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MÉMOIRES 



DE LA 



'^i. 



i^Qltl^â %01&I.IS 



DES SCIENCES, LETTRES ET ARTS 



DE NANCY. 



1833—1834. 




NANCY, 



DE l'imprimerie de V.* HISSETTE, IMPRIUEVR DE ^ACADEMIE , DELA 
SOCIÉTÉ ROYALE DES SCIENCES, DU GOLtÉGE , ETC. 



1855. 







SOCIÉTÉ ROYALE 

DES SCIENCES, LETTRES ET ARTS 
DE NANCY. 



MEMOIRES 



DE LÀ 



DES SCIEIVCE8, LEtÏRES ET ARTS 
BE IfANCY. 

1833— i834; 




É^ÀNCY, 



DE L^IUPAIMERIE de y.* HISS£TtE^ lUPRIHEUft DE li^ACÀDEMlE , DELA 
SOCIÉTÉ ]\OYAL£ DES SCIEHCES, DU COtLÉGE) ETG 

1855. 



h^i.X/ 



Harvard Oollage Llbrary 

J^ov 13, 1912 
ïp. C. lioVell f und , 

EXTRAIT DES REGISTRES 

DE NANCY. 



Séance au 21 Mars ISSS. 

n sera publié tous les ans ^ par la voie de Timpressioii , ua compte- 
rendu 4c» trayaiuL de 1^ So^ifè^', après cpie leetwe «a ^ura été faite 
en séance publique , soit dans sa totalité , soit a?ec les retranchements 
que les circonstances et Fétendue des matières pourront rendre con- 
venables. 

Seront aussi imprimés en entier , à la suite du compte-rendu , 
les mémoires et ouvrages qui auront été jug^^ au scrutin secret, 
assez importants pour 6gurer dans o^ttt publication. 

LorsquHl se trouvera des matériaux en nombre suffisant pour des im- 
pressions temporaires, la Société les fera paraître, sans attendre Tépo^ 
que des publications annuelles. 

Séance du 16 JvriTdSZtS. 

Le volume des mémojff^^ }§ Société s^a divisé en deux parties , 
la première renff^tnant 1^ lecture^ de la séan^ publique dans l^ordre 
ûxé par le programmf i et la seconde , lef autres mémoires dont la 
Société a ordonné rimpressiQn , iifo^ h nature des matières. 

La liste des membrff «i^i^laires ^ ç^j^i^'pondants lerminera k 
tolume. 



MÉMOIRES 

DE Li 

SOOÊTfi ftOTALE DIS SOEIYŒA^ LEÏTfffiS tt ARTS 
i DE NAl^QT. 



SÉANCE PUBLÏQUE DU 5 JFRIL 183S, 

sots LA PllÉSIDBlfGÊ DE U. BRAGÔNKOrr^ 



COMPTE -ItÊlVBlî 

lIEâ tllATAIJX BK LA SOCIETE llOlfAlE, 

PEPUIS LA DERNIÈRE SÉANCE PUBLIQUE ^ 

ff Ail M. GWÊMASb. 



Messieurs ^ 

Les lettres et les arts ne sont plu^, comme àufre- 
fois ^ le partage d^un petit nombre (ï^élas ^ qui ^ pour 
trouver des auditents capables d^apptécîer leur mérite , 
étaient obligés de se grouper et de se réunir en Sociétés 
particulières^ ces associations étaient d'ailleurs indis^ 
pensables afin Jéxcîter Fémulation, et de fournir les 
moyens de se procurer les ouvrage* si dispendieux 
alors ^ et les machines nécessaires aux expériences. Un 



< 



VI ' . • . 

piutre obstacle s'^oppô^t encore à la difiusion des la« 
mières : le latin était la seule langue des savants ^ sans 
son secours ^ les ouvrages écrits dans une contrée au* 
méat été inintelligibles pour le reste de TEurope. Aussi 
voyons-nous , jusqu^au mîUeu du siècle dernier , les 
traités de pbilosophie^ île physique^ de mathématiques, 
de médecine et de botanique , écrits dans cet idiome , 
qui n^'était 9^ Ja portée que d^un petit nombre de per- 
sonnes. 

Le règne de Louis XTV commença la révolution que 
subit cet ordre de cboses. Les littérateurs de tous les 
pays voulurent lire dans la langue originale les chefs^ 
d''œuvre de Pasca| , dfe Corneille , ^e Racine , de Mor 
lière ^ de Boileau , de Bossuet. Dès lors le français se 
répandit jusqù^aux bords glacés de la Neva, et plu^ 
tard , BufTon trouva des lecteurs dans toute TEurope , 
tandis que Linnée était obligé d^écrire en Içitin pour 
donner à son ouvrage du retentissement hors de son 
pays. 

Si le i8.' siècle fut celui de la littérature, ses der- 
nières années ouvrirent aux sciences unç èr^ itouvelle. 

La décomposition de Tair et de Teau par Lavoi- 
sier, la ipéçauique oéles^te et le système du monde de 
Laplace , la géométrie descrîplivç dç Monge , etc^ 
créèrent des routes inconnues dans Içsquelles se pré* 
cîpîta la génération actuelle, 4ont le tourbillon da 
la révolution avait rendu Ifi tête effervescente , et qui 
dota notre siècle de lelectro- magnétisme, de Tana- 
tomîe comparée, et 4^ çe^t feutres découvertes im-r 
portantes. 



va 



Mais ce qui a surtout contribué à la propagation des 
kupières^ c'est l'extension extraordinaire donnée depuis 
quelques anoées à rimprimerie ^ et IHuyention de la 
lithographie , qui a permis de joindre à tous les ouvra^ 
ges de sciences et d^arts des dessins multipliés^ qui en 
facilitent Fintelligence ^ sans en augmenter sensible-» 
ment le prix. 

Des hommes laborieux se sont appliqués à dépouil* 
1er les sciences de leur aridité ^ à en arracher les 
épines ^ et à les mettre en quelque sorte à la portée 
de toutes les classes. 

Enfin la presse pério^que offre un immense véhi- 
cule aux communications de la pensée. Des milliers 
de journaux quotidiens^ hebdomadaires et mensuels 
ouvrent leurs pages aux auteurs de tout genre. Plu-p 
sieurs articles remarquables de ces feuilles éphémères 
auraient naguère été dignes de figurer dans les col- 
lections des sociétés savantes. 

De là il arrive que Ton recherche avec moins d'ar- 
deur qu'autrefois Thonnenr d^y être admis. L'écrivain 
qui sent sa force et son talent ^ n'a plus besoin de ce 
degré pour atteindre à la renommée : certain de trou- 
ver de nombreux lecteurs , il préfère souvent livrer 
d'abord à la presse le fruit de ses veilles et de ses 
travaux. 

Si Je grand nombre d'hommes qui se consacrent au- 
jourd'hui à des. études sérieuses ^ a facilité et multiplié 
leurs associations , cet accroissement , iudîce du pro-» 
grès général , ne promet peut-être pas un avenir bien 
favorable aux aicadémies , surtout à celles qm se bor- 
nent à des travaux littéraires. 



Vïll 

Déjà pour Ips soci^t^s sayantes elles-rmémes ^ les 
hommes tourmentés du désir d^agrfoidir le cercb de 
leurs connaissances se trouvent à Félroit dans Teo^ 
ceinte de leurs cités. Des congrès scientifiques ^ qui 
ne réunissent que les sommités ^ s''assemblent annuel?^ 
lement, et fixent^ a^ant de se séparer, le point de 
TEurope sur lequel aura lieu la réunion suivante. 

Cependant , les causes dont no|is venons de parler 
n^ont encore produit wcun syjnpt^me isiclieux pour 
Tacadémie de Nancr^, V^ ^ P^^ ^^^ ancienneté, la 
diversité des matières dont elle s^dccupe ^ et sa posi-» 
tion dans Tancienne capital)^ d'aune province amie 
des artS| sera longrtemps encore regardée comme 
un centre d'action propre à recevoir et à réfléchir la lu-- 
mière. Vous en jugerez, Messieursi, par le nombre et 
Fimportance des guvrages dont se sont occupés nm 
niembres titulaire^ ou <:orrespondants. 

Néanmoins , il faut Favouer, tout fait senlir le be^ 
soin de modi^ations d^ns Torganisation ^ctu^e des 
académies particulières. EHles ne doivent plus se bor-; 
ner à un échange de lectures, à une simple commua 
iiication de trav^^ux isolés : elles 4oivent avoir pour 
but de concourir fi augmenter le savoir, et par là 
le bonheur des masses , en indiqnant et propageant 
les découvertes utiles, les meilleures méthodes d''ins-T 
truction, et en procurant^ suivant les localitâ», les 
moyens les plus propres à faire prospérer les gB^vM 
dHndustrie qu'ion y exerce* 

Le ministre de Finstruction publique a envis^é U 
chose sous ce point de vue dans une cicculaire iidressé^ 



n 

Taii dernier k toutes les académies. B a senti en 
même t^mps qi^j» le gouvernement deyait les ai-> 
der et leur eréer des ressources dont souvent elles 
siànquept. Aussi s^ipfonnaii-i} avec une sollidtude 
toute {mterneUfC de leur organisation et de leurs bet 
soiûs* 

Si noi»'C^>lenons ^0 lui les ouvrages que nous lui 
avons demandés ^ ils seront livrés au public pour U 
leelure ^ diaprés une déUbération de la Société ^ qui a 
^^dé <pie sa bibUothèque particulière serait jointe k 
celle de la ville. Nous nom sommes aussi déterminés à 
jmUier annuellencâmt quelques mémoires^ qui seront 
imprimés à la suite du compte^rendu de nos travaux* 
Maûn ^ notre année académique ^ qui commençait en 
mai ^ après la fêle de Stanislas , commencera a Favenir 
avec Tam&ée ordinaire. Ce changement ^ qui entraine 
celui de Tépoque de notre séance publique ^ explique 
pourquoi il n'y eu a pas eu Tannée dernière. Elle 
aura lieu dés<»mais daps le premier trimestre de cha«9 
que année. Nous avons cru devoir préférer Tépoque 
où la ville ipètiéntei^x>re tous ses ha}>itants^ à celle 
où Textension extraprdinaife donnée depuis quelque 
temps à Fagrieultuire appeUe tout le monde à la (am-9 
pagne ^ ce qui nWait pa^ lieu autre£MSé 

Lies travaux dont noua allons avoir llionneur de 
y ans entretenir ^ sont donc ceux auxquels les membres 
de I4 Société se so^t livrés depuis le 7 Juillet i833, 
date de notre dernière sé^ce publique^ just^u'^au ^.^^ 
^^YÎer |83§. 



Noos porteronft cl''àborâ nos i^egarcb eut YHisToittE^ 
N^TURBiLE^ adandonnée naguère aux savants; mais dont 
Fétude tend de jour en jour à se répandre davantage- 
parmi nous, sous la protection de la nouvelle loi sup 
riostmclion^ qui en ordonne l'enseignement dans lé© 
écoles soit normales soit intermédiaires. Le docteur Sau» 
CEKOTTE deLunéville, aussi laborieux qulnstruit^apu^ 
blié, en forme de tableaux synoptiques., deé Éléments 
Je minét^alogie y de botanique et de zoologie .• ou- 
Trages qui ont eu un grand succès , parce qu'ils attci* 
Snent parfaitement le but que Pauteur s^tait proposé , 
celui de se mettre à la portée de toutes les classes , sana 
omettre néanmoins aucun fait important. 

Dans un ouvrage postérieur, il a su se résumer et 
traduire dans le simple langage de Fenfance les no-* 
tiens des sciences naturelles applicables aux usages de 
la vie. La Petite histoù^e naturelle des écoles est pro- 
pre à donner de bonne heure deff^ées justes etiitilès 
sur les différentes parties ^e cette science, et à inspi- 
rer le désir de les étendre avec l'âge. 

M. Jourdain, dans un manuscrit intitulé : Souvenirs 
de la campagne éP Afrique , ne se borne pas à l'histoire 
naturelle des parties qu'il a parcourues 5 il fournit de» 
renseignements précieux sur la statistique de cette co-r 
lonie française ^ sur les mœurs et les usages des indi- 
gènes. 

La Géologie nous offre des Obsermtions intéres? 
santés de M. de Haldat sur les cas>ernes à ossements. 
M. Merlet a trouvé dans celles du Jura les os de 
(juel(|ues mammifères gigantesques, mais surtout ceux 



XI 



(le VUr$m sp^lams ^ t^v^^ croît y avoir été transportés 
par les eaux. M. de Haldj^ a vu , dans le cabinet da 
docteur Scliemlinger de Liège, un crâne humain trouvé 
dai^s les cavernes des environs de cette ville , mêlé à des 
os dVurs en aissez grande quantité pour en recomposer 
plusieurs squelettes complets. 

Les nombreux travaux botaniques que poursuit tou-r 
jours M. SoYE»-WiLi3MET, saus qu^Is le détournent de 
ses autres occupations , nous ont valu des Observations 
sur quelques genres de plantes .^ dans lescpels plusieurs 
espèces voisines peuvent être facilement confondues , 
p^rce que les caractères distincti& en sont trop peu 
tranchés. Son attention S'Cst portée notamment sur 
les Eriea voi^'ns du vagans ^ et sur les Euphrasia du 
groupe dont Vqfficînalis fait partie. 

L^Ho^liculteur ne se borne pas à Tétude et à la des- 
criptioQ des plantes^ il s^attache surtout aux espèces 
utiles , en indique les propriétés et Temploi dans Féco^ 
Qomie domestique. 

Nous devons à M. Thiébaut de Berneaud, anden sen 
crétaire de la Société Lianéenne de Paris, un Mémoire 
s]ir la culture et sur le parti quW peut tirer de 
ces belles planta, importées du Mexique en 1790^ 
et consacrées par Cavaailles au docteur Dabi sous le 
i^om de Dahlia. » 

M. le Baron n Hombres-Firsïas a cherché à prouver 
dans un opuscule que le Mûrier multicauh ou des 
Philippines ne doit pas , comme on Favait cru d'abord, 
litre préféré aux autres espèces, pour Féducation Jes 
vprs à §oie^ parce que, suivant Fauteur, les bourgeons 



XII 

de cet arbre sont ^cilement attekitâi par Uê gAéés 
Ul^diTe8) si commuaes en France. 

Des Observations sur le poirier Saugier^ publiées 
k Rouen ^ sont importantes pour la Normandie ^ où là 
culture de la vigne est impossible. M. Gi^ardin pré-* 
tend que le poiré qu^'on en retire est supérienr aux 
meilleurs cidres* 

Si , de Texam^n des plantes considérées sôus Te rap^ 
port de leurs fc^rmes et de récononde domestique, 
nous passons à Tétude de leur organisation et de leur 
reproduction, nous trouvons la Thèse qu'^a soutenu© 
M. Fée, lors du concours de la chaire d^ Botanique 
à l^École de médecine de Strasbourg. Après avoir Aè^ 
crit les fleurs bisexudles etTétonnante histoire de leurs 
amours , il s^occupe de la fleilr unisexuelle , qu^il régarde 
coaune un lapsus naturcejf des cryptogames vascu-^ 
laires, des agames, et arrive enfin aux hydrophytes 
d''eau douce, qui, placés sur la limite des régnes animés, 
font rob}et d'une question toujours controversée et 
jamais complètement résonne. 

Parmi les observateurs cp^ ont cherché à jeter quel- 
que jour sur f organkation végétale , nous citerons M. 
L«mE!Tr, Vun de nos collaborateurs les plus zélés. Son 
Mémoire sur la vitalité de la cellule végétale indi- 
que les rapports nombreux de cet organe des plantes 
avec les volvoces, animaux microscopiques les plus 
sÎQéples après la monade. 

Dans un autre mémmre, M. LAimEW, poursuivant 
le cours de ses recherches, attribue à la sève ti^oîs 
nioii^vements différents , Tun ascensionnel et leê deux 



Tin 

àulr^ horUoiktaut ^ du centre k la cireôtiféteneè et de 
la circonféi^iic» au centre:; dpinion analogue k c^e 
cp^^ M. Duiroeiiet vient Vî^annoncer à Unstitut) et 
«{u'^ii se propose de démontrer incessarnsMut. 

Enfin, dans un troisième mémoire, le mèmeatnteur 
cfaerehe à étitbMr, par des raisonnements soutenus d'ol>J 
servations microscopiques , que le^ embryons dîco^lé- 
donés présentent un système binaire, et les monocoly* 
lédonés , un appareil simple^ 

La Physiologie animde ne difl^re de celle dont nous 
Veuons.de nous occuper , quVn ce qu'acné s'exerce sur 
Une classe d'êtres dVne organisation plus parfaite, maïs 
plus compliquée, et en particulier sur Thomme. Elle 
est la base dç la M^oticiNJS ; car il fout connaitra le» 
phénomènes de la \ie, les principes et les fonction^ 
de nos différents organes, pour expliquer les causes 
de leurs altérations , et chercher à les comb^re par 
les moyens dont la théorie et IWpérience démpubrenl 
Tefficacité. 

Uœ nouvelle doctrine surgît aujoiird'bui : $es adiq>^^ 
tes, encore en. petit nombre., mais enthousiastes zélca, 
]^étendent, d'après leur oracle, qtfil est inutile de r^ 
moutQir aux causes de la maladie ^ quVa w doit s'oo* 
cuper que de ses effets, et que , pour les détruire , il fotit 
employer ^précisément les remèdes qui prpduifaient 
des efifets analogues sur Thoaune eu. santé ^ d'après la 
j|randf masîme d'HabBemann : SimUiasimMihitsçurim^ 
tur. 14.^ dQçHur, Jourpain^ de Colwr^ nous a adressé 



XIY 

«ùr cette nouvelle théorie des Considérations^ ifsa'oni 
été Tobjet d^un rapport de M. Serrières. 

M. le D/ Pesqhier de GèRève nous d comtnmû^ 
^é un. grand nombre d'Ouvrages dont les titres seuls 
pourraient trouver place en ce rapport : il pi*étend dans 
Fun dViix que le^ remèdes homœopatiquçs peuvetit 
combattre avec succès le choléra. Sans nous pro^ 
noncer à cet égard ^ nous avpns lieu de craindre 
que cette cruelle maladie n^exerce encore long-temps 
ses ravages, avant qu'aune heureuse découverte, ou le 
hazard peut-être, fesse rencontrer soit un préser- 
vatif soit un remède efficace ^ car on les a presque tous 
essayés en vain , pour arrêter la marché de <:6 fléau 
destructeur. 

La CffiMîE né nous procurera-t-elle pas ce bienfait, 
comnie elle ndus a fourni Fiode pour la guérison du goï- 
ire ? Leà nouveaux corps simples qu'acné découvre chà- 
<]ue jour, leâ tionibteuses condbînaisons que foraient ses 
laboratoires^ peuvent amenet cet heureux résultai. 
Nous sera-t-il permis ici de nous enorgueillir de compter 
piarmi nos collaborateurs un correspondant de Tlnsti-^ 
tut , connu dans lé ndonde savant par dé nombreù-» 
ites et utiles découvertes , t-ecueillies en partie dans lés 
tomptes-rèndus de nos travaux antérieurs ? M. Bra- 
coNNOT a fait V Analysé de ce vohoce globuleux dont 
M. LàtiREir^ parle dans son mémoire, et y a trouvé no- 
tamment une matière verte identique à la chlorophylle 
âes plantes, une matière animalisée, soluble dans 
Valcohol ^ et un mucilage'semblable à celui que donne 



ie nosloc ^ anilBal eu filante) placé sur b liimta àm 
ienx règnes* 

Nous devons aussi à M. Bràgonvot^ outre un ^'and 
ttoiiil>re de mémoires intéressants? , uu Nouveau moyen 
décrire sur le ^mc^ pour étiqUelei^ les plaaies dansf 
les jardins ^ les sexres ^ ou marquer les objets que Toa 
conserve dans lés lieux bas et humides. 

M. GifiARpiN^ plrofesseuir de chimie à Rouen ^Àous a 
adressé une jdnalyse du café avarié par Veau de la 
mer p celle d'une poudre végétale destinée à rem^ 
placer cette graine précieuse ^ et une Description de 
Fappareil établi à Thospiee général de Rouen pour ex* 
traire la gélatine des osi 

La description de cet appareil , plutôt mécanique 
^e chimique , nous conduit à parler d^une machide 
qui rentre dans le domaine de la Technologie. 

Nous devons à M. le baron d'Hombres-Fibmas ^ ihi 
Giromètre ^ ou inStruiùeni propre a mesurer les dis- 
tances par le nombre de rotations d\ine roué. 

Physique;, ^-^ M. Le VaHoîs, ingénieur des min^^ 
' attaché à la saline de Diéuze , et qui est chaîné spé<^ 
ôalement de la direction d^ nombreuses machines de 
cet établissement^ nous a communiqué un© Note sur 
la température moyenne de l'air dans les mines de 
sel. gemme ^k 107 mètres au-dessous du soL Elle se 
trouve constamment à i3^, 6 cent, au-dessus de o^ ce 
qui répond à 10°^ 9 de Réaumur. 

Les derniers travaux de M. de EUldat sur le Magné- 
tisme ont eu pour objet rexamea de plusieurs ques* 



ivi 

lions qui. n'élit pas encore été discutées , et sur les^ 
Quelles les opinions des physiciens ne sont pas fii(ées« 
Le temps nécessaire au dlévêloppijnient des puissances 
Inagnétiques , dans les corps qui en sont susceptibles'^ 
a été le sujet dVxpériences telidant à proùvar que 
ce développeifa^t a lieu aVèc une rapidité prodigieuse^ 
' quand il s^agit de le produire à un Êdble degré^ mab 
que le temps intervient comme un âément nécessaire , 
quand r^tat magnétique doit être porté à son maximum. 
DWtres expériences ont prouvé que, comme Téleo^ 
iricité y le fluide magnétique tend sans ^esse à se por«^ 
ter à la surface des corps doués de la faculté coërcifiYe ^ 
et à s^y condenser ^ ce qiii conduit à de nd^vdles coU'» 
âidérations relatives à la fabrication des aimants com- 
plexes ou formés de plusieurs couches. Uauteur s'^est 
encore occupé du perfectionnement des méthodes pro- 
pres à mesurer la force des aimants ^ et à donner à la 
inagné tome trie Texactitude que jusqu"*ici elle n'^a pu 
recevoir. Enfin, il fait sur le spectre Inagnétique dçs 
recherches qui ont pour but de trouver, dans Pexamen 
de ce phénomène c6»nu dea personnes les znoins 
vexées dans cette science , les mi^ens , non-seulement 
de rendre palpable la distribution de la vertu iftagué* 
tique dans les aimants , mais dW apprécier la force , 
de fuger de rinfluence des eauses^fjui la modifient, et 
même de sonder les bases des thédries sur cette mer^ 
veilleuse jupopriété dea corps. 

L'auteur , dans un autre Mémoire sur t influença 
de ta chakur dans les phénomènes magnétiques^ 
établit <|ue le calorique aogmepte Faction inagnétique ^ 



XTIi 

m^ (pie cela, n'^a fieu que jusqu'^à une certaine limite ^ 
qu^àifr-delà de 3o ou ^o^ la force magnétique dimi-^ 
Bue^ et qu^elle. devient nulle dans les corps en état 
dlncàndescence « 

Sd des faits particuliers nous remontons à la physi-* 
que générale ^ qui est ^ à proprement parler ^ la philo- 
sophie de la science , nous retrouvons notre collègue ^ 
M. liAûfiÉrrr, à qui la variété de ses connaissances 
permet dé suivre plusieurs routes diverses. Dans ua 
premier Mémoire il combat llnertie de la matièreé 
Dans un second , qui n''cst que la suite du premier^ 
Vautéur pul)lie ^ sous la forme de roman philosophi-^ 
que ^ ses Idées sur lajbrmation des corps. Selon kii^ 
Tunivers renferme une multitude innombrable d^'ato-* 
mes vivants^ infiniment petits et insécables^ qui se 
groupent pour former les corps vivants ou affectant 
Tinertie. Ces molécules sont inertes ^ dans cette hy- 
pothèse ^ que ^ se rencontrant en nombre égal et en 
sens diamétralement opposé ^ elles se font parfaite-* 
ment équilibre. -^- La conséquence la plus remar- 
quable que Fauteur tire de cette hypothèse .^ est que 
les corps célestes sont des molécules vivantes et capables 
d^en produire d''autres. Suivant lui , les satellites doi- 
vent avoir été enfantés par les astres auxquels ils sont 
comme enchaînés- ^ 

Mjtbémjtiqûës appliquées. — Nous terminerons 
la série des objets relatifs aux sciences exactes par la 
meation d^un Mémoire dé M. Gcibal sur les poids et 
mesures. Il démontre que la circulaire ministérielle du 



xvm 

as mars i8i 2^ ikîte en exéeutkm du diécret an la fisTriet 
précédent^ qui a autorisé Temploi des mesures usiielleS) 
a détruit tome Téconomie du système mé|i:iq[iié ^ ^ti 
faisant revivre les sous-divisions anciennes qui obligent 
à des opérations complexes^ parce qu^^elles nous don- 
nent trois poids et trois mesures. 

Quittant 1^ siérie clés sciences, qui se fondent $uv Tob- 
servation^ ou qui ne marchent que le comp^ à la 
main^ ou appuyées snpr Texpéi^ence ^ nous devons 
a]i>ordeir celles qui^ se reportant vers les siècle^ passées ^ 
s^occupenf des monunaents que h temps a ^étruits^ i^ous 
décrivent les événements mémorables ^ les nM£urs ^ Tea^ 
prit et h vie morale ^e chaque, éppque* 

JJ^RCHÉoLOGiE uous a valu un Mémoire èe M. de 
HALDAT^Mrune inscription votwe à Hercuîù Sàxarius^ 
trouvéç à Bonn. Il pense que les monuments simples 
et grossiers élevés à ce Dieu ^ et placés dans des car^ 
rières^ ne se rapportent ni à des batailles^ n^ à des évène- 
ments mémorables : mais à Texploitatron des roches ^ 
dont tlmportance était grande y à raison des immenses 
constructions des Romains. Il croit aussi que Hnscrip*- 
tion sculptée dans un rocher de Nôrroy , Fa été par 
des soldats qiii voulaient perpétuer le souvenir de la 
tache laborieuse qu^ils avaient altcomplie ^ en extrayant 
des carrières de ce lieu les blocs qui ont servi à la 
construction des arches de Jouy. Ce (pii le confirme 
dans cette opinion^ ç^est que Fautel totif , consacré 
également à Hercule Saxanus, placé maintenant à ren- 
trée de la bibliothèqi^e de Nancy, et sur lequel M. d^Al- 



dûque^ ideiitk|ae à celui ck» pbnfes iimoiiibnddes^ 
$i r^olières <{m composent facqàéâuc de Jfmf. 

Kotts devons à M« Mathieu^ dont le cèle pomlet 
siili«{tdtà égale Fan^t povv W IstegHel oiieateleiY 
des Recherches longaes «I bboneuses «nr Tmmenn^ 
eité de Scm-pèrme. L^aittenr rassemble les nMtMiHS 
fv^atifs à ioii^ ol^^ épars dans divers ouvragés, ki 
cooidonne à sa manière ^ va cherdier au loin les éty^ 
sioloi^ des noms siu^cessifs qu^a portés cette ville ^ 
en expfiq[iie les ruijàes et ks médailles. Nousn^^croycm 
pas devoir faire une analyse plus détaillée de son livrei^ 
parce ^'il a été livré a Timpression et que cliacau * 
pulejuger, 

Nous arrivons à trois ouvrages importants dus à M. 
joixois^ ingénieur en chef des ponts et chaussées 4 
OiJéans. Us sont accompagnés de belles lithographies 
desânées par M. Pensée ^ d'^Épinal. Le premier a pour 
titre : antiquités du grand cimetière tt Orléans » Les 
deux autres sont jplus intéressants pour nous ^ puis* 
<ju^ils sont relatifs à Fhéro^ne née dans notre voisinage: 
savdbr : Histoire du siège de la ville iPOrleans ^ et 
Meaml des monuments anciens et modernes érigés 
« la mémoire de Jeanne £Arc. 

M. de Hau>àt a £iit aussi un rapport sur une no- 
^e deM. Saincèr^^ deTaucouleurs^ intitulée : Projet 
de restauration ds la chapelle de N. D. de Bermont. 
Ge$i là <jue leanne d'Arc reçut les premières inspira-* 
tions ipà^ décidèrent à se vouer au salut de la France* 
Cette diiq^Ndik ne d^ pas ^e orafondue, aîoâ «jm 



^^toenl pré» de DicnsH^eiiiy. f 

La scieitôe des antiquités qui^ armée du flambeaii. 
de la €ritique «t de réruditiou^ étudiait les mues pour 
4dairer les laits lifelotri<pes et sigpaaler le^ erreurs de 
ftûs devançi^i^ a pris depuis quelques années une. 
piMid^ fixteufiion ^ sous le «o^a d^arcbéok^ie^ elle s'^oo. 
mipe des usa^s^ d^ coutumes ^ des mœurs et du laii- 
jj[age de nos ancêtres. Le roxnaudsme moderne y puise 
U couleiu' locale de ses compositions^ et Thistoiré s'em 
tert conuoe dVu point d'^appui pour prouver les fait^ 
qu'elle «vanoe. 

L''étuâe de VÏfisrofBE ^ cette partie si importante des 
cotma^anoes humaines, notts a valu, de la part d^ 
quelques-t^QS des membres associés, 1 envoi d^opusçule^ 
intéressants ^ notamment : Éclaircissements historiques 
sur h confuration du général Malet ^ par M. Saulnierj 
Mémoire sur un passage des prophéties de Balaam^ 
par M. Michel Berr, dans lequel l''auteur cherche à 
prouver que ce prophète est le premier des, personnagest 
bibliques qui ait parlé , quoique d*un manière confuse 
encore, du dogme de Km mortalité de Pâme. 

M. Michel Berr nous a lu, pendant son séjour à 
îïancy, YÊloge historique de Benjamin Constant^ 
qoLil a prononcé dans la chaire de ralhénée de paris. 

M. Gironde a fait un rapport an^alytique très-détaille 
sûr V Éloge historique de Prançois Éozier^ restaura- 
teur de ragriculture française^ par M. Tflffi»AUT iœ 
Bkrneavd. 



xxi 

M. i)E Haijdat a la une Notice sur M. Coindetj 
médecin genevois^ son ami ^ à qui Ton doit la décou* 
verte du traitement du goitre par Fiode , qui lui valut 
un prix de 3ooo fr. de Facadémie des sciences. Non 
moins grand archéologue que savant médecin , il possé- 
dait dans son cabinet une foule d^objets antiques re-« 
masquables ^ notamment une collection des autographes 
les plus rares et les plus curieux , dans laquelle se trou- 
vent le manuscrit de llÊnûle de Rousseau ^ plusieurs de 
ses lettres;; d^autres de St. François de Sales et de St. 
Vincent de Paule, etc. 

Le dernier ouvrage de biograf^ie que nous ayons & 
citer est la /^ie du capitaine Cook^ par M* Aibeit^ 
McwrétfONT. 

Si rhîstoire^ nous transportant au milieu des siècles 
passés ^ nous peint les hommes qui ont pris part aux 
événements remarquables qu^elle décrit , \ Économie 
IPOLITIQUE s^occupe du présent , cherche à améliorer le 
sort 4es masses , en mettant à profit les leçons de Tex- 
périence , pour éviter les fautes dans lesquelles sont 
tombés nos devanciers^ et établir )es relations de com^ 
meree et d^industrie les plus ^vorables à la société 
en général. 

M* le barpn de Stassakt ^ ancien préfet à Bruxelles^ 
membre correspondant , nous a adressé un Rapport sur 
T administration de la pronnce de JYamur^ 

M. Mathieu de Dombasle a envoyé un mémoire relatif 
aux Intérêts du Nord et du Midi de la France^ dans 
la question des domines j il y traite de Importance 



XXII 

relative de Findmtrie intérieure et du cotumerce, ex- 
térieur, des intérêts spéciaux du commerce ^ du tjf^ 
tème de protection pour Tin^dustrie du pays^^enfiu de 
Favenir industriel de la France, 

M. le viCoHitâ Albaiï de Vuxeneuve, ancien préfet de 
ce département, où il a laissé de si honor3d)les souve-* 
nirs , vient de publier un ouvrage important sur VÉco^ 
nomie pofùiquê chrétienne^ ou techerches sur la nan 
tUre et les causes du paiipérislue en FVançe<et en 
Europe, et sur le$ moyens de le soulager et de le pré- 
venir. Après avoir examiné les causer ^tioroles du paupé^ 
tisme ^ donné le tableau des institutiQn& de bieitfai-; 
sance, analysé la législatiourelative aux mendiants, 
dont il signale les vices , r^tteur propose dès modifir; 
cations, et expose les moyens de soulager et de préve-s 
nîr Tindigence par le développement de Tagriculture et 
par la création d^nstitutious de charité , agricoles et 
industrielles. Ce livre, dVné haute portée, tient à la 
philosophie, par le côté lé pliis intéressant de cette 
science, savoir: Tapplication de ses résultats aU bien-! 
être général. Mais difierent dés premiers auteurs qui , 
en traitant de cette matière , n-ônt fondé leurâ cal-r 
culs que sur dés faits et âeà objets physiques, Fauteur 
appuie sur la réaction morale , commenciée par Ru-? 
bichon, qui tend a établir que la vertu doit entrer 
comme un élément nécessaire dans les conditions du 
bonheur social. 

PniiQsopgfE. -^ Nous devons à BI. Michel Berr 
quelques Leiires sur dii^rs intérêts moraux et philo- 



soptà^uesy let «n ^ucul^ qm a pour tkj^e : Encore 
du Pnkimt ^ du Pu$$i et de fjivenir. 

Dw!^ «a Tableau des /acuités de Pdme^ pFésenté 
scîis la forme d^arbrô généalogique^ M. Pinoux .lait 
sortir 3è ce priiidpe immortel de vie intellectuelle et 
«eutimetttale 9 d^t^tlSbté^ la sensibilité et les diverses 
ajS^ctioQS qpk ett dérivent ; de Tautre ^ rinteU^ence ^ 
le seus intime ) le jugemeut ^ la conscience et le rai^ 
{H)naemeKMt. Oes deux genres de figbcultés se réunissent 
au tronc d^où ils sont sortis^^ et qui porte les znots e. 
activité ^ mémoire ^ ima§kiation et volonté, l'ouï abou- 
ti^ à l^ liberté morale ^ d où naissent la science et la 
yerlii| sonrces du Inuiheur^ tandis que dans les ténèr 
bres ^-[placées au»«dessous, on ne trouve que le vice et 
Tignorauce^ sources du malheur. Des branches in- 
t^médlahf^s qui réunitsent les trois principales^ in-- 
^fofc^^t lés vdialiotiB xpue les dilBmnles facultés de 
l^Mm dot lei^unes av^c les autres. Kaotivité interne 
produit k vie, le mouv^ement et la yoi^^ d\>À déô^ 
veut deux langages , hè geste et la parole. 

Il appartenait k F^teur de ce tableau , divec^eur im 
Finstitut des sourcRnuets de notre ville , de neua 
U^bA&t à une partie àe$ mojtfas dent il se MeH^ en 
s'éc^sti&ùt des i>ou«es tracées par les de llÊpëe etlee 
Sieolrd, afin de <d^d0{^er plus proiÀpteneÉst rinlel& 
géante dé se& ielét^essaiits élèves. Il emploie le dessin ^ 
tteb^^ealement pour letuf laire cottualtm les noms des 
objets physiques ) mais potir espiilpienr plusieurs dee 
parties du diâdo^rs , nc^aMinegj^les adjectifs , lès ver- 
bes «t lès prépositic^ns. Il a orée, ^nûu , imà te nom 



xxtv 

de Tachymimographîe ^ une nouvelle ecritEfe qnî 
peint le geste par des caractères particuliers, M. Pisoirs 
ne sVst pas bonté à travailler pour les enfants confiés 
k ses soins; il a publié une Méthode complète d& 
lecture et un Exctmen comparatif de toutes les mé^ 
thodes de lecture. Cest un nouveara service -rendu à 
notre ville , Tune des mienx partagées de Fiîancè , soud 
lé rapport de renseignement primaire^ et où deux 
méthodes à peu près les mêmes pour le fbnd ^ mais 
difierentes par les procédés d'enseignement , font fleo? 
rir des institutions consacrées aux deux sexes. 

M. le D/ Satjcêbotte a publié également ses.^ei 
sur T instruction secondaire ^ ^lles viennent d¥tre 
réimprimées dans le journal de rinstruction pubUque^ 

Arrivés ^ à peu près ^ au terme de notre travail ^ il ne 
nous reste plus à parier que des u/Rri^u^j^A^i/x^ parmi 
lesquels nouscomprenons seulemi^t la poésie^ la pein-t 
ture ^ la sculpture et la musique ^ qui , comme la mé-? 
decine^ sont des arts . dans leur partie mécani(pie^ 
Biais de véritables sciences dao^leuc partie tbéori-? 
que. ^ . 

M. ,6m»BiER DE DuscAST a récité quelques morceaux 
extraits des Poésies lyriques^des hébreux: notamment 
des traductions en vers de plusieurs psaume^ 4e David^ 
où) à côté dé lliarmonie du style ^ on trouve la bizar-i 
rerie des métaphores , la richesse des imsig^. et la £(H 
inspirée de Fauteur original* 

' M. GÉRABD-GaAnnviwi nous a lu une traduction élé- 
gante et &cile de V Élégie sur les incofwénipr^s de h' 



xrf 

vieillesse y le plus important des fragments qui nodt 
isoient restés de Maximien Gallos^ poète qu^ ne fanf 
pas confondre avec Gallus , Tarnî de Vîrçîle. 

M. le comte de Yaublanc, ancien ministre^ membre^ 
associé 9 nous a adressé un Discours en vers sur lé 
courage des Français*^ M. ALBERT-MoNTÉMOîtr , une 
élégie^ intitulée: Souy^enirs du pays natal, oè il 
chante les environs de Remîremont, sa patrie. M. Bou^ 
çaLRLAT^ professeur de mathématiques à Paris, nous a 
transmis trois petits poèmes ; Le choléra, les Monati 
de Milan et la mort noire , suivis 4e Tbistoire de la 
peste de Marseille. Le stjle de ces trois ouvrages réunit 
la clarté à la force et à Téléganoe. Us démontrent que 
Fétude d^s belles^bttreç n'est pas incompatible avec 
celle des sciences exactes. Majs cette preuve n^était pas 
ipiécessaire pour détruire le préjugé c[ui réponse cette 
^Jliance. Ne possédons-nous pas un exemple vivant 
4e cet heureux assemblage , au sejin ipéme de notre 
académie? 

M. Laurent ^ dont nous avons déjà fait plusieurs fois 
^entiôn.) pour des ouvrages étr^ngeni à la peinture, a 
exposé Tau djernier, à Nancy^ plusieurs tableaux : La 
jeunesse de Claude Gelée , ou le Lorrain gardant les 
hpstiaux; une Casca4e des Fbsges; une Étude de 
fV(Zches et de taureaux. Jl exposera cette année plu- 
sieurs ouvrages, parn^i lesquels, un Site des Fosges 
<çt Une Scène dpmestiguç. 

Enfin M. GuiBAi. a publié une Introduction à la 
çpnnaissance de F harmonie. Persuade que les élèves 
fjBiraienIt dps progrès beaucoup plus rapides , si, aux 



étoiles cp'oa leac fait suivre , Us joignaleitt eelle ik§ 
wfXfmeds rt des modulations ^ mais frappé ie la lacune 
qui cwte eutre les ouvrages élémentaires et les traités 
cTlttnaoiiîei^ il cherche k la combler ^ en présentant 
fum^ manière simple et graduée les intervalles^ les 
disMMaaoces et les consonnances ^ il en déduit Faccord 
parfiat et Tacccurd de septième de donùiiante ^ d'où il^ 
fiât dériver tous les Autj^es* 

Sï nous avons à iioas féliciter de Ce qu^àucnn des 
membres qui résident habituellement parmi nous 'né 
iroie ait été enlevé^ nous ^Vons éprouvé une douleur 
fcîea vi^e de la peiie du docteur Gailubdot de Luné-» 
vîlfc- Nous tie rappellerons nî ses vertus de famille , 
m ses talents comme médecin;; tuais nous ne pouvons 
passer sous silence sfes connaissances si étendues en 
Ibotanique ^ en minéralogie et Surtout en géologie. Si 
sa maladie Va forcé d'interrompre une belle série 
d'observations imcroscopiques sur les confervés d^eau 
douce ^ la découverte importante qu^il a faite , d^une 
îmniense quantité dWements fossiles de reptiles ^u-« 
riens ^ dans les carrières de muschelkalk des environs 
de Lunévillc^ a donné à sa ville natale un nouveau 
genre d^uatration» 

B nous reste ^ Messieurs^ à vous entretenir des nou-r 
veaux membres que nous avons admis dans nôtre sein. 

M- Ili«»EAULT, D/ ès-sciences, professeur de ina-» 
thématiques à l^cole forestière ^ a imaginé un nouveau 
moteur, susceptible de s'^adapter à toutes lès machines 
pour leur imprimer le mouvement. !5on mémoire 



xxvn 

prpuTe qu^il po$$èâe :Men connaissanceg aussi ëtenduos 
que variées eu c)iimte y eu pby^que et, en technologie, 
B a déjà reçu de M. Ârs^o^ auquel il Favait adressé^ 
un témoignage dHptérèt^ qui a du le flatter et rengager 
k coutùitter se& rediercbes. < Vos vues ^ lui écrit- le sér* 
£rétaire de IVcadémiô des sdeuces^ méritent d''èt|e 
pouiBuivies et de fixer Tattentioti des savants. » . 

Pour conserver au récipiendaire Ja priorité d^ sa 
théorie y nous croyons devoir entrer dans quelques dé-f 
tails sur ses nouvelles Machines qull nomme hydro^ 
gémques ou à vapeur naissante. Elles sont fondées 
sur la détonation y résultpint de la combustion de Th^- 
drogène^ daris le| jMroportions exactes ou approxi-» 
mafives pour la recomposition de Peau ^ et sur le vide 
qui suit cette détonation. 

Ce troisième mode d'employer la force motrice dft 
Teau est c^ui qui ^ dans lliistoire de la mécanique ^ doit 
suivre la découvert^ de la puissance de la vapeur. 
Parmi toutes les conséquences produites ardinairOi» 
inent par Tinvention d'un nouveau moteur ^ ou peut 
femarquer ^ comme camctëre spécial de celuiirci ^ une 
^ande légèiPeté d'appareil* L'auteur divise ces ma- 
chines ^ variables d'adlWurs, selon qu'elles siont atmos* 
2>hmques ou uniquement à {^zs , en d^x grandes 
^classes : i / en machines fixes , faciles à déplacer, que 
riudustrie pourra employer dès que les progrès de 
la chimie auront fourni les moyens de dégager à peu 
4e irais jies'gai hydrogène et oxygène ^ a/ en ma- 
chines locomotives , simples ^ binaires ou triplices^ ré« 
4;o|vaqt, non-? seulement comme les machines ordi** 



natres^ les deux premiers problèmes de la llocomô- 
lion , savoir : la course et la nage ou les voitures et 
les bateaux ^ mais encore ^ si Texpérience répond à la 
théorie ^ la seconde partie^ jusqu^à présent non tésbhte 
de Faéronautiqne ^ c^est-A-dire la direction des aéros-» 
taU) ou appareils analogues dans le sens perpendK 
culaire à celui de leur ascension, en supposant une 
atmosphère oalme» 

L*auleur, dans un premier mémoire, a cherche 
d^abbrd, en emmagasioant la force eudiométrique , k 
vaincre toutes les difficultés relatives à l'introductioft 
du mélange détonant, a son inflammation , à Texpùl- 
sion du résidu de la combustion^ à réchauffement dés 
cylindres , etc. 

Dans un second mémoire , spécialement destiné à la 
locomotion aérienne , Fauteur s^est retrouvé, soit pour 
la recherche des meilleures dispositions à donner aux 
appareils, soit pour les formules qui s'y rapportent*, 
constamment d^accord avec les organes et le mou-* 
vement des oiseaux. Ce qui peut paraître hardi dans 
ses conclusions, disparait si Ton se rappelle que la 
vraie solution du problème complet de l'aéronautique 
réside , non dans la difficulté des appareils , mais dans 
linvention^utt moteur d^unè force suffisante, et qui 
se renouvelle ici par des gazomètres de rechange. 
Qu'on se rappelle aussi quehl ont été les progrés inat- 
tendus de la vapeur. 

L'auteur, que nous avons laissé parler lui-même, se 
propose de faire des expériences qui doivent confirmer 
sa théorie. ' , 



XXDL 

Ths SIX personri^ qui cfnt obtenu le titre de membres 
cercespoQ^aats , deux seulement ne ^oat pas nées sur le 
sol lorrain» 

M, HEffKir BooLAY^ avocat à Paris ^ auteur de quel- 
ques ppUlcaifes sur T instruction primaire et de YHis^ 
Unre du ch&lérçt. dans Pun des arrondissements de la 



M. le comte Adolphe de Montureux ^ officier dVtat* 
xn^)or , à qui nous devons un Essm sur F esprit milin 
taire et sur réorganisation de Vannée y dans le^pel 
on remarque un parallèle entre la bravoure des an- 
deUs et celle des modernes^ un portrait de Pempe- 
veur Julien ^ et un tableau de TOrganisàtion militaire 
dans les différents états de TEurope. Depuis son admis- 
sion il nous a envoyé un Mémoire de techncdogie , sur 
la possibilité de remplacer les écluses à sas par des^ 
plans inclinés à rails ronds ^ pour passer du bief 
ir^érieur au bief supérieur (F un canal. 

M. RicHABD , de Remiremout , dont le zèle dans 
toutes les parties de Parchéologie a été justifié par de 
nombreuses Notices et lettres sur T ancien idiome du 

pajSj, ses usages y ses monuments ^ ses médailles et 

ses monnaies. 

M. Stiévenabt , professeur de littérature grecque à 

la faculté des lettres de Dijon, traducteur des Odes 

d'Horace y des O^es de Oceron^ et qui a entrepris 

de traduire tout ce que Tantiquité nous a transmis des 

OÈui^res de Démosthènes. 

M. Ajassow de Grandsagne, à qui nous devons une 

traduction de l'Histoire naturelle de Pline. 



d uri Mémoire sur les causes de fùpîhalmie de V armée. 

Messieurs , la plupart des oïlYrages dont nous avbi!^ 
eu ITionneur de vous parler , ont été livrés à l^|)rés^ 
sion ^ mais ail milieu des préoecupatious et des distrac^ 
tioDS diverses des esprits ^ au milieu de ces publications 
ai multipliées qu^enfantent iliaque )ôùr lea^ {uro^ès de 
Fintelligence ^ la voix des écrmins et des savants au^ 
rait pu quelquefois essayél' vainemeàt de se faire en-^ 
tendre^ sî^ recueillie au sein des Sociétés comme l«i 
nôtre ^ elle n^avait pas été assurée' d^ trouver des 
oreilles attentives et au bes^n des éohos fidèles* Les- 
patients efforts du ti^vail aussi bien que les faciles^ tt&** 
piratioi^ du génie ^ ont rencontré parmi nous cette fra^ 
femelle et hôoorable hospitalité ^ qui était le vœu dé 
notre glorieux fondateuryét qui sera toujours comp- 
tée par nous au nombre dé nos premiers devoirs et 
de nos plus douces joiussances. 



Dl 



L'INrLtJEr^CÊ BES SGIEINCES^ 



' £« gociêtêt kmmainet mtUindront-elUg an itfmX^r* 
stable , comme le monde fhjeique ett panrerm h dtm loi» 
permanentes? 



Ok a si sonvent reproché aux membres des sociétés 
9:^vaates de s^entrelooer, ^ue Fusage a enfin baani ces 
cioges qu'une respectttèu3e pudeur sait couvrir de yoî-» 
les transpareats. Mais si le récipiendaire ^ ea ce ffmA 
sant à ses anciens professeurs^ ouJdlie ea apparence 
leurs utiles travaux^ leurs succès eu tout genre ^ leur 
active et généreuse émulation , s**!! ne nomme point cet 
hommes si faciles k reoonnsâtre, du moins il deâi leur 
présenter ses jtates remeret^aents devais^ ses concir 
^jens. 

Vous saftes, Mesâeurs^ ^e le sBJ«t d^uu discourt 
àe réception se prend ordinmesient dans les étudca 
fkmîKères à edui cpii le prononce. Je Temc aufouv** 
â%ui diriger votre attention ress yioftiience si pi^s^. 
fante des sciences smr la littérature^ les atts el le Ifton^ 
beur social. 

G>mtn& j^ ne pois dépassée k limite da temps qiii 



ttxit 

ta^esï accotclé , sans i^ekr^er p6ur vêtis le pîaîsîr dVn-* 
tendre mes cofafrères , je me bornerai à voiis présenter 
quelques réflexions générales , dont je laisse le dévelop-« 
pement à ces-penseurs qui aiment à crei|$er les ques* 
tiens qu'on leur soumet; 



PAEMIEEE FARÏI£«i 

Vèiude des àcienc'ei positives a construit le plus beau 
monument de l'esprit humain, 'exempt de vains j^rstèmet 
et s' appuyant chaque jour sur dé notaeHes vérités inatta- 
^uables. 

Macéè à la surface de la terre, comme une unité 
entre deux infinis, la pensée humain<^ atteint dVue 
part des mondes dont les pro{>ortioit}s gigantesques ne 
lui paraissent plus qu'une poussière brillante;; de Fautre 
elle plonge dans les dernières parcelles de la matière 
pondérable , y surprend des myriades d'animaux pour 
lesquels Thomme est à son tour ce que sont pour lui 
les mondes flot&uts ^^m le vide. Autour de lui et eu 
lui-même se compliquent une foule de phénomènes 
physiques et moraux, soumis à des lois permanentes, 
qui se masquent Funè Tautre en se superposant, et 
qu^il parvient plus ou moius à démêler , en T^éagissani 
sur lui-même et sur <^ qui Fentoure* Telle èst.laclas^ 
Vacation succixtte et géiiéralo que Fou peut doituer dei$ 
sciences humaines^ qui ont pris un si grand ess^r , uu 
aspect si imposant, que les étudier, c'est chanter .un 
hymne aux dieux ^ copme disait Hippocrfit? penché |ur 
le cerveau d'un crâne humain. 



• XXXïU 

Dans les limites étroites que nous nous somm^ im-^ 
posées ^ il ne nous est point permis de délroulêr ce ma- 
gnifique tableau des sciences humaines^ physiques et 
morales ^ la plus sublime des poésies. Aussi , pour ne 
pas perdre de -vue notre but^ ne signalerai-je que 
4jHielqùes-uns des progrès récents dus à la patiente sag»- 
tité et au génie des savants de notre époque. 

Après avoir construit par la pensée notre système 
planétaire , en partant de cette simple donnée , la nuH 
tîère s^attire en raison directe des masses et inverse du 
quarré des distances^ après avoir trouvé^ comme con- 
séquences du calcul j des phénomènes jusqu^alors ina- 
perçus^ après que rexpériénee est venue confii*mer ces 
inductions théoriques ^ on a dû sortir de notre centre 
d^attraction et s'^élancer au-delà. Alors un nouveau 
champ d^observations s^est ouvert : on- a reconnu dans 
les étoiles fixes des mouvements réciproques et un trans* 
port àe notre système. On s^est demandé si les lois de 
Fattraction newtonienne sont universelles, e| les étoiles 
doubles ont répondu affirmativement en donnant le 
moyen, jusque là inespéré, de mesurer leur distance. 
Zves phases nuancées des étoiles changeantes ont attiré 
Vattention sûr ces étranges phénomènes^ de puissant 
instruments d^optique ont été perfectionnés, ainsi que 
les hautes théories mathématiques, leviers merveil- 
leux, qui, s^ n'^ébranlent le monde, comme le vou- 
lait; Arcbiniède, aident du moins à en reproduire le 
mécanisme. Ce que nous commençons maintenant, 
,des ^ècles Taché veront^ car le temps est ici un élément 
nécessaire pour suiyre les faits. Les. générations se suc- 
' 3 



céderont dans rexameii de ces grands phénomèi^ies^ et 
si lé flambeau des premiers observateurs s^éteint^ celui 
dé leurs successeurs se rallumera pour suivre la mar«^ 
che de ces astres toujours étincelants à la^yoùte des 
deux. 

L^hîstoii^e bàtùrètlé, d^accord avec les résultats dé 
4^astronomië sur la densité moyenne de là terré ^ a dé- 
couvert par dé nombireuses expériences Tétat intérieur 
de holre globe ^ qufe tout concourt k présenter comme 
fane masse ëbcore en ignition incandescente ^ revêtue 
d^unè couche solide a^ez mince et refroidie. l)elà une 
explication satisfaisante de la théorie des yolcatis et une 
harmonie constante avec les théorèmes mathématiques 
de Pourîer sur la chaleur. La géognoisie , en fouillant 
et classant lès couchés de cette enveloppe ^ a reconnu 
les phases successives qui forment les fastes de l^is-- 
toire de notre planète et des animaux qui Font tour à 
lour'habîlée. iTout le monde sait comment TiUtLstre 
auteur de Panatomie comparée a reconstruit une partie 
de ces générations passées, 

lyun autre côté, d'opiniâtres observateurs se sont 
transportés dans un mopde infiniment petit > et ont 
découvert, avec les instruments de nos ingénieux ar- 
tistes, des animalcules si exigus, que des milliers se 
tiennent en équilibre dans la goutte liquide soutenue 
a Textrémîté d\ine fine aiguille , comme dans utt 
monde à part ^ et loin de se borner à ces expériences ^ 
ils poursuivent , secondés par lies ressources de là 
chimie la plus délicate, les mystères de la fécondité et 
de la vie dans ces êtres microscopiques ^ dans les plan- 
tes ^ dans Fhomme lui^-mème* 



Qàéktk^^nifoiàtété Ae nos jours liés pnoj^rès et k 
ddmië^ dont les résultats devîeinieiit à chaqae instani 
àpj^c^aUcs aulaHs irtUes i Ainsi i^hydrogèm caiiMïiié:^ 
ekcttlant par des caoàtix tachés ^ -Verse le long dies méi 
âe nos cvliés^ épanche dans les atdters, lès spectaetei^ 
les amj^hiéÀtiies^ âne flstnime brSlante et pare^ ré^ 
fouisssmt les regards étomiés de ses jeb capricietut i^ 
aiiKi;, d\m c6tié^ D^vf par sa lampe lûerreilteiKe ras^ 
sure et protège contre un ensevelissement subk hsi 
famlfes souterraines V) habilaBles des minés ^ âe Fautre) 
fll^arantit la egbSSh des navires de l'*action coitosive dit. 
eauk salées où fls ploâgeat. il sttak trop lot^ de (Mei 
tooB les bienfiitt!» de la chimie: c^e^t teUe qui ch«^ 
)aiir édBdrte o» neutralise les poisons fiinestes. Tette est 
èa pnbséàc^^ quVprès avoir surveillé les aHmenti <(tti 
enlretienîietit la vië^ elle suit Thomme au cercueil , ai 
hd apprend auparavant quelles y seront lies demièreé 
decompô^tions de sa partie matéridle. 

Si les résultats des laboi^toires de la chimie sem-^ 
ixlent manques ) les récentes découvertes de la phjrsi* 
^e ne sont pas moitts surprenantes, .^rstêed découvre 
que Faigoille aimantée dévie sous TinSnence des con^ 
^cteitfs de la pilé ^ et de ce siinple fait naît vine taste 
stience^ l^leetro^magnétisiBe et Pélectro^jnaiiitque. 
Aïhpéïe applique Tanalyse màthétiiatiqne k ces idng»^ 
liers phénoiÉèn^) qui se multiplient à FaSde du calcvl 
et le Gouduiséftt à une iugéilieu;^ théorie de Faimaii-» 
tatiou du globe« L'identité des Guidés magnétiqfie et 
électrique é'élahiit défimtivemeht pair dès èxpérieticdi 
poÂtives. M. Ail^ aJ^HHfè à ^Ôe biMcke delà phj^ 



XXXYI 

sique T^ctricifé déi^eloppée par le mouTement, sur 
laquelle un des membres de notre académie a fourni 
des documents précieux. Enfin ^ Fresnel <, auquel nous 
devons 1^ phares à lentilles multiples ^ entreprend ses 
expériences des interférences et de la polarisation^ dont 
la déUcates^e confond Tesprit. Ce savant reconstruit les 
travaux de M$tlus^ ressuscite les idées de Descartes yet 
prouve que la lumière, comme le son^ se propage par 
0ndes. 

Parini toutes ces sciences, qui se donnent la main^ 
celle dont le nom seul réveille IHdée de ses progrès ^ 
parce que ses résultats sont {dus populaires\, k méca-^ 
nique ^ a fait de nos jours un pas immense* Le prin* 
dipe fécond des forces vives et de nouvelles expériences 
&ur les résistances passives en ont éclairé la théorie et 
la pratique. Cest ainsi qne M. Morin a établi les vraies 
lois du frottement ^ et que M. Poncelet nous a donné 
les roues hydrauliques à aubes courbes où Ton réan* 
lise une plus grande quantité de la force du eonrapt* 
L^élasticlté de la vapeur, d^eau à diverses températures , 
dont MM* Arago et Dulonjg viennent de donner des 
tables plus exactes^ remplit le monde de ses prodiges. 
Non-seulement les tentatives deFulton et de ses pré- 
décesseurs ont été couronnées de succès, mais encore de 
jour en jour de nouveaux perfectionnements varient et 
:Siûrissent les applications pour la découverte desipielles 
TAl^érique a élevé une statue d^argent à Newcomea 
et eomblé Watt d^honneurs. Outre )es machines fixes ^ 
la vapeur a résolu deux des troii^ c^s de la locomotion^ 
la çoux$e et la nage. Ken doutons pas^ cette sdence ^ 



xxxrn 

destinée à faire une révolution dans le inonde , fera de 
nouveaux progrès : on a cru voir dans la dilatation de 
Tacide carbonique une nouvelle puissance ^ d'autres 
moteurs encore peuvent amener la solution complète 
de problèmes jusqu'à présent non résolus. 

Dans cette revue rapide de Tétat actuel des sciences, 
je nV effleuré que quelques points saillants. Tel'est 
aujourd'hui rensèmble des sciences^ qu'elles ont élevé 
le plus beau monument de l'esprit humain, le palais 
en |dutôtle temple de la Vérité. Elles n'ont plus cette 
allure indécise et paradoxale qui caractérisait les an- 
ciennes théories: Fesprit d'analyse procède avec cir* 
conspection et s'avance d'un pas sûr. Des faits accu-* 
Inulés, soigneusement recueillis, il fait surgir des sys- 
tèmes^ heureux guides dans le dédale d'observations 
toujours nouvelles, qui se groupent pour consolider 
ou modifier ces systèmes successivement abandonnés , 
comme autant d'échelons qu'on laisse derrière soi. Au* 
jourd'huî les sciences naturelles et mathématiques, di- 
rigées parla plus sage retenue et la plus noble franchise^ 
réagissent sans cesse l'une sur l'autre, et marchent avec 
le double soutien de l'observation et du raisonnement. 
Ainsi les sciences s'empressent de travailler ensemble 
au vaste et indestructible édifice dont elles ont jeté 
les bases à Torigine des sociétés humaines^ monument 
majestueux qui s^appuie constamment sur de nouvelles^ 
et inébranlables colonnes^ temple sacré, où la Vérité 
descendue des cieux sur un autel du marbre le plus 
pur, seul point par où elle touche à la terre, se voile 
aux regards des profanes. 



•uw 



DEUXIEME PARTIE/ 



^ arts et Us sciences morales. L'esprit des science^. 
tend à découvrir les bases de la vraie philosophie^ 
4pnt les principe$ soft inwtftajbiet. 



LVspnt d^analyse^ si féooad 4anfi les s^ien^ea^ fail 
(Sgalemeat sentir son pouvoir dans Fenapice pla^ ^ocos^ 
i&le et plui riant de Fimag^atioa. A^ifisi doiît^a ad« 
mettre oomme adome^ que^ p0ur ms^rclier y^vs 1% 
perfection^ il &ut toujours appder à soa aide^ ce^n^i^f. 
1er ce sage Mentor^ que trop souvent iM>Ut laéQOiH 
naissons^ 

Que ne puis^îe^ Messieurs^ mWréter sur Fiaflumco 
de Fesprit analytique des sciences transporté avec su 
nchesse d^nvention dans la littérature et les arts .^ Ma» 
un pareil sujet exigerait un traité «xv-pvofesso ^ et le 
temps qui s^écoule mWertit de me i:estreWre* 

Cette influence se fait sentir plus que jamais de nm < 
ymrs dans les efforts souvent maHienreu:»; de Iq nourt 
"^Ue école enc(»re aa berceau^ mab dont il faut sa 
garder de mépriser les premiers essais. Si Foa ealend 
par romantisme cette, tendance ana^tique à onym de 
iK>uveHe8 rontes^ rien de plus rationnel; c^estice q^?o«f| 
fiiît tous ks grands gémes^ c^est psacisément un dest 
points principaux de oMitaot entc^ ks agences* et ks; 
kttres. Mais qu*on répudie k beau simp)^ et autique^ 
qu\}n u'^admette qu'Hun seul genre ^ qu^ui» aeide tinate^ 
qu^on préfère constamment et pour tojus ks sujets aux 
plaines fertiles, aux coteaux riants^ des tecf aias saccadéf 



xxxix 

tt Yploamcpifs ^ c^est lovtir de }a voie directe pmir 

lember dans nne ornièrfs., Cherchons une heu*** 

reuse fufiion| mais laisspns isolé et sans mii)ange ce 

qui par une réunion forcée deviendrait impur ou iW 

tidieip[. Cultivons des fruU^ de toutes les saveurs : 

grefioju ce <pn peut S'améliprer; laissons simple cp 

dont la siniplipité constitue le mérite. Sacrifiera- t<*on 

rarqfaitecture ^^que à la gçtbique^ la gothique à 1^ 

pecqueP chacune a son genre de beauté. Les religions 

|[>al(eunes ont leur poésie^ comme le christianisme a If 

sienne* Telle est Topiniou qui semble conforme a^ 

^çi^X ^ f la raison. Ce ferait être d'un romantism^ 

aveugle , que de replonger daps la terre les belles statuer 

antiques qui y ont été ensevelies. Ce serait^) par ex«»- 

emple^ faire aux romantiques outrés une questiou 

eo^arrassante ^ que de leur demander de quelle mar 

père le Misanthrope et le Tartuflfe devaient être traités^ 

et ce qu'ails eussent mis à la place de ces ana^ses pror 

fondes d]| vice et du ri4icule... «.«... i 

Un autre point de contact entre les saences et .1^ 
littérature est h question de pçééflft^ience qu'on. s^esf 
plu à débattre. On a été jusqu'à coudami:^ ]fi^ savant^ 
il uepa^ ^ntir les charmes de la.littér^ti^re ^ et les littér. 
f^teurs à ne p^ s'éqlairer. du fUpibe^ii des sciences* 
Il exista au contraifre entre elles la p}i)s intime cour 
nexion, C'^t ce qiCavaient bien compris les anciens | 
lorsqu'ils nous montrejat daiisleivs ingénieuses fictipnp 
les neuf Mqsea ^e dpi^n^nt la luaîfi et s'unis^ijit p9ur 
(brmer des e^ioçurs ha[fmonieu:ç. 
Vàsas^ JhusQ^e resseiiible k une b^e &pw ÇÙ uoqf 



XUI 

(eace dn^eolml ^ soit ques<^ tm dd pur et iradîeux rous 
écoutiez les m}lç Toix de lânfiture vivanieP Pli|sieurs sa» 
VKQU^M^dîtnalfvepent que , silesiouis^nces d'^a^ie belle 
tl^eorie ponv^ent ^f« perçues ppr les sens, ^lesffirpas-p 
feraient tpeUe^ cpjie donnerMent à la fois U plus Tolup;^ 
lliense ^afmonie, 1^ plus suaves parfiçuns^ le^ hee\\rr 
Tages les plus ex^is. Eu effet, rfaomme qui p^rviea- 
drait à péuétrer tous* les phénomènes qui Fentourent 
et se passent en lui, serait élevé à une sorte d^exîs^ 
t^ice fantastique qui en ferait un être supérieur. 

Mais si Fétude est une source inépubahle de jouis-^ 
Minces intellectuelles, ses résultats ne réagissent pas 
moins positivement sur le bonheur matériel. Entrons 
dans lliabitation de lliomme instruit^ nous le verrons ^ 
habile épicurien, jouir de toutes les aisances de la 
vie. Les arts s^empressent de prévenir §es besoî^s et 
ses désils. Une foule de petits objets, de meuble^ 
oemmodes attestent leur sollicitude» Ici Tancienne my*? 
thologie Tenvironne de ses gradeiii^ prestiges ylà^ dans 
sa bibliothèque se trouvent, avec lemrs passions, les 
hommes de tous les âges ^t de tous les lieux. L^ 
science d''£sculape le protège contre les douleurs du 
corps , et une ^tge philosophie le soutient poutre celles 
de Fâme* 

Pescendez dans les plus humbles demei^res, etcom-f 
parez-les à ce qu^elles , eussent été dans les temps de 
barbarie : maintenant sous les toits les pluspiodestesl^ 
fer et le cristal inème OQt remplacé Fargiledçs gothiques 
çhfiupiières. |i'indt}strie, qui v^ toujoi^rs croissant^, y 
apporte chaque jour les produits 4e sa féconde iurt 



|d)i$e|i€e. S^ prqgrès qae riao aWréte^ parce que 
to^t le inonde ooncqurt jù^lefi active?, baOBÎront à la 
lov^e Voisb(eté et la 9iî§è|E^| »a hîdeim qooqpagoe. 

De pe boi^e^F matéwl résiilte, comice eotoUaioe 
immédiat^ lip^ ^çiélioi^atîpB po^^e^ ca? le mal dis-r 
par^^ ,jo;^é^al6p^6^ 1^ où se manifeitte une çeftfâne 
lôsance de la ^f Ce$t un septimeat dlnstiaet, «ne 
)pi de ccrnservatioii ^ 4e trouver du plakir dap$ le bieo^ 
de le faiçe dès qu'oE le peut , et d'jépFauv^ de la ré- 
pugna^oe pwr le mal* Àt^i 4am eettaipes classes 
polies de la société^ ce sentiment suffît qnelquefiMS, 
^îenîporte si;Mr lape^? des lois cÎTiJeç et vfïème swp kis 
««f^tiip^nfs .3?eligîeij3c, Pejà çe^e maxime para^xale, 
l'fSpaifidue çhfiz pli|âieuirs personnes ^ qull ne &ut de la 
religion que po\|r les classes obscu^res ^ et que le senti- 
peut des çpuveuances suffît pour les autres : principe 
^x et fiDue^te^ dont un des moindres i|iau:( est de 
i;emplacer par un froid égdïsiftp l^^cliaiité çbré^ 
tienne 9 df s^id^tit^er le désespoir ou TabniU^sseinent 
du néaiït à la douce persuasion qui console des reveri 
pçiss^igers de l^ y}e par IVspprauçe d'une félicité per- 
manente. Çe%\ do^c un des bienfait qu'opère la pro^ 
pagatîen dfS luTOère^ de re^ldre Tbomme meilleur, 
toutj eç fenyiçoç^^i^mt de çowmçdités matérielles. Cest-r 
là, çpi[(^n^ uous Tavopsi dit^ la grande mission des 
sciences^ Alors disparalssei^t ces sentiments li^ineux, 
qvÀ, étquflfeijLt rai?[M)ur d^ la patrie , ces eçtteries mes«- 
qui^^^ çesi étrcûte^ amHtiops de petites choses , cet 
es|»rit d^ désiwop^ q^i énenre, mine le corps social, 
trahit: et assombrit Tavenir. Dîsonsr-le k baut^ et in«* 



xuv 



teUigiUe voîx ^ parce que c'est le cri des hbmmes sages 
et clairvoyants àe chaque opinion : un des pins grands 
laaux donrt puissent souffrir les états, est Tespiit de 
désunion :^ mal d^autant plus redoutable qtie , le remède 
étant appliqué par une main amie ou ennemie , cette 
lèpre ne disparaît soureht qu'^à Taidc du fer ou du feu. 

Que nlmitons-nous la prudente et modeste cîrcons-* 
pection des science^^^ivançantayec lenteur, maisd^un 
pai sûrP Alors serait satisfait cet impérieux besoin 
de prospérité publique^ car cet instinct de bonheur 
que la nature a jeté en nous , se présente sous une 
forme générale. De la réunion des désirs de chacun 
oaH un sentiment universel. Alors éclate la grande 
voîx des peuples , heureux quand 3s ne . vont pas 
trop vite^ car au lieu dVtteîndre les améliorations de 
Paveûîr, ils courent souvent se précipiter dans un 
abtme qui en prolonge la distâtnce. Une lente pro-f 
greisîon peut seule développer les germes çt mûrir les 
fruits^ c'est une loi de la nature que ce qui est brus- 
qué, avorte. 

Au reste, Messieurs, la marche non interrompue 
des sciences et des arts utiles, s'occupe peu de nos 
discussions. Jamais , bienfaisante à demi , elle ne s'arrête 
épouvantée. Elle continue paisiblement son ouvrage : 
non-seulement elle consolide ce monument de vérité 
qu'elle a* élevé dès l'origine des sociétés humaines^ non- 
seulement elle cherche et découvre les principes de la 
véritable philosophie , condition indispensable du bbn-r 
heur des hâtions 5 non-nseulement elle épure ces ^s- 
cussîons qui nous agitent ^ mais , grâces à son îrrésîslî« 



Ue iafluencie y lladustrie^ fiUè fécondi? des sdèncés^ 
WM)$ enlace de ses chalaes ^ couvre le globe d^un réseaa ' 
de liens sociaux^ qui mènent peu à peu le monde 
moral vers un état stable^ comme les lois combinées 
du monde physique se maintiennent en éqmlibre depuis 
six à sept mille ans^ époque de la première apparition 
de Tbomme. S'îl n^en a point encore été ainsi ^ o^est que 
Tespèqe hiunaine est d'aune date trop récente, et que 
nous comm^3çoi;ts à*entrev<»r le but où elle tend. 

Pour ipieux ^laircir nos idées ^ jetons un regard sur 
les siècles écoulés^ et voyons Tinfluence qu'août eue 
sur les sociétés quelques-unes des grandes découverte» 
scientifiques et certains résultats des arts. Le premier 
€pii intenta h plus frêle navire fit plus pour Tavenir^ 
que les Grej(^ réunis dix ans devant Troie , chantés par 
Homère. L'étude des constellations créa la navigation^ 
«ne aiguille dirigée vers le nord ouvrit la route de 
toutes lei mers^ et conquit plus de terrain que ne le 
purent Alexfiudre-Ie4jrand, Mahomet et Geugis-Kan. 
Uimprimeri.e, ange-4émoii à deux visages, défie- 
rait Tespèce humaine elle-même, qui la créa, dVnéantir 
ses œuvres. 

La simple vapeur d^eapi donue à lliomme une puis^ 
sauce supérieure à celle des animaux le$ plus robustes 
et les jAm agiles^ eUe civilisera les déserts où se perd 
la source des fleuves, déserts que d'impénétrables fo- 
rêts et des marais impraticables rendaient inaccessi^ 
blés. 

^ Le ;paortel qui inventa la charrue fut placé au râjsg 
fiks d^^rctieux,. Que ue doH-oD pas aux hommes utiles 



tLVt 

cpti tirèrent Uû^ dtk sdn des midès pour lé feçotinélf'^ 
le fer plus précteuii que Por et le diamant? i^ûe tvt 
doitMm pas à ceut xjuî trouvèrent r«tt d^ésrtrMre de* 
céréales et èes baiefi agrestes les ferines, les sucs tariéf 
qu'acnés renferment 5 à ceux qui décônvi-tirfent les moyens 
de convertir les filaments du chanvre et ^ Kn en ntt 
tissu simple et légei*^ de 6e cotivrir de la toîsoti deàr 
animaux ^ de tàter des séerétfons d\in iftàeetè coioimmi 
et la soie brilkute^ et la eirè {M>âr e^ tf&te {aâlir la 
lumière^ d^amoUtr le caillou^ te iabtë fôufê par àosr 
pieds pour lé tma^ormer en Une ^ace diaphane^ d« 
durcir Tépiderme des animaux pour tevééir nos piédi 
de diaussures coiùmodes^ de préparer pour adoucir' 
nos aKuients et le adore des abei)lesi,et teluî de^^inplâ* 
roseaux^ orgaf^s sécateurs ^ que Dieu a placées enfrls 
la matière inette et la main de Hidmme ? ' 

n serait superflu de rappeler tous les art$ dont Iii 
paternelle infiuehce a siïccessiveti^ht amené les soâé^ 
téa à leur état actuel; le degiié ^e perfeëlibtt oi ne'ai 
sommet parvenus doit leur être ptesqâe élxlttôive* 
ment attribué. 

En se transportant à des intervalles trés^loignés ^ ces 
différences deviennent plus sêfni^es. WûtL tbié^ à âes 
époques rares ) comme les comètes de ixàfve s^stiftlé 
planétaire^ apparaissent les Newton et leà Départies ^ 
aidés du temps et de la civîlisatiotl^ dé Taiitarê, té 
commerce étend ses longs cheïmos de fer^ Èinkiplié 
ses canaux et tous ses liens ^ souvent imperceptibles^^ 
qui unissent les contrées les plus lointaines et ànxqàels 
les peuple» ne ren<mceront jasuJi, ï^es arts utiles, kè 



ûiôéesies inéti^rs^ travaiÙâiii sans relâche , moâffi^t 
toardemëiit Pétat de ees peuples et conduiseDl à des ré-* 
éultafô ibes^és. Âin&i^ par exem]^^ il peut se faire 
c^be les k]io3reiis de destruction arrivent k Im tel perfee*» 
tionnéthent, quils rendent impossible leur emploi; 
alors les sciences auront pacifié le monde ^ et les portes 
du temple de Janus se fermeront pour ne plus sWvrir. 

Conclusion. 

Dans notre hypotKèse \ les seules causes qui mena^ 
iceràient cet équilibre stable du monde moral ^sem- 
Meraient ne pouvoir tenir qu^à un changement brus- 
que de rotation de la terre ^ à k rupture du nivean 
des mers ou â de grandes influences inaperçues et 
continues^ comme le tarissement graduel des fleuves, 
la disparition successive des forêts, les pestes nomades, 
^abâtardissement du genre humain. 

P^r-être aussi dans Tessetice même des empires , 
è^srei4^il des germes innés de dissolution , jusqu'l 
présent peu étudiée, jpareils aux cau^efe qui empêchent 
Thomme de viVré îndéfinîmenl, et le font passer de 
lage Viril à la vieillesse, puis de la vieillesse à la dé^ 
crépi tude. Pour découvrir ces causes inconnues , il faut 
1rem6ùtet dtô effets désastreux aux sources funestes 
qui les ont Vomies, étudier surtout les nations aux 
époques voisines de leur plus grande splendeur. Levez 
le manteau de riourpre de la Itome voluptueuse et san- 
guinaire des Césars : Home est-elle tombée parce quVUe 
ii^étâit point savante et qu'elle avait Cessé d'hêtre ver- 
tueuse? Athènes s^est^elle éclipsée parce quelle uMtaît 



qurêloipienie "et artiste? Gek parait venk dViie uhitf} 
eanse phis générale : cVst <pxe les eàipires ont dû éire 
et seront b^nlèversés^ tant qne des bordes barbare» 
et des peuples crviKsés existeront séparés et ne se 
seront pas fondus ensemble. Ainsi ont disparu les en^ 
pites de PAsie^ ainsi ont passé ceux du Nouyeau^ 
Monde» L^£f;ypte , docte et religieuse ^ sérail restée 
debout, si elle eût été assez vieille pdtnr résister aux 
tribus trop récentes des Arabes^ et si la Chine , quoi- 
que prudente et instruite , est demeurée stationuaîre ^ 
ç^est parce' qu^elle est une nation isolée et égoïste. 
Quand Tindustrie aura couvert le globe de son int- 
mense réseau ) les empires plus sages pourront désor^ 
mais être modifiés ^ mais non bouleversés de fond eii 
comble. 

Ces bautes questions de philosophie tratiscendante^ 
ces pensées de Tavenir que réveillent celles du présent 
et du passé , exigent autant et même plus de temps 
que la connaissance des lois du monde physique. Ca^ 
les cieux sont toujours ouverts aux regards des ob- 
servateurs;^ les couches géognostiques du globe con- 
jservent les traces de ses transformations^ au lieu qu^il 
e$t aussi difficile de lire dans la grande ame des peu- 
ples ^ que de saisir Içs formes fugitives dV^^s infinité de 
vagues qui se pressent et se mélangent* 

Quant aux études philosophiques^ si de savants pro- 
.fesseurs, fidèles à k méthode cartésienne, portent 
dans leurs recherches Tesprit analytique des sciences 
bien propre à rectifier et à étendre les idées ^ s'ils re- 
cueillent avec soin la série de faits qu'amènent les iges 



xui 

â^ oatjk^^ alorsy de la dlscQssioii de ce^ £iite, des 
moyennes auxifuelles ils donneront naissance ^ Sortiront 
de gt^andéâ vérités qui Sont encore dans Fombre. 

Tdlë est la missiôii des académies. Aussi ^ toutes les 
Ibis que^ groupée sur quelque point de la surface du 
globe ^ Tespèee humaine , par une heureuse iotuilioQ 
de r.avenir et par Télan de sa propre nattire ^ a com- 
mencé son grand oélivre, elle à toujours réconnu Futi- 
lité dés sociétés datantes. Sous le ciel brûlant de là 
colossale Egypte ^ . dans lHude ^ souche antique de la 
philosophie naturelle ^ sous les voûtes dû temple des 
Incas;, soùs lé feuillage d^ fbrèts druidiques^ on re- 
trouvé lés progrès lents et irrésistibles des hautes scien^ 
ces constamment et étréitenient liés aux dogmes des 
religions^ aiix tràvàu:^ des législateurs^ aux coutumes des 
barbares. Partout, lés prêtres chargés de présider à la 
naissance et à la mort dés hommes , Tétaient aussi de 
conserver et de traiismettré les trésors inappréciables 
de rintelligencè qui distinguent les ina^es Sociales. 
Lorsque lés Grecâ perdirent lëiir jiuissaiicé , les Èomains 
VainqUeùi*s vinrent {fùîséi^ dâii^ les écoles d^Athènef 
lés doctrine^ dés rainctis, qu'ils répandirent plus loin 
en les lûélant au luxe de TAsie Mineure. A cet âge dé 
réâpècé humaine, c'^était Tenvahissement des àririés 
romàiiies qui propageait vers lé Nord là civilisation de 
FOrient. De riôs Jours , llnstitut de France , auquel la 
Société nancéiennè dé Stanislas a fourni d^illustrès côr<» 
"respondants , leurs Sœurs d^Angleterre et d^ Allemagne 
sont autant dé phares allumés sur TËurope. 

Telle était audsi la {>ensée dé ce bon roi, dont le 

4 



^mom est ël l^ésent li notre esprit^ que c1iactH& dé 
nous ^ en pasiaùt devant sa statue , croH lire soti^ ii» 
pieds de bronze : 

An âetn des monameiits de sa muoificeDGe, 
U doit vivre imiliortel comme sa bieofaiaaQte. 

Conservons^ disait M. de La Place , augmentons 
avec soin le dépôt des hautes connaissances ^ délices 
' des esprits pensants ^ et germe du boidieur des géné- 
tions futures. 

Admettons ^ Messieurs ^ la conclusion du syllogisme 
^li a formé le texte de ce discours : Le monde moral 
tend à un équilibre stable^ que^de nouyeUes catastro» 
phes du globe ou de grandes influences physiques 
continues pourront seules rompre^ et cela indépen^ 
damment de toute hypothèse sur la meilleure Jbrmê 
de gouvernement.. 

Ainsi, pour compléter ma pensée par une image ^ 
dans les profondeurs de FOcéan, des myriades dé 
petits animaux sécrètent chaque jour des roches dç 
corail 5 qui du fond de l'abîme surgissent avec le temps 
en murailles gigantesques 5 leur fàîle finît par dépasser 
la cime des vagues ^ qui n'^ont pu les arrêter^ bientôt 
un sable épais les recouvre , puis là terre végétale s'^y 
montre , et de nouvelles îles apparaissent , ornées d'ar- 
bres et riantes de fleurs : dg même les sciences , les 
lettres , les arts convergent insensiblement , mais irré- 
sistiblement ^ vers la solution de cç grand problème ; 
Le bonheur du monde. 



♦è 



u 



^ ^ ïtÉPONSE BU FluEstDËMT 



AU K£GIPI£?fDAlK£i 



Maoskur^ 3 â{>parteEiait k Ua professeur distingua ^ 
à uii:doctéHr^軫<ieiiees, d^embrasser d'aune vuapIMî^ 
reiiaem}>}e àe$ connaissances humaines ^ et de frire 
seniir toute la pubsànce de l^naljf^e pour lès porM^ 
à leur dernier degré de perfection» Cette ansjyse, vojoa 
â 6é(ni de. guide àtm \08 leçons publiques et particu^ 
Uèrès , et u'*a pas pe9 contribué à populariser dans «otr!% 
ville les sciences mathématiques et physiques par Jeui( 
applicatfon aux arts. U faut plus de talent qu'on ne 
le pex^e généralement pour atteindre un but aussi 
Ut3e« Car on peut être capable d'arriver k de hauteit 
fcpuuaifisanees ly sans être en état d'y cot^iuire les autres.^ 
et Ton a 4it avec r^pn^ <]|^'il en Qoikte quelquefois 
plus à résffrit pour redescendre que pour continuel; 
à s'élever« II pa^ak^ liionsieur^ ^que tous pouvez Vva^ 
et Tautre» Vous en avez donné, une preuve récente^ 
en présentant à la Société académique Un mémoire 
remarquable où vous proposes un uouveau moyen ^le 
mettre en jeu les madiines à vaipeur. Vous ne pouviez 
tourner vos méditations vers des appareils plus utiles 
que ceux qui ont déjà tant contribué ài la prospérité 
des arts. En effet^ quoi de plus merveilleux que des 
madûnes qui remplissent les ibnctions exercées par les 
èsdâves cI^gk les Grecs et les Romains, c!est-4trdire| 
qpûtransporlenl,}esferdeauX9 fràt mouvoir les m^u- 



les^ cnargent et dédiargent les navires^ tissent léi 
toiles^ les draps ^ les couvertures , impriment les joar-' 
naux^ élèvent Teau dans les maisons^ conduisent les 
bateaux , sèment^ moissonnent^ battent le grain ^ tirent 
les métaux du sein de la terre ^ les préparent^ les fa« 
çômient sans effort et sans danger? Tek sont les im- 
metflHr services que ces puissants auxiliaires rendent 
à TAngletèrre^ à laquelle ils tiennent lieu d'^uU' accrois^ 
sèment de population de plçis de 2 mfllions diiàbitàttto 
toujours, en activité. Ati point où Tart a perfectionné 
les machines à vapeur, elles semblaient laisser peu à dési^* 
ter. Cependant voi^ avez découvert un nouveau moyen 
d^action dans la combustion des gaz hydrogène et oxy-* 
gène. Sans don^ ce mélange détonant est doué d^uue 
ptdssance formidable ; mais en rappliquant aux ma-» 
chines de haute pression , il ne ùlvlî pas se diadmuler 
qu'ion aurar prc^ablement- à lutter contre plusieurs 
obstacles. Vous n^ignorez pas qu'ail y a^ dans Temploi 
Ses machines, utie perte de force vive d^âtitant pintf 
considérable , eu égard à leur effet utile, que ces ma^ 
chines sont de jius petite dimeûsion. Votre proposition 
ne pourra donc être bien appréciée que sur une grande 
échelle. Alors , ne serait-il point à craindre qu^elIe n« 
f&t accompagnée de grands dangers? Cependant il faut 
contenir que Ih où les difficultés semblent presque 
insurmontables^ quelquefois un heureux hasmd ou 
lin moyen fort simple vient dissiper toutes tes appré- 
I^nsîons^ car on ne peut se flatter de parvenir, du 
premier coup , à la perfection qu^oA recherche. Mais 
quand on ne devrait classer votr« nouveau système 



: * • ; ; ^ tni 

^e panni les thëoriés brillantes dont Texpërience peut 
seule démontrer l*titiHté ^ il n^en méritera pas moins de 
fixer Tattention des mécaniciens et des constructeurs 
de macliines à feu. Espérons qù'ayec leur secours on 
parviendra à régler Pagent que vous avez proposé. 

Q^pi q[u^il €91 soit^ monsieur, votre travail basé 
sur le calcul) est très^ropre à confirmer Topiaion 
avantageuse i]u''on avait conçue de vos connaissances 
e( de votre sagacité. 



LE BON CURE^ 

Toi» qui vives au seiq d« Topaleppe^ . 
Pour qui Plu tus ^ ati gré dç vos désin^^ 
Varie , étend la sphère dçs plaisirs , 
Vous ignorez la pure jouissance 
Que peut goùier un mortel ici bas^ 
S) dans ces biens votre nianificence 
Ne fait la part à la triste indigence , 
Qui , Pisil en pleurs, se presse sur vos pas, 

(?est dans le cœur que le bonheur réside \ 
Cest la bonté qui le fixe ches nous : 
Jamais sans elle il n^est de bien soliçle. 
Mais que le charme ei^ est puissant et doux ! 

De ce bonheur voulez-vous voir Fimaçe? 
Non loin d^içi regardez ce hameaii 
Sur le revers d^un aride coteau , 
Sol rocailleux , où Parbuste sauvage 
Semble ^ regret balancer son ombrage. 
CTest-là qu^habite un modèle accompli , 
Un vrai phéni:^ , dans le siècle où nous sommeil. 
Un bon curé.... car aujourd'hui les hommes 
Sont exigeants sur cet artiçl^ci. 

Eh bien ! sa vie est propre à nous apprendre 
Gemment Ton peut sur la terre être heureux , 
Et nous montrer quel chemhi il faut prendre 
Pour arriver au terme de ses vœux. 
Or, sa méthode est facile à comprendre* 
Sait-il quelqu^im pressé par le besoin. 



Abandonné, plon^dans h tristefise? 
Le consoler, soulager ^ détresse , 
Devient Tobjet de son plo9 tendre soin* 

Allons, allons îr^^^pet an presby^èrfS ^ 
Dît Pindigent des cœurs durs rebuté^ 
jy trouverai , j^en suis sûr, la bonté 
Qui compatit du moins à la misère. 

La renommée , en effet , du pasteur 
A publié cent fois la bionfaisimce \ 
Car, sans compter sur la reconnaisfiance « 
Pe dia(}ue pauvre il^etf te bienfaitaur« 

Loin d€8 soucis, du bruit. e^ de reaviei 
Cest-là que git cette fëlicité^ 
Incessamment de Tbomine po9i$mvie, 
Trompant la maii^ q^i croit Pavoir fiabie^ 
Mais que Von trouve avec U charité^ 

Pour mon curé, cen^est pqint la cb^nih^: 
Et, plus heureux qi^e les henr^x qu^il fajKf 
Il montre aux grands 4 aux ricbos dfi U teptf « 
Que le bonheur ne vie^t que du bi^n&it* 
Il a brisé les ignobles enlr^ves 
De Tintérêt et de Pambition, 
Dont la plupart d6§ hommes «ont esçhr^* 
Il ne se fait ^uc!UQ( jiillusion 
Sur les bonnçurs tthfi trésors du monde v 
Mais dans soq cmnr règne une paix profonde « 
Fruit précieux de sa bante raison. 
Soumis anx lois , |i |^ Siermepts fidàkt 
Religieux sans &«tet «laos «xcès , 



Jamais trop loin il n^ potissë le zèle , 

£t ses efforts couronnes âe succès 

 ses voisins Font montré pour modèle^ 

Baqs ses devoirs sageqœnt renfermé. 

Loin des débats de Tâpre politique , ^ 

Parmi le peuple il n^ jamais seipé 

Qu^mi germç heureux de concorde publique^. 

Çans rechercher un pouvoir despotique , 

|1 trouve i^ieux... le bonheur d^étre ainié. 

SulVez ce gui4e , 6 voius jeunes lévite$ 
Dont nous louons la cendre piété, 
Et tenéa^vous da^^s les sages liinites 
Que vous prescrit Fesprit de vérité. 
]^a vertu même en abus d^[énère , 
Si Pon ne sait s^arréter à propos^ 
Et la prudence , en tout temps néoi^aire ^ 
L^est eucor plus dans votre ministère , 
f^our y trouver et succès et repos^ 

De mon curé voilà bien la maxime. 
Ainsi que vous il parle au n^m di| del^i 
lilais , dans spu cosur pieux et paternel , 
Il ne fait point de la^iUes^e. un crime , 
l^i de Terreur un horril^le forfait. 

SagCf indulgent, autant qu^I est cKscret , 
U n^ qu^un but : c^est de remplir sa tàdiej 
]Et tant qu^il reste à Ikire quelque bien , 
Son zèle ardent ne pren4 point ^e relâche. 
Bienfait passé pour lui ne coinpte rien. 
Sur son trqupeao. ^on œil attentif taille ) 
An moindre bruit il sait prêter rorçille* 
Qu^une brebis s^écarte du bercail « 



f^ 



Oa que U paix soil trouUëe au viR8g« ^ 
Pour conjura: ou dissiper Tinrage , 
|l nie plaindra ni peine, ni travail, 
Tant qu^il verra le reste ^'ùn nuage. 

Dans ses conseils il n^es^ point emporta , 
jEt sur les qœurs il a pris tant dVinpire , 
Que le respect et T^por qo^l impiri^ 
Ont plus de poids que son autorité. 
U est ainsi de son peupté* écouté, 
Comme i|n oracle auquel on doit souscrire* 

Çest aux enfents quHl prod%ue surtout 
Pépandiement de sa tkolbJe tendfesie. 
Il sait combien VpQ doit à ^ jeunesse 
Pe soins , d^efïort», pour lui dcmnep le goàt 
*De la yerjtu , Tédairer et Finstrmre. 
Aussi met-il tant.dVt k la conduire. 
Que nul ne peut rester sourd à sa voix. 
Heureux p^teur, il est, tout à la fois^ 
L^ami , le maitre et Pappui de Tenfance , 
Pour tous enfin uo^ autre providencfe. 

Ne croyez pas que notre hon curé , 
Pour acquérir un aussi grand mérite, 
Passe sa vie en véritable ermite 
£t tristement du monde séparé. 
Pe son banieau , de ses voisins Félite 
jSe fait l^onneur de lui rendre visite , 
Trouve chez lui cette hospitalité 
pont la frandiise a toujours^ tant de grâce , 
Qui dans les coeurs laisse une douce tvaoe ^ 
Quand on en ydt la cordialité, 
pe son accuey sàasi Fatoénilé 
fi^\ im attrait qui près jle lui jts^pelle j 



& politesse, vimàbh et patuinetle, 
Piqâe le goût, la cario^té., 
Oq est surpris, à répoqi^ çù noqs Sommes , 
D» rencontrer, dans un s^ipplje hameau ^ 
Ce que Foo voit à peine en un cl^teau , 
Ce qui devient trop rare chez les hommes^ 

Mais ado^irons surtout ;sa cbaritç. 
Cest des vertus de son ^aint mipistere. 
Et la plus grande et la |^ s^lni^e , 
Cette qui dopoe empire ^ dignité. 
Aussi du pauvre il est le tendre père , 
J^f près de lui , '}a trisie hunanilé 
T^roove un secours pn^iee ^ nk Bume. 
SoivoDs^k donc , liM^qu^f 1 p«r le «es pm 
Vers k séjofir 4e$ dpMhw», 4a ir^^. 
It va chercher le maJbftf^*^ Vifiéig^Q^ ; 
Les souhiger est Tob^i^t <k $0$ \;/D^m: v 
Et , loin de fuir Paspeia j^ h jîpi#r^9<;9 « 
Il tend la main à tcA^ ^ ippi^^Ji^^^x. 
Le moribond spi^leve emuQt H ^ 
Pour contempler çé mess^^ 4^ ^^ ^i 
Firesse la main à bénir toi^ours prête , 
Dont il attend le dernier 4e&i»si^»ts. 

Calme de Pâme^et joie intérieure 
Ne sent-ils pas , pour notre bon cure^ 
Le juste fruit qu^il recueille à toute l^nreP 
Plus de bonheur peut-il être e^éfj'f 

Bans ce portrait , affail]^ pftr ma muse^ 
Heureux celui qui reconnaît le sfeni 
Mais un pasteut étrangement «\AiUse , 
S^^il croit trouver ailleurs on plus grand biiB« 
Sans la bonté, tout autre dotf oVst rten. 



CONSIBÉRATIOr^S 



£i£N£BALpS 



Si rhomm^ « reçu U part 1^ plus Iwnge des dons d« 

A^^W) ea revanpbe U a été soumi» à une multitude 

d'^eiivesu l^i «iet ^ à peia^ voit41 le jouf^ qua déjà 

)es dangers Fenviroiiamit ^ W maltdii» ra9siègeiit) el 

}a HMïrt )<Q mfSK^e* 6m fmnier d4çir &t d'écjiqpf)er 

^ ia dpiiJewr, .4cMeit ro»gme se tronv^ d^os le berceau 

dii fepm humô^. Pour s'y apustrmre , ses premîei» 

«fis^ furent leuts et timides^ aussi regarda-t^I comme 

des êtres extraordinaires^ même comme des eui^oyés 

^ ciel 3 c^ix <jui ayiaipt obtenu des succès dans Tari 

4egu«rfaî. ^ 

A mesure que l'organisme ht mieux étudié, juîeus 
lîounu^ «ta parvint i cfe^ léwiltats ^us heureux. Alor» 
««*i»^<9içala néritable.madipèiiie, qui, suivant les pro^ 
fiprès de r-esprit humaiï^ et pr^^fitant de ses décrovertes , 
»»ï>^?wsa pw^peu tmites leam^nc^^ et agrandit tek 
l^i^ut sQu domaine, qu'aujpurd'huiquelque&lLOiipaiea 
J^vîlégiéç peuvent seuls ^ attendre les Kmites. 
4 Ce semity l^essieurs, abuser de votre ^mps que de 
vpù$ enfis^nir de rbistoire de la Médecine^ elle est ^ 
0ons%née dans les écrits de Daniel Lederc, de.Sprèn- 
(Sd, de Peyrilhey deJKe»audin* Nous nous bornerons 
# pn aperçu de sou étaipvémit en Fxwoe, des systèmes 



qui ont agité et partagé le monde médical ^ enfin de 
Fédectisme appuyé sur le naturisme* 

Après la suppression des nniveràtés ^ la Médecine 
fol livrée à Tanarckie la plus <:om{^te. Les éo^es 
étaient encore fermées^ les chaires désertes ^ lorsque 
deux savants la tirèrent du cliaos. Fouécroy et Thotfret 
relevèrent Tarbre abattu de la sôence médicale ^ et 
d^nne main guidée par k raison et là philosophie ^ rat- 
tacMceqt k &on tronc anli<{lie la branche non mniss 
ancienne, cpà en avait ' été isùf loBg4emp6 séparée ^ 
«ions voulons dîM k Chirurgie* 

La Chirurgie ^ si £lorissa«le sons qn^qués^ègnes^ si 
dégradée sous d^autres^ tantôt fille ^adoptive de TUnir 
vefstté, tantôt esdiave r^[K>ussée de son sân^ luttant 
sans cesse contre sa manv^se fortune ^ et tôiif durs dans 
ces malheurs entretenant le feu ssacré^ s^est affi^anchie 
d'une odieuse tutelle: de moitié dans F^isctigneinent 
«t dans les prérogatives ^ elle a joint ses importants tràr 
vaux à ceux de k Médecine. . ■ 

Sûr les ruines de Fandeane FaettUé de k Biétfopc^é 
de France^ au s^n de kcpidk tant de déoonverC^ 
Mcpnrent^sVleva TÉcole spéciale def^^eeJnedeFaris^ 
aujoard^fanirunç des premières faoukés du m^onde^ Des 
chaires y sont ouvertes k tcmtes les spécialités : k mé« 
deeine l^ale^ flambeau de k justice et paUadiiuu 
de la sûreté publique , Thygiène, k toxicologie, les ois 
rares , font partie du nouveau mode feosdgnement» 

Parmi les additions prédmises , n'oublions pas de ri* 
gnaler k k ^^connaissance publique celle <{ui donna 
Fàme kh sdçnoe^ et 4iwEisfom\e en lycée le ^é^e dm 



ixi 

là doîilràr. Gracies aol Jhtenfiiiteàn des infertasési) le» 
principaux hôpitaux de France sont oonverds en éofAe$ 
cliniques. Vénération aux mânes des célèbres Gorvisari| 
Pinel\, }«4* Leroux^ Dtsault ^ fondateurs des dim({ues 
die Paris! Itonneur à leurs dignes émules! UétiKle de 
la Médecine et de la Chirui^e difliques est le complé* 
Bient de renseignement médiccM>fairttgical^ oW Tap- 
pKci^bn de toutes le» branches de la science^ cVsl 
l'art. 

Daus les eours de cfimquè ^ les maîtres et les ^Uscî^ 
pies observent les symptômes variés des maladies^ leiir 
tiature^ léut marche, leur durée, leur tenmnaiseu et 
les approches de la mcni; calculent llntensilé des 
causes 'morbifiques, apprécient Fimportance des ox^ 
galaes affectés, établissent le diagnostîo^ le prognos* 
tic, adaptent des secours aux diverses phases de la 
maladie ^ &Dent leur attention «ur tous les objets r ebe- 
tîls ac»c antécédents , aux tempérament» , à la senttl»** 
Bté indivûkidle, aux appétits, $ixix répugnances, ans 
habitudes, au régime ordinaire, à 1^«, «ux sexes^ 
atax professions , à llidhienoe des saisonss , ^ k précimn 
et aux écarts de Timagination, de la mémoire, du jo* 
gement^ des passions, à la dextérité de la main dans 
le» opératiobs chirurgicales , et peuvent sana <rf»tafile 
rechercher sur des corps inanimés les causes de la 
taiort. 

La dhnque est, pour ainri dire , un atetter oà Part 
et la sdence , se prêtant des appuis mutudb , sont dans 
une activité réfléchie pour secourir Thuitianité souf* 
irante.Riennepeut remplacer cetlesource Seconde d'ina* 



VDÊ. 

U^clkm^Vétaiàe doaae la sekbce; mnrlecoiip dVsily 
«rèkredelft d«sânée des mabdes^ aè s^aéijaiert qœ 
pcv la ^raiticjae 

A Paris^ le gémè des Condsarl ^ des HalIé, des Viaéj 
des Bichat s^êst retrouvé, pour la médecine, daaft' leti 
professons Orôla', AHbert, Broassàis; pour la cliipac«> 
^ gie , Feiqpériefioe et là dextérité des jDes*iilt ^ des ]&oyt^^ 
des Dupuytren , se sont repr«diûtes dàiules profiesaetkd 
Roux , Marjolin , Ghomel j Récamier , Velpeati, Brt»^ 
cfael, Gnivdlier. Â Mbn^elliér, le beUtérîta^pe des 
Berdiès, des Chsqpital , des Delpeck ^ est devenu le po^ 
trimoine de. leurs dignes succeasei^s, M^» Lor^«t 
Lallessent. A Stïadl>oorg ^ la roote iûgénieiise tracée 
par les Gcfzé, les t^oderé^ les Flamant^ les Lobâteia^ 
est hdnerahletnent suivie par* les p^olesseufs Tourdés ^ 
Cosefils.et Caîlliot^ 

Unit éecle où se trouvent de gcanda maîtres j ressens 
ble à un fleuve majestueux qiiï c^«ad se» eaux avee 
âne utile furofusion^ et fertilise dans «OB^eçtes^ à Taidé 
àe ses direrse» ramificHÎQns, des teki^ iainieases ^vi 
sans lui $ei«aient irappétô de stâôlilé^ De mèmfi Tins:^ 
Iniotion donnée par diss profess^iiis halàUs Sùta» nmm 
■Ewdtitadrde disciples^ dont les succès, «odsaorMil; le 
wmmetàt des iecons qu'ils ont reçues^ «n .l^épaiidevt 
partout les utiles bieitfaitftr Grâce à sen amour poitf les 
progrès de la médecine ^ la classe la plus instmîte des 
feunes laédeeins a ptodiut des «i>6ts vared et donné 
aux écoles deiermes soutiens^ d'autres en pluis grand 
sombre se sontlivté^i.à la tache non moins honorable 
du sattlagemrat.de Tbuiaanité^ à ràaaîtatîan de leurfr 



atbiâblesdevàticiètsySér cléviéhhétit les homiMs ^ 
la patrie^ leè ^qûsbhftéiirt â«è flnâlièè ëÉ%éë9^ par 
le coùrâgeïflc âëvènemént qtills déploiëât au ^iiiKéii' 
dés ëpidânies détastatrices dés tilles ^ âëi €«mpa«- 
gneis» 

Yiû^ Écoles secèndàîres d^iÉÉéderîiie se^téitt k fiàs- 
truction des officiers de santé et d^ élètcÉ ^ se èté^ 
lineut au doctorat. 

Dépontàiré dés archives médîco-cMmrgîeiileSi, TA*- 
cadémie Royale^ dfe Médecine de Paris^ iUttstrée par 
tant de hautes capacités ^ parmi lesquelles ou remanjucf 
Ife ntavèau Vïcq-d'Axîr, Pérudit et éloquent Pariset, 
•''est imjposé Tobligation non-seulenieut de garder et 
d'oùvril» ii£É savants le trésor dé là science^ tnais actàsi 
de renriclin* de tout ce que les td>SfHrvations nouvelle» 
peuvent ajouter à ceHes dé nés pi'édécessears. 

On compte encore à Paris et dans les principales 
^illi^ du rbyaume àës ISodétés ediiÉ^OSees dé beaucoup 
d^hommës instruits. 

î^bûs ne passèrdhs f^ sous sSIéi^ée léi Utiles €oniitéf 
ffA propagent la Vàbéttié, dont les bien&Hs sOi^t ûni»^ 
tés par les services rendus au inonde cîvîl?éé (t). 

Gardons^bus d ouMier TeitpérienGë que no^s de* 
vons^ms sièdes passés: qticùqtie les génies modèrlie» 



(i) Le d^épmrtcbent de h Meér^ç ooinpte pi^é» ûe 3$yQ0«: Taodt 
dations, depuis r^tablisseipent de ses comités de vaccine: grâce à. H 
sollicitude des principaux, administrateurs et ;>u zèle des vaccinatcuts, 
depuis rintrodiictiW dé l^heùréuse découverte ^e jfenner, le comité 
tte lïaÉicy a toùj<mr$ obtenu des éé^. ' 



LXff 

aifnt eultivé le ehamp de la n^édecme avec sucçè$^ ils 
dat laissé à Uw[$ descendants bien des terres ii défricher. 
Ghactue siècle a beau vanter ses découvertes»; les Çovps 
académiques ont beau répandre tous les jours de nou*^' 
telles lumières ; leUrs lieveux n''en auront pas moins à 
faice* lie propre des connaissances humaines est de ne 
se développer quWee le temps. 

Si les nouvelles institutions dut j^^erfectipnné Tensei-^ 
gnement médico-^hirorgical, disons-le avec douleur , 
elles ont été d''un bien faible secoufs à Feserdce dé 
Fart. L^imperfe<^ion^ ou plutôt h difficile exécutipik' 
des lois^ fit bientôt, évanouir des espéraoces trop lé^ 
gèrenïent conçues; ^ 

A répoque où ncfus sônuùes arrivés ^ on peut bienê. 
encore éclairer Fesprit huifiain^ n^^is^no^i pas rasserviry. 
Pour lui, rindépe|[4^ce est un droit ^ ^observation^ 
un devoir. :h tt * 

Dans les siècles reculés ^ lé nfèmè individu était à ht 
fois prêtre, jurisconsulte^ {diilosophe ^ méd^in. A iner^ 
sure que la médecine s'^est étendue,. eUe a suffi pour 
occuper les méditations dW sai^nt; et même la cul^- 
ture d!^une de ses branches a absQi:bé la vie d^un ho;nme« 
De là sopt venus les médecins, les chirurgiens, les ac- 
o<mcheurs, les oculistes , les pharmaciens^ Les légis-^ 
lateurs , ayant senti la nécessité d*un corps enseignant, 
établirent des titres légaux pour constater Taptitude 
des élèves dans la partie qu'ils se proposaient dVxercér. 
Qui le croirait ? Dans notre siède , où les plus grandes 
découvertes ont été faites , où les études médicales ont 
été fondées sur les bases les plus solides, où la méde*^ 



id/ensemble ^ do dév^eloppeuMot ^u^ j«mAÙ ^ <hi ,a dé- 
livrer is^diffareiwie^^ au choix des Cj»iididat5, 1«s titr^ 
de docteur en médeqioe Quen chirurgie. Ajoutons que 
jEl^heureusement l^s diplômes de chirui^en sont dér 
.d^gnés, et que , si Ton n'y prend ^rde , la chinir|^e^ 
pi ayatieée auJQUi:d''hui , finira par rétro^der (i)^ 
.; Jia médecine ayant sagement renoncé à Tabsurde 
^yiépute des j[>ré§éaAces ^ la prçnûère place appâ^rtient 
au plus instruit ^ 0ii ne cfonnait plus de subalterne que 
Jf ignorant. Soyons médecin ou chirurgien ^ comme Ta 
4it le célèbre Percy ^ ^^i^ ^'^J^^^ P^ ^ prétention 
d'ètj^e à la fois VuQ et Tautre^ ta serait nous condamner 
jk une double médiocrité. Quelle que soit celle des 
deux soeurs à laquelle^ nc^us soyons unis, restons*lui 
^dèles^ ne rougissons pa$ de son nom, ne la diffamons 
pas par un nënteux divorce^ glorifion^noùs plutôt 
d^étr^^ entrés dans une famille qui ne fait plus de dis- 
tinction entre ses enfants, et leur lègue un patrimoine 
ég/ù de considération et d^utilité^ 

• Ce n^'est pas assez que les Facultés de médecine aient 
fépandti rinstruction avec prodigalité, et formé des 
cnédecins habiles^ il faut que Fart consolateur arriva 
)U8que dans la dbaumière du pauvre. Mais quand un 
Xnéde^ti a consacré ses premières années à Tétude des 



(i) M. U DoyeiL^lafiicaké de m^deciit6 de t^arii, le tayant et 
jodidieiix adrai^traUt^Qrfik , prëpVre, s«r JVganij»«tioil fliÀHeftle, 
im ttaridl desiiiië à en faire d^parakreks abttfw ïtfrjtiMia 4m t««ai 
|p9Îirkprob^i«e.9;i^Û4p4«ce-proiiet. , . 



txVt 

iaagtièi et-d«rs«M€itfb)f»q^;.cpKi£i^^ 
noble «rdeiir de paux^omir les sentieit -dàficilei de Tact 
de guérir, il ft eadifateé im éie^ plein 4e toal ce que là 
nature a de plus repoiKsanl j que k haute idée qu'il a 
conçue de la médeâne Fa |anoé dans une earriéreqtt^ 
Teut fournir atec konnenr^ poerrait^on exiger de loi 
qu^'il e&erç&t obscurément , sans espérance de gloire él 
d,é^ fortune , des talents acquis à grands frais ? On peut 
en citer des exemples : nous savons qaVin petit nombre 
de philanthropes se plaisent dans robscnrité. Malhett- 
reusement la nature humaine répugne à slmposer tant 
de peihes et de privations , sans espoir d'en être dédoiè^ 
magée par Faisance et la considération qui accompa^ 
gnent les succiès dans une profession aussi importante. 

D'après cet exposé, quels suaient les nK^jens lesr 
plus capables de prévenir les désordres dont noua 
sommes encore menacés? 

Sous le rèjghe de la polémique, chacun peut manî^ 
fester son opinion : osons émettre la nôtre. 

n est temps de fermer le temple de Forade de Ck^s 
aux profanes^ il n'en est que trop qui s'arrogent le 
droit de tronaper le public, de remplacer le talent pa3l 
Fintrigne , et de livrer là destinée des msdades au trîol»* 
phe éphémère des réputations usurpées. 

Formons le vœu qua Favenîr Fexpérience du pasrf 
{çofite^ niilisons les meilleures vues dos institutions an-« 
cieunes^ jécartpn^en les vices. 

