S. M. paffa 
dans rAppartcmcnt qui lui avoir éré pré- 
paré vis^à-vis la>f aif^n des Miffions > pout 
voir un Feu d artifice à ritaliènnc , placé 
fur le balcon , c(ui 'rcgnc-au deflus de ren- 
trée de cettcMaifon , dont toute la belle 
fiîçadc illuniiflée fkifoit un eiïcr trèsbriU 
lànt. Sur la Baguette nréfcntcc aii Rqi^ 
])our mettre le fcii aux Dragons , qui par* 
laûtde la fenêtre où il étpit, dévoient afe- 
htti^t en même tcms lès deux c6té^ de W 
pûnçipalc pi^cc » on jimt attaché unCsix^ 
touche avec ces vcrSi . . 1 ^ 

Beaux &ur , de nostranfportr images fugîtîfcr', • 
Fàrtcï^dé cetit^main , qui féconde en bienfaits^ 
AUitme daâS ttfs'cceiirs dés fiâmes aHfTI vives | 
Mais^qurnéVércindrônc jamais: 

GerfcjU^ui pAr,!^ goui i^ngulier de Vîn^^ 
vemiorî ,.lâ.;yariéfié,la p^cçifion , $c Vé^ 
cîat de l'exéouiion , méritarapprobation du 
Roi de Pologne , fut terminé par un grancfî 
nombre deruféesvolarttes^tiréesdji hautd^ 
la Mâifon des'MifïîoijjSi S; M; pfrtj^'e^iéiif' 
te fbrt'fatisfaitc de cette f'éte , & au mi* 
lieo^b a^damatiotis'dia Bcuple. 



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j5 MEUCURB DE FRANCE 

On va joindre à cçttc courte relation^ 
rode lae au Rpi » & les deux complimcns 
qui lui. furent préfentcs» Les.Cnanfôns 
perdroient trop à paroître fans les airs , &. 
hors dç$ circpnftancçs qui les ont fait gou-i- 
ter. 

O ' D E. 
AU ROI DE BOLOGNE, 

Duc DE tORJl>I.N^E ET. DB B AR>, 

-^ l'occApon de fon Sh/Ic en m^Pbre bUnc ^ 
i érigé défis une S elle du Séminaire Royal des 
-: M^tonsÀe UC^mfé^nie dtJéfu^^^dêHt: 
il efi Fpndamr*. *^ ' 

xi Infi Rome en Héros féçoodi^ 

Dans fcs Temples , (or fcs Autcl$^p^ 

Jadis £oar l'exjunp le dam^ondç r. 

Gonfacroit leurs craies immortels. . 

Des grands Hommes , des vrais Mon ar(juç|^. 

Ces monamens , vainqucats àts Parques,^ 

'Rappeîloicnt les noms , les rrrtus. . 

A CCS hérpïques modèles. 

L'Univers dut les Marc-Aurclcs-^ , 

teç-AncOnins & içs Timi. 



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FEV RI B R.. L7jtu «^ 

Telle , d'un Héros fage 8c jufte: 
Re fiécle eafi^cle la bonc^ 
ReWiNint da^nf ce macbrc auguAc». 
IivârairalaPo^ricé., 
Là les Grands appre»dro»t il rétfe^^ 
Les Peuples i les reconnoître , 
À les juger pa^ louss bienfaits^ . 
A n'apprécier leur mjérite ^ 
>4i p^r leur rang , ni par leur fiiit^ • , 
Mais p^r les kjeureui qu'ils ont bitK. 



Qnui Prince , au Temple de Métuoifittr 
Voilâtes titres folemneIs«^ 
Tes do«« y.confacrent ta gîôîfe ; ^ 
Tous les cœurs feront tes Autels. 
Le tem$ bientôt dans les ténébtes^. 
Monge Ids monunnens cél^res 
Que s^étige un.£er Conquérant :: 
Des^ peuples la reconaoiflancc •'l^ 

D'âge en âge retrace , encenfe 
Lilioage d'uaRoi bienfaifant.. 

• Au vrai pcré dé-lâ Patiié , 
Be nos ncveuxen ce féjouç,. 
On verra la fouk attendrie ,^ 
Marquer iJ'tnvi Ton avoue. 
Aux yem tettc^y peint fa^awdé amt^ : 
Mais'djfnilescaùrs'ca tuûs de iixxmcl^ 



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y« MERCURE DE FRANCE. 

Ces mots le peignent encor mieux ; 
S T A^N I s iKS'^ fonda cet azile 
Pour le progrès de l'Evangile , 
Btle recours des malheureux, (i). 

Minifherde renio)>}es vâes , {%f 
Ses dons Se la Croix â la main » 
Allez , â tant d'ameis perdues ' 

Du Ciel retracer le chemin* ' . 

Ils vont { les peuples ^pplawdillenr , 
L'erreur fiiit , les Enfers frémiflenc» 
La licence expire â leur voix , 
Le figne du fahit s'arhore. 
Qu'i fon afpe^t toti^ fiécle adore 
Le DIeii-qKii dopne les bons Rois S > 



Q&elTe main dés bords*dc la tomber 
Sauve ce pile Laboureur , 
Ce ttikt Artifan ^ xjul Succombe 

(i)Surle froniif^i^çr de la Mâifon Royale êtf^ 
MiflTons , bâcie pat Sa "Majedé avec une magnifi- 
cenccTloyaîc , on lit cette Infcription. j$d Pi^ia^ 
tes augmêntum ^ InofU ftihpdium ^ofuU fy dét/tvif^ 
S TJt'tiis I-AH7 S' J. Rex pobniOtî 

(i) Douze MîfHbnmaires , fondfe- pour faire i< 
petoétuité douze Miffions par an dans Vétipnàue 
d(è U Lorraûfte ^ duBarrois ,^c. ppHf diû^ri^ttAr ' 
diouzc mille Lyres d'arumôp^cpa^^ajo^^^daiM* 



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F E AT R r E R. jj^^t. jj. 

Plus au befom ^'ilar douleur ? 

^ Si^ANiSLiTs l'ame Royale 

A franchi l'unmcûfè iorcrvaU& 

Du Trône à leur antre écarta* 

Des fecouK prompts & ralutaires , (i J, 

Font dans ces obfcures chaaiDiercs 

Rentrer la joye & la (àncé. 

Je vois une troupe a£mée , 
En proye au pluf grand des fléaux 
La terre , stfes befoias fermée , 
Ne s'ouvre ^e pour des tooibcaiixt . 
La difette traîne apr& die 
L'a?ide ù^m , la mort cmelfe.^ 
Mais non , tu préviens nos besoins-, , 
Grand Roi ; par tout ta prévoyance - 
Forme des ctéfors d'abondance ^ (i); 
Immoncls gagnes de^tes foins. 

Comme en fàft^onde carrière >^ 
L'Aftre du jour du haut des airs% 
Eclaire tout de fa lumière , 

(î) Hâpital fondé a Pfombiere. ReKgîcoxdc la •- 
Charité , établis pour porter des remèdes aux mû'» 
kdes durant les Mi/Coos , & les fecourir par tour 
dans les maladies conugienfes. 

(i,) Magafins de bkd établis par un fooddep- 
cœt mille livres jppui les tto&s de dilate^ 



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4o AÎERCUTLEDEFRXNClfe. 

K^ûimc là terre & les mers , 
Nul bien â faire eataa Empire , 
Cund J>rin€C^ nul mal a détruire; * 
N'échappe ixes yeux vigiUns ; 
Tout état , tout/exe , tout âge ^, 
Dr tes faveurs entre en partage j. 
Tbtts tes Sujets font tes enfans. , 

Senftle aux cris dt la Natnre>^ 
Orphelins , ilftcbtt vos pleurs. (1)4 
Son cœur remplace avec ufurc 
Les chers objets de vos douknrsr 
11 vous rend les leçons d'^n père ^^ 
Les foins de la plus tendre mcre« , 
Pour vous il bâtit un Palais , 
Oà l'induûiie & l'innocence 
filent de votre heureufe en&nce • 
Les jours marqués pat fes bienfaits.. 

Y'ùnSy q^e le (brt ou Hnjuftîce 
Ont reudus plus i plaindre encor ,^ 
h vous tend une main propice ; , 

(1 ) Bâtiment magnifique , élevé i Nàncjr pourr 
14 Orphelins de.l'ùn & de l'autre fcxe , qqi y foncî 
infttuitS'de leur Reîigion;& de quclq^fe méiteride— 
puki l'âge de 10 ans j^fqti'â. ij., & rcçoîvcj/t en» 
mctant cinq cens livres pour les aider i^'éia^ic.: 



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FEVRIER. 1751; 41 
Oftt reprendre un noble eflor. 
Au fcin dci Mufç«.]t fagcffc ( i) 
Vient de former votre jeuncl^; 
Dignes da fang dont vous fartez y. 
Alle:& vouer â k Patrie 
Ces ealens , ces.Auits du g^nie- 
Qu'ont ùât écJose Tes bontés. 

KSI» 

ITne troupe noble & guerrière (i) 
Déjû dans VtCoie de Mars 
loornit fous fes yeux la carticre- 
Qu'ouvrent k Bdfone & les Arts.. 
Avec ceux qu'ici l'on vit naître , 
Ceux qui jadis l'eurent pour Maître-, 
Nourris , exercés i ÙL Cour , 
Vont réveiller dans* leurs Provinces^. 
Pour le plus généreux dès Princes^ 
&çs regr^ts^, l'cftime êc Ifamour. 



Volant â fa vois dans Paréfie , * 

Jç, yotsdes Athlètes^ nouveaux^ 

(i) X>ou2e Oemihbommes nourris , entr> ^...^ 
& inftruits dans la Maifon des Penfionaires ^e i'U« 
niverfité de Pont-a- Mouflon. 

(4.) Compagnie de 4I: Gentilsbommes Cadets, 
14. olonbis-& 14 Lorrains , établie à LunéviUe ^ . 
^vjec des M^tcespour tau&leurs exercices*. 



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4^ MERCURE DE FRANCE. 

Dirputer fur nne autre fcéne ( i )l 
Ees prix ^u'il offre â* leurs cravauv» 
Apollon etj vain les rappelle ; 
5ai(!s cous d'une ardeur noavelle ,« 
Aux Mufes , i leurs tendres fons ^ 
Grand Roi » ton goât qui les décidr». 
Leur fait d'Archiméde & d'EucUdr 
Préférer les doâes leçons^. 

Qtiaod par tour la guerre renverfo? 
Les fortunes Bc le crédit ^ 
€e nerf des Etats, le Coœnaerec , (2.)^ 
ki par tes foins reflçuric. 
Le M'archand , contre les tempête» 
Sûr d^aroir des reflburces prêtes 
Dans tes tréfors toujours ouverts y. . ^ 

Sent ranitaerfon iodu^ie , 
Et court enrichir fa Patrie i 

Des dépouilles de PUoiveis. 

La chicane, cet Hydre a vide ^, . . 

(1) Chaire de Mathématiques , fondée au Go& 
lëge de Po« à Mouflon avec des^ Priac ç#Éiles 
Etudians. 

(1) Un fond de cenrmille livres donné au Corps 
èts Marchands pour fouteiiir par des piêts à deu» 
|N>ttr cent, Je crédit des particuliers, k produit des» 
imérits devant groffir à perpétuité iecapical» 



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FEVRIER. 175 T. 4j 

Qui brave le }uge & la Loi , 
Offre i ton bras , nouvel Akide , 
Un triomphe digne de toi. 
A ta voix fécoade en miracles , 
Je vois s'établir ces Oracles (i ) 
De la juftice 3c de la paix , 
Dont la fageffe & la fcience 
Vont étou&r dans leur naiflancc » 
Et la difcorde ôi. les-fotfaitfi* 

C'eft i vo< Lyres^, doftes Fées » 
A chanter des exploits fi beaux. 
Mieux que les marbres , vos Orphée» 
htimortalifent les Héros* 
Vers un gran4 Roi , votre module , 
Tous , que dé)a f#n g^ât rappelle ^ 
Beaux Arts , volez de toutes parts $ 
Sortez i fa voix des^ ténèbres j. 
Ee Règne des Héros célèbres > 

lut tou^urs le règne des Arts», 

Que votre lumière épurée , 
Réveillant enfin les efprits , * ' 

(i) tJtie Chambre de cinq Avocats Conftitanr;. 
mrec deux mille livres d*appointemens pour chacun ». 
établie i perpétuité , pour donner auxparticulteri». 
9k fur tout aux pauvres , des confuttations gratuit 
res^ ôc tiaifailler â prévenir lei procès. 



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44 MERCITRE DTE FRANCE. 

Fâflc luire en cette Contrée 
£es jours d'Augafte de de Louis l 
Ce trait feurmanque à fou Hifloire ; 
O TOUS , faits pour chanter fa gloire ». 
Partagez Tes dons, écjatans. 
lî m'entend . . fa magnificence^ . 
Appelle , excite , récoinpenfe 
Ee goût ,. les Atts â& les talens^ 

¥fSSkk 

Marbre cHéri , durable îm^ge 
f^'un Prince , mieui. peint dans nos cœurs i 
Avec fon Portrait d'âge en âge , 
Tranfmets fesfcntimens > fes mœurs, 
5ei vertus , fon efprit fubHme , 
Son cœur vrai , tendre , magnanime i. 
Son air , fes grâces , fa bonté; ^ 

Qjie leur alliance adorable^ 
Offre l'homme lé plus aimable^ 
Dans Je Roi le pliis r efp tùé 1. 

¥GB» 
QU*a vive , Grand Dieu , pour ta gloite^. 
Ce Roi donné par ton amour ^ 
C^ti'il vive autant que la mémoire 
De fes bienfaits en ce féjour l 
Confirve pour nous , pour toi-mêine ^ ^ 

«^Fondation d'une Bibliothèque publique kik 
Srix pour les Sjavans^ 



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TE VRT ER. 175:1. 45 

1A l'Eut un Maître qui l'aime. 
Aux Autels l'appui de la Foi , 
Aux malheureux untendre père. 
Aux Beaux Arts un Dieu rutelaire , 
Jl ,tous ies Sujets un bon Roi l 

iLeJlie J .: 

CX) MPLIMENT 4H Roi de Pologne 
. ,Duc de iorrjline , à l*occ a/ton du Rafte de 
Sa Afajefiéj placé dans la Maijon des 
jMiJfions Royales. 

UN mortel , qui joindroit par un rare iiffeiu- 
blage. 

1.CS grâces de l'efprit aux qualités du cœur. 

Aux traits de la bouté les traits de la grandeur ; 

<^'on auroitde plai£r d'en contempler l'image 1 

. . . * 

- ' Vn Grand , de fon p^u^itoir ^ui Ijauroit faire 

; ufage^ 

Des Sciences ydcs Ans le z(\é Proteftetir ^ 
A faire des heureux qui mettroitfon bonheur ; 
.Qu'on auroit de plaifir d'en contempler l'imaget 

Un Prince ,i qui leCiel donnerok en partage 
D*Augufte les talens , de Twjan les venus j. 
L'xfprit de Mate- Anréle & le cœnr de Titus ; ' 
Qu'on auroit de plaifir d*en ce&templex l'image l 



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:H;S MERCURE DE FRANCE. 

Un Roi digne de l'être » an Héros , an n-aî Sage» 
^a-deffus de Ton rang , des fuccès , des reveis ^ . 
£€ de cous les faux biens qu'adore l'Univers $ 
<^u'on aurott de plaifir d'en contempler Tioiagê \ 

Plus grand , plus fage encor ^^ un Chrétien dont 
l'homnaage 
"Seroit humble ^ fervent , digne des faints Autels^ 
it ferviroit d'exemple au reftc des mortels ; 
Qu'on auroic ^e plaific d'en conceinpler l'image l 

Ce Prince cher aoïc Cieux ( leur plus par&k 

ouvrage ) 
Ce modèle des Rois , Pobjct de tous nos vœux^ 
il eft ici préfent ; 6c nos derniers Neveux 
Auront le doux plâifir d'en contempler l'image* 

^ V T R E. 

JTx Ujourd'hoi ce féjour s'embellit 8c s'anioie* 
Sur le marbre amolli la Majefté s'imprime ; 
Quel gracieux accord de douceur , de fierté , ^ 
De charmes , de grandeur , 8c d'affabilité t 
On reconiioit ici le Monarque êc le Père : 
Mais f Sire , tous ces traits enfemble réunis 
Ne font qu'une efquifle légère 
De c6u)c ^ue dans vous l'on revête. 
te modèle. au portrait peut feul donner du prix. 
£e vrai tableau des KoU, atufique leur puifiatice» 



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: )?'£ V RIER. 175,. -^j 

Ffl d^ns le ccrur de leurs Sa jets j 
lÀ^ par r^inour (ont gravés tous vos rraitf ^ 
£t vos bienfaits , par la tci:onnoiffaiicci 

F I N 

De t^rnihAre des àroifades , par 
M. de Voltaire. 

LOuis IX. paroifToit un Prince dcftî- 
né à réformer TEurope , (\ elle avoit 
pu l être s i rendre la France triomphan- 
te & ^policée 5 & à être en tout le niodéic 
^es hommes. Sa piété , qui écoit celle d'uu 
Anachorète , ne lui ôtà point les vertus 
f oyalesi Sa libéralité ne déroba rien à une 
fage économie. Il fçut accorder une po- 
litique profonde avec une juftice cxaûc , 
=& peut-être eft-il*lefcul Souverain qjii 
-mérite cette louange. Prudent & ferme 
^ans le confeil , intrépide dans les com- 
bats fans être emporté, compatilTant^coirt- 
me s'il n avoit jatnaiai été que malheureux; 
îi n'eil guéres donné à l'homme de pouf- 
fer la vcrru plus loin. 

Il avoit conjointement avec la Régente , 

fa mère , qui fçavoit régner , réprimé Ta- 

. bus de II JurifdiôHon trop étendue des 

Eccléâalliques. Il ne vouloir pas que les 



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^ M£RCURE DE FRANCE. 

Officiers de Jufticc faififlent les biens <fc 
quiconque étoit excommunié, (anscxamif 
'lier (i rexcommunicairion^coic jnfte oa xn- 
jufte. Le Roi ^ diftinguanc très-fagcnaem 
^ntre les Loix civiles , auxquelles tout dôîc 
erre fournis , & les Loi-x de TEglife , dont 
l'empire doit ne s'étendre que fur les conf- 
<iences y ne laifla pas plier les. Loix da 
Royaume fous cet abus des Excommuni- 
cations. Ayant , dès le commencement de 
fbn adminiftration,conrcnu les prétentions 
^cs £.vêqMes ^ des Laïcs dai^s leurs bor- 
4nes y il avoit réprimé les faâions de k 
Bretagne : il avoir gardé une neutralité 
prudente entre Grégoire IX. & Frédé- 
ric II. 

Son Domaine, déjà fort grand > s'étoît 
«ccru de plutieurs terres qu'il avoit ache- 
tées. Les jRois de FraïKe a voient <ilors 
ipour revenus kurs biens propres *, leur 
grandeur dépendoit d'une économie bien 
entendue , comme celle d'un Seigneur par- 
ticulier. 

Cette adminîftration Tavoit mis en état 
de lever de fortes arn>ées contre le Roi 
d'Angleterre , Henri III. & contre^ des 
, ValTaux de France , unis avec l'Angleterre. 
Henri III. moins riche , moins obéi de fes 
Anglois, n'eut nid auffi bonnes troupes, 
ni d'auili-tôt prêtes. Louis > qui le furpaf- 

foit 



dby Google 



Février. 1751; 49 

fbit en courage, iromine en prévoyance» 
le battit deux fois , & fur root à la Jour- 
née de Taillcbourg en Poitou. Le Roi 
Anglois s'enfuit devant lui y cette guerre 
glorieufe fut fuivie d'une paix utile. Les 
Vaflaux de France rentrés dans leur devoir^ 
n'en fortîrent plus. Le Roi n'oublia pas 
même d'obliger l' Anglois à payer cinq 
mille liv. fterlings pour les frais de la cam». 
pagne. Quand on Congc qu'il n'avoir pas 
24 ans, lor^u'il fe conduisît ainH ; Se 
que fon caraâére étoit fort au deffus de fa 
^rtune , on voit ce qu'il eût fait, s'il fut 
demeuré dans (a patrie , & on gémir que 
la France ait été fi mâlheureufe par fes ver- 
tus même , qui dévoient faire le bonheur 
^a monde. 

^ L'an 1144, Louis attaqué d'une mala-* 
die violente , crut dit-on , dans une létar- 
jgic entendre une voix qui lui ordonnoic 
de prendre ià Croix contre les Infidèles. A 
peine put-il parler , qu'il fit vœu de fc 
croifer. La Reine fa mère, la Reine fa 
£etnmc , fon Confeil , tout ce qui Tappto- 
choit feniit le danger Me ce vœu fiinefte. 
t'Evèque de Paris même lui en repréfcrita 
les dangércufes conféquences. Mais Louis 
^cgardôit ce vœu comme un licnfacré, 
qu'il n'éroit pas permis^aux hommes de dé- 
UOQCt^ Il prépara pendant quatre années 



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fy MERCfURjri>E FRANCE. 

cette cxpédicion' ; enâia laiilànc à (à tmti 
le gouvcimcinciK du Royaùtne , il part 
avec fa femme , Se trois de fcs Frères , quç 
fuivenc Ictirs; époufcs, Prefqwc route h| 
Chevalerie de Erartce laccompagnc. Ua 
Pucde Boiurgj^n^ , ui>.Comte de BretaA 
gpe , un Comie de Flandres ,:tin Cotûce d^ 
Soiffons , un Comte de Vcndâms^ atr^cnent 
Itms V^flàux- 11 yieut dans l armée près d^^ 
trois mille Chevaliers Bannerets. La France 
fut plus défcrce que du téms de la Croif^ 
de de Saint Bernard , & cependant on n^ 
Tattac^ua pas; Lt^ Empereurs &Jes Roii 
d'Angleterre client trop» occupés chei 
eux. tJne partie de la Flotte inwîicnfc qui 
porcoit tant de Princçs.&'dc Soldats , paci 
de Marfeille , & l'autre d' Algue-morte j 
qui n*eft plus un Port âti jdiird'hui. Tout ce 
grand armement devoir fondre en Egypte^ 

Louis mouilla drans rifle de Chypre ; te 
Roi de cetce Ifle fe foinv à ki : on abords 
en Egypte, Se on cha(fè dabocd les Ikûr*-* 
bares de Dtmiette* Le vieux Malecfâla , 8c. 
prefqueincapaUe d'agir, dextiafodalapaîxy 
& on la lui refufa/ 

S. Louis» étok renforcé par de nouVeaini 
£:cours arrivés de France , fmvi de foixaiv^ 
ce mille combatrans, obéir, aicné, inftrui^ 
par les malheurs que Jean de Briènne avoi% 
tffuyés dans uoc. pardlle eôe^JQi^iSbttrc ^ 



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FEVRIER. ï7jr. ft 

tyant en tècc des ennemis déjà vaincus > 
éc un Sultan qui touchoic à fa fin. Qui 
ft'cût crû nue l'Egypte , & bientôt la Sy- 
rie ne fuflcnt domptées } Cependant la- 
Oîoitic de cette Armée floriflantc périt 
de maladie^ l'autre moitié eft vaincue 
près de là MaflToare. Saint Louis voit 
raer fon ftere Robert d'Artois 5 il eft pris* 
avec fes deux autres frères , le Conitcf 
d'Anjou , & le Comte de Poitiers. La plu- 

f)att de fes Chevaliers font captife avec 
ai i ce n'étoit plus alors Malecfala qui ré-» 
gnoit en Egypte : c'ctoit fon fils Almoa- 
dan. Ce nouveau Soudan avoir certaine- 
ment de la grandeur d'amc , car le Roi 
Louis lui ayant offert pour fa rançon , di 
pour celle de fcs.prifonniers un million de 
Befans d'or , Almoadan lui en remit la cin^ 
quiémc partie. Malecfala fon pcrc avoit 
inilitué la Milice des Mamelices , fembla* 
Ixlc aex Gîttdes Ptétoiriennes des Empereurs 
Romains , ^ des Janiffaires d^SLUjourdJwxk 
Ces Mamelices furent à' pri«c formés , 
Qu'ils ftircnt redoutables à leurs Maîtres. 
Almoadan ^i voulut les réprimer , fut 
«flaflîné par eux , dans le tems roêthe qu'il 
traitoit de la rançon de Louis. Le Gouver- 
ncmeivt partagé akyaeptre les Emirs , fem* 
bloit devoir être funefte aux Chrétienif 
tapti^r ccpeàtîaht lé Xonfcil Egyptîca 

C ij 



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ji MERCURE DE FRANCE. 

continua de traiter avec le Roi. LcSirc^« 
Joinvillc rapporte que ces Emirs même . 
propoferent dans une de leurs aflemblics 
Je choifir Louis pour leur Soudan. 

Joinvillc étoic prifonnicr avec le Roi y 
ce que raconte un bpmmé de fpn caraétére 
Se de fa naïveté, a.<la poids fans douce. 
Mais qu pn falTe réflexion , combien dans 
un Camp , dans une maifon , on eft mal 
informé des faits particuliers qui fe paflTcnt 
dans un Camp voiûn , dans une maifoi^ 
prochaine; combien il eft hors de vrai- 
iemblance que des Mufylmans fongenc à 
fe donner pour Roi, un ennemi Chrétien , 
qui ne eonnoît ni leur Langue , ni leurs 
mœurs , qui déteftc leur Religion , & oa 
verra quç Joinvillc n'a rapporté qu'un diC- 
icours populaire, Dire fidèlement ce qu'on 
a entendu dire , c'eft fouyent rapporter de 
bonne foi des chofes au moins lufpeékes. 
Je ne fçaurois guéres encore concilier 
fc que difentlçs Hiftoriens , de la manier^ 
dont les Mafulm^ns ttgiterçnt les prifon- 
niers. Ils raçpntçnt qu'on Icsfaifoit forcir 
un à un d'une enceinte , où ils étoienc ren- 
fermés > qu*on leur demandoit s'ils vou* 
ioicnt renier Jcfus-Chrift , & qu'on cott- 
poit la têre à ceux qui perfiftoient dans I0 
Çhriftianifme. . i 

jp'po a»trc ,C9té , Us ittpftçnt .qu w 



,y Google 



FEVRIER. 1751; j> 

?Vîcfl Emir fit demander par Interprété 
flux Captifs , s'ils croyoient en J. C. & les 
Captifs ayant dit qu'ils croyaient en lui. 
» Confolez-vous , dit TEmir 5 puifqu'il eft 
i> mort pour vous , & qu'il eft reflufcité ^ 
-« il (çanra bien vous lecourir. Ces deux 
récits femblent ùnpeu contradiûoires , Se 
ce qui eft plus contradidoire encore, c'cft 
que ces Emirs fiflcnt tuer des Captifs dont 
ils efperoient une rançon^ 

Au refte , il me femblc que ces Êmîr5 ^ 
quoiqu'ils euftènt tué leur Soudan, avoient 
pourtant cette efpcce de bonne foi & de 
Vertu , fans laquelle nulle Société ne peut 
fubfiftcr. Ils s'en tinrent aux huit cens mil- 
le Befans , auxquels leur Soudan avoit 
bien voulu fc reftraindrc pour la rançon 
des Captifs -, & lors qu'en vertu du Traité 
les Troupes Françoifes qui étoient dan» 
Damiette , rendirent cette Ville , on ne 
voit point que les Vainqueurs fiflcnt le 
moindre outrage aux femmes qui éroient 
en très grand nombre. On laifla partir la 
Reine , & Ces deux belles-forurs avec ref- 
pedi Ce n'eft pas que tous les Soldats Mu- 
iulmans fuflcnt modérés ; le vulgaire eti 
tout pays eft féroce. Il y eut fans doute 
beaucoup de violences commifes , des 
Captifs maltraités & tués -, mais enfin j't- 

C iij 



,yGoogîe 



14 MERCURtDEPRAI^CB. 

voue qu€ je ne fuis pas éronnét^uc le fint^; 
j)le Soldat Mahométan ait ccc lerocc con-» 
ire des Etrangers , qui des Ports de TEa*- 
rope étoicnt venus ravager les terres de 
FEgypte. 

Saint Louis délivré de captivité , fc r^ 
tire en Palcftine , Se y demeure près de 
quatre ans avec les débris de fcs vaitTeaux 
éc de fon at mée j il va vificcr Nazareth > 
au lieu dé retourner en Fratacc , 6c enfin ne 
feutre dans fa patrie qu*après la mortxicla 
Reine Blanche , fa merc j mais il y rentre 
dans le delfcin de former une Cxoifade 
nouvelle. 

Son fcjour à Paris lui procuroic con- 
tinuellement des avantages Se de la gloi- 
re. Il reçut un honaeur qu'on ne peut 
rendre qu'à un Roi vercoeux. Le Rôi 
d'Ahslctèrré Henri IlL & fes Barotis le 
choimcnt pour arbitre de leurs qucréli- 
les. Il prononça rAtrêt en Souverain , Se 
û cet Atrêt , qui favorifoit Henri IIL 
ne put appaifer les troubles d'Angleter*- 
xe , il fit voir au moins à l'Europe , qud 
refped leis hommes ont roalgre^ux pour h 
vertu. Son frère le Comte d'An)ou dut î 
la réputation de Louis , & au bon ordre 
fde fon Royaume rbonneur 4'êixe ^oifi 
par le Pape pour Rûi de Sicile* 



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VTEVR11ER- X75^-' Î"J 

' Loui$ cependant augmcntoit fcs Domaî- 
ttes de l'acquifition de Natnur ,^e Pcron- 
4ie i d'Avraiâches , de Mortâgnc, duPer- 
<hc. Il pouvoir ôcer auK Rois d'Aflglecetu: 
tout ce qu'ils poflcdoietvt en France. Les 
-q^icrclles de Henri III. Se de fes Barons^, 
Jui en facilitoicnt lesmaycns 4 niais il pro- 
féra la juftice à rufurpationsil les laifla 
jouir de la Guyenne , du Pcrigord , du Li- 
<niofin 5 mais il les fît renoncer pour jamais, 
-à la Tourainc , au PoiwHi , à k No^rman- 
-die , reunies à la Courenac par Philippe 
cAugufte : ainfi la paix fut aiFeciiMe avec fd 
réputation. 

11 établit le premier la juftice de reffort^ 
^■Jc les fujct5 opprimés par les i€nt<ncc« ar- 
i)irraires djcsîtigcsdcs Baironiefl ^ conimei>. 
•tpereiiit à po&v<yir porter leurs plaitite^ ans 
quatre grands Bailliages Royaux , crée* 
^our les écouter. Soas lai de^ Lettrés -com- 
mencèrent à être admis aux féanccs de ces 
î^arlemens , d^nslefquels des Clic vali ers , 
qui rarement ^çavoient lif c , dccidoicnt 
•de la fortune des Citoyens. Il joignit à la 
fiété d'un Religieux /la fermeté éclairée 
d'un Roi , en r^prinmnt les ewtreprifes de 
4a Cour de Rome , par cette fameufe Prag- 
inatique , qui conlervc les anciens droits 
deTEglifc^ nommés Ubeités'dcrEglifc 

C ii^ 



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ytf MERCURE DE FRANCE. 

Gallicane ; enfin treize ans de (à préfencd 
réparèrent en France tour ce que fon ab- 
fcnce avoir ruiné i.mais la palïion pour les 
Croifades Tcntrainoit. Les Papes Tencoa- 
rageoicnt , Clément IV. lui accordoit aoc 
décime fur leClcrgc pourtrois ans.Le Clec<- 
gé qui du rems de la Dîme Saladinc avotc 
tait beaucoup de repréfenracions pour ne 
rien payer , en fit encore de rrès fortes ^ 
^.elles furent au(fi inutiles que peu décentes 
.fous un. Roi , qui, prodiguoit fon fang Sc 
fcs biens dans une guerre tanr prêchée par 
.le Clergé. Il part enfin uùç fecande fois-, 
& à peu près avec les mêmes forces. Son 
/rere qu'il a fait Roi de Sicile , doit le fui- 
vre.. Mais ce n'eft plus du côcé de la Palcf- 
xinc, ni du côté de TEgypte qu'il tourne 
fa dévotion & fes armes. Il fait cingler fa 
Flotte vers Tunis. 

Ce fut Charles d'Anjou , Roi de Naples 
&de Sicile , qui fit fervir la piété héroi- 
que de Louis 4 ^cs dcffcins. Il prétendok 
que le Roi de Tunis lui devoit quelques 
années de tribut. Il vouloit fc rendre maî- 
tre de ces Pays , & Saint Louis efoeroit , 
difent tous {ts Hiftoriens , ( je ne fçais fur 
quel fondement ) convertir le Roi deTi>- 
nis. Les Troupes Chrétiennes firent leur 
delçente vers les raines de Cartage ^mâia 



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FEVRIER. 175Î. 57 

];)len|otlc Roi c(V afliégc lui-même dans 
fon Camp par les Maures réunis. Les me- 
mes maladies que Tin tempérance de fes fu- 
jets tranfplantésf , & le changement de 
climat , avoicnt attirées dans ion Camp 
en Egyptejdérplcrent fon Camp de Carra- 
gc. Un de fes fils né à Damieite pendant 
l'a captivité , mourut de cette elpécc de 
contagion devant -Tunis. Enfin le Saint 
Roi en fut attaqué : il fe fit étendre fur la 
cendre & expira à l âge de 5 j ans , avec 
la piété d*an Religieux > & le courage d*ua 
.Héros. A peine eft-il mort, que fon frère 
le Roi de Sicile arrive -, on fait la paix avec 
les Ma.ures , & les débris des Chrétiens 
font ramenés en Europe. On ne doit guc- 
res compter moins de cent mille perfonnes 
.facrifiics dans les deux expéditions de Saint 
Louis. Joignez-y les cent cinquante mille 
qui fuivirent Frédéric BarberouflTc , les 
trois cent mille de la Croifadc de Philippe 
Augufte , & de Richard, deux cent mille 
au moins, du tems de Jean de Brienne: 
comptez les feize cent mille Croifés , qui 
avoient déjà pafïc en Afie , & n'oublieaj 
pas ce qui périt dans Texpédition de Conf- 
tantinople , & dans les guerres qui fuivi- 
rent cette révolution , fans. par 1er de la 
Croifadc du Nord , &.de celle contrcles 
.Albigeois, oa jcrouvcraque TOrieat fv^t. 



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5S MERCURE DE FRANCE. 

?c Tombeau de plus de deux nrilliorïs d'Etui 
Topéens. 

Plufiears Pays en furent dcpcuptés & 
appauvris. Le Sire de Joinvillc dit «xprcf^ 
dément , qu'il ne voulut pas accompagner 
Louis à fa fecondéX^rôifade , parce qu'il ne 
îe pouvoit , & que la première avoh ruii- 
tïé toute fa Seigneurie. 

La rançon de Saint Louis avoît coûté 
tuit cens mille bcfans -, c'ctoit au moins 
ireuf millions de la monnoye qui court ac- 
tuellement. Si des deux millions d'hom- 
mes qui moururent dans le Levant , cfaa- 
cun cmpona feulement cent francs , c'eft 
encore deux cens miHionî de liv. qu'il en 
coûta. Les Génois , les Pifans , & lurtout 
les Vénitiens s*y enTichirent v mais la Frait- 
xc , TAnglcterrc > l'Allemagne , furent 
^puifôes. 

On dit que les Rois de France gagne^- 
rent à ces Croifades , parce que Saint 
Louis augmenta fcs Domaines , en achcp* 
tant quelques Terres des Seigneurs ruinés j 
tnais U ne les accrut par Ton cconomie y 
que pendant le féjour qu'il fit dans fes 
Etats. 

Le feul bien que ces entreprifes procure- 
Tent , ce fut la liberté que plufieurs Bour- 
gades rachetèrent de leurs Seigneurs. Le 
Gouvernement municipal s'accrut un peu > 



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F E V R I E R. 1751- 59 

ces Communautés pouvant travailler Se 
commercer pour leur propre avantage ^ 
exercèrent les Arts & le Commerce que 
Tcfclavage éceignoit. 

Cependant le peu de Chrétiens canton- 
nés fur les côtes de Syrie , fut bientôt ex- 
terminé , ou réduit en cfclavage. Proie- 
maïs leur principal aritc , & qui n*étoit en 
cflFet qu'une retraite de Bandits fameux par 
leurs crimes , ne put réfiftcr aux forces dtt 
Sultan d**£gypte , KWcc Scr«ph. Il 4a prie 
en 1 2 91 : Tyr & Sidon fe rendirent à lui. 
Enfin versla Âà du douzième £écle^ il n'y 
avoit plus dans l'Afic aucune trace appa- 
rente des Croifades. 



L'Idée de cette Pièce n'cft pas noUveU 
le , j'avoue même franchen^at l'avoir 
prife dans un Livre, mais -elk m'a paru fi 
naturelle que je n'ai pu in'-ea^èobec de U 
mettre en vers. Je i'inâtule » 

L'AMANT AVEUGLE.! . 

X .R£t de fixer Tes vœux par qq lien noaveaB^ 

Un jont l'impatient Dorante 
Se fii(ant de l'Hymen nne image briUaote ^ 

En voulut avoir le tableau. 

Cvj 



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€o MERCURE DE FRANCE; 

Chez un Peintre auffitôc il marche, il court, il 

vole : 
Çà , Monfieur , de l*Hymen faites-mol le portrait; 
Quand pourrez>vous î . . . Quel jour fcta-t'U 
fait? 
D'abord comptez fur ma parole , 
Pour le prix vous ferez pleinement facisfair; 
Mais n'allez pas d'une forme ordinaire 
Peindre le plus charmant des Dieux ; 
Qu'il foit libre, enjoué $ fur tout qu'il ait les yeus 
Jendres comme l'Amour & plus beaux que ^ 
mcre. 
Enfin il faut vous furpaifer» 
Et travailler d'après nature ? 
£t félon la beauté qu'aura votre peinture^ : 

Je fçaurai vous récompenfer. 
Le Peintre , par un coup de maître; 
Voulant fignaler fon pinceau , 
Ou bien pour n^ieux être payé peut êtrcj ' 
Repiéfenta l'Hymen C\ beau , 
. Qu'on auroit pd le méconnoicre. 
Notre amant toutefois n'en fur pas fatisfair; ' 

Ce front , dit-il , n'eft pas bien fait ,. 
|e lui trouve , je crois , la peau même ridée. 

Ah , Monfieur , quels y eux languifians | 
Ce vifage n'a point cet air , ces agrémens . . • 
Enfin ce n'eft point là l'Hymen dans mon idée; 

Tout n'cft ici que médiocrement beau , 
Je vais médipcremcnt vous payer votre ouvrage^ 



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FEVRIER. Ï7fi; 4t 

911& ! s^iï vous plaît , rendez-moi mon tableau # 
Dit le Peintre , je fais de rhuile un tel ufage , 
Le (ems i mes coufenrs d^onne un tel avantage^ 
Qu'if faut au moins a mes portraits 
Trois mois pour les rendre parfaits. 
iAdieu y Monfieur , je compte dans la fuit^ 
Que vous en ferez plus content , 
Je ne fuis pas preffé d'argent ; 
|1 faut ({Ue mes tabfeaux ayent tout leur méritée] 
Le lendemain damant pa/Iionné 
Donna la main â fa Maicreffe : 
f I ne fentit jamais de plus vive tendrefle 

Que dans cet inftartt fortunié ^ 
Mais cette ardeur fe perd dans le ménage. 
Le Peintre qui le fentoit bien , 
Trois mois après ce doux lien^ 
yînt à TEpoux rapporter fon ouvrage. 

L'Epoux changea bien de langage • 
Tout lui parut alors admirable , charmant. 
'^Ottsme l'aviez bien dit^Motifieur yquelcluf^ 
geroent ! 
Je ne connois plus ce vifage ; 
Ces yeux font mille fois plus beaux qu'aupara^ 
.rant. 
En vérité je vous admtrc. 
Cependant , s'il fâut vous le drre, 
Je troiave â ce portrait trop de vivacité ; 
franchement cet air libre à l'Hymen ne f(ed 
guère. 



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tt MERCURE DE FRANCE. 

Il doit avoir de la beauté , 

Une beauté folidc & fierc , 

Un feu que la raifon modère ; 

Un air de fenfibilicé , 
Différent toutefois de cette ardeur légère , 

Que fouffle le Dieu de Citbere 
Dans le cœur d'un amant aveugle Se tranfporté. 

Pour le coup , je fuis bon augure , 

Répond le Peintre en baiiinant^ 
€c que je prévoyois arrive juftemcnt. 
Le tems n'a rien cbang^^ Monfi^ur , dans ra^ 
Peinture , 

Mais dans vous-même feulement. 
^ ^cndant que vous étiez amant , 
Jfous ne voyiez d*Hymen quVne fauffe figure | 

Vous êtes mari maintenant. 

Lopp^ dn Mefiiil , de Létvâl. 

VE R S 

Ecrits fur un Racine. 



R 



Acine , je te dois tout ce que j*ai d'efprh l 
De fenciment , de goût , de ftyle , d'élégance, 
£t fi je fçais aimer , ton Livre roe l'apprit ; 
Mais mon. Iris , hélas! mon Iris me trahie « 
Tu ne m*as point appris a fixer (à cooftancc» 



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FEVRIER; 1751. 6i 

£fi paflanc dans fes mains ^ en occupant ït% yeazn 
Kappelle-lui du moios ce que je fuis pour elle. 
Dâûs tes plus teudies vers retrace-lui mes feux^ 
Tais-la gémir du fort des.am.aiis malheureux. 
Et rougir au portrait d'un amante iofidelle. 

SUR L'AMOUR A LA MCU)E. 

Il cft de la pudeur le fiincfte iercueiî | 

Une faveur n'cxcUe en lui que de l' tgueil ^ 

Le plus fubtil poifon s'exhale pat fa bouche % 

Mais ce n'eft plus le coeur , c'eft Teiprit qui le 

touche* 
'Aux frivolcs.devoirs que l'afoge frcfcrit , 

Son pouvoir tyrannique affujettit la Terre ; 

Sur la foible raifon il lance fon Tonnerre. 

Le menfonge préfide i tout ce qu'il ^crit % 

11 trompe chaque jour la crédule tifette % 

pour un fexe innocent quel tcdontaWe ' Athlète l 
Jl ne fe fait efclave auprès d'un jeune cœur , 

4311e pour être infolcnt quand il fera vmn^ueuit^ 



i^ 



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?4 MERCURE DEFRANCE. 
IMITATION D'ANACREON. 

» X Ot ou tard il faut fe rendra, 
» Et c'cft à {iréfent ton tour , 
^ Me diftit le Dieu d'Ainour; 
Moi , je prétends me défendre; 
Le fripon par on détour 
Poorroit fort bien me furprendriev 
Attaquons fans plus attendre. 
Battons d'abord le tambour j 
J'en veux au Dieu de Cythércr;» 
l'Art ici m'eft néceffaire , 
Et contre l'A mour lutter , 
€e n'cft pas petite affaire j 
Il faut pour lui réfiftcr 
^ Tout Tattirail de la guerre ^ 
Vîce , allons , mon cimeterre ^ 
Mon cafque , mesiayelots. 
Et furtout cuîrafle neuve , 
Dont le fèr foit â l'épreuve; 
N'en dëplaffe â nos Héro» , 



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TE V R I E R. lYJï. V$^ 

Qui n'ont pour toute défend 
Qu'une épée , Se leur vaillance | 
De maint prudent Chev^âlicr 
J*âime mieux l'antique ufage; 
Et ioutWtifled*acier, 
Je mets çncor mon courage 
A l'abri d'un bouclier. 
Contre moi l'Amour fait rage^ 
Mais , grâce à mon équipage n 
Il épuife Ton carquois ^ 
Sans me faire aucun dommagei 
J'ai mis l'Amour aux^bois ^ 
Mufes /Célébrer ma gloire. 
Je cbftntois déjà victoire ; 
Quand ce Dieu , comme un éclafr ; 
Fond fur moi des champs de l'air , 
Et tout i coup me pénétre. 
' iwDe ton cœur je fuis le maître i 

» Envain tu reux me braver , 
•» Et me voici dans la place i 
y> Va , l'Amour fçait bien trottvcT 
>3 Le défaut de la cuira(re« 



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ig MERCURE Ôfi FRANCE. 
RECEPTION. 

X>f M. U Çomne de Bijfy a Vjicddémie FraiU 
foife , le Mardi a 9 Décembre 1750. 

Quoique les aflTemblées publiques de 
rAcadémic Françoifc foienc toujours 
brillantes , on n'en a gucrcs vu qui Tait 
été autapt , que celle dont nous rendons 
compte- ïous ceux qui aiment les Lettres 
'étoicnt carieux d'entendre M. le Comte 
de BilTy , que fa bejlc Traduâdotï du Pa- 
triotifme avoit r^ndu célèbre. M. TAbbc 
de Bernis , fi connu par la délicateffc de 
fon cfprit,& les charmes de faPocficî 
enfin. M* le Maréclul Duc de BcUcIfle , 
dont l'éloquence nous a été auflî utile dans 
les négociations , que l'expérience & l'ac- 
tivité dans les armées. Nous croyons que 
le Public retrouvera ici avecplaifirce qu'il 
a applaudi à r Académie, 

DifcoHTs de M. le Comte de Rijfy. 

Mcflîeurs^ attaché par mon état , pat 
won devoit, plus encore par mon inclina- 
tion, au fervicc d'un Roî, digne d'occuper 
tous les inftans de notre vie, j'ai bng-tems 
héfité à briguer la place que vous avez dai- 
gné Qi*accorder« Mais enfin > convaincu 



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r E V RI EU, 1751. ^7 
|>ar des exemples qui font familiers cnrrC 
vous , que les Armes & la Littérature, 
loin d'être incompatibles , fe prêtent fou- 
vent un fccours mutuel , | ai oie vous prier 
de vouloir bien maflbcicr à vous. Heu- 
reux , fi un violent amour pour les Lettres, 
& ' le dcfir ardent de vous imiter , poo- 
voicnt me tenir lieu de talens , ou dâ 
moins les fuppofer ! 

Eh l dans quels lieux , mieux que dans 
une Compagnie , rcfpcdkable par tant de 
qualités émmentes , un homme de guerre 

f eut-il cfpcrer de fc former Tcfprit , de 
enrichir , & d'acquérir des connoiflanccs 
utiles , même à fon métier \ Le foldat > 
îoftrumenr journalier de la gloire des Gé« 
néraux , y contribue à la vérité par fcs fa- 
tigues & par fon épéc -, mais ce n*cft pas 
lui qui traiifmet à la poftérité les projets, 
\cs marches , les batailles -, c*eft par vos pa- 
reils , MeiSeurs , que les Grands Capitai- 
nes deviennent vraiment célèbres , & que 
ceux qui afpirent à la gloire des armes ^ 
apprennent comment ceux qui les ont 
procédés y font parvenus. Que d'exploits 
ne doit-on pas au defir de voir fon nom 
occuper les Hiftoriens ? Si la vertu forme 
le Héros , ce font les hommes de Lettres 
qui le couronnent ,& c'eft fouvenc à leur 
mérite particulier qu'il doit Tépoquc qoi 
rimmortalife. 



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«« MERCURE DE FRAISTCÊ. 

Ce ne font point les combats de PM- 
lippe 8c d' AiSkiam , ce font les Virgiles > les 
Horaces , les Ovides , cjui ont fait don- 
ner au tems où vécut Odave , le titifc 
pompeux de (îccle d'Augufte. Agrippa fut 
moins utile à la gloire de fon Maître eti 
gagnant des batailles , que ne le fut Mé- 
cène eh protégeant les Lettres, Par ta 
valeur d' Agrippa , la puiflTance d*Oâ:ave, 
élevée fut les ruines de la République , 
enleva à TUnivers le fpcélacle des vercils 
deTancienne Rome. Par les bienfaits & 
par les foins de Mécène , fous le Règne 
d'Augufte , Rome , digne rivale d'Athènes, 
s'éleva k une fupérioricé de lumière & de 
goût , refpeétéc encore aujourd'hui de tou- 
tes les Nations* 

Par quelle fatalité dds jours (î lumineitx 
furent-ils fi promptement fuivis d'une nuit 
profonde ? Qui jamais eût ofé prévoir 
que le (ïécle d^Augufte ne feroit que de- 
vancer prefque immédiatement , ces teiris 
. . qu on a nommés depuis le bas Empire î 
On diroit que la Nature , qui s'étoit épuî- 
féeen faveur d'Augufte , avoic befoin d'un 
long repos. La Terre entière tomba dans 
une ignorance qui tenoit de la barbarie; 
d*épai(Iès ténèbres enveloppèrent tous ïts 
cfprics. Enfin un léger crépufcule , qui pàf 
ii lenteur Se par fon peu de force , ne lâf- 



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FEVRIER. 1751. 69 

(pît pas cfperct un jour bien pur , fit plac^ 
tout d'un coup à une Aurore brillante qui 
écarta ces nuages; ce fur votre illuftrc Fon» 
dateur, Aurpre digne d'annoncer ce Soleil 
-quialloic éclairer le monde.^. Louis XI V... 
A Tafped de cet Aftre , les objets prirent 
une face nouvelle 5 toute la Nature fembla 
s'épanouir -, un grand hon>roe ne paroiiïbic 
que pour çn procéder un autre plus grati4 
encore. 

Pour donner une idée parfaite de ce 
Monarque , qui fut à la fois le plus grand 
B.oi , & le plus honnête homme de l'Uni- 
vers , je crois qu'il foffiroit d'examiner 
fcrupuieufemenr ce qu'croit la France^ 
^ quand il prit les rênes du Gouvernementales 
ce qu'elle devint fpus fon Règne. Ces deux 
points, bien comparés & bien difcutés, ren-f 
ferment l'éloge complet de ce grand Prince* 
Mais fcs vertus particulières, fes conqucJ 
les , fcs viârpires , la capacité & la valeur- 
de fes Généraux , 4onc la mémpirc nç 
mourra jamais , n^aurpicnt pas fuffi pour 
donnera fon Règne çc titre glorieux de 
Cécle de Louis XIV , Sans les Boffuets , les 
l^cnelons , les Corneilles , |cs Ç^acines , la 
Fontaine» & tant d'Auteurs dignes d'uA 
jnom immor td. D'où fortoien t- ils ces honit 
^es iperveilleux .<* D'entre vous. 

- Çç C^éde^ ficplébrc dont tous con&t 



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70 MERCURE DEFRANCE. 

Crcz tous les jours le fauvenir , a un avan- 
tage fur celui d' Augufte , c cft que loin de 
finir , il fe retiouvellc. Et par qiii ? Par 
k fils , par le fucccffeur de Louis XIV. 

Un homme d cfprir a ofc dire que Icx- 
trcme polircflc croit une marque prcfquc 
certaine de la décadence des Etats. Nouj 
voyons le contraire ; jamais la Nation Fran- 
çoifc ne fut plus éclairée , la Nobldle plu^ 
inftruitc , plus polie , & jamais clic ne fur 
plus valcureufc. C cft vous que j*en aticftcjt 
Monfieut , vous qui avez tant de fois & 
fegloricuferacnt commandé la pltïs grande 
partie de ces hommes^ générc^ux. Ainff 
croyons que notre (îécle aura fa célébrité » 
cbmmc celui de Louis XIV. On pourroit 
hardiment raffûrer ftir la foi de vos talcns, 
6c des vertus de votre augufte Ptotcdcur. 
Ehl QuelPrince fut jamais plusgrand,p!u$ 
fcamain , plus modeftc qticcelui'qui prcfi- 
de à ce lîécle nouveau!. Roi , H n'oublie 
jamais qu'il cft homme -, homme il* n'oublie 
jamais qu'il cft Roi, Louis dédaignant cet- 
te ffloire faftuenfc i dont Téclat éblouit , 
& égare fouvcnt le Héros , fur de lui-mc-' 
me, laifla aux événcmcns le foin de déve- 
lopper fon grand cœur. 

Lorfque preflc par nos Armes triom- 
phantes , l'Ennemi trcmbloit pour fcs Ca-' 
pitales > Louis ne fe mit point à la tète de 



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FEVRIER. tT$t. 7»^ 
Tes Armées ; tl en abandonna le (bin a Cet 
Lieurenans ; mais quand il vit fcs Frontié* 
ces menacées , alors ne conhanc qo a lui-' 
même la défenfe de fes Sujets , Louis le# 
ra^ra par Ùl préfence , & les (âuva par 
fes viâoires : veriuble héroïfme , qui prc^ 
ferc le licre de . Confcrvatcur à celui de 
Conquérant. Que d'exploits glorieux onc 
depuis illuftré le Règne de ce grand Roi t 
Mais au milieu des monumens de Ùl va* 
leur » celui qu il vient de cpnfacrer à (a 
clémence y en donnant la paix à TEurope ^ 
iera ron jours le plus beau & le plus dignes 
qu'il pût élever à fa gloire. 

C cft à vous , Meflîeurs » d'éternifer tt 
mémoire du Règne de Louis XV. Et que» 
nous manque t-il de ce qu'on admiroit 
dans vos prédéceflcurs î Ils ne vivant ploft 
<pic dans leurs Ouvrages , & lorfque vous 
se vivrez plus que dans les vôtres ^ le fie-*? 
de de Louift XV. n'aura pas a redouter Icj 
fiécle d*Augufte»ni m^nie celui de Louis 
XIV. . 

Qu'il feroit doux pour moi , Meffieufs,; 
Ac pouvoir contribuer à cette gloire quei 
î'pfe votis prédire , ou du moins de dimi-. 
nuer par mon zélé la perce que vqus avesi 
faite par la mort de M. l'Abbé Terraflbn ! 
Mais le remplacer fans l'égaler, ce fera plu- 
tôt renouvellcr vos regrets que les adou^ 



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7ir MERCURE DE FRANCE, 

En ctfct , auel fut mon prédéccfleur > 
Homme fanft/ard & fans orgueil , il difoic 
naturellement fon avis ; mais ce n'écoitpas 
avec ce ton d autorité fi fatiguant, & qucl- 
quefoisrfi humiliant pour les autres y il ne 
cherchoit point à troubler le repos des fo- 
cicrés : heurcufe égalité , que les grands 
hommes défirent de mettre dans le monde, 
& que les gens médiocres s'efforcent con- 
tinuellement d'en bannir. Philofophe , 
Grammairien , Géomètre , Critique , Hifl 
torien : fa TraduiStion de Diodore de Si- 
cile eft un ouvrage important par les lu- 
mières qu*il répand fur THiftoire anciciMic. 
Sa Diflcrtation fur l'Illiadc eft un chef- 
d^OBuvre en ce genre. Quoiqu'il ne fe fuc 
point adonné à la Pocfie, il eftaifé de voir 
qu'il jen a connu toutes les délicateflcs. . 

A tant de qualités & à tant de titres , que 
poflTcdoit M» TAbbé Terraflbn , il joignoic 
un mérite que vous chériffiez , & que vous 
prouverez en moi : c'eft fon attachement 
pour l'Académie , & fon aflîduité à vos' 
exercices. Mais où il apportoit tant dé con- 
noiffances , je viendrai en chercher ; je 
in*infti:uirai , & il éclairoit j j'admircraî , 
4^ vous i'écoutiez. 



REPONSE 



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FEVRIER. 1751; 7î 

tLE P O N S E de M. le Ataréchal Duc de 
BtlU-IJle y DireBcHr de l'Académie Fran* 
çoife , 0U Difcours frmonci par M. le 
Comte de Bijfj. 

MOnfieur, l'Académîc, en répondant 
aujourd'hui à l cmprcfltmcnr avec 
lequel vous avez fouhaitc de devenir un de 
fes Membres, vous donne le témoignage le 
plus flatteur de tout le cas qu elle fait de 
vos talens. 

Ce que vous en avez laiflc percer dans 
le PiAlic , annonce un efprit curieui des 
connoiflances qui peuvent tourner à l'a- 
vantage de la Société ; & il eft bien loua- 
ble de chercher tous les moyens d'être 
utile y fur tout à un âge & dans une pro« 
fêffiofl , où fouvent trop occupe de fe ren- 
dre agréable , Ton finit prelque toujours 
par refter frivole. 

En mon particulier , Monfieur , j'éprou- 
ve dans ce moment une vraie fatisfaâûon , 
cjuc le fort m'ait mis à portée d'initier dans 
le Temple des Mufcs , le fils & le neveu 
Je perfonncs a qui j*ai été de tout tems 
attaché par les liens de l'amitié la plus fin* 
iccre. 

Qui fut plus fufceptible de ces fentîmens 
cjue M. rÂbbcTerraffbn àqtii vous fuccé- 
Jcz ? Né avec un* grand fond de Phifofo^ 

Ht 



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74 MERCUREDE FRANCE 

pbic & d'humanité » qai furent la régie 
invariable de fa conduite , il avoit beau* 
coup de candeur dans le traraâére &~ de 
'fimpKcicé dans les mœnrs. & modeftie 
franche & naïve ne cherchoit , ni à fe ca- 
cher , ni i fe moncrer , Se Ton indifférence 
pour la fortune y n'avoit rien du fàfte ni de 
la groffiereté des anciens Philofophes. 

Dts qualités fi précieufes & fi rares roc 
feroienc prefque oublier Tes talens \ & il$ 
ctoient y ainfi que Tes connoiflànçes, d une 
grande étendue. 

Bientôt ils furent apperçns Se encouragés 
par cet homme célèbre , à qui nul genre de 
mérite littéraire n'échappe, parce qu'il les 
réunit tous fiipérieurcmem. Le choix qu'il 
fit de M. l'Abbé Tcrraflbn pour fi>n ElevQ 
i l'Académie des Sciences , le travail que 
cette Compagnie confia i cec Académicieu 
pendant un grand nombre d'années^proo- 
vent mieux que tout ce que je pourrois 
dire , quel étoit fon métite. 

De tous les Ouvrages que nous a Ldflé 
M. l'Abbé TerralTon » la Tradu(^(m de 
Diodore de Sicile , eft celui qui a été le 
plus généralement applaudi. 

Vous connoifiez > M. les difficultés de cec» 
te forte de travail , & vous en recevez une 
técomnenfe auifi prompte que diftinguée^ 

Ccft à vous > Monfieur > a nous d4* 



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FEVRIER. lyyi. jf 

iSotninagcr de la perte que nous avons fai- 
te. Ne craignez point cependant que TA- 
cadémie Toit injufte dans Tes vues , ni dans 
iês efperances. Quelque avantageafesqae 
foient celles qu'elle a conçues de vous > ei« 
le fent que vous avez par état un premier 
devoir ï remplir , qui s'allieroit.mal avec 
des travaux qui demandent reus les inf* 
tans de celui qui s'y livre -, & un homme 
tout entier fuffit à peine à toutes les con- 
noiflances qu'exige la fcicnce de la guerre. 
L'Académie défire donc de vous , Mon^ 
{jcur,que continuant de cultiver avec foin, 
pendant que la paix vous en donne le loi- 
fir , ces heureux talens cjue vous faites pa- 
roirre , vous regardiez comme un des 
tdojensles plus efficaces de les perfcâion- 
ocr , faffiduité à (t:% a0cmblées. 

Que ne puisi-je moi-même en donner 
l'çxcrople, & fuivre mon ipclination : fj 
donne du moins mes regrets^ & des re- 
grets très-fincéres > dans la forte perfuanon 
où je fuis^ combien . les Letues fêcvenr à 
la i^Loirc des Empires. 

Kf • l*Abbb' de Bernis termina la Séance 
par des réflexions fur l'efprit dufiéde : el- 
les forent trouvées ingénieufes , fines , pi- ^ 
qaantes » tout à&it clignes de l Ecrivain 
crcs efiimé & uès cftimable, qui les faifpit« 
- Dij • 



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yt MERCURE DÈFRANCÈ, 
E P I T R E 

jl Mddame U Mar^uife de Gwbriant. 

NOn , non , de nos Pédans c*cft une vieille 
erreur j 

La Vertu modefte & fincére , 

L'aimable & couchante candeiir 

A la Cour n'efl point étrangère : 

Lès Rois du vrai mérite auguftes Protedbears^ 

Pour Iç voir ont des yeux ^ pour Taimec ont de^ 

cœurs ; 

J'en attçftc Sully piçs 4u Trône appelIéC| 

Ouï , par ce jufte ckojx notre attente eH combWe ^ 
Oui > fans prefque fonger l ces divins ayeux , 

Sur qui votrç vertu fuprême 
Vcrfe cncor plus d'éclat «jii'cllc n'en reçoîr d'coît - . 
Nos cœufs en vous nommant ^ ne non^nioient qa^ 
vous m^me, 

Enfin , vous la voyez , cette fuperbe Cour ; 
La t;Q de tant de vœux , Tobjet de tant d'amoar % 
Dangereu(« beauté , dont les rizueurs cruelle^ 
Portent le défelppir daps les cœurs déchir({s J 

Et dont les faveurs infidelles , 
Igatent fans retour les mortels pny vrés ; 
Qu'a fpn char triomphant Tillufion enchainçj 

gttvaiaduCynjjuroTguciUçœi - 



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FEVRIER. 175t. 77 

DmSJios craDfpons jaloox ooasafFcûons la haine 
£n vain nous noas armons de dédains foordlieoxt 
( Vain dépit d'un amant comte Ton inhumaine } 
Vo regard , un foaritei Ces pieds nous ramène. 

Là , le calme trompenr d'un jour pnr èc ferein 
Voile l'orage afireai qui fc forme en fon fcrn ; 
L'oeil ne voit point partir la foudre impétueufe , 
Qui brife des Sejans la tête fùftueufe ; 
L'efpoir d'un air flatteur préfentc il nos dcfirs 
Dans an lointain brillant la gloire 8c les plaifi:S| 
Da Soleil dans ces lieux la Majefté préfente 
DiTpenfe , avec douceur , fa clarté bien^ilànte • 
Aftres , qui de la terre éblouiffez les yeux , 
Vous devez à lui feul votre éclat & vos feux* 
Vêts ce centre (acre de gloire & de lumière 
Kotre ame avec ardeur s'élance toute entière $ 
Aînour ! porte nos vœux 8c nos tranfports divers j 
A ceTÎvanc Portrait da Dieu de l'Univers • . • 

Mais oà m'a tranfporté mon zélé téméraire ? 
.Où fuis-je ? . «. . Ah ! tant d'éclat n'cft point, fait 
pour mes yeux. 
La veuve du défenfeur d'Aire , 
La fille des Sullis peut vivre avec les Dieux ; 
Moi , que le fort condamnera ramper fur la terre; 
|e retombe , 8c vous laifle'au réjour da tonnerre* 

Sor le débris fanglant des vices abbatus 
Cet immortel Kobxy , dom vous foivez les tracoi i 

D iij 



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78 MERCURE DE FRANCE. 

A côté des Amours , des Plaifirs & des G tacct 
Datns ce réjour brillant fie regoer les vertus^ 
L'Envie ,en frémiflant admiroic Ton courage f 
A des eTprits jalou» , dans âc$ fours pleins d'arageî 
^on auftére équité fit rcfpeélcr les Loix 
"9^ -plus grand des mortels & du meiilear det 

Rois 5 
Tendre ami de fon Maître , 8c foutien de fa gloîre; 
Peuples , aux pieds du Trône il porta vos doulearf 
II foulagca vos maux , il efluya vos pleurs- 
il fçayoit que l'Amourjiu Temple de Mémoire , 
Au-deflus des Vainqueurs & des Rois Cou^éu 

rans , . 
Grave les ndms facrés des Héros bienfaifans. 

Sully , vous retracez ce rare & noble exempte 
A cet Aftres naiflans que l'Univers contemple ^ 
Délices de la France , ornemens de la Gour., 
De l'Europe attentive Se l'cfpoir & l'amour ; 
Le Ciel en leur donnasr les vertus de leur merel» 
Leuc promet pour époux des Rois , tels que Icilv 
père. 



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IfEVriER. 1751. 7f 
SEANCE PUBLIQUE 

2>^ rjicadémie Royale des Scientes , le Sdr, 
medi ^ 15 Novembre 1750. 

MOnfiear de Fouchj , Secrétaire Per- 
pétuel de 1* Académie , lut Iclogc 
de feu M. de Crouzas, Il le peignit , com- 
me un Critique plein de bonne foi , un 
Phyficien fort exaft , un Métaphyficicn 
fiibtil , un bonCéométre , un homme d'un 
goût (ur , & ce qui eft plus rare , comme 
un Théologien modéré. 

M. de laCondamine lur cnfuite THif- 
toirc des travaux des Académiciens , en- 
voyés par ordre du Roi fous l'Equateur , 
depuis 173 5 jufqu'en 1741 > fervant d'in- 
iroduâion au Livre , qui a pour titre : 
Mefare des trois premiers degrés dn Aiiri-^ 
dien. » 

M. de laCondamine occupa très- agréa- 
blement Taflcmblée par la IcAure de fon 
Mémoire \ on fut effraye des périls qu'a- 
voient couru nos Académiciens , étonné 
de leur courage , & charmé de leur travail. 
Si ces hommes généreux avoient eu be- 
(oin d'apologie , ils auroienc été pleine- 
ment juftifiés par le détail dans lequel 

D iiij 



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So MERCURE DE FRANCE. 

M. de la Condaminc entra : il n'eft plal^ 
fi^rprcnant que le voyage de ces Mcfficor^ 
ait duré dix ans i il eft feukmeiit furpre- 
nant qu'il n'ait pas été interrompu cent 
fois. Comme le Mémoire de M. de la 
Condamine ne fut lu qu'en.parrie , & qu'il 
eft fous preffe , nous n'en donnerons point 
d'extrait. Le Public verra bientôt que cet 
Ouvrage mérite d*ctre lu en entier , Sc 
qu il doit tenir une place diftinguée entre 
le peu de voyages fur lefquels on peat^ 
compter. 

M. Rouelle termina laێance par dire 
des chofes très-carieufes fur les enbaume- 
mens des Egyptiens î on fera bien aife de 
trouver ici quelque détail fur cette ma« 
tiere , jufqu'ici aflez peu éclaircie. 

PREMIER MEMOIRE 

Sh}^ les Embanmemens des Egyptiens ^ 

Dans lequel on fait voit que les fonde- 
mcns de l'Art des Embaumemens Egyp- 
tiens^ font en partie contenus dan^ la 
defcription qu'en a donnée Hérodote , & 
-on détermine quelles font les matieres^ em- 
ployées dans ces embaumemens. 

Voici le paffage d'Hérodote traduit 
littéralement. Il y a des hommes en BgyfU 
qui font métier d^embaumer les corps. QjMnd 



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F E V R 1 E R. 1751. 81 

':9nUkr apporte un mort ^ ils montrent au for-» 
têur des modèles Je morts peints fitr du bois^ 
On dit ejue U peinture , oh la figure U plut 
recherchée reprifente celui , dont je me fais 
Jcrupule de dire le nom en pareille occurrence .♦ 
Jls en montrent une féconde ijui eft inférieure k 
lia première y & qui ne coûte pas fi chfr. Ils 
en montrent encore une troifiime ^ €fui ejl ato 
plus bas prix. Ils demandent enfuite jfuivant 
laquelle de ces peintures on veut que le mor$ 
/oit accommodé, ^près quon eft convenu dn 
modèle & du prix , les porteurs fe retirent s 
les Embaumeurs travaillent chez eux pour 
embaumer lé corps , & voici de quelle ma^ 
ntere ils exécutent F embaumement le plus re^ 
cherché. Premièrement , ils tirent- avec un fer 
oblique la cervelle par les narines , ils la ti-' 
Xent en partie de cette manière yO' en partie 
par le moyen dep drogues qu'ils imroduifent 
dans, la tête ; enfuit e ils font une incifion dans 
le flanc avec une pierre d^Ethyopie éguifée , ils 
tirent par cette ouverture les vif cires , ils les 
pettojent , & les papnt au vin de Palmier , 
ils les pajfent encore dans des aromates broyés , 
en fuite ils remplirent le ventre de myrrhe pure 
broyée , de canelle , & £ rustres parfums , ex-- 
cepté £ encens , & ils le recoufent. Ayant 
fast ces cbofes ils falent le corps , en le cou-- 
vrant denatrum pendant foixante^ix fours., 
M n*eft pas permis defalér plus defaixame^ 

P Y 



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8i MERCURE DE FRAN'CE. 

dix jours. Quand le terme efi pajfi , ils lavent 
le mort , ils enveloppent tout le corps avec des 
bandes de toiles de Un , coupées & enduites de 
gomme , dont les. Egyptiens fe fervent ordinal- 
rement en guife de colle. Les parens prennent 
enfuite le corps , ils font faire un étui de bms , 
en forme humaine , ils y renferment le mort^ 
& l* ayant enfermé fous la clef , ils le mettent 
dans un appartement defliné a ces fortes de 
caiffes \ ils les placent tout droit contre la mu^ 
raille. Céfl ainfiqi^ils accommoient les morts^ 
fuivant la manière la plus chère & la plus 
magntfifjHe. 

Ceux éjui ne veulent point de ces embaumC'^ 
mens fomptueux y choififfitnt la féconde manitre. 
On embaume leurs morts de lafapnfuivame : 
on remplit des feringues et une injHeur onc^ 
tueufe qilon a tirée du Cèdre. On remplit 1$ 
"ventre du mort de cette Uqneur ,fans luifairg 
aucune incifion ,. & fans en tirer tes en^ 
trailles. Quand on a introduit t extrait dm 
Cèdre par le fondement , on le bouche pout? 
empêcher que VinjeBion ne forte par cette voje^ 
enfuite on fale le corps pendant le tems prefcrit^ 
j^u dernier jour on tire du ventre la liqueur 
du Cèdre. Cette liqueur a tant de force ^ qiCellt 
entraine avec elle le ventricule & les entrait^ 
les , confumés ou diffouts , car le nitre diffout 
les chairs , & il ne refle du corps moft que 
la peau & les os. Q^uand tout cela ejl fait ^Uê 
le rendent fans y faire autre cho^e. 



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FEVRIER. 17JI. Si^ 

ha troijiitne manière cC embaumer efl celles- 
et. Elle ri! efl ejnfloyée que pour les moins r/- 
ches, ytpres les injectons far le fondement ^ 
on met le corps dans le nitre pendant foixante* 
dix jonrs ^& on le rend kcenx (jui Pont ap* 
porté. 

Ce paflàge avoit ctc inutile a tous Icà 
Sçavans qui ont fait des recherches fur 
les Mumics. M. Rouelle ne rapporte pas 
leurs 4iffeiçns fenrimens. M. le Comte 
de Caylus les ayant rapportés , & fçavam- 
mcnt difcutcs dans un Mémoire , qui à 
été lu à la dernière Affemblée publique de 
TAcadémie des Infcriptions & Belles Lct-- 
très , il réfume feulement tout ce que les 
Auteurs ont die fur cette matière , qui peut 
fc réduire à deux fentimens généraux* 

» Les uns qui ont peu examiné les Mu- 
rt mies , ont cï\\ avec Serapion , que le 
» corps entier falé a été embaumé de ma- 
»> niere , que les matières balfatriiqucs , 
i> réfineufcs ou bitumineufes , fe font unifs 
»avec les chairs, les grailTes & les diffe- 
>» rentes liqueurs , & qu'elles ont formé 
9> enfcmblc une mafîe égale , telle qihpri 
» Tobfervc dans les Mumies. 

M Le deuxième fentiment eft celui d*un 
» très-petit nombre d'Auteurs, qui ontcxa- 
x> miné avec plus de foin les Mumies : ils 
» prétendent qu'on deflcchoit le corpl^ 

D vj 

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84MERCUREDE FRANCE 

*> après l'avoir falé , & qu'alors on lui ap- 
>> pliquoit les matières balfamiqucs. Ils 
a regardent rbumiditc comme une caufc 
•> de corruption* Quelques-uns ont voulu 
n qu'on féchât le corps à la femcc , d'an- 
al très ont cru qu'on faifoit boiiillir le 
9è corps dans les PiJfaJfhaltHtn , pour con- 
<i fumer les chairs & les grailTcs ; mais que 
» cette méthode n'étoit que pour les em-- 
i> baumcmens inférieurs. 

»L'infpcdion feule d'une Munlie , coo- 
w tinuc M. Rouelle , & quelques réflc- 
«xions fuffifent pour faire voir le peu 
» de vraifemblance du premier fcntiment 7 
» tous ces corps font dans un tel état de 
a> féchereffe , qu'il eft impoffible de poo- 
» voir imaginer , qu'une fi grande quanii- 
n tité de d'ifFerentcs liqueurs , telles que 
jj celles de certains corps morts de mala.- 
w dies inflammatoires , qui font , pour ainfi 
« dire , difibuts par des pourritures & des 
» corruptions fubites , puiflentêtrcabfor- 
*> bées par les matières réfineufes & bal- 
» famiques , qu'on fçait d'ailleurs ne faire 
«aucune union avec l'eau. Ainfi cette 
» grande quantité d'humidité auroît été , 
» par la fuite , un inftrument de deftxuc- 
a> tion du corps. 

i>Lcs fentimens des derniers font plas 
m conformes» à l'état où font les Mumies* 



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: 1 

1 aD- ' 



FEVRIER. i7yi. 8/ 

j» Ils ont eu raifon de croire que les corp^ 
M avoicnt éié privés de leur fcumiditc avanc 
9» d*être embaumés. 

Enfin , le paflagc même d'Hérodote i 
bien entendu , met la chofe hors de contro^ 
verfe. Il préfente à uu œil chymifte Aes lu- 
mières (uflSfantes pour découvrir la (uitc 
entière , & le vrai fondement des embau- 
memens Egyptiens. » Ce paflàge cft rrès- 
» court , dit M. Rouelle , & ne paroît pas 
» fuffire pour décrire un Art. Cependant 
1» il a cela de fingulier , qu'il renferme la 
» meilleure partie de celui des embaimie- 
» mens , & qu'il fournit des obfervations^^ 
» qui conjointement avec l'examen de dif- 
»ferenrcs Mimiies , peuvent en démon- 
» trer les fondemens. 

On y voit d'abord que le travail , da 
moins le plus exaft,fe réduifoit à deux 
parties, dont chacune remplifoit une vue 
diflFcrente ; dans la première, on avoit pour 
but d'enlever aux corps toutes leurs li- 
queurs & leurs graiflcs , qui eau fem leur 
pourriture & leur corruption. Dans te 
fécond travail ^ on a eu (culement en vue 
de défendre les cx>rpsdefféchés de l'humi- 
dité & du contaâ de l'air , dont on con- 
noît l'efficacité pour la deftruûioa des 
corps orgaaifés. 

La découverte de la première partie da 



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ta MERCURE DE FRANGE. 

travail cft fondée fur les propriétés dtt 
NatrHm , ou nitrc des anciens. Ce Na- 
trHtn , qui eft un Tel alkali » n'agic pas fur 
les corps des animaux comme notre nttre , 
ou comme le fcl commun, qui confervent 
ces corps avec leurs graiflcs & cous leurs 
fucs , qui les afl&ifonnent , qui les falent \ 
en un mot, le Natrum diflTout au contraire 
les grailfes , & toutes les liqueurs anima- 
les. Les. embaumement des Egyptiens , ert 
expofanc un corps à laétion du Natrum 
pendant un tems confidérable, cnlevoient 
donc, par le moyen de cet alkali , les li- 
queurs & ta gtaifle , & les féparoient deà 
parties folides & fibreufes, des tendons,. 
des mufcles , de la peau -, ils cmployoient 
le Natrum , précifément comme nos Tan- 
neurs employent la chaux dans la prépa- 
ration des cuirs. On (çait que la chaux 
agit fur les fubftances animales , comme 
les fels alkalis , & qu'elle abforbe & en- 
levé , dans le cas dont il s'agit , le fuc des 
Eeaux , fans endommager leur partie fi- 
reufe. Ainfî les Embaumeurs Egyptiens 
tannoient proprement les cadavres. // ne 
refioh du mort tfue U ^ean & les os , dit Hé- 
rodote , c'eft-à-dire les parties folides Si 
fibreufes. Cette vérité cft confirmée par 
plufieurs defcriptions des Mumies , qu'on 
trouve dans-difFerens Auteurs , Se par Finf- 



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FEVRIER. 175T. T7 

|ieftion df plufieurs que M. Rouelle a exa^ 
minées î les régumcns , les rendons, le» 
^bres charnues des mufcks & la peaa 
font confervés. . 

Les lotioos qu'on employoic , felof» 
Hérodote , après la falaifon , dans la prc^- 
miere efpcce d'embaumemens , concou*- 
Toient à la même vue , & perfeâionnoient 
le travail , on eraportoit par ce moyen k» 
"partie des fubftances dilToutes par le Na^ 
trum y qui ne s'étoit pas feparéc d'elle-mê- 
me y Se qui auroit retenu de Thumidité fut 
les parties fibreufes , Se par eonfcquent ub 
principe de corruption. 

On ne doit pas cire en peine d*nne ac- 
tion trop vive qu*on pourroit foupçonner 
^ns ce Natrmn , capable d anaqucr , com-^ 
me la pierre à cautère , les parties folidesy 
le Natrum n*eft pas fi vit ni fi cauftiquc 
que 1 alkali fixe ordinaire , & à plus forte 
raifon, que ce dernier, animé par la chaux» 
& il eft même affbibli par du Tel marin qui 
y eft mêlé. D'ailleurs les Embaumeurs fça- 
voient leur métier » ils avoient des dofes y 
ils ctoient précifément dans le cas de nos 
Tanneurs , qui perdent leurs cuirs , lors- 
qu'ils les expofent à laâîon trop vive , ou 
trop continue , de la chaux. Cette Loi ^ 
dont parle Hérodote , & que M. Rouelle 
regarde plutôt comme no Statut de l'Aie 



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18 MERCURE DE FRANCE. 

des Embaumeurs , qui leur défendoic <lf 
faler les corps pendant plus de foixantc- 
dix jours , prouve leur attention à cet 
égard , & fcrt même ^'un nouvel argument 
en faveur de la nature alkaliue*de ce nitre 
employé. Si c'eut été un fel neutre qiltr 
ces ouvriers employoient à la falaifon de 
leurs corps > cette régie auroit été abfola* 
ment fuperflue. 

La féconde partie du travail confiftok 
À appliquer fur les corps tannés &féchés« 
des matières réiineufes & bitûmineufes , 
& â remplir des mêmes matières les grandes 
cavités au corps , le ventre , la poitrine ôc 
la tête. Cette partie,du travail, qui faifoir, 
à.proprement parler,rembauraement, étdit 
la moins effentielle , puifqu'on ne lexéco^ 
toit qu'en partie pour les cmbaumcnKns 
d'un ordre inférieur, & qu'on la négligeoît 
même, abfolnment pour lesembaumemei>s 
du dernier ordre , car on voit des Mumies 
( & M. Rouelle rapporte la dcfcription de 
pluficurs qu'il a examinées lui-même ) qui 
ne font recouvertes que de bandes de toi- 
le , fimplenient enduites de gomme, & il 
s'en trouve même dont les pat ties tannées 
& féchécs font abfolumênt à nud. C cft 
par les variétés de cette partie du travail 
des embaumemens , que M. Rouelle en di- 
vife les efpéces.L étendue ocdinaire de ne» 



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TE V R T E R. i7fi. S^ 

jeitraits ne nouspermet pas d'encrer dansct 
détail y qui cft très curieux. 

M. Rouelle relevé quelques erreûra 
dans le paflfage d'Hérodote , qu'il etoit en- 
core du reflbrt de la feule Chymie de rec*- 
tîfierà cet égard. Cet Hiftorien dit , dans 
la defcription de k première efpéce d'em- 
baumemens , qu'on rempli0bit le ventre 
du cadavre de myrrhe pure pulvérifce, de 
canelle & d'autres parfums , excepté l'en- 
cens , avant que de le laver & de le faler« 

n A quoi bon , dit M. Rouelle^ remplie 
M le corps de myrrhe & d'aromates avanc 
n que de le faler>puifqu'en le falant on em-- 
j9 porte au moins^une partie de cesaroma- 
m tes,car le iV^/riij» agit puidàmment fur les 
« matières balfamiques , en formant avec 
m leurs huiles une matière favoneufe , qui 
j» eft très-falable par l'eau , Se par confé* 
j» quenc très facile à être emportée par les 
9 lotionsi II faudroit donc>poar donner ua 
99 fens plus juftç , & qui convint à la natu- 
99 re des chofes , & à une jufte applicatioa 
J9 des matières balfamiques , placer la (à* 
» laifon du corps > & les lotions aVant l'ap- 
» plication des aromates, , 

Hérodote s'eft encore trompé , lorfqu'iL 
a dit au fujet de l'embaumement du fécond 
ordre , qu'on rempliflbit par le moyen de 
icringues le ventte dumort/ans y faire a^^ 



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-^ 



fo MERCURE DE FRANCE. 

cane incifion , & (ans en tirer les entraiU 
les i d'une liqueur onftueufe tirée du Cè- 
dre, qu'on bouchoit le fondement , pout 
empêcher que l'injcftion ne fortîr , qu'en 
faite on faloit le corps pendant le tems 
prefcrk , & qi>au dernier jour , on tiroit 
du ventre la liqueur du Cèdre , qui avoir 
tant de force , qa\:lle entraînôit avec elle 
le ventricule , & les inteftins diflbus. 

V II eft impoffible, dit M. Rouelle, conl- 
» me pluficurs Auteurs l'ont déjà remar-» 
•^quc, défaire par le fondement upe injec- 
té tion capable de remplir le ventre. Héro- 
dote a été trompé dans le récit qu'on lui a 
fait de cette pratique 5 comme aufli fur ce 
qu'on peut lui avoir dit de la prétendue 
irertu corrolîve de la liqueur du Cèdre, 
•> Car comment une liqueur far qui n'étoit 

• qu'un baume ou tinè cfpéee de réfinc 
i» molle, telle que la thétcbemine, auroit- 

• elle pu confumer les vifcércs l Les Natu«» 
ir raliftes nous apprennent que le Cédria a 
39 des propriétés diamétralement oppofées 
9f icelles que lui donne Hérodote. La plù- 
^* part difent avec Pline Se Diofcoride , 
9* que le Cédria cft fi vif qu'il bleflc les 
** corps vivans , & qu'il rend les corps 
» morts durables , c'cft ce qui fait qu'on 
» la appelle U mort des vivani, CT la vis dci 
morts. . 



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FEVRIER. 17p. 7t 

M. Rouelle conjeâurc avec fondement ^ 
que fi le Cédria a été emploie dans ces iiv- 
jcdtions , ce n'a été qu'en très petite quan-* 
tité , & comme aromates ; & que leur 
baze principale a été le Naimm diflous, ôt 
avec plus de vraifemblance encore 5 que 
cette méprife d'Hérodote eft précifémenf 
la même que celle du premier embaume- 
ment , dans la defcripiion duquel il die 
qu'on employoit des matières réfineufes tc 
balfamiques avant que de faler avec le na- 
trum. Ainfi ces injedions avec lajiqueur 
du Cèdre, n'ont été faites qu'après que le 
corps a été falé & lavé. 

Hérodote a répandu une autre erreur , 
que tous les Auteurs qui ont parlé de 
Mumies ont adoptée. Us affûrent tous d'à» 
près cet Hiftorien , que dans les embaume-» 
mens les plus précieux , ou employoit des 
drogues, aromatiques, telles que la canelle 
en poudre. 

Toutes les matières employées aux ent- 
baumçmensfont purement réfineufes & br- 
tumineufcs 5 & ne contienneri(t aucune 
poudre. M. Rouelle' s'en eft afluré par plu- 
ficurs expériences, & entres autre par leurs 
diffolutions dansl'efprit de vin. D'ailleurs , 
le but principal des Embaumeurs , étoit 
de deffendre le corps detfcché de l'humi- 
dité s & les matières réfineufes s& faifaur 



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f» MERCURE DE FRANCE. 

point d'union avec Teau, étoient par c«tt9 
propriété les plus capables de dcffcndre de 
rhaiiiidité les corps fur lefqucls on les ap« 
pliquoit, comnac une efpéce de vernis* Les 
matières végétales organifées , telles que 
la canelle en poudre , font des efpéces d'é- 

fonges f capables d'attirer Tliumidiié de 
air. Audi voi^on que les Enibaumeucs 
ne l'ont point employée. S'ils l'euflcnt fait, 
ils auroient agi diredement contre leurs 
vues , 6c ils auroient commis une faute 

Îfroflîcrc contre les principes de l'Art, tel- 
e que celle qu'on commet dans les cm* 
baumcmehs modernes. 

Nous n'entrerons pas dans le détail des 
expériences chymiaues ou dcsanalyfcs, 
que M. Rouelle a faites de toutes les ma- 
tières employées dans les embaumemcns 
de pluficurs différentes Mumies. Les réful- 
tais de cej expériences ont fait diftingucc 
à M. Rouelle trois cfpcces d'embaumé- 
niensjdifferentes par leurs matieres.Lc pre- 
mic^r avec le bitume de Judée , le fécond 
avec le mélange du bitume & de liqueur 
du Cèdre , ou Cédria , &le troifiémc avec 
le dernier mélange , auquel on ajoutoic 
•des matières réfineufes, très aromatiques. 

