(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Mission Pavie Indo-Chine, 1879-1895: Géographie et voyages"

r** 



>#^ ^s 



** * 



t"Q- *^pf 



ff --rf^Ç 



>: 



* - •■> 



aff. 



/*- kl 







H 



V»* 









m 



\<3 _/7<o 



MISSION PAVIE 

INDOCHINE 

187 9 H 895 



ETUDES DIVERSES 

1 

RECHERCHES SUR LA LITTERATURE 

DU CAMBODGE, DU LAOS ET DU SIAM 

PAR 

AUGUSTE PAME 



OUVRAGE PUBLIÉ SOI S LES AUSPICES DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DU MINISTÈRE DES COLONIES 
Il DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



AVEC NOMBREUSES ILLUSTRATIONS, 20 PLANCHES EN COULEUR, UNE CARTE t^O" 

ET TEXTES CAMBODGIEN, LAOTIEN ET SIAMOIS C * ^""(jl 




PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE UU\ SPARTE 

I sus 



ONT ETE SUCCESSIVEMENT ATTACHES A L\ MISSION 



MM. 

■|imi. surveillant dos télégrapes, 

188-2-1883. 
"Lu sey, commis principal des té- 
légraphes, 188'i. 
' ( Iombi flazier, commis principal 
des télégraphes, 1885. 
Ni. in. secrétaire cambodgien, 1885 

à 189.-). 
Gautier, 1887-1888*. 
Clpet, capitaine an 3° zouaves, 

1887 à 1892 2 . 
'Nicolox, capitaine à la légion 

étrangère, 1887 à 1889. 
"MASsiE,pharm.maj., I888à 1892. 
Messies de Saint-James, capitaine 

d'infanterie de marine, 1888. 
Vacle, 1888 à [891 \ 
Garancer, 1888, 1889 et 1894*. 



MM. 

"Lekède. capitaine d'armement des 
messageries fluviales du Tonkin, 
1888." 
*Nicole, publiciste, 1888. 

Lefèvre-Postalis, attaché d'am- 
bassade, 1889 à 1891 : secré- 
taire d'ambassade, commissaire 
adjoint an chef de la Mission, 
189 i- 1895. 

Luga>", commis de résidence an 
Tonkin. 1889 à 1895 5 . 
*Dugast, lieutenant d'infanterie de 
marine. 1889 à 1891. 

Macey, 1889 a 1891 et 1895°. 

( !i ii mixox, professeur, 1889àl892. 

Molleur, commis de comptabihté, 
1889 à 1890 7 . 

Le Dantec, docteur es sciences, 
1889 à 1890. 



Les noms des membres de la Mission décédés sonl précédés d'un astérisque, 

i . Consul «li' France. 

■>.. Chef de bataillon au i45 e de ligne 

.'>. Commandant supérieur par intérim < 1 1 • II. ml Laos. 

V Commissaire du Gouverncmenl au Laos. 

.). \ ice ( lonsul de France. 

(i. Commissaire du Gouverncmenl au Laos. 
~. administrateur au Sénégal. 



MISSIONS PAVIE 



MM. 

De Malglajve, capitaine d'infan- 
terie de marin,-. 1889 à 1892. ' 

l!i\ ière, capitaine an 25 d'artil- 
lerie, I889àl891, 1894 el L895. 

Cogniard, capitaine à la légion 
étrangère, 1889 à 1891. 

Penxeqi in. lieutenant-colonel d'in- 
terie ilf marine, adjoint an chei 
de la mission, I889-1890 2 . 

Friqi ri. min. capitaine il infanterie 
demarine, 1890 à 1892 el 1895. 

Don>.at, capitaine d'infanterie de 
marine, 1890. 

De Coulgeass, commis principal 
des télégraphes, 1890 à 1895 . 

Guissez, lieutenant de vaisseau, 
1890-1892. 

Tostivixt, garde principal do mi- 
lice, 1890 à 1892. 

I.i Myre de Vilers, lieutenant de 
cuirassiers, 1 S 9 3 . 



MM. 

Caillât, chancelier de résidence, 
secrétaire particulier du chef de 
la mission, 1894-1895 . 

( h m. lieutenant à la légion étran- 
gère, 1894-1895. 

Toi RMER, chef de luilaillnll à la 

lésion étrangère. ÎS'.I 'i-l S ',15 . 
Simm, capitaine d'artillerie de 

marine, 1894-1895. 
Thom\~-i\. lieutenant à la légion 

étrangère, 1894-1895 6 . 
Mui.ii i 111 i . capitaine d'inlanterie 

demarine. 1894-1895. 
S\i\<m\. interprète, 1894-1895 . 
Samdré, capitaine d'artillerie de 

marine. ÎS'J ',-1 SOT, 8 . 
I.i i i \ re, médecin de 2 e classe des 

colonies, 18H ',-[ 805. 
Jacob, lieutenant d'infanterie de 

marine. 1895. 



i . ( iapilaine au î 53 e de ligne. 

■!. Colonel d'inlanterie de marine. 

o. Vice-consul de France. 

'i. \ ice-résident. 

ô. Lieutenant-colonel au t46' de ligne, commandanl supérieur du Bas Laos. 

(i. Capitaine à la Légion étrange) e 

-. \ ice-consul île France. 

8. < ommissairc an Laos. 



ERRATA 



Page xvu, >i| ligne, au lieu de : la pensée... lire '. leur pensée 



mil (i les précédents... 

to, i(i e — toulc la... 

1 5, a3 e d'un montagne... 

58, 1 8 e <|ti'il les prennent. 

83, i3° nous endormons... 

loi . I ~" - Inus deux : Ils... 

1 53, fi ses bourreaux ... 



los précédentes. .. 

— toute la... 

d'une montagne. . . 
i|ii ils les prcnnenl . 
nous dormons... 
liuis deux : ils. .. 

— des bourreaux... 



MISSION PAVIE 



' 



de Paris 



C H I S N 



-^t:x- ; 



E 



k i : r^'^^^"" 




INDO-CHINE ORIENTALE 

Dressée par A PAVIE 

J Régions de civift.rcdïon Iruiouc 
d.°.. <r . fA?>iow-eJ 

<•("' wn- civi&s-ê&s- . 

Echelle de 1: 8000.000 



too 200 K.l 



E.GimuiU. Del. 



INTRODUCTION 



i 



Les principales populations de la presqu'île orientale de l'Indo-Chine, 
celle seconde partie de l'Inde Iransgangélique et de la Chersonèse d'or 

des Anciens, qui, aujourd'hui, renferme la plus belle possession coloniale 




Fie l. 



Premiers élèves Khmers de l'Ecole Cambodgienne de Taris, 1885, 



delà France, sonl soumises aux 1ms. dès opposées, de deux antiques et 
grandes ch ilisations. 

a 



VI 



MISSION PAVIE 



Los habitants «lu Cambodge, ceux du Laos el du Siam suivent les 
grandes lignes de la civilisation de l'Inde. 

Le peuple du Tonkin, de 1 \nuaiu cl de la Gochinchine observe les 
règles de eclle de la Chine. 

Au Cambodge, les Khmers (fig. I el 1 8) sont les conservateurs fidèles el 
respectueux de la civilisation indoue, apportée aux époques lointaines 
encore mystérieuses, caractérisée à nos yeux par les religions brahma- 
nique et bouddhique que précéda le culte disparu, non oublié, du serpent 
dont les traces sont là profondes plus qu'en aucun pays. 




Fi£. 2. — Thaïs du Si. un Le généra] SurrissaV <'l ses officiers, I 

Les Thaïs ' (fig. 2), habitants actuels du Laos el du Siam, descendus 
des contreforts du Thibet, envahisseurs relativement récents de ces deux 
légions, dépendances de l'ancien Empire cambodgien, peuples alors [>ii- 
mitifs, barbares, n'apportant pas d éducation particulière, ont, peu à peu, 
siiln l'influence de la civilisation des premiers maîtres el l'onl adoptée. 



I - Se prononce Tail. 



IN TRO DICTION 



VII 



Le? Annamites (fig. 3), conquérants du royaume du Kiampa et du 
Bas-Cambodge, ont, au contraire, au fur el à mesure <lf> progrès de 
L'envahissement, implanté la civilisation chinoise, depuis longtemps 
leur, sur les restes de celles des anciens occupants absorbés ou refoulés. 

Entre ces populations différemment civilisées, les séparant pour ainsi 
dire le plus souvent, un troisième groupe n'appartient, lui, à aucune 
civilisatii m. 



■P 







\i 






Fig. 3. — Annamites du Tonkin. Famille d'un ancien Vice-Roi. ' 5. 



Il comprend les autochtone-, des épaves peut-être de peuples dis- 
parus et d'autres peuplades provenanl de migrations moins anciennes. 

Pris entre des poussées envahissantes venant des côtes ou descendant 
les vallées, ceux qui le composent se son! réfugiés dans les forêts el sui 



VIII 



MISSION PAVIE 



les montagnes, s'\ maintenant à peu près isolés lorsqu elles sont vastes 
ou d'accès difficile, tandis qu'ailleurs où elles so ni plus étroites, plus 
abordables, ils se sonl fondus avec les nouveaux venus, ou, ne son! restés 
parmi eux qu'en groupes épais, souvenl insignifiants, à peine suffisants 
pour fournir pendant quelque temps encore, de faibles hases d'étude, 
d'incertains points de repère à l'observaleur'et à l'ethnographe. 

Considérées parleurs voisins civilisés comme.élantà l'état sauvage, 
ces populations, dont une partie vil réellementà un degré 1res inférieur. 




Fig. 4. — Sauvages du Sud-Ouest de l'Iudo-Cuine (Tciiiongs). 



comportent des types singuhèrement différents provenant principalement 

des origines: négritos (fig. î). malaise (fig. 5) et thibélaine (fig. 6). 

Elles sont généralement confondues dans leur ensemble sous les noms 
de Sliengs ou de Penongs par les Cambodgiens, de K.has par les Thaïs et 
de Mois par les Annamites, dénominations que nous traduisons par celle. 
cependant rarement |ustifiée. de « sauvage ». 



IM'ROIH CTION 



\\ 



C'est donc entre les trois grandes divisions: Khmère-Thaïe, Annamite 
et Sauvage que sons le rapport de l'éducation se répartissent les habitants 
de l'Indo-Chine '. 




Fig. 5. — Sauvages du Sud-Est de l'Indo-Cuiue (Sedangs) 



Les deux premières en de nombreux poinls absorbent lentement la 



i. On doit cependant considérer comme plus qu'un vestige du passe les débris du 
peuple de l'ancien kiampa. illustre par des siècles de grandeur. 

Aujourd'hui, dispersés en groupe encore nombreux par les vicissitudes de la \ic de 
vaincu dans les différentes parties du Sud de l'Indo-Chine: Vnnam. Cochinchine, 
Cambodge, Siam, les kianis offrenl un saisissant exemple du courage et de l'énergie 
que peut apporter un peuple à conserver su nationalité, à prolonger son existence au 
milieu des plus dures épreuves quand, surtout, son passé resplendit à ses yeux nimbé 
d éblouissantes légendes, de traditions de gloire propics à remuer les cœurs, à v entre- 



MISSION l'Wd-; 



troisième : le mélange des races esl partout extrême; il est fréquent de 
rencontrer dans un groupe de gens d'un même pays des types de la 
plupart des autres. 





J 







Fig. g. — Sauvages du Nord de l'Indo-CUiac (Khas Khos). 



M 



Les deux grimpes civilisés onl chacun leur littérature gardanl la 
marque particulière de la civilisation d'origine avec des qualités propres 
bien caractérisées. 

G'esl suieelle du premier groupe que portent les présentes recherches. 
Faites au début de mes missions au Cambodge el au Siam. de L879 
à 1885, elles étaient après la marche du jour, la distraction du soir. 



tenir l'espoir des tiers réveils qui, si les événements semblent en annoncer I heure, 
éclatent parfois ensoleillant son agonie de surprenantes actions. 



INTRODUCTION M 



Elles comprennent L'analyse de trois romans et la traduction d'un 
quatrième, sélection faite sur une foule d'autres, écoulés aux veilles, au 
cours de cette longue période dans les villages de toute- le- \ asles régions 
de ces deux grandes contrées. 

Les deux premières analyses sont l'exposé rapide de romans histo- 
riques : 

« Néang Roum Sav Sock ». 

« Les douze jeunes filles», 
se rapportant aux bouleversements, supposés, de la nature dans le passé 
légendaire du Cambodge. 

La troisième est celle d'un roman de moeurs, 

« Néang Kakey ». - 

La traduction du quatrième manuscrit, 

« Vorvong et Saurivong ». 
donne, complet, le roman de mœurs el d'aventures le plus populaire du 
Cambodge. 

Suivant 1 usage bouddhique, lesauteurs montrent dans le héros du 
drame la personnification du dernier Bouddha dans diverses de ses nom- 
breuses incarnations. Il est par suite inutile de dire combien grande est 
la place que dans leurs récits lient le surnaturel. 

Quoique 1res répandues dans les trois parties de llndo-Chine pro- 
cédant de la civilisation indoue, ces œuvres appartiennent toutes quatre 
à la langue Khmère. 

Aussi bien, celle origine est-elle celle de la plupart des livres peuplant 
les bibliothèques des temples de la région Khmère- Thaïe qui n'ont pas 
celle de l'Inde même. 

En publiant ce travail en fiançais et en cambodgien j'ai à la fois pour 
but : 

1° de faire œuvre de vulgarisation et de montrer sous un jour plus 
exact des population- extrêmement intéressantes : 

2° de donner au Cambodge, en lui apportant le premier ouvrage im- 
primé pour lui dans sa langue, un témoignage de la gratitude vouée à ses 



XII MISSION l"\\ IK 



Rois, à ses chefs, à ses prêtres, à son peuple pour l'aide inappréciable 
reçue, les services sans nombre rendus au cours d'une vie de voyages. 



III 



Dans les désastres qui marquèrent le déclin de la suprématie khmère, 
l'antique civilisation que les constructions d'Angkor avaient pour ainsi 
dire résumée, ne succombait pas entièrement: dans l'effondrement de ce 
centre, le plus étonnant de l'Asie, elle achevait de conquérir les Thaïs 
envahisseurs, autant par l'incorporation qu'ils faisaient chez eux des 
populations enlevées que par l'adoption de ce qu'elles leur apportaient 
de radine et de supérieur. 

Les traditions de l'art architectural développé à un degré incompa- 
rable au Cambodge ne purent être maintenues par les khmers, ni chez 
eux. ni chez leurs adversaires dans l'état presque constant de guerre et de 
trouble qui marqua celle période longue de plus de huit siècles : mais, 
avec les mœurs, les usages, la religion, pieusement conservés, un souvenir 
nébuleux du passé magique endormi dans la nature resta au fond de 
leurs cœurs vivant dans des restes de littérature et de théâtre, de vagues 
idées de dessin et de musique. 

Ces épaves violemment transportées au Siam. entretenues au Laos, 
sont pour ainsi dire inséparables dans l'éducation et l'esprit des popu- 
lations aussi bien de ces deux régions que du Cambodge, point de départ 
de leur civilisation. 

La littérature et le théâtre y sont surtout étroitement unis. La poésie 
et le roman, sans parler d'un peu d'histoire, forment l'expression littéraire 
et sont, presque sans modifications dans leurs textes, adaptés au théâtre. 

La peinture et le dessin à peu près réduits Ii ! étude et à la repro- 
duction des ligures de personnages de la mythologie indoue, des scènes 
de ses épopées et de celles île romans ayant trait au Passé légendaire, sont 
le complément de la littérature. Ils ornent les murailles des Temples et 



INTR0D1 CTION 



X.III 



des palais avec les principaux épisodes de ces épopées et romans et souvent 
illustrent des ouvrages manuscrits qui, alors, au lieu d'être écrits sur 
feuilles de palmier, sont transcrits sur cette sorte de papier fait d*écorcede 
mûrier, replié en album, en usage pour les actes judiciaires. Ils contribuent 
surtout ainsi à conserver la tradition des costumes, des gestes et attitudes. 
On ne saurait comparer ce cpii reste de cet art à ce qu'il a pu être. 
Les œuvres des peintres et dessinateurs d'aujourd'hui se distinguent par 




I ne répétition de ilanro théâtrale cambodgienne à Ballamban • 



un caractère de naïveté originale tout à fait local bien plus ijue par des 
qualités marquées. 

La musique, aimée passionnément, n'est point écrite. Le répertoire, 
par suite limité, se compose de morceaux transmis de mémoire. 

Compagne obligée du théâtre, elle y intervient entre les actes et 
scènes el pendant certains des passages mimés des pièces, tels que: 
voyages, batailles, danses, etc. 

h 



XIV 



MISSION PAVIE 



A part la flûte, une sorte de hautbois el un orgue à main l'ait d'un 
assemblage de légers bambous, connu sous le nom de flûte laotienne, 
les orchestres se composent d'instruments à cordes el de deux espèces de 
xylophone on harmonica, l'un formé de petits gongs en bronze, l'autre 
de lames de bois ou de métal 1 >< - variétés de tambours, gongs et cym- 
bales en sont l'accompagnemenl obligé. 







. 



<^< ^.^M^ ' 



K 






; 



lu \. '. ars remplissant les iùle> de géant. 



Les danses sonl surtout une mimique spéciale employée dans les rôles 
muets, des marches lentes avec séries de poses. Deux particularités les 
rendent originales : le balancement en arrière du pied avant qu'il pose à 



INTRODUCTION 



XV 




F;,., 'i Actrices remplissant des rôles d'hommes. 



\\1 



MISSION I>V\ 1K 



terre, imitation curieuse du même mouvemenl familier à l'éléphant et qui 
contraste par sa légèreté avec l'apparence lourde de l'énorme pachy- 
derme, et un assouplissement des bras qui va jusqu'à la dislocation du 

coude et des phalanges des doigts, en permet le renversement et facilite 
des ondulations considérées comme le comble de la grâce (fig. 7 ) 

Au théâtre, 1rs acteurs évoluent dans une salle ordinairement carrée, 
longue, que les spectateurs entourent sur trois faces, l'autre étant réservée 
à l'entrée des personnages, à l'orchestre et au chœur. 

Les artistes dans une même troupe sont du même sexe, généralement 




Viï, 10. — L ii-' répétition théâtrale à Batlambang 



des femmes. Cependant 1rs troupes ambulantes son! quelquefois formées 

d'enfants des deux sexes. Dans les pièces qui comportent des géants, des 
ogres, des animaux, ces rôles sont le plus souvent tenus par des hommes 

(%• 8). 

Les actrices ont les cheveux coupés courts, les pieds nus: elles 
portent des ongles factices, se blanchissent comme nos pierrots avec du 
talc calciné et emploient aussi le jaune du curcuma. Les perruques sont 
exigées par la plupart des rôles de femmes. 



INTRODUCTION XVH 



Los costumes fort beaux rappellent ceux îles bas-reliefs anciens. 
\u théâtre du Roi Norodom à Pnompenh, ils sont riches et véritable- 
ment remarquables. Dans les troupes de second ordre ou celles ambu- 
lantes, ils laissent plutôt à désirer mais restent néanmoins dans la tradi- 
tion (fig. 9). 

De l'adaptation presque sans modification des œuvres littéraires au 
théâtre, découlent îles longueurs infinies dans les spectacles; rarement 
une nuit suilil au déroulement d'une épopée. 

Les monologues cl dialogues sont dils par les personnages en scène. 
Le chœur raconte le fond de la pièce pendant que les acteurs exé- 
cutent la mimique qui convient ou gardent une posture d'attente ou de 
repos (fig. 10). 

Ces « Recherches » ne sont pas le seul travail dans lequel la littérature 
de la région Khmère -Thaïe sera montrée au cours de cet ouvrage; le deu- 
xième volume des présentes o Etudes », consacré aux « Recherches 
historiques » donne des traductions de Chroniques du Laos qui, écrites à 
Luang-Prabang par des auteurs Khmers et Laotiens, rappellent sous les 
rapports de la forme et de la rédaction les romans présentés ci-après. 

Aussi bien j'ai plus d'une l'ois remarqué dans îles écrits divers chez les 
peuples de ces contrées où toute œuvre littéraire doit, en vue de la repro- 
duction, forcément manuscrite, être réduite au minimum de texte: une 
simplicité, une clarté de style remarquables jointes souvent à une allure 
vive et entraînante, forçant l'attention, gagnant le cœur par l'expres- 
sion de sentiments naturels point soupçonnés. 

Rien ne contribuera mieux à donner mwv idée sous ce rapport que les 
quelques lettres et récits de nies collaborateurs indigènes reproduits dans 
les différents volumes. Sans doute plusieurs d'entre eux ont séjourné en 
France ou ont été instruits par nous, niais il se trouve dans 1 indication 
de la pensée en général une note particulière qui ne saurait être méconnue. 

L'immigration chinoise mêle aujourd'hui davantage en toutes choses 
sa manière à la Iradil ion Minière. Seule depuis plusieurs siècles à a\ oir une 
action sensible dans la constitution des populations de la région de civili- 



WIN MISSION PAVIE 



sation indouc, il semble qu'elle a beaucoup plus <l influence mit leur édu- 
cation qu'elle ne peul en avoir eu aux temps de I' \ il supéri» ur. 

( >n remarque plus particulièrement l'impression de la civilisation 
chinoise dans les pays I liais de l'Ouest. Elle x dm me. cm ce qui concerne 
la littérature cl le dessin, un genre dont la caractéristique est plutôt l'am- 
phigourique cl le grotesque, résultai dû à l'instruction inférieure des nou- 
veaux venus. 



IV 



Dans ces temps, déjà loin, où campé en forêt, installé dans les 
plaines, abrité dans le temple ou la case commune d'un village cambod- 
gien ou siamois, j'en étais aux premières de mes a ''es de marche, les 

moments de repos pour l'esprit après le travail île la carie nus au net. 
le repas du soir pris, élaicnl les heures de causerie avec les guides, ecux 
souvent nombreux qui marchaient avec moi. les piètres de la pagode. 
enfin parfois le hameau tout entier. 

C'élail toujours avec un véritable plaisir que les vieux cl les jeunes se 
groupaient, presses, les uns pour parler, les autres pour nous entendre 
sous les grands arbres des bois, ou sur les nattes des temples, au clair des 
étoiles ou à la lueur des torches doublement parfumées décorée de 
Smach ' cl de résine de Klong 2 . 

( »n nie l'aisail causer, d'abord le plus que l'on pouvait (car ils aimaient 
m'écouler bien plus que dire eux-mêmes), j'obtenais ensuite qu'on lil 
des récils abrégés des contes locaux aimés, des romans populaires dont 
la mémoire des plus âgés est presque toujours pleine. 

J'étais à peine dans un village que la foule arrivait, accueillante au 
possible, surtout quandilétail forint' de Cambodgiens captifs de guerre 

I . Melalcuca c ichepuli. 

'2. Dipterocarpus magnifolia, 



INTRODUCTION XIX 



au Siam. On s'approchait discrètement du campement où mes deux ser- 
viteurs cuisinaicnl el rangeaient le bagage. Hommes el femmes, loul de 
suile, presque bas, commcnçaienl les questions ; eux répondaienl presque 
toujours ;iin-i : 

« Mais oui, c'esl un Français! Nous deux, nous sommes tout comme 
vous des Khmers et venons avec lui de votre vieux Cambodge. 

« Vous le voyez, là-bas, au bord de la rivière : grand chapeau, veston 
blanc, sampot Khmer 1 , les pieds nus. écrivant sur sa petite table les ren- 
seignements que lui donnent les guides et les chefs du village. 

« Ce qu'il fait, c'est Ja carie. 

« Depuis cinq ans nous sommes a son service el nous nous y [liai- 
sons parce qu'il est très bon el qu'il aime les Khmers. 

« Venez ensemble le voir après votre repas, \<>us lui ferez plaisir, il 
vous rendra contents ; il sait bien noire langue el vous entretiendra du 
Cambodge mieux (pie nous. » 

Je le- voyais s'éloigner satisfaits ; les femmes rapidemenl pour hâter 
leur besogne, les hommes plus lentement, Imis jetant des regards curieux 
de près sur le bagage, de loin sur ma personne. 

.1 étais, la plupart du temps, le premier homme d'Europe venu au 
milieu d eux et j éprouvais un sentiment d intime joie à constater quand, 
levant la tête, nos yeux se rencontraient, qu ils devinaient en moi un ami 
résolu. 

Et le soir arrivé, dans la <-.'.<r de repos ou bien dans la pagode, les 
anciens entraient, la foule suivait, espérant, c'était ainsi le plus souvent, 
assister à la fin de mon frugal dîner. 

Tous s'asseyaient sur les nulles, les hommes d' :ôlé, les femmes de 

l'autre, les vieillards le plus près. 

Chacun était toutde suite liés. à l'aise car j'avais pour souci qu'auprès 
de moi on se sentit tranquille; des regards accueillants, en me reculant 
pour agrandir la place, suffisaient pour les mettre presque au ton qu'uni 
les grands enfants avec un I grand-père. 

1 . Pièce d'étoffe de soie ou de colon disposée en forme de pantalon. 



w mission i'\\ 11: 



Lorsque tous assis, le silence régnait, les vieillards saluant en s'in- 
clinant, les mains levées au front, parlant à l'unisson comme dans une 
px-ière, disaient ondes paroles scandées avec des mois sonores que j'en- 
tendrai toujours : 

« Nous, vieillards, hommes, femmes, enfants de ce village, tous en- 
semble pauvres khnicrs transportés au loin de leur pays, avons de la 
joie plein le cœur de voir parmi nous un des Français qui travaillent au 
bonheur du Cambodge vers où vont nos pensées. Nous vous souhaitons 
longs jours et toutes prospérités. Simples gens des champs, nous ne 

soin s pas au courant des usages, vous nous pardonnerez donc si dans 

noire empressement, loul du cœur près de vous, les uns ou les autres 
venions à les enfreindre. » 

Je leur disais alors combien depuis longtemps jetais en pays Mimer. 
quelle aide sans réserve dans toutes ses régions y recevait ma lâche utile 
pour l'avenir, toute ma sympathie pour son peuple droit, généreux, bon 
et combien je l'aimais. Quand j'avais remercié de l'accueil et des souhaits, 
je \o\ais tous les yeux s'éclairer de plaisir, toutes les bouches s épanouir 
prêtes pour les questions. 

On laissait d'abord parler le plus ancien : 

« Comment se porte le Roi. Maître des existences!' 

« Et le Prakéo-Fa, prince que chérissent les Khmers. aujourd'hui 
Second-Roi? 

« Nous les avons connus lorsque, enfants, gardés par les Siamois, ils 
étaient tous les deux en otage à Bangkok. 

« Leur souvenir cl celui du pays, c'est loul ce qui nous reste - nous 
aimons le redire à ceux qui vont vers eux. 

a Enlevés à nos champs sous prétexte de guerre, nous avons tout 
perdu par l'abandon forcé, par le pillage: récoltes, éléphants, chevaux, 
bo'iil's. tous nos biens. 

« Entraînés jusqu'ici, marchant de longues semaines, le jour, la nuit, 
-ou- les coups, sans riz. nous avons laissé la plupart de nos vieux. 
presque tous nos enfants, mourants ou morts dans les sentiers des bois, 
sans pouvoir aider leur misère jusqu au bout, honorer leurs dépouilles. 



INTRODl iTlc\ \\| 



« Maintenant nous parlons sans dous plaindre, seulemenl pour vous 

instruire, nous avons tant souffert et pleuré que le calme est venu. 

« Parqués dans des marais nous les avons transformés en ces rizières 
fertiles qui sont à d'autres maîtres. 

« Nous savons par ceux de nous qui peuvent de loin en loin s'enfuir, 
que nos anciens champs du Cambodge sont exploités par de nouveaux 
villages. 

« Nous ne les réclamons pas, ne demandons vengeance ni représailles, 
simplement, qu'on ait pitié de notre sort : nos frères sont Français, nous 
souhaiterions le devenir aussi. » 

Et pendant qu'un murmure louangeur approuve ces paroles : 

« Parlez-nous un peu des lieux où nous naquîmes.' Moi je suis de 
Puisât, ma femme de Kangméas, ce sont des pays riches et beaux, sont- 
ils toujours bien cultivés; 1 

« Mon frère qui s'enfuit dans les bois lors de notre enlèvement est 
devenu depuis gouverneur de Babaur, une autre jolie province, le con- 
naîtriez-vous ? » 

La foule alors interrogeait aussi : 

« Nous trois sommes de P>ati. Nous : de Kampot, de Prev-krebas. 
d'Oudong; \ récolte-t-on toujours : poivre, colon, mûrier, riz? 

Les femmes aussi parlaient : les hommes plaisantaient ce qu'ils appe- 
laient leur audace, elles restaient demi-confuses sans être décourager-. 
Ton- s'enhardissaient : les que-lions étaient courtes, discrètes, douce- 
ment faites, je les entendais toutes et ne peinais répondre qu'en les in- 
terrompant, je n'osais pas le taire avant qu'ils eussent fini. Dans celle 
confusion, lr> voir élait un charme: chacun avait un tel désir d'avoir du 
voyageur rien qu'un loul petit mot, que les regards parlaient encore plus 
que les voix. 

Quand on s'était tu : 

« Ecoutez, mes amis, pour vous contenter Ions, je \ais parler à 
tous >i : et c'étail comme un petit discours que je leur débitais dans celle 
langue que j'étais encore loin de connaître 1res bien. ( m s'amusait des 
fautes, l'ancien expliquait, comme il le comprenait . ce qui était mal dit, 



wii mission v\\ n: 



enfin, ils sentaienl que je niellais mon cœur à leur être agréable el 
que s'il dépendait de moi, un jour, d'aider à leur bonheur, je n'y man- 
querais pas. 

•le demandais alors que le meilleur conteur d'histoires du pays, mil toul 
son talent à résumer ce qu'il savait de mieux. 

11 élail de suite indiqué par la foule énuméranl en même temps les 
titres de tout le répertoire qu'elle élail accoutumée à lui faire réciter. 



G'esl à Teucthio, importanf canton nu Nord de Battambang, ce 
principal centre de la région cambodgienne encore aux mains du Siam, 
que j'ai connu l'histoire de « Roum-Say-Sock ». 

On m'y indiqua, quand j'arrivais, Pnom-Kompatl (colline plate), 

comme étant à voir. 

J'aimais à me détourner, un moment, de ma route pour visiter les 
points intéressants du voisinage, celui-là devait me faire admirer l'en- 
semble d'une contrée pleine de souvenirs des temps mystérieux. 

L'idée d'y monter fut à peine émise, qu'un vieillard, un savant du lieu. 
vint - offrir pour guide. 

« Moins de cent mètres à escalader ». dit-il, « pour voir étalé sous 
vos veux avant de le quitter, le curieux pays laissé en arrière : la grande 
plaine herbue, ses îlots, ses rivages ! Le temps esi bien clair, on verra très 
loin : il n'est pas dans ce canton-ci de plus séduisant bul de promenade ». 

Je n'hésitai pas : du reste, la hauteur est en face du village, sur 
l'autre rive du Stung-Sreng, une des grosses rivières qui vont au Grand- 
Lac cambodgien. Comme tous les soulèvements de celle plaine, elle es1 
absolumenl isolée dans l'alluvion. Son ascension cri facile. Lorsqu'on fut 
au sommet, le guide, semblant convaincu que toutes ses paroles avaient 
grande valeur, s'exprima ainsi : 

« Les hauteurs au Nord sont les pnoms Dang-reck, on les nomme 



IMKOIHCTION \\iil 



aussi, très souvent, pnoms Veng (montagnes Longues), el beaucoup, 
visant l'apparente unité de leur direction les appcllenl l'uni, il (règle), 
comme les Siamois. 

« Dang-reck est le nom du bâton flexible qui nous srrl à porter, 
suspendus à ses extrémités, (1rs fardeaux sur l'épaule. C'est à la ressem- 
blance crue les Cambodgiens voient entre les courbes de ce bâton et les 
inflexions du faîte de la chaîne que les bailleurs doivent d'être ainsi 
dénommées. 

(i Ce ne sont pas des monts connue les autres : lorsqu'à leur sommet 
on est parvenu, un plateau immense s'étend vers le Nord couvert de 
hameaux et de grands villages, coupé de rivières, quelques-unes salées, 
taché de forêts (ouïes si épaisses qu'on n'ose les fouiller 1 . 

« Pour les peuples divers: Laotiens. Miniers. Kouyes qui vivent à 
leur base ou bien les habitent, elles sont les Kaos-Vone (montagnes 
cercle); ils disent par ces mois que dans son ensemble, le plateau affecte 
la forme arrondie. 

« Si vous ne les aviez sou- 1rs veux, ces différents noms vous les 
montreraient. 

« En les regardant, les gens du pays qui savent le Passé se sur- 
prennent parfois prononçant ces mois: Kierang-Sremot (les bords de la 
mer). 

(( Autant leur arrive pour les [inouïs hrevanb étendues au Sud el 
dont l'un des groupes, nommé Thma-Angkiang (falaises), dépasse les 
autre-, juste en face de nous. 

n Sauf quelques-unes, les collines, les petites bailleurs, soulever- çà 
el là. semblant les relier, ne se voyaient point. 

ce La mer. autrefois, avait ses eaux bleue- où est l'herbe jaunie entre 
tous ces monts. 

« La puissance d un sainl qui vivait ermite sur des rochers, là toul 
droit au Sud. maintenant Bam-nân, a tout bouleversé. 



i. C'est le Sud du Laos oriental, avec la réspon de Koral el de la 
Nain Moun que le guide Indique ainsi. 



\\IV MISSION l'V\ [E 



« C'est une longue histoire, je l'ai vue écrite ; son titre: Roum-Say- 
Sock, esl connu de tous \ le livre devienl rare, je vais vous en faire un 
courl abrégé, si vous m'écoutez. » 

Unis j'entendis, comme on la lira, l'histoire singulière des deux 
jeunes femmes dont la lutte est, d'après la légende, le motif de la trans- 
formation prodigieuse que le sol de ces contrées a subie. 

Quanl il eut fini, le vieux guide, comme fatigué d'être assis, se leva : 
ses regards se portèrent sur l'horizon, le parcoururent lentement : 

(i Mon doigl \a \oiis montrer », reprit-il, « suivez-le, les points restés 
célèbres depuis l'époque lointaine dont je viens de vous parler. » 

De Thma-Angkiang remontant presque droit sur Teucthio, il indiqua 
successivement Bam-nân avec son temple ruiné: pnom Say-Sock où le 
solitaire prit l'enfant sur le lotus, et il dit : « il y a, prétend-on, sur celle 
dernière colline, prolongement de Bam-nân, au lieu même où était le 
petit asile de l'ermite, une mine d'or qu'on n'exploite plus. » 

Se contentant de nommer pnom Sampou | n'ont du navire) et pnom 
Ivrepculi (mont du crocodile), où Atonn et la barque sont restés, il s'arrêta 
devant kompor, extrémité Nord-Est de Sang-Kebal (le mont où la tête de 
Mika fut exposée), et reprit: 

« Les deux tours élevées sur ce mamelon sont œuvre, l'histoire 
l'ajoute, du fils de Néang Mika. Devenu grand, puis Roi, ayant appris de 
l'aïeul son malheur, il y vint faire une pieuse fête funèbre, 

« On dit aussi qu'il déposa ce qu'il put trouver des restes de sa mère 
sur la hauteur centrale des montagnes de Sysophôn, raison pour laquelle 
elle porte le nom de Néang Mika. 

« Cependant, au sujet de cette sépulture, je n'ose rien affirmer, les 
livres siamois prétendant que Say-Sock lit porter les jambes de sa rivale à 
Kha-Néang (jambes de la jeune femme), la mâchoire inférieure à Bang- 
Kang (rivage de la mâchoire), et le tronc, partagé en huit morceaux, à 
Petriou (huit tronçons). 

« Le dernier de ces points, situés tous trois dans les pays que régit au- 



INTRODUCTION \\y 



jourd'hui le Siam, marque la place d'une ancienne ville de la province de 
Sasongsao. Les deux autres sonl des villages peu éloignés de Pékim : les 
gens qui les habitent disent que comme preuve indiscutable, il- mil les 
reliques sous la main. 

« Il est beaucoup d'autres lieux cjue j'omets volontairement, ne vou- 
lant pas surcharger votre mémoire de noms sans grande importance, 
mais je veux vous faire connaître Buntéay-Néang (camp de la jeune 
femme), le petit rocher entre Sang-Kebal et nous, où Mika se fortifia 
avant d'aller au combat: on l'appelle aussi Kré-Néang (lit de la jeune 
femme), parce qu'elle avait d'un creux du roc fait sa couche. 

« 11 s'y trouve une inscription qu'il faut que vous alliez voir : les sa- 
vants de votre pays pourront peut-être la lire. 

« Ceci n'est-il pas étrange ? La pierre « Kiéram-po » (ventre haché), 
sur laquelle les entrailles furent hachées (elle est très reconnaissable aux 
marques qu\ ont laissés les couteaux), se promène vagabonde: tantôt 
l'un de nous la voit près du Lac ou d'un marais, le lendemain un autre la 
trouvera sur la route ou sur un mont. » 



Suivant le conseil du guide je me rendis au rocher. 

Soulèvement de calcaire coquillier. Bimtéay-Néang, formé de deux 
blocs unis, l'un plus haut de moitié que l'autre, a. à peine. 20 à 30 mètres 
d'élévation; quelques grands arbres qu'il porte et ceux entourant sa base, 
lui donnent, dans la plaine nue. des proportions trompeuses. 

Les abords sont loin d'être séduisants, une couche croissante de limon 
couvre le sable que cachait la mer autrefois. Jusqu'aux approches du 
rocher, des broussailles, des grandes herbes, blanchies de poussière fine 
sont le seul vêtement du sol. 

A la base du côté Sud. un hameau du même nom a ses cases dans 
des jardins, un gros ruisseau, fangeux [tendant la sécheresse, le joint lors 
de la saison des pluies à la rivière de Mongkol-Borey. 

Trois ou quatre prêtres bouddhistes mil leur maison délabrée sur le 
plus petit sommet que des lézardes profondes, de très larges déchirures. 
des crevasses, ornent, comme l'est aussi le plus grand, des lianes et des 



W\l MISSION PAVIE 



petites plantes nées dans l'humus dont elles sont aux trois quarts 
pleines. 

Des blocs de grès fin, les uns sculptés, les autres simplement polis. 
gisenl eà et là. Près de la easc des prêtres, un jeune manguier lient la 
place d'une ruine disparue qui y chancelail encore, au dire de ces der- 
niers, il n'v a pas bien Longtemps. 

Dans la muraille que forme la partie haule du rocher en dépassant à 
pic cette première élévation, une grotte lié- étroite, sans apparence cu- 
rieuse, s'enfonce de quelques mètres. Là une anfractuosité du roc qu on 
ne remarque qu'autant qu'on vous la montre, est le Ivre-Néant:, le lit dont 
parle le roman que le guide a esquissé. 

Sur le sol. une douzaine de statuette-, bois ou grès, mutilée-, -ont 
adossées aux paroi- qu'un suintement calcaire fait luire. 

Dans les creux et dans les fentes sont placées, en grand nombre, des 
petites lasses point couvertes; elles sont à demi remplies des ossements 
calcinés et des cendres des -eus que la morl prend au hameau. 

Au milieu, isole des statue-, sur une grande pierre taillée plate et jetée 
horizontalement sur le sol. une stèle de grès fin est debout, soutenue par 
un caillou. 

Devant elle, les restes de petites bougies salissaient son piédestal: 
elle porte sur une de ses faces une figurine en relief qu'encadre 1 inscrip- 
tion dont il a été parlé. J'en pris religieusement l'empreinte, elle lui plus 
tard traduite, et je sus à mon regret qu'elle n'avait point de l'apport avec 
L'histoire de Say-Sock et de Mika. 

Je voulus aussi connaître, non loin de Sysophôn, le petit mont Sang 
kehal afin d'y chercher l'autel élevé par le (ils à la mémoire de la morte. 

Le gouverneur de Mongkol-borey à qui je m'adressai tenta de m en 
dissuader : 

« Le lieu n'esl plu- fréquenté, les lianes, les broussailles 1 ont tota- 
lement envahi, el » ajouta-t-il, voyanl que je persistais. « un génie 
farouche, inconnu l'a choisi pour sa demeure el le garde. 

« Il \ a six moi- à peine, un imprudent chercheur de nids d abeilles 



INTRODUCTION WVII 



s'étanl risqué aux abords, disparut, \près une attente de deux jours, le 
pays tout entier se mit à sa recherche. Nous le trouvâmes mort, le corps 
debout contre un arbre : le visage tuméfié, noir, ne laissait plus voiries 
veux, la gorge était machurée, le buste entouré de cercles bleuâtres 
comme s'il avait élé lié à l'arbre avec d'énormes rotins, avait l'écorce 
dans les chairs. 

« Sa famille, épouvantée, a quitté noire pays. » 

Il fallut cependant que le pauvre fonctionnaire se décidai à m'y laisser 
aller: il considérait celte course comme si dangereuse qu'il adjoignil son 
(ils aux guides chargés de me conduire el recommanda à mon compagnon 
Biot d'emporter son fusil. 

Biot, que j'ai eu pour premier collaborateur, était un chasseur d'une 
adresse remarquable, les indigènes le connaissaient vite dans les pays où 
nous passions. Dans ces régions de plaines qui entourent le grand Lac où 
le gibier pullule, il augmentait, tout en faisantsa besogne, noire ordinaire, 
celui de nos hommes et souvent celui du village, de lièvres ou de plus 
grosses bètes. On l'aimait pour sa douceur, sa simplicité, sa droiture, 
presque autant que je le chérissais moi-même. Il fut de la Mission trois 
ans. 11 succomba plus lard à la morsure d'un singe. Je dirai ailleurs les 
services qu'il rendit et le bien que j'en pense. 

Nous marchions donc tous trois, lui, moi. le fils du Gouverneur, 
solide garçon de vingt-cinq ans, pénétré de l'importance de sa mission, 
précédés de deux guides, suivis d'un domestique porteur de ma boite à 
insectes. Le sol de la colline, soulèvement calcaire, était par un ardent 
soleil de midi pénible à parcourir: des caillons roulant sous les pieds, des 
broussailles épineuses auxquelles on ne pouvait se raccrocher. 

Parvenu- au sommet, les guides, sans l'approcher, nous indiquèrent 
la ruine. 

Il y avait là un écroulement de blocs de grès taillés, sculptés avec 
cette perfection qui vous laisse songeur devant tout reste d'art Ixlnncr. 
La broussaille avait tout envahi, quelques frangipaniers grillés par le 
soleil étaient tout l'ornement avec leurs rares bouquets. 

Nous étions silencieux, regardant, essoufflés par la montée, épongeant 



WVIII MISSION PAVIF, 



do nos mouchoirs la sueur ruisselant de nos frouls. Biot allongea lebras 
pour tâter quelque chose do luisant dans une cavité sombre, il cul un 
recul électrique : « J'ai touché un serpent. » 

On le distinguait bien. Il dormait enroulé, pelotonne comme un chat, 
mieux comme une panthère. 

Ce n'était pas un boa, ce n'était pas un python, je ne le connaissais 
pas. Je regardai interrogateur noire compagnon indigène. 

Le calme l'avait abandonné, blême, suppliant, évitant de parler, il 
lirait nos vêlements cherchant à nous faire taire, sans bruit, retraite. 

Les guides à dix pas en arrière semblaient épouvantés. Nuire petit 
domestique s'élail approché curieux de voir de près. 

Biol arma son fusil, c'était un Lel'aucheux. 

« Cassez-le » dis-je « sans abîmer la tèle ! » 

Le coup partit. La bête manquée se dressa en sursaut, droile comme 
une barre, la lète à un mètre du sol, effrayée, furieusement menaçante, 
la gueule étonnamment ouverte. 

Le fils du Gouverneur et les guides s'étaient rapprochés à la décharge, 
n'imaginant pas (pie le coup n'eût pas porté: brusquement rejclés en 
arrière ils jetaient des cris désespérés, tentant de nous arracher à un 
danger dont ils se disaient responsables, nous criant le nom : « Pos-vcck- 
pnom ». du serpent, que nous entendions pour la première fois, comme 
s'il devait suffire à nous dire le péril et cassaient, affolés, des branches 
pour s'en faire des armes. 

Biol. interdit d'avoir à bout portant été si peu heureux, arme son 
second coup pendant que la bête donne à sa tête le balancement précurseur 
de l'élan qui la jettera sur celui de nous deux qu'elle croira l'assaillant. 

.le répétai : « n'abîmez pas la lète. » 

Réaction étrange qui met subitement aux cœurs terrorisés la fureur de 
celui qui les glace cl brusquement succombe! nos hommes entendant 
après le l'eu, la crosse du fusil tomber au repos sur le sol et l'ironique 
« voilà » de Biol se retournant vers eux. s'approchent timidement, 
voient le serpent mort, se jettent sur lui. et sans me donner le temps 
d arrêter leur folie, le mettent en pièces à grands coups de bâtons. 



INTRODUCTION \\i\ 



Je pus tout juste sauver la tête pour nuire Muséum. 

On rapporta la dépouille au village. Le fils du Gouverneur et les guides 
racontaient leur exploit montrant à la foule le corps, long de sept coudées 
royales. C'était comme une délivrance, chacun était joyeux. De l'avis 
général le serpent fut reconnu pour l'auteur de la mort du pauvre chas- 
seur d'abeilles. 

Nous avions, chance rare, trouvé un des derniers Najas, ces mêmes 
serpents sans doute autrefois objets du culte aujourd'hui légendaire'. 

Ma visite avait donc, pour seul résultat, détruit ce point de la légende 
d'après lequel la ruine élail gardée. 



M 



J'entendis pour la première fois parler de l'histoire îles « douze jeunes 
filles » en visitanl le petit mont Bakeng, près d'Angkor la Grande. Le 
guide, en me montrant la citerne qui s'y trouve, me dit : 

« Rothisen, le Bouddha noire Maître, esl né là : sa mère et ses onze 
taules furent jetées dans ce puits après qu'on leur cul. à toutes, crevé les 
yeux. » 

C'était là tout ce qu'il savait. 



1. Ophiophagus élaps. C'est probablement le plus gros îles serpents venimeux 
existants. Par s, taille, qui peut dépasser i mètres, il se place au dessus de toutes les 
espèces connues en Indo-Chine et dans les deux mondes. Fort heureusement il est 
rare, je n'ai pu voir qu'un ophiophagus \ ivanl . J'ai pu examiner récemment une tête 
énorme de serpent rapportée par M . Pavic, appartenant à celte espèce. 

On a trouvé des ophiophagus sur toute l'étendue de l'Inde, de l'Indo Chine, de 
la Malaisie, des Philippines et de la Nouvelle-Guinée. Ils paraissent plutôt raies 
partout . 

Les Cambodgiens le nomment Pos veck-phnom, naja des montagnes, d'après 
M. Pavie. (Note sur les reptiles de la Cochinchinc ci du Cambodge, par le docteur 
Tirant. Saïgon, 1885.) 

L 'ophiophagus élaps a également été rené. miré dans cette région par M \\ i ier. 



\\\ MISSION l'WIE 



Plus lard, ii l'entrée des Lacs, demandai)! l'explication des noms 
des villages de: Kompong-Hao (rivage <U-~ appels). Kompong-Leng 
(rivage de l'abandon) et de la montagne de Néang-Kangre) à côté, 
j'appris que de même que la tradition cambodgienne attribue, ainsi qu'on 
le voit dans le roman de Roum-Say-Sock , le reliait, la disparition finale 
des eaux de la mer de eetle partie du pays khmer à un soulèvement du 
sol entre les monts Dangreck et les monts Krevanh, de même, elle donne 
à un affaissement de date plus récente la formation du Grand Lac. 

Ce fait que ces idées sont en accord avec nus théories scientifiques a 
contribué à me faire choisir pour les conter ces deux premiers romans de 
préférence à plusieurs autres ayant aussi un intérêt très vif. 

Néang-Kangrey, c'était le nom de l'héroïne du roman, le rivage 
des appels et celui de l'abandon, qui n'indiquent pas comme c'est 
l'habitude des points habités, sont les lieux où la jeune femme couranl sur 
les traces de son mari, l'aperçut, et l'ayant appelé en vain, se voyanl 
abandonnée, se coucha pour mourir au pied d'un arbre. 

J'ai écrit cette histoire telle que je la reçus alors. Quand, plusieurs 
années après, je parvins a Luang-Prabang, je ne fus pas peu surpris 
d'apprendre que les collines, sur la rive droite du fleme. devant la ville, 
portaient les noms de Rolhisen et de Néang-Kangrey, en souvenir d'un 
passé presque ignoré. Homme je laissais voir le plaisir éprouvé à entendre 
ces noms familiers, le prince laotien qui m'accompagnait me dit : 

« Je viendrai tantôt quand le soleil baissera vous prendre pour une 
promenade aux jardins de Néang Moeri'. la mère de Néang-Kangrey. Ce 
sont les plus fertiles du pays. Les Durions, ces fruits vraiment divins, 
mûrissaient seulement là: le sol des jardins recevait comme engrais les 
entrailles des humains que dévorait la Heine des Yacks. » 

11 me raconta le soir quand j'allai sous les ombrages m'asseoir au 
bord de la plus grande des pièces d'eau embellissant les jardins, comment 
dans une existence suivante, Rothisen, récompensé par le ciel de sa piélé 



i . Santhoméa dans le texte cambodgien. 



INTRODUCTION \\\i 



filiale et de sa courageuse abnégation, retrouva Néang-Kangrey, née dans 
un grand royaume, fille d'un Roi très puissant. 

La manière charmante donl celle exquise petite histoire me fui dite 
vaul que j'essaie de la rapporter : 

« Je ne vous dirai pas Le roman toul entier », conta-t-il, « mais un 
simple épisode montrant commenl se réalisa, pour une vie entière, l'union 
si tristement rompue des deux jeunes époux dont l'histoire vous charma. 

« Nous ne doutons pas, dans tous uns pays laotien-, qu'elle est bien 
véridique, vous l'entendrez partout, au Nord, au Sud. au Cambodge et 
au Siam, et, dans nos vieilles chroniques vous verrez ces noms cités tout 
au début, pour que leur souvenir par le peuple soit gardé. 

Le Prince Rothisen sous un nom différent, dans une nouvelle vie. 
instruit de toutes choses, marchait pour trouver le bonheur. 

