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DÉLÉGATION EN PERSE 



MÉMOIRES 

TOME VII 

RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES 



DEUMEME SERIE 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTIOiN PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



Fvônce. DÉLÉGATION EN PERSE 



MÉMOIRES 

PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION 
DE M. j. DE MORGAN, délégué général 

TOME VII 

RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES 

DEUXIÈME SÉRIE 



PAR 



J. DE MORGAN, G. JÉQUIER 
R. D1-: .MKCQUENEM. B. HAUSSOULLIER, Professeur a l'École des Hautes- Études 

D. L. GRAADT VAN ROGGEN, Ingénieur 




7^^^^ 



10 -10 , 3Q , 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, rue BONAPARTE, 28 
1905 



H 



INTRODUCTION 



Le second volume des Recherches Archéologiques serait depuis longtemps livré au public, 
si je n'avais dit accorder tous mes soins à la publication immédiate des documents épigraphiques 
découverts à Suse dans ces dernières campagnes. Les textes se trouvaient être si nombreux que 
j'ai dû, bien des fois, renvoyer à l'année saillante la mise sous presse des Mémoires Archéologiques 
écrits par mes collaborateurs et par moi-même . On m'excusera, je l'espère, d'avoir sacrifié pour 
un temps les résultats artistiques de nos recherches, en faveur des documents historiques, juri- 
diques et religieu.v. 

Avant les travaux du P. Scheil on connaissait si peu de chose de l'histoire élamite que 
l'archéologue se trouvait saiis cesse jvrt embarrassé quand il devait assigner une date au moindre 
objet susien, il ne possédait aucun point de repère, aucune chronologie sur laquelle il lui fût 
possible de s'appuyer en sécurité. 

Aujourd'hui nous avons encore, il est vrai, beaucoup à apprendre sur l'histoire de la 
Susiane, mais du moins possédons-nous les grandes lignes des modifications subies par ce 
royaume. Les textes nous ont révélé non seulement la liste presque coinplète des souverains, 
mais aussi beaucoup de renseignements sur les usages et la vie du peuple. Ainsi bien des faits 
se trourent expliqués. 

C'est au P. Scheil que nous devons ces grands progrès, c'est lui qui nous a donné, avec 
une sûreté et une rapidité surprenantes, les traductions de ces longs et difficiles documents pour 
lesquels des années de travail eussent été nécessaires à d'autres que lui. Trois mois lui 
ont suffi en iço2 pour traduire et publier les fameuses lois de Hanimourabi; en moins de 
deu.v ans il donnait les traductions des textes anzanites qui, depuis vingt ans, résistaient au.r 



INTRODUCTION 



efforts de tous les assyriologues; je ne saurais trop lui exprimer mon admiration pour d aussi 
grands travaux et ma gratitude pour les services que, depuis sept ans, il rend à la Délégation. 

Mais pendant que le P. Scheil menait à bien l'œuvre considérable qu'il avait entreprise, 
mes autres collaborateurs, membres ou non de la Délégation, étudiaient les antiquités mises au 
jour par nos fouilles, et rédigeaient les Mémoires qu'aujourd'hui je livre au public. Ces travaux 
ontjburni la matière de deux forts volumes. 

Celui que je présente ici au lecteur comprend, en premier lieu, une importante étude de 
M. G. Jéquier sur les objets trouvés isolément dans le tell depuis iSgç) jusqu'en iço2 et non 
encore décrits. 

M. R. de Mecquenem journit le catalogue raisonné d'une trouvaille de nombreux objets 
élamites l'aile le i" janvier \fj0.j, bijoux, statuettes, figurines, etc., qui présentent le grand 
intérêt d'être les seuls documents de ce genre que nous possédions jusqu'à ce jour. 

M. Haussoullier, helléniste bien connu, professeur à ï Ecole des Hautes-Etudes, a bien 
voulu publier dans nos Mémoires les rares documents grecs fournis par nos recherches. Je 
ne pouvais mieux faire que de lui en confier l'examen. 

M. Graadt Van Roggen, ingénieur hollandais de grande expérience, chargé par le gou- 
vernement persan d'une mission en Arabistan, a, sur ma demande, fait une étude très approfondie 
des moyens employés par les anciens, et plus spécialement les Sassanides, pour répandre dans 
les plaines de la Susiane les eaux' de ses trois grands fleuves. Ce mémoire présente un intérêt 
particulier par la précision et la méthode avec lesquelles il est conçu. M. G. ]\vi Roggen est, 
d'ailleurs, un spécialiste pour ces questions d'irrigation si bien étudiées par le corps des ingé- 
nieurs néerlandais. 

Enfin, j'ai moi-même joint à ce volume quelques notices sur l'état actuel des travaux à 
Suse et sur deux trouvailles d'objets anzanites antérieures à la découverte des offrandes de 
fondation du temple de Chouchinak. 

Je ne ferai pas l'éloge des Iravau.x de mes collaborateurs, laissant au public le soin de 
juger la valeur de leurs mémoires. La plupart sont déjà fort connus comme archéologues. Mais 



INTRODUCTION 



je leur exprimerai ma gratitude pour le précieux concours ^ju'ils veulent bien m accorder. 
C'est grâce à leur bonne volonté et à leur savoir qu'il m'est possible de publier nos découvertes 
dans d'aussi bonnes conditions; j'espère que le monde savant leur en saura gré. 

Je me fais un devoir de remercier ici tout spécialement M. Bayet, directeur de V Enseigne- 
ment supérieur au Ministère de l' Instruction Publique, du grand intérêt qu'il porte à nos travaux. 
Depuis son arrivée au poste éniinent qu'il occupe dans notre Département, M. Baxef n'a 
cessé de me prodiguer encouragements et assistance dans l'accomplissement de ma tâche. La 
Délégation lui doit beaucoup, ainsi qu'à ses prédécesseurs, MM. X. Charmes et P. Liard. 
Qu'il me soit permis de leur expriiner toute ma reconnaissance. 



]. DE Morgan. 



ETAT DES TRAVAUX A SUSE EN 1904 



Mes prévisions au sujet de la richesse de l'Acropole susien s'étant réalisées au-delà même 
de mes espérances, dès la première saison de fouilles (1897-98), c'est sur cette partie des ruines 
que j'ai concentré tous mes efforts au cours des sept campagnes qui viennent de se succéder. 

Quelques travaux avaient été faits en 1898 dans la partie des ruines dites « la Ville Royale »; 
une tranchée de 200 mètres de longueur sur 5 mètres de profondeur, et une autre, de 30 mètres 
sur une profondeur de 15 mètres, m'avaient vite appris que ces collines ont été fort habitées à 
l'époque des rois achéménides, et que les débris de leurs constructions occupent une épaisseur 
considérable. 

Un grand nombre de tranchées, conduites avec beaucoup de sagacité par M. G. Jéquier, 
dans les ruines de l'Apadana, avait permis de retrouver le véritable plan de cet édifice considé- 
rable, dont il ne reste plus aujourd'hui que d'informes vestiges. 

J'étais, par ces recherches, pleinement fixé sur l'avenir que pourraient réserver des travaux 
entrepris dans le palais du Roi des rois et dans ses annexes. Je savais qu'ils ne me fourniraient 
que des documents d'importance secondaire, appartenant à une période déjà fort connue, ou 
qu'ils me procureraient la médiocre satisfaction de réduire à néant quelques théories archéolo- 
giques tombées d'elles-mêmes. Je renonçai donc pour un temps à la Ville Royale. 

Dans notre première saison de fouilles, l'autel de bronze, l'obélisque de Manichtoii Sou, la 
stèle de Naram-sin et une foule de textes et d'objets de moins d'importance étaient venus me 
prouver que l'Acropole est une véritable mine d'antiquités appartenant en majeure partie à cette 
histoire encore inconnue de l'Elam, et aussi à celle de la Chaldée, dont nous ne possédions que 
des fragments mal reliés entre eux. C'est là que pouvaient se faire les découvertes les plus mar- 
quantes; je n'hésitai pas à commencer, dès la première campagne, l'exploitation méthodique de 
cette énorme masse de débris. 

La surface supérieure du tell de l'Acropole renferme à peine deux mètres de vestiges 
contemporains des rois achéménides ou postérieurs à ces princes. C'est dans ces couches si peu 
épaisses que se trouvent mélangés les restes arabes, sassanides, parthes, séleucides et perses, et 
encore trouvons-nous souvent aussi des objets ou des matériaux élamites appartenant à toutes 
les époques, depuis celle des Patésis jusqu'aux rois susiens contemporains d'Assourbanipal . Le 



ÉTAr DliS TR.WAUX A SUSE EN iqm 



mélange est complet dans les couches voisines de la surtace. C'est que les matériaux antiques 
ont été employés de nouveau à toutes les époques. N'ai-je pas moi-même tout dernièrement 
construit notre habitation et ses dépendances avec les briques élamites et perses sortant de nos 

tranchées. 

Sur les bords de la colline sont les fondations et, souvent aussi, de grandes portions des 
murailles qui firent de cette Acropole une citadelle au temps de Xerxés. Ce mur, d'un tracé très 
irrôgulier, suivait servilement les contours du tell. Quelques tours en défendaient peut-être les 
approches, mais je dois dire que jamais je n'en ai rencontré la trace. La fortification n'était 
certes pas savante sous les Achéménides, si j'en juge par ce qu'était la citadelle susienne. 

Une seule ligne, sans tracé géométrique, d'épaisses murailles en briques crues, point de 
casemates, pas de chemins de remparts, pas de boulevards, probablement aussi fort peu de 
tours, très irrégulièrement réparties, tel était l'ensemble des retranchements. Quant au sommet 
des murailles, auxcrénaux, on ne peut en rencontrer le moindre vestige. Tout ce système de 
défense devait être fort simple, car la construction en briques crues ne permet ni encorbellement, 
ni mâchicoulis, ni crénaux compliqués. La forteresse de Suse possédait une enceinte, mais c'est 
la hauteur du tell lui-même et la rapidité de ses pentes qui en faisaient la principale force. 

Ces observations m'auraient sulTi amplement pour fixer mon opinion au sujet de l'architec- 
ture militaire des Achéménides. J'ai cependant examiné avec grand soin ce qui fut les remparts 
de la Ville Royale, et mon sentiment n'a pas été modifié par cette étude. Ce qui reste des fortifi- 
cations achéménides de Suse n'est pas suffisant pour qu'on puisse reconstituer les plans ; quant 
aux coupes et élévations, il serait puéril d'y songer. 

Sur l'Acropole, j'ai consciencieusement suivi l'intérieur des murailles achéménides avant 
que de les démolir dans mes tranchées régulières; puis, négligeant de les conserver, ce qui 
d'ailleurs n'eût pas été possible, j'ai donné tous mes soins aux restes élamites. 

A deux mètres environ de profondeur moyenne commencent les couches dans lesquelles les 
vestiges élamites ne sont plus mélangés à des restes postérieurs, mais on rencontre toujours des 
objets très anciens à côté de matériaux plus récents. C'est que la ville de Suse était très mal 
construite, que la terre crue y jouait un rôle prépondérant dans les édifices, et qu'il suffisait d'un 
violent orage pour renverser un quartier tout entier de temples et de palais. L'argile s'étendait 
sur le sol de la ville, et jamais on ne l'employait une seconde fois. Seules les briques cuites et les 
pierres tirées des décombres entraient dans les constructions nouvelles. 

j'ai vu à Suse de ces orages dont les pluies détruisent en quelques minutes les murs les 
plus épais, ne laissant à la place des constructions, au milieu d'un amoncellement de boue 
liquide, que le peu de briques cuites employé à faire de loin en loin des chaînes. 

Après l'écroulement d'un édifice, les ouvriers se mettaient à l'œuvre, ramassaient, pour les 
utiliser, les anciens matériaux, négligeaient les fondations et rebâtissaient sur les décombres, 
sans les déblayer. 

il se passait aussi, dans les parties de la ville qui n'étaient pas ruinées, ce qui se produit 



ÉTAT DES TRAVAUX A SUSE EN 1904 



dans toutes les villes d'Orient : la pluie entraîne, des terrasses et des murailles de pisé, la boue 
qu'elle dépose dans les rues et sur les places publiques ; peu à peu le sol se relève, sous ces 
apports incessants, et, par l'accumulation des issues ménagères, les murs s'enterrent, les portes 
deviennent trop basses et les maisons inhabitables. On en construit de nouvelles sur les ruines 
des anciennes, mais au niveau des rues ainsi relevé. 

Avec ces explications, il est aisé, je crois, de comprendre pourquoi les buttes de Suse sont 
remplies de tronçons de murailles, de dallages superposés, sans qu'il existe de relation entre ces 
divers morceaux, pourquoi le même mur peut à la fois renfermer des briques d'Idadoii et de 
Chilhak, pourquoi le tell renferme tant d'objets qui semblent avoir été perdus. 

Au fur et à mesure qu'on descend dans le sol, les couches deviennent plus anciennes. Ce 
n'est pas la nature d'un objet isolé qui peut permettre de déterminer l'âge d'un niveau, mais 
les documents les plus récents qu'on y rencontre, et surtout l'absence des objets appartenant 
aux âges postérieurs. 

Une trouvaille ne peut être datée qu'alors que, tous les éléments étant étudiés à part, on a 
distingué les pièces les moins anciennes. On possède alors une limite d'âge qui, sans être rigou- 
reuse, est voisine de l'exactitude. Une cachette peut, en effet, ne renfermer que des objets déjà 
usagés depuis longtemps, mais rarement elle ne contient que des documents antiques, par 
rapport à l'époque où elle a été enfouie. 

En Chaldée, les conditions sont les mêmes qu'en Èlam, et pour les mêmes causes. Parfois 
on rencontre des monuments assez bien conservés pour qu'il soit possible d'en relever les plans 
et les dessins. C'est ainsi qu'à Telloh iVl. de Sarzec a découvert le palais d'Our-Nina, que la 
mission américaine a trouvé à Niffer les ruines d'un zigourat. On construisait généralement 
plus dans ces pays qu'à Suse, en briques cuites, et les murailles se sont par suite mieux 
conservées. Souvent aussi, à Babylone entre autres, le bitume tenait lieu de ciment et les masses 
de maçonnerie, ainsi construites, ne peuvent être aujourd'hui démolies qu'à la poudre. 

je ne parlerai pas des palais de K/iorsabad et de Koyoundjik, œuvres relativement mo- 
dernes, dans lesquelles la brique cuite et la pierre entraient dans de fortes proportions. 

A Suse, nous n'avons jusqu'ici trouvé qu'un seul édifice en briques cuites dont le plan fût 
complet, c'est le petit temple de Chouchinak, construit en matériaux de grés émaillé; partout 
ailleurs règne le plus grand désordre. 

Découvrir un édifice en bon état de conservation n'implique pas qu'on doive forcément y 
faire de grandes trouvailles. Le palais d' Our-Nina 'était vide, le zigourat de Niffer n'a rien 
donné, enfin le petit temple de Chouchinak, à Suse, n'a fourni que des briques de fondation et 
une statuette de bien pauvre apparence. Si, dans les palais de Ninive, on a rencontré un grand 
nombre de documents, c'est qu'ils ont été pris et détruits au moment de la plus grande splendeur 
de l'Assyrie. Les trésors en ont été pillés par les Mèdes et les Scythes, mais tout ce qui ne pou- 
vait être pris comme butin fut abandonné, et la ville et ses édifices furent livrés aux flammes. 

Ninive, sous les derniers rois assvriens, était la maîtresse de l'Asie, elle avait réuni dans 



ÉTAT DES TR.W'AUX A SUSE EN 1904 



SOS murs toutes les richesses de l'Orient et des peuples réduits en esclavage. Les rois disposaient 
de ressources immenses pour la construction de leurs palais. 

Suse n'a jamais occupé une situation aussi prépondérante: ses temples, les demeures de 
ses rois étaient modestes en comparaison de ceux de Babylone et de Ninive. Lorsque Assour- 
banipal la détruisit, il ne resta de ses ruines qu'un amas de décombres rapidement nivelés par 
les pluies. 

Tout ce qui, dans les trésors susiens, pouvait être pris comme butin, fut emporté au pays 
d'Assour, le reste renversé, brisé, demeura dans les ruines sur lesquelles on reconstruisit presque 
de suite, sans jamais déblayer le sol. 

Suse, au moment de sa chute, renfermait non seulement les objets d'art et les documents 
historiques du pays d'Elam, mais aussi tout ce que les rois susiens avaient rapporté de leure 
expéditions en Chaldée. Assourbanipal renvoya la déesse A^aïza dans sa ville d' Ur. Il emporta 
pour son triomphe les statues des rois d'I'!lam, m.iis il négligea ces stèles, ces koudourrous. ces 
statues chaldéennes qui ne présentaient pour lui aucune valeur. Ce sont ces monuments, 
mélangés à ceux de l'Élam, que nous retrouvons dans nos fouilles. Le butin fait par les 
Assvriens fut immense, on en chargea tous les animaux de l'armée. L'or, l'argent et toutes les 
matières précieuses prirent le chemin de Ninive; mais les moyens de transport furent insuffi- 
sants, et on laissa dans les décombres de grandes quantités de bronze qu'on ne pouvait emporter. 

J'évalue à 5 .000 kilos environ la quantité de bronze trouvée jusqu'à ce jour dans le tell de 
Suse. Ce métal représente aujourd'hui une \aleur de 7 à 8.000 Irancs, il constituait alors un 
véritable trésor qui, malgré son grand prix, dut èti"c abandonné, et encore ne possédons-nous 
qu'une très faible partie de ce qui (Lit laissé par les vainqueurs. 

La ruine définiti\e de la Suse élamile fut. nous le savons, l'œuvre des Assyriens : mais, 
antérieurement à cette catastrophe, au temps des souverains indigènes, des Patcsis, de la 
domination étrangère, de la suprématie sémitique, combien de sièges eut à subir celle cité, 
combien de fois fut-elle dévastée par les révoltes, par les incendies et les tremblements de terre, 
nous n'en avons pas la moindre idée, et les fouilles seules nous renseignent quelque peu à cet 
égard. Ici est un épais lit de cendres, là sont des murailles renversées dont les matériaux gisent 
à côté des fondations elles-mêmes; plus loin, des dallages de briques cuites, des pierres de taille, 
des dalles d'albàtrc révèlent le site où s'élevait jadis un monument, que des causes inconnues 
ont fait disparaître. On rencontre par milliers les pointes des flèches tirées lors des sièges ou des 
émeutes. 

Tous ces désastres, partiels ou généraux, subis par la ville, ont causé l'enfouissement de 
stèles, de statues, d'objets de tout genre. Lntre des murailles de briques crues, nous retrouvons 
parfois de véritables magasins de tablettes inscrites; ailleurs, sans que rien ne vienne nous en 
faire deviner la présence, nous rencontrons des cachettes faites dans les temps d'inquiétude 
publique ou privée, nous découvrons aussi des amoncellements d'objets, sans qu'aucun indice 
nous permette d'expliquer leur présence sur tel ou tel point. 



ÉTAT DES TR.WAUX A SUSE EN 1904 



Ces faits, très précis aujourd'hui, je les avais pressentis des 1891, lors de mon premier 
voyage en Susiane; ils devinrent pour moi une certitude quand, en 1897-98, j'eus ouvert ma 
première tranchée dans le tell de l'Acropole. 

Cette butte, de 35 mètres de hauteur sur plusieurs centaines de mètres de lonf'-ueur et de 
largeur, ne pouvait être attaquée de la même manière qu'un monument unique ou qu'une 
nécropole. Je ne pouvais procéder ni par sondages, comme je l'avais fait autrefois en Egypte, ni 
par tranchées volantes de recherches, suivant la méthode employée par Loftus et M. M. Dieu- 
lafoy. Le désordre dans lequel se trouvent les antiquités m'obligeait à une e.xploitation métho- 
dique. Il fallait examiner toutes les terres des ruines et, par suite, organiser mes chantiers 
rationnellement, afin d'obtenir le meilleur rendement possible de la main-d'œuvre dont je 
disposais, rejeter au loin les déblais, pour ne pas être encombré et forcé de les remanier plu- 
sieurs fois. 

J'organisai sur place mes travaux pour l'exploitation complote du tell de l'Acropole. 
Je traçai un axe suivant la ligne de plus grande longueur du tell, ligne dirigée sensiblement 
du Nord au Sud, puis perpendiculairement à cet axe, à droite et à gauche, je traçai dos li^'nes 
distantes entre elles do cinq mètres. Ces bandes figurent les tranchées avani chacune leur 
déversoir de déblais sur le bord du tell, à la distance minima do transports. 

Verticalement, je divisai la hauteur de l'Acropole en sept plans distants de cinq en cinq 
mètres. Chacun de ces plans me donne un niveau, que les chantiers ne dopassent pas, sauf' 
dans des cas tout à fait spéciaux. 

Il ne m'était pas possible d'entreprendre une semblable exploitation sans roula<j-e des 
déblais : cinquante wagonnets de 300 litres l'un, deux plate-formes pour le transport des pièces 
lourdes, et deux mille mètres de rails furent apportés de France. Je tentai également l'usao-e 
des brouettes, mais les ouvriei'>s no s'}^ prêtèrent pas. 

Les outils, pelles et pioches furent également achetés en Europe. 

L'expérience m'a montré que les meilleures dimensions pour une tranchée, étant donnée 

la mam d'œuvre dont nous disposons, est une largeur de cinq mètres et une profondeur égale. 

Mes tranchées sont donc pour tous les niveaux (sauf pour le i", à cause de l'irrégularité de 

la surface), de 25 mètres carrés de section; leur longueur varie suivant la position qu'elles 

occupent sur le tell . 

La première tranchée, ouverte en 1898, et portant sur le plan le n° 35 (ancien n" 7 du plan 
de 1900. Mém. tome I. pi. II), était de 90 mètres de longueur, son cube au déblai était donc de 
2.250 mètres. 

Je ne garnis jamais une tranchée d'hommes sur toute la longueur, l'attaque générale 
exigerait un trop grand nombre de wagonnets sur la même voie, et il en résulterait des retards 
au roulage. J'emploie 50 hommes environ pour chaque tranchée; cette équipe attaque un 
tronçon en commençant par le bord du tell, le mène au niveau inférieur, puis entreprend un 
autre tronçon, et ainsi de suite jusqu'à achèvement de toute la tranchée. 



ÉTAT DES TRAWMJX A SUSE EN 1904 



Pour ouvrir une première tranchée, je fais disposer la voie sur le sol préparé à la recevoir, 
et les ouvriers creusent sur toute la longueur sur une largeur de quatre mètres, et jusqu'à 
2'"'o de profondeur (demi-niveau). La voie est alors placée dans le terrassement, la banquette 
enlevée et le niveau normal atteint sur quatre mètres de largeur : reste une seconde banquette 
qui exige, pour disparaître, une troisième pose de voie. 

Une première tranchée étant ouverte, la voie est disposée contre celle à ouvrir, au pied 
du prisme à enlever ; les ouvriers n'ont alors qu'à jeter les terres de haut en bas. 

Dans nos tranchées, les constructions sont réservées avec soin, relevées, portées au plan, 
puis enlevées, de telle sorte que nos chantiers sont toujours parfaitement nets. Cette propreté 
est indispensable à la bonne marche des travaux. 

Lorsqu'il se fait une trouvaille importante, l'objet est enlevé de suite; si son poids l'exige, 
une plate-forme le transporte au magasin, qu'une voie ferrée relie à tous les chantiers. 

Si la découverte comporte un grand nombre de petits objets, les ouvriers sont écartés et 
nous fouillons nous-mêmes soit au couteau, soit au pic, suivant la nature de la trouvaille. 
Lorsqu'il s'agit de bijoux, de perles, ou de menus objets, autres que des tablettes d'argile, les 
terres sont criblées dans l'eau et le résidu en est trié à la presselle. 

Lorsqu'une fouille de ce genre ne peut être terminée dans une seule journée, je place, sur 
le site, même des soldats de notre petite garnison en faction jusqu'au lendemain. 

Les petits objets découverts isolément sont conservés par les chefs de chantier et remis au 
moment de la paie des ouvriers. Les découvertes, grandes ou petites, sont toutes récompensées 
par un cadeau plus ou moins important, suivant la valeur archéologique de la trouvaille. 
Toutefois, afin d'éviter les détournements et de laisser les ouvriers dans l'ignorance de ce qu'ils 
trouvent, je ne donne jamais que des sommes minimes pour les petits objets, réservant les 
gratifications plus élevées pour les monuments qui, par leur poids, sont garantis contre le vol. 

Une surveillance incessante des ouvriers est exercée par les Européens et par des indigènes 
depuis longtemps à mon service. Aussi les détournements sont-ils fort rares ; les ouvriers 
remettent, à la paie, jusqu'aux moindres petits objets. 

En dehors des équipes attachées aux tranchées régulières, j'ai toujours à Suse une escouade 
volante d'un nombre d'ouvriers variant entre 100 et 150 hommes. Ces équipes travaillent au 
premier niveau, sur les bords du tell, dans les parties où le transport des déblais à la couffe 
(panier) n'est pas trop éloigné. Je trouve à ces escouades libres l'avantage de mettre toujours à ma 
disposition bon nombre d'ouvriers pour remplacer les équipes régulières qui feraient défaut, et 
aussi d'abattre sans wagons tout le pourtour du tell jusqu'au premier niveau et d'abréger ainsi 
les transports par wagonnets. 

Le travail à la couffe est beaucoup plus lent que celui des chantiers pourvus de wagonnets, 
il exige un plus grand nombre de bras et, par suite, est beaucoup plus coûteux. 

Les tranchées aboutissant toutes au bord du tell, il serait nécessaire, en ouvrant un 
niveau inférieur, de repousser les déblais provenant du niveau supérieur; j'ai obvié en partie à cet 



ÉTAT DES TR-U'AUX A SUSE EN 1904 



inconvénient en laissant, pour soutenir les déblais, une banquette peu épaisse de terrain vierge et 
en ouvrant un certain nombre de portes par lesquelles passent les wagonnets pour porter les 
déblais au dehors. Cette muraille de terre vierge sera reprise à la fin des travaux, alors qu'il sera 
possible de porter les déblais dans les tranchées abandonnées. 

Sans tenir compte des travaux faits dans la Ville Royale et sur le site de l'Apadana, en ne con- 
sidérant que le travail fait dans l'Acropole, les calculs me montrent que depuis le i" janvier 1897 
jusqu'au i" janvier 1904, c'est-à-dire au cours de six campagnes de fouilles, il a été enlevé 
222.275 mètres cubes de terrain, ce qui nous donne pour chaque année une moyenne de 35.000 
mètres cubes environ. 

On peut évaluer le cube de chacun des niveaux à 210.000 mètres cubes en moyenne. 
Le volume total du tell de l'Acropole (non compris l'espace occupé par le château) est donc de 
1.500.000 mètres cubes, ce qui porte à quarante ans au moins la durée des fouilles de cette partie 
des ruines avec les moyens dont nous disposons actuellement. 

Je dois dire que le cinquième niveau, qui a été atteint dans une tranchée (n° 34), ne semble 
pas devoir fournir beaucoup de découvertes. Mais les travaux à cette profondeurayimt été jusqu'ici 
de peu d'importance, je ne saurais me prononcer définitivement. Il y aura lieu, auparavant, de 
descendre jusqu'au niveau n° 7, qui sûrement sera entièrement préhistorique, et d'y ouvrir 

plusieurs tranchées. 

Les niveaux les plus riches sont sans contredit, jusqu'ici, ceux portant les n"M , 2 et 3 : c'est 
là que nous avons rencontré les plus beaux monuments de nos collections. Quant aux niveaux 
n°'4et5, ils n'ont fourni que de petits objets dont le grand intérêt est d'être extrêmement 

anciens. 

Entre les niveaux n" 2 et n'' 3 se trouvent les tablettes archaïques, déposées en tas dans les 
chambres d'un édifice en briques simplement séchées au soleil. Ces documents, d'une antiquité 
très reculée, montrent une écriture formant la transition entre les hiéroglyphes et les caractères 
cunéiformes. En explorant les niveaux inférieurs, nous courrons la chance de rencontrer des 
textes hiéroglyphiques sur pierre, et cette considération seule impose la fouille d'une partie, au 
moins, des niveaux inférieurs". 

Dans les galeries de recherches exécutées en 1897-98, le niveau inférieur a fourni une quan- 
tité de débris de poterie peinte et des silex taillés appartenant à la période préhistorique retrouvée 
en 1902-3, près de Tepé Mouçian, par M. J. E. Gautier, et ces vestiges n'étaient pas accompa- 
gnés de textes. Il ya donc des probabilités pour que les débuts de l'écriture aient laissé des traces 
entre la cote de 1 1"" (exactement 10", 93) et celle de 22™ au dessus du niveau de la plaine, la pre- 
mière étant celle du sol de ma galerie B\ et la seconde celle à laquelle ont été rencontrées les 
tablettes archaïques. 

1. Nous possédons déjà un cylindre portant une inscription hiéroglyphique. 

2. Cf. tome I, p. 82. 



ÉTAT DES TRANAUX A SUSE EN 1904 



Au début des travaux, pendant les trois premières campagnes, nous avons porté au « Livre 
des fouilles » toutes les indications relatives aux moindres des objets, notant non seulement la 
profondeur à laquelle chaque document avait été rencontré, mais aussi les ordonnées de sa 
position par rapport aux côtés de la tranchée qui les renfermait. 

Bientôt, ayant reconnu le désordre qui règne dans les ruines de l'Acropole, j'ai renoncé à ces 
observations sans utilité et causant une perte de temps considérable, réservant ces renseignements 
pour les monuments importants seulement. Quant à la profondeur à laquelle sont trouvés les 
objets elle est toujours soigneusement notée. Notre méthode de travail se prête, d'ailleurs, fort 
bien à des observations rapides. 

Les murailles et les dallages ont été relevés avec beaucoup de soin, malheureusement nos 
plans n'apprennent encore rien sur l'architecture élamite. Les mêmes matériaux ayant été 
employés à plusieurs reprises, il est impossible de dater les murs qu'on rencontre eux aussi dans 
le plus grand désordre. L'apparition d'un modèle de briques récent permet seule de distinguer 
les constructions de basse époque de celles remontant aux âges les plus anciens. 

Voici, à titre d'exemple, la profondeur à laquelle ont été trouvés quelques objets : 

à r" Restes arabes. 

i™.|0 Statue de bronze d'Atapaksou. 

2^00 Base de colonne achéménide, bijoux bizantins. • • 

2"'lo Obélisque de Manichtou-Sou. 

3™oo Stèle de Naram-Sin. — Koudourrous. — Barillets des Patésis. 

3"20 Fragments destôles. 

y^o Fragment de b^is-relicf. 

4'"j^o Table de bronze. 

4'"50 Koudourrous, fragments de bas-reliefs. — Cornes d'albâtre. 

6"'oo Tablettes de terre crue (F.p. des Sargonides). — Sépulture achéménide. Vase de 
bronze. 

y^oo Bas-relief de bronze. — Stèle. 
io'"oo Colonne de bronze, cônes des Patésis. 
i2'"5o Tablettes archaïques, cachets archaïques. 
20"'oo Vases d'albâtre, vases peints. 
25'"oo Silex taillés. 



FOUILLES DE SUSE 

1899-1900; 1900-1901; 1901-1902 



Description des Monuments 

Par g. JÉQUIER 



Le compte rendu des travaux exécutés à Suse par la Délégation scientifique française pen- 
dant les deux premières saisons, donne des détails circonstanciés sur le terrain et la manière de 
pratiquer les fouilles dans le tell dit de la Citadelle. Les conditions n'ont pas changé depuis lors, 
et si, dans les trois hivers suivants, les efforts, concentrés sur un seul point, ont considérable- 
ment étendu, tant en surface qu'en profondeur, le champ d'exploration, le travail reste toujours 
le même. Il serait donc inutile de donner ici une description des tranchées aux différents niveaux 
et je me bornerai à décrire successivement tous les monuments découverts de 1900 à 1902, en les 
classant autant que possible par ordre chronologique, et à étudier au fur et à mesure les notions 
nouvelles qu'ils peuvent nous donner relativement à l'histoire de la capitale élamite. 

Les fouilles ont été dirigées, pendant la saison 1899-1900. par M31. Lampre et André ; 
pendant l'hiver suivant, par MM. de Morgan et Lampre; enfin, de 1901 à 1902, j'ai été 
chargé de la surveillance des travaux. Depuis lors, deux ans se sont écoulés et ont 
apporté à la science des documents nombreux et très importants qui sont décrits et étudiés 
ailleurs ; je ne m'en occuperai donc point, mon but étant de retracer le résultat des découvertes 
en mars 1902 ; je me reporterai seulement au dernier volume publié par le P. Scheil', dont 
l'introduction contient la classification la plus complète qu'il soit possible de donner mainte- 
nant de l'histoire de Suse. 

Ces données, sur lesquelles je me suis basé dans cette étude, ont été tirées par le P. Scheil 
de la série, déjà très considérable, d'inscriptions découvertes à Suse. Ce n'est pas encore l'histoire 
proprement dite de la capitale élamite et de ses souverains, mais de simples jalons représentés 
par des séries de noms de rois qui viennent se relier les uns aux autres et qui permettent d'établir 
les grandes lignes d'une histoire excessivement mouvementée. Siège d'une des plus anciennes 
civilisations du monde, cette ville a dû passer par une série de phases très diverses de puissance 
et d'abaissement; sans cesse prise et reconquise, vassale et suzeraine, elle a su se maintenir 

I. Textes élcimites cinzanites, tome II. 



FOUILLES DE SUSE (1S99-1902', 



pendant des milliers d'années, jusqu'à une époque relativement assez rapprochée de nous. C'est 
à cette longue survivance que nous devons les monuments si variés, livrés par les fouilles, mais c'est 
à cette même cause aussi qu'il faut attribuer le fait que nous n'avons et que nous n'aurons proba- 
blement jamais de documents architecturaux, que temples et palais ont disparu sans doute pour 
toujours. En effet, dans une ville comme Ninive, qui ne s'est jamais relevée de sa ruine, on a pu 
retrouver les édifices tels que les avait laissés le conquérant, mais à Suse, après chaque dévas- 
tation, — et il semble y en avoir eu plusieurs — les survivants s'empressaient de niveler le sol, 
puis de reconstruire leur capitale en réemployant les matériaux qui étaient encore utilisables; aussi 
tous les monuments en briques crues et cuites ont— ils disparu les uns après les autres, et les 
quelques vestiges de constructions que nous pouvons relever au cours des travaux sont si incom- 
plets qu'ils restent incompréhensibles. 

Je ne pourrai donc, au cours de ce travail, que mentionner les traces de constructions, dont 
il est impossible de relever le plan et la destination. Quant aux objets découverts, ils peuvent 
aisément se classer, soit par les inscriptions qu'ils portent, soit par leur caractère artistique, soit 
encore par les circonstances de leur découverte. Les données chronologiques que nous donne le 
P. Scheil suffisent parfaitement, pour le moment, à un classement, malgré leurs lacunes consi- 
dérables ; c'est donc d'après ces indications que je diviserai l'histoire de l'Elam, ou tout au moins 
de sa capitale, en un certain nombre do grandes périodes, dans lesquelles viendront successive- 
ment se ranger tous les monuments découverts. 

1. Période historique. 

2. Période archaïque (jusque vers 4.000 ans av. J.-C). 

3. Suprématie babylonienne. Époque des Patésis (de .|. 000 à 2.300 environ). 

|. Premier royaume susien : les grands conquérants cl les sukkals de Suse (de 2.300 à 
2.000). 

5. Deuxième royaume susien : les souverains anzanites (Oundachgal , vers 1800?) 

6. Troisième royaume susien: Choutrouk-Nakhounte et ses successeurs () .200 à i.ooo 
environ). 

7. Les derniers rois d'Klam et les guerres avec Ninive. 

8. Les rois achéménides. 

9. Périodes grecque, parthe, sassanide et arabe. 

Telle quelle, cette division assez précise, ne peut guère être utilisée, car plusieurs des époques 
sont loin d'être nettement délimitées, tout spécialement pour les monuments qui appartiennent à 
la période des Patésis et à celle des grands conquérants, et qui ne peuvent encore être classés 
qu'approximativement ; de même aussi pour ceux qui remontent aux dernières dynasties de 
l'Èlam. Je .serai donc obligé, de m'en tenir à une classification plus large et surtout plus élastique, 
quitte à y revenir plus tard, quand nous serons mieux documentés. 



Période préhistorique 



PREMIÈRE ÉPOQUE 



Les galeries souterraines pratiquées pendant la première saison des fouilles, dans les 
couches inférieures du tell de la citadelle, nous avaient déjà fait entrevoir les restes d'une 
civilisation très ancienne, bien nettement distincte de celles qui la suivirent. La céramique si 
caractéristique de cette époque a été étudiée par M. de Morgan, dans le premier volume des 
Mémoires, d'après les quelques fragments trouvés à ce moment-là, mais ces morceaux, dont 
beaucoup avaient été ramassés dans les éboulis, au pied du tell, n'étaient pas assez nombreux 
pour pouvoir être classés d'une manière définitive. C'est maintenant seulement que nous avons 
atteint par une grande tranchée à ciel ouvert le niveau où l'on trouve cette poterie en grande 
quantité, que nous pouvons en toute certitude, l'attribuer à une période 
antérieure aux époques historiques. 

Le gisement des vases peints, en terre fine, commence à 20 mètres 
environ au-dessous du niveau primitif où furent tracées les premières 
tranchées, soit à 1 5 mètres à peu près au-dessus de la plaine. C'est 
pour ainsi dire la seule chose que nous ayons rencontrée à cette profon- 
deur-là : la céramique grossière, si abondante au-dessus, fait ici presque 
complètement défaut, et de même, les petits objets sont extrêmement 
rares. Je ne puis citer, dans cette catégorie, qu'une petite masse ovoïde 
en pierre blanche, striée de traits irréguliers, tracés en creux, et une 
petite figurine de femme, en terre, d'une facture extrêmement grossière, 
qui contraste d'une manière frappante avec les statuettes de Beltis, si 
nombreuses aux étages supérieurs (fig. i). Il n'a été découvert à Suse 
qu'une seule statuette d'un stvle analogue; quoiqu'elle ait été trouvée 
au premier niveau, elle paraît bien appartenir à la même époque. 

Les silex taillés ne sont pas plus abondants dans cette zone qu'aux niveaux supérieurs, et 
je ne pourrais dire si les habitants de Suse, à cette époque, en étaient encore à ! âge de la pierre. 
Il n'a été, il est vrai, découvert dans cette région aucun instrument en bronze, mais cette donnée 
purement négative est loin d'avoir une valeur absolue, car nous n'avons encore pu pénétrer à 
cette profondeur que par une seule tranchée, large de 5 mètres. L'hypothèse que les vases peints 
remontent à une époque antérieure à la découverte des métaux est cependant fort plausible, car 
dans les couches immédiatement supérieures, qui ont été ouvertes sur une surface bien plus 




Fig. I 
(3/s grandeur naturelle) 



FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 



étendue, il n'a été trouvé aucune trace ni de bronze, ni d'autres métaux, pas plus, du reste, que 
de monuments portant des inscriptions. 

C'est donc la céramique seule, en somme, qui caractérise cette période; malheureusement 
ces vases, dont quelques-uns atteignaient de très grandes dimensions, sont si délicats, qu'il ne 
nous en est guère parvenu que des fragments. Ces morceaux, trouvés en grande abondance, 
suffisent néanmoins pour nous donner une idée très exacte de leur décoration et de leur forme, 
et nous montrent que les potiers de cette époque, loin d'en être à leur coup d'essai, avaient déjà 
acquis la plus grande habilité dans leur art. Une longue expérience leur avait appris à triturer 
l'argile de manière à obtenir une pâte extrêmement fine, dont le secret se perd complètement 
plus tard, et à donnera leurs vases des formes d'un galbe excessivement délicat, qui dénote la 
présence, chez ces ouvriers des temps primitifs, d'un sentiment artistique très développé. Il en 
est de même des ornemanistes qui couvraient les vases de motifs de décoration jetés habilement, 
d'un coup de pinceau très sur, et qui non seulement alternent les lignes et les figures géomé- 
triques avec un goût parfait, mais }■ joignent souvent des figures d'animaux fort curieuses. 

Ces motifs de décoration sont assez importants et assez variés pour mériter une étude 
spéciale ; je ne m'en occuperai donc pas ici et me bornerai à décrire en peu de mots les types les 
plus courants de ces vases, au point de vue des formes, qui peuvent être aisément reconstituées 
d'après les fragments, car ce n'est que pour les petits vases que nous avons des exemplaires 
complets. Autant qu'on peut en juger, ces formes étaient excessivement variées, et l'on ne trouve 
jamais deux vases exactement semblables. Il y a cependant certain types généraux qui reviennent 
souvent et qu'on reconnaît sans difficulté, malgré les différences de détail '. 

Un des modèles les plus employés, qui se faisait dans toutes les grandeurs, est de forme 
complètement sphérique, terminé à sa partie supérieure par un petit goulot très élégant. Nous 
avons encore une variante plus originale du même type, un vase dont le fond seul est 
complètement arrondi et qui se termine en haut par une partie plate, au centre de laquelle se 
détache le goulot. 

Ces ustensiles n'avaient par eux-mêmes aucune stabilité et devaient sans doute être placés 
sur de petits supports. Parfois aussi ils sont munis à leur partie supérieure de quatre petits 
renflements percés chacun d'un trou qui devait servir à les suspendre. Nous retrouverons cette 
disposition assez curieuse dans les époques suivantes. 

D'autres vases nous donnent, comme en réduction, un modèle très répandu maintenant 
encore dans tout l'Orient, celui des grandes jarres dans lesquelles les femmes vont chercher l'eau : 
la forme générale représente une sorte de cône très évasé dans le bas et se terminant par un fond 
légèrement bombé, tandis qu'en h^mt le col est assez étroit. 

A côté de cela, je citerai encore toutes les variétés d'écuelles, soit complètement arrondies, 

I. A mon grand regret, je ne puis insérer ici les dessins de vases qui devaient accompagner le texte et qui, pin- 
suite de diverses circonstances, n'ont pu 6tre exécutés. Je suis donc obligé de me contenter d'une description sommaire 
de ces ustensiles, sur lesquels un travail d'ensemble sera entrepris ultérieurement. 



PÉRIODE PREHISTORIQUE 



soit à fond plat, avec une bordure plus ou moins évasée, et enfin une sorte de grands gobelets, 
légèrement élargis à leur partie supérieure ; les parois en sont si fines que nous n'avons pu 
retrouver que des fragments de ce modèle très courant, qui est toujours décoré d'une manière 
des plus heureuses avec des chevrons et des lozanges. 

DEUXIÈME ÉPOQUE 

La zone dont nous venons de nous occuper n'a été en somme, qu'effleurée par nos fouilles. 
Celle, par contre, qui se trouve immédiatement au-dessus, a été traversée sur toute son épaisseur, 
soit quatre à cinq mètres en moyenne, par trois grandes tranchées (15 mètres de large sur 90 
de long) et nous a fourni des documents très variés, en grande quantité. 

Ici nous sommes en présence d'une civilisation toute différente, qui. au point de vue artistique 
du moins, paraît inférieure à celle qui la précède : c'est à la céramique que nous pouvons en juq-er, 
car, ici aussi, c'est ce qu'il v a de plus abondant. Au lieu de ces vases si fins qui nous paraissent 
être des objets de luxe, nous n'avons plus guère que des ustensiles très ordinaires, d'une facture 
grossière, destinés évidemment à satisfaire les exigences journalières de la vie d'une population 
encore peu développée. 

Le modèle le plus courant, dont les exemplaires se trouvent par centaines, représente une 
sorte d'écuelle ou de jatte à fond plat et à bords très évasés ; la terre est grossière, rougeâtre, les 
parois épaisses. Ces ustensiles très primitifs étaient faits à la main, sans l'aide du tour ; leur dimen- 
sion moyenne est de i 5 centimètres de diamètre environ". 

Je ne sais trop quelle destination on peut attribuer à des écuelles du même genre, mais dont 
le centre est occupé par une sorte de pommeau, creux à l'intérieur, fermé en haut et parfois aussi 
en bas, légèrement évasé et plat en dessus, dépassant un peu les parois du vase, dans le sens de 
la hauteur ; cet élément bizarre est soudé au fond de la coupe. 

Ce même genre de travail rudimentaire se présente aussi dans des vases extrêmement épais, 
de forme à peu près cylindrique, munis parfois d'un rebord saillant. D'autres encore, de la même 
facture, figurent plus ou moins un cône renversé, et se rétrécissent à la partie supérieure, au centre 
de laquelle se trouve le col. 

A côté de ces vases très grossiers, il s'en trouve d'autres d'une terre plus fine et mieux 
travaillée, qui ont certainement été faits au tour. Les plus fréquents, et en même temps les plus 
caractéristiques de cette catégorie sont ovoïdes, très étroits du fond et plus ou moins évasés au 
col ; à la partie supérieure de la panse se détache un goulot très effilé. La pâte est rouge ou jaune, 
suivant le degré de cuisson auquel elle a été soumise. Les parois sont parfois ornées de lignes 
horizontales de peinture foncée. Une variante de ce type nous montre des vases plus arrondis, qui 
rappellent un peu nos théières modernes. 

I. Cf. Mémoires, 1, p. 84 et 189. 



,^ FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 



Les nombreux vases de petites dimensions, trouvés à ce niveau, sont très variés, autant par 
leurs formes que par leur facture ; les uns sont grossièrement façonnés à la main, les autres, en 
pâte relativement fine, soigneusement tournés. On y retrouve certains types déjà employés à 
l'époque précédente, cntr'autres ces vases munis à leur partie supérieure de quatre petits tenons, 
destinés à les suspendre. 

La poterie peinte de la première période préhistorique ne se retrouve plus guère à cet étage 
qu'à l'état de menus fragments, ce qui montre assez clairement que si l'on utilisait encore des 
vases anciens, on n'en fabriquait plus de semblables. Un nouveau genre de céramique, dont les 
morceau.x se rencontrent en assez grand nombre, semble cependant être une imitation de cet 
art dont on avait perdu le secret. Les ressemblances, il est vrai, ne sont guère qu'apparentes, et 
un e.xamen même rapide des différents fragments, montre bien vile l'infériorité des nouveaux 
potiers vis-à-vis de leurs devanciers. L'argile est moins fine, moins bien malaxée, plus poreuse ; 
les dimensions augmentent sensiblement, mais les parois sont plus épaisses et les formes moins 
élégantes; les couleurs ne sont plus si fraîches et si délicates, et rentrent presque partout dans la 
gamme des bruns et des rouges ; de même aussi, les motifs de décoration ont changé. 

Les vases de pierre sont, sinon abondants, du moins assez répandus à cette époque ; ils se 
présentent le plus souvent sous la forme de coupes à fond plat ou arrondi qui atteignent parfois 
de très grandes dimensions : un ustensile de cette nature dont nous avons retrouvé beaucoup de 
fragments, devait avoir au moins 40 centimètres de diamètre. La matière dans laquelle ils sont 
tournés n'est pas très dure : c'est soit du grès, soit du calcaire blanc ou rosé d'un grain très fin. 
L'albâtre, d'un usage si fréquent à l'époque suivante, est rare dans cette zone: il n'est guère 
représenté que par un seul objet, un vase d'une forme peu commune, ma! évidé et taillé gauche- 
ment, orné à sa partie inférieure de six facettes. 

Aucun indice ne peut nous faire supposer si l'écriture était en usage dans ce temps-là. Par 
contre, nous commençons à trouver des cachets, ce qui est toujours le signe d'une civilisation déjà 
assez avancée. Je donne plus loin, dans un mémoire spécial, la description de tous les sceaux 
archaïques trouvés à Suse jusqu'à présent. Aussi, me bornerai-je ici à un très bref examen des 
formes générales. 

Le type de ces cachets est des plus simples ; ce n'est en général qu'un petit objet, en forme de 
section de sphère, percé d'un trou dans toute sa longueur, et portant à sa face inférieure des 
représentations d'animaux sculptés grossièrement en creux à l'aide de la bouterolle et de la pointe. 
Quelques modèles, beaucoup plus soignés comme exécution, représentent un lion ou une tête de 
lion, mais portent toujours sur la partie plane les mêmes représentations animales. Ces cachets 
étaient peut-être portés au milieu d'un de ces colliers de perles en terre cuite dont nous retrouvons 
çà et là des éléments de formes très diverses. 

A cette profondeur du tell, on découvre de nombreux vestiges de constructions, consistant 
en murs de briques crues ou de terre piléc, comme on les a faits de tout temps à Suse et dans les 
pays environnants. Malheureusement, le poids des terres reposant sur les restes des édifices à 



PÉRIODE PRÉHISTORIQUE 



demi détruits a fait, ici comme partout dans le tell, une masse compacte et homogène des murs 
encore debout et des éboulis qui se trouvent à coté. Il est impossible, au moment où l'on creuse, 
de distinguer les murailles, et à plus forte raison, de les suivre. Ce n'est qu'en examinant, une 
fois les fouilles terminées, les coupes que présentent les tranchées, qu'on peut, surtout après un 
jour de pluie, reconnaître la trace de ces édifices disparus. A de légères différences de teintes, on 
peut alors distinguer les parois des murs et même les joints des briques, et, à défaut de rensei- 
gnements plus précis, tout ce que l'on peut dire, c'est que les briques de cette époque sont 
semblables, comme dimensions, à celles qui étaient employées à la bonne époque de l'empire 
élamite, et que le mode de construction ne devait pas différer beaucoup de celui des temps 
postérieurs. 

L'examen attentif de ces coupes de terrain nous amène encore à une autre considération, 
bien plus importante au point de vue historique. Tous les murs dont je viens de parler sont 
ruinés à un certain niveau, qui est partout le même, entre i6et 17 mètres au-dessous du sommet 
primitif du tell, et entre eux se trouvent, dans les décombres des constructions de terre crue, 
de grandes poches pleines de cendres, de tessons de pots et de détritus de toute sorte. Au-dessus 
de cette zone, les monuments ne sont plus de la même nature et mettent brusquement sous nos 
yeux une civilisation toute différente. Ces indices, qui ne sont, il est vrai, pas encore très 
concluants, mais qui se confirmeront sans doute au cours des prochaines fouilles, me portent à 
croire qu'il y eut, à un moment donné, un changement complet dans l'existence de l'ancienne 
Suse. Sans doute, pendant une invasion, la ville fut prise et détruite, et les envahisseurs s'y 
installèrent, apportant avec eux une civilisation plus avancée que celle des vaincus, et dès lors 
cette dernière, supplantée, disparut sans laisser de traces. 

Il me reste encore à mentionner le fait que les habitants de Suse, à cette époque, savaient 
déjà faire des briques cuites ; celles que nous avons retrouvées formaient les éléments d'une 
petite construction circulaire, d'une seule brique d'épaisseur. Elles sont encore très primitives, 
grossièrement modelées, d'une mauvaise cuisson, et très irrégulières comme dimensions. 
Toutes ont la forme d'un setîment d'anneau. 



Période archaïque 



Immédiatement au-dessus de la zone préhistorique et de ses constructions ruinées, se 
trouve une C(juche de peu d'épaisseur (un ou deux mètres au plus), qui ne renferme les vestiges 
d'aucun édifice et ne contenait pour ainsi dire aucun objet. Il semble qu'on ait voulu, à un 
moment donné, remplacer les monuments qui venaient d'être détruits et niveler les ruines, de 
manière à obtenir une plate-forme à peu près régulière sur le sommet du tell. 

Cette donnée, si elle est confirmée par les fouilles prochaines, vient à l'appui de l'hypo- 
thèse que j'ai proposée plus haut^ à savoir que Suse aurait été, à une époque extrêmement 
ancienne, prise et détruite de fond en comble, puis remplacée par une ville nouvelle, construite 
par les envahisseurs, gens appartenant à une race plus civilisée, et auxquels nous devons les 
premiers documents écrits. 

Les inscriptions, qui sont sans contredit ce que cette époque nous a laissé de plus important, 
se rencontrent sur des tablettes dont la publication in extenso sera faite ailleurs par le P. Schcil ; 
je me bornerai donc ici à renvoyer le lecteur à ses planches et ne donnerai que quelques détails 
sur la découverte et sur le caractère paléographique de ces monuments. 

Ces tablettes sont rarement isolées : nous en avons trouvé plusieurs gisements, dont deux 
assez considérables. Elles paraissent avoir été empilées, ou plutôt jetées pêle-mêle dans les 
angles de chambres dont les murs ont disparu ; elles étaient tellement enchevêtrées les unes dans 
les autres qu'il fallut les plus grandes précautions pour les dégager, et malgré cela, les plus 
petites seules sont sorties intactes des décombres, et les autres, souvent très fragmentées, ont 
dû être reconstituées après coup, une fois durcies par leur séjour à l'air. 

La matière est une sorte d'argile très fine et très bien triturée, d'un brun foncé, parfois un 
peu rougeâtrc, qui n'a subi aucune cuisson ; très friable au moment de la découverte, cette pâte 
se durcit peu à peu au contact de l'air. Elle a été façonnée en forme de pains rectangulaires plus 
ou moins allongés, de dimensions très diverses : si quelques tablettes n'ont guère que trois 
centimètres sur six, d'autres atteignent jusqu'à o™ 25 sur o" 20. La surface est soigneusement 
polie, et les signes s'y détachent encore le plus souvent avec une netteté parfaite, mais il arrive 
parfois, surtout pour les plus grandes tablettes, que cette sorte de couverte, sans doute moins 
soigneusement travaillée, soit complètement mangée, ce qui rend les inscriptions à peu près 
illisibles. 

Les textes dont ces tablettes sont couvertes nous montrent des signes très curieux, qui nous 
reportent à une période tout à fait ignorée jusqu'ici, du développement de l'écriture cunéiforme : 
ce ne sont plus les hiéroglyphes primitifs, mais des signes très différents de ceux des plus 



PÉRIODE archaïque i? 



anciens monuments chaldéens, et, à plus forte raison, de l'écriture assyrienne classique; ils 
semblent avoir subi une autre évolution dont nous ne connaissons pas les dififérentes étapes. 
Ils sont de grandes dimensions, nettement et régulièrement gravés, souvent combinés et inscrits 
l'un dans l'autre et forment des lignes d'un centimètre de hauteur au moins ; les traits sont 
d'une sûreté de main qui atteste une longue habitude de l'écriture, d'une écriture qui aura dû 
sans doute, comme je l'ai dit plus haut, se développer dans un pays autre que Suse. 

Au revers, les tablettes portent le plus souvent, comme les contrats des époques postérieures, 
l'empreinte de cylindres ornés de représentations animales. Je reviendrai dans un autre mémoire 
sur ces petits monuments, qui sont de la plus haute importance pour l'histoire des origines de 
l'art en Mésopotamie et en Susiane. 

On trouve aussi parmi les tablettes, mais le plus souvent en amas isolés, des morceaux 
d'une terre analogue, mais moins fine, grossièrement pétris à la main et qui n'ont en général 
pas de forme déterminée ; ils portent en général des empreintes de cylindres, semblables à celles 
qui ornent le verso des tablettes. Ces mottes d'argile devaient servir, soit à boucher des vases, 
soit à sceller des envois de provisions ou de marchandises. 

Les cylindres sont beaucoup plus rares que leurs empreintes, mais nous avons pu cependant 
en recueillir plusieurs exemplaires en bon état; ils sont le plus souvent faits en une sorte de 
pâte émailléi verdàtre, fine et très dure. 

La céramique est très peu abondante dans cette couche, et les rares ustensiles qu'on y 
rencontre sont peu caractéristiques et ne se distinguent guère de ceux des autres époques. Par 
contre, la fabrication des vases d'albâtre s'est considérablement développée, et nous en avons 
trouvé ici beaucoup plus que partout ailleurs. Ces vases ont tous été découverts dans les mêmes 
conditions que les tablettes et exactement au même niveau, aussi y a-t-il les plus grandes 
probabilités pour qu'ils appartiennent à la même époque. 

Les formes de ces albâtres sont en général semblables à celles qui étaient déjà employées 
pour la poterie, à l'époque précédente. Nous retrouvons tout d'abord ces vases en forme de 
cône renversé, très étroits, qui sont parfois munis d'un goulot à leur partie supérieure, près du 
col ; les dimensions en sont très variables. Un vase qui peut se rattacher au même type est orné 
de lignes verticales et horizontales, tracées irrégulièrement à l'ocre rouge; les autres ne portent 
plus trace de peinture. 

Des modèles très répandus aussi sont ceux de la coupe plate et de la jatte; c'est dans cette 
dernière catégorie qu'il faut ranger deux grands et beaux vases d'ordre plutôt composite : la 
panse est constituée par une sorte de jatte, fermée à sa partie supérieure par une surface à peu 
près plate, au milieu de laquelle se trouve un col étroit ; tout à côté se dresse un petit goulot, et, 
sur le bord opposé, une anse finement décorée de lignes droites ou entrecroisées. En plus de 
cela, sur le plat du vase, nous avons encofe ces quatre petits renflements que nous avons déjà 
vus dans la céramique la plus ancienne. 