M. Rouelle a examiné encore une ma- 
tière balfamique , très-odorante , trouvée 
4an$ un petit pot dans les chanabres des 



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FEVRIER. f7Çf. • ^f 
tHùtnits , matière qu'il con|eaurc . avoie^ 
pu être employée à une quatrième -efpéce 
d'embaumcynent , qui aura été le plus pré* 
cieux, 

Au refte , fi. les Egyptiens ont eu en vûa 
par les moyens que nous venons d expofcr, 
de rendre IçutiS corps durables ^ comme il 
ne paroir pas pern^ls d'cndouter, on ne fçau^ 
roit trop admirer leurs fuccès , puifqu'il y t 
de ces corps qui ont été embaumés , il y 4 
au moins deux mille ans , & qu'on peut 
conjcâurer quejlesMumies , fur tout celks 
qjii font encore renfcrpiées dans leurs 
chambres , doivent durer une longue fuite 
de fiécles. Cette conjcfture n'eft ppint ha- 
fardéc ; voici un fait fingulier, qui indique 
quelle peut-être la durée immenfe des Mu- 
mies j il eft rapporté dans THiftoire Natu- 
relle de TEgyptéde Ptofper Alpin : voipi 
h paflage.ii/o/ intrà (jfêqddam medpcafHm ca^ 
élevez ii^vmmH^ fcarabeum magrtHtn ex lafi^ 
de marmêreo efformatum , tjHod intrà pcElni 
cwn Ubanotidis aronarii remis repojitùmfye'^ 
rat^ JmredibiU diSlu , rami roris marim qui 
fina enm Jdolo inventif fnerum ^folia u/^iée 
adeo veridia , & recemia vifit fuerum , ^$ 
$â4ie kfl^mâ decerùti , & fofiti afpHrHf^t , 



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H. MERCURE D^E FRANCE. 
ODE 

Sur U mort de M. le Mâricbd de Saxe, 



M. 



L Aurlce notre appui , pat (es nobles travaux 
Sçut fiieHa viftoire , & confondre l'envie; 
ULxneurc : nos ennemis , & même Tes rivaax ^ 

Fleurent fa mort , & célèbrent fa vie. 

Dix luftres l'ont (bumîs au cifeau <l'Atropo# l 
I>es fête? ( qui reuc crû ) marquoient desfuné-* 

railles» 
Une vapeur funeûe , au milieu durrpos » 
Pécruit ce qu'épargna le hazard desbataillesl 

Maurice , tu n'es plus , une fapréme loi 
T'interdit ces caveaux, od Guéfclin put defcentlrei 
STu nous laifleâ choifir pour dépôt de ta coàdre , 
Raucoux , Laûâel ou Fontehoy. 

♦«sa* 

'Celui qui vit la Grèce i fa perte échauffée , 
Hepofe dans les lieux, dont il fut le flambeau ? 
dpus les débris de Troye Achille a fçn tombeau ^ . 
Leur monument eft leur trophée* 



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FEVRIER. îrjt; pf 
.f.e nombre d'ennemis animoît tes foldats ; 
tis bravoient les torrens , les glaces , les tempêtes | 
Minerve dirigeoit ton réjosc & tes pas ; 
X<s camps é^oient des forts ; tes marches , de| 
conduites. 

te repos t^a perdu ; les bataillons épaîs 
llenoavellotent ta force, & fignaloient ta gloirçl 
Tu meurs dans le fein de la Paix, 
Toi , <|ue ranima ta viiftoire, 

I.*une t'ëgaîff atii plus fameux Vainqueur^! 
L'autre' arrêta tes projets vaftes ; 
Tu vivr^s.toujours dans nos faftet 
Tu feras gravé dans poscœ^rs* 

Que fous toi de H^ros élevés pour les armeit 
^u revivras dans eux $ tes&its font des leçons ; 
tVous qui de (es lauriers partagiez lesmoiflbnSf* 
^1 ménagez le (âng , prodiguez- lui des larmes* 

TailUndiir^ 



s^ 



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^£ MERCURE DE FRANCE. 

VERS 

^ Snr le memefujeu 

MAurice n'cft donc plus! Le rengcnrdc b 
France 
Cft plongé ppux jamais dans la nuit du trépas î 

Çuc^ti^.rs, qui fuivîtes fcs p^ , 
liéroSy^Hi fécondiez fa valeur , fa prudcace; 
£ncourez (on cercueil , intrépides foldats ; 
Venez , venez montrer votre douleur extrême^ 

Puirqu'Achille a pleuré lui-même^ 
" Pleure» , & o'en rougiffez pa»^ 
fous les coups de la mort quand Maurice foc-* 

combe ; 
Si pour faire de lui Pélogc le plus vrai , 
Il vous manque la plume & l'Art de Mezeraî J 
La poipte d'une épée écrira fur fa tombe , ' 

^pntenoi , Mafiricht ^ Courtrai ; 
jPpur rappcllcr toujours l'Hiftoirc' de fa vie j 

Gf^ve^i fon nom fur vos remparts j 
Répétez tou^ cnfemble , en marchant aux hazardsl 

Il vainquit 1*A nglois & l'envie ; 
ta Vi£loire en tous lieux fuivit fes étendarts , 

Et s'il n*a point crd , ce grand Homme,' 

Ce qu'on croit aaiourd'hoi dans la nouvelle Rome. 

|1 coflîbattit du moins , comme au tems de Cczars. 

Turcnncj 



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FÉVRIER; t75i; ^f 

Turcnne , invincible Turenne > 
. S'il avoic ixwvié ta foi $ 

O que fan ombre fetoit vaine , ^ 

• D$5 fc voir â côté de toi î 

Prançoîs , fi votre aufHre Loi 
lî'ofe ouvrir Saint Denis i ce grand Capitaine; 
Allez porter fon corps aux champs de Fontenoi. * 

Enterréz-le fur la frontière , 
Dans ces lieux 6d mourant il défendit fon Roi. ' 
Son corps 'fera pour voiis une siiie barrière , 
Oii l'Anglois plein de rage & de honte & d^efiroî^ 
Servira de vidîme au fanglant facrifice , 
Que vdiis ferez uû jour aux mânes de Maurice* 

Le Clerc de Munmerci , jivocst an Par^'^ 
Ument» 

y E R. s 

Trifentis à ïf. >. X M. le Dhc de Chartres i 

^ p^^ Liverloz , jil^i y Maître Ecrivain des 

Pages h S. a: S. M: U Dite d'Orléans. 

A l/gufte fils de tant de Rois , 
Héritier du Héros d'immortelle mémoire ; 

Dont les confeils ^ les exploits 
Du régne le plus beau préparèrent la gloire, 
Vqus êtes I comme iui^ le Proteâeur des Atts | 

E 



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l)S M ERCUR^DE FRANCE. 

Ceu|[^ù^èx«rfe{itSenotine de Mats 
Ont occupé vos jours-4«»^^nr et f^tx£aà^ : 
La Paix qu'i llln/ivets :visiit d'accordée lSi>France, 
Sur des travaux tnMistiiit^ ^itke Vos reg^lds» 
Le goût judicieiix > Se la m^Dificçocc * 

Vous doivent leur eflor heureux 4 
Vos Palais «rabellis , vos âîpe^açles pompeux » 
Tout , du même génie annoucei'influence. 
Vous attachez le€ cœurs par les plus doux liens ; . 
Vous tempérez l'éclat de la grandeur fuprême , 

Et vous voulez que Paris même , 

Vous compte entre (es Citoytns. 

Tr©^ heureux l^crivitn , dont fa pkitiie Wgéte^ 

fera dt vos vertus le p^tcajt ^<^^ { 

Mon Art , de tous les Arts le premier cultiva , 

Se borne â l'inftrument , au traie , an caradére ; 

C|ai rendeàc nàe idée, & la;pet^MtataQx 7)^1x4 ; . 

Chez vous tous les talens ont un accès facile. 

Le mien inférieur , n'cft pas le moins utile» 

Oferai-jel'offiir i l'Enfant psécfeux», 

^ae les Mufes bientôt s'emprefiéront d'ioftruirel 

Nous leur préj^arpos {c chemin : * 
Ne pourrai>je afpirer à l'honneur de conduite 
Les premiers trait;; ^ue formera Ci main-? 



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'FFVRIER 175t. 9^ 

On â du expliquer les Eaigmes & le 
Logogriphc du Mercure de Janvier , par 
les'Perdremx , Ufimlier , l^jlpmicaire & U 
ie^lU MUe de Lëfcdris yèXl^ àt feu M. le 
Marquis d'Urfé. On trouve dans le Logo- 
gripbc, cmfi , U Cmire , fit^ CAft ou c^fetc^ 
partie , paire , dir ^ ire , porc ^or^fat^ râpè^ 
cote & carPe^ 

ENIGME. 

V> Ifiq voyelles , aoe confonne, 
S'ofiienc pour fortner moa Hoxa , 
Bt je porte fur ma f erfonne 
^ De )uoi l'écrire (âm crayon, 

A V T R E. 

xj Ans la prifon , 4 qui je fers de porte] 
I.orfque je fuis fermée , on cft en liberté ; 
' Mais on m'ouvre pour faire en forte 
Que tous les Habitaos foient en captivité, ^. 



«^ 



Eij 

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ipo MERCURE DE FRANCE. 



LOGOGRIPHE. 



3 



E ne manque point de compagnes ; . 
Dans les fauxbourgs , les villes » les campa« 

goes. 
Enfin par tout « od l'on voit des maifons ^ 
On mp trouve .; je fuis plus qne jamais utile 
Dans l'une des quatre faifoos ; 
A deviner frimb , je fuis facile ; 
Mais pout t*aider eacor plur, combinons t 
Voici ce que mon nom en huit lettres préfènte ^ 
Ce que tout voyageur doit prima bien ffavoir ,^ 
Ce qui dans TEglife fe chante ; 
Ce qu'un vieillard â table veut avoir ; 

Un infttument qui fert en guerre } 
Ce qu'i, Philis on eft charmé de fairQ ; 
Certain engagement qui paroît plein d'attraits f 
Mais qui du repentir eft fiiivi d'ordinaire ^ 

Le contraire dej'épais ) 
Uit Pays étranger , que ta C Wne on appelle j 
L'ame d'une bougie , ou bien d'une chandelle f ^^ 
On en tiie encore , Leâeuc , 
ït c'cft tbut ; une Comédie , 

Dont une Dame eft l'Auteur , 
St ^«i lui fait une gloire infinie» 



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FEVRIER. 1751. toi 
ji V T R n. 

POar ftrvir les bumains , dès long-tems !n4 
ventée , 
Je fuis , Leâeur , cberemenc achetée 1 
J'embellis un appartement ; 
Je fuis utile au riche feulemébt 1 
^on tfpéce eft multipliée ; 
J'ai , Ledeur , mainte &: maintes fctnttj 
J'en ai de divcrfes cpuleurs j 
If âîs au. même u£»ge employée^ 
Un inlèâe produit ma compofitîofi ^ 
Kf ais , hélas \ dè$ qUe je fuis née , 
Led^eur , furs je coupable ou non> 
Au feu je me. vois condamnée* 
Durant ma trille deflinéc $ 
Les hommes font cet|ui leur femble html 
Si tu cherches quel efl mon nom , 
Donne audience â ta penfée » 
£t pour t'aider â percer la nuée, 
Obferve ma difleâion. 
Six lettres ne font pas une petite affaires 
J'offre à qui veut les arranger 
De telle , ou de telle manière , 
D'abord , ce que produit , l'eau jointe i la pou£i 

fiere; v 
Puis un oifeau , médiocre manger | 
Que Top prife peu d'ordinaire ; 
Vn beau jeu qu'aiment les enfans; 



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loa MERCURE DE FRANCE. 

Du corps hamaia une partie ^ ^ . 

XJu mecs , non pis dei plift friands ,^ 

Que donne le Cluffear ^ren^urd tost, eiî vie^ 

Dont il meurt en très-peu de tems* 

En me donnant xioê nouvelle allure ^ 

Tu peux encor trouver dans ma ^uâure , 

Ce qui paroit aux afalheureiix trop long 3. 

Aux gens heureux ttop court ; un membre ip 

: poifibn } 
Un des cinq fens de la nature $ 
Un Saint faimeux ; le nom d'an d«s Rok d# 

Basao; 
L'endroit du Choeur , od d'ordinaire 
On s'en va folemuellement - 

Chanter l'Eptrre , & mainte autre prière j 
Celui qui rempli d'équité , 
Punit le crkne , & venge l'innocence ,*^ 
Bref, un des plus puiffaas Comcés. 
Mais j'en dis trop \ après tous ces atticlef i ^ 

Si eu ne trouves pas quH y en ait aHex ; 
Pour mieux me deviner , Leâeur » prends tef 

: béficles , 
Peut-être fuis-je i tes câtéi » 



^/^ 



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F E T R I E R. 1751. 10 j 
NOUVELLES LITTERAIRES. 

ŒUvRES Jk M. de Crebilhm , de 
rAcadémie Fratiçoire. A Paris , dû 
llmprîmcric Rojaic, 1750, w-4*. Deux 
volâmes* 

Lilooneur d*êtrc îniprimé au Louvre ^ 
qni D avoir jamais été accof dé â aacuii de 
nos Poètes , eft k preuve de la grande ré-, 
pararion de M. de Crebîlloa , & j met le 
comble. Ce grand homme , à qui notre 
Théâtre a dû une très-grandc partie de Cz 

{jloire , & des beautés inconnues fur tous 
es Théâtres du monde , voit couronner 
fe vicillcllè par ce qui peut le phis flatter 
Tbomme de génie , une très belle édition 
àc fes ouvrages. La poftérité, qui penfera 
comme nous fur M. de Crebillon , admi- 
rera après nous un Souverain qui apprécie 
les hommes en Philofopbe , & les récom- 
pcnfe en Prince. 

Tablettes historiques , Généalogi- 
ques & Chronologiques contenant les 
rerrcs du Royaume , érigées en titre de 
Marquifat , de Comté , de Vicomte & de 
Saronnie , avec deux Tables alphabéti- 
ques , Pune des noms de fauûUe , laurr» 
îics jiomi de Tenes. jt Psris , chc» U 

£ iiij 

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Ï04MERCURE DE FRANCE. 

Gr4/, Salle du Palais > L^nglois , rue Saint 
Jacques ; la veuve le Gras , Galleric des 
PrifonnicrS) la veuve Loj^nejle , rue vieille 
Bouderie, Un volume />/-i^. 
' Le feul titre du Livre en annonce rutili^ 
té 9 & en fait l'éloge i perfpnne ne devroic 
négliger d'avoir un ouvrage qui donne des 
connoiflanccs néceffaires oans prefque tou- 
tes les conditions , & poUt la plupart des 
converfacions. Il fuflSt de dire que les Ta- 
blettes que nous annonçons^ font de M. 
de Nantigny , pour annoncer qu'elles font 
exactes , méthodiques & approfondies. 

La Feume H^efi pas inférieure à Vhomme\ 
ouvrage traduit de TAnglois, A Londres ^. 
*c fe vend à Paris , chez flocherean , Quai 
de Conti > au Phénix. 

On s'eft propofé de prouver dans cet 
ouvrage , que l'opinion qu'on a ordinal- 
jement des femmes , cft auflî fauflfe qu*in- 
juricufe , & qu'elles font auflî propres que 
Jcs hommes aux Sciences > à la guerre , ajti 
Gouvernement. L'Auteur a dit tout ce qui 
fè peut dire de plus fenfé , & de plus fort 
fur cette agréable matière s onauroit peut^ 
être fouhaité qu'il l'eût dit moins grave- 
ment , & avec un peu plus d'élégance. Ce 
défaut n'empêche pas que l'ouvrage ne 
foit bon , & qu'il ne mérite d'être lu. 

Etrennbs de raraour aux Çamcs , poiu; 



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FEVRIER. 1751^ fôf 

Tannée .175 1 , pat J. F. GuicharJ. A P4* 
ris , chez L. C. GuillaMmc, Libraire du 
Marché Palu. 

Cette bagatelle eft écrite agréablement, 
facilement ôc décemment. 

Lb Mechanique des Langues , & 
l'Art de les cnfeigner , par àî. Pluchc. A 
Paris chez la Veuve Etienne y Se fils, rue S. 
Jacques 175 i. /» 1 a un volume. 

M. Pluchc , Auteur du Speélacle de la. 
Narurc , Ouvrage infiniment cher à tous 
ceux qui aiment THiftoire Naturelle , ou 
la Vertu , continue à fe rendre utile. Le 
Livre qu'il vient de publier , eft tout à la. 
fois un livre de Grammaire , de goût & de 
Critique. On y examine d'abord pourquoi 
les jeunes gens font des progrès fi lents 
dans les Langues fçavantes ; on en trouve 
la caufe , & on 7 applique , à ce qui nous 
â paru , le remède. Après avq^r enfeignc 
le Latin & le Grec , M. Pluche entreprend 
de former le goût. Il propofe pour cela 
l'étude des Anciens , & il caradtérifc très- 
bien leurs Ouvrages ôc leurs differcns talcns. 
Cet Ecrivain , véritablement zélé pour tes 
Lettres , termine fon Ouvrage par une in» 
veâive affez vive contre ce qu'il appelle 
le ftyle moderne. Nous allons copier ce cu- 
rieax morceau 

Les Habicans du midi de la France ^ dir 

TE V 



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io6 MERCtTRÉ^ OÉ ÏRAMtE. 

M. Pluchc , & fur tout les gafcons , mon^ 
tfcnt naturellement beaucoup dc^ feu. Lcut 
Langage cft coupé. Il va par bonds, & 
fuit les mouvemens impétueux de leur cf- 

{>rir. Montagne étoit des leurs ', mais avec 
a vivacité de fa Province , il montre une 
fuffifance & une témérité de fentimcns > 
qui ne deshonore que lui. La liberté de la 
cpnvçrfation s'accommode aflTcz de leiurfa-. 
çon de voltiger d une idée à l'autre ', en fe 
jettant toujours du côté où ils voyent jour 
à mettre de l'enjouement & de l'efprit. Il 
y a long-tems qu*on a cflayé de leur rcf- 
lembler. Aujourd'hui on les copie plus que 
jamais ; le nouveau ftyle fc met en poffeC» 
fion de tous les difcours & de tous le» 
Ouvrages: à la prononciation ptès on pour- 
roit croire que les François vcûleiit deve- 
nir gafcons. 

Ceax-mème qui aur oient dé la facilité â 
fe donner un ftyle , & qui félon les ren- 
contres fçauroient à tcms le rendre grave , 
enjoué, nerveux, gracieux, pathétique, fu- 
blimc , fe laiflent gagner par le torrent de 
la mode , & ramènent tout au même ton. 
Ils compofent d'abotd de génie, & ce qu'ils 
ont écrit d*une façon caradérifée & fuivie, 
ils prennent foin de le découdre ,dc le ha- 
cher en menues, parcelles , en un mot de le 
iraduire en gafcon ^ fans quoi ils ctîitn* 



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.' FE VR I E R. i75f. . ïo? 

àoicnc d'avoir un air niaflîf , & de ne 
^pouvoir pas prendre féance au rang des 
beaux crprits. U faqr dans cette vue que 
lout foit feu , faillies , pécillcmens; Ecou- 
tez-les s c*eft lin enihoufiafme perpétuel , 
:qui s'énonce à demi mot , qui paflc préci- 
;pitamment à une nouvelle énigme , aufli 
<oune que la précédente. Ils voudroient 
rdcvenit Orateurs par monofyllabes -, celui 
qui tient ce langage cft un hçmme char- 
.manr. Celui qui le devine,& qui rend vo- 
Jatil pour volatil, fe trouve de niveau avec 
jbi i rcflbr qu'ils prennent fait envie.Oh l 
Si je pouvois feulement les approcher^ 
-même les fuivre de loin. Bientôt leurs iid- 
jmirateurs qui les voyent çrt plein air , 
prennent la plume & les contrefoiii à tête 
repofée: fur toutes chofes , point de liai- 
ion dans leur ftyle i un air de pronîptitu- 
,ée Se de négligence. Ils font furpris les 
.premiers de toutes les gentUleffes que ce 
^nouveau genre d'écrire leur fournit. Ge 
-qni a été dit du renouvellement des étu- 
-ijes » & de la bonne manière de s'y légler » 
-ils Tappliquenr fans façon à leur (ly le>com- 
ane s'il étoit Tazilc ou la régie du goûr. 
j» Voila, difcnt-ils , le ton du «écle -, il faut 
-i> le prendre , ou n'être plus 4!? ce nKMidç, 
tBf Trouvc-t'on quelqu'un qm plaide enco^ 
-if re pour le PlcirbCbam de Lully > Et feroit- 

E vj 



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to8 MERCURE Dî.FRANïCE; 

il on bien venu de faire revivre la Profc 
» Lyrique de Quinaut? Nous louons nos 
M devanciers d'avoir tendu au parfait ; 
•» maisnous y fommes. Qu'on ne nous rc- 
9> batte plus les oreill»esde la juftefle & de 
99 rharmonie de Boileau. Nous fommes las 
» d'entendre prôner la douceur & les grâces 
» de Racine, la naïveté de la Fontaine, IV 
w ménicé de Fénélon, réloqucnce nervcufc 
*>deceluUci , l'enchaînement des idées de 
» cet autre. Que (ont-ils vis-à-vis de nous^ 
99 Du plomb contre de l'or -, ils nous mor- 
» fondent ; on s'appefantit à les lire. C'en 
99 cft fait ; nous avons rompu* 
' w Eft ce à tort } Ces bonnes gens du Hc^ 
» de paffé éroicnt trop prolixes. Ils difenc 
99 trop tout ce qu'ils veulent dire » il y a 
» plus. Avoicnt- ils bien réellement de l'cC- 
» prit ? On n'en fçait rien. Ils ont peur d'en 
99 montrer, ou ne nous en fuppofent guéres. 
» Leur ftyle étoit fi lourd ; leur tour 
» d'efprit fi bourgeois : Nnous fommes dans 
» une toute autre pofition. Us commets 
99 çoient toujours à regarder en bas. Ilsanv* 
»j bitionnoient d'être entendus de la mut- 
» titude. Nous autres nous avons l'œil à 
i> ce qu'on penfe au deflus de nous* Pla- 
» ton nous entend , 8c nous goûte ; peu 
•» nous importent les jugemens du refte de 
» la terre. On ne parloit ci-devant que d'c^ 



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• !^B V RIE R. 1751;" ix>9 

V> tudier le goût le plus général : c*étoir 
a> çjare b^ffefié. Eh > que nous faic à nous U 
»> multitude ? Les génies fupéricurs fonc 
9i faits pour s'aâranchir *> il faut aller ea 
m tout au délicat , à la fleur de Fefprit.On 
^9 fc fcnt , on a des aîles > & on vole. 

» Vous vous plaignez ; vous ne poaver 
.^ nous fuivre l Tant pis. Rampez-donc:: 
.a> votre gottt romain ne bat plus que d*unc 
*> aîle vil tombe. C'eft une chofe décidée/, 
*> la nôtre eft Tunique bon. M. Pluche. a. 
.traduit fon ouvrage en très-beau Latin,fouis 
4Ce titre , de LingHarum artificio & doSlrind^ 

H I s T 0.1 IV E des Révolutions de l'Eny 
pire des Arabes , par M. TAbbé^^ Mari^ 
gny. A Farts chez Giffey , rue de la vieille 
Bouderie-, Bordelet , rue Saint Jacques, 8c 
Cane4H^ rue S.Severin. ij^o.iff-ii. 1 yo\. 

M. l'Abbé de Marigni a donné il y a 
jenviron cinq ou fix mois , une Hiftoire des 
/arabes , qui a eu du fuccès , & qui en mé»- 
jritoit. Cet Ouvrage comprend depuis Ma^ 
Jiomet > tous les Califes fes fu.cceflTeurs , 
de la race desOmmiades & des Abbafli- 
^es , jufqu à Textindion du Califat j ce 
^ui faic une fuire de cinquante trois Ma>- 
narques. M* TAbbé de Marigni n a pas 
été fi occuppé de la profondeur des rcchecr 
ches, qu'il n'ait^clierché à donner de Tagré» . 
4(nenc à fj^ riarration , Se qu'U n y ait téaÛif, 



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«10 MEftCURElDEFUANCE. 

. Cet Ecrivain , encouragé par le fuftragt 
dcsSçavans de divcrfcs Nations , vient de 
publier les deux prenjicrs volotncs des Ré- 
solutions de l'Empire dcsArabcsjils feront 
foivis de quatre .autres,qu*ondanncra deux 
àdeux.C haqac tome contiendra laiiematié- 
le détachée de Tautrc , ce qui étoit nccef- 
fairc pour déterminefr le Leâreur ine p» 
attendre les derniers volumes , pour lire 
les premiers. Nous ne croyons p^ qu'il y 
ait d*H Moire moderne , qui fourniffè un 
pdus grand Tpcélacle que celle des Arabes» 
On y verra vingt Fondateurs <kr Motia^ 
chic agir avec la hàrdicffc & la fermeté 
^ui caraftcrifent la plupart des Légiflïf- 
tcurs. Les fcéncs qu ils donneront , feront 
Ja plupart finguUeres ^ vives & intéreffanf- 
tes. Les évenemens fe palferontcn Afîe > 
en Afrique 8c en Europe. On va voir par 
deux ou trois traits que nous allons rap^ 
porter, quel eftleion de M. TAbbc de 
-Marigni , qui eft tropinftruit &trop la^ 
borieux , pour faire attendtêlong-tcms 
la fuite de fon travail. 
; Mahomet avoit prié le Sénat de Vcnifc 
de lui envoyer le Peintre Bellin , qui éxok 
4e plus «Icbre de fon tems. Ce Prince 
lui fit peindre la décollation de S. Jean s 
tnais lorfque le Tableau fut achevé , il 
Reprocha au Peintre qufc le <:ol éioittrof 



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long y parce qu'il fe racconrcit d'abord que 
les efprirs^animiiu^ en (ont diffipés. Qu'oqi 
s»'ameDe un efclave, cUt-il àfes gens : &m 
tôt que t'efclave fur près du Sultan y il ty» 
sa fon (âbre » & d'un feul coap , avec 
uncadrefle de une force furprenante , il Lui 
abbactic la tête aux pieds du Peintre , pous 
lai donner une horrible détnonftration dû 
le (blidité de (à critique. Le Peintre fré^^ 
mit à cet horrible rpe^acle, Se lorfque cet-^ 
te rète fpt entièrement privée d'efprics vi- 
taux , le col fe trouva fort racourci , comv 
ne le Sulran Tavoit dit. Le Peintre n'eut 
^ue la force de dire an Sultan , qu'il étoir 
pleinement convaincu de la vérité ; mai» 
comme il avoit été elTrayé de cette avan* 
ture > il profita deux jours après d'une oc^ 
caGon qu'il trotiva de revenir à Vénife. 

L'Ifle de Chypre qui appartcnoit aux Vé- 
oitiens , tomba en la pui0ance de Selim f 
par up événement aflez bizarre. Ce Prince 
A4ufulm2n>peufcrupnleux,aimoit beaucoup 
'k ce qu'on dît, le vin de Chypre, & en fai*. 
foit même des excès. Un Juif, qui avoit g*- 
gnc fa confiance , & qui lui fourniffoit de 
ce vin , lui infinûa qu'il l'achetoit extréme- 
cienc cher ,. parce que les Chrétiens de 
cette Ifle le lui vcndoient à un prix énpr* 
tne : il confeilla en même tems au Sultan 
ik s'emparec d& Hue ^ en 1 aHûrant que là 



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tti MERCURXDEFRANCE. 

conquête en fcroic très facile. Sélim goûti 
fon ^vis, &cn profita, Nicofie , Capitale 
de tout le Royautec , & Famagoufte fu- 
rent prifes : tout le reftc de Tlfle fat bien- 
tôt aptes fous la domination des Infidè- 
les , tan 1 771 de J. C. Le Juif avoit doit- 
ne ceconfcil au Sultan , pour- fc vengée 
dès Vénitiens qui avoient mcprifé les of- 
fres d'un projet qu'il leur avoit propo» 
ft, A: qui devoit leur être avantageux; 

M. de Ferriol , AmbafTadcur ^e Fran^ 
Cfi à la Porte , s*ctant préfenté en 170 1; 
pour avoir fa première Audience ^on voa^ 
lut lui faire quitter fon cpée pour cette cé- 
icmonie ^ il le refufa avec toute la ferme- 
té convenable , quoiqu'il fût déjà en pré- 
fcnce du Sultan , & qu'on" lui fît toutes 
for tes de menaces , s*il rcfufoit d obéir. U 
fit remporter fes préfens , & préféra k 
gloire de fon MaîtreàrAudiencè du SuK- 
lan , qui exigeoit une condition auffi fié- 
tri flan te. L'Ambaffadcur de FEmperevir fc 
prêta à ce qu on exigea de lui , foit man- 
que de fermeté , foit pour ne pas brouiU 
Içr les deux Cours , foit enfin , parce qu€ 
l'Empereur d'Allemagne a toujours plus 
d'intérêt que les autres Souverains à mé- 
nager les Ottomans. 

Testament polit ique & moral du 
Prince Rakoczi y à la Hnic^ chez Scbewrr 



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TEVRIER. 1751. iiy 

1er jij^i. m i^. deux vol. Se ixouvtk Pa^- 
ris , chez Nyon fils , & Gmllin , Quai des 
Auguftins. 

Le Prince Rakoczi eft connu en Euro- 
pe , par rembarras où il jctta au commen- 
cement du ficelé la Maifon d'Autriche , ett 
armant contre elle les Hongrois & lesTran- 
fîlvains. L'origine , les cvenemcns , & la 
la fin de cette guerre , pouvoient fournir 
à l'Editeur une vie du Prince pluscurieufc 
& plus intéreflantc , que ce qu'il nous 
donne à la tête de l'Ouvrage que nous an- 
nonçons. Le Teftamenr lui-même ne con- 
fifte qu'en lieux communs fiir la Religion ^ 
la Morale & la Politique , où nous au- 
rions défirc plus de Logique,de méthode & 
de ftyle. Si l'Ouvrage eft véritablement du 
Prince dont il porte le nom, j'aarois mieux 
aimé être fon Aijet que fori leâeur. Il ré- 
gne dans root fon Teftamenr un air de can- 
deur , de modération , de générofité , qui 
donne une grande idée de fon caradérc , 
& de fon Gouvernement. Ceux de nos Lec- 
teurs , qui voudront fe former une idée 
juftc du Livre que nous annonçons , peu- 
vent lire ce que nous allons tranfcrire du 
chapitre X , qui roule fnr U Poiitejfe dtt 
CûHrs : on prétend y prouver que nous de- 
vons la politeflèâla véritable Religion. 
^' ^ Qu'on (ètepcé&nic<idî<l' Auteurs ic 



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114 MERCURE DE FRANCE. 

9» Gtand Seigneur dans Tes pompes les plus 
» éclatances,où l'ordie^le fiieace, & k nu-. 
» gnificcncc régnent cgalcracnr. Vayons- 
1^ le entouré de Gardes <ie' crois différent 
)» Corps , & confidérons atcentivenient fa 
» propre perfonne, marchant d'un pas lenc 
» de ion cheval , immobile du corps & des 
^ yeux avec un air féverc. Confidcrons tous 
» Tes fujets , on n'en trouvera pas un qui 
» osât élever Tes yeux fur lui > les Habitant 
«» fe retirent dans leurs maifons, & à peine 
9» ofent-ils le regarder à travers leurs |a- 
^ louiîes. La Garde des Jani&ires , qui 
» borde les ruesybaiflfc la tête jufqu a terre i 
» lorfqa'il pafl[e>& dans ce cortège & cctto" 
9 fuite tiombreufe d'hommes j le filence 
» & U gravité font fi régulièrement gardés 
B qu on emendroit un Concert de Icub» 
^ Cela vient fans doute^de ce que ce Prince 
» eft regardé comme Timagie de Dieu » de 
s»-qui toute poiiTanceeft donnée, maisit- 
^ eft l'image de ce^ Efieu couroucé contre 
M les hommes eiclaves du péché « de qui- 
n (on propre peuple n'ofoit emAidre la 
n voix -, de ce Dieu , dis- je , tonnant fur le 
n Mont Sinaï , qui chatioic les prévaricar 
M rions de ce même Peuple par le feu dn 
j» Ciel , par des ferpens enflanamés , & p2^$ 
3» des Anges exterminatciii3. 
m Qu'qq tou^oç les yc«s 4% cèté de 



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F E V R I E R. ï7jf. ïif' 

» ^Europe pour obfcrvcr k marche la 
»plus éclatante d'un Roi Chrétien , le- 
» fpeâacle fera tout-à fait différent. L'or-» 
» drc & la magnificence s'y trouvent v 

* mais au lieu d'un Hlence morne , la |oye , 
» les vis yl'acclaniation diè Peuple , regnenc 
39 par tout. Tout y court , tout s'y remue 9 
m & comble de vœux le Souverain, Il 
» regarde à foa tour le Peupfe , avec une 
» bonté !c une aSeâion , peintes fur fou 
m Vifage. 

x> A peine cft-il pâflTé par une rue , le 

• Peuple court par des voyes détournées 
9 pour le voir de nouveau ^ car il ne peut 
M être raflaflîéde (à vue, D\)ii vient cette 
9 différence ? Que les profanes difent ce 
9 qu ils veulent» examinons- le fpirituelle* 
» œent » nous démêlerons aiféaient ÏM 
:» vérité. 

» Ce Prince Chr&ieneft tfhe image d'un 
m l>ieu fait homme , d'un Dieu Roi , Pc- 
a» xe , Paftrur , Frère & Miniftre des hom- 
M mes, en tant qi^' il efl leur Médiateur, & 
30vlcur Avocat, Tout ce Peuple Chrétien 
3»<eft enfant de Dieu, fouiflant de la même 
«» liberté & biens fpirituels. Il efl l'héritier 
9 du même Royaume \ la Loi (Famour eft 
^ gravée dans fon eotur ; fon péché a été 
9f efiacé dans fa fourcc ^ dc c*eâ atnft <|ft il 
«aéiéxégctiéfé^ : ^. 



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fitf MERCURE DE FRANCE: 

» Voila le caraftérc dont fon Prince a 
•• été revêtu , Voila les effets que le Peuple 
« marque. Les Sçavans Hiftoriens imbus 
^ de la Science du monde s diront peut-* 
•• être ^ cjue ces différentes mdsurs des 
*> Orientaux & des Occidentaux , vien- 
9» nenc de la politefTe des Grecs 2c des Ro<^ 
» mains. M^s ils auront bien de la peine 
» d'étendre leurs raitbnnemcns fur tons 
* les Peuples de l'Europe. • 

» Où trouveront-ils la poIitcCTe danslt 
\» bas Empire , fous lequel les Soldais' fé- 
j» dicieux changeoient leurs Maîtres feloa 
» leur caprice , élevant au Thrônc le plut 
« tumultueux de leurs camarades ? Ces 
» Sçavans mondains > dis-jc i fe tendroient 
» ridicules » fi dans les révolutions de 
«» l'Empire Romain^ ils vouloient rappellec 
a> la gravité > la politeffç , & les mœurs de 
*• l'ancien Senït. Ils pourroient peut-être 
» nous montrer quelques hommes illuftref 
» & graves dafts ces derniers temsT Mais à 
>> qui perfuaaeront-ils que leuss exemples 
n ayent été plus généralement fui vis , quC 
j> la corruprion & le dérèglement des Em- 
«pereurs, & par conféquent, comment 
» pourroit-on prouver que cette ancienne 
M politedè , tant vantée , s'y efl confervéc» 
i»pour qa^elle eût pu erre tranfplaiitée p 
p pour aiofi dire , dans ks Lombards | 



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FEVRIER. I7fï.\^ lit 

'm Francs , Goths , Vifigoths , Oftrogothts ^ 
» Huns^ Alains , Suiflès , &c ?. . . Non » 
•> non, Rome, même , idolâtre, ne doit fa 
j» plus çrandepolitcflc , (çience, fplcndeur 
m &pui(rance , dans lerquellcs elle a çcç da 
^ tcms d'Augufte , qu aux rayons de l'E- 
j» toile qui apparut dans TOricnt , préfagc 
B de la vocation des Gentils ^ la véritable 
j» poiiteffe, 

» La Nature ireflcnt lese^etsdu Soleil 
s> bien long-tems avant de voir cet Aftrc y 
9» & c'eft ain(i que Rome reffentoit alors 
9 les influences du Soleil levant^dans l'obC- 
j> curité de l'Etable de Bethléem, avant de 
* » voir par les yeux de la Foi le même Soleil» 

La véritable politcflc , fur laquelle on 
'9* étend ces réflexions , n'a paru que datls , 
j» Jcfus-Chrift , qui en eft l'auteur & Tc- 
j» xemple , non feulement dans la vie fpi- 
^ rituelle , mais âûfli dans la vie civile. 

A R I s T r E , Epifode du quatrième Li^; 
vrc des Géorgiques ,1750.- 

Nous «ignorons qui vient de traduire 
en vers françoûs ce morceau (i connu & ii 
eftiméde tous ceux qui' aiment Virgile & 
l'Antiquité. A juger du Traducteur par 
Ton Ouieage , ce doit être un homme de 
goût , accoutumé à faire des vers. Voici 
TEpître Dédicatoire ^ |dreffée à Virgila 
Jui-ipêmç. 



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ît« ^fERCU•RE DE FRANCE. 

O toi , dont les Chanfons par les Grâces di^ées, 
Du tems, qui détruiç tout, ont été rerpcôécsj 
Favori d'Apollon , dont la Miife aiitrefeis >. 
Célcbroit Pan, Céfês, Bacchus, Faune Se lesbois; 
Toi, la gloire du Tibre & l'tonneur de Mancooe^ 
Qu*infpira Thcocrite , & qu'Héfiode a?oue- 
. Je t'invoque aajoord'htiii viens^échaufiè mes feos; 
Rends mes foibles accords dignes de tes acceos ; 
^'Embf afe mon efptit du feu de ce GéxÀe , 
i^ de Tart des beaut vers earichic TAu^bnie i 
Fit fentir aux Romains des cbarmes inconnus , 
. An récit des combats d'£&^ & de Turaus ; 
. £t fublime , touchant , harmonieux & juâre « 
Fut le rival d'Hon;iere & ie Chantre d'Auguôe. 
Allez d'autres toujours glacés dans leurs tranfports 
Ont Éwi , pour t'égaler, d'inutiles eflorts. 
leur châre eâ ma le^on.; le Ciel ena £iit naitrc 
Peu d'excellens dans l'art oïl tu régnes en luaître», 
A Delphes^ chez Ammoa, tous peuvent; confùlter^ 
* liais le trépied pour tous ne doit 2^ s*agioen 
Dodone n'admet point de populace iule ^ 
'Et fans le rameau d'or oti n'a point la.^ibjUe^ 
'Pucflài^je de iès vers heureux imi^atettr, 
Cooferver dans les miens too efprit créaceisr ; 
-Et la trompette en main publiant tes merveilles. 
Dans \t^ laAcs François consacrer teslbeilies^ 
ISutvre Caro , Dryden , chez ^a foûérité , 
A«ec eux partager «Dn^mmortaltcé^ 
iiAVi ofons fur leurs pas entrer dans la* carrière 9 ' 



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F E V R I E R, I7$t. tt> 

4îaUiope â ton-oont mfen imvre U barrière ; 
L^ombre fttit^ £: âtâîpe & Em fiace aoi rayons , 
fit 4é jâ ks seoÊS^au» pr^ârenr mes crayons. 

HLiToiB.E dos Paffioos , Roman , crâ« 
doit de rAaglok »par M. L. Deux voia*^ 
mes m-ia. -/^ la Haye , chez iW^ii/^ , & 
£: ccomrc 4 ?4n/, chez trsMU , fils , Quai 
^ContL . -. . ^ 

Nous n*avoDS pas en/encotÉ leceoisfle 
lire cet oâvfKe -, nous {çavons fenletnenc 
wquc M. ToufifflDt en eft le TraduAcori 
«oaS:icndtops £09ipte le mois ptochaia 
de cette nouveauté. 

: MbUoies , jwiii fctvîr l THiftoirc de la 
fête des Eoes > qui fc Biifoir aiitrcÊsis daas 
.jpiofieBts.Egtities.: J^ar M. duTtlk^t , Gei»- 
tilhomme ordinaire de S. A. R. M« le 
:Dttcde Bctry. A Laitfaime^ Se k Genève ^ 
.175i,& fc yend iPirrix, chez Prmdt ^ 
cfils , C^i dç Conri^ 

U y a dans ce Livre des chefes iî fingtK 
4ierés,fi cdmiques.» tranchons le mot, fi 
-extravagantes » qu'on ne les crotroit pr, 
; fi elles n'écoiem appuyées fur lesmona- 
-TtYens les plus ainlientiques.Ceux qui crient 
: ércrurflemenr contre refprit phi4oropfai^ 
que du fiécle , (ê téconciIieEoient peac^ 
tttt avec kii ; tfils voyoicnt dans Touvra* 
.^ que âoos amxo&çoAs , À quel poiot^lV 



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tidMEUCURlDE FRANCE. 

gnorance & la ruperfticioa 43nc dégradé 
UQC RcUgbn aafii fàge , & auffi fublime 
quç Icft la nôtre. G'«ft dans cette vue que 
nous invitons nos Leâeurs à parcourir 
THiftoire des Fous : ils y trouveront des 
recherches , une forme élégante ,Sc d6 
jolis dcflcins. 

OfiSERYJtTioNS^ far Tcfprit des Loix; 
A Amfierdam , chez Pierre Mârtier^htOi^ 
churci/i-ia ,1750.. ; : 
• Lettre fur les Tableaux, tires du Cai 
jbinet du Roi , &c expofés au Luxembourg. 
^ paris , chez PrMlf , père , 1751, bro- 
chure /»-ii. ... i 
-: .Actes des Saints Martyrs d'Oiicnt & 
4'Ocjcidjent ^ en Syriaque & en Latin , par 
JM . ^Jferhani. A Kâme , &, fc crouv^i Paris, 
•jchcz Dâèure ^ l'aîné* 

, Le Repentir , Comédie eu un aâe > 8c 
^n vers, & autres Pocfîes , par M. L. D. S. 
F. A Paris-, chez U veuve Psffot , Quai de 
4jonti, 175 î. ' 

;. Lettres de M. l'Abbé le Blanc, Hiftd^ 
«.riographe des Bacimcns du Roi. . Nou- 
velle édition , de celles qui ont paru fous 
: le titre de Lettres d* an Francis» A Amfler^ 
- dam , I7S i j & fe trouvent a Paris , chez 
. Prauli , fils , Quai de Conti. 

Tout le monde connoît le métite de ces 
^ JLcttres^ & on trouvera dans la nouveijie 

oditioa 



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TE V R I £ R. 175t. \%i 

iàinon des changcmcns fort fagcs , ^^ur^c 
Préface très- eut icufe. 
; Mémoires s pour îcrvir à rHiftoifc.cîe 
Brandebourg , avec -quelques autres Pièces 
intércflantes , 1751. Se vcodent kParis^ 
chez Pranlt , iils » Quai de Cooti , in-it. 
Deux volumes. 

Tout Paris «i lu avec cmptcfleipcnt ccr- 
tc nouveauté. Le Conquérant ^ le Légifla-* 
teur & le Fhilofoptc s'y nîonrrent par- 
tout. Quand on n'auroit pas vu à la tête 
<k l'ouvrage le portrait du gr^nd Prince 
qui en cft l'Auteur , on lauroit reconnu 
aux réflexions profondes & hardies , aux 
vues fubliroes > & pourtant pratiques ^ qqi 
%\y trouvent. Nous rendrons compte le 
iBois prochain d'un Livre , qui fera utile i 
fous ceux qui font chargés du foin de 
gpuverner les hommes » ^ pat çpnféqUcnt 
4e faire leur bonheur» 

. Recueil de Pièces importantes , fiir 
l'opération de la Taille , par le Lithotome . 
caché 5 chez iHoiiry , le fils , rue de la 
vieille Bopclcr ie. A Taris ,1751,1» 1 x . 
La première de ces Pièces , & celle qui 
adonné lieu à toutes les autres > eft le Li- 
ihotome cache 5 cet irîftroment a neuf pou- 
ces & demi dans latotalicé de fa lon« 
gdeur s fa lame ^ ^ la gaine qui la cache , a 
4pouce;i £|c quelques lignes de longueur, 

F 



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ittMEUCURfi DE 3?RANC£. 

^Ue eft terminée par uaelangucHe,feai«* 
fclable à celle d'un gorgeretices ^a^re' 
poQces n'excédenc pas la groiTear <l*aii 
tttyao de phime à écrire; ce-trajet de qua- 
tre poiiees eft coarM .vers fou dos dans la 
moitté^ de fa tongtiedc par fon extréniké;* 
cette courbure eft defttnéepcmr s'ajnibrr- 
à la convegtîcé delà canelure de ta fonde 
qni eft dans la yeffie àa cems de-l'opéra-^ 
lion 9 afin que cesdeuv liiAmmens jointt 
cnfemble , n'excèdent poin^ le calibre de 
l'âréthre , ce qui épargne aor malade 1% 
dculear des inftrumens ordînaifcs qn'on 
îxicrodttit dans le$ autres mérliodes. Cet 
înftrpmeht tke. ujti atrtre gramt avantage 
de fon manche qui eft* taillé- i6x pans » 
fie qui tourne for fon aice , éf$int (c^a^Cf^ 
par une petite^ broche qm paflTèpaf ^ 
pitHeuL,tl ^ dcu» pouces de longueufi' 
chacun de ces pans eft différent l'ïin à^i 
ràutre dans fon épaiflTeur, & chaque pan 
1^ numéroté ^'ixn chifre, dçpiw j jafqq^à 
ïj -, la queue du Wftouri', oièLiAète«ie- 
eft auffi longue que Ictwanche i, p»4V5 on •' 
de ces pans fc trouve t oùjows^ vn-à^i^ de 
cette quaîe,& il j cft«ttBh« fikô par im 
rcffbrt , qui ett^pêche le iïwihefcié dé. toui^ * 
ntt fur fon axe y en approcfcîanc IsPqueuo j 
ditbHlouri contre |e pa^ dti matidiiS'qiii : 
la rcgakrdcîlçbeucàéfôi? «Miaçèaiit wk- 



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iîcùcplnc y dont fl if&oi^M'é^amzut àë 
lignes ^*tl f a de oombves daos le nu-^ 
iiwro nuurqôé fur k pio que^enf^ quciié 
tooche<rC*dl-4^diîe » q«e 41 te miAic^ eft 
«n 9»parexci^le)lcccn:«aent d«^i}# 
4c Ûl ùasc hxHs de fa ^ne eft de neuf 
i^sde dîftaiK:e>&aiftfi dcs^aofirês pans il 
d'où il céioUe qoe cecîoftFiicBefif^lafaJ 
<aikié:dc Êôfc wb incîfioiis de dife rriiie^ 
^nmdeiics^ dcpm <ûq lignes jdt'qu^â v 5 y 
ce qoi iert à tes pvoporafOAner aux âge9» 
& à la grofieur efiméc de ta pierre qu^oft 
extrait. 

Pour fc (errir de cet inftniment j PAtt- 
febrjplasc ibnimiadecoacbëâ^pla^rttrfba 
<l»«4L*raffiijetUi^ avec des liens ncs-fîm^ 
pies» ^'U décrit page 199 î fa fonde in- 
tffDdoke «il 4a fak centr^ panchéetfyr i'^e 
énme. pat tin »de , 6c (a emtcbure tépond 
«actclft taberofité de ro9iichion& Tanas» 
il tend Ift'peaa avec fa main gaacfte vêts* 
le fcrotam , & à^ecfa draiteiifiiivQne m^^ 
cifiM*qiM Convie i» fofKËé de fept A hait 
iigtics^ il y introduit enfutre le bcmr â iaa- 

rpitc ^ ion Liihotome quil ponlTe dans ' 
vefiie > il retitc enfaite fa fonde , re- - 
coamtAt k pierre , & àpfca ptès (on vola* 
me 9 il coorne le pan » que ce votUme hii 
iamtfMt ^éat^léiA de lia queue du biftouri ^ 
afia àtj proporcioBiiet* foa incifion^il 

Fij 

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»^i>f MERCURE DE FRAMCE- 

porte enruttc le dos 4e (on Lûhocom^ 
ious 1 arcade des o$ pabis, i oavre flc^ 
retire tojit ouvert |ttf<}a aa dehors^ iinro^ 
^uit (sL tenecte feule (ans aucune 4i$o4* 
té, charge la pierre^ &, la retire fort ai* 
fcment. Cet inftrument fert cgakmçnî 
pour les deux Testes. Il s eft élevé qoelqc^ 
ijifputes w fujet deAetinftr^ment , on en 
trouvera le deuil daos rouvrjage-quc nous 
^ruioRÇons *, la bonté da iithotome: ne 
peut ecre xnieu^ prouvée que p>ir les éffirts i 
1,1 y a huit ipalades de guér isdonr voici IV 
dreflcjcUe fc ttouvc page ijjj&fuii- 
yaitres, 

M. Lcroi 5 Marchand de chaux, de ^&t 
im , le 8 Oftpbtfi 174JJ , qui fut lc:pi%« 
pii<r, ; i> , . 

Andfé Juré^ 4» Boufg Se Margilly .^.^ 
F/anchc Comté. Louis Clçrfpont , rue 
pâgueflcau , fauîbourg S^iut HoQQiré,i 
paris î tous trow taiUiîspar M* URîocbe^ 
M^tre en Chirurgie à P^ris^ / 

Jatquc^-FjaniÇois , de U ParoWè de N* 
D4tne,dani m fapbojurg.de ïlocfe^^foct, 

Kr M. Tardy , Chitttfgiç» Ma)pî: da*>s Iç 
>rt de la nieiDe Ville* . ' . 

. François de May ,. au pillage d'Auvçrs , 
près Ppntoife, - i < 

Le fils de Vereolier , à ÇhaiçW/^Çfièi 
Beauipont-fiir-pifc,:; ..r; .,i. ; ' :, : 



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. FËrFîrEK. 175 n tiy 

te fils de Pierre D^sralTaii , W Village 
ic BeflTaucôurc , dans la vallée d'Angutcn ; 
ï)ft»c nomme point qdi "a opéré ces dcr- 
lïiersfc 

La ftfxime du t) (initié Plâtre ,4 ChailIqtV 
près Paris , taillée pat M. la Roclie , & pat* 
faiteinent guérie fans inconiincnce d'u- 
rine 5 cette eure^ cft marquée page x-i t di- 
Recueil. 

Oîi mfùt a rèïtti^ une lifte de ccut qui 
ont été taillés depuis état qur font dans le 
RecueilV " 

Le fils Je Kl. Bernard , PatiflScr dans k 
grande rue du fauxbcurg Saint Honoré à- 
?aris, le 8 Mars 17 jb, & mourut le if 
-fiiivant, neuf jours après Topéraiion -, ce 
madade, âgé d'eâViro^ doMc ans, étoit 
'hjklr0piq\iie.cfc^u& trofeaifis, & prefque 
mouT^hc lorfqu'on le raiih j on trouva pas 
4)àttVemire de foa cadavre fcs reins rem- 
plit de cinq^ou^ fix pierre» chacun , fes ur-^ 
tétcrdifetés i ^pouvoir iiïrrodifire libre-^ 
*ieniîCra?d<iigt,%ycflpiç fort épailFe & en- 
gorgée v^ toutes ces parties furent montréet'' 
Fe I i JSfars i l'Acadérpië Royale de Cht» 
r4rgiè 5 plufieurs des Membres obfervcrenif 
que cette morr n'étoir point occafiontiéa- 
par* Kopération , n'y ayant ni contufion ,. 
^î inflammation â la pfaye, ni à h veflSe;- 
M^ Poiiibnnier > Médecin du malade # 

F ii|, 



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lotfMBRÇUftE DEFftAl^CE- 

f^iis ; oonfc five ces pa«î^ dans 1 tfprit de- 

.: Le fils (du nommé Cotiio , Vigntr^t 
d'ArgentculI. 

^ J^e iSIs icfAiHoioe ^rtaki ^ m feuxbaarg 
èc r Aiuiièiîie -, à Poncoifc. 
. Lfi fils du Sieu&le Ko\x% , Chtrur^tcn k 
YvQr^jdaiîs le Vallois , à <letutlicucade 
Crcpy. 
l,e Âis de^Picrj^ Mîgftttt >^tt £uiibonrg 

Le fils de Nicolas. Boncemps , VigiKifOit 
à Saint Leu-Tavcnay ». Vallée tfAnguicn. 

Clattdt Gérard , à. Tikoinvilk , a qoar 
f^Fc lieues de B^*tc-Du€ , par M. CacnTOn», 
Chirurgien-Majoc èxx &é^iBiea€ d^ Cacar 
p^n s^ â Ugny.» daosJb fiarrots. 

te YeuviC5d9 M. Flcttcp , premier Stoemir^ 
d^. M» .de Loavoii, goétie :en tooiss de 
J^m joncs » par M. de la Roclîe ct-dc£Gis» 
le^i^ovembee i7.5ty»eftJa denùece^ 
fit ^ of ércc 

. jQiioîq w li^ PuèSc ioit iiitétefië. à coA- 
lioiiie rAîiwwwib- vertueux, ttès-teAife 
l^-<rè$ ccitboe ,,qui propofe k Litliotomr 
ç^ché i notis n'ayons, pu le ftéternEubé^i fe- 
portmos:* . Voici Ici granda. MakreSs c^ 



3dt3yGo^le 



f É V R' I Ê K. 175 1: 117 

Xicâicars la Roche , CKkargîen à Paris , 
frèsfc Palais Royal. 

Tfflrdy > à Rocbcforl* 

Duval,àBrçft. 
. Cafubon ,Cbkurgkn-Majdr de Cat^ 
itian y à'Ligni > en Lorcaine. 

pCTctKTc , Premier Cbirtirgieti da Roî 
^ Naplei. 

Cranipagna ^^CRirargkti da cOfps de 
j?£le£beur de Cologne, :. 

DttTochcr , Premier Chirurgien de ta 
Reitic Douairière d'Efpagoe. 

IXTRAIT D'ATTILIE, 

T Ryl G E D 1 E. 

NOas aTOns protni^ dans le Mercure 
da mois dernier , de donner Textrait 
de la TTagédie7K)artire rinchulcc , ^i/^rr. 
irious reitipltfofis ici nocrc c ng age ift enr. 
- Le fo jet de cerre Pièce ne parou pas aTok 
^épQt<edaosrHiftoire«A l'époque près^A: 
à t'cxceptien de <|iidques circooftaacos 
«onmies^, ell^ eft tomed'itnagtnacicm. 
. Placide , Général Romain » avok éeé 
#sîié (bus FEmpereur Trajan^^fefimiCA 
^i voaUu partager fa difgrace» lui âme- 
non Tes entans^ loriqoé la mon les arrS^ 
ianc fwla iottre)i>e.laîâàde cette fanoUe 

Fuij 



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ia« MEUGURE DE FR ANTCE. 

JnfotTttnéc ^qu'un fils & qu'une fille , dont 
Placide fc vit encore bientôt fcpârc. Uà 
Corps de Daces Icsloi enleva fous les rnurs^^ 
de NilFa. Accablé de fcs malheurs , il fe 

retira feuldaiis un. défcrt de la Thrace , 
où il vécut pendant vingt années du tn^ 
vail î de fts maios» adorant le Dîcu des 
Chrétiens, dont il avoit depuis long^tenos 
cmbraffé la Religion. 

Cependant une guerre cruelle défoie 

d^Empire^ Les Dàces vidoticux menacent 
de porter le- feu Ja(qiie? dans la Capitale. 
Dans cette extrémité , on fe rappelle les 
anciens exploits de Placide. I^esLégioris^ 
Romaines le dcniandenr. Adrien ,qui ve- 
nait de fuccéJer à Trajan , le fait cher- 
cher. On le trouve , 6c on le met à la tcter 
des crbtipes. Il marche contre les Dacêsr, 
les combat & les défait» Adrien le man:- 
de à Rome pour récompenfer fa viftoireé 

A Rome étoicnt fon fils & fa fille , Tuti 
portait le nom de Maxime ^ l'autre ce- 
lui d'Attilie>inconnusàtout le monde >. 

^inconnus à ei>x- mêmes. Attilie > le même 
jour, de fon enlèvement , avoit été reprife 
lur ies Daces par des foldats Romains* 

. Présentée A Sabine , nièce de Trajan , elle 
Ifii avoit plu ; Sabine avoit élevé fon en- 
fance , & cette Princcflc , devenue Impe-*: 
ratrice en époufant Adrij:Qr.^^lui avoic doo? 



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né àrfa) fuite un rang confidcrable. Dua* 
autre côté , Maxime ravi par les Daces* 
avQit éic cfclave pavitiieiix. H ronipit (a 
chaîne , & paflfa jenire cfatzles Romains »* 
il y fit preuve de vaknr ; on dk même qu'ils 
{^vaja vie à Trajan dans on combat. Ce 
fcrwe iui mctîta f^ fzvtvkt ^6c^ Uacquio^ 
a^ffî celle de fon SucccfTeurr- 

Im beauté 5c les vertus d*Attifie aflilî^ 

merenc bientôt de l^mour dans le cœut^ 

4* Adrien; Cet Empereur forma le deSeîtt' 

de répudier Sabine , pour larplacer fur font? 

Trqne, . Déi»' mo^ifs^ décermidoicm les» 

refus d'AttiKe. Ce prettiier Si le plus^'ôacr-< 

lik » étoit un juftè fcntiment de reoonnoiC^ 

fonce pour fa bienfai6birîce : le fcconc^ 

pllis ckèr. Se hbtrmoins abfoltTy^ ét0Ît fbn> 

dmour pour Maiittie , fon firere y^iju'cller 

fie connoiâbtt pas. Maxime àhSon>ctJ^ 

ÎViin^ôkîmais .cpnfidenc de Tàrdeu» de* 

ft)» Prince, il' avott cacKé kficnné; LeP 

IJOurTaotre; 

Tei^ôitréciKdcraCoiïf,Icïr(qtieP&^ . 
tfîdè y* arriva , de ecfticique commenedP 
ïâKécew Bàns le ptemieç A^e> Adrierf» 
écfer^:!^ Ifiomphô^ à Ptacidè ^ Soetf même" 
vtmsh pmir'fibnôte^' davantage le prehaîc^ 
êè ks ftipt»?V|il fè p'opofe^'^taxikk ûcti^ 



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i50-Mi»tetrRÉ DE FRANCE. 

.qui doit s^&ir aux Dievspoor ibnKyir- 
mcn avec Axttiic qKiil aiuK , Se qci'îl veut? 
£ûre fbccé^f. â^Sabsue,: Bkcide ,^Chïé* 
tien ^ cefure cet bonncor^ & lorAïae TEm^ 
pcccoc eft Jbfti9U^o.décoQy4r€ lacaufcâv 
Afaryjmr » qmîi ftévéna^ca fa fayseurdès la^ 

ftepmté vUQ,.cxaiat poxttMid^i&tàcUrt 
aine d'Adrien coocce k Rcr^ioB €bré^ 
ûcHoe {'mak icsigeafic^fic: t.h^iBetrd'4«ti*>. 
. lie» pottrqui ilbràke.et^fecretvéeoitisé au-^ 
triocRpim >.il; ^oit avec plaisir i'obftade* 
qu'y .appotuot ies-rc^ de Placide^ Att% 
»ile leibl oii'avoit ÊHiffirr^k Hécos^ la^^ 
¥ iâoiee cps'ii a Mosp^rtée .» font atméficés ;^ > 
k récit drs mallusuts dû £a^iaijnîlkeftp(ér^ 

Il £in£ .GCM^ftair^ qœ Të^i^âcioit dii> 
fis^ cft £nre^ avec adseâc » .&.aateue «vecc 
ofu adrtâEb friogâûeisfo » 9fsf^ ne^^ap* 
jjjftrçottf as delà pcotate ^f oar^eft ^aékiod» . 
i^s âmettcesrde Ui^tiÉrec 7ti(»i»t7«iitécfii 
]M?epD€« L&^oaâérc. nËs Ht^idë c^ dé?eM 
îoppér Rere tendiJe , Hérc» magfiaiiiiae^. 
66i^^fen zélé >r ai«s9^ fege & . prucfenc ^. 
gca«)d bi>fuiM y te>n4iêce tiKuncnav^ -^ hooH 
see d^ ni^nde^ C*eft (îi^ce co»>dc^raiibâ^ 
& d« di^s^ii j^d^lne Aiôiiïeïeégaldmcne^ 
Hibignie éih pefametti lWi>ldgiqpey dTr 
dies emMr«eaier>sdti &nati&ae5qiie kRèK^ 

|^€ea «& CCâis^^daïU^CÇHU iMOlttsdci'ittlv- 



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F E V R'I'ER^ i7jt; ijt 

vragCtf t^uànt l la diâioh , on en jiigerâ 
iût i€3 itiorcetox qui feront cités s quelles 
fautes de corrtâicm > i^Imes termes im- 
propres Se qntiqtiestipreffions troptnéui- 
phcKi^ei y foât radietés par beaucoup de 
¥trs iâgénitttt jiitoteax ft batmonieiuu 

Jêtfiùt m Plicidé , fin MtieH ami. 
Iteme qui votts eka£, ^éu^refoit plc^n de f^îte^ 
Scignfar , toqs y reorret-conâoht^irr lai TÎâoire^ 
£t pottaot dan$ (ê% mars & P&6rttteU¥ & la paix ,^ 
Tbas tenget Tds affroéu pK d^iUal^Hs bietifakN 

rff^Hoir doe têtb $ AT tetie tirillé (Mdivt 
A PEmpire éperdtrne doniDMeot que des bras. ^•^ 
▼00» pifoif «t , hxttxtàc Vôtre ardeur îfit¥éfUié 
Dans le motodft gueriier rtprMhik im Placide^'. • • 
Ift jNct (dieéc âne 9 at les mom ^tafftf , 
Acrêtent dis Viiu y wm sif fm tÉtiiirtagte'» 

*(îe^ncfant montrez vous plosfenfibTè^ 
iUla joie (^ue me eairft votro^ heureux ce- * 
loui'. 

hpéwt «ertpaiifpvitsr^fll dt^nai qtt'ivrrefdir» 
'A iPMxe fnf ufte tait je femb tMr le poids , . 
R que pour vous fervir m' eaponmt a l'orage ; . 
|é/iuM^pK^ihrpdtv«lr;rafl*iiia«jiiffr de^^ori^r. 

Placide. 
Af tous les. fôitimenimoii cœttr nrtfll:^cRdt ttttaf^» 
0aKM> if fça^ goiîict le^ifod'iifreaifné^i . ' 



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ijiMERCURE-DEFRANCE*. 

Cher JufHn » en effet ta tendreflè fiocére » 

Du feinc empreflèmeot o*eut point lecaradére$jr 

Et lorfqtt'auz faax amk jC/me vis immola , 

Arrofé de ces pleurs , je partis confolë. 

Tu me fuivois : Tf ajan re cetioc ; 8c peut-être 

Tes foins m^auroient rendu l'efttme de mott 

Maître, y. 
Si ce Kea y qui vouloit nL*éprowrer , ^m'a£Fei;«- 

mir^. • 
Mais d!uaiunftfle esil )àflons-nous*dé géinîr. 
Que ne.le pnis*je iA Çitl l .occupé .de ma gloire;» 
De mes i^iauxque ne pnisje étoufiêr Ja mémoire > 
Hélas ! peut-être en m'aime, on m*envie , oa me - 

crainfc 
Qu'importe â ifoa douleur H^rfénue ne mt plainrè^ 

Plèêidè k jidritn. 
y4tM it moi , Seigneur, & dans maMitude^. 
De l*ôuUi àti humains je faifots mon étude ; . 
Fri?é d< tout t au moins je ne connoiflbis plui^^ 
>H les vaines terreurs , ni Tes vcexix fuperflas. 
Ce brasmêthe , oublfantune valeur -cruette ^ 
De la terre avec joie ouvroit le fein fidèle. 
De me$ champs fortunés je formois mes Etatst . 
Leurs StwXA fiattoiem mon'goik , dcne PirritoiciM^: 

pas. 
Sous le paifible toit d-'un* feuillage fragile ,. . 
PJus que fous les lambris , je repofois tranqnile;^ 
It d'une humble toifon le tifTu naturel 
fax blcITé rorgttcUleux^ mais couvr oit le mottcli^ 



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É £.V R TE RV I7>n. Ij^ 

Méxime. 
Be plus 'grand des mottels , Blacide. ; «^ • • efloivi 
Cbcéticn • . »^ • 

La Scène qjai commcoec lefibcond'Afte- 
eft' (î belle , que nous {buliaiterions la pou<«- 
voir rapporter dans toute fon itenduc» 
Artilicy juftific dcvam (â conffdente,les^ 
refus quelle £dc de k Gouroane d'Adrien^. 

Ah î pourrois-je trahir nia^ndre bicirÉitârice't' 
Bar un Cfimeacheter le Aem d'Impératrice • 

Je dois tout à Sabine. C'éft fâ mattr qpii 
mV portée au rang oi\ tu naevoîSé^ 

Et fa tendreS , hélâs , lui de>ieadroir fatale S" 
Dis* moi y fans fei bieafalts^fçtoisrjc fa rl?ale \- 

i;^ Jç re^âe'enfié V0|re çft6rc mag^niaie;. . 
M#«laaie » & plus le Trône érale de fplendear ^ 
Et plusieyos refus j'admireJa grandeur*. 

7^ m'applaudis S:; «.Hélas ! £t fi jç m'mrerrogr^ 
Que jç fuis a mes yeux peu^ digne d'un éloge l 
Le plus beau femiment a^cH^il point corrompu ^ 
Ah lâche! Ma feiblefle aura fait ma vertu. 
A]>prensce queje dois me cacher, imoi méo^e^ 
^o'û ce coci^&cooilrant , ^ei>leSè un Diadème* 
Q^ivantoit fon devoir , que tu crois généreut ^^ 
Ssxeit £eut-ictce ingrat ^ s'il ofétoit amouicna.^ 



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1 

PauHne nomme bientôt Maxime , pour 
l'Objet de lamodr d'Attilie, Mais clic rc- 
{Nréfente les dangers qu'il couru- 

<|j^els noms poor Adrfcn ! J^tfalfirvGonSieBt !« 
'(Ipireninfbttîrafr 

Vous. L*â'nrour eit imprudence-, r - 

Mais ptM^if i ?o^ yemrtficor AJmvf^ 
Ooii&oifle»«voB*(bf]/aiig > ! 

Eh^i connois'je le imeirt 
Bansicm s t n et iéfrtittieDSt|iirlqtre déticateffë 
5èm6le it tirà naifiSnee affilrer U nôbfeflif. 
Mais fi nioo cciciraintf ftv» fi^tte fits'app]attitîr% . 
@e4«râ^Mcaive,iwrifeur4(fe<Hr. «. 

'KiâximearriYC. Il vient par-rordrc d'A^' 
dcien annonçât l'Hyincn d^Atcilie , aVce 
cet Emoçreur^ La ficuaçion eftiatéieffan- 
te. Aftiiic a qui rAuteut â donné un ci- 
ra<aére vif & impétueux , fe répand ^ la 
pfopofirioft dcrMa:5kne>e£ïTcptoche^con-- 
weluir 

t^Empereuf A^aV9i^4i ^^lév#i«4e M«iÂiie? 



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/ JPB "P R^ I? E R: , r75 Vk H 1^ 

<J»îl rcfRtit l«i mcmc de l'^rdi^c cjullî 
afpo^rc; . AtîHie ne reçoit point fes cxcu-* 
fesi Vous n -a vczcpas-fak pour moi ^ te que .: 
wus âuricît'cîû^ luidft»cllc.. 

Vous poimez^ d' Aéncn^ combattrer au nioinr Jà^ 

ffibicy. •' - 

Si ce n'étoit aflcz j ijjac je le déic(tei!K' 
Dd (^premiers fertnens lut nrpfetle^ kferfcc,- 
1( f horreur Jii paf^rd >^ l*ëclirt«du di%ôr<2c>T 
Et du fâng de T^aj>o les refpeâ'l^lef droitf : 

fïiodre lise éfcmù^ aa feiii del^>jlpmi»feB^ dei< 

De ma naifliabce enfiii tracer l'dl>{carité>^ 
Et pour mon iotéf êt^rahic; ma «anété^ 

^c Mixinic:^ troiiol^ làî' déclare, foa- 
«fôtif . . y te' hiîrpctlt' K creitc fllh ptr- 
fifâdc lion re6èctW>éclKrppe«iifitî>* cité 
ki fak à^fen tcuf PaLvtti de fa rchdrcdc.. 
Adrien ^<Mfe. Atrife? veut fûîr», obligée^ 
di f^o^d^4 fSm^tm ytilcltrfmzrcc: 
fierté, &fe retire». ^ . 

AdïiteA ib«|H|<mne t^*<Alè a dé Fé pa(^ 
fibii petir ttâ fta«r«v l\ eft prêt d^alièt s'éfv^ 
àdaiicisc au£pàs'd!etlc > iorr<|g^oii .vient luii 



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demander audience pour; Placide. C« 
cicrnicr ,. qpe la continuation des prépa^ 
râtifi du Triomphe forçoic de s'expHc^ery* 
vient déclarer à rEmpcrear <mil Uxh li^ 
Eoiflea^Cbréticns^^ 

ji'irien. 

Quoi l y ^tt» V Pladde » iK>«rdbDt'fex««ir géâ£^ 

reux^ 
ftfnbWii<ie'l^omieaf (èol feotir 1er nobles feiixt* 
VoQS ^.Papftni d« mon Seepece ,^4^mottf deil» 

lA[>^s «vev'pu gi;offit |c jn^prifitlc ima$ ^ 
Ah IToorquoi veniez-^vous-âcoartf Adcien ^' 
ftHir Tmic^U i'fitac ^ . »'&ak-tt^%:i^€brécie»r * 

0àfis ion M«}tt9 on CliriMen>.teiio«& (oft Diév 

iBême > 
Kiic l'érrear des ÇiGas y d<fSnd ttur Dkdê»M^. 
Souffre leurdajufiîee , & Sbldac généreux^, 
P^ eux pecfécacé , doanefbn faog pour eax«. :• 
La vertu pâri8t'iN>uMrouve4ks're^âceots $ 
Mais vo^ DleQxr yalencr amot (}|j^ leius adon»^ 

tenrf »^ 
Bt ()«i n'a pa» roi^i^ de$ mdmes^cacemj^li!^ 
Ql^'un Fanatifine affceu^: ç<a^g« 4ai»^eft Tètf»' 



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FEVRIER. i7yi- 137; 
JLe vîce cq ? otie Olimpe a tcgli toos les raogr. 
I.es Mooftres les plus ? ils^lbot les Dieux les plot . 
grands^ 

Dans la Scène fuivante jrEmperear dé-» 
libère* • • Pardonnera- t*il i un Chrétien ^ 
Fera-t-il mourir un Vainqjueur > Il envoyé 
l^laxime pour le fiéchLr , & il fe rend au- 
près d'Attilie. Là finie le fécond A âe. 

Maxime y au lieu de déterminer Placi* 
à abjurée le Chriftianifme y la embrafle 
lui- mcmc \ c'eft le fruit de l'entretien qu'ils 
ont eu enfemble. 

Au moment que ces deux Chrétiens aU 
îoient fortir , Attilie leur apporte une nou- 
velle funefte. L'Empereur a découvert par 
elle-même fon amour pour Maxime. « 

Il a>faifi mon tronble , il a nommé Maxime* •' ; 
J'étoîs fiins voix : bientôt comblant mon impnH- 

deoce , ' 
Avec trop d'inréiêt f ai pris votre icStnCc 
Mon gefte étoittrop vrai $ mes yeux trop expref^ 

La aainte far mon front peignoic des traits fi vi6^ 
Qoe vous dirai-je enfin ? Ma fierté s^eft énrae , 
£c mon fapetbe aven ^ Seigneur , m'aconvaincue^ 

Cet événement excite bien des paflions.^ 
Maxime cSt arrêtée Axtilie va dcmandeci 



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Ift MERClTRiDEFRAWCE; 

tsL grâce si l'Empcmir. Jafttti wtit join^ 
MâctdefttrUi Scène. 

C'ell dans^ la conrerfatîon lié ces dëoif 
amis , qiîi cft une fuite'de celle de la pre- 
mière Scénev-C cft ptr lacomparaifon qu'il» 
font des^malheurs- arrivés aux deux cnfans^ 
de Placide , aveo ceux- que Juftin fçaic qiic 
•Maxime & Attilk ont eflfayés , qu'ils de* 
couvrent que l'ïin & Tan tre appartiennent 
I Placide. Il auroit été à fouhaiter que 
ccrre reconn©i(Tànce fe fît en préfencc det 
enfans-, mais ç^rtK éré copier Zaïre. Du 
reftc , elle e(l ici ewcurce avec aflez de 
jîifleflre Ôcdc netteté , & Icsf-beaux vers n*f 
iont point rares, 

'gt jrais de lentswAlbeuis rappeUcr kt «émoifr^. 
£c il'un tiûtaonvcê^ fatiguanma fkiéy 
Redemander des pleurs i^ca triftv amitié. . • ^ 
J?emnie9éit^ txil ces CAliros'précieQap ^ 
'Refle uoî<)iie 8c cHéfi d'uo Hymen gloôei» | 
Us confoloienr lesmajux don^tonbf as » Dieu C^ 
vête, 

Avoir f?»ppé WpiKiiir, lecipoyefi ,.lc Péce> «* 
l^\r$ S 6 vous , daac k iet mwSinnà 4es aonétSr^ 
Je vous atterte , amij , ombres infortanées » 
Hus-malheureux q«e vous , j'enviai votce fort p, 
It^ma vaJeur:devoit meflaétiref^hmiacr»- 



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.FEVRIER. I7JK ij» 

' Atrilk paroîc dans cethomcnc de chai» 
tc«r & d'atccndrtflèmeiu. Sa préfence pré-» 
parc toc grànck ficuatîon. Elle foctok 
d'aauprès d'Adrien » dont elle iraiFoic pib 
tobtenir la grâce de Masiinie > & elle cra- 
•vcrfoit le Théâtre > livrée à fa dooleoTy. 
Jbifque Placide court à elle, il fe hâte de la 
ia{Iorcr)de loi a|^rendre que lacaufedela. 
falooûe de lEmpereur ne 6ib(îfte plus, qœ 
MAjcime çft (on ftere. ti alloireii dire da- 
vaEDtagc tAttiiie rintcrrompt. ElleaTenti 
le coup^a'on Imponoic^ Maxime eft (bo. 
Acre l Cette nouvelle terrible pour un» 
cœur plein de Ton amour ta. confond , lat 
tend furkoTe. Elle ne veut rien écouter », 
ncn croire. Placide a'o&nfe àla fia de Tes; 
ÎDjurieiBi^rnap^teiBens» Ccflaii.imUea dcr 
ces vi;res axiteftations que la icconooif^- 
ikoce it forme» ^tilie fènfiblb aa bon^ 
Ikur decef foiiver on père , pîcomct en fo»- 
ipîrant d'ctouâ^r foh amont pour on &ere- 
trop chéà../Placîde bkntôt hii donne des. 
tcçonsde la Religion ClHctkunc, rii\viter 
à tcconnbître on. I^eu , tiuquel fes pre- 
cûers }ottts furent confacrés. Elle ne f^- 
ftcr^ point ;.d*aotres objets ta preflènt. Ce- 
Dko qu*6n hiî. annonce , lui psiroît t]n> 
Dieu fangninaké & inalÊiifant » quiefte 
Iprt à lui arracher fon père & &n Irere* 
lM:^atriéfnc Aâ;eciLrem^d'é!0Qeû&^ 



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f4a MERCUREDE FRANCE 

mens trop multipliés peut-être ; qa*il notf^ 
fuffife de dire que l'Empereur refufe de re^ 
connoîrre dans Ton rival te ftered*Attilie , 
êc bien de» raifbns fpéeieufeS'juftiSenc foa 
kicré Julité. U donne Pordre de fa mon z- 
Placide de fon coté cftatrêic; AttUie qui 
ignoroit cette double cataftrophc » fe pré^ 
(ente à Adrien. Ses périls lui ont feit vains- 
cre fa haine pour lui^; cHe (e f^it la rançon 
des deux infortuné». De l'aveu delagénc-^ 
reufe Sabine, cMc vient ol&ir fa main i 
t'Empereof. Dans ce moment même 
arrive an Garde , qui- rend compte air 
Prince de Tcsiiécution de fes^ordres , dîr la 
mort de Maxime , & de Femprifonnement 
de Placide.. On peiit iê tepréiientec l'état 
affocw oà; tomber. Attilie à^ cette: fout 
droiantenotiveHc srelfë refte imrnittiée. La 
rage la rappelle ^ elle accable dlmpréca-»' 
âpns rail[aâîn de fon fterev^ Aumilîeade 
fcs Gaxtuvfi elle fe fouvient que fcs jour» de 
fon pcre dépendent encore du Maître 
qu ^llé vitfnt d'irriter r fa fierté cède. Elle 
^mbe â des genoux. Quelle fituatîon l 
Adrien attendri , èntrepcend?fr juftifica* 
tîon ; il'ferreprocBc fon kicrcdulité & fa 
jaloufie : il donnera grâce au Hcros^-Ce* 
{pendant , comme il n!a point perdu fes pre- 
miers defTèins , ilireprefentc qu'il ne peut 
&iiA ouvrir les pâfonsi IHacide» parc&que: 



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FEVRIER. 1751. 141 

le Pcuplc^qu! mêle de la fureur au zélé potf^^ 
fcs Dïcxn , irôic j)cai-ctf€ punir le Npva- 
tcur jafques dans te G^îvqoéraiit. Il sca- 
iiârdic enfin jufqu'â tenouveller la pro* 
|k>fitic>Q de i'Hymen ^ comme Tunique 
jnoyen d*élar<gk Placide avec fûreié , puis- 
que le Peuple alors rcfpcûcroit infaillible* 
ji[icnt<daf)slm lebeau^^pere de (bnElnpcreiiT« 
Cette étrange propoiuion cft faite avec 
tous les adoucilTcmens convenables. Attilie 
Icîntdc s*y rendre; elle donne fa promcf- 
ic. Mais à pcincle Tyran eft-il forti, qu'elle 
fc récrie contre la violence qu*il vîentdo 
lui faîrie. Elle a été obligée de promettre. 
Qh &r&k • pc^iir obtenir la liberté de fon 
pecc i mais elle n'a ^arde de Je confommer, 
Ellft prend à témoin lej jmâncs de foo frc- 
rc ; elle s'attendrit 'douloureufcmcnt ^u 
{boyehirdece cher objet de fes premiers 
feux. Elle fort défefperée > &,rcÛ5lue à, k 
yengcr , .ou à le fuivrc. 

On ne fera point fâché de yo r ici qvieU 
çies vers dç cç qi^atricme AÀe.i 

Mdxime à Adrien , tnfarlant djinilîf» 

Ah ! mon forr Ait trop bèiu« Ce cceur , ce noble 

cœur , ♦ 

Vous Pavez attaqué ', Maxime en cft vainqueur. 
Vous âcrtz eo gémir, moi chéth ma vid^oire $ 
}q U.ciois ionocit»( f. ^ j'en ffxûu k gloire. 



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€4^ MERCURE DE FRANCE. 
Vfttdcoîez-oiei » luiv ex votre cooiioiixÊitaL * ' 
J'emporte moQ amour > & meurs votre rivaL 

}e&Uplus ; & géo^rf«flc*coapàl;ik^ 
MoMiène irro$£tamns ^'o^nn «eile beaoràble « 
Vont n'alliez «i^mmolet ^ivptfc wmomjûom^ 
Vœ raifoa d*Etat v« confaocor .-vcs^ocMips. 
}e fais Chrétien. Puxksie riràidaBSJ'inipiet 
•i^and la 1^ 4se eondamoe ., «Ue vous joSi&l. 

RUcide. 
t>e ^uel droit me ^frlaccr cotre wi double attentat ^ 
Me rendre^pauicide^ ou me cendre apoilat ? 
■• ^ •• ♦• • • ■♦ 

^ètw^ Ofeft confidérer la |#i f ai.votts cngageu 
De foille fooges y4ia9 ridicule a&mbla«, 
^^ ••• 
l%tt!U#. Aerpeats^a , Seigneur , je vous ai d^ 
dit '• • : 

Qu'à cette feute Loi la tat&i» applaudit;; 
^tfifrw». Elle c6 née en nos jours. 
Tlmde,, . ^aispour ttre xmmaaeRé 

Jtitim, Avec elle «û IV^pprobre, - 

Vlactit. ^ £t1aglbWâpfésdW 

vf dfv#9. llle eA par^ teurpno^itc ; . 
Fbuide. Et s'accroît en tous lieux* 

Adrien. D'an ioucbe elle ta l'ouvrage ; 
^laciêU £)ie eft fille d'un Diea. ^ 

AitHiâ^ ..... 
Suc tous leioeenfs«(i9iipçré4l9 plu» frftt^dcoic ^ 



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r ECRIER. ty^^^ t^,, 
C^D fçait ccgn^Uâ fort , qu'tœpoftè ceçti'ir crMff 

:Sui^ im virigafrç ingrat voire ajfifiuaftcc^ft vaine. 
J[l n'cft de fan amour qif*4in pas jufqu*! h haine ; 
^c fon orgueilWtflié desibicofâfts qu'il rejut , 
3Dè% qa^on n'eft ptns oiUe , ignore qu'oolefuc 

Dans la dcrnicfe Scénie , Amlîe dit à 
l'ombre de fou frère* 

-To mouruî mon amam , ôCiel j Et ma douleur, 
l^c doit i ton tiipas que des lai-mes de fœur ! .*, 
l^t^^iandtBjB'espluspour m«i qu'une cjéndre muet* 

42u*impotte fous quel titre , hela^l \t te regrette^ 
Mes regrets fefont>its /a>mai£trx>p ëténduff 
£t criaiinefe oq pars , en^ font-ils moins petons ? . « 

Notts «rtivôiis^att doquiéine Aâte* Il 
«'ouvre-pac un Mouologue d*AciJJie:> ElJk 
a fornac le deflcin de faire mourir l'Empc** 
reuf. Elte y cft ç«cifé« pour venger Ton 
frcrc , pour s'^aiùbir d'un Hyn»! 
odieux , poup fauvèrx fon {>cfe doîic coc 
Hymeaeft 1 niit<}qe x^zxnpxk. Toiift Cfi$ mo 
cifs font esDprkiiés Am% On vecs.: 

lirais qu'un (eul cou^enftn , {tuifqull n'eft pohit 
de ehoîx , ■ i 

Te f enge , m'afifranchifle , & If (aniFe a la fois, 

A peine â^mo^&i^il^' ftoC^tivh^ tête ^ . . \ 



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*44 MERCURE DE FUANCIE. 

{l'an déteftable Hymen il prépare la Fèc« | 
Ct i^aoe fœur en pleuFS ^ les malheureax appas ; 
Daosiès bras tout fanglans patroieac4ès attend 
taie. 

Pour aHurcrina yeogcaïKe , <lic-efle, 

Tironii Adrien do centre de là Coor^ 
Que (k févéricé le trahifle à fbo tour. 
Dans mon Appartement je l'invite a fe rendre ; 
il ?i^nt. Tandis qxfd mâscbt , habile à le farpiofr: 

Retirée en un lien qui cache fiion effort^ 
Sans lui donner d'c£Erei , |e lui donne la mort; 
$€9 yeux ne verront point k coup qui le menace ^ 
£t les miens à loifir en choifiront la place* 

Elle invoque Trajan , Sabine : elle s*a- 
4rc(re même au\Diett des Chrécieosn 

Be toi , que je ne conivois pas,; 
Dieu qnç Placide fert , Dieu qu*adoroit mqn frète! 
Si la voix de Ton fang excite tacoiere « 
Si tu plains tes A uteis brifôs , déshonorés , 
Sous la pierre & le fer tes Chrétiens maflâcrés ; 
&ereille«toi, dépends. Mon injure eft la tienne. , 
l>efcends , fi tu n*es point un fenge ^ une ombte 

vaine, 
(Viens conduire mes coups , & te venger par mot • 
Alors je ce comtois , & j'embraflc. u ioi. , 

Daus 



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T B V RI E R. 1751. j45 

Dans le cours de fcs agitations , elle 
•^pperçoit un Trophée d'armes , mona- 
5ii9ent de la viftoire quefon pcrc âvoit 
-remportée fur les Daces,& qu'Adrien avoir 
fait expofer dans cette Salle du Palais , en 
•^rendant qu'il fât ^onfacrc à Jupiter Ca- 
pitolin. C'eft dans ce Trophée qu'elle 
prend le fer 3 qui doit être rinftfumeni de 
la mort du Prince. Cette invention eft in- 
génieufe & Théâtrale. 

O trophée , 6 dépbuîîlc étrangère , 
'Koble êc facré témoio des exploits de mon père , 
Yods do pouvoir dû Frioce , orgueilleux Mouar 
méat, , ■ ^ 

€>e là terrible mon prêtez moi l'inftrumeot. 

Elle voit arriver fon pcre i fiire qu'il 
-défaprouveroit fon projet , elle fuit ar- 
mée <du fatal Javelot. 

Placide entre accompagné de Juftin fon 
Ëdéleami. On apprend à ce pcre infortu* 
né » & la mort de fon fib , & l'Hymen de 
ïà fille. Rien déplus tendre , rien de plus 
Chrétien que fes fentimçns fur la perte dç 
Maxime. 

X^l coup de (budre , à C!el ! Dieu ! foutieiis ma 

conftaDce. ... 
Ah l ics vertus déjà goûtent leur récompenfe. 
X>ce-inoi ces regrets que condamne ma foL 



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-I4(f MERCURE ©£ FRANCE. 
j'ai g^mi ^Je c'adote > 9c je oe plains q«e.BH)i. 
jl cft more » & COQ Maître ofe m'ofirir ma gracei 
iQiids traits de craaoté » d'imprudeace , d'audace^ 
^aittb^u'ain^ d^nn Caxnp prompt à me foutenir, 
4i j'ai pu le teoger , je pouri^is le puoir ? 
-^jaitril ^ •,. Jdaif non J'iflgrat f^ait qu'iln'a rictîi 

craindre. 
jQue je puis tont pfer ^ Se ne veut rien enfreindre i 
-<^e refpe^at le rang datis^ l'abns du pouvoir , 
Je fens Ton injoftice , 5c connois mon devoir* 
^ome oKre.^ la vengeance un tt^ns faQrilége , 
^a Domipe un droit iUuftre > un divin pt ivtlëgo^j 
Plus fnblime » ma (.oi , (çait lui n:iarji)aer Xoa rang. 
^^^ fe venge , t^abbaUTe » Se M)ui . pardonne eJ| 

grat^d. 
Mon fils çÇ mptt 1 Enjfin qu^lU pitié cruelle , &ç. 