Heureux quand il pouvait se rentre utile, dédaigneux dr< séductions 
des plaisirs passagers, il plaisait à tous ceux qui l'approchaient par la dou- 
ceur de son regard, miroir de l'âme, par sa bonté naturelle, sa simplicité, 
enfin parées mille dons ,\[i ciel qui font aux îtres prédestinés à rendre 
les peuples meilleurs comme une invisible auréole d'aimant appelant 
tous les cœurs. 

Il était arrêté au bord d'un ruisseau à l'onde transparente et cherchait 
à cueillir une feuille de lotus pour en faire une tasse el se désaltérer. 

\int une jeune esclave, une cruche sur les bras. 

« Charmante enfant, permettrez-vous que je boive!' Où portez-vous 
cette eau ? » 

Elle puisa au ruisseau, lui lendit le vase iliu r . 1 1 l. 

« Je vien- remplir ma cruche pour baigner ma maîtresse, la fille 
cadette du Roi, Princesse incomparable que tout le peuple chérit, qu'ado- 
rent ceux qui l'approchent. » 

Ayant bu, Rothisen remercia. 

La jeune enfant, versant l'eau sur la tète de sa maîtresse disait : 

« Quand j'ai pui-é cette eau. un Prince étranger, la perfection 



\\\ll 



MISSION l'WIE 



humaine, arrêté sur le bord, m'a demandé à boire, il s'esl abreuvé à ma 
cruche, je n'avais jamais \ u un regard aussi doux ! » 

El tandis qu'elle parlait, l'eau coulait surlecorpset la jeune Princesse 
sentit dans ses cheveux un tout petit objet, le prit, el voyant que c'était 
une bague, la cacha dans sa main, puis dit : 

u Retourne remplir ta cruche, vois si le Prince est encore sur le bord, 
dis-moi ce qu'il y fait ? » 

El pendant que l'esclave allait vers Rotbisen, la Princesse pensait : 

« Ce bijou sans pareil est sûrement la bague du jeune Prince, je 
saurai, parce que va me dire ma suivante, m c'est un audacieux qui ! a 
volontairement dissée dans la cruche, ou, si par le vœu du ciel, taudis 




Fi». II. 



qu'il soutenait de sa main le vase et buvait, elle est tombée de son doigt 
pour venir vers le mien m'annoncer le fiancé que Pra-En me destine. » 



« J'ai », dit la jeune fille, à son retour, « trouvé le Prince, en larme-. 
cherchant dans l'herbe une bague précieuse entre toutes pour lui, don 
de sa mère exauçant tous les souhaits : il m'a prié de revenir 1 aider à 
la trouver. » 

La Princesse pensait en l'entendant : 

Si c'était un audacieux, il eût simplement attendu l'effet d'une ruse 
_ issière, je vois, au contraire, la volonté du ciel dan- ce qui, là. arrive, 



IVl'Unl»! CTIOiN 



XWIII 



cl crois devoir aider à son accomplissement; je sens d'ailleurs mon être 

toul entier sous une impression non encore éprouvée : 
« Va vers le jeune Prince et dis-lui ces seuls mois : 
« Ne cherchez plus, Seigneur, la bagueque vous perdîtes ; vousl'aurez 

retrouvée quand le puissant Roi, maître de ce pays, vous aura accordé la 

main de sa fille, la Princesse Kéô-Fa. Faites doue le nécessaire et taisezà 

Ions ma rencontre, mes paroles. » 

Le Roi, quoicpi elle lui en âge de choisir un époux, ne pouvait se ré- 
soudre à accorder la main de sa jeune fille à aucun des prétendants sans 
nombre qui s'étaient présentés. Pour les décourager il leur posait des 







Fig. I. 



questions impossibles a résoudre ou bien leur demandait l'accomplis- 
sement d'actions point ordinaires. Aussi bien, la Princesse n'avait montré 
penchant pour nul d'entre eux. 

Lorsque Rothisen parut devant la Cour, eut exposé au Roi le but de 
sa démarche. le regard animé d'une absolue confiance, séduisanl par les 
charmes (pie le courage, la volonté, le cœur niellaient sur son mâle 
visage, en toute sa personne, chacun parmi les Grands, parmi les Princes. 
se dit: « Voici enfin celui que nous souhaitons. » 

Kl le Roi pensa : a Je n'ai pas encore vu un pareil jeune homme, sûre- 
ment il plaira de suite à mou enfant. Ne le lui laissons donc pa-- voir dès 



\\\l\ 



MISSION r W 11 



à présenl el soumettons-le à une épreuve qui éloigne encore la séparation 
que tout mon cœur redoute. » 

\lors il demanda qu'on apportai un grand panier de riz et dil à 
Rothisen : 

.. Tous ces grains soûl marqués d'un signe que tu peux voir, ils sonl 
comptés; en ta présence ils vont être jetés par les jardins, par les champs, 
par les bois d'alentour, si. sans qu'il en manque un, lu 1rs rapportes ici 
domain, je reconnaîtrai que la demande vaut qu'elle soit examinée. » 

Kl ainsi il lui fait. 

Rothisen, emportanl le panier vide, retourna au bord du ruisseau, là, 
s'étant agenouillé : 




Fig. 13. 



« () vous tous les oiseaux, les insectes de l'air, les fourmis de la 
terre, ne mangez pas Les petits grains de riz qui viennent de pleuvoir sur 
le sol, secondez l'amour qui me gagne, ne mettez pas obstacle au plus 
cher de mes \ ceux. 

« vous le- Génies protecteurs du pays, si vous croyez que mon 
union à la Princesse pour qui je suis soumis à celle difficile épreuve doive 
être de quelque bien pour les peuples, laites que les êtres animés que j in- 
voque, entendent ma prière. 

« El loi. puissant Pra-En, si la belle Kéo-Fa esl ma compagne desexis- 



INTRODUCTION 



\\\\ 



tences passées, si lu me la destines, inspire-moi pour que je réussisse 
el qu'il mo soit donné de réparer en celle vie les torts que j';ii pu avoir 
cm ers elle autrefois. » 

Tandis qu'il parlait, des gazouillements joyeux éclatèrent dans les 
branches, il était entendu; les oiseaux de toutes -iules apportaient au 
panier les grains de riz dispersés sur le sol ((ig. 12). 

Rothisen les caressa doucement en leur disanl merci. 

Étonné devant le résultat, le Roi le lendemain fil porter le panier 
jusqu'au bord du Grand-Fleuve, les grains y furent jetés à la volée 
(fig. 13), il dit ensuite à Rothisen : 

a Je les voudrais demain. » 




Comme les oiseaux, les poissons servirent le protégé du Ciel. 

Mais quand le compte fut fait, le Souverain dil : 

» Il manque un grain de riz. retourne le chercher. » 



\--N sur le rivage. Rothisen appela les poissons : 

« Se peut-il. nies amis, qu'un grain si 'il égaré? Veuillez l'aller 
trouver dans les sahles ou les vases, partout où il peu! être, même au 
corps d'un des êtres peuplant ces eaux fougueuses qui n'ayant pas en- 
tendu ma prière aurait pu. par hasard, s'en nourrir. Je ne saurais croire 



\\\M 



MISSION I'v\ II 



qu'un méchanl l'ail voulu dérober el le garde. Le bonheur de ma vie tient 
à ce petii grain. Soyez compatissants, faites que je sois beureux. » 

Tous les poissons se regardaienl surpris, quand l'un d'eux caché 
derrière les autres s'approcha: 

« .le demande le pardon car je suis le coupable, voici le dernier grain, 
je l'avais dérobé croyanl que le larcin passerai! inaperçu. » 

Rothisen lui donna, du boul du petit doigt, un coup sur le museau 
(fig. 14). 

Subitement celui-ci se courba chez tous ceux de l'espèce. 

\ ce poisson mauvais envers le Saint qui plus lard devait devenir noire 
Maître, on donna le nom de « nez courbé ». 



■ 

y 

c ■ ] 

^ ~! 

- : — : — 1 



Fis, 15 



( lombien de siècles se sont écoulés depuis ce jour où Rothisen frappa 
le poisson ! 

Son pardon, le «, nez courbé » ne l'a pas depuis obtenu ! 

Cependanl chaque année sa race toul entière, quand viennent les 
pluies indice de la crue, se donne rendez-vous à Kierouil-Kianva, près 
de Pnom-Penh dans notre Grand-Fleuve, peur aller en masse vers le 
temple d'Angkor saluer la statue du puissant Bouddha el y demander 
oubli de l'offense. 

Mais au même endroit viennenl se réunir pour l'empêcher d atteindre 
le but, les bommes du pays: Miniers. Youns, Chinois, jusqu'aux 



I STRODUCTIOX 



\\\\ Il 



Mains i|ui. musulmans, ne suivent pas 1rs lois du Irès-saini Pra-Put. 
Tous se liguent si bien pour barrer le Fleuve avec leurs filets que pas un 
poisson n'arrive à Angkor. Ils ont beau choisir un jour favorable, fondre 
brusquement en une seule colonne pour franchir l'obstacle, efforts mu- 
tiles '. Huit jours à l'avance ils sont attendus, tous sonl capturés. La po- 
pulation rit de leur malheur, ils servent à nourrir le Cambodge entier. 

Rothisen portant le dernier grain de riz au grand Souverain, s'excusa 
avec tant de grâce de l'avoir trop longtemps cherché, que le Roi charmé 
lui parla ainsi (fig. 15) : 

« Je ne désire [dus. Prince aimé du ciel, que te voir trouver, entre une 
foule d'autres, le petit doigt de la main de celle-là que lu me demandes. 



"."■'" • I 

à 






: - , 



• 



• -. i 



' 



îtsirtijroxtMM 



Fig l 



ce Pour eela. demain, avant le repas, toutes les jeunes lillrs des Princes 
el des Grands, toutes celles vivant au Palais passeront le doigt par des 
petils trous perçant la cloison de la grande salle : lu seras conduit devant 
toute la file des doigts allongés, si en le prenant, lu indiques celui de ma 
chère enfant, le repas sera celui des fiançailles, elle sera à toi, mou 
royaume aussi, car afin d'avoir toujours près de moi ma fille adorée, je 
te garderai t' offrant ma couronne el toutes mes richesses. » 



Rothisen, tremblant, la prière au cœur, sans paroles aux lè\ res, passait 



WWIII 



mission i>\\ ii; 



devant les petits doigts, jolis, effilés, plus les uns que les autres ; il \ en 
avail clrs cents cl des cents. 

Bientôt 'il s'arrête devant l'un d'entre eux. Il a aperçu entre ongle et 
chair, un grain de millet. Mie il s'agenouille, le presse et l'embrasse 
tli- Mi) : à ce même moment la cloison s'entrouvre, Rothisen se \<>it 
devant sa fiancée, reconnaît à l'un de ses doigts, sa bague perdue et pen- 
dant qu'heureux doucement il pleure, se sent relevé par le Roi lui-même 



jTp" ■'" r' V; i 







r . ',- 



Fis. 17. 



au bruit harmonieux d'une musique céleste, aux acclamations de la Cour 
en fête (fig. 17). 



Vil 



En 1880. je parcourais en compagnie de M. Aymonicr les montagnes 
séparant le bassin du Mékong de celui du golfe de Siam. Les guides nous 
conseillèrent d'aller visiter le mont Vorvong-Saurivong, sis dans la 
partie méridionale de la chaîne. 

« Il contenait, nous disaient-ils, l'emplacement d'une ancienne ca- 
pitale. » Nous nous y rendîmes. 

Dans le compte rendu du voyage publié dans les « Excursions et 
Reconnaissances de Cochinchine », disant ce que j'avais appris sur ces 
noms, je m'exprimais ainsi : 



INTKolil CTION \\\l\ 



« Le mont ^ orvong-Saurivong est connu de nom clans tout le Cam- 
bodge, et même au delà. A son sommet, dit un manuscrit très répandu, 
des rochers forment un rempart circulaire naturel qui fut autrefois une 
forteresse redoutable. D'après la légende, un usurpateur nommé Yey- 
\ ongsa y eut sa résidence, les princes ^ orvong et Saurivong, fds du Roi 
légitime, l'ayant vaincu et mis à mort, donnèrent leur nom à la mon- 
tagne. 

« Des roches presque alignées se soulèvent en effet sous les pins, 
mais elles sont basses, espacées, et ne forment pas d'enceinte. 

« Le guide montre le lieu où la belle Monléa, la mère de Vey-Vongsa, 
fut conduite pour mourir et. en racontant ce qu'il sait, fait faire le tour 
du rocher sous lequel fut placée la tète du vaincu cl plus loin l'énorme 
bloc qui recouvre son corps. » 

Ces quelques détails m'avaient donné le désir de savoir l'histoire 
toute entière. 

Ce fut un soir de l'année suivante que je la connus. 

La pluie à torrents subitement tombée m'avait empêché de rejoindre 
le petit village où mon compagnon Biot m'attendait pour le repas et pour 
le couchage. 

J'étais réfugié avec Kol. un jeune interprète, dans une case pour les 
voyageurs construite sur la route dans le pays cambodgien de Somrong- 
long. 

Quand la pluie cessa, la nuit était noire, je me résolus à m'endormir 
là. Kol fut au plus proche hameau dire mon embarras. 

Ce n'était pas loin. Des femmes arrivèrent apportant sur des plateaux: 
du riz. du poisson, du (lié et des fruits, puis, reparties, elles revinrent bien- 
tôt avec des nattes et des oreillers, s'assirent regardant avec complaisance 
combien celui qu'elles >ervaienl paraissait heureux de leur gracieuseté. 

Parlant gentiment elles disaient entre elles pour que j'entendisse : 

» L'oncle Nop est venu ce soir, du village voisin, dîner au hameau. Il 
\a nous lire après le repas l'histoire des deux frères \ orvong Saurivong. 
Si nous proposions à M. Pavie de venir chez nous entendre le conteur? » 



M, MIS ■|n\ p\\ IE 



Comme j'étais heureux de ces bonnes paroles et avec quelle joie je 

>ui\ is leurs pas? 

( »u me fit asseoir toul près du vieillard. 11 semblait joyeux de me voir 
venu. Ses larges lunettes ajoutaient une grande bonhomie à son regard 
doux : je le vois encore disant, quand je serrais sa main amaigrie : » vous 
m'excuserez si ma voix chevrotte ». 

A ee moment Biof nous arriva avec l'interprète apportant des vivres. 
Toul le monde riait de son air surpris. On lui faisait place, je disais à kol : 
« \ous lui traduirez tout bas sans rien déranger ». 

L'histoire commença. Je jetais, tout en écoulant, les yeux sur ceux 
groupés près de nous. Tous bien attentifs donnaient leurs oreilles au 
vieux, avaient les \cux vers moi. Content auprès d'eux, j'étais recueilli. 

L'oncle Nop disait les vers cambodgiens nasillant un peu mais avec 
un charme qui touchait le cœur. Aussi bien, le texte tenait l'auditoire 
ému, silencieux. 

Il s'interrompit aux sanglots subitement entendus derrière un rideau 
où je devinai qu'étaient les jeunes filles. 

( l'était à ce passage du prologue où. avant de mourir, les deux petits 
princes, héros du roman, priaient les génies des bois pour leur mère. 
tombée sur le sol devant les bourreaux. 

Chacun en même temps dit son impression, l'un admirait le beau ca- 
ractère des enfants chéris de la Reine, l'autre complimentait le si bon lec- 
teur tandis que la plupart demandaient la suite. 

Mais, sans doute, s'arrêter un peu, aux passages poignants, c'était sa 
manière de prendre son public car. après une tasse de thé hue. il demanda 
la boite au bétel, rappelant à tous qu'il avait déjà, il y a dix ans. lu la même 
histoire dans celle même maison. 

« Lcsjeunes d'aujourd'hui ». lui répondait-on, a étaient trop petits pour 
avoir gardé l'exact souvenir de votre récit: excusez-nous donc si nous 
vous pressons, rafraîchissez-vous, prenez votre temps, mais que l'histoire 
entière nous soit lue ce soir. Aussi bien notre hôte vous prie avec nous : 
unis ne sauriez pas le laisser partir sans l'avoir achevée ». 

Je joignais, moi-même saisi par l'attrait du louchant roman, mon désir 



[NTRODUCTIOK xli 



à toutes leurs instances, et Le bon vieillard, heureux de nous voir ainsi sous 
le charme, continua, ne s'arrêtanl plus qu'à la lin des actes pour prendre 
unegorgée de thé refroidi cl pour m'expliquer lc> passages qui lui parais- 
saient difficiles à comprendre pour un homme dont l'éducation différait 
si profondément de celle du pays. 

.1 entendis ainsi sa manière de voir sur ce dogme sage et généreux, la 
métempsycose qui, Ki-I >;i- . laisse le calme dans les plus grands maux. 
donne le courage, adoucit les mœurs, rend les peuples bons. 

« ^ mis voyez combien la pensée que tous leurs malheurs son) l'expia- 
tion de fautes même les plus petites dans une vie passée, aideVorvong 
et Néang Kessej à en supporter le poids écrasant, sûrs, en même temps, 
que leur achèvement marque le pardon. 

« El quel sentiment d'intime bonheur ajoute à l'amour de deux jeunes 
époux la pensée que cette existence n'est pas la première ensemble \ écue. 

« Seul, un point donne un vrai regret : la mémoire se perd entre 
chaque vie ! » 

Il acheva ainsi de lire toute l'histoire. En le remerciant je lui 
demandai de me confier le vieux manuscrit sur feuilles de palmier qu'il 
nous avait lu. 

« Simplement ». disais-je, « le temps juste d'en prendre copie. J'ai le 
vil désir d avoir en mes mains une >i charmante œuvre pour la reproduire, 
si je puis plus lard, par nos procédés faciles d'impression e( en répandre 
dans tous vos villages beaucoup d'exemplaires. » 

11 me le tendit, le recommandant comme un trésor cher à lui, aux 
gens du paj s. 

Tous avec le vieillard lisaient dans mes yeux, mieux (pie mes paroles 
ne savaient le dire, combien j'appréciais celte marque de confiance, 
et mon grand désir de mener un jour à la fin voulue le souhait né près 
d'eux. 

Aujourd'hui, dix-sept ans se sont écoulés, quelle joie je ressens de 
1 accomplissement ! 

« O cher pays Khmer. comme je revis dan- tout ce passé' ! » 



\l H MISSION l'W il-: 



VIII 



Ainsi que pour les romans de « Roum-Say-Sock » et des « Douze 
jeunes filles » j'ai résumé celui de « Néang kakey » après L'audition 
du récit. 

Dans celte petite histoire, très connue au Cambodge, au Laos el au 
Siam. est mis en scène un personnage de la mythologie indoue, le Krouth, 
ou Garouda, l'oiseau céleste qui n'a pas de rôle dans les précédents. 

Lorsque j'en rédigeai le court exposé j'étais à l'époque où j'allais trou- 
ver dans la traduction des chroniques laotiennes une occupation qui me 
prendrait, toutes entières, mes heures fibres, 

,1e n'eus pas dan- la suite l'occasion de me faire conter le roman 
en détail pour le présenter -mis une forme plus complète. 

» Néang Rakej » termine une étude dans laquelle, comme dans celles 
qui la suivront, je retrouve une vie d'activité et d'entraînement semée 
d'inoubliables épisodes, au milieu de populations, sympathiques à l'ex- 
trême, à qui j'ai l'ardent désir d'intéresser tous ceux qui me liront. 



IX 



Le texte fiançais des « Douze jeunes filles » et de « Néang Kakej » 
m'a servi à rédiger les textes cambodgien, laotien et siamois. J'ai été 
aidé dans ce travail par deux de mes compagnons khmers. les secrétaires 
\gin et Som. 

Le texte français de« Vorvonget Saurivong » est, au contraire, la tra- 
duction du texte en vers du manuscrit du vieil oncle \op, de Somrontong. 

Afin de pouvoir rendre sans retard le précieux livre, je le fis copier à 
Battambang où je passai quelques jours après. 



INTRODUCTION XL1II 



Les illustrations dont les originaux sont tous en couleur sont la copie 
de fresques ornant des temples de celle dernière région. 

Les dessins des trois autres romans ont été laits d'après les textes : 
ceux de « Roum Say-Sock » à Bangkok, ceux des « douze jeunes filles » à 
Sysophôn, ceux de « kakey » à Pnompenh ; ils donnent donc une idée 
générale de la manière dont le dessin est compris dans l'ensemble 
du pays. 

La traduction de « Vorvong et Saurivong » a été laite par lambeaux 
aux moments de loisir, de 1889 à 1894, avec l'aide successive de quatre 
de mes collaborateurs cambodgiens : MM. Ouni à qui revient la plus 
grande pari, Takiat, Tchioum et Ghiaup. 

La rédaction du texte français n'est pas une œuvre de linguistique 
elle est toute de vulgarisation, on n'y cbcrcbcra donc pas le mot à mot. 

Je viens de citer quelques-uns de mes compagnons cambodgiens, il 
me parait bien (pie dans ce livre, écrit pour leurs compatriotes, je fasse 
connaître que nombreux sont ceux qui ont aidé au succès de mes missions. 

En août 1 885. le général Bégin, alors gouverneur de la Cocbincbine et 
du Cambodge, satisfait de ma collaboration dans ce dernier pays, me 
demanda comment en récompense il pourrait m'être agréable, ayant 
confiance que ce que j'indiquerais serait surtout utile. 

■le venais précisément de recevoir de M. Félix Faure, alors Sous-Se- 
crétaire d'Etat des Colonies, l'approbation de mes propositions relatives 
à la poursuite de l'œuvre à laquelle je m'étais altacbé en même temps que 
ses félicitations pour mes missions précédemment accomplies. 

Depuis onze ans je n'avais pas revu la France, le moment élail venu 
d'y aller faire provision de santé. 

J'avais souvenleu l'occasion de reconnaître que ce qui fail le plus défaut 
aux missionnaires de mon genre c'étaient les collaborateurs indigènes, 
sorte de disciples aptes à toutes les fatigues. 

.1 avais par ailleurs reconnu chez les kbmers les qualités de cœur qui 
rendent capable de tous les dévouements. 



XLIV MISSION m\ II. 



D'autres voyageurs avaient eu aussi l'occasion de constater tout ce 
que \aul le tempérament cambodgien, en particulier M. Aymonier, dont 
lis collaborateurs lvlnners, venus me rejoindre quand il quitta le pays, 
furent, avec ceux qui m'avaient suivis jusqu'alors, la hase de la milice 
cambodgienne quand des troubles éclatèrent. 

Je soumis au général mon idée d'emmener en France un groupe de 
jeunes Khmers que j'y laisserais en la quittant. 

« Ils y apprendront ». lui dis-je, «< à connaître notre pays. Quand ils 
se seront un peu familiarises avec notre langue, nos idées, le momenl sera 
venu pour eux de me rejoindre dans les régions que j'aurai étudiées. >i 

11 fui fait ainsi. 

Treize jeunes gens partirent a\ec moi. Je les axais recrutés en quelques 
jours dans les bonnes familles du Cambodge, el de préférence choisis 
parmi ceux parlanl la langue thaïe el pouvant ainsi servir au Laos dès 
leur retour en [ndo-( ihine. 

Leur groupe, grâce à l'accueil bienveillanl de deux Sous-Secrétaires 
d'Etal des Colonies, successifs. MM. Armand Rousseau el de La Porte, 
forma, sur la proposition du général, l'Keole Cambodgienne de Paris 
transformée depuis en Feule Coloniale (lig 1). 

J'avais obtenu avant mon départ, de M. Le Myre de Vilers, ancien 
Gouverneur de la Cochinchine, qui avait le plus favorisé mes débuts 
d'explorateur et à qui je devais mes premières missions, qu'il se chargeât 
delà haute direction de ceux que je quittais, en attendant l'organisation 
définitive de l'École. 

Retournant en Indo-Chine après trois mois de séjour en France. 
j'emmenais les deux plus âgés. 

Trois ans plus tard en juin 1888, le général Bégin, commandait en 
chef le Corps des troupes de l'Indo-Chine ; j'avais, sur notre commune 
demande, été mis à sa disposition par le département des Affaires Etran- 
gères pour la pacification des territoires de la Rivière Noire. 

Je lui demandai de mettre à ma disposition les Cambodgiens déjà 
revenus de France qui voudraient marcher avec moi el ceux instruit- au 
( lambodge également désireux de me suivre. 



INTRobI CTI01V 



\l.\ 



Quinze jours après. M. Jammes, directeur de l'École de Pnompenh, 

m'amenait à Hanoï onze jeunes gen>. a\ec lesquels je prenais. le mois 
suivant, congé du général (fig. 18). 

Pas un n'a manqué à la tâche rude acceptée en sui\anl les Membres 
de la Mission. La plupart n'ont, depuis, pas revu leurs familles, Douilh ( t 
Seng ont été emporté par la fièvre au cours d'explorations pénibles, 




Rs. is '. 



Cliaun est mort des blessures reçues lors du massacre de M. Grosgurin 

qu'il accompagnait. Kiéen a succombé aux suites d'une longue captivité. 

Leur rôle souvent de dévouement, quelquefois héroïque auprès de 

i. Les figures i>nt été]exécutées d'après des photographies de MM. Pavie (i et 
Messier de Sainl James, capitaine d'infanterie de marine, membre de la mission (3 
et 18), Stoecklin, commis principal <li's télégraphes (4). Docteur Ycrsin (.">), 
Docteur Lefèvre (6), Brien, inspecteur des postes cl télégraphes (7, 8, 9, 10). 

f 



MAI MISSION PAVIE 



moi el de mes compagnons français, aura sa place au cours de celle publi- 
cation ainsi que celui de beaucoup de leurs compatriotes, de précieux 
auxiliaires annamites, laotiens cl chinois cl de leurs camarades morts 
au devoir: qu'aujourd'hui, dispersés dans les divers centres tic ces terri- 
toires qu'ils ont aide à l'aire français, ils reçoivent ce premier témoignage 
de leur mérite. 



Les points géographiques, historiques cl Légendaires cites dans ce 
m il unie figurent tous sur la petite carte physique de l'Indo-Chine orien- 
tale qui y est jointe. 



NÉANG ROUM-SAY-SOCK 



NÉANG ROUM-SAY-SOCK 



Riches marchands de Thma-Angkiang avant du sang royal, les parents 
de Réachkol conduisirent leur fils à un ermite célèbre, pour qu'il relevât 
dans la sagesse et les sciences et en lit un homme capable de marcher de 
bonne heure dans la vie (iig. I |. 

Le religieux n'était pas seul dans sa retraite. Néang Roum-Say-Socl 
(la jeune fille aux cheveux dénoues i. qu'il avait, petite, trouvée sur une 
finir de lotus fraîche éclose, y grandissait sous sa garde. 

Retournant au pays, son éducation terminée, l'élève emmène Roum- 
Say-Sock, à laquelle, en la lui donnant pour femme, le vieillard a fait 
présent d'un incomparable bijou, pour maintenir ses longs cheveux. 

Réachkol quitte, peu après, parents et compagne, et. vers les rivages 
de Korat. va vendre le chargement d'un navire que son père lui équipe. 

Là, en abordant, il voit et aime Néang Mika, plus jeune fille d'un 
vieux roi. qu'il surprend, se baignant. 

Ce n'est qu'après leur mariage, que Réachkol ose lui avouer qu il a 
en son pays une épouse, complètement oubliée du reste. 

Ils sont ainsi heureux trois ans : puis la jeune femme devenant mère, 
croit, comme son mari le lui démontre, qu'il serait bon qu il s en allât, 
pour donner richesses à l'enfant, aux côtes de l'Est, échanger sa grande 
barque pleine de marchandises. 



MISSION l'WIK 



Bienlôl le navire chargé part. Mika, fort occupée à l'encombrer de 
provisions, toute aux dernières caresses, tout entière aux adieux, songe 
seulement, l'ancre levée, qu'il se pourrait qu'elle soit Irahie. 

Elle court, par une angoisse subite étreinte, vers un très haut édifice 
d'où l'on domine au loin la nier, et en atteint le sommet, à l'instant même 
où Réachkol, ne se croyanl pas surveillé, abandonne le chemin de l'Est 
pour courir à toutes voiles au pays où son retour rendra le bonheur à sa 
famille et à Say-Sock, 

De grosses larmes coulent de ses veux sur son enfant. A oilà donc tous 
ses rè\es d'heureux avenir détruits! Tandis qu'elle pleure le passé, la 
plus farouche colère vient s'emparer de sa raison. 

Sûrement, elle va bien savoir empêcher celui-là qui brise sa vie, 
d'avoir joie quand elle a peine. 

Atonn, le crocodile que depuis l'enfance elle nourrit, la vengera 
rapidement et beaucoup mieux (pie personne. 

Incontinent elle lui crie : « Pars, poursuis, atteins, dévore Réachkol 
qui. pour une autre, me laisse avec mon petit enfant. » 



L'ahsence longue de Réachkol a mis une morne tristesse sous le toit 
de Thma-Angkiang : boum-Say-Sock seule ne croit pas que les flots ont 
pu lui prendre son mari. L'ami de ses jeux d'enfance reviendra, elle en 
es) sûre, et sera le compagnon des vieux ans. 

Chaque jour elle se rend, pour s'y baigner, sur la plage où ont eu 
lieu les adieux, interrogeant l'horizon ardemment, captivée et longuement 
arrêtée, au grand ennui des suivantes peu discrètes, par toute voile, qui, 
dans le lointain, blanchit, s'approchant. 

Ce fut par un très beau jour, air pur et vent frais, qu'elle s'écria toute 
troublée: « Le voici! ne reconnaissez-vous pas la barque? à la finesse 
de sa coupe personne ne saurait douter. » 

Sa joie éclate délirante : on accourt. 

« Oh ! c'est lnen bu : vovez-le à l'arrière ! 



NÉANG IUUM SAY-SOCK 



« Mais pourquoi ses matelots sont-ils agités ainsi? Pourquoi, par ce 
« temps superbe, grimper aux mâts, redescendre, courir à droite et à 
« gauche affolés? Est-ce que d'un danger quelconque le navire a la 
« menace ? La crainte vienl chasser ma joie, j'ai très peur ! 

« "\ oilà abandonnés les bateaux à la remorque : maintenant on jette à 
« l'eau les cages où sont poulets et canards (fig. *2) ! 

« Mon cœur, que l'inquiétude tourmente depuis si longtemps, se 
« hrise : j'aperçois dans le sillage, le monstre, cause de leur trouble, .l'ai 
<( cru voir \enir le bonheur, c'est la mort ! » 



Dès qu* Atonn a paru. Réachkol a crié : 

« Cesse de me poursuivre, Atonn : tu ne reconnais donc pas le mari 
« de la maitresse? » 

— « J'obéis à celle qui me nourrit, je ne connais qu'elle. » 

Réachkol comprend. Pour accélérer la marche, il laisse au gré des flots 
les petites barques remorquées, puis, espérant que le saurien s'attardera 
à manger, lui fait jeter la cage qui tient les poulets, ainsi que celle des 
canards. 

Ces efforts pour échapper ont mis Atonn en fureur ; il ne lui faut plus 
qu'un bond pour atteindre le navire. Se tournant vers le rivage où il 
reconnaît sa femme, Réachkol, résigné, fait de la main à Say-Sock un 
signe de dernier adieu. 

Elle, désespérée, cherche machinalement une arme ; faisant crouler 
en manteau ses cheveux sur ses épaules, elle leur arrache le bijou, stylet 
d'or, lourd de diamants, don du vieil ermite, et invoquant tout en pleurs 
son père adoptif, lance vers la bête monstrueuse le précieux joyau. 

A vingt pas en avant d'elle, le stylet tombe dans la mer. 

Alors, inoubliable prodige ! sa pointe, au fond à peine a touché le 
sable que le sol, chassant les eaux, se soulève et de Thma-Angkiang aux 
Dang-Heck. se montre nu. 

2 



10 MISSION PAV1E 



En môme temps, la foule attroupée sur le rivage, voit Réachkol accou- 
rir vers Say-Sock du haut d'un bloc de rochers où son navire esl resté. 

Non loin sur un autre monticule, Alonn. foudroyé, expire, s'écrianl : 
K Maîtresse, je meurs : vemjez-moi! » 



Néang Mika à levé une troupe d'hommes considérable : à sa tête elle 
est partie (fig. 3) et, à mi-chemin de Ixorat. aux monts Krevanh, dans 
l'immense plaine que la mer vient de quitter, au rocher appelé Bunteay- 
Néang, ellea planté son étendard, s'est fortifiée, puis a expédié à Réachkol 
courrier porteur d'un message appelant Say-Sock au combat. 

Le défi est accepté : la jeune femme a réuni des combattants en grand 
nombre : Réachkol la laisse aller, disant : « Adieu et succès ». 

Ïha-Moeun, guerrier vieux mais plein de feu, va en avant reconnaître 
les forces et la position de Mika. 

Celle-ci veille : elle le chasse, le poursuit, ne s'arrête qu'en vue du 
camp de Say-Sock. 

Ce début rend inquiète la troupe de Thma-Angkiang : il faut toule la 
fermeté de Tha-Kray, autre chef d'une grande valeur, pour la mener au 
combat. 

Ce que voyant . Roum-Say-Sock se rappelle le solitaire : 

« Fais que je sois le vainqueur, » s'éciïe-t-elle, « je te promets 
pour prier, un temple sur la montagne! » 

Puis, couverte de ses bijoux, montée sur un beau cheval comme Mika. 
elle prend des mains des suivantes, les armes superbes qu'elles lui ten- 
dent : sabre et lance, cl se jette dans la mêlée pour v joindre sa rivale 
(fig. 1). 

Si braves qu'ils soient, les guerriers sous les bannières des deux 
femmes, n'ont point leur ardeur, il s'en faut : aussi, dès qu'elles sont aux 
prises, s'écartent-ils. songeant, presque tous, à fuir, si leur chef a le 
dessous. 



M : l\\(. ROI M-S.VY SOCK 15 



Ce qu'elles se disent d'injures, loul en se portant des coups, après s'être 
regardées (et elles ont été surprises de leur mutuelle beauté, Réachkol 
ayant à chacune fait un laid portrait de l'autre), ne se peut imaginer. 

La fatigue semble sur Say-Sock n'avoir pas le moindre effet : on dirait 
en la voyant, qu'elle se croit invulnérable. Mika, au contraire, blessée, 
sent ses forées la trahir. Si ses gens, reprenant le combat, la couvraient 
un instant, un peu de repos (pense-t-elle) la ferait ensuite quasi sûre de 
l'emporter. 

Elle jette un furtif regard sur les chefs cl leurs soldais, devine de 
l'hcsilalion. les appelle. Eux. loin de prendre l'offensive et de lui faire un 
rempart de leurs corps, s'enfuient, non vers le camp où ils pourraient se 
défendre, mais dans toutes les directions. 

Si d avance la vaincue ne le savait, les cris féroces que la victoire lait 
pousser à Say-Sock, lui diraient qu'elle n'a point à espérer de merci. 

Succombant, près de périr, voilà qu'elle songe à l'enfant laissé au 
grand-père! Elle veut le revoir encore! Jetant ses armes, elle s'élance, 
poursuivie, au grand galop du cheval vers les monts (fig. 5). 



H n'était point facile de se cacher dans ce pays neuf, vierge alors de 
végétation. Koum-Say-Sock atteignit sa rivale dans le Véal-Néang-Ioum 
(plaine de la jeune femme en larmes). 

Elle l'emmena enchaînée à son camp (fig. li). l'y tortura à loisir 
(fig. 7). ht ensuite tomber sa tête, qu'au bout d'un fort long bambou, on 
éleva au sommet d'un montagne rapprochée, qui prit pour nom Sang- 
kehal'. 

Puis, arrachant elle-même au ventre de la morte ses entrailles, les lit 
hacher liés menu par des hommes, et jeter au loin sur le sol (fig. 8). 



1 . Elévation de la létr 



h, MISSION PÀVIE 



Après cnioi s'en retourna triomphante au pays (fig. '.M. où elle trouva 
Réachkol sur le trône, le roi élanl morl sans enfants. 

l'on-, deux se rendirent en pompe aux pieds du a leux solitaire et, pour 
tenir la promesse faite au momenl du danger, édifièrenl sur la colline, 
dès lors appelée Bam-nân (vœu), le superbe temple îi neuf tours qu on j 
voit. 

Depuis cel événement, le nom de Mika esl devenu au Cambodge 
s\ non vine de concubine. 










> e* h 






1 

^V^ 



. 



1 






- 






Shc 



wr 










• 
















NI 










^!<v 



^rTC:^ 



X>- A 







i , -- 



' - 



---- - - 



■ 

x ■ 




LES DOUZE JEUNES FILLES 



LES DOUZE JEUNES FILLES 




Fis. I 



Un pauvre bûcheron, père de douze filles, jumelles deux par deux, 
poussé par une affreuse misère, soumil à sa femme celte idée (fig. 1): 



30 



MISSIOÏS l'AVIK 



.1 Nous ne pouvons voir plus 1< niirl tiups uns enfants souffrir avec 
nous les tortures de la faim : si j'allais les perdre dans Les bois, les 
génies, j'en suis sûr. écoulant nos prières, les prendraient sous leur 



garde. » 



K// fh 




Fis. 2. 



Et quelques jours après, la femme ayant cédé, il mena ses filles vers la 
t'oièl pour chercher du bois mort et les abandonna (iig. 2). 

Conduites par Néang-Pou, la plus jeune, elles retrouvèrent leur route 
et revinrent à la case: le père les perdit de nouveau. 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



31 



Lne reine de \ack' les rencontra mourantes, leur montra son palais, 
leur offrit un asile (fig. 3). 

Cette reine se nomme Santhoméa, elle est veuve et a une tille tout 
enfant. 

Elle ordonne qu'on s'empresse autour du troupeau humain qu'elle 
amène, veut qu'on y veille de près, se promettant de succulents repas 
après quelque temps de bons soins. 




Au bout d'un séjour assez long pendant lequel elles oui grandi, sont 
devenues d'admirables jeunes filles. Santhoméa commande au'on éeoree 
l'aînée, et. pour se mettre en appétit, monte sur son éléphant et va se 
promener. 



1. ^ ack, Yacksas, Mythologie de l'Inde; monstres se nourrissant de chair 
humaine. Les osrres de nos contes de fées. 



32 



MISSION PAVIE 



1 n génie sous la forme cl un rai blanc creuse un trou sous la muraille 
du palais, prévienl les douze sœurs du sort qui les attend et, au moment 
où l'ogresse passe la grande porte, les fait fuir el leur indique un chemin 
sûr. 




Fis i 



Santhoméa, à son retour, en proie à une furieuse colère, roue de 
coups ses gardes, et, lance, mais en vain, ses serviteurs à la poursuite des 
enfants du bûcheron i fig. i ). 

Plus tard, elle apprend qu'un matin, les esclaves du nu d ^.ngkor, 
venant à la fontaine pour y puiser tic l'eau, les oui vues endormies sur 
les branches d'un grand arbre, où, harassées de fatigue, elles oui passé la 
nuit (fig. .'i ) : que le Uni. prévenu, épris de leur beauté, leur a ouverl toute 
grande la porte de son harem, qu'elles -mil ses favorites (fig. 6). 



LES DOUZE .lEI NES EILLES 



i "'■' WS tiH\fi 



~ J ' 



Wm frtà K 



f 





1 ■'- 




I I I I IT 



1 1 



mission l'wn: 



La reine des Yacks confie son enfant à ses gens, prend la forme 
d'une éblouissante princesse cl vienl s'asseoir près de la même fontaine 
(fig. 1). 

Elle est, comme les douze jeunes filles, conduite devanl le prince, 
supplante sans peine les naïves favorites et obtient du monarque incons- 
tant qu'elles seront descendues dans une citerne aband< ée ( fig. s (. 

\ l'insu du roi, elle exige des gardes chargés d'exécuter l'ordre 
qu'avant de les descendre dans le caveau, on leur arrachera les veux 
(fig. 9, 10. I I). 




Fis. 



Puis, ne les perd pas de vue dans le tombeau où elles vivent. 

Toutes \ sont entrées enceintes. 

Santhoméa veille à ce qu'on ne leur donne qu une nourriture 
insuffisante; clic les en prive .même totalement pendant la période des 
couches, et, les malheureuses dévorent, à mesure qu'ils naissent, les 
enfants les unes des autres (fig. 12). 



i.ks oorzE .11:1 \i:s kili.es 



35 




Fis. S. 




Fis. 0. 



36 



MISSION l'W 11: 



Siiilc Néang-Pou, la plus jeune, parvient à sauver le sien : elle 
déclare qu'il est venu au monde morl el présente comme preuve, à ses 
sieurs affamées, des restes en putréfaction qu'elle avait mis de côlé 
(«g. 13). 




-*S^ 



'Y 



f 




Fi», lu. 



Soit par ruse, soit par oubli des bourreaux. Néang-Pou a conservé 
son œil droit: elle rend mille services aux aveugles; aussi, lorsqu'un peu 
de subsistance arrive, Santhoméa se croyant sans doute débarrassée des 
enfants, toutes au comble de la joie, se privent pour élever 1 enfant, dont 
leur sœur leur l'ait connaître l'existence (li^. I \ )■ 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



37 



A 




Fi K . 11. 




Fia I -' 



38 



MISSION l'Wli; 



Elles le nomment Rot-thi-Sen. adolescent, il parvienl à sortir à volonté 
du caveau cl y rentre sans èlrc vu. 

En jouanl avec les autres enfants, il gagne ce qu'il faut pour acquérir 
un superbe coq de combat qui, toujours vainqueur, donne à son maître, 
par ses succès, le moyen de revenir le soir, courbé sous les provisions 

(fig. 15). 

Depuis longtemps déjà, l'abondance est dans l'abominable prison, 
quand un jour Sanlhoméa. attirée à sa fenêtre parle bruit que l'ail la 




Fis. 13. 



foule autour d'un combal de coqs, examine Rot-thi-Sen el lui trouvant 
une ressemblance qu'elle ne peut pas s'expliquer, le l'ait suivre, puis le 
lendemain appeler à son palais (fig. 16). 

Elle a. lui dit-elle, un écrit important pour une région lointaine et le 
choisit pour courrier. Si le résultat montre son intelligence, sa fortune 
sera grande. 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



39 




Fig. 14. 




"ifefc 




Fi S . la 



,_' '"y y~ï •|' Jf ~V-y-j. 



il 



iO 



MISSION PAVIE 



On le couvre d'habits princiers ; il parla cheval el seul. 

I n jour, harassé, Rot-thi-Sen dorl sous un arbre; un er mi le passe, 
s'approche, prend au cou du cheval le tube de bambou dans lequel se 
trouve la lettre, enlève le sceau el lit l'écrit. 




^^■^U^sf-v- 



É 



n • S rV ^ -C;~ - 



rv „>* -^r-i 



Fi S . 10. 



adressé par la reine des Yacks à sa fille, il ne contienl que ecs mol: 
o Siini ce jeune homme arrivé, fais-le hier. » 
Le solitaire déchire la missive el la remplace par celle-ci : 
« Siini ce prince arrivé, épouse-le. » 
El replaçanl habilemenl le sceau, il continueson chemin (fig. 17). 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



Néang-kang-Rey, gardée par les Yacks dans le palais de sa mère, est 
une adorable enfant à L'étroit dans ses jardins. 

Elle éprouva un grand double le malin où le bruit l'ail par Rot-thi-Sen 
à la porte dont on refusait L'entrée, l'amena en face de lui (fîg. 1,S). 

Celui-ci de son côté, à sa vue. se sent tout interdit : descendant de 
cheval, il salue, met L'écrit sur le plateau qu'on présente et suit vers la 
grande salle son incomparable guide. 

o le 





'•■fi 







Wm> 











\ssis en lace I un de L'autre, 1res émus, ils attendent le contenu de la 
lettre que, devanl lous. un vieux serviteur va lire (fig. 19). 

La lecture esl à peine faite qu'un tumulte joyeux ('claie : en un instant, 

à I exemple de la jeune fille, le palais loul entier esl aux pieds du nouveau 
maître. 



i2 



MISSION l'Wli: 



Les Longues cérémonies terminées, le gracieux couple s'échappe, dis- 
paraît sous les grands arbres : Nang-Kang-Rey veut montrera sou mari 
ses jardins immenses, leurs pièces d'eau, les édifices -ans nombre donl 
ils sonl tout parsemés (fig. 20). 

Leur promenade va s'achever lorsque la compagne de Rot-lhi-Sen 
s'arrête indécise, très inquiète, devanl la porte close d'une petite case 
isolée. 

« La dernière fois que ma mère est venue ici me voir, elle m'a dit: 




■jjr isv- 



Fi S 1S. 



a S'il t' arrive de révéler le secret enseveli sous ce toit, le malheur etla 

a moil seront sur nous. » 

La clef trembledans sa main : Rot-thi-Sën la rassure : 

« N'ouvre pas. contente -toi de me dire ce que cache la maison. Si 

j'avais été ici, lorsque ta mère t'a quittée, elle m'en eût, bien sûrement, 

aussi confié la garde. » 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



« 



Elle se rapproche de lui : 

ce Sur une lable, dans un vase d'argent doré, les yeux de douze 
jeunes femmes -"iil pêle-mêle; un flacon à côté contient le remède 
pour les l'aire revivre et les remettre à leurs places. 

« Entre le \;ise el le flacon, le bâton magique de ma mère sépare 
les yeux du remède. » 

Le visage de Rot-thi-Sen subitement s inonde de larmes. 

« Qu'as-tu, maître », lui dit-elle, « aurais-ie donc ilù me taire? 
(fig.21).» 














Fis. 19. 



Surmontant son émotion, ill'èntraîne. 

Et, le soir, en mangeant, l'enivre, l'endi ni . s empare de la clé, puis des 
yeux, du remède el du bâton, et, s'enfuil après avoir déposé un baiser sur 
le front de l'innocente fllle de la reine Sanlhoméa (li;. r . 22, 23, 24 et 25). 



MISSION PAV1E 




Fig. 20. 




Fig. .M. 



LES DOUZE JEI'NES EU. LES 



45 




Fig. 22. 




46 



MISSION l'WIK 



S^i 




Fig 24. 







Fig îâ 



LES !)()[ ZE JEUNES FILLES 



47 



A son réveil. Néang-Kang-Rey monte à cheval et suivie d'une foule 
de serviteurs, courl sur les pas de son mari (fig. 26, 27 . 

Celui-ci. dès le (léliul de si fuite, ii rencontré l'ermite qui. une fois îi 
son insu, s'est intéresse' à lui. 

« Marche h ton but, » fait le solitaire. « si la femme vient à le 
joindre, souviens-lui ([ne le bâton de Santhoméa permet de franchir 
l'espace. Si lu crois utile d'arrêter toute poursuite, jette sur le sol le 
petit rameau que voici. » 




&Y!tfÇ&'iyî%-f 'Ù/yt -v'- 



?T7 " 

iLLLl 



Fis. 16 



La jeune femme lit une telle diligence qu'elle ne tard;» pas à atteindre 
Rot-thi-Sen. 

Lui, l'apercevant, saisit le bâton de la main droite, lance son cheval 
dans I air, puis 1 arrête, se retourne el dil un dernier adieu à celle qu'il 
veul oublier. 



MISSION PAVIE 





*m&*irfiwpx ' 



Fis - 



LES DOl"ZE JEUNES FILLES 



49 



Néang-Kang-Rey le suj)|)lie de l'emmener; s'il refuse, elle marchera 
sur sa trace. 

Rot-thi-Sen, sans répondre, reprend sa course el, les yeux humides, 
le cœur brisé, laisse tomber sur la terre le petit rameau de l'ermite. 

Au même moment, jusqu'aux pieds de la jeune femme, le sol s'affaisse 
sur une immense étendue ; en un instant l'eau d'innombrables rivières 
l'ail un lac du bassin ainsi créé (fig. 28). 







\ ruuo 



Fia. 20. 



Rot-thi-Sen arrive au palais du roi son père, se fait connaître, 
démasque la reine des Yacks, lui donne sa forme première, grâce au 
bâton magique et la tue (fig. 29). 

Puis court rendre la vue aux douze sœurs el les ramène triomphantes 
au harem où elles retrouvenl la faveur d'autrefois ,;fig. 30 et 31). 



50 



MISSION l'WIK 




Fig. 30. 




Fis- 31. 



LES D01 ZE P Kl NES FILLES 



51 



L'es instances du roi pour garder son fils unique furent inutiles: il 
quitta tout pour se faire religieux. 




I if 



Taiil qu'elle aperçut son mari. JVéang-Kang-Rey l'appela du bord 
du lac: lorsqu'il eut complètement disparu à l'horizon, elle renvoya ses 
serviteurs et se coucha pour mourir sur la rive, au pied d'un arbre 
(fig.32). 



VORVONG ET SAUR1VONG 



VORVONG ET SAURIVONG 



11 y avait autrefois un Roi nommé Sauriyo; son pays était le royaume 
de • Iréassane (fig. 1 ). 

La Reine sa femme était si belle qu'on pouvait la comparer aux anges 
célestes : elles s'appelait Tiéya. 

I ne nuit, elle enl un songe extraordinaire: un anachorète tenant une 
boule de cristal, toute rayonnante de feux variés, descendait du ciel vers 
elle, disant : 

« Incomparable princesse, recevez ce joyau, il permet à celui qui le 
tient à la main, de parcourir les airs et vaut plus ipi un royaume; vous 
le consen ère/ en étant pieuse, si vous en si ml eu le/ un second, votre désir 
va être exaucé. » 

Presque aussitôt, il plaçait une autre boule dans la main de la lîeinc 
et, en s'élevant dans l'espace, ajoutait : 

<( Celle-ci est plus précieuse encore que la première. » 

Néang 1 Tiéya, très heureuse en recevant ces deux merveilles, les nul 
au-dessus de sa tête. 

\ son réveil, elle raconta le rêve au Roi. Plein de joie, le prince 

1. Néang, appellatif des femmes. 



56 MISSION PAVIE 



conclut qu'ils nuraicnl deux enfants, dont l'un surpasserai) en qualités 
tout ce qu'on pouvait imaginer. 

Peu après, la Reine se trouva enceinte : entourée des attentions de sou 
époux, elle eu) un premier fils après dix mois 1 . 

L'année suivante, elle donna également, après dix mois, le jour à un 
second garçon sur les traits duquel les devins reconnurent qu'il élait déjà 
en sagesse, l'égal des prêtres. 

Lorsque les princes eurent grandi, le Roi leur donna les noms de 
Saurivong et de Vorvong. Il les aimait beaucoup. Les chefs et le peuple 
les avaient aussi en grande affection. 



Le Roi avait une seconde femme, Néang Montéa. Il arriva qu'elle eul 
après dix mois un garçon. Vey-Vongsa. 

Le Roi aima cet enfant comme les premiers : il se plaisait à procurer à 
ses trois fils toute sorte de jouets, pour leur amusement. 

