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Full text of "Mémoire du légat Onufrius sur les affaires de Liège (1468)"

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MÉMOIRE 



DU 



LÉGAT ONUFRIUS 



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SUR 



LES AFFAIRES DE LIÈGE (1468), 



PUBLIÉ PAR / 



M. STANISLAS BORMANS, 

Administrateur-Inspecteur de l'Université de Liège, 
Membre de l'Académie et de la Commission royale d'histoire, etc. 




BRUXELLES , 

P. HAYEZ, IMPAIIIEUR DE l'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE, 

rue de Louvain, 408. 



1885 



INTRODUCTION. 



Il n'est pas nécessaire d'insister sur Timportance des événe- 
ments relatés dans ce Mémoire. Le sac de Liège par Charles 
le Téméraire, en 1468, ne constitue pas seulement Tépisode le 
plus émouvant des annales liégeoises, c'est aussi un des faits 
les plus saillants de notre histoire nationale. 

Ce qu'il importe de démontrer, c'est l'intérêt que présente 
le document que nous publions au double point de vue de la 
confiance qu'il doit inspirer et de la lumière qu'il jette sur 
une des époques les plus obscures de notre histoire. Il suffira, 
pour cela, de rappeler les circonstances dans lesquelles il a été 
écrit. 

Depuis l'année 1456, des troubles violents déchiraient la 
principauté de Liège. Louis de Bourbon, imposé pour ainsi 
dire au pays par son oncle Philippe, duc de Bourgogne, avait 
cru pouvoir gouverner son peuple h sa fantaisie. Mais les 
Liégeois, décidés à défendre leurs libertés et leurs franchises, 
résistèrent énergiquement à ses prétentions, et se trouvèrent 
bientôt en guerre ouverte avec lui. 11 jeta l'interdit sur la Cité 
le 29 octobre 1461 et alla établir sa résidence à Huy. 

Ému d'une situation qui semblait devoir se prolonger, le 
pape envoya a Liège, au commencement de Tannée 1463, son 

MÉM. ONUFRIUS. — INTROO. I 



o 



32640 



(") 

légat Pierre Ferri, qui s'efforça en vain de rétablir l'union 
entre le prince et ses sujets. Les choses ne firent que s*enve- 
nimer et en arrivèrent à ce point que, le 22 mars 1465, les 
Liégeois, sournoisement encouragés par Louis XI, l'ennemi 
juré de la maison de Bourgogne, prononcèrent la déchéance 
de révéque. Louis appela alors les Bourguignons dans la prin- 
cipauté, et, le 20 octobre, Philippe battit les milices commu- 
nales à Montenaken. Aussitôt les comtes de Meurs et de Horne 
courent à Bruxelles et obtiennent du duc un traité qui fui 
signé le 22 décembre, et qui est connu dans notre histoire 
sous le nom de paix de Saint- Trond. 

Forcés d'en accepter les dures conditions, les Liégeois , en 
retour, réclamèrent la levée de Tinterdit, et demandèrent 
qu'une vingtaine de bourgeois, aux conseils pernicieux desquels 
ils attribuaient leurs malheurs, fussent à perpétuité bannis 
de la ville. Louis de Bourbon refusa de souscrire à cette der- 
nière exigence et résista même sur ce point aux instances de 
son oncle. Celui-ci, voyant la guerre civile éclater de nouveau 
dans la principauté, envoya à Rome, dans les premiers mois 
de Tannée 1467, deux députés chargés de demander au pape 
Paul il la ratification de la paix de Saint-Trond, et l'envoi 
à Liège d'un légat qui aurait pour mission d'apaiser les esprits 
et de lui venir en aide pour obtenir la levée de l'interdit ainsi 
que le bannissement des bourgeois qui avaient encouru la 
haine de leurs concitoyens. Il promettait d'appuyer le légat de 
tout son pouvoir. 

Le collège des cardinaux, consulté, ne crut pas pouvoir 
ratifier la paix de Saint-Trond : elle contenait sur la souverai- 



(III ) 

ïïilé et la juridiction de TÉglise de Liège des clauses qu'il élait 
dangereux de consacrer. Mtfis, pour ne pas déplaire à la puis- 
sanie maison de Bourgogne, Paul II se décida & envoyer à 
Liège un légal ex latere. 

Parmi les prélats que leurs qualités éminenies recomman- 
daient au choix du Saint-Père, se trouvait Onufrius ou Hono- 
phrio, évéque de Tricaria, dans la Basilicate. Romain de nais- 
sance, il appartenait à la noble famille de Sancta-Croce (i). 
(lathias Herbenus, qui, comme nous le verrons plus loin, fut 
longtemps attaché à sa personne, affirme que les dons de 
l'esprit et du corps ne lui avaient pas été ménagés; de leur 
côté, l'historien Ugheili et le poète Ange de Yiterbe nous 
apprennent qu'il jouissait d'une grande réputation de savoir (2]. 



(1) ff Ex ea familia qoae vulgo Sanctae-Grucis Doncupatur » (Herbenus, 
daDS DE Ram, Documents relatifs aux troubles du pays de Liège sous les 
princes évéques Jean de Home et Louis de Bourbon, Bruxelles, 1844, 
p. 357). « Honufrios, Tricaricensis praesul, homo romanus, in familia 
locupleli quae Sanctae-Grucis dicilur » (Piccolomini, t6iVi., p. 373). c Me- 
minit Honufrii Garolus Gbartarius in advocatorum consistorialium lib. in 
Petro Sanctacrucio, p. 15, ubi uberiori calamo hujus gentis nobilissimae 
vires egregiosrecensuit ad satietatem • (Ughelli, cité ibid,, p.xvii). Gf. 
AffGE DE ViTERBE, dans VAmpli»sima colleclio, t. IV, col. 1401. 

(2) ff Pluribus animi et corporis dolibus ornalus » (Hbrbenvs, t6jd.). 
c Egregiam Honufrii doctrinam et eruditionem memorat Fantinus Vale- 
ressus, Jaderensis archiepiscopus, in epistola ad eumdem scripla ii Kah 
decemb. a<> 146S. » (Ughelli, t6/d., p xvii). 

Ingenio velox et relligione limendus, s 

Gonsilio sapiens, non est moderatior aller 
Quique est multorum mores expertus et urbes; 
Non illum fallit legum veneranda sacrarum 
Majestas, non hune fallunt civilia jura, etc. 
(Abge de Yiterbe, col. 1400-1401.) 



( IV ) 

11 devait aussi être très habile en affaires, car le pape Pie II 
l'ayant envoyé à Mayenee pour faire cesser les troubles 
qu'occasionnait dans Tarchevéché la compétition entre Diether 
d'iscnburg et Adolphe II de Nassau pour le siège archié- 
piscopal, il s'acquitta avec succès de cette difficile mission (i). 
D'ailleurs, une considération particulière devait attirer sur 
lui l'attention : lors de l'arrivée dans notre pays de Pierre 
Perri, il lui avait été adjoint pour tenter un dernier effort 
en faveur de la paix. Il connaissait donc déjà les Liégeois 
et était au courant de la situation (2). Ce fut sur lui que 
s'arrêta le choix de Paul II. 

Investi dans son nouveau mandat le 28 août 1467, Onufrius 
allait se mettre en route, lorsqu'une circonstance malheureuse 
vint retarder son départ. 

Louis de Bourbon, s'obstinant à ne pas donner satisfaction 
aux Liégeois, continuait à résider à Huy. Poussés à bout, ils 
formèrent le projet de s'emparer par surprise de cette petite 
ville cl de ramener Tévéque dans sa capitale. Huy tomba entre 



(1 ) « Quem Plus iEneas Belgarum misit ad oras 

Atque Moguntiacum, ut Dieterum forle rebellem 
Pontifîci Latio, et Predericum coociliaret 
Ductorem belli. » 

(Ange de ViterbE) col. 1401.) 

Onufrius arriva à Mayenee eu octobre 14d3; il releva Dielber et ses 
alliés, entre autres le comte palatin Frédéric le Victorieux, de Texcom- 
municalion. Cette paix fut conclue par Onufrius et Ferri, le 28 octobre 
U63, à Francfort sur le Mein (Hblwich, De dissidio Moguntino, în 
Joannis Scriptores rerum Moguntin,, t. Il, pp. 193-194). 

(2) Onufrius rapporte lui-même ce détail dans son mémoire. (Voyez 
plus loin, p. 6.) 



(V) 

leurs mains dans la nuit 'du 16 au 17 septembre, mais Louis 
parvint à s*ëchapper; il chercha un refuge auprès de Charles 
le Téméraire, qui avait succédé h son père comme duc de 
Bourgogne,et ne se 6t pas faute de l'exciter contre les Liégeois. 
Aussitôt Charles se mit en campagne; il parut bientôt, à la tétc 
d'une nombreuse armée, devant la ville de Saint-Trond. Cepen- 
dant Baré de Surlet, bourgmestre de Liège, accourait au devant 
des Bourguignons avec les milices communales; le choc ayant 
eu lieu, le 28 octobre, à Brusthem, près de Saint-Trond, les 
Liégeois éprouvèrent une nouvelle et sanglante défaite, Immé- 
diatement après, Charles dirigea ses troupes sur la capitale de 
la principauté et vint asseoir son camp près de l'abbaye de 
Saint- Laurent. Reconnaissant l'impossibilité de continuer la 
lutte, plusieurs milliers de bourgeois quittèrent la ville, le 
17 novembre, entratnés par Raes de Heers, chef du parti popu- 
laire. Le même jour, Charles de Bourgogne, accompagné de 
Louis de Bourbon, entrait en maître dans la Cité. Le 18, il y 
publiait une cruelle sentence par laquelle il dépouillait les 
Liégeois de toutes leurs institutions, les privait de leurs 
antiques privilèges, ordonnait la démolition de leurs remparts 
et bannissait & perpétuité ceux qui avaient quitté la ville. 

L'exécution de ces odieuses conditions, confiée aux mains 
rapaces de Gui de Brimeu, seigneur de Humbercourt, fît voir 
qu'il se considérait en pays conquis. D'autre part, certaines 
clauses de la sentence, qui touchaient à la souveraineté et à la 
juridiction de l'Eglise, soulevèrent des protestations de la part 
de Tévéque et du clergé. 

Lorsque la connaissance de ces faits arriva k Rome, Paul il 



{ VI) 

invita Onufrius à se rendre immédiatement à son poste» 
Par une bulle du ii février 1408, il lui conféra des pleins 
pouvoirs pour négocier la paix entre Tévéque et ses villes, cit 
pour lever rinterdit; il reçut surtout pour mission d'exhorter 
le duc à ne pas souiller Téclat de la maison de Bourgogne par 
des attentats contre TÉglise; le légat était enfin autorisé à 
ratiâer, avec le consentement des partis, tous les traités 
antérieurs, h l'exclusion, toutefois, des clauses contraires h la 
souveraineté, au domaine, h la juridiction et à la liberté de 
rÉglise. 

Muni de ces instructions, Onufrius quitta Rome le 27 février 
1468, avec vingt-cinq compagnons h cheval; dans sa suite se 
trouvaient, entre autres personnes, Guillaume, abbé de Deutz 
près de Cologne, et le docteur Henri de Lovenberg, chanoine 
de Liège. En route vint le rejoindre le docteur Raymond de 
Mariiano, ancien membre du conseil du duc Philippe et, depuis, 
de celui de Tévéque de Liège. Diaprés Tordre du pape, il 
devait remplir auprès du légat l'office de conseiller. 

Après avoir traversé le Tyrol et la Souabe, Onufrius arriva 
à Mayence, où une indisposition Tobligea à faire un court 
séjour. Pour ne pas se faire attendre, il descendit tout malade 
le Rhin jusqu'à Cologne; en effet, dans les derniers jours du 
mois de mars, il avait écrit h Liège pour annoncer son entrée 
dans cette ville vers le 10 avril. Lh il trouva les chefs du 
clergé liégeois et de la noblesse du pays qui, avec une escorte 
de soixante cavaliers, attendaient impatiemment son arrivée. 
Son mal s'étant aggravé, il s'arrêta encore huit ou dix jours a 
Cologne; il sut mettre ce retard à profit pour rétablir la bonne 



( VII .) 

intelligence entre Tarchevéque Rupert et ses sujets. De Cologne 
il se rendit par Juliers & Aix-la-Chapelle, où il fit une dernière 
halte afin de s'assurer des bonnes dispositions de Louis de 
Bourbon et des Liégeois à son égard. Arrivé à Maestricht, il 
vénéra dans la collégiale de cette ville les reliques de saint 
Servais, puis remonta la Meuse jusqu'à Jupille, où une foule 
nombreuse, accourue de Liège, le reçut avec de grandes démon- 
strations de joie; elle Tescorta jusqu'au couvent des Chartreux, 
en dehors des murs de la Cité, où il s'installa. C'était un ven- 
dredi, 27 avril. 

Le lendemain, Tévéque lui rendit visite ainsi que plusieurs 
autres personnes déléguées par le clergé et par la bourgeoisie; 
le père carme Robert et Alexandre Bérard, échevin, lurent 
des discours qui nous ont été transmis en vers alexandrins par 
le poète de Yiterbe (i); puis, Louis de Bourbon lui adressa 
quelques paroles pleines de bons sentiments pour son peuple. 
Le légat répondit à tous avec bienveillance (2) et, après s'être 
entretenu avec eux des difficultés de la situation, prit de com- 
mun accord avec tous des arrangements pour la levée de l'in- 
terdit (3). Le samedi 30, vers midi, Onufrius s'avança jusqu'au 

(t) Ampfissima coUectio de Mart^'ie et Durand, col. 1406 et 1407. 
it) ff Deiur mibi tanla facaltas 

Ut valeam Inter vos omnes compoDere fîtes. >» 

(Ange di Yiterbe, col. 1408.) 

(3) « Nos interdictum, cum mœuia vestra petemus, 

Solvemus certa sub conditione; deinde, 
Si meritum est vestrum, penitas delebimus illud. » 

(Ange de Yiterbe, col. 1408.) 

D'après cet auteur, col. 14f 8-1409, il semble que cela se serait passé 



( V'" ) 

pont d'Amercœur (i), où le clergé de toutes les églises de la 
Cité s'était rendu processionnellement. Arrivé sous la porte de 
la ville, il leva provisoirement l'interdit, et, montant à cheval, 
il fut, au son des cloches et aux acclamations joyeuses du peu- 
ple tout entier, conduit par Louis de Bourbon à la cathédrale 
de S^->Lambert, qu'il réconcilia (3). Après le Te Deum et la 
bénédiction, on *le mena en grande pompe h l'abbaye de S*- 
Jacques, où des appartements lui avaient été préparés. 

Le V mai, il assista, dans les formes de la cathédrale (3), k 
la première messe de Louis de Bourbon qui, à genoux avec tout 
son clergé, lui demanda ensuite la bénédiction (4). Après la 
procession (5), à laquelle les deux prélats assistèrent, un 

le jour même de Parrivée du légat. Il décrit Tentrevue dans tous ses 
détails 61 dit qu*Onufrius demanda ensuite un cheval pour se rendre 
jusqu'à la porte de la ville. D'autre part, il déclare qu'il passa deux nuits 
chez les Chartreux (col. 1406) 

(1) Là se trouvait une des portes de la ville. Le texte de Jban de 
Looz, p. 56, porte Aurati cordis au lieu de Amari cordis, Ange de 
Viterbe dit : « conscendit pario orator de marmore pontem », ce que 
Di ViLLKNFAGRE traduit errouément par le pont des Arches (Mélanges, 
p. 3S^). 

(2) ÂDBiKH, col. 1535, dit que Tévéque, en habits sacerdotaux, 
attendait Onufrius sur les degrés de St-Lambert Cf. Ange de Vitebbe, 
col. un à 1413. 

(3) « HoDofrio, in habitu legationis suae, sine superpellicio, sedente in 
forma ubi episcopi leodienses tempore majoris missx slare soient. » 
ADRiEif, loco ciL Ce chroniqueur assistait à la cérémonie. 

(4) * Post missam vertit dominus leodiensis se ipse et omnes prs- 
lati versas legatum, et depositis, tam per dominum leodiensem quam 
per pnelatos, mitris, prostraverunt se omnes super genua sua, et.... 
jedit legatus benedictionem super populum ultimam. » (Idem^ col. 1326.) 

(5) c Dominicum sacramentum tota urbe, legato et populo prosequentCr 
joanlbus suis circumtulit. > (PiccoLOiimi, p. S74.) 



( IX ) 

repas splendide réunit tous les notables de la Cité au palais 
épiscopal. Le surlendemain, jour de l'invention de la Sainte 
Croix, une messe spéciale fut chantée à S'-Lambert en Thon* 
neur du légat, et Tcvéque, suivit la procession en chape, avec 
les «chanoines. A la demande générale, Onufrius se rendit, le 
8 mai, h 2 heures de l'après-midi (4), dans Téglise cathédrale, 
où, avec la plus grande solennité, il leva définitivement 
l'interdit (2). Enfin, le 5 juin, jour de la Pentecôte, il chanta 
dans le même temple une messe du S'-Esprit (3). 

Cette réception cordiale et ces débuts heureux semblaient 
promettre, dès l'abord, une issue favorable à la mission du 
légat. Il ne lui restait plus qu'à obtenir du duc Charles de 
Fourgogne la révocation de sa terrible sentence du 48 novem- 
bre 1467, ou, du moins, des modifications aux articles les plus 
odieux aux Liégeois (4). 

Après un écha^ige de lettres avec le duc, alors h Bruges, 



(1) « In oclavis aposlolorum Ph lippi n Jacobi, posl prandium hora 
secunda. » (Adrien, loc. cil ) 

(2) Adrien, qui assista encore à cette cérémoiiie, la décrit tout au long. 
Throdorigus Pauli, donnant carrière à son imagination, dit: « Non 
solum relaxavit civitatem ab excommunicatlone et anathemale qiiibus 
irrelita fuit, sed econtra equitavit soiemniter per plaleas leodienses, ab- 
solvendo incotns ejus et benedicendo civitatem el omnes habitantes in 
ea. » (Dans de Ram, p. 231.) 

(3) Jean deLooz, p. 57. Adrien, col. 1326. 

(4) «t Erant gaudiorum plena omnia, respirareque tum primum ex longa 
fatigatione mÎReri videbantur, dissensionem omnem initie hoc sublatam 
putanies. Id modo supererat ut exuhim quoqiie et Iributorum sua ratio 
haberetur, amodoque civitatis mœnibus parceretur; posiremo ut leges 
patriae redderentur, sine quibus nil quietis babil ura reliqua putabantur. » 

(PiCCOLOHINI, p. 374.) 



afin d^obtenir une audience (1), Onufrius quitta Liège le mer- 
credi 8 juin (2). On lui avait dépeint Charles comme un prince 
hautain et inexorable; mais il le trouva très gracieux à son 
égard et en reçut le meilleur accueil (3), à ce point que, remet- 
tant h plus tard les affaires sérieuses, le due le pria d'assister 
le 3 juillet à ses noces, dans lesquelles il lui fit rendre des 
honneurs vout particuliers (4). Les fêtes passées, le légat 
n'oublia pas le but spécial de son voyage. Le duc écouta ses 
réclamations avec bienveillance et lui parla sans amertume, si 
bien qu'il ne douta point que le différend ne fût aisément 
apaisé (5). Mais comme Charles était en ce moment absorbé par 
des négociations difficiles avec Louis XJ,il rengagea à retour- 



(1) Ange de Vitebbe^ col. 1413. 

(2) /&td., col. 1444. Cet auteur décrit, vUle par Tille, riiinéraire du 
légat. Nous ne pouvons le suivre dans tous ces détails. 

(3) < Cum ingenti honore atque singuiari applausa ab uni ver- 
sis ampiexus est. » (Herbenus, p. 357.) Cfr. Ange pe Viterbe, col. 1418. 

(4) « In quibus festis lantus honor factus apostolico legalo est ut 
mortali homini major exhiber! non potuisset. » (Herbenus, p. 358.) 

t Aima ducis mater prima est discumbere jussa, 
Mox et legalus vultu verecundus honore. 
Et médium fecit conjux speciosa d'Iorcha. » 

(Ange de Vitbrbe, col. 1423.) 

(5) c lia benignum repperit principem, ut ei sine negotio magno dis- 
sidium omne componi posse viderelur. » (Herbenus, /. c.) Piccolomini, 
de son côté, dit : « Id tantum de postulatis legalo concessit, ut cum praesule 
et populo que viderenlur componeret, conventaque rfferret ad se confir- 
manda decreto sao, vel respuenda. » (Dans de Ram, p. 374). — En somme, 
toutefois, le légat n'oblint rien de positif. Le duc, après avoir retardé le 
plus possible Tentrevue, le renvoya avec de vagues promesses. 



(XI) 

ner auprès des Liégeois (1) pour les affermir dans leurs bonnes 
dispositions et s'enquérir des bases d*une paix nouvelle, lui 
promettant qu*à son retour de France il effacerait toute trace 
de désaccord entre eux et leur évéque (2). Le légat accom- 
pagna le duc jusqu'à Bruxelles et tâcha, mais en vain, de le 
détourner de sa guerre contre Louis XL Là ils se quittèrent, 
et tandis que Charles partait pour la France,. Onufrius rentra 
à Liège le 22 août, plein de confiance dans le succès de sa 
démarche (3). 

Il est certain que son espoir était fondé; d'abord, son 
caractère franc et affable lui avait de suite valu Testime de 
Louis de Bourbon, qui ne voyait plus en lui qu'un ami, et qui, 



(1) Selon Ange de Viterbe, col. 1430, il le pria d'aller l'attendre pen- 
dant dix jours à Bruxelles. 

(2) Herbenus, /. c. 

« Mox se leodinam velle videra 
Cfausam ait, et si quid sancto non competat illud 
Pontifie!, mutari, inquit, nos omue sinemus. » 

(Ange de Viterbb, /. c.) 

(3) c Legatus magno animi gaudio Leodium revertitur, sperans ex 
moUibus principis verbis, .. atque ieodiensis populi humili submissione, 
omnem rem ex sententia se esse confecturum. » (Herbenus, p. 358.) 

« Linquitur (Carolus) his dictis Brugis, jam mœnia fidus 
Bruxellae subiit légal us Honofrius urbis; 
Jamque dles aderat decimus dum fœdera servat, 
Braxellam petiit legato et multa locutus; 
Sed tandem visa Leodina penitus arbe 
Componi melius Legias 4*es ipse suadel, 
Légat us répétât Leodinae dirutagentis 
Mœnia. » 

(AnGB DE VlTERBE, COl. 1430). 



(XII) 

sans la crainte du duc, aurait suivi ses conseils dans les 
moments les plus critiques (1); d*autre part, il avait gagne les 
sympathies des Liëgeois, aussi bien celles du clcrgë que de la 
bourgeoisie; tous le considéraient comme leur providence (â); 
enfin, ce qui était le point important, il avait été bien reçu par 
le duc. On doit donc le reconnaître : grâce au tact, à la pru- 
dence et à la sagesse du légat, les affaires étalent bien engagées 
et ces préliminaires semblaient devoir aboutir à un heureux 
résultat. 

Mais hélas ! un événement survint qui, d*un seul coup, ren- 
versa cet échafaudage si laborieusement élevé. Plusieurs mil* 
liers de bourgeois (5), bannis par la sentence du 18 novem- 
bre 1467 (4), sachant le duc de Bourgogne empêché par sa 
guerre avec le roi de France — dans laquelle ils espéraient 
bien qu'il succomberait, — et encouragés sous main par Louis 
XI, rentrèrent inopinément dans la Cité, le 9 septembre, aux 
cris de Vivent le Roi et les Liégeois libres ! ré\o\iiiionnèreni\9L 
population et se livrèrent à toute espèce de violences envers 



(1) < Ludovicus ila se scmper legato exhibuit quasi alter cuidam suc 
parenli. » (Herbenos, p. 357.) 

(2) « Quem (HoDofrium) non secus alque terrenum quemdam Deum 
venerati suDt. » {Ibid») 

(3) Ils étaient cinq mille, dit PiccoLOMinr, p. 374. Suivant cet auteur, ils 
profitèrent de ce que Louis de Bourbon avait quitté Liège, le 25 août, 
pour aller s*é(ablir à Maestricht. 

(4) On les appelait couleuvriniers ou compagnons de la Verte Tente. 
Herben us, p. 358, prouve ici son origine flamande, en disant : « qui se 
socios Virduraenuncupabant, quod nos vernaculo sermone exponimus van 
der groenre tenlen ». 



( x«" ) 

les partisans de Tëvéque (1). Cet incident affecta profondé- 
ment le légat, qui vit ses espérances de paix s'évanouir et com- 
prit que cette nouvelle échauffourée, refoulant tout sentiment 
de clémence dans 1c cœur de Charles, allait attirer sur la mal- 
heureuse Cité toutes les horreurs de la guerre (â). Ce fut en 
vain, cependant, que les hommes les plus sages, craignant 
pour sa vie, l'engagèrent à quitter la ville; il s'y refusa, 
même malgré les instances de ses compagnons qui voulaient 
fuir le danger (3). 

Pour conjurer autant que possible les terribles résultats de 
cette insurrection, Onufrius assembla de suite les principaux 
bourgeois du parti modéré et les pria de s'aboucher avec les 
bannis pour les engager de sa part à quitter Liège s'ils ne vou* 
laient pas entraîner la perte de cette ville (4) ; il leur faisait 



(1) Adrien, col. 1328-1331 (les col. 1329 et 1330 o*existent pas), 
décrit cette entrée des proscrits avec beaucoup de deuils. Cfr. Jean db 
Looz, p. 58, et voy. le Bull, de l'InsU archéol. liég,^ XiU, pp. 8 et 9. 

(2) « Hic licet cernere cuilibet ordinem rerum coniemplauti quam is 
reditus legato iufaustus fuerat, utpote qui de maxima spe pacis deciderat 
in summas aogustias mentis, quod conjiceret legationem suam optato fine 
minime perfuncturam. » (Herbenus, p. 359.) 

(3) Tamen ipse furent! 

Cedere ab urbe negat, tanta est consiantia mentis 
Ipsius, et tanta est sedandi cura furentis. 

(Ange de Viterbe, col. I43i-I433.) i 

Cet auteur donne aux compagnons d*Onufrius les noms de Tuitius et 
Benricus Lonvorchus; il s*aglt de Guillaume, abbé de Deutz, et de Henri 
de Lovenberg. 

(4) Selon Piccolomini, IMniliative vint des hommes modérés qui se trou- 
vaient encore à Liège. Le légat les réunit sur le Marché et les harangua, 
leur faisant sentir la gravité de leurs actes, et les engageant à déposer les 



( XIV ) 

promettre de s'employer énergiquement auprès du duc pour 
obtenir leur rappel ainsi que leur réintégration pacifique dans 
leurs droits. Les proscrits firent répondre que la misère seule 
les avait ramenés dans leurs foyers; que, pleins de respect pour 
leur évéque et pour le légat, ils désiraient conférer avec lui le 
lendemain, à SWacques. Dans cette entrevue, qui fut des plus 
cordiales, Onufrius renouvela ses instances pour décider les 
proscrits à se retirer; mais ils ne purent s'y résoudre et, par 
Forgane d'Amel de Velroux, le supplièrent de se rendre auprès 
de Louis de Bourbon pour implorer leur pardon (1). 

Le i4 septembre, Onufrius partit avec quelques députés 
pour Maestricht, où Tévéque résidait depuis le 25 août (2). 
Malheureusement, les bannis rejetèrent les conditions que lerr 
posa Louis de Bourbon (3) et se préparèrent à la lutte. Le 
légat, accusé de trahison parce que son absence se prolongeait, 
rentra h Liège le 2i septembre; le peuple et le clergé, pour 
lui témoigner leur satisfaction de ses démarches, vinrent à sa 



armes; que s*ils n'y consentaient pas, il quitterait la ville et irait rendre 
compte au souverain pontife de leur obstination. L^auteur fait de cette 
scène un tableau dramatique. (Dans de Ram, pp. 375-376.) 

(1) ÂifGB DE ViTEBBS, coi. 1433-1436. Cfr. Herbenus, p. 359, et JEA?f p« 
Looz, p. 58. Selon ÂDBiEN,coi. 1331, le légat reçut assez mal les cbefs.des 
proscrits : « legatus respondere fecit eis quod quando concordes essent 
cum domino Leodiensi, tune absolveret eos ». 

(2) Il parait évident quMi existe une lacune assez considérable dfifis 
le poème d'Ange de Vilerbe, col. 1436 ou 1438, en ce qui concerne ce faiU 

(3) « Dominas Leodiensis requisivit tria : Primo, quod illi qui redie* 
ruQt de Francia deponerent arma et irentad unum locum quem dominus 
nominaret. Secundo, quod illi qui in Leodio sumserunt ^rma, deponerent. 
Tertio, quod rumperent vexilla... Responderunt quod non facerent. » 
(ADRIEN, col. 1333.) 




(XV ) 

rencontre et formèrent la haie depuis la porte S*-Lëonard 
jusque sur le Marché. 

Néanmoins, Onufrius n'avait pas encore renoncé à tout 
espoir de conciliation; il négocie avec Louis, d*abord à 
Miimorte, puis à Liers. Mais, pendant qu*ii se trouve dans cette 
dernière localité, il apprend que les troupes épiscopales donnent 
l'assaut à la Cité. Indigné de cette conduite, il quitte l'évéque 
sans même vouloir écouter ses excuses. Louis, inquiet, lui 
envoie son chancelier avec des propositions d'accommodement. 
Onufrius, sans être dupe, croit devoir les faire connaître aux 
Liégeois. Elles sont acceptées par toute la population et cette 
acceptation est aussitôt notifiée à l'évéque. 

Dans ces circonstances, personne ne doutait plus de la paix. 
Onufrius convoqua, pour le 26 septembre, a l'abbaye de 
Vivegnis, une réunion à laquelle devaient assister Louis de 
Bourbon, son chancelier et le président du Conseil du duc. 
Mais, au lieu de l'évéque, on vit arriver un messager porteur 
d'une lettre disant que c Louis avait reçu de son parent, le 
duc de Bourgogne, la nouvelle qu'il se chargeait du soin de 
prendre la ville de Liège; par conséquent, lui, évéque, ne 
pouvait et n'osait plus s'occuper de la paix >. Charles, en 
effet, ayant appris la rentrée des proscrits dans la Cité, avait 
été transporté de fureur; le 17 septembre, par acte daté de 
son ost, il avait chargé Gui de Brimeu d'assembler ses vassaux 
et de marcher contre les Liégeois (1). Dès ce moment, la 
destruction de Liège était irrévocablement décidée. 

(1) Ann. de l*Âcad. d'archéoL de Belgique, 1. 111, 1867, p. 653, noie. 



( XVI ) 

Onufrius, stupéfait de cette missive, défendit d'en divul- 
guer la teneur, dans la crainte que les bourgeois, furieux, ne 
se précipitassent à l'instant sur les troupes de Tévéque. Quant 
k lui, il forma le projet de se retirer à Aix-la-Chapelle ou dans 
quelque autre ville impériale, pour y attendre les événements. 
Mais, avant son départ, il chercha à avoir une dernière entre- 
vue avec Louis de Bourbon. L'ayant rencontré, le 28 sep- 
tembre, à la tête d'une armée à Millen, près de Saint-Trond, 
il lui rappela son devoir et Tavertit qu'en sa qualité de légat 
il se croyait obligé d'informer le souverain pontife de sa con- 
duite. Ayant délibéré avec ses conseillers, Louis déclara au 
légat qu'il reconnaissait devoir obéir plutôt au pape qu'au duc, 
et que le surlendemain il rentrerait dans la Cité. 

IjCS Liégeois accueillirent avec joie cette promesse. Ils 
ornèrent leurs maisons, élevèrent des arcs de triomphe, pré- 
parèrent des torches. Le 50, Onufrius, accompagné des prin- 
cipaux bourgeois, se mettait en route pour se rendre à là 
porte de Sainte- Walburge au devant de Févéque, lorsque, sur 
les degrés mêmes de la cathédrale, il reçut une seconde lettre 
de Louis de Bourbon, annonçant qu'il était obligé de différer 
son entrée jusqu'au dimanche suivant. Cette nouvelle répandit 
l'émoi dans la ville. Le légat s'empressa d'envoyer un courrier 
à lëvéque pour l'engager à ne pas différer d'un instant son 
arrivée s'il ne voulait pas voir la tranquillité troublée. Louis 
lui fit répondre qu'il devait absolument lui parler avant de 
faire son entrée, et le pria d'indiquer un lieu sûr pour cette 
entrevue. Le légat, après avoir tâché de calmer l'inquiétude 
des bourgeois, lui écrivit immédiatement qu'il ne connaissait 



( xvii ) 

pas d'endroit plus sûr et plus convenable que la ville de Ton- 
gres, où rëvéque se trouvait alors, et qu*il irait l'y rejoindre le 
lendemain» 2 octobre, qui cette année était un dimanche. 
Lorsqu*ils furent en présence, Louis de Bourbon exposa au 

« 

légat qu'il était lié par un ordre formel du duc, lequel avait 
déclaré quH le traiterait en ennemi s'il rentrait à Liège. Il est 
probable qu^il disait la vérité. Ce qui est certain, c'est que, 
le 6 octobre, Charles manda de Péronne à Févéque de rompre 
toute relation avec les Liégeois; en attendant que sa guerre 
contre la France fut terminée, il le prévenait qu'il envoyait 
Humberco'urt à Tongres avec un détachement de son armée (1). 

Le légat était depuis quelques jours en cette ville lorsqu'il 
manifesta Tintention de retourner à Liège; mais l'évéque le 
pria de rester auprès de lui jusqu'à l'arrivée de Humbercourt; 
désireux de connaître les ordres du duc, il y consentit (2). 

Humbercourt entra dans Tongres le samedi 8 octobre, 
vers 5 heures du soir. Il rendit visite au légat, lui apprit que 
Charles se proposait de marcher contre les Liégeois et l'en- 
gagea à se joindre à lui pour châtier les rebelles. Onufrius fit 
ressortir l'injustice et la cruauté de ce projet, puisque les 
Liégeois étaient disposés à se soumettre à toutes les décisions 
de leur évéque; il déclara qu'il ne voulait pas assister à cette 



(1) Adrie», col. 1335. Suivant Piooolomini, il anoonce son arrivée pour 
le lendemain et lui envoie quatre mille hommes pour le protéger. 

(2) Le bruit se répandit que, sMI était venu à Liège, il aurait couru un 
grand danger, car les bannis, rassemblés sur le Marché, liraient des 
couleuvrines; ce que voyant, le légat avait exprimé ses craintes, et aussitôt 
Amel de Velroux avait fait cesser le tir (Adrien, col. 1333). Les détails qui 
précèdent sont fournis par le même chroniqueur. 

XÉH. ONLFRIUS. I.NIROD. U 



( XVIII ) 

expédition el partirait le lendemain pour Maestricht. Humber- 
couri rapporta ces paroles aux capitaines des troupes bour- 
guignonnes, qui tinrent conseil; au milieu delà nuit Tun d'eux, 
Jean de Berg, vint trouver le légat {i) et lui annonça qu'on 
était d*accord pour permettre aux Liégeois de venir librement 
implorer le pardon de i'évéque. Onufrius, ayant témoigné des 
doutes pour la sécurité des députés liégeois qui iraient à 
Tongres, engagea de Berg à raccompagner à Liège même, pour 
y traiter de la paix; ce qu'il accepta (2). 

11 est donc évident que. ce ne fut pas la faute du légat si la 
ville de Liège subit un sort effroyable, mais bien celle des Bour- 
guignons d'abord, qui repoussèrent les avances des Liégeois 
et refusèrent même des sauf-conduits pour permettre k leurs 
délégués de s'expliquer avec I'évéque et le duc; ensuite, 
comme le dit Herbenus et comme on va le voir, celle d'une 
poignée de proscrits poussés au désespoir. Quant à Onufrius, 
tout en constatant la mauvaise tournure que prenaient les 
choses, il ne cessa jamais d'exhorter les rebelles à faire leur 
soumission (3). 



(1) Il témoigDe l'estime quMI a cooçue pour sa personne : 
Aime pater, Brugis, Lovanii et Metibus olim 
Ipse tuam novi virtutem, et semper amavi ; 
Et si quid possem, servato semper honore 
Burgundi domini, facerem, noctesque diesque 
Pro le proque tuis, fuerit dum vita sapersles. 

(ÂNGB DE VlTBRBB, COl. 1440) 
{%) ÀNCE DE VlTERBKfCOl. 1441. 

(3) t Nulla igitur legati calpa tanta urbs tam misère afflicta est, sed 
paucorum exulum, qui démentis principis ac salvare cupienlis auimum 

ad tantam indigniialem provocaverunt Eosdemadhumilitatem adhor> 

tariconatus est. » (Herbenus, p. 359.) 



( XIX ) 

Dès le même jour, vers quatre heures du soir, des lettres 
de Tongres étaient déjà parvenues & Liège, ppur annoncer 
l'arrivée imminente de Humbercourt et de ses troupes, et en 
même temps pour prévenir qu'il serait facile de les surprendre 
pendant la nuit (1). Aussitôt, ne doutant plus du sort qui les 
attendait, et voulant, dans leur désespoir, tenter un dernier 
effort, trois cents bannis (2) quittent la Cité, tombent vers 
il heures sur les Bourguignons et s'emparent de Tongres. 
Bourbon, accompagné de quelques-uns des siens, descend 
dans la rue et veut se défendre; mais il est repoussé. Onufrius, 
réveillé par le bruit, fait ouvrir la porte de son hôtel et va 
au-devant des Liégeois, dont il a reconnu le cri (3). 11 s'in- 
forme de révêque : on lui répond qu*il s'est enfui à Macstricht. 
Alors, voyant tout espoir de paix à jamais perdu, il se répand 
en plaintes. Mais heureusement cette nouvelle était fausse, car 
un chevalier de la suite de Louis vint en ce moment prier le 
légat de l'accompagner auprès de son maître ou de permettre a 
celui-ci de venir le rejoindre- Onufrius ayant trouvé plus de 



(1) Adrien, coi. 1334. Theodorigus Pàuli, pp. ilO-211, place ce fait au 
dimanche 19 octobre et en doone ud récit fantaisiste. 

(â) Herbenls, p. 360. Jean de Looz, p. 59, dit qu'ils étaient environ 
cinq cents, et Piccolohini, p. 377, deux mille. Suivant Thbod. Pauli, 
p. 21 1, c'était toute une armée : « Statim niagno exercitu congrpgato ». 
(3) • At sacer orator gomno est excussus, et ipsos 

Agnovit Legios tantoclamore fureules... 
Mox mandat tecti reseretur janua, possint 
Intrare ut Legii, uique illis ipse obvius ire, 
Et sermone queat tantos sedare tumuUus. » 

(ArGE de VlTBRBE, COl. Mi2.) 

« Legatus, qui ab iniiio tumultus iiiermis in vicuni erat progressus. . » 
(PrccoLOMiiM, p. 377.) 



(«) 

garanties de sécurité dans ce dernier parti, Louis, Humber- 
court et une centaine de Bourguignons pénètrent chez lui par 
les jardins et se mettent sous sa protection (i). Il promet 
d'apaiser les Liégeois, surtout si, en retour, il peut leur 
garantir la paix. Toutefois, on convient d'attendre le jour. 

Cependant, de grand matin, les Liégeois, n'ayant pas trouvé 
l'évêque dans son hôtel, arriv<;nt devant la demeure du légat; 
il les harangue d'une fenêtre et parlemente avec les chefs, qui 
lui exposent leurs griefs (2). Pour toute réponse, Onufrius 
demande si leur intention est d'emmener Louis prisonnier; 
ils répondent qu'ils ne veulent qu'une chose; avoir leur 
évéque à Liège pour le reconnaître comme leur seigneur. 
Louis se montra alors et fut acclamé par ses sujets, qui le 



(1) AyQE DE ViTERBG, coI. 1443. Suivant Adrien, col. 1334, révêque et 
le légat logeaient dans le mênne hôtel et Humbercourt vint les y retrouver. 
Ce chroniqueur, col. 1334-1335« donne de la surprise deTongres un récit 
détaillé qu'il tient évidemment de la bouche de Humbercourt Tueod. 
Pauli, à son ordinaire, P- 212, invente une scène dramatique et, qui plus 
est, avance des faits entièrement faux. Henri de Merica aussi, p. 173-174, 
s'abandonne aux écarts de son imagination : c Cum autem legatus, 
increscente rumore, vlros Beiial ante fores hospilii sui ad capiendum 
eum stare didicisset, excutiens se cito de lecto, apertis camerae fenestris, 
convertit se ad illos. Videres hominem pavidum et trementem scalpere 
pedibus, supplices attollere paimas, motu insiabili corpus agilare, alta 
voce clamare et sine cessa lione dicere ; Legatus ego sum! Legalus ego 
sum! » Cf. .'e Bull, de VlnsL archéol, Uég,^ t. Xlll, p. 12. 

(2) Ce fut Jean Arnold qui prit la parole en cette circonstance. Ange 
de Viterbb, col. 1444-1448, lui fait tracer, de tous les faits antérieurs, un 
tableau fort curieux, qui constitue en même temps un éloge du légat. 
Suivant Piccolomini, il déclara que si Louis ne voulait pas retourner à 
Liège, ses compagnons étaient décidés à mettre le feu à la ville el k la 
réduire celte nuit même en cendres avec tous ceux qui s'y trouvaient. 
Sans la présence du légat, sans ses efforts, il est certain qu'ils auraient 
donné suite à leur projet. 



(XXI) 

ramenèrent en triomphe dans sa capitale. Il y rentra le 
dimanche 9 octobre, vers 1 heure de l'après-midi, au milieu 
des cris de joie de la foule qui s'était portée à sa rencontre; 
mais, malgré ces démonstrations enthousiastes, Louis avait 
plutôt l'air d'un prisonnier que d'un souverain revenant au 
milieu de son peuple. 

Le mardi 11 octobre, Tévéque et le légat assistent, au 
palais, à une assemblée populaire, et, grâce à ce dernier, une 
paix est conclue et publiée le lendemain. 

Mais la joie ne fut pas de longue durée. Le même jour, les 
premières nouvelles des événements de Tongres arrivèrent à 
Péronne, où Louis XI se trouvait depuis le 9 (I). Le duc donna 
aussitôt ordre à son maréchal Thibaut de Neufchâtel, qui tra- 
versait le Namurois h la tête d'une armée de vingt mille 
hommes, de se diriger sur Tongres; il y arriva le -IS, entra 
sans coup férir dans la ville, mit tout à feu et à sang et ravagea 
les environs. C'est en vain qu'Onufrius, que le Bourguignon 
Hagenbach, que Ilumbcreourt lui-même unirent leurs efforts 
pour obtenir une soumission complète de la part des Liégeois 
et un peu de pitié de la part du duc; c'est en vain que les milices 
liégeoises, sous la conduite de Jean de Wilde, tentèrent d'arrêter 
la marche de Charles qui, avec Louis XI, s'avançait vers la 
Cité et, le 22 octobre, leur infligeait ime défaite à Lantin; c'est 
en vain que, le 29, dans un effort désespéré, quelques héros 



(1) En même temps que la prise de Tongres, Charles apprit la présence 
i Liège des envoyés du roi de France. C'est ce qui le décida i le retenir 
prisonnier. Dans un accord conclu le 14 octobre, le roi dut honteusement 
s^engager à suivre le duc dans son expédition contre les Liégeois. (Phn 
LIPPRDE COMMINKS, t. XI, pp. 46i-489.) 



( XXII ) 

I 

essayèrent de surprendre le roi de France et le duc dans leur 
camp de Sainte-Walburge. Le 50, la ville de Liège tomba au 
pouvoir des Bourguignons et, après un horrible massacre, 
fut livrée aux flammes. 

Qu'étaient devenus, dans ces circonstances, Onufrius et Louis 
de Bourbon? Le 25 octobre ils avaient quitté Liège pour aller, 
à la demande des principaux bourgeois, implorer la clémence 
du duc. Arrivés h Othée, où campait Tarmée bourguignonne, 
ils furent arrêtés et retenus prisonniers par Jean de Châlons, 
seigneur d'Argueil, puis, sous prétexte d'une entrevue avec le 
maréchal de Bourgogne, menés a Bierset et à Fooz. Mais, tandis 
que le légat était retenu sous bonne garde, on ménagea à 
Louis de Bourbon l'occasion d'aller rejoindre le duc. Cepen- 
dant, après qu'Onufrius eût pendant quelque temps suivi 
l'armée qui continuait sa marche en avant, Charles lui fit 
savoir qu'il pouvait se considérer comme libre. Voyant qu'il 
ne restait aucun espoir de sauver la malheureuse ville, que 
son intervention était désormais inutile, le légat, privé de ses 
gens, accompagné seulement de deux hérauts revêtus, l'un 
de la livrée du duc, l'autre de celle du roi de France, tous deux 
portant en mains des bâtons blancs, se dirigea vers Macs- 
tricht, où il arriva péniblement, épuisé de douleur et de 
fatigue (1). 



(1) « Intérim tamen non destiiit cuncta perlustrare, si quis casus eum 
in lauto strepitu armorura ad ducem perduceret... Sed cernens legatus 
leges JDter armatos silpre atque dignitatem suam ioter sanguinarios satel- 
lites versari multisque periculis esse expositam, duels primum deinde 
proprîo cODsilio fretus, coactus est ab exercitu cedt^re. • (Herbem's, 
p 360.) 



( XXIII ) 

Cest là qu'un témoin oculaîre,1e nonce apostolique Albert (i), 
qui avait suivi l'armée bourguignonne, lui raconta la destruc- 
tion de la Cité. 

Un chroniqueur dont j'ai déjà signalé Tincxactitude (2) 
avance ensuite au sujet d'Onufrius des assertions que je ne 
puis accepter que sous bénéfice d'inventaire. Voici ce qu'il 
raconte : Amel de Velroux ayant été fait prisonnier par les 
Bourguignons et envoyé à Maestricht, vers le 14 novembre (3), 
le duc Charles ordonna son exécution. Amel implora sa grâce 
en déclarant que, trompé par le légat, il n'avait agi que d'après 
ses ordres et ses suggestions; que c'était sur son conseil que 
les proscrits étaient rentrés à Liège où il allait rétablir la 
paix en vertu de l'autorité qu'il tenait du Saint-Siège, et 
avec l'assurance que le duc, absorbé par ses démêlés avec la 
France, n'en reviendrait pas; après tout, avait-il dit, si l'évéque 



(1) c Perveniens itaqae magnis periculis Trajectum, tantisper illic 
remansit, dum miserae urbis excidium ab Alberto, apostolico nuDiio, qui 
liberius inter armatos versatus est, recitante perdidicerit. > (Hkrbenus, 
pp. 360-361.) 

« Ecce 
Nuntius ad dominum Burgundum missus, ad almum 
Legatum rediit, Legiae post mœnia gentis 
E versa, et castris ubi non invenit, oberrat : 
Denique Tra^ectum, sumtis insignibas armis 
Pontificis Pauli, velox alUbitur, audit 
Vivum esse, ac sedes ipsius tutus adivit. • 

(Ange de Viterbe,co1. 1466.) 

(2) Theodoricds Pàuli, p. :226. 

(3) D'après Adrien, col. 1 345, Charles, arrivé à Maestricht le 9 novembre, 
quitta cette ville le iâ. 



( XXIV ) 

se refusait à remplir ses obligations^ il le déposerait pour 
mettre à sa place un prélat plus accommodant. Il Taccusa ainsi 
publiquement de toutes les violations commises & Liège contre 
la foi jurée et les traités conclus avec le duc. Le chroniqueur 
ajoute encore que les Liégeois, errants et misérables, acca- 
blaient le légat de malédictions, que Charles fit précipiter les 
gens de sa suite dans la Meuse, et que^ pour le punir d'avoir 
excité et soutenu ses sujets rebelles, il l'envoya avec son cha- 
pelain au château de Vilvorde, où il fut étroitement gardé (i). 

Jean de Looz, beaucoup plus véridique, semble dire qu'Onu- 
frius resta à Maestricht jusqu'en i469, et qu alors seulement 
il songea à reprendre la route de l'Italie. S'il en fut ainsi, il 
faut croire que le légat avait été retenu dans cette ville par l'état 
de sa santé. En effet, ainsi qu'il le déclare lui-même, les préoc- 
cupations de toute nature, les fatigues corporelles, les priva- 
tions, les souffrances morales avaient profondément altéré sa 
constitution. Avant son départ, il réclama des indemnités pour 
les pertes qu'il avait éprouvées et pour toutes les peifies que 
sa légation lui avait causées; chaque chanoine et chaque abbé 
lui remit dix florins du Rhin, chaque chapelain trois ou 
quatre (2). 

On conçoit, dit Herbenus (3), dans quelles tristes pensées 
Onufrius regagna cette ville de Rome où il avait espéré rentrer 
après une mission heureusement accomplie. Pour comble de 



(i) Dans DE Ram, pp. 231-231 

(2) Jean de Looz, p. 63. 

(3) Dans de Ram, p. 361. 



( XXV ) 

douleur, Paul II le reçut froidement et ne lui accorda même 
pas les honneurs publics avec lesquels on reçoit d'ordinaire les 
légats à leur retour dans la Ville éternelle (4). La cause du 
mécontentement du pape n'est pas bien connue. Hcrbenus 
semble insinuer qu'il provenait simplement de Tinsuccès de sa 
mission; mais peut-être, le bruit d'une accusation plus grave, 
répandue par le parti bourguignon, était-il arrivé jusqu'à 
Rome. On disait — Philippe de Gommines et d'autres histo- 
riens ont relevé complaisamment cette rumeur (2) — qu'Onu- 
frius aurait excité les Liégeois à la révolte contre Louis de 
Bourbon et Charles de Bourgogne, par ambition personnelle 
et pour devenir lui-même évêque de Liège. « Mais, dit M. de 
Yillenfagne (3), si Tévêque de Tricaria, trahissant ses devoirs, 
eût fomenté la sédition à Liège, comment supposer que le duc 
de Bourgogne, si irrité, lui qui n'avait pas craint de retenir 
son roi prisonnier, comment supposer, dis -je, qu'il lui eût fait 
rendre les honneurs qui lui étaient dus comme envoyé du 
siège apostolique? et comment se persuader qu'il eût voulu, 
après, l'admettre h son audience? Remarquons encore, ajoute 
cet écrivain, que tous nos auteurs, loin de dépeindre l'évêque 



(1) < Erai summus poDtifex vehementissime legato infensus, ita ul 
De publico honore quo legati assolent, in Urbem recipitur. • (Herbknls, 
Urid.) 

(2) « Ce dit légal, excédant sa paissance, et sur espérance de soy faire 
évesque de la cité, fiivorisoit le peuple, et leur cootmanda de prendre les 
armes et se deflfendre, et d'autres folies assez. » 

(3) Mélanges, 1810, p. 365. De Gcrlacre, Hist. de Liège, p. 983, note, 
réfute également cette accusation. 



( XXVI ) 

de Tricarîfl comme un ambitieux, le représentent comme un 
homme sensible, qui fit ce quH put pour détourner Forage qui 
allait fondre sur la ville de Liège. En effet, il est certain que le 
légat plaida inutilement la cause des Liégeois dans les termes 
les plus éloquents et fit les efforts les plus énergiques pour 
émouvoir le duc et lui arracher leur pardon, i 

Quoiqu'il n'eut rien à se reprocher, Onufrius prit à cœur 
de se justifier complètement auprès du pape (i). A cet effet, il 
jeta les yeux sur un poète italien alors célèbre. Angélus de 
Gurribus Sabinis, de Viterbe (mort entre 1471 et iSOO), le 
chargea d'écrire Thistorique de sa mission (2), et lui adjoignit 
un prêtre attaché à sa personne, très versé dans la théologei et 
la littérature, nommé Matthias Herbenus (3). Ange y consentit 



(I) Voici, suivant Herbenus, p. 361, les motifs de cette décision : • Quia 
humana judicia plerumque al) eveulis ac casibus rerum fortuilarum pen- 
dent, idcirco fit ut cum unus quidem multorum criminibus virtute par 
esse nequeat, in eumdem omnium lielinqueniium peccala impingaiitur. » 

(S) « Accivit ex omni Italia doctissimum poelam Angelum Viterbien- 
sem, qui heroîco carminé rem omnem ab egressu urbis luculenter per- 
scriberet. > (Hbrrenus, dans de Ram, op. cit,, p. 361.) 

(3) a Usus est autem vicissim mea opéra in hoclabore legatus. » (Her- 
BKNUS, dans de Ram, DocumentSy etc., p. 361 . Cfr. ibidem, introduction, 
p. XVI.) Matbias Herbenus. mort vers 1305, était écolâtre de la collégiale 
de S*-Servais, à Maestricht. Il composa en vers un argumenlum pour 
chacun des six livres du poème d'Ange de Viterbe, et en Tu faire plu- 
sieurs copies quMI adressa à différents personnages, notamment à Henri 
de Bergbes, évéque de Cambrai. En tête figure une éptlre dédicatoire dans 
laquelle il raconte brièvement le sac de Liège; elle est surtout intéressante 
à cause des renseignements qu*elle contient sur la personne d*Onnfrius. 
M. DE Ram Ta publiée dans ses Documents, cic, pp. 356 à 363. 



( XXVll ) 

et écrivit) sons Tinspiration du légat, un véritable poëme 
épique en six livres, comprenant près de six mille vers hexa- 
mètres, que Martène et Durand publièrent sous le titre de An^ 
geli de Curribus Sahinis, poetœ laureati, de excidio civitatis 
Leodiensis librisex (1). li était terminé lorsque Paul II, auquel 
il était déjà dédié, vint & mourir subitement, le 28 juillet i47i. 
Or, c'était pour recouvrer ses bonnes grâces qu*Onufrius 
avait entrepris celte œuvre laborieuse. On peut juger du cha- 
grin et du découragement qu*il éprouva. Cette contrariété, 
jointe aux fatigues et aux angoisses de sa mission, lui occa- 
sionna une maladie mortelle (2). En vain Sixte IV qui venait 
de succéder à Paul II, reconnaissant ses mérites, lui promit-il 



(1) Amplissima colleclio, tome IV, col. 1380 à 1500, d'après an manas- 
erit du baron de Crassier. M de Villenfagne, dans ses Mélanges historiques 
et litiéraireSf Liège, (810, pp. 338 à 379, en a donné une mauvaise analyse 
que M. de Ram a reproduite dans ses Documents, etc., pp. ^35 à 260. Ce 
dernier eût fait chose plus utile en publiant une traduction complète de 
ce poëme qui, en bien des endroits, est d'une intelligence difficile. Au 
même titre que les rapports du légat, avec lesquels, du reste, il se ren- 
contre et $e confond pour ainsi dire en bien des endroits, Tœuvre d'Ange 
de Vilerbe est pour nous du plus haut intérêt. Il Test même pour les faits 
étrangers à Tbisloire de Liège, notamment pour ceux du règne de Charles 
le Téméraire. Malheureusement, Pintervention du meiveilleux, qu'il 
emprunte au paganisme, les longs discours et les longues descriptions 
poétiques en rendent la lecture fatigante. Le manuscrit u^ 1675 de la 
bibliothèque du Vatican contient, au folio 173, les Leodinœ AiXon'œ d'Ange 
de Vilerbe. (Vo^ez les Bulletins de la Commission royale d'histoire, 
2« série, t. X, p. 30.) 

(2) t Contigii Honofrio, partim languore animi, partira laboribus atque 
anxietatibus in legatione perpessis, in gravissimam aegritudinem incidere, 
unde etiam coQSumptus est. » (Dans de Ram, p. 361.) 



( XXVIII ) 

le chapeau de cardinal (i). Sa santé était ruinée, et, le 20 octo- 
bre, trois mois après Paul II, il descendit iui-ménie dans la 
tombe. Enterré k Rome, dans l'église de S**-Maric de Publicolîs,. 
on grava sur sa tombe Tinscription suivante : 

ÂHISSVM TELLVS SI FLEVIT ROHVI^A BrVTVM, 

Si Cvrivm et Scavros, si Cicerona patrem; 
pvblicolie vita defvnctvm corpvs honophri 
ecclesia or mores et bene fagta pleat : 

PrO QVA BIS GaLLOS, BIS RhBNI FLVMINA VIDIT, 

PrO QVA, NIL FVGIENS, PLVRIMA DAMNA TVLIT. 
TrTCARIVS PRiESVL REFERENDI ET MVNVS HABEBAT, 

romanvs patriie famaque magna svie. 
Deniqve legatvs lateris transmissvs ad VRBES 
Belgas, Bvrgvndi premat vt arma DVCIS. 

CVM RELLO RVERBNT LEODlNiE MOENIA GENTIS, 

AVT POPVLI, AYT DOMINI SORTE DOLENDA SVI, 
TaNTVM GONCEPIT GENRROSA MENTE DOLORBM, 

Staminé qvod viTiE rvpta fvbre sViB. 
Non animo qvisqvam major non aptior altbr 

C0NSIL1IS patrie CVLTOR ET ECCLESIiE. 
ElOQVIO ET LINGYA POLLEBAT, GLARVS in OMNI 

HiSTORIA ET NOTYM JVRIS VTRVMQVE GENYS (2). 



(1) < ÂgDOscens magDanimitatem atque \n rébus agendis viri dexteri- 
tatem. > (Dans de Ram, p. 361.) 

(2) Celte épîlapbe, tirée d'UGHBLLi, Italia sacra^ Venise, 1720, t. VU, 
p. 154, a été reproduite par M. db Ram, Documents^ p. xvii. 



( XXIX ) 

Ange de Vitcrbe, ayant vu mourir les deux seules per- 
sonnes qui, pour le moment du moins, pouvaient attacher 
quelque prix à son poëme, le conserva par devers lui. A sa 
mort, nul ne s'en préoccupa et on ne sut ce qu'il devint. Plu- 
sieurs années après, Mathias Herbenus, qui s'intéressait à ce 
travail, d'abord parce qu'il justifiait son maitre d'imputations 
odieuses, ensuite parce qu'il avait trait à des événements dont 
son pays natal avait été le théâtre, et qui sait, regrettant peut- 
être, en sa qualité de collaborateur, que le fruit de tant de 
peines fut perdu pour la postérité, se mit à la recherche du 
manuscrit égaré et finit par le découvrir; selon toute proba- 
bilité, ce fut seulement dans les premières années du 
XVI* siècle. 

Mais est-ce bien l'œuvre du poëte de Viterbe qui devait 
être remise au pape, ou bien n'était-elle destinée qu'à agir 
sur l'opinion publique? Le document qui fait l'objet de la 
présente publication est là pour répondre. Onufrius avait eu 
soin de rédiger lui-même, dans une forme plus grave, je dirai 
plus officielle, le mémoire justificatif de sa mission : Adheatis- 
simum Pont, Max, Paulum secundum Honofrii, Tricaricen- 
sis episcopi, de rébus in sua legatione germanica gestis et 
civitatis Leodiensis excidio comentarium. On peut se deman- 
der s'il est jamais parvenu entre les mains de Paul II. Com- 
ment, alors, serait-il sorti des archives du Vatican? C'est là un 
problème que je ne saurais résoudre. Le cahier in-4* qui le 
contient faisait partie d'un recueil de pièces réunies par la 
reliure et dont il a été arraché. Il présente tous les caractères 
d'un manuscrit original, écrit par un secrétaire, mais avec 



( XXX ) 

des corrections qui peuvent être attribuées a Onufrius lui- 
même. 

Les renseignements qu'on vient de lire sur la personne 
du légat donnent de ses capacités une opinion très favo- 
rable et montrent son caractère sous un jour des plus sym- 
pathiques. Cet homme devait être doué d'une grande énergie 
et d'une fermeté peu commune. Souvent il fait preuve d'un 
véritable courage. De plus, il est toujours sincère, loyal, 
dévoué; on le sent incapable d'une action basse, et les accu- 
sations dont il fut l'objet ne résistent pas à cette impression. 
Les peines qu*il s'est données pendant sa longue et difficile 
mission, les déboires, les fatigues, les souffrances qu'il a 
endurés pour épargner à nos ancêtres et à notre vieille Cité 
une effroyable catastrophe, l'esprit de conciliation et de paix, 
le profond amour du bien qui ne cessèrent de l'animer, le 
dévouement et l'abnégation dont il fit constamment preuve 
doivent rendre sa mémoire chère aux Liégeois. A ce titre déjà, 
notre publication sera accueillie avec faveur par nos conci- 
toyens. Elle le sera encore pour un autre motif : c'est qu'elle 
nous donne sur un des faits les plus mémorables de nos 
annales, des renseignements que Ton chercherait vainement 
parmi les nombreuses sources que Ton possède sur cette 
époque (4). Enfin, si jamais document fut d'une authenticité 
indiscutable, c'est bien celui-ci, puisque l'auteur, merveilleu- 
sement placé pour bien voir, ne relate que ce dont il a été 
témoin, et raconte, pour ainsi dire jour par jour, sa propre 
histoire. 

(1) Pbllippe de Commioes, Jean de Haynin, Olivier de la Marcbe, etc. 



( XXXI ) 

Son récit méritait donc d'être publié. Mais, par une étrange 
fatatité qui semblait s'attacher aux mémoires justificatifs du 
légat, de même que le poëme d*Ange de Viterbe fut longtemps 
perdu, la relation originale d'Onufrius resta longtemps égarée. 
En 1818, un célèbre historien danois, le D" H.-Fr.-J. Estrup, 
conseiller d*État, la découvrit chez un libraire de Rome. En 
homme habitué à juger du premier coup de Timportance d*un 
document, M. Estrup en fit l'acquisition. De retour chez lui, 
il l'étudia de plus près, la compara avec d'autres sources con- 
temporaines, et acquit bientôt la conviction qu'elle contenait, 
au point de vue de l'histoire, des données précieuses, inconnues 
jusqu'à ce jour. Il s'entoura alors de tous les renseignements 
qu'il put recueillir et publia, en 1828, dans les Annales histo- 
riques, littéraires et artistiques du Nord (1), un travail étendu 
basé sur la relation du légat. 

Cette étude attira l'attention du publie lettré de la Bel- 
gi<)ue (2), et lorsique noire Commission royale d'histoire fut 
instituée dans le but de mettre au jour les sources de nos 
annales, la relation d'Onufrius fut de suite désignée comme 
devant y figurer au premier rang. C'est M. Ad. Borgnet qui, le 
premier, en 4856, fit des démarches pour obtenir en commu- 
nication le texte original. Il s'adressa à M. Ch.-Chr. Rafn, 



(1) Nordisk Tidskrift for Historié, Literatur og Konsl, udgivet af 
Christian Molhech^ t. H, pp. 169-318 et 329-^51 . Ce travail a été réédité 
dans les œuvres complètes d*Estrap, Estrups samlede Skrifter, Copen- 
hague, 1851, t. II, pp. 405-480. G*esl M. Engelstoft, évéqae d'Oldensée et 
parent de M. Estrup, qui a soigné cette édition. 

(2) Et aussi de la France. M. Férussac en rendit compte dans le Bulletin 
des sciences historiques, Paris, 1829, t. XIII, p. 381. 



( XXXII ) 

membre de l'Académie royale de Belgique, qui lui-même pria 
M. C-F. Wegener, vice -président de la Société royale des 
antiquaires du Nord, archiviste intime du royaume de Dane- 
mark (1), et M. le professeur Aug. Rothe, de Sorô, de s'occu- 
per de cette affaire. Malheureusement, le D' Estrup était mort 
depuis 1846, et les recherches les plus obligeantes pour 
découvrir le manuscrit restèrent sans résultat. 

A la fin de Tannée 1858, M. Fr. Schiern, professeur d'his- 
toire à l'Université de Copenhague, présenta spontanément ses 
services pour se livrer à de nouvelles investigations (2). Son 
offre fut acceptée avec empressement, mais sans doute il ne 
réussit pas dans ses recherches, car on n'en eut plus de 
nouvelle. 

Chargé, en 4876, de présenter à la Commission d'histoire 
un programme pour la formation d'un corps de chroniques 
liégeoises inédites, je m'occupai à mon tour du Commentaire 
d'Onufrius et, grâce à la bienveillante intervention de M. le 
chevalier F. de fiertouch, veneur de la cour de S. M. le 
roi de Danemark, qui habite notre pays, M. Wegener s'occupa 
de nouveau du même objet. Il supposa que le manuscrit 
pourrait se trouver dans les châteaux de Kongsdal en Sélande 
ou de SkaITôgaard en Jutlande, appartenant tous deux à |a 
famille Estrup; mais ces efforts demeurèrent encore une fois 
infructueux. 



(1 ) Auteur d'une Vie de Charles le Bon, comte de Flandre. 
(2) Yoy. les Bulletins de la Commission royale d'histoire, 2« série, 
t. XII, p. 17, et 3« série, 1. 1, p. 290. 



( XXXIII ) 

Puisque donc il semblait évident qu'il fallait renoncer à 
mettre la main sur le texte original du légat, il ne restait plus 
qu'à mettre à profit l'analyse que M. Estrup en avait faite. 
Déjà M. Borgnet avait eu cette pensée et, à cet effet, il en avait 
fait faire, par M. le D' Liebrecht, la traduction littérale. Après 
avoir remanié ce premier travail, je sollicitai et obtins de 
S. Exe. M. Jacques B.-S. Estrup, président actuel du Conseil 
des ministres du Danemark et fils du conseiller d'État, Tau- 
torisation d*en faire Tobjet d'une publication pour la Société 
des Bibliophiles liégeois. Puis, grâce aux bons offices de M. de 
Bertouch et de son parent S. Exe. M le baron de Rosenôrn- 
Lehn, ministre des Affaires étrangères, je fus mis en rapport 
avec un employé de ce ministre, qui voulut bien vérifier 
l'exactitude de la traduction. 

Cesl ainsi que parut, en i88i, la 24* publication de la 
Société des Bibliophiles liégeois, sous le titre : Liégeois et 
Bourguignons en 1468, étude historique de M. le ly H.-F.-J. 
Estmp, eottêêUler d'Étai à Copenhague, d'après les rapports 
du légat Onufrius, traduction du danois avec une introduc- 
tion par & Bormans, etc. Liège, 4881, in-8* (i). 

Cependant M. Jacques Estrup n'avait pas perdu de vue la 
demande qui lui avait été faite au sujet du manuserit original. 
Je n'y pensais plus moi-même, lorsqu'au mois d'août 1884 
réminent homme d^État me fit savoir qu'il venait d'être 
retrouvé. Je le priai aussitôt de vouloir bien me lenvoyer en 



(1) Cet ouvrage, conformément aux statuts de la Société, n'a été tiré 
qu'à 50 exemplaires. 



( XXXIV ) 

communication et de m'autoriser à le livrer & la publicité. Il 
accéda de la manière la plus gracieuse à ma prière et, le 3 no- 
vembre» je déposais le précieux volume sur le bureau de la 
Commission royale d'histoire. L'impression par mes soins en 
fut décidée séance tenante (i). Si elle a été si longtemps 
retardée, la faute n'en doit être imputée ni à moi ni à la Com- 
mission. Celle-ci de même que le Gouvernement belge ont 
adressé à H. Ëstrup leurs remerciements pour le service qu'il 
a rendu à notre histoire. Je suis heureux d'y joindre les miens 
par un hommage public rendu à sa parfaite obligeance. 

J*ai reproduit le texte du manuscrit — malheureusement 
incomplet d'un ou de deux feuillets — dans toute son intégrité, 
même avec ses fautes. On constatera qu'il présente aussi un 
certain intérêt pour les philologues. Si je suis parvenu à 
expliquer, dans les notes, certains passages difficiles au double 
point de vue de la langue et de l'histoire, je le dois, je me. 
plais à le déclarer ici, au concours bienveillant de mes amis 
M. le doyen Schoolmeesters, M. le professeur L. Roersch et 
M. le chevalier C. de Borman. 