; Aurcïjte j il yruc rompre le projet dt 
l'hytnenéc d'Attilic avec Adrien. Ma^Ue 
fe donncroit au Bourreau dç mt>n fils î Mf 
fille époafcroit le pcrfécutcur des Chré- 
tiens & l'ami de$ Faax-Dicux l 11 fôn., 
la colcre & Je trouble peints dans fon -ait 
^dansfcs regards. * 

C'cft dans cet çtat que l'Empereur fe 
,fucprcndvL'E«npc^ï^^i^^ appej^lé » dans Vap^ 
partcmcnc d'Attilie , érpit fortî du fîca 
pour s*y rendre Tandis qu'il mftrchpiCi» 
«n Javelot ^tpi,t pir.ti de dprrîcrc lui , ^ 



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T è V R 1 1i R/ Ï751. 1 4«f 

îUvou percé un de fcs Gardes à Ces côtés, tl 
^toit revenu fiir fcs pas, pour décoitviir 
raffaffin, Attilic avoic fui ^ Placide cft 
troiivé fur la route. Le foupçon-tombe fiîr 
;lui, foupçon que confirmoit fon air égaré, 
:& que réalifoicnt dans rçfprit.d*Àdriçn Q^ 
<îéfiancc & fa^liaine^our les Chrétien^ 
<^omrocDt d'ailleurs eut-il crû fa Maitrçl!^ 
iç capable^ un aflaflînat ïïharxîi î;Pl^çi4ô 
.^ft donçcavoyé auiupplice. 

Ces évcnemcns font racontés, fwr la Scé- 
41C à Juftin pari'Enapereur lui-mcme. Juf- 
tin , convaincu dcFinnoccnce de racçufé, - 
& défefpcrant de défabufer Adrie;i dans ce 
prçtnier nooment , s'échappe, pour d^érobér 
Placide iuTic mort inji^e. T^dis qu'^ 
fort, AttïUcsWaîice. 

C'eft ifloi-nïfmc, Acîrict^/^i^eteidi'Drr, 

tUc vient dem*nderl% grâce, fie /onpetje; 
Quel .mQDftrç tfi donc. iîjtÂT^flGn ,. dit 
Adrien } Ceft ntêi. Mais rjprmpeçeur çeÇc 
inflexible \ elle ne confulte plus que fon 
^éfeïpoir. * Elle fe frappe, après ivcir re- 
jette fur le Tyran le crime de fa mort , de 
celle de fon père » de cette de fon frcrc. 

C'eftfait, 
Et te voila ehargé d'un trotfiéme forfait. . . . 
^ ^o ïc YOi».'ic n*aiflu»à'c(poir , plus d'intëfét. 

G ij 



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:f4l MBRCUR;E:I>E F«.A.NCî. 
'Je mears. D^ja mon père a fabi Ion arxêç. 
«Mais poar mettre en ton cqeur un fuplice effiroj;* 

blc, 
^e té Taflidre encore |U n'^coit point coupable. 

Non , il ne J'éroit pas ^ s ecrîe le gcnc- 
^rcux Juftin, en rentrant fur la Scène. Il 
'faut qu'il vive , ou que vous m'immoliez. 
.On ramené. J*ai fappoft un ordre de votre 
J)ârr. Placide entre, a\rfli-côt. Tous IcJ 
xoups deThéatrefc-fuccédent ici rapide- 
ment. Le premier objet qui frappe les 
yeux du Héros j c'cft fa fiUe enfanglanréc 
& mourante^ étendue fur un fauteuil, te 
^défir de revoir fo.n pcrc, fui? la. nouvelle 
que Juftin.avoit apportée > l*avoit retenue 
*iur le Théâtre. Ce père malhçp^reux qui la 
xroit morte, fc livre aux regrets les fks 
;toucbans< Eilp donne cependant les figod 
jd'un rçfte de vie. Placide fe hâce d'en pro- 
^^cer , pour Jnl infpire'r fes féntittiens de 
' Religion , & il yïéuffir. Elle deflfvanHepai 
* don à Adrien: . * . . î ;* 

. Xc Ciel que4V)atr4geais,..ce Ciel vengeur te 

Rois, ' 

. ^ar mon attentat roêçne ^ confaycr é vps drotcr. ^ 

<:'eft en Dieu qu'il to\is venge , il me corrige e« 

, ' * père* • • ,. 



.. jyie e;s:pire .,.en !U:a4anfi lw>jr<ts ^ 



,y Google 



ffcre qu'elle croit appercevoir. Adrien pé-^ 
liétré dcdoUlcor , laifTcla vie à Placide. 

Nous igncfrons quels font les motifs qut^ 
ont empêché M. le Gouvé de faire jouer- 
{& Pièce , si les ratfonsxjnî te font renon- 
cer à une ciarriert ^où il y aapparence qu'il- 
anroit réuflîv Le Barreau' pont lequel on» 
BOUS aflure qu'il a de grandes difpofitions >- 
& qui a été toujours l'objet de fes études^, • 
a eu Tans doute pour lui plus de charmes;?- 
On trouvera la Tragédio d'Atiilic cheas^^ 
Gifam . ^ 

C ou K s' de Ghytwic pour fcrvir d'intro»' 
dkiûion àr cette Science., par Nicolas /r 
Fevrfy Profeflcur Royal de Ghymie, & 
Membre de la Société Royale de Londres; « 
cînqtnéme éditièntcvûe , corrigée & aug- 
menté d'un grand nombre d'opérations , 
âc enrichie de figures , par M. Dùmonflier ^• 
Apoticair.é^délît MarÎT^'e & des' Vaiffcaux' 
du Roi , Membre de la Société Royale de* 
Londres j & de celle de Berlin. APàris ,/- 
chez Jean-Noël /tf LoupyÇln^i des Àu-i 
guftins , à U' defcencedu Pont Saint Mi^ - 
ctjftl ^ à Saint Jcan^Chryféftpme. 175 1 > !«--' 
M. cinqvoL * , 

Quoique cet important Ouvrage foit' 
fort cocnu Scfort eftimé, ïtouscn rcn-^ 
drocs compte dans Ip pt^miçt Mçirçurc^ 

Giif, 



,y Google 



pyo MER<;irRE.D&FRA*lCE. 

Les augmentations qu'on y a faites , font & 
conCidéxsiÀcs , qu'il peut pafler en qaek> 
que manière pouc an Livre nouveau. 

L B^ r T R 1 s Angloifcs , oitHiftôirc der 
JiliiVClarife Héfrlove , î,voK en fix. pac- 
ries, d Londres^ & fe croUvcrtt kt Paris çhc», 
plafieurs Libraires- ' ^ 

Les Anglois» qui ne font pas remués fad- 
lein^it , le font beaucoup par le Rotnan^ 
qac nous annonçons > tt^\% qpc nousnV 
vons pas eu encore le teros délire. 1} n'eft 
pas poffible que l'intérêt qui règne dan* 
ce célèbre Ouvrage, ait été afFoibli parU 
Traduaion de M. l'Abbé Prevot: toatir 
monde {^ait que de gçand Ecrivain a l'ii' 
magtnacion heurettûl , vivt , féconde' > te 
le ftyle clair ,^na;ture£, nobk & nombrooxw. 



, BE AU X'ARTS.. 

LA place d'Honoraire Amateur, va^- 
<ante â l'Acadéhiic Royate^c Pdn- 
tttté', par tâ^ mort de Mil*! Febvcc , ci^Je- 
vïrtit ili:îténdattt dt$ M^nas Plkifirs , a été 
donnée à M. le Comte de Rafchi , Hono^ 
rairc^ Aifocié Kbfe ; & M; Mariccte , dont 
tout Itfmorfdë connoît les luhiietes & le 
gràl^i-^iUcêedé à/]vf« leComce deB^chi^ 



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Ï^TE V R I É É:. ' 17 fi. ifi^ 

. Sa Majcfté le Roi de Potoghc , Duc de' 
tp-orraine ,yicnr de choifir M. Kaacn pour 
fbn Peintre ordinaire en miniarurc. Cç 
Peintre, Allemand de naifïkncc .mais fi* 
3fé à Paris , eft redcvabltî de cet honneur i* 
fon feul raient. 1-1 a feit un bon portrait da^ 
Roi tJe Pologne; 

D A ulle'. Graveur du Roi , rue deaf* 
Î^Ioyers , vient de mettre au jour une Ef- 
campe intitulée , les Amours en gAjtti. Elle 
reprcfcntc quatre bcaiDt Enfans , groupés 
enfcmble Air un fond de payfagc; L>r 
deux plus apparcns , & qui rempliflfenc 
prcfque Le devant du tableau , paroiflcnt 
vouloir fe dlïputer une pomme qac tient- 
Fùn d'eux r leur «Ulputc n'a nulle aigreur ^ 
fc concrairtr ah voir {\ir fêurs viïàgcs uiV 
air de gayécé qfli montre que ce n'eft en- 
ttCv eux qu'uh bhbinage. l^n uroifiémc »• 
(jùi e(l prè^ d'eux , tient dans Tes raiains utv 
gigeon. On verra bien , fins qpc nous en** 
swettiflïons , que cette Eftantpe eft gravée^ 
& bien gravée d'après un tableau de M*' 
Boucher. 

Le même Gravcùt vient de pid>tier un«r 
autre Eftampe très^ jolie , d'après un ori- 
ginal de M. Nonorte , Elevé de feu M. Te 
Moine. Eilc repréfcntc une fbrt jcuile per<- 
^ne^oofFéç «légarantent^^affife & i dfcmi 

G iii; 



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1^4: MERCURE DE FRANCE 

couchée au pied d'an gros arbre & fur ait- 

fond de payfage. Ellç eft prefqiie nne^ 

mai$ cependant dcccnvmcru drappéc d'a- 

ne légère gazç : elle tieac une flèche de las 

main gauche , & de l'index de la maiiv 

droite elle eh tace légèrement la pointe» 

Sous elle on voie une drappcrie parfémée 

de fleurs naturelles , & auprès d'elle une 

partie d'un carquois- 6c dxm arc. Selon 

toutes les apparences ce tableau efl: u» 

portrait. M. Nonotte a cboifi ce genre Sc 

y réuflît,. Cette agréable Eftampc eft inti-^ 

çulçe : Climene effayant, hs flèches de VA'- 

moHr von y lit au bas ces quatre vers. 

Belle , dont les mains toujours fâres , 
Vont du fils de Vénus lancer les traits vainquem^ 
Quand ceDieu par vos coups aura percé nos coeurs» 

En guérirez- vous les bleflures ? 

DuFtos , Graveur , Place Dauphine ; 
vient de mettre au jour deux Eftampes^ 
d'après deux rableauic très- agréables dc^ 
M. Boucher. Comme- les vers qui font au 
bas des Eftampes en expliquent mieux le- 
fujet que tout ce que nous pourrions dire, 
riouë allons les rapporter. 
Première Eftampe, U Toilette P^ftoralu^ 

Loin des otneniens précieuiç , * . 
'.... DcStLt u cQ(}aet(e eni|»runce.ta parure j^. 



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TE V R lE R. 175 u 'îf 

rhilis â la fimple Nature 
iSoît tous les agrémeos qu'elle étale i nos yeux. 
.C^eR ^infi que femanc 4es fleurs toujours nour^ 
vélles. 
Agréable Bôcrcfaet; Peintre cliéri des belles^ 
Tû nous fais admirer dans ce charmtnt cableaa^^ 
Les atKairs fêduifans de ton. brillant pinceau^ 

Seconde Eftampe, tes Confi^nces^Pnfiorales. ' 

Dûatis un charmant repo^,, ces àîràables bergcrer * 
S^èntretiennenc au- frais de leurs tendres amours ; 
£xeiiipte$ des fouets qufenfantent nos chimères , 
Die leurs plaififs parfaits rien n'inrerrom^t lecourff;^ 
De Daphiîis j'ai reçtt ce joli flageolet^r 
Colin fous-ca vcrgei" me mie ce bracclef, ' 
Vit cet agneau Tirci^ m'a prouvé (a cqnfranceV - 
C^tSt ainfi^u?àu Viilag^pa cûcpc eu confidtnoc. - 

MoYRE AU ; Graveur S\x Roi , vï^ferir et' 
mettre au jour one Eftàmpc très-agréable^ ^ 
diaprés \fâ,uvermiéfis telle eft intitulée U '" 
Charité des CapHcim, Le rab΀'a:tf appartient ^ 
avi Roi de Pologne , Elâdteitr de Saxe. M. • 
Moyreau demeure rue du Petit Pont Sainr «^ 
Siveîin5,.àllhiage..Nôtré-Damti - 

Rf cuÉiL^ de' icr VàTcs de Sàty ; qTfî Ce 
ttonvcnt k P4ris\ cli^îs Fejjard^ rue* de' U'^ 
Harpe y vis-à-vis là tût Serpenté. 

Noiis prpôrôhs àWc 'f(Sft-àt^ l'occafîoi^' * 

G v^' 



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r^vp \fEîrCtrR E D^ PRfCK CE. 

que nous fournirent ctsVafes,<f entretenir' 
nos Lcdèursdc ^i. Saly. Quancton eft bon 
Patriote , iï clt peu de plâifîrs aafli or- 
quans, que cciui d'annoncer lepi'ogrès des^ 
talens, a en infïrtiitefon pay%'n3ême,^dc 

(trouver par cfcs faits etfénticîs^ combien 
'Académie Koyialîc' dé Peinturé & de 
Scolpfi^e repoftdr aux bontés dont le Roi- 
rbonore. 

U. Saly cft deTalerieîennes & Héve de- 
feu M. Cotiftou fc cadet. Des Pri*^/rcm» 
portés à rAcadémie de Paris^, lui ont mc- 
rhé d*etre envoyé à Rohie : il y à fait hoti-- 
ncurà fa Natipn, & pé^fi^dnné^fes ra- 
ient. Tout, jnCqÙ'à (esaitiùfemcrtJ, y^a pùt^ 
le Pertipteinte d'un homtnencpdiifcieel- 
1er dâni (bn att. Nbus éCorni citei* eô^ pttfo- 
YC les Vafcs que nous annonçons. Un tel 
ouvrage eft «crtainemcnt un badinagc pour * 
uiT grand Sculpteur ', cependant cette ba- 
gatelle indique , nori-feulement un génie 
facile , nourri par les bons exemples & 
rempli des bonnes Formes, mais^ encore' 
une liberté de dcffein ^ que la Sculpture 
ne femble que trop refiiïer d ceux* qui la 
pratiquent* D'aiHcurs U liberté de la poin« 
te & rinrelligcncf ,dc Tèau forte , prou- 
vent que ce n*cft pas fans raifon que M.- 
Saly a, placé la Peinture à la tête de [c^< 



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F E VKÎEVil 1^51. f5î 

' C^oelqucs légères que foicni en elfcs-roê. 
f^€S ces opérations, elles indiquent de. 
très-grands cal^ens, qui fe trouveront con- 
fijrmés par dc^ opérations plus importantes. 
Qàan4 ort'^^ feit un'fond par le moyen de 
y^tudc ^Sc qu'on ne s ccairtc pis de la Nâ- 
ti^re , la facilité n ett plus uft don pervers 
& dangereux rc'eft mktnt un grand bon-' 
Keur de l'avoir étendre comme a. fait M, 
Saly , jufqua la coupe du marbre. Nous 
comptons en donner bien-rôt dés preuves , 
en faifanf ebnnoîrre pltificurs ouvrages* 
qui vont fortirdc lattelier de ce jeune Se 
bxillartt Arriftc. Nous infifterons-; comme ' 
il conviefit , fur la Statue pédeftre du Roi, ^ 
de neuf pieds de proportion , que M. Saly 
cxécure pour la Ville de Valencienncs. Le" 
itîodéle de ce grand ouvrage eftiirrêté'^^'^ 
a**charmé les cônnoiffeurç*^ 

. C AtÂt ÔGitî des Tâbreàdx'dtt'Cabirielf" 
du Roi au Luxemboxug ;troi(îcme édition, ' 
revue , corrigée & augtpentée. ./^ Paris y 
éïQzPraiilt père, Qtiai de Gêvres, 175 1, ^ 

Lorfqiic nous avons annoncé au Public 
rexpofitiori fi digne d elogè , d'une parriç 
des Tableaux du Roi au Luxémbdifrg,nous 
avons parlé du Catalogué qui en â voit; éré ' 
dtelTc par M. Bailly. Ce Catalogue , qiit''^ 
étoic fait avecigoàt-j cftdevenu toiit-à^f^i-c 



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i$6 MERCURE I>E FRANCE. 

Le Se Odicuvrc , qm continue avec- 
fuccès la fuite des Gtaods Hommds & dcs"^ 
perfonnes lUuftrcs dans tous les genres, 
avertit le Public qu'il vend chez lui depuis-^ 
peu 2 1 Médailles rrès-intéreflantes, gra^ 
vées par M. le Clerc , & qu'il vient de 
mettre au jour le Portrait à' Adolphe ,• fils- 
ci' Arnoul , Duc de Gueldres , nié près dc^ 
Toutoay cnï477,&celui de François 5/Sr-*- 
ce Duc cfe Milan. Le Sr Odicuvrc demeure- 
rue des Poftcs , près TEttrapade , cul-de- 
fac des Vignes , vis-à-vis la rue du Por-de- 
fer. Os trouve chez lui urt bel aflortinient 
de bonnes Efta^mpes , un magafin de Ta- 
bîcaui^& beaucoup de Deflcings de grands 
Maîtres. 



V E R S 

J): JM.' Fannard , 4 VôccApon et un Portrait^ 

peim par M. Appclius , ne a, Caffel e?t 
Allemapjâ ^ à préfem à Pariu 

l-# E petit EXiça qn*ôTi nomme Amour ^ 

Far fantaifie ou non fattrouver I*.iutre jour 
lia Peintre ingénieux , dont Je pinceau docile 
5nit la Nature en. tout % & l^îTprimç ft bien , 

C^ae traits , attitude-, miiottcn , 
Ciacci^ regards^ tournure j^ il ce- lui ôiaij^uç hcoi 



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F^E YKl E R7 1751- 1^^7-3 

Ce Peintre alprs dans-un dHé 
Voifîn de la Marne & tranquille ^^ 
Se livroit â Ton An chez un bon Citoyen ,• 
Cher aux ulcûi& Jîé pour être leur fodtien j • 

L*Amour en l*ab6rdant d'une Façon civile ♦ 
Bon jour , frère , ton nom fait qnjcn ces lieux Je t^ 

viens, 
Tbn intérêt aufï; ^ car je puis t*être utile ; 
Mpn a^rt cil dans ion genre auffi beau que le tien i » 
Sotîs cerert^rieu^ délicat Se débile", 
De rUnivers entrer je-fijis le vralmobîte;-- 

Tout n'agit que pat nwn' moyen ; 
Partant je te pourrai procurer un grand bien ^ , 

ioit à la Cour , foit a la Ville ; 
Mais je veux un^xhofe& j'exige de toi.. . . . 
Quoi ? 
Qpje ton pinceau que l'du dir^ fertile , . 

Me peigne trait pour trait , 
Et dans î'inftant. Contenter ton feuîîait,- , 
Btti répliqua lePeintrc^, eft.chofcbien facile, . 
Et iç vâis/ur lè càanip té tendre fatisfair^ . 
Le Peintre. en fa promeire.éiott sdc de ù>n hiu-. 

l\ venoit'de fimr la xèat dé Cèû\lè \ 

Je«ne enfant , qt>icharmanrc.a?ant Pâ^c nubiîé'^r . 

lait preffcntir en elle unanérite paifait. 

Q-ie faic no*re Zcuxis? A ceitetête il met 

Wti bandeau-fùr lei yeux ; tien . ?oilâ? ton portrait , 

Si£«^ i CupidoB^,' voi û je io'is habile.- 



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^^«Tmbr'cûre de franc: e.- 

L^Aœqpr en ftit joycur autant que ftapcfaic ; 

Pour prix de ce bienfait , , 

Rien poar toi dans Paphos ne fera diflicile : 
dier Peintre , fi jamafs tu ckéris tin objet J 
Eliffei-tu cent tiraux & fflême plufs de mille ? 
Ç Parle 5tyx aujourd'hui 1* Amour te le promet}" 

Ils verront leur peine mutilé ; 
t'es feux auront par tout uii triomphe complet.' 

' - 

La Lctttc fuivântc noos a paru piquante. 
Nous y" avons trouvé du fcnrimcnt , de 
r^fcfprit , du ftyk. Nous fouhaiterions' 
cm on nous fournît fouvcnr Toccafion d*of- 
tfir i nos L^ûcury des morceaux de cet 
agréflïcnt, 

LETTRÉ 

ife M. de SI P. à M. de B. fnr le bon goût' 
dans Us j^rts (gt dans Us Lentes. 

VOm aimfcz'Mcs Afts ; Monfieur, a 
nd^i j'aime les Lettres. Ces goûts n^ 
différent pas beaucoup entre cux*^ & j'ai- 
même fouvtnt remarqué des conformités 
dans notre façon de fehrir lès chofes qui 
nt)us afeâoienr. Cependant ihcft arrivé 
que dans les confidences particulières que 
nous nous faifibns réciproquement , noiis^^ 
nous fommes plus d'une fois regardés l'oa' 
l;iucFe conima un gcu^ viuonnake^ }e 



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février; ty^u ,r5^ 

vous en ftis l'aveu^ faiccs-moi le vôtre 
^vcc la mçmc fincériré. Quelquefois vour 
m-avci: trouva lifant un gros volume, farci- 
de Grec , que j'appellors V^mhotdgie -, j'é- 
rois en cxtafe fur une Epigramrrtc^Gfccqqe, 
où je découvrois'dcrbeamcs for Icf^ÇûcUc^' 
jt ne rat iffoispoiVit, car quel cftl*îtommc 
ailtrz.ftcrilc pour n'être pas biibiUûrd^uariil'* 
V if parle de Ci paflîôn îCcs beautés vous- 
paroîiïoient bien inïîpidîès^, & vous avicsJ^- 
gTand<? envie de me renvoyer à là pkifan-^ 
uric de Râcan for lesPotagesà laGrecque .** 

^'^M. de Racan âHa voit uïi jd^u'f MTadciiioirelIa" 
dé Gournay^ qiit lui fit voir dçj, Epijçramnies <}u'el** 
lé avoft faites , & lui en demanda Ton fentimenf.' 
M. de Racat) kii dk 9^- i^n' y stvàit rien de bon, dc 

Si^tWts n'avoîenc pas de pointa, MUc de Gournay » 
f diif qu'il ne falloîc pas prendre ^arde i^ela, que 
c^étàiênt des Epigrammet ila Grecque. Ils aile* 
Eânc enfonce dîner enfemble chez M. de Lorme ; 
Médecin des Eauï dc Bourbon. M. dc Lormc leur- 
ayant £ait fefvrr un poTage qui n'itoit pa^s fort bon, 
Mlle de Gournay fe rourfia dil* côté de M. de Ra- 
Ca^, Se Ui'tdit : KtOnfieur, ^oHi une méchante fou*» 
pc ; Màdîcmoîfclle , répartit M. de Racati , c\R une 
foupe à la Grecque. Cela fe répandit tellement 
çj*i*on ne parloiten pluf^surs endroits que àtfiufs " 
<»(# GrecqHe\ ^oïit dire uaméchant potage ; & 
pour nfïarmicr un méchant Cuifinter , on diJoit , il 
fait de i;^ ibupc â la Grecque. Voyez Coftàr , p.- 
174 <ie fa Suite de la défenfe de Voiture ; & Per- 
rault, p. 3*^ du tome i de (on Parallèle des An- 
ciiMM&'dcs Modernes. Menagiana , T. IL p. 344. 



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' 1^6 MERCURE DE FRAIfGE^ 

là m*cn appcrccvois , quelque peine que' 
vens prifUez i vous échauffer , afin de pa-^ 
soîrre de mon avis y ce font de ces trompe* • 
ries qu'on Ce fait entre amis. Plût a Diea 
que les hommes ne s'en fiflent point d'au- 
tres , & qu'ils s'en fiffent plus fou vent de 
celles-là ! Ils fc fcroiciit plus sûrement re- 
venir de leurs erreurs &.iie fe haïroicnr- 
pas tant. Aptès: bien des difcoars qui ne: 
vous pcrfuadoient pas >, vous forciez de 
chez moi en hauffant les épauler-, & fî;U 
vous ne difiez pas avec Molière > 

Mh foi , jc le rieo^fol de toutes les manières- ^ 

da moins difiertVQHS comme lui : - 

W !a l'cfprii bicffé 6ir certaines marièrcs» >. 

Quoiqu'il en foit.^ |c vous le rendoîs^- 
bien à la première vifire que JC' tous fai^*^ 
fois , brfqtye vous trouvanrau coin-dc vo-- 
rre feu en contcrpplarion fur un porrcfeuîî- 
Ic plein* de papiers tout déchirés ^ jenY- 
voyois qu'un griffonnage^ raooftruenx de 
figures à détni tracées » qui me paroiffbir 
un Livre de fortilè^e , & que dans un au- 
rrc (ens voùsappelliéz la magie^dc l'Art 
du Deflein. Ce q.iTe je meprifois n'écoit 
rien moins que Touvragcde Raphaël ; de ^ 
Michel-Ange & des Caraches ; de ces hom* 
maçsicjui je vous ai. entendu fi fouvent - 



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F E V R lE R; i7p; i^n 

prodiguer le" titre d'immortels & de Dî- 
vins. Tandis que vous forciez de, votre 
flegme ordinaire pouB paflçi aux plus vif$- 
tranfports d'admiration., je reftois comme* 
pétrifié. Il nc„m'entroic pas dans refpric. 
comment des traits fans liaifon , fans or- 
dre & nullement arrêtés ,.queJqucs coups^» 
de plume, jettes rapidement & comme aii< 
bazard fur le papier ,.pouvoicnt produire, 
fur vous.de (wgrands efiFets , & vous faire.* 
entendre ce qi>e ces habiles g^ns avoient 
voulu fc dire à eux-mêmes ^, lorique dans^ 
là chaleur de la comppfition ; ils avoient 
ainlî exprimé leurs penfées. J'étois çr— 
corc moins perfuadéque descfquiffes fi lé- 
gères , pûllcot être qualifiées du nom fé— 
f ieux d^éîudes,. 

Vous vous fouvenez (urement de certes- 
Statue Egyptienne qui éioit fur votre che* 
minée, que vous cédâtes avec cettefoibleflç* 
qpi vous fied fi biennaux tn ftances d'un ami, ^ 
& que vous n'auriez pas donné pour toat^ 
Por du monde. Votre Magot , car alors je 
n'y voyôis autre chroft^ ^ étroit accroupL 
dans une attitude aflcz mauffade , la tête 
paflabicment ébauchée , le reûe me paroif- 
{bitauflî informe que ces Marmoufets quci 
les Bergers oififsde nos campagnes , for- 
ment avec un couteau fur un morceau de; r 
bois,. Des quatre .cpius de la . figure , f^E«- 



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Hr MEKCITRE DE FRANCE. 

fDtcnt dcox jambes & deux bras égalcmcnf 
foidcs & fccs, cependant vous vous rccrîiex' 
for le bel enfentble de la figure , fur fk no- 
ble compofîûon , & fur la juftcflc & l'élé- 
gance de fcs proportions. Tout vous y pa-» 
roifloît admirablement bien deflîné ," les 
membres^bien cnmanchés (padèz moi les 
fermes, fi je lesar mal retenus^) aucon muP 
de n'ctoic oublié , & toasétoient en fonc- 
tion. Vous pcnétriez'jtffqûes fous la peau , 
St Vous re(Icnticz4e jeu & raflcmblagc des 
os ', M; Vinfibu n'eût jamais porté (es ob^ 
ftrvations plus loin. VoCfc Statue dans 
votre imagination , deVenoir un chef- 
d'œuvre d'Anatomie & d'Oftéologie , au- 
nmr que de Sculpture. Vbus y fuppofics^ 
tbur ce que le Sculpteur n'y avoit pas mis r' 
commet s^il n'avoir voulu que indiquer „• 
8i de mon côté jccroyois qu'il n'y avoir 
ps plus fongc que moi. 

Vous aurez encore moins oublié cer-- 
tàin vafe Etrufque *'qai fàifoit vos délicesr 

- • Le» .Vafcs Ettuf^u^ (ofst la plupart èer 
vailTeaux à'anc terre, commune , mais-très*fiiie & 
nès-légère , anciennement deftinés à coûte» £cmes 
d'ufages. Les Ecruriens ou Tofcahs , qui avant 
que de paflfér fous la domination Romaine, avoieot 
reçu les Arrs des Egyptiens, ou dc« Grecs . *c pi- 
roiflbrent en avoir urnti toutes les perfeâions flr 
toutes les finefTes, lorfcjue les Romains n'es avoieor* 
f^s encore la plus légère teinture , ont laiflif des' 1 



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_ ,: F;E-V RI ER. 175 n rd$ 

fSl pour lequel vous cbaffatcs un valcff 
excellent , qiii ravoit malhcurcufcmcnc 
eaflç. Je ne m'accoucumok pasàTEloquen-- 
oc* coajouxs nouvelle r. avec laquelle vous* 
en vamie» la. belle £jrme y- les contoursr^ 
heureux & coiilans ', & mille autres per-^ 
%âions de ee genre. Quelques figures tra- 
cées furçey^le, comme nous en faifons* 
qpclqpcfDis av«c dès cartes- cm du papier 
que nous 4écoupons ^ vous raviffbient ,-. 
difiez-vous, par la naïveté des attitudes ». 
la régularité des profils , la magnificence 
des habillemcns dans leur fimplicité. Nous 
BOUS fomtnes fouvent féparés un peu refroi* 
dis, afles-. mecontens l*un del^autre.^ 

Monumens de leur goût dans la belle cona-^ 
poficion de leurs^Vafes Se dans les deiïcins qu'ilt*^ 
T.oot . a jpdtés* Quoique^ ces rares morceaux ne-= 
ipienc connus en France que d'un ptttt nombre 
de Curieux , ili font très cftim^s & très-rccbçr* 
chés en Italie ) on en voit dans lès plus riches Ca* 
Sinets & dan» les' plus grandes Bibliothèques ,. 
comme celle du Vatican » d6nc ils font un «des orne^^ 
ttiens principaux. Il y a plus de deux mille ans 
qu'ils férvotent i^parer le s buffets du Roi Porfenna.- 

Imitus irmTufiii Burfinti fiikhhut^ fuiv«m Martial; 

Voyez-ce ^ue dit le P^ Montfiucon deS reAes àc^ 
ecs Antiquités Etrufques. Antiq,- expliquée , tbmc 
3 , liv. 4 , chap. 4. Tome y , liv. x , chàp. ^ j & le^ 
Supplément , tome 3 , \iv. 3 , chap. x^, 3, 4, 5 .,, 
^«, 7 & ^ » & toia» 4^ liv, x^ chag: i* - 



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T^4 MERCUKEDEFRArrCR 

. L'Eté nous raccommodoit dans nùT 
promenades aux Cbartreux; Lorfqtic tîoosp 
entrions enfcmble dans ccs'bcaax<^lôîtrcs, 
& que nous confidérions les mcrreillcutr 
Tableaux de le Sucut , *'nous criofis alow 
lin peu plus d'accord-, rovtf aviez cent 
ehofcs à me dire , & moi fi - je n*avois> 
rien à vous dire pour confirmer vos jugc*^ 
mcns& vos éloges, jcn'arvois-da moinr 
rien à répliquer pour les contredire. J'é^ 
rois prefquc toujours de vôtre avis , tmisr 
je ne fçavois pas pourquoi un fentimcnr 
inrérieur que je ne démèlois- point , me 
fôrçpit à penfer comme vous : enfin la nui^ 
nous rcnvoyoit chacun chc» nous y SCitoû 
Itvroit i mes réEexions*^ 

* te Sueur fortoît dé l'Ecole de youêt 8cn*i^- 
voit que vingt-hutt ans lorfqu'il peignit le Cloître 
des Chartreux en 1^4? , & ce fut fur cet ouvrage 
çp'il s'établit la grande réputation dont 11' jouit ,'- 
& a laquelle les peintures dé la maifbn de M«! 
tambert , dans l'ifle Notre-Dams , aujourd'hui* 
occupée par- M. de la Hiye , F'^rmier Général , 
ont mis k dernier fceau. On nies Edanipesdé 
CCS • peintures du Cloître des Chartreux , gravée!? 
par Chau veau , mais elïes^ n'en rendent tout atr 
plus que la compofîtion. M. de Soubeyran, habile 
Graveur , qui s*eft retiré depuis peu àtîenéve . fa 
patrie , en prépare d'autres , qui feront beaucoup-' 
plu9 parfaites , &> nous fouhairerions que cette 
annonce pât le détenoinar â^ nous les donnée^ 
jluiôe*. - ' . . ' - ^ 



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^ - :*F :b ^ R ï E ^R* i7fi. 1^^ 

. : Ce n'éto^tj)lus de vous alors g ne )'étoi« 

;Tnéconicnr, c étoit de n-joi-niemc. JcBi'im- 

^atiemoisjdc ne pouvoir iiie.rendrc raifon 

.^'un fcnrinrent , qui n'en étoit pas moins 

^vif , quoique le principe ne m'en fût pas 

..connu , ,& cj^ns mon impatience , j'avois 

^quelque rçgret au . plaiiîr gue mon fcntj- 

.^xnent mavmc prpcnté.. . . 

Comme nos promenades & nos-viCiçs 

idtt CloîtTc Te tépecoieht fouvent , mes yeux 

,,fc défiliercnt enfin , '& le voile tomba, 

.En considérant ces tableaux incompa- 
,fTâblq qui. me tîpnnent plus que tous Les 
^aut^es, ridée .que ie me fais de la Pein- 
ture des Grçcs ,.& du goût qu'ils portèrent 
ulans les Arts , corpme dans les.Ouvragês 
.purement de i'efpric ; en «onfidérant ces 
Tableaux, je rjemarqqois que deux ou trois 
*|)erfonnagcs dans une cellule, ou dans un 
^p^Tagç ,auiïî iîm pie jque Ja »cellifle même; , 
r faifoiçnt tout [e (ujet . Ppint de ^es at^tudcs 
, -forcées que la Nature défavoue , & queJc 
.Peintre rnet' fans ïîéccflîté > .&, feulement 
pour rtiontrir , qu'il fe joue du deflein ; 
point de<:es cxpreÛions outrée-s i^ toujours 
[imanquéeSjdc^ces draperies dont toute la ri- 
^xlidîç qftdaj)s la 'tjiurre fur Abondance dfes 
! plis,^ d^ns.(ies ornemensftiperflnsjpointdc 
^XtCS P^ais^de. Fées qui pç^recni un Cielbru- 
,)^}^ tottCjjsn/eû >pJoiac de ces cçmu^cs 



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tttf5 MERCURE DE FRANCE. 

idans Tordre des groupes , aînfi que dafns fin 
^ftriburion des ombres &des lomicrcs?, 
wqai ajoutent au fracas , cja'on appelle la 
JUachme. 

Notre Cloîrfe nottsrcpréfcntc quelques 
pieux Solitaires debout , *â genoux > oâ 
-dans d'autres attitudes , chacun xronformé- 
4nent à la dcuatiou de fon ahie , dans la^nié- 
ditation , dansla prière , dans des exerci* 
^es intérieurs de pét^^tetice ou de dévb- 
:tion. Un long vctemenr de fcrge' blatidic 
-couvre de la tète auaf pieds la figdré hum- 
ble & modeftc des pieux Solitaires, dont la 
J)Iûpart ont les mains enveloppées dans 
eurs^ manches, les brasoreifés, ou quel- 
quefois tombant avec négligence , telles 
que le hazard les fiût rencontrer , ou qiic 
les avoir préfentcs au Peintre laNature^mc- 
tne , qu'il avoir toujours étudiée , & qui 
fera toujours la feule maicrefle its Arts & 
^du bon goût, tJn petit nombre de couleurs 
«donne la vie à ces tableaux ; ^ nïmpolfe 

Î)oint par ùrf faut brillant ; tbut y refpite 
a plus grande fimplicité.'Lfcs compofittoiis 
femblcnt s'être oïtcrtes telles quelles font, 
& n'avoir rien coûré à leui; Atiçeur, Cepen* 
Jdant, plus je les confidérois , ^ plusfetoSs 
enchanté. Je fis alors cette réflexion , qiic 
^lus on nous découvre par Tes efforts Teft- 
vit de nous émouvoir , xnoinstiou^^mi- 



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IF E y 11 1ER. i7^u i^r 

tvçs émus i .& plus on fçaic cacher Tarri. 

fice , plus on parvicnjc à nousféduirc te 

à T^ous toucher. J'en. conclus enfuite , que 

moios on employé de moyens à produite 

un .efFec , plus il y a de guérite à le produii- 

re.» & plus le^ei^teur ou le leifteurfe 

livre volonûecs À l'impreflion que mms * 

a.vons.cher(;h.é à faice furiui. Ccftpir la 

;fin^plicitc ^c ces moyens > ^ui feniblciK 

.avait été dans les nuuns & Tous les yeux 

Jetons les hommes ) quoiqu!ils en falfenc 

ii rarementufage , que les chefs-d*œuvre^ 

.dans tous les genres i<om été créés comme 

pour nous fer vir éternellçmer^ de modèles* 

C'c(l-là ce fublime fur lequel on a tant 

^i^uté. 

Jeme fuis raccommo<ié.»:Klonnear yà^ 

mzhtc ceaaslàavec vos^gros porce-feuit- 

Hfes,*vos ctoquis , vo^s Sâmes Egyptien- 

4nes , vbs va/es Etrufque^» Je reconnok 

^\xc la diyifîon cUns nos jugement n^ 

orient que d'a^cûr voi»lu eomraiencer pan: 

roù il faUoit€nir : je voulais féwtxct dans 

âcsttîjftèresdcja Peinture., & je ny étdi,s 

pas (eulemea^ Initié. Comme lûen d!aar 

MC$ , je voyois làns voir v il Éallôit pour«ic 

^amener dans la voie des tho(es abfo- 

aliment termrt\écs , 8c qui ne me laiffitlTcnc 

lien à fupplé.cr , des Ouj/ragçs , Tur rour,^ 

4^id p.all^^t4ol'^Çp£ifCtVi^Q!l6S>i ll^uv^f* 



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1 



4«S MERCUR€I>E FRA^NCl. 

.-J'admirerai maintenanc (kns^ comptaifanâ 
ïouc ce que vous voudrez ; j'cfpere àuffi 
:que vous ne ferez pas oblige de faire plus 
id efforts pour gôûteriDon gros volume de 
V^ntholo^ie. Partez du même principe que 
•tnoi , & je me flafte que vous *vA:rcz avec 
plaifir une aïKÎennetpiiaphe* Grecque, 
fur laquelle je tombai ces jours pàfles , & 
ui excita^n moi unfen riment que j'aurois 
e la peine à vous exprimer. Peut- être n a 
:t*il d'autre (ource que dans cette hcûc 
implicite , qui fait le principal mérite des 
:produâions de l*efprit , comme de toiB 
les Ouvrages de l'Art. VoiciJ^riginai. 

*1ElicT»oct, qui'le premier a rapporté cetft 
ïpitaphe dans fou Commentaire fur Aufbne , im- 
primé en 1590 ( iio. I.) die qae trente--cfnq aos 
auparavant il l'avoir copiée fur le marbre nnême 
>qoi fe trouve dans la Ville de Bourdeaux, Se qu'a- 
lors on pouvoit la lire facilement , mais que de- 
λais ce tems-lâ des'gensrqui neconnoifloicot point 
exulte & la vénération qu'on doit â TAntlquité; 
avoient employé ce marbre au pavé de l'Egb'fe 
%>uterraine de Saint André , od tous les jours il câ 
'foulé aux pieds d'une infinité de perfonnes , dont 
la plôpart ont des doux à leurs fouliers , & qa^ m, 
été tellement ufé depuis ,Tqu*à peine peut-on y re- 
^connoftre quelques lettres dans le tems od il écrit» 
On peut voir dans le n.ême Commentaire les 
traduâ-ions en vers Latins de huit dif&frens Au- 
teurs qui fe font exercés fur cette Infcription , et 
^tti fumcoît pool en relever le-mérke. 

AEI^ANA 



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FEVRIER. 1751. 169. 

AEWANA AOTKIAAKC . AIAIMATOKOT. 
ENeAAE. KEITE* HK. MEMEPIKTO. BP£- 
^H. 2ÛON. ITATPI. 0ATEPON. ATTH. 

Que le Grec ne vous effraye pas , en 
voici la Traduâion Françoife littérale. 

» Ici rcpofent les rcftes de Lucile. Elle 
» accoucha de deux jumeaux qui fureuc 
m partagés > le vivant au perc , & l'autre 
2> à la roere. 

Je me {\ns amufé , quoique je ne fois 
tien moins que Poëte, à la mettre en vers, 
vous Y fentirez peut-être mieux 1 intention 
(de l'Original. 

De Xbn mari Lucile oniquenaLcnt chérie ^ 
A deux jumeaux donna la vie ,. 
Et la perdit en roêree tems. 

I.e (brt aux deux Epoux partagea les enfàns ; 
L'un an. tombeau fuivit (à mère . 

L'autre vécut, pour confoler (on perc. 

Je foutiaiterois que quelques-uns de nos 
Poètes vouluflent employer leurs talcns à 
tradoire cette Epitaphe , & qu'ils s'appli- 
quaflent fur t/wt à lui rendre la fimpUcité 
& la précifion , que j'ai tenté inutilement 
de lai conferver. 

H 



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I70 MERCURE DE FRANGE. 

Af. Gautier avertit Tes Soufcripteurs , qu*il fctt i 
la fin de Février ,4a<roifiérae diilrihacioa de Tes 
Planches Anatomiqiics de 1& quatrième & d^mie.e 
Soufcriftion. Elle copiiendrA^^a détail circooftao- 
cié des parties de la génération de rbomme êc de 
i^ feainie% On y (r^uireraTepréfentés au fnaturei les 
cinq differeos états de la matrice Se da vagio : ce 

Îiu^on ne voit dans aucun Auteur. Les Planclics 
eroDt très utiles aux Aecôucheurs, aux Sages.fen« 
mes , & à tous ceux ^ui étudient les maladies qui 
«nt rapport à.ces parties da corps humain. Le re- 
tardement de la didribution n'a étécaufê jque pet 
la difficulté d'avoir des fujcts convenaUes. Cette 
excufe , pour avoir été fouvenc réitérée , ne laift 
pas d'être des plus légitimes. 

^. ■ ■ ■ ^ * ^-« ■ -^ -r 

AU BAROMETRE-ROUGE,' 

Cran^ rue dit tauxbourg S, jintùine , m^ 

àûjfns desc,nfanS'TtoHvés» 

ANdré Bourbon , Ingénieur de l'Acadéiai( 
- R.oyale des Sciences pour les InArumeos^ 
Phy(iqae , £att Sc rend toutes fortes d'inflromèns 
de Phyuque en verre ; 'fçavoir. 

Tontes fortes de Baromètres , Baromètre de 
TorkHli ; «aromette éc M. Hu^tum ^ou coitipofé. 
Barom jette incliné de M. j^r»miti;&rcmietrepori 
' tatif de M. Derham ; Baromètre marin de M. Jff^tk^ 
Baromètre a roue parle même Auteur , décoté de 
tous les oinemetis dont U b(l fû&eptiUe , & Bi« 
rometre lumineux* 

Toutes fortes de ThcrmonMilFCB d'E^rît de'i^ 
& de Mercure , fuivant Mrs de Kérnsmur » de làfi 
U , Nexvton , FMêutîtk ^ lOiàFràn^^ Chri^ de 
Lyoa. 



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F B V RI E R. i7îff. X7t 

Thctmometres à aiguille , Thermomercres pooc 
les poules ,Tfaciiiioftictrcs de podie , &c. 

Tomes fortes d^Hygroraetrcs félon Mrs Mùli* 
mux y Haies yDefagutim , &c. 

Il vend auffi des Machines d'Eleârîcicé de ton» 
.tes gtandeurs arec ce ^ui en dépend , pour faire 
les e^xpériences , qu*il exécute lui-même lorfqu'oa 
Pexige ,des Aréomètres ouPcfe-liqueurs , des Pc- 
^atdsydes Larmes Bacaviqiies, des Ludions danfans, 
Jcs Soleils de verre , &c. des PrifmeSi des Syphonl 
^e différences efpéces ; des fontaines artificielles ; 
Fontaines de Héron , dcKirker^ de Jouvence , &c. 
^es Cruches de Caojt , &c. 4es PadeVins , des 
Diabètes , Sec, 

On trouve encore chez lui des Machines Pneu« 
fDatiques>divers Phofphores, Phofphore de MeUgnt^ 
d'Angleterre , de Kunkel , î*Homherg , Sec, 

Quoique le Public veuille apprécier lui>méme la 
bpnté. des Ouvrages &, des hiRrumens dont il fais 
{'emplette , cependant il efl toujours charmé de 
fçavQÎr ce que penfent les Sçavans fur ceux qu'oa 
lai vend C'eft dans cette vue qu*on a crâ devoir 
rapporter ici les<}ettifîcats de Mrs dcReMumur Se 
de Lijle , Juges reconnus fupérieats en cette ma-n 
«iere. 

Certificat dt M* deReatmar ^Intendémde 
f Ordre Royal & Militaire de Saint Louis^ 
des Académies Royales des Sciences de 
France^ d'Angleterre^ de truffe, &c. 

}e certifie volontiers que le Sieur André B^nr- 
%en a fait pour moi diverfes Ouvrages , dont j'ai 
été coateat. A Paris ce ^ Aoât 1750. Signé ^àii^ 
R^aumur. 



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171 MERCURE DEFRANCÊ. . 

Certificdt àe JH. de Lijl: , Profcjfsiir Royal 
d€.s Aiathimatiques , des Académies Rojé* 
les de Paris , de, Londres , de ^erlirf , dTc. 

\^(i Sieur Aadrj Bofirhm ^ qui travaille â tqurçs 
forces d'Inffrumens de yerrcpour les Expéricnccç 
de Phyfîque , comme Barome(|:es , Tl^ermome- 
tres , Sec, m'ayant demancié des ijémoigpagcs de fa 
capacité dans toutes ces fortes d'Inflruipens, je n'ai 
p û les lui icfufer , aya«t été extrêmement conteot 
de tout ce qu'il a fait pour moi & pour d'autres. A 
Paris le Z9 Janvier 1750. Signé, de Lifle,(Profc fleur 
Royal de Mathématiques &dePAc9démie Roya- 
Iç des Sciences^, 

ji F I S imirejfant aux perfonnes chargées dtt 
lurninaire des Eglifes» 

LE Sieur Méjfter donne avis , qu'il tient ma- 
nufadure de Cierges â reflbrt^ qu'il a poufTés 
âla derpiere perfedion ^ le fquels Cierges ofFrcaC 
de grands avantages. 

De ménager la Cire au moins de deux tiers » de 
n'être point expolés à couler comme les auttes 
Cierges , ce qui périt tous les orncmcns des Au- 
x£\s , (Je confervej: une même hauteur , ce qui eft 
impoffible avec les autresj de brûler toutes fortes 
de cires jaujie ou blanche, n'ccant point expoféei 
la vde , puifqu'elle fe trouve renfermée dans un 
Ca .on qui ne laifle voir que la lumière ; le tout s'y 
confunie fans aucun déchet , la Bougie brûlant 
jufqu'â la fin , le même avantage fe trouve luffi 
dans les Cierges Pafcals , Flambeaux ^'Ek - 
tiou , Bougies pour brûler devant le ^aincSc iwt 
inent. 
Os fertç5 de Cijcrges fe pouvrenj: non-fiul^* 



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FEVRIER. ij^5i. 17) 

ment de cire, mais encore onléspcrnten ver- 
tïis y couleur de cire pour la commodicé des pcr« 
fonnes qui ne fetoient pasiportéede les taire 
tccouvrir en cire. 

Il en a déjà fait des envois conéd^rabJes dans 
les Provinces & les Pays Etrangers les plus éloi- 
gnés 9 dont on a été très fatisfait : il en fait de 
toutes grandeurs; les perfonnes qui en foubaice^-* 
ieront , pourront envoyer la mefure de la pointe 
de leurs Chandeliers, eâ faifant un ^rou jufle â une 
carte , afin que leurs Cierges foient plus fiables. 

Il en fournit aufC aux Marchands étrangers qui 
en voudront 6ire commerce : les perfonnes qui 
lui écriront , foiH priées d'affranchir les, porcs , à 
inoins qne ce ne foitpour commander de l'ouvra- 

fe. Sa Manufadhire eft rue Chasonne , Eauxbourg 
* Antoine. A I^aris. 

CHANSON. 

Confeils k une jeUne ferfonne. 



V, 



Ous avet les appâts 
De l'aimable jeunefle ; 
L'erptit& làfinefle 
l^ïe vous quitteront pas % 
De l'adroite raifon 
Suivez toujours les rracei , 
Bt vous aurez des grâces 
Daas l'arriére faifon» 



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Ï74 MERCURE DE PRAI^CB; 

Voyez , dans ce /ardio , 
Ce que c*eù qu'âne rofe ^ 
De ce matin éclofe , 
Elle petit foadaio ;. 
Aiofi de la beauté 
PaAie la gloire vaine- 
£toic-ce bien la peine 
D'avoir unt de fiertés 

Prenez vos agrément 
Chez la fimple Natjare f 
On n'a de rimpofture 
Que de faux ornement; 
£ft-il un bien confiant ^ 
Tonde fur l'artifice? 
C'cft un frêle édifice 
Qui s'écroule â i'inftant» 

Que l'efprit cultivé > 
Soir toujours agréable^ 
Le fçavoir fociable 
£ft le fèul approuvé ( 
De riante couleurs . . 

La Raifon doit Te peindre ; 
Et fouvent gagne à feindte 
De n'offrir que des ikniu 

♦«©H 

Des Roffigoots charmaitt' 



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Redoutez le famage-i 

Lear ChaDfofi éft l'image 

De celle dçs ftmans i 

Pour s'eo reflbuvenir 

On fi; plaît à Tomendr^; 

Quand on goi3(e un ait (tnâre^^ - 

On peut le devcnui^ 

Mais au£ n'allez pas 
•Suivre dans le filençc 
Une froide indolence 
Qui reflemble au trépas i 
Dans l^att du Vrai plaifir , 
Le cœur feul eft le maître^ 
Mais pour le faite naîctc, 
11 faut le teflcEftir. 

Comme le Papillon , 
Qui ftduk & 9^en\'«le', 
La coquette fûvole 
$£ livrer a^ toa^billon | 
Le urf« & U (ftlei^^i 
Det baltes ^uW eoe«n6i ; 
Ne Taut jias tavdéccnce 
. P^une aimable pudeur.. 



Voyez ayec'pUii 
tt folagç H;toodiiHp» 



1^ iiij 

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ij6 MERCURE DE FRAMCm 

Soyez roajouES fidelle 

Aai loix de Tamitié ; 

Il ne faut s'epgager 

Que fous le meilleur gage ; 

Mais dès que Tod s'engage r 

U ce faut pjas changer. 

Dans le moindre- enetetîei\ ^ 
'A beaucoup de jufteiTe 
Joignez la policefle 
De qui ne fçauroir rien^ 
Ayez le ton flatteur 
De la d^licacefle ^ 
Et non la petiteile 
Du fade adulateur. 

SP kj:TACLES. 



L'Académie Royale deMufique donne alterna^ 
tire ment Théthh & Pelée, Tancrede 3c lés Fêtes 
Vénitiennes, Le premier de ces ouvrages attire 
toujours beaucqup de monde ; Mlle Chcralicr 6c 
M. Jeliotte continuenjt à s'y diftinguer. 

Les Comédiens François ont remis au Théâtre 
VAndrienne , Comédie qui a paru fous le nom de* 
T^won , & qu'on croit êfre d'une aut|:e main» 
Cette Pièce eft jouée (i fupérieurement , qu'elle 
£aic le bti^ic d'une Pièce nou?eUc qui r&ffir« 



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^ FEVRIER. Ï751. 177 

^M. BeUoÊ^f Aôcar de réputarîon dans la Pro- 
tipcc, défema i la Comédie Françoife le ti Oé« 
cembre. Ses rôles de début obt été Achille dan» 
Iphigénie , le Glorieux & le Babillard, l'Homme 
â bôones^ fortunes & le François â Londres , At^ 
viane dans Melanide & Oiinde dansZéneide ; le 
Baron daas les Dehors trpmpcurs ; fon début co5* 
tintie encore 

On lui a découvert dans la plupart 6ts ti^ 
les, beaucoup de (aient, des finefleSydes craies- 
qui lui font propres. Ce Comédien a vingt-quatre 
«ns y une figure charmante , qUelq^ues détaucs que 
l'Art peut cornger , Ôc beaucoup de ces dons heu- 
reux <}ue Ta Nature feule peut donner , Se que 
l'Art ne fçauroit atteindre. Tout Paris court en 
foule 2 la Comédie Françoife ; la nouveauté y » 
fans doute quelque part ;. mais letaleut de M« Bel-» 
, court y en a encore davantage^ , 

tes Comédiens Italiens ont repris le ReveHtk 
Thalie, Les gens d'efprit ont tous fenti les traâtç 
fins & faillaui^, dont cette agréable Pièce eft rem^ 
plie.. 

. On a vu'far le môme Tliéatre avec dîvcrfes Piè- 
ces , un Ballet pantomime » intitulé U Pédant * il 
cft de la compobûon de -M. Oehefle , dont les ca« 
lensont été fi fouYent applaudisâla Cour&â^l^ 
yiUc En yoki l'idée^ * 



1^ 



Ht 



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17» MERCURrE'DE FRAl^CEt 
LE PEDANT> 

Ballet ?4nt9mime. 

LE TUacre repréfente tme Ecofe ; le P^dâar 
gefHcule dans fa chiire ; il appelle fct écolier» 
A: (cf ëcolieres , if qui il laie dite um â tour leor 
leçon. Sa tâcheremplie il fonne.Son vakt. Pierrot 
cft long-tems i Tenir , de il a*arrive qo'â demf 
cndorùii. Il s'appaie far foo Matrreqat recule '.;. 
' Fienot ton^e y tl (c fenc relever par les oreiller 
Comme le mal n^eft pas grand , il ne peut s'empê- 
cher de rire. Le Pédant ayant à fonir demande (a 
Yobe. Pierrot la kir met couverte de poaâiere : ait 
liev'de broffe , il prend an balai qa^l trempe dans 
de l'eau ;ft nettoyé foo Mafcre de la À te ans 
'T pieds. Cekii-ci fe retourne en colère , prend (a ft- 
lule y $c voulant frapper dan» k mdn de Pierrot» 
il frappe dans la fieime; nouvelle fureur. Il prend 
une poignée de veinas , 9c veut fe venger fur Pier- 
rot , qui de rebelle devient etifin docile. Le Pédant 
eit touché , & renoue avec lui ; d'ailleurs II doit 
aller montrer le Latin en Ville : Tes livres Se hn 
chapeau pris , ît donne fer ordres »dr(bft. VoilÀ 
' les EcoHers en mouvement ; teparolt-il ? U^Iifear. 
• £Af*fl bien loin ^ Ils 'jouent : Pierrot lui-même £ât 
: nller an (àbot , il s'en amufe tellement qu'il fe Iai& 
fe furprehdre ; fon Makte lepoutfirit^ ft^ous lé» 
deux fortent enfemblé. 

Tandis que les Ecoliers tâcheàtde s'en aflîker , 
deux Payfans & dcuxPayfanncs ayant chacune une- 
corbeille , arrivent en danïant > & formeiït un pa» 
de quatre; les Ecoliers danfbit auffi r Pierrot entre; 
il CG^ie Ton Maîcre y &r l'on- fe cache. Le faux Pé* 
dant eft reconnu & châiîé honteufement ; il fèinr 
d'appeller fon Maître» Les ^ayraùpes leiattenr. 



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^ lai donncnr leois corbetllei ôii font- mçï(fic% 
cn^ts. Pencknt qu*il.eft à manger , etks (^ ràuvenr^ 
^ il refte fttil : imç Nourrice \c jbinr 3 il iiaafe 
avec ellc.^& cnfuitc ils (ç retirant. , 

Les dinx Paynuin»s & le&irois Ecc^lVrs s'avan* 
•cent en danfant ; on d'eux fe décache 6c fait fenci* 
9cllc» les çuire ^aalèiuiuipat , apm^uoifès 
JBcoliers fe jettent aux gçoot^ des Pay faunes , od 
•le Pédant les furprena : ces amans prennent la 
fuite. Xe, Péd^jut arxèr© I^ P^ylaunes , rit avec 
une ^ui paroîc Taîmer & pleure avec l'autre qui ep 
paroît jaloufe.. Ils dânfent un pas de trois , que le 
Pédant termirie-eri (è je^tant aux genoux des Pay« 
iànnes. Il eft furpris en eet élgipai fes Efioliei8,qai 
mètrent des Payfan^i laplaçQ desPaiyfa^^. tp 
Pédant ne revient dç fon crrcuç que , lorfqn'îl çft 
fur le point de \ts embraser : il t moqué ôc me- 
nacé â fon tour de férules Se de vergesb Lâ-dèflas 
Pierrot entre^ inftruit du jnQtrl doit mcBUces , il] es 
dppuye ; il fort , & revient armer tous les Ecoliers 
de verges. Il ordonne i fon Maiere de fe prêcer 
« châtiment; ç# dcrniçr refofe ^Ptt v'çut . Iç/ai- 
fir , il s*échaj^e r Pierrot refte , & H efl pris pour 
£>n Makre. Le malheureux ¥a}et effùye ub orage 
«le couper- jeconns ^ entlepofe à teire^dr Foa tit 
et Pavcnture.LeiiP^yf^jre.jFenjfiilfenti 1^ danff. 
J\ fe forme un Balleç , «od ^ mêlent fes Ecoliers/^ 
les Ecôlieres; Pierrot fe cou foie , & dAtifc avec 
eux : on laiffe feùlcsffes* Payfannfcs. Le Pédant ks 
aborde , & veut les £^&r \ cdlê» fs dégagenr 
en les pourfuivant , ; il (ê (i^vs çnfefmédans 
une cage , piège dreffé par Cet EcoRers. Pierrot 
plaifante fort fur l'emptifeociement de foti Maître^ 
Jes Ecoliers, Jes Ecolicres, les Payfans & }ej Pay- 
fanes formetit le ^erttffei&ést gfcéral^ui tfait la 
Pantomime» t • i j - - r . .. vi 



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i8o MERCURE DEFRANCÊ; 

Comme les VaadeviUes faivans ont été fo«t 
godcés â la Comidie Italienne , nous avons cr^ 
faite plaide â nos Ledears en les leur préfeacanCe 

VAUDEVILLE 

2>/y Ballci des Sav0ynrd3 qui mordrem I4 
CHriûfité. 

V Ous allez Torr, Meflîcnrs , mes Damer; 
Tout ce que vous allei voir r 
Un fat qui dit du bien des femmes^ 
Et qm les fert fans efpoir r ^ 
Un Guerrier confiant 8c difcrer y 
Qui rougit près d'un jeune objet , 
Aht la rareté nKrveiileufe I 
La pièce corieufe t 

Voyca Jeux petites Mafcrefles , 
Qu'une amitié tendre unit , 
Point de noirceurs dans leurs careffUr 
Leur cœur parle & noit Tcfprit 5 
Voyez comme par' fetitilfiént 
L'une cède â l'autre un amant ; ' 
Jàh l la rareté mer veilleufe l - 
La pièce curieufe l 

vas» 

'Ahl remarquez un beau mod<3e 
D'amottxenrer&aa maii» ... . 



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FEVRIER; tr$ii st« 

Vtft ooe époufe jpbdc 9c héRc 
Qui pleure un vieillard diérf; 
Slle Tadefcendre aa tombean 
Pour s^ joindre an toartereaot 
!Ali2 la rareté merveilleufè i 
La p^ce curieufe l 



Tons aHcz voie on Pecit-lbfaiiTe 
CJiû cache ks reo,dez*Toas ; 
Heorenx fans vooloir le parokre^ 
II brdle Tes billei» doox $ 
Aux égards dâs 1 la beauté 
Il immole Ca niiûité , 
'M t la rareté menreilleii6X • 
La pièce corieùfe ^ 

. 1*8» . 

Une cofaette faranée,, 
Qui n'a plus foin de fbn tein^ 
Qai rongeant, a^ fem^s qa'elle eft néej;^ 
Renonce an ton enÊintin; 
Des belles lonaoc les anrairs. 
Sans glîBer un perfide mais . • i 
4b! la rareté merveilleuïc l 
La 'pièce caiieafe t 

Vn Aatenr qa^ k rend jnflfîce'} 
Pm Ctiti^ ÊAS b^meur^ , 



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Uo îeune Fageûm aaKct^ 
tJne pnide fans aigreur/ 
Vn valet devenu Commit, ' 

Qui cite Tes aocienr amis. 
Ah l la rareté merveilleuiè f 
La piéct cm:iettfc I 



Uq bel efjprii hm ftt&^;^ ' 
Sans orgueil & fans jaigon^ 
Q^i de la b^one CQmp4gntfl 
M'a point pris le mauy«a.xo0^ 
Et qui ne déchire limais . . 
Ses amis pat de malins tuùtÈ t - ^ 

iHhi la rareté mcijFeiUettfe*.- ... , ^^ 

La pièce cufieufçj _ . . : .u 



N, 



E regcettOTHS ^ottst nps champs- 1 
fuyons 1% tr^è intSgence $' 
En Frath:e on'Uouve'en tout teras 
Les plaifiri & raboûdanccf 
les peuples y font coritcnsj"" 
Tout cft pour'éùx jôuîffance.^ 
i&Ilons tous en France^ mes enfafld» 
Allons en France. 

Nous n*âlk)ns'Hen' ap(>r^ 
IPottc faiic notre vdyagî> ' ^ ' ^ 



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- *Ey II TER. ï7jf. ï^ 

f^os talens , notre gajté 
Nous tiennent lieu d'équipage. 
Par des danfes , par des ckuits , 
Nous payons notre dépepTet . 
unions tons en* Franco i.SMteiifimt^ 
Allons en France* . - 

Kons ne craignons jamais n9âf, 
Kous vivons &ns.erpérance |. 
Le prëfent eft notre hiextp 
}ouir eft notre fcieace>; 
Kos jeux^ nos amofemeas'. 
Kous valent de la finanopi 
lAUons tous en France ^ met en&npj^ 
Allons en France;. 

XÀ ga£té confond! les rang^ j / 
Dans ce pays de Cocagne « 
On y reçoit bien les gen^ 
Qae le plaifir accompagne f ^ 

On y trouve chez les Gj:and# 
Poux accueil fans fuffi(ànce. ^ 

plions tous ei} France , mesen&i»^ \ 

Allons en Francçt 

tes attraits les glas piqnanr : ' 

K'y fuffilcnt point a^*, Wks j ... . i 



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le prit flatteur des talent 
K'cft réfervé que pour elles ; 
les dons les plus fédutfans- 
Sont unis i la décence. 
Allez tons en* France , mtt enfant^ 
AHez en France. 

ti Pefprit te plus pefant 
Mime mieux par convenancfe' 
Devenir mauvais plaifant , 
Cju'ennuyeux par fon filence*, 
,Tons propos font amufans-. 
Souvent on en^rit ii*avance; 
Allons tous efcv France , mes enfalni } 
Allons en France; 

♦«sa 

On^ voit les* Médecins* 
iLaifonner mufique^ danfCy 
Et par des propos badins" 
Egayer a|k ordonnance ; 
Là les gens i cfteveux blancs} 
Ont la gaicé de l'enfance. 
I^ez tous enr France , mes enfans^ 
Allez en France. 

Cfeft-U que IW AvocatSfy 
fy'uoe badine éloqQehee"^ ' 



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Par mille traits délicate, 

KéjouifTent l'Audience ; 

Les^Abbés y font gajans; 
.Tout eft gai par influence» 

Allons tous en Fiance , mes enfans g 
Allons en France. 

En ce charmant payis-ll. 
Pat l'iïidttftrie on s'avance > 
Souvent on nous chargera 
Ee meflagcs d'importance ^ ■ , 

Soyons adlifs & prudens^^ 
Sur tout gardons le filence. 
Allons tous en France , mes enfant j- 
Allons en France^ 

, La grand'Ville de Pari» 
Sera notre réfidence j 
C?eft-li que tous les efprir» 
Sont gais avec pétulencc ^ ^ 

On y marche en fredonnant i 
On s*y promené en cadence. 
Allons vivre en France , mon enfant ^ 
Allons en France 

CONCERTS SPJKITVêLS. 

te Jeudi 14 Décembre, veille de NoîcJ , otÈ 
cx^cuu dans la Salle des Th^ilkties une fymsWw^ 



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M MERCURE DE FRANCE: 

ote de Cors de chafle , enCmttfugh nox , Motet 2 
grand Chœur, mêlé de l^o'éis ^ dans lequel Mrs ]o* 
Ëge , Organtfte'des petits Pères , jouji ^eul. 

Un Duo de Hadcbois , exécuté pâf M. Saiea- 
ttn 8c Bureau/uivir cegrand morceau, de Mufique^ 
& M* Gelin cette Bade- ui lie nouvelle, dont nous 
avons parlé dans le précédint Merctfre, & que 
le Public entend toujours avec un nouveau piaiur , 
chanta le Motet Venite êxuktmut. 

Un Duo de Mrs Gaviniés & Cstoâ^ras» pkicéé^ 
le beau Motet Bonumeft de M# M^ndotHrille » pat" 
lequel on termina ce Concert. ^ 

Le lendemain jour de Noî^ , k cfoncours fuf 
Cttr&me» L'afEche annonçoit aux Ativafeurs & at^ 
Public trop de plaifir , pour que tout le RK>nde ne 
s'emprefsât pas d'y aller prendre pairt. 

On fit Touverture du Concert pit fu^f noxé 
Ceft uo tiKKceàu de Mufique , aulO agréable qu^ 
fingnlier. Le muficien a adapté àut paroles de ce 
Motet les Noëls les plus connus, & dont le chane 
eft le plus aimable. Cts chants qui régnent tou-r 
jours , & qui forment » ou Pàccompagneiioù , 
ou vcAtat le fujet , font co^péfi de Cifon^ » qu'i^ur 
grand chant précède un récit , qui eft fuivi ou 
d'un beau duo , ou d'un autre grand cbeeur. La- 
mélodie & l'harmonie s'uniiSent dans cet Ouvrage 
pcfùr le rendre vraiment umque^ ^ l'ezeèf dr 
travail qu'il a fallu pour lier enfemble toutes, cet 
découpures , eft adroitement caché pat toutes let 
grâces du chant. * 

Mrs Salentitî & l^ureair nartrem dat» un Duo de 
liaut-bois , qu'ils exécutèrent apr^ cç Mpiet » upe 
légèretés une expreffion infinies. Se Mlle Chevà- 
ter qui chanta un grand récit de Lalande » dans le' 
Wt^mn de Gilles, auquelonaê^l'adrelTe de le 
1k€t' , pcrrta dans ce tnorce&u-tb^ te pathfet^jiicf 
qu'elle met dan» le rMe de TUtis^ 



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Xfne grande Tymphonie de M. GnminUni fiiivfr 
<^ Motet. On l'écouta arec quelque diftradtioo , 
parce quelle retardoie l'éxecution du petit Motet 
Italien LautUtefum Dominum, anc devoit chan- 
ter Mlle Fel. 

Jamais fa voix n'avoit été ni fi fonore , ni fi éga- 
le , ni £ léeere que ce jour- ii. Jamais elle n'a mi» 
dane Ton chant , ni tanrd'art , ni tant de grâces » 
citant de finefle. Jamais an A le Fubltc* n^a paru fi 
content ; ce. i^'étoit peine des applaodiflemen» , 
::s'étoitdes tranfports. 

Après que M. Gayintës eur exécuté feul une 
'5onate tréS'^gréable de fa compoiîtion , Mlle 
f el re;parue ^ans le FenUe extUtemus , grande 
Motet , auieft fans cenitcdit k chef, d^oenrre de 
M. Mondonville. 

On yenoit d'entendre cette Chanteufe fingulie* 
je dans un morceau de la plut grande exécution ;, 
elle y avoir répandu une précifion , une variété^ 
tous ces traits enfin vifs & délicats qu'on admire* 
en Italie , & qu'eue nous a.£orcé d.'aiœer en Fran- 
ce. 5a voix, qui eft un Protée,changea tout i coup, 
& pafla du léger au pathétique. Les inflexions ieft 
,plus touchantes fuccéderent aux traits les plus ra- 
j^des/ Jamais grand tablean de Mufique ne fttC 
xendu avec une onûion plus intérefiantc eue le 
PlpTimus. On fortit du Concert pénétré de pfaifir ». 
ic tous les fpeâateurs étoieni dans nne efpéce 
d'enthoufiafme. 

Qu'il nous foit permis de rap|«Hcr ici ce que 
nous avons ofé annoncer i Mrs Royer Se Capran 
4laas le âextikK Mercure. Ce nonveau fuccès doit 
leur prouver , que leur gloire & les plaifiisdu Pu* 
hSc fent dans kurs propres mams , le dépendent 
. «niqiiemenr4e Perdre le du choix qu'ils metirose 
4ms kyra ceacçjrii» ; qn'ils cMtiaaeni 4iHMi» pte^ 



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S88 MERCURE BE FRANCE. 

carer de la bonne Mnfiqve , Paris Paîme ,-iet 
EcnogersHiai fonc id en font vraiment affaoïë»^, 
9£ on coarra en fbale a lenr Speélacle Noos ne 
fjaarioas trop exhorter , fur tout les fages Direc- 
tcars (k Concen ,a (âifir foavencles occafioos <k 
£ûce entendre leurs premiers ritjecs»Dans un Spec- 
tacle (ans aâion , il ùat que les exécutans puif- 
fenr mettre cont le fini de l'Art : les Amateurs l'o- 
zigenc » Se le Public lui-même , fans fçivotr pour- 
quoi y fe dégoûte lorsqu'il n'entend que du médio- 
cre. On ne peuf trop varier , rrop animer un Co»- 
. cert ; il £ittt qu'on n'ait rien à défirer dans les (blo 
qui doivent le couper^âc Mlle Fel elle-même» tou- 
te excellente qu'elle eft» né l'eft pas plus qu'il ne 
le £uit dans de pareilles circonftanceSir 

NOUVELLES ETRANGERES- 

De CoïïsTAKTiNOPLE ^ /^ iO Novemirci 

KAdgi ÉctiT , arrivé ici depuis peu , a pris pèf» 
fedion de là Chârf;e de Capiran Pacha , ou 
d'Amiral de la Flotte Ottomane. Elle eft le prix 
de fa bonne conduite , qai a appaifé l'émeute que 
les Janiffaires avoient excitée en Bofuie , doot il 
' étoit Pacba. 

DV NORD. 

*Dfi Pbtersbourg, /# i8 I^avmki% 

IL y a quelque tems que le Baron de OreifiilJ 
bayn , Envoyé Extraordinaire èAffiîjU Suéde^ 
m des repréicl^a(io<ls a la Cotti | (or ce que mi^ 



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.F E V R I E R. i75t; iO 

^té la rigueur des ordres de l'Impératrice cou«r 
.ehanc la manière donc Tes troupes fe doivent coin* 

λorter fur les confins de la Finlande , quelques 
bldacs Riiâiens n'avoient pas laiiïé d'enlever aux 
liabicans d'ua Village Suédois diverfes Ptovifiont 
ùc entre autres un bœuf, auquel ils s^étoiept avi- 
sés de mettre des bottes , afin qu'on n'apper^ût pu 
les traces de Tes pieds fur la neige. L'impécatrice 
£c écrire fur le chainp aux Généraui qui comman- 
^en^ fur cette frontière , de vérifier les farts dibnC 
le Mioiftre |de€uéde s'étoic plaint,& d'en faire piir 
. mir les ai^tenrs d'une panière exemplaire. 

L^s ]ui& ont e^yain engagé quelques Puiflan« 
ces 2 faire des démfrcbes auprès de l'Impératrice, 
pour qu'elle leur pjermit de revenir s'éjtablir dans les 
Villes de Tes Etats , ou feulement dans quelques- 
' unes qu'elle voudroit bien leur aflîgner. lis avpienc 
Viiêmc offert une fomme confidérable â la Couron- 
ne peur obtenir cette grâce. Lor (qu'ils avoietic 
des établiflemens dans cer l:ta^, ils y écoient , fans 
doute,, de, quelque utilité. Outre la part' qu'ils 
prcrioient aûCoînmet.ce,ils teqoient les Auber- 
ges & les Poftes iur les grands chemins & payoienc 
'pour cet-effet nn gros tribut Mais leur expulËon 
' ayant été caufée par la découverte que Ton avole 
'faite , qu'à la faveur de leurs correlpondjances ils 
^en entretenoient quelquefois de contraires aux in« 
térêts de l'Etat , qu'ils étoient fouvent entrée dans 
des intrigues préjudiciables au bien public & qu'ils 
«voient prêté leur minïftcre pour faire fortir de 
greffes fommes hors du pays ; l'Inipératrice a re- 
fuféde fe rendre aux foUicitations faites en leufr 
ifavcur , & perfide dans la réloluuon de n'en a^-^ 
fuc^tre aucun dans toute l'étendue de [pT Çta^s^ 



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Z>s Copf ENKAGUE«2^ ixD^embreK 

Le 7 de ce jnois , le Baron àt Flemmcag , Ml- 
«iftre dç Suéde , eat une audience particaii^ dp 
Rot for quelques dépêcKes arrivées de (à Cour. 

Le 8 , il T eut au CKâceau, Appartenenc y Co«r 
ferc y grand fouper k. Bah 

Le Rot informé de dif&retis rels faks en NoN 
vege, fingulieremenc de ckerauz , qu'on a voit 
l'audace d'enlever du milieu de leura pâcurageii« 
îpftruic eu m£me»»(ems que des yoleurs»ttK>ins baiy 
\dis , en coupoieot la crinière ic la queue pour ep 
vendre le ccio , a déclaré par un Edit , que coalbfu 
tnément i l'Ordonnance de i^^o , tout voleur d^ 
<^evauz feroit condamné à Atre pendu ^& tout 
coupeur de crinière & de queue fèrott condamné 
4 payer au propriétaire la valeur du ckeval » & de 
plus â être touecté & mis en eiclavage , û ^'eft ofi 
Aomme , ou â être renfecméeic refte de (es jours^ 
£ c'cft une femme» - > 

De Warso vie ^le ^ Dic^mirt. 

La Régence de cette Ville , par un Décret dû 
Il du mois dernier , ordonna que tous les Juifii 
^établis ici , même ceux qui fc trouvoient emp^4^ 
dans les Palais des Sénateurs. & dans les MaifoQS 
de la Nobleflè « euflent i (bctir de la Vil|e dans S4 
heures. Ils furent obligés d'obéir , (ans avoir fk 
obtenir aucun délai Les moti& de ee Décret 4 
févere ne font pas encore venus i laconaoiflance 
du Public. 

Depuis que l'on a fait marcher des Déudie- 
mens dans la Pqdolie & dans la Wolhinie , poqr 
s'oppofer aux ravages à^s Haidamaques , ces Bri- 
garniront quitté ces Provinces pour fe jetter foi; 



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r^^UlEïl. 1751. tlp* 

tesirontieret 6t la Ucbttanie fc fur ks Provîncét 
Occidentales *âe la Ofande-Ruffie ; mais on ap- 
|>renâ^(}jie i'on y a Ênc avançât au/fi-de$ tcoupet 

.f uiit icAir ilonncr hcfai^^ ' 

Di ViENNiB, /^ a Dicemhri. 

LE 30 No^'cmbrie , le Comte Nicolas d'Efteè^ 
4iafi , nommé Minière â la Cour d'$^à<« 
>^è , partit pour £b rendit i Madrid. 
• Le Général Baron tte Pretlax , qui retourne eïi 
^mbaflade'â la Cour djs Rufiie, en parti ce matui 
|M>ur aller relever le Comte de Bernes. 
.. X*Em©ereur & Tlmpénitricc Reine , réfelas df 
ft relâcher infenfiblement fur ce que l'ancienne 
£tiquette avoii de trop gênant , ont commence 
yir abtogoc'l'ufâge qui s'étôit ôbTervé jufqu^ici 
^ne poitrt admettre de Seigneurs ni de Dames % 
leur table » Iprfqoe L. M. 1 . mangeoient en public^ 
On écrit de Trreftc , qu'on a confidérablemenç 
^bufctit pour la Compagnie établie en cette Ville. 
Suirant les avis qu'on reçoit de Venife , on y 
^ d'une grande cifconf^^eâioa fur PafFaire du 
I>âtriarcb«t tl'Aquilée, Le Gouvernement a fa^ 
-^nétér & C4>ndiiire i la Fortcreffe de Fdma Nuo^ 
««MS'Uti Gcntilliomme qui appartient aux premières 
M^ifons de la République , pour avoir parlé pu-v 
j|>liqu<emetit âçefttjet d'une façon trop libre danâ 
une Ville oji\ le premier devoir d'un Citoyen, ft 
même d'un Etranger, eft le ^lence fur les a&irçà 
d'Etat. 

De D|iESPE> le 9 Décembre^ 
1^ Marquis des Iff^rts ^ Ambaffadepr de Se Mi^ 



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Sfix MERCURE DE FRANCE. 

ieftéTris-Chcécieiioe partir k 4poQr alki iPaiir 
Cravailler »o r^tabliflcincQjtde£i£incé^ 

(^ S après midi , M. Boyer , chargé des a&tres 
it France pendant Tabfence de cet Ambaflà- 
iuis , reçut un Courier dépêche pat le Mar« 

2 ois de Poyzieulz s'Mini/be & Secrétaire d*Etat 
es affaires étrangères à la Cour*de France»-& fur 
le champ il fe rendit aufîitôt chez le Comte- de 
Bruhl , Premier Minifke d'Etat pc du Cabinet , ft 
lui remit une («ettre que S^ Majedé trps- Chré- 
tienne écrivoit au Roi i l'occafion de la mort du 
Maréchal Comte 4c S»xc , gue )L. M. la F^unille 
{Loyale Se toute la Cour appxireat avec un e^crc- 
me déplaifir. 

Db Rittberg bn Westphalie, 

le \ 6 Décembre^ 

Un voleur attaqua la nuit du 13 au 14 de ce 
mois , fur la bruyère de Delbruc , le Poftilioo Us- 
périal » oui alloit d'ici j Padc;^born ; apré$ l'avoir 
abâttîi d'un coup de piAolet dans la poitrine , il 
attacha Ton cheval à un ^rbre & prit la fiiite avec 
fà valife , qui contenoit > outre les lettres , plu- 
fieur^ étoffes & d'autres eiPPets. Le Poffillon cranC 
porté ici , mourut le lendemain de fa bleflîire. Les 
foupçous tombent fur un nommé t. onraed •Gre*- 
ving , qui a été portier de Rittberg » & qui a pris 
le 1 1 un pafTeport a Lipfladc pour pafTer en HoT- 
lande. 5on (igaalement a été envoyé par tpiu oA 
l'on a ^'ugé qu'il feroit poiHblç 4^ le TaiAr. 

P O R T V G A L. 
Df Lisbonne, le %^ Novembre. 

T E Traité corclu le 13 Janvier 17^0 , entre 
i/ cette Çogr ^ celle d'Efpagne , pour terminer 
les différends (iuveni^s aux indes Occidentales, a 



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/ Î1E V R î E R. Ï751. i9f 

ëté agréiez fÂtifié par le Roi. On y a epvoyé ei^ 
^Aléipteocc tes ordres ûjéçeiTaires.pour régler let 
Jûnires ie part & d'autre , conformément i ce ^jsî ^ 
A ité ilipuplé par lé. fuldit Tracé, 

E S P JiG NE. 

'" \ 1l)% Madrid, îe 8 Dicemhre. 

'*^' E Roî ayant a cœur le progrès des diverfejr 
«LManufaâures qu'il a établies dans plufieuri 
jcndroits de Ton Royaume , a dernièrement aflîgné 
,^es fonds , uniquement deftinés à payer les ou- 
vriers & les autre* peifonnes employées â ces 
Manufactures, 

One chofe très- incojnmode pour les voyageurs 
étoit le défaut de bonnes Hôtelleries d^ns les dif- 
/ercns Etats de cette Monarchie. î. M. y a pourvu 
*par rétabliflement qu'elFe vient de faire d'Hôtel^ 
îcries , réglées fur les grands chemins & fur lei 
chemins de traverfe ; & pour que ceux qui les 
tiendroht puiflent s'en acquitter de manière â 
CjiQtenter; les voyageurs , elle a bien v-oulu leui^ 
licçorder la jouiflahcc dé certaines exemptions. 

De Cadix, U 11 Novembre. 

tes nouvelles les plus précifes qu'on ait apprît 
fcsde celte Ville fur le fort des fept Vaiffeaux,at- 
tcndus des Indes Orientales , portent que le Galga 
â fait naufi âge fur la côte de Virginie,mais qu'on 4 
fauve tout l'équipage ; que la Nymphe a beaucoup 
IbùfFett »& quelon gouvernail a été emporté; que 
\a Noue.Dam€ de la Solitude a échoué fur h cô-^ 
X^ de la Caroline , mais que l'équipage ellbeu- 
JCUfemcnt échappé ^ qu'un Vaiffeau de Carthag^ 

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f94 MERCURE DE FRANCE. 

bé a épi^XiVé fo thlttit deÛinit , iqa'an qûatriént 
« relâché â la VirgiaU, 4c qae ^ox ont pqiufiN«i 
Iciic toute. 

/ r ^ LIE. • 

LÉ. Marqats de Wôpual , ^près* tvQÎr^féfidé 
(tans cette Cour pendant pldfieurs âbnl^es ea 
«qualité d'AoQbaflideur. de 5a Majeflé Très-Chr^. 
tienne , partit le 2.1 pour reiôifmet en France. 

Il eft arrivé dérnieremehc â la Cour on Exprès 
ie Sicile avec avis , que deu* Galiotes de Tunis 
ayant débarqué environ jo hommes dans Vlfk 
"de Pintallaria , fîtuéc fur les- côteis de ce Roy^^time, 
les habitans ,. fécondés de quelques foldat^ , \e$ 
avoicnt furèrîs , en avoicnt tué xtït , fait fix ^ri- 
/bnniecs & Forcé les alicres a fé retirer fi précipr- 
*tarhmcni vers la mer, qu'ils 's*étotèat flOyés ca 
roulant regagner lelirs VaifTeaux. 

De Rome» /^ 5 Dieemtre^ 

' te 17 du mois déniîer , le P. Généra] des t)o^ 
Bftihicâîni fe rendît chiez'S. S. pour Itii côtntVïiiàr- 
quer une lettre qu'il avoir ,re$ue 4u Comte de 
KoitembohoiiTgi&'iiu^atonàe Suetr ^ Dirtôeurs 
de la npQvelle jBglife qu'on bâtit â Berlin pouc les 
tîatholiqucs,qui y font leur féjour. Ils marquotent 
an P. Général que le Roi par une Patente c'xpreflb 
j>ermettoit dans fa Capitale le libre exercice dfe 
ïiôtre Religion , & âvoît en même-tems ordobng 
qu'aufH iôc que la nouvelle Egli(è feïôit achevl^ 
& coi^facrée , les fpuls Dominicains établis â Ber- 
lin depuis quelques années , conjointement aveè 
ceux du Convent de 'Haptbérftàd. âuroicôt Ife 
àcQÏt d^y célébrer les'O&es Difins k d'y adte^ 



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TE VK I E R. 175Ï. t,j 

«ùftrec les Sacremens. S S. apprit avec beaucoup 
4ie confoUtiofi cette nouvelle. 

Les pjuyes^ui font tombées fans incerruptioa 
jpendant ua mois entier ^ ont groflî les eaux du 
Tibre ^ au point ^u^tant forti de foa lit, il a inon*^ 
éé^ ravagé ks caiBf>agaes voififies, dont plufieurp 
Jiabkans ont p^ri mtierablement dans les eaus (fui 
& font élevées |u(!|u'â la cime des arbres , 6c qiU 
^4à fe font répandues dans diâerens quartiers dp 
ia Ville 9 où Hon ne pouvoit aller dans les r^iQS 
^u'en batteaa. 

Un débordement auffi terrible a interrompu 1^ 
Oifices divins qui le célébroienr dans pU1(ie^rs 
£glifes , dont les portes ont é(é fermées, £n un^ 
ctrconftanceii périUeufe,le Gouvernement a pouc- 
vÛ€xadement atout ce qui pouvoir contribue; {t 
la fureté publique. 5. S. touchée de l'état malheu- 
reux od fe trouvoient Cos fujets , que l'inondation 
tenoit affiégés dans leurs maifons , dépourvus de 
TivteSyât dtllribuer dans différentes >arquesi le 
pain gratis , i proportioa des familles. r 

Il ordonna des pckres publiques en l'honneut 
de ia Saiote Vierge, Protedrice de Rome, ju^. 
qu'au i 5 de ce nsois inclufivement , accordant 
i^lndulgence i^ ceot^'ouips à toiis^eux qui y affiC 
icroient. L'inondation commença le Jeudi 3 ^^ 
alla to*ij<Hirs eo atjgaientônt juiqu^au- Lundi 7 da 
même mois ; vers la fin du jour il diminua/de for- 
t^ue le« ,Jct<?nis fe ca1ma>&je éemverejptra 
<lans fon lit. L'illuftre Maifon Borgheze & celle 
i'e Corfini , qui ont le plus fouffcrt de finonda* 
lion^y firent de gratides aunoônes aux pauvret. 