D nous semble qu'y ne serait jmis difiîcîle de parve-» 
fiir à im but féués:^einent désîré^Les tr<MS Facultés 4^ > 
médecine ont £ût UxM prçures^ wdei&^kt les éluder 



UTtt 

c^evraitifiii ètr« d^uo^ pk» lon^e durée ^ les épreuiier 
plus dtffieik^^ et^ les téee^tîoas plus rares» Les élèved 
l^eeevraknt ^ seloa leur capacité ^ les titres de Docteur 
ta ^édedliie ef en cUiiirgie^ de Docteur en médecint 
^&a en éàtur^eet ceux de Licencié eu médecine et ea 
riurarjefio. Tous les droit» feraient pesés dans la balance 
de la justice. Les Écoles secondaires mérileraient tmé 
ncîÉlveUe organisation. Â6n de rendre k )a fnédeoine la 
eonrîdiépttion qui lui est due ^ il est urgent d^âablit 
(hiBS chaijue département nnGoll%e composé de méde^ 
tîns^ &b chir^rgîena^ de pharmaciens^ Kotre proposî^ 
tii>i»*8€ra«t'«'ei)ë aecnetllie P. * . . Peutrêti*e. . 

Si la phraséologie pouvait notid sédtiire^ nôussériooB 
moins incrédulesé Depuis fim de vingt ana, le Corp» 
médied deé prbtiaceStjSolBdte et attend atec anxiété 
une loi sitv rexercice de la médeeine« Jas<|u^ci on s^esA 
borné à de atfi^ntes discussions ^ à de dkaleureuses prcH 
tèsyticma:en fateur de» droits de lîmlsftMiité* En défi- 
nitiTe^ f{iiWoos-«imkr.obteDu?«*. Dè^ Tsnnes promesses. 

Maintenait passons en revue les vkissiludes qœ h 
nédedne a éprouvées. 

.#TouF*4t4omr'elle fut sonmis^ à la mysticité ^ k Tem* 
pinânae^ au. naturisme^ au K^ltdisnoie) à rhuiiH>risme ^ 
à^Tawlott^xM^ à la psjçolog^^ à rexdtahîlité, a« 
€^Mr<Hiû^xàm^ àlIrritatkKt et à râbjrritation^ kVbo^ 
woeopadite^ et à une fbnle de ^ptèmei jim ou mpîna 
eiljFiTâgaatt ^'il eit mutile d^émmér^r. 

L^esprit de système qui^ dans son délire, a combattu 
tf^ soui^ la ptûÉance des forcer vital^ , e^ tidneu. 
Le naturisme^ après^ ayok gia|egtu eu sf me nt travensé 



ttviu 

tf hgMroîs siècles ^ i^eparatt avec ghite 5 «es Biéi^Hs ne 
éoBt plus tnéconniis ^ son triomphe est proclame. 

Est*il étonnaitt qull se soit troavé et qu^ilie troQte 
encore beaucoup ct^bouimes éclairés qui se demaBdeot 
eommeut on peut croire à la médecine P Ce scepticisme 
iiW que trop fondé^ au miKeu: de toutes ks variations 
i^stématiques* ... 

• El pourqum ks sarcasmes desYarron ^ des Pétrarqoie, 
des Boileau^ des Molière^ des Rousseau^ out4b «u 
tant de portée^ tant ^e 'Vogue? Âvouons^k frandie*« 
ment: tes fausses théories^ les interminables &putea 
des médecins, leurs fastueuses prétentioos out prêté 
des armés à la satire et au ridicule. 

Dans tous les temps, les 'divers systèmes pibilosopb»*' 
ques ont exercé une grande influence sxw les f i i é ow ii s 
médicales^ cela devait être , puisque la 'phikMophîe et 
la médecine se toucbent par tant de poioC». ^ 

Les systèmes qu^ont fait édore les seduétiims de b 
renommée ou de Fintérét^ et ceux qm reposent s«r d» 
^ures hypothèses, ont perdu leur prettige. 

Les systèmes doivent être considérés comme des 
rayon» de lumière qui frappent successivement < lÉi 
^Kfi^ntes faces dNin objet pour 1^ éclairer et e»£ûée 
apercevoir les moindres détaib^^ eu sorte<^ae ions cet 
systèmes réunis et réduits à ce qu% oui de positif^ 
peuvent offrir des notions précises^' mais feuar iisima 
sera nulle , s% ne sont pas en hannotiie avec Vmxipi^ 
riènce. 

Profitons ^vec réserve des systèmes aàS^ «urdeff 
&its naturels et bien coordoni^s. . ^ 



Lxa 

BCW'^ plâ une cdamite que d^liommesde géàie^ 
ccM& del^ 6fi kHO pour le perfectionnement de là 
laédecisie^ éeul puisé dans W sciences accessoires les 
«x^ioiitioBS qilll^ ont données des phénomènes obserw 
Té» dans Thomnie sain et mdade, ou qu'ils se soient 
écartés de la marebe tracée par Hippocrate^ é judidet»* 
sèment suivie par Àrétée de Cappadoce , Sydenham ^ 
fieuUw, Sidl^ Corvisart et tant d'autres illustrations P 

Sans nous arrêter k Tanalyse des diyevs systèmes de 
ffiédediie ^ jetons na coup-d*a»l sur Tédectisme. 

D'abord quVst-ce que Téclectisme? Ce nW m lé 
syncrétisme ^ ni le. scepticisme : c'est une pliMosoplùe 
$^e^ non exclusive , qui choisit la vérité dans tons les 
sySftémes^ en la dépouillaQt des erreurs qui Teuvelop- 
pent. 

L'éeleclisme n'esl^p^at une conception nouvelle; il 
est né le jomr où un esprit éclairé et bienveillant per^ 
juadk à deux adversaires passionnés, qu'à Taide de 
^elqnes eoncessions réciproques, leurs opinions ne 
sont point ioeonciliables. 

L^édectisme était le rêve de IHaton, d'Arîstote, de 
Descttfftes; la méthode de IHotin , d'Arétée de Cappish- 
doce, d'Andié libavius. L'École d'Alexandrie l'esti- 
mait. Chez les modernes, Bacon deVérulam, Leibnitz, 
Mallebranche Je pratiquaient; Cousin, Jouflfroy, Doih 
ble, Récamiqf*, Cayoi et plusieurs autres célébrités le 
•ecoudmandént. H jailHt de toutes parts des riches 
p0inls de vue de la nouveHe philosophie allemande* 
lie m<HneBl. est venu, d&ent Cousin et Dcmble, de 

.l%veràladigmté(fttnprtndpei ^ * 

/ .t •■ .ç.ït 



io^i^ larsfue le «édeein l'^Judie dam^ le? qoucs^da 
çtioique^ Tobseryatioa ^ Tçi^périencç .^t |a tbémp^i^lîiv 
que: çW princ^w^lçment 4ap» cçtte braiicb^ de la 
Médecine. que la méthode iesfénp^enf^e^ Jhmià^ dfsi 
»îéthodes a^aJytiq^c, i^Q^l^ri^,^ Jj^dwfel^^ 

Que désire le pial^de qui accorde sa çonâai:^e i ^ 
luédetinP La gnérisqu. Celuini peut^ tou)^is.ré{K>u4re 
fux espératice^ Qouçues ? Non : les maladif^ ^atiQiii'$tïtM 
0^ ipci]irja^les« Quelle estdouç la taekeM^ puça^çî^B 
Ne croyez pas , Messieurs ^ qu'cRe soit topjours, façi]^ k 
remplir I Quoi qu""!! eu soit y voici le devoir du inéd«Ki| 
^onscienciçu]^ : il doit étudier roi^nisme dQ sfoç n|a<^ 
bd^ç eu apprécier toutes lescircoa^tai^c^, établ^Ja 
dkgnostic ^ porter sxm prog^ost^c ^ et fixe?^ |fi mé^4?i|7i/ 
tîon, Toutes les fois que îa caus^ paorbi^pie ,}ui,seF^- 
iuconnue, ou qu^il miinque^^ de ;9>ojeas p^oîur^ TaK 
taquer^ ^ lera la. médecine exp^cta^te om p^ du 
egfmptâme. Mais si les effqr^ de la n^txuee spiit Tt^bl^ 
:pent excessifs^ wibl#^çjRt êff^lîWis ^ vifit^^ 
Yejflîs, alor« il agira, 

. T^s sout les préceptes, quIEOppoqrate pi^isa à^m 
Tétude, fipprofondie de 1^ nature» Aprèfi^avç^ir^éçMlié 
la médecine des subtilités phiio^phiq^es ^ ce ^^alre^éni^.^ 
sut, ^Uier Texp^rieiice au raisQ^9^m0i|t) *et. copslit^^ 
uçe doctrine vr^ie^ à^nt la certitude n'e^ {j^s, çontetr-: 
tée que par les médeciiiy» sptématîqu^ o^ ]S^ ks[ iC^ ^ 
ûffÊCi de salon» 



Totas 1^ médeckis §àge$ et «Kpâîoieiilii ont pri» 
pour guide le àMo. TÎdUMrd^ comme Im, ils se schil 
ettdcbés k PiuTesfjgstiôtt des lois de la sature ^ ji épier 
Jes mouvements ) à étudier ses modificafioBS^ à obâr 
-à sa Votx^ ils dut recmittU) avec le pèfie de la nMde- 
doe , que la nature est Tagent qui maiâtieAt et répare 
le^ forcés iri taies ^ et qfu^eBe lutte contre les causes qui 
trouMeut Torganisme^ jusqu'^à ce quelk sent victorieuse 
o« vaioGue: eW dam ses efforts salutaires que lea 
iftélecâtistRmveiitlesressoureeiqu^fls u'ontpanipréToiiî 
m procurer. 

Cest donc la nature qt» gmrit? Assurément , quai^ 
lilie est iiett àiégéti. Les vrais médecins éclectiques en 
90»t les meiMeors ministres* ' 

Les systèmes doivent-^ils remporter sur la nature? 
Qulmportent les syAèmes, sHls sont démentis p^ 
Texpérience? Une seule voie ne suffit pas pour con- 
duire & la connaissance des grands secrets de Torga- 
Bisme. Des faits positifs, voilà ce que la génération 
actueHe réclame; des maladies, une J>onne application 
des moyens hygiéniques, thérapeutiques, moraux^ 
des nécropsies: voilà la véritable instruction. Observer 
avec des sens fidèles , avec un esprit sans prévention ; 
vcnlà ce qm forme le vrai médecin. L^observation n^est 
point un paradoxe: c>st d^elle que la médecine a reçu 
aa splendeur; c^est d'^elle encore qn^elle attend ses 
progrès. 

G>mment ne ooucevrion»4ious pas dlieureuses espe« 
rances? LMKte des plûlosophes, àe$ médecins, des 
Ck>rps savants est d'accord sur les avantages de Téclec- 



vxtà 3 

tisme. S tA contint de dire cpe la phit>irtJles 
médediis ^ imbus dVipiiiiocis> snmiméas , et lès rébv^ 
mat^urs de rexpérience des siècles ^ paraissent voulov» 
jBn consacrer le principe. 

Que les zélateurs outrés des ^fslèmes cessant de. se 
laire iUi)si<m. En coordonoant les vérités iflaprefcdpti^* 
bl^ du naturisme avec les découvettés modernes^ 
Féelecdsme rendra la médecine plua stable ^ petleetiblo 
•ncore ^ toutefois jamais déslrui^ilâe. £spén>«» <pie la 
jeunesse stuçU^use destinée k ^cemi^ajOer les pratîdeas 
judicieux suivra lamarche tracée par la yétiUkA/f^ Jfiêr} 
&ode..... la méthode expérimentale^ et (p?dleifedop- 
tera cette sage maxime : Fexagératioo des systèmes es^ 
une idole ^ à laijuelle on sacr^ trop souveal dosiriatiTt 
mes humaines. 



POESIES 

ARAÉES ET liéBRAÏqiTES^ 



TRADUITES IT GOMPÂBÉES, 



P'ABKi les éto^eâ Httéraires qui {oignent i leur i^tf»t 
Ba^urèl «m bmt {Motopliiqae M séi^eux^ Tmie 4ès 
plus dignes cTintérèt est cette des poésies prindtStes dé 
toutes les nations. Partout^ V013» le savez ^ Messieurs ^ le 
lamgftge cadencé^ sous une forme plus e^ moins fégu* 
lîk*é<j a piiécédé ce kmgafge tibre^ue nous appelons 
la prose» D^ poésteè sdntdooc |e» pins anoieos témoir 
gnages qui iH)i«i restent de la^pensée de <^aqtte penpte ^ 
et c^est là quHl est curieux d^aHer observer son type et 
son génie propre^ son caractère antérieur aux change» 
Bien ts que lui tmt £ut thAiv le ootnmerce et la cîîâisar 
tîon. Commenter et traduite la réumon de toutes les 
poésies primitives que Ton possède^ serait donc mettre 
m lumièce une très4mportiaite partie de Vhistoice des 
idée&du genre humân. 

de projet avait jadis- été 'l%n de ceux du membre 
qui vous psurle, et qui, lorsqu'il haUtait Pans , awt 
songé, ^tre autres, à dprnier, fOus le nom à^^Moth* 
quesy un choix, en vers français, des Vieux momin* 
meiits,ItttérairQB dont il s'a^t. Depuis lors on a Ait des 
OrimUikâ^ mab qui sont uuf» imitatioa fihre. et pane^ 
nmii idéale du style de FOrieut , tel que leur auteur sri 
V^^ t^f&ém^ié, lie% ^ésiatkfm^ eu i(\»rateut dx8ef# 



principalement comme œavre de réolité^Tatti^ éii 
des m6r^au?c ori^n^ui^, vraiiçeçt tcaduits dans notre 
langue^ quelque difficile que la version pût en ètre^ 
traduits ^non mot^^mot (cela est rarement possible y 
en pareil cas^ pour qui veut respecter la grammaire ^ 
le décorum. ft la cfdse»)^ àmmgsimdtmc loot le degré 
d^exftctittide dont ces sentes de choses sont susceptibles , 
ft q«i c<m$iiM àeni^rodurre sei^fémen^y décemnieni 
ft: en bon AançsiS) la jjiMpiomsm». fidèle €t reoeagn* 



An premier rang des idîâmeft dePAdie^ ae présentent 
p^ leur afl^^pHé; lé» idiomes sénâîques ^ b» scnk^^ 
Abil^mis^ dont non&avon^dtsaein de tous dvenn mot. 
Dans cette £mûUe, le{>héaidbaK et le. oarltogtnois »^é^ 
laÉI pi^rdua^ le cbd^lkpu^ et le syriaque i^amt pca 
dlfl^rtaacelitléisikQ, totttae lédmt^ plàder deFarab^ 
•t 4e Phébre«i. 

Même charpente -du diseonn^ -même genre de lo^ 
eulions «t de métaphores^ même fréquence de pen^ 
aées^ ou damages répétéea sans seruptda; même har^ 
diàsse un f écarts /Kagal)onds y ou d^eUTpses inattendlieft 
et difficiles d^aboi^ à comprendre^ lataiecqKâBtés^ en 
mi'naeil^.^ n^mes d^mts, dans cea dettx langue ^ 
tédlfcabléniént jumeUes. Mais la premièfe a sur U âe« 
eoade une gtnnde supériorité maléri^^'tant par la 
ri^esse des formé* gcammaticales , bien plus nembreiK 
aeépéur les Arabes que pour les Hébreux, que pli? le 
ajBttoiede Tersifieatioii, qui ^ râ;ufiéraiienti fùàâi cteas^ 
IfliVBSiurh piDfeddibétsurJ&k rime ^ ne consiste ckeK 
h$ «utrea qn'ai un ccîrtain tjûaait approrimatiï, ap- 



ppyé au. fsnfS^i^mm, ^nake d^ i^^-^ H donc, daas 

paires^ celle des entauU d^Wac^ au Itea da re$tor aui- 
4Jtes$oiiide celle 40s,eii£»ii|ts d'Istoaid, Ta dépassée do 
fà Iwiy un M rés^tat^ oontraire à toutes las chances 
fmj^]^^^^ j^'eft dû qu'à la puééimAeucç monde ^ c^^ 
^ 4ir/e. au priiu^ s^rluiwab de, cifoyaiKCe qi|i viyail 
daus^^ur dics pc^Kui^rs, et dont Wdentteis étaient 
^poui?vfis,, , 

Ce que noua perdons àss poé^ aral^ antéi^lVr 
f^ àllslaudsiae u^ag^rtimt; pas à uœ époque Mm 
iT^cu^. lén «^ &iiM»)«9ft MohaUiJsdt^ .affichées i# 
i^mthf ^ la AJUpqufi , 4^ pc4<?édé d« ibct peu l'appât 
lîtioo 4w Coran ^ et parmi les autres) morceaux oonseiî- 
vés^'ofi pmise quQ las p|ua audois remontent à peine 
à ceal ou cent cinquante ans en avrière^ c^e&t-à^di^ 
W sièdp d'OdpaçF^ ^ de Qovis. )ls ïji!m portmt pas 
ipoim p^eiiiomfnt le, cachet primitif, c«^t dont rem- 
preipte s^est msiiutenue fort tard en Arable , où elle i^^a 
dîspip^u que deyant les institutions de . Mahomet^ 
, .Quant ^ux poésiea des Hébreux^ ce caractère y a 
divine jiisqvi'S^ la fin^ ^'^st>^dire aussi bngrteii^ 
C0ie Jb^ ,^4ence en. corp^ de mtioii ^ car nous iCd^t^u 
P<4nt à nous, occuper, i^ 4^ tempa dii,rahhîjDJ4aBef 
Toutes.^ sans excfjptiou^, sont à ranger, par leur cour 
leur, 4^nsla classe des prindtiifes^ Jk cet égard, .a^r. 
oife di^ér/Buce essej^iti^Ue et capitale .0^,1^0 fait «eutiv 
foifre.les insprf^ons d^EgéchipI ou d'baite., e^ ceU^i 
de J^^i^, plus anciepi^Bs de trois ou quatre Âàçles^ ni 
entre les hymnias^du roi-jpç^oghètQ et. Vantiq^e cl^pt 
4? Atoïse au passage de la Mer Roust, 



' lies itionttments poélîcjaes doàt nom parloof , et 
qak màU part &*ont ^lé des cbacé^dos dSihe longue 
défendue, sont 'de dent sortes paormi les Ânâ>es: on 
dés cassid&Sy espèces Jid]fttes héft)ï«juesy retires de 
tableaux tour-à^tour bdliqaetix et diampétres \ ou bien 
de simples dàla^ pièbes pkiâxotivtes «nc^e-ei^ftimîé^ 
toilt au pins d\me irntgftadnede^Kstkpies^ towkecftétA à 
des idées de combat ^ "de gloire ^ d'^aodié ^ de Tengeance ^ 
ou à des éloges funèbres. Qiez ks Hébreux^ h^ 
téhl morceaux conâstént à peu près tons en odes te^ 
figiéuses^ ce peuplé élonntiM, sévère gairdi^nil^ttn dé4 
p6t de mérités qm disait sa tickéssa etchtttve^ flf^Eyanl 
jamsâs eu qu\^n& pensée et <]ti\ui««citiment: k lonalige 
et Tamour de Dieu. 

Dans les poésies prinûtÎTes de fArabîe, il y a de la 
nobles^^ de la force ^ de Péclat^ et une singularité 
qui^ pour* aller souvent justju'^ la bLrairrerie^ tt^est'pas 
toujbtii^ sans charme et sans mérite. Mais il y r^ne^ 
en revanche, une divagation si constante ^ nue telle 
absence de^ raison , de conséquence et d^enchalnement 
datis les idées , que jamais on n'y rencontre plus de trois 
dtstiqiies de suite qui présentent un sens susceptible 
de liaison. Il serait donc absolument impraticable de 
traduire en français aucune des cassidés arabds^ car^- 
Messieurs, quelques efforts que Ton y nrtt^ qudque 
sommé de talent qu'on y dépensât, elles sembleraieut 
toti jours à un public européen les allucinations dié— 
cousues de cerveaux en démence. Restent donc les 
tWrt^ dont le cadre plus re^reint rend ce désordre 
moins grave eé moins sensible^ et encore &ut*âl abté« 



feff M <^^^ keauooup pour a'; ^issér cpxt da chopes 

donner entre elles* 

Gest ce qn^OQ a fait^ par exemple^ dans les stances 
suivantes ^ écli^ntiÛon sémitique aussi fidèle que pos-^ 
tStA^ ^ IQ9ÎS pour la t composition duotte) il a fallu ré- 
WÊk qeaàm Bmaomxm m. un. A.«S retinnobeisa^nt» 
et à cette tm<m ptés^ la tradnq^on est exacte^ pw- 
qu'elle v^e t^fàteFm^ pas nna, seule pensée <p4 ja^exîste 
dans les.Ters,arab(eSt Vous en jugerez. au reste, Mes- 
a/eui$^ car ces pensées^ les yoici d'^abprd dans leur 
itto^«mei. 'Cest Tâdge d^un ^^errier mort , dJun 
faéffospar&it tel«quele concevaient les Ismaëltles. 

Nous avons (déposé à Merva Sahid tliospitalier, le père des roftt^' 
ffii^z ▼éri^U« ïpsagA» , capaUc ^^ëcraser tous ses adyenaires ; 
« Hmnme qui ^ dsois l^ temps de misère , attaipisit la Famine et 
la tudt. 

Hînce 'et Âétil)te qvf'èbit Sahîd , sans en «Voir h poitrine et ks 
jarrets plus fôbles > ce )e*&e homme était taillé ^eo kme dVpée* 

Le disticpie qui va suivre ^^ .Messieurs ^-ii'a point cette 
nafularité d'images, et on pourrait le croire écrit dan^ 
no^ siècle et dans notre pays : 

Quand Sahid était sérteuxdaûs lés cfioses ^t«9, son sérieux 
avait de.ragremem^, ety&i vous Tou)iez badiner , il tous plaisaiu^ar 
Ê(m Jbadiaa^e. 

Mais c^est à peu ptès le seul de ce genre ^ et Fortfh 

nalit^ rep^ait déjà dans la phrase que voici: 

Qua&d des étrangers descendaient ohes lui , il derenait grondeur 
> et insQpponablé à tôute^sa maison . . , tant qa« les marmites ( de l*ur 
souper} n^'éttlêiit'^ai mises fur le jE^. ^ 



i/îxvirt 

Encore phis dam les toùangèS siiûvaotel , àcmées U 
cé hérol potLt «ne sûrte de vert» dont le teélfié "M/në 
ùit sourire ; . ,- ;. . 

Quelque tâché ^W lui imposai, il s^eà chargeait tolèntiers.' 
Atiei-toiis souffert uiie offense? il vous rendait le courage par son 
.secouti. Etait-ce to^aitt contraire qui vtms iprtfpà^eit âMm mo^ 
lairt^ i|ttdqttHAf H toit /pc4ltil ««oitH «ott né» ttm h iémM 



* é 

Approchez-Tous de Sakid, et dites à son tombeatî : «Fnisscùt leif 

miàgèsdu math) tev^net^^dëestlr oiidéeTi ' 

O ioi^ losse de Soliidj eomâieot aà-tli pu ienleraufer iÉ^pténmiéii 

qui remplissait ia terre et la mer ? 
Ah! si tu la contiens, cette genërositd, c^èst qù^elIe est morte. Vi-* 

Tante, die CaniraH tsrerée eî fcftdoe^ cctaune^ig^ «éf«W ttép étroit 

pour eHe. 

Autant ceùe 6gùre^ Messiétirà, éèÀii>le èitraôr^ 
naire au goût des peuples d^Occident^ autant^ cpoi* 
que nouvelle pour eux ^ celle C[ui va suivre leur paraîtra 
}uste et gnrèieiMs : . * . 

** Après la mort de ce hi^ros, on vit encore de ses bienfilîfsf de 
tfême kpk^û reste ooe heâ^ jnàojuktê .aux Hevx oà na tfoir^-^ 

Que la pluie, épanchée comme d*uné source aboncbnte , 'arrosé 1^ 
monument qui couvre Sahid-, cet homnie qui sut v^tiiaHemëlrt 
ntre^ pâme qu^n^oublia jitmais qu^il mourrait «njour* .'' 

FEAOMEIfTS B^ABBOI}'L*M£LI&-£L*fiAlUrrfiI. 

' Certes, |« fegtM envie a» halMtin»^ 4«. f,4pMlcri»^.4(qpu;is.iIii^ 
SakidcstdeseeàdaparmilagwtquifeiiptokiU>o»b«PH«a^i . . 



ixitt 



Car je suis pfifè 4o M Mt lÉMMfit ôà met b4 
^œût^ et je n^ai personne A întoqaer ponr proteoleiir à «a pXtte^ 

Et je sois par^^ Vh<mœ fépwt^nai â'a&e ^pëe inndîfiBCe» 
ifuand le potnsuit H va ratteindre le fer «Tim eoneDM fi^ a jimi 
d^cxercer sur loi lep fiirtiirs d« taU^uu 

^ous étioBS Tenus le yUiter : il poos KaLSKasia dn mets de la dpa- 
kur, et nous sortîmes emportant la semence da.r^|^, «{ni se goBr- 
fiait en nous, arrosée qu^elle éu^t pkr nos lanncs. 

£t qaxÊànam-^4àa^» ii-recneiUir sott Mrimgft., nom ny trou- 
vâmes, an Uea de patqmoiae à pMta^mr, f«e la ^^piie^o^U #^Mt 
acqnise et les liutiLciise^ hrgc^ca qu'ail aralt fidies* 

Dam le silence, il nous fait entendre des r^pon$cs^ et le paissant 
orateur que celui- la ^ qui pourtant ne dit. rien ! 

Voici maintenant^ Messieurs, la traduction en vers 
français, où vous reèontialti^eï: , à letir passage, cha- 
cune de ces diverses idées, si étrangères pour la plu- 
part à nos mœurs. On ne s^'esl point astreint à les rao- 
ger scnipulcîusement dans Tordre où yous venez de les 
eateiKlre : cette ^fficidté de plus B^aiirùl offert aucuoe 
espèce d''avaQtage. 

An vaUon de Merrii^, qoffmplit sat^ souvenir , 
Saliid gtt dans sa ôptijidw étroite et ténébreuse. 
La fosse a renfermé sa vertu ^^énéreuse 
Que Tunivers entier ne pouvait contenir. 
Iles amis, tisitons sa demeure dernière^ 
£t (&ons tons ensemble , en pleurant son destin : 
« Oh ! versea^hit souvent , nuages du matin , 
« VerseK-lui de vos eaux la fraîcheur printannière. > 

SaBid est mort ! et moi « je portjç ^vie aux. morts i 
Et moî, dans les tombcaus j^aiirais voidii^ le suivcir^ 
Sur la terre , aussi inen^ 4^ me serjb^il de. vivre t ) 

Mes eoBemis nomlMreji^çc4MÉ>li^ Uw^ efierts » 
Et je n^avais que lui pour recours , pour défense. 
Je fins ce malheureux dont le bras désarmé 



Fondsiir lai le guerrier qu^câibr«6e là vengeaiuïflU 

" Quel soatîéti j'Ai perèà ? Farorable énf tout temp$f 

Hfàe tefusftit rien; rien «i^éfAtdJiffîciiTe. 
G>mme la meule éntfrine écra^un ^âtil dëbfle,' 
iTerribW, Il écrasait Tor^eil deé combatCanU. 

"Jamais on né dhra qu^à Pamitié parjure , 
Refusant de servir ses droits où ses fureurs , 
ITn^aii pas, sans ëgard dVrpfÂrimës, d^op^^ndKùxi^ 
Ou commis avec elle ou rupoiùstj riiijurt\ 

Compagutïti des ^erriers^ plussveUe ei non moms lott^ 
n joîgnftlt la vigueur à h sou^^lesse agile. 
Dau& la main du courage , aînâiFacier fr^giTc, 
GUire aïoiige ^ rajonne^ cl porte au loin h mort* 
MbU^ d'un rorp^i fti pnrf;iïil surpauatit PayânLâg^j 
Son itmc avait reçu des dons plus piticjcu,^* 
Grave ^ il faisait aimer se» dis'Cours seiieui' 
Plaisant^ on admirait $ ou k'^rr Lâdmagp^ ^ 

Quand des vonts de la Duit Turai^e impétueiui 
SKirpreuait au désert les ctiamcaiix et Icàt guide , 
Lui, d^un fei^ pétillant et dMm repas splendide , , 
Gardait au voyageur Taccueil affectueux. 
Peuplait'-il d'étrangers sa uble hospîtiAiéfé^?' ' ' 

Si ses prodigues Vœux semblaient mal secottdoi. 
Les esclaves treniblonts , par sa vqès. gourmandes,' 
Ne reconnaissaieia pluâ sa honte ^mUiéreii 

Devant lui s'enfuyaient la Misère £1 la Faim; 
Iln^estplus, et pourtant il les yïOQrsiiil eivcort. 
Le pauvre, par ses dous souTi^gi^ àé» raurorc. 
Sait qu^à tant di^ bienfaits la mort n'a pas mis fiiû 
Ainsi, dans les ravin!» où proïneiUBt son onde ^ - 

Un torrent écUmeux sans retour écouté,^ ' 
Le limon si long^^mps dans sa course tùxAë 
Nourrit eiicor des prés la verdure fééettde^ ' -<^' 

Nous venions visiter ses dernières douleurs i 
Dieu ! comme il nous fit boire à la coupe des làroK^ î ' 



LXXXl 



Le coBiat gft» de soupirs , renfermaiit nos alarmes , 
Iiom cle ses yenx enfin no«a fondJIfocs en pleots. 
Hâas , il n6us fallut psotager les richesses 
Où bientôt son trépas vint appeler nos droits ; 
£t qu^ayait-il laissé ? — Le brait de ses exploits 
Et le ^nd sotayenir de ^eà Tasies largesses. 

Tu savais que, soumis à Tempire du sort, 
Tout morlel , o Sàhid , en kiaquit tributaire. 
Dn te vit , illi^istrank ton a^our sur la terre , 
Et tivre sans reprodbe ei moarii s^oi L#orL 
Ah ! dans Pombre du soir je L'ëooutc eu ùknce; ,, , 

Qa^ai-)C besoin d^amis pour ttkircr m&ii choii? 
Ton exemple me parle..». , et je sens; que lenr yoiE 
N^en saurait égaler la mue Uc doqucnce* •*''*»^«^'' "' ^ 



Qae si nous en venons à présent^ Messieurs^ ank 

>ésies hâ>raiqaes^ vous y aper^yrez bien^ comme 

en arabe ^ une grande singulaiH^R pensées , une ex- 

ïS ël d 



poésies hâ>raiqaes^ vous y aper^yrez bien^ comme 

I^R pei 
trème audace de métaphores Td^ellipseà^ une allure 



13>ré et saccadée qnj 6^in(|mète peu des transitions. 
Mais, la haute sagesse deé; orgàtîés de l^prit S^int 
régnant au fond de ce désordre apparent, vous rCj 
rencontreirez jamais rien où Fexamen ne fasse décou- 
irrir un sens raisonnable, rien qu'il faille absoli^^nent 
supprimer sôUs peine d^absurdité^ rien qui ne puisse 
être conservé et rendu dans notre langue^ pourvu 
qu'on veuille et qu'on sache s'en donner la peine. 
Ainsi ^ confiés à des mains capables ^ les morceaux 
lyriques du livre des Téhillim sont traduisibîes d'un 
l)out à l'autre , et tels qu'ils ont été composés ^ & la djifé'* 
rence dés chants que vous venez d'entei^dre, et qui, 
Aq Quelque habil.eté qu'un tradu^tisur y eût £|it preuve, 

6 



n^auraient jaipi^ pu lûqmer une ledUrç i^lpportable) 
si Ton nVùt pm iÏBdiipçBMbfe l&«rté4e cU^eer^tou 
de retrancher une bonne partie des idées de leclrs au- 
teurs. 

Qioisissons pour écbantiUon des odeis ou in^/npr^ 
bibliques , Fun des psaumes de David ^ IW de ce^ di- 
thyrambes sublimes dont rit et plaisante encore <pd-* 
quefois un pubUc JwbéoiUe., mm q«û Uieseait si loia 
derrière eux les ohautsdUorace et de f^dnre^ et dont 
la fière et magnifique poésie arrache au véritable ar- 
tiste^ comme au véritable penseur^ des cris de sur- 
prise et d'admiration. Prenons, par exemple , VJn 
exitu Israël de jEgjpto ^ dont voici d^abord le senft 
^n prose: ' 



*« 



JSMTl^ 



lion^v^aâ^rtit de l^Sgypt^) ^ ^^ !& maiseii de Jacob 6*^ 
cbagpa du niiUeu d^uii J^euple bsurberc , 

La Judée devint le sanctuaire du Seigneur.^ Iscaël fîit lui-néme 
tm éclatant témoignage de sa puissance. 

lia vier' nous yH et «îenfiilt^ leJourdain^renibnta rers sa som'^e; 

l<ies moniUi^es J]o«(lissai«H f emvie des bêms , ^tx les co\iam 
coMpip des ^gneaux^ ' 

Qu*ayais-iu Sonc , 6 mer, que tu fuyais? et toi, Jourdain, <pie Ut 
Remontais vers ta source ? 

Mo|itajgiies, pourquoi bondissiez-vous comme de6 béliers f et vous 
TcoUine»., ««msne dM KgnBfliu&f 

Ah! c'eft que ia torce Vë40ûuvait devant la %e du Seigneur, 
devant la présence du Dieu de Jacob ^ 

De ce Dieu qui change la roche en fontaine, et qui peut couvrir. 
•de nappes d'eiau les cailloux du désert. 

Cen^est pas à nous, Seigneur, cen%tpo5 à nous qu^appartieirt 



ixxtsn 

' Ift gloire âe tÊiat ^e peoMgts. HoûwtAai tout téixèi^ a tous , i ^oir« 

, Et q[ue I^ natîpnf ne disent plus désonnais : < Où donc est le l)iett 
^c ces gens4àf » 

'' tfbtre Dieu , il est dinis^ lès deoz \ tout ce qn^il a tonln y ûVti Mu 
^ Jnui âiii^biUs ^ ^^ditilséûnft dai sÎBMdafireis d^ari^-si «te) 
ItmyragQs .^ la «fi»if f^l^Qf^esk 

£lles ont une bouche sans paroles , des jreidK sans regard ^ des oreil- 
les sans ouïe , des narres sans odomt. *. 

f^e ont des mains pour- ne rien tondicr,, des pîieds.^»e mar* 
chent point\ «et de leur go^er â iie aurait soslir ancnn cri* 

Puissent ^mfk seB^bâes i ces idol^ , le» ingr^arfi /çû kt ont 
•laîtes , et tous cent ^piL^plaoent en.elles leur « oa nliam» I 

Mais la race d^jlsraël a mis soa egMbuBoe attâdgaenr} aussi est-il 
son protecteur et son appui; 

Mais la fiuiiille d^Aharon a mis son e^^^aiiçe ^ Seigom;» i"^ 
ëst-ilsonprotecteur et ^n appui; • 

Bfais tous cetu^ qiû. craigtient le Se jgiietor op( mis m M leur tepé* 
hinoe ; aussi est-il leur protecteur et le^ aj^u^ , 

Le Trés-fiaut a dajiguë se souvenir dejiQps^ et il a bi^TouUi nous 
bénit; 

H a bënile peuple dlsraël, il a bâii la famille d^Aharôn; il a b^ 
tous ceux qui le craignent^ les petits comme les plu^ grands. 

Puisse le Seigneur ajouter encore à ses grâces sur vous, sur voUa 
et sur vos descendants t fôr(ànés élus de ce Dieu suprême ^ui a Islit 
le ciel et la terre. * . 

Les <!ieux des cieœi sont deitneurâs son partage, niais il a liT^ la 
terre au&ei^nts des ibommiBs. 

Ah ! ce né sont pas , grand Dieti ,' les morts qui tous loueront , Xm 
malheureux qui descendent dans Tenfer; 

Mais nous , qui croyonij et qui virons, nous tous ^^rbns , Sei* 
gnenr; nous Tayons £dt, nous iè Êôsoni, etudus le ferons a jamais^ 

Icî^ Messîeuts, FemBarras du poêle fraijiçaîs uW 
plus c;^mé par la Hzarreri^^j^^^Qlgg^s^^i'll lui faut 



tis iiiai5eai de Ii0ob, «9 G^^enr fidéb^. 
La race d^A^ron^ qa^à son temple il appelle, 

Ont mis espoir. en loi ; 
Aussi , les prot^^Bt au milieu des alarmes , 
pe qui voudrait leur nuire il émoosse les armes; 

Il deTieai leur appuL 

To¥S ceux qui , pénétrés de sa majesié sainte , 
Gardent dans uni coeur pur ^on rcsj^ct et si éraîn|^ 

Ont mi» espçdr en lxA\ 
Aussi, quand du pèche' Taltrait les environne ^ 
A lepr li^Mes combats prëii^rant hr couroane , 

)1 dçrieiit leur appui- (t) 

H bënit de Jacob la maison qui l'adore 5 
Il bénit d'Aharon' la race qui s'honore 

Du soin dé ses autels; ' 
Il bcnit tous les cœurs fionrris diànsTinûocende , 
liçs petite et les grands, slls craignent sa pmssanccf 

Pi^apt Iei:^s jours lâortelis. 

Puisse ajonter encere à ses grâces d'élite, 
Sur toi , sur tos'eiifante , à peuple iksaelbe, 
pet Pieii de tes «ieaxy 



(ï) Dans cette ^fo^ftdanf»kfa'<oéA»Wy Wrsfen «»c 
un peu en paraphrase. Au li^u d'^ soè^f eonwûe à l'ordinaire, 
littéralement le texte, ony a, par ej^ception» déTûkppé le j;crrae de 
la pensée du prophète, d'abord au seas physique et pui^ au sens 
moral. Ccst qu'en vers français une traiîwctiûn plus bi^îvc n'auraft 
pas permis de faire rassortir, sous forrafi de refirciïiT le irîple spera^ 
vit in Domino et le triple adjutor ^rum est: repciition dont la ca- 
dence énergique est ce qui donne au passage U plus de physiono- 
mie, et ce qu'il fallait, ayant tout, conserver. On est souytînt obligé 
de choisir ainsi entre deux genres de fidclLté don* Tun Tflu4 impo»'- 
sible l'autre. 



LXXtVtt 



^i , monarque clu mondé, ca tîettt !• Iiaul émmhktf 
£i qaif livrant la terre a la £uiiille bnmainef 
S'^est rëseryé les cieux. 

Oh! fais-nous ffoir^ Seigneur, ton royaome avbliniei 
Ce ne sont pas les morts qui, da fond de ra]>yme, 

Pnbliront tes bontà ; 
Mais nous, chez les viirants admis par .ta clémence^ 
Noos chanterons ta gloire et la douceur immense 

Qui nous a rachetés. 



PROGRAMME 

]IË8 PRIX PROPOSES^ 

TOUH LES ANNÉES 4856 ET 1837. 



L'Académie , toujours animée .de. Tesprit de son 
auguste fondateur^ et du désir de concourir au bici^ 
public p?ir remploi des fonds qu'*élle doit aux adtài-i 
BÎstrations départementale et municipale^ s'^est cons* 
tamment efiorcée d^exciter Témulation parmi nos con- 
citoyens, en proposant chaque année des prix istir les 
sujets qui lui ont paru les plus propres à Tillustration 
du pays, à récjaircissement de ses annales, au dé-? 
veloppement de son industrie, à la cposervation du 
bon goût et des bonnes études. 

Elle avait proposé en 1829 un sujet de prix, qui, se 
rattachant à Torigine du duché de Lorraine , exigeait 
des recherches approfondies sur cette époque de tran^ 
sition , où ^histoire est presque muette et où les tra-s 
ditions presque éteintes offrent peu de ressource au:^ 
érudits. N'ayant obtenu aucune réponse Satisfaisante, 
elle a proposé, en i83i , êH Examiner sous ses divers 
aspects la situation de la Lorraine pendant le règne 
de ses derniers ducs: ^ et de déterminer les modifi'^ 
cations que Tavènem^ent de Stanislas et la réunion 
du pctys à la France avaient apportées dans hs 
mœurs y les connaissances et f industrie des habir 
tants? Ces questions, qui n'exigeaient ni de vastes corn 
paissances dans Thistoire , ni des recherches bien djfSn 



vsxvat 

cSes^ n^ayaol 0il€Ove 4o9m:Mif6âMe k aitciw méaiolre 
digi»0 de &ceF s^, suffrages^ ette pcopose cette Mtoét 
à'Exmninerles causes de FoUachement qm^ h pmif^^ 
lorrain a toujours porté à ^ei^ priaces ^ ^ oammâmt^ 
malgré son ayerfùm p^ur la domiàation é^rtmgère^ 
il a perdu insensibhmeM ^ lor^ de fanfmemÊmt S^ 
S^msl(iSj. son caractère de muioamlfié ^ wmat de' 
passer soiis les Iws de l^ France ? t/uelks sent far 
modifications les plus remarquables -tfue -ce ^amge^ 
mep,t a introduite^ daryi le& mçeurjs^ Fjtsprk et tit^ 
dustrie de la Lqrrmne devenue françeise? Le pnx^ 
^ $esn VBe médaille d^or de 3o» £b. ^ Aeiwal cAre dé** 
cerné dans, la séaoci» puUîqiMS de i6â6i, les fimnoira' 
SfiTpnt adressés AVaat le. i^'jaimèr de la« m✠année. 
Outre eettje question liuéiîwe^ rAcadémie propose^ 
aux VA\xj:^Vë^hi.De^riptien.géQgnostique du dè^ 
pa^temfintde Iff, Meiif^ihe^ ConYainçn^ de Fkeuie«sé 
influence des Q<^«^Û9sal»çes ^géoynosUqvfs 3ûff les avfta 
les. plus dîr^teçç^e^t , applicables au^L besoin» de la^ 
spciélé ) eRe eQgage hs atiteur$ cjui voudront se Itmrer 
aux recherches capables d'atteindre le but qu'elle 
se pi^oposf;^ À.^e pa9.se iCj^Qt^ter de déopiçe les cou- 
ches diverse/dont iUotre.fic4 ett jQomposÀ, et de classer 
lesCossUesq^l le <9^^ép$^al^ mais encore à recueillir 
dos obsecy^tious. exsu^tes aut^ que ^ ^ggaltipKéefi sur 
Futilité et l'en^ploi des terçïB? ^et des r(^h^ pour Pa- 
gr^tij^ ^ U^on^rifÇtioi\,dç9r é^y^^ dies paves^ou 
diçs.iroutes , la fabric^tiçn de l^cfeaux, du^p}iit^<) d«iL 
pfl[tçries^ des briques; eir\iui|iiotv^^ Tapplicatioai 
dp? .cpnnai^swices. jjepgpostiçies aW divers; besoins 
de la population de notre' département. , '1 



Deux #Qdfmteie«ttlresolBBérft6iit de 69E«r lïlfièntiofi 
àm mtotidistes : L«»é^^^ eit (en le cloct^»r(ja31aiv 
dot^ notre aisocié ^ a découvert un si gi*and nombredW 
seinei^^fessikcs antéiK}i:| viens ^ dignes à^èbce sotgiietise- 
ment étndiésf et Dietuee^ )où «e trouvent le^ mines de 
sel gemme^ déjà décrites avec tant de talent par M. 
Levalli^ ^ et qm^ côttsidérées soos d^anfres points de 
vne^ peuvent amener dès j^couvertes importantes. 
' Im Société attend des concurrents la description 
des eo«rces priadpales^ des ruisseaux^ des rivières^ et^ 
s''il est possible, «ne inification générale àeS prolbn^ 
deurs wxxqaeU se trouve Peau poui^ éclairer T^ d^ou-^ 
vrir des puits ^ conuuuns ou artésiens^ enfin des obser^ 
i^tions^ sur Ilnfluence de la. destructioB' des foré6 , sur* 
toutdeceUes qui occupent les lieux élevés, sut la 
dessi^tioii des somces et les maux ^ui en réaftdteht. 
E31e déstrerait aussrq^ W aâfeui^ joignissent à ^^es'do-' 
cttfftteiits des eaf^s géogoostiques^et dés éidhanfiilôm 
choisis, ie prix , dont Tépoque de distnbutioa est pre^ 
nigée jusqù^au i/' janvier 1837, sera ime uiédmBe de 
5oo fr, 4 . 

léL Société rap^ielk aux Httéictifearsqu^dle est tou'^ 
jours êkpoâée à eouÀdérer comme litres dissociation , 
léi ékges dès Hkirtres lorraiïis qu^elte nV pieis encore 
raé§eaiÀé$ dauis la cdlection quVHe se propose de 
publidr uti^ jour. Sans en exclure aucun, elle désigne 
plus particulièrement CZsùi^ G^Afe^ Vom Cahn^y 
M.** de draffigny^ Pcâhséty Francùii âe NeûfchS^ 
$eau^ Boufflers^ Chôùeuit^Gouj^^ Mtirj éPM^ 
pange^ dont leis^dn^ derniêiiront %ttré au nombJre &é 
ses membres.' • '< *î"-"-i ' ''" -'^ ■-■-.:, .:ni m i.. -v 



XCI 

Elie rappelle encore les cancours sur les tapogra* 
phîes médicales des arrondissemeols de Kancy^ Nenf-* 
château et Sacrebourg. 

Satisfaite de rempressement ayeo leqa^ les fabri-> 
cants^^constructeors et ouvriers divers^ ont répondu 
à son appel de iS33, T Académie^ à qui ses res- 
sources pécuniaires ne permettant pas de renouveler 
souvent les Expositions que le public a paru voir 
^vec beaucoup dHntérêt, s^était adressée au 0>Bseil 
général du département pour en obtenir les fonds 
nécessaires* Mais celuirci ^ craignant qu^un retour trop 
fréquent ne les rendit moins intéressantes, a pensé 
qu^il suffirait d'en établir une tous les cinq ans , et 
de la fixer k Tannée qui précédera lIBxpositton géné« 
raie de Paris. 

Outre rémtdation que TExposition des produits de 
^industrie parait avoir excitée entre les fabricants , 
rhéureuse idée de TAcadémie a encore eu pour ré- 
sultat rétablissement de la Société des jimis des Arts^ 
c[ui) formée dVprès ses vues et sous son protectorat, 
a maintenant une existence indépendante , et administre 
les fonds que fournissent ses membres , par un Conseil 
^''elle se choisit , et qui se charge de la direction de 
tout ce qui est relatif à I^xposition quVUe se propose 
dç renouveler tous les deux ans, aux achats des ta* 
bleaux qui ont été distingues durant TExposition et 
$LU tirage des lots auxquels ont droit tous les membres 
de Tassociation. 



MÉMOIRES 

sooEii i^otâu; m& sciences, lettres it arts 

BE NANCY* 



MÉMOIRES 

BONT LA SOCIÉTÉ A VOTÉ L^MFlISSKlir. 



ESSAI 

SUR 

X'OROAMISATION TEGETALC^ 



'CtST tiné tbosè généi^ermeiit admise aujourdlmi 
fatiguer à la force vitdle une partie des phénomènes 
de Ja v^^étttikm. Cette foi^^ plnâeurs savants du 
premier ordre font ^ ^ est pour le naturaliste ce que 
FattrtfBtioil est pour le physicien. Ainsi donc^ le vé- 
gétai vit ^ et la majeure partie des Botanistes sWorde 
à placer cette vie dans la céUule végétale. 

La v&lité de la ciellule végétale se manifeste par lei 
mouvements propres à son enveloppe , et reconnus dans 
limeurs cas ? d^bord par les mouvements du latex 
dan^ k» plttttei laiteuses ^ et souvent afussi par les mort- 
vettiQEito des grandies r^nf^rHiés dans certains ntriculès 
%'^élittx; eVsf petti* eek ^ qu^à propos des oscillations 



des euveloppes ^ M.-iie^Cànâdîlè rênfai^ae qtie la sup^ 
position dW mouvemei\1;5g|^modîqae ^ propre à toutes 
les cellules végétales^ serait loin d'être une hypothèse 
pnrenieiit gratuité.^ ^Y il y a plusieurs cké^ où C(B$ 
mouvements deviennent sens^blè^ pour Fobscrva^ 
teur. En effet;; i.'* Si on jilace sur^feau des folioles 
du Schinus molle ^ on;v(JÎt tîbuile ^ contenue dans de 
certaines cellules^ sr^db|f>pfr^iib9Q|;£â par un fiun: con^ 
tinu ^ mais jar des saccades întermî|teiites. ^,*^ Si on 
irrite légèrement là cuticule des parties supérieures' d« 
la laitue et de plusieurs autres chicoracées k sigffaces 
lisses^ on voit de petite j«is :âe 4bucs laiteux jaillir ea 
gouttelettes du tissu cellulaire. Ce jet , selon M. Garra-* 
dori, est surtout visible lorsque Ton opère soti* feau. 
3/ La manière ^brt|S]qu# 0|;^j|^|Q^i|iit9i:i|e,£d^ la li-^ 
queur des grains poUiniques est lancée suc Feau, senv 
ble encore un exemple <fe*iti*èotrtrâ6tîftté dont iious 
nous occupons^ •I^. de Gaifi^^'U^'^^^^ff^^^^^^ï^^^^ ^^ 
mouvem^t4eg5^tolç,^rde(diji^tflÉi .m- » ^ 

S^ Ton sjç représente jam >c^t|le J4l|y$M^ ^^^«1^ 
jt^les, voisii^es dutég^t^l ai^q^ej^ fJU^a a^|^ti90fi,>a{t 
^^utdire es^ dérfAerQ.Êiii^t^s^^ rqu'^^H^ ^ l^):^# t^f 
globule vivfttijt ^ piBoïdq , , taot €[^^e «'^ ipas i0^ï|i^if 
mée par les ceillules adjaceates, y^. 4i^P# i^^^^ 
4^9 et^ dws 4'autrés^,re9ipliei4« fyjifie^V^m^^^^^ 
def jgjrattul^ àtrîntériiîiMr., .> . ^ ^ - - 

'Ghej;chQns.i d^]!iw ii^n^i^ iî n?^l;^è«K5 
4o4t la vie se naanijfe^te j^r 4^ cn^^miUf»^ ^^ àé» 
^jlatajùx^i^ swîG^ivef 5 ^iPMW«lf 4W*^^«^*^^^^ 
/l'autre^ içdi^î«^.Qh^z ^^^Ul^ %»^ ^ilde^^S«««^pci^ 
avec plus d'^énergie» 



(3) 

Pumî les globuks aiiûMs que lès mioograpkes iml 
««ooniius dans les infimons ou dsos les eaox tra&quflles , 
(j^Disisscms de préférence 'le vi^vox. * 

Celtti-^ est un aphéréide enimé, qni ijuelqaefott 
#e réduk à «ne seule enveloppe 'mante ^ d^antres 
fois^ on cËstnigue des cch^usoi:^ dans le tissu de 
eeftte enveleppe^ et némé des corpuscules vivants 
( Pùlvox bmàk MuBer). Bans d'autres drcontances^ 
soit pris pmur esemple le volvox gldbuleux ^ à la sur- 
lace uxterae de renveloppe de l'^ammal^ adhèrent des 
^oVides vexts^ <|uV»n a cotisidâ^ comme des oeufe 
^PL I^ jE^. r""}, et 4faà plus ttsu'd^ont Hbres dans l%ité- 
rieurcst £bÎ6se»^ p«r percer renvelbppe. 

Sk^ Ton T^tfiaà ïÀea rapfHrocher de |>aréHs êtres de b 

emulen^gétsie^prise îselément^ que nous ayons dé- 

£iiÎ6' toiit-*44'%iettre^ on 'Couvera entre eux une res^ 

s^Nniilance'quAirt à kformecft à la coukur. Maintenant^ 

âon prend un certain nobhbre de^volvbx globulctix, 

oontenus dans une p^te goutte d^eau , et qu'oit la bisse 

«échier éoucsment sur' le porte*K>bjet d^ttn microscope, 

•ou vetii», à^Fatde dPlm fiable girossissement, ces glo*- 

l>liIesse'SeirerJesùns contre les mitres tusensiblement^ 

et fsttre passer ceux: du centre à la forme pdljédrii^e 

. àm oelkdi^ :véeétales^ taudis que ceux des bords de 

ramas-globideuxy'so^ntspttvenf à pans du côté du centre 

-et aiTondis d|i côté extérieur. Cette expérience e^t 

£dl« à vécîfer; fe Fai feite plusieurs fois et toujourg 

«viec 9iiccAa^%. 2/). 

De^^^tte que l-èu volt le vdivox donner naissanci^ 
ii4WtPes f^ebtdésri^MtS) qui à leur-tour dn pro^- 



(4) 

jd^isent d^siutre^ » de même aussi ^ elaiM4e Marchmiia, 
les rçcherches^ réeentes de M. de Michel oi^ pKoaT< 
qu^une séminule de ce végéta} s^alonge^- k on p<»at de sa 
sur&pe, m-wçi tube dlos^ sei^nfibiiit bientôt en «me 
cdlule,) qui donne nai$sance fi^une antre et ainsi de 
s^te. On a découvert encore daM:iéJe9 végétaux d^'autres 
jgloboles capa^ij^s 4e laa;icer des globules oui bulbes ifuî 
i>ei;^ent plus tard engçi^dttr une v^étation scnJ^Ablè 
à la plante mère. Chaque cdlule de rOrm(Aa^(ilei» 
tfyrsQides jouit de cette propriété^ et ^ dans le» . cha-^ 
râpées^ M* Yaucher li-fait voir que ^^quand oq méidans 
Teau une certaipe pajrtief regai^ée comme rorgbne 
femelle^ cette partie s^ûuvre à, StOi| {^mntiet en cinq 
dents, et qu'ail en sùrt un filet cylincbri^pie^ de la base 
duquiel surjet ^ne r^diculje eittonrée de petM^^ fibrillîes 
radicales. Il nVs^ donc pa^ dMteui&^qtté le noyau 
central de/cet appair^ji 4iir soit un corps «q^rodubteur. 
,.L ^apparition de nouvelM oçUiil^s au: milieu. .des 
^mciemaes^ a été renoçcrquée danr |^|isieuri» «as. Les gta^ 
imles.de^ conferves et des lichens; lancent iln fluide 
mucikgineuX) rempli de granules tivanis et reppû*- 
ducteurs. Paps le Fucui v^içulosu^ , é^ a. t((mvé de^ 
renflements ovoïde^ ^ percés de jH^im disposés, avec uM 
sorte 4^ r^gu^apté , derrière cbacii^.d^quel^.sç Irowte 
une mfss^ arrpndie, qu'on .d<i|it ^ec^déi^r comm^ 
des i^^inules. En général les thalas^iopbjftes présentent 
4e8 spores renfermés dans Uji ^ora^« iJlÀlabranftttX» 
Ces spores sont noyés dans un fluide. Jrisqiieuat, q«i 
les entraine au iofiA 5^ T^u^ et a^ mfliaM^duqnd ils 
gfxment plus tard^ 0^ rçtc^iiVj»^ d}i9leiHps^ uamode 



(5) 

de génération sc^blpible dans ces globules hyalins ^ ani-« 
ines d''une force de locomotion, qui émettent des glo- 
bules entourés d^ue substance gélatineuse , au milieu 
de laquelle ils se développent. 

Enfin #n sait que la reproduction par division se 
trouve kla fois chez les animalcules des eaux et dans 
les végétaux. Ne voit-K)n pas en effet dans ceux-ci 
des filets qui se rompent en travers par des déhiscences 
rectilignes? et chaque fragment, qui d'^abord parais-i- 
sait simple^ apparaît double, multiple, etc., et se 
subdivise de même par des ruptures transversales. 

Ces faits 6t beaucoup d^autres, dont il était impos- 
sible de donner Fensemble , avant les découvertes de 
MM, Morren, Amici et Mirbel, étaient de nature à 
frapper les savants qui les étudiaient. Aussi, plusieurs 
rapprochements ont été présentés dans des ouvrages 
reconmiandables , à mesure que les recherches se sont 
multipliées ^ et les limites qui avaient paru faciles à 
établir entré le règne animal et le règne végétal, au 
cpnmiencement de la science, se sont de plus en plus 
effacées. 

Le soin que j''ai pris de réunir tous ces rapports 
communs pourrait faire croire que je prétends éta-» 
bllr Tidentité du volvox et de la cellule végétale. On 
me répondrait alors avec raison: s^il est vrai que la 
cellule ne soit qu^un volvox, séparez avec soin une 
cellule de ses voisines, placez-la dans Peau, et elU 
devra nager comme un volvox. Mais il est évidtsnt 
quHl existe entre le volvox et la cellule une diffé- 
rence essentielle , provenant de la force de locomotiaix 

7 



(6) 
du premier^ je dis même que cette différence Va me 
permettre de ïes considérer sous un point de vue que 
je crois nouveau* ' . 

Représentons-nous pour cela une cellule d'une con- 
serve ectosperme ( Yaucher ) et un volvox^ placés dans 
la même eau« 

Le volvox pourra s'agiter en tous sens et accoucher 
de ses granules , qui , a leur tour, vivant séparés dé 
celui auquel ils doivent la naissance, produiront aussi 
d'autres volvox indépendants les uns des autres. Les 
granules de la conferve , au contraire ^ produiront char» 
cun plusieurs cellules juxtaposées et soudées ensem*^ 
ble^ mais les créations seront tenues en société par 
leur incapacité de mouvement. Par conséquent la vie 
végétale, qui est une vie de famille et d'aggrégation ., 
cliffière de la vie animale, en ce que ceUe-ci est uiie 
e:s.îstence d^îiidépendauce et de liberté. 

Après cela, si je voulais tacher de comprendre les 
rapports qui peuvent exister entre la faculté locomo^ 
tiice du volvox et Tiucapacité de mouvement dévolue 
à la ccUiile, je m^appuierais sur un fait d'observation 
que j'ai recueilli plusieurs fois. 

Si Ton suit avec attention les vblvox en mouvement ^ 
et qu on Igs observe au moment d'un mouvement 
brusque, ou verra qu^ils font subir une contraction 
plus ou moins prononcée à leur enveloppé. Les vol- 
vox sont donc doués de contraction et de dilatation 
successives comme la cellule ^ toute la diâerence , c'est 
qu'elles sont très^sensibles chez ceux-ci, et très-peu« 
chez cette dernière. Les grains verts du volvox sont 



(7) 
€tix-iiiétiies doues de ces co&tractians et de ces dillae 
iatioiis ^ on pourra les reconualtre en faisaat échoqer 
un Yolvox sur le porte^objet et dans une goutte dVatt 
trop mince pour qu'il y puisse nager. 

Maintenant on m accordera sans peine qu^au duv» 
ment où la systole commence pour le i^olvox, im TÎde 
intérieur «tant produit, il doit en résulter une absof pr 
lien du liquide ambiant , et par conséquent une per-^* 
iurbation d^au tant plus grande danst celuir-d, que la 
«tiktatton est plus considérable , «t cette perturbation 
iUira nécessairement pour résultat un mouTement 
communiqué au toIvox par les flots qu^il a Itû-mème 
souleva. La même chose arrivera au nloment de la 
diastole. Or, ce mouvement imprimé étant très-fa^e 
2>atir la cellule végétale , si on lui aecorde des eon-** 
tractions et dés dilatations succes^ves, on conçoit h-^ 
cilement qu^il cause dans le liquide ambiant des ds^ 
câldtions assesi minimes, pour que la petite vague exdtée 
par lui né puisse pas communiquer à la c^ule un mour 
yeinentsensâ>}e, eoiiune pour le volvox. Diaprés çela^ 
nous arrivons ji eette conséquence naturelle : les vol- 
vox diffèrent encore des cellules pat une plus ^ande 
puUsance dé systole et de diastole, ou, eo qui revient 
âu mènie, par une énergie pluj marqoée d^aspiratiou 
et d^expiration. 

Si Ton doutait des mouvements causés att liquide 
ambiant par Fenveloi^ du volvox, on pourrait s^en 
convaincre &k examinant encore un volvox él^ué 
dans une mince goutte d^eàu sur le port&obîet , pourvu 
qa^ils^y trouvât quelques détritus de vvégétdilx micros- 



(8) 

typiques ^ on verrait ces détritus^ iiiC2^aI)le$ de inou-'- 
vement Jjiar eux-*mè|Ues^ tantôt se mouvmr vers h 
^if ox ^ tantôt s'en éloigner^ et manifester ainsi ixùt 
espèce de n^ouvement circulatoire. 

Le mémoire intéressant de M. Braconnot sur la oons- 
ti^ion chimique du volvox(voy. ci^après^p. 55), conso- 
iide singulièrement les rapprochements que nous avons 
formés^ car il établit deux faits majeurs: i.** que les 
volvox renferment une substance verte identique à k 
chlorophylle ^ 2.* que leur enveloppe est formée d^um 
inatière insoluble dans Teau bouillante, de telle sorte 
que ces animaux, en apparence si frêles et si attaqua- 
bles par les influences extérieures, sont au contraire 
d'aune constitution aussi résistante que celle des verté- 
brés des ordres les plus élevés, dont la structure 
elle-même se réduit en bouillie , lorsque , concassée , 
leRe est soumise à Faction de Peau bouillante.' 

Pour que sa philosophie zoologiqué fût d'accord 
^vec Torganisation animale , Lamarck avait besoin 
d^ttne division brusquement tranchée entre les animaux 
^supérieurs et les inférieurs , et par suite entrief ceux^^ 
et les végétaux. Lamarck disait donc, que ceis în— 
fiisoires , animaux gélatineux ^ ne pouvaient pas^ avoir 
d^organes , à cause de leur petitesse et de Fimpossibiïitâ 
que présentait leur matière de se formuler en orgahes* 
Or,, voilà qu'il est démontré aujourd'hui que certains 
-dé ces animaux, les plus simples après la monade^ 
loin d'être gélatineux , sont très-résistants^ et , d''aut*e 
part, on vient de prouver en Allrtnagne que beaucoili]^ 
de ces animalcules possèdent des organes très-compU-* 



(9) 
4tiés. Tons ces&ite d^obsenratioii ^ joints k la sio^tadd 
de reproduction des yoIvox et dé certains ntricuks 
végétaux ^ renversent les suppositions de Lamard^. 

Mais revenons au volvox qui^ diaprés nous^ diffère 

principalement des utricules végétaux par une phn 

grande force d'^extension et de contraction sua;ess!v«8« 

Cda une fois admis ^ une analogie directe et toute de 

voisinage ne porte-elle pas à soupçonner que^ puisque^ 

dans le volvox^ Tenyeloppe et les granules de son in-- 

térieursont -vivants^ leurs analogues de la cellule le 

sont aussi ^ et capables par leur développement de 

reformer de nouvelles cellules ? Ce qui nous conduit 

immédiatement à admettre à la fois et k regarder comme 

vraie la manière de voir de M. Amici sur la vitalité 

des granules qui tapissent les tubes du Chara^ celle de 

M* Kieser^ qui croit que les granules organiques qu^on 

trouve dans les fluides végétaux^ sont vivants et se 

développent en cellules^ de plus, celle de M. Turpîn , 

qui croit que les granules intérieurs , qu'ail appeHe glo- 

buline , sont capables de se transformer en cellules* 

Ces suppositions auxquelles je viens d'hêtre conduit, 
m^ont paru être confirmées par dés observations mi- 
croscopiques que j''ai faites sur le développement dé 
la plantule du haricot blam ÇPhaseolus compressas 
de Cand. ): 

Si Ton divise longltudinalement celte plantule en 
deux parties égales, ayant la germination et après 
Tavoir laissée macérer pendant quelques heures dans 
Teau , on reconnaît à Foeil nu , et mieux encore avec une 
loupe (PL Ijfig, 3), que celte plantule se compose 



à& deux' syit^aed remfetmés Tua dans Faatre^ et, sr 
Fosi conpe une tranclie mince de ces deux systèmes^ 
le microseope simple fait voir ( fig; 4)^ quHls ne «ont 
tous les deux composés que de tissu cellulaire, dans 
les méats duquel sont, conune en dépàt, un grand 
nombre de ces grains , que les physiologistes sont çon<«« 
Tenus dVppeler amilacés , quoiqu'ils ne tournent pas 
^u bleu par la teinture d'iode. Des grains semblabU» 
$ont aussi r^âdus dans les cotylédons , entre les 
grains dWUon qu'ils renferment et qui sont d'u^ 
diamètre plus considérable qne ces grsâns amilacés. - 
Quand li^ graine est mise en terre, les cotylédons 
pouipent son humidité et se gonflent^ un courant de 
matière nutritive et flrnde ne tarde pas à s'établir, en 
partant de ceux-Kâ , vers la radicule. Si on examine 
attentivement ce qui se passe dans eette opératîcm, ou 
Tpit un nombre considérable de grains amilacés qui 
se portent vers Fextrémité de cette radicule, travCTw 
saut les esps^cesintra«cellulaires des deux parties voisines 
des deux iiystèmes , et qui, passaqt à travers rextrémité 
de la radictde ^ viennent, à ce que je crois, constituer 
de nouvelles celhdes pà^ leurs dépôts succe8si& qui 
alongent cette extrémité. 

Cette manière de condm^ la formatioi^ de nou-« 
vell^ cellules, p^e semble expliquer d'urié manière 
rafionneUe ces créations, à la fois si nombreuses et si 
rapides, qu'on remarque à l'extrémité deia plàntufe^ 
dont Falongement dans un jour est quelquefois de 
Çl»St,d'un pouce. 

Je pcn^e qu'on ne peut pas dire que -ces graio^' 



(") 

amilacés sont les mêmes que les graine C(mleiiii& daiis 
rintérieur des enveloppes des cellules du végétal ^ et 
i^ seraient mis en liberté par de véritables accou- 
chements^ car la régularité du tissu cellulaire n''est 
pas dérangé le moins du monde. 

lia meilleure manière de reconnaître la présence dics 
grains amilacés dans la radicule^ c^est de déchirer Fexr 
trémité de celle-ci avec une pointe fine) on voit aus- 
sitôt une multitude de ces grams cfvà s^échappent et 
se répandent sur le porte«objet« Uespac^ qai sépare 
le système central du système enyeloppe en contient 
çtussi une très-grande quantijté, surtout vevs la radicule f 
ces grains sont entraînés dans la liqueur nutritive four- 
nie par les cotylédons, qu^on peut regarder comme la 
preonère sève descendante , et qui contient elle-même 
un nombre de ces grains fournis par les cotylédons. 

lorsque la radicule^ assez alongée pour se fixer e^ 
terre et en pomper les sucs, fait pénétrer dans la plan* 
tule la première sève ascendante , le système de cette 
plantule reçoit une modification importante; car, au 
lieu dW seul courant séveux, qui la parcourait dans 
une seule direction , savoir, des cotylédons à la radi- 
cule, elle renferme deux fluides antagonistes. Â cette 
même époque', on voit naître de petits exhaussements 
à la surface externe du système enveloppe^ qui offrait 
auparavant en dehors et en dedans une grande régularité 
dauç Tarrangement de sesccUules„(Pl. I, fig. 5 ). Une 
lam^ très-mince coupée parallèlement à Fa^e de la 
plantule, fait voir que ces petits mamelons, qui un 
peu plus itfrà donnent naissance k des radicules , sont 



âus à un simple soulèvement produit dans le système 
enveloppe seulement^ car le système intérieur lîe pré« 
sente encore aucune autre modification qu'une légère 
dépression en dedans. Bientôt après ^ ces soulèvements^ 
devenant plus marqués, déterminent les ra^celles et 
constituent' le çoUet. La fig. 6 représente une coupe 
horizontale de la plantule à la hauteur de ce collet. 

Pour expliquer ce phénomène , je commencerai par 
faire observer qu'il arrive un moment où la sève ascen-. 
dante pénètre par la spongiole de la racUculc dans 
Tintérieur de la plantule , en suivant naturfellement le 
chemin le plus facile , après avoir traversé le système 
enveloppe , c'est— à-du-e en cheminant dans l'espace qui 
sépare les deux systèmes constituant la plantule et dans 
les espaces intra-cellukures voisins de cet espacé. D me 
parait donc manifeste que les de\ix sèves antagonistes 
Tenant à se rencontrer, doivent causer certains engor- 
gements entre les deux systèmes. S'il y a engorgement, 
il faut admettre qu'il y a pression latérale ^ et dans ce 
cas , comme le système central ne peut céder que d'une 
très^petîte quantité , c'est au système extériem* qu'il ap- 
partient de 9e laisser soïJever par des afflux de li- 
quide chargé de grains amilacés. Or , les figures 5 et 6 
et le raisonnement indiquent que tout se passe ici 
comme à l'extrémité de la radicule • ç'est*à-dîre , qu'il 
se forme de npuvelles ispongioles , çt par conséquent des 
radicules. Les grains amilacés y sont agglomérés au som«* 
met de Texhaussemeat comme dans la radicule. Si la 
chose a lieu en plusieurs points à la fois et à la même 
hauteur, une couj>e horizontale à cette élévation a dwnç 



(i3) 

la figure 6, où Ton remarque quatre exhaussements 
iaégiailement développés ^ dont Fensemble constitue lo 
collet ^ ce prétendu nœud vital ^ cet être mystérieux , 
qu'on a dît renfermer un germe caché. Les deux sys- 
tèmes etnboités montrant là cotitinuité la plus parfaite 
fusqu^à l'apparition du collet , et ce collet indiquant , 
selon moi ^ jusqu'^à Févidence ^ un simple exhaussement , 
je crds quil n'est autre chose que le résultat d'un en- 
gorgement séveux entre les deux systèmes, causé par 
la rencontre des deux sèves. 

Lorsque les radicelles Jlnsi enfantées viennent à 
pomper les sucs terrestres , tout ce qui s'était déjà pré* 
sente pour leur formation se représente encore , c'est- 
à-dire qu'il y a ascension de sève terrestre , et par suite 
introduction de plusieurs courants se veux centripètes 
dans le végétal. 

Mais en même temps que cela arrive , il en résulte 
d'autres faits remarquables. En effet, la sève ascen- 
dante , contrariée dans son aâîcénsion verticale par sa 
rencontre avec la sève descendante et avec celle qui 
vient des radicelles , est forcée de se détourner et de 
pénétrer d'une part dans l'intérieur du système centrai 
près de la sève descendante , et de l'autre , de redes- 
eetidre par lé système extérieur. On voit alors des grains 
âtnilacés nombreux , déposés par la sève ascendante , 
se pressar dans les espaces intra-ccHulaires voisins du 
passage qui existe entre les deux systèmes , et par 
lequel circule la sève descendante. Ces dépots de 
grains exsudent jusque sur la surface de ce passage , 
s'y nt>urrissent , y sont comprûnés suivant rhoriau>ntalc, 



(^4) 

ce ^ui doit les alonger suivant la verticale ; et ioat 
de suite apparaissent les vaisseaux et les trachées (fig. 7). 
FTest^l pas pâture} d'^après cela de croira que ces ntmr^ 
veaux organes doivent leur naissance, à .ces graîiu; 
•amilacés? Or^ si avec une foite lentille on examine 
ces vaisseaux naissants^ et si Fou parvient , avec une 
pointe microscopique ^ à en séparer plusieurs les uns 
des autres ^ je crois pouvm aiErmer, qu'ion les recorn- 
naitra formés de grains un peu alongés et soudés bout 
à bout. Bientôt) il est vrai, ces soudures disparaissent 
complètement. Le microtcope simi^e me paraît né- 
cessaire pour cette expérience délicate* 

Quant aux trachées toutes jeunes de la tige du ha-*- 
rieot^j^ai cru reconnaître distinctement qn^elles sont 
formées de deux fils ou chapelets granuleux roulés 
Fun autour de Fautre^ et je ne puis m'^empècher de 
remarquer ici ^^extrême ressemblance de ces spires , 
quand elles sont un peu déroulées ^ avec celles des 
(^onferves conjuguées à spirales granuleuses. Ces deux 
fils tournés de distance ^i distance Fun autour de Fau« 
tre ( fig. 6 ) présentent) quand on les tire ^ dstns les e&* 
paçes çompiîs enjlre les points de torsion ^ Faapec^ d'pne 
lanière dont les. bords sont relevés , ainsi quWFa déjà 
établi ponr d'autres cas. Ces filets gnuiuleux reasan- 
blent à deux courants de grains dits amilacés ^ qu\ aur> 
raient pénétré dans ujie l^ieune ^ à Finstar encore des 
filets spiraux des conferve^ (i-)- 



(i) CeUe origine des trache'es paraîtra bien plus marquée, si Ton 
fait le» observations toOt à !ÉiH à Uwt naissance. 



(.5) 

%e ^m Y^ dit tiHr lâ.4kection des deux sire^ oppo- 
sées^ n^est pas matbéoiaiiquefiteut exact. Ainsi il me 
semble bieni^nii d'avancer en génénd^ que la sève as*' 
cendànte pénètre paries espaces inlrarrceJlulaires ver- 
ticaux, qui sQiH irès^en dti^k>sés pour cda ^ pui^u'ils 
s^ trouvent à la suite les uns des autr« ^ suivant des 
Kgaes verticales. Mais il est visible que la sève ascen* 
daiite ne pénètre pas partout avec la même fiieiUté, Si 
donc ciNEtains espaces étroits opposent^ smvant la ver- 
tic^dr^ une résistance à cette sève ^ celle-ci tendra à se 
déverser en debpis \ et exeri^nt ainû une pression ver* 
ticale sur le$^rsdQs amilacés qu'acné rencontrera ^ elle 
devra les forcer à s'alo^per suivant le plan hoiîzental ^ 
de là Us rajons médullaires. 

Quant aux y aisseaux des^ eoudies corticales ^ aux* 
^els on a déjà reconnu une disposition semblable h 
cèile que je crois avoir vue dans les très-jeunes vaisseaux 
et iraebées du haricot ^ oa conçoit qu'ils doivent être 
moins réguliers^ moina reetilignes ^ parce que le coU'^ 
raot de Ja sève descendante qui les baigne est beaucoup 
moii^ rapide que edui de la sève ascendante. D''ail- 
l^urs^ étai^ moins ccmipcimés et mieux nourris que. 
ceux des cimches Ugueuse»^ ik pourront prospérer et 
«potoe davantage^ ce quW a remarqué en eflet il n'y 
apaslong^temps. > 

Àmffl nous en condurans que : hs cellules ^ les 
vaisseaux et les Uachees sont des grains amUiaeés ^ 
isolés ùu réunis de divers^ numières^ etque^ parçon- 
séqi^nt^ P élément wgétal est le grain dit amil^. 

M^ les cdbdea renfenqtent aussi ^ comme pn le sait^ 



(i6) 

dés grains amikoës. -On a avancé que ces gmiïs sof-p 
taient probablement des cellules^ et donnaient aitin 
Itett par leur développement k de nouvelles cellules. 
Celte opiiMon n^a été appayée par aucune expérience 
directe 5 «t quant «a développement de la tigelle du 
haricot» f ose affirmer que rien de pareil ne s'^opère; 
car, s^il en était ainsi , ]1 eu existerait quelques traces 
par un dérangement senâblé dans^ le tissu celhdaire 
régulier de la plantule. D^ailleurs^ les granules intra- 
cellulaires sont infinili^ent pkis noQftbreixx , dès le com- 
mencèmeikt ^ et sorlcmt dans la partie intérieure de la 
j^ante, que ceux renfermés dans les cellules^ il me 
parait impossible qu^s soient formés par ces dernières. 
D'où viennent donc ceux-ci ? Je crois qu'on peut sou-» 
tenir par plusieurs raisons qu'ils sont puisés en terre 
par les spongioles , et introduits dans les méats par la 
sève ascendante. 

Pour prouver cette thèse, je commencerai par cher- 
cher k reconnaître si effectivement la terre renierme des 
grains di^ amijacés tout prêts à s'introduire dans les 
végétaux. Or, d'abord le raôspuneme»! indique qu^fl^ 
doit y en avoir beaucoup. En effet , lorsque les débr^ 
des végétaux viennent à se décomposer en terre , les 
enveloppes des cellules résistant assez Imi^-temps ^^mais 
finissent par se rompre , et alors les grains intérieurs 
sont nm en liberté. H y en a donc, toujours dans la 
tenre végétalev Cest bien aussi ce que l'on trouve au 
mksroscope vlorsqu^on délaie une certaine quantité de' 
terre dans de Feau , et qu'après avoir lai^ tomber au 
fond les paities miuéiiales qui y sont contenues, on 



(»7) 
eramioe une goutte de celle eau placée sur le piMe- 
objet. \ * ' ■ 

Lesr sables purs où Ton fak végéter des jplaQtes[ par 
tm simple arrosemeut reottfeat eacore d«iia le méiiM 
cas ; car Feau elle-^méme contient un certain i»>mb«e 
Ae grains organiques. Ueau de pluie reciieillie sur des 
plaques dé verre en pi'éseiite presque toujours. Il ea 
est de même de celle des flocons de nc^ge ou des grains 
de grêle fendus. Au printemps dernier fy aicomiamr 
ment reconnu des dâ)ns organiques. Au surplus^ M« 
Bracônnot a depuis longtemps signalé la présence d'aune 
matière os^mique eh dissolution dans TeaU 4e jim^ 
illtrée. 

I^a terre office dkmc aux v^élaox deisgrflâas orga~ 



. Examinons maintenant A la sève asceiulaute monte 
arec asaeai de rapidité pour enli^iner ces grains ins-*- 
qu''aux parties les plus élevées dû végétal. Cest^ dans 
cette vue qne f ai étudié les pleurs :d[e' la vigne; A^rès 
avoir netteté avec soin les extréoikés depluttéurs Imitk* 
ches nouveUement taillée» d\ine vi^e , f ai reciieSJi^ 
[AusieUTS jours de suite ^ des gouttes de sève mx^ des fi^ 
ques de verre tràfrflro^resque ye plaçais immédiateoient 
soùs le perte-objet 4umtcro9eope^ et je a^aî pu p^rvei^r 
ii obtenir 'une seule goutte qui ne renfermât des gcaau^ 
lés. C«s grains^ pendant quinze jciurs ^ ne pouvaieni pas 
provenir de la 4>te»ure &tte par la tsâUe^ ils m'ofit 
donc paru ehârnés par la sève ascendante ^ dans les 
espacés inlra^ellulaires*^ qui au suiplussont assez larges 
pour èela. h» question se réduit donc ^^s^déjOnitive à 



(i8) 

Savoir si les spongioles peuvent les laisser passer. Or^ 
précisément, ces spongioles sont le lieu du v^él^ où 
le tissa est le moins serré , et où^ le passage est par 
eonséqtieBt le plus facile. Pourquoi donc, lorsque Teau 
de la terre est pompée a tergo par la force vitale cèl* 
lulaire , àe très^petits grains né pourraient-ils pas pé- 
nétrer dans rintérieur de la plante , po«ir y grossir et 
y prospérer? Cette opinion , quant aux grsùns amSacés^ 
est identiquement la même que cdle de MM. Knight 
et de -GandoUe sur f origine des plànti^ parasites iates* 
tîÉales , dont ils admettent qtie les sémiatiles sont pom- 
pées par les végétaux au milieu de la sè^vatesdatite. 
Si leur manière de voir est admissible , la mienne Test 
aussi* On expKquer^t par là i>iea &c&ment IVppari-* 
lion des animalcules dans les infusions végétales ^ car ^ 
û suffirait peur cela de dire cpte leurs oeufi ont été 
spires et dépotés ddut les méats par k sève ascen^ 
dante. , 

La tbéofie des^engrais menfermstnt des'détritas vég6- 
tai»c devieMt alots facile à comprendre^ etlVifa te weni 
compte de la manière dont certaines [dthites k tissu 
la^e doivent éptfiaer phis vite le ^1 que ierautre^^ 
puisque leutiâ ie^acës iutra^hrlaif^ larges pèuveat 
Is^sser passer un plus grs^ netâttvë éê grÂffs orga*^ 
niques. 

Cette manière d^0nvisager Faction de là sève déspi- 
cendante sur Faceroissemetit des vé^cmty&it concis 
voir comment^ dans Taete dé la ntttrilkioyt3ette sève 
dépose des motécdes oi^aniques^q^îf «d^peivàamr* 
ment 4u^ ind»stane€6 in^gamq^^^ alnlroiluisant 



('9) 
daos Jes'méatâ^ aùgmeatei^ la force absorbante du 
végéèal ^ ea ajoutant leur propre ibrce assimilatrice à 
celle des Gélules au milieu desquelles ils Tiennent se 
j^làcer. Boffôn était arrivé au lûéme résultat par la 
théorie. 

L^analogiey conduit encore dans plusieurs cas : ainsi^ 
par exemple ^ on a comparé avec beaucoup de justesse 
la Êu^uhé absorbantèdésstygtiiates^ lorsqu'ils pompent 
la foviUa dtt pollen ^ à cette deà spongioles. Mais alors^ 
au mâieu de la psortie fluide qui passe dans les espaces 
ii^Ea-Hî^ulaires ^ péuLètreal aussi les gtaitxs colorés qui 
y sont contenus. Les stygtnàteé fout dôuc exactement 
la même ojrératioti tfùe celle que fattrîbue aux spon* 
gioles. 

Aussi , Mw Ttéi^l!»nm â déjà^l qti6 là fécondation 
lui paraissait être une espèce de nuttitioii. Cette l^^po* 
thèse a d''abord été refetée bien loin par Fécole fran-^ 
çatise f mai^ voîlà qtt^àûfonrdt'bui M. ^e Mirbel^ dans 
son travaS aussi eûti^ie<liciéi& qu'kiféi*essâàl s\it les 
vaisseaux latexifèteâ , et pdt k comparaison étttte la 
Ibrce orgafiâsatàce du Htet. éi celle des gtdkiÈ des àin- 
thères^^ aarrive à dire que pèUt-ètre là fécoùdatiôn u^ést 
qu^utt mode parti^cdtiér de k iiutritioû. p'ailletirs <, 
ce botaniste, à la suite de Tabsorptioti dé k fo^iriik par 
les'^gmates , a vu des granulations opaques former k 
rudiment de Tenlbryon. Or, c'est le lîeU de faire ^e- 
mar^er que eè qtd se passe ici n'est pour siùà âitë 
qu'une continuatbn de ce qui s'était déjà pas^ au-* 
p^ir^àiit. En è&t , avant la fécoudàtioà , Tovule par 
sa propre foGce (i^^uilatrîce s'était déjà construit cin(| 



(..0,> 

enveloppes successives ^ doat la dernière ^ appfl^ qqin« 
tine par M. de Miibel^ reçoit ençuit^e les rudiinenU djs 
Tembryon. Or ^ la fécondatioa i)i^apporte dVutre çhaa-, 
gement dai;is le système ^ (jue la construction dé deu^ 
nouvelles enveloppes emboîtées , Tune dans Fautre^ 
comme nous Pavons décxit ( iGg. 3 )• 

Une polémique très-vive sVst établie pour savoir si 
les granules de la fovilla affectent ^ des mouvetnents 
propres ^ ou seulement des agitations dues à des causes 
extérieures. Tcmt le monde, ou àjMeuprès, s^estrangé 
du premier avis ^ et M. Ijlaspail en a, conclu que ^ si ce$; 
granules notaient pas animés , ils ne pouvaient pas venir 
apimer Tovule , et que par conséquent Ta^ra seminalis. 
était enc«re à chercher. Dans notre hjpotl\èse , toute 
difficulté cesse ^ car il no Qouç in^orte ^^ dM^ablir 
que les granules du pollen se remuent par un mouyç-' 
ment propre, n^ais seulement qu'ails sont vivants ^ en^ 
vertu d^une force d^absorption et d'exhalation, et capa-- 
blés de doubler , tripler , quadrupler , muhiplier enfin 
la fQrce vitale de Tovule, de rendre ce centre ^'action 
beaucoup plus énergique, et cap^le, de ^aqif^ster^ 
dans certaines positions, une genninatipn q^e la cons- 
titution primitive de Fovule, ayant la fécondatipn ,.ne 
lui aurait pas permis de produire. La fécondation n'^est 
plus ici qu^une nutrition , riche , én^rgî^que, et fournie 
à un organe spécial et protégé devance contre les atta-' 
ques extérieures. Mais cette nutrijtion nV pas lieu., au 
moyen seulement de substances inertes ^ ce sont, je le 
répète , les forces vilalesde Povjale qui ont été multî* 
pliées , en même temps que ses chances futures de vie 
^t de développement. 



(") 

Les conjurées nous offrent Fexemple miat^el dé 
ce fait ^ d'aune manière palpable et qoe nous pouvons 
suivre des yeux. 

Dans tout ce (jui vient d^tre dit ^ il nV été C[uestioi& 
que de la tige annuelle d^une [Jante dicotylédone ^ sll 
«'agissait d^une pknte vivacè dicotjlédonée^ on pour^ 
Tftit prévoir ce qui arrivera la deuxième année. Car les 
espaces intra-cellulaires des vaisseaux du bois , et ceux 
des rangs voisins ^ poussés en dehors et sortis par les 
espaces intra-K^ellulaires verticaux , ou par les espaces 
correspondants aux rayons médullaires ^ viendront se 
ranger sur la surface cylindrique extérieure du ligneux ^ 
soit en lignes Verticales pour former de nouveaux vais* 
seaux ^ soit isolément pour donner du tissu cellulaire. 
Quand cette exsudation se ralentira , Falignement des 
graiiMn^aura plus lieu si régulièrement ^ et^ à la fin^ il ne 
se déposera plus que des cellules isolées ^ destinées à 
former la couche cellulaire de la couche annuelle. Il 
en sera de même des couches corticales. 

Plus le nombre des couches sera grand , plus Tes- 
pace où la sève descendante pourra pénétrer dans l'ar- 
rière saison ^ sera étendu ^ et elle sera placée au prin- 
temps de manière à contenir la sève ascendante vers 
les parties centrales du bois , voisines de Fétui cellulaire. 

On conçoit d'ailleurs qu'à divers points de Técorce 
et particulièrement au sommet des tiges, Fantago- 
nisme des deux sèves opérera des soulèvements plus 
ou moins marqués dans le système externe, absolument 
comme pour les radicelles. Je crois que c'est à ces en- 
gorgements qu'il Êiut attribuer la formation des organes 

8 



générateurs âes boufons et des feuffles. Cette ex^lca- 
tioa représeate le phénomène ^ car on voit aux aisselle^ 
des feuilles commencer un engorgement qui devient 
plus tard une hernie^ se métamorp]K>sant successive- 
ment en jeune pousse; Dire <ju^il existe sans doute à 
ces points des germes cachés, c^est reconnaître qu''oa 
ne peut donner aucune explication raisonnée du phé- 
nomène. 



SUR 

L'EUPHRASIA OFFICIINALIS 

• ET LES £SP£€£8 TOISINES^ 



Dans mes Observations publiées en i8l8^ aprè^ 
^vmr exposé le$ diverses opinions des botanistes sur 
ÏEuphrasia efficinalis et les espèces qui sW rappro-» 
cbent ^ ^avançais que les fleurs présentent les meilleur» 
caractères pour la distinction des espèces^ toutefois je 
faisais observer que , si le seul caractère distinctif étdt 
dans la grandeur de la corolle ^ il ne suffisait pas pour 
constituer de véritables espèces ^ et qu^il faudrait peut* 
être les réunir en une seule ^ selon le scfntiment^e 
Smith ^ pour lequel peujche de CandoUe^ dasHb 
supplément de sa Flore française^ 

Étant parvenu depuis à rassembler beaucoup d^é-* 
chantillons de ce groupe j et MM. Mougeot et Monnier 
ayant mis ceux de leurs herbiers à ma disposition^ fai 
été force de modifier mes idées à cet égard* D^abord fai 
reconnu quHl y a une telle variété dans la grandeur de la 
corolle^ que je lui avais évidemment accordé trop d^m?* 
portance^ et qu^il eût été préférable de m^arréter à la 
forme des feuilles ^ selon Topinioti de Sprengel , que 
)e regardais autrefpis comme insoutenable^ Ce caractère 
a paru sufiisant à M. Koch {DeutschLjlora. IV. 35o et 
suiv. ) pour rengager à conserver comme espèces les 



(*4) 

JEl minima^ salishurgensis ^ et même VE. trîcuspidata ^ 
qui diffère très-peu du salisburgensis* 

Maisil est un autre caractère qui me parait plus impor- 
tant ^ quoiqu^il ait été négligé par Kocb : c'est la pré- 
sence de poils glanduleux sur tout le haut de la plante. 
Ce caractère mérite dWtant plus d'être pris en con- 
sidération^ qu'ail ne dépend ni du sol ni de Texposkion ^ 
car )'ài presque toujours trouvé r^*. officinalis ^ qui le 
possède et qui a une grande fleur ^ raéXà avec VE* nC'- 
morosa ^ qui est glabre et à fleur médiocre. Je regar-^ 
derai donc ces deux plantes conime des espèces dis^ 
tinctes, aussi long<-t«mps du moins que Ton conservera 
comme espèces les Rhinanthus glaber et hirsutus^ qui^ 
comme l'observe fort bien Spenner (friburg. 1069)^ 
sont absolument dans les mêmes circonstances. 

Ainsi je £erai trois espèces : la première fondée suc 
la jMrésence des poils glanduleux^ et la troiaième dis* 
tiliPiée de la seconde par la forme des feuilles supé- 
. rieures ; mais je ne nie pas quHI ne soit possible de les 
regarder comme des variétés d'aune mêine espèce ^ sur- 
tout les deux dernières^ qui se confondent presque 
par certains édiantillons. 

Quant à la grandeur de la fleur, je l^ai vue de trois 
sortes dans chacune de ces espèces ^ c'est pourquoi je 
les distinguerai sous trois variétés : i.^ grandiflora ^ 
flieur de 4 lignes et demie à 5 lignes 5 2." intermedia y 
fleur de 3 lignes et demie à 4 lignes 5 3.'' paivi/lora p 
fleur d€ a lignes et demie à 3 lignes. Dans toutes les 
variétés^ à mesure que la fleur diminue de grandeur^ 
la lèvre supérieure se recourbe , et prend enfin la forme 



(>5) 
de casque :; caractère qui avait engage Lapeyroui^e à 
réunir aux Bartsia les E* minima et imhricata ^ dans 
l^quels seuls il Tavait aperçu. 

Les bractées ou les feuiHes snpériéureit sont trés-soo- 
irént distinctes des inférieures ^ celles*-ci ^disparaisseiit 
aussi firéquemnient^ et il ne reste ^e les bractées^ 
qui en général ont plus frappé la vue ^ et que les au- 
teurs décri\ent sous le nom de feuilles. Ces bractées 
soixt souvent si serrées dans certains individus ^ quHb 
prennent une forme particulière qu^'on a nommée irhr 
brieata^ mais sous ce nom on a souvent confondu 
des piaules fort différentes.i 

Quant aux fruits, je nVn ai rien appris de plus 
que ce que je dis dans mes Observations. J^engage ies 
botanistes à rechercher s^b n^y trouveraient pas des 
caractères diétinctifs ^ ce dont malheureusement je 
&''ài pas le loisir. 

I. EuPBRJsiA (^officinaîîsybracteis oi^atis glandu^ 
loso^pubescentîbu^ grosse serratis ^ dentibus setaceisj 
foliis subsimilibus y dentibus obtusis, 

A. grandiflora. — Syn. JE*, qfficinalis LiNir. suec. 
ai 2. sp. pi. 84i- PoLL, palat. IL 178. Lau. dicf. 
n. 4Ô0. WiLiD. s^. pi. IIL 193. De C fl. fr. III. 
4721 (exct. syn. BuH. ). Pers. ench. IL i^g. LAPEm. 
abr. 345. Dusr bot. I. 354 (^excl. syn. Lapeyr^). 
LoisEL. gall. IL 4i' Sor.'TfiLL. ohs, lo/^ Çspecim. 
nanceian, excL syn. Pers. et jig. Bull, et Lam. ). 
Gavd. helv. IV, 109. E, officinalis a f^iit. dauph. H. 
4îo. J?. officinalis n grandiflora W^allr. sched. 



(36) 

Sai. E. oj^inalis « vulgaris Spenn, fiîb. H. 362. 
JEi qfficinalis' A pratensis Fbies novît- iq^, E. offi- 
cinalis a pratensis Kocs deutsch. IV. 348. HA&Em. 
basil. IL 11 6. E, Rosthoyiami Hatn, arzti. IX. 7. 
Spuèng. syst. v€g. H. 777- Roth man. IL 36f (Vwrt 
JFleiseh. ). \E'. pratensis ^ latifoUa Reîchenb. ! çxc. 
35g. T-T^Ioo5. FucHS\ hist. 246. Arr. motiop. i^a. — ^ 
Exsicc, Rèjcbenb. ex»* n;»* a44*"^HAB. Les prés, le 
Jbord des bok et dés chemins 1 Nancy, Badonviller, 
3ouxviUer, Giiesbaèh, Dresde Reichepîb. (i) 
. Obs, I, Ces* bien certainement rJE*. officinàUs de 
Linné ( suec. L c. ) \ et Ton peut s^en convaincre en 
jetant un coup d*'œil sur les fig. de Fuchs et de Rî-* 
vin , citées dans le Flora suédca» Je ne conçois pa^s 
pourquoi Hayne, et, avant lui, Buliiard et Thuîllier 
put xoulu le reconnaître dans \Ei nemorosa de Per» 
soon. La fleur de notre espèce est blanche , variée 
de violet et de jaune. 

9* Qn trouve, parmi les nombreux échantillons de 
tïette plante, des individus à fleurs plus petites, qui 
pourraient rentrer dans la variété suivante. 

3. VE.Rostkoviaraa FiEtsca, est VE^ minima selon 
Reichenbach ( Icon. bot. IV. 39. ). 

B. intçrmedia^ -^^^1^. f!. officinale P minor Ljnn. 
suec. 1. c? Gaud. I. c. 110. E. pfficinalis ^ neglècta, 
Kocff 1. q. 349. — l^AB. Jjes pelouses plus élevées : le 



(1) Je ae cite ici que les localités de mon herbier. Je possède de» 
cfibantilloiis des auteurs dont lé nom est suiyi dW ! • 



(.7) 
BaupUoé (Bàor? d^Oysms)^ La Suisse (Vallée St.- 
Nicolas). 

Ots. Geite yméié est beaacoap plus velue que le 
type ^ sans, qucd je Taurais réunie comme simple varia- 
tion >à la yar. précédente ^ dans laquelle ^ ainsi que je 
viens de le dire^ on distingue quelquefins des fleurs 
plus petites. 

C parviflora. 

a. fninima. — ^Sïn. E. pratensis a minima Rei^ 
€iis»B, L c. 35g ( ejicL sjrn» Jacq. et Lam. ). 

Obs. Ge n^Bst pas là le véritable E. minima des 
auteurs^ comme le veut M. Reichenbach^ quoique 
cette dernière plante ait souvent quelques poils sur ses 
feuilles et surtout sur leurs bords, elle n^a jamais de 
glandes , et tient trop au nemorosa^ par la sous-variété 
gracilisjf pour qaW puisse Ten séparer. Cependant il 
pourrait se faire qu'ion trouvât des écU»ntillons qui 
convinssent parfaitement à la var. q^e je mentionne ici^ 
et qui seraient alors une preuve du peu de solidité 
de ces espèces. 

^. ùnbricala^ — Syw. E, officinalis s imbricaia Kocb 
1. c. 35o (^exd. syn. Lapeyr.). -^ Exsîcc. Endhess 
pyr. i83o (E. c^fficinalis L. var. ). — ELb. les Py- 
rénées (Mont Eiou entre Luz et Gauterets ) Ewdrbss. 

Obs. Ce n'est pas le Bartsia imbricata de Lapey- 
rouse, dont je parlerai plus bas. 

II. E. ( nemorosa ) bracteis subglabris eglandulcH 
sis sœpius nitidis argute serratis y dentibus longe se^ 
taceis ^ foliorum dentibus pro varietatibus variis» 



Ca8) 

A. grandifiora.Glabra ^ d&ntihus JkUoram oiitt^ 
sis. — Syn. E. qfficinalis Sor.'WiUf \. c. (^spec.^.ffy'^ 
ren, etalp, exch s/tu Pers. ). E. ojhinalis fi^tari'^ 
di^ra Reichewb. exe. 3&8. E. officimdis ^ alpestris 
i) KocB 1. c, 349* — ExsMsc. EifDKEss pyt. 18*9 
( E. alpinaP L. ). •— Hab. lies hautes montagnes : Py-» 
rénées (Mont Louis Endress, Port de Bénas^e), 
Alpes ( Vallée de Chamouny aux hotàs de la n^er de 
glace, Tyrol). 

Obs. Cette variété ressemble beaucoup k YEm q^ 
einaKs « gpandiflara ^ mais elle est toute glabjre^ 
souvent à tige extrêmement courte , et les dents de 
ses feuilles sont plus 4>btuses. 

B. mterm^dia. Smbglab^a^ dentibus Jbliorum s^ 
taceis. 

«. vulguris. — Syk. iR offkinalis p ^hestrîs Pmbs^ ! 
syst. veg, ed, i5, 586. E. q^cinalù TsuiiéJ pax. 
3o5. HjTir. 1. c. (non Linn. ). iSpa^^c, }. c. (^exdf 
syn. Wilïd. ?), E. ^^cinalis ^ nemorosa Pbms. ench.^ 
1. c. Spenn. L c. e. officinalis fi parviflora TFauè. 1. c. 
E. officinalis var. Sor.^nWiLi. \. c. io5. K efficinalisi 
B montana Pries \. c E. officinalis (» pandflora 
Reicsenb. ! exo. 358. P. nemorosa REicHEifB. exe. 
1. c* E. qfficinalis y nemorosa Kocn 1. c. E. (ffiei^ 
nalis j3 aryensis Hjgenb*\. c. n^ Icon. Bull. herb. 
T, a33. Ljm. dict. t. 5i8. f. 2. — Exsicc. JR^-. 
CHENB. exs. n." a43. — Hab. Le bord et les chemins 
des bois: Nancy, Badonviller, Vosges (pelouses ea 
montant au Hoheneck), Bas-Rhin (Vallée de Has-w 
lach ) Pers. , Paris Thuil. , Dresde Reighenb* 

Var. Bracteis et caljcibus pilosis* 



(>9) 

Obs. I « Cette pkate habite ordmaîrement àe» Ueux 
plus^ secs que Vqfficinàlk A ^ cependant on la tronvie 
souvent mêlée avec lui ^ ainsi qu^avec la var. s«iv«inl# 
(nemorosà Cgracilis)^ et^ans^aoïais se. confondre. Sa 
fleur est plus violette que blanche. 

d. On rencontre à Nancjr^ «ur les lieux élevés, des 
échantiHoQs qui tournent à la sous-variété alpestris. 

3. Celle qui nous occupe a quelquefois les -jfeuilles 
et les calices velus , mais ces poils ne sont nullement 
glanduleux^ d^ailleurs on reconnatt parfaitement la 
forme de V£L nemorosà. Cest à cette variation vdue 
que Schleicher donne le nom â^JS. striota. > 

/5. alpestris, Syn. E. officUudis 5 alpesiris 2) 

£ocB Le? — Eïsioc. Endhess pyr. i83o ( E. officino' 
lis L. var. ). — Hab. les lieux élevés : Vosges ( Hobe-* 
neck), Pyrénées (Mont Riou) Endbess, Griesbach, 
Alpes de Savoie. 

Ofis. I . CeUe sou&^'Variété ne diff&re guère de k 
précédeute qne par un port plus serré , des feuiUfis plus 
redressées , des fleurs un peu plus petites ^ la couleur 
générale est un rouge foncé. ËUe conduit à la suivante. 

a. Je. doute beaucoup du synonyme de Koch^ sa 
liante semMe se rapprocher davantage der la précé-* 
dente^ et par sa description^ et par le synonyme de Per* 
son qu'ail cite ( E. nemorosà ). Je le rejèterais sans 
l^épithète alpestris* 

3. Peut-être est-ce à cette forme qu'^est dà le dou- 
ble emploi fait par Reichenbach des E. officinalis et 
nemorosà» Mais^ d'aune part^ la description du nemo^ 
rosa ne peut regarder que la sous-var. « vulgaris , 



(3o) 

et , de Tautre ^ réçhs^tiUoii diE. ojkinalis qu^il âoniie 
dans la 3.* centurie de son Flora exdecam y appar-* 
tient aussi. 

y, imbrkaUi^ — ^Hab. Pyrénées (Pradéff) Pfi. Tho- 
mas. ' ■ 

Obs. Cette sous-var. wUé diffirc du Bartsia imbri" 
catu de Lapeyrpuse que par la grandeur de sa fleur; 

G. j0fV2/lora, Subglahra ^ dentihus foliormn àh^ 
tusis, . 

«fc gracilis. Glàhra subsimplex longa Jififbrmè 
«Émrtoi— Syn^ E. offkinalish monUma-i graeÛis Fuie 
1. c. E. micrantha REicàeifs. J exe, 1. C E. offiemaUt 
S alpestris 3) Kùcr 1. c. — Ersicc. Rejchenb. exs. 
».• 242. — Hab. Lés forêts élevées : Badonviller (grès 
vosgien ) , Lozère , Dresde Reichenb. , 

Obs. Je viens de dire que j^aî trouvé le nemorosa 
vulgaris mêlé avec celle-ci 5 ce n'est donc pas la loca* 
lilé iseule qui lui a donné la forme qu^'elle aflfecte. 

^ minima, Subglahra sœpe pilosiuscula subsimplex 
teurtiu — StN. E. offlcifiali& jB Lau. 1. c Loisel, 1. c. 
E. officinalisA Vill, 1. c. E. rmnima Jacq. in ScHLEicUm 
eat. aa. i>ir C 1. c. 4^3. Piîfij, ench. 1. c. «for.-??^m. 
K c. Gjvn, 1. c, KocH 1. c. 356. E. officirialisymi-' 
nima Ih/Ér Le. Bartsia Immilis Lapêtr.^x, 344- 
— IcoN. (i) — Hab. Les hautes montagnes : Dauphîné 
(Chartreuse), Pyrénées (Port de Bénasque), Alpes 
(Vallée de Chamouny, Mont Buet, Mont Bighi), 



(i) Je n'ai pn voir la fig. de Bocc, T. 60 qu'on cite poux cette es- 
pèce, l>ien connue au rcsle de tous les botanistes. 



(3.) ^ 

Obs. I . Celte plante nV pas toujours la fleur jaune 5 
ejle à souvent la lèvre supérieure pourpre , et d^autréa 
fois la corolle est entièrement de cette dernière cou- 
leur. 

2. Les poils qui se voient 6ur les bractées affectent 
le plus ordinairement le bord des dents ^ néanmoins 
on en voit quelquefois sur Tune et Fautre face. 

3. Koch (1. c. ) observe que Jacquin^ à qui on 
attribue le nom de cette plante ^ n'^a à^E. minima dans 
aucun de ses ouvrages. 

y. itnbricata, Glabra ^ bracteis imbricatis. — Syn. 
E. minima ^ imbrîcata Psks. 1. c. P Bartsia imbri^ 
catu LAPÉrn.! 1. c. (excL sjn. Linn. etjig. Col. ). 
~Hab. Les Pyrénées (Col de Peyresourde ) Lapeïr. 

Obs. Je Qu'avais pas cet échantillon sous les yeux 
quand j-ai établi jnou E* Lapeyrousii\ obs. io5). 

m. E. (fjpimi) bractèis anguste lanceolatis gla^ 
bris parallèle setaceo^dentatis basi cuneatis^ folw^ 
rum dentibus subobtusis. 

A« grandiflora. — ^Y^p E. offiçirfulis h F^ilu 1. c. 
E. alpinçi Lavé, 1. c. De^ C^ 1. c. ( eoocL sy^n. Hop* et 
fig* Lam. ). . fjAPEYn* 1. c, 345* SpnEJfxi, 1. c. 77^ 
(eyccZ. sjn. Funk). E. alpina y gnmdijflora G^uif. 
I. c. (^excLJîg. Lam,). E. officinalis jS alpina Duby 
1. c. SoY.rWiLL. 1. c. io6, E. officinalis y Loisel. 1. c. 
— Hab, la Suisse, 

Obs. Cette plante difière du salisburgensis ^ non- 
seulement par sa fleur ^ mais encore par ses bractées 
plus larges. 



(3.) 

a, salis burgensis» Foliis utrim/ue hi seu triden^ 
tatis, — Syn. E» salishurgçnsis jFc/nk in Rœm. arch. 
I. 45. Tf^iLLD. 1. c. P^w. each, 1. c. Reicheïï9» ! e?ic* 
359, KocB 1. c. 35 1. Hagenb. 1. <3- i?. officUmlis P 
alpina var, Soy.^Wi^l, 1. c. J?., alpina G^up* It c. 
J?. officinalis ^ salisburgensis Roth 1. ç, — Icok. 
Brjun! salzb. T. i f. i • — Exsicc. JÎEicHENB*,exs. a/ 
48. — Hab. Salzbourg de Braun.^ Rekîhenj. 

Obs. La fleur ressemble beaucoup ^ pour la couleur, 
à celle de ¥E, officinalis A grandijlora. 

/3. tricuspidata, Foliis utrihque unidentatds angus' 
tioribus. — Svn. jE*. tricuspidata Linn.^^i^. i^h^J^i. 
JViLLD. 1. c. 194. Pers. ench. 1. d. Spbmisig.\. c, 775. 
Reichenb. exe. 1. c* JSTocisr 1. c. 35 1. — Icon, Pluck. 
alnx. T. 177. f. 5. — Hab. Montagaes de la Girmthi^^ 

Obs. J'ai des échantillons où les feuilles prennent 
plusieurs dents et ne diffèrent pas de celles du saliS'" 
burgensis. 

C* parsflflora. 

a. laxa, — Syn. JE*, minimal Lapeyrousii Sor,'-' 
Wiiii^ 1. c. ^excl.syn. Lapeyr.y — Hab. Les hautes 
montagnes : Dauphiné ( Chartreuse ) , Lozère , Pyré^ 
nées (Penna blanca ), Alpes de la Suisse et de la Sa- 
voie (Vallée St. -Nicolas, Salève , etc. ). 

Obs* Cette plante né diffère d« VE. salisburgensis 
que par la petitesse de toutes ses parties et par sa fleur 
ordinairement pourpre. Elle est souvent envoyée sous 
le nom d'i?. alpina. C'est par erreur que je Tai prise 
pour le Bartsia imbricata de Lapeyrouse. Des échan- 
tillons tournent à la sous-var. suivante. 



(33 ) 
fi; inihticata, — Hab; La vallée St.-Nicolas. 
Obs* ïUle ne dffîre de k précédente que par ses 
bractées très-rapprochées et embriquées. 

Maintenant que fai énuméré toutes les différences 
qu'ail mV été possible de remarquer entre ces j^antes ^ 
je me demanderai de nouveau s"'il y a bien là trois es- 
pèces?- — Sans doute^Fi?. officinalis A diflSre beaucoup 
du nemorosa B, et celui-ci de ïalpina B^ mais le ne- 
morosa parait tenir à Xofficinalis par ses variétés A ^ 
B a et C ^ ^ et îl se rapproche encore plus de Yalpina 
par ses variétés B a et jô. Peut-être serai t-îl plus sage 
^''adopter le sentiment émis par de CandoUe dans le. sup- 
plément de sa Flore française (p. Sgo), et de ne con- 
sidérer ces trois espèces que comme trois races de YE. 
qfficinalis ^ avec leurs variétés et sous-variétés. 



SUR LES 
ERICA IIIJLTIFLORA ET VAGAlfS^ 

Nos Aoristes ne s'entendent ntilïeftiént sur deux bruyè*' 
fes de France^ les Erica multi/lora etvagans de Linué^ 
ainsi le multi/lora de de CandoUé est le vagaris der 
liOÎseleur , et vice versa. Les mêmes contradictions se 
montrant dans beaucoup d''auteurs^ voyons s'il est 
possible de s^assurer d'une bonne détermination. 

N.** I . L'une de ces bruyères a les feuilles assez fines ^ 
le plus souvent redressées, longueis de 3 lignes, jw'csque 
pointues, et ordinairement dirigées d'un seul côté à 
l'extrémité des rameaux, qu'elles terminent souvent. 
Les fleurs sont portées sur des pédoncules de 3 à 4 li* 
gnes, ordinairement rougeâttres, munis, un peu au- 
dessous de leur milieu , de 3 bractées , dont 2 presque 
opposées et la 3.* située un peu plus bas. Le calice est 
très-petit (de '/a ligne seulement), à divisions arrondies^ 
concaves^ jaunâtres et comme membraneuses, finement 
frangées sur les bords. La corolle est campanulée, ar-- 
rondie, tantôt n'ayant qu'une ligne 'A, tantôt atteignant 
jusqu'à 7. lignes de longueur. Les étamtnes sont saillan*^ 
tes, à anthères de 74 de ligne et à lobes divergents. 
Le style les dépasse. Quand cette plante croit à l'ombre, 
le pédoncule et la fleur sont blanchâtres , et le calice 
ainsi que les bractées sont plus alongés. 