Les formes sont beaucoup plus variées encore dans la série des tout petits vases, destinés 



i8 



FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 



sans doute à renfermer des onguents ou des parfums (fîg. 2-9). Souvent ils sont agrémentés 
d'une ornementation très simple, gravée à la pointe. Je ne relèverai ici qu'une sorte de godet 
doutle, étroit et très creux, avant d'arriver aux formes les plus curieuses qui nous représentent 
soit des oiseaux (canards ou aigles?), soit des poissons, simplifiés autant que possible; l'orifice 




FiG. 2-9. — Vases oAi.BATRr: (grandeur naturelle) 

du vase se trouve sur le dos de l'animal (fig. 10-11), et le creux est insignifiant, pouvant à peine 
contenir quelques gouttes de liquide, ce qui me ferait croire que ce sont plutôt des objets d'un 
caractère décoratif ou même votif'. Une figurine de la même catégorie nous montre un animal 



I. Le seul point où, à ma connaissance, on ait retrouvé des vases semblables, est l'Egypte. Dans les fouilles de 
Kom-el-Ahmar, on a découvert deux petits objets en serpentine, en forme d'oiseaux, qui ont avec les nôtres les plus 



PÉRIODE archaïque 



accroupi, ressemblant à un singe, qui tient ses deux pattes de devant à la hauteur de son 
museau ; cette petite statuette, très naturelle d'allure et élégante de forme, n'a jamais été évidée à 
l'intérieur et n'a pu, comme les autres, servir de récipient. 



10 



13 




^^M^^ 



FiG. 10-14. 



12 r3 

\'ases d'ai.uatre f.n forme d'animaux (grandeur naturelle) 



Presque tous ces objets d'albâtre ont dû être calcinés dans un incendie; sous l'action d'un 
feu violent, la matière s'est désagrés^ée, devenant ainsi blanche et friable, et la surface de ces 
vases, complètement rongée, est actuellement rugueuse et piquée de petits trous. 



grandes analogies et qui datent de lu première dynastie (Quibell, Hier:icoupolis, I. pi. XX, n'^^ 2 et 4). Ces ressemblances 
ne sont du reste pas les seules qu'il y ait entre l'époque dont nous nous occupons ici et le commencement de l'empire 
égyptien : j'aurai l'occasion d'y revenir à propos des cylindres dont les tablettes nou'^ ont conservé l'empreinte. 



Époque des Patésis 



Au-dessus de la zone où ont été trouvés les vases d'albâtre et les tablettes, le terrain devient 
extrêmement confus, et nous n'en pouvons tirer aucun renseignement sur les péripéties de 
l'histoire de Suse. Sans doute la ville a souvent changé de maîtres, m.ais jusqu'à l'expédition 
d'Assourbanipal, elle n'a plus été détruite de fond en comble. 

Les constructions, qui, selon la coutume du pays, étaient presque exclusivement en briques 
crues, ne pouvaient durer bien longtemps; quand elles menaçaient ruine, on les rasait et on les 
reconstruisait sur le même emplacement, et ainsi, au cours des siècles, le niveau du tell s'élevait 
peu à peu. Seuls, les matériaux qui pouvaient encore être utilisés étaient soigneusement mis de 
côté et réemployés dans les nouveaux édifices, aussi nous retrouvons les briques cuites réunies 
au même étage, celui de la Suse détruite par les Assyriens, et nous n'en voyons pour ainsi dire 
aucune à la place qu'elle occupait primitivement, dans les couches mférieures. 

11 ne faut donc, à partir de ce moment, plus songer à trouver les objets en place, et les 
circonstances de la découverte n'ont plus que très peu d'importance pour la classification 
historique. Je ne ferai donc plus guère que citer les petits objets dont l'époque exacte est pour 
ainsi dire impossible à déterminer et qui sont, du reste, peu nombreux et peu importants ; je 
décrirai seulement les monuments qui, par leurs inscriptions ou par leur caractère artistique, 
sont faciles à déterminer et à classer. 

Pendant la longue suite de siècles qui s'étend du début des temps historiques jusque vers 
2300 av. J.-C, Suse n'était pas indépendante. Nous la voyons tantôt soumise directement aux 
dynasties qui régnaient sur la Babylonie. tantôt gouvernée par des patésis, petits princes locaux 
dont le titre même indique un état de vassalité et qui avaient sans doute les rois chaldéens 

pour suzerains. 

Il n'est pas impossible que les rois de Kisch et d'Agadé aient régné à Suse. mais nous 
n'en avons pas de preuve certaine : l'obélisque de Manichtousou parle d'achats de terrains en 
Babylonie, et il est probable que c'est de là qu'il a été apporté. Nous avons du même roi un 
fra^^mcnt informe de statue qui, d'après une inscription postérieure", faisait partie d'un groupe 
le représentant à coté de son fils, mais ce monument a aussi été amené d'ailleurs, à l'époque où 
Choutrouk-Nakhounte collectionnait les souvenirs des anciens rois, nationaux ou étrangers. 

C'est ce même roi qui installa à Suse la stèle triomphale de Naram-Sin; la présence d un 
fragment de vase d'albâtre portant aussi le nom de Naram-Sin' ne prouve pas nécessairement 

1. Scheil, Textes èlam. ain., I, 42. 

2. Scheil, 7e.v/es alam. séin., II, 1. 






PL 1 



BAS- RELIEFS ARCHAÏQUES 
trouvés à Suse 



HéhoiDujardin 



ÉPOQUE DES PATESIS 



qu'il ait rég-né à Suse, et quant à la brique de construction qui lui avait été attribuée", elle 
appartient sans doute à un autre. 

Nous avons par contre des documents plus précis sur les rois de la deuxième dynastie 
d'Our. Le fait qu'on a retrouvé à Suse des briques portant les noms de Dounghi et de Ghimil- 
Siii', prouve que ces souverains y ont non seulement régné, mais aussi \' ont fait construire des 
édifices. ■ ' 

Il y eut durant cette longue période — nous le savons par les inscriptions bab3doniennes — , 
des luttes perpétuelles entre la Chaldée et la Susiane, luttes dans lesquelles, semble-t-il, ce der- 
nier pays eut presque toujours le dessous, sans toutefois succomber complètement. Il y avait en 
ce temps-là à Suse des princes autochtones, les patésis. qui, jouissant sans doute d'une indépen- 
dance relative, s'occupaient activement à embellir leur capitale en y érigeant des temples et 
d'autres monuments. 

Ces édifices, qui ont maintenant tout à fait disparu, devaient être nombreu.K et importants, 
à en juger par la quantité de briques à inscriptions archaïques, qui sont parvenues jusqu'à nous, 
disséminées sur tous les points du tell. Grâce à ces briques, nous avons le nom do plusieurs 
patésis, mais nous en connaissons un plus grand nombre encore par les inscriptions d un roi 
postérieur, Chilhak-In-Chouchinak (vers iioo) qui restaura les temples construits par ses 
ancêtres^ dont il mentionne respectueusement les noms. La liste est loin d'être complète, il est 
vrai, et l'ordre de succession de ces seigneurs ne sera sans doute pas établi de longtemps, mais 
nous voyons, par toutes ces données, que la civilisation et le mode de gouvernement étaient les 
mêmes, à cette époque, à Suse que dans les autres principautés de la Chaldée. 

Les textes lapidaires des patésis sont rares; nous pouvons cependant citer un beau fragment 
de stèle de Karibou-Cha-Chouchinak , dont nous possédions déjà une statuette d'albâtre et des 
cônes de fondation. C'est un morceau de calcaire brun, auquel il manque peu de chose pour être 
complet; l'inscription en est très nette et finement gravée'. 

C'est èildadou que semble appartenir une sorte de grande auge en grès : la forme géné- 
rale est celle d'une dalle rectangulaire à coins arrondis, où aurait été creusé un bassin peu pro- 
fond; elle mesure i"'o4de long, o"'70 de large sur o'"2i de haut. Le travail est assez grossier, et 
l'inscription qui fait le tour des faces verticales est un peu fruste à l'endroit même du nom. 

En plus de ces monuments portant des inscriptions, il a été trouvé à Suse un certain nombre 
de bas-reliefs que leur style, très archaïque, permet de ranger dans la même période, ou à peu 
près. Je les décrirai donc ici, quoiqu'il soit très possible qu'un ou deux d'entre eux ne remontent 
pas tout à fait aussi haut, et appartiennent peut-être à l'époque suivante, pendant laquelle 
régnèrent à Suse des vice-rois des grands conquérants élamites; ces deux époques se touchent de 

1. Scheil, Textes él.iin. sent., I, 82; II, 8. 

2. Scheil, Textes et. vn. sém., II, 8. 

3. Scheil, Textes él.im. sém.. II. 4 (pi. II) : cf. I, p. ^9. 



23 FOUILLES DE SUSE (1899-1902! 



trop près pour que nous puissions actuellement classer d'une manière précise les objets qui ne 
portent pas d'inscription. 

La première de ces sculptures, un fragment de dalle de grès de 0^54 sur o"-44, représente un 
de ces o^énies fantastiques qui sont particuliers à la mythologie chaldèenne (v. pi. I). Comme 
facture, nous sous sommes loin du grand art de l'époque de Naram-Sin; par contre, ce monu- 
ment a la plus grande analogie avec les bas-reliefs archaïques de Tello, la même technique 
rude, grossière et inhabile. 

Le personnage, dont la partie supérieure du corps seule est celle d'un homme, est debout, 
tenant des deux mains les rameaux dun arbre sacré dressé devant lui, tel qu'il est représenté sur 
quelques cylindres chaldéens : un fut vertical duquel sortent de petits rejetons recourbés. 

La figure a un aspect bestial très particulier: l'œil, énorme et disproportionné, est serti 
d'une ligne creuse; le nez est proéminent et busqué, et le bas du profil, iuyant. La bouche est 
surmontée d'une mince moustache retombante, et la barbe, formée à sa naissance de petites 
boucles régulières, est divisée en une série de tresses droites qui s'étalent en carré sur la poitrme. 
Un bandeau strié, terminé par un ornement qui a la forme d'une oreille d'animal, constitue la 
coiffure, d'où s'échappe une lourde tresse de cheveux enroulée sur elle-même à la hauteur de 
l'épaule. Le sommet de la tète était surmonté de grandes cornes recourbées, qui venaient 
retomber jusqu'à la hauteur de l'œil; celle de devant seule est conservée. 

A partir des reins, le corps se termine par des pattes d'animal, peut-être des griffes d'aigle, 
derrière lesquelles se relève une queue de lion. Cette partie inférieure du bas-relief a presque 

complètement disparu. 

Un monstre semblable à celui-ci lui faisait probablement (ace, si l'on en juge par la dispo- 
sition symétrique des rameaux de l'arbre sacré et par les représentations analogues que nous 
possédons. La scène ne finissait du reste pas là : on peut en effet distinguer derrière le génie une 
sorte de tore moucheté qui devait taire partie d'un autre personnage tout aussi fantastique. 

Un second bas-relief (o'"44 sur o"'^j; cf. pi. 1) nous montre un travail beaucoup plus 
soigné et plus fini; la pierre même dans laquelle il est sculpté, une diorite à grain très fin, 
explique suffisamment ce fait, car les matières les plus dures devaient nécessairement être tra- 
vaillées par les ouvriers les plus habiles. 

Nous avons ici la représentation d'un convoi de prisonniers : deux personnages complète- 
ment nus, les mains attachées derrière le dos, marchent vers la droite, poussés en avant par un 
guerrier, armé d'une hache étroite et longue, qui saisit de la main gauche le cou du dernier des 
captifs. Son costume consiste en un pagne descendant jusqu'aux genoux, un peu plus court 
devant que derrière, attaché par une ceinture qui fixe également une pièce de vêtement recou- 
vrant le torse et l'épaule droite. La coiffure est représentée par un bourrelet qui passe au-dessus 
de l'oreille, laissant v<jir les cheveux, tandis que les prisonniers ont la tète complètement rasée, 
à part trois mèches ramenées sur le sommet du crâne. 



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PL II 



ÉPOQUE DES PATÉSIS 23 



Il ne reste qu'une très petite partie du registre supérieur où était figuré le massacre des 
prisonniers; on n'y distingue plus que deux personnages agenouillés, juste le nécessaire pour 
que nous puissions deviner cette scène, assez fréquente sur les monuments de l'ancienne 

Chaldée. 

L'allure des figurants, dans les deux scènes, est naturelle et pleine de vie; les corps sont 
bien campés et modelés avec soin, les muscles indiques sans exagération. Par contre, les bras 
des captifs sont plantés d'une façon assez malhabile, ceux du vainqueur sont trop courts, et les 
tètes, lourdes et sans expression, ont des yeux des plus primitifs. 

Tous, vainqueurs et vaincus, appartiennent à la même race; ces formes trapues, ces tètes 
rondes et imberbes, tous les traits sont encore ceux de la race des Négritos, dont on retrouve en 
Arabistan de nombreux représentants, et qui furent avec les Sémites, peut-être même avant eux. 
les plus anciens maîtres de la Suse historique. Ce fragment appartenait sans doute à un monu- 
ment destiné à commémorer une lutte entre deux tribus du pays, à une époque que nous ne 
pouvons connaître exactement, mais qui doit être très ancienne. 

Nous retrouvons une scène absolument semblable sur un autre monument, qui doit certai- 
nement aussi appartenir à l'époque des palésis. C'est la base d'une sorte d'obélisque a section 
carrée, dont les faces vont en se rétrécissant régulièrement à mesure qu'elles s'approchent du 
sommet ; actuellement toute la partie supérieure a disparu, et le bloc ne mesure plus que o'"44 
de haut; la largeur des faces, à la base, est de 0^58 et de 0^50. 

L'action se déroule au pied d'une forteresse dont on voit encore le pied des nombreuses tours 
se dressant au-dessus d'un monticule représenté par une zone formée d'imbrications régulières 
et arrondies (v. pi. II); elle comportait à l'origine quatre scènes dont l'une a complètement 
disparu avec la dernière face. C était là sans doute qu'était représentée la bataille, tandis que sur 
les autres côtés nous voyons les cadavres dévorés par les oiseaux de proie, puis un convoi de 
prisonniers et enfin le massacre. 

Les scènes, très simplement conçues, ne représentent qu'un nombre restreint de person- 
nages. Ici, ce sont trois cadavres étendus dans des poses invraisemblables, abandonnés aux vau- 
tours; l'un d'eux a déjà un bras détaché du corps. Plus loin, un guerrier, vêtu d'un simple 
pagne court, pousse devant lui d'un geste impérieux un groupe de prisonniers, un homme nu, 
une femme (?) habillée d'un petit jupon, et un enfant. Enfin, un autre guerrier, vêtu de la même 
manière que le précédent, assomme d'un coup de casse-tête un captif agenouillé devant lui, 
tandis qu'un troisième, brandissant un arc, amène sur le lieu du massacre un autre prisonnier, 
les mains liées derrière le dos. 

Les gestes, un peu naïfs, sont expressifs, mais l'exécution est grossière et maladroite. .Alalgré 
cela, la différence est très bien marquée dans les différentes figures, entre les vainqueurs, à la 
tète grosse et imberbe, au cou énorme, semblables à ceux dans lesquels j'ai cru reconnaître des 
Négritos, et les vaincus, dont le corps est plus grêle, la tête, longue et fine, ornée d'une grande 



2^ . FOUILLES DE SUSE 899-1902) 



barbe. Étant donné l'état un peu fruste de la sculpture, où l'on ne distingue aucun détail, je ne 
saurais dire si nous avons affaire ici à des Sémites ou à des Anzanites de la même race que les 
soldats de Choutrouk-Nakhounta. sur le bas-relief de bronze. 

Ce bas-relief, de même que le précédent, rappelle à première vue, par le sujet et par la fac- 
ture, la fameuse stèle des vautours, et les plus anciens monuments du même type trouvés en 
Basse-Mésopotamie, aussi je ne crois pas qu'il soit trop hasardeux de les faire remonter à la 
même époque. 

Le monument dont il me reste à parler est peut-être un peu plus récent, mais ne peut pas 
davantao'e être daté d'une manière absolument certaine; les costumes des personnages repré- 
sentés offrent des analogies frappantes avec certains bas-reliefs et cylindres chaldéens antérieurs 
à Hammourabi, aussi est-ce dans cette période que je crois devoir le ranger. 

La stèle en question, haute et étroite (o'"74 sur o^aS et 0^15 ; v. pi. III), est sculptée sur 
trois faces, tandis que la quatrième semble n'avoir jamais été travaillée et était sans doute 
adossée à une muraille; peut-être même, étant donné la disposition des personnages qui la 
décorent, était-ce le montant gauche de la porte d'un temple ou d'une chapelle. A part la partie 
supérieure qui est brisée, le monument est à peu près complet, mais la face principale est très 
usée par le frottement, et comme le relief est peu saillant, on ne distingue plus guère que le 
contour des personnages. Les deux petits côtés sont mieux conservés. 

Les trois faces représentent, non plus des scènes de guerre ou de massacre, mais des sujets 
religieux et symboliques. Chacun est divisé par des bandes horizontales en trois registres nette- 
ment distincts. 

Le panneau principal porte deux figures debout en face l'une de l'autre; celle de gauche, 
absolument imberbe, semble représenter une femme qui élève ses deux mains à la hauteur du 
menton, en signe d'adoration; elle est coiffée d'une calotte ronde terminée par une boule, et d'où 
s'échappe une grosse tresse de cheveux, enroulée en forme de chignon. Le costume consiste en 
une lourde robe d'une étoffe de laine à longs poils, simulant toute une superposition de volants; 
ce vêtement se termine à la hauteur des chevilles, qui sont ornées de bracelets. — L'autre per- 
sonnage est sans doute un dieu : il porte une longue barbe, coupée en carré sur la poitrine, et 
ses cheveux s'enroulent sur sa nuque; la tête est coiffée d'une tiare à quatre rangs de cornes, 
surmontée d'une boule. La main gauche est repliée sur la poitrine, tandis que la droite s'élève 
comme pour bénir l'adoratrice. Toute cette figure est très effacée, et il ne reste plus aucun détail 
de la robe, qui a exactement la même forme que l'autre et laisse aussi les pieds à découvert. 

Au-dessus de la scène se dresse un lion (?) marchant vers la droite, dont la tête a disparu. 
Dans le registre inférieur, un homme nu, barbu, peut-être un cadavre, est étendu, les membres 
écartés, au-dessous des pieds du dieu, à côté de deux objets que je ne puis définir. 

Les deux faces latérales, beaucoup plus étroites que la précédente, portent des représenta- 
tions qui se font pendant. Sur les deux registres supérieurs, à droite comme à gauche, se tient 



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STELE TROUVEE A SUSE 



PL III 



ÉPOQUE DES PATÉSIS 25 



une divinité marchant vers la droite. C'est d'abord, d'un côté, un génie à corps humain et à 
pattes de taureau, dont la tête a disparu et qui tient à deux mains un sceptre ; au-dessous de lui 
se trouve la figure la mieux conservée de toute la stèle, un personnage imberbe dans lequel on 
peut être tenté de reconnaître la déesse Istar', qui appuie la jambe gauche sur la tète d'un lion 
étendu à ses pieds et tient d'une main un long sceptre terminé par une pomme qui se dresse 
entre deux petites ailes retombantes. La tète est coiffée d'un bonnet conique terminé en haut par 
une petite boule, en bas par un bourrelet qui enserre le crâne; un collier pend sur la poitrine; 
un sorte de jupe ouverte, en étoffe à longs poils et frangée dans le bas, recouvre la jambe droite, 
laissant libre la gauche qui semble vêtue seulement d'un court caleçon (PI. II!). 

Des deux personnages qui correspondent à ceux-ci sur la face droite, l'un, celui du haut, a 
presque tout-à-fait disparu, et il n'en reste que les pieds et le bas de la robe. Au-dessous, un 
homme complètement nu tient à deux mains un sceptre semblable à celui de la figure qui lui 
fait pendant; une barbe ondoyante lui couvre la poitrine et sa tète est recouverte d'une sorte de 
capuchon terminé par des pointes qui retombent des deux côtés du cou, laissant sortir par der- 
rière une longue et mince tresse de cheveux. Au-dessous de lui, sous la bande qui sépare les 
deux rei^istres. se trouve une zone horizontale ornée de petits cercles concentriques, qui repré- 
sente peut-être le ciel ; en dehors de cette particularité, aucun signe distinctif ne nous permet 
d'identifier cette divinité. 

Les deux registres inférieurs sont occupés, d'un côté par une chèvre sauvage dressée sur ses 
pattes de derrière, la tête retournée en arrière, et de l'autre par deux de ces animaux, dressés 
aussi, mais la tète en avant et se faisant face; entre eux, un sceptre de la même forme que les 
autres est planté en terre. 

Comme je l'ai dit plus haut, ce sont, en première ligne, les costumes qui m'engagent à 
ranger ce monument dans la période où Suse était gouvernée par despatésis ou dans celle qui la 
suivit immédiatement. Les sculptures datées de cette époque sont, il est vrai, peu abondantes 
jusqu'ici, mais il suffît de jeter les veux sur les belles séries de cylindres qui remontent indubi- 
tablement au y millénium, et tout particulièrement sur ceux qui représentent des scènes d'ini- 
tiations, d'adorations ou de sacrifices, pour y retrouver exactement les mêmes vêtements qu'ici. 
En premier lieu, nous y voyons la robe à longs poils, à volants superposés^ qui parait n'être plus 
guère employée à l'époque assyrienne, puis cette curieuse forme de jupe ouverte par devant, et 
enfin le bonnet à bourrelet et la tiare à cornes. 

La facture même des bas-reliefs vient encore nous confirmer dans l'opinion qu'ils remontent 
à une époque assez ancienne : cette sculpture barbare et grossière, qui ne peut aucunement 

I. Cf. les représentations de cette déesse sur certains cylindres chaldéens, où nous retrouvons le même costume, 
le lion sous les pieds et même un sceptre analogue (Menant, Glyptique orientale, I, p. i63-i6>). Il faut aussi rapprocher 
cette figure de celle de Ramman sur une tablette en terre cuite provenant de Larsam et dont l'époque n'a pu être 
déterminée jusqu'ici: c'est le monument avec lequel notre stèle a le plus de rapport (Loftus. Tr.ivels anJ Resc.irches, 
P- 257)- 

4 



26 



FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 



passer pour un chef-d'œuvre, est d'un ouvrier très inhabile, surtout lorsqu'il s'agit de représenter 
la figure humaine : les personnages sont raides et gauches, mal proportionnés, le buste trop 
long, les bras beaucoup trop courts et mal plantés. On remarque par contre une grande dififé- 
rence dans la manière de traiter les animaux : les chèvres sauvages, dans leur pose difficile à 
rendre, et le petit lion couché, sont traités sobrement, en peu de traits, avec une grande justesse. 
Cette habileté dans un genre, cette maladresse dans un autre, semblent nous reporter à une 
époque voisine de celle où les arts plastiques prirent naissance à Suse et où les premiers artistes 
sculptaient sur les cylindres tout espèce d'animaux et arrivaient à les rendre avec une rare per- 
fection, sans jamais essayer de s'attaquer à la figure humaine. C'est à ce style que nous rappor- 
terons deux curieuses représentations animales (fig. 15-16) gravées sur des plaquettes d'ivoire. 




FiG. 15 

Plaquette d'ivoire, gravée 

(4/5 grand, nat) 



Les statues étaient nombreuses autrefois à Suse, et nous voyons Assourbanipal en emporter 
à Ninivc un jbon nombre, après la prise de la ville; maintenant il est rare que nous en retrou- 
vions des morceaux. Le seul qui mérite d'être mentionné porte 
encore un signe d'une inscription archaïque qui permet de le 
ranger dans la période dont nous nous occupons : c'est un 
fragment d'un torse grandeur nature, où l'on distingue encore 
l'avant-bras, orné d'un bracelet en lorme de chaîne, avec fer- 
moir rond. 

Nous avons par contre des statuettes à peu près complètes 
d'un grand intérêt artistique. En première ligne, je citerai une 
ravissante figurine de femme, en ivoire, haute de o"io6, qui est certai- 
nement une des plus jolies choses de l'époque (PI. I"V); il n'en manque 
qu'un fragment au bas du vêtement, et la tétc, qui devait être d'une autre 
matière. Cette statuette, très plate, représente une femme debout, les mains 
croisées à la chaldéenne, comme les statues de Goudéa; la poitrine est 
à peine saillante. Le costume est composé d'une longue robe toute unie, 
tombant jusqu'à terre, et ornée seulement d'une petite bande dans le bas; 
en haut, elle s'élargit et retombe comme un mantelet sur les épaules, 
laissant nu tout l'avant-bras, qui est d'un modelé très poussé et très 
délicat; des bracelets ornent les poignets, et un collier ii plusieurs rangs 
enserre le cou. Pour compléter le vêtement, une écharpe frangée, à petits 
plis, est jetée sur l'épaule droite, se croise sur le dos et sur la poitrine pour 
retomber de l'épaule gauche jusqu'à terre. Un trou percée dans le cou nous montre que la tête 
devait être rapportée; elle était peut-être en or, ainsi sans doute que la bordure du mantelet, à 
la hauteur du coude, qui est indiquée par une profonde rainure, il ne peut y avoir aucun doute 
sur la date de ce petit monument, qui par sa pose et son costume, est bien certainement antérieur 
au 2' millénium av. j.-C. 




Fig. 16 

Plaquette d'ivoire icravée 

(4/5 grand, nat.) 



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ÉPOQUE DES PATÉSIS 



C'est aussi à la même époque que doit appartenir une statuette d'albâtre, haute de 20 centi- 
mètres, qui est d'un travail absolument identique. La tète et le bras droit sont cassés, les mains 
sont mutilées. Le costume est sensiblement le nième, sauf que l'écharpe, beaucoup plus large, 
enveloppe l'épaule et le bras gauche complètement pour retomber du poignet jusqu'à terre, par 
devant. Un grand collier orne la poitrine (fig. 17). 




FiG. 17 

Statuette d'albâtre 

(4/5 grand, nat.) 







Fig. 18 

Statuette du patési karibou-cha-chouchinak 
(4/5 grand, nat.) 



A propos de statuettes, je donne ici la reproduction de celle qui représente le patési Karibou- 
Cha-Chouchinak, dont l'inscription seule a été publiée; ce n'est qu'un fragment où l'on ne dis- 
tingue plus grand chose du costume (fig. 18). 



Premier Royaume Susien 



Si nous en sonnmes toujours réduits aux vagues renseignements des annales babylo- 
niennes et de la Bible pour l'histoire des grands conquérants eux-mêmes, nous savons au moins 
ce qui se passait à Susc pendant cette période si glorieuse pour l'Élam. Après la conquête de la 
Babylonie, les rois s'installèrent sans doute au centre de leurs nouveaux États et établirent à. Suse 
des lieutenants ou sukkals ; nous connaissons par les inscriptions des briques toute une série 
de ces vice-rois, dont la charge parait avoir été héréditaire, cl un petit texte, récemment 
découvert, nous met ou courant de leurs relations de vassalité avec la famille de Kudur- 
Nakhounla'. 

Ces princes, dont beaucoup de briques nous sont parvenues, travaillèrent avec activité à la 
construction du temple, ou sans doute plutôt des temples de Suse: l'un d'eux parle, sur des 
briques deux fois plus grandes que le format ordinaire, de la fondation d'un pont, sans nous 
dire exactement où il était situé. C'est, en somme, tout ce que nous savons sur eux, car il ne 
nous est parvenu aucun monument lapidaire de cette époque, à moins qu'on ne puisse y ranger 
quelques-uns de ceux que j'ai décrits au chapitre précédent. 

C'est à la suite de cette période que vient se ranger chronologiquement le monument le 
plus important qui ait été découvert jusqu'ici à Suse, le Code de lois d'Hammourabi. Nous ne 
savons pas encore si le chef puissant qui renversa la dynastie élamiic en Chaldée poussa sa 
conquête jusqu'à Suse ou s'il lui laissa l'indépendance; nous avons, il est vrai, les noms de 
quelques-uns des princes qui succédèrent aux sukkals, mais aucun monument d'eux ne nous 
est parvenu. Un fragment d'inscription au nom d'Hammourabi, trouvé au début des fouilles', 
semblait indiquer qu'il avait régné à Suse, mais depuis lors nous avons trouvé tant de monu- 
ments d'origine étrangère, qu'il est fort possible aussi que ce bloc ait été amené d'ailleurs. 

Quant au grand code de lois, nous connaissons sa provenance par le texte même : il était 
érigé à Sippara, dans le temple du Soleil', du dieu qui avait inspiré sa rédaction. C'est sans 
doute à Choutrouk-Nakhounta qu'il faut attribuer le fait d'avoir transporté à Susc cet 
important document, en même temps que tant d'autres souvenirs de sa glorieuse expédition. 11 
fit même effacer cinq lignes du texte pour mettre à la place une inscription commémorative qui, 
pour une raison ou une autre, n'a jamais été gravée. 

Ce bloc de dioritc (v. PI. V). haut de 2'", 25, a un pourtour de i™, 90 à la base, de i'",65 au 

1. Scheil, Textes cl.im. anz., II, introd., p. xii. 

2. Scheil, Textes él.im. séin., I, 83. 

3. Scheil, Textes élam. scm., II. 131 ; Winckicr, Orient. Litter.ilitrzcitung, VI, 28. 




PL, 7 



CODE DE HAMMOURABI 



PREMIl^R ROYAUME SUSIEN 



sommet ; il n'a pas été taillé régulièrement, mais simplement poli avec soin, de manière à 
conserver sa forme première, qui est celle d'un gros galet ovoïde. Toute la pierre, du haut en 
bas, est recouverte de ces petits rectangles où se pressent, selon la coutume de l'époque, les siG:nes 
cunéiformes gravés avec une grande finesse; seule, une partie est réservée, au haut de la stèle, et 
porte la représentation du dieu Chamach, tendant au roi debout devant lui en adoration, le stviet 
pour écrire ses lois'. Les deux personnages se détachent en haut-relief sur un fond soigneusement 
aplani ; la facture est soignée et dénote un sculpteur qui avait une longue pratique du travail 
des roches dures. Le style des figures est sobre et majestueux, mais n'a plus rien de l'élégance 
des sculptures du temps deNaram-Sin. Pour les costumes, il n'y a rien de spécial à mentionner; 
les personnages sont revêtus tous les deux de la robe classique des Chaldéens, qui laisse libre 
l'épaule et le bras droit, et se drape autour du gauche; celle du roi est plissée verticalement, tandis 
que le dieu la porte ornée de volants superposés. Sur la tète de celui-ci est la tiare à quatre 
rangs de cornes, et Hammourabi est coiffé d'une simple calotte à large bourrelet. 

Lorsque j'eus la bonne fortune, en janvier 1902, de tomber sur cet important monument, 
il gisait, brisé en trois morceaux, au milieu de décombres de toute sorte qui remplissaient une 
petite chambre à douze mètres environ du niveau primitif du tell, au dessous de la région des 
dallages de briques cuites. C'est sans doute au moment de la prise de Suse par Assourbanipal 
qu'il aura été précipité dans cette sorte de cave avec d'autres objets de rebut, les vainqueurs le 
trouvant trop lourd pour l'emporter à Ninive. La brisure n'est pas volontaire, elle est due sim- 
plement à une chute de plusieurs mètres. 

Il existait à Suse des duplicatas de ce texte, si l'on en juge d'après un petit fragment 
de la même pierre, d'une écriture absolument identique, qui nous donne mot pour mot les 
phrases de quelques-unes des lois de notre code". En outre, nous avons une réplique du bas- 
relief, trouvée en plusieurs fragments sur différents points des fouilles. Ce morceau formait le 
couronnement d'une stèle plate, arrondie au sommet (v. pi. I; hauteur o'"6i, largeur 0^47); 
le sujet est exactement semblable, comme représentation et comme facture ; la seule différence 
à noter est la présence, au dessus des deux personnages, du disque solaire, symbole du dieu qui 
dicte au roi ses lois; à part le haut de la tète, cette dernière figure a disparu. Ici l'inscription 
ne se prolongeait pas derrière le bas-relief. ■' 

1. \'. la reproduction en grand de ce bas-relief à la pi. II du deuxième volume des Textes cLimùes sémitiques du 
P. Scheil. 

2. Scheil, Textes clam, sém., II, 12. 



Deuxième Royaume Susien 



Que Hatnm'ourabi ait régné à Suse ou non, ce qui est certain, c'est qu'il infligea aux Èla- 
mites une défaite très sérieuse et que ceux-ci mirent sans doute fort longtemps à s'en remettre, 
car, comme nous l'avons vu, les ruines de leur capitale restent muettes pour plusieurs siècles 
après cet événement. Quelques noms de princes, c'est tout ce que nous savons pour cette 
période, et ce n'est que plus lard que nous voyons Suse gouvernée de nouveau par une famille 
de rois puissants qui la couvrent d'édifices. 

De cette dynastie, dont nous ne pouvons exactement évaluer la durée, mais qu'il faut, 
semble-t-il, placer entre 1900 et 1600 av. J.-C, il ne nous reste guère que deux noms impor- 
tants, Houmbannoumena et Oundach-Gal. Il est possible qu'ils soient des usurpateurs, mais ils 
rattachent leur généalogie à celle de leurs prédécesseurs"; ces rois, qui personnifient pour nous 
l'esprit de réaction contre la Chaldée, n'étaient très probablement pas originaires de Suse même, 
mais d'une pnjvince de l'Élam, VAnzan, dont la position géographique n'est pas encore déter- 
minée avec certitude; ils se donnent le titre de « rois d'Anzan et de Suse », et c'est sous leur 
règne que nous voyons apparaître pour la première fois dans les documents officiels, la langue 
nouvelle; celle de leur pays natal, sans doute, celle que nous appelons VAnzanite. qui sera la 
seule dont on se servira, ou à peu près, jusqu'à la ruine de Suse, les idiomes sémitiques passant 
dès lors à l'arrière-plan. 

Aucun document ne vient nous apprendre si ces rois furent des guerriers, mais bien cer- 
tainement leur principale occupation fut d'agrandir leur capitale et d'y bâtir des temples. Pour 
Houmbannoumena, ce sont ses successeurs qui nous l'apprennent, ceux qui, quelques siècles 
plus tard, relevèrent ses constructions qui tombaient en ruines. 11 est probable quc_, pressé par 
le temps, il bâtit surtout en briques crues, ce qui explique à la fois le peu de durée de ses 
édifices et le fait que nous n'avons retrouvé à Suse qu'une seule brique cuite portant son nom. 

Son fils, Oundach-Gal, vivant sans doute dans une période plus calme et jouissant d'un 
pouvoir solidement établi, eut le loisir et les ressources nécessaires pour construire des édifices 
mieux conditionnés, que, semble-t-il, ses successeurs n'eurent pas à réparer ; ses belles briques, 
bien cuites, très supérieures comme solidité à celle des patésis et des sukkals, nous apprennent 
qu'il bâtit à Suse plus de quinze temples, dédiés à différents dieux'. 

Quant à la décoration intérieure et extérieure de ces monuments, elle semble avoir du être 

1. Scheil, Textes éliVn. aiiz., II, introd., p. xvi. 

2. Scheil, Textes élam. anz,, 1, 1-39. 



DEUXIEME ROYAUME SUSIEN 



31 



peu importante, car nous ne retrouvons à Suse que très rarement des bas-reliefs décoratifs, et 
les fragments qui portent le nom d'Oundach-Gal sont absolument insignifiants. 

Nous connaissons l'emplacement des constructions datant de la dernière époque du royaume 
élamite, dont les murs et le dallage sont composés surtout de matériaux plus anciens et en parti- 
culier des briques d'Oundach-Gal ; les temples de nos deux rois avaient donc disparu à ce momenl- 



ià, mais selon toute vraisem- 




FiG. ig 

PaTKRE en ALBATRE 










blance, ils devaient se trouver 
immédiatement au-dessous de 
cette région, soit entre 5 et 10 
mètres de profondeur. A ce ni- 
veau, il ne reste presque plus 
rien, et je ne trouve guère à 
signaler qu'un long mur en 
briques cuites sans inscriptions, 
conservé sur une hauteur de 2 
mètres, et divisé en parties al- 
ternativement saillantes et rentrantes par des redans de 20 cen- 
timètres de profondeur. Bien appareillé sur sa face sud, ce mur, 
dégagé déjà sur une longueur de plus de 20 mètres, devait servir 
de parement à une muraille de briques crues. 

Un peu plus loin vers le Sud, au bord du tell, toujours au 
même niveau, se voyaient les traces du pavé d'une chambre, en 
terre battue, revêtue d'une couche de plâtre. Sur cette surface 
uniforme, nous avons trouvé quelques objets que rien ne nous 
empêche de faire remonter à l'époque à laquelle devait appar- 
tenir cette petite salle, soit le deuxième empire susien. Tout 
d'abord, c'est un petit vase en bronze, d'une forme analogue à 
celle que nous retrouvons plus tard dans les vases funéraires, puis trois animaux en albâtre, 
destinés à faire partie d'une décoration. Ces sculptures, très curieuses, représentent un lion, un 
taureau et un bélier", figurés à mi-corps, les pattes repliées, et se terminent par une longue 
amorce simplement dégrossie, destinée à être encastrée dans une construction ; un trou rond, 
percé au-dessus de l'épaule, devait servira fixer un anneau ou une barre transversale. Le style 
de ces patères, car en somme ce ne peut guère être autre chose, est un peu barbare, mais ne 
manque pas de caractère; on peut en juger d'après le lion et le bélier que je reproduis seuls 
ici, le taureau étant en très mauvais état. 

Peu après Oundach-Gal, nous rentrons dans une période inconnue, sur laquelle les monu- 

I. Le plus grand de ces objets, le lion, mesure û"'65 de long. 




FiG. 20 

PaTÈRE en ALBATRE 



3 2 FOUILLES DE SUSE (1899- 1902) 



ments susiens restent muets, et nous ne pouvons encore dire comment se termina cette dynastie. 
C'est à cette époque que monta sur le trône de la Chaldée celle des rois cosséens, et les documents 
babyloniens nous apprennent qu'ils furent constamment en lutte avec leurs voisins de l'Elam, 
qu'ils eurent à subir de nombreux revers, que plusieurs de leurs villes furent pillées par leurs 
ennemis, mais nous ne savons pas si^ de leur côté, ils ne poussèrent pas parfois leurs incursions 
jusqu'à Suse. 

Il nous est parvenu, surtout pendant les deux premières années de fouilles, toute une série 
de koiidourrous, ou titres de propriété données par les rois cosséens en Babylonie ; quant à 
ceux qui ont été trouvés pendant les trois saisons dont j'ai à décrire les résultats, ils sont très 
fragmentés et sans grande importance ; ils sont, du reste, décrits ailleurs par M. de Morgan, je 
n'ai donc pas à m'en occuper ici. Je dirai seulement que, quoique aucun d'eux ne porte une 
inscription élamite, il est fort probable qu'ils auront été amenés à Suse par un souverain 
élamitc, en guise de trophées, à la suite d'une campagne heureuse; c'est même peut-être la 
seule manière d'expliquer leur présence dans la capitale de l'Élam. On pourrait cependant faire 
exception pour un de ces monuments, découvert en 1902, qui n avait jamais été achevé : les 
contours seuls des figures symboliques sont évidés et l'inscription n'a pas été gravée ; ce galet, 
à peine dégrossi, ne peut guère être considéré comme un trophée de victoire ou comme le 
souvenir d'une conquête, et il semble plus probable qu'il aura été travaillé dans le pays même, 
soit par les rois cosséens, s'ils y ont jamais régné, soit par leurs rivaux élamites qui devaient 
avoir, à peu de chose près, la même civilisation. 

Un monument qui a certainement été importé est la stèle du roi Melichikhou, sur laquelle 
Choutrouk Nakhounte grava une inscription en souvenir de sa victoire au pays de Qarin. Elle 
était originairement quadrangulaire, mais il n'en reste plus qu'une partie de deux des faces ; elle 
mesure encore o'"50 de haut sur une base carrée de o'^^S de côté. Ces bas-reliefs ont déjà été 
publiés par le P. Scheil ', je ne ferai donc qu'en donner la description : le premier porte la repré- 
sentation d'une porte monumentale cintrée, couronnée de créneaux et flanquée de deux tours, 
crénelées elles aussi ; au-dessus se termine le texte original de Melichikhou, contenant les for- 
mules d'imprécations qui se retrouvent sur tous les koudourrous. Sur l'autre face se déroule dans 
le bas la suite de la même figuration, une muraille crénelée, coupée de tours; au-dessus, un 
second registre, légèrement en retrait, nous montre le roi, vêtu d'une grande robe à franges très 
ornée, et coiffé d'une haute tiare cylindrique ; il précède une barque dont la proue est recourbée 
et ornée d'une tête d'antilope, et qui porte, plantées sur le pont, toute une rangée d'armes, lances 
et haches, qui sont peut-être des symboles divins. On ne distingue plus grand chose des sculptures 
du troisième registre ; c'est dans cette partie de la stèle que le conquérant élamite avait fait graver 
son inscription commémoralive. 

Plusieurs petits objets trouvés à Suse peuvent encore être attribués avec certitude aux rois 

i. Textes élam. sém., II, p. 163-165. pi. r6 et 17. 



DEUXIÈME ROYAUME SUSIEN 



îî 



cosséens ; tous ont un caractère votif et il est peu probable qu'ils aient été apportés de Chaldée, 
car, de même que le koudourrou inachevé, ils ont trop peu d'importance pour avoir pu être con- 



ÎO 



24 



2$ 




29 



FiG. 21-30. — Masses en pierre (3/8 grandeur naturelle) 

sidérés comme des trophées. C'est tout d'abord une petite hache en pierre blanche, copiée sans 
nul doute sur une des haches de bronze en usage à cette époque, finement taillée et rehaussée 






31 



32 



33 



FiG. 31-33- — Pommeaux en pierre (4/5 grandeur naturelle) 



d'ornements réguliers ; une inscription en caractères très fins couvre les deux côtés du tranchant 
et nous donne le nom d'un roi cosséen. La matière même dans laquelle est sculpté cet objet 

5 



34 



FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 



nous empêche d'y voir autre chose qu'un ex-voto, car une hache en pierre si tendre n'aurait 
pu servir à tailler quoi que ce soit. 

Une série assez nombreuse d'objets analogues, de même matière, a été trouvée au niveau des 
dallages élamites, au milieu d'un amoncellement de briques cuites tellement bouleversées qu'on 
ne peut rien en déduire sur la destination primitive de ces petits monuments qui, à première vue, 





m 



t^ 



34 35 36 37 

FiG. 34-37. — Plaques en grès (1/5 grandeur naturelle) 

semblent avoir fait partie d'un dépôt de fondation. Dans cette trouvaille, il faut mentionner tout 
d'abord une douzaine de masses (fig. 21 à 30), de formes différentes, parfois ornées à la base de 
lignes circulaires; l'une d'elles est striée sur toute sa surface de lozanges en pointe de diamant, 



DEUXIÈME ROYAUME SUSIEN 35 



une autre se fait remarquer par sa grandeur tout à fait inusitée. A côté de ces armes et de 
quelques autres petits objets que je ne puis définir, se trouvait une série de pommeaux de la 
même matière, analogues de forme à ceux de Chilhak qui, eux, sont en grès émaillé : ceux dont 
je veux parler ici sont beaucoup plus petits et nous représentent une sorte de cylindre, rétréci 
dans le haut par un large cavet qui va s'unir par une arrête aiguë à la face supérieure, légèrement 
bombée ; un trou à section carrée ou ronde les traverse du haut en bas, mais cette indication 
n'est pas suffisante pour qu'on puisse se rendre compte de leur emploi (fig. 31-33). Sur la partie 
supérieure d'un de ces pommeaux se trouvait inscrit, en petits caractères, le nom du roi 
Kourrigahou ; les autres ne portent aucune inscription, mais ce nom seul suffit à dater toute la 
trouvaille. 

C'est à la même époque que nous pouvons faire remonter plusieurs objets trouvés à peu de 
distance et qui, comme les précédents, ne peuvent guère être autre chose que des ex-voto. Ce sont 
des sortes de barres en grès très fin, plates et longues, de dimensions et de formes très diverses. 
Une inscription, gravée sur un de ces petits monuments, nous montre, par le nom même du 
donateur, Bourra-Shoukamouna', qu'ilsappartiennent aussi à la période cosséenne (fig. 34 a 37). 

I. Scheil. Textes éLTDi. scw.. II, 166. 



Troisième Royaume Susien 



Après un silence de plusieurs siècles, les monuments de Suse recommencent à nous donner 
des renseignements sur l'histoire de l'Élam, vers le moment où expire en Chaldée la dynastie 
cosséenne^en i loo environ, et, cette fois, nous donnent pour toute une série de rois une grande 

quantité de documents. 

Le premier en date de ces souverains est Choutrouk-Nakhounte , fils de Khalloudouch, 
conquérant et grand constructeur. Peut-être est-ce un descendant d'Ountach-Gal, peut-être 
même la série des rois ne s'est-elle jamais interrompue entre eux; en tous cas, il n'est pas le 
premier de sa race, car, par des textes trouvés en Mésopotamie, nous voyons déjà ses prédé- 
cesseurs guerroyer, le plus souvent avec succès, contre les rois cosséens'. Lui-même continua 
glorieusement cette tradition et, s'il ne nous raconte pas ses campagnes, nous en avons les 
t^rophèes dans cette admirable collection de monuments historiques qu'il emporta des villes 
conquises par lui, et qu'il consacra aux dieux élamites. 

Non content d'étendre ses conquêtes et pjut-être aussi sa domination, Choutrouk-Xakhounte 
tint à honneur d'embellir sa capitale et se mit à restaurer les temples construits par ses prédé- 
cesseurs, qui, sans doute, tombaient en ruine. Aujourd'hui ces édifices sont détruits, au point 
qu'on ne peut même pas en retrouver le plan, mais les belles et nombreuses briques cuites 
portant le nom de ce prince sont des monuments qui prouvent suffisamment son activité et sa 
dévotion aux dieux de l'Élam, car ce n'est que de temples qu'il est question dans ses inscriptions. 

Ses deux fils et successeurs, Koudour-Nakhounte et Chilhak-In-Chouchinak, continuèrent 
son œuvre et déployèrent une grande activité, le second surtout, qui régna sans doute assez 
longtemps ; sur ses nombreuses briques, il cite respectueusement les noms des fondateurs des 
édifices qu'il restaure, et ses textes nous donnent de précieux renseignements sur les relations de 

famille à cette époque. 

Des stèles en o-pès couvertes d'inscriptions dédicatoires en gros caractères, toutes du même 
type et de la même écriture, ornaient ces temples; il nous en est parvenu de nombreux frag- 
ments, mais une seule esta peu près complète, la plus importante de toutes\ découverte en 1902, 
qui nous donne une liste de rois anciens et une énumération de temples bâtis par Chilhak en 
diverses villes de son royaume. L'intérêt artistique de ces stèles étant nul, je me borne à les 
mentionner pour passer aux monuments les plus importants de cette époque, les bronzes. Dans 

I. M. Wincklcr donne la liste de ces expéditions, d'après les documents babyloniens, dans Oricntalistische Litte- 

raturzcitung, VI, 27. 

'2. Scheil, Textes élam. .iiiz., 11, p. 20-39. 



TROISIÈME ROYAUME SUSIEN 



Î7 





cette catéo-orie. nous avons découvert en 1901 un morceau qui peut aller de pair avec la table 
d'offrandes et le bas-relief trouvés précédemment : c'est un long cylindre terminé à chacune de 
ses extrémités par un dé rectangulaire à section carrée, d'une longueur totale de 4"'34'. Une 
inscription court longitudinalement sur toute la partie cylindrique, lais- 
sant libre le milieu seulement, où devait sans doute se trouver un 
support, car le monument n'était pas une colonne, — nous le voyons 
d'après la position de l'inscription — , mais était placé horizontalement, 
avec les deux dés encastrés de chaque coté dans la maçonnerie, comme 
une sorte de barrière ou de gardefou, dont 
l'usage a pu être, par exemple, d'empêcher 
le public de s'approcher trop près d'un autel, 
tout en lui laissant voir les cérémonies du 
culte. 

Ce bronze, dans lequel sont incrustés 
en deux endroits de petits clous d'or, a été 
coulé d'un seul jet ; il est creux, et le cylindre 
est séparé seulement par des cloisons des 
deux bases, qui sont elles-mêmes traversées 
par de petites tiges en croix. L'inscription : 
au nom de Chilhak In-Chouchinak, nous 
permet de ranger à peu près à la même 
époque les deux autres grands bronzes, avec assez de vraisemblance 

Les petits bronzes 
ne sont pas très abon- 
dants; à part quelques 
instruments (fig. 40), 
nous n'avons guère 
trouvé que deux objets 
ayant un certain carac- 
tère artistique : une sta- 
tuette représentant un 
homme barbu (fig. 38) 
et une jolie tète d'aigle 

(%• 39)- 



39 



38 



Fig. 38 et 39. — F'igurines en bronze 
(4/5 grandeur naturelle) 




Fig. 40. — Pelle en bronze 
( 1/2 grand, nat.) 



Après ces trois rois, l'histoire de l'Élam redevient très confuse, ce n'est guère que par les 



I. Longueur du fut y 12: longueur des deux bases, o" 62 et 9™ 60; diamètre o"" 18. 



î8 



FOUILLES DE SUSE (1899-1902) 




P'iG. 41. 

Gond de porte en bronze 
(1/5 grand, nat.) 



inscriptions assyriennes que nous sommes renseignés eur la décadence et la fin de ce royaume, 
où les luttes intestines et fratricides finissent par l'emporter sur l'esprit national qui lutte déses- 
pérément contre sa puissante ennemie, et amènent la chute défi- 
nitive de Suse. On construisit peu dans la capitale pendant cette 
période, et les briques portant des inscriptions sont rares ; nous 
avons bien quelques stèles et quelques textes sur pierre, qui n'ont 
que peu d'importance historique, mais aucun monument vraiment 
intéressant ou artistique; je ne trouve guère à signaler qu'une 
grande calotte en bronze qui devait avoir servi de gond de porte, 
et sur laquelle se trouve le nom d'un second Qhilhak-In-Chou- 
chinak, qui régna sans doute vers 900 (fig. 41). 

Ce que nous appelons le Tell de la Citadelle devait être, sous 
les rois élamites, l'endroit réservé aux temples, si nous en jugeons 
d'après les inscriptions des briques. Le seul qui nous soit conservé 
ne nous donne pas grand renseignement sur l'architecture su- 
sienne : il a été construit par les fils de Chilhak, dont nous avons 
retrouvé les briques de fondation sous les murs encore hauts de 

près d'un mètre, et consiste en une 
petite chambre rectangulaire bâtie en 
petites briques plates émaillées en vert 
sur la tranche; c'était une simple cha- 
pelle sans importance. 

Si les temples avaient été décorés 
de grands bas-reliefs en pierre comme 
à Ninive, nous en aurions retrouvé de 
nombreux fragments ; il est probable 
que les murs étaient en briques crues 
avec revêtement en briques cuites, et 
çà et là, peut-être dis- 
posées en cordon à une 
certaine hauteur, les bri- 
ques à inscriptions. Il 
devait y avoir aussi par 
places des bas-reliefs en 
briques assemblées, soit 
émaillées, soit simple- 
ment cuites, dont nous 
avons retrouvé de rares 




Fig. 42 



1 i';»"'^'^liilli^>^te-'^N%fii^ 

;/ii!irtlL..^. 'W 



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Fig. 42-44. — Briques émaillées 
(1/5 grandeur naturelle) 



TROISIÈME ROYAUME SUSIEN 



39 




FiG. 45. — Brique é.maillée (1/2 grandeur naturelle) 



^>/\\\\V///A\\\///. 



frao-ments. Ce genre de décoration, qui prit un si grand développement sous les rois aché- 
ménides, ne s'employait pas seulement pour couvrir de grandes surfaces de murailles : nous 
avons retrouvé toute une série de 
fragments de briques de grès qui 



devaient former une petite frise 
très élégante; chacune portail, en 
émail jaune sur fond vert, sans 
aucun relief, deux animaux se 
faisant face, ours, chevaux, bêtes 
fantastiques, séparés par un motif 
décoratif, peut-être un arbre. Les 
contours sont très flous et le des- 
sin peu soigné, mais l'effet général devait être charmant, et nous pouvons en juger facilement, 
les couleurs étant relativement bien conservées (fig. 42 à 45), 

Ces couleurs, jaune et vert très doux, sont celles 
qui se retrouvent sur les monuments émaillés datés 
du règne de Choutrouk-Nakhounte, et appartiennent 
probablement à la même époque ; ces derniers objets, 
pommeaux et briques émaillées, se retrouvent tou- 
jours au cours des fouilles, sans que nous puissions 
encore être fixés sur leur destination; je rapprocherai 
de ces grandes plaques décorées et percées d'un trou, 
que j'ai reproduites dans le compte rendu des pré- 
cédentes fouilles', un petit fragment d'albâtre qui 
parait avoir appartenu à un objet de la même na- 
ture, au milieu duquel se trouvait un trou carré : 
les gravures à la pointe qui le recouvrent sont des 
plus grossières (fig. 46). 

Les seules sépultures élamites que nous con- 
naissions sont encore peu nombreuses ; elles sont 
constituées par ces puits formés de manchons en terre 
cuite qui aboutissent sous les dallages de la Suse 

ruinée par les Assyriens, ce qui nous engage à les faire remonter à la dernière époque du 
royaume susien; il n'y a rien à ajouter, sur ce sujet, à ce que j'ai dit dans mon précédent 
mémoire'. 




Fig. 46. — Plaque d'albâtre 
(3/8 grand, nat.) 



1. Mémoires, I, p. 126. 

2. Mémoires, I, p. 133. 



Périodes Achéménide, Parthe, Sassanide et Arabe 



Après la domination assez courte des rois babyloniens, dont nous trouvons quelques traces 
à Suse", l'ancienne capitale, devenue une des résidences favorites des rois perses, reprit pour 

un temps tout son éclat. 
Il n'y a pas grand chose 
à dire sur cette période 
bien connue, dont nous 
trouvons souvent les 
restes, en général sous 
la forme de fragments 
de colonnes et de briques 
émaillées. Les objets les 
plus importants, la trou- 
vaille de bijoux et le lion 
de bronze, font l'objet 
de mémoires spéciaux, 
ainsi que l'osselet grec, 
qui a sûrement été ap- 
porte à Suse par un des 
rois achéménides. Nous signalerons une assez belle 
coupe en bronze (fig. 54) appartenant à cette période. 
On trouve souvent aussi des vases d'albâtre portant 
des inscriptions soit en cunéiformes, soit en hiéro- 
glyphes, tels que celui dont je donne ici le croquis, 
et quantité de petits objets en calcaire ou en pâte ana- 
logues à ceux que reproduisent les figures 48-53. 

Suse subit tour à tour, comme le reste de la Perse, 
la domination des rois séleucides, puis des Arsacides, 
mais elle avait sans doute peu d'impbrtance depuis 
qu'Alexandre en avait pris possession ; sa vie politique 
était terminée pour toujours. A part quelques mon- 
naies, nous ne trouvons rien qui puisse être attribué d'une manière certaine à ces époques. 




Fig. 47, 



- Vase d'albâtre au nom df, dauius 
(3/8 grandeur naturelle) 




Fig. 48-53 

Perles en terre d'époque indéterminide 

(3/4 grandeur naturelle) 



I. Scheil, Textes éljiii. anz., II, introd., p. xxv. 






^^«■gi 






1»**»»>, 




PL, VI, 



PARURE BYZANTINE 
( Grandeur naturelle ) 



Héliog.Dujardm. 



PÉRIODES ACHÉMÉNIDE, PARTHE, SASSANIDE ET ARABE 



4' 



11 en est de même pour la période sassanide^ qui n'est aussi représentée que par des 
monnaies ; la trouvaille la plus importante est celle d'un amas de pièces, toutes du même 
souverain, Chosroès II (590-628), qui, réunies sans doute primitivement dans un sac et bien 
serrées ensemble, ne formaient plus qu'un bloc de plus de trois kilos, comprenant plus de 
700 pièces très fragiles, dont près de la moitié ont été cassées au nettoyage. Les autres sont 
déposées au Cabinet des Médailles. 