' Die F l o r en c e , A? 27 Ntyvembre^ 

-LeComtede Wchecourt,Préfident du ConTetl 
fcRégciiçc^cToftaac l'avait, il ya quel^a 

i n 



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f96 MERCUREDEFRANCE. 

tcms , rcçâ ordre de l'Empereur de rechercher 
<dans les Archives 3c dans les comptes du' Grand 
Duché, «juelles font les prétentions que les Grands 
Dues, i^rédéceffeurs <le S. M. I. avoient i la char» 
gc de l'Efpagnc , pour les «lentes conTra<aécs an* 
ciennernent par cette Couronne envers la Maifotl 
^e Médicis. La rechecclie étant ter minée, on a trou- 
ve que ces dettes formoient une fonimetrès-conr 
îdèrable, & qui pourroit peui^trc entrer en com- 
^enlation avec les prétentions de la Cour d'Efpa- 
gne fur les biens aliodiaux & le mobilier de la 
fvlairon de Médicis. La liqurdation de ces dettes 
•àvoii éi^é Tune des principales vûj^s pour lefquelr 
les le Grand-Duc Cofnie IILavoiten 1713 en- 
•^oyé le Marquis Rinuccini , en qualité de foo 
l^iniftrc Plénipotentiaire au Congrès d'Uixeclu. 

Pe PARHE>/(ftf Dictmhre. 

, le Comte de Maulevricr , Miniftre Pléoîpoten^ 
tîaire du Roi de France , mourut en cette Ville Iç 
%9 dvL mois dernier, après huit jours de maladie. 
Son corps fut tranfporté le lendemain dans l*€gU* 
fe des Carmes. Ce Miniftre a été génétalenaenç 
regreué d|B X.. A. R. dont il ^voi^ acquis Se mérité 
J'cllimc. 

G RAN DE BRETAGJSTE. 

De Londres, U 17 Décembre. . 

ON a djéja foufcrit près d^ 190 mille livrer 
.^iterlings pour réiabliffement de la Pêche d|( 
harang. 

Le 6 du mois de Décembre , l'Amiral Griffioi 
déclara pour fa défenfc devant \t Confeil de guer- 
re , qu'il n'étoit pa« de la prudence d'abandonner 
J4 Côte , loi(que les François y oat paru ^vcc ui^ 



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FËVRtER. ii$i: trf 

%\oXH formidable > poifqa'il aoroic rifcpié la perter 
iM\ Fott 5. David & de (ous les autres écablilTi. 
znensr Aoglois , qai eoflenc été égàlemeat etpofëff 
à êcre emportés , d'autant plus qu'il n'auroit pil 
l'egagnerla CôteicauCe du vent contiaire. Ce^ 
pendant le lendem^n l'Amiral Haco^e, Préfidentv 
après avoir mûrement examiné !es témoins d& 
part & d'autre , lut la Sentence de l'Amiral Grif- 
Sn ; fçavoir , qu'il étoit coupable d'avoir négligé- 
fbn devoir , & qa'eo conféqoence il de voit être 
dépofledé de foti rang d'Amiral pendant le tem» 
que le Roi pigeroit a propos de limiter. 

Le lo au foir , on expédia us courier a Vienn^^ 
avec la ratification du Koiâ (09 acceâion au Trat-' 
té définitif conclu en 174^ entre S. M. Britanni^ 
que, l'Impératrice de Rufli? & l'Impératiiic Rei- 
Ae de Hongrie & de Bohême. Le même foir il 
arriva ici un courier de Madrid , avec la racifîca* 
tion du Roi d'Efpagne au Traite de Commerce' 
conclu entre $. M. Catholique de S. M.Britamii^ 
que. Je 5 0£^ohre dernier. 
. Off eft fort en peine d'une flotte de Navire^ 
Marchands , confidant en près de 70 voiles , qui 
partit de Malaga il y a fix (èmaines^, & dont oa 
fi'a point encore de nouvelles ; elle eft deftinée 
poni Londres • Br iftol , &c. 

Lt% Moraves,connu$ fous le nom d'Hcrnliutters^^ 
ont obtenu du Gouvernement la permidion d'aller 
t'^ablir dans le Comté d'Argile en Ecofle; en 
conféquence ils y*ont envoyé des Députés avec 
eorniuifiTon d'y choifir on endroit propre a y for*» 
mer une Colonie de deux mille d'entre eux. L& 
terrein convenab'e qu'ils ont demandé , leur 9, 
ixé accordé , à la charge de le cultiver , d'y établir 
diflerentes Manufacturas , & après un certaine 
eems de franchife , d'en payer une redevance aa«# 
wieUe aux ieieneuis fonciers. 

* m 



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tj* MJEftCURE DE FRANCE. 

TROriNCES^VNIES. 
De la Haye , le i6 Dieembrê^ 

LEs Etacs Généraux ont depuis peo fait publier 
un Placard , qui potte en Uibôaoce ; » «yie 
»fr L. H. P. informées qu'il s'eft roaaifefté dans 
Mie Royaume de la. Grande-Bretagne , parmi le» 
^ cbevaux une maladie qui parok contagieufe , Zc 
M confîdérant qu'il importe au bien de ces Proyincot 
^ qu'une pareille maladie n'y foit pçinc introdui- 
» te, ont jugépi propos de défendre que I*on tranCf 
» porrât fur le territoire de cet Etat , provifionoel* 
» iement d: pendant bi mois , direélement ou in* 
99 dirt^ement , par mer pu par terre , aucuns che- 
» vaux venans de la Grande-Bretagne , a peine de 
» mille florins d'amande pour , chaque che ?al , & 
>> félon l'exigcHce du cas ^ de punition corporelle ^ 
>• à l'égard de ceux qui ne feront pas en êtac da 
•» payer t^amande^ , 

FRANCE. 

Nouvelles de U Cenr , de Paris , &c. 

LE 10 Décembre , quatrième Dimaoclie de Y/è» 
vent , le Rôi , la Reine , Mon&ignear le Dau^ 
vbin , Madame la Daupbine Me toute la famiUe 
Koyale adîf^erent en bas , dans: la Chapelle à% 
Château , an Sermon de l'Abbé Foule , Doâeoc 
é^ Sorbonne» • 

Le 2.x , PArchevêqnie de Paris prêta ferment 9c 
prit féance an Parlement , en qualité de Duc de 
5. Ck>ud , Pair de France. i 

Le œêxne joui ^le£>acde^4[lbâicrcsb£e readit c» 



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^mpe âu PaUit » pdur y prendre fêaace aîi Parle* 
ment. Il aroic arec loi dans Ton Caroffe, le Comte 
de Ckri]iont<rGallecancie , premier Gennlhommç 
àc la Chambre du Duc d'Orléans ; le Comte de la 
Toor^dQ^Pin-Moncauban, Capiuinedes Gardef 
te Chambellan , le Vicomte de Mootboiffier , If 
ChcTaKer de Peos & le Comte de Caftellane » 
Chambeilaos dn même Prince. Ses Ceatils-hom** 
Jûes-Ordinaires & Tes Sccrëuires des Comoiande-. 
«lens remplifloient qnatre Carofies de fuite. Touf 
le conége ^toic précédé des Carofles d'un grand 
nombre de Gens de Qualité , qui s'étoiçni rendus 
^Q Palats-Royal , avant que le Duc de Chartres ea 
partit y & qui (c trouvèrent au Palais a Ton arrw 

vée. 

L'UBrrerfitépropefecetreannée^poorfuieidaprii 
d'Eloquence Latin&fendé par le Sr Coignard , Im- 
primeur du Roi I $«# U ttavéûl (^ UfU^r > ^uûi- 
fM de rnoim* if h J^êrmtê \ ne Uiffeni fas d'hoir 
^n$re êtix umfwtê £t ItMifm ( l^ot VtUiiptâfyuê dif* 
fijMilUmd naturdficiê$s$e^iâddMmm$irf$fimtpi9ti' 

X>o %$ : A&km^ 19 cens )$ â 40 3 ZMitsAt k 
ptemicre Losterie Royale , 744 iBilUts de la iè- 
conde, étu 

Le ^4 . veille de No'él, le Roi , la Reine , Mon- 
léignenr k Dauphin , MaiTame la Dauphine 9c 
Mcldames de France affifterent en bas dans U Cha^ 
pelle du Château aux premières Vêpre& chantées 
par la Mufique ; PEvêque de Digne officia ponti- 
'ficaletoent. Le même jour , iur les dix heures » le 
Roi y la Reine 8c tonte la Famille Royak a^tile» 
lent en haut dans fa tribune aux Matines ,. qui fa« 
tenr chahtées par laMufique ; l'Abbé G ergeois , 
Chapelain ordinaire de la Chapelle y o£çia ; eii- 
"ftite le Roi , la Reine Se tome la famille Royale 
^^ffiftirentauz ctois Meftesde Minuit ^ pendagc 

i iiij 



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iO(J MERCUFftî)ErRANCE. 

JefqocHe$ -on etécata âts Nqëls & on Motet' I 
|;rtii(i chœur , de h conipofition de l*Abbé M4- 
^tn , Maître de Mufi^ue de la Chapelle du Roi. 

Le lendemain jour de Noël , le Kw , la Reine; 
<C toute la famille Rqp le aâifterenr en b^sdat^ 
la Chapelle du Châceso ila Grind*Meffe célébrée 
par l'Evêqtte de Digne , & chantée par la Md& 
^ue ; l'après-midi Lcats Majeftés , ics Princes A 
^rincefles afiîflerent au Sermon de F Abbé Poule, 
ic enfuite ani Vêpres célébrées par le même Evê- 
^ue de Digne , & chantées par la Mofiaue. 

Du ji , Gâtons y 19 cens 91 i y s oeillets de h 
première Lotetie j<u3yale ^ 745 ; delà fecoixie, 
éto. . - * -• 

Le icr Janvier les Princes 8c PrincciUes du Sang 
ic les Seigneurs 8c Dames de ra€oureûcemi*holi<* 
neur de_ complimehter le Roi ôr la Reine furlâ 
aouveîlc année , & le Corps de Ville rendit a cette 
eccafion Tes refpe^ i Leurs Majeftés , a Monfeî- 
gneur le D^ophin^ à Madame la Daupbiae 8c i 
Mefdames de france^ - ».. . \ 

Le çnêmc jour les Chevaliers Commandeurs 8C 
Officiers de l'0»di?e da St Sfptit s*éfiint affemblés 
-dans lo Cabinet du Roi , vetsJes-qoze heures da 
siatin ,Sa Majeflé tint un Chapitre , dans.lei|açl 
elle nomma Chevaliers deTê^O^drë^ , le Duc de 
Chaulnes 8c le Marquis d'Hauteforc , foiv Ambàf* 
fadeur à la Cour de Vienne^ Enfuite le Roi précér 
4é de Monfeigneur le Dauphin » du Duc de Char* 
1res , du Comte de Charolois ; di\ Con^te*do Cler- 
mont y du Prince de Conri , tiht Comte 4e la Mac-* 
che , du Priiice de Dotfabcs ,dtt Comte 4* Eu, dit 
Duc de Penthiévje ,& des Chevaliers Comman- 
deurs & Oâiciers de IfOrdre , Ce rendit â la Chv 
Selle , où Sa Majefté entendit laGrand'Meffe ce* 
îbrée pontificalement par TCvêque Duc de Lat^ 
fres^ Pxéiâc Comnandcucde rOjfd^e »,&cjbjM* 



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î? Ë VR I E R. 1751. 20* 

tje' pac la Mufique ; la Reine & Mefdamel dé- 
fr an ce entendirent ia Mefled^sla Tribune. 

he i>> le Roi accompagné comme le jour pré-^ 
cèdent , afUfta au Service qui fut célébré dans là« 
Chapelle pour le repos ^es âmes des ChfcvalicrS' 
morts dans le cours de l'année dexnierc , & au- 
quel le même Prélat officia: 

Le i7'du mois dernier , S, M. a nommé l'Abbé 
^c Fleuri , Grand- Vicairede Chartres^, i rArchc-/ 
vèché de Tours. 

Le 4 , le Roi nomma Conftiller d'Etat KO 
Berryer , Lieutenant Général de PoHcc, & partit* 
le même jour pour Trianoo. 

S: M. a donné les entrées de-Ta Chambre à Mi- 
Ouclos, Hift«riographe de France , & l'un de^ 
quarante de T Académie Ttan^oife.' 
. LaConr' prit le deuil Dimanche ib de ce mofy;. 
à- l'occafîonde la mort de l'Impératrice ,• V^uvo^ 
<ie Charles VL décédée â Vienne le xi Décem^i^ 
bre 1750 , dans fa roixanricmie année. 

Du 7 :• ABhns , 19 cens ço ; Billets de laprei- 
miere Loterie- Royale^, pomc^de prii âxe:~deliVf 
ftconde,680é' 



MAISS^ANC E S\ MA,R VA GE^ 
(Sr Mort.' 

LE 1 Décenstre,aété baprifëe fur les Fonts ddî 
Ja Paroiffe de Saint lc.n^3iC\it yyJlnne^MatU^ 
Pmnçoifi^ née la veille, ftlle de Gabriél-Franç^isii- 
jean-Louis du HauJjf^jifM de Félicité- Bavci' foM* 

Le 4^ a été baptifée dans la -même pârôtlft ; EU*- 
xal^eth^ Marie, fille deLouis.Picrre-ScbaôienJMii- 
frj5^^/»/^.Ch€vali«r.de l'Or die Roy^al & Milttaire di^ 



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so» MERCURE DE FINANCE; 

3«înc Louis y ancien Capitaine de Cavalcrb , 9^ 
cien Maître (ifHôtel ordinaire du Rot , Qjoisver* 
néiit d' Albc ville fConfei lier du Roi, Rçoeveuc 
Géttéral des Domaines & Bois de la Géaéaiicé de 
Met2 , Bconoflie Général du Clergé ^fc d'Elifa. 
ketb-Marie-Sufannc Meny , fou épour& 

Le 14 . a été baprifée eacore fur te» inèreef 
font»> Mafiê-Sûpkàe'JcJipht^ 6lie tie Lcmts Ar-» 
«Xand de la Briffe^ VicomBe de B«sy , Seigneur de 
Morfain & autres lieux [ Confeillex da Roi es fcs 
Cotiferl», Mâicre Ordinaire ées Rei|iiêtes «Le /on 
H6tel , Inten^nr de la Généralité de Oe» ^ & de 
Magdeleine Thohiard, fon éponge. 
*.!.« i£ du noêaie mois , Eeicnne^ rJsmqpk Je Cbd" 
^Hci.Mascpiis de Sratnvrlle^ M^sédial des Cainpsl^ 
Armées du Ror., Goavemettr pour lie Roi de Fo- 
l^^ne , Duc de Lorraine « des Villes de Mericourt , 
ëcc. ^poiigi dan» TEgliTe PaioiHak de S. Eufta- 
cke^ Lotuifê-Honorine CrâZM dm OhMfêl , M\e de 
ièis Loftis François Crozar ,, Marquis «du Cliaeel ^ 
Ltemenant:Général des Artnées ^u Rjoc^âlc ^casd; 
€roi:> de l'Ordre de S. Lottis ^ & de Matie-Tbé* 
lefe-Cat^rine Gouflîtr. 

Le II Janvier i/ji ,, Daniel - Charles <fc 
Tjtl^yremd Pmgord , Coiute de Tallcyrand , kjbcU' 
tenant dans le Régmicnt de Talleyrand^jlCaTï- 
fepie, £ls du fecond^lit .de DaaR^-Marie-/bnBe de 
Talfceyrand Perigord , Marquis de Talleyrand, 
Brigadier des années du Roi, Colonel du Régi- 
jtoenr de Normandie, M enin de Motifeî^eur le 
Dattplii»,& de Marie Elifabeth Cbamillard ^ J^an 
xne dcr I^alais de h Reine ; épousfâ A]e»andt4oe> 
lriftoïre*€Wofto*e Mamus d[^n^p^ ^ €Ahcie Jo- 
fcpk-Braii|ois Damas Marquis d'Antigny- ^ Com*! 
•e d« Ruiky ^ Baron de CJheûvraii \ Brigadier de^ 
ftKnées ^n Roi, C»IoaeI du Régiment de Boalo-I 
^'G^HUteJsDeiu: delà 5att;rerainccé de Doo^bc^ 



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FEVRIER. i75fir. ao| 

^SlAc Maxie-Jo^itli de Vienne , Comteflie de Com* 
marac|c. Voyez pour la Généalogie de la Maifoft 
de Damas , PHiftoire des Grainls OAciers , tome 
VIIÏ. pages 338 de 339; la Maifon de Viennc^iUi^ 
tome VII. page Soi ^ faifantes. 

M» Binet df Boi/gsrimd , Meftre de*Camp de 
€a?alenc, Chevalier de l*Ordre Militaiie de Saine 
Louis , fils de M. Binet , Mêftre-de-Camp de Ca« 
Valérie , Chevalier de POrdrc Mitiake de Saint 
Louis, Gouverneur de la Totar de Coordrau, 
Lieutenant de Itoi de Châtillon , êc Premier Valec 
de Chambte d.e MonCeignenr le Dauphin, a époa« 
fè lei4 de ce inois la ftlle de M, Bufmr , Contré^ 
ieur Généra] de la Maifon de Madacne la Dau* 
,^hiiie, & Ma&re d'Hôcd ie la Reine , éie de Mi« 
dÀmt da ENifoar > Nourrice de Monfeigneur le 
Dauphin ^Sc Première Femme de Chambre de 
.Madame la Dauphine ; ils ont été fiancés dans 
f appartement de Madame la Dauphine , en pré* 
"fence de Monfeigneur le Dauphin Se de Madame 
% Dauphine ; le Roi , la Re^ie & toute la Faniille 
Royale , ont figné au Contrat de Mariage. Sa 
Majeflé a accordé i M. de Boi%ifond la fiiT' 
vivance de la Charge de M. Ton père , de premier 
"Valet de Chanïbre de Mon(efgneur le Dauphto ^ 
'ic de Contr64eur Général de la Maifon de Madame 
fa Dauphine , & la furvivance de Première icmmc 
de Chambre i la DemoifèUe Dafour , dont pxût 
"aôïiellement fa nrere. 

Le 1 1 péçembre , Frère Jean - Pierre <fir Grcmx^^ 

/Chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jcri^ralem 
^crcj^aixe des Comnnandemens de S^ A. 5, M,, te 
*Comte de GB^olox» , & Prieur Conmmn:î«aîre 
'^e Chaftaiit , Diocéfe àc Poitiers-. & de Cliaynes^ 

, "foioeérè de Chante*. mourtrt âgé de ^Mts^Ss, 
fu« i&haméiSsnntCcKVafaw 



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ao4 MERCURE DE FRANC© 



N OusFrerc Franco is T rouve', Abbif 
de Cîcjcauy , Docteur en Théologie de la. 
lacùlté de Paris , .Premier Confeiller né au Parle* 
-ipenc de Bburgogn^, Chef Se Supériear Général 
de tout rOrdrc de Cîceaux , ayant Tcntier pouvoir 
du Chapitre Général d'icelui,.&c. A tous les Abbés 
: êc Abbefles , Prieur? & Prieures & autres Supé- 
, rieurs de.* notre Ordre dans ^le Royauine^'Salat. 
Sar ce qui nous a été représenté par plufieurs , que 
' ians les circondaaces préfentes ils fouhaiteroient 
avoir un< modèle qui leur donnât la fox me qu'ils 
doivent fuivre dans la. déclaration de leurs biens Se 
. i«venus. Pris fur ce l'avis de plufieurs perfonnçs 
éclairées de notre Ordre & autres, nous avons jugé 
^ufil feroit incelTammenr procédé â un modèle gé' 
jié^al , fur lequel toutes les Maifons de notre Ordre- 
Croient renues de former leuridéclaration, ce qui 
Vient d'être exécuté a rnotrefatisF^dion. En'confé- 
quence de notre autorité paternelle » nous-sLous re- 
commandons. & ordonnons qtie for Je modèle de 
déclaration, qui vous fera remis de notre part p^r 
aotrc Procureur Général ou.par nos VicairesGéné- 
laux de Province , vousfaffiez travailler inccffain^ 
ment â former la déelaraûan de vos biens & reve« 
-f^us/delaquelle vous en remettrez nn double â nos 
.Vicaires Généraux j l'autre fe rançon fer vé.pour être 
envoyé dans le tems & a qui il^ippartiendra re^- 

Ïe£livement, fuivanc les ordres que nous en fignî^ 
erons dans la fuite. Donné à notre Abbaye dé Cî- 
t£AUx, fous notre fci'ig manuel., celui de notre 
Secrétaire & Pimpreffion de notre grand Sceair, 
ce 14. Décembre 1750^ Si^né, É F R A N Ç O.ï S * 
AbbéGénéral de Cîteaux. Et flm hs^ F.. Pierre^ 
'4ifi5oine CHAiciiT^^Séaetaire.- 



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^jSt£ O D ELES des- titres des Déclaration/ 
pour les j4hbis ÏLégnliers^Abbeffes^ P rieur $% 
Titulaires- & Prieurs ConventHeti , char-^ 
aes OH non chsrgis de t^ Manfe Abbatiale 

^ & dti' tiers-lots y.oji de partie d^icelni.- 

' Tp\ Eclaratîbn <juc Joirne N. ^ . Abbé Régulier^ 
* M y ou Abbefle , ou Prieur de l'Abbaye de . . .^ ,, 

ou du Prieuré de ... . des biens éc revenus de la- 
;dite Abbaye ou Prieuré, ou de la Manfe Abbà- 
'tiale ou Conventuelle, ou dû tiers-lots , ou de? 

partie d*icelui. - . .. &c»^ 

donc ilsjouiffent; 

JHodeles du corps des Déclarations pour Iti^ 
. ." biens & revenus., 

Article Premier^ 

. Pour le Si biens & revenus affermes,- 

L'erdits biens & revenus confiftènr en la Terre.;, 
;Ke£, Seigneurie ,^c. de:. . . . . firuéa .... la- 
.dite T^rrc & Seigneurie avec titrcde Comté , ou' 
'de Baronie j.ouChâcellcnie , ou feulement avec- 
[juftice haute , moyenne & bafle , ou avec J^fticc 
jncyennc & baffe , confiftant L\<liteTçrre ea ..... 
Il faut ici tratyfcrire tout ce qui eft comgris dans^ 
le Bail, &• dont le Fermier a droi* de jouir. 

Le tout affermé pour ans , par Aéic 

du reçd par..., Kotaire de .... . la 

Jft)înmede .... . . ptar an ,4)ayablé eiu . .^ termes , 

jfiiivant ledit ]^ail,dont il cil ici rapporté copie 
collationnée. 
^i] y a des réferyes datis le. Bail , il en faut faxi^è; 



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»0( MiRCUKt D£ FK^ÎCCI. 

Aieocioo»5c fi plies 'ne fofK poiot^aloécs eô f^ 
genc par le Bail, d £auc les évaicicr , aifi& qa4 

•S . . Corvée». ^.^^ cbaponf • . . • c^Kibons « -^c^ 
véfervés .ai|x dédaraDS par le CaCdU ]^il , qiâ 
peuvent monter , fuivanc l'eftim^tion commune, 
( ou les Taux des gros fruits du Marché de .... , 
^ei dix dernières années , ) 4 1^ (mmatc de ^ • « 

. • • . Arpens . acres , jouioaax » ou ^ucre' mefii* 
tes de terre labourable , réfervés par ledit Baiî^ 
i)ui peuvent valoir la fomme de . . \ 

»... Arpens , acres ^ (bit aies , ou autres n^erure» 
èc, prés .refecvéspar ledit Bail^ qui peuvent naontç^ 
i ta fomme de • • i . • • 

• • . » Mine», perés , boifieauz, (èprî6R, C^cs , faU 
ipées , ânées, muids^ ou autres meijttres de bji> 
ment , feigle , ou autres grains réfcrvés par le fn^ 
dit Bail ,,qui , Aiivant les Taux dt» Marché de ; .. • 
des dix dernières années, montent â la (bmmer 

• «^ . • Arpens , acres , ou journaux de Bois tail^ 
lis qui fe coupent annuellement , de Page de • « . «. 
aT>s , non compris- dans k fufdit Bail , qui peuveof 
Taloir la fomme de . . , * . . 

Les droits Seïgneoriaox annuels , co-.fîftant en? 
ccnfive , rente , fbuage . çq autre., rcfervés par (b 
^ifdit Bail , peuvent monter à la fomme de . . >• 

Une Cheneviere , Verger , ou herbage , réfef^ 
•vés par le fufdit Bail , qui peuvent valoir lafomuie 
■^ç y •■ • • «i 

Les menues & vertes Dfmes , les Dhnes dii liiiy 
chanvre , agneaux , laide , oifons ,. ^c. qui pei»^ 
tent varloir la femme de » » ,. v, ; 

Comme dans plulîeurs Bnux , iûrtouc dess^rac^ 
Ji<s Seigneuries ou Terres, on «rércr^fe fouvenries 
droits Sdgneuriaa;if çafuéjs , de duint , rachat,, 
«atré y. lods & >?catc , déshérence , « auttcs droits 



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(ctfrncuriaaz , dâs^par motatbfi^ la<^4*ire ré&rve 
|ft laLÏie^m général poux toas ces droits , «u feale^ 
mène lorsqu'ils exotàctotip une ccttaine fomme ^ 
i4 ^ faut faire mention , & marquer àrquelle fomfr 
wae ces droits pei»rent xQoatec ^ année comntune ~^ 
de \a. manière qui fuir. 

Les droits catUels ic mstat » rachat , entvé , lodt* 
Mt v€nc« , déshérence ,« autres droits Seis^e«i 
riau», f ou fmttie^ Vieeux, laéùriféi par le CMUf 
Bail , q^ii peuvent va^loir , année Goramune,!»^ 
^ojnme «le*» «-• . • 

Le droit 4k Pêche dams let Rvviôr^s de . . . ré<» 

feiyé par le fufdrt l^ail , q»i ftmî «kxitet i If 

fcmRie de • • • ' • • 

ta Pèche ^e l'Étang . . • . . qui fe pèche toot^ 

les^^ , . , a«s ,^ot le pwduit i^actt peut monte» 

â la fomme de . •- •. • . • ^^ 

5i dam la Terre affermée il y a des Hoi» en fii^ 

tay€ , il faut Pexprinier de la i«a«iei»e (oiv^aticip. 

. Oan« laquelle T«r*c il ya , . . . . arpeiw ,0» 

acres, ou antres niefiircs de Bois en ^tâye ^d«^ 

l*lgcde V . . . • 

Si la giandée defilts-Bois cft téfcrvér,. oii 1# 
•aetTFa en déclaration* 

La glnndée defdtts Bois , réfcnrée par le fxifdif 
Bail , peut valoir , année commune , la fômmc 
de V . - . • 

Si on nes'eftréfervé qtiera focuî té d'y mettre 

anwieflement un certain nomtr/e de cochipiw , Pu- 

Petprimrffra de la manière fuivante. 

* Danv la g^andée duquel Bois leif déclaf ans fe 

fent réfervés par k fafdit Bail , la facuké d'y mcr-^ 

»r^ aniwicl4e«tiMît la quantité de. . . . cochons 5 la^ 

qoejk référé monte i* la fomme de . . . • • • 

Les droits de Juftice , de Greffe , amendes , coni* 

ififcations , désbéretke , riéfcrvés par le fu^it Bail-jr 

^w j>cuvent mbmer , imnée Go«imtmç y à la (oa»? 

me de r • * 



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»d8^ MERCURE DE FR A WCË. 

Le totial da tevena de ladite Terre monte 2 Ig 
fommedc .* •» ... ^ 

. . oooooo 

S'il y â plufîears Terres flfFermécs féparéinent, 
#ii fera mention du Biil de chacune , fuivant le 
Modèle ci deffus. 

Mais (i pi ulîeurs Terres font affermées par qq 
mèaie Bail , & q^'il y air des fous- Baux 4)Our chai 
tune , il faudra produire les fous-Baux^ avec le gér 
i)éral. 

Un Moulin fîtuë à affermé pour aos^ 

par A^e du reçjî par N. . . .Notaire de. . .; 

pour la fomme de. . «v. . pat^n*^ payable . • . . . 

Une Ferme , ou Métairie »fituée à . .... affer^ 

méc pour , . • . . .ans , par Aùt du reçu par 

N Notaire d&.-. .. .pour la fomme de.. .. ..^ 

' par an , payable ........ 

• . La Dîme de telle ou telle Paroiffe , od les déda^ 
rans (ont feuls Décimateurs , ou dans ief<^uelief 
Usant partie de la Oime affctoîée pour . . ... aos^ 

&c. 

• . . . Arpensî de terre labourable . . , . -Toitures -^ 

ût arpens, ou autres me furies de Prés jour-- 

naui , ou autres melures de Vignes, fitués en la 

FaroiOe de affermés poiK . . , .^ns , &c, 

. Sut ces Modèles , on peut déclarer lomes les au^ 
ttes efpéces de biens Prévenus affermés . , * ,' , 

A RT.n. PoHr lesTtrrcsmn affermies. . 

La Terre , Fief& Seigneurie-de .... fituée i . :C 
ladite Terre ou Seigneurie , avec le l'iUz de Comté 
o«i Baronie , çu .Cbâtellenie , ou feulement avec 
Juftice haute , moyenne & baffe, ou avec moyen- 
fte& baffe Juffice. 

Confiffant ladite Terre auc droits dj Juftice ;* 
de .Greffe , amenieS|ConEfç^ciôas ydéihérence^/ 



,y Google 



« rEr% ÏÊR.' t75T; «cjj^ 

icc. qui peuvent monter , aanéic connnane , S la 

^uimcde . * • * . • . , '# 

Les droits SeîgneiiriâBz annuels, confinant en» 

cenfivc , cbampart , agries , taftiue^ fouagp , on a^ 

ti es , pcurent produire la fomme de *. . • • • 

Les Terres en Domamc , confHlant en . ... ^ 

aTpens , ou acres , ou jpurnaux , ou falfnéçr', de 

terre labourable , <jui peuvent produire par an 1» 

fbmrae de * ' ^ .- - . ' . 

. . . • Arpent , ou autres mefures dfe Prés , qù! 

peuvent produire la fomme de . • . . 

Tant d'arpens , ou autres meforcs de Vignes^, 

qui penvènt produire la fominc de . • . . . 

. r . . Arpens , bu autres mefures de Bois lailJi*-, 

qui fç coupent de 15 en 15 ans, ou autre terme^^ 

qui peuvent produire' par an lia fo m me de .,.,*- 

Un Moulin, fîiué dans ladite Terrre , fur lor 

Hiviere de .^, .^ qui peut produire par an la fonw 

me de . 

Un Etangfde^'ëtenduede ^. . . dont la Pêche fr 
fâir de 3 en 3 ans , ou auue terme , Se dont le re»» 
Yenn réparti fur chaque année , peut produire par 
an laroirune de ' . . * 

sTant d'arpens, ou autres mefures de Bois et 
fctaye /de ràgede .'■>-, 

Le droit de Pêche fur la Rivière de qtif 

peut produire la fon^me tTe . . . -* 

Les droits de Péage , Barrage , Pontônage , oor 

autres .peuvent produire par an la fômme de . . .». 

Les droits 'SeignéuTÎa ut cafuels » comme font 

Rs droits de quînt, treidéttîc , lôds 8c vente, râ«» 

chat , 'acceptes , ou , autres , que l'on exprimera' ^ 

peuvcntproduire para» la fomme de . ^ . • , 

Les droits de chau&ge , pâturage , d'ufage , de 

mort k vif, bois dans la Forêt de* . . ..qui peuvent 

monter par an à h fomme de . • • «^ 

On peut fur ces Modèles déclarer toutes e4^ce^ 

it biens & revenus aon ai£;rmés« 



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tîôMERCVRBDE FRANCE. 

te total da icrenvk de ladite Teci e , moBte i fa 
lonmede « . • i^ « ^ 

Qooa 

A II T. 1 1 !• Poftr tes antres efficls de bietff 
non éffermis , fui ni difendc'm foim d'une 
Terre ùu Seigneurie. 

Tant d*arpeiw , d'acres , otf afatres mefures àc 
Terres labourables , fitués â ...... qui pe'uveôe 

produire par an tant de bled ou autres grains, 
iequel bled, ou autres grain» s'eft vendu , par fèp-' 
fier , ibée , falmée , (àc ou autre mefure ,1a fom-' 
jAe de. ... « fuivant i'cvaluaii^Q comamne des 

années^ . • . . , ^ 

Un Moiilfn , fitué à . « • . . ^ penr produire par 

Tant d'acpens , purnaux , oo autres mefurer 
'de Vignes , qui peuvent produire k foiBxqff 

Les droits de cenfive eo la Paroiue de. . . . <|Qi 
jâppartiennent aux diclarans , conâftatu en cens , 
rente , chef-repte » cbampatt » agries^a â( patres, 
qui peuvent valoir )a fomme 4e . .^ • « 

Les droits cafaels Seigneuriaux en ladîce Pa* 
loiffe » çpnfiilaftt eu* treizième , lods fc vente , ta** 
chat ydcc. qui peuvent valoir par an , &c«. 

On pourfiiit la déclaration , fui?ant les Modèles 
.des Terres non a&rmdes. 

Si dans le P«yi il ne Te trouve pas de Regîftre» 
pour les évaluations, ou s*U.s>git de ^HÂt,d«tit ça 
, A'ait pascpdcmtie de maïqnçr l'évaluation fyxù» 
Rcgjftrcs, celui q^i fcr^T> déd^rati^p. marquer* 
l'évaluation deTano^e cofioMii^evU flus exaâc^ 
ment qu'il poji«r#» 



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F JE.V R lE R. f7p; ut 
A R T. I y. Ponr les Dîmes non affermies. 

La D&ne d'une teHe Paroiffs , ou de partie , la^ 
^e!Ie peut produire par an tant de tel grain , le-î 
quel fè vend par ati la fon^tne de .... . ^fuivtnr 
L'évalaaticm cooiinune des années , &c. 

Tant de vin, cidre, huile , ou autres fruits i» 

lefquels fe vendent par an la fonutic de fui- 

vani l'évaluadon commune des années, 5cc. 

Bt ain/î ^t chacjue Paroiffe , s'il y en a plufieurs^ 
Jans ler(^lles celui (|ui fesa fa déclaration a droi|f 
ilc prendre U Dîme. 

Art. V. Tùwr les menues & vertes Dîmes ^ 

Les menues- & vertes Dîmes de ladite Paroifle^ 
îefquelles peuvent produire par an U fomme 
de .... & comme nous n'avons- dç ces fortes de- 
Dimes qu'à proportion des Gioffes ^il fuifira ,fc 
l*ôii veut , de lesdëclarcr enfembk. 

A Bc.T. V L Pour unejimple rente foncière eiê 
Argent , OH on efféces àe fruits , & ponrlh 
rentes & revenus emphitéoti^ues. 

La Commrde • de rente foncière, qui eft 

dèe annueltenrienr par un tel ou tel héritage , fui* 
vant rAâ:e du .... . reçu , &c. 

Tant de bled oU de vin , ou autres fruit» de ren# 
te foncière , ddo' par tel héritage ^fuivant l'Adldr 
da,lEc. lefquels fruits- fe vendent par an, fui» 
vant l'cftimation commune des années, &c. . . .., 
la fomme de. ;..«' ou telle quamité de fruits de 
fente duc par un tel héritage, futvanc le Bail em-^ 
phitéotique. ou â longues années^dc cent ans^ 
•u autre terme ; ledit Afte^ da xc^ (aj>^ 



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m MËRdURE DE FRANCE: 

Art. VII. PoHr les rentesobituaires y mdK^ 
trei Fondations fieptfes. - 

la fotnnie d« . . ^ . . ou telle qa'afitité àe fruits ; 
jpayés annuellement par une telle Terre , ou pat 
tel Seigneur , ou par telle fânwUe ^oupar les hé* 
fitiets d'un tel , ou établie fut tel kéricage par le 

tedament ou codiciie du .... , reçirpar Nv 

^lotaire , Ôcc, ou par donation > ou autre A€te en* 
trfe-^vifs du ... . l'eçé pafr , &c.» 

Si la rente eft en efpéce de fruits , il faudra eo 
faire révaluacion comme deflus. 

Four lacfuettc rcRte ladite Abbaye , ou Prieuré, 
ou Monaftére , eft obligée de dire , ou faire dire 
tant de Meffes par an , ou faite tel ou tel Service. 

Art. Vlli. Dts rentes conliUuies^ 

ta (omme de ... , de rente au principal de. ; . ; 
Rir PHÔTcl de Ville de Paris ,ou furies Etats de 
la Province de .... ou fur un tel ou tel Partie»- 
lier , fuivant le Contrat du .... . teçû par N. • • 
Notirire,.&c; 

Aki. IX. Ponr exfrmer fi les héritages tjui 
ne font pas des anciennes Fondations ^ ont 
été amortis ou non» 

tefquelis héritages' ont ère ddënieat amorti? ; 
luivant la quittance du . . ... ou fuivam tel Aâe 

du .... .. ou leAjuelf héritage» n'ont pas été 

d^mottîs. 

On peut erprîmèr ceux qui l'ont été , ou cens 
qui ne l'ont pas été. 

^ Chaque Abbaye , ou Communauté ^yant fait & 
dreflé (à Déclaration fui^ant Its Modèles ci defliis, 
^ rempli chaque article d'icelle de la fomine: » 



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F E V B lE R. ï75f, itj 

laquelle il monte, Icfqucllcs fommcs feront riréei. 
liois ligne en chiffres. 

Terminera lia déclararion de/esbiens& reveniif 
jàe la manière fuivante. 

Total des revenus de ladite Abbaye ou Pricuri; 
ou Xanfe CoriventuelW , Sec. 

Sut laquelle fomme de iljdoit être fait dii 

âuélion des charges ci- après énoncées. 

S ç A V o % R ^ Gros & Portions Congrues* 
d^s Curés, 

Au Sieur Curé de la Paroiffe de . ...» 3 

Diocéfc de h fomme de , • . . par chacun 

j^n , pour fon Gros & Portion Congrue. . . , ^ 

Au Sieui: . . . • Vicaire ou Secondaire de la P4- 
roiffe de la fomme de . » .....; 

Pour fon ejitretjen . • , . „ 

Pour .... Meffes folemnelles 6a Meiles bâfles^ 
pat chacun an , la fomme de • . . , ^ 

Entretien des Bâtimens. 

, Pour l'entretien des Maifons , Eglifes , Cloître^; 

Plôtuies de 1* Abbaye de , ou du Prieuré 

de la fomme de par Chacun an. 

Pour les groffes réparations de^i^s lieux , JL* 
fbmnic de .... . par chacun an. 

Pour l'entretien du Cancel de PEglife de la Pa- 
roiffe de ... . dont les Abb^s , Abbcflcs ou Prieurs 

,4c l'Abbaye de ou Prieuré de .... . font 

gros pécimateurs, la fomme de ....... 

Pour les gfoffcs téparatijons dudic Cancel ^ \x 

fomme de . * . - • . ^ . 

• -Pour Pçntjetiea ies . . ^ . . Majfons , ou Mé- 

l^^ties ^ ou MouUds ^ ou Fermes /fifes â Se 



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:ai4M£RCURE DE FRANCE. 

«dont le revenu a ité cldctSks évf^laé U Commt 
^c . . . . . • • . 

Pom>l*cntrctien & réparaiiotis des Etangs .... 
^oot ie revenu a éti ci^defius évalué la fbnu&e 
^c . • • . . . . 

Pour les gages d'un Carde , ou plufieurs Com- 

«lis , à la garde des Sois taillis dont le re- 

-venu a été ci^effus évalué la fonunc de . • . ^ 

•• Total des charges i déduire dcfditsjcvcnus.^.. 

»Les Abbayes , Monaûércs , Prieurés , Sccx ât 

3'un & t^autre Texe, déclareront en fuite le nombre 

^ Religieux 5u Rdigieufes^u'ils entrççieoneut. 

Jt^odéUs dei Certificats par lépfuHi Us ^bhis, 
Abheffss , PrieHrs , &€. affirmeront letsrs 
DécUrutUns^ 

Nous feufGgn^ cerci£olis & affirmons la pré- 
sente Déclaration véritable . ..«.'. . . • 
àt laquelle Déclaration nous avons remis lé pré- 

fent double â , &c. « . 

avec copie des Baux , Contrats , & autres Pièces y 
foncées ; déclarant au (brphis qu*il n'y a ni con« 
tie^lettie , ni riferve aux fujets defdicsBaux , fi ^ 
n'efl celles qui y font exprimées; eu fai de quoi 
> Âotiis avons itgné lepvéfent. A . ^ • • • le . . . « ^ 

AJf P KOBATION. 

J*Aî là , par ordre de Monfelgneur le Chaneéii 
lier , le Mercure de France du pféfenc mois* A 
5aris ,.le premier Février 175 1. 

MAîèNAN éE SAVIGMYé 



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T A B L E. 

PÎMCns tvo I T X V fi 8 en Vêts & en VroCéi 
Le MarfeoH , Epitjre , fous le nom de Vénus , 
4 Mad* Tenctn » en lui envoyant un petit mar* 
f e^a dfî table , ie jour iç l'an , par M . Vtron ^ des 
f orscs dcLemnos, p^emiei: Janvier 174$. 3 
^oaaç heiuf dut UyCrimm , à l'Auteur duMer^* 
cure ^ fur la Littérature Allemande » ib 

Fj^e donnée a^^ancy au Roi de Pologne , t>ac de ^ 
(.orraÎDc & de Bar , dans le Séminaire Royal 
.des Miffions de la Coi»pagnie de Jefus , donc 
il eft Fondateur , le d du mois de Déceml>fo 
1750, ' 3j 

Ode au Roi de Pologne » Duc de Lorraine êc da 
3ar,â l'occafîo\i de Ton Bufte en marbre blanc ^ 
érigé dans une Salle du même Séminaire , 2^ 
Compliment au même Prince-à Poçcafion de ç^ 
/'Bufte , y 4f 

Autre, ' 4^ 

îifi de VHiftoîre des Croi&des , par M» de Vol« 

«^Jrc, ; _ " 4/ 

k'Aroant aveugle , 5^ 

Vers écrits fur Racine ; * 6i^ 

Autres fur Pamour a 1^ mode , 6^ 

Imitation d' Anacréon par M. de R * * * , 64. 

: f^çeption drM.i^ Comte de Biffy i iMcadéîgje 

Françoife ïe i^ Oécem)>re 1750 , ^^ 

Epitre à Mad. la Marquife de Goefbriant , ^4; 

Séance publique de l'Académie Royalç ies Scien« 

CCS, le 13 Novenibre 1750 , 7^ 

Ode fur la mort de M. le Maréchal de Saxe » 94 

Vers fur le même fujct , 9^ 

Cotres priffentés à3. A. 5. M. le Duc de Ctartf es, 

' p» Lircrlos i-fils , Maître Ecrivain des pages de 

S^ A. S. M. le pue d'Oilé^QS , ^y^ 



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Mots ics Smgmes Se âa Logognflkc da Mstcm 
de Janvier , «ri 

£nigmcs & Logogf iphec , ihil 

Nouvelles Littéraires. (ÉuvreS/Jc M. de Cre" 
bill.on » 6cc. 103 

^eaux-Arts , &c. X{o 

yers de M. Pannard , i focca/îon d'an Portrà 
peint par M. Appeltus ^ né à CafTei en Allema- 
gne , i préfenc à Paris , i{^ 
Xetcre de M. de S. P. â M. de B. far ie bon go& 
doAs les' Arrs & dans les Lettres ^ i jS 
^vîs de M. Gainier; 170 
Autre de M. Bourbon , ^ii 
Autre des Cierges à rcffort, 171 
Chanfon notée , 175 
5pe£baclcs , . J76 
' Le Pédant , Ballet Pantomime î, 17^ 
•.Vaudeville^ il» 
':Autre , - iSi 
! Concerts Spirituels, ^ 1I1 
Neuvclles Etrangères , « Ij 
France. Nouvelles de la Cour , de Paris , isi 
" Nai (Tances , Mariages 5c ^ott , lo* 
^ Modèles de déclaration des biens & retenus d: 
' rOrdre de Cîceaux , 10, 



Za Chi^finnàt/e doit n^Mrder U fj^ê ^: 



» ■ ' ■ * ■ 

Pe rimprimerie de. J« B u i x. o u 



A 



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MERCURE 

DE FRANCE. 

DEDIE AV ROI. 
. MARS. 175t. 




Cke2* 



APARIS> 



ANDRE* CAlhLhAU^t^iéîtÊt 
]ac<{iifis, i $. Andti* .,/\ i , ; 

I La Veuve P r S S O T, Quai de Contf ^ 
â la dekencc du Ponc-Neuf. 

UEAN DE.NUtJLY,anPalaB. 

|jiï?tiQ^t7E* B-ARROft, Qju£ 
des Auguftins > a la yille de Neyers» 



M. DCC. LI. 

^vt€ AffrobéUim & Privilège du R$i, 



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A y I S. - 

L*ADRESSEginirde dHMercureeft 
s M^ DE CXBVB^S D'ArniCOUHT, 

TMë des Mawvéïis Garçons ; fauxhêurg Saim 
Germain , 4 t Hôtel de Micon. Nous fri9tu 
très ' in'fiamment celiX tjMt nous adrefferûtà 
des Pd^nets par M \JP9fie , cCen affranchir le 
port /four nous épirgKfr je déplaijir de lu 
rebuter^ & eux y celui de nef as "wir pésrmre 
leurs Owwrages» 

Les Libraires des Vrovinces ou des Pajs 
Etrangers ^efui fouhaiteront avoir le Aiercwrt 
defrançe^e lafremi^refn^n^ ^tS^^ promf* 
tement, n*aurent qu*à écrire i Ca^^ jpi^Jfns 
indiquée \ oh^fe 04ipJormera tris #Ai i fl| yi wMtf ^y< 
leurs intentions. - . ^ "; ^ ^ ^* 

j^inji il faudra mettre fur les^adreffes a M* 
dê.Cleves JFjimkokrt ^Cmmis au Mercwn 
4e[ J^rimee » rué des Mauvais G^rgons , four 
remettrt à A4, l'jibbé RaynaL / 



Prix XXX- SoÀi 



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MERCURE 

DE FRANCE. 
DEDÏ E 4%/ K Oi 

MARS, 175 1. 

PIECES FUGITIVES^ 

en Vers ^ enrfnfe; ' ' 



LE SONGE A IRIS. 



I 



Tar M. de tontentlU. 



Ris V je revois rautrè four 
Qvte deuK petits Amours , envoyés par leui- Matrre, 
Koiis enlevoieht tous deux , pour nous mcoCf 
paroftre 
Au Tribunal du grand Amour. 
Moi » 'qui fentois ma confcience nette \ 
]'aIIois gai ment , d'un pas délibéré $ 
(our vous y vous n'aviez pas le vifage alTdré , 

Et je vous trouvois inquîctte : 
Sans cefle Vous dillez , Amdurs , je fuis Iris , 

A ij 



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4 MERCURE D£ FRANCS. 
Dool le cceor n^a jamais conna votre puînée i 

Il hat que l'otf fe foie mépris i 

Je proccfte de yi^Ience j 

Mais on n écoutoic point vos crk. 
pé l'Amour ep c^ là méthode eft fort bonnes 
iContre fa vioieûce on a beau protefHr , 
Il vous latfle tout dire , & loin qu'il s'eo^onne^ 

' Va ba chemin ^ fans s'arrêter. 
A Ton grand Tribunal enfifi on nous préfehte. 
• II D^avoit pins , ni l'air Conmii & ^odr ; 

Ni la figure fuppflante , 
.Qu'il avoir toujours fait parokte devant vous ; 
'Mais fièrement aiSs , comme un }uge fevére , 
li ne re&mUoit j>oint ^u pluf galant des Djesf. 
.Un grand régime ouvitrt qu'il parcatv^it du 

" Sàmbloit exciter Ta colère ; 
, . CeA-li qu'il voit en un momeni 
Les affaires de (on Bmpire. 
Chaque petit Amour vient chaque mois éctim 
Ce qui fç p^Qipen feu Gouvernen|e(|t , 
- Un GoMverpemfnf , ç*eA i^dire, 
,Uaç be^e avec Cpn iinfnt I . , 

' far exemple , un Amour , fujçt if çndrc compta 
De tout ce jjgi dépend de fon petit emploi , 
Vient,ëcrirc. aujourd'hui ; Çliinént fous {a loi 

A fçu ranger , fi vous v^ulc» , Ôronte-, 
Et nuis un mois ?près , Clfniéne s'attendrir: , 
Rcçoic les -vecAiy d'Orontc , 3c n'en reçoit phf 



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r-n^ A K s. Mise j; 

£'€ le mois fuiyàttt'n écrtt » 
La belle Cliniéne eft ctes'nérref; 
Cefè'atnfi qu'on trouvé ilir foï< 
Veut de tous les cObtir^ iUkS^tt- Vffk'Méméirei 
( Heureox les kmatis yidont riHiftoiré 
Change beàucoi^ denuftiteh moisi 
Pour le petit Amour , qoe/ori devoir epgage 
K i^Hlef fur qosçœui^, lonpbés dans (bo partage}^ 
Depuis plus de deux aBr^-que j^'avance ibrt pet^ ^ 
W avoit cha<|!Eie mois le même compte i rendre |r 
Iri^ protnet un aveu içndre , 
Iri$ promet un tendre aveu : 
Du courroux de l*Amour c'étoii ici lacaufcf . 
Qu'cft-ce ci, diïbit-il , 5d chagtïn & furpds^ 
Déjà depuis dcal an^fur l'aiticle d'his 

Je^Vois toujours la mênAe c&ofe> 
Toufoisrs l'aveu promis , & rien après cela* 
Celles qui dès ce tems faifoient m6me proméfl*e^ 
Ont mille* ôc mille fois avoué leur tendrefle i 
Traîrtient , elles n'en font plus \à^ 
Ce regiflre , quoiqu'afiez ample ^ 
Que j'ai feuillette tout expris , 
Me me foarnit aucUn exemple 
1/aoe affaire qui fafle aufTi pett dé prog;^&. 
Alors de mon côté , commençant i me plaindre^ 
Je crus qu'avec l'Amour j'allôit être d^accord r 
Car que votre parti fût extrêmement foit , 
C'eft ceque je penfois n'avto pas lieu de craint 
dffe ^ 



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6 MERCmiB DE FRANCE. 

Taifèz-Toos , me dit-il , tous Iqî perfitadex ^ 

Qpe votre amoiir n'en (èroic pts moins cendre» 
Qaand elle ne détroit jamais vooi ùkst eiuaoâi» 
,'. CecâfeaqoQ von» demandes* 

Ceft bien^lâ comme il s*y £iat psendce ^ 
Aîmcx d^ia aidom fi co^ftanc 
Qiilt «oos plaira » l'en fois content % 
Màif faites qnelqoe&is entrevoir â la belle ^^ 
C2a*en (r défendant trop^ elle courroit liaxard 
De ne pas infpirer ane flamme éternelle,. 
SuiSt-il q^ue l'on fok groffierement fidelle K 

Il faat l'être avec un pet d'art i 
Je n^entends pourtant pas qu'Iris tire aivantage' 
bu peu d*adrcfle de l'amanfi: 
Çl donc « Cris> qu'on change de lai^g^e» 
Qii'on dife faime en cemÂme moment ^ , 

M>is am«ur eft-al néceflaire ^ 
Lui difiez-vo^s d'an air affcz fournis ^ 
Ce ten^feave^ dis long^^ems eft promisse 
Pronveme un^iveu , c'eft le faire ; 
Non , en ternies exprèf ^il tous fiiut déclarer* 
Four la première fois que ce mot coâte i dire !^ 
Vous avereu deux ans â vous y préparer ,, 

' ' Cela ne^oit-il pas fu&e \ 
VouS'tombiea^ » belle Iris. » dans un doux enlba^ 

. ras j 
Jfiz^ P Amour demandoit la choCe un pei&glaa; 
claire. 



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<îiicyt } V005TOU9 obftittcz , reprir-a , 2 vonsuirei 
Hé bien >^rous ailes voir ^e pour d*aatret appat^ 
Tîrfis*'ûéglîgcra tous fes foins àc Vous plaire: 
I.a meiiace «n nous dei;ix 6t uneflet contraire |. 
Yous criâtes ^ Amour , ab f ne le faites pas f 
Je répondis , Amour , vous ne le ffauriez raire;^ 
Enfin l'AmtMir , Iris, ffutii bîe« vous preffer^. 
A vpc cetrè çpldre , ou véritable ou feinte, $ 
Qï>e vour dites, eh bien^puif^ae fy fui^ çom^ 
' , traiote , 
Puisqu'on ne peut s'en diQ>en6r.» 
fl eft vrâû «r. • . votre bouche alloit prononcer r 

j*aime fr . 
Votre ait , votre langueur , votre ftence mêmey. 
I^ar avance déjà fembloient leprononcer j 
joire tein iê couvrojt d'une rougeur nouvelle V 
tVos timides regards fç détoomoîent die moi $ 

Pourquoi » dans cet ioflant , pourquoi 
tTne funefte joie , hélas ! m'éveilla*t'elle? 
'Tet-cft mon fort ;.6emot fi cher à mes (bubaity-J, 
ïr que j'ai mérité par un amour fi. tendre , 
Xt tne-v^eKai toujours fiu le point de renteadrrj, 
£r ^ ne ^entendrai j^maîsè 



Digitizedby Google^ 



f MERt:ORE DE FRANCE. 

C:0 MP L I M EN S 

Fah far ""^It. de Atdiri^âU^ , Chancelier 
' ' dé t'Jicadmié' Frahfoife^ • 

: ^ M^ It Ch^mctUer^ 

MÔnfcignçur ', il ^ à cîcs refpcâ^ ré»- 
feWés potiB Icà^Dignitcs érmocntçs, 
des rcfpcdfcs accompagnés* d'éclat & de 
cérémonie \ mâfe * cjut \ ne ' font fbuvcnt 
^VçtériçOfs , qui a ont pas befoin d^trc 
(cnris pour ccrc rendus , Sx, qui par- là ne 
rçaurbicfitt flatter qu'une ame vaine. 

Il y^4çj^^4ç iJîbrc^^^KlUndépcndatis^y |é 
d'^oténcjifîj,qut n^fc joignent cas tou; 
jours aux prcmieri,'iSc qijc hutic Lori , nnllè 
polite' d'État ne pciit ckîgfer p<&r aùtotfe 
Dîgnîtéjpouf aucun rang du monde, qui fc 
reftfcnt a îa force même , & que l'eftîme 
piibiîqtiè n'a jamais gardé^uepour la vjsrttr^ 

Qu'il cft donx,MQttfeigneur ',4c; pouvoir 
è^m MU nrêmeioftant les rendre& les ua,ip 
cnfcmblcrQuç l'union de cesdcux fortes de 
refpcfts faicun fpeftacle touchant l Et voilà 
Knftant où nous fommes-,tet cft le fpeftacle 
que TAcadémie Françoife vous préfente, 
& dont elle jouit adtucllcment eUe-mcnae» 

Non-fculemcnt c cft aa Chef de la Ju^ 



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MARS. I7S1% >. 

lice , aa Premier Magîftrat da Royaume, 
jrevêru <ic h première Digôicé de rBcac ; 
c*eft aaflS au >lagifttar éclairé r iflu d'an 
faog iUuftre qu'il annoblk cncose , c*eft i 
Vami éproové de la jafiice, c'eft àrhomme 
c^oili par fen Hoi pour la protéger î c'eft 
à Tobiet de ia ^Yen^r^^iofi pubkqae qjie 
acNi^adrefifonsnetr-e koœœager 

jt M.le Corde des SeeMXé 

MOnfeiçneiir, voici fe nxMent S^ 
nous livrer ï coot rempredèment do 
tkos refpeâs & à rovs lesmodâ qui no9» 
tes iftfpirent: cependant nous n'^n jouiroQ» 

2o*avcc la modération qui voQs eonvtenr^ 
^AcadésiieFrançoife aréi<^ude vous plaik 
f e , & ce ne feroit pas Te moyen d^y parve-* 
Air> qae de céder à rexcreme envie qu'elfe 
^.de vous .kmer. Oh doit même ce refpeât 
â.TO^. pareils > de ne jamais lesconfronief ^ 
eour ainfi dire» avec tes vérités qai \e^ 
louent J ils y voyent .toujours , \c ne fçai» 
quelle image de flaterie , qui tes rebute , tc 
qui répi^ne â la noble ^ i k modefte 6C 
fiere (implicite de leur amer 

P'ailtcurs, quel éfoge poorrions-noot 
f^kc de votiijqui ne f^^rdéja faicdc^ns' 
0905 les efprits, & que le Roi lui-même 
n*ai( con&œé pac VémiiieiHc Dignité dpni^ 
il vous honore 3f 



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t^ MERCC^REIXE FRANCK 

li ne feue pas le diflitnuler, Monfeè^ 

Eneur \ vous ères àojbQrd'hairobjetintéfeT-^ 
im des ttteàâons du Public i>oas éprou- 
vez le fort decesMioiftr^que TàcIftiinK 
tion 0c Tenvie oncioués chacune i leur nor 
niere s de ces Miniftres que leurs lumières 
fdpirieuces > que leur fermeté pour les in- 
térêts de TEtatj que leur* invariable amour 
{>our Tordre, que leur aéle ardent pour 
a grandeur de leur Maicre , & que leucr 
illuftre naiifance ont cohfacrés* à THif*^ 
tôite. 

^ Il nous fied bien dfe vous le dire , â nouss 
qàe regarde principalement le foin de* 
trànfmettrt à la poftér îté & la gloire du*. 
Roi , 8c lès grandes qualités des Miniftres* 
cjnl auront illuftréfon Rcgne > & par coa« 
léquent les vôtres.. 

^oiU) Monfcigneur, Irfaul mord'élogcr 
4|«i^ nous échappé y ôc que vous vo^dres: 
hîek Pons pardénnerw 

Réfiexims ât M.M Mérhtmme..^ 

I>Litfi d'un homme qutTarropdê pm^ 
dènce^tropde fagctTe^tropde bonté, trop 
dècourage,trop<^fprk ,. ce n'èft point dirr 
qh'iDa une pruaênce> un^ e/prtr-^.ufn èourage 
infini \ de toutes les qualités^ dont je parie* 
là \ oan'ena^jamais t^op, (|aand''on n'en) 
a qu'infiniment, & jamais^ en. n'énitÎQ#» 
Âiâniment^quaad.on en a^troj^ 



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U A K s. iTft. px 

ta trop grande pradesce Tapoartàht 
Bien loia , mais trop loin , & d*iîn loin 
qoi n'cft pas far la ligne de l'iofinicé de 
prudence, qui n'eft antre chofe qn'nne 
fofkctk infinie de vue ; une prudence in« 
finie n'eil ^maîs exceffive> elle n'a pas co 
dcfanc-la^ fa jufteflè infime de. vue i l'en 
^antit-yCTop de pmdence fait qu'on eo« 
manque conu&e trop de fineflè Êrttqu'oir 
n'eft plus fin. 

Errr toujours infibimem pmdent, e'eft 
ne letre jamais plus qu'il ne fant^nne pru< 
^leace infiaici vous a(^>cend jufqn'à -qocK 
jioinr vonr devez' porter vosmefiuvreiv 
ttl ontel cas ^ voos rait fentit que voos Ic^ 
itafairiez:; fi >vou5 les potticz plus loin p^ 
Se que vous lestiafairiez par telle oci'itlla: 
fidfôn; 

Ainfi 9 voir ïes raifiikis qui dpliient voo# 
empècbcr^de porter vos précattrioo$:pIus^ 
k>in!{:voâr préafénicnt le point oà- il fiiuc*' 
les borner^ voir celles qû'itfaut négl^er ^ 
etlles qn'il iànt cacher ou montrer ; voilât 
ce qu'on ^pelle voir avec une jnftcflè inc> 
inie / ASr c'eft en tout cela* que confiffi»: 
MÊnfiiiité de pmdenoffi 
1 Tiaàp de courage 'fiiit fc t^erwe?'* 
âveç tttjp decouc^on fè perd^ aveeuifi 
oouragc infini on iciauve ,oa Ton triom^ 
^tiioa- £ûi tout €0^ qu'il eft pofiîblc d&' 



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Il MERC;UïlEDEF5^AJfCE. 

ÊiitCi; oa ne .s'arrête q.u a l'impoffihic ? 
H ufy a jamais de quaiiré infinie , qui né 
£on fage /point; de qaaiicé cxccflive , qm 
ne (bic folle. 

- Où le trop d'anç qualité commence y^M 
qtialitéluii^ , dcpreod^iin autre nom. . 
! Ainff., le trop liberkl nVfkquîon pro*î 
iigue , dont on aime la prodigaiicé >. fans? 
pouToû: la trouver latlbnnabre* 

Le trop courageux n*cft qu'un fiirtcux ^ 
qu'un témcrairr, qui peur tout perdre* Le- 
trop prudent y qu uarêveuty q.ai pafle rou- 
jbôn le but dé Ia:pctidenire qa il Èitk s qofc 
ajouce à: la cHfficttk&de fcs cntrepifes > par 
kLmultîpIkité des .pEécamiaQ& qu'il prend 
mat i propos:, 8c qui fecachceo tantd'én^ 
drobs , q»*à^ laiîn on-le.découy te.. . . 

Le trop fage, qu'un homme hétéroclite^ 
^n^mi ifba^ giâviç : lîami otcoSiif ^r^%rr 
bonme Souvent nuUîblevaufliidaQgetetnE 
^Q*iin eimemi' même : lé trop, ipiritpel ^ 
qa\tn homme qui: n'a pasiaÔ^r d'^iptir 
pour contenir le fien ^ pourne pas noyer 
y force i^ ou la fineftc de fcs>idéc»^ dans Ka^ 
bondatice de (es idée»^ n»mey<^i nVja«^ 
mais^ aifez d'efprir pour ;%a voir k }nâet 
tfk^tt qu'il en hvixxs^TtSt d'bà dépende 



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X F IT R E 

De J^^dê fa Soriniere^i ÂÏMresCfemeffit 
Afarot , & Srançch \^cUis ,fur l*itM9 
préfcm de U MêtrûmanU^ 

V--I Lemcnt très-cficr , & mon ami Françoir, 

Depui» trente ans , qu'enrôlé fous vos loix , 

Hardi Rîmeur , grand cooilruftcur de Mccre»y 

Je cherche i plaire & ne puis réuŒr > 

A pprenez«fnoi' comment l*liommf de Xctcccss 

Dans la carrière od vous fçutcs çourk 

IDoit fc conduire afin' de parvenir. 

J*ar beau tnner Rondeaux , Epichalames;, 
Cents Triolets .contfei' faits ipfaifir, « 
Billets- d'Aflnoi»\ fipitresf , Ej!»ïgpathmef;. i ^ 
De mon Ltdisaeitw (omhte es tétriymé^ '- 

l^ednrd*ab<n'dqaefaît»afb«efogti?| . 
Que a^enrain&què NCaPDtifa Dâme^ 
Au tems jad^s coiHoit joKs feg^ots r 
Que Rral;>elàisen Tap^iilmte gammr 
^âiCwt quadjnêr le ftos- avec le» mots ^ . 
0\i que-VilTon , Ans contraindre fa tcrver,, . 

Par CBants-RoyauX'égayokfaMrrfeTrcj^ 
ït que ne C^a ( mu fr/^#^ d'Apollon ). 
5fe^vrai r^/^w > un glaifont v<(rff»»- 



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T4 MERCUREDE FRANCE. 

te Cqzlt très-bien , que point né toqs ceftmUèrf 
Maïs i'potmaot renuriiibpea plus tard , 
LaiiTant derrière 6c Malherbe & Roo&rd ^ 
Mies boas amît , nous f égétioof ea(èhiblev< 
Fourriez trifr-biea par un coup du hazarcl: 
Ke remporter la palme de irotre Att ,. 
Et toir fleurir , au mépris de vos vailles. 
Bien â€$ rimeurs écorebaot les oreiHes. 

te plut grand Clerc danrce fiéde pcrvci» ;. . 
S'entend honnir , taxer d'outre-caidance 9, 
he plus Ignare acharné fur fer vers , 
2oïle outré \ }uge fans compétence « 
St bica fbtivent rAuteur le moins poli,. 
AifecGreflct vient faire paiali;- 

Nôfrtotttefots tombé dans la roture ^ 
Q^ le bon goâc déroge i la nature »> 
Ou que l'e^ir fur tto fi £fa^dabjûc> , . 
De Ton eflcnce ai^fptt&rt da?déchetté . ! j 

Mais c'cft plutôt qu*àu lieitdcîa juftkc^ 
©à voirregnct la bitgue , lè caprice : 
Et que l'Attteur^^'iniufteiiienron hak p. 
(^Qùoiqu'au Farnaffb il eât un Dieu propice j^ 
Ne fç^iimoii: faire uiiceavre atfiez^parfair. * 
C'eft par l*Aatcttr q9*on veut juger l'ouvrage s.* 
Bt le mépris fiiit la piemicrepage.. 

Drfôns auffi , qae nos contemporakir,* 
Bt-pltts encoK gços de to&mt FaUri»^ 



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,: w A R j; J7>»^ 

Stat entichés Je-fette jaloufiè , * 
Oa pIévell^s^par d*ui)aâes>.^<iatti»> 
Contre cectui 4)ut^reçu( «n ^nagc 
Wn peu^d'^r^m, detaltor:^ ï^g^g^' 
Que cottt fon crime e(^cc mâoe tàleor 
Qui nous élevé V.& nous afflgneunrangv 
Où nos xktaux n'âoroietit ^(i prtftendres 

Ceci po(é ,^f »arre»> TOUS pas eompreiHlcevf 
ïeanes^ aigloiis ^combien eft'daûgcreox* 
L'arr féduifa/it^àe voler plin^haiit qu'êui ?' 

Vils & rampans , datts une hutnÛe pofbtxe>. 
Si fuffiez né» gens de douce natuse^ 
Bnfans gre£fi§s ittr fiuies^ûavageàns., 
Dont racabii.n*cdtJa<moiBdre»faliife ,. 
Blairiez miéux^Fors à tons ces Lycophronsj, 
Dans lés<raniports d^ùne ame fatisfait^,. 
Us s^écriéroîtnt:: » O les aimables gens S 
M Point ne d'âignoBsde lent verve mnertor 
«9 Les traits aigus , Ics^farca&ies perçans ; . 
M 6e foncttop mieur dé hoBsIfràëlhes , . 
a» Que 0ieu ne fit & daogere»r plai(àns ,. 
•• fit nons pourrons ^ îinpert'inenrT]ierfi(es>> 
^SuDrtoet.propos donnani dans le- irayei»>^ , 
M Impunément en»u]^t rUoivérSi» 
€*^ft fut-ce. ton qitc cette race ioiqver 
]^rlef<)uen)eo«^décide âc^cricique r 
Bim'aurez d'eux , pour tout los Je guerdo»^ . ^ 
l^'im^aboatetixàcéde-Piadoiw 



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U MERCURE DÉ FRAWCR 

Martyrs da Am , vidtmes ingénie , 
ToQC biea compté dans la Mtoomanie , 
Que fcrt ce nom <ju*otr laifle Ifcs ffcvcux t 
TivoQs pour Douiy vivons ponr êtie heureiur^ 
E( fi jamais rerenions â la vie • 
De nosmaiix nVxcitons plarPetivie. 

Toujouct en guerre avec cescht&mfueicF 
t>a plat pays qu'^atroie le Permefle , 
Toujours enproye iccs vains ckanfounie]^ 
Dont les ftrs placs décèlent la baffeffe ^ 
Eft m emploi d'autant plus dangeteui , 
Que répliquer nous tend auflî fots qa*cn5r< 
C'eft ChétfeUin cpii s'ouvre «ne cariiere , 
Où fur les pasd'un AuteiK défiigté , 
Plus d*ùn.badaut vient rire avec Liniert 5^ 
tx le Villain * qui vit dans fa cba^^rtiercv 
Sombre & teclus, du public ignoré , 
Ift plus comcnc q^c cette troupe àlçieto> 
Qui prend f<ia vol vci» le Ciel awrét. 



'm 



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* ' M' A K; s. 1751. 17 

REFLEXIONS 

Smt Us Cdufss ieUgncrre civile entre Cèfxt 
& Pompée. Par M. de Burigni. 

C'Eftunc opînian forr générate, que? 
Céfàr naquit a v!ee tuic ambition ex- 
rréme ; qu'il forma àks fa /euncflc \c pro- 
jet de fc rendre maître de Rome , & qu'il 
fapporta toutes fcs adions à Cette idée dô^ 
ininante. Il eft eondânc que ce grand honv 
me 9 â qui la Nature avoit donné des ta- 
lens fupérieur<i , fe probofa^de les Éiitc va^ 
loir dans cette MAteMc du ttidnde , où le 
grand mérite élcvoit prcfque toujours à 
tme grande fomine*r n>ais il ibc paroîr 
très- certain , en examinant les caufes de 
la gtierre , qui de la République Romaine 
fit un Etat Monarchique , que Pompée c» 
doit plutôt être regardé comme TAutcur , 
que CéAir, qui n'âuroit jamais penfé à 
èfurper l'autorité fouveraine , fi la jaloufie 
& rinjuftice de fes enuemis ne teulTenr 
obligé de prendre les armesr 

C'cft ce que nous allons prouver , en ex- 
Po(âiit les faits qui ont précédé & donne 
lieu i la guerre. Pompée étant Confut 
poiii b troifiégie fois » dil Tribuns da 



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1» MERCURE0E FRANCE. 

Peuple y à fa folllcitation firent une Lof 
qui fut approuvée V elle portoit que Céfar^ 
quoiop'aD&nt^ pouirok briguer un fecotul 
Conmlat Se confervtr fon Gouvernement 
des Gaules 6c l'armée qu'il 7 oommandoit 
avec le plus grand fuccès^ (1 ) 

CTétoit une graçe nouvelle > accordée aa 
fté^àite d'un Regiemetit qui avoir « too^ 
îpt^s été en ufage» par lequel ceux qui 
briguobnt leCoi^utkc , étoienr obligés de 
foUiciter en^pcfffonne. Les grandes adion» 
de Ccfar & le cré<^t de Pompée 9 av«a le- 
quel il vivoit pour lors dans la plus gron^ 
de' union » firent pafler cette Loi. 
Trois ans s^étant écoules, (r)Céfar fc 

Préparant à profiter du privilège que le 
eupie Romain lui avoit accordé, le Sénar 
fyfcàxèfST fcs ConfukLentûlUs Se Marcel 
lus, très a;tt^cbés i Pompée, ({} décidai 
qm Céfarne potirroit follicicer leConfu* 
lut qu'en perfohne » & après avoir congé- 
dié ion armée. Pompéexxmimençpit à être 
irès-jafioux de la grande réputation de Cé« 
6u: ^ & la: mor^ ce Julie , Ç^k femme ,. fille 
de Céi^ , avoit difibus leur amitié. jÇéfar 

. (t) Livii JSpIt: DéfOi XI. Uj^J^^Mlà chîU, /. I^ 
m ^;b..Epifi. ad Atticum Cictrênh , l 7. Eftfi. 1. n 
7. ^ 1317 , /.. 8. Efift. 5 ,,f. 141$. 
(i) FlhrusJ, 4 , c. %, .V 



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fc trouva crès-o&nfé que dans te tcn» 
qt/il rendoit les plus grands fervîces yfic 
<]u'it méritoit des triomphes & des récom«^ 
pcflfes , le Sénat voulût annuUer une grâce . 
que le Peuple Romain hii avok^^çGordcc.- 
Ileut d'abord rccoius,aux plaintes fit aux 
fçpréfcntations. LeSénat^, entièrement dé- 
voué à Pompée > fut inflexible > les Séna- 
teurs les plus modérés fentoicnt bien l'in- 
jufticc des procédé^ que leur Compagnie 
ayoit avec Cêfar , car Antojne > qui etoir 
pour lors Tribun daPcuple, ayantapporté 
«les Lettref de Géfar, jjar lefqucllés il of- 
froitLdc fe démettre de fou Gouvcrnemcnr 
& de licenticr fon armée y fi Pompée v qui 
fe déclaroit fon ennemi capital , en faifoic 
autant *, tout le monde» (ans exception ». 
fe rangea^ a cet avis ;'mats Seiptecr» beatK 
pcre -& .Pompée , & Te Conful Leniûlufc 
empêchèrent que ces offres n'enflent Keu*. 
Çi(^ron>qui > dans lecooxnencrement de 
cette grande divifion , en prévit, lesi fui»^ 
tes funeftes , vouloit que Koti donnât fa- 
. tisfaékion à Géfar; tJtne ccffeir de confeiU 
1er un accommodement., dit Plutarque (i)^ 
écrivant àCéfar plufieurs lettres pout cet. 
effet , & étant toujours après Pontpée à le 
prier , fir à le conjurer avec de grandes inP 
lances, tâchant de les adoucir l'un & ïlank-- 
(t) tlut. Vie d€ Cic^on^ 



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10 MERCIERE DE FRAKCÉ.' 

trc , de l'c5 appaifer & de guérir Icar mé^ 
Concencen^enc -, mai^ écoutons parler Ci- 
ccron Im-même. (ty A-pcînc ai^je encore ' 
trouvé uiT feul homme , dîc-il , qui ne fut 
d'avis qu'U falloit platét accorder à Céfart 
ce qu'il demandait , que d'en venir à la' 
voyc des armes \ je ferai de Pavis de Ponv 
pée , nurts en particulier je Fexhorterai à 
lapait s mon fentiment eft qu'il faut ne 
rien négliger pour éviter la guerre; j*at 
toufours^penfé >difoit-il à Céfar, que Totr 
vous faifoit une injufticfe , Ibrfquc par cet- 
te guerre on vouloir empêcher TefFet des 
grâces que le Peuple Romain vous avoit 
accordées, (a) Caton^ltÉi-rocme ne défap- 

E ouvrir pas^fi fort Céfar , qu'il n'eût fctf* 
icé que Cicéron-reftât neutre dans cette 
grande quercile* 

L'amour du feien- {feHîxr n'étoît par le 
motif qui fei foît agir Pompée ; (5 ) il- avoir 
favorifé Céfar , t^nt qu'il ne Tavoit par 
€rainty& lorfqae leurs intérêts-avoitnt été 

(i) Efi(^. U Aitic. t. ;j; Efift. y. Efifi. 6. f^ 

(t) JtédicTfvi eu belle tê njjât^ri contra CMJu$ h^n^ 
nèremPùpt^ K^rnsni à»nefi<mconce]fummmici titqnt 
inviii mitterentur ,fedHt 00 te^fpore non mode Iffe ' 
fantùf dignitaùs ttm fui , vttnm etiam riteris auBot 
sd te adjuvémdum. Efift. nd Attif. l. p, Efiji. Çkm 
Çi!fAvi,tm^7'f' tsi9* 

43) Plut. Vie de Cic^toû» 



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MARS. 1751. »i 

^conîs', mais dès qa il s'apperçui qucCé- 
ùt , qui écoit l'objet de l'adoration da 
[Peuple Romain 9 pouvait contrebalancée 
fon crédit , il ne cliercha qu'à le détruire , 
xar Pjompée , fans avoir la quâUcé de Dic^ 
' tateur , chcrcboit a en avoir l'autorité. 
' Ceftcc que lui reproctoit Caton , le fcut 
Romain , qui dans cette circonftance oe 
, confulta qac fon devoir , fans avoir égard 
.a aucun intérêt particulier , & à qui 1 oa 
ne peut reprocher que d'avoir été trop 
'liomme det>îen dans un fiécle très-cor* 
rompu > (1) Te plaignoit hautement dé la 
xonduite de Pompée. (%) Il prend les Pro- 
. minces de force, difoit-il ,& donne Ici 
' autres à fes favoris j U refte ici dans la 
' Ville pour y cicciter des (éditions dans tes 
'Comices , & pour y fufciter de nouveaux 
'croubles, d'où il eft aifé de voir que pac 
' Je moyen de cette Anarchie qu'il intrô- 
• xiuit , il fc prépare & fe ménage la Mo- 
narchie^ . r , 

Les apparences de la ^érte civile ayaht 
«ticore augmenté rauiôritc dePbnnpéé, 

(s) Nsm Cstanefn nêfirum non m amas fÎMffnjm 

' 4go ^fedtamtn slU oftimô animù utens é' fimumjiiii 

*nMt inttnkmRtifttblicÂ^ i^ctt iniih tMnpêkm )n 

^UfùHÎs 'K%Aiy%t<tfententtaim nêitih^em m ^tffwèr 

'Sfieeê.t^z.Éfifi.adAttic.i.'f.ioo^ -'• > 

h) Plut. Yiedc Caton. ■ ^ , ' , ] ^ 



,y Google 



Al MERCUR1B DE f RANGE. 

.«qui étok comme le Rai de Rome > il ae 
ménsàgcx plus Ç^far. Comme il ne chcf- 
•choic qu'à le décruire 3 il ne vouloit point 
fe prêter à aucun accomnïodemènc , (i) U 
fie fouhaicoit qae la guerre » dans la p^- 
fuafion où il écott que la viâoire ne lou- 
voie lui échapper , & qu'elle l-éleveroic i 
la Diftature , car fon ambition étoic de 
gouverner Rome avec la même autoricé 
^û'avoit eue Sylla , & il difoit fouvent^ çc 
•que Sylla aoû faire , pourquoi ne le pour* 
rois- je pas faire ^ (1) 

Céfar , qui ne pouYoît* pas douter de la 
mauvaife volonté de Pompée , oflfroit ée 
pofer lesarmes, pourvu qtte ^n énnenii 
en fît autant (}) & allât à fon Gouvcmc* 
tnent d*Efpagne^ car de lui ôter fes trou* 
pes. Se dé laiffcr â Pompée les (iennes, c*c* 
toit, en Taccufant d*afpirer à la tyrannie» 
donner i fon rival un moyen lut de s'en 
emparer. Curiori propofoit hautetnenc cçs 
conditions au peuple » & il étoit écouté 
avec de grands battem^ns de mains > il / 

(i) EfiJI, Mi Attknm» 1 8. Efifi. iv. f. 14^5; 

JMXL S» 

(t^ Mifânium hmoinmCnêim mfier ShUmjU 
. regm Jltndittulmêm eoncufivii. Efiji. m4 *^^ ^ ^ 

- SyUa non fptuk , i^ù nên p9tm ^ Efift. sd Attk^ 
I. 9. Efift. xo ,f. t^07 itom, 8. 
(3} Plac; Vie de Céfar. Cr/2ir di iêtio civiU. Ut. 



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M A t. ^. 175t. I5 

mû eût tfiêttléqùi ^juand il fc retira , jette* 
tt^tmCùic loi J^cs céiàtbtunes de âeors. 
' Aht'Oinc ayant la , cil préfencc du Peu- 
tac<i) Mes lcttr4îs'de<Séfar,daos kfqud- 
ie^ U o^rott de fe démettre du commande* 
èatta de (on armée ^ û Pompée en faifoit 
^UM 3 le plus gtand nombre trouva que 
Çéfar ne deitMWidoit que des cfeofes juftes & 
tai^nnàbtes ^ itiais ces mêmes lettres ayant 
ééé^làes danslç Sénat , le Conful Lenculus 
iiiVëâîvâ «▼ec Violence contre Çéfar, (2) 
il hvaltraita, Antoine Se Curion qui pr^- 
eoi^nt foti parti s eux ^ui ne (t croyoierit 
-pas eh lurcfé dans Rome , fc déguiferenc 
• ci> ïfcWvcs & vinrent trouver Céfar , a 
'".qiii ils dirent <iu'ii n'y avoit plus d'ordre 
nidc^ police à Rome j que IcsTribufis mè- 
^mè n'âvbient pas la liberté de parler; 
qu*4>n les dvaflbit du Sénat >flt que tout 
homme qui ofoît ouvrir U bouche pour la 
lufticC) le mettoit en grand danger. 
/ Il étoit'donc ifès-tecilc à Pompée de 
•jfrçYcnir la guerrç y Cicéron en a toujours 
^écé perruadc* J*étois d avis ,^ dit-il, mc 
- Pompée allât à fon Gouverneihent d'Efpa- 
' gfttf , flc s'il àvoit pris ce pani i nous n'euf- 
. Xioqs ppiftç eu de guerre •, mais outre qu*il 

(ifVîc ât Pompée. Plutarque ^ Yîe d'Antoio^^ 
(1.) dfitr rdê^Mh avili , /. i. ». 5, LivU , Efii. 
J>t$a* 11. L 9» •(^.* , .u .V.., //ii: .' ., 



Digiîizedby Google 



^ MEÏICURED€ FRAMCt 

. cCpétoiç * qu*cUe hiî ferou a^^ftikragçsCf i 
ceux, qu'il admectoît i Cba Confcii^ I^fon* 
fcaitoicnc ^veci^mptttCcyiAcnt » parce <|m ils 
Jie doutdi^Eit pal^qué Içs rroublfcs, pi^Uti 
jie leur f^urnUTeAC des reiToacces pour 
irérablir Jeurs zS^\%c^ dQtt^cfttquci ) & po«tf 
/acisfaice leurs cu{H<lttés ^c*çft Ciùétpn qqi 
^ôiis' apprend i:eS. Afnccdpiej. O ) 
: Céfar cioic d'aurahc plasi loaabjLe deifê 
. iprêter à ttiia.^Oïnti}Qdcraciît,>&. de p^p vajtt- 
loir, pas porter 1^ chofes; ï la derEvieie /s^ 
^rèmitç » q\i\\ éioit pecfaad^.què d^s ^u'il 
.^c fcroit plus à ta <;ete de fon armé^, il nf 
«voie plus de fureté.pour l\Xu(z) cepei^ 
danc il vauloic bien (^ démettre du potn* 
mandement, fi fon eni^enîM cédoit fçs Lç- 
«gions à quelque autre Général. Il e^ c<Hif- 
;cantquele5 partifahs de^Ponipoe haiÀbieçt 
^naortclleaie^; ÇéCa^Vy il n'^d faut poiat 
d'autre preuve^quê ce qui fe p^if^ dans une 

, €$vile bellnm nuUum ûmninhfiiiJ[et;viéiÀ ifi MtSmhfis 
mi^% nàn t4m k Pâmfmjnsm is movehatar^ qamm ié 
-hs qm duce fomfeUfnti fefèffêrmném fehms détm^ 
-fiicis (^ eufiditéUihmftihjmms hêUi wÛarimm forepti 
:t/Ufimt, Ef^^ Citer. Cecihné^Efffi* ad fsfnilimês i 
L 6, Efifi. 6. tùm, ^. f, 300. 501. 

(1) Cifari autem' ferf^afum efl fi Jalvum ejji nm 
f^S^ 'tfidk €9C€rckM ncejltriti fm ifi^ um^en. £ùm^ 
tionem Ht amhexércitustrsdini.EfiJié^édfiimit. L S* 
Efifi. xiv^ tom. tf.^435• A: . • ^^ 

entrevue 



dby Google 



Xî A R 3. 175 n ;i5 

imtSFevûe où Céfar p^oporoic des vpye&4c 
coiicilûtipti ) Labteims dit avec enapQrtq^ 
mène ces ^paioles pleine» de. fareur t (l) 
cc^et de nous parler d*accoaMnodemcnc ^ 
il ne peut y asoïï de j>aix , qu*en nous ap- 
;portant la tête de Céur. 

L'indignirë avbc kquclle Antoine ^ 
Ciirion mreut ^tairés dans le Scrvac , lorf- 
<îu*ils ne <hcrchoient ^u'à concilier le» 
*chQfes » écoit convroe un premier aâ^ 
^'hoftiUtCj^ue l'on prévoyoit dey oit êtcc 
îiiiyi dune guerre cfuclle. Le Çonful Len- 
lulus , qui la fouiairoit , voulut faire des 
ievfes à Rome i mais le peuple , qui croit 
convainca que les demaDdcs de Céfar 
^étoient raifohnables , ne s'y prêtoic qoje 
de fort roauvaife grâce ^ les uns n*obci(l 
foient point àfcs mahdemens , dit Plurar- 
quç, (1) les autres ne venoient fef réfenrer 
qu'en, petit nombre & avec trçs-mauvaifp 
volonté , Se U plupart , au lieu de donner 
ieurs noms^ crioient la paix , lap^ix. (j) .^ 

Céfaç fc vit pour lors réduit (4) à |^ 

( Defînlre ergo ^ eûtnfofitiônelàqtêi , nam nâ^ 
mifi Câfitris cttfhereUUê fMX ntdU êffe ptefi^ Ui hêUê 

(i) Plut. Vie de Pompée. 

{^yhlec Mdhuc fêfi inve^'éftêi M^eon^âeitândum 

pumdm»* Cictfo dd Jiiise» L 7- tom* 7» f* H S h " 

B 



,y Google 



VS MEftCîfREBEF&AMCE. 

crncUc iiéceffii^,ôa àc p«érit pàit h tièisMà 
ifeirotonté àc As'cMKeiKts^ m (ée 4&ii«^ fa 
guértt i Cl P^rî^ ^ U «(I«!&nMli fc% ^(90pes, 
il Jeur fit wè: Vi^yjôftkse dt fts-tui^^ùi- 

le Peuple Romain feïi ^v<ôit ftc^èrdéi^s , jâ 
*j<yrféftitiw,tn offrant ^t iactifiïîr /c$ jioiv 
neurs 8c fa digtiité aû-bicîi de k pai» ,11a. 
fèlente<i(i patci ^uiiiu 4?^k ^p^fô <ian 
4cs procédés îsrvec les Tribune; il cohck 
4i)u il tie lai ï^cm d*au(re pi;td ^c de k 

Witfottjours négôriet |K)tir cacher de ^- 
^jveftir^ la ptfh. fUvoitiî peu forrgé fi)4 
«feit« la guette à Pompées ^^*i4 4^e^dît é 
Id renvoyer datk Lé^riï, ^«11 ^uspoir, 
-iânf lîottte > gardées, s'il iiWir^ f a^t^ï^ 
Quelque «c6rttftH>dtm<?m. L«5 HAri^ ï«k 
Céfat éloitnt ^erfaadé» ><}Ut dan^ lè-fead 
•du capur il fcmhâ^tcic4à min, ftiibu^À». 
Vmt à Oi(Sérdn,^«tQé{wtte actn«i4à 

3a'à viVrie en W^é Cëmni^ WaMttk 
cffcte^ de Jfes erirK*n«is^ ^a^M ne cbeafaoîc 
TOS même à dirpiitcr U ^eccuiec cangi 
fectaipée.<t) Il Uvok Éftit pcier C^nérM 
d'employer fon éloquence ^ <im ^crtèt 

*ii)'Wat. Vit Jé^éfaî. 