(i) Bulletins de la Commission royale <Phistoire, 4« série, t. XII, 
p. 137. 



MEMOIRE 



DU 



LÉGAT ONUFRIUS 



SUR 



LES AFFAIRES DE LIÈGE (IA68). 



Ad Beatissimum Pont, Max. Paulum secundum Honofrii 
Tricaricensis episcopi de rébus in sua legatione germanica 
geslis e/ civitalis Leodiensis excidio comentarium (1). 

Poilicitus sum aliquibus litteris meis ex Aquisgrani scriptis 
âd Sanctitatem tuam, beatissime Pater, me seripturum coinen- 
tariolum fidelein et verum quemadmodum excidium et mise- 
ràbile incendium insignis olim civitatis Leodiensis, sancte 
Romane ecclesie peculiarîs filie, successerit : tempesttvum est 
ut debito bonori et justitie Sanctitatis tue et apostolice sedis», 
ac volunlati aliorum muUorum qui rem gestam nôsse deside- 
rant, faciam satis et me absoivam {iromissionc mea, ut 
ofluiibiis innotescat Sanctitatem tuam per suos ministros recte 
et sanete, ut angelum Dei decet, in bac rc processisse, etsi 
in vindiçtam nîmis alrocem per alîôs eneessum est vei medi- 
cina modum excessit (Deus et ipsi videant!). Non quod in scrip- 
tis meis aliquem calumpniari, judicare vel condemnare velim 



(1) Le manuscrit ajoute primum, 11 n'est pas probable qu'il y ait eu un 
second mémoire. En tout cas, comme nous ne possédons que celui-ci, j'ai 
cru qu'il fallait faire disparaître ce mol du litre. 



(2) 

(cum id sacro tue Sanctitatis judicio reservctur], sed ut rcî 
veritatem deducam in publicam notionem quœ a plerisque, 
suos affectus privâtes sequentibus, ut sentio, variis nugis (t) 
labefacta est et in auribus bominum inique et obscure, ne 
dicam false, diffusa. Desideravi plurimum, insteti et pulsavi 
frequentius apud aures illustrissimi principis Caroli, Burgun- 
dionum, etc., ducis, qui tante civitatis ruine et incendii auclor 
et patrator extitit (et ad quem, pro cjusdem civitatis et jurium 
Romane ecclesie sainte, per Sanclitatcm tuain missus fui, et 
qui, me )ura ecclesie secundum jussa tue Sanctitatis prose- 
qucnte, una cum serenissimo L. (2), Francorum rege, ad dicte 
civitatis excidium venit et eam, per me absque bello obla- 
tam, subccndit, destruxit et depopulatus est), propter mul- 
lorum vaniloquia garrientium, magnatum et plebeiorum, 
opinantium se scirc que nesciunt, ut convocatis proceribus et 
optimalibus suis, audirent me omnia bœc coram (5) verba pro- 
forcnlem, cum plurima scirem que ipsis erant et adhuc sunt 
ignota, et multi tune adessent qui pluribus in ea re gestis 
intcrfuerant, maxime cum tune recenlior rerum gestarum 
memoria et acutior spiritus in eis explicandis existeret. Incer^ 
tum autem habco cur id dissimulalum fuerit; immo, primo 
per plures ex consiliariis, demum vero per ipsum illustrem 
principem, ipsis presentibus, mihi dietum non oportere me 
actendere (4) nec moveri inanibus vulgi verbîs et hominum 
deditorum ad predam, qui non solum de hominibus et ipso 
principe eorum, sed etiam de Deo maie loquî consuescunt, 
cum ipsémet certus foret me omnes labores, curas et dili- 
gentias exibuisse ad pacem et concordiam perficiendam, sed 



(I) Nugœ parait avoir ici le sens de mensonges. 
(3) Scilicet Ludovico, Louis Xf. 

(3) Coram (adverbe), ouvertement. 

(4) Sic. L'écrivain transforme en c le premier t dans les verbes oii cette 
dernière lettre se trouve redoublée : mictere, ohmictere, etc. 



(3) 

ipâorum Leodicnsium pamcatiam (1) et inconstanh'am igno- 
rasse, et nimis eorum promîssionibus prestilisse fldeni. Unum 
scio quosdam, privatim et semotis arbitris, mihi dixisse non 
posse fieri quin in sermone ci narratione mea miiltos uotarem 
et culpas eorum detegerem; et banc suspicor fuisse causant 
evitnndi vel refugiendi publicum colloquium. Subdcuissem 
fortasse tune plura, ex bac causa ne aliquos iedi aot forte 
perdttum iri contigisset ob sermones meos, quoniam apud 
plerosque ipsorum id rectum vel iniquum putatur quod secun- 
dum vel contra eorum fit vel dicilur voluntatem. Nunc vero 
nihil oranino tacendum est vel obmictendum, et vestre Sancti- 
tati et sacro reverendissimorum dominorum cardinalium 
coUegio ea fide qua teneor recte veritas ènarranda, cum ex 
inuDcto (2) mihi ordinis mei et legationis officio vera referre 
lenrar et debeam, postposito amorc, timoré vel odio, et coram 
il'o verba facturus sim qui ejus qui summa veritas est vices 
gerit in terris. Loquar igitur vcritatem puro corde et rudi 
sermone, obmisso elegantiori stilo cujus ignarus sum omnino; 
ncc erit mendatium in ore meo, illeque Paraclitus qui a veri- 
tiitc procedit mentem meam illuminet et inducat sicut ejus 
promisit Filius in ipsam veritatem. 

Sed antequam narrationis exordium sumam, delectat me 
nimis apostoliçi sermonis reminisci, videlicet doctoris gentium 
bcati apostoli Pauli, cum présente rege Agryppa inquit : 
« Beatum me ex istimo, Agrippa rex, cum apud te loquturus sim 
bodie qui optime nosti que apud nos sunt consuetudines et 
questiones, propter quod obsecro ut me patienter audias (5) ». 
Convertam ergo hune sermonem ad Sanclitatem tuam, beatis- 
sîme Pater, qui optime nosti dissensionum barum causas et 
maximam partem eorum que dicturus sum, que, licet apud 



(1) Lisez p^rDicociam. 

(i) Lisez injuncto, comme plus loin objicientes au lieu de ohicientes, etc. 

(3) AcT. Apost., c XXVI, v. 2. (Vulgale\ La cilalion n*est pas textuelle. 



Sanclitalem tiiam rcplicare sûpervacuum videafur, propter 
cos tamen quibus rei fundamentum et initîum ignotum est, 
summatim a principio aliqua breviter perstrîngere summe 
videtur necessarîuni esse, et ad universos legcntes sermonem 
dirîgere ut ex notariorum actis collcctum est dietim scriptis. 

Narratio. Assumptiis est ad regimen Leodiensis ecclesie, per resigna- 

tioneiu Joannis Heynsbergh tune vacantis, per felîcis recorda- 
tionis Calistum iij*", pontificem maximum, reverendus pater et 
illustris génère Lodovicus de Borbonio (i), etate tune juvenis, 
licct morum nobilitate preditus; qui in sui episcopatus pri- 
mordio, cum nimis, ut Leodienses aiserunt, imperiose et 
prêter aliorura temporum et pontificum consuetudinem, 
populis, civitati et oppidis patrie Leodiensis amici (2) et adhé- 
rentes sibi preesse concupiscerent (5), exorta est grandis et 
cruênta dissensio inter îpsum episcopura ex una, et seniorcs 
civitatis et oppidoru m patrie Leodiensis, quos Jburgimagistros 
vel consules appellant, ex altéra, super gladii potestale et ani- 
madversione in facinorosos homines : quod merum et mix- 
tum impcrium leges noroinant(4); eonsulibus seu magistratibus 
municipalibus obstinate contendentibus non ad solum épis- 
copum, sed etiam ad cos banc jurisditionem (5) seu impcrium 
pertinere; obicientes etiam episcopo quod, cura dccem fere 



(1) Jean de Heinsberg résigna révécbé le 22 novembre 1455, en faveur 
de Louis de Bourl)on, qui était âgé de 18 ans. Calixte Itl ayant approuvé 
ce choix le 9 mars U56, la bulle de confirmation arriva à Liège le 10 mai. 
Le nouvel évêque fit son entrée dans sa cité épiscopale lé 13 juillet suivant. 

(2) Usezamicos. 

(3) Lisez concupiseereL 

(4) GVst surtout dans les records des écbevins de Liège publiés à cette 
époque que Tex pression merum et mirotum imper ium est employée. Ces 
records ont été analysés par Henadx, Histoire du pays de Liège^ édit. de 
1874, 1. 11, pp. 77 et suiv. 

(5) Sic; et de même satis facto pour satisfaction etc. 



(5) 

annus (1) Leodiensi ecclesiœ prœfuisset, nondum sacris ordi^- 
nibus foret insignitus. Quamobrem, cum muha hinc inde 
scandala,pro8criptiones, încarceratîones, confiscationes et direp- 
tiones bonorum, ac multorum cèdes et supplicia privatim et 
publiée suborta essent, episcopus, ut suam jurisditionem et 
imperium (ut asserunt) tuereturin omnia, civilatem etoppida 
eidcm adherentia interdixit sacris et comunione prîvavit, 
asserens boc sibi licere juxfa canonicas sanctioncs (2); et pro 
seculari bracchio ac temporali presidio implorando, confugit 
ad îllustrissimum principem Filippum, Burgundie, etc., duccm, 
avunculum suum (5); qui episcopi (nepotis ex sorore) defen« 
sione suscepta, aliquibus, levibus tamen, prasliis cum Leodien- 
sibus initis et agris multis vicissim incensis antequam publico 
bello decertaretur, placuit duci et epîscopo causam ipsam 
controversiarum harum deducere ad apostolice sedis examen 
et ad felicis memorie Pli II (4), pontificis maximi, cognitionera 
et judicium remictere. Qui Pius pontifex, considerans quanta 
inter principes et subditos exorte discordie discrimina afferant, 
cupiensque votis illustris Philippi Burgundiœ ducis annuere 
(qui personaliter iturus tune, cum grandi maritimo et terrestri 
cxcrcitu,in favorem catbolice fidei expeditioncm preparabat 
in Thurcos), ac ut civitas Leodiensis et patria, submotis dissi- 
diis, optata pace frueretur ac preservaretur a noxiîs, reveren- 
dum patrem dominum Petrum Ferrici, tune palatii apostolici 



(1) Lisez annos. 

(2) yinterdii fui lancé le 29 octobre 1461. 1/acle se trouve dans 
De Ram, Documents relatifs aux troubles du pays de Liège sous les 
princes- évéques Jean de Borne et Louis de Bourbon,, p. 484. Pie II con- 
firma rinierdit le 1» mai 1463 {Ibidem, p. 503). 

(3) Louis de Bourbon était fils de Charles, duc de Bourbon, et d'Agnès, 
fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. 

(4) Calixte III était mort le 6 août 1458. Pie II (Eneas Sylvius Picco 
lomini) avait été élu le 10 août suivant. 



(«) 

Gttusarum auditorem, dudc vero Tyrasonensem episcopum (i), 
ad eas regiones traosmisii ot disseosionis causas intelligeret, 
ioterdictum sacrorum relaxaret ad tempus, et qaoad posset 
dissidîa tolleret, et partes ipsas dissidentes ad concordîam et 
pads duleedinem revocaret ; alioquin, cause cognitionem juris 
ordine susciperet et sumini pontificis judicio decidendani 
referret. Qui, cum partes ipsas, primo per se solum, demum 
una secum accito me Honofrio, Tricaricensi episcopo (tune ad 
partes Germanie supra Renum per eundem Pium pontificem, 
ob dissensiones que tune in Maguntina (2) eedesia vigebant, 
misso, eo etiam existenle collega)^ ad pacem et concordiaro 
pluries verbo et litteris invitatas et suasas redueere nequivis- 
seiit (5), necessarium fuit ut idem Petrus causam ipsam equo 
lîbramine et juris ordine tractandani suraeret, sedis apostolice 
judicio referendani. Et quoniam Leodienses intérim, contra 
eorum promissa (quibus etiam jurejurando, sub triginta milium 
florenorum Renensium pénis, se obligaverant lite pendente 
nibil înnovare), castrum vocatum Reyde (4) nedum invaserunt 
ob capturara aiiquorum civium Leodiensium, sed equaruut 
solo, iterum per eundem Petrum sacris interdictum est (5), et 
prescriptam penam incidisse declarati (6), rcliquo principalis 

(1) Tyraso, Tarazooa, ville d'Kspagoe. Le bref est daté du 12 janvier 
1463. (Voy. De Ram. Op. cil., p. 512.) Pierre Ferriz, dit Ferrici, arriva à 
Aix-la-Cbapelle le 31 mars. (Voy. Adrien de Veteribusco, dans VAmplis^ 
sima colleclio de Martène et Durand, t. IV, col. 1258.) 

(2) Sic, pour Moguniina, et de même plus loin. 

(3) Usez nequivisset. 

(4) Rheidt, sur la Neers, aux environs de Gladbacb. La garnison du 
cbâ'eau se rendit le 1 1 juijlet 1464. Voir, dans la Revue de numismatique 
belge, 1875, pp. 87-92, un article de M. le baron Jules de Ghestret. 

(5) Ferri se transporta à Trêves pour prononcer sa sentence, le 10 sep- 
tembre 1464. Paul II, dans Tespoir que Ton pourrait arriver à un accom- 
modement, suspendit ]*interdit pour quatre mois, par un bref du 6 mars 
1465, adressé à Louis de Bourbon. 

(6) Declarati se rapporte à Leodienses. 



(7) 

cause processu diiigenter inslructo, ad sedîs apostolice dcci- 
sioaem remîsso. 

loter hec, cum summus pontifex Pius vtta defunctus esset ^q^^ ^^ p^p^, 
anlequani reverendus pater Petrus, tune auditor (i), Germa^ 
nia foret egressus^ ad sanctissimi patris domîni nostri Pauli 
secundi, pontificis maximi, successoris ejus (2), sacrum judi- 
cium reservata est hujus dissensionîs decisio; qui, ut pius 
pater in cœteris rébus soiet, equitatem rigori justitie prefe- 
rens, audita relatione ejusdcm Pétri tune Tyrasonensis electi, 
Isatis ambarum partium cootendcntium apud scdem aposto> 
licam constitutis, bis quatuor mensium spatio ad concordiam 
ioeundam indicto, et ipsis ad partes remissis sub spiritualibus 
et temporalibus pénis ne intérim aliquid innovarent : nedum 
pax sequta, sed multa intérim paci adversa, diabolo instî- 
gante, gesta sunt (5). Quamobrem, sanctissimi patris domini 
nostri Pauli secundi, pontificis maximi, sententie promul- 
gatio sequuta est in hune qui sequiCur modum et effeetum : 

« Verum et plénum dominium, omnimodam jurisditionem scntentia in favo- 
in spiritualibus et temporalibus, ac merum et mixtum impe- J!^*^ n^pauFim^'^ 
rium per eivitatem Leodiensem et oppida de Sancto-Trudone, <^>^^- 
de Asselt, Loscastri, Beringen, Eyk, Stockhem, Brede, BHsia, 
Tongris, Herk et alia loca totius comîtatus Lossensis et patrie 
Leodiensis, institutiones villicorum, scabinorum ceterorumque 
officiatorùm jurisditionis temporalis, ad episcopum et eccle- 
siam Leodiensem spectasse et pertinuisse ac spectare et perti- 
nere; quodque îpsa civitas et palria Leodiensis comitatusque 
Lossensis prsedicti sunt sub dominio et jurlsditîone spirituali 



(1) Audilor causanim Sedis aposioiicae. 

(â) Pie II mourut à Âncôue dans la nuit du 15 au 16 aoùl 1464. Paul II 
fat élu le 51 du même mois et consacré le F 6 septembre. 

(3) Cette phrase est rendue obscure par un anacoluthe, le verbe dont 
^ut est le sujet se trouvant compris dans nedum, etc. Il faut entendre : il 
ne jH'ut obtenir la paix, etc. 



(8) 

et lemporali episcopi et ecclesie Leodicnsis, ac eisdem subiciuti- 
tur; eaque omnia et Eingula prcefato episcopo suisqiic succes- 
soribus et eidem eeclcsie Leodiensi adjudicanda fore et adjudjca- 
vit(1);necnon niagislrisciviuin, rec[oribus,juratis, consiliariis, 
commissariis quibuscunquc, ac toti comunitali civitatîs Leo- 
djensis et burgiinagîslris, grabiais, recloribus, juratis et con- 
Gulibus dictoruDi oppidorum et iocorum, adversariis (2), cornu- 
niter et divisîm, tanquam talibus nuDum penitus jus in eisdem 
dominiis, imperiis et instilutionibus competiisse seu compe- 
tere; omniaque eonira banc jurisditionem et imperia per eos 
gesla el impcdimenia prestita illiciia fuisse nec ficri lîcuisse, 
ac revoeanda, irritanda et cassanda, et în stalum pristinum 
re|M>nenda coiistituit. Offcasas, injurias, damna, «pensas et 
intéresse juita estimationcm et modéra tionem per Sanetitaieni 
suam decernendam reficiendas jussit; pena quinquaginta 
milium florenorum Renensium, in favorem calholice fidei 
adversus Turchos eonverlendorura muIctaviL; sacris interdixit 
et comuninne fidelium privavit quoad amnta maie gesta revo- 
eaverint, paruerint et satisfeccrint cum efTeclu. Super his vero 
que pro parte comunitatis Leodicnsis et aiiorum Oppidorum 
adversus episcopura in actis cause (3) deducunlur, cum ab bis 
requisitus fuerii, justitiam se adminislralurum, auclore 
Domino, pollicitus est (i). > 
In Cum bec senlentie promulgalio Rome, X' Kalendas januarii. 



{t) La grnience porte : el adjudieamus. 

(2) Aiiver»ariit esi mis ici ttunp façon absolue : conlrairvs, opposés. 

(3) Afta caussjes pièces du procès. 

(l) Le ti-iie de celle sentence île Paul II, Uu 23 décembre 1465, a été 

.-uii — r^ u — A es Oocufflwi/J, tic-, p. 5<6, el par moi dans 

ride la principauté de Uègr, première série, 
irriva irop lard pour apaiser les esprits; «d 
iTiil éié déclaré «Jéchn par les ÉlaU, le 
{eois s'éuient alliés ï la Fnoce le 17 juin 



(9) 

id est 25 decembris, anno Ixv* facta esset, et apud patriam Léo- 
diensem et loea finilîma inter Filippum dueem et ejus filium 
Carolum ac Leodienses, hoc medio tempore, multe agrorum 
et villarum depopulationes, desolationes et incendia mutuo 
seqnuta essent : exceisi et insignes viri Vîncenlius, cornes de 
Meurs et de Sanobarde, ac Jacobus cornes de Huerne, domi- 
iius d'Âthena (i), ne penitus patria desolaretur, componchde 
pacis sumpsere negotium; et apud Phiiippum ducem in oppido 
Bruxellensi cum diutius pertractassent^ tandem, Deo propilio, 
in bas pacis condîtiones eis indicfas Leodienses consensere; 
que, convenientibus apud Sanctum-Trudonem (2) episcopo 
et dcputatis civitatis et patrie Leodiensis ac ipsius ducis Phi- 
lippi et Garoli filii eonsih'ariis, una anle sententiam latam die, 
id est xxij decembris, conclusa et sigillata extit (3) in hune 
rnodum (4) : 

« llli civitatis, oppidorum et patriarum Leodiensium et Los- Articuli concordie. 
sensium, ad perveniendum ad finëra pacis cum metuendissimo 
domino duce Burgundie et Brabancie, facient et adimplebunt 
puncta, articulos et res que sequuntur (5) : 



(1) Vincent comte de Meurs et de Saerwerden, et Jacques comte de 
Horne, seigneur d'Alteoa. Ces deux personnages remplirent plus d'une 
fois Toffice de négociateurs entre les Liégeois et les ducs de Bourgogne. 
(Voy. mon Cartulaire de Dinant, L II, p. 162.) 

(2) L'écrivain donne aussi la fbrme Sanctus-Trido. Saint-Trond, ville 
de Pancien comté de Looz, au pays de Liège. 

(3) Lisez extitit 

(4) Le telle des articles est précédé de celte réflexion que je crois devoir 
placer en note : t Earum pacis conventionum ténor ad verhum talis 
sequitur, si quis clariu.s desideraverit nosoere. Quod si prolixitas earum 
legeuti fastidium afferat, brèves summulas in margine scriptas cursim 
perlegere poierit ». 

(5) ici se présente la traduction, en latin, du traité connu sous le nom 
de Paix de Saint^Troni^ et conclu, le 33 décembre 1465, entre le pays de 
Liège (les villes de Huy et de Dînant exceptées) et le duc de Bourgogne. 
Comme ce document se trouve imprimé dans la Collection de documents 



» 

M 

» 
» 



( 10) 

c l^ Pèlent veniam illi de cîvitate in magno numéro et 

ceHo modo; 

» ji? Similiter facicntilli de patrie; 

» 5^ Similem emendam facient domino de Carloys, filio 

ducîs; 

> 4"* Quod fiet cappella certo modo et ubi placebit domino 
duci, pro animis occisorum ; 

» 5** Quod subditi ducîs qui consueverunt recurere (1) ad 

Leodium pro sensu .... (2), dcinceps erunt exempti; 

» 6** Quod Leodiensrs nunquam armabunt se vel ligas 

facient sine scitu d. ducis, sub pénis, etc; 

B 7"" Quod renunptiabunt ligis factîs cum aliis; 

» 8"* Quod récipient d. ducem et successores suos duces 

Brabantie ut gardianos et defensores rerum et persona- 

rum, etc. ; 

» 9"" Quod iili de civitate et patrie assurabunt d. ducem 

de duobus milium florenorum Renensium annuis, ratione 

gardianatus, et assistent sibi ; 

» fO' Quod solvent d. duci, pro dam puis et interesse, 

(rccenta et quatraginta milia florenorum Renensium; 

> \i° Quod d. dux habebit liberum transitum per flumen 
Mose; 

» iâ"* Quod monete d. ducis habebunt cursum per palriam 

Leodiensem; 

^ iy Quod non poterunt Leodienses oppida clausa vel 

fortellilia construere de novo; 



inédits de M. Gachard, t. Il, p. 285, et dans le Recueil des ordonnances 
de la principauté de Liège, 1'« série, p. 500, que j*ai moi-même publié 
eu 1878, je crois pouYoir remettre Ici, me bornant à reproduire les som- 
maires qui se trouvent en marge. — Cette paix, signée définitivement le 
23 janvier 1466, ne fut proclamée à Liège que le 1" mars suivant. 

(i) Lisez recuiTere, 

(2) Un root {capitali?) a été emporté par le ciseau du relieur. Dans le 
texte français il y a par chiefde sens. Cfr. le n» ââ de la p. 18. 



(1* ) 

»14*^ Quod Leodienses obedieut d. cpîscopo Lcodicnsi et 

> facieot sibi emendam honorabiiem ad arbilrium ducis «t de 
» Charloys, el reddcnt sibi ablata, salvis juribus Ecclesie et 

> franchisiis civitatis et patrie; 

»15° Goncluditur pax, exceptis illis de Dynanto; 

» iû"* Coinprebensi in pace revertentur ad bona sua in 
» statu in quo illa invenient iininobilia; 

> 17** Quod oinnia predicta debent ratificari per très Status 
» civitatis et patrie. » 

Similis quoquc satisfationis obb'gatio facta est illustri Carolo Satisfactio prestita 
•.• j r. 1 /j\ • i^u-r • j -Cl- • .• dominodeChar- 

comiti de Carloys(i), unico Philippi ducis nlio, sicut in sirpe- loys filio dueis. 
riori tractatu fieri debere declaratum est; et ultra bœc, pro 
interesse et damnis guerrarum sibi motarum, captione quoque 
castrî sui de Fallaix (â) et incensione basse curie castri sui de 
Montaigri (5) per Leodienses facta, ac injuriis et inhonestis 
verbis contra personam suam prolatis, promiserunt civitas et 
tota patria Leodiensis solvere eidem Carolo, ducis filio, summam 
ccntum et nouaginta milium florenorum Renensinm, in opido 
Lovaniensi, infra duos annos a die date superiorum lilterarum 
incipiendos, certis terininis intra id biennium distinguendos; 
quibus elapsis, si in solutione defecerint, singulis diebus ultra 
terminum penc nomine decem nobilia solvcre pacti sunt, datis 
obsidibus et fidejussortbus, numéro quindccini, cum equis et 
servitoribus singulis, ac omnium rerum suarum obligatione. 



(1) Le comte de Cbarolais. 

(2) La terre de Falais, au pays de Liège, était une propriété particu- 
lière du comte de Charolais. ]1 en avait hérité, en 1462, de Jean 11 de 
Wesemael, seigneur de Westerloo, maréchal héréditaire de Brabant (voir 
MiBiEUs, Op.dipLfU îy p. 458). Vers le mois de juillet 1405, les Liégeois 
s^emparèrent du château de Falais; mais il fut restitué à la 6n delà même 
année au fils de Philippe le Bon (Gfr. Bouille, OisL de Liège, t. II, p. 89, 
et les Bullet. de la Commission royale dtUstoire, i^ sér., t. XllI, p. 74). 

(5) Montaigle, château dont les ruines existent encore, et dont on peut 
lire une description dans les Annales de la Soc. archéo!, de Namur, t. VI. 



(12) 

et submîssione in quoscunque judices ecclesiasticos vel secu- 
lares, omniuraque legum et exceptionum presidîo plene et 
expresse renuoctiantes. 
Renovatur prelium Firmatis his pacis convenlionîbus, paululum a tomultibus 

ex causa Dinan- , ,,. . . • • . *• r * » j* • . 

tensium et aiiis bellicis quievcre animi, et satisfactum per Lcodienses brevi 
infrascnptis. tempore pluribus hujus pacis conditîoDÎbus. Sed quoniam dux 

contra insigne oppidum Dinantuni (i), non comprehensom in 
tractatibus pacis ob certa maledicta (2) conyitia in personam 
Caroli, fiiii sui, turpiter jactata, moveret exercitum : veriti Lco- 
dienses magni et pulcri oppidi ac sotiorum (5) excidium, cum 
putassent ducem potins ad injuriarum emendam quam opidi 
desolalionein intentum, nec ipsum, interpositis mediis, potuis- 
sent avertere : iterum pro sotiorum defensione arma sumpsere, 
et acrius ac magis cruentum revixit bellum; ex quo, raultis 
vicissim datis et acceptis cladibus, tandem Dinantum oppidum 
vî expugnatum est, bonis spoliatum, funditus eversum et solo 
coequatum, templis omnibus et domibus penitiis dirutis, et 
omnibus fere incolis interfectis qui in potestatem hostium 
devenere^ sine sexus aut etatis discrelione (4). 
Reintegratur pax ^^q mm grandi clade accepta, Léodiensium animi ad pre- 

prima sud certis " "^ 

conditionibus. lium irrilati, aciebus hinc inde contra ducis exercitum bellico 

ordine compositis, cum jam classica signa (5) ad certamen ex- 
pectarentur, iterum Leodienscs, comunibus amicis medianti- 
bus, ad primas pacis condiliones rediere, ac pro ea obser- 
vanda datis obsidibus decenti (6) numéro, et remissa ad Philip- 
pum ducem et Carolum ejus filium omnium controversîanun 



(1) DUmtmtmny Dioant, ville de l'ancien pays de Liège, dans TËntre- 
S»Rbre-et>Meuse. 
(â) Suppléez et 

(3) Sic. L'auteur écrit de même juditium, cammertium , speties, etc. 

(4) La ville de Dînant s*élait rendue le â5 août 1466. Le comte de 
Cbatolais y entra le lendemain avec son armée. 

(o) Classica liigna, le signal donné par les trompettes. 
(6) Lisez ducentis? 



(13) 

iDter episcopum et eos decisione, ac restilutîone ablatorum 
episcopo durante guerra, et honorabili injuriariim et offen- 
sionum eraenda ad ducis arbilrium, civîli tamen et pecuniaria, 
non tangendo personas, salvis etiam juribus, prîvilegiis, fran- 
chisiis et libertatibus civitatis et oppidorum patrie Leodiensis 
que justa fuerint; hoc etiam adjecto quod apostolicum inter- 
dicluni relaxetur(i) et aliqui cives, xvj vel viginti numéro, qui 
post ultimum bellum de civitatc ad episcopum confugerant et 
quorum consilio cuncta se fecisse Leodienses asserebant, nullo 
modo in civitatem redirent, tanquam omnium malorum auc- 
tores extitissent. Has conditiones cum episcopus omnino recu> 
saret, nec interdictum rclaxari permicterct aut quovis modo 
civitatem ingredi sine illis xx civibus velïet, Leodiensibus e 
contra renitentibus ac dispositis potius extrema pati quam 
illorum civium permictere reditum : majores ob hoc difficul- 
tatcs exorte sunt. Suadebant Philippus dux et Garolus filius 
episcopo ut publicum bonum prefcrret privato, et ne propter 
aliquos particulares cives pacem cum omnibus et patria tota 
Leodiensi perficere differret, ac interdictum tolli permicteret, 
maxime cum Leodienses offerrent omnia ad ducis arbitrium 
imperata facturos, bis duabus rébus gestis. Quœ cum episco- 
pus obstinatius contra ducis sententiam recusaret, et ob hoc 
muiti Leodiensium amici, quos vocant van der groener tenten, 
de viridi tentorio vel tinctura (2), ad numerum quatuor milium, 
in eorum auxilium in patria convenissent,agros finitimos popu- 
lantes et omnia extrema temptaturi : visum est Philippo duci et 



(i ) Lisez reiaœarelur. 

(2) « Multi ex primoribus civibus qui se socios Virdurœ nuncupabant, 
quod nos vernaculo sermone expouimus van der groenre tenten » , dit 
Herbenus, daus De Ram, Documents, etc., p. 558. Sur ces t compagnons 
des vertes tentes », aussi appelés couleuvriniers, voy. Chapeaville, GesUi 
pont. Leod., t. III, p. 157, et cfr. Gachard, Collection de documents iné- 
dits concernant C histoire de la Belgique, 1. 11, p. 435, note. 



Mietit dax legatos Carulo (i ) filio, pcr suos legatos Guliclmum, episcppum Torna- 
confimatîone pah censem, et Jacobum de Hostende, provjncie Flandrie Heremi- 
nt^'lcgatum^S ^®**"™ Sancti-Augustini provincialem ministrum (2), et quos- 

lat papa propter dam alios, hcc orania ad apostolice sedis et summi pontificis 
obstinationem a- . , i . 

nimi episcopi, Pauli s&cundi dediicere notionem, ac sue Sanetitnti supplicare 

Ut prescrîptain pacis inite formulam auctoritate apostoHca robo- 
raret, legatumque ad partes ipsas de latere suo celeriter micte- 
ret, sue Sanctitati domesticum et familiarem ac partibus ipsis 
gratum, qui paeem inter episcopum et suos subditos civitatis 
et patrie Leodiensis apostolica auctoritate tractaret, episcopum 
a sua duritie et animi obstina tione compesceret, ac ad ea per* 
ficienda induceret que circa interdicli relaxatîonem et civibus 
illis pro tune in civitatem non reducendis Phiiippus dux et 
Garolus filius pro comuni bono et pace suadebant; oiferenles 
se duces ipsi, pater et filius, eidem legato mictendo eflScaciter 
adherere, ac tam in tractandis et componendis quam exequen- 
dis rébus ipsis, omnem assistentiam et auxiliuni prœstituros. 
Cum Jacobus de Ostende provineialis solus primo cum bis 
mandatis ab ipsis principibus, pâtre et filio, dimissus ad sum- 
mum pontificem Paulum Romam jam dcvenisset, paucîs post 
Fiiippus dux mori- lapsis diebus Phiiippus dux, xnu die mensis junii anni LXVIJ, 

vita defunctus esl(5). Post cujus mortem, illico Gulielmus Tor- 
naccnsis episcopus per Carolum, filium, suecessorcm ducem (4), 
ad summum pontificem missus est post Jacobum provincialem, 
pro rébus eidem cpnmissis celeriter exequcndis. Qua de re, 
cum pericuium grande et gravitas ipsa negotii summam celé* 



(1) Sic. 

(S) Guillauuie Pilastre, évéque de Tournai de 1460 à 1473. Quant à 
Jacques d'Ostende ou de Hostende, son vrai nom était Jacques Roudolf 
(ou Raudolf). Il était conseiller de Ptiilippe le Bon. Le P. A. Keeliioff donne 
sur lui quelques renseignements dans son Histoire de l*ancien couvent 
des ermites de Saint-Augustin, BvugeSy 1869, p. 195. 

(3) Le duc Philippe mourut à Bruges le 15 juin. 

(4) Lisez (/MCI»? 



tur. 



( 18 ) 

ritatem exposcerent, placuit pontiflci maximo Paulo ipsius 

ducis petitiones, potissîme circa confirma lionem pncis inite in 

Sancto-Tridone, déferre ad consilium sacri scnatus reveren- 

dissimorura sancte Romane ecclesiœ cardinalium; qui cum 

minime confirmandam sed potius infirmandam judicassent, 

presertim in punctis et articulis dominium, proprietatem, ju- 

risdilionem et aucloritatem Leodiensis ecclesie concernenlibus, 

maxime cum nec episcopus aut capilulum (1), clerus aut popu- Récusât papa con- 
,. il ' , I • ' t'M firmationem pa- 

las ipsam connrmari pelèrent : ne ducem ipsum aut inclilaoi eis, etc.» infra- 

Burgundie domum ex ipsa revocatione lacesseret aut offen- legàîummicte*^^^^^ 

deret, slatuit potius pontifex ipse maximus consultationi (2) 

judicio legatum ex latere suo ad partes ipsas et ducem, juxta 

ejus petitionem, transmictere, qui pacem inter episcopum et 

suos subditos compôneret, interdiclum relaxaret, clericos et 

laïcos ab ecclesiasticis censuris absolveret, privatos reslitueret 

ad honores, dignitates et bona, aiteram partium concordic 

repugnantem censuris et bracchio seeulari compelleret, ducem 

ipsum exortaretur et moncret ut ab Ecclesie se contincret 

injuria vei offensa, et solum bis que sua essent contentus esset, 

et alla faceret que sacris continentur legato (raditis rescriptis. 

Injunxit hoc legationis onus pontifex maximus Paulus II Nomenlegatîdepif 

Honofrio de Sancta-Gruce, Tricaricensi episcopo, urbe Roma 

oriundo, qui (ut supra memoratum est (5)) alias, unacum Petro 

Ferrici, tune pàlatii auditore nunc vero Tyrasonense epyscopo, 

tempore Pli pontificis maximi in Germania degentes, huic dis- 

cordie componende manum apposuerant (4). Hic, cum ad hanc 

legationem designatus esset, ipsa die beati Augustini penul- 

lima mensis augusti (5), et confestim se ad iter aecingerct, 



(1) Le chapitre de la cathédrale de S*-Lambert, à Liège, 
(â) Lisez consuitationis? 

(3) Voir ci-dessus, page 6. 

(4) Lisez degente,., apposuerat, 

(5) La fête de saiot Augustin tombe le 98 août. 

ll#.ll. ONUPRIUS. 



( '« ) 

iVenofatnr belium suborta est altéra conmotio grandis ub banc causam, que legatl 

ex causa inscrinta. i^ j*a • «• • .•/* • 

recessum ad teinpus sQspcndit,ju$tis ex causis pontinci maximo 
nutis et sibi. Leodienses enim et eorum sotii, conspicientcs 
episcopum obstinalo animo prêter ducis judicîum noile in 
cjvitalcm suam regredi, pacem eu m eis habiturum, ac existi- 
mantes, ut publiée predicabant,adbec pravorum et inimicorum 
ipsoruin consilio inductum episcopum (1), castrum de Hoyo 
vi expugnare statuerunt, ut episcopum (qui lune ibi residebat) 
in civilatem reducerent, et de ipsorum hostibussumerent ultio- 
nem. Quo vi expugnato et in deditionem recepto (2), cum épis- 
copus cum suis domesticis noclu ad duceni confugisset, dux, 
cohacto grandi exercitu ad Leodiensium impetus compriment 
dos, opidum insigne Sanctî-Trudonis, sotium Leodiensium et 
suo dominio Brabantie finitimum, obsidere statuit. Quod cum 
diebus duodecim, usque ad xxvu diem mensis octobris, obse- 
disset et machinis expugnaret, Leodienses, grandi etiam 
exercitu comparato. in sociorum auxilium concurrerunt, et 
inito cum Burgundis prelio in vico de Bruischem (5), Sancto- 
Tridoni proximum circiter mille passibus, ingens clades et 
bominum strages sequia est (4). Profligatis enim Leodiensi- 
^ bus, ultra tria Leodiensium et sotiorum milia cesa et in cam- 

Gonflicius leodien- pis diu proslrata jacuerunt. Hac insigni cladis accepta, Leo- 
deliitio^^opivfd^ diciisium socii comitatus Lossensis, Tongrenses et Sancti- 

'I rudoties (5), et alia deeem que supra nominavimus sotiorum 
upida (6), veriti ne dux offensus, potens et victor, cuncla ferre 



(1) Supprimez episcopum. 

{^) Huy fut prise dans la nuit du 16 au 17 septembre 1467. Depuis 1458, 
Louis de Bourboo avait établi sa résideuce en cette ville, la seule qui lui 
fût restée fidèle. 

(3) Brusthem, près de Saint-Trond. 

(4) La défaite des Liégeois à Brusthem eut lieu le 28 octobre. (Voj. 
Gachard, Collection de documents inédits, etc., t. II, p. 186.) 

(5) Sic, pour Trudonenses, 

(6) Voir ci-dessus, page 7. 



rum. 



(17) 

et igné vastoret, ut vulgo ferebatur, sub'certis modis et condi- 
Cionibus infra describendis ad voluntateïn ducis et arbitrium 
se dedidcrunt. 

Receptis in deditionem opidis, dux cum toto exercitu ad 
civitatem expugnandani, diripiendam et penitus delendam 
«onversus, in monasterio SancU-Laurentii (i) mûris civitatis 
proximo castrametabatur. Cujus forii potentie se non posse 
resistere cum Leodienscs conspîcerent, supplices se ipsos et Daditio leodien- 
eivitatem ad ducis arbilrium submiserunt, hoc salvo ut ne 
civitas exponerelur in predam aut iraderetur incendio; et 
Iraditis duci civitatis clavibus, ipsum cura toto cxcercitu in 
civitatem receperunt (2) ; quos dux ea lege in deditionem sus- 
eepit, parsurus direptioni et incendio civitatis si ea perticérent 
que infra sequuntur, ad longum prius et sumatim demum 
margine inscripta : 

Carolus, Dei gratia, etc. (5). Lex data per du- 

ce i^ Âbolentur et annichilantur omnia olfîtia civitatis in per- victis. 
» petuum; 

» 2"" Omnia privilégia Lcodiensium conliscantur; 
» 5** Ordinatio et potestas scabinorum; 
» 4' Judicabunt scabini secundum leges et non secundum 
» consuetudines; 



(1) Ancienne abbaye, servant aujourd*bui de caserne. 

(3) Le duc, à la télé de son armée, et accompagné de Louis de Bourbon, 
entra dans la cité le mardi 17 novembre. (Voy., dans Gachard, Collée- 
lion, etc., 1. 1, pp. 154-182, les lettres de Charles le Téméraire au magis- 
irai d*Ypres louchant sa campagne contre les Liégeois, en 1467.) 

(3) De même que plus haut, Onufrius donne ici le texte (incomplet), tru- 
duiten latin, et signé J. Gros, de la sentence prononcée contre le pays de 
Liège par le duc Charles de Bourgogne,ie 18 novembre 1467. Cedocument 
ayant également été publié par M. Gachard, dans sa Collection de docu- 
ments inédits, 1. 11, p. 437, et par moi dans le Recueil des ordonnancent 
de la principauté de Liège, V* série, p. 615, je me borne à transcrire de 
nouveau les soinniaires des articles. 



-i-r 



(48) 

» 5'' Jurabunt scabani in manibus ducis vel suorum depu-^ 
» tatorum, in Lovanio, modoinscripto; 

» G"" Scabini non judicabunl ullra Mosam nec in patriis 
» ducis, scd solum iutra civitatem, etc. ; 

» 7<> Transfertur curia spiritualis de Lcodioadtria oppida , 
y> subjecta duci; 

» 8® Consucludines burgesie sunt aboHtœ; 

» 9° Trigînta duo ministcria sunt abolita; 

)) iO** Om nés confederationes leodienses sint omnino casse; 

» 11'' Deponitur perro sive columpna de foro civitatis, et 
» tradilur duci; 

)) i^** Aboletur offîtium firmariorum (1); 

» iS*" Abolenlur consuetudines contra libertatem et emu^ 
» nitateni (:2)Ëcc]esie; 

» 14* Inhibentur episcopô et civibus impositiones super 
» flumen Mose ; 

» 15"" Gonfiscantur orania bona exuluni, parlini duci et 
» partini episcopô; 

» 16*" Banniti in dominio ducis erunteliam banniti in patria 
)) Leodiensi, et e contra; 

» W Abolcntur prave consuetudines in favorem crimino^ 



» sorum; 



» 18® Gonfiscantur episcopô omnia feuda contrariorum ef 
» inimicorum sibi; 

» 19° Restitucntur omnia capta in Huyo; 

» 20*" Rcstitucntur omnia darapna episcopô, ad arbitrinm 
» ducis; 

y) 2P Gonfirmatur sententia pape; 

» 22* Declaratio de resorto et capitali sensu (3) ; 



(1) En français les fermeteurs, c*esl-à-dire les percepteurs de Timpôt 
dit de la fêrmefé, perça sur le roulage et appliqué à Tentretien des chaus' 
sees et des ponts de la cité. 

(2) L*immunité. 

(3) Le ressort et le chef de sens, c*e8t-à-dire rappel. 



(19) 

» 25" Hedificabitur cappella in memoriain occisorum; 
» 24^ Non poterunt Leodienses fabricare arma sine licentia 
A ducis; 

» 25^ Renuntiant Leodienses colligationibusjàm factiscum 
» aliis; 

» 26' Recognoscunt dueem et successores in gardianos et 
» advocatos; 

» 27"* Advocatie particulares cessent; 

» 28' Solvent Leodienses duo milia annuatim duci pro 
» advocatia; 

» 29' Liber transitas erit duci pcr flumen Mose, cum armis 
» et sine; 

» 50' Moneta ducis curret per patriam Leodienseh sicut 



» in suis; 



» 51' Solvent pro pena et danipnis Leodienses soli centum- 
» viginti railla leonum, qui faciunt Renenses clxxx*"; 

» 52' Mûri et porte civitatis diruentur ad planitiem; 

» 55° Non poterunt hedificari castra nec fortellitia sine con- 
» sensu ducis; 

» 54' De modo ofiîcialium et justitie in patria Leodicnsi; 

» 55' De appellatione seu resorto, etc.; 

» 56' Non contribuent alie ville cum Leodiensibus; 

» 57' Non poterunt Leodienses déferre arma nec reparare 
^> muros; 

» 58' Non poterit rehedificari villa Sancti- Pétri prope Tra- 
» jcctum sine consensu ducis, que tamen est episcopi Leo- 
y> diensis; 

» 59' Trajectenses non citabuntur Leodii in curia spiri- 
» tuali; 

» 40' Trajectenses erunt exempti a tbcloneis civitatis Léo- 
n) diensis; 

» 41' Mandata Leodiensium facta contra Trajeetenses sunt 



» cassa; 



» 42' Non contribuent Trajectenses cnm Leodiensibus in 
» collectis; 



I 



(20 ) 

» 45* Capîtu1timTrajectenscmanebitUberration(\vilIaniin 
y^ suarum in pairia Leodiensî coniisleotium ; 

» 44* Dux rccipiet reditus thelonei pontis Amarîçordis; 

» 45* Dux eliget xii personas de cîvitate Leodiensi^cuin cor* 
» poribus et bonis; 

» 46* Ânnullantur sententie late per Leodien$e& cqntra fau- 
» tores episcopi ; 

y> 47* Confirmanturomnesarticulifacti alias aput Sanctum^ 
» Trudonem; 

» 48* Conclusio. » 
CeitiDuatio nan- Hac lege per victorem principem viclis, ut fieri solet, indicta^ 

et per Leodicnses, ut necessarii m erat suscepta (i), conlende- 
bant episcopus et capitulum ut summi Pontificis et t^postolice 
sedis auctoritas servaretur in bis articulis qui jurisdictionem et 
dominium Leodiensis ecclessie concernebant, proul in alio pre^ 
scripto pacis traetatu aput Sa nctuiD -Trudonem edilo contine- 
tur (2). Sed cum dux ipse nullam cxceptionem admictcret, sed 
simpliciter acceptari postularct, conscnsere pierique ex cano- 
nicis cum episcopo, propter grande instans periculum con^ 
tradicere no5 ausi, sed pr^esfatione seorsum coram notario 
faeta se metu ad cônsentiendum inductos, et omnia que ad 
Protesutio episco- Ecclesie dominium et jurisditionem pertinerent ad summi 
pi e cen. pontificis et apostolice sedis juditium remictere, prout bec et 

multa alia verbo et litteris legato secrète retulerunt, in primo 
ipsius adventu, episcopus, prelati et nobiles tolius patrie. 
Prêter eas prescripte pacis conditiones, indicta sunt singuljs 
aliis sotiorum Leodiensium ôppidis, muicte nomine, aliis dena, 
aliis vicena, plerisque tricena aureorum milia, infra trimestre 
tempus manuaiiter duci vel suis numeranda; et pro vetcribu» 
patri et sibi debitis pecuniarum summis, videlicet quingentis 



(1) Les Liégeois acceptèrent les conditions de cette paix le 26 no- 
vembre. 
. (3) VoIrcî-de^sliSi pages 9-H. >r^ ilpu/ pour fitpud. 



( «n 

et trigiiita florenorum milibus, impositum est noviim et înâue- 
tam in tota patria vectigal super omnibus et usui etcomertio 
humano neeessariis, cujus annui summa est centuin milium flo- 
renorum Renensiùm; a quo née juri (I) ecclesiaslici nec etiam 
seculares qui partes episcopi sequuti fuerant, immunes exis- 
tunt. Ëxigenda sunt hec vectigalia ab exacloribus ducis quoad 
de intégra debilorum summa sit factnm salis, absque sortis 
diminutione, sub certis formis inter eos conventis. Ftdejus- 
fiores quoque requisiti accesserc pro laîcis omnia eeclesidrnm 
capitula, monasteria et coliegia civilaiis et patrie Leodiensis, 
obligantes orania ipsarum ecclesiaruni bona, data facultate Fidejussio cierico- 
yendendi ipsa si statutis temporibus in solulione defecerint; ^^^ 

quorum maxima pars jam vendita furrat ante logati advenlum, 
ad summam florenorum qualraginta milium, cum potestatc , 
redimendi quando id ecclesiis libuerit et fuerit commodum. 
Mûri insuper civitatis etaliorum decem opidorum insignium Demolitio muro- 
penitus ab ipsis fundamentis, ut jussum erat, demoiiti sunt. 
Dux igitur, ipse jam victor, sublatis et concisis vel exustis 
Onanibus civitatis et opidorum privilegiis, et translalo tribu- Exequutio tracta- 
nali curie spiritualis ad tria illa loca ditionis sue in tractatu men. 
concordie nominato (2), acsublaia columna cum quatuor eneis 
statuts super ea impositis ex foro Leodiensi, quam vulgares 
perronem vocabant et ea Brugis delata (5). duodecim quoque 
civium Leodien^ium corporibus juxta unum ex concordie arti- 
culis ad ducis voluntatem eicctis, et ex bis novem securi per- 
eussis : cum omni suo exercitu abicns, Brugîs reversus est, 
ductis secum e civitate et opidis patrie obsidibus non mediocri 
numéro; dimisitque in patria Leodiensi legatum sive vices suas 



(1) Idsezviri. 

(2) A savoir : Maeslricbt, Louvain et Namur. 

(3) M. Henaox a écrit une notice sur le perron liégeois. Une gravure 
représentant celte colonne se trouve dans le Recueil des bourgmestres 
de lÀège, p. 187. 



( 22 ) 

gercntem et hujiis tractatus conservatorem et exequutoren}, 
insignern mililem Guidoiicm de Humbercourt, nationc Pixî- 
cardum, unum ex camcrariis et consiliariis suis.(l), ac alium 
ex suis coasiliariis Burgundum, laïcuni et conjugatum, incon- 
siiio episcopi presidentem, sine cujus nutu et assensu nil age- 
batur (2). Post ducîs recessum, bi qui cjus noniine in patria 
Leodicnsi presidebant ac tribu lorum et veciigalium exactores» 
inullipliciter et sève in miseros, clerum et populum, crassa- 
bantur(5), uti in primo legati advenlu diversis rumoribus et 
multorum querelis et auxilii precibus ad eum delata sunt; 
nam qui vectigalia procurabant, in diversis locis exaelissime 
eompeilebant, nulio habito personnrum delectu, clerieus an 
laïcus, amicus anlea vel hoslis fueril;ac pro stipendias propriis 
aureos centenos diebus singulisabsorbebant; pro summa vero 
(recentorum et sexaginla miliura vol circitcr florenoruin que 
infra duos menses in promptu exsolvenda erant juxla pre- 
scriptam coneordie formam, tanla exercebatur exactio ut non 
carceribus, non suppcllectiiium aut animaliuni et quorum- 
cunque mobilium dislractionibus parceretur,campanas quoque 
ecclesiarum que in opidis et viilis erant, quoniam ad arma 
contra ducis exercitum populos suo sonitu convocaverant, 
asserenles ea (4) ducibus exercilus confîscatas, deponebant ex 
ecclesiis, et rursus ab incolis redimi eas eu m effeclu procura- 
bant. Et quoniam, ex conventione, mûri civitatis et opidoruni 
nedum dcmo]iri,sed fossata replcrietcomplanari debebant pro- 
priis incolarum manibus aut sumplibus, infra brève tempus, 



(1) Gui de Brimeu, seigneur de Humhercourt, lieutenaulgénérâl du 
duc de Bourgogne dans le pays de Liège. 

(3) Ce président du conseil de Tévêque était déjà, sans doute, Jean 
Poslel, cité eu celle même qualité dans une charte de la cathédrale du 
20 mars 1469. (Inventaire du chartrier de Saint* Lambert, n» 1053.) 

(3) SiCt ^UT grassabantur. 

(4; Lisez eas. 



( 23 ) 

eis fere irapossibile proptcr muroriim in multisopidis vetustam 
foriitudincm : si, vel parvo tenopore, terminum in demolitione 
transegissenl vel terminum sibi prorogariposUilasscn(,ex mora 
preterila magnis peetiniarum summis mulctabantur et ulte- 
riorem dilationem aiiis peouniarum summis retlimcre necessa- 
rium erat. Jurisdictio insuper temporalis ad episçopum et ccele- 
sias alias perlinens, eo contradicente, invito et contempto, per 
présidentes in patrîa ducis nomine penitus usurpa la concul- 
«abatur; et indies gravamina gravaminibus aecedebant. Qua 
de re undique miserorum ad ceium clamor et gemitus, fuga et 
per orbem dispersio, ob ingénies c»lamitates in patria consis- 
tere non valcntium, episcopi, ecclesiarum et elcricorum meror 
jugiter excrescebant. 

His igitur frequentibus rumoribus et quereiis excîtus et pie Recessus iegati ab 
moUis, j)onlifex mnximus Paulus II legatura ab Urbe celeriter „,3 ^mandatonîm 
discedere jussit, episcopi et ecclesiarum caiamitatibus polis- ®J"*' 
sime subvcnturum, mandans ci ut super etiam relatum est(1): 
paccm inlcr episçopum et snbditos suos componere, interdic- 
tum ecclesiaslicum proul sibi vidcbilur relaxarc, clericos et 
laicos ab ocelesiasticis censuris et omnibus delictis absolvere, 
privalos vero ad honores, dignilates et bona resliluerc,9]teram 
parliam concordic repugnantem censuris el seculari brachio, 
si opus fuerit, compellere, et alia facere que sacris apostolicis 
rescripliscontinenlur,inferius ad verbum insertis, si quis aper- 
tius quesivcrit nosse : 

(c Paulus episcopus, servus servorum Dei, vcnerabili fratri Bulla seu faeultas 
» Honofrio, episcopoTricaricensirefercndarioelcum polestate 
» legali de latere in Coloniensi, Treverensi, Leodiensi, Torna- 
» censi et Trajcctensi civilatibus et diocesibus, ac etiam aliis 
» quibuseunque locis ad que, occasionc tractande et compo- 
» nende pacis, te declinare contingent (2), nuntio et oralori 



(1 ) Voyez ci-dessus page 1 4. 
(9) Lisez M declinare contigeriL 



( 24 ) 

» Dostro, salutem et apostolicam benedtGtionem. Cum nihil sit 
» quod pro comuni Cbristi fideiium salate menteni tiostram 
» magis exeitet et ex deskierio cordis nos tam sollicites reddat 
» quam'ut pro viribus ad ea intendamus per que disstdentes 
» inter se eeclesiarum prelati, principes et populî christiani 
» possint in débita componi amicitia et a dissensionibas âd 
» pacis diilcedinem revocarii cogimur, more pii patris, èx 
.)> benignitate apostolice sedi$, hoc maxime necessario tempore 
» quo ad comunem fidei orthodoxe causam scdiilo sumus in- 
» tenti, nonunquam ea ooncedere atque fieri raandare que jus- 
» tiitie ordo interdicit, ut quos conscientia propria ab ofFensis 
» non retrahit, saltem ipsa Dei clementia ad cor suum redire 
)) compellat. Intuentes itaque, non sine dolore, paternis oculis 
» nostris, jandiu (i ) sic vexatas nonnuilas ex supradictis eccle- 
» siis et patriis, et maxime Leodiensem, inter alias cathédrales 
» ecclesias non posteriorefn sed insignem, eisque condolentés 
» plurimum, et ab intestinis beliisquibus retroactis (emporibus 
» misera bili ter attenuale sunt et devastate, quamprimum> 
» etiam cum aliquaji jactura nostra et sedis predicte, pacem 
» sibi dari aliquando affectantes : fraternitatem tuam, longé 
>> expcricntia, integritate vitœ, moribus et singuiari doctrina 
» ac in rébus agendis summo studio nobis comprobatam, ad 
)) Coloniensem, Trevirensem, Leodiensem, Tornacensem ac 
» Trajcctenscm civitates et diocèses, et quevis alia loca ad que^ 
y) occasione iractandc et componcnde pacis, accesscris, et que 
» etiam ad eam ineundam quicquam adjumenli et favoris 
» con ferre poterunt, cum potestate plena Icgati de latere, 
y) numptium et oratorem nosti^um et angelum pacis destinare 
». deçrcvimus, firma spe tenentes ac plene in Domino confi- 
)) dentés, gratia ejusdem tibi assistenle propitia, missionem 
» hanc de lie, frater episcope, decretam, et ipsis ecclesiis atque 
» aliis principibus, proceribus, nobilibus, comunitatibus, uni* 
)) versitatibus ceterisque singularibus et privatis personis, et 



(i) Sic, pour/aifMftii. 



(.25) 

» presertiin dissidcntibus, contendentibus quibusiibet, ad 
» pacem et quietem plurimum coUaturam. Atque, ut ea in 
re conficienda facîlîus prosperari valeas, supremi pastoris 
oificium liberalitcr exibemus, concedendo tibi, harutn série 
litterarum, ex certa nostra scienlia, plenam et liberam 
potestatem ac facultatem consentiendi, auctoritate nostra, in 
conventiones, capitula queciinque inter quoscunquc dissi- 
dentes, in civitatibus, diocesibus et locis supradictis, et pre- 
serlim inter venerabiiein fratrem nostruni Ludovicum de 
Borbonio, episcopum Leodienscni, ex una, ac dilectos filios 
burginiagistros necnon juratos, consules, oITiciatos, cives, 
singularesqiie personas civilalis Ltodiensis, opidorum, 
palriarum et dominiorum predictorum, partibus ex altéra, 
ralione certarum differentiaruni, tam raliune jurisditionis 
aliarumque rerum, ac etiam sententiarum latarura et per 
nos confirmatarum, quomodoHbet concepta seu concipicnda, 
inita et inienda (i), (quorum omnium el singuloruni tcnores, 
ac si de verbo ad verbuni inscrcrentur presentibus, haberi 
vohimus pro expressis), seu eliam illa, eadcm auctoritate, 
curï) moderationibus et b'mi(ntionibu»de quibus libi videbi- 
tur, acceptaudi,roborandi, confirmandi de novoque fucicndi, 
coHiponendi et confirmandi, necnon omncs et singulos 
defcctus, si qui forsan intcrvenerinl in eisdem, sùpplendi, 
ipsisque burgimagistris, juratis, consuIibus,offîciatis, civibus 
aliisque singularibus personis prediclis, et maxime dccanis 
et capituiis secundariarum ecclesiarum dicte civitalis Leo- 
diensis, humiliterpetenlibus, omncm indignationem nostrani 
et etiam rancorem in eos proptcr rebellionem et inobedien- 
tiam ipsorum per nos quomodocunque conceplam, dicta 
auctoritate deponcndi et remictendi; tollendi preterea, si 
expediens fuerit et tibi i(a videbilur, atque relaxandi simpli- 
citer interdictum ac omnes et singulos processus ac sentcn- 
tias, censuras et penas quomodocunque et qualitcrcunque ac 
■ ■ -....-■ . - 

(1 ) Lisez tmunda. 



( 26 ) 

y) sub quibusvis verborum formis, etiaiu in die Cène Domini, 
)) a nobis vel sede predicta aut legatis vel numptiis ejusdem 
•>^ contra prediclos eorumque subditos, faiitorcs, complices, 
x> adhérentes, sequaces ac eis participantes seu auxîlium, con- 
» silium vel favorem prcstantes, in génère vel in spetie 
)) quornodobilet, ex quibuscunque causis, urgentibus et ncees- 
» sariis, emana|as et habitas ac latas et promulgalas, etiamsi 
» de eis habenda esset mentio specialis, specifica et individua- 
)) lis; burgimagistros, consules, juratos, cives et alios predictos, 
y) necnon omnes et singulas alias ecclesiasticas, seculares et 
y> qnorumvis ordinum regulares atque laïcales personas cujus- 
)) cunque dignilatis, status, gradus, nobilitatis vel preeminentie 
» fuerint, que corundempredictorum adhérentes, fautores vel 
» partes fuerint vel adhuc sint, vel interdiclum hujusmodi 
» noslrum violaverint, etiamsi earum vel alîcujus ipsorum 
» absolulio ex qu&vis causa nobis lantum vel successoribus 
» nostris specialiter esset reservata, a processibus prediclis 
« necnon singnlis excomunicationis, anathemntis et maledi- 
)) ctionis eterne, pri vationis quoque et aliis quibusvis sententiis, 
» censuris, juramentis et pénis, si quibus ipsi quavis occasione 
» vel causa, et presertim predieti ac sui in bac parte fidejus- 
» sores, ratione inobedienlie et rebellionis vel cujuscunque 
)) alterius contumacic, inlaqueati vel innodati sunt; necnon ab 
» omnibus et s'ngulis aliis excessibtis, criroinibus, transgres- 
» sionibus, perjuriis, juramentis et peccatis, ctiam quantum- 
)) cunque enormibus ac talibus que de jure exprimi et speei- 
)) ficari nobis deberent, de quibus tamen corde contriti etore 
)> eonfes^i fuerint, dummodo id humiliter petierint in forma 
» Ecclesie prout unicuique opus erit, ac etiam qui propter 
» melum corporis et bonorum interdictum minime servarunt, 
)> nullam maculam irregularitatis incnrrissc, prout secundum 
)) Deumetjustitiam tibividebitur (super quotuamconscientiam 
» oneramus), declarandi; necnon predicto (1) ab obligatione 

(1) Lisez prediclos. 



(27) 

quacunque, eadem auctoritale absolvendi, predictos quoque 
rehabiiitandi, Ipsos denique ac alios premissos elqucmlibet 
ipsorùiu ad honores^ dignitates, oiBeia, bénéficia, privilégia, 
dispen$ationes,induIta, feuda,hon)agia,obedientias,civitates, 
terras, caslra, bona et jura omnia, spiritualia et temporalia, 
quocunque noniine seu titulo nuncupentur, neenon ad gra- 
tiam nostrnm et sedis prefate ac alias in pristinum ac in 
eum statum in quo antequain dicti processus et sententie 
adversus eos emanarent et ferrcntur quomodolibet existe- 
bant, ac etiam perinde ac si nunquara émanassent, intégra- 
liter restituendi et reporiendi, actaque et gesta pcr eos valida 
fuisse et esse deciarandi, etiamsi occasione dîiTerentiarum 
hujusniodi ad eorum vcl alicujus ipsorum privationem, ino- 
bedientia et rebetlione eorura ita exigente, predicta vel alia 
quavis auctoritate quomodocunque jam processura (i ) extitis- 
set, dummodo in eis non sit alicui specialiter jus quesiluna; 
cum ecclesiaslicis insuper, secularibus et quoruravis ordinum 
regularibus super irregularitate quacunque, etiam divinis se 
inmiscendo aut alias quomodocunque vel qualitercunque 
contracta, quodque in susceptis per eos sacris ordinibus, 
etiam in ministerio altaris ministrare, seu «d ulteriores 
ordines vel etiam sacros omnes et presbileratus ordiues alias 
rite promoveri et obtenta retinere, ac quecunque alia cccle- 
siastica cum cura et sine cura bénéficia se invicem compa- 
tientia, etiamsi prioratus, prepositure, canonicatus et pré- 
bende, dignitates etiam abbatiales neenon personatus (2j 
administrationes vel officia in cathedralibus, etiam métro- 
politanis vel collegiatis ecclesiis, et dignitates ipse in eisdem 
cathedralibus, etiam metropolitanis, post pontificales ma- 
» jores, seu in collegiatis ecclesiis hujusmodi principales, ac 



(1) L\sez p^rocessus, 

(i) Personatus^ cure, bénéâce. 



( 28 ) 

y> prioratus et prepositure ipse conventuales, vel officia clau- 
» stralia fucrint, et ad illa eonsueverint qui per elecUonein as- 
» sumi eisque cura (I) îmincat animarum, si sibi alias canonice 
y) conferantur, rccipere etquoad junxerint (2) retiriere, illaque 
» et etiam obtenla, simul vel successive, simpliciter vel ex 
» causa permutalionis, quotiens sibi placuerit dimic(ere,et loco 
» dimissi vel dimissorum aliud vel alia^ simile vel dissimile, 
» aut similia vel dissimilia, beneficium seu bénéficia, eeclesias- 
» ticum vel ecclesiastica quecunque se invicem compatientia, 
» similiter recipere et quoad vixerint relinere libère et licite 
)> valeant, gratiose prout unlcuique expcdiens fuerit dispen- 
» sandi, oranemque inhabilitatis et infamie maculam sivp 
y) notam per ipsos et quemlibct eorum premissorum vel alia 
» quavis occasione vel causa quomodolibet contractam, abo- 
)) lendi; posita interdicta et juramenta quecunque, presertim a 
» quibusdani religiosis clericis, de presentando se conspectui 
» nostro vel alias qualitercunque prestila, relaxendi et tollendi; 
» vices tuas, prout tibi videbitur et cxpediens fuerit, aliis 
» idoncîs, cum limitata facultate, conmictendi; ac omnia alia 
» et singula, ad effectum tractande pacis atque concordie, 
» hujusmodi necessaria seu quomodolibet oportuna, ac etiam 
» partem nolentem concorda re compellendi prout, secundum 
)) Deum, salutera animarlim, qualitatem temporum et quietem 
» populorum, consciencie lue expedire videbitur, faciendi, 
» gerendi, disponendi et excquendi, ac, secundum tenorem 
» dictorum capitulorum et moderationem per te faciendam, 
)) neeessaria fucrint quomodolibet et oportuna, ac per alios 
» ydoneos tuo nominc in premissis factis, gestis, dispositis et 
» executis, aucloritatem nostram et plénum firmitatis robur 
)) tuis litteris concedendi vel apponendi, et prcmissa omnia, 
» subcensuris et pénis de quibus tibi videbitur, inviolabiliter 



(1) Lisez : et ad illa que per eleclionem assumi eonsueverint? Ls 
phrase parait tronquée. 

(2) Lisez ; vixerint. 



(29) 

» observarî mandandt et fociendi, àeu ad voLuntatem partium 
» in melius, si opus fuerit, conmutandi; contradîctores etiam- 
i> quoslibet et rebelles per reincidentiam et alias ccclesiasticas 
» censuras, necnon oporluna juris remédia, eadem auctoritate, 
» appellatione postposita, compescendi et, si opus fuerit, 
» iiuxilium brachii secularis invocandi, et alia faciendi etiamsi 
» talia essent que plenius a nobîs de jure mandatum require- 
ï) rent, quam per présentes tibi sit concessum, vel propter 
» que nos aut sedes predicta essemus omnino ex)nsulendi, non 
» obstantibus quibuscunque constitutionibus, ordinationibus, 
» statutis, decretis, iitteris et indultis apostolicis, sub quibusvis 
» verborum formis et clausulis, etiam derogatoriarum deroga- 
yy toriis ac aliis insolitis, necnon ex pressa m mentionem de 
» verbo ad verbum requirentibus, a nobis vel sedc predieta 
» quomodocunque concessis et emanatis, quibus omnibus 
» illorum tenores presentibus similiter pro sufficienter 
» expressis habendo, in quantum effectum presentium, in toto 
» vel in parte, retardare possent, vel illi quomodolibelobviare, 
» eadeni auctoritate specialiter et expresse derogaraus, cetoris- 
» que contrariis quibuscunque. Datum Rome, apud Sanctum* 
» Marcum, anno incarnatlonis dominice millesiroo quadrin- 
» gentesimo sexagedimo septimo (i), tertio idus februarti, pon- 
» ti6cii nostri anno quarto. » 

Eadem quoque facultas et potesCas legato tradita est per Extcnsio facuiwUs 
alias litteras, inter quoscunque principes aut civitates vel 
noblles cum episcopo Leodiensi vel suis subditis controversias 
aut contentionem , causam vel litem habentes. 

Scorsum vero legato injunctum est ut illustrem Carolum, Pars insiruciionis 

" * legati pcrlinens 

Burgundie duccm, rogaret, exortaretur et moneret ut ab ad rem Leodien- 
Ecclesiœ se contineret offensa, ac tam insigne totius corporis 
Ecclesiœ merabrum sicuti est episcopus et Leodiensis ecclesia, 
cum suis juribus et dominiis devastari per se vel suos, aut 

(1)1468. 