N.* a. L'autre espèce a les feuilles étalées, plus lar-^ 



C^5) 

jes et f^s courtes qae celles de la préeédenle ( longues 
de 2 lignes h, 2 lignes 'A )^ obtuses» Les fleurs forment 
des bouquets bien garnis qui terminent ordinairement 
les rameaux^ Les pédoncules sont communément plus 
courts ( ils a^onl que 2 à 3 lignes ) ^ rougeàtres^ n'^ajant 
des bractées qu'à leur base et paraissant nus. Le 
calice a près dWe ligne de longueur^ il est rosé^ et 
chacune de ses divisions semble resserrée au sommet 
en une espèce d^appendice. La corolle est longue de 
Jt lignes ) cylindrique ou plutôt un peu carrée. Les 
étamines ^ qui dépassent aussi la cofblle ^ ont des an-^ 
ibères alongées ( de près d une ligne ) ^ à lobes parai* 
l^es^ et sont très-rarement surpassées par le style. 

LVspècie la plus anciennement connue^ des deux 
qui nous occupent , est YE, multi/lora, Linné la reçut 
d''abord de Montpellier:, car c'est la seule localité 
citée dans la première édition du Species (p. 355). 
Dans la seconde édition (p. 5o3 ) il indique PAngle- 
terre ^ Je Languedoc et lX).rient. Dans le Mojitîssa se^ 
cunda (p. 372) il ajoute quelques caractères pour la 
distinguer de YE. mediterranea (i), qu'ail venait d'é- 
tablir. Enfin dans le Systema vegetabilium de Mun^y^ 
i3.* éd. ^ on trouve encore une phrase nouvelle, 



(i) IaÊ, mediterranea, qu^on a trouyé récemment dans le dépar- 
tement de la Gironde ( des Moulins, BulL de la soc. Linn. de Bor- 
deaux ,1,34, et Gay , Not. sur Endress , 1 1 ) , se distingue par ses tige» 
anguleuses, soti pédoncule plus court que la fleur, sou calice coloré 
eu rose, à divisions lance'ole'es , pointues > atteigôaat presque la 
moitié de la longueur de la corolle. , 



(36) 

coarte, mais excellente. Les caractères soivanU^^ qu^on 
peut extraire de ces différents arlieles^ ne conviennent 
qa'k mon n."* a: « JFolia patentia abtusa basigihba^ 
« corolla cylindricoy stjlus stammibus nonlongior. > 
Joignez à cela le témoignage de Gonan^ qui nHndique 
à Montpellier que le multifiora (i) et qui detaît être 
certain de la détermination linnéenne , et il ne restera 
aucun doute à cet égard. 

Dans le Mantissa cité plus haut, Linné établit ( p. 
23o ) une nouvelle espèce qu^il nomme JS'* vagans. Les 
principaux caractères que j^ distingue^ et qui con-^ 
viennent d'une manier^ frappante à mon n.' i ^ sont 
les suivants ; < I*'olia conferta ^ flores ad latera ramu-* 
lorum^ calyx cùncasms brevissimm^ corolla campa-- 
nulata. » D^ailleurs Smith, possesseur de llierbier de 
Linné , décrit parfaitement la même plante sous le 
nom à^£, vagans (brit. L 4^9 )• ^^ ^^î* P^^ ^^ î^^ 
Linné confondait encore les deux espèces dans la â/ 
édit. de son Species ^ puisqu^il indique la plante an^ 
glaise sous le nom d'£^. muhi^ora. 

Pour nous résumer, voici le diagnosîs des deux 
espèces, avec findication des principaux synonymes: 

!• Erica {vagans) fotiis tenuibus subacutis confertis, 
florïbiispedunculatis^pedunculolongo versus médium 
bracteatOy corolla campanulata ^ staminibus exsertis 
stylo breviorïbus y lobulis antherarum o\^atîs diver-* 
gentibus» — Syn. E. vagans Linn. mant. a3o. syst 

(i) Voy. aussi St-Amand , ageu, i6o. 



(3? ) 
T^. 3û6. 7F/IID. sp. pi. H. 4^^- SutTff brit. I. 
419*' BjfST. la^me et loir» 1^6. LjfBrR. abr. 2ro. 
Spiueng, syst. veg^II. 197. LoiSEt. / gall.* I. Vj6, Mi-^ 
r^t! f3iT, IL 171. E.purpurascens luu. dîct. I. 488 
{nonlJnn.?\E.nmMifhraTamLu!)^r. 195. Taokwt 
laiid. i5o. Db C- fl. fr. sup- ^3o. Dusr bot* 3 18. 
GuÉp. mairie et loir. I. i43. E.'^dukss f pyr. eitsicc* 
i83o. REiiijEyB, esc- 4'^ (0' ^' decipiens Sr^jiM» 
agen. 169, — Var, parviflora (coroUa Un. i 'A 
îonga^ et grandi/Iora ( corolîa Un, 2 longa"^. — Hab, 
L^Angletèrre ( Smitli ), St,-Léger près de Paris, Belle- 
Isle sur mer ( de Candolle ) , Angers ( Bastard et Gurv 
pia), Ageû (St,-Aiïjandj^ St,-Sever, Dax, Bayoniïf*5 
St.-Gaudens^ Argelès dans les Pyiénées, Vlttoria^ le 
Piémout(Balbb)(2> 

n. E. {multifhru)fçUU latiorihus ohtusis pàtenti^ 
ius^Jhribus peduneulatis ^ peduncuh hrevwre ha$i 
bracieato^ corolla cjrîindrica^ stuminiïms e^sertis 
longitudine styli^ hHutis antherarum elongatù :par 
ra&ùUs. — Snr. E. muli^lcra LisN. sp. pL 5o3 et 
numl. 37a. syst. Teg. 807; Lau. 1. c. Willd. L c. 

4l !• LjtPETR, 1. c. SpRENG* L C. LoiSEL. ! 1. C. £". IWl- 

yânj D» C, fl. fr. III. 679. et sup. 1. c. DvBr L c. 
XMieBBNs. i. c. — - Hab. Montpellier, Tonlon, Mar« 

(i) Quoîijae Reichenbadi décrire liien ces plantes, fl domie le 
pédoncule le plus fong à celle qui Tft le plus conrt, et réciproque^ 



(9) Ici ks localités suivies da nom iTun auteur sont celles qne je 
a\ii pas ikas ma coiltction , et dont je ne suis pas aussi certain. 



(36) 
^ille Ç de CaudoUe )^ le? Pyrénées (Lapôyroose , toi- 
scieur ,: Bentbam }^ Pampeiune^ Palnia^ Nice (de 
CaiidQlle)^iAJger (2). ' 



ADMTfOU A. L^iRTIGJLE PRECàDEHT. 



t 



Cette uotice a été lue au commencement de i834. 
Depuis, M- Tauscli a publié dans le Flora des obser- 
vations sur plusieurs espèces êiErica. On verra par 
Textraît suivant ., que je copie dans le cabier de Mai 
i835 des Annales des sciences naturelles (p. 296)-^ 
que nous sommes d''accord sur les deux espèces qui 
sont le sujet de mon article: 

i; Les E^ varans et multiflora^ quoique très-voi- 
sines»^ peuvent fort bien se distinguer moyennant la 
description et la figure quVn donne Linné. 

X £*• vagans L. : antheris muticis exsertisovAtis ^ 
Jlorïbms aacillaribus subraceniosis ^ coroUiscampanu» 
latU abbr^i^iatis p Jbliis 4*5 Unearibu& glabris incar^ 
vo^patuliSiCOTifertis. — MattbioU i42« icon rudîs'. 
Erka cofisjolio // altéra Clus« bist. I.. p»' 4*^ £• ïïHuI^ 
ti/l^raWesïdl. io6. Le^ feuilles sont lissas ^urlel»ofd 
ou pli|s ou:moins^denticulées. ' f 

« E. rfiulti/loralà, : anîlieris muticis exsertis obhnr 
gisy\floribu5 axillaribus subracàmosis y. corolliscéMtn^ 



(2) Une quatrième espèce fort Toi^ine e&iVJï!, çarnecicm h^rbcu^ea, 
qui n^a pas encore été txouvèe en France , mais qui croit en S,i|^^s«« 
Elle se distingue au premier coup d'ouil par son grapd calice , gui 
dépasse la moitié de la lon(;[ûeia de la corolle. 



panulatis oblongis y foliis 4-S tanceolato^Unearibus 

Bauh. hjlst. I. p. 356 ex icône Carid. i6o. T. 32. 

« P. longîpediceflatar.çmlç suicUwfno^ foliis Ion" 
giorïbus remotiaribus ^Jloribus sublateralibus laxius 
' pedunculatis. -i- J?. longipedicettata Wcodl. 3i. E. 
^agans Reichenb. (pan L. ). La première a été rap- 
portée par Sieber des Apennins^ la seconde de Maples. :» 



<ihii il V 1 • •'-': 



,^u 



\ 



^ • » .1 .i 



RÉstriiÉ 

- DE :ÉIÏTË|lS TBAtAIJX CHIMIQUES^ 
WâÉL M. B&A€ÔmOT. 

L*AcaâéiDie ayant â&irë que je lai donnasse un ré- 
sumé des Mémoires qne fai publiés depuis le dernier 
Précis de ses travaux^ je vais en présenter une analyse 
succincte; JHndiqùerai aussi les journaux où ils spoi 
imprimés en entier* 

I. 

Expériences sur le Pelargonium zons^« 

La &niiUé ialéressante des (jéraniées est fort re- 
marquable^ surtout par la manière dont les espèces se 
multipHent tous les )Our& a V^de des hybrides;«t de k 
culture. Elle comprend^ comme on le sait^ beaucoup 
de plantes doftt Fécorce et les feuille^ épaisses saut 
douées d'une acidité prononcée. Tai remarqué, que let 
brandies de ces espèces charnues., étant dépouillées 
de feiâlles et de fleurs, se couvrenjt des unes et des 
autres, lorsqu'^on les suspend au plafond d^une serre. 
Ce (ait msL suggéré le moyen de lea conserrer pendant 
llûver dans un lieu où la gelée n^a pas d^accès^.el sana 
autre précaution ipe de les réunir en bottes poi^ les^ 
distribuer ensuite en pleine terre, où leur végétation 
devient plus vigoureuse et plus belle qu^en pots. Dé- 
âksMit connaître. la nature ^e Facide libre ^ aifisi qiute les 
antres principes qui^ entrent dans la composition de 
leurs sucs, j'ai cru devoir faire de nouvelles ^pcpérien- 



(4i) 

€fô sur fe Géranîttm des iariin&(Pelatgomm% zmalo^. 
5^s ci*er dans le détail de taeft r«fceficl|«g^ Je, me 
i)omerai à indiquer les piincipes ceatemis dm$ le sup 
de cette plante .* 

I •*' Une quantité remarquable de makte acide de 
.chaiix; . 

a/ Unpeudemalate acide de magnéaie^ 
3.* Beaucoup de tartraté de ehau^ ^ 

4- Beauœupdepkosphaledeciia«etdeïiii^faé»e^ 
5»* Du tauttin^ 
. 6,° DeTaeidegaHiçiiÇ^ , 

7»° DeTapothèmev 
8.*" 7)u tann^te de e(t|imc;^ 

9.^ Une awtîère «It^aetiiorme, insdhiUe daas Fal- 
fiôoi^^ d'aune saveur de vknide rôlîe 5 ^ 
jo.*^ Du malale de potasse ^ 
^ I .° Du éhlorai^ de poflasâuié. . 
I« Mires espéees ék fiel4frg0numi hieié^^fkaoM 
sans d^mte, à peu de cbose près , les i^^es subslauœs. 
( y^nnaks «fe G6iWe e* 4fo Phjsifuè^ tome w ), 

' ^ "• ■ '\' ÏI- . /' ■ ' ■■^" ' ' 
i)e tinfluerwe d^s iains de rivière sur Vurine. 
n arrive? assez seu^ejot ^1^ /des pevgosws jeuîssaut 
d^fttUeurs dViae tmuie satité , en sortant du bim après 
y AYcrir uriué, rendent un Kqmde aussi iacobie ^ 
ai^si.Km|Ate que de Teau pure, tandis <piVvaût d'en^ 
trer èaàs Peau, IWine était dVn jaune cilrOTu Ayant 
«wtoiis ce %iide ïôci3foFe à quelques «^bewAeff, je 
fî^ tiowé ittodore , i^iptde, et iw roujjisfiaftt point 



(40 

lie ^tdiiMêBol; L'osalate d attunoiiiâque , la jK>lâ6se 
iSAUstiquB^ le carbonate de potasse^ qui pt'ééfpif^ftfil 
plus ou- mohts Teau commune, n^ottt point troublé bi 
limpidité de cette liqueur. L^eau de chaux y a fermé 
un lëg«r nujBi^^ et avec k tiilraté d-argeul^il s^est 
rassemblé un petit précipité^ à peu prèi$ comme edui 
que formé Ce réactif daiis' ciertaines eaux. Abandchme 
pendant plusiéUr» jours dans un vase ouvert à ui^e 
température de ^i k ftS^^ U nV donné aucun signe 
de putréfaction. Cinquante grammes du inêmê* liquide 
évaporés ont fourni un résidu liu poids de deux éikif , 
grammes ) qui contenait les éléments- de Turine. .Oh 
voit par ces résultats <^ la liqueur- dont 11 s'agit 
dîfiere considérablement dé Purîne, puisque , suivan* 
M. Beraélius^ cdle-cî contient jffj àe HMitière soHd*, 
tandis que celle-là n'*en fouiiûât que \^. fl* est bien 
évident qti'tm liquidé iussî aiquiéù« n'a poiht traversé 
les voies g^érdes de' la cii'culation' pour arriver par 
les rdns^ et que des canaux secrets, tout autres cfâ» 
les ureftèves, lui ont ouvert une route différente pour 
le transmettre dans la vessie. D^ailleurs, on ne peut 
douter que y par suite de immersion du corps dans 
Peau, Phùmeur de la transpiration ne traverse plus 
les pores de là peau, puisqu'ils; sont oblitérés y*' 
l'eau fireide. D&ut nécessairement conclure que cette 
bumeurest i^efouléé d^ proche en pw)ch«f par le^s-r 
tème des vaisseaux -ab$oii>attt$' jusque dans 'la vessie , 
qui reçoit aussi à sa É?nrface beaucoup de^ces vaisseaux. 
Au reste il n'^^t pas toujours nécessafiré 4© se baignef 
pout rendre Furine trés-aque^se^: il suffit souvent tfàU«î 



(43) 

eft' sortant Au Ift^ redorer Yiàt frais et ^himâde du 
hotà d'une tivi^rô'ç par-là ^ les TaisseftirKi exhalants éé 
k pem et du poumon se trouvaitt resserrés, une 
partie de rhumeur tr&iispiràble rétrogcarde dans la ves-* 
^i J dâaie Pitrine qui peut s'écouler eu iuémé lempa 
pair- lés^ uretères^ et on éprouve un fréquent besoin d'ur- 
mér. Mais lorsque les fonctions digestîves »>nt dénin-- 
giesr, celte humeur^ ati lieu d^arriver immédiaiten^nt 
dÉ|»')a i?;e»ie^ prend une toute autre direction : elle 
Afflue plus ^u^moinrabondamment dans le tube intes* 
Ikuâ-:; t alors survient une diarrhée ou un -choléra^ sui- 
vant que la transpiration est plus ou moins entravée. 
' ^tAiéhie dîterde la>bûiss<in^ ^ui coule après Terepàs^ 
pcfinnrait «bien^aussi devoir^ au- moins oï partie^ sa 
«pidité aM|ueuse au ralentissement dans la transpiratien ^ 
car M. Seguin- a bien prouvé que œlle-ci est à sba 
minionuiii. après diuer : alors on^ cessent assea or4it^P^'** 
niejttt un léger iWsson a|iak»;[uê à/eekii ^"bii éprou^'B 
«a smiantdttlKikiv - 

■ .. r ./! "/•.' ' IH- ' . /\,. . i •• 
Sur 4)uelqu0s prç^iétés d^^Pacidà tiiU^ufi^S^f^f^â' 
Les essais qui vont suivre m*ont été sn^éres par fe 
lecfufe du rnémoii» de M. Pdouse-'^ sôr Kofluchce 
quVxefce la présence de IVan cbms tes ipéâet«ms chî- 
iHÎKlIies. Voici ce que dit ce dernier ehnmste de Pacîdç 
nitrique cci^cenftréi < M^é à Takool, i)* ne déi:ompo66 
c pas le^ c^à4)OBate de pi»tâ«se et* ^taveb énergie sur 
«les carbonates de chaux et de strofetiàne^'^Genii: de 
^barjte^ de magnésie et, de s^udeson^aiis^ attAqtjiés, 



(44) ' 

c mm avec bemiconp plus de tenteur. » Ces oWérvA* 
tions sont exactes^ mais si Tadde mfiriqae akisi mâaii^ 
gi à Falcool agit avec énergie sur le cariafonate de 
chaux, en revanche^ fai reconnu que k saème aeîde 
|ion naiââiigé d-akool^tbouiltaat n'exerce absoh^mD^ 
aucune action snr des fragments de œarlire lilàne^ 
non ^^b» que sur dû oarbonale de baryte en poucbet 
ce qui pourra pardtre assez extraordinaire. GMè nulr 
]^té d^adion me «en^k pouvoir être èxpitqiràs pi9 
Finsolubifité des nikuftes dé diàux H de barjte ^^ 
Vacide i^tr^e concentré, et par l'affidlé qm reli^ 
IWde carbonique dans ses çofubinaisonsi : ^ 

En effet, je me suis convaànca de la psorfaile inaidlu-! 
bSité dé ces nitrates ^ns Taddé uitriqpe coi^oéM 
même bonifiant^ bien {^s , il suffit de v^fset» un peu d$ 
cet acide dans une cyssoIutio^dei^ratedebiLYyM&ite 
àfroid, pour en pr^piter en grande ^partie ce detsnier 
sel^ et n^ dans Vexempk^té par M; Pelouse, T^iejide 
nitrique mék d^akool agit sur k carbo&aie de d^a^ 
et sur k carbouf^te de baryte , cW que dans cette- cir^ 
constance ces sels trouvrat un cBssdiyant dans Fakool 
aussi'bkn que d^ Vf^^*^ ^ ^dors uûcx vive effiÈrvés» 
féiiceéHeu% 

I^ 4^ki:))ionMe d^ «(^de ^]|idu, jelépari^^ 
k tnéfiie acîde ^mefitré , laisse à p^lie é^pp^ ^fuel? 
ques p^es. bulles d^acide^ ciurbdnî^p^^ «ms en j^^ 
tant de FeàU) ce dermer se dégage avec io^^ueailé^ 

L'^acide lE^brique^coucentré^B^d^akool, qur,Md^ 
rexpéciéUce de M. Peloi^e, n^agît passurk^rbottate 
de {Mitasse, k déomspoee rapidement ^^ on suppiÂinçi 



• (45) 

ral(X»l^cei{iief«Mtibaeàlft«aié^ dtt lâMfeae 
pota$se ds^ l'acide éoncentré. Car fai séri&é que ce 
sel ieoda est effectivJsaMfit trèd-^solnUe à froid dans 
ce -iietsierj et que la disscdtUioii est abondamment 
fgiafilUe par ralcool. 

' J'aijelé dea^fingmeats de potasse cittstiqoe h Takod 
daaa de l!acîde nilbncpie coiuseâlré^âeiidù depfu^etut 
kmêoa volume d'^é&er: ils y sont i^sslés sans qui! en 
fiésttltit «icuae réaction. Mm il finit que la tempéra* 
tttire ne soit-pas élevée et qu'on n^agi^ pas trop le mé» 
knge^atttfen^Qt Tac^n s'^étaldit avec violence etpto» 
dub^mt de ehalenr qui yapor^promptementrétber^ 
eaaorte^ll ne reste plite qa^ntfe masse de mtmte dé 



NdOrsenlem^iit ra«»de mtrûpie concentré n^uttsqne 
pomt rétûu à frmd , mais il nVpas plus d^action lor»- 
4pCon^ faitbomlliravec ce métal. U s^étabBt^ attoon^- 
teeife^ comme on le sak^ uM ^es ^us ^dves réaction 
quand le même métal estmK en eonCw^t avec Tacide 
idtrique affiiîUt. 

La limaille de 1»^ ou^ si^ l^on veut^ des lames de 
fe»plongées^Uais lucide nitrique concentré , s^y cen-*- 
aei^vent an^ sans la mdndre altéfalkm lovec tout lenr 
biî^«nt métallique, en sorte ^'elles se trouvent ainA 
[^i^swyées de la iMmàle. Le mâme acide bonSlant n> 
pas plus d-action sur ossluBaes.,, mnsi que sur Fargent 
et le {doo^aiMin. Je fiôs observer que le uitmle 4'ai^ 
fj&cd et le, nitrate de plomb sont parfiiilenieAt tnsolur 
Ués dans Tacide nitrique» 

Le. cuivre^ le zinc^ le merenre et le bismuth, çont 



(46) • 

C^pfiodaDt quWec Id même, aocide étèndiir •!! ' est dditc 
prmiaidble que 1^ mfasit6s.?cle ces inëtaiE& soioljolu-* 
blés dans Tacide nitriqiils côàcetitré^' nkais. comme Hs 
le sont moins dans ralcool^ et ^le le kiHciriie'^^êr^ 
Ct^re p|:oto2Ûdé ne s'y dssspni pokit^dtf ^out)) îiAd^ea 
]fésn\i^v^ (pî^u^i Solange -xl^»cid«imtriqixe€miceiktréf«ik 
d'akool i^^^ttc^ aucune action survie mnseiti:)^.) eU^^ 
B^agira que faUilement^sur lé cuMFre^^lesna&etk'^las^ 
math* CéfiX cç qiie fai vérifié. ^11 ib'a/paru qne-les 
{^oomènes c^sec^ f^r M. Pelouise, peuvent reea^ 
\pk à pjsu près lu mèau^r^^Kcatîoa. Ainsî la non^^dé^ 
composîtion des cai^oiHites dénslardîdsdiitkpaMeieli^ 
que bouillante d'^acide racémique ou tar trique^ ^ a^péM 
cause IHnsolubilité ^des tarto^tesi dàôis d'al(^k4i^tidè 
acédque concentré ^mê^é d^alcool , ne déîoompbsé pomf 
Don fim le carbonate de pestasse, &it ^ui^a^m li 
M« Pelouse, bôuKarre et difficile à e$rpKquer^ioepeadânt 
fVi a:cquis la convictiofi que Tafiétate de^- polàsâe e6t 
pei| soluUe dans un mélange diacide acétique conepniré 
H d'idc^^ et que- Fsicélate de ^^auK ne sédiâsont 
paft mieux dans^ Tadde acàâquecoâceatxé» 

Lesk 4jibêetiiSLiMH» que noàsvenons-de pr^ntcr ^stt» 
le^ mode, d'aetion. de JL'acid& mUîque , ^«Jvà»É' cp^îàf est 
CMàcentcé pu afiaibli,. pourront cofilrîbuer aagran'diç 
le champ< de FaDelyse i^iàicpie y en fouraissont «H 
inojf^en nouveau pour «qparer [diraièars s^dMfcuuieB mé^;* 
telUques les unies dies autres. ( A^mMlés de Chmîe < «t 
de Physique ^ tome ui , page a86).' ^ ^ '^- * -^ 



■■•"■ •• ; ■•;■■•"' iv." •'■•■"■ : •■ ■ •'; 

JDe la transformation de plusieurs substances^ végç^ 
taies en un principe nouyeau ( la Xjloïdiiie )• 

'On û raxj^eA géoéral Tafdde nilariqtie* concentré 
a^t ntûias éneégi^tiiemeDl'mit les corps morgamqiMii 
que Jûisqa^l est afl^ôbU^ B- Wa para cpCil en est de 
même des substances "végétt^^ et ators on peut ob^ 
^lenîr avec la même matière orgatik|ue des produits 
fort diffécettts^ camtxte û on avait a&ire & detfxa^idiis 
très-distincts. Il suffira^ pour lë pnmver^ de Mté eon^ 
naître une nouvelle ^aibstanee que^]^ obteMe par la 
réaction de Taoîde nitrique conoeoCeé sur plMeurs- prio- 
«^es immédiats des planiét. On sait que faèkb nU 
trique affiôbli <lissout«iâ llécxàe de pomtne de terre 
«n un liquide mueîlagineux très-^«oluble ^ns^Fifau. On 
obtiedt un tout autre.résultat^ avec Tacide nitrique oovi- 
4»ntvéw Ajaat délayé etl^ grammes de fécule aveoiuie 
suffisante quantité de oet adde^ û:fen est nisulté use 
dissolutian nmcUagine^se par&itemeBA transparente^ 
mmsceUcMd a été entièrement coagulée par rea« en 
une masse Uanche casctfoime-., laquelle bien lavée ei 
«desaédiée , pesait exactement cinq granimes eomne im 
quantité d'amkiûn em;doyée. Yoid les principale» proU 
']^étés, de ceUe mailôère à.laquellé fâi donné le «OQl 
àe xjloidine^ , . 

Elle est bkndbie^ pulvérulente , insipide ^' et nertrou|it 
point Iç tournesol* Si on la délaie avoc de la teinture 
dUode^ celle<-ci se décolc^e^ et on obtieitt^une coml»- 
naisoii jai^ne. Le brome n^a s^cune »^n sur cette 



(48) 
nfttière» Elle se nmoUk et s'agi^mère dans Yexa 
bouillante ) mais sans s''y dissoudre en aucune manière. 
B&e ne se dissout pas mieuK lorsqu^on la fait bouillir 
avec de Facide sulfurique étendu de deux fois son 
poids* d^eau^ mais a?ec Tacide sulfuricjue concettiré, 
en pavviaEit ji obtenir* une dissokitioii incdbœ qui 
xCe$% peint pcéâiûtée par Teau., et qui renfemie une 
«natière gommeuse. L^adde hjdxoehloirique ooncentré 
^ssout facilement la xyléjîdiue^ surtout à Faide de k. 
«^haleiup^ mais elle est entièrement prédpilée par Veau 
avec toutes ses propriétés. 

EUe passe aisément à firoid dans Taeide nihiqne af«- 
fiûbli ;. Teaift et les alo^ prédpù»nt abondamment cette 
dissolution , .qui peut produire de Facide oxalique p^ 
Ja chaleur. L^ammoniaque est sans action sur la x^di^ 
£ne. n en est de même dé la dissection de potasse 
caustique^ cependant elle s^y agglomère et deiâent 
itt»9s3iioick *^ mais par Fébullîtion ^ od Êmt par obtenir 
tme diss<di|tion brunâtre^ de laqu^ les acides pré^ 
cipiteut la mal^e dissoute légèremieift modifiée. La 
même matière^ exposée àl|i chaleur^ s^nfiamme avec 
beaucoup de £M:ilité après lavoir éprouvé un cratmen- 
ceÉKUt de Uqné^tion. Distifiée, elle laisse envîroa 
k^de son poids ^ d\in charbon tKfficîle à mcinérer^ 
«Ottune cehd de la fécule elle-même^ et feuriut en 
outre un produit liquide contenant beaucoup d'^acide 
acétique. De tom les acides végétaux-^ Pacide acétique 
concentré parait être le seul qui agisse sûr la xyloïdine 
dVine manière remarquable^ il la dissout facilement ^ 
surtout à Taide de lachi^r, et peut même s^en olior* 



C4gy 

fer t^emeat) que la liqueur prend 1a conâistaiice 
dW mucilage épais, lequel, mis eu contact avec 
Teau, se coagule en une mas^e dure dW blanc mat^ 
maïs en le ftisant sécher à une douce' chaleur, il 
laissv tme matière vi^use qui n^est pas moins in-* 
colore que du verre blanc et qm, plongée dans Teau, 
conserve sa transparence^ aussi aî-je essayé dVn £àire 
de petites lentilles de microscope^ Ce mucikige acide, 
apj^qué sur du papier ou tout autre corps , y 
laisse un enduit vern&sétrès-j>||llant, qui a un im-* 
mense avantagé sur celui que fournit ta plus belle 
gommé: c'est qu^â résiste parCsiitèment à Faction de 
Feau* Bé la loilé, imprégnée du même mucilage, 
puis desséchée, conserve la raideur et llmpennéabilité 
qu^'elle a acquise, même en la fiiisant bouillir dansTeau. 
Ces propriétés laissent entrevoir les avantages que la 
xyloïdine offrira aux arts , et Villustre chimiste suédois, 
M. Berzélius, dans une des lettres quH m'^a écrites, 
pen$e que cette matière pourra devenir d^unie grande 
utilité. Plusieurs substances végétales peuvent être mé- 
tamorphosées en xylddine, par leur dissolution dan^ 
Fadde nitrique concentré^ telles ique la sciure de bois, 
le coton, le linge, les gommes arabique et adraganthe , 
lasàponine, etc. (ué finales de Chimie et de Phy^ 
sique^ tome ui , page 290 ). 

V. ' 

Sur la fgucvité que possèdent lesjleurs de laui^ier-» 
rose d attraper les insectes. 
La famille des Apocioéti^ (pà comprend les la^riers^ 



^ (5q) 

xm$^. renferpiiB, ^plusieurs, gi^nres , ipnh ^e}g|Gie%*uiiil 
so0jt si extraordina4r<(YS p^r lai con^{guratiQ& ^eto^ijmijii^^ 
bizarre et pfirfoi? très-:-cpmpJi.quée,dç2^ parties accesçoircA, 
aux principaux oi^aties de h :g^i^ét,^tiûxï^ cpfon j^% 
loin d^ètre d?açco|:d sur leur nçiture etleuri^ usages. 

Plusieurs espèces de celte famille paraient douées, 
de, la propriété d^àttraper Içs n^QUcbes ^ ai^si Y^poç/^ 
mon androsœmifolium, a. été appjslé gpbe-^moi;iiphes^. 
parce, que, ces. . inseqtes , attirés par |e nectar çitu^,§tu 
fond de la fl.eur, y engagent leur trpi^pe et ne peu^ 
y^nt plus Ten retirer, (^uelq|4^ efforts qii'ils fassiBiit. .. 

Xi€is nati^r^i^te^ ont expliqué ce| effet par lapct^r' 
traction q^ii résulte ^e Tirritabilité d^s jOrganes* de la, 
gtînéraUûu, Tai eu occasion d'obsery^r aussi des mou- 
ches prises par les fleurs de VAiclepù$s syriaeay et 
M. de Haldat nous a fait faire la même remarcpifv a 
l'ugard des fleurs du laurîer-rose :; mais ce pliysicien^ 
a cru devoir aussi attribuer le uieoif effet à rirrita^ 
Lilité (ïj. J'ai été conduit à d'autres conclusions 5 en 
examinant de prcs le pkénomt^ne sur le laurier— ro^c 
commun. Eu promenant ses regards ,^ur cet arbuste , 
il nVst pas rare d^y yoîr plusieurs moucb^ prises par/ 
les fleurs. Si après avoir cueilH ces derpièrea, et que, 
par une ijncisîoii circtdaire^ faite dann la partiç iiiQyenne 
du tube de la corolle^ on se débarrasse de la plu« 
grande partie de celle-^ci, on aperçoit les étamines 
assez écartées les unes des^autres à leur base , tandis 
'> f ■ — ^ ' ' ■ '" " ," — ';'. 'X ^-ji - 'V; 1 — ^ — 

(i) Précis des ti^vïitix de la Sociëké Rdyaiie dei'Bciences, Lettres 
et Arts d« Nancy, iSi9Ti83^3 ? P*g« ^4* ^ , < / 



(Si) 

d^^un appen^e filifoi:iipe vdu* .Cfist 4abs les i)rt«rstKieft 
cf^e leâi anthères laissefit enjtiie filles tf que f ob ram^crr 
qae U poa^f ^doB ^Oj^çbeç^^j^mmeolt cottée.lalér? 
raL^meii]; .d^. b^ût efi h9$^ àa^m e^yk^yi U i%og|tié ^e m 
longueur,^ par .imc^ .hiupeiuç.^^q^eMse^ 9éçr^(ée. par 
le stigmate et agglutinant le^ graios de ppUen. Ëii.effb^ 
si OQ^examine au microscope la trompe derttiie<â« 
ces mopches^ on la voit endjiût^ dWe paultitude da 
petites sphères brplantes^ qyi n^ .$êi|t que des ^râttoi^ 
de, pollen, liés entre e,u^ par ^of humeur glutioeo^^ 
cette n^tièr^^ qui contieut de la résine etprobabier 
meQt du sucre^ ex$ii|de bien néellement.da ^pma^;^ 
car si on applique; ^uf: cet organe des. moucl^es . tî-* 
vantés çu de petits £f^gn(i^;pis 49^015^ ils y aont.far 
cileirueut, retenus jil^^gré les s^^c^us^ea ipi^oa peut leur 
impidiner* H suffit même, de dégager une mwclie cpU 
vient de se prendre dans la fle^r du JYerium^ fit di'ajp- 
pliquer la lèvre de sa trompe sur un corpis quelconque^ 
pour que de nouveau elle ne puisse plus s^échapper. 
Parmi le» diptères qui viennent se prei^fare dam les 
fleurs du laurier--rose^ c^esi le plns' ordinairement une 
petite mouche commune^ fen ai quelquefois P((nr- 
contré deux et même trois ^ prises àaim la mèm% 
fleur., D^autrefois, j en ai trouvé de. bien plus grosses;, 
se débattant avec leurs ailes et employant toutes leuc^ 
forces pour se tirer, du piège sans y, parvenir 5, fa« 
exemple, la mouche ^ bec ÇRhingia rostrata)^ ainsi 
que la mouche armée à ventre vert . ( Strati<nnà 



(Sa) 

fèfiitolèon )^ toutes déuK assez rares aux etivîrDns' ée 
Pains ^âVprès le témoignage dé Geofirôj^'It. parail 
donè suffisamment démontré que ces insectes sont 
pris entre les anthères du iVe^rtï^m par ttn sud glùti^ 
neux, de nature résineiKe^ exsudant du stigmate^ et 
que Tirrîtabitité n^a aucune part dans ce phénoitfène. 

Les fleurs du lauriers-rose renfermant des mouches 
mWt offert une autre particularité* Çest qtt*elfes de-* 
viennent quelquefois le domicile de petites arattéides?^ 
lesquelles vont au-dessus du piège teifdire leurs tcwles 
horizontales qui leur tient lieu de plancher, ^, s£n de 
se mettre à Tabri de la pluie et de la chaleur , se oons^ 
traisent un toit en recoùrbsHit fortement avec leurë fils 
une ou deux divisons de la corolle. Cest ain» que ces 
petits insectes, th>p faibles pour aller k b chasse aux 
mouches ou po^ lutter directement av€JC e^es, trou- 
Vent dans la fleur du laurier-i^rose tout ce qui est néces* 
saire à leur existence, (annotes de Chimieet de Piv}'- 
sique^ tome lui, page 221). . 

VI. 

Noweau nuyyen décrire sur le zinc^pur étiqueter 
les plantes P etc. . 

Plusieurs personnes ayant manifesté le désir de voir 
étiquetées les plantes de la serre du jardin botanique 
de Nancy, je mVmpressai de seconder leur vœu ^ 
mais il me répugnait de faire usage de la peinture à 
Fhnile, qui a Pinconvénient de ne pas durer long-temps» 
Jai inique la préparation suivante : 
Prenez : Vert-d^gris en poudre, ïtoé paeâe ^. 



(5Î) 

Sel ammoniaque en poudre , une partie ^ 

Noir de fumée^ une partie^ 

Eau ^ dix parties. 
Mêlez ces poudres dans un mortier de verre ou de cui- 
vre^ en y ajoutant d'abord une partie de Feau pour ob- 
tenir-un tout bien homogène^ après quoi yersez le reste 
de Peau. Quand on se sert de cette encre, il faut avoir 
soin de Tagiter de temps en temps. Les caractères 
qu'elle kôsse sur le zinc ne tardent pas à prendre beau-* 
coup de solidité. Par suite d'une légère oxidation da 
zinc , il pourrait arriver que les caractères prissent une 
teinte, moins foncée qu'auparavant. On remédie à cet 
inconvéni^t en les enduisant d'une légère couche 
d'huile siccative, (uinnales de Chimie et de Physique^ 
tomie Lv , page 319). 

vn. 

Sur des grains cristallins troUi^s dans^ les intestins. 

On présume qu'une fille a été empoisonnée ^ on 
l'exhume un mois après sa mort. Afin de rechercher 
mécaniquement la présence de l'arsenic dans les excré*- 
ments , ils furent lavés successivement par décantation, 
et on obtint pour résidu des cristaux de la plus par« 
faite transparence et d'une grande netteté dans leurs 
formes ^ ils offraient très-distinctement des prisn^es té- 
traèdres courts terminés par des pyramides à deux , 
trois ou quatre faces. Ces cristaux exposés à l'air per- 
dent une partie de leur transparence. Ils ne sont pas 
sensiblement solubles dans l'eau 4 L'acide nitrique affai* 
bli et chaud les dissout facilement avec une légère effer- 

10 



(M) 

yescencc :; rammonîaque versée clans cette liqueur y 
forme un précipité blanc qui dbparaH par Tadde suk- 
furique dilué. Exposés à la chaleur rouge sur une 
fouille de platine ^ ils perdent leur transparence et fi* 
nissent par se fondre en un résidu grisâtre, lia de 
ces cristaux exposé an chalumeau^ à Textrémité d^un 
fil de platine, s^est fondu en un gldbide semblable à 
de rémail. Avec la potasse , ils répandent une odeur 
ammoniacale et laissent de la magnésie. Chauffés dans 
un tube de verre a\ec un peu diacide chlorydri<pie^ 
ils donnent un sublimé de sel ammoniaque. Traités au 
chalumeau avec du nitrate de cc^alf , ils produisent 
une matière vitreuse rougeatre^ et avec Tacide borique 
et le fer, Ss laissent du phosphure de fer. Diaprés ces 
propriétés, il est évident que les cristaux dont il s^agit 
ne sont autre chose que du phosphate ammoniaconna- 
gnésien. Reste maintenant à savoir si ce sel double 
existe naturellement dans les excréments humains ^ ce 
qu'il 7 a de certain^ c''est qu'il forme quelquefois des 
calculs d'un volume énorme dans les intestins des her- 
bivores ^ et même dans ceux des carnivores. J'ai déjà 
eu occasion d^observer, dans un autre cas d'empoi- 
sonnement , des cristaux analogues aux précédents 
pour la forme, mais d'une composition diffiérentCy 
puisqu'ils n'étaient formés que de phosphate de chaux 
neutre, sel qui n'avait pas encore été trouvé cristallisé 
dans les produits oi^aniqucs^ si ce n'est fort rarement 
dans certains calculs urinaires. ( Journal de chimie 
médicale^ de pharmacie et de toxicologie j Airil 
i835.) 



(55) 

vm. 

Expériences sur le vohoce globuleux. 

Les volvoeeâ sont , comme on le sait^ des ammamc 
iiiicrosco{»iqnes ^ dont le corps globuleux et tournant 
$ur lui-même renferme d^autres globules doués de moth 
vement indépendant de ceux de Tanimal et évidem- 
ment destinés à le propager. Ce genre comprend en- 
viron seize espèces ^ dont le plus remarquable est le 
velvoce globuleux (^V^olvox glchator MûUér), connu 
depuis long-tebips des naturalistes en rabon de sa gros- 
seur ^ qui permet de Tàpereevoir à Foeil nu., 

J\ii été conduit à soumettre Cette espèce à quelques 
expériences chimiques, sur l'invitation de notre collègue 
M. Laurent, professeur à TÉcole forestière, qui, 
persuadé que ces animalcules ont la plus grande ana- 
logie avec la cellule végétale en général , et surtout en 
particulier avec celle des plantes cellulaires aquatiques, 
desirait avoir quelques nations sur leurs principes cons- 
tituants. Afin de séparer les volvoces globuleux des 
con&rves, parmi lesquelles ils vivent dans les eaux tran- 
quflles et stagnantes , on a recueilli une certdne quan- 
tité de cette eau. E31è a été versée dans une passoire 
petcée dé petits tirons , qui a retenu les conferves en 
livrant passage aux animalcules , qu^il a été &cile de 
séparer par la filtration. Ainsi rassemblés, ils offraient 
une masse gélatioiforme d^un beau vert. Cette masse ^ 
traitée par Talcoôl cliaùd ^ a fourni un liquide d^un vert 
d'^émteraude, qui contenait une quantité très-remarqua- 
ble d'aune matière grasse, molle, d'^un vert foncé, ayant 



(56) 

toutes les propriétés de la chloropLylle des plantes. 
Elle colore rutricule qui constitue le corps du volvoce 
globuleux ^ et surtout ^ les granules animés qu il ren- 
ferme , et Hjui tendent à s'en s^arer par une sorte 
dVcouchemept fort remarquable. Pareillement, la 
chlorophylle teint les granules ( globuline de M. Turpin ) 
I^Ubséminées dans rintérieur des utricules des feuilles^ 
et comme ces dernières ^ le volvoce globuleux présente 
aussi des altérations dans «a nuance, quî,^ dans quel* 
ques circonstances, le font passer du vert au jaune ^ 
à Toranger ou au rougeàtre. 

Les volvoces ainsi traités par Falcopl ont été n^s 
en ébullition avec de Teau, qui a paru avoir peu d ac- 
tion sur eux. Cependant ce liquide s^est chargé d'une 
petite quantité d'une matière mucilagineuse. 

Les squelettes que ces animalcules ont laissés , après 
leur traitement par Talcool et Teau bouillante , occu- 
paient encore un volume assez considérable. 

Ils ont fourni à la distillation beaucoup dlmile py- 
rogénée et up. produit légèrement ammoniapal. L^acid» 
hydrochlorique afiaibli^ bouillant, n^a eu d'autre ac- 
tion sur eux. que de s^emparer d^une petite quantité 
de phosphate de chaux ^ mais l'eau, alcalisée par la 
potasse, aidée de la chaleur, les a totalement dissous , 
e^ produisant une liqueur épaisse, mucilagineuse, dans 
laquelle les acides ont formé un coagulum. 

U nous reste à dire un mot de la matière njui- 
queuse fournie à l'eau bouillante par le vplvoce : 
pour la caractériser, il nous suffira de rappeler que ses 
propriétés sont précisément celles que jV reconnues 



(57) 
autrefois au mucilage du nostoc commun. Cela doit 
d^autaut moins surprendre , que le nostoc occupe une 
place intermédiaire entre les végétaux et les animaux. 

En résumé , le volvoce globuleux contient les ma- 
tières suivantes : 
1.° Squelette d'une nature particulière, constituant la 

majeure partie du corps dé Fanimal ^ 
2." Chlorophylle en assez grande quantité^ 
3.° Mucilage identique avec celui du nostoc; 
4.° Matière animale sôluble dans Talcool ;'\ 
5.** Chlorure de potasâum: f 

o. Phosphate de chaux 5 I 

7.** Acide combustible uni à la potasse. / 
( annales de Chimie et de Physique^ tome ltii , page 

439)-. 



# 



DE LA 

TRISECTION DE L'ANGLE 

PAR UN MaYEIlf HécAIflQUE^ 
FdftJL M. WAJTL KAUBSmr. 

On démontre en Géométrie que si y étant donné un 
arc D E (pL I, f. 8), on parvenait à menerEÂ^ de 
teUe sorte que A I f&t égal au rayon ^ Tare I B serait le 
tiers de l^arc D E. En mettant le problème en équa- 
tion ^ Tanalyse conduit à une équation du 4«* degré. 

Cette proposition admise ^ on peut facilement en 
conclure la trisection mécanique d^un arc quelconque 
plus petit que i35^. 

En effet , soit une règle mobile O D , dont la lon- 
gueur est égale à 3 rayons du cercle : si deux points 
marqués sur cette règle en A et en B, distants d'un rayon, 
se meuvent constamment , le prélnîer sur AD et le 
second sur Parc B I^ il est évident que la distance AI 
sera égale au rayon , quand la règle sera arrivée de la 
position A D jusqu'^à la position A E ^ donc Farc B I sera 
le tiers de D E. 

La limite supérieure des positions de la règle mobik 
sera A" K , tangente au cérèle 5 alors CK étant per- 
pendiculaire à AK^ KGB est de 4^^* lÉI est donc le 
quart de la demi'-Kîirconférence^ KD en #kt les trois 
quarts. B K est donc encore lé tiers de IID. 

Quelques considérations plus délicates conduiraient 
à diviser ^ par le même procédé , les ^rcs au-dessous de 
180° en trois parties égales, etc. 



MEMOIRE 

»Ua L£S »[OUV£LI.ES HESUAEft, 
WAÊL m. CmBJA, 

Mon imt^ Messieurs ) en. traitant une ma^re aussi 
aride que oelle^s nouvelles mesures ^ n^ASt pas de vous 
soumettre le moindre calcul^ encore moins d^examiner 
Texàctitude des rapports établis entr« nos anciennes 
mesnces loc;^ et les mesures métrkpies. Je me pro- 
pose de )eter un coup d''œil ra|^e sur IWroduction 
de ces nouvelles mesures; de si|;naler les fautes nom-^ 
breuses qm ont été {)ostérieureii|ent commises, et 
nofumm^at le dédale dans lequel noiis a plongés Far^ 
rété du ministre de rintéri^ir^ du a8 mars 1812 ^ qui 
a créé des mesures usueUes ^ enfin d^eammin^ Teffet 
qu'il a produit dans notre pays , et de donner quelques 
moyens p<mr rentrer dans le système l^al. 

Uidée d'établir en France un système uniforme de 
poids et de mesures n^est pas nouvdle: plusieurs de 
nos rois ont tenté sans succès dy parvenir; mais la 
force de Tbabitude, Fespèce de répugnanee naturelle 
à Thomme de & occuper de toutes les innovatimis dont 
les avantages pour lui ne sont pas évidents , et surtout 
Ja division de la France en provinces, qui se regar- 
daient en quelque sotte comme indépendantes et ne 
voulaient pas adopter les usages de la jnétcopole , ont 
toujours entravé les essais tentés dans ce but. 

Pour porter une main hardie sur Fensen^le du sys* 
tème.des poids et mesuices, il fallait que les esprits 



~ (60) 

fussent, comme ils relaient en 1790, travaillé^ par des 
idées de régénération en tout genre. Il £sdlait ub cata- 
clysme politique comme celui de notre révolution , 
pour qa^on pût obtenir Fapplicatian des théories et 
forcer les masses à les adopter. 

lies savants qui forent alors chargés d& présenter au 
gouvernement les bases dW nouveau syst^ue ^ seati<r 
rent ^'ils ne devaient pas se borner à att^Hudre ranî-r 
fovmité pour toute la France. En tendant vers ce but ^ 
ils sVn proposèrent deux autres non moinis imporkfeotss 
IW de mettre les mesures de longueur . de opacité 
et de poids en rapport non seulement entre dks, mais 
avec, les mesures géodésiques^ en les faig^ut touttô 
dériver de la longueur de Tare qui mtesure'le qvufft du 
méridien terrestre^ Tautred^adopter le s^tème déci-^ 
snal peur toutes les subdivisions^ et de supprioi^r k 
Jamais les multiplications et avisions complexes ^ si 
diffivciles à concevoir pour les commençants^ et fi longues 
à exécuter, quand, après de grands efforls\j i)s«iétaieut 
parvenus à les comprendre. . ^. 

Le système que ces savants mirent au jour , remplît 
en effet le triple but qu'ïilâî s^étaient proposé d^'alteiadre. 
Mais, malgré la vigueur du gouvernement^ boo. ûttror 
duction éprouva des obstacles insuraiontablfis , qui 
plus tard forcèrent à reculer devant son exécution et 
à abandonner une partie des avantages quV>n était eu 
droit d^obtenir. - . 

Les ré^tances vinrent^ selon nous, de deux i^utes 
commises par Las auteurs du projet, Tune. tenant à la 
nomenclature, l'autre à Teiiîguité de Funité de poids. 



(6.) 

Entrons dans quelques détails à cet ëgard. 

Nous pensons qu'oiv a eu raison de créer les noms : 
mètre ^ are^ stère^ litre et gramme^ parce que ^ 
pour éviter Terreur et la confusion^ il faut de nou- 
veaux mots pour exprimer de nouvelles choses. Mais 
les auteurs devaient se borner là ^ et ne pas îmagîner les 
mots : décay hecto ^ kilo ^ myria^ pour les multiples , 
non pliis que déci^ centi^ fnilti^ pour les subdivisions. 
Ces sept mots ^ se confinant avec les cinq autres^ ont 
paru former trente nouveaux noms^ à étucUier^ tandis 
qu'yen réalité il n''y en avait que dôu«e (Voyez la 
note A ). 

N'était'^il pas plus simple et pltis facile de dire: lo 
mètres^ ïoo mètres, looo métrés, loooo mètres, que 
un décmnètrey un hectomètre'^ un kilomètre y un 
mjriamètrej ain^ des autres? de ^re: un di^ème, 
un centième , un millième de mètre, que un dédmè-' 
tre y un centimètre ^ un mclAmé^re.^ Ces derniers mots 
surtout paraissaient plutôt au peuple signifier lo, 
loo^ looo mètres, que les mots: déca^ hecta^ kilo^ 
mètres D'^ailleurs nous n^avions autrefois que quelques 
noms pour exprimer les multiples, tels que quintal 
pour cent livres, lieue pour aooo ou aSoo toises; en 
cré^pour toutes les espèces d unités et leurs décuples, 
était une innovation trop contraire à nos usages pour 
qu^elle pût paraître heureuse. G- est peut-être en France 
plus qu''ailleurs que les mots nouveaus ^effraient la 
miihitude. Cette innovation ne serait utile tout au pltis 
que pour les nombres ronds ; on ne Ten^oîe pas pour 
les autres* Ainsi poi^r exprimer, par exemple, 4%S3 



(62) 

mètres: on ne dit pas ^ 4 mynamèire^j 5 ]^ilomèires, 
9 hectomètres^ 8 décai^ètres ^ 3 mètres. Aussi quel- 
queS' noms seulement des multiples ont-ils échappé au 
naufrage. Les mots: kilomètre^ Jwetolitre aont à^ ca 
nombre ^ ils (mt pris place dans le dictionoaii:^ usuel , 
où leur véritable sigiiificatioa est plus ou m<Has bion 
comprime. Mais pour nous représenter Teffet qu'ils ont 
du produire lors de leur apparition ^ supposons qu'on 
nous force aujourd'hui à dire :. décqfrtmc^ hectofranc^ 
lilofranc etmyrù^ranc^ aalieude: lo, loo^ looo^ 
iDooo fr. Nous trouverions cela ridicule ^ quoique nous 
soyons déjà habitués aux mots: déca^ hecto^ kUo^ 
m/ria. £n se reportant a Fépoque où ils étaient nou- 
veaux^ comme les choses qu'ils exprimaient^ on 
concevra la résistance apportée à leur adoption. Cela 
prouve 4^une manière convaincanle qu'on devaitsuivre^ 
à l'égard de toutes les espèces d'unités^ la régie qu'on 
a adoptée pour l'unité monétaire. 

La seconde des causes signalées ^t l'exiguité du 
gramme comparé k la livre ancienne. Dans toutes les 
relations commerciales^ les acheteurs désiraient s'assu- 
rer si on ne leur surfaisait pas;; mads^ fiaiute d'un moyen 
de comparer Içs poids^ il leur était impossible de 
comparer les pris. 

Le mètre est la moitié à peu près de la tpise de 
France^ déjà comme enrLorsaine avant la^révohition) 
pu die était en usage p<Mir les travaux de maçonnerie ^ 
diarpenterie et menuisene. Il se divke de dix en jifix^ 
comme notice àncieiine^ toise du pays^k seule dont 
ou continua à se servir pour Farpentage des terres et 
la mesure du bois de chauffage. 



(63) 

LWe est à' peu près la moitié de noire hommée oa 
le Yingtiéme de notre jour. Le stère équivaut au tten 
de tic^re corde. Le litre est une bouteille plus grosse 
d^un quart environ que rancienne. LIiectoKtre plus 
un ciaquième forme exactement notre andén resal de 
blé. Tous ces rapports étaient faciles à saisir pour 
nous. Nous ftvioiis le double avantage de eonnaitre le 
syiitème décimal^ par la division de notre toise en lo 
pieds ^ du pied en lo pouces^ etc. et par le toisé de 
nos terrains. Aussi étions-nous itiieux préparés que 
toutes les autres provinces de France à Tadoption du 
nouveau système légal, quant aux mesures énoncées 
ct-d^sus ^ et nulle part en eflfet il n'éprouva moins 
de résistance. 

Mais il n'^en fut pas de même pour le gramme , qui 
vaut seulement dix-Hieuf grains environ, et n^est que 
la 489-* partie de la livre ancienne. On ne pouvait 
s^en faire une idée prédse, et, même en le tenant à la 
main, on ne pouvait le lui comparer par approKima-« 
tion. Tous les objets de première nécessité , le pain, 
là viande, le sel, le beurre, etc., s^'achetaient à la livre; 
et il aurait Êdlu que le peuple allât demander 469 
grammes pour avoir la même quantité. Aussi cette 
unité de poids fut-elle généralement rejetée ; et, pour 
elle seule, néus partageâmes, avec le reste de la France, 
le sentiment de répulsion quï sMleva contre tout la 
système. ♦ 

Les deux causes signalées et quelques autres secon- 
daires empêchèrent les masses de Fadopter tel qu'ail 
avait été conçu d^abord» Le coup était porté ^ et tous 



(64) 

les ^Sotts. èa .^rniv^raenient ^ toutes lès lois et ardôih- 
Baaces rendues de 1790 à 18 1 2 . pour pallier quelques- 
uns 4es défauts et forcer à rexécution ^ lurent sans 
Sttccès (Voyea la note 6 )• 

Les uaes suppnmèrent de la nomenclature des mnl'* 
tîples les moXsi déûare ^hylare y myriare^ kHôlàre^ 
myriaUtre^ etc. D'autres permirent d'employer les 
noms de péilm0 et de doigt y au lieu dé décimètre et 
centimètre ^ etc. La phis importante est celle du ig 
frimaire an VIII ^ qui, d'après la vérification de Tare 
du méridien terrestre compris entre le pôle et Féqua* 
leur, rectifie la longueur du mètre, fixée originaire^ 
m^ntà 3^', Il % 44 -'S en la réduisant à i^\ 11 '«, 
:ag6**" (dîx-millîonième partie de la longueur de Parc). 
Cette loi déclare également que Tunité de poids ne 
sera plus le gramme, mais le kilogramme ( ou 1000 



Ce changement de Tunité de poids est de la plus 
grande importance^ il donnadt un moyen facile de la 
com|)arer avec Tancienne livre , dont elle devenait à 
ptu près le double. Mais il était insuflisant. La loi 
était mauv£Ûse, en ce que , sans donner un nom simple 
à Gette>4$ouvelle unité de poids, et sans changer ceux 
de ses subdivision ^ elle portait mie perturbation totale 
dans le système. En effet, les dixièmes, centièmes, mil- 
lièmes du kilogramme continuant à se nommer hecto- 
gramme, .i^écagramme et gramme^ c'était une ano^ 
malie, puisque ces mots: hecto^ deçà expriment par- 
tout ailleurs des multiples^ et que, pour le poids seul, 
ils se trouvent exprimer ses frad^ns. H était bien plus 



(65) 

nmple dVrdo&ner qœ celles-ci se mHmneraient dixiè- 
mes^ ceètiéines^ millièmes de kildgramme ^ mû il eât 
mieiax valu créer un nom nouveau pour cette nouvelle 
espèce dWité^ et adapter à ses multi{4es et à ses 
subdivisions les mots employés pour les autres. 

La multiplicité des contraventions de police en ma- 
tière de poids et mesures (de poids surtout)^ fit ou-> 
vrir les yeux à Napoléon sur cette importante partie de 
notre législation. Sentant que ce n'^était pas une matière 
à laquelle il convint d^appliquer sa main de fer ^ que 
des concessions à Topinion publique étaient indispen- 
sables ^ et qull valait mieux renverser quelques parties 
de Tédifice pour conserver les autres ^ que de le laisser 
tomber en totalité^ il chargea le ministre de Tintérieur 
de lui rendre compte des causes qui s^opposaient a 
rapplicalion du système légal et de loi proposer les 
moyens d^ remédier. 

Voici 7 diaprés les idées émises ci<^esso$^ le sens 
dans lequel le rapport eût du être rédigé. 

Un changement complet de* sy$]tème ne peut sVxé- 
cuter tout-à-coup. Si la génération actuelle ^ imbue de 
ses vieilles idées et de ses anciens usages ^ ne veut pas 
Tadopter entièrement ^ attachez-vous à Fenseigtteâieut 
du calcul décimal ^ faites placer dan^ toutes les écoles 
les étalons des mesures métriques ^ pour que Toeil s^ha- 
bitue à les voir ^ la main à les toucher et à en faire usâge^ 
et attendez la génération que vous aurez ainsi préparée, 
et qui sera convaincue de la supériorité du système 
décimal sur toutes les autres manières de calculer ^ la 
rigueur sera alors inutile. Jusque là ^ usez de tolérance 



(66) 
pendant quelq«ies années^ le bien ne peut se faire <pie 
par degrés. La naUon est en progrès 5 la cen^iotioa de 
rexcellence du système métricpie descendra des cbss^ 
instruites à celle du peuple. Déjà la majeure partie de 
la France est au courant du niètre et. des mesures de 
superficie ^ les seules quW puisse énoncer dans les 
actes publics. La di^iûon de Thectolitre en cinq 
doubles décalitres est généralenaent adoptée pour la 
mesure des gi'ains dans les marchés. H n^ a plus d'en* 
traves réelles que pour le commerce des choses qui se 
livrent au poids: elles cesseront par la substitution du 
kilogramme au gramme ^ mais il faut donner à cette 
nouvelle unité uti nom nouveau y auquel puissent s'a-« 
dapter^ comme aux autres ^ les Ibots déca^ kecto*, 
Tiïlo f mfria} et déci^ centi^ imUi^i), 

Voilà ^ selon nous ^ ce qui restait à faire. 

On ne sait qui le ministre chargea du travail de- 
vant servir de base à son rapport ^ mais il fut facile 
de voir que le génie qui avsdt présidé à la conception du 
premier projet ^ avait tout*4^fait abandonné les rédac- 
teurs du second. 

Le rapport porte en substance, que trois causes 
s'opposent à Tadoption des nouvelles mesures : i .** la 
nomenclature '^ a.^ les différences qui eidstent entre ces 
mesures et les anciennes ^3.** surtout le peu diiabitude 
où Ton est en France des subdivisions de dix en dix. En 



(1) Ou bien, appelez, si tous le voulez, le kilogramme livre 
métriqite, et divisez-le en 10 onces, Tonce en 10 gros, le gros en 10 
deaien, le d«nier en 10 grains. 



(67) 
touséqueûce^le minisire propose pour remède de créer 
des mesures usuelles ^ se rapprochant le plus possible 
des anciennes ^ de leur restituer les noms de celles^ ^ 
et de les diviser ^omme elles Tétaient autrefois. 

Ce ique nous avons dit précéc^emment réfute en 
grande partie les erreurs graves renfermées dans ce peu 
de mots. Nous y ajouterons que Tadoption de nouvelles 
unités se rapprochant de celles qui étaient autrefois en 
usage à Paris^ en rétablissant dès noms qu^ elles portaient 
en cette ville-, ne pouvait s'appliquer aux provinces 
où les toises^ les aunes ^ les livres^ étaient différentes 
de celles de la capitale. 

Napoléon ^ plors occupé de son projet dVxpédîtîon 
en Russie ^ ne donna pas à ce apport toute Tatlentioii 
qu''il méritait ^ il parait même ne pas av^ir examiné 
personnellement cette affaire importante , et avoir si- 
gné de confiance le décret du 12 février 1812 , dont 
le projet suivait le rapport , et dont voici une partie: 
« Art. 1 .*' H ne sera fait aucun changement aux unités 
« de poids et mesures de TempiTe, telles quWles ont été 

< fixées par la loi du 19 frimaire an VIII. Art. 2. Notre 
« ministre de Tintérieur fera confectionner, pour les usa- 
€ ges du conûanerce , des instruments de pesage et de 

< inesurage qui présentent, soit les fractions , soit les mtd* 
€ tiples desdites unités le plus en usage dans le commerce 

< et accommodées aux besoins du peuple. Art. 6. En 
« attendant^ le système légal continuera à être seul en- 

< seigné dans toutes lès écoles de notre empire, ycomprî» 
€ les écoles primaires , et à être seul employé dans les 
« administrations publiques , comme aussi dans les mar- 



(68) 

€ chés ^ halles ^ et dans toutes les transactioBS çoocpi^r* 
« ciales entre nos sujets^ > 

Eà exécution de Fart, a de ce Secret ^ le ministre 
de Tîntérieur prit, le 28 mars suivant , uu arrêté, 
qui est Toeuvre la plus fausse et la plus désastreuse 
qu^on put faire paraître dans ces circonstances. Lesjs* 
tème légal commençait à s'établir 5 il se trouve renversé 
de fond en comble. L'avantage des, divisions décimales 
et des calculs qui en sont la suite commençs^t à être 
apprécié ^ un trait de plume du ministre les fait dispa-> 
raître , et nous replonge dans une espèce de barbarie j 
ou au moins dans une anarchie complète à cet égard. 
Il nous rend le calcul des fractions ordinaires et celui 
des nombres complexe^ et des parties aliquotes, que 
les auteurs du premier projet avaient voulu, anéantir. 
Il abroge toutes les lois rendues sur la matière , en subs* 
tituant , par sa sçule volonté , un système défectueux 
et absurde au système légal , basé sur la science et le 
raisonnement. Il viole même le décret en vertu duquel 
il agit, puisque Fart, i/' dit qu'il ne sera fait gucun 
changement aux unités , et qu'il nous donne une toise 
et une aune nouvelles , et pour unité de poids , le demi- 
kilogramme. D ne respecte pas davantage , selon nous^ 
l'art. 6, qui porte que le système lég^l continuera à 
être seul employé dans les marchés, halles, et dans 
toutes les transactions commerciales. Onp^^étendra peut- 
être que le mot en attendant^ qui comi^ence cet article, 
ne prescrit l'emploi du système légal, que jusqu'au mo- 
ment où les mesures usuelles seront confectionnées. Mais 
nous croyons qu'il résulte de l'ensemble de l'article et 



(6») 
(lé'lWprit dé la loi ) que telle n'était pas rinteniioû àé 
Fémpmreur^ et qull nVntenâait appliquer lès mesurei 
usuelles qa*au eoniiiierce de détail. 

Cette adoption de Nouvelles unités (}iii diffèrcint très« 
peu dés andetines ^ présenté dans les subdivisions ^deil 
eaiise» faciles d'eitetii*s ^ et les érreut^ les plus &9>l6S ^ 
répétées plusieurs fois ^ par suite de csJculs et de mul- 
ëpli<^atioiiiJ^ peuvent en produii^e de trè^otisidélral>le8. 
Ainsi Pou peut confbndre fadletûent à la vue le pied "■ 
ancien et le pied métrique^ cjùoiqtie ce dernier soit 
phèîotî dé 3 lignes 8 dittèiiies^ à plus fotte raison 
ne pourraMoK>n distinguer Jes deUit espèces d& poucef^'^ 
^liinè di£@rent entré etix qùé de 3^ dixièmes de Ugne. 

II ea ek de ntémé de la livre ancienne et de la litre 
manque. La première Vaut 489^mmes ^ la secondé^ 
5oo grammes^ diflfêrèitce t 1 1 gi'ammes otL tiog gtainar 
^ciens. Les <>ndes iie difiètent enti*e elles que du t& 
die €ètté quantité éU de i4gi^s^iâs'gros, de i gnuà 
3 quarts ^ W ^*aii^ , de ^ eénfièàies de grains : d£P 
fërence inapprédàblë pont uii seul; La médecine nou^ 
Tc^e emploie Souvent des poisons i slls sont'administrés 
& la dose de plû»etfrs ^frains ^ une déBvrànce en gràini 
Aétiveaux serait sans^'inconlréniént^ puisqu^il faudrait 
Su grains noiyvëatij^potli^ en faite ^x des àttcienâ^ qu'on 
nepï^crh jaùiaià* dé parm&ès quantités de remèdes 
vénéneux^ et que si on allait jusque là^ ce n^est piâ 
utt grain de plus sûr 5t$ qui pourrait mettre isolément 
notre vie en danger, Cepêndaut uUe crainte^ louable 
an fond, a Saisi les iùédédns ij au KeU d^étudiér le nOu- 
reau système) pourtériBêr s^il y aùïâird^gi^ipa tiot^ 

ri 



^^ 



i^ Tadoçlfr^ ils se sqnt raidJs contre ioi^.Jldc^^ptt^'^ 
ont contipué à écjpjc^ leurs ordoniumc^ d'aj^ les 
anciennes formules. ^ gouvernement) partagç^t lenr 
solly^ude y et V^p&t c^^aillemcs aucun mpyei^ d^ véri- 
fication à cet égard, ^. A^ fi^u^é de tç^er chee^les 
Çharmaciwp, WW'^ ce Îo^î l^WPW 4e.la fivj^e aj^n 

^çw^:. . . , . ...... • 

l^lxaminons ma^n^çnai^ 1^ résuItajU de rarrèlé di« ^ 
ipars i8i3, daps o^otre piroyince) relativement aux 
diffçriwtes i?ies}iriçS; ij^ueUesi. 

1/ ÏAtoisfs métrique q^ 49pUe mètre, $e dî.w 
en SIX pieds, le pi^d ep. t2j^o][^ces<^lç p^çoipe en is li?- 
gnes , etic. 5 en sprte, cpjjç ces d^y isio|is.,^ qui; nff ^rmei^i 
pjius. un npmbr$^ (§xact ^^ mijli^^es,^ Q^ont l(h^ de 
rajqpi^^ avep U nu^ %a^^ E^l^ q^edi^re 4e l'^tf^ 
<;i/^pi^ td^ .de France que dV» pouce 10 Kgnfss Sga 
nfiL i^ eft i^tg. qifgj sij 09 iw 1^ a j^s ^n«ÇQfl^ 
^9j[js le^ j^ux,^o|i,pp»^ p^^nfjre IVp PPW l>Btrç^ i 
\^ %tfi raîjs<jp, le pie^ m«t^3îW ppucfa-Ml^ 
confondu $(v;ea le^ pi^d dq ^oL Xoi|s Of^ ariisans^^ipi^^^ 
h^lîjp^. a la, djviâpn. déjçii|i?4e4f i1»i*8»b d^ l*<?n;aiB*Bi, 
^v^tj^dppié, j^e^œt le< m^tre^.gpjk vfi ^nm 
<jette,nonp^Ug;tjOjse avec défiiveui^, e^ p|réfèr^ny[é|i4r. 
r^lepjpnt Icf.inèti^ç^ Aiiss; le^hof^^^ens^d^pj^lf^ a£ut^ 
à cjçté^air^iî jpsticftdjç ïi™fi®"^^6. du n^nistre (Vpy(^ 
k^&<îk ' .-.,.: /^ ■ . ,. ....... 

2." Il nVjïjçifj^té.qljfçj^gfij.paf, l>J^èté du aS man^, 
£|^^ mesu^, l^g;^f;f P9]i^r les-tq^.df^;Surf^ ^,4^ 
splidesj; %^.%n)L;a r/aîde. du i|ij^« Tous WpT?* 



^ seimfioii des limites de leurs terrains^ tous le^ artï-» 
sans, pour lès pie^s et lesTbois qu^ils emploient^ toutes 
£es classes y pour Facquisitidn dû bois de chauffage ^ 
sont donc obligés de connaître le mètre et d^en faire 
V tisage ecmime litiité de Ibnguetir. En introduire tine 
àûtre^ qui se divise d^îBeremment , est un double-én:« 
ploi ridii^ule, une àlîsûrditë choquante. Ùest retomr- 
i&t dans deux des inconvénients qu'ion avait' voulu 
éviter en iy^o ^ puisque c^est créer pour toute la 
France deux unités de longueur^ quand chaq^e pro- 
vince tfeti àvâît qu'aune, et revenir au calcul Ëistidieulc 
dès nombres complexes ( Voyez la note D ). 

â.**Potlr les liquides y lé Btre continue à être seul 
emfptoyîé au détail;; mais au lieu dé le diviser en lo^ 
6n le partage en 2, 4? 8 parties, qui répondent' à 
à lit* 5o cent. , o,25 c. et laS mil. En gros, on fait 
iisage dé rhectolitré ou 100 litres , qUi se divise égale- 
itfent en 2, 4 P^i'ties , qui répondent a 5o Etres et-sS li- 
Ir^. Notre ancienne mesure vaut 2 hectolitres 12 litres. 
Pomr les grains , on se sert égàleiûènt de iHiectoBtre; 
mais au lieu de lé diviser légalement en <Hx décalitres 
<)u dnq doubles décalitres, oii ne le divise pluS qu^ea 
quatre parties de aS litres appelées rfoùftfc^Jomeaux. 
Le boisseau, nom iticonnu jadis dans notre province, 
ne correspond donc plus à un ifon^ré eXact dé litres; 
il en vaut 1 2 et demi . 

Lé double décalitre avait trouvé dTailtant plus àé 
laveur en Lorraine, que six dé seis^niesures, ou 120 
Utres ,repondàierit exactement à notre ancien resal dé 
hléj qifô neuf, ou xSb ^ùrés ^^ armaient notre resal 



ifai^ine.Avm cette mcsurelégale étaîtrcBeiiiiKjiiemwt 
et généralement adoptée ^ oa ne faisait usage d'aucune 
autre sur les marchés , quand parut IVrrêté du 28 mars 
i8i5i. Sa mise à exécution causa beaucoup d'efferves- 
cence et même des espèce de révolte suç pludeurs 
de nos places publiques. Cette résistance était %déc: 
nous étions dans le système légal, un simple arrêté mi- 
nîstériel ne pouvait le détruire^ rautorité locale ne 
devait pas se prêter à des mesures acerbes pour en faire 
sortir ( Voyez la note E ).. 

a} Cest dans le commerce que Fadoption du sys- 
tème légal a toujours rencontré les plus grands adver- 
saires. Il est étoniiant que les marchands, qui par 
^tat devaient connaître le calcul, se soient laissé 
devanf^j par les simples artisans pour l'usage du mètre, 
çt par les gens de la campagne pour celui de Tare, 
et qu'ils n'aâent voulu adopter ni le premier pour me- 
surer les étoffes, ni le kilogramme et ses divisions dé- 
cimales pour poids. , ^ 

L'aune nouvelle, qui a i "". ap • de longueur, a 
prévalu chea nous^ elle se divise, comn^e Faune an- 
cienne, en 2, 4, 8, 16, 32, ou en 3^6, 12 parties. 
Ces divisions ne présentent pas^ de^ grands inconvé- 
nients, pirce qnele nombre 1 2 ayant beaucoup de dî^ 
vVe^, l^^deini-aunes, les quarts, les demi-quarts, lel 
tiers, les sixièmes et les douzièmes d'aune, répondent 
^-un npmbre.rond de centimètres, v ^ 

§.' Malgré la répression de plusieurs milliers de 
çontrayentionsen matièjre de. pesage, le désordre le 
plus complet n'avait pas cessé, d^ régner dans cette 
partie deVjgo à 1812^ pour y mettre un terme, il a 



(73) 
fallu adopter la livre métrique de 5oo grammes' bu un 
demî-kîlbgramme. Son înïRductîon a été regardée 
par les commerçants comme un bienfait ^ parce qu^elle 
les ramenait à leur vieille routine : cette mesure difle- 
rant peu de Pancienne et se divisant comme elle en 
i6 onces, Yonte en 8 gros, le gros en 72 grains. 

ïln résumé, nous avons maintenant en France trois 
poids et trois mesures : le kilogramme, mesure légale ^ 
la livre métrique , mesure usuelle ^ la livre ancienne , 
qui est encore la seule en usage en médecine et en 
pliarmacie. Pour les longueurs , nous avons lé' mètre^ 
la toise métriqtie et Taune. Nous ayons également deux 
maniérés de les diviser: Tune décimale pour les me- 
sures légales, Fautre conforme à Fancienne pour les 
, mesures usuelles. D^où il résulte deux manii&res de cal» 
culer: la méthode décimale pour les unes, et , jtQur les 
autres, rarîthmétique ancienne, aféc le cortège de 
ses fractions ordinaires , de ses nombres complexes et 
de tous les embarras qu^ entraînent. 

Voilà }e ma} que nous voulions signaler^ voilà les 
résultats désastreux de Tarrété^ ministériel du 28 mars 
iSii2. Nous sommes revenus à peu près au même point 
qu?en 90 ^ nous n'avons' gagné que le système légal, 
qui permet de s'entendre dans toutes les parties de la 
France. 

Cherchons maintenant lé remède, i .** H nous parait 
impossible à trouver pour les poids. La livre nouvelle 
et ses divisions conformes à celles dé Fancienne sont 
trop ancrées dans nos usages , pour qu'on ose songer 
à tout bouleverser encore une fois, en cherchant à 



(74) 
faire prévaloir le 8y$tème légal. Pour éviter les caleub ' ' 
longs et fastidieux qu'^entt^nt les divisions anôennes. . 
il faut dans les écoles enseigner aux élèves à rédi^re 
ces subdivisions eu parties dédmales du kilogramme : 
alors ils n^auront plus à faire que des opérations déci-« 
Xfiûês (Voir la note F ). 

a/ L^aui^ nouvelle peut aus», sans de grands in- 
convénients^ continuer à être employée dans le oom- 
merce; parce que ^ comme nous Tavons dit^ ses ditt* ' 
^ons ipépoi^d^^^ ^ W^ nombre ex&ct de centimètres ^ 
et que^ d^aprè^ Ta^èté 4u aS^ les divisions dédmales 
doivent être marquées ^ur Faunç , du c6té opposée aux 
demirauneS) quarts^ denû-rquarts 9 etc. 

3/ Quan^ à la toiçe métricpie| il faudrait que le 
gouvernement se hàtat de la prohiber to^ement^ pour 
ne laisyr subsister que le mètre ^ dont la connai$sance 
est indispep^^lç jH)ur le Xokp de§ surfaces et des sor 
lides. 

4«* B faudrait que Ton plaçât immédiatement dans 
)es écoles ^ des étalons du litre^ du kilogramme et sur- 
tout du mètre ^ à Yai^ duquel il serait si facile au 
professeur de dessiner sur le terraiii. le centiare oi| 
mètre c^trré^ ^V^i carré de ifo» mètres dexôté ou de 
loo mètres carrés 4^ surface j çt d''expliquer le stère, 
qui est un eube^ dont chaque arête a un mètre de 
longueur^ et chaque face ^ un piètre carré de superficie. 
Yoilà^ Messieurs ) le but vers lequel doivent teur 
dre nos efforts. Dans nos relations avec les personnes 
obligées à se servir des poids et mesures^ fiùsons-4eur . 
Sentir la i^ééminence du système légal sur tput aut^^» 



0ltDS nos relations avec' les agents de t^utonfe^ tl^chons 
de ks intéretôer à Fâdoption dies vues ci-dessus indî*. 

fuées. 

. - - ■ • ' . ■ ■' ■ 't * . ' 

" ^- ' ' ■ '•' 

Système légàL 

Mètie. Dtl-niillkytâèitfé pattie^du quart dtt m^ 

ridiëit iarrèâi^; 
Diécamètre. Di^ mètres oUni^bmème du quart du 

' méridien. > "^ 

Kilomètre» ^ jooo oiéfres ( Eavîroa un qnart de 

lieUe de poste., dnqm^me de la lieue 

de pays). 
Myriamètre. lo^ooo lùètires^mîlHëmepâartie du quart 

du méridien. 
Are. Carré de lo mètres de c6té ou loo 

mètres carrés. 
Hectare. Carré de ioq mètres de côté ou 10,000 

inètres carrés. 
Centiare. Mètre carré. ■ 

litre. Décimètre cube. 

Hectolitre. 100 décimètres cubes. • 
Kilofitre; (Non employé) un mètre cube (on 

100 dédïidètrés^ cubes):; c'*est pour les 

liquidiels la mi^è chiose' qiie fe's^ére 

pour lés bois. 
Sière. ftft^è ihflieVfô^^^dW d^ 

di^ dkquè ar^Va trrt mètilé. 



C76) 
MSl^r ttétr. f ^aoo Iqlogramiiies^. poids au toôaeaii 

de mer, 
Qiimtal métr. xoo kflog. 

iSilogfiuniine. Poids d^uD déciinètre^aibe d^eau^ k la 
temperatur6.de 4^ au^dessttsdeia glace 
fondante ( i^ooo grammes), 
fleoiogrampie. Dixième du Idlog. <m loo gramtpes, 
Décagramme* Cadtième du kilog. ou lo grammes. 
Gr:ai9mçt A&cieniie unité de poids^ abaodonnée 

comme tripp p^tite^ poida d^uu cen* 
tlpftèlra 4Vau k i^< 
B. 
Lois^ décrets et arrhes les plus importants. 

20, 22 Août et i5 Septepibre 1790. 22 Maî^ et 
5)^2 Juillet 1791* 3 Avril 1792. 18 Gernùnal an IQ 
(7 Avril 1795). !•*' Brumaire et 28 Frimaire an II, 
I." Vendémiaire an IV. i3 AJessidor an V, 17 Bru«* 
maire, 27 Pluviôse, 3 Nivôse an VI. 29 Brumaire, ig 
Germinal, 17 Floréal, 8 Messidor et 11 Thermidor 
an Vn. 29 Vendémiaire et jq Frimaire an VÏÏI ( lo 
Septembre 1799). i3 Bruiaaire an IX ( 4 Novembre 
j8oo) et 12 février 1812, 

Arrêtés des 28 Mars 1812, ^1 Février 1816, 28 
Août 1824 et Ç Avril 1827, 

Cl Pî ^^ 

Bases si^r lesquelles ont été formés les tarifs ou 

tables^ de comparaison pour la Lorraine, 

C. Latof^ de Lonaine éqpivaWt^ suivant toi^s 1^ 
auleura, à 1.* 2.f' 9^ 7.-^* ~ de la toise, de Vm^c0^ 



(77) 
M* Dumatl S€»I poite sa vdâi«r& i.^ o^ g^^* to.^'^^ 
mais il est dans Fenre^r* Poar avoir la longueur de 
notre toise en mètres^ il a doue suffi ^ ^''après le» tarifs 
de Paris, de réduire i.* a.^ g.^* 7.''« { eu valeur 
. uetivelie^ et lV>n a teouvé que ac^re toise égale a*^. 
859^35$. Le mètre vmit à sou tour eu toise de Lor- 
irabe 3.f^ 4.^ 9;'* 7,^7^ ou 0/ 3,4977^^» ^P^ 
pprt usttd 2 7 toises fout ao mètres ( à 16 œilEèmea 
près), 

lia tdse de Lori^e se diinsaît eu 10 pieds, le ]^ed 
en ïo pouces, le pouce eu 10 %ue8, etc. ïfous jouisF* 
$ions donc déjà du système dédinal, tant pour les me» 
sures de longueur que pdur celles de surâice et de 
solidité qui en sont la suite. Au lieu d^écrire^ par 
exemple, 45-* 7.P' 5.p* 4-** 9**^"*'î ^o pouvait écrire 
45/ 7549^ De cette division résulte aussi la facilité 
d^^btenir les valeurs du pied , du pouce , de la Kgue ,. 
par un simple déplacement de la virgule dauala va« 
leur de la toise a." 859358. Ainsi le pied de Lor* 
rainé vaut o.** ^859358^ le pouce o.^ 02859358^ etc. 
/.Dv Pour les surfaces. Le joui' de Lorraine (qui 
prenait le nom Sarpent quand il s^agissait de bois, el 
de fmché^ quand il s''agissait de prés ) se divise en 
dix parties apj^elées hommèes, L'hommée est un carré 
de 5 toises de Lorraine de côté, ou a5 toises carrées de 
superficie. Le)our est donc de a5o toises carrées. Ces 
tMses^ se subdivisent , de 1 en 1 , en parties appelées 
pieds, pouces et lignes carrés. 

Pour avoir la valeur de la tdse carrée, il a>douc 
ipiffi d^élever au carré la valeur de la toise linéaire ^ 



(78.) 
cVst^-è^idire de imcuIiBpKer k ùotnbre^*^ d5g358 par 
lid^éme :; ce qm dûntiéS»"' i^Sg^S causés. Un jx^tté 
est tm ceaâate ou la eentième partie de Tare; k toisa 
carréer vaut donc ett ares oJ" 0817S918. L'komméo^ 
a5 fois eette yakiir«^ou a/' 04398^^ k jonr, 10 fd» 
celle dernière Ott.ao.^' 4398a. Le pied ^k pouce carrés 
Tdentk dixième, k deotièniô de k tôise. Unpâed: 
o.^ 008^69185 b potàee: 6/' 00(08759^8. » 

Pour k bois de chaufiage. La conk de Lorrune se 
mesurait mA : 8 ^ de kngneursnr k payé, r^ élevé 
de 4^^* ^ obtenait aioéi une face ver&ak de 3a pteda 
carrés ^qm, mnltij^tée par 4 ptèds, Ipn^aeur dtt bois, 
domiait nn solide âe'ia8 peds^ cubes. Cependant^ 
ai«' lieu de diviser cette corde eni a8 , on Êtisait abstrao-» 
tioii Ae la kngneur du bois, et on nerk divissât «jn^ea 
3a^ pieds, comme la sur&ce vertic^. Le pied de corde 
avait donc pour baoe un pied carré de surfeice , et, de 
le^gneur, ceik àe k bûdîe, 4 pieds. Il valaitconsé-' 
quémmenl 4 I^eds cubes. 

Pour trouver k, valeur de k corde en stères, il^offit 
donc de multiplier 4 pieds par 8 pisés , k tout rédiiit 
«Q mètees : cek donne une sùrfaee verticale dé "s;"^ 
6r6x cadrés, qui, multipliée eUe-mème par'kloâw 
gueur de k bûche ,> donne un sofide de a«'^^|i^e8' 
ou 3 stères, à moins d^un centième près. Le pied dé 
corde égak jj de a." 6i6f, qm est o.** 9350a:; te 
pied cube égale un quart du pied de corde ou o,a3376. 

Depuis Hutroduction des nouvelks nIesliFes , On Uvref 
cette corde à Taide du mètre. Si k boiï^ nWait quW' 
mètre de long , cek semi ûaâle ^ on mesik«rttf troi^ 



(79") 
mètres sur le terrain et oa doaoer^t aa rôle «n ipitre 
de hauteur. Mais le bois ayatit eonservé son aaéiefiue 
langueur de 4 pi^ Ae tiorraiiie ou i."^ i4^) ^ 
faut diminuer Tune des deux «utres diouensîoi^s pour ■ 
que le produit des trois ne £i$s6 <{oe tiMiisa^Mi^ eàb^s. 

AhwnéviïLe^ cm mesure 3 mètres sur le panié^ ;on 
donne au rôle une hauteur de 0488''^ et Ton obtient unm 
surfaqe yerticale de 2"". 64'' carrés ^ qni, rnukiptié» 
par la longueur de la bûche ^ produit 3 '\ 0193618. On 
ue divise plm qette corde qvC^ik 3o^^ dont ohnea» 
répond à un dé^mètre jde longueur «ur le pavé» 

A l^ancy ^ qu a eu une idéemoins h^ureu•e• Oa ne 
mesure siurle lerrain qu^une longueur de 2 * ^ oa 4oane' 
9U rôle I "". 3^^ de hauteur :. ce i|ui prod^t bien la 
même sur&ce carrée fjvCk Lunéville , «t par suite le 
même solide ^ mais il est beaucoup moins facilo de 
bien cordeler ^ur i "*. 3a "* de hauteur que sur o". 88, 
seulement* D'ailleurs ^<m continue à diviser cette cord^ 
en 3a paries cpmme Tancienne ^ et Ton a tort^ cea 
tumveaux pieds de corde ne répondant plus à uu déci*^ 
mètre de longueur^ mais à 0^09'',. plus une fraction. • 
L'autorit^ locale pourrait i^rdouner Tuniformité à cet 
égard. 

E. Pour les grains. Notre resal de blé était un sac 
du poids moyen de 180 livres. H se mesurait avec une 
mesure cylindrique qui efi 'était le huitième ^ et qttV>n 
nommait bichet dans certains Ueux , demi-bkhet dans 
â^autrea ^ en ra<i^ntitout ce qui était au-dessus, d^ i(er^ 
diamètre,, de o^tte mesure. %a compâraisc^ d» poids 
d'm|{(«^è ^^ iim ktQitiSàtm4ia,mhmV^\, a tourr 



C8o) 
|our$ pn^uTé que ces deux mesures étaient entre elles 
comme sis est à ciûq. Ainsi ^ quand le resalpèse i8o 
Hv. ^ Hiéctolitre en pèse iSo. L%ectoUtre est donc les 
f duledal , et le resâl vaut un hectolitre f ou i ^•"^ 20**'* 

LWoine se mesurait avec le même bichet^ ïnais 
Imée jComWfe ^ cW-à-dîre en élevant le grain en cône 
«i-dessus de la partie pleine: ^expérience a prouvé que 
la partie hors du bichet était lainoitié de celle qu^îl 
renfermait ou le tiers du tout. Ce résultat varie un peu ^ 
Sfiion que le gredn est plus ou moins coulant. Ainsi le 
resal d^avoine vaut 120 litres plus 60 , ou i8q litres ou 
t het^olitre 80 litres. Le comparaison des poids a 
donné- le même résultat. Quand le resal d'avoine pèse 
i5o ou i5^ Kvi:es, qui est son poids moyen ^ Thecto- 
^Êre du même grain pèse de 80 à 84 livres ^. Ces nom- 
Inres sont entre eux comme neuf est à dnq. 

Quand on se servait du double décalitre sur lès 
marchés , cinq composaient ITiectolitre ^ six ^ le resal 
de blé.; neuf , le rêsal d'avoine. On ne peut plus former 
tes resaux avec le double boisseau; cependant sur le 
iasarché on donne poi^r le resal de blé 5 doubles bois- 
seaux où 125 litr. : c'est 5 de trop; et pour le resal 
â^avoine [^ ou 17$ litres: c'est 5 de moins. 

\ ' . F- ' . • 

. Rédmre les suhdiidstons des mesuras usuelles ^n 
partes décimales de Vunité Ugcde. 

B est fecile de réduire toutes les fractions ordinaire!» 
en fractions déciihales; \1 suffit de diviset leur numé- 
mteuar par leurdéBognswteur. Les tmoÊÊtH tomplex^ 



peuTent être con^dérés comme des firactions or^niairêâL 
4oiit le dénominateur est indiqué par Tespèce d^unité^' 
Ainsi les pieds sont des 6/' de toise ^ les pouces eut 
sont les 73.** Les onces sont des 16/' délivres ^ Ui 
gcçs en sont les 1 28.** ^ .etc. 

Void des tableaux des prindpides de ces rédodioiisy 
qui pennetbront dW composer des tari&. 



HE8UEB8 BE LOKGUCUR. 

JLc pied métrique = «/s de lob. = *fy du mèu = o." 333333a 
Le po. '/la, de p^ = Vj2 de tois. == */3$ du met = o."* 3777778 
loL hg, •/f44 de pi. = ■>&( de tois. = '/43a dn met* = o.* ooa3i48] 



L^aune métrique = t tn. ^ = i m. ap centim. 



La demi-aune == 
Le quart := 
Ledemirqaan=s 
L&8ciiie=s 



o,m*6o 
o, 3o 
O) i5 
o, 075 



Le demUeise ou 3a*f= 0,ro.o37$: 
Le tiers d^aiiiie==: o, ^o 
Le aud^mess o, ap 

LedpusièBgte = 






10 



MESURE» BE CAPACITE. 



Le boiascansa «^ d1i.=:i2i 1. 5o 
^e demi-bois. = */i6== 6. a5 
Lequartdeb. = <^== 3 laS 



Le dani-litrt ss 
Le quart de litre = 
Le 8* de litre =s 



ol.5of 



(«O 




S^ &* ^ 

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OBSB&TATION8 

V 

JL'AUTEL VOTIF 

fÔSSÉJÛlÉ fJR Ï4 rtllB DX JfJNCTf 

ET I>£Dli A HSIUCISUS M^» l^<K»EIUB 

{HERCtfLflS 'sJXANVi ) ^ 
A t^oeCi^ioN B^im MomjMËirr analogue »* conssiufÉ a0 

^ ^ HTJSÉE DB-'Î^CNIVERSÏTÉ DE BONN, 



jpes Jp^r^tudes qui: r^go^t en/Qore apréjs ,ua grand 
nombre de i^l^ççl^ sur la déiK)]9iiM^^Hi%de^<â!cu»piiis 
4oimée. à Herqu}^ dans les inscpptions de quelques 
3?ionipneote^ et p^rticulièvement; de celui, qui ftit dér 
couvert en i^^ip^à lÏQrrpi^ p^rM. l^efebvfQ de la 
forêt, apçien<K>u^< d« Jfr^i^^Cî ^p.Si^ède^in'piift dé- 
tenpiné à ^^uifemhler lesiiéflc^^si q^i m^oniété sfigg^ 
içées {^ Texamen que; fai^i^ Foecasion de faire dW 
i^nuinent analogue^ oonserivé dans la collection des 
antiquités de rUniversité Wilhefanine de Bonn sur le 
Rhin, Cet autel, formjs de calcaire grepu, a seulement 
4f^, pieds de hauteur, et 12 à ,i5 pouces k U base^ 
il est d\in ti^yaï fert niédiocre, tant pour lés mou-* 
.lures de cett^^baseipie pour^eeUesdu chapit^tt ter-» 
naîné de deu& côtés par des rouleaux entre lesquels se' 
trouve utie coupe en ssdlËe. ^^inscription placée ^t 
iVû^é des faciès ppi:te:'J7er^ii/iiS^ 



(H) 

T. c. R. y. s* i. Bt.p tracée ^ea onractèva» tonteios^ mtfîs 
d^une exécution médiocre (YoyeK Planche II). 

Si nous comparons cet autel aux trois monuments 
semblables^ découverts à di versesépoque^ dans les carrië^ 
resde Norroi^ près de Pont'^à<'Mousson^ département 
de la Meurtbé^ nous trouvons qu'il n'est égaj à aucnn^ 
soit poui^la dimfBiisipn^ soit pour le travail. 

En suivant la date de leur découverte^ celui de t^2t 
(i), qui&it partie des monuments de la bibliothèque du 
roi, parait l'emporter sur tous les autres , non seulement 
par sa grandeur , mais encore par la pUreté de l'exécu- 
tion et leg>ognemBntt;d<itit il est décoré. Parmi ces der^ 
mers, on remarquie la ma^e d'Hercule, outre la coupe 
destinée à recevoir le sang des victimes , qu'on obsei^ve 
aussi dans celui de 17^9 comme dans celui de Bonn. 

L'autd trouvé en 1749 (2)^ I^ plus simple de tous^ 
n'a' à la base et âu chapiteau que des moulures petf 
snllàtttes. Il a été transporté à firuxeBes. 

Celui qui a été trouvé à Norroî en 181*7 1 ®* T" ^* 
maintenant placé à l'entrée de la bibliothèque pubM-^ 
que de Nancy (3), se «ttstingue par sa hauteur de 
4 pieds, avec une base et un chapiteau fort saiUantf^^ 

■■ ' il" I " r' I '1' I -!■ iiii* t 1' ir I Ta '■ i.h 

(1) Voyez Û. Martin, rel. des Gaùt. Il, 3a. PI. 34 ; ttont^aucôiei^ 
Ant. eti^. snppl. II. $0. Pl.to'; ï>tft Ffd^oî» et l^bdotl^t, lûst^ 
ae Meti, I^ 1% PL a4< f, S^D. Cabiet;, NotktvAtfig; Ss^ 

- (2) Vcr)ra I>D. Fatt9»is«t>TaMaillotYl. c^i;4^P. Gahuet^ L c^ 
^33. : , .. ., î ^ . - ._ , ..,: 

(9) Voyez Précw des traya|ix de la Sociëtë loyale de$ Sciences ^ 
Lettres et Arts de 9ancy, i8:^3a, paj^f 197 * el la planche II du 
PréMS de i8a4-al. - - - ! 



(85^ 
«^db^i^ ^M&&l^ ùè TolÊèmx ^ m^lk prfté de la cotij^e 
observée dai^ Icis êettx autreâ. Lie travail en est faible 
et aSBes sesiMable k celui de Bonn pour les moulures* 

Ge <}ùi diêtkigue sui^oui ccfs monunientS) ce sont 
les iiMerîpttonâ que ndas Wnoîii rapporter. 

L'ibsàripti^u deTautd^âe rj/ai porte i * 

!• O • H . ET HÊa 
CyLI • SAXA 

SACBV^. 
P.TALPIDiVS 
■ ^ '■ '* CÏ-EMENS>- 

iWa . TIH . ATO ♦ 

àînsî traduit dans le 2/,v9L du^s^ppl. de rAnliquké 
expliquée de Moatfaucon :, Consacré à Jufriier^ trè^ . 
gr^nd et très'éonj^ et à Hercule de la roche ^ Publius 
Talpidius Çlemens de la légion VIII Auguste et les 
soldats de la rnên^e légion imt Oi^on^li voloH$i^s 
leur vœu ^ çonjme le de^foifle^ cptrHrmndaif. îiom I* 
tradi^j^jS) en ajcmts^t rintergrélÀtion de la sij^ >.^ 
considérée par pliisiej^r^ ^nliquaii^ea, et pwr M. d^AUon-^ 
\îlle (^Ji^eomme l^^sîj[oe de la dijfjiiié du .personnage ^^ 
après le nom duquel elle se trouve placée : A JMpiter^ 
très^grand et très^boïê ^e% à Hercule^ des rochers^ 
PuBlius Talpidius .Qem^s p. centurion de la légion 
VI II Augus%e y §% les soldau de- là même légion ont 
acquitté /voltm^rjetmnt hHrmmu^^omnÊe ils le dt^ 
ayaient* 



(t) Âiebite» a« PAeadeiiàte de Nanicy. . ^ 



(86.) 
L'io^pti^ gravée sur Ta^el tjemm en i?249pM»«: 

BEIM^Ll SAXSANO lET , 

UÏP. VlSPASUNO 

AVG. ET TITO IMP. ET 

DOMITIANO CâESABI 

X • VBIVB HAStiAUS 

* >IMG ..X CBH « ET QQaOfili 

TONES . VEXILLI • LEG . EIVSD 

QVI SVNT SVB CVRA EIVS 

y. s. L. M. 

Cést-à-dîre , à Hercule des roches et à t empereur 
Vespasien jiugmte et à Titus Imperator et à Dom^ 
tien César. Marcus Fibius Martbii^ centurùm de la 
légion X Double ( Gemina )^ et ses compagnons y les 
vétérans de la même légion ^ qui sont confiés à ses 
soins y ont acquitté leur vœu vàtontairement et comme ' 
ils le devaient. 

Le troisième monument votif ^ trouvé à Kofirm en 
1827 ^ et que nous avons dit être placé à l'entrée de la 
bibliothèque publique de Naufcy^ se compose de deur 
parties : i ." de Tautel que nous avons décrit 52/ àSiue 
inscription qui est distincte , et qui a été séparée du 
rocher sur lequel elle était gran^ée dans les galeries 
anciennes des carrières de Norroî. L'^aulel a «té trouve 
au-dessous parmi des déblais de 5 pieds d'^épaisseur. 
L'inscription porte : 

HERCVLI . SAtSAT90. 
VEXtLLAKI . ZE* XXI . RA. 
ET AVXILIA . EORVBI ..GB 
ORTES . V QVI . SYWT .SVB. 
L.POMPEIO . SECVîlDO> 
LE.XXI.V.S,L«1£« 

ËQe a été,^iiai traduite par M. le cojnte d^AU^l^iU^ • 
A Hercule Saxanus^ les vexillaires de la vingt'-et'^ 



) 

Uaires cinq cohor^s qtd ^nt sous Lucius Pompeius 
Secun^us p, ^cenfurion primipïle de la légion XXI ^ 
émtucqvUpé un vcfu de bon gré ajustements 

I^aiis riascnptioo.,de l^autel de Boimj^ ^ercu/î «S^^ 
^^filhriç^hwtis t. c. h. r; s* l. jt.^ on yoit ^9 s^ 
sqvX les vétérans d'aune cohorte qui ont ibrmé «t ad* 
^qjuitté un vœu envers Hercule des rochers. 

^Q«i, {^^ ^^ monuments dédiés à H^cule d^ 
.roc^r»^ Hercules Saxanm^ dont M. le eomte d^ÂttocH 
viU^ porte iei^ombr^ à neuf 4^ns sa dissertatÎQo sur 
;yaulel,vc{j^^4? li^taçy , troi^ ont- ^té Ic^u^é&Ji Norroi : 
Tua d^e^^ le d^i?nicr, a été i^vé des carrier^ dçnt 
J'isiunense étendi^e annonce de vastes exploitations 
faites a des époques éloignées les unes des autres. Tous 
sciBt formés de pierre calcaire , et ceux de Nprroi d'uô 
calcaire ooBtiq^e semblable à celui des arches de Joui. 
^ X)''aprèff ces faits, si nous recherchons quel a été Tévé» 
,ae»eïit pour lequel les vœux contâtes par ces n^ontt- 
ments out été fprmés , nous trouvons une grande divec^ 
. $ei|ce d^<^pinion entre les auteurs qui se sojit occupés de 
oeite qoestipn, I^e double attribut d^Hercliley invo^ 
<{ttéjîomme le dieu présidant aux rudes ttavain^ , aux 
çpusiructions , aux chemins , aux rochers , aux car^ 
rîères^ etc. et celui de protecteur des guerriers, ont servi 
de ba$e à des opinions fort différentes. M« le comte 
d^^Ilonville , dans la dissertation que j''ai déjà citée , a 
eti recours à d^ingéQie«^s.hjppthéses , à des rappro^ 
^k^Qaents l^tôriq^es forts, savants , pour prouver que 
«fs /mottum^nts de vœux faits à la dîlFWlé désignée 



des rochers y font Wk à h «aile d^fénements niSi^ 
Uires ^ en recoûnàiftsance ^ ^ccès obtenus dans le* 
combat; Je ne me propose pas de le notre cUus aeft 
^Éfèbllei^ches intàressaitrtes sur ror^hrisalion làffitatre^de* 
'Roiii&m$ ^ M dans àes iu\^irg&tioni hiskiriqEeB «snè 
jeft événements à Ppccasioft desqnds il pense que ees 
inonuments t>nt été érigés ; mais je ferai observer cpiè 
b seul anquel oa puisse attribner une dftie cectamt^ 
cthA de 1749 ) pouvant se rapporter à tous les lUts 
Itailitail!^ qui ont eu lieu durant le tègae de VeiçstN» 
sien^ c^est-à-dire pendant une dutée de dit aûs^ si 
Vim se borne au règne de ce prinée raéme ^ il ^H 
fedje de trouver quelque cause de ce genre à-la-^ 
quelle il puisse se rapporter, sortoi:^ i àne époque oA 
les légioâs romaines , stationnées aux lunites de Fendre 
•potir le défendre cotitre les voisins et tenir les peuplés 
conquis dans Tobéissance, étaient presque coutinurfl^ 
ment en guerre avec les uùs on les autres. Les troii 
autres monuments n^ayant aucune date , il sera Bien 
plus facile encore de trouver, pour fépoque à laquette 
tfn voudra les rapporter, des événements capables dé 
sèlislaire à Iliypothcse qu^on aura adoptée. Or, psHRtni 
ies événements de ces époques, je ne vois pas pOm^ 
quoi on choisirait exclusivement des faits miKtàires^ 
lorsque la divinité envers laquelle le vœu est acquitté 
toW pas essentiellement guerrière. £In effet , Hei'cûlè 
lest plutôt le chef, le modèle des hommes généreux tc^ 
vaillant à purger la terre déchirée par des motl^Msi 
^ deft èrîgands*^ que k dieu des guemerft vouésri de 



(«9) 
gl^»l^entr8piim formées ^xxt subjuguer les u^tloD^^ 
i|cc«(geij ie$^ 1R%Ï^ ^ ''^^ V^^ les protéger p^ des 
^q>lpî$Si iscùéSf. JP^ est ^'ailleurs te rajUls^iU ûk 4^ J[ut 
p^^ îaïf oqué s«)us ta^ de dénois^aliâus et à tai^^ de, 
Iiiii^y4|a^ttj|]^ iffffiU^ iii4ispei)^t4^ dVxarder Tobjel 
éa ytmm.s^mc h déi|€qoitiaUon spétia^e sous laquelle ^ 
priait 4s^|fl^ inoifai^put qui lui est ççns^crér Je ne 
«KB^ P^ p^ni^iqi^i il §i,uf^ été d^î^é pçir k wMr^ 



^lÀt «Ni fjlCHi^ dfmti^fts 1^ qi^e $e^ fui peuveol 9a 
i^sqpl^iiilec «1^ çqiçb^a ^ WS ^caiprièceii , e^e$^^t*€^e pour 

^luseiit M«ÊqiiHj(ës à rd«;i^ 4^ s|tcQ^ oJ^uu^ d|ips 
Iglcto^Als^) sana âqicie $o)& nopi nVflyrait pas été suivi 
^Jlgm teBe qi|ali^i^a^t|Q^. 

Sanoi les tï^vaiMc qui ont UWtiîé la v^ 4'^Qeri^u}e ^ 
rw 4m phw fameux «, ou peut v^^^ 4\^ k plu» 
iNff¥$îIieiix^ m IVm verdure cN^ ^éh^çit de Gibraltar, 
^ #'opé«i d'uB ^0up de mas^ue^ eu séparant Calpé 
^gAbîh* Cîeite ^odigi^n^e ^pét^ii^u a taut de mppod: 
9â$ee les Iravaiïx de carrière exécutés par les légions, 
jç^mmea^ ^e je éuis porté k vtivwHire que les autek 
^ppaeréff 4 Ster^si^e deç rpcl^eTa) out élé destinés is 
C9i^Nea^i«(la «Réu^oire d'unyoe^ acquitté pa?lesgfuerrî«r» 
tfé^f 9mt neiumés , sfoât ii^dî^îda^lleoaent^ $oit cojlec-t 
#l^HatWt<^ fprès Bvm^ terçaîné leuns grandes exploiter 
tî^^f^vopFes^ fo«ifti«^ aux ^onstru^Qnsnunibreusea «t 
KWW Wt d^ 0^mt9ii(fSim^ dont m voit ie&diSiris dai^ près- 
^pne tati}$f}i^P03^<Wi»i^A4^ dwiinatian cQuisHae. i»«etier 
fBppKfîiilMin »^>*«***^B^ ide bi f^éaiymatlifift dff ifeiwifttfif 



(90) 
donnée k Hercule pouvait présenter quelcpe oliScct-*^^ 
rité^ le monument de Namryr servirait plus qi^aucmi' 
autre k en prouver Fexactitude. Les guerriers rémains* 
semblent en effet avoir voulu préserver la postériM^ 
de toute erreur à cet égard, en fixant Pibscriptkm' 
votive , non à fautel, qui potivàit être transporté lina 
du lieu où ils Pavaient placé , comme 9 est effectitemelttt 
arrivé aux deux autres <)e<nt nous avon& donité b dei^' 
cription, mais en la gravant siiT le rodier ménîè, 
cbai^é, pour ainsi dire, dé témoi^er à lâfbialEMir 
reconnaissance cfnters le Dieu qui les avait prot^é» 
durant leur rudes travaux, et de £ure connaître ces- 
mêmes travaux k la postérité, par une dénonnnatiotl' ' 
* p^aitement convenable au lieu*oA nnsoriptnmëtrit^ 
gravée. Et pourquoi les guerriers de la aï.* légion- 
rauraient'-ils placée dans une carrière ^ dans un 'héi^ ai 
peu accessible , si loin des regards du puUie, sHls n'^ed^ 
sent voulu perpétuer le souvenir de leurs travauirel*' 
de leur reconnaissance envers le Dieu^protisctMr, doiif 
l%istc4re nous a transims ^es tiav^ux si analùgued^ani^ 
leurs? ...,,-. 

Quel rapport peut avoir avec 'des événeinenls mn 
lïtaires une inscription fixée dans une carrière et dé** 
diée au dieu des roçbers? Les monuments cèniiaci^ 
a la mémoire der événements militaires , des ooakbata^' 
des victoires ^ des conquêtes , se plaçaient isl^ lél 
g^nds ch^nins, aux entrées des viHee , Sur les fht^ 
publiques , enfin dans les lieux lea- plus appivéHI»^ 
ils étaient généralement somptueux^ ife poi^laiénl^ 
Mma iikstrea «mservéi d^ 



(90 

<)l«8A«réiâent déâîésaxi plus excçllèat et au plus grand' 

im fiêiïX , à Mars, «fieù dé la guerre ^ à Pallas, à la 

Afesse Vîctoîte^ comme ou le voit sur un autel élevé 

4liitfefefê suf^let place puMîque de Bonn, maintenant 

conseil dans le musée des antiques avec cette îns- 

é^tioa: Ihct f^idtoriœ sacrum. Ici ce sont des monu- 

âlietlt» sittl^ess, pres({ue grossiers <, établis en des lieux 

peu apj^av^nts , consacrés pai? des soldats , des vétérans, 

des auxîliaîres et des centurions dont les noms sont 

kâéttmîs danj^rtiistoîre. €» nous devons le remarquer, 

kfe ^icls Bommés dans les^ inscriptions , en donnant 

ttéfBûPè à \mt grade et à leurs^ £)nctions fimportance 

* tput Imir i^lj&ne M. d'ABonville, ne seraient encore 

^e #e8offi£iléi^-i^alternes, plus^ propres à surveiller, 

à.i}ilig«ï;des traviiireu$« pris parmi les vétérans et les 

S(rfâats<^ufiés àleurs soins, sub cura e/i&y ( inscripUon 

d«ï^ montiffient de' 1 7 49)^ qu'à les commander isblé- 

flietit dans les combats. N'oublions pas que plusieurs 

de DOS inseriplîons ne parlent que d'un petit nombre 

de gaex^i^. Dans Tune^ c'est 5 cohorte, environ 

éêeiik iïiille hommes:; dkns trois autres, ce sont des 

vftéraitiS , àéi auxiliaires en nombre indéterminé ^ une 

jféale notncàe tes soldats d'une légion^ enfin le nombre 

âe- àiêSr' guerriers peut concourir plus utilement a 

3itf . kiÉ^ux d'exploitation ou de construction qu'a 

eUtiSilk Se grands résultats militaires. Nous croyons 

^iHref ôpiàion d'hantant mieux fondée , que la supposi- 

i^ÊL --Wxiïx vœu coûimun à tons les guerriers indiqués 

Afh^"fé9 divers iftionuinents, nous semHe purement 

lï^fj^ôtliéti({te. Kbus pens^ âtt contraire que oha<^ 



(9>) 
tpé c6liorlè cm légioii atirail ac^pfiMl v^ ifc^t i 
Hal^ ^ mais non commun, pour des traira^x analogMes^ 
mais non fiiits en commun, et {iei^4tre exéculés ji;4ei 
épo<|ues difFérenteâ. ^os mcmiiments .enfin, 9» Ue^i 
d'être dédiés au plus puissant des dieux, aux tfmi^ 
qui président aux cornets , portei^ h titre ift ft d »<ft> 
de Saxanus , du dieu pr éûdant anx tt$mo0^4SgA 
e^ent moins le coprage que l'emploi 4e k foioe nupi» 
culfdre. 

Je n'ajouterai plus qne qaek|ues rélfekknis Ijipéil4t 

f examen des antiqiâtés du pays et des Ueux cfk^^onÊÊf été 

exécutées les grandes exptokations dont nns^uM^i^i^wi 

doivent rappeler le soutemr» Si la eoufe&^tfiee d^ nai^ 

nument avee son su|et peut fttr^ qonte80e, c'edsa^ 

doute quand le fait est apocryphe <m p^i rnsév^orsiib^ei 

Mais ce principe ne peut Mre oppqsé à n^crti^e afi«pH9»ii 

sur Torigine et le lM|t des yœux &S^ f H^^pf^,d^ 

rochers, et constatés par les monnoM^nts .,qM mtm 

avons décrits, et particulièremeiit sur x^oi d^J^i^i^ 

placé dans une carrière. Tout ce que les B4>iBpiQS:eqEf 

treprenaient était empreint de leur i^ndenr^. leurs 

constnictions , souvent colossales , exigeaî^Bt des «x^ 

ploitations proportionnées et par là même dignes^ d^ 

mémoire ^ et si tant d'autres lieux w^ pfO«iyalen| 

cette vérité , les carrières de ISforroi n^ffir^^eytft-- pour 

la inettre à Fabri de toute espèce de donte^ Jl^îfi^ 

seulement Fétendue, la longueur et la profondeur,^ 

galeries dont les tracœ subsistent et remonteutà dei 

époques éloignées, attestent des travaux et en don^|^ 

la mesure^ mais pinceurs m<>nuinents ^iiqoite di^out 



? 