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- ^ M'A * fe ' t75î- it 

tm efouvec ées inb^nii ë'Kcc^modc^ 
Qcat , ( I ) 6c lor Wfl apprit ^11 fi wk 
téétclsLvé par le iénfît cntitiuî^é 4^ Pd*. 
rie , & <ju'il ne iai rcftoic pluç^^*<Kitrfc 
paTti4Mc de vainetc ceux qtii lui étoicnc 
jppofies, po de périr, it balai ça s'^loppoi- 
fcioit la force i 4'infiifticc -de Itsad^erfai- 
rcs^ Liwiiia'il ifc VTt fur le bcKd ^a^ Rtabiooil 
ivecianc partie de ion ami^ , (i) di^ r^ 
flexions profoiî^des fe préfet tarent S foh 
cfprit $ il s'arrêca renie d'an coup , & fix^ 
dans la même place , il repafla dans foti 
cfprit tous les inconvéniens -de parti gti'il 
alloit prendre , & plongé dans'Ufi prt)<oiKl 
filçncc , il cHaoge^ i& cediattgca d>vis une 
infiniié dcifoisiaVecbc^iiccKiip d agiratioh 
«Bt de traable; c'étoir y dit ^tcttarquc', 
tomme le flax & tcAmx de la ni«r ; il com* 
muniqoa fes inquiérodes à fes amis ^ qui 
Soient préfens , il lèut fit paqt de (ç$ dod^* 
ilct & ac fes inee«ittlde^',^h-;idppéllîmc 
aot|sies ^grands tiïSMUc-âofet Ptftwvçts étoît 
menacé pat ce paflage^ enfin par-iifif^ranC- 
t^iort de courage, &■ comtHé s'ÀàWiotwianc 
ï lui-même » & fe jecranc i corps perdu 
-dans r^Ventf , en feiiant céder tous les 

(tj Plue. Vie de C^» - ., 



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jces pirolcs ;iparclioiis« pt^fqde Hn^'ofiicc 
ide mes ttB^tfsi^nfy oblige $ le ^rc enreft 

Il étoic cepcadaoc .toujours éatks ia dit 
|>oficioo de s'accommoder. (2) Se voyant 
jDaicre de Rome , il exhorta les Sénatetm 
xju il y trouva , d*envo3rcr des Députés i 
Pompée « pour ttaicer d!un accommod» 
ment à des <:ondicions raî£c)nnabLes i pet- 
fonne n'oTa s'en charger y parce que Pom- 
pée avoit déclaré qu'il regarder oîc coinr 
sne.fes ennemis tous ceux qui ne le (wr 
l^côLent ^as, , 

Lçrfqu il fut arriva à Brin^fi > (j) 3 
jd^pècha yiljalUu^Rmus!, âmi particulier 
de Pompése i à cç Général , pour lui propè- 
fer d'avoir une conférence enfemWc , de 
congédier Jeujrs arnaécscn trois jours , de 
1 confirmer par des fermcns refpedaUcs 
-leur ançienw^<iti4> 1^ qu^fuite :Uss-jEn 
. retour nadlèii; ^ it^lk » ^Pompée rcjecu 
jces offres^,) s* j : ' . ^ 

Xc jour mènae de UM^^I^^ ^^> Piiarfafe, 
t . " , ' • ■ * •- . - 

(t) Edtiff quVDeêrttnào^ntâ^é^ inimiefrHmmh 
^HttMs voeat, i»Ba efi édes, Suetonc. 
, Vfiyei auffi l'Qraiiaa daCicéroia , fhro Hgiri$i 
n. <?. ip^^nt' w*»- ^ ^*^ ^ Véilnirgç. ^ 
' (x) Plu;. VAC.dcCifaf.: t . ; . 

(j) Plur. yie de Ponjp&w^ J* .:'/ .j-. * . . 



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Ç^^cfar (i) harangua fcs foldats pour I» 
prendre â témoins , qu'il avoir fouhaicj ht 
paix avec cmpreflcBDcnt , qu*il avoir pro* 
p.pfé d^s contcrcQCcs & envoyé dès Dcpu-» 
tes, roQJours inmilcmenr, (i) & aptes 
îiYoir fgï^né cèçtc bataille décifivc , con^ 
tvnsplani \ts morrs & lesmourans^ildir cc^ 
propres paroles fur, le cfaaxup de viâoirc > 
f3)Celonr eux qui l'ont vooliyen parlanD 
lâe Tes enoemis. Après r«nrdc viûoires^& 
^c guerres â gtorieuferocnr terminées ,fc- 
fois ptcrdtt fi ;c n'euffeeù recours i la pro* 
rçâion:de mon armée -,(4) routes ces dé^- 
loarcfaes onr fait dire à un célèbre Hifto-* 
^n queCéiâc n'avoit rien négligé pour 

V ; f ?) ^^ **^ ^^ k-'* »• »• ^• 

iSfilittendh ultf} ffi^uUviJet \ in ^up jaàurmn di-'' 
gnitftis at^ue héncrfsipfi faâsifMsfitiffet , cfudeUtM- 
B^ -^ inpfl^iaM in etteumfmbtniis TrUunif 
flthis, Cmdiiiûngs afe Utas (j^ expitiiM colhifuia 'é^ 
den0g^se§mmemorat, Leguta md fêmfeium dt tvné^^ 
ftfiriime mitti ofortere. De heilo civiU^ /. T. 3 1. /.///• 
», 50. mfrinùs^ûmmfjmna?iitseftihi$f0 miM^ui nU 
f^êquâutojiHdiû parefn'petiijlet , Jiué^erVtiiinnt» 
m cdUqui/^ue per Ciodium cum Scipiêm giffit ^ftùm^. 
^m mcdis>mdw$mn tum Sikm0 demitSêtidis LegMBii^ 
09mtem6pt. 

(3) Plot. Vie de Céfar.. 

Ç4) Hù€ voluêfunt ; tttntiiuiusgefiis^ C Cêfin^ 
nndipmMtus f^em wfi^ Mhtxirâtm Mttxiliumfêtiifiw^ 
AtecoBe »^yic de Céiar« 

B uj 



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j^o MERCURE. DE FRANCE. 

fonretvcr la paix, mais que le pafiièri 
Pottipéc n*avotc jamais voulu entcnclre à! 
aiicitn acçommBodemciu , («) c*cft prédft-^l 
sscntce qoeooas avons dbcircm. ilcpro«^ 
Tcr. 

Il eft Ttaa <fae CéGtf , ^firès^avoir vaîtic* 
Ict enaeims ,. oe fi^ogea jamais à rencif e U 
iikercé i Romev mais il étoic crès-natuid 
^'après les dangers- qu*il awoii évites , il 
JOmi de ccmre Tétemlue de fa vifkoirc > ce 
^î a«ioît éré en crieme dansCftCon & d^ 
Ârmur» CoahUâi être percnt^àCé^» cjoi 
a€s*eftjanaîipiiq^iédl'&tTc bTerto mêmci. 
(ftjf Cd s'il jti^a i ptopoi^ de fe laoetirc tf^ 
.eut de n'avoir pkis rien àr craindre du ca« 
price de ceax qui ne raimoienc pas , oa 

Icra du moins fo^a^ 4'4^^^ > "^^ P^^^ 
pcHhttàt rtli porté plus haik la cfémetïcc, 
Peut-itre mcn^ qne Céfar ,.<jùand il eût 
9té pins vcsçQCBXy nauroil pas da rétablit 
ll^ RépcM jfTO ç les Romains n^oîent plttt 
rtpawef de tivr'e en libeitév les Nobles 

fifftgfmod fifvémdk faefse/mjfk tentmi (âfféi ^ mkt 

Ms)Hy#<^epc«tlanrt êtt!i^i<m éeMqrA ft* 
soient hooneur même i un homnic iièsttrtatutt^ 
Le Di^aicuf Sylla l'ayant >ottb oMiijer dt i<pu- 
dlH <îo^c4îâ./fille de Cinn^ , il ttma mieur tiU 
qiM^.tk^f&mneët fi» bfetiJ » <ïue de mèrktt la 6-^ 
Vi^orde Sjrlla par cette îojufttee; ^Sifêfmà^r 



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*4 A K s. ifft. it 

ftp\evi% trop ^riches & trop ambitieux ; le 
Peuple trop indocih S<, trop avide > une* 
révolution éroii devenue nçccflaire par la 
grandeur de fe corçqpûon , les Hiftoricn^ 
de bonne foi eeT^eonvîtemiein*,, écouîQn^ 
Ftatarquc : (i) k Gauv^incmcot étoit ûî 
mauvais à Rome i. que Von foqftoit quqf 
ceux qui briguoient les Chargcsl > noiflenl 
au* milieu xiè là pkçe 4t$ tibles , 6c qnUbf 
achctaflcnt pubhqfttcmenrà deniers compp 
tans avec une impûdchcc horrible les Cm^ 
i&age» du Peufte , qui aprè^ avoir hoiwu- 
îfemenr trafique de fon fuffragc\ VcngiÇ 
aux affemblécs, non dbnner amplement 
& voix à celui qoi l'avoir payé, maiscomir 
battre pourjui^vc^ de^ artncsi offenfives , 
& il arrivoit fouvcht qu'ils ne fc fépa- 
roient qu!apcè$ avoir fouillé de fang & de 
morts Ifc Tribunal*, lai(&nl tôfliottp W 
Ville dans l'anarchie, comme un VaMbiu 
fans Pilote tk (ans gouvem^iil ', ^cçianie"» 
Fe que ecux qtii avaient du icits , Aiiroienr 
c:c bien fatisfeiis slU sipoienr ^Ct pfc^ 
mettte qu^ioe fi grande Jkéiii«iett>^tinc lî- 
furieufe cooftifien & nnt todirosente (è 
horrible, ne les jetteroient pas dmt naf 
état pire encore que la Monarcyc. 

pe fi ^aiMk défordres faifoicfit dkiQ pn-t 
bliquemcnt,que la feule itSaOBESSt i{fti rc^ 

UIJ 



„ Google 



fi MERCURE DE FRANCE 

toît à la Répabliqiie , écoit d*ctrc rcdmre^ 
fous la puiflance d'un féal. Cicéron Idi- 
iVicmc convcnoit qu*il n'y avoîc plus 
d'honnctcs gcnsi Rome, (i)^ 
' Dans^ de» circonftances auffi cririqucs.> 
^uc pouvoir fsiuc Ccfar de plus con- 
venable que de coaferver une place que 
fa violence de (es ennemis l'avoir oblige 
d'ufurpcr,& dont il croit plus digne qu'aii* 
cbn homme de fon fiécle ^ 

. (i) Egi quoi M iûnos ejft dkas- n^nmtHUgo , ifjît 
9hIIos novL Efffi' AdAtiicJ.^.Epifi.i.f. i3fi 

E P I T R E 

^M. U Cornu de M**"^ .fitrt'a mon dt 
^ Mdd. U ComteJJe de M***^fen épon/K 

\^ Rgane du courroux des Dieux ^ 

La foudre épouvante la rçrre ; 
. > ■:- Tout cède aux horreurs de 1^ guette ^^ 
l^î change les humains eu monftres (urîéux^ 
liât la contagion Tair , foûden de lavvie. 

Dataient la fource de la naott. 
Bé ces fi(^uz divers , de ces.crimcs du fort» 
%— la fatalité réunie . 

'ifLfflig^ juoias ia tcite^ accufèmoiiSiS les Cieio^ 



,y Google 



• la A R s! i/yr. j'j: 

^^e le coup HûàtKtù qtit détruit à nos y eux 
USes charmes , dês^errtis lé brillant aflembtage*- 
^A * * *l*àniOttr Se Plionnreor'dc notre Sge , 
Grands Dieux l pourq^aai la rerttt > la btauté p* 
Votre précicnlt appanagr, 
Pourqiu>roes ipaits de la Divinité' 
T3e jôuiffcnr-ils^poitft de l'immortalité r 
JÇlîepi ! Fûtes vous jalouz^ de voire propre ourioeèf^ 
Au fort d'un fàvorr de Mars 
Vo«s Unîtes fa deftiiïce , < 
Et (eur union (oirtQ née 
. S^pplaudiiGsic de Tos^regsrd»^- 
-Sllbur^ cruels! Qt^elle tK>rreur foccëde â tint (J^ 
' • ^ ' charmes 1" , ^ 

'* ïÇe TOUS vende:è thef vis fivenrs ! . 
SHtt l'éppafe là mtrt )épQÎfe fcs fureurs ,' 
^ ne lai& i l'époux de vos ddns querferlarmess' 

Oui , doûne- lëwt uiï life're cotits , 

Oui, digne époux*, pleure dès joorf - 
Q3e pleurent a^c toi l'Amour & la' Nature*'- 

Sr ccprndint de ton fenfiôlc cowir 
Qjjelque objet doit guérir la profonde blefliire;* 

OU du moins calmer la d^eur; 
^ntémple cet enfant en qurfe renouvelle' 
0ette ép.oafe chérie , hélas .'mais qui n'eft plus^ 
^a$,cê fruir àc l'amour, ddnt tu brûUsptttr^llê^ 

Sont ïéunis^ confondus , 



,y Google 



f4^ itrRrCtrRE de fran ce_ 

Et U double ttge immoneUo 
Dca Çéfari 5c des Tullios, 
A la oiceflué ccde d êire rebellç r 
^ Aoi )«ix do fort (bomecs-coi coin me noas ^ 
11 te re Ae an <fnfm » ^e deftia eft abfbus . • 

P O R T R A l:T 

De Mlh * * ♦ , fitit^ eltt-mime. 

Q Û'clie cft hardie ,s'à::ficrart'on , d cn-^ 
ciepirencke clk-pèoqe de faire c^ 
qu*à peineonlaifTc faire aux J»^cresl:Maisii 
tcllfs font les jcuncs^pcrConncs ; eHcs nc- 
eonnoiflenr point de diâSfculccs, lorAqa'el- 
ks^ entreprennent quelque chofe..,Jc ne- 
fuis pourranc pas tout à fait dans le cas^ 
Je fçais combien il eft difficile dc^e pein- 
dre (oî-mênaejJcS'- femmes viurtout /qak 
font accuftes de pré^^ntion. Si^jemVra- 
Èicllis, on fe ||pcquera de moi*, C\ mon pim> 
eeau joint à ^foibklTe de rb^milifré , m^^ 
foi ^ ee q*cfcpas la peine j on dit dailleur^. 
qu*an ae fe voit pas avec:fcs. ycux« Lcf- 
^lelà* prendrai: je ? GtttX' de^roet amans h* 
Non , je donherois dans les embcllific-- 
ncm» Ceuji;.de.mii^^ci&^3Q^^ceQjuir' 



,y Google 



U A R S. 1^5 li- îs 

mc$ amies S Ma foi » je n^cn ai pas. Ceux 
de mes ennemies ? Oh î je dorincrois dans 
l'humiliré. Quel embarras t Ah l je l'ai 
trouvé. Je prendrai un œil d'un de mes 
amans , & l'oeil d'une dttnes ennemies , Se 
.comparant leurs rapports équitablcment, ^ 
Sç fans la prévention de Tun Se de l'autre , 
f^ tiendrai un juftè milieu en trt les deux , 
6f je commencerai par ma taillcr Elle e(ï - 
bien prife , fine & déliée; fk,i le pred fort 

Eeiit , la jambe bien faite, mon^torps cft^ 
icn placé fut toutes les deux •, j'ai la main • 
fneiKic , un peu maigre, mais bicri faite j> 
fjài le bhtô pafTablcment bien , fa gorge 
î^lanche , Se le peu que f en ai eft bien plac- 
ée v ma tête cft bitn placée fur mesépaa^ 
Hst Se ic n'ai pas mauvâifé gf ace , qutrf-^ 
que je foi;? petire j j'ai le vifage rontf , & - 
très- bien pris î j'ai les yeux plus gfands^^ 
eue petits ; ils font gris > yifs Se brillans^- 
lis en difent fouvent plus que je n'en veux • 
4ire , Si plii$ que je n'en pcnfc , mds ce ' 
li^cft pîïs ma fautes & je tv'en fuij pas^maî- 
ffeflc i c'eft ala Nature qu'il faut s'en prcn-- 
^e. Jai le regard un peu fec % & quelque- 
fôis impertintut j j'ai iesfourcils beaux &^ 
noirs ; bîen placés^, a^quifôrmtnt far mes ^ 
i^ux deux "^rcs parfaits 1 j'ai le nez ]3retir , > 
Éirge , un peu rond parle bout , & un peu * 
fitiMâ}. Malg^ coa«^ cela , ii ne mç 6^4^ 

I^-vj^; 



,y Google 



i^ MERCURE DE FRANC Bi 

pas fi mal qu'on le crq^coit.. J'ai la bouche- 
grande , mais j'ai les Icvrcs belles & biea^ 
ctcflSnces, je puis. dire qu'elle n'cft pas- 
defagréable , uxc n'eft lorfquc je ris ; poar- 
lors , j'ai.befoin de mes dents qui font bel- 
les » Se. elles s'acquittent fort bien de la- 
commifllon. J'ai le menton rond , pdcelé ,. 
8ç un p^tit trou at; mifieu » ce qui le rendi 
fort joli \ )*ai tç front étroit ..mais j ai les< 
cheveux bien plantés , & d'un joli brun. Je- 
fliis blanche , beaucoup plus qvi'uhc bra-s 
ne nereft,ordinairemcnr. Enfin , on m'af^. 
|Jcllc une. jolie femme, non poœ: mes trait s^: 
mais pour un je ne fçais quoi , qui a plu ai- 
Ken des gens 3 & qui peut pkirc encore >., 
car je n'ai que vingt-ans. Pour le carac-^ 
tere , il eft indéfihilTable •, il eft tout à la 
fois, doux,, vif ; enjoué & trifte. Deiix^ 
dans h bontitur > impatient ^ans^ le maU 
heur, enjoué avec? ceux <jui me plâifent^ 
& triftç avec k grand nîonde , car je fiiiy^ 
nArurcllemeot fombrc 8c rcveuic. Je fuîs^ 
compatiflûnte., Se les^ malheurs d'autroi*: 
me touehenti Je ftrois bonne ainie j mat^ 
là difficulté de trouver- ma^pareiUe , fait>^ 
que ceientiment efr encore tibïcchez moîwk 
Je fuis grande ennemie v&^e haisl>ien|;^ 
Cependant l'on ne s'en appercçvFoit pas >„ 
fi je le voulois bien ^ mais aci contraire , je- 
It^ouc avec gjbuiir , làccainie. de. j^Sw 



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M- A^ K,S. 175t. î9r 

9rxjtt (larèufe., me: (211 ,donner plutôt da(n9^ 
k.tacre excès. J.^îmcroisancz-la vengcail*^ 
r 9 mais le Ciel m'a^faic naîcre dans uno 
> ndition <jai m'ôic cou* pouvoir •, je pour-? 
>is quelque, chofe: paf les* autres, 'mai^« 
a i trop * de coeur pour avoir de ces oblî-» 
^^^ibns*là^; j'aitne. aflez, dira quelqu'un , , 
voir unc^iemm^ fe vattter-d'aw)ii:/dii> 
o^ur. Attcndezuun moment , |e rép ondiair . 
A HC s agir pas icisde bravoure 5 je nc" 
n'en pique pas, car. au*:^ contraire je fuis > 
Dolcronne,& j-at peur diine.fûfce vor 
1-â.nte. Gepchdanr je n'aime -pas-les^pol-' 
CFons» & je* jettcrois la première pierre fi- 
on lapi^ok ces efpéces d*homn)e9"U ', ain& 
il ne s'agit dofrc que da coeur délicat e« 
fkir d*honneur ficnaclU v oh i pour délicat ,, 
ih Teft ^ & foùâie qiielquefois* de la bizar*^ 
reric d'un public »^ui jugeant des unes par 
les infathes tnoffups deis autres^ les- met air 
rang>^des objet» méprifables^ Oui ^c'eft-là 
mon grand-tnal ,. St qui mc^donne de Thu-^ 
iBCur. On m'accufc d'en avoir beaucoup* 
aufli y je hai^quadrouc. le monde , &quoU 
cjue je paK)krc revenir, il- me refte tou- 
jours un v«nin d2N;is lé coeur qui ne s'éccicir 
jamais. Oa ne mroSî»n(è pas unpunémenr». 
& ceux qui m'ont calomniée*^, j'en ai mé- 
dita vec d'autant plus d'avantage ^, que ce- 
e^^ je dis de méchant cft. aiTez bien diu £iiv 



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^ AfElfCirRE ITE FR AKCE. 

eela , je l'avoue » |e fuis méctiànte , Se 
^nand je.peus^^faire umc mauvaife plaifan^ 
nrrie fuf tes gens ciui^me déplaifcnt , ocU 
me met du baume aans le fang:, i[ me fcm- 
Me que je refpire nn«ux: Mcscnneitt» 
m'ont donné la réputation d^'être m^vai» 
fc , & je la fouticnr i léac dépens. Poa 
fc Tcnger ib me déchirent ^^mais ils n otf 
pas te plaide de voir Vc&f^ de leur noir- 
ceur » car perfonme n'eft makreffe de fou 
Hrifage comme moi;^^ Cependant je ùm 
Usiûtc , Se né prends pas tranqu^lement les 
pritestnorrtBtatbns que fBon orgueil cf- 
ixxjc. Mais Je m'apperçots qu'il mai!^ae 
quelque choie â mon portrait* Qlioi l paf 
«me inclination^ Point de tendrcffc'KA 
qtie fi;j*ai leedeur tendre ^-j aime »& 
•fàime bien y niais je n'en avoue pas tout, 
'& l'on ne croiroii; jamais à mon air froicT 
•& indiffèrent , ce qui fë paâe danstnoA 
H^amt. Je me lé'cachequeiqtieibis âmoi- 
^mèrue. Je crois penfcr jwfte j tant que Ton 
'n'cflrpas uni* à ce que rt)n ainœv on doit 
du moins lui cacher une partie de Tes fen- 
-thnens. Il n'cft pas nml qtt'un hbnnne 
•doute un peu de l'effet de fa tendreffe, & 
avec beaucoup de vertu", l'objet le plas- 
' joli doit joindre de U retenue. Com- 
ment ? Faudroitil fe jetter i la tète deibn 
^ amant > parce qi^c l'on c&^h d'êtse obîa^ 



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.'- M K R S. i7jn 359EÎ 

Bbor moi jç pctjfe le contraire , car c'cft: 
l* rems Jo plus critique, & parconfequent^ 
celui ou lîon a le plus befôin d'indiffcrcn- 
ée^ & âc fagcffe. Tel cft mon carâdérc ^ 
ma façon ^*^gir &: de penfer-. Si 'l'oA) 
voyQÎ^ ïpçn arîie,çoinme Ton voit ma 6*- 
gurc/on mè rcndroit fuftice ,.,&ioncon- 
ykacfaôitqiJecjt; fois hon©e.ij peindre^, 
digne d'côimç , mat* jnallvcjrcu(ei Lc' 
Gicl , en rte donnant ies fentimens que ' 
«loic: avoir U noblc(& rt^ie m'a^donné que - 
Ictîi' ainiârian ^..om vK f^^ ambitieufe > . 
& mes vonîs<vi(cnr an- pen baof«^. Cetn'e&H 
pas: do^ coté Jki rictieflfes y non \ Se fijc 1er; 
fti foiiliaitées (|nelquefoîs, ^uroir éc^pouf ' 
&imtmûr le nombre triM> granid des maU 
iijeareox qucld fortune a taksv-c*eft un rang:': 
cjue j'envierok , non , pour tourcs^cs vani* 
tés puériles* qai occopenc les^ tctes^ de i>or- 
jeuncs^ folles -, mais pour être au-dcflfus^^ 
d'unecertainc partie du public qiie je hâîs,.- 
''& qui- ne prifé qnr cesqui eft au-dcflu^- 
de hi ott-fon égak Ainfr je conclâs de 
f=out ee qttC' jcvrcns de dire , que je fuis-- 
gayc & colère par rrmpérammcnr, trifte- 
■ôc iimbitieufê par raifoh , haute naturelle- - 
nicni ^«cére , Kitmai^C', insfparicnt c-; mé-- 
.prifante pour les ans & polie pour les a^i*- 
^cs , Cotte avec lesfotsL,fçavanre avec les^ 
^vaiis.>i:ar ilxilbbn de dii^que Jefç^ 



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40 mbrcifredrfrance: 

on peu de tour. C^ peut m^accorcter uA 
rang c^hczlcsgcns fpitimelsi On l'accorde 
àfitaac de gçn$ 5 & fi l'on me le rcfufc abfo^ 
|an)CQCy^n ne peut pas m'en ref^ifcc of^ 
phez les gçns^uL ont dti bon fenr» 

HRO S E A U R 01: DE: P RiU^S S E> 
P^r Madame Curé^ 

Roi des Sçavans & dcgSiagés, je fuis* 
née. fur les riyeg de la Seine ^ &- low 
des bords- fortunes- de la S fret , que tiv 
embellis pAC ta^réfinice , je pettx^4Be vgjx- 
.ter néanmoins d être ta Sujette» Ta re- 
çues fur tesefprits ylcs bornes de ton Em-*^ 
pire ne font ni les fleuves ni. les riTiercs> 
daigne recevoir aujourd'hui le tribut da 
mon zélc âc^demon admiration»^ 

, Mais- qpi fiiis*je% pour facrificr fui? te»- 
-Aiuclsîje ne compte p^mi mes ancêtres- 
que des hoinmcs \ lest Dkox^ont rcfufc 
jcs honneurs , Ids tirrcs-,. les dignités tune 
vpix Plébéienne peut elle chanter un Ro4 ^' 
Oui i secric laSagcfle: tu peux^ chanter 
im Roi Phiiofophe , qui foulé aux; piedt^ 
la chimère de la naiffancc , & qui pcnfc^ 
avec moi qu'il n eft gcûûtd'autrc^obletfct-' 
,(^ela Vertu,. 



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^ 



. M; A R $• 175 Î-. 4K 

• te favori d'Urànic,,Pami deCatliope^ 
Vun se 1 autre nés >. comme anoi , dans 
L'Empire de» Lys >^ont voté dans les Ré-^ 
gîons H)tperborées , pour s'aller pcoftecnec 
aux pieds de ton Trène , Se admirer eh co^ 
lin Roi ,ami de k fageflTc , qui d'un ϔt 
f^avanc découvre tout âla fois dans Apol» 
Ion Se le Dieu des^ fàiions > & le Dici^ 
des Pcëces, 



• Toute la rcrrè te f^t hoinstoiage dçsSfai** 
yans qu elle nfodpit v la fuperbe f^émfc fa 
uante moins aes.Fayeurs deN9^liinr)i}»c 
de la nahlânce d*an ^h^loCophe aimable ^ 
qui ta fçû plaire » parce qu'il a/çCi lui- mc-i 
me marier les grâces itjiHfonie avec la pro*^ 

' Maïs convient-iî à un ftiec foiblc ,&: 
Ignorant de macchej: fur les traces dé tant 
de grands hommes «* Ai-je jarnais fixé mes- 
yeux fur l'œil du monde v Ai-je jamài». 
chanté le Grand /ftwri, pu éclaircî les té- 
nèbres qui environnei>t la lumière ? Peut- 
être à de pareils titres. Grand Frédéric ^ 
pourroîs-je brûler mon encens fur tes Au-» 
(els \ mais béks y que mon efprit eftéloignic^ 
de ces merveilles t . 

Quellei timidité s'empare de mo^ acné ïi 



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4^ MERCURE DE FRANCE. 

Mes fcn$ font glacés^, ki trompette m"^ 
thâppc àct mains ', & aa lieir de frapper 
Kair cle fons mâles &r pén^rans, tu» accen» 
annoncent mon (exe ^ ^peine égalentîts ter 
fort des vils inftmtticns^ de^ befgè«$ %em^ 
feux, qui dans ion Empire clwiiitenrRK 
bondance » firak de cesibms patetfH^. 

Infpire moi » Dieu de l'Hélkôn , livre 
mon ^ame à ces heureux tranfpom que rcf- 
feniît aatrefoîita'Mufe àt tesbos l Elle 
fhama les^atcratts d'un amainc dangereaxi^^ 
qui irmèl» ik ftifpn* Je clwmtç aujour- 
iFhoi te» venm d^tHi Si^ cof^ronné » i|ii» 

tels , rivaux de tes exemples , apprendront 
4&n$ tous les tems^ at>x D^ïrax oë la ferre* 
Kafr de gouverner les honwne*. Tai^d^ 
mafqué la fomberie & la trabtf<»^ qnr 
ÏA^p^r perfide éonfbtidôtc malignemenf 
svec ta politique; 

< Royal Favori de^neuf SGrars- , \cs^v^ 
eens de ta fy^e ont pénétré jufqtri moir 
ic le Chantre immortel de Hhtri s*eft ap» 
plaudi mille fois de ccuxq»'i>,i'apliieii* 
fehtcr â fa gloire : fou vent il ferma Toreille 
i ceur-d' Apollon pour t^cfttendrc> le Dteo* 



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MA R s. I7!r»* 41 

fie îuî en fçut pas mauvais gré , il ctoir 
îiaiàs coi , on ne kti pcéfeioit ^qç luir 
hicjne; 

Qiie de fons & Raccords ditfercns tur 
scins^ fais entendre iPan , confos & inter- 
-âk , s'cn&tit d^s les ptus fombrea forèrs^ 
& n'ofe difpiuer avec toi til fe fottVi"(fiit 
d*avoir jadis été vainfadans lit PKrygie ^ 
par un rWat ccdontabù <» qtii ne kii p^ul: 
cl-'abord. qu'im paftf ar i il craint qnll n'ait 
changé en Sceptre G^htoolcttc> & que Ir 
^oi ne lui câcke le hcrgêr 5r.fi U Vit% 
champêtre ctoiç affcx téméraire > pour en- 
trer en tiGc avec toi » l'on ne ttGavcroife 
plus de Midas zSck'mkù^ peiic luiaccoc^ 

h viens ^W n#m*cr >Dltp{ïc vofege-,. 
qui couronne les gueqricrs j tu me retraces^ 
tes exploita du vainqaeof de Charles ic. 
- â*'jiiighfté^.jt vok en lui un autre ^f*li^ 
d*une main dans les champs de BcUoni^ >. 
& de l'autre dansks eBampa de Minerve ,, 
il moiâbnnç des Uunec3 imti:iorrcUf 

O Cicf ! qu*entendsse ^ Un monftre^ 
affreux fait rercnjir les airs de fcs doulçurs- 
& de fcs gémiffèmcns : l'ennemie de TTrr- 
mû ^que le Sabmofi- da NQrd.CJ|||tune >« 



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44 MERCURE DE FftA^NCE. 

fc teint brûlant & enflammé , tourné (c^ 
mains homicidcsr contre elle-même r fi 
Aireur ÔCé fon dcfefpoir lui ont didkc^foa 
acrèt V ta Dée0e de U }uftice applaudit en 
(buriant au premier trait déduite ^i 
échappe à fon ennemi, elle cède la balaacc 
& fon épée au Légiflateur de là Sprrée^ * 

' La fttperftition *. Tignorance ^le fatt^- 
tîfme ^ mêlent leors^cris aur hurlemens de 
la corruptrice desLoir^j jc.prète une oreii- 
\c attentive , je me tais \ leurs impré* 
«acions &- leurs blafphémes te louent 
mieux , ^rahd' Rot , c|ue mes àj^laudiile^ 
ment , ni mes^louanges; 

E FIT R. E V 



I 



A mats pour moi ptus belle aurore" 
4N^lyôic fait aaicre urt plas bcaa jour i 
^Ptt tivrcs doncâ' mon amour ' > 

Ton jeOiK coear, tbtit neuf racore V 
Tu m'aimes bien : bt^n tendrement if} 
M«s feux dans ton fein innocent ' 
Ont donc enfin pâ« faire tf dort 
Ke gecme heureux du fentiment p 



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. M A R S. 1751, • im 

^^â de ï tcnjîrcs mou?cmco« . 
Je fois le Cciû^dtMi amaos 
-Qtti rende ta raifon docile. 

Combien je.t'aimcl Oiii , ppurtouioilis, .^w 
t}onçois-tu bien loutemâ joie î > 

Parques, fiîcz d'or^ .de foie . ^ 

^ec-inftancrher à4ne<.ai:noii|^ t 

Aion boniicur n'cft point fans allarmec^ 
/Qur f eut te vôîi; toi , totfi tes charxne!^ :[ ' ^ 
;San$ être épris , ému , charmé i 
<îuand on aime /on veut être aîmél{ 
I^our^te .vaincre on aura des armes |. - • 
rfîs-mot ,«e -céderas- tu pas î 
^e fcrai-tu toujours £dclle^ 
-XuciUc;'^'c voudrôis ; Kijasi • 
t<Îpe,ï>ouitout-aUtre fans apfas^ 
dbm^s^jfduxifcsul^.^^ fûffesbdle* 

, , ^^rdonoe aines v«u!f bdifcren* 
Mais ^ Dieux ! iî le dcftin barbare 
JD'entiie mes.bra&^'^ôce.iainaîs;» 
rSi je teipords , de tftsrattraitf ; 
r^i goé1que>^pott¥ ;}ieureqx $'eippat«^ 
: Vois> que de, larmes yfic i^greis 
, Ce jpùt funefte me psépare s 
: Ah I {irérenona tbus'ces forfaits ; 
- Ajiiac^ nous , que tien ne fépare 
Kos cœxktf percés àes mêmes traits. 
f'Oui^ (oyons tâi exemple rare .'^ 
jI^aiÇQuiîjdeconlbcafic^jpaîxî. " 



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4< MERCtJRE DE FRANCE. , 

C^'on en médife , ^n*où en gronde , 
Soyons-noos tout ; comne^es Dîeaz^ 
K*apperccvoiis qae nois Jti mon^ ; 
Cooceas /•eliannëi ,:taufoiiTS heoreut , 
Que nous importent t«as les antres f 
)'en jute » cefont li mesircBax , 
Luctie 9 £>n t^e auffi les ?Srt es t 

L E T t RE 

ji Mlle Cléàran , des Champs Elijiet , 
le I j et Hécate. 

JE comraeiice na Le(;rre , Mackmoîfel* 
le » par vou$ dire qii< je fuis la Duclos > 
cette fameu(e A^ôcç <)vi a faic tant de 
bruit pendant fa vie« Ceft une pui^nce 
fupérieure qui me force à irons écrire* Je 
m'étois Bguré , à force de Tenrendrcdire , 

3tte je n'avois jamais eu dTrgalc dattiTArc 
'attendrir les cdburs. La beHèOlé de la 
Motte avQtCAçhevéde titc rbutiier la ;eètie 
fur mon mérite »& mon âmotfr-ipropfe 
croyoit n'avoir rien â<défirer dececocé. 
Cependant j^apprcndsi chaque «omeûC 
dans les Enfefs^par lesnrôrtsqm y deicen- 
dent , qu*il.&atque je vous^de. 

Je n entends ^rkr que de vof talc»if ; 
mille broies e^ coticem icii ypccegloice 



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,%i A K S. «751^ 4f 

ÉC 21 tm^omc ; on dit que cîen xitapfitùchc 

•ditfeims îpcr£cmnages cpe vom tefféCcn^ 

c©x; Voit5c t€>» cfc voipc ^ iros^fDocnrcisefis ^ 

^ros rc^Hs , vatrfc filencé roboe , portent 

ia fcn£biliné )itiqa'au fonàé àcï^nfc. Le 

rendre *Se Jepstthéri^ue , le^rand ic leftt- 

4^iiine , k cragiqoe & Ictctribk, vous font 

iti nacunés^ jqu 'U femble qtie iroa» ayez otif 

ifekrci^or chacune de oes<:faofe§<ii partie 

'£uUcr. Il D y m 4M]cun rMe , nous »mir&* 

t^oPi y qœ voas ne rcmplHIicE avoc nr>e d<9^ 

Jbielfc , tmc'^di^xté fi: ot>e imelldgence^tfi 

<i'iiipparâeiTn6bcic|u'iToas. VdosetesVido* 

le de ce même public doniij'crtots tnkttfcm 

ridolâtrç^ VoiU ce qui me dcfcfpcrc, 

Voiïs VOUS faire« fans efforts des admira- 

cearsde ceux , donc. je bernois ma gloirci A 

knc faire écouter. J'en fais înto'nfolatlc. 

La pauvre Cbampmètc i^me en gémit i 

récart avec fon tendre Racine , & je croit 

?[ue il les n>ért^ pouV^e?^ mourir deux 
bis , nous en perdrions; encprç layi^c 
regret. Ce qui acfhevc fteiibûsttéconccf- 
ter , c'eft que dcsp«frmîtrestjtri*iroosoTit 
vu , & qui nous Vojnmt, foactettncîit qtfc 
vous nousfappafTcaretwoBfc tnl^eatttël» en 
efprit. Votre air , V0n:C'ëéïttajrc?he ,tbtrtéii 
vous annonce: te SiHpy^tnê; .Le^4itt<ft41 
irous manque > Se vous ljP>iiiwrffe6a> / r 



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t 



4ST«ERCURE DE FRANCE. 

Voili l'avea humiliant que je fais db& 
;éé de faire. Il vous doit être bien doox 
vous entendre louer par une fcmmc> 
qui avoir affine bonne opt mon d'elle- mè^ 
tne pour fc-croirc au dcilus àc roace louan» 
^e^ Plufon ,<:e farouche Dieu des Enfers, 
-a été "il charmé des récits avantageux que 
4'on a feits fur votre <:ompre , qu'il m'a 
•contrainte île vous apç^cnafc, çn quelle 
qrépurarion vous êtes dans Ton noir Empira 
il fouhaite fort de vous y voir-j mais je 
vous confeillc de ne çàs vous préflfcr de 
i^cùir. La gloire de plaire au Roi des morts, 
fie vaur pas le plaifir de charmer le der- 
nier des vivàns. 

Duclos^G.M. 

V E R S 

A M. D. L. 

JuL Mi , f ai mis dans la balaûCe 
Les richeffes 8c les honneurs , 
. {.'efclavage & la «lépendance , 
Lc$ attributs «le l'opulence 
Atcc tout l*encens des âattcuts { 
Dans l'autre j'ai mis la Science > 
Jta fage médiocrité , 

Us 



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M A R s, I7JI, 
t«s diarmcsdcIâJiicuié, 
£t CCS amis de préfercDce 
Que l'on doit i l'orbanité ; 
JEt juillejnent i l'dperance 
De les voir par utilité. 
J'ai pris la raifon pour arbitre; 
Enluidifam, pefe les deux, 
tar ijnon d^fîr eft d*être hcurpux • 
Mais je prétends 1 être à bon titre| 
La raîfbn n*a point iicfité; - 
I^cfant le tout avec jufteflc , 
La balance de fa rîchefle 
S'élève avec rapidité. 
Et ceUe de la liberté , 
Par fon propie poids eftreftc. 
J*ai donc choifi par préférence 
La ûge médiocrité} 
A tout Péclat de Populeoce 
]'^ préferi'la liberté. 

^ A V r R E. 

A Mad. U Aï. de F. 

JD Eau chef- d'œuvrc de la Nature ^ 
Vous , ^ue les grâces & l'Amour 
N'oferoient peindre en raignaturc. 
Ne ven^« point âu Luxembourg ^ 
L ^Poot la gloû$ 4e If Pçiocuce, 



4i> 



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5x>.MEIU::lfRE DE'FKAMCE. 

Cette fralciiear de tcin ,re c»lork cbarmanr | 
Ce foarire enchaoteor que forage ^potre bouche i 
Cette taille » cet air qui utvic & qui touche , 
Fixeroieot tout les yeux 4aas le même moment . 
£t l'on verroit alors la fçavante impc^ure 

De Raphacl ^c-^e Mignacé 

Céder à la belle Nature , 
Qviaodelle efl.coi^uxe vous «toute £mple Se fâo$ 
fard, ' 

L E T T ,R E 

De Dom f^aijfet^ à M. de Fomsnelle. 

LE dcfir de voir , Monficur , le frag- 
tuent d'an de vos Ouvrages , qui n'eft 
point connu du Public ,^tn?a faii Utc Ic- 
Mcj:fiarc du iHAis de Janvier -, rHiftoîrc 
du prétendu Ron^cu dç^Pi^vcncc a les 
mêmes charniès que tout ce" qui cft forti 
de votre plunfic -, je defirerois pour ce 
grand hominç que vous cuffiez daigné en 
faire UA "Ouvrage féricux ; j*ai eu occafion 
de parler de lui , dans mon 'Hiftoire de 
Languedoc , tom. j » p. 4*5^1. Je n'ai pu 
me difpetifer de dire , que fon arrache- 
ment à S^c 'Louis 'le fit iifer.dé duplicité 



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M A R s. 17SI* 5» 

|»out exclure le Comte de Touloafe de U 
lucceffion de la Provence-, & préférer 
Charles d'Anjou , auquel il maria la Priii- 
cefTe donc il écoit tuteur. Le Père Main« 
bourg , Hiftoire des Croifades » tome 4 9 
page I } 1 » dit que <• Saint Louis fçuc fi 
g% adroitement gagner Romée de Ville- 
» neuve, & Albert de Tarafcon, tuteurs de 
9» la Princeflc Bcatrix, qu'il l'obtint pour 
m Charles d'Anjou , fon frerc : je fuit 
étonne , Moniteur , que vous ayez ignoré 
Ton véritable nom , & que vous n'ayez pat 
<lit , que ce Romieu n'eft qu'une, fidiom 
poétique du Dante , qui pour donner da 
nier veilleux à tout ce qui s'eft paflé foua 
fon miniftére , feignit qu'il étoit arrivé en 
Pèlerin , qu'il ne voulut jamais dire fon 
nom , & difparut mécontent du Comte de 
^ovence. Son nom de Baptême, en Latint 
XomeHs , en François Romée , en Proven-^» 
çal Romiou ^ ou Romieu , Signifie en laa«* 
gage du Pays , un Pèlerin* Le voyage que; 
Romée de Villeneuve fit en Syrie , ou du 
moins qu'il eut intention de faire , peut 
encore y avoir contribué \ on donnoic vo- . 
lontiers le nom de Pèlerin â ceux qui al** 
loient aux Croifades -, le Grand Maître de 
Rhodes , par une Lettre de Tan 1 1 ) 9 » lai 
écrit , qu'ayant appris par Frère Guillaume^ 
de Cabrios , qu'il voidgic aller en Syrie , il . 

CiJ 



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St MERCUREDEFRANCE. 

Tcxhorte â faire ce voyage, & lui indique 
les provifîof^s qui lui (ont ncceflaires; 
cette Lettre eft toute entière â la Biblio- 
thèque du Roi 9 b Soufcription en eft rap« 
portée par l'Abbé Robert , tome j , page 
a^4 , en fon Etat de la Provence : JUaflnJl 
fimo ac mMgnifico & ïnclîte viro , amico fpe^ 
csAliJftmo & prétcordiali , Domino Kamco de 
ViUanova , Domini Comitis ProzlncU Bajulê 
& Connefiabnlo , Ft^ater B. Dei gratiafanB4 
domiês Hefpitdlis Hierafalem Magifterhumi^ 
lis & fauperum Chnfti cuftos yfaluum. Il j 
m lieu de croire que Romée de Villeneuve 
rendit compte de fon adminiftration en 
conléquence de ce voyage , ce qui a fait 
fuppofcr , que mécontent d être foupçon- 
né ,'U avoit quitté la Cour du Comte , (ans 
avoir jamais voulu dire fa Patrie ni fon 
nom *, la quittance qu'il obtint du Prince 
eft dans les manufcrics de la Bibliothèque 
du Roi, en datte du 2 y Mai 1141. Tihi Ro^ 
me9 de yillamva Bajulo & fideli nofiro. En 
voilà bien affcz à un Poète pour bâtir cctre 
fidion. Michel Baudicr,l*an 1(^35, en 
fit un petit Roman, fous le titre d'Hif» 
toire incomparable de Tadminiftration de 
Romicu , Grand Miniftre d*Etat en Pro- 
vcoccv, lorrqu elle étoiten Souveraineté: 
il s'cft aidé dc$ Hiftoircs de Provence ^ & 
aa eu beloin que de retrancher le nom 



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MARS. 17ÎÏ, Si 

de Villeneuve , & changer celui de Ri>- 
tuéc en Romieu. Noftradamus en fa Chro- 
nique de Provence , page 104, rapporte 
d'après le Danre , donr il cite les vers : 
» Que fous Raymond Bcrangcr , Comte 
•9 de Provence , un Gentilhomme , qui al- 
» loir aux extrêmes parties de TOccidenc 
«vifiter Saint Jacques , arriva en Pro- 
» vcnce , lequel , ayant apparence d*èrre 
^ homme de bien & de haute cpialité , ne 
» voulut jamais découvrir fon Pays ni fou 
» nom , fi qu'on le nomma le Romieu. . • . 
»>Le Commentateur du Dante, dit-il, le 
99 récite ainfi \ quelques autres difent que 
» ceux de la rrès-noble & illuftre Mailon 
•> de Villeneuve font defcendus de ce 
m Roméc , venu de rrès-noble & très-an- 
9»cienne Maifon d'Arragon. Mais lorf- 
qu'ii parle férieufement & d'un fait hifto^ 
tique, il n'obmet janiiais fon véritable 
nom : page ipo , le Grand Romée de ViU 
'neuve ; page lop , ce grand & noble Ro- 
mée de Villeneuve , &c, 

Piihon , Hiftoire de la Ville d'Aix , page 
124 , parlant de Raymond Beranser .: 
» Ce fut un Prince pieux , libéral julques 
» à l'excès *, fans le fecours de fon Miniftcc 
m d'Etat , Romieu de Villeneuve , il fûc 
»morr pauvre; mais il trouva le moyen 
» de recouvrer les Terres aliénées , fans in* 

C iij 



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54 MERCURE DE FRANCE. 

i» comtDoder le peuple , & de faire fabfiftcr 
P> le Prince fans nouvelles impofiiions ; fa 
!«» conduire parut fi exrraordinaire A nos 
n Provençaux, qu'ils l'ont accompagnée de 
m mille évencmens fabuleux. 

RufE , Hiftorien des Comtes de Pro- 
vence , eft , comme vous fçavcz , i'Hifto- 
xien le plus eftimé , parce qu'il ne die rien 
ique d'après les tirrcs qu'il rapporte ; vous 
trouverez page 104 , >» qu'il déclare devoir 
» faire mention de cette aventure ^ que 
» quelques Hiftoriens ont rapportée , bien 
4» qu'ils la rieniicnt pour tabuleùJe ; Sc 
p9 lotfqu il parle de la Princeffe Béatrix^ 
^ P^gc 151 9 il dit qu'elle demeura fous ^ 
» conduite & dircaioù de Romicu de Vit- 
«leneuve & d'Albert de Tarafcon > Pci;- 
^fonnage^ de haute tiaidance & de beau* 
i^ COlîp de vertu. 

Bouche , Haioire Gkdnolog^qïic et 
Provence , tome %> page ij6 5 rapportp 
cette imagination du Dante , fie dit-, 
« que ce ^nt des fables s mais que la vi^ 
» des grands hommes eft toujours acccom- 
u pagnée de quelques faits fabuleux > tejs 
w (juè l'on dit d'Hercules > Numâ , Alc- 
if» xandtc , Clovis > Chétlerûague & ai|- 
if très. 

Gaufridy , Hifforien plus moderne ^ à 
cru indigne de l'Hiftoire de, rapporter cet- 



,y Google 



. MARS. r7ji; %$ 

tt fable , & voici an p;^age qat fnéti^t 

'id'êtrc. ciié , parce qu*U contient tout ce 

que je fuis dans le dcffcin de vous prouver, 

p» IZ7, an. 122.9. >« Après quoi le Prince > 

$9 voulant rcconnoitte lesfervkes que Ro- 

> mée de ViHcneuve lui avou rendus , il 

» le fait Gouverneur de Nice $ & lui don- 

» ne en propriété la Ville de Vence , & 

9> plùfieurs autres Terres que fa poftérité 

9» poflede encore aujourd'hui. Ces bicor 

*> faits , quoique très- cor fidéribles' , ne 

.»> furent pas les fculs que.Romée mérita 5 

'^i\ mérita «ncoiè d'être fait Gouverneur 

pi de la Province -, il s'acquitta fi bien de 

fto. tous fcs devoirs, qu'il en acquit l'entière 

•w confiance du Prince : pendant que Ro-i- 

V mée prépare ainfi aux Barons de Yence , 

«fcs Succeflcots , la gloire d'une origine 

#> il illuftre , Arnaud de ViUeneuve , foa 

99 ncVeu > d'où vient la Maifon des Arcs » 

>> n^acquiert jlas moins d'avantage aûlt 

^ ficns 5 il obtient par fes fervicès la c^rt- 

» firmation des Terres dès Arts , dé TràtiHj 

^ 6c de plufieurs autres irufebdécs ^ar It 

-•* Comte Idcflftrfis àGeraud dô Vîllchèiive, 

-*^fon ayeul. Ainfi les tefidiès dfcs Arts 

*»& de Veûcc , âllarit à la^ékéd*ûrt pss 

^i égal , reccvoiéht dû Prinèe d'égales rtl^- 

»gues de rccdnnoiflanc^ ^ & ^féâiri- 

«ioient , pour ^mfidire , dès fri»iià dlghet^. 

C iiij 



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5* MERCURE DE FRANCE; 

»de leur Trône commun. Car après qae 
» Raymond de Villcncirvc fiic défembir- 
» rafle de Icngagcmcnr qu'il avoir pris 
«> pour le parti des Baux , il demeura (\ 
»> conftamment dans le parti de fcs Com- 
» tes , qu*il fut toujours remarqué parnrt 
p> les premiers de leur Cour. Cela parok 
j> encore par le feing de. ce Seigneur qui 
D fc voit prdque dans coures les Chartes 
3» de ces Princes , rémoignagc certain de 
^ leur eftime , auflî ^ien que de (a- fidélité. 
Pcrfonne , jufqu'à moi i nie s'eft encore 
avifé de réfurcr férieufcment les vers de 
Danre , ni le Roman de Baudier \ la 
notoriété cft trop grande , & d'ailleurs l'un 
èc l'autre n'ont rien dit de choquanr pour 
ce grand homrne & fa-ppftérité \ le fup- 
^pofcr un homme de qualité , qui voyage 
«n Pèlerin fans dire fon nom , cft une -fic- 
tion que l'on peui: bien pafler à uaJ^oete j 
maiis comme tians vojrrc fragment \ page 
14 du Mercure, vous faites dire à Ro- 
jnieu par le Comte : » Vous êtes un hoxiv 
.4» me de qualité , qui êtes tombé daos 
,» quelque grande foute , &ou vous a don- 
j»* né pour pénirencei d'errer. par- le mon- 
^ de fous ce miférable équipa^ V fans ofer 
}» déclarer qui vous êtes ; je vous avoue 
•» que je trouve cette xportifieatiQn aflcs 
1^ bien imaginée. Monfeigneur ^ répondiir 



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MARS. 1731. 57 

^ il , je n^aurols pas eu aflèz peo de coiW 

i^fâence pour ne pas dire à mon Confcf^ 

» fcur de m'en chercher une autre , car ca 

» vérité, il y auroit été trompé» & fi j ctoîs 

» homme de qualité , rien ne me coûteroîc 

a» moins que de cacher ma naiflànce 8C 

» mon nom. Comment , reprit le Comte ^ 

« feriez-vous bien atfe qu'on vous traitât 

» comme un homme du peuple > Prendriez- 

M vous plaifir i vous priver des égards SC 

99 des rcfpefts qu'on dcvroit à votre rang î 

» Vous me fournirez vous-même la ré- 

«ponfe «Mon fcignrur, répliqua le Ro« 

» fniea , ce fcroit à mon rang que tout 

«cela feroit dûs ii le per droit y mais pouc 

» moi , je ne perdrois rien : mon rang & 

» tnoi nous ne ferions pas la même chofe.. 

Paroles que vous ne pouvez avoir lues 

nulle parc 9 Se que vous vous êtes, fans 

;doute, permis , croyant n'écrire qu'un Ro- 

-man» En effo , comme le Héros n'avoit 

point de nom , il «vous a paru indiffèrent 

de quelle manière vous le traiteriez; mats 

permettez- moi >en qualité d'Hiftorien da 

Languedoc , de traiter la chofe un peu 

pltis férieufement ; loin de m'en fçavoir 

spauvais gré » )e penfe q« vous me (èrex 

obligé de vous inftruire de ce qu'il étoit » 

& que vous ferez fort étonné , faute d*a>- 

voir lu lesHiftoriens de Provence , dV 

Cv 



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$t MERCURE DE FRANCE. 

^oir ignoré , jofqu'à au;oard*lmi , qùMIÏoc 
4le la Maifon de Villeneuve ; il fam ua 
peu fc défier des Troubadours en matière 
de faits hiftoriquej. Les Pdctes fc font tou- 
jours permis des licences , de vous n'igno* 
rez pas jufques où le Dante a pouAé k 
iienne, poifque dans le même onvrage où il 
B imaginé celle ci > il a eu l'audace dedoif- 
fier un Boucher pour pereaa chef de k 
Xroifiéme race de nos Rois, 

Roméc de Villeneuve , Baron de Vcnce^ 
Connétable , Premier Miniftre , Grand 
SénccTial. & Gouverneur de Provence, 
Tutenr & Rcgent , pendant la minonté de 
la Princcflc Béatrix , eft llionnne , Mdb- 
fienr , que votts faites patlcr fi bumblc- 
xnent. Je ne lui trouve point ce tori-ti 
dans aucun aâe dé" fa vie, ntnieme dans 
ion Teftament , oA , malgré fon extrême 
pieté, on reconnoîr tm grand Seigneur , 
tant par (es grands biens que par {es lifaé- 
jralités. 

Je ne prétends? point ici faire la généa- 
logie de la Maifon de Vttlencuve , que fou 
voifinage avec le Languedoc me rend 
auffi connue que toutes celles de cette Pro- 
vince ; je ne vous dirai que ce qui eft né- 
cedàîre pour vous faire connoîtrc Rômée 
de Villenenve , les grands hommes quelle 
a produits^ fes alliances avec des MaifoM 



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:M A fe s* 175Ï. 5> 

^Sônviemims^ , fcs affinités avec le Sa^g 
Royal par la Maifon de Foix ; tout cci4 c&, 
ida rtlTort des Généalogiftes. 

La tradition de cette Maxfon, & le fen^ 
timent de quelques Autears>rapportent foa 
origine à un cadet de laMaîfon desComtes 
de Barcelone , Rois d'Arragon , dont cette 
fâmïile acdnferté fer armes daes Tes Etçn- 
darts. Noftradamtts, page li}^, , parlant deè 
Maifbns ilToes de Princes: die celle de ViU 
Icneuvejd'Arragon. Je ne prétemis pas voift 
donner les Fables des grandes MaifodS 
pour des vérités , aaffi je ne commencerai 
qu*à Rayniond de Villeneuve , établi ea 
Provence en 1144, duquel conftamtnent 
toutes fcs branches font fonies. Je crois 
ceux de ce nom tropraifonnablespour exi* 
eer qu'un Hiftorien » qai veut convaincre 
M. de Forttenclle , rapporte avec certitude 
<k$ faits qui ne font pas appuyés d'autori-^ 
lés : les auteurs font partagés fur la Terre 
de Villeneuve , qui a donné le nom à cette 
Maifon s les ûfis veuletit <^cê fott Villas 
Dova , prèsf de Ba^rteloiSne ; les autres ViU 
kneuve , près de WetiCt , en Provence ; \t 
premier (entiment cft conforme à la tradi- 
^n due cette Màtfon adopte : » Taotre 
j» fouirent , pouf là gldîte de Provence é 
i^ que ctt(t Miaifùn Cft eft originaire , & 
n a pris i^t^ nom de k Terris àt VilUnco* 

C vj- 



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io MERCURE DE FRAKCE; 

j» vc ,près de Vence , & il en faut laiflcf 
.» ( dit l'Abbé Robert , tome j , p. ^4$ ) Je 
m JQgement libre au leâeur v il fuffira de 
» dire ()i\e ces deux Maifofts portent les 
9» mêmes armes > & qu'elles font très-con* 
«I (idérables en Arragpn comme > en Pro» 
» vence. 

Je croîs pourtant qull 7 a des rat(bn$ 
fortes , pour •dire <|u elle eft étrangère â U 
Provence ; la première eft, que la Terre de 
•Villeneuve n^î» pris ce nom que vers 
S i 5o , & qu elle s'appeUg4r auparavant le 
Gandelet , dont une perire portion a re- 
tenu le nom , ce qui me fait cfoircqa'elle 
fut donnée en récompenfe à Raymond de 
Villeneuve , qui Uû impofa fon non*; Ro- 
xnce , fon petit-61$^x>rdonne par fon tef. 
tament , qu'elle foie vendue ; d'ailleurs /î 
cette Maifon avoir été de toute aociennetc 
«tans le Pays, elle auroit eu, comme les au- 
tres , plafieurs perfonnes dtfts les differens 
partis de la guerre des Baux , au tieu que 
Kaymond de Villeneuve eft le fcul de km 
jnom , nommé datu la Lifte des Barons du 
Pays , qttc Noftr<idamus &c Bouche ont 
* «rapportes , page 1 1 4 & 1 1 5. Il paroîc au/S 
q^nc le» premiers étaUiflcmens qu'ils onc 
eus viennent d'iriféodation d« Ums Souve* 
raios , & que c'èft en dédoçimageHïenc des 
^ens qu'ils laiflEbrcat en.Arragoa 4- leur 



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MARS 1751; tt 

tekîcr. Quoiqu'il en foit , Bouche , pagp 
147 , rapporte FAdc de confirmation des 
biens donnés au Monaftere de la CeDet 
par le Comte Idelphoofe y cité dans le 
G alita Chrifliana , Teftes : Huge de Baucio , 
Raymunàns de Villanova. Noftradamus , 
page 14(7 9 dit n que le Comre Idelphon* 
j> le , voulant guerroyer Iç Comte de For- 
aï calquier > lui envoya Hugues des Baux 9 
?o Se Raymond de Villeneuve , Gentils* 
» hommes, des premiers de fa Cour* Nout^ 
cet Hugues ctoir Souverain , & cette pa- 
rité donne une grande idée de fon collègue. 
Louvct , dans (es adduions des troubles de 
Provence, fol. xi î , dk que >r Raymond de 
n Villeneuve étoit Gouverneur de Proven- 
» ce , que la tradition de cette Maifon la^ 
» fait dcfcendre des anciens Princes d*Ar- 
jiragon 5. & qu'en effet leurs Armes étoienc 
» autrefois d^or à 4 pals de |ireule ^ qu'ils: 
«j quittèrent, pour prendre les lances & les^ 
9» écuâbns. Raymond laiâfa pour fils Ge- 
laudde Villeneuve > à qui le Comte Idel- 
phonfe II. dotvna Tan 1 201 les Terres des 
Arcs , de Trans , la Motte & Efclans , eifc 
confidération des fcrvices qu'il avoit ren- 
dus à ce Prince & à fon pcce , & de cc^2x 
que les prcdéccffeuts dudic Gcraud avoieat 
fendus aux Rois d'Arragon , Comtes de- 
Provence > Prcdécclleurs de ce Prince^ fit 



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»i MERCUREbEFftAHCË; 

du beau & honorablt train qu'il avoît 
toujours cetiu près dé leurs perlonncs , ce 
qui mût le Côititc à ufcrd une tcHc libc- 
taliié à rcndroic de ce Chevalier. Voyez 
Bouche, page 178, qui cite le tréfor de 
la Chambre des Comptes , & Noftr^da- 
mus , page 1^4. Il rut Gouverneur dé 
Tarafcpn, félon Jerofme.Zurita ,p. 90; 
Geraud eut pour fils Ro niée & Geraud dé 
Villeneuve II. du nom ; Romée fut Sei- 
gneur de Villeneuve , Cagncs ^ Greaulie- 
res , la Gaude Saint Jean net , Torenc i 
Andaon , Courfcgoulcs , Scipicrre , Toar- 
lion 9 le Caftelet , Trigàns , Mauvans , 
Befauddn , Tourettcs , le Paget , Saine 
Laurent, Serenon , Caufors , Pugnaforr, 
Châteauneuf, le Broc & la Ville de Vence : 
Terres qu'il nomme toutes dans fon Tcfta- 
menr. Geraud, fon frère, eut les Terres dé 
Trans, des Arcs , la Moite , Sclans , & £at 
témoin â la Paix que le Roi Idelphonfé 
accorda à ceux de Nice en 1 2 î g. U cft (îgné 
d'abord , après l'Evèque de Nice , & avant 
l'Abbé de Saint Pons. Voyez Oallia 
Qhrifliana. Tcfles fuerunt ï)omniis Henri* 
CHS Nicien. Epfc. Ghranius ^ t^illanovA , 
GuildbertHS Abhut Sanitt Vontii , ff^mus , 
&Ct II eut pour fils Arnaud de Villeneu- 
ve^ Seigneur dcS mêmes Tctrés , auquel 
k Comte Raymond Etranger cottfirma U 



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llf A H s. lyçi; êi 

IDofttrion fakc tftir Ideîphonfc , foft pcre , 
à Geraad dé Villcncavt , foB grand pcrtf^ 
aux Nones de Mai 1239* Voyez Bouche , 

Eage 142 , qui cite k ixéTor de la Cbain* 
rc des Comptes > M. 7,16. Tefies fitht 
Dom. R. Farcjalien. Ep. F. fntpofit. Râmeks 
de niUftavd , &c. De cet Arnaud , Sei- 
gneur des Arcs & de Trans , viennctt 
toutes les autres branches de la Maifonde 
Villeneuve. Vous n'ignorez pas que Hfc- 
lion de Villeneuve , Grand Maître de 
Rhodes en iiii, étoitfon petit-fils. Louis, 
un de fes defcendans , connu d*abord fcms 
le noin de Seigneur de Serenon , comraafi- 
da larmée navale de Charles VIII. à la 
conquête de Naples , di cni cra Capitan^ 
JUonfigitore de Serenone. Scip. Amniirato , 
Guichardin,Ph.deTZommincs.CePrineelài 
donna ta Principauté d'Avellino, & Louis 
XII,qui l'envoya deux fois Ton AmbalTadeur 
à Rome : Monfignor di Tr^ms Ordtor del Re. 
Voyez Guichardin, érigea en 1 5 o^ , laTet- 
dc Trans en Marquilat , qui eft la pre- 
mière en France honorée de cette dignité. 
En voilà aflez pour la preuve que je veut 
en tirer de TextracShon de Romée. Vous- 
verrez ci-après par fon Teftament de Vfn, 
1150, approuve par Pierre , alors Evêqdc 
de Vencc, auquel il fait un legs, qVAf- 



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*4 MERCUREDE FRANCE; 

iiaud de Villeneuve , Seigneur de Tf anÉ 
& des Arcs » Chevalier ,fin ncven , fut foa 
exécuteur teftamentaire* 

Permettez-moi de faire ici une petite 
analife du Roman de Michel Baudiec , 
d après lequel vous avez Tans dputc tra- 
vaillé » Mil arriva, dit-il , un étr^iger 
» Pèlerin qui venoic de Saint Jacques 
«>en Galice, perfonnage doué àçs gra-* 
» ces du (forps & des vertus de Tame ; foa 
m nom , Ton extraâion , (à Patrie , furent 
M inconnus à Raymond & à fa Cour , & 
9» fut roujours depuis appelle le Romiou, 
» qui eh Langue Provençale fîgnific le 
?• Pèlerin. 

Le Comte Raymond avott été porté tout 
Jeune i Barcclonne , & les Auteurs font 
étonnés qu'il fc trouve en Provence en 
1 2 1(( , parce qu'il ne pouvoir avoir que 
^à lo ans : cependant un A6ke cité dans 
rHiftoircd'Aix , prouve qu'il y écoit.Ccb 
fuppofé , Romée de Villeneuve étoit en 
Provence avant lui, puifquil acheta ea 
X 2 1 1 la terre de la Gaude de Guiikupiie 
d*Antrevaux. 

» Le Comte Telcve aux premières dî* 
^gnités de fon État ^ le fait chef de fon 
^ Confeil ic Sur - Intendant de fes fr^ 
nanccs» 



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MARS. 1751. ^î 

La Charge de BajuUs , ou Grand-Sénc- 
chai , renfccmoit louces ces dignités^ Vo>- 
ci un Ade de vente du Château de Drapo 
à rEvêcjue de Nice, rapporte par Bouche^ 
page 257 ,^ù il a mis dans des patenihefct 
TexplicarioD de cène Charge» Il dit , »> voi- 
» ci un Titre qui prouve & fa famille , & 
» les Charges qa il exerçoit dans certc 
» Province , & les moyens qu'il obfervoit 
» pour tirer de Targenr , fans charger les 
» peuples. In Chrifti nom'wc an. à Nativiia-' 
«> te Dêmini i laS. Notum fit omnibus tam 
» prefemihtts ^aam fuîwris , {pi^d ego Romtm 
ao df ytUanova, > ( on fçait bien que cette 
» famille eft une des plus ilîuftrcs , pufiir 
«bien que des plus anciennes de cette 
i> Province , & nous avons vu fur l'a» 
«1140 un Raymond de Villeneuve,]^ 
^ VicArins & Bm}uIms, in lêco & Comitam 
» ProvincU 3 ( cette Charge de Viguicr de 

* de Btile a puis été nommée aux Régnée 
» fuivans du nom de- Grand - Sénéchal ) 
» Confiimtus k Domino K. B. illnfiri^imo C^ 
» mite Provincid , &c. l'an 1 1 S j. Le Cooi- 

• te de Foix étoît pourvu de cette Charge: 
» in prefintia Comités Je FoiXy tune temporis 
i^Bajuli Pravincid conftituti. Voyez Bou- 
iiche, pag. 17U 

» Il fait la paix entre le Comte de Pro-; 
> vence & le Comte de Touioufc. 



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U MERCURE DE F&ANCE; 

* r^î rappoité dans mon Hiftotre de Lati« 
gacdoc , aax preuves da troifiéme corne ^ 
page 41 6 , ce Traité de paix où Rofntus de 
rul4tt9Va , & jilbtrt , de Tdrsfeifm milites 
font rémoins le 5 Juiiler 1^45. 
» Il foumer la Ville d'Arles au Comre* 
^Voyex TAftedc ccrte fonimffion^ rap* 
porté par Bouche,^page 244. Tefitl^us Komeo 
de FilUnava , Qmdone prépo/tta^Barjûlenci , 
Henrico fréipofitQ Antifelenfis^ anno 1 1 5 9, le 
16 Seprembre: les Eccléfiàftiqaes ne Çc 
lâiCToient gucres précéder que par des Sei- 
gneurs d'un rang très-diftingué< 

^> Il dégage le Doniaine & augmente fan 
i> revenu. 

Voyez Bouche, page 141. » En ce rcim 
i> viN^oit Romée de Villeneuve < Gran4 
#>.Mifiiftre d^Etat, grand récherche^r de$ 
M biens aliénés , fit céder ail Covnre , ^tec 
*i\^ Prévôt de Barjols 5 le Chârtau & \h 
»> Jurifdiâion de ce lieu , le premier AvrH 
» I1J7. L'Evcquefic le Prévôt deSehèfS 
a> le prirent po^rArlfttriidails un différend 
Hiavcc le Comte de Provence: Cmff^mh. 
Jerum iH R4me$m de f^tllamva^ hO^ cité 
par Bouche i page i& 54» 

» Il validé l<^à dâ|efettd$1^nlrt leCohir»'' 
j> & les Gentils- hommes dil pay^. 

Cet accord éft iràp*{«>rté par Nèftrada- 
mus, page lyo ^ par le grand Rêmee ek 
VilUncnve. 



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MARS; 175 t. 4J7 

«i II a deflein de remplir la Cour de 

»fon Maître de perfonnesde mérite & 

^ attirer les Troubadours; Rambaud d'O* 

*> range eft puni par lui d*avoir com* 

» pofé on Livre intitulé , U MMsirsfc iA-^ 

Noftradamus^ page iSj ,dit qu'il foc 
exilé aux Ifles Siecadcs ou d'Hiercs « p^tf 
le gréind Romeo de Villeneuve. 

» Il fait la paix avec les Génois 

Ce Traité eft rapporté par Bouche , pagtf 
149 : Prâfemibus Domimis K9meo de Villéi^ 
MêVd y Vice-Dominm de Vice-Dominis , &c, 
le 21 Juillet 1141. 

I» Il marie les filles de Ton Maître avec 
P trois Rois & un Empereur. 

M. de la Chaife, Htft. de Saint Louis ^ 
tome I , page 180 , rapporte que le ma- 
riage de Marguerite de Provence aveà 
Saint Louis fut fait par lavis de Romée de 
Villeneuve. 

Les fiançailles de la Princeflè Sance^ 
rapportées par Bouche , page 249 , avec le 
Conlte de Touloufe > font fignécs par Ro^ 
mem ,de Fillànwé^ 

A l'égard de Béatt ix ^ il nj a qu*à lire ce 
que j'en ai tapponé dans mon Hiftoire de 
Languedoc , page 45 1 9 tome )• Noftra- 
damus , page 199, rapporte le teftamenc 
de Raymond Bcranger,par lequel il laiffe b 



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'ii MERCURE DE FRANCE 

tutelle de fa fille •» à deux de fcs Barorts, 
i> Romeo de Villencave 6t Guillaume de 
» Cotignac, les difpenfe de rendre comp- 
» te , veut que tous fes fujets foicht tenus 
« de leur obéir & jurer fidélité , jiifqu*à ce 
» que la PrinccflTe fût mariée > çnrendairc 
V que 11 l'un dcfdits Barons vcnoit à décé- 
'•» dcr à rélcdion du reftant & de la Com- 
» telTc , fa mcfre , il eu fut mis & prinsun 
w autre de bonne & irréprochable qualité, 
» pour tenir Ùl place. Ruffî , page jci , 
rapporte le teftament original en Latin {& 
fi cantin^eret quod a,licjuh de pradiSis prald» 
fis , vel de BAromh^s [Hpradi^is decederev^ 
aliits de terra ifia &_nationey qui ejus vicibui 
fitn^cretiir,digatnr per àiElam Comitiffkm & 
fer ifuatHor fuperjiites ^ ita fcilicet Cju^d loc9 
frdUti préûafus eligatur^ & Iocû militis miles *, 
tS^c. Tefles vocati &"fOgm fuirtint F. Bif^ 
7iavem,MittiflerFP. Min. in Prov, Romeu^ Je 
Fdlftnova, Gmllelmus de Cotignâào^jinfilmms 
Feri Guido prapof.Rodriiiâ BajUlus V6rcalf> 
&C.I1 me paroît que cette feule pièce fuffi* 
roit pour réfuter cette fiûion d'ua Pelcrirf, 
& il faudroit n'être gucres inftruit, pour 
ignorer que;lâ qualité de Chevili€r,& for- 
tout celle de Baron , non-fcUlcmcnt n*eâc 
pas été donnée à un inc6nnu -, mais qu'elle 
défignc les plus grands Seigneurs d'unEtae. 
Bouchj; , page 2(^4, rapporte une Ordoot 



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MA R S. 1751. tfj 

tiance de la Princcflc , étant encore mineu^ 
JCC , de Tan 1 145 . Nos Beatrixfuvcms , Dci 
^atia, Conùtiff* & fAarehiomjfM Provinct€ , 
éiffifientibHs ^ confcmitmibus nobis Rumeo de 
f^illétnoVM & j^lheno de Tétrsfeone adminif^ 
tratoribus datis nobis à H. Berengdrio quon* 
4ani fatre nofiro. 

a> Il eft calomnié par les Grands de I9 
» Cour ; le Comte délibère de lui faire 
9 rendre compte , & le Pèlerin le rend | 
4» où il montre que le Comte lui étoit dé- 
^ bitcur. 

J'ai dit ci-deflus Toccafion pour laquelle 
Roméc rendit fon compte , & la quittance 
qu'il reçoit de Raymond Bctcnger : tibi 
Romeo de Villanova Ra/ulo fSr fideli nofho. 

» Il s'en va de la Cour difant , pauvrç 
» je fuîs venu , pauvre je m'en retourne % 
» cet adieu dit , il s*en alla , fans que les 
j» prières ni les commandemens du Prince 
w le pùflTent retenir davantage -, le Prince 
» lui écrit -, il lui répond qu'il n'a plus bc- 
p foin de lui , continue fon chemin , fans 
» qu'on ait fçu ce qu'il eft devenu. Voila 
la fin de ce Roman. Il ne rae jeftc qu'à 
juftifier Raymond Berengcr de l'ingratitu- 
de dont on Taccufe : bien loin de pouvoir 
lui être reprochée , il combla de biens & 
de dignités fon favori. Bouche , page ^V)% 
dif 9 que le Conuc voulant trccoanoîtiç 



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70 MERCURE DE FRANCE. 

»lcs fcrvices que Romcc de Villeneuve 
a> lai avoir rendus dans la reddition de h 
» Ville de Nice , lui donna la Ville de 
p Vence , de plusieurs biens à GralTe & 
»à Nice le 7 Février 1^30, donc il lui 
w fit hommage le même jour. Item J)o^ 
fninmm ^H»d hahmus vel vifijHmms héibere 
fupra lêttiverfis & fingiiUs Dominis pradiSd 
Civitatis» En conféquencc Durand , Pré- 
vôt de l'Eglife de Vcnce , en fon nom & 
/en celui de Ton Chapitre , prêta hommage 
;aux enfans de Roméc, Nos cffe homines & 
vajpillosvs0ros, & omnia quA temmus in Ci' 
Vitâte Vinci$ imhi CT extra & ejns tcrritorio^ 
&c. Et CCS mêoîfs enfans paflirenc le 8 Fé- 
vrier 1x95 »ane Tranfadion avec TEvêque 
& le Chapitre de Vence , par laquelle ils 
" quittèrent TEvêque de Thommagc. Inter 
nohiUs &fotentes viros Dominos Romewn Ji 
Vill^nçvs C PetrHfn Romeum de F'ilUnova, 
piilites. Remarquez que voila des Titres 
tien rares dans ces lems-U : cependant 
quelques-uns de fcs defcendans ont exigé 
ctt hommflgc , & le Marquis de Vcnce , 
plaidant contre TEvcquc de cette Ville , 
de la Maifon de Crillon , produific ces 
deux Titres SfÇ l'hommage de Jean Abra- 
hardi , Evêque de Vence , du p Janvier 
1385 , qui eft aux termes les plus forts. 
Fecn homagmm & fidclimem magn^o <^ 



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MARS. J75Ȕ 7t 

>atentiviro Gironde de FlUancva , diEld Cûé 
'Jitatis VmcU 'Domino^ 0* pro vero Domino^ 
^ r€Cognovit ex certa fcicmui fe ejfe hominem 
^ t/aJfallHm iffius Domini , (^ ^Uûdjus w 
'^/km EfifiofMm& Jmos fuccejfires hatet^Do* 
mimmm ^ StgnorUm^ficut DominHsJuis vdf^ 
faUh hdbére dehu j, wnnia ^U4 tenekat rffi 
IDominus ftfifcôfm habet & pe0det , vd vU 
fus eft b^bert ^ tenere in diild Çtvitatis Fen* 
fU^ intks & extm^ & ejus ttrritario , Domina 
di£la EccleJÎA untt & poffidet fro ipfi DomU 
no f^en€i€ , (fr tenere vkh^fictu fro Dominé 
fHo^nec HbicHmtjHefHHin Dominium dene^abit^ 
Cet hojpmagç fut prête après avoir v4 
riaféodatioH faite à Rôtn^c cle Villeneuve, 
Vifit ^ infpeUis cum diligentiâ privtlegUs 
CQttcejJis Domino Romeo de Vill^ne^a,. 

Il ne me rcftc plus qu'à prouver qucca 
Pèlerin prét^udu , dont on n'a plus riea 
appris , êft mort en Provence, 

Rotnée tomba n^alade au Château des 
Arcs , chez Arnaud de Villeneuve, Sei- 
gneur deTrans& des Arcs, fon neveu j 
foh tcft^mcnt eft aux Archives de t'Evc-ê 
che <ie Vence, Bouche, page 237, en 
rapporte des fragniens , & dit > » que c c(t 
>» une pièce curicufe , qui eft trop longuo 
H pour la donner en entier ^ il s'en fcrc 
» pour prouver que la fervitude fubfiftoit 
I» encore ^^ifquc Romée doniie la libei:^' 



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71 MERCURE DE FRANCE 

>i te à Jean Manumitco , & veut que Ton 
»» vende tous les Sarrafins & Sarrafincs de 
n fa Terre de Villeneuve. Il y en a une 
copie dans les manufcrici de la Bibloché- 
que du Roi; la fimplicité du rems fait 
qu'on n'y trouve pas de ces titres faûueux 
qui (ont venus en ufage depuis , puifqae 
^ans VAStc cité ci-deiliis des fiançailles de 
Ja Prijiccflc Sance , les Comtes de Toulou- 
fc & de Provence ne prennent que la qua- 
lité de noble honime : Recipimus fîos Sun- 
ciamfiliam mhilisviri Raimundi Berengarït^ 
Comitis Provinc'iA. 

Teflamentum mbilis viri Domim Remet ds 
VillanevA militis anm 125 o^die^ . menfis De* 
cemhrts , fer Magifirum Hugoncm Mcrcadt" 
ris Noiarinm pubticHm. Il fait fon héritier 
Paul de Villeneuve , fon fils aîné , fait des 
legs à Pierre Romée , fon cadet , à Béacrix 
fa fille , qui fut m riée au Prinç/r Hugues 
des Baux , nomme pour Exécuteur de foa 
Teftameiit Arnaud de Villeneuve, Sei- 
gneur des Arcs & de Tranç , Nepoiem/Hum, 
fait des legs à deux de fe$ Chevaliers , 
Mtl^tbus fdelihus meis , & à deux de /es 
Ecuyers , Scmifcyis meis. 

Je crois, Monficur, que voila tout ce 
qui fe peut dire fur un tel fujer^ Mrs de 
Vence, defccndans jde ce grand homme > 
me iCctont peuc-e^c obligés dç$ rçchet ches 



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MARS. Î7JÎ. 7) 

4quc voKc fragmcne m*a obligé de faire ^ 
éc fj xtoavc une occafion de vons adurcr 
dès fcntiincns d'clliiiie>& de rcfpcâ: avec 
le£quek j'ai Thonneur d'ècre , Moniîcur ^ 
votre, &c« 

D. Vdijfete. 

A Taris\ le 1 1 Janvier 175 1. 

L^Ecablifleracnt de TEcole Royale Mi- 
litaire eft un des plus uriles & des 
plus nobles établiffcmens qui ayent jamais 
ét^ faits. M. le Chevalier Lautés a bien 
vu l'ioipoctance du projet, & bien exprimé 
les avantages que la Fr^ice en retirera* 
Ses vers fdnt àt& vers de icniitnent , & 
£ont autant d'honneur au Citoyen qu'an 
Poëte, 

EPITRE AU ROI, 

'fiur Vétablijftmertt de rÉcole Royale & MU 
' Jitaire. Par M. le Chevalier L a u r e's. 

UN grand Roi , don dn Ciel , fruic péniblq 
des tems , 

>îc ccflc de vcrfcr des bienfaits éclatans. 

Cétôic donc peu ^ Louis , de couronner ta gloire ** 

fia li?ian( à la paix le prix de la ri<floire : 

D 



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74 MERCUREDE FRANC 

C'rftoit peu Je venger pot on regard dmn . 
Ces Héros Plébéyens . oocragés du Deâio $ 
Qui par tant de aairanx accufant Tes caprices » 
Comptoieut au iieo d*ayeax d'illuflres cicatrice» ' 
Qpoi ! fous toQ aîle encor tu vas donc réaav: 
Ces jeunes NourrifTous , l'efpoir de l'arenir , 
Le plus pur du beau faog dont s'applaudit la Fraocei 
O vertu, folis mon Roi , quelle eft ta réconipenfel 
L'éclat dont il te couvre, embrafle tons les tcms ; 
Des Ancêtres il pafle à leurs derniers enfans. 
Il les coivfacre tous : fous l'empire d'un Sage., 
Tes droits font des fujets le plus riche héritage. 
Vous, Citoyens fameux, qui fûtes autrefois 
Les défenfeurs du Trône , ou le foutieii des Loir ; 
FranchiŒ^z à aies foos les rives ténébreufes • 
ilccourez parmi noos* voyez , Ombres h^ireofês 
Quel liftrc fàri vos ooiiis ùk rejaillir Louis. 
Pour acquitter nos coeurs il adapte vos fils : 
De Ton augufte fein l'amour les £siit renaître ; 
Qu'il cû dour de devoir fÎLfp l ead eu ri-(ba Haltrei 
Le befpia ^ ce ^yran^ qui^ourfeit la v«stu^ 
Tietk foùVent fous fôn fo'ng le couirage a6atftu' ^ 
L'mdîgeat foie èm jour HmpMtune lomiere $ ^ 

Sous de triftes lambeaux Couché d^ns lapouflîere;, 
rnutile , il languit dans un affreux repos ; 
Son pays perd un homme , 8c la gloire un Héros. 
Refpirez , vous qq'opptime un deftîn fi barbare : . 
Louis voit vos malheurs , (bupîre & les répare, 
I^ des nœuds immortcîs il eachatne (es dons; 



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MARS. 1751: 75 

Vol dc(lins fotic liés aux deftins jes Bourbons. 
Qacl eft i'obftacif encor que votre cœur rçiioute | 
Va Dieu Tiefic ^ 9c du Ciel il tous ouvre la route. 
O teadrefle / 6 pouvoir ! de fes rayons frappés 9 
Que de germes lieureas ferout développés ! 
Je les vois ces Aiglons , formés fous Ton ! gide, 
S'arràer de Ton tonnerre , 8c dans leur vol rapide , 
Faire tomber fes coups fur cent murs chancelans. 
]e vois ces fiers Lions , les yeux étincelans , 
L'air terrible , affronter & le fer 8c la flâ.ne. 
Que l'ardeur , difentils , qu'il fouffla dans notre 

ame , 
Entante des exploits dignes de ce Titus. 
Nons comptons fes bienfaits ^ qu'il compte nos 

vertus. 
Dans ce champ de carnage od régne fa vengeance, 
Ccavons en traits de ûtng notre reconnoiflance. 
Que partout l'ennen^i reconnoiffe a nos coups 
Quel Roi guidie nos bras 8c triomphe avec nous» 
Mais , Acs cnfans de Mars la Seine environnée , 
Xoule orgueillenfement fon onde fortunée ; 
Tout charme fur fes bords fes avides regards ; 
Elle y voit le berceau ^ l'afile des CéCirs : 
La Nymphe s'applaudit , & tourâ-tour contemple 
Dans la lice , l'Emule , 8c dam le port ,l?cxemple. 
Du même zélé épris les grands Rois font rivaux. 
La gloire d'un bienfait en produit de nouveaux. 
D'ane main qu'embellit leur noble impatience, 
^ Pcnvi fin leur peuple ils vctfcnt l'abondance, 

Dij 



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76 MERCURE DE FRANCE, 

Tel , du vainqueur du Rhin , l'héritier généreux * 
Lui difpuce l'honneur de faire des heureux. 
Tel du trône des airs , dans (ia courfe fécoadc i 
Le Soleil renaifTant yient enrichit le monde^ 
CVft ainfi qu'à l'abri du ravage à^s tems , 
Louis > de fa grandeur pofe les fondemens, 
5a valeur la commence « & fa bonté l'achevé; 
Lès rameaux languiflans , qu'il ranime & relevé l 
Dans d'autres rejettons i jamais reproduits , 
L'honoreront fans cefle en fe couvrant de fraies, 
Bpoux y mères , énfans , iront dans tous lestages 
Couronner de lauriers , encenfer fçs images. 
Leurs mains embraiTeront ces facrés monumens \ 
pes plçurs délicieux dans ces heureux momens^ 
Peindront les doux tanfports de leur ame attea** 

drie; 
Xeuxs vœux t'invoqueront , ô Dieu dç la Patrie g 
Et tes yeux enchantés, dans ce brillant féjour , 
Nç verront plus qa'ua Tçmple enflammé pac 

l'AmQttr. 



4S^ 



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MARS. lyfu 77 
LETTRE 

i)â M. TôHjfaint a un Afni. 