Depuis lors, Suse n'est plus que ce qu'elle est encore maintenant, un désert; nous ne 
trouvons, en fait de restes des temps modernes, que des fragments de poterie et quelques 
très beaux plats en faïence 
persane. La présence d'une 
parure byzantine très cu- 
rieuse, accompagnée d'une 
pièce d'or de l'empereur 
Nicéphore Phocas{P\. VI) 
s'explique par la fréquence 
des combats entre Arabes 
et Byzantins ; il faut y voir 
un butin de guerre. Cet 
objet consiste en une série 
de pièces d'or, serties d'une 
petite bordure, soudées 
deux par deux et reliées 
par une double chaîne ; 
un des bouts a disparu ; 
quant à l'autre, les deux 
chaînes vont se joindre à 
une pièce plus petite, sur- 
montée d'un anneau, qui, 
étant donné la disposition 
des médailles, devait former 
le haut de la parure, dont 
je ne saurais déterminer le 
but; le bouton hémisphé- 
rique, au-dessous duquel s'accrochent trois pendeloques triangulaires, en faisait sans doute 
aussi partie. Il a été trouvé, en même temps, de petits anneaux d'or dont deux, qui sont 
ornés chacun de trois perles, servaient sans doute de boucles d'oreille. 




FiG. 54. — Coupe en bronze, époq' e aché.ménide ('r) 





UrHL'm'i- IrriTi*. Iiup. 



l'i. \ii. - M,\S(H !•; 1) \iuii:\' 

(Ei'oyi i; lù.AMi ri;; 



TROUVAILLE DU MASQUE D'ARGENT 

PAR j. DE MORGAN 



Je désigne sous ce nom une découverte faite au printemps de 1903 dans la partie centrale 
du tell de l'Acropole, non loin du bord oriental, dins la tranchée portée sur nos plans sous le 
n" 87, à six mètres de profondeur au-dessous de la surface naturelle des ruines'. 

Aucun indice ne venait relever la présence en ce point d'objets inaccoutumés. Le sol se 
composait, comme partout ailleurs dans nos tranchées, d'une terre jaunâtre mélangée de cendres 
et de débris de tout genre. Quelques fondations de murailles, en briques cuites d'époque élamite, 
montraient qu'en ce lieu s'était élevé jadis quelque monument d'importance. Mais les objets 
découverts ne semblent avoir eu aucune relation avec cet édifice. Ils ne proviennent pas d'un 
tombeau, et, s'ils appartiennent au trésor d'un temple, rien ne prouve que la cachette fût contem- 
poraine du monument. Je suis porté à croire qu'ils ont été enfouis en temps de troubles ou de 
siège et que, l'auteur de cette cachette étant venu à disparaître, les objets sont restés oubliés dans 

le sol. 

Dans nos fouilles de Suse, jusqu'à ce jour, nous n'avons que très rarement rencontré de 
monuments en place, et d'objets fournissant des renseignements sur leur époque par la 
position qu'ils occupaient dans le sol. Les séries importantes sont précieuses par le nombre et 
la nature des objets qu'elles fournissent, mais, jusqu'ici, il n'est possible que pour bien peu 
d'entre elles de reconnaître d'une manière certaine la cause de leur présence en tel ou tel point. 
Nous devons donc, dans le cas présent, nous borner à l'examen des objets eux-mêmes et de 
leurs relations réciproques. 

Dans toutes nos découvertes d'objets remontant à l'époque élamite nous rencontrons des 
pièces d'âges différents. A côté de cylindres ou de bronzes, appartenant d'une manière indiscu- 
table à l'époque des Choutroukides, sont généralement des masses d'armes, des cj'lindres et 
des sceaux archaïques souvent du plus ancien âge. 

Un fait de ce genre isolé eût pu être pris pour un efifet du hasard, d'autant que, comme 
je l'ai dit, rien ne vient, la plupart du temps, expliquer la présence des objets; mais, comme ce 
fait est général, je pense que les Élamites conservaient avec soin les objets provenant des temps 
anciens et leur vouaient une sorte de culte ou de dévotion fétichiste. 

Quand on trouve dans le sol une série d'objets élamites, il faut donc, d'abord, dater la 

I. Les objets faisant partie de cette trouvaille portent à l'inventaire les n"' Î334 à ï?5o. 



TROUVAILLE DU .NL\SQUE D'ARGENT 

44 



trouvaille au moyen du document le plus récent, puis examiner séparément chacun des objets 
afin de les ranger chronologiquement, si toutefois une classification est possible. 

La trouvaille du Masque d'Argent est peu considérable par le nombre des objets qui la 
composent, mais elle est importante par la nature même de ces restes. 

Le masque d'argent (PI. VU) faisait sûrement autrefois partie d'une statue de bois dont 
les parties nues, la face et les mains, étaient recouvertes de métal travaillé au repoussé. Nous 
trouvons la preuve de ce que j'avance dans la présence de nombreux clous d'argent restés fixés 
aux poignets et destinés à fixer le métal au bois. Le bois s'est décomposé et il ne reste plus 
aujourd'hui que le métal oxydé. 

La face mesure 45 millimétrés, depuis l'arcade sourcilière jusqu'au menton. La statuette 
était donc au tiers environ de la grandeur naturelle. 

Les yeux sont faits d'ivoire sculpté; la prunelle, disparue aujourd'hui, était probablement 
figurée par une pierre noire; le menton est rond et haut, les joues pleines, la bouche petite et 
souriante, le nez droit, les yeux très grands. 

.\ première vue, on retrouve dans cette figure, d'un art très avancé, les caractères qui nous 
sont fournis par les sculptures de moindre finesse rencontrées jusqu'à ce jour en Chaldée et dans 
l'Élam. Cette femme, qui, peut-être, est la déesse Nana, présente le type sémitique très pur, la forme 
seule du menton suffirait à le reconnaître ; elle n'offre aucun des caractères de la race élamite 
proprement dite, tant par la forme du nez que par celle de la bouche. Son front est rond, tandis 
que chez les Négritos il est carré et saillant vers les tempes. 

La forme du nez, son attache à la naissance du front et la forme ronde du menton empê- 
chent toute comparaison avec l'art grec même le plus archaïque. Au prem.ier coup d'ceil, il est 
aisé dereconnaitre que ce modèle n'a rien de commun avec l'art aryen. 

Les deux mains étaient fermées, le pouce en dessus, les doigts serraient un objet aujour- 
d'hui disparu. 

En sculptant les mains, comme en façonnant la figure, l'artiste a fait preuve dhabileté; les 
proportions sont heureuses, le modelé est bien rendu, et si, dans le masque, nous remarquons 
quelques exagérations, elles ont sûrement été voulues par le sculpteur : la grande taille des yeux 

entre autres. 

Notre masque d'argent est le seul objet de ce genre qui ait été encore rencontré, il est donc 
impossible d'entrer dans des comparaisons; je dois dire, toutefois, que ce type sémitique est 
celui de la Chaldée antique et qu'il ne faut pas le confondre avec celui de l'Assyrie où les formes, 
chez les hommes comme chez les femmes, deviennent brutales et sensuelles. 

Deux coilïures ayant appartenu à des statues différentes ont été trouvées en même temps 
que le Masque d'Argent; toutes deux sont en grès émail lé, ornées de clous et de disques de 
métal. L'une et l'autre ne peuvent convenir au Masque d'Argent. 

La plus petite (PI. VIII et IX) présente la forme générale d'une perruque divisée en deux 
lobes : l'un couvrant le crâne, l'autre retombant sur les épaules. 



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IliMfj-'i'i- frtTc». lui]». 



\lll. — l'IviriK COll'l I Ri:, gros cmaillc, face. 

El>OQri: lii.AMITK) 



TROUVAILLE DU MASQUE D'ARGENT 



45 



Un disque d'or, retenu par un clou de même métal, orne la partie médiane antérieure; 
trente-cinq clous d'or sont disposés vers l'avant, tandis que l'arrière et les côtés sont ornés de 
clous d'argent et de bronze. 

La hauteur totale extérieure de l'ensemble est de o", 14. La largeur du lobe supérieur de 
o", 10. Celle du lobe inférieur de o", 12. La cavité occupée jadis par la figure est haute de o"', 09 
et large de o^.oô. 

A l'arrière est un trou par lequel passait la cheville destinée à maintenir la coiffure sur la 

tête de la statue. 

La seconde coiffure (PI. X) est une sorte de turban massif large de o'",22, haut de o"", 13, 
et garni sur toute sa surface de neuf lignes de disques de bronze maintenus par des clous du 
même métal et disposés en quinconce. 

Un rebord, haut de o",025 et de 0"", 13 de diamètre, posait directement sur la tête de la 
statue. La cavité dans laquelle entrait le tenon terminant la statue est elliptique et présente o", 105 
de longueur sur o", og de largeur. 

La forme de cette dernière coiffure cVait courante chez les Chaldéens et les Assyriens; on la 
rencontre sur les cylindres et les bas-reliefs. C'est un simple bonnet analogue au turban. Quant 
à celle de la première, elle semble réunir en un seul motif le bonnet et les cheveux longs qui 
pendaient autour de la tète, disposition également très fréquente en Mésopotamie dès les temps 
les plus anciens. 

A côté de ces objets se trouvaient : onze perles de pierre dure, agate, cornaline, quartz, etc., 
quelques coquilles (cypraea, conus) taillées en perles, cinq cylindres ne portant aucune gravure, 
et six "-raves, une longue perle en pâte émaillée (fig. 67), un vase d'albâtre brisé, une colombe 






La.aie de fer (frrandeur naturelle) 




Fig. 56. — Fragment d'armature en fer (grandeur naturelle) 

en émail, une masse, un sceptre, une longue lame (fig. 55), un fragment d'armature (fig. 56), 
un couteau de fer (fig. 57) et une grande quantité de clous à grosse tête du mêm.e métal 
(fig. 58 à 60). 



4^> 



TROU\^\ILLE DU MASQUE DARGEN T 



Ces derniers objets étaient très fortement oxydés. 








60 










5*^ 57 59 

Fie. 58 à 60. — Lamr DR COUTEAU ET CLOUS EN FER (1/2 grandeur naturelle) 





62 



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F'iG. 61 a 67. — Cylindres en cornaline, ai.datre, calcaire blanc, pâte noire 
ET grande perle cylindrique en PATE ÉiMAiLLÉE (grandcur naturelle) 



65 



66 




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Oi-.ici;*;!' IVêres. IlU|i. 



PI. IX. — PETITE COIFFURE, t^rès emaillé, profil. 
(Epoqle El.\mitej 



TROUVAILLE DU MASQUE D'ARGENT 



47 





Fi G. 68 

Masse- de marbre noir 

avec anneau de bronze 

(2/3 grand, nat.) 



FiG. 69 

Colombe en pâte émailiéc 

(2/3 grand, nat.) 



Les C3'lindres appartiennent à des époques bien différentes, cinq (fig. 61365) semblent 
archaïques, tandis qu'un sixième (fig. 66), d'ailleurs coupé et retaillé pour entrer dans un collier, 
appartient à l 'époque kassite. 

La masse (fig. 68) en calcaire noir est 
garnie d'un anneau de bronze. L'exiguité 
du trou dans lequel s'engageait l'extrémité 
du manche permet d'estimer que cette 
masse était plutôt un attribut votif qu'une 
arme destinée à l'usage. 

La colombe en terre émaillée, l'oiseau 
d'Istar, suivant toute apparence, est d'un 
travail très soigné ; une tige de bronze la 
traversant la fixait probablement à l'extré- 
mité d'un sceptre (fig. 69). 

Le sceptre (fig. 70 et PI. XVII fig. i) terminé en forme de 
crosse par une tête de serpent, mesurait i'",44 de longueur; la tète 
du serpent est plaquée d'argent, les yeux sont faits de petites 
pierres noires enchâssées dans le métal. 

Ce sceptre se retrouve fréquemment dans les représentations 
chaldéennes, il est porté par les divinités. 

Comme on le voit par la description qui précède, tous ces 
objets se rapportent au culte ; la cachette renfermait trois statues 
qui, peut-être, portaient les deux sceptres et la masse; les gemmes 
composant le collier ornaient peut-être le cou de l'une des divinités. 

On est en droit de supposer que les clous et l'armature de 
fer faisaient partie d'une caisse dans laquelle avaient été placées 
les statuettes. 

Quant à l'âge de cet ensemble, il ne peut être postérieur au 
cylindre le plus récent, c'est-à-dire au XI"'= siècle environ. Fig. 70 

Tête de sceptre en bronze 
(1/2 grand, nat.) 





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PL.X 



GRANDE COIFFURE EN GRES EMAILLE 
' Epcgue Elamite, ) 2/3 5r. nat. 



Hého6. Duîardia 



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Trouvaille de la Colonne de Briques 



Par J. de MORGAN 







fig. 71. colonn-e de bbiques du temple du dieu chouciiinak 

(au nom du roi choutrouk-nakiiounte) 



50 



TROUX'AILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



Je dési'^ne sous ce nom une série de petits objets trouvés ensemble dans la tranchée n° 25, 
à 4"". 50 de profondeur au-dessous de la surface du sol, près d'une colonne de briques faisant 
partie des ruines d'un monument très important élevé par les Susiens au dieu Chouchinak. 

Les dallages et les restes de murailles étaient construits de matériaux remaniés portant 
les noms des rois Unia^-Gal, Silhak in Susinak, Sutruk Nahhunte; quelques briques des 

patésis Gimil Sin, Temti Halki, etc avaient également été de nouveau employées. 

' Quant aux matériaux formant la colonne, bien qu'ils soient tous au nom de SufruJc 
Nahhunte, nous savons, avec certitude, que le monument a été retouché depuis ce prince, car 
beaucoup de briques retournées présentaient leurs textes placés à l'envers dans la construction. 

Dans les décombres avoisinants se trouvaient de nombreux koudourrous entiers ou frag- 
mentés ; ils portent, dans ma seconde étude sur ces monuments, les numéros XIII, XIV, XV, 

XVII et XX. 

C'est sur le dallage de briques, dans un espace d'un mètre carré environ, que se trouvaient 
les objets que je vais décrire. Ils semblent avoir été abandonnés en ce lieu, sans que nous 
puissions savoir pour quelle cause, et n'ont rien de commun, je pense, avec le monument et la 
colonne de briques. L'importance de la trouvaille n'a rien de comparable à celle des fondations 
du temple lui-même; mais cette série est de même nature, renferme des objets analogues, aussi 
dois-je la citer en même temps que le mémoire de M. R. de Mecquenem sur les dépôts de 
fondation. 

Les objets sont les suivants : 





Fiu. 72 
Vase d'albâtre (1/2 grand, nat. 



FiG. ri 

Poterie grossière (1/2 grand, nat. 




FiG. 74 
Masse en calcaire (grand, nat.) 



Un vase d'albâtre (fig. 72), grossier de travail et de matière, de forme allongée, le col manque. 

Un petit vase d'argile grossière (fig. 73) ne fournissant par lui-même aucune indication sur 



TROU\'AILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



son ào'e. Nous rencontrons très fréquemment et à tous les niveaux supérieurs des vases de même 
forme et de même terre. 

Une masse en calcaire blanc (fig. 74) fort bien conservée. 

Les bronzes, bien que peu nombreux, sont intéressants parce qu'ils sont très caractéristiques 
de l'époque élamite. Je citerai en première ligne : 

Deux pendeloques en métal repoussé, représentant l'une (fig. 75) l'étoile à huit branches de 
la déesse Islar, l'autre (fig. 76) une étoile à quatre branches cantonné de quatre bossettes semi- 
sphériques. 

Une feuille (fig. 77) munie d'une bélière et rappelant par sa découpure les feuilles, beaucoup 
plus grandes d'ailleurs, trouvées dans les dépôts de fondation. 



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Fig. 83 

Pointe de flèche 

en bronze 

(grand, nat.) 



FiG. 75 à 82, 8^ et 89. — Objets de bronze (grandeur naturelle) 

Une gaine de bronze ornée de cotes (fig. 78). 

Un clou du même alliage pris dans les restes d'un objet de bois (fig. 79). 

Deux bossettes semi-sphériques (fig. 80) en métal repoussé. 

Une dizaine d'anneaux (fig. 81). 

Deux pointes de flèches, l'une brisée (fig. 82), l'autre (fig. 83), d'un type 
très archaïque, semblables à celles qui se rencontrant dans les dolmens du nord 
de la Perse, appartiennent au premier âge du bronze. 

Un anneau muni d'une bélière (fig. 8_i) attaché par un fil de bronze enroulé. 



TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



Une longue épingle de métal (fig. 85). 
Une aiguille (fig. 86). 

Un large disque repoussé en bossette et plat sur les bords (fig. 87). 

Quatre serpents de bronze (fig. 88), le serpent est généralement employé comme emblème 
du dieu Sirii. 




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Fig. 85 à 88. — Disque, épingles et serpent de bro.nze (2/j grandeur naturelle) 



Une pendeloque (fig. 89) en forme de poire ; l'anneau est en bronze, le corps de l'ornement 
est fait d'argile revêtue d'une feuille d'argent, à l'e.xtrémité inférieure est une perle de pâte 
enchâssée dans le métal. 

Bon nombre de fragments informes de bronze. 

Parmi ces objets métalliques trois types sont surtout intéressants : ceux des pendeloques et 
celui des serpents. Ces formes se retrouvent dans les sculptures sur pierre et dans la céramique ; 
l'étoile (Istar) est figurée non seulement sur les koudourrous cosséens, mais aussi sur les monu- 
ments très anciens, tels que la stèle triomphale de Naram Sin; le serpent (Sirujïah partie des 
symboles divins sculptés sur tous les koudourrous. 

Le principal intérêt de la trouvaille réside dans la petite série de pierres gravées qu'elle a 



TROUVAILLE DE LA COLOxNNE DE BRIQUES 



fournies, cachets et cylindres, tous fort anciens, antérieurs de bien des siècles à l'âg-e qu'il est 
permis d'assigner à l'époque à laquelle ces objets furent abandonnés. 

Cachet de calcaire blanc, représentant une tète de lion tournée à gauche (fig. 90). La gra- 
vure qu'il porte, sur sa face plane, figure deux quadrupèdes inversés semblant se poursuivre l'un 
l'autre dans un cercle ; deux groupes de trois et de quatre points complètent cette scène rudi- 
mentaire très fréquente sur les sceaux les plus anciens de Suse. 

Cachet en albâtre vert assez opaque (fig. 91) présentant la forme d'une calotte sphérique. 
Gravure semblable à celle du précédent sceau, moins les deux groupes de points. 

Cachet en albcàtre rougeàtre translucide (fig. 92), légèrement allongé. Même représentation 
que le précédent. 

Cachet d'albâtre vert translucide (fig. 93). Même figuration. 




Fig. go à 99. — Cachets en albâtre et calcaire (grandeur naturelle) 

Cachet d'albâtre vert translucide (fig. 94). La gravure ne montre que des points plus ou 
moins gros semblant être groupés au hasard. 

Il en est de même pour un autre sceau de calcaire blanc, très dur (fig. 95); toutefois, dans 
ce dernier objet, le groupement des points montre, de la part du graveur, l'intention de figurer 
les deux quadrupèdes traditionnels. 



54 TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



Cachet en albâtre vert translucide (fig. 96) dont la gravure montre deux groupes de trois 
points et deux groupes de deux. 

Cachet en calcaire blanc veiné de gris (fig. 97), montrant un singulier motif qu'il semble 
difficile d'expliquer en ce moment; de nouvelles découvertes nous fourniront peut-être un jour le 
dessin complet dont nous n'avons ici que les rudiments. 

Cachet de forme très irrégulière en calcaire noir veiné de blanc (fig. 98). Sa gravure montre 
un semis de points sans régularité. 

Ces neufs sceaux appartiennent à la même école, à celle dont nous avons déjà rencontré bon 
nombre de cachets et que je considère comme la plus ancienne en Susiane. Mon opinion est basée 
sur l'archaïsme du travail et aussi sur ce que, dans nos fouilles, j'ai plusieurs fois rencontré de ces 
cachets à 25 mètres de profondeur, parmi les fragments de vases peints et les silex taillés. 
La gravure est obtenue, non au burin où même à la meule, mais au moyen de l'archet mettant 
en mouvement une simple baguette de bois agissant sur la pierre au moyen de sable fin mouillé. 

Ce procédé de perforation est le plus ancien. J'en ai retrouvé des traces dans les tombeaux 
primitifs de l'Egypte. Il était usité pendant la période néolithique, dans tous les pays, pour 
perforer les haches-marteaux. 

La fig. 99 montre la gravure d'un cachet taillé dans une roche cristalline verte, moyenne- 
ment dure. Le procédé de travail est ici tout différent de celui des cachets que je viens de décrire. 
Les traits ont été obtenus au burin et, par suite, l'objet, quoique fort ancien, semble être posté- 
rieur aux neuf cachets dont j'ai parlé tout d'abord. 

Le dessin du sceau est une croix fort compliquée, rappelant les ornements du même genre 
qu'on rencontre sur les vases des assises inférieures du tell de Suse. Je ne saurais cependant 
l'assigner d'une manière certaine à l'époque de la céramique peinte. 

Les cylindres étaient, dans cette trouvaille, moins abondants que les cachets : nous n'en 
comptons, en effet, que six. Ils appartiennent à des époques très différentes; je les décrirai 
dans l'ordro chronologique que je pense devoir leur assigner, sans toutefois me prononcer au 
sujet de leur âge absolu. 

Cylindre en calcaire rouge (fig. 100), hauteur 21""", diamètre 19™". Le développement montre 
quatre personnages assis, tournés à gauche; deux sont isolés, deux sont réunis ; les trois motifs 
sont séparés entre eux par cinq points. Au-dessus de la tête de chaque personnage est un point. 

Le procédé de gravure est très primitif, toutefois l'artiste a fait usage de la meule ou du 
burin pour graver le bras de l'une des figures. 

Je crois devoir placer, desuite après cette pierre, un cylindre en calcaire noir (fig. loi) simple- 
ment orné de lignes géométriques tracées au burin, travail très grossier dont Suse fournit un 
grand nombre d'exemples. 

Le cylindre le plus remarquable de la trouvaille est sans contredit une pierre calcaire 
blanche (fig. 102), mesurant 28'"" de hauteur sur 20""" de diamètre; elle est gravée profondé- 
ment, quoique d'une façon primitive. Le sujet comporte un personnage debout tenant par la 



TROUVAILLE DE LA COLOiNNE DE BRIQUES 



gorge deux quadrupèdes cabres lui tournant le dos, mais la tête dirigée de son coté; l'un de ces 
animaux porte un bois de cerf garni de ses andouillers et une corne lisse incurvée ; dans l'autre 
animal la tête a été emportée par un éclat dans le cylindre. Un troisième animal analogue, mais 
plus confus, se dresse dans la direction du personnage. Il est également arme d'un bois de cerf 
et d'une corne. 

Deux cylindres semblent appartenir à la même époque; l'un d'eux (fig. 103), en calcaire 
bitumeux brun est fort usé, on n'y voit plus que de vagues indications des figures qu'il portait 
autrefois; il mesure 26^"' de hauteur sur 13"™ de diamètre. L'autre (fig. 104) est en calcaire noir, 
hauteur 21"'", 5, diamètre 10""", 5. Sa gravure est grossière et obtenue, en majeure partie, je 




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Fig. 100 à 105. — Cylindres en calcaire (grandeur naturelle) 

pense, à la meule. Elle représente trois personnages : l'un, le genou gauche en terre, tient par 
le cou un quadrupède, renard ou chacal; les deux autres tout debout, affrontés; entre eux est 
un long sceptre ou un serpent. L'une de ces figures porte une robe, les vêtements de l'autre 
sont plus courts. 

Enfin, le sixième et dernier cylindre de la trouvaille (fig. 105), semble être postérieur aux 
cinq premiers; il est foil usé, mais on y distingue encore une femme assise et un personnage 
debout devant elle, un bras levé en signe d'adoration. Ce cylindre, en calcaire blanc, mesure 
22"™ hauteur sur 13"" de diamètre. 

Dans cette découverte se trouvaient un assez grand nombre de coquilles appartenant toutes 



56 



TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



à des mollusques gastéropodes marins provenant du Golfe Persique. J'ai relevé les genres 
Solarium, Olira, Ancilla, Murex, Neritina, Cypraea, Littorina, Cerithium, ?\'assa et Conus, 
ce dernier mollusque étant de beaucoup le plus abondant. Son test était, en effet, d'un usage 
très répandu chez les Elamites; on en fabriquait des anneaux que nous rencontrons très fré- 
quemment dans nos fouilles, mais dont l'usage m'est inconnu. J'avais pensé que les Susiens les 
portaient en bagues, mais la fragilité de la matière semble devoir exclure cette hypothèse. 

11 est aisé de suivre les diverses phases du travail auquel se livraient les artisans susiens 
pour transformer en anneaux les sommets des Conus. La coquille était d'abord coupée à ses 
deux extrémités (fig. io6); puis, soit en la sciant, soit en l'usant à la meule, on obtenait un disque 
assez mince, plein (fig. 107) ou percé d'un petit trou (fig. 108) et montrant encore les traces de la 
spire. La columelle était enlevée d'un coup de ciseau (fig. 109) ; puis il restait le travail de l'usure 




107 





1 12 



113 



114 



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Fig. 106 à 115. ^ Coquille de cosus taillée en anneaux et en perles (grandeur naturelle) 

de l'intérieur qui se faisait graduellement (figs. 1 10-111) jusqu'à amener l'objet à. la forme 

voulue (fig. 112). 

Les fra"-ments de coquilles étaient encore employés, comme d'ailleurs toute autre matière 
minérale, pour faire des perles (figs. 1 1 3-1 1 5) et des pendeloques entrant comme éléments dans 

les colliers. 

Quelques objets plus ou moins ornés faisaient partie de la petite trouvaille; leur usage, pour 

la plupart, reste inconnu. Ce sont : 

Deux disques, en calcaire bitumeux noir, présentant la forme d'une calotte sphérique, percés 

en leur milieu (fig. 1 16). 

Trois tubes, en calcaire bitumeux, présentant une section carrée et une ornementation 
géométrique très simple (figs. 117-119). 



TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



57 



Un disque de calcaire blanc (fig. 120), orné de côtes simulant les pétales d'une fleur. 
Une pendeloque en pierre verte (fig. 121); deux pendeloques en calcaire blanc (fig. 122-123). 
Une perle de calcaire blanc (fig. 124), orné de côtes très saillantes. 

Une perle en cornaline rouge (fig. 125), très habilement taillée. Elle se compose de deux 
pyramides hexagonales très régulières opposées par leur base. 






116 



FiG. 116 à 125. 







119 



120 



125 



Disques, tubes, pendeloques et perles, en calcaire bitumeux, calcaire blanc, 
PIERRE VERTE ET CORNALINE ROUGE {3/4 grandcuf naturelle) 



Les gemmes travaillées en perles de colliers sont fort abondantes : 

15 perles d'albâtre blanc, rouge ou vert : l'une d'elles mesure 74"™ de longueur, 52'"'" de 
largeur et 29""" d'épaisseur. 

5 grandes perles d'agate, l'une en matière brune, veinée de rouge, est longue de 89""", large 
de 56"^™, épaisse de i r". Elle est percée dans sa longueur. Ce travail de percement s'est fait par 
les deux extrémités avec trop peu de précision pour que les deux trous se rejoignissent exacte- 
ment au milieu de la pierre. Une autre longue de 95"", large de 38""", épaisse de 10"™ est en 
une superbe matière laiteuse, veinée régulièrement de couches plus opaques. 

2 perles de turquoises de mauvaise qualité, ou mieux de calcaire très dur imprégné de sels 
de cuivre (phosphate). 

1 perle de calcaire noir et blanc figurant un œil. 

2 perles de calcaire très dur, renfermant un grand nombre de foraminifères se détachant en 
blanc sur le fond rouge de la pâte. Ces calcaires existent en masses considérables dans les terrams 
crétacés supérieurs du Louristan. 

I perle plate brisée, découpée dans un polypier fossile qui se détache en blanc sur le fond 

noir de la pâte. 

I perle en cristal de roche. 
10 perles rondes. 
17 perles en forme d'olive. 
14 perles en forme de lozange. 
9 perles cvHndriques, ou cylindres ne portant aucune gravure. 

8 



TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES 



20 perles de formes diverses. 

Ces perles, dont la matière n'est pas spécialement indiquée, sont en albâtre, calcaire de 
couleurs diverses, agate, cornaline, lapis lazuli, etc.... surtout remarquables par le choix du 
minéral qui les compose. Les Susiens semblent avoir attaché un grand pri.x aux substances 
colorées et aux originalités qu'elles présentent parfois dans la nature : ils profitaient habilement 
des moindres défauts, des inclusions diversicolores, et employaient ces pierres dans la parure et 
pour l'incrustation des objets auxquels ils attribuaient une certaine valeur. 

Le reste de la trouvaille se compose de perles et de menus objets de pâte émaillée. Nous 
savons, par des découvertes déjà publiées, que la terre émaillée jouait un rôle très important dans 
les arts susiens. Les murailles des temples étaient souvent faites de briques vernissées; des pom- 
meaux et des figurines animales y étaient fixés. Malgré cela, la céramique émaillée n'était usitée 
que pour l'architecture et pour de menus objets d'ornementation. Nous ne connaissons pas jus- 
qu'ici un seul vase susien qui soit recouvert d'émail. 

Les pâtes sont de trois natures et de trois couleurs différentes. La pâte bleu-clair dont sont 
composées : 

147 perles sphcriques d'un diamètre variant depuis 8™'" jusqu'à 26""" 
54 perles longues, diamètre de i 2 à 45™™. 

5 perles en forme de losange. 
20 perles affectant diverses formes. 

I perle longue ornée de chevrons. 

I perle cylindrique. 

3 perles ornées de côtes. 

I perle biconiquc. 

I perle formée de deux pâtes différentes, l'une plus foncée que l'autre 

1 coulant de collier à deux rangs de perles. 

2 pendeloques ovoïdes. 

Une pâte d un ton plus foncé donne : 

13 perles plates. 

5 perles biconiques. 

14 perles cylindriques. 

22 perlettes de petites dimensions. 
I pendeloque. 
Lnfin, une pâle noire, donne : 
30 perles cylindriques. 
44 perles rectangulaires 

3 perles rondes. 
I disquu. 

6 pendeloques. 



TROUVAILLE DE LA COLONNE DE BRIQUES ' ' 59 

Je dois ajouter à cette liste 13 perles de formes et de colorations diverses, également en pâte, 
et un coulant dô collier en pâte blanche. 

Quelques fragments d'ivoire appartenant à des objets dont l'usage reste inconnu, stylets ou 
poinçons garnis d'une tète ronde. 

Les objets composant cette petite trouvaille ne peuvent être datés d'une manière précise. 
Les cachets sont tous extrêmement anciens; les cylindres, bien que plus récents sont tous anté- 
rieurs au XII° ou XIIP siècle avant notre ère. Quant aux objets de bronze et de terre cuite, ils 
peuvent appartenir à tous les âges, depuis le XX^ siècle avant J.-C. jusqu'à l'époque de la ruine 
de Suse par le roi d'Assyrie. L'ensemble est franchement susien et c'est à ce titre que notre 
découverte est intéressante. Isolée, elle ne méritait pas un article spécial, mais les comparaisons 
qu'on peut faire entre les objets qui la composent et ceux renfermés dans les dépôts de fon- 
dation lui donnent plus d'importance. 



Offrandes de Fondation du Temple de Chouchînak 

Par R. de MECQUENEM 



Les objets que nous comprenons sous ce titre étaient réunis dans un espace très restreint et 
ont été découverts le i" janvier 1904. 

C'étaient les étrennes élamites de la Délégation. M. de Morgan m'a fait l'honneur de me 
confier le soin de les décrire ; nouveau venu sur le tell de Suse, j'aurais craint d'entreprendre 
une pareille tâche, si je n'avais su pouvoir compter sur sa direction attentive, et sur le concours 
dévoué de M. Lamprc, le secrétaire de la Délégation. 

Lorsque furent mis au jour, en ma présence, les premiers morceaux de bronze, il était 
déjà tard ; l'heure de renvoyer les ouvriers approchait. Après avoir recueilli les objets apparents, 
parmi lesquels plusieurs anneaux d'or, je fis recouvrir la fouille de terre, et deux soldats de la 
garnison du château furent désignés pour la garde de nuit. 

Le lendemain matin, M. de Morgan, M. Lampre et moi, nous commencions la fouille au 
couteau; il fallut toute la journée pour dégager les multiples objets, pris dans la terre compacte. 
Les deux contremaîtres s'employèrent à tamiser les terres et à les laver dans la cuve d'un wagon 
Decauville. Nous quittâmes le terrain avec une quinzaine de coufTes, pleines d'objets à trier. 
Il nous fallut plusieurs jours de nettoyage et de classement pour pouvoir nous rendre compte de 
l'importance de la découverte : les terres qui encroûtaient les pierres et les bronzes renfermaient 
fréquemment de petites feuilles d'or et des perles ; des fragments de métal, jugés sans importance 
au premier abord, se trouvèrent, sous la brosse ou le pinceau, délicatement ornés ; des débris 
informes prirent place dans la restitution d'un vase, d'un cylindre ou d'une statuette. 

Dès le premier instant de la découverte, un champ d'hypothèses s'était ouvert : avions-nous 
affaire au mobilier funéraire d'une tombe, à la cachette d'un bijoutier-fondeyr, à un dépôt 
d'objets précieux, au butin abandonné d'un pillard ? 

L'examen du terrain et des objets fait plutôt supposer que nous avons rencontré là les 
offrandes faites au moment de la fondation d'un temple. 

C'est dans la tranchée n° 23 , à 50 mètres de l'axe directeur des travaux, à o"", 70 du bord sud 
de cette tranchée, que fut découvert l'ensemble décrit. 

Il occupait une épaisseur de o'",6o, à une profondeur de 4 mètres à partir du sol naturel. 

Cette partie iNord-Ouest du tell de la Citadelle semblait, d'après les travaux de la saison 
précédente, devoir donner de bons résultats. On y avait trouvé des koudourrous, des briques 
élamites émaillées, de nombreux restes de dallages et de constructions. 



62 



OFP'RAiXDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCIllNAK 



En se reportant au croquis du plan de cette partie de la tranchée 23 (fig. 126), on pourra se 
rendre compte des résultats obtenus sur ce point pendant les deux premières quinzaines de la 
saison 1903- 1904. 

Entre les briques d'un dallage fréquemment rencontré, à 3"", 60 de la surface dans cette partie 
du tell, on trouva, à gauche d'une large dalle figurée sur le plan, une centaine de perles en pâte 
émaillée et, à quelque distance, une hache de bronze figurée dans le présent mémoire. 



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FiG. 126. — Pian dk i.a partir dk la TRANCiiiiE n° 23, 00 furent trouvés les dépôts de fondation 

(Echelle de i^m par mètre) 

Au même niveau, l'on dégagea la dalle en calcaire rectangulaire (en plan 1,50 X 1,05), 
et de o", 1 5 de hauteur. Elle était portée sur un dallage irrégulier de briques cuites. 

Au-dessous d'un dallage, se raccordant peut-être avec le précédent, on découvrit la ca- 
chette, qui semblait limitée en surface par trois murs très irréguliers et écroulés, formant 
trois côtés d'un rectangle (1,20 x 1,50) et de trois à quatre briques de hauteur. En profondeur, 
les objets reposaient sur de la terre pilée. 

A un niveau un peu inférieur, à droite des constructions, on trouva des dalles d'albâtre, les 
unes dissimulées dans la tranchée, les autres en place, engagées dans la terre de la tranchée 
voisine. Ces dalles, en belle matière, ont les dimensions des briques élamites. 





PL XI 



STATUETTES DE FONDATION EN BRONZE 

au nom de Dun^i 

( 4r nat.) 



HélioJ.Dujardin 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 63 

Au fond provisoire de la tranchée, à 4'", 60 de la surface, affleurèrent, au-dessous d'une 
couche de galets, deux longues pierres allongées parrallélement. En avant se montra la tête 
d'un lion couché. 

Cette statue fut dégagée par une excavation ; l'animal en marbre blanc, éraillé par endroits, 
peut-être par la chaleur d'un incendie, présente i"\05 de longueur; il est figuré couché, mais 
aux aguets, les pattes de derrière prêtes à se détendre. Le dos est percé d'un trou cylindrique de 
o"\ 1 1 de diamètre qui traverse entièrement : ce lion servait peut-être de support à une colonne 
ou à une statue. Il reposait sur des briques cuites, posées à plat, mais irrégulièrement. 

Les objets trouvés dans la cachette, gisaient dans le plus grand désordre : les feuilles de 
métal, argent, bronze ou or, étaient repliées plusieurs fois sur elles-mêmes ; des anneaux d'argent 
étaient passés dans une tige de bronze ; les masses de pierre, les vases, les bagues, les statuettes 
étaient pêle-mêle, engagés dans la terre très riche en fragments d'ivoire, cvlindres et perles. 

Tous ces objets présentent les caractères d'ornements, de parures, d'outils ou de matières 
susceptibles d'ornementation. Devant leur grande variété, on s'étonne en passant de l'un à 
l'autre, de leur différence de valeur, qu'on la fasse dépendre du travail, ou de la matière em- 
ployée. Il a été enfoui, non seulement des coquillages, des perles de pâte, des pendeloques de 
terre, mais des pierres et des morceaux de métal informes. Rien de cela n'aurait dû prendre 
place dans un trésor. 

Les bagues en or, gravées ou filigranées, les cvlindres en matière dure, les fragments ins- 
crits, sont rares en comparaison des anneaux unis, d'or ou de bronze, des cylindres de pâte; 
une semblable proportion serait étonnante dans un dépôt d'objets précieux; elle est naturelle dans 
une réunion d'offrandes faites par des adorateurs de toutes classes. 

Elle est, d'ailleurs, également compréhensible dans une réserve de bijoutier qui doit répondre 
à toutes les demandes ; cette hypothèse d'une cachette de bijoutier-fondeur permettrait également 
d'expliquer la présence de fragments de pierres dures, de quartz, d'hématite, des cylindres non 
gravés, des perles non percées, des morceaux d'ivoire, découpés pour l'incrustation ; il était 
nécessaire à un artiste d'avoir sous la main, tout prêts, les éléments nécessaires à la préparation 
d'un objet commandé. 

De même, un orfèvre pouvait gardera sa disposition les morceaux de vases, ou de masses, 
et, fondeur en même temps que ciseleur, amonceler les débris de métaux de toutes provenances ; 
c'étaient pour lui des matières ouvrables. 

Cette supposition que nous avions faite dès le début ne s'est pas trouvée en rapport avec les 
résultats des fouilles suivantes. Il fut, en effet, découvert à une quinzaine de mètres plus à l'Ouest, 
un dallage important et des restes de ses murs, dans les fondations desquels on trouva deux sta- 
tuettes de fondation en bronze (PI. XI), accompagnées chacune d'une tablette' de pierre inscrite; 
Statuettes et tablettes portent un texte votif du roi Dungi (Dounghi) au dieu Chouchinak. 

I. Scheil, Textes clamites sémitiques. III, PI. 6 et page 21. 



64 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Ces ruines furent ensuite retrouvées au Sud, par les travaux des tranchées n"' 24, 25, 26, 

27 et 28. 

Sans parler des monuments de pierre, fournis par ces fouilles, citons seulement un lion de 
pierre, trouvé dans la tranchée n° 24, et analogue à celui que j'ai décrit; il fut recueilli de nom- 
breux objets, soit isolés, soit disséminés dans un espace limité, ou enfin réunis par groupes. Ces 
trouvailles ont toujours été faites à un niveau peu différent, au-dessous du dallage dont j'ai déjà 
parlé et que je crois pouvoir rapporter au temple et à ses dépendances. 

Dans la tranchée n° 28, on découvrit, dans un espace de trente centimètres carrés environ, 
une statuette de bronze, un fragment de feuille d'argent, des pointes de flèches, une trentaine 
d'anneaux de bronze, et, dans les terres, deux petits fragments d'or. 

Je citerai, comme faite dans des conditions analogues, dans la tranchée n" 27, la trouvaille 
de la statuette d'or, dont on pourra lire plus loin la description. 

La tranchée n" 26 fournit une grande quantité d'objets, des cylindres, des perles de pierre 
et de pâte émaillée, des feuilles d'or, dont quelques-unes inscrites, de nombreux débris d'argent, 
de plomb, et surtout de bronze ; il faut particulièrement remarquer que cette dernière trouvaille 
était disséminée sur un espace relativement important, d'environ 10 mètres de long sur 4 mètres 
de large. Pas un seul point de cette surface, que l'on put désigner comme le centre d'un dépôt; 
cependant quelques places donnaient plus d'or, quelques autres plus de bronze. 

D'autres découvertes analogues, moins importantes, ont eu lieu dans ces tranchées. Les 
travaux de l'année précédente avaient fourni, dans les mêmes parages, une collection d'objets 
décrite par M. de Morgan dans ce volume, et qui rentre peut-être dans la même catégorie. 

D'après ces constatations de l'existence d'un temple important, et de la disposition des 
objets, clairsemés ou groupés au-dessous du dallage, il semble permis de supposer que nous 
avons recueilli les offrandes faites au moment de la fondation de l'édifice. 

Il V a peut-être eu, à cette occasion, une cérémonie à laquelle prenaient part de nombreux 
assistants. Chacun d'eux apportait son offrande et la jetait dans la terre que l'on préparait 
ensuite pour établir le dallage du temple. On comprend alors le désordre des objets, leur 
état de conservation, et leur différence de valeur. Le roi, les principaux seigneurs du royaume, 
pouvaient offrir des objets précieux, comme ceux de la trouvaille de la statuette d'or, et on savait 
les déposer dans des endroits préparés. Les gens du commun jetaient un peu au hasard leurs 
modestes offrandes. 

Une semblable hypothèse' a été faite par Place pour expliquer la présence, dans les fond^i- 
tions des murs de Khorsabad, d'une quantité de menus objets et de figurines. Une tablette votive 
du roi Sargon, relative à la construction de sa ville royale, contenait, d'ailleurs, cette phrase : 
« Le peuple jeta ses amulettes ». 

Il apparaît donc comme vraisemblable qu'une cérémonie analogue se soit passée à Suse. 

I. Cf. Pcnot et Chipiez, //l's^OîVe i/c /'.Ir/, tome II, pafieîj2. 









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OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 6^ 

Mais, comme il s'agit ici d'un temple, ce ne sont pas seulement des amulettes et des parures 
qui ont été jetées dans les fondations, mais une quantité d'offrandes spécialement apportées. 
Peut-être, pour rendre leurs sacrifices plus entiers, les Élamites ont-ils cassé les vases, froissé 
les bijoux ; peut-être ont-ils gardé quelques fragments des objets enfouis, pour conserver un 
souvenir de la cérémonie. Cela nous expliquerait pourquoi nous n'avons pu souvent, malgré une 
recherche minutieuse, obtenir des reconstitutions complètes. 

La suite des travaux pourra, par des trouvailles analogues, nous fournir d'utiles indications 
sur des objets de nature ou d'emploi mal déterminés, appartenant à la découverte qui nous 
occupe ici. C'est cette indétermination fréquente qui nous a fait adopter, dans le présent mé- 
moire, la classification par matière des objets à décrire. 

Je commencerai parles objets d'or; c'est, en effet, parmi les nombreuses matières repré- 
sentées, la plus intéressante. 

Ce métal est fréquemment mentionné dans les textes chaldéens et assyriens. Depuis l'ins- 
cription du constructeur Goudea jusqu'aux stèles et bas-reliefs des Sargonides, dénombrant le 
butin de leurs expéditions ou le tribut des peuplades soumises, il est montré comme le métal 
précieux par excellence, employé pour les bijoux, les statues de divinités, la décoration par appli- 
cations de feuilles minces. C'est en particulier le métal de la royauté : les insignes de Marduk- 
baliddina^ roi de Chaldée, vaincu par Sargon en 710, son sceptre, son trône, ses ornements, son 
palanquin, étaient d'or. 

L'or n'était pas moins employé à Suse qu'à Babylone ou Ninive ; quelques inscriptions 
votives, fournies par les fouilles de la Délégation, mentionnent des vases et des ornements d'or; 
c'est, cependant, l'cnumération que fait Assourbanipal des richesses qu'il enleva dans l'Élam, qui 
nous fait mieux juger du rôle qu'y jouait ce métal. 

De tout cet or, dont les textes parlent avec tant de complaisance, les fouilles de Chaldée et 
d'Assyrie n'ont donné jusqu'à présent que de très rares échantillons ; c'est surtout par l'examen 
des bas-reliefs et des statues que l'on a commencé l'étude de l'orfèvrerie ; la découverte actuelle, 
en donnant un ensemble très varié de travail et de conception, fournit donc un appoint sérieux 
de documents. 

Objets d'or'. — Une pendeloque représentant l'étoile d'Istar (PI. XII, n" 5); le centre est 
en bossette, les branches sont gravées; entre les branches sont huit bossettes plus petites, en- 
tourées de points. Sur le pourtour sont gravés deux cercles concentriques. Une bélière est formée 
d'une languette découpée, ornée de traits parallèles gravés, puis ployée et soudée. — Diamètre, 
o™,o45. — Poids, 8 gr. 075. 

Une pendeloque (PI. XII, fig. 6), représentant l'étoile d'Istar, à huit branches repoussées. 
Au centre, une bossette, entre les branches huit bossettes plus petites entourées de points; sur 

I. Le poids total de ces objets, y compris les montures et ornements d'autres matières, quand on n'a pu les isoler, 
est de 325 gr. environ. 



66 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 

le pourtour, de nombreuses petites bossettes en deux cercles concentriques. Une bélière formée 
d'une languette de métal de la même feuille, simplement roulée sur elle-même, est ornée de 
quelques traits gravés. — Diamètre, o"^028. — Poids i gr.075. 

Une plaquette circulaire (PI. XII, fig. 7), ornée de huit rayons repoussés, d'une bossette 
centrale, et de huit bossettes entre les rayons. — Diamètre, o'",oi3. — Poids, ogr. 375. 

Une bossette d'or (PI. XIII, fig. 8), sans ornements, dont le centre est traversé par une tige 
de bronze. — Diamètre, o"",025. — Poids total, 3gr. 75. 

Deux petits disques d'oi% percés, sans ornements (PI. XII, figs. 14 et 15). — Diamètre, 
o"',oo7. — Poids, ogr. 12. 

Deux petites perles cylindriques en or (PI. XII, figs. 9 et 10). — Diamètre, o'",oo4. — 
Poids, I gr. 16. 

Gaine de poignard (?), ornée de dessins géométriques gravés à la pointe (PI. XIII, fig. 5). 

— Longueur, o'",o35. — Diamètre, o'",o2i. — Poids, 3gr.8o. 

Deux perles, dont l'une munie d'une queue (PI. XIII, fig. 2), sans ornements. — Diamètre, 
o'",oo9. — Poids, igr.825. 

Fragments d'ornementation, ornés au repoussé de côtes parallèles (PI. XII, figs. 8, 1 1 et 12). 

— Poids, ogr. 90. 

Une feuille, portant de petites côtes repoussées qui dessinent trois côtés d'un trapèze. 

— Longueur^ 0^,043. — Largeur, o'",02i. — Poids, igr.6o. 

L'extrémité supérieure d'une gaine de poignard (?) (PI. XIII, fig. 11), elle est ornée à la 
base d'un bandeau filigrane, composé de deux chaînettes entourant une torsade du type élamite. 

— Longueur, o'",oi3. — Largeur, o"',o2o. — Poids, 3gr.63 

Un fragment triangulaire de feuille d'or (PI. XIII, fig. 4), qui devait garnir une représen- 
tation en bas-relief; il est orné au repoussé de petits cercles, et d'une série de traits sinueux 
parallèles, sans doute figuration de frange dans une garniture de robe. — Longueur, o™02i. 

— Largeur, o'^.oi^. — Poids, ogr. 975. 

Un fragment de feuille d'or (PI. XIII, fig. 9), qui faisait partie d'une application ; le bord 
bilobé est ornée d'une ligne de perlettes filigranées. — Longueur, o"\o8i. — Poids, 2gr.725. 

Une feuille d'or représentant, au repoussé, le visage d'une figurine humaine (PI. XIII, fig. 3). 

Une feuille d'or, très mince, portant deux colonnes très incomplètes de caractères cunéi- 
formes (PI. XII. fig. 24). — Longueur, o'",o4.— Largeur. o"\oi!5. — Poids, ogr. 275. 

Cinquante fragments de feuilles d'or, sans ornement. — Poids total, 38 gr. 

Un petit lingot d'or fondu. — Poids, ogr. 08. 

Deux rubans d'or. — i" Longueur, 0^,49 ; largeur, o"\oo6. — 2° Longueur, 0^,38; 
largeur, o"',oo8. — Poids total, 1 1 gr. 

Une perle de cornaline (PI. XIII, fig. 14), percée de cinq trous circulaires se rencontrant 
au milieu; une feuille d'or enroulée en tube passe par deux trous opposés, est étalée sur l'un 
d'eux et taillée en disque; elle garnissait le trou destiné au fil de suspension. Une turquoise 




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TETE DE GRIFFON ET ORNEMENTS EN OR . LION EN AGATE 
TÊTE DE TAUREAU EN LAPIS ET PENDELOQUES EN CORNALINE A RES D'OR 

PL, XIll Dr;pnls if_ Innrl.itKin du tt-mple de Chouchinak, ( c: 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 67 



montée sur or garnit un troisième trou ; un quatrième ne montre qu'un fragment de monture 

en or. 

Une calcédoine blanche (PI. XIII, fig. 6), taillée en disque arrondi, est traversée par un 
fil d'or. Une cavité circulaire, dont la profondeur est la mi-épaisseur de la pierre, devait recevoir 

une incrustation. 

Une agate en forma de disque plat (Pi. XIII, fîg. 7), le centre ^brun, le pourtour blanc, est 
percée et traversée par un fil d'or. C'est la représentation d'un œil. 

Corne et oreille d'une figurine d'animal (PI. XIII, fig. 10); elles sont en bronze revêtu 
d'une feuille d'or. — Longueur, 0^,027. — Poids, 8gr. 7. 

Tète de dragon, de serpent, ou de grififon, en argent plaqué d'or (PI. XIIl, fig. i a et b) ; la 
bouche laro-ement ouverte, montre de nombreuses dents ; des écailles sont gravées sur le devant 
du nez et à la naissance du cou. La tète est creuse et porte un trou entouré d'un bourrelet de 
métal à la partie supérieure; trou de suspension, ou ménagé pour un ornement incrusté. La 
représentation de cet animal fantastique se retrouve sur quelques fragments de stèles de Suse. 
— Longueur, 0^,033. — Hauteur, o'", 03 i. — Épaisseur, o'",oi2. — Poids, I5gr.6. 

Quatre petits clous de bronze dont la tète est plaquée d'or (PI. XVII, figs. 4 à 7). — Lon- 
gueur, o-^jOiS. — Diamètre de la tète, o™,oo8. — Poids total, 3gr.25. 

Deux clous de bronze à tètes plaquées d'or (PI. XII, fig. 13).— 1° Longueur, 0^,028; diamètre 
de la tête, o", 13. — 2° Longueur, 0^,041 ; diamètre de la tête, o",oi6. — Poids total, 15 gr. 

Un fragment de bossette. — Diamètre, o™,oo8. — Poids, ogr.0522. 

Soixante-dix-sept anneaux d'or (PI. XIV, fig. 5), lisses, sans ornements, quatorze d'entre 
eux sont soudés. — Pois total, 117 gr. 

Douze anneaux formés d'un fil carré tordu (PI. XIV. fig. i).— Poids total, 6 gr. 525. Ces 
anneaux très légers servaient plutôt de boucles d'oreilles. 

Douze bagues composées de deux anneaux accolés (PI. XIV, fig. 11). — Poids total, 9gr.30. 

Trois bagues plates, ornées sur la hauteur de cinq à six rainures circulaires étagées 
(PI. XIV, figs. 4, 10 et 12). — Poids total, 4gr. 375. 

Une bague plate, ornée de dessins géométriques gravés au burin (PI. XIV, fig. 2). — Poids, 

2 gr. 67. 

Une bague plate, ornée de petites côtes fines (PI. XIV, fig. 3). — Poids, 2 gr. 625. 

Un anneau orné de points. — Poids, o gr. 76. 

Deux bagues ornées de lignes et de petits triangles, tracés en perles filigranées (PI. XIV, 
figs. 6 et 7). — Poids, 4 gr. 40. 

Une bague composée de deux tresses soudées (PI. XIV, fig. 8). — Poids, 4 gr. 825. 

Une bague, ornée de quatre rangées des perles d'or filigranées (PI. XIV, fig. 13). — Poids, 

3gr-05. 

Une bague, ornée de deux rangées de perles filigranées enserrant la torsade du type 
élamite, également filigranée (PI. XIV, fig. 9). — Poids, 2 gr. 125. 



68 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Un anneau d'or, en torsade, pris dans un paquet d'anneaux d'argent soudés par l'oxyde. 
— Poids, 8gr. 

Deux anneaux d'or en torsade, attachés ensemble et à un anneau d'argent, par un fil d'ar- 
gent. — Poids total, 3gr. 25. 

Les types les plus remarquables de ces bagues et anneaux sont représentés à la Planche XIV . 

Nombreux petits fragments de feuilles et de fils d'or. — Poids, 18 gr. 20. 

Un anneau d'or (PI. XII, fig. i), couvert de nombreuses croûtes d'oxyde d'argent. — 
Poids, 3 gr. 7. 

Trois bagues de bronze revêtu d'or, dont deux sont ornées de perles en filigranes (PI. XII, 
figs. 2, 3, 4). — Poids total, 9 gr. 

Une bague de bronze revêtu d'or. 

Une bague de bronze, ornée d'un fil d'or la cerclant à mi-hauteur. 

Deux fragments. — Poids, 2 gr. 5. 

Les fragments de feuilles d'or portant des signes cunéiformes (PI. XII, figs. 17 à 30) ont 
été examinés par le P. Scheil. Les inscriptions sont en langue anzanite'; elles appartiennent, 
certainement, à la bonne époque, soit au règne d'Untas Gai, soit à celui de Sutruk Nakhounte 
ou de son fils Silhak in Susinak. Cette constatation est importante; elle permet d'assigner une 
limite d'âge aux divers objets dont se compose la trouvaille. 

Dans la même tranchée n° 23^ au niveau où l'on a trouvé le lion dont j'ai parlé précédem- 
ment, et à cinq mètres plus loin de l'axe directeur des travaux, il fut trouvé, entre des briques 
de dallage, et très irrégulièrement d'un bout à l'autre du chantier, trois feuilles d'or dont une 
comme doublée d'une feuille d'argent d'égales dimensions. Deux autres feuilles d'argent de 
dimensions égales furent trouvées séparément, et très brisées. 

Les feuilles d'or sont irrégulièrement carrées. Le métal, aplati au marteau, a été découpé; 
les bords trop minces ont été rabattus sur la face qui devait recevoir la feuille d'argent. — 
Longueur et largeur, o'",o57. — Poids total, 24 gr. 6. 

J'ai rattaché cette découverte à la précédente, parce qu'elles sont très probablement de la 
même époque. 

Cet or élamite, dont je viens de décrire rapidement les premiers échantillons, est en réalité 
un alliage d'or et d'argent, très variable de composition et de couleur; c'est de l'électrum. 

L'or natif pur est très rare, il est le plus souvent mélangé d'argent. L'affinage complet 
exige des dissolvants relativement modernes. 

La fusion des pépites, recueillies dans le lit des rivières, des grains de métal trouvés dans 
les filons ne fournissait aux anciens qu un alliage assez impur. 

C'est en électrum qu'étaient les premières monnaies^ celles de Lydie et d'Égine, les bijoux 
de la XIL dynastie égyptienne trouvés à Dahchour (17 "/o Ag. Analyse de M. Bertholet), cer- 
taines monnaies des rois du Bosphore, et, en Amérique centrale, les anciennes figurines. 

I. Ces quelques signes font allusion au dieu Chouchinak et à des femmes, reines ou prêtresses (Scheil). 




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OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK^ 



69 



Obiets d'arsent - Une pendeloque, dont le bord est percé d'un trou pour la suspendre 
rfi. ?!' et e?t ornée, au repoussé, d'une étoile à huit branches, dune bossette centrale 
It'de SLt plus petit;s entre' les branches de l'étoile et sur le pourtour. - D.ametrc, 

o'",03i. 




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139 



FiG. 127 à 142. —Objets en argent (9/10 grandeur naturelle) 



Une pendeloque avec une bélière (fig. .38). Au centre est une bossette ropoussée. d'où 
partent les six branches gravées d'une étoile. Sur le pourtour sont gravés deux trat.s concen- 
triques. — Diamètre, o'",024. 



70 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Une pendeloque, ornée d'une bossette centrale, et d'une étoile à huit branches repoussées. 
Sur le pourtour, deux lignes concentriques de bossettes plus petites. — Diamètre, o"", 026. 