èe ilpni^ f^t^f^smÊfle^ A&mê dW imoieiise «^d^e, 

mm^ f^AmsÀ GsxieBoxim espice^e de» 1 trois HeiMS, 
Mv&i^ïim^^ r^i ea.gÀiér4 i|ii^uik^ signe de la pu»- 
s«iil^^ J%«iiiiiips, 110106 «nojtlént'à nitiie cDj||précier 
.^i^j^f^^iitme:^ h mulAipëâté de lean t£»Tanx. Ea 
^tiffis&f ffl^^od on. eoifmioe la strnoture de ces arçbe»^ 
qu^ Von croit conimnnément composées de briques ^ à 
çmie de ru^i£>i?imjlé <fe leurs â^ntcntfr^ on trouve que 
$f «imt i^ée)}$nBie;Bt dçs. ]|prianes de pierre calcaire^ 
USjim jsm^^V^ ^lAjsae moièle^ et propres à nom iflr 
^il§m:^^M^ réâjBf^oe. 4^ esKfilpxtalions capables de 
^ruir # ^ttejnuu^is^coustruc^oa ^ que la. mult^ft- 
cité,^mtii^yaiimd0 détail nécessaires à la préparatîoti 
d^s. ipai^iaus;* Mais Vaquéduc de loui n^'est uila seuléi, 
ni Ifi'j^lus 90^94^ oopstruçtiou dans laquelle les Ro^ 
pism9^ l^^f:l^lle^tSv<^9nstru^teul:s5 employaient dsii 
m^térifi|K 4pù av^ii^U^igé tautde peines et de tempa 
l^eus-vÇ^nn^^OQs une ,til|e entière, presque ignorée 
d^s.^aljiqualrefi^yaist }es recbercbes de M. JpUoissar 
j»ii^li9»{èMxéatre4oMiL^4^^^^ ruines et donné 

l^^pj^^ .yiUQ d^i^nke.ji ^e époque inconnue, dont 
)^ é^^^ se compossôent de matériaux ainsi prépar 
féf ^ et jg^f&^^Qls pîimr ^on^r^ire 3 à 4^^ maisons 
qp £^^i^t la c^^^mn^e de Qrand , à ti^ois ligues 
1^ Kç^iphpteap , dép««rtei|ient des Vosges^ jeaatériaw 
dosil «kl resrtes devenus inutiles |)résentenl des masses 
4i¥Mrmes qpû couvrent an loin les plaint environ-» 



<s 



(94) 

imisiiiaposattlsf^ar kttt élendue que^^laaiiikiplicité 
im fpâraticm sccoiwiaîcesgt k lemps qu'elles eid-* 
gmieilt , a^étaknt dooe pa» iadîipica de méiBoire ^ «t 
IVa.iie doit pas s'étoaoer ^|iie ksfpaemen i|iiir «t^iettt 
«nplojil leur fcuree et leMr adreiie , «onciHRé wtef«MN 
lipu de leur TÎe à les exécuter^ y wnêt altac^ ^ges, 
d^importaoce pour acquitter le Toen quW avaient &nhé 
en les commençant , et transmettre à la postérité le 
aonvetiir de leur reconnaissanee enyers la ditinhé-dont 
ili avaient invoqué le secours durant ces kingdes et 
j^ibles entreptises. Si à ces réâe:i^iis «iMs&a}OQtoQ8 
^e des prismes de |»erre toulHSH'fiât ^eniMahies à eeux 
èm arches de Joui et des é^âees de Giaud^ ont été 
trouvés dans les carrières de Nôrrc» , et quePexamen 
dés matériaux de ces {précieux restes dfe la donnua^u 
-fomaine ) prouve ^ soit dans leur structure, sott/daos 
leur composition minéralogique , qu^ik ont une iden- 
lilé parfaite avec la ro<^e sur laqudle ^s^k tracée Fins^ 
leription possédée à Nancy, et quHb appartiennent tems 
également au calcaire oolifique, nous aurons dé non-* 
vefies raisons pour reconnaître que les grandes exploit 
dations, caractérisées par les traces et les délïris des 
antiennes carrières de Plorroi et d^Ancy pires de Mfets ^ 
^iènt destinées à fournir les matértemx d'immenses 
eonstructiôns qui , sous tous les rapport ,' étaient dî^ 
^nes de mémràhe ainsi que les travaux ai^quds elks 
avaient donné lieu. Les détail» que umB* promet If ^ ' 
LefeJbvre de la Forêt sur Félendne desaïKJennes car- 
rières de Norroi , ceux que nous avons sur celles d/Ân-« 



: (95.) - 

ea à froh^Hemmt fôlitiii les matériaux ^ tandis que 
cdks (HStorririiicniriiissàieiit aux cpmtmetioiis de Seaiv 
poue ; tous ces détails eonfinueront saos doute notre 
o|àiion r<^atff e à IV^ine 4^ amteb motifs consacrés à 
Heeenie d^s rockers par les soldats romanis ^ reeon-i 
UMssants enyerr le dieu protecletnr do leurs longues et 
labonmises exploilaticw • 



WOTICE 

AVti LJL CHAPELLE DE BERMONT^ 

C^tBAE DANS Ii^HlSTOIRE DE JE^IfE d\kC, 

wAti iM jdteis. 

. A lV)CCasîon de IVnvoi fait par M. JoUoîs de divers ou*, 
▼rages, où cet habile ingénieur, oe savant archéologue a ras- 
senblëdes recherches intéressantes sur la ville d^Orléans, sur 
le sî^ qu^elle soutint en 1428 , comme dernier boulevard 
de la monarchie française , et sur les monuftients élevés à 
rhéroÎDe qaî , par la délivrance de cette ville, côneonrot si 
pittssaHnment au sakit de la France \ après avoir rappelé ^oe 
qçLt fingénteux architecte des monument érigés à Dom^Ren^ 
cMi rétablis par ses soins, a fait pour la gloire de rhéceS»^, 
II. de Haldat a fixé Tattention de PAcadémie sur la restan- 
ration d'*ao monument fort "aHcien^ dont Fhistoire est liée 
à cetle de Tillustre leanne. Nous extrayons de ce rapport 
h notice suivante : 

Tons les historieDS ont {>arlé dVn oratoire où b 
pieuse guerrière se rendait souvent dans la semaine et 
exactement tous les samedis pour y prier devant llmufe 
de la sainte Vierge. Plusieurs s^accordeat à reconnaître 
que Q*esi dans cet oratoire, où^ gémissant sur les maux 
de la France et demandant à Dieu y avec la fei^veur de 
la foi la plus vive et du patriotisme le plus pur^ la< déti- 
vranœ de son pays , que Jeanne reçut lei» premières ios» 
pirations qui la déterminèrent à voler au secours d''Or- 
léans, avec la conviction qu^elle en chasserait les Au* 
glrâ 9 et placerait à Rheims la coiirpane sur la tête 



(97) 
^ son roi. Qabîque âWres historietiâ en plus granA 
nombre aient as^|;né d^autrés lieux à ces premières 
inspîratiôns'^5 toujours assure-t-on qu''un oratoire peu 
jB^ânt àé Dôiiï-^flémy ^ a été fréquemment visité par 
die , avant ^n départ pour Mois. Cest sur cet en- 
droit qu^il existe entre les récits des contradictions^ 
dont rotsctiiîtê ne me semble dissipée que ^depuis 
répoque très-récente, où un généreux citoyen , M. 
Sàincère de Vaut^ôuteurs, propriétaire, à Gonssaincourt, 
de terres -voisines de celles qui appartenaient à Tanciemne 
-chapelle de Bermont , sVsl proposé de Tacquérir pouf 
^enr assurer la cotiséi^vatîon. 

La catiàe des Cncèrtîtudes dé Thistoire vient de ce 
que deux ôratdfré's ont existé dans les environs de 
Dom*Remy : Pua bâti dans les vignes au sud-est et k 
un demi-quart de lieue du village , dont il reste k peine 
quelques vestiges^ Fautre bien plus important, situé 
à une demiJieue de Dom-Remy , entre Gonssaincourt 
et Greux, aux <;onâns nord-ouest de cette dernière 
comniunë. Oons^tuit sur lé plan 4o Féglise de Dom- 
Remy, il est encore debout ^ mais , abandonné depuis 
cpiil a été vendu comme propriété de TÉtat, il était 
menacé d'une ruine prochaine. Uexistence de ces 
deux braloires dans le voisinage de la patriç de Jeanne 
cf^Arcf^, expliqué Hncertitude des auteurs sur celui qui 
fut Pobjet particulier de ses affections pieuses et de se$ 
fréquentes visites. Plusieurs écrivains ignorant rexis* 
/tënce de la chapelle appelée Noti'e-Dame de Bermont* 
lâoîft nouS venons de désigner la position , ont attribué 
a.1fôpatdire très-vôîsîn de Dom-Remy ce que Thistoire 



<88) 
Si sans doirte de tém à^é ei^lre (hesm ^ ^U mÊs m» - 
court. £Dtrain€ par Toi^moQ de quelques» 1iabitetisl$ 
du pays qui m^ont laissé ignora TexisleDee de la cfaa* 
pelle de Bermont ^ j^aî partagé ce|ie erreur jpsipi^à «ef 
derniers temps« M. JoUchs lui^inème) (jpi a 6ât tiail 
de recherches s^r Thistaîre de. rhérotoe ^ et iMbiplié 
ses voyages à Dom-Reaqr^ à Troque où il dirigeait k 
coûstructiou du monument qi»e nous devons à so« 
talent^ a confondu cet oratoire absohimei^ ruiné avec 
celui auquel les p^^lerina^esde leanne avant sa mission 
guerrière ont depuis donné tant de célébrité, et que 
les auteui^ ont dé»gné sous le nom de« Notre-Oaille 
de Bermont ou Beaumont^ Je j^rtagems encore h 
même illusion^ si M. Saincère, ainimé du npble désif^ 
de réparer un monument qui oonserve dbs, souveoîiRS 
glorieux a sa patrie , ne m^eut conauké sUFFauti^enticité 
de cette chapelle, t^eu satisfait de mia réponse à la 
demande quUl m^adressa, il en fit hii-méme une antre 
où se trouvent des réflexions cpii mWt détermmé.à 
de nouvelles recherches que fai désiré swmettrt aux 
lumières de FAcadémie. 

M. Saincère , disposé à acheter la chi^eUe de Ber^ 
mont désignée par. la tradition comime Fobjet -spécial 
des affections pieuses de Jeanne et le Jbut deaes visites- 
fréquentes, était arrêté par son incertitude sur la fidéh^ 
de la tradition qui la présente ^ximaie le lieu- de ses 
premières inspirations et par la. coëràtenee de Fatpçien 
oratoire situé près de Dom-Remy» Noos croyoi^ 
facile la conciliation des historiens, en réfiécfaiasaat 
que. malgré la j^r^babiltté, des ifWles 4^ la- ^^emo 



(m) 

J^^ftiibe à rocvld^^olski àé Don^Bem^^ Û ûé peut être 
imMiA&cé oimBsie Tobjet sp&âal de ses affections^ et 
k:}n2tâ<^pâmiia{|;es ^ju^^ finsdit souvent et régfi-* 
Kèremeikt k samedi de chaque semaine. On doit re- 
Iftavcp^ avec M. Saîncèrc^.que le mot pèlerinage, 
pa4? Jefttel4es auteurs exprîmientces pieuses exùUrsbns, 
ne convenant point aux visites d^un oratoire aussi yoi« 
sîa de son domicSé que Tétait celui dé Dom^^emy^ ne 
fesA se raj^^orter qttlà eeM qni en était beaucoup 
l^fbs 4loigné« Ainsi la tihap<^e 4e Bermont^ distante 
d^une 4ew^Ë«*^«} pouvait ^e le btit de ce c^ovl 
«lûxsinflât un pâkrin^) à rimîtaëon des pieuic visiteurs 
de la Terre^ïâptfEite et i^autres fieux vénëréâ. M. le 
^mn de Cbanneltes^ celui de tous hs biographes cpi 
a fiût le plus gra^< Bombre de recherches sur notre 
héréâ^ie^tpadrle a^fec déiml du pèlerinage que 1^ jeunes 
l^ms de Dom^Acmy et de Greux faisaient ^ à certaines 
^pg>^ès,de Pannée^ à Kotre^Datne de Qermont^ pour 
y^ pf a^(|lier un acte de dévîïëon désigne daris la tra^ 
du#G^(Hi latine: des dépositioiis fiiites au prbcès par lès 
nkQ^&Jkc^esfiosfoiUes^ « Jeanne s^ rendait, dif-^il^ 
c.jQâ> «pélcrînafe hi^tuelleniënt tous les samedis, ao- 
€ compagnée de sa 8oenr,.«.< y portait des^ chan- 
A délies que, selon Tusage encore pratiqué dans nos 
« i^ses^ ^e aSumait devant Timage de Kotre-Damé ^ 
4t À laqu^b eHe adressait de ferventes prières. » Lé 
naot'pâennage^ coasacfé parties écrivains aux visites 
à.No^ce-Dame de Bermont, nous parait si propre il 
indi^per ee s^oratcâte^ que M* Jollois, en coh- 
ien^lifl^ les lias tsmwàh f«r les auteim , a em de^ 



(i<io) 

ce genre^ élites, à nue âbtaneç inférieure k fidh ^ 
sépare TégUse cies hafaitaUûii$ dans b^auôwp <)e. ooè 
€Oœmune& rurales» 

Un autre motif des incertitudes de M. Sainoère.élâal 
fqndé sur les yariations det auteur» et dea titres relatif 
à la déBQutmation de la cbapefle dont H désirait &ire 
Tacquisiliosu ËUe^steu efiet ooiboiée psu* les>éeri?aiii0 
Notre-Dame de Bermooi on de Bdmoet^ et les ^ 
Ires anûens l^d^oaieut jcomme dédiée à St. Tbiâiaut. 
Loind^mitir^ quelque consé^pieace dé&trôrable àoNitPe 
opinioB ^ il nous semUe au contraire cgate ces àémmm 
natious autbenticpieS'âoîgmat d^nithi^^H&eflit toute4:<nH 
losioB avec Toratoii» silué pris de Dom-^emy , que le» 
plus anciens habitants du Keu^e ireeoatiaiise^ pas aftok* 
été ainsi appelé , et dont la dénownation ^éciaSd est 
saéme ahsdumeni oublie. Quant à cette deItotre4)ame 
de Bermout ^ on ne peut douter qu^^e ne conmopi^ à 
foratoire ^ chapeHe ou erantage ^ wtilé «fix po«fiiis des 
territoires de (ji^x et de Gotu^amcoiirt^ parce iqée h. 
contrée où^Ue est placée se nomme eneore Benaont^ ^ 
qu^unegraude pièoede tenres, attenant smm aseiènnesdé* 
pendances deJa<Aiq[>eiIe, et qui appartient kM* Saineère^ 
est nommée dam, ses titres Corvée de Beraftont. Ei^it 
le pouillé du diocèse de Toid lèverait toute difficulté^ 
a!il pouvait .en exister «noore. Cet aoden état des^éta^ 
blîssem^aits et li^ns ecclé^iastiqnea de ce4iooèserelatv 
•a ces termes : « lia chapelle de Berraont^ ternaire dé 
c Gremx , qui é^t autrcfpis-w» keèpila} de lé^^euSîÇ 
ccUed^nd di^Gediionvq^^ liè^M^M 4la maison 



(loi) 

«deTofatoîtè dé Nancy, La chapelle est décîîée à 
c^. l'hiébaùt. > Il est donc constant que la chapelle 
quîa fixé PattentîoQ àé M. Saincère est bien celle que 
hs auteurs désignent sdm le nom de Notre-Dame do 
Bênnôiït ou Belmont 5 et Ton ne s^étonnera pas de cette 
légère "variation quand oh connaît la maladresse et* 
Tignot^nce de^ copistes. Nous ajouterons qu'il y a lieu 
de croire ^ue primitivement ce fut Belmont ou Beaiv- 
mîônt^ à fâisotî de Félévation du terrain qui en rend 
Faspect agréable etiTiorîzon étendu. 

Il ne reste plus qu^une seule des difficultés proposées 
par M. Saincère 5 et dont il a lui-même trouvé la solu- 
tion : ù^est celle qui semble résulter de la double déno— 
B^batioû de Notre-Dâmê de Bermont^ donnée à une 
chapelle dédiée à St. Thiébaut , comme le prouve le 
pôuillé de Toul. D'abord îl est constant quil n'y a 
jamais eu qu'aune seule chapelle à Bermont :; et il y a 
encore lieu de croire cjue la grande confiance de Jeanne 
d^Arc à fa Ste. Vierge , connue de tous ses biographes ^ 
qui d'ailleurs ignoraient le nom du saint sous Finvocation 
duquel était placée la chapelle de Bermont , leur a fait 
supposer qu'elle était consacrée à la Vierge. Sa stati^e^ ' 
qui ^ d'^après le rapport de M. Saincère , s'y voit en- 
core^ dépose en faveur de cette assertion, et tout 
nous porte à croire qu'elle y était déjà du temps de 
Jeanne. 

Nous n'ajouterons plus que quelques mots relatifs à 
l'hiistorique de la chapelle de Bermont et au projet de 
M. Saincère. Il est certain qu'elle fut fondée sous l'in— 
Tocaition de St. Thiébaut à une époque éloignée par 

i3 



(im) 

quelque perçoonage pieux^ probablement au teinps 
où la lèpre, répandue en Eiirope , cLéteraéna k fon- 
dation d^un grand nombre d^étabUssementt semblables ^ 
qui recueillirent les msJheureux poursuivis par l^u- 
tipatliie publique et dévorés par une effroyable maladie. 
Cet hospice était doté de plus de 80 jours de terres cir- 
convoisines , qui , de|>uis la disparition de la lèpre , 
furent d''abord appliqués à IVntretien et à la desserte 
de I oratoire , eusuite à la congrégation de Toraloire de 
Nancy. Vendues en 1 793 conune doBEiaine de Pétat ^ ces 
terres divisées, après plusieurs mutations ^ entre tm 
grand nombre de particuliers i, ont été enfin cédées à 
M. Saîncère , dont Tintention était dWurer la coqaer- 
vation d'un monument auquel se rattache une «gloire 
qui rejaillit sur la ville de Vaucotileurs , sa patrie. &i ap- 
plaudissant aux vues patriotiques àt ee ginéteax ci^ 
toyen , TÂcadémie se félicitera sans doute de toit 
éclaircie une difficulté historique maintenant à Fabiî 
de toute incertitude. 



EXAMEN 

JMB HITELIIUES HONNiJlW 
BES PIIEMIEIIS BUCS BE LORHAJIffi^ 

' ti«i seuls imleiirs qui }tisqa''à ce jour aient puUîé 
«bs recueik fie menoaies des ducs de Lorraine ^ sont 
Baleicourt et Dom Calmet, Deux autres encore ^ Du^ 
ôanige et Tobiesen Duby ont effleuré cette matièi*e^ 
mm poiir c^er ai| hazard quelques pièces isolées ^ 
Gotliine échttitilloDS^ si je puis xn^exprimer ainsi. Enfin 
depuis eux ^ M. de Mory d^Ëlvange a pris pour sujet 
des rechercket de toiirîe sa vie la série nuinismaticpie 
de Lorrûne^ Mais son œuvre est restée manuscrite et 
ne pourrait se publier telle qu''elle a été cdnçue^ à 
couse du grand nombre dVrreurs de classification que 
Fo& j reconnaît^ en apportant une attention sérieuse 
dans Fexameo des figures* 

M* d^Tânge^ profondémei^ versé dans tout ce qui 
était tdatif à la partie purement bistorique de son tra- 
vaâ^ a reconnu tout d^abord et victorieusement con- 
damné le système erronné de D. Calmet et de ses à&v^n* 
ders^qui^ se fondant sur le diplôme impérial, en vertn 
duquel Ferri ^yout frapper monnaie dans la villa 
d'Yve^ en on^SPlu que ce duc était le premier de 
la diaôson de Ziorraine qui eut joui du droit monétaire. 
Aujourd'liui tous les bistoriegrapkes admettent comme 



nn fait constant la préexistence de ce &fott^ que le^ 
recherches; 4f9 ti?i9iwatfs otit fait:remooier jusqua 
Gérard d^ Alsace ^ fondateur de la dynastie des princes 
souverains de Lorrains. 

Il faut cependant en convenir, la classification des 
monnaies des premiers ducsdejjorraw^ est loin d^ètre 
exempte de difficultés: deux Simon, deux Mathieu^ 
deux Thiébaut , quatre Ferri ont droit au partage des 
BiOfuiaies où c^ différents nouas sont inscrits ^.ei r^^e 
h chacun ce qui kii appartient n'^est vraàniAUt pas 
chose aisée. 

Les amis de la numismatique française aocueillei^QM^ 
sans doute avec bienveillance la publication de& moa^ 
naiesdes ducs Thierri , Mathieu I" etFem. II, 
tOMtes médites jusqu^à ce )Our. JPai )oint a la.descâptioià 
d» ces rares monnaies quekpes notes sur k classa 
CMion que pai cru deji^oir adopter pour la suUe «des 
ducs.de Lorraine. Ptmr les premiers. de. ceapriuoes, 
cette classifîcatkm se trouve basée sur k style jnonéiaice 
lui*^méme , et pm:. conséquent sur uii principe beaucoup 
plus rigoureux que celui qu'^a suivi M.. d^Mvauge, et- 
quiconsislait^tout entier dâtiala forme plus ^ii moins 
gothique dès-leitres employées dans les légendes. Cette 
r^le,. admissible pour les premiers temps de Fhistoice 
numismatique du moyen âge , perd siugulièremeat^ 
sa valemià me^^ire qu'ion se rapproche de notre époque ç 
et les mouoaies royales fcauçaises, ^u|^emp!e^poiiv*^ 
raient fournir* une foule de preuvâ^H^^les à cette- 
opinion^ à <pû voudrait réfuter celle de M. d'Ëlvauge.. 



<it>5) 

; V^idk Kite clir^K)logiqiie des premlen princes de 
Lenstîne «jbcit je veux Wocicuper. 



Gérard d^'Âlsàce^ 


de 1048 à 


1070. 


Thierri , 


de 10^0 à 


iii5. 


Simon i*'^ 


de iiiS à 


II 38. 


Mathieu i*'^ 


de ii38 à 


lï'jG. 


SntON II, 


de II 76 à 


I2o5. 


Ferri i'% ' " 


de i2o5 à 


1207, 


Î'eRRI 11, 


de 1207 à 


I2l3. 


Thiébaut 1**, 


de I2i3 à 


1220. 


Mathieu ii , 


de 1220 à 


I25o. 


FE|RRi ra, 


de 1260 à 


i3o3. 


Thiébaut ii , 


de i3o3 à 


l3l2. 


Ferri iv, 


de i3i2 à 


1329. 


Raoul, 


de 1329 à 


1345. 



Dom Caita^, dans' son ffectt^ des monnaies dé 
l:>0irr»ne^ ,' a puMié deux pièces d'argent frappées à 
Moyen-Mèutier et à St.-Diez ( fig, t53 et i54), qu'il 
iitti^sne tènftes deux h FéTéquè de Tonl^ St. -Gérard; 
Sî Tôti pcm^^t compter tout-à*fent sur Pexactîttfdé deà 
"^ttfes qû^l prodiiH ,* une ail ïnoiiis dés deux monnaies 
appartiendrait de droit à Févéque Gérard. Mais il est 
loin d'en être ainsi ^ car jamais peut-être recueil ne fiit 
plu» mal dessiné et plus mal compris. Le doute relatif à 
Tscttributien ée ces monnëies ^ que D<im Câlmet an- 
nonce aveir trouvé che» qtidques' savants fie cette 
épeque, serait encore permis, st4'tin de ces heureux 
iûàai«ds,d rares àujourd^ni, n'^avaît rehdu M. le baron 



Marchant potsessenlr d'âne monnsâe iiicaiiieBbdi4e du 
duc Gérard d'Alsace ^ frappée à Remiretnont» Celte 
monnaie, qne jV vue entre les mains de son premier 
possesseur, a été depuis offerte par lui à S. M. l'Empe- 
reur d'Autriche^ qui s'est empressé d'accepter ce trésor 
numismatique, et de le faire déposer dansi son calnnet 
impérial ^ monument perdu pour la France ^ et que ja 
ne puis m'empécher de regretter. 

Quoi qu'il en sojt, voici la descriptkm de cette i^èce 
nnique , dont je dois unç excdlenle Bgmt à la bîeaiFeil» 
lante obligeance de M. )e baron de Vincent (PI. IB) 
fig. 1 ), 

nvx GEB4BDTS, etitre doux groAMls ^ dau^ le. champ , 
une croix cantonnée de quatire bes^nts. 

1^. SCS Pi^TKVs, entre deux grenetis; da^s le jchainap, 
un édifice crénelé. Cette pièced'ai^ent a 9 ligne» do dia- 
mètre , et doit être par eonséqua[it d'un poids à«peu<^prè§ 
égal k celui de la pèce que faUribue an dite TUefrL 
n est imposable 4« tie pas diissér au même peann* 
page la monnaie de Dom Calmet^ où*le n^m G£BiA^ 
nvs n'e$t pas accompagné du titrée çps. Pei|t4tre mémo 
âoit-*on supposer pour la seconde une mauvais leo* 
ture de la légende. G^est ce qu'on ne peut décida que 
j[»ar |a yu^ de la monniâe eUcTiaéoie* 

THIEKRI* 

M. Marcdiant possédait encore une pl^ouse mon*» 
naîe lorraine qu'il attribu^ût au duct Simon P', »t»im 
d'un S majuscule qui occupe le cbaaqp de la médaille. 
Cette pièce est aujourd^bui paaséei avecla r^e€ûUefir 



(io7) 
tion dont étte lifeaft pa?Ue , dans le cMnet et la TÎtte éè 
Mets où j'ai pu rétodîerà kwiîr. Je ne pense pas <|uli 
puisse y avoir du doute sur son attribution. Voici la 
deàer^tion de cette rare inonilaie (Fig* i). 

WOùESAQv. • . . Grenetis intérieur ^ dans le champ ^ S 
et cinq globules autpur de cette lettre. 

tj. SCS DEooA..... entre deux grenetis^ dans le çhamp^ 
une croix cantonnée de quatre besants. 

Cette monnaie dWgent ^ du poids de 16 grains { ^ 
ft ausrî 9 lignes de diamètre. Elle est d'un style plus 
barbare que k Gérard d^Alsace du cabinet impérial ^ 
mais tout-à*&it anak^e à celui du Grérard de Dom 
Calmet. H est bon de remarquer que le type de la croix 
cantonnée de quatre besants se trouve sur ces deux 
pièces^ ainsi que sur les monnaies contemporaines et 
tout aussi barbaresde Thierri I**^ étêque de Metz , frap- 
pées dans cette ville. La légende ^ ses deodatvs ^ ne laisse 
aucun doiUe sur le lieu qui a vu frappet cette monnaie^ 
c'est St.«JKez , et Ton sait que c Gérard et Thîcrri, 
« son âs^ choisis et demandés par le chapitre pour 
« avoués et défenseurs de St.-IKez ^ affranchirent cette 

< é^ise de la puissance temporelle de celle de Tonl. 
« Ces princes partagèrent tout le territoire de St.*Diez 

< en deux parts , dont Tune porta le nom de Ban-du- 

< Duc, et Tautre de Ban-de-St.-Diez. L'église de Toul 
« en fut absolument exclue et n'y exerça plus aucun 

< droit de Régale^ du moins depuis ce temps , on n'y 
« en voit plus aucun exercice de sa part ( Dora Cal- 
€ met. Notice de Lorraine, artide : St.-Diez. ) > 

OB:tte peut évidemment trouver* sur cette i^onnaie 



(i«8) 

4^W léi^ndes |^t)gra{d;Hqttes ou patrotu^»;; f^r oçm^ 
fié<|iieut la légende deooerigts dpit étrç prise pour pe 
quelle est réellement ^ une légende n<»râiale. ]je stjle 
de la pièce la classe à la fin du XI* qu aux i"^^' années 
du XII* siècle, ©le est de St.^Diez^ elle porl^ le nom 
de Thierri ^ cVst donc une con$é(|uence rigoureuse de 
la doonier à Thierri ^ duc de I^prraiae. Qu^ut à S 
majuscule du champ ^ je, n''essaiçrai fsis de rin^rpréter • 

SIMON f^. 

Jç ne c(»iuais aucune inonnaie de ce prince^ mais k 
CQup sur ^ elles doivent, être,) p^r leur poids et Lçur 
•tjl^s , aualogi^es aux pçécédentf^. : -, 

MATHIEU I*'. 

Ce priace a régué de.iiS^ à 1176. Mais ce n^^est 
qu'^à partir de Tau 1 155, suivant les savants auteurs de 
Tart de vérifier les dajkes ( T. IIX. p- 4^ } ^ <m'U devait 
ppss^eur du château de Nancy ^ quM ac^t de D^^ 
gon ^ jchef de la maison dite sdors de Nancy y puis de 
J^enoncourt) par échange de Rosièces-aux-Salîn^* IVL 
d'Elyauge^ d^ns son iuuaense ^recueil des monnaies lorr- 
raioes, attribue a Majthleu J"' pludeurs petits dcpiers 
ou spadins, ^jue je crois devoir, refiiser à cp priia^ce^ 
pour les rendre à Mathieu II ^ parce que. leur style les 
reporlç à une époque plus rapprochée de nous« J'avais 
déjà c^tte persuasion lorsque j'*ai eu le bouhc?ur d'ap— 
quérir une monnaie lorraine qui doit éyidençunent.se 
classer à Mathieu F' ^ et que je . n'^hcsite pas à r^jar*- 
der çonune le monument niunispiatîq^ le pjLus^anôea 



de la ville 416 Naaoy^ Le poids ^ \c styk et les types df 
cellfiHn aepjsrmettent.plus de doute àFégard des pièoeg 
cpie M. d^Elvange a eu tort de classer à Mathieu r% 
Voici la description de çett^ précieuse moiuiaie f Fig. 3). 

AiAHYs. Grenetis «intérieur ^ le buste, du duc Mathieu 
portant un casque normand et une cotte de mailles. Il 
tient de la main droite une épée appuyée k Tépaule^ 
de la gaibche partent quelques linéaments confus que le 
défaut de^conservation empêche de discerner. 

H/. * NANCEi^ ei^tr^ deux grenetis 5 dans le champ.) une 
croix cantonnée^ ^ij i" canton ^ dW besant^ au a*, 
d'une ^oil^v^^ ^% d^un croissant 5 on ne peut dîstii^ 
gaer Ja figure qpi était an 4** canton* _ 

Cette pièce, de 8 lignes de diamètre , {^se 16 grains j 
elle a été mal traitée par Torfèvre , qui , pour s'assurer 
de son titre ) Fa^uiye k plusieurs r^rises, de manière 
à la fendre et à ^priser en deux partiel qui nç sont 
plus que très-peu adhérentes. 

Comme je Tai dît plus haut , la taille et le style 
de cette monnaie, tôut-à-fait en rapport aviec les mon- 
naies du Xn* siècle , difîèrent complètement de tout 
ce que présentent les monnedeis 'de Mathieu II , que 
M, d'fUvaxige avait essayé d'attribuer à Mathieu I". 

.Je me hâte de faire remarquer ce qui présente le 
plus de singul^té dans cette monnaie : c'est la langue 
dans laquelle sont écrites les légende^ , qm toutes deftt 
^nt. romanes. Les deux Mathici;^ signaient Mathœ^s 
dpss tous les titres latinS; qui nous sont restés de cm 
dffix princes;; majb dans les titres en langue romane, 
a» »gnaieat leur nom tel qu'on le prononçait dans la 



langue usaelle ^ et ce nom était Maheti ^ Maheus cm 
Mahus. Les preuves de Fhi&toîre de Lorraine de Dbm 
Càlmet , T. IV, fourmillent d^exemples de ceiaîf . Ma- 
hus est donc le nom roman du duc Madtieu , de même 
Nancei est le nom roman du château de 'Nattcy. Ce 
fait de la présence de légendes romanes sur des mon* 
naies du XH* siècle est remarquable , et Pon en 'cite*" 
rail, je crois , bien peu d'^exemplés. Je connaissais déjà 
une monnaie du XTTT* siècle^ dont M. le docteur 
Bégm a envoyé une description à la Société des anti- 
quaires de France , et qui présente aussi deux légendes 
romanes* Ccst un denier de Tévèque deToul , Giles 
de Sorcy, sur lequel on lit au droit giles aves&es 
( équivalent du mot évëque en langue romane ) et au 
revers , tovl. Voilà donc rèxistence de légendes mo- 
nétaires romanes reconnue iiicont|W>Iement sur des 
monnaies du XIP siècle. " 

SIMON U ET FEItRI I*^. 

Je n^ai pu jusqu^à présent étudier des monnaies dé 
ces deux princes. 

FEHEI n. 

Mk de Mory dlËlvange a doté ce prince dVne assez 
idnj^ série de monnaies^ mais une découverte ré- 
cente , et dont je dois la connaissance à FoUigeance de 
M» Bégin ^ m^ donné la conviction que pas une seule 
de tontes ces monnaies n^'appartîent légitimement à 
Ferri II : toutes sont des ducs Ferrî III et Ferri JV. 
Je ne connais donc de monnaie indubitable de Ferrî 11^ 
que celle q«te je vais décrire^ après aroîr donné qud- 



(tu) 
iBfam l^ets âéCaiis sut la kouva^ heureuse qui roui 
a eumhis des o^onnaies de ee prioee. Daus «ue ts^sé 
du vHl^ge de Lorquin^ départemeut de la Meurdie^ 
ou a déterré) en iBSo^ un petit trésor eotîëremeat 
composé de mounaies du même style et évidemmest 
couteanporaines. En uombre à-peu-près égal se treiu-* 
T^eutdés deui^^ d''un Ferri de Lorraine ^ d^un évèque 
Jacifites et de Giles de Sorcy^ évàque de Toul ; au r#» 
vers des deniers épi^copaui^ ofiraul le uom de Xatcpiet^ 
paraissent des fleurs de lys^ cpûse retrouvent m revecs 
des deniers du Ferri de Lorraine. Je savais ^ par Tbls^ 
toit*e de M^ttrisse^ ijaé Jacques de Lcnrraine^ évéi{tte 
de Mefo et fils de Ferri il , mettait une sortet d^eflei>* 
lalîau k ùàte vakîr ses préteulions k h luème ongtaé 
que la maison royale de France. B n*en a pas fallu da- 
vantage pour me fidre conclure que Tévêque de ces 
monnaies ^ contemporain de Gâes d^ Sorcy ^ était bieu 
réellement le fils du duc Ferri II ^ que ses droits dont 
il tirait vanité étaient exprimés par la présence , au re- 
vers , des fleurs de lys françaises^ et que le Ferri dont 
Ips monnaies pipésentaieni le même insigne ^ n'hélait au*- 
tre que son propre père , Fetri II. Certainement Jac- 
ques de Jjprraine devait tenir de son père ses préten- 
tions .fondées sur le mariage de Feçri a«v0C une £lk 
du comte de Bffir^ alliée au sang de France (i)* Le 



(i) Ou, plus probablement , parce que nos ducs, depuis Simon I**", 
étaient issus du roi îlobert , fils de Hugues Capet (*j. O» sait que 

(*) Th'ierri,fils d« Gérard d'Altace, arait épousé Gertrude d« Ylandre , filU d« 
E«i>ert V^j <o«M» ^ Ftini4ire/ftit«lre-tMtifr4U» du roi lUbert, fr «a fitte Àdilt d« 



ityls y.lf pcâd^^ lemoduie de toutes ee$ moBiM^ies «laxit 
les mêmes ) j^^ dà nécessairement voir dm» oàtte fion?- 
-foismité ttne preuve de .plus da la M^timEtô.dé.iBoii 
itftrib^tioii. Je regarde, donc cette mouBâie (te Ferri 
umokb la iseide cërtaînedu duc Ferri H^ et les carapo 
tères monétaires qu^eUe pcésenle) la font netleiiteat 
distinguer de toutes celles que M* d^Elvange a cru d»* 
imr classer au même prince. ' Ybici la désaiptioa die 
cette «are monnaie ( Fig. 4)* 
< nau «a««t- Gre&etis extàîeur; dans- le dunup ^ Técn de 
XiàrraiiiA., > 

' fi?. Greuetis^xtérieur^-daBi leduunp^ unecroix docd 
U bcancbe verticaie Jupérieure est ieeroisette. Dans^ 
ks <^ix. cantons siqpécievr» on lit le mot^horûvxOal 



^bfrt ^ le premier qsi {Ja^ yam fleur ck lya svtBon s«ctt»( yojm^ 
àam le trésor de numismaûque et <)e gljpti^e^ les sceaux des rois 
de France, page 4, PL II , fig. 4); mais, selon Leblanc ( page i.54), 
cet insigne ne fut introduit sur les monnaies françaises qu^au temps 
et Louis Vn. Ne peut-ou'pas supposer que , vers la même époque, 
les ducs de Lorraine, à TiraitAiioM des rois de En^ot, voMmka^bxé 
les ieurs de Ijs aux besaots qui se voyaient auparavant c^tonçés sur 
leurs monnaies ? Xt peut-être y en avait-il déjà sur celles de Simon II 
et de Ferri I*', prédécesseurs de Ferri II, si toutefois le second a 
jamais fiit battre monnaie en son nom. En tous <às, Técu de*Mff- 
^eu I" por,ui| des flcur« de lys ( Voy. D. Calmct^ Inst. X H, 
'pagelvij, PLII,f.vii). 

Fi-Mc*. ( Voj. Calbt , hinnlt d»annec d» LorrÛM ( MS ) , fêge i33; Ansrfme, hist. 
géoéaL de U maison de France, T. l»', page 7» i Martin, finresUen et coditea d« 
Tlnsdre , pagd 06 et 7a; Le Mire, clironic. belg. , page 198; Sdivpflm, abat Utottr. , 
T. U,PH«474). 



(1,3) 
VAiacEi ^ 4ans lœ deux cantons inférieurs , dcnx fleurs 
de lys appoîatées vers le centre de la croix. 

Ces denieis sont du pokb de i4 gi^adnS) tatidis (|ue 
les, deniers postérieurs vont en diminuant de poids jusp^ 
€fix\ 9 grains environ qile pèsent les deuier»<m«pad}as 
de F^rl IV «t de Raoul. 

TUIËBAIJT I^^ 

«Tattribue au duc Tlûebautl*' un Jlettîtr qui feifc 
partie du cabinet de M. h docteur Voillennier de 
Senlis et s^r lequel on.Ut t. i^ni lot. autour d'aune croix 
caxilOAaée de deux croissants. Au revers se voit unca- 
TaBer armé d^une épée et d^un éoo. Le type du cava-** 
her.Mtmé est 4«v#utt> 1^ type usuel de ees moantie» y k 
p^nrtir de Thiébdut V\ Mais c^estsurleanmitiàiesdece 
prince que par^t pour la dentière fob la croix cauiton^ 
i^ée d^ crissants. La pièce est d*'ailleurs dW style évi- 
demment asdérieur aux pièces de Thiébaut II. 

BfATHIElI II. 

' - ■ ■ . ■ ■ ^ ' ■ - ■ ' ' 

Canœ^îe raidit pitls kaut., je p^nse dévoir rest»- 
lo^ à ce prince toutes les petites monnaies au cayalier^ 
k Tépée ou à Taiglon , décrites au ntMU de Mathieu- P* 
par M. d^Elvânge^ et dont le style et- le faible poîdt 
ne sont plus d^accord avec le syslème monétaire encore 
en vigueur sous Mathieu V, Je possède un de ces rares 
deniers de Mathieu U.. Au droit parait un cavaKer artné 
sous lequd se lit M ^ Initiale du nom Mathœos ^ au re- 
vers se voit un aiglon déployé entouré de la légende 
N&f(c:Ëi. .Le poids de e^te monuate n^est que de dix 
crains. 



(1,4) 

* FERRI m. 

Ce prince a rëgné 53 ans ; on ne ]^ut donc révoquer 
en donte Texistence de monnaies frappéeë en s<^n nonf» 
Le tont est de les discerner. Or^ il se présente de» 
deniers du poids de lo grains ^ offrant le cavalier ai^é 
et entre les jambes de son chétal Ye nom de febi. Ces 
pièces ne sont plus eti^ ra'pj)ôrt avec celles de Ferri II5 . 
le Èïflë du desdn est molto bailiare et leii^ poids isst 
plus faible. D^un antre c61é ^ leur poids est plus fort 
que celui des pèces au cavalier armé de Ferri IV , 
dont le dessin est incomparablement tiieilWr^ cdlnme 
celui de son jHrédécesseur l'hiébaut 11^ force est donc' 
de laisser à Ferri Ht" ces |»récieusës péâtes momiaies. 

M. d^vange^ qui n'admettait la présence des fleurs 
de I ja sur les monnaies de Lorraine que depuis René 
d^ Anjou ^ trouvant des fletfrs de lys sur des spécimens ^ 
de conservation douteuse ^ des monnaies dé Ferri IQ^ 
a décidé que par ce fait seul elles appartenaient à Gau- 
cher de ChatîUon , connetaI>le de France ^ et beau- 
pire par al&nce du duc Ferri IV. Je nepcns admettre 
cette elas^fication. Les monnaies àa Gaucher de Châ^ 
tiSon aont bien connues ^ d'Un style éminemment su^ 
périeur et sans fleurs de lys; d'aîfleurs, sur les pièce» 
cpie }C possède ^ le nom de Fem est trop hâaAt pour 
qu'il puœse rester Fombre du dotlte. Ainsi nous ob-^ 
^rvons la fleur de lys sur les monnaies de Ferri H-^ 
de son fik Jacques ^ évèque de Metz ^ et de Ferri IS f 
et je trouve une suffisante raison de la présefaoe de««* 
^pe dans h prétentmr des prisées de Lonraincf à Uur 



("5) 

doscenclance de Charlemagne ^ prétention que les 
Guisé n''ont pas manqué de &ire yaloir bien haut 
peindant les troubles de la ligue. 

Je dopne dooc à Ferri III les monnaies (Fig. 5 ) qui 
offrent au droit le cavalier armé et le nom feri^ et au 
revers NANGr4 et le bras armé de Tépée de Marcbis ac- 
costée d'une fleur de lys. et dVne <at)ix , ou d'aune étoile 
et d'un croissant. Certes , dans Thypothèse de I4* d'El-- 
-^^ge^ il serait difficile d'expliquer )a présence de la 
légende kascei sur des monnaies de Gaucher de Chà- 
tillpn^ puisque ce prince éprouva déjà d'assez fortes 
difficultés de la, part du duc Ferri IV, pour jouir des 
droits monétaires dans la ville de^Neufcbateau^ quifai-*. 
sait partie du domaine de sa ifemme^ Isabelle de Ru- 

THIÉBAUT 11. 

Les mom^ules 4e ce, prince portant la l^ende t. 
BTX sont impossibles à confondre avec d'autres^ par 
la sorte de perfection de leur fabrique comparée avec 
eeilc des monnaies de ses prédécesseurs. C'est ce prince 
qp:^ a introduit Fusage des monnaies au cavalier armé^ 
du poids de r?.8 gradins ^. e) portant au revers l'épée de 
lilarclûs la pointe en bas^ acqostée de deux aiglons. 
Cette Quonnaie a été identiquement piquée par Ferri 
IV^ qm jB'est^ conteiUé de remplacer par une F le T 
de U légende.^ Soujs le m^me prince a commencé, 
l'âni^^n des petits deniers oflrant dW côté Je dnç 
à pied, arnwî d.e T^pée ^1} de Téctty j^vcc U légende 
T. Dvx ^ et au. revers vmsçbi ^ autour de l'épée de Mar- 



(,.6) 

cUs. Telles sont les moBnàies àe Thrébaut II posté- 
rieures à son aVènement au trône ^ mais il est un acte 
authentique cité par D. Galmet ( No6ce de Lorraine ^ 
Neu&hàteau ) , qui établit rigoureusement le fait de 
Texercice du droit monétaire dans la Tille de Neuf*- 
cbateau ^ par Thiébaut II ^ antérieurement k la mort 
de son père Ferri III. En juin i3oo, Philîppe-le-Bel , 
roi de France , accorda par lettres patentes datées d^Or- 
léans à Thîébaut de Lorraine, fils du duc régnant 
Ferri m, le droit de battre monnaie à Neufebitteaii , 
sous la condition expresse que cette monnaie ne se- 
rait pas ooursable en France. Thîébaut , recevant de 
son pèreNeufchâteau, Ghàtenois et Frouart, qnf étaient 
dû ressort' dutsomté de Champagne, devenu paîp a^ 
liance la possession de Philippe— le— Bel , venait p(mr 
ces différents fiefs de rendrp hommage att roi de France, 
qui lui accorda plusieurs privilèges , entr'autrcs le droit 
de battre monnaie dans la ville de Nenfi^àteau. Je crbis 
aV(Mr retrouvé les monnaies de ^;e jeune prince ^ mais 
je laisse k chacun le 4iroit de contrWer mon oj^ioft. 
Voici la description de ces monnaies (Fîg. 6), tjttf' 
sont du poids de lo grains , comme celles- de Ferri ffl', 
avec lesqueBes elles devaient avoir cours. Au droit parsât 
un cavalier armé ;; sous son cheval on voitoine étoile ^ 
au revers on lit iïovocastri autour d^une croix, fioutme^ 
Ferri III tenait le mêMc fief de Neufohàteau , et qu'eti 
le cédant à son fils , il ne lui passa pas le dhrft de 
battre monnaie , puisquHl fiillut une concession en rè-** 
gle de la part de Philippe IV, je conduâ que Thfé- 
bant n est le premier prince de Lorraine qni ail jofiî 



"éîrJMt TM^êUiée iêm eette tflk. Sot» fWrï l¥, ce 
*1brt Oàttdier tte Chfiâkm qni ly exerça. €fiM daab 

bien Tbiélîatit H qui dxsit prétsnàtek ces monumeu^ 
^ipà'S^iâàefm ùnffnne analogie frappante avec celles 

&e son pèlre Férrl IQ ; au point qu'ï est perâûa & 
^BiBp|>oier que le même gratièto exécutait lei coina en 
^ j^ère et oli BK* 

FERAI rr ET haoul; 



< Xea «MMHMÎeB «ht damer de eecr dMX ^neea ne 
"^^veni m otafiMidie awo oeHes d^aueua ai^ve^ \ê 

'Hnièadbi^mi'W. 

«éUboedawc leiaaValierarmé, etai^umeulllli ntêlwe 

tlt^qne edDes de HOâtMitlI^ de'plos fl« îvtftè , 

'^onoM fè ftt ^ plus baut , les apadiAs de ion père 

è&ÊMt^sttulm^àmi^k ^ied^ «f«elal^iend» v» ovxyiu 

Heu Jk ti Mx« Le poid8''dei qiadfea de Fènt f¥^esi 

'fffubH tftïé àé B gnûos "forta ^ ecnme pooiriea sif^iSn 

^énl^gttes'^ RaouL - <^' 

IWcf SOI' qoeflei preuves fa^^uie rittrïMiM h 

^FemA tV 4es pièces an éa<ndier armé , du poMa de f 8 

g^m^miMèMit a a ^ de i3m à r3e3 , «ât ftvp]^ 

* h xWêUtÈKbtBXk tfes metiuaiès qui devaient aTOif cotn^ 

'«ree cÉUa dèf sek x>ére VemlJI. Les unes et les 

asAi^s^Mt déttmittéés ^ et d^m sji^lème menélrfi^ tf^ 

*fêMÊâéiftaÊiât TUélbénft ^Mrtwmi nu tc«ne. lote 

'l%Mt i*l g , «enarft de Bar •dtriitislftmt le e»«té de 

i4 



% 



à'ùti^tif^ à^ «on frèrft Hep» BU, hÊ^.k$il0\ 

des moiHi^îes câlcpié^ mr Iç&jAOMai^^ Ç(Qift|:j)ix^ 4v* 

ducs de iiC^çaipe* Ce «oiit des pièces, da poids de.fS 

^iof ^ au cavaHj^r armé , offrant au t^^rs r<^p^.aqfii|i* 

JÈée. ^ deux Imrbeauxt La totale de -l^n^ljlt ,4l^t «91 

^3i3^,et Thiébaut II çes^a de vîvrf en î3ra. Gft.f^ 

donc les moanaies de Thiébaut II que ^enaïUc da$^ 

a calquées. Gaucher de. CfaàtiUon, sous le jpègsïe àm 

Fcrrî IV^ frappa à Neufcl^àleau des monnaies sur I# 

.fch f j c gj i iy iJïOSfQettes h duc Ferri ^vaift diea^^Msils^ très» 

4rtuwi>> ôsjQEumnaies fectfsrt d'^faafdKaut <^aMt9ir;4in»é 

«I 4» poids .d# x&, «raw< Gandb^ 4it.fialf«fr«;|«a. 

ttomaaies de son beaiiP'fils. Ferri IV ftapfMJI ifamç^ aa 

^gjiTOfctt^^iWrt ^ filP TOgftg ? les q»i|ïï !i aB.ffii> p »tiiiw fn V 

mitefirafll^ T^éb»ut II ^.sauf la leiiemr t^ l%wi^ 

idfirtîr de:Tbîébau)t II , \e s^^i» dei mcms^î^^ffîwt 

-^Uèp-jb»^ ^^oipArMi'i^iMi^Qt à celui dies ^M^^^Im^ 

..fEcéd^efssMus; Nons avous/Ku les pi^wiAires i^^mt^ 

T \Htm ^ ll:^m^ ^'ilii^ .devenu dt^Q^jKiuWlsâi} ^i^ 

^jiiqMeû ré^em^ Few lY q)^ a $:a|qpé J«5.,ptà^ 

de 18 grains, au cavalier armé» Du r^pte ^^gÉWP 

, ^Ik^i;^^ J|ii^éioe les types des pijsçes» de^^^ 8 0^i^ , 

j^ t^i«^}eç.yariatksïisr qu'il y ipilrpduirit %e^ 19^%^ 

^«^ |#f: G^chpr d^ Çhatitton ,'son cfmtmfOfO^a^^gt^r 

^0L cavaJi^ ^în|aé ^^suopéda «^ Açs pl^*:#Mi*«»* 

.•H^ dm^ le 4oç d^irt -5 /tenant uM.^ilét ^^iPWftfef» 

btti^ ^,ay#iltàsa.|^eli« la baédecbi^ç.^i'^ 



Inrication des deniers ou spadins an duc à pied cùntH 
tiua jusque sous le règne dé Raoul ^ dont les moniMiks^ 
)e le répète ^ ne prése]i|ent j»iicaiie dilBS^ultë de claMÎ- 
ficatîon» 

Dans tout cet éiposé, jô n^ai pas la prétention 
d^avoir produit des-pireuVe^ dédsiv^s^ mais on acquiert 
dans Fétude des monnaies du moyêti-àge une sorte 
de méthode toute d'^habitude et d^obsenralion , une 
espèce dWtiactnumisoiatique^ qui permet jusqu'à un 
certaiTi point de faire h. chaque époque $& part mo- 
nétaire. Plusieurs des notes précédentes ne m^out été 
dic^^ ^ je l\voue^ que par cette habituée tnsikicttve; 
fai cru cependant que la dassifiicatiôn (jnéTetiHlélÀ 
de donnlèÉ^ était asseasvraisenùiblable pour inétit^ 
proposée* » . -A 

Quoi quMl en soit^ le but principal de cette notice 
étiEUt de faire connaître des monnaies inèditeside|S d»âi 
Thierri , Mathi^ f et Ferri. Je pense tiepttr m'ètre 
trompé en croyant lesr offrir pour la fn 'fe im U te Ml- ftW 
amk de la niuuisiulitiqtteTi^ân^ç^ ' ' ' ' 



a: , • 


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iiÀ±iaiiÂ¥i 

mmulacar cessas Jinem properare senectust 

ï^ur et in hoc/esso corpore tarda sedesf 
tkt^è, precor, miseram taU dé catcere vùam : 
"' ' iforsesi jamr^qtde^^ vivtre p€enà m0k. 
lIlNi'ialii 9a)r/i«0rt«m : perâ^ 

, -V go^is/tmiUeqtwd^uper^ykmguùreiiorrorhabetr 
00^jf9mUétlmtUffi^iS§raissimabttià^ 

. jQaodquejmni est p^m/utm-etvefip mori^ > 

9êmfuvemk decits, dum mens sensuscfue manébùi, 

-^ ^ÔfmcftA(H0 dOFuS in érhèfri. ' ' 

^0Bife^immvmmmiâiKktAâdkJ^ 

^l0fpe,^i^'i0mf^c^iUtec^ ' n ^ .. 

Ek dma swu Unguœ pmif^di/^^^i^j^ 
Quée cum d^Mtctis jam sunt immort ua membris^ 

Heu! se^ibus vitœ portio quanta wumetJ 

ifee minor Ms o^ratstAMmis gratin formas j 

Çlio?, vel H desint cèetera midtay /rftfM* 

Qfim eitiam v^tusfubo pre^otior am'o, 

Per quam prœdarmm fhts micat inf^mufm» 



(i) Jtai sttMféittMciiicBtpoat le tettft Fëdition ué»^6ig[a«e ât 
X.F. Gk Poctiep, qtt diowtteaiit uwitefaâg^ lia»» k» y^Êsmiîm j^ m UM Ê 
pKt M. LeoMiiFe, les leçons ^ n'^coi p»ru doBikcr à rauunr k fini» 



ffnâJHRKrsoH M £A vuxiiw iiâûm 



r 



CORNELIUS GAl^LUS, 

D^métmîr on corpâ de lati^ueur ubaiCq? 
Quel obstacle , ëloigtiaat ce terme t^ue j^eavie , 
Dans sa triste prison endiaîtie eacor nia vîe? 
La mort , c'est le repos. Ma vie csl un tourment. 
ï^anlème de moi-^mcme ^ einpîrant lentement y 
Que faire de ce jour dont la clarté m'^accabte? 
Le jour plaît uq% Jjcurcui^ il pèse au mbérable^' 
Le désir de mourir est pire que la mort. * 

Quand Fesprit, quand les sens^ par un heureux accord, 
Ohnaieot de tous leurs dons tna jeunesse charmée , 
Orateur triomphant, j^ai vu la renommée 
Faire voler mon nom au bout de Punivers. 
Des poètes alors je savais dans mes vers 
Reproduire avec art les aimables mensonges , 
Et des titres réels m^ont payé de mes songes. 
Ahm, dans le barreau brillant d^àn noble édat, 
J^ souvent remporté la palme du combat. 
Stérile souvenir qui dans mou cœur ircpose ! 
Oie la vie aux vieillards qu'il reste p^ de ch<»e ! 

Ea moi le ciet , pourtant , à des talents si doux 
Joignait et la beauté , qui les remphee tous. 
Et la vertu, qm setle eu reàd l%:iat ddrriiie ; 
La Tetttti seiA rnrt bien, trésor ioeofiiparabte. 



MfioBtdt amihus densos cireumdarei^ikmê, 
Occuhmt,uiUs prmda petùa meis^ 

Prostrav^i mu&as non sine hmdejhras; 
t^uke/uU madùknn si fors verscwe palmstramf 

ImpHcui validis labrica membra ioris^ ' 
Ifumc agûi curm cuna&s atmire s<Àebam; 



-a 



Jlugthat meritum dulcis mis^ura honcrùm; 

lit sempp* varium plus micc^t artis opus, 
Ifion q^^umque soient per seperpensa pijaceref 

A}l&mo potiûs vktcta décore placent* 
fSas inter virtufis opes , tolerantia rerum 

Spemehat çunctas insuperata minas; 
yèrtice nudato %}entQs pluyiasqite/hrehan^^ 

Non mihi sotstitium , nec grave fri^us erai, 
Jnnçbam guidas Tiberinijlumims undasj , . . , î 

Nectinu^i dujdo credçre membrafreto^ :. ,- . 
Quamyis exiguo potéram reJpéiescere s(mno , ^ s 

fi quamvis mpdico membra foyere cibo^ , . 
ji^ si me subito vinosus repperit hospes, . ? . . ^ f 

jéut lœtiu/ecit sumere vina dîes; . i^ 

Çessit et ipse pater Bacéhus^ stupuitquebikenlem^ ^ .4 'g 

Et qu^cumqi^ sol^^ pincer e ^ vktus r^^ . ^, i ^ 



Haud facile est anhnum tantis inflectere rebus\ 

Ut r es opposite mens ferai Ma dij^i^ .. * ^f 

Hoëquoquevirtmwnquovdam^rtémtdnem^gMuii^, ^. 
Socratem^pabM^ p^ymi^ui^^forif^^- - ^' *V 

Sine etiam rigiàan memQr.^'t^uiss^ Quot^pii : -^ -,' ^ ^^i 
Non ires invitium , sed malefacta cadwU. 



Se mes limiers arèoBf» jTiIIh» ceioàtfe les boîs , 

Tmit tombait êcm meè traite ; et 4a «fensure s8«?ig» * ^ 

La dépouille san^iûte attestait taon cottrageu 

Da plus paissam ràtète ou tnHvàt pa yok alovs - f- 

Dans mes brat^ vigoureux emdiaiMsr ies^ efforts ; 

Akrs mes pp» légers trionipàaieiit dkns l^atède 9 

Ma voix forte .«àl'vaiMa les cms à^Mttpàaaàvm ^ ^ 

Je cultivai Totile et de bonne beefe appris 
Que, joint à Pagrëable, il en double le prix. v« ^ 

Ainsi , pour mieux iMriller, Part se diversifie. 
Tout ce qui pkdt en soi épiait mieii% s^l se maria ^ . 
▲ des attraits nouveaux dont il reçoit Tédat. 
Un courage ^ surtout , que rien n^iuttcoiti^C ^ 
Une altièi*e vigumir îht mon ïieur^^ux partage* 
Les vents ^ les feux du jour, les frimas et lorage, 
Jeiuie encor^ le froiil nu , j'osais tout afi)onlei% 
Les vagues de k mer, on m'a vu les dompter^ 
Et, hardi, fendre au îoio les flots glact^s du Tibre, 
Pour replacer H3cs st^ns dans leur juste îquilibîe , 
Eneor qu^il urdit suffi du repos d^un moment, 
Du plus \êgcT sommeiï, du ptus sîmpFeafimciiî, ^ 
& parfois , dans Télan d^une gaité plus^ vive. 
Ou jaloux d'^açcucillir un buveur pour convive, 
Je m^abreuvais des flots d'une douce liqueur, 
Bacdins même, étonné, m'eût nommé son vainqneii^. 

Savoir plier son Àme à tant de soins contraires , 
Ce mérite , au-dessus des mérites vu^aires:^ 
Entre tous les buveurs fît triompher, dit-on. 
Et Tillustre Spcr^le et Taustère Caton. 
Rien n'est fupçstq en soi j l'abus seul fait le vicç. 



(»»4) 

CMM0IIC 4«MK> IrÛMb IMIKI^ 

Paupermm modiim emlmM9 sem^iw mm^j 

Et rarum demimui nd atpiemàofm. - ( 

Z!tf me #oibi (tk* fttMw| iMÎMftfn^ 

OdctàU^mdquidvim^erecÊÊmttkp^Utik . ^v. . 

A Ir carruùmimjç tmt atut ^ Êmtumqu efm 



trgù his armamk meriHs Eintria nosiris 
Opuétunaiismesùdaresuis^ 

Sti mOd didce mogis restitua vwere eoSo 
Nuttaque oofgugUvificida grata paH. 



' l , 4. 



ipm' meâlam vernali cor pore Romam, 

Speciandus cunais undique virgînîliUSM 
Qiueque peti poterat^fuerat vd farte petùa^ 

Eruhtdî vultus visa pueUa meo$. 
Et mmc suhridens taiehrasfugîtwa petelai^ 

Non tûmen e^ttgt'ens tota libère volettS^ 
Soi magîs €jc idîqiia cupiehnt parte vider t^ 

Lœtior hocpctiusj ^uod inale tcctafùrei. 

iSfc euncHsformosus ego gmlusque vUlébar 

Omnibus^ et sponsus sic genîalis eram, 

Sed taniUm sponsus ; nom me nalura pudicum 
Fecerat , et casto pectore durus eram. 

190m dam prascipuœ cupio me jungere/ornue y 
Permansi viduo/rigidus usque toro. 

Omnisfœda mihi atque omnis mihi ruslica visa est, 
PfuUaque conjugio digtia puella meo. 

Korrebam tenues , horteham corpore pingues; 

Nec mihi grata hrevis^ nec mihi hngafuit. 



( I** ) 

h yécm tms rhfcgrips^ an gAéln Immit. 

A mes modesm goAt»pt9 de km 4 

Et me rien dësiFcr^Mi^ëltit là n 

TcM seule mh» pa waœ v é fttile ' 

QttÎGOiiqMdbteiit; doMiplé^ 4a l^dMs^à jqh Imt 4 

Tout ce ^i 4#Ark t^appirtîefil 1 

£t le dernier défais «MBbt eacor te > 



Le Toscane jadis , comme un prix légitime 
Des Tertos dont le ciel se plut à me doter. 
An nombre de ses fils eût voulu m^adopter^ 
Mab mon cœur préférait, volage par prudence,^ 
Au joug le plus léger sa douce indépendance. 

Bans Rome, ainsi paré de ces dons édatasus 
Dont vient nous embellir la vie à son printemps « 
«Tallaîs de nos beautés fixant snr moi la vue. 
Des doux pensers d^bjmen secrètement émue^ 
A mon aspect soudain la vierge rougissait. 
Parfois , en souriant, l^re , se glosait 
En des lieux où mon œil pouvait Tavoir suivie | 
Et qui la cachant mieux Pauraient moins bien servÎA» 

Admiré de chacun ^ aimable aux yeux de tous « 
Je semUais fuit pour plaire entre tous les époux ^ 
Seul titre auquel Fainour pût devoir ma défaite | 
CuTi jaloux dé m'uDLT û la beauté parfaite , 
faisu, fidèle aux loiâ d^une austère pudeur. 
Bannir de mon lit veuf toute illicite ardeur. 

En vain mes jeux cherchaient les regards d!*ime 
Digne de captiver et mes vœux et mon Àme ; 
Partout me poursuivaient le dégoèt et Phorreut* 
HaïssaDt l'embonpoint , détestant la maigreur, 
Entre la plus petite et la plus élancée, 



Cùrpork has nospri moH» jamifktifartBS: . ^ .». / 

JncôUi^has sedâs-ma^n^imoH$hti$$^^ \ *- . 

Ca min m d f0emm ^ttmm aumhu phtmÊ k : 
Jfc qtiod in ampiçmi dJêCêat « inJl n gfi » corjMm^ - > - 

Ne îœdmu pmt m m^ q ttm èA êt aiii»AiÉa»* ^<. .; ^ . 
CmdfAi conêemj^ , nid quœ siffusa rubare 

Vernarénl propriis ora serena rosis. 
Mme f^enus anie aîios sihi vindicat ipsa côîorem , 

DiHgif etjîorem Cjrpris uhique suum* 
Amrea cœsifîes demissaque y lactea cetvix , 

Vvkihus ingenuis visa decere magis* 
Nif^M superc^ ^ etfrem Ukeray bêmùià-mgra^ 

Vrefyma tmimmn ^eepe nomtm nmam» - -^ ' 
VhmÊmea dilexi mâ)âiûtmufue iurntnêia Ubni^ 

Qu0mihi§usi0Mihas9aplmadat'&it* . -14 

In iereti coUo visujn esi pFeiio^ms tiunan , . > ..« i 

Gemimque judid» fftm radicark m^é ' 



Singula M^pe sem quondam <iu(esita r^^rre^ 

Et quod tune deciu't, jam modo crimen hahet. 
Diver SOS dïver sa j avant ; non omnibus annis 

Omnià conveniunt : res prius apta nocet.. 
ttcsubat hs^kate puer , gravitate senectus : 

Inter utrumque manens stat juvénile decus* 
Htak: tacitum trlstemque decet ; Jît carior iHe 

Lœtitia et linguœ garrutitate sua. 
Ome$a ^ohU sectan vertitque wdubUe tempuSf 

Nec patitur certa currere quemque via» 
Nunc quia îçng^.mihi gravis est et imU'diê œta$ , 

Vivere quum nequeam^ sit miU posse morl 






("7) 

Aux milieux seal%k ^^ràce{ Ei^V^BOâ e^VàmMr . >'. 

Be nos corps ^td)miJtemlieiipoli0«épHf. <^ s vl 

il^eusse aimé a6!U^ taiUe oà IWyoH remet .4 

A de sveltes «|||8|ît%de0 form» acto^es :• ^ : ^ ^^ * 

Un plajàr tout d^am^vvjeiii lifis «ppn^ dbtfn^« . ^ 

£t Pamanl à^figiBei prei^ eiute«e» bxm nos. ^ . ^- '- ^ 

De (Contours a^Mgri& VmpécUé cboqiUMBle* 

J^estimais peu dà teint Ift Maoch^ir éotatante • • . ' c 

Que nVût pste de la rose embdli Tincarnût : ' - 

Cest la fleur de Vénus : Vénus en a Fédal. - < ^ i tt 

jl^aimais, faimai&dÀ'tout à M vierge folâtre 

Pes chev^x d^qr Ifottaot çur un beau eou d^aUb^tcft^ r<. ' «^ 

£t d^un riant visage oniena^ts n^ligés^ 

J'aimais de soumis nc^ des fm% noirs ombi^^, . :? v % ; > 

Un fi-ont libre et modorte , et des lèvre» dç flannoa^ . 

QuidemoeUeiULbaiaer«.^viass«iAiii«n4i9»«*. ,. . .*- . .."' 

Alors il 1^ «emjblatt çxe «h; un oou cl^ânaai^ 

^ill^t plus puf ençoc IV et le 4i«»ai|lt ' ^ \^ 



Mais quoif Je dois rougir de gardef cette image. 
Ce qui sied au jeune homme est un crime à mon âge. 
Tout n'est pas fait pour tous. On fuit ce qu^on aimait^ 
Dans fiiie humeur volage , en&nt , on se compilait | ^ / 
VieUard, on jdevieqt grave, et faltièie Jevinesse, 
Étrangère à ces goùts^, pl^9^ entre eux la sagesse. . . , 
A tel homme sied bien sa taçiturnilé ; ^ . , ^ 
Tel babille avec grâce et plpiit ps^r s» gaîtPf - / ■ 

Le temps , qui change tout , ^^x hum^ûos qu^il enlvaîne 
Ne laisse jamais suivre une route certaine. 
Mais vieillir si long-temps , c^est trop long-temps souffrir. 
iNc pouvant vjvre^ bé^s! puissié^^-je au B^Eà»Mlio» W J^ -^A 



<«8) 

Jf Êc m mr t hamma smhjoLèt orhi^io* 
r mori wiisens^ 4êi mon ûfftaêa r9€idUi 

M ^utm imik erit , jnwc^fitata vméii», 

^ykeu! ianUsdtfuwstttmpanAusétim 

TariOÊ^êAi vimtm nanstm mtFe nias. 
Mmn^twrémdUmfgmtmmùwrf iptim^imrm 

I4tnunayvixtaciun<noereeertaqu90f 
JMktt iubds oibr, mtta est mikigr€Hm vckipms, 

SamsAus gxpertem quis superesse pumf 
Al LeAteerwÊcam subetmioUMa mentem ; 

Née confusa smjam memùdsse pôiest, 
jêi suÊum ewsutfkopus, eum cofpore binguei, 

jiique intenta suis cèstupet ipsa maUs. 
Caama mMa cano$ caïuanM somma volupté 

Bèu/ufitf et vocisfratiav&^ périt. 
IfcmforasolIicito,nechkmdapoemaiaJbifO$ 

Liiibus^ heuf n^/Mis Cùnlmoda data setpior, 
^MKy^e me species quondam eUkcta réi^imt^ 

Et videorfarmœ mortuus esse meeSm 
Pro nweo rutâoque prius , nunc infidt ûra 

PiMoT et exsittfiguisfunereusque colçr* 
Aret sicca cutis, rigidi stant undique nervi ^ 

JEtlaçerantuncascabndamenibramafiH/t* , 

Çmêmiam ridemes octii, nunc fonte perennt 
D^tangunt pœnas nocte dîeque suas : 

Si quosgrata prius ciliorums&tategehanif 

Oesfsper ineaunbens tdspida sUva premit^ 

jtcvdutmdusictecacandimiurinantrù: 
Hfesdo quid tarvum vdfuriak vident. 



Jim pm%t êêi vidisse senemf née ereêtrepôisis 
SCunc ibmmii , humana qui ratione cara. 



Qm l^omme tst^èmMIaé soBâ uiie 1^ criiditi 

Le n^ieoMlii l^^ève , S PkivofM V «Hè Ml f 

Cest odnî qû la MÉit qtM , ^nM^, dfefwMMiit f 

]ft» |e ttew9 en dëo^* firM de tait dV>ffJaitt0 , 

<fo toodie enc^r vf vaiit à Teapk^ Ae§ iiiàta€«^ 

El PoflSe et le ^t , en nitfi tOQt clépérk ; 

Le loudier nVsl pbltf fftr ; mon regard i^obseaitit j 

FÏQs de douces odeurs : nul charme qui m^euivre. 

4 la perte des sens rien pourrait-0 survivre? 

Qd triste oubli s'^étend sur mes pensers confus, 

El mon esprit se cherche et ne se trouve plus» 

Absorbé par ses maux , de tout soin incapable, 

B languit dans un corps que ta langueur accable» ' 

Adteû ces chants joyeux , mes plaisirs â^auCreibis. 

Plus de vers, plus de chants; l^âge a flétri ma voix. 

Eloigné du Forum , oublié du Parnasse « 

]é ne v»s plus mêler aux clameurs de la place ' 

Les bnp|n|nts arguments dt*un orageux procès. 

Même dette beauté dont je m^applandissais , 

La voilà morte aussi. Sur mon front qui se ride. 

Une conteur fiinèbré ^ une pâleur livide ' * 

Ont remplacé Tédat dii plus frais coloris. 

Tous mai nerfi sont ghok , tous mes membres raidis^ 

Ea pean 4pd les revêt , et rude et desséchée, 

floms QMS o^les aigus purtout saigne arrachée. 

En sources d?aan cjkiaigés, inea jQtox ^ }edi^rii^ , 
feodUenc plaiiver leurs maux , nuit et jour hrmtgfm^» 
IJnc épaisse forêt snrc^iQge li»iir p^ii|A^ 
Q^^oroait de nmss aonicil^ «ne loi^ l%èfO , ^ 
Et, plongés comme au fond d^un antre, leur rcjpttd 
▲ jeneMkik^qaoidesoailireetièlui^rd. - 

Tiens, on devient fedevx ; fhomme se m oinr e à fmm 
H êirt privé de k raison i 



* m 

Eripîtur sine mcu di^sç.eaUgk^çmm : ji ;^ m ^ Vi 

Septum Tar^areo quis ne§/^ es^fhpat ^ ^^^ . < 

TaUaquis démens homini p&:suusmt.uu€ior, [ ^^ >' . f r^î 
Vt^^U^,j)OU> iurpioresse suaf 









Jbm sukmuni morhi , si^unt discrimina ndUe : 

Jam didces eptdce deliciceque nocent, . i t 

Coginmr a gratis animum sUspendere re^us, f 

jéUjue ut lÂvamuSj vivere desinimus. 
Et jam me, dudum cui nuÙa adversà nocebantjf \ 

Jpsay quibus regimur j nuric alimenta gravant» , . 
Ksse Ubet saiurum : saturummox eSjSe pig^it: 

Prœstat ui aistineamy ast aistinuisse HK^cet* > 

Quiê modo prof uerat ^ contraria reddifur escaf, ■ ^ ■ , . ji 

Fdsiidîtajaceij cfuœ modo dulcis erat. » . J 

if ou Venerîs , non grata rnOii simt muriera Bacchii w 



ISfcc qitidiftUd vitœfaUere danuia soIeL 



3 



Solajacens naiura nuifiel j quce sporUe per hofûs . ^ 

Solvàur et viiio carpiiur ipsa !>uq* , - ^ »^ 

Non toticà experiamihi niedicainùia prosuntf ^ ,, 

iVbn {^^ri^ quidquià ferre solehat opem, ^ * 

Sed cum materia pereunt quœcumqtw parajiîur^ ^ 

Fit ma^is et damnis însiior hora suis* 
ffon sccus instantem cuptensftdcire ruinâm. ^'^ ***** 

mkmisf tôHtm nitittir (^ffitibusi ^> ^'^ 'mkm-^; 
Donec longa diesj onrni eonipagesùluta , ' - ^^^î^-^ >-^-i 

Ipsum cumtAus siiènmt ùtixilittm» ' ''^ * ' '* ' ^'*^- 

Çuid^ quodnuUalevfl;^^ksi^0I^JSp0f^m^W^^^ v- ^, A 
Nec mah tôt t^tto difS^uktre Hm* « 

MJ«bH » vt/-^ ', ;-. .♦» ••■ :. J - - ...I.' ; .> . ' '' ^•- ? i;8>i9 



&4e veux Vkfmi^mm^ ^h»y^ftjetw^» nw»g^«inL ^.» 

Je crois nÀKj^jàÊ/El^ louyM^ Mfei^ «t p«r^ T ^ • 
lbtt9 au seio da jour même, hëla»! le jour me fuît. 
N^esc-<x pas d^dioûr daat rinfemale oiiit? 
Quel insensé Tondrait , nnsi flëtri par }^e , 

Voir éà teolps ^ son front s'^âccrottre ebcor Toutrage? ''' 

,' "^ • ■ ■ - . * • ' • 

Mille CDBiii^ BoiOe manx accaMe^t no» vieni»«tt5 ' ^ 
ïout nous devient falal : adieu iestins^ msaptê % 
Plus de plaisirs où Pâme impunément se lm«. - ^ ' 

Pour conserver sa vie^ U fyoA cesser de: vivre. 
Moi que nul aliment nUacomoioda jamais^ ..•.:! 
Je ne puis sans danger oaer des metUemommCsi » 
Repu , je sens^ei^t ^jue.Ie rqaaa me pète^ - * 

A jeun, poor moi k jeâ^ estuo mmw^âm midate^ 
Tel aliment me nutti-qui m^tt le plus dbmc ^ ^ .« * . 
Ceux que j?aîfinus le pks pcovofoent mes d^pèH.'- 
Tout ce qi^ «aicxWmer^les pemes de la vie , * *- ^'« ^ 

Vénus même el Baçobuft aVuH rieu^^ me seiiMt ^ * 
Seul il me reste un corps languissant , épuisé , 
£t par la main du temps pièce à pièce brisé. 
Àucnn médicament ne m^est plus d^aucnne aide. 
Tout ée qui dans mes maux m^offi-aît un sûr remède. 
Tout ce qu^un art savant m^apprête de secours , 
Périt avec moi-même , et mon mal croît toujours. , , 
Amà pat maints supports vainement on s^obsline ^ ^ 

A maintenir debout quelque antique ruine ; 
I<e temps vient , qui , rompant ces impuissants Sens., , . 
Fut crouler à la fois édifice et soutiens. 

Et de tant de dfllAmp qot milflainr û*«0Me ^' ** 
On ae ûous permet^o^e è%»îiar ktrac^f - * 



Aîque etiamtst ^/asmn nAnrt turpe sen^l^; 
Crimen amarèjocosy trimen ècmmUt^ câmas. 
O nUseti ^fuùrwn gauikk ctimtn Ao&eul' f 



" *v •• • • 

Quamvis largus opum , semper egenus eroF 
immo «f Î0m pcma est ffàttis incomber* rébus p 

Quas quism possideas est onoiaren^Ms. 
Won àUter sUkns vicinas Tsaudus undas 

Captât f et appontisàUtineioraeSbik. 
J^lj^cior cusios rmsm magis ipse mearum y 

ConservatUÊStihis qme periere mAl: 
Stmt m iUiria^mù penda9ti0 phiriwws bortk 

Pemgi eiservm non sua pom» dr^cO' 
Bine me soWcituM torquènt si^per omnSa Cia%ef 

SSÊtrequiesanimQ^noméatnrtdlaTtmf. 
Qumrerequûtnequeo^semp^rètUmrelabwo. 

Et rtimens semper j uU4emui$sepmtam 



^9 



Suu duhius tremuîusque sentx , semper^iue malorum 

Credtdus; et stultuSy quc^facà ipse ^ tîmeî. 
TsMdii t prceieritos , p/wsenies despicit annos ; 

Hoc iarUum rectum ^ quod sapit ipse^ puUU^^ 
Se solum docium, se judtcat esse peritam j 

Et quod sit sapiens j desipii mde magis^ 
Êtuka îicet nohis referens eademque revalvens 

Narrât, et tdloquium conspuii ipse suum. 
Mh^it auda^^ non Jhfidt ipseh n meÊ iQ 2 

O solajmrêes gatrntHmr^ 



4JNi fidi hc»te ftïi l|sWlhHr4 dhw rio^ 

tTim air tir<i^ ^îooé, d^oD trop fini» onieiaeBt. 

Qae dù^je?.. on lui âut JbonleY liéhsl de rfxiiliBDe« 

Les festkis et lès jwix, Im goàls d* Voffokvc^i 

ïoat poor kii sei^ble un crime. O mftlhefireos aortdl 

De qui tous les plaisirs devîeoaent erimineb ! 

Que bHiàportent des biens dont tous m^Atet IHisaue? 
Pauvre au sein des tn^sors ^ le splÊDdidc étalage 
De cet or que taon œil contemple inces^amineot , 
Quand je n'*en puis jouir ^ n^est pour moi qu^un tourment. 
C7e9t Tantale , aux enfers ^ qui voit fuir de sa bouche 
lie fruit quHl croit saisir «t les ondes qu^ll touche. 
Gardien de ma richesse , et possesseur de nom , 
JPamas^ pour âutruï , semblable à ce dragon 
Qui, d'un vaste jardin ^rouche seotintlJe, 
Garde, non pas pour soi , les frulb d^or quHl recèle. 
Qud supplice 1 Je veille à ne rien dissiper 
D^un bien que pour toujours je verrais m'échapper ; 
£t je sens, accablé du soin qui ine dévore , 
Que même en le gardant je ne tiens rien encore. 

Faible, craintif, voyant partout des manx sui]gir^ 
L^mbédlle vieillard tremble même d'agir. 
U vante le passé , fait au présent la guerre ^ 
Il n'estime de bien que sa sagesse austère. 
Se juge seul prudent, seul capable, et fait voir 
D'autant moins de raison qu'il en veut plus avoir. 
Ce qu'il a dit cent fois, cent fois il le répète. 
Des visqueuses humeurs que sa bouche rejette 
Il arrose, en parlant, un étemel discours, 
£t l'anditeur est loin, qu'il raconte toujours. 
B n'a, le malheureux | de force qu'en paroles* 

i5 



C«»4) 

Omnia neqmâtfuam cktmosis vodbus imf^ei : 

Nil saHs est ; horret , ifue placuei*e moA.^ 

Arridet de se rideniibusy ac sihiplaùdens 
Incipit ôpproMo Uetior èsse suo: 

Bœ sunt prhmHce mords; tus pariibus teîàs ' 

Defiuit^ et pïgtîs gressihus Hna petiu 

Non habitusj non îpse coïorj non gressus euntisy 

Non species eadem , quœfuU ante, mûnei* 
Lobitur ex humeris demisso corpore vestiSf 

Çuœque brevis/uerat jam modo tonga nuhi est, 
Contrahimur nUroque modo decreseimus § ipsa 

Diminui nostri corporis ossa putes* 
Nec cœlum spectare licety sed prona senectus 

Terram^ qua genita est y quam reditura, mdet: 
Fkque tripes ^ prorsus quadrupes^ ut paryulus infans ^ 

Et per sordentemyjlehilej répit humum. 

Or tus cuncta suos repetunt^ matremque requitunt; 

Et redit ad nthilum quodfuit ante ntbi. 
Hinc est y quod baado incumhens ruîtura senectus 

Assiduo pigram verhere puisât humum z 
Et numetôsa moyens crebto vestigia passuj 

Talia rugato crediiur ore loqui: 
« Suscipe me , genetrix, rtati miserere ïaborum^ 

Memhra véUs grettiio fessa fovere tuo. 
Horrent me pueri; nequeo velut ante videri : 

Horrendos partus cur sinis esse tuos? 
Nil mihi cum Supens ; explevi munera ^itce : 

Reddey precôr, patrio mortua memhra solo. 
Quid nUseros variis prodest suspendere pœnisf 

Non est materni peCtoris ista pati, > 
Bis dictis trunco titubantes sustinet artus, 

Negimi repetenê strwnina dura tort. 



/* 



B gronde^ ^m vépmà eu âv dbmm^mdii,^ 
n fiiit ce qu%^^lai^ ; m h fAÎJfe t ^ ««wit ^ . 
Et de sa^fiiof^ hoau eia£o il ^^nfi^bodk. 
Ceal le sceau de le^i^r^; o^uC le tkémt ou IoiiiIInb 
Ukoame $ffd i^ièemiiie à pà» leoU ren ta lembe* 

La démarche , les traits, et la taille ei la voii. 
Tout change ; le vieiUaid n'a plus rien d''autrerQi5. 
Bla toge sur mon corps glisse , large et peudatite, 
Et ma pluâ courte robe est aujooid'hiu iraîuatite. 
A voir Phomme ii ce point aflais&é, décroissant, 
On dirait que ses 05 vont se raceourciisanu 
Privé de contcmpkr la céleste lumière. 
Le front courbé, ses jeux se fixent vers la terre: 
CTest de là qu^il sortit; là quHl doit retouruei*. 
A trois pieds,^ puis à quatre on le voit cheminer, 
£t , vieil anfant , hélas ! ramper dans la poussière. 

Tout revient , tôt bu tard , à sa source première : 
Ce qui sort du néant rentre dans le néant. 
Aussi de son bâtôh le vieillard s^étajant', 
Frappe cent fois le sol qui trompe son attente ; 
Il kàte , à pas ngmBreux , sa marche haletante , 
Et Ton croit de sa bouche ouïr tomber ces mots : 
€ Terre qui m^enfantas , prends pitié de mes manx ^ 
€ Que mon corps ùtigué dans ton sein se repose. 
« Regarde à quels mépris ma vieillesse m^expose : 
« Je me vois en horreur au jeune âge. .. pourquoi 
< Souffrir que tes enfants soient un objet d^effroi ? 
€ J^ai satisfait aux dieux ^ et ma course est remplie : 
€ Ouvre à ton fils mourant sa dernière patrie. 
€ Que sert de prolonger un tourment si cruel 1' 
« J^ai droit d^éspérer mieux de Famour maternel, w 
U dit, et, s^appujant sur un tronçon de frêne. 
Vers sa couche affaissée en chaific^ant se traltne* 



(|J8) 

Çfttù pmUfutmf^ewUy mitera tpÊtâfimere ^^fbtf 

Bm y umium tmtki c^T^Hris €>SÉa vidmi 
Çuumque magisjaceam semper^ vipamqae jiwemh | 

Çtdgst^vitaSmeptUêêeâselo^f' 
Jàmpteru^esiteitmnq%todviyùmts:'Ui«imtir^Êtm^ 

Oj^'unt nébidœ^fHgus et aura fHMmu f 
ïtas lœéUt^ modicoque etiam corrumpîmur imjkre : 

Verh et autumni lœdit amœna Mes. 
Hint nuseros scabies, Une tussis onhela/aHgmi 

ConUmtos gemitus œgra senectus htAeL, 
Bas st^^eresse rear^ qtdhus et spirabiUs aer. 

Et luXf qua regimuTy redii^ripsa grarisf 



Ipse etiam j ctmctis requies graiissùna , sùnmiàt 

Avolaij et ^ra vix mûd noçte redit » 
VA si lassatos unquam dignàbitur artus, 

Turbiduxy heu ! quantis korret imagiÊiHus l 
MotUafulcra tori duris sunt cautibus asqua§ 

Parva Ucet, magnum pallia pondus hahef^, 
Cogor per mediam turhatus surgere neet^u , 

Mubaque, ne pnuiar détériora ^ pa$i^ . 



yincimw infirmi defectu corporis^ et qua 

Noluerim , infelix hac ego parte tràhor^ 
Omnia naturœ solvuntur viscera nostrœ , 

Et tam prceclarum quam mafe mutât opusf 
Bis veniens onerata malis incurva senectus 

Cedere ponderibus se docet ipsa suis. 
Ergo quis has cupiat per longum ducere pcenas, 

Paulatimque anima déficiente mori ? 



La mort méoié dfift-V'^ u» pins monie t^^ 

ti^œîl en ce ciMrps flétri ne voit pkis que desi ot» . 

âmsi , qua&â ^luqoe }0iir par defws ftiGûblie , 

fism astabanemeottecoiiHitttemATÎef • , 

An Dooibre des Tivaou ckû^^je enowr meoompIttpF 

âh! c\st un kHq^ supplice ^rs qne d'^eiisler. 

Et le soleil Bdiulirftle^ et le froid non» accable^* ' 

fin souffle, une vapeur t tout oous est ledouiabk \ ^ 

L'^autotane coQlre nous eH araié de brouillards , >. 

Et le doux priateaips mtee ast funeste aux vieillards. 

Une acre humeur les ronge^ et la toux ks oppresso^ 

Sans ^esse tourmenlés, ikgecaissentsaQs ceate* 

€rojons-nous vivre eacor.lorsque sons redoiHons 

l«a darté qui nous luii, Tair ^piaiioua respirons? 

Le sommeil , doux repos de la nature entière. 
Le soiÎBâeil fuit mes yeax^ ou s^il dèt ma pauf^èn»^ 
Si paifoîs dans la nmtséi tardives &veurs - / 

Be mes aeadbres lassés cndorn^ni les dottlem», ^ 
De quds spectres afireox en rêve il m^ipouvante! V >> 
Les plus souples tapis de ma couche opulente 
Me semblent des rodiens sous mon corps étendus, ■ . ^ 
Et son poids, est trop lourd pour ces légers tissus. 
En sursaut éveiHé , 4a peur me fait , dans Tombre, 
four finr un plus gcanl mal, soufirir des maux sans nondvt. 

Le coips en périssant nous entn4!ne^ c^est lui 
Qui , loin de m^obéir, me maîtrise au jourd''hm« 
Tout avec lui dans Thomme et déchoit et s^abime. 
(^el &tal ch^gemcnt dai» cette œuvre sublime ! . 
Sous le poids de ses maux vojez-le se courber. 
Ce malheureux vieillard tout près d^j su6:omber ; 
Qu voudrait prolonger cette tdste agonie 
Oh sVHeîot par degrés la raison et la vie? 



îT 



(r38) 

Morte mori Wfiu^y tluam vitçm ducerè mortis', ^ 

Et sensus memi»is siesepdirg suif. 
If (m quêtor , heu i longi qaod tot^M M[)h>Ui$ mùd^ 

improha natune dkerefussa rtrfas. 
DefickmtiéMMkmgwro tellure iaurif 

Et quondmn pvkherjjit modo tuirpif equus. 
Ftaeut éUu r$biâi compescitur ira leonis j 

Lentoque per seniumcaspià tigris efit. 
Ifisa etiam veniens comumet saxa vttastas , 

JEI nutlum est quod non iempore (aidai opus. 
Sed mûU ^mtturos mdius prttvertere casuSj ^ 

Alque ù^eMkes a^Uidpareliies. 
Pœna ^nor^ certain gMto perfore rÉdnam'; ' » * 

Quod Umeas , gratnm ^ matùîmifee Mu.< ) 

Aiquosfert abos quispossitdicerecasius? 

Hoc quoque difficde est commemorœ^ seni. • * 
Jjnrgia j contemptus , viciemaque damna seqkttnttir ^ 

Nec quitquam eir tamis priebet amtcus opem. ' '"^ 

J^ me pueri aêque^œ sine Uie puéttue '^ 

Turpe pusant dondmunjam vocisare suum. ^ 
Itrident gressus , irritera denique tndtian^ 

Et trenmlmn^ quondam quod Um^ere, eaput* ^ 

Çuumque i}Ail videam^ tamen hoc spectare Ucehitf > * 

v^ IM gravior msero pc^na sit ista mAi. ' '' 



^ 



FeUx qui meruit tranquîïlam ducere vitam^ ^ 

Et ketos stahûi dauderejine dîes! \ 

Bw*0 satis miseris memoratio prisca honorïan, ,., 
Et gravlus sumnio culmine missa ruunt^^ 



: r 



(•39) 

liksyx vaut mourir soiqdaiD que vivre ainsi monrant , 

Que voir nos sens périr dans un corps expirant. 

ih le sais trop , bëlas ! le temps doit tout détruire : 

CTest la loi du destin; nul n^a droit d^en médire. 

Le taureau vieillissant perd son courage altier ; 

JLi) rang des vils chevaux tombe le fier coursier; 

Su lion furieux les ans domptent la rage, 

Et le tigre lui-même est abattu par Page. 

Le temps brise les rocs ; tout cède aux coups du temps. 

ilai^ te trépas du moins prévient de longs tourments \ 

Mieux vaut , si c^^est un mal , sûrs qu^il doit nous atteind' 

Le subir tout à coup, (pie si long- temps le craindre. 

Et qui peut du vieillard nombrer tous les chagrins f 
Le po)irrait-il. lui-même? hétas i à quels dédains, 
Qoeb débats , quels a^auts le soumet sa faiblesse ! 
Et nul dç tant d^amis ne Paide en sa détresse. 
Jeunes filles, enfants sont sans pitié pour lui. 
Envers moi d^cm salut ils ont Jionte aujourd'hui ; 
Us raillent du maintien d^un vieillard misérable 
Et de son front tremblant , auti^efois redoutable. 
Et moi qui n'j vois plus, je vois leur ris moqueur; 
Je le Yoi&, pour que rien ne manque à mon malheur. 

Heureux qqi des vertus suivant la douce voie , 
Tout à coup de ses jours écoulés dans la joie 
Peut voir briser le fil sans regrets superflu? ; 
Mais l^uzier souvenir des biens qu'on a perdus 
Agrave Fin&rtune où notre âme est en butte. 
Plus on tombe de haut , plus terrible est la diute. 



^' ; 



i »4» ) 

A»&Bj5fii£S A XA BOmèté filf 1833 8T iSSkp 
HTIMCliTION DES BAPPCmn 

AUZQUEIUS ILS 09T HOÇKÉ Lip0f 

HOYALEf 

Mmtkres 2%«jmv#. 

Mémoire sur le» looyem à employer pour opérer k 
restauration et pourvoir à l'entretien des chem&if 
vicinaux, par M. Jaqtjwé. Nancy, Haener, 18S2.' 
In-8* "^e 35 p. et iw tableau. — liapporteur : M. 
GmBAt. • ' , 

lïes principaux effets de Péloquence , thèse de Ihtéra» 
tuïe , par F. Pebboi?. Strasbourg , Sflbermann , 1 9i^. 
In-*8** âé 5a p. — - Comnussaires : MM. Gérar^-t 
GïiANDVïLtË, Gironde (Rapporteur) et Guerrier i»* 
DfrMA9r. 

BéintiÊtm\fëJicà4iiem inter et virtûimt cùnhê^oney 
thesittatùia ^ auctoreF. Perron. Atgentorati ySt^ 
dermann^ 1 83S. ïn-8' de 1 8 p. -^Même Commîssîon. ' 

tUpport tsàf à la Société centrale d'Agriculture de 
Nancy sur la1[%arrûe'^6rangé , par M; SotER-Wnik- 
mt. (Extrait du Bon Cultivateur). In-^ dte itf.' 
cti 






( «4* ) 

trait du Bon Cultivateur ). In-S*" de i6 p. 

E^siS^aioiiOgrapliSqMisttr ïti VMààvàiles^ fkit M. 
SoTEa-WiLLOiET. ( Extrait du Précis des travaux de 
rAeadémie )• luf^"* àeAf. ^et uira pki^lie. 

lutroduction à Pétude de rharmonie^ par na ancien 
âève de l^École Polytechuiqne ( M. GmBiL)* Iih4* 
oblong de a8 p^ ( aûlogta^hiée )• — Rapporteur : 

Compte-Rendu des travaux de la Société Royale des 
SieieDees ^ Lettres et Arts de Nancy , par M. Gmauxa 
m DuMAST , fHhiiffim mv$EgCfmi&(^ des Beaux* 
.Arts:et4e.lladustnei).par Mi. w; Cmbkw». Mani^i^' 
yHissette, i833, Ia-8"de a4et aqp. 

De 1« Physionomie ^ Discours dr réception ,à U Sp^ 
fpété Royale des ScieQces,) , Lettres et M^^^e 
Nancy ^ par M. Perbon. Nancy, Richard-DwE«|t , 

Ék|(eimtoi:ique,4eM« L^oicent^par M. im^htfMf* 

Kancy>, Y' Ifiss^te, 4833* In-8' de M^ . i 
B^m$ de %a«powrparML. ^U^p^wi. Nancy, Bb/B^Tt 

1834. In-a- de 64 p- fig. ' 

Adûçe ^ ffl ^a l o g j qw e des prcqpn4tés de Ykvi^ l^mnaiiie,^ 

fuirB^ Piaaux,ATal4w>|;nv^)^^i^îiH^ 
Of^poiii^iiauv Si^uilioii ^t Métlitd^ tle lli^tjlii*^^ 

Aourds-woetft de l^uugf, p«r 1^ PmOTK.;Nw^i . 

Tidai;t et JulH^Oi x834. In-4*d<^.5^p. ,. .,, /. 
Ef^nien aon}p^ti|*4^ ^utes Wniétjbo^^ 4«^^i«otiifi|, 

par M. Puoux. Nancy , Vidart et JuUie^, |d34 <l^^' 

de 3i p. 



Mé4Me et UtAme; a* éàit. , pur M. PacMm^jiffléA 

IJNaooj^V'Bîsselte, i934. &i*-{6 de 86 p. . i 
associés. 

Tableau. lii^riq[iie de la iithoirilie, par M. Lsaot- 
VÉnousi 1 

Ciiiipt»«iUaKiu des travanuc de* la Société phibl^lii^- 
tfOie dei^dns ^ psur M. le liarcm di IjAwyoeienB^ * 

Rapjport sfurla cultture de la Betleraire à Féeati^ (tf/ec 
-^M« IHiImic) ^-Oétatime des o^\ fimpM des os comme ^ 
«ngMii^ ComposHîcm de la dddie dite, d'aargrair' à 
Rouenf Raf^rt sur le pétrisseor mécamjii»^ ^r 
it. GâuiaHir..-^ }lajj|»oiteac8 : BIM. m fiABàAX£*etr 
I^AMODREcx atné;. 

Aw?^ agnkxde» de Hovffle ^ 8* et deraière Uvmnott , 
par M« MATmsir i« DoMBi^LE. — Rapporteur t ML* 

Aflsniaiiie du Haut^kUn^ par M. JoimpAni. ' ^ ^ 

Pfolice sur TÉcole d^'erMigdeineïit mutuel de RoTiHe^ ^ 
Fétôiùis de M« le Coloo^ Sio^oii-Juorîère a k^ 
<^iiAm dea députés; Histoire do^ CWérâ-Mer*- 
*JMia daii^le qu^tiernla L$memboQi:!g^ par M. Kti^i 
Boulât de la Mettrthe>. *^ Commissaires : MM. 
9isAV^ GQiaAv(l3iipporteur)el Seb^iîikbs/^ ' * ^ 

Des ^bmxki^s '^nékdmn eu France; môjem légiUai^ 
i!iii^M¥K»«'r la rêiskairratidu et Teâtreiiéti, par At. 
Mxrmmv de DoaiBASLE. '/ / 

EaceniMu da^ riude; Vie du CapiUdue Cddc; Le^ 
Mogol; Souvenirs du pays natal ^ par M, -ÂLn^ 



G'44) 

diifeiikmt , #atg«ge coimoniié pst la Soôélé Royale 
des Scienees, Lettres et Arts de Nancy ^ ptr M. 
G>i«STAivT SAUcanoTTE. -*- Cooiimssaîres : MM. fti»*-> 
coimot, iffi Haldat (Rapporteur) et Swnwftww. 

Redfeerches éeoaomiqMs sur le son , par M. Hn^ni. 

Kbiiothèque populaire , publiée sous k diraetâcMa de 

. SI* Ajassou 0e OaAifSAGifiB. — * CooUnîssflnoBs i I^UC 

ftLAu ( {Uffort^ur) , Gosaaoyi » Dcmsr et f i riw n 

Ck^RStdératîoiis sur ia aâture et le teattoffiMt d» CSt^léra-* 
. B|odt>m^ par M. OB I^acuorp* -^ Bxpp0tîmtiM* 
. Seau^as» 

Tottr.da loottde ou voyage du EaU)Hi PeAael#) It^ 
duit deThébreu^ avec le texte ^ par M* Gabuotuv.^*— 
Commissatres : BIM. Gu^aitma db Dskast (ftaj^jj^ 
l(Nir), PaaRON et SoTEa-WiUmsiu 

Dissertation sur la peine de mort, par M. MjÔt^icUju ^ 

Éioge de François Rotier, par M. T^ÉBAUt m BEssBaim/i 
^<- Rapporteur : M. Gqioinw^ 

Cbe séance de TAgora ou Démosthèoe à la TcSmie) 
fmt M. SftitmfàXT. -^ Gonimîssflires^: AflMLJMu 
{Rapj^rtwr}^ GusaMEa de 0<][|iAar .et'lMiifOtmW^ 
alâé. ./ f . ^/ 

Flor» de Théocrîte et des auteuv^.bmcoliqaes gnaos^ 
De la Reproduction des i^égétaux^ tbèse présMlé*i« 
la faculté de Strasbourg, par M* Kk. — Jik^oi$ms : 

M. SoYER-WiLLEBIET. . . i .. 

Commission arcbéologi(itte et littâHore # K^r^»j^il»^ 
1»^ M» TEssoa. 



(M5) 

ri &ar I^espril nâitEtice «I sur Toi^iuba&m àe Taif 
méfi^ par le Gomte Adolphe de MoimmBOX. — Con^ 
iBièsttres: MM.. Gt7iniuiaiDEl)txiiAST(RqipoftQtir)) 
iimm ttAjÊmsKBun èl le MarquH ^e Paegb* 

àoli^aftéa da graad. cîaelière d'Orléans ^ Hûloi^ du 
àégà âK)rléaiiftf Mo&ixménU anciens et modemies 

^ éri^ en France à la oiéiiiôire de Jeanne d'Atc ^ 
psff M. JoLLois. -*-* Rapporteur: M. de HâJiaAï. - 

^4Ppért sur radmioistratîon de la province de Nan^jur , 
par H. le baron de Stassarît. 

Mémoini sur les Dahlia^ il/ édition^ par M. TaiÉ^ 

BAUT 0E BeRNEaUD. 

Wjrésû (tntees t3 et'i4 ^^ ^^ ^^ ^^ 1^^>^^ ^ vérifier 
ks dates), par M. Warden. -r- Rapporteur: M, de 

B&LOAT. 

lie €&diér^M<fflHlSy les Monati de &Gl«ai et la mort 

Mire , poèmes , par M. Boçchaelat. — Rappdrtenr : 

M. Géraed^Grandyille. 
Description â\in gyromètre; Mémoire sur le mûrier 

des PUi^pi»nes , par M. le baron d^J^KBRES-FniiiAS. 
Des inlérte respectifs du midi et du nord de la France 

dans la question des Douanes, par ML MAxmEU de 

DlmtAsuc. 
Encore du Passé , du Prés^t et de fÂvcnir ^ Lettres 

stir divers iatérèls moraux et philosopbiqws^ pas 

M. McikEt Beee. 
Éoottolnîe poBtique ehrétien&e, par Bile V.** Asmj^M 

VuxKNEtJYE-BAReBMDirr. *-*- Rapporteur : M. Seee^ees. 
Sdnreiisements fai»tori<{ues sur la eonsj^atJan dti 

{àlMllialet, parM. SAirunia. 



(.46) 

Des cmitt» de rophtaimie èe Varmêê^ par M. *âl 
HoifSEBMOCK. — CoiiiinÎ88É»e» : MMt 'w Ki:s»iiT 
( Itffpporteur )^ Lamo^««« tteé el StRiitoBSi 
Instruction sucdfftè «ir le traîi«a«ot IioWMcopalli%e 
<hi choléra; Notice» «t docomèiiU sur le «holéwi^ 
liCttreé inr Remploi chi coton comme ikarpie'^ Do 
h tîaitttoiffle ; BlblîoAèqtfe lioi»oeopatkîqtté^ 3Ex- 
po^lion systématique des effets patbï)génétiq[ueB des 
tonèdes; KNiograp^ehomoeopathicpie^ l^Weaèk 
des modifications des rwîiiède^ homoeopattàî^jucs; 
Visite scientifique en Allemàgne^5 pair M. Pescmek. 

Rapporteur: M. Sermères. - . 

Discours en ver» sur le courage des françaîr, par Mfe 

•- le comte »É VAtfiEATfc. * -^ 

Mémoires sur plusieurs espèces de roches épawes »ns 

le bêsân de Genève, par M. ÀjftbéDiâttC. — Û>Birf 

^ lûMsakcftt MM. »e Hài^at ( Rapporteur), JErAsSwj- 

BEUX aîné et SoYER-WlLLEMET. * ' ^^*- 

SClElfTIFIQUES. ' * 

Rapport sur les travaux de la Société de» ^sdiMiks , 

i agriculttm et iirt$ du BÉ»-*Hliitt; v ^'> ! 

Sé^ndesipuWiques de FAiîâdwme des éeieMea, b^es- 

letti«» et arts de Besançon. "^-* '*^ 

SHaitoe» ptibfiqtte^4k ÎAiiadémie Royffc dep ««m«'^ 

arto et bdIesJettrcs de' B^denou ^ 

BtdleiÎBShd« l^Aaadènie R^iide dies Bcte 

lettres de Bruxelle» -^ - î ' ' \ ' *^ * *^^ ^^ ^ C 



(»47) 

belles-kflres de Dij^o* . '. 

I^ecueil de la Sdci^é libre d^^^ricidtatte, scîmces^ 

arts et belles-lettres du département de JPEitte. ^ 
fivBctiBs de TAciidémie ébr^ïdiOM. 4 

Mémoires et Progratnmes de FAcadémie dn Gaid.' 
Métf^oires â# la S^âété d^. j^i^w;^ et dlmltire aa^ 

tnrelk de Genève. 
iUq)^r|B de la Seciété biblique de Genève. 
Pi:éq$ de la constitution médii^ du départtBient 

dlndre-et-Loîre. 
GHnpte»>S.eûdus des travaux de bi'Sbdété d^imulatîoti 

du Jura.. 
IMm^ires de la Société Rojfule àm sfiienens^ lettrer et 

arts de Lille. 
C^V»Bq^te$«'Reiidus d^ travaux de la Soôélé à'^ffioaif^ 

ture, sciences et belW-l^res de Maçon. 
A^&pEIMres d€ rAcadémie Royale des litres, somoet 

et arts de Metz. 
Sonuuâre diis trirranx de la Jk^élé das adMees »ét. 

dicales du département de la Moselle. 
Le Bon Cultivateur^ publié par la Société centrale d^a« 

gricttUure de Nancy» * ^' 

An^al^de la Société a^adémque de Jb«ilca. - 
Jourui^de la section d^ «lédeciAe de la SœâéléiNft^aM 

démiiiue de la Loire-iilnférieiii» ( k NiMea)* • ti 
Aniuifes 1^ la SofsiétiJRjoyalides sciesçO) bcâes-lettetf 

et arts d'Orléans» t. . . . .' 
H i> Wg»nià l'^i^^tg^léim^di» Jusctipt^ ^ fw kriwwiii 

8iondesw|ipMs«ktiÉnal«^ < 1 



(»4«) 

JoiumI èM travaux Je TAmiéaât de Tincdustnë. 

Tbomal de Tlnstitiit butarM{tie, 

Séaoces puUiqàcs de la Sodété Vbte des? beanx^rà 

de Paris. 
BésiuBé des traira«x ck la Société eiit6m<^giqaé<fe 

FtBùtè. ' 
AsaemUées géiïéfito èi Jèurnal de k Sùdéfé êe là 

morale chréttenne* 
Comptes^Readus de la Sodétë pldlotec&niqtie de Vstk:- 
JSiittetfait de k Société de dtatbtiqne uàiverseBe dé 

Paria. 
Précb analytique dés travaux de FAcadéBue 6oyale des 

seîenoeS) belles4ettres et arts de Rouen* 
Séancéï pttUk|iies de k Société libre d^émuktidii^ dé 

Rouen. 
Recueil agronondcpie puUié parla Société d'^agricul^ 

ture de Tarâ-««t^GaronBe. 
Séasoes publiques de k Société Royale de médédué 

de Toulouse. 
Anuahs et Journal de k Sodété d'émulation des Yosges^.^ 

EIITOI8 DITEES. > 

Traité da Cholénh-Moilnu, > 

parM. BonOtdd. j |Upport««:M.(|^wi«s; 

XjQfooa swr le (^oléra^Mop-i- ( r ' 

bus, par IVL Bfageudie. j 
De k Minéralogie^ par M. Necker, de Ge^itii* ^ 

Rapporteur: M. LâiiouRsinL atné. 
GraUMoire nifiie , par M. Gretseb^ trinl* pai^ M* 'S^y 

lom. 2*. — Rapporteur: M. aftRomnsa. ^ 



■*■>- 



(«49) 

d'^architectes pour Ymécù^mn dtf trayaux et hàti* 

idents publics et communaux ^ Notice mit ua calo^ 

tifire^,'par M. Gîgaxih d'Otmcourt^ 
. I4^ret d^ prix de vertu^Moiiijoa* > 

Œuvres de Pottier^ éd. de M. Ftrback ~ dom« 

mksaires : MM. 6149^) Guerrier de Dmosi et ivrnm 

Lahdùreux ( Rapporteur )• 
Dissertation sur W généralités de la Physiologie ^ fut 

M. Malle. — Commissaires : MM. in BaliuT) Là** 

nooREVt aîné et Perron. 
Météorolo^e statistiqUcf, pat M. Parisot, dlÈjÂnaL 
Exposition publique des prcfdiiits de Tindustrie à Âb^ / 

bevillé. 
Des divers moyens d^omunuoication à Tusage dcf 

sourds^nnuets^ par M. Laurent^ de Blois. 
Les ministres ée Otaries X ne sent pas condamnables^ 

par tin^ libéral ,sans {iksot et sans reprodie. 
, Observations géuéralfi fur |es marais ^ par M. Huwm 
< de XHNpamiiuse. 



i4 



TAMJEAU , 

DM MBM.RB» an^osant la $odété Rérak des Sciences , 
Lettres etJrts de Namyysuiitmi Pio-drede Béception* 

(OCTOBUE 4855. ) 

Résident : M. le Marqaîs de VuxEWEUVErTRâii* 
Secrétaire de correspe^ndance : M. de H^uiâj, 
S^réfairedebur^au:M.^io^^vvx* ,, ,. 

BibUf^hécaire^Archiviste : M. SoYER-WuiA<ff# 



MEHBIKfS TITIJLàIRVift* 

.«<«. .5 Jnfl. (I). M. Blau, Inspecteur de ï'^^^"^^^^^!^^. 



M. DE Haloat, Dii*eélétfr àe'PÉcole dé iitt4p™«^ 
M. Lamodreot âiné, Docteur eu médedffe^^ttrfe»» 
aeur tfWstoire naturelle à TÉcolc R^yJe frre»- 

tière. 
M Mergin^ Directeur des FouU cl Owaséai e* 

retraite. 
M. J^srm Lahotoeux, Juge au Tribunal Am ff^ 

mière ioslance* 



iS^S. SJuâi. 



(i) îfKKiae 4iî k tçsUuintiott de k Société Royale, fondé, par Stato«^ k 
a8 DéeeipJife i^So, et iiwrâée, avec les aatra AsMaàm tl SëiârfO» •»?!•» 



l$o^. j3jÉ'«yrî«r. 



X 



iGÂvriL 



1808. 26 Juillet. 
181 1. iIFévmr. 

ill3. 18 Ibti. 



tli;. 6 Février. 
1819. 7 Janvier. 
1831. S AvriL 



lia à» 7 f érner. 
lïal 7 Août. 
%a. i3 AytU. 



37 ÂvriL 
$ Aoû^ , 

i8a7« 10 Mai. 

it .,,'. -i • ■* 

1838. 3 JanTiêr. 
iÇ3o. f « Avrit 



Itf. BiucoimOT^Dîrecteiir^ls^NB&de8Pliiiitfi$^ Cqi^ 
r^oodapt de riQstUut ( Académie des Sciences )• 

M. DE Caumoitt ^ Becteur de FAcad^îe. • 

M. SsRRiÈREs, Pirofesseiar à FÉcole de médednc. 

M. Étienns ) Horloger et Méca|iicien. 

M. Jaquine^ Ingénieur en chef des Ponts et CBimm* 
sées. 

M. Léopold MATffiEU^ ancien Snbstitnt du tfoem» 
r«ar«génénd de Lorraine ( Associé d^iûs le 99 
Décembre i8o4)* 

M. le Comte DaouoT , Lieutenant-Général* 

M. DE Labroïsse^ Statuaire. 

M. îe Marquis de Villeneitte-Trans ( «utreCÀ Vi- 
comte François de Vi lleneuve-Bargehotit ) , Corrfs* 
pondant de Tlnstitut ( Académie des Inscriptroas). 