(30) 

perke non sinerct, ne claritatem et decorem suc inclite domus 
Burgundie bac inficeret macula. Omniavero que in prœscriptis 
conventionum formulis conlinentur, preler ea que Ecclesie 
domininm, auctorilatem, jnrisdictionem vcl liberlatem concer- 
nèrent vel lederent, de partium consensu duci concederct et 
auetorilale apostolica confirmaret. 
Progressus itineiis Celcritcr igitur cum his manda tis discedens Urbe, legatus, 

die penultima mensis februarii anni sexagesimi octavi, vigînti 
quinquc equitibus, sotiis et ministris comitalus, inter quos 
venerabilis Villielmus, abbas monasterii de Tuitio prope Golo- 
niam, ultra Renum (1), et eximius doctor Henricus de Loven- 
borch, canonicus Leodiensis, patrîa Juliacensi (2), virî utique 
religiosi et in agendis prudentes, et alii graves scribe et sacer- 
doces, cura his per Goriolos et Suevos (5) festinus Maguntiam 
devenit; ibique cum egritudine, licet levi, detentus et paulu- 
lum renioratus esset, supervenit etiam, jussu pontificis, clarissi- 
mus doctor Rayraundus de Marigliano, alias Pbilippi duels Bur- 
gundie et postea Lodovici Leodiensis episcopi consiliarius (4) ; 
quem, jussu pontificis, legatus in suis agendis pro fideli consi- 
liario secum recepit. Ingravescente demum egritudine, legatus 



(1) Guillaume Laner de Breilbach, abbé de Deutz. (Voy. Lacomblbt, 
Archiv fiir die Geschichte des Niederrheins, t. V, pp. 304-306.) 

(2) Henri de Lovenberg ou Loevenborch, origiuaire de Lcmnicb, au 
• diocèse de Cologne, docteur en droit. 11 fit son testament te 1«' juillet 

1485. (Voy. DE Thkox, Le chapitre de S^-Lambert, à Liège^ t. U, p. 282.) 

(3) Le Tyrot et la Souabe. Angélus de Gurribus Sabinis, dans 
VAmplissima collectio, t. IV, col. 1404, décrit tout au long son voyage, et 
nomme les villes par oii il passa. Cf. Adrien de Veteribusco, dans )& 
même Amplissima collectio, t. IV, col. 1326. 

(4) Raymond de Marliano, docteur en droit de Tuniversité de Padoue, 
fut d*abord marié. Il fut successivement conseiller de Philippe le Bon et 
professeur à Tuniversité de Louvain. Après la mort de sa femme, il entra 
dans les ordres et devint chanoine de S*-Lamberl, à Liège. 11 mourut le 
20 août 1 473. (Voyez de Theux, op. cit., t. II, p. 306.) 



r' 



v31 ) 

cum his sotiis, ne sut expectationem facerct, Agrippinam Colo- 
niam navigio deveetus, ibi primarios patrum ecclesiarum et 
patrie Leodiensis nobiliuni, sexaginta equitibus comitatos, 
avide se expectantes reperîl. Sed cum adhuc gravins legali egri- 
tudo fere usquead mortem succresceret, ingens legatis Leodien- 
siuiD meror et mentis perturbatio inerat, rcrum dcsperationc 
turbad, suo potius infortunio et calamilati hoc ascribentes^ 
Facta ergo mora dierum octo vel dccem, usque ad legati 
meliorem convalescentiam, in Agrippina Colonia, et vertentc 
tune dissensione maxima, usque ad armunim motus, inler 
Ropertum Colonie archiepiscopum (i) et suos cives ac patrie 
barones et nobiles, qui ei bellum indicere post quatriduum 
statuerant : rogatus ab archiepiscopo et suo consilio, qui se 
juditio legati et juslitie submictebat ut vi et bello obstine- 
rent(2), legatus, una cum episcopî et Leodiensium oratoribus, 
negotium tractande pacis assumpsit (5), licet lecto decubans; et 
compresso pauiisper furentium miiilum et bella (4) irapetu, 
modo vebicuiOy'modo navigio perMosam deveetus (5), ob minus 
firmam valitudinem, tandem ad monasterium Cartusiensium» 
mûris civilatis Leodiensis proximum, flumine tantum Mose et 



(1) Rupert, comte palaiin du Rhin. Voyez Mering und Reisghert, Die 
BischOfe und Erzbischôfe von Côln, CôId, 1838-45. 

(2) Lisez submictebant .... abstinerenL 

(3) Sur ces faits voyez Ennen, Geschichte der Stadl Kôln, t. II F, 
et K. Mentzel , Diether von Isenburg, Erzbischof vou Mainz^ Erlangen, 
1868, etc. 

(4) L'izez bellil 

(5) De Cologne, Onufrius se rendit par Juliers à Aix-la-Chapelle, oii il 
s^arréta quelques jours pour s*assurer que l'évêque et le peuple étaient 
disposés à bien accueillir les avertissements du S^-Siège. De là il alla à 
Maestricht, où il vénéra les reliques de S*-Servais. Puis il s'embarqua et 
remonta la Meuse jusqu'à Jupille, ob une foule nombreuse, accourue de 
Liège, le reçut avec de grandes démonstrations de joie et raccompagna 
Jusqu'au couvent des Chartreux. C'était un jeudi, 28 avril. (Piccolomim, 
dans DE Ram, Documents^ etc., p. .573; Angelcs et Adrien, loc. cit.). 

MÉM. OxNUFRlUS. 5 



( 32) 

Applicuit legatus poule intermedio (\\ duclus est, occurrentibus e civitate omni- 

aput ^Cartusium "^ , ^ ' ' 

extra portas citi- bus utritisquc sexus et slatiis personis, humîliter pîo flctu 

pnccin et misericordiam iinplorantibus. Et facta ibi trium die- 
ru m mora ad ordineiii et formam rébus agendis dandam, haec 
in eiïccln gesta suiit. Convenienlibus enîm sequcnti die in etim 
locum episcopo cuin universo ciero ac maxiraa civium multitu- 
dinc,venerabilis sacre théologie doctor niagister Robertus, Leo- 
diensis ordinis cnrmelitarum (2), episcopi et civîtatis nomiue 
latino sermone, Alexander Baral (5) vulgari gallico, ac Jodocus 
de Marcha, ofliciah's Leodiensis (4), omnium ecclesiarum et 
populi nominc, insignes habuere sermones et orationes ad rem 
ipsam congrue pertinentes, cognoscentes et fa tentes eorum 
reatus et propter inobedientiam ad apostolicam sedem multa 
incomoda, calamitates et dampna fuisse perpessos; cujus sen- 
tenlie et mandalis, tam pontifîcis maximî quam ipsius legati,' 
humiliter se parituros spopondernnt publicis documentis. 
Episcopo qnoque cum eis et pro eis supplicante, genibus 
etiam Hexis, veniam pro conmissis dari, interdictura sacrorum 
reiaxari, clerum et populura a censuris absolvi, penitentiam 
salutarem injungi, ac sibi de omnibus inobedientiis, damnis et 
injuriis plone satisfactuni esse publiée affirmante; pro civitate 
Leodiensi et omnibus aliis opidis, clero et populo, qui senten- 
liis et censuris aposlolicis et aliis pénis irretiti erant, usque 
ad integram satisfactionem omnium publieo etiam documento 
promisit : inter quas una grandis obligatio extat octuaginta 
milinm florciiorum auri, in subsidium catholice fidei contra 



(1) Sur la Chartreuse de Liège, voy. le P. Stephani, Mémoire pour 
servir à l'histoire monastique du pays de Liège, t. I, p. 64. 
("2) Je n*ai pu me procurer aucun renseiguerneni sur ce personnage. 

(3) Alexandre Bérard, échevin de Liège. (Voy. le Recueil héraldique des 
bourgmestres de Liège, pp. 181, 182.) 

(4) Josse ou Judoc, comte de La Marck, docteur eu droit, fut reçu cha- 
noine de S»-Lamberl le iO octobre 1444. (Voy. de Thbux, op. cit., i. M , 
P 247.) 



(33) 

Turcos convertcndorum, eivitatis et alioruni opidorum nomine 

adimplenda. Conscrîpta sunt super his omnibus centam fere 

et viginti public» documenta» ab opidis singulis legato tradita. 

His apud monasterium Carlusiensium civitati proximum In/^ressus lecati in 
"^ . . .... ciTitate Leodiensi. 

summa celerilate peractis, legatus, uitima mensis aprilis die, 

post meridiem, ingenti pompa et omnium. populorum con- 

cursu maximo, in civitatem receptus, toto sibi assistente 

patrum ecclesiarum ectu et universo clero, in ipsis civilatis 

portis (1) interdiclum sacrorum substulit et, quadam brevi 

eedula que super hac rc confecta erat publiée lecta, relaxavit, 

ac cum clercis (2) contumacibus, utdivinis interesse et ca minis- 

trare possenl, dispensavit. Sequutus est post bec illico omnium 

civilatis campanarum sonus, que jam triennio fere siluerant, 

a perla templa que per idem tempus extiteranl clausa (paucis 

admodum qui partes episcopi sequuti fuerant post devictam 

civitâlem, patentia); sequuti etiam magni sed pii et dulccs ob 

ingenlcni leticiam clamores et gemitus, ac lam frequens con- 

cursus et Testa ut vix longo et diserto sermone exprimi pos- 

sent, nunc obmiclenda, aliis gravioribus explicandis inienti. 

Celebravit episcopus sequenti die, prima maii, cum summa Festa in civitate 
sollemnitate missam, que prima (saltim publiée) fuit, et sacrum sum. 
Christi corpus circa ecclesiam et forum propriis manibus detu- 
lit, universo clero et populo sequentibus. Hoc idem sequenti 
festo Pentecostes legatus egit, seniorum fretus consiiio, ut 
ferox populus, armis assuetus, frequenti religione muiceretur. 

Hoc medio tempore, cum legatus una cum cleri et pairie 
senioribus reformationi rerum et maie ablatorum invicem 
restitutionibus ac aliis particularibus rébus intentus esset, con- 
veniebant successivis diebus ad eum episcopus et ecclesiarum 
patres ac eivitatis et opidorum patrie primates, plerique palam, 



(1) li s'agit probablement de la porte d'Amercœur. Jean de Looz, dans 
DE Kam, Documents, etc., p. 56, donne porta aurati cordis. 

(2) Lisez cUricis. 



1 



( 34 ) 

multi yero clam de multiplicibus gravaininibus ultra superius 
nominatis miscrabiliter questi, asserentcs qui litteras norant 
hoc eis contingerc quod Galliarum princîpibus civitatum apud 
Cœsarem contigit, cuni Ariovisti Germanorum régis, qui tune 
Gallias occupabat, sevitiam et potentiam extimescerent: quere- 
las contra eum. apud Cesarem facere veriti, non minus id con- 
tendere et laborare nitebantur ne ea que dixissent palam 
enumptiarentur quam uti ea que cuperent impetrarent, pro- 
pterea quod si enumptiatum esset summum in cruciatum se 
venturos vidèrent; potissime autem inter eos Sequanorum 
gravior miseriorque fortuna erat, quod soli nec in occulto qui- 
dem conqueri nec auxilium implorare auderent, absentisque 
Ariovisti sevitiam velud (i)sicoram essetborrerent(2). Hisergo 
exemplis promoti, licet plures palam apud legatum multipliées 
querelas exponerent, alii se a juramentis melu prestitis absoivi, 
alii vectigaiium exactionem et solutionem interdici, omnes 
vero unanimiter per legatum sibi mandari ut ab ulteriori 
murorum demolitione cessarent instantissime postulabant; 
quos omues blandis ut melius potuit verbis legatus compressit 
animosque eorum confirmavit, hanc rem summo pontifici 
Paulo cure esse magnamque spem baberc se ducem in melius 
multa moderaturum et suorum injurias represuruih (5) cnm 
ipsius pontificis maximi sententiam et voluntatem intelligeret, 
quam ejus nominc duci expositurus erat. 
Recessus legati de Impulsus igitur episcopi et cleri ac primatum civitatis et 
Bragas. ^^*^^"* oppidorum populi precibus et crebris requisitionibus, legatus, 
octava die junii Leodio discedens, cum suis comitibus Brugis 
proficiscebatur, sicuti etiam super hoc a duce scripta susce- 
perat; sed multi diversarum nationum et.voluntatum legalo in 
via occurrentes, ipsum variis persuasionibus a suo itinere 

(1) Sic, pour velut. Ailleurs Tauteur tcrlt aput pour apud. 

(2) G;esar^ Bell. GalL, I, 31 et 5i. Arioviste, roi des Suèves, vaincu par 
Jules César vers Tan 59 avant Jésus-Christ. 

(5) L\sez repressurum. 



(38) 

divertere nitebantur, firmiter asserentcs in consilio ducis 
de(»relum esse in suis dominiis ipsum ul legàtum recipi non 
debere, nec ducis conloquium sibi concedi si de Leodicnsibus 
verba facturus cssct; quibus pcr legatum respansum est se 
pro justis cleri et ecclcsiarum Leodiensium querelis verba 
facturum, et si ut legaïus non reciperctur, fines dominii ducis 
non ingressurum, ^ed illico redilurum ad eu m qui jse misit; 
^uod tamen secum acluin est, nam dux sumino cum bonore 
legatum Brugis recipi jussit, cum ipse levi infirmitatc dctine- 
relur. 

Triduana cxpectatione Brusis faclà, legatus publiée habito P"™»*™ ^pn'o- 

■ o 7 D r qumm legati cum 

primum cum duce congressu, et demum seorsum dtversarum uuce et ipsias pe- 

rerum jussu pontificis maximi ei exponcndarum, grnio et duici ' ^^' 

conloquio; cum tandem ad rem Lcodiensem devcnlum esset, 

instabat dux ipse solus primo, poslca etiam vocato suo cancel- 

lario, ut « que gesta erant apud Sanclum-Trudoncm prius, . 

tempore Philippi ducis patris sui, et demum per ipsum in civi- 

tate Leodiensi post eorumtxpugnationem apud vicum de Bru- 

fichen (i) Sancto-Trudoni proximum, superius enarrata, per 

legatum apostolica auctoritate suis littcris confirmarentur >. 

Ad que omnia legatus, cum diu ante prcscivisset bas futuras 

ducis petitiones et cum suis et multis aliis justiciam zclantibus Responsio legati. 

de bis etiam antea pertractasset, brevitcr respondit « se para- 

tum esse omnia confirmare que conmuni parlium consensu gesta 

essent aut imposterum gerenda forent, ad rem ducis perti- 

nentia, vidclicet securitatem patriarum suarum a Leodiensium . 

incursionibus et omnium damnorum per Leodienses sibi vcl 

suis inlatorum et inpensarum in proximis babilis bcllicis • 

expeditionibus integram satisfaclionem, proul in superioribus 

conventionùm scriptis continentur; rcjeclis tamen aut in melius 

reformatis omnibus articulis et punclis lesioncm et projiidi- 

Xïium auctoritatis, jurisdiclionis, dominii et proprietali& epi7. , 



(1) Lisez Drustkem. Cfr. plus haut, p. 1C. 



(36) 

scopi et ecclesic Lcodîensis qualitercumque concernentibuSi 
sîcut in conventione apud Sanctiim-Trudoncm habita hee 
omnia excepta fucrant et summi pontificis juditio reservata; 
que omnia cum ad pontiGcis maximi Pauli notiliam per ducem 
ipsum dediicta essent et ejus nomine confîrmatio postulata, 
nedum pontifex ipse maximus confirmare recusavit, sed potius 
infirmanda fore consulto senatns revcrendissimorum domi- 
norum sancte Romane ecclesiœ cardinalinm decretum est, inf 
his que actingunt jurium Ëcclesie lesionem : quod tamen pon- 
tifex raaximus facere tune distulit quoad dux ipse de his fîeret 
certior, ne ipsum aut inclitam Burgundie domum oiTendcret; 
nec ex his ducem mira ri aut moveri debere si Ecclesia quod 
suum est tueatur et répétât, cum omnia que ad ipsius ducis 
statiim, securitatcm et damnorum snlisfationem spectant Irbe- 
raliter offcrat: maxime cum dux ipse in proxima civitatis Léo* 
dtensis expugnationc, per omnes ducatus Brabanlic ecclesias 
publiée predicari fecerit se in Ëcclesie auxilium et favorero^ 
jussu pontificis maximi, contra Leodienses arma sumpsisse et 
cocgisse exercitum; multa vero nedum Ëcclesie prospéra sed 
adversa nimis et damnosa, prêter et contra pontificis summi 
sententiam, gesta fuisse et quotidie fieri détériora manifes- 
tium (1) est; gravamina quoque inforri maxima (que supra 
conmemoravimus) adversus clerum et populos, in honoris 
ipsius ducis offensam et contra ejus ut crcdunt volunlntem; 
que in melius reformari et dcmnm confirmari sit necessarium^ 
ut res diutius permansura sit et stabilicnda perpoluo; nam in 
ea statu quo tnnc essent Leodiensium res dilTicillimum et pêne 
impossibile esse diutius po<îse consistere. » Hec iegalus duci. 
Rcsponsio ducis. His a legAto intcllectis, dux ipse pniihiluni secuin consistens,^ 

et demum cum suo canccllario brcvi habilo seorsum conlo- 
quio> hec breviter logato respondit c quantum ad rem Leo«-^ 
diensem spectanty întellexisse se que ab eo dicta essent; eU 



il) Lisez manifesium. 



( 37 ) 

quoniatn res arduas valdc in se continerent, eas ad suum eon- 
silium referri opportere: quod infra dies paucos acturus foret; 
etgratuniDeo,Ecclesieetpontif]cisumniorespor]sumdatiiriis». 
Quamobrem duci per legattirn graliae acte sunt, ct iit quam 
celerius fieri posset responsum daretur instanter pclitum. 

Supervenerunt intérim due precipiic morarum maxime Impedimenta res- 
cause. Prima fuit maximus pompe nupliarum apparatus. llius- nuptie ducis et 
tris enim Margarita, Eduardi Anglorum rogis soror, ipsi duci contra^"^ ream. 
jam nupta, ad proximum Brup;is litiis maris, navibjs dccem Frantic. 
et octo et magna utriusque sexus principum et nobilium mul- 
titudine comitata, jam vencrnt; que summo honore et pompa 
suseepta fuit (i). Item, ingens bclli nppnralus ct cxcrciluum 
coactio adversus Ludovicum, inclilum Francorum regem, qui 
cum magno etiam exercitu in finem Piccardorum jam devc- 
nerat, diicem ipsum utsuspicabanlur invasnrus; contra quem, 
exactisnuptiarum pompis, dux ipse festinus occurrcre propc- 
rabat. Ob quas causas bimestre tempus efïïuxum est ad res> 
ponsum legnto dandum, allalis continue harum grandium 
occupationum et impedimcntorum exeusationibus, et discussis 
intérim convenlionum superionim articulis qui lesionem 
Eccicsie conlingcbant, corrigendis aut in melius reformandis. 
Relata sunt hec omnia Leodiensi episcopo, qui Leodii erat, per 
ipsius legati et aliorum amicorum suorum litteras; qui repente 
ex Leodio Brugis vencrabilcm magistrum Riccardum Tronzi- 
glion, canonicum Leodiensem, sccretarium suum (2), ad lega- 
tum misit cum mandatis pluribus, sed precipue ut eum ad 
Ecclesie sue tuitionem excitarct, et susccpti jam pii operis 
prosequcrelur effectum, ab co etiam litteras ad legatum defe- 
rens: que quum ad rem ipsam maxime spectant, visum est 
earum tenorem ad verbum inserere. 



(1) Marguerite d'Yorck débarqua à Damnie le samedi 2 juillet. Charles 
arriva le lendemain à Bruges, ob la cérémonie de mariage eut lieu. 

(9) Richard Troncillon ne fut reçu chanoine de Liège qu'en 1 472. (Voy. 
DE TuEUx, I. Il, p. 289.) 



(38) 

Liitera èpiscopi LWera episropi Leodiensis. 

Leodiensis missa 

c< Rcverendissirac in Ghristo pater, domine ac faulor hono- 
» rantissimc (1)» cordiali reconmendatione premissa cum affe- 
» clibus obsequiosissime complacôndi. Quam exultanti recepe- 
» riin animo gratissiraas v, r. p. (2) litteras, audila dissertissinie 
)) (5) vestre benivolentie ncdum laude digna verum etiam exac- 
» tissima apud illustrissimum principcm doniinum diicem etc., 
» in rébus oportunis et juribus Ecclesie, civitat.is et patrie niee 
» Leodiensis atque eonscrvatione jurium ad Ëcclesiam ipsam 
. » prrtinentium, ecelcsiastice quoque liberlatis obscrvande 
» diligentia, nequeo satis lilteris exprimere. Redorque (4) non 
y> mediocriter actonitus qualiter tante dignationi vicissitudi- 
» nem agam benemerite récompense qucmadmodiim optarem 
» tolo conamine gratis (5) cordis; quamvis aiitem inpresentia- 
)) mm prompta mea voluntas non sufïiciat, ad eondignum vita 
» taraen comité gratus ero. Reverendissimam vestram pater- 
» nitatem efflagitans salutifcre caritatis ardentissimo deside- 
» rio, quatenus paternis incepit affectibus incohata continuel, 
» ac pro consequendis ad bec condnccntibus oportunis insistât 
» provisionibus alque rcraediis, velut ipsius vigilantissime 
» soUicitudinis circumspcctissima sagacitas et industria diser- 
» lissima censuerit occurrendnm ; quonialn et indics^ non 
» obstantc mea possibili resistentia (que, quod dolenter refero, 
» parvi penditur a plerisque), dictim ad ulleriorcm demoli- 
)> tionera meniorum et turrium dicte civitatis et pairie proce- 
» dilur, ac ad alia plcraque jurisdiclionis et jurium prescri- 
)) ptorum prejuditia laboratur, atque gravaminibus gravamina 

(1) Lisez honoratissime. 

(2) Vestrœ reverendissimœ paternilatis. 

(3) Lisez disertissime, 

(4) Lisez reddorque. 

(5) Lisez gralL Le mot conamine est douteux. 



( 39 ) 

» cumulanlur, proul hec secretarius meus luagister Ricchar- 
» dus ipsî r. p. y. poterit lalius declarare; ut etiam apud 
» consilîarios domîni ducis et dominum de Humbercourt 
» insiare dignemini, quatinus (1) vcstre benignitatis durante 
» prosecutione, ab ulteriori demoJitione cesselur et aliis pre- 
» judiciis ante actis, quoniam magis expedirc videtur ut hec 
» ab ipsis et disertissima v. p. quani a me ipso procédant; 
» quibus, nisi per médium auctoritatis apostolice et occulatis- 
» sime vestre prudentie viîs congruis obsistant, non video 
» quis alius pro eurrente qualitate temporis consolabitur vel 
)) tante desolationi nobilissime quondam Leodiensis ccclesie 
» consulet, ne tolali desolationi subjaceat et ruine. IIcc itaque 
» eonfidenter significo tanto presuli, cujus tam sinceram cxpe- 
y> l'ior operam utiquc necessariam, optatissiraos cordialesque 
» Iabores,queni ob hoc tam hujns Ecclesie quam patrie palrcm 
» et conservatorcm convenit appellari. Cujus in his proscquen- 
)) dis vota dirigat Altissimus illc qui non descrit prosequenles 
» opéra pielatis. Ex civitate mca Leodicnsi, mensis julii 
» die xun^ 

E, (2) y. R, P. Ludovicus episcopus Leodiensis. 
Manus (5) propria : Ludovicus. » 

Cum finis julii mensis instaret et dux in Hollandiam profi- ï\ecessuj ducis in 

** . « . HoUandium , di- 

cisci pararet, quam nondum post mortem patris fuerat mgres- missolegato Bru- 

.. 1 , , «u- o I * gis absque respon- 

sus, acccrsitus a duce legatus, sperans sibi nnale responsum et |o donec redeat. 

finem gratum, rébus loquutis, dari aliter evenit. Nam dux 

seorsum legatum rogavit ut post tam longam perpessam 

moram non gravàrctur adhuc Brugis dccem vel quindecim 

expectare diebus quoad ex Hollandia rediret, gratum in suo 



(1) Lisez qualenus. 
(S) Eminentissima? 
(3) Lisez manu. 



( ^O ) 

reditu rcsponsuni daturus. Intérim vero aliqua pontifici 

roaximo Paulo per legatum scribi maodavit salis ardua, sicut 

9t factum fuik. 

Annuit ducis petitioni legatus, licet jam longa expeclatione 

Jefessiis animo, maxime cum satis intelligeret evidentibus^ 

signis et amicorum relatione duccm nihil de siiperioribus^ 

convcntionum articulis inmutaturum ; consensit tamcn ndhuc 

morari paululum potius quam re pcnitus infecta dîscedere. 

Nihilominus orania pontifici maximo Paulo, primo per domi- 

num Raymundum de Marigliano superius nominatum, ac 

demum per reverendum patrem Stefanum Trentinuro, Lncen- 

sem episcopum (i), ad Urbem tunc ex Anglia redeuntem, vcrbo 

et lilteris denunctiare curavit, scribens etiam pontifici maximo 

ea omnia que dux scribenda mandaverat post ejus a Brugis 

discessum. Sequentidie dux per domesticum familiarcm suum 

legato dici jussit se non Brugis sed Bruxellis ex Hollandia redi- 

turum, itaque non opportere expcctarc Brugis sed Bruxellis^ 

que in recto itinere Leodium redeuntibus sita est. Quamobrem 

illico Brugis discedens legatus, cum suis Bruxcllis profectus 

est, ducis ex Hollandia reditnm expectalurus. Constiluto tem- 

Rediius ducis ex poFC dux cx Hollandin Bfuxellis redicns, cum exercitus Fran- 
Hollandia. ..••.. 

corum regis ut suspicabalur ipsum urgcret, cum suo ctiam 

grandi exercitu adversus regem exire properabat. Aderat tunc 

seeum reverendus pater Karolus, archiepiseopus Lugdunensis 

et episcopi Leodiensis frater (â), a rege Francorum ad ducem 

pro pace tractanda missus; qui summo conatu ducem ipsum 

ab incursu bellico reprimere nitebatur, ostendens non contra 

ipsum sed ad alios fines exercitum regis esse coactum, quin- 

ymo Prancorum rcgera paratum esse super omnibus contro- 

vcrsiis que inter ipsum et Brittanie ducem, aut Carolum fratrem 

ejus, lune Bituricensem nunc vero Aquitanie ducem, quoquo- 



(1 ) Etienne deTren(i,évéque de Lucques. 
(2) Charles de Bourbon, archevêque de Lyon. 



(413 

modo vigerent (i), velle ducem Burgundie constituere arbi- 
trum et cuncta sua (^) decisîoni siibmîctere; que cum dux, sive 
diffidenlia sive alia quavîs ralione motus, omnino rccusarct, 
nihil apud eum Lugdunensis archiepiscopus pcrficere valuit, 
licel lam ipse qnam etiam Icgatus apud ducem et excelsam 
ducissam ejus matrem muUis super hoc exortnlionibus et piis 
precibus institissent. 

Cum rursus ad rem Leodiensem sermo rcdiisset et légal us Rursus tractatam 
quid super illis dux decrevisset instanter expcteret, gratum ut nerlegatumapud 
pollicitus fuerat responsum expectans, iterum « confirmalionem clusWe ** ^^^' 
priorum tractatuum simplîciler utstabant universum fercdu- 
cis consilium et dcmum dux ipse personatiter a legato summo- 
perecxpectebant(5), nihil in bis Ecclesic juribus advcrsum aut 
dampnosum, sed utile et propitium esse firmiter attestantes; 
et si qua in bis inmutanda essent, inhonestum fore duci et suo 
consilio aliquid inmutare, altéra parte cujus interest absente, 
cum ea gesta essent Leodii, présente episcopo et Ecclesic 
patribus et totius patrie staiibus ut moris est, nec possc ducem 
ipsis absentibus cum suo honore aliquid innovare ». Ad bec 
legatus, eadem fretus ratione, respondit < se cum suo honore 
non posse approbare vel confirmare illa que conmuni consensu 
acta essent, nno tantuni confirmationem petente, aliis vcro 
tacentibus aut omnino ut mclius possunt reclamanlibus; quod 
si episcopus et Ecclesic patres una cum patrie statibus, ut moris 
est, banc confirmationem petiissent aut peterent et jure juran- 
dofirmarent ca conduccre ad Ecclesie statum et non dampnosa 
existeresed utilia, se confirmationem minime negaturum,immo 
prompto animo et liylari corde exibiturum simpiiciter, nulla in- 
mutatione in bis factn » . Approbavit illico dux legati responsum 



(1) Sur ces faits, consultez de Garante, Histoire des ducs de Bour- 
gogne, édil. de M. Gachard, t. II, pp. 280'el suiv. 
(î) Lisez sue 
(3) Vi&ez expectabant. 



(42) 

et eum bene et rationabilitcr loqui attestattis, celeriter num- 

Vooii episcopus ptium ad episcopuin Leodiensem qui Leodii erat evocandum ut 

xeiiis Tocatus a Bruxellis veniret transmisil. Quo post dies paucos adveniente, 

^^^' cummulliserinoncs primo interlegatura etepiscopuraseorsum, 

et demum vocato archiepiscopo Lugdunensi fratre suo, peraeti 

esset(i), tandem die décima raensis augusti dux eum legalo, 

archiepiscopus Lugdunensis et episcopus Lcodiensis soli simul 

^^et^eSîopo^ pre^ *" parvo cappelle ducis oratorio conveuerunt. Quibus sic solis 

sente archiepis- sejorsum stanlibus, dux primo ad legatum conversus ipsum 
copo Lugduuense ; , ... . , ,. 

per legatum. interrogavit an in eadem sententia permaneret qiiam pridie 

obtulerat, scilicet confirmalurum se auctoritatc sua, ymmo 

verius apostolica, ea que conmuni ipsiiis ducis et episcopi et 

patrie Leodiensis consensu petita esscnt; quo rursum ut prius 

dixerat affirmante, interrogavit dux episcopum quidnam ipse 

responderet et an ipsius concordie confirmationem petere 

veliet vel in aliquo conlradicere. Ad bec episcopus paululum 

trepidus respondit se cuncta peracturum que senioréâ Ecclesie 

et status patrie Leodiensis, ut moris est, sibi recte consulerent* 

Rursum dux paulisperconmotus ad episcopum : c< Non parum, 

» inquit, miror cur nunc tu et seniores Ecclesie tue sapien- 

» tiorcs esse velitis quam tune fueritis eum bec omnia apud 

» Leodium agerentur, maxime eum vexalio que tune aderat 

» majorem vobis prestare debuisset intellectum; meminisse 

» enim debes ea omnia apud Leodium tuis et tuorum precibus 

)) per me acta fuisse, vcluti patriœ et Ecclesiœ tue ac tibi 

» utilia, ad feroccm populum edomandum; nunc autem quid 

» sibi vclit aut undc prodeat bec ambiguilas vol exitatio (2) 

)) satis demiror ». Iterum episcopus ad ducem : ce Intclligo, 

» inquit, elarissime princeps, legatum jurcjurando a nobis 

» sciscitari velle an in bis omnibus capitulis pure consense- 

» rimus, et an omnia concernant Ecclesie bonorem,utib*tatem 



(1) Lisrz essent, 
(â) Li^ez excUaiio, 



( ^3 ) 

» et libertateni; cum de his sub jurlsjurandi relijgioiie adjura ti 
» fuerîmus, utique necessariimi erit ut veritatem exprima- 
» mus ». Hec auditus, dux vehementer încensus et fere balbu- 
tiens hec înter mulla gallico sermone velocissimo protulit : 
« Jam, înquity inlelligo bas fore versutias et deceptiones 
» Ludovici Francorum régis, cui mos est per protestationes 
» rescindere postea que prius scripto et jurejurando statuerai 
» et fuerat pollicitus. Ëjus vestîgia nunc sectarî nitcris, Ludo- 
» vîcus de Borbonio; sed sive confirmentur hi articuli sive 
» non, parum mihi erit cure. Ego sententiam meam quam 
» semel decrevi et fecepta est, si quis eam violare temptaverit, 
» hoc ense tuebor. » Et his dictis, apposita manu ad ensis 
capulum, cquos sibi adduci jussit adversus regem cum suo 
exercitu profeclurus. Stabant actoniti duo fratres Lugdunensis 
et Leodiensis presules. Sed cum legalus verba ducis se non 
intellexisse diceret, gallice et tam festineprola(a,archiepiscopus 
Lugdunensis primo, demum vero ipse dux eidem (i) legato 
latino sermone inlerpretati sunt. 

Quibus verbis intelleclis^legatus ad dueem conversus : c< Non Responsio legati ad 
» maie, inquit, loquutus est episcopus, gloriose princeps; dacem. 
» patere ut episcopus, seniores Ecclesie et pairie nobiles super 
» his libère suas sentenlias proférant. Permicte ut ipse et ego 
» hœc ab eis seorsum sciscilemur et rem agamus. Firmiter 
» spero banc rem cum Dei et Ecclesie honore et sine tuo 
» incomodo talitcr perfieiemus, quod merito gratissimum tibi 
» erit; nam ex quinquaginta fere arliculis quos ea pax con- 
» tinet, decem vel duodecim tantum aliter reformandi et in 
» melius inmulandi sunt, qui sapiunt Ecclesie lesionem; quos 
» taliter ordinabimus quod comunis Ecclesie et tua justitia 
» et honestas salva et inlesa manebunt. Et ut hoc gravius et 
» maturius perfici possit, placeat tue celsitudini duos ex tuis 
» consiliariis mecum et cum episcopo Leodium mictere, 

(1) Lisez eadem? 



{ U) 

y) nobiscuni hec omnia tractaturos. » Quibus auditis, dux 
paululuin secum consistens et vocato scorsum legato, hec 
brevîter retulit : Non videri sibi nec conducere rci sue ut con- 
siliarios suos Leodium cum eis miclat; nam si hoc agcret, 
facile extimari ab aliis possct ipsum a prioribus traclatibus 
yclle discederc; sed ipsc potius, ut comunis legalus, per se 
ipsum ab cpiscopo et clero apud Leodium intelligeret quidnam 
in eis articulis peterent corrigi vel reformari, et ea sibi nota 
faceret; scd nihil inmutaret eo inconsulto. Assensit legatus 
ducis voluntati et firmiter poUicitus est a ea omnia sediligenter 
acturum, et redilurum ad ipsum si eo tempore non longius 
abesset: nam fama erat ipsum in Gallias profecturum. Sin 
vero, duos ex canonicis Leodiensibus missuruni ad eum ubi- 
cunquc foret, cum suis et corum petitis. Que ut bénigne 
dignaretur accipere in Ecclesie favorem, supplex dueem legatus 
exoratus est. 
Recessus ducis ad- Hoc brevi sernione cum legato semotum habito, dux ab eo 
versus regem. valefaciens, illico signa dari jussit, adversus regcm cum suo 
cxercitu profecturus; quem, licet recusanlem et ob modestiam 
renitentem, legatus ad aliquot mille passus comitatus est, grato 
et multarum rcrum suavi conloquîo secum per viam semper 
habito. Sequenti vero die legatus cum cpiscopo ex Bruxellis 
Recessus legati cum simul reccdentes, per Lovanios et Tungros vicesima secunda 

LeodSum ^^*^*"^ ^*® mensis augusti Leodium reversi sunt. 
Tractatus habitus Congregatis omnibus Ecclesie patribus postero die in sacram 
legatum/%isco- ^^^^^ Lamberti edem, presentibus legato et cpiscopo, notum 
pum et capitulum. ^\^ factum est quid apud ducem actum esset et que conclusio 

habita per legatum, présente et absente cpiscopo; et quoniam 
res admodum grandis esset et ad jus Ecclesie maxime perti- 
nens, requisiti sunt per legatum episcopus et ecclesie patres ut 
super ea graviter et rcctc consulcrent quid agcndum quidve 
confirmanduni, infirmandum vel reformandum esset. Multis 
vero ex ois prc nimio timoré tacenlibus, aliis vero ambiguë 
loquenlibus et legato supplicanlibus ut eus ad rcspondendum 



(4S) 

super his non cogeret ne in majores incidcrent calamitatcs, sed 
ipsemet ex suo olBcio corrigeret que corrigenda esscnt, cum 
salis notorie apparercnt ea que concernèrent juris Ecclesiœ 
lesioneni : intellexil legatus fidc digno relatu aliquos inter 
Ecclesiœ patres existere in ducis voluntatem pronos nec in 
mininio quidem sibi contradicere ausos; quorum princeps erat 
Aobertus de Molreaumeo, Leodiensis ecclesie unus ex archidia- 
conis(i); plures vero status Ecclesie zelatores, Deum timentes, 
pro veritate loquendl cupidos, veritos tamen ne dicta eorum 
palam foris ennunctiarentur subsistere. Quamobrem legatus, 
consilio etiam cpiscopi et aliorum plurium inductus, ab eo 
prius et demum ab aliis jusjurandum exegit, prout astricti 
erant in suaruni susceptione dignilatum, et anathemalis penam 
ac alias canonicas censuras indixit ut quisque suum pro tanta 
rc liberum profcrret juditium, neve palam efferret quod ab eo 
vel aliis diccrelur, sed secreti tenax essel. Re igitur sic peracta, 
multorum voces libère prolate sunt, generaliter negotium 
ipsum contingentes; sed ut res ipsa majori gravitate et examine 
perficeretur, deputatis scx canonicis aucloritate inter eos et 
jure peritioribus, qui articulos ipsos diligenter inspicercnl et 
que roformanda in his essent ad Ecclesie restitutionem discu- 
tèrent et examinarent, ac legato in scriptis tradercnt, octo 
dierum spatium pro his exequendis pelitum et dalum est. Quo 
adveniente ad Icgatum reversi, hos ei reformandos articulos 
exibuerunt infra descriptos, quoniam ad rem nostram maxime 
pertinere noscuntur; qui etiam per magistrum Johannem de 
Serannio, decanum majorem Leodiensem (2), paucis post die- 
bus coram publico cjus nolario ad nianus Icgali tradili sunt 
prout sequuntur : 



(l) Robert de Morialmé. (Voy. de Theux, op. cil., 1. 11, p. 270.) 

(â) Jean de Seraing, doyen depuis Pan 1456. (Voy. de Theux, l .11, p. 235.) 



(46) 



Articuli reformandi Arliculi reformandt traditi pcr clerum d. legato. 

traditi per clerum 
' legato. 

ce Ad primum articuluro: videtur quod expcdit quod judices 
seu ollSciati dicti les aloens et les six del fore debeant rema- 
ncre ad disposilioncm solara reverendissimi domini Leodiensis 
et capituli, quoad suos allodiales; quod sic debere fieri pre- 
sumitur ex secundo articulo, per quem in abolitionem judicum 
et officialiura civitalis, illi de civitate debebant (i) restituere 
cartas et privilégia sua, etc. 

Ad secundum : transit, quia sortitus est cffectuni et quia 
soluni conccrnit civitatem et non prejuditium domini nec sue 
Ecclesiœ. 

Ad quartum, ex quo merum imperium dumtaxat in patria 
Leodiensi spectat ad dominum Leodiensem, ta m ex sentencia 
pape quam alias de jure et antiquissiraa consuetudine : videtur 
quod est solius domini Leodiensis approbare vel improbare 
consuetudines secundum quas esset judicandum. 

Ad quintum : non videtur transibitis prout jacet, nec de loco 
nec de forma juramenti; sed videretur suffîcere quod jurarcnt 
in loco solito, videlicet capitulo Leodiensi, juxta antiquam for- 
mam; hoc addito quod nihil actcmptarent aut judicarent in 
prejuditium domini ducis et patriarum suarum Brabantiœ et 
Limburgie. 

Ad sextum: videtur quod de resorto in patria Leodiensi sit 
in arbitrio (propter superiorera (S) et regalia) reverendissimi 
domini Leodiensis. 

Adseptimum : manifeste est gravis et in prejuditium Ëcclesiso, 
cujus est jurisdictio, non opidi; et sic, propter malitiam populi 
et inhabilitatem ejus, non débet Ecclesia pati jacturam injure 
suo. 



(1) Lisez debebunt. 

(i) LUez superioritatem , souverafm té. 



r 



( ^7 ) 

Âd nonum : reslringilur per îstum articulum facultas domiDi 
Leodiensis. ' 

Ad xij"": videtur expediens quod omnes pecunie que venient 
ex fermeturia remaneantproreedificatione viarumet pontium. 

Ad xix*" : provideatur similiter de bonis personaruiu eccle- 
siasticarum prout de bonis ecclesiarum. 

Ad xxij™ : videtur totus prejuditialis ecclesie Leodiensis, 
maxime in locis dominii comunis; et etiam quoad resorlum, vel 
saltem similiter eximerentur loca patrie domini Leodiensis a 
resorto fîendo in patriis du ois. 

Ad xxiiij"": provideatur expresse per verba competentia ut 
soli contravenienles illi articulo, quoad guerram movendamet 
ligam faciendam, incurrant penam inibi descriptam, sine eo 
quod tola patria aut innocentes exinde puniantur aut impe- 
tantur. Quoad arma vero et instrumenta bellica facienda, pro- 
videatur etiam auctoritate et per médium domini Leodiensis, 
veri domini patrie, quod fieri possint arma pro tuitione et 
conservationes (1) domini, cleri et patriœ. 

Ad xxvj*^ : videtur potius contra juris disposilionem et in 
prejudilium Ecclesie ; sed constituatur defensor contra poten- 
tiam majorem requisitus, vel fiât perpetuum fedus inter domi- 
num cpiscopum et ecclesiam Leodiensem. 

Ad xxviij*" : quantum loquitur de advocatia, videtur dicen- 
dum ut in xxvj" articulo dictum est; posset tamen in casu federis 
(fedus non reprobant jura sed advocationem cum pluribus 
nominibus) pretacti aut defensoris ratio de pecunia haberi. 

Ad xxix*" articulum : est nimium prejuditialis reipublice, nisi 
per successum fierct transitus et sine prejuditio locorum per 
que fîet transitus. 

Ad xxxj", in fine, ubi mentio fit de advocatia : provideatur 
ut supra in xxvj*" articulo. 

Ad xxxij™ : provideatur, quoad demolitionem, ne ulterius ad 



(1) Lisez conëeroatione, 

nÈM. ONUFRICS. 



( 48 ) 

iliain proccdatur; et quod civilas et alia loca pairie possint 
taiitcr muniri ut dominus et clerus (ute et sccure possint Deo 
sepvire atque evadere incursiis hostium. 

Ad xxxiiij*": provideatur ut supra (1) scabinis Lèodiensibus. 

Ad xxxvij"* : provideatur ut supra tactura est in xxxij'^ arti- 
culo; et quod dominus Leodiensis possit dare licentiam defen- 
dcndi arma (tani spiritualis quam tcniporalis hoc tangitur) (2). 

Ad xxxviij": reservetur expresse totalis jurisdiclio meri et 
mixti imperii doiuini Leodiensis in loco de quo in articulo, 
prout sententia domini pape continet et habere consuevît ab 
antiquo; et quod idem dominus Leodiensis possit dare licen- 
tiam reedificandi. Addito quod delinquentes in Trajecto non 
essent tuti in dicto loco et e contra. 

Ad xlvij*" : addalur quod presens articulus locum sibi non 
vendicet in bis que essent prejudicialia in alia pace seu 
tractatu. » 

Sequitur ingrcssus His articulorum punclis patrum sententia reformandis 

exulum in civiia- , , •!•»•*.. . • i .• • • . 

tem et omDimoda Icgato exibitis, statutum estconmuni legati, episcopi et patrum 

rerum turbatio. decreto, Ut hi omnes in publicam formam scripto redigerentur, 

et duo ex canonicis Lèodiensibus micterentur ad ducera, juxta 
recessum cum eo in Bursella (3) conclusive factum (qui tune 
apud Perronam,Piccardie oppidum, cumsuo exercitu castrame- 
tabatur), ut cis visis, corrigi in melius pateretur siciit a patribus 
reformati erant, sine suo incomodo et Ecclesie lesione. Sed,sive 
iniqua Lcodiensium sors sive alia quevis occulta bominibus 
causa, Dei autem judilio et providentie nota, missioni buic 
impedimentum attulerit incertum est; nam cum his duobus 
canonicis deligendis et mictendis ad ducem ccclesiarum patres 
intentt essent, numptii celeres undique ad civitatem advolant^ 
numptianles Leodiensium exules (sive ut ipsi nominant fugi- 



(1) Ajoutez de. 

(:2) Les mots entre parenthèse sont raturés. 

(5) Lisez Bruxelia, 



(49) 

tivos) maximo numéro in Arduenam silvam civitati proximam 
latitari, nocturnis prédis et clandestinis spoliis ad eorum 
victuin necessarium perquirenduni sollieitos, ac ut civitatem 
et alia oppida mûris nudata ingredianlur intentes, conspira* 
tione cum multis patrie incolis inita. Ad quos perquirendos 
diversis locis exploratoribus missis, licet ob silvae densitatem 
et magnitudinem non inventos, canonicorum duorum députa- 
torum ad ducem recessum paululum retardavit. 

Sancte (1) igitur hac delliberatione super correptione (2) Adventus exulum 
horum capitulorum et de mictendo duos canonicos ad ducem 
juxta promissa sibi facta in Bruxella per legatum et episcopum 
Leodicnsem (qui dux tune erat in Piccardia cum suo exercitu 
contra exercitum d. Francorum régis), supervenit turbatio 
maxima in civitate Leodiensi die nona mensis septembris, 
legato existente in Leodio pro expeditione premissorum, et 
domino Leodiensi in opido suo Trajectensi cum certis suis 
Dobilibus cum quibus celebrabat certas dictas more patrie 
pro statu Ëcclesie et dominii sui. Girca meridiem enim 
ejus diei exules Leodienses facti per d. ducem in sententia 
prœdicta, qui erant in Francia et locis circumvieinis,assumptis 
capitaneis illustri Vincentio de Buren(3), comité, et Joanne der 
Wilde (4), milite de partibus Gelrie, Cosuino de Stralen (5) 

(1) Lisez S tante? 

(2) SiCy pour correctione? 

(3) Vincent de Bueren, Ois de Guillaume, sire de Bueren, et d'Ermen- 
garde de Lippe. 

(4) Ce nom est mal écrit : On peut aussi lire de Riuilde, Ailleurs, 
Onufrius rappelle Dervild, Philippe de Cohhikes le nomme dt Ville, et 
Châpeâville (Gesta pont, leod., t. II, p. 269) Villanus. 11 s'agit de Jean de 
Home, dit le Sauvage (en flamand de Wildej^ seigneur de Kessenich. 
M. le baron de Chestret a consacré à ce personnage une intéressante notice 
dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois^ i.WU, p. 5. 

(5) Les frères Eustache et Goswin de Straile étaient tils d'un ancien 
bourgmestre de Liège. (Voy. le Recueil des bourgmestres de Liège, p. 148, 
et le Bullelin de Vlnst, archéol. de Liège, t. XIII, p. 11.) 



( so ) 

cam fratre, nobilibus Lossensibus, et quibusdara aliis, 

Faga multorum ad intrarunt civitatem cum roagno terrore oninium, cum vexil- 

r^abeo. Hs illustrissimi d. régis Francise et signati crucibus albis 

impectore (i) rectis, signo ut aiebant ejusdem régis in armis 
consueto, adclamantes sermone gallico :< Vivat rex et francle- 
gios! »idest liberi Leodienses;quibus illico totacivitasadhesit, 
interfectis aliquibus sibi contradicentibus, licet paucis, ad nume- 
rum sex vel octo infra(2) civitatem, fugientibus vero extra civi- 
tatem captis, et omnimodo interfectis aut submersis in Mosam 
tanquam eorum liostibus, ad numerum (ut fama fuit et postea 
signa apparuerunt) fere ducentorum. Et statîra oranes utriusque 
sexus in civitate existentes sumpserunt signum crucis albe 
recte in pectoribus, prout exules reversi habebant. Qui primo 
fuerunt trecenti numéro, postea ad noctem usque ad mille, 
demum singulis diebus centeni et milleni adaucti sunt, usque 
ad decem milia, ex opidis et pagis et vicis finitimis, omnibus 
olïîcialibus civitatis, scabinis, locatenentibus ducis et aliis 
nobilibus, equestribus et pedestribus , de civitate turpiler 
fugientibus; qui si vel paululum restitissent, omnium judicio 
compressissent impctum primorum et subsequenter sequen- 
tium aliorum. 

In^ssusexuiumin Exorto hoc tam magno turbine, accurrerunt ad monasterium 

cmtate et modas. ri.'»L»i-»i. i.* r «i 

Sancti-Jacobi, ubi legatus morabatur, fere omnes curiales 

foreuses qui in civitate erant, metu mortis; inter quos domi- 

nus Gisbertus de Venrode, colleetor apostolicus (3), cum sociis 

suis, quidam familiares reverendissimi domini cardinalis de 

Ursinis et aliquorum aliorum d. cardinalium oriundi de 

partibus inferioribus, quidam consiliarii domini Leodiensis 

et nonnulli religiosi; quos omnes idem legatus protexit. et 

nutrivit usque ad eorum recessum. Et mullis suadeutibus ut 



(I) Sic. — Crux recta^ par opposition à la croix de Bourgogne, qai 
était en sautoir. 
(9) Lisez intra, 
(5) Je n*ai trouvé ailleurs aucune trace de ce personnage. 



(51) 

legatus caperet fngam per Mosam, mutato babitu, quonîam 
Leodienses cxules, per censuras npostolicas et alias persequu- 
tiones irritati, ipsum cum omnibus suis interficerent, et hoc 
fîrmiter asserentibus ; alii vero, et precipue monachi sacri 
ejusdein monasterii, viri reb'giosi, contrariiim affîrmabant, 
dicentes legatum non debere nec posse recedere sine periculo 
suo et suorum omnium, nec se dubitare qiiin omnes cives 
eundem sibi honorem exhibèrent quem facerent s. d. n. (1) si 
prœsens adesset. Stante bac concertatione, et dubia sententia, 
idem legatus retraxit se in ecclesia; et videns forum et pontes 
fluminis plenos armatis, et sentiens pêne omnes fugientes e 
«ivitate fuisse occisos, nec palam nec clam sine manifesto 
periculo posse recedere : convocatis omnibus suis et aliis qui 
sceum erant, déclara vit eis se velle manere ; et si vol un tas Dei 
esset ut ofTendi debeat aut ledi, se preeligere offendi in hoc 
sacro monasterio et suo habitu, quam in agris aut silvis ipso 
mutato. Ad quam responsionem reverendus pater abbas Tui- 
irensis cum tribus sociis, et dominus Enricus de Lovenborch 
doctor (2), qui sccum a principio in Brugis et in Leodio semper 
fuerant, et de fuga legato consilium dederant, dixerunt se velle 
recedere timoré mortis, venîam de recessu postulantes; quibus • 
legatus hoc solum respondit : « Fuistis mecum in gaudiis, nup* 
» tiis et conviviis, et nunc in tribulatione receditis. Maledictus 
» homo qui eonfidit in homine. Ite in pace. » Qui illico recesse- 
runt. Sed in portis civitatis fucrunt capti; sed cogniti postea 
pro familiaribus et amicis legati, liberati sunt a morte, sed 
privati equis eorum omnibus ad alîquos dies, donec legatus 
fecit eis restitui. 

Inclinante jam ad occasum sole, antequam ténèbre super- Mictit legatus ali- 
venirent visum est legato et aliis qui secum erant ut micte- ^apfta^oseïulum 
rentur aliqui ad forum, jam repletum armatis, ad conloquium existcntes inforo. 



(1) Sanctissimo domino nostro^ c*est-à-dire: au pape. 

(2) Guillaume, abbé de Deutz, et Henri de Lovenberg. Voy. ci-dessus, 
p. 50, notes. 



(52) 

cura eapitaneis et intellîgendura quid intenderent. Igilur missis 
duobus ex sacerdotibus cappellanis suis, una cum duobus reli- 
giosis monachis populo magis notis, quibus loqui mandatum 
est in bac sententia : « Ipsos debere scire legatum esse in civi- 
tate et continuo tractasse et tractare concordiara universalem 
totius patriœ, jamque esse dednctam ad bonos terminos; 
mirari scse de bac novitate et tam grandi tumultii; cupere se 
scire qui essent, unde venirent, quse esset eorum intentio. Si 
tractatus concordic ipsis ingratus sit, et si presentia ejus in 
civitatc vel patria Lcodiensi esset eis molesta, se libenter dis- 
cessurum ad peragenda alîa sibi negotia conmissa. » Quibus 
nunptiis ab ipsis cumomni veneratione receptis, babito inter 
seseorsum conloquio, boc in effectu responsum est : 
Responsio exulum c Se esse cives et nobiles civitatis cl patriae Leodiensis, diu 

jam a patria exules; jam se esse famé, siti et nudilate confcctos, 
nec posse amplius pati exilium ; rediisse ad patriam, domos, 
uxorcsetfibos proprios; intcntionis eorum fore esse obedientes 
sanctc sedi aposlolice et s. d. n. pape et persone d. legati 
tanquam personam s. d. n. representanli, necnon ipsorum 
supremo domino episcopo Lcodiensi, pro quo bona, vitam 
et corpora exponcre parati erant; sed ut eximeret se ipsnm et 
eos ab intollerabilî servitute, presentiam domini legati nedum 
ipsis fore molestam sed gratissimam et summe necessariam; 
ymmo si absens a civitate esset, ipsum super eorum capita ad 
civitatem delaluros. £t quoniam intellexissent eum suspica- 
tum fuisse de aliqua lesione vel offensa sibi vel suis inferenda, 
declarare se dispositos ad supplicium de uno quoque suMicn- 
dum qui vel minimam injuriam domui vel familiae ejus intu- 
lissent. » Et boc idem illico per duos ex primoribus civibus ad 
legatum missis replicarunt, supplicantes ut in crastinum bora 
ipsis eapitaneis assignaretur qua omnes simul ad legatum 
venire possent. 

Consolati sumus omnes in verbis istis, et ipsis conlaudatis 
de bono eorum proposito ad obediendum s. d. n. pape et 
Ecclesiae, obtulit legatus se elïicaciter laboraturum ad impe- 



(33) 

trandam gratiain cplscopi Leodiensis et alionim principum 
quos desiderarent, dumraodo in hoc bono preposito (I) per- 
sistèrent, assignats eis in crastinura hora posl missam veniendi 
ad eum« 

Congregatiin unum sequenti die post missam ad numerum Veniunt capitanei 
f j . ^ • • !• •• , •. • «. etprimacescivium 

forsan quadraginta ex pnncipalioribus lam capitaneis quam ad legatum. 

civibus, venenint ad monasterium Sancti-Jacobi, convocatis 

etiam per legatum aliquibus ex canonicis raajoris et secun- 

darum ecclesiarum monachisque ipsius monasterii, necnon 

reverendo p. d. Joanne Soretb, generali ordinis carmeli* 

tarum (2), qui paucis ante diebus Leodium venerat cum 

duobus sacre théologie magistris, uno Leodiensi, alio Brîtone: 

quos postea semper legatus pro interpretibus et predicatoribus 

ad populum et in Jocis oportunis semper habuit secum, una 

cum vencrabilî viro Joanne Altfast, decano Treverensis dio- 

•cesis (5), cappellano suo, utriusque lingue galh'ce et germanice 

perito. Reph'cata sunl in effectu per legatum ea quae dicta per Verba legaii ad 

monachos eis fiierant suo nomine, et ultra conmemorate ^*^®'* 

stragcs et afflîctiones et damna que antea passi fuerant ob 

simîles eorum tumultuationes et potentia (4-) principum cum 

quibus contendere habebnnt, d. generali prudenter omnia 

interprétante et effîcacitcr in sua lingua omnia bona suadentc. 

Replieatum est per eos in effectu, rcsponsum prius monacbis Responsio cmum. 

datum, prolixiori sermone per os Amelii de Velrois (5), civis 



(1) Lisez proposito. 

(2) Le bienheureux Jean Soreth, l'illusire fondateur d'une foule de mai- 
sons de son ordre, notamment de celle de Liège en 1457. 

(3) Doyen de Mares, dit plus loin Pauleur (voy. p. 5i). 

(4) Lisez potentiam. 

(5) Amel de Veiroux, un des chefs des Liégeois révoltés, joua un grand 
rôle dans les faits exposés ici. (Voy. le Recueil des bourgmestres de Liège, 
p. 179, le Bull.de rinst, archéol liégeois, t. XIII, p. 9, etc.) Adrirn de 
Vetbri Bosco^ col. l'îSS, assure que, le 1«' octobre li67, le légal, en 
l'absence de révêque, établit Gilles de Lens et Amel de Veiroux bourg- 
mestres de la cilé. Celle parlicularité n'est pas mentionnée dans le Recueil 

susdit. 



episcopum. 



C S4) 

Leodiensis inter eos primo constituti; et insuper rogarunt lega- 
tuiii ut impetraret salvum conductum a domino Leodiensi pro 
viginti personîs ex ipsis, quia volebant ad îpsum accedere et 
ea omnia in presentia legati eidem exponere; supplicantes 
eidera legato ut non gravaretur ipse etiam accedere et secum 
îpsos ducere ad d. Leodiensero, et impetrare pro eis gratiam in 
patria remanendi, et ipsura ad civitatem suam redducere (1); 
proroictentes omnia se facturos que alii cives fecerant ipsis 
absentibus, antequam reddirent. Que omnia legatus optulit 
libenter se facturum et procuraturum, et illico misit ad domi- 
Mictit legatus ad num Leodiensem pro salvo conductu , et ad exponendum 

hœc omnia reverendum patrem abbatem Tuitiensem supra 
nomînatum, quem relaxari jam feccrat, et d. Joannem Alth- 
fasf, decanum in Mares (2), diocesis Treverensis, cappellanum 
suum, et duos ex canonicis majoris ecclesiae Leodiensis. Qui 
euntes, redierunt in erastinum cum acceptatione dietse per 
dominum Leodiensem et pleno salvo conductu; et iUico delli- 
beratum est quod in erastinum bono mane dispônerent se ad 
iter legatus cum predîctis viginti civibus Leodiensibus versus 
Trajectum, ubi episcopus erat(5). 

Cum sero jam esset et legatus dîsponi faceret res suas pro 
recessu matutino,venit ad legatum quidam religiosus sibi satis 
fidus et domesticus, signifîcans sibi qualiter rumor erat in 
civitate quod ipse recedebat animo non redeundi, et quod nisi 
provideret de signis redditus (4), esset periculum alicujus futuri 
scandali, forte rerum aut personarum, propter homines incor- 
reptos (5); etita veruro esse apparuit de mane cum receddere 



Suspitîo contra 
legatum. 



(1) Sic jpour reducere. Et de même, à la ligne suivante, reddirent pour 
redirent, etc. — Deux lignes plus bas, lisez obtulit au lieu de optulit. 

(2) Lise/ Maris. Morscb, dans le grand-duché de Luxembourg. 

^5) Louis de Bourbon s'était retiré à Maestricbt après la prise de Huy, 
le 17 septembre 1467. 

(4) Lisezreditux, et plus loin, recéder* au lieu de receddere ^rediturum 
au lieu de redditurum, 

(5) Lisez incorrectosf 



(55 ) 

vellent, quia proceres civitatis manifeste dixerunt legato quod 

nisi promicteret bona fîde prelati se redditurum, non permic- 

terent ipsum receddere, sed potius soli irent: excusantes quod 

omnino essent desperati si carerent presentia sua. Ob quam 

eausam prius famam fecerat legatus se velle ire per Mosam 

euro quatuor aut sex ex suis tantum, diraissis omnibus aliis 

familiaribus, equis et omnibus aliis bonis, prêter admodum 

paucis ad usum navigii et victus^ prout fecit, data tune eis 

publiée fide et promisso de redeundo; et ita fecit. Intrarunt 

naves très, unara legatus cum suis et aliquibus canonicis et 

religiosis supranominatis, et alias duas cives cum sociis eorum, Recessus legati 

stante universo populo utriusque sexus supor ripas fluminis, epîscopum. * 

cum gaudio et lacbrimis exorantes et acclamantes pacem. 

Descendentes per alveum fluminis Mose, passim reperie- Mandat legatus se- 
banturcadavera submersorum, lacerata ab avibus et canibus; cfsoram?'^'^^^* ^^ 
quare applicatis navibus ad ripas villarum supra flumen,vocari 
ad se fecit legatus sacerdotes et cnratos ecclesiarum villarum 
vicinarum, mandavitque eis corpora sepellire, gratum opus 
utrisque contendentibus. 

Circa médium itineris in ter Leodium et Trajectum, ad leucas invaduntur naves 
duas ab utroque distans, est castrum Argcntal super lapide, csSri de A^Tn- 
videlîcet scopulum flumini iminens, cujus domini partim feuda ^®*^- 
tenent ab episcopo Leodiensi partim a domino duce Burgun- 
die (i). Qui videntes naves bas très per Mosam descendentes, 
cmissis machinis, bombardis et balistis contra nnutas et naves, 
pêne perdiderunt legatum et omnes qui in eis navibus erant, 
cum maximo omnium periculo, donec decanus Leodiensis et 
alii canonici qui cum legato erant, clamantes designarent lega- 
tum cum suis esse, ad tractandum paeem cum episcopo et 
civîbns Trajectum descendere ; vix eis credentibus , oportuit 



(I) Voir une Notice historique sur te château et les anciens seigneurs 
(TArgenteau dans Ernst, Tableau historique et chronologique des suffra- 
gans ou co-évéques de Liège; Sauiert, Les délices du pays de Liège, i. IV, 
p. 55, etc. 



( 56 ) 

ad proras legatum se demonstrare el ad terrain naves subdu- 
cere et cum eis conloqui de causa accessus; et sîc transivimus 
non sine timoré el periculo. Quia vero opiduni Trajeciense 
pro indiviso est episcopi Leodiensis et dacis Burgundie, non 
fuit securus episcopus intromictere Leodienses in opiduni, 
propler Burgundos; sed ipse exivit ad conventum Fratrum 
Minorum de Osservatione, prope Trajeclum ad mediam leucam 
fundalum in suo territorio Leodiensi (1), cuip suis nobilibus 
et consiliariis in multitudine copiosa; et ibi audivit eos et 
respondit ut infra. 

Petitiones Leodien- Petitio Leodiensi um fuit: 

sium abepiscopo. _ . i- .• • • •* * i . j. 

« Primo, replicatio eorum que m civitate legato dixerant, 

ut supra narratum est, cum omni subjectione et humilitate, 

genibus flexis et cffusis lacrimis, concludentes et supplicantes 

cpiscopo ut ad suam civitatem reddiret (2), ipsis veniam daret, 

permiclerel impatria (3) et in suis domibus permanere, se esse 

paratos ad omnem obedientîam et subjectionem ut alii cives 

promiserant et fecerant; et super omnibus stare judicio legati 

et suo super quibuscunque dubiis emergentibus, salva semper 

sententia s. d. n. pape, cui contradicere nullo paclo intende- 

bant; sed multa fuisse facta prêter illam senlentiam, ipsis et 

Ecclesise nirais gravia et insupportabilia, que reformari in 

roelius necesse foret. » 

Responsio episcopi Quorum petitionibus episcopus respondit in banc senten- 

tiam, datis cedulis scriptis gallico et latino sermone : 

a Primo, omnes exules qui redierunt, exibunt et recèdent ad 



(1) 11 s'agit du couyent de Licbtenberg fondé en 1452 et appelé plus 
tard Slavanten, nom qui paraît être une corruption du mot flamand 
Observanten, sous lequel on désignait alors une certaine classe de reli- 
gieux franciscains observant plus strictement la règle primitive {Voy. les 
Publications de la Soc. hisl, et archéol. clans le duché de Limbourg^ 
t VII, pi». 6H, 154, 140,2012.) 

(2) Lisez redire t. 

(3) Sic, pour m pa^r/a. 



( »' ; 

unum ex duobus locis eorum arbitrio, Âquisgrani vel Reken (i), 
et dominus Leodiensis assecurabit eos in eiindo, stando et 
redeundo de dictis locis, usque ad ccrtum conveniens tempiis, 
in bonis et personis; quo terapore medio, d. Leodiensis ba- 
bebit advisamentum super impetratione gratiœ et reroissio- 
nis predictorum , medio domini legati, tah'ter quod predicti 
rationabiliter babebunt occasioncm se laudandi de ipso domino 
Leodiensi. 

Secundo, illi de palria Leodiensi qui junxerunt se prœdictis 
exulibus, dantcs ipsis favorem, retrahent se ad loca sua paci- 
fiée cum eadem securitate, continuando opéra et negoliationes 
suas. 

Tertio, postquam bec gesta fuerint et u trique retraxerint 
se, venient omnes de civitale in campis, deposilis vexillis et 
armis quse resumpserant, et ca omnia consignabunt ad manus 
d. Leodiensis; et hoc facto, ipse intrabit civitatem suam Leo- 
diensera ad beneplacitum suum et fruetur suis dominio et 
jurisdictione sicut prius. » 

Dans bine inde cedulis in ulroque sermone, d. episcopus confecte sunt ce- 
Leodiensis cum sua comiliva rediit Trajeclura ; legatus reman- ^^^^^ pêtitionibus 
sit in convenlu Observanlum (2) pro civium tutela et [)ersua- mutais 
sione ad acceptandum petita. securitate data; quos omnes 
legatus pavit, nullo audente ipsis necessaria ad viclum ven- 
dere. Durus visus est eis hic sermo; nihilominus populo bec 
referri debere et persuaderi, tam per ipsos quam per Icgatum. 
Suasit eis Jegatus ut redirent ad civitatem et petita populo 
exponerent, et quantum possent ea persuadèrent pro bono 
pacis; ipse autem remaneret Trajecti cum domino episcopo 
Leodiensi ad continendum ipsum ab invasione armorum, quo- 
niam intelligebat multos apud ipsum esse incitantes eiim ad 
___ — ■ » 

(i) Aix-la-Cbapelle ou Reckheim; cette dernière localité fait aujour- 
d'hui partie de la province de Limbourg. 
(2) Lisez Observa tiu m. 



^ 



( S8 ) 

prœliura, magisqiie esse utilem pro nunc moram suam apud 

Trajectum quam in Leodio. Ex causa jam dicta cepere suspi- 

cari legatum non habere animum redeundi obtestarique eum 

ut cum ipsis reddiret (1), nec esse ausos reverli ad civitatem 

sine ipso, timentes suplicium et laeerari a populo. 

Kedeunt oratores Conforlatus (2) est eos legatus ut ireot.sine timoré et ut bono 

civitafein^soîi sine animo essent, disponerentque se ad bonum pacis et obedientiœ, 

legato. ac jurejurando pollicitus est se redditurum si ila rectius cives 

judicassent, seque non remanere nisi ex causa jam dicta ; itaque 
pluries persuasi, paulo post meridiem ascensis eorum navibus, 
reddierunt versus civitatem. 

Capiuptur legati ci- Circa principium noclis ecce nunptius celer ad legatum ex 
vitatis ab invaso** 
ribus castri Ar- villa supra Mosam venit significans legatos Leodicnsium esse 

gental. captos a dominis de Castro Argental, famamque esse ipsos 

aut submersos aut jugulatos esse. Quali tune animo legatus 
fuerit quisque prudens consideret, maxime cum mane nunp- 
tius capitulorum ecclesiarum civitatis cum litteris ad legatum 
venerit significans « ob banc causam in civitate maxime tumul- 
tuatum, alios vocare legatum proditorem, qui contra promissa 
non redierit et cives passus fuerit capi et occidi, alios plures 
cucurrisse ad ecclesias minarique clericis et familia ribus legati 
qui in civitate remanseraut, quod si bii mortui essent, aut si 
vivi et non relaxarentur continuo, se omnem clerum et fami- 
liares legati occisuros aui siibmersuros, ecclesias spoliaturos et 
combusturos ». Haec suis licteris nunctiabant patres ecclesia- 

Diligentia legati pro rum tam legato quam cpiscopo Leodiensi. Hanc rem legatus in- 
liberandis caî)ti- ,. j. ^ . . • 

vis. digne ferens, ut par erat, tam pro honore suo quam suorum 

familiarium et ecclesiarum periculo et salute, très illico nunc- 

tios misit cum litteris, unum civitali et capitulis, alium ad 

castrum de Argental, tertium cpiscopo Leodiensi; civitati et 

''apitulis hoc in effectu, videlicel : a dolens vehementer de 

boc facto, excusans et offerens se ad redditum ad civitatem et 

(1) Lisez rediret^ cl de même nhis loin redilurum^ redierunf, elc. 