Une pendeloque, avec un trou de suspension (fig. 129); au repoussé, une étoile à six 
branches, une bossette centrale, et des bossettes entre les branches. — Diamètre, 0^,035. 

Une pendeloque avec une bélière et deu.x pendeloques incomplètes, en deux fragments 
chacune. Elles sont ornées d'une bossette au centre d'une étoile à huit branches, de bossettes 
plus petites entre les branches^ et de bossettes très petites en deux lignes circulaires concentriques 
sur le pourtour. — Diamètre, o™, 034. 

Une pendeloque incomplète, ornée de la même manière (fig. 130). — Diamètre, o,"o46. 

Une pendeloque incomplète avec bélière (fig. 131); elle est ornée d'une étoile à huit branches 
gravées, d'une bossette centrale et de petits cercles en relief entre les branches de l'étoile. — 
Diamètre, 0^,035. 

Une 'pendeloque avec une bélière (fig. 132); elle est ornée d'une étoile à six branches 
repoussées, d'une bossette centrale et de bossettes plus petites entre les branches de l'étoile. — 
Diamètre, o"\02 5. 

Une pendeloque incomplète avec une bélière. Elle est ornée d'une étoile à six branches 
repoussées, d'une bossette centrale, de bossettes égales entre les branches de l'étoile, et de trois 
lignes concentriques de bossettes très petites sur le pourtour. 

Une pendeloque avec bélière (fig. 133), ornée d'une étoile à huit branches, dont le 
centre est en bossette, et de bossettes plus petites entre les branches de l'étoile. — Dia- 
mètre, o"^035. 

Une pendeloque ployée, mais bien conservée avec sa bélière ; elle est ornée d'une étoile à 
six branches avec une bossette centrale, et une ligne circulaire de bossettes très petites sur le 
pourtour. — Diamètre, o'",023. 

Deux fragments d'une pendeloque, portant une étoile à six branches, une bossette centrale 
et des bossettes plus petites entre les branches de l'étoile. Sur le pourtour, deux lignes concen- 
triques de bossettes très petites. 

Une pendeloque incomplète avec une bélière; elle porte au centre une bossette et sur le 
pourtour une saillie circulaire, puis un cordon en relief. — Diamètre, o"',023. 

Une pendeloque garnie d'une bélière (fig. 134); au centre est une bossette entourée de 
deux lignes concentriques de bossettes plus petites. 

Une pendeloque garnie d'une bélière; au centre est une bossette. — Diamètre, o"^026. 

Une pendeloque garnie d'une bélière ; elle porte une bossette centrale entourée d'un double 
trait gravé. Sur le pourtour, sont trois traits circulaires concentriques gravés et un cordon en 
saillie. — Diamètre, o"\o23. 

Neuf fragments de pendeloques analogues. 

Sept pendeloques pliécs plusieurs fois sur elles-mêmes, et que la fragilité du métal rend 
difficiles à étudier. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCIIINAK 



71 



Une tète de clou, ou petite sonnette (ûg. 135), à base carrée, percée au sommet d'un trou 
rectangulaire. — Hauteur, o",oi. 

Une feuille de métal découpée en croissant (fig. 136) et percée à la partie large; c'est peut- 
être le symbole de Sin que l'on portait en amulette. — Distance des cornes, o",o5. 

Un petit ornement, en forme de lingot (fig. 137), percé de deux trous transversaux et orné 
sur une façade deux saillies circulaires. — Largeur, o'",oo6. — Longueur, o'", 15. 

Un médaillon (fig. 138), orné au repoussé d'une bossette centrale, entourée d'abord de 
bossettes plus petites; puis d'un bourrelet en saillie, d'un rebord plat, et enfin d'une ligne circu- 
laire de bossettes sur le pourtour. On remarque au revers des restes de matière bitumineuse qui 
indiquent l'application de ce décor sur une matière solide. — Diamètre, o'", 04. 

Un clou à large tète (fig. 139). — Diamètre 0"", 03. 

Une feuille d'argent très rongée par l'oxyde (fig. 140), portant un texte incomplet' en cinq 
colonnes de o™oo8 de largeur et une colonne de o™,oi2 de largeur. — Longueur, o"", 51. — 
Largeur, o"", 05. 

Une feuille de métal très incomplète (fig. 141), ornée au repoussé de petits traits parallèles, 
coupés transversalement par quatre lignes en saillie, qui semblent figurer un cordon tressé. — 
Longueur, o", 04. — Largeur, o™, 03. 

Cette feuille et celles qui suivent semblent avoir fait partie du placage d'une statue et repré- 
senter des ornements de robe. 

En particulier, celle-ci rappelle l'étoffe si fréquemment figurée sur les monuments chaldéo- 
élamites. 

Une feuille mince de 
métal (fig. 142 ), très in- 
complète, ornée au re- 
poussé de deux saillies en 
figurations de cordon, con- 
vergeant l'une vers l'autre ; 
entre elles sont des traits 
plus ou moins parallèles. 

Une feuille de métal, 
très incomplète, ornée au 
repoussé de côtes rappro- 
chées parallèles. — Long., 
0^,03. — Larg., G™, 02. 



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144 



155 



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Objets d'argent (2/3 grandeur naturelle) 



153 
Fig. 143 à 14^. 

Deux feuilles très reployées et incomplètes ornées, l'une de petites côtes, l'autre de rectangles 
en saillie (fig. 143). 

I. Après révision sur l'original, ce texte était une formule de dédicace : (i) (2) au dieu Susiiiak (3) son roi, 

(4) Mani ... [^) fils de Ta ... [b] ... [a voué ceci] (Scheil). 



72 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Une bande pliée plusieurs fois (fig. 144), ornée sur un bord d'une ligne de petites boules de 
métal soudées. — Hauteur, o™, 015. 

Une o-aîne aplatie (fig. 145); les deux bords longitudinaux portent des trous destinés aux 
rivets. — Largeur, o'",029. — Hauteur, 0^,085. 

Une gaine aplatie (fig. 146). — Longueur, o™, 049. — Largeur, o"\ 03. 

Nombreux fragments de feuilles d'argent ployées sans ornementations et débris d'anneaux. 
— Poids total, environ 800 grammes. 

Sept bagues en forme de trois anneaux accolés. Celui du milieu est orné de côtes. 

Quatre bagues en forme de trois anneaux accolés (fig. 147). 

Dix-sept bagues en forme de deux anneaux unis (fig. 148). 

Deux bao-ues en forme de deux anneaux accolés séparés par une rainure. 

Cinq bagues formées d'un ruban plat, orné de sillons circulaires parallèles. 

Une bao-ue en forme de deux anneaux accolés, liée par un fil d'argent à une bague formée 
d'un fil carré tordu. 

Soixante-trois anneaux formés d'un fil carré tordu. 

Un anneau portant un fragment de perle. 

Deux cent trente-six anneaux simples; le nombre primitif était certainement le double, mais 
l'argent oxydé est excessivement fragile et beaucoup ont été brisés. 

Un anneau formé d'un fil carré tordu pris dans un ruban étroit, roulé sur lui-même et autour 

de l'anneau. 

Une tige de métal (fig. 149), légèrement courbée et de section circulaire, pouvant avoir fait 

partie d'un bracelet. 

Une tige creuse de o'",oi3 de diamètre, formée d'une feuille de métal roulée (fig. 150). 

i fragments. — Longueur totale, o'",o5. 

Une corne d'animal courbée (fig. 151), dessinant presqu'un cercle de 0^,03 de diamètre. 

Trois têtes de clous (figs. 152-15-1). dont les diamètres varient entre o"\oi eto"\oi8. 

Cinq clous dont les hauteurs varient entre 0^^,004 et o",o22. 

Un clou (fig. 155) dont la tête en argent est montée sur une tige de bronze. 

Objets de plomb. — Une pendeloque, fondue avec le 
bouton de suspension (fig. 156). — Diamètre, o'",026. 

Une face est ornée de l'étoile à huit branches, dont le 
centre est en bossette, et de bossettes plus petites entre les 
branches de l'étoile; le tout est entouré dune bordure à 
côtes rayonnantes de o'",oo3 de largeur. Sur l'autre face, 
deux personnages nus, un genou en terre, semblent main- 
tenir vertical, un arbre qui s'élargit vers le haut, en quatre 
deux à deux symétriques. Il semble que ce soit la figuration d'un palmier. 




Fio. I 

feuilles 



56. — Pf.ndf.loque en plo.mb 

(grandeur naturelle) 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



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Le terrain est figuré par des traits parallèles, verticaux. Les personnages sont vus le corps 
de trois quarts, le visage de profil. Celui de gauche semble barbu. 

Cette scène est intéressante, l'arbre symbolique revenant souvent dans les figurations 

anciennes. 

Une pendeloque (fig. 157) complète, en trois fragments, fondue avec un bouton de sus- 
pension ; elle est ornée d une étoile à huit i5, 
branches dont le centre est en bossette 
et de bossettes plus petites entre les 
branches de l'étoile. — Diamètre, o", 026. 

Quatre têtes et cous de serpents, en 
arcs de cercle (figs. 158 et 159); ils sont 
montés sur des tiges de bronze, formées 
d'une mince feuille de métal roulée, et 
qui servaient à les fixer peut-être sur le 
corps, fait d'autre matière. 

Une épingle (fig. 160). — Lon- 
gueur, o"\ 012. 

Une douille (fig. 161), ornée vers 
les extrémités de deux saillies circu- 
laires. — Hauteur, o"\02 3. — Largeur, 

0",026. 

Une tige C3'lindrique ployée (fig. 1 62). 
— Longueur, o™,055. — Diamètre, 
0"", 005. 

Un clou à tète ronde (fig. 163). - 

Un clou à section carrée sans tête (fig. 164). 

Fragments d'agrafes (?) 

Feuille de. plomb ployée. — Hauteur, 0^,05 5. — Largeur, o'",o9. 

Feuilles de plomb, débris ayant servi à monter des ornementations (Voir Lapis-Lazuli). 

Le poids total du plomb trouvé est de 620 grammes environ. 




162 





163 



[57 à 164. — Objets de plomb 
(grandeur naturelle) 



164 



Hauteur, o'",oi . 

■ Longueur, o'",o45. 



Objets de bronze. — Une statuette de o"\ii de hauteur (PI. XV, fig. i à 3), montée sur 
une tige de section rectangulaire et qui a 0^,037 de longueur. Elle représente un personnage 
debout, tenant un oiseau par les pattes, dans la main droite, que soutient la main gauche. Il 
est tête nue, vêtu d'une robe longue qui laisse voir le bout des pieds. 

Cette robe est ornée de points en creux qui ne paraissent pas correspondre à la représen- 
tation d'ornements; elle est ouverte en biais sur le devant, serrée à la ceinture par une étoffe 



10 



^^ OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



roulée qui fait plusieurs tours, et elle semble passer sur l'épaule droite, laissant le reste du buste 

à découvert. 

La tète est très forte, comparée au corps: environ i/6 de la hauteur totale. Les traits ont 
une expression calme et souriante. Le poignet droit est orné d'un bracelet. 

Je joins à cette trouvaille une statuette (PI. XV, fig. 436) provenant de la tranchée n° 28 
et qui paraît appartenir à la même époque. 

Elle représente un personnage debout, vêtu d'une longue robe laissant voir le bout des 
pieds, coiffé d'une sorte de béret étroit s'avançant au-dessus du front. La main droite, levée, tient 
un objet incomplet; la main gauche, fermée, est ramenée par devant sur la ceinture. Le visage 
imberbe est carré du bas. Le corps de la statue est percé d'un trou rectangulaire de o™, 027 de 
profondeur. — Hauteur, o"\ 125. 

Une statuette (PI. XVI, figs. i et 2), représentant un personnage debout, tète nue, vêtu 
d'une robe laissant voir le bout des pieds et serrée à la taille. La main droite est levée, la 
main gauche, ramenée à la ceinture. Le haut du crâne est très aplati. — Hauteur, o'",io. 

Une statuette dont le corps est fondu très plat (PI. XVI, figs. 3 et 4. — Hauteur, o'", 10. 
Elle est prolongée par une tige plate longue de o'", 01 . 

Elle représente un personnage debout, la main droite levée, la main gauche tenant un oiseau 

contre la poitrine. Il est coiffé d'une sorte de turban plat; vêtu d'une robe qui laisse voir le 

bout des pieds, et semble maintenue par des bretelles. Les traits sont fortement indiqués; les 

pommettes saillantes, les yeux à fleur de tête, le menton et le front fuyant, la forme du nez 

donnent l'impression d'un individu de race sémitique. 

Une statuette dont le corps est très plat. — Hauteur, o"\ 087. — Prolongée par une tige 

de o'", 015. 

Elle représente un personnage debout, tête nue, vêtu d'une longue robe qui laisse voir le 
bout des pieds. La main droite est levée, la main gauche lient contre la poitrine un objet 
indistinct. La tcle, trop grosse relativement au reste du corps, est assez bien proportionnée 
dans ses détails. Le nez droit, un peu large à la base, les lèvres épaises, le front saillant, 
indiquent un tout autre tvpe que celui de la précédente statuette. 

Une statuette (PI. XVll, fig. 2) de o'\ 08 de hauteur, prolongée par une tige longue 

de G'", 015. 

Elle représente un personnage imberbe, tête nue, vêtu d'une robe longue, et figuré debout. 
Il tient dans la main droite levée un petit objet. La main gauche est ramenée à la ceinture. La 
tête est très grosse relativement au corps, et le haut du crâne est très plat. 

Une statuette (PI. XVI, i]s;. 8) de o'",048 de hauteur, incomplète, représente un person- 
nage debout, coiffé d'un bonnet étroit, couvrant la nuque et s'avançant sur le front. 11 est 
vêtu d'une robe longue, serrée â la taille; il lève la main droite; la main gauche est ramenée 
sur le devant â la hauteur de la ceinture. Les traits du visage sont fins et réguliers. Il manque 
la partie inférieure de la robe. 



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OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 75 



Une statuette (PI. XVI, fig. 10) de o™,044 de hauteur, également brisée à la partie 
inférieure de la robe, représente un personnage tout à fait analogue. Il tient appuyé contre lui, 
du bras gauche, un objet indistinct. 

Une statuette (PI. XVI, fig. 7), de o'",o5 de hauteur, représente un homme nu et barbu; 
ses cheveux sont maintenus par un bandeau ; il est debout, les mains croisées sur la poitrine. 

Les pieds manquent. 

Une statuette de o", 09 de hauteur (PI. XVIII, figs. i et 2), représente un personnage 
assis, le dos appuyé contre une tablette verticale qui sert de dossier élevé. 

Il est coiffé dune sorte de turban, vêtu d'une robe longue à étages; il avance la main 
droite. Sur la face postérieure du dossier sont figurés trois serpents dont les têtes dépassent le 
bord supérieur. Une quatrième tète de serpent plus importante que les autres, s'avance au- 
dessus du bord gauche de la tablette, mais le corps n'est pas figuré. Cette scène intéressante 
n'est accompagnée d'aucun texte; je rappellerai seulement que le symbole du dieu chaldéen 
Sirou est un serpent. 

Une statuette incomplète (PI. XVI, fig. 9) de o"\o62 de hauteur. Elle représente un 
personnage dont le corps est fondu très plat, presqu'une simple lame légèrement courbée. 
La tète est exécutée avec assez de soin, elle est coiffée d'une sorte de turban, dont les bouts 
se croisent derrière la tète. Le nez est droit, un peu large à la base, les yeux trop grands, les 
oreilles manquent; la physionomie a une expression d'étonnement. Les coudes sont collés au 
corps; les mains relevées pour toucher les joues. Les seins sont à peine indiqués. Cette statuette, 
dont la partie inférieure, manque devait faire partie d'une ornementation. 

Une statuette brisée à hauteur des genoux (PI. XVI, fig. 6); tête disproportionnée, crâne 
aplati; le bras gauche est replié sur le corps, la main soutenant un chevreau (?); le bras droit 
ployé, la main levée à hauteur de l'épaule; vêtement court, échancré sur la hanche gauche et 
recouvrant une robe longue. — Hauteur, o", 054. 

Une statuette très détériorée ; la tète est rongée par l'oxydation ; môme attitude que la précé- 
dente ; vêtue d'une robe longue qui laisse les orteils à découvert (PI. XVII, fig. 3) ; prolongée par 
une douille de o", 025 de longueur sur o", 019 de largeur à l'origine. — Hauteur totale, o", 105. 

Une tète de statuette (PI. XIX, fig. 2). — Hauteur, o'",04. 

Le masque est très expressif; le nez est large, la bouche fine, les yeux qui portent des 
traces d incrustations, figuration de la pupille et de la sclérotique, sont très enfoncés; le front 
est proéminent, le crâne est en saillie sur le derrière de la tète. Il n'y a pas d'indications de 
coiffure. 

Une tète de statuette (PI. XVI, fig. 13). — Hauteur, 0^^027. 

Elle est coiffée d'une sorte de turban, élevé par devant ; le visage imberbe est finement 
indiqué, le nez est droit, les joues sont bien pleines, le menton est rond, les cheveux tombent en 
boucles sur le cou. 

Une tète de statuette (PI. XVI, fig. 12). — Hauteur, o'",03. 



7j6 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Cette tète est coiffée d'un bonnet mis en arrière, et qui porte une saillie incomplète sur le 
sommet. Les yeux sont très grands. 

Une tète de statuette (PI. XVI, fig. ii). — Hauteur, o™,02i. 

Elle est coiffée d'un bonnet étroit qui descend en arrière jusqu'à la nuque et fait saillie en 
avant du front. Le visage est très bien indiqué, il est carre du bas, la bouche, la base du nez 
sont larges, les yeux sont grands, les oreilles très en arrière. 

Deux fragments du torse d'une statuette : l'un partie postérieure de l'épaule droite, l'autre, 
montrant le côté gauche delà poitrine et le bras gauche . Celui-ci porte un chevreau dont on ne 
voit que les pattes de derrière. 

Un fragment du bras droit d'une statuette, montrant le poignet et la main fermée. Une 
rainure longitudinale, partant du petit doigt, devait servir à ajuster cette pièce fondue à part. 

Un fragment de statuette, coude et avant-bras. 

Quelques fragments mal définis de statue fondue creuse ; on reconnaît seulement un 
poignet orné de bracelets. 

Un fragment de statuette (PI. XVIII, fig. 8), (Hauteur, o™,045), montrant la plus grande 
partie d'une robe à volants étages qui laisse voir le bout des pieds, et la tige qui servait à 
l'installation sur un socle. — Longueur de la tige, 0^,03 . 

Deux sceaux, faits de métal fondu, puis travaillé au burin, de manière que les lignes du 
dessin qui doivent paraître en creux sur l'argile soient à arêtes vives : 

Le premier (PI. W'III, fig. 3) représente un homme qui, sur l'empreinte, est debout, de 
profil à gauche. Il est barbu, coiffé d'un bonnet, vêtu d'une tunique qui lui vient aux genoux, 
laissant voir ses mollets musclés; il avance le pied droit, les mains levées. 

Le deuxième sceau (PI. XVIII, fig. 4), dont la poignée est conservée peut-être entièrement 
(deux tiges de bronze soudées, écartées au revers du cachet et se réunissant ensuite), figure un 
homme à genoux de profil à gauche ; il est vêtu d'une robe, coiffe d'un bonnet; il avance les deux 
mains jointes. 

L'extrémité d'une patte de griffon (PI. XVIII, fig. 9 et fig. 173), terminée par trois doigts 
ongles, réunis par une membrane, et posés à plat; en arrière est le pouce. Au-dessus des doigts, 
un double bandeau circulaire entoure la patte. La section supérieure porte un évidement rectan- 
gulaire destiné au montage. — Hauteur, o'^o^ . 

L'extrémité d'une patte (fig. 175 et PL XVIII, fig. 1 1) de griffon ou d'oiseau, terminée par 
trois doigts ongles, réunis par une membrane et le pouce. La section supérieure de la patte porte 
un évidement circulaire. — Hauteur^ o"',03. 

L'extrémité d'une patte de palmipède (fig. 174 et PI. XVIII, fig. 10); trois doigts écartés 
sont reliés par une membrane ; du côté opposé est le pouce. 

La patte elle-même, ornée d'un bandeau au point de jonction avec la partie plate, se ter- 
mine supérieurement par une douille incomplète (?). La partie plate est en deux plaques 
fondues à part, réunies au moyen d'une feuille de plomb intercalée. — Hauteur, o'",045. 




PL. XVI 



FIGURINES ET TRESSE EN BRONZE 

Dépots de fondation du temple de Chouchmak 

( ^r. nat. ) 



Hélio^.Dmardin. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



77. 



Trois doigts ongles, réunis par une membrane, indiquent l'extrémité d'une patte de pal- 
mipède; en arrière le pouce est incomplet ; un trou circulaire marque l'emmanchement de la 
tige de métal formant la patte. Cette plaque est comme la précédente, en deux épaisseurs 
réunies par une feuille de plomb intercalée. — Longueur, o"',o6. 

Quatre fragments de doigts ongles d'oiseau (PI. XIX, fig. 9 et 11), appartenant peut-être à 
une même figuration . — Longueurs: i-" 0^,037; 2^o'",035;3° 0^,032 ; 4''o"',028. 

Deux extrémités de pattes d'animal mal défini. — Hauteur^ 0^,03 . 

166 

168 




172 




Fig. 165 à 175. — Objets de bronze (2/3 grandeur naturelle) 

Une figurine de quadrupède, ditficile à identifier; la gueule est entrouverte (PI. XVllI, 
fig. 6), la queue dressée; les pattes sont brisées. 

L'extrémité d'une patte d'animal ; le sabot est aplati (fig. 169 et PI. XIX, fig. 4), le paturon 
est figuré par deux renflements superposés. 

Une petite corne recourbée. 

Deux tresses plates à quatre fils soudées l'une à l'autre (fig. 172 et PI. XVI, fig. 14); un 
anneau d'attache est ménagé à l'une des extrémités. — Longueur, o'",i7. — Largeur, o",oi . 

Une dizaine de douilles (fig. 165 et PI. XIX, fig. 12), formées d'un ruban plat tordu en 
hélice. 



78 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Une tige creuse (fig. 170), dont une extrémité est ornée de deux sillons parallèles. 

Un pommeau de canne, dont la tige cylindrique creuse est ornée de trois saillies circulaires 
et qui se termine par une tête plus large, légèrement bombée, et dont le centre est garni d'un 
bouton. Deux paires de trous ont servi à fixer ce pommeau sur une canne de bois; la première 
est percée suivant un diamètre au bord inférieur, la seconde obliquement, et plus haut ; de 
sorte que l'un des trous est percé entre deux saillies consécutives et que l'autre vient couper une 
de ces saillies. — Hauteur, C", 032. — Diamètre, o'",025. 

Un pommeau de canne (fig. 171 et PI. XIX, fig. 8), dont la tète en saillie de peu d'épaisseur, 
a la forme d'une feuille. La tige cylindrique creuse, est percée de deux trous en diamètre; 
elle porte à l'autre extrémité deux échancrures en triangles, qui devaient correspondre à des 
saillies du bois de la canne. — Hauteur, o'",027. 

Une garniture inférieure de canne (?), douille conique qui était maintenue par un rivet 
transversal. — Hauteur, o™,o28. 







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176 



Fi(i. 176-177. — Feuilles en ijkonze (1/3 grandeur naturelle) 



Une garniture inférieure de canne (PI. XIX, fig. 5). Elle se compose d'une douille cylin- 
drique de o™,o65 de longueur, ciselée à jour, présentant des trous en losange; elle se termine 
par une pointe à quatre faces triangulaires de 0^,02 de longueur. — Hauteur totale, o'",o85. 

Une bossette aplatie (fig. 166 et PI. XIX, fig. 7), dont les bords sont reployés vers l'inté- 
rieur; peut-être garniture du pommeau d'une canne. 





PL. XVII 



CROSSE DE SCEPTRE, FIGURINES ET HACHE VOTIVE EN BRONZE 

CLOUS DE BRONZE A TÊTE D'OR 

Dépôts de fondation du temple de Chouohmak ( §r.nat.) 



Hélio4.Dujard!n. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



79 



Un petit cône creux (PI. XIX, fig. i), ayant pu servir à couronner un sceptre. — Hauteur, 

o", 03. 

Un ornement (fig. 167) composé de quatre petits fruits ovoïdes, associés à l'extrémité d'une 

tige. — Hauteur, o'",028. 

Trois feuilles (?) (fig. 167 et PI. XIX, fig. 9) montées sur une même tige, avec des orienta- 
tions différentes. — Hauteur, o'",o5. 

Une feuille de plante aquatique (?) (fig. 177) dont le pourtour est largement dentelé; elle 
présente sept dentelures de 6 à 7 centimètres de longueur : la base de la feuille et la tige man- 
quent. — Largeur, o"\ 18. 

Une feuille analogue plus grande, moins bien conservée, il y avait douze dentelures. — 
Longueur, o", 28. — Largeur, o™, 23. 

Une feuille analogue, à onze dentelures (fig. 176). Sensiblement ronde. — Diamètre, 

0^,24. 

Une feuille analogue, ployce en deux et à laquelle il ne reste que deux dents. 

Une feuille sensiblement ronde (fig. 178), à nervure centrale et trois nervures secondaires. 
— Longueur, o", 14. — Largeur, o", 125. 

Une feuille analogue moins complète et plusieurs fragments. 

Quatre feuilles de même type (fig. 179). — Longueur, o^ 11.— Largeur, 0^,095. 

Une feuille du même type, 
pliée en deux. 

Un rameau (fig. 180), com- 
posé d'une tige plate sur la- 
quelle prennent naissance cinq 
paires de feuilles opposées, et 
terminé dans le haut par une 
feuille ; la base de la tige man- 
que. — Longueur totale, o'",25. 
— Largeur maxima, o"", 14 . — 
Longueur d'une feuille, o^.oô. 

Un rameau analogue 
(fig. 182), incomplet, en deux 
fragments, montrant huit 
feuilles : la tige est trouée deux 
fois vers le milieu de sa Ion- 









^ iii^fe.'^ ''v'^i''''! ''•'#■■• ^^^^ 




mêmm ... 



179 




178 

FiG. 178-179. — Feuilles en bronze (1/2 grandeur naturelle) 



gueur. 



Un rameau du même type (fig. 181), mais dont les feuilles sont plutôt dirigées vers le haut 
et sont alternées. — Longueur, 0", 20. — Largeur, o", 1 1 . 



Fragments de rameaux analogues. 



80 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Une vingtaine d'éléments de feuilles de roseaux ou de dattiers (fig 183.), d'une longueur 
de o"",40 à o", 50, plus ou moins complets. La tige large au plus de o'",03 s'affile en pointe, 

vers le haut, et se termine 
au bas par un ruban plat 
percé de deux trous. 

Une hache votive com- 
plète, en plusieurs fragments 
(PI. XVII, fîg. 8). Le tran- 
chement légèrement courbe, 
sort de la bouche ouverte 
d'un griffon, dont le cou 
creusé sert de douille à l'ins- 
trument. 

La tête du griffon, assez 
analogue à celle que j'ai déjà 
décrite avec les objets d'or, et 








180 

FiG. 180 à 182. — Feuilles en bronze (1/4 grandeur naturelle) 




Fig. 18}. — Feuilles de roseaux ou de dattiers en bronze 
(1/4 grandeur naturelle) 








5 - 





PL. XVIII 



FIGURINES ET OBJETS DE BRONZE 

Tsévot-s de fondation du temple de Chouchmak 

( iv. nat. ) 



Héhoj.Dvyardm. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



d'un travail assez soigné, porte une corne sur le front, une deuxième saillie plus forte en arrière, 
et sur le cou une ailette assez épaisse, longue de o"o4. Sous la gorge du griffon est une qua- 
trième saillie. — Hauteur, o",04. — Largeur, 0^,09. 

Une petite herminette (PI. XIX, fig. 10), sorte de burin au tranchant légèrement courbé, 
qui porte une douille perpendiculaire au plat de la lame. Elle est en deux fragments. — 
Longueur, o'",o65. — Hauteur, o'",oi5. 

Une hache (fig. 184) d'un type élégant et d'un travail soigné, qui fut trouvée à peu 
de distance des autres objets. La lame au tranchant légèrement arrondi de o", 1 1 5 de longueur 
environ, rejoint la douille de la monture par deux courbes ornées de nervures qui finissent 
normales à la douille, et sont alors distantes de 0"", 025. 

Cette douille cylindrique est bordée de nervures circulaires à ses extrémités; la nervure 
supérieure est accentuée en saillie du côté opposé au tranchant. Une bosse pointue, destinée 
à contrebalancer le poids de la lame, est entre les nervures de ce même côté. Des traits circulaires 
en creux complètent l'ornementation de la douille. 

Une pointe de javeline (fig. 192), en forme de 
triangle dont la base assez large se raccorde carrément ,,.,,..,. 
à une courte soie. — Longueur, o"'',073. ihijfm 

Une pointe de javeline (fig. 188) en forme de ^''j'^iif!"' 
feuille de laurier à nervure médiane; soie courte et te'//'fei 
plate. — Longueur, o™, 105. 



Une pointe de javeline triangulaire (fig. 196); la 
soie est longue et s'élargit vers le haut, à partir du 
tiers de sa longueur. — Longueur^ o", 10. 

Une garniture de flèche qui se termine en lame 
coupante. La soie est plutôt longue et la lame porte 
une nervure médiane. — Longueur, o'",075. 

Pointe de flèche, carrée du bas (fig. 185) s'élar- 
gissant un peu avant la pointe : la soie est courte et 
prolongée par une saillie légère de la lame. — Lon- 
gueur, G", 08. 

Pointe de flèche, en forme de losange (fig. 199) 
qui vers le bas s'élargit avant de se raccorder à la soie, plus large également au bas. Nervure 
médiane. — Longueur, o'",o8. 

Pointe de flèche en forme de losange (fig. 193); soie plate et courte. — Longueur, 
o",o8. 

Pointes de flèches en forme de feuilles de laurier (fig. 186, 187, 189 à 191 et 198), avec 
nervures médianes, soies plates et courtes. — Longueurs : 0^,08; o™,072; o"',o67; o'",o67; 
0^,067; o"\o67; o",o62; o"',o62; 0^045. 




Fig. 184. — Hache de bronze 
(2/3 grandeur naturelle) 



II 




203 204 ^"> 

FiG. 185 à 205. — PoiNiES DE JAVF.I INES, POINTES DE FLÈCHES ET HAMEÇON DE BRONZE (grand, nat.) 












OBJETS DE BRONZE 
Dépôts de fondation du temple de Chouchinak 




PL. XIX 



( 4r nat ) 



Hèho6.Du)aidiri 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 83 

Une pointe de flèche en forme de feuille de laurier, et dont la soie manque. — Longueur, 
0^,027 . 

Une pointe de flèche enforme de losange aux diagonales égales (fig. 194); la soie est plate 
et de même longueur que la lame. — Longueur, o"',03 5 . 

Une pointe de flèche, carrée à la base, très étroite (fig. 201) ; la soie courte se prolonge par 
une saillie qui va jusqu'à la pointe. — Cette forme peu fréquente est comparable à celle d'un 
poignard. — Longueur, o",o6. 

Une garniture de flèche en forme triangulaire (fîg. 205), la base serait vers le haut, et 
continuée par trois dents de o"\oi de longueur. — Longueur totale, 0^,055. 

Une garniture de flèche à trois pointes (fig. 202) découpée dans une lige aplatie; la soie 
est ronde et pointue. — Longueur, o",o53. 

Une garniture de flèche à trois pointes (fîg. 204) découpées dans une tige aplatie : les 
bords aplatis sont rabattus sur le reste de la tige, de manière à en faire une soie arrondie et 
pointue. 

Une garniture de flèche à deux pointes (fig. 200) ; la soie plate s'élargit à l'extrémité. — 
Longueur, o'",05 . 

Une garniture de flèche à deux pointes (fîg. 203) ; la forme générale ressemble à celle de la 
tète d'un oiseau, le bec ouvert. La partie bombée semble d'un côté porter une figuration peu 
distincte. — Longueur, 0^,05. 

Une pointe de flèche votive (fig. 197), ou poinçon quadrangulaire, dont la soie cylindrique 
était montée avec une feuille d'argent, dont il reste un anneau presque complet. — 
Longueur, o"", 045. 

Un hameçon (fig. 195) à tête légèrement renflée ; la pointe en triangle, dont la base est plus 
large que le diamètre de la tige, forme saillie d'arrêt, à l'intérieur de la courbure. C'est une 
véritable barbelure. — Hauteur, 0^,045. — Diamètre, o" , 022. 

Trois fils recourbés en crochets ; ce sont peut-être des hameçons. 

Deux fils dont une extrémité est tordue sur elle-même. 

Une tige de section rectangulaire, aplatie à ses deux extrémités qui paraissent être des tail- 
lants d'outils. — Longueur, o™ , 07 . 

Une tige cylindrique (fig. 212), de section rectangulaire à une extrémité, se termine en 
pointe à l'autre. — Longueur, 0°, 105. 

Une garniture de taillant d'une hache en bois (fig. 209), formée de deux lames de métal 
découpées en croissants et réunies aux cornes par des rivets. Elle est incomplète, en deux 
fragments. 

Deux ciseaux à longues tiges et tête à six pans (fig. 210, 211). Les tranchants ont o™, 005 
de largeur. — Longueur, o" , 1 12. 

Trois ciseaux de section rectangulaire (fig. 206 à 208) ; deux d'entre eux n'ont plus de 
tranchant. — Longueurs: 1° o'^.o^; 2° o"^o57; 3° 0^,085; 4° o"', 10. 



84 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Un ciseau au tranchant droit, à la lame rectangulaire, et dont le manche est légèrement 
conique vers le haut (fig. 225). L'outil est oblique par rapport à ce manche, comme il convient 
pour une sorte de grattoir. — Longueur de la lame, o"", 03 ; du manche, o"", 03. 




11 



210 



21 2 



209 



FiG. 206 à 212. — Ciseaux, taillant de hache et tiges de bronze 
(2/3 grandeur naturelle) 

Trois petits ciseaux à lames rectangulaires et aux taillants droits (fig. 224, 239, 240), 
pourvus de manches légèrement coniques vers le haut et se terminant en boules. — Le 
manche et la lame sont de longueurs égales. — Longueurs totales: o", 04; o'",036; o"\035; 
o'",o3; o"\02 5. 

Un petit ciseau analogue dont le manche légèrement conique est seulement arrondi à 
l'extrémité. — Longueur de la lame, o'",o22; du manche, o'",oi6. 

Une tige pointue à une extrémité, aplatie à l'autre. — Longueur, o"', i 5. 

Une tige de section rectangulaire dont une extrémité élargie porte un taillant de ciseau. — 
Longueur, o'",o5. — Largeur du taillant, o",oo7. 

Une tige ronde, diminuant vers une extrémité, aplatie en biseaux. — Longueur, o"\o72. 

Une tige de section carrée^ dont une extrémité est en pointe ; l'autre extrémité est ornée 
sur une hauteur de o'^.oiS de sillons circulaires. — Longueur totale, o"\o55. 

Soixante-cinq poinçons à deux pointes (fig. 221, 236 à 238), formés d'une tige de 
section carrée, s'amincissant graduellement vers les extrémités. — Les longueurs varient 
de o"\o( à o"',o6. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCMINAK 



8s 



Une tige de section à peu près carrée (fig. 226), dont une extrémité est pointue, l'autre 
seulement diminuée ; c'est probablement un outil. — Longueur, o"^ 10. 




FiG. 213 a 240. — Petits ciseaux, poinçons, outil et clous a section carrée, en bronze (2/3 grand, nat.) 




^i 273 

269 270 

FiG. 241 à 280. — Clous en bronze (2/5 grandeur naturelle) 



86 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Une tige droite amincie à une extrémité, peut-être épingle. — Longueur, o", 042 . 
Six clous à têtes carrées (fig. 213 à 215, 220, 222, 227), dont les longueurs varient 
entre o"",07 et o™,o5. 

Neuf clous (fig. 216, 217, 219, 223, 228, 230, 231 à 233), analogues, dont les longueurs 

varient entre, o'", 05 et o", 03. 

Cent vingt-trois clous (fig. 218, 229, 2^4, et 235). analogues plus petits. 

Quinze clous à larges tètes arrondies (fig. 241, 244, 247, 255, 262), dont les longueurs 

varient entre o", 10 et 0^,05. 

Trente-six clous analogues (fig. 242, 248, 249, 251, 253,254, 261, 264, 270, 274, 277 à 279), 
dont les longueurs varient entre o", 05 à 0,0025. 

Cent dix-huit clous analogues plus petits (fig. 243, 245, 246, 250, 252, 256 à 260, 263, 265 
à 269, 271 à 276, 280). 

Une tige de section circulaire, courbée comme un fragment de collier, sans ornements. — 

Longueur, o"", 135. 

Une tige de section circulaire, courbée à une extrémité^ l'autre extrémité taillée en pointe 
aplatie, est repliée complètement sur le corps de la tige; c'est probablement une aiguille 
déformée. — Longueur, 0^,09. 

Un clou long et mince (fig. 293), dont la tête est une large plaque mince légèrement 
bombée. — Hauteur du clou, «",04. — Diamètre de la tête, o'",o5. 

Un clou dont la tige est longue et mince (fig. 289), la tête est une bossette de métal mince. 
— Hauteur du clou, o'",o2. — Diamètre de la tête, o", 112. 

Une tête de clou, plaque mince et bombée dont le centre est percé d'un trou {i\g. 282 et 
285). — Diamètre, 0^,047. 

Une dizaine de têtes de clous analogues (fig. 296), plus ou moins bombées et une douzaine 
de fragments. 

Trois plaques minces de métal dont le centre est bombé en hémisphère (fig. 283); le pourtour 
plat est percé de quatre trous opposés deux à deux. — Diamètre, 0^,046. 

Une plaque analogue, en mauvais état. — Diamètre, 0,06. — Deux plaques du même 
type (fig. 284 et 299). — Diamètres, o'",025; o"',o2. 

Trois hémisphères (fig. 281), formés d'une feuille de métal mince et dont les bords sont 
percés de deux trous opposés. — Diamètres, o'",026. 

Un hémisphère analogue (fig. 290 et 291), de o'",o2 de diamètre environ; deux des pomts 
opposés de la bordure sont réunis par une tige plate. 

Cet objet et les précédents sont peut-être des ornements de coiffures". 

Deux petits disques de métal, de o'",oi 5 de diamètre. 

m 

1. De semblables parures ont éic trouvées clans les tombeaux du l'alyche, autour des crânes, par 
M. J. de Morgan, Mission en Perse, tome 1\'. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



^7 



Un médaillon (PI. XVIII, fig. 7), circulaire, de o"', 07 de diamètre, et de o™ ,006 d'épaisseur, 
montre sur une face, le soleil élamite, symbole de Samas. 

Une pendeloque, formée d'une plaque de métal mince, circulaire, dont une languette repliée 
constitue la bélière. Elle est ornée, au repoussé, d'une étoile à six branches, dont le centre est en 





299 



30Q 



FiG. 281 à 300. — Pendeloques et ornements de bronze (9/10 grandeur naturelle) 



bossette ; entre les branches de l'étoile sont des bossettes plus petites, et deux lignes concentriques 
de bossettes très petites, garnissent le pourtour. — Diamètre, o"',03. 

Une pendeloque analogue avec bélière (fig. 292), porte une bossette centrale, entourée de 
six bossettes plus petites. — Diamètre, o'°,o26. 

Une pendeloque analogue (fig. 287), avec bélière, ornée d'une étoile à huit branches 



88 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



partant d'une bossette centrale, entourée de bossettes plus petites. Sur le pourtour est une ligne 
circulaire de bossettes très petites. — Diamètre, o'",o29. 

Une pendeloque avec bélière; elle est ployée en deux; on distingue une étoile à si.x 
branches partant d'une bossette centrale, et sur le pourtour une ligne circulaire de bossettes. 
— Diamètre, o"", 034. 

Une pendeloque avec bélière (fig. 297), elle est ornée d'une bossette centrale. — 
Diamètre, o™,oi6. 




3<4 



FiG. 301 à 316. — Ornements de bronze (grandeur naturelle) 



Une pendeloque (?) analogue (fig. 300) au.v précédentes, ornée d'une étoile a six branches 
partant d'un centre en bossette, et de bossettes entre les branches de l'étoile. — 
Diamètre, o"',o3i. 

Deux pendeloques (?) (fig. 291 et 295). ornées d'une bossette centrale, entourée de six 
bossettes plus petites. — Diamètres, o"'.o28; o"',022. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



89 



Longueur, o 



Longueur, o 




321 



Une moitié de pendeloque (?) (fig. 298). ornée d'une bossette centrale entourée de six 
bossettes plus petites. — Diamètre, o". 052. 

Une pendeloque (fig. 288) ornée d'une bossette centrale, d'où partent six branches d'étoile 
gravées au trait et entre lesquelles sont des bossettes; sur le pourtour, deux traits gravés 
concentriques, dont l'intervalle est orné. 

Une perle ovoïde (fig. 286), faite d'un fil enroulé sur lui-même. — Longueur, o"', 014. 

Une épingle incomplète (PI. XIX, fig. 3), dont la tète est ornée d'un chevreau debout sur 
une petite baguette transversale, les oreilles levées, la queue dressée. 

Il manque une partie de l'oreille gauche et une longueur importante de la tige. 
— Longueur, 0^,055. 

Une épingle (PI. XVIII, fig. 5), dont la 317 

tête est en forme de petit taureau. — Lon- 
gueur, o"',o65. 

Une épingle à tête conique (fig. 301), 
dont la tige est percée d'un trou aux 2/5 de 
la longueur totale, et ornée, depuis le haut 
jusque là, de traits circulaires équidistants. — 
112. 

Une épingle (fig. 317), dont la tête est 
légèrement renflée en forme de massue. — 
117. 

Trois épingles du même type (fig. 302. 
318 et 319). — Longueurs, o'^io; o",o85; 
o"',o95. 

Deux épingles du même type, dont il man- 
que les pointes. — Longueurs, o" , 068 ; o" , 047 . 

Une épingle légèrement ployée (fig. 320). 
dont la tête cylindrique est ornée de deux 
sillons parallèles. — Longueur, o"',075. 

Une épingle (fig. 321), à laquelle il 
manque la pointe, et qui figure un serpent, 
dont le corps est de plus en plus sinueux vers 
la tête. — Longueur, o", 108. 

Une épingle (?) (fig. 322), à tige carrée, 
dont la tête sphérique est ornée de trois ran- 
gées circulaires de petites bosses rondes ; la pointe manque. — Longueur, o"',o38. 

Une épingle (fig. 308), incomplète et courbée, dont la tète est formée par des enroulements 
de l'extrémité de la tige. 



I 



322 

Epingles de bronze 



(grand, nat.) 



12 



90 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Un fil (fig. 323 a et b), dont une extrémité se divise en trois branches; l'autre extrémité 
est pointue; épingle ou aiguille. — Longueur. o'°,055. 

Un fil disposé en forme d'agrafe (fig. 309). 

Une épingle (fig. 324) ou clou très mince. — Longueur, o"'.o3. 

Quatre anneaux (fig. 310), de o'",o5 de diamètre. 

Vingt-cinq bagues (fig. 307), ornées de sillons circulaires parallèles. 

Cinq bagues (fig. 304 et 305), en forme de deux anneaux accolés. 

Cinq bagues (fig. 312), formées d'un fil enroulé deux fois sur lui-même. 

Une bague (fig. 306), formée d'un large ruban plat. 

Quinze anneaux (fig. 313), formés d'un fil carré tordu. 

Vingt-cinq anneaux formés d'un ruban plat. 

Un millier d'anneaux simples (fig. 303 et 311), dont soixante-dix formés d'un fil excessi- 
vement fin. 

Un anneau orné d'un coquillage (fig. 315). 

Un anneau orné d'une perle cylindrique en pâte blanche (fig. 314), 

Une corde de métal (fig. 316), faite de fils soudés et terminée par deux boucles. Elle est 
pliée trois fois sur elle-même. — Longueur approximative, o"", 33. 

Il faut ajouter une dizaine de kilogrammes de débris de tiges et feuilles et une cinquan- 
taine de kilogrammes de débris informes et de scories métalliques. 

Objets de fer. — Onze anneaux rongés par la rouille. 

Objets de pierre. — Cylindres et cachets. 

(PI. XX, fig. i). — Cylindre de grande dimension et d'un beau travail archaïque. La 
figuration peut se partager en quatre groupes, disposés chacun avec beaucoup de symétrie. 

Dans le premier, deux lions aux fortes crinières, dressés sur les pattes de derrière et dont les 
corps se croisent, dévorent, l'un^ une gazelle saisie au cou, l'autre, une chèvre mordue à 
l'arrière-train et dont la tête disparait dans un défaut du cylindre. 

Dans le deuxième, un personnage au corps de gazelle, vu de profil, à droite, le visage vu 
de face, passe devant un deuxième analogue, vu de face. Tous deux sont barbus, aux longues 
moustaches relevées, et sont coiffés de toques peu distinctes dans le bord usé du cylindre. 

L'un d'eux tient une massue; l'espace compris entre le bras et le corps se garnit d'une 
petite étoile. 

Le troisième groupe représente une gazelle, cabrée pour fuir un griffon symétriquement 
dressé, qui se retourne et la saisit au cou. 

Le quatrième groupe se partage en deux registres inégaux par deux traits parallèles. Le 
supérieur, occupant un tiers de la hauteur, porte des traits conventionnels; le registre inférieur 
est occupé par deux gazelles, dressées et croisées, qui retournent leurs tètes l'une vers l'autre. — 
Calcaire blanc. — Haut. : o'",049 — Diam. : o",o3i. 







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PL. XX 



CYLINDRES ( Grandeur naturelle ) 
Dépots de fondation du temple de Chouclunak 



Héhoè.Duiariiin 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 91 

(PI. XXII, n" i). — Ce cylindre peut être mis en parallèle avec les plus beaux connus. La 
facture est soignée, les proportions heureuses, les mouvements bien indiqués; les représentations 
occupent toute la hauteur du cylindre ; elles sonttrès habilement balancées, se partagent en deux 
scènes différentes, et se rapportent aux premiers mythes chaldéens. 

Le héros Gilgames représenté de profil, coiflfé d'un bonnet, vêtu d'un pagne, est en présence 
d'Ea Bani, le taureau à tête d'homme. 

Le corps de l'animal est dressé de profil, la tète est de face montrant le visage aux traits 
accentués, les cornes recourbées, la longue barbe et les moustaches relevées. La même scène est 
reproduite une deuxième fois, avec une variante, une massue en bois recourbé entre les deux 
personnages. 

La deuxième scène montre un lion et un taureau aux prises. Les animaux sont cabrés, 
leurs corps se croisent ; le lion retourne la tète pour mordre le taureau à la gorge. Un person- 
nage en pagne court, coiffé d'un bonnet, intervient dans la lutte. D'une main il tient une patte du 
lion, de l'autre il le saisit à la tête. 

Les deux scènes sont séparées par la masse d'armes chaldéenne. Ce cylindre est en marbre 
noir. — Hauteur, o™, 044. — Diamètre, o", 024. 

(PI. XXI, fig. i). — Cylindre très archaïque et fruste d'exécution. Le sujet difficile à définir 
peut être partagé en quatre groupes, comprenant chacun un personnage accroupi levant les 
mains vers le ciel. La tète de ces personnages est figurée par un simple point prolongé par un 
trait, peut être figuration de longue chevelure. 

L'un d'eux est sur un lit : au-dessous de deux autres sont des traits difficiles à interpréter ; 
le quatrième figuré plus bas est surmonté d'un ornement analogue à ceux qui séparent les 
groupes, disposés par deux, l'un au-dessus de l'autre. 

Ces ornements se composent d'un point assez important, allongé vers le bas, surmonté d'un 
autre plus petit et garni vers la droite, ou vers la gauche, par un petit trait ; peut-être représen 
tations de vases. — Travail à la bouteroUe. — Chlorite. — Haut. : o'",02 — Diam. : o°',02. 

(PI. XX, fig. 2). — Cylindre gravé au burin avec négligence, sauf pour le texte très fin. 

On peut distinguer 3 groupes. Un personnage debout, de profil, à droite', coiffé d'un 
bonnet à cornes, vêtu d'une tunique courte, dont il retient les plis de la main gauche, fait face à 
un deuxième, vêtu d'une robe longue, levant les mains vers le ciel. 

Entre eux, croissant lunaire, et plus bas un animal peu distinct, peut-être un chevreau. 

Le deuxième groupe comprend, à la partie supérieure du cylindre, un animal, peut-être une 
gazelle, vu la tête en bas, les pattes de derrière écartées ; au-dessous, un personnage nu, un 
genou à terre, qui lève la main gauche, la main droite cachée derrière le corps. 

Pour le troisième groupe, deux animaux dressés sur les pattes de derrière et difficiles à 
interpréter. 

1. Les indications de position se rapportent à l'empreinte. 



92 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 

Le texte en quatre colonnes chevauche sur les figurations de ces deux derniers groupes. — 
Hématite. — Haut. : o",029 — Diam. : o'",oo7. 

(PI. XXII, fig. 2). — Scène d'offrande. — Un premier personnage, vu de face, coififé d'une 
mitre (?), vêtu d'une longue robe à plis et tenant un glaive dans la main droite, se tient debout 
devant un deuxième, coififé d'une toque ronde, vêtu d'une robe à bordure ornée, qui lui 
apporte un chevreau (?) ; entre eux, dans le haut du cylindre, un chevreau(?), plus bas un 
signe formé d'une étoile surmontant une tige verticale. 

En arriére, un troisième personnage vu de trois quarts, à droite, coififé d'une toque ronde, 
vêtu d'une longue robe ornée ou plissée, les bras croisés, lève la main droite. 

Il est séparé du groupe précédent par deux signes : le premier, indécis, à la partie supé- 
rieure du cylindre, le second, à la partie inférieure, est un trait vertical à saillie centrale, limité 
aux extrémités par des traits obliques '. 

Le texte très net occupe trois colonnes : il donne le nom de Inbubu, fils de Nur ahhiiou, 
serviteur du dieu Lugal banda. — Hématite. — Haut. : 0^,03 1 — Diam. : o"'oi 5 . 

(PI. XX, n° 7). — Ce cylindre est peut-être inachevé ou seulement très fruste d'exécution. 
Il donne une bonne indication des procédés de travail : la meule et la bouterolle. 

L'interprétation du sujet est incertaine; il semble qu'il s'agisse de personnages debout et 
vus de face, séparés par des points et des traits accessoires. — Hématite. — Hauteur, o", 03. — 
Diamètre, o'", 009. 

(PI. XX, fig. 4). — Divinité, de profil, à gauche, assise sur un siège élevé d'un degré, 
recouvert d'une étoffe à franges. Elle est coiffée d'un turban(?), vêtue d'une robe à bordure; sa 
main droite tend un vase ; la main gauche est ramenée à la ceinture. Une longue barbe descend 
sur sa poitrine. Devant elle, se tient debout l'Impétrant, de profil à droite, tête nue, les bras et 
l'épaule droite découverts; vêtu d'une robe plissée à bordure; entre eux est un croissant, 
symbole de Sin, et plus bas, un escabeau. Il porte le vêtement dans lequel M. Hcuzey a reconnu 
l'étofife du konakes des Grecs. 

Derrière l'Impétrant, séparé de lui par une petite figure indécise, gravée au-dessus d'une 
tête coiffée d'homme barbu, est un personnage debout, les mains levées pour l'adoration; il est 
coififé d'une toque à ornements, vêtu d'une robe à franges. 

Derrière la Divinité, se tient debout, sur un degré, un serviteur vu de profil ; il est vêtu 
d'un pagne court et tient une lance ou un bâton levé. Près de lui, un deuxième serviteur, barbu, 
et portant une coiffure ronde, vêtu d'un pagne, joint les mains en signe d'adoration. — 
Hématite. — Haut. : o"',028 — Diam. : o"\oi7. 

(PI. XXII, fig. 8). — Deux personnages vus de face, les têtes de profil, coiffés de bonnets 
à cornes, vêtus de robes à franges, se regardent; à droite, on peut désigner un sacrificateur, le 
glaive dans la main gauche, et devant lui, le pontife, levant la main droite pour ordonner. 

I . Cette figuration est donnée par J. Menant dans Coll. de Clercq, comme le symbole de la Justice. (Voir descrip- 
tion cylindre 89). 






Zb 




^<,. 







Ita. 







6c 



PL. XXI 



CYLINDRES ET CACHETS 

Dépôts de fondation du temple de Chouchmak 

( àv. nat. ) 



Hélioô.Dujardin 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHlNAK 93 



Entre eux se dresse une pique. 

Un texte en trois colonnes donne le nom de Nin Sali imguranni, fils de Daniki ili'sou, 
serviteur du dieu Nin Sah. — Hématite. — Haut. : o",028 — Diam. : o",oi3. 

(PI. XXII, fiR-. 6). — Un personnage barbu, vu de trois quarts, à gauche, dont la coiffure 
est indistincte dans un défaut du cylindre, avance les mains. Il est vêtu d'une robe serrée à 
la ceinture, retombant avec des plis droits et laissant passer la jambe droite qui s'avance pour 
poser le pied sur un escabeau. 

Derrière lui, un personnage, vêtu d'un long châle à franges, est vu de face; le visage, de 
profil à gauche, est imberbe. Il ramène les mains sur la poitrine. 

Entre eux le soleil" dans le croissant de la lune, plus bas une figuration grossière de 

poisson (?). 

Un deuxième groupe est séparé en deux registres égaux par un trait horizontal. Chacun 
d'eux est occupé par deux petits personnages debout, très effacés dans le registre supérieur. Dans 
le registre inférieur une femme nue. vue de face, la tète de profil à droite, les mains jointes, et 
un pontife, de profil à droite, coiffé d'une tiare, vêtu d'une robe à franges, levant les mains 

pour prier. 

Un texte très net en trois colonnes, au nom de Pillulu, fils de Nur Samas, serviteur du 

dieu. . . — Hématite. — Haut. : 0^,027 — Diam. : o",oi4. 

(PI. XX, fig. 5). Une divinité de profil à gauche, assise sur un trône élevé d'un degré, 

est coiffée du bonnet à cornes, vêtue d'une robe à franges, et tend la main droite. La mam 
gauche est ramenée à la ceinture. Un peu en avant est un croissant. 

Devant la divinité, un pontife en robe longue, coiffé du bonnet à cornes, la main gauche 
levée, amène par la main l'Impétrant qui, tête nue, imberbe, en robe longue, lève la main droite. 

Texte en deux colonnes, peu distinct. — Hématite grossière. — Haut. : o'",02 3 — Diam. : 

o'",oi4. 

(PI. XXII, fig. 5). — Deux groupes. Dans le premier, EaBani, barbu, aux longues mous- 
taches, coiffé d'un bonnet, debout sur des pattes de taureau, lutte contre un lion dressé. Entre 
eux un animal peu distinct, qui se retrouve entre les figures du second groupe. Celui-ci con- 
tient la lutte de deux griffons, dont l'un est aile. Entre ces deux groupes, un petit animal peu 
défini. — Hématite. — Haut. : o",02i — Diam.: o'",oi i . 

(PI. XXII, fig. 3). — Une divinité, de profil à droite, coiffée d'un bonnet à côtes, vêtue 
d'une robe à franges, est assise sur un trône orné de franges, la main droite en avant. Un 
personnage, de profil à gauche, s'avance vers elle en tendant les deux mains. Il tient, de la mam 
droite, un objet difficile à interpréter. Il est coiffé d'un bonnet à côtes et vêtu d'une robe demi 
lonçrue ornée d'une frano^e inférieure. Entre eux, dans le haut du cylindre, est le croissant 
lunaire. 



I. Le soleil est le svmbole du dieu Samas. 



94 OFFRANDES DE FONDATION DU l'EMPLE DE CHOUCHINAK 

Le texte bien gravé comprend trois colonnes, au nom de 5m Ismani, fils de Sin hmani (?) 
serviteur du dieu Sin. — Roche verte. — Haut. : o'°,025 — Diam. : o"',oi4. 

(PI. XX, fig. 8). — Deux personnages debout, coiffés de bonnets, vêtus de robes, se font 
face; l'un, de profil à gauche, barbu, apporte un chevreau dans ses bras; l'autre tend la main 
gauche vers lui. 

Ce cylindre, dont le travail est un peu fruste, porte un texte de trois colonnes. — Lapis- 
lazuli. — Haut. : o",oi8. — Diam. : o"',oo7. 

(PI. XX, fig. 6). — Un pontife imberbe, de profil à gauche, coiffé delà tiare multicorne, 
vêtu d'une robe à franges et maintenue par une ceinture, et d'une écharpe plissée passant sur 
l'épaule gauche, tient une tige verticale, surmontée d'une étoile à huit branches. Il la tend à un 
personnage imberbe, de profil à droite, coiffé d'un bonnet rond, vêtu d'une robe à plis droits et 
avançant les deux mains. 