M. Soter-Willehet^ Bibliothécaire en chef et Con- 
servateur du Cabinet d'^histoire natoceile* 

M. le Marquis de Pangb ^ Pair de France^ 

M., Baillard j ancien Professeur de Rhétorique* 

M. le Chevalier GucpiiBR de Dumast, andeii Sou*<» 
Intendant militaire ( Associé d^ois le 5 hÔA 
1817). 

M. Gironde , Inspecteur honoraire de TAcac^mie. 

M. NïïfET, ancien Sous-Biblîothéci^'^ ^® ^ Ville* 

M. 'Pkxn, liAUREirr, Professeur de Dessm k VÊoùU 
Koyale forestière* 

M. Gérard^Grandyille , Chef 4e Bureau à la ftbiri*. 

M. AupusTE MoNNiKR^ l^ropriétaire-CidtiTateur. 

M* PiBoux, Directeur de Tlnstiti^ dm Sourds^ 
Aguets* 



(,5.) 

liSS. 4 Juillet. M. GuiBAL, Juge de Paix, ancien Pfnfifinettr k 
' ^ JTÉcole âWtillerie de Valence (AMOCÎé ét^mÊ 

• lcaJuaièti8ï8> 

ilQI4* ^^^^'^'^i^^*^' B.ÉGICEAULT, Professeur de Matliéiiialiquet. à 
rÉcoIe Royale foresUère. 



ASSOCIES NATIONAUX* 

ties. tf JoBSet M. BÉmov^ Conseiller à la Gmr de Cassation^ 

k Paris (titulaire jusqu'^au iS Octobre i83s). 

M. MoLLEYAUT Fainé) Supérieur da' Séminaire ^ à 

Issy (Titulaire jusquW i8o5)« 
tl. CharlesJjoois MoLLEYADT, Membre de FliistiUit 
(Académie des Inscriptions)^, à Paris (Tite^ 
laire jusqu'^en x8o^). 
M. PB RocHEFORT, Littérateur ) à Paria (Titola^ 

jusqu^eu i8oj). 
Al. SpitZ) ancien Inspecteur de FAcadémie d# 
Nancy, à* Varangéville (Titulaire jûsqa*ea. 
i8a3). 
• AjSMyUin. M. le Comte Boulât de la Meurthe, ancien Coi»» 
. . . seUler d'*État , à Paris. . 

M. Capelle. Docteur en médecipie. à Bordeaux*. 
M. HoLA^DBB, Bibliothécaire et ConsenFaâor m. 
Cabinet d'^histoire naturelle ^ à Metz. 
^ . M. Lefébuke, ancien Sous^Préfet^ à Paris.^ 

, M. le Cbeyalier Lencmb , ex-Directeur du Musée âa^ 
^Monuments français, à Paris. 
M. NoBL, Inspecteur-général des Études ^ à \ 



(i53> 
M» le Barqa Payée ^e ViNWEiîifUEj Menubfç 4e fat 

Chambre des Députés , à Troyes. 
M. Sauujœb, ancîea Préfet, à Pafii« 
M. Sedillot, Docteur en médecine, à ÏParis^ 
JM, le Baron de Silvestre , Membre de llnstîtat 
(Académie des Sciences), Secrâiaire de la So« 
làété Royale et centrale d'Agriculture, à ¥ms. 
M. VAiii^OT , Docteter en médecine , à Dijon* 
f^M. ntimet. VL Ihmm , Docteur en méde^dne^ à Dijon. 
f« AirrfL M. Is4i!«ir, Peintre, à Paris. 

Bf . Jadelot , Docteur çn médecine, à Paris. 

M. liAGKST^LS jeune. Membre de llnstiUit ( Ac%»> 

demie française), à Paris, 
M. LAUBEîSfce, littérateur^ à Grenoble. 
M. le Marquis de Pastoret, Membre de HoAtHut 
( Académie française ) , à Paris. 
ioXMe0Bib»M. le Baron de Lapoucctte , Meml^e de la fSufflii- 
bre dçs Députés, à Paris. 
1S04. 3 Hid. M. Deyèzb, Docteur jn^niédeçine, à Paris. 
^9<»5. a3 Mais. , M. Durand, ancien l|||leuF, à Amiens Cntufadre 
jusqu'en 1806). 
^JmOA M. M^âffiL &a», littérateur, k Pari^ (Titulaîre 
depub le i4 t)écembre 180^, jusipi'au li 
Janvier x8i4)* 
j9o6. (Février. Mf ÇûENEAU d^Axjmort, Professeur de la Facuïté 
des sciences, à Dijon (Titulaire jusquVu i4 
Décembre iSog^). 
tVm* M. BioT, Membre de llnstitut(Acadâiûe des Scieift* 
ces ), il Paris. 
M. DE Labouïsse-Bocbefort^ lâttërateor^ à Castel» 
saudary. 



C'54) ,, 

demie dès Sciences ), à Paris, 
ttitviffit. iS. BjpxiN^ Caiseur des Études au CoU^ Roj^ 
de CharleiEHigtte , à Paris ( Titttlaite jusquW 

9l. Kei^ARD^ Professeur honoraire de la Facuhé 
de médedoe de Su^sbourg^ ^ Me9ii3^* 
È% "Aovemb. M. lé Comte DK Vaumlanc , aucien Bliiiistre 4^1^at ^ 
à Paris. 
fi97. ta Ma». M. Dela^ue , Phanuaden , à Évreitx. 

toDecem. M. DsNis père ^ ancieu i^dacteur du Narrateur de 
kBleuse^ à Commercy. 
%$•$. aâ Mats. 1M[. LdàiAZURiEâ ^ |!attérateur , a Parilk 

loNoTcm. M. BouvEifOT^ Docteur en médeçtoei à Pms. 
léio. la Juâkt. M. SiIathiev di DoMBASLp^ Côrre^^daBl de Vhtsm 
tilut ^(Âcadéipié des Scienéek)) Directeur de la 
Fermé^raodèle , a fto^iUe (|f éut^e ). .. * 
1811. ^filars. M. MouoEOT) Docteur ^n iQéde€3|iÇ) à Bruyères 
(Vosges Wg 
* 4 AvtiL M. le BarofiWEâffiNprîïS , Insf ^tétor^ëénétd âtt 
Service de ^nté^ à Park. 
4 JTuiïlet. Bï. feERtiÈR , Propriétaire^ à RotiBè (Melirtife ). 
1^ la Dëceta. M. Iîergosne , Heç^çuT 4e yAtfi^àéide de Mmtpeb» 

Ker. 
i$w. aS kit. M. Pa|hset ^ ^ Secrétaire pérpéftxel ^e ÎTAcadénue 
ïloyàle de m^ccîne, a Paris, 
90 Août» M. Ti wÉBAXJt DE ÀEBNisAtrD ^ Sècr^a^cç perpéhid de 
la Société; LinufSenne , a Paris. 
i^jS. a4 Juin. M. AzAï§, littérateur^ à,1Pik^ ( Titulwre jusqu'au 
SJuilkt i8i5> " 

I" hmiu M. GmmkyVfiKt'sm m médecine , à Lycw* ^ 



C i55)' 

' i lilaiieiilastnMtbQvà Bleli^ 

iérSvvatpMBeteî iL< <^AtLifi fionaiY I^tew M mjjpCMie^ *Poètc 

iSt& Il Hài^iÊt. t/LiOmMSkt 9B PixiRccotmi', LitléfMeur^ k Vam. 
59 Aoét. M; G^ttssor ^ Doetenr en «lécfeeiiie, à Paris. 

ëlHowûb. M. HuRTREL D^AnsovAi»^ Cïommissaire sfédA fttm 
^ les ÉpiiooiiÂs du Pas^<*d&-»CUais ^^ à MofitmiB»* 

M. AfeRfiàù DB JbiiiiÉa ^ Gicrespi^adant de Unititet 
(Académie d«s Sebnces), à ^hoîa^ 
i^i7.^iiMi^^ AL fiàrvm, aiuâebSecrélaké^éiéraldePfélecliir») 
à Paris* 
M.^StfG€^, andm I^éret^à4aint^na8i»i(I^ 
CBtalaire ji^qu'^au Jo Avrit iS-îo )• 
< tSAnâî M. GuÉPAiTîB, 9roS&atwe de ft&rthématiqaei^ à 
^ Brest. ? 

ÉSUhtm. M« WAfiMï) CbfVeBpoBdaiif dé r&stitat (Acadé« 
ipte dea- Sci e a e ei ) , à Paria. ' 
i^it. II Jî& M. le ChiHraKer ms IStacr^ Bâ«tôi^ enwédecbe^ 

.4..-^./.. .>. . àPariaw^ 
i#a^ n^JWIei. M. BoTjcHiditâT , ProlcBsénr de Mathéma^oea et 

^ -? iiktéfatear^4I>«ria. 

idao. 90 AtiîL M; Qbsuanot , Bectenr de f Aeadéime de Qemoal* 
§1faT«ttib^ ML &(i>m, Doèteâf eu iaéèee£fte^l Paris. ^ 
7 Péoeidb. M. G&nn&E ^ Seerétafare de rAattiémk de BésaaçM 
(THidake depuis k 5 Fériô^ t9%c^^ luacfu'ett 
* -^ OcU^e ÏÔÎ3). "^ 

^ ^ M. h l^eûmte Aa^basi m Tia.Mcinp»»BA»^3foinr , a»* 



( ,«5 ) 

liw.ii'f^rier: *. OT tkrtmrt^ Profemw à fÉeale de. QMftiâe 
StraêboQrgCntnlaire pisqn^ftttSeptendm 1 83o). 
' ^ iSItei. «L Fée^ Profoseur de BotaDi({udt lii>i^tia^ db 
médedne de Strasbourg. 
^liiiB. M. ALBEinr^MoirrÉiièirr^ LHtmUiif^'à . : t 

M. DoEEOGiAtr^ aociéii VwéSet^h Pjfris, ... 
S Jailkt. M. IbtLOis, Ifl^nieifr en dttf dés PaaIftitCSMWhi 
• sées, à Oriéaof. 

>%». «8 A«tt M. Gaultibu dk CLATmar^) D/ ea nédec&iie ^ è Paris. 
M. D£ RoGuiEB fib , Goiiaeifler ^^CM^heur à la Coiaf 

• Rojale de Pfemey. 
M. VuLEBMé^ Docteur en fliëdedine^ Blembtt de 
llnsthut (Académie dès -Smeafc^ iiM^aita)^ 4 
Paris. 
S B^Mib. M. DevEBS, CSief de BataSlon irâïjiip^^^^) k 
Paris. 
M. Li&vrjeque^ PtofiBasenrde lAitil^éimidpîcpieS) à 
Rouen. ^^ 

tH%. 17 Avril. M. MeiVFALGOif ^ Doctetir eu médecke , k Jqon* 

4 IMoemb. M. Ttt<WAS ^ Doetour ea iiiéde<»iie. > 
1^4. d9 AtHL m. Rapo^ ^ Docteur ea BaéAedaey'li I^7m< 

a Juifiei. M. Deshates, DcHsIeur ai taédeciitô et NatunGite, 
à Pam. ■ ' ' 1 . ' ^'• 

a hémùh. M. le Marquis t« Forks^a^ aadea Préfet (Tltolure 
' juacfuW lâ Février i6a8). 

iMLfl Janvier. M. DwAiksov, Docteiir eainédcitee) à Q««^^piie 
près de Oiarmes ( Vosges )» 
«i Inîttçt. JML Ai^nus DoiwBT , togéoietir-rGéograpke^ à Paons. 
M. Gabriel Rolih^ ancien laspedear des Vws^ éa 
Prince de Gondé^ à Guise (Aifia^). 



C«7) 

Màvtils M. ScKpMflim^ Eeelfiir de r^ 

(Tltidaîre jiuqtt'w 8 Kw^mbre 183*). 

#16^1 ' M. k Ck»Bte UàXMCE »& GAMfAff) MtféduJi de 
Cmnp, à Thés. 

f«Jw* ML DEinsfib^pacta9r€ttnié4«çiM^àCbmra0te^ 

. ,r 'Xi . ^.- -.àJUdte. ^ ^ ' 

ML Ilm^^ R6cte»rde rAcadénoto de NN(iii. 
9««9.â A0^ M. Cou*»B (4e lïarligiiy ), Snbgtftut da P»^€i^ 
J r ' sieur géi^rat^ à Nvkcj. 

V ^ ^ II. Ssifsàrt , J^ofeMW de Pyioipphb a« (Î^B^ 
. ./ Boiixl>0i^^à Paris. 

ifeS-^f^ef. M. CkAttj»MAu>^Uttirat»w^àBdD«n^ 

s^ykitâ^'^ |if. Cnàa Mbasàii^ Sâ^drar di9 TAcàdteie de 
rindualm^ à Pai». 

■ - u^iTiiiii ML le CkiBite Ij^a» ^^Mimm^s^ ^àm9f&eii 4 
t^ . lfai«a«6^f cèé^é GiA^ Oise) (Ti- 

; vp^.f. > . âabifiç faafC^^aa 5 Ao&t i83o )* 

i»»9, t.^a»l«l: Jl. OnHO^^ A^#i»i à la G^ior R<^ 4e Pao8« 

S Fénier. M, RwsATO-MUNsxJTy N^ttraUrte ^ à St--Mihiel. 



I 



- 41 



AL OMÉtMar SâneiMntE^ BtelMir en 

Prafeneur m C«n^ de LnnéTffle» 
M. DE GàftAUdii^ MiisicMiii*09m|^nte«r^- k ]^aw. 
Mi ïûUHum ^ Modem en ehef de FBôi^tal muËiMa 

de C^daier. 
M. LioRMiB Ckoeœ^ Ktt w ii m i à Pam« 
M. Goiwifon^ littiéiçaMr^ > > g tiéç eiu 
ML (hauahAfmomr^ PedGaneur de niUoiepbie àla^ 

Faeidié des LeUles de Téndeo* (TituUre jnsr 

quW NoTembse t9âo)« • 



'\ 



i^^^mm^ , ML 



m&ranr, lillémlear^ 1 Poih^ 



tl)& e$ibfi. 



M. Gsiamii, Do^ticea nédettiie^ à Ftm* 
M, GiaAUw^ProiiBsseur deClûmie^ è.&twen. . li 
M. Jbàmy Qéogripiiè^it NatanSité ^ i VecMillei. 
M« Ptaiocr, ùcieii Proftweir de^Plâoi^pUe^a. 
Paris (Titulflûe ju^W Septembre i834). 

M. Richard des Vosges ^^UftoâiâMM de Im Vaie, 

]M[< le Ounte Aeouras m MenTeReiix , asoiaii iide^j 

M. Hane Boèi^r de Je M^oriUf AiMi* . à h^ 

Cour Royde de fmà. 
M^ &MmmMy Pkefrssewde IJiMNitort gftg^it 

la Facuké des Lettres de !%&'. 
M. CUmotew SâMar^ Ptarfme»Ma|6iat JMESiene 

^de»éc»a^^ifr>ll&eeiedMppfentieadbMe^eJ 
M. Hfécam^^ liMéMmr ,4fiimi4'&ape (T«4^> 
M> BttWtoCT^ Géeiogiie, à<2ertnJBt.>Fwti<t -y 



i^'i€ ÂTrîL Mt<> fenoiAilîi^ ^W>lels^ ^Elibiliiisnee et èe Fdifew , 

à LmpftdL, 
1407. 9I11H1. M. Vtsxm^ Prc^fessear de Mînéfalogie, à Jéna. 
iSf^. II lMeeii&.M. RoMAtr^ lieatenant^Cdofiel du génie) à TaU- 

kdoBd. 
iSao. iSJaaTier. M. HiunEKT^ I^iifasseur d'^areke^ à Genève. 

9lToTtfiiil>. M. HiïfzAin^ Professeinr d^ffist^Mre natorcSe^ à Bo» 

logne. 
]8a9. iIKatcbi. M« di BLAiiàfitBiiio , 0>B8e^er d^tat, i Odessa. 

M* DB STBttPK.oysRi ^ G>loBèl au service 4e Russie ^ 

Correspondant de Ilnstitat ( Académie des Ins- 
criptions)^ à Odessa. 
1823. a8 Août. M. RûBLEY DunGLisoff^ Docleur en médecine ^ k 

ChariotteaviUe (Virginie)^ 
i8a5. i» Décem. M. Pssghier , Docteur en uédebine , à Genève. 
ii8»d»5 JaBTîer. ^. Satasesi ^ Docteur en médedne^) à Niqpbs. 
i8a7.3oAoà^. M. Hauont^ Médedii-»Vétéfinaire ^ au Caire. 
1 828. 3 Janvier. M. le Cbevalier sb lUacuàovB^ £t m Kuau»)fir) Doc» 

teur en médecine ^ à Anveit. 
3 Ay^il, M. La Rocqe, Docteur ai médecine ^ à l^dadel- 

pUe. 
1 9 Juin, M, le Buron de SfASSASir) anôen Préfi^^ à Broxdles. 
1899. dJanTîet. M. IfafFELMiR^ Doeteur en médecine , à Trêves. 
3 D^cemb. M. Gloeseneb ^ Professeur de Hiysicpie ^ à Liège. 
i834* i9D«c«ia' M. Van Hons£srovg&) Docteur en médecine ^ à 

Anvers. 



^ CATJMUKtIIB ' 
DBS PUBLIGATIQIVS 

' Vft SES MÉHOnVé 



AKCIEtQIB AÇABEKBt» . 

Mémoîrei dfe ta Socîëté Rojale âesSaeneés et BeD^^ 
li^tr«B de Nancy (cbpois sa créatîoft) en ITffO, jns^ 
<{a'à b fiii de i7SS). Naney^ Aiitoi», i7S44»». 4 
voL ioAi* • 

lf<»A. La «itîté dt €S$ Ménmrc» foup^a^ j7^ Imbs 7 v«L 
„ ifM«£pl.inaiiii9crîu» qui fonl partie daaicli^ 

Ksfpoi^ hisloiîfae sur rAca^ÊUmie )ôk Naitejr; psr M« 
Cusna. Nancy, Bmer^ 1793. JbhA.* <Ie 99 p. 

KOVtELUB ACÂnéjwgB. 

K^l^bnient de la Sodété libre des Sciences, Lettrés et 
Aiïsde Nan<^. Nan<7,^?%nénllè/ia09. Îb-S:* 

Ri^ipQet sar^ i-étal^bséttient de- la' Société liBt^ des 
Sciences, Lettreset ArtsdeiNani^^'parM.MHAi^ 
^ VAV. (Nflfficy y TU^tttv^ IM3^)V Ift^.' de ftk p. 
UsmB^fMkfiê d»ltf Sodété AdsSëeaoe», IiétU^es et 



gneulle, (1803). In-8.' de 39 p. 

fiégleiiient de rAcadémie des Seiences y Lettres et Âris 
de Naïugr. JN<»ïM?y 3r^W^Î^> 1804. Iq:^.'» de l6 p. 

Précis analytique dès travaux de la Société des Scien- 
ces^ Lettres d Arts de ^^^y^ p^iviàut le cc^cu^s de 
Taa xu. Nancy ,^Vigneuliei (1804)/ In.8/ de Z^ p. 

Préci» rtalytwpg dta tàicvïïax. de l^Saoîdié «sadénu* 
que des Sciences, Lettre^ (tf A^ de Nancy, peor' 
dant le cours dé Tan xiii. Nancy, Yigneulle, 1805. 
In-8.* de48p.y aTe<^ un carton de */4 de feuille pour 
les iMfles 15 à 18* 
lioTA. Dm» le carton, k pa^e ty coimneMot par eéâ mots: des 

. M^ïX«tt^MA«^d^£iw)^^peada^ie^M^ 

fan 1806. Nancy, Vigneulle, 1806. JA4*\Mi^p* 

Wré^miAlyt^tfm 4«i travaux de la Société des Scîe&^ 

/^ ces, Ijettres et Arts de Nancy , pendant lëooiiïi <te 

l^ui 1807. Nancy, Vignenfle, 480F. In^:* è^0^f. 

^^ Prée^ w^ti^pie4est^vaiisr<tek%H9iété^^ 

ces, Lettres et Arts de Nancy, pendant le cours 
à» années 18Ô8 et 1809. Nancy,' tignadle, 189d. 
,. *>*8^*d^7|fp^'. .. ' i4 :.i>3^Mifv>«?? 

^^^^^ %éffls awlj^<ji|* jte? firm«* d^.H |l«WftA4ef J^n- 
cesj Lettres, Arts et A|^içultnre del^i^/iydft* 
dml k eoiig» d# rf»n^.i»i^. JftHioy».A Viw<H|lto^ 

^^^ Pr«ckan(dytîf«0(jbf«ôfHn^ 



./ 



pend4iitlec<mrs.de4811 et 1812. P^aïuy, Gmvafdy 
\1815. iir8/del6/i.p, . ' ; 

fi.églement de la Société Royale des Sciences, Lettres > 
f Arts et. Agriculture de Nançy^ Nancy, Guivajcd> 
\<1815. Inr.8/de49.p. 

NotÀ. Une partie des exemplaires porte le tttr« àt SodM mit* 
;. démique. ^ * ^ ^ -j a 

^ Préck des itavaiix de la Société Rojyale des.Sdqitoes, 
lettres ^àr^ çt Agricnhnte de Nancy^ peçdan^les 
tané^ Ms, 1»H etlSlS.JNfancy, Hissette^ 1817. 
In-8.^cfelM p. , . : ', 

^ Pfé<çi? des travaux de la Sçc^té Royale des Sciences, 
Lettres, Arts et Agi:iculjl;uxe de Nancy, pçindani^ 
anajB^iai6i 1^17 et 1848. Nancy, Hissette, 1819* 
In-8/ de 17lp, 

^ I^cxs des tra^iraux de la Société Royale des Science, 

Lettç^et Arts de Nancy, de 1819 à 1823; Nan;^, 

. H^^, J,82,S. 1 Tol. in-8,^ de 309 p. '^^ 

Régleim^nt dejla Société Royale des Sciences, Lettres 

et Arte de Nancy. Nancy, Hissette, 1828; In-8/ 

de 11 p* . >' ' 

^^ îh*écîsdes travaux de la Société. Royale des Sciences, 

Lettres et Arts de Nancy , àe 1824 à 1828. Nancy , 

Hissette, 1829. 1 vol. in-8.^ de 280 p.,^et^pj. 

...^ Précis des travaux de la Société Royale des Sciences, 
Lettres et Arts de Nancy , de 1829 à 1832. Nancy, 
Hissette, 1835. 1 vol. m-S.** de 288 p., et 2 pi. 
Séance publique du 7 juillet 1835 : Compte-Rendu 
des travaux de deux années (par M. Guerrier lat 
PeMAST)^ suivi du Rapport sor l^Exposxtioa des 



' fieaux-Arts et de Tlndustric (par M. M Caûhôw), 
Naniy , V/ Hissette, 4833, In-8/ de 24 et SO p. 

Nota. Les trois articles snitanU n^ont pas été imprimés aak 
frais dé la Société^ ùikik iU sont nécessaire^ poot cbèa^^iêit^ k 
série de ses trayaux, et lier les anciens li^'récii àuà umiiféàéaC lié- 

'^ De k phyûonomie ; Discours de rëo^tkm {^tonodoe 

t là Séatiôé ptiMiqùè de la Soc^té Royale des Sden^ 

yêè, Lettres et Arts de Nancy, lé 7 MMet l%$5, 

p&t P. pÉMlôif. Ifancy, ltichatîl-'Dtm^^833. fa- 

8/ de 21 p. 

t^oTA. fest it 3vam tJMovkiox fpi à lApiaèd^ libiàtaè 
wéAë^^An^ooùtsé^rédpiàùÛaixe* 

* El€%6 liistdriqtie dé M. Làûreiit, lu à la ^ndê pci- 

blûjue de la Société Royale des Beiefaceâ, iLettre^ 

êl Airts de Nancy, ïe 7 juillet 1835, ^ M. bà 

^ 'ttiLôAt. Nancy, V/ ffiflsctte, 18S3. In-8.^ de 50 p. 

* T(^K>graphië médicale de LtméTiOe et de êùn àff'On* 

àîssément (précédée du Rapport fait à là Sôfflcé. 

publique du > )tiillet 1833, par M. i* HâLDAt ); 

ouvrage auquel la Société Royale desSciettcéS, lifet- 
^' teés et Arts de Nancy à décerné la médafllé d^or^ 
- pÈt CdNsTAi^T SAtCÊRdtt», Lunéyfflé^ ÉréUsat^ ÎB64. 

iïà-8/dfci3lp. 



t 



mtnmm»i*^Êmf>m^itm 



TABLE OES MATIERES. 



Séance pubUfue du 3 jéçril i835 ^ sous la présidence 
de M. Brjconnot. 

lIoinpte-ReiKiii des trayanx de la Société Royale, depoUU 

dernière Séance publique, par M. Guibal. ▼ 

JOe Tmâuence des Sciences-, Discoms de réception, par M. 

RtctSAULT. zxxi 

It^ponse du Ptésideni an réd^endaire. «i 

Le bon Oiré, épître en Ters , par ItL Gihob^s. -MV 

Considérations (;é[|éraks snr la Médecine, par B|. le 0/ Ssa- 

ajtaES. ux 

Poésies arabes et b^Wftïqites , traduites et comparées , par Bf. 

GuXllIEft DE DUMASS. LXXIf f 

PrograaMnA des prk proposés pour les amaées 1 83fi et 1S37. xxxxyiic 

Mémoires dont la Société a voté Pimpression. 

lissai sur Torganisation végétale , par M. PAin. LÂUiEirr. 1 
Sut VEuphrasia officinalU et les espèces voisines, par BL 

$0TEK-WiLi£insT. a 5 

Snpr les Erîca multiflora et vagans, paf le même. 34 

Késumé de divers travaux chimiques, par M. Beacohuot. 4^ 
Pe la trisection de Tangle par un mc^en mécanique, par M. 

PkVh LAVaElTT. Se 

Mémoire sur les nouvelles mesures , par M. Gvibal. 5^ 

^Observations sur Tautel votif possédé par la ville de Nancy et 
dédié à Hercule des rochers ( Hercules Saxanus ) , à Tocca- 
sion d*un monument analogue conservé au Musée de TUni- 
versité de Bonn, par M. le D.' be Haidat. S3 

Hotîce sur k chapelle de Bermont , célèbre dans Thistoire de 
IfMme d^Arc, par le même. 96 

Hxamen de quelques monnaies des premiers dncs de Lorraint, 
par M. DE SaviiCt. io3 

Traduction en vers français de la i.'* élégie de Cornélius Gai- 
lus (avec le texte), par M. GÉaAKB-GEAjrDTiu.S* i3o 
^ 

»7 



Ouvrages adtessiés à la Sociëtë et indication âes rapports aux- 
quels lis ont donné lieu, en i835 et i834' t4< 
Takto» ^ Mimrfirefi c«mpo«ait la Sodët^ (e«tfiM taSS). if» 
Catalogue des publica^ns Élites parla Soqét^, depuis sa.créa^ 
(ton ias<]u^à la Qonve&e série de se» Mémoires* t6t 



rCff PE l«A TABLE* 



êgacaaaa m i I ,i iii i . 4p i i s=^sssassssa 

.' ' ' ^ ' ■ 

NOTE 

ik 4^^Hiter mi Mémoire d$ M* #^çx Lajùmmt 
sur T organisation végétale. 



Dans k nature ci^-deâsns , j^ai cherché à ëtablir qoe les fraios 
«milacés dottent être regardés comme les graines des cellulef, 
déposées en terre par la désorganisation des végétaux <{ai les ren^er- 
Bient, et pompées par les Tégétaox vivants à travers leurs méats* 

Quelles peisonses pourraient supposer que ces grains amilacÀ 
font détruits em même temps qiie les enveloppes cellulaires. Pai 
déjà dit que la terre végétale contient un très-grand nombre de 
ces ^ralitt bien conservés; mais , de pins, j^a jouterai que j^ai reoMr- 
qué dans le bois pourri, que souvent les enveloppes, œllulairess j 
étaient détruites presque en totalité , tandis qpe les grains amilacéii , 
intacts et groupe ensemble^» indiquaient avec régularité la plaoe dis 
traces intra-cellulatres où ils étaient placés* 

LWu de fumier déjà ancien m^a offert les mêmes observatioBa , 
ainsi que celle des tourbières et que la vase des étangs. Ou ne sais- 
rait s^imaginer jusqu^à quelle profusion ces grains organiques seMi 
vépandus dans-la nature. Une goutte de rosée, vue au microseopt, 
en contient un grand nombre , ainsi que Peau dVvaporatioii sortie 
d^une plante et recueillie dans un verre j^oé sur celle^. 

Il serait bien fsicîle d^expliquer, diaprés cela, la théoyie des en^ 
.gnds et Taction fécondante des cendres. En efiist, ceOes-ei, par 
leur force dissolvante, doivent mettre en Vhetté les grains amikoésec 
les ofirir à rsJbsorption des végétaux \ du moins cenx dont le diaié- 
tre , infiniment petit , ne s^oppose pas à leur passage par les spongio* 
les et les espaces intra-ceUulaires. 

Quant à Topinion que j^ai émise sur la texture granuleose des 
Jeunes tradiées du haricot, je la crois consolidée par Texamea qo» 
)*ai h\X depuis de celles du poireau ( AlUum porrum ), cuit dans Tean 
ayce de h yiaode. Les graanles sondés boat à bovi, comine dans loi 



(i68) 

• cbapeleti^) y sost faciltment ^iblfli tree le mierôscope 
•inpie; Us «zp^ieiie« ottt été &ttes de ^rélétniiOê tar les parliee 
hIencKet de la plante. H est bon éo pr^enir le lecteur sur «ne it- 
hmùm d'-^^tiqoe, qui pourrait lui £iiré prendre pour des granaks 
les points briBaats {pmàeax. fils de tradiëe %ovtmé$ Vvn intettr de 
r»«tre préieatfPt jiiMfoQn^ eomme oenx d^one corde. Il firat avoir 
aoitt de n^emammer qu^nne sinple lanière ^ et les granules sond^ en- 
semble ê'y reeoonaltront sans eibit. - 




Lffà^ Ut^^Pu^l/^^ éi^Ifoii^ 




HERCVLr 

SAXANO 

VEXILLAEJ 

COHORTIS 

T.CR. 




ATJTEX DE BOSN; 



PL. 





JR.. 



JiATKLEU I 





TERRI K 




FXRaiHC. 




6. 



M.. 



THLÉBAUT lE 




Zitk deA,Pa*<2C&^d.2^a.n^- 



SOCIÉTÉ ROYALE 

DES SCIENCES, LETTRES ET ARTS 

DE NANCY. 



MÉMOIRES 



DE LÀ 



BES SCIENCES, LETTEES ET ARTS 
DE NANCY. 

1833. 




NANCY, 



GUEft T.* BISSBTTE, IMPRIMEDR DE L'aXIADEMIE ET DE I.A SOCIETE 
mOTALE DES SCISKCE9, ETC. 

IS36. 



MÉMOIRES 

DE LA 

SOCIETE ROYALE DES SOENCES, LETTBES ET ARTS 
DE NANCT. 



SÉANCE PtrSLI^VE DU K JrUlL 1856, 

sous LA PRÉSIDENCE DE M. LE M." DE tlLLENEtJVE-TRAN». 



0£S TRATAiJX JbE LÀ SOGIEtB tt^TÀlB^ 

DEPUIS LA DERNIÈRE SÉANCE PUdLlQUÈ^ 

9AB, m. BfldnAioai. 



Messieurs,- 

ToutE Académie doity à ^69 intérva&e^ rûppifôchéé^ 
coùtàôntkf» ses matières; aàmi utf botaniste prudent 
éti^ette ses planés ^ un bon minéralogisfe case Ses 
lïiitiétaaït/ Par eette Sage mesure de son règlement, 
la succession tontteHô* du précis des trafvsrux def l'Aca- 
démie ferme les- pages non interrompues dé s6n kis^ 
tèîre ficf entîfique et littéraire. 

i 



▼I 

Énumérer et ûrnser,' rtiégaer dans les procès-ver- 
baux la nomenclature dWe foule de détails y donner 
une idée très-suocinctc deâ travaux de rAcadémie, tel 
est le but que nous alloQS chercher à atteindre le plus 
brièvement possible* 

Si la multiplicité des envois qui ont été fiits par les 
Sociétés académiques ^ noë émules , est une preuve 
flatteusç de leur estime, antsBit que de leur empres* 
sèment à concourir aux progrès des lumières i noui 
devons certes nous féliciter de notre corfé$pondance* 
Nous citerons, parmi ces tiombreuses publications, 
celles de la Société de physique et éfhistoite rtatu^ 
relie de Genèçe, le labléou minitàlogîque des 
roches des Vosges ^ par M^ Henri Hogard, de la Société 
d'âduktioli d'ÉfHual. iTiaut e^rer qiâe de pareilles 
recherches sVchèveront pour chaque portion de la 
France et permettront ainsi d^exploiter toutes ses ri« 
chesses territoriales. 

M. Levallois, ingénieur en chef des mines, a fait 
hommage à FAcadémie dW excellent Mémoire sur 
^exploitation du sel gemme dans notre clépartement. 
Nous ne suivrons p^. M. Levattdis daios scfn éXpQ'sé 
historique de la découverte» dans les détails du son-, 
dage , du percement des puits, dans Texplicalioa dèS' 
procédés ingénieux qu'ail appela à son seC0]Cirs poUr 
dompter la tendance envahissante des eaux», La com-^ 
pagnie des salines et mines de TEst a concentré au-' 
)ourd'hui toutes ses opérations dans la vaste, usine de 



vn 



Dîeuze» Une partie du sel gemme eist livré immé- 
diatement au commerce sous le nom de sel égrugé; 
Tautre moins pure est employée à "porter à la satu- 
ration lés eaux de Tanciienne source^ 

M. Barthélémy, de JNancjr, a pï^ésénté Un petit àp]pà-^ 
reil fort ingénieux pour piquer lés dessins de broderie; 
L^essai de cette Pùfueuse est très<iurieux, vu la prompt 
titude et là régularité àe Topération. Aussi TAcadémiè 
a-t-elle décerné imé mention Iionôrablé à M. Barthé-^ 
lemy et à Mi Claude^ constructeur dé rinstrilment^ 
pour avoir fait fidre un progrès ^ utile à la broderie^ 
dtaxs une ville surtout où fleurit cette industrie^ 

Notis àjouferoiis à cette partie de notre notfiéncla-^ ^ 
ture une Nouvelle lorraine^ offerte par M,"' Clémence 
Lalirey auteur dé plùsiéUi^ ouvrages ittédits, sur lé 
point dé paraître. Orgàhé de Tauteiir devant TAcètdé^ 
mie, je nte féKcite d^éti"^ est a^ hîament celui de 
TAcadémie près de Fauteur. Cîet (^ttecule, qiti a été 
entendu avec un vif intérêt, est empi^eiiït d'uûe belle 
couletir jgotbicpie'. Le style eu eisrt hai'di, placlpitant de 
poésie et de draime. Cette fiouvellé est précédée de 
réflexions sur la demeure dernière de nos ducs. Oîâ f 
trouve cette image remarquable : «à gauche , avant 
d'entrer' dans la Chapelle Roïïde , Gérard d'Alsace 5 à 
gauche en revenant, Léopdd I.", deux homfmes 
que sept siècles o^t séparés, et qui semblent rester 
unis par une chaine de tonibeaux........ > L'Aca- 

^mie espère que M.*^* Lalire, continuant à secoûel^ 



la poussière des vieilles chroniques de Lorraine^ ajou- 
tera un nouveau fleuron à la gloire littéraire de cette 
province. 

Un nouveau journal , Y Instituteur et le Père de 
famille y recueil contenant les lois, les ordonnants ^ 
les instructions ministérielles et autres documents re- 
latif à Tinstruction primaire, a pris naissance sous les 
auspices d^une ' société de membres de TUniversité, 
d'^ecclésiastiques, d^instituteurs et dlnstitutrices. Ces 
feuilles mensuelles, dont le prix est très-modique, 
renfermeut une série de traités élémentaires sur les 
méthodes dVnseignement, la morale, les éléments dei 
sciences. Ce journal ne peut manquer d^avoir les plus 
heureux résultats. Ses rédacteurs, en cherchant à ré* 
pandre les connaissances utiles dans les trois départe* 
ments , ont aperçu Fécueil qu'ail- &)lait évitor. lastruisez* 
TOUS le plus possible, répètent-ils aux instituteurs des 
çanip9gi;Les; mai$ n!oubliez pas que la fiiodestiç, ht 
doucefur sonjt les compagnes du vrai mérke, et que le 
ridieule suit totijoiurs la jactance ignorante. 

M. Gigault d'Olincourt publie également, à Bar4e- 
DuG, lin journal ( le Père defamUle) plein de philan« 
thropi)^, dont les conséquences bienfaisantes se feront 
sentii: dam le département de la Meuse. 

TRATAUK I>i;s KEHBRES GORRESPOIf0ARTS« 

Nous devons à M. Georges une quatrième édition 
de son Art de lester UsPlùns, ouvtâgé élémentanre^ 



IX 

très-propre à donner les premières notions de topo-», 
graphie; 

A M. DE Garaudé, un Traité ^harmonie ^ où il 
expose avec netteté les éléments de ce bel art; 

A M. GiRARDiN, plusieurs Mémoires sur remploi des 
os broyés comme engrais, sfur V extraction et V usage 
de la ^gélatine qu'ils renferment ; 

A M. D^HoMBREs-FiRMAs, imc Note sur q'ielques 
'végétaux qui croissent dans le département du Gard* 

M. Mathieu de Dombasle a adressé à la Société un 
Mémoire sur le sucre indigène, où il expose la situation 
actuelle de cette industrie en France et traite avec 
étendue de son avenir. Les méditations de Tagronome 
ont eu pour but d''éclairer une (juestion cjui devait 
soulever de graves débats. 

Le docteur Leuret, dans une séance spéciale, a dé- 
veloppé ses Observations sur le cen^eau de Vhonune 
et des animaux* Ses explications ont été faites avec 
cette logique et cette circonspection qui caractérisent 
la vraie science. M. Leuret se propose de publier pro- 
chainement ses recherches. 

M. 0>LLARD , de Martignjr, a lu en séance un Mé" 
moire où il examine Tétat de Finstruction publique 
en France ; il propose des moyens de remédier à Ten- 
combrement des divers©* carrières, encombrement 
qu'il démontre par des aperçus numériques. 

M. Richard, de la Société d'émulation des Vosges, 



X 

a fait part à rAcadémie dW Essai remarquable sur les 
mœurs , coutumes et usages de V ancienne Lorraine^ 
L^ Académie, dont la première pensée est de recueiQir 
fout ce qui se publie sur la Lorraine, remercie Fs^uteuii 
dVpir ent|:epris ce travail pénible. 

Dan3 un extrait du 25/ volume de la Bibliothèque 
universelle des Voyages, M. Albert Montémont re- 
trace la Vie aventureuse de Mungch-Park. D décrit 
son activité infatigable, les obstacles qu^il rencontra 
le long du Pïigefi, les secours inattendus que lui ac- 
cord^ U^e reine de ces contrées barbares^ la fin tra-r^ 
Çiqup qui termina Sja navigation^ 

Je ne dois pas omettre , parmi les œuvres de nos 
correspondants, le 4/ volume de Y Histoire de Franca 
^puis la Restauration, par M, Charles Lacretelle, de 
TAcadéi^ie françw^ç. M. liACRETELLE s'arrête immédia- 
tement après le^ trois journées de Juillet. La musa 
de rhistoire ne s'ç^ied que sur les vieux tombeaux; i^ 
semble qu^'il lui répugue de réveiUor Içs souvenirs trop 
récents I aussi, pour aclieyer ^ine^ tache aussi délicate ^^ 
a-t-il falli^ à M. Lacretelle foute la Jmrdiesse de so^ 
talent, * 

M. Mollevaut, de Tlnsititut, a mis au joui-, le second 
volume de sa Traductiori en vers des Géorgiques da 
Virgiheï publié uîie secoude édition è^ ses Pensées. 

Nous signalerons aussi un Éloge du marquis de^ 
Courtivron,^ une Notice sur M. "^^ Gardel, une autie 
sur le marquis de Thyard, par M. Amanton. 



Le baron du CoETLosQtET a envoyé plusieurs Nou-- 
i^elles. Dans Tune d^elles^ il retrace la \le passionnée 
du Tasse; dans une autre, il raconte comment 
Marguerite de Bavière vint recueillir à Naples, où 
elle avait régné, les restes de soq malheureux fils 
Conradin çt de son ami. Ailleurs ce sont les adieux 
d*un vieux curé de village à se$ ouailles; la foi 
cardée dWe jeune femme à son ma^i revenant de 
croisade sous un habit de berger; ou la fille de 
Pharaon recueillant, au milieu des glaïeuls et des 
papyrus de la rive , le berceau flottant de Moïse* 

Enfîn, M. Caicnart de Saulcy a communi<jué une 
Obser\fation précieuse pour les amateurs de la numis- 
matique byzantine ; nous citerons aussi les Recherches 
pleines d'éruditiop de M. Çerger de Xiyrey , sur une 
inscription latine du second siècle, trouvée à Bour- 
bonne-les-Bains, D^une part, M. Percer de Xivret, 
remontant de Fépoque des Proconsuls romains dans 
les Gaules, nous fait traverser les temps gothiques et 
la série dei seigneurs de Bourbonne; 4? Tautre, M. de 
Saulcy nous fait assister aux grandes et orageuses scènes 
de Fantique Gonstantinople* 

TAATAUX BE8 MEMBRES TITULAIRES. 

Dans un nouveau Prospectus floncemani Tutile éta-r 
blissement qu'ail a fondé avec tant de zèle, M. Piroux 
nous apprend qu'ail existe, dans chacun des dix dépar- 



tements dont la vflle de Natncy occupe le centre, en- 
TÎron 200 sourds-muets. Ce n^est donc pas seulement 
l^ailreuse misère de ces innocentes créatures qui doit 
exciter potre compassion, mais c'est encore leur nom-, 
bre véritablement prodigieux. L'ab^don presque total 
dans lequel la société laisse languir les sourds-muet^ 
leur 6$t, dit M. PiRonx, pûUe fois plus dur que la 
privation dont la Providence , d'après ses mystérieux 
desseins, a cru devoir les frapper. La plus grande partie 
de cet intéressant prospectus est consacré à Texposi- 
tion de la méthode, de Torganisation et des conditions 
d'admission ]; et , en tète de la première page , on voit 
une jolie gravure représentant les deux &ces du bâti- 
ment qu'occupe le directeijr avec ses élèves, et dont il 
vient de faire Tacquisition afin d'y réaliser de plus 
grandes améliorations. L'établisâsement des sourds-muets 
renferme actuellement 50 élèves des 4cux sexes. 

M. l'abbé Gibonde a lu à TAcadémie un Mémoire 
en faveur des frères de la Dactrine Chrétienne. La 
destinfêe des frères, à laquée un autre- de nos coUèrt 
gués s'est activement intéressé, est devenue un sujet 
de hai^te importance. Plusieurs, écrits ont été publiés 
pour en éclairer la discussion. Dans une question 
aussi délicate , l'Académie s'abstient d'épiettre sion avis. 

M. Guerrier de Dumast a publié une brochure in- 
titulée Le Pour et le Contre sur la résurrection des 
Provinces. Selon M. de Dumast, les préfectures , substi- 
tuées aux provinces , forment un arrangement méca- 



XUI 

nique plutôt qu'organique. Jje& dëpartemeuts, fabriqués 
à coups de ciseaux, sont des fragments de territoire 
trop petits pour qu^il s^ trouve \m esprit d'ensemble, 
gloire commune, ^ens' historiques, nationalité seconr 
(daire. De Ik cette absence de vie ^ ce morne sommeil, 
cette désertion successive des sujets distingués, qui 
continuent bien à y naître, mais qui n'y restent plus. 
L^auteur propose des moyens pour concilier les deux 
systèmes. Cette question de la résurrection des an- 
jciennes provinces est une de ces thèses très-propres 
à la controverse et qui ont déjà exercé la sagacité des 
publidstes. M. de Dumast a eu pour but d'exposer 
fr^chen^ent des ijlées d'amélioration qu'il croit pos- 
sibles, et ce serait à tort qu'on voudrait trouver dans 
cette brophure une couleur politique patticulière. 

M, Guerrier de Dubjeast a ajouté à ces considérations 
sur le^ anciennes provinces une ttégende en vers, imitée 
de Grégoire de Tours. Ce morôeau de poésie présen- 
tait une grande difficulté : le poète a su conserver la 
naïveté du texte latin, en jetant quelques fleurs sur le 
0mbeaH 4e deux ama^nt^. 

Si les membres correspondants, M. Beroek de Xivret 
et M. de Saulcy, ont, cQtte année, enrichi de leurs 
observations les collectiomf archéologiques de l'Acadé- 
nùe, M. Blau, parmi les membres résidents, vient 
4e son côté de recueillir de précieux Documents sur 
deux monuments géographî/pw^ ipw possède la bi- 
hJiothhque de Nancy. Ds consistent en un manusci^t de 
ftolémée, sur vélin, avec atlas enluminé, qui date 



XIV 

de ik^7 y et en un globe de vermeil, qui fut donné 
aux Ticrcelîns de Notre-Dame de Sion , en 1663, par 
Charles IV, duc de Lorraine. De nombreuses recber- 
ébes ont précédé la rédaction de cette notice, remiar- 
qvaUe par son érudition et par la netteté du style de 
Tauteur. 

Un usage sacré s^est transmis d^àge en âge : }e venx 
parler de Téloge funèbre accordé aux bommes utiles 
qui ont laissé des traees de leur passage. Avant d^aban- 
donner aux fianmies du bucber, de confier à la terre 
leurs mortels dâ)rif, ou lorsque leur vie n'^est déjà 
plus quW souvenir, on aime à bonorer la cendre des 
morts. De là, au sein des familles, lo^rsque la première 
douleur est calmée, ces longues éntunérations de qua* 
lités et de vertus ; de là , dans les Sociétés savantes , cet 
usage immémorial de louer Tbomme laborieux qui 
leur a été enlevé. Cest le eas où se trouve M. Lamov^ 
REux aîné dans son Éloge du docteur Gaillardot, na- 
turaliste distingué, qui a doté Lunéville, sa ville 
natale, dWe illustration nouvelle. M. Lamôurbux ne 
s^est point refusé à ren4re soi^ discours public, Qn y 
retrouve tout Tatticisme du profond helléniste joint 
à la variété des connaissances du géologue- Vous en- 
tendrez, Messieurs, ces regrets d'un ami pleurant un 
ami i vous assisterez aux derniers instants dW savant 
modeste, dont tout le mérite n^est point encore connu. 

M. Mathieu a conmiuniqué à TAcadémie des Oh- 
servations sur un phénomène curieux qui $e pas$^ 



Vf 

pu Puy-de-Dôme. Lorsqu^on suit la route d''Aurfllap 

à Qermont^ on voit souvent les nuages chassés par 

ie vent dévier de leur direction primitive, tourner 

autour du cônCi ramper le long de ^es flancs , ou , s^ils 

passent au-dessus de sa dme, s*incliner quand ils s-en 

approchent, puis se relever quand ils la quittent. 

M. Mathieu attribue ce jeu des nuages à la même 

£>rce qui inclinait le pendi4e sous la main de la Con- 

damine au Ghimborazo , montagne creusée par les 

Tolcans et moins dense que le Puy-de-Dôme. Ainsi, 

jcette force qui retient les astres dans leurs orbites et 

attache les pieds de l'homme à la terre, manifeste 

aussi son action sur les vapeurs légères qui flottent 

près des ^mmité^ de sa surface, 

Il semblerait, diaprés le soin qui a présidé aux 
collections de la Flore Française, qu'aucune omission 
n ait pu échapper aux investigations de ses infatigables 
pollaborateurs. Cependant, une modeste fleur, soit 
qu'acné ait été oubliée ou mal définie , ne figure pas dans 
pette nomeniclature. M. Soyer-Willemet a rempli cette 
lacune. Il nomme cette fleur Gnaphalium neglectum. 
Cette nouvelle espèce française , du groupe des Fila- 
ginées, n'a été décrite nulle part. C'est un Acharîr 
terium de Cassini; c'est-à-dire que, comme le G/ia- 
phalium aruense, elle a les fleurs ovales, et non coniques 
pomme les Xcrothim, ni réunies en gros paquets hé- 
rissés de pointes comme les Impta. EHe a des caractères 
fufBsants poxu* la distinguer de toutes les espèces voi- 
sines. M. Sp^ER-WiLLEMET a tTouvé le (x^Mf/^Uum 



xn 

neglectum, en septembre 183&, dans les champs de 
BadonTfllers, sur xin terrain de grès bigarré où crois- 
saient aussi les Gnaphalium montanum, gallkum e| 
germanicum. 

M. SoYER-WiLLEMET , dont le zèlc ponr la science 
«e manifeste avec tant dVctivité dans la rédaction des 
travanx de la Société centrale d^agricultnre, a au^si 
publié un Rapport sur Texposition de Fuclisia de M. 
Jtudeau, jardinier à Nancy, et sur le peu de solidité 
des caractères qui servent de base à plusieurs espèces 
de ce genre^ Ce qui rend le semift de M. Rudeau ex- 
traordinaire, cVst qfçCa obtint, au moyen d'un seul 
firuit du Fuchsia glohosa, des individus se rapprochant 
de plusieurs espèces connues, telles que le virgata, le 
coccinea. Dans son étonnement, M. SoYER-WiLLEMET 
dédàra d^abord qu'il y avait erreur; mais un esprit do 
justice, joint à Tamour de la botanique , Tayaut ramené 
chez M. Rudeau, il reconnut la bonne foi de cet hor- 
ticulteur, et demanda que la Société centrale confirma^ 
la mention honorable qu^'elle lui avait accordée. 

M. Paul Lauiient a présenté à TAcadémie un Mé^ 
moire sur faction mécaniqm, souvent sensible, des 
aninutleules répandus dans la matière. U s'attache, 
dans ce mémoire , à faire comprendre comment on a né- 
^gé jusqu'ici des forces infînim^it petites, à k vérité, 
mais qui , répandues avec profusion dans la nature, ne 
peuvent manquer d'y développer une influence appré- 
ciable. M. I^uRENT cite la simple goutte d'eau examinée 
par Herschell au microscope solaire , et il appuie ensuite 



^n asserdon par une expérience. Il place dans un 
flacon de Teau contenant une très-grande quantité de 
monadeS) au moins 800 millions; ce flacon n^est pas 
exactement rempli d'^eau à sa partie supérieure, à 
laquelle est adapté un tube recourbé jdôngeant dans 
un autre flacon plein d^eau. lies monades vl^oni pmnt 
tardé > par leur propre force d^absorptioni à fiiie 
monter Je liquide du second vase dans le premier. 
Pour s^assurer que Tascension totale de Peau était due 
i la force vitale des monades, M. Laureut a imaginé 
de les empoisonner brusquement par une disscdatî<m 
de suUate de cuivre. A Finstant même, FascensioBi a 
^é arrêtée. M. Laurent pense que la multilnde des 
molécules organiques répandues dans les vapeurs ter- 
restres devrait être comptée pour qudque chose dam 
les phénomènes de Patmospbère. 

M. Laxtrent a aussi donné le résidtat de ses Observa^ 
iwns sur une nom^elle conférée. Cette conferve os- 
cillatoire, composée de cases transparentes juxtaposées, 
contient, dans chacune de ces cases, des grains verts 
disposés en ^irale. A une certaine époque, ces grains 
quittent leur demeure par un véritable accoudie- 
mênl:, et deviennent des animau!£ doués, on instant, 
d\ine très-grande vitesse. Kentdt ils se ramassi^t èki 
bloc, et de leur amas naissent de nouvelles confervés. 
Quelquefob ces animaux en spirale sortent par masse 
de la cellule, et vivent réunis en formant un animai 
multiple qui a les fisêmes allures que chacun d^emc 
lorsqu^il est en liberté. 

Ce mémoire a été suivi dW autre sur le Développa 



xvm 

ment , dans Teau , de la racine du Narcissus Tazetta et 
db V oignon ordinaire. Uexamen microscopiqae de 
cette racine a conduit M, Laurent à des résultats si 
extraordinaires > qu'ail a été plus de six semaines sans 
parler à personne dé ce qtL''il avait aperçu. Kifin, 
après <juatre mois d'^expériénCes consécutives et qui 
toutes lui oiit motitré les mêmes circonstances ^ M. 
Laurent afiîrme lès faits stdvants , sur lesquels il appelle 
Tatteûtion des physiglc^iisteâ. LVxtrémité de la spon- 
giole plrésente à Toeil armé dVne faible loupe une 
apparence granuleuse ) mais si Foli se sert de lentilles 
plus fortes, on ne tarde pas à reconnaître tm m^ouve- 
ment parmi les grains inférieurs de la spongiole et au 
milieu des filets excessivement fins qui en sortent. Ces 
filets ne sont autre chose, en effet, que des oscillatoires 
pourvues ou dépourvues de bQutoii3 termitt^iux ou la- 
téraux. M. Laurent a remarqué en outre un nom- 
bre très-considérable de docbes de vorticelles pendues 
à la spongiole; mais il croit qiie ces deches ne sont 
que des boutons d^oscillatoir^ épanouis. Les trémdles 
que M. Laurent a elcaminées siir cette racine, ainsi 
que sur celle de Toignon commun, de Tépicéa, du 
Mjrosotis palustris, de la lentille d^eaù,.etc. , pré- 
sentent à peu près les mêmes circonstances* Toutes 
ces oscillatoii%s se sont foimées sous ses yeux par 
la faculté qu'août certains infusoires, leà ParanuB- 
eies, par exemple, de se joindre bout à bout en dia- 
pélet par leurs orifices terminaux et de constituier le 
ver le plus simple possible , aifïsi que M. Caillon de 
Dieppe et d'autresTont vu pour les animalcules de fhk^ 



«eûrs oscillatoires , et de mâme aussi ijue M. Laubent Ta 
reoonnu potir une nouvelle conferve du genre Rothella 
de M, Gaillon. M, Laurent a pu ensuite se convaincre 
j)iar des observations minutieuses , que ces oscillatoires 
et ces paquets granideox qui les accompagnent, finissent 
par faire portion intégrale du végétal; il a vu d^ailleurs 
ces trémelles se tourner sur elles-mêmes, et constituer,- 
j^ar des associations plus ou moins nombreuses, les 
vaisseaux et les trachées, tandis que les grains animés 
constittiaient le tissu cellulaire. Il s^est assuré de la 
vérité de cette opinion en retrouvant les mêmes faits 
par la dissection des racines et aussi par leur macération 
dans Teau. M. LA&RBiff remarque que des obsei^ations 
nouvelles indiquaient déjà, Taûiiée dernière ^ que 
Textrémité des racines produisait plus d'^azote qu^au- 
cuné autre partie de la plante; et il doit en être ainsi, 
dit Fauteur^ puisque les animalcules jouûsent, à la 
flpongicJè, de la presque plénitude de Jemr existence* 
Telles s(mt les obseirvations de M. Laubent; il en con- 
nut quW serait amené à considérer les végétaux comme 
des polypiers. 

Ces laborieti^es. expériences nWt pt^nt arrêté les 
pinceaux de M. Laurent. Plusieurs tableaux ont été 
exposés piir lui à la Société dçs amis des arts; et, 
pendant que Thiver qui s^enfuit couvrait la terre 
de firimas, M. Laurent, mêlant aux travaux du 
lÉavant les souvenirs de Tartiste, s^est plu i repro- 
duire dans un tableau , intitidé Le départ pour les 
champs, le paysage pittoresque de la. vallée de St.- 
Amé, où il a placé soa habitation d^élé : continuant 



ainsi à sutpretidre la mtUtéy hem dâùs séd dernréfs 
mystères 9 mais dans ses formes apparentes ' et grâ* 
cieuseSéi 

Les instructiond dôiitiées técemmeût par une coin- 
înis^on de F Académie des sciences à PÉtat-Major de 
la Bomte , qni est cbàrgee d'*entreprendre un nouveau 
voyage autour du Globe, ont fourni à M. de Haldat 
Toccasion de i'a|>peler Topinion émise , il y a 24 ans, au 
sein de la Société, par feu Fabbé Vaultrin sur les Pierres 
météoriques. L^existence des pierres tonatbées du ciel, 
avouée depns long^temps par les peuples , repoussée au 
rang d^ fables par les savants, fut enfin éidiblie d^ûne 
manière incontestable. Ne pouvant trouver Iqut origiue 
dans Fatmosphère même, ni à sa Hmite inférieure, il 
fallut biçn les faire venir des espaces planétaires. L^fl- 
lustre auteur de la mécanique céleste avança quelles 
proviennent des éruptions volcaniques de la lune/ 
L^abbé Vaultiwk, opposé à Forigine lunaire, côiwidérîâât 
les aér(dithes comme des satellite», invisibles à pause 
de leur petitesse et de la rapidité de leur course , tant 
qulils circoltot au-delà de notre atmo^bère, et visibles 
quand ils viennent à en trav^'ser qudque partie, dont 
la matière gazeuse, comprimée avec rapidité par le 
corps, émet de la lumière, comme dans le briquet 
pneumatique sous le choc du piston. On a aussi ex- 
pliqué, par de simples réactions cHimiques, ces in- 
flammations dans Fair. Or, M. Arago, en compsûraôt 
les époques auxquelles ont eu Htett des càutes remar- 
qui9J>les d'aéroUthes, vient tout t^écemmcHt dé déduira 



ixi 
des faits observés : qu'aune quantité' imïnélis^ de corps 
opaques circulant dans" Fe^pâce ^ comi&é autant d^as- 
téroïdesy Tiennent, dans leiiûr rëyolùtion périodi(|Ùè^ 
couper Torbite de la terre à peu de distance àà ^dint 
dé Técfiptitpié occupé par notre planète dû'H ait 13 
noyemBre, époque où, efntirantdânB Tocésin aWô^pfté- 
rique, ils deviennent visible^ par Icuï* igûitioii. 

Un fait nouveau' dté'pâr Hf. Ara^o ési ierïd Con- 
firmer seis iââhci^ofîs. Cei mét^cfTë ^ liftHt ^lu^ intii&e- 
ment encore la questiôà déà àéfditfteà i celle des étoiles 
filantes, a été observé data fe êS^Sttéûimt ^ VJSi&i 
le larnôvétiitoé i^^ él décrit p«rM* iSSSeli d'iu- 
benton, ancien élève dé l*École foi^stièré. 

M. 0£ Haldat, après âvoii* discuté k question, tc^ 
mine sa notice en indiquant tous les âânents qu'il 
faut demander encore à feipérience poijtt achever 
d'^édàircir ce problème de métécvologie. 

Une importante question de cbimie âpplilquée à kl 
physiologie animale a été traitée par un analyste trop 
justement renommé > poiu* qiie cette partie' de notre? 
travail n^en emprunte pas itoe sorte ^échtt et de ptiis-> 
sant iïitérét. 

Le Sùà gastri^, qui à donné Kfeu àr Éattrff dé coà- 
trovet^â^dè|»tiis SpaUânzsmi, a fixé dans ces dèj^enr 
temps Fatiètttion de très^feAdëS cWntistefc/ ,. et i^pevt^ 
dànt on liéT pai>âidsàit pas encore bien d^côrd sur là 
composition^ de ce àiàde. SI Rondlot , proftsÉetu' 
suppléant" à PÉcolé de A^ecine de Nancy, s'éboit 
procttré de ce flic, en Acisant avoJer à des chiens à 

2 



jeun des éponges qii*il retirait ensuite de restomac^ 
s^était d^abord aparçu de sa propriété acide, et y avait 
reconnu la présence de Tacide hydrochlori^e libre, 
qu^il considère, diaprés plusieurs expériences, comme 
la partie active et essentielle de ce fluide, et qui y avait 
dé)à été signalé par Prout , Tiedemann et Gmeliu. 
Désirant voir lever tous les doutes sur un sujet aussi 
contesté , il remit à M. Braconvot une certaine quantité 
de suc gastrique, obtenu comme nous vaM>n8 de le 
dire, en le priant de Texaminer. 

Les opérations auxquelles s'^est livré notre halnle chi- 
miste ne sont pas de witnre & flgurer id ^ aussi nous 
bàtercms-nous de passer aux conclusions du mémoire. 
Le suc gastrique , extrait de Testomac des chiens, con- 
tenait 

de Tacide hydroehlorique libre en quantité 
suffisante, 

de lliydrochlorate d^ammoniaque, 

du chlorure de sodium en assez grande 
quantité, 

du chlorure de calcium, de fer, de magoé^ 
aum, 

des traces de chlorure de potassium. 
Pometsles autres substances, comme ne renfermant 
pl^s le principe domii^uit. Ainsi Testomac, lorsqu'il 
est stimulé par les aliments ou des oorps étrangers, a 
la propriété re^fiaorcpiable de sécréter une grande quan- 
tité dWde hydroehlorique lilbre ; ce qui prouve que 
%>allanzani avait raison d^attribuer au suc gastrique 
des propriétés antiseptiques et dissolvantes. 



«m 

M. Bracoicnot vient donc dVjouter à la sdence un 
beau résultat, qui doit fixer Tattention des médecins. 

COHOLUSlONé 

l^ous ces mémoires des membres et des èorrespon- 
dànts, tous ces ouvrages envoyés à FAcadémie, ont 
été examinés par des commissions particulières et 
sounm à des rapports eirconstanciési 

Nous exprimerons ici le regret de iie pouvour entrer 
dans une analyse plus approfondie. Les limites du 
ten^ accordé à Textrait du précis des travaux , qvâ 
doit être lu en séance publique > ne nous permettent 
point de nous étendre au-dd& àHuae simple nomen- 
clature* Nous ne parlerons donc pas de l'exposition 
de tableaux des artistes de la Lorraine, féconde dans 
tous les temps en bommes remarquables , non plus 
que du musée d^industrie si bien alimenté par dlngé^ 
nieux constructeurs^ par le xèle des fabricants d0 
Nancy* 

Le besoin de s^entendre ^ ^ans un siècle où Félan 
imprimé aux connaissances se propage à la fois et ave<^ 
tant de promptitude vers tous les points , a provoqué , 
sur ime échelle plus grande, de savantes réunions. Là, 
des bommes connus depuis long-temps les uns des 
autres par leurs écrits se plaisent k se voir, à s^en- 
tendre pour la première fois, et se quittent pour re- 
porter dans leur patrie de nouveaux éléments de tra-^ 
yail. Le congrès scientifique de France aura lieu cette 
année à. Blois. Tout ^om fait espérer ^e bientâ^ 



XXIT 

Nancy Jouira du spectade d'une de ces assemblées, et 
réunira ainsi , att mîKeur des lieaux monuments q&i 
attestent la munificence du bon roi Stanislas , ces mo- 
destes et studieux amis de la science, dont rèmulation 
concourt par un effort constant à soutenir br préé» 
minence de notre glorieuse nation. 

Cette tendance générale à rétnde a 9ippAi Tatten* 
tîon du Goûwmement. D a voufet dans sa soUidtnde 
quWe protection efficace vint seconder de à loud>lcl 
effi)rts. Une circulaire du Jfinistrc de PEâstruttiott 
publique à toutes les Sociétés littéraires et scieirtifiqucs 
de France, leur feît part àt Kntértt qu'il prend k 
leurs travaux et s^ntjraert de letws besoins. Dé nom* 
breux ouvrages ont été envoyés par M & k bînlîo- 
tlxèque de cette ville. En outre, le Mîbîstre^ promet 
à FAcadémie de Finscnre sur ^es prochaâttes^Urtes^ As 
dis tri but ion } et pour récompenser le zèle-de plusîeurl 
de ses membres qui s^occupent de recherches relative» 
à Thistoire de France, il lui a accordé 500 fr., afin 
Épi'elle put se jirocurer lé recueil complet des his- 
toriens de Firanee qu^eUe né possédait pas. 

A ce témoignage flatteur s'en est joint uii autre^ 
La Société dé statistique universelle, dam sa: séance 
annule tenue le 4 juin à rHôtel-de-ViDe de Pkxisy 
sous la présTdence du duc de Montaoreney, a décerné 
une médaille d'honneur en argetet, grand mod^e, à la 
Société Royale des Sciences, Lettre» et Arte de îîancy, 
Pnn^ des 19 désignées^ comme ayant le {Jus de droif 



XX.V 

à la reeounaissanoe que tout bon âtoyea doit ^aix 
Sociétés utiles. 

Parmi les ràtultats qu^elle a pu recueillir, TÂca^émie 
s^^stime liemieuse de racc[uiBitiou ^^elle a iaîte de 
plusieurs membres oorre^iulazifts. Ces membres nou« 
Teaux sont au nombre de huit : MM. André Delug de 
Genève, Bouillet, Docteur, de Saulcy, Lair, Jullien, 
QuÉ-nstEt, Garmolt. 

M. André Deluc a dignen^^ent bénté^le Tillustratioa 
de son oncle. Son principal ouvrage est le Passage 
des Alpes par AnnânA. B a également pid>lié plusieurs 
cmvrages tJe méèêmrAogte «t même i4e théologie, M. 
Delug a fait part à TAcadémie de lettres inédites, 
adressées ii son grand-cpèiie et lëcrites de la main du 
cefâire L^Jacques ïltmsseau. M. Bbl*uc possède à Ge- 
nève un précieux icdnnet dlustoire naturelle. 

Les titres de M. Bouilx^t i h correspondance 
sont une Description historique et scientifique de la^ 
Haute-Auyergne. 

M. Docteur estTauteur d'un Recueil de pensées phi* 
losophiques. Son livre est fécond en aperçus ingénieux. 

M. de SmJuiXy ancrai élève de l^Éoole^pofytochiiicpie, 
professeur-adjoint dWitterie et de ntéc^uttapie a lÉecie 
d'appKcation de Metz , a^t de aetabreuses Jfedbrdle5 , 
numismatiques* 

M. Lair, docteur en médecine , conseiller de pré* 



XXVI 

fécture à Caen et secrétaire de rAcadémîe de cette 
ville y est le fondateur de la première expositien i^ 
4iistrieDe qui 3e soit Ê4te e^ France. 

M. JuLLiEN de Paris, directeur de l'ancienne Jïefwô 
Encyclopédique, est }Vuteiur A^ \ Emploi ébi temps ^ 
di; Biomètre^ 

A|. QuÉTELET, secrétaire de rAcadémie royale de 
Bruxelles , a donné à rAcadénûe 4es détails jutéressantsi 
fiuT le magnétisme terrestre. 

Enfin M. Caexoly, Grand-Rabbin de Belgique, est 
auteur de plusie^nf ouy^es 4e litténit9re ]|iâb^raïqueii 

Si maintenant. Messieurs, vous cherthfz \ tirer. 
Wie conclusion du rapport sucdnçt que je viens d'avoir 
llioniieur de vous présenter, vous reconnaîtrez aveci 
satisfaction que la Société Royale des Sciaices, Lettreai 
et Arts de Nancy n\ point démérité de spn s^uguste 
fondateur^. 

Jl nous reste encore uq triste devoir ^ rçmplir^ Jjs^ 
mort a ravi à TAcadémie M. le ibf^m^ M^LMEiii, an-i 
cien préfet, membre depuis 1802. M. Mallarmé trou-n 
vera sans ^oute, oonmie le docteur G^UiLARiKys, uno 
voix éloquente pour résumer sa vie* 

Puisse l'Académie n'avoir pas souvent à déplorer de 
pareilles pertes| puisse-t-eUe dignement les r^arer! 



ÉLOGE 



DE Bf. «AILIiARDOT^ 

•OCTEUH BN MÉDECINE, CHEVALIER DE LA LÉGIOS-D'HONNEtm, 
CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE NANCY 
PT DE PLUSIEURS AUTRES. SOCIÉTÉS SAVANTES, 

w/uEL n- hAMovnxux Ami. 



J^ori ha Pfittimo artista alcun eoneettâ, 
Ch^un marmo solo in se non circoscrwa 
Col suo soverchio, e ,solo a çuello arriva 
La mon che obbeditce alP intellètto. 

mCHBLACXOLO filOMâJLlOTI* SOXSTrO* I* 

Un seul Hoc de marbre renferme, sous son enveloppe grossUre, 
toutes les formes imaginàiks ifue peut concevoir Pexeellent ar^ 
(istes mais pour les mettre aufour^ il/mifanmn docik aux vuu 

du génie. 



On a fait rappKçàtion de cette pensée de Michel- 
Ange aux chefs-d^œuvre de ce grand homme, tels 
que le sépulcre des Médîcis, où les figures semblent 
être sorties vivantes du sein de la pierre qui les en- 
veloppait. On peut en dire autant de toutes les dé- 
couvertes illustres , et particulièrement de ceHes que 
pous devons aux études et aux travaux de Georges 
Cuvier. Xiks que ce naturaUste a eu reconnu , par des 



observations multipliées et des raisounements incon-^ 
testables, que la croûte du globe terrestre doit rea^ 
fenner les débris d^aiiiraau:^ iimombrables qui ont 
vécu dans 1^ suite des âges écoulés depuis la création; 
sa axmin o}^éissante aux conceptions de son génie a 
ra$^€i|nblf3 ^pe grande partie de ces débris ^ en a réuni 
les fragments épars, et rétabli les squelettes complet^ 
dWe foule de genres et d^espèces extraordinaires, dont 
personne avant lui n^avait eu la moindre connaissance. 
Cette admirable découverte, en étonnant les curieux 
qui vont çontepipler dans une vaste collection les 
traces de plusieurs monc^es si différentes de oelles. que 
présentent les couche^ supérieure^ de notre globe, a 
6^ pour jamais le|^ bases d^nn^ science jusqu^aloni 
incertaine , et souv^ql! ridiculje par T^bsurdité des sys-? 
tèmeil de tou^ les témérairi^ qui voulaient deviner la 
nature, au lieu de Tobserver. JjCS vérités reconnues 
par cet çiutr^ Ne^tQ)^ ont s^ervi de règle a beaucoup 
d^ommes Is^rieux, dont 1^ (^^enratiofis journalières 
étendent de plus en plus le dimiame de la géognoâe , 
confirment les principes de leur maître, et, loin de 
porter atteinte à sa ^oire, ne foçt qu'yen reb^usser Tédat. 
. Parmi ces digUie^ 4lèv^, ^^o^ avons conip^é notre 
exœllent confrère et associé , le 49<^tevLr (îau.lardot, 
qui Umi de fois a euf iplû nos Aoçales de méi^ipires et 
d'obseFvatipns intéressâtes sur la mé4ecine et l'histoire 
natprelle. D y a déjà i4us de trente mois que la mort 
uous Ta ravi; mais Tétat déplorable dans lequel nous^ 
Tavons vu languir, loug-temps ayant ^ fe, m^a telle- 
ment contristé, que je n'ai pas eu le courage de xédîgeii 



^|4w tèt tout ce (jae je sais, ou ce que j^ai pu ap- 
prendre de sa vie laborieuse et exemplaire. Cepen- 
dant c'est im devoir sacré a remplir envers un ami ^ 
^ncîei;i et coostaut, un confrère honorable, un savant 
dont les découvertes seules suffiraient pour illustrer 
$3, ville nata}e, si elle nVvait pa^ tant de titres i la 
isélébrité. 

LunéviUe, ancienne résidence des* derniers ducs 
souverains de la Lorraine » successivement embellie, 
accrue et enri(^e par les bienfaits de Léqpold, de 
son fil^PrançoîsH-ÉtieQut, depuis empereur, el enfin 
de Stanislas, roi de Pologne, cultivait )es lettres, les 
sciences et les arts, qui y iburirent encore après la 
perte de ces princes. Le G>rps Royal de la Gendar- 
merie 4e la Beiae, composé de tout ce que la France 
avait de plus distingué par la naissance, et dont le 
plus simple cavalier avait Péducation, le rang et le 
traiteo^nt d^oflScier^ entretint dans cette ville le luxe, 
l'activité, le i^oiimerce et Topidence nécessaires h h 
çvltuie des beaux-arts. 

Staui^as avait fondé un hôpital pour traiter tous ses 
sujets pauvres, afiligés de la pierre. Cest-là qiie nous 
allions couvent au printemps ou h Tautonme voir 
opérer le^ Saucerotte, les. Castara et d'autres habiles 
chirurgiens attachés A la Qendannerie* 

CHÂ!|i|jEs- Antoine GAn<ï«4ai>0T est né le S novembre 
1774 de Jean GaiUaj^dot, €fairur|;ien d'une compagnie 
de ce corps d'élite , et d'Élîs^t^ Radez qui, malgré 
son grand âge, est toujours inconsolable de la perte 
^ sou fils unique. 



XXX 



Gaillarbot apprit au Gollëge de Lnnëville les lan- 
gues anciennes, seule base d^e bonne instn^ction; 
langues sans lesqueUes il est bien difficile de réussir 
dans les lettres, les sciences et les beaux-arts, et dont 
rignorance expose à tant de regrets et dWorts im- 
puissants ceux qui, malgré cette lacune, sont parvemis 
à s^élever an-dessus du commun. 

Après la suppression de la Gendarmerie, le jeune 
Gaïllardot accompagna son père nommé cBirurgien- 
inajor dW régiment en garnison à Montpellier. Sous 
un tel maître,, et dans une ville oji fibrissait une faculté 
de médecine delà plus haute distinction ^ il prit de 
bonne heure d» goût |)our un 9ît (ju'fl était destiné 
à pratiquer. 

Le père et le fils ftirent ensuite enToy& àTarméé 
de la M oseHe ; cW à Saai>bmck , où j^étais médecin 
d'un hôpital militaire, que je fis connaissance avec 
eux. Je rappelle cette circonstance, parce, que, si 
Gaillakdot m'a renîdu depuis au centuple l'intérêt 
de Pinstruction que je lui ai prêtée , je suis fie^, je 
Tavoùe, d'avoir secondé ses heureuses inclinations; 
mais hélas ! j^ trouve un motif de plus pour regretter 
un ami, qui, dans Tordre de la nature, était destiné 
â me survivre. J'avais obtenu d'un honnête adminis- 
trateur une salle commode et presque élégante pour 
démontrer l'anatomiie aux élèves de l'hôpital. M. Gail- 
lardot, charmé de voir son ffls à même de s^oçcuper utî^ 
lement, me pria de le fidre exercer par leà dissection». 
Certes, on reconnut bientôt dans ce jeraie homme 
cette activité, cette intelligence et cette adresse den 
mains qui dès-lors annonçaient des succès certains^ 



XXXI 



M. Percjr, chirurgien en chef de Târmée, vint nonï 
visiter et nous encouragea par sa présence à nos leçons. 

Avant Je retomr du printemps, nous avions déjà par-* 
couru les environs de cette jolie petite ville , où un 
|»rince, ami de U nature^ avait étaUi de beaux pares et 
des jardins pittoresques, enrichis de jdantes, arbres et 
arbustes ^tvwgers. Padtnire encore, au bout de qua- 
rante ans, Tardeur avec laquelle Gaillardot recher- 
chait les moindres plantes, sc^t sur les collines sableuses, 
soit dans les champs cultivés, dans le fbnd>des hx» ou 
le long des rochers escarpés qui les bordent. Rien 
n'^échappaît à son œil scrutateur. Je n'^ai point été sur^ 
pris, long-temps après, de lui voir manier si habile- 
ment le mieroseope , quand je me suis rappdé qu^ 
apercevait, à travers des fourrés de bois impénétrables, 
les végétaux les plus obscurs. Les belles houillères des 
environs de 9aarbruck et les fabriques qu^^eg entre- 
tenaient, fixèrent fortement son attention. 

Ma^ pourquoi mVrèter sur les premières études 
de sa jeunesse , tandis que je devrais vous présenter la 
longue liste des villes qu^il a psproourues en observateur 
intelligent, lorsqu^il fut employé succesâvement à 
Tarmée des Alpes, au camp de Boulogne, à la cam- 
pagne de Tarmée de Mayence; à celle 4u Rhin en 
Suisse; à Thèpita} d^instruction de Lille en Flandre^ 
à Taimée de St.-rDomingue; à celle de Hanovre; à la 
grande armée, dans la dernière campagne de Moravie et 
dePologne^ 4806-7, et dans celle d'Autariche en 1809, 
où il fut nommé chevaUer de la L^[ion-d^Honneur. 
Sachant occuper plus'noblement $e$ Imsirs que la plu* 



XXXil 

part de ses confrères, il ne paâsait jstmâîs 4aiis «ne 
vîUe sans vîsiier les coUeetions dliisteire narfxudtte, 
et faire contsâssâLoce avec les-li<Hnmes de mérjèe. Au 
Ëeu de dissiper les fruits de ses économies en feiyptitét 
0« en jenx de kasard, ignoble <)caups^n des ^ens 
desceuTrés, il achetait les minéraux rares et curieux 
qm devaient ètce les premiara fbndemenits de son 
ndie calnnet. 

Son goût pour llijstoire naturelle lui fit c^sirer ar^ 
demment de partir avec Texpédition du général de 
Caen pottrlealndes-Oriaitsdes* Mais aytoit été trompé 
dans ses •espérances, il lut ea ^dk|ue sorte contraint 
àc a^embanjuer 4iur une fr^te qui Ëûsait Y^He pour 
Sl.-Doaungue. Après avoir souffert mîUe maiu:) soi^ 
dutt hi Iraveisée , par \% grossièreté des hooMOpes de 
ee temps^ soit paidaut soxk séjour, à cause de la £à-« 
^etise position des Français dans ces parages de déplo- 
rable souvenir, A revint en France^ 
: ' leA bornes de ce di^oouBs ne me ptMsaettent pas de 
TOUS dcmn» même une analjrae iimoeinQte du journal 
qrfila «edigé «ur son voyage. Vous venw» avec quelle 
attention â aobservé tout ce qui méritait del^ètre, et 
avec 4pie&e exaetitade, qu^e correction, â rédigeait 
toutes ses notes. Les remarques qu'ail a éctites, Hysk 
trente<i»q «os , sur le sol de k Breta|^3ie> prouvent qu'il 
était déjà très-expert en géognone, et ne contiennent 
rien de contraire à œ quVm ensmgne «ujourd'hui. Q 
dét»it le mal de mer qu*â^a éprouvé lui^nème; il inique 
les causes de ce mal ^ les mi^euFs 9u»jcds de soulen 
geœent. B parle de tous les phénomènes pb^nsiques 
<]u'offire la surface de la mer, des plantes et des animaux 



■— mm 

^^il a fU9 dans h» aùSk$y de lliîaltiîre attureUt im 
fies; des mœizrs et des coutiniies ; de k tenipéiatiu^^ 
et des maladies. Un mémoire sur la fièvre jaune pré» 
sente & la céldi>re Académie de GetUingue lui fit dé^ 
cerner le titne d'associée On y voit qu'il appcnrtait^é^ 
dans la prati<jue de la médecine la perspicacité^ hi, 
rectitude^ la prudence, en un mot les qualités dont 
il s'étedt fait une babkude en observant la nature. Soo 
journal, qui renfemne à penie PeqMce de deux annéest 
ferait seul la matière d-un livre curieuaL et instructif. 

Arrivé à Paris, fl^xrèf son vc^ge dl^Amériqoe, il 
était dé)à habile chirurgien, médeôn expérimenté, et 
possédait, avant d'être docteur, toutes legconaaissances 
qu'on n'acquiert pas toujours, même après avmr^ïbteBn 
ce titre. Il est vrai qu'il avsàt sul^i, an Cap Français, 
en présence de tous les ^ns de l'art de la colonie^ 
un examen qui lui valut le ^oit d?y piiitiquer puUi^ 
quement. Il profita de son s^ouf diems^ b Capitale 
pmir^ prendre ses grades à k Facnlté de médeanej, 
soutint une: thèse sut la Kosti^^, et parlU poimr k 
Hanovre. 

S estimpossikle de le suivre dana tous ks d^^^ 
eesnemt» qu'entraînait la BKffche des armées. Partout 
il persévéra dans le même or^bce d'ékades et d'ob^ 
servirons. Toutefb», je ne doB pas ocn^tre un Êit 
ftopm à mèntrer la justesse de son coup d^orfl et 
k prefimckur de son jugement. En aepteidbre iSOS » 
Boiani sur soa journal la descriptiûit du sol de Lunc^ 
9aiatg qn'il comparait à celui de sa vîHe natak^ il 
iîittïailr ees |nots : cE est à espérer qu'un jour jga 



xarf 

€ re&caiitrera> dans les canières de pUtre de Lun^ 
«"Tille) la magnésie boratée de Lim^KKarg. y Vingts 
4 six ans après, il découvrit effectivement , dans des 
tas de gypse destiné à la cuisson» ce minéral pen eom- 
mun; non pas à la vérité en beaux onistanx cid»* 
ques ou dodécaèdres , comme ceux de Lmid^omig, 
maw en petites tadies blanches formées de rayons 
divergents. Tétab avec lui quand il remarqua ces 
tadies) qne je prenais de loin po^ des édabous- 
sures de lait de chaux; il me prouva, par sa ré- 
ponse ) là justesse de la pensée du poète Toscan que 
j^ai cité : 

' € ^imagination de f artiste ne peut rien sans fe 
« secours des sens exercés, i> 

La modestie n'est pas toujours Tapanage des savants ; 
mais c'était là verttt là (dus saillante du docteur Gail* 
tARDOT. n la portait à Textrêmej au poiùt que, dans 
la découverte dont il s'agît, il ne pensa pas à ttie dire, 
à moi son ami, qu'il Pavait prévue t et je ne Tai 
appris que depuis sa mort par la c ommunic ation, de 
son journal. J'espère, Messieurs^ que vous me par- 
donnerez la familiarité de cette expEcation^ puisqu'elle 
tend à mettre dans tout son jour la beauté du carac* 
tére de cet hMune rare. ' 

Ce que je viens d'exposer, en rappeknt quelques 
circonstances de sa vie, semble suffire à.son éloge j 
mais ce n'est encore que le prçmier pas cbns sa car- 
rière. H faut le jnrésenter en sa qualité ie médecm 
pra^ticien dans une ville populeuse, universcflemeni 
considéré , manquant quelquefois de temps «t de fo<po 



XXXf 

pour r^ôiuice à la confiance des grands el da petits 
qui attendaient de lui la santé^ du soulagement ou 
des consolations, fl faut insister sur TexceUence de sou 
cœur > le montrer comme anM seBsS>le> délicat^ firanc 
et sur, fils respectueux et reconnaissant, époux sage 
et. fidèle^ père tendre et indulgent 6an$ faiblesse. B^ 
faut surtout fidre connaître Ites services qu^il a rendus 
& la sdence par ses travaux et ses découvertes. 

Gailïubdot igrakit servi vingt anâ dans la médecine 
niiHtaire, et concevant) comme toute la France, un 
eq^oir de paix solide et durable, aptes \&& giands évé- 
nements de 1810, demanda sa retraite, et Fi^tint 
avec la pension due à son rang. Il était afiecté au bras 
garnie dWe paralysie, k la suite d^une fièvre maligne 
qui lui était survenue à rspnnée du Rhin. Les muscles 
de r^ule pouvaient encore soulever le membre^ et 
lui domier la faculté de soutenir les échantillons de 
itxdies qu^il cassait adroitement à^c Fautre main. 

De' retour à Lunéville, il ne tarda pas à être re- 
dierché , non-seuloaent comme fils de maitre , mais 
parce que la renommée de scm savoir et de son expé- 
rience s^étsdt répandue, et qu^il obtint d^abord de. 
brillaints succès par une [^tîque circonspecte, égale^ 
lùtaA éloignée de la routine aveu^^e et des innovations > 
téméraires dont trop souvent les hommes paient 
dièrément les essais. Son goût pour Thistoire naturelle, 
ne lui fit jamJBÔs négliger les dévoila de l^umanité. 
Quand il âait en présence dW malade, il semblait 
avoir tout oublié pour né penser qu'a sou devoir. Mais 
quandil obtenait que]<^es loisirs, il les consacrait à son 



XXXÏI 

étude fkrorite, sans n^liger 1^ éorks ok A espérait 
puiser quelques liiodèr^sur de^fciaUs embavrassants 
de pratique médicale. 

Un homme tel que Oaillabbot derait «voir l)eau- 
coup d^amis, et il pouvait regarder comme amis tous 
ceux qui savaient Tappréôer. Sans sortir de cette eu« 
ceinte, je puis troirver des" gan»ls de eette partie de 
son éloge : M. ds IUuiat ^ ^ont les ridies collections 
de minéraux et d^mstrumento de plijrsicpie lui don- 
naient un ji^aîsir toujours nouveau quand il venait 
dans cette ville; %{• SovER-W&LVMBry avec lequel il 
entretenait une covpésponda3»er suivie sur la botanique^ 
M. Braconnot^ qui noui^ » la si souvent ses analjses 
des pièces découvertes pur Gaicuolmct^ services dont 
celm-d ne. parlait jamaja qu'avec lecomuisance ; M. 
GuDAL) qui, pendant un long séjour à Luné^le, a 
travaillé avec notre ootifirère, et fiât les desâm des 
pièces envoyées à Gu^er et aux Aûiaks des sciences 
naturelles. Je vois, llfes^uis, ptf Catt^tion bien- 
veillante avec h^efle tous m'^éomte^, que xùos ap- 
prouvez la ressemblance du portrait de notre ecoficère. 
lies liaisons intimes, comme dit Gicéron, ne peuvent 
être nombretMS« ^legràt de Pinatmctionoiu d'autres 
causes ont étsJ^li des çommunicatkmB entre GAnj^Aioor 
et beaùccmp d^bommeS éclairés^, ntie parfidte cotâar^ 
mité d^indinations, de nusura et de sdéiàce Funife 
dWe étroite initié' avec un natnrafete qui honore 
au plus haut degré fe département, AéÉtre de sa ^bîre» 
Vous avez ouY plus d^une fois daoas cette saUe ks 
âoges décernés aux travaux de M. le docteur Man^soTj. 



XXXVQ 

de Bruyères. On peut encore le louer absent ^ puis* 
qu^tln magistrat édairé et éloquent^ M. Siméon^ qui 
' présidait naguère la Séance publique de la Société 
d'^émulation d^Épinal^ ku a adressé des louanges^ 
avec une délicatesse si bien ménagée, que cet homme 
modeste a pu les entendre sans rougir. 

Ceux qui ont beaucoup Toyagé savent avec quel 
plaisir on rencontre ^ dans les pays étrangers , des 
eompatriotes estimables. €!e plaisir est encore plus 
tivement senti dans les armées par les fonctionnaire^ 
isolés, tou)<mft ravis de se retrouver avec des hommes 
8ui^ le visage desquels ils lisent pour ainsi dire leurs 
pensées* Gailladdot et Mougeot, passant par Strasbourg 
pour se rendre à iVrmée du Rhin, se virent auji leçond 
du professeur Sermanu« Cest-«là que commencèrent 
à se former les nœuds d^une amitié que la mortn^â 
point rompus. S^cEOt connaissait partaitement la 
flore des Vosges et de TAkace. Gaulabdot^ asse^ 
habile botaniste, avait surtottt approfondi la science 
des minéraux. Mos deux feunes naturalistes firent en-« 
semble la campagne de Târmée de Mayence en i ^96. 
Os traversèrent les montagnes de la Forét^Noire, con- 
sacrant k Tétnde des productions naturelles, de la géa« 
graphie, des mœurs, des antiquités, tout le temps 
que leur laissait le service des ambulances. Mougeot, 
hrès«habi)e dans la langue t^emande, traduirait poufi 
•on ami les écrivains de cette nation qui pouvaient 
kn éfre ^tâes. Les agrésd>les souvenirs des bonnes et 
soldes études de lettr enfance' assaisonitaient souvent 
Uun conversations. L\)bservation de la nature ne leur 

9 



xxxvni 

faisait point négliger ces précieiix antetnandenl, si 
supérieurs en tout genre ; et les termes barbares des 
nomenclatures modernes n^ayaient pas rendu leur goût 
et leur oreille insensibles au charme de Tharmonie 
grecque et latine. Ds sayaient dter à propos des vers 
d'^Horace ou de Virgile^ qui renferment tant de grandes 
leçons de sagesse et de conduite. Heureux^ si Fintérèt 
du service avait permis qu'ails ne fussent jamâs sqMcrés 
Tun de Tautre ! Au reste , ces chagrins inévitaU» don« 
nèrent plus de prix aux coups de fortune qiû \e$^ 
réunissaient après une longue séparation. Retirés daitt 
leurs villes natales ^ ils contiiuièrent à cultiver les beu-' 
reux fruits d^une amitié si profitable à tous denx^ et 
ne cessèrent de, se communiquer leurs découvertes 
et leurs réflexions qu^au moment fatal où la parole 
^tla main de Gaillàrdot refusèrent d'^obar à sa pensée. 
, Gaillardot naturellement gai a essuyé tant de mal- 
beurs ^ que, sans le secours de Tétude et de Tamitié, 
^ aurait pu tomber dans la mâancolie. Une nremé^ 
diable enfance consumait son vénérable père, à la 
suite dVne at^que d'apoplexie. Plus il était attentif 
et empressé à lut donner de tendres soins , plus il 
soufirait eu voyant cette perte de raison dans ua 
yie^Iard auparavant si raisonnable* 

A peine engagé dans un premier mariage qui le 
rendait heureux, il se vit ravir par la mort Tépousé 
qu'il affectionnait. Malgré toutes les consolations de 
^n ami de Bruyères, il écrivait à ce]ui-<:i que, sans 
)a crainte d'affliger les auteurs de sa vie, il retournerait 
^ur les bords de la Baltique ou de la Méditerranée* 
Toutefois^ il ne se laissa pas abattre par Finfortune. 



XXXIX 

Se proposant de décrire les plantes des environs de 
liunéville , il se joignit à M. Guibal^ et parcourut avec 
lui toute la campagne^ afin de recueillir les végétaut 
•de toute espèce que cette flore devait compren-^ 
dre. Us poussèrent leurs recherches jusque dam les 
.Vosges, plusieurs fois et en divers temps. Ds eurent 
souvent le plaisir de visiter le docteur Mougeot, qui 
leur fut d''un grand secours pour spécifier les mousses^ 
les lichens ) les fougères et toutes les autres familier 
de la cryptqgamîe* 

Gai LMkBooT étudia avec un l>on nucroscope For-^ 
ganisation de ces végétaux et particulièrement des 
algues d^eau douce« Il dessinait luï-mème en double 
les parties qu^il avait observées ^ et en envoyait une 
copie à Tami de Bruyères^ qui ne cessait d'admirer son 
adresse et son exactitude. 

Après deux ans de yeuvagè^ Gaillardoï épousa 
M."* de Schacken, petite-fiUe de M. lé baron Henri ^ 
premier président de la cour, et m,embre de notre 
Société» Personne de nous n'^ignore que dans une 
longue carrière soit d^avocat, soit d^administrateur 
ou de. juge, M. Henri a mérité d'être qualifié vir 
justus et tenaoc prqpositL 

Gaillardot retrouva le bonheur dans cette union 
avec une personne bien née, soigneusement élevée, 
pieuse, et ornée de. talents agréables^ 

Il eut un fils, qui étudie en médecine depuis queU 
ques années , et dont Tesprit très-^précoce annonça les 
heureuses dispositions. A dix ans il parlait latin; il 
aj^rra^it av;ec un^ facilité éto^MntQ l9S nom» des 



XL 

pièces de Timinense collection de son père. Comme il 
parait déterminé à suivre ses leçons et son exem^de^ 
nous espérons qu^ terminera et publiera les travaux 
précieux dont le cours a été interrompu par une 
mort prématurée. 

Les observations microscopiques que GâiLLABDot 
poursuivit pendant plus de vingt ans^ ne T^upèdhèrent 
pas de s^occuper de la géognosie. fl n'tsit pas un seul 
point remarquable des Vosges quil n'dt exploré avec 
plusieurs de ses amis, surtout avec le plus intime^ 
MovGEûT^ qui ^ selon tes paroles âeM« Siméon^ pour- 
rait être nommé J^hôte des montagnes ^ tant U sait 
en faire les honneurs à tous venants. Bruyères était 
un lieu de réunion où se rendaient les naturalistes 
zélés de la Lorraine et de PAlsace : feu le professeur 
Kestler^ de Strasboui^ ^ M. Voltz ^ ingénieur en chef 
de la même ville ^ M. Périn^ officier retiré à Luné- 
^ille^ physicien et naturaliste^ qui continue & recueillir 
tout ce qu^on a trouvé depuis le décès de notre con*- 
frère, et sVmpresse, à son exenîple, de partager les mor*- 
ceaux curieux avec les vrais connaisseurs. A Bruyères 
nous avons rencontré M. le capitaine Rozet , avec 
lequel nous avons visité les montagnes de Gérardmer^ 
de la Bresse, du Grand-Valtin ; cet habile géologue 
préparait alors sa belle description d^nu ^stéine de 
montagnes le plus instructif de tous, à cause de la 
grande variété des roches qu'ion y rencontre dans dea 
espaces peu étendus. 

Gaillardot était en correspondance avec M. le che- 
valier de Léonhard. Dans son premier voyage d'AHc-^ 
magne , il avait reçu de cet illustre professeur Vaccueit 



XLl 

f rfldéux et commumcatif qu^on obtient sans difficulté 
de s^ compatriotes yéritablèment amis de la science, 
fi lui envoya des produits du sol de Lunéville et ac« 
quit en écliange la précieuse collection de Heidelberg, 
indispensable pour apprendre promptement et facile-* 
ment la géognosie. Gaillam>ot avait reçu de Mougeot 
des rocbes du Kaiserstuhl; il les eut bientôt carao* 
térisées et nommées^ tant il avait d^habitude et dVxpé- 
rience. Mais comme il ne manquait jamais de consulter 
les auteurs ) il eut le plaisir de reconnaître la justesse 
des descriptions de M. de Saussure. Il en fut de même 
pour les échantillons que je Ini rapportai d'^Âuvergne 
et du Puy en Yélay. Il savait distinguer les produits 
i^éellement volcaniques de ceux qui n^en ont que Tap* 
parence. Il im confinidait pas nos trapps avec le$ 
basaltes, et se gardait bien d'attribuer une origine 
ignée aux eurites terreux amygdaloïdes , si commuùs 
dans les Vosges, sous le grès rouge ancien. 

Des fragments de jâerre noire recueillis par Mougeot 
sur la côte d^Essey, à quatre lieues et demie de Lu^ 
néville, parurent à Gaillardot de nature basaltique* 
Il se hâta d'^aller visiter cette côte. Il avait remarqué, 
a 5 ans auparavant, sur les rives du Danube, les cônes 
basaltiques du Wartenberg et du Hohenhœwen , qui 
surgissent au milieu des terrains keuperiens et jurassi-^ 
ques. Il reconnut Tanalogie du cône dïlssey avecceuxJà 
et fit imprimer à ce sujet une dissertation connue (i). 

U à publié, dans les Annales des édences naturelles, 

(i) Notice géologique sur la câte d'£sse/^ Lune ville ^ Guibal, 
ï8i8. In-8.« de 19 p. 



un Mémoire sur les fossiles du grès bigarré^ avec des. 
planches dessinées par M. 6uib4l (i). 

Je ne vous rappellerai pas les autres ouvrages qnHï 
nous a adressés^ parce qu'Us sont analysés dans les 
Précis des travaux de la Société (2). 

Je me hâte d'en venir à la découverte qui lui fait le 
plus d'^honneur et qui justifie Tépigraphe que jM citée^ 
d'après un poème de Michel-Ange. Si F imagination 
seule ne peut rien pour f artiste sans être seryie par 
une main habile et par des sens exercés j à pluf 

(1) Tome VII ( jaiHet 18^ ), poge 386, planche S4- 

(3) Voici la liste des Mëmoires priantes par Gulla-rdot à TAca* ^ 
^ymie de Kancj, depuis aa rëception, le la noftvhre 1818: 

ffotice géologique, ^«r, la çâie d^JEsser^ Piif^s def. trayau^ 1^ 
1 81 6-1 8, p* 53. 

Observation sur les trous fie Gezaitwille, près d^ Qevbéuiller} 
Id, ib., p. S^f 

Mémoire sur les boules calcaires de, Lanetf^ifit^ille , près de 
Nnnqxi Id i8i9t33, p. 17. . 

Recherches sur les gypses des eriyirons de L{ii}éyil(e et sur le^ 
coquilles /ossiles qui sy rencontrent ^ Id. ib,, p. 3i. 

Ifoticè sur les ossements fossiles des enviroiis d^ ftunéville^ 
Id. ib., p. 4p. 

Recherches sur la houOle dans le départemein de la Meurth% 
Ji. 1824-28, p. 43. 

Mémoire sur le grès bigarré de Domptail^ Id, ib., p. 48. 

Magnésie Boratée , productions volcaniques, ossemesits fossiles $ 
Id. ib.^ p. 5o. * , 

Le dernier . irayail envoyé par GAiM.A»par est . on . Mémoire 
sur les coprolithes de Lunéville , dont il est fait mention dans le 
pompte-rendu des travaux de deux années, lu en Séance publique, Ig 
1^ juillet i833, par M. GuERuça de D^mast , p. 3. 



tLm 

ibrte raison le scraiàteur de^ la nature ne peut TÎeii 

"voir, rien dktingner dans les oeuTres du créateur, s'il 

ne possède les facultés qu'ion n'^acquiert que par Fétude, 

le temps^et le travail; Un savant antiquaire de notre pro^ 

Tince(i)', charmé devoir découvert, dans un champ 

pires duquel il passait k clieval, une pierre nouv^e- 

ment déterrée, portant une inscription romaine, ex-^ 

prime avec naïveté son contentement de lui^mâme, en 

disant : Un régiment tout entier venait d^y passer, et 

personne, n avait remarqué ce monument. Certes biea 

de& millier» dliomm«s avaient IbuiQé à Montmartre^ 

avant que Georges Givier en eût extrait les énormes 

animaux qu^il a pour ainsi dire recréés- Le^ carrières 

des environs de Lunéville ont fourni aux construc-* 

tions de ses anciens reniparts,. du Glmteau-Rojal et 

des nombreux édifices àe cette ville étendue. Per-» 

sonne, avant notre^ laborieux con&ère,. ne se doutait 

qu'ail marchât sur' le plus ancien cimetière du globe ^ 

sur les ossements^ imiombrabks des êtres £H^més avant 

Thomme , au cinquième âge de la création. Le terrain 

de Lunéville est tin de ceux que. lea AUemands, nos 

maîtres en géognosie , ont nommé Muscbelkalk, c^esh^ 

à-dire , pierre à chaux remplie de coqnilles. Gau^laroos 

riissei]d)laît avec soin les coquilles de ce terrain* 

Une lecture attentive des écrits de Qivicr lui apprend 
qu'ion peut y trouver des ossements. Effectivement H 
«n obtient d^abord un seul. U n^épargne ni démarches^, 
|û argent, ni. paires persuasives pour exciter Tattentioa , 

f ' ' 1 ' ^ , "» 

(i) Le père L^ebonneticr^ 



et le iKèle des carriers* Dès ce moment les osseineiits 
que personne n^avait yus, se trouvent en grand n<»n^ 
bre. Les mains obéissent à tintèUecU Les honnêtes 
ouvriers stimula non-«eul«nent pair Vintérèt^ mais 
encore par une lonable curiosité , $aà$ doute aussi pour 
ob&^er un médecin chiuitaUe qâ^ils révéraient) ap^» 
prennent à distio^er le mérite des fragments et fonr* 
nisseot au docteur Gaillabdot une cottec^on nombreuse 
de ces précieux dâ>ris. Pents et écailles de poissons 
axtraordii^alres ^ os de lézards gigantesques, £im^ 
mentes crocodiles , de tortues monstrueuses.. «• Cette 
foule d'^animaux aquatiques offre encore un grand 
nombre de difficultés atix savants qui voudront con^ 
tinuer Toeuvre de Cuvier. Jja collection de GAnjJuiDOT 
l^ientÀt connue par Testûne que lui témoigna publia 
<{uement Fimmortel anleur des Ossements fossibs yn% 
larda pas d'^attirer à Lui^ville une fonle d^étrangers, 
Gaillardot fut visité par M* le baron de Fén^sac, M. 
Elie de Beaumont, M. le président él M. le secrétaire 
de la Société Royale de Londres, ItfM* VoltTs et Le* 
vallois, ingénieurs des mines, et beaucoup d'autres 
savants. M, Agassîz, dont Cuvier appréciait tout le 
mérite, est venu dans ce sanctumre de la nature, lors* 
que celui qui Tavait formé ne pouvait plus lui parler. 
Ce fut pourtant un moment de joie pour Gailmbpot, 
parce qu'il put l'entendre, et que son fils, accompa*»» 
gnant Filhistre ichthyologue , apprit et retint avec sa 
facilité ordinaire les non» de plusieurs pièces qnî 
avaient paru douteuses, à son père* 

Gaillarpot ne travaillait que pour la science même , 



JUiV 

et n^étâH gu&re aceesnble aux idées de la eâ^Mité 
dont tant de gens médioeres sont aTides;} aussi n^avait* 
•il point &ît mystère de sa découverte. Son calûnet 
sWvi^it à tout le monde. S^il exk aiFait été plus jaloux ^ 
il aurait suivi le oonseil que le médecin Redi donna 
À son ami Cestoni^ 4^ ne le dure à personne^ parce 
qu^Uy a toujours de trèi^petiu sujets qui se font 
heaux et braies des cbm^res ^autrui et qui les dé^ 
bitent comme les fruits de leurs traxNxux. N^entrons 
ici dans aucun détail. Sa découverte ^ dont il n'^a pas 
cherché là gloire^ lui demeurera en dépit de ceint qui 
ont tâché de. la lui ravir. 

GauXardot 9 malgré sa paralysie du bras gaudie^ 
jouili^t d'aune bonne santé. Blaôs Texercice de la mé» 
dedhe le fatiguait^ surtout Thiver^ car il était très- 
sensible au fi^oid. Celui de 1829 le fît beaucoup 
souflBrir *y et verl la fin de février i83o , ses forces phy-^ 
siques étaient coundérablement diminuées. Il éprouvait 
déjà la Criante^ nialbeureusement trop fondée, de u6 
pouvoir plus rédiger ses observations et réaliser bien 
de$ projets. Ses amis admiraient plus que jamais sa pré^ 
sence d^esprît dans toutes les discusâons, et sonimmense 
érudition en médecine et en bôstoire naturelle. Bientôt 
le mouvement des extrémités inférieures devint austt 
diffioâe que celui de la main. Au mois de mars i83i ^ 
il fut réduit à dicter ses lettres , qu il signait encore , 
quoic|u*aveG jieine. L'^eod^arras de a^exprimer vint se 
joindre à s^s autre» infirmités^ et empira au point que 
personne ne fut pks en état de deviner ses pensées , 
excepté son admirable femme» Elle seule était encore 



xvn 

ta main qui obéàsait à une ini^igencû p&rikiteme&t 
saine, mais ne conservant qne les sens de la Yoe et 
de Toreille propres à percevoir des idées, sans pbnvoir 
les manifester. Pourquoi fàut-il que je ne paisse démre 
les scènes attendrissantes dont no«s avons été témoins^ 
et rapporter les actions les plus ' nalnrdles de cette 
digne épouse , sans que mes récits pand^s^^t exagérés 
et m^és de flatteries! HaUtuée à feire le charme de 
la bonne société par son esprit, son air gracieux, soa 
afiàbilité^ et ses talents, elle avait altéré sa santé par 
les soins assidus donnés à sa famille. Quitter les plaisirs 
du mondé pour ses enfismts n^ést pas un effort dii&^e 
à un mère. Mais la nécessité de négliger eeux-ci, pour 
s^occuper presque uniquement d^'un époux, est ijMP^sar* 
crifice pénible qui exige un grand courage* Les senRc^ 
dont il avait besoin étaient bien différents de ceux 
qu^on donne à un malade or^naire^ H ÊJlait surtout 
le garantir du dépit irritant de ne pouvoir se faire 
entendre^ il fallait arriver à Yci>]et de sa pensée. M.*^ 
Gaillai:dot demeurait penchée et oonune suspendue 
snr cette sorte de statue animée, pour deviner quelque 
sens par le moindre mouvement des lèvres. Elle 
observait tout avec autant d^attention que son mari 
en avait apporté précédemment, brsqull étudiait à 
travers le cristal Forganisation de qudques animal-* 
cules. 

Quand les douleurs de Gauxaroot étaient moins 
insupportables, il passait le ten^ à lire ou à méditer» 
II dicta encore d'^assez^ longues lettres à son ami tAov^ 
GEOT jusqu'au dernier jour du mois d'août i833. Dès 



XLVII' 

ce moment ^ i\ devint mqf^ossible de le com)>reiidref 
et le 6 septembre suivant^ aprèsr avoir été trente heures 
dan» un assoupissement prcrfbnd, il passa de cette vie 
ibconstante et fragile à celle que la justice divme 
réserve auit hommes vertueux. 

Kétude de la géognosie est tellement répandue au« 
jourdliui) qu'il n'est pas besoin de longs discours pour 
démontrer Timportatice des découvertes du docteur 
Gaillarpot. Puisque je ne parle qu'à des hommes 
éclairés^ )e me garderai bien de faire valoir Futilité ma^ 
térieOe d^une telle science dans un siècle où la matière 
est regardée conmie le souverain bien-. Qu^mporte 
après tout' que le vulgaire grossier demande : A qum 
donc cela sert-il?' 

La contemplation dés chefe-d'oeuvre du créateur a 
toujours été Poccupalion fevorftedes hommes qui ai- 
ment et recherchent la vérité. Plus on fait de décou* 
irertes dans Ia= nature;, pltis' on se sent pénétré de cet 
esprit religieux ^ qui "seul élève Fhomme au-dessus des 
brutes dont il observe les- mouvements. 

Le confrère que nous regrettons admirait et cher^ 
chait à imiter les Linnée^ les Haller^ les' Pascal^ les 
Delue^ de Saussure , Guvier et mille autres qui 
voyaient la puissance de Dieu aussi manifestée par les 
plus petits des êtres ^ que par ces animaux gigantesques 
sillonnant lès mers dans les premiers âges du monde, 
n avait le plus profond mépris pour les propagateurs 
de doctrines abjectes^ qui se sont vainement agités 
dans Fintention scélérate de renverser les fondements 
sacrés de la morale et de la société humaine. Ce n'est 



ILLVill 

pbi f^ee des mplioiitioos abeqrdes^ des cdculs ex- 
fravagttiilf ^ ou, oe C[iiiett enopre pis, ayec de dé- 
tectables bouflbimtrieS) qu'on osera désomiais âbver 
des doutes sur Fauthenticité du Ime le {ikis aadeu 
et le plus sublime qui soit entre les maîas des hopimes* 
. Cuvier a démontre jusqiVà révidencç Fexactitnde 
4^ fiits exposés dans la Genèse. H est impossible 
aQ)ourd''hui de prendre une autre mardie que celle 
de ce {[rand kçmme. 

Le vertueux confrère dont je viens de vous en|re« 
tenir a eu le bonheur et la sagesse de siûtre un tel 
gu^le. IL a ffdt une découverte qui donne à sa v31e 
natale pu nouveau titre à la gloire , peut-être le 
seul genre d'^illustration qui puisse survivre à tous ceux 
dont elle est décorée. On retint, avec une sorte 
dHndifférence ou de peine ^ les noms des lieux souillés 
par des bataâles sanglantes ^ mais ceux où Ton peut 
trouver perpétuellei|iei|i des produits peu communs 
de la nature^ rappeHent à Fimagination des idées 
agréables et consolantes. S'il arrivait , ce qu'à Dieu ne 
pliôse , qu'une catastrophe subite détruisit le magnifique 
château de nos bons princes ^^ et la belle ville qui s'est 
agrandie par les effets de leur munificence; le stA 
aride et nu attirerait encore des savants de toutes les 
.parties du monde, et il n'y aurait pas une collection 
notable ) où Ton ne fut jaloux.de présenter une pièce 
étiquetée : Gau^lardot et IJQnéville. 



NOTE. 

tdste des Fossiles recueUUs par le docteur Ojiujrdot 
dans k gr^ bigarré f k musckdfudk et k kevper de fa Lw-^ 
raine, 

Rédigée par M. le docteur Mougkot. 



DÉBBIS DE PLANTES^ 




A. Equisétacees. 




Calamkeê arenaceus Bronç. 
Mougeotu Brong. 
Equisêtites cblunmarit Brosn. 


6r& bigarre. 
KcQper. 


B. Fougères. 




Anomopteris MougeotH'BronQ. 
Wtvropteris Fohzii BroDg. 

Q0aiardoti^voag. 


Gf^ bigarre. 
Jd. 