\ e\ -\ ongsa parvint ainsi à sa cinquième année. 

Néang Montéa avait un cœur détestable, elle ne pouvait supporter 
(pie quelqu'un fui au-dessus d'elle: l'idée que la Heine avait deux enfants 
qui, grands, auraient le trône, la rendait comme folle. 

Elle songeait qu'en cas de guerre ils se soutiendraient tous deux. 
» Quand l'un combattra ». se disait-elle. « l'autre construira des for- 
teresses. » Son unique enfant ne pourrait jamais lutter contre eux. 

Celle méchante femme cherchait constamment le moyen de faire 
périr Saurivong et Vorvong. 



Un jour les deux frères se promenaient dans le palais, l'aîné avait 
alors sept ans, le second six. Ils passent en Mie de Néang Montéa. 

Celle-ci se réjouit de la rencontre, elle veut de suite assurer leur perte. 



1. C'est une vieille croyance cambodgienne qu'un enfant est d'autant mieux 
doue qu'il a été longtemps dans le sein de sa mère. 



VORVONG ET SAURIVONG 



s; 




Fi», !, — son pays était le royaume de Crcassane. 



« Venez, chers enfants, je suis heureuse de vous voir. \on</ vite que 
je vous embrasse. » 

8 



58 MISSION l'WII. 



Entendant ces paroles aimables de leur seconde mère, ions deux 
s'approchent respectueusement. 

Elle les embrasse, elle les caresse, puis toul à coup elle les presse entre 
ses genoux el appelle au secours. 

« Venez me délivrer de ces jeunes gens unis pour faire violence à la 
femme de leur père ! 

« Roi Sauriyo tpn m'aimiez, pourquoi me détestez-vous main- 
tenante! me rendez-vous malheureuse à ce point? Pourquoi laissez-vous 
\ns enfants se jeter ainsi .sur moi el me brutaliser? Si vous n'avez plus 
d'amitié pour moi, chassez-moi. mais ne nie laisse/ pas déshonorer ainsi! 

Ses appels rassemblent toul le monde, le Roi descend de son trône, il 
aperçoil Le groupe de ses lils el Néang Montéa; dans sa colère, il se frappe 
le corps, il s'écrie : 

« Commenl si petits peuvent-ils commettre une aussi abominable 
action? Certainement quand ils seront grands ils se révolteront contre 
moi; je ne puis les laisser vivre ! » 

El comme sa fureur augmente, il oublie que ce sont ses enfants, il 
appelle les bourreaux : il ordonne qu'il les prennent, les lient, les entraî- 
nent au loin, les décapitent el les enterrent aussitôt. 



Les bourreaux reçoivent l'ordre du Roi et vont prendre les deux frères 
(fig. 2). 



» Combien les petits princes sont à plaindre pour l'affreux sort que 
leur fait subir Néang Montéa ! » 



Ils appellent leur mère en pleurant. 

a () mère chérie, ayez pitié de nous qui sommes si jeunes, nous 
n'avons pas commis de faute, pourquoi le Roi nous condamne-t-il? Allez 

lui demander noire grâce, ô chère mère ! » 



VORVONG ET SA.1 EUVONG 59 



Le* bourreaux n'osent d'abord pas brusquer les petits princes, cepen- 
dant songeant qu'ils onl I ordre du Roi, il> les lient et 1rs entraînent vers 
un bois solitaire. 

En entendant les appels de ses fils, la Reine s'esl évanouie: bientôt 
relevée, elle court à leur suite a ers la forêt. 

Elle les rejoint, tombe en pleurant sur le sol, va vers eux. les embrasse 
toul en larmes. 

« mes entants, vous voici captifs, une peine mortelle est dans mon 
cœur! Depuis votre naissance, vous ne m'avez pas quittée, vous n'avez 
jamais subi les ardeurs du soleil! En vous couchant tous les soirs votre 
mère ne craignait rien pour vous, elle vous serrait dans ses bras ! 

d Maintenant le malheur arrive, on veut vous tuer tous deux, vous 
enterrer après, ô mes petits ' 

« Sitôt qu'elle a vu qu'on vous accablait, votre mère est \enuevous 
rejoindre; ô chers enfants, ma poitrine est en feu! lorsque je vous voyais 
tous les jours, les chagrins me semblaient moin- lourds: je crois main- 
tenant que tout est brisé dans mon cœur ! 

« Si on vous tue, je veux mourir, pourquoi resterais-je sur la terre 
après la mort de mes enfants ? 

« Mes petits sont les fds d'un Roi el on n'a pas d'égards pour leur 
naissance illustre ! ■■ 

Son visage est tout mouillé de larmes. 

« Pourquoi quand vous étiez en moi n'êtes-vous pas morts? je ne 
saurais rester et vivre : c'est à présent que je veux mourir ! » 

Son corps est agité de mille mouvements, les larme-, coulent sans 
cesse de ses yeux, elle se frappe la poitrine, elle la noircit de coup-. Sa 
gorge est desséchée : bientôt elle tombe à terre épuisée, toute raidie. 

Les deux chéris se mettent à pleurer. 

Saurivong parle ainsi : 

« mère qui nous aimez tant el venez nous chercher dansée lieu, 

| rquoi, quand nous vous revoyons, mourez-vous? Non- ne savons pas 

comment l'aire, ô mère qui non- avez nourris : m vous ne vous levez pas 
el ne non- répondez pas nous allons mourir près de vous ! 



60 MISSION l'A VIE 



h Cher frère, prions, demandons que la vie soit rendue à notre mère 
(fig. 3). 

« ( ) Génies cjui habitez dans 1rs dix directions el vous tous, les \ nue* 
du ciel, nous deux, très fidèles à nos parents, nous vous prions de venir 
faire renaître notre mère. Exaucez-nous, nos lion- seigneurs ! » 

Le pehl Vorvong, toujours pleurant, serranl sa mère de sis deux 
inains. dil aussi : 

a bien-aimée mère, vous êtes, par amour pour nous, venue nous 
suivre jusqu'ici. Noire figure est rouge comme le sang. Vous pense/ tanl 
à nous el souffrez tant de noire malheur, qu'après avoir pleuré toutes vos 
larmes, vous \ous èies évanouie et avez succombé. noire mère chérie, 
vos bontés pour nous sonl plus viandes que la terre el la mer ensemble. 
Vos soins nous étaienl si doux ! Maintenant nous allons périr au milieu de 
cette forêt solitaire, nous faisons aux Anges nos dernières prières. 

« Anges qui habitez les ra> ins. les vallées el les montagnes d'alen- 
tour, je m m s prie de secourir notre mère chérie, écoutez-moi, ô vous tous 
qui habitez les grandes régions du ciel; écoutez nos dernières prières ! 

« Nous deux nous avons toujours été fidèles à noire mère chérie, 
avez compassion de celle qui nous a donné' la vie, secourez-la, faites 
qu'elle redevienne vivante comme autrefois ! » 

Par la grande bonté du ciel, la vie est aussitôt rendue à la Heine, elle 
se l'éveille suivant les vœux de ses enfants. 

Aussitôt elle étrcinl dans ses bras les deux bien-aunés. 

« Chers petits, avais-je donc succombé au sommeil? » 

Tous deux lui répondent : 

« ^ mis ne dormiez pas. vous aviez perdu la vie, nous avons prié les 
Anges du ciel de vous la rendre, el c'est parleur faveur que vous nous 
pressez ainsi. » 

Les entendant, elle dit : 

« 11 vaut mieux mourir que souffrir la séparation, je ne puis être heu- 
reuse que si vous êtes vivants auprès de moi. » 







5fe ?& 













55==C '"^---iOs, 



Les bourreaux les entraînent vers 



un bois solitaire page 59 



YORYONG ET SAURTVOKG 



61 




I _ . — vont prendre I 



Les bourreaux oni assisté à la mort de la Reine, ils ont entendu la 
prière des petits princes, ils ont vu les Anges l'exaucer; surpris, ils se 



62 MISSION PAVIE 



regardenl en hochant la tête, ils ne veulehl plus prendre leur vie, ils se 
mettent à genoux, ils saluent, ils disent : 

« Heine, nous reconnaissons la puissance de vos illustres enfants. 
Le Roi nous a donné l'ordre de les décapiter, nous ne saurions le faire. 
Nous allons les laisser échapper, nous dirons ensuite au Roi que tous deux 
ont été tués, (pic les cadavres sont brûlés. 

u N'axe/ pas crainte de nous, nous garderons le secret, mais, ô nos 
maîtres, fine/ tout de suite, allez vers lespa\s étrangers. » 

Les entendant, la Heine est transportée de joie, le poids de sa douleur 
est diminué, elle se seul un peu heureuse. 

Elle s'adresse aux bourreaux : 

« O vous les bourreaux! mes enfants restent vivants, vous êtes 
maintenant leurs auteurs! celle bonne action est incomparable! Nous êtes 
les rives de la mer pour le naufragé! Tant (pie je vivrai, vous ne man- 
querez de rien, je vous comblerai de présents, vos désirs seront 
satisfaits. » 



Transportée de joie, la Reine, sans inquiétude, rentre aussitôt dans 
son palais. 

Elle prépare deux bissacs, les remplit de nourriture, puis prend deux 
bagues d'un travail admirable, chargées de diamants cl. retournant vers 
ses chers petits, les leur remet et dit : 

« O mes enfants, je n'ai d'autre fortune que ces bagues, je vous les 
donne: les pierres dont elles sonl ornées valent un royaume. Quand vous 
vous arrêterez en roule, si vous manquez de lumière ou de feu, prenez-les, 
leur éclat est égal à celui de la flamme ; réunissez des brindilles et des 
feuilles sèches, le contact des diamants les allumera, vous n'aurez plus 
qu'à mettre une branche d'arbre au-dessus pour cuire vos aliments. 

« Quand vous marcherez dans les forets et les vallées, prenez bien 
gard? aux hèles féroces cl aux buffles, ô mes chers aimés. 

« Nous aller errer au hasard, mais vous serez sous la protection du 
ciel et, votre mère en est sûre, vous reviendrez dans dix années à compter 



VORVONG ET SA.URIVONG 



63 







i 













y- A 



hfnVS 



- •■ • 



i, >- 



i ..-. 



q^e la vie soit rendue à notre mère. 



de celle-ci. Pendant ce temps, en proie à ta tristesse, elle demandera en 
vain la mort. » 



64 MISSION PAVIE 



La Reine, unissanl tout son courage à son amour, les serra dans ses 
bras. 

Les deux enfants lui firent leurs adieux et partirent. 

Invoquant alors les génies peuplant les sources, les forêts et les mon- 
tagnes voisines, Néang Tiyéa leur demanda de veiller sur ses lils. 



Les bourreaux dirent au Roi : 

« Nous avons lue vos enfants, leurs corps sont déjà brûlés. » 

Entendant leurs paroles, il fui satisfait et répondit : 

« Les brûler était inutile, il suffisait de les enterrer dans la forêt : qui 
peut nous reprocher ce qui esl arrivé par leur faute? >> 

Apprenant que la Reine ne cessail de pleurer, d se fâcha contre elle, 
il l'injuria, disanl : 

« femme sans cœur et sans intelligence, dont les enfants m'ont si 
gravemenl offensé, pourquoi larmoyer ainsi? ne reste pas dans mon palais, 
sors ou je le lais entraîner par les gardes. » 

Lorsqu'elle entend ce langage. Néang Tiyéa, effrayée, n'ose plus pro- 
noncer un mol. Elle va au dehors sans que personne l'assiste, gémissant 
sur son malheur. 

Le Roi. dans sa colère, l'abandonne complètement, il ne cherchera 
pas à savoir de ses nouvelles, de même qu'elle n'enverra jamais vers lui. 



VORVONG ET SAURIVONG 65 



II. 



Les jeunes princes étaient partis seuls vers l'horizon lointain, 
accablés de chagrin, marchant tous deux clans le bois solitaire, ils ne 
pensaient qu'à leur mère, oubliant combien eux-mêmes étaient malheureux. 

Ils arrivèrent dan- le grand pays de Baskim, dont le Roi se nommait 
kiélat Méanok. 

Par une faveur du ciel, incomparable, ils avaient accompli en un seul 
jour un trajet de plus de soixante lieues. 

Il v avait là un grand marché : des objets précieux étaient entourés de 
nombreux acheteurs de tous pays. 

En voyant les deux enfants, on les admirait et murmurait : « Qu'ils 
sont beaux ! » 

Les vendeuses parlaient entre elles : « Comme ils se ressemblent et 
comme ils sont gentils : si on nous les offrait pour être nos enfants nous 
les accepterions volontiers. » 

Quelques-unes, après avoir causé, demandèrent : 

« D'où venez-vous, pauvres enfants qui passez ainsi seuls? A ous 
scricz-vous égarés loin de votre mère, dites-nous-le vite, nous voudrions 
vous servir!' 

« Pourquoi ne nous répondez-vous pas? 

« Vous semblez ne rien entendre et passez silencieux en suivant le 
marché. » 

9 



66 MISSION PAVIE 



Elles les pressaient amicalement dans leurs liras, leur donnaient des 
gâteaux; les couvraient de leurs écharpes (fig. 'i). 

Touchés de la bonté des tiens de Baskim, ils marchaient les yeux 
baignés de larmes et se disaient : « Ne nous plaignons pas. ne pensons 
qu'à noire mère, qui sans doute pleure cl étouffe de douleur. » 



Au sortir de ce pays, ils entrèrent dans une forêt superbe, peuplée 
de sources el d'étangs, coupée par de nombreux ruisseaux et une jolie 
rivière dont l'eau coulait comme endormie. 

Après l'avoir dépassée, ils atteignirent les montagnes. Elles étaient 
entourées de prairies d'un beau vert tendre dans lesquelles paissaient 
toutes sortes d'animaux. 

Ne trouvant plus de chemin, les deux princes, épuisés de fatigue, 
s'assirent à l'ombre d un grand figuier. 



« Pauvres petits princes qui étiez si heureux ! Séparés de voire mère, 
éloignés de votre pays, vous subissez cruellement la peine des fautes 
commises dans une \ ie antérieure ! »> 



Jetant lc> yeux sur les monts, ils eurent, dans la solitude silencieuse, 
le merveilleux spectacle delà végétation fleurie à ce moment où le soleil. 
affaiblissant sa lumière, cacha complètement ses rayons derrière les hauts 
sommets. 

Cherchant alors un abri, ils grimpent sur l'arbre, s'attachent à une 
branche pour dormir, mais le sommeil n'arrive pas. la tristesse est sur 
leur visage, leur cœur esl abattu, leur- yeux sont humides. 

Ils répètent en pleurant : 

« Que nous sommes malheureux, noire sort esl sans pareil, sommes- 
nous morts ou vivons-nous!' 

» En nous quittant, notre mère chérie disait : 



YolîVOV; ET SA! Iîl\n\<; 



67 




K*s couvraient de leurs écharpcs. 



« <). mes enfants, voire mère vous fail sesadieux, elle vous promet 
le retour dans <h\ ans: si, celle date révolue, vous n'arriviez pas. ne 
pouvant supporter plus longtemps sa douleur, elle mourrait. 



68 MISSION l'W 11: 



a Maintenant vous allez errer dans les forêts, passer les nuits dans les 
solitudes où \i\ciil des bêtes Féroces qui menaceront votre \ie : l'idée 
qu'elle pourrait mourir sans vous revoir, la torturera sans eesse. » 

Ils dirent encore : 

« Que le ciel nous protège et nous fasse vivre comme les autres hom- 
mes, afin que nous revenions rendre notre mère heureuse. » 



On entendait les cris des oiseaux de nuit, les rugissements des bèle-. 
fauves. 

Il était minuit lorsqu'ils s'endormirent. 



Par une grâce particulière, la connaissance de ce qui s'est passé 
parvient aux cieux : le puissant Pra En' ressent comme les bouffées de la 
chaleur insupportable que produirait l'embrasement du temple divin. 

Devinant que quelque chose d'extraordinaire se passe, Pra En promène 
ses regards perçants sur la terre, aperçoit les deux petits sur la branche de 
l'arbre, enlacés dans les bras l'un de l'autre, plongés dans un profond 
sommeil. Il comprend la cause de leur présence en ce lieu : prenant le 
livre des existences, il reconnaît qu'issus du Bouddha ils sont, après de 
nombreuses transformations, près d'arriver au Nirpéan*. «Je dois, » se 
dit-il, « les secourir et leur rendre le destin favorable. » 

Pra En appelle un génie céleste, le Pra-Pusnoka. 

« Descende/ sur la terre, aidez nos deux enfants afin qu'ils s'élèvent 
suivant leur rang et que leur passage dans la vie soit marqué par des 
actions supérieures. » 



Entendant ces paroles, le Pra-Pusnoka, rempli de joie, salue, parcourt 

1. Indra. 

'2. Nirpéan, Nirvana, Paradis. 



VORVONG ET SAURIVONG 69 



rapidement l'espace, arrive près de la montagne, \ voit les deux enfants 
endormis. 

11 se transforme en deux coqs. L'un, noir, chante aussitôt bruyam- 
ment sous l'arbre : l'autre, blanc, arrive de la montagne, perche au sommet 
des branches, et crie aussi de toute sa force. 

Le coq noir, moqueur, interpelle le coq blanc : 

« Seigneur, qui êtes-vous, d'où venez-vous, pour oser ainsi percher 
sur ce figuier!' Moi. qui suis des plus forts je n'oserais monter si haut ! » 

Puis, il le provoque : 

« Tes parents t'ont bien mal élevé pour que lu me disputes ma rovale 
demeure. Sache cette chose: celui qui mangera ma chair sera, sept ans 
après, le roi de deux royaumes. ! Tes cris, le bruit de les ailes là-haut, 
m'offensent : descends montrer ta force et prouver ton courage ? » 

Le coq blanc riposte : 

« Sans doute vous êtes de basse extraction pour rester ainsi sous cet 
arbre? Moi. puissant et fort, j'habite le sommet des montagnes. Sache 
ceci, qui est mieux : celui qui mangera ma chair régnera, sept mois après, 
sa vie durant, sur deux royaumes. 

« Tu veux te battre, soil : lâche de me résister ! » 



LePra-Pusnoka. en se métamorphosant ainsi, veut laisser ignorer aux 
deux princes que le ciel leur vient en aide. 

Eveillé au bruit, comprenant que les coqs vont se battre. A orvong dit 
à son frère : 

« Choisissez l'un de ces deux coqs. » 

Saurivong répond : 

» Prenez le noir ou le blanc, comme vous voudrez, nous verrons 
ensuite lequel aura gagné. » 

Mais le petit \ orvong salue : 

« Je suis le plus jeune, je dois prendre le noir, il est. bien sûr, très 
inférieur au blanc. » 

Saurivong répond : 



MISSION l'Wli; 



(i Cela ne fait rien, prenez celui que vous voudrez. » 

A cel instant, le coq blanc saute du sommet, le combat commence 
acharné : quand le jour naît, les coqs succombenl tous les deux. 

Les enfants ont de tous leurs yeux suivi leurs efforts, les voyant morts 
ils se pressent, Vorvong prend le noir. Saurivong le blanc. 

Ils les plument, les cuisent el apaisent leur Faim; ce qui reste il- le 
gardenl el se remettent en roule. 

Sept mois se passenl ainsi, sans qu'ils rencontrent personne, axant 
le souvenir de leur mère toujours présent à 1 esprit. 



Un soir, dans le royaume de Contbop Borey, ils se trou\ èrenl devant 
une maison de repus disposée pour les voyageurs. 

Tout x était silencieux, ils entrèrent, se couchèrent et s'endormirent. 
C'était le pays du Roi Visot. 



Entouré d'une nombreuse armée, aimé du peuple innombrable el des 
chefs, le RoiYisol avaitgouverné jusqu'à l'extrême vieillesse: mort depuis 
sept mois, il avait laissé à sa femme, la Heine Komol Méléa. une fille 
unique, parfaite en beauté et en vertu, adorée de ses parents, chérie de tous. 

A ses charmes naturels, la petite princesse Sar Bopha joignait une 
rare intelligence: elle aimait les livres cl se plaisait aux jeux de l'esprit 
les plus compliqués. Les Grands, les Brahmes el les Savants recher- 
chaient le plaisir de la voir el l'entendre, elle leur posait tics questions 
ingénieuses, des énigmes, répondait habilement aux leurs et souvent les 
obligeait à s'incliner devant sa surprenante subtilité. 

Cependanl les Principaux du pays avaient en vain tenu de nombreux 
conseils pour le choix d'un successeur au trône: voyant le peuple éploré, 
désireux d'un appui, ils recourent aux calculs des astrologues et apportent 
celle réponse à la Heine : 

« Heine, celui qu'il faut pour bien conduire le peuple, être noire 
glorieux souverain, se trouve dans le Royaume. 

















^i\ ^ o 













â^| 



3*ë 












Choisissez l'un de ces coqs pai 



VORVONG ET SAURTVOÏVG 



« Faites, nous vous en prions, harnacher l'éléphant sucré et laissez 

le partir à son gré. 

« Il ira droit vers le prédestiné à qui notre pays, présent divin, est 
offert par le ciel. Il s'agenouillera devant lui, le saluera, l'enlèvera respec- 
tueusement, le placera sur le coussin royal cl l'amènera dans la capitale.» 

A peine ont-ils parlé, la Reine donne les ordres. 

L'éléphant, comme heureux de sa mission, part, mugissant fière- 
ment : il se dirige au nord. 

Au milieu de la forêt, dans la maison de repos solitaire, les jeunes 
princes dorment d'un sommeil profond, suite des longues l'alignes, des 
dures privations. 

Ils ne s'éveillent pas quand tout à coup l'éléphanl royal que suit un 
long cortège, vient, là même, arrêter triomphant sa course tout auprès 
d'eux. 

La bête intelligente salue, s agenouille, se baisse sur ses quatre pâlies, 
descend à leur hauteur. De sa trompe délicate elle enlace doucement le 
corps de Saurivong, l'aîné ; sans interrompre son sommeil elle le place 
avec précaution sur sa tête et rentre, rapide, au palais, comme les savants 
l'ont dil. 



Quelle n'est pas la surprise el l'effroi de Vorvong quand, réveillé au 
bruit l'ail par le cortège en se retirant, il ne voit plus son frère auprès de 
lui el aperçoit la foule drs chefs el des soldats non loin de la maison. 

Il s'enfuit, il se perd dans la profondeur du liois. Les bruits vagues 
que le vent porte augmentent sa frayeur, il se cache dans le creux d'un 
arbre. 



Emporté par l'éléphant, Saurivong se réveille dans le palais au milieu 
des ollieiers et des serviteurs pressés de lui être agréable. 

Ne voyant pas son frère qu'il croit d'abord avoir été amené' avec lui, 
il s'inquiète, des pleurs s'échappent de ses yeux, il interroge : 



72 MISSION l'WIK 



« vous, bons seigneurs, dites-moi où est mon frère bien-aimé ? Nous 
dormions l'un près de l'autre, pourquoi m'avez-vous pris sans Lui? 
Ecoulez ma prière, rendez-le moi ! » 

Tous s'inclinent : 

« Nous ne savions pas tpie vous aviez un frère, illustre Prince, l'élé- 
phant qui nous revient vous a amené seul. » 

Devant son désespoir, ils se retirent, ils vont vers la forèl pensanl y 
retrouver '\ orvong. 

A leur retour, ils ne peuvent que dire : 

« La maison dans laquelle l'éléphant vous a enlevé est vide, toutes 
nos recherches ont été inutiles. » 

Saurivong s'abandonne alors pleinemeni à sa douleur. 

Quand la raison enfin l'apaise un peu, voyant qu'on lui présente, à 
lui qui n est qu'un enfant, les hommes de guerre, les serviteurs et tous 
les gens, suite ordinaire des rois, il demande: 

« Pourquoi m'avez-vous pris, que voulez-vous faire de moi? » 

Tous les grands personnages répondent : 

« Nous savons maintenant que vous étiez deux jeunes princes avant 
quitté leur famille à la recherche d'un savant ermite capable de les ins- 
truire. 

« Nous, les chefs de cet ancien pays dont le Roi n'es! plus, n'ayant 
pas parmi nous d'homme apte au pouvoir suprême, tonnons le vœu et la 
prière de vous avoir pour Souverain et Maître dans ce palais où une 
heureuse destinée vous amène. 

« La gracieuse princesse Sar Bppha, fille unique de noire Loi, 
deviendra votre femme et sera notre Reine. » 

Celle proposition des Grands du royaume de Conthop-Borey pros- 
ternés devant lui. il était impossible de la refuser, Saurivong s'inclina. 
Aussitôt la Reine Méléa est prévenue de l'arrivée du prince indiqué 
par le Ciel. Elle commande qu'on prépare en toute hâte son élévation et 
celle de la princesse Sar Bopha. 

Laissons Saurivong au milieu des grandes cérémonies et revenons à 
\ orvong (lig. 5). 




De >.i trompe délicate, elle enlace doucement le corps de Saurivong pagi ■■■ 



YORYONG ET SA.UR1VONG 



73 




Ti_' 5. — Laissons Saurivong au milieu des eranJ 



es cérémonies. 



Quand le soleil couchanl empourpre les grands arbres, Vorvorig 
dans sa cachette pleure, désespéré, la perte de son frère. 

10 



MISSION PAVIE 



« Peut-être esl-il mort; la vie alors me Sérail une charge insu 



- 



ipp 



or- 



table : je in- saurais rentrer suis lui dans le Royaume de mon père ! 

« Enlevés à 1 amour de notre mère, unis tous deux, nous supportions 
le sorl : nous ne saurions être séparés à jamais ! 

« Oui pourra m' aider à retrouver mon frère? » 

Cherchanl el appelant Saurivong, il revoil la maison de repos où il 
1 a perdu : ses larmes coulenl abondamment. 

Marchant pieds nus sur le sol sec sans arbres ni gazon, il s'éloigne 
par le chemin, se retournant à chaque instant, ramenant à sa pensée les 
longs mois de voyage faits à travers les forêts peuplées des seules bêtes 
féroces. 



Le voici à la porte de la ville où. sans qu'il s'en doulc, son frère se 
désole comme lui : 

11 va aux gardes, il leur demande : 

« O vous qui ne quittez pas celle place, n'avez-vous pas vu entrer 
mon frère ? » 

Ces hommes grossiers, mécontents d'être importunés, répondent 
brutalement : 

« D'où vient eel enfant qui ose déranger les gardes du Roi? 

« Si son frère élail passé, qui aurait pu le reconnaître ne l'ayanl 
jamais vu!' 

« Garde-toi, vermine, de revenir la nuil troubler notre sommeil ! » 

A ces méchantes paroles, ils ajoutent des injures, des gestes mena- 
çants. 

Le pelil Vorvong quille craintivement l'enceinte, il prend un chemin 
au hasard. 



Après sept jours pendant lesquels il a souvent prié les génies de le 
proléger des bêtes féroces, il se trouve dans le Royaume de Pohoul- 
Borev. 



YoH\u\<; ET SAl uimim; 



La capitale esl entourée de murailles: le palais aux loils étincelants 
d'or, de vert, de rouge, de bleu, esl celui du Roi Thornil dont la femme 
favorite, la Reine Kramolh, esl morte lui laissant seulement une fille. 

Néang Kessej esl la plus aimable, la mieux accomplie des princesses, 
sa beauté surnaturelle, l'incomparable harmonie de son corps svelle, 
éveillent l'idée des anges célestes. A la plus rare intelligence elle ajoute. 
malgré sou jeune Age, les connaissances les plus variées. 

Elevée par les soins de son père, jaloux de son trésor, elle vit, gardée 
dans une solitude somptueuse, entourée des femmes de la Cour et de 
suivantes choisies. 



Près de son palais une vieille femme cultive des fleurs, qu'elle lui 
porte en bouquets le malin et le soir. 



La nuit esl venue, le tonnerre gronde, le ciel, noir de nuages, laisse 
tout à coup échapper des torrents d'eau. 

\ orvong forcé de s'arrêter cherche un abri à la lueur des éclairs. 

Il aperçoit la maisonnette de la vieille, il s'approche; debout près de 
la porte, il appelle : 

« obligeants amis, permettez-moi d'entrer chez vous pendant la 
pluie? » 

La vieille questionne : 

« D'où venez-vous ainsi en pleine nuit ? a 

— « D'un pays bien lointain. J'ai perdu mon frère dans la route, 
je grelotte sous l'averse, ayez pitié de moi ! » 

— « Je suis une pauvre bouquetière, mou jardin me donne à peine 
de quoi vivre; ma maison esl si étroite que je n'y ai pas place pour faire 
ma cuisine, si vous \ entrez on n'\ pourra remuer : cependant puisque 
vous avez froid, abritez-vous. » 

Le malheureux Vorvong grimpe par l'échelle, il s'assied transi dans 
un coin. Lue faim douloureuse le torture, il n'y peut résister : 



MISSION l'W m: 



« N'auriez-vous pas un peu de riz. le reste de votre repas, par grâce, 
(ailes m'en l'aumône! » 

— « Comment pouvez-vous avoir pareille audace, d'où venez-vous 
donc? Je vous abrite, n'est-ce pas suffisant, faut-il encore que je vous 
nourrisse ? » 

— « O bonne vieille, depuis plus de sept mois j'erre en Ions pays, 
subissant les plus dures privations, je marche sans cesse me nourrissant 
des fruits des arbres. Je ne connais plus le riz. abattu par la souffrance 
j'ai osé vous dire ma faim, soulagez-moi je vous en prie ! » 

— « S'il est ainsi, voyez dans la marmite, auprès de la cloison, les 
restes de mon repas y sont. » 

Pénétré de reconnaissance, Vorvong remercie, il se lève, entre dans 
la cuisine, l'obscurité l'oblige à demander de la lumière. 

Mais la vieille fâchée d'être de nouveau dérangée parle plus durement 
encore : 

« 11 vous faut maintenant une torche, je n'en ai pas, vous êtes par 
trop exigeant et effronté, je vous ai donné abri et nourriture, ne m'em- 
pêchez plus de dormir. » 

11 songe alors à sa bague, il se dit : la bague que ma bonne mère m'a 
donnée possède la plus précieuse des pierres, « à défaut de lumière, » 
m'a-t-elle dit, « il suffît de se la mettre au doigt pour s'éclairer, grâce à 
elle on peut aussi cuire les aliments très \ ile. » 

Il la place à son doigt, une vive clarté s'en dégage, la vieille croit sa 
torche allumée, la colère s'empare d'elle. 

« Le restant de la torche que je ménageais si soigneusement, il la 
brûle sans besoin ! » 

Elle prend un bâton, court à la cuisine disant : 

a Je vais lui donner sur la tête une leçon méritée ! » 

Voyanl que la lumière jaillit de la bague tic Vorvong, elle s'arrête 
confondue, elle prend le jeune Prince pour un voleur, elle craint d'être 
arrêtée comme sa complice, elle court vers le palais, parvient jusqu'au 
Souverain. 

« O suprême Maître, dans ma maison s'est réfugié un voleur au 



VORVONG ET SA! lll\nN(, 



doigt duquel brille, de lueurs extraordinaires, une bague merveilleuse 
qui ne peut appartenir qu'au trésor royal. » 

Entendant ces paroles, le Roi ordonne : 

« Suivez cette femme, arrêtez le voleur, mettez-lui eangue au cou, 
fers aux pieds, veillez à ce qu'il ne puisse fuir ! » 

Les gardes arrivent devant la cabane: la vieille leur parle bas : 

« 11 est l'a. faites attention, saisissez-le vile, conduisez-le au Roi, qu'il 
soit puni connue il le mérite. » 

En se voyant subitement entouré, enchaîné, le pauvre petit, trem- 
blant, tout en pleurs, prie les Anges du ciel de lui venir en aide i fig. 6 |. 

Sans rien écouter, on l'entraîne. Le Roi ne le l'ait ni interroger, ni 
juger, on l'enferme dans une cage, on lui hu>se au cou la cangue, aux 
pieds les l'ers et défense est faite de lui donner aucune nourriture. 



Se voyant à ce point atteint par le malheur, ^ orvong entrevoit la mort 
proche. Sa mère, le souvenir de ses doux soins viennent alors emplir son 
esprit, il songe à toute la reconnaissance qu'il lui doit, sa chère image 
toujours présente à ses yeux lui rend le courage, l'aide à supporter son 
sort cruel. Il comprend que les peines qu'il souffre effacent les fautes 
d'une existence passée. 

Pendant six ans. il reste ainsi >;ms rien manger: ses larmes ont tant 



coulé qu'il doit enfin inspirer la pitié. 



Les Astrologues royaux cherchèrent dans les astres la cause des 
souffrances ainsi supportées par un si jeune enfant. 

L'un d'eux expliqua qu elles étaient la punition d'un passé coupable : 
« Dans une existence antérieure, cet enfant, chasseur avide de la vie 
des animaux, en lit périr un grand nombre dans les ravins et les mon- 
tagnes. 1 a jour, surpris par l'orage, il se réfugie dans un ermitage aban- 
donné. I n beau couple de cerfs, effrayé par les éclats du tonnerre, s'j 
abrite en même temps. Son cœur s'emplit de joie, il saisit le mâle par ses 



n \II^SIm\ PAVIE 



e 



(■(unes velues, L'attache pensant retenir auprès de lui la biche, mais elle 
f u il n |,i poursuit, ne peut l'atteindre, revient au cerf, l'emmène, le 
garde captif en cage. C'est cette faute qu'expie le prisonnier. >> 

( )n demande encore au savanl : 

« Il est devenu maigre comme une feuille depuis si longtemps qu'il 
est privé de nourriture, pourquoi n'est-il pas mori de faim comme il 
serait arrivé à tout autre? » 

— « Un coq noir, dont il a mangé la chair, n'était autre que 1 
Pra-Pusnoka métamorphosé : dix mille ans de nouvelles privations ne lui 
ôteraient pas la vie. » 



Son origine illustre, les mérites acquis en supporlanl ses maux, sur- 
tout la rec aissance que dans ses pensées, il ne cesse de témoigner à sa 

mère appellent enfin sur lui l'attention de Pra En. 

Le Puissant Souverain des Cieux est soudainement obsédé par 1 idée 
que l'action de sa bonté est urgente sur la terre. 

Quittant sa divine demeure, la suprême intelligence aperçoit dans la 
cage l' enfant issu de la race du Bouddha. 11 interroge le livre des exis- 
tences, reconnaît que les peines qu'il subit ont leur terme très proche, et 
que la compagne de ses vies passées doit rendre sa liberté plus douce. 

« La charmante Kessej . » pense-t-il, » ne se doute pas que son 
fiancé se trouve aussi près d'elle. Allons la prévenir et finir les misères 
de notre cher enfant. » 



Par ia nuit lié- profonde, il traverse l'espace cl vient -m- le palais où 
la jeune tille dort i fig. ~ )■ 

Dans un songe, clic le \<>il. il lui parle, elle I entend : 

« Le compagnon futur de votre vie, prince issu du Bouddha, sup- 
porte, tout près de vous, une dure infortune, resterez-vous plus long- 
temps, ô généreuse Kpssey, indifférente à son malheur? » 

Néang K.esse\ s'éï cille, elle s'assied sur sa couche, elle repasse le rêve: 



VORVONG ET SA.URIVONG 




i jj t^t,.. 



Fig. G. — enchaîné, le pauvre pclit 



« t ii sainl Brahme m'a parlé, nuis il a disparu! J'ai bien retenu ses 



paroles ! 



80 Ml<-!'i\ l'WII' 



« Le jeune étranger qui, aux premiers jours, sera depuis six ans dans 
la cage captif, esl le seul dont j'aie ouï raconter le malheur ! 

« La pensée que c esl lui. émeut déjà mon cœur. Nedois-je pasallerde 
suite au pauvre prisonnier, apprendre qui il esl et ce qu'il me faut faire ? o 

Troublée, elle s'agenouille, envoie mis le ciel une ardente prière, 
demandant qu'il L'inspire el veuille l'éclairer. Puis se sent résolue. 



Elle se remet aux mains du bienveillant Pra En et lui confiant son 
être, revêt ses vêtements, descend de sa demeure, marche par la nuit 
obscure. 

Dans les appartements, les suivantes sommeillent. Les gardes aux 
porto se -oui tous endormis. 



Le regard du prisonnier erre tristement dans l'obscurité, soudain il 
reste fixe. 

La jeune fille approche. 

Sa beauté surnaturelle, l'harmonie de son corps svelte, éveillent l'idée 
des .Anges célestes. 

Comme une apparition divine elle marche vers la cage. 

Cette créature incomparable, Vorvong ne l'a jamais vue passer: il se 
croit le jouet il une illusion, d un songe, craint de le voir s'évanouir. 

Puis il se dit quelle est sans doute un envoyé des Cieux pouvant 
mettre fin à sa misère affreuse. Il tente de se le rendre favorable : 

« Bon génie qui venez ainsi seul dans l'ombre de la nuit, pourquoi 
semblez-vous hésiter? Ecoutez ma prière, permettez que je vous parle. 
dites-moi qui vous êtes ? » 

Souriante el de sa voix d'une douceur s;ms pareille, elle répond : 

« Je sui< la fille du Roi ! 

» Dans le sommeil, il n'y a qu'un instant, un envoyé du ( !iel, sou- la 
forme d'un Brahme, m'est apparu, m'a dit : 

« Le compagnon futur de votre vie prince issu du Bouddha, supporte 



VORVONG ET SAUR1VONG 



81 




Fig. 7. — virnl sur le palais où la jeune fille dort. 



tout près de \<ms une dure infortune, reslerez-vous plus longtemps, ô 
généreuse Kessey, indifférente à son malheur? 

11 



82 MISSION PA.VIE 

« J'ai par une prière remis ma destinée à la garde des ^nges, pensant 
que vous êtes bien Le prince de mon rêve, j'ai quitté, confiante, ma 
couche, le palais, el suis venue vers vous. 

« Sur un m passât;!', j 'ai vu les suivantes el les gardes pris d un profond 
sommeil, indice que le ciel protège ma démarche. 

« Dites-moi (loue votre famille, votre pays, votre histoire, je serai 
bien heureuse si. par voire voix même, j'entends se confirmer l'espoir né 
dans mon cœur. » 

Le prince ému par le bonheur, comprend que celle jeune fille au 
cœur exquis esl sa compagne des \ ies passées, qu'elle ile\ ienl sa fiancée : 

d O chère sœur, votre rêve réalisé nous ramène l'un vers l'autre, je 
sens ma délivrance proche ; la nuit, par la bonté îles Vnges, va prêter si m 
silence au récit de mes peines. » 

Elle s'assied, attentive, à légère distance el le captif commence : 

« Mon pays esl le royaume de Créassane. 

Le Uni Sauriyo a sa capitale remplie de palais, une armée innom- 
brable, cinq cents territoires pour tributaires. Il a dans son collège des 
rois, des princes, une foule de chefs el d officiers. 

d La I Ici ne Néang Tiéya esl entourée d une nombreuse cour, plusieurs 
milliers de suivantes journellement se relèvenl auprès d elle. 

» L'un el l'autre ne me sont pas étrangers. Le Roi esl mon père el la 
Reine esl ma mère. 

« Nous sommes deux frères, Saurivong el Vorvong. Saurivong esl 
I aîné. 

» Mon père a une deuxième femme. Néang Montéa : il satisfail tous 
ses désirs. Elle à un fils, \ ej \ ongsa. 

« Avanl celle l'en m ie. le Roi n'avait jamais rendu notre mère malheu- 
reuse. 

« Mais Néang Montéa. ne pouvant supporter l'idée que mon frère el 
moi régnerions plus tard, cherchait l'occasion de nous perdre. 

« l n jour, nous passions auprès d'elle, elle nous appelle, nous prend 
dans ses bras, nous étreint, crie à l'aide, non- accusant d'un crime contre 
sa personne même. 



F 






" _ ■ 

; ■_ ^%HV ^__ 




1.11,' s'assied nttcntive ;'i légère distance (page 82). 



\nlt\ov; ET SU Ul\n\i. 



83 



« Le Roi sans rien entendre s'abandonne à la colère, donne des ordres 
aux bourreaux qui, sur le champ, nous emmènent vers la forêl | our nous 
\ mettre à mort. 

ci Nuire mère, avertie par nus plaintes, par nos cris, suit nos traces, 
m >i i~- rejoint, obtient des bourreaux qu ils contreviennent aux ordres du 
Roi et réussit à nous faire fuir. 

« Elle remet à chacun une bague précieuse, fait les recommandations 
que son cœur lui inspire, nuiis embrasse en pleuranl et brisée de douleur 
retourne \ ers le palais. 

« Marchant de longs mois, tendrement unis, supportant nos maux par 
son souvenir, nous arrivons un soir dans le grand Royaume de Conthop 
Borej . 

(i accablés de fatigue, nous endormons la nuil dans une maison que 

s croyons faite pour les voyageurs. Le Kui.au cœur dur. l'apprend, 

s'en irrite, il fait prendre mon frère pendant le sommeil par des officiers 
suivis de soldats. 

(( Au bruit je m'éveille et fuis dans les buis: n'ayant pu retrouver 
mon frère bien-aimé je laisse en arrière ce méchant pays. 

a J'arrive ici, par la nuil nuire, pendant un gros orage, el m'arrête 
devanl la cabane d'une vieille bouquetière. Bien à contre-cœur elle me 
donne abri el un peu de riz, puis elle me refuse, avec de dures paroles, 
la lumière d'une torche. 

« Me rappelant la précieuse vertu qu'a la bague de ma mère, je la 
mets au doigt, une lueur éclatante jaillit et m'éclaire; la vieille l'aperçoit, 
elle courl dire au Roi quel précieux bijou esl entre mes mains. 

« De suili m'arrête sans vouloir m'entendre ; sans me juger on 

me jette en cage et depuis six ans. je supporte la faim, la cangue el les 

fers, sans que personne m'ait montré quelque pitié, n'axant | r soutien 

que l'espoir de revoir ma mère chérie et de retrouA er mon frère perdu. » 

« .Maintenant. Princesse, par voire entremise les Dieux viennenl 
m'aider, je confie mon sort à leur sagesse, à Mitre bonté, o 

Néang fcessej suffoquée de pleurs rentre promptement. Elle prépare des 
mets -ans prix, vienl le- lui servir avec ud doux respect, puis lui laissant 



MISSION l'VMI- 



Le cœur plein d'espoir, salue, élevant ses mains jointes au front, el regagne 
sa demeure d'un pas assuré. 



Ce jour là. suivantes el gardes, quand ils se réveillent, se demandent, 
surpris, la cause d'un sommeil inaccoutumé. 

Dans son palais la jeune fille songe désormais à Vorvong, elle se 
reproche de l'avoir m longtemps cru un homme ordinaire, ses yeux 
souvenl se gonflent, elle s'écrie: « O noble el cher Vorvong, vous aurez 
un haul rang dans le inonde et votre race sera grande par dessus toutes! o 



Interrompons-nous pour parler du grand et prospère royaume de 
Ghay Bore) . 

Son Roi puissant, juste et bon. se nomme Sotat. 

Des chefs sages administrent ses >ille-, son peuple jouit d'une félicité 
parfaite. 

Le Roi a une jeune fille, Rot Vodey, belle, intelligente et d'une bonté 
incomparable: aimée de tous ceux qui l'approchent, elle est entourée 
de soins sans pareils. 

Sotal esl l'ami et l'allié du Roi Thornit, constamment leurs ambassa- 
deurs ou des envoyés sont en route de l'un vers l'autre. 

L n jour, un Géant, ignorant, brutal et féroce entre dans le Royaume. 

Son arrivée effraie le (iénie familier, protecteur dupavs. il abandonne 
la caverne sa demeure et se relire sous un arbre. 

Le ( îéant se loge dans la caverne et en ferme l'entrée avec des rochers. 

Ensuite, de sa voix de tonnerre, s'adressant au Roi, il hurle : 

« Roi qui règne ici, sache ceci : 

« Je me nomme Sokali-Yack 1 , ma puissance est extrême et surna- 
turelle, j'ai chassé le Génie de ton pays, il s'est au loin, réfugié sous le 
feuillage d'un arbre. 

1 . Voir paye 31 . 



YORYONC ET S.URIYONC 85 



« Je ne crains ni toi, ni les soldais, cependant, je ne toucherai à per- 
sonne du palais, je ne ferai aucun mal au peuple, je désire seulement te 
manger, loi Le Roi, el suis venu ici uniquement pour cela. » 



Le Roi de Cha\ Borej croit sa lin prochaine tant le Géant inspire de 
terreur, il se <lil : 

» Il faut que j'appelle mon ami Le Roi Thornit, je lui confierai ma 
fille adorée, la Reine, mon royaume. » 

11 envoie des messagers rapides, pensant en lui-même : 

« O mon pauvre corps, de quelle triste fin es-tu menacé ! » 



Dès que Thornit a connaissance de La fâcheuse nouvelle, il ordonne 
la réunion immédiate de L'armée afin de secourir, sans larder, son ami. 

Les guerriers arrivent en foule de tous côtés. Les vaisseaux sont aus- 
sitôt armés en grand nombre. 



I n obstacle survient, le navire royal, repeint, redoré, toul prêt, on 
tente en vain de le mettre à l'eau, architectes el charpentiers s'avouent 
impuissants. 

Sur Le champ. Le Roi fait au son des trompes et des gongs, appeler 

partout quiconque croit pouvoir réussir celle opération. S'il a le succès. 

la récompense qu'il demandera lui csl d'avance accordée : argent, or. 

soieries ou encore (oui autres choses riches. 

Aux appels répétés, pressants, personne ne répond. Consternés, les 

officiers rentrent au palais. 

\ orvong de sa cage les voit, leur demande : 

» Ne pourriez-vous me dire la cause de \os appels? » 

Sans rien lui répondre, le traitant de fou, ils vont vers le Roi el ne lui 

cachent pas que seul, le misérable captif de la cage, les a questionnés. 
Incontinent, le Roi les envoie chercher Le prisonnier. 



86 MISSION PAVIE 



« Si lu peux lancer mon navire, tu auras liberté el récompense 
insigne. » 

Le prince, prosterné, lui parla ainsi : 

» Grand Roi, excusez-moi. je ne Mimais me vanter de réussir, mais 
convié par vous je tenterai l'entreprise, si le succès me favorise, vous 
devro/ le mettre sur le compte du ciel. 

« Je demande seulement des bougies parfumées el trois de vos plus 
beaux drapeaux. » 

En présence du Roi, devant la foule des chefs el des guerriers, devant 
un peuple immense accouru au spectacle, Vorvong agenouillé fait un 
appel aux ^.nges, puis de son petit doigl il pousse le navire (fig. 8). 

Parla faveur céleste, grâce aux mérites de son illustre race, et pour 
l'accomplissement de sa grande destinée, le vaisseau rebelle glisse douce- 
ment, à sou contact, jusqu'au milieu des llols. 



L'armée étant prête, la flotte déploie ses voiles, part, atteint le port 
de Chay Borey. 

Des cases pour les soldais sont 1res \'[\^• construites; le Roi alors se 
rend à la capitale où son ami Solal lui dit la situation 

« O mon fidèle el mon meilleur ami, » dit-il. en terminant, mon- 
trant son désespoir. « le Géant qui doit me faire périr csl d'une tadle 
gigantesque, il inspire terreur à lout le monde » (fig. 9). 

Le Roi de Pohoul le rassure : 

« Grand el royal ami, éloignez toute inquiétude, laissez-moi le soin 
de vous sauver la vie. I a de mes serviteurs a un pouvoir surnaturel, à lui 
seul il a mis à la mer mon beau navire doré. » 



Sans plus larder il l'ail appeler Vorvong, resté avec la Hotte. 
Mais. lui. refuse de l'aller rejoindre, disanl : 

« Avant de répondre il faut que je sache la cause, honne ou mauvaise, 
de l'appel du Roi. » 



\H|;\(IM! ET SU HI\n\i, 



87 




!.. ■ 



il pousse le navire. 



I nom il comprend le désir de Vorvone. il lui fait dire : 

1 o ' 

« Je voudrais te charger île vaincre Sokali, le Géanl menaçant qui, 
près de la capitale, habite une caveri I veut la vie du Roi. » 



88 



MISSION pavii: 




Fifif. . — a mon fidèle et meilleur ami 



Le prince répondit : 

«i J'accepte de combattre le Yack eu place du souverain, mais s il faul 



\<>h\(>\<; et su m\o\(i 



89 




Fis 1 i Le lî"i ordonne 



succomber ce doit être en Roi. Je demande insignes et vêlements royaux. » 
Le Roi ordonne qu'on fasseainsi qu'il en exprime le désir (fig. 10). 



12 



00 MISSION l'UlK 



Puis, pour lui faire escorte il envoie ses beaux, braves, terribles 
éléphants de guerre. 



Quand Vorvong arrive dans la capitale. vêtu, paré en roi, monté sur 
l'éléphant royal, il ressemble au loul puissant Pra En lui-même (fig. I I ). 

A la vue de ce jeune prince aux traits mâles et charmants, respirant 
la confiance, les deux souverains se sentent très heureux. 

Le Roi Sotat le fait approcher du Trône : 

« valeureux \ orvong, je vous ai fait prier de combattre le Géant au 
cœur ténébreux. Si vous revenez vainqueur, je vous offrirai mon trône et 
j'abdiquerai » (fig. 12). 

Répondant à l'espoir du Roi : ^ orvong respectueux, s'incline : 

« Illustre Souverain, je sollicite de votre bonté le glaive sacré aux 
tranchants irrésistibles : si avec une telle arme l'issue de la lutte m'est 
défavorable, je ue regretterai pas la vie. » 

\\anl ainsi parlé, il fait appel au Ciel, part vers la caverne et d'un 
seul coup de pied disperse toutes les roches qui en ferment l'entrée. 

Voyant son audace, les Anges se réjouissent, souhaitent son succès, 
prient pour qu'il l'obtienne. 

En présence d'un adversaire, aussi ouvertement le protégé des dieux, 
le "\ ack. pris de peur, ne peut se décider h la lutte. 

\ orvong tire son glaive, va pour prendre sa vie. 

Près de la mort, le Géant se prosterne devant son vainqueur : 

« <> puissant seigneur, soyez magnanime, votre destinée est celle du 
Bouddha, vous serez un jour le salut du monde: laissez-moi la vie, je 
vous la demande, je retournerai sans aucun retard d'où je suis venu » 
(fig. 13). 