Entre eux est la figuration grossière d'un poisson. 

Un texte en trois colonnes, au nom de Hapiipu, fils de Manniim Saninsu, serviteur du dieu 
Nin-si-anna. — Calcédoine blanche. — Haut. : o",oi9 — Diam. : g", 09. 

Cylindre: deux personnages imberbes, vêtus de robes, se font face. L'un, de profil à 
gauche, portant une coiffure aux larges bords, tient un instrument (?), tige verticale garnie d'une 
saillie à l'une des extrémités^ hache ou massue, au-dessus d'un chevreau. L'autre, de profil à 
droite, avance les deux mains. 

Ce cylindre assez usé porte un texte en trois colonnes. — Calcaire blanc. — Haut. : o^.oiy 
— Diam. : o'",oo8. 

Cylindre : deux gazelles, vues de profil à droite, aux longues cornes recourbées, se suivent. 

Calcaire blanc. — Haut. : o"\oi4 — Diam.: o'",oo8. 

Long cylindre portant une inscription en caractères archaïques, très finement gravée. 

Le texte est divisé en deux registres: le registre supérieur comprend trois colonnes; le 
registre inférieur cinq colonnes dont aucune ne prolonge les précédentes. Inscription votive 
de Doungi, roi d'Our, à la déesse Nin-Gal'. — Cornaline. Haut. : o'",o59 — Diam. : o'",oo75. 

(PI. XX, fig. 3). — Ce cylindre est divisé en deux registres. Le registre inférieur est occupé 
par un quadrillé de traits. Le registre supérieur comporte deux groupes : dans le premier, un 
personnage imberbe, de profil à droite, coiffé d'un béret, vêtu d'une robe à plis, serrée à la cein- 
ture, tient de la main droite un trident ; il est debout devant un autel (?) sur lequel est un petit 
arbre. 

Le deuxième groupe montre deux animaux fantastiques, l'un au-dessus de l'autre. — 
Matière brune'. — Haut. : o"',028 — Diam. : o"',oi2. 

(PI. XXI, fig. 8). — Trois chèvres de profil adroite, se suivent en retournant leurs têtes 

1. Cf. Scheil, Mém. Je la Délcg. Tome VT, p. 22. 

2. Ce que aous désignons ainsi est une pâte bitumineuse, argilo-calcaire, naturelle ou spécialement préparée. 






^\^ 











CYLINDRES ( Grandeur naturelle ) 
Dépots de fondation du temple de ChoucKinak 



Hébo& ,Duj a.i*din 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 95 



en arrière. Leurs cornes de droite se prolongent en se recourbant. Entre leurs pattes des traits 
en rameaux, analogues à ceux qui figurent leurs corps, représentent peut-être des chèvres cou- 
chées. Au-dessus de Tune des chèvres, un croissant, au-dessus d'une autre un rameau vertical. 
— Matière brune. — Haut. : G", 02 1 — Diam. : o", CI 2. 

(PI. XXI, fig. 2). — Deux groupes. Dans le premier, un personnage, de profil à droite, coiiïé 
d'un bonnet strié, vêtu d'une robe à plis droits, s'avance, tenant une pique de la main gauche, le 
bras droit se tend en arrière vers le bas. 

Dans le second, un quadrupède, bas sur pattes, aux bois fourchus, est surmonté de trois 
figurations d'animaux difficiles à interpréter ; devant lui, un arbre au-dessus duquel est repré- 
senté un oiseau. — Matière brune. — Haut. : o", 028 — Diam. : o'",oi3. 

(PI. XXII, fig. 9). — Assise sur un trône au siège incliné, au bord décoré, une divinité, de 
profil à gauche, imberbe, coiffée d'un bonnet strié, vêtue d'une robe, avance, de la main droite, 
une coupe (?) ; la main gauche est ramenée à la ceinture. Devant elle, un personnage, de profil à 
droite, imberbe, coiffé d'un bonnet strié, vêtu d'une robe à plis, joint les mains en signe d'ado- 
ration. 

Entre eux, une amphore (?), plus haut un croissant. 

Derrière la divinité, un édicule au-dessus duquel sont alignées trois amphores. — Matière 
brune. — Haut. : G™, 023 — Diam. : 0"", 01 3. 

Cylindre : une divinité, de profil à gauche, assise sur un trône à franges, coiffée d'un bonnet 
strié, vêtue d'une robe à plis droits, la main gauche à la ceinture, avance le bras droit, la main 

levée. 

Devant elle un personnage, de profil à droite, vêtu d'une robe, est peu distinct. 

Entre eux une amphore, au-dessus un croissant. 

Texte peu distinct en deux colonnes. — Matière brune. — Haut. : g", 022 —Diam. ig^.gii. 

Cylindre : une divinité, de profil à gauche, coiffée d'un béret, vêtue d'une robe à franges, 
est assise sur un trône orné de franges; la main gauche est ramenée à la ceinture ; le bras droit 
en avant pour offrir une coupe. Au-dessus de celle-ci le croissant lunaire. 

Devant elle un personnage debout, de profil à droite, coiffé d'un bonnet, vêtu d'une robe à 
plis ornée d'une bordure, tient par le haut une tige verticale avec saillie centrale '. 

Derrière lui, un quadrupède fantastique, la gueule ouverte, la queue levée, deux fois 
recourbée. — Matière brune. — Haut.: 0^,025 — Diam. : o",oi4. 

Cylindre très usé. A la base on distingue une torsade ; au-dessus une divinité assise ; 
devant elle un personnage debout ; derrière elle, une figure, homme ou animal cabré, avance 
les extrémités. 

Dans le haut du cylindre, petites figurations peu distinctes. — Matière brune. — Haut. : 

o'°,025 — Diam. : o'^.oog. 

I. Cette figuration est donnée par J. Menant, comme le symbole de la Justice. Collection de Clercq. 



96 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 

(PI. XXII, fîg. 4). — Ensemble de traits difficiles à interpréter, peut-être une ébauche. — 
Matière brune. — Haut. : o"'^023. — Diam. : o",oi4. 

Cylindre : une divinité, de profil, àgauche, assise sur un trône à franges, les pieds posés sur un 
escabeau, tend une ampulla (?) de la main droite. Elle est coiffée d'un bonnet strié, vêtue d'une 
robe à côtes et plis. Devant elle, un personnage debout, vêtu d'une robe à plis droits, coiffé d'un 
bonnet; il est vu de face, tournant la tête à droite, les bras sont croisés sur la poitrine. 

Entre eux, dans le haut du cylindre, le croissant, plus bas une petite figuration indécise. 

Un quadrupède, de profil à droite, retourne complètement la tête et le cou vers la gauche. 

Matière brune. — Haut. : o'",023 — Diam. : o"\oi2. 

Cylindre : deux personnages sont figurés, l'un dans le sens de la hauteur du cylindre, l'autre 
perpendiculairement. Le premier, de profil à droite, coiffé d'un bonnet strié, tient le bras droit 
levé, le bras gauche abaissé. Le deuxième, de profil à droite, coiffé d'un bonnet aux larges bords, 
les épaules horizontales, tient les avant-bras vers le ciel. Dans leur prolongement, au-dessous, 
deux tiges verticales, garnies de traits ou rameaux. — Matière brune. — Haut. : 0^025 — 
Diam. : o"',oi i . 

(PI. XXII, fig. 7). — Trois personnages, de profil, à droite. Les deux premiers, à peu 
près identiques, coiffés de bonnets striés, vêtus de robes à plis droits, très larges de corps, lèvent 
le bras gauche vers le ciel. 

Le troisième, imberbe, coiffé d'un bonnet semblable, joint les deux mains. — Matière brune. 
— Haut. : o™,o2o — Diam. : o™,oii. 

Cylindre : un personnage, imberbe, le corps de face, le visage de profil à droite, coiflé d'un 
bonnet strié, tient, dans chaque main, à bras tendus, un bâton vertical orné de moulures, servant 
de support à un vase arrondi. Du vase de droite, il semble sortir de la fumée. 

Un animal monstrueux, se dresse, les pattes de devant dirigées l'une vers le ciel, l'autre vers 
la terre, la gueule ouverte. — Matière brune. — Haut. : o'",023 — Diam. : o'",oi i . 

Cylindre : une divinité^ de profil à gauche, est assise sur un trône orné ; coiffée d'un bonnet 
strié, vêtue d'une robe, la main gauche ramenée à la ceinture, elle tend une coupe de la main 
droite. 

Devant elle, un personnage, de profil à droite, barbu, coiffé d'un bonnet, vêtu d'une robe, 
se tient debout. 

Entre eux, dans le haut du cylindre, le croissant lunaire, plus bas une amphore (?). 

Un texte en deux colonnes. — Matière brune. — Haut. : o'",026 — Diam. : o^.oi 3. 

(PI. XXI, fig. 7). — Une divinité, de profil à gauche, est assise sur un trône orné de 
franges; coiffée d'un bonnet strié, vêtue d'une robe, elle tend une coupe. 

Devant elle un personnage debout, de profil à droite, vêtu d'une robe, joint les mains sur 
sa poitrine. 

Entre eux, le croissant lunaire dans le haut du cylindre, plus bas une amphore (?). 

Un quadrupède, gazelle aux cornes ramifiées, les pattes de derrière en contre-bas, est 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCIIINAK 97 



représenté, de profil à gauche, retournant complètement la tète et le cou vers la droite. — 
Matière brune. — Haut. : o'",024 — Diam. : o"',oi2. 

Cylindre : quatre personnages, de profil adroite, se suivent; ils semblent joindre les mains 
sur leur poitrine; les deux premiers sont coiffés de bonnets striés, les autres de bonnets ronds. 

— Matière brune. — Haut. : o'",023 — Diam. : o'",oio5. 

Cylindre : une divinité, de profil à gauche, est assise sur un trône orné de franges; 
coiffée d'un bonnet strié, vêtue d'une robe à côtes, elle tend une coupe de la main droite. 

Devant elle, un personnage, de profil à droite, coiffé d'un bonnet strié, vêtu d'une robe 
garnie au bas d'une bordure et ornée de côtes, se tient debout, joignant les mains. 

Entre eux, dans le haut du cylindre', le croissant lunaire, plus bas une amphore. 

Texte en deux colonnes. — Matière brune. — Haut. : o"", 017. — Diam. : o", 009. 

Cylindre : deux personnages imberbes, vêtus de robes, debout sur un degré, se font face. 
L'un coiffé du bonnet à cornes, avance la main droite au-dessus d'un animal accroupi peu 
distinct. L'autre, coiffé d'un bonnet rond, lève les deux mains. 

Ce cylindre très fragile porte un texte en trois colonnes. — Pâte blanche. — Haut. : o"',oi5 

— Diam, : o",oo8. 

Cylindre usé et fragile : deux groupes représentant tous deux une scène analogue. Un 
personnage debout, de profil à gauche, coiffé du bonnet à cornes, vêtu d'une robe, tient, dans 
le premier groupe une pique, dans le second un bâton surmonté d'une étoile. Devant chacun 
d'eux, un personnage debout, de profil à droite, coiffé d'un bonnet rond. — Pâte blanche. 

— Haut. : o", 022 — Diam.: o^jOii. 

Cylindre : un personnage, de profil à gauche, debout, coiffé d'une tiare (?), vêtu d'une 
robe, tient de la main droite un bâton recourbé à l'extrémité supérieure. Devant lui un chevreau, 
de profil à gauche, et un deuxième personnage, de profil à droite, coiffé d'un bonnet rond, 
vêtu d'une robe, avance les deux mains. — Pâte blanche. — Haut. : o"',023 — Diam. : o'",oi2. 

Cylindre très fragile et usé : un personnage de face, la tête entourée d'une bandelette, 
tournée de profil. à gauche, regarde un deuxième personnage, la tête indistincte, vu de face, 
vêtu d'une courte tunique, le bras gauche baissé, la main droite à la ceinture. 

Le premier semble montrer de la main gauche un oiseau (?) aux très longues pattes, figuré 
de profil à droite. — Pâte blanche. — Haut. : o'",oi8 — Diam. : o",oo7. 

Cylindre incomplet et très usé : un personnage debout, de profil à gauche, vêtu d'une 
robe serrée à la ceinture, tend une pique verticale de la main droite. Devant lui, un deuxième 
personnage, de profil à droite, vêtu d'une robe, avance les deux mains. 

Texte en 4 colonnes, très fruste. — Pâte blanche. — Haut. (?) — Diam. : o",oi3. 

Cylindre très usé et fragile, sur lequel on ne peut rien distinguer dans son état actuel. 

Pâte blanche. — Haut. : o'°,026 — Diam. : o'",oii. 

Cylindre : réseau de traits quadrillés. — Pâte blanche portant des traces d'émail vert. — 
Haut. : o"',oi9 — Diam. : o™,oo8. 

^13 



98 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Fragment inférieur de cylindre : on reconnaît la moitié inférieure d'un personnage vêtu 
d'une robe, de profil à droite : devant lui, la tête d'un petit animal (?). — Quelques caractères 
en trois colonnes. — Hématite. 

Fragment supérieur d'un cylindre : tête et épaules d'un personnage, de profil à gauche, 
coiffé d'un bonnet à cornes. 

Quelques caractères en deux colonnes. — Hématite. 

Fragment inférieur d'un cylindre : jambes et pieds d'un personnage, de profil à gauche, 
un trait en zigzag. — Matière brune. 

Fragment de cylindre portant un texte très finement gravé en deux colonnes. — Cornaline. 

Cylindre : deux yeux (?) séparés par deux traits verticaux, indiqués par une saillie allongée 
entourée de deux traits parallèles, se partagent la circonférence du cylindre. — Calcaire blanc. 
— Haut. : G™, Cl 5 — Diam. : o",oi2. 

Cylindre : un pontife (?) coiffé du bonnet à cornes, vêtu d'une robe, est debout, de profil à 
droite, et avance la main gauche. Devant lui, un personnage coiffé du bonnet à cornes, le bras 
droit levé en arrière, paraissant tenir un glaive, s'avance pour frapper un personnage vu de 
face, et de plus petite dimension, qui parait nu, les mains jointes. — Calcaire blanc. — Haut. : 
o'",oi6 — Diam. : o'",oo6. 

Cylindre incomplet et en très mauvais état : on distingue seulement un personnage debout, 
de profil à gauche, coiffé de la tiare à cornes et vêtu d'une robe serrée à la ceinture. — Calcaire 
blanc paraissant avoir été brûlé. — Haut. : o"',025 — Diam. : o",oi2. 

Cylindre en très mauvais état : on distingue un personnage debout, de profil à gauche, 
coiffé du bonnet à cornes, vêtu d'une robe qui laisse passer la jambe droite qui se pose, en avant, 
sur une figuration peu distincte, peut-être un chevreau. 

Ce cylindre doit porter trois colonnes de texte. — Calcaire blanc. — Haut. : o",02 — 
Diam. : o^.oog. 

Fragment de cylindre en mauvais état, partie supérieure : on distingue, devant un palmier, 
un personnage, de profil à droite, qui avance les deux mains. — Pâte émaillée. 

Partie supérieure d'un cylindre formant rondelle, dont on comptait se servir comme 
ornementation. On distingue les têtes coiffées de trois personnages et quelques signes sym- 
boliques. — Hématite. — Diam. : o"", 012 — Haut. : o^.ooy. 

Perle percée, irrégulièrement cylindrique. Sur le pourtour, des traits gravés, peut-être 
essais de travail au burin. — Jaspe rouge. — Haut. : o"',o3 — Diam. : o'",oi2. 

Cylindre préparé pour la gravure (?). — Jaspe jaune. — Haut. : o'",02 — Diam. : 0™, 01 1 . 

Cylindre préparé pour la gravure (?) montrant de nombreuses traces de travail à la pointe 
et au burin. — Calcaire gris. — Haut. : o'",02 — Diam. : o^.ooS. 

Cylindre préparé pour la gravure? incomplet. — Mica? — Haut. : o"", 01 3 — Diam. : o'",oo9. 

Cylindre portant à mi-hauteur une petite figuration ou un essai de travail au burin. — 
Calcaire blanc compact. — Haut. : o'.oiô — Diam. : o^.ooy. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TE.MPLE DE CHOUCHINAK 99 



Cylindre ou perle cylindrique (?). — Calcaire blanc. — Haut. : o™, 013 — Diam. : o", 055. 
Moitié de cylindre préparé pour la gravure, matière bitumineuse. — Haut. : o™, 016. 
Cylindre préparé pour la gravure, porte six marques d'outil sur une génératrice. — Jaspe 
violet et blanc. — Haut. : o"027 — Diam. : 0^015. 

Cachets. — Ces cachets s'employaient par simple apposition sur l'argile molle : on les 
portait suspendus comme les cylindres; ils sont tous percés dans leur épaisseur d'un trou lon- 
gitudinal à cet effet. Les quatre premiers cachets, spécialement ceux en formes d'animaux, 
semblent très archaïques par l'absence de textes, l'ensemble de leur travail et enfin l'empreinte 
unique qu'ils donnent, par impression, sur une surface plane assez grande. 

(PI. XXI, fig. 5 a et 5 b). — Cachet en forme d'hémisphéroïde. Sur le plat, deux animaux, 
peut-être des chacals, grossièrement figurés. — Albâtre vert. — Hauteur, o", 015. — Diamètre, 

G", 039. 

(PI. XXI, fig. 3 a et 3 b). — Cachet en forme de taureau couché. L'animal est de 
profil, la tète de face, aux deux cornes recourbées. Les yeux sont très en creux et devaient être 

Incrustés. 

Sur le plat, deux chacals opposés (?); sur le bord du cachet, entre eux, un signe incertain. 

Albâtre vert. — Longueur, o", 031. — Hauteur, o™, 025. — Épaisseur, o™, 012. 

(PI. XXI, fig. 4 a et 4 b). — Cachet en forme de deux sangliers opposés. Les tètes aux 
yeux autrefois incrustés, les membres antérieurs repliés le long du plat du cachet sont seuls 

représentés. 

Sur le plat, une figuration incertaine de points suivant une ligne en zigzag. — Calcaire 
blanc. — Longueur, o", 057. — Largeur, o", 021. 

Cachet en forme d'hémiellipsoïde. 

Sur le plat, un personnage imberbe, naïvement figuré, tient un arc. Derrière son dos pend 
une ligne ondulée et hachurée, représentant peut-être une natte de cheveux. — Pâte émaillée. — 
Hauteur, o™,oi8. — Grand axe, o'",023. — Petit axe, o",020. 

(PI. XXI, fig. 6 a, 6 b, 6 c). — Perle plate portant sur chaque face quatre colonnes de texte. 

La finesse de la gravure, le grand nombre des caractères très réguliers et très nets, malgré 
la dureté de la matière, font de cette perle-cachet une des plus belles pièces de la collection. Le 
texte est un exorcisme contre des moucherons malfaisants appelés zizzili. L'objet était porté par 
un sieur Bur-Upi. — Calcédoine verte. — Hauteur, o™, 015. — Longueur, o", 018. — Largeur, 
o", 014. 

Figurines 

Un petit lion en calcaire blanc (PI. XXV, fig. 3). — Longueur, o", 06. — Hauteur, C", 023. 
L'animai est représenté couché sur le ventre ; les pattes de devant et de derrière sont repliées, 
dessinant la base rectangulaire que dépassent les griffes de devant. 



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La tête, tendue en avant, est menaçante; les oreilles sont dressées en arrière. La crinière est 
figurée par un renflement du corps, les poils sont figurés par des stries. 

Les yeux étaient incrustés de lapis-lazuli dont il reste un fragment dans l'œil droit. La queue 
était rapportée et manque. 

La base porte deux trous, logements de tiges qui maintenaient l'animal sur un socle. 
Celui-ci est constitué par une tablette en matière bitumineuse rectangulaire (0^,032 X o"\ 076). 
Cette tablette est percée dans son épaisseur de deux trous transversaux, qui sont des logements 
d'essieux ; il n'a été conservé qu'une seule roulette de ce petit char. Elle est également en matière 
bitumineuse; c'est un disque de o™, 028 de diamètre, renforcé par une saillie de chaque côté, 
autour du trou central. 

Un petit sanglier en calcaire blanc (PI. XXIII, fig. 8). —Longueur, o"\ 04. — Hauteur, 

0'",028. 

Le poil est figuré par un réseau de traits quadrillés en creux: les yeux, les oreilles sont 
creusés pour des incrustations; l'animal est monté sur une tablette rectangulaire en matière 
bitumineuse qui présente quatre cavités pour le logement des pattes ; elle présente encore deux 
autres groupes de quatre cavités plus rapprochées et qui indiquent que le sanglier était suivi de 
deux marcassins. En avant de la tablette un trou devait recevoir un fil qui permettait de tirer 
la tablette montée sur quatre roulettes; celles-ci sont des disques de matière bitumineuse de 
o^.oiô de diamètre. — Dimensions de la tablette : longueur, o",o68. — largeur, o™, 038. 

Un oiseau en calcaire blanc (PI. XXIII, fig. 7) : les pattes manquent. — Hauteur, o",035. 
— Longueur, o"", 027. 

Le corps et le cou sont en deux fragments; la tête devait ponter une aigrette, qui manque, 
de même que les incrustations des yeux. 

Les ailes, repliées, ont leurs extrémités croisées; la queue tombe en arrière par deux toufTes. 
Le corps est orné de traits en creux dessinant des losanges, et de cavités rondes, qui pouvaient 
servir à l'incrustation de petites perles. 

Au-dessous du corps, trois cavités pour le logement des pattes; deux d'entre elles sont mal 
préparées et prouvent une maladresse du sculpteur. 

Une tête de taureau en calcaire blanc (PI. XXIII, fig. 2). — Longueur, 0,04. 

Un trou circulaire la traverse depuis le derrière de la tête, où il est entouré d'une légère 
saillie circulaire, jusqu'à la bouche. L'animal n'est donc qu'une partie d'ornementation; il reste 
encore du bitume à la partie postérieure. Les oreilles étaient rapportées et manquent. Les 
cornes très courtes, les yeux, le mufle sont bien indiqués. Les naseaux sont creusés de cavités 
circulaires qui ont pu servir à incruster des perles. 

Cou et tête de bouc en calcaire bitumineux (fig. 325 et 326). — Hauteur, o^oS. 

La section du cou porte un trou circulaire qui indique une partie d'ornement. La tête est 
légèrement tournée vers la droite; les yeux, surmontés de sourcils gravés très épais, étaient 
primitivement incrustés; les oreilles étaient en calcaire blanc, mais sont cassées au ras de la 











'^F'^J 



TÊTE DE MASSE EN ALBATRE _ STATUETTES EN PATE ÉMAILLÉE _ TÊTE DE LION EN JASPE ROUGE 

TÊTE DE TAUREAU ET FIGURINES D'ANIMAUX EN CALCAIRE BLANC OU NOIR 

PL XXIII Dépôts de fondation du temple de ChoucKinak ( gr nat 'i HéliodDujardin 



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tète; les cornes étaient également rapportées; la barbe, dont la pointe manque, est figurée par 
des traits gravés. Autour du cou est un collier gravé de traits quadrillés. 

Deux pieds de taureau (?) en calcaire noir bitumineux (fig. 327 et 328). — Hauteur, o", 032. 

Au-dessus de la fente du pied, et suivant la naissance du sabot, sont gravés des sillons 
parallèles; une saillie en filet de o",ooi de largeur descend le long de la patte sur le côté 
droit, puis vient en avant et se termine en as de pique la pointe en bas, au-dessus de la fente du 
sabot (fig. 327). En arrière, il manque une partie des saillies représentant les touffes de poil. 






Fig. 325 à 328. — 



325 326 327 

Figurines en calcaire noir bitumineux (9/10 grandeur naturelle) 



Une tète de lion incomplète, en jaspe rouge (PI. XXIII, fig. 3). — Longueur, o™,023. 

La mâchoire inférieure manque; la bouche était très profondément ouverte; la partie 
supérieure de la tète est bien indiquée; partant des oreilles et passant sous le cou est une sorte 
de collier, saillie ornée de traits quadrillés. 

Le cou est sillonné de quatre traits longitudinaux s'approfondissant vers la section, qui se 
trouve formée de quatre petits cercles, tangents au logement d'une tige de bronze cassée au ras 

de la pierre. 

Un petit quadrupède en matière bitumineuse (PI. XXIII, fig. 9). — Longueur, 0^,022. Il 
est assez informe, les oreilles et la queue sont brisées. La partie antérieure de la tète devait être 
tout entière rapportée et manque. Le corps est traversé d'un petit trou vertical. 

Une tête d'oiseau, sans doute de canard, en roche verte translucide (fig. 329 et 330). — 
Longueur, 0-^^03. La partie inférieure du bec manque; les yeux étaient primitivement incrustés. 
La tête était montée sur une tige de bronze ornée de rondelles alternativement en calcaire blanc 
et calcaire noir figurant le cou. 



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329 



330 




^akil 



331 



332 




Il y en a deux fragments, l'un relié à la tête. — Longueur, o", 015. L'autre détaché. — 
Longueur, o'°,042. 

Un fragment de rondelle circulaire en calcaire blanc, dont le pourtour extérieur est décoré 
de dents en saillie. 

Une tige de bronze (fîg. 331 et 332), sur laquelle sont enfilées des rondelles de calcaire 
alternativement noir et blanc. Deux fragments. — Longueur totale, o", 090. — Diamètre, o^.oiy. 

Une tige de bronze sur la- 
quelle sont enfilées des rondelles 
analosrues. Le calcaire blanc est 
ici remplacé par de la coquille 
nacrée. — Longueur^ o",045. 

— Diamètre^ o"", 008. 
Une tige de bronze (fig. 

333), sur laquelle sont enfilés, 
retenus par une saillie de l'une 
des extrémités du métal : un 
disque de calcaire noir de o",02 
de diamètre, puis une rondelle 
de calcaire blanc, et deux petits 
carrés de calcaire, l'un noir et 
l'autre blanc, de o",oo9 de côté. 

— Longueur de la tige, o"'o37. 
Un ornement analogue (fig. 334 a et b), composé de cylindres à cavités longitudinales et de 

rondelles à évidements pour des incrustations en calcaire noir, — Longueur totale, o", 047. 

Un fragment de tige de bronze de o'",oi de longueur, encore adhérent à deux rondelles 
circulaires, l'une de calcaire noir, l'autre de coquillage nacré. 

Une dizaine de rondelles isolées en talcaire noir et blanc. 

Une tête de serpent en calcaire noir. Longueur, o^.oi^. — Elle est incomplète: l'extrémité 
des mâchoires est brisée (fig. 338). Les yeux sont larges et creusés pour l'incrustation. L'une 
d'elles est conservée; petit cercle de calcaire blanc, dont le centre est ôvidé, peut-être pour recevoir 
une perle figurative de la pupille. 

Une tête de serpent (?) très incomplète; la partie antérieure manque à partir des j-eux. — 
Longueur, o'",oi8. Cette tète et la précédente devaient être montées comme la tête d'oiseau 
décrite plus haut, à l'extrémité de tiges garnies de rondelles de plusieurs couleurs. 

Une tête de taureau en calcaire blanc (fig. 336). — Longueur, o"',o28. — Elle est en assez 
mauvais état ; les cornes rapportées sont en calcaire gris, celle de droite est cassée au ras de 
la tête. Celle-ci est traversée, de la bouche ai la naissance du cou, par un trou. Une tige de 
bronze, cassée au ras de la pierre, traverse la tête latéralement au-dessous du niveau des cornes. 



333 



334 a b 

Fig. 329 à 334 

Objets en calcaire bitumineux noir et en calcaire blanc 

(grandeur naturelle) 



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103 



Une tête de taureau en calcaire blanc (fig. 337). — Longueur, o'",023. — Elle est tra- 
versée dans sa longueur par un trou cylindrique de o^.o^ de diamètre; elle est mal indiquée 
et en mauvais état. Les 3'eux devaient être incrustés de perles. 

Un fragment de tète de serpent (?) en calcaire noir (fig. 339). — Longueur, o",o2. D'abord 
cylindrique, il est ensuite aplati et échancré ; de chaque côté, il porte deux cavités circulaires 
destinées à des incrustations. Il est percé d'un trou dans la longueur. 

339 







355 536 337 3^^ 

Fig. 355 à 339. — Objets en calcaire blanc et en calcaire noir bitumineuâ (grand, nat.) 

Un objet analogue, de plus grandes dimensions, en calcaire blanc; la partie aplatie se 
prolonge latéralement par deux sortes de cornes, dont une seule subsiste. — Longueur 
totale, G"", 04. 

Une tablette en calcaire noir bitumineux. — Épaisseur, o'",oo5. — Largeur maxima, 
o°,04. — Hauteur, o"o2 5. Elle est incomplète, brisée aux bords inférieur et supérieur (fîg. 335). 
Elle est gravée, sur une face, de traits en creux figurant un vase au corps sphérique, au 
large col à bords élargis, d'où s'échappe de l'eau qui retombe et rejaillit en deux volutes 
symétriques' . 




Fig. 340 à 343. — Tablettes en calcaire noir bitu.mineux. — 

(1/2 grandeur naturelle) 

Trois tablettes rectangulaires en calcaire noir bitumineux. — Épaisseur, o",oi3. L'une 

I. Un petit fragment de bas-relief, provenant des fouilles de Telle, donne la même figuration ou à peu près, mais 
complétée par deux poissons. M. de Longpérier a cru retrouver, dans cette représentation, un symbole du culte rendu 
aux deux grands tleuves de Mésopotamie. Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de iArt^ tome II. 



104 



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(fig. 340), percée sur une face et au centre d'un trou de o", 0015 de diamètre et de 0"°, 005 de 
profondeur, a o"',o55 de longueur et o",o4 de largeur; une deuxième, de mêmes dimensions 
(fig. 343), est percée sur une face de trois trous alignés sur la plus grande médiane ; la troisième 
(fig. 342) (o", 075 Xo™, 03) porte sur une face sept trous de o", 001 de diamètre et 0^,004 de pro- 
fondeur ; quatre d'entre eux sont sur la plus grande médiane, deux autres d'un côté de cette 
ligne en regard de deux trous extrêmes, un autre de l'autre côté. Dans l'épaisseur, deux trous 
sont percés transversalement. Probablement ces trois tablettes étaient employées comme socles de 
statuettes, et la dernière, en particulier, était montée sur roulettes. Il a été retrouvé quatre disques 
en calcaire noir bitumineux qui semblent pouvoir jouer ce rôle. 

La figure 341 représente la tablette en caractère bitumineux qui, montée sur roulettes, sup- 
portait le petit lion couché décrit antérieurement. 

Une tablette rectangulaire en calcaire rouge (fig. 344). — Épaisseur, o^jOoS. — Lar- 
geur, o",o2i. — Longueur, o"',o32. La face supérieure porte une cavité circulaire de o"',oo3 de 
diamètre, profonde de 0^,004, à demi occupée par une rondelle de calcaire blanc percée au 
centre. L'épaisseur de la tablette est percée de deux trous transversaux destinés à la monter 
sur roulettes. La face supérieure est percée, sur le bord de l'un des petits côtés, d'un trou 
qui ne traverse pas, mais se relie à un deuxième, percé dans l'épaisseur, et qui servait à 
passer un crochet de métal pour tirer ce petit char. 

a Une tablette incomplète en calcaire noir (fig. 345 a et b). — 

Épaisseur, o"',oi6. Elle est taillée à peu près en demi-cercle de 
G™, 091 de diamètre, se continuant par deux quarts de cercle à 
courbures opposées, et interrompus par la cassure oblique. 

Sur une des faces et suivant le pourtour, est une ligne 
d'incrustations, formées de rondelles de calcaire blanc et de cor- 
naline, percées au centre d'un trou cylindrique. La profondeur 
de ces trous est de o",oii. Deux autres lignes d'incrustations 
analogues sont parallèles à l'axe de symétrie de la tablette. 

Cinq petites cavités circulaires, dont quatre sont remplies 
par des tiges de bronze cassées au ras de la pierre, se placent 
devant les quatre trous incrustés de cornaline, et devant l'incrus- 
tation du sommet de la tablette qui est de plus grand diamètre 
et garnie de calcaire blanc. La cassure sectionne deux autres 







Fig. 345 a et b 
Fragment de tablette en calcaire noir 
incrusté de rondelles en calcaire blanc 
et en cornaline. 

(1/2 grandeur naturelle) 



cavités analogues . 



Entre chacune des incrustations, ainsi spécialement dési- 
gnées, sont quatre incrustations de calcaire blanc. Les deux 
lignes médianes se composent chacune de cinq incrustations de petit diamètre et d'une de plus 
grand diamètre, toutes de calcaire blanc. 

Une tablette en calcaire gris, incomplète (fig. 346 a et b). — Épaisseur, o'°,o33. Elle est taillée 



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105 



à peu près en cercle de o^.oyy de diamètre, interrompu par une 
cassure. Elle porte, sur une des faces planes, des trous circulaires et 
des loo-ements pour des incrustations, qui manquent d'ailleurs Une 
ligne de trous (o",oi de profondeur) suit le pourtour: de cinq en 
cinq, l'un d'eux est signalé par une augmentation de diamètre ou 
par une cavité pour incrustation. 

Deux lignes parallèles de trous analogues, et semblablement 
partagées, traversent le milieu de la tablette. 

Une tablette incomplète en calcaire blanc (fig. 347). — Epaisseur, 
o"',oi6. Elle est en forme de demi-cercle, et brisée presque suivant un 
diamètre oblique par rapport aux lignes de trous, qui sont très ana- 
logues à celles des tablettes précédentes. 

Ils sont en général de o°,ooi de diamètre et de o",oo5 de pro- 
fondeur. Ceux qui les divisent, placés de cinq en cinq, sont de o",oo3 
de diamètre et un peu moins profonds ; quelques-uns sont encore 
garnis d'une rondelle de calcaire noir, percée au centre. L'incrusta- 
tion qui est sur le pourtour à l'extrémité du diamètre, axe de symétrie, est 
une rondelle de calcaire noir, de o'",oo9 de diamètre extérieur, et de o"',oo7 
de hauteur : elle est collée au fond avec du bitume. 

Une tablette incomplète en calcaire noir. — Epaisseur, o'",oi. Elle 
est presque carrée de o"'io4 de côté. L'une des faces (fig. 349) est divisée 
en quinze cases rectangulaire (o", 03X0"", 019) par des rainures. Deux de 
ces cases ont leurs diagonales tracées, également en creux. 

Sur l'autre face (fig. 348) est en saillie de o"',oo4 une surface plane, 
limitée inférieurement par une ligne parallèle au bord ; celle-ci est inter- 
rompue au milieu par une 
encoche en demi-cercle, pa- 
raissant préparée pour placer 
le pouce quand on tient la 
tablette dans la main. Cette 
ligne se raccorde de chaque 
côté à deux courbes symé- 
triques qui sont interrompues 
par la cassure de l'objet. 

Ces courbes sont bordées 
de trous de o™, 005 de pro- 
fondeur, de o"", 003 de dia- 
mètre et, de cinq en cinq, de 




;-; gf_-*'-tf»|.taji^.f/-j/;myg 












Fig. 346 a et b 

Tablette en calcaire gris 

avec 

ogements pour incrustations. 

(1/2 grand, nat.) 




Fig. 347 
Fragment de tablette en 
calcaire blanc avec in- 
crustations en calcaire 
noir. 
(1/2 grand, nat.) 





Fig. 348 et 349. 



349 
Fr.^gment de t.\blette en calcaire noir, face et revers 
(1/2 grandeur naturelle) 



14 



io6 



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3SO 3SI 

FiG. 350. — FVagment de tablette en calcaire noir 



plus grands diamètres, et alors incrustés de calcaire blanc. Deux lignes de trous analogues, 
parallèles à l'axe de symétrie, occupent la partie centrale. 

Partie inférieure de tablette en calcaire noir. — Épaisseur, o^.oig. Elle est limitée par des 
lignes courbes. — Largeur de la base, o'°,07. Deux logements d'incrustation sont ménagés sur 
l'épaisseur du côté de la base. Sur l'une des faces est une colonne de rectangles (o'",02 X o"". 01) 
indiqués par des traits en creux ; les diagonales du rectangle inférieur sont indiquées de la 

même façon. De part et d'autre, sur le bord in- 
férieur est une cavité circulaire, logement d'in- 
crustation. 

Sur l'autre face, la base est bordée de cinq 
cavités pour des incrustations (fig, 350); elles sont 
circulaires, de o°°,oo5 de diamètre et profondes de 
o",oo3. Deux d'entre elles sont garnies de perles 
en pâte émaillée, une autre d'une perle de cor- 
naline. Cette ligne se continue sur les bords de 
la tablette par des incrustations dont les logements 

avec incrustations en perles de pâte émaillée et ont O^^OOÔ de diamètre SUr o"',003 de hauteur et 
cornaline. - F.g. 35 ,.- Fragment de tablette en ,^ ^^^ o"\ O03 de diamètre SUr 0"-,004 de pro- 
albâtre avec logements pour incrustations. '^ ' -^ . . ' . 

(1/2 grandeur naturelle) fondeur. Deux de ces mcrustations en calcaire 

blanc subsistent. 
Fragment de tablette en albâtre (fig. 351). — Épaisseur, o'",02i. L'une des faces porte des 
lignes de logements d'incrustations analogues à celles que nous avons décrites. Ces trous ont 
o'",oi de profondeur ; de cinq en cinq l'ouverture s'élargit à o",oo6 de diamètre au lieu de 

0'",002 5. 

Cette tablette présente deux cassures qui interrompent deux des limites primitives dont les 
directions sont rectangulaires et qui se composent de parties droites et courbes. Sur le bord sont 
des évidements en demi-cylindres qui devaient servir à maintenir cette tablette 
sur une monture en bois(?). 

Un fragment de tablette en albâtre. — Épaisseur, o",04. Elle paraît 
être taillée en cercle, coupé par deux cassures se rejoignant par un trou 
cylindrique qui perce l'épaisseur. Sur une des faces de la tablette est un 
trou circulaire qui rejoint un trou perpendiculaire percé dans l'épaisseur. 
Un fragment de tablette en calcaire bitumineux noir (fig. 352), portant 
sur une face des lignes de cavités circulaires, destinées probablement à des 
incrustations. — Épaisseur, o"',oi5. La forme du fragment est grossière- 
cavités pour incrus- rnej^t yn triangle dont le plus grand côté a une longueur de o™,o36. 

Un fragment de tablette en calcaire brun (fig. 353). — Épaisseur, 
o'",oi9. — Une des faces porte des cavités circulaires destinées à des incrus- 




Fiu. 353 

Petit fragment de ta- 
blette en calcaire bi- 
tumineux noir avec 



tations. 

(1/2 grand, nat.) 



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107 




FiG. 353 
Fragment de tablette en cal 
caire brun avec cavités cir- 
culaires et en losanges pour 
incrustations. 

(2/3 grand, nat.) 



tations et deux logements en losanges destinés au même but. Sur la seule face verticale conservée 
sur une longueur de o"',o4, sont deux trous de diamètres inégaux; l'un de o'°.oo2 de diamètre 
et o^.oi de profondeur, l'autre de o'",o5 de diamètre et de o^'^oa de 
profondeur. Ce fragment pouvait appartenir à un meuble incrusté. 

Un fragment d'albâtre portant deux colonnes de texte de 6 carac- 
tères chacune, de part et d'autre, et des restes, peu nets, de deux colonnes 

de texte. 

Un fragment d'albâtre montrant quelques caractères peu nets. 

Un fragment d'albâtre montrant six caractères en deux colonnes. 

Un fragment d'albâtre portant quelques caractères en trois colonnes. 

Une masse en albâtre translucide jaune (PI. XXIII, fig. i). Sphé- 
roïde parfaitement poli, percé d'un trou cylindrique. — Hauteur, o", 06. 

— Diamètre,, o", 07. 

Un texte archaïque en six colonnes donne le nom de Ur Sagga, 
chef des Guzalal. 

Une hache-marteau en diorite .,.=.:<:<:^,:^ — .^^ 

(fîg. 3 54 et 355). Hauteur, o'",o43. 

— Longueur, o'",o85. 

La forme en est élégante, le 
travail parfait; la pierre, très dure, 
a été polie avec soin et ne présente 
pas un seul angle vif; le trou qui 
la traverse est parfaitement cylin- 
drique; ce devait être, même pour 
les Élamites experts dans le travail 
de la pierre, une belle arme de 
combat. 

Deux masses en calcaire 
blanc (fig. 356 et 357); ovoïdes 
percés de trous légèrement coni- 
ques vers le bout le plus gros, ce 
qui est le plus général pour les 
masses. — Dimensions : r Hau- 








354 

P'iG. 3i4 et 355. HACHE-.^iARTEAU EN DIORITE (giand. Hat. 



teur, o™, 08. — Diamètre maximum, 0^,06. — 2" Hauteur, o"\ 065. — Diamètre, 0^,055. 

Une masse en calcaire blanc, analogue aux précédentes, mais en deux fragments. — Hau- 
teur, o™, 07. ■ — ^ Diamètre, o™, 063, 

Une masse en calcaire blanc, dont la surface est altérée, peut-être par l'action de la chaleur. 
— Ovoïde. — Hauteur, o", 04. — Diamètre, o", 05. 



io8 



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Une masse en calcaire blanc, en forme d'ovoïde aux bouts aplatis. — Hauteur, o™, 04. — 
Diamètre, o", 045. 

Une masse ovoïde en calcaire blanc veiné de rouge. — Hauteur, 0^,037. — Diamètre, 

0^055. 

Deux masses sphéroïdes en calcaire blanc veiné de rouge. — i'' Hauteur, o'",03. — Dia- 
mètre, G"", 04. — 2° Hauteur, 
o"\ 06. — Diamètre, o", 055. 

Deux masses sphéroïdes 
en calcaire blanc, complètes, 
lune en deux fragments, la 
deuxième en quatre. — 
1° Hauteur, 0^^,04. — Dia- 
mètre, o'",o55. — 2° Hau- 
teur, o"',o4. — Diamètre, 
o", 05. 

Une masse en calcaire 






358 



357 



P'iG. 356 et 357. — Masses ovoïdes, calcaire blanc 
358. — Masse sphéroïde, diorite 
(1/2 grandeur naturelle) 




blanc très bien poli. — Hau- 
teur, o''\o54. — Diamètre, o'",o45. 

Une masse en calcaire noir, ayant la forme d'un 
sphéroïde aplati. - — Hauteur, o~, 035. — Diamètre, 
o™,o5. 

Une masse en calcaire noir (fig. 359) portant huit 
cavités circulaires pour des incrustations en deux lignes 
circulaires; une de ces incrustations, la seule dont il 
subsiste quelque chose, semble du calcaire blanc. Cette 
masse est en forme de sphéroïde aplati. — Hauteur, 
o"", 043. — Diamètre, o", 06. 

Une masse en calcaire gris, en forme de sphéroïde 

aplati ; le trou cylin- 
drique est de petit 
diamètre, o"',oo7. — 
Hauteur, o"', 025. — 
Diamètre, o"',o35. 

Une masse sphé- 
roïde en brèche quart - 
zeuse. — Hauteur. 

361 360 j62 -^. 

FiG. 360. — Masse en calcaire gris. — 361 : Id. jaspe verdàtre. — 362 : Id. hématite. ' yj^i- , 

0^,052. 



FiG. 359 

Masse en calcaire noir avec cavités 

pour incrustations (grand, nat.) 






OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 109. 



Une masse de jaspe verdâtre (fig. 361), en forme de sphéroïde aplati. — Hauteur, o'°,o35. 
— Diamètre, 0^,04. 

Une masse en calcaire gris (fig. 360), en forme de sphéroïde très aplati, prolongé vers le 
bas par une saillie circulaire autour du trou central. — Hauteur, o"", 045. — Diamètre, o^.oô. 

Une masse en diorite (fig. 358), en forme de sphéroïde très aplati. — Hauteur, o™, 03. — 
Diamètre, o", 07. 

Treize masses en hématite : 

Ovoïde aplati. — Hauteur, o"", 045. — Diamètre, o"^, 056 (fig. 362). 



— Diamètre, 0°, 050 

— Diamètre, o", 050 

— Diamètre, o", 045 

— Diamètre, 0^,046 

— Diamètre, o",o36 



— — Hauteur. o"\ 040. 

— — Hauteur, o"\o37. 

— — Hauteur, o'",o39. 

— — Hauteur, o",o35. 

— — Hauteur, o"',032. 
Sphéroïde aplati. — Hauteur, o"\o37. — Diamètre, o",o49. 

— — Hauteur, o",o38. — Diamètre, o'",o45. 

— — Hauteur, o",o35. — Diamètre, 0^,047. 

— — Hauteur, o",o35. — Diamètre, o",o43. 
Sphéroïde très aplati. — Hauteur, o",o33. — Diamètre, o",o55. 
Presque cylindrique. — Hauteur, o"',04o. — Diamètre, o"\ 040. 

Une moitié de masse d'hématite, en forme de sphéroïde. — Hauteur, o'", 032. — Diamètre, 
o'",o5o. 

Un pommeau, hémisphéroïde en calcaire blanc. — Hauteur, o", 028. — Diamètre, o", 042. 

La partie plate est percée d'un trou qui ne traverse pas, et qui servait à engager la canne. 
Celle-ci était maintenue par une tige de bronze qui traversait la pierre et le bois. 

Un pommeau en calcaire blanc, dont la surface extérieure a peut-être été émaillée en vert. 
— Hauteur, o"", 025. — Diamètre, o", 05. 

Deux pommeaux en calcaire blanc. — 1° Hauteur, o"', 03. — Diamètre, 0", 04. — 2° Hau- 
teur, o°',o33. — Diamètre, o",o45. 

Un pommeau en calcaire blanc; son rivet de bronze est en place. — Hauteur, 0^,027. — 
Diamètre, o"',043. 

Un pommeau en calcaire blanc compact, poli et travaillé avec beaucoup de soin. — Hau- 
teur, 0^,028. — Diamètre, o"',o44. 

Un pommeau en calcaire blanc, très soigneusement préparé extérieurement et qui ne porte 
pas de trou latéral pour le rivet; peut-être la profondeur du trou central rendait-elle cette pré- 
caution inutile? — Hauteur, o", 047. — Diamètre, o", 05. 

Un pommeau en calcaire noir, ayant la forme d'un sphéroïde aplati (fig. 363). — Hauteur, 
•^"".03. — Diamètre, o", 043. La partie supérieure comporte des incrustations en calcaire blanc ; 
elles sont formées de huit pétales entourant une bille qui porte des traces d'une coloration verte. 



[ 10 



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FiG. 363 

Pommeau en calcaire noir 

avec incrustations en calcaire blanc 

(grandeur naturelle) 



Cette ornementation ressemble beaucoup à la marguerite si fréquemment représentée dans les 
décors assyriens. Elle est entourée d'un double trait circulaire en creux. Il manque quatre de ces 

pétales. Ce pommeau est muni d'un trou pour la monture de la 
canne, et d'un autre qui servait à placer un rivet transversal. 

Un fragment de pommeau en calcaire blanc. — Hauteur, 
o"", 025. — Diamètre, o", 04. 

Deux fragments d'un pommeau en calcaire blanc. 
Un fragment de pommeau et un fragment de masse en calcaire 
blanc. 

Une petite masse en albâtre, sphéroïde très aplati. — Hau- 
teur, o"',oi5. — Diamètre, 0^,026. 

Un sphéroïde en calcaire gris. — Diamètre, o", 035. 
Une fusaïole (fîg. 364), en roche grise siliceuse, est formée 
d'un disque dont une face est plate. — Diamètre, o'°,072. L'autre 
face, d'abord faiblement conique, se termine ensuite 
par un cône. — Hauteur totale, 0^,043. — Le bord 
de la face supérieure est orné d'une ligne circulaire 
de cercles gravés d'un double trait, et dont le centre 
est indiqué en creux. 

Deux baguettes de calcaire blanc. — Longueur, 
o", 05. — Largeur, o",o9. 

Une des faces est travaillée; elle porte au milieu 
des traits parallèles; aux extrémités une légère saillie, 
dans le sens de la largeur ; puis, pour les terminer, 
une surface courbe. 

Un galet de calcaire gris, irrégulièrement cylin- 
drique, percé dans sa longueur. 

Deux fragments travaillés en diorite. 
Deux blocs de roches dures en forme de prismes rectangulaires allongés. 
Un disque en calcaire blanc irrégulièrement circulaire et percé au centre. 
Un disque en calcaire blanc, compact, percé au centre. — Épaisseur, o",oi3. — Dia- 
mètre, o"',o43. 

Un parallélipipèdc rectangle en jaspe jaune. — Dimensions, o™, 019X0^,023X0"', 024. 
Une extrémité de pilon ou de polissoir en calcaire noir. 

Un cylindre en calcaire noir, percé suivant son axe d'un trou de o'",oi2 de diamètre. — 
Hauteur, o", 102. — Diamètre, o'",o28. 

Une rondelle en calcaire noir, percée au centre, — Hauteur, o'",o65, — Diamètre exté- 
rieur, 0"',02J. 




l''lG. ^64 
FUSAÏOL.K OKNKF; RN ROCIIF. ORISE SILICEUSE 

(grandeur naturelle) 



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1 1 : 



Un ornement cylindrique (fig. 365) en calcaire blanc. — Longueur, 0^,04. — Une gorge 
centrale est bordée par deux saillies circulaires; celles-ci sont raccordées à d'autres saillies 
circulaires aux extrémités du motif. 

Sept tablettes en calcaire blanc, taillées en forme de feuilles (fig. 366 et 367). Une de leurs 
faces est bombée, l'autre plate. Trois de ces ornements sont incomplets. — Longueur, o", 07. 

Deux fragments d'ornements analogues. 

366 ' 368 367 




36. 

FiG. 365 à 37c 



— Ornements en calcaire blanc 



369 
(grandeur naturelle) 



Un disque circulaire en calcaire blanc (fig. 368) ; la circonférence porte une gorge. Sur 
chaque face est une légère saillie circulaire centrale. Au centre, un trou de o"',oo7 de diamètre. 
— Diamètre du disque, o",o43. 

Une tige en calcaire blanc (fig. 369 a et b), ornée de quatre sillons longitudinaux qui lui 
donnent l'apparence d'être formée par la réunfon de quatre petits cylindres taillés en pointe à 
l'une de leurs extrémités. L'autre extrémité de la tige, coupée carrément, porte un trou central, 
occupé par une tige de bronze cassée au ras de la pierre. — Longueur, o"',o62. 

Une rondelle en calcaire blanc (fig. 370). ■ — Diamètre supérieur, o'",03. — Epais- 
seur, o"',oi. Le diamètre de la face inférieure est plus petit; le raccordement se fait par une 
ligne légèrement conique, puis par un bandeau faiblement en saillie. 

Deux rondelles, et un fragment d'une autre semblable, percées au centre d'un trou qui, 
dans une des rondelles entières, est occupé sur la moitié de l'épaisseur totale par une rondelle 
de cornaline, percée en son centre. — Diamètre extérieur, d^ ,02']. 

Perles. — Cristal de roche. — Quatre perles sphériques. 

Quatre pyramides triangulaires. 

Deux ornements en forme de disques plats, évidés circulairement sur une des faces. 

Deux perles en forme d'olives, non percées: en cristal de roche fumé. 



112 



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37' 





Agate. — Quinze perles circulaires plates, dont la partie centrale est sur une face, en 
général, de couleur rouge ou brune, le pourtour étant blanc ; elles sont percées dans leur 
épaisseur, deux d'entre elles portent encore la tige de bronze qui servait à la monture. 

Soixante-douze perles de formes 
diverses, sphériques, ovoïdes et cylin- 
driques. 

Quatre perles en forme d'olives. 

Six grandes perles plates. 

Un fragment de statuette (fig. 
371) montrant le bras droit jusqu'au 
poignet, plié pour relever la main. 
— Longueur, o'°,o35. — Largeur 
moyenne, o"'o2 5. 

Un petit poisson (fig. 372) in- 
diqué par quelques coups d'outil 
dans une plaquette ovale. 

Cornaline. — Une bague (fîg. 
377), dont l'épaisseur s'orne exté- 






374 375 376 

Fig. 371. — Fragment de statuette en agate (grand, nat.) 
Fig. 372. — Poisson en agate (2 fois grand, nat.) 
Fig. «373. — Singe en lapis-lazuli (grand, nat.) 
Fig. 374 à 376. — Boutons et amulette en calcaike noir et gris 
(grand, nat.) 



rieurement d'une rainure circulaire à mi-hauteur. 

Neuf grandes perles longues. 

Deux perles plates (fig. 378), dont la percée est dans une saillie du pourtour. 

Une perle en forme de tète de taureau (fig. 379). 

Une perle sphérique et une autre dont la section est en losange; des filets de quartz blancs 
dessinent des ornements réguliers sur le fond rouj^e. 

Une perle à facettes. 

Deux cent seize perles sphériques et cylindriques. 

Roches diverses. — Onze perles de formes variées. 

Une perle sphérique en jaspe rouge. 

Une perle plate en jaspe vert. 

Une perle cylindrique en roche chloriteuse. 

Albâtre. — Un anneau. — Diamètre extérieur, o"\ 025. 

Treize perles et fragments de perles. 

Deux perles sphériques dont les percées sont entourées d'un cordon saillant (fig. 380). 

Deux grandes perles plates. 

Une perle en forme de disque arrondi et plat, percé dans l'épaisseur. 



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113 



378 



379 






Calcaire. — Treize perles de calcaire blanc veiné de gris, en forme de sphéroïdes, disques 
plats et cylindres. 

Une perle de calcaire blanc bien polie, parfaitement sphérique et bien percée. — Dia- 
mètre, o™, 03. 

Une perle sphérique en calcaire blanc. — Diamètre, o", 02. 

Quatre perles cylindriques en calcaire. — Longueur, o" , 06. 

Une perle sphérique en calcite. — Diamètre, 0°',02. 

Quatre billes en calcaire de diverses nuances. 

Quatre-vingt-quatre perles allongées et percées transversalement à une extrémité pour 
servir de pendeloque. — Calcaire rose. 

Quatre pendeloques analogues en calcaire noir. 

Deux pendeloques analogues en albâtre grossier. 

Une pendeloque en calcaire noir, rectangulaire près du trou de suspension, puis de plus en 
plus cylindrique vers l'autre ex- 
trémité, absente d'ailleurs. 

Vingt et un boutons ou dis- 
ques circulaires dont les deux 
faces sont bombées (fig. 374 et 
375). L'une d'elles porte deux 
fentes parallèles qui recevaient des 
incrustations qui subsistent seule- 
ment par exception. — Diamètre, 
o"", 017. — Calcaire blanc. 

Un disque analogue en cal- 
caire rose. 

Sept disques analogues en 
calcaire noir. 

Un disque analogue inachevé 
en quartz blanc. 

Deux disques analogues en calcaire blanc, qui portent, sur l'une des faces bombées, cinq 
cavités circulaires qui devaient être incrustées. — Diamètre, o",oi2. 

Une petite pyramide triangulaire en calcaire noir. 

Cinq perles en calcaire nummulitique. 

Onze perles cylindriques ou fuselées en calcaire blanc. 

Un ovoïde en calcaire blanc, non percé. 

Une perle sphérique dont les percées sont entourées d'une saillie. — Calcaire blanc. 

Trois disques bien travaillés et polis, dont les laces circulaires sont bombées; l'une d'elles 
porte au centre une cavité circulaire. — Calcaire blanc. 







380 381 382 383 

Fig. 377 à 379. — Bague, pendeloque et tète de taureau en 
CORNALINE. — 380 : Perle d'albatre. — 38 I : Amulette calcaire 
BLANC. — 3S2 et 383 : Grattoir et lame de silex (grand, nat.) 



114 



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Neuf plaquettes (fig. 381), dont quelques-unes percées, à deux pointes (fig. 376) tournées du 
côté opposé au trou de suspension. — Calcaire blanc. 
Onze pendeloques analogues en calcaire gris ou noir. 

Turquoise ou racine d'émeraude. — Treize perles sphériques ou cylindriques. 

Deux pendeloques. 

Cinq fragments. 

Une pyramide triangulaire. 

Une plaquette découpée en triangle d'incrustation. 

Lapvi-lazuli. — Une tablette de o", 005 d'épaisseur (fig. 384), de forme à peu près rectan- 
gulaire (o"',o33 X o"o42). L'une des faces porte des saillies ondulées et parallèles, et des 
fragments d'enroulements. L'eau des fleuves et la barbe des personnages sont représentées de 
cette manière sur les bas-reliefs assyriens. L'autre face est traversée, dans sa longueur, par une 
mortaise à section en queue d'aronde, partiellement remplie par une tige de plomb. La tablette 
est fendue suivant cette mortaise. 