(2) Lïseï. couhortotu.s? 



(59) 

agendum omnia que ex auctoritate sua cum justitia posset 
pro liberatione eorum, usque ad brachium seculare » ; dominis 
castri rnoneas et mandans a ipsos relaxari et corrigi quod 
turpiter egerunt in dedecus Jegati et d. Leodiensis, sub 
quorum protectioue et salvo conduetu pro pace vénérant : 
alioquin providere necesse erit per modo» justitie et armo- 
rum non eis gratos, sed forte multum damnosos eis et patrie 
eorum »; domino Leodiensi a ut provideret taliter quam bonor 
comunis salvus esset et familiares legati et elerus non péri- 
rent; quod si non faccret, non fore mundum a suspicione seitus 
hujus facti et proditionis, legatumque oportere providere 
modis quibuscunque posset pro eorum liberatione et honore 
suo tuendo et familiœ sue et ecclesiarum sainte ». 

His litteris acceptis a civibus et capitulo, mitigati sunt cives 
erga murmura in legatum, maxime cum intelligerent ilJos non 
esse mortuos. Episcopus autem, misso présidente consilii sui 
fiurgundo, excusavit se « prêter scitum et voluntatem suam 
hoc factum esse, nec se aliud posse, cum caslrum ipsum esset 
feudum ducis, licet ville circumjacentes essent sub dominio 
suo ». Ad bec legatus respondit : c< ipsum debere punire eos 
in fendis eorum sibi subditis^ duos vero ex tribus fratribus 
qui apud ipsum in castris erant capere debere et punire aut 
les&to tradere puniendos ». Quibus rébus intellectis et exami- Relaxantur legati 
natis bene per suos, postquam (1) tmuum relaxati sunt qui 
detinebantur, et legato per cives et clericos gratie acte. Acceu- 
debantur utrinque animi ad prselium : episcopus ad invaden- 
dum civitatem, cives autem ad irruptionem; sed precibus et 
reverentia legati permoti, supersedcrunt usque ad comu- 
nem (2) cum legato iterum conloquium. Sed ncve episcopo, si 
tune alterutrum factum foret, inruptio vel invasio... (3). 



(1) Lisez post? 

(2) Lisez commune. 

(3) Cette phrase est incomplète. Il faut peut-être ajouter : neve civitaii 
profuisset. 



(60) 

Tractatur de com- Instantibus post hec maxime clero et populo Leodiensi ut 
muni loco ubi le- , ... • • . • i . 

gatus resideat. legalus ad civitatem rediret, visum est legato et bis qui cum 

ipso erant, ut antcquam civitatem iotraret, deputaretur aliquis 

locus comunis, munitus tameu et tutus, prope civitatem, accep- 

tus ambabus partibus, ad quem legatus demum rcddire et 

partes secura convcsnire secure possent, ex eo quia (1) née con- 

siliarii episcopi audebant civitatem ingredi, nec Leodienses 

ultra ad episcopura accedere, propter violationem securitalis et 

salviconductus proxime factam. Itaque conventum est et depu- 

tatus est locus monasterii monialium de Veteri-Vineto juxta 

Mosam, in medio itineris inter civilatem Leodicnsem et Trajec- 

tum (2); ad quem xx* die septembris declinans legalus, consi- 

deravit una cum suis amicis locum non esse satis munitum ab 

invasoribus, nec etiam honestum inter moniales mullis neces- 

sario habentibus convenire cum eo; itaque facta ibi mora diei 

unius, vocaius instanter a clero et bonis civibus Leodiensibus 

pacem affectantibus ut rediret in civitatem, persuasurus populo 

ut puncta tria illa tradita per episcopuni civibus ad eu m primo 

missis acceptarent (quod diffîcilimum fore asserebant, nisi ejus 

monitîs et persuasionibus) : die xxj*^ ejusdem mensis legalus in 

Revertitur legatus civitatem regressus est, magna populi jocunditate et concursu 

ati civiiaieiu ci 

loquitur populo, utriusque status el sexus; et illico, vocatis primoribus civitatis, 

per illos religiosos theologos mullis rationibus suaderi fecitcc ut 
illa acceptarent; et si diffidercnt de episcopo Leodiensi ne, 
armis corum depositis, velil intrare (prout suspicabantur et 
asserebant) in manu forti et ore gladii in ultionem, se paratum 
dàri facere per episcopum Leodiensem omnem quam petereat 
sccurilatem, quam sciebat episcopum libenler daturum pro 



(i) Lisez quod? 

(2) Vivegiiis, commune à 8 kilom. de Liège. Sur l'abbaye des Béné- 
dictines qui s'y trouvait, voy. Les délices du pays de Liège, t. IV, p. 50; 
Stephant, Mémoires pour servir à Chist, ecclésiast. du pays de Liège, 
1. 1 , p. 59, etc. 



(61 ) 

bono pacis quam sumopere affectabat, honore suo salyo ». Ad 
hec dixere « non esse se ausos responsum dare sine assensu 
populi ; qui si convocaretur in foro et hec publiée dicerenlur per 
legatum, sperare se facile cis persuasurum omnia que vellet; 
sed pro nunc non esse tutum sermonem facere de Burgundis, 
sed de solo episcopo; illud autem postea fieri posse ». 

De consilio igitur horum seniorum civiuni et canonicorum 
omnium ecclesiarura qui in civitate erant et aliorum abbatum 
et prelatorum et bonorum religiosorum, indicta est convocatio 
populi de mane in platea ante ecclesiam Sancti-Lamberti (1); 
quibus in maxima raultitudine convenientibus , pleno jam 
foro, legâtus una cum canonicis indutis vestibus sacris lineis et 
aliis prelatis et religiosis civitatis, in quandam domum in medio 
fori ascendit et per fenestras ejus, per organum vocis venera- 
bilis in sacra theologia magistri Roberti, ordinis Carmelitarum, 
veri ejus interpretis, in hanc sententiam orsus est, licet Ion- 
giori sermone legato in aures ejus verba inferente, coram 
universo populo : 

« Nobiles et honorabiies viri, fratres et lilii. Videtis quantos Verba legati ad 
» labores et curas continuas substinet hic paler legatus, perso- ^^^^ "™' 
» nam summi pontificis representans, pro salute vestra, pro 
» pace et conserva lione hujus civitatis etpatriœ; amplectimini 
» consilia ejus salubria, agite liberaliter que episcopus vesler 
» requirit pro honore suo et justa causa, ne deleriora sequan- 
» tur; cogitate strages preteritas quas passi estis paucis elapsis 
» mensibus, stantibus mûris civitatis et opidorum et majori 
» populi forlitudine et multitudine; nolite nunc fieri contuma- 
» ces, reducti ad paucitatem et mûris dejectis,et, quod delerius 
» est, inter vos divisi; nolite provocare adversus vos iram 
» principum vicinorum^ quibus non potcstis resistere, facti 
» jam debiliores; cavendum vobis est ne hanc inclitam civila- 
» tem ponatis in perpetuam ruinam et desolationem; » et multo 

(1) C'est-à-dire: sur le Marché. 



(62) 

plura alla in hune effectuai : ce quod si timereut ne, depositis 
armis, maie tractarentur in ultionem sanguinis per episcopum, 
cogitarent et petereot quam ipsi velint super hoc securitatem, 
quoniam illico consequerentur; et si etiam (prout aliqui suspi- 
cantur et murmurant) vereantur episcopum hanc fidem viola- 
turum, prout proxime factura fuerat, ex nunc legatum polli- 
ceri se omnes censuras et penas quas posset et ipsi peterent 
adversus episcopum fulminaturum et exequuturum, invocato 
seculari brachio si necesse fuerit; » et reliqua similia. Ëadem 
in effectu rcplicarunt Judocus de Marca, canonicus et ofïîcialis 
Leodiensis (1), nomine patrum ecclesiaruro, et Amelius de 
Velrois, civis Leodiensis, nomine primatum qui cum legato 
eraut, licet aliqui ipsum redarguerent quod in sermone suo 
non excepit eorum privilégia et franchisias. 
Seditiosi clamori- Ad hsec quidam ex plèbe susurrantes, irallice aiebant tacite, 

hua tnwKant «a ' *-' ♦ 

cem. prout vero interprète relatum est : « Hic legatus bona verba 

» habet : ipse verba solum ponit, nos autem jugulum et cer- 
» vices nostras; arma non deponemus et civitatem non cxibi- 
» mus; si interficiamur in dolo, hic legatus non suscirabit 
» nos , » et multa similia. Accessit ad hec quidam filius Belial, 
qui cum primatibus civitatis erat in superiori domo cum legato, 
nomine Arfasot vel Clerfasot (2), et cum eo Gonswinus de 
Stralera, nobilis, qui extento brachio et tensa manu, ad popu- 
lum gallice damans : « Ëstote constantes et firmi in liberlati- 
» bus et franchisiis vestris, quas récupéra s tis in gladiis vestris, 
» nullius alterius ope vel presidio accedente. Vultis ne ila?» 
Acclamante universo populo: c< Hui, hui, hui! (5) » Tune lega- 
tus ad proceres qui secum erant: ce Si de franchisiis loquenduip 



(1) Voyez ci-dessus, page 3â. 

(â) Je ne pois deviuer quel nom liégeois se cache sous cette Torme.. évi- 
demment corrompue. 
(3) Oui, oui, oui! 



(63) 

» est contra sententiam apostolice scdis quara unanîmiter ac- 

yy ceptastis, non oportet ulterius tractare de pace. Non enim 

» se passurum aliquid detrahî sententie apostolice. » Âd hec 

proceres c< se non velle înfringere apostolicam sententiam 

quam semel acceptaverant, sed ultra illam sententiam multa 

insubportabilia onera fuisse eis imposîta per aliam legem, 

que tollerare non poterant, sed eraendari et corrigi oportere, 

si pax perficicnda sit ». Requisiti sunt ut responsum elarum 

résolutive darenl; tune, inito inler se consilio, ad legatum ves- 

pere redeuntes hec responderunt ad petitionem episcopî : 

« Ad primura articulum, ut exules civitatem exirent ad loca Responsio civium 
, . - 1 i. ^. ad petitiones epi- 

deputata, etc. : ipsos non fore exules factos per sententiam scopi. 
apostolicam nec per episcopi liberum judicium, sed per sen- 
tentiam ducis, etc., ut clare apparet; que ipsos astringere non 
potest, nunc maxime cum obedientiam episcopo parati sint 
exhibere» juxla apostolicam sententiam, et utalii cives et incole 
fecerant ante ipsorum redditum; nec eis tutum esse ad alia 
loca subsolius episcopi fide et securitate migrare, cum in ipsius 
potestate non esset securitatem dare, multis eorum hostibus 
episcopo non subdilis apud eum manentibus et prevalentibus 
ipso, prout proxime factum fuerat per dominos de Argental, 
sub episcopi fide et securitate, captis civibus oratoribus; pro 
honore tamen episcopi et reverentia, exules esse paratos trans- 
ferre se in partem civitatis que est ultra Mosam (1), et ibi ex- 
pectare donec per legatum et episcopum deiliberatio fîeret 
super ipsorum restitutione. » Hec exules. 

c( Ad secundum punctum et tertium, qui comuniter omnes 
contingunt de sequestratione aliorum patriotarum et deposî- 
tione et (raditione armorum et vcxillorum : se non consensisse 
omnes neque arma sumpsisse contra episcopum et patriam, 
sed contra inimicos suos, patriam et ecclesiam opprimentes et 
redigentes in perpetuam desolalionem et servitutem ; et ipsis 

(1) Dans le quartier qui, aujourd'hui encore, s'appelle Outre-Meuse. 

MÉSÎ. ONUFRIUS. 5 



(64) 

armis uti vclle usque ad.mortem in defensionem Ëcclesise, epi- 
scopi, civitatis et patrie contra omnes hostes; pro quibus omni- 
bus observandis se paratos esse ad legati arbitrium obsides 
dare et episcopo oninem secûritatem, si de ipsis suspicarctur 
quod non oportebat; securitatem autem ab episcopo, eorum 
domino, petere indignum eis videbatur, cum non possent riisi 
litteras petere securitatis, et boc minus sufficiens eis videbatur 
ex ratione jam dicta. Quod autem episcopus civitatem intrnre 
possît ut dominus, hoc justissimum esse; hoc se summe optare 
supplicarequepro sainte civitatis et patrie ut qiiantocius faciat, 
nullamque esse aliam salutis spem;hoc sentiebant, judicabant 
et supplicabant primates civitatis et ecclesiarum patres : ut 
episcopus in civitatem rediret.Unum adebant(l) cives ut, pust- 
quam episcopus in civitate esset, bénigne cos una cum legato 
audiret super eorum oppressionibus et gravaminibus, salva 
semper apostolice sedis sententia; in ingressu autem suo in 
civitatem non duceret secum quosdam nobiles et alios cives, ad 
numerum sexdecim, per ipsos nominatos, qui prioribus cou- 
teutlonibus aliquos alios cives, consanguineos aliquorum qui 
nunc in civitate erant, privatim occiderant et alios summo 
alfecerant supplicio publiée. Posse autem istos postmodum, 
pacatis rébus, ad brève tempus in civitate redduci (2). » Hsc 
summa responsi. 
iteruin cxivit le^^a- Gum locus non csset mutue conventionis episcopi et civium 
epLcopum ^ cuin propler utrorumque diffîdentiam et violatam pridie fidem, 
respoiiso. subsceplo in se onere tracta tus pacis legatus, requisîto epis- 

copo, exivit ad tria milia passuum extra civitatem, ad parvam 
curiam abbatis premonstratensis nomine Milmort (3); ad quam 
etiam episcopus veniens cum suis consiliariis, proceribus et 
nobilibus patrie cum suis gentibus ad numerum fcre milk, 



(1) Lisez addebanl. 

(S) Lisez reduci. 

(5) Milmorte, village à 7 kilom. de Liège. 



r' 



(6§) 

tractatumestdepetih'onibus episcopi et responsionibus populi. 

Suadentibus aiitem pluribus prelium civîtati indîcendum, ne 

uiio quem ex civibus Leodiensibus ceperant appenso ad arbp- 

rem proxiniam eo tempore quo legatus eu m episcopo secre- 

tins conloquebantur, graviter eos legatus increpuit, démon- 

strans eis < paucos ipsos contra multitudînem desperatorum 

non sullîcere;erantenim qui cum episcopo erant in totum forte 

tria milia pedilum et equitum, cum tamen cives exteri jam 

aucti essent ad numerum decem milium; quorum decem contra 

viginti inruere non extimuissent obstinatione animi, vixque 

potuisse légatum cives continere ab irruptione. » Ad bec quietî 

aoimi facti sunt eorum, actumque est ut exules ultra flumen 

Mose se (raberent, arma omnia et vexilla non episcopo sed 

Icgato traderent, de francbisiis et sexdecim extra civitateni 

dimictendis taccrent, cum ipsorum non esset legem domino 

suo imponere. 

Regressus est ilcrum legatus in civitatem, persuasurus Redit iterum in ci- 

11 . 1 • . * 1 • vitatem legatus 

populo nec omnia per eosdem quos supra interprètes, longis- cum repiicatione 

simo et aecuralo sermone. Responsum est : « De armis et ^Pi^copi. 
vexillis parati eranl apud legatum in monasterio Sancti-Jacobi 
deponere, obsidesque quot numéro legatus vellet pro fidci ob- 
servatione tradere legato, mictendos ubicunque libuerlt sibi ». 
Sed hoc legato et suis amicis non visum est cautum aut tutum 
esse, stante utriusque diflidentia et loco monasterii inmunilo, 
cum ob parvam forte suspitionem exortam intcr cives arma 
pro libito capere (invitis omnibus ex monasterio, legati resi- 
dentia) potuissent, nullo prohibere valente sine morlis peri- 
culo; quod legato et omnibus suis probibere volentibus imi- 
nuisset (1), et si permissî forent arma capere, non sine légat 
dedecore, injuria et querela justa multorum actum foret; sed 
ad boc deposilum tam grave fideliter conservandnm oportere 
aliquam arcem munitam in qua legatus tute cum depoMto per 
manere possit. 



(1) Lisez inhibuisset? 



(66) 

« Ad alium vero punctum, de sequestratione exulum ultra 
Mosam, prout prîusobtuicrant, acceptarunt; de gravaminibus 
(ut aîebant) intollerabilibus, tacere non poterant; de sexdecim 

• 

îllis civibus non reducendis, se nolle legcm episcopo, eorum 
domino, imponere, sed consulcre ad obviandum scandalîs, 
quoniam plures sciebant in civitate fore quorum necessarîi 
etafïines per illos fuerant morte (i) traditi, qui etiam si cerlo 
scirent illico se supplicio affîciendos fore, non désistèrent quin 
data oportunitate illos vel eorum alterum intcrficerent. Itaque 
se illos publiée assecurare polliciti, prîvatim autem ex ratione 
jam dicta impossibile fere (2); at ne videantur domino suo 
Icgem imponere, suo arbitrio boc relinquere; suasisse autem 
quôd melius eis visum est. » £rat omnium sententia, seniorum 
et patrum Ecclesie, ut episcopus hos pro nunc in civilatem non 
rcduceret, prout alias illustris ducis Burgundie juditium fuit 
et suis litteris visum est, ne privata affeclio publico bono ante- 
poneretur, hancque alias fuisse aiebant dissidii causam in prio- 
ribus preliis. 
Kxivit iterum lega- Exivit iterum Icgatus, convocato episcopo et suis ad locum 

tus ad episcopum. . r /-\ r • . • •. t- • 

vocatum Leers (o), fossis et aquis munitum, prope Tongris, 
suadens ei ex omnium seniorum et patrum Ecclesie comuni 
sententia et supplicatione, pro civitatis et patrie salute, ut bas 
conditîones acciperet, civitatera ut pastor intraret, quoniam 
oves inveniret, non ut invasor, ne terreret aut irritaret eos 
quos ad suam voluntatcm habere posset. Repertus est episco- 
pus durior solito, ob quam adhuc nesciebatur causam ; quin 
imo, existentibus legato et episcopo intra arcem cum suis 
consiliariis in secretiori conloquio, gentes cpiscopi civitatem 
agresse, civibus quoque inruptionem facientibus : inito levi 
prœlîo et paucis bine inde occisis, gentes episcopi terga dare 



(1) Lisez morli, 

(2) Lisez fore.. 

(5) Liersy village à 6 kilomètres de Liège. 



(67 ) 

coacti sunt; increpitoquc graviter cpiscopo qnod stantc |)acis 
tractatu concursus ad prœlium per suos ficret, legaïus rc 
infecta ab eo discessil, episcopo se excusante prêter scituni 
et Yoluntatem suam id esse faclum. Abibat legalus indignans 
propter rei novitatcm, jurgalus episcopiim : « si prelium 
cupiebat, quid oportebat derisorie tractatum pacis lenere? » 
luce clarius sibi demonstrans c< nisi populuin ab irrupiione 
continuisset legatus sub spe concordise et hoc pacis tractatu, 
jam deties (i) suos omnes fuisse perditos aut interemptos 
velut oves a lupîs, irruptione per populum facta; seqne 
amplius nolle frustra pro pace laborare ». Cum paululum 
legalus processisset obequitans versus civitatcm, episcopus ad 
eum misit duos ex primoribus suis, cancellarium suum et 
presiilentera co'nsilii Borgundum (2), per quos sibi dici fccit 
« episcopum velle omnia facere que legalo viderentur, obsides 
nolle petere ut majus civibus illis testimonium fidutic episcopo 
foret, arma ut deponerent in propriis domibus et inermes 
obviam in campis episcopo procédèrent, de franchisiis et 
sexdecim extra deinictendis pro nunc lacèrent. Hac lege se in 
civitatem ingredi paratum cum suis armatis. )> 

Etsi condiliones satis ambiguë et non omnimodo faciles Redit iteram ad ci- 
legato vidèrent ur, nihilominus, ne aliquid oramicteret ad pre- [dq^uUur populo.* 
feclionem (5) pacis, iterum Leodium reversus est, reperitque 
prope civilatis portas gentes episcopi cum civibus preliantes 
inter duos colles, aliosquc aliis locis sagiltis se impclenles : 
quos legatus quicscere parumper rogavit et jussit donec Iran- 
siret, sicque prelium illa die sedatum est, mirantibus cunctis 

(1) Sic, pour decies, 

{t) Le chancelier de Louis de Bourbon, à cette époque, était probable- 
ment Herman d'Odeur ou d'Eideren, cité plus loin. Son frère Godenoel 
lui succéda en cette même qualité, en l'année 1480. (Voy. de Theux, 
op. ciL, t. IV, pp. 2'24 et 247.) Quant au président du conseil privé, il 
en a été fait mention plus haut, p. 22. 

(3) Lisez perfectionem. 



C 68 ) 

io civitate quod stantc paeis tractatu prdium inire prcsump- 
sissent 

Convocatis igitur primatibus civitalis, ecclesiarum palribus 
et universo. populo, scrmoiiem ad cos legatus efTicacissimum 
habuit, cisdem inlerpelribus etofïiciali episcopi in vulgari gal- 
lico populo exponenlîbus ce quoniam inito intcr se consilio 
omnia acceptarunt, submictentes se Jegato cum consilio capitulî 
super omnibus aliis controversiis, excepta et salva scmper 
apostolice sedis sententia ». Hec omnia in scriptis redacta sunt 

Responsio civium. et episcopo missa. Gonsilium tamen commune omnium erat 

c( ut illos sexdecim secum non introduceret episcopus in civi- 
tatem; quod si episcopus pacem cum subditis suis inire reçu- 
saret et Burgundis perseveraret inherere, in confusionem 
suam et Ëcclesie omnimodam perditionem; supplicavere popu- 
lus univcrsus et muUi ex clero ut legatus censuras canonicàs 
in episcopum promulgaret éditas contra aliénantes jura eccle- 
siarum suarum, ac ipse, auctoritale apostolice sedis, nomine 
s.d. papegubernacula civitatis et patrie in se sumeret,popuIum 
ab oppressionibus iniquis tueretur, invocaret auxilia finiti- 
morum principum qui, a legato per simplices litleras requisiti, 
in eorum auxilium venire desiderassent, fuiti sedis apostolice 
auctorilate, donec s. d. n. de bis advisatus aliter disponeret ». 
Multi enim ex finitimis Germanie et Galliarum principibus per 
religiosos viros legato se offerebant celeriter et prompte Léo- 
dium venturos si a legato requirerentur, et eadem faciebant 
civibus intimari; quibus per legatum gratie acte et oblationes 
grate suscepte, cum oportunum fuerit eorum auxilium et 
presidium. 

Exivit iterum lega- Opinantibus jam cunctis onmes difficullates fore scdatas 
XuiatusiXciîm ^ dubio conficiendam, episcopum in civitate 

conveûtionis. regrcssurum (ut omnes ecclesiarum patres suis apud eum lit- 

teris supplicarunt) die xxvi* septembris, iterum una cum plu- 
ribus canonicis et rcligiosis exivit legatus ad monasterium 
momalium de Veteri-Vineto, prim^ vice pro conmuni loco 



(69) 

deputatum; ad quem vocavit cpiscopum cum consiliariis suis, 
inter quos non obiniclerel ducere presidentem cum cancella- 
rio, qui ex parte episcopi loquti legato fuerant in recessu de 
Leers (1). Cumque legatus in monasterlo cum suis esset episco* 
pum expectans, septima hora post meridiem hoc ab episcopo 
responsum accepit : 

« Reverendissime paler, etc. Adixeram (2) nocle preleritaLictera episcopi pcr 
» me deliberaturum super cedula subditorum civitalis mee renîsat et concor- 
» Leodiensis per v. r. p. (3) mihi porrectam. Verura cum ^*^™* 
» paulo ante dominus meus frater et consanguineus dominus 
» dux Burgundie, suis scriptis et demum ipsa (4) continuando 
» in instanti (5) mihi propalaverit onus recuperationis civitatis 
» mee suscipere velle, ac pro eadem (cum rem ipsam ad 
» extremum deducerc cupiat) destinare sucs ad me pro prœ- 
» sidio capitaneos cum armatorum comitiva, dominum videli- 
)) cet Cimacensera (6) et alios, quod dolenter refero, quia quod 
y> verebar accidit; et sic cedulam ipsam acceptare nec possum 
» nec valeo. Reverendissime in Christo pater et domine mi 
» singularissime, valele in domino nostro Jesu-Ghristo. Ex 
0) villa mea de Fex (7), mensis septembris die xxv. 

LuDOYicus vester, etc. » 

His litteris receptis in tenebris noctis, conmoti suntanimi et interruptio tracta 
ipsius legali et omnium qui cum ipso erant, tanquam rupto ^"^ ^®*** 
omni pacis tractatu; datoque per legatum jurejurando ne quis 
haec civitati renunctiaret, quoniam nullum erat dubiuni cives 



(1) Cf. ci-dessus, page 66. 

(3) Lisez Addixeram. 

(5) Vestram reverendissimam paternitatem, 

(4) Lisez ipse? 

(5) Sic. 

(6) Jean de Croy, seigneur de Ghimay. 

<7) Fexbe-le-Haut-Glocher, village de rarrondissement de Waremme. 



( 70) 

inruituros ad prelium contra exercitum episcopi si hœc rescis- 
sent, cum proximus cîvilati csset, inito per noctem consilio, 
legatus cuni suis summo diluculo Trajectum per Mosam des- 
cendit, animo ibi vel Aquisgrani, opido imperîali insigni pro- 
ximo, permanendi, rèi eventuni expectaturus; sed consulta m 
esse (i) visum legato et amicis suis ut anle recessum suum 
cum episcopo conloqueretur, saltim (2) ad extremum valefa- 
ciendum. Igitur legatus, misso ad episcopum publico numptio 
armis summi pontificis Pauli insignito, cum litteris haec iu 
effectu continentibus, « ut postquam omnino dispositus erat ad 
prelium tractatumque pacis récusa verat, ncc dignatus fuerat 
ad monasterium Veteris-Vineti pro dietis deputatum accedere, 
designaret saltim legato locum aliquem alium ad quera con- 
' mode convenire ambo possent ante legati recessum versus 
Alamaniam, pro finali conloquio, paratum se illo accedere nec 
ipse gravaretur venire ». Ad bec episcopus paululum erubes- 
cens quod pridie venire recusaverat, respondit c< se paraUim 
venire ad loca alia ipsi legato libila magis tuta, designavitque 
locum quem accole vocant Millem op den Driescbi (3) »• 
GoDTeniunt iterum Summo dilucuIo ex Trajecto legatus cum ecclesiarum patri- 
legatus et çpisco- ^^^ supra nominatis recedens, que fuit dies mercurii xxviij 

mensis septembris, venit ad locum Milieu, in quo reperit epis- 
copum sibl obviam proccdentem fere cum toto suo exercitu ; 
accensoque ingenti foco in atrîo case proxime propter inten- 
sum frigus et gelu, eircumstantibus ignem cum legato et 
episcopo et eorum consilio, decano Leodicnsi Joanne de 
Quercu (4),canonico per capitulum cum legato deputatis, ae 



( 1 ) Lisez est ? 

(2) Sic, pour saltem, et de même plus bas. 

(5) Milieu, village à 6 kilomètres de Tongres. Op den (frtV^c/), littérale- 
ment : sur la pâture. Driesch désignait une pâture daus uu terrain sec, 
par opposition à broeck, indiquant une prairie humide. 

(4) Jean de Chesne ou de Hervé. (Voy. de Theux, op. cit., t. Jf, p. 263.) 



J 



( 71 ) 

pluribus alîis canonicis et ecclesiarum patribus, nobilibus 
quoquc et nrmorum capitaneis in copiosa multiludinc, in banc 
sententîam legatus exorsus est, ad episeopum et suos verba 
lirigens : 

« Extrema jam dies adest, révérende ac venerabiles paires vos- Sfrmo legati ad 
» que insignes virî, aul optate pacis (quant Deus nobis donet!) ep^scopum. 
)> aut perpétue desolationis inclile civîlatis et patrie Leodiensis, 
» certe lugende (quain Dcus avertat !) Ommicto replicare dis- 
t> cordias, bella et clades pristinas, quas ulrinque passi estis, 
» quia eque vobis et mihi nota sunt. Sanctissimus dominus 
)) noster Paulus II, pontifex noaximus, summe pîus et clemens 
)) paci universi orbis jugiter intcndens, misertus cala m i ta (n m 
» patrie hujus, misit me (h'cet insufficientem et minimum inler 
» suo assistentes lateri) ut primo animas eorum et vestras sua 
yy pielate et auctoritate ab eterna damnatione eriperem, prout, 
y> révérende pater, tuis et aliorum precibus victus feci, nullo 
)) vobis onere injuncto. Demum, eum frequentibus querelis 
)) tuis et clericorum tuorum ac totius patrie fletibus gravamina 
» intollerabilia, demolitiones murorura, occupationem domi- 
» nii et jurisditionis ecclesie Leodiensis intelligerem , tuis et 
» ipsorum precibus ductus, ad illustrem principem Carolum 
» Burgundie duceui accessi Brugis; apud quem et suos tribus 
» mensibus quas curas, sollicitudines, labores, exorlationes 
» babuerim^ partim te présente, tu et ipsi (i) optime nosti. 
» Meminisse potes et debes que verba fuerint Bruxellis in . 
» parvo oratorio ducis, inter ipsum ducem, te et me, présente 
» domino arcbiepiscopo Lugdunensi, germano tuo, et quid ibi 
» conclusum fuerit pro recessu nostro; et, postquam a duce 
y> simul rediimus Leodium, quid secrète tractatum sit in capi- 
» tulo inter patres majorîs ecclesie, présente te et me, igno- 
i> rare non potes. Demum, postquam hi qui erant a patria 
» exules ingressi sunt civitatem, quas curas, quos labores 



(t) Lisez ipse. 



( 72 ) 

sumpserim corpurales, et maxime in quatuor dietis more 
patrie proxime celebratis, ut vos a bcllo reprimerem, ipse 
vidisti et omnes qui tecum sunt : reduxi furcntem populum 
et omrii pêne pacis spe dcstitulum ad cas conditiones quas 
ipse petiisti : quod neque ego nec tu nequc patres ecclcsie 
unquam putasscnt, litteris tibi per me tradilis.Cum omnium 
spes jam firma esset future pacis et jocundi ingressus tui in 
civita(em (qui soius omnium patrum sentcnlia summe neccs- 
sarius judicatur pro ipsius civitatis et patrie salute ac pro bis 
omnibus féliciter conludendis), te cum tuis ad monasterium 
Veteris-Vineli convocassem, venire recusasti, ymmo te non 
posse scripsisti nec valere acecptare ccdulam ipsam subdi- 
torum tuorum, rationabilem satis, per me tibi tradditam (1), 
quoniam illustris Burgundie dux, frater et consanguineus 
tuus, tibiscripsit se suscepisse onus recuperationis civitatis 
tue ac, pro ea re ad extremum deducenda, ccrtos capitaneos 
cum gcntibus ad te mictit. Hic est ténor litterarum tuarum. 
)> Satis superque admîrari nondcsinoquid tantum exercitum 
conmoverc et expectare oporteat ad recuperandam cum 
multo sanguine civitatemquam tu non pcrdidistivelamisisti, 
etsi perdidissc (e putas : soIus, jocunde, sine bcllo, cedc vel 
sanguine recuperarc potes; imo, si exercitum cxpectaveris, 
penitus et in etcrnum ipsam perditurus es, nunquam eam 
babiturus amplius aut visurus. Scio quid loquor et salis jam 
intelicxi, si exercitus ducis itcrum vencrit, qua sit intcntione 
venturus : videre jam videor tetrum vaporem ascendentis 
fumi incendende, proh dolor! civitatis tue Lcodicnsis; quod 
atrox spectaculum nec videre possum nec yolo, trans Mosam 
in Germaniam abiturus. Quod si te illud spcctare delectat, 
procul dubio proxime visurus es; et si banc appellas récupé- 
ra tionem, certe non rccte sentis et vebemcnler erras. Ego 
ab apostolica scdc et s. d. n. Paulo II, pontifice maximo, et 

(1) Lisez traditarn. 



(73) 

» pro tue Ecclesie defensore ex causis jam dîctis inissus sum, 
)) et ut jura, dominia, libertates et regalia Ecclesie tue Leo- 
y> diensis tibi vel perdita restituerera, vel acquisita conserva- 
» rem, suhditos fuos tibi aliquando rebelles Deo prius conci- 
» liarem et ad tuum justum imperium et bonam obedientiam 
» reducerem, pacemque inter te et ipsos componerem et 
)> auctorilate apostolica roborarem, partemque concordiam 
» recusantcm censuris oportunis conipellerem, invocato si 
» opus fuerit seculari bracbio prout ex sacris rescriptis aposto- 
» licis (quorum exemplar apud te est] satis intelligere potuisti. 
» Si quid aulem inter te et subditos tuos ex una, et aliquem 
» vel aliquos principes seculares ex alia, Iraclandum et fîrmaii- 
)) dum sit, boc subsequcnler non principaliter agi oportet : 
)) quod facillius una tecum quani solus egissem et agerera si 
» in civitate mecum esses, cum paulo durius ad omnîa que 
» illustris Garolus Burgundie dux sua lege indixit conduci 
» nunc possint, posse autem indies facilius tua et mea exorta- 
» tione conmuni. Horum omnium mnjorcm jam parteni feci, 
» et quod residuura est perficcre paratus sum, ipsis etiam 
y) petentibus. Si ex aliorum principum secularium judicio 
» pendes, qui predam etsanguincm luarum ovium sitiunt, ut 
» |)acem oblatam et obedientiam acceptare vel nolis vci non 
:» possis, quid per me amplius fîendum sit certe non video, 
)) nisi ut vel abeam ad alia mibi conmissa peragenda négocia 
» in Germania et Gallia, vel ultimam facullalis mibi tribute 
)) partem accipiam ut te ad illum amplectcndam et conser- 
» vandam compellam Judicassem profeclo, cum primum ad 
)> patriam tuam veni, pénis te canonicis inretitum qui (i) 
» sanciunt episcopos, dominia, bona et jura Ecclesie sue secu- 
» laribus sponle tradentcs et submictentcs, ab administratione 
» spiritualium et temporalium triennio fore suspcnsos, nisi 
» ex verbis et lictoris luis et querelis frcquentibus intcllexis- 

(1) Lisez que? 



( 74 ) 

y> sem (c his sponte non consensisse, îmmo tacite ciim tuis 
» fidelibus per publica documenta contrtidixisse, metuqiie 
» majoris mali contra voluntalem tuam desse (i)litteras sigîl- 
y) latas; cvasîsti canonicas penas, vel cohacto consensu vel 
» certe contradictione tali privata, licet non libéra; si iterum 
» consensis, non dubites eisdem te et tuos pénis inlaqueatum, 
» publiceque denunctiari per me potes, te in illas incidisse 
» penas. Sed hoc forte summi pontificis judicio salubriori 
» reservabo, vel forte, si id consultius videbitur, sapientibus, 
» quos evocabo. In insigniori loco conslitutus, pro justitia et 
» pace conservanda non obmiclam facere, nisi forte justam 
» causam allegaveris cur id fieri non debeat : quam ex te nunc 
» intelligere cupio. Volui bec palam coram te et aliis bic prc- 
» sentibus, hoc loco dixisse, pro conserva ndo honore apostolice 
» sedis, s. d. n. et meo, et ut totus mundus intelligat pios 
» labores et curas pontificis maximi Pauli II et meos ad per- 
)) ficiendam et stabiliendam perpeluo pacem; deosque et 
)) homines, celum et terram testes invoco, nec per me neque 
» per subditos tuos, sed per te solum et amicos vel consiliarios 
» tuos malos, restât et répugnât quominus opta ta pax fiât. £cce 
)> si quid ex officio legationis mee agendum per me vides ad 
» perficieridam pacem, die, et me paratum semper videbis. 
» Veni enim pacis auctor, non prelii persuasor. Quod si bellum 
» desideras, hoc me présente non âges. Vale et Deus juditium 
» suum tibi det et mictat tibi auxilium de sancto. Moneo, rogo 
)) et requiro vos omnes notarîos et scribas hic présentes ut de 
)> his que per me dicta sunt ad eternam memoriam publica 
D documenta conscribatis. » 
Confirmant patres Continue episcopus et omnes fere qui aderant effusi in 
' ' lachrimaSy stupidi exitabant (2) quid dicerent aut agerent; judi- 
catumque est a sacris et religiosis viris legatum non suo spi- 



(1) Lisez dasse. 

(2) Lisez exslabantt ou excogitabant? 



(73 j 

ritu sed quadam superna inspiratione fuisse loqutum, i(a ut 
quidam religiosus sacer carmelita illico coram astantibus 
dixerit : ce Facula ardens, non lingua carnea loquta est ». 

Provoluti ad pedes episcopi cum maximis lacrimis, decanus 
majoris ecclesie Joannes de Quereu, canonicus, et alii plures a 
patribus ccclesiarum cum legato missi, supplicabant bumiliter 
prani in faciem ce utepiscopus verbalegatidiligenteractenderet 
et mente revolvcret, nullamque esse salutis spem civitatis et 
patrie nisi ut ipse civitalem ingrederetur, pacem cum suis 
subditis habiturus et ad misericordiam et gratiam eos recep- 
turus ». Segregati sunt fientes episcopus et primates sui, ad 
numerum fere centum, in proximum cubiculum, ad unius bore 
spalium, mulia intcr se agitantes, legato cum patribus illis ante 
ignem erectis pre nimîo gelu, intérim pane et vino se refîcicn- 
tibus. 

Exivit episcopus post longum consilium cum suis habitum, et Respousum epf 
bec in effectu breviter legato respondit : « Licet, révérende 
» paler, scripserim me non valere nec posse acceptare cedulam 
» ex parte subditorum meorum mihi pcr v. r. p. traditam, ex 
» causa quam scripsi, ob litteras ab illustri duce Burgundie 
» per me receptas: quia tamen juditium vestrum aliter suadet, 
» cui obtempéra re magis debeo et reputare pro preccpto, 
» precibus quoqiic coUegiorum ecclesiarum mearum induclus 
» et flexus, eccc para tus sum civitatem meam ingredi die 
» veneris proxime futura, in prandio, que erit ultima septeni- 
» bris. » Rogavitque ad partem instahter legatum ut ad civi- 
tatem reverti vellet et ordinare ut subditi sui cum debito 
ipsum bonore, reverentîa et bumilitatereciperent, de reliquis 
postea simul tractaturi cum in civilate fuërînt; et super omni- 
bus simpliciter se submîsit Legati ordinationi. Legatus, etsi 
ab (i) violatam alias fidem nullo modo in civitatem reverti 
statuisset sed in propinquo aliquo loco morari, adbuc tomen, 

(!) Lisez ob. 



(76) 

ob boniim pacis et stragem evitandain, consensit lu civitate 
regredi vellc; sed episcopum requisivit ut hoc propositum 
suum in scriptis daret: qui iterum cum suis consilio seorsum 
inito, ad legalum paulo temporis intervallo rediens, hanc ei 
parvam cedulam tradidit : 

Cedula. 
Ccduia episcopi tir- c( Gonfemplatione reverendissimi d. legali et Ecclesie sue. 

mata manu nro- » i- . ^ «. .. • ■ . r i- • • , 

pria. » Leodiensis favore, disponit se dominus Leodiensis intrarc 

» cîvitateni suani die veueris proxima, circa prandium; et su- 
» par siugulis stabit dictus dominus Leodiensis ordinationi 
» r. d. legati, salva sententia sedis apostolice ac sine prejuditio 
» domini ducis Burgundie. 

Manus (1) propria : Ludovicus. » 



Preparatusciviiatis Aegressus illico in civitatem legatus una cum illis qui secum 
episcopum. fuerant patribus ecclesiarum, tanta fuit omnis sexus et ctatis 

concursus populi et exultatio cum jocundis clamoribus et, pre 
niniia letitia, lachrimis, ut bec quoque conmemoratio pios 
fletus excutiat, maxime cum sciscitantes ab ecclesiarum senio- 
ri bus intelligerent episcopum die proxima fore vcnturum; 
alii legato benedicere et ipsum summis extollerc laudibus, alii 
accurere (2) gaudcntes, tangere et deosculari legati et sotiorum 
suorum vestes, alii ornare domos, mundare vicos, sternere 
porticus et pararc incendendas tedas, uti patriae mos recipien- 
dis summis principibus servari solet; totisque binis diebus 
iiniversus populus bac occupatione letatus est. 

Die veneris, ultimi septembris, re divina per omnes eccle- 
sias pro pace ex legati mandato soUemniter acta, ex seniorum 
consilio legatus cum primoribus cleri et civium exire obvîam 
episcopo statuit) ut ejus presentia leviores forte bomines (sicut 



(1) Lisez manu. 

(2) Lisez accwrere* 



(77) 

in populprum dissidenlium concursu picrunque solet evenire) 
vicissim convitiis et maledictis abstinercnt; statutumque in 
civitate est, et amelio de Velroys primario civi injnnctiim ex 
legati consensu, ul si quis forte insolens ex civibus in aliqua 
maledicta aut convitia prorumperet, continiio carceri tradere- 
tur, débita demum pena plectendus, sibi satellitibus traditis 
ad hoc exequendiim. Sicque legatus cum multitudine civium, 
capitaneis quoque exulum supra nominatis inhermibus secum 
conmitantibus, versus portam Sancte-Valpurgis (i) supra inon- 
ten) positam obviam episcopo progressus est. 

Cum in medio foro ante portam beati Lamberti (2) legatus V;icciiiat episcopus 
cum suis comitibus esset, Petrusde Hannuto decanus Sancti- vitalem^" ""^ ^^ 
Pétri, et Egidius Bonem canonicus Sancte-Crucis Leodîensis, 
ab episcopo ex Tongris missi, litteras ad legatura detulcrunt 
continentes episcopum ex legitimis causis differre necesse esse 
introitum suum in civitatem usque ad diem dominicam futu- 
ram. Ad banc relationem turbatus legatus et omnis civitas cum 
illo, que jam in plateas et vicos summa jocunditate conçu r- 
rerat ad recipiendum episcopum etdominum suum. Illico per 
eosdem legatus rescripsit ut, si civitatem suam salvam cupe> 
ret, uullo modo venire differret.Redeuntesqueomnes ad domos 
stupidi cum legato, iterum circa meridiem legatus, eisdem 
comitibus, obviam episqppo progressus, cum speraret propter 
suas litteras episcopum fore venturum et ex mutabili factum 
stabilem et firmum. Alius circa solis occasum supervenit pu- 
blicus episcopi nunctius, ejus afferens litteras continentes 
(comninonecessarium fore sibi cum legato et aliquibus ex cano- 
nicis, quos legatus elîgeret, habere conloquium ante ingressum 
suum in civitatem; addens quod, licet convenientius foret, ut 
ipse ad legatum veniret, quia tamen materia requirit et ardua 
est, rogat legatum ut sibi certum locum tutum assignare velit 



(1) Une porte de S*«-Walburge, dominaDt la ville, existe encore à Liège. 

(2) Le portail de la cathédrale S^-Lambert s^ouvrait sur le Marché. 



( 78 ) 

quo secum singula conmunicare possit; et nibilotninus ingres- 
sum suum ubi et apud qiios oportunum visum fuerit excusare 
dignaretur, usquequo simul haberent conloquium ». 
Mutât proposituii) £isî satis apertc legatus intelligerct animi ejus mutabilitatem 

episcopusintrandi ^ ... , . . •.••* 

in civitatem ex et consilio pravoruiD predam et sanguinem sitientium fore 
causa mscnpia. gubvcrsum, tamcn ad primates conversus, jocunda ut potuit 

fronte, licet corde sautius (i) : « Non sine maxima, inquit, causa 
episcopus suum introïtum differt et conloquium desiderat. Ibo 
et intelligam quenam bec sit causa tam grandis, et procul diibio 
ipsura in civitatem reducam. » Rescripsitque statim epîscopo 
o se nolle alium designare conloquii locum, nec magis pro nunc 
tutiorera existimarc quam Tongris ubi tune episcopus cum 
suis omnibus erat; illo se die crastina, que dominica et secunda 
octobris (2), bora secunda post meridiem iturum pollicitus est». 
Abiere cuncti ad propria tristes, stupidi, plura inter se agi- 
tantes : alii simpliciter credere que scripta erant, alii maledictis 
episcopum lacessere, ah'i legatum et episcopum conludere cla- 
mitabant etsimulare pacis tractatum,ut populum ab irruptione 
continerent in cpiscopi exercitum, qui ipsorum comparatione 
dcbilis erat, donec clarius noscî posset in quam sortem, pacis 
aut conflictus, res et congregatî utrinque cxercitus inter Fran- 
corum regem et Burgundie ducem inclinarent : quorum con- 
flictus et atrox prelium conmuni omnium sententia aut timcba- 
tur in diem aut sperabatur;plerique autem, et bi prudentiores 
et acutiores ingenio, causam retardationis aut mutationis con- 
silii cpiscopi ne civitatem ingrederelur, suasionem aut conmi- 
nalionem illustris Burgundie ducis fuisse opinabantur; que 
causa demum verior comperta est, licet assistentes episcopo 
aliam fuisse fingerent et divulgarent, videlicct quod Leodienses 
arma non tradiderant nec machinamenta ex mûris deposuerant, 
ad que Leodienses nulla lege se astrictos dicebaut, stante 



(1) Lisez saucius, 

(2) Suppléez erat. 



( 79 ) 

maxime io opidis proximis Burgundorum exercitu, etoblatione 
absidum episcopo facta pro ejus securitate si de eorum armis 
ipse diiBderet, indigaumque fore ut episcopus cum Burgundis 
iatraret, maxime sigoatis cruce sancti Andrée transversa cum 
ipse digniora signa ha béret, vidciicet crucem rectam et Fran- 
corum lilia. 

His variis rumoribus passim per civilatem vulgatis, legatus 
ad episcopum Tongris accedere (ut proposuerat et scripserat)et 
ad intelligendum quod episcopus novi afferret, se preparabat : 
cum ecce, prima noctis vigilia, Leodiensium exploratores et Tumultus iu chî- 
excubie die noctuque patriam transcurrentes nova afferunt gam.^ anccau- 
excelsum et generosum militem Guidonem de Humbereourt, 
génère Piccardum, unum et(i)ducis Burgundie armorum capi- 
taneis (et in patria Leodiensi locumtenentem ducis constitu- 
tum post primum bellum et victoriam per ducem habitam, anno 
elapso, in villagio Bruschem prope Sanctum-Tridonem (2)), 
applicuisse cum quinque armatorum milibus eo die ad villam 
Meffiam(5)»quinqucab Leodio leucis distanlem, jamque ccpisse 
villas et àgros finitimos spoliare et incendere, jiissumque sibi 
fore, ut fama erat, reliquam patriam et ipsam civitatem pari- 
modo spoliis et incendio consumere : ob quam causam major 
in civitate rumor exortus et undique concursus ad arma, 
vociférantes se ab episcopo et legato deceptos sub simulato 
pacis tractatu donec hee (4) et alie ad eos oppinendos (5) gentes 
supervenirent ; incensisque magnis ignibus ex carbonibus 
lapideis e terra deffossis (6) (quorum apud eos maxima copia 
est), ab pluribus portis irruptioncs fecerunt. Demum ira et ' 



(1) Lisez ex, 

(2) Voyez ci-dessus page 3â. 

(5) Meeffe, village à 21 kilom. de Huy et de Waremme. 

(4) Lisez he, 

(5) Lisez opprimendos, 

(6) Lisez defossis, 

UÉM, ONUFRIUS. 6 



(80) 

furore incensi, redeuntes plerique insolentiores, levés et stolidi, 
in legatum ex causa jam dicta irruere temptabant; sed civi- 
tatis primates et graviores, civium ducesque bellantium (ad 
numerum fere sexaginta) qui in civitate erant supra nominati, 
ad legatum média nocte venientes pro corporis sui et suorum 
tutela, c( hcc omnia a quibusdam levibus et parve conditionis 
viris jaclata esse legato monstrabant : quorum si tanta esset 
auctoritas quantus et furor, procul dubio persone sue pericu- 
lum iminere suspicarentur; sed se ipsos et alios bonos cives 
mortem subire paratos pro ipsius legati et suorum presidio. » 
Ad bec legatus : ce se non timere rusticorum hominum 
inancs cominationes, cupereque ut ab'qui introducantur ad se 
ut suo statim sermonc mansuetos redat (1) ». Introductîs igitur 
aliquibus in aulam majorem monasterii beati Jacobi, ubi 
legatus residebat, nocte média, tedis accensis, bec et (2) eos 
legatus brevia verba habuît : « Viri, fratres et filii, dixi vobis 
» a principio reditus vestri in banc civitatem, si presentia et 
» labores mei ad paeem conficiendam vobis molesta essent, 
» dimicterem vos in manibus vestris et irem ad alia négocia et 
^) loca mibi conmissa. Rogastis me supplices ut agcrem ea 
» que usque in hodiernum diem magno labore et summa fide 
)) confeci. Satis miror inconstantiam et difiidentiam vestram, 
» jamque détériores facti estis Hebreorum populis per déserta 
» vagantibus, qui modo Deo et Moysi servo ejus sumroe 
» obedientes erant, modo vero paulo post maxime contumaces. 
» Indigne et inique vulgastis per plateas civitatis et vicos pcr 
» episcopum et me vos fuisse proditos et deceptos : ego ad 
» hoc non sum missus ut vos decipiam aut prodam, sed 
» ut pacem vobis donem celestem et terrenam, quarum unam 
» dedi et aliam indefesso labore procuravi; per me non estis 
» nec eritis decepti; si alii vos decipiunt aut produnt, et ego 



(1) Lisez reddat, 
(3) Lisez ad. 



( 81 ) 

» vobiscum una plane fateor me proditum et decçptum. 
» Episcopus rester Leodiensis cum suis nobîlibus nudius 
» tertius in villagio Millen jurejurando et sub fîde episcopi et 
» nobilis scripto pollicitus est se civitatem suam externo(l) 
» die intraturum : inspicite cedulam ejus manu signatam; cur 
)) mutatoconsiliodefecerit, incertum est mihi. Ibo ad eum et 
)) intelligam si causa légitima sit : que si rationabilis fuerit, 
)> acquiescite; si vero levis et ad bellum inclinata mens fuerit, 
)) intelligetis et rébus vestris consuletis. » Visa et lecta per 
aliquos episcopi cedula, vehementer turbati, legato supplices 
eggere (2) gratias, excusantes Icvitatem eorum qui de ipso 
vana loquti fucrant, rogarunlque « ut legatus ad episcopum 
accederet, causam intelligeret et ad civitatem redire digna- 
retur ut ejus consilio cuncta dirigere possent »; quod et legatus 
pollicitus est, coumisso duobus primioribus (5) civibus, Àmelio 
et Egidio (4), qui apud populum magne auctoritatis erant et 
ad pacem inclinati, ut opus ceptum ad pacem semper dirigè- 
rent et populum ab rébus inlicitis continerent et incursio- 
nibus : bac eis auctoritate concessa ad legati et episcopi bene 
placitum. Die dominico secunda octobris per omnes ccclesias 
ex mandato legati solleninîtcr pro pace re divina peracta, post 
meridiem, duobus capitaneis Vincentio Buren et Gosuino 
Stralen (5) et una cohorte Leodiensium secum sumpta, cum 
pluribus ex clero et generali Carmelitarum, legatus Tongris 
profectus est, raultis senum, adolcscentium et feminarum pro 
pace precibus cum fletu emissis. 



(1) Lisez hesterno. 

(2) Lisez egere. 

(3) hhezprimoribus. 

(4) Amel de Velroux et Gilles de Lens. Cfr. ci-dessus page 53. Lors du 
sac de ]a ville dé Liège, Gilles de Lens fut jeté du haut du pont des Arches 
dans la Meuse. 

(5) Vincent de Bueren et Goswin de Slraile. Cfr. ci-dessus page 49. 



(82) 

Venit legatus Ton- Hedio itinere inter Leodium et Tongris apparuit alia 
pum. ^ ^' cobors epîscopî obviam veniens susceptura legatum, ad quos 

legatus duos ex suis premictens, ultra vallum eis proximum 
expectare mandavit, cobortique Leodlensium ne ulterius pro- 
cederel indixit, ne forte invîcem confligerent ; quibus eo loco 
relictis, legatus cum suis recedens, jocunde a eoborte episcopi 
subsceptus(i) est. Erat unus ex duobus Leodîensibus capitaneîs 
Gosuinus de Stralein (2), armis strenuus et sermone facetu8,qui 
legatum cum sotiis (5) abire conspiciens, jocunde ait gallice 
« se nunquam sperare legatum videre amplius ad civitatem 
redditurum (4), si re infecta ex Tongris discedat : quod si 
fecerit, nunquam amplius in sacerdotes se fidem babituros ». 
Ad bec legatus, interpetre (5) generali (6), retulit a ut bono 
animo essent; se firmiter sperare Leodium cum episcopo 
rediturum ». Progressus igitur cum episcopi eoborte legatus, 
circa solis occasum Tongris applicuit, inter canonicorum domos 
juxta babitaculum episcopi, pariete medio, sibi domo disposita. 
Ingressique simul legatus et episcopus in secretiori parte 
domus, litteras ducis sibi directas legato episcopus ostendit, 

Articula littere du- gallice scriptas, in quibus post multa bec verba in effectu 

' continebantur : « Intelleximus te civitatem tuam Leodicnsem 
» medio legati sine vi et armis récupérasse, pacemque cum 
» tuis babere subjectis : quod nobis satis placet; sed si aliquid 
» vel minimum de fédère meo et lege eis per me data infre- 
» geris aut violaveris, scies mibi non placere, et ostendam te 
» non bene fecisse ». Hec in litleris continebantur ; verbo autem 



(1) Lisez susceptuê, 
(9) Lisez Stralen, . 
(3) Sic, pour sociis. 
(A) Lisez rediturum. 

(5) Sic. L*auteur reste fidèle à cette forme, et écrit interpes, interpe^ 
trem, inter petrati, etc. 

(6) Le géoéral des Cannes. Cfr. page 32. 



(83) 

sibi, per numptium qui litteras attulerat, indictum bellom et 
ipsum pro hoste habiturum si contra feccrit, salis constat et (1) 
vera rclatione; didici duccm irato tuUu dixisse, cum copiam 
cedule per episcopum legato in Millen tradite legissctuc episco- 
» pus facit facta sua sine me, et ego faciara facta niea sine 
ipso D» 

Quibus intellectis, legatus ad episcopum conversus : Verba legati ad 
« Putabani, inquit, verbis libi per me in Milieu dictis mutasse ep»scopum. 
)> sententiam tuam quam mihi ex villa tua de Fex scripseras, 
)) que eadem erat quam nunchabes; etquod ipsam mutasses, 
» per cedulam illam mihi traditam per te satis docuisti. Si in 
» eandem sententiam perseverare intendcbas, ut ducem cum 
» exercîtu expectare velis, quid opus fuerat ut ad civitatem 
» cum cedula tua, te rogante, rediremus? Me et populum 
» tuum deluderes, ac personam raeam mortis periculo expo- 
» neres; quod utique vix evasissem, cum putarent (2) non 
)> solum per le sed per me etiam fore deceptos, nisi testimo- 
» nium scriplure tue accessisset, ex qua recle et juste me, te 
» yero fraudulenter incessisse judicant et profitentur. Certe 
» inconsulte et minus recle egisti ut sententiam mutarcs. Non 
» video ex scriptis ducis sensu m, rerbum aut causam cur 
» proposilum mutare debuisses : satis honeste dux scribit 
» placere sibi ut pacem cum subdilis luis habeas, et nihil de 
» rébus ad se pertinentibus inraules aut infringas ; potuisses 
» utique civitatem ingredi et nihil de rébus ad ducem spectan^ 
)> libus inmutare, prout ccduIa tua continet. Potuîssemus 
» simul inducere populum et emollire animos ad acceptandum 
» ea que rationabih'a essent pcrtinentîa duci; potuissemus 
)) etiam, compositis civitatis rébus, ambo ad ducem proficisci 
» (qui nunc, ut vides, maximo bello cum Francorum rege 



(1) Lisex ex, 

(2) Scilicet Leodienses. 



(84) 

» implicitusest),ipsum exorare,exQrtari(i), suadere ut aliquid 
» de sententîe sue severitate remicteret, sine ipsius damno 
» et gratissimum populo (2); attentaque temporum et rerum 
)> qualitate, non fore dubium quin dux ad mitiores pacis 
» conditiones conduci possit Quod si in eandcm sententîam 
» persévéras ut armorum vi cum sanguine et cède civitatem 
)) ingredi velis, procul dubio ea videbis que dudum in Millen 
» tibi et.tuis palam predixi, incendium videlicet et perpetuam 
» desolalionem civitatis et patrie tue Leodiensis : quod, ne 
» oculismeis vîdeam, longe abesse constitui. Da mihi cohortem 
» unam cum qua tu te Trajectum aut Aquisgranum trans 
» Mosani petere possim, et quod Leodiensibus responsurus 
» sim palam cloquere, ne sub mci fidulia (3) et vana spe 
» pacis tanquam mures in foveis opprimantur. » 
Responsio episcopi ^^ ^^^ ^^^^^ anceps et cogitabundus aliquandiu episcopus, 
adiegatum. legatum rogavit « ut apud Leodienses ipsum excusaret, 
scriberetque non fore tutum sibi et patrie sue ut sine volun- 
tate ducis aliquid ageret et ipso in civitate manente ducis 
inimicus maneret, cujus viribus obsistere non posset; sed velle 
opéra m dare cum amicis suis ut ducis consensus accédât 
omnibus agendis ut intégra pars (4) et universalis sequatur, 
non partita vel scissa. Ad que omnia peragenda legati prcsen> 
tiam et operam sibi summopere necessariam fore, rogareque 
ut secum maneat, sperare omnia in bonum finem posse 
conduci ». Misso per legatum Leodiensibus publico numptio 
cum litteris et excusatione superioris effectus, jam per uni- 
Tersam civitatem vulgaris erat fama hune colorem et 
confictam excusationem adinventam esse ne legatus et epis- 
copus in civitatem redeant; graviores tamen cives, ne ceptum 



(1) Lisez exhortari, 

(2) Sic. Le seos réclame :et gratissimum populo faciens. 

(3) Lisez fiducia, 

(4) Lisez pad?. 



(85 ) 

pacis tractatum intermicterent, legato per litteras supplicarunt Petitio civium a 
Domine tolius civitatîs ut « postquam epîscopus in civitatem ^^^^^' 

redire tune recusabat, procnrarct Icgatus saltim (i) securitatem 
et salvumconductum pro aliquibus civibus, usque ad nume- 
rum triginta, qui tute possent Tongrîs accedere ad conclu- 
dendum tractatum pacis jam ceptum, tam cum episcôpo quam 
etiam cum officialibus ducis ». Obtulit liberaliter episcopus 
salvumconductum pro se et suis, sed a Burgundis assecurare 
non poterat, maxime propter adventum domini Guidonis de 
Hubercourt, generalis locumtenentis ducis, qui jam dicebatur 
advenisse ex Mefiia ad castrum de Huyo supra Mosam,quinque 
leucis ab Leodio dîstans. Missis igitur per legalum ad ipsum 
pro securitate nunctiis, primo nihil respondit, denuo etiam 
iteratis litteris requisitus, tradere litteras securitatis recusavit. 
Ob quam causam Icgatus vale episcôpo faciens, Trajectum 
summo diluculo petere statuebat, cum nulla jam spes aut trac- 
talus pacis superesset, scripsitque Leodiensibus ce salvumcon- 
ductum optineri (2) non potuisse a Burgundis, nisi ab episcôpo, 
prout rei veritas erat »; sed episcopus adhuc casus futuros 
metuens, legato suasit et rogavit « ut biduo vel triduo recessum 
suum diffcrret : habuisse enim se litteras ab Hubercourt post 
biduum Tongris fore venturum »; consensitet annuit legatus, 
si forte per ejus adventum, comuni cum episcôpo et ipso 
sumpto conloquio, res ad bonum finem sine cède et sanguine 
conduci posset. 

Die dominico circa meridiem x' octobris, Guido de Huber- venii Humbercourt 
court cum omnibus suis copiis Tongris ingressus, illico ad uimS^episcopum 

lesatum venit omni urbanitate frelus, excusationes afferens î"°^ suis genti- 
^^ ' bus et verba in- 

cur salvumconductum non dedisset : ce nil enim se posse super ter se habita. 
hoc agere cum honore ducis Burgundie et sine ejus spetiali 
mandato; imo palam legato declaravit se in mandatis habere 



(1) Lisez êaltem. 

(2) Lisez obtineri. 



( 86 } 

nullum praticare debere cum Leodiensibus pacis tractatum^ sed 
quotquot c civitate exeunteshabcre posset in suam potestatem, 
ultimo snpplicio traderet; et ea intentîone venisse ut, junctis 
secum episcopi gentibus, crastino die civitatem invadat et ipsis 
invitîs in manu forti eam ingrediatur. Requisivit legatum Uber- 
court, présente et tacente episcopo, ut, pro majori ipsorum 
capitaneorum auctoritate et justitie favore, eum ipsis ad 
prelium contra Leodienses accederet, cum ipsi pro Ecclesia 
ut (1) contra ejus rebelles bella gérèrent, maximumque Leo- 
diensibus metum ejus persone presenliam cum bellatorum 

RespoDsio legati ad manu incussuram. » Ad bec legalus satis jocunde inquit : ce Si 

flumbercourt. ... r« i • u n 

» cognoscerem et viderem vos pro Ecciesia bcllum gerere, aut 

» Leodienses vel in minimo mandatis apostolicis contraire, 

» profecto non dubitarem me una vobiscum si necesse foret 

» morti exponere; sed cum certo sciam ipsos apostolice sedis 

» sententiam humililer coram me verbo et scriptis acceptasse 

)> et in nullo aliquo unquam tempore contravenire velle, 

)) vosque intelligam non pro Ecclesia aut ipsius libertate 

)) sed pro preda, vindicta et sanguine et passionibus propriis 

» bella movere, non video causam cur mihi sit contra ipsos 

» vobiscum velut cum hoste pugnandum. Debeo et volo, si 

» possum, censuris et armis (si oportuerit) ipsos compellere 

» ad observandum ea que s. d. (2) noster in eos sua sententia 

)) et lege sancivit, si contumaces essent; sed cum hoc nunc 

» non videam, non debeo nec jure possum nec volo ipsos 

» compellere ad ea observanda que, ipsis invitis et pluribus 

» contradicentibus, vos ipsi jure belli vestra lege sanxislis et 

)) contra Ecclesie libertatcm. Pro bono tamen pacis et (5) 

» evltandam humani sanguinis effusionem, exortari, monere, 

» suadere et inducere ipsos conari volo ad ea observanda que 



(1) Lisez eL 

(3) Sanctus dominus, c*est-à-dire : le pape. 

(3) Suppléez ad. 



(87) 

» juste per vos petita fuerint, que etiam scio ipsos libenter 

» amplexuros et acturos. Offîcii mei est verbo et litteris ad 

y) pacem dissidentes inducere; cum ?ero strictis mucronibus 

» vos ad prelium incensos videro, secedendum est inîhi et 

» orandusDeus ut ipse manum suam apponat, prelium dirimat 

y> et mentes dirigat in suam voluntatem. Et quoniam, ut ex 

» verbis vestris intelligo, craslina die civitatem expugnare 

» statuitis (t), consulo et suadeo ne faciatis; invenielis enim 

» animas contemptrices mortis ad resistendum vobis prom- 

)> ptas, etiam si pauciores essent quam silis, cum profecto sint 

)) numéro vobis plures et animo obstina tiores ; imo satis 

» suspicor ex bis que conjector, ne ipsi vos invadant aut 

» aliquid magni machinentur, cum jam biduo postquam eis 

» scripsi salvumconductum per vos negatum ad me nihil 

» rescripserint, cum singulis diebus binos ad minus numptîos 

» et litteras ab ipsis recipere sim solitus; conlinuis autcm 

)) his duobus elapsis diebus et noctibus in consiliis fuisse 

» versatos, non in alîum finem ut opinor quam ut aliquero, 

» si conmode possunt, insultum contra vos faciant, aut de 

» transmigratione cum uxoribus, filiis et bonis suis ordinent, 

)) civitate spoliata et incensa, prout alias cogitarunt et publiée 

» professi sunt. Ego jam cum Apostolo dicere possum : Inno- 

)> cens ego sum a sanguine omnium vestrum ; non enim sub- 

)) terfugi quominus anunctiarem vobis omnem veritatem. 

» Date mihi fidos comités cum quibus tute Trajectum Petit legatus comî- 

» crastina die petere possim, rei eventum preslolaturus, et *^*™" ^^* 

»'ibi inveniar si cui opéra mca opus fuerit. » Et data singulis 

dextra, cum jam nox esset, vale ab ipsis legatus faciens, unum 

de suis Trajectum misit iter et hospitium sibi preparaturum; 

conmissumquc estcuidam militi ut cum cohorte una iteneris (2) 

legati comes existeret usque Trajectum. 



(1) Lisez êtcUuistis, 

(2) Lisez itineris. 



( 88 ) 

Jam inter milites et vulgus famam sparserant duces excreitus 

Burgundorampaccniinitam inter Francorum regemetBurgun- 

die ducem (1), ipsumque ducem cum toto exercitu ad civitatis 

subversionem fore venturum; ob quam causam usque ad 

mediam fere noctem, ignibus maximis accensis in signum letitie, 

campanarum et aliis sonis, cantibus, jocis, coreis (2) et con- 

messationibus intenti fuere. Cum nocte média, peractis eorum 

iteram petitur agaudiis, omnes fere se quieti dédissent, ducibus exercitus in 

celat^per Jo!^Ber-<^ooio episcopi in consilio congregatis, ad legati cubiculum pul- 

^^^' sans repentinus accessit vir illustris Joannes de Berges (3), in 

Hollandia latum tencns dominium, eloquio clarus, litteris 
eruditus et moribus conspicuus, vir utique omni honore et 
veneratione mcmorandus, qui superiori tempore Brugis et 
Lovanii cum legato maxima familiaritate junctus crat (4). Hic a 
duceBurgundo post Guidonem Ubercourt (5) missus, anteriori 
die legato dixerat se actulisse mandata ducis ut Guido nibil 
ageret nisi quod episcopus Leodiensîs juberct. Ad cujus cla- 
mantis vocem ca intempcstiva noctis hora cum tota domus 
sollicita et conmota foret, auctoritate viri et magni aliquid 



(1) Le 9 octobre, Louis XI s'était rendu à PércDDC auprès du duc 
Charles. 

(2) Lisez c/ioreî5. 

(3) Jean de Glymes, dit aux grosses lèvres, seigneur de Glymes, Berg- 
op-Zoom (c'est le latus dominium in HoUandia)^ Melin, Braine-PAlleud, 
Walhain ; mort en 1494. 

(l) D'après Ange de Viterbe, col. 1440, Jean de Berg témoigne à 
Onufrius Testime qu'il a conçue pour sa personne : 

Aime pater, Brugis, Lovanii et Hetibus olim 
Ipse tuam novi virtotem, et semper amavi; 
Et si quid possem, servato semper honore 
Burgundi domini, facerem, noctesque diesque 
Pro te proque tuis, fuerit dum vita superstes, etc. 

(5) Onufrius a donné au nom de Uumbercourt différentes orthographes, 
que j'ai partout respectées. 