Dans sa joie de voir \ orvong revenir vainqueur, le Roi Solal ne 



VORVONG ET SAURIVONG 



91 








Fis- H. 



monte sur l'éléphant royal. 



peut |)lu> le quitter des yeux, remarquanl l'admirable bagne <jui brille a 



suit doigt : 



92 MISSION l'Wli: 



o Cher Vorvong, votre origine pour moi n'esl plus douteuse, celte 
pierre, précieuse entre toutes, montre que \<>u> sortez (rime famille 
illustre, mais quand même votre père sérail homme du peuple, votre 
destinée esl celle du Bouddha. 

« Votre courage el votre mérite son! connus de l<>n^. \ mi^ avez épar- 
gné au pays le malheur, vous avez non seulemenl sauvé la vie du Roi, 
mais aussi celle d'un prie. 

« Je remets en mis mains mes richesses, ma couronne, le royaume, 
je \niiv confie le bonheur de ma fille, o 

Le Roi Thornit annonce qu'il lui l'ail la même insigne laveur: avec 
Néang Kessey, il lui donne son royaume. 

Celle grande nouvelle est annoncée aux peuples suivant les usages el 
les préparatifs de l'élévation tlu vainqueur au Irône el de son mariage 
avec les deux princesses, -<>ut de suite commencés. 



Les cérémonies eurenl lieu à la date dite; des jeunes tilles de taille 
élancée, choisies dans les deux pays parmi les plus belles, vinrent former 
cortège aux deux charmantes Reines. Les Brahmes el les astrologues 
assemblés leur prédirent bonheur, toutes prospérités. 

Des spectacles joyeux embellirent la fêle, on entendail partout musi- 
ques de toute sorte, cris de plaisir, bruits joyeux, confus. 



Après l'élévation de Vorvong au Irône de Chaj, Borey, le Roi ["hornil 
lui lit ses adieux ainsi qu'à sa fille, puis, sur son navire, dregagnala 
capitale du Pohoul où le bonheur continua de régner. 



Roi de deux Royaumes, Vorvong se vil aimé el respecté des peuples: 
des envoyés arrivaient de tous les points de son empire pour le saluer. 

I u jour, le Génie chassé du pays par Sokali Vack \iul lui rendre 
hommage. 



VORVONG ET SU R1YONG 



93 




Fig 1.'. — je vous offrirai mon trône. 



ïenanl à la main une boule de cristal d'éclal lumineux, il 1 oflnt et 



dit: 



MISSION PAVIE 




Fis. 13. 



laissez-moi la vie. 



« Ce précieux joyau vous permettra, Roi, de réaliser vus |>lu> beaux 
désirs, votre règne, tant que vous l'aurez, sera garanti de tout ennemi. 



VORVONG ET SAURIVONG 95 



« Pour voyager à travers l'espace, il vous suffira de L'avoir en main. 

Puis il ajouta : 

« O Roi. voici la demande que je viens vous faire: quand Sakali, 
"iack vagabond, m'obligea à fuir mon ancienne demeure, je me réfugiai 
sous un arbre immense, dont brandies el feuilles onl des qualités utiles 
et très rares, mais je ne serai heureux cl content que dans ma caverne, 
Roi, noire salut, permettez-moi d'y revenir vivre. » 

Le Roi répondit : 

« Soyez satisfait. » 



96 MISSION PAVIE 



III. 



Après un an de règne il se trouva que la Reine kessey. aînée de Rot 
Vodey, portait depuis trois mois un enfant clans son sein. 

A ce moment la pensée que son père était seul, l'obséda, elle n'avait 
plus ni faim ni sommeil. 

Vorvong accepta le voyage désiré. 

Les deux Reines s'aimaient d une douce amitié, elles s'embrassèrent 
ne cessant de se faire des recommandations l'une à l'autre jusqu'au 
départ. 

Prenant alors dans sa main gauche le cristal merveilleux, don du 
bon Génie. Vorvong enlace amoureusement kessej de son bras droit: 
aussitôt, sans efforts, ils s'élèvent dans les airs et volent vers le Polioul. 



Lorsque leur départ fut connu de Ions, il y eut tristesse générale; 
grands, officiers, peuple, Ions étaient inquiets; des gens allaient et 
venaient pleurant : d'autres, se frappant la poitrine, disaient : 

« O cher et généreux Roi, pourquoi nous avoir quitté seul avec la 
première Reine? Sans soldats, sans serviteurs? Vers quel pays êtes-vous 
parti à travers les airs? S'il vous arrive accident comment pourrons-nous 
en être informés? » 

« Nous ne pouvons nous passer devons. Est-il possible que notre 



VoltVOM; ET SA.URIVONG 



jeune Rcino soil seule, si elle avail une guerre à soutenir commenl pour- 
rions-nous vous en prévenir? » 

\ oyant la peine que cause l'absence de son mari, la bonne l'«>l-\ odej 
ne peut retenir ses larmes. 

« O bien-aimé, vous èles parti sans escorte, sans serviteurs, vous qui 
ne manquiez jamais de rien : j'éprouve une inquiétude extrême à vous 
savoir ainsi au loin. 

» Pourquoi m'avoir laissée seule, je sens que je ne puis supporter le 
poids de l'isolement, que ne puis-je fendre les airs cl vous suivre? » 



Néang Kessey cl Vorvong brillent dans les airs comme la Reine des 
nuits : ils parcourent trente lieues la première journée. 

Apercevant un ermitage dans une île déserte, la pensée leur vïenl de 
s'\ arrêter; ils descendent sur terre, vont saluer l'ermite (fig. I i t. 

Surplis de les voir, le vieillard leur dit : 

« D'où donc venez-vous! 1 depuis ."illOO ans je prie dans celle île je 
n'\ ai pas vu un seul être humain. Ëtes-vous arrivés par mer ou bien 
avez-vous pouvoir de franchir l'espace ? » 

\ orvong respectueux s incline el répond : 

« Vénérable ermite, venant de Chay-Borey, nous allons au Pohoul 
voir nos parents. 

« l ne merveilleuse boule de cristal nous permet de parcourir l'air . 
Mais voyant dans cette île. nous avons voulu vos souhaits el prières. 

a Prêtez-nous votre corbeille, nous irons dans les prés la remplir de 
fleurs, taire un bouquet pour Mitre saint autel. » 

Vorvong confie à l'ermite sa boule de cristal et suivi de Néang Kessej 
s'éloigne léger cueillant des Heurs à tous les arbres. 



Quand ils sont partis, le vieillard regarde le précieux objet, songe 
à le posséder, il se dit : 

« Depuis tant de siècles je prie dans le but de devenir apte à l'ran- 

13 



98 



mission l'wn; 




Fi", li. — vont saluer l'ermite. 



chir L'espace: Cinq mille ans entiers se sonl écoulés, je n'aurai jamais 
un cristal pareil au si beau joyau que cet être liumain a. sans défiance, 



remis à ma garde. » 




iVcang Kessey el Vorvong brillent dans les airs comme la Reine «les nuits. 

page 97.) 



. 



$8*% 







[àtîdk- 



Vorvong suivi de Néang Kcsscy s'éloigne, léger, oueillaiil îles fleurs 
à tous les arbres (pngc 07^. 



VORVONG ET SAURIYONG 99 

Il prend la boule éblouissante; sa joie n'a plus de bornes. 
Il s'élève dans l'espace autant qu'il peut monter, allant sans savoir où. 
Rapidement il s'égare : 

Le voici dans la région du terrible vent Kamoréath. Le tourbillon 

emporte, en un instant son corps est . en morceaux, jeté au fond des mers. 

Cette mort est la juste punition de la faute du solitaire au cœur noir. 



Le cristal tomba dans la capitale du Conthop Bore\ où régnait 
Saurivong, éblouissant, il gisait sur le sol; un officier du Roi le vil le 
premier, vint le lui offrir. 

La garde en fut, le même jour, donnée au chef des trésors (lig. 15). 



Vorvong et la charmante Kessej rentrent, chargés de Heurs dont ils 
font avec art des bouquets pour l'ermite. Quand ils se disposent à les lui 
présenter, ds s'aperçoivent qu'il a disparu. 

Leur désolation ne se saurait dire lorsqu'ils ne voient plus la houle de 
cristal. Les deux jeunes époux poussent un même cri de mortelle détresse : 

« L'ermite nous a pris noire précieux trésor et il s'est enfui! Est-il 
possible qu'un religieux ait pu nous voler noire seule ressource! 

« femme chérie, combien je le plains, toi qui ne connais misère ni 
fatigue. » 

Les jeunes gens quittent l'ermitage où a vécu le soutane maudit. Ils 
vont par munis et plaines, se dirigent au hasard : bientôt épuisés, ils ren- 
contrent un abri et malgré leur tristesse se sentent heureux d'y trouver 
du repos. 



L'arrivée dans l'île de deux êtres humains esl hienlôl connue d'un 
Yack qui l'habite; attiré par l'odeur, il crie du dehors, faisant des mou- 
linets sans fin de son bâton terrible : 

« Quel audacieux humain a bien pu oser prendre mon asile!' 



100 



MISSION PAME 




Fig. 15. — La garde en fut donnée au chef de- trésors 



« Je vais tout à l'heure lui faire voir comment peuvent périr les 
hommes. » 





S; 



O 



Le tourbillon remporte, en un instant son corps est en morceaux, 
jeté au fond des mers page 09J. 



VORVONG ET SA.UR1VONG 101 

Hardiment, ^ » >i-\ » »n i^ lui répond: 

« Yack ignorant et grossier, tu ne connais donc pas combien je te 
-m- supérieur en force et en puissance? » 

Les \ngcs appelés par une prière courte mettent la terreur au cœur 
du géant, il s'incline, s'éloigne, pensant en lui-même: 

« D'où peut bien venir cet homme surnaturel. Comment pourrai-jë 
le faire périr? » 

Mais il n'ose revenir. 

Le jeune Roi prend sa compagne dans ses bras : 

« Quittons, ma bien-aimée, ce lieu dangereux, nous ne [jouirions 
constamment nous garder du Yack, nous serions sa proie. » 



Quand l'aurore dissipe les ténèbres, ils se trouvent sur le bord d'une mer 
sans bornes. ( >n n'entend là que le murmure du vent, le rugissement 
des Ilots. 

Devant celte barrière le regard du prince erre triste et désolé, lorsqu'il 
découvre en vue du rivage des troncs d'arbre flottants pouvant supporter 
leur poids à tous deux : lis parviennent aisément à les atteindre et à s \ ins- 
taller. L n heureux vent les conduit alors non loin des côtes du bord opposé. 

Mais sans doute, c'est l'heure d'expier une faute de la vie passée. 

I ne tempête effrayante survient, l'obscurité se l'ail si profonde que le 

regard sous son épais rideau ne distingue plus rien. Les vagues deviennent 

furieuses, les infortunés n \ peuvent résister, malgré leurs efforts ils sont 

. i o 

séparés. 



La princesse épuisée, Lancée par les vagues roule sur la plage. Meurtrie, 
elle se traîne, appelle Vorvong, va. vient, erre, brisée elle tombe à 
irenoux : 

« O mon bien-aiiné. èles-vous sur le bord, êtes-vous sur les Ilots? 
Auriez-vous été la proie des féroces monstres de la mer? Sur le rivage 
n'êtes-vous pas aussi exposé aux fauves? 



102 MISSION I'AVIE 



« O vous. Génies qui peuplez mers et plages, ayez pitié de mes pleurs, 
n'avez-vous pas vu mon bien-aimé? Dites-moi vers quel lieu je le trou- 
verai.'' Je veux le suivre, le servir toujours. 

« O Anges qui habitez les sept directions, gardez les bois et les forêN. 
la terre, les eaux et l'air, le monde, le ciel même, dites-moi où il est, je 
veux le rejoindre, le servir toujours. 

« O immenses forêts et vous, arbres verts qui croissez par cou- 
ples. Heurs écloses, contemplerez-vous muets mon malheur sans pareil.' 
Quand le sort implacable arrache à mon amour, la moitié de mon être, 
mon prince bien-aimé. n'aurez-vous pas peine de ma douleur et de mon 
abandon, ne m'aiderez-vous pas? Je veux le retrouver, sinon je vous prie, 
faites-moi mourir? » 

Elle ne cesse d'appeler, de prier, de se plaindre, jusqu'à ce qu'épuisée 
elle roule sur le sable inerte, évanouie. 

Lorsqu'elle revient à elle, son corps tout entier ressent fatigue et 
douleur: se roidissant, elle arrête ses larmes, découvre sa poitrine, l'ail 
de son écharpe, mise au bout d'une branche, un drapeau, un signal, 
qu'elle plante sur le rivage. 

Elle marche malgré trois mois de grossesse, continuant à fouiller les 
bois, les ravins, ses pieds déchirés laissent leur sang au long du chemin. 
Bientôt elle s'égare: au bout de ses forces, elle s'arrête et s'étend sous 
l'ombrage d'un grand arbre qu'un doux vent agile. 



La forêt est immense, épaisse, accidentée. >éang Kessey la parcourt 
ainsi quatre mois en tous -eus. sous l'impression constante de la crainte 
des fauves, n'osant pas prononcer un mot. Elle se trouve alors aux con- 
fins du royaume où règne Saurivong. 

Par lambeaux, ses vêlements sont restés aux épines, aux broussailles 
elle a dû se couvrir uniquement de feuilles d'arbres. 

La direction qu'elle suit, sans le savoir, est celle de la capitale. 




Les ;i ut; es, appelés par une prière courte, un* U en l la terreur au cœur du yack . 
il s'incline page 101). 



J**^*** 



3< 




Ils découvrent en vue du rivage des troncs d'arbres Bottants pouvant 
supporter leur poids à tous deux. Ils parviennent aisément à s'y installer 

(page 101). 




Elle i;<il de son écharpe mise au'boul il une branche, un drapeau, un sit;i 
qu'elle plante sur Le rivage 'page Wii. 



VORVONG ET SAl RIVONG 103 

Dans un village, non loin, habite un vieillard, chasseur habile. 

Une foule de chiens le suivent dans ses courses. 

II a la lance et l'arc pour armes, son carquois est plein de flèches acérées. 

Ce jour-là, suivant son habitude, marchant le long des champs, il 
longe la Corel . 

Soudain les chiens bondissent, s'élancent vers un être étrangement 
velu : c'est Néang Kessej ! 

Les aboiements bruyants dirigent le chasseur. 

La malheureuse fuit du reste de ses forces. Quand les chiens vonl 
l'atteindre, une fondrière escarpée se présente sous ses pas: elle s'y laisse 
tomber. 

Croyant avoir affaire au gibier ordinaire, le vieillard accourt guidé 
par les appels et quand il tend son arc. voit la jeune femme. 

« Il se peut. » pense-t-il, « que quelque revenant tente ma vieille ex- 
périence. X) 

« Etes-vous » s'écrie-t-il, « Génie des bois ou créature humaine? 

« D'où pouvez-vous venir sous ce costume de feuilles? vous semblez 
malheureuse, pourquoi donc êtes-vous seule ? » 

— « O bon vieillard, mon mari et moi avons fait naufrage en mer en 
vue des côtes, les vagues furieuses nous ont séparés, recueillez, je vous en 
prie une pauvre infortunée, ayez pitié de son malheur: je serai votre ser- 
vante et ferai mon possible pour vous faire content de cette bonne action. 
Quand je retrouverai mon mari, il récompensera, ayez-en confiance, 
votre cœur généreux. » 

Le vieillard répond : 

« Ne soyez plus inquiète, je pourvoirai à vos besoins. » 

De son gros couteau il coupe une branche d'arbre, la place dans la 
fondrière pour servir d'échelle, puis il jette à la jeune femme le superflu 
de ses vêlements. 

Se voyant assistée. Néang Kessey rapidement se couvre puis monte 
par la branche. 

Heureux de son bienfait, le vieux chasseur la conduit vers sa maison, 
sans plus penser à la chasse. 



104 MISSION PA.VIE 



Quand sa femme Les voit arriver tous deux, ses yeux méchants, 
jaloux, s'emplissenl décolère, elle leur tourne le dos. 

« Vieux misérable, » s'écrie-t-elle, « ta peau se racornit et lu ;is 
encore une maîtresse ! Sans doute pour nie dépister tu lui avais construil 
une case dans la forêt, maintenant qu'un enfant va naître, lu me l'amènes 
ici, tu es vraiment par trop naïf. » 

— « Ecoule, femme, ne dépasse pas les bornes qui sont permises, ne 
dis pas de paroles méchantes et inutiles, tu ne sauras donc jamais être 
juste cl bonne, attends au moins d'entendre ce que je Nais te dire. 

« Celle infortunée qu'un naufrage a séparée de son mari, arrive 
seule. J'ai eu pilié de son malheur et je l'ai amenée pour la nourrir en at- 
tendant qu'elle retrouve celui qu'elle a perdu. Ne dis donc plus qu'elle 
vient te voler mon affection. » 

Mais la vieille ne le laisse pas achever. 

S.'adressanl à Néang lvessey : 

« Tu vas apprendre comment je traite les donneurs de conseils. 

— « \ ieux misérable, lu as abusé de cette enfant, les juges le puni- 
ront, tu paieras l'amende, ton cou ne lardera pas à être chargé d'une 
cangue et ta tête sautera un jour, c'est certain! » 

Tandis qu'elle parle, elle devient furieuse, se jette sur le veillant, lui 
arrache les cheveux, déchire de ses ongles la chair de son visage : rien 
ne peut l'apaiser, elle se retourne vers la jeune femme : 

« Et toi, effrontée, cœur méchant qui peux avoir un semblable ca- 
price, voleuse de maris qui fais l'étonnée, sors d'ici, tu déshonores ma 
demeure ! » 

Dans sa grande bonté, la triste victime se dit : « Si elle veut me tuer. 
je ne saurai me défendre, mais les Anges ne voudront pas me laisser mourir. 
Je ne quitterai pas cet homme si bon avant d'avoir retrouvé mon mari: je 
lui montrerai ma reconnaissance en supportant les peines qu'il faudra.» 



Parla nuit noire et malgré la pluie, la vieille la laissa sur le sol bu- 
mule en bas de sa case. 







w 

c 
mm 














t ne fondrière escarpée se présente sous ses pas, .Ile s'y laisse tomber. 

(page 103.) 




Vieux misérable, lu .i> abusé de cette enfant ! (page i»*i 



VORVONG ET SA.1 RIVONG [i 5 

Néang fcessej atteignit ainsi, servante misérable, le dixième mois de 
sa grossesse. Lorsqu'un jour d'orage furieux elle ressentit les premières 
douleurs, elle pria la vieille : 

« Maîtresse, soutirez que je vous dise la vérité: mou petit enfant va 
venir au monde, j'ai grand besoin d'être secourue? » 

— K Eloigne-toi, sors sur le champ! moi je n'ai pas d'enfant et ne 
saurais supporter un spectacle pareil ! » 

— « Par pitié, laissez-moi dans l'enclos au pied de votre haie, je ne 
puis aller nulle part par cette pluie, ce tonnerre. » 

— « A a. suis le chemin ! » 

Elle la repousse, ouvre la barrière et la chasse au dehors. 



Néang Kessey cherche sous l'averse un sentier qu elle puisse suivre : 
la douleur l'oblige à s'asseoir sur le sol : les larmes sur son visage maigri 
ruissellent avec la pluie. 

« O mon bien-aimé. êtes-vous donc mort ? Si votre vie a été épargnée, 
dites-moi où vous êtes que j'aille vous retrouver, vous servir jusqu'à ma 
mort ! Si quelqu'un m'apprend qui' vous êtes dans les profondeurs de la 
mer. je me laisserai mourir : pourquoi \ i\ rais-je si je n'ai l'espoir de vous 
retrouver? » 



Par une faveur du ciel. Pra En de son regard perçant, miséricordieux, 
\nit la situation de la jeune femme. 

S. m- la forme d'une bonne vieille, il se dirige \ers elle. 

« Jeune et charmante femme, que faites-vous ici par un pareil temps? » 

- — « O bonne mère séparée de mon mari par la tempête, égarée en 
li' cherchant, j'ai ilù me faire servante dans la maison d'un chasseur dont 
la femme méchante m'insulte, me maltraite et. ne voulant pas voir 
naître mon enfant \ient de me chasser. 

« O bonne mère, je souffre d'intolérables douleurs, je ne puis plus 
respirer. » 

14 



106 MISSION l'WII 



Elle pense qu'elle meurt. Dans un larmoiement, elle murmure aux 
Anges une douce prière : 

« Ma misère étail dans la destinée ! » 

« O sort impitoyable, lu nia- arraché mon mari, lu me le cache? 
mystérieusement! S'il est vivant, je veux vivre el le retrouver, s il n'est 
plus, que je meure et lui suis réunie dan- la vie future, que rien ne nous 
sépare plus ! 

« Que je sois oiseau aux ailes toujours prêtes à fendre les an- -i lui 
l'est aussi, je ne serai heureuse qu à côté de lui ! 

« Que je sois bête fauve s'il l'est également : s'il est poisson je veux 
aus-i l'être : au delà de celte mort je ne serai heureuse que réunie à lui ! 

« Ecoutez ma prière. ô Anges célestes, exauce/, nie- dernier- souhaits! » 

Elle se tourne vers la vieille femme : 

« O bonne mère, sauve/ mon enfant, sauve/ nia \ie. ce bienfait sera 
égal à celui que je dois à ma mère. » 

Soutenant ses épaules, le Dieu répond : 

<( N'ayez plus d'inquiétude, je ne vous quitterai pas. » 



Néane Kessev met au monde un beau garçon. En le voyant, Pra En 
s'écrie : « il sera mon petit-fils '. o 

Il l'ait naître du l'eu, réchauffe la jeune mère, puis lui dit (fig. Ifi) : 

« Ma maison est à l'Est du palais, je vais emporter votre bel enfant 
et le bien soigner. Quand vous pourrez venir le voir, vous le trouverez. 
n axez pas de crainte; donnez-moi quelque objet qui, placé' à son cou. le 
fasse reconnaître ! 

« Vous êtes seule el -an- aide, chez \olre méchante maîtresse VOUS 
ne trouveriez pas un moment à lui consacrer, il ne pourrait \ i\ re dan- ces 
conditions;' » 

— « O bonne mère, je vous remercie, je vous confie mon enfant, 
aimez-le el le soignez comme si vous lui aviez vous-même donné le jour, 
quand j'aurai retrouvé mon mari, nous viendrons vous le demander, 
nous vous récompenserons de vos soins -ans prix, o 



VORVONG ET SAURIVONG 



107 




J \ 



iS 



Fîg IG — Il fait naître du feu pui? il lui dit:.. 



Elle prend dans ses liras l'enfanl né dans une telle misère, elle le 
mouille de larmes : 



108 MISSION l'VMK 



« () trésor précieux de mon cœur, combien il m'esl pénible el dou- 
loureux ilf me séparer de toi : que pourrai! faire une pauvre servante? ma 
maîtresse sans pitié sérail cause de la mort, par crainte de te voir malheu- 
reux je te confie à cette bonne mère. Nous nous reverrons, dans un 
mois je quitterai mes maîtres, j'irai te prodiguer mes soins, nous serons 
deux à l'aimer. ■» 

\\anl ainsi parlé elle remet à la vieille le précieux fardeau el lui confie 
la bague de sou mari. 



Néang Kessey étant rentrée chez le chasseur, la vieille lui demande : 
« Eh bien, fille misérable, tu as donc abandonné ton curant!' » 

— « Amis n'avez pas voulu le voir, je l'ai confié aux soins d'une 
personne charitable qui l'a adopté pour son petit-fils » (fig. 17). 



Vprès le dépari de la jeune mère, PraEn place l'enfant sur un superbe 
tapis, attache à son cou la bague de sa mère. 11 se transforme en vautour 
cl de ses ailes déployées, le protège de la pluie, de la rosée et du soleil. 



Le Roi Saurivong, depuis longtemps souverain de Conthop Borey, 
ayant éprouvé le désir de faire uni' promenade au boni de la forêt, de 
grand malin revêt ses insignes, la couronne et sort, monté sur l'éléphant 
royal, suivi d'une escorte nombreuse, salué, admiré par la foule respec- 
tueuse. 

Passant près delà cabane du chasseur, ses regards sonl attirés par le 
vautour qui. malgré lebruit el l'approche de l'eseorle. garde sou- ses ailes 
déployées une attitude de tière indillérenee. 

« Que quelqu'un aille voir ce que mange ce vautour. » 

On se presse d'obéir à l'ordre du Uni. 

Le vautour fait un bond, s'écarte, l'officier voit l'enfant. 



VORVONG ET SAURIVONG 



109 




i'ig. 



je l'ai coulié anx suins d'une personne charitable. 



« O Roi, un nouveau-né beau connue ceux des Anges, couché sur 
une superbe étoffe, esl là. abandonné. Le vautour allait lui ôter lu vie 



110 MISSION PAV1E 



(|iiiiii(l nous sommes arrivés, sans nous certainement celle charmante 
créature était dévorée. 

Content d'une pareille rencontre. Saurivong ordonne : 

« Qu'on me l'apporte vite, je veux le voir. » 

Délicatement ou le présente au Roi, il le reçoit dans ses bras. 

« J'adopte ce joli enfant ! » 

11 le caresse, l'admire, aperçoit la bague attachée à son cou, la com- 
pare à la sienne, surpris et troublé les trouve en tout semblables, ne doute 
pas qu'il a dans ses bras reniant de son frère. 

« ( > cher enfant, (jucl bonheur te met dans nies mains, mais pourquoi 
es-tu seul! 1 Où esl ton père? 

« destinée étrange, conséquence de nos vies passées, pourquoi 
toujours ces séparations violentes el douloureuses! » 

11 se laisse aller au chagrin qui le ronge, ses larmes coulent le long de 
son visage, il ordonne de chercher les parents partout aux environs; 
l'escorte se disperse mais en vain car personne ne songe à s'informer dans 
la misérable cabane. 

Le Roi alors rentre au palais, il fait choisir parmi les femmes belles 
et de taille élancée, des nourrices habiles. 

Il ordonne qu'une élégante maison de quatre pièces soit de suile ('le- 
vée pour le petit prince dans la cour d'honneur. 

Qu'elle soit ornée de peintures murales reproduisant les scènes de 
sa jeunesse vécues avec son frère. 

Il fait publier par gongs et trompettes qu'il l'inaugurera par une fête 
superbe et distribuera à cette occasion d'immenses richesses, que la foule 
entière sera admise au petit palais où on hébergera tous les visiteurs, que 
des gardes spécialement choisis leur expliqueront les scènes peintes sur 
les murailles. 

Quand tout fut prêt il recommanda aux gardes de lui venir dire l'im- 
pression produite par les tableaux sur les visiteurs. 



Revenons maintenant au malheureux Vorvone. 




zm ^i 



O Hoi ! un aouveau-nc beau comme ceux «les Anges, esl lu. abandonné (p. 109). 



VORVONG ET SA.URIVONG 111 

Vrraché violemmenl à sa jeune femme, il dispute sa vie aux Unis 
furieux : après des efforts désespérés il gagne la cùlc. 

Recherchant su chère compagne, il fouille en vain lus plis, les recoins 
du rivage, il s'abandonne à la douleur, il s'écrie : 

« O mon bien-aimé trésor, (ju'avons-nous donc fait pour mériter lant 
de malheurs? 

« Que ne t'ai-je refusé ce voyage! 

« Que ne puis-je savoir dans quel heu lu te trouves pour aller te 
rejoindre ! 

« Es-tu morte ensevelie dans les flots; 1 

« As-tu été dévorée par les monstres marins? 

« Es-tu égarée dans ces forêts sombres? 

« As-tu été la pioic des bêtes féroces? 

« Aurais-tu plutôt par bonheur été recueillie par un chasseur chari- 
table ? » 

L'infortuné prince longe tristement le rivage, seul le mugissement 
des Ilots répond à ses appels. 

Tout à coup il aperçoit sur une plage éloignée un signal, un drapeau. 

11 hâte la marche, tremblant d'espoir, comme si l'étoffe flottant au 
gré du vent allait lui rendre sa bien-aimée. 

Il reconnaît l'écharpe de Néang Kessey et voit sur le sable la trace de 
ses pas (fig. 18). 

La plaie de son cœur ne l'ail que s'aviver. 

« Trésor de mon être, la destinée \ous a amenée sur ce rivage, vous 
n \ avez laissé que votre écharpe el la trace de vos pas ! 

« Sans doute tu n'as pris que le temps de mettre cette étoffe légère, 
emblème de l'espoir, au boul de celle branche! 

a < ) chère écharpe qui as couverl ma bien-aimée, tu es le seul souvenir 
de notre séparation ! 

« solitudes, racontez- n loi sa peine! 1 est-elle égarée dans vos replis? 
ayez pitié d'elle et de ses souffrances ! 

« Compagne de ma vie, tu avais en abondance les plus précieuses 
élollés. |e- fatigues étaient le- doux amusements du palais, tu as été en- 



112 



MISSION PA.VIE 













%Wm 









'«**r 




Fig. |s. — Il reconnaît l'ëcharpe. 



tourée de soins autant que les Anges: tu marches maintenant demi-nue 
sous le soleil ardent dans des forêts sans lin. » 



VORVONG ET SU RIVONG 113 

accablé de douleur, il tombe évanoui sur ce sable couvert de l'em- 
preinte des pas de K.essej . 

Relevé, il suit ces empreintes encore fraîches, atteint la lisière de la 
forêt, mais là, le sol est tapissé d'herbe, il lui est impossible de recon- 
naître aucune trace, il appelle longtemps, l'écho seul lui répond. 

Sept mois entiers il fouille la forêl dans Imites ses parties, elle u a 
aucun secret pour lui : peines inutiles. 



Ln jour il se trouve dans les champs et arrive à la capitale de Canthop 
Borey le cœur plein de tristesse. 

Il entend dire aux gens qui le coudoient que le Roi donne une grande 
fête et fait distribuer d'abondantes aumônes dans la cour du palais pour 
l'inauguration d'une maison sur les murs de laquelle sont reproduites les 
scènes de son enfance. 

« Entrons. » se dit-il, «j'aurai part aux aumônes du Roi et verrai les 
tableaux. » 

Selon les ordres reçus, en le voyant, les officiers le font entrer, lui 
offrent toutes sortes de provisions, le couvrent de vêtements neufs, lui 
font prendre un repas, puis ils le conduisent devant les peintures. 

Ils lui en détaillent les M-ènes. 

C'est d'abord l'enfance heureuse et tranquille du Roi, de son frère 
auprès de leur mère. 

A mesure qu'ils parlent, Vorvong s'aperçoit que ces sujets sont ceux 
de sa vie, l'émotion l'étreinl. il tombe à genoux : 

« () sort incroyable; nie voici jouant avec mon frère près de notre 
mère, au temps du bonheur ! 

« [ci, Néang Montéa nous tient dans ses bras ! 

» Cet autre tableau représente le Roi rempli de colère ordonnant de 
nous faire mourir ! 

(( A oici noire marche affreuse vers la forêt avec les bourreaux ! 

« Notre mère affolée accourt nous rejoindre ! 

« Puis voici sa mort, sa résurrection ! 

15 



Il', MISSION PAVΠ



« Les bourreaux à genoux, surpris el touchés, nous laissent partir! 

« Là, c'est notre passage parmi les vendeuses du pins de Baskim ! 

« Le grand arbre sur la branche duquel la première nuil nous nous 
reposâmes ! 

« Le combat de coqs livré à l'aurore. 

« Le coq blanc el le noir à bout de leurs forces mourant tous les deux ! 

« Le feu que nous fîmes pour faire cuire leur chair, avant de partir ! 

« Notre halte enfin à la case du bois où mon frère chéri m'a été ravi ! 

« O gardes, qui de vous pourra me montrer mon frère bien-aimé. » 

Les sanglots l'aveuglent et l'étouffent, les officiers le laissent à terre, 
s'esquivent, en sachant assez : ils se pressent, contents d'aller dire au Roi 
tout ce qu'ils ont vu (fig. 19) : 

« Un pauvre étranger, jeune, beau, ressemblant ô Roi, à votre per- 
sonne, s'est présenté au petit palais. Nous lui avons donné tout le néces- 
saire et l'avons mené, son repas fini, devant les peintures. 

« >>ous allions alors les lui expliquer: il les a comprises, est tombé à 
terre brisé d'émotion et s'est évanoui. » 

Saurivong accourt, reconnaît son frère, le presse dans ses bras. 

« mon frère chéri, compagnon des peines, pris à mon amour! 
Depuis les longs mois que je t'ai perdu, ma vie a élé remplie de tristesse ' 
Pas un seul jour ton cher souvenir ne s'est éloigné! O mon cher trésor, 
attendu sans cesse, le ciel généreux vient nous réunir ! » 

Des larmes de bonheur coulent de ses veux. 



Le creur de Vorvong en même temps déborde de joie et étouffe de 
peine: les pleurs peu à peu soulagent son angoisse. 11 conte à son frère 
les misères subies. 

« O bien-aimé frère, je ne sais comment je puis encore vivre. » 

11 dit l'histoire de sa bague, le seul souvenir gardé de sa mère à cause 
duquel il a subi six ans de martj r. 

Il raconte le lancement du vaisseau, la victoire sur le Géant. Son cou- 



VORVONG ET SUÏUYOXG 



115 




Fi-:. IU. — Les saneluts l'aveuglent. 



ronnemenl el son mariage, le voyage dans l'air, la descente dans 1 île, le 
vol de l'ermite, le naufrage, la séparation. 



lit; MISSION PAV1E 



ci ( ) frère adoré, vous êtes le salut, c esl par nous que je rc\ errai nuire 
mère chérie. 

« Je me demandais si vous étiez mort, votre enlèvement m'avait fail 
craindre le malheur, je n'aurais jamais cru nous retrouver Roi de ce 
beau jia\ -. 

« Après tant de maux, j'éprouve une joie, douce par dessus tout, à 
vous contempler! une peine, sans pareille, hélas! s') mélange; j'ai perdu 
ma compagne aimée ; elle a dû souffrir de telles misères que j'ai peur et 
tremble qu'elle n'ait succombé. 

« Quand les Ile ils furieux nous ont séparés, elle était déjà grosse depuis 
trois mois et en voici sept que je pleine sa perte. » 

<( Ecoute, û cher frère, dit Saurivong : 

« J'ai, dans le chemin, recueilli sur un riche lapis, un petit garçon 
né de quelques jours. 

« 11 avait au cou une bague admirable. 

« Cet enfant n'est pas étranger à notre sang, il est sûrement ton fils. 

« La bague me l'a fait connaître. 

« Ayant en vain, pour te retrouver, recherché partout, j'ai imaginé 
La salle des tableaux et fait annoncer que je donnerais, en L'inaugurant, 
fête et riches aumônes. 

« Des gardes étaient chargés de conter à tous l'histoire de ma \ie et 
de détailler notre longue misère. C'est parce moyen que. grâce au ciel, 
j'ai pu retrouver mon frère bien-aimé ! » 

« cher frère. » demande Vorvong, « satisfaites mon impatience, je 
veux voir l'enfant que vous élevez? » 

Le petit prince esl aussitôt apporté, entouré de nourrices et de sui- 
vantes. 

V la vue de l'enfant au cou duquel brille sa bague, \ orvong le recon- 

1 DO 

naît, le prend amoureusement, laissant couler des larmes. 

« cher enfant que, par la permission des Anges, je puis aujour- 
d'hui porter dans mes bras, regarder avec amour, pourquoi t'a-t-on aban- 
donné sur la nulle ? » 

« cher petit, où peut se trouver ta mère '.' 



YORVONG ET SAURIVONG 117 



« Cher li'ésor de mon être, je crains pour sa vie, aurait-elle été ravie 
par dos hommes sans cœur et s;ms pitié? » 

La douleur, à cette pensée, le brise, il tombe évanoui. 

Saurivong, effrayé de l'état de son frère, humecte son visage d'eau 
fraîche et le rappelle à la vie. 



L'infortunée princesse Kessey en servant sa maîtresse était, malgré sa 
bonne volonté, sans cesse maltraitée, insultée, cette vieille sans pitié la 
menaçait journellement de la chasser. 

Après sept jours, elle la quitte et part à la recherche de son enfant. 
Elle se dirige vers le palais, y entre sans y prendre garde. 

( Iherchant la case de la bonne mère, elle erre près la maison construite 
pour son enfant. 



Vorvong, à l'entrée de la salle, regarde tristement au dehors ; il aper- 
çoil Néang Kessev. la reconnaît quand elle s'éloigne, accourt, la relient 
par la ceinture, l'étreint dans ses bras, l'inonde de larmes (fig. 20). 

En un instant, ils se sont dits tous leurs malheurs. 

Vorvong l'entraîne dans la maison, lui racontant comment son frère 
a recueilli leur fils. 

Néang Kessej prend l'enfant, le couvre de baisers, de caresses. 

« Bénie soit la destinée qui me fait te revoir. Je remercie les Anges 
qui ont voulu que le Roi ton oncle ait recueilli toi et Ion père. 

« Nous sommes maintenant réunis pour toujours. 

<i ( ) précieux trésor de mon cœur ! 

« Voilà sept jours que ton visage m'est inconnu, j'avais cru que la 
vieille mère t'éléverait, elle m'avait demandé de t'avoir pour petit-fils, je 
ne puis comprendre qu'elle t'ait abandonné au milieu de la route et qu'un 
vautour t'ait gardé sous ses ailes ! 

« ÎN'ai-je pas plutôt été assistée par un Ange, sous l'apparence d'une 
\ ieille femme ! » 



118 



MISSION IWY1E 




Fi». 30. - l'étrcint dans ses bras, l'inonde de larmes. 



Lorsqu'elle a séché ses larmes de bonheur, les deux Rois frères la 
conduisent chez la reine Sar Bopha qui la reçoit avec une joie extrême. 



VORVONG ET SA.URIVONG 119 



Saurivong fait célébrer une superbe cérémonie à l'occasion de L'heu- 
reux retour de sou frère et de sa famille. Puis, le beau nom de Vorvong 
Sauria, est. dans une grande fête, donné à l'enfant aux acclamations des 
grands et du peuple venus le saluer. » 



120 MISSION PAVIE 



[V. 



« O mon frère bien-aimé, » dit un jour Saurivong, « \«>us ne 
m'avez plus reparle de voire merveilleux cristal, j'ai grand désir de le 
connaître. 

« On m'a offert un jour une boule éblouissante de beauté, je 1 ai 
gardée précieusement, ne serait-ce pas celle que vous avez perdue!' » 

Plein d'espoir, Vorvong demande à la voir, des officiers l'apportent. 

« C'est mon joyau lui-même, ô mon bon frère: si vous le permettez 
je vais vous montrer tout de suite sa puissance. » 

Le prenant dans sa main, il le fait tournoyer, il s'élance dans les airs, 
faille lourde l'enceinte puis, décrivant de grands cercles autour du palais, 
il redescend aux pieds du Roi Saurivong. Tous ceux qui le voient -nul 
émerveillés, la ville entière s'émeut, veul le contempler (fig. 21 ). 

^ orvong s'incline respectueusement : 

« cher frère, notre mère adorée in mis a recommandé d'être de retour 
dans dix ans. Elle pense sans cesse à nous. N'oublions pas ses recom- 
mandations, ayons pitié de sa douleur. Si vous le voulez bien, je retour- 
nerai prendre tout ce qu'il faut dans mes royaumes, c'est ici que je me 
réunirai à vous, nous n'avons que le temps nécessaire pour préparer les 
navires . » 

Saurivong répond : « Votre pensée est heureuse, je vais organiser 
une armée de terre afin que nous arrivions par les deux côtés en même 



vorvom; et suriyov; 



121 




I'ig 21. — lous ceux qui le voient sont émerveillés. 



temps el assurions le succès, car dès qu'un saura noire marche tous 
les obstacles nous seronl élevés. » 



10 



L22 MISSION l>\YIK 



\ oryong dit encore : 

« Je confie à vos soins Néang Kessey et mon enfant : ô mon frère, je 
ne saurais trop vous les recommander, ils ont été si malheureux. » 

Puis il fait ses adieux à sa compagne. 

« Chère Kessey. la plus charmante des femmes, je vais te quitter pour 
rentrer au Royaume, la pauvre Rot Vodey doit être inquiète d'une aussi 
longue absence et sa tristesse grande. Ne pleure pas mon départ, n'attriste 
pas les beaux jours. Je voudrais f emmener, ne plus me séparer de toi, la 
crainte des accidents me retient. 

« Je vais de nouveau me servir du cristal, mon absence consacrée à 
préparer le retour vers notre mère sera de courte durée. 

« O toi, chère fidèle, aies soin de noire enfant, je reviendrai avec 
Rot Vodey et ramènerai serviteurs et suivantes. » 

Ayant parlé, il s'élève dans les airs : son vol gracieux est semblable à 
celui de Hansa, l'oiseau du ciel prenant son essor des beaux jardins des 
heureuses régions célestes (fig. 2?). 



Vorvongnemit qu'un jour pour atteindre sa capitale. Il presse dans ses 
bras la bonne Roi Vodey qui amoureusement dit ses peines, son inquié- 
tude pendant la séparation. 

Vorvong raconte son voyage avec Néang Kessey. leur naufrage, les mi- 
sères qu'ils ont eues séparés l'un de l'autre. La généreuse Vodey pleure, 
émue de pitié. 

Le jeune couple se rend ensuite cbez le vieux Roi. Ils sont reçus avec 
bonheur. 

a O cher enfant, comme chaque jour, la tristesse et le chagrin nous 
assiégeaient en ton absence. 

« Combien de fois, pris d'impatience, avons-nous passé le temps à 
parler de ton heureux retour, ô comme nous avons senti le besoin de te 
posséder et de l'aimer ! 

(( Où avez-vous laissé notre charmante Ivessev ? est-elle heureuse ou 



VORVONG ET SAURIVONG 



123 




— . ... il s'élève dans les airs. 



Insie?. Serait-elle oublieuse qu'elle n'a pas profité de voire retour pour 
venir nous revoir ? » 



124 



MISSION PAVIE 




Fi". 23. — Vorvong refait le récit de ses misères. 



Vorvong refail le récit de ses misères, le Roi Sotat ne peu! retenir 

ses larmes (lig. 23). 



YOUYONG ET SA.URIVONG 



125 




Vorvoog reprend sa course. 



Bientôt A orvong reprend sa course, il se dirige vers le pays du Roi 
Thornil (fig. *?4). Il fait à son beau-père le récit de ses malheurs, puis 
lui parle ainsi : 



12ù MISSION PAVIE 



<( () Roi, je viens vous demander 500 vaisseaux el une armée pour 
aller vers mon pays natal. » 
Le Roi Thornil répond : 
« Ce royaume est à vous, votre volonté sera faite. » 



Vorvong s'embarque avec des suidais tous choisis, revienl chez le Roi 
Sotat, lui l'ail la même demande. 

Rapidement les troupes sont lr\ées el la Huile équipée; 

Vorvong dit alors à sein beau-père: 

« Grand el généreux Roi, je lais des vœux ardents pour le bonheur 
de Milre règne et la prospérité île votre royaume. 

« L'absence sera courte, .le muis demanderai d'emmener votre chère 
fille ma compagne afin qu'elle voie ma gentille mère? » 

Le Roi Sotat eût préféré garder sa délicieuse Roi \ odey, mais il n'ose 
refuser. 

« fils cher à mon cœur, je ne puis contrarier Ion voyage, va, que 
le eiel le protège, mais ne me laisse pas longtemps dans l'isolement. 

<i N'oublie pas que la présence ici est indispensable, epic ton élévation 
au trône du royaume est le plus heureux événement de ma vie, lu étais 
l'homme prédestiné au salut de noire race. » 

Puis, s'adressant à sa fille : 

<> () trésor de mon cœur, toi que jaune plus que tout, écoute mes 
prudentes recommandations : 

(i Prends soin de ton mari, respecte-le et obéis-lui toujours. Quand 
vous serez arrivés heureusement dans son pays, sers ses parents comme 
s'ils t'avaient donné le jour, que rien ne puisse te faire étrangère à leurs 
yeux. 

« Sois attentionnée pour les Génies des pays où tu te trouveras. 

« Sois bonne el douce pour ceux qui le serviront. 

« Adoucis la misère des infortunés. 

« Aime ceux que ton mari aimera, n'altère pas son bonheur par la 
jalousie. 



VORVONG ET SAURIVONG 127 

« En tout, use de bonté et de modération. 

« N'aie pas pour ceux quisuhironl la disgrâce de Ion mari le même 
sentiment que lui, sois bienveillante, interviens pour eux auprès du Koi. 

« Quand ton mari, la nuit, entrera dans la chambre, couche-toi un 
peu plus bas (pie lui. ne reste pas sur un rang «'gai. » 

La princesse ayanl respectuesement reçu les conseils de son père, les 
deux époux le saluèrent agenouillés. 



La Hotte se dirige voiles au \enl sur Conthop Borev où un chaleureux 
accueil lui est lait par Saurivong qui reçoit avec transport son frère dans 
son palais. 

En se retrouvant. Néang Kessey et Roi Vodey se jettent dans les bras 
l'une de l'autre, ne cessent de se parler. 

Rot A odey prend le petit prince ^ orvong Sauria, elle le dépose amou- 
reusement sur ses genoux, le couvre de baisers, de caresses. Elle verse 
des pleurs en pensant à la misère qu'il a eue (fig. 25). 

« O cher enfant, la protection du ciel est sur toi. sans elle tu n'aurais 
pu résister à tant de malbcurs. » 



ce Nous sommes enfin réuni-. » dit ^ orvong : « mettons, cber frère, 
notre projet à exécution, parlons pour le royaume de nos parents. » 

Sauvirong répond : 

« Charge-toi de commander les flottes, je conduirai l'armée: nous 
calculerons notre marche de manière à entrer en même temps dans le 
royaume de notre père et bloquer subitement la capitale. » 



Les derniers préparatifs du départ sont rapidement poussés, ou n'attend 
plus ipi un jour propice. 



128 



MISSION l'W II'. 



~T : 




Fig. 25. — Elle verse des pleurs. 



Dans les deux armées règne l'ordre et la discipline. 
Saurivong compose l'avant-garde des hommes les plus audacieux. Il 
choisit ses oflïciers parmi ceux ayant fait preuve de brillant courage, ils 




La flotte se dirige voiles au vent sur Canthop Borey (page 187 



VORVONG ET SAURIVO.NG 129 



portent les sabres suspendus à l'épaule, leurs coiffures sonl de couleurs 
éclatantes. 

L armée est innombrable, le sol tremble sous ses pas: parmi les 
guerriers joyeux, eliacun ne songe qu"à saisir l'occasion de montrer 
sa valeur. 

On ne voit que drapeaux, bannières, emblèmes de toutes sortes flot- 
tant au gré du vent. 

Saurivong emmène la Reine, une foule de femmes de rare beauté for- 
ment sa suite. 

Rien ne manque, tout a été prévu. 

L armée se met en marche en plusieurs troupes séparées dans un ordre 
parlait. 

La route sera longue, pénible, aussi Saurivong a-t-il bâte d'arriver. 



Vorvong de son côté a organisé la Hotte: elle est montée par 
des marins éprouvés dont le courage et la bravoure sont les qualités 
ordinaires. 

Des quantités considérables de provisions rempbssenl les navires. 

Desdrapeaux,desbannièresdetoutescouleurss'agiten1 en liant de- mais. 

L ne troupe choisie forme la garde du Iioi. 

La flotte est innombrable, on ne voit qu'une forêt de mâts et de 
gouvernails. 

Elle se met en route en même temps que l'armée. 

Lu vaisseau aux sculptures magnifiques, orné de gracieuses guir- 
landes de fleurs, emporte le jeune Roi et les Reines. En s'éloignanl 
tous trois échangent avec Saurivong cl Sar Ropha montés sur de superbes 
éléphants, des souhaits el des vœux. 



Bientôt on n entend plus (pic les mugissements des vents, les vagui s 
s'élèvent bailles, retombent, frappanl lourdement le bordage des navires. 
On ne voit que l'étendue sans bornes des eaux, et le ciel. 

1: 



130 MISSION rwii: 



Le suir. la llnllr mouille dans une île. les matelots réparent leurs 
forces par des aliments abondants ; Ions, penchés sur les (lots admirent, 
à la lueur de la lune el des étoiles, !<•> animaux marins de toute sorte. 

Le lendemain, la traversée continue. 



Laisson- les armées s'avancer et parlons duRoi Sauriyoetde la Reine 
Tiéya, 1<' père cl la mèrede Saurivong el de Vorvong. 

\|uès la fuite de Vorvong et de Saurivong, enfants sauvésdela mort, 
que se passa-t-il? 

La douleur de Néang Tiéya exaspéraol le Roi, il la chasse du palais. 

Dans son abandon, la pauvre Reine ne doil la \ic qu'aux bourreaux 
compatissants qui lui portent chaque jour en cachette le nécessaire pour 
entretenir son existence : riz, bétel el bois. 

Par crainte de la colère du Roi, personne n'ose la secourir. 



Sept ans ('■coulés. Vey Vongsa dans sa douzième année est sacré 
Roi à la place de son père qui abdique. Il gouverne les cinq cents princi- 
pautés tributaires ; des trésors, des richesses, des objets précieux de toute 
sorte lui si ml annuellement présentés. 

La prospérité el le bien-être continuent de régner chez les peuples de 
son empire. 



Cependant le temps passe. La malheureuse abandonnée, la Heine 
Tiéya, a recommande'' à se- fils de revenir sans faute au boul de di\ ans : 
maigri'' son courage, elle esl toujours sous l'impression de I inquiétude cl 
de la tristesse que lui a laissée leur départ. 

Elle a pour compagnons de misère : le chagrin, la douleur, la sou lira née 
cl 1 impatience de revoir ses enfants. 

Cependant, une nuit, elle a un songe charmant. 

— Ses lils reviennent tous deux, fleuris de jeunesse el de santé. Ils se 




Kn s'éloignant, tous trois échangent avec Saurivong .1 Sar Bopti 
montés sur de superbes éléphants, des souhaits et des vœux (page 129). 



VORVOiN'G ET SAURIVO.NG 131 



jettent à ses pieds, étouffant de douleur en la voyanl tombée dans une 
misère pareille. Elle les presse étroitement dans ses liras. Heureux «le la 
revoir, heureuse de leur retour, tous trois ne cessent de pleurer de joie et 
de bonheur. 

Suffoquée par l'émotion, elle s éveille en sursaut, cherchanl encore à 
étreindre ses enfants. 

Les ténèbres profondes la rappellenl à la réalité; elle retombe dans la 
douleur el le désespoir, les larmes inondent son corps, elle se plaint 
amèrement. 

« chers adorés de Dion cœur, que je suis malheureuse, Ions les 
jours la douleur m'accable. Depuis votre départ, dix ans se sont écoulés, 
ma misère est affreuse, je ne dois l'existence qu'à la générosité des 
bourreaux. » 



Ce jour-là, au lever de I aurore, une année innombrable inonde le 
royaume, marche sur la capitale. 