C. Qjé^àém 




Le HfantelUa <^lindrm » éU ctwerrë pat 
G^iu^iiooT danis k Lia» ei Boa daai k 
MuschdUnu 




D« OaàSèm. 




f^ûltzia hretnfolut Brong. 
rigidaBrong. 


Gréf bigarra 
id. 


IIÉBW D^AJRKAtîX. 




A. Goîalloïdefc '" 






teaschclLalk. 


B. Radiaircs« 




Enerirdus lûiiformis Lam. 


Itiischeikalk. 


€. Monnsqtiei. 
tingulâ tehuissima Brono. 
Ttfre&ràùila vulgm-ù Sdilotl. 
0#lrea (pi«ki«e«plctt> 


91 ttScbc&aBL» 



Pecten lœvifjàtus Bronâ* tti&cdellalL 

discites broim* Id. 

Ttagùj^toma striàtum VoltsV td. et Grès k 

linedtum VolU/ Ift oschelkalk.. 

Avklula socuûis Broûn. ïd, 

Mytilus éduliformis Scblott' /i. et Grés b^ 

Mj^horia vulgaris B^niV. Muschelkalk. 

curvirostrù'^Tùmïktf Grés bigarra. 

PeS'-dnserù Broïkn. Mvtchdkdk. 

Gokffiissù AlbertL Id,- 

Myaeites tïongatus Schlotu Id. 

TurbinUes dubius Munst. Id 

TurritelUus scaiatus Bronnv Grés bigarra/ 

Nautilus bidorsmuM Schlot^ Muschelkalk» 

Ceratkes nodosus de Hun.- îd, 

hifiartitus GailL Id. 

Natica GaîUardotiheîroj^ Itd. et Grés B. 

Khyneholithes Hirudo Brono. Ittaschelkalk. 

Conchorfynchm wirostris Bromfc Id^ 

XK Crwttc&r 
Pemphix Sueurû tÊtjmr, Hnsdbelkidk^ 

Le foisSe nomme par Gricnï^RDOT àigaÈ sa col- 
lection Goneplac&:deZ€areiUè Desm^ ap- 
partient probablement k quelque noureaa 
Ifenre de poissons et TOn i la fionille dis 
cnistaoés. 

E/Poiâoiak 
Gyrolepîs maxùnus Âgass^ 

Alberti Agsiss, 

tenuistriatus Àgass» 
SauHchthjrs com'deus Agass* 

j deui autres espèces ia^tes; 

Plmcodiis $igMs. 

NouTeaw genre voisin du Sohp^ehus^ 

Psammodus Efytra, 

angustissùnus^ 



SnscIie&aO^ 
Id 
Id. 

Id. 

id. 

Id. 

Id. 
Id. 
Id. 



Lt 



Jer^éiê GaiUardoti. 


MûftcbclUa. 


une autre espèce» 


Id. 


Slyiodus Ungieùnus» 


ïd. 


pUccuUis, 


Id. 


obliquas. 


Md 


F. Repiik^ 




!• Sauriens. 




îfothosam*un | trois espécM^ 


MwiÂwlkalK. 


Dracosaurus J^ro/rniV Mimét. 


Id 


ConcJ^osaurus chwatui Majer« 


td 


Pfytosaurus, 


Id 


a. Chêlomeiis* 




Chelonia. 


Id 


Trionix, 


Id 



lîens ayons dà nkinir dans im seul tableau les restes organique» 
fossiles du grés bigarre , du muschelkalk et du keuper, parce que 
ces trois fl^maiions appartiennent à la même époque géologique et 
renferment toutes trois la majeure partie de ces fossiles^ en outre, 
parce que c^est dans ces terrains que le docteur Gaillàrdot a plus 
particulièrement fait des découvertes importantes. Toutefois il n^ayait 
pas nég-ligé les restes organiques enfouis dans le lias^ il est même le 
premier qui ait observé dans ce terrain des troncs d^une espèce de 
Cycadées, nommée par M. Ad. Brongniart^<m<e//ia cylindrîca, eV 
indiquée par erreur dans le calcaire concbylien. Nous n^avons porte 
sur ce tableau que les objets déjà rigoureusement détermina ^ il en 
reste plusieurs autres sur lesqueb nous ne pouvons encore nous 
prononcer maintenant^ de ce nombre sont beaucoup de mollusques; 
ainsi quVn fragment osseux qui nous parait appartenir à quelque 
poisson, fragment désigné par Gaillardot: «portion de carapace 
« du Goneplace de Latreille Dtsm* > On peut lire dans les Annalss 
des sciences naturelles ( cahier de janvier i835, pag. 46 et suiv.), 
des observations sur les fossiles du calcaire concbylien de la Lor-> 
raine , extraites d^one lettre adressée aux rédacteurs , par M. Gail- 
lardot fils, où ce dernier énnmére succîntement les fossiles de la 
collection de son père, qu^il se propos» de puUier par la suite, et où 
•c sont glissées quelque» fautes de nomenclature que rectifie notre 



ttl 

tableau. Mous devotis à M. Agassiz d^atoir pti redresser ees effetff» 
et détenniner exactement plusieurs dëbris de poissons que fca 
Gaillarbot ayait réunis ^ sans atoir en la satis&ction de les eùtb*^ 
naître; de ce nombre sont les espèces de Saurkhtkfs , don(t une 
mâchoire se trouvait enclavée atec des ossements de sauriens^ 

Les débris osseux de reptiles, même leurs excréments, nommés 
coprolithes, sont extrêmement nombrfiux dans le musée Gi.il^ 
lAROoT. Nous n^ayons pu énuméier toutes les espécea de sauriens 
qn^il renfierme, ayant dà nous contenter de signaler Us genres, 
auxquels ils peuvent appartenir; plus tard nous parviendrons 
à bien connaître tontes les espèces et même les variét^^ Il exi 
a été de même pour les chéloniens ; nous croyons pouvoir affirmer 
que les débris de ces animaux, réunis par GAiLLARoot, formeront 
plusieurs genres et espèces nouvelles* Outre ces objets, on voit 
dana la collection de QàxuJMuvt des os plats ayant une de leur 
surface lisse, tandis que TauUe est garnie de replis hifùrqaés et di-> 
vergents , qui paraissent appartenir ^ un genre de sauriens nommé 
Phytoscutrus par M. Jsger, tandis que d^autres os f»lats, recouverts 
de tubercules arrondis on formés en quelque sorte de {agrffgation 
de ces tubercules , se rapprochent dW genre de poissons nommé 
Holoptychus par M. Agassiz. Cest aussi à ces derniers os que $tt 
rattachent les dents palatines que M« Agassiz pensait devoir appar^ 
tenir à un genre nouveau de la famille des Pycùodontes^ mais quo 
plus tard il c/ut pouvoir réunir à son genre GyroUpisé 

Le savant professeur de NeuchAtel a maintenant sous ses- yetxt. 
les exemplaires de divers os plats dont plusieurs sont pourvus 
de dents, ce qui prouve qu''ils faisaient partie de la tête; bientôt 
le voile qui couvre encore la nature des animaux auxquels ik ont ap-^ 
partenu tombera, et nous pourrons les énumérer* GiiLLARooT a été Itf 
premier des naturalistes français qui ait signalé dans le muscbeikalk 
des débris de sauriens et de poissons. Depuis qùM a attiré Inattention 
sur cet objet , les découvertes d^étres anciens à Tétat fossile ont £iit de 
bien grands progrès , et en feront encore Iong>temps. Nous désirons 
que le jeune Gaillardot marche sur les trac« de son père, et nous loi 
laissons le soin de décrire les rareté et les noav««iti&s qa« BStrt 
tableau at fait qn^iadiquer. 



MÉMOIRE 



8VB 



ÉisrsÈ HomjKijrfs «eoGRAPiiMiiiEis 

CX)NSERtÉ3 A LA BlBtilÔTHÉQUE PUBLIQUE 

DE NANGY^ 

FAa M. BtiAir. 

là SotiHé Royde deà Sdèfaeti) Lettres et Arto d« 
Nanéj^ de^aat seCondel' 1m vues exposées dans une 
drcul^îre Iréeéntè de M. Gruûsot, 'Miaistre de rjos-p 
irucfieu pijibliqite^ adreiSsée aiuc corpâ sdeatifiques,^ 
lîHéffttvès pour hàtàr h publication des pièces inté- 
ressantes, qui ^ trouveraient oubliées ou itégligéet 
dans lea èoUécéioifs déparliÂ^Qtalés, était informée 
que je m^ooèiipais depuis long-*temps de Tèxamen d un 
maiiiidcrit de Ptolémée et d^un globe de vermeil soi- 
^euswiènt conservés i la bibliothèque publique de 
la ville. Penduidéë qu'ail importerait de tirer de Fobs* 
<;urité déi!^ B^onomentç capables d*^ajouter une page à 
11ûit0irè de U gé<%rapbiè , ^Ue m^nvila à terminer 
XAon #ftvatt) eâ se dtaigéânt des frais de dessin et de 
gravure que oelie pi^Uifatififn nécessiterait. Mais, quel- 
le pressante que fikt me întitation si honorable f et 
malgré me» déiâr d^y répondre^ cela |^^eùt été im*' 
possible sans M« Foi^l^er, autour d^un glo](>e, d^envirqn 
irob mètr^ de cireotfi^lMOe Hi d'ttie pç«£âte exécu-^ 

k 
/ 



tioB ) Fun des {Jui beatts orkemeùts de la lHbliotlié<{ue 
publique dlÊpinal. Cet ancien prindpal de Mireoourt^ 
que mes fonctibus dluspecteuf me mlfent à même 
dVpprécier^ et qui pouvait dessiner notre globe d^one 
manière satis&isante , voulut bien consacrer ses loisirs 
à im travail pénible dont il abandonna Tévaluatbn à 
FAcadémie. Son dévouement mérite d^atitant ^Us 
dMlogeS) que ^ père d^une grande fionille^ il avait 
besoin de relâche pour soutenir la fatigue de ses nom- 
breuses leçons* Assuré de son concours, je priai, au 
nom de la Société académique, M. Wdbhe, maire 
de Nancy, de me prêter le manuscrit et le globe fiiisant 
partie delà bibUôthèqna qu'il est <^rgé de surveiller, 
n consentit à me les faire remettre, à cotation qu13s 
ne sortiraient pi^t de mes mains, et que M. Fiwfilfier 
exécuterait sons mes yeux les desn&s jugés nécessaires* 
H. le bibliothécaire SoTE»*WiLLEttET , auquel est confia 
la garde de ces objets précieux , en facifita la translatiott 
par sa bienveillance , et me fournit, avec autant d^obS^ 
geance que de^voir^ tous les renseîgn«toentsqiâétde«t 
à sa disposition. Une si heureuse réunion de drconi^ 
lances me permit enfin de publier des !nves%àtiottS 
qœ semblaient condamnées à nnf rofend oubU. D'après 
cet exposé, S est &cile de reconnaître combien d'obs- 
tacles entravent les études archéologiques en prfydncey 
sans compter le manque^ de livres et le peu de con- 
naisseurs^ on doit aussi comprendre tout ee qu'il &nt 
de zèle et èë patience pomr se fivrer,' presque âans 
guide, à des recherches longttes et fiistidienseï», dont 
tistnt de causes peuvent anéai^r k r'éimltat» 



tv 

ïéOtjapLetk 1^94 fem'occasioa de toi^ le maéuicnf 
de Ptotéûpie et le flobe de vermeil, qui provemâent^ 
Fto du Souvent de» TierccUû» de NaxK^, Tairtré de 
la maison des Ttercelins de Sioii^ près de Vézelise, 
le luxe et le fini de leur traYail attirèrent d^abord mou 
aitention^ ensuite je réfiéchis à la bonne fortune qui ^ à 
une époqu/e reculée ^ les ayait transportés d\ine contrée 
étrangère et réunis dans le ^partement de la Méurthe. 
Un examen particuUer ih^ayant fait àou{içonner quW 
poiurràient combler une labu&é dans nos connaissances 
g^graphiquès^ je formai le projet de suÎTre le fil de 
4e tQcls conjectures. Pendant que je Continuais ded 
reclstércbes souTent «u^pendues^ mais toujours reprises 
arec persévérance ^ il me tomba entre les maini Textrait 
d^une dissertation latine du, toirant Heeren de Oûettin*^ 
gi^e^ insérée dans un cabier du Magasin eruyclopédi^ 
çuey vers le commencement ^u. zg.* siède. En vofid 
l9^ subs^nce. La copie d^une carte dessinée à la phuile^ 
diaprés une table ronde de cuivre en émiûl de conlenr^' 
dWviron deul£ pieds de diamètre ^ et représentant 
ll^émispbère alors connu ^ fut envoyée de Rome à Gœt-^ 
tingue par le cardinal Boi^ ^ qui possédait roriginal 
dans son muséum. Les lieux et les pays y sont tracés 
aveo leur nom ^ 6ans dé^gnation de limites; les monta*- 
gneS) les fleuves^ les ànicp^aux^ les peuples^ lesba-^ 
tailles y les caravanes ^ les basars^ les campfi de lioinades, 
etc« ^ y figurent avec des inscriptions latines en ca- 
ractères gotbiques. n est vrai que la dato du manuscrit 
Qu'est pas, foncée; mab elle se rapporte certainement 
i la première^ motlié du i5/ siède^ puisque^ pairttii 



vn 

les évéa&ntxï\s in^qah^ le ploft récent «st là vkicire 
de Tamerlansur Bajazet en i4o2 , et qu'à ctAé du nom 
de Gonstantinofile S reste ud espace vlde^ où pbuvidt 
être aisécneut dtée la prise àt cette ville en i453. 

La perfection a^ec laquelle est travaillé un monu-^ 
ment si intéressant pour Tfaistoire de la géographie^ 
prouve qu'il n^était pas destiné à Fusage dW simple 
particulier. GoDime ce planisphère répréseÉte en gros 
les trois parties du monde teHes qu'on les connaissait 
dans le temps où il ftit dessiné^ et que Tatlas d« 
Ptolémëe représente en détail ces parties dans l'état o& 
les supposaient^ vers te miUeu du second siècle de l'èref 
chrétienne ^ les cartes plus ou moins altérées qui accom-^ 
pagnaient sa géographie , je comprit itivàt l'importance 
de notre manuscrit^ dont la richesse témoigne qUll lut 
composé pour un grand personnage^ ei dont l'anâen- 
neté remonte Ters le commencement du i5/ siède. 

Quoique le frontispice ^ entouré d'un encadre^ 
ment de fleurs dorées et diversement colorées^ énonce 
une dédicace au pape Alexandre V par Jacquei 
Ângelo^ sous la date de 1409 ^ et cpi'elle s<hI suivie 
de la préfiice du traducteur^ le manuscrit ne peut 
appartenir à cette, époque ^ en eâet ^ la dédicace ni 
se diviserait pas en deux portions ^ pladéés^ l'une au 
haut^ l'autre au bas d^ la page* s'il dévaii s'adresser 
audit pape ^ et n'aurait pas au-dessous lés armes peintes 
d'un cardinal. Lexhapeau rouge entre deux G blens^ 
dans chacun desquels ^t renfermée une fleur de lis 
d'or^ annonce un légat de France. Mais quelle est 
cette maison qui porte de gueuks à la tète dé eèrt 
d'of et bordure dentelée de même? Après plusieurs 



LVU 

tatontieméiils iiifru<:tueii]c • je comultai Kn- folio 
Gallia purpumgta^ Paris ^liemoia^^ {638^, in-fol.^ 
pu sont les armoiries de tous les cardînai» jusqu^eo 
r63S, et j'y trouvai la: gravure des armes précitées 
livec les upms de GuiUanme Philastre^ cardinal de 
1^. Marc èo i4i < ? sous Jean XXIII ^ par coo^équent ^ 
tin an après le décès d^Âlexandre V. A cette décou-v 
verte au propriétaire priinitlf , f aurais hiea voulu 
ajoute k date précise du manuscrit que faTl^4 
Vsua^mmit feuilleté dans tous les sens^ lorsque feus 
1^ bonheur de la rencontrer où je ne Faurais guère 
soupçoppée. EUe est exprimée en toutes lettres dans 
ime note btine plai^ée sur le revers de la quatrième 
parte d^Âfrique*, et remonte à Tan i^^'ji 

Quand on songe que Guillaume Pkilastre était aussi 
levant helléniste que vei^é dans les mathématiques et 
la géographie, et que la Belle copie de ce Bumuscrit 
a été Élite seulement une année avmt qn^l mourut, 
à Tâge de 84 ans, on voit qu'ail estimait la ver^oo 
latine de laeques Ângelo^ dont il pouvait aisément se 
passer* D'^aiUeurs il traduisit lui-même en latin les 
cai^es grecques et les eilcadra dans des chifires: arabes 
pour les adapter à notre manuscrit. Certes il aurait 
également touché à la version d^Angelo, sHl lie FeÀt 
pas trouvée conforme à roriginal ou du n^oios suffi- 
simte pour un homegte au courant de la géographie 
fliaâxématique^ mais il crut indispensable d'y joindre 
des cartes, que les meilleures descriptions ne rempla-^ 
ceront jamais. Quoique le manuscrit et Tatlas soient 
visiblement dé deux mains différentes, les copistes, 
ayant ppéré sous la directioii du savant cardinal, doî^ 



vmi 

vent avoir pK^tdt oa ouvragé bien coordonna ^ au 
^eu que le calligraphe et le dessinateur étant souvent 
abandonna à eusrmémes^ et travaillant à Faveugle et 
sans ensemble^ multipliaient les «nréurs des manuscrits 
de Ptolémëe, suivant Fobservation de M. Gossellin 
dans sa Géçgrmphie des Grws anatyséçjp^ 1^4) ^^-t 
Paris, Didot, 1790, in-4'^. 

Si Tauleur de l'article Fil}astre (^Biçgrfiphie ûni^ 
persêHa de M* Miohaud) avait pu connaître notre 
•uinuscrit) ou s^il avait lu ave<: plus d'attention les 
Hvres <ju11 lui était loisible de consulter, il nWraît 
pfl^ avancé que le cardinal toduisit en latin la Gos- 
mogra^Ùe de Ptolémée* B aui» probablement été 
induit en erreur par le passage de la GaWa purpurata, 
f. 4^) ^A pr^cclarum Ptolenfœi çodicem àqit se 
ra{^rter à misU et non à convertit ^ comme il s^eu 
tarait assuré par le t. s/ de Jkfetrùpolis Rçme^is 
historia^ etc., Ranis.^ Lelorain, t^j^^ in--foI* p«.^4) 
qm dit MUS équivoque Cosmogré^hùnm Ptdkmœi 
transeribi Oiraifiu H s^agit dans ces dens^ ouvrages 
de la géagraplne manuscrite de Ptolém^ que Phi-? 
bstre envoya, en 1417^ du concile de Constance à la 
bibHotbëque du Chapitre de Reims, d^t il était 1^ 
fondateur. 

Le neveu du cardinal, né vere x4oo, nommé aus^ 
Guillaume Philastre, devint évAque de Verdun «a 
1437 (i). De là ayant passé en 1449 à Tévèdhé d^ 



(1) Histoire eodMssti^Q^ et ci^e<)e Vcipduii,.«lc., par im chgr 
pMDt (Rau»çl> Paris, Simon, X745, i»-4.»» p. 385. 



Toul (i) ùh 3 eneowat IWinadveraiott fâsiénb., il Je 
permuta en i46i avee celm de Toumajf^ et moumt 
à Gand en i^j3. Sans doute il I^;ua ^ oomm^ ténic« 
gnage de satis&etkm peisonutHe^ le manmcrit 4f} 
son onde à la eathédrale de Verdui»^ qui avftit.déji 
reçu en pment une tapisserie dont le boidure^ oroée 
des armes de sa maison ^ porti^t de gueu)es à mie 1^ 
de cerf dW* 

On ignore comment ce précieux héritage échut eu 
1S43 à un propriétaire que désigne senlmaent le bmh 
nogramme noir EZGK^ tracé sûr une Ugne perpen-* 
diculaire, à la fin du manuscrit) dans un eartoudie 
de k même couleur et surmonté de la di4e précitée 
en chifies arabes. On ignore aussi quand il sp^rtit d^ 
ses mnns) et cessa d^^e }a pvoie d'ignorents, qui^ 
non contents de le mutiler^ en sopilljàrent 0usia|i9l 
feuillets de dessins et de lettres infoTnies. Ce qu'^ofi 
$ait avec certitude 9 o^est qiie les llercelins de Nanqf 
^n firent Facquisition ten je milieu 4^ 17^* riM^t 
par les soins du P. Donat Gérard^ conie«sevur de 
Charles IV^ qui s^apj^qua à former un excelleut Ibods 
de bibliolhèque (a) , successivement augmenté }us^) 
ce que la suppresâon des couvents en France permît 
de rajouter à la l^lÎQthèqiie 4e ^tr<? ville* ^ieI| 



(i) Histoire ecdésttstîqii* e% poUtiqoe de là ?iHe et àm âiocè|B 4e 
Ton], pn le père Benott (Picard), capucin. Totil, Laurent, 1707, 
to-4* p. 541. 

(3) Histoire des villes vieille et neuve de Naacf, par VûM 
Uontiois. Nànojr, ttttner, iSoS^ieti , in-e.% t. 3, p. 809. 



fpM ait svH des iégtaàitàûm que wpm antiquité antadt 
pu rendre flpa oonsidérabks^ ettca n^ pprk^nl nidle-* 
m^A sur les cartes ^ mdgté leur nche ^luminare^ et 
lious avons la satisfaction de posséder un onvri^ qu^mi 
gavant cardinal fit copier avee beaucoup de lose pt 
qull jugea eonvenable d^enriehir ^e ^t note^f 
Si no^e manuscrit sur vâin^ avec dea eiM^tes aà 
, les eau^ dVn fond bleu^ vert^ jaune ou rot^^^ se 
toontrenl sous diverses nuances à tnu^ers t|ne' Quille 
ji^rgenf ) mais dont les montagnes ^ la {^part certes y 
•quelques^nnes jaunes^ sont mal dessinées^. nW pa^ 
linique dauf son genre, puisque là b^liothèque royale 
pn possède de plus ou m^s magnifiques^ bq peut 
lArm^ que 4e gl<^ de yermeil effert h^ Motré-^Dame 
de Sion/en i663, pair Chailes IV, à l\)ecasiofn de 
^on heureux retour en lorraine, est une œuvre saii^ 
pareSlft: soit que Ton considère la richesse de la maf? 
tière, spît qnV>n s^attache à la pei^ectioii du travail^ 
iwt qu''on Texamipe sotis le rapport géograp^iique. 
Aussi, quai^d ï fiit transfëré de ^n f Nancy, le 
^îrectoir^ du Département nomma ^ne commission 
pour savçir sll méritait d^étre oqn^v^ dans notre 
musél^ri, ou sHl devait être envoyé à la mqn^aie. 
tes trois commissaires , Joseph:^ia^çois. Coster, menifr 
bre àv^ jury d'instruction publique , Quiriu Deshayes^ 
professeur de physique, et Joseph Laurent, peintre, 
chargé de la garde des monuments nationaux^ de-; 
jplarèrent h, Tiinanimité, sous la foi du serment, qu'il 
pouvait tenir un rang distingué parmi 1^ moniimepf^ 
éW^ ]^^ M^^ jyçcpmm^^?^* ^ conservation , e| 



va 



§ppu]rÀrent; leur opinion de plusi«ur« <d»$ervatk)i» 
ppDsignées au procès-verlml , à la si*ite duquel il fut 
Reposé à la bibliothèque publique entre les mains 
^es bibliothécaires Marquet et Fachot* 

Cç phefrd'^œuyre A'orféyrerie^ dV^viron i8 pouces àp 
luiu^euir totale^ §e compoç^ dVn pied rond et ciselé ^ 
^r lequel s'élève un Atlas nu ê| debout , à belles pro» 
portions^ çoutpnant^ à Taide d'i^ne peine d'abondance^ 
un gldbe f^erirestre^ que couronne x^n^ petitp sphère 
^millairet l^a dorure in|érienre et extérieure ^ ^e dessin, 
des arabesques ^ la beauté des ém^Mix^ ne laissent rien & 
désirer. Le globe,, partagé horizontfd^ment en deux hé- 
inisphéres, peut sai)^ peine être converti en ciboire par 
la^uppres^on de la spl^ère de Btolémée et par la substîr 
^lion d'uQC croix. Si cet us^e sacré a ménagé lé globe 
et altéré la sphère ^ il n^pst pas étonqant que la séparfition 
de ces parties^ qui existait encore au moment de la transw 
lation,^§it cau^sé 1-^ pert^de Jf| terre , grqsse comme i^ne 
poix et snspendue au c^tre 4f cercle$ mobiles. Cette 
perte est d'autant plus fâcheuse , qu'après avoir démpnté 
tontes les parties de l'ouvrage et cherché exactement 
4aT?s tous. les coin3, je n'ai trouvé les dénominations 
ni de la ville ^ ni de Vépoqi:ie, rd de l'artiste, qui 
étaient probablement çtmpreintes en tout Ou en partia 
9ur la terre fndiq^^^^ 4e p^r qu'elles ne défigurassenf 
le travail. 

H fallut donc recourir à un autre moyen pont 
arriver à son. origine. Lés points cardinaux, gravés en 
petites capitales ropu^nes sur l'horizon de la sjèère de 
l^lol^iiiée , me donnèrent d'al^oçd a pfiQs^ qne la fabjçi- 



efttkm venait de Bruxelles , où Charles IV ttait long-» 
temps sé{oanié. Mais uq dictionnaire flamand , consulté 
sur ces quatre mots ^me tira bientôt d^erreur. Les ezpé'*- 
ditions de ce prince Payant plusieurs fois amené dans 
b BaTÎère, je conjecturai que ce vase pouvait Tenir 
de Noranberg^ par exemple ^ ville dont les composih* 
fions géographiques sont renommées. En effet, le 
{^OBsaîre allemand du moyen âge , publié par Schent 
et an|;m^té par Oberlin (édition iurfol. de Strasbourg^ 
1781) m^apprit que les noms des quatre points caiv 
dhuuix étaient de cet ancien langage et s*écrivaieiit 
en caractères romains. D^oà il faut' condure que 
Qiarles IV acquît en Bavière un ouvrage destiné sans 
nul doute k quelque prinbe ou grand seigneur* On 
s^apercevra bien que notre globe a été fait sur un 
globe de même grandeur et d\ine matière commune. 
Car rartbte était trop ignorant pour réduire un 
globe d'aune dimension di£Krente, cononne Tattestent 
les fautes grossières qu'Q a commises, et qui n^ônt, pi^ 
exister dans Tôriginal diaprés lequel il a travaillé» 

On cessera d'être surpris de la curiosité du duc de 
Iiorraine, quand on saura que Jean I^hoste, sou in-, 
génienr, lui avait dédié, en t6i:t/i^ son Sommaire de 
la sphère artificielle^ imprimé à Ifancy^ in^^.^) oA 
il rapporte quHl a tracé et buriné pour Son Altesse^ 
après un travail d'^énviron huit ans, deux ^nds globes 
de bronze, Tnn terrestre, Fautre céleste. Os ne sont 
plus k Nancy. Lorsque nos ducs ont quitté la Lor« 
raine, ils les auront probablement transportés en Tos* 
eane, et dé là en Autriche. 

La dorure des terres de notre globe permet de les 



1A1I1 

distinguer facilement des eauSi qui (étaient jadk émaO-* 
}^s dHun bleu foncé , et qui liassent aujourdliui à dé-* 
couvert une superbe ciselure brune imitant les ondula^* 
lions d^une mer doucement agitée. Les cercles polaires 
et les tropiques y figurent sans graduation ; Tédiptique^ 
f équateur et les colures ^ s^ avisent eu 36o degrés, sans 
indication de nombre. Mais des chiffires arabes dési^ 
gnent, de i e en i o d^és^ les douze signes du xo^aque, 
placés soYis }e globe k Textrémité d*une rose des vents. 
La mèmie espèce de cbiffres , gravés sur le méridien ^ 
réquateur et le zodiaque de la sphère armillaire, ofire 
là division de ces cercles en 36o degrés. Les tncienttes 
parties du Jbonde sont représentées sur lé globe avec 
leur nom, et se rapprochent dé leur forme actuelle ^ 
excepté rAmérique, qui tient forteipent à PAsie par 
li? nord, et se prolonge beaucoup vers Test sous la 
dénomination de Grande-Asie et d'AsIe^Orientale , 
tandis que sa presqu'île méridionale porte seule le titre 
fi'Améqqneet de Nouvelle Partie du Monde. Une telle 
lîopfiguration prouve qu'elle était alors admise par les 
géographes. Mais à quelle époque remonte cette opi- 
nion? ^e est nécessairement postérieure k la détou^ 
verte de Magellan, c'est-à-dic^ à iSiio, les nom» 
jTOcéan Magellanique , de mer Pacifique se trouvant 
sur notre globe. A en juger par une inappemonde 
sur cuivre de i53i^ dont Sébastien Munster donçe 
l-explication (i), et par une^utre de 1 566, que grava 

(i) Novv9 orbb rogiomnii ac insulamm yeteribus incègnitaram , 
irna cnm tabula cosmographioa, et aliquot aliis coimmilb arçumqiti 
lib^m Padsiit, jQ^tafÈfB Parrof, i539, in^ 



lean-Panl Gaibierlia de Vérone^ d^apr^s QroQCe Fiaé, 
ég^ment auteur de la pcemière (i)^ il parait que 
cette opimou régnait eneore à une époque assez éloi-» 
goée de la d^coifterte d'Ella nouv^^ coutiaçut. Il est 
impossible de décider c^te question avant de faire 
une revue exacte des pays tracés sur notre globe 
et dVntrer dans les détails qu^exige cette jconiparaison) 
mais que ne comporte point une sés^ce publique (2). 
Quoi qu^il ep soit| nom devons nous féliciter ds 
posséde^r dpui^ nfoiiupients géographiques^ qui «lous 
smit parveims h tr^ver^ faiif de cbsu^ses capables de les 
anéantir^ grâces k ^ pr^lftion que rpii prH de les 
soustraire à toutes les r^dbjercbeiî depjojs Finvasipii 
des Allies ju^qu^après lei|r départ. Saus cefte sage me^ 
Mive^ ils auraient biei^ pu itous être enlevés pa^r lê 
général russe qui dfépoui}!^ notre bibUotbèque de sou 
bel atlas de Gassioi; et uous ne pourrions pas mous 
consoler de cette perte irréparable^ comme nous avons 
été heufeusement dédommagés de Teulèvement de la 
carte de France par la libéraliié^ du général Drchjot^ 
notre compatriote, qui a donné à notre v31e sm exem^- 
plaire cbom daiis le dépôt du ministère delà guerre. 

' ' il- I 1, I ) ifcl ■ . ^' l I fc ■ ■■ " 1 ■ lll J l !■ Il ^ 

(i) Tarole moderne di geografîa délia maggior parte de! inondo 
t)i €iveisi ^tori, raceolte e messe secoittdo ï^rdîne di Tolomeo, etc., 
4a Roma, in-foL sans date.. ; 

* (3} Voyn dans h deuxième partie du yolums 1« supplànenl ds ciS 
mémoire. ^ 



LÉ TOMBEAU 

DÈS DEUX amants; 

XIBQËHIHP^ 



Uanecdote ^e tous aJlez entendre, Menteurs, 
étant tirée des écrite de Grégoire de Tdurs, C^est aussi 
dans sa bonche, on dans ceUe de Fnn de ses eon«^ 
tèmporains, que nous en plaçons par suppqsition h 
récit. 

lies personnages dont il j est parlé vivaient sous 

Théodose ) vêts Tan 890 de notre ère^ et quaikt î 

ranna&te qni nous en a transmn le souvenir, il publia 

son histoire des Francs en 692 , c^est-à^re sous U 

règne simultané de Grotittan en Bourgogne, dé Chil- 

dd>ert en Austrasie , i^t du fils de Frédégonde à Sôis^ 

sons. De ces deul dates, Messieurs, la première ap-' 

partient à un siècle de décadence , et la secondé à ûû 

siècle de Imrbarië i on pourrait donc être surpris de 

voir exister, soit à TépoqUe des acteurs , soit à celle 

du narrateur, un chatmè dMtnagination , une fraîcheur, 

une délicatesse de sentiments, qui semble former ana^ 

chronisme^ ùiais Tétonnement, en pareil caâ, partirait 

d\ine phâoSopUe historique bien àuperiSciclle. Pbiit 

Se rendre compte du phénomène , et concevoir cdm^ 

ment, en^rahsënce de la littérature et de« arti^) lllU 



ndltiâ itê guéries dHnVasicm , dès crtiautéS) <^es ^iÊ»^ 
get^ des déiordres de tout genre et de l'ioterraptkm 
des élttdes^ la j^nsée haniaiae atteignait £aai de^ 
nuanoes non-senleméàt aoblea et gracieuses^ mais plus 
rdevées , plus ^nes et pins bdles que toutes celles tfà 
elle ayait pu parvenir au milieu de la paix^ de b 
glmre^ et d^uoe cîvilisaticin eèmplètif et brillante j 
sous Auguste et sous Përidès..) il suffit d^obs^yer 
fpù h prédication du . Sauveur était suryeUne daae 
rintervalle. Cette doctrine^ quin^nbeâK^ nrdea puian 
ssofs^ ni dea riches, m ie» sages^ celte religion do 
IXeu <{ui se révèle aux humbles et q[ai donné ja sdence 
aux petits, était alors, dans les Craules, pour la plupart 
des esprits, Tobjet d\ue conviction ferme cHt puissante. 
E31e y ayait d<mc porté le sens moral au plus haut 
degré de sagacité ^ et développé cher une foule de 
personnes cette intelligence du cctur qUe toute la plii<^; 
losophie est impuissante à faire éclore , qui nVxistaili 
jmUe part chea les Gentils avant Pa^parition du Messie^ 
et qui, de nos jours encore, malgré la dtiffusiopi dit 
aavoir et des lumières, s'oblitère et s'émousse partout 
où la foi chrétienne s^aflbiblit. 

Si Ton veut pouvoir mesurer quelle prodigieuse 
distance les mœuts romûnes avaient franchie en mmns 
de deux cents ans, d^HéÛogahale à Théodose, eu. 
passant du priucipe de la terre au principe du del, 
et du pôle des jouissances infâmes au pôle des souf- 
frances divinisées, rien n^en pei^ faire imeux ^uger 
Ipie le touchant épisode du Tombeau des deù^ épqiAX. 
de CUrmonu Aucune autre légende ne reflète mieux 



ixflt 

Us peÎMMioiii cle Tépoque:; auciuie vxiee n'est phn 
jp9f€0 k (mxe sentir combiee alors étaient âeetriqiiee 
et popnlaires les irictoires de la volonté sur llnstinct^ 
les triomphes de Tante sué* Je corps. Anjoard'liui^ quâ 
{^ d'iodifierence régne à eet égard ^ et ipie^ précui^ 
tenr du saînt^^monisme et de Tapothéose des lois 
jdiamelles, le phOosopbisme moderne ^ selon la indi-** 
cmue remarijne du Père Eoiantin^ a réussi | dans 
aon passage^ k réhabiliter anprès de beaucoup de gens 
Fempire de la matière et des désirs sensuels. .^ on seara 
porté pent^tre à voir de Vexagération dans les idées ^ 
i^oîns terrestres ) des siècles de eroyance et de sacrt^ 
fice; dans. le trait charmant y surtout , <pte Grégoire 
de Tours nous en a conservé conune exemple. Mais 
21 importe d''observer^ Stessievirs^ que ce trait, quoi* 
qu'environné dans Son temps d^une juste admiration , 
n^était ^i^ement prcq^osé à rtqiitation générale de» 
dirétieos f on le voit assez par les drconsta^ces ^ra-^ 
culeuses dont il se prés^te accompagné , et qui en 
Ibnt un type extraordinaire , siqiérieur à tout ce qui 
peat fermer habitude. Autre chose en effet est la 
règle, et autre chose Texception^ seulement, quelques 
êtres angéliques peuvent et doivent s'élever jusqu'à 
f ^acception j afin que les masses ne restent pos auf 
Cessons de la règle. Ce serait donc manquer ou de 
portée d'esprit , ou tout au moins de réflexion , que 
de trouver oub'ée et déraisonnable une surabondance 
ée déwnœntent qui n'est sans doute le rôle naturel 
foe de peu de personnes, mais dont la beauté, pour 
«da^ n'est pas moins d%ne d'enthousiaâae* Car, en 



faît de vertd, il y a dès âmes d'ëlHe (Juî sôtrt'appèMêlf 
à dépasser là Hgne du nécessaire. Placées éri avàût de^ 
gens de bieti ( qui se font gloire dé les suîvrè, maià 
sans essayer de les atteindre )y elle sont les porte-*dra- 
peaux de ITiumanitê régénérée^ daris sa pénible mar* 
che vers le ciel. 

A ne Considérer là légende dont il s'agît que dtt 
côté de Kntérét qu'^eUe peat offriir, âbstractidri faite 
de sa vérité, elle méritait assurémeiit d'hêtre remîàcf en 
lumière, soit comme conception noble et dâicate^ 
soît comme monument dé mœùits, exprimant sôuè 
une forme vive Topinion gallo-roniaîne dé^ dértriers 
temps de TEmpire et ceBè de Tépoque m'éitotintgîenne. 
Mais on voudra peut-être^ écartatit ici le tdlè pdétî*^ 
que, aller au fond d^s choses , et demandât au trae* 
ducteut quel est son àvb personnel sur la réalité dé 
Tanecdote , et sur la crédibilité du merveUleux etûf 
preint dans les détaSs qui en fotmètit le déndticment. 

Pour le simple pliLilosophe\^ la réponse n'*exigeraît 
auéun examen^ tout serait décidé d'avance par une 
négation générale. Pour le pbilo^ophe cteétîen, li 
question est pl^si complexe. Car, dèà que Ton croit 
à ITÈvangilc , on est logiquement forcé d'admettre^ suf 
rautôrité de ce livre ^ noù-âenlènaent Fexistence de* 
prodiges qu'il renferme, mais céHe de plusieurs autres 
prodiges postérieurs^ Jésus ayatrf anuoncé, en terme* 
formels , qu'on verrait après lui se manifester, poui? 
ses disciples et par eux, des miracles aussi grands ôû 
plus grands que cetïx qu^il avait opérés lui-smême. J 
moins dottc que le diviti légblatetlr n'ait menti dani 



LXIX 

sa prédiction^ il faut absolument regarder cpnime 
indubitable que Dieu a continué^ plus ou moins long- 
temps ^ pour Thonneur de sa religion ^ à la soutenir^ 
à Fappuyer de certains témoignage^ sensiî>Ies ^ éclatants 
et d''un otdre surnaturel. — Maintenant^ quels ont été 
ces faits thatimaturgiques? Tel ou tel de ceux que 
Ton raconte paralt-il entouré des marques de la fiction , 
ou de celles dé h mérité? — Voici où la discussion 
commence^ c^est là-dessus que peut librement s'^exercer 
une saine critique. 

Or^ Messieurs, cpiani à Tôbjet spécial dont nous 
parlons , il nous manque les données nécessaires à la 
solution du pmblème. Dans Tincertitude qui règne à 
cet égard , et que nous n^avons aucun moyen de dis-» 
siper, il est doux et consolant de penser qu^une a tou- 
chante tradition ne porte point avec elle les caractères 
de T impossible. Si rien n'obli^ à y croire, et s^il faut 
se garder a^ec soin de la présent» conmie avérée, 
rien aussi n'^empêche qu'elle ne piRsàe être le récit 
de Fun de ces faits miraculeux dont les premiers siècles 
de Féglise ont été témoins par intervalles. — tiê motif 
pour une intervention directe de la Divinité , n'aurait 
ici rien d'absurde et qui f(it indigne de la gçavité de la 
foi. Le Dieu des chrétiens, en efiet , pourrait bien 
^puisque ses merveilles souveraines se sont prolongées 
après sa mort ^ en faveur de sa doctrine et de eeoit qui 
la pratiquaient avec un degré de zèle éminent), pour- 
rait bien , disons-nous , avoir voulu manifester une fois , 
dans les Gaules, par un prodige qui frapp&t tous les 
yeux , sa prédilection pour la vœoimTi^ pour cette blanche 



txx 

fleur céleste qu'Q est venu transplanter sur la terre ^ 
pour cette pure et sublime vertu, le complément, le 
diadème, Fauréole des autres perfections : vertu libre 
et surérogatoire , qu'il n''imposa jamais à personne, 
mais dont il fit sentir assez la beauté suprême, et 
par son propre exemple^ et par celui de Marie et de 
Jean. .^ des deux créatures bumaines qu'il daigna choi- 
sir, entre toutes, pour faire de Tune sa mère et à% 
Tautre son ami. 

LE TOMBEAU BES BEUX AMANTS. 

Aux derniers temps du peuple souverain , 
Temps où le Nil , la Tamise et le Tage, 
L'Èbre el POronte , et le Tibre et le Rhin 
G)uiaient encor sous des lois sans partage \ 
Rendant à Paigle un reste de vigueur , 
Quand Théodose, orthodoxe et vainqueur, 
Portait encor, de ses fortes épaules, 
L^honneur pesant d^m empire vieilli. 
De cent périls tour à tour assailli \ 
Lorsque TÀuvergne , heureux centre des Gaules, 
Lasse des dieux et d'un culte menteur , 
G)mptait déjà son sixième pasteur^ 
Aux jours enfin où , sage et docte guide , 
Le successeur d'Urbicus et d'Hillide, 
Artémius , occupait dans Clermont 
La chaire antique où siégea saint Strémont (1) : 

(i) St. Strëmont, ou plutôt Strémon, Strymoniust missionnaire 
Tomam, premier e>êque d'Auver^e, parait ayoir yécu vers le temps 
de Philippe , d« Décius et de Galbu. 



LXXl 

Riches 9 flattes , brillants et sûrs de plaire , 
Un décemvir, une vierge aux yeax purs , 
Chrétiens tous deux, en habitaient les murs \ 
Et leur beauté , leur mérite exemplaire , 
Comblaient d^orgueil des parents attendris ^ 
Vieux sénateurs , fiers du sang (Consulaire 
Transmis par jeux à ces enfants chéris. 

Palladius (1) aVaît vu Scholasië (2) ; 
Au même instant son cœur Pavait choisie,* 
€ Oh ! disait-il , oh ! parmi les mortels ^ 
Trois fois heureux qui lui vôûra son être ! 
Qui, palpitant , pourra des mains du prêtre 
La recevoir aux pieds des saints autels ! % 
' — Rêvant les biens qu^imagine et qii^espère 
L^homme animé par un désir brûlant, 
H s^en alla , fort de Paveu d^Un père ^ 
A Proculus demander en tremblant 
LHnsigne honneur d^entrer dans sa famille ^ 
lilt Proculus, de sa rougeur charmé^ 
Se souvenant d^avoir jadis aimé ^ 
Sourit , sVm^t , et lui promit sa fille* 

Trois mois ont fui. De quel feu ton œil brille « 
t^alladius! tu vas tout obtenir ^ 



(i) Injuriosus était son yéritable nom. Comme il serait impos- 
sible à nos oreilles de le supporter, surtout en vers, il a fidln en 
employer un .autre. Celui dé Palladius, substitué ici, a réellement 
existé en Auyergne. * 

(a) VtQipiemerïl'Scholastique: nom qui n'avait rien de ridicule 
avant que Ton imaginât d'en âdre celui d'une soiencc yerbense, pleine 
de chicanes et d'arguties. 



UPCU 

La nuit s^approcbe ; on vient de lei mûr* 
£d bouidoDDaDt, la foule catholiqae 
Quitte à longs flots Taugnste basilique 
Où le pontife a voulu les bënir. 
Couple envié t Chacun les envisage; 
Un peuple isMoense accourt sur leur passage. 
Qu^ils sont parés, qu'ails sont jeunes et beaux! 
Brûlez Tamôme, allumez les flambeaux , 
Semez de fleurs la route fortunée ; 
Du paranjmphe aidez les soins si douir(i); 
Et que réponse , en triomphe aottenée^ 
Au son des luths , sèus les regards jâloiùc , 
Franchisse enfin le seuil de soù époilx 
Dans tout Pédat des pompes d'^hjrméniie! 

Après les chants , après lét cris joyeux 
Et le Faleme et les touchants adieux « 
Quand du palais se forma k pk)^liqaev 
Quand disparut la l^iàiere et le bruit; 
Quand Scholasie , en un discret réduit ^ 
Asjle ouvert à sa beauté pudique. 
Sur des coussins où la perle reluit^ 
Sous des tapis de Tjr et de Sardique , 
fVeut conservé que les voiles de nuit ; 
Et que Pâmant par sa mère introduit 
Vint prendre place au thalamus antique (2) : 



(i) tJnô ombre de cet otage, quoique teés-t&ii^c , «obsisit en- 
cere, «t peut t^%ï»epftt surtout parmi nos TiHageoi», où qoelqu» 
«hose de Pimportance du paran/mphe de» Anciens saryit dans le 
x^le du garçon^ horuuur» 

(a) Celebrati nnptianim solemnitslei in «no ftHMo «at rasut 
locantur. 



LXXIB 



( O des humains sort fragile et trompeur ! ) 

Un triste augure efiraya sa tendresse. 

A peine encor il cherchait le bonheur ^ 

Qu^au premier signe, à la naoindre caresse, 

n vit pâlir sa craintive mi^resse. 

Sans se permettre un reproche , un soupir , 

A son ëpoux sans dérober ses diarmes, 

D^horreur secrète elle semblait frémir; 

Et sa douleur, trop vive à contenir. 

Se fraya cours par deux ruisseaux de larmes (i)« 

A cet aspect plus poignant qu'un refiis , 
Palladius , désespéré , confus , 
Tremble, sVloigne; et d^une âme attendrie, 
A deux genoux il la presse, î\ la prie 
De lui daigner confier ses tourments , 
De rappeler à partager sa peine (2). 
— Hélas 1 toujours, baissant des jeux charmants, 
Elle se tait.. , et la prière est vaine ; 
Et le jeune homme, au comble des ennuis, 
S^écrie enfin : « Malheureux que je suis , 
Qu^ai'je donc fait pour mérker sa haine ! > 

La vierge alors : « Moi te haïr , dis-tu ! 
c D^un tel retour moi payer ta vertu.. ? 
€ Palladius , noble ami que jVstime , 
< Unique objet d^un penchant légitime. 



(i) Sed pueUa, grtTÎter contrisUU, amarissimé flebtt. 

(a) € Quid, inquit, turbaris? indica, qaae^, mihi! » Ulâque 
silente, adjecit ?ir: c Obsecro te, per J«suiii-Qiristam filiam Dei, 
ut mihi qnid doleas exponas. » 



{n De ma douleuf ne sois point irrité. 

f Tu m'es bien cher ; mais conçois Fépouvaqte , 

€ Les longs regrets d^une fille tremblante 

€ Qui , d^un mari soufirant Tautoritë , 

€ Ne pourra plus , de soi-même maîtresse, 

€ Au Dieu jaloux , au Dieu de sa jeunesse t 

f Porter les lis de sa yiiginité. :| 

c — Qu'entends-je, o ciel ! Ta pudeur est blessée 
pe rendre père un époux , un amant? 
Mais le Seigneur a reçu ton serment ! 
lilais dfms mes ^ras c'est l^i qui ('a placée! 

^- c J'ai tort , dit-elle ) oh oui , je suis à toi , 
« Et Dieu lui-même à mes pleurs est contrairet 
^ Au pmds des nœuds qui t'assprent ma foi 

< Mon cœur soumis ne se veut point soustraire^ 
€ Règne , et pardonne. En m'imposant ta loi, 
« Sois indulgent pour mon reste d'effroi, 

€ Oh ! si jadis les auteurs de ma vie 

€ M'avaient permis de suivre mpn envie, 

€ Paurais voulu , parmi des vierges sœurs , 

< Fuir (le l'hymen les terrestres douceurs^ 
« Félicité qui passe et qui s'envole; 

< Taurais voulu , loin d'un monde frivole , 
« Par Toraison sanctifiant mes jours , 

c Libre , au-dessus des nœuds de la matière , 
€ A mon Sauvppr me donner toute entière, 
c Vouer à Dieu mes uniques amours (1). 



(0 Staineram mm wt corpus meum immaculatupi Chriçtq ^ç^^ 
f arem* 



Lxxy 



€ Cétait sans doute une faveur trop grande; 
« Tallais à lui par de trop courts chemins : 
€ Loin d^agréer ma virginale offrande , 
€ Il la dédaigne , et la livre aux humains (1). 
€ Ah ! puisque telle était ma destinée 
« Qu^il me fallait, à souffrir condamnée, 
c Ou voir périr mes doux rêves chrétiens , 
€ Ou désoler Thomme à qui fappartiehs..., 
« Pourquoi du Ciel les bontés protectrices , 
€ Long-temps avant qu^à mes yeux tu t^offrisses , 
« N^ont— elles pas moissonné mon orgueil , 
« Et , dès le sein de mes tendres nourrices , 
c Ouvert pour moi Fasjle du cercueil (2) ! » 

€ ^— Femme admirée ! en quel trouble me jette 
LiVtrange ardeur de tes pieux désirs ! 
£h quoi ! mon sort veut-il donc que j^achette 
Par ton malheur ma gloire et mes plaisirs ! 
Oh ! pour calmer Pinstinct qui les rejette , 
Oh ! pour sécher les beaux jeux que voilà, 
SUl faut restreindre au pur hen des âmes 
Mes tendres vOsux ^ mes légitimes flammes, 
Parle , prescris , fîlle de Nigella ; 
Mon dévoûment peut aller jusque-là (3). > 
€ — Serait-il vrai! » dit-elle. « Aux pauvres femmes 



(i) Ecce cnim, ab immortali Qiristo relicta, qui mihi dolem 
promittcbat paradisum , mortalis homiiûs sortita sum consortiiim ! 

(o) O si mihi hsc futara erant , quare non vitae me» dies ipte 
fuit finis qui fuit initium! O si mihi dulotum nutcicum ofQida io 
fîmere fuissent expensa ! 

(3) Si vis... abstiaere..', particeps tn» mentis efficiar. 



ixtn 

€ Jamais an homme accorder-t-il cda (i)? 

c Ta Scholasie obtiendrait cette gloire? 

€ Rêve enchanteur ! je n^ose encore y croire. 

€ Et si pourtant , de ses transports vainqueur , 

c Palladius nUmposait à mon cœur ] 

€ Qu^one amitié candide et fratemdle , i 

€ Oh ! quelle ivresse ! et qu^il me serait doux , 

< Au dernier jour , avec toi , cher époux , 

€ De partager ma couronne éternelle (2) ! > 

Elle avait dit. Naïve et solennelle, 
La chaste voix , par un charme secret , 
Touchait Pâmant, daps son sein pénétrait; 
Lorsque, rompant sa sainte rêverie, 
Comme la foudre, un penser triste et noir 
Soudain le frappe... H tressaille ; il s^éçriQ 
Avec Taçcept d'un amer désespoir : 

€ Tige d'amour , la {^us belle des filles, 
Jeune palmier que TAuveiipe engendra, 
Ainsi ta fleur sans fruits se passera ! 
Seuls héritiers de deu^ nobles famiHes, 
Quand nous mourrons , rien ae noas survivra (5) ! 
Pauvres parents, dont la diimère embrasse 
L'espoir trompeur d'un immense avenir. 
De leur passé que deviendra )a trace? 



(i) Cette naïveté gracieuse , qnc plusieurs auditeurs ont crue 
ittodeme et de l'invention du poète, est mot à mot dans Grégoire 
de Tours — Ifla respondit: € Difficile est sexum virilem mulienbus 
W« prwtaw. 

(a) Tamen, si feceris nt immaculatî permaneamus in saeculo, 
•go tibi partem tribuam , etc. 
|3; Unicoc «os nolnlissimi Arvernoram babuere parentes, etc. 



Lxsvn 

Hâas ! leurs maim avaient cm. Hums imiil 
Pour voir bientôt , non sVle^idre el finir. 
Mais reparaître e( pridspérer leor raee^ 
Pour qu^un enfant bercé sur leurs g/tamxx, 
Pût à leurs biens succéder après nous. 
Et que la mort ne laissa point sans mattrei 
Les toits chéris , séjour de nos ancêtres (1). » 

c — • As-tu regret? » dît Scbolasie \ € eh iMeo ^ 
« Continuons la dudne héréditaire, 
c Mais si ton cœur, entraîné par le mien, 
« Conçoit et cherche a^-dessus de la terre 
c Un autre amour, qiie nuUe effare n\ihère^ 
€ Si tu veux suivre un élan si chcâien..., 
c Va , tu le peux , et Pdistade Q^est rien. 
« De nos parents n^invoqne point Tinoage: 
« N^auront-ils pas pas soins et notre hommage? 
« Nous sommes deux à leur prêter secours. 
€ Pour nous , Dieu reste.,, et les moments sont courU. 
<L Quand du salut il vint monlrer ks voies , 
« Loin de marcher par des sentiers de fleurs, 
« Quel parut-il ? -^ un homime de douleurs : 
« Ah ! des heureux doit— pn briguer les joies, 
c Lorsque du pauvre il a béni les pleurs! 
« Combien , com^^^n son ei^epnple sévère 
« Des vrais croyants rei|4 ^isés les combats ! 
« Et qu^à leurs yeux le tableau du Calvaire 
€ Ote de prix aux pompes dHci-bas (2) ! 



(i) Et ad propàgandam generationem conjungere nos yolaenint, 
ne recedentibus eis de mundo succederet haeres extfaneus. 

(a) Horrent enim mihi terreuse species, quùm transixM sospicio 
manus Aedemptoris; nec cerno diademata gemniLs corasc^tia, 
quùm illam spineam miror mente coronam* 



LXXYUI 

€ Uéclat d^uQ nom ùmewt chez les Arvernes; 
c ToD large essaim de clients et d^amis ; 
€ Ces hauts palais où dNio mot tu gouvernes 
€ Des flots nombreux de serviteurs soumis ; 
€ Tous ces trésors que le Rhône et la Loire 

< Ont tras cents ans roulés pour nos aïeux, 
€ Tous ces appâts de la terrestre gloire , 

€ Devant la croix qu'^ont-ils de précieux? 

^ Et nos lambris , plaqués d^or et d^ivoire , 

« Qu^esl-ce, dis-moi, près des voûtes des cieox (i)? 

c Dédaigne honneurs , richesse et renommée î 

c Né pour Sion, foule aux pieds lldumée. 

c Qa^importera , quand nous aurons vécu (2)^ 

< Au nom romain , . peut-être alors vaincu , 
€ A nous surtout , froide cendre inhumée, 
€ Une famille, une ombre. Une fumée, 

« Vains souvenirs que nous aurions laissés , 
€ Et qu^aussi bien , dans la Gaule enflammée, 
€ Quelque Sicambre, un jour, de sa framée, 
€ Insolenoment heiirterait effîicés 1 

< Vois , vois plutôt, s^ouvrir loin des alarmes 
« Les profbndeu|:s des célestes parvis \ 
€ Vois-y monter rayonnants et ravis 
€ Ceux qui pour Dieu , couverts de fortes armes, 
€ Toujours du monde ont repoussé les charmes 
€ Et dominé leurs désirs asservis* 



(i) Horrent tua solaria, quùm Dominum snspicio residentem 
super astra. 

(a) Nihil est mundus, nihilsunt divitiœ, nihil est pompa sxculi 
hujus, nihil est ipsa viia quâ fruimur; scd illa magis vita quagrend» 
est... ubi homo luce non occidente Tivit^ etc. 



wutut 



€ Heureux et fiers de leurs palmes sanglantes , 

c Les saints martyrs , troupes étincelantes , 

« Au peuple élu vont frajant le chemin; 

« Mais , après eux , les vierges vigilantes , 

^ A pas pressés, marchent la lampe en main. 

« Du blanc troupeau la plus humble et la moindre, 

« Mais, grâce à toi , digne encor de m'y joindre (1) , 

« Je les atteins, j'arrive,.. O doux émoi ! 

« Viens , viens, leur Dieu , leur Sauveur va paraître*, 

« Viens , dans leurs rangs je t'entraîne avec moi (2). 

« C'est lui ! Quels feux traversent tout mon être ! 

« Je cours , je tombe aux pieds du divin Maître , 

« Et, mon amour dissipant ma frayeur , 

« Je les embrasse, et je lui dis: « Seigneur, 

« Voici l'ami qu'autrefois sur la terre 

« A mes destins vous aviez attaché. 

« Soigneux de fuir les routes du péché, 

« Il vient puiser cette eau qui désaltère, 

« Par vous promise à qui vous a cherché. 

« Souvenez— vous qu'au moment où sa chains 

« M'épouvantait par de terrestres lois , 

« Du célibat prenî^nt pour lui la gêne, 

« De ses devoirs il a doublé le poids. 

« Doublez aussi , triplez sa récompense î 

« En vain vous seul aviez fixé mon choix: 
« Sur moi d'hymen il possédait les droits ; 
€ Vous permettiez sa suprême exigence, 
« Dans ses regards mon sort semblait écrit. 



(î) Et cùm debui, super quadrifluo Agni fluminc, puritaiis 
stolam induere, etc. 

(3) Ego tibi partem tribnam dolis quam promissam habeo a sponja 
fipjmo jncQ Jçsu Christo , pui me çl famulam devoyi esse «t sponsaça. 



vax 

€ Biftb V soutenu par votre Suut'-Esprit , 

« Il ft Affifiptéf sQjiuiiis la cbaîr rebelle.., 

€ Peur m^ëpargner. ., pour me laisser plus bdie , 

« Plus rtcbe eu grince imix yeux de Jésusr-Chrîst. 

< Ah i Tos bienfaits , vos dons , je les appelle, 
c Envers cduî qai fut si généreux , 

€ De m^ao^itter, SagpiMeur , je suis jalouse: 

< Faje«, mon Dieu , payei pour votre épouse^ 
c Pàje^ an prince , en roi des bienheureux ; 

« El qoe^ pour prix d^un bopheur éphémère « 

< Dont Fabandon n^wra pas été vain , 
« Pialladius j ivre d^amour divin , 

c Ptè& du gardien de votre sainte Mère, 
« Règne inondé de délices sans fin ! > 

D^un tel discours la tendre videnoe 
Avait vaincu le jeune décemvir ; 
Hors de luh-méme il se sentait ravir. 
Enfin, plus calme, après un court siknce: 
€ O Scholasie, oh ! comme je limais ! 
Tu ne sais pas , tu ne sauras jamais 
Pour t^obéir quel est mon sacrifice..; 
Hais tu le veux; eh bien , qu^il sVccomplisse !!! » 
— S^armant alors du signe du chrétien, 
Du front au cœur, de Pépaule à Pépaule , 
n sy confie , il s^en &it un soutien 
Pour commencer son grave et ferme rôle (1) j 
Puis, sans mot dire, il retombe au chevet 
Où près de lui va dormir IHnnocence; 
D^un œil parlant, la vierge quHl sauvait 
Lui peint sa joie et sa reconnaissance ; 

tO Tanc ille, armatus cruds yezillO) ait: c^aciam qas hortaris.» 



ULXXI 



Et tendrement ik se prirf^t la main : 
Chaste contrat.., qui fut tout leur hjïtttn (i)! 

Cinq ans entiers, la paix , la paît profonde , 
Que Dieu seul donne et qu^ignore le meildey 
La paix du ciel , trésor secret mais sûr , 
Loin des soucis dont le plaisir i^nde , 
Resta fîdèle au couple ailstè^ et pur. 
JLes doux travaux , les devoir domestiquei , 
Du culte saint les pieuses pratiques , 
Des vieux parents le èoin religieux, 
Se partageaient leurs montients prëcieàx , 
Moments trop courts! Souvent de la mbère 
Ils épiaient les besoins inconnus , 
Couraient vêtir des pauvres demi-niis , 
Ou , de leurs mains , sur le fétide uleère 
D^un bon vieillard jusqu^aux larmes lottdué^ 
Placer, avec le baume salutaire ^ 
Le lin d^Égypte, en flocons aerraché* 
Parfois, des Jieux où frémit et sVréte, 
Quand de la peste y sévit la tempêté^ 
Devant la mort la pitié des vivants , 
Mais oii sans crainte ils hasardaient leur (éle y 
On les voyait revenir triomphants : 
Des orphelins , devenus leurs ea^uits. 
Suivaient leurs pas , jetine et douée conquête. 
Dans les cachots où gisaient , {^ins d^'effiroi^ 
Des malheureux destinés aux toi^toretf^ 
Us pénétraient ; et leiir zèle et leur fat , 
Parlant du Christ à ces êtres sans loi , 
Leur préparaient des angoisses moîii» doM* 



(i) Et datis inter se dextns , qtii«Ttnuit. 



tXtttt 

Lassés enfin , lorsqu^au rietour" da ioit 

Us avaient pris^ à la table servie. 

Quelque relâche, et soulagé la vie 

Du voyageur qu'ib y faisaient asseoir; 

Quand , retirés dans leur propre demeure , 

Us s^étaient plus à converser, une heure ^ 

Avec la muse, honneur des temps jadis : 

Du Dieu très-haut ils chantaient les louanges } 

Puis, côte à côte, et dans les nobles langes 

Par leur promesse épurés, agrandis^ 

Ils sommeillaient , comme auraient fait deax angtt « 

Déjà bercés des chants du Paradis (1). 

Un mal soudain , rapide et sans remècfe, 
Vint en trois jours , brisant des nœuds si douxy 
Frapper Pépouse aux bras de son époux. 

— Silence , amis qui volez k son aide l 
Par quels discours le consoleriez* vous f 
Dieu seul enseigne à souffrir de tels coups. 

— A pas réglés, au bruit des chants sinistres. 
Voici venir, suivis des saints miùbtrës^ 

Les noirs meneurs des pompes du cercueif. 
Sur un brancard, trône opulent du deuil , 
Gomme une fleur que la faux a tranchée , 
Déjà par eux Scholasie est couchée; 
La torche en main (majestueux coup d'œil)^ 
Cinq cenu valets Tattendent sur le seuil ; 
Sa route, au loin , d^asphodèle est jonchée i 
Dernier triomphe et vain luxe d^orgueit I 

On est parti: son lugubre cottègtg 



(i) Multos, postea,œ «no strato recumbentes, anno» yixenmt^ 
wm castitate laudabiHv 



Ltxxin 



A repassé par les mêmes diemins 
Où) si gaîment, la foule qui Passiège, 
Suivait naguère et des yeux et des mains 
Ses franges d^or et son voile d« neige. 
Bientôt, hélas, au ternie on a touché. 
Sous les chagi^ins qu^un fail>le cœur succombe : 
Le regard fixe et sur elle attaché, 
Palladius jusqu^au bout a marché ^ 
Palladius est au bord de la tombé. 
£t là , pressant d^un baiser douloureux 
Les tresses d^or dont il fut amoureux , 
Sombre , impassible , il semble voir sans larmes 
Du sarcophage aux emblèmes sacrés 
L^espace étroit s^ouvrir pour tant de diarmâs. 
Charmes pâlis , mais non défigurés , 
Du peuple encor tristement admirés. 
Mais tout à coup , quand à celle quHl aime 
U faut enfin dire Padieu suprême; 
Quand près , tout près de la lui dérober. 
Sur des beautés quVpargna la mort mêine 
Le marbre épais comme un sceau va tombet* : 
Il n^j tient plus.., et, dans sa peine amère. 
En longs sanglots il éclate : c Oh ! pleures. 
Pleurez , dit-il, pauvres qui m^entourez^ 
Pleurez , enfants dont elle était la mèr0 \ 
Pleure, Clermont, qui perds en ce moment 
Ton plus parfait , ton plus riche ornement. 
Ah ! ce joyau , cette perle d'Asie 
QuVn ses trésors Dieu m'avait fait trouver, 
Je ne l'ai plus ! Sa sainte jalousie 
Reprend son bien.., mon bien , ma Scbolasie I 
Seigneur, sitôt pourquoi me l'enlever ? 
Pourquoi m'ôter ma compagne fidèle , 
Ma conductrice et mon pieux secours ? 



Dans ses bontés si \e fus aimé d'elle ^ 
Céiait vers toi qu'elle aspnraii toujours. 
Hëlas ! d'hymen ma pro&ae mystère 
N'a rabaissé nos trop courtes amours ! 
Vierge, à ma vie elle unit ses beaux jèuïs. 
Et vierge aussi je b rends à la tene (i). > 

La jeune morte aux doux et froids appas. 
Confuse alors du respect qu'elle inspire... 
Sans ranimer son visage de cire. 
Sans rouvrir l'œil fermé par le trépas , 
Mais au reproche unissant un sourire. 
Sort du silence: < Indiscret..! pourquoi dire 
< Ce qu'à l'époux on ne demandait pas (2). > 

Un bruit d'émoi , dans la funèbre enceinte. 
De rangs en rangs comme un foudre a passé \ 
On se redit ce qu'elle a prononcé ; 
Chacun s'approche, et, penché sur la sainte t 
Ecoute encor.... Maïs son souffle est glace, 
La mort se tait^ le miracle a cessé. 
— Palladius , de qui l'oreiBe avHe 
Avait saisi de toute son ardeor 
Les mots charmants , cri d'une humble pudeur^ 
Comprend bientôt quel pouvoir y préside. 
De l'Étemel prodanmnt la grandeur. 



(i) Gratias ago tibi, aetome Deus dominas noster, quia hnn« 
tbesaurum, sicut a te commendatum accepi, ità iminaculatiini 
pietati tu» r^tituo ! 

(a) Ad baec illa subrida»: « Quùi, inquit, hfuerii ^mâ 
non inUrrogaris ? » 



iâLtXï 



Il voie au temple j oit s<m Ufttnspbrt Te guioe^' 
Adore et prie.., et dans son palais vide 
Retourne en paix, au sortir du sdint lieu. 
* — Durant la nuit , resté seul avec Dieu , 
Qu'éprouva-t-il ^ qbè vit-il ? — on Pignort ) 
Mais, lui toujours qui devançait Taurore^ 
Le lendemain ses dietib alarmés 
N^ouïrént point ses pas accoutumés. 
La porte cède à leur foule inquiète.. .i 
Il n^était plus : une extase muette 
Ennoblissait ses ttaits inanimés; 

On répéta la pompe de la veille (i); 
iPrès de là tombe une tombe pareille 
Attendait Tiieure où Pautre époux mourrait; 
tJn mémiè bloc tbùtes deux les couvrait ; 
tl fut levé. — Mais nouvelle knerveille (2)i 
t)ès que voisins on hs eut déposés 
Dans les deux lits par le ciseau creusés , 
Que séparait un simple mur de pierre, 
(Faveur divine éclatante et dernière ^ 
Ët,()u^avec peine, en vojfdnt mêmë^ on crut)^ 
Entre elle et lui la cloison disparut. 
Anges mortels privés de la lumière , 
Mais du Seigneur protégés et bénis ^ 
tJn seul tombeau lés monnràit réunis, 
j»— Du dit au loin s^étend la i^enoiiiitiéë ^ 
Le peiiple éQ foule accourt au monument.. 4 
Palladius , près de sa bien-aimée^ 



(i) Illamqiie sepultam ipse non post multum insequitur; 

(3) Miraculi novitas, qu« eorum caititat6miiiaiiilistarct, ûppwrtàii 

6 



unan 

Avait trouvé la fifj de son toormeiil. 
Tous deux en Dii3u reposaient moUeneftC , 
Le front empreint d'une paix ravi88inte« 
Et Fun sur Fautie appujrës à deaù^ 
G>mme autrefob., dans la couche iaBoeenCe 
Oà leurs amours cinq ans avaient dêtmk (i). 

De ces ëponx , de leur touchante histoire^ 
Chez les Gaulois deux siècles révolus 
Ont dans leur cours épargné la mémoire. 
De nos Césars Pempire ne vit plus ; 
Les Goths , les Huns , s^arradiant la victoire , 
Ont par lambeaux déchiré notre gloire ^ 
Avec les Francs, déjà^ de père en fils ^ 
Règne sur nous la race de Glovis; 
L'Auvergne a vu, par des mains frénétiques « 
Par des soldats de carnage assouvis , 
Piller ses champs , brûler ses beaux parvis ^ 
Ses temples saints, ses archives antiques ) 
Mais dans Clermont , déplorable cité 
Que le Barbare a vingt fois désolée , 
Si tout révèle un pays dévasté, , 
Des temps romains un vestige est resté ; 
Couple chéri, c'est votre mausolée* 
Là , préludant à leur félicité i 
La fiancée et Pami plein d'ivresse 
Vont prier Dieu d'épurer leur tendresse* 



(i) Cùm ad locum populi accédèrent, invenenmt sq>a]cra pariter 
(basse latinité, pour jiinK/^yM:r<a invicem) quçe inter se distantia 
reliquerant; «cilicet 'tït qtrù^ tetiet soCte» tCtthoD. Mo s^ulioram 
cei|koniiii non M|»aret mo&ummtimi* 



ixzxVu 
lies deax éponz sans prêtent ^ler 
Le noble excès , la T^rta sarbuniaioe , 
De loin , du moins j voulant leur ressembler, 
A leur tombeau le respect les amène. 
La vierge aussi , qui , par d^keureux serments , 
A Jésus seul voua tous ses moments , 
Y vient parfois effeuiller une rose ; 
Et le sépulcre où leur cendre repose 
S^appette encor kUt^s deux amoMs (!)• 



(i) Hm, «sqoe bodié, But Ameniez Toettare, loéî ineofUe to- 
ëdiUoo.) 



PEOGltAMMË 

l»OUR LC& ANNÉES 1837 ET 1838^ 



Dans les années qm viennent de s^écouler^ FAca*-* 
demie avait proposé des questions d'histoire localCi. 
Constante dans la marche qu'elle s^est tracée^ et 
toujours guidée par les vues de son auguste (on^tenr^ 
elle avait désiré constater Tétat de la Lon^ine pendant 
leir^;nes de ses derniers Ducs^ et déterminer les mo» 
difications apportées dans les connaissances de des hsn 
J>ttantS) leurs mœurs ^ lear industrie^ par Tavénement 
de Stanislas^ pois par la réunion dû pays à la France^ 
Uexamen de ces questions, qui n'^exigeait de la part 
des concurrents ni des études générales eu histoire^ 
ni des recherches trop pénibles, semblait éminemment 
propre à réveiller dans les coeurs lorrains^ au profit 
de la grande famille franj^e, les sentiments de pa« 
triotîsme si célèbres dans notre histoire particulière. 

On devait donc penser que de nombrenjt concur** 
rents se présenteraient pour disputer le prix ^ il n'en 
fut rien. 

Trompée dans son attente , TAcadémie modifia ce 
sujet. Elle proposa d^'examiner les causes de Tattache» 
ment des anciens lorrains pour leurs Princes, et d^in«- 
diquer la gradation par laquelle , malgré leur antipathie 
pour une domination étrangère , ils ont perdu insensî« 
blement leur caractère de nationalité lors de Tavéne* 



LlOCtlX 

ment de Stanislas , ayant de passer sous leslois de la 
France ^ enfin d^exposer les modificaticms les plus 
remarquables introduites par ces changements^ dans 
Fesprit, les moeurs^ Tinduatrie delà Lorraiae devenue 
française. 

Nul concurrent ne &*étant encore présenté, TAca-^ 
demie retire ce sujet de prâ^ elle ne renonce cepen^ 
dant pas à Tespérance de^voir un jour paraître sur ces 
questions, propres à exercer de jeunes écrivains aux 
recherches historiques et aux compositions littéraites , 
quelque production digne de fixer son attention et de 
renouveler cet espirit d^ndividnalité locale^ signe d^ine 
existence propre, qui brilla d^un si grand édat ches 
nos ancêtres çt fut la source des «vertus qui les dis^ 
tingusdent, comme des hauts faits dont nous devons 
conserver la mémoire. ^ 

Aujourdliui, et d^s les mêmes vues, TÂcadémie 
appelle Fatteniion de nos compatriotes sur une queisH 
tion plus intimement liée qu^on ne le croit icommân 
nément à ^histoire des mœurs et des coutumes du 
pays. Il s^agit des airs, des chants populaires. Une des 
faces les plus brillantes des âges écoulés , un des débris 
les p^iis anciens de leur civilisation propre , c^esi en 
efkt leur murique , langage inimitable qui respire une 
vie toute spéciale ) toute différente de la n6tre, ^dèla 
et frappante expression d'^un état moral auquel notre 
époque est devenue presque entièrement étrangère. 

Cest pour attirer parmi nous F^tentiou sur ce 
fujet important, que la Société propose de décerber 
une médaille d^or, du prix de 3oo fr. , à Fauteur q^i^ 



•Tant le i/' janvier iSS;^ lui amt présenté le Recueà 
le plus complet des chemts^ des airs nationmux et 
pf^ulaires qui ^ ayant la dortèùméion frçneaise^ 
étaient répftndus en Lwrtaine. Les am doivent être 
notés avec iK>iQ9 leurs mouvements seront ioâiqoés^ 
Ifs paroJef vulgaire^ j mtvpoX jointes» Le texte ferç^ 
oonnattre, autant qne possible^ rorigkie dn moroeati 
ôté^ et ^ slly a lieu , le fint histcNrîqne^ Fauecdote qui 
lui a dopn^ nansance^ la eo«tnue ou l|f tradition ^^il 
rappd^ ) f t$. lie féa^ sq» ^tP^é dans la Séance pu- 
blique d^ l83y, 

CV^t i^^\^ }^ tirages les plus Skagàés des villes^ 
ks mpbs eHpoaés à yi^flneiice du dehors^ dans les 
lieux oA les usages aociens se sont le mieux conoervés 
}l Fabri de Finvasioi^ du vaudeville^ de la toBaaoœ, 
de Vf^nette seyante ^ çVst en prêtant Fomllé aux vieux 
pantiques^ auj^ «hauts nuAiques des paysautifes^ aux 
reff sios q^e le$ villageo^ cbanlen t en rm/^diant^ comni^ 
3s disent^ vfion pçôska sur toute la sur£ice du pays 
)orraii| le vrai caractère de c#tte nra9i<|Be îneygène^ 
qui nous reporte trois siècle^f e^ ^rriëte^ et qu'on n^ 
peut entendre sails voir revivre pour ainsi dire autour 
de toi )e bon peuplé du temps des ihio^ ^ loyale et 
primitive vace dont oett^ mé|odie simple et un peu 
mélancolique accentuait s^ p^fpf ^Uemçtit Fidiome uaJif 
et les sentiments généreux. 

Biais il n'y a pas de tempp à perdre^ le moment 
de saisir et de fixer des souvenirs qui s'efibcent inces- 
samment est arrivé. Quelques années encore, et le 
rapide cbangement qm sV>pàre dans les mœurs et le^ 



XCl 

coutumes des habitants de nos Cdjmpagnes^ aura rendu 
impossible une tâche cpi peut cmcore être entreprise 
avec quelque espoiv de suecès^ et dont Texécution na-^ 
turelle et ju£cieuse obtiendrait sans doute Tasseàti- 
ment du public éclairé. 

La Société Royale croit dieiroir annoncer qu^elle 
ouvrira, pour iS38, un concours sur un sujet lié à' 
çehd qm vient d^ètre proposé et iqtti appartient éga«* 
lement à ce quV>n peut appeler les antiquités vivantes. 
n s^agira du patois lorrain sur lequel des essais ont 
été faits, mais qui peut fourpir encore la matière d'^uoi 
travafl ia^ortanï et éteiidu. Ainsi Tattention de nos 
compatriotes qui désireraient eenc^urir doit se porter 
d'avancç «ur ce sujot, qm ne peut être dignement 
tTMté sans études prépai^atolres. 

Outre C0(le question littéraire , rAcadéndé propose 
aux natoralistes la De^criptiqn géognostique dû dé^ 
partên^&nt db la Meurthe. Convaincue de l%eureuse 
iiiflue»€e des ^eonnc^^nees géc^estiques sf|r les arts 
les pAus direolevient appUcsble^ aux besoins de la so-> 
dété , «Ue engage les auteuss cpd voudront se livrer 
/«ux recherckfs os^piMes d^atteindre le bat qu'acné se 
propose, à né pasae ^)€fntevter de décrice les couches 
diverses 4^nt ^opee sel fst oe^mpesé et ^e classer les 
fbssUos q«i le caractérisent^ «oals enoore ii recueillir 
des obserf ations ex^ptes autant que mtdtip^Hées «ur 
TirtiKté §t T^mpliA des terres et des rocihes pour rs^gri* 
ouUure, da •oottslvue'lian des édifiées, des pavÀ on 
4ts roules, la «fsJMieation de la chaux, du plâtre, des 
poittâes, des |>iiques^ en mx mot, «ur f application 



fies connaîssaiiceg géc^osdqmes aux divei^ besdo» 4# 
la population de notre) département. 

Deux endroits de notre sol méritent de fixer Tatten^ 
tion des nfiturali8t0s : ILunéville^ où feu ]e docteur 
Gaillardot^ notre associé^ a découvert un si grand 
nombre d'ossements fossjjes antédiluviens, dignes d^étre 
soignepsanent étudiés^ efDieuze, qu se trouvent les 
mines de sel gemme, déjà décrites avec taut de talent 
par 14* Levallois, et qui^ considérées sous d'autres' 
points de vue , peuyenf aifienei: d^ 4?couvertes im- 
portante^, 

La Société attend d^ concurrents la description des 
sources principales, des ruisseaux, des rivières, et, 
s^il est possible, une indication géuéraje des profon- 
deurs auxquelles se trouve FeaU, pour éclairer Fart 
4^ouvrir des puits communs ou artésiens ^ enfin des 
observations sur Finfluence de la destruction des forêts, 
surtout 4^ C0lles qui occupent les lieux élevés, sur la 
desçicatiou des source$ et les maux qui en résultent. 
Elle 4ésirerait aussi que le$l auteurs joignissent à ces 
documents def cartes géogQostique$ et des ccbautiUous 
choisis. Ce cQn|;ours ratera ouvert jusqu'au i • •' jan- 
vier i838 ; le prix sera une médaille de 5oq fr. 

Jjà Société rappelle aux littérateurs qu^elle est tou- 
jours disposée à .considérer comtue titres d'association 
les Éloges des illustres Lorrains qu'elfe n'a pas encore 
rasseiublés danç la collectiqu qu'elle se proposé de 
publiei? }in jour. Sans en exclure aucuu^ elle désigne 
plus particulièrement Claude Q^e^ Iktm Calmety 
^f"* de Graffigny y Pali^sçi^ Français de Neufi 



\ 



xcm 
château y Boufflers^, ChoUeuUGouffier ^ Mory dEU 
vangcy dont les cinq deruiers ont figuré au nombre 
de ses membres. 

Elle rappelle encore les concours sur les Topogra^ 
phies médicales des arrondissemenU tfç ^^nojTj Chdn 

ffs^urSalim et Sfirrçhçurgf 



MÉMOIRES 

SOaÉTÈ ROYAie DES SCIENCES, tETTBES ^T iBXS 
PE NANCT* 



MÉMOIRES 



rvoTE 



SUR 



t'opiictoff émsB itj $Em d£ Xii société, 
JPAU FBH l'abBE TACTftiri^ 

M^LATIVEBKEIfT AI7X PIERB|SS MÈTÉOBIQUIS , 

Les insttuctioùâ récemment données paf une Com«- 
mission de TAcadémie des Sciences aux officiers de la 
Bonite qui doit dans peu entreprendre un nouveau 
voyage autour du globe, parmi lesquelles se trouvent 
des réflexions de M. Ârago , destinées à fixer leur 
attention sur les étoiles filantes , me fournissent Focca- 
non de rappeler Tôpinion émise au sein de notre Âca-^ 
demie ) il y a déjà ^4 ans, sur Forigine des bolides , dont 



rUstoire est maintenant liée à celle ^a étoiles filantes 
par des M\s bien constatés et des vnes très4ngénieuses. 
Plusieurs observateurs, principalement frappés de 
l'édat lumineux de ces météores, n'ont cra pouvoir les 
expliquer que par le moyen des agents qui , à la surface 
de la terre, produisent cet éclat. Pour les uns, les 
étoiles filantes n'étaient que des combustions opérées 
au sein de l'atmosphère, au moyen de matières élevées 
de la terre vers ks régions supérieures par leur pesan- 
teur spécifique, et enflammées par l'élévation de tenw 
pérature de 4'air on par quelque réaction ^e leurs 
éléments. Pour d'autres, c^ météores étaient placés 
au nombre des phénomènes de l'électricité atmosphé, 
rique avec les éclairs, les aurores boréales, le feu 
St.-Elme. 

Quoique la première opinion, adoptée par Mu- 
schenbroeck, Fun des plus savants physiciens du siècle 
dernier, ait eu des partisans, eUe a depuis paru si 
peu propre à satisfaire à tous les phénomènes des 
étoUes filantes, qw'dlç est mainte^Rt oubliée. Conf- 
inent, en efièt, admettre dans l^tmosphère l'existence 
d'une matière combustible, assez dense pour alimenter 
les immenses traînées lumineuses qù'eUes offrent sou- 
vent et qui peuvent s'étendre à de très-grandes dis- 
tances, et cependant assez léçère pour demeurer 
en suspension dans un fluide aussi rare que l'air, 
jtisqu'au moment où commence sa combustion? L'ori- 
gine d'une telle matière exhalée de la terre pouvait 
paraître possible k une époque où Fou admettait 
dans l'air des soufres, des bitumes, des phosphore» 



(S) 

liiiscéptibles de se eondenser et de s^enflamnier en s^y 
combinant':; mais ces suppositions sont de ridicules chi- 
inères aux yeux des savants de nos jours ^ qui, ayant 
analysé le fluide de Fattuosphère puisé à diverses hau-' 
teiirs, n^y ont jamais découvert la nioindre trace 
de pareilles substance^. Enfin en admettant cette 
matière , il fatit qu^avant son inflammation elle soit 
réunie quelque part eh assez grande masse pour fournir 
aux combustions que suppose la lumière \iye et pro-« 
longée des étoiles filantes, et on se demande alors 
pourquoi elle ne tombe pas souvent avant de s'en-» 
flammer^ ou si elle ne s^enflamme qu^au moment de 
sa condensation, on devrait la retrôuvei^ éparse et 
disséminée dans Tatmosphère. Cette hypothèse inad- 
missible pour ces deux raisons n'^explique d^ailleurs ni 
la rapidité de la marche de ces météores, ni Tétenduô 
des espaces qu^ils parcourent souvent, ni les directions 
qu'ails affectent , etc* 

' L%ypothèse fondée sur les analogies du fluide 
électrique ne më semble paâ plus heureuse ; car left 
météores de cette classe se manifestent généralement 
à la suite des changemeUts plus ou moins importants 
qui troublent Féquilibrè électrique dé Tatmôsphère^ 
tels ^^Une évaporatiôn rapide, dés variations brus— 
ques de température, des vents violents, Tapparitiôii 
prompte de niidges condensés , «te. , qui ont inégale» 
tnent repaie les éléments de là foudre* Les étôilel 
filantes au contraire , selon Popinion générale det 
observateurs , ne sont jamais plus abondantes que 
dans les jout^ calmes, les belles nuit^ d'été. Elles oui 



(M 

lien sans bruit) «ans trooble dam Tair^ ^ans «ipitatioa 
iUtns, les nuages^ enfin elles paraissent occuper iiyif > 
région bien plus élevée que celle où se montrent les 
éclairs foudroyants , comme on Fa observé souveut sur 
les montagnes même d''une élévation n^édiocrC) quand 
on se trouve au-dessu$ des orages. 

Je ne pousserai pas plus loin Texamen dé ces ex^^ 
{Jications iucdmplètes et à peu près oubliées;; mais en 
me rappelant les vues de feu M. Vàutbin sur Torigm^ 
des pierres atmosphériques , conngnées dans le Précia 
de nos travaux en i8i3 (page 8)^ fsa crii j décou*^ 
vrir les germes d''ilne théorie qui s^accorde avec Tétai 
actuel de nos connaissances. Peu après Tépoque od 
Howard fit admettre, comme un £dt incointestable | 
Texisteace desfierres tombées de ralinospbère^ exi^it 
tence d€|»uis loqg-^temps avouée par les peuple ^ maif 
repoussée par les savants et rangée au nombre dea 
fables^ peu après Tépoque où la chute de celles qui 
furent recueilties à Lai^e mit ce £ât hors de toute 
contestation , beaucoup de physiciens s^occùpèrent d0 
Torigine première de ces corps, dont la présence dans 
Tatmosphère avant leur arrivée sur la terre ne pouvait 
{dus être douteuse^ Parmi les hypothèses proposées on 
distinguera toujours celle de rîUustre auteur de la 
Mécanique céleste j qui, ne pouvant admettre d^ns 
Tatmosphère des corps denses soutenus contrairement 
aux lois de Thydrestatique , pensa qu'ails ne s^j trou*^' 
vaîei^t qu^acddentellemeni et qu'ails venaient nécessai* 
rement de quelque corps célestç. lie voidnage des 
pics volcaniques de la lune se présentait naturelb^ 



(8) 

nent pour expliquer les aéroUthes ^ gui dès lois «w«nl 
leur origbe daqs les éjections de ses nombreux cratères^ 
et qui nous étaient apportés par la force d'^émption des 
volcans lunaires combinée aT^ Taitraction de la t^re. 
M. Vàmtnjs opposait i M. de Laplace les effets mémei 
de la puissance par laquelle ce grand géomètre pensait 
qvLe les aérolîthes devaient être portés au-delà de la 
sphère attractive de la lune. En adoptant une estima- 
tion exagérée pour la linûte de la distance à laquelle 
«^étendait cette action^ M. Yautrin trouvait que la force 
explosive ^ nécessaire pour produire un effet fipssi puis^ 
$ant ) serait capable de ruiner et pour ainsi dire de dé^ 
molir de fond en comble' le corps dans la laaste duquel 
elle s^exercerait. Mais les calculs de M. Poisson^ fondés 
sur Fâ^^éciation comparative des forces attiactives de 
la terre et de la lune combinées dans leur action sur 
un corps situé sur la droite qui joindrait leur centre ^ 
ayant établi qu'une vitesse de 2i2U)a m^ par seconde 
suffirait pour porter. les qections liumii^ au-delà des 
limites de sa spbère d^attraction , il est manifeste quNine 
telle force ^ environ quintuple de icelle fue |>raduit 
Fexplofion de la poudre dans nos boucW à ^u^ n0 
pourrait produire ^ dans la masse de la lune ^ les ravages 
fui se présentaient à Hmagination de notre savant <con« 
frère. D'après quoi^ Forigine attribuée aux bolides ne 
présenterait aucune impossibSité ^ surtout (fàsa^ les 
montagnes volcaniques de ce^ateilite de la terre Hiffireàt 
des élévations qui semblent s'accola avec la &roe de 
projection ou pour miew dire d'^jectmà admise jptit 
M. Poisson* 



<«) 

M. VAxrrfiiif ^ opposé à Torigiae lunaire attribuée aux 
aérolithes et persuadé qu^îl étaît impossible de rc-* 
monter à leur origine première, se bornait à les con<^ 
sidérer comme des satellites minuscules de lai terre ^ 
invisibles à cause de leur petitesse et de leur ni^u- 
yement rapide , tant qu-ils circulaient au-delà des limite^ 
de notre atmosphère, et visibles quand ils viennent à 
en traverser quelque partie , dont la matière gâteuse ^ 
comprimée par la rapidité de leur Inarche, émet là 
lumière qu^elle recelait , comme dans le briquet pneu^ 
matique de cristal sous le choc du piston. Les étoile^ 
fiantes ne seraient ainsi que le phénomène du passage 
de ces satellites minuscules de la teite à travers notre 
atmosphère. On peut objecter sans doute contré cette 
opinion sur la natuk-e des étoiles filantes , plus ancien-^ 
nement émise par Chladini et qui parait maintenant 
s^accréditer, que les projectiles lancés par la poudre à 
eanon, malgré leur énorme vitesse, n'^oiit jamais rien 
présenté de semblable en traversant Pair^ mais les vi-> 
fesses sont si différentes que Fobjection a peu d'^impor-^ 
tance^ H y A en effet une bien grande différence entre 
le boulet, qui parcourt dails une seconde 12 a i5oo 
fneds, et Paérolithe dont la course s^étendrait seule- 
ment de 16 à i5 degrés dans le même temps ^ car û 
pourrait, même près de la surface de la terre, a voie 
parcoum plus de cent lieues. Uétat semi-vitreux des 
aérolithes, leur teinpérature élevée quand on les r»» 
masse peu de temps après leiir chuté ^ semble encôref 
£ivoriser Topinionde M. Vautrin^ niais à Fépoque où il 
l'énonça , c'était tout ce qu'où pouvait dire en sa faveur^ 



Ëtle me pairalt depuis avoir acquis de neùveaitk 
degrés de probabilité. Les argliments qui Tappuient 
^résultent d'une communication faite à l'Académie Royale 
des Sciences^ le 3o novembre dernier^ par M. Arago. 
Le savant secrétaire^ rapprochant les époques delà 
chute des àérolithes en divers pays, a trouvé que le 
i3 novembre i833 avait biOfert utie chute de météores 
lumiaeu:ic aux Ëtatsi'Unis^ que lié même jour, en 1^99 , 
M* de Hùmboldt aVait été témoin d'une chute sem*« 
blable, en Amérique;; qtiè M. Berard avait observé -^ 
le i3 novembre i83î , le même phénomène, accom- 
]pagné d'un grand nombre d^étoiles filantes 5 qu'il avait 
encore eu lieu dans la nuit du 1 2 au 1 3 du même mois 
î832^ enfin, que le i3 novembre dernier (i835), 
vers 9 heures du soir, un météore igné, qui s'est mani- 
festé à une distance éloignée au-dessus des montagnes, 
est venu éclater dans la commune de Belmont , dépar- 
tement de l'Ain ^ où il a été observé et décrit par M, 
Milet Daubenton , qui en a retrouvé les débris analo- 
gues atix aérolîthes. M. Ai^go tire de tous ces faits 
Une conséquence très^favôr^ble à l'opinion émise par 
feu notre collègue , en admettant qu'une quantité im- 
mense de corps opaques, circulant dans l'espace, vîen- 
tient probablement , dans leur révolution périodique , 
couper l'orbite de la terre à peu de distance du point 
de l'écliptîqae occupé par notre planète , du 1 1 au 1 3 
novembre, époque où leur entrée dans notre atmos- 
phère les rend visibles pat leur igoition. 

L'existence d'un grand nombre de corps solides, 
que M» Arago croît disséminés dans Tespace , et 

1 



<8) 
disposés à rencontrer notre atmosphère âans leur reTO*' 
lutioii, et Tobservation de M. Milet Daubenton ^ qui a 
Yu éclater un météore lumineux sur un lieu où il en 
a recueilli les débris ^ dont qnelcpies-uns ^ ayant mis le 
feu à un toit dé chaume^ offraient les signes de Figni-^ 
lion extérieure ) caractéristicpie des bolides, prouvent 
que des météores semblables par leur éclat aux étoiles 
liantes donnent lieu à des chutes d^aérolithes. 

Là questioisi des étoiles allantes )usqu^k pr^nt si 
obscure me parait donc avoir fait de véritables progrès 
en ces derniers temps, en sorte qu'ail est presque im*^ 
possible de méconnaître la relation entre les aérolithes 
et les étoiles filantes. Mais il est également clair qu^an 
grand nombre de questions attendent de nouvelles oIcm 
servations. ïl me semble que la premièfe serait une 
nouvelle détermination,, approximative au moins, de la 
parallaxe des étoiles filantes , pour laquelle le profes- 
seur firandes a porté jusqu'^à 200 lieues au-dessus de 
la terré Télévation où elles parviennent. Cette déter-^ 
mination, in^pensable pour >uger si elles brillent 
seulement lorsque les corps opaques qui les pro-^ 
duisent atteignent Patmosphère, doit 'servir de base 
à une théorie sur la cause de leur éclat. Car si elles 
brillent au-deïà des limites de Vatmosphère , U faudra 
chercher à cet éclat une cause difierente de eelle au-^; 
jourd^hui adoptée , ou du moins distinguer deux sortes 
d^étoiles filantes : ce qui répandrait de nouvelles om* 
bres sur la question principale. 

Si Fon attribue Féclat des étoiles filantes à la oom-<^ 
pression de Tair, opérée par la rapidité de leur mar- 
che, il faut que les aérolithes pénètrent dans Tat^ 



iiiospiière^ où se montrent les éclaira foudroyants éi les 
étincelles électriques auxquelles on assigne aosisi une 
cause semblable. Si Ton veut que cet éclat soit Teffet 
d^une réaction chimique du gaz atmosphérique sur la 
inatièrè dont ils se composent^ il filut encore qu'ails 
pénètrent Fatmosphère^ et si Ton admet cette expU— 
cation^ il faudra chercher comitiènt les oxides dont 
ces corps sont composés en presque totalité ^ peu- 
vent s^enflammer à leur entrée dans Taîr, lorsque déjà 
ils sont saturés d'^oxigène. Ces dernières questions en 
èntralûeraJent encore d^autres^ et appelleraient de 
nouvelles observations ^ des expériences plus ou moios 
difficiles , et pour lesquelles il faudrait être favorisé par 
dTieureuses circonstances. On ne peut donc assez ap- 
plaudir aux instructions données aux navigateurs delà 
Bonite^ qui^ se consacrant à Tobservation des phéno^ 
mènes de la nature durant plusieurs années^ seront^ 
pendant les loisirs d une longue navigation , dans une 
^position très-propre à observer les phénomènes bril- 
lants des étoiles filantes. Quand ils ne nous feraient 
connaître avec exactitude que les différences présentées 
J)ar céà météores, relàtiveihent aux époqueis et aux 
lieux les plus ordinaires de leur apparition , à Fétat du 
ciel qui semble là favoriser, à la rapidité de leur mar- 
the^ à la direction la plus cominune qu^ils affectent, 
à la diversité dé leur lumière et de leur éclat , à reten- 
due qû^ils paraissent parcourir^ ils auront toujours aùg- 
inenté le domaine de la science de faits indispensables 
pouf fonder siir vLtie base solide la théorie de ces mé- 
téores , qui depuis si long-temps semblaient braver tous 
les efforts du génie et toutes les ressources du savoir. 



MODIFICATIONS 

QUE WBIT L'ATTRACTION DE LA TEBRË 
DANS LES MONTAGNES^ 

OBSKRYATIOIIS MÉtéOBOliOGIQtJBS tàlTËS SUR LE PCf^t^MEj 

9ÂM H. cm.'Éiowoaub 



A une lieue environ de Germont-Ferrand^ sur Une 
montagne que les anciens appelaient Gei'goie, était 
bâtie Tanticpie Gergovie dont parlent les Commentaires 
de César. Cette capitale des Gergoviens est maintenant 
détruite et remplacée ^ du moins quanta Timportance^ 
par Clermont. Le mont Gergoie^ plus indestructible 
que les ouvrages des hommes^ a résisté au temps ^ 
mais il a changé de nom : c'^est maintenant le Puy^de-' 
Dôme. Les expériences barométiques ^ d''après les- 
quelles Pascal a conclu la pesanteur de Tair, ont été 
faites sur cette montagne et ont rendu son nom justes 
ment célèbre. 

La hauteur^ l^isolement, la nudité du Puy-de-Dôme^ 
présentent les circonstances les plus favorables pont 
les observations de toute espèce. Je croîs pouvoir citer 
comme remarquables celles que j^ ai faites sur les 
modifications apportées par la montagne à Fattracdon 
que la terré exerce de toutes parts. Des masses plus 
élevées que le Puy^e^Dôme^ mais moins isolées^ moins 
nues ^ ne présenteraient certainement pas des pbéno<» 
mènes aussi marqués* Son sommet, placé à 817 toises 



(H) 

ftu<i^essùs de la mer^ est celui d*uii c6ne doùt la hau"* 
teur est la moitié de Félévation totale , et repose nn 
sur le groupe Kjui lui sert de base. 

Lorsque dans lés tempç de pluie les nuages s^abài&-r 
sent^ chassés par le tent vers la cime de la montagne ^ 
au lieu de sWyrir et de l'envelopper de toutes parts, 
ils circulent à Fentour jusqu'^à ce que sur le revers ils 
soient livrés à raction latérale du vent^ qui lès chasse 
devant lui, la montage ne le gênant plus alors dan$ 
|^impul«ioa qall leur donne* Cet eflPet est plus sensible 
encore, lorsque la direttîon du vent est unpeu iur^ 
clinée et que vers la fin de la pluie les nuages com-r 
mei^çent à s'*isoler. 

Si le vent Souffle par intervalles, irrégulièrement 
quant à la force, et cesse quelquefois d^agir, le nuage, 
au lieu de stdvre sur-le-champ en ligne drojt^ Km-* 
pulsion donnée, tourne d'abord autour du cône', et ea 
voile successivement lès différentes faces. Ces évolu-s- 
tions recommencent môme quelquefois avant que le 
cône soit abandonné^ puis, quand Je vent acquiert 
assez de force , il rompt Fattraction de la montagtie et 
lance daqs sa direction les nuages qu'il lui arrache. 

Lorsque, Fatmosphère s'étant éclaircie, les nuages 
plus divisés , plus légjers et par conséquent plus élevés, 
çont poussés par un vent peu violent, ceux qui de-? 
vraîent, d'après leur direction, passer aurdessus du 
sommet de la montagne, au lieu de poursuivre leur 
route quand ils s'en approchent, comme ils le feraient 
8% flottaient sur la plaine,. s'abaissent dès qu'ils arri* ■ 
vent à une cinquantaine de pieds du cône 5 ils viennent 



(12) 
touchor sa cime dégarnie^ maccheat en Tefflettrant tant 
fU^eUe se continue^ puis^ dès qu'ails Tout dépassée, ils 
semblent bondir, se relever à leur hauteur primitive^ 
et continuer la rqute çuiy^nt laquelle ils avaient été 
lappé^ ^2^it de subir l^ttJ^ction du sommet: phéno-r 
mène analogue à cel\|i du |il ^ ploqob de la Çondamine 
4évjé ^p la verticale par l^attcaction du Çhimborazo. 

Cest en p^coi^rant plusieurs foi^ la route d'AuriUac 
à Qermpiit, que jV eu Focp^ion 4^Qb$ecver ces diffé-? 
l'entes phases du passage des nuages autour et autdessus 
4^ la cime du Puy^derDôme. JTai pu ainsi remarquer st^c 
epx les efiet; de Tfittractfoif de |a feire , CQnjtinuée et 
augmentée prpportionnellpment à la masse ^l àla haur; 
t^ur de la montagnp , mais modifiée, par \^ continuité , 
IVl^égi^î^Hté du vent qui les poussait , ainsi que par leur 
é}éva^qn pliis ou moins grande ^ur^essus de H cime. 

Ce^ pliénomànes sp pré^entept si fi:équemment, quHl 
est facile de vérifier me^ assertions. Ils indiquent q^e 
IV traction 4^ ip^e, agitant à la manière de Tattrac-^ 
tion magnétique ç rietient autour d|i cône la vapeur 
qui le toycl^e op qui ^^en appi^oche , t^nt qnç h légère 
adhérence qi4 Ty applique n'est pas surmontée par I4 
force dfi pour^^t 4e Tair. I|s proifvent d^autre part que 
l'attraption du pentre de }a terre n'agif^pas à travers Iî| 
masse 4^ ^^ montagpe, dçnse, compacte , etc. , comm^ 
ai^ travers dp Y^r^ dans lequel ellp i^p trouva presqqç^ 
p?>s 4'aMXiliaire, 

|} ^s\ éyi4ent que l'attraction centrale s^accroit dçi 
Jointe J'qiltrgçtioi^ de |a montagne. Car, si , près de cette 
pti^sse^ pUe nVtaît pas pjus fprte que ^a,ns u^ pay^ 



(13) 

{Aat, le nuage ne descendrait pas constamment de h 
couche d^air dans laquelle il nage ^ pour venir effleurer 
la cime à mesure qu^il s^en approche. Cette observation^ 
je le répète^ confirme celle de M. de I9 Condamine^ 
qui ^ de la déviation du fil à plomb causée daqs les 
Gordilières par la masse du Chimborazo, conclut 
que les masses attirent indépendamment de la terre ^ 
ou plutôt qu^elles attirent comme elle^ et que ce 
n*est qu'aune seule et même attraction, proportionnelle 
aux masses et agissant ^n raison inverse du carré des 
distances. 

Cette observation faite sur ïe Puyrde-Dôme est encore 
plus concluante que celle de M. de la Condamine^ 
car ce savant académicien n'^a observé que )a déviatioii 
du fil à plomb opérée par la face de la montagne : ici 
<^^est Pattractipn de la masse entière dans I^ lîgi^Q di-« 
recte du rayon de la terre qui passe par le sommet 
de la montagne, ^expérience doit être plus sensible 
suc le Puy, montagne entièrement coippacte^ que si^t 
le Chimbbrazo, creusé par les éruptions volcaniques, 
et dont Fattraction doit par cette raison ajouter bleu 
moins à Fattraction centrale, et ne surpasser pas autant 
Tattractiott aérienne qui a lieu aurdessus des plaines^ 

Ces observations paraissent indiquer aussi qixe la terre, 
à sa surface, exerce Sur lf^| corps une force d^adhérence 
qui fait, d^ns les petites et premières distances, varier 
la loi de la décroissance de Fattraction en raisoQ du 
carré de la distance. 

Cette remarque établit donc une preuve de plus 
de cette attraction centrale de la terre ^ elle s'exerce 



(14) 

sur tous les corps ^ s'^accroit de Tattraction due à la. 
montagne^ agit sur les nuages^ dont elle attire les 
pluies^ retient les brouillards , les vapeurs atmosphé-? 
rlques^ cause la chute de la foudre, va jusque dans 
Tespace chercher \e satellite de la terrç, le force à 
circuler autour d^elle ^ cause )es irrégidarités des mou-i 
vements des comètes q^i s'approclient de qotre globe^ 
letc. Si nous ne çavions que le$ cho^s qui nous pa- 
raissent les plus nuisibles sont souvent les plus grands 
bienfaits de la Providence , nous gémirions fie voir 
que la chaleur produite par la réflexion des rayons 
solaires dans le^i plaineit basses des, vallons , ne peut 
s^'^tendre aur-de}à d^une certain^ limite^ qu^il existe 
des neiges pe^pétuell^^s « même au Chimborazo , sous 
la zone torride ^ que cette déperdition de calorique est 
encore plps rapide loin dq cçtte zone et surtout dans 
les pays du nor4, où. languissent et souffrent ceux 
qui habitent cette zone glaciale , appelée par les aur? 
ciens le triste royaume de Plutoq^ car ce n'est quç 
par \\n h\\ continue} que la yie peut so couservçr^ 



OBSERVATIONS 

CONFïlRVES EIV GÉINÉRAL 

PX SUR 

PLIJSIEUI^S INFUdOIA^S^ 

AVQC LA DISÇCBIPTION D^UNE NOUVELLE CONFERYE OSGILLATOIAE ) 
7A& l»f 'Amif JJkVKENT. 

Jite mouyemeot l&àt ^es conferves oscilUtoires a été 
depuis lopig^temps remarqué par les naturalistes:; mais 
on a recoanu seulement depuis quelques années que 
certaines de ces conferves ^ composées de locules placés 
les uns au bout des autres , renferment des grains qui , 
k une certaine époque^ sortent animés de leur habi*i' 
tation ^ et se meuvent avec plus ou moii)s de vitesse 
dans Teau où est plongée la conferve* 

£]^ ei^amin^t* au mois dé janvier dernier^ les con-» 
ferves de Fange de la fontaine du faubourg St.'Georges 
à Nancj) i^ai trpuvé une nouvelle oscillatoire ^ dont la 
planche ci-jpiot^ montre la figure exacte (Voy. fig. 
I ^ planche I). Elle doit être rangée , diaprés Favis de 
M. Gaillon^ dans le genre RotheUa de cet auteur. 

En regardant pendant quelque temps de suite des 
fragments de cette confie ^ fai pu trèsHiettement 
distinguer (et plusieurs personnes auxquelles Fusage 
du microscope est familier Font vu comme moi)^ que 



les grains verts perçaient souvent la partie latérale de 
lenr habitation , et se répandaient dans Feau en tourT 
nant sur euxrinèmes avec une très-grande vitesse. 

La vie active de ces petits animaux n-est pas longue^ 
ik ne tardent pas à se rassembler sur une tige de con-f 
ferve (voyes fig. a), et de leur amas épais et obscur 
sortent biepf^^ de nouveau^ tn^e^. H. Q^llon a vu 
les animalcules de plusieurs autres oscillatoires >enir 
se ranger^ comme par instinct^ les uns au bout des 
autres ^ et je crois fermentent Wil en ^t ainsi dans I9 
cas dont j^entretiens le lecteur. Quoi qu^il en soit^ 
voQà un nouvel exemple d^'animalcules vivant groupés 
pasMvement ensemble dans d^étrottes demeures, et ca-* 
pables d^acquéiir pour quelque temps une force locor 
ipotrice, jusqu^a ce <{u'i|s rei^trent presque aus»tô( 
dans un repos parfait. 

lie» grains verts de ToscillatoiFe de la fontaine du 
faubourg St.-Georges à Nancy ne sortent pas toujonr^ 
séparée et indépendants les uns des auti^es. S arrive 
parfois que la masse totale des grains contenus dans 
une case $qvX en bloc des flancs de sa conferve et 
constitue un animal multiple (voye^ fig. 3)fqui tourne 
sur lui-même , de la m^^me manière que les petits, grains 
verts, lorsqu'^ils vivent sépacés et hors de la conferve. 
A voir les m^mes allures de ces demc sortes d^étres, 
on serait tenté de croire que les petits grains sont or^ 
ganisés comme les gros, cW^ràrdire qu'ils sont eux- 
mêmes c<»nposés ^e grains ^ ce qui tendrait k faire 
supposer ici des emboîtement^ successif dans le v<dvox. 
^^ surplus ranimai multiple de la Sgxie 3 jouit 



(*7) 

encore (J'une propriété sîngulîére : tout en tonniaiit 
sur lui-même ^ il se contracte et affecte diverses formes^ 
au milieu de ces convulsions ^ il abandonne parfois un 
de ses grains constituant^^ 

Il faut ajouter que les grains verts dont la conferve 
accouche ne sont pas toujours mobiles. Très-souvent 
ils ne jouissent ^Vne vitalité locomotrice que tout 
juste ce qu'il faut pour sortir dà leurs loculesl Une 
fois échappés de leur première demeure ^ ils ne pa« 
raissent plus bouger; mais ils ne sont pas morts pour 
cela :; car réunis insensiblement en bloc ^ ils ne tardent 
pas à s'oFgamser en conferves ^ comme dans le premier 
cas. Ce^ grains ont tout à fait Taspect de ceux des con- 
ferves propren^ent dites. Cela montré encore comr- 
bien^ dans les derniers rangs de Téchèlle des êtres 
animcsi) il e$t souvent difficile de décider si quelques* 
uns d^'eutre eux sont ou ne «ont pas des animaux ^ et 
comment deux bons observateurs peuvent avoir raison 
tous deux et annoncer des faits qui paraissent contra-r 
dictoires. Je profiterai de celte occasion pour pader 
d'une circonstance qui s'est présentée plusieurs foîi 
à mes yeux. Eu rompant sur le porte-objet avec 
une pointe û^^ ^es tubes des conferves ectospermes 
de Vaucher^ jVi aperxîu s'^écbapper en monades des 
grains verts qui y étaient renfermés. M. Borj de 
St.-Vincent a recueilli des faits semblables sur une 
conferve qu'il a classée parmi les conjuguées. M.GaST 
Ion m'a appris qu'il avait j'émarqué très-souvent de 
pareilles circonstances;; et depuis mes observations 
sur la conferve da la fontme du faubourg St.*. 