Une tablette de môme épaisseur (fig. 385) et de forme à peu près rectangulaire (o™,o33. 
X o™, 022). L'une des faces est ornée de saillies courbes analogues aux précédentes. L'autre face 





Fig. 385 à 387. — Fkagaients d'ornementations en lapis-lazuli (grandeur naturelle) 

porte deux mortaises parallèles, dont la section est en queue d'aronde; la base de celle-ci porte 
de plus une saillie triangulaire. Ces deux mortaises sont remplies par deux tiges de plomb 
reliées, par une extrémité, à une tige transversale en plomb qui porte une troisième tige analogue 
aux premières. Cette tablette est en deux fragments, réunis précisément par la monture en plomb. 

Une tablette en deux fragments et de forme à peu près rectangulaire (fig. 386 et 387) 
(o",o4 X o'",o2). L'une des faces porte des saillies ondulées et parallèles, disposées en trois 
groupes de trois. L'autre face montre deux mortaises analogues à celles des tablettes précé- 
dentes et partiellement remplies de plomb. 

Un fragment de tablette, dont l'une des faces porte en saillie, et de o"',oo5 de largeur 
environ, un enroulement qui peut représenter une boucle de cheveux (?) et des ornements ana- 
logues interrompus par les cassures. — Dimensions moyennes du fragment (o™, 025 Xo", 01). 

Un fragment de tablette a peu près rectangulaire (o", 02 X o", 019). L'une des faces est 



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'15 




391 



divisée en deux saillies, dont les bords sont arrondis par une rainure ; sur une de ces saillies, un 
trait en creux et oblique; sur l'autre, deux traits semblables. Au revers, sur un bord, on recon- 
nait une mortaise dans le fond de laquelle s'est faite la rupture. 

Quinze fragments et parties d'ornements (fig. 388) en forme de tablettes de o'",oi5 de 
lono-ueur sur o", 008 de largeur en moyenne. L'une des faces est travaillée en forme de ruban 
enroulé, et peut être la figuration de la barbe d'un personnage; les bas-reliefs assyriens donnent 
des figurations analogues. L'autre face 
porte une mortaise en queue d'aronde 
et garnie, au fond, d'une arête sail- 
lante longitudinale. 

Un fragment d'ornement (fig. 
389), brisé en triangle. L'une des faces 
est arrondie et ornée de traits paral- 
lèles; l'autre montre des traces d'une 
mortaise remplie par du plomb. — 
Largeur maxima, o",o2. — Lon- 
gueur, o", 043. 

Un fragment d'ornement (fig. 390 
a et b) portant en creux, sur une face 
courbe, trois longs traits parallèles. 
— Longueur, o", 03. 
o" , 1 I . 






396 



Largeur, 



393 



394 




390 



Fig. 38^ à 397. 



Un fragment d'ornement en forme 



Ornements et pekles en lapis-lazoli 
(arandeur naturelle) 



de demi cylindre (fig. 391). — Hauteur, o'°,oi7. — Diamètre, o'",oi2. La partie arrondie est 
ornée de saillies ondulées parallèles; la partie plate porte, suivant l'axe du cylindre, une mor- 
taise à queue d'aronde avec arête en saillie centrale. 

Une perle composée de trois cylindres accolés et percés (fig. 392J. 

Une rondelle irrégulièrement circulaire et percée au centre (fig. 393). 

— Diamètre, o"" , o 1 5 . 

Une perle ovoïde irrégulièrement taillée (fig. 394). — Hauteur, o",02. 

— Diamètre, 0°, 017. 

Une perle cylindrique (fig. 395). — Hauteur, o™,oo8. — Diamètre, 
o",oo6. 

Dix-neuf perles, ovoïdes, sphériques ou en fuseaux (fig. 396 et 397)- 

Deux perles dont la forme est celle d'une rondelle percée et pliée 
suivant un diamètre. 

Une pyramide triangulaire. — Arête, o", 009. 

Deux plaquettes en forme de triangles équilatéraux. — Côté, o"\ 009. 










Fig. 398 

Singe en lapis-lazuli 

(5 fois grand, nat.) 



ii6 



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Seize fragments de plaquettes ou d'ornements, de petites dimensions. 

Un petit singe (fig. 373 et 398) accroupi, de o"^ 01 de hauteur, percé pour être monté peut- 
être en épingle. Les pattes de devant sont réunies, les oreilles sont dressées; le museau est 
plutôt un peu allongé pour la figuration d'un singe, mais la pose ne peut guère laisser de doute. 

Vases Je pierre. — Une jatte circulaire en albâtre (fig. 399) ; elle a été trouvée par frag- 
ments qui la reconstituent presque complètement. Le fond est légèrement bombé. — Hauteur, 
o"'o4. — Diamètre extérieur, o"' 1 1 . 

Un vase au corps ovoïde, du genre des alabastrons (fig. 400); le col, qui interrompt le 

400 




Fig. 399 a et b. — Petite j.\tte d'albatke (3/4 grandeur naturelle) 

Fig. 400 a et b. — Vase d'albâtre (3/4 grandeur naturelle) 

FiG. 401 a et b. — Buèchk jaune clair (3/4 grandeur naturelle) 

Fig. 402. — Jaspk kouge violacé (3/4 grandeur naturelle) 

plus petit bout, est orné de quatre saillies sur la hauteur. — Hauteur, o"', 14. — Diamètre 
ma.ximum, o"',o9. — Diamètre extérieur au col, o'",o5. — Albâtre rubané. — Ce vase est 
presque complet en quatorze fragments. 

Deu.x fragments d'un vase cylindrique en albâtre translucide qui le reconstituent à moitié 
(fig. 403); le bord supérieur est en saillie légère sur le corps du vase. — Hauteur, o™,o66. — 
Diamètre, o"", 043. 



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117 



Quelques fragments de vases en albâtre; parmi lesquels une anse en forme de bande plate 
coudée, et un fragment d'albâtre jaune foncé traversé de trois traits parallèles gravés en creux. 

Un fragment du bord d'un vase, en marbre blanc veiné 
de rouge violacé (fig. 401). 

Au revers se trouve encore du bitume adhérent ; la pierre 
est traversée en deux endroits par des clous de bronze sans 
têtes et plus ou moins tordus. A l'extrémité du fragment est 
percé, dans l'épaisseur, un trou de o", 007 de profondeur; cela 
semble indiquer que cette bordure en marbre était circulaire 
en plusieurs parties et appliqué probablement à l'ouverture 
d'un vase fait d'autre matière, peut-être de bronze. — Dia- 
mètre extérieur, o™, 125. — Diamètre intérieur, o", 066. 

Quatre fragments d'un vase de jaspe rouge violacé (fig. 
402). — Hauteur du vase, o"\o4. 




Une dizaine de lames taillées de silex 



Fig. 405 

Peth- vase cylindrique en albâtre 

TRANSLUCIDE (grand, nat.) 



Pierres taillées. 
et d'obsidienne. 

Deux grattoirs de silex (fig. 382) emmanchés dans du bitume. 

Une extrémité de flèche coupante en silex et très soigneusement taillée (fig. 383). 

403 bis 



404 





407 



Terres cuites 




Fig. 403 bis à 407 
FIGURINES et fusaïoi.e (4/5 grandcur naturelle) 



ii8 



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De nombreux g^alets usés ou percés. 

Des fragments d'hématite, cristal de roche, calcite, feldspath et calcaires divers, portant 
quelques traces de travail, mais sans interprétation. 

Objets en terre. — • Une statuette complète en deux fragments (fig. 403 bis). — Hau- 
teur, o"", 10. 

Le devant du corps est seul figuré; c'est une femme nue qui semble coiffée; le nez est 
abîmé, le cou est entouré d'un collier; les mains sont jointes sur la poitrine. — Terre jaune. 

Un fragment d'une statuette. — Terre jaune, reproduisant la partie inférieure d'une sta- 
tuette (fig. 404). 

Un fragment d'une statuette représentant le torse et le haut des jambes d'un musicien' 
(fig. 405). 

Une partie postérieure d'un animal grossièrement figuré; la queue est ramenée entre les 

jambes (fig. 406). — Terre rose-. 

Une fusaïole (fig. 407) ou disque circulaire 
de o", 095 de diamètre, portant de part et d'autre 
une saillie centrale traversée par un trou. — Terre 
jaune. 

Un fragment de bas-relief en grès cérame 
émaillé en vert tendre (fig. 408) représentant la 
partie inférieure du corps et les jambes d'un tau- 
reau. — Longueur, o"', 045. — Largeur, o",o2 5. 
Une tête d'animal en grès cérame portant des traces d'émail vert; elle est en très mauvais 
état (fig. 409). — Hauteur, o"", 025. — Largeur, o™, 0025. 

Trois fragments d'un vase en grès cérame émaillé en vert; ils doivent en reconstituer la 
moitié environ; celle-ci est extérieurement en forme de tête de lion. Les sourcils, les yeux, le nez 
sont très largement tracés. L'épaisseur de la pâte est très faible ; c'est de la poterie 
fine travaillée par un artiste. Elle est intéressante pour l'étude de la céramique 
antique, comme un des premiers modèles de vase en forme de tète d'animal. 
Vingt-huit tablettes rectangulaires en grès cérame, émaillées en vert pâle 
et qui devaient servir à des incrustations Elles sont généralement carrées, de 
o", 01 à o™, 04 de côté. 

Un disque en grès cérame émaillé vert, percé au centre et décoré sur le 
pourtour de dents en saillie. — Diamètre, o"", 025. 

Cinq cents perles cylindriques, sphériques et de formes diverses en grès 
cérame, portant souvent des traces d'émail vert. 




Fig. 408-409. — Pâte émail vert : 
Frag.me.nts de figurations animales (grand, nat, 




Fig. 410 
Terre bitumineuse: 
Pendeloque en 
forme d'olive, 
(grand, nat.) 



1. Cf. Mém. de la Délégation, |tome I, PI. V'III. 

2. Ces représentations d'animaux sont fréquentes dans toutes les fouilles de Perse, depuis le Talyche jusqu'à Suse, 
en passant par Mamadan, 



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119 




413 



41: 



FiG. 41 1 
Ivoire (grand, nat.] 

414 



Six cents pendeloques en forme d'olives (fig. 410), percées transversalement à une extré- 
mité ; elles sont faites de terre bitumineuse et assez fragiles, de sorte que plusieurs centaines 
brisées n'ont pu être conservées. 

Quelques-unes portent encore un fil de bronze engagé dans le trou de suspension. 

De nombreux fragments de vases en grès cérame émaillé de vert. 

Objets d'ivoire. — Une tablette circulaire (fig. 411). — Diamètre, 0-046. — Elle porte, 
sur une face, six cercles gravés à trois traits, reliés entre eux et entourés d'un trait gravé 
sur le pourtour. C'est la torsade élamite disposée suivant une ligne cir- 
culaire. Cette ornementation, dont la figure 411 m'épargne une longue 
description, peut se tracer exclusivement au compas. Les centres de 
tous les cercles sont d'ailleurs indiqués par des cavités qui font supposer 
l'emploi d'un instrument analogue. 

Une main de statuette fermée (fig. 412), les doigts figurés per- 
pendiculaires au poignet; celui-ci est orné de cinq bracelets, celui du 
milieu plus épais que les autres. Elle est en assez mauvais état. — 
Longueur, o", 05. 

Fragment d'une main de sta- 
tuette très analogue (fig. 413). H ne 
reste que l'extrémité des doigts. 

Trois fragments en forme de 
demi-cônes très incomplets (fig. 428 
et 429), peut-être ayant appartenu à 
des poignées d'armes, sont ornés de 
traits parallèles gravés suivant la 
courbure. — Hauteurs, o", 03 ; 
0^,04; o'",o5. 

Un fragment couvert extérieu- 
rement d'une peinture grise (fig. 
417); il a la forme d'un prisme à 
base carrée, et porte, sur une longue 
face, trois évidements triangulaires, 
dont l'un est occupé par une incrus- 
tation de calcaire blanc. Les deux 
faces adjacentes portent chacune une 
rainure longitudinale. — Longueur, 

0'",032. 







416 



415 



Fig. 412 à 416. — Objets en ivoire (9/10 grand, nat.) 

Un fragment peint de la même façon (fig. 414), et qui peut-être faisait partie de la même 



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ornementation que le précédent; il a une forme analogue, mais une de ses extrémités est en 
forme de bouton arrondi. Sur une face est un évidement pour une incrustation. 

Une tablette (fig. 418), dont les deux grands côtés sont limités par des arcs de cercles 
concentriques, est ornée sur une face de la torsade élamite à trois traits gravés à la pointe. — 
Longueur, o", 033. — Largeur, o"", 01. 





421 



420 



419 



418 



4'7 







422 423 424 42s 

Fiu. 417 à 426. — OrtjRTS EN IVOIRE {9/10 grandeur naturelle) 



426 



Un fragment de tablette analogue, ornée de la torsade élamite à deux traits (fig. 419)- — 
Longueur, o^.oi^. — Largeur, o^.oi. 

Un fragment (fig. 427) orné de trois petits cercles gravés au compas (centres indiqués). — 
Longueur, o™,o2i. — Largeur, o", 008. 

Un fragment de plaquette purtant, graves au trait, deux doubles cercles qui doivent faire 
partie d'une figuration de la torsade élamite. — o"', 02 X 0"^. 005. 

(jn disque circulaire (fig. 420 et 421), dont l'épaisseur taillée côniquement porte gravés, 
à la pointe du compas, huit petits cercles; la face, de plus grand diamètre, porte une cavité 
circulaire profonde de la demie épaisseur. L'autre face porte un petit cercle gravé. — Hauteur, 
o^jOO^. — Diamètre maximum, o"", 022. 

Une plaquette circulaire (fig. 424 et 425) portant, gravée sur une de ses faces, une rosace à 
quatre branches, formée d'arcs de cercle qui se coupent; elle est entourée de trois traits circu- 
laires concentriques. ■ — Diamètre, o"\o3i. 

Elle est presque complète en deux fragments. 

Quatre fragments de plaquettes portant gravée la torsade élamite. 

Une plaquette (fig. 432) qui semble porter, gravé au trait sur l'une des faces, un animal 
cabré sur les pattes de derrière. Elle est de forme à peu près rectangulaire. — o"", 03 X o", 012. 

Cinq plaquettes (fig. 422) et un fragment analogue, dont les bords sont formés de quatre 
arcs de cercles aux courbures opposées. Elles portent un trou central. 



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121 



428 



429 





Une plaquette circulaire (fig. 426) incomplète portant gravés huit traits rayonnants. 

Diamètre, o'",oi6. 

Deux plaquettes taillées en forme de feuilles (fig. 423 et 431). — Longueur, 0-03. 

Deux plaquettes circulaires. 
— Diamètres, o",oi5 ; o",oi2. 

Un fragment de plaquette 
orné de deux groupes de lignes 
parallèles en deux directions diffé- 
rentes. — Longueur, o'",o25. — 
Largeur maxima, o"*, 008. 

Un fragment (fig. 430) gros- 
sièrement en forme de prisme rec- 
tangulaire de o", 03 2 de longueur; 
il porte, sur une face, des restes 
d'ornementations, sur une des 
faces adjacentes, un évidement 
demi-cylindrique. 

Une épingle incomplète en 
deux frasrments (fig. 41s)- L'un „a ^ot \ 

'^ \ t) -I ^/ _ Pj^ ^27 à 433. — Objets en ivoire (9/10 grand, nat.) 

d'eux montre la tête arrondie, et, 

au-dessous, des rainures circulaires et obliques. ^ Longueur, 0^,037. — Longueur du 

deuxième fragment faisant suite au précédent, o", 015. 

Trois fragments d'une sorte de couteau (fig. 416). — Longueur, o"\07. — Largeur, o",o25. 

Une quarantaine de tablettes rectangulaires et fragments de tablettes. La longueur des 
côtés varie entre o'",oi5 et o",o35. Quelques-unes portent des trous aux coins (fig. 433 et 434). 



451 




432 



433 




436 



434 



435 




i^V 


-irw^'^ 








-■ ^r. ■- 


i. ■' 
(•■■■' 




Î-- 'J 


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Fig. 433 à 435. — Objets en ivoire. — Fig. 436 et 437. — Objets en nacre (9/10 grand, nat.) 

Une plaquette rectangulaire (fig. 435) dont les diagonales sont tracées par un trait en 
creux. — o"", 02 X o'",o24. 

Nombreux fragments d'ivoire sans ornementation ni formes prêtant à une interprétation. 

16 



123 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



Objets en nacre. — Une moitié de plaquette circulaire, percée d'un trou central et portant, 
gravé sur une face, le soleil élamite (fig. 436). — Diamètre, o*", 025. 

Trois plaquettes (fig. 437) ornées, sur une face, de traits serrés en rameau. Une seule est 
complète. — Longueur, o'",o35. — Largeur, o"", 018. Les extrémités sont taillées en arcs de 
cercles de même rayon; on peut donc juxtaposer autant de plaquettes analogues que l'on 
veut, et l'on peut reconstituer ainsi une figuration d'ailes de génies ou d'oiseaux analogues à 
celles des bas-reliefs assyriens. 

Une plaquette analogue, à laquelle il manque le demi-cercle qui doit terminer la partie 
inférieure; les traits sont ici plus rapprochés et plus finement tracés que sur les plaquettes pré- 
cédentes. — Longueur, o'", 01 5. —Largeur, o'",oi5. 

Une douzaine d'anneaux plus ou moins terminés (fig. 438 à 443) en nacre de cônes du 

Golfe Persique. 

438 439 440 441 442 443 




Fig. 438 à 443. — Anneaux en nacre (4/s grand, nat.) 

Un fragment de coquille (fig. 444) taillé en forme d'écu bombé, et dont les angles supé- 
rieurs sont percés ; ornement qui pouvait se porter au poignet ou sur le bras. 
Un fragment de coquille taillée et percée (fig. 445). 
Trois plaquettes taillées en forme de feuilles ou de pétales de fleurs (fig. 446 et 447). 



444 





443 



44: 





Fig. 444 à 447. — Objets en nacre (4/î grand, nat.) 

Une dizaine de rondelles nacrées sur une face et percées d'un trou central. 

Deux disques plats circulaires nacrés sur une face. — Diamètres, o"', 015 ; o™, 006. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 123 



Six petites plaquettes pour incrustations, en forme de pétales de fleurs, de triangle dentelé, 

de 8 non percé. 

De nombreux fragments de la coquille d'un œuf d'autruche. 

Une plaquette en coquille d'œuf d'autruche. — Longueur, o ,014. — Largeur, o"\oi. — 
Les extrémités sont, l'une en demi-cercle, l'autre en ligne droite interrompue en son milieu par 
une saillie triangulaire. 

Une plaquette circulaire de même matière. — Diamètre, o", 11. — Les bords de la face 
extérieure, de couleur brune, ont été arrondis et forment une couronne circulaire blanchâtre. 
Peut-être représentation d'un œil. 

Un oursin fossile, du genre Holectypus, percé d'un trou pour servir de masse. — Diamètre, 

o'",035. — Hauteur, o", 017. 

Un oursin fossile, du genre Cydaris, percé et usé, pour servir de perle. — Diamètre, o", 023. 

— Hauteur, o", 017. 

Une centaine de coquilles, portant en général des marques de travail, usées ou percées, 

appartenant aux genres suivants : 

Genres appartenant au Golfe Persique. — Cyprea — Ccnus — Âncilla — Voluta — Solen 

— Murex — Cardita — Cardium — Lucina — Ancillaria — Mitra — Columbella — Buccin — 
Nana — Cerithium. 

Genre lacustre. — Melania Fossile — Ostrea du crétacé supérieur du Poucht-i-Kouh. 

Il faut encore signaler, avec ces débris d'êtres organisés, quelques osselets de chevreau. 

Ainsi se termine la longue énumération descriptive des objets de cette trouvaille. Certame- 
ment beaucoup d'entre eux sont sans grande valeur par eux-mêmes, à cause de la grossièreté du 
travail ou de la matière, ou encore de leur mauvais état de conservation. Ils sont cependant in- 
téressants comme faisant partie d'un ensemble et contribuant à donner une idée de l'industrie et 
des matières employées à Suse à une époque qui, sans être précisée, doit être comprise entre le 
XIP et le VIII' siècle avant notre ère. 

Je n'ai pas voulu allonger mes descriptions par des commentaires sur les points de détail et 
les analogies, aussi bien pour ne pas surcharger ce mémoire, que pour réserver ce soin aux 
savants plus compétents et en possession de tous les documents. Je laisserai également la question 
des dates qui sera étudiée ultérieurement. Je terminerai par de brèves observations sur les con- 
naissances artistiques et industrielles que supposent les objets recueillis. 

Les Élamites se montrent experts dans l'art d'employer et de travailler les métaux et les 
pierres dures. 

Ils savaient fondre et souder l'argent et l'or, mettre ces métaux en feuilles minces, les dé- 
couper, les travailler au marteau, ou les graver au burin, les orner de filigranes. Ils pratiquaient 
le procédé du doublé, l'application d'une feuille mince sur une âme de bronze, soit pour les bijoux, 
soit pour l'ornementation des palais et des temples. 

Ils arrivaient à fondre le bronze, à ciseler les objets fo.ndus ; ils travaillaient les plaques pour 



,24 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



les enrouler en tiges, en anneaux creux, les découper en imitation de feuillages qui, montés sur 
bois au moyen de rivets, décoraient les murs et les portes. Le bronze fournissait encore des outils 
capables d'entamer les pierres dures, et des armes dangereuses. 

Les Èlamites connaissaient-ils peu l'usage du fer, ou le considéraient-ils comme une matière 
précieuse, dont on ne pouvait avoir que de rares anneaux ? Les textes Assyriens, pourtant, men- 
tionnent ce métal à l'époque de Tiglatphalazar, comme un butin ou un impôt bon à prélever. 
Les textes semblent tout à fait muets^ quand il s'agit du plomb ; cependant les ouvriers de Suse 
semblent parfaitement connaître l'emploi que l'on peut faire de ce métal fusible et malléable, mais 
de vilain aspect. 

Ils l'employaient à raccorder les diverses parties d'un bas-relief, ou plutôt pour maintenir 
sur une paroi des placages sculptés en pierres de couleur. Deux pendeloques seulement nous 
indiquent l'usage possible du plomb comme métal à bijoux. 

Les ornements des pauvres frappent par la simplicité de leur dessin, le plus souvent géo- 
métrique, tracé à la règle et au compas. C'est précisément une des pendeloques de plomb qui fait 
une heureuse exception ; si l'une des faces est ornée comme celles de la plupart des autres, d'une 
étoile et de bossettes, l'autre face représente une scène symbolique qui devait faire de ce bijou une 
précieuse amulette, malgré la fragilité et le peu d'apparence de la matière. 

Ce genre d'ornement se portait au cou suspendu par un collier ; tel est le médaillon du roi 
chaldéen de la très ancienne stèle sculptée de Hourin-Cheikh-Khan àZohab; une déesse repré- 
sentée sur un bas-relief du palais d'Assournazirpal, porte au cou, plusieurs médaillons analogues. 

Les statuettes de terre cuite de la déesse Nana, si communes dans nos fouilles, portent pres- 
que toutes une de ces pendeloques". 

Les monuments semblent négliger la représentation des bagues ; seule parmi toutes les 
autres statues peut-être, celle de la reine Napir-Asou trouvée à Suse, fait exception et porte des 
anneaux aux doigts. 

Malgré cette absence presque générale de leur figuration, les bagues étaient en usage à Suse 
et notre découverte montre que, par un travail simple mais judicieux du métal, on arrivait à 
produire en ce genre de fort jolis bijoux. 

Les bagues décrites en forme de deux anneaux accolés, sont, en réalité, faites d'un ruban 
étroit de métal, dont les bords sont rabattus extérieurement vers le milieu; la section de la bague 
est à peu près un 8. 

On tirait bon parti de l'emploi du filigrane, dont se sont également servis les Égyptiens 
et les Phéniciens. Ce procédé très élégant est déjà difficile à employer, que le fil d'or soit 
fondu en petites perles, ou disposé en torsades et soudé sur un fond. 

Devant la grande quantité des anneaux d'or découverts, formés d'un simple fil rond enroulé 

I. Le sceau deKourrigalzou. roi de Babylone, est une pendeloque analogue; lune des faces porte le soleil chaldéo- 
élamite, l'autre des caractères cunéiformes (Cf. Rawlinson, Great Monarchies, tome I.) 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



I2S 



et non soudé, il venait naturellement à l'idée que l'or qui, d'après les textes, servait de valeur 
d'échans^e, pouvait être mis sous cette forme commode en vue des transactions pour servir de 
monnaies ou d'étalons de poids. Je les ai tous pesés avec précision sans pouvoir des résultats tirer 
confirmation de l'une ou de l'autre hypothèse. 

Ces anneaux ouverts doivent surtout avoir été portés en boucles d'oreilles, ornements 
fréquemment figurés. 

Une tête de statue (fig. 448), de grandeur naturelle, en calcaire jaune, découverte dans une 
de nos tranchées, présente un grand intérêt, malgré son 
mauvais état de conservation, par suite de la rareté des 
documents de ce genre. 

Le travail en semble très ancien ; la tête est coiffée du 
bonnet à cornes très endommagé ; les yeux sont profondé- 
ment creusés en vue d'incrustations qui font défaut; le nez 
est brisé; on voit nettement le lobe des oreilles, percé de trous 
qui servaient orner la tète d'anneaux de métal. Les cheveux, 
tressés avec soin, descendent en épais bandeaux derrière les 
oreilles. 

Le dessous de la tête est percé d'un trou circulaire 
qui servait probablement à l'ajuster sur le corps, sculpté 
dans un autre bloc, peut-être de matière différente. 

Quoi qu'il en soit, cette tête de statue était ornée de 
quatorze anneaux d'oreille. 

Notre trouvaille n'a donné ni colliers, ni bracelets de 
métal, encore que certains fragments puissent être attribués 
à l'une ou l'autre de ces catégories. La statue de Napir- 
Asou et les statuettes donnent, cependant, des exemples de leur usage. 

Les statuettes, que nous avons retrouvées, paraissent représenter plutôt des divinités ou des 
porteurs d'offrandes que des reproductions de personnages réels, en raison du convenu des 
attitudes ou des objets portés, oiseaux, chevreaux ou fruits. Si leur exécution présente des 
défauts de proportion ou de mise en place, peut-être voulus parfois comme l'importance 
exagérée des têtes relativement aux corps, on doit reconnaître à la variété des types repré- 
sentés, aux différences des costumes et des coiffures, que leurs auteurs étaient de véritables 
artistes. 

Il semble intéressant de remarquer combien peu des objets de notre trouvaille, même ceux 
qui appartiennent à des groupes, comme les flèches et les pendeloques, sont rarement absolument 
semblables. Ce fait, quia contribué à allonger mes descriptions, s'explique avec notre hypothèse 
d'offrandes par la variété probable des provenances; il se reproduit, cependant, très généralement 
pour les objets recueillis dans les fouilles. On en imagine facilement la cause lorsque la matière 




Fig. 448. — Tête de Statue en 
CALCAIRE JAUNE (1/3 grand, nat.) 



126 ■ OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



employée impose la dimension des objets ou force l'artisan à varier ses formes pour éviter un 
défaut naturel; de même, lorsque le travail est fait sans modèle, pour une ornementation relati- 
vement simple, comme celle que l'on pratiquait au repoussé ou à la gravure au trait. On 
comprend moins la raison qui fait différencier les objets fondus; faut-il supposer que le moule 
employé ne servant qu'une fois, les fondeurs, en même temps artistes et praticiens, préféraient 
ne pas se répéter ? 

Les procédés de fusion et de moulage du bronze dans l'antiquité nous sont assez mal 
connus; les observations, faites sur les menus objets de ce métal, compris dans notre trouvaille, 
sont donc utiles à recueillir. 

L'analyse fera connaître la composition et la température de fusion du métal employé ; 
mais la délicate question du moulage est moins aisée à certifier. 

Il semble que les fondeurs élamites cherchaient à fondre les objets en plusieurs parties ; ce 
mode de procéder permet d'employer des creusets plus petits, plus maniables et plus vite 
chauffés, et évite de compliquer les moules avec des évents et des trous de coulée multiples. 

Cela ressort de l'examen de quelques objets, en particulier d'un avant-bras de statuette, 
portant sur le côté une rainure ou mortaise; et surtout, car ce dernier fait pourrait être dû à un 
essai de réparation, les deux extrémités de pattes de palmipèdes ont leurs parties plates com- 
posées de deux plaques fondues à part et raccordées au plomb. 

Pour l'un de ces objets, qui garnissait peut-être l'extrémité d'un pied de vase ou de table 
légère, la douille conservée est verticale et fait corps avec la première épaisseur de métal ; la 
deuxième, qui devait poser sur le sol, ferme l'ouverture inférieure de cette douille. 

La deuxième patte ne doit pas avoir été montée au moyen d'une douille, mais terminait 
peut-être l'extrémité d'une tige, probablement de métal, à en juger par les diamètres (différents 
dans les deux plaques) du trou qui lui était réservé, et qui semble exigu pour le logement d'une 
baguette de bois proportionnée au poids de la pièce. Il vaut donc mieux admettre que la tige 
de métal, placée verticalement, traversait la première plaque; son diamètre était diminué au- 
dessous à coups de marteau qui rabattaient l'excès de métal en rivure ; la deuxième plaque était 
alors ajustée, raccordée au plomb, et l'extrémité de la tige qui dépassait pouvait être rivée ou 

limée. 

En écartant ce qui n'est qu'hypothèse dans ces dernières lignes, nous constatons surtout la 

coulée en plusieurs pièces. 

Les statuettes entières que nous possédons sont fondues d'un seul jet; mais le souci 
d'épargner le métal, qui provenait d'assez loin, les a souvent fait fondre creuses. 

On s'en aperçoit immédiatement à l'examen d'un torse de statuette en deux fragments, et 
aussi d'une des statuettes entières qui porte, sous la base, un trou pour la tige, de section rectan- 
gulaire, qui permettait de la fixer sur un socle; la dureté du métal empêche de penser qu'un 
travail d'évidement aussi considérable ait pu être tenté; il faut donc supposer que ces sta- 
tuettes ont été fondues dans un moule à noyau. 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCIIINAK 127 



Les moules employés pour couler le bronze sont, le plus souvent^ ensables, ou en argiles 
exemptes de calcaire et de fer, mélangés avec du poussier de charbon ou de la fécule ou du 
tannin. Ils sont séchés à haute température, après avoir reçu la forme convenable. 

Le charbon ou les matières organiques incorporées ont pour but de créer, par leur com- 
bustion, une porosité du moule qui empêche les gaz déplacés parla coulée, ou dégagés par le 
métal fondu en se solidifiant, de s'opposer au remplissage de tous les creux du moule. 

En nettoyant avec soin l'intérieur de la statuette dont j'ai parlé plus haut, il a été retrouvé 
une terre imprégnée de bitume. Je crois que les Elamites se servaient, pour leurs moules, 
d'argiles convenables, bien séchées et pétries avec du bitume. 

Il n'est même pas impossible que les statuettes aient été exécutées de manière analogue au 
procédé dit à la cire perdue ; je veux dire que, sur un noyau en argile convenable, l'artiste pouvait 
couler une couche de bitume, qu'il sculptait ensuite pour lui donner la forme extérieure de la 
statuette à obtenir; sur cette couche fusible, il appliquait la terre de moulage. Il suffisait ensuite 
de mettre le tout au four pour que le bitume fonde, soit absorbé par la substance du moule ou 
évacué par des canaux spéciaux, laissant la place libre au métal. Une semblable hypothèse a 
besoin d'être vérifiée par des faits. Je tenais cependant à indiquer le rôle possible du bitume' 
dans l'industrie du fondeur élamite. 

La stèle de Koyoundjik, conservée au Musée Britannique, nous montre des soldats d'Assour- 
banipal emportant des statues après le pillage de Suse. 

Images des rois et des patésis, elle tiennent levé le bâton court terminé par une boule de 
pierre, insigne du pouvoir. Il n'a pas été retrouvé dans nos fouilles de statues munies de cet 
attribut, mais la série des masses et des pommeaux, dont j'ai donné la liste, est bien complète 
depuis la sphère inscrite et incrustée jusqu'à l'oursin percé et poli. 

Les Arabes actuels de la Chaldée qui voyagent en portant le bâton au manche court, dont 
l'un des bouts se garnit au moins d'une boule de bitume compact, perpétuent une bien vieille 

tradition. 

Il est d'autres pierres travaillées, dont les bas-reliefs et les statues ne nous donnent pas la 
représentation ; je veux parler des cylindres et des sceaux qui se portaient suspendus, proba- 
blement couverts par quelque pli du vêtement. Ils étaient très en usage et nous en avons recueilli 
une précieuse collection. Je ne parlerai pas des caractères spéciaux de la glyptique susienne, ni 
des léo-endes ou des types représentés. Un mémoire spécial est consacré à cette étude; je ferai 
remarquer cependant les cachets en forme d'animaux et les timbres de bronze qui sont encore, je 
crois, particuliers aux fouilles de Suse. 

I. Le bitume a de nombreux gisements dans l'Asie antérieure; je citerai seulement ceux de Hit, sur lEuphrate, 
de Kélatèh au Poucht-é-Kouh, de Top-é-Kazab au Louristan ; la plupart des calcaires du crétacé inférieur du Louristan 

sont bitumineux. 

On en comprend donc l'emploi courant dans l'Élam et en Chaldée ; les murailles de Babylone sont toutes bâties au 
mortier de bitume; le même usage apparaît, mais moins général, dans les constructions de Suse. 



,,8 OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



L'habileté des Élamites à travailler la pierre, se remarque également dans les perles 
obtenues par l'usure et la taille des galets de la Kerkha ou du Chaour. 

La dureté du jaspe, de la cornaline ou du quartz n'ont pas rebuté la patience de l'ouvrier, 
qui a su profiter des accidents naturels des pierres pour combiner une ornementation, donner à 
une cornaline l'apparence d'une tète de buffle, à une agate celle d'un poisson. 

Ces pierres étaient, sans doute, montées en collier, ou suspendues comme amulettes; 
quelques-unes étaient destinées à des incrustations. 

Cet emploi nous est montré par cette série de tablettes de calcaire noir, blanc ou d'albâtre, 
qui sont, sur l'une des faces, garnies d'évidements pour recevoir des peries. La destination de ces 
objets ne nous est pas connue; la régularité de leur ornementation, la possibilité de faire entrer 
au centre des rondelles incrustées, ou dans les trous de la tablette, de petites fiches pointues, 
font songer à un jeu analogue au Solitaire; il se peut aussi que ce soient des appareils à compter, 
car les trous, de cinq en cinq, sont généralement signalés par quelque marque spéciale. 

Malheureusement ces tablettes sont toutes incomplètes et l'on ne peut songer à faire une 
hypothèse sérieuse dans ces conditions. Il est seulement certain que ce ne sont pas de simples 
objets d'ornementation. 

D'autres fragments de tablettes semblent au contraire avoir fait partie de meubles incrustés, 
et la grande quantité de fragments d'ivoire et de plaquettes de diffé- 
rentes matières, laisse à supposer que le mobilier des Élamites était 
très analogue à celui des Assyriens, que nous connaissons, par les bas- 
reliefs, comme très chargés d'ornements et d'incrustations". 

Un morceau de calcaire bitumineux (fig. 449), d'ailleurs trouvé 
dans un endroit un peu différent, est figuré ici comme paraissant tra- 
vaillé en vue de ce genre de décoration. 
^'^- 449 L'ivoire dont se servaient les Élamites leur venait probablement des 

Fragment de motif décoratif , . i. .1 , i , n ■ » " _4. _ , 

à incrustations, calcaire bi- Indcs, par le commerce, bien que 1 éléphant ou I hippopotame aient pu 

lumineux noir. . /-^r i j, 

, Vivre en Lhaldee. 

(1/2 grand, nat.) ,, , ,. 1 o i -i i. 

L'éléphant est figuré sur 1 obélisque de balmanasur; il y est en 
compagnie du singe^ et celui-ci était connu à Suse; j'ai décrit un petit singe de lapis-lazuli, 
d'une grande adresse d'exécution, qui devait être monté primitivement en tète d'épingle. 

Ces animaux, singe et éléphant, et ces deux matières, lapis-lazuli' et ivoire, étaient proba- 
blement importés en même temps, par les mêmes voies. 

1. Ce genre de décoration parait très ancien dans la contrée. M. Gautier, dans ses fouilles de Tepé-Moussian, a 
trouvé, avec des vases peints préhistoriques, des ornements de bitume incrusté. 

2. Cet animal est également représenté sur un des bas-reliefs de Nimroud, amené par un tributaire comme présent 
à Assournazirpal. — Perrot et Chipiez, Histoire de l'Art, tome II, p. 546. 

3. Le lapis-lazuli est signalé, par les anciennes traditions, comme exploité au.x environs de Kachan et entre Yezd 
et Ispahan. 




OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 129 



Les objets d'ivoire que j'ai décrits sont loin d'être travaillés avec art; ce sont de simples 
plaquettes, parfois décorées de traits ou de cercles gravés au compas. L'usage de cet instrument 
apparaît comme nécessaire, en particulier dans le tracé de cet ornement que j'ai décrit sous le nom de 
torsade élamite. et, bien que ce ne soit pas un motif exclusivement susien, il revient assez souvent 
pouravoir droitdecité à Suse. Il figure sur des briques émaillées, des étoffes et des coupes trouvées 
dans les fouilles de Ninive, sur des tablettes d'ivoire récoltées en Syrie et sur des boucliers cy- 
priotes. Son origine parait cependant chaldéenne, à cause de l'ancienneté de certaines de ses 
représentations dans ce pays; l'une des plus intéressantes doit être celle qui figure sur un 
fragment de bas-relief en pâte bitumineuse, trouvé à. Tello et reproduit dans l'ouvrage de 
MM. de Sarzec et Heuzey'. 

L'ivoire ne servait pas uniquement à des incrustations; non seulement les fouilles anté- 
rieures ont fourni une statuette de patési en ivoire, mais cette trouvaille nous montre une main 
de statuette qui, peut-être, appartient à une statue polychrome. 

L'habitude d'employer, pour une figurine, des matériaux de différentes natures nous est 
bien prouvée par le grand nombre de pièces incomplètes fournies par cette collection; c'est en 
particulier le cas de ces têtes d'animaux dont la monture a disparu, et qui présentent de nom- 
breuses traces d'incrustations. Leur destination nous échappe. L'incertitude plane également 
sur l'usage de ces petits chars a roulettes qui supportaient, l'un un lion couché, l'autre un 
sanglier; ces sculptures très fines sont-elles des jouets d'enfant ou des objets votifs? Faut-il croire 
à un goût prononcé des Élamites pour le bibelot? 

Un petit oiseau incomplet se rattache à la même catégorie. L'aigrette qu'indique un évide- 
ment au sommet de sa tète, fait supposer la représentation d'un héron. Les oiseaux représentés 
d'ordinaire sont des oiseaux de proie, aigle ou vautour, la perdrix, la colombe, que portent en 
attribut quelques-unes de nos statuettes de bronze, et l'autruche. Ce dernier animal, aujourd'hui 
disparu de l'Arabie, est fréquemment représenté sur des bas-reliefs ou des cylindres; il était 
encore fréquent au temps de Xénophon qui le signale dans l'Anabase. 

Les Élamites employaient au moins la coquille des oeufs d'autruche'; nous en avons recueilli 
de nombreux fragments, dont l'un taillé en forme d'écusson. Ils gardaient aussi des cailloux et 
des coquilles'; ce furent là les modestes offrandes du commun du peuple; elles se mêlèrent 
aux bijoux d'or et aux objets d'art dans la terre ameublée d'une partie des fondations plus 
spécialement choisie ; les unes et les autres échappant aux soldats d'Assourbanipal, comme à ceux 
d'Alexandre, nous donnent aujourd'hui un important jalon de l'histoire de l'art chaldéen. 

Je ne puis faire ici la description des objets isolés que nous ont fournis les travaux faits dans 

1. Découvertes en Chaldée, PI. Y bis. 

2. Les œufs d'autruche ont été décorés par les Phéniciens. Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de l'Art, tome IIL 
page 836 et passim. 

3. Des coquilles ornées de dessins au trait, provenant de Teilo, sont reproduites dans l'ouvrage de M.M. de Sarzec 
et Heuzey. [Découvertes en Chaldée, PI. 46.) 

17 



no 



OFFRANDES DE FONDATION DU TEMPLE DE CHOUCHINAK 



les environs du temple; je citerai seulement, comme intéressante au point de vue archéologique, 
la découverte de nombreux fragments de vases, perles et ornements en pâte de verre, très altérés, 
d'ailleurs, et dont la facture est analogue à celle des anciens vases phéniciens. Si Ton songe que 
les Égyptiens pratiquaient la verrerie aux temps de la IV^ dynastie', on ne trouvera pas étonnant 
que le commerce ait apporté des produits égyptiens ou phéniciens dans l'Élam aux environs du 
X' siècle. Il est également possible que le verre ait été fait sur place, comme était préparé l'émail. 
L'analyse vérifiera peut-être l'une de ces hypothèses. En tous cas, ce verre est au moins contem- 
porain des objets de la découverte précédente et de celle dont je vais m'occuper à présent. 

I. Représentation du tombeau de Beni-Hassan. 



Trouvaille de la Statuette d'or 



Par R. de Mecquenem 



Cette précieuse collection dont fait partie la statuette d'or, fut trouvée le 22 février 1904, 
dans la tranchée n° 27, au-dessous du dallage dont j'ai eu l'occasion de parler au début de ce 
mémoire. 

Relativement à la précédente trouvaille, celle qui nous occupe gisait à un niveau très peu 
supérieur et plus rapprochée d'une vingtaine de mètres de l'axe directeur des travaux. 

Les objets étaient enterrés à o™, 50 au-dessous du sol du i" niveau, et au-dessus d'un 
dallage formé de deux lignes de trois briques chacune. Ces dalles, à peu près carrées, de o'", 32 
de côté et de o",05 d'épaisseur, sont recouvertes, sur la face supérieure, d'un émail vert très 

altéré. 

L'une d'elles avait été rejetée au-dessus des autres, et quelques objets étaient passés à sa 
place. Autour de ces dalles et au-dessous, était de la terre pilée ; les objets étaient réunis dans un 
espace très restreint aux environs duquel on ne 
trouva que quelques os ayant pu appartenir à 
un mouton ou à une chèvre. 

Les fouilles du niveau supérieur avaient 
rencontré de nombreux débris de constructions ; 
les objets se trouvaient, comme je l'ai dit. placés 
sur des dalles qui paraissent avoir été disposées 
dans ce but, et au niveau probable des fonda- 
tions d'édifices dont le dallage supérieur indique 
la base. 

Les objets, dont quelques-uns sont de 
grande valeur, sont peu nombreux : ce sont des 
statuettes dont les attitudes sont celles d'adora- 
teurs ou de personnages apportant des offrandes, 
une colombe, symbole d'Istar, une tète de tau- 
reau, symbole de Raman ; en mettant à part un pommeau de calcaire blanc (fig. 450) et un 
collier de perles, il reste une baguette de pierre courte, légèrement conique et à la tête précieu- 




FiG. 450. 



Pommeau en calc.mre blanc 
(2/3 grand, nat.) 



,^2 TROUVAILLE DE LA STATUETTE D'OR 



sèment ornée. On peut la comparer à ces clous si fréquemment rencontres dans les substructions 
chaldéennes et qui semblent déposés pour écarter les mauvais esprits. 

Ces diverses constatations engagent à considérer cette trouvaille comme représentant un 
trésor de fondation, et il est permis de supposer que les os, découverts aux environs de la fouille, 
sont les restes d'un sacrifice propitiatoire. 

Malgré la vraisemblance de cette attribution, j'ai préféré, dans le titre du catalogue des 
objets de cette trouvaille, signaler le plus précieux et le plus intéressant, la statuette d'or. 

Cette statuette a 0^,063 de hauteur; elle se prolonge par une queue longue de o-\oo5, et 
qui sert à la fixer sur le socle de bronze, fondu sur plan carré de o'",o33 de côté, et dont la 
hauteur est environ 0", 01 5. 

Elle est en électrum d'une belle couleur et parfaitement conservée, travaillée au burin et au 

poinçon après la fonte. 

Elle représente un personnage à longue barbe, vêtu d'une robe qui laisse voir le bout des 
pieds qui semblent chaussés. Il est debout, la tète peut-être un peu baissée, le haut du corps 
tourné légèrement à gauche, et avance la main droite les doigts réunis. La main gauche applique 
un chevreau contre la poitrine (PI. XXIV, fig. i a., h, c). 

La tête a environ o'", 01 5 de hauteur, soit le quart de la hauteur totale du corps. Ce manque 
de proportion a permis d'en mieux indiquer les détails; mais, en général, le ciseleur semble 
plutôt avoir cherché à décorer qu'à reproduire un modèle. Le type de la physionomie est 
pourtant bien net; le front est bombé, les sourcils épais, indiqués par de petits traits qui se 
rejoignent. Les yeux sont petits, la paupière supérieure importante. Le nez est droit, saillant et 
large à la base; les pommettes sont fortes, surtout celle de gauche; une large moustache 
dissimule la lèvre supérieure. La lèvre inférieure est large et épaisse; une barbiche s'en détache, 
limitée inférieurement par deux traits se coupant à angle droit sur la barbe. Celle-ci, figurée par 
des traits ondulés, descend sur la poitrine; elle se raccorde, d'autre part, à la chevelure par des 
favoris indiqués par de petits traits courts et assez profonds. Les cheveux sont figurés par des 
traits dessinant des losanges au-dessus du front, des carrés sur le haut de la tête jusqu'à la 

nuque. 

Un diadème strié, ou une bande d'étoffe roulée, sépare ces deux parties et va d'une oreille 
à l'autre; celles-ci sont grandes, très inclinées en arrière, ce qui veut peut-être les représenter 

écartées de la tête. 

Les épaules sont larges; le haut du corps semble nu, les pointes des seins sont indiquées; 
cependant la poitrine est ornée de petites étoiles à huit branches gravées en creux. Peut-être 
est-ce une indication de tatouage. 

Les bras, les mains et les doigts sont nettement indiqués. Une ceinture, formée d'une étoffe 
enroulée autour de la taille, maintient une jupe décorée en creu.x, sur toute son étendue, de 
petits coups de poinçon assez irrégulièrement disséminés. Le bas de la robe est garni d'une 
frange soigneusement exécutée. 



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2b 






STATUETTES D'OR ET D'ARGENT. BATONNET DE SCHISTE A TETE DE LION EN OR 

Dépots de fondation du temple de CKouchmak 
PL, XX[V (^r.nat.) Hélio^.Dujardin. 



TROUVAILLE DE LA SIATUETTE DOR 133 

Le chevreau a les oreilles et les cornes importantes; le poil est figuré par de petits traits fins, 
les sabots sont indiqués. 

Le socle, très rongé d'oxyde, est en fort mauvais état; le dessous est creux et l'on peut 
apercevoir le fond de la statuette. 

Bien que cette dernière ne soit pas d'une exécution parfaite, que les symétries et les pro- 
portions ne soient pas judicieusement observées, le type du personnage est si nettement accusé, 
la méthode de travail si facile à suivre, qu'elle semble un document des plus précieux. L'or, après 
tant de siècles^ est tel qu'il était au sortir des mains de l'ouvrier, avec les petits défauts et les 
marques de coups d'outil. L'inaltérabilité de ce métal, qui est une des causes qui le font 
âprement rechercher, donne une grande valeur à cette statuette, un des plus importants bijoux 
des temps antiques. — Poids avec le socle, 185 gr. 

Une statuette d'argent est très analogue à la précédente; elle a o",o6 de hauteur et se 
prolonge par une queue longue de o"',o88, qui la fixe sur un socle de bronze identique à celui 
de la précédente et en un aussi mauvais état de conservation. 

Elle représente un personnage debout dont le type, les vêtements, l'attitude reproduisent 
ceux de la statuette d'or avec les mêmes détails d'exécution (PI. XXIV, fig. 2 a, b, c). Ce- 
pendant, au lieu d'une antilope, cette figurine tient, soutenu sur le bras gauche, un petit animal 
couché difTicile à reconnaître à cause de la croûte oxydée, mais qui me parait être un chevreau. 
— Poids avec le socle, 118 gr. 

Neuf statuettes en grès cérame recouvert d'un émail vert clair très altéré. Leur hauteur 
varie entre o", 065 et o"\ 085. 

Elles représentent toutes un personnage debout dont le corps, à partir de la ceinture, est un 
cylindre coupé carrément dans le bas (PI. XXII, fig. 4, 5 et 6). 

Trois de ces personnages ont la main gauche à plat sur la ceinture, la main droite à plat 
sur la poitrine; les six autres tiennent de la main gauche, et sur la poitrine, une colombe. Leur 
main droite est ou tendue en avant, ou ramenée près de la main gauche. 

Le type de ces personnages varie peu. Le visage, ovale, allongé, est imberbe, les joues 
sont pleines, les pommettes saillantes, les yeux grands; le nez est recourbé à l'extrémité; 
la bouche est petite, la lèvre inférieure épaisse, le menton fort, mais sans indication de 
fossette. Les cheveux sont parfois soigneusement indiqués et paraissent bouclés sur le front et 
la nuque. 

Le vêtement se compose d'une robe serrée à la taille ; sur trois des statuettes, on distingue 
des bandes d'étoffe, croisées dans le dos, qui recouvrent les épaules et le haut des bras. Deux de 
ces figurines sont, à peu de chose près, intactes; les autres sont en plusieurs fragments; deux 
d'entre elles restent incomplètes. 

Une colombe en lapis-lazuli (PI. XXV, fig. i et 2) ; sa longueur, de la poitrine à la pointe 
de l'aile, est de o™, 08. 

Le bec et la queue étaient rapportés et montés au moyen de clous de bronze. Le bec manque; 



134 TROUVAILLE DE LA STATUETTE DOR 



il était peut-être en lapis-lazuli ; il a été retrouvé deux petits fragments de cette matière qui 
pourraient y correspondre. 

La tête porte, sur la section antérieure, un évidement pour la tige de monture du bec; il a 
o"", 009 de profondeur. 

La queue est en lapis-lazuli et complète en plusieurs fragments; elle a o",025 de longueur; 
ses deux faces sont travaillées et divisées en six plumes par des traits en creux. La tige de bronze, 
qui la rattachait à l'oiseau, dépasse le corps de o", 01 1. 

Les pattes de la colombe ne sont pas figurées; à l'endroit où elles auraient dû s'implanter 
est incrustée une plaque d'or circulaire de o"", 017 de diamètre. 

Les ailes sont en légère saillie sur le reste du corps; les plumes, divisées en trois rangées, 
sont indiquées par des traits en creux symétriques de chaque côté d'un sillon qui suit le milieu 
du dos ; ils viennent s'y rejoindre deux à deux. 

Une plaque d'or circulaire de o^.o^ de diamètre est incrustée au premier point de jonction 
avant la naissance du cou. Celle-ci est, de plus, entourée par neuf incrustations de clous d'or, 
dont la tète circulaire a 0^,004 de diamètre. L'un d'eux manque, son logement est profond de 

o"',oo5. 

Sur le haut de la poitrine sont encore deux lignes d'incrustations analogues, l'une de six 
clous d'or, l'autre de cinq, dont les extrêmes sont de petit diamètre! 

Les yeux sont garnis de clous d'or massifs, de o", 003 de hauteur, de o", 0045 de diamètre. 
Ils pèsent à eux deux i gr. 8. La prunelle des yeux est indiquée par une légère saillie circulaire 
au centre de leur tête. 

Une pendeloque en lapis-lazuli a la forme d'une tête de taureau. — Longueur de la tête, 

G", 017. 

L'exécution de ce bijou est très soignée (PI. XIII, fig. 12). La bouche, les naseaux, les yeux 
sont bien indiqués. Les oreilles, allongées en arrière, sont ornées dé traits en rameaux. Les 
cornes étaient sans doute rapportées et manquent. Deux zigzags, en légère saillie, descendent de 
la naissance de l'oreille au-dessous de la gorge. Peut-être faut-il y voir une représentation 
de la foudre, attribut de Raman, le dieu des orages. 

Cette pendeloque se suspendait au moyen d'une béliôre, formée d'une bande d'or courbée, 
et dont les bouts sont repliés sur eux-mêmes, du côté extérieur, de manière à dessiner deux cordons 
en bordures. Elle est soudée par son plat sur une tige d'or mince dont l'autre extrémité est fendue 
en deux fils. Cette tige est entrée dans la tête, par la section du cou, et ressort sous la gorge ; les 
deux fils sont alors rabattus d'un côté et de l'autre, et retiennent l'anneau. 

Une tête de lion, en or repoussé et ciselé, est montée sur une baguette de calcaire gris bitu- 
mineux, polie avec soin et légèrement conique. 

Longueur totale, o", 155. — Longueur de l'ornement d'or, o'",033. — Longueur de la tête 
du lion, o"\022. 

Ce bijou est d'une exécution très soignée (PI. XXIV, fig. a. b, c). Le dessin des yeux, du 






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,j6 TROUVAILLE DE LA STATUETTE D'OR 

Le relief des épaules, les pattes et les griffes sont très heureusement rendus. 

Deux trous traversent l'épaisseur de la tablette aux deux extrémités du corps de l'animal. — 
Épaisseur, o'^.ooy environ. 

La face postérieure et le dessous des pattes sont des plans parfaitement polis. On dirait ce 
travail fait à la scie, mais l'emploi d'un tel instrument est peu probable, et c'est plutôt avec des 
poudres de roches dures, de cristal de roche, par exemple, que l'ouvrier élamite a patiemment 
travaillé. 

Ce bas-relief dénote une main d'artiste, familière avec la représentation du lion et les 
procédés de l'intaille. 

On le voit, il s'agit ici d'un réel trésor renfermant des objets de grande valeur. 

En suivant l'hypothèse faite au début de cette description, on pourrait peut-être recon- 
naître, dans les statuettes de métal précieux, la représentation, plus ou moins exacte, du roi 
fondateur du temple. Il serait figuré apportant les victimes du sacrifice offert à la divinité que 
l'on devait, plus tard, honorer dans la future construction. 

Dans le même ordre d'idées, les prêtres, avec leurs visages imberbes, leurs cheveux flot- 
tants, leurs attitudes d'offrande ou de prière, pourraient être désignés par les figurines de grès 

émaillé. 

En tous cas, on ne peut méconnaître le caractère religieux et votif des différentes représen- 
tations. La colombe, en particulier, l'oiseau de Vénus, d'Astarté, d'Istar, y revient fréquemment 
et nous montre combien la grande déesse, qui devait occuper une si large place dans la mytho- 
logie gréco-romaine, était honorée à Suse. II est intéressant encore de noter que nous retrouvons 
les symboles des divinités chaldéennes, maintenant bien connus par les koudourrous des rois 
cosséens, comme le taureau de Raman, le serpent de Sirou, le soleil de Samas. 

Nous pouvons, dès maintenant, grâce à ces diverses trouvailles, vérifier les inscriptions 
votives des briques et des stèles, et mieux nous imaginer la décoration intérieure des temples. 
Les incrustations précieuses, les bijoux et les bibelots, les applications de feuilles d'argent et 
d'or, couvertes d'ornements ou de caractères cunéiformes, les bas-reliefs et les statues poly- 
chromes, devaient faire des sanctuaires élamites la grande réserve des richesses du pays. 

Malheureusement toutes les constructions de Suse ont été si profondément bouleversées 
qu'il est encore téméraire d'essayer des restitutions. La position des objets recueillis dans le 
cours ordinaire des fouilles ne permet même^ généralement, aucune déduction. 

Les objets, dont je viens de parler, constituent donc, semblc-t-il, une trouvaille jusqu'à 
présent exceptionnelle. Nous connaissons peut-être la raison qui les a fait enfouir et la date ap- 
proximative de ce dépôt. 

Leurs contrées d'origine, l'histoire de leur fabrication sont plus incertaines. Sans entrer dans 
cette voie, qui s'ouvre à bien des hypothèses, je n'ai prétendu qu'à décrire les premiers bijoux 
élamites. 



KOUDOURROUS 



Par J. de MORGAN 



En 1900, je publiais dans le tome I (page 165) des Mémoires de la Délégation (Recherches 
archéologiques, i'^ série), une première étude sur les Koudourrous récemment découverts dans 
le tell de Suse. Depuis cette époque, nos fouilles ont mis au jour un certain nombre de docu- 
ments de même nature qu'il importe de faire connaître. Cette notice n'est donc que la continuation 
de mon premier article. 

LISTE DES KOUDOURROUS CONNUS JUSQU'A CE JOUR 



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I 

II 
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IV 
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IX 

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NOMS DES ROIS 



Mardouk nadin akhè 

Nabouchoumichkoun 

Mardouk-ahê-irba 

Rois kassites (autres) 

— (Pierre de Za'aleh) 

Adad sum iddin, etc 

Marduk apal iddin 

Sargon 

( Fragment) 

Nazi-Maraddach M. C.) 