3E ne m'engage point , Mondeur > à ce 
que vous me demandez \ je fais grand 
cas de votre amitié , & vous le fçavez \ 
mais jugez vous m&me fi vous pouvez en 
<x>nrcience exiger de moi , fous peine de 
me vouloir du mal , que jc.m*aille brouil- 
ler avec tout l'Univers pour vous procurer 
une légère facisfaâion. C'eft pourtant ce 
qui m arriveroit infailliblement, fi j'entrc- 
prenois de vous envoyer par tous les ordi« 
naires , des £:(traits raifonnés des nouveaux 
Ouvrages de Littéramte. La proJFeflîon de 
Critique Littéraire eft un métier où il n'y a 
qu'à perdre.Celui qui ofc le faire eft un vrai 
Loup dans le bercail àt^ Lettres , un Loup 
qu'on détefte, comme de raifon, un Loup à 
qui chacun cherche à nuire , & dont oa 
croit que la ruine importe au bien public. 
Et quand , par impofiible , je n'aurots 
point à craindre la ligue de tous les beaux 
efprits ^ j'aurois à me défier de moi-même. 
Qui m'cmpcche de faire par ignorance 
quelque bcyûe qui nae deshonore ? Je fup- 
pgfc même que je ne touchâlfe point aux 

D iij 



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7$ MERCUREDE FRANCE. 

ouvrages fcicntifiqacs , qbc je laiflàffc Ics^ 
Traités de Mathématiques , de Phyfîque, 
de Théologie, de Droq, de Médecine & 
autres pouf ce qu'ils font (car qui pour- 
roit fuftire à une carrière fi yafte î \ Que 
je ne dîflTc mon avis que fur des ouvrages 
de Bclles.Letttits & de bel cfprif, fuis je 
affcz vain pour me Batter de remplir di- 
gnement une tâche encore il foae > J'aurai 
à rendre compte d'un Difcours Académi- 
que , d'un Plaidoyer , d'un Sermon -, il 
faut pour cela bien pôflcder , non ps 
feulement les régies , mais auflî le bon 
goût de l'éloquence. Il s*agira* d'un ou- 
vrage Dramatique y d'uii Sonner j d'une 
idylle, d'une Ode Anacréonrique ; outre 
la connoiflince du méchaniqne de ces pîé* 
ces , vous fçavcz quelle finefte , quelle dé- 
licatcfleil faut-àvoir pouf en bîenjueer» 
Ce n'eft pas en s'appdfantiflant fur la let- 
tre , qu'on aprécie avec juftcflc les ouvra- 
ges d'efprit^ Ce fera un ouvrage de Mo- 
rale ou de cette belle Métaphyfiqdc cto 
cœur , dont le fiécle eft fi friand , qui s'ofc 
frira à ma cçnfure ; viendra-i'il un Apol- 
lon rôut exprès m'inftruire du plan de 
TAuteur , & me communiquer fes vues > 
Sans cela pourtant j'en ferai mal la critî* 
que. Dans chaque chofe il faut voir l'ef* 
prit i la lettre tue* Et tel entreprend 1% 



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MARS. 1751. 7j 

cenfurc d'an long oavrage qui ne l'a pas 
fçû lire , j'entends lire avec intelligence. 

Vous voyez donc , Monfieur , qu'il n'y 
-a perfonne de trop bon pour le métier de 
Cenfeur Littéraire ; qu'il exige tous les 
f alens ncceflàires à celui q«i opère ; c'eft* 
a-dire^ outre les lumières & les connoiC- 
"fances , on génie , une fineflfc , une judi- 
ciaire exquife. Et moi , eft ce que je poflfe- 
tle tout cela ? 
^ Vous me direz pçut-ctre que vous fe- 
riez difcrct,& ne montreriez pas mes Let- 
tres; 8c moi je dis que vous ne k (criez 
pas & les montreriez; on les tranfcti- 
roit , on ks imprimeroit fous le titre de 
'Pièces dérobées ^ & je ferois vidimc du lar- 
tM: D'ailleurs les ayant une fois faites^, 
que fçavez-vous , fi intérieur^tnent , mal- 
gré toutes les mines que je ferois du con- 
traire , je ne défîrerois pas qu'elles devin f- 
fent publiques 1 Cette vanité cîl le péché 
mignon de ceux qui écrivent. Je veux 
donc me tuqttre à l'abri de k tentation en 
n'écrivanr point. 

Donci Monfieur, je ne fois pas votre 
hommppour les Gazettes Littéraires j ce- 
pendant, afin de payer en partie k tribut 
dû à l'amitié , je vais vous donner l'extraie 
du feul Ouvrage de marque qui ait paru 
ici au commencement de cette année, 

D iiij 



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So MERCUREDEFRANCE; 

mais i condition que ce fêta une fois pomf 
toutes , Se fans tirer à conféquencc, D ail- 
leurs l'ouvrage vaut, bien la peine que je 
me relâche de mon inflexibiliré en fa fa* 
veur. î 

L'Edition donc je vous rends compte 
( car il y en a une antériei^re ) a pour titre r 
JHémaires pour fervir a PHiftoin de Brart>^ 
debourg , en deux parties. Tune de 25 j 
pages, l'autre de 247, petit /»-8°. fans 
-lïom d'Auteur , dlmprimeur, ni de Ville, 
&pour date 175 1. 

Sans compter quelques hors-d'œuvres, 
qtti font rejettes à la fin , louvragc coo» 
lient trois morceaux importans,- 

Le premier cft comme une Chroni(jn6 

des Markgraves Eleveurs de Brandebourg 

Le fécond eft un morceau plus raifonné 

. fur le progrès des Mœurs , des Arts , des 

Sciences , des Ufages & des Coutumes des 

\Marches Brandcbourgeoifes. 

Le troifiéme eft l'Hiftoire des Religions 
de ce même Pays. 

Les deux Pièces rejettces à la fin , font 
l'Eloge du Général de Goltze , & celui de 
M. deBorck. ^ 

L Dans le morceau que j'appelle la Chr$^ 
nique , TAuteur parcourt légèrement toute 
la defcendance des ^arkgraves de Bran- 
debourgs dont il compte fix races ^ a% 



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MARS. 175 ï. 8^1. 

Commençant par Taflîllon , premier Com- 
te de HohenzoIIern. 

Il paflc rapidement fur les quatre pre- 
mières races , & commence la première i 
Frédéric VI , Burgrave de Nuremberg > 
qui en 141 5 reçut de TEmpereur Sigif- 
Blond la donation du Markgraviat de 
Brandebonrg , fous le nom de Frédéric I , 
dont le fils de Frédéric II , fut furnommé 
Dern de fer. 

Ce fut une mode pendant quelques gé- 
nérations de donner au Prince un fumom 
rire de lUiftoire ancienne , relatif aux 
qualités qu'il avoit oh qu'on lui fuppofoit» 
( Les fmrnoms donnés aux Princes vivans , 
non-plus que les trophées érigés en leui: 
honneur , ne iont pas pour la Podéricé. 
des attcftations bien (ures de leur mérite 
ou de leurs talens. ) Albert , fucceâfeur At 
Frédéric II , fut furnommé Achille v fon 
£ls Jean fut appelle Cicéron, à caufe de 
fon éloqi^nce , qui pourtant n eût pas été 
d'un grand poids fans la bravoure dont ii 
la fecondoit. Il eut pour fils & pour fuc- 
ceffcur Joachim I , dit Neftor , qui malgré 
fon furnom ne vécut, pas cinquante ans, . 
£c lai(fa en fa place Joacbitp II > qui fe fie 
l^urhérien en 15: 5P- L'Hiftorien à cette 
occafion remonte aux évenemens qui oti^; 
^miené ce changement» 



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Si. MERCURE DE FRANCE; 

Depuis la Réforme , les Princes de Bran^ 
dcbourg n'eurent plus l'honneur de porter 
des noms Grecs ou Latins. Ce Joachim II, 

2 ni mourut fans furnom , eue pour facceC- 
rur fon fils , qu'on appella tout Simple- 
ment Jean-George , auquel fuoceda Joa- 
chîm-Fredéric. Celui-ci fut le premier 
Prince qui établît un Confcil d'Etat, 
j» preuve , dit le Chroniqueur , de la belle 
0» adminiftration qui avoir précédé.U laiSk 
pour fucceflcur Jean Sîgifmond , qai reçue 
de Sigifmnd III , Roi de Pologne , Tin- 
veftiture de la Pruflfe , pour lui & fes def- 
cendans. C'étoit la troifiéme fois que l'in- 1 
Teftiture en étoit donnée à la Maîfoti 
Eleddrale. Ici eft placée une di^rcflion cu- 
ricufc fur THiftoirc de la Pruffc (ufqu'à ce 
tems-là. 

Jean Sigifmohd laiflfa la Pruffe & lïlec- 
torat à fon fils George-Guillaun^ , dont la 
Régence fut une fuite & peut-être une 
fource perpétuelle de malheurs pendant 
3Q ans.Mai^ Frédéric-Guillaume , furnon>- 
iué le Grand > qui lui fucceda, répara bien 
avantageufement les défordres de Tadmi- 
niftration de fort père. Il commença à 
gouverner à 1 âge de vingt ans. C'eft à ce 
Prince que la Prulïc doit tout l'éclat donc 
elle jouit aujourdhuî. 

Frédéric , fon fils > recevant d^ mains j 



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'^ M A il S; I7fn «3 

cle fon père un Eut florUIknr , voulut /oîn- 
<lre les cictes à la puidance réeUe *, il fon- 
gea à (c faire déclarer Roi , & y réuffir. Il 
fut couronné en cette qualité en 1701. 

Quoique faye prcfcntc cette première 
-partie comme une (impie Chr^niifHc > je 
ii'ai pas entendu par4i qu'elle foit traitée 
avec fecbcreâe ou aridité > mais feulemeoc 
,-quc les faits n'y font rapportés que fora- 
mairement » ce qui n'a pas empêché que 
TAuteor n'y ait femé t^anticé de traits 
faitlans» foit de morale ou de politique> 5c 
des portraits par/^temct^t bien tr>acé^ 

Pà exemple^ i propos db$ Tournois 

^meurtriers dont s'amufoieitt aurrefois les 

•Princes , & d'où Albert , furnomtnéAchiJi* 

le , fortit dix-fept fois viâorîeux, %\ fair 

une remarque digne d'un comr humain Se 

«l'une belle ame. t> On &i(btt , dit-il , d^uis 

99CC& fiédes groffiers le même cas de Ta- 

oft drefle jéu corps que J on en ât du téms 

«dHomerc. Notre ficelé pluis éclairé» 

'» n'accorde Ton eftime qtt'aag tatens de 

■M l'efprit Ccicts Tertus qui élevant llK>m* 

s» mè prefque audeâus de fa coadi;tion » 

9» lui tout fouler fes paffioos fou^ les pieds 

9» £6 le rencknt biénifaifant > généreiix Se 

n fecotirable. 

Il en fut une autre du même genre fur 
•ce que Charles II déelaia h guerre ata 

D vj 



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«4 MERCURE DE FRANCE: 

Anglois,fou$ prétexrc que Meffieurs cîe 

'V^ic avoicnc un portcair fcandaleux daf» 

' leur maifon. ( Ce portrait , dit- on y repré-* 

fentoit une bataille navale que les Hol- 

landois avoient gagnée fur l'Angleterre. ) 

s> Faut-il , dit notre Ecrivain , que de pa« 

j>reils fujets deviennent Torigine de la 

» ruine des Provinces y & que Icfpece hu- 

*»>inaine prodigue (a vie & répande fba 

> (àng pour fatisfaire aux Eintaifîes 8c an 

» caprice bizarre d'un feul homme? 

Il a ofé erre d'un avis diflferent des Doc- 
tes & des P^hiiofophes du fiécle dernier aa 
fu^et de l'abdication de la Reine Ckrifti-- 
* ne : » Aux yeux des f^es , di^il y la con- 
j» duite de cette Reine ne parut qu'étrange* 
j» Elle ne méritoit ni louange ni blâme 
» d'avoir quitté le Trône ^ une pareille ac- 
» tion n'acquiert de grandeiK que par les 
ji circonftances qui l'accompagnent Se par 
«» la magnanimité dont elle eft (butenue 
lj> dans la fuite» 

Mais il pcnfe comme tous les pofitiques 
intelligens fur la révocation de TEdit de 
Nantes. 

il expofe briévemenrA ÎAgéiieiirenient 
les- motifs qui introduidrcnr la réforme 
dans différentes contrées de l'Europe. » Bu 
j» Allemagne, dit-il, ce fut l^uvrage de 
P rintérêc ^ en Angleterre celui de l'a-r 



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"" MARS. i75t: ti 

^mour, & en Fiance celui de la noi»^ 
a» veauté» 

Sur la fin de ce premier morceau , lE 
fcmble tirer de fon récit même cette bel- 
le réflexion que le fort alternatif des arme;» 
devroit faire naître naturcUcmcnt aa« 
Princes remuans & inquiets. » Si les honv- 
^ mesétoient capables de raifon ^feroienc- 
9» ils des guerres fi longues^fi acharnées & & 
j> onéreufes pour en rerenir pourtant à des 
■«conditions de paix,*qui ne leur paroiÛenc 
>» intolérables que dans les momens où k 
^ paffion les gouverne , ou dans lefquels 
» la forruae leur rit ? 

A propos de la difgrace de Dankalmani>^ 
envoyé à Spandaul pour avoir dit fes feu- 
timens avec hardic^e fur le projet de 
Royauté de Frédéric : m II y a , dtr notre 
a> Auteur , un milieu entre le poifon de la 
9$ flatterie & la rigidité falutairç de la vé«- 
» rite , qiii fe peut concilier avec le carac- 
» tére d'un hoipme d*honneur. Les leçons 
■» d'un mifantropc révoltent , mais les con- 
» feils dont on modifie la rudefTe , font 
^ comme le miel dont on a frotté les bords 
M d'un vafe rempli d'abfinthe. Ccft un vé- 
-» hicule qui en dérobe l'amertume. Hcit- 
» rcux font les Princes , ajoûte-i*il , dont 
»'Us oreillts moins délicates aiment k 
IP vérité ^ lors même qu elle eft prodiguée 



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ff MEilGUREErEPÎlAlSICE 

*«? par (des bouches ia^iiTcrecc es ; nuits c'^ 
» un effort de vertu dont peu d^^ounes 
•» font capables. 

Voulez-vous , Monficur , voir des poN 

^aits de notre Ecrivain ^en vaiciquelquei» 

:ëchaQtilloiis : pour le furplus recourez à 

rOuvragc même ^ d*où je les tire , car \i 

ierois bien fôcbé que vous ne le luifiez pas. 

w Frcdcric-Guillaumc reçut le fumom de 
» Grand , & l etoit effeûivemcnt .... Il 
-» femblc que par méprife la Nature -avoit 
1» uni en lui lame d'un grand Roi à la for- 
.^ tune médiocre d'un Eleâfcur : On vit 
9> pendant Ton règne les aâdons d'une anie 
M forte & d'un génie fupcrieur -, taatot 
» tempéré par la prudence , tancoc pofr- 
» tant ce caradtéred'entboufîafnîe , quicn- 
I» levé nocrc admiration ; inépuifable en ttC- 
« foUrces , fans le fccours étranger vformaat 
«•fes proîpts loi même & les mettant en 
'^ exécution ^ rétabliflànt par fa fagefle un 
:» pays abîmé ; acquérant de nouveaux Etats 
Jb par fa politique & fa prudence ; affiftant 
nCcs Alliés, & défendant fcs peuples par 
*f fa valeur , & toujours également grand 
^ dans tout ce qu'il entreprenoit . • . . ^ . 
Et quarante pages plus bas : » Frédéric* 
^ Guillaume , qui étoit le défenfcur de fcs 
« fujcrs en tems de guerre , avait la nobit 
j» ambition de-lc^t fcrvir^ pcrc ca tcras 



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MARS. t7$i: «^ 

« ic patx. Il foolageoic les familles rainée» 
9» par les ennemis. Il xclevoir les roorailie» 
M abacrues des Villes -, les forets, les bête» 
» fêroces qui les habitoient difpatoiflbicnt 
»poar faire place à des Colonies de Lz^ 
j» boarenrs & à de nombreuxtroupeaux...» 
t L'induftrie fi utile & fi méprifée, Téco^ 
o nomie rurale étotc encouragée , &c. 
Cinquante autres pages plus loin : » La 
» {àgcfie , la fermeté , la pénétration & 
3 toutes les vertus de ce Prince fe modi<r 
m Soient félon les circonftanccs ou il fe 
ji trouYoit , & paroifToient tantôt plus fu* 
m blitnes^ tantôt plus douces oc plusfecou* 
a» râbles , mais toujours affujetrics aux prin* 
i»cipesde la jufticè& ne tendant qu'i la 
» gloire de fon règne Se au bien de l'hu*- 
« manité. Et dix-huit pages plus loin ; Fro- 
;» dérîc-Guillaume avoir toutes les qualité» 
» qui font les grands hommes , & la Pra- 
P vidence lut rournir routes les occafion» 
^propres à les déployer. Il donna de» 
9» marques de fa prudence dans un âge oà 
>>lajcune(Fe indocile & fougucufe n'ca 
j» donne qtie de fcs égaremcns* Il ne pervei?- 
» rit jamais fa valeur héroïque par un coo- 
» damnable ^bus , & il n'employa fon coti- 
» rage qu'à la défenfe de (es Etats & aa 
>» fecours de fes Alliés^ Il étoit prévoyant 
» Se fage > ce qui le rendit grand politique» 



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n MERCURE OETRAP^Ë. 

» Il écoic laborieux & hatnaia, ce qui le 
m rendit bon Prince • . . Il fat le reftaura-* 
^ tear & défenfcar de Ton pays , le fonda* 
»tear de fa poiflance , l'arbitre de fes 
» égaux & l'honneur de fa Nation. i 

Le portrait que notre Auteur fait du 
Roi Jacques n'eft p:^ à l'avantage de Tort-* 
ginal ; mais ce ndl quelquefois pas*iâ un 
yice dans un portrait. 

Guillaume , gendre de Jacques, qu^oa 
appelloit Roi de Hollande & Stathoudee 
d'Angleterre, ne paroît pas non plus dans 
les Mémùires^dcdcti% lignes plus haut qu'il 
n ctoit. L'Auteur qui les a écrits prend 
olTez bien la mefure des gens. 
. Voyez le parallèle de Frédéric le Grand 
^ de Louis le Grand ^ page zio de la pre^ 
micre partie. Il ncfiéroit pas à un François 
de le tanfcrire ici ; on y a dôimé trop d# 
fupériorité an Héros Pruflîen. 

Voyez celui du Czar Piètre , page z i ^ 
ic celui de la Reine Sophie-Charlotte > 
pages 46 & 135; 

II. Par rapport au fécond morceau qui a 

I)our titre , des Mœurs , des Contimes , &ci 
'Auteur lui-même nous en donne une idée 
en commençant . » Je n'y préfente , dit-il, 
a» au Ledeur qu'un choix des traits les 
^ plus* appans &c les plus caraârértftiques 

^r ie des Brandeix)urgeois» 
^» du gêti 



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MARS. tf$t: 8^ 

Ce morceau cft encore plus fourni que 
le premier , de penfées fines , de maximes 
jadicieufes, d'exprcffions heurcufes. L'Au- 
teur y eft moins Hiftorien & plus Philofa- 
phe j or c'cft quelque chofe de bien agréa- 
oie que la Philofophie d'un homme de 
génie , c eft la vrayc pâture , difons mieur» 
c'eft le ragoûWcs hommes raifonnables. 

Que peut-on par exemple de plus jufte 
ô^ de mieux tourné que ce qui fuit ? *9 Re* 
j> montons aux origines des Nations , vous 
» les trouverez également barbares. Pren- 
99 dre un peuple dans ta ftupidité la plus 
» groffiere , le fuivrc dans les progrès 8c 
» le conduire jufqu'au rems qu'il s'eft civi- 
» lifé , c*eft_étudier dans toutes fcs meta- 
» morphofes le ver à foye devenu chrifta- 
» lide Se enfin papillon. 

Et un peu plus bas , pour mettre en plus 
beau jour cette pcnfée, qu'il rcfte toujours 
dans une Nation un fond de caraâére iu- 
cfifàçable , que les tems & les révolutions 
ne changent jamais entièrement, » Ua 
» Statuaire, dit notre Ecrivain , peut tail- 
«» 1er un morceau de bois dans la forme 
» qu'il lui plaît. Il en fera un Efope ou un 
)• Antinous, mais il ne changera jamais bi 
» nature inhérente du bois. 

Ce qui m'empêche de rapporter un plus , 
grand nombre de ces traits ^ c'cft que lou^ 



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5>o MERCURE DE FRANCE 

Touvragc en fourmille » Se que tranfcrire 
un ouvrage n'cft pas en faire l'analyfc. 

Ce morceau eft diftribuc en trois épo- 
ques. La première contient les mœurs des 
marches Brandebourgeoifes avant Charle- 
magne. L'Auteur réduit la peinture qu'il 
en tait à leur bravoure & leur férocité. 

La féconde époque conUtnence à Char- 
Jemagnc. C'eft pendant cette époque fous 
l'Empire de Henri TOifeleur, que le Bran- 
debourg commence à avoir une forme re- 
liée de gouvernement. Cet Empereur y 
jctablit des Markgraves , fous Iclquels les 
inœurs s*adoucirent. Sous les Markgraves 
des qtiatre prenûeres races les Berlinois 
jreftcrent dans une oppreflîon perpécucilçj 
uns fureté , fans poJice. 

La croifiéme époque commence à YEtOr 

Îercur Sigifmond ^ qui conféra le Brande- 
ourg & la dignité Eledorale auBursrave 
de Nuremberg , qui le premier fc icrvic 
xi'un canon de 14 livres ^ en quoi confiftoic 
toute fôn artillerie , av^c laquelle cepen- 
dant il réduifit fes fujets rebelles. Pendant 
.cette époque il y eut nn peu plus de police 
£c de fubordination , fartout fous Jean le 
Cicéron, qui pour polir Tefprit de fcs 
peuples , fonda i'Univerfité de Francfort 
iiir roder. Joachim contribua encore plus 
4iu progrès des Sciences. Ce fut » dit nacre 



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MARS. }7Sx: ft 

Auteur , le Léon X da Brandebourg. 

Pour montrer par des faits , que danç 
ces tems même pu la Nation commertçoic 
a fortir de la barbarie , il rcftoit encore 
des mceurs anciennes une forte teinte de 
ifcrocité jH rapporte que Joarhim IL cou- 
cha la nuit oc (es noces artnc de toutes 
pièces auprès de fa jeune époufe , m comme 
*» fi , dir il , les tendres combats de Ta- 
n mour demandoient des préparatifs ^fli 
99 redoutables. 

: Il fait aihfi d*Ele(2:éur en Elefilcur la 
gradation des moeurs & des Arts dans Je 
Brandeboug , & orne la fin de fon récit par 
cette réflexion fcnfée : « Comme les fe» 
V riienccs. ont befoin d'im terrain propre 
4f pour leur déyetôppcraçnt , de même le» 
n Nations dethandenc un concours de eoa«>^ 
» jeftures Heureûfes , pour qii cUcs for- 
a? tent de leur engourdiffement , & qu eU 
9 les reçoivent , pour ainfi dire , une nou* 
^ velle vîe.^ 

• Il finit par un pa râtelle de l'Etat Mo- 
narchique , & de TEtat Républicain , où il 
balance avec jugemenr -Se avec fageffe , les 
avantages & les.inconvéniens, refpedtfs 
de ces deux.fortes de Gouvernement. 
; IlL Le troifiéme morceau qui a pour 
ritre : de ta, Supfrfthtm & de U IReUgion p 
RTeâ: point inférieur aux deux autres» .Oa 



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91 JrERCUREDEFRAhrCÊ* 

yrcconnoîc ufi Ecrivain Protcftant ; maîi 
ce ncd poinc par des déclamations contre 
les dogmes fondamentaux de la Religioit 
Romaine qu'il fe fait connoîcre ; c'eft fea-^ 
lemenc en relevant avec force des abus 
qu^nous lui abandonnerîonspeut-être fi fa 
réunion ne renoit qu'à cela« Au refte on 
▼oie un homme fi plein de cette Religiotf 
naturelle 5 qui eft la bafe de toutes les au- 
très , qu'il eft vifible , que quand il ne fc- 
roic ni Catholique ni Reformé , il feroit 
au moins honnête homme. Or c'eft déjà 
avoir une forre de Religion. Quand on en 
eft là > on n'a plus qu'un pas à faire peut 
devenir Chrétien. 

Vous verrez bien , Monfieur , â la for- 
me des crois Mémoires » dont }4 viens de 
vous rendre compte , que ce font en cfFec 
des Mémoires, & qu'on n'a pas fongé à fai-* 
re un Livrer il eût wUu pour cela les fondre 
cnfemble. Mais ne vaut-il pas bien mieux 
préparer des fonds pour des Livxes que de 
faire dç$ Livres fans fonds ? Un bârimeoc 
pour lequel on auroit déjà les pierres & la 
charpente toutes raillées, feroit plus avan** 
ce que celui, donc on n'auroit fait que 
conftruire un modèle en plâtre. 

D'ailleurs il falloir que l'ouvrage donc il 
eft queftion , eût la forme qu'on lui a dooh 
oée« Ce font en eâèc des Mémoires Acâ-; 



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MARS. 175 T. Pf 

4cinîques qui ont été lus dans TAcadcmic 
Royale des Sciences & fiellcs-Leccres de 
Pruâe, comme on le voit par la réponfc de 
M,, de Maopertuis ,.dont je ne puis me diGr 
penfer de vous rapporter ici les deux tiers , 
parce que vous y verres^ la confirmatioa 
des conjeâures du Public fur le nom & 1^ 
qualité de l'Auteur -, & que d'ailleurs elle 
contient un éloge des Mémoires , meilleur 
fans doute que je n aurois pu le faire, 
» Repréfçi^ter lesjévenemens dans leur or* 
3» dre , donner â chaque partie de THiftoire 
s> (a proportion & la mefure , écrire avec 
i> precifion 6c éleeance , fuppofe un eC« 
» prit jufte , une imagination beurcufc , 
» & une connoiflance parfaite de la Lan« 
» gue^ Décrire les moeurs &c les coûtumes^ 
f des peuples , remonter à leur origine , 
# les fuivre dans leurs progrès \ marquer ce 
» qui appartient à Thommc en général , ou 
a» aune Nation en particulier ^n'eft donnç 
» qu'à un efprit profond, 
. *> Si un Ecrivain fe trouve aflTez avanta^ 
«gé de la nî^turcpour pouvoir remplie 
^ tour i la fois tous ces di£ferens objets « 
» combien ne fera-t'il pas fupérieur ,&cX 
if THiftorien qui ne rapporte que les faits, 
^ Se an Philofijphe qui s'en tient aux fpé-» 
n çulations ? C*cft que les évenemens font 
^ péceiraircment liés aux moeurs ^ 6c ea 



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^4^ MERCURE DE FRANCE. 

j»(bnc prcfquc toujours les fajetsoulcs 
j» caufcs. Un cfpric aflez vaftc cmbrafle 
«cette Relation; il pourroit çn quelque 
w forte prévoir les mœurs qui doivent 
••réfulter d'une certaine chaîne d^évene-? 
;»f mens y&c prédire les évenemensqui Te-; 
» ront la fuite des mœurs. . 

«•Si un tel homme fe trouvoit appelle 
p au Confeil des Rois , s*il fe trouvoit lui-^ 
«>même revêtu durtc grande puiflàncci 
m (car nous avons depuis Céfar l'exemple 
» de grands Princes qui ont été en même 
» tems d'excellens Auteurs ) quel bonheur 
n ne feroitce point pour les peuples qu'il 
w ahroit â gouverner > Quel bonheur né 
*> feroit^cc point pour toute TEùrope ? 

Il faudroit ne pas entendre la valeur dci 

fermes , pour douter , après ce que dît M.' 

de Maupertuîs » que ces Métnoires luis i 

l'Académie de Berlin , ne foient l'ouvrage 

du Proreârur même de cette Académie; 

C cft un demi- Dieu qui a bien Voula fe 

rendre (cmblable à nous, & fe revêtir de 

nos foîbleffès , en écrivant pour le public^ 

& s'expofant à fa cenfure, qu'il ne s'cft pasf 

mis au refte dans le cas de redouter beau*^ 

coup la critique s cette vipère qui aime et 

mordre , n'a pas de pouvoir contre des ou* 

vrages auffi fnpéricurs,c'cft du pur acier 

pour elle. 



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MARS. I7ît. 9J ' 

Audi je ne f^ache j^ qu'on y aie de a 
repris que qaclqiKS exprcilions , qui ooc 
(emblé aux purifies blcflei la ilélicaceiTe de i 
notre langue. . 

Par exemple , fur l'endroit où on lit qae 
Léon X. amalToic pair un négoce d'Indul- 
gences les fotnines , dont il avoit befoiix 
pour «4/^r la ^afilique de Saint Pierre , 
onr prétend <\vk édifier , dans le fens littéral 
4a mot Latin sdificare , bâtir » n'eft pas 
Fratiçois* 

Sûr cet autre endroit : t» Après la more 
» de Frédéric , Evcque de Havelberg , l'E^ 
i> kdeur eut aflez de crédit pontlcfairô 
t^fHCi:éder, par k troifiémc de fcs fils -, on 
dit que fuccider ^fîeltjH*Hn , cft un idiociC* 
me Allemaî^d^ & qu'on ne peut direea 
François <^Mtfii^der à (fiêcl^H^nn. 
- . On hi^tnctncovcrcjfcfftir un refus ,pouc 
tH tém^igmr fçn. reffent'ment : Tonmcr lu 
Cé^ , ^wtmrmr Jmtour ^ Camp, r 
« n La réputation eâ: la roonaoye desHé^ 
xo9»tnai8 ce n'eft pas toujours dV/i^ que 
-it Ici Prifiicesfc contentent. Les Critiques 
j# vopdrotent qu'il y eik : Msis ce tfeift pas 
» tùHJours celle dom les Prmcexfi cûmement , 
«• parce qu'en François on ne rapporte pas 
r//<f.» à une chofe inanimée. > 

Ils ne -trottvent pas bon noii plus que 
•i'Aateor aie dii ; « La tolérance eft unip 



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fé MERCUREDE FRANCE. 

m yerca , qu'il eft même quelquefois (kn- 
»gereux d'enfreindre : parce qu'il leur 
femble qu'on ne dit pas enfreindi^e une ver^ 
lM,mais feulement enfreindre un orÀn^ 
medifenfe» 

Mais c'eft faire Tapologie d'un ouvra- 
ge , que d'être réduit à n'y relever que de 
pareilles minuties ; d'ailleurs , vu Texaâi' 
' tude de ftyle qui règne ^ généralement par- 
lant dans ces Mémoires , & le bon im 
dont ils font écrits , même relativement 
aux régW de la Langue Françoife,ily2 
plus à s étonner que tout autre qu'un Fraa« 
çois en foit l'Auteur , qu'à exercer une cri- 
tique raifonnablc fur quelques vétilles de 
langage. 

. C'eft donunage que notce choix^ 8c no* 
tre goût né décident pas en matière de 
faits. Je me d-onnerois le piaifir de fou- 
baiter que l'Auteur des Mémoires ne fSit 

{)as un Roi , afin qu'il me fut permis d'tQ 
aire l'éloge , fans être fufpeâ d'adalaœiiu 
Hélas l Les gens de Lettres même ont en- 
core tant Gonfervé des miféres de rhoma- 
cité > qu'ils ne font pas au-delTus du foap* 
çon de louer baûfement nn Grand , fans 
autre motif que fa grandeuç ; ou un riche, 
en vue de fon opulence. Mais fi un Prince 
cft étranger par rapport à moi , fi ce n'cft 
,fas mon Prince > pourquoi mes^ éloges ne 

poorroieot- 



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U A R s. 175T. vt 

|foarroient-ils pas être fincéres ? Et pour^ 
^oi iDcme le propre Sû^c d'un Monar- 
qoe oe pourroic-U pas le louer » fans ris- 
quer qu'on le récufe ? Qu'un Franîçoif exal- 
te la bonté du cœur de Louis , fa clémence» 
ion humanité , lés récompenfes 5 dont il 
paye ceux qui le fervent , la îufte confiance 
quil leur donne , la fageflc delts Rcglc- 
mens > fa fermeté dans fes réfolu^ions ; tout 
Françoib qu'il eft , on l'en croira , parce 
qu il ne parlera pas de fon Prince autrcr 
ment que la renommée. 

Quoiqu'il en foit , un doit m'en croire 
fur le compte de l'Autcor des Mémoires. 
J'ai fait preuve de bonne foi , par la criti^ 
jue <|ne j'ai hasardée de quelques-unes de 
es cxpreflîons , qui ont paru incorreftesà 
nos Grammairiens. Mefcrat'onun repft>- 
che d'être toujours de fon avis fur les 
points plus imporcans ? Et ne pourrois-jc 
mériter la conhance du Public, qu*cù con- 
tredifant un Sage ? 

Jai rhonncur d'être , &c. 



Les mots des Enigmes 6t des Logogrî- 
phcs du Mercure de Février , font Oi/èan , 
Ia bonde des Etangs , Cheminée & Boufie. 
Oo trouve d^ns le premier Logogrique , 
chemin , hymne , mie , mine , nichs , hymenie. 



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?c 



9t MERCURE DE FRANCE. 

fififsce y Chine x weche « Cénie. Oa trouve dafti 
Je fccand , hou'é , i>/V , U Jeu de ioie^ la joi ï , 
^ote , vie^, 0uie , fattïe , 5/. Ty^/ , Og , Jii^ft^ 
Juge^leComiécCEn. 



. E N I G Aï E. 

1^ E luxe m'a donné naiOance ; 
Ma Coar écoit jadis dans le Nord de la France , 

A préfcnt je règne i Par». 

Du Printems retraçant l'image , 

Des grâces , des jeux & des tis , 

Je fotoie le doux afleroblage : 
J'embellis les Palais , j'habite cbez les Grands, 

£c rarement dans les Villages ; 
Cependant les forêts , les hameaux , les payfages 

Font mes principaux ornemçns* 
Agréable en Eté^ dans l'Hyver plus commode « 
)e fuis dans tous les tcms de fervice & de mode : 

Pat mes encbantemens divers 
Je fats fous un conp d'ceil pacoitre TUnivets ; 
J}ts pins beaux monumensque préfeote THidoice 

Je fçais rappeller la mémoire ; 
Sans plume , fans pinceau , je ttace les poi traies ; 
Tu vas bientôt , Leâeor , me connoicre i ces traita 

Muyart. 



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MARS.- i7$i. M 

— *— I l ■ iii I h I II ■ m ■■ ■ I I I I 1 1 II . .1, ^J 

LO G O G R I P HE. 

IZ» Nnemi déclaré d'un préambule long , \ 

]e vais ,, fans plusf jrder , l'expliquer ma naturr. 
Huit pieds .ami Ledeur , compofenc maftrù^Vurt 

Je lailTe a ton efpiit fécond 

L^ rpin de les unirenfemble , 
£c de rrouverjcou.s les mots que j'affemble» 

Po£^e enfant du raifonnement » 

Le bon fens forme mes parties j 
Et quand avec tfprit l'art les a réunies , 

Je fçais convaincre fortement. 

Mes deux extrémités, prifcs avec jufteffc , 
Te donneront ce qui fait la richeffc. 

Combine tout différemment, , 

Tu trouveras ce qui forme une Ville y 

Un vuide dedans fort utile , 
' ' Le rendez-vous de la moindre vapeur ; 

Un animal qui n'eft point en honneur ; 
Ce qu^on entend crier aux Cochers dans les rues; 

Ce qui fait cheniiner les nues. 
Les* noms d'un Saint , d'un légume , d'un fruit , 

S'offrent , fans douée , â ta pcnfée. 
Ce qu*on doit voir roder pendit la nuit 

Dans une Ville policée; 
Terme de Droit , âorit l'effet enrichir 5 
Ce qu'en un Livre on voit à toutes pages ; 

Mais qu'on ne trouve point écrit ; 



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looMERCURIEDE FRANCE 

Va élemeuc ; le nom d'un ic ces Sages , 

Dans l'Egypte autrefois fameux. 

Un animai , dont la riche fourrure 
Aux uns fervant de meuble , aux autres de parure^ 

Défend contre un froid rigoureux ; 
Ge 4Qt dans une femme eà l'idole des yeux ; 

Un être qui n'eft point matière ; 
Ce que l'on voit de loin dans un vaiflean ; 
Chofe qui chaque /our conduit l'hoamae au toa^ 

beau; 
Terme d^un certain jeu $ le nom d'une rivière ^ - 

Ce que l'on fait quand on a faim 4 
L'oppofé de celui qui babille fans fin ; 
Ce qui diAingue l'homme ; à dopx onmotoos* 
traire > 

Une efpéce d'homme d'affaire* 
J'achève; un mot Latin connu de tout le nuMidCi 

Sur lequel noue efpoir fe fonde ; 
Une note ; accident qui nous fait voir la nier^- 
Ce qui donne la mort , ou conferve la vie ; 
Ce que fait la maman qui trop aime Ton fils. 
Mais c'eft affez , Le^fteur , devine qui je fuis; 
Car t'accabler de mots n'ed pas ce que j'envie^ 

Par M.dcX.. . 



çS«? 



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M A R S, ¥751. ic^ 

A V T R E. 

J E fuis ici , Leél^eiir , ce que tout cfl pat moi j 
. J'entre en matière . apprête- toi. 
Mes membres (ont une doiîïaine ; 

Ils C'offrironr >,biBn combinés , 
Le moment redoutable à la nature humaine , 
Od s'accomplit Parrêt qui nous a condamnés ; 
Le Dieu qui nous repaît d'agréables menfonges « 
Lor (qu'il- Yoit au fommeiJ nos fens abandonnés ; 
Le mortel , dont îa force appuyant de vains fonges» 
fit fléchir fous Tes lois cent peuples cooftecnés i 

Ce fo! , dont le Roi du Tehare , 
Malgré Tes doux eiKcns , eut {\ peu de pitié , 
Qu'il ne tint pas i lui que le Chantre bizare 
Ke fottit des Enfers , fuivi de fa moitié ; 

La veftale , qu'un fort barbare 

Fit defcendre vite au tombeau ; 
Merc ic Romulus , pour on crime fi beau ; 

Tu roérttoîs Papothéofc ; 

Ce que bien du inonde eil ; que tout le monde 
giofe. 

Le mont où s'immola le Vainqueur de Chiron | 
Une fieur.de Vénus chérie ; 
Le nomades Enfaos d'ApoUon^i 
Une Ifle pi es d'Alexandrie ; 
Celle d'od vient Je marbre blanc ; 
le Dieu qui fait voler l'eflroi de rang en rang | 
Quand on eft trop long , on ennuyé» 
5* * » * S 
Eii; 



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loi MERCUREDE FRANCE. 
A V T R E. 

J E fuis l'occafion d'un fpeâacle amt^fànt » 
Et je poite le nom d'un Monarque puiûTanc^ 
Q.ioique très rarement jç fois mû en ufage » 
J'attire les badauts & gens du bas étage ; 
Nëceâaire aux humains » quand parleur ctoauté» 
Oo doit avoir recours à mon utilité. 
Il faut pour m'employcr qu'on falTe diligence j 
^La mort feroic le prix d'an peu de négligence. • 
Combinez les dix pieds , donc mon tout cft cons- 
truit » 
Vous trouverez d'abord , d'un bel^rbre li; fhiît y 
Un arbuûe connu dans l'Ifle de Cjrtbére , 
El qui ferc de laurier dans l'amoareupt nijrftére; 
L^animal qui fou vent fe loge eo maînu cerveaux]; 
Une arme des anciens \ l'azile des Vatireaux ; 
Une Vilie qu'on voit (ur les Côtes d'Afrique^ 
Un Opéra fameux ^ deux noi^s de n>ufi<^ ; 
Un péché capital $ le premier desinipôts ; 
£n Amérique un temsque Ton donne au repos ^ 
L'^lAwcttt ^ ou fouvçnt t'avarice importée .. 
Nous fait tro^ver U moic.» en. cberdbaat la fo^ 

Mais mon ouvragé enfin d6ît ici (è bei«ier , 
Car ï préfeiic ^ LeAeur » tu dois hk deviner^. 

• * • ' Lt Chevalier de T***» 



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M A R S^ 17 SI* 10) 
IflOU VILLES LITTEll AIRES. 

MOhsieur Diderot, un des Edi- 
tcur$^ de TEncyclopédie , que les 
gens du monde , & les gens de Lettres at- 
tendent avec ane (î grande impatience, Sc 
Auteur du ProfpeElns , que toute la Fran- 
ce a lûavee tantd*emprcffement& de plai- 
Ht 5 vitînt de publier féparcment un def 
'Articles , qui doivent entrer dans le pre-* 
irîîàr volume de cette Encyclopédie , pouf 
«lonncr au Public une idée au foin avec 
lequel cet immenfe & important ouvrage 
cft exécuté. L'article, dont ii 8?agit,eft 
Akt ,& on peut dire qiie Mw Diderot qui 
fatompoTé , y a réunr la plus faine & là 
plds profonde PhilofopWc ' à tièu^cs -Ict 

tracés de rimàgîhàVicxrt & du'ft^^. î-*a-i^ 
ondance des matières dont nous'fon^tneé 
accablés , nous emp^chfe de trahlçrirc ici 
en entier' ùc beau morceau s mais nous ne 
fçaurions^tfop exhonet^rios Lcâiktrs à fe 
fc procurfcr, & -nous èrbyohs pouvoir Icf 
^ûter d'aîvancc qu'aprèi' FàvoW' W,' ili> 
nous* fçauront gré de not^c cbbftill I& y* 
trouveront, des réflexions /«r Iw diftinEliofi^ 
des Ans , bien dignes d'une ame noble &' 
fadépciïdanre , qui n'eftinïe Ibsliômmei^ 

£ iiij. 



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yo4MERCUREDE:FRANCE. 

3u a proportion qu'ils font utiles ; le p^9}ei 
W Traité ginirsl dei Arts Michani*jtus 3. 
qui en éclairane les Philofophcs , fburai- 
roit des vues aux artîftcs -, le plan ^u* il fait- 
dro t fiéhre dans un pareil Traité , en rap- 
pclïant Içs Arts aux produaions de la Na- 
ture ; les motifs éjui doivent nous animer à ce 
travail.enfailant attention à un^rand nom- 
hre de découvertes que^nous avons eu long- 
cems fous les yeux , fans les appcrcevoir ; 
4cs remarques très-fines» très Ptûlofophi- 
ques,& très-bien cxpofccs furies différences 
qu'on doit obferver dans, la defcriptioa 
^es machines , fur la Langue des Arts^ ou 
Ton trouve à la fois tant de (uperflu , & 
tant d'indigence 5. enfin fur ce o^vrendtme 
^ankfaHwre fiffirienre a une antre. A U 
tçte dç ce bel ^Cfi<;|e , dont nous pouvpi» 
4itc ncç .quQ diÇr; Jiàt4.piflf rot du Chance- 
lier îKacqa yC^ç^pô^m nùHS lajfons pùtni dà 
If rhu^r yparçeque nous ne naus fommes poini 
l^Jfésde te tire j on voit l'ordre Encyclopé- 
4iq^c^^4,mot AaT»c'cftrà'dirc la place 
q[uil 4p^ :9<{cttpet dans 4'arbre Encyiopé* 
^iqaçjdtt PfioJpeSk^. Cet article a eu uft 
i$:graqf(] fucq^ ^ qi§e, nous connolidôns plu- 
ûf\XPs pprfoi^pes » qui après 1 avoir lu , ont 
4té fpufcrire. M. Diderot nousenproi?iet 
d'autres , en attendant le premier volume 
4s:i'JÇncycJopc4ic , q^ui paroîtra certaine-. 



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MARS. 175T. 105 

Rient au mois de Juin de cette année ^ 
cornue le FrofffUHS l'annonce. Les ta- 
Icns fupéricurs de M. Dideroc , & de II 
plupart des Sçavans qui ont travaillé i 
rEncyclopédic , donnent tout lieu de croi- 
se que les articles qu'il nous promet ,.n« 
le céderont pas à celui-ci , quoique dan$ 
des genres difFerens ^ ic nous ne pouvons 
trop l'exhorter à remplir un engagement, û 
capable de fortifier de plus en plus la coi»* 
fiance du Public. 

Recueil, de Lettres choifîes, pour Ser- 
vir de fnpplément aux Lettres de Madame 
de Sevigné. j1 Pétris, chez RoBin^ûh^ 
Quai des^ AuguiUns > 175.1. Un vokime 

Le galant Homme qui nous donna, iïj 
a quelques années , le charmant Recueil dc«^ 
teirrcs de Madame de Sevigné , vient de 
nous faire ce nouveau prcfcm.- Ce fepti&. 
me volume contient dés Lettres du Cardi- 
nal de Retz , du Duc de la RochçfbacauIt> 
de Madame de h Fayete , de M. & de 
Madame de Coulanges^, de Madame de 
Çtignan, & de Madame de Sevigné. Quoi- 
que la- plupart de CCS' Lettres , ftngulicrct- 
ment celles- de Madame, de Coulanges^^ 
foicnt pFeines*^ d'agrément & de naturel, 
il n^ en a point qu'on puiflecomp»- 
S£i à-ccUes^dc Madame de Sevigné. Lair- 



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lOiTMER^Cl^RE DE FRANCE- 
tiquité'n*a rien à oppofer à cette fcmmV 
îlluftre , & la poftérité la "placera parmi Ifc 
petit nombre d'immortels Écrivarns'qtri 
ont fait la gloire du dernier ficelé. La Let- 
tre que nous allons rapporter , prouve que 
STur ce point , les gens de la Cour peufeK 
comme les gens de Lettres,. 

; L E T T R. E 

JE ferois un volume, s'il falloir vo« 
rendre un compte exadt de rour ce que- 
7c pcnfe des Lenres de Madame de Se- 
nrigné , & lie ce qui* m'a palTç pai la tête 
%n ks Ufknt; '|b commence paE vous dirr 
en gros , <}ue j'en fuis charqfié v \\ efr-bien 
ïur iqu'clle né lésa pas écrites pour être 
•données au Public v niais qiiana elle ai 
Toit prévU' qu'elles le fcroient ,.je doute 
qu'elle car pris beaucoup de peine pour 
*cviter k triûe critique de ces petits Granî^ 
rnairiéns : elleécoit tàen éloignée d*afpiret' 
à la perfcdripn gramcnatical^ ;- je croîs. 
x]n'ctle aaroir ptuxât fair profcffion de la 
méprifer* & quVlle \wï auroit volbntiers. 
reproché d^avair pcnfe déshonorer les Let- 
tres de Voiture. Je fuis /3c fonavis, vous- 
<n'en aver que trop de prtuvcsJans la Bar- 
barie de mon ftyle Jl^our moi , ^}Qïit trouve 
liea de plus, fi^e qtie des Le tt tes. étudiées,» 



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. M A K S. ijjt. xoy 

'CEntvaiUécs , çompofées dans un commerce 
j^ournalicr entre ap^is intimes^ ou entre une 
jaacre & anc ftile. , , j , 

' Il faait.A^^ bien peu (îe;renrira^nt 4an9: 
lecccut y & 4t goût daiis reTpck^pour ne 
pas trou-ver iiafts, CCS Lettres cLqs beautés- 
incompatables , très- indépendantes de Té- 
locution* Kâ vouerai que j'aijrouvé la ren- 
dceâfoide cette r^iere , j^r la manière donr 
elle l'cxpjrinîCyplus incçrclTan^te qpcbie» 
des^ fpfaèfoclcU' d'amour -, dont les Pbctcsr 
& les Romafîcicrs nous amufenc 5 &puiîf^ 
quand' on a cpmiu , cpnrmc noiiç- , cerob-^ 
|Et lvxligiTe.<f une paflion fiprodigicufc ÔC 
fc^Yraic y cUq fait qiG(Ke plus ci'împreflîonfc. 
Wacîamc. de ^ Se vigne fc retient ,dan^ l^ 
peur dîetiDnyer la fijle -, clliB^,mcr^ poqir 
aiofi dircy^uu frein à Tabond^ânçc fde fef 
penfécs & de fes exprefl^ns> & u^cdigue: 
au idébôrderacnr de fon cceur ,. pendant: 
«for liosPbctcs fe donnent la torture ,ca« 
mtdtipUanr leurs; exagé^rations ^iSs le pk$^ 

o; Il 7 a:^ des ponmts inîimtaWeV, qu^elTe: 
Élit faûs y penferii Se d'un 1 cul. trait dç: 
pkime. Il eft pourtant v-rai que cette lcc« 
turc eft plus^ i-fHéielFàqte pour ceux qut> 
eommc nous j.oot connue k plus girandcr 
frairtic dt» pes^&tftine^^ àoa^ elle p^dev^ufi^ 



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loSMERCCTRE DE FRANCE. 

Enfin , tour y eft tiatiuel Se plem de^; 
glaces -, pour ics endroits dlm^gioattoo #^ 
où il y a IcpUi d'pfprir , on voie qu^4»laii 
échappent Ws fc nn>kidre dciSein d'y ca 
ificttrc î toiic^abforbéc dan^ fonacrenûon. 
i . cet objet à qui etle patlc , dont cUe eft: 
ttjtipViCySc qui la porte à autant- de dîT*. 
tance d'elle-même , qûlï y en a. entre Lt 
Bretagne & la Ptoveuce > elle n'a^KHC'gat^ 
dfc de ranger i ce qn^eÙc^ctwvicMt cnxD 
ifcmî^là / par fapfxWt il* yahifé^ bien» 
écrire, J*ai fait encore un ■ iif'age - plus fé-^ 
ricux de ces Lettres ^^que dcm eor divcrtiD 
Amplement vaucun Sermon fut U vanitcr 
dfcs chofes^ 4a monde ;^fe m'a fait, lan^ 
tfimpreffiôh. Je jrt-aî iàm*is.eci.i*iinagÎQaH 
tion fi frappée ï;'U. m'a- (c»*l^lé qtie Svm 
éôûp.deHïagacttê ,.€amffrepAr.r»agie> >.rclie 
àvoit fait lortir de terre t(tt ancien moa.> 
âc que ncfusayons vu C\ dilferent de celiûrc 
ci , pour le faire paflcr en revue devant 
fnoi. Ëtte'reflRifcitok- f\ pscfaitement ton» 
ceux qu'elle ipe nommoit , qiMÏlt^ mtau 
guoit paj; un trait. Elle ib*a Éiit xetreuvar 
H*àncienÀfe$ dbukufs à q<ioi je ne pehfibii 
plus , & elfe m*en a fait regretter d autres,: 
dont je ne m^ctois p{isa<^ifé-dnns.le tcms. 
de leur moit. Enfi^n , foit que j'aie tort i, 
ïbitiquc j'aie raifon , cât vous croytez biea 
^ttc je ne donne pa&mon jugcnieAt coxxuat 



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MA R S. 1751. i^ 
^ôe régie (urc , j*ar fait une grande pro*- 
v»(ien de compaOlon p<MiF en diftribuer 
•lîbéralement à. tous ceux qui ne £:j:onc pas^ 
àt mon avis, fur ces Lettres. }.e ne fçais 
€6înmem jfi me Qûs embarqué dans une 
â longue DiflTertarion ^auMez-vous la pa- 
tience de la Ike jufqu^au bout ? Je luis 
l^en (ht du moins, que vous me pardonne*- 
:ge% -mon radowge , & comme ce n cft que 
rûts^im vous* toiir £?ul que j'cxtrayague , 
ïfe m'ai pas eu la force de m'en contraindre ^. 
connoi0ànt voue i/^dulgence pour moi. 

Cours d€ Chyuie , pouF fervir d!in- 
-trodoâion; i cette Science ,par Nicolas 
ih Févrt ^ Pfoicffiear Rojial en Chymie , & 
Mcinbredel^ Société Royale de Londres.. 
•Cioqaiéme édition ^ revue , corrigée , & 
aagtiientée d'un grand nombre d'opéra-- 
Btons , par M. du Monfiier. ji Pans , chez. 
Jean -Noël le Lot^p , â L'èntsée du Quai des 
, AuguAins ^ à la descente du Pont Saint 
MidieL,à.Sain( Jean Chryfoftôjne »^ 1 7 5^ 
itt»i%. Cmq volumes* 

On vok bicBi rinfpç<^on , & par Texa-^ 
men de cet ouvrage, que ce n'cll pas ici 
une (im^e réimpre(Son de Libraire , êc 
qu'une main pratique dans la Chymie , a^ 
pris t(Àn de l'augmenter & do la perfec* 
ûoxuiei:» l!^colas k Févre^ qiû en eftk: 



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?w MERCtTRE DE FRANCE. 

premier Auteur , fut un Chymiftc dcgrao»- 
de réputation. Louis XIV. de lattis de 
Valloc , fon Premier Médecin ,1e nom- 
«la Dénianftrareur,& ProfefTcur. de cette 
•Science au Jardin Royal des Plantes* Sr 
•péputarion paffii les mers,& le Roi d'Angle- 
terre Charles II. pcnfant à établir la Société 
Royale , voulut auparavant former un lar 
J&oratoire à Saint James. U ehoifit Nicolas 
It Févre pour e^ avoit la direâion , Fan 
v66f ou w6S^ Le Fét^e, ca quittant 1^ 
France , n'oublia point fa Patrie i Tes- tra- 
vaux continuels lui donnèrent moyen 
d augmenter & de pcrfeâionner (k Chy- 
mie ,.qu'ikavoit fait paroître «rn detut vo- 
lumes â Paris en lô^ovelle I reparut en 
r469 d^ï^s la même Vilk , & dipuis^ en 
Hollande , & enfin à Patis eti 1^74. Ton» 
tes c^s dernières impreffions en ont fait 
un Livre tout nouveau. Ccft fut ces édi^ 
tions qua travaillé M. dn Aionfi'ur. lia 
refpcéèé le texte original de fon Auteur ,^ 
maîi il à eu foin de'le feire parkr Françoisr 
comuie lé Févre pàrleroit lui-même au* 
jourd'fiui. Il n'a éf^ qiîeftion que de fubf- 
tituer àdes^mots & à des locution! fiors 
d'ufage , des termes & des phrafes reçùcs^ 
aujourd'hui dans te ftylc ordinaire. 

Mais conmient , dii?a-t'on , pouffer juf- 
^ttes.à.cia<£ volumes iiû^ ouvragée v^gù- diu^ 



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M ^ R s. 175 r. Tft^ 

feortî n'en fairoit jqae deux ic pareille for- 
me ? L'EdUcur , pour rendre ce Livre plu*i 
^commode , en a un peu groflî le caraûércV 
qui n'écoir pas aflez^lifîblc dans^les derniè- 
res éditions, & pour former les volume*, 
^'iinegrofl&ur convenable, au prix que le- . 
libraire avoir deflein d y mewre ^PEdi^ 
tcur a^ joint d chacun des trots premiers ,> 
qui contiennent k Çhymic de leFévrCj,^ 
des additions rclarivcs* aux matières trai-r 
tées dans chacun de ces volumes. Ainfi on. 
ttouvçra à la fin du premier vu^Iume, non*» 
feulement une prcpâraiion d'hydromd^ 
Riais même une fermentation particulière 
du miel , par le moyen de laquelle il pré- 
pare une eau fpiritueufe de McUATé , aufiî- 
bien que-Tcau de la Reine de Hongrie. 
€es àexix morceaux font travailJés fur Ihs^ 
principes de TAbbé RouflTeau , qui étoir 
l'un des Capucins que Louis XIV. avoir 
établis , & qu'il entreten0it au Louvre, en 
qualité de Chymiftcs, 

Le fécond volume a pareiliemeni fes ad* 
ditions , pawRi lefquelles on trouve une 
préparation particulière dùQliinqxiina par 
Kèaude vie & Tefpric de vin, auflî-bien 
' que l'huile de briques, dont les propriétés^, 
au nombre de plus de quarante , lont ici. 
' cxademcnt détaillées. Cet article qui eft: 
axiU &i curieux ,,.eft tiré de Jean Libaut^ 



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m MERCURE DE FRANGE. 

célèbre Dodcur en Mçdccinc de laFacalcé 
de Paris au fciziémc (iéclc. On y trouve 
même la préparation de Téau de goudron # 
ainfi qu*cllc fe pratique en Angleterre» 
où elle a beaucoup de vogue, ou pour le 
' lécabliflèmenr » ou pour Ta confervatiot» 
de la famé. 

Le rroifiéine vx>lume né préfènre pas 
moins d'additions utiles. Outre des remè- 
des fpccifiques contre la fièvre , on troaye 
plufieurs eaux minérales artificielles > ti- 
rées de Gkfer , célèbre Apotiquaire , qui 
for le fucceflcur de leVévre dans l'emploi 
de ProfcfTeur dfc Chymnie , au Jardin Royal 
des Plantes à. Paris. On y voit même dans 
un grand' détail {Jufièurs remèdes contre 
^a rage V deux, furtout mèritem rattentio& 
dit Public pour la cure de cette terrible 
maladie. L^un eft tiré des écailles infèriea- 
res des huitres mâles , dont laprèparatio& 
eft ici dccaillée avec beaucoup de foin & 
de précifion ,cc qui n avait pas encore été 
fîiir depuis Le peu de tems que ce reraétifr 
eft découvert. L'autre remède eft tiré de 
ta pratique obfervce a TAbbay^ de Saiûl' 
Huberr , aux Ardènnes. 

Mais les quatriètne 5r cinquième volu- 
mes ne font que des additions; On trouve 
d'abord ce quTthmuUer , fameux Mèdc* 
fiin Âllen)and>.a die de plus précis (ur la^ 



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M A R S, Ï751. iij 

Ckytnîc , qui feifoit une de.fcs occupa" 

tîons favorites y ccpcndaur , comnoiC le dé' 

tail de CCS deux volumes nou&mencroic trop 

loin , pour faire connoître Les nouveau* 

lés utiles qu'ils contiennent, nous nout 

bortiçronsâ très-peu de préparations. CcU 

les de la quintcflence de Icfprit de vin & 

du (ang de cerf, ne font pas. les moins cu- 

sieufes,& font ici très^bien décaillées» 

aulfî-bien q.ue la Boule de Mars , qui eft 

une coiTipofirion très-fîmple de limaille de 

fer y de rartrc & d'cau-de- vier*, mais , don* 

les propriétés font admirables , & que ' 

l'Auteut dit avoir éprouvée à. Vienne, ea 

AutricJie , Se dont il a aJtm^ envoyé la 

compofition en Efpagne , pour le Service 

des troupes de Sa Majefté Catholique. Ce 

fm,M. le Prince de Boum on ville qui U 

lajirdçoi^da. 

Le cinquième volume n'eft ni moins 
çtttieux , ni moins impoi^tant , foit pour 
les différentes préparaûpns do vitripl Se dt> 
fouffre , minéraux dont les propriétés 
Aouvelles & inconnues fé découvrent tour 
les jours, ce qui donne Ueo à KEditeur 
d'expliquer diverses opérations , furtout 
felle de 1& poudre de fympatbie. Lçs pré*- 
parations de l'or potable tiennent ici une 
place confidérable*, ^ l'Editeur eft d'au^ 
1^1 plo& louable > qu'il a fait .coonoucib 



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î»4 MERCURE DE FRANCE. 

'es Auteurs , dont il a pris fcs opérations 
principles, c eft ce qui fait que Ton y trou- 
^c les noois refpcâables de Quercetan ^ 
d'Helverius , de du Sault , de Senac & des 
plus habites Médtcins^ni ont joint laChjt- 
mie avec la pracique.de la Médecine* 

L'Editeur fe fait honneur de rendre ja£> 
»Î€e à ceux cfai ont fuivi la nnèmc carrière 
que lui j c'eift ce qu'il fait à l'égard des 
modernes » au dcflus defiijuets il diftingue 
avec ratfon M. Mallouin ^Doâeur en Mé- 
decine de la Faculré de Paris , qui ^pa- 
MiédneChjmùe Médicinale dans te tems 
même que la fienoe altoit paroitre. Et par 
tout ce que nous avons remarqué des ci- 
tarions faites par l'Editeur » on^ peut dke 
que la Chjome de le Févre eft devenue Ut 
ChfOÀc de tous les tems , Sc de toutes les 
Nations » parce qu'il n*a pas négligé ce qto 
tes^ anciens ont de curieux > & que les^ 
ChjFmiftes des ^ffereus Pays luî^ontfervi 
éàïïs ce qu'ils ont do. bon. 

Amours d'AkidcM? & de CKarifee , ou- 
vrage traduit du Grec. Deux PâHi^s. ' -i4^ 
ylwfterfdam , chez Zacbafie Ckaulén-^ 
1751 ,& fc uow^t itP4f4i ^x^ttt F oiilji 
Quai des Augaftins. 

Ce petit ouvrage ^dom la féconde par* 
^e eft fbct inférieure à la pteitiitrc^iole 



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MARS. 1751. tif 

ragrimcnt , & même une cfpéce de vo- 
lupté. Il fcroit à fouhaiter que rAurcur 
écrivît avec plus de décence j & refpedâc 
xlavantagc les bonnes roœats. 

Les Pseaumes, traduits en vers pat les 
meilleurs Pccies François , avec les prin- 
cipaux Cantiques. A Paris , chez Defaim 
Se Saillant , rue S^nt Jean de Beauvais , 
lyfi. Deux volumes />-i a. 

Nous ignorons de qui aous viennent - 
ces deux voluoies ; i juger de L'Auteur par 
le projet & par rcxccntion , ce doit être 
en homme de bien » & un homme dégoûta 
Noos exhortons les perfonnes vertueufes 4 
ie procatet uiï Livre , que nous croyons 
également propre à les amufer & à les édi- 
fier. Le nom des Traduitenrs aidera^nos 
Leâeurs à apprécier lacoUeâioB (^C: 
eous annonçons. M.* Racine , M^ Pic* 
quet , l'Abbé des Fontaines , Mlle Chci-^ 
ron , M. le Nobk , M. Racan , M, Go* 
deau , M. de Boifragon , M. de Ro^ 
l^giîe ^ M. Frenicle , Mlle D * * *. M^ 
Doutxigné > M, Ranchin 5 le P. le Breton > 
Jefuite 5 le P. Manuel , de la Dôdbrine 
Chrétienne y M. Guis>-M. Lefranc , M^ 
Billard , M. Contart, M, Defmarcts* M. 
de Sainte Palaye , M. Mallevillc ,. M. Mal- 
herbe , M, Daire » M. Moreau de Mautou»^ 
M^DulUrdi, M. Clakabaad ^de IfQcatoir^â. 



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tu MERCURE DE FRANCE; 

Traite* far les duels , par un Prêtre 
Séculier, yt jivignm , chez Dominiqi:^ 
Ssgitin ^ in* 1 1. 

Les Leçons de Titalib , ouïes Tableaux 
de divers ridicnles , que la Comédie pré* . 
fente , portraits, caraâéses , critique des 
moeurs , maximes de conduite , propres i 
la fociété. A Pdrh , chea Nyjn , fais , & 
Giiillyn , Quai des Auguftins. 

lis chapitres de cet ouvrage (bntl'at 
fromteuc , l*amour , Uavare, les baurgeoB- 
fes , le brutal » le capricieux , le charlatan, 
le fin comique 9 le comique fâcheux , lift 
coquette » la Cour ^ le diftrait , Teffronté , 
réquité , les femmes, le fiatteur , ks focu> 
bes, la fout beric, les François, le gentit* 
homme , le gloiicmc , le grondeur , l'hon- 
fiète homme , Thypocrite , Tlntendanc de 
MâiG3n > rirtéfola, le jaloux , les jecraes 
^ens , le joueur , la juftice ^ les maris , It 
mariage , les tneires , le myfancropcjlè 
monde, les nobles de Province , le Nor- 
mand , le patelin , le pédant , lé pctir- 
.mtiîtrc , la précicufe , le Provincial , fc 
richard, kf Robin- Le compilateur a réuni 
fous ces ditfcrens.titrcs ce qu'il a trouve de 
plus agréable dan^ nos meilleiires Corné* 
dies. Cette colleÛion nous paraît com> 
mode; elle remet fous les y^uxuncinfi-ncç 
4c jalies ciiofes qu'on elL bien aife de re- 



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MARS. 1751. 117 

trouver. Nous avons tvt de la même main^ 
U y a quelques mois , les ornemens de la 
snànoire > ou les craies brillans des Poètes 
François. 

Traduction des modèles de Latinité i 
tirés des meilleurs Ecrivains ^ quatrième 
& dernier Recueil de profe. -/^ A4r/>-,chcat 
Louis François de U Tour ,1751. 

Il fe glide affçz ordinairement trob de- . 
fauts dans l'éducation : ou on met entre 
les mains des jeu^s gens des ouvrages La.- 
tins , compofcs par des modernes ; & ces 
modernes quels qu'ils foient , font de 
mauvais modèles â propoiêr > ou on leut 
fait lire les anciens Auteurs de fuite & ea 
entier , & Timpoifibilitè où on eft dès Ie$ 
premières années de fuivre le fil des idées 
& des raifonnemens , entraîne néceffaire^- 
ment lennui. Si on retranche quelque 
chofe des Auteurs claffiques « on n en rc^ 
tranche que ce qui eft contre les bonnes 
mœurs , & on y laifTe ce qui manque do 
clarté > d'intérêt ou d agrément. 

Un Citoyen laborieux y èckiré & ver* 
tueux , a entrepris de remédier à ces dèfot'* 
dxes » & y a rcufli. Sa Méihode nous patok 
excellente, 6c nous ne voyons pas ce qu'on 
y poutroit ajouter. Il cotptnence par les 
Auteurs clalliques les plus faciles , & finie 



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ti8 MERCURE DE FRANCE. 

par ceux où l'on trouve le plas de dîflficoU 
tés. Il a foin df ne prendre dans ces Ecri- 
vainsque ce qu*ilsrenfermcnc de plus uti- 
le ou de plus piquant , les morceaux d'HîA 
coire les plus héroïques , les traies de mo- 
rale les plus inftruâifs. Lorfque ces Au- 
teurs prcfentent des difficultés trop foncsi 
on les éclaircif, mais on ne fait de chan« 
^cmens dans leur ftyle , que ceux qui font 
indifpenfables : on ajôuteun mot, ou on 
change une conftruâion. La Traduâion 
des morceaux choifis e^faite avec le mè^ 
me goût que la cotleâion 5 on t*a emprun- 
tée de nos* meilleurs Traducteurs ^ ou on 
l'a faite fur leur modèle. Elle n'eft pas 
déftinée à favorifer la pareflè des ^unes 
gens ) mais à féconder la capacité des Maî- 
tres. Le judicieux Auteur, dont nousan^ 
nonçons l'ouvrage, fe déclare hauten^ent 
pour les verfions contre les thèmes ; noua 
fommes tour* à^ fait de fon opinion , Se 
nous en dirions lesraifons, ù on pouvait 
ajouter quelque chofe à et que M. Plucbé 
a dit fur cette importante matière; M; 
-Chompré annonce fur les Poètes le travail 
^u'il vient de finir fur les Ecrivains qui 
ont écrit en profe : cette nouvelle entre* 
prife eft bien digne d*un ami du vertueux 
& célèbre M. RoUin. 



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-' ' M'A U S. 175U ' ir^ 

CssAi (uTl'clcaricitéticscorps. Par M. 
TAbbé NdUt^der rAcadémie Royale drs 
ScilenccS)de la Société Royale de Lon-» 
<lres , de llnftimc de Bologne ,& Maître 
de Phyfiquc de Monfcigncur le Dauphin, 
Seconde édition. A Paris , chez les Frères 
^merân , rue Saint Jaques , 1 7 5 o , /»-. 1 1, 
.Tout le monde fçait que cet ouvrage de 
M. Nollct renferme fous le titre d'£(Iài » 
un Traité prefque complet , au moiiis tics- 
tnéihodique , de réteâricité. La première . 
partie contient des inftruiûions touchant 
4cs Inftruracns propres aux expcrioBces de 
r£le<5tricitc,.& la manière de s en fcfviti 
ta féconde partie cft une expofition mé- 
thodique des principaux phénomènes élc<> 
criqats, pour fcrvir à la recherche des 
carules. La troifiéme partie expofc des 
conjeûurcs , tirées de Tcxpéricnce fur les 
caofes de 1 eledricitc. Les foos-divifions 
<lecct ouvrage font aufli méthodiques que 
la divifion , Hc s'il étoit poffible que Tédi- 
ftcecjne M. Nollct a. élevé avec tatit de 
foin ) croulât par quelque endroit , ce ne 
fcsoit pas apurement par lordoTinancc. 
Nous n'entrerons dans aucun détail fur un 
ouvxage traduit dans toutes: les Langues de 
4'Eutopc 5 ni fur un Phyficieî^ fi cftimé. 
-Tout le monde fçait que M. l'Abbé Nollct 
aune la Nature^ ^'il i'ctttdie avec fuccès^ 



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no MERCURE D£ FRANCE; 

& qa'il la développe avec clarté. iOet 
Ecrivain rend inftruâîf & întereflaiu t<m 
ce qu'il écrie ^ jufqa'i k& di^aces lie- 
céfaiie9% 

DissERTATioM fur la Sainre Lanâe it 
Vend&roe. Par Miniers, Doébeuf en 
Théologie , avec la réponfe i la Lecrre da 
P. Mabulon, toachant la préceodcie &riiu)i 
JLarme. ^ jimfterdam , 175 £ ^ iSc ic v^eod 
Il P^ris , chcE le Lûiêp , Quai des Augaftios^ 

M.Thiers^ Sçavanx célcbredu dernier (ié« 
cle» a traire une infinité de fujecs très-parti» 
culiers, & y a répandu des recherches» de li 
lumière, & une force d'agrément chcoio^ 
que&cririque.Il avoir furtouc le calent d'é« 
tendre fon lujcc & d y ramener très- adroit» 
temenc beaucoup de cbofes qui ^eh paroiA 
foicnt fort éloignées. Si ces fortes de ma- 
rieres étoient du teflort de notre Journal * 
xious citerions la Di(!èrtation que nous at^ 
nonçons , en preuve de ce que nous vc-. 
fions de dire, M ^ Thiers y attaque avec 
courage une Tradition fort ancienne » Sc 
nous avouons de bonne foi que cet adver* 
faîte doit paroître bien redoutable aux d^ 
fenfcurs de la Larme de Vendôme, Pour 
peu qu'on aime le^ dicuffions de cette iuh 
turé , on lira avec plaidr la DifTenarioti 
t<mt4-£ût curieufe que nous annonçons. 

JESSAI 



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t s s À I fur la CDnnoiflànce des Thé*» 
tocs François , i Paris chez PrAiUt Pcrc ^ 
<îaai de Gcvces 17$!, Brochure in 1 1. 

On trouvera dans cette Brochure des 
<lécaiis agréables fur tout "ce -qui regarde le 
"Chant & la Déclamation» Nous voudrions 
^voir afleE d*cffp^e pour copier ici le pop- 
'trait qu^on lait des e<xcellens Aâeurs qui 
ic font admirer iuf-Lçs trois Théâtres. On 
-pourta ji]^cr de TOu^rage entier , par ce 
•que nous allons rapporter. Il eft inutile 
'que nous avert^ons qu*en citant ce que 
4' Auteur dit de nos Comédiens > nous ne 
prétendons pas approuver coûtes firs^ crî* 
iîqucs. 

Le Sieur Grand val eft le ûairoir des pe- 
tirs-Maîtres François \ ils rient de fe voir 
4i bien repréfentés ^ rien ne^lui échappe de 
ce qui peut les caraâérircr. Son jeu varié 
3& délicat pUnt d'autant plus » qti'il eft ral^ 
fonné : c*cft l'Afleurle plus vrai 6c le plot 
•inimitable qu'il y ait en fur la Scène» . 

Le Sieur la ThoriUiere , après bien da 
^ems , & encore plus de peine ^ eft enfin 
parvenu au point de faire oublier le char^ 
snant Aâeur ^ auquel il a fuccédé ; on ne 
Ven reflbuvient , que pour les comparer^ 
<^oncedans^le Phuorophemarié> Lîiimoii 
^dans le Glorieux , Sec. ont déterminé it 
I^Uc À lui rendre juftice> 

F 



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lit MERCURE D€ FRANCE. 

> Pecfonne n'a mieax contiti ,\z NSore 
Azùs la Comctlie que ie Sieur la Noue \ i 

la pare de coiis Tes a^jémeos 9 fans kà liçR 
i&rer de Ta ûnoipticKé* On oublie <en le 

voyant » tjtiec'cftitn i^olt qu'il doit rcpre- 
:fencer , c*cft lui qui parle , ce font fc$ fea- 
-dmcns qu'il met au jour , rAAcfirrn'jrté 
four rien« Quelle yraifemblance & xpd 
Comédien l 

Deux Aâkeurs qui jouent 4es Valets, 
œéritent égalemeoc bs applaudiâemn 
ià\i Public Le Sieur Armand en amu&K 
ies fpeâaceurs, cherchcàsamarcrlui-fiX' 
•sne i 6c i partager le plaifir qu'il dôme 

aux autres , ce qui rend fon jeu très-vifSc 
«crès^naturcii Le Sieur Ù^chzms y tncc ai 
Ipcu plus de râtfoiincnient , œ qid fait que 

le Coœédiea par oît davantage. Iboot dtf- 
^enti «ne façoti différente de reprcfesrer, 
•^'on oc. diftîngue qm parce qu'dles&ac 
sch^cuae fupécteores eu leur genre.: 

Le Sieur Poiflbn eft unique dans fesci* 
:raâérés. Quoique la Namre ait bcanâocp 

contribué à le rendre original ^ il ne hiA 
- pas que d'avoir acquis beaucoup de tsàem » 

qui le rendent ininiieaUe. U eft p^nàCo^ 
. tné&ea « Se remplit (c$ ;roies de raar'il 

vaiiérés^ quicmqab.i^pflérenkation^ 
y découvre tmc ii^i^v^le fàçon dek 

rendre. Cet Mûcat ârra.tiifficilea tcaifh 



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MARS. 175 1» XA{ 

t:er , dans Turcarec , 4e CbevaUcr à la mo- 
<k ) la Fctnim fagc » & aombre d aucces 
i^cesde canâtérc, 

. Les Pâ^rûns font rendus avec tourcla 
imvecc & le comique poflible » pi«r le 
&cur Paulin. "Quoique cet emploi ne Toit 
fis foCT au Théâtre , il cft abr<>luoicnx pé^ 
ceflkire , & rAâeur qui en cft chargé de» 
¥roit s y borner. 

- Quelque perfc^on que les A<lleai:a 
mettent , foit dans les Comédie^ ancien- 
nes , foit dans les Pièces nouvelles , les 
Aânrices s'y diftinguent encore pliAS géné- 
talement. Chacune dans Ton genre, ne 
iai0e pas efpercr d'en trouver qui puiÂèla 
Tcmplacer. Combien de fois Mlle Cauffin 
ïi'a-trclle pas fait porter ce jugement ;»»ès 
le Speâade ? Amante infortunée daos 
l'Andrlenne , tendre épouse dans le pcé- 
jt^é à la mode , vertueufe mère dans la 
Gouvernante » £mple Agnès xlans Zeneîf- 
de , timide dans la Pupille , divine dans 
l'Oracle^ .enfin ) par-tout belle & fédui- 
' Ikncé^ , elle foumet les efprits » &, captive 
ks cœurs. Que d'hommages n en a c-ellc 
' pas reçtls, plus capables de faise fon^loge, 
' que tout ce que Ion en pourcoit écrire ! 
^ On ne peint pas fi bien les belles paffions 
' fans en ètrealKrâé , & ceferoita£R>iblir 
^ fm médie > une de voolotr le détailler. 



Fii 



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«04 MERCURE DETRAWCE. 

Les lôles cl*Ainourcufes font d'autant 
plus difficiles, qu'ils paroiflenr fore aifcs. 
'ïout le monde connoît l'Amour , & ce 
^u'il fait dire ; il eft peu de perfQnnes qui 
'^e ie foienc trouvées dans la ficuatioa 

2u'on voit dans nos Comédies , & j'ofe 
ire ^ qui n*ayeni.écé des Adeurs parfaits. 
Cette palfion étant plus connue , il eft diB- 
£cile de lui donner des nuances qui frap- 
|ient > &qui paroifTent nouvellcs«Ccpca« 
xknt Mlle Grandval a trouvé Tart de fixa 
Inattention du Speâateur , par un main- 
tien Boble Se intéreflànt. Tout eft x:har« 
niant dans fon jeu3 Ton cœur & fa bouche 
«'accordent toujours dans l'expreffion s 
c'eft dans la fivrprife de l'Amour qu^dle 
^peint le fentiment ^. c'eft dans laComteflè 
4u Méchant qu'elle peint le caraâére. 

Les Soubrettes n'ont jamais été jouées 
iavec autant de naturel & de vivacité. 
Mlle DangeviUe.a furpafTé toutes ceUcs 

Îiui ont paru iufqu'à préfent ; elle poflcde 
e grand art ae varier Tes rôles» qai. par 
eux-mêmes (ont aflez unifoimes » u T Ac*^ 
lOrice n'y joint mille finefles qui les diftia- 
guent. C'eft par-là qu'ella a £fu fe faire un 
genre qui lui eft propre ; ce feroit rifquec 
beaucoup que de vouloir la copier ; la Na- 
^ure & l'Art font fi bien d'accord î qu'il 
^iiudroit un rapport i>îen çxziBt, pour{>o»* 



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t/l K K s. rrsr. trfi 

Yoîr iDclct dans un jeu imité les agrcmcnr 
naturels. Tel Adeur cft parfait , qui ne 
veut être copi'é en aucune façor^. Cclul^ 
qui tire fan jeu de la Nature , eft prefcjufr' 
inimitable •, on peut plus aifétnent attein- 
dre les perfcftions de celui qui les tient d«^ 
Mrr: 

Ceft dâdscesdrfftrenscaradéres, qut- 

Mlle Dangeville nous montre la coiK^ 

noiflance qu elle a de la belle Nature -, el^ 

le feule fçait l'Art qu'elle a employé pour 

les rendre auflî brillans que naturels.- 

Elevé dune des plus célèbres Adrices qu'il 

y- ait eu au Théâtre , elle en a reçu désole-- 

^»s^ qui lV)nt phcée au premier rang^ 

^ans un âge où les autres commencent 

encore à entrer en lice \ ce fer oit d'elle = 

que l'on devroit attendre un véritable Art* 

cdû Théâtre da?ns le comique , elle décou-- 

•vriroitdes principes qu'elle a connus mieux- 

'^ue pcrfonne. Tout ai^nonce dans Mlle] 

Dangeville un jugement fur , par la vérité' 

qo'eîlè met dans fcs rôles , malgré leur' 

variété, & le peu de rapport qu'il y a à" 

-fon âge & à la figure. Céliantcdans le* 

PhilofopJhe marié , la Gomteflc d'Olbaa' 

^ns Nanine, font des caraftéres qui ne luÎJ 

convcnoicnt point ; cependant nous avons 

yû avec quel fucccs cette admirable Adrî- 

ee^ ^ fttriiKmté' ces défauts de vraifemMa% ' 



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4itf MERCURE DE FRANCB. 

ce ; il cft à préfumcr que le travail a i^ 
prodigieux , mais e!Ic a trop de zélé poar 
Çt rebuter» Ses plaifirs font facrifiés à con- 
tribuer â ceux cm Public ; en eft-îl de fins 
grands que celui d'être la prcmkre dans. 
yn état que 1 on a choifi >- 

Il fuffic de dke <|iie Mlle G^rutier dou-^ 
ble l'Aârice ^ doEix on vient de parler > 
dans certains rMes , avec beaucoup d'ap- 
plaudiflTemens.Le Public a toujours eu bon- 
ne opinion de Tes talens , fiir tout dans les 
Suivantes, où fans vouloir imiter Mlle 
Dangeville , elle ne lailFe pas de faire bien 
du pTaiâr. Son jeu paroît an peu plus re- 
cherché , & FArt s y ttiontre davantage , 
ce qui fait qu'on lui reproche de coorii: 
trop apfèsrefprit. 

HlSTOfUE MS FASSIONS. A U Héje ^ 
«he2 Jacques Ncaulme , 17 ço , & fc trou^ 
Ht 4 Pdris y chez Prault , fils > Quai de 
Conty » in^i i» un volume. 

Nous commençons l'Extrait que nous 
Avons promis de ce Roman , par avertir 
qu'on le cromperoit fi fur le titre on s*ima« 
cinoit que l'ouvrage foie unTraité métaphi^ 
uque du cœur humai n^ ce n'eft rîcn^ moins 
Cjur ccts) c eft la vie d'un honnête homme, 
où les évenemens font tellenoent difp#fé»>. 
<^*oii voii kktiàSttCM agibs fe défclo^ 



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MA K S. J7$K 117 

'pAT toutes les paflîons propres & affedkécs 
^ cbacuncdcs périodes de la vie humaine : 
ci^r>s l'enfance , par ex^emple , le germe de 
toutes les paflîons , & fingulierement la 
i^aurinerie & rattachement a fa propre vo- 
lonté ; d^ans Tâdolefcencc , l'amour des» 
€ciTinies & la fureur pour le plaifir idans^ 
i*âge viril , le défir de faire fortune dC 
l* ambition-, plus tard , un grain de jaloufie* 
i^iand ou vit dans Tëtat du mariage , St i 
l^cxtcêmitc de la vie , Tav^arice. Outre cet-» 
«e file de paffions graduées, communes^ 
peu près â tous les hommes , on verra des 
fituations particulières , d'où nailfent <juc?t 
ques-uncs de ces paflîons qu'on pourroir 
appcUct perfonnclles & qui caraftërifent 
glus fpécialcment chaque individu. 

Le Héros de cette hiftoice eft, comme; 
Ik font tous Its Hommes , excepté les ftupi^r- 
des & les indolens, le jouet perpétue^ da 
fcs paflîons , mais il ne laifle pas , malgré 
cela, detrchomme de bien^ Et en effets 
^e fcfbit une clafle d*liommes trèsmépri-* 
{able , ou du moins très ennuyeufe que les 
gens de bien , s'il falloir pour l'être n*é- 
prouvcr auconcs paflSions. Que dis-jeMf 
n'y auroic pas de gens de bien , s'il n'y 
gvoir point de pâmons , puisqu'elles fonr 
autant la fource des bonnes aâions qiar 
«ksmauv^ifqjceroat les gouvernait de 
^ Fiiîj , 



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*xS MERCIPREDEFRANCR 

b vie humaine 9 qac la Providence &c. fi^ 
yolonré même de rhomme toarncnr k. 
droit ou à gauche comme bon leur femblc. 
Il n'y â dan$^le monde rien qui foie pure- 
ment un mal ou purcmcnrunh bien. ( Un 
Anglois a ipèmc fait Félogc du Rhumatis- 
me & de la Goûte.) n* dépend de nous de 
faire de nos paflîohs ic% vertus , au lieu dct 
les laiflcr dégénérer en vices. 

Un de nos Seigneurs , homme d*cfprit 
18: de Lettres, fur le titre àt l'Ouvrage , a 
dit , que le Héros dçvoit être un grancf 
fçélérat, fi l'Auteur a rempli fon titre,. 
Mais TAurenr, pour ne point faire un 
monftrc de méchanceté, a rejette les cou*. 
Iturs odieufes fur des pcrfonnages fubak 
ternes \ le prindpal n'a que d^ pafEoo& 
xnodétées, qui- ne le fbrtent jamais au- de- 
H des bornes de l'honneur & de la probité. 
11 cft quelquefois â deux doigts de les fran-1 
chir-^mais fon heureux naturel le rétient.. 
D'ailleurs, mettre fur le compte d*un même- 
homme toutes les paillons diverfes, poif 
«ces chacune à l'exc^ ^ non.feulement ce 
ne feroit pas faire l'hiftoire d'un honnête* 
homnie 3 ce ne feroit pas même peindre 
un mélange de vertus 8c de vices ^ puifqiie 
toutes paffions , portées à l'excès j fontdér 
terminement des vices s ce feroit peindre* 
wx méchant cû tout genrci l\y a plos^ce. 



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Vl A K C 1751. ii>i^ 

(Suroît forger un pur être de raifon^ à qui' 
on donneroic cent vices oppofé$ 5 qui de^ 
leur nature font incompatibles. U feroic' 
f>ius poffibie de fuppofer dans un même^' 
Minmc des vertus oppofées > du oioin» eit^ 
s^arence^ que des vices contraires , parl- 
ée que les vertus n'étant pas des* excès, -• 
loin de s'exclure , s'amènent fouvent les • 
uîes^tes autres. Nous recotinôiflbns bieiV' 
en Dieu une juftice Se une mîféf icorde in«^ 
finie ; à combien plus forte rai(bn pour-^ 
rîons-nous imaginer un homme équitablcf' 
it humain » généreux & économe > remué- 
par rémulation-, fàfus être jaloux du mérité*' 
d^autrui y prudent ^s défiance ; patient- 
iàns être infenfible ? ? 

Malgré iin aflèz grand nombre de négli-^^ 
gences qu'oa trouve dans cet ouvrage, il e(t^ 
en général aflcz bien écrit -, je dis bien , re- 
laltivemenriau ton dont doir- être écrit un"- 
ouvrage de cette forte. On n'y a point alféc-^ 
tédenéologififie-yOn aY a -point couru ^ 
après Fefpiit; Ce qti*il 7 a de réflexion» ^ 
morales , naîr du fujct , &*feroit venu , ccK 
femblc, au Leéleur comme à l'Auteiir. - 

Pour achever de donner une -idée de cct"^ 
ouvrage , nous renvoyons â l'introduâiou) - 
oui eft de TAuteur Anglois , &.à l'avertif-- 
fenent du Traduâ^ur^ qui eft en tête dç^ 

f 1^' 



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r3<y M-tRrCtJUE D-£ FRANCF: 

Pour* l'Epitrc Dédicatoirc à MybrcÊ 
Comte d'Albcmarlç , clic n'cft ni de- 
r Auteur Anglois ni du Tradu^ur-, mais» 
du Libraire , qui a été bienTaife de faire â^. 
ce Seigneur l*hotiii»a^ d'un ouvrage An- 
siois > pour rcconnoirre les. bornés, doni^ 
il Hionote.. 