Ce n est plus dans le | euple que terreur el désordre. 

Le Roi esl informé par des courriers, témoins oculaires de I invasion. 

» <* grand Roi, une armée sans nombre envahit le pays. Riennepeul 
arrêter sa marche audacieuse. » 

I >'aulres accourenl disanl : 

« l ne autre année arrive par la mer. On ne voit que navires, que 
guei riers. 

« Sauvez-nous du malheur, ô grand Roi ! » 

Le Roi Vey-Vongsa aussitôl rassemble son armée, ses guerriers 
toujours prêts sont braves, bien armés. 

Les nouvelles sonl alors que l'ennemi atteint la capitale, que la rési- 
dence royale mi être cernée. 

« vous tous ». dil le jeune Roi Vey-Vongsa, « chefs et guerriers, 
quelle que soit son audace, celle armée ennemie ne pourra nous vaincre. » 



132 MISSION l'\YIE 



Les armées des deux Lois frères se sont réunies. 

Vorvong, \r\i\ pour la bataille, se rend à la tente de son frère aîné. 

Entourés des généraux, des chefs, des savants, les deux Rois prennent 
place sur l'estrade superbe* rapidement construite, au centre de l'im- 
mense camp des troupes. 

Ils choisissent de suite des envoyés pour le \ ieux Roi. 

« Allez vers le Roi Sauriyo, vous lui direz que nous voulons son 
royaume, sa couronne, se- richesses; s'il refuse, vous l'inviterez à la 
guerre, nous la lui imposons par la force puissante de nos armes. » 



Les envoyés parlent, ils portent au vieux Hoi la demande des deux 
Rois. 

En les entendant, le vieillard laisse échapper des cris de désespoir: 

<i Si je suis vaincu, on me fera périr par les armes. » 

Dans son effroi, aucune idée de résistance ne lui vient à l'esprit. 

Le Ciel lui l'ail subir les consécjuences de l'action accomplie sous 
l'influence de Néang Montéa sa seconde femme à l'égard de ses deux 
enfants. 

Il s'adresse au jeune Roi Vey-Vongsa: 

« cher enfant, mon salut, que décider en face de cet ennemi? Faut-il 
accepter sa volonté? 

« Comment pourrions-nous trouver assez de soldais pour engager la 
lutte contre lui ? Le royaume est en ses mains, noire peuple à sa discré- 
tion ! 

« Une lutte malheureuse aura des conséquences terribles pour le 
pays, causera notre mort. 

« Mieux vaut se rendre, au moins l'adversaire nous laissera la vie. » 

^ ev-\ ongsa répond : 

« cher père, n'ayez pas de crainte sur le sort du pays. Il esl vrai 
que l'armée ennemie esl innombrable, que le royaume est clans ses mains, 
que la valeur de ses armes esl redoutable, que ses soldais sont audacieux; 
niais, il esl permis de se mesurer avec elle comme avec toute autre. Je 




Ail,/, vert, le Roi Sauriyo, vous lui direz que nous voulons —, 
royaume, s. couronne., ses richesses, s il refuse, vous l'inviterez ;, 1, 
iruerre nous 1;. lui imposons par lu force puissante de nos armes [page 132 



/ 



VORVONG ET SAURIVONG 133 

puis être battu, écrasé, mais vous ne pouvez pas me faire retirer sans 
lutlc. 

« Silc sort des armes nous est favorable, nous garderons notre royaume, 
dans le cas contraire, nous consentirons à le céder à notre adversaire. 

Si je succombe, j'aurai montré que je suis un homme, alors ne me 
regrettez pas, ô mon cher père, quand on esl né il reste à mourir. Tant 
que je serai là, ne craignez rien, nous ne sommes pas encore aux mains 
des ennemis » (fig. 26). 

— « mon cher enfant, les idées de lutte me font craindre pour ta 
vie. Puisque tu veux le combat, réponds aux envoyés afin qu'ils aillent 
prévenir leurs Rois. » 

Vey-\ ongsa prend la parole : 

a Vous pouvez, ô seigneurs, aller dire à vos Rois que nous n'avons 
pas idée du motif de leur demande, nous ne la comprenons pas. 

« Dites-leur que nous acceptons la lutte et, que je laisse aux armes le 
soin de mon destin. 

« Pour épargner le sang, les pleurs, je demande qu'il y ait un combat 
d'éléphants, chaque armée choisira le meilleur qu'elle aura, votre chef et 
moi les monterons nous-même. » 

Les envoyés, ayant écoulé, prennent respectueusement congé du jeune 
Roi et rentrent au camp. 



Les deux frères alliés sont heureux de la proposition de leur adver- 
saire Vorvong de suite s'incline devant son frère aine : 

« Je réclame, ô frère, l'honneur de la lutte? » 

Saurivong répond : 

« Que votre volonté soit l'aile. » 

Vorvong salue son frère, puis dit : 

« Je vous assure du succès, ô frère bien-aimé, je ne crains pas un 
combat d'éléphants, je veux prouver ma force et mon adresse. 

« Soyez sans inquiétude aucune, je prendrai le royaume de notre père 
et je vous l'offrirai. 



13'. 



MISSION PAVIE 




Fis. 26. — Si je succombé 



« Je désire que vous restiez sur celle estrade : d'ici vous pourrez suivre 
a lutte contre A ev-Yongsa. » 









VORVONG ET SAURIVONG L35 



On rassemble sur Le champ l'escorte de Vorvong, ses guerriers \èlus 
nour le combat viennenl entendre les prêtres prier pour la victoire. 



Vey-Vongsa a donné les ordres, l'ail les préparatifs nécessaires : il se 
rend près du vieux Roi pour ses adieux, lui demande ses souhaits et rentre 
dans sa demeure. 

Il se parc de tous le- ornements royaux, sa tète porte la couronne 
couverte de pierres précieuses, toute miroitante de lumière et de beauté. 

A sa ceinture est suspendu un sabre à manche d'or piqué de dia- 
mants. A ses doigts brillent des bagues admirables, le crochet de son 
bâton d'éléphant est d'or massif. 

Sa toilette de bataille terminée, il prend place sur son éléphant aux 
harnachements neufs et brillants. 

Tous deux, armés, sont superbes de fierté, décourage. 

Un groupe de combattants déterminés forme l'escorte. 



Les deux frères alhés sont sur l'estrade entourés de leurs ministres, 
de la foule des généraux cl des chefs : on leur annonce l'approche de 
l'ennemi. 

Saurivong ordonne : 

a Faites prendre leurs places à toutes les troupes, éléphants, cavalerie, 
disposez toutes nos armes ! » 

On voit se mouvoir des groupes terribles, le Roi est aussitôt informé 
de l'exécution de ses ordres. 

Vorvong salue son frère, monte sur l'éléphant: sa main lient une 
aune magnifique, un crochet d'or pour l'éléphant orne une extrémité, un 
sabre termine l'autre. Le parasol royal ombrage son visage. 

L'escorte nombreuse, choisie, qui va combattre avec lui, avance avec 
ordre. On ne voit qu'une forêt d'armes. 

Cette marche serrée des guerriers versl'ennemi est saluée par teintes 
les musiques, les gongs el les trompettes. 



136 MISSION l'VVIE 



Les deux troupes se sont jointes : soudain la lutte s'engage, on n en- 
tend plus que les bruits confus des cris de guerre et des chocs d'armes, le 
sol tremble sous les hommes. 

Aucune arme ne reste immobile, les soldats se mêlent, attaquent, se 

défendent avec les sabres, avec les lances. 

Pêle-mêle sont des blessés, des vainqueurs et des morts ; des hommes 
tombent renversés, d'autres viennent les égorger, les pieds des guerriers 
sont rouffis par le sang. 

L'épais rideau des combattants s'éclaircit, la place se dégage, les deux 
Rois lancent l'un sur l'autre leurs éléphants: les meilleurs des guerriers, 
avec eux. s'attaquent avec lances, sabres, piques, tous ces fers flamboient, 
on les voit, teints de sang, s'abattre, se lever. 



Aussitôt qu'ils se heurtent, les éléphants des deux Rois se déchirent ; 
leurs maîtres échangent sans parler un regard, croisent leurs armes. 

Les traits mâles de leurs jeunes visages expriment le courage, le 
calme et la résolution. 

Vey-Vongsa adroit, valeureux, combat en Roi superbe, habile dans 
L'attaque, mais bientôt. Vorvong, invincible, d'un coup rapide de sa longue 
arme détache du corps élancé de son adversaire la tète et la couronne. 



A la vue du Roi mort, les plus braves même des gardes de A ey-A ongsa 
reculent, le trouble se met parmi eux: comme un Ilot mouvant ils roulent 
hors du champ de lutte, on voit des bommes tomber tremblants de peur, 
mourir d'épuisement. 

\ orvong fait crier aux soldats du vaincu d'arrêter leur fuite, de quitter 
toute crainte, qu il laisse à tous la vie. 

Saluant, les mains au front, le cadavre de son vaillant adversaire, 
il donne les ordres pour qu'il soit gardé avec respect. 

Alors les bannières sont levées, Vorvong, loiil autour d'elles ras- 
semble ses soldats. \;i saluer son frère et lui dire sa victoire. 




Vey-Vonsga prend place sur son éléphant au* harnachements neufs et 
brillants (page 135). 




.3 o 



S — 
- - 



VORVONG ET SAURIVONG 137 



Les deux Rois envoient à leur père la nouvelle de la mort de son fds. 

\ ous direz ceci : 

« O puissant Roi, votre valeureux fds abandonné par la fortune a 
vaillemment succombé. 

« Nos illustres Maîtres vous demandent s'il vous convient de conti- 
nuer la guerre. Dans ce cas, allez sur le plateau les attendre. Si vous ne 
le désirez pas. vous devrez les saluer à leur camp. 

« Vous y viendrez à pied, non sur un éléphant ou toute autre monture : 
sans armes, sans escorte: faute de tout cela votre attitude sera considérée 
hostile, menaçante, causera un nouveau combat dont l'issue vous sera 
fatale, votre vie paiera alors votre témérité. » 



Quand il entend ce langage impérieux, le vieux Roi, effrayé, répond : 
« O vous, les envoyés de mes forts adversaires ! Pourquoi soutien- 
drais-je une lutte clans lacpielle je serais vaincu, mon fils a été trahi par le 
sort, il a trouvé la mort, je ne puis plus rien contre eux, qu'ils aient la 
générosité de m'accorder jusqu'au soir afin que je puisse réunir les pré- 
sents dont je me ferai suivre. 

« Je leur remettrai le royaume, les trésors, ce que je possède, je ne 
leur demande que la vie en retour. » 

18 



138 MISSION l'.VVIE 



Les envoyés rapportent aux Iîois frères la réponse du Roi Sauriyo. 
Aussitôt l'armée reçoit cet ordre: 

« Qu'on plante en terre les drapeaux. les bannières, les emblèmes de 
Imites les troupes, de tous les chefs. Quand le Roi vaincu viendra saluer 
les Rois, on ne lui montrera pas l'estrade royale, mais, l'abusant sans 
cesse, on l'enverra de l'un à l'autre des drapeaux indiquant les campe- 
menls des chefs, des généraux et des ministres, du premier au dernier. 
jusqu'à fatigue extrême ; alors seulement qu'exténué, il ne se soutiendra 
plus, il sera conduit devant les Rois alliés. 

« Que partout les musiques, les gongs et les trompettes résonnent 
bruyamment. » 

Ordonnant ainsi, les deux Rois frères, entre eux. pensenl : 

a Nous lui fcron> souflrir un instant la misère cpie nous avons subie 
de longues années. 

« C'est par miracle que nous vivons encore, sans le secours du ciel 
nos corps seraient ensevelis dans les sombres forets. 

« Il faut qu'il ressente la leçon, alors seulement qu'il succombera à 
la souffrance, nous le recevrons. » 



Quand les envoyés ont accompli leur message, le vieux Roi Sauriyo 
esl assailli de mille pensées, il sanglolle désespéré. 11 craint pour sa vie 
et pleure son fils, son seul soutien: son cœur, comme brisé en mille 
morceaux, n'existe plus. 

« O cher enfant, loi mon précieux trésor, pourquoi le fatal destin 
t'enlève-l-il si jeune à mon amour? 

« Toi, la douce consolation de mes vieux jours, jamais jusqu'ici tu 
ne m'as causé de chagrin, je t'ai donné mes royaumes, lu as été le bon- 
heur de mes peuples ! 

« Nous étions deux, mon tils cl moi, maintenant je suis seul! Pour- 
quoi meurs-tu si jeune au milieu des combattants n ayant aucun parent 
près de toi pour le secourir? Je n'ai pas même revu ton visage! 

« Ta mort m'enlève mon amour, mon salut, luise ma vie ! » 



VORVONG ET Ski M\<»\(; 



139 




I i_'. 27. — La douleur de Néang Montés est immense. 



La douleur de Neang Montéa csl immense en apprenanl la terrible nou- 
velle, sa poitrine csl près d'éclater tanl son cœur bal violemment (fig. 27 ). 



140 MISSION PVVIE 



« mon iîls chéri, trésor de mon être ! j'éprouve une douleur into- 
lérable, je ne saurai jamais me consoler. 

« Pourquoi, toi, le bonheur du peuple, cs-tu enlevé violemment par 
la morî ? 

« Pourquoi ne m'a-t-il pas été donné de mourir avec toi? Pourquoi 
n'es-tu pas mort dans mon sein, alors que tu n'avais pas encore grandi 
par mes soins, que tu n'avais pas mon amour tout entier, que tu n'élais 
pas Roi ? » 

Elle ne cesse de pleurer son fils, son corps est secoué de souffrances 
inconnues, elle s'évanouit. 



Le roi Sauriyo, devenu plus calme, réunit tous les grands du 
royaume. 11 ordonne qu'on rassemble les richesses, les trésors. Quand 
tout csl prêt, il prend la tète du convoi, se rend au camp des vainqueurs 
(fig. 28 . 



Dans les armées alliées, des drapeaux, des bannières sans nombre 
indiquent les campements des ministres, des généraux, des troupes : leurs 
étoffes de toutes tailles, de toutes les couleurs flottent triomphales au vent. 



Le vieux souverain demande aux premiers soldais en quel lieu se 
tiennent les Rois: ceux-ci lui indiquent un drapeau rouge dans le loin- 
tain: il s'y rend. Quand il arrive, il s'arrête et se prépare à saluer. Ceux 
de cette troupe descendent de leur pavillon, ils lui disent : 

« O Roi. vous ne devez pas nous saluer, nous sommes simples 
guerriers issus des rangs du peuple, des serviteurs du Roi. » 

Le vieux Roi dit alors : 

« O guerriers de l'armée victorieuse, je suis le Roi vaincu, je viens 
saluer vos Rois. Dites-moi où ils se trouvent-, indiquez-moi le chemin? » 

Les guerriers répondent : 



YORYONG ET S U RIYONG 



1,1 




Fig. 28. — il prend la lêle du convoi. 



« O Roi. vous trouverez nos souverains et maîtres près de la bannière 
verte là-bas, à L'horizon. » 



142 MISSION l'WIK 



Le \ien\ Roi \ arrive, se prépare à saluer. 

Les généraux sont campés en cet endroit, ils L'arrêtent, lui montrent 
un autre groupe. 



Il erre au milieu de I armée innombrable, en proie à la souffrance. 

<i Dans quelle situation terrible je nie trouve? » se dit-il. « Pourquoi 
me trompe-t-on, sinon pour avoir prétexte à nie faire périr en me faisant 
manquer l'heure du rendez-vous? 

« Je croyais, en me sou mettant à mes ad\ ersaires, trouver un peu de 
générosité, j'espérais deux au moins la vie! Pourquoi mimpose-t-on 
tant de honte et de souffrances? puissé-je, avant la lin lu jour, voir mes 
deux vainqueurs, je trouverai peut-être leur cœur assez compatissant 
pour me Laisser la vie. Le doute affreux m'obsède, ma poitrine esl secouée 
violemment ! » 

Cependant le soleil descend rapidement : écrasé par la fatigue et la 
douleur, le Roi sent qu'il va faiblir sur le chemin : il atteint un campe- 
ment qu'on vienl de lui assurer être celui des Mois, et lui parait être le 
dernier de l'armée, il se prosterne : 

I )es chefs le saluent : 

a Hoi, pourquoi nous faites-vous cet honneur, réservez-le pour 
li ss souverains dont nous sommes les ministres ! » 

Le voyant à hout de forces, ils le l'ont conduire devant l'estrade 
superbe des I\ois alliés. 



La \ i if de ses puissants vainqueurs rend le Roi Sauriyo plus inquiet 
encore, il s'agenouille. 

« Pourquoi, Roi, prenez-vous cette attitude suppliante ? \ ol re âge \ eut 
que nous vous traitions comme notre père, venez prendre place auprès 
de nous ! » 

Ces parois augmentent sa crainte, il n'ose pas monter, il reste age- 
nouillé à terre, salue les souverains les mains levées au front. 



VORVONG ET SU RIVONG 143 



Les deux frères se lèvent, ils descendent prendre de leurs main- ses 
deux mains. 

« Non. non. » disent-ils, « nous no pourrons pas souffrir qu'un Roi 
dont l'âge égale celui de noire père, nous rende ces honneurs, ce sérail 
contraire à toutes règles et usages. » 

Ce langage ne rassure pas le vieillard, voyant que les deux souverains 
remmènent par les mains, il tremble de tous ses membres, il est con- 
vaincu qu'on va le faire mourir. 

« puissants Hois. ne concevez aucune inquiétude sur moi. je n'ai 
pas d'arrière-pensée, de mauvaise intention, je n'ai point mal parlé de 
vous et n'ai écoulé personne en mal parler. Je suis venu me soumettre. 
Je vous conjure en retour de me laisser vivre, je vous remets royaume, 
richesses, tout ce qui peut vous satisfaire ! » 
\ orvong et Saurivong répliquent : 
« O Roi, nous n'avons nullement l'intention de prendre votre 
vie. 

« Nous vous faisons venir afin de connaître vos intentions : nous ne 
vous voulons pas comme tributaire, nous ne désirons pas île soumission 
de ce genre. 

« Votre fils nous a résisté jusqu'à la mort, nous voulons savoir par 
votre bouche si vous ne seriez pas disposé à continuer couragcusemenl 
la bille! 1 ^ oulez-vous combattre ou non, c'est cela (pie nous tenons à 
savoir? » 

En les entendant, le vieux Roi Sauriyo devient blême de frayeur, il 
est près de s'évanouir. 

Il est bien loin de se douter que ses deux vainqueurs sont les deux 
fils que dix ans avant il a donné l'ordre de détruire. 

« Quel incompréhensible caractère est celui de ces deux rois, d se 
dit-il. (( Je me remets en leurs mains, je leur présente mon royaume, mes 
richesses, ils semblent avoir le désir de combattre! Ils me font subir la 
honte par leurs paroles, après m'avoir offensé sans égard, ils m'imposent 
le combat, c'est qu'ils veulent ma vie ! » 

— « Je ne saurais avoir la prétention de reprendre la bille contre 



144 MISSION PAVIE 



vous, ù illustres Rois, modérez votre colère, laissez-moi vivre, je serai 
éternellement votre serviteur reconnaissant. » 

Ses fils inconnus lui répondent : 

« Puisque vous avez peur de nos armes, ne conduisez pas le combat: 
envoyez contre nous vos deux autres lils, nous voulons nous mesurer 
avec eux. 

Mais pourquoi êtes-vous seul? Pourquoi ne vous accompagnent-ils 
pas ? Pourquoi les laissez-vous dans l'oisiveté et la mollesse ? Où 
sont-ils ? » 

— u Puissants Rois, mes deux premiers tils sont morts depuis long- 
temps, le troisième a succombé par vos armes. 

« .Mes deux aines étaient de nature mauvaise, rebelles à mon amour: 
encore enfants, ils turent assez audacieux pour tenter de faire violence à 
la seconde Reine. 

« Je les ai fait décapiter. » 

— « S'ils étaient encore enfants, vos deux fds. est-il possible de 
croire qu'ils aient osé une pareille action? Qu'avez-vous su de leur 
crime ? l'accusation de la seconde Reine ! 

« Ne se pouvait-il donc que. ne les aimant pas. elle l'ait imaginé? 

« N'eûtes-vous donc aucun égard pour ces deux lils qui pourraient. 
aujourd'hui, vous défendre contre vos ennemis? 

« Votre colère vous aveugla-t-elle au point de faire mourir vos enfants 
sans vous être assuré s'ils étaient criminels? 

« \ otre conduite aurait alors été celle d'un homme suffisant, déna- 
turé, féroce, à qui la colère ôte tout jugement, toute raison, d'un homme 
sans cœur et sans pitié. Comment alors pouvez-vous représenter la justice ? 

« Aujourd'hui, sous les veux de votre population confuse, vous vous 
livrez honteusement à vos ennemis, tremblant de peur comme le der- 
nier du peuple. 

« Yavez-vous aucune confusion, aucuns regrets, aucuns remords, ne 
pensez-voûs pas que vous supportez une juste punition? 

« Ne reconnaissez-vous pas en nous ces êtres négligemment con- 
damnés à la mort ? 



VORVONG ET SÀ.UR1VONG 145 

« Nous sommes vos deux fils ! » 

A cotte déclaration. le vieux Roi est secoué de terreur. 

« Non. i) se dit-il. « ce ne sont pas mes fils, ils cherchenl un prétexte 

déplus pour me condamner. Après m'avoir inutilemenl provoqué à i 

autre lutte, apprenant que j'ai l'ail décapiter nies lils. ils disent être ceux-là 
depuis si longtemps réduits en poussière! Leur langage violenl tn'an- 
Donce, pauvre créature, que ma dernière heure approche! » 

— « O puissants souverains, je reconnais les torts que | eus en 
faisant ainsi mourir mes enfants. J'étais déjà âgé, ma tête était affaiblie. 
Sous la violence de la colère inspirée par une femme, j'ai donné cet ordre 
sans considération pour nies enfants et pour mon sang. 

« Accordez-moi grâce; ô Rois? N'aggravez pas ma situation de 
vaincu en vous disant ceux que j'ai l'ail mourir. Soyez grands et géné- 
reux, n'augmentez pas la charge que la guerre met sur mes vieux/jours, 
laissez-moi vivre encore ? » 

Vorvong cl Saurivong comprennent alors clairement (pie leur père 
ne les reconnaîl pas. que sa raison est près de s'égarer, respectueuse- 
ment, ils se jeltenl aux pieds du Roi l'ère: 

« () père! Nous siiniuies ceux-là que vous avez chassés de votre 
cieur ! 

« Croyez que nous sommes bien ces deux frères, mis deux (ils! 
N'ayez plus aucun doute, nous nous appelons ^ orvong et Saurivong ! 

« Nuire mère esl Néang Tiéya. 

« La Reine Montéa nous avait en haine; un jour, elle nous prend 
dans ses bras, appelle au secours, nous accuse. En l'entendant, la colère 
vous aveugle : sans rien vouloir entendre, vous donnez ordre qu'on nous 
fasse mourir. 

« Notre mère affolée nous suil dans le bois, arrive jusqu'à nous. 
nous couvre de caresses, pleure, roule à terre, meurt de douleur sous 

nos \eux. 

« Nous prions les Anges de lui rendre la vie, iU exaucenl nos vœux. 
Devantcelte manifestation de la puissance du Ciel, les bourreaux favo- 
risent noire fuite. » 

19 



146 MISSION l'VMK 



Les deux princes racontent aussi leur vie pendant la longue absence, 
leur séparation, la misère de Vorvong, son naufrage, son arrivée à ( lan- 
thop Borey el la scène de la salle des peintures. 

Le vieux Roi ne doute plus: il serre ses enfants dans ses bras, il leur 
parle avec douceur et tendresse. 

« O cbers enfants, remercions Le Ciel, votre destinée vous a sauvés 
de la mort, quel bonheur de vous revoir, tout puissants, beaux, géné- 
reux, remplis de vigueur, pleins de jeunesse. 

« Mes torts à votre égard sont immenses, j'avais perdu la raison, 
j'aimais trop une femme, ses paroles faisaient ma loi. je ne voulus pas 
approfondir les causes, je perdis l'amour cme j'avais pour vous: n'en- 
trant dans aucune considération, je donnai l'ordre de vous tuer. 

« Grâce à la miséricorde des Anges, à la vertu de voire destinée, vous 
vivez et vous êtes Rois tous deux. 

« Je n'aurais jamais pu comprendre que vous étiez à la tète d'une 
pareille armée, jamais il ne me serait venu à l'esprit que c'était vous 
qui aviez envahi mon royaume. 

« Mon crime est impardonnable, considérez seulement mes vieux 
jours el laissez-moi de côté comme un être sauvage et odieux. » 

Les deux jeunes Rois se prosternent à ses pieds. 

« Ce qui nous est arrivé par Néang Montéa. conséquence de nos 
vies antérieures, était écrit dans le destin. » 



Le Roi envoie aussitôt des ambassadeurs, une escorte et des sui- 
vantes à la Reine Tiéva pour L'amener vers ses enfants. 



Ordre est alors donné à Néang Montéa de se présenter seule à pied. 

Bientôt elle arrive : 

Le Roi Sauriyo lui parle avec colère : 

« Te voilà, Montéa, femme artificieuse, qui m'as volé mes bis. 

« Ecoute ceci : 








O père! nous sommes ceux-là que vous avez chassés de votre c 

(page 145.) 



VORV.ONG ET SAUWVONG n; 



« Avec des paroles mielleuses, dissimulant ta haine, tu as attiré mes 
enfants dans tes bras: les y retenant, tu as crié à l'aide en trompant 
tout le monde, personne ne se doutant de ce que tu préparais : 
« Raconte maintenant, ici, la vérité complète? » 
Néang Montéa enrayée se prosterne en pleurant : 
« grand Roi. ce que vous venez de dire n'est que la vérité ! » 
Entendant son aveu, le vieux Roi ordonne qu'on la prenne et qu'on 
Taille de suite noyer dans un étang (fig. *29). 



L'infortunée Néang Tiéya fait son entrée au milieu de l'armée respec- 
tueuse. 

Anéantie de joie et de bonheur elle reconnaît ses fds. serre en 
pleurant leurs corps contre son corps. 

L'armée entière assiste émue à ce spectacle. 

« O mes enfants, j'étais désespérée de ne pas vous voir revenir les 
dix ans écoulés. Pas un beau jour n'est entré dans ma vie pendant votre 
absence ! 

« Par un excès d'injustice, la colère de votre père n'a jamais diminué 
pour moi. Néang Montéa l'entretenait par sa haine ! 

« Aujourd'hui, je revis par votre vue ! 

« Sans votre retour je serais morte de douleur, mon cadavre serait 
resté abandonné dans ma misérable cabane. » 

Le Roi Sauriyo lui parle alors ainsi : 

ii O femme, sois généreuse et pardonne ma conduite: oui, mon 
crime est grand, j'ai honte d'en parler. Montéa qui l'a causé est morte 
ainsi que ^ eyA ongsa, c'est la punition de la faute. Toi au contraire, ta 
destinée est heureuse, le bonheur t'accable, tu revois tes enfants et tous 
les deux sont Rois ! 

« Pardonne-moi le mal que je t'ai fait, ô femme qui fus chère à mon 
cœur. » 

— « O Roi. je ne saurais avoir sentiment de haine ou de vengeance, 



148 



mission i'A vu: 




ordonne qu'on l'aille nover dans un étang. 



mes fils sonl là. mes lîls oui oublié, je vous pardonne tout, vivez heu- 
reux comme autrefois ! " 




(i Uni. je ne saurais avoir il e scnltmenl Je haini le vengeance; mes 

lil> sniil là! s lils mil oublié! je vous pariloniie lmi(. vivez lieiirenx 

.■ le autrefois ! (page II*. 



VORVONG ET SAURIVONG 149 

Les deux jeunes Rois présentenl ensuite au l'un et à la l'unie, les 
princesses leurs femmes agenouillées, respectueuses en arrière, et le 
petit enfant. 

Le Roi Sauriyo et Néang Tiéya se sentent heureux et fiers en voyanl 
les admirables jeunes femmes de leurs iils. ils prennent dans leurs bras 
le fils de Vorvong, le comblent de caresses. 



Vorvong et Saurivong préparèrent ensuite les funérailles de leur frère 
Vey-A ongsa. < ni éleva nu superbe monument à l'intérieur duquel fut placé 
le corps du jeune Roi (fig 30). 

Pendant un mois et demi les prêtres prièrent jour el nuit près du 
cercueil. 

La cérémonie pour confier les restes au feu eut ensuite heu. 

Des fusées en nombre incalculable lurent lancées dan- le- ans. des 
feux d'artifice firent la nuil semblable au jour. Tout était d'une splendeur 
comparable aux fêtes célestes. 

Des guirlandes de fleurs ornèrenl l'édifice funéraire dont les alentours 
transformés en un jardin immense étaient remplis d arbres et de hauts 
artificiels. 

On vovail des [leurs Huiler gracieusement, fraîches ('cluses an vent. 
Il \ avait des fruits à tous les degrés de maturité, on les eût cru créés par 
la nature, tant ils étaient bien imités. 

Sauriyo et les jeunes Rois, ses Iils, placèrent eux-mêmes le cercueil 
de ^ ey-\ ongsa sur le bûcher. Ils demandèrent au mort de leur accorder 
le pardi m. 

De véritables richesses huent ensuite distribuées aux pauvres. 



Ce devoir pieux étant accompli, l'élévation du Roi. de la Reine, et 

de leurs fils fut solennellement faite, puis, les frères avant le désir de 
rentrer dans leurs royaumes, se rendirent au palais pour faire leurs 
adieux à leurs parents (fig. .'Il ). 



150 MISSION PAVIE 



« O père, nous souhaitons que votre rogne soit heureux. Nos 

royaumes sont sans rois, la roule est longue el pénible. Nous ne pouvons 
pas rester plus longtemps dans notre pays natal. » 

N'osant les retenir, le Roi leur répondit : 

« enfants, je ne puis pas prétendre au bonheur de vous garder, 
mais vous ries nies seuls héritiers, si vous parlez, laissez-moi au moins 
mon petit-fils, je le ferai régner bientôt à nia place? » 

« Puisque vous désirez le garder, je vous l'offre, » répondit 
A orvong. 

« Nous demandons seulement à emmener les bourreaux, ceux qui 
nous ont sauvé la vie, leurs bienfaits ne peuvent être oubliés? » 

— « chers enfants, ma joie est grande de voir que vous n'oubliez 
pas les bienfaits. 

« Quand vous serez dans vos royaumes, pensez à nous, vous êtes la 
seule consolation de nos vieux jours. Oubliez mes fautes et de temps en 
temps donnez-nous le bonheur de vous revoir. » 

Ensuite Néang Tiéya prit la parole : 

« Mes chers enfants, \otrc départ va nie mettre un poids douloureux 
sur le cœur, je sens ma poitrine se déchirer à la pensée de cette nouvelle 
séparation. Mitre dépari m'enlève le bonheur. 

« Je suis comme une femme au bord de la mer. baignant son enfant. 
Soudain, enlevé par les Unis, le petit être échappeà ses bras : elle sanglotte, 
gémit, arrache ses cheveux, roule sur le sable, lançant vers le Ciel appels, 
plaintes, prières. 

« Elle est écoutée ; un Ange prend l'enfant et le lui redonne. Grand 
est son bonheur, elle pleure maintenant de joie et d'amour. 

« Je ressemble à cette mère, ô chers enfants, pourquoi me quittez- 
vous de nouveau ? » 

Les deux princes se jettent à ses pieds : 

«. O mère, comment pourrions-nous vous laisser dans la douleur? 
chaque fois que vous le demanderez, nous vous promettons de venir vous 
revoir. » 



VORVONG ET SAURIVONG 



151 




Fig. 30. — On éleva un superbe monument. 

\ orvong avec sa (lotte prend la route de Chay Borey. 




Fiï I. — L'élévation ilu Roi, de li Reine e-l <!<• leur fils. 



VORVONG ET SAURIYONG 153 



Il revoit son beau-père, le Roi Sotat, confie à ses soins la Reine 
Rot Vodey, puis, à travers les airs, il se rend avec Néang Kessey près du 
Roi Thornit. 



Il est sacré Roi de ce royaume, au milieu de la joie du peuple et des 
grands. 

A orvong voulant récompenser l'action du chef ses bourreaux, le fit 
Second-Roi et repartit pour Chaj Borey. 



Longtemps après le Roi Thornit mourut, une cérémonie sans pareille 
eut lieu pour ses funérailles. 



Le bonheur resta sur celle grande famille, ses royaumes fiorirent : 
leurs populations, sagement gouvernées, furent heureuses sans cesse. 

Rois el Reines moururent à un âge extrême ; regrettés des peuples et 
du monde entier, ils eurent place au Ciel. 



20 



NÉANG-KAKEY 



NÉANG-KAKEY 










Fis. 1 



Recommençant une nouvelle existence, le Praputisaf naquit d'une 
princesse Krouth, devint un roi puissant. 

Il avait un palais admirable, des jardins merveilleux. La nature dans 
son pays était cxtraordinairenient belle, forêts, montagnes, mers étaient 
sans pareilles. 

Il se transformait à son gré, on le voyait avec le visage d'un génie, 
sous la forme d'un prince, etc. 



158 



MISSION l'WIK 



\iniiii Krouth ne l'égalait. 

11 se nourrissait des fruits des forêts (fig. I ). 

Pour se distraire il descendait chaque semaine sur terre au pays du 
roi Promatal (fig. 2). 

Prenanl Le corps d'un homme du peuple et le m un de Méas-Nop, il tou- 
chait le sol près d'un figuier et se promenait dans les cn\ irons du palais. 

Le roi le rencontrant un jour l'invita à jouer aux échecs. Comme ■! 
était 1res habile, il lui plut : il ne manqua pas dès lors de venu- voir le 
prince à chaque voyage (fig. 3). 




Fis. 2. 



En jouant un jour, il aperçut Néang-Kakey, l'épouse favorite de son 

ami : dans son cœur il se dit : 

« Comment un être aussi adorable peut-il exister sur la terre, il n'en 
est certainement pas un seul dans les régions célestes qui lui soit com- 
parable. » Et le voilà éperdûment amoureux. 

En le voyant. Néang-Kakey éprouve pour lui un sentiment pareil. 
elle désire même fuir le palais pour le suivre. 



M:\Mi-K.\KEV 



159 



Ayant joué jusqu'au soir, le Méas ; Nop se rend au figuier, \ prepâ son 
vol, puis revient près de la demeure du roi. 

Dans les jardins. kakev se promène espérant sqd retour. 

Pour dissimuler l'enlèvemenl Le ICroulh soulève la tempête (fig. î) : 
il prend alors kakev dans ses bras el l'emporte par l'air, au-dessus des 

montagnes, des sept mers des plaines immenses, séparant sa régi le ce 

pays qu'ils quittent ( fig. 5). 




Fia 



On ne s'aperçoit pas tout d'abord de la disparition de Kakev. mais 
l'orage apaisé, la nuit venue, les recherches ne laissant pas il espoir, ses 
compagnes-qui toutes l'aiment à cause de -un caractère doux cl aimable el 

urs. aux pieds du roi, duc leur douleur. 



malgré sabeaulé, viennent <'n oie 



I' 



160 



MISSION l'AVlE 




Fis. i. 






Arrivé clans son royaume, le Kxouth montre à sa maîtresse ses jardins, 
son palais, les eaux : tout lui parait prodigieux (fig. 6). 












Fi» 5. 



NÉANG-KAKE1 



161 



.■*-- 



i ap 




ï Th&& h/La ' />« y// 



mm , - \ Wm&- 







)*•■ ■ '^ T- 



"H'J^i, I 






ij"-^- 



•TfjS^— " " 



C&taR» -ife; 







=2S 



Fis G. 



Il Lui dil : « Oublie le passé, tu jouiras ici il un bonheur sans 
mélange » (fig. 1 ). 




162 



MISSION PAVIE 



Le roi Promatat songe que peut-être Kakex a été enlevée par le Méas- 
Nop, il confie sa pensée à son ami Yack Kotonn. 

« Attendez au septième jour, lui dit celui-ci, lorsque le Krouth vous 
quittera, je me transformerai en puceron, je m'introduirai sous ses ailes, 
je serai transporté dans sa demeure, j'en reviendrai avec lui, je vous dirai 
ce que j'aurai vu >i (fig. 8). 

Le krouth et sa compagne se promènent du malin jusqu'au soir, 
cueillant sur les montagnes, dans les bois, les fruits aux arbres, se 
baignant dans les fleuves. Kakey oublie tout. 




Pour ('carter les soupçons, le ravisseur, le septième jour venu, va 
taire sur la terre -a visite ordinaire. 11 dit adieu à la jeune femme, ferme 
jalousement les portes et disparaîl dans l'air (lij:. '.M. 

Près du liguier il prend le corps du Méas-Nop et se rend au palais où 
le roi l'accueille avec l'empressemenl habituel (tig. Kl). 

Pendant qu'ils jouent, le Vick vient s'asseoir près d'eux, et. quand 
il- se quittent, se rend invisible, suit le Méas-Nop à l'arbre (fig. 11). 



NÉA.NG-KAKEY 



163 




Fie. 9. 



\u momenl où il redevienl Kxouth, Kotonn se transforme en un 
imperceptible insecte, bondit sur son aile cl franchit avec lui l'espace. 



Bientôt il voit Kakev : satisfait il se cache. 




ar^MffiMnm 



lv7 



16'. 



MISSION l'VVIK 



\ peine de retour, le roi Krouth s'éloigne, il va dans la forêt, cueillir 
jusqu'à la nuit des fruits pour si compagne. 

Kotonn alors parait, s'approche de Kakey, il dit qu'il vienl pour la 
distraire, puis, qu'il l'aime et, chaque fois que le Krouth s'absente, ils 
sonl dans les bras l'un de l'autre (tii:. 12). 



M 




Fie. 11. 



La semaine finie, le Krouth ramène, sans le savoir, le Yack au pays 
de Promalat. 

Quand le roi aperçoil Méas-Nop, il l'ail préparer les échecs. Déjà ils 
jouent, Katonn entre, prend une guitare, s'assied et chante (fig. 13) : 

« Le palais du Krouth est véritablement le plus agréable des séjours ; 
cette Kakej est incomparable, son corps exhale un parfum plus pénétrant 
que celui des fleurs. J'ai passé sept jours seul avec elle, vivant de son 
amour; la nuit elle reposai! auprès du Krouth. je suis encore tout im- 
prégné de son exquise odeur. » 



NEANG-KAKEY 



165 




Fi K . 15. 



Tandis qu'il chanle, le cœur du Kroulh s'emplit de honte et de colère. 




Kir 1 



106 



MISSION PVVIE 




Fis. 14. 



11 se lève aussitôt, regagne sa demeure, dil à Kakey : « Ton cœur esl 
abominable, je te ramène chez ton maître (fig. 1 î). » 





nn-fT 



Fie i: 



NEMG-KAKE1 



167 



Sourd à ses prières, insensible à ses larmes, il repart, la dépose à la 
porte du palais, disparaît pour toujours (fig. 15). 

Cette femme qui a eu plusieurs amants, le roi Promotal ne l'aime plus. 

Des gardes la lui amènent. 

Tremblante, elle tombe agenouillée, en larmes, devant lui. 

En proie à la colère. le roi veut qu'elle périsse. Il ordonne qu'on 
l'expose et l'abandonne, en mer. au gré des (lots sur un radeau déjà tout 
préparé. 




Fis. 10. 



kakcv ne veul pas mourir; elle pleure, gémit, supplie, se traîneaux 
pieds du maître, implore sa pitié. 

Mais lui. reproche aux gardes leur lenteur à lui obéir, il commande 
qu'ils l'attachent cl l'entraînen! aussitôt. 

Ceux-ci alors la lient, la conduisent au rivage (fig. 10). 

Ils l'aident a monter sur le radeau, le lancent dans le courant (fig. 17). 

Gémissant sur son sort. Kakex est emportée par la marée au large. 

Lorsqu'au milieu des Ilots, elle aperçoit les monstres des abîmes. 



168 



MISSION l'WII 




■ ' ' 



Fi*. 17. 



elle est saisie d'épouvante et s'évanouit; le radeau chavire et elle es1 
engloutie (fig. 18). 




Fig. 18 



VORYONG ET SAURIVONG 



TEXTE CAMBODGIEN 



LES DOUZE JEUNES FILLES 



TEXTES CAMBODGIEN, SIAMOIS ET LAOTIEN 



NÉANG-kAKEY 



TEXTES CAMBODGIEN, SIAMOIS ET LAOTIEN 



22 







saisi 




-<33 



i%m 




m 







VORVONG ET SAURIVONG 

(Texte Cambodgien.) 



mnn'pj u paru ion tu rwrrn/nnnh mrnhpumnmv & 
Mfîrvjù-m nrmmmm 'Imsnjpfêr mtmjpfjf/ff wnn£ 



m'mno upjtjntnnrtro wnnnmm ® hmMionyn tvn 



ïïismm^ Mïï[pswfrj) notfnufrimrts trwmm 

mfb-diuvDo îjmwBms wnwninnihD mneùia 
(umurfêim (%ns>!fltPffv mun/fntr \mvvJvvi 
tjhMftffffff'm tf>rrmiurTT mmmd^rim mmnnnwj 

=*-> ^— ^ — ^ > v v /r 

$9fffB®BstiD hfMihms mtnnn mfummt! 
nsnlwr-jnm nnmmfri iïj:wv<rrjm ® ffrnméurp 
s r\n:Mïïtisfpjtj htm m: nu 



mniiinjlfiui wMihMJ iimssUr(riînim sfet^vm 



— 174 



unmrfg? © rmssjrn'îrn rjm'gïïiflax rwiuiuirmnn; 

i <l/cVal i s) JJ ' 1) 

hcfïïDmïï:',: hfyïïnMTi hnmim wuïïp'rjlwi 

©iff):ffm)nm rtr:D~sfrrwnt jn-.hiBimsrmr fïïffamp^u 






wninïï finir tir virjrmflïïnm rjn:^K/in^ ïïxwnfmr 
£J <r> y/ qj i a/au 

sm'vrnA'jrm ^J2llp\H : V] M v:\ijm jmntrêrïnîf 



ma 

(m'n rrMfymriïn'iï "dmvwv sriftrrsicîor m 
rmijiffuir jïïjmhjind Bïïfiïriïu sim%\sjâ)ssmd 



175 — 



rinrmrih niritvêmv fiunÂjèi hrinténsn : 



msffrKSBj juin wninnÈhê trru/rtmiarp iiifîéênvsnrrf 
% siBïïiijfarïïn tnvïïJStrî/tfi àfjrpftâyr mosumhnm 



hnwimsrifp rw® marri riïr ifunajjfwuujîr mwi6 
ttsmv $jf)tu!ij\ipm wvm-.kfniJ sfirsimrTrjnaj 
l?jnln:'Lm?rt}r mfmmtns © tlfiinjn^jsi jtiumw 
m HWfflivvmv tvtntrnjhvn Hrrwnr.ïïpv 
njiUj-Ddtnv un fin bs ® linvunitm ^ p [u:\hv\u-- 
-ivBënBHrnn n -a < #/ 6 à iwv ûvcréçnzn nunetaajMh 
nwnvûfknp ® nmnjffïvnB tufunincnoinïï ni 



— 176 — 



ifoutlvttmii ùfHfforim nTjniurvmy h&rtnBWv 
wmnnjr ® m:ktivm mu^vu)'M nuiméfuvfwr 



(\yur)viynjn ntfuïïFfimr nnbiuawj jtfimtvntun 

fi ' "O "J ) ) 

ywrmrni iTsiBaven mtfyjnpv ® tvnwuR îsv 

vrmjwn ir:mrrvS èrnujn&fk vttunvhïï 

- ; i ' yyf> u 1) ^ y/ n 

- J fl * \ ) ,7 

mnvBi "rÏHfww'v tmîtnsu» dntn'iïr/w.fifr 



iVUtflUUW s 



vuiu ® rîfuiiu&m] nnhnriïfurr minsomt 
bvfînaim unuiïmim nnosmiS wniann^hv 

P I I > | / 17/ n 1 



J. ' à 



(t/ffjr (tuvikfaffiriLirp ftn\i\jvmv mifîufn : 
nitimiQTjfQnp ivwnjjnv crffnffïïii ûrenw'.û 



1 y y 



tjrnimw 



a; bit gjlnimffm urihano $f fur/ %fij± mmorn 
®ïïh}ïïïïht%\ f/VMnzrffr wnhrlyfff riuiïïKfu&nBRT 

twmiifvm Irwmtrp/nr nîmmrlrlvr hîrimm 
dm ' mQffirirffi swlrïïmét) m r mm si un îrmmnîfr 
tinhammur kumimoh friun'urommj - nnhsu6mi 
Pi/rvnïïftîïï m-.iwm mmikirrin ëfr&îfifwïï : 
vïïfmfhïhî © jhïïimfuni nzïïïhinpi tmjj/srn : 
vhvïïitu: ri: linvhmm (fjwpnf[jFn fnmflivnfy 



zuïï< mfkrm rjBmmmm 



uiVkWnrff (nmmcmm fimJwvîhé © jmfiumî : 
cJ <V ^^^ u u -p- * U Jj 



sut) fô'Di/nirrrïïiD Hnïïvunn© piDumnn r. 



w 'j 



23 



— 178 - 



? c/<Z/ il j 4J 

urirtnïïiniïrn mvnrùtfvm ©'ifîrrsànr luniwjuy-j 

J )) f) X) ^ Xj 



nupxsnimé hnrûnanjp anyFènnr mwm t 

Çoffuj © nuniiiam'J êjmvûtiiv nfrffSrmr . rinn 

tâvÈ/fjf ûiÊmmjfjr tfmFnJJrrSfirr /Msfepnvïïrfsr 

mywfjhvfW raif/érm \wjhtfscrn6 © rWrFF/ 
îïïtniD Isouvsmia fynwvo màwmujnj 

miijtijmihé rlynrtjnjfihô Hvwnmi &\mntnm\ 
vmh'Ja wnrrdffiT mma^td rtffuvwnmx 

jlr> j/ 1) \ . y j oj/o- J 

f ^j T ' 'J 

■j <j/ 




tuàmnmn zivuuirtfri tiumvffiïiîn} tffjp$m 




— 179 



m'n triîfMrïïfirm © mwmfyj nnftfïïffinu rnrjnffrr 



n 



^W fmvslub'rlî m\i]fynt8imi mr{rpuàftn/ 

fhnrr&ifim ufrrrnm'urfm fimhwimrr) ffmmwim 

n/nDHwn tnnniïïfijtjjnm in n m un m m n?nvj 
j > **— %/- ^. =*"* 

Dar/rm © vpnonrn /vfln/inaf) mmvkjimm ffitft 



ffmffim nnTHTrv'ûim ffîîtFnîrnrm êrhëouopi 
_> ."«*=^ ■=*-_ ^ &^ 2P 

© fj^Bminé qjf im un n'y hmriuhum) ^s^arm 

trèmwh tvïïmbuïft) mmuioni © jntoorëa-m 

tsîhm&îTT îmatrtfîim vlwvwn tu mat vêtu 

"> - y il 

aiwutrmrtr lùw'u^î>^5 © WtTsriiuttifflw milm 



r un mit t/w'udD^D© (WsriRjtf.iriw mém 

) ) ~^rf / '~^ J ) 
cm m mtm/uikv u'vBmnuu nùTJvkmu 

Vfviwiuno nvïbrrîRj} & nnsuiv. lyuniufitu: 
J *T à J 

y-SffuSFmjftm © fiuumu^nusnv snhf{nrjftfîh n^rt 



180 — 



w.ulin ffsnnntnun uiPJ&rtiîrn hnîninim fin] 
tïïwramo ® u'psmwimsmïï Pim'.Humïi zunnhffg 



ffrmmuvtm arnniïïiuïïo mnrtffùo wrwmi^s. 