Melisikhu(M. C.) 

(Texte usé) (M. C.) 

(Fragment 

.Fragment) 

(Fragment) 

(Fragment). 

(Fragment) 

(Fragment) 



PROVENANCES ET .MUSÉES 



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Chaldée(?) — Paris, Cabinet des .Médailles (dit (( Caillou 

Michaux »). 
Dans le commerce en 1898. Publ. par V. Scheil. 
Musée de Philadelphie. 
N" 105 du Musée britannique (Londres). 
N» 106 — — 

N" 99 — — 

N° 100 — — 

N° loi — — 

N° 102 — — 

N" 104 — — 

— du Musée de Berlin. 



Suse. — Musée du Louvre. 



18 



.38 



KOUDOURROUS 



^os 


NOMS DES ROIS 


DATES 




(Fragmentl 


Tous les koudourrous se 


logent entre 1300 et 700 
environ. 


XII 
XIII 


Melisikhu (F'ragment) 

( Frasrment) 


XIV 


Mardouk-abal-iddin 


XV 


(Fragment) 


XVI 


Mardouk-abal-iddin 


XVII 

XVIII 


Mardouk-abal-iddin 

(Fragment) . . . ■ 


XIX 


(Fragment) 


XX 


(Entier mais sans texte) 


1 





PROVENAN'CES ET V.LSEES 



Suse. — Musée du Louvre. 



Les Koudourrous découverts de 1900 à 1904 ont été trouvés épars dans les ruines de 
Suse. Je n'ai donc rien à dire sur la position qu'ils occupaient dans les monuments susiens. Ils 
étaient, toutefois, en plus grand nombre au voisinage d'une colonne de briques portant le nom 
du roi Choutrouk Nakhounte, à l'extrémité occidentale de la tranchée désignée sur les plans sous le 
n° 25. Là, il se trouvait un amoncellement de briques et de pierres, des dalles d'albâtre, un 
lion de marbre blanc et une foule d'objets indiquant que ce site avait été celui d'un édifice 
important, d'un temple élevé à l'une des divinités susiennes. Ce sanctuaire était celui du grand 
dieu Susinak. 

Les objets et les textes rencontrés dans cette partie du tell appartiennent à tous les âges, 
depuis l'époque des Patésis jusqu'à celle des Choutroukides. De cet ensemble, il est permis de 
conclure que les Susiens conservaient dans leurs temples les vestiges du passé, les monuments 
pris dans leurs expéditions militaires, parmi lesquels se trouvaient les Koudourrous, documents 
étrangers à l'Élam, n'ayant trait qu'aux pays chaldéens. 

En rapportant, des bords du Tigre et de l'Euphrate, les pièces officielles les plus impor- 
tantes, Choutrouk ISlakhounte poursuivait sûrement un but politique. Après avoir, par les 
armes, imposé sa domination en Chaldée, il voulait perpétuer l'autorité de Suse en y réunissant 
tous les titres de propriété et tous les documents juridiques que ses nouveaux sujets étalent 
obligés de consulter pour régler leurs propres affaires. C'est ainsi que nous avons retrouvé 
l'étalon des lois d'Hammourabi, l'obélisque de Manichtousou, que nous rencontrons un 
grand nombre de Koudourrous. Assourbanipal nous apprend que toutes les richesses de la 
Chaldée s'étaient entassées dans la ville de Suse. Il ne parle pas des trésors littéraires, histo- 
riques et juridiques dont sa cupidité ne lui permettait pas d'apprécier la valeur. 

Tous ces documents si précieux, il lésa fait briser, et en a laissé les débris dans les ruines 
de la cité, se contentant d'emporter àNinive l'or, l'argent et tout ce qu'il put en matières pré- 
sentant une valeur intrinsèque. 

Il est fréquent de rencontrer des textes martelés et effacés avec soin ; le fait n'est pas rare 
dans les Koudourrous; certains passages des \ois d' Ha?nmourabi ont disparu. Nous devons, à 



KOUDOURROUS 



139 



mon sens, voir dans ce fait la destruction systématique de documents de nature à gêner la poli- 
tique et les intérêts élamites, à froisser leur amour-propre ou ù rappeler des événements nui- 
sibles au prestige des rois de Suse. 

Les Koudourrous sont des documents d'importance, ils ont tous trait à de vastes domaines. 
Les temples et les gran- 
des familles en étaient 
les bénéficiaires. On 
juge par là de l'intérêt 
qu'avaient les rois d'E- 
lam à détenir les titres 
de propriété et à les 
altérer dans certains cas, 
ou même à les faire dis- 
paraître. 

Les textes des Kou- 
dourrous nouvellement 
découverts sont de même 
nature que ceux que 
nous connaissions déjà. 
Ils diffèrent quant aux 
détails, mais appartien- 
nent à la même série de 
documents juridiques et 
ont été émis par le gou- 
vernement cosséen. La 
traduction en a été don- 
née par le P. V. Scheil 
(cf. tome VI des Mé- 
moires, p. 3 I à 47). 



KOUDOURROU 
N" XIII 

Cette charte, écrite 
sur un bloc de calcaire 
bitumineux gris-foncé, 
a été brisée à la base; 




FiG. 4ÏI. — Figurations et e.mblè.«es du koudourrou n" xiii 



140 



KOUDOURROUS 



son texte, gravé sur deux faces^ avait été soigneusement martelé, de sorte que nous ne pouvons 
savoir sous quel roi elle avait été rédigée. Les figurations divines, qui toutes ont élé respectées, 
sont d'une exécution très grossière. On y voit : (fig.451). 
1° La lune, emblème du dieu Siu ; 
2° L'étoile dVàfar; 
3° Le soleil de Samas ; 

4° et 5" Deux maisons surmontées d'une coifTure. Ces maisons sont toujours couplées sur 
les Koudourrous; 

6° Une maison surmontée d'une tortue (?) ; 

7° La déesse Gula assise, les mains levées, et accompagnée d'un chien (n° 10); 
8" La lampe du dieu Nusku ; 

9° Le scorpion a été martelé, on n'en voit plus que la trace ; 

1 1° Un oiseau qui peut-être repose sur une colonne (n° 17) échancrée à son sommet ; 
12° LIne masse (?) à tête de lion, fréquente sur les Koudourrous, mais dont nous n'avons 
pas encore retrouvé l'attribution ; 

13° Une masse (?) à tète d'oiseau de proie, emblème du dieu Zamàmà; 
14" La foudre du dieu Adad ou Rammàn ; 
15" Le serpent de Tsiru; 

Et enfin, n" 16, la tcle de 
lance du dieu Marduk. 

Sur les dix-sept figures de ce 
monument, nous pouvons recon- 
naître sûrement les attributions 
de huit, deux ne sont peut-être 
que des annexes d'autres repré- 
sentations (n"'7et 10, n°' 1 1 et 17). 




KOUDOURROU N" XIV 

Nous ne possédons malheu- 
reusement qu'un fragment de cette 
charte qui ne porte aucune trace 
de martelage. Son texte nous 
FiG. 452. - Fmgurations du KOUDOURROU N° XIV apprend qu'elle appartient au roi 

Marduk-bal-iddin {XW siècle) elle était sculptée sur un bloc de calcaire blanc, très dur, dont 
une moitié seule nous reste. 

Les divinités citées dans le texte sont les suivantes: 



KOUDOURROUS '4i 



1. Sam as. 

2. Nannarri. 

3. Asfian. 

4. Marduk. 

5 . Gula. 

6. Nin-è-gal. 

7. Su-qa-mu-na. 

8. Su-ma-li-ya. 

Il est fort regrettable que cette pièce soit brisée, car les figurations s'y trouvaient accom- 
pagnées du nom de la divinité les concernant (fig. 452). 

N" I. La déesse Gw/a assise, accompagnée du chien (n'^ 2), en face d'elle se lit son nom ; 

N° 3 . Un oiseau tourné à gauche ; 

N" 4. Le scorpion. 

5° Un personnage vêtu d'une longue robe, ornée de franges, se tenant debout devant la 
déesse. Cette représentation, dont nous ne possédons que la moitié, n'est peut-être pas une 
fio-uration d'attributs divins. Je pense que nous n'y devons voir qu'une scène d'adoration de la 
déesse Giiia. 



KOUDOURROU N° XV 

Sculpté sur un bloc de calcaire jaunâtre, ce document est très dégradé, son texte a dis- 
paru, il n'en reste plus que des fins de ligne sans intérêt. L'étoile d'/.s/ar avait été martelée 

(fig- 453)- 

Les représentations qui nous restent sont les suivantes : 

N° I . Istar, l'étoile (martelée) ; 

N° 2. Sin, la lune •. 

N° 3. Samah, le soleil ; 

N"" 4 et 5. Divinité inconnue, les deux maisons surmontées chacune d'une coiffure , 

N° 6. Ea, l'antilope à corps de poisson, surmonté d'un carré dont je ne puis expliquer la 

signification ; 

IN° 7. Divinité inconnue, une maison que surmonte un objet sphérique orné de deux 

cornes (?); 

N° 8. Divinité inconnue, animal fantastique portant une maison surmontée elle-même 
d'un rectangle, dans lequel sont inscrits deux clous horizontaux ; 



142 



KOUDOURROUS 



N" 9. Divinité inconnue, animal fantastique, peut être un crocodile, surmonté d'une maison 
que recouvre un tronc de cône; 




Fiti. 453. — Emblèmes du koudouukou n" xv 

N" 10. Marduk, extrémité de la tête de lance de ce dieu ; 

N" II. Siru, le serpent, qui semble avoir entouré l'ensemble des figurations. 



KOUDOURROU N" XVI 



Ce Koudourrou est un fort beau monument en calcaire noir (PI, XXVI); ses figurations et 
son texte sont complets, il est au nom du roi cosséen Marduk-apal-iddin. Son texte ne renferme 
pas moins de quarante-cinq noms de divinités, ce sont : 





KUDURRU DE L'EPOQUE DE MARDUK APAL IDDIN (Suite) 



PL XXVI 



Hcihû* Duiardin 









KOUDOURROUS 




•43 


I . 


Anu-wn. 


i6. 


Nin-ip. 


31- 


Su-bu-la 


2. 


En-lil (ou Bel). 


17- 


Nin-kar-ra-ak. 


32. 


Lu gai gir-ra. 


3- 


Ea. 


i8. 


Za-mal-mal. 


33- 


Sit-lam-ia-é (ou Ud-du-a). 


4- 


Nin-har-sag. 


19. 


Ba-u. 


34- 


Lugal gis-a-tu gab lié. 


S- 


En-zu (ou Sin). 


20. 


Da-mu. 


3v 


Ma-me-tum. 


6. 


Nin-Gal. 


21 . 


Geètin-nam. 


36. 


LU. 


7- 


Samaè. 


22. 


lÈtar. 


37- 


Nin-bat. 


8. 


A-a. 


23. 


Na-na-a. 


38. 


Dar. 


9- 


Bu-nè-nè. 


24. 


A-nu-ni-tum. 


39- 


Kadi. 


lO. 


At-gi-mah. 


25- 


Adad. 


40. 


Nusku. 


1 1 . 


In-èù. 


26. 


Sa-la. 


41. 


Sa-dar-nun-na. 


12. 


èa-gi-na. 


27. 


Mi-èar-ru. 


42. 


ip. 


13- 


Sa-si. 


28. 


Ner-uru-gal. 


43- 


Nin-ê-gal. 


M- 


Marduk. 


29. 


La-az. 


44. 


èu-qa-mu-na. 


15- 


Zar-pa-ni-tum. 


30. 


I-sum. 


45- 


Su-ma-li-ya. 



Quant aux emblèmes figurés, on n'en compte que dix-huit. Ce sont : 
N° I. La lune, emblème de Sin; 




FiG. 454. — Emblèmes du koudourrou n° xvi 

N° 2. L'étoile d75/ar ; 
N° 3. Le soleil du dieu Samaè ; 

N°' 4 et 5. Deux maisons surmontées de coiffures coniques (dans le Koudourrou n° 15, entre 
autres, les coiffures de cette figuration sont des troncs de cône, au lieu d'être des cônes complets); 



t44 



KOUDOURROUS 



N" 6. Maison surmontée d'une massue en forme de tète de bélier, ce signe est joint au n' 7 
représentant un antilope à corps de poisson. L'ensemble des n°'' 6 et 7 figure Ea ; 

N° 8. Le scorpion; 

N" 9. Un chien qui, peut-être, est celui accompagnant le plus souvent Gula, peut-être aussi 
doit être pris pour l'emblème de Mardiik (fig. ^ 54); 

N° 10. Massue à tète de lion; 

N-* II. Massue à tète d'oiseau accollée à la maison n° 12 à laquelle est joint un animal 
fantastique, figurant peut-être un lézard, dont la tête est ornée de trois longs appendices. 
Les n°' II, 12 et 13 semblent répondre à la même divinité représentée sous trois fonctions 
dififérentes ; 

N° 14. La lampe allumée du dieu A'^zi^rA'u ; 

N° 15. Masse (?) terminée par une sphère supportée par deux tètes de lions; 

N" 16. Le taureau de i?ammâ» surmonté de la foudre de ce dieu; 

N° 17. La tète de lance de Marduk, qui peut être considérée aussi comme une massue 
terminée par un cône; 

N° 18. Oiseau; 

N° 19. Oiseau perché sur une colonne portant une échancrure au sommet (fig. 455). 

Le nombre des emblèmes est beaucoup moins grand que celui des divinités dont le texte 




Fig. 455. — Emblèmes du koudourrou n° xvi 



nous fournit les noms. Parmi ces dix-huit figures, huit seulement peuvent être aujourd'hui 
identifiées. Il en reste dix qu'il y aurait lieu de chercher dans les trente-sept noms de la liste 

du texte. 

Ce Koudourrou est l'un des plus beaux connus; il présente, en plus, le grand intérêt de nous 
donner une liste très importante des divinités chaldéennes au temps des rois cosséens. 



KOUDOURROUS 



145 



KOUDOURROU N» XVII 

Ce fragment de calcaire noir ne porte plus aucun emblème figuré. La partie du texte qui 
nous a été conservée, donne le nom du roi Marduk-abal-iddin et celui de quatre divinités, 
savoir : 

1. Nisaba ou ASnati. 

2 . Gula. 

3. Nin-è-Gal. 
^ . Is-ha-ra. 

KOUDOURROU N» XVIII 



Il ne nous reste de cette charte qu'un fragment ; l'inscription très usée ne fournit pas le nom 
du roi. On n'y trouve qu'un seul nom divin, celui de Is-ha-ra; pour les autres, nous n'avons que 
des qualificatifs ne pouvant être d'aucun usage tant que les emblèmes de tous les dieux ne nous 
seront pas connus. 

Le bas-relief, très grossier et d'ailleurs mal conservé, montre (fig. 456) : 

N° I . Lion (?) couché ; 

N° 2 . Massue à tète de lion (?) ; 

N° 3. Oiseau ; 

N° 4. Colonne qui, proba- 
blement, supportait un oiseau ; 

N° 5 . Quadrupède couché 
supportant une masse circulaire; 

N" 6. Quadrupède couché, 
surmonté d'un tronc de cône posé 
sur sa petite base ; 

N° 7. Quadrupède (bélier?) 
couché; 

N" 8. Charrue; 

N° 9. Forme indécise ; 

N° 10. Maison surmontée de 
trois massues surmontées par des 
boules ; 

N° II. Oiseau ; 

N° 12. Scorpion; 

N'^ 1 3 . Serpent de Siru ; 




Emblèmes du koudourrou n" xviii 



'9 



146 



KOUDOURROUS 



KOUDOURROU N° XIX 



Nous. ne possédons plus de cette pièce qu'un sixième environ ; il porte une partie du texte et 

quelques emblèmes sculptés dans un calcaire noir très 
dur. Le texte cite les dieux : 

Zamahnal (ou Zaïnama). 
Suqamuna. 
-M I i i "1 -1 1 I 1 M q . Sumalia. 




Nin-ê-gal. 



FiG. 457. — Emblèmes du koudourrou n" 



Adad ou Rammân. 

La partie de l'inscription qui renfermait les noms 
des autres dieux est brisée. 

Les figurations sont : 

N°^ I et 2. Deux maisons qui, peut-être, étaient 
surmontées de coiffures ; 

N° 3 . Animal indéfinissable, parce qu'il n'est pas 
complet, surmonté d'une maison supportant elle-même 
une tête de lance. Près de ce groupe de figures est écrit 
le nom de Marduk. 

^ t:H y r ^!- 

Au bas du fragment, près d'une image entière- 
ment brisée, se lit le nom d'Adad ou Rammân. 



KOUDOURROU N° XX 



Ce monument (PI. XXVII et XXVIII), sculpté dans un bloc de calcaire blanc jaunâtre très 
fin et très dur, est l'un des plus beaux que nous connaissions de cette époque, car, sans aucun 
doute, il est contemporain de la souveraineté cosséenne. Son état de conservation est parfait ; 
malheureusement il est resté inachevé. Ses faces, préparées pour recevoir un texte, sontvierges 
de toute inscription. 

L'ensemble figure un fort, ou une ville, qu'entoure une muraille crénelée flanquée de quatre 
tours. Le mur et les tours se terminent en encorbellement; trois créneaux ornent chacune des 
tours; quatre créneaux entiers et deux demi couronnent les murs des petites faces, tandis que les 





KOUDOURROU INACHEVÉ Ne XX 
d'époque Kassile (Hauteur o">5'i' ) 



PL. XXVII 



KOUDOURROUS 



147 



grandes murailles en portent chacune six et deux moitiés accollées aux tours. C'est dans les faces 
réservées pour les murailles que devait se trouver le texte. 

Les figurations, nombreuses et plus soignées que dans les autres koudourrous, montrent 
que cette pierre était destinée à recevoir un document sortant de l'ordinaire. Toutefois la compo- 
sition et l'exécution de tous ces bas-reliefs sont, sans aucun doute, dues à des artistes d'époque 
cosséenne; on retrouve les mêmes fautes de dessin que dans les véritables koudourrous, la 
même interprétation de la nature et les emblèmes divins auxquels nous sommes accoutumés. 

Les bas-reliefs se divisent en trois parties; au sommet du monument sont les emblèmes des 
dieux, au-dessous une procession de sacrificateurs, et enfin, à la base, quelques représentations 
d'attributs divins. 

Au sommet se trouvait un bœuf couché, celui de Rammân, qui malheureusement est 




> l- SiultW^ 



FiG. 458. — Figurations emblématiques du koudourrou n" xx 



aujourd'hui brisé. Autour de ce bœuf s'enroule le serpent de SiVu dont la tête pend (fig. 458, 
n" 5) au milieu du bas-relief placé en dessous; puis on trouve : 

N"' I et 2. Deux maisons surmontées chacune d'une coiffure; 

N°' 3 et 4. Fournissent les emblèmes de Samas, Sin et lèiar; 

N" 6. Massue terminée par une tête de griffon ; 



148 



KOUDOURROUS 



N" 7 . Griffon ailé ; 

N" 8. Massue terminée par une tête de serpent (?) ou de lézard (?); 

N" 9. Oiseau; 

N° 10. Massue (?) terminée par une tète de lion (?) ; 

N" 1 1 . Autre griffon ailé ; 

N° 12. Maison supportant une figure humaine drapée dans un large manteau; 

N° 13. Animal fantastique supportant une maison surmontée d'un empilement de sept 
objets rectangulaires (fig. 458); 

N° 14. Tête de lance du dieu Marduk posée sur une maison reposant elle-même sur un 
animal fantastique; 

N" I 5 . Maison supportant un objet singulier enroulé à ses deux extrémités; 

N" 16. Tête de bé- 
lier à'Ea surmontant 
une maison posée sur 
une antilope munie d'un 
corps de poisson (fig. 

459);^ 

N° 17. Lampe allu- 
mée de ISuzku; 

iV 18. Scorpion (?) 

ailé et muni de deux 

pattes ; figure détériorée. 

N° 19. Oiseau (la forme générale est celle 

d'une perdrix) ; 

N" 20. Tête d'un serpent ornant le bas du 
koudourrou (fig. 460). 




P'iG. 459. FkJUKATIONS EMBLÈ.MATIQl'ES DU KOUDOURROU N" XX 




Fui. 460 
Figurations emblématiques du koudourrou n° xx 



Les n"' 17 à 20 sont gravés au bas de la 
stèle. 

Au-dessous du registre supérieur, de celui 
renfermant la majeure partie des attributs di- 
vers, court une frise portant une représentation 
complètement inédite. C'est ime suite de mu- 
siciens conduisant des animaux enchaînés. 

En A est un large vase posé à terre et ren- 
fermant une triple fleur. 

En B est une femme, marchant à droite, 
la tète tournée à gauche; elle porte une longue 
jupe, l'arc et le carquois, et joue du tambourin. 





KOUDOURROU INACHEVE N?XX 
d'époque KassiLe (Hauteur o'y.'i'+ ) 



PL XXVIII 



Hchoô. Duiardin 



KOUDOURROUS 



149 



En D est un personnage jouant de la mandoline, portant l'arc et le carquois, et conduisant 
un lion enchaîné (C). 

Le personnage F, semblable au précédent, conduit une antilope (E) (fig. 461). 

Tous les personnages (H, J,L, N,P) sont semblables; ils portent l'arc, le carquois, le couteau 




Fig. 461. 



Frise du koudourrou n" xx 



de sacrifice, et jouent de l'instrument analogue à la guitare qu'emploient encore aujourd hui les 
Persans. Ils conduisent un bouquetin, unbœuf(?), un lion, un léopard et une autruche', tous 
animaux communs dans le pays à cette époque (fig. 462). 




Fig. 462. — Frise du koudourrou n° xx 

Cette frise est fort curieuse ; non seulement elle donne les détails du costume des prêtres, 
mais fournit aussi d'utiles renseignements sur les rites religieux à l'époque cosséenne. Sa pré- 
sence sur un koudourrou restera malheureusement inexpliquée car, ne possédant pas le texte de 
ce monument, nous ne pouvons en expliquer les détails. 

En terminant cette note, je donnerai, comme je l'ai fait dans mon premier travail sur les 
koudourrous, la liste des noms divins cités dans les textes et celle des attributs figurés, en indiquant 
quels sont les documents fournis par chacun des monuments. 

On remarquera que la liste des noms divins s'est accrue d'une façon très notable, grâce 
surtout au koudourrou n° XVI. Je pense que beaucoup de ces noms ne sont que des qualificatifs 

I. Nous savons par .^mmien .Marcellin que l'autruche vivait au début de notre ère dans le désert voisin de 
l'Euphrate. 



KOUDOURROUS 



de dieux déjà connus et que le jour viendra où, à la suite de nouvelles découvertes, il sera possible 
de former des groupes se rapportant chacun à une divinité spéciale. 

Il en sera certainement de môme pour les emblèmes. Ne voyons-nous pas, dès maintenant, 
Ea figuré par l'antilope à corps de poisson et par la massue à tête de bélier; Rammân, indiqué 
par le bœuf et par la foudre; Siru, le serpent, n'est que l'arme du dieu Kadi, etc.. .. Nous 
devons donc nous attendre à bien des simplifications et à un classement que seule notre ignorance 
de la mythologie rend impossible aujourd'hui. 

Dans le tableau qui suit, je désigne par -f- les divinités citées dans les textes, par O celles 
dont nous possédons seulement les emblèmes figurés sur les monuments, et enfin par ® les dieux 
figurés et cités dans le texte d'un mcmc monument. 



DIVINITÉS REPRÉSENTÉES OU NOMMÉES SUR LES KOUDOURROUS 



I 

2 

3 

4 
5 
6 

7 
8 

9 

10 

II 

12 

13 
14 
'5 
i6 

17 
18 

19 
20 
21 
22 

23 
24 

25 
;6 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 

34 
35 



DIVINITES 



Mardouk. 
Goula . . . 
Samas. . . 

Sin 

Istar 

Ea 



Zamânâ 

Souqamouna 

Nûuzkou 

Sirou (arme de KA-Dl). . . 

Anou • 

Bel 

Soulpaouddou • . . . . 

Ichkhara 

Arourou 

Rammân , 

Gibil (arme de Nouzkou). ., 

Choumalia 

LOUGAL-UR-UR 

LOUGAL-UR 

SIT-LAM-TA-UD-DU-A. 
Sala (Epouse de Rammân) 

MAH iBeltu) 

Mi - Sir 

Nin-AT 



REPRESENTATIONS 



Massue terminée par un cône 

Femme assise les mains levées 

l.e soleil 

l,a lune 

Etoile 

Antilope à corps de poisson, maison et 

massue à tête de bélier. 

Massue à tète pomtue 



KOUDOURROUS N"' 



Lampe allumée. 

Serpent 

Dieu du ciel. . . . 
Dieu de la terre. 



Ninip 

Bûunênè (f. de Samas et Aya) 

Nin HAR-SAG 

Nabou 



Toud r 



Scorpion 

Maison carrée 

Maison surmontée d'un cône 

Massue à trois tètes, quelquefois pla- 
cée au-dessus d'un sphinx ailé 

Faucon (?) perché 

Massue à tète de lion 



® 
© 



+ 
+ 
+ 
+ 
+ 

8 

+ 
+ 
+ 

+ 
+ 
+ 
+ 

+ 

+ 
+ 
+ 
O 
O 
O 

o 

o 
o 
o 



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o 
o 
o 
o 



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o 



o 
o 



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o 



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y. 


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•A 


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X 


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1 


+ 





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© 









© 









© 




+ 





+ 
© 

+ 

+ 



+ 
+ 

+ 

+ 

+ 
+ 


+ 


































o 



+ 



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o 
o 
o 

o 
o 



o 
o 



DIVINITÉS REPRÉSENTÉES OU NOMMÉES SUR UÎ^I^UDOURROUS^ 



DIVINITES 



KOUDOURROUS N 



KEPRÉSENTATIONS 



36 

37 

3« 

39 



40 



41 
42 

43 
44 
45 

46 

47 

48 
49 

50 
51 

52 
53 
54 
55 
56 
57 
58 

59 
60 
61 

62 



63 

64 

65 
66 

67 
68 



Mardouk | Chien ou chacal. 

Lièvre?. . 



Nannar-ri.. 
As-na-an . . . 
Nin-é-gal. . . 
Su-ma-li-ya. 



Aa 

At-gi-mah. 

In-sis 

Sa-gi-na. . 
Sa-si 



Personnage à tête de lionne tenant de 
la main droite un poignard levé . . . 

Monstre à cornes droites surmonté 
d'une maison carrée supportant un 

clou 

Personnage marchant les mains levées 
en avant, accompagné d'un chien 

couché 

iMaison carrée surmontée d'un clou. . . 
.Maison carrée surmontée d'un poi- 
gnard (?) et d'un collier (?) 

Sphinx ailé . . . •• • 

Faucon (?) à droite, la tête à gauche . . 
Maison carrée supportant un buste de 

femme, chien couché 

Oiseau perché sur une charrue | O 

Maison carrée à deux portes sur 
montée d'une coquille (Pecten?). . ■ 

Oiseau marchant à droite • ■ 

Monstre (crocodile?) surmonté d'une 

maison carrée 

Autel surmonte d'un cône 

Monstre à cornes droites, surmonté 

d'un carré (plan de maison?) 

Charrue (?) ou fourche de bois 

Monstre (mal conservé) 

Siège surmonté d'une fleur 

Siège surmonte d'un collier 

Maison surmontée d'une tortue (?). • ■ 



Maison surmontée d'un objet sphé 
riquc orné de deux cornes 

Animal fantastique, surmonté d'une 
maison supportant un carré orné de 
deux clous 

Crocodile surmonté d'une maison sup 
portant un tronc de cône 




D1\'INITÉS REPRÉSENTÉES OU NOMMÉES SUR LES KOUDOURROUS 



153 



69 

70 
7' 
72 
73 
74 
75 
76 
77 
78 
79 
80 
81 
82 

83 

84 



88 
89 
90 

91 
92 

93 
94 
95 
96 

97 



98 



DIVINITES 



Zai"-pa-ni-tum . . . . 
Adad (ou Rammân) 

Nin-kar-ra-ak 

Za-mal-mal 

Ba-u 



REPRÉSENTATIONS 



KOUDOURROUS. N" 



Da-mu 

Gestin-nam . 
Na-na-a .... 
Anu-ni-tum . 
Ner-uru-gal. 

La-az 

I-s 



su m 



Su-bu-la 

Lu-gal-gir-ra 

Lu-gal-gis-a-tu gab-lis. 

Mâ-me-tum. 

Lil... 



Nin-bat. 
Dar . . . . 



Kadi 

Sa-dai-nuu-na , 

Ip 



Massue à tète d'oiseau 

.Massue, sphère et deux têtes de lions. 

Lion couché 

A\aison portant trois massues 

Massue à tète de griffon 

Griffon ailé 

.Maison supportant un buste humain 

drapé 

Maison supportant un objet enroulé 

aux deux extrémités 



+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 



+ 
+ 
+ 
+ 
+ 
+ 

+ 
+ 
+ 
+ 
+ 

o 
o 



+ 



o 
o 



o 
o 

o 

o 



20 



Offrande à Apollon Dîdyméen 

Par B. Haussoullier 



Grande fut ma surprise, plus grande encore ma satisfaction, quand au mois de janvier 1902, 
je reçus de M. de Morgan, qui dirigeait alors les fouilles de Suse, une excellente copie d'une 
inscription grecque archaïque, tout récemment découverte dans la ville royale. J'étais moi-même 
occupé à réunir les résultats des fouilles que j'avais dirigées en Asie mineure, sur l'emplacement 
du temple d'Apollon Didyméen. et le lecteur apprendra bientôt quel intérêt particulier présentait 
pour l'historien de ce sanctuaire la trouvaille de Suse. M. de Morgan ne s'est pas borné à me 
communiquer le beau texte reproduit à la Planche XXIX. il m'a chargé de le publier : qu'il 
reçoive ici mes très vifs remerciements. 

L'inscription est gravée sur un osselet en bronze massif, qui a été découvert en fé- 
vrier 1901, dans une des tranchées de l'Acropole. Tout auprès fut trouvé un lion de bronze, 
reproduit au Tome 'VIII. Planche IX. 

L'inscription grecque gravée sur le plat de l'osselet est complète à quelques lettres près. 
Elle doit suffire à nous renseigner sur la provenance grecque du monument, sur sa destination 
primitive, sur sa forme, enfin sur sa date. Et quand nous saurons d'où il provient, nous appren- 
drons du même coup pourquoi il a été retrouvé à Suse, à quelle occasion et par qui il y a été 
transporté ' . 



* 



La Planche XXIX est si bien venue, l'héliogravure si nette que j'ai jugé inutile de joindre à 
cet article une copie de l'inscription en caractères épigraphiques. Or il suffit de se reporter à la 
planche pour reconnaître aussitôt une inscription de l'Ionie. Non seulement la présence de lettres 
longues, de l'êta et surtout de l'oméga largement ouvert, mais encore la forme du sigma à 
quatre branches et du rho, tout trahit à première vue l'origine ionienne du graveur, autant dire 
du monument lui-même. La lecture du texte confirme et précise ces premières indications. 

I. J'ai présenté l'osselet à l'Acçdémie des Inscriptions et Belles-Lettres dans sa séance du 9 mars 1902. 
Voy. Comptes renJus. 1902, p. 97. 



,56 OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 



La rédaction de la dédicace et, au commencemeHt de la ligne 4, le nom du dieu à qui l'offrande 
est faite nous permettent d'affirmer que l'osselet de Suse a été dédié au grand dieu des Milésiens, 
Apollon Didyméen et — nous Talions voir — qu'il a été réellement déposé dans le Didymeion, 
conformément aux pieuses intentions des donateurs. L'inscription de l'osselet prend donc place 
dans la série déjà nombreuse des dédicaces didyméennes archaïques^ et le rapprochement s'im- 
pose avec les textes que nous citerons bientôt. 

Mais la trouvaille de Suse n'enrichit pas seulement une série épigraphique : elle présente 
en elle-même un véritable intérêt historique, en confirmant un précieux témoignage d'Hérodote 
que tous les savants et particulièrement tous les historiens de l'art grec n'avaient pas accepté 
tout entier. 

On sait quelle place tient dans le récit d'Hérodote la révolte de l'Ionie". La défaite des 
Ioniens et surtout la chute de Milet avaient eu dans tout le monde grec un retentissement consi- 
dérable : l'écho en durait encore et, à Milet de même qu'à Didymes, les traces du châtiment 
subsistaient quand l'historien des guerres médiques parvint à l'âge d'homme. Il y a donc lieu de 
croire qu'il s'était renseigné à de bonnes sources. Or, entraîné par l'explication d'un oracle de 
Delphes qui prédisait le pillage de Milet, l'asservissement des Milésiennes et la perte du temple 
de Didymes % Hérodote a soin de rappeler qu'après la prise de la ville par Darius, c'est-à-dire 
en 494, tous ces malheurs s'abattirent sur les Milésiens. « Pour le sanctuaire de Didymes, dit-il, 
temple et oracle furent incendiés après avoir été pillés », et il ajoute : « Ceux des Milésiens qui 
furent pris vivants furent emmenés à Suse'. » 

Les captifs firent route avec le butin du temple. Hérodote nous fournirait en un autre livre 
la liste des offrandes les plus précieuses : celles qui avaient été faites par Crésus^ Bornons-nous 
à citer deux bronzes d'inégale importance qui prirent certainement le chemin de Suse : l'osselet, 
aujourd'hui retrouvé, et une statue célèbre, aujourd'hui perdue, mais dont nous savons l'histoire, 
l'Apollon de Kanachos. Le dieu resta deux siècles en captivité et vers 294 Séleucus I" le rendit 
aux Milésiens qui le replacèrent dans le nouveau Didymeion'. 

Le témoignage d'Hérodote est donc confirmé par la trouvaille de Suse : c'est Darius qui a 
pillé le temple de Didymes et l'a incendié, c'est à Suse que captifs et offrandes ont été transportés. 
Il faut, sans hésiter, rejeter l'assertion contraire de Pausanias qui attribue à Xerxès l'incendie du 

I- V, 35-55 ; 97 suiv.; VI, 1-32. 

2. VI, 19- 

3. Ibid. 'Ipôv 81 -ô sv AioVo'-s'., ô -'r^k ~t y.7.\ 'J> yprjircYÎpiov, ffuXirieévxa èveTrt|jnrpaTO 'EvxeùBev o\ Çto^pTlflâvcEç xtbv MdT)ï(tov 

■{JYOVTO Es lojT-/. 

Hérodote n emploie deux mots pour désigner le sanctuaire de Didymes (vr,ô; et xpinx/iptov) que parce qu'il tient à 
rappeler le terme même de l'oracle : vt,oO 5' -i.iit-.ipou AioVotî. • . Il ajoute /^pT,jx-/,piov, sachant bien que ce temple était un 
temple-oracle, \iix-n/,\o'i . C'est de ce dernier mot seul qu'il s'est servi plus haut, I, 157. 

4. Il dit lui-même, VI, 19 : t^v 0" èv aw '.pC> xojtijj yptiiiaxtov -r.olliy.:^ ['■•'ii^'',-/ ÉTépwO'. xoô Xo-f^'-" èTToiT,(jinT,v. Cf. I, 92 ; 50-51. 

5. Voy. Pausanias, VIII, 46, 3 ; I, 16, ) et Strabon, XIV, 634; XVII, 814. Cf. B. Haussoullier, Études sur l'histoire 
de Milet et du Didymeion, p. 43- 





PL XXIX 



OFFRANDE A APOL: '^YMEEN 

découverte à Suse Hauteur. o?23- ..-:.l]'.'-u!- o'P37- Laryci 



■-■iioS.Dujardin. 



OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN '>? 



Didymeion et l'envoi à Ecbatane de la statue de Kanachos'. 1! faut surtout se garder de vouloir, 
comme on l'a fait, concilier ces deux textes en admettant deux incendies et deux pillages^ : 
Darius, à Didymes, avait tout pillé, tout détruit'. 






Voici comment il faut lire et, à notre avis, restituer l'inscription de l'osselet : 

TâÔE TàyàXixaTa 

[à]Tzq Xeio 'Ap tcjxcJX ox[o? 

[xal] Opâacov à^Btaoïv T[â)- 

irôXXcovc â£xàr/]v £)(à[XK£ue 

8' aÛTà Tuiylfi^ à KuSt[xàvô[po. 

Avant de revenir, ligne par ligne, sur ces lectures et restitutions, il importe de dire quelques 

mots de la gravure même. 

L'inscription a été gravée au marteau avec un ciseau. La gravure des lettres rondes (thêta, 
omicron, rho, oméga) présentait seule quelque difficulté. Pour toutes les autres, qui se composent 
d'une ou de plusieurs barres que le graveur pouvait faire d'un seul coup de ciseau, la tâche était 
plus aisée. Défait, ces dernières lettres sont très nettement incisées, avec beaucoup de sûreté ; 
s'il arrive parfois, notamment dans l'epsilon, dans le pi (ligne 4), que le ciseau ne porte pas e.xac- 
tement à l'endroit voulu et que certains traits dépassent, — sien deux endroits au moins (ligne 2 
premier lambda; ligne 5 entre l'alpha final d'aùxi et le tau de Toivlr^ç) il y a des faux traits, ce sont 
là des taches inévitables dans une page d'écriture aussi laborieuse que celle-ci. Les lettres rondes 
exigeaient un plus grand effort, une plus longue patience et si j'insiste sur ce point, c'est que la 
seute difficulté de lecture est due à une lettre où je crois reconnaître un omicron. Le graveur pro- 
cédait à petit coups frappés sur l'angle du ciseau. Il a tracé ainsi les thêta et les omicron des 
lignes 4 et 5^ Nous laissons de côté les rho et les oméga, qui ne sont qu'à moitié des lettres 
rondes : le rho comprend en effet une ligne droite qui est la corde de l'arc et l'oméga est si 
largement ouvert qu'il repose presque sur deux traits verticaux. Les omicron de la ligne 2, les 
premiers qu'ait rencontrés le graveur, sont d'un dessin particulièrement remarquable. Dans le 

1. Voy. les textes de Pausanias cités plus haut. 

2. O. MuELLER, Kunstblatt, 1821, n° i6, p. 6i suiv. ; Kleine Schriften, II, p. 357 suiv. ; Kunstarchœologische Werke, 

L p. 36 suiv. " 

3 Tel est l'avis de Soldan, Zeitschrift fur Altertumswissenschaft, 1841, n' 69, p. 569 suiv. ; de M. Collignon, 

Histoire de h sculpture grecque, I, p. 3 u ; de R. Kekule von Stradon.tz, Sitzungsberichte derAkademie der Wissenschaften 

zu Berlin, 1904, p. 788; de U. von Wilamowitz-Moellendorff, Sitzungsberichte. . . Berlin, 1904, p. 638, 

4. Cf. les omicron et le phi de l'inscription n" 1342 d'Épidaure, également gravée sur bronze [Inscriptiones 

graecae, W). 



1^8 OFFRANDE ATAPOLLON DIDYMÉEN 

mot Xeto et surtout dans le nom propre qui suit : 'Aptato... l'omicron se décompose en quelque 
sorte en deux moitiés : la moitié supérieure, formée de deux traits obliques se rencontrant comme 
à la partie supérieure d'un alpha ; la moitié inférieure arrondie et gravée à petits coups. Pour la 
moitié supérieure, le graveur a économisé sa peine et gagné du temps en réduisant le nombre 
des coups à donner, si bien que son omicron est comme coiffé d'un chapeau pointu. Bien mieux, 
dans l'omicron d''\pia-zo..., il a cherché à corriger cette forme insolite et n'a réussi qu'à la com- 
pliquer, en ajoutant un trait qui réunit les deux barres obliques de la partie supérieure, si bien 
que la moitié supérieure donne l'illusion d'un alpha : la lettre est sûrement un omicron. Il nous 
fallait insister sur ces détails pour justifier la restitution du commencement de la ligne 2. 

La lecture de la ligne i ne présente aucune difficulté. Les deux dernières lettres d'àyâXfjLaTa 
ne se distinguent pas sur la planche; elles sont effacées, mais visibles sur le bronze. 

Ligne 2. De l'alpha qui précède le pi, il ne reste qu'un fragment de jambage. La lettre qui 
suit le pi, est la seule embarrassante de l'inscription tout entière. Le bronze est usé en cet 
endroit et les faux traits n'y sont pas rares. Au premier aspect on croit distinguer un epsilon 
dont deux des barres parallèles semblent facilement reconnaissables, mais un examen plus 
attentif condamne ces apparences. Il n'y a pas moins de six epsilon dans le reste de l'inscrip- 
tion : tous sont aussi nets que celui-là le serait peu; non seulement la partie inférieure est 
arrondie, mais encore les traits parallèles sont sensiblement plus longs que les autres. Faisant 
la part des faux traits et tenant surtout compte de l'arrondissement de la partie inférieure, je 
reconnais dans cette lettre un omicron et je lis : àr.o Xzio, non : ôlt:' èXeîo (ou à-ru" 'EXeéo) '. 

Du chi d' 'AptcjTcjXo/joç] il ne reste que la partie supérieure. Peut-être la ligne 2 doit-elle 
être prolongée jusqu'au commencement de la ligne i. Je distingue en effet avant le mot xâSe 
des traits qui peuvent être des restes de lettres, mais cela est peu probable. Si le nom d'un 
des donateurs, Aristolochos, était suivi du nom de son père (ô ©piacovo;, par exemple) ou de 
son ethnique, on comprendrait difficilement qu'il n'en allât pas de môme pour le nom du 
second, Thrason. Il vaut donc mieux s'en tenir à la restitution proposée : 'ApiatoXoyJo^ | xai] 
Bpâacov. 

Lignes 3-4. J'ai restitué T[cô!-n:ôXXcovL. Il y aurait également place pour T^wi | 'AIttôXXcovc. 
L'un et l'autre se rencontrent dans les inscriptions archaïques de Didymes'. J'ai simplement 
choisi la forme la plus brève, en admettant une crase dont la ligne i nous fournit un autre 
exemple : -:âYâX(j.aTa, et qui est conforme à l'usage ionien. 

L. (. De l'alpha que j'ai restitué après le chi, il ne reste que la partie supérieure qui 
semblerait, au premier aspect, convenir également à un nu. mais il n'y a pas d'autre rëstitiition 
possible qu'un verbe formé avec le radical yakx. S'il fallait construire èEnivqv iy_ v.... non seulement 

1. J'indique àît' 'El-J.o en ayant à l'esprit Thucydide, \'I1I, 26, 1, où tous les manuscrits à l'exception de B donnent 
KXsov . 

2. On les trouvera réunies dans Roeiil, Ittscriptiones graecae antiquissimae , n°' 48^-490, et dans Robert», Inlioduc- 
lion to grcek Epigraphy. p. 161-164. 



OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN ng 



on ne comprendrait pas l'emploi de la forme aspirée £•/ qui est contraire à l'usage ionien, mais 
encore il resterait difficilement de la place pour le verbe éuoki. Mieux vaut terminer la {Dremière 
phrase à ôsxâTrjv et commencer la seconde, c'est-à-dire la signature du fondeur, à éxà[l'/.eva. 

L. 5. Peut-être faut-il admettre une faute du graveur, la première et la seule, dans la 
signature. Après aù-zà et très près de l'alpha, on distingue une barre verticale très nette : peut-être 
le graveur voulait-il en faire la haste du tau suivant : la barre droite qui suit celle-ci eût été 
destinée à un iota et nous obtiendrions ainsi : aùxà (T)(i)fftKX-7îç. Mais la première barre a été 
inutilisée et nous devons lire : Toixlriç. 

Le point que l'on distingue au milieu de l'omicron dans l'article ô n'est certainement pas 
dû au graveur: tous les autres omicron sont sans point. 

On ne distingue plus que la partie supérieure de l'alpha, du nu et du delta de Kuôi[xàvô[po. 



* * 



L'explication et la traduction de l'inscription ne présentent qu'une difficulté. Dans la traduc- 
tion qui suit, nous réservons un mot d'interprétation douteuse : 

«Les offrandes, [produit de lai dime prélevée sur. . ., ont été consacrées à Apollon par 
Aristolochos et Thrason. Elles ont été fondues par Tsikiès, fils de Kydimandros. » 

Les deux donateurs sont, à n'en pas douter, desMilésiens, puisqu'aucun ethnique n'est joint 
à leur nom. Il est aussi vraisemblable qu'un lien de parenté les unissait l'un à l'autre : ou le père 
et le fils, ou deux frères s'étaient associés pour faire l'offrande en commun. Leurs noms nous sont 
inconnus d'ailleurs ; notons seulement que le nom de Thrason s'est déjà rencontre dans une 
inscription milésienne dont la rédaction primitive remonte certainement au VL siècle avant notre 
ère : Thrason, fils d'Antiléon, de la tribu des Boréens'. 

A quelle occasion l'offrande a-t-elle été consacrée? Deux réponses peuvent être faites à cette 
question selon le sens attribué aumotXeîo (=X£iou). La dîme a été prélevée soit sur la moisson, 
soit sur le butin. 

Le mot Xeïov ne nous est connu que par les lexicographes. Hésychius le traduit par àl-zoç 
(blé) et Photius, qui n'en cite que le pluriel, par àpoûpat(champs)\ La forme Xrjïov, qui convien- 
drait mieux à une inscription ionienne, est au contraire bien connue par les auteurs : on la 
retrouve dans Homère, Hésiode, Hérodote'. 

Les mots grecs qui désignent le butin sont Xsia, dont la forme ionienne est X-/]t7), et Xrjïa 

1. Sitztingsberickte. .. Berlin, igo4, p. -i, ligne ■). 

2. Hésychius : Aetov 6 sTtOs '] ôjjiaXov. — Photius : Aeia- T) h tioXéuio lotsiÀE'.cc xa; XeTa- àooùpai. 

3. Bornons-nous à citer le chapitre d'Hérodote (i, 19 où le mot l'/.o-/ est employé deux fois, à propos de l'incendie 
des moissons de Milet par les Lydiens. 

Le mot s'est également rencontré dans des inscriptions attiques du V" siècle : Inscnptiones gr.iec.-.c, I, i66,-l. 10; 
170. 1. 10 : Xi;ou Tzeo'-j^o-jno'/ (= Âv.ou 7:Ep!^_p'JT(jv ) . 



,6o OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 



(= Xïja)'. Est-il téméraire d'admettre une forme Àeïov, qui serait justifiée par la glose de Suidas: 
AzuoGOiç» 8iay.6-yxz, c'est-à-dire ayant ravagé, pillé? 

Dans le premier cas, Aristolochoset Thrason auraient simplement offert au dieu de Didymes 
la dîme de leurs moissons ; dans le second, à la suite de quelque course heureuse, comme il s'en 
faisait souvent sur les côtes ou les lies voisines, ils auraient prélevé sur le butin la part d'Apollon. 

Entre ces deux hypothèses nous choisissons la plus paisible, la première; c'est aussi la plus 
sage, puisque le mot Xsïov ne s'est pas encore rencontré avec le sens de butin. Nos deux Milésiens, 
heureux d'une récolte extraordinaire, ont témoigné leur reconnaissance au dieu de Didymes. 
Rappelons qu'à une époque inconnue, mais sans doute très ancienne, les gens de Myrina et 
d'Apollonia sur la côte éolienne de l'Asie Mineure avaient consacré des gerbes d'or à l'Apollon 
de Delphes'. Ainsi avait fait Métaponte, à l'autre extrémité du monde grec', et le trésor d'Athéna 
Parthônos sur l'Acropole d'Athènes renfermait au V'' siècle gerbes et épis dorés^ L'off'rande 
d'Aristolochos et de Thrason fut plus modeste et moins banale. 



* 
* * 



L'off'rande d'Aristolochos et de Thrason est un osselet en bronze plein, qui mesure : haut, 
max. : o'", 23 ; larg. max. : o", 31 et qui pèse 93 k"' 70 gr. Il est muni de deux anses, l'une verti- 
cale, à la partie supérieure, l'autre horizontale, à la face antérieure. 

L'anse supérieure servait à soulever et porter l'osselet : c'est une poignée. L'anse latérale, 
moins forte et plus étroite, servait uniquement à passer le lien — très probablement la chaîne de 
bronze — qui rattachait cet osselet à un autre. La dédicace mentionne en effet plusieurs offrandes : 
Tâôe TàyàXfxaTa « les offrandes que voici». La seconde était vraisemblablement de même forme que 
celle qui porte l'inscription, et comme la dédicace n'était gravée que sur l'une des deux, Aristo- 
lochoset Thrason avaient jugé bon de les réunir solidement l'une à l'autre, pour ne pas laisser 
perdre le second témoignage de leur pieuse générosité. Placé en avant de l'osselet qui porte l'in- 
scription, l'osselet anépigraphe cachait l'anse latérale, qui dépare aujourd'hui — si l'on peut dire 
— l'aspect de ce petit monument massif. 

On nous accordera volontiers qu'il ne faut pas chercher à établir un rapport entre l'occasion 
et la forme de l'off'rande. Même si nous avions adopté l'hypothèse d'une dîme prélevée sur le 
produit du butin, nous aurions peine à comprendre la provenance d'une pareille masse de bronze : 

1. Inscriptionts gr.tccae, II, ii (Attica), 678, 1. 15 : 'AÔr.vii .N!]xt,i (jxéipavoc àirô Xr.ttov. 

2. PlutarQUE, De Pytkiae oraculis, 16 (401 F) : 'Efùi Se xat Mupivafouc ÈTcaivû xa! "AiîoXXcovtTcaî Bépï) ^pu»" Ssùpo Ttéfiil-ivxaî. 
Cf. W. H. D. RousE, Greek votive Offerings, 1902, p. 58. 

3. Strabon, VI, 264 : l\\>\'.wi 3î Xé^'""' iMExaTrôvrtov) y.i'.<s\i.i tÔ)-/ l\ 'iX'Ci'j rXeusivTOJv (letà NÉirtopoî, ou; ojTto à-ô yEiopYi»; 
eÙTjyT,3a( 'iaj'.v ('.lire Oipo; ypuioOv âv AeXwoTc àvaGE'vai. Cf. RouSE, Ouvr. cité, p. 66. 

4. Inscriptiones graecae, I, 166, 1. 10; 170, 1. 10 (Xr;ïo|jn:Ep!)^p'j3ov rcâyjjs; Al). Cf. II. 11, 731 B, I. 20 suiv. {rziyjj[Ei h 
it]upYtox(oi yjikY.ôii èi:f[^puT]ot Ail), Cf. RoLSE. ou\ r. cité, p. 66. 



OFFRAiNDE A APOLLON DIDYMÉEN i6i 



il eût fallu fondre bien des armes, bien des vases et autres ustensiles pour en tirer deux osselets 
de poids aussi considérable. Si vaillants que fussent les Milésiens en ces temps reculés', Aristo- 
lochoset Thrason n'eussent pu ni défaire toute une troupe, ni piller toute une ville ! Mais nous 
avons écarté cette hypothèse pour ne voir en nos deux Milésiens que deux moissonneurs heureux, 
deux cultivateurs satisfaits. 

Je crois, puisqu'il faut en venir à une hypothèse, que si nos deux donateurs se sont adressés 
à un fondeur pour lui commander leur offrande, c'est qu'ils ont été attirés par sa réputation. 
De fait, celui-ci n'a pas hésité à signer une œuvre qui ne pouvait avoir la prétention d'être une 
œuvre d'art'. Tsikiôs ou Tisiklès fils de Kydimandros était un Milésien, autant qu'on en peut 
juger par l'absence d'un ethnique et surtout par le nom de son père, dont l'un des éléments se 
retrouve très fréquemment en lonie et en Carie'. Je crois encore que le métier de fondeur pré- 
sentait, en son temps, de grandes difficultés et qu'il pouvait se vanter d'en avoir triomphé. Les 
deux photographies réunies sur la Planche XXIX ne montrent que deux des côtés de l'osselet : la 
face postérieure est très profondément creusée et ce creux, de même que les deux anses qui font 
corps avec l'osselet, ajoutait aux difficultés de la fonte en plein. 

Laformede l'osselet (àaTpàyaXoç) deviendra banale dans la suite, notamment pour les poids 
en bronze^ Elle ne l'était sans doute pas au temps de Tsiklès et peut-être a-t-il contribué à la 
mettre en faveur. En tout cas l'osselet de Didymes n'est pas un poids et la métrologie milésienne 
nous est trop peu connue pour que nous puissions déterminer le rapport existant entre les unités 
de poids milésiennes et le poids réel de l'osselet. Il se peut que l'osselet corresponde assez exacte- 
ment à 200 mmes deMilet'. 

1. Oa connaît le proverbe : rii/.a; ttot" J^m'i 'i'Ky.:\xr,: M'.Xvjio'.. Il a été récemment étudié par .\L A. Hauvette dans le 
Recueil de Mémoires publiés par les membres de la Société nationale des antiquaires à l'occasion du centenaire, 1904, 
p. 171-179. L'étude est fort intéressante, mais, à notre avis, M. Hauvette a tort de mettre en doute l'origine historique 
du proverbe. S'il est devenu fameux, ce n'est pas qu' « il appartienne au fonds des dictons populaires de la Grèce n 
(p, 177). c'est parce qu'il évoque le souvenir d'une ruine d'autant plus retentissante que les Milésiens étaient célèbres. 
Il est bien probable que c'est la chute de Milet en 494 qui lui a donné naissance, et nous nous rangeons ainsi à l'avis 
de M. VON WiLAMOwiTz-MoELLENDORFF [Dic Textgescliichte der griechischen Lyriker. p. 32, note r, dans les Sitzimgsbe- 
richte ... Berlin., 1903)- 

2. On connaît au moins une autre signature de fondeur, découverte à.Rhodes et publiée par M. P. Foucart, dans 
le Bulletin de correspondance hellénique, IX (1885), p. 299 : Boip-jc; Ae^zoivoî £/a)aojpYT|!Tc. 

3. '0 KuSiiJlivSpo'j. Cf. F. Bechtel et A. Fick, Die griechischen Personcnn.-imen, 1894, p. 194-19S. Le nom de 
Ku8î[jiiv8poc n'était pas encore connu; on connaissait KXc'fiavopoî, KXeojjiavopoi;. Pour les noms formés avec Kooi (ICuo), voy. 
p. 180; ils ne sont pas rares dans l'île ionienne de Kéos. 

Sur les composés de Mavopo, voy. une note de Raoul Rochette dans \e Journal des Sav.mts, 1845, p. 582, note i. 

4. Voy. E. Pernice, Griechische Geivichle, 1894, p. 7 et p. 193, n° 772. Cf. p. 83-85. Cf. Rheinisches Muséum, 1891, 
p. 631. 

5. Un poids, publié par Pernice, ouvr. cité, p. 175, n° 6,9, et attribué par lui à Milet (p. 71), pèse 1 12 gr. 49, soit 
un quart de mine. La mine pèserait donc 450 gr. environ. Deux cents mines pèseraient 90 kilos. Or l'osselet pèse un 
peu plus de 93 kilos. Il va de soi que tous ces calculs ne reposent pas sur une base solide. 

21 



,62 OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 



Une dernière difficulté touche peut-être de près à ces embarrassantes questions de métro- 
logie. Au-dessous d'une des premières lettres de la dédicace, ou distingue nettement un signe 
formé d'une croix et d'un coin, Il a été gravé postérieurement à la dédicace, semble-t-il, et d'un 
ciseau plus fin. Il est aisé de voir en effet que la première ligne de la dédicace suit régulièrement 
le rebord saillant de l'osselet, sans être interrompue par ce signe. S'il avait été gravé en même 
temps que la dédicace, on l'eût vraisemblablement placé ailleurs. 

Quelle peut en être la signification ? Est-ce un caractère d'écriture ou bien un symbole? Si 
c'est un caractère, comme il n'appartient certainement pas à l'alphabet grec, ce ne peut être 
qu'un signe cunéiforme, une marque qui aurait été gravée à Suse, à l'entrée de l'osselet dans 
le trésor du grand roi. Est-il possible, comme le propose avec hésitation mon collègue et ami le 
P. Scheil, de lire : < +, soit lo 1/2 ? Le graveur persan n'aurait pas tenu compte de la direction 
de l'inscription grecque, et d'un ciseau discret il eût dissimulé ces chiffres à l'ombre des lettres 
grecques. Ces chiffres marqueraient le poids de l'osselet ou des deux osselets, s'ils ont été trans- 
portés tous les deux à Suse. 

Faut-il, au contraire, voir dans ce signe un symbole, une ancre? On sait que l'ancre est le 
symbole des Séleucides' ; elle eût été gravée au IV' siècle quand Séleucus I" fut devenu maitre 
des trésors du grand roi. 