( 89 ) 

affereotis, ad legati cubiculum jam quiescentis intromissus est; 

dataque mutua familiari et jocunda salutatione, super legati 

cubiculum cogitabundus sedens^hec in sententia gravi sermone 

protulit:(( Fuiinus usque in banc boram, me auctore, in secreto 

» consilio super responso pridie v. r. paternitati dalo de salvo- 

» conductu dando civibus Leodiensibus, per ipsos petito ut 

» hune locum secure petere possint pro concludenda pace jam 

» tracta ta, et ipsis expresse negato; quod responsum nega- 

» tivum certe mibi et pluribus aliis de consilio ducis non 

» placuit, tanquam omuis tractatus concordie et pacîs penitus 

» exclusivum et desperatum. Mutatum id propositum est, me 

» auctore et impulsore, et unanimi consensu conclusum, ut 

» V. r. p. assecurare possit omnes quoscunque venire volentcs 

» ad bonam gratiam domini ducis. Bonum igiiur videtur ut 

» summo mane numptius ad civitatem mictatur bec noti- 

» ficans; et ego intérim litteras hujus effectus fieri procu- Responsio legati ad 

» rabo.» Ad bec legatus : « Scis, inquit, vir insignis, me pluries Bergez. 

» verbo et litteris de multis promissis fuisse deceptum. Duxi 

» civitatis oralores una meeum Trajectum pro pace ad épis- 

» copum : et in via redeuntes inboneste capli sunt per domi- 

» nos de Argental, contra fidem etiam scripto datam. PoIUcitus 

» est episcopus Leodiensis per scripturam manu sua signa tam, 

» se velle civitatem ingredi, cumsuissubditispacem babiturus, 

» rogans me instanter ut ad civitatem redirem et ipsum cuni 

» bonore recipi curarem ; feci quod petierat, et ipse, contra 

» fidem datam, magna sui populr jocunda expectationc, 

» defecit, ex levi ut opinor causa, non sine persone mee 

» periculo et vite discrimine, cum putarent se etiam per me 

)) fore deceptos. Nunc autem, in tanto rerum turbine quid 

» ccrti polliccri possim ut fidem adbibeant mibi, satis ambigo ; 

» sed hoc mibi constiltius videtur ut tu cives alloquaris, a 

» quibus scio quod dilectus es, bac potestate quam mibi 

» tribuis in scriptis édita et ipsis vulgala. » — a Non auderem, Responsio Berges 

» inquit Bergez, solus civitatem ingredi, nisi tccum essem. » watum^eUpsu^ 

habita. 



(90) 

Ad heclegatus: « Si venire statuts, te inlesum conducam et 

» reducam. » Dataque vicissiin dextra, summo diluculo 

ambo civitatein cum hac potcslnte ingredi proposuerunt, eo 

dlscedente ut residuum noctis quieti darent. 

insiatas Leodien- Parvo temporis intervallo (forte horarum duarum) elapso, 

gro? aM lega^us Leodienses, ex negatiooe salviconductus pridie facta et conti- 

ei epîscopus e- q^q armalorum concursu et incremento circa civitatem omni 

niiii. 

spe concordie et pacis sublata, insultum contra opidum Tongris 

egerunt fortîmanu et insigni audacia(l); nani magnocum silen- 

tio, interfeclis pontium Tongris cusiodibus et vallo sive fossatis 

transcensis (erat enini opidum Tongris mûris nudatumperBur- 

gundie ducem anno elapso (2), cum ipsum per fedcra in suam 

potestatem redegisset, qui pulcri et vetustissimi erant), in 

médium oppidi forum ingressi sunt antequam quisquam eos 

sentire nedum prohibere posset, cum tamen essent numéro 

equitum ducentorum, peditum vero fere quinque milium; 

équités tamen circa vallum substiterunt, ne strepitu pedum 

dormientes excitarent. Quibus summo siientio in foro et 

proximis vicis congregatis, ictu - bombarde signo dato, tanlus 

repente clamor et tormentorum sive spingardarum et balis^ 

tarum sonus et strepitus sequtus est, ut instar magni terre 

motus et turbinis grandinum viderctur; plerique domorura 

hostia (5) hastis et postibus magno impetu concutientes, ita ut 

domus ipse ruere viderentur. Tanto terrore inhabitantes 

oppressere, ut plerique nudi per posteriores fores et domorum 

fenestras se précipitantes, per ortos (4), dumos et fossata proK 

repentes, fuga sue saluti consulerent : inter quos vir illustris 

Joannes Berges, de quo supra, pedester et fere nudus Trajectura 



(1) « IveruDt per Liwaige (Lowaige) et îDtraverunt îd Tungris per 
Tiam quae venit de flasselt. « (Adrien, col. 1*534). 

(2) Le7D0Tembre 14B7. 

(3) Lisez ostia. 

(4) Lisez hortos. — Dumos ^ les buissons. 



(91) 

petiit, omnibus equis et rébus suis perditis, nam forte contigit 
ut primo ejus domus ab bostibus invaderetur, porte opidi 
proximior aliis; multi in cloacis, putcis et subterraneis specu- 
bus se abdiderunt; pauci vero, sumptis armis, circa forum iUis 
occurrentes, magna insequentium vi repuisi sunt : inter quos 
etiam episcopus Leodiensis cum uno ex suis septem archidia- 
conis, magistro Roberto de Morealmis (1), sibi admodum caro. 
Armati cum paucis comitibus in vicum quemdam progressi, 
incogniti tamen propter intensas tenebras noctis, pêne extineti 
suDt spingardarum et sagyptarum (2) ictibus ; Robertus, ictu 
tormenti confracto et contrito penitus osse cruris, fere exani- 
matus est vixque ad episcopi domum semivivus redductus (5). 
Episcopus vero, ut ipse postea testatus est, sagittis et spingardis 
circa dorsum et faeiem ejus volantibus, tum eis etiam exustis, 
inlesus vix credens, domum Deo opitulante reduclus est, con- 
currcntibus ad ejus habitaculum omnibus fere exercitus sui et 
Burgundorum ducibus qui in opido manscrant, jam fugere non 
valentibus; paucis vero ex comilitonibus, usque ad iiumerum 
quînquaginta, in tenebris noctis primo concursu miserabiliter 
occisis. 

Legatus ad primos spingardarum et daman riura sonus ci Provisio legati cir- 
voces excitus, vocato cubicuh sui custode, prelium et Leodien- 
ses adesse sentiens, magna voce suos paucos et inbelles ad se 
convenire mandavit: erant enim ex suis secum in ca domo octo 
vel decem, reliquis pcr diversas domos in opido conlocatis ; 
cumque sibi responsum esset non preliantium sed letantium 
fore voces, ipse vero sciens jamdiu letantium choros fore 
sopitos, unum ex suis ad superiorem domus partem mictens ut 
ex vocibus si posset aliqua verba captaret, retulit omncs accla- 
mare vitam Francorum régi et mortem Burgundis. Quamob- 



(1) Nous avoDs déjà rencontré ce personnage plas haut, page 45. 

(2) L\sez sagittarum, 

(3) Lisez reductuft. 



(92) 

rem Lcgatus Leodiensium voces bas esse intelligens, Tocato ad 
se venerabili sene canonico, patrono doinus, cum omnibus suis, 
mandavit ut si qui forsan domum intrare temptassent, nuUus 
obsisteret aut repugnaret sed libère ingredi sinerent sibique 
renunctiarent, ut in atrio domus illis occurrere pacifiée posset; 
aecensisque ejus jussu îngentibus focis et tedis,diem aut eorum 
adventum prestolabaïur : supererant enim adhuc noctis hore 
très aut paulo plus vel minus. Putans vero invicem gentes coa- 
fligere, ad suos conversus, gemebundus exclamans legatus ait : 
« Heu, beu, quantum bominum stragem et acervos cadaverum 
» lux sequens manifestabit! » Solllcitus autem legatus quidnam 
episcopus ageret, renunetiatum est sibi eum clam cum paucis 
fugam cepisse versus Trajectum: que res legatum magisanxium 
redidit (1), omnimoda rerum desperatione turbatus; sed paulo 
post episcopus ex vico in quem exiverat (ut supra diximus) in 
domum suem rediens, ad legatum militem unum ex suis misit, 
nobîlcm nomine Joannem Ulergzanc (2), per murum submîs* 
sum, qui ex parte episcopi et muUorum nobilium qui secum 
erant sibi referrent (5) ce se non esse tutos in ea domo in qua 
erant, cum non dubitarent Leodienses existimare multos in 
eam domum Burgundos convenisse ad episcopum, ideoque 
primo illam invasuros putarent;rogaresupplicîter legatum ut 
aut ipse ad eos venire pro eorum sainte non dedîgnarelur, aut 
ipsos ad se venire permicteret : quodque ex bis duobus con- 
siliis salubrius videretur suo juditio relinquentes ». Quibus 
legatus dici mandavit ce tutius esse ut ad se venirent ob eam 
quam dixerant causam, sed clam et sine magna multitudine 
et strepitu per murum descenderent, ne ab aliis sentirentur ». 



(1 ) Sic, pour reddidit. 

(2) Lisez Vogelsang. C'était Jean d'Elter ou d*ÂuleI, seigneur de Yogel- 
sang. Ce personnage reparaît plus loin. 

(3) Lisez referrel. 



(93) 

Igitur, effosso quod inter duos ortos (1) ipsarum doroorum erat 
intermedio lutco pariete, episcopus cum ipsis nobilibus, ad Venit episcopus 
numerum fere centum, legati domum ingressi sunt per tene- ubusn^tê^ddo^ 
bras noctis, deducto secum magistro Roberto archidiacono (de "f,5^J®e?*tuteia* 
quo supra) semivivo : ex eujus fractura ossis cruris tantus 
emanabat cruor ut vix in uno corpore huinano tantus inesse 
sanguîs existimari posset, ita ut in atrio domus et ipso legati 
cubiculo ubi stratus erat plures homines jugulati viderentur. 
Fuerunt cum episeopo virî cognitione digni : prius ipse 
Guido Hubercurt, capitaneus exercitus et locumtencns ducis 
Burgundie, et cum ipso quidam d. de Piages etiam Piccardus, 
domini de Argental (2), d. de Cobaram (5), d. de Volgensanch, ' 

d. de EIdris (4) et muiti alii, partim arniati, partim autem omni- 
modo inbcrmos (5), plerique sine veslibus prout cuique fuga 
preceps fuit; episcopus tamen et Ubercourt omnibus armis 
muniti. Quibus in atrio domus legatus occurens (6) Hubercort, 
salutato legato: c( Heu, inquit, pater, ecce Leodienses sine salvo- 
eonductu vencrunt qucm petebant, ipsis negato ». Cui legatus : 
« Deus, inquit, parcat tibi! Melius fuîsset ut cum salvoconducto Sermones habiti 
» ycnîssent, si mihi credidisses. Sed de preteritis inrecupera- f^atum, episco- 
» bilibus tacendum est. Videamus quid nunc sit nobis agen- |u™gundoîî*^****^ 
)> dum. » Cui omnes primi duces : « In te solo omnium 
» nostrum salutis spes posita est. Sa1?a animas nostras et, 
» si potes, etiam corpora. Satis credimus personam tuam 
» et episcopi Leodiensis ipsos minime violaturos, nostrum 
» autem omnium delaniones futuros uisi tu nos tuearis. » 



(1 ) Lisez hortos. 

(2) Jacques l", chevalier, seigoeur d'Âi*genleau, el ses deux frères, 
Jean d^Argeuteau, comte d'Esneux, et Guillaume d^Argenleau d^Ochain. 

(3) Arucul de Corswarem, chevalier, seigneur de Corswarem. 

(4) Guillaume de Hamal, chevalier, seigneur de s*Heren-Ëlderen. 

(5) Lisez inermes, 

(6) Lisez occurrens. 



(94) 

Multi tamen eorum satis suspicabantur ne epîscopo parce- 
renl, propter adbesionem ad Burgundos et violatam prîdie de 
pace fidem. Episcopus yero satis aUcer et întrepidus : a Scio , 
» ioquit, quod me non occident aut offendent ». Âd quos 
legatus, quam benignius potuit, aït : a Si reverenliam et hono- 
» rem ad Deum et apostolicam sedem Leodienses (ut putatis) 
» omnimodo non abjccerint, sed conservaverint et retioeant, 
» sciatis procul dubio vos omnes salvos et inlesos futuros; si 
» vero eam omnimodo abjecerint, quid dicam nescio, nisi nos 
» omncs sub una sorte constitutos fore. Unum scio et firmiter 
» crédite: nisi me cruentum videritis et bas lineas vestes 
» rubicundas, nullus vestrum offensus aut lesus erit, nec de 
» salute vestra vobis timendum est. » Gratie ingénies ctiam 
cum lacrimis legato ab omnibus acte, supplicesquc omnes' 
exoravere Icgatum ut pro ipsorum salute et aliorum plurium 
qui per opidum in diversis locis latitabant, in forum pro- 
gredi cum tedis vellet, Leodiensium impetum et sevitiam 
cedis repressurus; ad quos legatus : « Ego, inquit, ydioma et 
» linguam nescio; ténèbre maxime sunt et clamor ingens, 
» ut videtis; tormenta, spingardae et balistœ sine intermis- 
» sione continue crépitant. Scio quod nullus vestrum mecum 
» egredi est ausus, et ego idoneo interpetre (i) nunc careo, 
» cum etiam in tanto rerum turbine per interpetrem loqui 
» tempestivum non est, nisi magne auctoritatis interpes 
» esset. Si dominus Leodiensis mecum venire vult, vadamus 
» audactor (2); sed mea quidem sententia consultlus est 
» lucem diei expectare, et tune libens agam quod petitis. Con- 
» tingere enim faciliter posset, etsi non ex proposito, fortuito 
» tamen casu, ut in bis tenebris ictu tormenti vel baliste in 
» personam lederer, in meam et vestram pernitiem: que omnia 
» luce existente cautius evitari possunt; nec vobis antc lucem 



(1) Cfr. plus haut page 82. 

(2) Lisez audacter. 






(98) 

» timendoin est, cum per exploratores ÎDteliexerimus ipsos in 
» foro proclamasse ut nuUus ante diem foro discederet ne 
» passîm per vicos disgregarentur, sed advenîente luce omnes 
» se effunderent in Burgundoriim necera : id enim nobis retu- 
)) lerant quidam qui ex superiori parte domus et ex turri 
» ecclesie ipsos proclamasse audiverant. » Âcquievere omnes 
legati juditio et saniori sententîe ; supplices tamen omnes geni- 
bus ante legatum flexi, gementes et flentes, peccatorum abso- 
lutîonem in tanto vite discrimine constituti , quantum sua se 
potestas extenderet, humîHter petiere; quibus legatus, forma 
confessionis indicta, absolutionem quam poterat pie impendit, 
orationibus ad lempus impositis, diei ortum avide prestolan- 
tibas omnibus. 

Illucescente demum diei crepusculo, Leodienses per oppidum Incipiunt Leodien- 
jam se effundere ceperant, effringentes magno impetu domo- morum portas e 
rum portas ; jamque ad episcopi domum, legato contiguam, ^xlbuit. ^^ '^^^^ 
deventura erat, magnis viribuspostes conçu tientes.Tu ne legatus, 
uno famulo et uno interpetre, Jeanne Altfast, suo cappellano 
supra nominato, secum sumptis, e domo in vicum exire tem- 
ptans, tantam molem lignorum et lapidum portis annexam ab 
his qui cum episcopo vénérant repperit (i ), ut vix bore unius 
spatio avelli potuissent. Quare legatus, moram ulteriorem 
veritus propter instans periculum, injuncto aliquibus opère 
ut moles a portis avellerent, ascensa parva scala, per parvam 
fenestram supra portam positam se Leodiensibus exibuit^ 
deposita veste quam ob frigus supra lineas vestes tenebat, ut 
linearum vestium albedine magis Leodiensibus innotesceret; 
nondum clara exislente luce , primo aspectu occurrerunt ali- 
qua mortuorum cadavera ante portam legati et sparsim per 
îpsum vicum sevissime conscissa, visu horribilia, et super ea 
quidam miseri homines pedites eorum spolia et ex bursis 



(1 ) Lisez reperit, 

MÉIL ONUPRIUS. 






1 



¥. 



(96) 

pecunias capientes : quos legatus blande objurgans, rogavit ut 

ea que an te portam erant mortuorum corpora summoverent 

et in proximum diverticuluin traherent; quod prompte feee- 

runt, legato humileni reverentiam exibentes. Salutatisque ut 

Loquitur legatus melius potuit ffallice aliquibus equitibus qui proinmi erant, 
cum capitaneis et . , . / 

aliisaimatisLeo- rogavit eos legatus ul cilo accurrerent et ad se vocarent Vicen- 

diensibus in Ton- .• o » i- i j* • •. > « 

gj.|3 Uum Buren et alios Lcodiensium capilaneos, quoniam optatam 

pacem et eorum illico desideria consequcrentur, utque et spo- 

liis et cède abstinerent; responsoque ab bis Yicentum in cîvi- 

taie remansisse, solosque Joanneni Dervild (d), militem, et 

duos fratres de Stralen ex capltaneis adesse, ipsos celeriter ad 

se vocari manda vit; ad quos cvocandos adoleseens quidam 

eques balistam tensam manu tenens accurrens, in proximum 

vicum repertos Joannem et duos fratres forte eu m duccntîs 

equitibus, ad legatum adduxit; quibus legatus bénigne salutatis, 

per interpetrem rogavit ut, ce ob reverentiam Dei et apostolice 

sedis cui plenam obedientiam totiens verbo et scriptis in ejus 

manibus professi fuerant, abstinerent a cède et quid expeterent 

aperirent, quoniam illico consequcrentur». Viso statim legato et 

co resalutato, illico duces cxercitus Leodiensium ob summam 

reverentiam depositis ex capite galeis et in terram luto abjec> 

tis, Joannes miles, petita a conmilitonibus loquendi licentia, hec 

Responsio capita- legato suo et eorum nomîne in effectu respondit : « Optime 
neorum. ^ . , .,. .. 

)) nosti, sancte pater, quanta humihtate quantoque studio gra- 

» tiam episcopi, domini nostri, oblinere et paccm secum 

>) habere conati sumus, ipsumque ad civitatem suam et 

)> subditos pie fovendos et gubernandos revocare; cum aiîis 

)) etiam justa et ralionabilia pacis fédéra inire non récusa- 

» vinius. Quotiens nobis violata fides fuerit, te non latet. 

)) Inimici nostri pacis tractatum nobiscum penitus habere 

» récusant; securitatem pro ea tractanda petitam obstinate 



(1) Jean de Wilde. Cfr. ci-dessus page 49. — Fratres de Stralen, 
Eusiache et Goswin de Straile. Voy. ibidem, note 5. 



^v 



(97) 

» negant; episcopum, dominum nostrum, ad suos subditos 
» venire et paccm cum eis habere cupientem metu et conmi- 
» nationibus nituntur avertere, et ad suas voluntates et 
» desideria trahere, spoliis et sanguioe nostro satiari sitientes; 
» et super bec omnia, conspicimus patriam omnem spoliis 
» et incendiis sève flagrare. Nos, bis compulsi necessitatibus, 
» arma sumpsimus, eligentes potius gloriose mori quam 
» turpiter vivere. Ignosce justo dolori nostro : fortuna nobis 
» et justus Dcus in hoc facinore propilii sunt. Quid deside- 
y> remus paucis aceipe : nos nuUos aiios cognoseimus nec 
» volumus dominos nisi Deum, Ëcclesiani, te et episcopum 
» Leodiensem; vos duos babere cupimus ut protegatis et 
» tueamini nos ab inimicis nostris, de quibus ultionem susci- 
» père hodie disposuimus. » 

Ad bec legatus breviter, cum temporis anguslia et instans Responsio legati ad 
periculum longos sermones non exigeret : « Novi, inquit, sane «Xx^^^aîterS^^^ 



» omnia que dicitis, et vera sunt; audaces animo et viribus 
» fortes extitistis, fortuna vobis existente propitia. Quod 
» cupitis, illico consequemini; unum hoc solum a vobis exigo 
)) ut a cède contincatis; et quid de episcopo facere vultis 
» intelligere cupio, an caplivum eum velilis habere. » — ce Absit, 
)> inquiunt, et Deus nos custodiat ab hoc scelere! Episcopum, 
» nostrum dominum, habere cupimus ut noster dominus sit 
» et non aliorum servus, et defendat nos ab inimicis nostris : 
» pro quo bona, corpora et vitam exponere parati sumus. » 
Aderant episcopus et Ubercort, qui paulo ante vénérant post 
terga legati, in angulo, ut videri non possent, omnia tamen 
audientes. Tune episcopus tacite ad legatum : « Micte unum 
» celeriter qui me vocet, et responde me cito venturum. » 
Con versus legatus ad unum ex bis qui secum erant : « Gurre, 
» inquit, velox; voca episcopum ut cito hic apud me sit. » Et 
iterum ad illos convcrsus, pcr interpetrem ait : ce Episcopus 
» presto hic aderit. Mandate velociier aliis ut a cède contineant 
» et neminem amplius ledant; omnesque qui hic apud me 



super salute ca- 
ptivorum. 



(98) 

» sunt salvos esse volo et inlesos. » Tune, habito inter se 
paululam seorsum conloquio, respondit unas : a Ob reyeren- 
» tiam sancie sedis apostolice et tuam, per quam nos adjurasti, 
» omnibus parcere parati sumus, exceptis proditoribus 
» Burgundis. » Tune legatus : « NuUam exceptionem perso- 
» narum volo, maxime ex hîs qui mecum sunt; quod si illos 
» offendere contenditis, ut me prius offendatis necesse est : 
» tuebor ipsos usque ad mortem quos sub fide mea suseepi. 
» Polliciti estis pluries omnia velle agere quecunque manda- 
y> vero: si hoc agere recusatis, non video qualem excusationem 
» de inobedientia et violata fide possitis alFerre. » Non levis 
aut parva super bis contemptîo (i) protracta est, omnibus 
in Burgundorum necem hanelantibus ; tandem victi legati 
precibus, consenscre ut salvis corporibus se captivos dederent, 
eorum nomina scire cupientes sub legati fide et promisso. Misso 
igitur per legatum uno ex suis ad eos, an consentirent ut 
legatus pro eorum captivitate fidem daret, responderunt 
supplices ut, salvis eorum corporibus, promicteret omnia que 
illi vellent et sibi videretur ; sed cum paulo tardius responsum 
darent, forte conmunicato inter se consilio ut omnium 
consensus accederet in responso dando, unus ex capitaneis 
Gosuinus Stralem exclamans : ce Scimus quod episcopus intra 
» domum banc est, et nondum apparet; verba protrahuntur 
» in longum ut contra nos in prelium vires résumant. Âgamus 
» otius que acturi sumus! » paulum defuit quin a conventione 
discederent. 

Tune legatus repente introgressus, episcopum secum ad 
brachia trabens, illum eis cxibuit tanto ardore visere hanelan- 
tibus (2); sequutus est illico ingens et jocundus omnium 
clamor : « Vivat, vivat princeps noster episcopus Leodiensis! » 
Adorarunt omnes, flexis genibus et cervicibus ut cuique facal- 



(1) SiCi pour contentio, 
(3) Lisez anhelantibua. 



J 



(99) 

tas fuit, exorte utrinque fluentes lachrime, et dulcis mvicem 
sermo habilus gallice inter eos. Cupientibus autem nosse 
eorum nomina qui intra domum legati erant et se captivos 
dederant, dictum est ut unus ex eis domum ingrederetur ipsos 
omnes visurus. Tune Joannes Dervild, miles audax et facetas, 
ad legatum con versus : ce Veniam ego, ioquit, sub fide tua, si 
» jusseris ita ». Descendens igitur ad portam legatus, episcopo 
secum vocato, Joannem militem intromisit, deposita ut erat 
ex capite galea; ad quem omues conveoientes, depositis armis, 
fidem de deditione more patrie prestiterunt; babitisque simul 
gratis conloquiis, Umbercourt ea lege fidem prestitit ut se ad 
civitatem non deducerent ob vulgi in eu m sevientis metum 
(erat enim civibus et vulgo odiosus valde, ob facta preterita in 
civitate et patria), alioquin se magis nunc velle gladiis nobilium 
occidi quam discerpi rusticorum manibus; darique sibi xx 
dierum spacium quo ducem adiré possit : sperare se firmiter 
pacem confecturum ; actumque est ut ad ducem se conferrc 
posset, et infra viginti dies se presentare, non Leodii sed ad 
Montfort (I), castre prope Leodium ad leucas duas sito. Solli- 
ci tus autem legatus de sainte Joannis Berghes, cum nusquam 
cum aliis appareret, putans eum nocte occisum, per domos et 
vicos inquiri fecit; demum ab hospite sue domus intellexit in 
Trajecto incolumem esse. Erat apud Leodiensem episcopum 
quidam ex familiaribus suis, nomine Montarchier, fratri suo 
Jacobo de Borbonio (paucis an te diebus defuncto (2)) admodum 
carus et fidus, et duci Burgundie satis domesticus; hune 
episcopus celeriter ad ducem misit et, présente legato, injunxit 
ut ducem rogaret « ne ex hoc insultu Tongrensi conmoveretur, 



(1) Monfort sur Ourlhe appartenait à cette époque à la famille 
d'Âlsleren de Hamal. 

(2) Jacques de Bourbon, créé chevalier par Louis XI à son sacre à 
Rheims, mort sans alliance, à Bruges, le 23 mai 1468.(P. Anselme, HisL 
gén. de la maison de France, t. I, page 152.) 






* 



• 



a 



( 100 ) 

si forte rem acrius processisse intelligeret , quoniam omnîa 

in melius procédèrent quam multi existimarent »; et cum his 

mandatis velox recessit, ad genua legati provolutus, gratias 

agens quod vitam sibi et omnibus Burgundis donasset, bec 

omnia fideliter duci relaturus. 

Oonsiiium capita- Quibus peractis, Joannes de Ruild ( I ) ad eos nobiles captivos 
nei umus Léo- ^ ^ ' , .*. ' , , 

diensium utlega- convcrsus : ce Oinnes, inquit, novimus, o viri nobiles et insi- 

tus Qt episcopus , ... ^ .. .. ^, . . 

unacum eis rede- » gnes, nobiiium mores et etiam rusticorum; nos fidem vobis 
ant et causa. ^^ datam servabimus de sainte personaï*um vestrarum, prout 

)) veros nobiles et milites decet, nec dubitamus vicissim vos 
y> inviolatam vestram fidem servaturos. Scimus autem magnam 
)) hominum muititudineni de civitate discessisse ut ad nos 
» veniant, postqoam intellexerunt oppidum hoc Tongris per 
)> nos captum et optentum (2) : inter quos multi diversarum 
» patriarum rustici aderunt, nec dubitamus ipsos ad predam 
» et stragem incensos vcnire, fidemque per nos datam forte 
)) contempturos in vestram et multorum pernitiem, prout 
» ignobiles facere soient, ut nostis. Videtur itaque mihi neces- 
» sarium fore, salvo omnium vestrum mcliori consilio, ut iega- 
» tus et episcopus sine mora nobiscum equitent et extra 
» oppidum in campis exeant versus civitalem, supervenientcm 
» populum a preda, strage et incendio opidi rcprimentes et ad 
» civitatem una cum eis reducentes ». Placuit summe omnibus 
episcopi et Burgundorum proceribus salubre consilium. Sed 
Hubercourt, Leodiensium odium in se veritus et scvitiam, ne 
in via ab his discerperetur, legatum supplex rogavit ne se 
desereret usque ad locum tutum versus Sanctum-Trudonem; 
econtra episcopus noile a se legatum separari nec solus sine 
ipso civitatem ingredi contendebat ; quare legatus in bac mise- 
randa contentione médius, suasit episcopo ut, postquam omnes 
et ipsi duo simul usque ad porlam progressi essent, ipse 



(1) C'est toujours Jeau de Wilde. 

(2) Sic, pour o6/enfum. 



j 



•• 



( lot ) 

paulatim versus civilatera cum iliis militibus procederet lega- 
tumque in via expectaret donec conduceret Hiimbercourt in 
proximum tntiorem locum; sicque conclusum est et, consilio 
dissoluto, extra domum in vicuio exivimus, ubi jam tolus 
Leodiensium et Tongrensium compressus populus con véné- 
rant, rei exitum expectantes : qui (anta alachritate et gratu- 
latione et jocundis vocibus nos omnes et episcopum susce> 
père, ut vix lingua carnis possit exprimere; elcvatoque per 

eos nobiles ad manns episeopo et super equum imposito, Suscipitur cpisco- 
1 . I j. . s 1 M • . • .• pus a Leooiensi- 

letaoundi per vicos et plateas cervicum et nianuum ingenti bus grate et reve- 

plausu discurrentcs, usque ad celum jocundas emisere voces, g^?^®' ^" ^®"' 

omne bellum sopitum perpetuamque stahilitam pacem exisli- 

mantes; qui vero a patria profugi ex Gallia redieranf, certalim 

ad episcopi genua provoluti, gratiain ejus, pacem et veniam 

humîliter postulabant : quos episcopus comiter et blande sus- 

ceptos, pie ampleetens et ad fidelitatem recipiens, veniam et 

reniissionem de offensis preteritis indulgebat, non sine utro- 

rumque pia lachrimaruin effusione. Atque \U\ jocunde cum his 

extra opidum profectus est, tribus aut quatuor ex suis familia- 

rîbus domesticis existentibus secum : nam omnes alii, metu 

Leodiensium territi, in tcnebris noctis ad proxima queque loca 

confugerant. Lucrati sunt nocte illa Leodienses ultra duo milia 

equorum ex Burgundis et multa eorum impedimenta et sup- 

pellectilia (1). 

Legatus, dimissis duobus ex suis domesticis ad custodiam Conducit legatus 

corporis magistri Roberti supra nominati (2), in cubiculo suo Eercour/ ad îocâ 

semianimis jacentis (crat enim multis Leodiensibus infestissi- ^^^^' 

mus, existimantibus ejus consilio indnctum episcopum ad om- 



(1) Lisez supellectilia. 

(2) Robert de Morialmé. Cf. ci-dessus pages 45 et 91. Commines, liv. II, 
chap. 7, dit de ce personnage qu*il « estoit fort privé dudit evesque 
Louis de Bourbon, que plusieurs foys j'avoie veu armé de toutes pièces 
après son maislre t. 



( 102 ) 

nia mala que passi fuerant), ac etiam ad custodlendum omnia 
episcopi et aliorum omnium nobilium qui ibi Docte fuerant ' 
suppellectilîa aurea et argentea, pecunias et armamenta satis 
pretiosa (que omnia eis inlesa seryata et restituta sunt), voca- 
tis et retentis secum aliquibus ex Leodiensibus comilitonibus, 
Guidonem Humbercourt usque ad locum Sancto-Tridoni proxi- 
mum tutum comitatus est,missis etiam seeum usqueadopidum 
duobus suis familîaribus armis pontificis maximi Pauli super 
vestes insignitis; quo abeunte, hecab eo legatus extrema verba 

Yerba Humbercourt suscepit : ce Hec vita deinceps tua est, pater; nunc me vivum 
reces^u"™'^^"^ ^^ ®®^^ intelligo, dubius usque in hanc horam an vivens aut 

)> mortuus essem; ntere ea imposterum (i) pro tuo libito et 
Responsio legati. » imperio. )> Ad hec legatus : c< Quod feci Hbens feci : et (â) 

)) veri sacerdotis officium. Tu autem judica si ex tua culpa in 
)> bas incidisti calamitates et pericula, et in posterum sis eau- 
» tior et mitior, et Deo gratias redde. » Et eo dimisso, legatus 
cum comitiva sua Leodium pctebat; occurensque (5) multis qui 

Reprîmit legatus prede avidi Tongris intrare temptabant, prohibuit et ad civi- 
gressu^ongris et tatem secum redduxit (4) ut cum episcopo et secum in civitate 
ducif^^*^*^™ "'^' jocundi pro ejus reditu, ut optabant, forent (nondum enim 

episcopum viderant nec ad civitatem ipsum ire cognoverant) ; 
quo congito (5), legalum sequti, leti ad episcopum visendum 
occurrebant : fuere hi ad numerum duorum milium; reppe> 
ritque episcopum paulatim procedentem et prope civitatem 
se expectantem. Tune accedens ad legatum unus ex presbiteris 
capeDanis suis, retulit se habere capsulam pecuniarum plenam, 

Remietii legatus corrigiis appensam et clausam, ad summam, ut extimari pote- 

ad^Humbercoiirt ^**^ trium vel quatuor milium florenorum Renensium, quam 

etc. 



(1) Sic, pour in posterum. 

(2) lisez est? 

(3) Usez occurrensque, 

(4) Lisez reduxit. 

(5) Lisez cognito. 



( 103 ) 

nocte preterita in eo tumultu Tongris Humbercourt clam eus- 
todiendain dederat; eara legatus illico per eundem cum fidis 
conmitibus reportari ad eum jussit : per quem iteruro legato 
gratie ingentes acte, cum^ ut asseruit, an et cui dedisset peni- 
tas ignoraret, tristioribus tune curis implicitus. 

Junctis igitur simul legato et episcopo, prope civitatem Occurrit popuius 
illustris Vincenlius Buren (qui in civitate remanserat) cum et'Vfs^opo^pro- 
omnibus primatibus civitatis et universo populo ad secundum fn®f,a *'^'^'^"* "^ 
lapidem eis occurrit, distinctis per ordinem turmis ad nume- 
rum, ut omnes existiroabamus, decem mih'um : qui omnes 
legato et episcopo summam exibuere reverentiara et ab epi- 
scopo maxima coniitate et benignitate suscepti sunt. Demum lugrediuntur civi- 

• • •* * • 1 ^ • .... tatem lesatus et 

mgressi civitatem, universus popuius utriusque sexus et etatis, episcopus cum 

sacerdotes induti sacris vestibus, ingenti gaudio accurrentes, "^axima pompa. 

summa reverentia epîscopum cum legato susceperunt. Exige- 

ret narrationis ordo ut bujus receptionis jocunditas, modus 

et qualitas exprimentur (i) ad intelligendam (2) hominum 

mentes et convincenda mullorum mendatia; sed ad alla majora 

festinantes, his immorari non expedit. Quid plura? Tantus 

viarum apparatus, tam jocundus populi concorsus, tam festi- 

vus campanarum, tubarum et citaredorum sonus, tam dulces 

virorum et mulierum acclama) liones et lachrime, ingentes foci 

et lede incense, quanta scribi vel cxplicari possit, et quanta 

sumrois principibus in maximis nrbibus exiberi solet, bac cum 

ingenti pompa ante domum episcopi, majori ecclesie proxi- 

niam (3), constituti. Episcopus per rcligiosum illum carmelitaro 

jam dictum rogare Icgatum fecit ne se solum desereret, sed 

secum in suo palatio morareiur; quod legatus libenter annuit, 

et retentis ex suis domestîcis quatuor tantnm, rclîquos cum 



(1) Lisez exprimerentur, 
(t) Lisez intelligendum. 

(5) L'ancien palais des princes-évêques de Liège existe encore, mais la 
cathédrale a disparu. 



■-^- - -f ^» 



( 104 ) 

cquis omnibus ad beati Jacobi monasterium, in quo legatus 

residere solitus erat, reniisit, satis ab episcopali paliitio distans; 

ipsi vero legatus et episcopus duabus cameris junctis in domo 

cpiscopi collocati sunt. . 

Conveniunt cives Convenere ad leffatuiii et episcopum ante solis occasum 
ad legatum ei . .•....••• j- . . *• 

episcopum super seniores civitatis et universi qui adire eos poterant, gratias 

re usagen is. j^^^ agentes quod ipsi duo incolumes in civitale essent et 

eorum possent calamitatibus misereri, se etiam habere domi- 
nos suos quorum judilio et ordinationi se submictere professi 
sunt snper quibuscunque offcnsis Burgundie duci per ipsos 
forte inlantis (i), expectareque ipsorum jussa , quid agendum 
deinceps censerent. Quibus per legatum et episcopum conlau- 
datis, domum pro ea die remissi sunt, in crastinum redire 
jussi. Hec omnia décima mensis octobris die gcsta sunt et 
per specialem numptitim s. d. n. scripta per legatum; sed 
numptius in via juxta Luziburgum (2) captus est, et intercepte 

Venit ad legaium Httere et ad ducem misse. Prima noctis vieilia, per Amelium 
quidam religio- , • 

sus Minorum ex de VeJrois et quendam ahum ex primoribus civium ductus est 
parte Francorum j , ^ . . l- i *• • j 

régis et retulit. *)d legatum secrète m suum cubiculum numptius quidam, per 

Leodienses alias ad christianissimum Francorum regcm missus 

eo tempore quo episcopus civitatcni ingredi velle suis litteris 

professus erat, orania que gesta erant illi signifîcantes, cum 

aliquibus religiosis de ordine Minorum a rege venientes: 

quibus civibus per suas litteras rcscripsit rex, et legalo per eos 

religiosos dici manda vit ce ut mox cum episcopus in civîtatem 

esset, legatus suis litteris regem requireret ut presidio ipsis 

assisteret, si qui eos vexare temptassent ; polliècri se personaliter 

si opus esset ad civitalem venlurum; basque legaii litteras sibi 

fore asserebat necessarias ob bonam et justam causam ». Eos 

legatus a se pro illa nocte dimictens usquc in crastinum 

delibera'turus, omnia hec episcopo seorsum conmunicavit; qui 



(1) Lisez inlatis* 

(2) Luxeiiit)ourg. 



( IOd ) 

saper hac rc anceps et dubius, legato respondit ce se melius 

nosse conditiones amborum principuiti : si dux bec rescisset, 

acrior ad bellum et patrie vastationem insurgeret; et si rex 

forte aliis impeditus venire desisteret, se in maximo periculo 

coDstilutos )>. Instantibus autem importune civibus illis Leo- 

dîensibus apud legatum, iteratis licteris et nuniptiis régis vexali, 

ut Htteras invocatorias legatus traderet : ipse vero, cousiderans 

episcopi juditiuni et responsum, ac etiam ne ex suis litteris 

acrius bellum et majores sequerentur slrages, tune facere id 

distulit, respondens illis « se sperare nunc non fore necessa- 

)> rium bas dare litteras, quoniam si bellum fulurum sit inter Responsio legati ad 

» regem et ducem, nusquam est vobis a duce timendum; litte- cr^es et numptios 

» reque dari semper poterunt si justis pacis conditionibus 

» dux non acquiesçât et bellum vobis inferre disponat; quod 

» si pax, ut fama est, inter eos sequatur, curam etiam conB- 

» ciende pacis vestre rex procul dubio sumet, mihique bonus 

» coadjutor (!) erit ad eam perfitiendam, et inanc esset et 

» ridiculum bas litteras «d belliim potius incensivas dare ». 

Acquievere cives illi, tune optimis legati rationibus victi. 

Redeuntibus posterodie ad legatum etepiscopum primatibus 
civitalis, quidnam deinceps acturi forent scire cupientibus, res- 
ponsum ipsis est breviter et publiée, conmuni ipsorum nominc, 
« ut duci Burgundie promissa servarent, ipsum verbis autAIia responsio ad 
» factis non lacesserent, incursionibus et prédis non irritarent; difSnî^^^^^^^'^^"" 
» minus utile ipsis aut tutum contra se iram ejus provocare, 
» cum maximus et potentissimus princeps esset; postremo ut 
» in rébus agendis non nicterentur (2) solis propriis consiliis, 
» sed legato et episcopo cuncta cx)nmunicarent ; vicissimque 
» legatus et episcopus eis salubria eorum confèrent consilia et 
» eis agenda conmunicabunt » Grate suscepere responsum 
et leti abiere. Erat episcopo Leodiensi summa cura et sollici- 



(1) Sic, pour ad/uror. 

(2) Lisez nilerentur. 



^ 



( 106 ) 

tado ut magistrum Robertum archîdiaconam (qnem Tongris 
semivivum relictum io legati cubîculo supra narravimus, sub 
custodia duorum ex legati familiaribus) salvum yideret et apud 
se haberet, quem summopere dilîgebat ; nec minor ipsius epi- 
scopi et aiiorum nobilium captiyorum cura crat ut pecunias, 
argentea vasa, arma, res et bona que in legati cubiculo Tongris 
reliquerant, ad eos in civitate deferrerentur (1); ob quam eau- 
sam missi ex civitate numptii plores cuni tribus plaustris et 
una lectiea ad deferendum bona ipsa et magistrum Robertum 
saucium, videlicct duo ex legati familiaribus eum insignis et 
armis pontificis maximi Pauli, duo cum insignis et armis epi- 
scopi, et un us alius cum armis civitatis, ut sine offensa et 
impedimento venire possent. Fuerat legati sententia ut magis- 
ter Robertus non Leodium, propter multorum odium in eum, 
sed Trajectum deduceretur; ipse vero, ab aliquibus persuasus 
tute Leodium petere posse, ac desiderio roauendi apud domi- 
num suum episcopum, potius Leodium se duci jussit et voluit. 
Reportantur bona Cum hi omnes Tongris accessissent, sumptis super plaustra 
gris^n* civitate. bonis ipsis et magistro Roberto in lectiea egro, leti civitatem 

repetebant, multts predonibus factis obviam ipsis, sciscitanti- 
bus cujusnam bona essent, audito armorum et argenteorum 
vasorum sono : cumque ipsis responsum essct bona ad legatum 
et episcopum pertinere, visis eorum insignis super plaustra, 
intacta et inlesa permisere deferri ; erant autem concomitantes 
plaustra omnes ad numerum octo. 

Inter ambulapdum preteriens, quidam adolescens interoga- 
bat (â) quisnam eger ille esset qui in lectiea deferretur : qui 
cum intellexisset esse magistrum Robertum archidiaconum, 
accurrens ad quosdam pedites qui anteibant, hoc eis notum 
fecit; qui continuo redeuntes ad plaustra, sève rugientes ipsum 



(1) L\sez deferrentur, 

(2) Onufrius écrit partout interrogare avec un seul r. 



( 107 ) 

fleotem et supplicem armîs invadant; cumque ipsius comités 

Qiimptîi publici, ac legati, episcopi et civitatis familiares ut 

supra relaturn est, eum baculis et vestibus prout poterant 

protegere^ et iilos a cède avertere uiterentur : acciamatum est 

nb îllis ut, postquam ob reTcrentiam legati et episcopi ipsos 

venerarentur, se mortis periculo non exponerent; illis autem 

quantum poterant resistentibus, sed multitudini obsistere non 

valentibus, archidiaconum misericordiam implorantem multis 

coofossum vulneribus interfecerunt, non sine omnium visen* Interûcitur magis- 

lium (\) lacrimis et miseratione maxima. Quamobrem legatus, chidiaconus in 

ut par erat, banc rem indigne ferens, tam ob truculentum faci- aîeod1enSml"t 

nus quam etiam ob episcopi mestitiam et dolorem, convocatis provisioperiega- 

... ... , . , . lum facta «apcr 

primatibus civitatis et magno populo m magna auia episco- hoc. 
palis palatii, eis predicari fecit per magistrum Robertum reli* 
giosum carmelitam de quo supra, présente episcopo et patribus 
Eedesiœ, quod nisi per justitiam provideri permicterent super 
hoc facinore contra occissores (2) tam honorabiiis viri et magni 
membri Leodiensis ecclesie archidiaconi, in ipsos et civitatem 
pristinas censuras et interdicta promulgarel. Âcclamntum est 
ab omnibus justitiam merito fiendam, mandatuinque id nego- 
lium est Joanni de Ruild militi, quem episcopus in suo ad civi- 
tatem ingressu villicum seu scultetum (5) Leodiensem institu- 
erat : hujus officium et potestas est animadvertere in facino- 
rosos bomines taliter delioquenles. Hic, questione sumpta de 
duobus aut tribus, et eis in carcerem conjectis, compertum est 
principales percussores abesse in proxlmis villis; subtraxerant 
autem quedam argentea vasa que secum m. (4) Robertus sui 



(1) Lisez ffidentium. Noos avons reacootré ailleurs visere pour videre, 
etc. 

(2) Sic 

(3) Le mayeur, officier du prince poar poursuivre en justice, comme 
Onufrius rajoute. 

(4) Mogisfer. 



( 108 ) 

reffocciliandi (1) gratia in lectica deferebat: sicque înterposita 

aliquorum dierum mora ad illos inquirendos ut melius fierî 

poterat, supervenientibus quoque bellorum turbinibus que 

iofra dicentur, tam atrox scelus inuUum pro tune remansit ; 

sed demum pena su os sequta sccleris est auctores passim per 

agros crudeliter interemptos. Compertum est autem postes 

Vicentium Buren fieri fecisse ob causam fratris sui, quem 

magister Robertus in permutatione cujusdam dignitalis dece* 

perat : idque episcopus sibi in faciem dixit, présente legato, 

non sine ejus rubore, Hcet exeusatione levi. 

Venit marescaicus Dux Burguiidie adversus regem se suis omnibus copiis 
Burgundie cum r * • . r • •* j • • 

magnis ^entibus munirc cupiens, vocaverat inter alios sui exercitus duces msi- 
etingrediturTon. ^^^^^ ^^ ^^^^^^ .^^ ^^,^^^ militera Theobaldum de Novo-Castro, 

ducatus Burgundie roarescaleum (â). Hic cum omnî fiurgun- 
dorum exercitu, Philippo de Sabaudia (5) cum duobus frairi- 
bus et Allobrogum (4) exercitu secum comilantibus, multis 
quoque finitimis dominis amicis cum eorum gentibus, jussu 
ducis per ducatum Namurcenseum (5) Piccardiam pctebant, 
ubi dux cura reliquo suo exercitu castrametabatur. Erant 
autem cum marescalco, ut fama erat, equitum peditumque ad 
numei'um viginti milium. Hi omnes, cura audissent însultum 
Tongris factura a Leodiensibus, et episcopum Leodiensem 
primo raortuum, postea captura a Leodiensibus raultis referen- 
tibus, sive sponte sive ducis jussu incertum est, relicto itinere 



(i) L\sezrefocillandi, 

(2) Thibaut IX, seigneur de Neufchatel, maréchal et bailli du comté de 
Bourgogne, mourul en 1469; il avait épousé BoDoe de CbâteauTillain. 
(MoRÉRi, verbo Neufchastel,) 

(3) Philippe II, dit Sans terre, duc de Savoie, rennemi mortel de 
Louis XI. M. Ëslrup fait remarquer que, d'après Gommines, sans doute 
mieux renseigné sur ce point qu*Onufrius, les seigneurs mentionnés ici 
étaient déjà à Péronne. 

(4) Les Savoyards. 

(5) Lisez Namurcensem, 



J 



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■> 



( <09 ) 

quo pergebant, in agrum Leodiensem diverterunt cum omni- 
bus eopiis (erant enim finitimi agri Namurcensium et Leo< 
diensium), reperientesque opidum Tongris armatis vacuum, 
ipsum sine vi aliqua ingressi sunt, oppidum ipsura ac totam 
patriam spoliis, incendiis et cède vastantes (1). 

Erant eo tempore dominus de Humbercourt, locumtenens Humbercourt resu- 
ducis (qui ex Tongris sub fide reditus discesserat in opido ds cum legauf et 
quem Leones (2) accole vocant), et dominus Joannes dc Berges ®*^*™ Bcrgez. 
jn Trajecto, quos ambos supra in Tongrensi insultu memora- 
viraus. Hi duo cadem die, xij octobris, legato scripsere se de 
pace non desperare, nam Bergez (qui ea nocte clam, metu 
mortis, cum mane simul Leodium ituri essent, a legato disces- 
serat, qua Leodienses Tongris agressi sunt), intelligens legatum 
de sua salute sollicitum, illico cum Trajectum applicuit mulie- Lictera Bergez ad 
rem rusticam cum Hcteris, ut moris est patrie, ad legatum 
misit ipsum de salule sua certum faciens, et subdens in littera : 
c( Vellem utique Lcodienscs hiinc insultum protardasse, spe- 
» rans medio r. p. v. aliquid boni in materia ipsorum fuisse 
y> operatus; nuiic autem quid dicam nescio: unum tamen scio, 
» quod desperare non volo, dum tamen r. p. y. laborare non 
» désistât». Cui legatus, de salute sua secum congaudens, res- 
cripsit : « Consentio, inquit, tecum, illustris vir, et rectum 
» juditium tuum laudo quod Leodienses melius fecissent hune 
» insultum retardare. Gaudeo tamen vehementer quod non 
» omnino de pace desperes, et bec spes tua mihî quoque spem 
» restituit, quam penilus abjeceram. Sed ego laborare non 



(1) Suffride Pétri fixe au 15 octobre Teatrée des Bourguignons à 
ToDgres. Cfr Adrien, col, 1537, et le Bull, de l'Instilul archéoL liégeois, 
t. XI IJ, page 16. Le 16 partit de Cambrai Simon de le Kerrest, secrétaire 
du duc Charles, envoyé par celui-ci au devant du légat « estant lors en la 
cité de Liège, pour le conduire pardevanl Monseigneur >". (Voy. Annales 
de l'Acad, d'archéoL de BelgiquBf t. III (1867), page 658, note.) 

(3) Léau, en Brabant, sur la frontière du Limbourg. 



( **o ) 

» dcsinam : rogo etiam ut tu, siciit es pollicitus, laborare non 
y> cesses. » Humbercourt vero ex Brabantia céleri numptio ad 
Lictera Hamber- iegatum cum litteris misso, hœc in effectu rescripsit : c< Domine 
tum Vf. ^^^' )> ^^9 propter aliqua nova que mihi supervencrunt vaide 
»ardua, necessariuni essct ut haberem conmunicationeni 
» vobiscum, ut pervenire possimus ad bonum quod desidera- 
» mus et ad finem quo res melius conduci possînt; micto ad 
» manus vestras unum salvumconductum pro d. Joanne de 
» Ruild milite, Amelio de Ver]ois(1) et Ëgidio de Lenz, aut 
» duobus ex bis tribus, ut possint secure simul convenire cum 
» r. p. V. an lieu que l'on dit aux Quatre Arbres ^ entre 
» Hobertingen et J aminé (2), sur la voie de Tongres et Sanr 
» tron^ id est: in loco qui dicitur ad Quatuor arbores, inter 
» Hobertingen et Yamine, inter Tongris et Sanctum-Trido- 
»nem; et micto salvumconductum pro brevi tempore, quia 
)) materia celerltatem exigit et ego celeriter ire desidero 
» ad dominum ducem, qui est satis propinquus hic in sua 
» patria de Haynnau (Id est Annonie (5)). Et ulterins, sub 
» correctione vestra, mihi bonum videretur quod dominus 
)> Leodiensis micteret cancellarium suum et presidentem con- 
)> silii sui, aut alios de suo consilio, prout sibi plaeebit. Et si 
» d. V. (4) propter sue persone egritudinem et viarum discri- 
» mina personaliter vcnire non posset, mictat aliquos dômes- 
y> ticos de sua familia. » 

His litteris et salvoconductu receptis, legatus una cum 
episcopo, illico omnibus ad se convocatis qui in litteris nomi- 

(1) Amel de Yelroux. Cf. ci-dessus page 53, et passim. 

(2) flouppertingen et Grand-Jamines, communes du canioo de Looz, à 
une lieue de cette ville. 

(3) Lisez Hannoniœ. Ce fut le 15 octobre, dans Taprès-midi, que le 
doc Charles et Louis XI quittèrent Péronne pour aller assiéger les Lié- 
geois. 

(4) Dominatio vestra» 

{*) Dernière manchette. La suite du manuscrit en est dépourvue. 



i 



( Hi ) 

nabanlur (prêter presidentem (1) qui aberat et a Tongris 
Trajectum aufugerat), sine mora equitare ad locum destinatum 
jusserunt; et quoniam legatus ob viarum discrimina, intensa 
frigora et sui corporis qua lune premebatur egritudinem, 
personaliter accedere non poterat, decanum in Mers Joannem 
Aliefast (2) et magistrum Robertum carmelitam, tune capella- 
nos suos, loco sui cum deputatis transmisit. Hi simul omnes 
civitatis portas exeuntes, cum paululum progressa essent, ad 
primum fere lapidem obvios habuere armatos aliquos ex 
marescalchi (3) comiiitonibus (preibant autem iegati fami- 
liares ob majorera securitatem eorum, alii vero cives eminus 
sequebantur) ; sciscitaiitcs vero Burgundi a Iegati familiaribus 
quinam essent quove tenderent : que omnia cum intellexissent 
ab eis, et se esse per legatum et episcopum missos ad d. de 
Hubercourt cum ejus salvoconductu pro pace tractanda, excla- 
mantes ferociter, et contempto Humbercourt nomine (cum 
summa bellici imperii, ut affirmabant, aput (4) marescalchum 
esset et non alium quemquam), multis conminationibus pro- 
latis in Iegati numptios, denuntiarunt eis ut pro ea vice 
accédèrent quo missi erant, extra civitatem mansuri si vellent : 
sed deinceps caverent, si ad civitatem redire mallent, ulterius 
civitatem egredi, quoniam si amplius reperirentur scirent se 
pro certo patibulis appendendos. Quibus verbis et justo metu 
cancellarius et alii cives proculsi (5), in civitatem regressi sunt, 
maxime cum salvusconductus non se extenderet ultra unum 
diem et noctem, solis Iegati familiaribus euntibus cum littoris 
Iegati, episcopi et ipsorum deputatorum; ob quam causam non 
mediocriter tota civitas conmota est et ad bellum incensa. 



(1) Jean Poslel? Cf. ci-dessus page 22. 

(2) Cf. ci-dessas page 54. 

(3) A savoir : Tbibaud de Neufcbatel. Cf. ci-dessus page 108. 

(4) Sic. 

(5) Usezperculsi? 

MÉM. ONUPRIUS. 8 



( 112 ) 

Summa responsi HumbercOurt ad legatum et episcopum bec 
fuit ex Sancto-Tridone : rogaqs legatum ce ut quantum posset 
pro pace laboraret et Leodienses ad voluntatem ducis inducere 
studeret; et îpse vîcissim ex sua parte, pro honore Dei, gloriosî 
martiris sancti Lamberti,s8ncte sedis apostolice et ipsius legatî, 
ac etiam proptcr amorcm quem gereret ad civitatem et cives, 
ipse (i) taliter operarétur quod merîto legatus debebit esse 
contentus de eo, cum Dei auxilio et sanctorum ejus. » 

Hac relatione subscepta, legatus iterum convocatis primati- 
bus civitatis et clericis cum maxima populi multîtudini (â), 
coram epîscopo prioribus sermonibus in effectu ad eos repe- 
titis, c( eos ad Dei timorem inducere servireque pacem et 
coiicordiam inter se ipsos primo, demum cum finitimis populis, 
tertio cum vicinis principibus et maxime cum illustri duce 
Burgundie, qui maximus inter omnes est et cum quo fédéra 
inicrant et potentiam pluries fuerant experti », sumopere 
conatus est. Ad bec ut supra responderunt « se paratos per 
omnia sequi legati et episcopi consilia et precepta, sed potius 
mortem quam perpetuum a patri§ exilium et domini et Ëccle- 
sic liberlatis subversionem velie pati. » Âd hec legatus, pré- 
sente episcopo : « Quantum ad Ecclesie dominium et libertatem 
)> actinet, cura precipua est Paulî pontificis maximi, mea et 
» episcopi vestri, hic presentis. Servate ea quae ad vos perti- 
» nent et polliciti estis in fédère jam inilo inter ducem et vos, 
» et jurium Ecclesie tuilionem nobis duobus relinquite. » 
Rursum liabito inter se seorsum conloquio, conclusere : ce se 
)> paratos pacem et fédéra illa servare quantum in eis est; sed 
)) inter alia ipsius pacis capitula (5) esse populo et patrie 

» nimis gravit (4) et duci minus utilia, veluti perpetuum 



(1) Supprimez ce secoDd ip^e. 
(2; Lisez mulUtudine. 

(3) Un espace en blaDC dans le maDuscrit. Cf. ci-dessus pages 17 à 20. 

(4) Lisez gravia. 



( 143 ) 

» exiJium illorum omnium qui in bello de Bruschen arma 
» sumpserunt aut présentes fuere, qui sunt hodie numéro 
» forte viginti milium liominum, quorum hic magna pars 
» sumus; et illud (i) ne aliquîs imposterum arma tenere aut 
» déferre sit ausus in tota patria. De juramenlo offîcialium 
» totiiis patrie prestando in manibus dominî ducis vel suorum 
» deputatorum in oppido Lovaniensi, et piura siroilia que jam 
» juxta legem federis Burgundorum sensu intellectam viola ta 
» sunt et reparari non possunt, nisi exilium resumamus omnes 
» et in silvis moribundi redeamus : quod nobis nedum difficile 
» sed impossibile est, et certc durius ipsa morte. Placeat igitur 
» excellentissirao Burgundie duci et sit contentus ut satisfîat 
» sibi per patriam de omnibus dampnis et impensis sibi per 
» nos inlatis, et ne imposterum contra ipsum et suos arma 
» sumamus vel inferamus dampna, prout per ipsum pacis 
» tracta tum conventum est. De reliquis vero, si quid contrn 
» ducem egimus aut ipsum suosve offendimus, subicimus (2) 
» nos prout dccet vestrorum amborum judicio et imperio, 
» qui soli nostrum domini estis et quibus parère nos necesse 
» est. Pro bis observandis se paratos obsides dare et omnia 
» imperata facere que iegatus et episcopus ordinaverint, con- 
» suluerint, jusserint. Cumque civitas Leodiensis hoc insigni 
» titulo gloriaretur in suis vetcribus monumentis, sigillis et 
» armis, videllcet Legia^ sancte Romane ecclesie filia, ipsique 
» ecclesie beati Lamberti et episcoporum Leodiensium pro 
y> tempore succedenlium subditi et homagiales essent, ini- 
» quum esse ut a principibus secularibus, et potissime a duce 
» Burgundie qui catholicus et religiosus plurimum inter alios 
» est, tôt molestiis et vexationibus atterantur, conprimantur 
» et ex liberis in perpetuam redigantur servilutcm. » 
Non disph'cuit Icgato et cpiscopo ac patribus ecclesiarum qui 



(1) SciWcei capilulum, 

(2) Lisez subjicimus. 



i iU) 

présentes erant eorum pia et miseranda responsio; sed quia, ob 
conminationes pridie aratoribus (i) legati, episcopi et civitatis 
inlatas per Burgundos, vix aliquis repcriebatur qui extra civi- 
tatem ad Burgundos exire ad hec eis conmunicanda foret 
ausus, mîssus est nuntius quidam privatus sàtelles ad duces 
exercitus Burgundorum, « ut saltim unus eorum ad civitatem 
veniret ad întelligendam bonam mentem civium erga dueem 
et conmunicandas honestas pacis conditiones, postquam con- 
minationibus deterruerant quoscunque in eivitate existentes, 
ne ad ipsos accédèrent; interimque incursionibus et preliis se 
detinerunt (2) ». 

Delectus est ad hanc iegationem per duces exercitus qui 
Tongn's erant (absente tune marescaico, et, postquam rediit, 
increpante factum) vir insignis Petrus Hachembac, miles et 
magister hospitii Burgundie ducis(5),qui, acceptis litteris seeu- 
ritatis et salviconductus a legato, episcopo et civibus, die xv 
mensis octobris, una cum quatraginta (4) equitibus, civitatem 
ingressus est; ac primo seorsum cum legato et episcopo multis 
sermonibus habitis super forma tractande et componende 
pacis, se toto nixu elaboraturum pro pace conficienda firmiter 
pollicitus est, deflens tam insignem civitatem delendam et 
incendendam nisi pax conficiatur. Demum, convocatis eccle- 
siarum patribus civitatis, proceribus et ingenti populo coram 
legato, episcopo et Petro Hachenbah, Amelius de Velroys, 
totius civitatis nomine, eadem in effectu replicavit que coram 
legato et episcopo pridie dixerant longo et accurato scrmone, 



(1) Lisez oratoribus. 

(2) Lisez detinerenlf ou plutôt retinerent, 

(3) Pierre de Hagenbach, plus tard gouverneur des domaines que le 
duc Charles tenait en gage de rarchiduc Sigismond C'était, dît ob Baaahtb, 
« un des hommes les plus cruels et les plus violents qui eussent jamais 
exercé pouvoir sur un peuple ». 

(4) Lisez quadraginta. 



( ils ) 

rogans tandem Petrum « ut duci supplicaret quatenus, intuitu 
Dei et gloriosi beati Lamberti martiris et ob reverentiam 
Ecclesie ac sancte apostolice sedis, Leodienses ut Ecclesie 
subjectos respiceret protegeretque, et in suis oportunitatibus 
necessariis, et maxime bellicis, ut devotos amicos obsequentes 
potius suseiperet quam ut vilia mancipia et inutiles servos in 
cordis amaritudine coneulcaret. » 

Recessit Petrus eodem die Tongris cum bis mandatis ad 
conduces suos ut pacis média pertractaret ; sed graviter a 
marescalco increpitus quod, se existente exercitus principe, 
aliquis eo inconsulto pacis tractatus suseiperet agendos, res- 
ponsumlegatoredcre(i)di$tulit, re in consilium non deducta, 
marescalco inibente(SI) Quare Leodienses iterum ad legatum et 
episcopum convenientes, quidnam acturi essent summa dili- 
gentia postulabant; suasit legatus ut ea que dixerant verbo in 
scriptis rédigèrent et suis sigillis obsignarent, se curam subsce- 
pturum ad marescalium et alios conmiiitones scripturam illam 
transmictere. 

Congregati simul in unum ipsorum more confecerunt litte- 
ram, et circa solis occasum ad legatum detulerunt: qua per 
interpetrcm lecta coram legato et episcopo cum patribus 
ecclesiarum, satis rationabilis cunctis est visa, paucis ad majo- 
rem justiGcationem ducis desiderium aditis (5). Cujus scripture 
bec summa erat : ce se paratos pacem jam cum duce iuitam seu 
ejus sententiam velle servare quantum in eis erat; sed exilium 
eorum aboleri ex gratia, supplicationesque eorum audiri in bis 
que duci minime damnosa, civilati vero et patrie nimis gravia 
essent exorabant, ut bumiles Ecclesiœ subditi ». Hac scriptura 
confecta et duobus sigillis obsignata et legato tradita, ipse ori- 
ginalem apud se detinuit, copiam vero suo sigillo sîgnatam et 



(1) Lisez reddere, 

(2) Lisez inhybente, 

iS) Lisez desiderio additis. 






( 1*6 ) 

suis licteris interclusam per quendam ex episcopi numptiis 
mariscalco Tongris existente transmisit, rogans eum « ut, pro 
Dei honore et apostolice sedis revercntia, potius sine cède et 
sanguine paeem eligeret quam belH fortunam experiri tempta- 
ret ». Qua recepta et inteilecta, primo respondere distulil; item 
et secundo requisitus, tacuit; tertio vero, ce se nihil respondere 
posse sine ducis voluntate (respondit verbo tamen, non litteris), 
ad quem se misisse testabatur (1) ». Nihilominus continue acies 
circa civitatem struebat, agros populabatur, villas incendebat; 
quare Leodienses, ira et furore incensi, irruptionem contra eos 
facere temptabant : sed saniori tune consilio repressi, ut potius 
civitatem cuslodire quam cum hostibus in aperto pugnare cura- 
rent, ad pugnam tune exire distulerunt. Sed sumopere legatum 
rogarunt supplices omnes cives, et cum eis episcopus et totus 
civitatis clerus, « ut, post tantos perpessos laborcs, adhuc unum 
et hune ultimum pro tante civitatis sainte legatus sumere non 
recusaret : accedere (2) videlicet personaliter ipse ad ducem cum 
bac pacis scripte oblatione, duceret secum cancellarium epis- 
copi Leodiensis et nobilem militem Joannem Vogelzanc, unum 
ex captivis in Tongris, duci Burgundie satis carum (5) ». Annuit 
legatus in tanto rerum discrimine, labori non parcens, scripsit- 
que Hubercourt ut se cum legato ad ducem ire disponeret; et 
ob sequentem causam dies tertia ad recessum dicta est, per 
viam castri de Huio, adverso ilumine Mose, castris marescalli 
post terga relictis; sed ut iter tutum rederetur (4) et mares- 
callus intérim a bello, incendiis et cedibus se contineret, missi 
illico ad eum cancellarius et Vogelzanc, bec illi omnia signifi- 



(1) Ne faut-il pas : « se nihil respondere posse sine ducis voluntate, ad 
quem se misisse testabatur » ; respondit verbo (amen, non liiteris ? 

(2) Lisez accederet. 

(3) Selon Akge de Viterbe, col. 1451, ce fut Louis de Bourbon qui prit 
la parole pour engager Onufrius à se rendre auprès de Charles. 

(4) Lisez redderetur et, trois lignes plus loin, redderet. 






• • 



cantes, rogantesque ut iter tutum rederet et a bello se suosque 
contineret. 

Ëxpectabat legatus, contlnuo paratus ad iter, eorum reditum; 
cumque sequentl die non rediisset (i ), major omnibus admiratio 
et cura suborta esl Sequenti die, summo diluculo, qualis Bur- 
gundorûm intentio fuerit détecta est : nam venerabilis pater 
carmelitarum generalis ad legatum venit, notum ei faciens 
quandam nobilem abbatissam insignis cujusdam monasterîi 
monialium prope Huio (2) misisse ad eum ancillani monasterii 
celeriter, nunctianlem ce famaro esse in Huio legatum illo tran- 
siturum ut ad ducem Burgundie pergat : ae sexaginta équités ibi 
conspirasse ut, obviam legato venientes sub simulata honoris et 
coraitive exibitione, ipsum cum omnibus suis interfîcerent cum 
primum extra agrum Leodiensem eum couduxissent in proxi- 
mis silvis ». Confirmavit banc famam mora redditus (5) cancel- 
larii et Vogelzanc a mareseallo, qui comités itineris legati ad 
ducem (ut supra retulimus) deputati, sive rerum desperatione 
moti, sive metu deterrili, sive a mareseallo detenti, nusquani 
in civitalem redierunt. Rébus igitur omnino de pace despera- 
tis, undique et ulrinque fiebat ad arma concursus, actonitis 
omnium mentibus et partim accensis, quidnam deinceps foret 
agendum. Tune, nocte média, religio.sns quidam et sacer vir 
ad legatum veniens, clam semotis arbitris, ei denunctiavit 
« episcopum superioribus diebus frequentem habuisse tracta- 
tum cum bis qui cum mareseallo erant, quonam modo, dissi- 
mulato habitum (4), extra civitatem effugere ad cos posset; 
considéra verant autem ad hoc excquendnm plures modos, ut 
sub habitu ancille vel rustici aut fralris minoris seu numptii 
publici aut satellitis, extra civitatem noctu exiret et ad Burgun- 



(\) Lisez rediissent. 

(2) Probablement Tabbaye du Val Notre-Dame ou celle de Solières. 

(3) Lisez redilus. 

(4) Lisez kabitu. 