P > . ' l i r } T =1 

èrmumwu nuïïanïïif sp, 



'innmkffjmv 'Rfiqu^iwu iïi/ïïanm ojjmmniSo 



nUâiïmnj nunnswfn rmnrnmrwa niinournôom 

mnrrtujhiïïQ fVJâuawufï nïïmbirsé nrrïïuj 

^J J "T^ a)) S " "IPj 

Tourna (tnf[pwfn tujgnftf&injfnjT tfimriujo 



vnmr fmiso'tirwjs? wistnvinvswiu mfjfpiuttuw 

Qtmwm rlrpiïrlîjiriBD ® mrnnimijzvw r/unujïï'^FT 

uîiQmnïïsîfhf) ifuntmirvif hrnnifdjHva ffim 

mïwsimé TjQiRjohïïiv © f%tibjfjiHu krf/rniï ns 
^ - -~ — y u n ^^ \ / 

mfmwsDV \méié\Sïï siiwnmtiou nénrn 



— 181 — 



nwD ntrinwijirn s> siann&JSif rnnififtih^ju mm 



ùmd ® mtf&Bmiim ?IWP n(!7 j firiïn[ip'k}& m 



h m ma f^sf^phint) îîqjJJïïïïiîiuib main Htm 

i'fiïfàmf' smfniniwîiuMiî © ^ntuiftnj^unïï mi 
mnypiwr wmjsnnmui n ffmffwreipnïïiT nfuwfo 

mu/mm krtnv . wjjunïïivnuujmun ® umm sainai': 

■ç ^ //(/ .• « « / 2Jy/ " <■■ 

' i ^-^ 

mvvéloôïïi wvffiîî . 



pjmu RsBWUjRnuvôi>ô3i wvifrum nun^J 
aJ " eu » ^^/ ' ^' c/ 



— 182 — 



':,:■ 



n nïlun rmsBfiftBmhi imivmwmfum Qfuynnu 
si'îiwn hmnuumfn ymwïjijnhnurèJV fisammi 






j " <^^ «X ^ < P P H ^^ 

'/ y \ ? ) 



UtlfUJ 



.1* 



y f ^\/J es' i & 

nrRwmirmim fnw.uivor a tu ans rj'tnm 

a& a - — ^^/ 






^ ' ^ 



183 — 



nrvwmBurîtinîjfu ®V(Uïinq(i ùvbhismifwtfii'nj 
Jz "4J " " tr- % m et .ty 

p:innTf3j&0Fif du%unù\hrtnm TffikmninsBjj 

pmvnfitfpnnfJFi fiièsjf^ovmn %h\vdm'umsm 
^J <$ '<*- u ^2jy u 7J aJ 

annHnmwTUïT mnpjtiTmfytxnfa minïï'mitnia 

flïïfl(urniuffïï((iMnïï © (nuurwisuro^D nvjf/iwnfrh'É^ 

imniujnom'nn ' fnturifuwwjïjfr) <§• vfinmrdifnm 

jm tir m tl vi fin ri F) 7 ^uVîpfn f^fffirim^^Hr© urn 

uTwuhifLrmtîP nufifenJTmnnljf bt/édlmmuar 
Jt~~— ■* ' rtJ il J 1 ) u v" 

a '<?& ^ ) Jfl 

) -A 



tituUiid m tnïïi ' ysnrnvri nslnt fmsoïï Bn/sn/p, 



cr> 



— 184 — 



^ 4 A Pi 




«w nfi/ïïfTÛmmirnîJ numfunFuAi 

A/ ' r ^ , 



trviST^Ofim nfi/ïïnuwmifnV numfufîRiiïiu 
Birènm\ mkBinJW{mj mujîInfunSjDijh'u 

c/c/ U J^ « Il - / V 

uoj^uuSin^v tvjstiWTSjifm FsnmmwmDtnp 

ïïInfn/tw.Dîns ButfDiiuAhnMn ® piDgûïrnnmjnnf 
aA " c/ "y/ 'J 

fKniïivrmrwriLrvmi m tu mu n witf ~Bvwd\ 
HJ /k/j'c/' " a/ } AJ 

luiiuïïDFwr ivîïiïïimmritftu fA^irnAiÈf mi 

\A * * — " ) ' < " 

" A) « A/ <tf / " 

A J A ■ ^ • NI/ =nLj 

n ) n J J J / 

tunsminvuti [ïïinimuïn orpffm^m wifirru 

y r ' ua *~jA-< " j 

i borna ® Tibiovwi fmt) niî/sif s>ms>punm^ 



— 185 



nim i/nnorm iaroujfu'uiu wnaïïàii 



>B// Il I 

"y 

Inwuwmi îJgDijïïinàriï \tjmmmnr wn)o 



tûDiùfy'u irpphsmr 



..UIl .- 

U u p cl/ Al 



e(vûnliry)ti 



ohjr/èrifi rtnr>u.uhp Mvmmïï v;!ni8rfn 

ni m fin fSOïïtïïviujûiiP ufmnué 



i&rff) euîifn 



~V 



' "~-T~^* 



m'fusrmmm fii'if 7 nvïju fmuurn^fùo psïy 

Jnjrrm n mvmvw] m vn avril moufitiriini 
t ) S U^^j t) ^ /T 

tmtfWMW fflfm&ffln ($p(Lr[finD@n wmriv 



fujeu ® ï%R$iLm'v& miwùîwîjnno nBNmtmwf 



n Txïïôvimfvj ikjjnfi¥iJtRji esivhu 







esiVftVftt/Mflm 



nyu$QMtr>] © mwfioTii îjrjdjïïtftUïïïs (tmfnj 



24 



186 



w'nwnnnB © m'inmrn^rrrni tiïSinrmfirahi 

k n ^1 — ^ °~i 

W/yffip mvrlèfm'n im'îjHminv miurujQFiP 



tifufîtfùtfv © firmuèntinm fîïïnùnth ïîîim'u 
ïïDiîma kn&mliïiiïTLi'fiï finît t top 5 d ïï)huv)himl 
mhfifupms fîîîiu)U[ini([f7)é uïinfiïrmp Pinrir, 
frmtfir lukiiïfVcnB ffm&rmDtnp rnrninmhj 
iiïôhhiïfLnnlJD iïfihfifflD [ffpriïjnsm ïïnnwif 
muDfîianiFBT \ujfjmnmmf nuniLfïïi © tidip 
■èvrin mrmdnirïïiN niimnaiifTl info? mima 
pmpivfn rspropBnrriiïn oifuuîffnf e> mèinv 
souDi ihfrtmmT .wnftfiïftffw & m m m ri 



&iïfuimnm piornôsorm néjijjtiwv r 
nasivujn HrmjBÏÏf&n firpvmpfniJ 



IDfflDêOftdr HïdZ\Urif\fiS3 fUIf 

y j \ i ) 

rrinPwtfn mpUTnpwP ma 



— 187 



imim 7 (fiïfkmkrmrkrn- tn'nnnimînriïï lunnuumi 
"* I <^ U J a/ aJJtLÂJ ff Jg ■ J 

® f^mnDfufln anutinniunlm rrliTTfurfDrûlj moB: 



fi/MJ -wb soi wr êiHSinr<paj Him]drpiMn © mar 



<S 



m^nwrjj \rjmrutiijft tntu^sëjm mnmtifm^c 



ïïrèfuimum Hummnrdîn ciïïifff&r © {uïïvnrrmfi 

WJy j j \ y ^ u ^ 

ïïiwnïïiîmïj mor'nnfiSj rthrujnnrmy f^rr 
telcu ^^JLsvil i> , (/ ci/ 

fduuiffijnrmj Dftéïïiffjr j^DFDfififny © ntipn 

Wftn shahinnus: 7 ru) a k mu twiuurnhnjrin 
^^- a) u ' > cy l> J] 1 

rwmnTJ&nfk/v irwiîifn'nrrpi} irrtftitriurlnaj 
rcujvfRflïïMn finmDuîïïi ainrn'npYfftr mnp 



© rmfn , Df\imi r nïïijiffjifu- ■ fhisrnmrjK) frnirnj 
h in fi rlfivfûfiaJDnjé uJZfisitund flEfifËnr. 

Je/ J ' ^- - If- ■■ 7 

v'mrivhti! m wv fit un nnmtTijtw Jrrtfzr&n&} 



4/ es 



— 188 — 



irno^miu ïïïïiIijïïm sinu'oiuaiiur mrunmn'-j 
huwnrn ^ffiirivimr wvrliïïii ssntfuirifMruf 

«*-- "" .-<- "2/ ' ° >è/ 



VJÎ1WUJ dUlfUDlfUIMT) © fiSWQlUjI lifïWitfflf 

kîi ftfarrT&hiïir®, {%riïïiSjnan'u "isuÎDirfrtn'i/ firj 
hfntmpn fmuiïfïïjrum smfjrpnstro urlnàrriu 



hrvfuhoja ^ fsnïïsmbufïïv ffnsi'rrti'ânr/r © tnni 
a/ ' — u -^ZyJ ' D 

«riuïïitmn wïnsmîhmis) fîiïnvfeiirr nmwmm) 



wïïuiiji nm> 
JÔ U 4/4/ 

ïïrmnTTrmî mnhvmx. utrnvsnm © wïïwfitxnf 

< . HJ ' , i) j ^y • 

■ • . ^ lU " * w b al ' 
irbvDJsmti mismhma n^mnm'u "h 



67 



189 — 



djff^fjsjn Hnmfïïznn Trnmmnsn'ïï uDHfaJïïiW 

y ) ^ J ) JJ ' ) ) ' ^ fa 

'21 J/ <=*) 



mf%ledVrgv eiDàinïïfnr irmwffijwf) 



trmwnni 









iipf nnmnmj môsUMJuvô mamànn 
àflïïïfêm RffDTTffDSiB © frjïïsnkrïïfmi irioufi 



mai 

(mimai ^fihnïiww hmsntvr mwurifrrbv 



y -# •& n 

fîjUïïiDïïwans trfçufifïïiw'v ê wiu'rwavnjsv 
a/ "J s/' 

.S , si < -^ 

ddfffoêftrDmffini îîsriirfrmwniïfnanfp mnnu 
fûfWiïïmhfhm mbninfijm mrfmrpmèfni mn 
kftnnjwm wefLniWfîurmlniifiNi nnnwrÊnwm 

-*â ^y u } ^ — 




mïï^HïïFïïiD nnikuntfjMn writfni&rrturiimm 



— 190 — 



ûmammni wn'ëu 



iïiMBUtrn mirée] to fin âfnr^sjlàn^ cnnaJiffan 
ïïtt âmrmnP © irnT.piufÉ munsnsTi smïï^tjriti 

nmmwfumnnj Tfïïbpjtjotufu ^jnïiofnr^ m 6 
(umfûihîrjïïi hnîfhunnnïïlfijwrn çnœwffiiyïi 
u m n iisiTimrBjnrri n twnmnïï riffUtianonJu n ~ 
tm'nnîTffttRjïï fu °i ïïïjîFi hu^ri^ouïïïïi m ni 
unpjjïifun yifuiflffn%)w cnîuyrn:iîiwn(o6 jf&JL 

fw'nwr stvDUD$Dn nnanuh^iuefujMn nnhh<rm 

J « cU (J IB^ . =* — <" \ 

n^/nj srfj^ujîjfWV'rnjpf sQrtnubfmjirmD^mn^j 



— 191 — 



mransHînnntfrt tïïtnriMnrin nnRDîiifnws ffnrlf? 
miÉfkimTi hfÊ)6nm hfinfnm "hnfjfrt/iïamm 



umjq mvHw'umj sWcâ a niuiïuumjiï 



ïïRiwi mmmniïajfn f^cfj^Dtnfrj ^ifi^ônir 



iBfirfnfi/Un'nmTmuj jïïtjsv.irtniffli - àfumiuju 



Tiwrun'D huïïfoiïïif) utvifnm $m 



\ (^ S e£ S> / \ y ^""^ 

9ifnimui7jfnm fn'nîinJjwj ifnDsvitmd 
eu'&rnnfln® "înznifi utiJRfUwpi smvppnfîn 



— 192 — 



sj'-jpmnnïï nffiïnwjrimD htnnsmïïïhiï MM 

")mmjnv F&DtnBïmr rruuvsmîln] hunmnji 

m § Trrnrnnirîfnn ni (numéro zfnifflfhnîPf r 

cfîrJncrtûmri mrntnîiMïjD fmwîTHim îni 

frrjffjr ® rdfmHfuuufuhîf Bjvinmj&juzv ilfmô 

fwd fii'uMqmr smBnnû\ uuumnmj 

ImnruiïJptin © rnjémuniuu-fî vnw/uên tri 
! V ° ^ <y ^ 

bjnv^Vfunù NïïrjimwivH wïnrdmkfp'd 

.Es ) n ■ 7 ■ J^ 

mrlwnjo iïjufunmirin ttmmrmms m 

? if ti H ? ^ 

rnn Imumm nnhmtrmr ârtfrwîvmin 



193 



Cl/ V <=*- (J Ifl 



maïuff^ffai n'uhcfmiïfwr) ^nj^nniïïiu ® rsm 
m ' ~~/ X ' ^ J ^ 

"uwîipj tfnémujtdUJPJ' ùnjfm}6rimv nmnmd 



n/n'êgfffi^ s\rfLjfur)WnjQ ^rTffnrjnnn ^ 






inmnwn ff:ynu-bin zftâRnrrmn? rujtw]'^ 



tiiiimmimM (tuîfïïi'Dmvnf rminïïtnv (tua 



s ai) m QjifjfunDym r^tLrfifn'mmjpî . 



anfp miNDpfm b&vimnn umomm 



"Bpfi/nrMrSQif 



25 



— 19'i — 



fwtmn Qv'mfmtiï © fny'Jnwnjim irri, 



mm [nwmm'^niir îmhïïïïmÛi HïïsnnjHuuj 

t { y) n^< ° 

tfiijDtJJiuwïïmv srrjjvwiïmvlirinr mwvnnïït) 
..m .finît rsnm niïnnbinnn'dfyïï m^fii^p 
wfTjmnfsmujlr.rih) BfmufiRjRjïrèm tntispit&foé 

im 7in1)h>ïïiï3m y i finit) nié m& nmm 
J <#y - « ^ 




«Al 







- 195 



^ jj u ' n u , v 7/ 



"^ JJ w ' n w * 

'divnmnm mjïïfun<nniïîiTn\m tfrrisjfhpJ 

umnfùnvnTiunn nmimyîrmiïwFn ïïfUfnyry 

~ — J^ V ^/ 



Hfwrnn&jnbif wmrfftfjQjOTTwshtï fubm'n 






fèfffmjRf ïïïifïfêinmiin'v m'vmrÈmrfrl) 






mr 









mmirnjàui ành)-' 



^r^fD!{i/)iffu-5ff9mfu îormnuïïinj irr^ïofmimfntjrj 

t\mpim&/uïï ) fu muifiïûjhmFij fïtv^syfl^tfi^u 
/ca/ y <^t y ) » o 



anv ujïtnïh)T\mt)iirrlvnï) m&rwmD n 



196 — 



unininu' rjHninm'.nifn uout'^nmuiulin lî 
^pîtrim tfîmnp.nffuj sutfîTvtfmdiDU mtffîm 
rpin rinsiri nntjfustnp sïï uitrfutntff5iiïïi& mirJu 



'mufoïïiiffïïiiïïiQ 



nhnv ommnrihxnn Ûuy-vuiHiiOméfi ÏtIïj 



g/ 



4 „ . ^ v, 



Wltf 




UîBvinmtFïï 



mrrtgfuituvajîo luujnsiân'Ds ! i !pu(lfji 



fLmpjjfu tri mb (77 wimi 







c^ 



1 



t rut) s» rufjbîlrv&îitfrït 1 

en 



WRjfïïinujîuduJfflfn tî/fjwffffinïïMW fiuiuiuu 

en i l/f •=* ' 



\frmuwy9iu-flnr fmr^mènufk/f Ys»/?!?77êf:^w 
îUîrîwnmïïrBRr ituunmmj^] riifn ïïi uni fp durs 



i s D mrn ow wi s'muh 




m 6 m wi(mu'dVfu nmsfanmrin 

j . / / 7 



tVïï'dùHn 

& ■ — -> • 



ij )W 



— 197 - 



nnrnmfu tihjru 






à m'a n mïfminDifmtjjsm'B ui'pfmfh^^ = 



itnsma 



g h m hti 



fflynrvri » *'^$$f* ^ '2tf 



rnbtnbssr/iTiïJr ^-dirulnffmètvt fytun'fumiki 





PràvJmiMfinu}} iiniïwrt-nmfïrm Hiàviïôi 

(vlwiii.-irn RvviiBfn-.ffrmm umnmfmTkuriaj 

{tnnhfLnfifrjrnijSJid 

■ • *^V* 



7 






— 198 — 



la tr - jgp s'iln/o ffp'a/ m n S m n'en tnnnni'fu 

ksyyy y ° ju aJ tu 



WJ/ V " JJ ClJ 6Xl 

tinuuhrlmmîiru njaajipnbofiii imuhn 



'Hlï @ 



un rit fit nanti?) ^fênijijinffr ïïih^méirjjmmanj ùm 

nmmn] nifiDrym ta as vie y manu Vinwwm 

'mmiusmïïEiu ffHsmuufUùiu nm'visnïïwb arn 

yrfÈiftij wiïfhfrumrrsr PW'mptJWiï uifhm'nJirrf 
? . , <^ , ^ y H < èk ) 

mbwnwtfD wjfFrifdirmi suifinvfow uuuiu 
nfèusii uj.nunrjnm fmhfutm & lujrtpriffnJay 
-'imnfnniflm nnW.mrn irmu. 



mrjrBmtuy wmnmnjflm nnn:&}fn nmim 



rr.iarr tusniurBuj inSjtiDrifïïJD tin mutin,.. 



îltfUlS) 



~h mufUfQinfunv omn^nnam yjm 

tfuiï IfiaBDkJfinD 



p ■' ' ' L 

'fTiinumnfhrn an finir 

ci ; (2/ 



199 — 



iifuu Fn'ifHRJfiDn ujFi'rnuiufi hfjumHu fkïï 




Vfïïi 



an m Bradai nvutni S fmmfuiïïiFÎh uiais 
$mH iuij fBWtn&ujfrîu sjy awi 'uifnfntn 



» J/ b cJ C' V ^ ^ J 



iwifisiiïïnw niumsriRjri'n Hvrfinwnm q Imnpim 
làffiriffi iniumBitfkJ nusii^îonEffUbinn pplnr 

M n if) -^_ t _.-i) jj 

EiQiUWFii mufLTfPiffpir it/imtjjuifnr IfiwsH 



ïiïïîmfûwïï NàJcfîièrfBr msunu 

1/ j c=*s^ ; ' ? (57/ ? 

^m -12], 



iïnfu[fp&[p7 mjiTjrjtl mii/dn afuanbadn 



IptUl 



u fu ut) ! f su "u tvn v q m&fimrw ïïiDffni kiMi zimop 
\V iïiïrifftfupjfir. ^î/firifurfimD ÇiiDtmft 



fin dp pjfirifnfutnfir- tijjfiTênfrf 



— 200 — 



lotir ffeDfffYffT Imfffi/eimm nfUkfoàfnivf ffn 



unir HBDiïïim mvpjmmm iiRJaOsimvj 
Il QJ vn ^- U ^ 4) 

tirnïïJn ©Ijmfnma/ns Nàijfnjmnijp ijjb&nfftfh 

fl?jnmmn j6\rpçmtw/n Gumémiuirt ?tduv)j 

■^n) n ■ j ^ ' ^^J 

ffnlmujnukru fLniBRJtùrtjïj umn^ni ihtwD 

-*-» Jy v IJjy - si 

. àtmi n-Bjmt&i (untîuflcfusiiïj uirifj enfin 
'Batnffjfnuu vTunnftjH'Dsumi'ijffixr) wvif)&tfnr 
tiïujtïïzTi IjkWhîhm msn'îiûlmf fuvmuku 
sjîmwju fjntflnvfyrni lu m'unis s Bi^nnsfan 
vwaMJ'dii t al i i tu DiSHbifrit) © lunihiitjn h/b 

DFmïïiFimp nudïïtinmf) Rjusinrh/p 



ubiïDû êjsifèuïif) fn'ïïwtlîwû ^i&Bïïinïï 



— 201 



(nan^ifar ^iîtouh^ wnià^mh 






rnsmn 



jjj <%, -A, 

iwiïng tntïïiBfittJfu txm/mnnii irwrm^fiM 
aS ' \ il W\ *) 

nfWkniumstnu mwn&s-ni ififUiY/micifr) trffê 

■àj tt-^x * 





rpu 
jrtr 



37iiïfQt 

^Y ^w nj . , J<J r Jjjjï 









26 



— 202 



# — *V u / * 



a TîfiJHïïujnnrrmn Q^nsriHmmkfim (tua 
itînffiiwfih i/Bufnihriffî HîihfRHmuïï tuuh 






ujnwïïumujhjrié fiumifinmnfîuFu tu)?) «F) 
P ■'• J ^J P^ J 



VhWWfUûVffiffv ujsuifi\niu^j unnummo^jé 






n 



fis n ni) 



ïfuufifafïfifumu . lu-Rjiïïimfvhj ufuffv 



tfJMT) IfiJUfli 



U)iuirfi(uwïïfnn &y3 sintURjra/r wuwvtïi 



— 203 — 



S )J l- * •» J X 

ininm uffiïfirsimuîuairi © nmtfiniFimfLïïiïJfiïn mm 

^ n ^ ' 

imam i$nnfûïïnidk) iïtunjQnmr urlfiçrm 
immomm nxiaçufomn ffsmrnwm nma 



vvuv mnmnfû! hnwujthyï [ivmvjniauj 



i^gfrn-fîimi fUfâJjfUân an m /an nmmnmr'> 



mi w'n fù'm fi/u 3 vu rfj oi if n un if? tnamffWmn 

ttïïfuffhn fltfmf/p tan n vît m nfumi-anm} 
2/ lh Zr^ s ityl 




îfîvwwêm WHlHiTM © ir'8i7kjcvnn © ^ éfïï. 



SJOVDPlWkJ , Fît 



47 5;; <f 

sufinmiu i triai fan tSDtfnr 



majsRDjriijw&KTDiwjnm tiuwrfy ^edd ® 



— 20i — 




v Y ^ "*" Y ■> 

n^mtfinaitn'rh fmmfUHwiï vwim n dfiln 

Jr, yj -^/_3^y a t y / b 

^nnmmi^m ëjtirnsmm wrowif mtn 
ujïïfïntfurriïjm'u rmvfhniu bîîirrinm) wimti 
fifirinm wwsm vmnrBkiïïifttjj «jjinvmiriu 



[hmïïfifp tnfïïihWglôiD r&v ïhfifèrinjtfiniiiiw 

Jj ? ' A 

NnnrnhDvs uïnfn&rujftnFnrn flnitnumriïïii 



(m m snjfifutmnn uiwïïffTRrmn 8ïïtj:ïït?:fffiwn 
, y ? •* "4/ 

njimuun yvujrïïiiMn tjàJïïufiïmuT^iiip t$n 
<T * A u <^<? ^ „ 

7 



-7 ) t-s^Z y 



205 



fmitntm urkiMTiffhfu ftnitfflBamsiffiw'fu m\ 

n n il 

fnnn'fumniFwff'n iïntffîmtfufinh nê^-mirin 

muEf&Rfunimfïïii fu-v'n nsn mjj}) mnaicrî r 
uwajsniJirinn&fn tnïïwïïtfumdfm) vfhmnrr 
twm ^fn^awiin misiïïfènnm mvInSmffi 



winmnwm 



piiffn^n iïiD'tnu^mïïyîj mjHmrrn finr* 



^ # V4/ Ti 






— 206 



/trt&Lrirfr tniDuTTèinnsi ^^fljfP ^smpmfm? 
çnp/r rtùffliym nsinïïMfué mut m a/ fi jtj d 
njwjinîfié (mwéuw\ îiîurnwwrn^uu Bjm 
Inwtf t/nu/n'nn ® mKsnvïïifJtJisnnvm) mnn 

nJ ^ \j **. n\j ï? 

(riiJïïii ên'ufirmm ^liru^ijntfem^r metum 
m m m ùrluriffi rinptjf © jrmifinim inimn 
urinrjmirifnP ïïUïïfuVDtvu ïïvmvJDïïfi /*"> 

" J <JAM^ < pA 

tnv f£>DfVpnmïï uuupjiwnm) Rvuiulnètiii 
«J.oJ 4/J/ <*V } 

' » > <" 1 ■ )lf V 



ifmnrs/mp 







a/ ail Jj~- o _^-n /y <y 



2o; — 



^ 



'mUtu mm . 



usunm' ujftjiiétnuj vimmurimû if mm 

' Hj n <n 



^57 nnn utérin Nnnsf}pfiJD t^n^rsnr hîn 
wssHïïmé ïjvujumvhD wirmimn u'nsn 

-"^4 4.JJ J j *)" 

ïMomïïivm ffms'ifinmîi nwiHm-uRm sirtfm 






ufénvf vv%sum(\tfl snrm) 



L 

) 

r> y/ " )/ y Qy ' ' //<* 



pm 'un v smrnnn UVïïlTMnP FTiOJÏÏRJBJVïïjj 






mntvftîDkffir iftfumïïinèm vutfTrrîifhirl ®r 



j* ^ cl 



208 - 



HMtvgyn km an dm nufnuwnff): 
<djuiuffjtMr HTiïïijnfTrjin mmsUrncfujin n 
RT>RJS][rfijf (PisîmrffTn-f nnôffirrn/uj zw& 
jnnnnfnuj rmîmjhnn fTSîn'kffpujfiim v) 

/. ; , ^^_ — -r /Si <5v *^ 



n 



ftmkjuèonïïi'o masomJstk) rfmUgrp miïvfnn 



J 



mïï ffifmrninhi) fntnoitxjmtmr uj-nifrisup 



nflr txjnifniirp 

vïïwtnurtïïii epDtwiirmui nèuBwiçnr mïï 
Y p ^ ^ <V; J 

fonm y-nvtfm& RiutlmiDP trnïèfînmu 



wmm\ uTTnrifïïim vut/rmioD ifnrDnnjnu 

Tmjslrjjnaiïd tkrnrjryfnïï B DmîlhziB ffn 
il ci/ . j , ^ 

ciï'-rfio'sïïii ^fmpu^rïïi iDrFm[iïïDn dstràsln 



[tnzrndFrn IJfrrÏÏDiïrvtff ursrnïïmïJîn m 



— 209 — 



nmhushffî diflrjosoufm rwmm 



Mf) 



^ 



<r> m 



jn/ 



ijïïtntunrnTiffi. 



D 



fflDlfifl 



eu 



ou 



wljDîTffb mimfmm mvssi^oum hm^siu 

\a. ^_ _ 



rm nnarjwpujn tfrnjïïcrmîfn rnnïïdtviï 
n'nwjfïïinmv ffiïînâTrtfr ^^N^^J (y n 

ïïviïr "t/fïiVfêir oèilïïjikfiïï] \ nfB>ns 



if 



un w a: un ffwrffFiwffip'fi 



tfÏÏfi 

tffnsn 

muni 



Mmsïïmmn\r> nom 




ynjn fin 



îiiïuinjiïïH mim'.nftfi 




\ <^j ) 

'if m ojnvnfïïfiuu 

êimnn cwstn 

/t/iEfïïfiWD ùïïiJulDDrii wfutnmmîi ujëtw 

y n J 

ffTîmn ïïfmjVcnRriïpr mui/imprfr fann 
ftfar rlïïittffukrnà/)! iiiumiuivïtf) nzimv 



27 



— 210 — 



J H ^ P 
toD(ff)itfjnjn Rjusjimvmïj nnitumnir: ïïiîj 

minmnju rlm'riiiirtïij nimivRjfnr fihtn 



(AS 

rrm fdffnrvrdnj fîmfnm®! ûiîiïi&l&iie&i 



\j/fRfi fUffOrvcunj fin 
nmrdimnm cfiïïm&jjpiïj lèwvijEifi vim 



£ m f tu y trmm&umr rsir^Ttwm fu^énssin 



m'umirïïiwn Uhisnbfuj^ri txnt) rsr/i (y &&/ «a 



Igimsur rmnaj\ip 



© mifwunTftm tcnvmimwT niïTfictnltn nïïnitJVf* 



nuïïfukrïï/ m%)mthjMn HP f fM^ff 




in 



tiujfifufom itnyïïiu çridîT^ npjn^s)f mwïï 



c/<^ u ^—-^ Al 



ai 



funjêtStnn nlinyiûJy) m m min 



■ ?: 



m 



Ml 



nsniràm/ini hrimam nfunurfu-nims RfiMtnps&fj 
Muïtrirrtiinn nu-^oùiwg lunmnjfnmo tsniziné 
unifia miïnrrfumrimé uén^lrjm ^^rnnSfjn 






ÉrrrîfÏÏ&r ulKim^m^j ® [nnmimT nnnurdn 



ntfn fLnrnïïtvtfîm Hïï^fnmv f)R/»nffBrv 
lïïiiffhifMr) ft'rishïnïmi hmvfmrnj . rtnnmnn 






\^Ç\ 



vvirr tôn'ïïïïm fi'rifursnnnnnn m\ ■ rînmvi 



•J ■ 



j?JJatl ' U// . 



— 212 — 



muïïinijv inmijinifnjsmé \ïj(uéh$mn\fjn{}fauj 
(km WfïïiffnnDimun wnémm mimhmt 




àmmtviJD wrmujfnruïLjniPirnD ftrmffifîsfnr 



\imn irnjnfjniffDfrfffvr srffrrrvBnrèriïi kimih'tf 
cm nsyn&itmrtmm f&mffîffTîrt'fTccfiMn àrsr 






hjwit FfjrtinFTfomrnwm rswub 
vh 

1 



mhnTJj- ffiîifJBrmnifin aniHnvjUiJSsi&nuj 



— 213 — 



fiiçm/hi 



•■a -4 X i 







-É 



D, 



& 



nmngmfT) nWlnnéîiy:Wm irnt 



mont 
HRjfnô 



J) 



-r ^ û — 

min pnivr or trimé mifwnrn^mn'nso ïïo 









ifrjjwTlrmtsr^\fp mwpFTDt 



*4 



fîjtnmrjfiimrvwi 



ttïïfuifm loanwtiïï'nff'fij rurmiHhjmn^fmjRj un 

ïï) tf§]y owr mjujup m) fît un 

m tutti m a nmnrrèftHiîrlm ninBrumirmîJûf) m'tr 

^ , )) / 

fk/ufÈim ffïïmïïTin nfiïrmuJQifHiutfr) 

miïïfnfïï ïïiDm'nrménr uècfÉïï) <n 



! QflWkné 



ru 



mrlprmnv ilrrôiu/nsn nfiB 




as on ndnfmm uunwudtu hptffïïtifimr 

é ) a/ V $J/f^ 9 , f=^ d 

ntnvtfïïfim vyèhi'tjTim funniuui roi nu 






— 21^ 



Dffn hfinmmj fîïïsvwmujf nwmfiôRJ 






fî © 5lQ(ïïhI 



mtjfb'tnllrdfT b 



m sa ïïiqçrpmff rrnkjryurmr pi on} mil 

Snmqnr Fimfvnnfnjf tufumijurjlif) w, 

*<* J ' a" ' J )) 

trou mmumurlT nifWtjîURfLirfu fuim^naa 

mnnDnurrnr ^nmaunm annranDrnrnRf- ni 



J. a/\ <" " ' ) 

ïïud wnys>rmr {nifïïffaiHfuiu lîfwrdxiw îhn 



wd fifinimnfim ma îjnfîfn urm]v?iimff 

" > . J v y Txfe/ / 

nBtj'prfjr ntttïr>ïïév aimfiwiO mtnni% 



— 215 — 



2 f 



tmisfun Im^mmn ImnjfTh^m (U)\ijiQ\qmî 




iwirdtuin wihJunrlïïKr) RWlrtrmfir ïïiS^ij 




• mf^DjÊ/nf ÙfdDlÙtKDRJ vTÇ, 



trnmnïïitir ffdnmjhpj r/uïriï/nHTJw nmv 



jm &-[F) w mvnmnjntw tfpfLr/rjpp wsamms 



J s p 4 7 Jv I 

nrfcfnif{inj. Irpvnpiv-îTu) wmr)d\irrôj nrmmni 
WWffwp ■ npnerlriim © ffptflnpui^/UfWr Inff 
h fut f tm- nsîmam ç/nhutn tjDmuiai 

Vj ^ j . J) ) 

ujmnên mnymuiin fwfo7fn&é infino 

rknp&miïfis)) ifitFrmnijp dnffDSrffih 
<L^j n i )j fi (J 




— 216 — 



n njffnm 



ara rtrlfnyvnajB nBoeni/n ffirlufrlf 

en y <n m c? n jj 

trv ffnsînvfa ■DiïiinJ^! vwiBiMTifUii inmam 

1 . =^/>e/ il v* - 

iurllfr ïïfunn\ssi\\ mubumh ® jpiirrwBiïl rsfz 



wiùriDffl mm mm ftruflnrr^îuf msmlînj 
FiffmffiuJ) [/nsH-mnn nanavîJifrrn finrwu 



n .oV uq 

mon twsnvff mfUtruiujffïïiP ïîfin^uwirfr 

)* ' J4 / ^ 2 

tvnnjDpri^ mrmneimNr) é^tUijWRfîv tuiffi. 

)) ^ — "\ ) <^ i 

'PlBjfah tins rt ares i FimrnDiùîrif) yèM/ifiîff 

w' \ ^ ^ \ ^/^ 



il 



=j 



'7 ^Mf^'W' fun%)D^vf[jvnf^] njnwfn 



ïïcntirmimi rnxniiritffDnjpj fjrrmm jfiHlJ 
woj vÙBtfiiur) kîtrrnn&Mn ûnirlulnni 



— 217 — 



. i J / " <n L/ 



<4] 



a " 



M» mirfjcfnm mmayarma tmova 
HWfTitm rninman tnoflîrRTV kla vsnaiffn 

~~Jl M lcV J \))J * J 

tnvunmfjt) siurmlmirtma rRinnfrfsn na 
tfïïisnu fUJânÈiffiD "èmTVfjnim rn'Tîfua 

"y j m \ n \ 

tuôtn'uïïupur httu^mi n fiffini ù wb » 



ïïfu ifv'fuiwMV Tfm[y~nvwfîihv vDfjùvjv 
V9T0 jfjnivàr$v ujnun\i/m l j rrny 



nnirn 



v&i sujSriïrsirmïnv tajrtmjpkrlu iftiôrfniïiB 



28 



218 — 



fiummyrunm fins wnmïmi ttduuîj h m 
frm RS&tfnptiJ fn'iïiïgniïji i/njufifêun ituô 



Riruânïï twgfnnwifin& uw&niih ijfnjîjiïïiitsnïï^ 
(jnfijmïïïïitiïin ïïinMiumn fwîïïiïi fyijlutini 



iniwuuftiD ïïihtïïirin munivra . s^éîivinimn 
Rjhjnju hîiomrïï]] unmn'dïrisij 



îrrjiJiprïïm'êf nnturnuajy 




mj m'fîïïimrhr fmfamisujîjo tymundy^nj 

fÈmnm'nêj zwïïimrnma éjnmnrjw htnni 
) ? <# ) \) 

; Annuel ni nu^oTmf yn^masi^} 
Fnmai&nsm çwmnrDïïnffr tvrtifuvunQrn 
t%<nmmmi muuéiïïjrmi njînrltu-Risnn fayr 

^^L^y j o \ j a ^ -^ 



— 219 — 



fun 



nmnvmv mBtriftfm t&Btnwffmj (ujj 

irrôuÉtu îrnwmtïïiô jnooitmnn (m'utrmuu'n 

ïtttrnrntinô snvïïik/mMlïï vîmqmm'n tuna nm 

ÛjifhD ^dtrrnjain ^mnDtwjp ^nfi&tttnT __ 

nwmmvm motnmu fjpffMirtrnàiff ujism 

Hsin mwDimmT si/^uffr/n inûrjeryrgr? 

j Va „ ^n J JY 

fnwDzrw mtfÉri/pir lyfàuiuïiiw anfmnw 

an rn rhmfircf&fi? © jmenniMin nn/ffntmtfujv 

mwihtunj 'k&îKmn Fujmnnfunir'tu fb> 

tnâimn %[)imàn nôfyfriRJ àu}y w 



Rijsmm nsnnvfv fi^nonriFu wrMiniao 



J J JJ ^ ^ 

nMnn/frïfv tywivvM ufwnmo nn& 



— 220 



tvTff^fjïj wiï'dTssnmu mïïrBp)jjtf)ïï 



pimhunmr tMfiiîiyrikj fffhmïïfwaj nsjfênnuj 

VJ ' i &Pi4 \ 

<=+-■ & 9 a/ v Jf y/ 

n'nn znfri&Jimjj °Hhn^tD fn^ry-y-ffr ntr 

. J Jf é ' ) ))) 

srmHvn %rn[zfrm ^nsmf . hpn'uwrsî 
mïïrïïiitiijmtn% irlmnfupD îiurirlpfir triff 
TTîmniinm mmîîWDffr mïïfflîipmr rmi 



urïffé 



nfimô @ mrRD/FZOfjwp ujfiiffsîmunv ?t. 



-^ — \*0 1 / I 

tu'nnmirîma eiuj)nfi/)T7fiftishr mîimmnn 



^ j ^ <V hj \ ^ 



? 



— 221 — 



4 ^ \ ) 7-7^ / 

faïïïïfwim tv'ntiTfwmm t^ntunukinh "Ê 



H) a/, D- I \ <? < 

i^jDpf Iran Et 
Us* 

n /y J w y/. u^ U \ 

p Jp^pJ ** ■ • „■ J) 

riurmwm finaf/mn fîtÉjnrin Nmainmmhr 
J'y 9 \ '\ '^jgLS à 



vnswrunô vdtrvlïï)<n nmrwawn HrmdûIscF 
fuï'vpnîîtxfhip wunfinanti ?n dm m h m 



féjhjumurdno Sse&TInfi 
nmmsnpy fmrvurmfffl) wntïïirMn nnn 
siBFnfîvn fffnliDîhîrïï? fimnnnn un 



— 222 — 



■mg 



fffwrntfîmtffT n/fuirsnfn mu 

trr (Jt7 0} 



iriun ■ vhtfwnïïr rnjïTêrmfhm (txnml^ji^ 

rinr ïïinmffQr tFymnirfrr) i>>nr)M vwnw 
*&/_— ^ U . c/ 

& ?t v___^ u 

htîi$TTmî rf f) fini ffWFhm msiurim r&ïTÂjfv 



mnm, iriô^mmô nsDmmf \ ^tinmjnoj 




—tri, 

~rr 

miufifijTfniïtQ rihhfn'ïïmm/ fWiîriBïïiffrf rtr 



înrfft 

wfijffriiïtQ tmnmninrry fvunïïïïisïïr 
fifiF^mmo InméloD&r îwiwnïïùd ma/mn 

rmmD ffrrinuffrrfun TjdîrèDBTi mbw^Z" 



tnrerR/monni /èriîrmlrJïï rnnnnjfi^)^ 
ffnufmi jtncrbcfTlun fflîffi nn'ireujr digitnrirfr 



— 223 — 



"hiïrnwBVïïïïw utanvrl 



wïïjmim mimai 



rrmir 



i A 



,miiï ntifarnif ûnrffihi wmvrTfm v ^ 






Jjjjbp 



rffl 



riÙ mmmn^p Hrnïïîin 



V ci in 



] dJ 




Q,fr0u)fff làwtihm \aAnnrtmii » 






wprtiB 



r" IV • •! I — - — "7 I ' A 61 (J 

iuj Fn'nmnnfm min/imp^ ^/jpnJTHtu 

J h 






— 22'. - 



mWtn ' muntucfcmorn rtinmrrnnm'n m 
ninm- irbsfumàffun mrivmfim çrmuh 
f/ij-utowRn 8 tr^ns/s © lomfâtûwvrnRjjfpi stfm'u 
mm fïïimtifïïfujîFimi) n) an an Ifh m uts 6 uiu 



itltifïïfu) Trima m iw an pu ton/ un mi 
\\7J, W <v 

J v> ) «j 4 

uinnnmmu fmmwlj © wnnfjtrvfuuirm v¥iï 

Y ;• ^ • 7 "é v 

unmrwû rru/mmfanwfirs mïï^pRJSTUfa 



rtxntDiSDém ina-nvnnimm rînrnatjunm m 

J J , U /J » ° 

mvnfjinvnffi vimTfniïïiiwn fUiDurfrunn nni 

rAftfjgptrn nmiiumunifutuno ûfFèatinmi foi 



HivrniZ] ® mrufnlioiin atngn'rrvtiriîo. veut mu m 

tmifïmuffluj ffrnarjftu l 7îtfumBT kyî(rfmi]î 

vfènyicrim nvvilHm & m ancien wukàv 
ci/ _[__^* ^^_y ° j* « « 



225 — 



V 



vunan nmvv*m%i HiWirmffî nflmminuf 
Hmiômnirnù ètfrnirrfun iïifmrïïitJjr ifflunj) ^ 
m'ii/teD virrltniwv Qnifjwéô hm'nmhèé 



n ïïfinfimmt © Ri m ffiin t!n tiyrlrr imnr^in 

* J) n P ^J ■■! ) 

ijifjnifnîm Pimsumntf \t\wémrJîi <$taW 
re)^in èmmHV nMumsrn tvïïvîarrivï 

y JJ U * j/ iy^ f j « ) 

unfmunlrn © nnrmlàrrT (nrnr&f$D3}ïï rivé 

// b u y * <w J j \ 

s ^ > ^J cAjj j "j y, | 

fnwûmurt nifÀmimS lyèrtuDffmo nujj 

imMi Fàrufpîiûfiim inrumïïiïïi aififiJtfim 



immfpu9su ^i/fDVDMD isrnmïïrïïivf jnvfô 
\hurjn6 ® î%nniïJtfnïïD sWjrrnVrTnirtmi ii 






29 



— 226 



nm Wutyunm uvvnjtyiRiîh mLirnumV' 
h»mB\furl NmloDêrw Ipuj»fèw6 il 



Ttfu °irT)$jmff/i ifjniêiï 



iïïïfîfufîfih) jnvrrwJârn ^'uotb JpiDp? 
ffimriïhiStîmQ iïljveu'nn mnotmafi fnnm 
TÏifiïfi fïïîfjsiDmn T?Dnàrff)tff ^s^nffimD 
wmonm nnurs/noty Hr&rins>DrfiJ! Atus>m 



rtj ms^itmssr fmmmw/ ^ujhsriuvi 

éiuunnmt) funTuiirknnfué m m uni 



m M) ràrtr 

<" et \s _< — 



l^iru-fîMin &ruj~njfj)um mnîrfîWJ (nwvftw 
anBPsnnijnj tro^î^mv &n}mfm tufi/i 



227 — 



Inmhwrtiû 



riTsTTiflultn © f%r)f)fJHTl1oé 

nurwfiria f^nn/i/ffi/om taajniwmT mufuJMr 

■S/ s! \ À2 w ^ ^ ur 

n J\ \ JS \ ■ ) \ I 



(un tfpmmçfîy'giïï nrvywnnu sjouiiff^o yïnv 



Mirvw tunjnirmcfè nffrmsïïé ïïfîlnlJïïif © 

n n <(/ ■n V n V « 

mmuimiéfl s^Rfhiwm rlyiïtÈrh-fr}'tr(nwD 
hvjiumvymqr txffuffrlnmmé MfwfîifTitrrfn 
tjflifuifinFwn fia/mnjuialin hfuniknmm 

mtfini nwFtuiffJn tmimnmllfi . îîrfViTîfBtifirfrfvrr 

r j) ,j) —h ; >i % 

muîuimqritmtim HùuJBnBi ïïfïïiïwvxFIuj 



(wnvvui 
hmjniumfifBuj uDtfju^H^/êîn m(ani[nm 
tMiïï'n rf-DiïfuirniiJînîi idfMwniîimm mmt 



— 228 — 



A V) ) ^ * J ' J 

fuinmeiïïmi nfiHîTMnr&rtnwtïUinfi nmfnnna 
mrlnv ffrmusvsun HDNmuf^/itinnu ttu 

y m m c=t n 



muiïïi'jk)oHiu h'fnuj'rinfunu ntumw^Ufffrtn 

t 

mn 



^P- . y) 

'M 

6 n 

jf&O 

(fur jnitnrRmn'ffffi'vrfjjr wuvpMtrïïi m ta)} 



a) fi an nnkrmimm uDHJyM)ifisjD¥ 

fin) 
fi vm$r/lî/iu®Mh)(uiï spiunwi&ô mvtnypv 

HuïïiWmqTi 






s en 



usnmw.fffBr(mm n if m m nom tunaWdUhn? 

5d fiïnfîrfmiorriPf/ifD vjFtrrmiftmS kjwp 

mitrumnsni ^rnarmD ^h/m'iyp sunmitmm 



— 229 — 



ifniïhrrin nnifimfifîrïïmtitj ntmm>j6è\inu w 



nrunjêuj hwulïïfuDrnsn mtmrmnnn innlni 
ûéîmnnwujnupi wï^iimrnupunmfii 






^jTytfhijrmîrm nbmunbutiiuih uJinjmmDiïïtni 
Ipwfâtm fivnnÈnqm nnis^ïïiv^pu ff/foiyv 
nph; p/ûifwfunnifê'p TfTinvm'usan) q^d 
muni) wfmïïfÛBiêtnunè ® lïïïnitn tsndlfflfflB 

Un ennui ai rrLrrj^ïïrmsruiu [ni m aï 



ïfl UJfUfUI 

u «=*~ ** 



tnnnin ru/r mm rush] fëiufurjifnnm'n tvn 
m finir ubvïuauinr rimiu&fTrvî nnmiqpi 

4))) ^ h s )i ^ 

9 tsrmér h in mm v msty-ffr 



m svuynmnnn 



n m n renom mnnwïïïïf nkjtnti9n»nuj z?fU)& 






TW- 1 



uih munfiuj lîfWinmi pg/rfion^'jnt mh 



e~> /i 



230 — 



) 

rfjmsis mnmnBïïrr mrniajmnrt îfjiïïaïïiî • 
Ffiiïshnïï! mm mr>nmmihïïïïiiimé mmwr 
nFnqrmj riïïmmmti wnriffiijhr ermâjà 







wiRTfim HiHiriBmr ûrmutnaîtf irffwtn 
dm naunmj m) r vît m sHfpîInrl fkniï 

mfuwurmr iïbftméftàJ un non m un hp «nu 
fip'irrfdrr runuRjutd 






êfwsijr mu m un fï m %ïïjj ïïjBunmwp iïv 
6h[ijfjif tj^nïjLffcmrsm riminm tunrmm'ff 



231 - 



limé © fuimên hmmvm wnwtinf, 

WlT{Iîjïï ilpjUftinTfuiUî ïïtmiïïwn wiïmmWfif 



tnrrawnf) m mu un wuijn^rusn'd tu&ïnv 



n 



f[iï?p?nto7T iwjnflBJïïm nirm^mr 



ïïfuuriFmffiT uDHJu'êïïi minmtnrin rnvrtf,.- 
J> ^JtJ » & Jj 'yp- .' a/ u 

hfitu'rr wiffînaré th'Bimmbttmi ^msiirhu 
ma jnïïïïitmiHa muiùrlm mDtw5fTfuïïi 
{ufîwnrïïuiDi inrfLrf/sfinn trnmnicn vjïïiij 



nsr rrff/fsifun srrTdfp&m'ff ïïnïïhiuj'v 

nnbfïïsutffiT fmjNïïiiurrïïr iïnfrmïfé fia 



— 232 






lywB yjnmhDi feu triera 

iïvumfh nnintri wwwrrimô ôtfvnump 

rwffo niUfUJDQtfijf nnnJrjWïïT uiïujnmwn 
nunljhun mnmfjm ïhteyùtn'n tnjainmm 
m mufïïinnm jtpyv-inîNn !\mrjjsoîTuj'ni_ 

^7 „ ïr 4 J 

mjûçffnfUFn wnmmwïï wnifr^/rni (tjfon 



ninrmgmiï rtrrmjtmMn rsnw'iiin 
m % rtfïïïj-frimnuiD wifirrimmi ~$nmcdïï 
w amnînsra ffpvrtnn nfrrpnifirnii min 
^HTfr;mi snirsfîfïïiT 'ypttniffiitni mtvfi 



fcwr {ydnnhmuj wurimimt fwurnmpn 






rifiïïwnfu 'utiïïfmfTtt tfW(îî}'tfubsrH s. 