Histoire NAXtrREtM , géhcraFe 8cz 
particulière , avec la defcriptiôn du Cabi-- 
net du Roi* /;t-4^t 5 volumes. Ada H^je^ 
chez Pierre ai Hônd$^ 1 7 fo^ 

Norre Nation^ fi féconde en ouvrages 
^cfprit & de fentiment ,.jcfi produâipns . 
4ui ne durent qu*un hj^vcr ou qui ne paf- 
fcnt pas chez nos voifihs , s^élcve de tem^ 
en tem^ au grand & au-fublime , &.forme- 
des entrcprifes qui demandent de la (âga* 
cité, dès recherches , de la PhUofophw.r. 
Toute TEurope a. conçu* cette idée du tna^ 
gnifiqoe ouvragt derMe(Seurs de Buffoti^ 
& Dâubenton. . Leur Hiftoire Naturelle- 
s'imprime parrout, (è traduit dans toutes, 
fcs Langues , & vient d*êtrc réimprimée 
en Hollande. Les Editeursoni ajoûcé à la.> 
Prélàce une addition qu'(^ nci&ra pa^ 
fâché de retrouver ici, 

D& ooc ce 2xQ^^SQioCx £ubiié,iPad% 



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MARS. iTJi; jyt 

f&t parvenu JQfqu'à nous , nous comprimes 
bien- tôt que le prix exceflîf de l'ouvrage 
qui 7 étoit annoncé , empêchcroic qu*il ne 
devînt aufC commun qu'il éroic à loubai- 
ter pour les progrès de THiftoire Naturel- 
le ; cela itotts fit former le dclTein d'en pu- 
blier dans ce pays une édition , qui ren« 
fermant tons Us avantages d^ celle deFran- 
ee s coûtât cependant beaucoup moins» 
Nous communiquâmes notre projet à M^ 
de Hondt , qui voulut bien fe prêter â (on 
exécution , & il annonça de notre part foa 
édition comme devant ^re enricbie de^ 
pjufieurs additions, & effc^vement, com- 
me les Cabinets d'Hiftoirc Naturelle qai 
fbnt dans ces Provinces ^ contiennent lui 
très-grand nombre de qporce^ux curieux, 
notre intention étoit d'ajouter la defaip^ 
tionde ceur qui parokroient Us plus rares 
St lés plus intéreflans , a celles du Cabinet 
du Roi; Mais lorfque nous eûmes reçu dc^ 
Raris les trois tomes que nous publions ac- 
tuellement , nous remarquâmes bientôt 
que CCS deferiptions que donne l'Aoteur, 
fcrvoient-d'éclaif ciflfcment à divcrfcs bran- 
ches du fyftcme qu'il s'eft formé fur 
l'Biftbire Naturelle , & qu abfi toute ad- 
dition feroit hors d'oeuvre , à moins que 
imus ne owrchiaffions avec lui dans la nou- 
ikUc j;oatc^Us'è&fi»yTc î mais pour ne 



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ïj» MERCURE DE FRAWCfc 

pas broncher i chaque pas , U faadroit qoè^ 
nous fuflîons guidés par le même génie fo*. 
f>ériear qai brille dans tout ce Livre ; or- 
t^^flr ce • qiie nous ; nsàvons^ pas- la vanité: 
dyfpérer. Ainfî nous rcnvoypûsàmn.oo-. 
-vragc féparé , qui pourra fcrvit de fapplé* 
ment i celui-ci, rexécutiom de ce que nous^ 
avons promis.»Mai$ cek ne nous empeche- 
>ira pas de prendre tous les (btospoffibles de> 
-cette édition, cncounieés pat les grands v 
•frais que M; de Hôndt ftit généreulcmenc 
•pour la gravure des Planches, U employé- 
4 ce travail M. Vanderfchle3^, digne £Icve- 
du fameux Picard'», qui » autant pargoûc^^ 
qjue pour (butenir Ift réputation quH: 
s^tl acquife par la déficatefïè de Ton bt»- 
r|n , n*a rien négligé pour que la^ravûrc^ 
des Planchas repondît au mérite de cet- 
ouvrage. Les éehantilfons q^on en voic^ 
dans ces trois premiers volumes , feront- 
f ppur nos Led^fturs joqç prèuvç d^ c^ que;: 
Hpas difoil%, 

Lettuïs CaiTicîaEs fur divers -Eerîrt> 
d^ nos jours, contraires à la Religion &t 
aux* mœurs ^ i -volumes i»* i %irA Londres y 
t^ (Mtonyont à Paris >^ch$z.<AiKc^^ fil|^^ 
Quai<les Augufens.v 

La Religion eft attaquée aver tant d^tt-^ 



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yevLi trop louer , trop encourager les£crk 
Tains éclairés qui en prennent ia défcnCt^ 
Quand. nous- aucoas.la les Lettres quoi 
nous annonçonss nont^^en parlerons aveo 
le foin qu'exige une matière ft.importan»^ 
te. Quoique Tes rophifraes^. les plaifan-^- 
tcries dcsiAcrédalesfoient des aimes touc«« 
â-fait impuillantes :con«re la révélation , , 
il eft, bon-^d'en faire fentir la foiUefle». 
Tout hboinie fage qui aura fuivi avec at^ 
tcntion ces dirpute&^ fentirax}ae leChriC» 
mnifoie eft J ouvrage do Dieu , & que let^> 
opiûions phibrophiques font le fruit dcj 
j^rgueiloudp i^corruptioo des honunes* . 

Le 1 j Août prochain , Fe'tc de S* Lpuisj » 
rAcadémiç Fraoçoife dQnnera trois Prix, , 
lin d'Etoquence & deqx.de Pocfie. Lt fu- - 
jet du premier fera rindnlg/mce pour les dé* - 
fims tt autrui , ffflon lès paroles de Saine 
Paul: ÇhdritdtfMtieas efi^, Cejui du fécond, ^ 
U^ hornieitrf scc^rMs au mérite miliuire far ^ 
JUmis XîVy er ittugmemés par Dfuis XV. Le z 
troifieme Prir,, fondé par lefieur Gaudron, , 
aiira pour fujet ^ UfaJJîoh clnjeu. 

Debvkb » IViijé j Quai des Auguftkis , a ^ 
^çû le. troifiéme; tome dtt%mois de.Sep* 
tçipbre des ^Ses des Sifims. Ce Libraiic^- 
fournit la compilation entière des Bollao^^ 



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ppfi ME »C UTLE ITE F1I'A^1»CR 

> Nous avons reçCi placeurs Lettres 9 danf: 
kTqjaelies on reprocbe à M. de Vcrricrcdc 
a^rre approprié iine pièce' de Poëfie de 
Rottdèaa, intimléé U Marmelade. Il eft 
vrai qaccecreingénieafe bagatelle retrouve: 
dans de màuvailes éd^ons du grand Poète 
aui|ael on l'attriboc; nui» après ie défaveu 
£9rmel qu'il en a fait dans les-dernieres^ 
lettres qu'on nous a données de lui , nous^ 
ne croyons pas que perfonne puilSe , fans^ 
injuftice y. cofltefter cet ouvrage à M. de: 
Verrierew. 

NouTi Aux: Effàis de PByfiquc , par WE- 
XéUZ. de Lamhenie. A^ Paris , chez Dsirsnd 
Se Fijfot, fils. Nous parlerons le mois pro- 
chain de cette nouveauté & de la fuivante». 

Systemi du Philofoplw Chichcij , pat 
M. de G. . • •Chanoine Régulier de Sainte 
€roix de la Brctonncric, Seconde édition^, 
.augmentée. A^aris, chez David , Taîné. 
, Les CaÛacter£S > par Madame de Pm*- 
Jitux. Seconde partie.' AAmfférdàm^ So:. ' 
ie trouve 4 f4r// , chczD^w^, le jeûneur. 

' 1¥ A6EmE« , Opéra de l*Abl>é MftéftajMy . 
tfaduites en François. Tomes } ^ 4 & 5. >^ 
Fitmey 175 1, & fe trouvent dfarUy chez?: 

'Ourand. 

€^dLJa A^(6^ks.»ottvf a^stdtf xéUbe-^ 



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l^é^aAafe ^ dont M.. R * * * . nous avoir 
Lonné deux volumes il y: a quelque rems.^ 
l^jQUC le .monde cennoic le mérite de l'ori- 
ginal 'y nous ferons connoître le mois pro^ 
Jbain Pélcg^nçe & la fidélité de laTrar 
^u(kiQn.:xn attendant nous exhortons no9»» 
Uf âeurs a fe procurer «me des plus déU<« 
ci<o(ê$ Uâures quc on puâflè fkire« 

Traiti' des œaladies^des Os^, par M;, 
J]^uvir9gây^Doâtm en Médecine , ancien > 
profeflcur d*Anatomie & de Chirurgie an» 
Jardin Royal , & Membre^ l'Académie- 
jElofitlje des Sciences^ itomes in- ii ^ 4 > 
Péêris y. ch^Zf Debme^ l'aîné , Quai dc»t 
Ag^i^s > Pf es l^ Font S. J^ichel , 1 75 1 . . 

Oh a- lu^d^tfis lé Mercure dé Décembre? 
WîC Hiftoire tra^qqe de Li^dovifioCaranm^ 
u$m.Ct nomque nous croyions fuppofé^, 
tt trouve être celui d'un honune refpeâra-* 
|jle qui vit eticore, & qui n*a eu , ni p&i 
ftvoir aucune des avaniurés contées dans 1er 
|betit Roman dont nous rappelions le fou-! 
venir* 

3Li Rot^de Polbgnci Pi|c dé Lor-^. 
ftiae & de B&:>. voulafnt exciter l'a^ 
|iiojyr des icitre* dins^ fcs Etats» vienct 
4e. fiipd^tt à.{^çjPj^.1IIUL B^fliorficriir 



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' wbHqiic>avec un cevenu annuel de naH^ 
lé écus poup Paugmenracioii des Livtcs^ 
U vient auffi ^ d'écablic deux'Ptix de fin 
«cns livres chacun^, Tim poac les Scient 
•civ & raacrc pour ksBeHts- Lettres. Ce 
grand Prince, toujour»' arcentif-aa bieir 
oe. fcs fujccs^ a craque des Prix ne pom* 
roienc Tuffife à leur inrpÎFer une émola^ 
tk>n auffiurtle qt|eUle doit Têcre, s'il ne 
Idar fearniâôic en nième-tems- les Livres 
nécelTaircs pour fe^ perfc<^nner dans- 
les Beaux-Arts. Les Jagcs^^qu'il, a * établis- 
au nombre de cinq pour décider du-tné^ 
rito des^oavf«gc$ qui leur feront retmsi)- 
doivent jouir cRine penfion canvcnaMe;- 

t Nous" apprenons en ce moment- qu'à cet* 
Juges , qui feront nommés Cenftmrs^ 
Ràyaux , Sa Mâjefté Pdlonoifc en 'a joint 
d^'hônoraires , tous- diftingiiés par loir 
.iitifiancej par leurs empldis & par leur 
•goût décidé -pour les Sciences. La diffi* 
lîulté.di^ former d'abord une Aca demie i. 
^réduit vrai - fetablablcmcnt 1^ Rôi de 
•Ffalognc au detTéin que nous venont-i 
diexpofer ^ mais il efL'â croire qi^auffi^ 
rôé qu'il verra Tamour des Lettres con*- 
Armé dans fe& Etats , & des Sujets d^^ 
exercés £c capables-^ de foutertic llibmieQt ^ 
i£ane Compagnie Littéraire, i^-^r i^fij - 
éliu pas ^iLi'éfiiUk.^^ ia fe ndct \\\ lia" 



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W A "k S. iTfî. T^Tt 

Mitte qu'elle puifli fubfiftcr à famaîs. Sa* 
Majedé a publié à cetre occafion un Edir 
qui mérite d*être recueilli' comme at^ 
monument précieux pour les Lettres* 
C'eft l'ouvrage dt'àn Prince-, qui le» 
ayant culiivées toute fa vie, veut leur 
rendre un éternel témoignage du fruit? 
qu'il en a retiré. 

BE AU XrARTS.. 

LE iode Janvier de cette année a été* 
un jour de triomphe pour la Peinture.. 
L'Appartement du Roi à Verfailles.étoici 
retnpli depuis la Galerie jufqu'à la Cha- 
plle, de tableaux, &: de tapi^ries nouvel*- 
Içmenr exécutées. Nous allons effayer de: 
donner une légère idée de tout ce que M», 
de Tournehem a eu l'Jionneur da préfeQ-- 
ter à Sa Majefté. 

Le portrait du. Roi en pied , grand com^i^ 
me nature , peint par M. Vanloo , Gouver* 
neur.des.Eleves protégés^ étoit placé dans^^ 
la première pièce. E'accordtiréd*une feulcu 
couleur» produit dans ce beau morceaai 
autant d'agrément à l'œil, q^e la (implicite/ 
dç la pofition repréfente à l'efprit de gran*- 
4s^ k dejQoUcflç:Ja richeiTe de ràro^to^ 



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fj-y MERCITRE X>E FftAMCE. 

ic cft rendue avec tout fon éclat i fans êtte 
trop heurtée , comme il arrive fouvcnc 
dans ce genre d'ouvrage ^ elle eft du plus- 
grand terminé 9 fans cependant être froide; 
la Tente dans laquelle le Roi cft rcpréfcn* 
té , ain(i que le tapis fur lequel il marche r 
font également rouges •, Se cette couleur 
haute & qui ne reçoit fes oppofitîons que 
d elle- même , n'en exprime pas moins^^ 
mures les vagueflTes de l'air que* l'on peut 
attendre du pinceau. Les richclTes de la ta- 
ble qui porte le cafque du Roi , & le ta* 
bouret placé derrière ce Prince , font aufli- 
Ken ménagés que bien entendus. Ce por- 
trait a infiniment réuffi., Se (on fuccès n'a* 
fbrprisperfonne. 

- La Phché , tirée de celle de Molière » 8c 
eiréciitée par M. Çoypel , Premier Peintre 
rfu Roî, paroiifôit enfutte. Cet illuftre^ 
Artifte , qui a la réputation de mettre beau* 
coup d'cfprit & d'agrément dans les fujcts- 
qu'il traire, & qui n'y met pouttant quç 
^tprît & ragrémeni convenables , a choi- 
fi Le moment où l'Amout s'envole & le 
palais s*évanottit. QUoiqiie ce beau tableaa^ 
©ttt fixé Tartention de la Cour àzns tous les 
tems , une innovation Utile Ta (aie encore- 
plus remarquer. » 
' M. de Tournehcm, toujours jufte , tou- 
giiirs attentif au progrès des Arts ».a.pri9: j 



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MA % S. I7J** ijï^ 

•cttc année un foîn qu*on ne s'ctott ja^ 

siais donné y il a vodIu que le morceau. 

de tâpvfllèrie fc nrouvâc à côté du cableau: 

d'après kquel il a été fait : c'eft «n moyeiv 

aflûré pour faite juger faincmcnt da mé-^ 

cite des Tapiflîers, & les rendre de plus- 

ery plus attentifs à fourenir la réputatiott» 

•d'^anc Manufaâuxe auffi diftinguée que 

celle des Gobelinf. En conféquence d'une- 

-idée awffi raifonnaUe, on avoir également 

apporté un morcea» de tapiflerie , exécuté 

d*après M. Vanloo *, il rcpréfcnte Thcfée, 

préfcntant auTcroplc de Delphes le taureau 

de Marathon , qu'il a forcé à le fuivre^ 

-Coin«ne le tabUa«rétoit àc^cé de la tapif^* 

(crie j on s'cft trouvé à portée de juger du* 

mérite avec lequel on ^icnàû là force dvti 

pinceau & l4 richefiè delà compofitioQ. 

exprimées dans 1 original 

On voyoir dans une pièce fiiîvante deuxL 
«lorceauxde tapiflferie , exécutés aux Go^ 
belins, d*après les tableaux de M. Coypcl 5;; 
ik repréfentoicnt des fujers du Roman de 
Don Quichotte , dont cet Artifte ingé«> 
nîcux a multipliéles idées dans l'Europe », 
Se qu'il éroit peut-être feul capable de 
icndre convenablement. Sans totnber dans. 
le bas & dans le trivial, Mi Coypel a^ 
confervé tout le fcl , le plaifani & le ccir- 
»î^^ tîc Wi|ueldc Ccn^nies., 



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it^tr MEILCURBD'E FRANCE 

Lés ouvrages ^dcs fix Elcvcs protcgjfts 
aoniiftanc en quatre cableaux Se deuxin^ ^ 
iicles,fc prclcntoicnt cnfuirc^Lc Roi a 
eu la boncé d^cncouragjer ces jeunes Artit 
tes & même de diftinguer le^ouv-ragcs àcs 
quatre qui font depuis deux ans dans TEco- 
le,en daignant remarquer les progrès qoTik 
ont faits depuis l'année patfce. Cette bonté 
doit engager les deux qui n*y font que de* 
puis fix moisyà ne rien négliger pour mcri- 
fiter d'être remarqués Tannée prochaine 
d'une &çon aai&avantag^e» 

No trs annonçons avec autant de plaifr 
que nous en avons eu. à Ic^ Voir , dcrac 
PlancKcs que Kf. Dkpféis vient de nicttre an* 
jour.; elfcs font gravées d'aprèsles tableaux 
que Mi Pierre peignit il y^ a déjà quel- 
que? années pour TÈglife de S. Sulpice , & 
qui rcpréfcntent & Nicolas & S. François, 
lut des toiles de lopicds fur S* Ce gran4 
Pein ère a pris plaifir à oppofec dans les deœc 
pcndans la tranquiUité d'^n Solitaire au 
-mouvement diwie tempête , ôc les a égale- 
ment bien rendus. Saint Ftançpis implore 
là miféricorde de Dieu, & Saint Nicolas 
la fait efperer à des hommes que la mer 
•ft au moment d'engloutir , & qui travaiU 
lèrjt, comme Dieu lui-même ordonne de 
ft. faire xppiu mériter d'être fccoaros, Bâi ^ 



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mmot>1e repos cdnon-fcaletnenc trcs-bien 
exprimé dans le Saine François, mais l'auG* 
cémé & la nature du p;^ylagc concourent 
à inlpirer la pénitence. Dans le Saint Ni- 
colas j^out peint le daiiger de la4ncr , fci 
horreurs^ les efforts prodigieux des hom- 
mes qui veulent fe ticer d'un auifi ^tan4 
id^ingcr: voila quant à la partielle relprit* 
A l'égard du 4eflcins& de la couleur, l'un 
iSc Uautre font parfaitement convenables 
aux fujets, ^e^ui ajoute un grand mériu 
À leur corrcdion'& i leur exécution. Il fe- 
xoit à délirer que tous les grands ouvrages 
gravés fulTent exécutés Se xendus par la 
gravure ^ec autant xie ^ufte^e , de goût , 
4c vérité & de précifion que ceux-ci ^ ces 
deux Planches rendent toutes ies parties 
que préfentent les originaux que nou^i 
avons décrits très-imparfaitement. Un au- 
.ire motif redouble le plaifir avec lequei 
nous en patlons , c'eft celui de faire revoir 
A\x Public les ouvrages; d'un. A4:tifte pour 
^lequel nous avons été icmgtems dans les 
allarmes»& quefes maladies ont oblige 
^d'interrompre ces mçmj^s Planches pen- 
dant le cours de fij^ années. Un excellent 
<ïrayeur efl: une chofe rare &c des plus im- 
portantes dans r^tr , la gravure pouvant 
leule conferver les belles compoiitions à 
ia pofièritCa Ce beau genre aimitatioa 



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%^% MERCtFREDEFRSNCE; 

n*eft pas fealement unenfechanique ,coâi*> 
Dic bien des gens fe le perfiiadent. Là Gnt^ 
/vûrc n a pas , à la vérité befoin pour excci^ 
4er , du feu & da gcmc ncccffaircs pour la 
•bclic prodaftioiT^ mais elle cft fondée for le 
*deflcin , fur le fentimcnt & fur une prodi* 
igieufc intelligence, telle qu^iUa fatiten cf- 
Jet pour donner ce qa'on appelle là couletft 
«par la difFereTYce du travail ou des raille^, 
|)our indiquer un accord par des voya 
«différentes , mais qui doit cependant pro-» 
duire les mêmes eflfets, pour confervct 
«nfin un caraâére qui (erve à rcconnmtre 
le Peintre dont le Graveur a réfolu de 
cendre Touvragc & de perpétuer les talen& 
Nous devons nous récrier d'autant plus en 
France fur la négligence de nos Graveurs > 
"que notre Ecole a produit un grand nom* 
bre d'hommes excellens en ce genres Noa$ 
devons encore convenir que l'abiis de Veaft 
forte eft poufle beaucoup trop loin. Ce gen- 
Tc cft bon pour rendre promptcïïient des 
chofes d*cfprit & qui n-expriment que d« 
idées fans exiger aucun tetminé. La pointe 
' même nVft véritablement ^otme que dans 
la main dts Peintres ou de ceux qui font 
nés avec àflcx de feu pour exprimer des 
badinages , qui dans le fond ne font pas 
plus i la Gravure , que les deffcins & les 
premières pedSes peateut èire à la Peinr 



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JA "a K s. 175 t. t4f 

^irc. Ce n'eft pas qu'un Graveur au burin ^ 
"et (col qoi m^rire ce nom, ne puiflfe em« 

t loyer Teaa forcer mais quami il eft ja* 
M% de ion Tal^m^ il n*en fait ufageqab 
ipoftkt prépafct légèrement t^utc fatnacîii^ 
«vc. Lfe gcmt cortiervé dans une l<>Bguei?é- 
^tkion , la patience fans froideur , rima- 
^^utûon fans lervirude , la manière refKiut 
^r fon-beau ëôté, enfin 1 exaâitude , fo 

Îrccifion & le caraûcrc du trait , jcÀms â 
flccor^l du JPcintre ; voilà Ics^ pafrcies qi*i 
^nc rendu célèbres les Audrans , les Ede- 
iinrhs , les Poyllis >&c. nous«fpcrons qefe 
^^ Dupuis rappellera plus àhnt fois ak 
-SPublicitc fouvenk et ces granés Artiftcè* 

L E T T R E A M. * * *. ; 

• £n M envoyant une muvelU tftampi 
de M. le Bas. 

VOrrc eflipt^flcffiertt à vous ppocuwt^ 
Mon6e« , t^otrt ce que public -M- le 
•Bas , eftl^cn juftifié parle méritt & paf Ui 
xéuffitc <lc fes ouvrages : il fembte nclt» 
•multiplier que pour augtnenrer Tes fiacxèsi, 
& ce qui doit encore plui tK)Us étocnncr^ 
x'cft que XçKiï grand nombre tie prtnd tien 
-Tac U^r perfeâiion^ Je veuï envoyé om 
•«KMi«elle Ëft2N7>pe qciHl viénr de ^ticvcc 
4^3i^è)SiTeiiie^e«^^'eft^la ^bisànûtécie^tt 



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T44 MERCirREi>E PHAîïCÏ. 

nmu ait ionnée dh^iptès têt illaftre Fk> 
inaodydonc OQQC^auroic trop.perpccii^ 
les produâions. Le fiijec dc-celie-^ci cft 
-une Fecc Flaoïandc , douche Peiotre^^lé* 
4>rc a icnda tout 4c ftacaS'» toac4c mouYc* 
«aenCjlajoie & ryvrcflçmèmcvavcc^c 
aatarel » & cette vérité que vooslai cou* 
«ooiflès. Le nombre confidérable de figaret 
4]ui jooenc dans ise Tableau , & la yaricté^ 
iDJiQicde4eurscaraâéresjdt leurs a^ita* 
xles > ^ de leurs fitnacions » n*y répand au* 
>cupc forte de négligence ûi de confufion-; 
4out eft fait avec Ta noeme force , & le 
aème foin ^ Tans effort & fans fl&âation. 
Ondiroic^en voyantchacune^ ^cs Bgut- 
tes en particuliet ^ qu'elle eft la feule que 
Tenieres ait voulu peindte,& que le burin 
•de M. le Bas aie voulu rendre; & quand 
oh confidére Tenfemble du Tableau Von 
tïft futpris que ractention de M. le Bas ah 
|ni fumre a tant de dilfèrens objets y (ans 
«qu'aucun fut négligé , eu ce qui ne fecoic 
^as moins i craindre, ùtns, qu'ils fè rèfifen^ 
ciflènt tous diin travail capable de flétrie 
la fleur , 8c d eœ<^flèr lepicqoant qui ca^ 
raftérifent fi particulièrement ces fortes 
^'ouvrages. Il faudroit pour décrire roue 
ice que vaut .celui-ci 5 que feufle les. con*- 
noiuances qti,e vous pofledez ; vous en fu^ 
jirez.tooc leprix» beaucoqp, mieux que je 

ne 



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^ A fe S. ^7^ï. HT 
t^ poarrois voos i'exjifitner.. Cette belle 
£ftainpe eftxlécliée à Madame la M^rquifc 
^ p ♦ if âf^ qui foint i l*avanfage <le.coa-> 
fK^tre les takns^^e les cultiver , le bon*^ 
lienr plus flatteur ehcpre/depouvQir kt 
accueillir & les récompenfirr. > 

J'ai l'hbnnçur d être , &Cé j 

P. S, Voici quelques vers que nfom 
iiilpirés ccvsc Eftampc , flt de notfa dont 
cUe eft 'décorée. Lilez-lcs , moins cbtmnc 
tta bomtnagt digne de fon >objet » que 
comme Uhc preuve de mon zélé, & de' 
ilntérêc que je prends aux progrès du gé« 
tiie , du içavoiî & du ^om. 

A Madame la Mar^uifi de P ^.^ *. 

Sut les miens qaî t^envîiomieht ^ 
ï • **. tu répands le feu de tes regards; 
D'an laurier itnincrtel tu couronnes les. Aftf , 
£t de fleurs i leur tour les Beaux Arcs te couroii* 
nem. 

IitM;hereaH jtihvBLité yC^QAi de'Conti^ 
qui eft chargé de vendre Tédirioti du Lou- 
tre i des ouvrages de M. de Crcbillon > 
yend auffi le portrait de ce grand Tragi- 
que. <lc Portrait eft Un des meilleurs de 
M. Aved , & il a été très-bien gravé pat 
£alechbu. 

A L I A là s t > Phèc Cambrai , vient de 



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Bietir e m |i>ur anô fiftatnpe ^ gravée «Bapsèi 
on agréabic TaUciu: ite WâuverromiSi 
qui tejpréif noe «ae ^ardc^arancée^c^ Hb& 
kns. (;'cl): la liiiKpiéiiK.ou (uiénsQ SAiaft- 
pe que nous avons da ML Atitmcc , qiiii 
xlu raleni , Se qai aofKiicrc de la rcput^* 
xion. ' i'-' 

• , r • • • • ,' 

powr hs inftnvBœs;diç MaoHcfnaoî^tifll^ 
Aoxmc avis qail a compofë fctdUotf^Icki 
Car'ccs. propres à. morrtcr <]e^, Globes à 
tant céloftc« qoe refroftr^s , ti& pls^oirt 
grandeurs , d'aafant plus^cil^,. q»'flifll 
comprennent plufieurs cbofcs curicufes, 
Se oà le calcul àc$ étoiles eft •drcfte'^our 
Tannée 1754^ E41ies» fon;^ a^gj^ctuées de 

f)lu(ieurs f:;pçift€;ilaiions npi^vqUflS > les Pô» 
es dv^McU y (opt4i?«qués ^ afnfi qae/a«} 




cun 



diftiiigttésjpar dffsjjgçcf fpnApfl^ î ik^^ 
forcocnt;. aoiâifMPi Ç9j9fr^«^a«ccte5awr^ 
cf^ikku Ics^ éîpi.lw <»t itéppfée%41ç»wa 
diftancciduPôl^ •[ô^ilcurAkcixfiw droi- 
te , avec twx\^i(o'm.fif{\^jf\iiç0^,pQ^y\^ 
D:aillwt|lrîS oy^fe%a^fipfl^q j o^ lcs49iV»tVr 
ges , qui doivent être aflc0j>lés piQ^jf for^ 
^r Ic^ CJâi^.i.fejit: Iki^F ,df Çeilq^tpyyf rc 



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ipi^il y regpe une om^ocosufé parfaite çUtif 
la Courbure des fufeaux Se ws cefcle«>p^ 
-ralleles , donc les Globes ^nc compofés. 

Nous àjoaterons que tes figures des 

'ConfteUarixins ont été iieSnées Se gr^^rées 

ti'un nouveau goàc^A Pég^rd d^s Qjlqbcj^ 

^rrcftres , ils ^oot greffés iuç les uoijLveÛçf 

Obrervacions deAÎeâSeurs de;l*Aca4àii¥ 

iLoyaie des Sâeoces , &..ûii;rant te^ ]^44r 

fBoircs ^ac feu M^ lc.?ripçc ^f\Cf^i^ry, 

Xmbafladieut de Ruflîe Sçae Mofepvie /Cfi 

France, afçoireommuai^ocs au SicaxBarif^ 

4<tUc t au fujec de la grande Tari^ric^to^ 

^ovite jur4qu*à la mer de; Kamchafka ; cç 

£lobe$^ ont été gçavé$ p^f ,!&$ n^eil^f urs 

^ravçursde ce cems. Le^ di^Eercns cara(> 

tércs en IbfU -parfaits ,> fan$ çxxe trop peci^ 

^ Càos CQnfanon ^ & crès^li(ibles. Pour çi^ 

faire 1 éloge , il fo^t de dire qu'ils fon^c 

gravés par le Sieut jfltéw. 

> M. BAr^elle a 4^^ Çlqbcs , de Tupe iç 

sdc l'autre cfpéc^ > àc crois grpdeurj diÇ» 

jFpEcntc^i (Ravoir dc.^ qçu^. ponces, de fix 

)pouces , ^ de auacre pooçes Se àcwx. I) 

te propofe d'en faire de quijize pouce;. Ù 

jB^ aa(fi des Sphères de Piûlamc Se d/c Çoper^ 

|mV:j de la grolTcur de ces Glob'q» exécucée^ 

îa^eclo^meoie foin^ ,'. ^j 

r >i: Çtr^dilU dcmeurp toujours à P^is^ 

G i| 



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%4t MERCORE DE FRANCE 

Quai de l'Horloge da Calais » àrcafeigtâl 
.dci'Obfecvacoire. 

Céittte Uydr^étphiqu^ 

Il a pam à la fia de Tannée dernière., 
fine noorelle Cane Hydrographique » qui 
%jpoiir titr:C : Cétra rimite de VIfle de Smfk 
'iSamingue&defes dibonefuemem , ptm^firvir 
Ttmx Véi^êmx du 1toi\ drefféè au <léf^c dâ 
«Cartes & PUos.de k. Marine , par ordre dé 
9id. Rouillé, Secrétaire dïtat payant le Dé- 
{mrtemenc de la Marine. Par M. Bellin^ 
ingénicar ordinaire de la Mairine » me 
ÎJaupfainc , ptèsla rue Chriftine. 
■ On n'a poipt encore -vu de Cartes Ma* 
fines traitées dans le gourde celle-ci; Ici 
iiîrs de rcht y font tracés en irottge , & lé 
corps de la Orte cft en noir, ce qttîn'a 
pu s'exécuter que par deux planches dtfiè^ 
rentes , Tpne pour les airs de irenr , & 
^'autre pour la Carte ; toute la difficulté 
eft dans la juftefle du rapport des deœr 
planches , qu'on tire fttcëcffivcment fur U 
«lèrtie feuille de papier , carfi le moindre 
dérangement arrivoit , les airs de vent ne 
tadrer oient pas avec lés latitudes & lésion^ 
|itttdesdt la Carre, i^ui'dévicndroît fkofle; 
i&. ne fçroit d'aucun ufiige pour les Navi* 
ga'ceuirs î.mais oh ^ triès^t^tn réuffî « & toat 



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MARI nju »4> 
fe trouve cadrer avec la dernière préçi" 

Le but qu'on s'cft propofé » en cher- 
chant cette nouvelle méthode , a été d'é- 
Yitet la confuiîon que répandent lès aif^ 
de vent fiK^ Icf Carc^cs Marines , & qur 
devient d autant plus grande,, qu'il faut 
Tes multiplier beaucoup \ pour donner aui^ 
Navigateurs les n^oyens de pointer leurs^ 
routes journalières avec facilité. "" 

M. B. a joint à cette Carte un Mémoire 
de hait pages y in-^^. qqi rend compte de» 
principales obfervations 9 dont il s*e(l fer-» 
vi pour parvenir â des corrcAîons extrê- 
mement importances , dans le détail def* 
4|uelles il ne nous eft pas poffible d'entrer i 
oous remarquerons feulement d'après lui : 
9>j^*il^y a Ung'Ums cjue les Navigateurs 
w fotthditem it avoir une Carte fartiCHlierê 
)»> de VJJU de Saint DdmhgHe , dont ils pui/^ 
^fentfefervir four régler leurs routes U lonjg 
m des coter de cette IJle y& oie fes différent 
mdihouejfumins foieni ditatlles avec ajfez. do 
9» f,ricifiott y pour ne h s pas expo fer aux dort" 
» gers qu'ils courroient , en' fifervant de la' 
» plupart de Carres (jui ont puru juf^u*ici. • • ^ 
J«a fuite de ce Mémoire prouve trèc-bien ,> 
& d une manière fatisfaifante , ce qu^iJB 
avance. Un ^pareil ouvrage eft d'aucahc 
plus: eftimabk 9 qu'il tend i confetvet \k^ 
Gii| 



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tj* MERCIERE Dr FftAWCl. 

Vie & les biens de ceux qui fc dévo^tÀ 
au comoacrce maritime >. ou à ùl défend 



i LETTRE 

pt M. (tAnvilleyà M. Folles ^PréfiJUnÊt 
j de la. Sacieti Royak de Londres ^fur hmû- 
Copie faite À Londres de ha Cart^ de tj^ 
. miritf tu Septentrionale^ 

IL y a cnvîrofi fix mois > Moiifiéar î. 
qu'un GcntiUiommc de Dublin , quo 
f^i connu ici , me manda qu'il paroiflk>it 
à -Londres unc^Iopic de ma Cattc de TA- 
itiériqueScpcenccionale , à laquelle , felôci 
fc {Ja[pier\public qui annonçoit cette Co-« 
|ie, TEditeuc difoir avoir fait des aug* 
IbVhtarionSt Urt ^^figôciafl^dcLolTd^«»-> 
^ut eft venu ehez moi depuis peu de ccmsi 
m*a même aïluré qu'il y a\rdic trois Copie* 
Arigloifes démon otfvragé. J'ivo^s clëj* 
.^cé très- flatte de voir que riia Cane dlfrfi 
fie eut ëtc adoptée en Angleterre , & co- 
piée cxa<£kement chez une I^ation aufl( 
èàricufe & auffi éclairée que là vôtre \ flC 

Îc penfois à l'égard de TAmérique Scpttfn* 
rionaIe>que d'utie édition Angloifë il 
^llqit attendre dé^ atnêliorations de qutrl<i 
qUe^côn^^^èhce datis' lè détail; dit lpc»i 



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MA R S. 175 r. rj» 

éhs Colonies Britanniques de cette Partie 
Aa Monde , bien réfolu même d'en profitcty 
de d'enrichir ma Cane de c^ que ) acquc'f- 
F^rois par ce moyen» 

Comme je fuis redevable de la pnblica*^ 
Mon que je fais aâuelicment d'un certain 
iK>mbre de Cartes générales fort amples ^ 
Se en plufieurs feuilles , aux bienfaits de- 
M. le Duc d'Orléans , qui ma même ex- 
ciré â ce nratoil r fai Fobligation i une pec^ 
fbnnc de grande confidératfonattacliée à ce 
Prince , de m avoir procuré un exemplaire 
de la C^pie Angloifc qui m'a voit été ad- 
JKmcée i & comme elle vous a été dédiée ^ 
Monfieur , fai crfr devoir vous adrefler 
hs obrcrvarions que je ne puis medifpen«« 
fei de fkire fur cette Copte Je ne difEmo- 
lerai pas (urtout ^ que le Sr Bolton , £di*^ 
teur de la Copie , en ayant décoré le titre 
de ces itttncsràreatl^ improved, je n'aye'> 
en beaucoup de curiofité à examiner , eiy 
q[iioi pouvoit confifter cette augmentation^ 
00 bien amélioration confidérabfe. 

• Faire augmentation à la Carte Géogrs^. 
phique d un grarulContincnt , & qui Toit 
toiie qu'on puide en tirer avantage y tC^ 
s'en prévaloir vc'eft ^ ou remplir levuidr 
de quelque efpace auparavant inconim^^ 
ou (ajouter beaucoup aux circonftanccs des 
ftîri|:s tTo|f ^ibkmmc cohmo;. Pans k» 

G iiij 



,y Google 



lyx MERCURE DBFRANCE. 

Carte de l'Amérique Méridionale , qai ^ 
fuLvi la Septentrionale , au milieu de Tcf^ 
pace immenfe de la partie incérieare dct 
Bréfîl y fz\ rempli environ cinquante miU 
le- lieues Françoifes quarrées de terrain » 
dont les Cartes ne donnoiesit aiKune con^: 
noifTance ; & s*il eft permis de fe flatter 
d*àfouter aux ouvrages de Géographie^ 
c cft par des moyens, de cette efpccc. Mais 
de pareils accroiflèmens dé connoiflàncc nc^ 
pouvant gnéres s'exiger , vu rimpoffibtlité 
même de les acquérir en di£Eerentes ré-v 
gions , & le mérite àcs nouveaux ouvra-^ 
gr$ étant le plus fouvent borné à perfcc-^ 
tionner des objets qui ne font pas entière- 
ment neufs pour la Géographie , au moins, 
faut-il, pour prétendre enchérir fur lesou-^ . 
vràgés précédens , les couvrir par le nom* 
biîe »,&: par jine meilleure expceflîon dci. 
circdnftânccsrde détail , de tnaniere même. 
qu'il en nai({e une forte préfomption de-. 
Igftcffc & de précifion , qui faflc juger 
favorablement des changcmens apportés^ 
aux parties ain 6 travaillées. Jcn'atpreC* 
<]tie point p^ile les. bornes ccuinues des; 
Pays Ëfpagnols du nouveau Monde -dans 
mes deux Cartes de l* Amérique. Mais», 
jofedîre qulls y ont bien changé de cotti^ 
leur , fi je puis employer cette expreflîon,^ 
en. compacaifon des Carier qui CHicpcérw 
cédé. ( .. 



dby Google 



t/l A K s. 1751. Hii 

On fie di(conviendra pas , ce (cmble^v 
éc la nécefficé de fatisfaire i Ttfne xm i 
Tautre des eondîriof» eî-deEîis énoncées v 
poar erre en droit de dire av<Mr augmenté^ 
coofidérablemenc an ouvrage Géographi- 
que. Or, je ne vois rien qnr rempiifle'* 
ces condidoBS dans la Copie de M, Bot* 
ton , Se qHÎ pmfle joftifier les'teraies 4eP 
Grêmtly mfrêved. €'êft une chofe^oof^ 
ilcft aifé à<]ai<[uêceroiedereconiraiiK' 
cre^par Ir confroncation dcdeaz'^xeniiA* 
plaires de la même Carte » dont l'un (oiç^ 
Foriginal , & Tautre W copie. On tros^ 
Tera l'un calqué précîféniem (or rautreen^ > 
toutes Tes parties , & fi on remarque queU"^ 
qucs additions d^s îa-€opie» elles ne? 
paroîiiont confifter qnen quelques Lé«^ 
gendes infcrircs en difteretw^endroir&" Jc^ 
crois même dtvotrdifcu terrer quf "eft con^ 
tenu dans ces Légendes ^ par la railbn^^ 
que fr le terme ^improved Ttnktme plùtôr' 
Hdéc d'amélioration qttc cclf e*^ d'aug^en^^ 
tation , il- cft bon de voir fi' l'améliora» 
tion peutv êcte regardée connnetelté , fu^ 
tc^ut avec la quaUncanon Atgreatlj ; c'efti^ 
^-dire d^ grandcmeat ^ott-confidérabte-^ 
ment/ 

La premkrc'dcs Légendes, dé M'. BôK 
ton- ne dit autre ckofc ,fihon que par le 
J^ci- d'Ou^echt y les François ^nt dc^ 



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i^f4»ltfER.GXTR E DE.f ï| AN C E. 

4©. frcqùcotcc la Côt« Sepccatrioçaletfe* 
Tccrc-aciiye* C'cft air«rcincnt <k qucjj jA 
tpmbcrai d'accord avec lut ; mais ce ac^e- 
tjn^ une oipiâion dans ma Cf Ftç , que 
Jkàs le co^ qtie |e l^eotTe chargée ailkui»^ 
4i^ notes d^çfcteefpéte. 
-!U ccffK^n lie la Baye d'HudfaQ , faites 
Qch Gmcde^Brec^ne^ doiine lîêti d <)hftf«^ 
vm 4aii8ift6e turre Légende ^qye les litni^ 
t«:jdu Canada doîvem pafier fur le Lac^ 
dofi Al^kibk p/aLt 4i> degrés de lâcîtude»^ 
Gpitime jlfetoic difficile de noa% citcoaC^ 
ca»çkr drs: tinbesr bien fuirâ , 3$ appU^ 
€|t)é&ri]icccffiifemear à chaqiie lieu en pac^ 
utulicr -dan» isea^ Contrées fauvages , de: 
même que s^l Vagiflbic des p^^mons de* 
l^dr^pe,une habicatipn Françoise. fur k- 
laâc dcf'Âbictbî^^ a dô déterminer un Géo* 
graphe Prançpis'.à.regarderceLac comive^ 
^nc pofleffioa Fran^ife. Les liacs dcBi 
Miftiilins, dont la Léeen(& ne parle poînr»^ 
tàtttf d'autant plus legitimenaeRC renfcr*^ 
sites èstns le Canada ^îe Ion ma Carte cri» 
gtnalc , que k droireft feHidé-fufHiiMî Ion*- 
gde poÛTeâiôTi , piaîfqti'iHv Hahirani Fran«- 
fois »,nommé Jpliei , y/orma un ^abliflc^ 
ment dès Ikn 1 6j^ , félon une Carte fs^ 
m drbflei >'^'qoi^ eft toanuferite entrer 
antes inains^y^datée de Québec au nsoîs^O: 
l)tettefnbj[£ de cj»tte:«|iia«Ck^l4 84ilkiiK^ 
' 'j 



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^ IÇI A- R' ^ ir^r.^ 15 fr 

îsr'écnnoiffi^ttcc^ très particiilkrt qucfâî - 
ea de cette porrion du Canada , & par la-» 
qucUe ma Garre prcml beaucoup d'avanta-v 
gc fur toutes les* pfécédentcr, je la doï^» 
ad Père liaure , Jàfuïw ,-Miâîomiaire cw 
ces quartiers ) St- qui u« lc$ a reconnus 0&^ 
frcqwcutés > ^c eômttve fdjïirde laCoa^' 
ronne de France,' M. R^on fcrA^r'il foit* 
dé i dite avoir augmenté ou amilîoié^ 
confidérabicmènft lia Carre de Mmériquc^ 
Sepccntrionnale , pour avoir tracé uaie'^ 
fihiple ligne de divifion , plos favorable i^ 
la Grande-Bretagne KPeut-orVmemciiiu^i-i^ 
rrer ,que ce qu« '-4'Alîte^ d'une Carte ^-* 
ou fon GopiAe peut ftire fur ce fujct h 
* fàffc Tavantage on lé pré^iee d«5 Go»* 
tonnes V • > 

Une troifi^me Eegifnde', qnr concerné* 
fès limitics de 4a Louifiâne , eft" de la mê- 
Bfte efpccc*, 8t avec des e^ptcffiim* pea^ 
rfiefur^V; M. Bottùn , d*uri ton âiTe^bruff* 
que , atertfe les Géographes Fr^i^içois do 
reculer leur Eouifiane ptus versTOàiôft,. 
ebmme fi Hr aHiaAcçs qull alféguc' aVcc^ 
lis N^tionï'fauvagés , détruifoitnrle droit 
ôue donne k découverte da^fléuvt Mif-* 
fmîpi ou dé S^'ftt Louis ,dcc»raffiaré,pwf 
dts établiflfcnrïen^ fàrts^eti €6«féqpencc do» 
M découverte & fans cofv«afdiâ?îort^ Mata» 
^;i(lk^^'eft4*^iiK>mé'^att'U#otifidu C^ 

&.vji 



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ij(f MERCURE DE FRANCE: 
pifte > Uyrfqa il recule et <]u'îl appelle FloU. 
rî-ie fafc|u,'âu. rivage gauche ou oriental 
dti Kti^Iiffipt ^IgIlore-c'il <]ue la nouvelle 
Orléans , Capitale de la Louifiane , eft 

Gécifcment affife (^z ce rivage , & que k.^ 
obtie /quis'^ écarce même confidcra* 
bUniem , eft occupée par des éfablilFemens ; 
Fnm^ôiff^tandis que celle des^Efpagnols, 
en Fkuâdc ne padènc pas^Penfacola? 
Pourquoi I en étendant, UrXîéargie dans^ 
ce que i*ai regardé;CaiSfîie Floride , env- 
braiicf-t^il Iç Forr que les fraBÇois ont aux , 
Alibamons , & donc if convient par ces . 
tçrmc$^: Alibétmms H-mtf€»ch ? Je ne, 
n^'étendraî ^' davantage (îu ce. fujet,^. 
parce qu'une Carte n>ftrpaslechanipott4 
CCS chofcs pourroient fc difcutcr, , 
: Le quarte particulier dans îangle d«v 
Nord^Oueft de là Cartç , qui. renferme lesj 

Krcies plus SeptentfiofiaJiips adhérentes i^ 
Linétique ♦ eft accompagné dans la Co-^ 
pie de pioâe^rs Légendes». Seloi^ne C^r-. 
te ^articaiierc^ publiée en» 174.7-, par 1^; 
Capitame Smith ^ il y-sun.c^nal qui tra*^ 
xerfe. de la Baye de TOurs-blanc , White^, 
btar^ jivfqiies vers. Ttrifrét du détroit de^, 
Gumbcïland,» ce caotl formant. avec la. 
grande mer uoc ifle s flifc de bonne for- 
tune» £t un fécond canal efl; ouvert ac^v 
Nord, dc^ iUk&.MUl Qiuidii MQulia>..aii 



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Ihnt rcjticontrcr le coin Nord-Oucft dux, 
détroit, de Cumberlond, Nous pouvons . 
adopter cc^ ouvertures ou canaux fur 1&: 
pied de conjcâores , n'jr employant qu'a«^ 
njc legcnc trace de points ^comme M. Bot 
ton lui-mètne en aufé.. Danser des Cauess 
plus ^ciennes quela^mienne., on trouvera^, 
de gr.ands' bjas de mer traces en ces par- ^ 
tics ; mais. dont ta connoiilànce eft' trop.- 
iiicertaiae pour Te faire une loi de les ad-- 
mettre, & de les répéter en toute Carte. ^ 
Quant au nom de James , que M. BoltQo t 
Vj^ut ê.tçc tjranfportc à riflc renfermée cn-^ 
tce Ici dcujfc canaux dont je viens de par^ 
1er 5 réfervant Ic: nom de Cumèçrland en:.. 
particulier à Tlfle qjai porte lé nom.dc< 
J^mesdaDS ma Carte, j'àutok Bcaucoup^^ 
dç Carj:es- à citer , où le nom dlflè de Ja- 
lues eft donne, précifément à la terre qui; 
bordç k détroit, de Davis à rOueft., Sc: 
q^i forme le Cap dc.WalCnghanri ren- 
trée de cç détroits Etpour ie nom de CutXK- 
Borland., M. Bolton .confulcant lesCar.ter^ 
Ancloifes de Hcrman WoII',de Seller,,, 
Êplfon & Thorntoii,,yerra que cette dc- 
nominadon fe rapporte aux- liles renfer-» 
ipées dans la Baye y^dice de Cumberland.,, 
Mais au. fond ^ cette critiqur paroîua de» 
bien petite confcquence , & fon objet fortw 
ia(Ultei:eG^ Je f^^ dédommagerai par «po: 



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*Vfr M E flic tm E DE IF R A NC B. 

remarque particuUcrc ât M. Bottoa, q^* 
eft , que la Carte rcpréfcnte tour Ce cjui i 
été fait de décoavcrc^s , à remonter juf- * 
qu*! U navigation de Forbisher cû t^f6, 
Gâr , paifqûe la Copie , fiir laquelle cette 
rémarque cft infcrite , ne diffère en rien' 
d'eflcnticl de loriginal , je dois être flatte 
que mon ou<rrage ait foutcnu T-examen»^ 
è la revue que M. Bolcon dk avoir faite- 
de tous les Voyages & Journaux -qui con* 
ctrncnt ccs= parages. 

' Il cft vrai que dans là panie du Nord* ' 
Oueft de la Baye d*Hudfon , il fz une 
rfbttzaîne de noms propres de lieu ajouté*^ 
a la Carteorîginalc. La Icdiire de là ftc- 
lîirîon curieufe & très^bièn faite de ML- 
Ellis>m*a fm cannoîfrc ,qiae ma Carte* 
éroit en effet fufocpâblc de quelque actdi* 
tîon de cette nature -, & voili précifement 
iqnoi peut s*ip^V\qi\€r Vimpraved^dt M^ 
Boitori , fans que le grsatty s^étende plufr 
loin dans la totalité d'un ouvrage, q^ircû- 
l^rme plufieurs millier^ dedé'nomiriationt* 
iècales. 

Je n'omettrai pas' là dernière dés Légen- 
des, relatives au même quatre de Cattc , ftP 
fSar laquelle il eft dft , que le« détroits • 
Itear Soond & de Forbisher , dans la Paf^ 
nc^du Groenland qèî S'atance vers le Sud^l 



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- Rt A R s: rrpr fif^ 

'Egede. Je n'aijioînr lu le rK>uvcl ouvrage 
^r riflaade & le Groenland ^donr on^ 
publié depuis peu une Traduâion Fran^^; 
^ife* Il m'ç& pourtant tombé fou» la» 
tnain , & j'en ai. parcouru quelques en-r 
proies. le ne fçais même y <*il n'eft pas dic^t 
quelque parr ga cet ouvrage , qu'en ion* 
geaairla Côte on a trouvé ces canaux bou<^ 
^és par les glaces. Douterons- noiis de 
Pexiftence du vieux Groenland , paKe que* 
le même inconvénient des glaces en afer«-^ 
mé l'abord ^M. fiolron eftril pM certaia 
for les canauit qu'il a tracés d après U^ 
€arte du Capitaine Stxiîth , quoiqu'ila 
oayent point été naviguas que ron-fça* 
Cihe > quç fur les détroits^ ou canaux , donr 
il eft aélucllcmcnr qucftîon/Ces détroiir 
ne font point prollrics dans la belle Carte: 
Danoife de Laurent Feykes-haan , que: 
KAuteur- de Touvrage allégué ci-déflus. 
i^conamande comme la meilleure que nôu^ 
a^onspeur ces Gares ,,& dont j'aï eal'a^ 
Vûntagc de faire ufage. 
. Il me refte peu de chbfe a défendre de: 
là Critique de M. Bolron. Il nous accufe , . 
M, de l'Iflê & moi, d'avoir tronqué nos; 
6arte$ du coré de la Californie ^idefTeiti 
de ne point marquer par la hauteur de ^^ ^ 
degrés ■ 5i demi > le non» de. New-Mkimf , , 
4^^ ËSti^ . JFcan||pis.^X3iaiU .^^ataii4l^: 



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M^ MERCITR-E DEFRÀ-NGB. 

cette Cote en 1579. Jfe pais aflurer l'E^ 
rcur Angbis de ma CanedelWliDériqar 
Septentrionale, que riuiicjiie motif d'eXi*^ 
dare de cette Carte ce cygà ny entre pir 
de U Californie , a été dem^pargner tia 
grand efpâce prefque vtttde^ & aoqael Ui 
Mappe-moAdo que |e projette » mffira». 
m'etant procuré par ce moyen plus -d'el- 
pace 8c d'emplacement pour les- rartie9r> 
principales^» &< phis intéreflantes-de mon^ 
ftijet. C'eft par la m^me raifen ,que je 
mt fuis retranché dans un angle de Is'^ 
Carte , pour la repréfentation des- régions^ 
plus Septentrionales-^ qui admifes antre-^ 
ment dans la Carce , L'auroient confidéra-»- 
Blement aggrandie avec inutitité » puKque^ 
M* Bolcon convient qae les découverte»^^ 
y font fuflS&mment exprimées^ ^ nonob& 
tant que le point d'échelle en fcit raccour— - 
ci de mouié^,&' T^endueen fur&ce ré^ 
diiicc aa quaft. M cft-ce pas -trop marquer* 
l*enyie de. reprendre & de critiquer , que 
de le faire fur ce dernier objet ? M. Pop« 
jrfe , en qualité' d*A-nglois ^fcra- bien plux ^ 
fepréhenhble que nou»^ dans^une Carte ir 
q«i outre la grandeur qu-on lula donnée ^ 
eft intitulée fofmQÏUment', Brkhh Em^ 
pire in America^ 

Enfin , M^Bdlton naie reprend d^'avoîrr 



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MARS. 175^^ itr 

Itir le pied âciz6 roifcs aa lieu de 825 
Convaincu comme je fuis, qu'il y a dans 
ma. Carte des fautes bc des erreiKS de 
bien plus grande conféqucnce que celle-Iâ 
lie le fcrbit , il eff hcureur pour moi 
qu'elles ayent ccfiapc aux himiercs de M. 
Bolton. Quoique étranger à TAngleterre, 
j^ai étudié la valeur des differens Milles >< 
4ont on ttfe dans la. Grande-Bretagne ». 
comnic on peut s'en aflTurer par la lefturc 
cTun petit Traité* de Mefures itinéraires ^ 

3ui précède les cclairciflemens que j'aL 
onnésfur quelques points Géographiques' 
de l'ancienne Gaule. M. Bolton n'a lieu- 
<f accufer mon évaluation du Mille An- 
glois, fixe par Henri VII. à 1760 verges,. 
ou 5a8.o pieds Anglois, que parce qu'il- 
c^oît que le f\sd Anglois eft au pied Fran- 
çois exaftcment comme i ç eft i 1^. Mais 
une mcfure de 6 pieds Anglois , envoyée 
à, l'Académie ^Royale des Sciences , ic 
comparée i la Toife Françoife avec le plus, 
grand fcrupule , s'eft trouvée contenir Su 
lignes de notre pied , au lieu qu'elle fc^ 
borneroir à S^jo, fclon cette proportion/ 
dé If à 1^. Que M. Bolton veuille bien-. 
calcule/ fur cet élément , qui n'eft point? * 
cqnivoque , il trouvera que l'évaluation? 
da Mille Anglois furpalTe même de quek- 
^ue chofc les S uS toiles» 



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i6% MERCURE DE FRANCE. 

L'Edicear Anglois ne doit point rcgat^ 
Jcr comme ttnqcorreétion, Image qu'il * 
fait du nom d'Antilles , diffcrcnt de celui. 
qui eft propre à notre Nation , & qu'il 
ne peut autorifer que pat conformité à ce 
<|ue la fienne entend par cette dénonHna« 
rion. Nous nonamons proprement Antil^ 
its , Am-infiêUs , cette fuite d'Illcs , qui 
ctepuis Portorico s-etend en ligne courba 
juiques vers la Tcinidad y parce que ces 
Mie* fe prcfentent avant toute autre tetre 
en arrivant dans ces^ parages , & qu'elle* 
précédent la terre-ferme ou le continent,. 
Nous les^ appelions àuffi Ifles du-Vent ^ 
les Eipagnols Barlovema y parce qu^ellês- 
reçoivent le vent alifé qui foufle de W 
'bande de l'Eft , i la différence des Mes^' 
oui depuis la Marguerite jufquàCuraçàOy* 
fônc fous le vent à l'égard des premières. * 
M. Bolton coftferve aux, Antilles le ronr 
de Caribes , celui dont on a défigné lc9" 
Indiens ou originaires du Pays, qui au*' 
jputd'hui n'cll prcrque par plus d'iifage 
chez lioui que celdi d*{ffes Canibalès , 
dont Laet & d autres. Auteurs fe font fervis t- 
& les Antilles, que M. Bolton diftinguc en 
grandes "& pctites,(bntfclon lui,Saint Do— ' 
mijigue & les Ifles voifines d'ufte part ^ Se * 
de Tautre celles que oous cntepdons par * 
k: uo»d'lûts fous le: Vent. ^Ùir On gareit* 



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Atfct >Phabitade cpxc chacun aart prif^- 

ë'une manière décidée , doit être fuivie 

»e(pc<5fcivcment« Cependant , o» ne voÎD 

point le mèrac emploi da nctn d^AntïlIel» 

dûns tes Carres d'Herman Moll , ni dan9 

ctf tle de Popple. Celui-ci , par ce qu'il 

âottime the jImiUes or Caribbie ijlands ^t 

àéd^ùc précifément les mêmes Ifks que 

â^uâ y à commencer par Porto^rico. Eif 

]htiattt n'en diffère , que pour étendre le 

»Ofn d'AmilIes dans U Carte deTAméri^î 

^U€ Septentrionale , à toines les Ides qui; 

eOâVfetu le coùcinent de FAmériqae, h 

commencer par les Locales y en quoi il n'y^ 

^- rien de contraire à ce qui a dotrné lien^ 

stu tK>m d* Antilles; Ainâ, M^ Bokon n^ 

peut fe prévaloir ht cet article d*iin ufageî^ 

^nftamment établi chez les Sujets del» 

Cfânde Bretagne^ : 

Pour ne rien omettre de ce que j^ireA 

marqué dans 1 édition Angloifa de m» 

Carte , j'j trouve U longitude de la Ber-. 

mude» marquée par 'écrit de 64 degrés,^ 

4S minutés à l'égard tie Londres* Et fut' 

oc fujet je fÎHs înf éreffé à cxpofer , que de-* 

puis la confti;uâion de ma Carte j'ai éto 

iDftruic,que par des ÛbTervations, faitesi 

en lyax & 171^ , à Saint George aiv 

Nord-Eft de la Ber-mude , cette dififerenc«f 

4^ bugitud^^ ^it croisée 4fi 4 hjeures.wi4|^ 



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%ë4i MÊHCÛREtDBFRANCE. 

à xo minâtes • d'où l'on peut conclarc 6f 
ècgtés 9 de compte rond ^ ou 7 à 8 mioutes 
de mollis^ Lorfque j*ai compofé ma Carte. 
de TAmérique SepcentrioDalè , ) ai fup-' 
pofé la longitude de Paris de i<^degrés- 
ji minutes à Tégard du premier Métu 
dien y (cïbït les premiers réfultats qot 
avoienr paru des obfervacions faites aux- 
Canaries, par le Père Feuillce, Depuis ce- 
tems là 9 ayant été informé pkxs particu^r 
liercment des opérations du Père Feuillée,^ 
jlai connu que cette longitude approchqic 
davantage de z a degrés, & mlaconmKK 
dite du compte rond do^ 10 degrés , daas^ 
y. rapport des differences de longitude 
dune infinité de lieux> au Méridien de- 
Saiis^ l^aitadopté par préférence ce comp*: 
ce dfe 2 o^ degrés^, & |y ai même alTujetcii 
ma Carte de TAmérique Méridionale , ne* 
C4X)yant pas devoir facrifier unerplus gran- 
de précilioB à Tavantage de là corre(pon<^ 
dance entre les deui^ Cartes. Un lieu» 
dont la longitude si l'égard de Londres fera^ 
d'environ ^5 degrés , s'écactera de 67 ^ 
près de demi, du Méridien^de Paris, parcct 
que la longitude eaii^LondrjCS^ Paris» 
en combinant le réftiltardcdiverfes obfer- 
nations, m'a paru de z degrés , & envi«» 
i»n 17 mioutes, un peu plus forte qu*on^ 
W;l!dUme çommuncmem > jna^ bien glut» 



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^ A R s. t7tf/ i^T 

^Ible pat proportion que ce qairéfultc 

^es oblcrvafîons qui donnent le plus dç 

iongitude. En ^tablHTant 4a longitude dt 

yans à 19 dcgfis 5aininuies^ comme jt 

ie faifots dans la conftruâion de la Caret 

de l'Amérique Sepicntrionflde , & dédoi. 

Tant cette longitude fur éy -degrés envt- 

•ffon ro ininutes » on aura la 'longîmdc^e 

Saint George de la Bermude à 47 degrés 

'& demi , ou environ , de longitude Occi^ 

Mentale du premier Méridien. Or,dàils 

«na Carte ^Saint-tSeorge fc rencontre à 47 

'& dea^ tiers de cettelongitudé , ôc je fot^ 

4iaite ne jamais fencor^trer pl«s mal gofe 

^ans la fituation de ce lieu , (\\t Tempdacie^ 

ment duquel je pourrois faire remarquer 

'^C bien plus -grandes diverfités , fi je ot 

^ongeois à abréger cette Lettre. 

Mais-, ce qui adroit de m'étonner , c^cft 
^oe ^. BolH>n ait un pcvt changé la Ibti^ 
-^itode ^è la l^rmude » fans èireinformé 
•de celle fur laquelle /étois fondé ,ou doftt 
^e partois <)ans la conftruâton demaCai^ 
tê. Je n'autois sûrement pas refùfé «de 
lai en faire part. « s'il in*«n eût re^is. Il 'a 
rangé Georgetown , ou Saint George, à 47 
degrés de longitude ©ccidenfale do pre^ 
jnier Méridien, ou de Hfle dé Fer,pâ!'î 
cant 6^ degfés 5^'ininute^i l'égard de 
^^ins a putfqci^ la Jongltudc dc^a Carte 



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^^ MERCURE DE FRANCE. 

ne fappoTe que 19 degrés 71 miimces^ 
4ongiciuk Orientale , eptre lejpreaûer M^ 
•fidien & Parii. Sur quoi déduifant z do- 
^és &7 tmnuces , doQC Londres eft }u^ 
|>lus Qccidcorol qoe Paris , donc Saiac 
"George de la Scrmude ne diacre da Mi* 
j^tn de Londres dans Tédmon AngloiTc 
fU VAmétiqai Septentrionale :» que de 6^ 
fdegré^ %$ mf;mîfis. Or > ce Iteu de iopgV 
jrAoe s'écarte phiadç U ciérermination nla^ 
iquée pat M. Bolcoo , ^voîr 64^ 4S » qo^ 
4e lieu de ma Carre qui eft environ 6f 
jrapporté au Méridien de Londres. Il s'en- 
fuie lopmc de-l« q^e les lieux dont on|i 
la longitude déterOiinée par observation^ 
<ofiifne Bofton dans la nouvelle Angle- 
'jterre > la Mobile dans la Loui£anjb » |à 
Martinique , Saint Donûngue « & doîOC 
les déterminations ont été rapportées dans 
JttiA Carte i l^. longitude que j'ai dite et 
•Pari$').ne corcefpoadeot par à celle qui 
:eft donnée à, la Bem^qde dans la Copie 
.Angloiiè. Le remède cftà la vérité facile» 
:^ reporrant d'environ deux cinquièmes 
;4e degré vers TOueft i la poikion fo^t 
-ifolée de la Bermude« Par cette op^ation 
.90 fera repafier hu Beimude par lendroit 
t»i'elie occupe dans ma Carte > pour nes'on 
'.^carter quft d'enviretn j o owatcs. 

yQ'ûà,., MonfettTtCe fuc IjesprelSo 



dby Google 



^ . AI A 41 S. 1751:. ké^ 
j^eja jvftfj <lc ir<4[//jr improvcd idu xkw 4^ 

â^(}ac Sffpcent3fÛ9nai:ç , m'a xomraint. idc 
ttKttrc'ftir le papier. Si fétoîs ^otns |«»- 
Ibux de IVHimc de la Nation Britanni- 
que ^. je ierpis plus indificjrc^t fur ce fajct. 
Âxx £€(k^ y^c ixM tcèsrjlatté de Télég^n^ 
i^d'oft & dOAtiéfc èla Copie de mon ûtivtsH 
îge, qoi quelqiièjbièn exécuté qixHl £t,éftS 
lous mes yciik % n^a gliéjres d avàhrâgc mr 
jçiçtçc Gopi^\pw: le même en<koifr Soyez 
fldGTûré, Kionfieur^que nofiobftantxre qw 
fait la matière de cette tertre , j'at une fft- 
^tbraâupn partjcdicrc. a faijGf cptitç occ^- 
«ôn d'avoir Thonhcur' de ypMS Cjfjrirç. 
J'aurai inceflTamment celui de vous tn- 
#^yef un exernpteire dé JaCam deJ'A- 
ïirique qtie je puplic , de mêtne grandruF-, 
*^ de mênjc foimc que celle dçrAniéri- 
f\V^ S^prei:^rio(3àl£ » fi vous voulez bi^ 
me faire fçavok par<}iiQlU voi^vousibo^ 
hairez recevoir ce nouvel ouvrage. Je ne 

J)arle point de l'Amérique Méridionale, 
cachant qu'on en a tiré pluficurs exem* 
plaires pour l'Angleterre. 
J'ai l'honneur d'èure ^ &c. 

AVIS A^ PUBLIC. 

LE Sieur GuilUmain^ Ordinaircdc la Mnfîqac 
<le la Chapelle Se Chambre du Roi , dont les 
ffl^eos pouc le violon (ont A connus du Public^ 



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158 MERCURE D* FRANCE. 

âisfi ^nt lesoarrages de fa comp^îon . irîefïeSe 
*Ciire graver Ton quinciéioe (Sturto, compeft ^ 
Aux Dircittflèineiis de fjMODlumien Cetiravrap 
4onc une partieiteale boDhear d*ècre cntendoc 
«yec faccès au CeiKerc Spirituel^ t été féduit ea 
"TVi» , poar II commodité éti Public. 

Il fe ^etid ai» Adrcfles ordmaires poor b Mt^ 
Cque. Oo ctoaYcra d hi téfe de ce quioziéiM 
4iuTre le Catalogue entier des earrages que i' A«- 
;«ear a fait graver jufqaes i préfeat^ayec l'effm 
^ le caradére4e chagtte (Euvre. 

TuoiftniB Lhrre éct PBéces de Cla^ecTti ià 
^ignore Seârlatti. Prix neuf livres. Ji Paris, k 
vend aux Adcefles ordinaires. 

Les deux premiers Livres ayant été bien accueil* 
"lis du Publit , on e^ere que celai-ci n'tn fera pis 
'tmoins godté* 

L 1 s Libraires Aflbcîésfour PËncyclopédie^ 
^vettiffent le Public , qà*i commencer du premier 
^e ce mois , on pourra voir chez eux les feuiliel 
-imprimées de cet ouvrage. Cette confiance del 
l^ibraites » qui n*ï point encore eu d'excnçte^ 
^ic leiUT'iviécicer celfie du Public. 



4^ 



CHANSOti. 



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^■. 



yCjOOgle 




i. i 



< V 



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MA R S. lyft. lif 

CH AN SON. 



V, 



Oos avei d'Rebé It fratcheor^ 
t>e C^prîs Itttrtiti 6c les grâces ^ 
]t>e Flore l*écUt enchanteur* 
l»es Amours ?oleac fiir yos tr«cts. 
Que d^apf as1 Ah l <{«elle douceur 1 
Ce Porcrait tous crayonne , Amînte ; 
pour vous rrouf<fr beaucoup) mieux peinte > 
Il faudroic vous voir dant^noo <qcmu 



SPECTACLES. 

Es Comédiens ïran^ois & Italiens n'ont |foînt 

_j eu de nouveautés Cet hy ver. Les uns ont fou- 

fèu l'Honneur . de leur ihéatre par d'anciennes 

l^j^ces bien jouées j les autres ont amufé Paris pat 

jé% Ballets ingénicufement deffinés , & exécutés 

V)&ec goût. L*Académie Royale de Mufîque a 

' fonné le Jeudi iS Février, les ftragméns coinpofés 

' it% Aélesd'Ifmcne.deTiton & I*Aurôre,5( d'yEglé. 

Kous fommes bien fâchés t^ue l'abondance àd 

matières nous oblige à renvoyer au mois prochain 

!c compte que nous aimerions â rendre d'unfpec*. 

%ac}e ou ii y 4 des chofes trisagtésblc's. 

H 



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(te I 



f7« MERCURE D£ f RA^C£. 

— ■ ' ■ ^ ■*'■! , I 1 ■■■ ■ »■ I I [ " l i l , 

CONCERT SPIRIJIUEL. 

LS Pabtic ne montra jamais un gode «iHII vil 
poor nos diffisreas Spr^ackn yU recette d« 
.ceazjC|u'on a eu l'adreffe de lui rendre agréaUett 
augmenté conâ4érablciuen(e^ci»iâiit kt:o«n decec 
hyver. LeConcect SDiricurl e^l de.ce nombre, l^^ 
caoiz des morceaux briflans que l'aÊciie aunon- 
joit pour le % Février , four de ia iPuTificatioa /f 
attira une nombreofe ^tnb\ét , et la fatisifa^et 
extrême Que lui doanerefK Papcattgemeiït & f e^ 
gtecutioti de.tous ces morceau x agréables , préfagf 
une aflerobiée encore pins complette {u>ur le jour 
Jel'AnDQndacion. 

Le Concettcoi»fl»o(t par ttMTgi^a^yde fympli< 
iiie de M.ICillery^,Direâeut de laMufique ^ 
Haï de Suéde , oui fet fuivic dii Cmfifeèûr^ Mot( 
a grand choeur de M. de 1 Lande. Mlle Cbevalfj 
y chanta «n beau récit » dans le^ei t\Ae d^bya 
lout le pathétique » U Sorce & les grâces de (à 
voix.. 

* Le chan; fut courȎ par iine fy m{fcboiiie de Cori 
ié châfie » qui précéda LAttmnr Cotli ^ ^pùc Motoc 
Nouveau de fsi^ Martin* 

Cet ouvrage » le uaieux coupée le^tus a^éa« 
ihement varie de tous jceux qu'a» a taira ea-cc 
genre^eft rempli de traits » de chant ic de {ym^ 
phonie» aufii neu& qu'agréables. Il débute par utt 
dttégrOiieAi ilpaffa i un réckdu^Uis grand jgeqcc^ 
qui iait tableau* Ce xhorceau ne ittt poii^ applaudie 
fl furptit & on Padroira. Une joîie bergerie le iuir. 
On MÎÎegr» plufifif^ P^^VP^^^f^^ARt encore ^oe la 
premier, lui rùccéde.M. Martin y a placé de petitei 
flûtes , gpicA le mariant avec la ? eii , ptocfuifcnt 



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JA' A R S. 1751^ 17t. 

Péffet le plus agréable; un cécic fort i^^rc <i^ 
YÎcnt cniÎHce , donae Tictt 1 U repriCb «du mémo 
#//i^0,8c<:*6(l pat ce coup^ieicu^uc^e Motet eft 
terminé. 

4^our avoir qaelque Idée àt ht manière dont il 
ibt Moduy^qu'oii s'imagine -fout ce que peùveac 

Îrocorer de plaifir la roh la plat kgere , le gofiet 
t*f\n% briliam i le goût du chaot le plas parfait'^ 
Mlle Fel , en un mot ,^în etécucant un morcead 
•charmabtpat lui-même. On a cr^ deirdic s'éten- 
dre Tur cette nouvelle compofitioB de M. Martin, 
^eut-on trop louer 4es jeûnes A reines qni réuflif^ 
fentl plaire ^L'encouragement peut ïexii dévelop- 
:j>er les ttièns , Bc ceux de ccCompofiitur donneot 
«depuis long-tems4itt« comiotfleurs les plus graa- 
iles efpérances* 

t Après 4e Mocec nie M. Martin , M. Gavîniâ 
ua feul <en maître une Sonate de M^Tarfini., 
le Concett fut terminé par le Cùéli enarrânt de 
l. Mondonville , que le Public ne fc lailepoiuc 
^*crttendre. 

te D«o ftrt eiécttté i tavrr par Mlles f cl i: 
Chevalier ; M. Benoît chanta fapérieirremcnt fc 
4ie8U #écic InfiU^ofuit^ 6c Mlle Fel , qui termina 
4e Motet de le Concert par le VUria Pàtri, mit Ik 
«comble â lalattsfaâion générale. 

C!eft pour nous une grande douceur en reti* 
^ant compte des Spectacles, de n'avoir que da 
. hitn à en dire Se des éloges â en faire. Edios da 
Public, nous devons lui retracer fes propres im- 
^effions ; Se liiï rappeller fes fhïdn., Cdk loi en 
jirocarer «k tMôreaux. 



HV 



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17* MEKCUREDEFRÀNCR 
CONCERT S A LA COVR, 

Aioii de fnn'visr^ 

L£ SamctU i , on ,eiécata cher U Reine l'Ade 
à*Alm4jis , lité de$ fragmens de M. Royer, 
Maître de Mufique ât Monfeigneur le Daupiiia 
ic de Mefdames de France. 

[ Le Lundi 4 , TAâc de Liws de M. de B 

' Et le Samedi y , celui d'ifméne , de Mrs Rébel ft 
Fraacœar , Sur-Intendans de la Mufique de la 
Chambre du Roi 

Les paroles de ces trois Aûes fom de M. df 
Monterif^ Ledleui: de la Reine , Se Vmxx des Qiia- 
rance de l'Académie Françoife. Mlles Chevalier , 
de Selle , Mathieu & Coapé en ont chance k: 
les , ainfi que Mrs de ChaSié , Joguec , Poir; 
^eliotte. 

Le Lundi 1 1, on chanta l'Afte du Sylphe^ 
fiquede Mrs Rebel & Francœur, paroles de 
de MontcrtF. Mlles Chevalier U Mathieu, Mi 
Jeliotte éc Benoit en ont charué les tAies. 

Le Samedi i^ ^ Lundi 18 & Samedi 13, 9m, 
fifaanta le Prologue & les cinq A^tes de l'Opéra 
d*Amadis de Grèce , de feu M. Oc(h>uches , Sar« 
Intendant de la Mufique de la Chambre du RoL 
Les paroles de M. de la Motte. Mlles la Lande , 
Mathieu I Mrs Benoit, Poirier, Jogutt» en ont 
chanté les rôles. 

Le Lundi tf , le Samedi 30 & le ^ du mois de 
février, on chanta chez la Reine le Prologue & les 
cinq A£tes de l'Opéra d'î^igéme. Mlles Romain» 
ville, Mathieu, de Selle, d'Aigremont, GodonaeP 
che ; Mrs Poirier , Bêche, Dnbourg , Joguet Se de 
ChalTé en ont chanté lès rôles. Les paroles (obc 



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MARS. i7ji^ 17J 

ie Mrs Puché & Danchet ; la Mufique de ÏAn 
Delmarets & CampraV . 

Le Manli t6 Janvier , il y eut un Concert chc» 
Madame Vié^oire 5 on y chanw U Syhhe de Mrs 
Rébel& FrancŒur , Sur-Iarendsns de la Mu(ic|u« 
de la Chambrr du Roi. Les paroles de M. de 
Monccrif » Lf £^eur de la Reine, l'un des Quarante 
de* l'Académie Franfoife , as Secrétaire Général 
des Portes. 

Après cet A^e on clianta une Scène de l'Opeia „ 
de Thétis é* ^*^^« . Mufîque de M. Coljffe. Paro^ - 
les de M. de Fonrencllc; & le Duo du Pfeaume 
Cœli Enftrr^t , &c. de la compofition de M.^ 
Mondonville , Maître de Mufique de la Chapelle 
du Roi , & Ordinaire de la Muiique de fa Charn* 
bre; Mlles Chevalier, de Selle, Mathieu, Mft 

Hotte & Benoit en ont chanté les rôles* 



Février» 



PP^te Lundi S & Samedi 13 , on chanta l*Opcrade 
TAYcis f^ Zelie , de Mrs Rcbel & Fraococur , Sui- 
tntendans de la Mufîque de la Chambre du Roi; 
Paroles de M. de la Serre. Mlles la Lande, de 
Selle, M/thieu, Poitier, Benoît & Joguct éof 
ont chanté les lôks. 



«^ 



» 



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A74 MERCURE DE FRANCE 

NOUVELLES ETRlAJ^GERES. 

Dt PiTiasB'OURG.,/^ iS Dicemkrté 

LE Grand Cbaoceliem ^^omee de BeftacLeff^, 
entra ces jour» paffésen coo^érencc avec W 
GéaérafDarnimb^ Envoyé Exiraor^Unaire 4a Roè 
de Pologne. On con^ékie ^ue. c'ell aiLiÀijet 4cs. 
^lires 4e CuxUnie, 

. Le icuBc Comte 4e Sokiceff , C&ambellan 4» 
pEan4 Duc, 4oir époufcr 4a9s peu la fiile 4a Duc 
Croeft de Oiioa« L'IivfécMÙce a:4ofuié fou agrJK 
Aient i ce maria gev 

On a rep éfenté ces )oaKS-«i i la Cour une Ttt« 
^tàït IVu(nenne. Le fuccés a écé-fi heureui , ()u'U. 
a faic oaftre le 4eireit\ d<«ca4t»irc ea.ceite Las^oer 
l'élite 4cs 9iécif 4e Cocneilk.. 

L'impécacric» a nomm^ M« Groff C oftfe i llc g 
iPEcatavec une pea£oQ 4eftoooroaUes><c a léfela 
4e )(tfi^k>fu 4aos le 44||acttmcnt dïet afEaixci 
écraogeres* ? 

De s t o g k h o l m , /e 2 5 Décembre.: 

On 4oir Faire panir a« olotAt 4es Ports 4e la 
Baltique' une quantité xoniîdérable 4e bois propre 
i la conftruéHou des VatiFeaux pour é:re tranfpoff 
tés dans les Ports 4e France , eff ?ef tu d*UQ contrat 
pafle pour cette lifraifon* 



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U fit R S. tf$r. iff 

\ T>B C o p p E N H A G u E ^ /^ 1 fonvier. 

lia Coura rfçâ^ùn Mathématicien qu'elle avoxt 
envoyé en Iflande » divers Mémoiies fur les découd 
vertes qn'ily a faites; il^niarque <]ue cette lâe'pro« 
duic beaucoup de falpètre; qu'en Quelques cndroitr 
il s'y trouve de la ctrrc propre â taire de la Porce-r 
laine , & qu'on y découvre des pierres rares o il 
y a de l'argent. Il en a envoyé ici un certain nom* 
bre, & fuivant Peflai qu'on en a fait , les cenr 
livres pefanrde ceirpicHcs ont rendu fiz onccf^ 
d'âigencfin. 

Le Rot lui aacoytdé une penfion & lui a a(Iign4^ 
une forame confidérable pour fubvenir aux àaif 
de Tes expériences. 

S, M. pour foulager les faabitans de Tes Provin* 
ces qui ont le plus foufiert par la mortalité des 
beftiaux , leur a remis \esi arrérages dont ils étoienc 
redevables > avec le quart de leurs taies aonoellet* 
ittf^^u'au tems oïlxe èeau aura ccffé. 

jétLEMACUE. 
D t V I B N H^B^, & ao J^mfier. 

L*Iinpératnce Reine avance heureutèifletJt dans = 
fa groAeife; qwoîqu'eîle foit entrée dans le 
I^itiéme mois , elle 'paroît toa^ours en pablic, dr 
afllfte régulièrement i tous les Coofeils. 
:. L% to, la Cour d'AnglMexrt envoya â M. Keitb; 
fôn Minifïre â celle de Vienne.un Courier chargé** 
4« d^èc^es ^ qir'on d t écre t^ès importantes. 
' On f kit dés préparatifs pour la cérémonie de^ 
FènveiVitute des Etats refpeâifs , que l'Empereur 
dote doaaei i»ccfianMnf m â flttGears PriAce»de>^ 
t^wfire**^ 

H iîij 



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176 MERCUREDEFRANCE. 

De K KTi s boV}^ e , le i^Décemèi't^ 

'* M. Pfeil., Hinifttc du Dttc de Wirtcmbcig , * 
rçiî depuis peuunRefcrk dje fa Cour courre U 
KobîcUe iaiiDcdiatcdçrEmpirc. Il ctt relatif aux 

ÏnvWégcê 6c immunités <juc ceUe-ci fo^ tient lui 
trc di3s , & q.uc le I>iic de Wirtembcrg piétend 
avoir été portés aa-deli de leurs bornes. Ce Pîincc 
enjpint a fo;i Miniftre d^ preffcr. vivement cette af- 
faire auprès du Dircftoirc de Mayence, & de faire 
appuyer (a jufte demande par les autres Miaiflres, 
Lo Duc dcWrtcmbcrgacQvoyé â M. Pfeil, 
foD MiniAre , un nouveau. Refcrit, dans, lequel il 
lui mande que l'Electeur de Cojognc lui a écrit, 
four l'informer ^'il étoir Airpolé i faire cauft 
commune avec lui , tu égard à. fe$ gnck contic h 
is^oblcflc immédiate de TEiapire. 

De Berlin, Un Janvier^ 

te Prince d'Anha|i Deffau a obtenu du Roi I* 
démiffion de fes Eçiplois Militaires , qwe le man,» 
vais état de fa f^nié .heluip^rraettoit plus d'e- 



xcrccr 



' Par Ic; nouveau plan de Juftice que le Rîôi a- 
établi dans fes Etats , Iç Tiibunal de ce:te Capita* 
le qui l*a fuivi , a jugé en defnieie inftance ciacf 
cens (bixanie procès dans le cours de i7Ço » ^*/*" 
çon qu'il n'en refte auc»a i décider de la.mêmc 
a^née. ■ 

Le Roi a témoigné au Baron.dc Coccejiy Grand 
Chancelier , çombicnjl étQH conrcnt de fon zélé 
^ de celui de tous les Membres du Tribunal , etx 
]^i difant que ks Chefs. de la Juftice qui abtégçnt 
Us procès ^ ont la même gloire que Ics.Gfficicn 



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M K R ?•- lyp- ^Vr 

Généraux d'armée qui terminent la guerre; qu'ils- 
ootTCoarcni également â l'ouvrage de la paii ;que 
lés Princes ont beau la (igner entre eux, tandis ^ 
que les fujets la ttonblent par leurs différends , &» 
que pour rétablir folidement da^ns uti Etat , il iauc- 
commencer pat mettre les Partrculfcrs d'accord. 

Le Chambellan d'Amrton /ayant reçl Tes inf-- 
fîu^liotis du Koi pour la ConîmiflTon dont il tft" 
chargé autres de là Cour de France, cft parti le" 
13 de ce mois pour fe^rendré i Parii. 

Le Màrqiîis de la Pueblà , Mîniftre PKnîpoten-' 
Ifaîre de Leurs Majcfïés Impériales , & le Bh*roii'^ 
dcKoch,* Membre de la Chambre de»» Finances'" 
dt la Coilr de Vîenrre, con^n lient leurs Conféren- 
ces atec les Minières du Roi*, concernant les af- 
faires de la' Si léfTe , dont l'arrangement éprouve' 
encore de part & d^iutre quelques difficultés On »* 
èipédié un exprès a la Cour Impéi lale pour l'in- 
ftitmer du chaogçmcDrqi^'on a fait au Plan dfeiÈ&-' 
ice fujet; 

• De D k'e su r, te i S' Jawién- 

L^Comte dô L'oos cft fur fon départ pour tit4 
tourner i fon AAnbafi^de à la Cour de France. 

Le Comté de Flêmming fe prépare aufllâ fc' 
rendre irtcclfemftient â1a Cour de Londres, pour j[' 
reprendte Iè« fbn^libns de Miuiftfe Plcnipoten-^** 
liairc du. Roil' 

Le Cômttf dé' iCeifcrliniÇ, Envoyé fe^xtrilordînaîré * 
&^ Plénipotentiaire de'RufBêa déclaré aùfx Minifî 
tfcs du Rof , que Sa Majefté Impériale Czàr.prcn*' 
droit" dans peu Air les' affaires du Curlande une 
léfolution c^ui proaveroit les égards qu'elle a p^ur^ 
f(teAlUé«.' 



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17^ RtEftCUREOEFRANCE^ 
Ds Hambourg»/^ 19 Décembre. 

On écrit* de Pécer(bourg, qa'oD y a reDoafelIé- 
ks or Jrcs de rappocter au Sënat tpuc ce qui pour-> 
roit fê ctcuver d'cxemplaiies de Maoifcftes . d'Or* 
donnauces « Edits , Décrets . Relations , Pade* 
^rcs , mftiiie feuilles publiques , od. il a écé faiij 
fneotton du Regoe appcM dans lefdics ordres :. 
IntritfifiM dm jmmê Ctutr Jesm , 4 tûrt ^Emfenur'f 
^ de VsimimJtuuUm de U Princejfefi^mere, à titré* 
de'K^ente de fEmfire , afin de brûler le tour pu- 
Eriqucment^ d'ef&cer jttTqtt'aux dcrniersKveflig^^ 
de ces époques êcAç tout ce qui s^ft Ùl» ea coq* 
fêqiKnce au préjudice des droits légitimes » en, ver^. 
tu defqoels rhériticre de Pierre le Grand s*eft mh* 
fienpo(Ie(Eon.de la Couronne de Tes Ancétrei^ 
le Sénat ayant en^ nÂoie-cenAs. déclaré, qote quî^^ 
fonque g^deroii aucune pièce de cette nature j^* 
Ikioitteiui pour criminel de leze-M^i'cfté^ 

De FjLAHCiFORT.>,£f ^<\.D€€emirc 

Jeai^L^is Uonger» M«n^re du M«^(hat de- 
cette ViUc , mouriUcici laiêmaine dernière »dajEi«^. 
la quatre vingt-cinquième. ancée.- U Jaifle.uné- 
f<^(!érité de cent quatatze epfan^^petit^-en^Qtv 
i. arnere*p^tiij^enfans. ^ 

t j^ Cour de Fiance a hit acbeter àzaii Tta^ire .- 

5U1S de. iipocbevaux de renioiiiteiav^c une gran»> 
e quantitérde (àbres &.d'épées de ia Maoufaôute 
dt Solhingenvpour .Tufage dçs^egimcns Ailes, 
iiuas «uJe(Yiceic4:ctcc^C^U)oac.xa.Aliâ£jc^. 



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MA R S 1751; ï^jr 
PO R T V a ^ L. 
' ï5e' Lis B;0 N K JB , /^ 1 2 Décembre. 