• '-.^."^ 



( m ) 

dos confugeret ; ex his enim hominibus civitatem intrare et 
exire soliti erant; postremam vero eorum consiliura erat ut^ 
simulata cum legato dieta aliqua pro pace tractanda, eo extra 
civitatem vocato, episcopus sumpto habitu alicujus ex familia- 
ribus legati, clericis vel Jaïcis, cum eo civitate egrederetur 
et transfuga fieret; sed his omnibus obstabant excubie et 
exactissime custodum civitatis vigilie, qui omnes civitatem 
ingredientes et egredientes nosse summo studio contendebant : 
a quibus si episcopus dissimulato habitu cognitus fuisset ut 
transfuga, nulli dubium erat Icgatum el episcopum cum suis 
omnibus magno furore populi fuisse crudeliter înteremptos ». 
His cognitis, legatus summo diluculo episcopi cubiculam 
(qui (i) cum suo junctum erat, medio pariete) mirabuodus 
ingressus est, ac foras misso cubiculi episcopi unico custode, ad 
episcopum con versus solus cum solo: « Gur, inquit, (am sevam et 
» fraudulentam rem excogitare potuisti ut, dissimulato habitu, 
» sine me de civitate temptares effugei*e? Si cognalis et amicis 
» tuis qui in castris marescalli sunt cura est grandis de salute 
» tua, certe iniquum non est : sed quod salutem et personam 
» meam tu et ipsi negligatis, ut me in manibus furentis populi 
» et perditorum hominum qui in exercitu marescalli sunt 
» solum dimicteres,non recte egisti. Si sine me exire cogitas, 
» non sit mirum tibi si occasioncs invenero ut civitatem aliquo 
)> quesito colore exire possim , te hic dimisso solo et hac tua 
» excogitata fraude détecta palam universo populo. » Ad bec 
episcopus paululum verecundus et tristis, sanctissimo jureju- 
rando obtcstatus est « se pluries de re hac ab amicis suis 
fuisse sollicitatum, séd nunquam consensum presti tisse, nec 
aliquid se fuisse deliberaturum nisi re cum legato conmuni* 
cata; idque se uunc jurejurando polliceri et quamcunque 
legatus fidem aut securitatem excogitaret dare paratum ; roga- 
vitque legalum supplex ne se solum in civitate relinqu'eret 

(1) Usez quod. 



f- 



(119) 

neve hanc rem populo faceret palam, quoniam procul dubio 
ejus seva mors et a furente populo discerptio sequta fuisset ». 
Quam rem legatus recte considerans, silentio pressît, et ei qui 
ad se detulerat, ne oui comunicaret (quoniam falsum esset) sub 
anathemate et gravi interminatione prohibuit; sanxeruntquc 
mutuo legatus et episcopus sub stricto jurc'jurando ne alter 
sine altero, quacunque occasione data, e(\) civitatc vel extra 
ab invieem discederent, conmunicatis utrinque cubiculi et cor- 
poris eorum custodibus. 

Die XX raensis octobris supervenit ad Sanctum-Tridonem 
quidam ducis Burgundie secretarius, Simon de le Levrest (2), 
litteras ad legalum speciali quodam numptio dirigens, hujus 
effeclus : « Rcverendissime pater, etc. Magnis cum itineribus, 
» jussu metuendissimi domini et domini mei ducis Burgundie, 
» hic in Sancto^Tridone jam applicui, nonnuUa sui ex parte 
» y. p. r. cxpositurus multum ardua. Verum, reverendissime in 
y> Christo pater, cum securus accessus Leodii neque salvoconr 
y) ductu vel alias non paleat mihi, dignetur v. p. r. quod ego sibi 
» obviam veniam in aliquo loco tuto, vel quod ipsa mihi hic 
» obviam mictat cras, infra horam nonam, specialiorem de 
» familia sun, cui singula mihi injuncta delegere valeam et qui 
» fiducialiter omnia vestre référât paternitali, quam conservet 
» longeve altissimus Omnipotens. £x oppido Sancti-Tridonis, 
» die xx" octobris. Po. (5) vestre servi tor : Simon, etc. » 

Miserat legatus ad Sanctum-Tridonem (ubi tune Humberco- 
hurt residebat) pluries venerabilem virum Joannem AUefast, 
decanum in Mares Treverensis diocesis, cappellanum suum, 
utriusque lingue peritum, rcquisitum iteratis vicibus ab eodem 
qui paccm affectare videbatur; forte casus contigerat quod 
die precedenti legatus eum cappellanum miserat ad Humber- 



(i) Lisez m? 

(S) SimoD de le Kerrest. Cf. ci-dessus page 109, note 1. 

(3) Lisez Pa ?Scilicet Patemitatis, 



( 120 ) 

court, vocatum ab eo et (1) alia causa (e( magistrum Robertum 
carmelîtam secum ex parte episcopi) et ut de conditionibus 
pacis tractaretur. Rescrîpsit igilur legatus illico circa mediam 
noctem « (2) veoire ad civitatem se disponeret, quia magnum 
et bonum opus operarî posset ad pacis profectionem (3), seque 
taliter provisurum quod tute et libère sine aliquo metu vel 
periculo civitatem ingredi posset : quod si omnimodo venire 
recusaret, conferret ea que in mandatis habebat a duce Joanni 
Altefast, cappellano suo, qui tune apud d. Humbercort erat ». 
Misit quoque legatus sequenti die summo diluculo magistrum 
hospitii sui, cum duobus numtiis (4) publicis suis et uno 
episcopi Leodiensis, versus vîam Sancti-Tridonis, ut si forte 
Simon sccretarius Leodium venire decrevisset, obviam ei fiè- 
rent et tute ad civitatem conducerent. Cumque ad duas fere 
leucas progressa essent, invenernnt multos rusticos ex villis 
proximis ad civitatem fugicntcs cum parvis eorum filiis, bobus 
et equis ac exiguis eorum suppellectilibus, prout commodius 
ex Burgundorum preda se eripere poterant : interogali vero 
quidnam rei esset, renunctiarunt Burgundos ex Tongris cum 
omnibus copiis in agrum Leodiensem effusos, omnia spoliis, 
incendiis et cède vastare; quare paululum progressi usque ad 
villam proximam quam vocant Crcsteneay (5), et prospecta 
villa ex tumulo eminenti proximo, cum sentirent gementium 
ululatus prospicerentque Burgundos villam incendentes ac 
crudeliter in prcdam et cédera profusos, paululum retroces^ 
sere, expectantes in proximum vicum si forte Simon sccreta- 
rius ad legatum veniret; sed cum, inclinante jam die, ipsum 
venire non prospicerent, in civitatem regressi sunt. 



(i) Il faut peut-être lire ex et supprimer et après la parentbèse. 

(3) Suppléez vt. C'est à Simou de le Kerrest qu'il écrit. 
(5) Lisez perfectionem. 

(4) Sic Nous avons déjà vu numptiis el nunctiis, 

(5) Crisnée ou Crisgoée, commune à J5 kilomètres de Liège. 



(m ) 

Redibant cappellanus legati et niagister Robertus qui supra 
ab Hubercort et Simone secretario ducis ex Sancto-Tridone, 
eadem die et hora, cum suis comitibus et lïno publico numptio 
ducis, ejus arinis insignito ipsorum more; cumque intrassent 
villam Crestenay,capti a Bnrgundis qui eam incendebant, ducti 
sunt ad Filippum de Sabaudia, qui princeps ejus cohortis erat : 
et ab co quinam essent et unde venirent interogati, cum res- 
pondisscjit « se esse legati familiares et per eum et episcopum 
ad Humbercort et Simonera ducis secretarium ad Sanctum- 
Tridooem cum litteris missos et eorum duorum litteras et 
mandata eisdem legato et episcopo déferre », a Philippo abirc 
permissi sunt, fide tameo accepta a. legati cappellano ut certa 
mandata sua legato, episcopo et civibus denunctiaret; nam cum 
cappellanum ÂltefastinterrogassetPhilippus quomodo legatus 
et episcopus prospère in civitate agerent et ab eodem benc 
valcre eos intellexisset, injunxit ei « ut legatum et episcopum 
suo nomine salutaret et ut bono animo essént, eorum se gratie 
comendans; civibus autem denunctiari jussit quod, nisi ea 
nocte a Leodiensibus interficerentur, crastina die ipsps in civi- 
tatem visuros ». Redibant Altefast et Robertus versus civitatem, 
securi ut putabant; sed iterum a quibusdam satellitibus ad 
marescallum, qui in proximum vicum erat, ducti sunt : qui eis 
visis et cognitis, memor quoque conmonitionum preteritaruro, 
ipsum (i) cum sotiis detineri apud se jussit; cumque ilH cau- 
sa m sui accessus, qui essent et quas litteras ad legatum défer- 
rent exprimèrent, ac litteras aperiendas palam offerret (2), vcl 
ut ipse ad legatum per alium numptium micteret si apud se 
eos retinere omnimodo decrevisset : marescallus primo nomen 
Hubercort contempsit, affirmans se esse exercitus principem; 
sed cum secretarii ducis litteras legato deferendas ipsum 
habere conspiceret, paululum indignatus subsistens, minabun- 



(I) Lhez ipsos, 
(2j Lisez offtrrent» 



n 



C 122 ) 

dus abnegans sanctum Jacobum et ei maledicens, ipsos coin 
sotiisabire promisit (i), denuntians eis quod si iteruoi in soaoi 
potestatem devenirent, eos per guttura suspendi faceret. 

Dum hec in campis et marescallî castris agitarentur, vene- 
runt ad legatum capitanei Leodiensium et primates civium, 
a conquerentes de bis que per Burgundos in castris et villa 
Crestinei agebantur, petentesque instanter ut legatus censuras 
contra eos qui in castris Bui^undorum erant promulgaret, bella 
minus justa inferentes postquam ipsi rationabiles pacis condi- 
tiones optulerant et illi recusaverant, bellumque ipsis indice- 
ret et pugnantibus contra eos celestem benedictionem donaret: 
se omnimodo dispositos jrruptionem temptare, Burgundos 
invadere et occidere, vel occidi et viriliter potius quam ignavi- 
ter mori ». Hec et bis similia per plateas et vicos vulgo jacCaban- 
tur :que nisi legatus faceret, ipsum cum Burgundis clam sentire 
predicabant Ad hec legatus : a Non esse nunc tempos piti- 
mulgandi censuras contra arma tenentes; si tamen omnimodo 
hoc fieri postularent, se paratum mandata juri conformia dare, 
si numptios paratos habeant qui ea ad exercitum déférant, et 
locum legato constituant Burgundis et Leodiensibus tutum, ad 
quem simul secure convenire posslnt. Quod vero irruptioncm 
et insultum contra Burgundos facere velint, hoc sibi non videri 
pluribus ex causis : prima est quod, pendente duels responso 
(ad quem se misisse marescallus asserebat), iniquum est ut 
prius ipsi bellum inférant; si vero inlatum propulsent, excusa- 
bilius esse; secunda(2), quod si dux ad aliquas pacis condilio- 
nés inolinaretur, ipsum hoc insultu irritèrent et ejus animum a 
pace diverterent; tertio, quod iniquo loco, in latis campis» ipsi 
inhermes cumarmatis,pedîtes cum equitibus pugnaturi essent, 
nec sperarent ipsos inermes aut dormientes reperire sicut in 
Tongris fecerant, sed vigiles et structis aciebus armafos. » 



(1) Lisez permisiL 

(3) Il faudrait secunda et tertio» 



( 123 ) 

Sciebat enim Icgatus de omnibus que in civitate gererentur 
Burgundos crebris numptiis certos redi (1) ab bis qui illos 
magis avertere debuissent et oves dominicas pastori conmissas 
protegere et tueri. Sed ve, ve homini illi, si bac (2) rescitum 
faisset : forte meiius si natus homo ille non fuisset. Sed satis 
de hoc. 

Instabant in^portuoe capitanei et cives apud legatum, scisci- 
tantes quîdnam essent acturi cum vidèrent patriam ante ipso- 
rum oculos prcda, incendio et cède vastari; ad quos iterum 
legatus : « Agri et ville refici cum teropore brevi possunt, sed 
» civitas non ita facile. Tueamini civitatem; offerte semper 
r> equas pacis conditiones ut cepistis : que si non accipiantur ab 
» bostibus, invocate super vos auxilium Deî et beati Lamberti; 
» propulsate bellum et non ipsi prius inferatis. Tueamini 
» civitatem et nolite exire ad pugnam : et hoc est ultimum 
» meum ad vos consiiium. » Ad bec verba, accedens ad aures 
legati quidam ex domesticis episcopi (ipse enim absens tune 
ab his sermonibus erat) et legatum conmonuit et rogavit « ut 
cives ab irruptione et insuitu non retraheret, impcdiret aut 
dissuaderet, sed permicteret, quoniam, sive ipsi aiios interfi- 
cerent, sive ab aliis ipsi interâcerentur, finis beili essent (5) »; 
cui iegatus etiam tacite : « Non accipiam, inquit, tantam homi- 
y> nu m stragem super animani meam, quoniam quod mihi 
» videtur rectum ipsis consitium afferam et innocens sim ab 
y> eorum sanguine ». Et conversus ad cives : « Iterum dico 
y> vobis ne ad bellum extra civitatem exeatis neve aliis inferatis 
» bellum, sed'propulsetis; quod si secus feceritis, satis subito 
» ne vos peniteat meum contempsisse consiiium ! » Ad que 
verba cives paululum subsistentes : c< Deus, inquiunt, et beata 
3> Virgo nobis consulent quid agcndum » ; et cum his dictis a 



(1) Lisez reddi» 

(2) Lisez ^oc. 

(3) Lisez esseU 



( m ) 

legato discessere, irruptione (1) octo milium pugnatorum (ut 
postea compertum est) disponentes elam in tenebrts noctis. 

Postquam Joannes AUefast, decanus et legati cappellanus 
(quem supra conmemoravînius a marescallo prius detentum et 
postea relaxatum), civitatem repetebat, circa solis oecasuin 
occurrerunt eî in via ante civitatis ingressum turmatim centeni 
etcenteni usque ad duo milia peditum et equitum Leodiensinm, 
qui contra Burgundos ad bellum parati exibant, exîstîraantes 
Burgundos metu perterritos a patria Leodiensi discedere et ad 
ducem proficisci, maxime cum opidum insigne Tongrîs relin- 
querent, ad hyemandum satis comodum, et ab eis sine vi ulla 
optentum (2) : quarealacres ad eos persequcndos festinabant; 
quos Joannes decanus, ut sibî conmissum fuerat per Philippnm 
Sabaudie, conmonuît « ne ulterius procédèrent sed ad civitatem 
redirent, asserens Burgundos non fugere^sed stricto (3) agmine 
marescallum et Philippum Sabaudie ad civitatem invadendam 
properare, sîbique a Philippo, data ei fide, injunctum ut Leo- 
diensibus diceret nisi ea nocte Burgundos interficerent, crastino 
die se ad portas civitatis venturos ». Continuarunt nihilominus 
et (4) Leodienses et prosequuti sunt ceptum iter, sana consilia 
intus et extra civitatem ipsis data contempnentes, in maximam 
eorum pernitiem. Yeniens igitur ad legatum Joannes Alte- 
fast, bas a Simone secretario ducis litteras et mandata detulit. 
Littera : « Reverendissime pater, etc. Scripsi hodie v. p. r. 
» per proprium nunctium ut eadem mihi notificaret quo in 
» loco ad candem v. p. tute possem accedere. Deinde appli- 
» cuit bic cappellanus vester presentium lator, cui, consilîo 
» domini mei Humbercourt, partem oneris mei detcgi, spe 
» quod ipse singula vobis fiducialiter référer, quodque cras infra 
» cenam a v. r. p. nova habebo. Velit ergo eadem v. p. r. fidem 

(1) Lisez irruptionem, 

(2) Lisez obtentum, 

(3) Lisez atruclo, 

(4) Supprimez cet et. 



V 



( 12S ) 

» relationi vestri cappellani adhibere indubiam. Reverendis- 
» sime pater, Altissinius vos conservet ! Ex oppido de Leuve(l), 
» XX octobris. » 

Ëa que Simon secretarîus legato multiim ardua mandato 
ducis exposifurus erat, eidem Joannî Altefast cappellano per 
eu m détecta, bec in effectu fuere : « Illustrcm ducera Burgun- 
die ad iegatum celeriter ipsum misisse, notificaturum ci quali- 
ter omnes de suo exercitu, et maxime qui in Tongris a Leo- 
diensibus nocte aggressi, fugati et spoliati fuernnt et salvos se 
reddiderant, esse contra Iegatum maie dispositos illumque 
insultum suo et episcopi consilio et ordinalione actum (licet 
ipse contrarium sciret ex litteris domini de Hubercoîirt et 
clare intellexisset ita non esse : imo Iegatum summo studio 
pro sua et omnium fiurgundorum sainte laborasse et fuisse 
anxium); sed quoniam gentes et exercitus niagni sunt et diver- 
sarum nationum et voluntatum, et parva fides ac pietas viris 
qui castra sequuntur, legafum ab bis sibi cavendum quoniam 
ab bis offendi aut ledi posset, et (!2) duci summopere displice- 
ret ». Adilumque (5) insuper est per dominum de Umbercourt 
et^lios consiliarios ducis qui secum erant, « quod legatus nullo 
modo ad ducem accedere temptaret, ut fama erat, quoniam si 
gentibus ducis obviaret ita maie dispositis, periculum esset ne 
ab his'offenderetur, etiamsi episcopum Leodiensem secum 
haberet comitem, cum ipse etiam in eadem suspilione apud eos 
esset; quodque si civitas Leodiensis vi expugnaretur a Burgun- 
dis, consultissimum legato foret ut a civitate abesset, aliquo 
quesito colore, ne sevitia furentis exercitus una cum aliis gla- 
dio interficeretur ». Hac relationc intellecta, legalus, vocato 
ad se seorsum episcopo ac secum subridens : « Hoc, inquit, 
» meritum habeo ab his quos in Tongris, te présente, mea 
» exortatione, auctoritate, presentia et opère salvos feci. Audi 



(1) Probablement Léau, comme ci- dessus, page 109. 
{^) Lisez quod ou et id. 
(3) Usez Additumque. 






( <26 ) 

» quid decanus meus (1) ex parte Simonis secretarii ducis et 
» ipsius tnandato mihi référât. Putabam certe aliquîd magni 
» ad pacîs efiFectum et evitandam homanî sanguinis effusioDem 
» ex parte ducis afferre ; sed jara video quod jamdudom mente 
)> coneepi, et quantum potui effugere conatus sum, ne viderem, 
» iiigentem videlicet hominum stragem et desolationem hujus 
» misère civitatis Leodiensis. Si permisissem ipsos a principîo 
» et successive et demum in Tongris furere ut ceperant, et 
» consilia sua exequi,non incidissent forte in has extremas cala- 
» mitâtes sub vana, simuiata et conficta pacis spe. Sed Domî- 
» nus, fortitudo mea, refugium meum et liberator meus, pro- 
» tector salutis christi (2) sui erit et rétribuât unicuique secun- 
» dum opéra sua ! » His auditis, episcopus non parum et ipse 
turbatus est, asserens ce se ex amicorum litteris certiorem fac- 
tum banc esse omnium qui apud ducem erant firmam sen- 
tentiam, ipsos duos causam et modum dédisse ut ille insuUus 
Tongris a Leodiensibus fieret ». Quam ob rem legatus et 
episcopus tota nocte solliciti simul agita ban t quodnam consi- 
Hum caperent; utrinque enim grande iminebat periculum 
intus et extra, simul furentis populi vel Burgundorum exer- 
.citus, qui totam civitatem circumsidebat; continue enim per 
totam noctem maximus in civitate tumultus ad bellum, et 
ardens contra Burgundos irruptio; salis constat (5) a prima 
noctis vigilia usque paulo post mediam noctem, octo milia fop- 
tium pugnatorum ex diversis locis contra Burgundos e civitate 
prorupisse. Quo ingenti clamore întellecto, et consumpta vigi- 
liis residua noctis parte, stetit sententia legatî et episcopi ut 
finem et exitum bujus belli expectarent. 

Primo belli impetu compertum est multos ex Burgundis 
occisos, reliquos ad proxima loca se reduxisse; et primus ad 



(1) ScWicet Johannes AUefasL 
(3) De son prêtre (christus, oiDt). 
(3) Lisez constabat* 



( 127 ) 

civitatem belli numptius circa diei ortum fuit, die sabat 
xxu octobris, totum Burguadorom exercitum perfusum et 
profligatum, maximanuque ejus partem occisam ; demuin suc- 
cessivis horis, modo prospéra ipsis, modo adversa nuntiaban- 
tur; stetitque atrox inter utrosque prelium usque ad meridicm 
fere ejus diei; fuitque in civitate ad bore spatium ingens 
rumor Joannem Dervild militem, uaum ex capîlaneis civium, 
ab Leodicnsibus securi percussum eo quod tardius ad bcllum 
venisset : quod tamen exequutum non fuit, licet temptatum 
et sibi conminatum. Tandem Burgundi, resumptis viribus, in 
unum conglobati circa villam quam vocant Lantin, civitati pro- 
ximam ad unam leucam (i), magnum contra Leodienses impe- 
tum fecere. Resumptumque est sevum et cruentum bellum, 
raultis u trinque occisis et datis et acceptis vulneribus. Erant 
inter Leodiensium équités fere mille, minime assueli equis 
pugnare; sed cum in Tongris muitos et pulcros Burgundorum 
adepti fuissent equos, exiverunt équestres ad pugnam, prêter 
eorum consuetudinera : qui, cum (2) Burgundorum equitibus 
peritis et belio assuetis congressi essent, ipsi minus edocti 
non valentes eorum substinere impetum, paulo post terga 
dedere; tum Burgundorum équités peditesque, maxime archi- 
tenentes et levis armature viri, impetu in Leodienses facto et 
ex eis multis passîm per agros occisis, usque ad portas civitatis 
persequuti sunt, nuUi parcentes. Recensitus postea est nume- 
rus eorum qui die illo interfecti sunt mille et quingentorum ; 
nam retraxerant se in villa Lantim forte quingenti Leodien- 
sium pedites, qui, occupatis ville hedeficiis et turri ecclesie, ab 
invasoribus Burgundis se acerrime defendebant : sed postea, 
circa solis occasum, a sagiptariis et majori parte exercitus 
circumdati, ad unum omnes interfecti sunt et pro majori 
parte combusti, incensis ville hedificiis. Tum maximus in 

(1) Lantin, village à une lieue et demie de Liège. 

(2) Cum^ conjonction. Il faut ajouter la préposition cum, 

HÉM ONUFRIUS. 9 



( 1^8 ) 

civitate genientiuin virorum et mulierum contra legatum et 
episcopum clamor, et non minor presîdîa postulantium yix 
putantium se in civitate tutos. 

Adolescens quidam loricatus ad legatum et episcopum simul 
stantes ex prelio accurrens, sagitta saucius, cum interogaretur 
ab eis quonam pacto res successissent, exclamavit gailice : Tout 
foundu! id est, omnes sunt perditi; subjunxitque Burgundos 
jam iroportis (1) esse et scripto agmine, nullo eis obsîstente, 
civitatem ingredi, nemini parcituros sexui, ordini vel etati : 
jam prope forum esse nuntiabantur. Cum (2) episcopus ad 
legatum : « Quidnam fiendum censés, pater, inquit; an ut, equis 
» ascensis, nos duo eis occurramus ipsos a cède reprimentes, 
» vel potius domi manebimus? » Gui legatus :« Si tutum fore 
» existimas ut nos inhermes armatis, cède furentibus, occur- 
» ramus, et ipsi sola nostri presentia mites fiant, camus in 
» pace et Dominus nobiscum sit! » Tune episcopus paululum 
subsistens inquit : ce Si certus essem quod duces exercitus 
» primo haberemus obvios, censerem utique tutius eis occur- 
y) rere; sed cum, in civitatibus vel oppidis expugnandis, 
» ordo bellantium sit inferiores premictere qui primo impetu 
» nullum prospicere soient, suadeo ut magnain turrim 
)> ecclesic beati Lamberti cum nostris paucis ascendamus, per 
» noctem ibi mansuri, donec cum aliquoex ducibus exercitus 
» crastina die possimus habere conloquium ». Eadem sententia 
erat seniorum ecclesic qui cum legato et episcopo erant; quare 
convocatis suis et sumptis duorum dierum cibariis et quibus- 
dam episcopi vcxillis lilintis, legatus et episcopus cum seniori- 
bus ecclesic et fere quatringentis viris, clericis et laïcis, inher- 
mibus et inbellibus, majorem ecclesic turrim ascenderunt, ' 
transeuntes juxta corpus beati Lamberti, coram quo legatus 
et episcopus cum universo qui in ecclesia erat populo diutius 



(1) Sic, pour in portis. — Au lieu de scripto^ lisez structo. 

(2) Lisez Tum. 



r. 



( 129 ) 

prostratî, piis votis et oraUonfbirsedttis» magnam flebili popnlo 
actulit spem saluti^. In ejus turris sumitate mîserabile visu 
erat, et nunc est dictu : videre fugieotem populum, alii ad eccfe^ 
sias, alii ad insulas Mose (plures nanque (1) infra civitatem 
Mosa insula (2) eflicit), super dorsum impositis suppeliecti- 
bus (5) magis pretiosis, confugiebant; plerique, sumptis navi- 
giis que passim occurrebant, extra civitatem trans Mosam 
navigabant; nonnulli équités et etiam pedites se in Mosam pre- 
cipîtabant, non secus ac si quisque hostem post terga sequen- 
tem cerneret, nullo tamen subséquente; videbantur omncs 
civitatis vie, mûri et porte penitus defensoribus vacue, nec 
cernere erat nisi fugientcs; potuisset utique Burgundorum 
exercitus plane et libère civitatein ingredi, nemine obsistente : 
scd cur id non fecerint, sive errore decepti (cum ea que in 
civitate gererentur nescirent), sive prudenti consilio ne noete 
superveniente minus prospère infra civitatem pugnarent, sive, 
ut quidam putant, ex alia que sequitur causa : nam quingenti 
Leodiensium pedites, quos in villa Lantbin congregatos reman* 
sisse supramemoravimus, obstinato animo Burgundis resiste- 
bant; quare non consultum visum est eos post terga relinquere 
et civitatem expugnare; ad illos igitur opprimendos reversi, 
conficta fide aliquibus pro sainte data, demum vero violata, 
ipsis occisis, cum reliqui infra bedificia se continerent obsti* 
nate pugnantes, incensis hedificiis et sagiptariis circum jacu- 
lantibus, omnes vel gladiis occisi vel igni assumpti (4) sunt. 

Cum vero inclinante jam die legatus et episcopus cernèrent 
ex turri Burgundos retrocedere, descendentes cum omnibus 
qui secum erant, totam noctem vigiliis consumptamvariîsinter 
se conloquiisetconsiliisagitabant; nam firmissima erat omnium 



(1) Lisez namque. 

(3) Lisez insulas, 

(5) Lisez suppellectilibw, 

(4) Lisez consumptû 



( 130 ) 

seotentia Burgundos summo diluculo civitatera expugnaturos, 
codiunîsque jam increbuerat fama Francorum regem cum duce 
fore concordes (i) ac simul celeriter Leodium properare, licet 
satis longe distantes : régis presentiam omnes optimam judica- 
bant ipsumque potius pacis mediatorem quara hostem futurum, 
eonsideratis his que suo jussu vel nutu acta Tuera nt. Legatus 
igitur et episcopus, convocatis ad se nocte iila quibusdam 
gravioribus et fidelioribus civibus usque ad numerum xij, et 
Amelio de Velroys inter eos primario, multis rationibus eis 
demonstrabant « nullum esse salutis remedium ipsorum et civi- 
tatis nisi ipsi duo simul, legatus et episcopus, obviam rcgi et 
duci civilatem exirent, et magis eos duos prodesse Terbis posse 
apud ipsos principes quam eorum dccem milia armatorum »; 
assentiebant aliqui, auditis rationibus, alii vero aflfîrmabant 
c( populum non consensurum ut ambo civitatem exeant, sed 
potius legatus solus »; ad bec legatus : ce Nostis, inquit, jaclare 
» Burgundos et palam predicare Leodienses ex Tongris lega- 
» tum et episcopum ad civitatem duxisse et tenere captivos; 
» qui, si legatum solum sine cpiscopo viderint, magis in eornm 
» sententiam firraabunttir et duriores efficientur ad pacem ». 
Vocatoque seorsum Amelio, legatus ei persuasit ut « summo 
diluculo convocaret concilium civinm et hoc eis omnimodo 
suaderet pro civitatis salute, ipse qooque legationem (cum ali- 
quibus qui sibi viderentur) a civitate susciperet ut cum legato 
et episcopo simul ad ipsos principes proficiscerentur, oblaturi 
pacem ut jam fecerant et scriptis ediderant : si pax perficere- 
tur, ipse banc consequeretur gloriam ; si vero res in despera- 
tionem succederet, se ipsum et suos salvos redet (2) a mortis 
pericuio, quam Burgundi omnibus Leodiensibus conminan- 



(1) Ud traité entre le roi de France et le duc de Bourgogne a?ait été 
signé le 14 octobre, mais les lettres ne furent expédiées que quelque 
temps après. 

(2) Lisez redderet. 



( 131 ) 

tur ». Plaeuit consilium, et abeuotes summo mane coQciliuin 
et cives congregnrunt, hec intcr se magnis conteotionibus agi- 
tantes : alii affirmare « si legatus et episcopus simul recedaut, 
civitatem oranimodo fore desoiatam »; alii e coutra : « si apud 
» DOS maneant, niliil prodesse posse,sed magis apud ipsos prin- 
» cipcs extra ». Atqae in hac contentione mane, peractis sacris, 
omnes, at congregati erant, ad legatum et episcopum in magno 
episcopalis palatii claustro convenere. Tune convocatis Ecclesie 
pa tribus, legatus, interpetre magîstro Roberto carmclita, Ion- 
gum ad eos sermonem pro obedientia et recto consilio babuît, 
demonstras (i) eis ce quautam passi fucrint calamitatem ex con- 
tentu (2) consilii quod eis dederat ne ad pugnara extra civita- 
tem exirent; nunc autem penitus nullum esse salutis rcmedium 
nisi ut episcopo colla submicterent promicterentque (3)'lega- 
tum et episcopum exire obviam duci ad placandum ejus ani- 
mum, présente et, ut sperabant, juvante Francorum rege; ac 
etiam, boc facto, expurgarent hanc criminis maculam quam 
Burgundi palam ipsis obiciunt (4), captivum scilicet detinere 
eos et invitum eorum episcopum ». In banc fere sententiam 
episcopus longo et accurato sermone ad universum populum 
orationem suam gallice prosequutus est, ce confirmans legati 
dictum de opinione captivitatis sue apud Burgundas (5), ac 
firmiter publiée asserens se velle eu m ipsis viverc et mori et 
pro eorum sainte certaturum usque ad sanguinem (6) »; idem 



(1 ) Lisez demonstrans, 
(3) Sic, pour contempiu. 

(3) Lisez permitterentque, 

(4) Lisez objiciunt, 

(5) Lisez Burgundos, 

(6) Le légal, paraît-il, exigea que i'évêque raccompagnai dans celte 
mission parce qu'il comptait des amis parmi les Bourguignons, tandis 
que lui leur était suspect comme trop favorable aux Liégeois : « Legatus 
cuDCtis Burgundis invisus fuerat, quod nimium Leodiensibus favere cre- 
ditus sit ». (Herbeishs, dans de Ram, p. 359.) Cf. Adrien, coL 1358. 



( 432 ) 

Giodocus de Marca, of&cialis et canonicus Leodîensis (i ), nomine 
patrum Ecclesie, publiée predicavit; hoc etiam Amelius Vel- 
roys, nomiûe seniorum civitalis, pro rostris longo sermone 
disseruit ac ut in hanc declinarent sententiam alium populum 
exortatus est. Ipsis ergo in consilio dimissis, legatus et episco- 
pus cum patribus Ecclesie abiere in proximum cenaculum 
levem refectionem sumpturi ; varie înter eos sententie erant : 
aliis approbantibus eorum recessum, aliis vero improbantibus 
ex ralionibus jam dictis, ac pêne consertis armis inter se dissi- 
debant; vicit tandem plurimorum senteutia, suasu et magna 
exortationc Amelii et aliorum bonorum civium, primatum 
civitatis, ut, fide pro reditu data, legatus et episcopus exirent 
obviam régi et duci, confecturi pacem eorum arbitrio, data 
quoque legatione Amelio et decem aliis civibus ut una cum 
eis proficiscerentur et civitatis nomine cuncta susciperent et 
approbarçnt que legatus et episcopus décernèrent. 

Hac delliberalione intellecta per duos cives a consilio civita- 
tis ad eos missos, legatus et episcopus una cum deputatis civibus 
ad iter se accingebant, celeriter adductis equis et paucis rébus 
ad iter necessariis secum sumptis, Joanne quoque der Vild 
inclite (2) cum una armatorum cohorte pro eorum comiliva 
secum vocato, usque ad proximam extra civitatem villam; sed 
redeuntibus quibusdam extra civitatem equitibus, convocata 
secum éa civium parte que eorum recessum improbabant, ad 
portas episcopalis palatii armati et furore incensi concurrentes, 
exitum impedire conati sunt, sevam mortem conminantes ipsis 
legato et episcopo si recédèrent et aliis qui huic sententie con- 
sentirent; sed Amelius et Joannes miles cum eorum comitibus 
ad portas palatii concurrentes, illis graviter increpitis et vi 
repulsis, liberum legato et episcopo prebuere exitum; qui fuit 
diexxnj octobris, tertia hora post meridiem, semper timenle 



(1) Josse de la Marck. Cf. ci-dessus, page 3i. 

(2) Lisez milite ? 



( <33 ) 

episcopo ne, inutato consiiio, ipsis apud eos hîs quos in Ton 
gris captivos ceperant cives ad (i) exitu ipsos revocarent (2). 

Occurrit primo aspecta ad ipsas civitatis portas atrox et 
horrendum spectacblum: exiverantenim ca die muHe e civitate 
mulieres et senes imbelies cum plaustris et equis ad perqui- 
renda cognatorum et ainicorum cadavera, adductisque fere 
ducentis cadaveribus in proximum portis, campum (3) quis- 
que suiim perquirens et cognoscere studens cetera circuni- 
Tolvebant; miserabile visu ! Idera (4) continuo itinere passim 
alii occurrebant super equorum dorsa ante se perfossa et 
concisa suorum cadavera déférentes. 

Cum paululum a civitate digressi essemus, prope villam 
Lantin (ubi exacto die bellum atrox fuerat) visum est legato et 
episcopo ut Joannes miles cum sua armatorum cohorte ad 
civitatem redirct, ne ejus concursu armatorum viso Burgundi 
ad bellum excitarentur : qui ut rediret admonitus, id facere 
recusabat, asserens se nolle in civitatem reverti ad rusticorum 
manus ex (5) potestatem, qui ipsum pridie in campis interfî- 
cere temptaveranl; et in banc fixus eratsententiam; sed lega- 
tus et episcopus magnis cxortationibus ipsum ad civitate (6) 
regredi suadebant, precipue ne Leodienses violatam ipsis datam 
fidem putarent et aliquis tumultus vel eruptio 'in civitate 
fieret in ipsorum magnum periculum. Acquievit Joannes miles 
legati et episcopi cxortationibus et ad civitatem regressus 
est, non sine mentis molestia, palam predicans se ad mortem 



(t) Ce passage est incompréhensible II faudrait : consilio, ipso ut eos 
quos in Tongris ceperant cives ab exitu revocarent, 

(2) Cf. PiccoLOHiNi, pages 378-579. Philippe de Gommines prétend que 
le légat s'enfuit de la cité. Cette assertion est réfutée par de Gbrlache, 
Histoire de Liège, page 283. 

(3) Lisez cognatum? 

(4) Lisez item. 

(5) Lisez et, 

(6) Lisez civitatem. 



1 



( <3i ) 

revertî,sed ignominiosam effugere etgloriosam peracturaiii(i;. 
Post ejus discessum, Âmelius ad aures legati accedens, intero- 
gabat « an ipse plene a censuris et peccatis suis absolutus esset 
per. legati indulgentiam civibus Leodiensibus in suo ingressu 
traditam »; oui ]egatus assentiens, interogabat « cur nam hoc 
peteret, aut suspicaretur de aliquo sue vite discrimine »; illo 
autem a se minime dubitare affirmante, sed pro sui animi 
quiète boc petiisse », paululum progressi sunt. Rursus idem 
Âmelius ad episcopum accedens, interogabat eum ce an ipse 
securus cum eo accedere ad Burgundos posset » ; cui cum 
episcopus respondisset « se securum esse et eum debere venire 
intrépide super caput suum », prompto et forti animo iter 
cum eis prosequtus est. Venimusque prope villam Lantin ubi 
prelium pridie fuerat circa solis occasum; ibique, circa tumu- 
lum ubi villa sita erat, repertis forte quingentis occisorum 
cadaveribus in ipsius vie publiée longo excursu, que paululum 
depressa et subfossa erat, vix equos quamvis stimulis agitatos 
horrore et narium strepitu subsistentes ad iter intendere 
valebamus, cum nullo pacto gressum extendere possent quin 
cadavera pede calcare necesse esset ; accedebat etiam cadave- 
rum que in hedificia (2) comburcbantur tetrus fetor, qui horai- 
num et animalium graviter ofiFendebatoIfactum; quare magna 
difficultate ejus vie transitus exactus est, cum nec diverti 
posset; processere etiam in ipso vie tractu ex semiustis domi- 
bus exeuntes mulieres fere viginti, accensis cereis, flentes a 
legato et episcopo salutem et pacem muliebri ululatu postu- 
lantes : quibus bono animo esse jussis, parumper substitimus 
expectantes an ex cas tris marescalli aliquis obviam prodiret, 
u( statum fuerat. Premiserat enim episcopus primo ex civitate, 



(1) JeaD de Wilde, dit M. de Chbstret, accompagna Tévêque et le l^t 
jusqu'en vue du camp de Ravestein. {Bull, de VInstitut archéoL liég,, 
t. XIII, page 17.) 

(2) Lisez œdeficio. 



( 435 ) 

demum vero slatim post civitatis exitum, duos successive hera]- 
dos ad castra marescalli, notum ei faciens nostrum e civitate 
discessum et accessuoi ad ipsos, utque aliquos nobiles cum 
paucts armatis securitate obvias (i) micteret, legatum et epi- 
scopum subscepturos.Nullo igitur redeunte uec aliquo exeunte 
obviam, paulatim procedentes, jam supervenientibus tenebris 
noctis, mirabundus cpiscopus tertium numptium familiarem 
suum indutum heraldi vestibus misit, ipseque heraldi vestes 
induit Francorum liliis depictas, patrio more; qui etiam tertius 
nuraptius, licet ad horam expectatus, minime ad nos redibat. 
Tune legatus ad episcopum parumper conmotus : ce Quidnam, 
» inquit, bic agimus? Jam ténèbre sunt et tempus est ut 
» excubie exercitus exeant, ut moris est, ad terminos et fines 
» castrorum custodiendos; si in tenebris nobisoccurrant, signo 
».corum nobis ignoto, lanceis et sagyplis nos primo impetent, 
» hostes putantes si ad nomina eorum vel signa iliico non 
» responderimus. » Obmutescebat episeopus, animo tristis, 
nihil respondens nisi : « Valde miror, et aliquis profecto 
» veniet ». Incensa erat in proximo ad mille passus et vehe- 
menter ardebat insignis villa ducentorum fere domorum quam 
vocant Schindelmol (2), ad cujus eminentis flamme lumen nos 
invicem videre, non tamen clare, nisi ad vocem cognoscere 
poteramus. Suadebat legatus ul ville appropinquaremus ut, si 
aliqui supervenirent, ipsos cognoscere et ab his possemus 
cognosci, et si nuUi occurrerent, ibi saltim transigeremus 
residuum noctes (5) usque ad luccm, vel, si magis placeret, 
précédente aliquo viarum perito, peteremus Trajectum. Obam- 
bulabat episcopus tristi vultu, cum suis domesticis modo gallice 
modo germanice conloquens, et nibil aliud legato respondeus 
nisi : « Appropinquemus ardenti ville et expectemus adhuc 



(1) Lisez securitati obvios. 

(2) Xhendremael (autrefois Skendremale), entre Laniin et Olhée. 

(3) Lisez noctis. 



1 



( 136 ) 

» modicum ». £rat ex opposîto nobis alius îngens focus, more 
castrorum, circa quem ex motu viso gentes circumainbulare 
videbantur; misso igitur ad eum locum directe ad ignem uno 
ex nostris, excelsa arbore contra a.rdentem villam ei pro reditu 
signo dato, ibi substitimus ultra bore spatium îpsios reditum 
expectantes; cum tamen minus mille passibus distare videba- 
tur, nec hic quidam (1) licet diu expectatus ad nos redibat, non 
sine omnium maxima animi turbatione : quare legatus, sibi 
magis quam episcopo periculum iminere considerans, vocato 
seorsum quodam ex suis famiiiaribus, Tilmànno ex Tongris 
orto, quem a Roma secum duxerat, interogavit ce an iter bene 
» nosset quo Trajectum itur »; quo respondente « se optime 
nosse et sperare etiam se Trajectum petiturum, castris Bur- 
gundorum omnibus ad partem reiictis, nemine etiam per viam 
offenso »; tune legatus ad episcopum : « Non parum, inquit, 
» miror imprudentiam tua m quod tam leviter et inordinate 
» nos in bis tenebris et periculo maximo extra civitatero 
» eduxeris, hac cura in te suscepta, si sciebas aut dubitabas 
» aliquos ex Burgundorum castris nobis non ficri obvios vel, 
» quod deterius est, numtios nostros jam très aut quatuor 
)> detenturos, eum tirmiter in civitate mihi afïirmares aliquos 
» nobiles nobis obviam fore venturos; nuncautem nedum ipsi 
» Tenîunt, sed numtios nostros retinent. Certe satins aut 
» tutius fuisset in civitate manere vel ad eam nunc reverti 
» quam hic esse cum tanto personarum et vile nostre discri- 
» mine. Ego ut Trajectum petamus censeo. ))Idem etiam cen- 
sebantLeodiensium legati, lîcet salis turbati mente; episcopus 
vero ad legatum conversus: « Vereor, inquit, si aliqui ad nos 
» suscipiendos venerint et non invenerint, ne putent se fore 
)> delusos et meos quos misi morte aflîciant ». Ad bec legatus : 
c( Dimicte hic aliquos ex his tuis magis notos Burgundis, qui 
» eis significent nos Trajectum pctiisse, et Infra quatuor horas 

(1) Lisez quidem. 






(137) 

» certi esse poteruDt se mioime fore delusos cum cognoverint 
» nos illîc esse; aut si manere hic mavis, ego Trajecti ero; si 
» quid opéra mea opus fuerit, ve] accersitus veniam ». Et simul 
his dictis, jussit Tilmannum familiarem (1) precedere et alios 
suos se sequi. Incedebat legatus solus cum suis, episcopo 
adhuc subsistente; sed paulo post, verecundia motus, episco- 
pus cum suis legatura sequutusest. Cum simul progressi essent, 
paulo plus mille passus occurrerunt in mediis campis et tene- 
bris decem aut duodecim (ut videri poterant) armati équités, 
lanceis et tensis balistis muniti, et cum his, unus ex numptiis 
per nos missis : qui audito equorum nostrorum hinnitu et 
grcssu, excubiarum more signum et nomen pelentes, cum 
oostri aliud nomen aut signum ignorarent, acclamarunt legn- 
tum pape >t episcopum Leodiensem; tune appropinquanles, 
salutato episcopo prius gallice, et demum legato, deduxerunt 
nos in proximam villam quam vocant Elch, alias Othey (2), 
ad quam eo die advenerant et cum suis gentibus erant 
castrametati duo germani fratrcs nobiles vocati de Victem (5), 
Federicus (4) et Varnerus, ex sorore uepotes illustris Varnerii 
de Palant, Aquensis prepositi (5), episcopo Leodiensi fami- 
liares et legato satis noti; qui cum legatum et episcopum 
una cum Leodiensium legatis cernèrent, mente stupidi se signo 
crucis signabant, mirantes quo pacto incolumes ad eum locum 
venissent, cum firmiter statutum inter omnes duces exercitus 
et in castris esset, post pristinum cum Leodiensibus peractum 
bellum, omnes quos e civitate venientes conspicerent, nullo 



(1) Ce mot, ajouté après coup, est douteux. 

(3) Othée (en flamand Elch), à une demi-lieue de Xhendremael. 

(3) Witthem. Voir les archives héraldiques de Le Fort. 

(4) Sic. 

(5) Je trouve dans de Theux, tome II, page 2C9, Renier, baron de 
Pallantj vice -prévôt d'Âix, qui avait un frère du nom de Werner. Il doit y 
avoir erreur de la part d'Onufrius. 



[ 



( *38 ) 

personarum delectu habito aut cum eis conmunicato sermone, 
protinus interficereol (1);'ipsi tamen comiter et (2) poterant et 
leto vultu legatum et episcopum cum suis comitibus in eorum 
tuguris (5) et humilibus casis suscepere, paupere et militari 
raensa (ut loci et temporis qualitas exibebat (4)) eis apposita, 
diversis cervisiis ad potum oblatis, stramentis quoque novarum 
segetiim, uti mos patrie est non contritis, pro cubili eorum 
disposilis, reliquis fere omnibus ad numerum triginta in ter- 
ram prostratis ; equi vero omnes, tam legati quam episcopi el 
eivium Leodiensium qui cum eis erant, per diversas ville 
domunculas distributi sunt. 

Cum iegatus et episcopus quod parvum noclis residuum 
supererat quieti darent super duos segetum acervos proxioii 
jacentes, omnibus aliis dormientibus, ingrcssus est euro loeum 
is quem supra nominavimus Montarchier, ex Tongris ab épis- 
copo ad ducem missum, episcopi familiarem et duci notum et 
domestieum (5), et qui tam hu militer ad terram prostratus io 
Tongris pro sua et Burgundorum sahite iegalo summas gratias 
egerat (6); hic cum magno silentio locum ingrcssus esset, iegato 
dormitante et ipsum vidente, excito episcopo, diu et tacite epi- 
scopi auri inherens conioquutus est. Demum abiens, aliqoan- 
diu mauens, cum secundo hoc idem fecisset, miràtus Iegatus 
quod cum is a duce veniret nil sibi referret; ac ne ipsum dor- 
mire putaret, episcopum salutavit ipsum interogans an dies 
esset: quo resalutante et respondente nondum, nihilominus ille 
nullum Iegato verbum faciens abiit; cumque boc tertio fecis- 
set, surgens e strato segetum Iegatus ad episcopum accessit. 



(1) Lisez interficere, 
(3) Lisez ut. 

(3) Lisez tugutiis, 

(4) Lisez exhibebnt. 

(5) Lisez: missus.,. familiaris... notas,,, domesticus. 

(6) Voyez ci-dessus, page 99. 



( <39 ) 

ipsuiD interogans quidnam hoc esset aat sibi vellet hujus tam 
frequens reditus et tacitus sermo; ad hec episcopus mente 
pavidus : c< Hic, inquit, a duce revertitur et fideliter retulit 
» qne sibi fiere (i) conmissa; verumtamen refert ducem cum 
» rege fore concordcm, ipsosque simul ad perditionem civitatis 
» venire et in proximo esse ; ac maie esse contentum de nobis 
» duobiis, quod caiisam insultui Tongrensi dederimus et nos- 
» tra iilum opéra fuisse factum, nec potuisse sibi aliter persua- 
» deri per eum vel alios nec licteris Umbercort, qui rei seriem 
» fideliter scripserit ». Girca hec dicta sunt mutuo que expe- 
diebant, cura ipsi duo legatus et episcopus rem gestam optime 
nossent; ac reliquum noctis vigiliis et conloquiis transegerunt. 
Summo diluculo, cum iegatus et episcopus divinis lectioni- 
bus perhorandis intenti essent, numptius ad episcopum 
ingressus est referens dominum (2) de Argui, nepo- 

tem ex sorore ducis Brittanie et filium principis seu ducis 
Auraice (5) ac virura sororis episcopi Leodiensis, ante fores do- 
mus cum suis armatis conmililonibus esse : ad quem episcopus 
festinus exiens, equum sibi adduci jussit ac statim ipsum 
ascendens, paululum simul conloquti, legalo dici fecit ut etiam 
ipse céleri ter equitaret quoniam multi domini principis exerci- 
tus obviam venientes propinqui essent, inter quos marescallus 
Burgundie et dominus de Montc-Acuto (4), frater ejus, Fîlippus 



(1) Lisez fuere. 

(2) Cet espace blaoc, probablemeot réservé au prénom d'Argeuil, existe 
dans le manuscrit. Argeuil est un village du département du Doubs, à 4 
ou 5 kilomètres S.-O. de Besançon. Il s'agît ici de Jean de Châlons, sire 
d*Argeuil, fils de Guillaume VIII de Ghâlous, prince d'Orange, et de Cathe- 
rine de Bretagne. Il épousa (en premières noces) Jeanne de Bourbon, fille 
du due Charles I<^', et sœur de Tévéque Louis de Bourbon. Il devint plus 
tard prince d'Orange. 

(3) Lisez Auriaci? 

(4) Jean de Neufchâtel, sire de Montagu. 




( UO ) 

de Sabaudia (i) et plures alii; legatus, aducto (2) sibi eqoo, et 
sex vel octo aliis ex suis familiaribus cum bis equum con- 
scendit, salutatoque Argue et data vicissim dextra, non tam leta 
salutatio reddita est qualem decebat et alias fuerat solita cum 
Bruggis simul familiarem consuetudinem habuîssent tanquam 
cum cognato episcopî. Ipsi igitur très simul précédentes versus 
duces îllos, venerunt in campis, aliis legati familiaribus qui 
nondum equos habebant sequijussis; apparuere a longe, fere 
ad mille passus, duces supranominati quilibet cum sua cohorte 
non parva veniens. Remanserant aliqui familiares Icgati cum 
ejus agasone in loco unde discesserant, paucas eorum sarcinu- 
las disponentes, qui post legatum sequebantur; adquos venîen- 
tes quidam armati équités ex agmine Argue, agasone legati 
in pectore lancea perçusse, fere ad mortem et ex mulo quem 
insedebat in terram dejecto, ipsum cum sarcinulis et omnibus 
legati familiaribus captives reduxerunt ad locum unde disces- 
serant; cumque ad legatum accurrisset quidam bec numptians, 
versus ad episcopum legatus ait :« Nunquid apud hostes sumus 
» et affines tui nobis hostes sunt? Audi quid hic référât » 
Tune episcopus ad legatum: « Ecce, inquit, pater, necesse est 
» ut te captivum cum omnibus tuis sub fide dedas huic, qui 
» cognatus ex sorore mihi est ; et apud eum securus et com- 
y> modius manebis quam alium quempiam, et precipue mare- 
» scallum et multos alios qui in mortem tuam et tuorum 
» conspirant, tanquam in Leodiensium fautores ». Tune pau- 
lulum subridens legatus ad episcopum inquit : « Satis dubito 
» an sane mentis sis qui mecum de captivitatis fide yerbum 
» facîas; actende quid dicas aut cogites, et vide ut recte agas. 
» Hecne est fides et auctoritas tua quam cum in civitate simul 
» essemus spondebas et pollicitus es? Non est impotestate(5) 



(1) Voy. ci-dessus, page 108. 

(3) Lisez adducto. 

(3) Sic, pour in potestate. 



r 



( 14-1 ) 

» mea ut ciiiquam de captivitate sponte fidem dedam : sum 
» enim ab apostolica sedc niissu« et sub pontificis maxiaii 
» Pauli potestate constitutus ; si vis infcratur, patiendum est 
» quo.usque Deo placuerit. Miror satis quid sibi velit hec cap- 
» tivîtas : homincs indutos Hneis armati captivare nostis (i). 
» Si herî vel paululum fuissein de hoc suspicatus, non fuisset 
» ulique vobis tam faciiis captio. Sit in nomine Doniini! » 

Tune episcopus, nomine ipsius Argue et ut ejus interpes, 

blandis verbis ad legatum eonversus : « Nobiles, inquit, nullo- 

» modo vim inferrent; sed ignobiie vulgus pedestrium et 

» sagyttariorum ad predam et sanguinem proni et intenli vix 

» coherceri possent, maxime cum diversarum nationum sint, 

y) barbari, et firmiter teneant te esse Leodiensium fautorem, 

» quorum ipsi sunt hostes acerrimi. Totum hoc ad bonum 

» finem fit et ob persone tue custodiam et tutelam. » Ad hec 

legatus : c< Jam dixi; agite ut lubet ». Iterum episcopus et 

Argue: « Oportet, inquit, ita fieri; alias persone vestre et vite 

» periculum imitiet (2) ». Rursum legatus : « Verbum, inquit, 

» oporlet necessitatem inducit nec recipit rep]icationem ; fiât 

» quod fieri necesse est ». Tudc, extenta dextra, Argue a legato 

fidem exegit pro se et suis ut non discederent : quam, juncta 

etiam dextra, legatus dédit. Rursum lente ambulantes seorsum 

conloquuti, episcopus et Argue parvo intervallo temporis ad 

legatum rcvcrsi, episcopus iterum ejus nomine ad ipsum : 

« Quoniam, inquit, non est Argue princeps exercitus hujus, 

» sed marescallus, et ne ipse personam tuam, ut superior, 

» vendicare in captivitatem possit, fidem dabis te non disces- 

» surum sine jussu et voluntate ducis Burgundie ». — « Hoc, 

» inquit legatus, libcntissimo animo faciam ». Et data iterum 

dextra : ce Peto, ait, ut ad ducem eamus ; vel si id commodum 

» nuDC non est, mictite unum ad ducem qui meo nomine petat : 



(1 ) Le sens de celte phrase n'est pas clair. 
(2) Lisez imminebit ? 



( 142 ) 

» secum me desiderare habere conloquium ; polliceor certe 
)> me iturum, nedum ex hoc loco, sed etiam si in Italia essero, 
)> usque Brugis ; hac enim mente et seotentia civitatem exi- 
» vimus ut ejus presentiam adiremus, née recte agitis hoc 
» împedire. Et ut clarius sententiam animi mei noscatis, si in 
» Italia essem, his vanis nugis contra honorera apostolice sedis 
)> iotellectis, redirem utique, nec Romam peterem nisi eis 
y) discussis et toti mundo palam editis vaniloquiîs, fraudibuset 
)) proditionibus muitorum perditorum hominum, ac (1) sancta 
». provisione, cura, sollicitudine apostolice sedis et opéra 
» s. d. n. pape et ministrorum suorum, quorum unus ego 
)> minimus et indignus sum. » His dictis, quoniam mareseallus, 
Filippus et alii duces exercitus (quos supra nobis occurrere 
diximus) jam proximi nobis erant, episcopus ad eos salutan- 
dos accessit, se statim rediturum asserens ad proximam vil- 
lam super Hiar, id est Hyecoram (2) flumen, quam vocant 
Loye (5) alias Rivech, ubi Argue cum suis castrametatus erat. 
Quo abeunte et cum his ducibus conloquente, legatus cum 
Argue et omnibus suis ad viilam Loye venit, Lantinus (4) mille 
passus distantem ; ad quam etiam agaso cum aliis legati fami- 
iiaribus qui in villa £lech (5) (unde discesserat) detenti fuerant, 



(1) Il semble qu'il y a ici une lacune d'un ou de plusieurs mots. 

(2) Le Geer ou Jaar (en latin Jecora), 

(3) Cest probablement Lowaige, sur le Geer. Mais Onufrius doit faire 
confusion lorsqu'il ajoute : alias Rivech, En nous rapportant au texte 
d'ÀNGB DE ViTERBE, col. 1459, Cette dernière localité doit être Kemexbe, 
qui, du reste, ne se trouve pas loin de Lowaige, mais non sur le Geer. 
Voici le passage d'ÂNGE de Viterbe : 

Âst Arges Jecorae legatum ad flumina ducit 
Kineeeham et yiHani dictam ; tentoria babebat 
Juxta ipsum, etc. 



(4) Lisez Lantino ? Le mot est douteux. 

(5) Othée. Cf. ci-dessus page 27. 



( U3 ) 

aducti (1) sunt, una cura legatis Leodieosium, comîtatî armato- 
i*um agmine. Erant castra Argue ab utraque parte Hyecore 
fluminis : cis flumen tenebat quidam Antonius de Salanova, 
nobilis ex Sabaudia ; hic italice lingue peritus, cum vidisset 
interalios legati familiares Jacobura.... (2) Cremonensem, legati 
cancellarium , loculos ante et post equi sellam habentem, 
patans magnam pecuniarum summa (5) in bis déferre, blandis 
eum yerbis alliciens, antequam Hyecore pontem transirct in 
suam qua hospitatus erat domunculam duxit; quo cura deven- 
tum esset, co ad terram prostrato, sublato equo, rébus et 
pecuniis suis dircptis, gladiisquc ad jugulum ejus appositis ut 
reliquis si quas haberct aut sciret pecunias degeteret (4), mise- 
rabiliter concussus est; deferebat et ipse Jacobus canceilarius 
secum in his loculis omnia legati sigilla, apostolicas litleras et 
alias scripturas sécrétas ad suam legationem pertinentes : que 
omnia ab his violenter ablata et distracta sunt. Legatus, tran- 
sito Hyecore fluminis ponte, cum aliis suis ad domura Argue 
duclus est et in superiorem ejus partem conlocatus, armatis 
circumsistentibus, illico omnibus cquis inter se partitis prout 
per yiam vicissim sortiti erant, et sarcinolis seorsum positis 
ad unum cumulum; cumque unus ex legati familiaribus qui 
deorsum erat, viso per fenestram legato, clamasset : a Vis 
nobis inftrtur et spoliamur », respondit legatus : « Permictite 
ipsos facere et nolite rixari »; et conversus illico ad eos qui cir- 
cumstabant scniorcs sotios Argue, juvenis œtate et prudentia : 
c( Hœc est, inquit, optima custodia personarum et rerum nostra- 
» rum quam poUiciti estis; videmini nue (5) vere agere ut reeti 



(1) Lisez adducti, 

(2) Ici un mot surchargé et illisible. 
(5) Lisez summam. 

(4) Lisez detegeret, 

(5) Lisez nunc, 

UÈU, ONDFRIUS. iO 




( iU ) 

ï) predones^ quod dissîmularc nitebamini; sit in bona hora(i)t » 
Ad hec quidam ioler eos senior, d. de Soas, inquit : « Pater, 
» bono aoimo esto : omnia sa! va erunt, et antequam tertia dies 
» effluat, clarius inteliges et gratins accîpies ad nos hue venisse 
» quÀra adeptuni fuisse scutorum centum milia ». Tune legatus 
subridens et Deo gratias inquiens, sacra parari jussit; quibus 
peraetiset benedictione eis data solito more, interogans ubinam 
episcopus Leodiensis esset, responsum est cito venturum. Ite- 
rum legatus pro se et suis petiit cibum afferri, boni hospitis con- 
suetudine predita (2) : altulere illico cibaria comiter et affluen- 
lem (5) legato, juxta parvanv quadratam rusticam niensam solo 
sedenti, aliis circumstantibus. Rogabat rursum circumstantes 
legatus ut Argue vocaretur,qui absens erat, ut sibi mense cornes 
existeret : relatum est ipsum paulo post venturum, utque inté- 
rim legatus cibum sumere inciperet ; qui tamen iteralis vicibus 
vocatus, nusquam venit, cum suis domesticis jugîter consultans 
quidnam esset acturus; inter commedendum (4) partiebatur 
legatus cîborum que sibi afferebantur fragmenta inter suos 
astantes, et precipue eivitatis legatos, qui amaro et tristi corde 
cuncta pensabant et cernebant muiti (5). Sumpto festinanter 
cibo et gratis (6) Deo actis, sciscilabatur ab bis qui aderant 
legatus (c quidnam agendum foret aut sibi vellent »; nihil 
aliud relatum est nisi « se expectare responsum ducis ad quem 
numptios miserant, hortarique legatum ut leto vultu esset 
nihilquc mali suspicaretur »; nihilominus jussi suntomnes sui 
qui secum erant arma deponere que ex consuetudine itineris 
causa deferri soient, neve extra domum pedem elFerrent. 



(1) J^igDore la signification de cette expression. 

(2) Lisez prédicat a ? 

(3) Lisez affluenler, 

(4) Lisez comedendum. 

(5) Mot douteux. Lisez muli ? 

(6) Lhiiz gratiis. 



nr 



( 448 ) 

Exacta est ea dies deambulatîonibus, confabulationibus et cogi- 
tationibiis multis, prout loci, temporis et rei qualitas exigebant : 
seminabant comiliioaes Argue inter multos astantes, ut etiam 
ad iegali auras deferrentur, ce legatum esse omnium Romand- 
rum ditissimum ac faciliter, sine ah'qua rerum suarum jactura, 
posse solvere pro sua rcdemptione ducatorum quinquagiota 
rallia; quod si ita judicandum fuerit per consilium ducis, ut 
sperabant, se mcdiam partem remissurum et viginli quinque 
milibus fore contentum, ut perpetuo bonus filius Argue Icgo (i) 
sit permansurus »; multa simiiia per diversos eo die et apud 
mullos jactabantur, nulia tamen unquam alia contumelîa per- 
sone legati exibita. Venit insuper ilio die pluries a castris 
marescalii (ubi etiam episcopus erat) is quem supra conmemo* 
ravimus Montarcbier, episcopi familiaris et duci notus, qui 
etiam venerat preterila nocte ad villam Elch et episcopo clam 
fuerat loquutus; hic cum Argue et suis comilitonibus seorsum 
multos sermones conserebat, vadcns et rediens : quem cum 
legatus ex fenestris conspexisset et evocasset, ad se venturum 
se spopondit priusquam discederet; quod tamen minime fecit, 
excusans se postmodum ad aliquos dies apud legatum se (2) 
non fuisse permissum ad eu m accederc, illis prohibentibus. 

Exacta jam die et juxta solis occasum advenere duo milites 
a marescallo ad legatum missi ex ejus castris, magna cum rêve- 
rentia postulantes « ut legatus ad locum in quo marcscallus 
cum episcopo et consilio ducis erant non dedignaretur accedere, 
excusantes insuper marescallum et alios consiliarios cur perso- 
naliter ad ipsum non accessissent : habere enim se curam totius 
exercitus quem dimictere non posset, maxime cum sequenti 
die civitatem expugnare decrevissent ; sed antequam id agant, 
cupere se cum legato, episcopo et civibus députa tis habere con- 
loquium et intelligere quidnam ex parte civitatis afferant novi 



(1) Moi douteux; lisez legalo ? 

(2) Lisez sibû 



( U6 ) 

priusquam bellum inferatur ». Annuebatlcgatus acccdere, licet 
noo parum mente solHcîtus quidnam haec sibi vellet vocatio in 
tenebris noctis, postulans sibi equos adduci, qui tamen non 
rcpericbantur; sed Argue, inito cum suisconsiiio, profectioneni 
impediebat, veritus (ut postea coinpertum est) ne predam ex 
legati et snorum domesticorum pecuniaria redemptione, jam 
raente conceptam, perdcret, et marescallus ut princeps exer- 
citus sibi eam vendicaret et ex faucibus eorum eriperet; sub 
bac conficta ordinatione tractatus altcrcatum est aliquantisper 
inter ipsos. Multi intérim ad aures legati susurrare « ut profe- 
ctionem recusaret, banc ad consilium vocationem nocturnam 
esse confictam ut clam, subordinata in tenebris inter aliquos 
levés boniines sagyptarios rixa, legatus cum suis inter6ceretur 
sine eorum culpa vcl famé lesione ».Quibus legatus : « Si banc, 
)> inquit, voluntatem habent, mullis eam modis possunt perfi* 
» cere. Vadamus in nomine Domini ! » 

Tandem, post eorum concertationcm, duo ex senioribus 
Argue ad legatum yencre dicentes « se profectionem ejus ad 
marescallum permictere, sed cum tribus aut quatuor ex suis 
tantum ». Ad quos legatus magis conmotus: «Nonrccte^inquit, 
» agitjs; jam fidem dedi quam exegistis pro me et meis omni- 
» bus, ut sine voluntate ducis non discedamus: satis ex hoc 
» tuti esse potestis cum, etiam si vellemus discedere, impossi- 
» bile essei nobis in medio tanti exercitus constitutis. Permic- 
» (ite meos mecum venire. » Rursus illi : « Non possumus, 
» inquiunt, plus permictere antequam habeamus a duce 
» responsum; sed eligite ex vestris quatuor, et nos supple- 
» bimus aliorum numerum ». Concurrebant plures ex legati 
familiaribus ad eum ut se eligeret ex (4) numéro quattuor; 
ad quos legatus: « Nolite mihi molesti esse; veniant ex vobis 
» quatuor quicunquc velint ». Et dimisso inter eos Richardo, 
magistro domus et ex familiaribus secularibus antiquiore et 

(1 ) Lisez m. 



( i*7) 

primiore, legatus secum sumsît (i) ex clericis Joannes Altefast 
decdnus(2) exLiziburgo, Bartholomcum ex Brixia, presbiteros, 
ex secularibus Zuccariim ex Tuderto et Pèlrum ex Perusio(3); 
sequutî sunt postea magister Robertus carmelita et Hcrmannus, 
numptius publicus legati, munitusinsignibus pontificis maximi 
Pauli. Venit personaliter Argue curn quinquaginta ex suis 
eomilitonîbus, omncs armati, et per viam legato seorsum refe- 
rens « hanc marescallî vocationem non fore nisi ad aliquod 
inalum perpetrandum : sed se eum suis omnibus, quos fere duo 
railia habebat, potius periturum quam permissurum eum 
aliquid sinistre agere ». 

Profecti sumus paulo post solis occasum, omnibus legati fami- 
liaribus qui apud eos remanebant flentibus ad fenestras, viso 
recessu et armatorum comitiva : quos legatus palam graviter 
increpuit et bonoanimo esse jussit, se post quatuor horas et (4) 
ipsos rediturum assercns; comendavitque omnes quibusdam 
nobilibus ut curam eorum susciperent, recepturi ab omnibus 
retributionem condignam, prout factum est. Non longius tribus 
aut quattuor passuum milibus aberant castra marescalli, apud 
villam quam vocant Beyrsees (5), poteratque illud iter confici 
una hora aut paulo plus : nescitur tamen ob quam causam, 
longo itineris protracto circuitu per eos qui nos ducebant, vix 
tribus horis ad locum pervenimus , in maximis tenebris noctis 
et plurimis armatorum agminibus nobis obviam factis, ut facile 
quis suspicari posset quod in aure fuerat antea susurratum. 
Venientes igilur ad palatium Beyrsees, factus est legato obviam 
ipsc marescallus et una eum eo episcopus Leodiensis, dominus 
de Humbercourt, d. Petrus Hachembach et plures alii ex 



(1) Lisez sumpsit. 

(2) Lisez decanum, — Liziburgum, Luxembourg. Cf. ci-dessus page 54. 

(3) Lisez Perusia. Brixia, Brixen; Tuderlum, Todï; Per w«ia, Pérouse. 

(4) Lisez ad. 

(5) Bierset, commuoe du canton de HoUogne-aux-Pierres. 



( 443 ) 

secreto coDsiiio ducis, omnes marescallum excusantes quod, 
« nisi fuisset exercitus cura et custodum ac vigiliarum dispo- 
silio, non dédissent legato hujus itineris laborem, sed omnes 
personalîter ad ipsum convenissent ». Ilanc(i) rationabili excu- 
satione per legatum gratc suscepta, in secretiorem domus 
partem omnes in consilium convenimus, iniromissis etiam 
Leodiensium legatis qui nos fuerant sequuti; ad quos primo 
marescallus conversus, Ameiium (qui primus inter eos erat) 
prius interpeUavit, interogans « quidnam Leodienses dicerent 
a ut sibi vellent; cupere se eorum mentem inteiligere prius- 
quam civitatem armis expugnet : quod crastina die agere 
dccrevit; nuntiatum autem sibi esse Leodienses ea nocte 
contra eum parasse insuKum : ob quam causam jussisse plures 
villas incendi ad tenebras efiPugandas ut iter ad eum veniendi 
et videre et noscere clarius possent, ac in eo loco se illos 
expectare », et multa alia jactabunda in banc sententiam. Ad 
hœc Amelius pronus in terram respondit breviter in banc fere 
sententiam :a Reverendissimî patres et illustres domini, pauca 
» nobis dicenda supersunt civitatis nomine; pacem sumopere 
» desideramus, banc semper quesivimus et non invenimus; 
» coacti nunc non sponte bellum intulimus, graviter prius 
» bello lacessiti. Nunc, in tanta rerum extremitate, bec a 
» nostris concivibus mandata suscepimus : bi duo hic pre- 
» sentes, legatus apostolice sedis et Leodiensis episcopus, 
» nostri veri domini sunt; ipsis obtemperare parati sumus, 
» quicquid statuerînt, decreverint, jusserint.Si in aliquo ducem 
» ofFendimus aut sibi debemus, eorum nos submictimus judi- 
» tio. Denique bec est mandati nostri summa : ut totius civi- 
» tatis nomine omnia agamus que ipsi duo fieri mandaverint. » 
Tune marescallus vultu et voce ferox factus, bec pauca protulit 
ad Ameiium conversus : « Cave ne te amplius magistrum (2) 



(1) Lisez hoc, 

(3; Scilicel magister civitatis, bourgmesirf. 