(18) 

Gorges 7 f ^ ^^ témoin mainte fois ie la force lof 
comotrice des grains de plusieurs conferves proprement 
dites. On ne saurait trop insister sur ces sortes de 
locomotion ^ que des personnes qui ne les ont certain 
nement pas vues veulent confondre avec de simples 
téadiofis électriques^ qui sont purement mécaniques^ 
et qui différent évidemment des mouvements brusques 
et volontaires pauses par les forces orgamques. Je 
crois pouvoir affirmer^ commet résumé de me? recher- 
ches au printemps 4emier^ la règle suivante : presque 
tous ies animalcules que fai étudiés^ jouissent de la 
propriété remarquable de s^unir ^eux à deux, trois à 
trois, quatre à quatre, etc., et de constituer ainsi des 
filaments , C'eét*à*dire , d^ véritables némazoaires de 
M* Gaijlon. Tai pu d'^ailleurs constater qi|e ces unions 
d'animalcules n^s^vaien^ pas lieu ordiiiairement par des 
points quelconques do leiir çurfac€f , mais bien par le^ 
parties de leur corps qui présentaient un orifice ot| 
une saillie plus ou moiqs caractérisés : ce qui ferait 
penser que ces conjonctions sont des espèces de fé- 
condations, Qu \d\\t ^u moins une méthode de nutrition 
commune* 

Ainsi , pour citer des e^en^ples , j-al vu des œufs de 
plusieurs espèces de vôrticelles s'unir, comme je viens 
de le dire, et former des tubes confervoïdes (figures 
4, 5 et 6). Dans les ^gures 5 et 6 qh voit des bou-p- 
tons latéraux , sessilqs ou pédoncules , se développer 
souvent pjiis que les cellules de la cpnferve que cons- 
tituent les propagnles réunis, et afiecter la forme exacte 
^s yortibelles à Tétat litre 5 tandis que les autres 



(i9) 

sWotigetit eu cellules de con&rves: et c^est ia \é 
heu de dire que souvent des associations du mêoié 
genre se manifestent dans rintérieur même des corps 
des vorticelles et des cellule^ de coufei^es de plusieurs 
autres espèces. Ta! yii sous mes yeux se constituer de» 
la sorte des spii^ales composées de granules ^ qui s'an» 
loutaiei^t les uns au bout des autres eu coofervesyet 
dans rintérieur desquels les propagules s'^unissaieat 
plus t^rd ep. oscillatoires ( voyei figure ^ ) et présent 
taiçnt alors Tapparence d^org^nes intestinaux. Dans coi 
derniers temps ^ M. Ehri^aberg a décrit de nombreux 
organes de ce genre dans pluâe^rs infusoii^, tandii 
que ces inémes organes Ont écbappe atit reclierchet 
d^autres savants qui par conséquent en contestent Fexis^ 
tence. Ne pourratt-^on pas dire que M, Ebrenberg 
a vu^ dans Fintérieur des animalcules^ des fikments 
coufervoïdes organisés^ qui présentaient Faspect d^or-^ 
ganes intesjtinaux ., et qui peut-^tre même eu ^remplis-' 
saient les fonctions^ tandis que les autres observaH- 
ieurs ont étudié lés mêmes iadiWdus à une époqu« 
de leur existence où. les œufe intérieurs n^avaieirt pas 
encore; assez de vie pour s^associer eu coaferves? Les 
bras granuleux des polypes d^eau douce me semblent 
constitués de la même manière^ et il est possible qu« 
plus tard on arrive à expliquei^ la formation des in^ 
testins dans des animaux supérieurs. Qui sait si ou 
ne parviendi^a pas par cette route à découvrir Forigtue 
de Forganisation eu général ? Mais quittons le champ 
des conjectures et rentrons dans la description de faits 
observés. TaSirmerai encore- que les queues de plu«** 



(20) 

sieurs Torlicelles sont elles-mêmes des oscillatoire^ 
(fig. 6). Parfois, les grains reproducteurs ont déjà , . 
dans rintérieur même de la cloche-mèfe^ des filet» 
(fig. 9), qui suîverit les jeunes vorticelles après Tac- 
oouchement et qui grandissent atcjc elle (fig. 10 ), on 
qui, dans d^'autres circonstances, sont rompus plus oit 
moins près de leur point dlnsertion sur la jeune cloclie 
(fig. II )^ dans d^autres circonstances aussi Ton voit 
k bord de la bouche d^un« vorlicelle comme tapissée" 
de petite boutons siispendus à un filet qui lui-même 
est inséré sur la cloebe-*>mère (fig. 12). 

Je terminerai de mémoire cffi appelant Tattention sut 
une circonstance bien connue des naturalistes, mais 
qu^'on n^a pas cberché à expliquer jusqu ici. D s^agit de 
ce qui se passe, lorsqne den% cases de conferves con-^' 
îngttées sont en présence et que les^ grains Verts dér 
Tuiie passent dans Tautre. Voici ce que fai vu il y a 
quek{ues mois et à plusieurs reprises. Représentons-' 
nous deux fils de conferves conjuguées, dont le» 
cases sont rempKes de grains verts*. Tai très^nette-* 
ment saisi le moment oÀ les pitopagôles sortaient yîr^ 
Tantes de qiielques-uiies des cases qui les renfermaient, 
avfc des si^MS non équivoques de vertu locomotrice^ 
tt se groupaient bientM après cela sur les tubes des 
confeihres qui les avaient renfermées. Or, lorsque ces 
tubes étaâent fort près Fun de Fautre , en les stthrant 
avec soin et patience sous le microsec^ , on les voyait 
insensiblement se rapprocher Fun de Fautre ^ ainsi 
que les deux groupes d^ammalcules^ et finir par se 
touchet en un point. Je croîs qu^on peut se rendre 



ëoiàfie Afi ce mouvement : car<, ces deux groupes dV 
iàimalcules nMuieut Mtre chose (pxe des centres d'^ab-^ 
$orptioil^ c^ifst-à-^dire quHb tendaient incessânmienf 
à opérer un vide autour d^eux 5 ils ne pouvaient donc 
pas làanc^ei'^ en sôùstrayani continuellement des 
inolécules du liquide qui les séparait, d'^exdter une 
pression du fluide ambiant qui les poussait petit à petit 
Tun vers Tautré*' 

B^aprës cela y n^est-il pas naturel ducroire que , lors^ 
que les animalcules se trouvent encore dans les caiçes 
ouvertes de deux conjuguées très-^praches Fune de 
Fautre j ils doiveQt nécessairement produire le méa&e 
eiSet, rapprocher insensiblement les deux bouches, et^ 
lorsque ceUes-^^i ^ont réunies, continuer k exercer ihi« 
force ^'absorption de dehors en dedans? Q j a donc là 
deux forces antagonistes en présence, et, la plus &ible 
devant céder à l^ plus forte, un courant de fluide 
doit s'établir de. Tune dans l'autre, c'est-^àrdire que le» 
grains verts, qui sont Ou moins nombjrenx ou moim^ 
énergiques quç ceux de la ca$e opposée, doivent être 
tout doijLcement attirés en tout ou en partie dans lautre 
cellule. 

On a sans doute de la peine à comprendre que des 
forces d'absorption si minimes puissent avoir une ao-^ 
tion sen^hle^; )e chercherai^ dans le mémoire suivant^ 
à prouver quç cette influence peut devenir appréciable 
ppur nos 3ens, lor$ même, que noire vue n'est plut 
aidée par le micrcMScope. 



DE L'INERTIE 

DE LA MATIÈRE, 

ET DE LA FORGE ABSORBANTE 

PE$ AmMAtJl IHFimUENT >£TtTS ^ 



L'étude des 5(cia:ices d^ pôut cettaides {^rsoniies^ 
tin attrait irrésistible ^ que les esprits lourds ou supe^« 
ficiels ont beaucoup de pdné à comprendre^ et qui 
leur pandt même une sorte de folié , surtout ^ si ceux 
qui en sont possédés se ttoutent coiiiduits par leurs 
spéculations particulières a des idées qui difflNfnt de 
celles ayec lesquelles on nous berce dans les écoles. 
En France^ o4 tout est organisé d^Une mamère ceu'^ 
traie, les nouveaux systèmes ont moins de succès pos-* 
sible t]ue partout ailleurs , et si parfois quelque avan-^» 
tdrier se hasarde à sortir' de la route battue , il est bien 
rare que ses propositions ne soient pas repoqssées 
d^abord arec Une défaveur marquée. 

n n'en esti>as dé même en Italie ^ en Angleterre et 
surtout en Allemagne^ où chacun peut impunément 
émettre les rêveries les plus extraordinaires. Si eUes 
ne sont pas reçues comme vraies , eSes sont admises ^ 
du moins , comme disCraictions de Tesprit 5 et d'ailleurs 
là où tout le monde laisse le champ Ubfe à son imagi-i< 
nation , il est prudent de montrer aujourd'hui de l'in-' 
dulgence pour un collègue, quand on prévoit que 



(28) 
^emàici 6â aura là thème fatetir à soBicitèr poui^ %(Sà 
^propres denvres. 

^ Cette liberté ihe kourit beàucôiip ai je la compare a 
Fàllure uniforme dé Pécole française ^ où tàilt de gens 
draignetit de faille ûii pas en avant sa&s ttn cor^ge 
scientifique ^ plusembarirasskaf de jour en jout et déjà 
A considérable ^ que la durée dé la \iô dMnr homme ^ 
qui vent se lancer dans la carrière ^ ne suffit pâd tdti^ 
jours poui^ les apprêts du voyage ^ Cependaiit Tindé-^ 
{tendance iie3 Allemands, doilt j.e parle ^ cette licence 
mémé^ si on veut Tappeler ainsi ^ loin d'^avoii^ élé un 
poibt ^l^arrét potii^ là science ^ a constamment escorté 
de grandes découvertes. Quel pajrs à pluà fait peut 
^histoire naturelle, qiie àtite contrée si pleîiie dé àèv6 
et de génie , si peiîpléè en même temps d^e^prits en* 
thousiastes^ dé cetVeaut échauffés, brûlés peut-4tre 
dans la solitude et la contemplation , et qui laisseilt 
échapper piairfois coihtne par accès leh fantômes lés plus 
l>izarresP D'^atitre part, quel peuple a Jamais offert 
un plus nombrèu^^ et plus curieuit aésëmblàge de gé^ 
nies originaux en tout genre ^ qUe là vielle Angles 
terre, pays clasôîque dé là liberté d^opinion? Cest 
qu'yen Angleterre^ c'feist qu'en Allemagne, domme en 
Italie, îl y à plusieurs centres, plusieurs loyers, plu* 
sieurs écoles enfin , et qu'eu France , il n'y en a vé-* 
ritablemént qu'une seule. Je séi^s assurément bien 
fiiché qu^on crût que je veux ici attaquer la prééini^ 
nence si^ justement aci^ise des honunes qui cbiiipo* 
sent la première Soéiété savante de France. J'observerai 
éeujbmeut que ces hautes réputation» rétames en bloè 

8 



(24) 
lexetçM une mrte dVt^r«ctioa sur toitt \m tips^^ lil 
retiennent âans la même «phère dV(^?Hé^ et «a eiait 
pèchent quelquies-^uns de twre un faem^sai flou 
«échappé jusqne^là aux obieiVatettrik 

h'ir^prtie de la matière est fosée en axiome par lei 
|AiyMdens% Cet axiome.) aoeeplé dans toute wk^féoé^ 
wlité^ a, peut-être dana plmieurs caa^ fi»t irit^ger à 
fort oerttfttei fiorces qjtn^ par leur mulÀpUâtè) doivaest 
cependant jouer nuasi «a râk notable daHa k nature. 
Prenons pour exemple une goutte dWu| \i ieeÉlew 
lie BmsheU à ce sujet. 

c Nous sayow ^ette féeoadlté de vie iMi et «é 
« dévdoppe aussitét qte Teau^ V^ la chaleur et b 

< lumière ise trouvent réunis* Ces élànents ute ftfb 
j[ comlnnés ne se livrent^b |ias à Une activité irvéris* 
« tiUe^ et ne font^ls pas pulluler d'êtres vivmIb la 
€ goutte d'eau dsois le rayon de lumière? 9outeil jfè 
€ tae «uis amusé à ^sm^pendre une -petitô gouHed'^Ki 
« Mff la tète d'une épingle ordUnaire , ^u» je fUq^ 
€ sur ^n morceau de cristal obli^fue , ^^spesé àviiA un 

< microsciïpe solaire. La goutte d'eau éliit in petît^^ 
« iju'au Iteu de suivre le plan iwMsié du inorceau de 
c cristal 1, elle se maintenait dans la pc^ion où je l'avais 
c jetée, et la puissatice de l'instramènt muIti^Kait tel» 
c lement les objets, fu^dle paraissait aVoir douze pieds. 
€ Au moyen d'un miroir |>lacé à cinq pieds de la len* 
€ tille , j'observais tour à tour chacune des portions 
€ infiniment petites de là goutte d'eau* Ainsi agrandie^ 

< elle étiiiit peu[4ée d'ammakules de pluûeurs es* 
4^ pèoes, fkpw li de.pou^ji«squ?à td pouces^ seui^t 



t ta fodlé ètl ^a^issaît ^i nombrèiisé , quil aurait été 
« ihi{>oi5siblé^ dans cette éteiidtte Àe 12 pieds, det>Iàceir 
« li pokilé d'Uii cii'aydti stxt nû seul endroit inoccupé, 
t QdelquefoU je d^apercèvaîs ^luis qu^une taste nappe 
t de petits àîiimaut yiTants qui semblaient éclore tout 
< à coH^, leè uns gtos conlnië la tête d'udé épingle ^ 
k tes antfë^ cofmhé Uftte lentille, taiidis que des ani^ 
€ iîiaux pluï pàtfidts se joUàièut au mlliéU dé Ceà tiou« 
« tëaux iehuÈ. Lcnrsque les habitatitÈ de la gôtilte d^éaîl 
« deveiiaiétit trop nohibréui, Ils ^trmaiënt Viiié masse 
k opeufnè et fnàusmntë^ dont fêtais obl%é d'èiÊiCet 
« une partie poUr obséttei' [dûs facilement les tnou<>'» 
k THnentâ du riesté. Quelle Innombrable iniiititûde 
« d^tres abîmés! Us Vilnènt Sans douté des débriâ 
« d^autri^ animaux jilus petits encore , et que le nii«> 
c croscopè solaire lui^mèmé ne peut saisir, t 

T'ai de k peine à cotlcevoir comment, aptes dé 
^tréHles expéiiencés, les phys^ens peuvent regai^deir 
eetteg<mtte dVaii comme inate. Certes, cette masst 
BptiqvSb et moussante communique &u liquide un moilVé^ 
U&ent incbntestable^ et d'ailleurs h sommé deS forcetf 
ërganiqùes répandues dans la goutte d'èaU né ^èul 
liiaiiqtlei^ d'eiercei* sur les milieux ambisints ttue &i> 
tioâ différente de celle de la Simple atttaetion. 

Je sus bten qu^on me répondra (|ûe le môuVemént 
de Teau éSt dû aUx animidctdeà et ïlbn pas à edtd dé âes 
molécules propres ^ \\x&i par tm moyen quelconque cèl 
animalcules, et le mouvement cessera aussitôt. QiiOH 
qu'il soit peut^tre Meû diffidie dé détriiii'e com|>l&' 
lèment rorganisation dâins le liquidé, fâtcèpté la 



(26) 
proposition entière^ et je suppose <|uc tout passe 
dans la goutte d^eau immédiatement de la vie à la mort. 
Je crois qu'on m'accorclerfi sans peine que, toutes 
ces formes vitales cessant d'agir à la fais, TactioB 
4e la goutte d'eau sur les milieux açibiauts sera mor- 
difiée ^ le bon sens seul l'indique. Mais ce qu'il im-r 
porte d'établir, c'est de reconnaître si les forces vitales 
d'êtres infiniment petits peuvent exercer une influence 
fissez grande pour devenir perceptible à nps sens*, 
ce. dont la faiblesse partielle dé ces forces pourrait 
jbieB fure douter. Or, c'est .ce que J'ai cherché à 
apprécier par les expériences suivantes. 

Je me suis procuré d'abord de l'eau d'un ibssé situé 
lBiu*dessus de l'étang St.^ean près de NaucjT) et dans 
laquelle je savais que nageaient une grande quantité de 
monades , sans compter celles qui , réunies en groupes^ 
paraissaient * comme assoupies , et laissaient de temps 
jcn temps.se détacher quelques^^unes d'entre,«lleff qui 
pe tardaient pas à venir se rejoindre à la masse. Une 
§eule goutte d''eau de deux millimètres de ^amètpei 
contenait plusieurs milliers de monades nageantes. Sup-* 
posons quelle n'en ait contenu qu'un mille. Cette 
çau était renfermée dans uu bocal circulaire d'environ 
un décimètre de diamètre^ il y avait donc dans la 
tranche mince de. cette eau près de deux mille fois 
celle de la goutte d'eau , c'est-à-dire , plus de deux mil- 
Uons de monades. La hauteur de la goutte d eau pou-, 
vaut être appréciée au plus à ^ millimètre, et celle 
de l'eau dans le vase étant égale à uu décimètre et 
demi, il s'ensuit que cette eau contenait 3oo tnmcl^si 



■ (27) 

de dieux millions de monades au moins ^ c'*est-à-dîre ^* 
plus de 600 millions dliabîtants^ agités en tous sens 
et visibles à une simple et forte loupe, sans compter 
ceux qui ne donnaient pas signe de vie r^ sài^s compter 
^rtout ceux bien plus petits et plus nombreux cpie 
le grossisseihent très-rsupérieur du microscope solaire 
de sir Hercbell y aurait fait probablement apercevoir. 

Gela posé, fai adapté au col du bocal un tube re- 
courbé dont une des extrémités, lutée datis le col, ne 
descendait pas jusqu''au liquide , et dont Tautre plon^ 
geait dans un bocal rempli d^eau pure. Il est évident 
que , si Teau renfermée dans le premier bocal s'était" 
comportée d'une manière inerte , les choses auraient" 
dà rester au même état dans les deux vases ^ car ils- 
étaient placés dans les mêmes cîrcontances. Or, voici 
aiu contraire ce qui est arrivé. L'eau pure du second 
vase, tfayant pas tardé k s'élever dans le tube recourbé, 
est venue retomber en gouttelettes dans le vase habité 
par les monades, et cela pebdanf, plusieurs jours, de 
telle sorte que le niveau du liquide y a été sensibler 
ment exhaussé. Il est évident qu^un vide avait été 
Opéré dans le premier bocal, vide que j^aî attribué 
k la nutrition des animalcules qui absorbaient une 
certaine quantité des milieux ambiants. Cependant ^ 
comme on aurait pu dire que Teau du fossé n^était pas 
si saturée d'oxîgène que iWu pure du second bocal, 
et qtf alors il . pouvait arriver qu^elle absorbât Tair de 
la partie supérieure du flacon, j'ai cru convenable dei 
repousser cette objection, en cherchant à constater par 
des expériences "directes ÏÏnfluence des animalcules' 



(28) 
mit Tabsorption 4a liqi^de , d^n^ la pf n$é6 que |e meïU 
}eur moyen de parvenir a^ but était de &ire périr cea 
animalcules , et d'^^tamiper si TabsQrptbn çes^t en, 
même temp$ que leur exisfeuçe. 

J'avais déjà ^cqms précéd^mmeut h çertîtud® q«'ei| 

ters^nt dans le liquide une dîsJH>Iut)OU de sulfate de 

cuivre ) Taction délétère de ce sçl était pcair ^nsi 

dire iustaptaoée et su^p^ndait tout ^ coup le u^-» 

tement des monades. Aussitôt doi^ç que ]\i eu iqtro^ 

duit dans le bpc^tl ^enfermant ^es n^nfides une çeiv^ 

taine quanti^ 4q ^P poison ^ el|^ oiit été tuées ^ et 

Tascensiop du liqiiide sV$t curetée, le n^aurais pas bé^ 

cité à attribuer, eu vertu à^ çetfe expérience, Tabsor* 

ption de Feau pure d^ns le tube h la force vitale des 

monades , dout chacun^ pe^it être considérée comme 

un petit cfîntre d'fibsorptiou, s'il ue m'était pas rçsté 

encore un doute. Je vouliiis Ravoir si Tii^troductipn 

du sulfate d^ cuivre dans le liquida n^ causait pas un 

exhaussement de température j car fJor? cette augmen? 

tatlon de température aurait dû reppusser Tabsprption 

au moins pendant quelque temps. Pour éclaircir cç> 

point , j'ai plongé une des bouleç d'un therni^omètre 

différentiel dans le liquide^ et, après qudques légères 

oscillations, il m'a été impossible de saisir aucune dife 

férence sepsibjç de température. Par çoméqueut , 

je me crois autorisé à admettre que les moi^^des elles-? 

mêmes ont une force d'orgî^nisation assez vive pour 

qu'elle devienne sensible dans le cas qui nous occupe* 

Les mêmes expériences ont été faites sur de l'eau qui 

contenait uqe grande quantité de volvox globuleux^ 



et les résultats, ont été les mÂinès. Diaprés toat ce qae 
je ^ens de dire^ jecondua qoe^ tantes les fois qu^en 
physique il s^agira d'étudier des circonstances où les 
animalcoJIfS a^roiijt p» ^ d)êireIo|^per en Ibije, on 
aurait tort de négliger Taction de ceux-K^ sur les 
milieux ambiants^ c*esjt-à<rdife, ce4e de forces infi^ 
niment petites^ maïs qui^ multipliées par des coeffip- 
cieuts énormes 9 de^envjçmt; dies qpmtités finies. Ainsi, 
par exem^O) dans un état d^atmosphëre kumide et 
^haud, où l*eau, Tair, U^ cl^aleiir et la lumière sont 
en présence, c^est'jlFdifft, oà lentes les Conditions 
éhonçées pair sir Herchell pour le plus grand déve-^ 
leppeincaf dea animlai^ se tPOjUYeni rempKes, 
a^estffl pas- suppo^i^ quHb y foiieni un râle notablei 
et àiffu^ de lV4Mewation des savaata, surtout si Voâ 
frk attention que la {Me, la neige, la grè^ , h$ 
gouttes de rosée et Teau qid s^éviq^re des plf|i|te$ 
icecueillm dans m Tcrre^ ico^tiemeftt dea motéculiia 



ÉTUDES 



DES 



|U€IPIES DEVELOPPËESI 

PAirs L*EA1T, 

. . . y . . . 

WAB, U BdbOL 

• eHABtTftE I. . 

Tai cherché k prpuYor ^ns les Mémoires de PAca^^ 
4éme de Naacy ( 1 834-^83$ 5 jpage 9 ), que Tabnger} 
liçieiit 4e la raçii^e' d^ harîçpt (^Phaseolus compipessus. 
Pe C^ùA*) résulte eu partie du développement ea 
cellules ^esi nomhreiî?^ grains^ <pie Vm\ armé d'un mi-; 
çi:pscppQ distingne ^u. bput de , la, ra^ae. 

Pour cppsolidec cette opinion, fai exanûpé h^. àév 
veloppemen^ des racines 4e plusieurs plante^ bul-« 
beus^^, entr'^uUeS) celui des racines de Toignon 
Gomœiin {^Aîlium C^pa) et du Narcmus Taa^tta. 
Ces plantes, comme chacun ]e sait, pouvant se déve-*^ 
lopper dans Feau , j''ai pressenti que l^alongement des 
racines, vu à travers un vase transparent, serait facile 
à suivre pas à pas, et que ces organes descendants lais-^ 
seraient assister à 1^ naissance des parties incessamment 
nouvelles de la spon^ole , sans que leur étude se trou-^ 
yki compliquée par Talongement des parties âé)à exis- 
tantes, comme cela arrive pour les extrémités ascen- 
fiantes des végétaux. 



0n 

Le vase ifens lequel plosgeaient leis b'ulbes qui ouf 
$eryi aux expériences cuivrâtes était une êàissé de 
verre , à faces parallèles^ et remplie d'eau de fontaine,^ 
■ La manière la plus facile d'examiner les spongioles 
consiste à placer d'abord un oignon conïmùn au-dessus^ 
4e la caisse dont il vient dVtre question et que Ton à 
préalablement remplie d'^eau^ Bientôt les racines se 
développent^ et poijr peu qu'ion- incline lé bulbe, 
de manière que les racines soient pressées contre la face 
de verre tournée vers Fobservateur, les spongioles ve-* 
nant à s'appliquer à la surface interne de là caisse, on 
peut en examiner les derniers détails avec facilité. * 
i II faut prendre pour cela le corps d'nti microscope,' 
Fentourer d'un cylindre detarton, et fixéi» surce àer-i 
nier un assez gros morceau de cire à modeler ^ cette 
cire «sert à attacher le microscope horizontalement sué 
une planchette qu'on approche 4^ la caî^e, de telles 
^orte que le bout du mîero^pope toudie presque la 
£ice de verre de cette caisse. On élève eiisufte et l'on 
d^aisse l'instrumei^t, jusqu'à la hauteur de la ^poni^giolè 
que l'on veut étudier^ au moyeu de feuilles de cartcMCf 
mince* Il ne reste plus qu'à placer l'instrumetit ait 
foyer ^ ce à quoi l'on parvient en tâtonnant av^c Is 
znain^ ou en employant la vis de rappel. > 
y. Upe petite lampe, placée derrière la caisse de verre, 
éclaire suffisamment les spongiples , et pour avoir lé 
plusdf netteté possible dans leb contours , on a soin 
deJa placer à peu près dans le plan vertical qui passe 
par le. rayon visuel dirigé vers la spongiole. î 

; ta. figure i3 (Pl.J) représente le. bout d^uné dérf 



(52) 
«nçiiltt ftm cji^n ordinaire ) do&t phuieufs ndnef 
éiiieiit T^mifft Ml èeyel^^er |ii$^ cpntre la lace èa 

An prw4^ eoiip d^odl^ on Toit, pav TeKamen de 
eellA fipur^% 4®^ choseï; tout à fait distinctes: i.* 
^aas la partie «t^érîenre y des corps CfeUnlair^ alowgés ^ 
ft/ aordesscpi) Wi lo^as confiis de grains orgaiûcfuet, 

JV coamem^ le dessin diaprés natiire de celte 
ft^e) le a8 ytufkyieif i836 ^ à trou Ig^^ures dtt soir. Le 
lrTV^^Tff"*t 1^1 à quatre haires du soiry elle m'offirait 
f a^MBCl ^e fi jindiqué aer«poleusaiient dans la fr? 
giure i4* 9^ r<M| porte les yenx snr la cellule^ de oM^ 
ligpr^) qui coffoçjfKVid à la cellole ^ de la figure i3^ 
om trewr^ra eet^ çel^rie ^ ^nftoorée d^ noaifellee 
e^nlea déyekippées^ les ^!^ a » .io ssq$^ les aatref 
au-desioos de ^ ^ de sorte cpie ces noinrellea çeUnka 
imnentus eoQiv supérieur et i|n fx>Uier inférieur k Jl. 

JVi repria le mèaie jowi h P^ heures du soir, 
Fétude de Tea^tréinité de la iradae^ et f ai pu dôtwguev 
MoefO) aun^ssus de u/, de uo^yeMes cellules néea au 
imtieu dea anrîeiines; le cc^er manieur à ^s^étail 
mieiiii dév^i^, et un autre collier, ^cé pla^ fuMi 
et au niyeea èe C{ûg. i5)^ cenmei^ittt à mputret 
ses celluleS) taudis que de nouvelles ceHules apparais^ 
«aient aiis4 an i;»^ de Fextrànité ^priMniilei^e de la 
q^oièg^de. 

lie lendemau, |t trois heures du soir, fai des6În4 
dVprés nature la figure i6, dans laquelle on ceeon?? 
naît que de uouveaux coUiers de cellules supérieur! 
il îo^kieurs à la cellule ^ à^ h figura i? se sont 



(55) 

encore manifestés ^ à chaque" e!i^érlenee ^ la masce 
tot»k des grains organiques inférieays à A s'était sen^ 
sibiement modifiée ^ angm^itée. 

Il me parait impossible de ne pas admettre ici que 
)e tissu cellulaire nouyeHement foraié à cliaqu» exa^ 
meu, s'eiBt développé de trms matiières. i.** IJne partie 
lie cet alongcment a eu Ueq aa<rdessus de la cellule A 
par Tapparition de nouvelles ceflules ^ an miHeu des 
grains oi^aniqués des espaces intra-cçlli^aires^ 
' a.*^ Le second accroissement du tissu a eu lien au«> 
dessous de la (ïeltple A*^ par l\ippaiâtioii de nouveUes 
pellnlès, an miHeu des grains oi^niques situés au^ 
«dessous de Ai^ 

X,^ Un trofrième acoroi^n^etit a été le vésultat de 
l^ilopgeix^eiit de plusieurs œllules qui existiôent déjà 
à Fépoque du pteimer esLamen. 

Ainsi donc ^ on peut dfare que les gra/nules de là 
spongioh ren^rrwient Us rudiments des now^elles 
fipUules, 

Plusieurs physiologistes aTaient déjii in^qoé le yrén^ 
table rôle de ces grains^ mais M. De GMidole appe^ 

lait encore récemment Inattention des observateurs snip 

■» 

ce point* 

GHAl^ITEE n. 

Tout en obsenraat le» oireeuslauces que fai methm 
âennées dans le premier chapitre , jWais sourent 
r^nx^rqué un mouveinent incontestable dans un eerw 
Itain nombre de grains placés dans la spongiole^ autour 
de laquelle se jouaient des infusobr^d^une plus grande 



(54) 
4ia»eBsibii. ^ etaimnaQt airec . attention ces animal-? 
culeS) je Ie# û presque tous reconnus pour des Pa-} 
ramoedes ovifères (Encydopédié métUodique). Pai 
d^abord cru qu'ils sMtaient développes dans Teau du 
hocÊi , pi qu'*%ttii:é$ pas les sucs de la spongiole ^ ib 
yf^^ai^nt y puiser une nourriture abondante^ mais je 
n'ai pas tardé à douter^ pour plusieurs raisons ^ de 
Vexaetitude de cettct fdéey 

En eSetyces paramœcies ( fig. i3) semblent avoiç 
leur existence liée à celle du végétal. Us arrivent k la 
^poiigi<^ et eu partent înce^ntmment ^ comme des 
abeilles k Yen^lirénâX^ d'une ^che ^ d'antrefiHs, f en aï 
remarqué qui venaient se placer en P entre les grains 
et de nombreux filets qui pendent à la spongiole^ et 
qui, le ieudemain, étuimt définitivement capti&^ de! 
même qu'ion voit souvent des volvox comprimés et. 
prisonniers entre dès filets de ooinlerves. On répondra 
k cela que ces pacamœctes sont morts dans cette po« 
sition^ j'*ai lieu de penser cependant qu'ail nW est pas. 
aiitti: car, il m'est arrivé phiâeurs ùiis de remarquer 
des fils semUables à des fils d^araignée s'échapper des 
spongioles et descendre dans le liquide (parliculiërerf 
ment des spongioles d'un bulbe de Narcissus tazettci^ 
placé sur le marbre phaud d'un POële et baigné dans 
l'eau. Ces fils étaient composés d'une matière gluante^ 
dans laquelle on reconnaissait facilement des tètes de 
vo^ticelles, des filets rompus, avec ou sans boutons,, 
des trachées, des cellules, des grains, et aussi des 
paquets d'utricttles que j'ai d'abord pris pour du tissu; 
c^ulaire, mai^ au^quelsi j'ai bieiH^t recoi^nu un mou*^) 



<$6) 

Vement propre. Ua examen phxs âtte&tif m'^a iÈùàniri 
etisiûte des paramoècies ovifères qui Se détaehaient avec 
peine de ces masses gluantes. Tdtit le paquet niétait 
lui-métne 4{u^une agglomération de ces iniusoires prèsisé^ 
les uns contre les autres et dSfectant Taspect du tisstl 
cellulaire (fig* 17). 

Pai taché alors dé réçonnaitrè. si Ce» atiimalctiIeA 

avaient leur existence véntablement liée k celle ân 

-yégétal^ fai mis pour Cela des bulbes de plusieurs 

espèces de plantes dans des entonnoirs de verre dôùit 

Forifice inférieur plongeait danS Un flacon pleiti d'eau* 

Les bulbes se trouvaient, ainsi k enviroà trois pouceî 

au-*dessus du niveau de Feau^. Les racines rCàht pas 

tardé à paraître et à descendre dans l'entonnoir^ Safi^ 

toutefois toucber TeaU. J'ai étudié les extrémités de ces 

racines^ et, avec le microscope» f aï dîslîtigtié très^fa- 

cilement les mêmes paramoecies qtd èé jouaient da^^s 

une gdutelette d^eau pendue aux spûngiôléS. G^la éfïait 

surtout visible lorsqu'une partie de cette goutte dVfatt 

s'était dérobée contre la patci intérieure de Fenttin^ 

noir. On ne peut pais supposer ici que ces animale 

eules se soient transportés de la surface du liquide )u$^ 

qu'aux spongioles ^ il me semble plus naturel de penseï* 

que leurs germes appartenaient au végétal lui«^mème. 

Cependant on pourrait encore dire que ces germes ont 

été portés par Févaporation jusqu^à la rsldne^ aussi 

ai^je cherché à étudier ces infiisoires avec le plus d'nl" 

tjéntion que j'ai pu , aiasi que leur manière d'être s^xit 

extrémités des racines. ' 

. S.j en a qui sont imoaobiles) d'autres qui ne font^ 



pùut 9âûA âtre , ^"^asdller sâr èoi&i*mèiiieÉ; Ptk éB 
ces derniers, oti e& voit qili $e ttatsent pémblement) 
tandis que d'aàtces paramoedes s^agiteiit arec un^ 
grande vitesse ly eu mâidféstant deè mouvements trés^ 
vifs d'avance et de recul, ou de roti^n. En étndimt 
ces deiifiiers avec attention^ fai été fort étonné d^eit 
reinalrcpier^ comme je Fai déjà dit, posant de cette vitf 
active à uU repos parfait. . 

Soit en efiet (fig. i8) tm premier animalcide a 
venant se potoi' contre la radne dW <Mgnon conmioii ^ 
fai vu mainte et mainte fois un second animalcide h 
se poser contre le premiei^^ et se soudàr bout à boni 
avec lui. Plus tard^ j'ai vu ce dernier accoucher d'cid 
ou de plusieurs granules* Quekjuefois un gros ûtriculo 
sortait aussi de riitricule b et élangeait Je cdmmeUce^ 
ment du filet confervoïde oi^ En continuant Texamen 
de la racine , j'ai pu assister à k formiition de la ooih 
férve ou du ccdlier cdf^ par la jonction bout à bout 
d'uU plus grand nombre de parantoek^, et j^i été 
ainsi conduit à f econmâtre qUè tsrus les toUers dont 
j'ai déjà parlé, et qui par leàrs formaiitfns suceesstvea 
constituaient la sui&œ de la spoi^le, avaient la mémm 
origiae. Les infusdirei ainsi réuais en chapelet dounenl 
donc naissance à des oscillatoires semblable» à celles qu« 
jW décrites dans le presmer^mémoire. 

Si Ton examine les spougioles d'une radUe qui s^eil 
développée hors de l'eau , l'ettréme transparence Aê 
ces spongioles permet encore mieux d'en étudier la 
construction^ et si on vient à les ploNsger dans l'eau, 
on voit aussitôt des animidcnlss , et prindfaiemcnt dea 
paramcecies, qui se mettent à nager* 



<5^) 

B ne faut pas croire qne ces anSmaio:^ lûêlil Idééi 
k ttéme grosseiHr^ il en est enccNte ici comitue dam 
les oscillatoires^ oà tes grindes {Hrodnètonrs te par^ 
tièiment pas tons «li inoème degré de dévélop^^ntenté 
lie àegré de teilipératare où îk vivent ti^t à la Ml et 
siir leur taille et ^r l«ir ënei^e de )oce«É)»ttott^ tar^ 
lorsque le bocal dans lequel plongeaient les blilbes élaH 
placé sul: le marbre chaud d^Un poêle ^ les anintalciilei 
manifestant une grande sc^me de 1^^ et loxatqtTaa 
printemps )\ii cessé dWtreCenir àti feli dims lan&à 
cabiÏEiet) le nombre de ceux qm ciroolaiettt nutour déi 
apoBgioles a beaucoup dirailMié^ et méme^ dk» osp^ 
tains cas^ j^anrais pn denter de tout œ que favnis vn 
précédemment) car toat monvement avait ^Hi^para^ 
nMs une dissectioa tamptdense de la spongiole inVi 
touftnurs fait alors reti^nver les mêmes individus^ 
Ponr bien ejtéouter cette dissection (fig. 19) <, je eoiqpe 
kiqpiongiole eli deux parties^) avec nn rasoir ^nt la 
lame passe par Taxe de la racine^ |é |^ee une des 
Éooitiés entre deux verres ail milten d^une ifoetttè d^^tl 
pure et j^aplatis le fragment dtt végétal ent^ «es deum 
plaques. Tout est ainsi ramené au même plan ^ et lei 
granïdes domieirt eiseote alois dtes ngnes de tocomo^ 
tîon^ 

Aux points a^ b^ c de ia figure t^, oh v^t ^ 
paramœcies à Tétat libre ^ d^autres accouplés 1^ d} 
ailleurs on y voit des filets de ces animalcules e^f^^ 
âcconptés en nénlai^reS ai^ quVn A^ i, h) d^aiiHes 
ttimalcttleB ouverts l, m et répandant leurs grains ave^ 
Msanspédiecîles^ <^fipe eda , ony dtstingne des dkn^ 



(M) 

de vc^rticelleà avec leurs filets^ comme eu h^- a^ p) ei 
une cloche libre : sans support en q}'de nombnfui^ 
filaments confervoïdes sortent dans tous les sens tle 
Pextrémité de la racine. Je ferai encore remaricpier les 
dodies r ^ s^ tj qui sdnt emboîtées Tune dans Fau-f 
tre ^ enfin des grains nombreux sortent psir le lieu de 
jonction des utricûles réunis en cooferves j comme en 

Pour ^oler ces divers organes ^ il est bon dé presser 
les yerres entre ses doigts^ sous lé microscope méme^ 
et de leur donner ainsi de petites secousses qui les 
séparent les uns des autires. Mais & Ùljxï dire' que 5 
dans les racines d'aune même plante^ on est loin dé 
retrouver toujours les mêmes dtconstances: ainsi ^ fat 
vu dés utricules qui renfermaient un gros grain inté^ 
teneur^ dans d^autres ^ ce grain était encore plus déve-* 
foppé^ et remplissait toute la cavité de Tutriculè mère; 
d^autres utricules laissaient apercevoir dans leur ioté^ 
rieur des filets téurnés en hélice^ comme dans les con-^. 
ferves à: spirales granuleuses 5 d^autres aiissi montraient 
sur le bord de leur ouverture de petites vorticelles^ 
comme nous vèti avons décrit dans le premier mé-^ 
moire^'ét.de là {liartaient .^idaos ,dWtres cas'^ dés tré^ 
melles tournées en hélices les unes autour des autres/ 
Dans les espaces intra-6ellûlaires ^ dn pouvait voiraVec 
netteté des filets semblables à ceux dont je viens de 
parler. 

. La figui'e â.o Représente rextrémité dVne radne diet 
JN^arcissus tazetta développée dans FeaUé On y voit i)n, 
lirès-grand ponabre À€ jdoQ]ii«§ de yortîcdle& avecjéMJP* 



(39) 

fiiéts en ^e^boutre^ et j'af constaté que les grains 
organiques de laspongiole finissaient par enTahtr jivt^ 
sieurs de ces doches qui devenaient partie du. végétal. 

Dans la figuré sti ^ on voit un fragment dei la sfoni* 
gicle dWe radne d^un Cdrepc ^ dans céfiragmënt, dei 
spirales granuleuses soridiit de deux utricul^. 

La figuré 22 représenté Textréitiité d^ùne racine dé 
})omme dé terre. ËUe offre des pàramœcieS libres où 
aécou^léâ^ des dodies avec ou sans pédicelles, et 
une autre espèce d^animalcule du genre des paramoe- 
cies^ mais àpptocbant plus de la forme ovoïde que 
les paramœcies ovifères. Ces infuscdrés bnt^ dbmnie les 
autres ^ la faculté de se réunir en chapelet ^ et offirent 
de plus liue ressemblance frappante avec les grains 
d^amidon des tubercules. Si )e ne les avaê paé vus 
s'*agiter à la spongiole ^ je les aurais confondus avec ces 
dernier»^ ils me paraissent idànfîyueà avéd céux^is 
i Tdl^ réiicdntré les mémeé faits réunis où séparés 
^ns les radnes de Tépicéa^ dans celles dé la lentille 
d^eau^ dans les Càrex^ dans lé Myosotis paUutrisj 
dans là J^etonka bécabunga^ etcj 

J[ies animalcule^ dont il vient d'hêtre question exi»^* 
tent encore aux spongioles ^ l6rs même que celles^ 
ne sont pas jtldngées dans, Tedu^ et qu^dles se sdnt seu* 
iement dévelopj^ées dans la terre humide; Pour s^en 
lionvaincre^ il su£lSé de. placer dans Féau une radné 
extraite de terre avec beaucoup de précautions^ on y 
voû aussitôt apparaître quélqnes-iios des infusoires que 
fai signalés y et qiû sont aussi contèiiiis dans la terr» 
Végétale humides ^ 

9 



(W) 
Je teromierai ce chapitre par la désctipiioii à\itk 
ergane qiie f ai souvent remarqué eu dedans et en 
dekois clés racines (fig. a3 et 24)* B^^agit dNine espèce 
de ruban compose de paramœcies soudés ensemble^ 
très*50u\eut ces rubans sonttouraiés sur eux^^mèmes^ de 
manière à constituerun véritable tidie. 

GHAPITAE ni. 

n est possible de résumer en peu de mots les té^ 
sultats des expériences précédentes. 

1/ Aux spongiples des plantes étudiées dans It 
présent mémoire séjournent diverses sortes d^ioâi^ 
soires. Ces infusoires jouissent de la propriété de 
constituer des conferves oscillatoires ^posées en col* 
lier autour du bout de la racine. 

a.* Tantôt) ces oscillatoires sont droites, tantfti 
elles sont tournées eu hélice^ d'autres fi»s ces filets 
confervdïdes sont associés en rubaUs ou en cordes plus 
ou moins tonlues sur eux-mêmes. 

3/ Les animalcules ainsi associés contiennent êM 
granules reproducteurs dont ils accoucheût k une cer^ 
laine époque de leur existence^ Ces accouchements 
ont lieu par la ligne de jonction des ammalcvdes ou 
par rextrémité des conferves. 

4/ Souvent les utrioules renferment des spindes 
granuleuses, comme cela arrive pour les conjaguées k 



Ici se présente une question importante. Les asso-^ 
dations confervcïdes dont je viens de parler sont-elles 
simplement une production parasite tenant k la spon^ 



( w ) 

gîoîe, ou la#n fboi^es partie îd^4p#¥ 4U'Vi^Ul ^ 
aVt-à«dire, les^rangées de cellules dopt le tissu végéta\ 
9e compose sont-elles coustitMé^com^e, les néo^ 
zoaires dont je viens de parler ? 

Je suis peESiiadé qu'il faut r^pondre^, çui^ à la se- 
conde question, ou^.euifl'autres termes, que les cojo» 
ches intérieures d$x v^ital ont la mép^e^cQnstîtutî/i^A 
que les cou^b^ conoentrîques ^xtérieur^ dela.sppn* 
pôle. Je: crois en avoir.acquis K^rcrtitude^par la dis-t 
sectiou^eurplaçmt des.JaoQ^norâccis.derlàrraçioe entre 
deu^iverre5,4iu milieu d'uae,gû^tte'/11^9^^ à, mesure 
qu'ouVéklgDe de la «spongide , les, |itriç\il^.) :,plus aa^ 
dénuement uivs '#n conferva^, lpr^^9U2ent inseusibler 
ndent ,1a forme des cases des confecves ^ ordinaires. Ge-> 
pendant, il R^estsouvei^t^rîvé de retrouver despa- 
f amceeîes , des vorticdles, etc., dans Imtérieur. même 
ies .tissps, aux endroits où il exîst^tjime k^ime , dan^ 
laquelle les ajoimalcules non comprimés conservaient 
leurs formes patur^les. Je lesf ai reconnus dans une 
foule: de plantes qn^il .ferait trop long d'^umérer, soit 
dans la racine^ soit dausles tiges et, plus^par^ulière*- 
ment dans les parties supérieures. Âin^i, par exempleji 
f ai pris une branche de Corchorus} je rrai^plop^gée à 
moitié dans Feau, de |elle<sorte quW certaJMi^ombre 
de ses bourgeons étaient immergés, ten^ que les 
jgutres étaient exposés àTeir. .Les boui^^om.immergéi 
je «ont un peu dévdj^ppés, et c^eintour d'eux ^ partent 
ilenrrextràBÎté, ent^^pparu/^ filaments l^laaelbatres 
itràsrlégers qu'on fauraitipu. prendre pour delà moisis*» 
jmrn. J'ai placé uxm le nncroacope le ^plus petilt de . ces 
AMUtfgeoiiSiaa mlienjl'iiiie goutte dlew, «t^ j'y ai vu 



(43) 

amntAt une mtdtitiide innombrablt dé trémelièst ia^^^ 
finîment petites et dt paramoedes d^'ane exiguïté ex«^ 
trètne. Tout se passait là comme à la racine des plantes 
que fai citées préeédèmmentw 
' Quant aux boui^eons placés hôrt de Féau ^ ils nWf 
pas t&rdé h pi^uire des feuilles très^cmgées^ et 
dont les dents étaient tertmiiées, les onés par des tré-^ 
mettes nitt]ples^ les autreâ pai' des trétoelies ccnistkuées 
en hélice comme des élatères^ on y Toyait aussi de* 
mbâBds eompoêés de! pinceurs tràaidto ténmes. 

Geâ expérience^ m^ont &it pénseï^ c(ne les filaments 
cotonneux tj^on trouvé dam certains bourgeons de-^ 
iraient avoir beaocoiip dé ra^p6rt avec toutes les os-' 
eiUatoires composées de paramoëcies où d^autrés aniiàal!-< 
cnles k la spongicAe. Ayant examiné ceux du maronldeE' 
dinde (^Hippocastanuni)^ j^ai eu le plaisir de vérifiet 
mes prévisions: fai reconnu des oscillatoires plates 
composées de parâmoéde^^ et qui étaient en fraïn dé 
lancet leurs graiicde^ reproducteurs par leurs extré^ 
mités et pser les l%nes de jonction des utricnl® ^ cer« 
tains de ces filets étaient réunis entre eut et donnaient 
lieu è un gros vaisseau (fig. aS et 26 )é 
' Enfin au miHeu de ces filametitsf^ j^ài rencontré un 
jeune tissu cellukiré qui mV paru entiër^Uent ûoniposé 
de patamceeies dont k fotnïe primitive était très-pea 
altérée* J^ai imaginé alors dUnfnser dans de Teau un 
paquet dé éé jeune tissti^ espérant donner ainsi rocca* 
sion aux trés-^ennes granules dé se mouvoir et de se 
développer eu paramœeiesT de lai même forme que celle 
des utricnlej fies filaments. Or^ le dixième )our^ tout 
ce que j^espârai^ s'est montré comoMf je lé tupposaii 



pi les anSmalcoles n-oi^t pas tardé à se montFer^ les 
uns séparés du paqi^et^ les autres y teaant encore eu 
ff^agitant^ et à se /cpnstitiier fm coQferves i46i^tic[ues k 
celles <M ^^ments potonneux. Cette i^xp^ri^uce fadla 
k répéter me parait copcluante. 

D'^après iout ce que j'ai e;qx>sé9 j^ai été tcMit natUFjel*» 
Jement amené à regarder )es granules des i^tricules des 
¥%étaui^ CQmme ,des animalcule^ identiques à peux de 
la spQi^ole\)' let les rangéfss du jdssu cellulaire comme 
des çQi^erYes engendrée^ p^r }a ré^inion eu uémarr 
zoàires de ces jMiima)çu}e9^ 

Que^ que puisse être Péloignement de I^^auconp 
4e personnes pour Fadoptîon de pareilles idées ^ j^ob- 
serverai que tout ce que je dis avoir vu coïncide d^uue 
mai^ii^re remarquables avec |^opinion de pbysiqlqgi^les 
célèbrest 

M. de Hflrbel, dont les derniers travaux cmt pfOir 
duittant de sensation dans le monde savant^ s'exprime 
ainsi à pe sujet : € Les granules prennent-ils rai^ pami 
c les anima^^ on parmi les productions végétales? 
Il Gl^cben et M. Ad* Brongniart affirment qu^il ya 
« sppntanéité dans leurs mouvements et que par consé* 
« quent ce sont des animaux. Beauconp de faits dé-» 
c posent en fayeur de cette opinion , que je cop^dèrei 
4 non pa«» comme rigoureusement d^antrée^ mais 
€ pomme tr^srprobahlé^ » 

M. de AIiri>el a décrit aussi les mouvements des 
granules du pollen; < Ces mouvements, ditr*il^ sont 
«vifs, brnsques^ papricieux^ Si, dans leurs courses 
€ vagabondes, ils viennent à se rencontrer, ils se rap- 
< prochent ou s^éloigneut souvent k plusieurs reprises 



(kk) 

€ le« mis dès attires , comme potir se harceler, s^évitcv 
«ou se rétmît ; lorsque riimVwi nia pas^ Heu*, ils se 
t portent tout à^ coup d^Uh atttm^ côté^ J^ain)u des 
^ alliances de deux, die tf^éù^, de qmtre granulep 
€ ou if un plus grand nombre: Dëu%,i tioîs, quatre 
r granulés réunis se meurent à peu près comme un 
c seul. Je n'oserais dire que de nombreux granules 

< liés ensemble se meuTent aussi ea <$Qmmun^ maÎ9 
€ jusqu^à ce que des observations réitérées mWenl^ 
r convaincu du contraire, f admettrai que, dan» cer 

< grandes associations, les granules placés de telle ma-r 
€ dière quils ne tiennent les uns aux antres que par 
c un point , ne sont pas tout à Eut privés de mouve- 
4 ment. > 

Ainsi, M; Aé MrbeV a déjà «ignalé dëS' assocIa«r 
tions de granules les uns au bout des autres, et iV 
est évident que je n^ai* pas cKt^utre* chose , lorsque fai 
aimoncé que les animalcules^ granuleux s^onganisaient 
en conferves. Toute la différence , c'est que je crois 
avoir reeonnu une loi générale pour presque tous les 
infusoires que j -ai pu examiner aux spongioles. Je m^étais* 
d^ml|éurs placé dans des circonstances trè6«-&vora-r 
blés , puisque ce^ animalcules , plongés dans Teau- qui 
efitourait les racines, y jouissaient naturelienieitt de^ 
toutes leurs fiicultés de locomotion et d'acoopplement, 

n y a encore un autre point important pour lequel 
je me sens fortement soutenu par Fappui que me 
prêtent les recherches si précises du même physiolo- 
giste sur les trachées» Je vais encore citer textuelle^^ 
ment un passage de cet auteur. A propos des utricules 
du Marchanda il s'exprime ainsi : 



(45) 

f Les ntricides alongées en tubes ne différaient d^a«- 
c bord des' autres utricules qœ par la forme:; elles 
€ avaient donc une paroi membraneuse , mince ^ unie, 
€ diaphane ) entièrement incolore. Mais elles ne tar* 
f dèrent pas à s^épaissir^ à perdre de leur transparence ^ 
f et elles se marquèrent de stries parallèles très-^rap- 

< prochées et tracées en hélice. Puis elles grandirent ^ 
€ et leurs stries devinrent des fentes qui découpèrent 

< d^uii bout a Fautre la paroi de chacune eu deux 
€ filets ) et les circonvolutions s^écartèrent^ imitant les 
ç circonvolutions dVn tire-rbourre. > 

Si Ton veut jeter les yeux sur la figure 21 , on se 
rappellera les cellules ren^plies d^hélices granuleuses^ 
fst aussi les tire-bourres sortant ^es utricules. Je crois 
que ces tires^bourres intérieurs correspondent parfais 
tement aux élatères de M* de Mirbel et aux trachées de 
M. Slack ; et je pense que dans certains cas ces organes 
se forment aussi en dehors des utricules par des associa- 
tions de filets confervoïdes ^ tournés les uns autour des 
autres dans les espaces intrarcellulaires (i). 

Je prends donq la libmrté d^app'elee Tattention des 
phyàologistes sur les racines des plantes développées 
âans Peau^ persuadé que Textrème transparence des 
organes leur permettra de constater les principaux des 
faits que favanùe, de corriger les erreurs que fai pu 
commettre^ et d''acquérir de nouvelles preuves de 
Tanimalité des granules des végétaux. 

(i) Les filets (|ui tapissent Pintérieur du melon laissent fadlement 
Yoir Torganisation des trachëes. 



GNJPHJUVM mÇLECTUM, 

!f QUVEliLE espèce; 

911 GROUPE PES FIP4GI1\ÉES <^ 

AVEC DES OBSERVATIONS 

fV^ LÇS ÀVT^ ^PÈCES fR4.IîÇAISpS DE CE GRÔUP|, 

QNAfHJiJUM {Qglifa) neglectum Nob. 

( Vôjrez la Plapçhe \l). 

Çr. sericeorçanesçens }^ cauk ramosojuhdichotoniQ^)^ 
foliis lineari-lanceolatis acutîs^ terminalibus fasçicun 
liais Jiores superantib\is y gl^m^rulis ^-Srjloris axih 
laribus terminalibusque y Jhrihm ovoideis ^ ajithodii 
sauamis apice glabris/iiscis*^ 

Racine annuelle, T%e atteignant fusquVi 7 ou 8 
poucfes de hauteur^ couv^te^ ainsi que les feuilles, de 
long^ poils couchés, blancs, mais qui laissent aperce^ 
voir le yert pçip dessous. Feuilles de 12 |i i4 lignes de 
longueur, sur une largeur 4^ne ligne au moins. An- 
tipodes longEi d'un peu plus d\uie ligne, à écaiUes nues 
dans leur tiers supérieur et colorées vers leur extrémité 
en un jaune oranger qui passe au brun 5 ils sont réunis 
par petits paquets, où Tun dWx est ordinairement 
porté sur un court pédicelle. Semences ov^çs alopgées , 



(47) 

i>niV^àjtri8S et munies d'^espace pn espace àe petites par- 
eilles blaoches (i). 

. Celte nouvelle je$pèce est nu OgUfa de Cassiaii) 
ç'*estrà^dîre q|ie, çopame le G. arvense^ elle a lef 
antipodes oyal^ pu çooiques, et aon pyramidaux et à 
5 côtes bjea marquées (a), comme dans les Logfia 
( G. mpntanuifi et gallicum)^ ni réunies en gros pa- 
fpjels hqçîçsës de ppint^, comme dans les Gifola (3) 
( G. ^ gçrmaniçum ). Elle ^ tout à fai^ le port du 
Q, gallwum; mais elle en diffère par la fo^ri^e deç 
anthodes^ parla largeur, des feuilles^ parla forme et la 
cpuleur des ^am^s de Tinvolucre, dont Textrémité 
brune forme ^ par leur rapproc^iement^ un petit collier 
|rès-r^pi^qual>lpi) qiie d/épassent ykx\ peu les aigrettes 
dans la fleur développée (4). Ce dernier caractère et la 



(i) Les semences sont à pea de chose prés semblables dans Ic^ 
p. aruense, montt^num et germaniçum. Celles du G. s/luatiçum, et 
probablement de beaucoup d^antfes , i^'^cn djfîereiit guéres. 

(3) Ces côtes s*e£fhcent presqu*entiërement dans la pre'pa ration 
des échantillons ponr Therbier. Mais la petitesse des feuilles et des 
a^thodes, f% sur^qut V^^tréi^i^Q j^ui^e des squ^es derinvoliicre, 
distinguent facilement le montanum de Varvense, 

(3) Les noms de ces trois genres, e'tablis par Cassînî dans son 
]Bxamep an^lyticpie du genfc Fiftt^o dç fjinné (6nllet« ^es Se, de la 
^oc. philom., sept. 1819^ p. i4i )) spnt, compe on sait^ des ana- 
grammes du piot Filago* MM» Bluff et Fipgerhvit ( ÇompeiuL Jlor» 
f^erpt, ) l^s ont reipplfices par les ipots : Achariterwm^ Xerotium (et 
non Herotium , comme |e yent Lessipg, ÇompoSf 333 et 4^7 } pt 
Impia. 

44) H 7 SI aussi ^n pe^ de brun fi I9 pointe des écailles du G» galh*- 
eumj mai», outre que ce caractère y est bien moins marque, la forn^e 



(48) 

petitesse des antbodes, outre le poct, la séparent saffl^ 
samment de Tespèce la plus voisine, le G. ars^eme^ 
qui, comme on sait, a toute la surface et surfont les 
paquets de fleurs oouyerts eiitièreqoeBt d\iii duvet co« 
toneux très-abondant. La forme des anthodes et des 
feuilles, les fiMSoeaux de feuilles qui surpassent les glo- 
mérales terminales, distinguent au premier coup d'^œil 
le G. neglectum du G. monUmum, Enfin il est im- 
possible de le confondre avec le G. germanicum y parce 
que les glomérules sont paucifk^res , que les écaîUes ^e 
Fantbode ne sont pas aristées, etc. , etc. 

Le G. neghctum difl^re beaucoup pltis de Varv^nse 
que le gailicwn du montcmum. 

Tdi trouvé cette plante en pleines fleurs, au mois 
de septembre i834, dans leç cbaiiip&, à Badpnviller 
(Meurthe), sur le terrain de grès bigarré (i), où 
croissaient aussi les Q. ger^nqnicumjf mqntanun^ et 
galticum (a). 

Si une espèce aussi remarquable a échappé jusqu'haut 
jourd-hui à Fattention des observateurs, cela tient sans 
doute aux difficultés que présente Fétude de ce genre. 
Ahis», par exemple , les botanistes ne s^entendent pas 



pyramidale de la fleur de celui-cî, fonne qai se conserve dans toate$ 
les périodes de sa croissance, et les autres caractères donnes^ no 
permettent pas de le confondre avec la nonvelle espèce. 

(i) Je viens de la retrouver dans la même localité, le a3 août 
dernier ( i83(J); mais un peu trop avancée. 

(a) Le G. aruense, commun aux environs de Nancy, surtout sur 
ralluyion qui courre le lias , ne parait pas crottre sur les terrains de 
^ès, ni bigarré, ni yosgien, de notre Déparlcment. 



bien sur les G. an^nse et montaman de Liane (i). 
n ne paraîtra peut-^tre pas déplacé de rechercher ici 
laquelle des trois opinions est lameflleure , ou celle que 
j^ai adoptée et qui est celle de Poliioh^ Scopoli^ La«* 
marck, Villars, WiUa«now,-De Candolle^ Persoon, 
Gmelin ^ Cassini , Spenner^ Sprengel ^ Duby ^ Loneleur, 
6audin<^ ou celle de Smith (suivie pat Pries et par 
Wallroth), qui veut que notve G. morUanunv soit 
«ne nouvelle espèce qull nomme G. minùnufnj ou 
enfin celle de Wahlenberg et de Refehenbtfch ^ qui 
pensent que notue G. arvense &k le montanum de 
Isinné, et réciproquement* 

Que Ton consulte les ouimges de Linné (les deux édi-' 
lions de son Flotamecita, la première et Iff deuxième 
de son SpedcsjAantarum)^^ et ilsemblera qu^il ne puisse 
y avoir aucun dbuCe: les expresàons^/fonéa^ ^romiV 
datù de la phrase dc^ Linné ^^ZûV breçissimis de celle 
de Haller, les épithètes minns et minimum des s;f no«* 
n jmes de Bauhin et de Lebel ^ ne pouvant convenir 
qu^au Ijogfia de €!assini ou notre G. montsmum^ 
tandis que les motb incanor'tomentosa de Vaillant ne 
peuvent regarder que YOglifao^ notre G. ar^énse (2) . 



(i) Je me sers toujoiirs du nom générique de GnaphaHam jpsmt le» 
^péces de Linné , quoiqu^il Tie 1^ ait appelées ainsi que dans les pre- 
mières éditions de son Flora et de son Species, et que, dans les se- 
condes, il les nomme Filagoj j^ai seulement voulu éviter la confu-^ 
3ion et les répétitions. 

(a) J'observe, à propos de ce synonyme,, qu^au lieu de VaHlant^ 
acu 1719^ p, 391, Linné aurait dur écrire/». 396, et que pour le 
synonyme du même auteur « Filago breviangustoquefofioerecta >, 



(80) 

Qo^incl il n^y aurait que le npm spécifique moTUanum 
et YHabUat in ^iitulosis mantosis^ ce serait assez pou? 
désigner. la pfreipîère espèce^ qui, dans.notre départe^ 
meut di^ f^oips, atteint les parties les plus élevées^ 
commet le grès bigarré fX le grès Tospen , où fie se 
VQ\\ pas Tor^'er^f . ' 

Te)lQ ^vait été la n^au^re 4fS voir de Pollich, Sco^ 
poli, Lamarck^ YiUars, lorsque Sunth publia son 
Fhra Britannica (i8po), ouvrage qui a rendu à^irn^ 
fnenses services' k la botanique ^, mais qui, dans cett^ 
occasion, a été la source de plus d^une erreur. Killus^ 
tre anglais y dé<4are qu^il ^e ponna^t pas le G. arr^ 
ifensBy qui manque dans l^erbier de Linné ^ ^t {] déorjf 
nptre Q^mpptc^[^miwxQ& le nom de G. minimum (i)^ 
parce que, dit^il, le yéritable. ff^ntanum de Linné 
en difier^ ^ magnipjtdiney imprimi$, foliotuni e% flc^^ 
rwny duplo majori^ totaque herba^ et prœcipu^ 
sqttamis çafycinis, f<^^ fnagi^ lanatis^ etc. » Cest 
caractériser parfaitement isn peu de mots |iotre G^ 
aryense. Ç^^t donc un édiautillon de cette deriuëre 
plante <[uî est dans Therbier de Linné sous le nom 
de (r. mQntanums V^^ nWr.ce pas upe erreur de 



tppliqtef^, dans les deux éditions dn Fiora suectca,Bu G.montanum, 
ma^iê supprini^ di^ns le Species, au Keu de yaUL, act, i'jiS,pf 393, 
il£Eillait 1719» p* 997* 

(i) D^jt, en 1786, Lamarck avait Touln, dans fEncycIopëdie 
mëthodique (II. 4^)? distinguer le G» minimum de Lobel comme 
variété du G. montanum. Je possède la plante quUl y décrit, et, en 
conscience, je ne puis la r^arder que comme ooe des nombreuses 
formes du G. montanum. 



âéiei^iiation (i) ^ on plutôt une transpoôtio» d^ëdiai^ 
tuions ;, telle qu^on pourrait eu citer d^'autres iexem^ 
pies (2)^ et qui s^expliquerait facilement par la^pcéci*' 
pitation aved laquellef cet herbier célèbre a dû être 
emballé^ alorsl qUé Smith Tacheta et Tenleya fiiTtiVe-" 
Èaent^ malgré la défense du roi de Suèdef^ , 

Néanmoins^ Paàsc^rtion de Smith à paru sans répli-^ 
. ^é à Fries ^ qui , dans ses Novitiœ Jlorœ sueciàœ y Fa 
corird^rée eolcore en faisant remarier que Linné 
( Flora suecica ) indique ^ pour loodité de son G. màn^ 
tanum^ Upsal, où il parait qu^on ne trouve pas la 
plante à laquelle nous donnons ce nom et qu'ail nomme 
Fiîago minima diaprés Smith ^ mais bien notre Gw 
ûryensé k tige pressé simple^ dont il fait le tjpe de 
ion F. montàHaj en y joigtiant comme var. b, le yé^ 
titable G. arvense de Linné à tige plus rameuse. 

Je conclus de tout ce qui précède qué^ de Faveil 
même dé Fries ^ notre G^ ar^vense est bien Tespèce 
iinnéenne^ Reste à ^Toir si le Gj mantaHiufi h. est 
la plante décrite par Smith soiis le nom de G. nUtii-^ 
tnum) ou si ce n^est qu^ilne variété de Vetri^erise, Deux 
ifortes raisons ^ dont nous vendus dé parler, pourraient 
faire pencher vers cette dernière opinion : i / la localité 
d^tlpsal ^ 2/ l^erbler dé Linné. Mais la première nW 



(i) Pai dëjà dit quVn àea principaux caractères qui sépare ié 
G, montanum de Varvense, les côtes de ranthode ^ s^efiace par b 
dtissication^ 

(a) Ainsi il y a eu ëyidemment nue permutation dVtiquettes dan» 
tlierbier de Linné , entre Ict Cerastium vulgatum el vifùosumt 



(82) 

^^ane prewe n^gatife ^ et k seconde peut être lé 
prodak d'une erreiur. D'alllears j'oppose à ces témoî-- 
gnages 'Farticle Filago montana de la deuxième édi- 
tion du Flora suecica (dont il faut peut^tre exclure 
k localité?)^ où Feiqpression pyramidati appliquée 
aux fleurs et tous les synonymes ne permettent pas 
de douter que cette pknte ne soit le G. minimum 
de Smith et par conséquent «notre G.^montanmri (i)« 
Willdenow , De CandoUe , Peraoon , ^Sprengel , Duby , 
Loisdeur^ ont donc kit un double emploi ^en'décri*-^ 
Tant les G. montanum et minimum comme deux es** 
pèces différentes; c'est aussi Tai^is de M. Gay (Notke 
sur Endress, p. a8). 

Quant au sentiment de WaUenbterg-et de Rei-» 
dieubach^ il ne me parait pas toutenable. 

Un tableau synoptique résumera ce que nous venons 
de dire rekirrement à la détermination que nous avons 
adoptée pour nos Gnaphalium du groupedes fikgfaiées. 
Anthodes réunis en petits paquets 

peu serrés et sans pointes.. 3 
▲ntbodes réunis en gros paquets 

(8 à 10) hérissés de pointes 

{^Qifola Cass. , Impia Bluff et 

Fidgerh*) > G*germanicamlj,(2). 

(i) Linné, dans la première édilion dtiil*îter«i sueeiea, arait dit^ 
il est vrai, du G. arvense: « Forte hœc prœcedentis ( G. montani) 
varietas ? » Mais cette phrase , qti^il a supprimée dans sa seconde 
édition et cnj^W. n'a pas répétée dans le Species, est précisément pour 
moi la preuve quW examen plus approfondi lui avait démontré des 
différences suffisantes entre ces deux plantes* 

(a) Le G. p/ramidatum , que je ne connai&pas, et qui, selon 
Linné, deyrait difiérer du germanicum par ses fleurs pentagones et 



(S$) 

Ànlliodes ovales , coniques ou à an- 
gles peu prononces ( OgUfa Cass. ^ 
Achariterium Bkiff et Fing.). . S 
Anthodes pyramidaux ou à ^ côtes 
très-prononcées ( Losfia Cass. , 
Xerotium Bluff et Fing.), ... 4 
Anthodes tout couverts d^un coton 
blanc très-abondant^ non sur- 
montés par les feuilles 6. or^ense X»* 

% l Antkodes dont les écailles sont nues 
et colorées au sommet, feuilles 
beaucoup "phis longues que les 

glomérules *....... G, neglectumUiOé 

/ Feuilles beaucoup plus longues que 

1 les glomérules G. gaïUcum L. 

j Anthodes non surmontés par les 

\ feuilles ^ G, montanum L. 

3''ai laissé ma plante parmi les Gnaphalium^ quoi- 
que Pries ait prouvé^ par la découverte d''un învolucre 
double dont ^extérieur est à 5 écailles^ que Linné 
avait eu raison de séparer des Gnaphalium les plantes 



non arrondies , ses feuilles obtuses et non pointues , et son ooton 
blanc , ne mé parait, connue à Gaudin et à d''autres botanistes, qu^une 
variété de la dernière espèce. D^abord, comme le remarque très-bien 
Brotero ( FL lusit, I. 36a ) , le G. germanicum a toujours Tanthode 
pentagone et jamais arrondi. Elnsuite le peu d^accord des auteurs est 
aussi un indice contre la spécialité du pyrantidatum^ ainsi, selon 
De Candolle (FI. fr. suppl. ), c'est celui-ci qui est le plus blanc, et, 
selon Reichenbach ( FL gem. excurs. ) , c'est le germanicum. Ifous 
trouvons eiïectivement chez nous deux variétés , ou pour mieux dire 
deux variations du G< germankum,V\xD!Qk coton jaune et Fautr* 
blanchâtre. 



(84) 
(jttHl y avait réunies d'abord dans sa preiliière édition 5 
mais jFries a eu tort de conserver à ce genre le nom 
dé Fiiago^ puisigtié ce noni doit être reâei^é au F. 
pygmœa {Evax Gjïrtn. ); q^lî comme Ta bîeii ob^- 
scrvé Cassinî ( K c. ) ^ eât la seule plante qui réunisse les 
caractères assignés par Liniié à son genre Fitago. Tau- 
rais donc pu, coninie Lessîng ( Cam/705. 333) , adopter 
le genre OgUfa^ auquel sont réunis les Logfia^ qui 
n'en diflfèrent pas suffisamment; mais je laisse k M. Dei 
Candolle le soin dé distribuer ces genres voisins, dont^ 
il sera question dans le second volume àt& Coniposéet 
. desdU ProdromUs^ qui paraîtra en i^iji 



nrTTifftiliiitiil I» 



EXPÉRIENCES CHIMIQUES 



ÉVR LE 



SUC GASTRIQUE^ 



"Le Stic gastrique ^ qui a doûné lîeu à tant de con4 
troyerses depuis les recherches de Spallanzani^ a fixé 
dans ces derniers temps Tattentioti de très-^habiles chi^ 
iuistes, et cependant on ne parait pas encore être bien 
d'^acéord suir la véritaMe composition d'^un fluide aussi 
important. 

Prout iannonça le fait remarquable ^ que la saveur 
aigre de ce suc est uniquement due 'k Tacide hydrochlo^ 
rique , opinion cbntestée par MM. Chcvreul , Leuret 
et Lassaigne, qui ne virent dans cet acide libre que de 
Tacide lactique. Graves prétendit aussi avoir reconnu 
ce dernier dans le liquide vomi pat une femme aflectéé 
de dyspepsie. 

D'^un autre côté, MM. Tîedemann et Om^in, par 
suite de leurs nombreuses investigations^ confirmèrent 
6n partie les observations de Prout; mais comme il 
festatt encore des doutes à cet égard ^ M. Blondlot^ 
médedn à Nancy, qui s^occupe en ce moment dé re* 
cherches sur la digestion, m^a remis du suc gastrique 
en me priant de Fexaminer. Il Favait obtenu en: faisant 
fitaler des éponges à des chiens , et en les retirant , 

10 



( 86 ) 
après les avoir laissées séjourner^ pendant deux heure^i 
dans restomâc de ces animaux à jeun. 

Ce liquide ^ filtré pour le séparer cttf tnùCùS ^ était 
encore Un peu troui>le^ tnais presque incolore comme 
de Teau. Je lui trouvai une saveur tout à la fois 
acide, acre, salée et astringente. Cette astriction me 
parut même aâsez marquée pour me déterminer à 
verser dans ce suc une dissolution de gélatine qui vlj 
produisit aucun précipité ^ ittais âivéc le C^àûUré fetroso^ 
potassique la liqueur se colora en bleu verdatre , et 
bientôt après il se rassembla un précipité de bleu de 
prusse. Uinfiision de noix de gaUe y prodmsit un 
précipité blanc, qui en s^ag^omérant prit an bout de 
quelques jours uae couleur griâe. Il résulte de c6s 
épreuves que la saVeur astringente que j^aî reconnue 
au suc gastrique est due à la présence d^un sdi de fer 
peroxyde^ ce qui m^a paru assez singulier pour me fadre 
supposer que le liquide sur lequel j'^opérais n'^avait pd^ 
été recueilli avec tous les soins convenables^ et que le 
sel de fer qu'il contenait pouvait provenir, soit des 
éponges dont on Tavait exprimé ou d^ûne autre source 
inconnue : cependant on m'^a procuré de nouveau suo 
gastrique dW atitre chieïr, et f ai obtenu le même 
résultat qu'^avec le premier. On ne peut point d'^ailleurs 
attribuer la production de ce précipité de bleu de 
prusse à la réaction de Facide libre du suc gastrique 
sur le prussiate ferrure de potasse ^ car cehii-ci , versé 
dans de Feau légèrement acidulée par Tacide bydro* 
«hlorique , n''a point donné naissance à un précipité* 

Le suc gastrique abandonné pendant long*^temps «^ 



(»7) 
nue douce températtire ne m'*a semblé éprouver aucune 
altération. 

Le même suc ^ soumis à la distillation au bain-marle 
jusqu'*à ce qu^il soit réduit en consistance sirupeuse ^ 
ne m''a fourni que de TeaU ayant uae odeur de chenil ^ 
né rdugisëatit eii aucune manière le tournesol^ mais 
en prolongeant Faction de la chaleur^ il a passé ui^ 
produit acide dans lequel je n^ai pu reconnaître Façide 
acétique. Saturé avec du carbonate de baryte^ il a 
foui*ni ^ par rëvaporation ^ du chlorure de barium cris-^ 
talHsé) dans la solution duquel le nitrate d^argent a 
produit un précipité çaséiforme abondant. Une portion 
du même Suc ainsi réduit ^ évaporé davantage dans une 
capsule à une chaleur ménagée ^ a répandu des vapeurs 
pénétrantes diacide hydrochlorique ^ et il est resté une 
matière encore très-acide et colorée ^ns douté jpar la 
réaction de Tacide hydrochlorique sur la matière ani« 
maie. Ce résidu en grande partie desséché attirait 
Thumidité de Tair. Exposé à une plus haute tempé- 
rature^ dans la même capsule couverte d^'un disque 
de verre refroidi ^ le dégagement dVcide hydrochlo-» 
Tique a continué ^ et aussitôt qu^il a cessé de se mani- 
fester^ il s''est formé un sublimé blanc d^hjdrochloratQ 
d^ammoDiaque. 

Le résidu exposé à une chaleur rouge a laisse un 
charbon ^ lequel lavé et incinéré a fourni une cendre 
roùgeàtre ^ soluble sans efiervescencé dans Tacide 
hydrocldorique) qui contenait une quantité remar« 
quable de peroxyde de fer et du phosphate de chaux. 

Les eaux de lavage du charbon réunies ne rappe- 



0$) 

latent pas sensiblement au' bleu le papiet rougi pat 
le tournesol. L'eau de chaux n'y a prodtdt aucun 
trouble ^ ce qui prouve 1-absence des phosphates 
flolubles. 

Ces éàux de lavage ont fourni^ par Tévaporatioii, 
des cristaux tïubiques de chlorure de sodium et une 
eau*mère incrbtallisablè. tpii était du chlorure de cal* 
cium. 

MM. Tiedemann et Gmelin ont à la vérité trouva 
te sel dans le suc gastrique dW chien ^ mais ik eu 
6nt attribué Torigine aux pierres éfdeaires qu% avaient 
fait avaler à cet animal^ tandis que sa présence esl 
indépendante de Cette circonstance. 

jiction de féthèr sur le résidu fourni par F^a* 
poration du suc gastrique. 

A Teffet disoler Taoîde libre contenu dans le suc gafs^ 
trique , celui*ci , évaporé en consistance de sirop à une 
douce chaleur^ a été agité à différentes reprises avec 
de i'éther qui en a dissous une partie. 

Les liqueurs éthérées réunies et évaporées ont laissé 
un résidu sirupeux légèrement coloré , d\ine saveur 
très-acide, acerbe et acre. Délayé dans Teau, il s'est 
(rouble en abandonnant une huile presque incolore ^ 
â\ine saveur acre et poivrée. Gîtte huile rougît le tour- 
nesol et paraît se dissoudre dans ^me suffisante quantité 
d'eaU chaude^ tnais la liqueur se trouble len Ise rèfroîdîs- 
iant. Au reste cette huile âfcre m'a paru avoir beaucoup 
d'analogie avec cette qui communique de Tàcreté à 



(39) 

certains fromages passés^ et qi^e , j'^ai aus^i obi;^ue ea 
abandonuant lecaiUé à la fermeatatioa putride (t).. . . 
Pour m'^assurer si ce résidu étbéré acides, ainsi privé 
par Fe^u, autant qu'ail était passible ^ de rhuije âjcre, 
renfermail de Tacide l^ptique ^. il m?a pai^u que le 
moyen le {dus. simple e,t le .plus direct pour mettre 
e^ évidence cet acide ^ était de choisir une base avçc 
laquelle il forme un sel cristallisable peu soluble*. J^ai 
en conséquence douué la préférenf&e à l'oxyde de ?àitc, 
qui^ à Taide d^uu^ douce chaleur ^.â^.est dissous dans 
cette liqueur acide ^mais par Févaporation elle a fourj:û 
un résidu déliquescent qui n'a donné aucun indice 
de lactate de ^ine^ cependant ce seji exige pour se dis^ 
soudr^, ainsi que je Pai r^cpuAU^ plus, de ciaquanto 
parties d^eau ^ la température de i5^ + ^ R* Ce 
résidu déliquescent ue coutei^it en effet que du mu-? 
riate de zinc ^ une matière a];4male et une petile quan» 
tité d^huile acre. î 

jiction de ^alcool anhydre su^. la portion de FeX'^ 
trait du suc gastrique insoluble dans Téther. 

Cette portion du suc gastrique , mise en digestion à 
une douce chaleur avec de Talcool s^nhydre , s'y est 
dissoute en grande partie. 

La liqueur a fourni^ par Févaporation , un résidu 
sîrupei^ encore très-acide. Une portion de celui— ci 
étant exposée à une médiocre chaleur dans un appareil 

(i) kmuiisè 4e Ghioiie ei db Physiipic, T« xttTL, p^ 169k 



(M) 

eonvenable^ a fourni de Pacide hydrochlorique ^ et 
bieotAt après ) en élevant la température , ils^'est formé 
|m sublimé blanc de sel ammoniaque ^ mais je n'*ai pi| 
obtenir ce sel de T^xtrait alcoolique par la yoie de la 
cristallisation^ comme l'ont indiqué MM. Leuret et 
Lafôaigne. Au reste ^ le résidu de cette dktillatioa a 
laissé) après avoir été chauffé au rouge ^ une quantité 
remarquable de chlorure de calcium. 

Le même résidu sirupeux alcoolique retenait Isi 
presque totalité de la matière animale contenue dans 
le suc gastrique. Il attirait l%umidité de Fair en raison 
du chlorure de calcium qu^l contenait. Il était d^ail- 
leurs précipité par le sublimé corrosdf , par le sulfate^ 
de fer peroxyde et par les sels de cuivre , ainsi que Tout 
constaté MM. Tiedemann et Gmelin; mais l^infusion 
de noix de gaQe n^ a produit ^ucun trouble ^ ce qui 
m'a paru ne pouvoir être attribué, qu^ la présence^ de 
Tacide hydroçhlorique libre. En eSSet, lorsqu^on fait 
évapQre^ tp^talement celui-ci^ par une dessicalion com* 
plète de Textrait alcoolique , pu obtient ^ avec Finfusioi^ 
de noix de gallf^, ui^ précipité très^soluble dans les^ 
acides affaiblis ef même dans un léger exc^s du préci-r 
pitant. On peut rendre pareillement la matière animale 
susceptible d'hêtre précipitée par le n(iénie réactif ^ en 
saturant Tacide libre par un alcali. 

MM. Tiedeman^ et Grmelin regardant comme iden-^ 
tique a Tfxtrait de yi;inde Is^ matière que le suc 
gastrique desséché fournit à Falcool; çeipendant elle 
semble offrir de notables diffiérences ^ pvdsque sa sa-: 
yeur n'eit poiat la mém^. Lorsqu^on la chauffe un peu 



(61) 

fortement^ elle bomllonne et répand une odeur de 
pain brùlé^ mais rien de pins ^tandis (jue Textrait de 
viande^ traité de la même manière, exhale, comme 
on sait , une odeur dVrine extrêmement prononcée. 
J'ai d'ailleurs reconnu que Falcool anhydre appliqué 
au suc gastrique, réduit en consistance de sirop et 
préalablement traité par Téther, lui avait enlevé deux 
substances animales qui paraissent bien distinctes^ 
car Tune est précipitée par les alcalis, par le sulfate 
de fer peroxyde et par le nitrate de cuivre , au lieu 
que l'autre n'est point troublée par les réactifs. Mais 
comme elles étaient masquées par beaucoup d'au- 
tres substances étrangères, je n'ai pu réussir à les isoler 
complètement, surtout avec la petite quantité de ma-r 
tière dont je pouvais disposer^ aussi ni^e suis^je borné 
à l'essai suivant. Dans une portion de l'extrait alcooli- 
que dont il s'agit , j'ai versé un léger excès d'eau de( 
chaux, qui y a produit uti dépôt floconneux brunâtre, 
contenant en effet la matière animale précipitable par 
les alcalis , le sulfaté de fer peroxyde et le nitrate de 
enivre, tandis que l'autre matière animale est restée 
en dissolution. Le dépôt formé par l'eau de chaux 
était en trop petite quantité pour le soumettre à des 
essais variés^ chauffé au rouge sur une lame de platine 
il s'est charbonné, puis il a laissé ua résidu blanchâtre 
soluble dans un léger excès d'acide hydrochlôrique ^ 
cette liqueur n'était point troublée par l'ammoniaque , 
mais la potasse en a précipité un peu de magnésie. 
Cette terre, qui sans doute était unie à l'acide hy- 
drochlôrique dans le suc gastrique , a donc été pré- 



(62) 

cipitée ea même temps que la matière animale 4oDt 
il s'agit , laquelle tCest soluble àdm Veam et dans Falcool 
que par un excès d'acide. 

Le liquide, séparé du précipité brunâtre dont je 
"vieqs de parler, eonteoait T^tre matière amtnale q^l 
était plus* abondante que )a première. Le sulfate da 
fer peroxyde , le nitrate, de cpivre n'ont produit aucun 
changement dans ce liquide préalablement raturé par 
un peu 'd^^uside acétique. Lç sublimé corrosif y forme 
m\ précipité blanc L'illusion, de noix de. galle y^ 
produit un précipité floconneux^ blanchâtre, abondant, 
lequel a diminué peu à peu de volume en s'aglutinant 
en une matière brunâtre demirliquide et visqueuse, 
précisément comme la combin^son du taiM&in avec la 
gélatine. J\ se pourrait en e0et que la matière animale 
dont il est question ne fut (|uç de ^a gélatine u^^pdifiée^ 
par l'acide bydrochlorique^ 

C^ qu"'il y a de certain , c^est que MM. Prevot et 
Le^oyer prétendent avoir trouvé dans le contenu de 
l'estomac de$> brebis une grapde quantité de gélatine, 
quHls caractérisent principalement par le^ précipité par-; 
ticulier qu'elle donne avec le chlore. 

On vient de voir que l'étber uVyi^it enlevé au suc 
|[astnque réduit en. consistance de sirop qu'une por*^ 
tîon de son acide hydrochlorique libre , et que J'^^trai^t 
soluble dans Tacool anliydre en retenait encore une 
quantité çiotable. ÂÇn de mVsur^ip s'il retenait aussi 
de l'acide lactique,, ce qui me restait de c^t e:^ait 
a été chauffé avec d^ l'eau et d^ l'pxide dç a»nc, et 
à mesure quj^ |ç liipdde acide st^est^uré^ la iiMttièjc^ 



(63) 

animale^ in$oluble par elle-même^ s'^est précipitée ei\ 
flocons brunâtres ) facilement ^ojluhles daos les acidei; 
affaiblis. La liqueur séparée du dépôt était e^ partie 
décolorée* Elle a fourni, par Tévaporation , uu résidu 
déliquescent ^contenant du muriatede zinc, mais d^ns 
)[equel je n^ai pif reconnaître aucun vestige de lactatct 
de zinc, même après 1^ destruction partielle de I4 
matière animale par une légère torréfaction. Au sur* 
plus, ce muriate de zinc, décomposé par r%drate de 
chau¥, a donné du chlorure de calcium, lequel ex-r 
posé à une haute température s^est redi3$ous entière* 
ment dans Feau sans }aisser d'indicp de carbonate de 
çhsLUX, D'qù je conclus que Tacide libre retenu par 
l'extrait ^cooliqu^ T^^éUMl eifcore que de T^cide hy- 
drpchlpriquet 

fjûomen du résidu de ^extrait du 5uc gastrique; 
épuisé p<xr ^éfheir pt par V alcool anhydre. 

Ce résidu agttfé avec de l'alcool ^ikoP ^j est dissous, 
p Fexception d'une petite q^antité de piatière, laquelle 
lavée sur un filtre avec de Talcool afiaibli a laissé du 
mucua. Celuirci a fourni ^ Feau une si petite quantité 
de matière soluble, qu'à peine il m'a été possible de 
l'apprécier^ c'était sans doute la substance que MM. 
Tiedçm%nQ et Gmelin ont opmps^rée à 1^ Ptjaline. 

Le mucus ainsi lavé par Peau a donné, après soa 
incinération^ ui| résidu jaunâtre, formé de phospbatç 
de chaux et d'iin peu d^xyde de fçr. 

L'^coo} à 32^ avec lequel on a agité le résidu d#-p 



(64) 

signé ci'^essus, a fonrni par Tévaporaiion une masse 
cristalline assez considérable ^ rougissant encore un peu 
le tournesol. Elle était formée presque entièrement 
de chlorure de sodium^ d'aune petite quantité de ma- 
tière animale qui avait échappé à Talcool anhydre, et 
de quelques traces de phosphate de chaux et de chlor- 
rure de potassium* 

En résumé, le suc gastrique don^ il s\igit contenait 
les matières suivantes : 

1^ / Acide hydrochlorique libre en quantité remar-s 

quable^ 
fi.** Hydrochlorate d^ammoniaque ; 
3/ Qilomre de sodium en assez grande quantité | 
. 4'"* Chlorure 4ç calcium ^ 
§•* Chlon^e de fcr^ 
ô."" Chlorure de potassium ( des traces ) ^ 
y.* Chlorure de magnésium^ 
8/ Huile incolore dWe saveur acre ^ . 
^/ ]\Iatière animale soluble dans Teau et dam; 

Palcool^ en quantité assez considérable^ 
10.* Matière animale soluble dans les acides afiàiblîs^ 
1 1 .'* Matière animale soluble dans Feau et insoluble 

dans Talcool (Matière salivaire , Gmelin)^ 
12.* Mucns^ 

i3.* Phosphate de chaux. 

Les résultats que je viens de présenter font voir 
que Testomac, lorsqu^il est stimulé par des corps 
étrangers, ou par les aliments, a la propriété remar^ 
quable de sécréter une g^nde quantité d^'acide hyt- 
drochlorique libre. Cela cpnfirme les observationsi 



(«S) 

4e Prout, de MM. Tiedemann et Gmelin^ et prouve 
fin même temps que Spallanzani avait de bonnes raisont 
pour attribuer a^ suc gastrique des qualités émineài-* 
ment antiseptiques et dissolvantes^ quoiqu''iI en ignorât 
la cause. En effet, ce célèbre observateur s'assura que 
des os renfermés dans des tubes et qu^ fit avaler à 
des faucons, à des chouettes, à des couleuvres, etc.^ 
s'j dissolvent sans ramollissement, feuillet par feuillet, 
îusqu^à ce que le suc gastrique, arrivant peu à peu 
au dernier feuillet | )e façse dispârattre comme les au- 
tres^ ce qui s'^explique çans la moindre difficulté par 
la présence de }^acide Ifydrochloriqi^p librp d.an$ le suc 
gastriqpe. Çependapt il ne parait pas que ce dernier 
opère toujours une vérifie dissolution des aliments, 
comme Pont pensé beaucoup de physiologistes et en 
jderniei? lieu MM. Tifsdemann et Gmelîn. Car M- Blond^jr 
lot m'*a fait voir des digestions artificielles quHl a pro^r 
duites à 1^ tenipératurjB humaine , dans des tubes de 
yerre, avec des mprceaus de viande et du suc gastri- 
que, ou même tout simplement avec de Peau )égère?r 
ment aiguisée par de l^acide hydrocl^oriqiie : dans 
Fuh ou Ps^utre cas, \^ c)iaif musculaire avait conservé 
sa forme et sa texture fibreuse primitive ^ mais par le 
plus léger mouvement, cille se divisai^ en une bouillie 
Insoluble, parfaitement homogène et semblable au 
chyine produit dans Festomac. Ce n'était donc quWe 
simple dilution, pour me seryiir 4e Texpressiou de 
MM, Leuret et Lassaigne. 

DVprès la nature connue du suc gastrique, il n^est 
psfs aussi facile de se repdre compte comment un 



(66) 

gr^aat) que Spalhiwatti fit avaler k un pigeon , fut 
privé de sa forme* 

On comprendra encore moins que du cristal de 
roche et de Tagate, renfermés dans des tubes qiie 
Bnignatelli laissa séjourner dans Testomac des dindons, 
fiirent tellement attaqués^ qu''ils perdirent 12 à i4 
grains de leur poids. Au rcsste ^ cette observation mérite 
d^étre répétée. Si die se confirme ^ il faudra bien ad- 
mettre que le suc gastrique des gallinacées contient aussi 
de f acide bydrofluorique. 



SUPPLEMENT 



DU 



MÉMOIRE 

COUSE^YÉS A LÀ BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE 

0E NANCY (*}, 

9ABL m. ISLAV. 

L'*Âcadétm6 a sagement fixé la durée de ses séance^ 
publiques , tant pour ne pas fatiguer Tattention de Tan» 
ditoire que pour multiplier le nombre des lectures. 
Si elle défend à ses membres d^entrer dans des détails 
qu'acné juge nécessaires^ mais qui ont besoin d'hêtre 
médités^ en revanche elle leur laisse la faculté de 
les joindre à Timpression annuelle de ses travaux. 
Cette mesure m^ayant permis de compléter mon mé« 
moire par des développements propres à satisfaire 
les connaisseurs et à lui servir de pièces justificatives ^ 
je les ai divisés en deux parties^ Tune relative au M»* 
nuscrît de Ptolémée ^ Tautre au Globe de vermeil» 
Quelque minutieux qu^ils puissent paraître , on verra ^ 
en les examinant de plus près^ qu'ails sont indispensa«*- 

' " ■■■Il II I I < Il émmmmu^mtmi^mÊÊmmÊmmmmmim^ammmmmmmammtmitmÊmKmf 

(*) Voyei pag« uu* 



Ué^ ponr apprécier deux n^oiraments géograpkiqiïes^ 
dont la gi^vUre ci^jointe^ due au burin de M. Rai^ 
moud de Nancy ^ facilitera rintelligeucè; 

MAlfUSCRIT ATEC ATLAS. 

Ce manuscrit^ petit in-^4*''^ ^^ ^^ Cosmographie dé 
Qaude Ptolémée ^ traduite en latin par Jacques Angelo 
de floreiice, est compose de 214 feuillets de beau 
vélin ^ en j comprenant les cartes de Tatlas. H com- 
mence par un dessin d^azur couvert d^une feuille d''or 
découpée. Les lettres initiales de chaque litre sont 
formées de feuilles d^or appliquées sur des dessins 
rouges et bleus. Les titres des pages et des chapitres 
sont dVne encre^rouge^ les capitales ^ rouges ou bleue^^ 
portent des prnements. Le texte ^ d^une belle écriture 
noire ^ offi:^ des lignes longues et des réclames à chaque 
cahier. A la tête de Touvi^age ^ on voit la préface 
noire du traducteur précédée de Tinscription suivante 
en lettres rouges : Beatissimo patri ^lexandro V* ^ 
Ponùfici majcimo Jacobus angélus Çi^ ^ayec ces mois 
renvoyés au bas du frontispice : iste Alexanderfuit 
tempore magni scismatis foetus in pisano concilia^ 
mmo 1409- 

lies caractères de la préface , du texte et des cartes 



(1) Le copiste avait d^abord yotilu mettre : Ad hèatissimum ; du 
moins rioscription cointtience-*t-e]Ie par un a ntojûscule stiîti dVa 
</ minuscule, formant la préposition ad, qui n^a aucun rapport arec 
h^atissimo , dont la lettre initiale est bleue. 



(69) 

ëont gothi(]lies avec des abréviatioDS plus ou mdinë 
compliquées^ qu^il m'^eût été iihpo^iblé de déchifirer 
sans le Lexicdn diplomaticum- de Walther^ in'^fol. ^ 
publié à Gdettingue en 174^^ Chaque cahier se odm-^ 
pose de 8 feuillets^ hors le dernier du texte qui en 
avait 6 seulement, le deuxième de Fatlas qui en comr- 
prend 1 2 , à cause de Fintercalation dWié carte des par<^ 
ties septentrionales de FEurope et de leur description 
par Claudius Gavus ou Clayius , et leâ deux derniers 
' cahiers, réduits chacun à 4 feuillets. Les seuls chapitres 
du premier livre sont indiqués par des chiffres roinàins^ 
ceux des autres livres ne sont pas numérotés. D'^après 
cela^ il est facile de s^apercevoir qu'il manque au pre* 
zirier cahier les 4 feuillets du milieu, laissant urie lacune 
de 6 chapitres et d^'environ la moitié du ^/ dans le 
premier livre ^ qu'Hun feuillet relatif à la description de 
la Grèce dans le troisième Uvre a été coupé longitu-^ 
dinalëment, dé façon qu^il en resté ùh tiers soqs la 
forme d onglet^ que le 6." feuillet du 8*' livre, où 
étaient dessinées les figurés géométriques, a totale- 
ment disparu , ainsi que la carte générale qui devait 
précéder les cartes particulières. Outre ces mutilations^ 
plusieurs feuillets conservent des traces de la barbarie 
qui les a souillés d'écritutcfs et d^'images informes. Léâ 
huit déruièt-es pages placées à la suite de Tatlas con-» 
tiennent le résumé des diverses cartes de Ptolémée dvée 
leurs principales divisions, mais sans mentionner la 
tîarte de Claudius ni la carte générale. Le manuscrit , 
légèrement mouillé et un peu rogné par le haut, est 
d^ailleurs d'une Délié conservation ^ 



(?0) 

li^ttUai qni suit I^ texte répond par la l>eaut^ Aè 
rexécution à la calligraphie de notre manuscrit. On j 
compte 27 cartes , savoir : 1 1 poor l'Europe ^ 4 pou^ 
TAfriquë) 12 pour TAsie* La 11/ carte de rËurdpe, 
<JUi est celle de Claudius ^ man({ué dans Tatlas d^uné 
des plus anciennes éditions dé la traduction latine dé 
Ptolémée, qui parut à Strasbourg chez Jean Schott^ 
1 5 1 3 ^ in^'folio ) édition citée comme très^rare par Harlés 
dans son Introduction à Thistoire de la langue grec^ 
que^ t. 2^ p. i4^ ) et dont la bibliothèque de T^ancy 
possède un exemplaire en grand papier. Mais oh f 
trouve une carte générale des trois parties dû monde ^ 
qui devait figurer dans notre manuscrit, comme lè 
prouve la note suivante (i), placée devant la première 
carte de FEurope. 

Secuntur viginti sex tabule quas SUpra in Ultîmo 
îibro describit TholomeUs^ videlicet^ decetn de Eu* 
ropa^ quatuor de Affrica vel Libia^ quod idem est ^ 
et duodecim de Asia, Qtiarum cUjuslibet descrip^ 
tionem^ quot et quas continet regiones ^ et versus 



(i) En traAiscfiyaiit cette note et les aiOres que fai cru nécessilrt 
de reproduire, j^ai ré'ubli dan» leur intëgrite les mots qui étaient 
surchargés d^abrëyia lions; inais j'ai conservé Porthographe du copistei 
sauf la distinction de Pi et du/, di Vu et du z^> Temploi de nos est* 
pitales et de notre ponctuation, afin de rendre les citations plus claires 
tt plus lisibles. Les nombres seront écrits en clûfifres on en lettres 
conformément à ToriginaL Pour ne pas lerrer dans Pacceptlon de 
plusieurs termes de Philastre et de Claudius ^ il sera bon de recourir 
au Glossaire de la moyenne et de la basse latinité par Du Gange el 
Charpentier. 



(H) 

tfuàm celi partent^ ad &mhiém^ ocdderUeiHp aus^ 
trûm wl spptpn^nonem réspkiant ^ iti qûo climate^ 
)sub qiàibus paràlteUs yàc dierum quemtîtMss tst in'-* 
)signes çivitates notarié pàterùy tam in ipsis tabuHs 
kfuqm ih éescriptioHe cujudibet illàrum in dicto uU 
^mo librô. Et si vis ^ pùteris illàrunï tàbutarumfacere 
tiomparéiionemiadtotaiem tabuiam anté positam njm 
dividithr m xxri tabulas^ ut latius quelibet regiQ 
Valent inspici in magna tjuahtitate quant in pàriNZ^ 
'Quelibet enim istarum tabularum potest fi^ri ita 
magna ^ut iota tabula desùribitut^i 

Une secotide note précède là hiiitième éSLvté de 
TEurope^ et indiqué pourquoi le cardinal a fait dresser 
la carte de Claiidiui. Cette note, d^e écriture diffé*-* 
rente de celle du tekte^ a été tracée sous là didtée de 
ï^hilastire ^ là même observation s'*appliqué à toutes les 
dtatioitô suivantes. Voici d^abdi*d la ndté en question t 

Octas>a Euirope tabula côntinét Sdrmatiàm Europe 
et nias regiones que sunt ab ùermania ad septen'^ 
triùnêm versus orientent^ ifi quibus est Poîonià^ 
Pf'uthîà^ Lituanîa^ et àlie r^gionés ûsqUê ad iertàm 
incognitam àd septtntrion^m ) partent Dacie et 
Tauricam Chérsohésuni usquè àd Palùdém Meotinj 
et ibi Thaftay {i)flu^iûsp qui dii^idit Europàm ab 
Asia in parte septenirionàli et versus orientent. 
Item ùontùvet^ utcraquod partit Thotàmeus^ Not^fe-^ 



. (i) Tanajr sans h, aU lieu dfe Tanaï^, s^Xxoaye dans \ç phnisph^* 
de Marin Sanoto de i3di. Gestà Dei p^r Francos, 'ik^ pars. 



(») 

giam, Suessmm^ Rossiam utramque^ et Smtim Com 
damtm dividens GermOniam u Narvegia et Suessia } 
item alium Sinum ultra ad septentrionem qui omni 
mrmô congelatur in tercia parte amù. Et ultra illum 
Sinum est Grolandia^ que est ifersùs insulam Tjlt 
magis ad orientenu Et ita tenet totain iUam plagam 
êeptentrionalem usque ad terrant incqgmtion. De 
quibus TtiolonteuB mJlam Jècit mencionem ^ et 
creditur de iUis non habuisse ntaiciam, Ideo h^ 
rni.* tabula est multo amplior describffnda. Propter 
quod quidam Claudius cymbricus iOas 00pten^io^ 
nales partes descripsit, etfecit de ilU$ tabulatn que 
jungitur Europe^ et ita erunt xj, J^ tamen nullam 
Jacit mencionem de illis duobus sinibus maris Nor-^ 
yegie et Grolandie. In his regionibus septentrional 
Ubus sunt gentes diverse^ inter quas Unipedes et 
Pigmei} item Gr^ones sunt in oriente^ velut vide 
in tabula^ 

Iva troisième note cpie nous transcrivons suit la 
dixième carte de FËurope ^ et annonce celle de Qandiusl 

Sequitur descriptiç regionum septentrionaUum^ 
videlicet Danmarchicy que alias Dania vel Dacia 
dicitur } item Suessie,^ Norvegie^ Grolandie^ et 
insularum adjacencium^ de quibus Tholomeus non 
egit^ sed omisit forsan iïlas regionef ignorans^ ut 
videri potest in 3/ libro^ tski agit de JDacia et 
partibus septentrionalibus. Et in hac descriptione 
est tabula de illis regionibus que est undecima Eu^ 
fy>pe. Hec descriptio et tabula édite sunt a quodam 
Claudio cymbrico. De hoc sUpra scribitur in des^ 



(H) 

tuntur iste regionesk 

tL n'^est pas liors^ de t)rop6à i'^ajoutet )a rémaf<iii# 
âulvante, dWc belle écriture bien différente de celle 
dii texte ^ elle concerné la Geimanîe du 2.* lîvi'é* 

tn istà p^rtë septBnitionali Europe , qniittit Thm 
iotHéus pluriiÈias rëgianb^ a^ s^tentrùmGtHj de qui* 
bus^ qui^ ip^ austratisJUiiy credo éum non habuiss^ 
noticiatnè onUitit tnim rhâgnuni Sinum Codanum^ 
qui ex Occedno à directo Angtie et Scocie $xienSjf 
transit mque ud Pru^sù^ et Poloniam^ et dividit 
Almtmum Nory^gia et Swèsidj ùi quo siriu est 
Dàcea ittàisÎA ^t t^HUm qUodJorié àlionomin^ vo* 
catw} et in ith ionu maris cdpiUntur ateca habufn^ 
àanciUs^ et per hunù tu^^igatùr dis, Prussia ad Gah 
tiam et ^fontr4. Omiui$ edam mare quod dicitut 
CongehfUm^ quiç^pet ntf^oTcm piittem oHnieségl^ 
ciatUm^^êst int0'lfcf9egîamet GrotàndiatH<^ ^U(M 
eçiam ondttit rnaxime septentriçttalem^ vttsus qcçi'^ 
dentem^etinsulamjj'lei 

L^obsetvatioti suivante^ placée èMs h pfémiÂre ii«i0 
de Tàtlas ^ se rappotte à la confection et à Ttidag^e de» 
cartes ) elle explique oti il faut chei'cber tes pays litoî^ 
trophes et les endroits f etinarquableff ^ pourquoi lef 
cartes sOnt généralement dÎTisées eil deuK paHies «I 
peintes suir utle seule Êice. En effi^t cette division tm 
ft^oppose point à Funité , tout y étant seiitliii^le^ excepté 
dans la carte du nord de liSnrôpe ^ où h même hatH 



(^4) 
ient -èes parâllâieé dé t^îéâiée et de dÈàtfdiift ne eoi^ 
respond point au même climat. 

Prima Europe tabula contihèt insulas^ BritdnHkmi 
seu Albion , <fue niinc Afiglià cum Scocia ^ Yberniam^ 
jylcj OrcadeSj et ûlias insulas adjacentes ^ et hec 
in Occeano^ extra Occeanûm^ ad orientent^ par-* 
tem Germanie^ adaustmm^ pàritùiilàm Galié^ inter 
quas partes Jluvius Renus intrat Occeàriûm. Qmbuà 
autetn regionibus àircumscribitur et n^mina iâsi^ 
gniufn ciyitàtiim vide in lïbro nu supré^ et itadé 
singulU tabulis. 

Et fiota qixod ûbi tabula teriét dùas pàgihai^ hor^ 
henda est aie si pictura esset simili pmcta/ itàque 
mediuTjï vacuùm inter duo Jblia nickil/hcit. Et ôp^ 
portuii pingérè ab ùna parte ^ohifhj quia pérg'a^ 
fnerturn non poiuis^et suitincre pictiircari maris' ab 
utraqiie patte ^ propternîmiàm hiûnidiiatém picture. 
Et ideo fuit piciufa solum ab uhà parte ^ et in gfôssa 
pergdmenoy quod posteà fuit rasùtti et tUefmàtîùn, 

tfne autre oèservatîori, mise à la fitt de Ik Versîonf 
latine ^ âfur les fractions qui stiivent les deg^rés de lon-^ 
g^tude et de ktitude des tables de Ptolémée ^ signale la 
nécessité de x^onvertir ces fractions en noipbre^ entiers 
dé nlinutes. Cette coAversrDU plus .commode est mai» 
quée en chiffres rouges à la droite 4câ' chiffres Boiis 
de notre mantiserity ainsi que dans la description du 
nord de FEurope par Oaudîus. La citation textuelle 
apparu superflue* 

. Si ces diverses notes révèlent Importance que le 
cardinal Philastre attachait à Tatlas de Ptolémée ainsi 



(73) 

^qWJi.k caiie tt à la description du nmd de l:'Ëur4ipe 
par Gandins y un. autre pas$dge décauvce Tiéppqae de» 
la eotuposit^on^des eartea et Feiri^nce en. Afrique, du 
ftiueux PrétrefJeao. Cette note préc\^uiie est 9io4> 
Qonçue ; 

- Çuca^ta jifric^ tabula ^ totapene ad austrma et. 
ultwa JSg^tum^ commet GetuUam^ Libiam inte^ 
pioremy Ekfdopiam junotam Egipta^ N'ubiam^ Im-^ 
4iom inferiorem que ad Ethiopiam vergit et ipsam- 
JEthùopiamygue sunt sub zodiaco^ et ommes Bkhiùpes^ 
eciam ultra lineam egmnoceialemyinfatalaUtmtkneï 
zodiad* Et in istis India et ^Etkiopia ést^ Ihrra. 
presbyteri Johannis christiam^ gui dicitur regna^e< 
super 72 reges,y. quorum. \% sunt. ir^idelesy reliqui 
ûhri^iani^ sed diversorum: rU^um et sectofwn. Uk^'^ 
ira equinoecialern pauoa est cogmcio^ msiquod ibi 
^t ampUssima regio jâgisimba^ que sub ista tédnd^ 
ot$mprenditur. et signatur in fine adaustrum. ^ f 
. Isti^fs preAyteri , Johannis duo andfeusiatares / 
uiîuschristiama etaher in/Sdelis^ hoc anno Domini- 
tfuNe$imo quadringefUesimo vicmimo septàno quo . 
hee tabule descripte fuerunt^ venerunt ad régent, 
A^ragùnum Aifimsum. Quos tùdit oum. rege in Fa^. 
lemm dictm Cardinalirde JFuxo^ legatm sedisapos^ , 
police ad cUotmn reg&n. St.dixerunt ei quod venir^H 
ad Papam Martimun quintum^ .q^em christianus 
r^^nUid^ Christi.yic^um. Hoc, dictas- Cardimdis^ 
Papereudit ^ me Cardinali sa^tcU Mord presjmte^ 
qui hasjeci describi tabulas ^^ et ex greao exemplari.^ 
Iâotj:e mauuaerit deiPtolémte reméute donc i 14^7 
au plus tard^ puisque les cartes , faites sur un exem- 



l^laire grec ^ sont de celte méine anaée ^ qui est énénbli 
d^une manière ÎMkérâJile , et qit^dle3 m trouveat 
jdintes à la vl»^(m d^Ângelo ^ précédée des arliioirie» 
de GvShtKme. Cette dMe apprend en outre <{iie lé 
Taste empire du Prétre«Jean s'éteiidaU alors en AfH«Iue , 
mt nofd de ]à ligo^ éqfnioDxiale, et que ce prinee eiw 
t«etfti&ii des relatiom a^eq T^lufo^ 7 «n il envoyait 
dea amlNisaïkdeurs. Lea deux dacdimmx Plâastre^ J^ii^ 
Jasierim ou Piiastrus^ et Pierre de Fuxo m, de Foix ^ 
1^ du SainUSiége eir {tali^ ^t m jjSqmgne, d\^ 
Coini»ee(M|t0«qf»raina^ avec les principaux éTénemaiti 
imxqitels ila ont pattieqpi^ dans Tourrage intitidé: 

dmaUnmf Jftoimœ^ ï^7^ î»ébl.^ t, s^ page 74^ ^t 
807 , ont pu, en efl^, s^ètrf i:«^cQnlrëB cher le pape 
Bfartbi V^ et quoûpiQ pcftwmo^ ^e patV»^ ^^anid^^^ 
«ade^ ce sQ^iee, «e récMsant «i une prfàvia iieB;ative^^ 
ne saurait pvévaMr coiitr^ fassettioâ fc^melle d'mi 
tumune reqpe^^labl^ qui a déposé sdu témoigiiage dans. 
rdMcmité d'un manuscrit. Noa$ fittkqus pa? ijbser^ 
^ier que kl AiieBsioQ des cartes de fatla^ ^0 pouvant 
pas coutioiûr même les ^iea les fh» mnàiquablea, 
Plûkstre sVst contenté d'y ftlre inserire len noms da 
j/htoM^ îTem^êa^ Pansius^ en a»cjr gros caractères 
HORS gotiâqutt^ acooBipago& d^Mie espèce de çubeh 
dW, sans doute par aDutiou au Cttpdhiaût de S. Mare 
fAk k légation de France que le pape lui avait ewfittéi. 
De ccf divers documents ilVeaBi]ât que M ttttws^ 
prit, dcstmé k Yma^e de PMIaMi^ et si^gué wa$ fouir 
hê rappoi^, mérite qu'on ea coua^té )er kcoi», maWi 



(77) 

gré k» &irtes échappées à la négligence des eof^tes 
dont aBttkijt passage trahit rigaorance. Les cartes étant; 
tr^p petites pour y insérer les détaUs compris dans 
(^«dition in-fol. de Stràsboni^^ i5i3^ un curienx ks 
m tracés à Fencre noire en beancoup d^endroits^ diaprés 
les données de Ptcdémée et de Clandius. U sW même 
permis de noircir les noms des mers qui étuentpri*- 
initiTement rouges^ à Tei^oeption de la carte de Gan* 
dins où ils sont restés intacts. Comme celle-ci avec 
6a descHption ne se trouTe point ailleurs ^ que le car*- 
dinal Ta crue digne d^entrer dans son atlas de t^^j'^ 
«t qtte les monuments géograplûques du moyen âge 
•«ont fort rares ^ on a jugé à propos d^offrir une pièce 
0uthentique de cette époque / elle servira en même 
temps à donner une idée des autres cartes du recneiL 
]Sn coiffiéquence^ M. ForfiUier pi bien voulu ajouter 
AU desûn du globe celui de la oafrte de Claudius (voyee 
la planche DI}, la seule de Tatlas doi»t les eaux ne 
«dent-pas argei|tées« Sa copie aussi grande que Fori- 
ginal sera une espèce de yàc-jimiZ^ pour le tracé ^ les 
lettres, les chifires et les moindres détails. On ob- 
«erv«ra seulement que la gothique rouge de Fonginal 
est remfdacée dans la copie par une gptbique noire^ 
-et que des caractères italiques y sont substitués à. Fécri- 
ture noire e^ gothique dont est surdiargé le t^te pri- 
mitif. Cette distinction a paru néoessaire, à défaut de 
la couleur qu^il était <liflkile de reproduire. D a ûdlu 
-imssi pour la gravure figurer les diaines de montagnes, 
^marquées simplement dans le dessin par des lignes 
pitoocs entre des traces de couleur verte. 