'1^ E' Roi » ordonne qu'i l'avcnii: ceux qac ITn- 
X^ ({aifuion coodamA^roit i mort , ne reroient ' 
pohH exécutés » que leurs Sentepéc$ n*eu^[^t été 
aiiparayani viiécsâc apprùuvéçs'pAr foa Coafeii^âc 
%oécs par Sa M^jefté. 

: On rcbâ<tt I0 gratui HÂpîuI Royal , qtit a été - 
réduit e9 ÇQti4rOf II ^it êtr^ augmenté if un nou- ' 
vtl tppar«em^fil,d<ftipépo(ir ccnl quinze muiad'es ' 
étrangers. 

Tous les Ootlvertieurs & Cootmandans des For'^^ 
r^dedes ttfftOâ^zs do ce Royaume ont rc fil or-' 
dre de la Cour d'envoyer avant le i f Mars pro«* 
ckàin uoe nète exûe de l'état où elieS (ê trouvent, * 
pdur travailler qn conformité ^ux réparations né- 
càflàfii-es. Lea ;(^cterf d<ûvent au»! avoir leurs ^ 
Compagdie^ CQ9if leite< avant le 10 Avril , le 
Rbi ayant réfelji^ de f^rt alors une revûé générale 
defestjîottpcfii' 

Il y «a pré&ntettefit dans ce Port \io Navires 
élraii|;ef9^; qui'fe prépart nc^i ùiettre au plutôt â la; 
voflc 

Le Cardinal d'Acimhâ , Grand Inqififiteur de 
^nogal, eftinoirt «n cette Vrlje danfs uo âge 
ts&'*aviiiicéw^' . . 

: ' £ s p ji ij E. 

DOrf FrioçQÎs de Vàras, fntèniant de Màf- 
ùntBL Préfideat du Comn^tce aui Indes , a 
(^«îbé'aQ R^'un Ccmrlcr til^aotdrnairé , pour 



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igo MERGirRE^D#FàA'NCK. 

l^nformcr qu'un Navire , nomm^ ta B4gûjM,<pxi 
éio'n allé chargé de marchand ifcs au Pou de Vcra* 
Cru7> eft entré. Iea<ftle ce mois^ânc la Baye^ 
^c Qdix. La Cifgaiiop , t^iu po||c SaMajcfté,^ 
que pour* l€s Paniculters , ooniiÀe en, on ^illioa4 
huil ceûS dit-fept miKje livres, qiianiQtç ^ <^ciix^ 
pi'aftrcs fottcs <în argent mponoyé; 13 mijle yoot 
eft or; 3^07' marcs mis en oe^ivre ; 4J34,,w4it^4$*. 
lie .Cochenille finç ^ itoS Arro^ d'Indigo ; 671,^ 
J[froîfAiàc Drogues de Xalapa ; eàoo^npiûis de- 
Tâbaç ; 1076 . caiiEes de Sucrç ; 3000 quinuQX de- 
hàh de fcampeche,' 40cy de b<>is-dc Bteûl^ 470^/ 
dcCuii^ & autres marcha ndi fes, cpofiiftatices ea^ 
C*ârmin , Ecarîlcs , Parfums , 8ç«. . 
"Par un,auir« excraordinaite , Door Franççîsde- 
V as donne atis l^a M^jVfté, que le i^ ii eft en», 
t w' dans Umétne Baye la-fr-égate^ppdMe^UPer-^ 
le , appartenafite IJa Conïpagnie dk la Havane ;^ 
elle revient, de cç P.otr-, 80 porte, eaoc. pour la.^ 
ÇompagiMc,qoepomle:CominefCiÇ, cçot trente* 
neuf mille 37<^pialhcs^fM'tes, 1 4 çmjlerii Afr9hm^, 
de Tabac ^ 5&,quelques au|tes marchandifes.^ 
^ ht Roi yrenrd^rc ifvfomié-par -de noiiv#lles le^ . 
tJ^s; dt bon Fratijow de Vatas,. qu'il ëtoit«emr6 
daiis la Biiye de Cadix \t x ^Ddcembcç , un Paq^ie- 
btit .nommé Notre-Damo agios R/mgdks^ qtii vient- 
chf-PoVr de S*. Thom«/CfKG*iflillerdai^. la Pro-.. 
v^incede Hoaduras , chArgépour le Comai«rce4le. 
J34 uiillp.874 pi^ûxes^t^es en.a|gem itipnney^^ 
7f n)il)c337,piaftres cn'da«blpqsV,i»iL.p«r^»4*ar*. 
gcnc mi&enccpvrc , &t;.^ 

Il Ù arrivé le nié me JQ^WMwrR^gite'^ ap pdlée^ 
I^otre Dame.dg^ l^ Conceffign^ dc^ ia illompagnte 
, <Jp la Havane. Sa Cargaifon cfl'de neirfmiifé Jit'm 
tfk^sAt Tabac\«çdç^f3 qj^iqtAUj^^çdifexcoifi^ 



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• ' ' M* A R Sr. i7yp. jS^ 

hc 19,» un attire Bâeiitiènt. efl.! arrive tîc Vcra^ 
ftuz. il apporte 39 miUc 809 piaftccs en argent'}^ 
^ Arrobas de Cochenille fine ;. 31^ q|k»incaitt%d^:: 
bois de Qj^eûJl , ^ autixs d^orées*. 

: L%ALIE; 

PAr ordre dè^l^mperettr^ A: arec la fermiflioili 
dc.S. S^ l'Archevêque de aeite. Vaille a faiip a* 
bjier une Ordonnance qui enjoint au. Cierge & i^ 
téuces ks^Cocfnumiutéf Reltgieuresda Tofcaue ,^ 
4l« i'un â(. de. l'autce faxc , de.do&n«r , en. confér 
<)uence.de]a Bulle du.Pap^ » des déclarations ezaCr 
ti^s de leurs«revenus » peniîons & bénéfices t afia > 
■d^> procéder enfuice i une répatcjiioapius )uA($ de.- 
:k 4>arc qu'il». doivenL^ootiùhucc dans les /chatiges^-^, 
-d^ r£t*fc,, . ' 

• De Na»pl>e-S', /^^ i.5v^^»iAiy* . 

PBnni.les tnioes des anciens «.é^iH^iCS de P9U%r^ 
zoUes^, oaa décotiretfe>un^ Temple dé(ii^.i l'EniT*. 

Îijerear^epiime: Sévère. Le pav^ , les coloannes je < 
«s ornensens en font d'oa mature rate âçenipartiet-: 
"tMnfparent, On. y,a tr.ouvi-. quatre f^aiues d'une . : 
.beauté ii^iùi ère & d'Ui) travail^ parlait. La pro* 
miere repréfenre Ijtosqst; W.ièconde Sé^phis « dCc 
-I9 deux^aucfes J'aûton^ d'une, fejx^e ép^rduA»., 
^i (àurç^au col4!uabpaw«;^ . 

£:e«i4 9 veille de^ot?^ , termina l'année 5ain(r^^ 



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i«i^ MER'CXniEDEPR^«NCB; 

1er diff^eos Prélats ifir Chth d'Once , te rtnâkat 
Î6ur»Iâ en Proceflion â i^Egltfe da Vatican , dott; 
i^ fet nu laf^anêine la Porte Stinie , en f foùns Im ' 
première pierre. Dan» les Bafiii<fues de JS. Pàal « • 
de S. Jean de Latran ^ de Mainte Marie Majeore , 
lés Cardinaux^ Garàffa^ Cocfini âr. Colonne , firent ' 
H même cérémonie » après laqpieUe S. S. & pa- 
bliet an'elk accwdok rin(lulgsence|4éaie«e ^ la- 
rëmifljon de lears pécher 4toiift. les ndéles de Vàa* 
êtV.Mêi fww ■ fytTtmxjJent affilié i^ette clôcurc^ 
èc qm auroieii& en mèmc-utt^ accompagnée les- 
^rece^ont. 

. Quoique le terme da'Jafailé fcihr expbdM, l'ex^ 
^lème charité du Pape Ka ptolongé jttK|v^au iS V 
-Mfe des Hin^eeiis inclufiMemenc . pendMir kqnel 
^nrervalle/Kar qni n^ai^om point vififé les quêWc - 
nfiliquet dans le couH de Paneée^cMt n'auroar' 
^nt rempli le noml>*c ^es; n€tes- pre&ixies par 
la BaUe dii fiihilé , auront le bonheur de k. ga»» 
gner fc d'oi>renir l'Indulgente plentere,en vifi^ * 
tint mm4tÊàm6^ una de^£a»Eg{iiics , a^tif ^'ê«-e 
confeflé'dc' avoir communié*^ S^ 5. accùdam a«& * 
àùt Confefieurs le droit d'aë^dcciefr péhiteiir. 
' La fin' de FAnnée Mainte ^ceHe du nuHivMr^ 
tems ont attiré ici cène fèmaine un fi-grand coq«^ 
cours d'étrarrgers , qu'ils^ ont pafié le nomVede 
cent miHe^ dt que dans le feul Hôpital de la Sak^ ' 
te Triaitd'k on a^otnpré jorqui^buit^onlle ^letinr. - 
Le Lundi r i de Janvier , le Dtrc de Niremok^ . 
Atnba0«deuc-^e France >, dosna ^un diiter magni*- 
fi^ue, oè'plufieurs C»rdiàdUT^.les Minifirres Urao^ 
gers& les principaurSeigaeursde Rome affifte*^- 
rcnt. îl eft rare de voit régner* danS une lète tant - 
de magnificence , d'oVdre & d'élégance. Deus M^ 
£ii^ts magnifiques > tfà étoiéne:'dreffét ^aasd^ao-^ 
• iieaCbj«ibsia 9^e4lte<)ià|^Mdsaa>%eM^^i > 



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m KK' s. 175 *t r«|.. 

iaancrz^€m ,ppur des chef-d^oenvres en ce genre^^ 
tt on eft convetiu unattimemenr , qu'il y avoirs 
l^ng teiTW qu'on nfa^it rien viî de fi* beau. L^afe 
feïtoblée étorr rrès'britlanre , & compofëe d'envir 
T#n centperfonoett I^^NoWeffé Romaine s'eft^ 
empreffie dans contes ks occafions femblables de 
réiiToigner au Duc dt Niveraois combien elle cft? 
faiisfatre de> ce JMfèntttre >,it{ai h conduite fage 9 » 
ftfs manières pohes Ôc Tes attentions , ont concilia..* 
l^fHme 8c hr bienveillànce^:de toii» les ^Ofdces dor 
cette Capitale daMotide^. 

D r G E N'B s , Ji 2' fànvieTi'. 

- Ltt rerts orageiï^<pi*î! coatînac-i faire fur ce«»< 
06ces , empéckent i^arrivëe des N^nvs étrangers > 
fkos^ Te Pori dc'Cetie Yi\\c. ; 

On ^if de ,To»Id» qo'on y^travailloit tou joorr*^ 
«vec.chaleisf à ;la cooftrvâion des Vatl^ux de - 
^<rre cjoi foorfur les chaiwicrs v <})t|i'o» é^uipoir ^ 
wxx qu'btr vient deJancer à l'eau-, & <j«e les fi»^ 
"▼wffcauxxlerEfcadrc de M.dcMdtcnamora, arri-. 
•▼é depuis peu des. CÔccs de Barbarie d«ns ce P6rc ^ ,. 
ftroiei^^s ea éiat d'alkt en mer au Piintems^.- 
'piocboini^ . 

Ce Gfeef* d^fcadcd avote: roo»illé le^pteniicrT 
dîOtebre dernier â la rade de Tènis j & s'y étoit^ 
atrêrépendam buk ^oufs ,^ (ams deftendt* à terre , . 
Tiâétanrctea^é que de faire affdre* leî>acbaBcy de - 
r^âajtiédu Roiloii M^îiJfC^, & dé loi faire remettre * 
^ pëfinis cpe faGour lui en'toyofrv cori(îÛint en > 
îiae Pletidukà lépetitioa , Une Monrce dVr ; un Fa* 
-fil avec des-Piftoîcts garnis d'oï, une Cirahdoîe de r 
porcelaine, It^ot pièces dd Drap fis deia Mana-v- 
-feôure Royale d'Albeville. . 



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£04^ rvic,i\.AM»«j tKv, i^c xKArrv^c; 

gi cette commifTion^Sc a remis en mêine-cems aiur 
s da Pâcha Bey,aiofii|^u^3uX'Miniili:e$du pivaa^. 
les préCens qui leur é^ienf deflioë&âc qoi confif- 
coicot pareillement ea Pendules - âc Montres à ré« 
p^cicioQv Fufils de Pillbiets garnis d*argeac ., avec 
quelques pièces <ie .-Drap d»ia même M^mafaâiiie* 
Le i6 du mois dernier, le. Doge donna , (èloa ■ 
Tufage annuel , une (bmpcueuie coUatioa aaz^' 
principaux SeigcieursÀ Dames de cette Ville* Le 
Chevalier Chauvelin » Envoyé Extaordioaire de la.« 
6our de France , s'y trouva , ainCque les Minîftre& 
de celles d'Efpagc^e 6c de Sardaigne. 
^ On parle d'une rédu^Uon dans les Moanoyes ^^ 
^ prix oè elles ont été portées excédant leur va« 
leur intrinlëque. L'affaire £ft-aâaeUememeo<lé^ 
libération. . 

MR àc Wat, Mioiftcc d'Efpagqc , a reç<| «le lât 
Coar les cent mille livfes ilerling« qi|i doû> 
veut. être payées i la Compagnie Angloife du Sud» . 
conformément au Traité ic Commerce^^nouvelle*- 
menr conclu entre les Cours de Madrid & de Lon— 
drcs*-. Le Député Goiiv.eroeup^& . le Sotts Goiivct— 
»eût de cette Compagnie doivent remettre dor 
yant.lcs Diri^âreurs les articles dudit Traité quiUr« 
tegardeut ^ afin de pfcndre des mefuces conveaa^- 
blés pour la recette àé cette ibmme» 

Jùa dernière lettre qi^e» Je Dey^d'AJgeta^ écrite' 
au Roi» eu .conçue en des termes ^^ii fenlbleiix^ 
marquer un défir àè s'accommoder *miableaieiic ^ 
avec Sa Mâjefté Britannîcwe. Le Dey s'cxcolè de 
ofi pouvoir point acquieicer à la demande faxlir ; 
d^ccQudor aux AJiglj^is ., à. l'excloiiça de tante. a»»i 



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MARS. 175». ^^$ 

tre Nation ^ un établiiTcment foHde dans Tes Ecats^ 
avec la diminuttoK 06 ciiu] pour cent à trois pour 
cent fur les matchandifes Qu'ils y apporteront^ 
déclarant en niémetems c^n'il ne peut confentic 
mic ce dernier article foit compris dans Le nouveau 
Traiié d'acconimodeaient cooime une compenfa* 
^ion pour la faifie du Paquebot Anglais le Pr'mcê 
Frédéric ^ dan&la jufte crainte qu^ane tclie démar- 
ché ne portait lesliens â quelq^ue révelte«& ne l'ex- 
posât lui-mêmje aux effets de leurs reffentiroens; 
mais qne fi S. M* Britannique envoyoic un Agent 
ou quelqu'autre perfonnc caradlérifée dans quel- 
9,ue endroit. de Tes Etats, les Anglois y jouiroieni 
de tous les ayantages qu'iis peuvent attendre d'un 
fidële allié. • 

Cette lettre ^ant été muremeat examinée pac 
le Roi & fonConfeil , il a été réfolu d'envoyée 
après Ici Fêtes de Nocl , le projet d'acconmiode- 
ment entre cette Cour & le Dey d'Alger yic de 
xiii]nir les. deux Négociateurs des indruàions n^ 
ccilaires à. cet cfFer. lia été au/lî arrêté d'expëdiei^ 
en 4Bêaie-tems de nouvelles inAru^ions aux di« 
vers Cqniuls ^ i^gcns d^^ngleterie auprès itt. 
^utres Etats de Barbarie. 

. On afTiirp qu'à la prochaine convocation du 
]^arlcment , on donnera des titres & des^biens aujS: 
Princes de \à Maifon du Prince de GalUs ; que le 
Btince George fera crée, Duc de Glocdler; le- 
Jfince Edouaid ,.puc de Lancaftre > & le Prince- 
CuilUumc Henri , Duc de Wilt$hire. 

On a reçu de Dublin la fàçbeure nouvelle que 
la maladie qui a r.egné parmi \ts chevaux en An- 
gleterre & en Ecofle , s'eft déclarée dans ce pays 
Jà , od elle fait beaucoup de ravage. Elle diminue 
tous les jours ici. 
W^JKcenqc amande en Cow , qiic furies £lai%^ 



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^U MERCURBM FRANCE. 

ic« quHI avoir poftéet Jtt Mioifteœ d'Brpigae > a^ 
il jet des dépravations faket par les GonTemeiiri^ 
ft les Gardes Côtes tfp ay i ots en Amëriqae , iat^ 
les Navires Angiots , il avoir ett les plo^- fortes a€^ 
MÉrances <ie la p-arc des Mmtfires de 9a Mlijcâil 
Catholique » que les fa jets de Sa M^ jefté Brkan- 
iiiq'ie (èroient indemtiirés des perles Se dommages^ 
qu'ils oat fouâerts en cette occafion -, & qo^n cts^ 
péJieroit inceSùmment des- ordres anx Goaver^ 
nears Efpagnols , dain les- Indes Oectdcntalcs > d& 
preudre connoifllsnce de ces plaintes^ 

Le Roi fera Jeadi pfoehain l'ouverture de \m^ 
finance du Parlement , par on Dîftours ^ a été- 
■Activé dans leConfeil privé. 

P A^^T/S'B A S. 
De LJ^ Haye j U j janvier. 

PAr une Dédaratton des Etats 6éoénur, il-é* 
été arrêté qu'on leveroit dans tous les étafaîîf^ 
Amens de la Compagnie Hôïlandoffe aux Iit^e#^ 
0vîefKatef ,1e Ot>n Libéral on lé Cinquantième 
Dénier de leurs effets Se poflcflfion^ , comnne Ict^ 
lubirans des ProVinces-Unîcs l'oift p^yé il y a 
trois ans. pour remédier aux bcfoios preâans àclh- 
A^ublqne. 

La première vifitc qae le Marojts dcîPtiertOjj. 
AmbaUadeor i*Efpagne , avoit rendue au StarKon^ 
der lors de fon élévation à cette dignité , n'ayanè 
f as été revêtue de toutes les formalités requifes^ 
Son Excellence a rccd ordre de S. Ml Cath. de 
faire nu Prince une féconde viflre, ca y recevant 
lOQS les bonnents^ d^s i (on rang. Le Starhôuder 
' en étant con venu, 1* A mbaifadeorfe rendit le j de 
ce mots i ra^ècl dcce-Mace d^s- un osag^ife 



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M A R S^ ijyu. j87 

^pie carofle de parade, tiré par deux cherto» Da^ 
n^is ricbetnent cnharnachés. M. de Ja Qiiadra ;, 
Secreiaite de l'Ambaflade^écoit fut le devanr ; Tes 
- yalets de pied eo grande livrée , avec dcoi Hei*^ 
dttques a leur tête , marchoietu aux deux^ cétés di» 
£aro({e ;. deux Gentilshommes étokne dans un au^ 
tre qui les prëc^doit; la Garde qui avoir été dou«^ 
b\éc » préfenta les armes a i'Aœbaffadeur , les 0£* 
ficiers le faluerrnr du Drapeau ôc de l'Ef ponton ^fc 
ks .tambours barrirent aux champs. Le Stathou^ 
der vint jufqu'ila portière te recevoir à la dtfcente 
iur carolTe & lui donna la main. Les Gardef (ftfi 
Corps Se les HaUcbardiers du. Prince étoiént rjfo-^ 
géi en hayc dans le 'yetfibufc; ks OffidtfS de» 
Gardes Hollandoifes & Suiflès^en grand unifor* 
SIC , étoient dans la pcemkre chanvbre ; les Offi- 
ciers Généra^ax , ceux de la Maiion de fan Alteflfe 
ai antres peiTonne» de difUnâion , étoieat dans- 
la Chancre fuivante ; l'Ambafladeur les ayan^c 
Uavcrfi$cs , entea<lai\s le Cabinef du Scathoader;,^ 
f^aCSt dans un fàuteai^^ de k PeiiKefe plaça dai». 
un aaue vis-i-vts de l'Aoïbafladeofi. Les goxter. 
du Cabinet reâerent fennées peadant k tems ê^ 
h vifite, apr«s laquelk k Stathouder reconduire 
k Marquis del Puerto- fuiqu'i k portière de foiv* 
c rofle , 8c ne rentra qu'après Tavotr vûpartir. 

Le 6 à la. même heure» k ^tatbouder fut ea 
grand corrige rendre vifite àJ'Afnbafladeur , qui: 
k reçut avec, le mâme cérémonial. La marche ou» 
vrit par un détachenxent des Gardes à cfaevai^. 
avec deux trompettes, il fut fui vide deu,rcaro(k|r 
â (ix chevaux . occupéspar ks Aides-de Camp d|u 
ifîrince y etrgrand uuifornaé. Le Stat^ouder étoif 
dans un fuperbc carofle d hait chevaux , p4;éce<i|i:f 
de fes Gardes du Corps ^de quaJtre Pages à che- 
^^ 9k &miQ»tié dé fes l^aikbai^icis*. L^ 9azq^\ 



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>88 MERCURE DE FRA'N^CE. 

Ae Barmania , GraaH*Mâ£tre de fa Maifon . & Id. 
BrjroQ de Groveûms , fou CrfixI^Ecitycr , écoienc 
fur le devant. IV) ns deiiz ancres caroflbs qm (ui^ 
▼oient , étoiéot le Général Bi^oc, Ecayer de îi 
Princeile , M^ de Lazara-, Capicjîne d^ Hollebar^ 
diers , & les autres principaux Officiers de la Mai- 
Ion du Prince, vn fécond détache mrnc des Gar« 
des a cbcv^, & deur trooipettes fcroioieiK la^ 
Kiarclie. 

F R A N CE. 

NoHvMef de U Cour^^ de Paris, &c^ ' 

LE 13 Janvier , le Rbi partit pour Choifi. 
LeRo^ a nommé iotendanr du Languedoc 
M Guignard , Vrcorare de Saint Piricft , M'jftre 
des Requête^» Préfîdent aa Grand Confeil , & 
Coaimi0aire'dii Roi à la Compagnie àti Indes. 

Ou 14: Aâiom , 1 9 cens 40 ; Billets de la pre- 
mière Loterie Royale , 74.3 ; Billeti de la focondc, 
ers. 

Le corps àti Maréchal Comte de Stixc , gardé 
pendant quarante jours, par un Capitaine & xii- 
qi.ince Dragons dcTon Régiment de Volontaires 
dans le Château de Chambort , en fut déplacé le S 
de ce mois pour être conduit a Srraft/Durg Le 
Convoi partit au bruit de plufieurs pièces de ca- 
non , dont Sa Majefté-avott fait 'préfenc J ce Ma- 
réchal , & a- été accompagné par Ton Rrégiment i. 
une certaioe dtflance , fous les ordres du Baron le. 
itert ,« Lieutenant Colonel. 

M* de Chollet , premier Capicai.le & Chef dé 
lfigadc^a?cc cent Dftgons du môme Régiment^' 



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li A R s. 1751. iSf 

*^Ke(corter le Convoi jufqu'iSttafboarg ^o4 le 
corps doit être dépofé daQsla roatfbn du Maréchal 
îie Coigni , lufqu'au joui de (on inhumation. 

Le Convoi fexa trente deux jouis en marche , êc 
il eft brcionné aux Coinniandans des Places par oa 
il paflera, de rendie au feu Maiëchal les mêmes 
lionnems qu'on lui eût rendus 5*1] eut été vivant. 

Par la récapitulation générale de Tailnée 1750^ 
le nombre des fiapiémes de cet<eOpitale (e tnoo^ 
te à 1 yb3f , celui des mariages â 4e 1 5? Je nombre 
des monsti i8c44 .& celui des tnfaos trouves i 
37Sf ; a^.nfi le nombre des fiapiémcs de 1750 ex« 
cède celui des moits de 551. 

• Il y a eu en mille fcpt cens quaranteneof 191 5^ 
Baptêmes, 4153 mariages, jSé07 motis,.&.3 77 f 
•Eàfanstibuvés. Le nombre des Baptêmes de 1750 
efl par-là dii^nué decdui de 1749 de 123. Celui 
des. mariages elt augmctitédc 3 56, celui des moi tis 
eft dimhïué de 513, 0c cchii des Enfans trouvés eft 
^uffSïctïté de KX 

• Ou 1 1 1 ^aUns , 1 9 cens 40 ; Billets et la pre- 
mière Loteiie Royale , 74S | Billets de la féconde 
tf8x,8}&84. 

. Le 1^ de ce mois , KL de Grevenbroch , Miniftrc 
Plénipotentiaire de l*Ekdeur Palatin, eut eo quar- 
lif é de Mîniflre PJénipoteniiaice de P£leâenr de 
Bavière , une aodience particulière du Roi, â U. 
quelle il fut introduit par le Marquis de Y erneuil , 
Introdu^eurdes AmbafTadeurs. 

Le Duc d'Orleans,ayant fondé en Sorboone uciè 
.Chaire de Théologie pour l'etpiication du Texte 
Hébreu de l'Ecriture Sainte , M. Leflocq , Sénieur, 
i la tête de doute anciens Doreurs & des ût Pro* 
•feflèurs At la ^ai(on, fe rendit, â l'Abbaye. de 
Sainte Genévié«re*le 8 Jaavier , & fit au Prmce imi 
lenKrcImenc^dont le précis éroit» que ce nouvel 
énbliOcment était auffi: honorable a la Maifon de 



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ï^ MERCURE.T5E FRANCE. 

Vosbonne, qa'airaniageax â rEgH(è>érq«*a fe- 
roic aa MoaomcDt écerael dtt «éle ée ce Priaco 
pour, la RcHgioB /êc de ù fcience profeii^ de fi 
ftQ couuuaae de k Langue Sjbtt. 

La Compagnie d'Adikaoce de Paris £ât dia^ 
joor de noaveaax pcogf es. Le$ mcillettres Adailboi 
da Roy anime y oot dostté leur confiaace^&iê 
fooc ciuwgées des OttreéHoas Prmrîncialea decene 
Compagnie» dootlac^artttioo pour l'anoée dei» 
«teceA été réglée par i* A tf emblée générale dot 
focereffés â cinq pour cent, «({ootqiie le produit 
4es Prises monte à beaucoup au^deflus ; snais ks 
Vaifleaux dont elles procèdent ue font paacocott 
lit mom. Ce bénéfice acauis augmestera le Di- 
vidende de làr r^amtioB 4e 1 7 fo. 
^ U vient de pafoirre un fidit ponaar création d%^ 
mt Ecole pour l^ducadon de cinq y:eas Gentib' 
bommcs daus l!Art Miiitaire. Ce nouveau Iten&Bi 
'du Roi , dont la guerre aroit retardé P^xdcunoo^ 
^ qu'il s'efl phi ï diriger luimême ^ pas l'unlké 
<ntt en réAilte , exctte^laas tous 4es cœurs krlov^ 
tuaens de reconuoiflauce qui foBCxlâs à^Sa. Ma^ 
tfé, pour un établiffement qui foutieut dr qui ilbrf*^ 
tre laNobletfeduRoyaumt^douc le fU>i £edé» 
-dave de plus en plus ie Protcâeur Se le Père» 
. Du %tiUch0m^ ly cens if {^^iir«de.la.p«k 
aniere Loterie Royale , 7$3 » BUkts deia féconde^ 

Le premier Férrîer «reille dé la Purification de 
k Sémt Vierge, la Reiue fe fi;s dévotions A: 
canmMBuia par les imiinsde l^^véque de Clartiai^ 
ion Preméer Aumônier. . . » 

Monfegneuzle Daupbtu fitaufifta^UvotionsA: 
communia. Madame la DirapUae fitaoffi les fieu^ 
iWs H communia par les msà» defEvâque de 
Bayeuz » fou premier Aumâmet. Mdibaiet de 
F^^auce £reAt paieiUcMettt le«ra ddf otioas» 



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-Ce «iflBe j^Ar » le Re^kdr ()e rUniverCcé , ac- 
COfqpago^<^ tottc leCorps ; a pré&nté an Roi , 2 
k Reiffc »Â MofiTeigne^r le Dauphin, a MadaiM 
la Dauphine , ies Cierges pour la £êf e de la Chauvi 
4kl€or , Mùu V-vÉ^c xmKoaife. 

Xe 1 , Fête de la Purification de la Sainte Vier* 
ge, 4e Kettint , ven ksàn^e henrea du matin » un 
Cl^pitre ; dans ie^d l'Abbé de Pomponne, Coni<^ 
jBâftdeuc CbaoceÛer & Sur intendanc de fesr Or« 
Jtes^ rapporta les 3%eoves du Doc de Cbaulnes ^ 
Pair de France , & du Marquis d'Hanrefort , A m* 
bafladettr du Km i V^^iemic. Ccc freuves ayant 
ictë adaifès , Sm Maieftë c^atnvanda «n Comte dé 
5aint Flaxtencia, ComaAawdesx Secrétaire <le l'Or^ 
dsK dnS. Ë(prit «dE'envoyef i cvt Ambaflàdedr une 
fetire^ pat lamelle «De lui permet de porrer le« 
lionncurs de cet Ordre ,^ttr(|u'â ce qu'il puifieétré 
«e^d Bt pëètcT fetmeot^atiie ies mains ca la ma* 
.ptese «ccoâtômée!» 

: Le Roi fe rendit enfnite à la Chapdle , précédé 
4r lioofeignettr ie Oattpkin ,' des Princes du Sang 
^des Clfetrateis C^i^iaaaadeus & Oficicrs éê 
fo Ordres. . . 

Sa Majeûë» après avoir a^ftd à la l>dnddiâioft 
^es Cierges & à la Proceffion qui fe fît au tour de 
la Ck^pâlf^ruteadit la gModa Meflè» célébrée 
yosttficalement pat KHvêquc Duc de Langres, 
Prélat Commandeur de POrdre du Saint E^rir, 
te cbantéib pat la Mnfique dé la Chapelle. 

Après la Mefle 8c ks cérémonies ordinaire^ , St 
Matefté feplajl far fou Trône , préi de TAum;!, 
idu cÔné de rEvangac, & leçur Je ferment du Duc 
tfe Chaolnes , lequel eut pour Pareins le Marécbai 
Doc de ^eilt tÛe «c leMarécbal Duc de Coigny , 
Chevaliers de {es Ordres. La Rerne ^ Mefdam^ 
SfttQUdi^t laMcâe dans la Tribune. 



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ïpi MERCURE DE FRANCE. 

' Le Roi» la Reioe, Monfeignéar le Daiiphio IC 
Uefdâcnes , affifterent en bas aa Sermon da P» 
CriSec , de la Compagnie de Jéfos y êc aax Vèftct 
chanréespar laMufiqne. L'Abbé Gergoi , Cba^ 
pelaia otdioaire <le la Chapelle de la Mufique y o£» 
ficia. 

te même joar , M. Do? îni » Archerê^ae de 
Rkodes 8c Nonce ordinaire du Pape , enr nne Ai^ 
dience particulière du Roi , à laquelle il fiit coa« 
4nic par le Marquis de Veraeuil , lutrodoâeur dét 
Ambafladenrs. 

Le Roi a juco^dé â M. de Ëulceley , CkeTalier 
de Ces Ordres ^ Lieutenant Général en Ces Armées 
A Colonel d*un Régiment d'Infanterie Irlandoiiè» 
le Goorernement de Saint Jean Pied-de Port, va* 
cant par la mort de M. le Comte de MauIeTrtet* 
Colbert. 

Du 4tjf^ldM^i^ cens v6;ÈiUifs de la pre« 
viier Loterie Royale, 7^1 ; Billets de la féconde | 

Du 1 1 : A^ns y 19 cens 15 iBUUts de la pre^ 
tnie Loterie Royale , 74e $ BUl$9$ de la féconde , 

BENEFICES DONNE'S. 

LE Roi a nommé i TAbbaye de Champagae; 
Ordre de Cîteaux , Diocèle^u Mans , l'Abbé 
le Voiié, Chapelain de la Reine $ i l'Abbaye de 
Saint ]u(l de Romans, Ôrdte de Cîteauz,Dîo- 
tèfe de Vienne , la Dame de Beaumont , Relt- 
^ieufe do même Ordre , 5c au Prieuré de Chuiaes . 
Diocèfe de Chartres, l'Abbé de Chabannes, Grand 
yicaif e de Nc?eis. 

MARfjiGES 



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Mars. 1751. tpj 

' MARIAGES ET MORTSy 

LE II Odlobre, Henri- Mictcl- Ange , Marquîi 
lie C4[/f «///Me , Sous Lieutenant dans le Régi* 
ment du Roi Infanterie , époufâ par contrat paflé 
le même jour . Charlotte-Louife Charron , fille aî« 
ioée de Michcl-]ean BaptiÛe Charron , Marquis de 
^enars , Brigadier des Armées du Roi , Couver- 
ceur de Blois , & d'Anne Caflratz de la Rivière , 
(a fecondç femnie. Le Marquis de Cafleliane eft 
£ls de MicliçlAoge».Comte de Cadellane , Bri* 
gadier des Armées du Roi , Gouverneur de Niort, 
ci-devant AmbaiTadeur Extraordinaire i \^ Porte 
Ottomane , & de Catherine de la Treille , & dcf- 
cend au cinquième degré de Pompée de Caftella- 
^e , Seigneur de Novefan , fi's puîné de Pierre de 
Caftellane I. du nom , Seigneur d'Efparron , Che- 
valier de l'Ordre du Roi , & de Gabrielle de Glan- 
devez , fa première femme. La branche des Stu 
neurs H, Marquis ^'Ëfparron , qui fubfifte a^ueU 
lement en la perfonne de Jofeph Jean Bâpcide, 
Marquis de Cafleltane-Efparron , Maréchal des 
Camps & Armées du Roi , Gouverneur de Belle* 
Igardc } & de Gafpard Conftantin Boniface , Vi- 
comte de Caftellane ^ Meflre de Camp du Régi^ 
.anenï de Penthievre, Cavalerie , cft iffue de Geor- 
ges de Caftellàne , Seigneur de Salernes , arrieré- 
petit*filsde Boniface V du nom , Seigneur de Caf* 
tellane , premier Baron de Provence , qui defcen* 
«ioitau cinquième degré de Boniface I du nom^ 
Souverain de Caftcllane , vivant Pan looo. 

Le 1$ ]anv- 17 ^ î, Jean- Claude Palamedis Mar* 
flûis die FirUrhÇârélAnnc , époufa â Marfeille Pièce 

1 



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Ï94 MERCURE DE FRANCE. 

rcttc-Auguftinc de Félix , Dame de la Fcrraticrc. 
Les anicies fareoc fignés Je Vendredi 1 5 , de le 
Mardi foirant le mariage fbt célébré. Le célèbre 
M^e Peirefc.daos Tes Gen. 24^^ deProrence, 
nous dit (]ae la Maifoa de Forbio defcend 
d'Henri de Frçwicjc , Seigneur d'OIfij\iJd en An- 

f* Icterre , rivant l'an 1115 , & que Pépoqoê de foa 
cabliflecnent en Provence eft en l'an 131;, qae 
Pierre deForbiD^époafajfranjoife.d'Agoac/arquoî 
f>j^ peut confulccr a^rès Pçirefc , Nçftradajllas, 
Robert , Loum, le Nobiliaire de Picardie, ^ 
ï'JHiftoire d'Aix par Pittoo, Cette Maifon iabfîftc 
ipQ cinq brjnclt<!S , de Japfon , d'Oppedc , de Sain- 
te Croiî , de li Barbent Se dé Gardaaoe. La btan- 
clic de Sa lier s , qui a 5ni en la perfonne de Looïs 
J^Umedcs de FmbiOjMaxquis deSoliers^Chevalier 
d*honncur de S. A^ R. ElKabetb-Charlotte de Ba- 
yicre , Diicliefff d'Orléans , avoir commencé i 
îp^l^medes de Fotbin , dit le Grand , qui a été fuc- 
ccffivcriT.^nt Seigneur dé Joulon.de Soliers.'dii 
Luc. de Peyii.il, de PQrqucjj:olIes,de Pierrefeuà 
}3e Puimiçlicï, ViconjEe de Martigues, Gouverneor 
[du Duc de Calabre , fils aîné de René, Roi de 
N^iplcs, fie Sicile & de Jérufalem , Que d'Anjou, 
Gsmte de Provence S; du Maine , Grand- Préfidenc 
de Provence , Confc;ilIer Çc Chambelian de Louis 

il fât 
iBoù- 




cnfuîie Gaiivcineur dtiDauphiné , Lieutçnanc Gë^ 
^lïéia! , Grand-Sénccbal & Gouverneur Général <fc 

Provence , avec une autorité prefque Royale. U 

jivoit' droit de vie & de mort en Provence , ûoni- 
* moit ajoutes les Charges de guerre & de Jafticè , 

à tous "Bénéfices de collation Royale ^ inféodoit 
Je j>i.opre Domaine du Roi, donnoic dbs pn]^é« 



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MARS. lyyi; ipy 

jes.franclîifes aux Villes de la Province, & étabJiç 
qu'on s'y fcrvitoit du Droit écrit. Cette grande 
autorité lui fut dpnnée en confidération cUs Cçt» 
vices qu'il rendit à h Couronne eq portant Char- 
les d'Apjou , dernier Comte de Proven'ce , à infti-* 
tber pour héritier univcrfel de (es Etats Louis J(I , 
Se après lui les Rois de France fcs fucceffeurs, La 
France acquit par ce teftai;nent les Royaumes de 
Naples Se de Sicile, dont Charles VIII. fut en poG 
icinpn ; les Comtés de Provence , de Forcalquier 
^ du Maine , avec le Duché d'Anjou , Se généra- 
lement tous les droits que les Comtes de Provence 
' avoient fur les Royaumes d'Arragon , de Jértifa- 
Ipm,. de Mayorquc^ de Valence, de Corfe Sc de 
5ardaigne. 

Louis deForbin,fon fils, fut drand Préfîdent 
«le Provence après fon père , Confcillcr & Cham- 
bellan du Roi Louis Xll,Sc AmhafTadeiii à Rome 
au Concile de Latran , od il défendit avec beau- 
coup de vigueur les droits de l'Eglife Gallicane, 
&'fit la paix du Saint Siège avec la Cour de France, 
françois de Forbin, Seigneur de Soliers, fon fils, 
^j>oufa Catherine d'Anjou , fille aînée de Jean 
d'ÀnJQU,fils légitimé du Roi René , Comte^de 
Provence , laquelle porta dans la branche des 
Seigneurs de Soliers les Terres de Saint Rémi Se 
de .S. C^onat^ avec le Matquifat de Pont-à-Mouf- 
fon , qui fu;ept donnés par ce Prince à Jean d'An- 
jou , ion fils naturel & â tOMtc fa poitérité , tant 
xi^âleque jÉémelle. , 

Palamç4^5 4e forbin II du nom , Seigneur de 
Soliers, & Cafpard de Forbin, Marquis de Saint 
C^anoat , fon fils , fe fignalerent durant les guerres ' 
ie Ja tigMp ^ Se furent lucce/fîvement Gouverneurs 
dêTojjJpn. Le pfcipier rédiiifit a l'^béiffance du 
R<w Ici Vijles 4 4« ^ <IÇ Towloji. le fécond fe 
' ■ • ^ ■ lij- ""^- 



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19^ MERCURE DE FRANCE., 

4iftiogaa aux batailles d'AlIemague 9c de Viaoa ; 
ôc &t lever le ûége da Puefch au Duc de Savoye. 

La braocbe des Seigneurs de Gardànhe fubûdé 
en la pcrronne du Marquis de Forbin , qui a don* 
oé lieu à cet article» Se de Gafpard-François-Anae 
de Forbin, Chevalier de Malte, Major du Ré^^ 
tnent Royal des Vaiffeaux. Paul- Albert de Forbia- 
Cardanne , leur grand-oncle , Grand-Prieur de 
Saint Gilles , fut le premier Ambaffadeur que l'Or* 
dre de Maire envoyaenFrance^il devint Lieutenaac . 
Cénéral des Galères du H^U.^ on remarque que 
le Marquis de Ponc-Courlai , Qénéral dçs Galères^ 
Sç neveu du Cardinal Duc de Richelieu , ayant été 
furpendu de fa Charge en 1^39; Paul- Albert de 
Ij9cbin en obtint h commi(fion , & ce fut en cette 
qualité qu'il commanda en chef Tarrnée navale 

2ui alliégeoit Colioure , Place Maritime du RonT- 
lion, l^n 1^41, Claude Comte de^ Forbin, Ton 
neveu , mourut Chef d'Efcadre des Armées nava* 
lés , après avpir été Amiral deSiam Se Généralis- 
ée des troupes de S. M. Siamoife. 

' La branche des Seigneurs de Janlbn fubfîfte en 
la pprfonne de Jofeph de'Forbin , Marquis dé Jan- 
fon , Maréchal des Camps 8c Armées du Roi, 
Gouverneur d*Antîbes, neveu de Touffaint de 
>orbio , Cardinal de Janfon , Evéque Se Comte de : 
Bèauvais . Pair & Gr^nd-Aumônier de France » 
Commandeur des Ordres du Roi , Se Ambafladeur 
en Pologne , oii il eut la gloire de faire élever fur 
le Trône, conformément aux intentions de la' 
France y le fameux }eaa Sobierxi, Grand- Maré->^ 
clial de la Couronne. 

La branche des Seigneurs d'Oppede fubfifte ei| 
la perfonne de Jofeph Louis-Roch-Cbarles Pala- ' 
inVdcs de Forbin , Baron d'Oppede /Capitaine dç 
1a dixième Compagnie dc$ Cendatmei du ftoû 



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MA R S. i75t; %97 

■ £ofin celle At Sainte Croix fubfifte en la perfô»* 
ine de Marc- Antoine- François de Forbin, ci de- 
vant Goidon de Gendarmerie. 

Le 7 Novembre, mourut a Aix la-Chapelle , 
âgé de 76 ans » Louis- Pierre Comte de U Marck , 
Baron de Lnmain , Comte du Saint Empire , Che^ 
valier des Ordres du Roi , Lieutenant Général de 
(a Armées , Gouverneur de Cambray , Grand 
d'Efpaene de la premieie Clafle , & Chevalier de 
Ja Toiion d'or, né en 1^74. II fut d'abord deftiné.â 
l'Eglife, ^ poufla fes étudesrjufqu'i devenir Bache- 
lier de Sorbonne.La mort de Ton frère aînél'enga* 
gea i prendre le parti desArmes,& il fut fait CoTp- 
nelduRégiment deFurftemberg en i^97iBrigadiec 
des Armées du Roi eni704;Maréchal de Camp en 
170^ ; Lieutenant Général en 171 9; nommé Che- 
valier des Ordres du Roi le x Février 1714 , & re- 
çu le 3 Juin fuivant. La Maifon de la MarcK tire 
ion origine des Comtes d'Altcmberg , d'od foni 
iflus les anciens Ducs de ]uliers & de Cleves* 

Le 15 Décembre, Claude-Lidie deHanourt^ 
Teuve de Gabriel-René Marquis de Mailloc , Com- 
te de Clery«Crequy , Baron de Combon , mourue 
âgée de 54 ans ;& fut inhumée le 17 dans i'Eglife 
.MétroDoIitaine de Notre-Dame ^ où eft la fépultu- 
le de fa Maifon. Elle étoit née le 1 1 Janvier 169^ ; 
avoit époufé le 7 Juillet 1710 le Marquis de Mail- 
loc , mort fans epfans le 1 1 Odiobre 1714 , âgé de 
75 ans s & étoit fille d'Henri , Duc de Harconrc, 
Pair & Maréchal de France ^Capitaine des Gardes 
du Corps du Roi > Chevalier de fes Ordres , Lieu* 
tenant Général en Normandie, Gouverneur da 
Vieux Palais de Rouen, 5c de la yille deTournav, 
^mbafTadeur Extraordinaire en Efpagne, & de 
Marie-Annc-Claude Btulart deGcnlis;& aroit pour 
frètes ; entte autxes ^ Fcanjois , Duc de Harcourc , 

I iij 



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ipS MERCURE Dï FRANCE; 

Pair 8c Maréchal de Fraiyce , C^'raine â^Chrie^ 
du Corps du Roi , Chtv^kt dé fti Ordres , Gou- 
verneur de Sedan ; « Loiris-Abratiam de Harcourr, 
Abbé de Signy , Comtfeandtur des Ordres du Roi» 

Le premier Jantièr, Adtoréie FVançdi^ Foucattie 
BêMHchtimfs^ConftiWtt do Roi , Maître Ordinaire 
en la Chambre dés Comptes de Nantes ,& Sccre-t 
taire de la Sur-Int^nd^nce! Générale ^des Poftes, 
mourut â Paris, âgé d< ^7 atts , ÔC fut inhumé â 
Saint Sulpice. 

Le f , Jofeph. Antoine Cfeult de Thisgny , Préfi- 
dcnt honoraire du Par teffiéti^ de Paris , mourat^ 
âgé de î I any, âc fut interne à? S. Roch. 

Le S. Angélix);ûe- Eiifebcth Thon y veuve de 
Jean Baprifte.|ac<ïu«i Gôn, Chevalier , Seigneur 
du Vicomte d'Argenlieù ,Con<ciHer au Parlemenr 
de Paris , rrtourut , âgée de ^tf ans , & fut eotcrréc 
i Sa^nt Euftache. 

,Le ri, Marie-Gedeviéve dté Chefn$j veuve de 
Jean Code de Champeron , Confeiller du Roi., 
Préfîdent eu Ta Cour des Aidw, mourut , âgée de 
^3 ^^s,ôc fut tratifporcée aui nouvelles Cathoi» 
liques: 

' Le 1 1 ^ moârur à Epernay ,- âgé de f 4 ans , AneJr^ 
Claude- A mable Fidard, Seigneur de Saint Clair ^ 
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de ^aint 
Louis ,. Maréchal des Cartips 8c Armées du Roi^ 
'Lieutenant au Gouvernemçni àts Proviwccs de 
ChanVpagrte 8c Rrie* v 

Le 17. Augutle-LéonineGlimpe-Nicole de Bn/- 
lîon , Ducheffe de BeatèvHtiêrs, Dniie de Mifda«- 
mes (îe France , mourut a Paris daris le âxiéme 
mois de fa groffefle , de la petite vérole , âgée de 
15 ans , & fut inhumée à Saint Sulpice. EPc écéir 
fille de Anne-Jacques de Bullion , Marquis de Fc£. 
vaques , Chevalier des Ordres du Roi.^ LieutcnaoÊ 



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M A R S. tyii» ï?5» 

Général 4e fes Atmiécé , Gôuvcrneiir dé Maine , 
Petchc & Comté jie Laval ,& de M'arie-Magdc- 
l^itie-Horténfe Gîgaiilé de Belleibhds , éc avt)it 
époufé Je I Arril 174 j, Paul-Louis dé BcaiiVilliers, 
Marquis, puis Dde de Bea^vHIiërs , Ptfii de France, 
Comte \de Buzahfois, Grand df'Êfpagne d^ l'a pVé* 
tniere Claffe,MefVr'e dt CahV^ du R^giiV^ent dé 
BcaaViliers,ChevaK'er de l'Ordre Miîitaii^é dfe Saint 
Louis , rté lé S Noveitibie 1711 , Sis puSné dé Paiil'. 
Hypolire de Bcauvilliérs , Dnc de Ç^ahn Aigoany 
Pair de France ,'Coihte de M'ontredor, Baron dô 
la Ferr^-SàirtuAigtiatî ; de la Salle-Ies-Gléry i dé 
fchteméry , Séigfàeur de la Cliatellénîe de BeauViû 
liers. Chevalier des O'rdi'es dli -Roi /Lieutenant 
G'énéral dé fes* Armées , GoUVeftifeui' dfe Boùrgd-. 
gne ÔC Breffe , Villfe ae CitadeHé du Hafrè de Gra^*' 
ce. &des Villes &Èbâî'eau!x'de Loches .B'eaulreu; 
Dijon » Saint Jean de Lofne & Séirrre , Grand^BaiK 
li d'Epée du Pays de €abk , l'un des Qurai-ânte dé 
TAcadémle F^rârtçdilfe , Honoraire dé celle des 
lT*rcriptiem's «r Bélier- Lettres , de CéUci de Hfèéorû 
^didt Roîftfe , de ÏUcth^ifàti de Pad'buié*, de;ceril^ dé 
Yéroiic , rionimé Protcdhur de celle dMrIe!^,ct-^ 
â'cvârit Preniier Gebtîlhoniitié de Ja^ Chahibré" 
«h- Féu'M: le Duc de •Bci'rf , CôHfeiflér afu G6h.' 
feil dé Régence , Ambaffadeùr Exti^drdinairé 
Si ' Plénipotentiaire du R6i en Ëf^iagne . dt de- 
puis auprès du Saint Si^ ; Bt de Marie-Céné- 
"Wve déM6htîe7un,décédééi'Rt>ihe le rj O6^o* 
brè ^7j4. Du ihar iàgé du Duc dé BeiuTHIiers àvcà 
Auguile-Léoninc-Oliitepè-Nrtoic de Bullica fontf 
liés deurf enfahS; i^ Patll Etienne- Au guftc de* 
Bcauvilliérs , Comte de Saint-Aignah , né le irf 
Décembre 1745. i^ Charles-Paul- François de 
Bcauvilliérs^ Comte de Buzançois » né le 17 Di*-^ 
cembrc 174^. 

I iiij 



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100 MERCURE DE FRANCE; 

Ters le milieu du même mois> Pierre deBemi'^ 
foU di Sainii Aulâirt^ Evêque de Tafbes, Abb^ 
des Abbayes Comme^dataires de Tourtoirac y. 
Dîocéfe de Péiigueuz , Se ie Morcemer ^Diocëfe 
de Rouen » mourut à Tarbes,âgé de cinquante 
ans paffés. Il étoit fils de David de Beaup^il , Sei- 
gneur de ChabanocSj Capitaine de Cavalerie au 
Kégimenc de Saint Simon, & de Gabriellejauberr 
de Nantia » 8c couûn ifTu de germain de Marc- 
Antoine-Front de Beaupoil de Sainte Aulaire». 
Marquis de Lannury , Chevalier ûes Ordres du 
Xoi le 1 Février 1749 ^ Lieutenant Général de fès 
Armées , Ambaflàdeur en Suéde , ci«devaBC Grand 
£chanfon de France. Cette Maifoft originaire de 
{.imofîo > descend en droite ligne de Guillaume 
de Beaupoil » Seigneur de Neomalet,qui pik fe 
parti de Marguerite , Comtefle de Penthiévre^ 
V icomtefle de Limoges , coatre Jean VI. du nom» 
Duc de Bretagne > Tan 1410. 

Le^ premier Février , Michel- Etienne Turg9t^ 
Marquis de Soufmon , Seigneur de Saint Ger- 
jbain-fur-Eaulne , VatierviUe & autres lieur ^ 
mourut i Paris Âgé de ^bans & huit mois. Il étoit 
Bé le 9 }uia i^vo^ avoitété reçu Con&illei au Par- 
lement, le 31 juillet X711 , <c Préfidént an Pafle>^ 
jnént en la deuxième Chambre des Requêtes da 
Palais, le 15 Janvier 17^7 ; il avoir été élu le 14^ 
Juillet \7t9 , Pr^v6t des Marcbands de la Ville de. 
Paris , U avoir rempli cette place jufqu'au i^ 
Août 1740. Le ijï Avril 1737 >.iL avoic été £iiC 
Confeiller d'Etat , & étoit monté au rang d'Ordi-t 
naire au mois de Novembre , 1744. H ^oit été; 
fiommé ppar remplir les fonflions de Premier Pré- 
£denc du Grand Confeil , en qualité de ÇonTeiUer 
d'Etat ^pendant le cours de l'année 1 741 ; il étoit 
depuisie commeocàmenc de 174^ » l'un des Ac^ 



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M A K s. 175 1. 201 

lïémiciens honoraires de l'Acsiiémie Royale des^ 
Infcriptions Se Belles Lettres. 
, Le nom de Turgot , originaire de Breragoe , effi 
ancien en Normandie; on le trouve dans un rôle 
de 1171 , où font compris les Gentilshommes de 
la Province qui doivent fervice au Roi , Se dansB^ 
quelques aurres^titrcs du commencemeilt du qua-^ 
rorzieme fiécle , qui font, ainfi que le t61e, dépof<é«< 
à la Chambre des Comptes de Paris. 

La famille de ce nom remonte par une filiation} 
prouvée de degré en degré fans fnterruption ,,juf* 
qu*à K Turgot, qui vers le milieu du quator^ 
Xiéme fiée te fonda Se dota , conjointement- avec^ 
Laurence de la Pierre , fa femme » i'Hôtel^Dieiv 
àc Condé-fur-Noireau , od lès armes étoient env 
€or&en«i7oo; 

En 1445 ,Jean Turgor , atrîere-petit-fik db 
précédent , époufa Philippe Biertrand des Touraili-- 
les, qui lui porta en mariage la Terre des Tou^ 
railles , dont la branche principale de la famille 3$ 
toujours porté le nom , & écartelé les armesi- 
Cette branche fubfifte encore dans là per(bnne dep 
Jean-Claude- AlexandreTurgot, Seigneur des-Lonv 
des , appelle le Chevatiec des Tourailles^.noiv 
I marié. 

Jacques Turgot, Seigneur de ^aint Clair, d'dP 
Menilgondouin, de Pons ^ de Sou fmont,&c. petite 
fils de Louis Turgot, Seigneur des> Touraillès^> 
lequel étoit arrière- petit- fils» duiprécédent^j-ftiPle? 
premier qui s'étabHt a Paris; ayant d^abord fuivMir 
parti des armes ; il fut i l'âge de vingt ans dé{)Uté^ 
de laNoblefie duRaUliage de Caën aux Etatè^de? 
I^ermandie , & député de la* Noblefle de ces*£tât9i 
jour préfenter les cabieis au Roi; Btant^entridè» 
fuis dùns la KTagiftfatttrev il> ^^ fucceifiïvementf 
CoafeilleJ? au- Barkment dc^ Rouea\ Maître: dl^ 



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«o'« MERCURE DEFRANCE. 

JLequétes ^ Intendant de Berri , do Boarl>onnoîs; 
& de la .\îârche»cn t6i$ » il étok en 1^31 , In- 
tendant d-^ ProWnccs de Normandie, da Berri , 
en Bouiboonois , de la Marche , de Tourame, 
dMnjou Se du Maine. Il fut nommé Confeiller 
d'fciat en 1^4^ , & -monrutConfei lier d'Etat On 
dinairr. li eut d'Anne Favier du Boulai , qu'il 
avoit époufée en i^i^^huit enfans , dont Toiaé 
eA mort Fréfident i Mortier du Parlement de 
ï^ormandie , fans pofttrité. Denx feulement ont 
été mariée. 

- Antoine Turgot , troifîéme 6I5 de JacqoesTar-* 
got , Confciller d'Etat , Seigneat de Saint Clair ^ 
4cc. reçu Chevalier de Malte de mînofité, depoii 
Makre des Requêtes , époufa Jeanne du Tillet do 
la Bufljcrc^dont il eut i® Jacques- Antoine Tut-» 
gbt , mort fans enfans. 

1^. Dominiqtie-Barnabë Turgot , Aiimftoier 
éa Roi en 16^^ , Agent Général du Clergé eo 
170S , Evêque de Sées en 1710 , & en 17H , Prc- 
ifiier Aumônier de M. le.Dac de Berri. 
• 5<^, Marc- Antoine Torgot , Seigneur de Sainr 
Clair , du Mernilgondouin , &c. Maître des Re- 
quêtes , Intendant d'Auvergne Se du. Bourbon* 
nois , mort en 1748 ; marié en 1703 à Anne- , 
Louife le Gôux de Maillart , & peris de Benoît» 
Antoine Turgot , Seigneur de Saint Clair , Scc^ 
aujourd'hui Confeiller au Parlement» 

4^ Plufîeurs filles , dont trois Religieufi» , Se 
wne mariée en premières ndccs à Gilles d'Aligre 
de Boiflandri ^ remariée à Claude Hacte de Che* 
villi , Capitaine au Régiment des Gafdes- Domi- 
nique Turgot , Seigneur de fions ^ Sbufmont , &gv 
Maître des Requêtes > cinquième fils de Jaa)«efr 
Turgot , Confeiller d'Etat , eût d'Amoiocttc-Ma? 
tic Daurac , fou épouCc > 



dby Google 



MARS. 1751» «ôj 

' Jacqties-CcicDhe Turgot , Seigneur ié Bons J 
Soiiftnônt , Brécourt , &c. Maître des Requêtes . 
Intendant des trois Bvéctés , de Toiiraine , & dtt 
Sourbodnois , qui époufa Maric-Ciaufdè léPdlèi» 
lier , fille dt Mickel Ic.Pelletier de Souïi , Intcfl- 
clant des Finances , Confeillcr J'Etai ordinaire, 6c 
aa Confeil Royal, Conféil 1er auConfdl de Régen- 
ce, mort Doyen du Confeil. De ce ttiatiage naqofi 
îrent , i«. M. Turgot , qui donile lieu i cet article; 
l^.Marie-Ckude Turgot , ibatiée 4 Jeari Fraili 
çois de Creil , aujourd'hui Confeiller d'Etat , lui 
Cendant des troi5 Evêchés , dont elle a eu Marie*» 
Sufailne Françoife de Creil , veuve de Paul Fran- 
çois Due de BeauviHiers , Fait de France ; â préfcnC 
Dame d'Honneur de Mefdames Henriette St 
Adclaïdc , Filles du Roi. M. Turgot atoit époufé 
fe 15 Novembre 1718 , MagdeIelne*Françt^ift 
Martineau , d'une famille ancienne dans la Robe p 
il en a laifTé quatre enfans. 

Michel- Jacques Turgot , Préfident du Parle'* 
aient de Paris. 

Etienne- François Turgot , Chevalier de Malte; 

Anne Robert Jacques Turgot^ dans l'état Ec- 
<cléfiaflique. 

HeFéne Françoifc-Etîetinette Turgot» 

Paris eft rempli de monumens qui prouvent qoeJ 
M. Turgot eft un des meilleurs Citoyens 8^ de$ 
plus grands Magiftrats Qu'ait eu la France. 

Le ^ » Henri-François d'A^fteffeaû , Chevalier ^ 
ChaiiCelier de France Honoraire , Commandeur 
des Ordres du Roi, mourut â Paris, âgé de 8t 
ans & deux mois , & a été inhumé daes le Cime- 
tière d*Antcuil , od cft fa fepulture , auprès de fa 
femme. Il a rcmpU la Charge d*Avocat Général 
i vingt-deux ans, ôc celle' de Procureur G énirat 
à trcnrc-dcux. Les lumicrcs que ce gavant Mj^ 



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104MERCURE DEFRAMC& 

EÎihâC f fit paroicre » lai méritèrent la pkce dé 
Chaocelier â fa quaratHe-haiciëmc anoée. U ar 
commencé 1 l'occuper le il Février 1717 »&J^ 
qniccée , i caafe de Ces infirmicés , le aS Norem»' 
bre dernier » qa'il fie remettre les Sceaaz 4 Sa Ma- 
jefté» Il étoit fils d'Henri d^Agoefen», CoofeiU 
kr d'Etat ordinaire ^& a« CcmfcH Royal des Fi* 
aaoces , & de Claire Eugénie le Picarc de Ferigoy ^ 
Se avoir époufé le 4 Odobre 1^94 , Aniie le Fé? re 
d'Otmeffon » morte i Auteuit^ , prés Paris » le pre* 
anter Décembre 17) f , âgée de 57 «as^, fîile d'Aor 
dire le Fé.vre d.'Ormeflbn , Seigneur d'Amboile , 
Maître àes Requêtes , Intendant i Lyon y 8€ 
^'Eiéonote le Maître (k EelleJ^mme. De cette- 
alliance font iflîis , 1^. Henri^rançpis derPaulr 
d^Agueffeau , Seigneur de Frefncs, Confcillcr 
^tat ordinaice ^ marié iFrançoife Martbe- Angé^ 
liqiire de Noilcnr. i®. Jean BaptiAe-PauHn d'A- 
jnefleaa , Comte de Compans 8c de Haligny^^ 
Con&iller d'£tat ocdinaire , n»arié pour la féconde 
fois i Marie Geneviève Rofalie le Bret de Tli»' 
cotirt , iont il a: des. enfans. 5''. Henri-Louis- 
iLMgueffeau. , Maréchal des Camps & Armées do* 
Jtoi , Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de 
3aifit Louis ^ ci- devant Capitaine-Lieutenant d'une 
Compagnie de Gendarmerie , mort le 1 1 Féwier 
^7^y^^ de 44 ans. 4*^HeorL-Charles d*Aguct 
lesKt de Plaintmont , Avocat Général an-ParJerneot 
«Te Paris . mort le 19- Septembre 17 41. 5»**. Claire- 
Thetéfe d'Agucffeau , mariée le ir6 Février 17x1*,. 
i Gui^aume-AncoineyConKe de Chaft^lus^ Vie 
cemt« d' Avalon ^ Premier Gliinoiue Héréditaire 
ifc L'Eglife Cathédrale d'Auxerre , Lieutenant Gé»- 
xâal deSsarmées^duRoi', Com mandant^ en^ R:ou&- 
filom ,. mort iPespignan- ie. 1 3 Avtil 1741^ Il y ai 
.tit|tu£eai&ami:es.cflfaiis q^ic font, morts j.eunes^ 



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MARS* tyjr; îtf 

le 19 du mène mois , Me/Heurs les Avocats ait 
Confeil , firent célébrer dans r^glifedcs Mathurin» 
un Service pour le repo» dfe l**aine de M. le Chan-^ 
cefîer , & après Te Service la famille fut Haranguée 
far M« le Vafleur , Premier Syndic du Collège. 

An commencement de ce mois, Antoinette ifir 
la "BiochefaueékuU , Comtejfe d'^fMer ^efl morte de 
la Alite de Tes couches » dans uiie de fes Terres ea 
Auvergne. Elle écoit fœQr de Dominique de la. 
Koche Foucault Saint Elpis. ^ Archevêque & Sei* 
gneur d'Albi ^& avoitépoufé en 1747 , Jofcphy 
Comte d^Apchier , fils de Chriftophe II. du nom ,. 
Comte d'Apchier , & de Magdeleine •Filfaot. La 
Maifon des Seigneurs d'Apchier , aînés desDucs^ 
de Joyeufe , fùbdfle dans les branches de la Garde 
& de Vabres. Cette dernière ne fubiîile ^ue dans* 
la perfonne de Jofeph- Philibert d^Apchier , Com* 
te de Vabres & de la Baume , Grand Sénéchaf 
d'Arles y. marié en Septembre 1730 , à Acné Mar«r 

fucrite Guenct de JEranquev.ilIe >.dont il n'a point 
'enfans. La première fut formée par Jacques^ 
d'Apchier , Seigneur de la Garde & dcTouws^ 
snorc en itfo^yJaifTant de Dauphine de Tailhac^ 
ÎA femme, i^ Chriftophe d'Apchier I, du nom^ 
5eigpeur de la Garde , père de Chrjftophe II. di» 
nom , Comte d'Apchier ^ dont le nls Jofcphi- 
d'Apchiec eft aujourd'hui veuf d'Antoinette àJer 
\sL Rochefoucault. x*. François- Philibert d'Apchier^ 
Vicomte de Vazeilles , qpi époufa en 1^4$ Anne 
de Pontault Dame de Saine Didier. De cette at- 
Bance vint Hugues- d'Apckier .Vicomte de Va*- 
aeilles , mort en 1709 , laiflant entr'autres enfins- 
d'Anne Chevailherde Roufles , fa femme ,,Claudc^ 
Annet ,, Comte. d'Apchier, né le 14, Juin 169^^^ 
Lieutenant Général des Armées du Roi le x Mair 
£744% >. & t^i^ Cheraliej; de fe^ Oxdfcs le i^féviicg 
^7\^ 



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MoS MERCURE DÉ FkAKCE. 
ACADEMIE ROYALE 

De Teinture & Sculptsére^ 

LE Roi 9 par une fatrc de la proteéHon , dont ît 
Ittt a plâ honorer fon Académie de Peinture 
6c Sculpture , vient de donner à cette Compagnie 
fin nouveau Règlement , dont nous allons inférer 
ici une Copie ; Se nous avons crd ou*à cette occa* 
fion le Public ne feroit pas fkhé d'avoir une idfc 
Iuccin6^c de cetétabliffement. 

L'Académie Royale* de Peinture Se Soriptarc 
fiibfif^e depuis l'année 1^48. 

Elle fut infHtuée dans la vde de réunir tous les 
grands Artiftes en un Corps de (bciété réglée , 
capable de faire fleurir & honorer les Beaux Arts, 
far le mérite des Sujets dont ii feroit compofé ^ 
êc par les foins qulls fe donneroient pour les per- 
pétuer en France. 

Louis le Grand regarda cette ioftitinron comme 
ttn objet d'Çtat , Se l'un des plus dignes de foii 
attention & de fa munificence Royale*. 

Par fes Lettres Patentes dû niois de Janvier 
i^îf , ce Monarqueaflîgna à l'Académie un loge- 
ment & une penfion annuelle, lui accorda plusieurs 
exemptions Se plufîeurs privilèges bonoraWes ; Sc 
lui attribua privativement â tous autres', la faculté 
di donner leçon en fuhlie , toùchétnt le fdt àe Pein^ 
tufe ^ Sculfture , Se de l'exercice in modèle , 
Sec. 

' Par autres Lettres Pareil tes du iboîS de Décenf- 
i>re 1453 , qui autorifehr vîn'gtrfèpt article^ dé 
nouveaux Statuts, Sa Majefté , pour donner d*au- 
unt phis de marques de l'eftime qu'elle fâii<^ de 



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M A R Sr 1751; Î07 

t'^câdemte ^^ de la fatisfaêfion qu'eïïe avoh dta 
fruits ^des ko^sfucch quelle froduifoit journelU^ 
ment , H confirma, dans tous les privilèges , exemptionp^ 
honneurs y prérogatives cJ» prééminences qu'elle lai 
avoir déjà attribuées : lui ^i don de quatre mille 
li'vres par an , appliquablcs zV entre fenernent de VA" 
aadémie & de Tes exercices publies : défend ces exer^ 
cices â totis autres , a peine deioào Hv. même de- 
prendre la quali:é de Peintres ou de Seulptetm ds^ 
Iioi,a toHS ceux qui ne feront du Corps de ladite 
académie f Se ordonne enfin a Vé^itd des Elevé i^ 
des Académiciens, lefquets après avoir demeuré 
flufleurs années auprès d'eux y ne pourront parvenir 
i être admis a l* Académie ; que ce tems leur Ctiz 
compté ^ pour parvenir à la MaUfife dans teutes lés 
ydles du Royaume , &c. 

Enfin par Lettres Patentes dû mois de Novem^ 
fcre 167 S , Sadite Majefté permet SC autorife Téta- 
fcliffcmenc dans toutes les yUles du Royaume où. it 
fera jugé néctffaire* d'Ecoles Académiques de Pein^ 
fure ^ de Sculpture , pour ces Ecoles être gouvernée» 
& conduites par les Officiers que l*Académie Koyate 
' commettra , ^ fe conformer a la difcipline de l'Acom 
demie , fuivre les préceptes ^ manières d'enfeigner 
qui y feront réfoltis , (^ lui coMmùnijuer quatre fois 
f année , pour le moins , les ouvrages de leurs étu^ 
• diin!, 
' Le Règlement qui nlet aujourd'hui en poffeC* 
ïîon l'Académie d'une prérogative auffi glôrieufir 
que l'eft la prote^îon immédiate dé Sa Majeflé ^ 
contient en même tems toutes les difpofitions né-^ 
ceflaires , pour la mettre en état de fe rènoUveller 
'd'une manière ^ fe rendre de plus en plu$ digbe déà 
boutés de Ion auguâe Prote£UUr. 



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aoSMERCl/RE bé FRANCE 
REGLEMENT 

Têur l*Acddmie Royale de Feinture & ScH^ 
tare > du ij^ Janvier 1 7 f i. 

D E FA R I.E Ro I. 

SA Majefté ayanr pris fbas fa proteâion înfim^ 
diace l'Académie de Peinture Se Sculpture { St 
toulaot donner à cet écabliflement une forme ea* 
core plus folide 8c plus avantageufe que celle qu'il 
a eu jafqu'alpréreuCySaMajeftéaordooné&or-^ 
donne ce qui (uir. 

Art. I. L'Acadiéroie Royale de Peinture Se Scnlp* 
lare fera toajoursfeus la prote6lion immédiate de 
5a Majedé , & recevra les Ordres j>ar le Direcr 
teur ^ Ordonnateur Général dé (es BâcimenS 
Jardins ^AruSe Manufadures» 

1 1 Cette Académie demeurera compofée d'at» 
Direâeur ^ d'uaCHanceliec , cboifi parmi les Rec- 
teurs ; de trois auties> Reéteurs , au cas que le 
Direâeur n'ait pas ce grade , finon de deux feu* 
Iement;de d'eux Adjoints i Redteuts ; de hnh 
Honoraires- A mareurs;de huit fTonoraires-AfTo-^ 
ciés-Libres; de douze Profefleurs de Peinture od 
de Sculpture I de (ix Adjoints à ces ProfefFeurSV 
d'un Profcflcur de Géoméciie & de Perfpcdive;. 
d'un Profefleur d^Anatôraic ; de buic Cônfeillers ;■ 
d'un TréTorier; d'un Secrétaire & Hiftoriograplie, 
it d'autres Académiciens en nombre illimité , qUi 
ftront fucceffivemenr jugés par l'Acadétnie aVoiii: 
les talens nécefTaires pout pouvoir y être reçus. 

I I r^ Les Profefleury, qui auront fervi afSdue^ 
ment en cette qualité pendant dix années révoluesV' 
(k demaodcronr la» vécésancc ^l'obtiendront y^iÎM 



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MARS. 17 jr.* 20^ 

t^Académie le juge convenable , & ptendronralor» 
le r?ng de Profcucurs Anciens. L'Académie pour* 
ra même conférer le titre d'Ancien Rcâeuràceur 
de Ces Officiels qui fe feront didingués pendant 
plufîeurs années à la tête de PAcadcinie Royale de 
Rome ou chez des Souverains , jtvec P'agrénienr 
de Sa Majefté. 

I V. Dans îc cas oi l*"Académie crofra devoir 
fbulager ,ou fnppléer fes Profeffcuis de Géométrie: 
êc Perfpeâive. ou d'Anatotnic , il lui fera'pcrmiS' 
ée leur choi£r a chacun un Adjoint. 

V. t'^Acadéraie ne recevra /Tcn qualité d^Aca- 
d^^émiciens , que des Sujets d'un mérite reconnu 
dans les Arts de Peinture > de Sculpture ou de . 
Gravure ; Se pour s'àffiîrer de Ta réalité de ce mé- 
rite , elfe nfera des précautions prefcrires par les^^ 
fept Articles fuivans. 

'VI. Tout Sujet qui voudra fe^réfenter à l'Aca- 
démie ^ s'adreffera à l'un de fes Officiers , exerçant 
le mêmetaîent auquel iFfefera adonné. Cet Offi- 
cier, api es avoir examiné les ouvr.iges de l'Afpr- 
ranc^le prope&ra â l'Académie aEemblée > mais 
fans déclarer fon nom. 

VIL Alors 1* Académie rrommcra un Rcâreur^ 
mn Adjoint â RcÔeur , deux Profeffeurs , ou u» 
Profcffcar & un Adjoint i Profeffeur , pour aller 
voir les ouvrages de l'Afpirant ,& en faire leur 
lâpport en PAfifcmblée fa plus prochaine , fur le- 
quel rapport elle fe déterminera pour confenttr k 
la préfcntation pu pour la différer. 

VIII. L*Afptrant fe préfentera avec fes ouvra* 
ges, i TAcadémie aflemWée , qui décidera du mé* 
rite defdits ouvrages par voie de Scrutin : Bc s'il fe^" 
trouve avoir au moins les deux tiers des fuffrages ^ 
il" fera agréé ; fînon il fera exhorté â faire de nat»? 
f câiiz efibrts pour s'en rendre digne. 



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lloMERCURE DE FRANCE. 

IX. Dès que l'Afpiraot aura été agr^é, Ufé 
rendra chez le Directeur , pour recevoir de lui 
le fujec qu'il devra crâner pour Ton morceau de 
K^cepcton. Il en préfcDtera à TAicadémie aflem* 
blée une Efquiffe pci ite a l'huile , s'il eft Peintre j 
ou une Maquette modelée en terre yS'il eft Sculp- 
teur : le fquell es l'Académie jugera* par voie de 
Scrutîu , & qu'elle admettra i la pluralité des fuf^ 
frages>ou qu'elle fera recommencer ^fqn'àce 
qu'elle en foit fatisfaite. 

X. Le Peintre agréé fera tenu d'exécuter & de 
finir dans l'Académie même,& non ailleurs , le 
Tableau qu'il i'era fur ladite Efqoiffe. Le Sculp- 
teur agréé y fera de même Ton modèle en grande 
mais il pourra l'exécuter en marbre chez lui : te 
l'Académie nommera deuxdc Tes Officiers pour al- 
ler lui Toir tràrailler le marbre : elle en inféra de 
même a l'égard des Graveurs agréés, 

X I. S'il eft reconnu que les Agréés , foit de 
Peinture , de Sculpture , ou de Gravure fe fôienc 
prévalus dans le trav^iil de leur morceau de Ré- 
ception , d'aucun fecours étranger , ils (éront dé- 
clarés déchiîs du bénéfice d'Aggcégation r dont ils 
ftronr déchus de même , faute par eux de s'être ac- 
quittés de ce devoir dans le tenisqui leur aura été 
prefcrit par l'Académie. 

XH. L'Académie affemblée jugera ces mor- 
ceaux de réception par voye de fcrutin^ Se s'ils ont 
•au moins les deux tiers des fufFrages, l'Agréé fera . 
xeçû Académicien en la manière accoutumée , Se 
s'il a pour lui un moindre nombre que celui dès 
deux tiers, il perdra les droits de fon aggrégation p 
laquelle fera regardée comme nulle & non avenue. 

XIII. Pour ioutçuir & accroîtte le progrès des 
Arts en France^ & renouveller fucçeflîvcmcnt l'A- 
fadémie de dignes Sujets , veut Sa M^ycSii , qoe 



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MARS. 1751. *tl 

l^Acadcmtc Royale de Peinture , Scolptore & Ar- 
cbiceûure , qui fubfifte a Rome depuis l'annéç 
B 665,y fôii toujours entretenue aux dépens dcS.M^ 
Se qu'il y ak fans incerruption douze Penfionnai- 
jpcs pour y cCre formés par un Directeur ( qui ne 
pourra être ciré que de ladite Académie de Paris ) 
dans la connoiflance Se la pratique defdits Arts, fur 
Jes Statues & autres Monumens antiques,& les ou* 
-vragcs des plus grands Maîtres des divcrfes Ecoles 
^'Italie, lefquels Penfioonaires (èrout choifis & 
nommés par le DireÛeur Si Ordonnateur général 
dies Bâtimens de Sa MajeAé. 

XIV. Et afin que ceux qui feront à portée à^âl' 
'pirer a ces places /oient mieux préparés à profiter 
écs études fupérieures qu'ils devront faire à Rome, 
-adonne Sa Majefté , que l'Ecole Royale qu'elica 
établie à Paris foie toujours compofée de fix £lc* 
Ycs piotegés. 

XV Leldits Elevés protégés feront réunis en 
•ladite Ecole fous une éducation commune , Se 
conduits , tact pour ce qui concerne , l'étude de* 
Ans de Peinture Se de Sculpture ,<ïu<^ pour les 
moeurs , par un Gouverneur, qui fera toujours tiré 
de la Clafle des ProfefTeurs de ladite Académie de 
Pat is , lequel nourrira lefdits Elevés protégés à (Â 
table , Se occupera avec eux une feule Se même 
demeure» dont Sa Majefté. continuera à faire les 
frais. 

XVI. Seront auffi lefdits Elevés protégés for- 
nés dans Pétude de PHiftoire , de la Pablc , de la 
Géographie & des autres fciences relatives anfdies 
^Atts , pat UD homme de Lettres , qui de même vi* 
▼ra habituellement avec eux , & aura le titre de 
Frofefleurde ladite Ecole Royale Se féance att 
Aficmblées de ladite Académie avec les Profef- 
ièoxs de Géométrie ^ Per/pcâive Se Aoatomie.. 



dby Google 



»t« MERCUREDE FRANCE; 

XVII. Les Elevés protégés ne pourront reft^ 
que crois ans en ladite Ecole , & ceux qui s'y a^' 
pliquerouc avec le plus de fuccés « panerooc aux 
places de Penfionnaires du Roi a Rome , i mefure 
qu'il en-vieadra à vacqucr,& cela concurren»- 
ment avec ks fils des Officiers 5c autces Membres 
de l'Académie, qui auront été formés dans VAk 
fous leur perer Se auront gagné ira des premiers 
grands Prix de ladite Académie. 

X VIII. Les places que ces mutations , ou autres, 
feront vacquer dans ladite Ecole Royale des Elo 
ves protégés , continueront d*être remplies fur k 
nomination dadit F>ircdeur & Ordonnateur géné- 
ral des Bàtimeof de Sa MajeAé , par les Ecudians 
de ladite Académie , qui dans les concours an«> 
nuels , auront obtenu le premier Prix , foit de Pein- 
ture ou de Sculpture*) & ne pourront jamais être 
remplies par des Sujets qui n'auront point reos* 
porté Kun defdits premiers grands Prix. 

XIX. Le concours fera ouvert an commence- 
ment du mois i'\9n\ de chaque année. L'Acadé- 
mie fugera da degré de capacité néceflaire ponr 
pouvoir y être admis , fur les Efquiffes peimes ov 
dedîaées , ou fur les Modèles en terre qui auront 
été faits fur le champ dans l'Académie Se en pié- 
fence du Profefleur de mois.Les Sujets qui auront 
été admis , feront leur Tableau ou Easrelicf daoc 
des Loges préparées â cet e£Fet dans l'Académie^ 
Se feront exclus du concours, s'ils ont recours à 
aucune aide frauduleufe. Leurs ouvrages feront 
examinés pat l'Académie avant que d'être expofés 
an Public le jour de la Saint Louis , & feront jiH 
eésdaos une Aifemblée générale de l^Académie^ 
fpéctalemcnt convoquée pour ce jugement le dcr- 
liier Samedi du mois d'Aour. 

XX. 'Ne fetont admis audit concours que les 



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MARS. i7îj[: ttf 

fiçuls JEtodiajis fie ladite Acadé^nic , ducmcnt inf- 

cru$ coiHAK te)s, qui y fuivronc aéiuellemenc lef 

eqcercices du Modèle en l'Ecole que Sa Majeft^ 

fait tenir, & qai auront remporté au moins Tuii 

des petits Prix qu'elle y fait diflribuel* tous les 

frois moi$, Sefont m^me tenusj lefdits Etudiant» 

pour être a^mis apdit concours , de rapporter uri 

Çcrti^cat du ProfeifeMr de pébm^trie & Perfpec- 

tive , & un autre du Profefleur d'Anatomie, d^ 

leur ailiduité i fuivre les leçons de l'un Se de Taa^ 

tre y ou de leur cap,acité dans Ips Sciences qui ctl 

font l'objet, ^ 

^XU Les Sti^tutf & R^glemens de ladite Aca^ 

jdéinie Royale de Peinture & de Sculpture , autp- 

lifés par Lettres Patentes du mois de Décembre 

166 S t continueront d'être exécutés félon leur for- 

jne & teneur ; enfcmble tputes autres Lettres Pa» 

tentes , Att.êfS & Réglernens donnés en fa faveur ^ 

en to^t ce qui np le trouvera point contraire ^a 

préfent RegJeipent : mande & ordonne Sa Majefté^ 

au Siéut le Normaht deTouinehem , Piredeuç 

Se Ordoruiateur Général de Tes Bâtimehs , Jardins ^ 

Arcs & Mdnufaâures, & i Tes Succeileurs, de tenir 

la main a ce que ledit préfent Règlement ait fa. 

pleine 8c entière exécution. Fait à Verfailtes le 

douziémje Janvier 17 j i- ^^^»^» L O U I S 5 £/ flsif ' 

tfH , M. P. Dl . V P r B K. p'A K G B ^ s O N. 

aIr^RESTS NpTyABLES. 

DECLARATION du Roî, donnée i 
Vetfailles le 14 Novembre, Regiftrée en Par* 
lement , pprtanc augmentatjton du droit de Fret fur 
les Navires étrangers |. i CQUuneïicer au premier 
Jajnviçri7ji. 



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4ï4 MERCUREDEFRANCE, 

A R R E S T du Confeii d'Etat du Roi , du ti 
péccaibre,qiH fiiei 6 lîv.du cent pefâocjes droits 
^e fortie fur les Rogaures de peaux deftinées pooi 
l'étraogec 

AUTRE du même jour , qui proroge pour 
lin an » â compter du premier Janvier 17c i , l'e- 
xemption des droits fur les Beftiauz'venanr de l'é* 
franger y accordée par celui du X4 Février 1750. 

A U T R £ du mime jour , qui ordonne que les 
Laines de^ Vigogne , qui viendront d'ailleurs que 
d'Bfpagne , payeront trente fols du cent pefant i 
loutes les encrées du Royaume. 

AUTRE du même jour , qui régie â liafc 
fols les droits de fortie fur chaque Porc , Truye 
JBc Porcelet , qui for riront des Provinces fujette^ 
aux droits de h Patente de Languedoc Se de Ji 
Traite d'Arzac , pour pa^er dans les Provinces oà 
les Aides n'ont point cours. 

AUTRE du 1^ , qui modère^ â commencer 
^u premier Janvier 175 1 , les droits de marc d'or, 
(d'enrcgiftrement chez les Gardes des tôles , fceaa 
Se autres frais de prçvifîons des offices vacans ,& 
autres réputés tels , qui feront levés aux revenus 
fPafuels. 

.AUTRE du 50 , qui réglç les dépen&s de la 
-Marine & des Galères, fur leiquelles le Viagtiémt 
xloit être retenu , Se celles qui en font exemptes. 

EDITDUROI, donni â Verfailiesaù itioif 
'de Janvier ^ portant création d'une Ecole Royalç 
Miiiuiie. 



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AV P ROBATION. 

T 'Ai Uî ,par ordre de Monfeigncur le Chanctf» 
J lier , le Mercure de France du préfeot mois. ^ 
Paris y le quatre Mars i7f i. 

MAIGNAN DE SAVIGNY; 



-♦ 



T A B LE. 



PIbcjis FirpiT^yss eo Vers 5:enPrQfe; 
Le Songe i Ins , par M. de Foarcoelle , 3 
Cpmplimens faits par M. de Marivaux , Chance* 
lier de l'Académie Franjpilè^à M> le Chaa- 
cclier, ' ■ ^ 

A M. Je Garde des Sceaux , 9 

Réflexions de M. de Marivaux ^ i Q 

£pitre de M. de la Sotiniere i ^aftres Clemenf 
Maroc & François Rabelais fur T^tat préfent de 
la Métromanic's i| 

Réflexions fur ks caufes de la guAtrje civile entre 
Céfar & Pompée , par M. de Burigni , 17 

tpitre à M- le Gomte de M * * * , iSr Ja mon de 
M^d. la Comtcffc de M * * *, fon époufe^ 33^ 
portrait de Mlle » fva.it par elle-même , 34 

t^rofç au Roi de Pruffe, par Mad. Curé , 4c 

Epitre à Lucile , ' 44 

Lettre à Mlle Clairon , des .Champs Elifées , 4^ 
Vers a M. D. L. 48 

Autres i Madt la M. 4e F. 4f 

Xcttre de Dom Vaiflette a M. de Fonteneîle , 50 
Bpitre au Roi, fur l'ctabhffcment de 1- Ecole Roya^ 
le & Militaire , par M. le Chevalier Laurés, 73 
lettre de M. Touffàint â un ami , 77 

Mots des Enigmes & des Logogriphes du Mercure 
de Février; ' V ! '' • . . f^ 



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Cnîgme & togogrîpties ; ^ 

Nouvelles Littéraires , &c. lO) 

Bçaux-Arts. Tableani & TapiffcricS fiôUV^UcHient 
exécutées pour le Roi , ^ 37 

Nouvelles Planches de M, Dupais , i4« 

Lettre i M * * * , en lui envoyant une nouvelle 
EftampedeM. leBas, H3 

Portrsk de M. de Ctcbillon , «45 

Kouvellc Eftampc de M. Aliamet , 14^ 

Nouvelles Cartes d^ M. Baradellc, «M. 

JUtirc de M. d'Anville à M. Follet , Préfident de 
Ja Socicti Royale de Londres , fur une copie 
fane à Londees de la Carte de l'Amérique Sep- 
• tentrionale, ^5<ï 

V^vis du Sr OuiHeoiain , Maître de Muiiquc , 1^7 
Chanfon notée. Polirait^ . }^9 

Speûaclcs, ^"^ 

Concert Spirituel , ^70 

Concerts i la c oitf , ^72- 

>JouveIle8 Etrangères, &c. , ^ . ^Zt 

f rance. Nouvelles de la Cour , de Pans , 1 88 
Bénéfices donnés , ' ^ *' 

Mariages & Morts , . ^ , ^^l 

Académie Royale de Peinture & Sculpture , xos 
Règlement pour la même Académie , du it Jan- 
vier 1751» ^^^ 
y&trêis notablps, ^^^ 



IsChMnfinnêt/iéUirêS'^rdertMtMiê ^ t^ 



1^ 



De rinaprimcric de J. B tjl i- o t» 






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