<y 



— 233 — 






Ifirnu ufuinêïfsp ftipumjmï tnviïunHu 
rmwwvè fii/Mimés. n^ju^m JPW^ 



vitlîv) sicnDffrj'Jn m m v i tu fit un & ® h 7 ] 



tnhfn}rfn»5 u'vwlkivitrv èmmrii) uinn 
efitmif nimn/mij ffm^usuo 'banni™ 
m mfiwiwn'n m ërÈrëim'înr/n immlniu 
m smiuntitu ummmmm ^9jnjwmm6 
ftuntifé]^ mwïiïïBZ ïïm\mjnïï mSrrrv 

wwrnRJup^ m[r)rjr)fw vtânrmrwtv , 
"ÀfÂrimm h^um)! wh»jmnjj mmin^j 



30 



- 234 — 



s n m m m m nu m d m ïïnmuni uni mv © mèffiffli 
uiiïïnvjTwT ' ffuriMwwvD^ umvwiBrn jr/m? 
ntiihé fjiyiïfêpbfirirrunD Sn^nimm mun'&r' 
strvBif thntfu\rji finir jywïïtiinm jfjiwifuinH^é 
Fïï/iïStLnm îimirïmlpjtrm ïïfiïbDiïj IrnnrmMn, 
ppinfiim tnvmrmTîi sniYrlrsowïï smwu&ïïw) 






snmnsnini SDmîimujy aroiïmwsMm wmr 
mj)rT9rjT%m slfirFim^ rjnmhjj/tfû 






nm'i vwjmwm wjhvqflf)! f/ f iïfM[ % n 




l^mudtiMî wtrimwfn tfumnummf 



— 235 



nmami 



tiuht tuufafftmam q miBm^jwr ïïiDrtwjj 



JU ) ) ï vy " j 

tumum)TW mèmtimsiîn nprlfffftrffy ênmimf 
itvmvrhm 9»n9iimS mmmmé vnrrinjmj 



m ffTTjxi'uiïïmM trôwnsp nnmanmi fiïïmnj 
JwàtrrcmiïïiB fmrmBiïrm -f-vdétmm '*> 

m'muô wurmw<\fp vmmm m'dwvtw* 









lm uîinfrjiD âttBMnnjj Vnafawitjj 



— 236 - 



Immruih t/ipjujQUJiu tîijuivïjrriwsu ?rpffêé<n 

H)jj ^ -4r > « « lr « 

uibhrii Dwiiifllrn uiuimnlm niïfifuiWDïn 
f/mufeuiam t?umvwn un &&&&>$ peu nnnn 






urnm unlfpfifum 



% 






u'iïtwBwmj twjrrn 



Hnumumm ffmmimni umfimwfD lùiujiti 



) 



m HiïïiTnttJtH iïwnnuvmvnD 



anim lûiïimiuûk) >ïï(ulïïuunsvnù fifunnU^j 
®%mruudn mm mu up^j uitutuan hnh] 
uèu ùfMuvfUtn u fin mu un m nu s>vurr 

\nun)\iï miïrnfimiijnp i tu 6 uj rj mm 'â ni 






nïïmuntj (tuDuni/vuD it/trnrnïïiT unnm 

.... „ > ^ % œJ 



UlfiJfU) ifUnJKUèOJWUJ StlJD&infflfUl fl7 



1 1 



À 






nujbm] tunynïïifitif aiffniffiïafnô® wifini 



nmnn\ / tut 



237 



Q]\m ftf'jimfrfHim i/faifïïiieim 



rJnUfïïll 
ffJUf 



dd innsnffnnfnv \p\fmimrifl® mfufwf 



mu 



m 



vmmisi ^fiuâumj ftmpnmiïïpti R/rffir, 
tfmhmiim wnm\hïïiw fîmuminpj/ 




un nu v 

! 



nrnmv uifiimisin ajmnfunffzn îimrniun 
frmjjv ifïijniukwi 

upfîn 



tj/rmiffî/flur HfiimiïïTnjîn fifuumlnr uitunt 



>y 




smi fipujruffjvsïïii mnî\(ijutuii~ffî[ eumnimv 









mvvmrrri 



fin 



n m m © 



vvhinvmn uvnnfiVfiJiirv mfiptuiunm tin fi 

^ ^ X )JJ 

Uïïffi/wfiiB irnirimmin nmiinvnifn nu ut® 
iinnwvQiiumn ffiïïfffnsjnn wrïuifuififu n^nr 



& 



\A 



1 



a/ 



/ / 



Imui/T) îîïïiUMfi u'm (mnVfirnrrrnf vàvvfîtv 



— 238 — 







& 1 il A j «=1 

iwwBTTïïfiï Jinninh/nn WDOjfonnrtu 
Urdtui'n m.ïïminnfjHn .^.snnnn ©7/ 

IffUJ ê!7irl[fUWI 



ffiÂl 

A/ 7 ? 

ni mmi v m dît mu itùirfûfîï? 
vurit m if un 



SdIufîii 



/ 



trnntuffl Riff ïïimv 



À 



intmôiumu âwurïïiiD 



A 



ïiïffrjfurjnwrp Ijmyïï tutu t tut 9rjm9jwr Ârryi 
mvmntjm ^hnmuwj [yntnftajpfvlr 



iimiFin 



pwf tUJDïri^Dtfl ? V'JT) 



^ 



syynurtu Dit m 



jf 



Hum ttovîTjwr mmvtjMmfi finttulénï 
çuîjipirtfiaffuti 



rnfrtu, 



■H 

IVJÔÏÏTDfffiSïïll 



an(mffftiï 




tui itimv 



4L s 

ruffinrum tuntr tunrnmn\ 
utwo frvûnniftimt) m'uiapaiT nifitutniniu 



tri v mim 



239 - 



pmnt m 



rrnmmivD wwyfajyim umjfftiw 
luirlwni twmDtm ^nnj'^vni flfPfmf ^'^ 
n0pr rvi-Jiïïitjfïïmîjr dinnjsrnùri m mm un 
nnoandii uDUjan^afijm iflim'numviDr Huiïnfuïïiu 

mj ■ f • < " ' ■ 

réuiRjffU nujiuinrn ni a iw m in fin 
wuïïiBiiJïïiv © jjujufïïiiiuné uj'nmbhuv [nJsflrfSH 
ujhbuMVirm jjrpujrjhiM (^)uk/nm^m hn& 
wrt 8Wmïïunv ynu^ïïinnv u'wmnr> yfîylpiïffrn 

iwfifpiïjïïi TjiftjjTWTBf tfâcfduHm irfïfiïJHQni 

ijjpj «l ^ ^^ ^- <& 

fnn i/furUiPônD ajnflnmi^u pmnsfimiD 
lïiiurnnjfWci nn~muimmlrn (unTinvum witfn 



^ i^ 



vi-ri zowuynv/ iïBMfmûn ycmiuntun su 



240 



nmïïruw êwuwmo eu nntf tint soir nnntmvmT) 

Af < p Ttys V 

zpvjfsr vïïBfirjpMDi tïnjvBWim ndmmîiïïT- 

4j A /-y( y )<ù ' jr 

wmtujhfsimg rjujwmmo hr ut tut m wménfî 

tour eznffïïrwnwtr mmiiïBTnT jnifiwè tmt 
U J 2) " U ? cJ ^ ci) Ù 

imam m tnifiutvruîm kt y fut ennui tu tuimwmirnu 



ri'JWDïïiEnfu m]\mDDRJim? wu-JBRfuifin m 

X J ^< 4 J ) > )\ 

fmrs&rn m tu y mu un tuuftwitunf) mmwrm) 
I)* <*>- ^ y/ } , rJ U , 

*;£wr umtuDVfima îf tu tut tu on m nkmmn 



? 



wi avlii) tint) ùu\v Durn $rp qjlrjvrufu 



tujvt 







«H. ,? ,oi 

lijfuujfjnnj (URifn\n$iî stuumututmn 

I lin <n 



— 24 1 



Imrrinmfn imiuwDiïfuanj hnmiHD rjimjjnn 

pTT d " v ) " j < 

Hi\r)i3Fi]Mn .myt/nhiu/ imrinsuljhfnra iuviï 

i ' u 



fîsunn'u situunvmné wnir.ïïtn wnir'nffi'nwuj 
> 2/ u > , cv oJ 

lunm'nmaj mnsumnfn ^ïïrmmnajfu huituimp 



-iDiinfunEip r(uTimTi\ïï). 



vnfîiïvim lufrmrrmiï sivrjifuriïïiv rfuninTijins 



dw biwmlmm ^îïïitj^unfu PihJiwrritnnnjtv gm 

n . 7 .* a ^ ) i pj 

snuutvfu nrniumtn ^mcntnc/n rnBTnnsTJnfsr 



-fini 



ftsgm nsïïffpàrrnr îriisnQrFîriïf nsnîtimm 
lîDffwrsrnh rtniunéùtrin JJnBwnp yiiîrm 

fi j mm si mnj&ïmtuan lèJBKtïmmfj r(rjèarfir 

<4) 



31 



j ')? * ) ^r^ ' — ^ ' 

IniHonuièé Lrîïînnnrimf) nirmiukilnÈ- un 



nmm 



fjlïïw\uj wïïDwnn Bwuntt 



urtrvrTBW tirn/uiiniri— 



À 



") 



m mm vil tu t entrai m m munnaiotuiu IniHu 
iï'iunnj mu aman vinBmrpif pi'wjynfi hv 

vfunû timinmo rrivotmô sn:tâasnimD rfju 



finn/fun 



ééirn^ïïiî ërmmwé BTiîûmyi'Jw tnnniQh ? 
pytjDjçn : ïï \ff(tnïïri\m iRiur&inmvMin àliowJïï 



frbvmn Dnfiwnnn ait\qé$mih nfiffjmn 

y/- : ■■ M) 1 1 



tin m slnvrnrsm vn^ômm umisislfu 



3 

Lff 



Èfuffht 



m 



f 



ini vftffriïfuiifli niBUtùidino suimn 
" //W— _ aJ a/a/ ^J^ 

fmirmsHflj oriïfWffj/'JD ariflfRjpr) 



— 243 — 



XfK \<^ J P H, 



*nt nWff/6 ^7 T'OT, 7 



^8r hfiJmh ilMmvjjr™ mimJm^uj- 



, Mimn'rh Rm^nibu mvmêh tiimminm? 



far hÈaifrn ® mîvm^nm Mnm*M 



flnsMWumm njihwJhifUf^^' auto» 

u - i J > i i w fi 



fwnnnô muiriutfnww mdmnjn^ 



FU)flf; 

! ' 

) ) y 

eflrfmrtnnj) (ïïhw[?Ji8îïï d> nDwnanrtnv mtn'ftf 
fiv tnrtnnçîïmm tun/fùmu Si 



mvnr mriîiimrnlni uehwfium tïmynmwv) 



RM m ftîiriwintjjfu- înïïwiDmvï ni 



nc5i ŒimmirmjRs mdwiosipf ininp^rn 
mmfîifiwj ' fînnfïïuûmm fmjiflnmsnm anju® 

?m:mfu(ua nrmnnwujpj wiOvitidiiffU Vf ni 

iriërdifuri wfriîMJfmi mnïïvwmi irsunuimi 




m'uïfumnm ^ïïiïîmnuiin mhTln^nsff/ ùnnuan 



J « ' J v — i - 14 \ 

ffnD munuffiinnai îîoffPufïïii {(vjmmrJjnîmD 



c/ ' ^ yj ^-^ " 



— 245 — 



énh ff/n^nffjfSD unlunnis ftmmmi 



mrivUnàr drrhfâwr m'fmiûi fWfjjf^^ 



nmrni 



i uttjivmn rmîrnnvwn tuai&nn 



tTjffitfàjv) ^uunwîfi fefimiimh JP^^^P^ 1 



04J ii 

gvhutvnun/ fmrrflfévil pmajsoV nôèrJifir^ 
sfn mvowîinïïn mrr&riïtn m'nm'nnmi n 



^tSiem ffffnfnitmv. ùnînnmra. vCïïDHnrn 



urrwmT}iii2&- niftnvniïju mmnTïtn rnmtjffiu 

far (n'n$BiTDffr mimmtf Hrftvtmvi m m'ai 
cl) P -^ ZT\ n 






fjfsrlîntîirjnv fn'mwmïïitanD sjïïiOfPjDyn 



in 



— 246 — 



Fidmnmr HrDthfnnr nninhtun furin sjfi/ikrU ftrjr 
mëfÈgun muihiïïiiujn iffdrinasfn mftfiï\ïïffiM 

tu m trrbfljdïïié F^mijpuffjîfint/rT nrmn 



UWTP7 



m\n wwnùwD uimmïïi'nj unlm'iummo mù 

irrift 

imrmmmïïi: (uiikf'dentnfauj mïï(ïïftunm) tn 



rnrfjs?ifin&FJfp: fumaumrnîïïuj mu art 

qurniifi nnfwnrmmi fnm'tjmiim tnmïïtuntn' 

1 *5 ) J J fï ■ tf 

tnttuijfiffliu îmimnjfinîrnir nnhfi'unnimj w 

■o ■" Ji j j\\ ^ ^j 
s u 7rh> >' 



ImnjsiftfRnm jjmmniïJtfTiih mnimnuuuj mrwi 



i . r n, 
nu niïBïïivhnu 



fin 



vs03, rtfTwmmiu ■nnmifsm ïïapîiriïjp' n 

'77 4 <+AJ p JÙ* ZJ - 



■a;: - 



\ytmiwm mwasmu ' ijmty\ntàu ffio^lm^ 






hmn [sitiétnmn vsiémvrtnrjm fnnnaiijsfiD 
'uBfRjDfvrvjn ussHirdiLm uwBnsfïïf vïpinnïïwnr 
onùnfQTîntu muitiifunçri rfiïsnmuy LpffiminpDr 
nnmJ zinmnuffujfUT) Qrpiwtwma rtffttnnna. 



* «jj. 
m. 

enmnntin îrtâgriNnu fifjtrmirrmm njinvvmm 



ïBarfofDr 



fUïïLmrfffmmr rv m m m pur nnhwm 
U J- 

ïïl 



iFimmiïï fjiurmrrrsTm rriivzïn mmniiimu 
firrninunNT) m&fnnn ^mn^mejné Lr&mtrmm'e/ 
fnhtnpffBm'M nmrf'nHlaj uéïï^mnvéïï mît 

j 1 J ^ > JJ y , f " b 



ifjfn^ïïiRjnr 



îuitmmurju u 

ufisnm fiïnnnUf muo/ppë mmôutui 

JjaV " (j 



J 



— 2'.8 — 



w%iWtST)U hu/us^ri Hirifjtiuuj nn'n^ja/Nrrl 



y M .1 -x&j 



tu 

rr 



-H > j J , -V. a ° 

rn'iu iïô'fuêîmï) Fîpm'iutuibiinr hrmjiwr ucsm 



itfjïï 1 ) mnmnjnfu vtntfïi/mu) tirrmifijm nuirt 

IjJ ' J**à ^---< */)^\ 

mot) tnètWos) lumsnrm wmwarjô mtn\ 
fiuiw ïiniffflâî/ij ^fnm'munù hcuiuwiiji Frszn'u 

, ii^ \'» ) r^« 

itnnm wwrmjr tejvaWJ vftmffrnocf uhb 

eu) V l) *ZJbJ ALl^j n . • ; 

mnnm nifoiïrmr fjumiHBa siDenumiiîfjr ntjrj 
îjljfffiJJ ïïi£fnrîîïuD m$~ritnim BàinjçmâP $¥n 
m'titîrno nu/fumrn {nSsyiniurj ^unufflUfinu 

h tuf! M mm' ïïlkMDirtiu âîfwùnlfp ptfti 



-Zfinr ïïiôiïùv&u nfnsuunifp point 

^ \ ^o^/x n y\ 

fswmt nannmfîtrn %\mnmrr) MffSsrBr&MJ 

uivumvf bff^^un lomn^pisn fjujfir^utrJ z 



•2 '.9 — 



tmm'nnfft wrnuiunn mnd\jju® %lîin6nttnt 



tfiirjnfrjtjn 



/ èigynhp [uuiriuaain Hsuunmj'ù"g 



tu 






n ^ 



'aJ 



fm/u/imn nfunnvnd lutrùtwiuïja hêjbuîHJ 



J 



% J\ 



S^LJ 



«/ 



Tftrîuffimc viÊmfuw ntnnrmtu\tu © ttnnj\ 

A/A „ 7 , . â} , „'-? 



W7 



V 



irdfîfutfBRjmfm ^mlnifi^h ^nmumun^ïï lui 



W là 



vunsfru InihfUVÀJu fuiniuunrërwD (kr) m fini y 



mon 



mm'fUh 



unfuyjivn nifliiiï7FiiU9 



%n 




ïïTffiifUim 









Qyirrr 



) o A 

ininiifiiftJi jftuîiuivmwîfltn mynuniupTïïij 









s yfi/.sn (fjïftfjT bïfTifitufnuïïf) éinfumuffuitifi 



</ 



32 



— 250 



J ) 4 ^J . <H 4 «^ J 

nnj/ivvifiri sujitfiM9(W\ ttuminuMiuMn fin End 

un u onnn uotm ^m^v^miffj fjmmmnrrin 
mtumnl${& 



\cts - ^ 

4 *S — J 



SD1P.W 



mixéoum m^ù'imj mna/nj mn h 
mpwnwr miSiïïmufjni ^m^^rm rsnilmsjnj 
innmi'iifuf im;mfintm suubinTiyfu ïïuurj 



w 



4/ N^ 



m^fèronfp 



ttfWfnfî&r àiïb 







uuiûi 

lu 9) tfmbfïïum arircnsïïfr 7 uinninrulrrr #j 



— 251 — 



nsnaiiBivé £j(npffnrtDn?iim ' b nti tu s uru nu h 



mtiïïimmm ildjutuijfiBWfUftn tn 



Dmmunvf vmnifïïuJWUMn nrnaôDfiïlfijnnî 
vwBnAr fisno~rrjrfntu(uwr tnDtnBïïhfflTUrifiT 
9/mjtn'fif rinjtnnmjmïïvriins firs-iëtummWf 



nm 
rtmwnm mRjwhriinjfnirnt) ukmhfsnnirï! ntïïi.. 

tunwnrcrfn wnJwrmiuB no rvinfidUiÉfieifim 



QmiffliJk) ffUDfi 



**. ,^ m ;,^;,2,x 



^^ 



nsidnnpr ïït>tFrijitws?ïi*ii( r su9'j(mmu uj 



— 252 - 



l^ûlmnfsjv B Mu-vu w d WMnpîffiMin Rmsi 



JnsvninMnïuïsj Drrtnrtfifiur htôtijniwnKn 



m 



•JÛ^ OUI) jrj H) y ^ 



tLrtnrnsipnnpr Hmuivivui] usmrsmuiurtrifu tau 



iïtujuiïîiinîrqf&j ïïfS m m lu tu tu tuntvntifôïitfi 



T/v iïr <&- y 



utnv ëîfmmitnHïïfTD ummnsinwv Tina 

hujfuunm tnîmîrmuiiïïjfim sofrln 

\"j J J 

muaimsuna lînrintv munpnsv\m6 mujiias/01 

tnzmuîifmjpifî/h/hf (^fiRstunUfrnlpïïs^fïïfnufim 






ititiïïptnt} 



253 — 



tijimi wmînkifUT) fffiénmàns'ujiéir, 

y - a i ^ ) 



ntun 



unef fp]fff7)TfHHrnnnm5 q mtimiQrmnfjsi &fiï« 



nvrifiwiTiLibtfîiifiM mfffffrûiïin(\Ti m'/v iVffrnfu 



¥ 



BfunnFmïïtffm rvmfiufimstfrfi} ïïivfiujuJaûLU 



wunriFmzyidt cvwïiufimttffv} 

2/' c/cjàU' r^Jl^r, % 



* 'II) j r h JrJ 

pfnnp;mifr.nDufi (Èimmmfuiiflùuffàn imbûn 
n p ôninvurim muwùiut'aiumnsBT mioimmi 

■HÂ s -J~ * V 

t/tf vwfr/h'.rnnmnpi v.mnjyumrimfmi jrjtin 



251 - 



ujmi 



mini 



ipruinj îirjiwrdnnm wjffsnitmmidïm 
wm nsnr^djiunin/ nj-jmrinjçrnuéiu féuwnmhj 
fdjïïujfufmnmiînnïïji wwmauiHVfjm r/îîïï'nhi 
nui nmirubsiri/miuTi .msujïïBiBii miusaninm 

mriiïïiihTJiïirïïmfWiffri WaifirutuiBSUiS/ ajfunv 

ufjilPr.iïiirwunm unfinjfuuontri nuNrnJprfn 
n(siiifmtûjfTfir:f£ii nwmfjWDnffur mTTjtjffjj 

EV'rfflniTiirnQuj mon îjftwv Tiff t a/n/rvïïi} n 

1 v..^ ^ y u 



— 255 



mvmviîimv tîiïï'jujéhymw'u HWkrnriu fini ni fi 
a/j ■ — ■ -* » * j J a/ ^~l^j 

Untriiimanm ftua/tn'irntifWcflniïD SMinrmnonv 
wïïtnftmmnutéi fknmsimfuifptiTm inwmhrru 
mtutivtîBmmviu m mmn:îmflTiaf)ftriu kpufmjr/fw'u 
weuïïfBTfTPrpnun iiieninnvytfufiri cinmorlrn 
HrMfnJnijtSffiiïi rliny-tmsHrpjrfr ymwmtfji 

ffmujn&JnBffmftmà ninnrïïwmufif tvru 
vre pïïd wunm'jfuftffumti wvJfBufmftw 



* . r\ n.) g^ p : 

rrirmiBmu-ffBV 

rv y 



ï&JiïBTtllVP 



tmmhnn'nrjirïrmh 




iïuffimwwi ^TT^mèJiBii m nn suffi /un) m ? 
TTpunaBomj tniïïiBujfuïïii mnuïïvnvtnmrln 






iwr, 




— 256 



qtmîfiinnflmé vamumao û/m'nûniun/nffm ma 
P fi n )) JJ^ ) 

fourni min: fns:nur^iSrmtpffjRi7fif mvinm 

luihujfu mïïimuîifw muiùiunnoro uflmwîjbv 

fwmr rïïswlln/p buifumnnufmuj wïïSJiutrn 
y Xyj/' 



\ j Lr ^j yy " c 

GDJbm rnlrTiïfumnui hinfunulmumu Ji 



<n 



ffufwi/rm'u "injjtjynviu nnjntfffllujtnéiff wu 
^~-~y " / A " 

nRiwruèu kniufummmu tmn'jtflmp/nt^mjif/) 
m fur uuu/rp r/us wd "Psrnnufffrik? "trïïrfrrÊp I y 

< y )}> J ■ ■ )fr 

tnnnrff iuûcnvfnpgfiB drsrrtrmffutvnlQwvif, 
iWïïmïïawvtmsiï) uDefun&nn nmru nifinvoriitôr 



-«- 



257 - 



mmtflnrTiSi'êmino mmfniîJîuD nnnm^nim 



fim 



imu rnjffîhtfHiirmttlJav fftfp'RiffTirr^iP nïïjm'- 
uhsflW) © ïïrsn; fj/tfiptrwiflj uwdvïïi n uïïtrjiiiTamri 



unlwibfrrnttmv mBmuwu8\ihmf) lïïiunfJNn 
jV—^ \ n n V ) ) \ 

fis frffmvjujîiïïVfun © m: si grftmUM) ftnrBSMih 



frïïimiïïujnsnvam © m: m m fin 



nrdrïïwniiJtlîiïirtunh) ê tmvfWn fiyifufirtna frnfr 



trriypjn fuurn'nmiuïïD ajy®$mnunt) "dïïiTî&ïfltn 

J 4 «< J 

0Fî i winffinowmrn fuè 






'4/ L U =J -~ n % <nJ ' = ^T n \ ° 

m/irrnrrmnffi iMiirwi ffruîîlBtJwf jiflffi] 



SU]0 yïïHdïïn] wiïfêriifnnri twnniT/mnmïï 
al " HJ " U * 



— 258 



iVQiiuusrmn çi/vsajîm nvrivutrî *JsiTmrfo, 

<XXX, * - j ?* ■■» 

nnn mmfrÉuh inmnuoun lUiïwDrmTl m 



îjswirn mfdnursmj zoïïmij userai ïïFWJhWàm 

fnëvnlÊnmf mïUwùuJwii "sut mm HwnnnruJè 
1 Jj b ^ - ih ' il y "L 

ifj[i3VW)n gmwniRjnn îïïfîtunrif) fW^isuiTi 

jïh s k x a \ .y . 

v[Ds>pu iHnmaVîWD Hnfnumvmi) muni 




Xy h xr JJJ J X 

nJjnFftnfttiïfu LUfuïfhwWfu Frwwm 
} _ i n n 



êmfmvvn tiïîkfiémSDjFr tR/fffinrfSJirn su: v uns 
ôfUJVffuan snjsrnjs'Dinnj rmnvntiD : 



{fin wvftjuifutw iriitmj 

iniifnjSjDQp'n nusrnifjns' rtfjXiy~suujfu$v - 



— 259 — 



/ 



a) 



tnn 



tuuumtâ tn^ïïimm mum^mmi jlfznrt 
mnuw T|i^|/ rrw|| mpéntiw 

tiUtuRimii (nram'irm SDiïwm^jj fjjnt 

wwanéwv , ■mmv/rimfug mmmjj Jiunnn 
@V)V&nv)l> ryjfttnvdnm t (Jurys fîm'ri : 



— 260 — 



WR/fUmni 



j. 

SA 



iuu\fjn\rjb 



Mwim.fju vrimïïsêhtf (tDumVkiTJDy 
J ç 

suïïinjjïifijf 




pjfmnnL, 

$/ mmrdnm © numllnin té es mm 

DfBlftf ■iïfmfUfKnFTfiïRI fiffQ 



uinsnwum'tf wifnpTîfiJnnu__ iïJkftfiï 



fvufnmmuf) 



i 

n 



J 



mïïnarmmh 

'«a. n 

w 







rn/D'fVflfilïïjrfÏÏfî ifyïïrjrlîflé 
mmmufnt h:rln\\fjTfrii m:jrii9ziniî fQhJstfnJtnn 

n J Pjr) l^j ) <s> - 

tffïïinsv/nr (iwipKtfrfUif) ifrinmouinh tunn 

niftfhm fd^tWhïï)V ® mifmtjiun usnirrcrin w 

nvnilfji $umwîifié mis tunv fr'aj t m ruô 



— 261 — 



fVsmufÉtfni rJnnJJnînr © luihndjimn ilnrrwmn 
hJ oO " b v c/rk) } \^ n ^MJ 

tlUfifflTflsDDiW) <& Oj rd U iMlï m tàuViê\nÛf\l rj:wu 

y* N p fi Ih 



front (^IVisnitUUinïï 

a 



ripuujf © ùwitfwi imminanjjMT) nnjjniïkfir 



wiïff}?îl(nn ifjfnjTrmwj n^ffunnij nafitu 



§■■ 



un? © wuïHjiï)$n 



n wrwormïïr 



innwMi 



(fuunrnjji [firiïn?lfiipT7j tFmfinisfijmrjf l§ 



n 




u won M) 



■f 

tififitiffunvi nnurrinmifimB jfmtun 
J _ y a) J^j v y 

(npkfu utnmnnjfu (umuoim nsnn&w 

ffJffnfftfORJ miMDflnmtJ wâtnrffffllFTRJ 



262 — 



nnnnupfu wunujunn © mmfi'-nrw nunfuvittW- 
'wnnfth rdjsnnmtnnti ujfmnvîirài unit 



ifflûnriuvrTnr/B tvnjmvrj'ùi urûé'8'.uiïïi 



èjnmimSj iïjriirgfim ùriniïfèT rmPirqr rn 
mîhmmnj dunrFirnnf wnïïHrlfn TJjmfUfdJu 



\«^ 



wn ëFrBDBim prmnrm wïïwrnmïïir nifm 

S yj il - ' B V \ 

lln/h fin a m m in fi swénjfunjnvsi smnnipm 

kàpï <a/ .J) ^ 

ifrmi:\m rtûmiwanj fifWTmiffS ivnwfKntf 
nfu7Jrriïi:inB mrînjiif^s rr.nwmmn atlv 



fu-.aro iihrnîntujmjD mwmmm finvinj: 

mnmmïïïïm: ffujHljrjp îVtfîvnîmïï (nmmm 

" a) 



fjwtwriw) tfDnmunD îunrtV'.M) un unir 

4'" ^Ji?y<" y jh 

mm FOJiïïïnpDrïïiD vwrmw rawBfwdB, 



— 263 



m]ïïimmi nmn^unnj rjmwim arinjmm 

MiimnmfMiu Bnwiinu futnmsnvRnu brmv 

ïïoïïfu mu(mfin\ïî ùH^rn ifimujuïïiv 

nnrln:tnm unrmumn ^nnntmm wîvwjv 

UJDfJSDUfnt) êfffpfl/m (fin 



là/tir Hvp'.ïïirn jumnJïïRnu unnrjsntinrihi 



If" 

t 

s JUj 



7S7T Ni), 

hinvDèïmvM) upuînriJhïtf [yany-ftij ifu» 
tin m TfrwfUfnsmo ji/nfunun ' imïïrtu 



tin m intfïïÊmïïif) uiiimmn smjilir.^njk 



^A^Jn \ JX Ih. u U J <4 J 



1 






ùuî) wnmwfm fPlfrhûwju ifnnmo 



vp wnmivtinm tmirmifiJu i/nr. 



264 — 



Uuumwèan fujtmjuùnt) imdinnwinnn mnm . 



anoii tnvviT) Mitai vfidTwim hs/fumri îiô 

nriu$in\ .tujtfujnfçniïtfib ftnitrnùrr'0 S/^f 
eJ c/Û -—^-* „4 V\U 




taiïïi [trwr.tùfitim iEturlnrntùm tuiurtuèmit 

nnnÉlânT fttrntv: unhtwmujum: linp 
iy // ' J ) J/ 



çHnvMf) tfrtnv[tim? nuffmwijp 



iwfïï) fin m vin nmnmmi {mnmmvvn mm 

mmt 
mumvittnj mMiiïnïho nrfîuti&D hiffi 




6ïïiimt> mtimntrïïiif fftrpvBnhu uwtinfih 

yj, °^~y ^ yy 



<s~> <n \ / / y U y / / n 



4s À jf yy vy, k. 



innmirmzi vmrmm 



— 265 — 






inhiuïïâ] ujmmmtmm têsàuffirm mfom 
tfnàj hflufyfriu vriuMî sm^tjj & 
unmmt mmm^uâj flnhiyétfj juf&nviï 

trf&vfttsî , nriumfiîim îàarérmmi $i\nt>ijv 
U ^ Jô JJj U n y / h ^ 

y'v Lmrmff en'irmnra/Mn ^j^rfvnw p 

" ) ) a 3 








ftfj imnntvjtu nmmFVj iiwrlussijjMr) 
^mJ^m wmfa'îii vri$vn?> fmfîa JÏ 

\R1mp3f itfmrmm im$miGruï)5 %u 

1 "~ U ' rr Vj/J J 



3'. 



— 266 — 



Frummimi 



nm) 



^ J > *4 -^ P J 

ufïïiwmrnanuj pnaïuivnsinr nJfU'.iïïtnJ 



WWVJ 



ttibd 



fm3fË~BFTi? hff&VTnViff 'dVtijfîssum \ïï)'ui\rhmj 
l^ihu^mu. fHVcnïïRftff fmm'ummi rnjfvin^ff 



lui fmtS^ïQï mttinwmn urnbu-BR/i 



hwi fà*v\!ji 



iuljfî$lji çMjfSm 



farjiHÎhi ifmhftmr ^iirTlmm uivnnitu/m \rji 



c/U n U 'U 

imDfrtttj \unmnw iiunsfi 

tnviimitwjfp hibnrfnu'Rj nfiîwuujm tanu 



u 



lïïïïfîT, 

hwwiwum 




■fifEDD 



aJ 



■« JU 
n y 



^irJJjmnjjrp'n jiffn'.'tfi&rt] mut), 



W 



MhJUJi 



a ïïjiîrmirmv rrhuilniDU ûjntîmmmo 



— 267 — 






bvijiîtlrjné if/ffénimô WMiW' ^ mt j] 
muïïiu ùmuéim Ptoïïiufff wumioTjpùé 



bifimmvmn windtuJu mvivfUHiirins r«/ 



uruiïén fiuinûvuô uuhdwb mturjn 
2/y ' J n n ^ 

Rji èïulnuv [/'Bpvrwjfu kmBVum 



jpivswi $ :i j} y f s M'v y^^qi^ ' 

nwfuuifm Vfrnteuoni vindit$ti w 



U Wïï 



— 268 — 



funfj siïïRJtïïri wfUftffUrWiu unîutwiiM) 
%m imnmriiDd funa/nmrèï Tjnifrswf, 



nujfUfRjrumô miomÔRfinn iinrunp&tuf finJfn 

majsujdmnjmi ïïriïfîwjunô rtnmiprujpvfi 
Hwrfjmns mnuwîTfVi^ Fwnisun \fnnuw6 
vBfîïïUMiij flîjniinïïun mwàvivifj vvîf 

y/ 



ïïTBnïïunsih) flfjflunîîvj) 

Tiviwwivm 9tF8rtfïï8eufu ni m un m msi 

"r.-r.r.'^Ti jfijrmtîfir FihfïïWhJ'aïï ulrJVfîivrj 
i ^/ y ' "— ^* ; ) j ? 

innvuifnnfu Finïïifsjlfn © mnn?nijr ujsulniïh 

^UHBfiJllfhm lRTt!OifklSV)lI q3}ifffm} flR/ir, 



— 26» 



mm léfébm wïïtmsmn ïrrpnini mai 

unninv wnniwmifV tmrtninent) m-mwl 

V — C~ ) )) 

ms vuunmjni ^nva/ùju firmnvrw imwi 

m mm nii/irîfihr tnnnim/ifpfr nSJîmçjjJJ 

UJjj h ' \ y '^2 

Mfj ^\ v ) Jj /„ , 

fuwrnlmmï lifiDWfp vfMfmm \nimvmi_ 

Wi ùu 47 V ^%h < V 

{plfhôffifM! tiimïïi$u§s fywujnjtàti mv 

m'utums) mu^minsifi vnffimnu ffPffUL 
^y Szi ) \ A) 



nm'ntfirri (n-muriàr tëWtmrfiJlîlhf) TîïiïJu 



hniîimm ^^JHL wvtWMîiyv Truffé 
mm) innn'amniuîu ujiïujiumvw *$vnm_ 

/y ! I OU 



HVnijjifrt jjfrnfyfify ^mmm pjn^à 



— 270 



id\y\hm\mvi lifiFmvfiui muf/OMt 



■v q/ i> & U 

ùnmTTfjm'iu m narine simili Irrikj rrinmiifrmjsmtti 

H in 

y ' ' bn jJ j 

hiiu)isiuf%mm: ûffiwi/pm: wnvhfy rni 

Fimuv'futLnfiïï lùrtnryrlm lumtuvujfif srn 
\ U « Zfv ; \ y V- 

W tS~ ' P J < 

fnimnwwNfu inTfiunfiRj ImûBfVi/n 

t i/ffô ®mmui(mmi p fan an ah nrin nfînwlaj 





ijMnfup/i/mrdinjftfu fn mh vu 6 uj fu P?mo 






; ÎWffflOi 

n 



)tm ïïiû^ij&tfffiniuffp flnh^im 



wiï vnniiinmm tymmjm 






% 



ui/sn'uruiïmutÊjNn -(XJdUJfumîPf nffitoftr, 
")" %L J <^ )) 

ffîjnmi mifinfifffmviuB tviiinmvvt) î]8 

rriviïifLmîïf tvu&n'iuuin'vttmfiji jhhrfply/y 

rlrrmniht rtntufuiritïfBhinf mmïfiwrih npi 

')) ) " J ) )) W 

fuiiiïé lujôiïnffnjîmâvùô ffnujnmrtué 



272 - 



ùmmsnffii ^nfftuïïUDnfddïïii (tnnanmithinimiun 
nv mrvèninumfrBU mmufvinuv tunnipi trni 

VA N'j)o .< ' /* 

rmfnrtntrmr mnaMj hm'îitnuvn» mmm$J 

wVfj-imftjn ïmuwrtfnnni wtu7lpnuVntfia/^nn°. 
Mtrffffmhfjni m'tiwmrmw nàmniiuturimin 
"^éiSintJf vn m mm fini ninjmsïïfnniiïï)i tint 

^ •si'-i ^-ay 2 • P 4 

sjut^rn §rurwwf Fiè^m^mmuiim ueni 
4/ ^^ffZ^P\ u 



muni WfumïDiu mniFiuanminiu tfvujuvnj 
fiïfintrwn © Imnémainm ïïimjiuïïu mn'nrdfj 
w n m m m m su m ri \ i^nhmmj iirdimm sinr 

ci V n A7 /••> 

rwtTftimsjirîTvfTjr nifflpyfrffw ïïftjfwwii i 



273 — 



(irritulâm mmiumn 



nwnêrmjjt, 

fffff Jtiïrnirïïis FWBrrainnunfipnfsnïF tmmnnïï 



ffwsnsim mu 



v 



? imimiï~iiMn Ifinmnm 'jpfumsmi 

r , ^ ^ ^ h 

h Tint} frrfffjiutfnj tnffjnuvïïfm mouôt 

'tfjïïjrlîn'u wïïmniïïikr upromii 
m m vu nanti! Bfmnurrnm 










q nrmyufujfMn tvifîîièifnhf uilnmlfrw 
jnufjuwtiffm ntirî[fpu[jfjj Inn/rpim) tvjfm 



a/ 



WUfiUJ tmpffÏÏDiifJl sB <tï tuw kî 






35 



274 — 



i> Wïïm'dimm' Ifpjrinjriifn: ^'njmmuisif • rimn 

fïïmùlîWJtwd 



pria rhru/nmé mr numbunî nr 
wiS'JBWïïrjn: °}iunjïïmfT. wajuumn 

5 v 3 yn/" y? 

ûmu n/::J7ffigrfD5fu n:muwuujnj f/tiîj n: 

u sj n n . V u g> si U 

J, Où . $1 

uiïïuj wurifnu'.ïïiv kra/iïïRj.'iuiff fuunîj^m 

\n:!jjvnm 20iVnïï limntnnm hmvumïïilj 

Irpufirptffj'.ïïi n:rmr)iff wînunn nturfiM) 

• fi ? P) ) ^ Jhl <^V, 

wy-.mm 'Hnwéiiv Tfmmwîhif iffîffjm 

piif (jycoftuoliulg iwfnjnijfi sunniuo 

"~ <& ^f <? %" e^h) 

imviSrmTt tuTîntorvam ftLnff)inuifiï 
■fwn g & vus: m lusonn^m'u mmné 




lunn 



— 275 



\\umu ûiffffïim faJo^fîBjm'w irmu iifnr 
rmjpjffiMt sofUfotmîïïiû \mmnm udrjW 1 ^ 



ti mvflrrnnïïé Dretunin vvllnmffrîms 

7 J P • i <§J "A au J 

m-.ïïjjiTiv liimumnm rjtmlm nrrmi 



\ J , n ^i ^ 



■nitm nùmnmujv mmfitrrTfjmj tfDêjwC 
imp ifui/mrïdD hm^nïïné p'.HBîjiïfïJW 
ïïifuffl.îinr buéolïump wiahrufirnif duui/F 

<- U -J j n j j U < V 

nnani ujinp/fB'.tunn JJpïïnhUjJ urlnimm. 



■p " " 'rfty * h } g^ 

' «^ ) *ù± b J 

unr.t ma mm vfwî wutiv 

~T1\ ) î U) % J 

moulu nnruiïiïfùn? LfipJhinJRjfft mam 
tJDtm flDtmi/sr vnj'JJJ ttvpffjjnmsiim 



- 276 — 



fuimpinamn ruwuavsnn vrinùmm nmrj 
U* aJ % cl 




irjinmnj lW/77£/|yi/ mvdfnmtyaun ftnrr 
vnjffvm fwt/inm nnp'ÉSswïïnn u'édvhujfû 
niifiijpfMTT miymsnw wnittiitjfuw unm 

ifid snuinjfpnlinu vnvvaiunti u$nn0tmmD 
immïïmu mpmw.nrn wmutwfm ^fUJp 

^ . W p - < • < J? 



\nnnu iintinôinlm w huai nu t m m s m m 

\ ) pS < ) >1 • 

tinrspliiivv ujttfîtnsjmsu nîjufîmnt rimai 

y ■ f J) p' ÏJ'-i 

%n& mutuionm tmâmufllm Innourrëtv 
ïïiwmljiftî tqjB/BfmtJJîJ tnèfnfnr vlw 



Lu «=U 

êlf^nk:HD MnlfDiwin ul ut uni tin (p 






' iFwifu rjrr.nn^unnj fin h mu 



7 AT) *V -à> 

mmv wtmnr.rvrtrr ûritïïiumiîpî fkjiïïlïnïïiZ 



rr 

X > 

4J 



^ rr 





' J 

TJÎTDh . 
'' ) if ^ T^J 

nVrr ttanwftn sivwwr ^îmunusa'n mo 



/j ^ Tri/y v 

nu mioPïïmtmf) sWDif 
y î aJ 



'm jimhnf[ 



«W 



>» 




ji^, 7/7. 7% "jp 



mm 



FiDFimtfrJfî mriïiïïïHp, 
wmr 



m mprênr 



iffiuffirn nufinn 



niwnthnfrn mufa)jh:né sjisimùj 
m (unir/ m: nu m tu uni m fi h 




278 - 



Bîmfufp-.fni nmrmm'n nwujfujmn \rnmn 



mfff 

ffiaîyfuiïffîi 







ïïîîfwiniv 



))7 '"" 

m m fi) ffij 




ttTmfij yqrpw rmityinh 



un ïïm$m:nm àjsiftiw/m ù'vûéiwîîi \n^èr> 
J 



mrnwn mflivutrïïujïï 



fuuiSJtfniï 



mntuin îlinnrmfutré jyifsswjfsna jmhpu 



ClJ 



.) 






■ nn 



'/s 




aJ al rr n JJ y * 



Y 

tnnih f^iïr^fj^'.f/ô ufïïiifiwnuî? lafiskfisujTÎf^r 
u'mjmunn grmwiifim (sjoswmnw ïïisnnujMn 

V p ■ ) ^ ^ ^J ) 

4J " 



279 — 



imûfjîjmu fSjJDRiutjji/nb himhB 



v VfinJ 




mm 



wfc 



?îïïwïïuiu fmvâinlïïi'u muimmimi hintîti 

* * s * ^ n MJJ 

marin nvÏÏfirtlami n an n (fin m rnêophuid 
i^jDiwjifim^în umnannsi'n unnm lïnn knu 

r}(u -fjnfutttiiff)] iwju'dttiim uwïïiffjrtfû mi 

« m y è . ) /y 

n n m in ïïPpujïïw? tunîiuumt) mrammnn 
ïïihm\mù ïïifÛnulrjnv Fr?ifVny<n7 









mm/)' 



m ïï5u\rniniTi nfu^yntmi 



? J '^ 






% 



fÀ 



:hv m ïïiiii 
m (film 'ryvwîrffunnj sçffthjrult IkJZfwnfdïw 
ujWpfuifîmqiîi iÈ/)ïï77ljn7/i èjynèJWM) iumm 



iïunBwMjl fiïurnfUïmni imini-dèi 



280 — 



ni) 



unrtnrnm ^PfjujD'flffn^'i/ wémumi 
\n:1wm int/imim urJnjn'.HD 



/[ftnDr&iiïff, 






m ùujifiïnïiNn PiDrn/m f):n 
munn çiïïiSFfnn'fi) ujDLViuwm 



H l 



luiJlV 

<4, 



mit û un \rp 



y 






IfDHD^na hwutîl'éur unnénumi rwjnuw\m> 



Y 



wuvïïwinn ïïifinrnpïïï niunùanj 
twn mutin In ti fWi(ïïjrïï7mj Infisu 
aiDin/ mnïïjifriiiï runuL 



Hinîin 
untriu nwn 



u un m s mu fiDïïimsmn 



çiJUBiym 




ly$p hurdjfWinsu umsmvujfu 
uumlïféTi vfhvnhp ùninfimn 



if^mj^sYj hcJd 



îjsmDiJirMn 
<ninmwiwni 



— 281 — 



luinînï^nmm 






'/ L n 



r6W] uuy 

jj ir 



v 



Ut(HTUniï) 

UJftinîrèïïi 






^■v> 



UUJinJîflîZ 






ututimo isn:l)ivfivPD miufjfmrauu tm^ 



utniima w.uivwvô tuaiSifinnsuy 






j- ■* - ,^SK 



4 ) 



««flffor fmiwvistj if F ffi fut noir ri eu \umn * 
) ] V A j j Jb, p\p M 

hmmwm iumhtnimn flnnsm mimn 







7^r#7 



iïfutm^i (îrnwîfu fvvnrmtffp 



36 



282 — 



huM fOWiiTtn&tJfir n affilant) ismonp 



m 



WoferfiRi In : ffjififfi: iun é m: 



êinmiii ifuuiL . 

' J -S ùt i - 

knnmnnmé umuniLnifuns nuîin^wii 
witunhjnifjojmmnw] uuurjcrttnj m/unjwpn 



\JijM vnvvtiïïiî MmmfiJimj %D%uwun 

ivnotm nfjtf&initriï fdVfDjnvn jnojTifflT 
J r \ <& "V cjj- ■ ^y 






uîififïïiwn uifu}uH-D t, 



3 



tu m fifwïïfiwiïfijff kjitivïjïïïjhi firmnnpi 
mfinmwm lïïnulmhrnhfurr) hununuinm 



' s/î mf) ; 

j p M" 

^ ^ P< ^=f^ n ^ 

1 JÂJ ^A 



1 



— 283 



nitrr uf Wtrsrjnanm rîmriu): 



^1 



Heu vimifnnmî 

n 




mi r uni? nirtufounïï mrvnuviro IwôHiï 



wnimjom mimumunTJa 




JL/mumtrT fnhfmmnirmf m sitv tirant? nnia 
Rfifuéfomnjn unumnên ijfurîmrfàin 



■&. 



fpifnrîçQ-jëo 






jymuswn ihiufjkjrtimnj tjfi(rp(%/t?ffw~ fnnm, 
y m'a r.inUtifi © ffnoiBspî^nojvmi nnfjyïï 



— 28i — 



ma 



muniUHftwnm 



RjfuôruiiiJiUimlRm 
triuvmf wïïEnmihwdfnï rRjNTiFïïiirni 



V 



lumuwmnujRJtuu nmiom 



■uwïïBrmsniu Iq&mmiinmiïiu- nin^JDFmfin 

'[m'tklrîtt 




ffiratjilj 



1 /- 1 

h 

mrmi mmnnjnfwfrfwi mrnniiïrruïïnïSJ ttpïffjr 

P , n & n T. V) J ' 

un m y-mus^jïï(ujjan\fp fRjîrïï)®tffriûp 
rit m mwkrwoçfrff nwRjfîf[Wn:m 
'eu ùriuùrduïïmT muturntnnr)\u7tjj . 

il v \ "■ H] v§ y ujj \ 

nnwfwrifu fîrmiufpvtWRj rifinhmmnni 



PL 



UjjûJ u ' 



w 







— 285 - 




mmmlrff Urnnmrnrs/j iMvnDnnïïn 

n J ^ 
uimtwnfn nias 



nnjhju mm 



m ir m lu mu 
ijnïHum p 



mm un 




r rmumsinjn 



i n MkfB 



f% ? . , ùfi\ n n, 

l^[(8T fiWïïf'l 



'J% 



-pm(rp $ 






ff ff <r> 



b , y) 2/ ,n i & M 

uiïDfffïiôfUij mmiifuïï (wrmiïinpn yr&p 

-7 */ % . <y)f\y J y 



Kiunlni rmlpi 






TT 



ïïHMmîmmv mm 



cJ L 




ifiïsïïiUt 



ma/h 8 M 






286 



ai ^ 

jfifèmu/ni tntrtfêJHif} OSnrfnifuruj wiu 



wvLJtétTi fufritffiijn iïnhujfutm w/m'u 
m ûf&wmuii nr.QriunriMftjj wnv.mm 

- ' , U J Z/, a) >\ 

wufumsntïïH muunBûrn: m^tminuTi} VnhJ 
? nJ ni \ . J X^ 



'à ' X) p lJ 

p ^ il «^ y ) 

nsuiujijfijnv (fUDimnmlfp wufutifniôm sj(> 
iv)i [nirbuirn sniuq iifWB'.fimv ]?*?£ 

■ /■■» h ^ ■ p 

ïïihiô nsmTsmyj nifjfRJUfRifin un m f uni 

f(U: fîn&7W.Ml fttJUpffUttTiÔ ÏÏ)(3ÛUJD1T 

tnjtyium ^tnmujrrjnù ® mRjfjmurmlfUfi uw 
WDW.sviD wmsTnsiîi'wi ftdwfivbiun 



— 287 — 



Sirtntiïjtifinïïviir îrf&fMJUJWh)TT mhfutThj Binon 
vtnimrmtn tjvtiwBWT uplnwntir) ia: 
Iptumm injummenr msBuèmm fmti 



WïïfiJ)fîï)hJiï 




jj ' \y ' m. ^ — " y 






msmfifïïijjjjj fSfjWwm mojutuMvn 
vun (vrvwvffwmm /wvmuïhm m 



Mnhmm tfnmtfDiurfj jnvty^ujm^mfnî 



— 288 — 



unlrpumuau fujj^mtbumjmm wmnwMnn 
nsn muflmtfhwQnnr tufunumgwiD^u vmrjmu 






nid fo]7 mm win un m vit mu in min 




mf nwfu 
ïïiïïjM\mmûtu fïïînm'iTsrmÏÏffiî 



FJïïffinifPimrjnv mvumntmnm 
wnmrinmniiuù mmmujsnmt) fiiwnnfTnfr 
himuj nrtntumvmsm . Huvmnummr nn . 
finnvfijr fhfêvfnîJZWFThjn m'nvuninmé fïio 



nn H m [rJ!J"f ftnimwnRnmiu mMjniïmujrtmî} 



a/y mufïïntufUfijn iwmnvurn fin 
'w/7 irmsiifn fifunowà ufutmnw 



Wm mmfàu$ m'ntôwnffi vtfiiffiîi] 




çn: in uïiïv i-0 ® m s [fis 3 j In; ïïii'îjuttJUJ 




fhnam lïïftrnWrr flifnvnTin î/ijffiin^p 



mnrunfi unntfm mrunmai vimrrfRnnijp 

" rr s A ■ÂJ.yjkj^ jj 

tytmuinvsnu nowi/jnô fw i lu d S'Hua &n 
"êkÎEmm ® miM'.jnifjf ié0ifiii. ^sij^ 
m(uniu sn'umnmm Rfiiuidùnniu imunu 



> < X ^ J ', 

iDUij rnfuuw^fifui f m r nos r ni m 

mppôntfyr nunfïïmunfimB um^imintu vu 
tn'uuu iturfrmifflrtnp fknwffêwi nniduMi 

4và ùj "*y ) 

Woonv atfntffunm ni a m f un 

TO lîllf,.. 

Ihif 

p al 



'Ufàluffïu-W Jtlh'tn 2Ifn5F)D 



r^5lfjujsiu muimufjjLffU iw'$:si ^ÙP^^i- 






W-inùl mriŒiïiMumu ymumitra riho 



37 



290 — 



nirmù ïïuunJUDnnt) 
fpifffmnnihv- m nu 



rlmQQnrj 



7 ^ 



[muni 



nérfifinniiim 

lujihnrnfuïjiï ffDHi'v 
-"nwwurrenj nnimfinr wBnwsv 

inuiuiBQnïï f(Jïï\miuïïmh rujjnijrajf. 
mtin fffYRRjhwn mmunrn. nitrntjniiipfT 
ninuifijuwô fiïmnurlîisri tffmmsïïmunù iituB 
«2/2*7 nrèfffirim mfuhmsiirp t/'ateup 



rom $irj)î 



<r> <r> 



unnvùvpn nt/sfTfUDun'ir in: us $ tu 
JJ J/ i y u ^ 

m'u mhffuwrmr \rpumuhtf [iftwifiu^im 
tJïïfUfsIfïïi ifnnnrj&iu fjifium nnufffjrmsj 
w siq-mmantr (niftnuoiltfy (crtgfvitrrmv 
ffrrmvnsrj irrrrnrvpfim m fi'.ïïifômïïiiiJiin 
f) fi (m rirrm fuwi/in d tunâr'u mun ffv h & 



291 - 



mim'iimnmNiiDD iwmniiwuvû iLnfffwu[Wmi 



/.•• 



mntîtmjifniinQBmi 

-<;./ Jj S) u ) j , 

nft&j Ijûa.'Lrriïi suHmfiffÉofriî fufrfnmnmw 

mrmi'ïïejfinvmà çwnvjyi 



SfïïrfiR/fmiu 



rmmpïïjr nuirsi 



fiwu 

67 










iWau&nrtïmtURJfnu taïk 
iïmnn ® miimrmufîâp uausum un mm afin 
BnDvivuonB m\Rjnhu\uJîmn ht munît® tu 




wràj-rwtfrtum 



mmnjTnjm m/îJhpmiitnHrufui Jjurirnfun'sm 






'cJ 



<£/ 



— 292 — 



fin niïhJïïtijiïïïiiïtjj uiDcmnvQfîmS fifiujyWDïïu 
V j 1 ^j \ ? ) ' " 

mm [ujiiifjun'ïïÙD Dmtumàiiïi m;siï7VïrjftrJ)D 



inh) îianmm mntuDnma irmnnffùffmDff 



f4 
ïïcn mmffbrmv]! m fan m 

sfîl 'Jîkmmiïnjfu nnjuuVumPrfiffmrrtmD tufu 




nwtuindv vfiïïmuirjh) uriu)^iuàn mnmnmriàvsv 
#W#/7 ]tJDïïrmiMr) frtaJttUhiyfUùfiïiïï) [i/ïïijmur 



— 293 — 



"=J 



t ' •• ' 




i. 



HT?! ÎTÔUJRTïï'fl 



mçfûnniunmur) ttrfiïmo\\fp uimofurnnfffi fftijfir 

û 



iUJÏÏl 




rrumfusfr 0:%)arjnnf)jn © no sp 'minuit! 