(78) 

A|i cas qu^il s^élève des doutes sur la confiiineè qmf * 
mérite Claudius^ les considérations suiraxities suffirâoît 
pour les dissipa. Gmbre de nation, il était à portée 
de connaître son pays natal et les pays circonvpisins^ 
tant par ses propres voyi^es que par oettx des coiïix 
merçants et des navigateurs^ sa carte du nord de TEn^ 
Tope^ basée sur des mesures géométiâqùes et développée^ 
dans unfie description qui suppose un géogcaphe m^tb^ 
matiâen, se troi^ve Jointe à Vatlas du sayantPbilastre^ 
qui la cite dans ses notes à plnsieni^ reprises. Le cardinsi 
anrâit-dl agi de la sorte à moins quSl n'^eiit bien ooonii 
Fauteur et son ouv^ge? Quant à la <sonGgi;^ration des 
merç et des terres de la carte de daucUus , et à cei^ 
taines dénominations, anciennes et locales, elles fercmt 
mieux âppréder, soit les connaissances qu-on possédji^ 
alors de ces pays éloignés , soit les changements opérésL^ 
après plusieurs dècles, dans r>aspect d^>une contrée sout^ 
inise à tant de révolutions phyâques et politiques. L(i 
plupart de aes indications sont eococe àojourd^bui à 
p^u près les marnes, sauf le^ variations introduites à 
la longue dans la division et daos la nomencl^ui'e du 
pays, comme leur confrontation avec le$ géographies 
de Bûsohing et de Malte-Brun poun^ le constater* 

Si les Unipèdes, les Pygmées avec les Griffons sont re- 
légués à Fextrémité septentrionale, et lesdaiiâiens infi- 
dèles reculés jusque vers le pôle arctique , cela tient à 
Tesprit de ces temps où Timagination sWorçait de Sup- 
pléer àlarésdité. Uépithète depenfersa appliquée^ alana- 
tion des Pruteni et celle dVfZ52Vàa£r£r aupays à^SIavi 
^purraient bien se ressentir de la prévention d^ f d^BS 



(78) ^ 
eouive çe§ deu^ peuples guerriers. La cp^ialifiç^fioç 
apostate donnée aux flritanni an^licati doît porter 
^ur Tiptroductioa jrécente de la réforme en Angleterre^ 
et prouve que cettç addition avec les autres faites à 
Tatl^s de Toriginal est TouVrage du curieux de i?43^ 
toutes étant de la même i^iai^ ^t do la même coideur^ 
La carte de Glaudius doit être complétée par ^ 
description , qui sera fidèlement copiée , sous les 
préserves indiquées plus haut pour |a transcription des 
notes ^ hors la couleur rouge des titres et des minutes 
de degré, ei^ observant qqe les ligatures n^affectent 
jamais les noms d^ lieux ^ qu-elles sont trèsrcompli- 
quées, et qu'elles m-ont arrêtq en certains endroits 
dont la leçon est douteuse pu illisible ^ ces mots încer^ 
t^ins seront écrite en romain. Ajoutez que le caractère 
danois o barré n^a pu être ^uré^ mais que^ faute 
de ce caractère typographique, on Fa remplacé daps 
impression par œ dont la prononciation allemande en 
apppocl^e le plus ^ evAx\ que le dh danois se prononce 
comme le thêta greo ou le th anglais. Cette description , 
qui, d'après la forme de Técriture, ne peut appartenir 
aux copistes du texte et de Fatlas de Ptolémée , ser^^ 
suivie de quelques observations importai^tes^ 

Description ffe la carte ^e Çlaudius, 

Panmarchia^ gue et Dania dicitur^ in très divisa 
est partes : Skaniam vel Shçndiniam siye Skandinft^ 
viarriy Halindhiam et Jucia^t^ Jucia enim^ aue est 
Çhimbrorum Chersone^us ^ dicebatur. Fines habet 



(80) 
'A oeeidenie Germanicum Occeanum^ juxta litioA 
Jescriptianem hanc s post AU}imftwfiian ^ 
Kipis 3a 56 5ô 

JTenJesusél 3i 58 3o 

Salifêghesusel 35 4o 58 21 

SSiogen 39 58 i5 

Pars tpte efus maxime sêptentrionalù 

est 4^ 59 

jih oriente terminatur Mari Baltico^ secunJum 
descriptUmem hane^ 

Wibwrgk 

Jtrms 

Kaldingh 

Fetdhiis 

Obersina 

JFIenseb&rgh 

Slesvigh 

tghemefiorJk 

Plone 

Kiil cù^itas 

Train Jluvii astia 

Insuie Jucie adjacent in Bahico quidtm Mari: 
Pheonia^ que maxima earum est^ et circumscri^ 
hïtur sic .' 

Medelphar portus 89 5o 57 5o 

Agarnes promontorium 4^ ^^ 5^ 5o 

Bogens villa 4^ 10 67 5q 

Ellemose sinus ^^ \^ ^'j^o 

Kinsholm promontorium 4^ 5|0 5^ So 

Niborg portus 4' '^ ^7 ^^ 



40 3o 


5o 


40 30 


aS 


39 5o 


i5 


39 3o 




38 20 


3u 


38 


i5 


36 3o 


a5 


37 




36 5o 


56 5o 


36 


56 3o 


35 


56 



(M) 
Sulnhorg par tus ^t lo 5^ So 

^gernake vUla 4<> 5o Sy r5 

^snes <vUla^ portm % ^ 5? 3o 

Focatur autem et hec pp&prie OhdhonU iHsula; 
imde ejus mediterranea cMtas est dicta (h^^mia vel 
(Mhensçhov et Odonis insuta. Tenant ipsius occident 
tàlia J^uenzellinghi y Koginghi et FogelUnghij 
Qrientaliay f^iningkj meridianotia^ Salinghi^ in qua 
pairie est SaUnga^ patenta villa Claudii CXavUy 
Svarthonis Melis Pétri Cuàhonis fiUiy et Margarete 
Jngredis Cicilie Osée Strangonis^ Viningh genite^ 
jPartium istarum principium 

Orojrphi in gradïbus 4^ ^7 '^ 

fit septentrionalia ejus tenent Show 

ghinghi } média autern tenent 

Odhoninghi ^o S 5^ 3o 

Ck*ca aiHem hune insùlam sunt plures pan>e iriH 
sttle et HHigne deoenter sub conseifuenti descriptione ^ 
in eodem MoriBqltico^ 
Hielm insula 
jihé insula 
Miode insula 
Thasrndh insula 
Jjamidhp cujus septentrionalia 
fi ^sius me^idionalia 
Sprone déserta 

fétdandia insula^ cujus ocddentalia 
Et ejus orientaUa 

Item ad orientem Eghernefiordk ^ in MariappeU 
f(itQ Thohierghkede ^ est 



4o 10 


58 10^ 


39 


57 20 


39 10 


57 3o^ 


4i 


57 10- 


4i 5o 


57 3» 


4i 3o 


56 40 


4» 


57 3* 


43 


57 


43 


57 



(82) 
JR mn ere m imUla 3y 3o 56 55 

Mt illùts parya imula 39 56 5q 

S^us ffmlUndhie: latera ffatUndhie que contigua 
s^Ê^ê Norvegity mLùthQ^ juxt» promontorium Scar^ 
epiei^is^ eufus suntgradus 36 . 6i 4^, 

Et proien^a Unea ab hoc loco us^ue ad médium 
regienisi 
MjKUsSuecieinsim^cufusgradussunt 46 lo 66 

l^nsmçridionaliaqiieJuciam specUmt çtOéceano: 
ahmiitor, $ic descf^imtur ptotennç Sçarçoteris pror, 
mantoriumc 

j^^htentas 87 1 5 61 Sc^ 

Qftmi mtta 38 5o 61 iq 

Somerzhavn portus é^o 60 \ 

Lcfdese civitas 4' ^^ 3o 

J^mier qf^it^ 4^ 60 iq . 

Scohoîm 44 ^ '^ ^ 

Sitî^s ScanM^: meridÎQnalis hcus deseriptiQ- //? 
CEresundh^uhicapiuntur alleca^ 
Mplsingborgk 
tjfichstadii portus 
EttebU portus 
Shanior port\is 
Ffilsterbe/ie 

jib oriente sic desçribitur: 
JTsth^dh villa ' 60 69 

Abhac duitata Oves usque ad médium latHs pnsn 
dict^ regionh Suecie ^ per lineam ea^nsi^my terr] 
minqtur residuum regionis Dançtrum i^lusiye. /if 
Scania ville mediterranee heet sunt x 



45 


59 


46 3o 


58 5o 


4? 5 


■58 4p 


4? 10 


58 ao 


48 


5d 99 



il 4^ 


%34 


49 


5r 


87 3o 


61 ao 


4o 40 


59 4« 


4^ 5o 


59 5o 


a. 


6» 



(85) 

Lundis cmtai 
Meuihkerufih 

Insule adjacent HaUndie / 
Tunshergh insulà 
Trendel parçU 
Udsmhavn 
Holnz. msula 
' Selkmdia ^ tfizè a came ntarino sic apf)^ala^ iH 
QEresundh sita^ sic circumscribitur : ■ ■ . 
Slaghlosiaj non ht^e a marip cujm 

gt€»dus sunt 42^ 58 

Nestvedh 44 ^ 4^ 

f^ardhinghburgh ^i 5^ \3mi . 

Cruci^ portus 45 3o Sf.Zo 

Kœbingh portai 4^ 58 

Heltikghœr 4$ 58 a^ 

Holbek M 4» 58 3o 

Medxterranedejûscii^itasestRosklidh 45 . 58 
Snuor abacia \ me iepèiùtntut f^ges 44 ^^ ^7 5è 
Essiéron abacià J Daiuê A4 4^ Sy 3a 

Insula Falster 4^ ^7 ^^ 

Mœnh insûla 4? 58 

Draghor pHtvd 4^ 58 $ 

Bornholm - 49 5 58 4^ 

Suecia^ gUè olim Gôchia est dicta j terminas hab^ 
àb occasu ptèfatuth Danie latuS et orientale Nor^ 
Pegiè^ ex eàdem pi^tte ^ versus septentrionèm ^ u^ 
^we àd situtn cujUs gradùs sitnt 5i .71 

Pars ejus meridionalis littoris quod extenditar 
in Sarmaticù Occeano^ cujus descriptif hec «#t:.*: 



(8k) 
t^rotanm ystûJh^ Oves cwUas Su fin 

JKabnam cwHas 64 60 4^ 

Strengenes cwitat Sj 61 

jirus civiiûs 60 61 4^ 

Cas$rum Vibôr et insutd 61 3o 62 4^ 

/^ar^ qfW s^tentrionaUs in Mari Quieto exiendkut 
hoc modoj {irdtenus Jines md±ime septentriontUeÉ 
Norvtgie et Suecie predictasi prima efûs extensio 
versus orientem gtitdus hàbet $4 *J^ 4^ 

Post éxtensionem ptimm exunsio 56 ^q 

DaUnJlWu osiia 6j 68 

Çuideindé pibscribitut 58 69 

Quiàd ortumjiectitur^ in ostio ôccé^ 

dentaliy lUsJlmfius 6a 6^ 

Ostium orientale Rosis Jlu^U 6sfc 6^ 

FleJtus Jluifu 6t €6 

tst et Fiêingh lacus tnagnua et dulcis 

in graâibuÉ 5t 6^ Hh 

Et Fonè îacus 7>ere ejusdem magni* 

tméUnis in gradibus 5t 66 3o 

Méditerranée défilâtes in hoc regno sunt heei 
XJpsede 
Skare 

fynoluebingk 
Fesgcsde 
Strengenes 
Oi>gard 
Persan 
jibo 

Tehent auiem ^us septeiUoonalia Dakngi, &ai^ 



(88) 

iergi^ et ip^îus oriéntaUa Finnataj^ sAf^i'9t0t 
Finnçn^s^ e1^ meridionalia Festgoti. Inmit adfm^étJlf 
SuèmCy in Occeano quidem.SatnmiicQt 
CtyjUand insula et vilîa in ea f^isbu ^ 6i ^ 

OEÎémdimuUt 55 60 

In Mari guidêtH Quieto quatuor initAkùbUes^ 
guarum prima gradus kabet 53 ^1 ao 

Secmda 'Dero gradus kabet 55 3o 70 ao 

Et tètcia gradus kabet $7 69 

Quarta loero et ultima gradus kabet 5^ 67 3% 

Ncrvegie situs: regio ejus que i>ersms nwridiaÊt 
terminatur in Occeano Deucaledemoy sieje Jh«&aC^ 
Post Scarcoteris promontorium f 
tÂste sinus 
Corskaçn partus 
Sutif^mger witas 

Occidentale ejus lotus sic describitur 
Bergen cù^itas 

Ukimum regni promontoriuxn 
tfedtosia meWopoUs 
PromoMorUtm quod subsequitur 

Septentrhnalis lateris descriptio sicnso 
Protenm primutn jfaromontormm in 

N&rdindkkoind 
Item secumbtm 
£^ ejus sinu^ 
Item tercium 
Et ejus sinus 
Item quartum 
& ejus sinus 



3£ 


63 3* 


33 


<b3o 


«9 


6a 3o 


29 


64 


a5 


6S 


a6 3o 


66 4» 


a6 


66 


36 


66 3* 


sie^s* 


&>&)(. 


»9 


68 


33 


6»4« 


36 


6749 


36 


69 


38 


68 ^0 


393» 


7« aS 


43 


7« 



»9 »o' 


67 5è 


'9 


66 3» 


»9 


65 3b 


»9 


€4 10 



lïém fjuintwn • 45 jr 

Et ejtû sinus ultimus 4? 71 

JEré i?t iicii5 Penarwn in Noryegia 

in situ ■ ^ 3a fô 3o 

Insule adjacent Norvegie heet ' ■ , 
JsJandia cujus fieè est deseriptio. Ejùi , 

« 4i*od magis septentrionale €Ét pro^ 

montorîum 
Quod inde se^idtur 
Et ilto ecùun vicimus sequens 
Quod autem magis^ meridiomJe est 
Et ifùod in doràoéfus est vergus ocs 

cidentemj gradus habet >? ^4 

Et ùUud jam pridem sequeni pro^ 
' mantoriUih in eadem parte 17 67 ' 

Smnt autem in hoc insula civitaics meéUtertanèb 
hèer 

Hottènsis d 65 ih 

Scalotensà iS- 67 

Iti hoc enim insula equi omnes sont gradaru^ 
pand et albi) et ipsi ad moêmnfeni comedunt> pis€^ 
exieoato»: » ' 

FenuBe^ in qua singvle macuntur 

Jkmine et imriquam mares 23 64 to 

fareœ :S2 10 68 

j^wurshaun insula^ in (jùa santtuà 
Olaus rex et martyr débellabat 
F^uisuum infidelem afisibilt adju^ 
torioBei^ quodoculisvidissefdiYei »8 îo, 63 i* 
Ladehorn insula 26 3o 64 36 

Truntheym insula 3o 6S 



»6 3o 


67 


a6 


68 


34 3o 


68 



ht^iHû pfimi et'^ecUndi prdmohiorii sum due iiH 
iuk : prima que est 
Seeunda en inghtdAu» 
Inseéundbsimiestinsulaingradïbus 
lient in tercfo sihu est însulà in \ 

^radibiU 38 69 

Item in quarto sinu est ihsulà in 

gradibus 
Et in quifito sihu ^st et ihsula posita 
Et inuîtimo sfnU est insulàingradilmS 
Grùnhùidiesitus : pats efus màxinie 

mérididnaïis gradus habet 
Primufn ejUs promontorium 
iSecundum ejus promontorium 
Tercittm ejus promontorium 

;Ah hoc autémpfom/ontôrio versus otiehtem.exteA^ 
ditur patria vastissima usque m RUsUmd exclusif^. 
Ténentauiem /eptentnonàlia ejus Careli infidèles p 
quotum regio extendifur sub polo septentri^nali^ 
i^rSUs ûûesorùshtalês: quare polus nobis septefUrio^ 
iUdis esZeiSimeridiorudis y ia gradibUs 66 . 

Sot patenter: explioit Claudiûs. 

Si les iiombres qui détei^aetit la situatioti de» Heui 
inscrits daps le tableau étaietit toujours exprimés^ sand 
laisser des lacunes pour éviter la répétition des mêmes 
liombres^ pu que ces lac^unes fiissént remplies par des 
è^foes, ou, que récriture ne se prolongeât point entre 
les indications numérales, on se serait beaucoup moins 
trompé dans leur transcription. Mais tantôt les degrés 

12 



43 3o 


70 ^è 


46 


7» 


48 3q 


7» 


7 


63 iS 


ib 


65 


II 


68 


t5 


il 



(88) 

•ont omii^ cpmme les Sg de la^de cfe$kag«fo à iSkes^ 
\igh, et les minutes seules sont copiées^ on oublie aion 
de placer Sl«mgh et Ëgheraefiordk à 56 degrés de 
latitude > indiqués pour plusieurs points inférieur»^ 
tantôt les degrés^ quoique hors dé kceionne^ comme 
lee 60 de latitude depuis Somerzhavn jusqu^à S^)ieim ^ 
sont distingués par la différence de <^uleur^ tantdt 
les degrés de latitude sont transposés^ comme ceux 
des lacs de Visingk et 4e Votte et des deusl ^es 
dté^ dans llslande. Le 66/ degré de latitude^ & ta 
fiu de la description^ marque le âi/ parallèle de U 
carte de Qaudius^ où le plus long )our eât de a4 
heures^ et n^a aucun rapport arec lés Cîai^én^ qui 
ne commencent quW 70/ jde^ de k même eidtfte« 
Je n^ai pu me rendre compte ni de cette indie»* 
iion, ni dé Fobservation faite sur le pôle septentrional 
peur nous^ méridional po^ir eux* Lés lông^tides et 
les ktitudes des lies et der lâcs tte p^ftant pas dVn 
endroit fiicé^ et ne potitant ^àre qu^approximatites 5 
tm ne s'étonnera point que les gralids kcs de^isingh 
et de Voue ^ent ^jtlement avi^M)^ ters Feist et se* 
parés par quatre degrés du nord au sud. Les protes 
et les bibliographes trouveront la |Aupart de cea 
«rrétirs Uen excusables dam de^ simjde» cépisfes. 
D'ailleurs ) pmsqu'on les découvre avec uà peu d'at- 
tention ^ elles n'ont dû arrêter ni CSaiM^ûs ni Philastre ^ 
qui n'auraient pu les corriger satts nuire à la netteté 
du manuscrH^ trop souvent sàérifiée à la correction^ 
Quant & l'omission des longitudes et dés ktitudes ^^ 
ftm\BL ville dlJpsid jusqu'à eeUe d'Abé^ elle protn^ 
que Claudius, ayant trop de bonne, foi pour les sup- 



pxètn^ vPeA peÂiéiiaU |fa8 alors les clbcilitléai^^ et qter 
Philastré était pressé àe fidre estrer dans son allas la 
carte et la idëscri|rtioa du ndrd de l^ropcf^ en al» 
tendâiit qiie l^ûuteur put cônsplétèr tes rettse^ement» 
ddiit raddkîoti était facile* Mai» la mort qui. enky» 
Ibientât le t^arditial ou la négligence de ses héritieié 
empêcha d!aj(Hitei' ce eomplémetit; « 

Quelque bizarre que soit la direction dnentâW 
donnée pax' Ptoléâiéfe à là carte de TÉcosse qui figure 
avec celle du nord de TÈurope dressée pai^ Ckudias^ 
c& pàlraîi plfitôt favsse qu'absurde à ML Oosséllin^ 
dont Pii^ei^Ott jitgë r^plioation à là fois neuté^ 
himiueiise et aatisfiasanté dan» ses Recherches mr 
f origine et tes divers éiablissênients des Scythes où 
Goths^ Paris y t8cf4> m-8.**> p. 365> etc. L'étetfdutf 
de la letteé que notre sayaftt géogfapke écrit là deissui 
à Tillustre anglms n^en permet pas TiuserlkHi. Oau^ 
dius ne place pas Tylé <m Tule ati nord des Orcfdes^^ 
dnsi qUe le fait Ptoléméé^ svBOS douté psifce qu^fl 
regardait la saillie méridioitâlé de la NorVégv ecMmiitf 
cet endrëît Yagtie et loidtaiil de Pantii^îlâé 

Si dW côté l^emploi fréquent des lettres dspiréei 
et gutturales que pf éseateut les ncmis prdpres de lieuat 
iignale TÂpreté de Tanciéfine prottomeiatiùd i;; de Fautte^ 
les Tariations qu'ails i:mt subies par Tâdoucissefiaent p904 
gréssif du labgage^ accusent la difllcidté «te tendre ces 
sons étraûgers^ et empècfacmt d'oeil saisii* lèsntianees 
pour remonter à leur, ùrigke. Austt me sui&«}e Vfl 
iouTent arrêté en ocmipsurant les dénominations dîrer'f 
•ement ortfac^rapbiées ou même dteéré«f , à plus fortcf 



(90) 

nâÊon ^ les délumiiiiatiotis parmnent locales, le me j^ak 
à déclarer que , pour sortir de cet eodbarras résultant de 
mon ignorance des langues scandinates^ fai eu recours 
à la bieuTéillance de M. A. StaU ^ secrétaire de la So^ 
oété^Â^atique de Paris , ^i m^a prêté le secours de son 
à^ditioiK Aux depuis suivants^ il sera facile de re- 
connaître ce dont je lui suis redevable et ce qui peut 
m aj^rtenorir 

Glaudius donne à la réunion du Danemark ^ de ta 
NorvJ^e et de la Suède la forme d^une lie Hen plus 
Rendue «n longitude qu'yen latitude, et entourée de 
la mer^ eïGe^ du côté orieÂtd où elle est baignée 
par une espèce de fleuve. Une terre inconnue borné 
la partie septentrionale de cette mer, qU^'on doit dis-^ 
tinguer de la mer Glaciale, plus rapprochée du pôle^r 
Cette mer is^térîeure emprunte différents noms, les 
uns énoncés dans la carte , tels que Nordhinck Bondh jf 
Mare congelatum^ tenebrosum^ ^Uietum^ Fest^haf^ 
OEresondj les autres dans la descrTption, tek que 
Occeanus germanicus^ sarmatieus^ deucaledoniusj 
Mare balticum^ Mare thobietghhedq ^ Lotho. Lea 
golfes de Bothnie et de Finlande ne sont point men-« 
tionnés. Nordhinck Bortdh ou plut6t nordisk hund 
sigm&ejbnd Je la mer du Nord^ et s^applique bien 
à cette partie sej^eutrionale;} Vest^haf^ mer solide^ 
convient à congeUuutn mare j Œresund ^ ouverture 
du détroit p répond à ce qu^on appelle le Sund^ Mare 
thobierghhede àvk jkatàt tobierghhede ^ mer du sau» 
i^etage^ peut se rapporter à la protection qu^ trouvent 
les vaisseaux avant ou apt^ès le passage desBelts ) Lotho^ 



(91) 

indiqué sur la côte de Halland^ serait^>ce le golfe de 
Laholm? 

Llle de Sumershayn^ où saint Olaf , roi et marijrr^ 
défit, avecPassistance divine, Finfidèle Fruisaus,n''e^iste 
pas aujourd'hui sur la côte de Halland , comme Tindi- 
que Çlaudius^ mais on y voit Sumer*Hoefn , cW-4-dire 
port dété y dans une position ^fféirente de celle qu'il 
assigne au port de Somerzhaim. Les Ues de Fœnsieu^ 
qu'on ne trqiuve pas sur les cartes modernes, semblent 
tirer leur dénomination du mot vaeuy agrécAIe (con* 
aqltez la cai^edù nord de l'Europe, revue par Geerz, 
i835, Schleswîg). Quoique les îles àe Ifœlioland 
soient placées au--dessus de Ripis^ ce seraient les lied 
de Heilgoland, ai|x environs des bouches de Ifllbe, 
à en juger plus par une ressemblance nonûnale que 
par leur détermination qui était probablement incerw- 
taine. Le nom Fareœ de la description est également 
analogue à celui de Fœroé \ mais là situation est trop 
différente. L^q qui porte dans la carte le titre de 
Pheùniap pi^ralt aussi daqs la description sous celai de 
Odonis et Qhdobnis insulaj c^est là que se trouve 
Salinga^ lieu natal de Qaudius, dont les parents sont 
nommés. L'épithète maxima^ relative aux Ues voisines 
de la Cfaersonése cimbrique, doit signifier la plus im» 
portante et non la plus grande y puisque Pheonia est 
représentée plus petite que SeUandia^ et que Clau* 
clius devait connaître la grandeur de deux endroits si 
rapprochés. La desdription donne à l'île de Séeland, 
i^esli^k'^ive pays de mer ^ selon l'étymologîe connue, 
le nom ^e SeUandia^ c'est-à«*dire pays du phoque 



(92) 

eu chi^r^ marin ^ tandis que là carte la nomme Canis* 
cula^ qui parait une altération de Canisçola^ c^est-tàtdire 
ftabitoHon du ehiôtt, et semble répondre au mot 
Selbmdia latinisé \ cette et jmologie inconnue est anssi 
nmple que caractéristique , cet animal ^ commua 
dansie Sund^ s appelant sàlr en vienx danok et sad 
•n danois moderne. Les abbayes ^Eksierori et d« 
Snuor^ non Icnn de Moskild dans Selhmdia^ sont 
éitées commt serrant de sépulture aux rois de Dane^ 
mark') et les parages du Sund comme remsirqua))lè$ 
par la pèche des harengs. |je Gothland^ctnel ^ nommé 
Sulhland dans la carte et Gyfllqnd dans la descrip-r 
tion^ renfermait F'isbu^ maintenant Wisbj. OElatid e% 
B^rnkolm on mieux Biœrnholm^ lîgnitient Fun ^ pays 
de Tilt y Taotre^ Vile aux ours. Kugen se montre dans 
la carte somi la dénomination de Jlyland^ confirmét 
par Rygir^ c'est-i^-dire ^ habitants de cette lie, d^aprèsi 
un passage que cite au mot Lœg le dictionnaire islan** 
dais de Biœrn. La Poipéranie y e^t nommée simplement 
Pomaria^ Lq lacus JPenarum^ placé a Forient d^ 
Nidrosm^ serait^il le golfe de Drontheim^ dont il est 
pourtant éloigné? Les Hcs de JTisingk et die Fane de^ 
viennent ceux de Wetter et de Wcner par la tran» 
position des latitudes indiquées^ le premier t^oixiprend 
encore aujourd'hui VMç de Wising. '. 

Les \iHeS qualifiées HoUensis ^t Scalotensis sont 
celles de Hohim ou Holar et de Scalaholt ou ^alholt 
avec la mém^ transposition des latitudes respectives. 
Elles appartiennent à Plslandc, où les oheyauxv^ petits 
^t blancs^ ^ mangent du poisson sec en guiseï' de iiria, 



selon Claudlus ^ dont Tobservatioa est constatée de nos 
jours d^ois les pays les plus septentrionaux de FEwx^ 
et de TAsie* Quant à son observation sur llde de 
Jp'emaee^ où il naît uniquement des femelles^ jamob 
de^ mâles ^ elle, paraH trop absolue , si toutefois elle est 
foudjée. Quoique Sooholin de la descripUon et Stokolm 
4e la oarte^ se rapprochent. beaucoup^ une différence 
^12 degrés de longitude s^oppose à leur identité^ k 
moiin de présumer une énorme erreur dans la gra^ 
duation du texte ou dans la confection de la carte ^ 
cfrreur que la .dissemblance des nombres 44 et 56 
rend presque impossible. La chaîne portant le nom 
de Coberbyerghçi^ mieux Cobberbiergfie y montagnes 
de cuivre y annonce que ce minéral y abonde; ell^ ne 
doit pas être confondue avec ceHe de DoverfiÀld que 
la carte en distiogue. 

.. La situation et la d^homio^tion des peuples d'alors*^ 
ne re^en]d)lat^ guère à ce que Ton connaît aujour* 
/dlmi^ ne' sont pas faciles à retrouver. On remarquei^ 
seulement que les Gentelandi et les Gromelandi de- 
.vraient s^écrire Jemtelandi ,ei Gr&nehsmdi^ et que ces 
. derniers doivent être venus du Groenland ^ le même 
pays que Engroneland (Histoire des découvertes et 
•des voyages dans le Nord ^ par Forster, 1. 1.'% p. 3a i, 
in-8^ Park^ Cuchet, 1788)^ pays que Qaudîus nomme 
. Grogdandm , et dont Textension était indéfinie. Ce- 
pendant ces deux contrées sont déâgnées sur notre 
.globe de vermeil par les mots 6rroi22am&i et Grmdj 
abrégé de Grunlandia^ ainsi que par Engeron^ au 
]iieu àe^&tgron^ abrégé àeEngronlandia} elles le sdnl 



{>ar OroueUmtei Rrg'romtant dans la Mappemonde 
d^QroDce Fine quVx^que Sébastien Munster. 

Diaprés les. différences qui existent entre la ma^ièi'e 
d^écrire les mAmes mots tant dans les cartes qne dan^ 
les tableaux descriptifs de Ptplémée et de Qandins^ il 
fmralt que les autels de ce tempsrlà pe s^embarrats^ 
saient guère de Tunifonnité de Torthogi^lie, et qu^ 
tenaient plus à obtenir un beau manuscrit ^pi^à le 
ehai^er de corrections pour lesqudks ik comptaient 
sur TintelligeBce des lecteurs. Sans, cela ils auraient eu 
souvent recours à dei errata placés a la mai^e ou à k 
fin de IVmvragf • 

Je terminerai cette notice par quelques reosetgner: 
ments que j^ai pu me procurer sur des sujets dont il 
a ffté question dans mon prunier raémoiDe. 

Pour éclaîrcir Fhistoire de notre manuscrit relative 
rà neveu ^ kéritier du cardinal, je rae suis adressé à 
M. F. CDoûct) bibUolhçcaire de Verdun. H m^a inr: 
formé que la tapisserie donnée par cet évAque à la 
cathédrale , dont fai parlé à la page lix de ce volume^ 
et qui s^jr voyait encore en 1^4^^ a disparu depuis 
la révolu^on française , et qu'on ignore ee qu'dle est 
devenue. Destinée à décorer le chœur, elle consis- 
tait ei| deux grandes pièces représentant la passion 
de J.^C. avec les figiir^ analogues de Tanoien testa- 
ment. Mais, après avoir consulté tous les ouvrages tant 
inanuscrits qu'imprimés, où il espérait trouver des 
^enseignements sur une donation de la bibliothèque 
du susdit évèque à Téglise cathédrale, ^es recherches 
f^ lui ont inen appris Sfu: un ik)t qu'il isegs^de cooiiaiie 



(93) 
|:rè|-probable.' Il pense que nôtre manuscrit aura été 
jcompris dans ta vente que le malheur 4es temps 
contraignit le chapitre fie Verduû à faire d\ltae poitipa 
dé SSL bibliothèque vers ï635. On observera q[uë cett9 
éjpoque'^ coïncidant avec là fondation de lahibliothèijue 
des Tierceliûs de Nancy, ^où provienf le mantisGrît 
de Ptolétiaée ^ donne du poids à Fopinîoii de Af. Gloûet 
et confirme mon assertion sur son origine^ Dans çç cas ^ 
le ihonogramnoe de i543, cité k la même page ut y 
pourrait concerner un tjaembre savant du chapitre de 
Verdun, qui voulait perfectionner le man^sèrit; mais 
la date des dégradations, qui ne peuvent pullemcnt 
lui être attribuées, reste toujours indécise. 

Je suis redevable à M. Louis Paris, bibliothécaîrcjr 
archiviste de la yillfe de Rheims , d'unp notice sur le 
^^nuscrit de la versbn latine d'Angelo, que le cardinjal 
Philàstre, qui avait été doyen du chapitre de Tiheîfns^ 
transmit, à la fin de 1 417, du concile de Constance 
à la bibliothèque de cette ville, comme nous Tavons 
flit, pa^e Lvuî. Ce ntanuscrit inr4«* sur t>eau vélin, rer 
marquable tant par son écriture que par sa^conserr 
yalion, contient a37 feuillets, dont les pages soàt 
ppîrfs, les litres rouges 5 les initiale^ en couleur rer 
haussées 4^oy et ornées dans le go^t du iS^* siècle, 
les degréS' de longitude et de latitude suivis de fracr 
tiens sans minutes ^ mais il n''a ni cartes ni vignettes, 
et tfeSt décoré en tète que d^me superbe initiale et 
des armes du donataire. Il porte Tîntitulé suivant: 
Cosmographia Tholam^i ^lexandrini ^ summi asr' 
p^otiomici^ ex greco in htinum v^rsa per j€»cor 



(96) 
bum ^ngelumjfiorentinimi^ latine et grece ling^ut 
peptissirmum p, onno Domini milksij^ qmdrmgenr, 
fesiriy) nono^ temporç mag^i et incompc^abilis scis- 
fnatis. Prqlç^us, v^ Beatissimo pa$jri.4lejcandr0 vP'.^ 
pontifici maxùno Jacohus Angélus^ ete. Sur I^.giypd^ç 
de la reliure oi| Ht çe$ mots que QuiUaume a tracé| 
lui-même : hic cathenatus ip/ fehrimii ^ (mno i4i^ % 
anuonçant quWors le manu^rit était enchaîné dao^ 
8a bibliothèque, selpi| Ttisage 4e nta^ie, pour em-» 
pécher la soustraction de» livres, L^envoi déclare qo« 
Guillaume, après plii^içurs année» dVttente,, est par^. 
Tenu à obtenir de Florence la présente copie, qw^ )^ 
raison de son extrèjoae rareté çn France, mérite d^étre 
bien conservée. EJnGp on y voit par la signature (xuîZ- 
\elmus Filiastru$ y que le cardinal se pommait Filias^ 
tre et non Fillastre, ni Pbi^astre , comme on Técr^j^ 
ordinairement (i). 



(i) A ce manuscrit était joint le dessin magnifique d''an planisphère 
sut pcaii de clieval marin , antérieur à la gravure du planisphère du 
eardJMil Borgiâ. X<eur confironution IW arec loutre ht avec notre 
§M>e 4e Termeil aurait pu éclaircir cpieiques points de f histoire 
de la géographie. Malheureusement ce dessin n'existait déjà plus à la 
bibliothèque delVglise de Rheims, dès le commencement du 1 8.* siè- 
cle, ainsi que je Taî appris de M. Louis Paris, qui a yaînement feuilleté 
les archives afin d'en dècouTrir une description, dont les détails »km 
nûeiHt fait moins regrfttor ^tL% %\ grande perUt ppur k scieBce> Je 
liens, aussi de sa bienveillance le calque d^^ne mappemonde enlnipinée 
et comprise dans Penvoi de i4i7 , qu'il suppose une réduction du 
dessin précité. Quand même cela serait efieclivement, elle est d'une 
dittiension si petite que je n'ai pu eu tirer pam. Mais comme 
^t sfirt de ffroBtispiee k uq PQiiipoBiqs;Itt«9a| auumscm iB-4^* ^ 



(97) 

6i notre copie laisse quelques lacunes, en revanche 
elle a été faite à Rome sous la direction an saVant eaw 
dinal; elle se trouve postérieure de i5 ans au ma^ 
puscrit de Rheîms , enrichie de cartes et de notes éé 
la composition de Philastre, et prouve qu^il tenait 
toujours à la traduction d*Ange}o i) elle a d^auUnt pltm 
de prix , qu^elle est pour ainsi dire son acte mortuaire^ 

GLOBE ]»E YEUHEIL, 

Ce globe t) dVnviron 6 pouces de diamètre, a reçu 
son développement dans une mappemonde (planche 
IV ) divisée en tiémispbère oriental et occidental ^ 
où sont réprésentées les tenues et les eaux avec divers 
ornements. La ciselure et la dorure de Torfévrerie 
qui dîslingueiît parfaitement les unes des autres , sont 
T:emplacées par Jes ombres usitées dans les cartes 
géographiques , seule manière d'obtenir cette di^ 
t! notion sans choquer la vue. Le parallélogramme saili» 
lant où soi\t gravés les noms des mers est également 
supprimé , pouç lé§ fî^re mieux ressortir stir ^n fond 



i3o feuilleU, procédé d'une lettre do pins de 3q pages du cardinal 
donataire sur Timportaocf de cette posmographie , )^ai cgeu derolr 
mentioDner un si beau manuscrit sur ve'lin, dont Gronovius n^a poln( 
fait usage dans son excellente édition de 1748, et qui serait utilement 
♦consulte pour une réimpression. 11 me semble qne c'^est le lieu de re- 
lever une erreur delà ^^liograpbie universeDe de M. Michaud, article 
Fillasire, où Ton prétend que la bibliotb^e de Bbeims possiède un 
manuscrit de Pomponius chargé de notes inédites de Guillaume, ar- 
licîe dont j'ai déjà signalé une autre erreur au sujet 4e Ptolémé^, 
pag. Lvn| de mon premier 'mcmoirc. 



(93) 
Uftnc. 9oM ces cbangemeoU que nécessitait le des^n, 
le glob^ est fidèlem^t retracé , y compas là figure et 
la grandeur des lettreif ^ la coupe ^ T^réviation et ^or:; 
thographe àe$ mots latins. 9i les fautes conmû^ par 
Tartîste dans la copie des ifiots i|omI](reux dWe langui» 
étrange ^ peuvent être rejeté^ sur }a distraction et 
llgnorapçe , celles qui lui soi^t éçliappéesf dans Ifi copie 
de quatre mots de sa langue maternelle, demeurent sans 
excuse. On conçoit en effet que les erreurs dans une 
lon^e transcriptioii sont presque inévitables , quan^les 
lettre^ n^ont pas été tracées à la pointe d^un instrumenta 
ayant de subir Topération de la gravpre , et qu^elle$ n^ 
pourraient être corrigées sans nuire à la beauté du tr»?- 
vail ^ aussi reyécution de Fouvrage ne porte-t-elle au? 
cun vestige de rature. lV(ais Fauteur du globe , k qui la 
plupart de ces fiiutes ne peuvent être imputées ^ aurait 
dû les prévenir, e^ surveillant Fou vrier qu'il parait avoi» 
livré à lui-mén^e , sans se défier de son exiictîtude. 
De là certaines bévues , telles que tera^ rego^ aqariuSj^ 
écrites en d'^autres endroits terra ^ regio^ aquarius} de 
}k pace/îcuum^ ùccidus^ maredionalisj i^oxxr pacificum^ 
occiàuusy meridionaUs. Les erk'eurs annoncées plus 
haut eomme inexcusables sont les points cardinaui^ 9 V^s*; 
critf ^ rbom2son de la sphère de Ptolémée, et désignés 
par les noms niitnachtj, mitag^ ^{fg^^^Ç? nidergangj^ 
c est-à-dire nord, sud, est, ouest, au lieu des noms 
alors usités jTfkternacbt^ mittentag^ uf^ang^ mder-r 
gang du moyen âge , qui i^essemblent beaucoup V^eux 
qe Fallemand moderne (Voyez lés pages lxi et lxu di^ 
mémoire lu à la séance publique }. Ces citations su£Gsen| 



p6iit éipiiquer dWtres altétations, dont la préééiittf 
atteste la bonne foi ^ mais dépose contre le savoir et 
f attention du gfaveiir. D^ailleUrs là sphèi'e n''o0re rieii 
de particulier, excepté deut làngtietteâ adhéi^eiifes, Funé 
à la droite au ûotd , Pautré à la gauche au sud du colutë 
des solstices, à distance foft iilëgale de Féquateur^ cft 
percées chacune d^un petit ttoù qui se trouve à leur 
extrémité. Je ne puis deviner f Usage d^ Céé Idiiguètteâ. 

n mè teste à constater la perte dû j^étit globe tei^-^ 
resti:é , l^emploi sacré du globe de vermeil , les épo^ 
^es de Toffiràndé et de la fabrication. 

Le témoignage authentique de deux ^iercelins , coii^ 
si^né dans des ouvrages àsseâ^ rai'ès que possède là biblio^ 
thèque publique de la ville dé Nancy (i) , mettra hors 
de douté lès trois première^ asâèrtioiis dii mémoire. Le 
Père Yinceiit c\të , page i6â , parmi les objets précieux 
offerts à la Vierge de Sîon par le duc Châtiés IV heu- 
f^fuseinent revenu en Lorraine , ùhè coupe irès'riche eri 
forfne de globe ^ (fût à éèé cùnuèrtie en ciboire. L'au- 
teur n'^àjoùte rien à cette indication. Le père Troilil- 
lot donne, page 74 ^ 1^ description suivante; c une 
ëoupe très'^riche^ ^présentant le globe terrestre^ 
dun demi'pied de diaihëtre ^ oii^ sdnt ciselés et décrite 
âù parfait tous lés pays, terrés, roj^auine^, ihérs^ 
fléutes^ rivières, comme sur uÉie mappemonde^ lé^ 



(1) Histoire dé' FaDcifeniie iibage miraculeuse de Notre-Dame ém 
Slion^ etc., par le R, P. Vincent. Nancy, Chariot, 1698, in-8°. 

Histoire de l^image miraculeuse de Noiire-Daiiie de Sioii, etc. par 
Kî R. P. ïroiullot. Nancy, Chariot, lyS; , iil-8^ 



tçrrôs étant distii^éçs des eaux pat une bçlîe dotUtô 
et un bleu céleste représentant les eaux. Cette coupe 
€St surmontée ,d une sphère ar^oiillaire , avec tous les 
cercles représentant les cieux^ et la terre étant au 
milieu, de la grosseur d'une noix, le tout étant 
supporté par un Atlas nUy de la hauteur de Unit pouces^ 
posé droit sur le pied jàn globe : cet Atlas tient en ses 
Inains une corne d^abondance, de sa hauteur, dont le 
liaut chargé de toute sorte de fruits contre sa tête^ 
qui supportent ensemble et le globe et la feçhère^ Icf 
tout d'^argent, proprement doré en dedans et en dehors^ 
ayant de hauteur environ i8 pouces. 1» Il est donc inû 
dubitable que le petit globe existait au moins après la 
Jpremière moitié du i8.^ siècle , et que le {rand globe 
servait de ciboire bien avant cette époque : il est même 
très-probable que cet usage dura jusqu^à la révolutiott 
française* De plus, Tidentité di; vase actuel et deTan-^ 
cîen ne peut être contestée. La date de Tan i663, <^ù 
Toffrande du prince fut portée processioanellement d€! 
î^ncy à Sion, est aussi mentionnée aut pages i5^,et 
69 des éditions précitées. 

L'époque de la fabrication de ce cheAcToeuvre d'or^ 
fevrerie n'est pas ausâi facile à déterminer. 

Afin d'y parVenît par Une voie pltis directe, f aurais 
eu besoin de livres, à l'aide desquels j'eusse passé ea 
irevue tous les lieux gravés sur le globe. Je me suis bien 
assuré que la plupart dds noms viennent de Ptolémée, 
du roi Alfred^ de Marc6«f-Polo^ d'es aiicichis voyâgeiïrs 
espagnols et portugais. Mais cette revue n'ayant pU 
être qulncomplète , faute d'une comparaison détaillée^ 



(101) 

)6 m^aclressài k des personnes instruite^ et bientéiU 
hntes de plusieurs \illes^ que je priai de fouiller leé 
bibHotlièques publiques et pârdcuUéres pout décoiH 
vrit des cartes propres k fixer du moins approxima' 
tiVetuent la date de notre globe de vermeil. £!I1^ 
out malheureusement éèhoué dans leurs recherches ^ 
et nVnt pu m^pprendre combien dé temps on érut 
& la jonction de rAmérique atec Taiicien continent ^' 
teHe que la désigne Tauteur de ce ï)el ouvrage. If 
m^a donc lûllu revenir aux monuments que f avais 
auparavant interrogés. 

L^exameu dé quelques traits de resseml>lance ue 
pourrait-il jf^as déterminer Pépoque de la fabrication dcC 
èlôbeP ; 

En jetant Un coup d'^œil sur te globe de Vermeil et 
sut la mappemonde d^Orouce fine ^ la configuratiou 
géuérale des terres et des mers de Tancien et dû non-- 
veau continent porte à penser que les auteurs de ces 
détix ouvrages se sont copiés^ mais en examinant la 
différence dés Uoms imposés à Un grand nombre d(5 
pays, on ne tarde pââ k reconbâître qu'As né sont point 
plagiaires, et qu'ils paraissent avoir puisé aux biémes 
sources^ L'un étTautrë offrent un grand point de res^ 
semblancé par le prolongement oriental de l'Asie et 
par la dénomination d^Amériqué donnée seulement ii 
la partie tnëridlonale du nouveau monde. Pour eux^ 
laTaprbbâne est Sumatra, le Prélre-^Jean r^gne eu 
Abyssînîe, Yucatatt n'éàt qu'une île, ta découverte dé 
la Californie semble ignorée, qùôi^'eïle pût être con^ 
ttoe dès i54ô. Si la gravture de la mappemonde in- 



(102) 

lérée clans le Noms orbisj etc., de 1 53s et répétéedaiitf 
rédition in-fol. de Pomponiui^Méla , Pari^, ^H^h 
jprouve q[ue la jonctioa de FÂsie et de rAniérique était 
alors uné.opiaion reçue ^ 6n en peut dire autant de cçtte 
même mappetiionde un peu modifiée eil i566, qui né 
figure pas simplement comme doctuneni curieux pamu 
le recueil de cartêd géographiques intittilé : Tavolé 
Ènodernèj etc« Car une autre carte de cet atlas, âous la 
date de iS^o, irepréseaie cette Jonetioii, et s^amiouce 
toifimë deftcriptiou générale de la terre jusqu'alors con- 
nue. Le placement de la Taprobane à Sumatra n'*a rieii 
de décisif y puisque les géographes anciens et modernes 
se Sont long^témps pai'tagés, au sujet dé cette lie 
antique, entre Sumatra et Ceylan, et que les savants 
Èoehart (^Geographia sacra. Qktbrhij i646^ in^oL^ 
et GosSëllia (^JReoherchei sur la géographie sjfstéma^ 
tique et po^tivé des (anciens. Paris y ioi3^ t. 3;% 
i/>*4." ) se sont vus obligés dMtablîr par des rappro* 
chements solides la position de la Taprobane à Ceylan^ 
et de combattre victorieusement Fillustre Mercator qui 
la tràiisportait à Sumatra. Cette erreur se conçoit dans 
un hoihmé si habile^ q[Uand <les géographes du lyJ 
Siècle, tels que Sansoii, INolin, etc., se sont obsUnés 
k faire une lie de la péninsule de Californie, en dépit 
de la découverte de Cortez (Précis de la Géographie 
urUversetle ^ par Éfaîtè^Brun^ p. 6%tyi* î, a.* éditJ 
in*8.*, i83a). ïl n^est donc pas éiorinànt qu^elle soit 
adoptée par raùteùr du glolie de ienaeil^ malgré 
ses connaissances en géographie* 

ti empire du Prétre**Jeaii serait*il pliis propre à 
résoudre la question? 







{m) 

A la vérité lé nom de ce prinde chrétieti n^est 
t)oint gravé sar le globe ^ mais uoe couronne fermée 
et accompagnée d'aune croix le caractérise suffîsam^ 
ment avec Finscriptioii' âbassu^ GHRisTiANoutnc kègio^ 
et un peu pltis loin maior ^thiopu^ ingùlje sunt 
CuRisTiANi ti. Les deun: lettres li qtCcnï à gravées 
seules sur le globe., faute de place , semblent être la 
première sj^Uabe dù^iiiot li^eei, {probablement parce 
que ces chrétiens étaient gouvernés pat un prince 
chrétien indépendant. Le cardinal OuiHaume^ dans 
tme note de son atlas de Ptolémée en 14^87 ^ 4 
carte d'Africjue^ parlé du Prétrc-Jean comme d^un 
roi chrétien^ régnant en Ethiopie^ au nord de l^équa* 
teur, sur 72 vassaux dont 12 seulement sont infidèles. 
M. A, Sabellicus^ cîfé par Sébastien Munster, préface 
du Nox^us orbis^ etc., i53^, dit avoir appris des indi- 
gènes de TAfrique intérieure , que le Prêlre^^Jean 
commande en Ethiopie à 6â rois , sans ajoùtei' rien dé 
plus. Si cette indication est exacte , et qu'ail ne faille 
pas lire 72 , qui confirmefait le témoignage du cardinal, 
elle annonce toiijouts un grand prince, que les naturels 
décoraient du titre de Giant^ cW-à-dire puissant. Le 
planisphère du cardinal Borgia se tait sur le nombre des 
vassaux duPrêtrèJean, mais il porte finseription sui- 
vante://! Nubia Christianorum sedes ptesbiteri Joartr 
nis) cujus itnperiufn ab ostio Gadisper meridiém usque 
adjluvium aufi. La vaste étendue d'un empir'e embras-* 
àant la partie occidentale de FAfrique depuis le détroit 
de Gadès ( Gibraltar) jusqu'^à Tembouchute du fleuVe 
de Tor (Niger ou Joliba), résulte de ce passage gravé 



(m) 

sur un mouument dont la date remonte yars le milieu 
du i5/ siècle^ diaprés la savante dissertation deHee- 
ren^ imprimée en 1808 et insérée au vol. xvi in-4-* 
des Mémoires de la Société de Gœttingue. La Mappe-^ 
monde d'^Oronce Finé^ publiée en 1 532 et en 1566^ 
offire seulement une petite croix avec ces mots tracés 
au nord de la ligne équinoxiale^ en Abjssinie: hic 
dominat^r papa Joannes. la carte d''Ortélius de 1 570^ 
assigne au Prétre-Jean le nord de Féquateur en ces 
termes: hic hnge lateque imperitat fnagnus presby-* 
ter JohanneSy totius jijricœ potentissimus rex. 

Toutes les autorités précédentes^ cjui comprennetit 
les premières années du i5/ siècle et les dernières du 
16/) s^accordent avec notre globe de vermeil pour 
établir le domaine du Prèto&Jean en Afrique. Cepen-* 
dant quelques personnes ^ dont le témoignage nVst pas 
suspect^ Marco-Polo^ vers la fin du i3/ siècle^ Marin 
Sanuto^ vers le commencement du i4*'') Émanuel^ 
roi de Portugal , dans les premières années du 16.*^ 
a£Srment que le Prêtre-Jean régnait en Asie^ fait dont 
Heeren convient lui-^mème , diaprés les seules asser-^ 
tions du voyageur et de Tbistorien, sans citer la lettre 
adressée de Lisbonne en i5i3 par le roi Émanuel 
au pape Léon X, et insérée au Novus orhis ^ etc. dé 
i532^ pag. 161 ^ etc. ., lettre qui lui était apparemment 
inconnue. Il est possible de concilier ces témoignages ^ 
qui semblent contradictoires^ par la considération que 
le Prêtre-Jean ^ maître d'un empire dont Torigine et 
la destruction sont également obscures ^ Ta successive-^ 
ment étendu sur TAsie et sur TAfrique^ que les déno- 



ininations dinde et d^Éthiopie s^appliquant à de vastes 
pays de ces deux continents ^ India inferior Johannis 
presbiteriy vers Forient de FAsie, dans la carte de 
Marin Sanuto s^ a pu être confondue avec India i/è*- 
ferior presbjteri Jôannùj iSituée au centre de TAfri- 
que, selon k'ifemarque de Guillaume Philastre^ que 
les limites des états de ce souverain ayant varié, dans 
la suite des temps , à raisdii de sei victoires ou dé 
ses défaites, on ne doit pas être surpris de le voir 
régner tour à tour ou à la fois en Asie et en Afrique. 
îie cette discussion il s^ensuit que Tépoqùe de la la- 
brication dé notre globe de vei^ineil nié peiit être fixée 
d^une maniéré précise^ mais qu'elle se rapporte né- 
cessairement à la dernière moitié du 16/ siècle, et 
qu'acné précède dW siècle environ Tannée i663 où il 
fût djQTert à Notre-^Dame de Sioii. 



Nota, Il est dit, à la page lx de moD premier mémoire, que \eà 
dégradations ne portent nullement sur leà cartes de Ptolëmée ajoutées 
au manuscrit par Guillaume Philastie, et à la page 70 du supplé-^ 
ment, qu^on ne voit point la carte générale des trois parties du monde 
c{ui detait figurer à la tête de Patlas. Cette lacune ayant été décou- 
verte trop Uird n'^a pu être indiquée en son lieu, et laisse subsister 
une contradiction qu^il e^t fkéile de corriger. 



MÉDAILLES 



DS 



L'IMPÉRATRICE ANASTASIE, 

FEMKB DE TIBÈRE GON8T AJf TCf ^ 



UAJttJOT. 



Un heureux hazard m'^a procuré deuiL Moyens 
Bronzes Bpantins , que f ai long-4emps étudiés avant 
de pouvoir leur assigner une place convenable dans 
ma suite impériale. Après beaucoup d'incertitude^ 
je crob enfin être arrivé au point de préciser leur 
origine , et par suite de &ire prendre rang dans les 
cabinets à Teffigie dWe impératrice dont les mé- 
dailles ont jusqulci échappé aux investigations numi%- 
matiques. 

Voici la figure et la description de ces deux mé- 
dailles^ qui ne diffèrent entr^elles que par la date du 
revers. 




...TiBcoNSTANTiif.... Deux figures impériales nimbées 
et assises. Celle de gauche tient un globe surmonte 
d'une croix 5 celle de droite tient une petite croix. 



(107) 

]^ Amo V t>u YII. Dans le champ K^ au-dessus une 
croix ^ au-dessous tes différent de Thessalonique. 

Ne possédant d^abord qu'aune seule de ces deux mé- 
dailles ^ je lui trouvai , avec celles du même module de 
Justin Uet Sophie, une telle analogie , que je pensai 
que la portion de légende quelle me présentait , n^^était 
peut-être que Fassemblage de lettres inexpliquées for-» 
mant par hazard la terminaison du nom Constantinus* 
Je laissai pourtant reposer la médaille parmi lesindéter* 
minées à revoir avec soin. 

La seconde étant venue compléter la légende de la 
première , j^ai pu lire alors distinctement les mots rap- 
portés plus haut. Comme je possédais aussi une pièce de 
Justin et Sophie du même module , du même atelier mo- 
nétaire de Thessalonique , précisément de la cinqpiième 
année du règne de ce prince , et portant en toutes 
lettres le nom Justirms^ il ne m'^a plus été possible 
d^avoir le moindre doute sur Fattribution négative de 
ces deux médailles à Fempereur Justin. Dès-lors j^ai 
dû naturellement leur chercher une nouvelle destina- 
tion dans le voisinage du r^e de Justin II, puisqu'^en 
effet le style de ces trois médailles est si parfaitement 
identique , quHl devenait impossible de ne pas assigner 
à leur émission des époques fort rapprochées* Une seule 
pensée pouvait alors se présenter, savoir, que Tibère 
Constantin avait droit à ces monnaies. 

C'est effectivement ce prince qui porte le globe 
crucigère et que la légende désigne d'une manière assez 
explicite pour qu'il n'y ait plus de doutes à cet égard. 

Mais quel est maintenant le second personnage qui 



(108) 

figure sur la médaille? Cest ce que la discussion scuIq 
peut permettre de découvrir ^ en ne perdant pas de 
Tue quVne de$ deux effigies seulement porte le globe 
crucigère ^ et que par conséquent il n ^ a qa''un empe^ 
reur sur la médaille. 

Justin n^ neveu de Justinien^ reçut la couronna 
impériale en 565 5 c'^sten 5^4 seulement, c^est-rà-dirç 
dans la neuvième année de son règne , que ^ se sentant 
affaibli par de graves maladies^ il créa César sous 
le nom de nouy^eau Constantin ^ et désigna pour lui 
succéder à Peiopire, Tibère, capitaine de ses gardes 
et marié secrètement à Anastasie. Ainsi déjà Justin II 
est exclu de tout droit à ces monnaies , puisqu'elles 
portent des années antérieures à celle qui vit conférer 
les hoQueuES monétaires au nouveau Constantin , dont 
on voudrait peut^tre retrouver ici des médailles frap-' 
pées du vivant de Justin II. 

Tibère adopté par Justin , du consentement de l'im-r 
pératrice Sophie, le 7 septembre 57 4 ^ fut couronné 
le 26 septembre 5^8. Depuis ce jour il régna seul 
}usqu''au i4 août 58a. C'est donc une femme qui pa-r 
raît à sa gauche 5 car il ne désigna Maurice pour son 
successeur que quelques jours avant sa mort, et nous 
avons sur ces médail{es les dates de deux années diffiér* 
i^entes (i)^ 



(i) Il es( })op d'obsçrver que les années du tè^e 4e Tibère ont 
é\é comptées sur les monnaies, à partir de sa promotion au rang des 
Césars, et non du jour où il fut couronné. Toutes ses médailles portant 
de* dates antérieures à Tannée ÏV, en sont des preuves ÇYidentes. 



( 109 ) 

Reste à choisir entre Tambitieuse Sophie , qui étaît 
Auguste y et Timpératrice Anastasie. 

Ici lliistoire est d^un grand secours et fait pencher 
]a balance en faveur de la dernière. Théophane raconte 
que Sophie^ à la mort de son époux ^ espéra que 
Tibère ^ dont elle avait favorisé Pélévatiôn et dont elle 
Ignorait Punion secrète , se trouverait heureux de ci- 
menter sa brillante fortune en Fépousant elle-même. 
Tibère, déjà père de deux filles, n'avait garde d^ 
songer^ Sophie crut donc ne pouvoir mieux faire que 
de profiter de la célébration des jeux du cirque pour 
exciter les acclamations du peuple, et par ce moyen 
décider Tibère à prendre une auguste épouse. Tout 
arriva comme Sophie l'avait pensé, au dénouement 
près : car aussitôt que ces acclamations se firent en-- 
tendre, Tibère répondit que l'impératrice qu'on lui 
demandait de choisir existait , et qu'elle se nommait 
Anastasie. A cette nouvelle, grande fut la consternation 
de Sophie , qui avait espéré conserver la dignité Xjiur' 
guste^ avec le premier rang. Anastasie fut aussitôt 
amenée en triomphe , et ceignit le diadème ; ce f^it se 
passa dans Tannée même du couronnement de Tibère. 
Les deux médailles k expliquer portent la date des 
années 5.' et y.' du règne de libère^ elles sont pos- 
térieures au désappointement de Sophie : ce n'est donc 
pas cette Auguste qui figure à la gauche de Tempereur. 

Je ne puis non plus admettre que ces médailles con- 
cernent Maurice et Gonstantine. H y aurait eu un in- 
tervalle de vingt années entre l'émission de la pièce 
de Justin II et Sophie ^ et de la plus récente de celles 



(410) 

dont je m^occupe« Le stjfle monétaire ne se serait pr(v 
babloment pas conservé^ pendant ce laps de temps, 
aussi fszacteinent le même. D^ailleurs puisque les dçux 
médailles à la légende Constantin.*., sont évidemment 
imitées des monnaies de Justin ^ le graveur n^y aurait 
pas inscrit le nom de Timpératrice à Texclusion de 
celui de Tempereur, et cela contrairement à Fusage 
adopté dans les monnaies de Justin I}^ oùil est si rare 
de Toir figurer le nom de So]^e ^ tandis que presque 
toujours son effigie accompagne celle de son époux* 
Enfin les lettres iq^ qui se lisent ayant le nom Cons-** 
TANTiN ) so|it évidemment les traces du mot nq ^ mis 
si souvent pour ti^ sur les monnaies de cet empereur. 
Par Fensemble de ces faits Maurice et Constanline se 
trouvent (exclus de la possession de ces médailles. 

Reste donc Anastasie seulement^ et je conclus k 
Tintercalalioa du nom de cette princesse dans les listes 
impériales. 

On reniarquera que les deux médailles sont de date 
postérieure au couronnement d^ Anastasie ^ et à moins 
que de nouvelles découvertes ne mettent au jour des 
médailles analogues, porta^t 4^ dates mcmis élevées, 
ie me croirai permis d'en tirer une preuve de plus en 
faveui^ de l'attribution que je propose de donner. 

On m'objectera s^ns doute que jusqu^à présent 
aucuue médaille appartenant Ji Ilmpérf^itrice Anas- 
tasie , et fit'appée dans Toffidne monétaire de Constan- 
tinoplc) nV^paru daos les collections, et qu'il semble 
étrange qu'un bonneur refusé à Çonstantinople lui 
mt été décerné dans une officine provinciale. Mais 



(111) 

de ce que des médailles ne sont pas encore trotH* 
vées ou interprétées ^ il ne s^ensuit pas qu'acnés n''ont 
pas existé (i)^ d^ailleurs il est fort possible qu'^l n^y 
ait point eu d'^ordre impérial d'^émettre des monnaies 
à Feffigie d^Ânastasie^ et que^ par conséquent^ les 
ateliers de Gonstantinople , placés immédiatement 
sous les jeux de Tempereur^ n^'aient point frappé des 
pièces analogues k celles de Thessalonique. Dans 
cette dernière ville on frappa des monnaies au nom 
de Justin U^ jusqu^à la nouvelle de la mort de cet 
empereur et du oouronnement de Tibère II. Fort 
peu de temps après , on sut les détails du couronn^e^ 
ment d'^Anastasie^ et^ sans aucun doute, les officiers 
monétaires, bien que sans ordres, si réellement ils 
ne furent pas donnés , auront cru ne point commettre 
un acte répréhensible , en remplaçant sur leurs coins 
la légende de Justin II par celle de Tibère, et en 
continuant à se servir de^ mêmes types, puisque le 
trône se trouvait encore occupé par un couple auguste. 
Dans tous les cas, il résulte du fait de la fabrica- 
tion de ces monnaies^ continuée pendant au laoms 
deux années, que les officiers monétaires n^ont pas 
reçu Tordre de la faire cesser. Quoi quHl en soit^ 
Vattribution que je propose m^a semblé réunir assez 
de preuves en sa faveur pour que j^aie cru pouvoir la 
faire connaître aux amis de la numismatique byzantine. 



(i) lln'^est pas moins difficile de deviner pourquoi le seul atelier 
monétaire de Carthage a frappe des monnaies au nom de Timpëra- 
trice Sophie, femme de Justin II. 



IMITATION 



DUH 



POÈmE D'OSSIAN, 

^AR M. aiaA&l>-OBAJfDT|LL|L 



ÉcoHe aux doux rayons , qai dans F^zur dçs deux 
Imprimes lentement tes pas silencieux , 

Que regardes-tu dans là plabe ? 
Les vents fougveux du jour retiennent leur haleine; 
1a Bier roule paisible au pied des roii$ déserts; 
Tks monçherops 4u soir le spurd murmure à peine 

Interrompt le calme des airs. 

Que regardes*tu dans la plaine , 

Étoile aux feux resplendissants? 

Mais, suivant ta course lointaine. 
Aux bords de Fhorizon déjà tu redescends ; 
Joyeuse autour de toi se presse une onde pure. 

Et je vois ses flots carressants 

Baigner Por de ta chevélorip. 
Adieu , hd astre , adieu l Que dans un noUe essov 
Succède à ts^ dar^ le feu de mon génie! 

Je sens s^ force raje^nie• 
Ombres de mes amis , apparaissez encor ! 
Bardes, guerriers, rivaux de gloire et d^harmonie. 
Sur les monts de Lora , de vieux pin» ombragés , 
Votre foule imposante est au loin réunie. 
CTe^t vous !.. ô mes amb, que voijs êtes chmigés! 
Depuis ces heureuiç jours où Selma , dans ses Cêtes , 
Nous voyait dbputer la palme des concerts, 



(113) 

Comme de doux zëphirs qui , diassant les tempêtes , 
Murmurent tour à tour au «ein des bosquets verts. 

Un soir, de nos accents la sombre mélodie 
Arrachait un soupir au cœur du vieil Armin ; 
La haipe avait cessé de frémir sous sa main ; 
11 pleurait ses enfants qu'au printemps de leur vie 

Lui ravit un fatal destin. 
« Pourquoi ce long soupir, cette douleur profonde, 

Dit Githmor au triste vieillard*!* 
Oh! parle, qu'à nos voix ta douce voix réponde. 
Armin , pourquoi ces pleurs Qt ce sombre regard? » 
Armin répond au fils d'Olgar : 
« Oui je suis triste , et rien sur cette terre 
« N'apporte un terme à ma douleur amère. 
€ Ah ! tu n'as pas connu les maux d' Armin ! 
€ Tu vois fleurir ta naissante famille ; 

< Ton fils Cornai , la belle Irma ta fille , 

€ Tu peux , Catl^mor, les presser sur ton sein : 
« Moi je suis seul, hélas! tout me délaisse ; 

< Sans nul appui se flétrit ma vieillesse. 

< Daura, ma fille, ah ! du séjour des morts, 

€ Quand viendcas-tu , par de toudiants accords , 
€ Calmer, les maux où mon àme succombe ? 
€ Que ton sommeil est profond dans la tombe l 
« Qu'il est étroit le lit sombre où tu dors ! 
« Afireuse nuit!... Levez-vous, vents d'Automne! 
€ Flots orageux , noirs torrents , rugissez ! 

< Vaste ouragan , que ton bruit roule et tonne 

< Sur le sommet des chênes fracassés ! 

€ Toi , sur mon front , Lune , par intervalles ^ 

< Laisse tomber tes rayons froids et pâles. 
« Rappelez-moi cette miit de douleur 



(114) 

€ Ou moD Occar sous la vague en foreur 

€ Tomba ^ frappé d^imc mortelle atteinte; 

€ Où dan» les pleurs ma Daura s^est ëtekite l 

€ Une hamble pierre , im monoment obscur^ 

€ Cest donc mon fils U dernière conqotte ^ 

c Toi dont le bras, Curt comme la tempête, 

« Lançait un trait si rapide et si sûr t 

c Mais ma Daura, qu^elie était jeiuie et beOet 

€ Bloins éclatante est k neige nouvelle \ 

€ Ses yeux brillaient cooime cet astre put 

c Dont la darté dans la nuit étincelle. 

« Alvar la vit , Alvar bràb pour elle : 

c Jeune et vaillant , le doux titre d^époux 

€ Allait confier sa |ojeuse eipérance. 

c Mais dévoré d^envie et de courroux , 

c Du brave Alvar, Uthal rival jaloux , 

c Ourdit dans Tombre une làcbe vengeance. 

c Sons rhnmbte babit d^un obsoir matelot , 

c Sur le rivage il descepd en silence. 

€ Leîour fujait; laissant sa barque à flot, 

€ Près de ma fille ht pas lents û s'avance. 

€ L'âge parait argenter ses cbeveux ; 

€ Son ceil est calme et son firont sérieux. 

c — Fille d^Armin, des fcinœes la pknbcAe, 

€ Alvar, dtt-U , non loin d'ici t'appelle. 

€ An sein des eaux s'élève un roc altier 

€ Qu'ombrage un arbre à la feuille embaumée: 

€ Là ton époux attend sa bien aimée; 

< Viens, sans frayeur suis le vieux batelier. — 

< Et trop crédule elle suit le perfide , 

« Sur le rocber descend d'un pas rapide. 
€ Mais là partout règne un calme profond. 

< Daura que glace une frayeur mortelle. 



(US) 

< Appelle Alvar.. L^ëcho seul loi répond. 

< — AÎvar! Alvar ! c^est Davnrt qui iVippdIe 
« Cest ton amante! ëcome; ah Féponds-*moi ! 
€ Faut-il ici mourir de mon effiroi ! -^ 

< Riant alors de sa douleur plaintive, 

< Le lâche Uthal a gagné Pautre rive. 

< Mais elle au loin pousse un cri douloureux : 

< — Mon frere^ 6 ciel ! mon époux 1 vous mon père ! 

< Arrachez-moi de oe séjour affirenx ! *— 

< Sa^oix pénètre à la forêt voisine. 

< Quittant la chasse, Oscar de la colline 

€ Soudain accourt^ un arc armait son bras^ 

< Gnq dogues noirs se pressent sur ses pas. 

< Il voit Uthal, le suit, Patteint, Fentraine^ 

€ D^un triple nœud le lie^^au pied d^un chêne ^ 

< Et seul le laisse en vain diarger k» venls 
« De cris de rage et de longs hurlements» 

€ Dans la nacelle Oscar alors s^ébnce ; 

< U va rejoindre , il va sauver sa sœur. 
€ Alvar paratt, croit voir le rarisseur, 
€ Et furieux , avide de vengeance, 

< Lance une flèdie... hélas ! fatd destin ! 

< Cest de mon fib qu^ a pereé le seinl 
« L'infortuné ! déjà sa main débile 

€ Laisse échapper Paviron imm<^le| 

« Sur le rivage il tombe, il se d^bat, 

€ n meurt !.. Skm sang coule aux pieds de ma fille. 

€ Le flot bruyant sur le rocher quil bat 

< Brise la barque \ au couchant Pédair briUe« 
€ Alvar afironte et Ponde et le trépas ; 

€ Il fend les flots de ses robustes bras $ 

< Il vafmourir ou sauver son amante. 

< Mais k grand bruit des coteaux descendus 
€ Fondent les vents sur la mer écumante; 



(116) 

t Àlvar s^abimè et ne reparaît plus. 

< Sur le rocher Daura seule et captive 
€ Fait retentir le» ai» d^un cri perçant. 

€ Hëlas ! soA père entend sa voix plaintive^ ^ 

< Pour la sauver son bras est impuissante 

< Toute la nuit, resté sur le itivage, 
€ A la lueur qui perçait le nnage, 

€ J^entrevo^ais ma fille au sein des flots* 
€ De la montagne ébranlant les échos 

< Les vents fougueux ,- au milieu de Forage « 

< A mon oreille apportaient ses sanglots. 

< Plus faiblement bientôt sa voix soupire ^ 

€ Meurt par degrés, ainsi qu^au sein des bois 

< Des vents du soir le léger souffle expire. 

< Sa vie , hélas \ s^éteint avec sa voix. 

€ Ah ! pleure ^ Armin f pleufe , malheureux pèi^. 

< Ce tendre fib^ cette fille si chère\| 

< Tant de vaillance , ô del i et tant d'attraits < 
€ Tout à la fois t^est ravi pour )aniais ! 

« Depuis la nuit qui combla ma nûsère^ 
€ Dès que du nord le souffle impétueni^ 

< Descend des monts sur les flots orageux V 
« Au bord des eaux je m^assieds solitaire , 

< Tournant lés yeux vers le Gttal rocher. 

« Souvent , au loin ^ sur ces rivages sombres 4^ 
€ De mes enfants je vdis( qrrer les ombres , 
« Fuir tristement, hélas ! sans m^approcher. 
€ — O mes enfants, la voix qui vous fut chèrt 
« Ne peut donc plus toucher votre amitié f ... 

< Du vieil Armin n^anriez-vous point pitié ? — ^' 
t Mais ils ont fui , sans regarder, leur père. 

t Seul je gémis , je languis oubUé.. 

< Oui je suis triste, et rien sur cette terre 

< N'apporte un terme à ma douleur amèr«. ^ 



(117) 

iDes bardes^ mes rivaux ^ tels étaient les accents 
Dans les murs de Selma jadis resplendissants. 
Fingal prêtait Foreille à leur douce harmonie^ 
Du passé dans leurs chants Thistoire rajeunie 
Éveillait des pensers et de gloire et d^amoul:. 
Ia harpe d^Ossîan résonnait à son tour : 
U n^âvait pas alors des ans subi Fattéinte. 
L^âge a glacé nia langue^ et mon âme est éteinte* 
Des bardes ^ dont Paspect se dérobe à mes jeux 4 
t^arfois j^entends encor la harpe qui résonne : 
Je cherche à retenir leurs chants harmonieux 9 

Mais ma mémoire m^abandonne. 
Adieu^ rêves heureux, que je dois oublier. 
JVntends la voix des ans , en passant , me Crier : 

D^oti vient qu^Ossian chante «ncoref 
Il vieillit , languissant dans un triste abandon ^ 
Ek nul barde après lui sur la harpe sonore 

Ne fera retentir son nom. 

Puisqu^à jamais ont fui mes heures fortunééi^ 

Roulez sur moi , tristes années ^ 

Rapides comme Fouragan ^ 
Qu'enfin la tombe s'ouvre et reçoive Ossîan* 
C'est l'asile de paix que ses soupirs demandent; 

Les enfants des concerts tn'atténdent. 
Du repos étemel ils sont allés jouir, 
lia voix reste ^ après eux , comme im bruit que répété 

Le roc battu de la tempête , 
Alors qu'un long fracas vient de s'évanouir ^ 

Lorsque se taisent sur la plage 

Les flots , le feuillage et les vents 4 
Et que le nautonier des arbres du rivage 

Voit les derniers balancements. 



(m) 
C^UTRAGES IUPRIMÉS 

ABRESSS8 A LA SOCIETE EU Vè9», 

ET ' 

]]^IClTKm PES BAPP4»ltI« 



OUTRA6C8BS9 IÉEBIBRES BE LA SOCIÉTÉ 
''* EOTALE. 

Membres TîtuUdres. 

C^ mtà i uâi atm génépalgt sur U- aié&efti», .par Mi le 

jle 19 p. 
Le P(M» et le Ceiitreeii}> k réfcarèettoii^dei IWjiiDeesy 
par M. GuEE&wft ut Dtrausv (Esetrôit^ia .Bévue 
de Lorraine). ITeticy^ V/ Boiitte, 183iL In-ft.^ 

Motice iiésDoloipepie sttr if ; le btrm TAéijlmmêbL^ par 
M. Gi&ONDK (Extrait du A>i»d(/tsj^teiir). Nancyi 
HaMier,i^,Ii^8>de<p. 

DtMCûnrs proaoneé par M. M flAUi«r, «p nom de la 
Société Royale des Sciences, Lettres et Arts de 
Nanc^fr^ mr la tombe 4e M. le jUdroft MMU^aMi 

44 



V 



(m) 

( Extrait du Bon Cultwateur). l^dsity , 
1835. In-8.' de 2 p. 

Proq^ec^ de Pifaràtii:^ de? sonr^im^ de Nançjr, 
par M. PiRoux. Nancy, V/ Hiitette, 4835. I»-4/ 
.dQ4p. 

Rapport verbal sur l^Expoâtîoii de Fuchsia de M. Ru- 
deaui jardinier i Man<y, et le peu de solidité des 
caractères sur lesquels sont fondée^ pluisieurs espèces 
de ce g9iire, par M. Soteh-Wii^lisket (^trait dn 
Bon Cultivateur). Nancy, Haener, 1855. In-S.* 
de 8 p. 

yie de Mnngo Paià; Dithyrambe sur Tattentat du 
S8 juillet; Introduction aux Voyages entrepris pour 
découvrir un passage de FAtlanticjue au Grand* 
Oeé«i par le N.^. , par M. ALBstT-MoifTJÉifoifY* 

G^ofgiquet de Virgile, traduites ea vers fiançais f 
Pensées en vers, deuxième édition 3 Art poétique 
d'Horace, traduit en finufais ve«s: poù ven, paf 
M..Ce«*L. MoLLEvivr, deJTnsCtCnf. 

Art de .lever les plans, par M. Qsokgx. . % 

Essai chronologique sur les mœurs, ooutumeB et usager 
anciens les plus renaarquàti^ dans {a Lorrrâe, pax: 
M. RiçHAKD dés Vosges. 
Note sur quelques végétaux qui croissent spontaaéoient 
d^ins le dépai:;tement du Gard, par M. p^oumbs-^ 
Fu«Ms. 
Cinq nouvelles, p^ JM. le. baron m Cqbçmisqijbt^ _ 



(421) 

Beinséèé pliilôsophiqaes ^ morales et lîUéraires^ par 
M. DocTEUH. -— Comniiflsaires : MM. de Caumont^ 
Gironde et Guerrier de Dumast (Rapporteur). 

Éléments d^histoire naturelle, par M. Constant Sau- 
cerotte. — Rapporteur : M. Guibal. 

Note sur quelques monnaies trouvées à Tronvîlle; Oh- 
servations numismatiques, n."* 1 à 3; Recherche» 
sur les monnaies des Évèques de Metz^ avec un 
supplément, par M. de Saulct. — Rapporteur : M. 

SoYER-WlLLEBÏET. 

^tallation de la Faculté des Science» de Dijon, par 

Mr SOULACIOIX. 

De la rerrotme ^ nouvelle machine pour Timpression 
des indiennes; Quelques .G)nseils aux Agriculteurs 
contre la sécheresse ', Mémoires sur les moyens de 
reconnaître Tacide sulfîirique dans Facide hydro- 
chlorique du commerce; Rapport sur les papiers de 
sûreté de M. Mozard, par M. Girardin* 

Discours prononcé par M. P.-A. Lair à la distribution 
des prix donnés aux élèves de FÉcole de Chant de 
Caen; Cinquième exposition des produits de l'in- 
dustrie du Calvados, par M. Lair. — Commissaires: 
MM. DE Haloat, L amoureux aine et Soyer-Wille- 
lîfcr (Rapporteur ). 

Coup-d''ceil sur Tétat de rinstruction publique en 
France, et sur les développements qu'acné exige, 
par M. CoLLARD de Martigny. 

Description scientifique et historique de la haute Au^ 
vergne, par M. Bouillet. —^Commissaires : MAI. di 
Haldat, LamoureCx aîné (Rapporteur) ^t Matjheu. 



( 122 ) 

Histoire de France depuis la res(lattratioti, tome IV^ 

par M. Ch. Imcr^telle, de Iliistitut* 
Lliarmooie rendue Êicile, par M. de GaKaudé. — - 

Rapporteur : M. Guibal. 
Gunpte-B.endu des travaux de la Société philotecli* 

nique de Paris , par M. le baron de Ladoucette. 
Rapport annuel sur les trataux du OmseS de la Société 
' pour rinsltruction âémentaire, par M. Henri Boulay 
' delaMeurthe. 
Rapport de M. Bomir sur le Mémoire de M. Marc> 

ooncemant Tagriculture des Vosges. 
Lettre à la nation anglaise sur Funion des peuples et 

la civilisation comparée, par M. M.-A. Jdllien de 

Paris. —- 0>mmissaires : MM. Guerrier de Dumast 

(Raj^rteur), de Haldat et Soyer-Willemet. 
Lettre à M.^Hase sur une inscription latine du 2/ 

siède trouvée à Boudbionne-les£ainS; par M. BERùESi 

DE XlYREY. 

Considérations générales sur FHospice de la Maternité 
de Paris^ Notice sur la pesté de Moscou, par M« 
A. Gérardin. 

EEGUEILS DES SOCIETES UTTE&àlRSS ST 
SGIEIfïIFIQimS. 

Mémoires de la Société Royale des SdettceS; Lettres 

et Arts •d'Abbevflle. 
Séance publique annuelle de TAcadémie des Sciences, 

Agricultnie, Arts et BeUes--Lettres d'Aix. 



( 125 ) 

Règlement 6t Anonaire de la Société des Science», 

Lettres et Arts d** Anvers. 
RappcMrt sur les travauilt de la Société d^. Sçienceâ 

agricoles et Arts du Bas-Rhin« 
Séance publique de T Académie des Science^ , Pelle»^ 

Lettres et Arts^ de Besançon* 
Séance publiée de rAaadéiaie Royaje des Sciences^ 

Arts et Belles-Lettres de Bordeaux. 
Analyse des trawiui de la Société linnéenne de Bor-> 

deaux. 
Procès^yerbal de la seanœ pti}>lique de la Society 

d^Agriculture, Gimmeree et Arts de Boulogne-isur- 

Mer. j 
Bulletin de FAcadémie Royale des Sciences et BeUes^ 

Lettres de Bruxelles. 
Séance publique et Mémoires de la Société d^émula»» 

- tion de Cambrai, 
^lémcnres de la Soeiété d^Agrâculture ^t Commercie 

de Caen. 
Séance ; publique de T Académie des Sciences, Arts ^ 

Belles-Lettres de Dijon. 
Recueil de la Société libre d^ Agriculture , Sciences, 

Art» et BeUes-Lettrçs du départemeut df> rjEwTf* 
Bulletin de TAcadémie Ébroïcienne. 
Mémotre» de rAead^vûe du Q^d« 
Ménxoires de la Société de Pbysique et dlBîstoirc im- 

turellâ de (^nève« 
Rapports de la Société biblique d^ Getl^ff* 
Recueib des travaux de la S<ici4té MédÎMif du àifS^ 

tement dlndre-etr4i«oirfi* 



(m) 

Gompté-Rftndu de$ tratai^ de k Société d*éiniilat|oii 
du Jura. 

Mémoires de h, Sotiété Royale des Sciences , Lettres 
et Arts de Lille» 

Compte-Rendu des ti'avaux de la Société d^Agricul^ 
ture, Sciences et Belles-Lettres de Màcoti. 

Séance publique de la Société d^Agriculture du dé^ 
parlement de la Marne. 

Armoires de T Académie Royale des Lettres, Sciences 
et Arts de Metz. 

Sommaire des travaux de la Société des Sciences mé^ 
dicales 4^ département de la Moselle. 

Le Bon Cultivateur, publié par la Soci^ centrale 
d"* Agriculture de Nancy. 

Annales de la Société académique de Nantes. 

Journal de la Section de médecine de la Société aca- 
démique de la Loire-Inférieure (à Nantes). 

Annales de la Société Royale des Sciences, Belles- 
Lettres et Arts d'Orléans. 

Mémoires de rAcadéfnie Royale des Sciences de Tlns^ 
titut de France. 

Journal de llnstitut bistorique. 

Séance publique de la Société libre des Beaux-Atts de 
Paris.*^ 

Résumé des travaux de là Société entomologi^e de 

France. 
Assemblées générales et Journal de la Sodété de li^ 

Morale chrétienne. 
Bulletin de la Sâeiété de Statistique universelk^ 
Bulletin de la Société d'QEkdogîe. 



cm) 

G0ttptfee4leiidii ifet tmmtxx ia la SomitéfMiiéàmiy 

que de Paris. 
Précis tmalf&pà des itoLvmuc de FAeadémîe Royale 

dfif SeieioM» Bdles-Letlies et Arts de Jlo«^. 
$éaBce pnldi^e de b Société .Kbiie d'éniuktion de. 

Rouen. 
Kecoeil de la SodéCé d^Agricottore de la Sm(È»-Infi^' 

rieure ( à Rouen ). 
Mémoires de la Société Royale d^ Agriculture et des 

Arts du département de Seine-et-Oise. 
Recueil i^ironomicpe puUié par la Société d'^AgricuL^ 

culture de Tam-et--Garonne. 
Séance puMiq^ de k Société Royale de jnédecm de 

Toulouse. 
Annales de la Sodété d^émulation de» Vof^giach 

miQlB lUVERS. 

Recueil des histèmns de France,' par D. Bonquet.^ 
Lettre sur llnde , par Victor Jacquemoi^. i 

De la métaphysique d'*Aristote , par M. Cousin* 
De lé. dénioari^ mx États^Ums d^Aibérique, par ]MU 

de Tocqueyille. 
L^AÀe, par M.* V. de Qiaste«âé« 
^Astronomie , poème latin. 

Légisktion des bourses de ommverce , par M. MoUoI»' 
Histoire de la cité des Camutes, tome !•*', par 

M. Ozeray. 
Le SourdrMuet, par M* Pauhsbdr# 



de Bussy. 

IfoTÀ. Tous les puvrtffesprëc^deou ont ët^ donn^ à VJicaâéaàê 
ptr M. le Ministre dé llnstructioa publique. 

B» la doctrine dés progrès CQiftmië» eKbwt de 1* 
Revue encydopédique. 

Nbuvvl^s pcmsidàratioiisi tnr les àge&is gënéraïuL mo- 
teurs de Taction universelle admifr comiàe éléments 
de la hutmère , bar Bl« Bilgtieir)r^ '^ Raji^orteiir t 

M. PE HaLDAT. 

îfautical and hydraulic pxperanents hy colonel 

Mark Beoi^oy; vol. /. 
Mémoire $uf Pexploitation du sel gemme dans le dé- 

pàrtemeht de k Meurthè, par M. Levàllek. 
Essai sur la vî« et les putni^fes de Sdiœll 1 1^ ^. ^i^ 

de JjtfioicÉt^ 
Uteoriptiofi du chûléra-niôiliafi épidéai^ foi à végné 

à St.-Nico]as, par M. Toussaint. 
Mémoire sur les ntûmes trôtiTée^ dâito le pays de 

Vaes , par M. le comte de lUvdurre d^fixaerde. 
liâmûi^e «ur l'Écde pratique d^accbudieménts è| 

déptprtemcBt de la Moselle, par M. Moilaniie^ 
Éloge de M. Dugas-Montbel , par M« Duma^. 
Le premier chant dé TiAliti-IiUorèce du cardinal di 



(427) 

JN^f&ftc, traduit eaymtêi franfaît, ptr.Jtf-Ja^ioo- 

teur Bonfils. 
Redberches historiques et iiiéâioale$ sur Forigme , la 

mitiire /et le traitepient de M sjrphilis^ par M. Ver- 

gîé rainé, 
^ettre sur divers sujets de médecine^ par M. Guépia 

dp listes* 



TABLEAU 

m Membres composant la Société Royale des Sciences^ 
Lettres et Arts de Nancy ^ suivant Fxprdre de Réception. 
(octobre 4836). 

Président: M. le docteur ^bbièbes. 
Secrétaire de correspondance: M. m-Haloat. 
Secrétaire de bureau : M. REGiiBAm.T. 
BUdiothécaire'Archwiste : M. Soteb-Willdiet. 



mvLAims* 

têoa. 25 JiiiL(i]. AL Blaui Inspecteiir hoBoraire de TAcadâme* 

M. DE Haldat, Directeur cb TÉcole de médecine* 
M* Laxoitiedx aîné, Docteur en médecine. Pro- 
fesseur dliistoire naturelle à TÉcde Royale iare^ 
tiène* 
M. Mbkgw, Directeur des Pontft et Chaussées eu 
retraite. 
i8o5. 8 Juia. M. Justin Laxoubsdx , Ji^ au Tribunal de pre* 
mière instance. 



(t) Époque de la restauration de la Sodétë Rojale , fond^ par Stahislas )e 
^ De'ccmbre i^So , et supprimée, ayec les aatrts Académies et Sociétés' saYsntes 
€t littéraires de France^ le 8 Août 1793. 



iSoy. 14 léftitf. 



iBÂTriL 

1808. a8 Juillet. 
x8i f . 14 Fétrier. 

i8i3. 18 Hais. 



(420) 
M. KtAGOimoT , Directeur du Jardin des Pkntes , G>r* 
respondant de Flnstitut ( Académie des Sciences). 
M. DE Caumont , Recteur de^rAcadémie* 
M. Serrières , Professeur à FÉcolè de médecine. 
M. ÉriEirNE, Horloger- et Mécanicien. 
M. Jaquiné y Ingénieur en chef des Ponts et Chaus- 



1817. 6 F^rier. 
1831.5 AvriL 



iSax 7 Février. 

i8a3. 7 Août. 
i8a4. 3 Mai. 
1826, 1 3 Avril. 



37 Avril. 
3 Août. 



1837. 10 

i8t8. 3 Ifenrier. 
i83o. I*' AvriL 
i83f.3lfirt. 

i833. 4 Juillet. 



M. LéopoLo Mathieu , ancien Substitut du Procu- 
reur-général de Lorraine ( A^odé depuis le 29 
DécemJwei804)- 

M. le Comte Drouot , Lieutenant-^-Général. 

M. le Mar^^uis de Villebteuve-Tratïs (autrefois Vi- 
comte Fraitcob db Villekeuve-Baroémont), Corres- 
pondait de rinstitttt (Acad^nie des Inscriptions)* 

M. Soter-Willemet, Bibliothécaire en chrfet Con- 
servateur du Cabinet d^histoire naturelle. 

M. le Marquis de Pange , Pair de France. 

M. Bauxae» , ancien Pn^esseur de Rhétorique. 

M. le Chevalier GunaiSR de Dumast , ancien Sous- 

' Intendant militaire (Associé depuis le S Juin 
1847). 

M. GiMHfttB , Ins p ecte ur honoraire de TAcadânie. 

M. NiNET , ancien Sous-Bibliothécsùre de la Ville. 

M. Paul Laurent , Professeur de Dessin à TÉcole 
Royale forestière. 

M. GiRARD-GRAifDvii.tE9 Qief de Bureau à la Mairie. 

M. Auguste Monhier , Propriétaire-Cultivateur. 

M. PiHoux, Directeur de Tlnstitut des Sourds- 
Muets. 

M. GuiBAL, Juge de Paix, ancien Professeur à 



(i50) 

llScofe d^artillme de Val^œ {Associé depuU 
le2Jumetl848). 
i04.iSDfiipi!i M» IU«ifKAUvry ProfiBsseur <te Matliémati<{aes i 
lïloûle Royale ibrastière» 



ASSOCIÉS NATIONAVX. 

iUMuftSimOii. M* Bbesson, CoBseSîer a la Ghdt de Cassation^ 

à Paris (Titnlai^ jnsquW 18 Octobre 1852). 
M. MoLLETÀOt rainé I Supérieur dil Séminaire, à 

Issy (Titulaire jusqu'en 1805 ). 
M. CaàRLEs-IiOpis MoLLsyAUT^ Meinbre de llnstitut 

(Académie des Inacriptîons ) , i Paris (Titulaire 

)naqu'enl807). 
M» se RocBEfQKT , littérateur, à Paris (Titulaire 

jusqu'en 1807;. 
M* Spm» ancien Inspecteiur de TAcadëmie de 

Nancy, à Varaoïgéville ((Titulaire Jusqu'il 1823)* 
a« Scpte»» lliL le GuniL' BûLLAY de la Meurilie , ancien Con- 
seiller d^Ét al , à Paris. 
AL GAFKI4.B} Docteur eiiMédecme, à Bordeaux. 
M HoLANDUE, Bibliothécaire et Conservateur du 

QJïinet d'histoire naturelle , à Metz* 
M. Lefébitee^ ancien Sous--Préfet , à Paris, 
M» le Qievalier Lenoir , ex-Dlrecleur du Musée 

des Monuments français, à Paris - 
, , M. Noël, Inspecteur-général des Études, à Paris. 
M. le Baron Payée i>e YAsrdCBuvBE, Membre de la 

Cbanjjbre des Députés , à Troyes. 



(m) 

M. Satilniir, ancien Préfet à Paris. 
M. StovLuyty Docteur en tnédecîne, à Paris. 
M. le Baron de Silyestre, Membre de rinstitiift 
(Âi^ëmie des Sciences), Secrétaire de laSo- 
ciété Royale et centrale d^Âgriculture , à Parb. 
M^ Vaiaot , Dœfeur enmédecine , à Di]on« 
i8o3. 19 Féyrier. M. Peotat, Docteur en médecine y à Dijon. 
16 AfriL M. bABET, Peintre , î Paris. 

M. Jasieloy 3 Docteur en médecine , à Paris. 
M. Lacretelle fenne, Bfembre de Flnstitut (Aca- 
démie française ) , à Paris. 
M. le Marquis ve PAsnntET, Membre de rinstîtnft 
(Académie française), à Paris. 
ToB^éeenb. M. le Baron -DE liA^oucETTE , I^embre de la CSuaft-* 
iHre des D^utés^ à Paris. 
tlfo4* 3 Mai. M. Devèze , Docteur en médecine , à Paris* 
48o5. a3 Mars. M. Durand , ancien Recteur ^ k Amiens (Tltnlaire 
jusquVn 180Ç )• 
6 Juillet. M. Michel Berr, XiHtératenr , & Paris (Titulaire 
depuis le 14 Décembre IBM jusiju^au H Ssjnt^ 
vierlSU), 
1S06. 8 Février. M. Gueneau d^Aumont , Professeur à la Facullé 
des sciences de Dqon (l[%tulaire jusqn^an i% 
Décembre iSOS). 
^Mm^ m. Biot, Membre de Hn^^t (Académie dcfB 
Sciences) ,4 Parts. 
VI. "DE LABoi^iass-4RoGitBFeaTv, L tt tér ate uTi A Casl^ 
naudary. 
3o ArtiU M. Brisseap ^e Mtrbel , Membre de HuÉtitnt (Aca- 
démie dés Sciences), i Par». 



( 132 ) 

tmJvflllt Bl Bi^JT, Censeur des Élvi4€$ aii Coll^ Bk>jat 
de Cbarlemagne , k Pins (Titulaire jtisqtL*eii 
i807). 
M. RocBAED y Professeur honoraire de la Facnhé 
de Médecme de Strasboufg, à Meanx. 
%% NoTCB^ M* le Gnnte ds YaublavCi aDcieii jMinistre d^tat, 
iParia. 
1807. 19 Blan. M. I^LAROB, Pharmacien > à ÉTreux. 

ioIMoeiii.M» DsKapère, anden rédacteur du Narrateur de 
la Meuse, à G>miiiercy. 
1808. %S Man. M. LEMAZtJioEiiy Littérateur, à Paris. 

'10 If ovcin. M* BouvENOT 9 Docteur en médecine ^ à Paris. 
ifio. ta Jiilltt. M* Mat8i8u db DoMasut, C^itespondant de Ilos^ 
titttt ( Académie dei Sciences) , Directeur de la 
Ferme^modèle , à RoviUe (Meurthe). 
i8it.7Miis» M.MouGEOT, Docteur en médecine, à Bruyères 
(V«g«). 
4ATnL M. le Baron DESGEi«rrT£s , In^ecteur-^énéral du 

'^ Service de ^anté 1^ Il Paris, 
4 Juillet M. Bbetier , Propriétaire j à Roviïle ( Meurthe ). 
«a Dëoem. M* GERGoimEy RecteuT de ^Académie de Méyntpel- 
lier.; 
liia.aailu. M. pAœtT, Secrétaire petpétudl de TAcadémie 

Royale de Al^ecine , à Paris. 
' 9ù Adkt M. TnntoAtJT de Beriieaitï», Secâ?6taîre per^^éttuel de 

la Société Linnéenne , à Paris. 
1013. 94 J«m. M. AaaSs , Littârateur , à Paris (Titulaire jusqu'au 
8 Juillet 181S). 
'i^fJmXlH, M.'GnuuD , Docteur eu médecine , à Lyon^ 
1814. 9 Mal M. ViLUkmUy Chirurgien en chi^ de Thâpital mi^ 
Utaire dlnstructioni k Metz« 



(153) 

tfeS. 97 Jbffieu M; Ca^tEs fioTt^, Ebctéor' en médedne, Poète 

et Historien, à Paris. 
i8i6. II Jtnyier.M. Ouilbert de PuERÉcoimT, Littérateur, à fuu* 
219 Aoùu . M. Gérardin, Docteur en médecine , k Paris. 
i4 Novém-Mé DeppinGi littàratem*, à Paris. 
5 D^cemb.M. Hurtrel d^Arboval, Commissaire spécial pour 
les Épizoeties du Pas-de-Calais, à Mèniraiâ^ 
supJVIér. 
M. MoREAU DE^ JoNifÈs, CoiTespôndaut de llnstitut 
(AcadéiBÎe des Sciences), à Paffis. 
1817. ùHmê* M. fioTTiKy ancien Secrétaire général de Préfecture, 
à Paris. 
M. SécHTiER, ancimi Préfet , à Saint-fti^Mm (Lôirel). 
(Titulaire jusquVu 30 Avril 1820). 
iSÀviiL 'M. GvtpUkVtEf VrdSe^^mxr de Mathématiques, i 

Brest. 
i3 Noteiii.M. Warden, Correspondant de lliDstitut (AcàdS- 
mie dès Sciences), & Pettis. 
iBiS. XI Jum< M. le Cheviftliâr de Mergt^ Docteur en médecinei 

à Paru. . f. 

1819. I*' JiilUct M. BoucHARLAT, ProfesseuT de Mathânatiques et 

Littérateur, à Paris. 
i8ao. ao AtriJ. M. .Dej^avot, Reeleur de rAeadânie de Qermont. 
9 NÔTcmb. M. Herphi , Docteor en médecme , à Paris. 
7 Décemb. M, Gecko^, Secrébîre de F Académie de Besançon 
(Titulaire depuis le b Février 1839 jusqu'en 
. Octobre 1835). 

M. le \icomte Au au de Vîlleisuve-Bargcxont, an* 

«ienPr^^(Tiiulab« jusqu'au 11 0<^^e 1824). 

stai. i^'F^ior, M. DE TmsRjEfT, Professeur à I^ole de Droit d« 

« Strasbourg (Titulaire jusqu'^en Septembre 1830). 



(m) 

médedue 4e §tï»sboiug» 

M» IkfieupYAr, mckk Piéfet» à Pxris, 
5 JttiUet. M. Jow>i9> Ingénirar eo dbcf ^ssgo al i a tt Chaus- 
sées, à Orléans» 
tBsa. 99. Aoàt. M« GAvttask PECLAmuf^ ù/enmédedney à Paris. 
M. DE RoGuiER fils, G>iisttUftr âttdHeur à la Cour 

Bojide de JiÉmxy. 
M. Yihhiumi^ Dècteàr en iMéâeône, Mcsubre de 
riùfititiit (Académe à^ &éSeme& mndias), i 
Paris. ♦ 

4 J)éetài.M. BUvsàs, Cbtt éà BitaîUovi en di^onibilîtéy i 
Paris. 
ML Lévï jcoMi Ptol^MHT dor Rfathéittâ t icftes^ à 
Roueû. 
«tel* «9 iipipl M. MoNf ALÉov , DœïfiUr «1 médedae, à Lytti. 

4 D^mb.M. Thokas, Dodear en médecine* 
%ês^ ik^t àmï* . ML Jftjo^u, IXïdteuff as iBéde<]âne, à Lyen» 

8 Juillet. M. Dbshates, Docteur en jaédecîne et Naturaliste, 

à Paris» ' ' 

a Dëcmb. M. le Marquis oft Vmwmx ,*«Mieia Préfet (Tittilaire 
jus^^u iK Février iSS»). 
i8:i5. 6 Jmvîw. M. JhatàSMULMSj Bbetwar ep médècmey k Chamagne 
pis de Chamcs ( ¥o^[«s )• 
i^fiiilki. ML AiExis DoiîNir, faigéiuear-4îéDgraplie, à Paru. 
M. Gabriel Rolin ^ anoien Iii^peetèur des F<^ts du 
IMnee dé Gondé, à Guise (Aim/è). 
i^PétMm.'hL Yiàx.fiXù , Itt^édeiir primaire de la Mosdlei 






(m) 

laire depuift }f K Jkyvil 19iâ7 jusqu'en Octobre 

M« Lassaigne , t^ï^fcis^^ àe Quinië à FÉcole Té* 

d3 Février. M. le Baron D''HoMBRES-f'i|^il4fi> î^riipriétaire, à Âlais^ 
^ir4irT8i . p. So^acEcat^ Ç.0çtçiir 4e r^c^ôémie de Lfwi 

(Titulçure jusquV 8f N<j\«B^r0 i8.3à). 
IfMiô, M. le Comte A^açki^i »e CUi4li4lii M^éçW de 

C^imp^ à Psiri^. 
t« Jda. M. Denis ^> Do^^^ ^ xoé^eci^e, à Comniercy; 
SA^vu Jfl. le B^on Dp Gqçtlosqijpt, wE^mP^ &^fusrPréiei^ 
^ ' • , ..àMetî^. . . , ,.,-....:■. 

M. NicoT , He^tçiir 4^ r^ïGs^dél^ie. 4e Nîmes. 

M# Sap«a»y^ Pç^e^çettT 4ç PRpsppliiè au Collège 

i8aa j Févw* M- CkA!it«l R^, tittlrtite#, à Mevàle prés de 

Paris* » 

«Mai». M. ))^Aîtt4#^a> Doote^T c» m^dt^nè, à Rouent 

3 Avril. M* <^^Mk Me»l5A», IHrecïteur 49 l'Académie de 

94 Avril M. Lé Rot d'ÉTi^Vi^^, £|6çt^ eu médecine^ à 

Pairisv ,. 

i9Jyiii. Ui H ÇopMteJUw i?'A^|.eiïyitM5> anden Préfet, à 
M^M^ près 4e Groftbois ( S^i^ret-rOise) (Tit 
t«Uiire îi^9qu'9« S À0M i^O)«f 
i?at.«Jiovw. M^ SteupQjï, Avocat à h QwjUf Bjqfàle de Paris. 

4S 



(m) 

a AVrtf. M: ùovs^kvt SAtTCEBOTTE y Hècfeuir eii MJSdecffit 

Professeur au Collège de Lunéville. 

4 Juin. M. DE Garaudé, Professeur àii Conservatoire Royal 

^ M«ttîcpie, il Paristf 
19 NoTem. M. Jourdain , Médecin en c^ief de l'Hôpital mïhuké 
de Colmar. 
i83#. 7 Janvier. M« Léonard Chodzko, Historien, à Pariât 
4 Fétrier. M. ÛùiLLAUHË, Littérateur, à Besançon. 
i3 Mai». M. GAfïÉî-ARROCLT , iProfesseoT de Philosophie à k 
Faculté des Lettres de Toulouse (Titulaire jus- 
qu'en Novembre 41^30). 
1^9» a fémt. M. Berger de Xfv^EY , littérdtetu:, à Paris. 
M. Chervin, Docteur en médecine, à Paris. 
M. GiRARUfw, Pi\)fesBeur de Chimie, à I^uen. 
% D^e6nib.M. HuoT,- G^ographe^ et %duralisté, à Verssfillé. 
iS33. SAyril. M. Perrou , anden Professeur de Philosophie, à 

Paris (Trtulfiâre jusquW S^tembre 1854). 
i834. ^ F^rfer. M. Ajasson de GrAhdsagiie j Littérateur, à Paris. 
ii. RicfiAUf^ des Toegés, Bibliothécaire de la ViBe, 
à Remiremont. 
^ e MaH. ' M. le Oointé Adou>be Ue Môwnnœux, an<sbn Aide- 
^ Ae-Cbmp, à Arraeimri (Meurthe ). 
32 Mai Ji. Henri Boulât de la Meurtfce, Avocat à la Cour 

ftèyale de Paris« 
4 Déc#mb.M. Stiévenaht, Professeur de Littérature grecque 
à là FaeiÉdté des Lettre^ de Mjoil. 
i«35. a6 Mars. M. de SxuLét , Prdfcsseur-adjÉïint d'artillerie et de 
mécanique à VÉcoie d'Ap^cation de Metz. 
' M. DôcT^R, Littérateur^ à Raon-rÉtapé (Vo^es). 
6 Août. M. B«wi.i.»r , Géologue^ à Q«na(io«t«-F^nait. 



(157) 

3 Wàemk- M» ï/itiRi Docteur en médecine, G>pseîUe4* de Prér 
fectùre, à -Gaen. 
M; Joi*iEBr. de, Vms.9 littérateur, à Paris. > i 

t836. 7 ÀTiiL M* Haxo, Docteur en médeçinie) à Épinal. 



^SOCnS» ÉTRÀN<2EI|S. 



l'SoS. i6 Avril. M. Kritann , Professeur dlÊlocjuence et de Pôéae, 
à Leipsick* 

1807.9 J<&ï. M, Hei7rt, Professeur de IVCnéralogîe , à Jéna. 

i8i7.iiDëGemb.M. RoiiAK^ LieuteBant-0>lonel du gjénie, à Valla- 
doHd. 

i8ao. i3 Janyier. M. HuMBERT, Professeur d^arabe, à Genève. 

9 NoTcniK M. Ranzaih, Pirofesseur d -histoire naturelle, à Bo- 
logne, 

i«22. i4 Noyem. M. de Blaramberg, Conseiller d'État, à Odessa. 

M. DE Stempkoysk.! , Colouel au Service de Russie, 
Correspondant de rinstitut ( Académie des Ins- 
criptions), à Odessa. 

i8i3. aSAoùu M. RoBLEY DuNGLisoN, Doctcur ei| médecine, à 
CharlottesyiUe (Virginie). 

1835. i^'Décem. M. Pesohier, Docteur en médecine, à Genève. 

1836. 5 Janrier. M. Savaresi, Docteur eu médecine, à Naples. 

1837. 3o Août. M. Hamont, Médecin-Vétérinaire, au Caire. 

183^. 3 Janyier* M. le Chevalier de Kerckhove , dit de Kirgkhoff, 
Docteur en médecine, à Anvers. 
3 Ayrfl. M. La Roche, Docteur en médecine, à Philadel- 
phie. 
19 Join. M. le Baron de Stassart, ancien Préfet, à Bruxelles. 



(m) 

^%S' ^ J«^vîcr. M. HfttnLOfiit^ Doctetir <ni niédècîiie /à Trêves. 
3 DcoemlH M. GussEirEB , Profimeiir dé Physique , à Liège. 
i$34.i9P^oembyM* Vah BoMSttiMâi, 0à€iMtf €& médeciiie, à 

i835. 8 JaBfkr. M, AnmiéDbluc, Membre de radministration di 
Musée iicadémique^ i Genève. 
M". QuEtEi^ET ^ Direc^aur ^e rObservutoire , à 
Bruxelles* 
nSllMi. M.CAii^<at,.6«aadRib)MitdeBelgtqae,iBiiij^eU€^ 
i836. 10 Ifan. M. le chevalier AimiroK|>' Directeur du Musée d'Eis* 
tetre iMtultïlle et de Physique fie Florence. 
M. SiLYip Pellico^ littérateur, à Tuiû^ 
o JniQ, M* 09 Candoubi DirepteiMT da|ardin de Bottniqae 
de Geuève* 
M. FisGUEK» Direétaoïr du J«:dia lEi)|kériil de Bo- 
^iiique de St.-PéterslH>uif^ 



$iiivMMim y v¥f>*iy yw i*iyK% / ut/»i%ivu¥*i* i¥ iMytfam^f*t*'^i» i 9vy*'*y»i*i* ww 



TABLÉ DES BIATIERES. 



fSéanee fmbti^ne du 15 J[^rU 4836, smè la prési^ 
dence de M, le marquis de F^iLiÊNEt/Ns-TnJKs. 

Compte-Rendu des trayaiiK de la Sociale Royale, depuis la 

dernière Sëance publique, par M. Reghcàult. t 

Éloge de M. Gaillarbot, par M. Lamovueux aîné. xxyii 

Mémoire sur deux monuments géographiques conservés à la 

bibliothèque publique de Nancy, par M. Blau» lui 

jLe Tombeau des deux Amants*, légende, par M. Guerrier 

DE DmiAST. Lxy 

Programme des prix proposés pour les années i83^ et i838. lxxxyui 

Mémoires dont la Société a voté Timpression, 

Note sur Topinion émiste ai; sein de Ig Société, par feu Tabbé 
Vaultr»! relatiyement aux pierres météoriques, par M. os 
Haloat. I 

Modifications que subit Tattraction de la terre dans les mon- 
tagnes; obseryations météorologiques faites sur le Puy^ 
de-Dôii[)e, par M. Ch.-Lêopold Mathieu. io 

Obseryations sur Ips conferyes en général et sur plusieurs in- 
fusoires , ayep la description d^une nouvelle oonferve os- 
cillatoire, par M. Paul Laurent, i5 

Pe Tinertie de la matière, et de la force absorbante des ani- 
maux infiniment petits , par le même. 33 

études des racines développées dans Peau, par le même. 3o 

Gnaphaliun^ neglectum, nouvelle espèce du groupe des 
Filaginées, avec des observations sur les autres espèces 
firançaises de ce groupe, par M. Soter-Willemet* 4^ 

Expériences chimiques sur le suc gastrique, par M. Bragovnot. 55 

Supplément du Mémoire sur deux monuments géographiques 

conservés à la bibliothèque publique de Nancy, par M. 6i.au. 67 



(140) 

lUdaiDetdel^Hiip^iratriee AnatlMie, fmune im Tibère Go|»« 

tantio, par IH. Dt Savlct. ie(î 

ImiulMii d\ak poème d^Oaaiaa, par M. Gmaid-Giaxotius. t isi 



Ofiyraget ad y eiié i à la SocîM et inclicaUon des rapports 

ai|xquelt Ua ont demie Keo , en liftS» 119 

Tableaa daa Membres compoiafti k Sod^ (octobre i836). laS 



riX «s ut TABLC 



PLANCHE r. 




3iUncy Inxf de- Kainutnd 



Matmcrul Scu^t 



PL II 




'^uy^lrÂ,^ .y^.-^^"^- "^^^^ 



Scy^.miU'nM dd. 



Inif de Katmand 



Jlattnfind Seulpt 



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