^ 



( U9 ) 

appelles » (vocabant enim eum magistrum Amelium, qaod 
magistratus nomen Burgundi maxime dampnabant ob legem 
Leodiensibus de abolitione magistratuum datam); ad hecres- 
pondît Amclius « se comuni nomine, etiam sine magistratu, 
ab omnibus magistrum Amelium appcllari, non contra federis 
legem ». Rursum marescallus legatum interogans « an qai (\) 
sibi dicere piaceret », eum legatus respondisset « se nil aliud 
vellc dicere, eum iegati Leodienses satis mentcm civium décla- 
rassent et justitie se submicterent, sed cupere intelligere 
quod ipse Âmelio responsum daret », eodem modo episcopum 
intcrogavit « an etiam ipse aliquid vellet dicere »; tune epi- 
scopus satis composite gallice loquens : c< Hi, inquit, mei subditî 
» sunt et eorum me habere curam necesse est ac avertere 
» ab eis mala, postqoam ipsi justitie et nobis duobus se sub- 
» roictunt. Rogo illustrem dominum ducem qui absens est et 
» vos omnes qui ejus nomine hic présentes estis, ut eorum 
» petitiones et oblationes grato animo suscipiatis, neve ad 
» hujus incHte cîvitatis et patrum (2) vastationem et desola- 
» tionem in meam et Ecclesie pernitiem tam intenti et proni 
» sitis. Dominus legatus et ego inducèmus eos ad omnia que 
)> justa fuerint et non ingrata duci; inconsuitum est autem 
» ea eum sanguine velle perficere que sine sanguine confici 
» possunt»; et plura alia in hanc sententiam. Tune mare- 
scallus, furore incensus, petita ab episcopo venia, bec in effectu 
respondit : « Révérende pater, quia alto Francorum ortus es 
» et illustrissimo domino meo duci satis proxima fraternitate 
» junctus, veniam dabis si nimis libère loquar. Idem poten- 
» tissimus et illustrissimus, victoriosissimus etmetuendissimus 
» dominus meus Burgundie dux jam ter (5) pro defensione 



(1) Lisez ^tftd 
(â) Lisez patriœ, 

(3) C'était en effet la quatriènie fois que Charles le Téméraire se mettait 
en campagne contre les Liégeois (en 1465, 1466, 1467 et 1468). 



( m ) 

» honoris, status et persone tue, bona, fortunas omnes, hono* 
» rein, personam et vitam suam contra tibi rebelles maximo 
» periculo exposuit; quod autem nunc^ post iteratani eorum 
» contumaeîam et rebellionem, tîbi se sumictere velit, scias 
» pro certo ipsum minime facturum nec etiam tibi se sub- 
» miclet (i), domine legate; et ignosce nobis. » Postea vero ad 
Leodienses con versus : « Ego, inquit, nullam aliam federis 
» legem aut submissionem nos alios (2) volo nec a vobis 
» accepto, nisi ut civitatem ipsam, domos, bona et corpora ad 
» omnem dlscretionem ducis, voluntatem, poteslatem et lîbe- 
» rum arbitrium supponatis et Iradatis; et die crastina, nisi 
» bec fiant, gladi us utriusque judex erit : capietur civitas vi 
» et penitus spoliabitur et incendetur, et occidentur muiti, et 
)» mihi placebil; violabuntur ecclesie et jura ecclesiaslici (5), 
» violabuntur virgines, nupte quoque et vidue, et muIti inno- 
» centcs peribunt, et milii displicebit. Hec tamea omnia fient.» 
Obstupuere circumstantes omnes ad tam atroeem sermonis 
cxitura. Amelius vero, vir audax et vuigari sermone gallico 
satis eloquens, illico respondit, inquiens : « Hec omnia facere 
» parati sumus, si hi duo nostri domini suaserint aut juxe- 
» rint (4) ». Et quoniam marescallus in suo sermone legati 
fecerant (5) mentionem et aliqua in eum (Hcet pauca) verba 
pertulerat (6), indccens visum est legato pro sedis apostolicc 
dignitate et suo honore tacere penitus et nichil respondere, 
Hcet frustra omnino tune verba jactarentur, stante animi 
obstinatione ad civitatem evertendam; igitur episcopo Léo- 
diensi pro interpetre sumpto, hec marescailo dici mandavit : 



(1) Lisez veiint,. ipsos.,, facturos... submittent. 

(2) Supprimez nos alios ou lisez nobis aliam, 

(3) Lisez ecclesiastica, 

(4) Lisez jusserint. 

(5) Lisez fecerat. 

(6) Lisez protulerat. 



( 151 ) 

(( Illustrissimum Burgundie ducem esse potentissimum et 
» taleiDy imo majorem, qoam ipse predicaverit, nec nos duos 
» parvos episcopos ipsum compeliere posse ut se nobis sub- 
» mictat; sed indecens est et etîam iniquum ut ecclesie Romana 
» et Leodiensis se sibi submictant, nec unquam credo se illi 
» sponte submissuras nisi vi coactas. Ego in presenliarum 
» justitiam tueri nisi verbis nequeo; si mihi eadem potestas 
» vel potentia esset qualis et auctoritas, plura cogitarem aut 
» dicerem, et forte marescailus mitius loquerctur. Multi sunt 
» dies elapsi quibus banc previdicalainitateni,etpluries abesse 
)) statui et temptavi; sed sors ^ul Dei voluntas ita non tuHt 
» ut abesscm: cui papere neccsse est. Transeat ergo res sorte 
)> sua et Dei nu tu! » 

Secessit episcopns cuin legalis Leodiensium ad partem, ut de 
marescalli verbis simui agitarent; accessit et Humbercourt ad 
iegatum scorsum, maxime instans apud eum « ut Leodiensîbus 
suaderet acceptare que marescailus dixerat et ad liberam ducis 
voluntatem omnia subducerent, meliores conditioncs pacis 
consequuturos si boc agerent et ducem mitius cum eis actu- 
rum » Cui legatus : ce Mcminisse, inquît, debcs quanta mihi 
y> diversis locîs et tcmporibus dixeris de intentione ducis et 
3> suorum ad civitatem evertendam, et plura scio quam ipsi 
^> sciant de vestra intentione et maximis calliditatibus. Quod 
y) autem nunc eis suadere debeam ut ad voluntatem ducis se 
» dedant, stante hac'iruci animorum vestrorum scntentia, 
» nescio qua conscientia aut honore apud Deum et homines 
» hoc agere debeam, nisi prius a vobis întellexero qualis bec 
» voluntas aut discrctio vestra futura sit; si tamen hoc ipsi 
» agcre decreverint, se., (i) non dissuasurum. » Rursus Um- 
bercouit ad Iegatum : ce Utcumque sit, melius erit pro eis hoc 
» agere quam bello experiri. Quantum vero ad personam ves- 
» tram attinet, de summa stultitia quam hic Argue in eam egit 

(1) Deux lelirrs îtlisibles. 



( 152 ) 

» Ut capUyum apud se detinere fuerit ausus, certo scias hanc 
» rem sumopere duci molestissimam esse et gravissimas deeo 
» surapturum penas, confecto hoc Leodiensi bello. » Accessit 
ad hœc verba marescallus, cadem confirmans et subdens se 
intellexisse : « Argue multa in eum maledicta fuisse confictuii](l) 
ut suam stuititîani palliaret, videlicet et ideo apud se deti- 
nuisse legatum ne in manus marescaili devenisset, qui eum 
cum suis decrevissct interficere : ob quas causas, tam patrati 
seeleris quam conficti mendatii, statuisse se eum securî per* 
culere vel capite truncare in conspectu legali, nisi consiliarii 
ducis, ob proximam valde sanguinis cum duce ejus conjun- 
ctionem, ab bac eum sententia divertissent ». Accepit legatus 
grato animo eoruro excusationes et verba dulcia, licet, totiens 
eorum (idem cxpertus, nullius jam vcrbis fideret autcrederet. 
Inter bec accessit episcopus Leodiensis ad legatum cum civibus 
legatis Leodiensibus, dicentes « decrevisse se omnia velle 
facere que marescallus dixerat et petierat, paratosque scri- 
pturam conficere ». 

. His marescallo per eos relatis, accito notario ejus seu scriba, 
marcscallo dictante, in banc sententiam scriptura confecta est: 
c< Amelium cum sotii (2) legatis Leodiensium, totius civitatis 
nomine, pacem, veniam et misericordiam ab illustrissimo 
domino duce Burgundie petere, ipsiusque ducis dispositioni, 
voluntati et iibcro arbitrio civitatem ipsam, bona eorum omnia 
et corpora tradere, parère et submictere ». Hac scriptura 
confecta et publice lecta coram omnibus astantibus, statim 
subscripta est per cives primo, postea per episcopum, uUimo 
per legatum, non per verbum confirma, sed presens fui, etc., 
demum publico heraldo tradita ut ad civitatem deferrct et 
referret rcsponsa. Quo abeunte, consilium dissolutum est satis 
lete, jam effluxa plus média noctis parte. Nitebatur Ai^ue 



(1) Lisez : ab Argue multa fuisse conficta, 

(3) Lisez sociis. 



r 



( i«3 ) 

legatum secum reducere ad locum unde vénérant; tune legatus 
ad episcopum conversus, présente Argue et omnibus aliis : 
«c Ego, inquity ut optime nosti, non sine magno labore et 
» industria eduxi te de civitate in qua molesto animo manebas 
» et clam exîre temptabas, cum tamen ego solus et libère, 
» multis quesitis occasionîbus, exire potuissem. Tu autem, sub 
» ficta securitatis mee spetie, relîquisti me beri in manus 
» predonum quos consanguineos tuos nominabas et qui, 
» direptis omnibus meis et meorum spoliis, equis quoque 
» omnibus inter se divisis, nunc familiares meos omnes 
» captivos detinent, vix quatuor concessis qui me bic comi- 
» larentur; rursus de captivitate. mea tractant et cogitant, 
» maxima pecuniarum summa exagenda (1) pro redemptione 
» mea et meorum. Optimum nobis salutis custodem dedisti; 
» quamobrem, ut clare intelligas, ego bine non exibo nisi vi 
)> ductus aut lesus corpore; et requiro et adjuro te, per fidem 
» et jusjurandum quod mibi prestitisti, ac ea qua possum 
» auctoritate tibi mando, sub bis pénis quas in violatores 
» legatorum et episcoporum sacri canones et leges sanxerunt, 
» ut a me non discedas, sive hic mansurus sim, sive ad iocum 
» illum violenter trahendus; bospes eris meus vel ego tous, 
» nisi hujus sceleris participem te judicari velis. » 

Ad bec episcopus fere territus : ce Non expedit, inquit, r. p., 
» ut mibi mandes quod sponte agere, ut (eneor, volo et 
» paratus sum ». Cui rursum legatus : « Fac quod dixi, vel 
» sponte vel jussus, si te inmaculatum cupis ». Gontradicebat 
Argue, ut inteiligi poterant, multa in proceres circumstantes 
gallice verba jactans. Maxima inter proceres ducis consiliarios 
altercatio seorsum tacite cohorta (2) est; tandem ioquuti cum 
Argue, abiit ipse cum omnibus suis, reductis secum Leodien- 
sium legatis; conmendavit legatus Argue et quibusdam nobi- 



(1) Lisez eœigenda. 

(2) Lisez coortcu 



• ( 154 ) 

libus familiares suos, numéro viginti duos qui apud eos 
remancbant, facete monens eos ne ilalicas carnes comederent 
minus sanas stomaco et cibo (1). Multa preterea 

vérba satis aspera pcr legatum habita sunt adversus Antonium 
de Salanova qui prsesens illic erat et qui gladium ad jugulum 
eancellarii legati apposuerat ac litteras et sigilla legati apud se 
detinebat, marescallo se in médium interponenle et omnia 
restituenda pollicente. Erat palatiolum proximum ad tria milîa 
passuum, nomine Foux (2), fossis circumdatum, ubi cives et 
nobiles civitatis et patrie Leodiensis factiohis episcopi et hostcs 
eorum qui in civitate erant, ad numerum fere duorum milium, 
càstrametati erant sub imperio Humbercort, locumtenentis 
ducis, et Joannis de Berges ejus collège, quos supra nomina> 
vimus; apud eos episcopus LcQdiensis se collocaverat. Igitur 
legatus, episcopus et Humbercourt, post discessum Argue, et 
marescallo simul discedentes (5), ad eum locum pervenere, 
cjusdcm noctis rcsiduum quieti dantes. 

Summo diluculo (4) data sunt undiquc signa ut universus 
exercilus ad civitatis expugnationem procederet, nondum res- 
ponso a civitate habito super cedula ex Beyrsees transmissa 
per heraldos; venit quoque eadem hora Argue ad locum de 
Foux, ubi legatus cum episcopo et aliis erat; duxit secum fere 
duccntos ex suis armatos, multa conquestus in episcopum et 
Humbercourt ac aliis (5) astantes, ce legatum si bi per injuriam 
hesterna nocte fuisse violenter ereptum , cum in suam custo- 
diam et potestatem esse deberet : venisse se ut eum apud se 
habeat et in Burgundiam sub custodia mictat, donec dux 
décernât quid de eo fuerit agendum, familiaresque legati jam 



(1) Espace pour deux ou trois mots, laissé en blanc dans le manuscrit. 

(2) Fooz, à 3 kilomètres de Bierset. 

(3) Lisez discedente, 

(4) C'était le 24 octobre. 

(5) Lisez altos. 



( 15« ) 

in Burgundiam misisse ». Ërant ad angulum camere hœc agi- 
iantes, cum Argue et suis comilitonibus, cpiscopus Leodiensis, 
flumbercDurt, Joannes de Berges et aliqui milites ex patria 
Leodicnsi, episcopo subditi, omnes ad numerum fere viginti 
in circulo posili; hi vehementer Argue increpabant, exorta- 
bantur, orabant « ut ab bac se contineret insania, ne ulterius 
in Jegatuiu raanus apponcret, cum instantîssime ducis conlo- 
quium expetcrct et cxpectaret responsum »; instabant illi, 
rcpugnabant isti; cum interea Joannes de Quercu, canonicus 
Leodîcnsis(l),qui eoruni verbnsusceperat,ad legatum veniens, 
aperuit ei causam ob quam ilii vénérant et quid ibi in angulo 
seorsumconsultarentcum gallice loquerentur; assurgens igitur 
legatus et satis placide ad eos accedens, appositis manibus ad 
bumeros duorum armatorum et eis paululum summotis ut in 
circulo sibi locum darcnt : « Si, inquit, de me et meis rébus, 
)) milites, consilium agiiis, equum est ut et ego intersim, 
)> audiam et vobis loquar. Satis miror, d. de Argue, impru- 
)) dentiam tuam, ne dicam insanîam, quod itcrum de mea 
» captivitate verba facere sis ausus, cum scitis quam fidera 
» a me exigisti et quid spondi (â). Si habes a duce responsum, 
» fac ut intelligamus; si non habes, cave ne de re bac ulterius 
» vcrbum facias pro tuo et principis tui honore, cum prius 
» me bic in frustra (5) concideres que (4) bine cogères pedem 
» elTerrc. » Et conversus iterum ad episcopum legatus inquit: 
« Jubé signa dari et tuos omnes patrie nobiles hue convenire 
» ut bos abiciant (5) et aliquos rctineant, donec meos omnes 
» inlesos ad me remictant ». Et bis dictis, legatus ab eis des- 
cesslt (6) in proximam camcram. Maxima intcr eos contentio 

(1) Cf. ci-dessus page 70. 

(2) Lisez spopondi, 

(3) Lisez frusla, 

(4) Lisez quam, 

(5) Lisez abficiant, 

(6) Lisez discessit. 



( 186 ) 

exorU est, usque ad coiUumelias et fere ad arma ; intermictebat 
se episcopus, precabatur, orabat; denique pro quantacunqae 
pecuniarum summa se fidejussorem spondebat pro legato,quod 
sineducis voluntate nunquam descenderet (i ) : annuit Argue 
fidejussioiii episcopi pro vigînti milibus florenis,8i legatus fide- 
jiissioni consenliret; coDsensit legatus sponsionî episcopi, data 
fide, nique familiares suos humàniter tractaret. Itaque actum 
est, et Argue cum suis discessit cum aliis civitateniexpugnaturi. 
Suadebant episcopus et Humbercourt ut legatus a loco de 
Poux non discederct utque ibi moraretur doneç aliquis a duce 
ad eos vcniret, vel dux ipse cum rege (3) magis appropioqua- 
rot (erant enira ad dietam proximi (3) simul venieutes), neve 
incomodum pateretur si cum exercitu ad bellum procederet. 
Non visum est legato tutum sibi ut cum paucis suis quatuor 
ibi loco rustico et inmunîto remaneret, omnibus ad expugna* 
tionem civitatts proGciscentibus, ob plures sinistres eventus 
et pericula que tali tempore et loco contingere potuîssent, et 
maxime cum in motu castrorum omnia tradcrentur incendio; 
quare episcopum et Humbercourt requisivit ut, datis sibi 
aliquibus fîdis comitibus et loco decenti ut commodius eos 
scqui posset, ne ipse inhermis armatorum ordinibus impedi- 
raento esset, aut illi sibi, (4) ordine suo ad bellum procédèrent; 
tune jussi sunt duo milites comitari legatum,loco instituto post 
ultimum armatorum ordinem, directe post militaria signa. 
Incedebat enim agmen, instar arcus vel cornu, tribus ordini- 
bus : primo lancearii et balistarii pedites; demum archite- 
nentes quos ipsi vocant archier, équités, super parvos equos 
assuetos loco se non movere cum illi in prelio equis desiliunt; 
terlium ordinem milites tencnt; principibus exercitus cum 



(1) Lisez discederet. 

(2) Sciiicet Francorum, 

(3} Lisez proximam? J'ignore à quoi Opufrius fait allusion. 
(4) Suppléez cum. 



( 487) 

inilitaribus signis in medio arcus seu cornu consistentibus ; 
atque in hunc modum viginti duo armatorum agmina incede- 
bant, in quorum singulo duo eqùitum peditumque armatorum 
mîlia cooiinebantur; sequebantur bas turmas carri numéro 
mille et octigenti (i) aut plus, Iionusti annona exercitus et 
inagno machinarum numéro, majorum et minorum : hos currus 
trabebant equorum duodecim milia et ultra. Hoc ordine cum 
universus exercitus, quisque in suo loco, mcniis civitatis jam 
dirutis proximus esset, celer numptius a duce (qui cum rege 
in proximam villam quam Mommalia (2) vocant jam venerat) 
ad marescallum advolat, litteras ducis ad ipsum deferens in 
hsec brevia verba : « Marescalle, rctrahe universum exercîtum 
» ad loca sua et fac ut illico frater meus episcopus Leodiensis 
» et dominus de Humbercourt ad nos vcniant. Bcne vale. » 
Subscriptio : « Chiarles (3), ex villa de Mommalia ». 

Datîs signis, quisque ducum cum suis ad sua castrorum loca 
rediit; nos quoque simul omnes, videlicet legatus, episcopus, 
Humbercourt et Berges, ad locum de Foux redimus. Antequam 
Humbercourt cum episcopo ad ducem ex Foux discederent, 



(1) Lisez octingenth — HonuslU pour onustù 

(9) Momalie, commune de la province de Liège, à 9 kilomètres de 
Waremme. Suivant Adrien,co1. 1338, Louis XI et Charles étaient à Fallais, 
village à 1:2 kilomètres de Waremme : » llla dielferia tertia =2 25 octobre) 
venit dux cum rege Francise post meridiem in Palais, et occurrit ei domi- 
nus de Humbercourt... Illo sero comedit rex ad unam mensam, dux ad 
aliam mensam; dominus Leodiensis cum archiepiscopo, fratre suo, et 
duce Borboniae, et ali s fratribus et sororibus suis, comedit in tertia 
mensa; et dominus de Humbercourt fuit ulterius in eadem mensa, ex 
cujus relatu ista seripla sunt ». Selon M. Henrard, Bulletins de V Aca- 
démie d^archéoL de Belgique, 2« série, t. XIH, 1867, p. 662, Charles arriva 
à Namur le 21 octobre; il quitta celte ville le 24, passa deux jours à 
Fallais et se rendit le 26 à Momalle, ob il apprit Tescarmouche de 
Vivegnis; il monta aussitôt à cheval et te 27 au soir il occupait les hau- 
teurs de S»«-Walburge. 

(3) Sic. 



( 158 ) 

rediit heraldus ad civitatem pridie missus ex Beyrses (qui 
cedulam illam pcr marescallum cum Icgatis Leodiensium 
editam, de coiiditionibus pacis, civitati detulerat), respoiisîvas 
Hueras legato et episcopo referens in banc sententiam, scilicet : 
« Placere civitati ut marescallus pacifiée in unam partem civi- 
tatis ingrediatur cum quadringentis equitibus et totidem 
peditibus, utque legatus et episcopus cum eo venirent de 
modis et conditionibus pacis tractaturi », et multa a]ia in hune 
eifectum; rogabantque instantissime legatum et episcopum ut 
juxta fidem datam ad civitatem redirent. Hoc responso per eos 
spreto, episcopus et Humbercourt cum cohorte una ad ducem 
proficisci festinabant; sed quoniam tempus jam proximum 
erat et parum supererat spatii quo Humbercourt, juxta fidem 
de captivitate sua in Tongris datam, ad destinatum locum(vide- 
licet Montfort) se presentare in potestatem Joannis der Vild, 
militis, cui fidem pro se dederat, necessarium erat ad evi- 
tandam proditionis maculam (1), rogavit instanter legatum, 
episcopum et Bergem uteidem Joanni militi scriberent ut per 
suas litteras Humbercourt a fide data et captivitate liberaret : 
poliiceri se pro salute ejus et suorum omnia facere que is 
peliisset. Misso igilur cum bis tribus littcris ad civitatem 
numptio, cum aliis etiam litteris ad cives « ut gentes pacifîce 
ingredi civitatem sinerent pro ipsorum majori bono », episco- 
pus et Humbercourt circa solis occasum ad ducem profecti 
sunt, remanentibus in comitiva legati Joannes (2) de Berges, 
d. de Piages et certis aliis nobilibus; rogavitque legatus episco- 
pum et Humbercourt (c ut duci referrent que gesta erant, 
cupereque se habere conloquium secum, et ut ducis mentem 
sibi referrent in reditu ». 

Misit quoque legatus post eos numptium suum publicum 
armis poiitificis maximi Pauli insignitum cum litteris ad 



(1 ) Cf. ci-dessus, page 99. 
(2) Lisez Johanne, 



( 159 ) 

daceiii, JHssîtque a ut cum aliis episcopi Dumptiis et ut epi- 
scopo serviens iret, nullasque se litteras habere fingeret donec 
personaliter ducem videret publiée prodeuntem : quo vîso, 
sibi ad manus litteras traderet »; quod et diligentisslme fecit. 
Harum litterarum hec erat sentcutia : « Illustrissime prin- 
» ceps, etc. Ëxivi civitatem Leodiensem pridie, juxta consilium 
:» mihi nomiue Celsitudinis tue per ejus secretarium Symouem 
» délie Kurest(l) traditum, non sine magno labore; nec 
)> cum minore labore optinui ut episeopus Leodiensis etiam 
» mecum venirel. Cum essemus simul in compis (2), seryalus 
)) est modus per d. de Argue in personam meam et meorum 
» satis nepharius, qui deiinuit me et meos ad tue voluntatis 
» arbitrium, et nunc etiam dicit me suum esse captivum; si 
» hec tue Celsitudinis jussu facta sunt, equanimiter tollero; 
» sin autem, prudentcr cogitet Celsitudo tua quanti poiideris 
}) hec res sit, et taliter provideat quod honor apostolice sedis, 
» tuis (5) et meus salvus fiât. Valeat Celsitudo tua, felix et 
» Victor contra reprobos et Deo rebelles, salvis écclesiis, civi- 
» tate et personis insontibus ! Ex Foux, xxv octobris. » 

Cum hi omnes circa solis occasum discessissent ad duccm in 
villa de Mommalia (cum rege morantem ut dictum est), ad octo 
milia passuum, et legatus cum Berges et Piages ac certis aliis 
nobilibus seorsum se retraxissent ad ignem, levem refectionem 
sumpturi :adsunt prima vigiiia castrorum excubie, numptiantes 
« exivisse primo noctis crepusculo civitatem Leodiensem pedi- 
tum circiter octo milia, ad verso flumine Mose, ad opidum Huyo 
procedêntes »; quo numptio allato, et missis aliis nuptiis (4) 
ad omnes castrorum duces, universus exercitus conmotus est 
et ad arma parari jussus. Tune legatus ad Berges et eos nobiles 



(i) Simon de le Kerrest. Cf. ci-dessus, page t09, note. 

(2) Lisez compta. 

(5) Lisez tuus. 

(4) Sic. Lisez numptiis pour nuntiis. 

MÉH. ONUFRIUS. H 



( <60 ) 

qui seeum erant : a Scitote, înquit, pro certo, quod si aliquem 
» castrorum locum Leodîenses aggressuri sont nocte, ut faeere 
» soient, hic'Jocus de Foux erit : sciunt enim episeopum, me 
» et Humbercourt hic esse, ex littcrîs quas eis hodie scripsî* 
» mus nos quatuor, datis in hoc loco; tu m hec castra debilîora 
B sunt aliis armatorum numéro et loci iniquitate, et praxi«- 
» roiora civitati Jubete igitur signa disponi ut, si forte hue 
» veniant, possint alii nobis esse presidio. » Placuît judicium, 
et roissis undique ad alla castra numptiis, îta disposîtum est 
et ordînatum est. Ibant et redibant fréquentes numptii, affir- 
mantes Leodiensium agmen continuare iker ad Huyo, adverse 
flumine Mose, nec nos sospicari debcre ut ad eum locum de 
Foux insultam acturi sint, cum ad latus fluminis et fere eon* 
trario itinere situm sit; ad quos tegatus : ce An, inquit, ignota 
» adhuc vobis est Leodiensium versutia, qui cum oecidentem 
» petere statuunt oricntem versus se pergere fingunt? Estote 
» igitur vigiles et nolite eorum itineris aut consilii juditium 
» sumere, sed proponite animo et fingite eos hue fere (f ) 
» venturos. » Dispositis igitur excubiis, exploratoribus pluri- 
mis et nocturnis vigilibus, nos paululum super acervos sege- 
tum quieti dedimus usque ad mediam fere noctem : cum fsubito 
universis castris ad arma concjamatum est « Leodienses adesse 
ad numerum decem milium, obstinatissimo ad pugnam animo; 
legatum, episeopum et Humbercourt ad se insfanter petere 
ut in civitatem reducant hos, scilicet legatum et episeopum^ 
contra jus fasque vi détentes, pro pace ad ducem dimissos; 
illum vero, contra jusjurandi fidem, tempore et loco sue cap- 
tivitati statuto se non exibuisse ». Atque in his tanta conmotio, 
confusio, pavor et sollicitude in eis castris exorta est, ut etiam 
terror sit reminisci; aberant episcopus et Humbercourt ad 
regem et ducem; omnes e castris armati prodibant ad pre* 
lium; remanserat legatus in parvo tugurio viminibus carrecta 

(1) Lisez fore. 



( 161 ) 

eA pàlaslri canna eontexto, latet (1) fossis et ponte munito; 
com illis quatuor aut quinque suis, et Joaddê de Quercu, 
eanionico Leodiensî. 

Dissensio maxima erai inter fiurgundos et ,Leodîcnses exu<- 
ies (quorum ultra mille aut plus in his castrîs de Foux erant) ex 
ea causa : nam cum Burgundi armatialios excitarent ad bellum, 
offensis aliquibus ex Leodiensium exulibus in tencbris noctis, 
cura ex more interogarent ^m^ vivatlillos nil aliud respondisse 
querebantur quam bom bom. bom ; et ob hoc eos proditionis 
ÎQsimulabant et cum eivîbus alils Lcodiensibus eonspirare con- 
tra Burgundos; quare censebânt multl alios Burgundorilra 
daces ad se vocandos et Leodiensium exules ad unum vigi- 
landos, fecissentque illico, si numéro plures et fortiores viribus 
exti tissent; sed illustri Joanne de Berges et aliis nobilibus sedan- 
tibus tumultum et contemptiones mutuas, ad repellendos Léo- 
dicBsium incursus progressi sunl; convenere simul etiam alîo- 
rum castrorum exercitus duees ad impetum Leodiensium 
repellendum : mansilque hec ingens conmotio ad horas duas, 
manibus tamen parum consertjs , quoniam Leodienses, intel- 
lecto et viso omnium castrorum motu, paulatim se in civitatem 
receperunt. Stabat legatus hocmedio duarum horarum tempore, 
mente satis anxius cum solus loco inmunito et ignobili cura 
paucibus inhermibus et inbellibus esset, absente episcopo et 
Huœbercourt, quos etiam Leodienses petebant, hec cum suis 
agitans : « si Leodienses hoc prelio prospère agant, hi omnes 
qui ex his castris exiverunt ad alios se récipient, nobis hic solis 
relictis, et utinam non incensis cum tota villa; vel etiam Leo- 
dienses impetu insequentes, ignem imponent et omnes passim 
ia tenebris interficient; aut si non inquirant et semotis tene* 
bHs cognoverint, in civitatem nos solos reducent ad pristina 
discrimina, calamîtates et pericula. Orate omnes Deum ut nos 
custodiat, protegat et dcfendat, omni alio nunc presidio desti- 

(1) Lisez licet? 



( 162 ) 

tuios. » Elapsiâ Iioris dûabus ut diximus, Lcodienses in cività' 
tem, fiurgundî In siia quîsque castra recepere se; et paulo poBt^ 
fere ad horas duas, episcopus et Hurobercourt a duce rediere 
fnaximo frigore, famé et siti confecti; intellectoqu'e anteriori 
motu et Leodicnsium insuitu, non mediocrîter obstupuere. 
£xpectabat legatus quidnam in re sua responsi afferrent a duce, 
an liber esset vel captivus. et an conloquium expetitum dux 
acceptaret vel recusaret; cumque nullus responsa daret, non 
parum legatus admirabatur, maxime cum ejus numptius non 
rediisset qui post eos cum suis litteris fuerat missus; et cum 
aliquantulum cogitabundus substisisset, cpiscopum interroga- 
YÎt « an de re sua cum duce verbum fecissent »; ni! aliud 
respondit nisi secrète ad aurem inquiens: « Fecimus verbura, 
et vos non estis captivus ». Rursum legatus : « Non, înquit, 
» satis intelligo, si captivus non sum, quid bic ago aut cui* 
» familiares mei omnes, bona et equî ab aiiis detinentur ». 
Paulo temporis spatio interjecto, cum episcopus, Humbercourt 
et Berges paululum seorsum fuissent conloquuti, accessit ad 
locum ubi legatus erat illustris Joannes Berges asserens sibi 
bonus (i) impositum faciendi legato rCvsponsum ducis super 
bis que per episcopum et Humbercourt ejus nomine sibî 
fuerant dicta; cujus responsi bec erat summa : ce sumopere (2) 
displicuisse duci que impersonam (5) ojus et suorum acta erant 
per domiuum de Argue, eo inscio, prêter et contra suam 
voluntatem; quodque si legatus ducis cousilium accepisset, ut 
civitatem exiens evitasset exercitum suttm et trans Mosam in 
Alamaniam discessisset, bec non fuisse ventura; nibilominus 
eum non esse captivum sed liberum, et quocunque ire deside- 
raret posse; ac domino de Humbercourt negotium demandatum 
ut ad marescallum crastino die personaliter accédât et legato 



(1) Sic, pour onu8, 

(2) Ce mot est douteux. 
(5) Sic, pour in personam. 



(463J 

oiBDes familiares remicti equos et bona omnia restitui jubeat; 
de çonloquio autem simul habendo, duci nunc incomodum esse 
ob dispositionem exercitus ad civitatem expugnandam et locor 
rum inçoraoditatem, présente rege : veram post sex dies Tel 
octa se diem et locum magis cojanioduiii statu turum ad mu- 
tuum conloquium habendum, idque grato accipiebat animo; 
suadebat quoque» sicut prius fecerat Humbercourt, ut legatus. 
ab codem loco de Foux non discederet donec familiares suos 
ipse înquireret et ad eum remieteret », quos tamen legatus 
intellexerat in Burgundiam misses ,* quare eisdem quibus supra 
ratîonibus motus, legatus manere ibi recusans, ipsos sequî ut 
prius fecerat, statuit. Igitur summo diluculo, conlatis undique 
et dalis signis, univcrsus exercitus ad civitatem expugnandam 
prdine quo supra motus, legatus eo ordine quo prius usque ad 
civitatis menia castra sequutus est, itinerariis vestibus indutus 
et gallicano tectus pilleo, obvoluto ad collum pillei rostro. 

Cum jam civitas presidiis munita conspiceretur (1) et Léo- 
dienses ad irruptionem viderentur esse disposlti, qulsque 
ducum et militum qui in nostro agmine erant paululum sub- 
sistentes, sumptis galeis, clipeis et dolabris ac fortioribus armis 
(vénérant enimleyiter armati), truci animo se ad belium para- 
fant; quo viso, legatus considerans se et suos penitus inbermes 
ac super débiles equos et mulas insedere, bec cum bis qui eum 
comitabantur nobilibus agitabat : « Si forte Leodienses irru- 
)> ptionem faciant, ut suspicari videmini, lel milites nostri agmi- 



- <i) L^armée bourguiguonoe arrivait par les hauteurs de S*«-Walburge : 
t Ferla quarta (36 octobre) venit pars exercitus supra montem S.-Wal^ 
burgis, et stetit ibi quasi per duas horas, expfctaodo alios oescientes quo 
diverterent, quia major pars volebat descendere ad S.-Margaretaiii et ad 
S.-Laureotium, timens pertrausire civitatem ne Leodieuses praecludereut 
viam. DomîDus vero de Humbercourt, voleos servareS-Laurentium^sua- 
sit ire versus S.-Leouardum, sciens ducem cum rege iu crastino adven- 
tarum. » (Adrien, col. 1358-1359.) 



C 164 ) 

)) nie corum multitudine pressi lergadare forte cogeaatur(l), 
)) oecessarium foret nos multitudine telorum, sagiptarum et 
» tormentorum obrui ». Quare legatus, eorum fretus et probato 
eodsilio, in tutiorem locuni si posset se recipere statuiL Petita 
igitur et concessa sibi Interstrictas (i) aeies via, ad principes 
exercitus se contulit qui ad terram ex equis jam descenderant 
sub diversis arboribus, quisque fortioribus armis se muniens; 
ad quos legatus, et precipue ad episcopum, Humbercourt et 
Berges qui responsum legato a duce paulo ante rediderant (3) : 
« Vos, inquit, ad bellum aecingimini et, ut nostis, varia sunt 
» belli discrimina et eventus ; hic locus et temporis disposif io 
» mibî et paucis mois periculosa sunt et minus secura ; vobis 
» inutiles comités ad bellum sumus et minus idonei, et cum 
)> hoc ad grandia et plura belli pericula subjecti. Date mihi 
») duos heraldos quibus comitibus unum ex opidis proximis 
» petere possim, belli eventum et ducis conloquium expeeta- 
7) turus. » Ad hec Humbercourt, presentibus aliis : « M isimus, 
» inquit, ad inquirendos familières tuos ut tecum sint : quos 
» speramus cito venturos; ignominiosum duci esset et tibi 
» minus securnm ut soins discederes, nec nos cohortemr nune 
» dare possumus quoniam omnes jussu ducis ad civitatem 
» expugnandam accincti sunt, née jussa preterire quenquam 
» Hcet : expecta donec familiares tui venerint ». Tune itcrum 
legatus : « Vos, inquit, ex parte ducis retulislis me liberum esse 
» et non captivum, acsumme displicuisse duci que in personam 
» meam et meorum turpitér et inique sunt acta; si libère (4) 
» sum, date mihi duos heraldos quibus solis contentus sum, 
» nec aliam cofaortem rcquiro ne vestrum exerciium minuam : 
» si hoc negaveritis, existimabo me captivum esse et vos 



(i) Lisez cogantur, 
(3) L\aez struetas, 

(3) Lisez reddiderant. 

(4) Lisez liber. 



( 468 ) 

» omnia confîcte fuisse loqatos ; quod si captivas sum, dicile 
» quid me oporteat facere et assignate mihi locum tutum el 
» fidos eomites, ne in personam offendi autledi possim ». 

RursDs conloquuti paululum mutuo, legatum exorabant ce ut 
suoB expectaret a ut nosset ubi essent, nec in duobus solia 
heraldis confideret pro vie (1) tutela, quia œulti ex diyersis 
patriis armati superveniunt a quibus facile posset offendi ». 
Iterum legatus, amicis suadentibus : « Jam dixi non esse hune 
» locum expectationi conmodum; si meos liberos dimiseritis, 
)) scio quod me sequentur et ubicunque fuero reperient. 
» Agite alteruirum quod dixi, sive liber sim sive captivus. » 
Visa igitur ejus animi ad recessum obstinatione : « Noluraus, 
» inquit, banc subire maculam ut detiiieri apud nos captivus 
)) dicaris. Dabimus heraldos duos quos petitis, suademusque 
» ut ad opidum Sancti-Trudonis accédas, ibique expectes duds 
» responsum ad habendum cum eo conloquium. » Rursuni 
legatus : a Si liber sum, non est vestrum mihi designare locum 
» quo pergam : ibo quo mihi libuerit, acceptis heraldis; 
)> expeetabo ibi ducis responsum ». Tum illi : ce Non impedimus, 
» inquiunt,uec prohibemus liberum iter et locum quem petas; 
» sed suademus Sanctum-Trudonem quia eum locum dux 
» nominavit ». Multe vicissim replicaliones facte sunt quas 
memorare supcrvacnum^est. Tandem, acceptis heraldis, vestibus 
et insigniis solitis régis et ducis superindùtis, ac virgis albis in 
manu ex more illis traditis, legatus se precedere illos jussit, 
vale faciens episcopo, Humbercourt et aliis excrcitus ducibus, 
ac eis suadens ut mature ad bellum procédèrent, non cffuse. 
Cunquc(â) heraldi paulo post peterent a legato quonam pergere 
decrevisset ut cquiorem viam possent eligere, jussit eos petere 
proximam quam videbaiit turrim in eminenti colle, ad tria fere 



(1) Mot douteux. 11 faudrait peut-élre vite. 

(2) Lisez Cumque. 



( 166 ) 

milia passuum, ibique se dicturum eis locum quem peterè 
statuisset. 

Perambulabat legatus cum heraldis ante se premissis per 
castrorum agmina ad destinatum locum, cunctis mirantibus 
quooam pergeret aut aggere (i) dispoDcret; suspicabantur 
pleriquc, ut postea apparuit, ne legatus iterum civitatem regredi 
vellet, eos (2) ad prelium et in sui vindictam accensurus ob sibi 
înlatasconluinelias.Sed visis per castra atiquibus patrie prelatis 
et nobîlibus sibi notis et nonnullis ecdesiarum canonicis, amiee 
ipsos rogavit « ut aliquos ex suis famiiiaribus sibi tradereot 
pro ea die comités ad proximum locum, ne cum suis solis 
quatuor minus honeste videretur incedere »; acceptis igitur a 
diyersis usque ad namerum decem vel duodccim famiiiaribus, 
cum his designatum primo locum, demum Trajectum legatus 
petiit pro (5) eandem viam cadayeribus plenamjam fetidis qua 
una cum episcopo transierant ea nocte qua civitatem simul 
egressi sunt; plurcs diversarum gentium cohortes, que in 
auxillum ducis ad expugnationem civitatis ibant, oceurrentes 
nobis in via ac mirantes, visis heraldis, quisnam esset qui e 
castris discederet, interogabant heraldos quis esset quem con- 
ducerent : cumque ab his intellexissent legatum esse, admirati 
negabant ita esse, illos mentiri affirmantes et legatum jam 
triduo mortuum esse; donec legatus^ aliquibus ex eis sibi 
cognitis détecta facie salutalis, facete respondisset miracula 
fore beati Lamberti ut post iriduum ipse resurrexisset a 
mortuis. Eadem mortis legati firma in Trajecto fama extitit : 
qui (4), clausis opidi portis et pontibus levatos (5) ob Leodien- 
sium metum, heraldis ingressum petentibus et legatum adesse 



(1) Lisez agere 

(2) SciUcet Leodienses. 

(3) Lisez per. 

(4) Scilicet Trajectenses. 

(5) Lisez levatis. 



( 167 ) 

fiDinptiantibus vix prestitere fidcm, donec legatus, aliquibus 
ad menia vocatis sibi alias Rome notis, détecta facie se exibuis- 
set Ulis cognoscendum. Susceptus est îgilur legatus in opidum^ 
multorum et potissime muliercularum lachrimis, pia et huma- 
nissima omnium con misera tione, remissis bis qui eum comitati 
fuerant ad suos dominos in castris manentes, debitis eis et 
coDvenientîbusdonatisHtipendiis. Adveneredemum ad legatura 
canonici beati Servatii (i), et precipue Bartholomeus decanus 
Ëngomiensis (â), afférentes ei vestimenta et alia ad ipsum et 
8U0S necessaria, quibus omnimodo destituti erant, et ob nives, 
pluvias, frigora et luta sine mutatione aliqua sordidati, summa 
benivolentia et comitate ad eorum curam solliciti. Cum fere 
média nox esset, numptius a Leodio Trajectum ad legatum 
venit, et per omne opidum fama conspersa est Lcodienses 
inruptionem fecisse contra Burgundos maximamque exercitus 
ducis parlera interfectam , reliquam vero penitus profusam : 
magnus in toto opido terror et conmotio facta est; id autem 
tali esse factura ordine, legatus post paucos dies a suis qui ibi 
aderant et captivi a Burgundis detinebantur, accepit. 

Cura primum legatus a castris ducis (qui prope civita- 
tis muros erant (5) discessisset, ut supra memoratum est, 
divisus est exercitus cum suis ducibus ad singulas quisque 
dùcum civitates (4) partes expugnandas: pars inferior juxta 
Mosam ad portam Sancti*Leonardi (5), episcopo, Humbercourt, 
Argue est Berges cura pluribus ex Gerraania domicellis, amicis 



(1) Saint-Servais, collégiale de Maeslricht. 

(i) Lisez EndcmenHis. 11 y avait à EyndboveD, dans le BrabaDt septeD- 
trional, un chapitre de chanoines dont la fondation fat approuvée par 
révéque de Liège en 1399. Le premier doyen , Guillaume de Dorne, fut 
remplacé par Bartbélemi Van Eycke, qui mourut vers 1487. 

(3) Lisez eraty ou que.,, erant. 

(4) Lisez civitatis. 

(5) La porte S^-Léonard se trouvait effectivement au bord de la Meuse, 
un peu plus haut que le Mont-de-piété. 



( 168 ) 

ducis, décréta est ; ac jussu ducis statutum at episeopus princras 
eontra civitatem insultum ageret, deinde aliis signi (I) datîs, 
quisque in suis loeîs sequerentur, ut hoc colore primi însultos 
per episcopum facti, belli justitia et auctoritas firmaretur. 
Intulit igitur episcopus cum bis qui secum erant primo civi* 
lati bellum ad porta (2) Saitcti-Leonardi (de qua re per inter- 
numptios legatus episcopum graviter increpuit, quod cum 
rogatus ad pacem dimissus a civibus foret, primus bellum 
intulisset; sed illud se fecisse eoactum postea asseruit et apud 
legatum se excusayit). Substinuerunt Leodienses primos belli^ 
impetos usquead tertiam vel circiter noctis horam, intra muros 
licet dirutos se continentes; demum, effluxa terlia noctis bora, 
signo dato, diversis locis irruptionem fecerunt hoc ordine (5), 
ingredientibus civitatem Leodiensem per portam Sancti-Leo- 
nardi. Ad sinistram a meridie Mosa fluit; ad dextram vero 
scptentrionem versus, mons eminet salis clivus, mûris tamen 
alias munitus quantum civitati includitur, ne civitas ex supe- 
riori parte montis expugnari possit, se (4) domibus et habitato* 
ribus vacuis (5); reflectiturque morus a sumo (6) montis usque 
ad Mosam et portam Sancti-Leonardi, que juxta flumen ita (7) 
est; in plerisque locis tam angustum iter extra civitatem est 
iriter Mosam et montem, ut vix bini carri transire possint : et heo 
vie dispositio a porta civitatis producitur usque fere ad villam 
quam Astaiium (8) vocant, tribus aut quatuor milibus passuum 



(1) Lisez signis. 

(2) Lisez portam. 

(3) « lllo vespere factus est gravis conflictus ad portam S.-Leonardî, 
et infra aDam horaoi obtinaerunt Leodienses duo vexilla de ip^s, dura-' 
vitque conflictus quasi per très boras. » (Adrien, coL 1339.) 

(4) Lisez sed, 

(5) Lisez vacuus, 

(6) Lisez summo, 

(7) Lisez sitcL 

(8) Herstal, aux portes de Liège. 



( m ) 

a civitate distaDtein, mtiltis hoc medio itinere villulisdisposiUs 
inter montem et Mosam, in quibus magna pars exereîtus Bur* 
gundorum castrametabatur. Leodienses igitur, clam nocttis 
silenlîo abea parte ex superiori parte monlis irruptione facta, 
ut supereminerat» Burgundis in inferiori parte sistentibu», 
edito sigao ictus bombarde et ingeotibus elamoribus emissis : 
Viva Liège et la verdura (i)/ dimisso jam nomine régis (post- 
quam intellexerunt ipsum venire ut hostem quem fautorem 
sperabant aut saltim mediatorem), magno et acri impetu inva- 
sere Borgundos nihil taie suspkantes : atrox et cruentum pre^ 
liuro actum est (2); territis subito ineursu Burgundis et jam terga 
dantibus omnibus, maxime leTÎs armature viris, nisi nobiles 
etexereituum duees, tantam ignominiam Teriti, gloriosa morte 
eam expkre deerevissent et qui (3), resumptis viribus, morti 
se exponentes, aiios cohortati sisterea turpi fuga continuisseut; 
restauratum est censertis mucronibus sanguinolentum bellum 
et productum fere usque ad auroram, multis utrinque inter* 
fectis et piuribus crudeliter Tulneratis. Constat eo prelio duo 
bominum miiia interfecta fuisse et ultra, totidem vulnerata ex 
Burgundis, et ipsimet fatebantur ultra mille et quingentos 
interfeetos aut in Mosam submersos, reliquos ex Leodiensibus ; 
molta Burgundorum et Piccardorum cadavera jussu princi* 
pum exercitus antequam iilucesceret in Mosam projecta sunt, 
ne in luce conspecta aiiis terrorem incuterent : Leodiensium 
cadaveribus passim per viam et luta dimissis, ut ab equis et 



(t ) C'est-à-dire, dit M. Estrup, les compagnons de la Verte tente, oa les 
Liégeois qui, après avoir été proscrits, étaient rentrés dans la cité. €f. ci- 
dessus page 13. 

(3) « Circa quartam horam de mane exiit Johannes de Ville per portam 
de Vivengnis, cum îTlis de Rivagio et de Franchimont, et invasit exercitum 
et tanta caede percussit, quod ultra duo millia sagittariorum aoceperunt 
fogam... » (Adrien, col. col. 1539.) 

(3) Au lieu de et qui^ lisez atque. 



( 170 ) 

cârris transeuntibus contererentur et clyibus harrbri ^t' ieiv 
rori essent. 

Mortuus est eo prelio Joannes der Yild, miles, unus ex 
Lcodiensium capitaneis, quem supra sepitis nominavimus, 
manu dextra truncatus et multis confossus vulneribus, acriter 
pugnans : qui jam sanguine exhaustus înter occisorum cada- 
vera se abjecit juxta portam, môrtuum se fingens usque ad 
receptionem pugnantium; quos postquam vidit abscessisse, 
manibus et pedibus repens in civitatem a custodibus receptus 
est, et sequenti die mortuus et a suis conducibus et civibus 
houorifice traditus sépulture (1). Mortui sunt ex Burgundis et 
Germanie domicellis,amicisducis, militares etcognilione digni, 
castrorum domini, ad numerum octuaginta (2) et ultra dueenti» 
similes fere ad mortem vulnerati : quorum mortuorum et vul- 
neratorum magna pars successivis diebus Trajectum in cur- 
ribus et lecticis sepelliendi vel curandi delà ti sunt, maxtmo 
omnium terrore et gemitu; Tulnerati sunt etiam eo prelio 
Argue et Humbercourt, quilibet duobus aut tribus spingarda- 
rum ictibus in capite et in tibiis, fere usque ad mortem ; et 
Berges, casu cqui contusis graviter costis, pêne ab hostibus 
extinetus est, magno suorum labore a gladiis eorum ereptus; 
Argue et Berges Trajectum lectica delati sunt, Humbercourt 
cum episcopo in castris mansit. 

Ërant hoc medio tempore familières legati una cum legati (5) 
Leodiensium in ter agmina et impedimenta castrorum Argue, 
seorsum ad ignem sub militum custodia et prope civitatis por- 
tas, uti captivi custodiri soient; quos conspicientes qui ex 
prelio saucii redibant, et comités eorum qui occisi fuerant, 
putantes omnes Leodienscs esse magno impetu ad eos inter- 



(f ) Voir dans le Bull, de PInst, archéol. tiég.y l. XI FI, p. 30, une loogue 
àote de M. de Gmestret. 

(2) Sic. 

(3) Lisez legatis. 



r 



( 171 ) 

iiciendos innixi ob interfectorum vindictain, vix a custodibus 
defensi sunt : mtitatîs eorum vestibus ut gallici viderentur, et 
demum ad diversa loca transmissi ; hocqiie tertio et piuries 
fflctuin est, donec tedîo ad eos custodiendos et dcfendendos 
affecti, tandem Trajectum ad legatum eos remiserunt sub priori 
promissione et fide ab cis exacta ut sine permissu Argue non 
disccderent; venerunt ad legatum semivivi, famé, frigore et 
vîgiliis confecti, tara ipsi quam eorum equi, licet non omnes, 
quoniam quinque ex bonis equis legati apud se detinuerant, 
miserrirais (i) et penitus inutilibus loco eorum traditîs : quos 
tamen legatus paucis post diebus ad eos remicti jussit ; rcti- 
nuerunt et apud se omnes legati sarcinulas et loculos, sed 
biduo post remiserunt que grossiora erant, exceptis quibusdam 
bulziis et parvis loculis suis et suorum in quibus quedam via- 
tica et itineraria continebautur et que in castris cl in via 
deperdita asserebant esse, sed perquiri mandasse postea resti- 
tuenda : quod minime factum est usque adhuc. 

His peractis, utrinque a bello biduo cessatum est inier Bur- 
gyndos et Leodienses, interimquede conditionibus pacis acturo, 
medio episcopo,ut Leodienses ducem cum exercitu ingredi civi- 
tatcm promictcrent (â), polliceri episeopum se curaturum civi- 
tatem et insontes salvos rcdere (5), seditiososque solum plecten- 
dos; sed nihil conclusum est. Inlérea rediit ad legatum num- 
ptius suus quem cum episcopo et Hurabercourt ex Foux cum 
litteris ad ducem miserat; hic cura nullum in Foux reperisset, 
sequutus castra, relatum sibi est legatum intrasse civitatem ad 
pacem tractandam; oportunitate sumpta, Leodium ingressus 
est, legatum ibi reperire putans; quem cum non reperisset, et 
cives ab eo intellexissent ipsum nequc in Foux neque in castris 
esse, certissime eum intercmptum existimantes nisi apud 



(i) Mot douteux. 

(2) Lisez permitterenL 

(3) Lisez reddere. 



( 172 ) 

regem et ducem esset, illico ad legatum perquirendum illam 
remiseruDt ; et ea nocte, înruptione per eos faicta, bellum quod 
supramemoravimus consertam est Retulit legato hic nuin- 
pcîus et alii fide digni qui duce tune veiebant (i) et cora eo 
erant quaado is numptius legati iilteras ei ad manus tradi- 
dit, illico, receptis et lectis litteris, ducem dixisse gallice : 
« Doniînus legatus terrilus est »; mandavitque rescribi ei 
in effectu verba que per episcopum, HumbercQurt et Berges 
supra in villa de Foux ducis nomine legato relata sunt , 
sed postea mutasse scribendi sententiam, suasu quorumdam 
secalarium nobilinm, ne ex bis litteris in posterum sibi ailt 
suis aliquod grande seandalum et dampnum subsequi posset : 
consoluere sibi ut magis verbo ea dici legato mandaret quam 
litteris scriberet, ex causa jam dicta. 

Transacto igitur biduo quietis a bello ut supra dixiraus, 
Leodienses insigne facinus adorti , regem et ducem aut vivos 
capere aut alterum interficere summa excogitarunt calliditate; 
conspicientes enim totumexercitum a bello quiescere,ac regem 
cum ducem (2), proximam villam quam vocant Noubruer alias 
Nove-Bresscnne (5), passibus circiter quingentis a civitate 
distantem, simul morantes, clam nocte média, dispositis ali- 



(t) Lisez qui ducem tune visebant? 

(9) Lisez duce. 

(3) Nouvelle-Brasserie. Le souvenir de cet endroil, qui devait se trou- 
ver du côté de S^-Walburge, est entièrement perdu. Louis XI et le duc 
de Bourgogne étaient arrivés le 27 au matin, et avaient établi leur camp 
sur la montagne de S'*-Walburge, en vue de la cité : « Feria qûînta 
(27 octobre), circa primam horam, venil dominus dux cum rége Francise 
et magno exercitu circa S. Walburgem ; lum Leodienses incendenrot 
vicum S. Margaretae ». (âdbien, col. 1539.) « Igilur admolo ad urbem 
exercilu bipartito copias dividit, ac colle occupato qui Valburgensi portas 
proximus erat, suam et régis stallonem eodem in loco consiituit. Adalte« 
ram autem ac longe diversam civitatis partem , Pbilippum Sabaudiensem 
cum reliquis miltii. » (Piccolohim, p. 380.) 



( 173 ) 

quod (1) peditum milibus ad eos invadendos: premisere aliquos 
octo vel decem pedites, Burgunde Hogue pei*itos, ad loca eastro* 
rum esploranda, datis signis ad alios evocandos ; bî ad locum 
venientes ubi rex cum duce quiescebant, conspeoto igné cirea 
quem ob frîgus sex vel octo muiîeres caupone (castra ex raore 
sequentes)consedebant, omnibus aiiis dormientibus, adhérentes 
igni et ex Burgundis se fingentes ab excubiis reverti, diversos 
cum bis mulieribus sermones conscrebant ; et ex eîs duo vicis- 
sim ibant et redibant, signa instîtuta aliis dantes ; cum intérim 
una ex mulieribus submissa voce ad alias inquit : (c Profecto 
» hi homines mihi videntur ex Leodiensibus esse », et altéra 
respondente : ce certe ita est »; veriti Leodienses ne eorum cla- 
moribus detegerentur, strictis gladiis plures ex eis mulieribus 
interfecerunt, quinque vel sex, quarum una in proximam fos- 
sam aquis plenam se conjecit, grandi emissa voce damans ad 
arma et Leodienses adesse; ad cujus vocem exciti custodes 
Gorporum régis et ducis, qui fere quingenti eranty impetuni 
Leodiensium (qui jam circa domum effringendam erant) tam- 
diu substinuerunt donec, aliis supervenienlibus, per posterio- 
rem domus partem rex cum duce demissi incolumes a suis 
suscepti sunt. Satis constat eo certamine duodecim ex fidissimis 
corporum custodibus înterfectos esse et fere ducenCos graviter 
vulheratos ; sed postquam totus ad arma exercitus conmotus 
est, Leodienses passim incolumes se in civitatem receperunt. 
Dux Burgundie in summo tune vite discrimine constitutum (â), 
votum emisif ut, si salvus fieret, beatam Virginem in Bononia, 
oppido Piccardie, quinquaginta vel triginta leucis, pedes ambu- 
lans visitaret; stetitque fama ea nocte et magna parte diei 
sequentis regem et ducem fuisse înterfectos (5). 



(1) Lisez aliquof. 
. (2) Lisez constiiutus, 

(3) G^esl dans la nail du â9 au 30 octobre que ce fait d^armes eut lieu. 
Les Liégeois étaient conduits parGosuin deStraile et Vincent de Buren. 



( 174 ) 

Visa demum hac obstinatione animi Leodîensium et ob 
desperationem salatis ad mortem subeundam defixa, iterum, 
medio episcopo, de pace actunn, oblata salutis spe, ut ducem 
cum exercitu ingredi civitatem sioerent, de seditiosis tantum 
et priacipibus facUonis penas sumpturum. Hac relatione sus- 
cepta, Leodienses, die domînico xxx* meosis octobris, summo 
diluculo, qui ad hoc deputati eraut in consilium more solito 
convencre (cum totaro noctem vigiliis et preliis transegissent) 
de his pacîs conditionibus fractaturi, reliqua populi parte per 
diversas ecclesias ad divina intentis; quibus ita consistentibus, 
Humbercourt apud eos conversatus et consiliorum ipsorum 
satis edoctus, suasit ducibus exercitus ut suis quisque locis 
civitatem invaderent, signo dato ictu bombarde. Solere enim 
Leodienses summas nocte vigilias agere et hostes lacessere, sed 
inlucescente die se quieti dare. Persuasis igitur ducibus cxcr* 
citus, Leodiensibus adhuc in consilio et in ecclesiis ut supra 
diximus manentibus, die dominico de mane, cum in omnibus 
ecclesiis divina ministcria et misse sollemniter celcbrarentur, 
quisque Burgundorum ducum, audito signo, ab ca parte que 
sibi décréta erat repente civitati bcllum întulit : quam, paucis 
admodum resistentibus, ingressi sunt, et potissime major pars 
per portam Sancli-Leonardi. Duces precipui post regem et 
ducem, inerant: bastardus Burgundie, naturalis filius Philippi 
ducis premortui et frater Caroli ducis presentis (i), dominus de 
Ravesten, frater germanus ducis Clivensis, consobrinus etiani 
Caroli presentis ducis, natus ex sorore ducis Pbilippi defun- 



Cf. les Annales de CAcad, d'archéoL de Belg,, \, c , pp. 665 à 668. « Illo 
sero(29 octobre) exivit Goes de Strailbe per valles monUam, cum ccc 
sociis, et perveDît a rétro usque ad tentoriam ducis, et in ostio domus 
interfecerunt servitorem ducis et ioceDderunl tentorium ducis, etc. » 
(Adrien, col. 1541.) « Ëcce egressi ex Leodio per portam S. Margaretse 
DOD minus irecenti viri... » (Jean de Looz, dans de Ram, p. 60.) Cf. 
PiccuLOMiM, ibid., p. 580. 
(1) Antoine, bâtard de Bourgogne. 



( 175 ) 

cti (1 ); et hi duo, alter anteriorem custodiam, alter posteriorem 
tenebant quas appellant Lavangarda et Laderengarda, cum 
suis agmînibus magnis; inter hascustodias marescallusBurgun- 
die, pose ducèm princeps totius exereitus, et cum eo dominus de 
Monte-Acuto, frater ejus, Filippus de Sabaudîa (2), dominus de 
Humbercourt ex Piccardia, geutes et signa domini de Argue 
(qui absens erat, vulneratus ut supra diximus) incedebant. Hi 
omnes uno impetu civitatem ingressi, aliquibus (paucis tamen) 
mulieribus et pueris ac etiam ex resistentibus interfectis, reli- 
quos in fugam coegerunt; confugiebant plurimi ad ecclesias, se 
iJlic lutos fere (5) putantes : quos insecuti sagyptarii, plures 
ante altaria et pedes celebrantium sacerdolum sagiptis confo- 
derunt; muhi in propriis domibus se abdiderunt. Vincentius 
de Buren et duo germani de Stralem, precipui Leodiensium 
duces, cum certis aliis nobilibus et civibus, omnes équités ad 
numerum circitcr octingentorum et peditum circiter decem 
milium, intelleclo Burgundorum impetu, per pontem Mose in 
Arduenam silvam, civitali proximam, fuga sue saluti consu- 
luerunt. Reliqua civitatis parte per quarteria toti exercitui 
dîstributa et in predam conccssa, et tandem incendio tradita 
hoc modo. Erat Francorum rex superindu tus insignis (4) crucis 
sancti Andrée transverse, quibus omnis Burgundorum exci- 
tus (5) in bellis uti consuevit, et tune superinduti omnes erant; 
visusque est a pluribus rex ipse in medio foro, ensem in manu 
tenens, extencto (6) brachio , sonora voce... - 



(1) Adolphe de Clèves ou de Havesteio. 

(2) Cf. ci-dessus, pages 108 el 139. 

(3) Lisez fore. 

(4) Lisez insigniis, 

(5) Lisez exereitus. 

(6) Lisez extento. 



UÉH. ONUFRIUS. 12 




ERRATA. 



Page 7, ligne 13; auprès pénis, ajoutez prohtbuiL 

— 31, noie 5; au lieu de jeudi S8 avrils lisez vmdredi 27 avril. 

— 32, ligne 7 ; M. Daris pense que ce carme Robert ne peut être 

que Hubert Leonardi, conseiller de Louis de Bour- 
bon, qui devint plus tard évéque suffragant de 
Liège. 

— 35, — 8; au lieu de secum, lisez secus ? 

— 37, — ^S; 2lu Viende déferons ^Vi&ez de fer entem? 

— 41, note 3; au lieu de expectabanty lisez eœpetebant. 

— 45^ ligne 10; au lieu de subsislere, lisez subticere? 

— 50n — 25; au lieu de colleetory lisez coUector, 

— 53, note 5; au lieu de ^467, lisez 1468, 

— 54, — 3 ; au lieu de 17 septembre 1467, lisez 2S août 1468, el 

supprimez après la prise de Huy. 

— 57, Ugne 19; au lieu de Dans, lisez Datis? 

— ^7, note 2; au lieu de Observatium, lisez Observanlium. 

— 62, ligne 22; M. Daris suppose quMI s'agit de Jean de Lobes ou 

Loebosche, Tun des chefs des bannis. 

— 65, — 29; au lieu de légal, lisez legati, 

— 77, — 3; au lieu de amelio, lisez Amelio. 

— 84, note 2; au lieu de et gratissimum populo fadens, lisez quod 

gralissimum foret populo. 

— 157,-2; pour les dates, cfr. V Itinéraire de Charles le Hardi 

que M. £dg. de Marneffc vient de publier dans les 
Bullet. de la Commiss. royale d'histoire, 4« série, 

t. XII, p. 311. 

— 167, ligne 21; fermez la parenthèse après (5J. 

— 168, lignes 13 à 15; lisez : « fecerunt hoc ordine (3) : ingredieutibas 

civitatem Leodiensem per portam Sancti-Leonardi, 
ad sinistram a meridie Mosa fluit, ad dextram 
vero, etc. » 



RÉPERTOIRE ALPHABETIQUE. 



A. 

Aix-la-Chapelle. Onufrius écril de celte Yille au pape qu'il lui adres- 
sera le récit du sac de Liège, i ; celte ville assignée comme résidence 
provisoire aux bannis par Louis de Bourbon, 57; projet d*Onufrius de se 
retirer en celte ville, 70, 84. 

Adolphe de Clèves, seigneur de Ravestein ; présent au sac de Liège, 
174. 

Alexandre Bérard, députe des Liégeois; il harangue Onufrius à son 
arrivée, 52. 

Allefasty voy. Jean Altefast. 

Amel de Velroux, chef des Liégeois bannis; député auprès d'Onufrins 
à son arrivée, 55; interprète d'Onufrius aupi:ès des Liégeois, 62; il promet 
d'empêcher les actes de violence de la part des Liégeois, 77; ses efforts 
pour apaiser le peuple, 81; il introduit un envoyé de Louis XI auprès 
d'Onufrius, 104; invité à une entrevue avec Humbercourt, 110; il annonce 
à Louis de Bourbon et à Onufrius les bonnes dispositions des Liégeois, 114; 
il persuade aux Liégeois d'implorer la pitié de Charles de Bourgogne, 150; 
il harangue les Liégeois, 152; il protège le départ d'Onufrius et de 
Louis de Bourbon, 152; rassuré par Tévéque et le légat sur sa sécurité, 
154; son entrevue avec Thibaut de Neufchâtel, 148; son attitude coura- 
geuse, 1 50. 

Amercœur, porte de Liège. Charles de Bourgogne s'en attribue le 
tonlieu, 20 ; Onufrius lève l'interdit de la cité en cet endroit, 55. 

Antoine f bâtard de Bourgogne, frère de Charles le Téméraire. Présent 
au sac de Liège, 174. 

Antoine de Salanova, noble savoyard. Il dépouille le chancelier du 
légal de ses papiers, 145; reproches que lui adresse Onufrius, 154. 

ArdenneSt forêt. Refuge des bannis liégeois, 49, 175. 

Arfasot ou Clerfasot , Liégeois révolté. Il excite le peuple contre 
Onufrius, 62. 






( 178 ) 

Argenteau, château sur la Meuse. Les seigneurs arrêtent le légat, 55 ; 
ils arrêtent les députés des Liégeois, 58; reproches que leur adresse 
Onufrius, 58; ils relâchent les députés, 59; ils se trouvent à Tongres 
auprès de Humbercourt, 93. 

Argueil, voy. Jean de Châlons, 

Arnould de Corstoarem, noble liégeois. II se trouve à Tongres avec 
Louis de Bourbon, 93. 

B. 

Bannis» Les Liégeois réclament le bannissement de vingt bourgeois, 13 ; 
bourgeois bannis par la sentence de Charles de Bourgogne, 1 7 ; les bannis 
ravagent le pays et rentrent dans la cité, 49; ils arborent les armes de 
France, 50; ils sont dix mille, 50; excès qu'ils comniettent dans la cité, 51 ; 
ils protestent de leur respect pour Tévéque et pour le légat, 5â; Louis de 
Bourbon demande qu'ils sortent de la cité, 57; ils proposent de se retirer 
Outre-Meuse, 63; ils consentent à se retirer Outre-Meuse et à livrer 
leurs armes au légat, 65, 66; ils exposent leur misère au légat, 96; les 
Liégeois assaillent les Bourguignons au cri adopté par les bannis, 169. 
Voy. Liégeois. 

Barthélemiy doyen d'Eyndhoven. Il accueille Onufrius à Maestrichi, 
167. 

Barthélemi de Brixen^ compagnon d'Onufrius 147. 

Bérardy voy. Alexandre Bérard, 

Berg^ voy. Jean de Glymes. 

Berry (le duc de), voy. Charles de Guyenne. 