& in 



WHT, 




■tmnrr mfff'jioBm mnimifr/fh wéfuêvqM 



^ 



fuwïïmtm jpmjnrïri&ttf fusinujryjj ïïiïïwv 
rlnmqrlm muon'ahn) fisjmmwo îrhm 



rim 



j, 



fnu-hiffiDffr iïîvlimuwî riïnftjffvffiu uïïiïïu 

m rummhuj rne^îî^nm) ^^mvuv mn 
iïJ Uz^~ ^— J 



— 29 1 — 



1.1 



drïïlfJSjW 



tu m iïpômfu mj im iïnûmî 
Dûu/njjrn ffinnsifrwj ïïiîmiimim tin/ma 




f^s il) 



'M) 

mm iiuiuffufïîwnv wuifîvlnmu vmwfuaù 
funpuuDuô RRfifFQp © mffiniiwnrnii 






'ctf^/l 



fpfj'jfwnfuffJDDD rsTnwiîïïiJfmfnw) miner m 
û) v\ \ ta' \ / 

! ? ■ "T ^ 

RfRnirnmymRJtuu mnf^pitnurdWmô ijnptf 



uBtunmumfn 



^itind^afifiujTînjj 




nir 






295 



mï hïïi'uQinm ymuio 



muBïinn 



ïï'uftàrtffsïn 




fôîïïnîj ifuihnuij 



pèl ^i 



i y 



ïfWlnf " 



UJUD ÏÏWÇTW}ijirJ1kJhJUJ tmfflD 






s m sèuwwmnm. 



© wsmii^nmsmm ntjhiiffiw si 



mrfimnfUEPSfiUMn tfTtmïïfuïïi {ïïtwnm'n&nfïïjj 
(iïr rtJnnfrfgrnrff] wuifpusirju Jininoi 



m mm^ 



) 



1 



fUrihJiDJ)il}~dî 



A* ) J éfJ 



il i <^ 



-u ? 
^4 



flnj'fffu)[(¥nmirrjfjf swp 



' i. /) J <*$ ■ / r </ 

ifrim~dd r D(ntJ mniffiririnnu yuiiu[L/nv(TVin 






296 



wftfnmnmm'BTn'n mnjummjinm ^^liïâhv m?n 
9pkjfl}7Rifuhp ïmliwïïïïïïmf) ifmni/minirnJff îfé\ 

Sri.' J^> J P M ^ 




wïïfwlmtjïl) 



irhit 



Lnrn^ufifnnfu mnmiimitw jyiïfummpim àrn 
înirtffifflmr.wtï) wrmtuiwrtfia rirmïïtffnrisjvij 



irFÏFJôuJm Mnnlnmvm'.m 



w 



ïïMïïi'nrjîTïïimtîmfin ninanvu-.û^u) nsnumLnyirmj 
lu) su ® mrfLnwjrjiniw îmuiwsîini ^i^mifrrfffjî 

fïïfjnri w a vî mi m nv/RDraririiTm 



?)RJti 
mSfi 



iu mi 
1 ; 



m'nrnujtjj'nmvuridnn fjnnnuumRsIn sffiwvnÉn 



w.vlîf) m rnni mistl un 



xy, eu 



^ 



Uv 






— 297 



uauifmpifi mnVriïrnrimtvmuMJi tmnm^iïï 

wnbyummrim rj^Lîwufymli/mHimn êjmu 

itjnm mïïnnêmmm wiï\fpmrk 

(hum mÉmun^pnmm mnmmbuiini mrnv 

dm ^fipfwrtn^i mumrnmitmr ^nv^m^m 

fm&RinifnrFn rfjïïîrvnjhyBrin K upnoim'inmrJT 

fifi/m jfiufnijufiQimm rnumfmwrus ainnïïi, 
■A j ' Ihcjj A) V U~\ 

rrimififirmî itnîurjtrnïjlnnïïm a/ m a an \rn . ni 

I l \ ^fv ni e-> V li 



Efiïij{cf{ifDriïÂn fifrn/uFsrmwïïi tffîrïôURfjm 



38 



298 



nunauniïnitano rriftiD-Mmum wumusfi 
<4 



f 7-4 



■flinm msuHiufBtunfïïM ijp&.n 




D 



x 



llnoshTirmum nnnNOwmNi'um^r J^nnu^m 



tqtuj ni: ïïwîimolfjiHô sjdQ 



BQnfîè)%m:ffD m mu 



-Qftu fi . 




n/fpïïFJif&ifm aîmàtniji 



H 




Dfini) 



ufîifmi 



v y )) J^) ))) 

P P ? V, J û <^ -U./7-J 

ïfnn -\ unnurjj nfUKJuDffhmnyrrfnr 



jjpu§fu\pmïJUflfS[ Fvïï&riuMinufijft 



rmiumunipu 



iïwtffiffin'n suvnvtfrinlijirifu'fi (Frdievrf'in 



299 — 



fknfPJlÏÏFTK 



n m 

n 



vint 



fjrifffl 



£i dt 



mm fWrfÈmrrm frwniwlfp Fnjffaêwftuhf, 

nu • riiffTii 



fWmnrmfWifftf%r Btanufantjr TiuIq 



=^=^ \ ^ 



D 



fjfi/nf 



'fffuiHrjj kj:mrmtn s^rnmrnpjnm 



Sifbiuw 




nmQiïîî 

fHfjfFRfinîfnrnf wmnfi 

) û .V 

jywùiïZter mmnmun v/nnHnirEj 
rninatmimi wuRinintsani wumi himpw ?l 

nspujmffïïi mmtrpttm: mnmnpïïi upiumun 



n n 

nmjfdnm 



muhjéiiB'riiî réîvj^m nusêm 



1 



300 — 



hïïinïïiiunê ' mutai uw tint viufnnirrwfif vèunnmo 
"a/ ' 

iïwnnujfu un'fUtnuma gn&si&imj ""iznnffimï 

V \j * .Y ^Oji f J 

%nvmwro\ iuinwïïlomi vnwifmm nnrmnm 
• ■ uimojtutm nfuDnfnmnr 'énsmsrlî mrm 
funnuii ffDNfUfUjtinr unnnnwni ïïîiW.ïïuJiï 

- )A^ JOi ^ ■ U ' 

tfiuHDîfmuj durjmdu l\Tirnuuw]tu wmiînB 
ïïii fïïmwômi fiïïinmm\ £ïn%j0w luwymnr 
îtjfVtiîimaj nffuuiw vwiduïïij uùsknrtnnrn? 
mu sy, 



wnirn ëriwimuïï ùJfmniumiliri/ fn^n 

znvîmm lïïimnujhjD fnnnwnï^uj ^ntnu/ 
jj U "\& y/= t ~~ 7 « 

° ^ P "V ^^ ^ -, 

m m en m un pwDïïBjsjip^ mimimwl yuwr 
ttnm mïïfuiruf miummu tut h ri su unir i 



— 301 — 




mfunmtu mjBiWfmn mr&nmnMi 
\p1j7 <^V^ J .«a . 



m nJjpnvwtu winfsiuJtlf mtitntwwtu 

'tmfuto mffinizrm fûiminuni unffwtw 

J n -^ ^^JJ ^ ê 

vnvp-.fvm wrdin^n^'fu rvutitfjfvnv ^gj 



imify- lyM'duwi zpDojnmm iflinnjmfin 



mrfWirfbnfif ttxnmamunj zïntivmfr film 



j irthinsrntin 

U m ? n , U 




miMn wntMm: uviïfàfïïï: TJrTfffàrlfp 
iïiïuiïvm nfînmirim njinjïïiïli 



— 302 



fmftrfrjnfoir sujhfùaAvtf' ùnvnîrf rW< 



i'amn\ ntj 



ma 

n 1/ (J 



4 ?l 
'ôffimw) im h h mû afin h m an 



fi/ana 
i 



QnjnifKfïïrïïj 




(Sitar» mnmiiirun: tJtmntff mfàiïtff&a 
vhanilrin jpu-f^pa^m ^WylpW wp 
afir fjmmrjr wuiïuVM) g/tfffnwirr u 

j ^ V'n ^'V^k ) 

ïïnrnffrfln urrrèûanlm wmaïjïf fin a 



V 



u 



-4 
ffurruma 



'fnu 



fkjp^ 



; ■ 



fiïnmn 



akffwa 



41 



yikifujiJWïïfifj 
mm anmuiuusijm mit mini 
mtiD nnifîmujnmf mnln^m'o lW 



ho srmfrmn 
w'a awfijplh'i 




;v awim 



J' tW psi 

nm rvufninïfD rtninomm fautait nu 



A 



tiïïiatnrfn 






— 303 — 



fféïïi 



ma fifu 



UDuaiflsii 

lï> u Eff 



y ni 



VfnJfnn ruïïînsnim 



m. 
J 



mm 



y 






4 

.; ,,■:■; 






J 



fiWL 



rjirrrfT 



ïuvwwiffjù Brmfffifo/rçpir 
rlfriîjnnfjrjD ii m un ml a nnrfjunMm ms 
înnitijmu vùirbuiùsu uluirumi îéffwfi 



sj@wfu/ 





"/ 1 ^ W 






è 



HfruttJ\nj(ï 



un 



ww.uô HDHfrmrîif: fjFm&nn: fin m 
Jimfffuînu ïïiïïujiuvijfn vïïfijuYh 



30'. — 



NI 



fuinnfîf^ïiirjf tiQ&iïfrd'm fUoWritnn 

3 



mtû 







funi 




^îîfîmsmim witifuv'MtJT WDRjfimnii 



77 m F vit 



An "'-^-V ^ 



m uni m 1g- k 



m uïï'tf 



r MUSUJjZW? 

vwtjuunqm fit&juifèïï) tvJOi 




nisrffttnff uSun 

A 



BlkfiVJÔWlMn 



<j! ) ^v; Vj 33) 

nmi mBjfn/iïtnmar EmssYfirnnn?/ fiinéont 



juçwh) 

rr 







\n u unis 



7 



uimojnrins! 






— 305 — 



\ljmT Lrufirîhfînr u / nns>mm > 



unnavnuj mum'fi&Ji mnmrmfu vnvi 

ffnww wvwmmnri uwntujôtflîn run 

"- — w ^__JL— "f ? / n "" 

■A a i . < ; 4 =j y 

ffurunivin mnçpmrim mnfuiufwtnm w 

rmimnàim; $w\ufp\inB bumoÈh 
funtsuim Tjrfjrnniam x âo^uutff qin 



mmtnj wumnnunîm [n'umrwjj 
m miffunsMi imifcuai] riïJînnmwfMn 
wffrnrïnum mcnn/iff)* fUWïïvijQff u^tf 
#w u/fuhhjfnai 9Rrmnfunmn Ifhwpn 

ftmiïim nnfin'iïwîiîn unnsmtn néhu^ 



fjfîffjrpn *i trnrwfiiir âniïFfifmtfnm m. 



uvîfïiti\tjmv mwfiftjiffir farwam-mar 
cfiDuD rnajrhj n fin ni f sti sifiminm s>z> 



— 30'', — 



rtiffliM), 



é HJHîiuDÙo or: 



wummiM) fflviïf'ntn u/jwpufui 



QBinwi jiTtfwniff. 






n U ii 



lymimn trmfBjî>D mhïh 




fUJBBjmUJTI tflWïï 



Jl 



FQffJl 



ursQrm ?mwfn 



urlrmm w 

ïïmuwumn 



> 4^ 
nnmu]\i 

en 



rtUQMFlSSk 






nnfjÊ 



s U *W nfïï /v ^ Rinurhâfin 



vrnunîik) 

J 

dl RjftFUiDlfkrr) 




rmn 



<J 



DQHVtnu Tîmunwuun 



ûijûiomthi mn'fiîmffli ffmmjQnm tvu 



ViMtfdiTiu fUWUHfDfim rtor)iïpiu<n i\j)u) 

4> 



— 307 — 



P 4 -AL 



-^ y : »^ / -7 k 

nbrffliff cinnQjW ninwsiffimD nymùot 




fi. 

Y/7r my-miï vlmnïiîm îrwfifffsn dfiinwm 
iSaâjf isruBnfînt) manéhav furnupûêr 

il * y 2/ o/ fj? - yAi \\ 



iivwwn* imiênlniïï] vrwiQrjfm ma 

v â jj u u 

& i ^ n / zf 



fîfuiffrui -u fin moi viu/himmi iiv^omm>" 

W (J w **— c/ 

v hmjvrtmmr) buflùffiu ùïïrtîvini uimJn 



— 308 — 



1 

m (un 



nri vvrm miwntmïïff nïïinfitmi t vin mu 
hHtmjMïï nïïhïïùhnB nnfufflïnmv 



îfuwiunluanr .(ufrfin 

FlkMfflï FÂTU 

Mfmm l J rujïïfmSSTfsmf mmîtrutni ETP 



winnfïi fQïï'ritfiïr trnéwwlijf nnfjmwti 
r nnunîulvj fiiDnrrmn 



7 tîT aJj tin a il RM rfnr 



ma 

A 






ndfryufi 




</ 



nnrmajn 



I 




KM 

rmuivvi rnir. 

ïïfuîfn flnrffrn'm vnwumf nrfMBWJ 



. . Rfffflqn wu 






A. 



f V 



fWRJ f£U fit &)!/?% 



mn wrïïr 



(tvDïïïïîfiriïïung 

m 



m mmf. 

07 w- il i U 



309 — 



X*J i ^J 'J * fi J 

\unn\ym [/(fiôsfïïiinr qfdrîi/innuH'ni surnnna 
fftnjjtfmw) mwfrfLiffur ifrinnsosi 'jamfini, 

#-* ^ J J <*±*h 

çszHtfftj municBiua wullrmmMi ifjnfsu6i 
s ■ — Aj / i ot " = / — i" M) 



v/sa mémii fâtîimMiï iQZtffîmè hiii 



îJb ijijmirfjnjff)if vunTirnî smnn.mTT\H[j 



Tjnynrnr ir^nçirrisf îijurîjumimr m [{fi m m m 

<8ynv3îïï mwifî'smt} nmhim'suv dl^fnuftn 
wuiûifmnnïï mnjàuÎDîj"B ên'SJrJsnjf msani 



vumcufuifjr finnsjiRjifu\ mrrsfJSfyfn we 

HJ « u j 



— 310 — 



zrnÇnv èirjrynnu \fj:uum zvHvmrnmiu 




fBj nytmvrntin nfÉ:â/iSi7 



fnnïïDrm F?7[l?îsnb r 'rmtfir iu/v? y m ni: u~n\ 
rînnj ffiitmvfliiïnp D^ftûS^m^ir ijBffi 



w al ^Uj o— U U N — -ri 



^u€fjmwm v^màum vifiimmi niuiinffjrpwïïi 
ifînifTjùtrju fntiimm Ufiïrî&nnm niïr&unn 



yunnp 



m'u ffnmiiïïïin litwnm&iriu npjmurnuiy 
ifirtujifëirujy un® mu m: ffru/fu^^: hwv 
mfun~j sriifjinrjrr nifrnn mur m y nmrmnn 

4 «/j V~ 



— 311 — 



n irnvïïifinr finmeuvnËn mnrln mn; sjtî 



J \3 U . a ' Q ,% 

jujTUjup fîutujt&yïjiîj udàauïïi n, 

', 1K ) J ■ r 

un eunjwtfurîhï vmtitwf) ni/nvirt 

aj j n ^ r^ J ) 

JpïïiyinnFT WRjurÈffjf) ajuwïffanv 

jfî imuïïmmama rtuvùvn'iznn ikummmîi 






mn tijîtui 






[ïïijeliiJïuik) mmunjuàijn mmmmifuiïï mn 






m: mïïïj 

8fifiïnRïu?m jmnmfifiïwi îinrr^inïî^f {ir, 



rmtfmhrm TJsiniïjRjsnn [ni m m mwn 



i 



l^iuijmumn furûffmv m\^w/nmn 



ujfu&srmnnn wrimiu shsîiihv^u vin 
n ) ~ n 



rr 

•f(rrttnu [n:nïjuim itfuèzu)Ti&JHi 



V hffu/p 



N31I 



v <t 



— 312 — 



nnvwrnnw tuDEn^umtu unvnnfnrjn Dîwri 



'fit rtifiïijïÉi yfnn^fï^fuj iïnwïïifJ mm 

n v), 
mw\m lui nwauîni m muret "tjfi&riïhfr nt/in 



ïïirrQîtu tant fin: fflnjv îiwtuffinn vèmtfïîsn 

V u oJ rtu <l U HJ kl 

màjin^nm ijmvfnjwiîriu iïiu§wm'u îim 

vhi ffiv:ui& i'titutfvin wrntmm ?v 

ruwmrdna fmmvtfiwu mn^jjw^u tricrn 

mon iîntfijifDïïï **):/jm'»/fg77 jTmtiffjityx 



wïïii ffmnsêfiîhr ^tffrimujsfn 



hhn'aimrïï wnnviïim t^hffruirfiif mu 

v " "■ J ] ^y 

^ ■ J & \4'J^< ? 



313 — 



IfUJl 



ê/ç/7 uDb'SRinJD i/rlnnn vmonfina tmii^ 

\j fin' u*& -liâ-i 

émana suïïiDBïïii © (cnmnTuuûi iïfninnfjfyp 




îiufifuHifTi mnmsMnij umurfn mwuiïjïï. 

j . il u 



ùipliinoun vmutni wnirunfp ymjsmnn 
iE)ï/fk/a wïï\m6ifiMv rfoQÛmn rnnh 

U U m U i ^i ai I , 



;rrr, ■ 



I ^ <r> 



mwém lumnmun nuînnmj sowt 



ndfflFn iffim^Éj nivçrliffmjtm ifolnfrin 

tî]imj?Ofu mime) PsariuvtffUifr dunnimm 
fhtffmm:]/n Uo^brmfÉn flfuinmiwn mmn 
fbnûjy L/MiJ$njHi u/lffvrm iwsfrufminmD 
hjiftam tjluînifytn jnufrnrTîmD lA/sign 



40 



— :!!'. — 



tfjftsn fttnînwiuûa tn'umaftniua ^mwrmg 
SjUJfifhfuu ffffnrFwHP mnii/FiBïï & mrnJmlfiwf 

1 | f> il r> , , <n n =*- U 






v ,y ■ fy'Tg-^n 
y § yH v * 

mfj^nimssl0 ujfuutiïïiïvmnwuj m fout 



X 



JL • i O^, 

tntum nrnffimumtvlr çmmftffiwmus rfn 
(fu_tun\cfj-6m HinrîïïiÈru-cnùj nmsnfrjjflmïï)* 



<n 



* d)AJ ». *r- »* Z//7 ^ 



J 



— 315 — 




nm Ijj&fQuuLnma 



'fL 



(h* 
(mLaiisiasfiia&auiJ \a,i 






!.« A / nà. . ™ ni l ni 11 a si/il II s llll 



uimaB IpŒauLiUaMQUs i^uûutai^uiuuii 



nuuui&MnlPigfiUiUW 



7> 



//> 



'fiuMianinfna 



nujuipjmuwj lus&lhiuuiluitQui 8unmQ>ami?} 
ami çunni^iumuaeau u^tnapuim 



< /? (fa » n n -**?n f 

m:uiiuunap.inn Ihiamu^làm! iwiawnùjm 



'.un 



r 4 f " *^>a %* ^ 

TT \ ' • ' ^ f n" ° \' \ ( 

nui uiPîiiSên LLPPPusnjëUinpp fifuufiutu>-u 



- 316 — 



fP v 




.). 



mmnmwû unuaulmum qjnr\in^jf>Jnjnj mu 



n 0' 






<* J 






mm i unn 



tfunprnsfîffnnfi/ (mjffnrirfki 
maïf r)%/umn sniètffinù^iirjrjj qimiIjCu 



vtjquHVfUUiiïi 



*J& 



il 



^ AJ ^b 






À 



-& 







jhmïïn[rjftj, 



ïïfuwDfu\ymmn wufjirrcigmu miim^jvëi 



P 



/ 



uuimr 



mmmwnjî 












fff n ainsi es tjrïïm 



FltflUffffiff 
n tn 






•■ 



W w 



V}\ï)Wf nmiBiriun 



j u j/ a/p 



fjïklïïlfïïj WUffîi5iï&> tnîififDjirsn 




— 317 



^Mijnrlm uimmniMin Snvmmhfrt hn'fuj^ij'n 

y .1 




m 



mffrnïïi: wfffnnifUTirina crprhiïf7,0 (mm 



winffjnm: mtrtknFnrntBu 



Çjîrn ïïidmhrtnàp fimaajntmi nhrsiitni lumn 
n nînmmmnj jôfvôqmni ■imnwcwnirû 



% 

m 



y' ajv r y JJ\ 

Il lr <l j n \ ^—^"j v 

^ifirfÉrtnrj TjirnnjmmÊ'n njfvuejwn ïtufir 
^JULJ ^^C^V II" *s A^y 

^. . 4 ^y ^</ i 

ifinmi FtfRjjtnïïfïitf so;mso:tiïu sonain^wu i 
çni9(jj^n:uifj Ijnliphwwrn wimffwnm mm 
nnifwno smïïHrrwfma mfrnff {n/m mtxnn 

J ^4>V n y J) 

w soifujDsoVtnRr )^m tutus fi mvwim^o 



— 318 — 



ii 



n&nnuul 



rfLjLfmuïïjfnu murlffuu\fu)u 









jiïïfTiFfff mnmmr 



Ffiïuiïfuwfin 

"aflUèlnJ 



htPfpfiQnfp iïfuïïiunn titnmiuiTwn 'mu 



4 



w . j > " dW • 

w°Ûf téuomum ftninmifuir ftnmfiïïnm 
mîamuAjo Imité m inruMUïî^p mtîm 
witimv nrun^ûium htïïmvwi mrfu: 

t J ^/^ — -^-a Y 

mnnwimd 



1 



flrnDMÏÏFtUïïiÏÏlî V 







hJBVUWenn 
// 



U 



ZJ 



mu 



— 319 



mmpo ùmuéé mnrvûzm u^n^hs fpvm 

waa fjsmfîtfimsd mufwsnmû t tu b^b minus 

nwm'mmm mwvnwïïtriu uuiunjm'u ivuie] 

' \ n ' ~ ~ ^/^ ' S ™ 

'irnh fintunwwm fnmmwhSiT BDiwm mu 

-J 4 \ ~ ^ 

Hnpjifi-nïrrr mrmmïïv invvnlîn^ •jnrwDtm n/co 

L-~ / . ' (T. A ^ .// 



■Ai 

mwunfu tf&fuanviï pirminm fîiuffinmnij n 



usfufinvv Pirsïïiwm lîiumnnsfar n 



mirû imiiïmTïnjiï tunnnnfd hwîîwbïï)? 
imiïïjm&Mr fUtnrjDfuji Hinïïhujnj fnnnmsmu 
awfiUUfPiu tffinruffSf'J imnmifnui ntmnjsnr.prijnj 



1 î \ n ^ '* 

4 <=d =J Vf 1 î 



i 4 4i J \P 

nïïïïiTîinfu /nïïifururm ywnmm mifurwm7 

trv'd)i[ïïi»Jinï ïïwUjnfiPJi imfjfTuffTfn) içàinuf 



— 320 — 




-1 -'■ l 4< 

toi. 



rïïrnihm niujmjîmn t^BmKW wtrMnmrn m 



nnsiiuD mujtuffvtm mfijtnrhànnr Tin h 



nntLTfuff. 

n 



njmn/mmn âtiQnnmtfn n m (m tin né witloîm 

tnj ï[ïïfifrm mnBtfmn f5nin(trnmn rcrrf^ 

\ V V / <^ ' <^ & 

rïïr whnonhr mtnm mhuxnfmv imfimÂiti 



nr yinnontrir rmt marri mumnmjs m 
ujb rîTP*] nrjrïïtf mérmmfiJmd zr\tf:ïïsm$s ur^ns 



m riïrrmfîn u/rrrr^ 



ftniîrn înïïfftrvrm mm mm mîrsnthi mvamn 
fkî (nnmitDfi^/unfif r{firuiiïnfiiïïntm irr[r/(tffnr rïï 

ftfinrêïïTii unnunnrimû nm^pfSu & tir m n (lotir 



<î)ïïu\m mm\mum ubusn/im hfionfTim m 
ifyj-rtLrtffRjl itUhiVDijfitfj tsiiry-irtfirrî) (uriïr 



321 



n '■.;" 



mféétmrp "inmnnniâ ram\u'w màtH, 




ira iTfhttlnfy' Hèipijfp ifjnuilyn^u rtïïuBrrTsnwîr 
BfflWMPJ qv^i/nDim w ni n y m ctuffrjHihr 



ruistt 



ifiWh) miRmujm v'kfumtmn Uîïï'.hiuQ 



'mfnop ïïfiiFiïïnû FfijurulôfFynh) mnnujmm 
mnimTiuiwi ffefefel/ wvimM ysiumij 



nsu'jif pni?nm wnttimtwïï mnolmm wtr 
an/mm u^fffj'ûi trpjmffjn fsjvsnpèjngnr sir 



jwki ^imimffïjM rpjLffiïnfnïïi uriiTBivnfti 

' J V , " w! ^ 

WUmmïj JifflïïHBFU (^^nérjnhJfu Hyui&nr 
Wuïïi}uau [nrnlmii[îjMb 

n n 



J V . " ■■; ; ^ 

'5«flj9 UtnïïHïïfU flrlhlTTïïfjnhJfi' 

m wuinrj'au mmjrpulijdhii [yi/i 
mwf BittiHLrjrfwn %n , ëini<?p HJjjsiîHinïïjj 



M 



322 



■rjfin Hjnmrrnjrp mummimr mvium sifinveir 

muriMïïiviï)\ uhuffîi InmîjiïrT vrujuT^rr Ojrd-.înm mnr 
a AI \ " j b j J v -" ir » 

n/tg8nr gpn{ymBp muTlffUm Ffîntrûntio unnîm^int 
erammsur maiMvmiïln~à itmrfntem jy sinus a ff.fttvn 
nuio iïmmiw fu:f/itéifl nuïïmmzvj Bmrmifuri m 

wuffîBvïïi numrnriiïïiB rut nain munit èfinu-numo 
imj7f)tnjr>f) fjyirrwrorim tliîitrrnijzwn fiîVft'QV nt çnv 
rïïynwm'nm) ËrmurtruiB \nu\çjmw.b 
va mu vu nnrfiïnniné "itu^vunioD nau/îts'ut uni 

VjV il'* </v n 

lù/i/ïf fitifis/ryaiu mjBtwnr<tfiu tnajuimm) ni 

7 * )■ ')) -à J 

Fièri$îïï [Rninffivynn iuirfiu35~< ajuujrtniBn >& 
J^- if ^J ^_^ - / , 

rnnn/iFi) fîiunwpn kJJntriforitanv~ \mmrn~i vlrii , 
jjn > ^- U-th l j/ u J 

mm ojjfjfntuuns pf(niff]-dr>n m^nffmti *jd 



323 



irfïïWS iiniflnwifl wSifrjf Hinnufur knrrfM R/tftnpiririrnr 

J ^/ n u <y u n &4/ 

"unmùiim TJnrizjcnntmr mon vis ma iu:(nmp[/pv mm 
nrptfnp: ffmtiiôjvnza fyfiétvtn mnâtra l>uifmfin& 
ujjfUfïf!) © rJtijrfmr'w finïïmcrim luû-rrmrmf/m nra/mml; 

iriïè$nw rjrrtôlnivim wmnùérunà tmôM) imwnnln 



er Tlîiwrrtrxrï? Fsrmim&fr frnfïîïïilvtfD V)$i6(mrjn6 



'^ \ ^ ) J)) 

rtvrrW'énm f§n$xmm (nmwfn'n jj^mmtn'dïïiè^y) 
[SiifrriniMn p/Wi/^^ ^mimnmn fitfhmrftnTt- 
mseirmnunr nmmriniif tnnmrij ntlNu-nm ïïfmw 
mmtf §-Â/rRnrnm jnsmfwumî u^nnnm Ifrn^p 
mfjsw mnrà\ tâmvn imivujntfMj rmiewr 
inr Tjumtwwv rr^wmmi W^ïStmi sanrmâintr 
,ifr/lr>ir)WRj mnnini'sn TfofMïïhmj miminmtxj 



324 



irhwfé îïSKxifmmn nvfnmtvjo [wr/ffimBp ffUjutueTIfi 
no ufuFtnniïîim6 bmsjfd mmum Wf^iJisr § 

WWT fïïnfufjnm tnsmrr 




inyof/f y^lïïfÉn ujnarnlfln lit} ainsi m hfrjpmnn nns 
fo'ffynrlr ^Fûitnrr hwimmifft mmurjun stmviirlm 

\ r u <L^ > ^ j "j 






n$(j nrWrjnïïh) Itiàïïiumm mfnjjnrin ftt 
^_> J b , «/ » A/ 

wintinn Tjtnnwfumn novrinfir^/n tiïàu'uttrirjTtà qj^ — 



LES DOUZE JEUNES FILLES 

(Texte Cambodgien) 






1^1 






— 326 



m^/^ènrffm^^0r£rmj(2f0mTTr^è^60t^nx^n^/^bemi^e&^r 



fn&ffr/r0fmmmMWwn 



r 

[^nmnnrb^^ti0yt^u^7Srea-fm£^ff0^f^^mré^è = 

pmr§b'(^rmv^m^r^rmbj2ûi5uurfr£mvj' mamb/vgm 
(3rmSiu^fn^d[m^îm^b^û0^rmtf^^çi^^' !J 



327 — 






mormrrm?rtmmr%r 



— 328 — 



L * — ^_ 

ntr&r&t?nyr/}T^?rfU?r3rFrrm7Ïtlfa 
((tKrtfrrr&nm 



7 ■ 



— 329 






■cmj?mn$drr$M&#frêpr 



r,^-'.'-r;.:v--.ri ; ; : v.' ; - -ctW? acrr^r&ri.^rrj-rr.v:: r c 






ramier m m/rb ur/p/ 

{u:ùrv^:raimér^r^tej^rewrnri5fftuTerr^^^mmi?^mmrv-îTrut3 
/&,y~/v/fjïiï.wr& 1 £/yr&£rzffi/&gpfnrr>rr£vr 
(fff^^/s/^Tff-c^firr^^r^UT^exj-JT^Wiinfjfrmp /if)tr * 



330 — 



r&nraîi 






c^ 



I 9 — . /"^ ^" •^"~*" I $^ ' ^--*" v «=V 



— 331 — 



^a/^t0}:^0mptf>isatri^nfn/vm:t3iTràtrùsnar97}/m/3Çnffmèési&bTT 



f 



trfbc&iôm00)fmimr^u^mhtiem:(nftf^ù§:nfhtm-m6nn^Trfrr 



^ê/^rfmmcra^è^:mfrâi^/^rrp;£niinà?m^/Sj^ir9È^ur 



- 332 - 



nmcirrmlrnj-prtJtc* m te& tnr/Gm(fn:te9atr/&n:0 x àErtmtfeirr 



&znritrATr9rfP>?td 



£( u 9 <^L 



1 



333 



frhnè/T^rwrtl&ni!Trin-uïfîrmTîftfw3clcu-y-e?uffî 



eu n^ & — -y t/ 



LES DOUZE JEUNES E1LLES 

( Texte Siamois) 



fcîfl4UU%$N 



■Jj-A 



lâu'/iîsmmH&fiafî aHs\ri&iaW if «MifmnnMminÎHe&jnflMti 



M» 



jjtaniaimVjtmihmmwmâ^ 



*^ <T| i i , BU ^ 






î 

u 

rfanmtnwiîîJMr hinararnsiyn 






— 336 — 



4 % ^ ci y a. ^ A *£> 3 «H ' ^ «-^ ' 






}umri<KWiiâinumyftUMrfi<m'jli «\ 



à • J 



îu^ffîj^î^wfifJtjn / riiJfi(îi"iifrijy^ , 3>Jvri<ifHiSijTn^ ^ 

nwrHWSOHt^jMWMiwnwsiJinniiîHHriiriN'ififijjfi'jriwHHn^fiîJ^HHid^ritJ 



— 337 



L' 1i L 1 L 

nwrfy <* 

?! 

lu o -j i ^ XX Vj' 



<5 i> a <j ^^\ jà ici j ^^"i ' i^ «^ J, i 
i«i«îiHBïnmnwnmi!fiwanjn!iiyuflQ'j«rinim'j"" 
t , i , j 

■ £ <U^ oi ^ «i , j ;i Vli 

rraHHHntJwiH.iffl en nîuisunnwnsu «| mwjww'finyly ~ 

rMnwifaMWMnnii^Tiflnwfl*^ 



jifm«^:tn!jMw«i<^mM);'îinT / «jn'^n «n wtnn «o ^fnwunwlaliî'un 



l i 



w«iïiînviTuMtf!ariai)«i^r^iMilJ^!^'jHlntnw!îJ 
I j li 11 



43 



— 338 



ii^m^ , j!troi e 3^BtJi'Bnli/ l twnin:fri;u , i ) i;ti'iM' s 

ï li 

^îHtunîtirji1swl^H$^j>n1^ 

ii ti > 

1 m h ri vi^i ^tiiri fl^yy Jfî n/n'3'9 n'ri j rîn m wîiiîPîÎB «tiS\'^rr Vniiri'a jj J'A-i^^ «vi^n^ ) ^ 

Inrllfi 






wflu "i n"^ y^ vn J ui t fin u tflti'w*HH S^nrjfu^wi h'SciJ'B'b w rnfl'j îi^>j n^n ntv^ j^muo 

innwiun:wsMfl(j]!$if1wrnwa:nufi!t?i^ 

nwiwiîrnîiinniJMHwwiyBW.i^ 

Jn«ii»jînTiiilHtiwrriHw!^wri^{iîitrMfiHstJ 

miiiitannfluuwirwwtjijnifltj 

if]'J3n 2 n m Mmn nS yti^t^Pij vhvi 1^^ !«ij mit^uu 1 



— 339 






l li li 



— 340 — 



ijîinbtTiîfiriwiri«^nuH!j^ni:JT)ftriNfli^ri' i irrnnumiJvi>îiiwfiwi>iiiJi l nnnwm 
i' j ^ • ^n *i i 

iiPri tP:n n'a n h n w>âl n i wm s^'u u^n^ il I u fifi^'3*!J'B>3W i ? in^ tw'c minn ut! n n u iri w 

flnmunnuCTrniininlîJ'i^îJMrnwnitiwfriwHriiMwriiHJJiitJfiNiiriij i 

l) 

fnnuinTOnuin i 

Mnmnt!^u^Miitjlunflw:^]nlî?ni^ * 

1 l L ' 3 ^ „ «i ' ' 

1 1 1) 1) I l 

iirifi^î?:nn^fi.iJTmlnw^J'î:rYi^rmjKi<iij1tunryiWî^^vvn^mn.Tiwi<ju1 

1) !) 

■y t ^ 
nauitrtnu " 

rinuîu«^irvfflfiinrnnin?ni?wlfltr3nunw 



— 341 — 



ii 



->::.!\ : ' :; -^ s n' v ^ r "^^^<fîî> , r,r?^o1' J ^i'L? 



iSr^^^?rwnflH8HrmaWr.N^:v rt ^>î" [ rL^wnon9WJnnint;iia''!îfi<fi^îrifirifri» 
I I 



raMinwtn»lnifl«li? : 

umjjj r m rC'z, tu mw.ti\unmv\iuftw:i\r\nimn<\<Afti\$vrr'_ 

fj'ini '•■"." ■ruCTW8wli?fVJurnuMm:{)Mijjmiwkv'i 

/ijfl'n'ii h w i n h I i7l « ni t?i rvrmfw; tu I w 



— 342 - 



rpn}j|.unTl 



i^-q 1 un n^ ^.w i im ^ uu h n nPfir^ un wvs ui^ i wl 1 i i?l n-^ wn n u^iBru trwt/i rn w w^riM^ 

lrfm\<lMmlnlsjlwMi?r,Nfl^ 

V 

^B^wn^ffflwrïlriwriTivif'jwîîiwfnijiîJ'SHnNîiifiriîfj * 



/ fl>ilvïnnuiuwuiyirinrrj^nuun p juîriwifirinîiTW<jnni)n«;nhmnnin^inflîn 

mnmuflij'ff'fiijîtjflinntjlwlvin) r 

1 



LES DOUZE JEUNES FILLES 

(Texte Laotien 



r§Qe?§ju£ 



C3- 



c^ri4jo?r^ô^r^£<^r^ys§:juo£^ 



in 






00^ 






344 — 



rffiJ[O:ijnûî l 8 0i^!j]yrra!n( j S(5):nlsiiJirn,')c?wju(O(îiQy : 

a-? •> ^ . i> o ^/ o/ . „^y o / y I ^ -. W 

fSc3ot>®y9ruifO?:o^c?c;^jo<o©i£iy|gc?U5S)aîO(fffgpi:o?!wonrn,')rj!Q<p , > 

"J o C? O ? o l; ^ o u * u w 

H - j "^ ■» ; 9/ .^■*lf;vO ■*- ■* Ooo 0*0 -»o . - ■/ 

l>S(wrpt/}£5yun§gr<iyf«4Q(?o:[ogyj£c>us®^ 



— 3i5 — 



a . o / 

anUT)rj(tt 






' 1 -)56«j^^° i OHlll^ ffm ^â*^ 6 H mo: '^ ô S'' <n '^ y: ' î 



§{4^a>a3fi|o|lffyf§|Srr^<n|A9/uo1ûajo ( ovV8i §ff 4 w î^ a n â ^«^^ 



"H] 



i^aofroiro/oêgaeuol/p/tn^w^/ugrgeu^^ 

câlarrucJsrêoeuaaa^ouoîfjSoiSénîu?^ 
ooo:«fijoj'tnjlcn 



— 346 — 



èâyarg^ùrqTt^RS/o/Qoryoïyfciytïooui'jr^ifnTrr^aiucjJ^cnjaî/u 
<yu3Qusà«'^oîQf«io''î(y|jj36uaoÇgC9S(%'>r|î>rarr)rjîo;^ys^(srfcr2yî/Qço:i'u 

rÛsgff^(ura8C3089[joguwggO(ooiU2f8To:o|3erf^nq!Çc^fr^u'3uj!^|c;( - as(?c^j^j 

ôgnuTfyr^f§ff^sy6oçc2' Q ' OQ sn^a3â f f^fuïQfy^R2JêÊ"B f ^ fr ^^ '^ eu, § 
ci^ff^6^ufcùoî^CT||WqSff^Qrusai^L^8|ff^aj5[nc : 

tyr£u^3cw3rW£§|frj^gn^gQsri|ud^cn3Ôaî9rraK8^ 



— 347 — 



fio;»joyc?oî05ô^(oturrvj<j>yro[ j o:rogoffO3a(gruCT^^uj>0î(ûoccîue!ji^fr^ 
ryrfao^fôîto^'|ajs^c'<"5ja^fruôSo;^'^nsft^rj,(^ s 

|'y9g^^§5 0Qn^oo9gat^^n^goj(un:gffu^o2n7;foûit/'wiQCPTf2j5 , jf > 'S 

^grfj^os"o9rfOT?uo§snrjrq<^9UT<QgQ§§rr^^ 
ÇÇ/oVoîn'î4qg(un^^^c?rBl(u^rSuw^[^yoTÔn , >c'fa9(T]( / uu^ 

w|y9jfûof0^gs^u^r^|oÎ5sla^soouaral^r(^nr^^fooj>ffOTO^C o: '^ 
0^rnîfu<n^a^g9(^(VO3?soîfs^1)9frr0Man:yc/sr^n^noTO^3çt)®a 



— 348 — 



(o 

êo oo q^ qqoo - oo - ^ -v- / <* ~ - o 

«3 0îsgfri^^c?fU9SMÇgos@cf»j[oiGïffïrtûerjja»i|Si«8r?yn(tn^s^oq i Sfny 

ra8grf^ft^§ry§OTju^f§ 1 §9So:gCfwî:|(u<'ucqfc^ojw')iryo^îu - 3>5?falo^Q 

SîOTsfe'rcujf jic?(2j('oyîf5^'èfu'3ioracfrcg 

o / .. . / / "f- ■* / o ^ _, -a » < o 

o^oî6(n:^çf^OT9rq^gswî/o^ç^rf^(V);^/afn'3gc6gco••wi5^' 3t 'l t/ o' G^ 3 u, 

QO / 

S^ff^o:n§q:/swîgo/anf«^^ion'3rô)o:oon'5(ws<oQ'3falêw^ft<'<" ( g < ' < 'S'o 

- „ s/ a~ ~o~o/o©ci/^ / 

gaQnjfinî;f (oru^ff(^ti;rn')n(a0syiing%?lo « 



— 349 — 



<]>!/; rr<u lieront ou; 6 rr<y râiwoiQO]t)"5(ylv)roUicmnu:ui , jfrfU(-^râf>-?fô-! 












NEANG-KAKEY 

(Texte Cambodgien) 







tnrb£rbirnn00:rfr * 

mnJtnfffQman^mDnr^^:^j(DJrtnrt0G^r^oi(^^0ff(%m^ 

&0%timxmrtfcf^0trfymurir{fatr&frmôoiMàèb(?!m6 s 

m^rD^tn0m^ft^anr&r0in^t!t/iTB^:^^^n/i^(Mr^:ç)^^nTr^ 
n^K0hmfrRrtmM/èt(^:^b0/:tGi^0^((fftmu^a^&i^^mùmTAta^p- 
/rM@émôf0:tf/rû r Ji$rtôFl£rb}àïïrfâtô 



352 









V 



^à)ftm:r^rn^r/vi^()mmrmisda-fiirG^(ffgiihr » 



mnrt/tr, 



— ...»o — 



er/rn/wnnniîranfn ~ 

mmt»iîm!Tcu)mtmmmm^mp^:nirrRTmt^^emmn0^r(^rn 
imbrtxfc brarij-Q: çn@ &p,rmpjWG$!rbbttfn:rê}?&œ0tntT&in'rTt(tnr 
rwrFffirtcrfjfmffns^atr^bffffr/uirm^rû^ 






mMtftrrcm:Dnrf3fat/$:fârr&)rt/tri$abJ^ 
8ffl@:np7Ît)@temGlb&rtâep/wftfrf/!r/bH0$bf/vv® 
^&pnmâtorrrb@:n0tmrremf$tflffr£jur r 

mnrrcdmçnrnfbip&nj- ^bctVBfyitpfQ'&virr nfêffôuTûif&firrari 
wegd(ntriTcny'/ôtyf rre/ôtrbbbc^irt/irc'hurf^sfej/wfapûtnrcrQ^fir 



354 



mmnrafycr 7àrrG/êrf)ozrnn'i°/u-£r:pprthr ttvûfàtrmnnnnbrfirtiït) 

rncu-rnrtmtTfLritpetârriurr uxnErnSmtimrTffrw p Rrcfàtrcinmt 
-tdpffrrnnismr $rmmR/b(ptyw^iktxiïti@:tpsQj&-ftfr Jp) 

mnrfftrtrfàtJ ecm:mrOnrtb&$t$pfy$fflTair&}Enejo nje/mer?) 



355 



èfffmùi}bd@#$k mnf^arbmh0:^f^r waltQ/tàMsrmir 

tnb$bràt[f$:pp(§v-F! , tjhn 

mwmfàanmbmrîfi ttm:mrt]Memm7iiwj&mwt^cr&nnœmbm 

wo®:tpF@}trntT tv?Miïv&?ju ràèimtnfivmiTSbm 
mtwi*ff@:tpï@m'rr tamémtfmmnf^ rfaQ ma, faatmrtfft» 
triïtvwrffxtyinbmmur rwtimr$j@:»b ^nômnwx^^b 
tnr&ffmh ïînmrfjtvrfjttr 

mvmipmwgiinbmmttr ttH&nQ^btojj- mpmfmtmbmriïur 

mtffH}t/îttMff®:wffir rar&.in.t@t®pty tftv'tnpntolifnjtfimn 



— 356 — 



ùtibfcnnjrrbfytfiT fnbïjnrmîrrur m^ymrjn emrrtenàfnamfr 



NÉANG-KAKEY 

(Texte Siamois) 



iliMUMnririu 






î4-tflîïWf>W'lW1 









— 358 



5 

iwnvjîrwmnimflir " :.". .•■.-.- ' -• -',.- ; ."-' 

Itftyi w î;in r» n îiiym n m s î ~ rm mit 

■ 

flintif t 

— I ^ - "^ /^ M , j 4 is "-n ' 

tftnymuîtfnfi -...•-.- urfn/nanuiyifi'ïun wi • n 

■ ;; -: ■"-"■■ -.-■.:- - ~ , .•"'■.'Vp/^^.^, 

;r - i .. ..., , . ..^ ; ,.~ - •;.-■:,•;_'- .--r--. -.^r.î'."ir; 

J c u 

n ri n in n r, n •_ : n a Mrtft n rr-B : n si k v, n u v» :• 

ii 

i«-b « ? r m n j rnvi in^ï m n 1 1» i ïî trt in iPu « «i A . : j Jl •-".*.'• •-"_ 

1 — i v -î • - — ~î 1-4 • v - "~n «m „? 

■ntimuwïïinnïnNifaannMriuHnwîMudj»»! ~ - ■ \n-nii r 

L 



— 359 — 









in m li?" : 

itlu^u!\uÀtJ^mmjw"invinîiJWîvinn«virJWFiîUfi^w:\'itii/H^iïifnwy^wïivivi{/in 

N:mi?irfiWrM$iwriudu^:jT,iriîfl ^ vmriUQinmr^yiriUjriTVJ 



n ■ ■ u 



~ r:uifinTnunyindii ) Hr^W^.ri^uuMiAir^inrnn^wlt ; (^tJ'3in^!Ji\"iyw 

'.rnnij.r,^li , ;nn%"i S 

ilji)wrj^r,rninulnwtilyufiQi^^lMMniriijiwTwr:^nrMnwiw^!'JV(fiîiv > in'Kjr 



360 



n™<n , MjIui!jv\iî;tnfiîrilt? J -> 

j^viîîijinînswim^mj^ r;^,TîtK^ri^hu^-3ui?'fi>îri'~iui, , iHiritj«riîjriwntfnîf'B5Jiia 

rw <n-ui ri w wn^^wiwfi h ïiw «su ?î^ ri s it? s 

< i 

iU / snî^i'vr;tnPiîniM'~t;n«uwi 'l^mTratii«:inpnviwnrimifVjtfwnH 

j 
witi\m'Muuvmw\nwn\\if(\àÙYc\î\tâi «n ly'uyiIkuviîwfôwîiTriyïrirmw 



— 361 — 



i1tai»;ïtnnïinîiNUNrnf\yiin:^ 

7j i u k : mi ■', n infiîti n nfl *j 1 'jft vn wi? w ffw u s 

drô nom mi «wm ri dï tl îl in *'■ n n « j1 à « tfï nniii m m<m n^n n n « rrwi 



l 

iMnJÎwflnuimf^l-irnaiijawnrfOTUHi^jnii illbîWïnWtnfilt 5 

/nntoflî»:mtfaTntfinif^ni^ 



46 



N É A N G-KAKE Y 

(Texte Laotien ) 



Cor niwto, $<%>&» V> ^ r ^°' % ^J'^ %%" °° ^°°p^ 



— 364 



gjcbnuçô c 7) nj-jp y o'o o /g Cô(® tjo? Qm oj (f>y/u o"?(V> utn j (u u 2(0 ; 



ccnuqj^çu/gs^ 



-<• a O _ a „a / r i s 3 . , / ^ < o Q ^ I 

f^Gn9(^o3^^r39Qrq3uyîj(Q[<r>(s^oTou©sînT.(.uoTjc?n903GogQo(o 

cn7[ou^( i incnQo'fy)y , 3u3qjQn§!r)'3 3-3Qwcn , 3l20(yc?nr3?cnQ(or(p'}:(go 

.-„ '.^oofoT9:yir|^u^on7(Ufr^t>^no5o-)njg]qjr^O ! 3oîQryTn i '3 
/(u(pu2^cT|3ryfeu<3u?l$g^ur3;^ 

■• / a -g 

9 C°2jy<2® s ^C^QfêC 9 ^jC^^ : 

.f|(^9(bgQ9Dni)^(o(|joéoîoOTusq(V)ycr)ou'g|cn Bu^sjcosctjgo^o 

(y|rro)oî[o^^no(nQ6o/»t|joffynrrosboo[<ri(9c?n5o^uy , >)/on] 



365 — 



cra3;UJ§fOOj^Q3n|o:/©n5ffogœgorfujrfry[oj9[ns6f(n"3:(uQ05 



Q 



?(/> S9 (*; 5(jg 2j(piirij çof ri^uo'î r r o wmrjj (o o| (p tf||ry<3 ( oaQ fa (b (© 



cmo 



CnrgU3g]ri^C^C 0fr ^GU"'JfqC^^^ 

rrâf©2ffg^Q|(pj9[n5^f§ou^n9(âoro\$n9ojr^/QCoauv-5[uu 

s?QUin'y((jluy9fr^jjn'3 rm û fa n] (p u o (b cjjg reçu fijo no r § jj ^ y S 



— 366 






os 



rsjO(OT^j5[ogoîru/QG^^n3rofqQQUî[ng[n2gsQ'3qr3 , )g5Q 
r § Gl^ "5 RJ U U 'î 0^> C° w g C° u | C CT ^f U^t^C^C 3 ^^^^ ^' 



rna> 



«ô<ftcoj > ênonjoo§f(i^^ul^uf<von'ï(y[(no^[otg|q.(|{j«jg« 



367 



ran'5tj5f65nonjmQ(^î(^SOOon'9^|n^^Ônonjo'2|jrjsrf^Qcê7/o 

(p q (g /p p o t^ | /io a î r r<r> ("u c? n ^ ni eu) fo ('q (<n u w o jj g 

f tgnb uj g©j (<h 3 1 c<(£<3 S (p u ^ (p ot© ?(f^®°=3 f f ct f jj rr a^ nf q<3 o o g r^ ta i acrji 

rf^gnrfCTf^('oœ9(V)u^'3u?Sr[ujo<'o("OQsj2ni}joo5°'î4 : 

ruononj(Sffsi^ur|(CTucT5u?^QOf.f(yraj_g<3aby)9 0SfnfU>3 î )y 

9'JgSff03noy/Q[5i«tnouu^go?nuç£;CT/o|[n(^6o(n(-à'3ff(nQ2ô 

<y<'c?3c(f)ucr) < >uo^SQ^n9Qjn^GO'3/fy t 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 

Introduction ... va xi.vi 

j l'ioiim Say Sock .... 1 .1 - 

Les douze jeunes filles 27 a o- 

Vorvong et Saurivong 53 a loi 

Néang Kake) . 155 à 168 

\ i ma el Saurivong (texte cambodgien). ... 169 à ■!'- ■ 

Les douze jeunes filles (texte cambodgien) 325 a .!•> i 

— (texte siamois) •>•>■> a 3*2 

— (texte laotien) 343 à 350 

Néang Kakey (texte cambodgien) . ... 351 a 3s6 

(texte siamois) • 35' 

— (texte laotien) 365 



CHÀHTBES. — lu PH1U t h I F DURAND, R I i t i I 1 i l; r 



III. 



u *- 








♦. 



JM 



4-- 'J9 . 






ml