Bierset, village du pays de Liège. Le camp de Thibaut de Neufchâlel 
est établi en cet endroit; Onufrius y arrive, 147; héraut envoyé aux 
Liégeois à Bierset, 147, 154, 158. 

Bonem^ voy. Gilles Bonem. 

Bonnes villes du pays de Liège. Elles doivent reconnaître à Louis de 
Bourbon le merum et mixtem imperium, 7; elles se soumettent à la 
volonté de Charles de Bourgogne, 16; amendes qui leur sont imposées par 
Charles de Bourgogne, 20; leurs remparts démolis, â1 ; privées de leurs 
privilèges, 21. 

Bourbon, voy. Charles de Bourbon, Jacques de Bourbon, Louis de 
Bourbon. 

Bourgogne, Les ducs doivent être reconnus par les Liégeois comme 
avoués du pays, 10. Voy. Antoine ^ bdtard de Bourgogne, Charles de 
Bourgogne, Philippe de Bourgogne, 



(179) 



Bourguignons. Ils battent les Liégeois à Brusthem, 16; bonnes disposi- 
tions des chefs l)ourguignons à Tégard des Liégeois, 89; haine que leur 
portent les Liégeois, 91, 98; surpris à Tongres par les Liégeois, 92; leur 
siluation périlleuse, 93; les Liégeois leur accordent la vie sauve, 99, 100; 
les Liégeois s'emparenl de leurs chevaux, 101 ; ils se dirigent sur la Picar- 
die, 108; ils entrent à Tongres, 109 ; ils forcenl les députés des Liégeois à 
rebrousser chemin, 111; crainte qu'ils inspirent aux Liégeois, 114; ils 
ravagent le pays de Liège, 116; ils ravagent les environs de Tongres, 120; 
ils brûlent Crisgnée, 120; ils font Jean Altefastet le carme Robert prison- 
niers, 121; indignation des Liégeois contre eux, 122 ;Onufi'ius déconseille 
aux Liégeois de les attaquer, 122; les Liégeois se préparent à les assaillir, 
1 24; ils quittent Tongres, 124 ; ils attribuent à Louis de Bourbon et à Onu- 
frius la surprise de Tongres^ 125 ; attaqués parles Liégeois, 126; le bruit 
de leur défaite se répand à Liège, 127; ils battent les Liégeois près 
de Lantin, 127; ils n'attaquent pas la cité et se retirent, 129; ils 
incendient le village de Xbendremael, 135; Onufrius et Louis de 
Bourbon tombent au milieu d'eux à Othée, 137; ils campent sur les 
deux rives du Geer, 143; ils veulent mettre Onufrius à la rançon, 145; 
leurs hésitations en ce qui concerne le légat, 153 ; ils se mettent en marche 
vers Liège, 154; ordre observé par Tannée en marche, 156; sur Tordre 
de Charles de Bourgogne, ils rentrent dans leurs campements, 157; sur- 
pris à Fooz par les Liégeois, 160; ils repoussent Taitaque, 161 ; ils se diri- 
gent sur la cité, 163; assaillis en route par les Liégeois, 167; postes 
assignés aux capitaines de Tarmée, 167; ils donnent le premier assaut à 
la cité, 168; assaillis et déroutés par les Liégeois à la porte S*-Léonard, 
169; morts et blessés, 170; assaillis par les Liégeois à la Nouvelle Bras- 
serie, 173; ils repoussent les Liégeois, 174; ils pillent et brûlent Liège, 
175. 

Breitbachf voy. Guillaume Laner, 

Bretagne (le duc de), voy. François IL 

Brimeux (Guy de), voy. Humbercourt. 

Brixen, voy. Barthélemi de Brixen, 

Bruges, Le perron de Liège transporté en cette ville, 21 ; Charles de 
Bourgogne y mène les otages des Liégeois, 21 ; Onufrius va y trouver 
Charles de Bourgogne, 34, 35; le duc Charles y épouse Marguerite d'York, 
37 ; Charles engage Onufrius à ne pas Taltendre en cette ville, 39 ; le légal 
quitte Bruges, 40. 

Brusthem, village près de Saint-Trond. Les Liégeois y sont battus par 
les Bourguignons, 16, 55. 



( *80 ) 

Bruxelles, Charles de Bourgogoe donne rendez-vous à Onufrius en cette 
Tille, 40; Charles de Bourbon vient y trouver le duc Charles de la part de 
Louis XI, 40; le duc Charles y mande Louis de Bourbon, 42; Onufrius 
quitte Bruxelles, 44. 

Buereny voy. Vincent de Bueren. 

C. 

CalixlellI, pape. II donne Tévéchéde Liège à Louis de Bourbon, 4. 

Chdtons^ voy. Jean de Châlons, 

Charles de Bourbon^ archevêque de Lyon. Envoyé par Louis XI auprès 
de Charles de Bourgogne à Bruxelles, 40; il échoue dans sa mission, 41 ; 
il assiste aux conférences du duc Charles avec Onufrius, 4â. 

Charles de Bourgogne^ duc. Ses mauvaises dispositions contre les 
Liégeois, 9; les Liégeois doivent lui demander pardon, 10; obligés de lui 
payer une amende pour la prise de Falais, 11; arbitre des difficultés de 
Louis de Bourbon avec les Liégeois, 13; il engage Louis de Bourbon à 
lever l'interdit de la cité et à bannir vingt bourgeois, 13; il succède à son 
père Philippe comme duc de Bourgogne, 14; il envoie des députés à 
Rome, 14; il s'empare de Saint-Trond, 16; il soumet le pays de Liège à son 
autorité, 17; il s'établit dans Tabbaye de S*-Laurent, 17; il entre à Liège ; 
sa sentence contre les Liégeois, 1 7 ; il refuse toute modification à sa sen- 
tence, 20; il mène à Bruges les otages des Liégeois, 21 ; le pape lui fait 
demander de ménager T Église de Liège, 29; Onufrius va le trouver à 
Bruges, 34 ; il demande la confirmation de la paix de Saint-Trond, 35 ; il 
épouse Marguerite d'York, 37; il se prépare à la lutte contre Louis XI, 37; 
il part pour la Hollande, 39; ses préparatifs contre Louis XI, 40; il reçoit 
à Bruxelles un délégué de Louis XI, 40; il refuse de modifier la paix de 
Saint-Trond sans Tinlervention de Pévéque et du pays de Liège, 4t ; il 
mande Louis de Bourbon à Bruxelles, 42; sa CDlère contre Tévéque de 
Liège, 43; il accuse Louis XI de Tobstination des Liégeois, 43; il charge 
Onufrius de s'entendre avec les Liégeois sur leurs prétentions, 44; il part 
pour combattre Louis XI, 44; il campe à Péronne, 48, 49; défiance qu'il 
inspire aux Liégeois, 68; il fait savoir à Louis de Bourbon qu'il envoie le 
seigneur de Chimay pour le remettre eu possession de sa cité, 69; vœux 
des Liégeois pour sa défaite, 78, 79; lettre menaçante quMl écrit à Louis 
de Bourbon, 82; instructions qu'il donne à Humberbourt, 85; bruit de paix 
entre lui et Louis XI, 88; son projet de détruire Liège, 88; Louis de 
Bourbon le prie de ne pas s'émouvoir de la prise de Tongres, 99, 100; les 



( 181 ) 



Liégeois disposés à lui donner satisfaction, 104; Onufrius engage les 
Liégeois à exécuter leurs promesses envers le duc, 105; marche de ses 
troupes, 108; les Liégeois s*offrenl à lui faire réparation, 115; les Liégeois 
sollicitent sou amitié, 1 15; les Liégeois prient Onufrius d'aller le trouver, 
116 ; il envoie son secrétaire au légat, 1 19; il fait dire à Onufrius de veiller 
à sa sécurité, 125; projet d^Onufrius et de Louis de Bourbon de se rendre 
auprès de lui pour implorer la paix, 130, 131 ; Tévéque et le légat envoyés 
dans ce iMit auprès de lui, 132; ses communications secrètes avec Louis 
de Bourbon, 138; il est décidé à s'emparer de la cité, 139; Onufrius lui 
demande une entrevue, 142; Thibaut de Neufchâlel fait connaître aux 
Liégeois sa décision de prendre la cité, 150; les Liégeois lui demandent 
pardon et se soumettent à son bon vouloir, 152 ; il arrive à Momaile, 157 ; 
il donne Tordre à son armée de rentrer dans ses campements, 157; Louis 
de Bourbon et Humbercourt se rendent auprès de lut, 158, 160; Onufrius 
lui demande une entrevue, 158; le légat lui écrit pour se plaindre de Jean 
de Ghâlons, 159; il fait mettre le légat en liberté et lui fait restituer ses 
gens et ses effets, 162, 163; il refuse une entrevue à Onufrius, 163; son 
attitude en recevant la lettre d*Onufrius, 172; campé à la Nouvelle Bras- 
serie, 172; attaqué la nuit par les Liégeois, 175*, son vœu, 173. 

Charles de Guyenne, duc de Berri. Ennemi de son frère Louis XI, 40. 

Chartreuse, couvent près de Liège. Onufrius s'y installe, 31; les délé- 
gués du clergé et du peuple liégeois viennent y haranguer Onufrius, 32. 

Chesne, vpy. Jean de Chesne, 

Chimay (le seigneur de), voy. Jean de Croy. 

Clerfasotf voy. Arfasot. 

C lèves, voy. Adolphe de C lèves, 

Cologne. Onufrius apaise un débat en cette ville, 31. 

Corswarem, voy. Arnould de Corswarem. 

Crémone, voy. Jacques de Crémone, 

Crisgnée ou Crisnée, village du pays de Liège. Incendié par les Bour- 
guignons, 120, 122; Jean Altefastetlecarme Robert y sont faits prisonniers 
par les Bourguignons, 121. 

Croyt voy. Jean de Croy, 

D. 

Deutx, abbaye près de Cologne, voy. Guillaume Laner. 

Dînant, ville du pays de Liège. Exclue de la paix de Saint-Trond, 1 1 ; 
insolence des habitants contre Charles de Bourgogne, 12 ; la ville saccagée 
et ruinée par les Bourguignons, 12. 



( 182 ) 



E. 

Échevins de Liège. Leur Domination appartient à l*évêqae et au chapitre 
de la cathédrale, 7; leurs pouvoirs fixés par Charles de Bourgogne, 17, 
18. — Écheyin, voy. Alexandre Bérard. 

Elch, voy. Othée. 

Elderen^ voy. Guillaume de HamaL 

Elter, voy. Jean d'Elter. 

Ermites de S^-Augustin, voy. Jacques d^Ostende, 

Etienne de Trenti, évéque de Lucques. Il retourne d'Angleterre à 
Rome; chargé par Onufrius de faire connaître au pape ses négociations 
avec Charles de Bourgogne, 40. 

Eustache de Straille, Liégeois banni. Il rentre dans la cité, 49; 
Onufrius le fait mander dans sa maison à Tongres, 96; il quitte Liège, 17SS. 

Eyndhoven, voy. Barthélemi. 

F. 

Palais , château appartenant au comte de Gharolais. Pris par les 
Liégeois, 11. 

Ferri, voy. Pierre Ferri, 

Fexhe, village du pays de Liège. Lettre adressée de cette localité par 
Louis de Bourbon à Onufrius, 82. 

Filastrey voy. Guillaume Filastre. 

Fooz^ village du pays de Liège. Le camp de Humbercourt établi en 
cet endroit, 154; Onufrius, Louis de Bourbon et ses partisans s'y trou- 
vent, 154, 155, 172; Jean de Ghâlons y arrive, 154; le camp levé, puis 
rétabli à Fooz, 157; lettre adressée de cette localité par le légat à Charles 
de Bourgogne, 159; les Bourguignons surpris à Fooz parles Liégeois, 160; 
le camp levé, 163; retour du héraut envoyé de Fooz par le légat au duc 
Charles, 171. 

François 11^ duc de Bretagne. Louis XI feint de soumettre ses démêlés 
avec lui à Parbitrage de Charles de Bourgogne, 40. 

Frédéric de WiUhem, capitaine dans Tarmée bourgignonne, 137. 

G. 

Geer^ rivière, 142; Tarmée bourguignonne campe sur ses deux rives, 143. 
Ghisbert de Venrode^ prêtre étranger, compagnon d'Onufrius, 50. 



( 183 ) 

Gilles Bonem (lisez Boinem ?), chanoine de la collégiale S**-Groix , à 
Liège. Envoyé par Louis de Bourbon auprès d'Onufrius, 77. 

Gilles de Lens, Liégeois. Invilé à une entrevue avec Humber court, 110. 

Glymes, voy Jean de Glymes, 

Gossuin de Straille, capitaine des Liégeois bannis. Il rentre dans la 
cité, 49; il excite le peuple ccmtre Onufrius, 62; il accompagne le légat i 
Tongres, 81 ; opinion quMl a du légat, 82 ; Onufrius le fait mander auprès 
de lui à Tongres, 96, 98; il quitte Liège, 175. 

Grand-Jamines, village liégeois, 110. 

Guillaume Filastre^ évéque de Tournay. Envoyé à Rome par le duc de 
Bourgogne, 14. 

Guillaume de Hamal, seigneur dTlderen. Il se trouve à Tongres avec 
Louis de Bourbon, 93. 

Guillaume Laner de BreUbach, abbé de Deutz. Compagnon de voyage 
d^Onufrius, 30; la peur lui fait quitter Liège 31 ; envoyé par le légat auprès 
de Louis de Bourbon, 34. 

Guy de Brimeux, voy. Bumbercourt, 

Guyenne^ voy. Charles de Guyenne. 

H. 

Hagenbach, voy. Pierre de Hagenbach, 

Hamdlf voy. Guillaume de Hamal. 

Hannuty voy. Pierre de Hannut. 

Beinsberg, voy. Jean de Beinsberg. 

Benri de Lovenbergh, chanoine de Liège. Compagnon de voyage 
d'OnufrJus, 30; la peur lui fait quitter Liège, 31. 

Berman^ héraut d*Onufriu&, 147. 

Berstal, faubourg de Liège Occupé par les Bourguignons, 168; bataille 
en cet endroit entre les Liégeois et les Bourguignons, 169. 

Borne, voy. Jacques^ comte de Borne, 

Bouppertingen, village liégeois, 110. 

Bumbercourt (Gui de Brimeux, seigneur de). Exécuteur de la sentence 
de Charles de Bourgogne dans le pays de Liège, 23; ses exactions, 22; il 
usurpe la juridiction temporelle de Louis de Bourbon, 23; il préside à la 
démolition des remparts de la cité, 39 ; il se transporte de Meeffe à Huy, 
85; il se rend à Tongres, 85; discours que lui adresse Onufrius, 86, 87; 
surpris à Tongres par les Liégeois, 93; ses craintes; Onufrius le rassure, 
94; il assiste à Tentrevue du légat avec les chefs des Liégeois, 97; il s'en- 



( 184 ) 

gage à intervenir auprès du duc Charles pour obtenir la paix, 99 ; il promet 
de se constituer prisonnier à Monfort, 99; sa crainte des Liégeoi5,~100, 
101 ; conduit à Saint-Trond, 103; sa reconnaissance envers Onufrius, 102; 
Onufrius lui fait restituer ses effets, 103; il se rend à Léau, puis à Maes- 
tricbt, 109; il écrit au légat qu'il ira trouver le duc Charles, 110; colère 
des gens de Thibaut de Neufcbàtel contre lui, 111; il écrit à Louis de 
Bourbon et au légat pour engager les Liégeois à la soumission, 112; Onu- 
frius lui écrit de se préparer à raccompagner auprès du duc, 116; le légat 
et révéque lui envoient des députés à Saint-Trond pour l'engager à négo- 
cier la paix, 119; mépris qu'il inspire à Thibaut de Neufchâtel, 121; il 
conseille à Onufrius de ne pas se rendre auprès du duc, 125; auteur d'une 
relation de la prise de Tongres, 159; il vient au devant d'Onufrius à 
Bierset, 147; il prie Onufrius d'engager les Liégeois à une soumission 
complète, 151 ; il campe à Fooz avec les partisans de Louis de Bourbon, 
154; Jean de Châlons lui réclame la personne du légat, 154, 155; il con- 
seille à Onufrius de rester à Fooz, 156; il retourne à Fooz, 157; relevé de 
sa promesse de se rendre à Monfort, 158; il se rend auprès du duc 
Charles, 158, 160; Charles le charge de faire rendre la liberté au légat, 
162, 163; Onufrius prend congé de lui, 165; son poste dans Parmée bour- 
guignonne, 167; blessé près de la porte S^-Léonard, 170; il conseille d'at- 
taquer la cité pendant que les Liégeois traitent de la paix, 174; présent à la 
prise de Liège, 175. 

Huy, bonne ville du pays de Liège. Résidence de Louis de Bourbon, 
16; le château surpris par les Liégeois, 16; Humbercourt se rend en cette 
ville, 85; Onufrius passe par Huy, 116, 117; embûche dressée contre le 
légat près de Huy, 1 17; huit mille Liégeois se dirigent sur cette ville pour 
alleràOthée, 159,160. 

I. 

Interdit. Jeté sur la ville de Liège par Louis de Bourbon, 5; item par 
Pierre FerrI, 6; confirmé par Paul II, 8; les Liégeois réclament la levée de 
l'interdit après la prise de Dinant, 13; Louis de Bourbon refuse, 13, le 
duc de Bourgogne demande la levée de l'interdit au pape, 14; IMnterdit 
levé par Onufrius, 33, 

J. 

Jacques de Bourbon, frère de Louis de Bourbon, 99. 



( 18») 

Jacques de Crémone, chancelier d'Onufrius. Dépouillé par les Bourgui- 
gnons des papiers du légat, 143; menacé par Antoine de Salanova, 154. 

Jacques, comte de Home. II négocie la paix entre Philippe de Bour- 
gogne et les Liégeois, 9. 

Jacques d*Ostende, provincial des Ermites de S^-Augustin pour la 
Flandre. Envoyé à Rome par le duc de Bourgogne, 14. 

Jean Altefast^ doyen de Hersch dans le Luxembourg. Chapelain et 
interprète d^.Onufrius, 53 ; envoyé par Onufrius auprès de Louis de Bour- 
bon, 54; interprèle d'Onufrius auprès des Liégeois à Tongres, 95; envoyé 
par Onufrius à une entrevue, 1 11 ; le légat renvoie auprès de Humber- 
court à Saint-Trond, 119; investi de la confiance d'Onufrius, 120; retenu 
prisonnier par les Bourguignons à Grisgnée, 121 ; il revient à Liège, 124; 
il apporte à Onufrius un message de Simon de le Kerrest, 124, 125, 126; 
i^ accompagne Onufrius auprès de Thibaut de Neufchâtel, 147. 

Jean de Chdlons, seigneur d'Ârgueil, beau-frère de Louis de Bourbon. 
Accueil qu'il fait à Tévéque, 139; il retient Onufrius prisonnier, 140, 141 ; 
il campe à Lowaige, 142, 143; ses soldats pillent le légat, 143; Onufrius 
demande en vain à lui parler, 144; il reçoit des communications du duc 
Charles, 145; son projet de mettre Onufrius à rançon, 146; il accompagne 
le légat auprès de Thibaut de Neufchâtel, 147; ce que Humbercourt et 
Thibaut pensent de sa conduite, 15|, 15^; il emmène les compagnons du 
légal, 153; il se rend à Fooz et réclame son prisonnier, 154; remontrances 
qui lui sont faites, 155; il accepte une caution, 156; Onufrius se plaint de 
lui au duc Charles, 159; il excite le mécontentement du duc, 162; son 
poste dans Tarmée, 167; blessé à la porte S*-Léonard; conduit à Macs- 
tricht, 170; ses gens assistent à la prise de Liège, 175. 

Jean de Chesne (Quercu) ou de Hervé, chanoine de Liège. Présent à 
Tentrevue de Milieu, 70; il supplie Louis de Bourbon de se rendre aux 
prières du légat, 75; il fait connaître à Onufrius que Jean de Châlons 
veut s'emparer de sa personne, 155 ; il retourne à Fooz, 157; il reste auprès 
d'Onufrius, 161. 

Jean de Croy, seigneur de Chimay. Le duc Charles annonce à Louis de 
Bourbon renvoi de ce seigneur avec des troupes, 69. 

Jean d^Elter ou d'Autel, seigneur de Volgelsauck. Présent à la prise de 
Tongres, 92, 93; il jouit de la confiance de Charles de Bourgogne; député 
à Tongres par les Liégeois, 116; Thibaut de Neufchâtel empêche son 
retour, 117. 

Jean de Glymes, seigneur de Berg-op-Zoom. Envoyé de Charles de 
Bourgogne, 88 ; il fait connaître à Onufrius les bonnes dispositions des 



( <86 ) 

chefs bourguignons, 89; Onufrhis rengage à se rendre à Liège, 89; il se 
relire à Maestricht, 90; présent à Tongres lors de la prise de celte ville, 
99; il se trouve à Maestricht, 109; il écrit à Onufrius, 109; il campe à 
Fooz, 154, 155; il reste auprès du légal, 158, 159; il rallie les Bourgui- 
gnons pour repousser les Liégeois, à Fooz, 161; il fait savoir à Onufrius 
qu'il est libre, 162; son poste dans Tarmée bourguignonne, 167; blessé à 
la porte de S'-Léonard; conduit à Maestricht, 170. 

Jean de Heinsherg^ évêque de Liège. Il résigne Tévéché, i. 

Jean de Neufchâlel, seigneur de Monlagu. Capitaine bourguignon, 139, 
présent à la prise de Liège, 175. 

Jean Postely président du conseil privé, à Liège. Envoyé à Liège par 
Charles de Bourgogne, 22; chargé d'un message de Louis de Bourbon pour 
Onufrius, 59; autre message qu'il porte au légat, 67; convoqué à Tabbaye 
de Vivegnis, 69; envoyé à une entrevue, 110; il s'enfuit à Maestricht, llf. 

Jean de Seraing, doyen du chapitre de S*-Lambert. Il remet à Onufrius 
les articles à modifier de la sentence du duc de Bourgogne, 45; il annonce 
aux Liégeois que les Bourguignons se préparent à attaquer la cité, 124. 

Jean Sore^A, général des Carmes. Interprète d*Onufrius à Liège, 53. 

Jean de Wilde^ chef des bannis liégeois. Il rentre dans la cité, 49; 
Onufrius le fiait mander chez lui à Tongres, 96; il expose au légat les 
désirs des Liégeoi'', 96; il est introduit auprès de Louis de Bourbon, 99; il 
demande â Onufrius et à Louis de Bourbon de rentrer à Liège, 100; nommé 
mayeur de la cité, il fait poursuivre les assassins de Robert de Morialmé, 
107; invité à une entrevue avec Humbercourt, 110; menacé par les Lié- 
geois, 127; désigné pour escorter le légal et Tévêque, 132; renvoyée Liège, 
133; Humbercourt lui fait savoir quMl ne se rendra pas à Monfort, 158; 
tué près de la porte S^-Léonard, 170. 

Josse de La Marcky officiai de Liège. Il harangue Onufrius, 32; interprète 
du légat auprès des Liégeois, 62; il harangue les Liégeois, 132. 

K. 

Kerrest (de le\ voy. Simon de le Kerrest. 



L. 

La Marché voy. Josse de La Marck. 

Laner^ voy. Guillaume Laner. 

Lantin, village du pays de Liège. Les Liégeois y sont battus par les 



(487) 



Bourguignons, i27; le village incendié, 137; une troupe de Liégeois s'y 
fortifie, 129; Onufrius et Louis de Bourbon arrivent dans cette localité, 133; 
horrible spectacle, 134. 

LéaUy ville du Brabant. Humbercourt s'y rend, 109 ; Simon de le Kerrest 
écrit de là à Onufrius, 125. 

Lens, voy. Gilles de Uns. 

Lichlenberg ou Slavanten, couvent près de Maestricbt. Onufrius s'y 
installe, 56,57. 

Liège, pays ou principauté. Le pays ravagé par les Bourguignons, 9 ; 
les députés du pays signent la paix de Saint-Trond, 9 ; les ducs de Bour- 
gogne imposés au pays comme avoués, 10 ; le pays ravagé par les compa- 
gnons de la Verte tente, 13 j le pays soumis à la volonté du duc Charles, 17; 
les nobles du pays protestent contre certains articles de la sentence du duc 
Charles, 20; le pays soumis à la lieutenance de Humbercourt, 22; livré 
aux caprices et aux exactions de Humbercourt, 22, 23; ravagé par les 
troupes de Humbercourt, 79; ravagé par les Bourguignons, 116, 120. 

Liège, ville. Le magistrat conteste à Louis de Bourbon le merum et 
mixtum imperium, 4; Louis de Bourbon met la ville en interdit, 5; Pie II 
y envoie Pierre Fer ri comme légat, 5 ; mise en interdit, 6 ; item par Paul II, 
8; Louis de Bourbon refuse de lever Tinterdit, 13 ; efforts du duc de Bour- 
gogne pour obtenir la levée de l'interdit, 13, 14 ; les clefs de la ville remises 
au duc Charles, 17; les Bourguignons entrent dans la cité, 17; la magis- 
trature abolie, 17; les remparts de la ville démolis, 21 ; Louis de Bourbon 
demande au duc qu'on suspende la démolition, -39 ; Louis de Bourbon est à 
Liège, 42; Onufrius revient dans la cité, 44; les bannis rentrent en masse 
dans la ville, 49; excès commis dans la cité par les bannis, 30; confusion 
qui règne dans la ville, 51 ; troubles occasionnés à Liège par l'absence du 
légat, 38; conférence publique avec le légat sur le Marché, 61 ; rumeur 
que produit à Liège l'annonce de l'arrivée de Humbercourt, 79 ; la ruine 
de la cité projetée par le duc Charles, 88; fêtes à Liège pour le retour de 
l'évéque et du légat, 103; Philippe de Savoie fait savoir à Liège qu'il 
s'emparera de la cité, 121; émotion produite à Liège par l'incendie de 
Crisgnée, 122; Onufrius conseille aux Liégeois de garder la cité, 123; la 
prise de Liège décidée, 125; émotion à Liège, 126 ; le bruit de la défaite 
des Bourguignons se répand à Liège, 127 ; la nouvelle de la défaite des 
Liégeois arrive à Liège, 128; terreur des habitants qui s'enfuient de tous 
cotés, 129; la ville ouverte sans défense à l'ennemi, 129; la destruction 
de la cité décidée par le duc Charles, 150 ; la nouvelle de la soumission 
complète des députés liégeois est apportée dans la cité, 152; les Liégeois 



( 188 ) 

proposent à Thibaut de Neufchâtel d'occuper une partie de la cité, 158; 
les Bourguignons se meltent en roule pour prendre Liège, 163; Louis de 
Bourbon désigné pour donner le premier assaut à la ville, 168; descrip- 
tion de la cité du côté de la porte S*-Léonard, 168; le bruit de la mort 
d*Onufrius se répand à Liège, 171 ; la ville envahie par les Bourguignons 
pendant qu'on y traitait de la paix, 174 ; prise et livrée au pillage, 175. 

Liégeois, Ils se plaignent de Louis de Bourbon, 4; ils lui reprochent de 
refuser les saints Ordres, 5; inquiétés par Philippe, duc de Bourgogne, 5; 
ils s'emparent du château de Rheidt, 6; condamnés par Pierre Ferri, 6; 
Paul II leur ordonne de reconnaître à Louis de Bourbon le merum et 
mixtum imperium, 7; leurs hostilités contre le duc Philippe et son fils 
Charles, 9; ils doivent demander pardon à Charles de Bourgogne, 10; 
sentence cruelle que leur impose le duc, 10 ; ils doivent payer une amende 
à Charles pour la prise de Falais, 1 1 ; ils recommencent les hostilités à 
cause de l'exclusion de Dinant du traité de Saint-Trond, 12; ils font la 
paix avec le duc après la prise de Dinant, 12; ils remettent au duc la déci- 
sion de leurs différends avec Louis de Bourbon, 12; ils demandent la levée 
de l'interdit et le bannissement de vingt bourgeois, 15; le duc prie le pape 
de les réconcilier avec leur évéque, 14; ils s'emparent du château de Huy, 
16; battus par les Bourguignons à Brusthem, 16; ils se soumettent à l'au- 
torité du duc Charles, 17; sentence du duc Charles contre eux, 17-30; 
obligés d'accepter cette sentence, 20; amendes qui leur sont imposées, 
21 ; leurs députés se portent au-devant d'Onufrius, à Cologne, 31 ; leur 
soumission au pape, 52; ils exposent leurs griefs au légat, 33, 34; ils 
prient le légat d'aller intercéder pour eux auprès du duc Charles, 34; ils 
prennent parti pour les bannis, 50; ils menacent le légat dans sa sécurité, 
51 ; ils envoient des députés au légat, 55 ; ils demandent un sauf-conduit 
pour aller trouver Louis de Bourbon à Maestricht, 54; Louis de Bourbon 
leur fait refuser l'entrée à Maestricht, 55; supplications qu'ils adressent à 
l'évêque, 56; leurs députés arrêtés à Argenteau, 58; ils accusent Onufrius 
de trahison, 58; leurs députés relâchés, 59; ils veulent attaquer Louis de 
Bourbon, 59; Onufrius leur conseille d'accepter les conditions de l'évêque, 
60; harangués par le légat sur le Marché, 61 ; excités à la révolte par leurs 
chefs, 62 ; ils protestent de leur respect pour l'évêque, le légat et le pape, 
63; ils demandent le retour de Louis de Bourbon dans sa capitale et le 
bannissement de vingt bourgeois, 64, 68; ils prient le légat d'infliger la 
censure canonique à Louis de Bourbon s'il reste attaché au -parti bourgui- 
gnon, 68; promesses de secours que leur font leurs voisins, 68; ils font 
des préparatifs pour recevoir leur évêque, 76; leur consternation en appre- 



( <89 ) 

nant que Louis de Bourbon diffère son retour, 77; ils accusent Onufrius 
de trahison, 78, 79; leurs vœux pour le roi de France contre le duc dQ 
Bourgogne, 78; décidés à résister aux troupes de Humbercourt, 79; quel- 
ques bourgeois menacent le légat, 80 ; ils supplient Onufrius de se rendre 
auprès de Louis de Bourbon, 81 ; leurs soupçons contre le légat, 84; ils 
demandent des sauf-conduils pour aller à Tongres, 85; ils surprennent 
les Bourguignons à Tongres, 90, 91 ; leurs excès à Tongres« 95; haran- 
gués par Onufrius, 95; ils exposent leurs plaintes au légat, 96; conférence 
de leurs chefs avec Onufrius, 97, 98; ils acclament Louis de Bourbon, 98; 
ils ramènent Tévêque et le légat dans la cité, 10! ; la foule accourt au- 
devant des prélats, 103; les Liégeois offrent de faire réparation au duc, 
104; Louis Xi leur propose son appui, 104; ils refusent les offres du roi 
de France, 105; Onufrius les engage à tenir leur promesse envers le duc 
Charles, 105; leurs députés arrêtés par les Bourguignons, 111; Onufrius 
les engage à se soumettre à la volonté du duc, 112; leurs bonnes disposi- 
tions à regard du duc, 113, 114; leur crainte des Bourguignons, 114; ils 
prient le duc de les considérer comme amis, 115; engagements qu'ils 
prennent vis-à-vis de Thibaut de Neufchâtel, 115; ils supplient Onufrius 
de se rendre auprès du duc, 116; ils perdent tout espoir et se préparent à 
la lutte, 117; Philippe de Savoie leur annonce quMI s'emparera de la cité, 
121 ; leur colère contre les Bourguignons, 122; Onufrius leur déconseille 
d'attaquer les Bourguignons, 122; il les engage à défendre la cilé, 125; ils 
se préparent à attaquer Tennemi, 124; ils apprennent l'approche des 
Bourguignons, 124; ils se préparent à la lutte, 126; battus près de Lantin, 
127; leur animosité contre Tévéque et le légat, 128; ils espèrent une 
intervention de Louis XI, 130, 131 ; Onufrius leur propose d'aller trouver 
le duc avec Louis de Bourbon, 130; harangués par Tévéque et le légat 
dans la cour du palais, 131; ils envoient Onufrius et Louis de Bourbon 
vers le duc Charles, 132; Thibaut de Neufchâtel s'informe de leurs dispo- 
sitions, 146; leurs députés conduits à Bierset, 148; invectives par Thibaut 
de Neufchâtel, 148; Louis de Bourbon intervient en leur faveur, 149; 
Thibaut leur fait savoir que le duc prendra Liège s'ils ne se soumettent 
entièrement à lui, 150; Humbercourt insiste pour qu'ils se soumettent, 
151 ; ils déclarent vouloir accepter toutes les conditions qu'on leur impo- 
sera, 152; ils proposent à Thibaut de Neufchâtel d*occuper une partie de 
la cité, 158; huit mille Liégeois se portent à la rencontre des Bourgui- 
gnons, 159; leur tactique; ils surprennent leurs ennemis à Fooz, 160; 
leur attaque repoussée, 161; ils assaillent les Bourguignons, 167; ils 
soutiennent un premier assaut, 168; ils surprennent l'ennemi à la porte 



( 490 ) 

S^-Léooard, 169; ils attaquent le camp de Louis XI et du duc Charles, 
173; insuccès de leur coup de main, 173; ils discutent les conditions de 
paiX) 174; surpris, ils s'enfuient de Liège, 175. 

LierSf village du pays de Liège. Ooufrius y donne rendez-vous k Louis 
de Bourbon, 66. 

Louis de Bourbon, évéque de Liège. Il mécontente les Liégeois, 4; il 
refuse de recevoir les saints Ordres, 5; il jette Tinterdit sur la cité et se 
réfugie auprès de Philippe, duc de Bourgogne, 5; il réclame Tintervention 
du pape, 5; Paul M lui attribue le merum et mixtum imperium, 7 ; le duc 
Philippe arbitre de ses différends avec ses sujets, 12; il refuse de lever 
rinlerdit et de bannir vingt bourgeois, 13; le duc Philippe fait demander 
au pape de le réconcilier avec son peuple, 14; il réside à Huy, 16; il se 
réfugie auprès de Charles, duc de Bourgogne, 16; il proteste contre 
certains articles de la sentence du duc Charles, 20; son autorité usurpée 
par Humbercourt et Jean Postel, 23; il va saluer Onufrius, 32; il célèbre 
sa première messe, 33 ; il prie Onufrius de se rendre auprès du duc Charles 
à Bruges, 34; il envoie Richard Troncillon à Bruges, 37; il écrit au légat 
pour le remercier et le prier de continuer ses démarches, 38, 39; mandé à 
Bruxelles par le duc Charles, 42 ; il supplie le duc en faveur des Liégeois, 
42; il excite la colère du duc, 43; il délibère avec Onufrius et le chapitre 
de S*-Lambert, 44, 45 ; il préside une réunion de la noblesse à Maestricht, 
49; les bannis déclarent se soumettre à son autorité, 52; il écoute les sup- 
plications des Liégeois, qui demandent son retour à Liège, 56; ses condi- 
tions pour rentrera Liège, 57; le légal réclame son intervention auprès 
des seigneurs d'Argenteau, 59; il s'excuse misérablement, 59 ; les Liégeois 
se défient de lui, 60; les bannis protestent de leur respect pour lui, 63; les 
Liégeois demandent son retour dans sa capitale, 64; sa conférence avec 
Onufrius à Milmorte, 64; il se rencontre avec le légat à Liers, 66; il fait 
donner Tassant à la cité, 66; il envoie des députés au légat et fait des con- 
cessions, 67; il promet de rentrera Liège, 67; convoqué à Vivegnis, il 
refuse de s'y rendre, 69; le duc Charles lui envoie des troupes pour le 
remettre en possession de sa capitale, 69 ; sa conférence à Milieu avec 
Onufrius, 70; reproches que lui adresse le légat, 71-74; il se laisse fléchir 
et promet de rentrer à Liège, 75, 76; il va à Tongres, 77; il fait demander 
une entrevue au légat, 77; il donne rendez- vous à Onufrius à Tongres, 
82; il envoie une escorte au légat, 82; il montre à Onufrius une lettre 
menaçante du duc Charles, 82; reproches que lui adresse le légat, 85; il 
s'engage à intercéder auprès du duc Charles, 84; il prie Onufrius de rester 
à Tongres jusqu'à l'arrivée de Humbercourt, 85; surpris à Tongres par les 



r 



(m ) 

Liégeois, 91; faux bruil de sa fuite à Maestricht, 9i; il se rend chez le 
légat, 93; Onufrius le rassure, 94; il assiste à Tentrevue des Liégeois avec 
le légat, 97; acclamé par les Liégeois, 98; il fait dire au duc de ce pas 
s'alarmer de la prise de Tongres, 99, 100; il promet de rentrer dans sa 
capitale, 100; il part pour Liège, 102; il rentre à Liège aux acclamations 
du peuple, 103; il demande à Onufrius de loger dans son palais, 103; son 
inquiétude pour Robert de Morialmé, 106; invité à une entrevue par 
Humbercourt, i 11 ; il engage les Liégeois à se soumettre au duc Charles, 
lia; les Liégeois s'en rapportent à son arbitrage, 113; ses conférences avec 
Hagenbacb, 114; il entrelient des relations secrètes avec les Bourguignons, 
117; son projet de fuite, 118; Onufrius lui adresse des reproches, 118; il. 
promet au légat de ne pas le quitter, 1 19; il fait demander à Humbercourt 
de négocier la paix avec le duc, 120; Philippe de Savoie le fait saluer de sa 
part, 121 ; Onufrius l'accuse de trahison, 123; soupçonné parles Bourgui- 
gnons d'avoir conseillé la prise de Tongres, 125, 126; sa situation critique 
à Liège, 126; objet de la colère des Liégeois, 128; il veut s'enfuir de 
Liège, 128; il se réfugie dans la tour de la cathédrale S*-Lambert, 128; il 
consent à aller avec Onufrius auprès du duc Charles, 130, 131; il assure 
les Liégeois de son dévouement, 131 ; envoyé par les Liégeois auprès du 
duc, 13^; il arrive à Lantin, 133, 134; il envoie des hérauts à Thibaut de 
Neufchâtel, 135; sa situation critique, 155; reproches que lui adresse 
Onufrius, 136; il tombe au milieu des- Bourguignons, 137; ses communi- 
cations secrètes avec le duc Charles, 138; Onufrius lui fait des reproches, 
139; consolations qu'il adresse au légat prisonnier, 140, 141 ; il abandonne 
le légat, 142; Onufrius demande à le voir, 144; il se trouve auprès de 
Thibaut de Neufchâtel, 145; il vient au-devant d'Onufrius à Biersel, 147; 
il intercède auprès de Thibaut de Neufchâtel en faveur des Liégeois, 149 ; 
il annonce à Thibaut la soumission complète des Liégeois, 152; il se 
trouve à Fooz avec ses partisans, 154; réclamations que lui adresse Jean 
de Chàlons à propos du légat, 154; Onufrius sollicite son intervention 
pour être remis en liberté, 155; il conseille à Onufrius de rester à Fooz, 
156; il retourne à Fooz, 157; les Liégeois lui demandent de rentrera 
Liège, 158; il se rend auprès du duc Charles, 158, 160; il revient à Fooz, 
162; Onufrius lui annonce son intention de se retirer en lieu sûr, 164; le 
légal prend congé de lui, 165; son poste dans l'armée bourguignonne, 
167; désigné pour donner le premier assaut à la cité, 168; il intercède en 
faveur des Liégeois, 17 1 ; il tente un dernier eflforl pour rétablir la paix, 174, 
Louis XI, roi de France. Il assiste au sac de Liège, 2 ; il rassemble une 
armée pour combattre Charles, duc de Bourgogne, 37; il envoie Charles 
MÉM. ONUFRIUS. ^3 



■r 



( *»2 ) 

de Bourbon auprès du duc Charles à Bruxelles, 40; le duc Charles l'accuse 
de soutenir les Liégeois, 43; les bannis rentrent à Liège au cri de « Vive 
le roi de France, » 50; vœux que les Liégeois forment pour lui, 78, 79; sa 
paix avec le duc Charles annoncée, 88; les Liégeois crient < Vive le roi de 
France » eu surprenant les Bourguignons à Tongres, 91 ; il fait promettre 
son appui à Onufrius et aux Liégeois, i04; on apprend à Liège qu'il a 
conclu la paix avec le duc de Bourgogne, 150; les Liégeois comptent sur 
son intervention en leur faveur, 130, 131 ; Onufrius el Louis de Bourbon 
envoyés auprès de lui par les Liégeois pour demander la paix, 13â ; décidé 
à accompagner le duc Charles à la prise de Liège, 139; il arrive à Momalle, 
157; les Liégeois le considèrent comme un ennemi, 169; campé à la Nou- 
velle Brasserie, 172; attaqué la nuit par les Liégeois, il échappe au danger, 
173; il donne le signal du pillage à Liège, 175. 

Louvain (lisez Bruxelles?). Onufrius avait été en cette ville, 88. 

Lo¥€nberg, voy. Henri de Lovenberg. 

Lowaige^ village près de Tongres. Jean de Châlons y établit son carnp, 
142. 

Luxembourg. Les lettres d'OnufrIus interceptées près de cette ville, 1 04. 



M. 



MaestrichL Articles publiés en faveur des habitants de cette ville par 
le duc de Bourgogne, 19; Louis de Bourbon y préside une réunion de la 
noblesse du pays de Liège, 49; Louis de Bourbon y reçoit les députés 
des Liégeois, 54; Tévêque refuse aux Liégeois l'entrée dans cette ville 
56; Onufrius reste à Maestricht auprès de l'évêque, 57; le légat va y trouver 
Tévêque, 70; Onufrius projette de s'y rendre, 84, 85, 87; Jean de Berg s'y 
retire, 99; Humbercourt et Jean de Berg s'y trouvent, 109; Jean Postel 
s'y retûre, 111 ; Onufrius veut s'y rendre, 136; les habitants craignent les 
Liégeois, 166; Onufrius accueilli en cette ville, 167; les blessés liégeois 
amenés à Jllaestricht, 170; les gens d'Onufrius le rejoignent en celte ville, 
171. 

MarguerUe d'York, Elle épouse Charles, duc de Bourgogne, à Bruges, 37. 

MarHanOy voy. Raymond de Marliano, 

Mayence, Onufrius est envoyé comme légat en cette ville, 6; Onufrius 
y tombe malade, 30. 

Meeffèy village du pays de Liège. Humbercourt y arrive avec des troupes, 
79; Bumbercouri se rend de cet endroit à Huy, 85. 

Meersch, voy. Jean Altefast. 



( ^95 ) 

Merum et mixtum imperium^ droit déjuger les criminels. ReveDdiqné 
par Loais de Bourbon, 4; attribué à Tévêque par Paul II, 7; modifications 
proposées sur ce point à la sentence de Charles de Bourgogne, 46, 48. 

if ^/f>rs (Corporations de). Abolies à Liège, 18. 

Meurs, voy. Vincent, comte de Meurs, 

Millen, village près de Tongres. Entrevue en cette localité entre Onu- 
frins et Louis de Bourbon, 70, 81, 83. 

Milmorte, village du pays de Liège. Conférence en cette localité entre 
Onufrius et Louis de Bourbon, 64 

Momalle, village du pays de Liège. Louis XI et Charles, duc de Bour^ 
gogne, arrivent en cette localité, 157, 159. 

Monfortsur Ourthe, village du pays de Liège. Humbercourt s'engage à 
s'y constituer prisonnier, 99; Humbercourt relevé de sa promesse, 156. 

Montaigle, château du comté de Namur. La ferme brûlée par les Lié- 
geois, 11. 

Montarchier, familier de Louis de Bourbon. Envoyé par i'évéque auprès 
du duc Charles, 99; ses communications secrètes avec Louis de Bourbon, 
138; item avec Jean de Châlons, 145. 

Morialméy voy. Robert de Morialmé, 

N. 

Namur, comté. Traversé par Tarmée bourguignonne, 108,109. 

Neufchâtel, voy. Jean et Thibaut de Neufchdtel. 

Nouvelle Brasserie (Noeve-Bressenne), lieu dit sur la montagne de 
S*<-Walburge. Les Liégeois y surprennent le camp de Louis XI et du duc 
Charles, 172. 

O. 

Onufrius de Sancta-Cruce^ évéque de Trîcaria. Ëtant à Aix-la-Chapelle, 
il avait promis au pape une relation du sac de Liège, 1 ; la vérité sur ce 
fait a été altérée, 2; il aurait voulu la faire connaître par une déclaration 
publique; il y avait renoncé à cause des révélations qu*il aurait dû faire, 
i; décidé à mettre les faits par écrit, il les dévoilera entièrement, 3; adjoint 
à Pierre Ferri,6; sa mission à Mayence, 6; Paul I! renvoie comme légat à 
Liège, 15; son départ retardé, 16; Louis de Bourbon, le clergé et les nobles 
lui remettent des protestations secrètes contre certaines clauses de la sen- 
tence du duc Charles, 20; texte de la bulle qui lui confère ses pouvoirs, 
23; ses instructions en ce qui concerne le duc de Bourgogne, 29; il quitte 



» i 



( 494 ) 

Rome; ses compagnons de voyage, 30; il tombe malade à Mayence, SO; il 
apaise un conflit à Cologne, 31 ; il s'installe à la Chartreuse, près de Liège, 
31 ; il reçoit les députés du clergé et de la bourgeoisie, 52; il lève Tinterdit, 
33; il écoute les plaintes des Liégeois, 33,34 ; il se rend à Bruges auprès 
du duc Charles, 34; ses conférences amicales avec le duc, 35; il demande 
au duc de modérer sa sentence, 35, 36; Louis de Bourbon le remercie de 
ses démarches, 37, 38; le duc Charles l'engage à ne pas attendre son retour 
à Bruges, 39; il fait connaître à Paul II le résultat de ses négociations avec 
le duc, 40; il attend le duc à Bruxelles, 40 ; ses efforts pour obtenir du duc 
des modifications à la paix de Saint-Trond, 41 ; ses entrevues avec le duc 
Charles, 42 ; il tâche d*apaiser la colère du duc, 43 ; chargé par le duc de 
s'entendre avec les Liégeois sur leurs prétentions, 44; il revient à Liège, 
44 ; comment il obtient un vote sincère du chapitre de S*-Lambert, 45; il 
prend sous sa protection les étrangers qui se trouvent à Liège, 50 ; menacé 
dans sa sécurité par les bannis, 51 ; il refuse de quitter Liège, 51 ; il déclare 
aux bannis quMl est prêt à renoncer à sa mission, 52; il confère à S*-Jac- 
ques avec les députés des bannis, 53; il obtient un sauf-conduit pour les 
députés des Liégeois se rendant à Maestricht, 54; il se dispose à aller 
trouver Louis de Bourbon à Maestricht, 54; soupçonné de trahison par les 
bannis, 55; arrêté par les seigneurs d'Argenteau, 55; il sMnslalle au cou- 
vent de LIcbtenberg près de Maestricht, 56; il renvoie les députés des Lié- 
geois, 57; il promet de rentrer à Liège, 58; accusé de trahison, 58; il 
obtient la mise en liberté des Liégeois arrêtés à Ârgenteau, 59, 60; il fixe 
un rendez-vous à Louis de Bourbon à Vivegnis; il rentre à Liège, 60; il 
harangue les Liégeois sur le Marché, 61 ; clameurs séditieuses qui s'élè- 
vent contre lui, 62; les bannis le réclament pour arbitre, 04; il se rend 
à Milmorle auprès de Louis de Bourbon, 64; accord quMI fait avec Tévé- 
queau sujet des bannis, 65; il revient à Liège, 65; il donne rendez-vous 
à Louis de Bourbon à Liers, 66; il reproche à Tévéque son attaque contre 
la cité, 67; il revient à Liège et sépare les combattants, 67; les Liégeois 
lui demandent dMnfliger les censures canoniques à Louis de Bourbon 
sMI reste attaché aux Bourguignons, 68 ; il se rend à Tabbaye de Vivegnis, 
68; révêque lui écrit que le duc Charles envoie des troupes pour s'em- 
parer de la cité, 69; il cache cette nouvelle aux Liégeois, 69; il part pour 
Maestricht, 70; reproches qu'il adresse à Louis de Bourbon, 71-74; 
l'évéque lui demande de le précéder à Liège, 75; il annonce à Liège le 
retour de Louis de Bourbon, 77; l'évêque lui fait savoir qu'il doit retar- 
der son arrivée et lui demande une entrevue, 77; Louis de Bourbon lui 
donne rendez- vous à Tongres, 78; accusé de trahison par les Liégeois, 



( 195 ) 

78; i] s*appréte à partir pour Tongres, 79; danger qu*il court à Liège, 80; 
allocution qu'il adresse aux chefs des Liégeois, 80; il part pour Tongres, 
81; il arrÎTe à Tongres, 82; Louis de Bourbon lui montre une lettre 
menaçante du duc Charles, 82; il adresse des reproches à Té^éque, 83; 
il fiiit connaître à Liège les bonnes dispositions derévéque, 84; il reste 
à Tongres jusqu'à Parrivée de Humbercourt, 85; discours qu'il adresse 
à Humbercourt, 86, 87 ; Jean de Glymes lui fait connaître les projets des 
Bourguignons, 88, 89; il engage Jean de Glymes à se rendre à Liège, 89; 
il se propose de retourner à Liège, 90; surpris à Tongres par les Liégeois, 
91, 92; il fait venir Louis de Bourbon chez lui, 95; il rassure Louis de 
Bourbon et Humbercourt, 94; il harangue les Liégeois, 95; Onuflrius 
mande les chefs des Liégeois» 96; il ménage un arrangement entre Louis 
de Bourbon et les Liégeois, 97-99; les Liégeois lui demandent de revenir 
à Liège, 100; acclamé par les Liégeois à Tongres, 101; ses bagages 
laissés à Tongres, 102; Humbercourt lui témoigne sa reconnaissance, 
102; il rentre à Liège avec Louis de Bourbon, 103; il loge dans le palais 
de révéque, 103; il reçoit un message de Louis X(, 104; il refuse Tappui 
du roi de France, 103; il engage les Liégeois à remplir leurs promesses 
envers le duc Charles, 103; son indignation pour l'assassinat de Robert 
de Morialmé, 107; sa correspondance avec Jean de Berg, 109; Humber- 
court lui écrit qu'il ira trouver le duc Charles, 110; invité à une entrevue 
avec Huml>ercourt, 110; indisposé, 111 ; il engage les Liégeois à se sou- 
mettre au duc, 112; il écoute les propositions des Liégeois, 113; ses 
conférences avec Hagenbach, 114; il conseille aux Liégeois d'écrire à 
Thibaut de Nenfchâtel, 113; les Liégeois le supplient de se rendre au près 
du duc, 116; embûche dressée contre lui à Huy, 117; il apprend les rela- 
tions secrètes de Louis de Bourbon avec Thibaut de Neufchâtel, 117; 
reproches qu'il adresse à l'évéque, 118; Louis de Bourbon lui promet de 
ne pas le quitter, 119; Simon de le Kerrest lui demande une entrevue, 
119; il prie Humbercourt de négocier la paix, 119; il demande à Simon 
de le Kerrest de venir à Liège, 120; il déconseille aux Liégeois d'attaquer 
les Bourguignons, 122; il accuse Louis de Bourbon de trahison, 123; sa 
vie menacée, 123; il reçoit une lettre de Simon de le Kerrest, 124; le duc 
Charles lui fait dire de veiller à sa sécurité, 125, 126; Humbercourt 
l'engage à ne pas se rendre auprès du duc Charles, 125; sa situation 
critique à Liège, 120; objet de l'animosilé des Liégeois, 128; il refuse de 
quitter Liège et se réfugie dans la tour de S^-Larobert, 128 ; il offre aux 
Liégeois d'aller avec Louis de Bourbon implorer la clémence du duc, 
130; 131 ; il harangue les Liégeois, 131 ; envoyé par les Liégeois auprès du 



( *96 ) 

duc Charles, 153; il arrive à Lantin, 135, 134; sa siluation critique» 13S; 
reproches qu'il adresse à Louis de Bourt)OD, 136; il tombe au milku des 
BourguigDODS, 137; il surprend les communica lions secrètes de Louis de 
Bourbon avec le duc Charles, 138; reproches quMI adresse à Tévéque, 
139; retenu prisonnier par Jean de Ghàlons et dépouillé, 140, 141 ; il 
demande à avoir une entrevue avec le duc, 143; abandonné par Louis de 
Bourbon, 142; conduit à Lowaige, 142; son chancelier dépouillé d^ ses 
papiers, 1 43; rassuré sur son sort par le seigneur de Soas, 144; il demande 
en vain à voir Louis de Bourbon ou Jean de Ghâlons, 144; les Bourgui- 
gnons projettent de le mettre à la rançon, 145; mandé auprès de Thibaut 
de Neufchàtel, 143, 146; conduit à Bierset, 147; courageuse déclaration 
qu*il fait à Thibaut de Neufchàtel, 130, 151 ; Humbercourl insiste auprès 
de lui pour obtenir des Liégeois une soumission complète, 131 ; on lui 
fait des excuses pour la conduite de Jean de Ghàlons, 131 , 132; il recom- 
mande ses compagnons à Jean de Ghàlons, 135; il se rend à Fooz auprès 
de Louis de Bourbon, 134; Jean de Ghàlons veut l'envoyer en Bourgogne, 
134; ses invectives contre Jean de Ghàlons, 153; il réclame Tintervention 
de Louis de Bourbon,. 133; il veut suivre Tarmée, 136; les Liégeois lui 
demandent de rentrer à Liège, 158; il se plaint de Jean de Ghàlons au 
duc Charles, 139; il met les Bourguignons en garde contre la tactique 
des Liégeois, 160; sa situation critique à Foqz, 161; le duc Charles lui 
fait savoir qu'il est libre, 162, 163; il annonce Tintentionde se retirer en 
lieu sûr, 164; il quitte Louis de Bourbon et les chefs de l'armée bour- 
guignonne, 163; il se met eu route pour Maestricht, 166; il arrive à 
Maestricht, 167; accueilli par la population et par les chanoines de 
S*-Servais, 167; rejoint à Maestricht par ses gens, 171; le bruit de gs 
mort se répand à Liège« 171 ; attitude du duc Charles en recevant s» letOre, 
172. 

Ostende, voy. Jacques d'Ostende. 

Othée (en flamand Elch\ village près de Tongres. Onufriuset Louis de 
Bourbon conduits eu cette localité parles Bourguignons, 137; les compa- 
gnons du légat y sont retenus prisonniers, 142, 143. 

Outre^Meuse, quartier de la ville de Liège. Les bannis proposent à 
Thibaut de Neufchàtel de s'y retirer, 63, 63, 66. 

P. 

Pûio!. Conclue entre les Liégeois et les Bourguignons après la prise de 
Dinant, 12. — Paix de Sainl-Trond, signée entre le duc de Bourgogne, 



( 197 ) 

Louis de Boarbon et le pajs de Liège, 9-11 ; le duc demande au pape de 
coDârmer celle paix, 14; le pape s*y refiise, 15; articles de celle paix con- 
firmés, 20; le duc Charles en demande la ratification, 35, 

Palant, voy. Warni$r de Palant. 

Paul //, pape. Onufrius lui promet un récit du sac de Liège, 1 ; Onu- 
frius lui adresse son mémoire, 1 ; successeur de Pie II, 7; il attribue le 
merum et mixtum imperîum à Louis de Bourbon, 7 ; Philippe et Charles 
de Bourgogne Pengagenl à «envoyer un légat à Liège, 14; il consulte le col- 
lège des cardinaux, 15; Il envoie Onu&ius comme légat à Liège, 15; sa 
bulle conréranl des pouvoirs au légat, 35; Onufrius lui fait connaître le 
résultat de ses démarches auprès du duc Charles, 40; Onufrius lui fait 
savoir ce qui s*est passé à Tongres, 104. 

Pauline. Sentence de Paul II conréranl le merum et mixtum imperîum 
à Louis de Bourbon, 7-8 ; le duc Charles de Bourgogne en demande la 
confirmation, 18. 

Péronne. Le duc Charles de Bourgogne se trouve en celle ville avec son 
armée, 48. 

Perron de Liège, Livré au duc Charles, 18; transporté à Bruges^ 21. 

Philippe, duc de Bourgogne. Louis de Bourbon se réfugie auprès de 
lui, 5; il réclame la médiation du pape, 5; il fait des incursions dans le 
pays de Liège, 9; il conclut une paix à Sainl-Trond avec les Liégeois, 9; 
il prend Dinant, 13; arbitre des différends entre Louis de Bourbon et les 
Liégeois, 15; il engage Pévêque à lever Tinlerdit et à bannir vingl bour- 
geois, 13; il demande au pape d'envoyer un légal à Liège, 14 ; sa mort, 14. 

Philippe^ duc de Savoie, capitaine dans Tannée de Bourgogne, 108; il 
fait remettre en liberté les députés d'Onufrius et de Louis de Bourbon, 
Hl; il fait annoncer aux Liégeois quMl s'emparera de la cité, 131, 124; 
capitaine de Tarmée, 140, 142; il assiste à la prise de Liège, 175. 

Piages (Le seigneur de), Picard. Il se trouve avec Humbercourt à Ton- 
gres, 93; il reste auprès d'Onufrius, 1 58, 159. 

Pie //, pape. Il envoie Pierre Ferri comme légat à Liège, 5; il envoie 
Onufrius comme légal à Mayence, 6; sa mort, 7. 

Pierre Ferri, éyéque de Tarazona. Envoyé comme légal à Liège, 5, 15 ; 
il jette Pinterdit sur la ville de Liège, 6. 

Pierre de Bagenbach, maître d'hôtel de Charles, duc de Bourgogne. 
Envoyé à Liège, il promet de travailler en faveur de la paix, 1 14; il fait 
connaître à Thibaut de Neufchâtel les bonnes dispositions des Liégeois, 
115; Thibaut lui reproche son intervention, 1 15; il vient au-devant d*Onu^ 
friusà Biersel,147. 



( 198) 

Pierre de Bannut, doyen de la collégiale S^-Pierre, à Liège. Envoyé 
par Louis de Bourbon à Onufrius, 77. 
Pierre de P^rou«6, compagnon d'Qnufrius, 147. 
Postel, voy. Jean Postel. 

Quatre arbres (A ux), lieu dit sur la route de Saint-Trond à Tongres. 
Indiqué pour une entrevue par Humbercourt, 1 10. 
Quercu, Toy. Jean de Chesne, 

B. 

Ravestein, voy. Adolphe de Clèves, 

Raymond de Marliano, conseiller de Philippe, duc de Bourgogne, puis 
de Louis de Bourbon. Compagnon de voyage et conseiller d'Onufrius, 30 : 
il transmet à Paul il le résultat des négociations du légatj avecle duc 
Charles, iO. 

Reckheim» Cette localité assignée comme résidence provisoire aux 
bannis par Louis de Bourbon, 57. 

Rheidt, château sur la Neers. Pris et rasé par les Liégeois, 6 

Richard, maître d'hôtel d'Ouufrius. Envoyé par le légat au-devant de 
Simon de le Rerrest, 120; il accompagne Onufrius auprès de Thibaut de 
Neufchâtel, U6. 

Richard Troncilion, secrétaire de Louis de Bourbon. Envoyé à Bruges 
auprès d'Onufrius, 57. 

Robert, carme de Liège. 11 harangue Onufrius en latin, 32 ; interprète 
du légat auprès des Liégeois, 61 ; il accompagne Onufrius à Tongres, 81 ; 
interprète du légat, 82, 107; envoyé par Louis de Bourbon auprès du 
légat, 103; envoyé par Onufrius à une entrevue, 111 ; il fait connaître au 
légat les projets des Bourguignons, 117; envoyé par Louis de Bourbon 
auprès de Humbercourt, 120; retenu prisonnier par les Bourguignons, 
121; il revient à Liège, 124; interprète d'Onufrius auprès des Liégeois, 
131; il accompagne Onufrius auprès de Thibaut de Neufchâtel, 147. 

Robert de Morialmé, archidiacre de Liège, 43 ; blessé à Tongres, 91 , 
93; rendu odieux aux Liégeois, 101 ; assassiné sur la route de Liège, 106, 
107. 

Ruperty comte palatin du Rhin. Onufrius apaise sa querelle avec ses 
sujets, 31 . 



( ^99 ) 



8. 

S^'Jacques, abbaye à Liège. Résidence du légat Otiufrius, 50; les 
moines garantissent la sécurité du légat, 51 ; conférence dans Tabbaye 
entre les bannis et le légat, 53 ; Onufrius ne juge pas Tabbaye assez pro- 
tégée pour y recevoir les armes des bannis, 65; réunion nocturne dans 
Tabbaye, 80; Onufrius y envoie ses gens loger, 104. 

S*- Lambert, cathédrale de Liège. Louis de Bourbon et Onufrius se 
réfugient dans la tour, 138. 

S^'Lambert (Chapitre de). Il proteste contre certains articles de la 
sentence de Charles, duc de Bourgogne, relatifs à la juridiction de TËglise 
de Liège, âO; il délibère avec Louis de Bourbon et Onufrius, 44; une par- 
tie du chapitre est dévouée au duc de Bourgogne, 45; cornaient le légat 
obtient un vote indépendant du chapitre, 45; il indique au légat les modifica- 
tions à demander à la sentence du duc Charles. — Chanoines de S*- Lam- 
bert, voy. Henri de Lovenberg, Jean de Chesney Jean de Seraing, Josse 
de La Marck. Raymond de Marlianoy Richard Troncillony Robert de 
Morialmé. 

S'-Laurent, abbaye près de Liège. Charles, duc de Bourgogne, s'y 
installe, 1 7. 

S^'Léonard, porte de la ville de Liège, 167; le premier assaut des 
Bourgignons est donné en cet endroit, 168; massacre des Bourguignons, 
169; les Bourguignons entrent par ce côté dans la cité, 174. 

S^'Pierret collégiale de Liège. Doyen, voy. Pierre de Rannut. 

Saint'Trond^ bonne ville du pays de Liège. Une paix y est signée entre 
Philippe, duc de Bourgogne, et les Liégeois, 9 ; la ville prise par le duc 
Charles, 16; Humbercourt conduit en cette ville, 102; Humberoourt écrit 
de là à Onufrius, 1 13; arrivée de Simon de le Kerrest en cette ville, 119; 
Humbercourt y reçoit la visite de Jean AlteFast, 119;- Humbercourt et 
Simon restent dans cette ville, 120, 121. Voy. Paix. 

S^~Croix, collégiale de Liège. Chanoine ; voy. Gilles Bonem, 

5««- Walburge, porte de Liège. Les Liégeois s*y rendent àHa rencontre 
de Louis de Bourbon, 77 ; Louis XI et le duc Charles établissent leur camp 
dans le faubourg, 172. 

Salanova, wy. Antoine de Salanova. 

Seraing, voy. Jean de Seraing. 

Simon de le Kerrest, secrétaire de Charles, duc de Bourgogne, 109; 
envoyé par le duc à Saint-Trond, 1 19; il demande une entrevue à Onufrius, 
119; Onufrius le prie de venir à Liège, 120; il reste à Tongres, 120, 121 ; 



( MO ) 

il excite la colère de Thibaut de Neufcbâteli 121, 122; il envoie de Léau 
un message à Onufirius, 12i, 125, 126; Onufrius quitte Liège à sa demande, 
189. 

Slavanten, voy. Lichtenberg. 

Soas (Le seigneur de). Il rassure Onufrius, 144 

Soreth, voy. Jean Soreth, 

Straiile, voy. Gossuin et Jean de Straille, 



Thibmut de Neufchâtel, maréchal de Bourgogne. Il traverse le Namu- 
rois, 108 ; il entre à Tongres, 109; ses gens forcent les dépotés liégeois à 
rebrousser chemin, 11 1 ; colère de ses gens contre Humbercourt, fil ; il 
reproche à Hagenbach d^avoir donné aux Liégeois des espérances pour la 
paix, 115; Onufrius le fait prier de faire cesser les ravages dans le pays, 
116; il retient les députés des Liégeois, 1 17; il méprise les recommanda- 
tions de Humbercourt, 121; il retient prisonniers les hérauts de Louis de 
Bourbon, 155; il approche d'Othée, 159 ; chef de Tarmeé boui^ignontte, 
142; il fait mander Onufrius auprès de lui, 145, 146; son camp établi à 
Bierset^ 147 ; il se rend au-devant d^Onufrius, 147 ; ses invectives contre 
les Liégeois, 148 ; Louis de Bourbon intercède auprès de lui en faveur 
des Liégeois, 149; décidé à prendre Liège si les Liégeois ne se soumettent, 
150 ; il fait des excuses au légat pour la conduite de Jean de Châlons, 152; 
les Liégeois acceptent toutes ses conditions, 152; il repousse les proposi- 
tions des Liégeois, 158; le duc Charles lui fait dire de remettre le légat 
en Hberté, 162, 163; il entre à Liège, 175. 

Tt/man, de Tongres^ compagnon d'Onufrius, 136; il guide Onufrius sur 
la route de Maestricht, 137. 

Tongrêê^ bonne ville du pays de Liège. Louis de Bourbon s*y trouve, 
77 ; révoque y donne rendez- vous à Onufrius, 78, 79 ; Onufrius se rend à 
Tongres, 81, 82 ; intention des Liégeois d'aller trouver Tévéque en cette 
ville, 85; Humbercourt arrive à Tongres, 85; la ville surprise par les Lié- 
geoiS) 90-102 ; les Bourguignons entrent à Tongres, 109 ; Hagenbach vient 
y trouver Thibaut de Neufchâtel, 115; les environs de la ville ravagés, 
120; les Bourguignons quittent Tongres, 124; la surprise de cette ville 
attribuée à Louis de Bourbon et à Onufrius, 125, 126, 139. 

Trentiy voy. Etienne de Trenti. 

Troncillon^ voy. Richard Tronoitlon. 

Turcs. Philippe, duc de bourgogne, prépare une expédition contre les 
Turcs, 5; l'amende imposée aux Liégeois destmée à les combattre, 8; les 
Liégeois promettent un subside dans le même but, 33. 



(201 ) 



V. 

VelrouXj voy. Amel de Velroux» 

Venrode, voy. Ghisberl de Venrode. 

Verte tente (Les compagnons de la), alliés des Liégeois révoltés contre 
Tautorité de Louis de Bourbon, 13; ils ravagent le pays de Liège, 13; cri 
des Liégeois bannis, 169. 

Vincent de Bueren, chef des Liégeois bannis. Il rentre à Liège, 49; il 
accompagne Onufrius à Tongres, 81 ; Onufrius le fait mander chez lui, 96; 
il accourt avec les Liégeois à la rencontre du légat et de Louis de Bour- 
bon, 103; instigateur de Tassassinat de Robert de Morialmé, 108; il quitte 
Liège, 175. 

Vincent, comte de Meurs. Il négocie la paix entre Philippe, duc de 
Bourgogne, et les Liégeois, 9. 

Vivègnis^ abbaye près de Liège. Un rendez-vous y est 6xé entre Louis 
de Bourbon, Onufrius et les Liégeois, 60; le légat s'y rend une seconde 
fois, 68. 

Vogelzanck, voy. Jean d^Elter, 

W. 

ïVarni>r (lisez nenier) de Palant, prévôt d'Aix-la-Chapelle, 137. 

Warnier de Witthem, capitaine bourguignon, 137. 

Witde, voy. Jean de Wilde. 

Witthem, voy. Frédéric et Warnier de Witthem. 

X. 

Xhendremaelf village du pays de Liège. Incendié par les Bourguignons, 
135. 



York, voy. Marguerite d'York. 



Zuccarus de Todi, compagnon d'Onufrius, li7. 



UNIV. C ÎIQANI, 

JAN 25 1912