Il me reste à déterminer approximativement l'époque à laquelle a été gravée la dédicace de 
l'osselet. La nouvelle inscription prend place dans une série assez nombreuse pour qu'il ait été 
possible d'y reconnaître différents groupes : dans lequel faut-il la ranger? Je rappellerai d'abord 
ces différentes divisions en commençant par les textes les plus récents et j'en profiterai pour 
publier deux inscriptions inédites. 

Dernières années du V? siècle, avant ^g^. — Inédit. Base de marbre blanc découverte en 
1895 à Didymes, en avant du long côté N. du temple. Haut. : 0^,486. Larg. : o", 59. 
Épaiss. : o'",34. Les lettres, disposées axoixrjôôv et gravées avec grand soin, sont hautes de 
o'",oi7 à o"\oi9. Copie et estampage. 



KAEOf/ATPp^- 
TH^Z^/JAfOPE-n. 

KXeoTràTp-/]; 
t1]z Aiayôpsco. 

C'est la seule inscription de la série qui ne soit pas gravée [iouaTpo'frjôôv. Les lettres sont 
1. Voy. E. Babelon, Catalogue des monnaies grecques de la Bibliothèque Nationale, I (Les rois de Syrie. . . ), p. vii- 

VIII. Cf. p. V. 



OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 



163 



droites et pourtant deux d'entre elles, le pi et l'iota, sont légèrement inclinées, comme si la main 
qui les a tracées avait dû se plier à une direction, à une mode nouvelles'. Ni Kléopatré ni son 
père Diagorès ne nous sont connus. 

Dernier tiers du VP siècle. — Dédicace d'Histiacos (Rœhl, Inscr. gr. antiquiss., 490. 
RoBERTS, Introduction, I. n° 140, p. 164). Bouc7Tpo'pTr]5ôv et peut-être cttol/'^Sôv, si l'on restitue : 

"IaTta[toç jjL' 
àv£G]'/]xe Tcô- 

Second tiers du VI' siècle. — Inscription de Lord Aberdeen (Rœhl, 487. Roberts, n° 137, 
p. 163). L'inscription, aujourd'hui perdue, ne nous est connue que par une copie fautive et 
incomplète. On sait qu'elle était gravée sur la jambe d'une statue découverte sur la Voie sacrée, 
non loin de Didymes. Or, en 1895, j'ai retrouvé à Didymes, dans le mur d'une maison, deux 
fragments d'une statue de marbre, dont l'un portait une inscription gravée sur la cuisse gauche. 
Je les ai publiés tous les deux"', me réservant de revenir sur l'inscription et de la rapprocher du 
te.xte de Lord Aberdeen : je le fais aujourd'hui. Les deux dessins ci-joints reproduisent : le plus 
grand, la copie de Lord Aberdeen, le plus petit, la mienne. 



N AH ANâ20T3:30 
T M i O !A N ^A 
^N ri3 HAA2AI AtA 
3 \. 



XOT 



Les deux traits qui encadrent la copie de Lord Aberdeen représentent sommairement la 
jambe. Ils donneraient à penser que l'inscription commençait à la partie inférieure. C'est une 
première erreur. Il est, en effet, bien peu vraisemblable que l'inscription commence à la partie 
étroite, au lieu de la partie large, c'est-à-dire de la cuisse : c'est à la cuisse qu'elle commence 
dans le fragment retrouvé en 1895. 

1. Pour la forme des lettres, cf. deux inscriptions archaïques milé.siennes, découvertes l'une à Naucratis, l'autre à 
Samos (Bull, de corr. hcllén.. XX (1896), p. 249 et VII (1883), p. 80). 

2. Cr la dédicace d'Hermésianax citée plus loin : 'EpjjtTjjîiva; -fiti;!,- k-Mr^Avi . . . et la dédicace de Charès : Xip-rî 

3. Didymes. Fouilles de i8g^ et i8g6, par E. Pontre.moli et B. Haussoullier, p. 203. 



i64 OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 

La restitution très libre, proposée par Rœhl, corrige un certain nombre d'erreurs évidentes : 

. . . TÔr àv[Ô]piâvT[aç 
[Aâ]-r(Jiiot àv[e6e](7a[v viaç Tpeïç 
[K£p]a|jLiaç Aco[pi]éùJv afuXé- 

Si, comme je le pense, le fragment découvert en 1895 n'est autre que le début de l'inscrip- 
tion de Lord Aberdeen, je proposerais de restituer plus simplement et plus prudemment : 

Tô(j|_i5]£ loq àvôptâvT[aç 
[Aâ]T[xtot? àv[£9e](;av, 
■ira[Xa]tàç AcopiÉcov a . . . 
... tç'. 

Les deux dernières lignes font sans doute allusion à une vengeance tirée des Doriens, et ce 
fait seul suffit à justifier le classement chronologique de l'inscription. 

Premier tiers du VI' siècle. — Oracle d'Apollon? (Rœhl, 489. Roberts, n° 139, p. 164^). 
— Dédicace de Charès (Rœhi., 488. Roberts, n° 138, p. 163. Dittenberger^ Sylloge, 749. 
SoLMSEN, Inscr. gr. ad inlusirandas dialecios seledae, p. 90, 43). 

Fin du Vil" ou commencement du VP. — Dédicace des fils d'Anaximandros (Rœhl, 484. 
Roberts, n° 134, p. 162). — Signature d'Eudémos (Rœhl, 485. Roberts, n" 135, p. 162. 
SoLMSEN, p. 90, 43). — Dédicace des fils de Python (Rœhl, 483. Roberts, n° 133, p. 161. 
SoLMSEN, p. 90, 43). — Dédicace d'Hermésianax (Rœhl, 485. Roberts, n" 136, p. 162). 

L'inscription de l'osselet tient à la fois de ces deux derniers groupes. Quoique la forme du 
thêta, de l'upsilon, du rho et de l'alpha la rapproche des plus anciens textes didyméens, il faut 
pourtant l'exclure du premier groupe et la classer de préférence dans le second, en raison de la 
forme de l'êta qui n'est pas fermé. Nous la placerons donc à côté de l'inscription de Charès, 
mais avant cette dernière dont le rho et l'alpha ont déjà la forme classique. I^'inscription de 
l'osselet peut être attribuée aux premières années du VI' siècle. 

Notons, en terminant, un mot que nous retrouvons dans trois de ces inscriptions : 

Ta àyàXfjLaTa tâôs (sur l'un des lions offerts par les fils de Python), 
i ' TàÔ£ TàyàXpLaTa (sur l'un des osselets offerts par Aristolochos et Thrason), 

iyoLh\ia. To 'AttôXXcovo; (sur la statue de Charès). 

La signification est la même dans les trois textes. Par âyaXfjia il faut entendre une offrande'. 

1. Je laisse le champ libre aux conjectures : o[J/,a;, 5[-:y,/,a;, etc. 

2. J'ai retrouvé cette inscription dans les fouilles de 1895 et l'ai estampée. 

3. Dans son commentaire de la dédicace de Charès {Sylloçe inscriptiomim gr.iec.irum. 2' édit., n" 749). W. Ditten- 
BERGER a raison de renvoyer le lecteur à l'excellente note de Bceckh sur le mot ïy^^'H* (Corpus inscriptionum graeca- 
rum. p. 7). 



OFFRANDE A APOLLON DIDYMÉEN 165 



On traduira donc : <.' Je suis Charès, fils de Kleisis, chef de Teichiousa; offrande appartenant à 
Apollon. )) Charès plaçait ainsi son image sous la protection du dieu. Une inscription récemment 
découverte à Milet mentionne le groupe des statues élevées par Charès. Elles y sont appelées 
Xapéco àvôpcàvTEç'. L'endroit où elles se dressaient portait lui-même le nom de Kepaur/jç. C'était 
un lieu consacré à Apollon, et lors de la procession solennelle que les MoXiroi conduisaient à 
Didymes, on y faisait halte pour chanter un péan : xaTà KspaitTvjv uapà Xapéco àvôpiâatv'. On 
comprend mieux aujourd'hui comment Charès avait eu l'idée de placer sa statue, image et 
offrande, sous la protection d'Apollon. 

1. Cf. l'inscription de Lord Aberdeen : tojto- toôi; àvop'.ivTct;. 

2. U. VON WiLAMOwiTz-MoELLENDORFF, Satzungeii ciiicr iiiilcstschen Sœngcroildc, dans les Silzuugshciickli: ... 
Berlin, 1904, p. 628, 1. 30. 




10 20 30 VOKil. 



FiG. 463 



Notice sur les anciens travaux hydrauliques 

EN SUS! ANE' 

Par D. L. Graadt van Roggen, ingénieur 



La plaine de laSusiane. — La plaine de la Susiane s'étend du pied des montagnes du 
Poucht-è-Kouh, du Louristan et du pays des Bakhtyaris, jusqu'à la côte du Golfe Persique qui, 
au IV' siècle avant J.-C. bordait, entre autres localités, les sites où se trouvent à présent les vil- 
lao-es d'Ameïra sur le Karoun, et A^c7/zr Hachim, au bord du marais de Djamous (voir la carte, 

fig. 463). 

Cette plaine est traversée par les fleuves Karoun, Ab-é-Diz et Kerklia dont les divers cours 
enserrent d'immenses terrains coupés par quelques petites rivières, et par un grand nombre de 

canaux. 

C'est surtout entre VAb-é-Diz et la Kerkha qu'on trouve encore de nombreuses traces 
d'anciens canaux, dont quelques-uns datent d'époques très reculées. 

Si nous considérons les travaux hydrauliques de la Susiane au point de vue historique, 
nous pouvons faire remonter l'époque de la construction de plusieurs de ces travaux aux 
dynasties des rois d'Élam. 

Travaux Élamites. — Des inscriptions découvertes à Suse montrent que des ponts et 
canaux furent construits par plusieurs de ces princes comme l'indiquent entre autres les ins- 
criptions de la stèle de Karibou-cha Chouchinak et le texte d'une brique de Atta paksou. 

11 n'est pas probable qu'on ait construit un pont sur la Kerkha, et, en eflfet, des ins- 
criptions trouvées indiquent que cette rivière était passée à gué. 

Nous n'avons pas non plus relevé trace de travaux élamites pouvant faciliter le passage du 
Karoun, qui se pratiquait, sans doute, au moyen de radeaux. 

L' Ab-é-Diz offrant un grand nombre de gués, il n'est pas probable non plus qu'on y ait 
construit un pont. 

I, Œuvres consultées : Mémoires de la Délégation scientifique en Perse; G. Rawlinson, The five gre.it monarchies 
of the old world; W. K. Loftus, Travels and researchcs in Ch.ildea and Susiana ; Curzon, Periïa ,■ Dieulafoy, L'Art 
antique en Perse; Ihn Sérapion; Dictionnaire géographique, historique et littéraire, par C. Barbier de Meynard. 



i68 NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 

Des considérations précédentes je conclus, à la probabilité que, pendant le régne des rois 
d'Èlam, aucune des trois grandes rivières ne fut traversée par un pont, et que les ponts ou les 
ruines qui subsistent actuellement ne datent pas de l'époque élamite. 

Conditions sous les rois Sassanides. — Sous le règne des Sassanides, dont l'un des sièges 
gouvernementaux se trouva sur le plateau persan, les conditions étaient toutes différentes. 

La grande route qui mettait en relation les deux centres principaux de l'Empire Perse, 
Passargade et Ktesiphon traversait la région orientale des Bakhtyaris pour aboutir dans la 
plaine susienne à Ram-Honnuz, puis partait par Chouster. Dizjoul et Pa-ï-poul, traversait Kouh- 
Hamrin non loin de Beyat et se dirigeait en ligne droite sur le Tigre. 

Ponts sur les rivières de la Siisiane. — Il est donc évident qu'il fut de la plus grande 
importance d'établir des communications entre les rives des trois fleuves qui coupaient cette 
grande route. 

C'est à Sapor I que revient le mérite d'avoir pris l'initiative de faire construire les ponts sur 
les trois grands cours d'eau, le Karoun, près Chouster, YAb-é-Diz près Dizfoul, et \a Kerkha 
près Pa-ï-poul. 

Ces ponts avaient le double but de permettre aux armées de se rendre facilement de l'une 
des capitales à l'autre, et d'enrichir la Susiane, en l'arrosant pendant la sécheresse au moyen 
des eaux exhaussées par les barrages qui servaient de fondations. 

II est probable que la construction de ces ponts était la réalisation d'une idée longtemps 
nourrie par le roi Sapor I, mais qui ne pouvait être exécutée faute de main-d'œuvre. 

Main-d'œuvre. — Le sort lui fut favorable lorsque, après la bataille d'Edupa, en l'an 260 
de notre ère, l'armée romaine vaincue fut mise à sa disposition. 

Ces troupes furent internées dans les villes du Nord de la Susiane et dans le Louristan, 
où l'on trouve encore un endroit du nom de Roumichkan, probablement nommé ainsi d'après 
l'internement de prisonniers romains. 

On sait que les armées romaines, allant en expédition, avaient leur corps du génie et il 
n'est que naturel que Sapor I ait fait usage de la connaissance et de la pratique des officiers de 
ces troupes pour projeter et exécuter les ponts sur les trois fleuves principaux de la Susiane. 

On ne saurait établir au juste la date de ces travaux qui, sans doute, ont exigé plusieurs 
années, mais il est certain que les ouvrages qu'on trouve près des endroits susmentionnés sont 
de construction romaine. Ils ont été exécutés probablement sur les ordres de Sapor I, un des rois 
que l'histoire célèbre pour l'intérêt qu'il porta au bien public. 

Il est vrai qu'un autre souverain sassanidc, fort riche et très puissant, Chosroes II (590- 
628), laissa également de grandes constructions, comme les palais de Kasr-Chirin, de Haouch- 
Kouri, de Tagh-i-Boslan, etc. Mais la technique de ses constructions indique une décadence 
dans l'architecture, et il n'est pas probable que ses architectes aient été capables d'effectuer les 
grands travaux du Sud. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



169 



Caractères des travaux hydrauliques dans la Susiane. — Les constructions que l'on observe 
en Susiane sont des ponts, des aqueducs, des barrages, des canaux avec leurs maçonneries, des 
prises d'eau, et des kanates. 

Construction des ponts sassanidcs. — La construction des ponts de l'époque sassanide 
offre la particularité que les piles reposent sur un mur de fondation qui traverse la rivière dans 
toute sa largeur et qui forme en même temps un barrage (fig. 464). Ce système qui ne pourrait 
guère être appliqué de nos jours, où la navigation fluviale joue un si grand rôle, n'offrait pas 
d'inconvénient dans les fleuves de la Susiane, qui ne furent presque pas employés comme moyens 
de communication, tous les transports étant faits par voie de terre. 




'J\■Jfln f^^ . ^\^ ' ;/^*fm'W'^^J/!^ ' *^■"^Ji ' i^^ 








L égende 
JHaçonnerie en- brigues 
ReoèéemeTil en grès 



W0M 

IffS-^^ Bélon. 



':\.'!.V .:.'-''. Rocher 

-— ' Niveau de Veau-. 



GE 



F'iG. 464. — Détail de construction d'un pont sassanide édifié sur un barra 

En outre, les autocrates de cette époque se souciaient bien peu des conséquences que 
pouvaient entraîner leurs grands travaux pour la navigation des rivières. 

Le barrage d'Ahwaz en est un exemple : toute la rivière Karoun, depuis cet endroit jusqu'à 
l'embouchure, fut sacrifiée pour d'autres buts. 

But des barrages. — Ces barrages qui, en premier lieu, étaient destinés à unir et consolider 
les piles, et qui, par conséquent, contribuaient en grande partie à la stabilité des ponts, avaient 
comme deuxième but de rehausser les eaux en amont et de les faire entrer dans des canaux 
creusés dans les deux rives. 

De cette façon l'eau était conduite à de très grandes distances dans l'intérieur du pays pour 
l'arrosage des cultures. 

Ce dispositif sassanide se retrouve dans les trois ponts que nous étudions. En outre, il 



170 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



existe encore quelques ponts de dimensions inférieures, restés en bon état, comme le pont de 
Chouster à Bend-é-Kir, qui montrent le même système. 

Description générale des ponts sur les trois rivières. — Les ponts de Chouster et de Dizfoul 
sont construits en maçonnerie et consistent en un grand nombre d'arches soutenues par des 
piles massives qui reposent sur un barrage. 

Une partie du pont de Chouster, d'une longueur de 5 arches, avec la partie correspon- 
dante du barrage a disparu, tandis qu'à Dizfoul quelques piles sont tombées et ont été rem- 
placées, d'une façon plus ou moins etricace, par des constructions modernes. De ce pont il ne 
reste que quelques parties du barrage dans l'état original. 

A Pa-ï-poul les portions du pont et du barrage dans le lit de la rivière ont complètement dis- 
paru ; il ne reste plus que quelques ruines d'un certain nombre de piles dans la partie construite 
sur les rives. 




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Gv.R 



Coupe horizoTrtale par A,B. CJ). 




Echelle 



JUaçonneries engrèi. 



Remilais d£. terre 
Tnnin Paoe 



5 lOMètx.. 

FiG. 465. — Piles et arches du pont sassanide de chouster 



La superstructure dos ponts de Chouster et Dizfoul est tellement réparée et modifiée qu'on 
y reconnaît à peine le travail primitif. 

Par contre les piles et les barrages montrent le système de la construction sans l'interven- 
tion d'aucun changement. 

A Chouster le barrage et les piles sont formés d'une maçonnerie en blocs de grès taillé : 
la superstructure est composée de deux murs latéraux (i mètre d'épaisseur) avec des voûtes 
également en maçonnerie de grés taillé (fig. 465). 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



A Dizfoul la maçonnerie du barrage et des piles est formée de deux murs extérieurs en 
blocs de grès taillé, liés ensembles par des brides métalliques, l'espace entre ces murs étant 
rempli par du béton. C'est la même construction qu'on retrouve aux ruines de Pa-ï-poul. La 
figure 466, relevée par moi, donne la vue extérieure d'une des piles sur la rive gauche. On 
y voit les cavités qui contenaient autrefois les brides métalliques, et qui se sont démesurément 
élargies sous l'action des eaux de pluie. 




58o 




5A-0 



Gv.R. 



^Grès ^^^Bèloii a.3.,a.CaviJt\'! pour tenons en métal 

FiG. 466. — Système de maçonnerie des barrages et des piles de dizfoul et de pa-ï-poul 

Une construction semblable, avec les mêmes cavités déformées, fut trouvée par moi sur la 
rive droite du Karoun, en face de la ville de Chouster. 

En aucun autre endroit de la Susiane, excepté à Ahwaz, on ne trouve de pareilles construc- 
tions, celle de la localité susnommée ayant beaucoup de ressemblance avec la construction du 
pont de Chouster. 

A Dizfoul et Pa-i-poul j'ai trouvé des maçonneries qui n'avaient pas été exposées à l'action 
des eaux du fleuve : elles sont représentées à la figure 467. 

Ici le noyau en béton est recouvert d'une couche formée alternativement par un lit 
horizontal en moellons m, reposant sur trois couches en briques h, et ainsi de suite. 

Cette construction, qui est d'une certaine élégance par sa simplicité et sa régularité, a été 
très souvent imitée, même de nos jours, par les Persans, mais de façon si grossière qu'on 
ne se trompe pas entre le travail classique et l'imitation moderne, de qualité très inférieure. 

Le ciment qu'on employait pour le béton romain est de très bonne qualité. 

Les barrages des ponts ont une largeur qui dépasse la longueur des piles de plusieurs 
mètres, variant de 8 à 12 mètres pour les différents ponts étudiés. 

Sous-sol. — A Chouster le terrain sur lequel le pont est bâti, est formé de couches de grès, 
tandis qu'à Dizfoul et Pa-ï-poul on ne trouve que des conglomérats. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



Ces derniers se décomposent assez facilement sous l'influence de l'atmosphère, mais 
restent en bonne condition tant qu'ils demeurent sous l'eau. 

Ce fait est dû à ce que les conglomérats immergés restent à une température presque 
constante, tandis que ceux exposés à l'air sont soumis à une température variant de 4 environ 
en hiver, à 70 ou 80^ au soleil, en été. 

Coupe verticale Élèvalion 



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Gv.R. 
ESSS3 Briiju&s cultes ^Moellons en caLcairc ^^^ Béton, 

FiG. 467. -- Détail des maçonneries a dizfoul et a pa-ï-poul 

Il en résulte une modification moléculaire considérable, et, les éléments de la roche étant 
divers, il se produit des ruptures et un effritement dans le ciment calcaire du conglomérat. 

Ce fait constitue un grand danger pour le pont de Dizfoul, dont le barrage 
couvrait les conglomérats et les protégeait contre les influences susindiquées. tandis qu'à présent, 
après la disparition de cette couche protectrice, les conglomérats sont décomposés par l'atmos- 
phère et emportés par le courant. Aussi voit-on nettement l'efïet de ce travail destructeur 
dans plusieurs piles du pont qui ne reposent qu'à moitié sur la fondation, l'autre partie étant 
disparue en laissant une caverne de dimensions considérables. 

Rupture des barrages. — La rupture des barrages des trois ponts doit être attribuée au 
manque de prévoyance et à l'insouciance des Arabes, lorsqu'ils devinrent les maîtres de la 
Perse. Ensuite elle est due au manque des connaissances techniques de l'art hydraulique, et 
aussi aux considérations d'intérêt personnel des propriétaires de moulins à eau. Ces moulins 
ont été bâtis dans le lit des rivières, sans s'occuper des conséquences nuisibles qui en résul- 
teraient pour les ponts. 

Il est possible que, par un sentiment de découragement lorsque les canaux qui prenaient 
l'eau du bassin formé en amont des barrages, furent ensablés, on ait laissé ceux-ci tomber en 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



175 



ruines,, puisqu'ils ne servaient plus au but de l'arrosage. On a ainsi perdu de vue la solidité 

du pont. 

Quoi qu'il en soit, il est certain qu'on n'a pris aucune précaution pour l'entretien de ces beaux 
travaux, et qu'on a préféré le travail relativement facile de destruction des barrages, en abandon- 
nant complètement les canaux, 
au travail de réfection des bar- 
rages et des canaux, en appro- 
fondissant le lit de ces derniers. 



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FiG. 468. — Section' d'une pile de pont sassanide 



Piles.. — Les piles ont 
toutes une section rectangulaire 
(fig. 468) avec un avant-bec du 
côté amont. Les dimensions 
semblent, à première vue, très 
exagérées, mais on se rend 
compte de l'efïort auquel elles 
doivent résister, quand on a vu 
une forte crue d'une de ces ri- 
vières. 

Le lit de ces fleuves ayant 
parfois une pente de i/ioo, l'eau 
atteint une vitesse considérable 
qui, pendant les crues, où le 
niveau monte en quelques heures de 4 mètres et plus, n'est pas de beaucoup inférieure à 10 mètres 

par seconde. 

L'épaisseur des piles dans le sens de l'axe du pont, varie de 5 à 6"\40 aux différents ponts 
examinés, tandis que la longueur est proportionnelle à la largeur de la chaussée qui passe en 

dessus. 

Chaque pile normale renferme une petite arche (fig. 469) dont le seuil est de niveau avec le 
sommet de l'avant-bec, la largeur étant à peu près égale à la hauteur, ou un peu moindre. 

Le but de ces petites arches est évidemment d'augmenter le profil d'écoulement, quand l'eau 
atteindra ce niveau, en diminuant la pression exercée sur la pile. 

Arches. — La distance de centre à centre des arches varie entre 13314 mètres, l'ouverture 
des arches étant un peu supérieure à l'épaisseur de la pile. 

La construction d'arches en maçonnerie limite l'espace entre les piles, et par conséquent 
le profil d'écoulement, qui, en chiflfres ronds, est réduit à la moitié du profil original à l'axe du pont. 
Ce rétrécissement du profil cause une augmentation de vitesse de l'eau, ce qui se traduit par une 
augmentation de l'efïort de l'eau sur les piles. 



'74 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



Grâce aux dimensions robustes et à la qualité des matériaux de construction, ces maçon- 
neries ont tenu bon pendant plus de i6 siècles. 



Coiipe 



Vue 



fr.:.„ 



Coupe par AB 




maçonnerie eji brUptes 
I I ' , I . Revèlement en gréa 

Béton. 
•mifll] Rocher 







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Gv.R. 



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2oMètres 



FiG. 469. — Petites arches ménagées dans les piles de pont sassanides 



Dans les pages qui suivent, j'étudierai de façon plus détaillée les ponts des trois rivières 
et les travaux d'irrigation qui furent exécutés en combinaison avec ces ponts. 



CHOUSTER 



Pont de Choiister. — Le caractère le plus remarquable du pont de cette ville (fîg. 470) est 
bien la projection horizontale qui montre un alignement très irrégulier et incurvé, qu'on ne 
saurait attribuer à aucun motif raisonnable, considérant que les ponts de Dizjoul et Pa-ï-Poul 
sont bâtis à peu près en ligne droite. 

Comme je l'ai déjà remarqué, la formation du sous-sol, àChouster, où l'on trouve les couches 
de grès" se prolongeant dans le lit de la rivière, est différente de celle des deux autres localités, où 
les conglomérats descendent beaucoup plus bas, et où le grès n'affleure pas. 

I. Ces grès appartiennent au terrain tertiaire moyen, et sont supérieurs aux gypses. Leur inclinaison est vers le 
Sud-Ouest. Ils affleurent parallèlement à la direction générale des montagnes Bakhtyaris, c'est-à-dire, grosso modo, du 
N.-E. au S.-E. 



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,76 NOTICE SUR LES ANCIENS TRA\^\UX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 

AlvJnement. — Il est possible que l'architecte du pont de Chouster ait cherché les endroits 
où les couches des grès se rapprochaient le plus de la surface et qu'il ait adopté la ligne passant 
par ces points comme axe du pont. En tout cas, sans autre raison plus plausible, il convient 
d'adopter celle-ci, proposée par plusieurs voyageurs compétents qui ont visité Chouster avant 
moi. 

Je reviendrai plus tard sur ce sujet. 

Aspect général. — Le pont de Chouster compte actuellement 28 arches du côté Sud de la 
rivière et 7 arches du côté Nord ; la portion disparue dans le lit du fleuve correspond à 5 arches. 
\in tout, le pont doit avoir eu au moins 40 arches, et probablement plus. 

Il existe, en effet, une construction massive entre la dernière arche du côté Nord et l'espace 
vide; elle est percée de quelques tunnels et d'une arche en partie fermée par de la maçonnerie. 
Ces passages traversent la construction pour donner issue à l'eau de plusieurs moulins dont on 
voit les restes en aval du pont. 

Probablement cette construction a remplacé un certain nombre d'arches, et je base cette 
supposition sur le fait que cette maçonnerie est en briques, tandis que la construction origi- 
nelle était en blocs de grés, comme nous l'avons vu. 

Cela prouve encore que le pont a été complètement modifié en cet endroit pour le service des 
moulins. Le but du barrage a été sacrifié et le pont mis en danger par suite de l'augmentation 
de la surface opposée à l'effort des eaux pendant les crues. 

Il y a, en outre, sur la rive gauche, quelques endroits où l'on a rempli l'espace entre deux 
arches du côté amont par des maçonneries d'une épaisseur considérable. 

L'aspect général doit avoir été beaucoup changé par les constructions d'époque moderne, 
qui ont été faites sans se rendre compte des dangers auxquels on exposait le pont, soit par 
l'affaiblissement de la fondation, soit par l'augmentation de la surface pleine offerte aux 
eaux. 

Diljérences de construction avec le pont de Dizfoul. — On reconnaît facilement que le pont 
de Chouster a été conçu par un autre architecte que celui de Dizfoul, le dernier étant construit 
d'une façon beaucoup plus robuste, et avec d'autres matériaux. 

Le pont de Chouster, a eu, à l'état neuf, un aspect beaucoup plus élégant et léger que 
celui des ponts de Dizfoul (ju de Pa-ï-poul, mais les faits ont suffisamment démontré que sa 
solidité était inférieure. 

Carrières de grès. — Les grès qu'on a employés pour la construction étaient extraits de 
la falaise sur le côté Nord, où l'on voit encore, sous les couches de conglomérats, de grandes 
cavernes qui ne sont autre chose que les anciennes carrières. 

En effet, on reconnaît encore très nettement au fond des cavernes les gisements de grès 
avec les traces des coups de pic donnés pendant l'extraction. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 177 



Tunnels sous la citadelle. — A environ 300 mètres en amont du pont, on trouve deux 
tunnels perçant la roche sur laquelle est bâtie la citadelle de Chouster. 

Ce chàteaufort existait certainement avant l'époque sassanide. Nous en voyons, dans Yakout, 
le récit de la prise par les troupes arabes sur la garnison persane de Yezdegerd III. 

Ces canaux se réunissent à une centaine de mètres au delà du mur d'enceinte de cette 
forteresse (fig. 471) pour former un seul canal, que nous étudierons plus tard. 

Ces tunnels ont de 3 à 4™, 50 de largeur sur environ 100 mètre de longueur; ils étaient 
munis, d'un côté, d'une voie de passage qui est en partie éboulée. 

Le seuil de ces canaux souterrains est à fleur d'eau au niveau des basses eaux, l'entrée 
étant protégée par une construction en maçonnerie, que je considère comme datant d'un âge 
postérieur aux canaux eux-mêmes. On y voit le même système de protection de la prise d'eau 
que j'ai trouvé aux restes d'un ancien canal au Nord de la ville de Chouster, à Dizfoul et à 
Pa-ï-poul, comme il sera expliqué plus tard, et je suis d'avis que c'était là encore une particula- 
rité de l'architecture hydraulique sassanide, peut-être importée par les architectes romains 
prisonniers. 

Canal d'irrigation. — Le canal formé par les deux tunnels s'étend vers l'intérieur de l'île 
comprise entre le Choteit et l Ab-é-Girgir\ et se bifurque au premier des trois barrages qui y 
furent construits. 

Le premier embranchement prend une direction Sud et se jette, après avoir passé le 
deuxième barrage (sous le pont de Laschkar), dans un petit torrent qui lui-même passe sous le 
pont de Shah- Ali. 

Ce sont ces deux ponts qui, d'après leurs constructions, datent aussi de l'époque sassanide^ 
et que j'ai mentionnés plus haut. 

Le torrent passe par le troisième barrage, actuellement en ruines, et se jette dans le 
Girgir. 

Ces barrages étaient nécessaires pour empêcher l'eau du canal de descendre trop vite les 
15 mètres de différence de niveau entre le Karoun et le lit du Girgir en bas des chutes, et dont 
je parlerai plus loin. 

Ce canal servait à l'irrigation des champs et jardins dans les environs de la ville. 

Grand canal d'irrigation de l'île de Chouster. — Le deuxième embranchement, qui a le 
même niveau à peu près que les tunnels sous la citadelle, prend une direction Sud-Ouest et se 
prolonge sur une distance de 33 kilomètres dans l'intérieur de l'île de Chouster. J'ai trouvé les 

I. Le Karoun se bifurque en amont de la ville de Chouster en deux branches, dont l'une, qui passe au Nord de la 
ville et qui contient la plus grande partie du volume total, est nommé Ab-é-Choteit . L'autre, passant à l'Est de la 
ville, est nomrilé Ab-é-Girgir. Ces deux branches se réunissent à environ 60 kilomètres en ligne droite au Sud de 
Chouster, près du village de Bend-c-Kir, prennent l'eau de l'Ab-é-Diz, et forment une rivière combinée qui est 
nommée Karoun. Elle se jette dans le Shat-el-.\rab, près de Mohammerah. 



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NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 179 



restes de l'embouchures de ce canal, près du village d'Arab! Hayau, sur la rive gauche du 
Choteit, à la distance précitée. 

Le canal est connu sous le nom de Minau-ab, mais on le trouve aussi mentionné sous le 
nom de « Dariam », la tradition l'attribuant à Darius, alors qu'il peut aussi bien être antérieur 
à ce roi. 

Barrage dans le Choteit, antérieur au barrage de Sapor. — Quoi qu'il en soit, il semble 
certain que ce canal existait avant le règne de Sapor I, et cette circonstance, jointe à la dispo- 
sition du plafond du canal en relation aux basses eaux, me fait croire qu'il a dû exister un 
barrage, qui rehaussait les eaux de telle façon qu'elles entraient, même à la saison de la séche- 
resse, dans le canal, et qui était bien antérieur au barrage du grand pont de Sapor I. 

Il en résulterait que ce roi n'a fait que réparer l'ancien barrage, ou bien l'a fait remplacer 
par l'actuel. 

Description détaillée du canal Minau-ab . — Le canal de Minau-ab ou le Dariam se dirige 
pendant les premiers 508 mètres parallèlement au lit du Choteit, dont il est séparé par un mur 
de maçonnerie, très probablement de construction contemporaine du pont. 

Évidemment le constructeur a prévu le danger que courrait le Minau-ab d'être rempli par 
les galets emportés par le courant dans la direction de la brèche actuelle du mur (fig. 471): c est 
pourquoi il a fait construire un mur de déflexion, dont on retrouve encore quelques fragments 
robustes. 

Actuellement, ce mur étant éboulé, le lit du Minau-ab est, en efifet, rempli de galets qui 
rendent le canal inutilisable. 

Peu à peu la direction du canal s'éloigne de celle du Choteit. A environ 1,500 mètres de la 
ville, on trouve les restes d'un ancien barrage, remplacé par un nouveau connu sous le nom de 
Beîidé-Gak. 

Par ce barrage, la plus grande partie de l'eau est conduite dans le canal qui va en direction 
Sud-Ouest, tandis que le trop-plein se décharge dans la deuxième section du canal. 

A une centaine de mètres au delà du premier se trouvent le pont et le barrage de Laschkar, 
mentionnés plus haut. 

Ravin du Girgir. — Nous avons vu comment l'eau du trop-plein servait à remplir les 
diflférentes sections du premier embranchement, pour se jeter ensuite dans le lit du Girgir. Il 
s'ensuit donc qu avant le creusement du lit artificiel de ladite rivière à travers les rochers à 
l'Est de la ville, il a dû exister un ravin, où coule le Girgir à présent, et qui conduisit les eaux 
de trop-plein du canal Minau-ab. 

Le canal principal, qui prend la direction S.-O. depuis le Bendé Gak, conduisait l'eau sur 
une distance de 33 milles dans l'intérieur de l'île de Chouster, comme nous l'avons indiqué plus 
haut. 

La formation du terrain permettait de suivre la crête d'une colline pour y creuser ce canal, 



i8o 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



d'où sortaient des embranchements à droite et à gauche pour arroser les terrains qui descen- 
daient en pente vers les rivières Choteit et Girgir. 

Installations d'arrosage. — Là où les terrains environnants étaient plus élevés que le niveau 
d'eau dans le canal, on a dû remonter l'eau d'arrosage des champs au moyen d'installations 
spéciales. 

Les installations qu'on emploie de nos jours sont tellement primitives, et pourtant si bien 
imaginées, que je suis tenté de croire qu'on les a employées aussi aux époques éloignées, de 
même qu'on fait maintenant encore usage des chadoufs et noriahs de l'ancienne Egypte. 

Ces installations nommées actuellement chah-ab sont fréquemment usitées dans l'Ara- 
bistan, et sont trop intéressantes pour que je n'en donne pas une description sommaire (voir 
fig. 472). 

Une construction en maçonnerie M, bâtie au bord de l'eau, sert de point d'appui à 




WWf//, 



1^ Gv.R. 



Vi\^% 



WWF^WWWW^W" 



Echelle 



| ^L,1JU.J U 



!-■ ■! 



10 Mètres 



Fig. 472. — Système d'arrosage dit ( uxh-ab 



deux rouleaux R et r sur lesquels glissent deux cordes C et c, dont une des extrémités est tirée 
par un bœuf. 

A l'autre bout de la corde C est suspendue un sac en cuir S, tandis que l'autre corde 
supporte l'embouchure d'un tuyau en cuir / qui termine le sac. 

Quand le bœuf descend, en partant du point plus élevé de la pente, près de l'égout c\ il tire 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRA\'AUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE i8i 



sur les deux cordes dans le sens de la flèche, et fait remonter le sac rempli d'eau. Le tuyau 
remonte en même temps et l'embouchure en reste plus élevée que la partie supérieure du sac, 
ce qui empêche l'écoulement du contenu du sac. 

Quand ce tuyau est arrivé à la hauteur du rouleau r, le sac se trouve encore en dessous de 
ce rouleau, et tandis que celui-ci monte jusqu'au rouleau R, le tuyau est tiré dans l'égout e. 

L'eau s'écoule dans cet égout qui la conduit dans les champs à arroser, et, en quelques 
secondes, l'appareil est prêt à redescendre. 

A la figure 472 sont données deux positions différentes de l'appareil. 

Après la vidange du sac, le bœuf remonte la pente, ce qui fait descendre le sac jusqu'au 
niveau de l'eau, où il se rempli de nouveau, et le même jeu se répète. 

Avec ces appareils on peut remonter de 18.000 à 20.000 litres d'eau par heure et par bœuf. 

On trouve des chah-ab doubles, triples et quadruples, selon qu'on fait usage de deux, trois 
ou quatre bœufs. 

La figure 472 représente un chah-ab double. 

Autres barrages. — A l'Est de la ville de Chouster se trouvent encore deux barrages dont 
nous allons nous occuper à présent (fig. 473). 

Barrage dit Bendé-Mizan. — Le premier de ces barrages, nommé Bendé-Mizan (c), est 
situé au point de bifurcation du Karoun, où les deux branches Y Ab-é-Choteii et \'Ab-é-Girgir 
se séparent. Ce barrage, de construction solide, est également attribué par quelques auteurs à 
l'époque de SaporL'; d'autres veulent qu'il ait été construit pour empêcher l'écoulement trop 
grand des eaux du Karoun par le canal du Girgir. et qu'il date d'une époque postérieure au pont 

de Sapor. 

L'objection qui se présente à la dernière supposition, c'est la construction, sous l'eau, des 
fondations du barrage sans les moyens modernes (coffre de pilotis ou fondation pneumatique). 

C'est pourquoi je suis tenté de croire que ce barrage est contemporain du pont de Sapor, 
comme je l'expliquerai plus tard. 

Ce barrage contient neuf coupures qui servent au passage des eaux qui forment VAb-é- 
Girgir, et dont le seuil se trouve un peu plus bas que le niveau de sécheresse dans le Karoun . 

A l'extrémité orientale de ce barrage se trouve un tunnel /à un niveau beaucoup inférieur 
à celui des basses eaux : nous verrons plus loin le but probable de ce tunnel. 

Barrage dit Bendé-Girgir. — A peu près à 500 mètres en aval de ce barrage s'en trouve un 
autre (a), qui est de construction moderne. Il est situé tout près et en avant de l'emplacement 
d'un pont en briques à une seule arche, qui réunissait la ville de Chouster au faubourg de 
Boléiti et aux routes des Bakhtyaris et d'Ahwaz. 

On voit encore les restes des culées sur les deux rives. Ce pont subsistait encore en 1836 
et constituait, alors, le seul moyen de communication entre la ville et le dit faubourg; il paraît 



l82 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



qu'il n'existait pas de barrage en maçonnerie à cette époque. Il est possible qu'un barrage en 
argile (marqué b fig. 473) ait fermé le lit de la rivière. 

Je suis d'avis que, pendant les crues du Karoun, l'eau descendant le Girgir et tombant en 



VILLE DE CHOESTER 







Coupe parf e/ élévaiion d'une 
partie fiu barrage (y 



FauboTirg de 
Boléiti 





Ab-i- Girgir |/ 



KAsatm 



Légende 

(l Bende. Girgir 1 1 Ma/;onneri& 

b Barrage, en argila ^^^^^.^^^^^ f^^j^ 
C Bende Mixan. ■:.-,.-^^k-i^ 

d/ Moulins à- eazv ^ "^'^ 

€ TufiTvels n Cascade. 

f Tunnel dans le 
Barrage C 




Les barrages à l'Est delà -ville de Chouster 

Fig. 473 

cascade -sur le plateau^en aval du^barrage a, où se trouvent 'un grand nombre de moulins de 
construction arabe, les mettaient en grand danger d'être'détruits. 

Tunnels et barrage en argile. — En conséquence, on s'est efforcé de réduire cette quantité 
en offrant un passage^ limité à l'eau par trois tunnels e creusés dans les grès qui bordent la 
rivière à ce' point, et en fermant le lit de celle-ci par un barrage en argile /. 

D'après les informations qu'on m'a données à Chouster, il parait que ce dernier barrage a 
été l'objet de fréquentes inquiétudes en raison de nombreuses "ruptures, de sorte qu'on l'a 
remplacé par le barrage actuel a en maçonnerie, qui sert en même temps de trait d'union entre 
les deux bords de la rivière. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 183 



Le pont a disparu dans la période intermédiaire entre 1836 et 1842, où deux voyageurs 
renommés ont constaté respectivement la présence et la disparition du dit pont. 

Age du Bendé-Girgir. — Il en résulte que le barrage actuel du Girgir peut dater de 
68 ans tout au plus et n'est certainement pas de l'époque sassanide. 

Le barrage provisoire en argile existe encore, et se trouve presque appuyé contre \e Bendé- 
Girgir. 

L'origine des trois tunnels est antérieure au dernier barrage, et doit remonter au temps où 
le barrage en argile fut jeté à tr^lve^s le lit de la rivière. 

Canal du Girgir. — On prétend que le lit du Girgir a été creusé sur les premiers 1 500 mètres 
pour former une communication entre le Karoun et le ravin qui existait un peu plus en aval de 
la ville, comme nous l'avons vu. 

On se proposait de former une dérivation du Karoun, pendant la construction du grand 
barrage et du pont vers la route de Dizfoul. 

Dallase dans le lit du Choteit. — Plusieurs écrivains mentionnent le fait que le lit du 
Karoun (ou plutôt du Choteit), en face de la citadelle, est pavé de grosses dalles, liées entre elles 
par des tenons en métal — mode de construction qu'on attribue aux Romains, 

J'ai essayé de voir, ne fût-ce qu'une partie de ce pavage, mais quoique l'examen des bords 
de la rivière fût facilité par les basses eaux, je n'ai pu réussir à en retrouver les traces. 

Ce pavage était nécessaire, dit-on, pour mettre des bornes au creusement par suite de l'érosion 
du fleuve, creusement qui devenait dangereux pour les roches sur lesquelles est bâtie la citadelle. 

Je mentionne ce détail en relation avec le problème de la construction des différents travaux 
de Chouster, dont la solution, donnée par plusieurs écrivains, n'a pu me satisfaire jusqu'à présent. 

Travaux de Sapor. — Le programme des travaux que Sapor I" se proposait d'exécuter a 
dû être à peu près le suivant : 

l" Il s'agissait de remplacer l'ancien barrage qui desservait le Dariam (et qui, je suppose, était 
tombé en partie en ruines) par un nouveau barrage, sur lequel, d'après le plan du système 
sassanide, serait construit un pont qui établirait la communication entre les deux rives du 
Choteit. 

2° Si nous admettons la légende du dallage du lit dans le Choteit, en face de la citadelle, 
ce travail a dû exécuté en même temps. 

Je présume que ce programme a pu être rempli de la façon suivante. 

Mode de travail. — D'abord je ferai remarquer qu'au temps de Sapor I" on ne connaissait 
pas les moyens de déplacer l'eau en masse (pompes ou autres) et qu'on doit supposer que, pour 
être à même de travailler dans le lit d'une rivière, on a dû la dessécher complètement. 

En considérant ce détail, on a dû mettre à sec d'abord la partie a-b devant la citadelle 



i84 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



(fig. 474) pour poser le dallage, et construire le barrage c dans le but que j'expliquerai plus tard; 
ensuite répéter la même opération pour la partie en aval de h, afin de pouvoir bâtir la fondation 
du barrage et du pont (fig. 475). 

Travail du dallage. — On aura donc commencé les travaux par le dallage de la rivière et, à 

cet effet, il est probable qu'on a creusé un canal, for- 
mant un nouveau lit de la rivière, sur la rive droite 
du Karoun, dont on voit encore les digues d et d' 
(fig. 474) qui ne sont que les déblais de l'excavation 
du canal pour le passage provisoire du fleuve. 

Ensuite on aura jeté à travers la rivière une 
digue provisoire a, en argile, galets et sable, pour 
faire entrer le courant dans le nouveau canal. 

L'ancien barrage b près de la citadelle, bien que 
nous le supposions tombé partiellement en ruines, 
a bien pu avoir servi pour empêcher les eaux d'entrer 
dans la section a-b, car il s'agissait de faire le vide du 
côte de cette section. Dans ce but, et aussi en tenant 
compte de la nécessité qui se présenterait plus tard 
de détourner les eaux du Choteit pour mettre à sec le 
lit de cette rivière en aval du point b pour la construction du nouveau barrage, on a dû creuser 
le canal qui réunirait plus tard le Karoun au ravin du futur Girgir, à l'Est de la ville. 

En prévoyant la nécessité de régler la quantité 
d'eau qui s'écoulerait plus tard dans le Girgir, on 
aura bâti le barrage c, connu actuellement sous le 
nom de Bendé-Mizan, avec les coupures qui devaient 
assurer le passage de l'eau nécessaire, même pendant 
la sécheresse. 




Fig. 474. 
Premier travail d'assèchement du karoun 




Tunnel dans le Bendé-Mizan. — On se rappel- 
lera que, dans ce mur, on avait ménagé un tunnel 
(fig. 473-f ) dont le seuil se trouvait près du fond de 
la rivière. 

Ce tunnel existe et fonctionne encore, comme j'ai 
eu l'occasion de l'observer. 

C'est par ce tunnel qu'on aura vidé la section a-b 
de la rivière où l'on pouvait travailler désormais, 

pour y mettre les dallages. 

■-^r» Il est possible que toute l'eau d'infiltration qui passait par des fuites dans les digues ait été 



Chousteç ^^ 

Fig. 475 
Deuxième travail d'assèchement du karoun 



NOl'lCE SUR LES ANCIENS TK.W'AUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 185 



conduite par de petits égouts vers le tunnel/, d'où elle quittait les chantiers pour se jeter dans 
le ravin du Girgir. 

Maçonnerie de la prise d'eau des tunnels du canal Minau-ab. — En même temps que le 
dallage on aura construit les maçonneries protectrices des entrées des deux tunnels sous la cita- 
delle, qui, en se réunissant, forment plus tard le canal Minau-ab. 

Au cours de ces travaux, en face de la citadelle, ce canal était desséché : c'était un incon- 
vénient, il est vrai, mais qui n'aura duré que le temps nécessaire pour exécuter les dits travaux. 

A la fin de ces travaux une partie du programme était remplie, et il s'agissait maintenant 
de prendre les mesures préparatoires pour la construction du pont. 

Travaux du grand pont. — A cet effet (fig. 475) on aura enlevé la digue a indiquée au 
plan 474, tandis qu'une nouvelle digue e était jetée à travers le canal provisoire, le barrage b ou 
ce qu'il en restait, demeurant intact. 

Les eaux du Karoun se jetaient, par conséquent à travers des coupures du nouveau 
barrage c dans le lit du canal de ÏAb-é-Girgir, et, en partie aussi, par les tunnels sous la citadelle 
dans le canal Minau-ab. 

L'enlèvement de la digue a a eu lieu probablement à la main, autant que possible, le reste 
de cette digue étant sans doute balayé pal" le courant, ce que le caractère provisoire de cette digue 
rendait possible. 

La rivière du Choteit étant mise à sec par le détournement de ses eaux, on a pu procéder à 
l'examen du futur emplacement du grand pont vers la route de Dizfoul, et c'est alors qu'on aura 
recherché les meilleurs emplacements sur les couches de grès pour y poser le barrage. C'est 
ainsi qu'il est possible qu'on ait déterminé l'alignement courbé dont j'ai parlé plus haut. 

Un examen du lit du Girgir actuel semble indiquer qu'en effet il a dû y passer un volume 
d'eau beaucoup plus considérable que celui de la rivière actuelle. En plusieurs endroits les hautes 
rives sont situées à de très grandes distances de la rivière. Près du village de Chéléli la distance 
des hauts bords est environ de 1500 à 2000 m. tandis que le Girgir n'y mesure qu'une largeur 
de 30 à 40 m. 

Après l'achèvement des travaux du pont, on aura enlevé le vieux barrage b, et les conditions 
auront été celles que nous retrouvons actuellement. 

11 est évident que ces travaux n'ont pas été terminés en un été, et qu'ils ont dû être inter- 
rompus à plusieurs reprises par suite des crues occasionnant des inondations des chantiers de 
travail; mais il paraît certain que ces maçonneries, même inachevées, résistaient au courant pen- 
dant un temps limité, et, qu'après la baisse des eaux, on pouvait reprendre les travaux. 

Par l'exposé qui précède j'ai essayé, avec les données que j'ai relevées en différents endroits, 
de trouver une solution du problème intéressant de la construction de ces travaux en tenant 
compte des moyens disponibles à l'époque. — ■ Ces constructions qui, de nos jours, auraient coûté 
des sommes considérables, n'étaient évidemment pas possibles sans un grand nombre d'ouvriers 

24 



i86 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



connaissant bien leur métier et travaillant en corvée, et c'est là encore une indication que ces 
travaux ont été faits par les prisonniers romains. 

Ancien kanate. — En amont de la ville de Chouster se trouvent encore des ruines d'une 
prise d'eau d'un canal consistant en deux arches en maçonnerie. 

Ce canal (fîg.,176) taillé dans les grès se prolonge en un kanate ou tunnel, muni de cheminées, 
pour extraire les déblais des excavations, et servant de prise d'air pour les ouvriers qui travaillent 



Type général diin Khanat 



Prise d'eau 

du aznal cons- 
■truU en maçojv 
■rie . en deux 
arches. 




Canal 







C,C - cheminées 

FiG. 476 



c 







, , . '= Canal et 
//i Khanat OÙ 



cheminée i' ^ 



'■ê' 



Nord delà, 
ville de 
Chouster 



cheminée i''^''.<^ 



dans le tunnel. On peut poursuivre le kanate, qui passe à côté de l'Imam-zadèh se trouvant sur 
la rive droite du Choteit, en face de la ville de Chouster, (voir le plan fig. 171) et se perd dans 
la plaine vers l'Ouest. 

Il y a un endroit où le canal s'est éboulé, mais où l'on a évidemment nettoyé les déblais ; 
cet emplacement donne une idée exacte de ce tunnel : il est indiqué au plan. Des kanates sem- 
blables se rencontrent encore partout en Perse, mais celui-ci est remarquable à cause de la con- 
struction en maçonnerie à la prise d'eau, et d'un mur qui paraît avoir été établi pour y construire 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 187 



une sortie de l'eau dans une coupure qu'on voit encore très nettement près de l'Imam-zadèh, une 
deuxième coupure ayant été faite évidemment dans le même but à environ 200 mètres plus à 

l'Ouest. 

Ces constructions étant sassanides (le mur est identique à la maçonnerie des piles de Pa-ï- 
poulet Dizfoul), elles fixent l'époque du kanate auxquels elles appartiennent et dont elles forment 

partie intégrante. 

C'est à ce point de vue que ce kanate est remarquable ; sous tous les rapports il ressemble, 

d'ailleurs, aux autres kanates de Perse. 



Dizfoul 

Pont. — Le pont sur VAb-é-Diz. qui unit la ville de Dizfoul à la Susiane au Sud (route 
d'AmaraetHawizch),etaux montagnes du Nord (routedeKhorremabadet Hamadan), se trouve, 
il est vrai, dans une condition précaire, mais répond encore aux besoins du trafic. 

Aspect général. — L'aspect général du pont de Dizfoul est beaucoup plus robuste que celui 
de Chouster, et, comme je l'ai remarqué plus haut, on voit très facilement, du premier coup d'œil, 
que ces ponts ont été conçus par des architectes différents. 

Il est possible que les ponts de ces deux localités aient été construits en même temps sous 
les ordres de divers officiers du génie romain. 

Il est à noter que les restes du pont de Pa-ï-poul offrent beaucoup de ressemblance avec 
celui de Dizfoul. La distance entre les deux sites n'étant que de 25 milles, la surveillance de ces 
travaux par un ingénieur en chef était fort possible. La distance de Chouster à Dizfoul, qui est 
de 75 milles, aurait exigé deux personnes différentes pour la surveillance de la construction. 

Le pont de Dizfoul est formé de 22 arches en maçonnerie, dont les piles ont des dimensions 
puissantes et bien calculées pour résister à l'effort des eaux pendant les crues. 

Il y a quelques piles qui sont de construction moderne, tandis qu'une est disparue et rem- 
placée par une construction en maçonnerie de dimensions et matériaux fort médiocres. 

La dernière rupture du pont de Dizfoul date du mois de février 1903. La crue fut alors si 
forte, qu'au dire des habitants, l'eau monta jusqu'à un mètre environ des clés de voûte. Une 
pile fut emportée, et par suite deux arches s'écroulèrent. 

Alignement. — L'alignement du pont est droit, exception faite d'une légère déviation dans 
la construction au bout opposé à la ville, qui date d'une réparation récente. 

Superstructure. — La superstructure du pont a été réparée et modifiée en plusieurs 
endroits, mais on reconnaît, en d'autres, le travail originel grâce à la puissance des constructions 
et à la forme des arches. 



i88 NOTICE SUR LES ANCIENS TR.W AUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



Piles. — Le système de construction des piles romaines est clairement visible en plusieurs 
d'entre elles. 

Barrage. — Il ne reste que quelques parties du barrage qui soient intactes ou presque 
intactes entre les piles; la plus grande portion a disparu, laissant à découvert les conglomérats 
qui se^décomposent de plus en plus. 

Fondations. — Un examen très sommaire des piles, sur les points où le barrage a été 
enlevé, ferait penser que ces piles ont été établies sur des fondations pyramidales; mais une 
comparaison'Javec les autres piles et fondations prouve que cette forme pyramidale n'est qu'un 
effet accidentel dû à l'érosion du massif construit. 

Une [des admirables vues de M. Dieulafoy, dans son œuvre L'Art antique de la Perse 
(tome I\', PI. X), prouve le manque absolu de place pour des socles pvramidaux servant de 
fondation aux piles. 

Tunnel et canal sur la rive gauche. — La hauteur du barrage est d'environ 3 mètres au- 
dessus des basses eaux. Cette hauteur suffisait pour conduire l'eau dans un canal b (voir fig. 477), 
qui était creusé en tunnel sur la rive gauche (côté de la ville) dans les conglomérats longeant la 
falaise, pour aboutir à 100 mètres en aval du pont dans un canal ouvert (c), qui suit une direc- 
tion S.-E. 

Un canal ouvert d court parallèlement au premier : le plafond en est beaucoup plus élevé, 
mais je n'en ai pu trouver la prise d'eau. 

Probablement ce dernier canal fut une dérivation du premier, lorsque celui-ci devint hors 
d'usage. 

Le tunnel ^ avait sa prise d'eau à environ 300 mètres en amont du pont; c'était une con- 
struction en maçonnerie tombée complètement en ruines, dont les fragments constituent de beaux 
spécimens de maçonnerie romaine (voir la figure 467). 

J'ai trouvé, près de la prise d'eau du canal, l'embouchure d'un tunnel A de 2™, 50 de hauteur 
au milieu, sur o", 50 de largeur, percé perpendiculairement à la falaise et se perdant sous les 
maisons, tandis qu'un autre tunnel, de mêmes dimensions (i), s'ouvre à quelque distance de là, 
mais à un niveau inférieur. 

Je crois y voir des cloaques qui furent construits en même temps que les autres travaux 
romains. 

Ces restes et d'autres vestiges que l'on peut attribuer à un mur d'enceinte le long de la 
rivière, semblent indiquer qu'on a profité des connaissances du génie militaire de l'armée 
romaine prisonnière pour efl'ectucr de grands travaux de paix et de guerre dans la ville de 
Dizfoul. 

Vallée en amont de la ville. — En amont et à quelques kilomètres de la ville, débouche 
une grande vallée qui la contourne à l'Est et se dirige au S.-O. On y trouve les restes de canaux 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



i8g 



qui ont servi évidemment à l'irrigation des cultures pratiquées au-delà des collines. On passe 
ces canaux en venant du côté du village de Ab-bid, sur un pont en ruines, qui n'est pas de 
l'époque sassanide, mais bien de construction moderne. 



i'S^^S: 







^\V 




Gv.R. 



Travaux de Saporl à Dizfoiù 

a - Bar'ragr et pont 

b Turutcl siw la rino gau^ha 

C Canal dccouocrt sur la. rivegcuLche 

d/. — Canal parallèle - ,, ,- „ — 

e Canal/ sur la/ rizie droil& 

p. — Dérivation du- canal C 

q Prise d'eau, du, canal' b 

h',i Cloacjucs 

k' Prises d'eaii du cjn/ial C 

l Moulins à etuv 



FiG. 477 



Un grand nombre de kanates, creusés dans les conglomérats, se trouvent plus à l'Est 
du dit canal, tous allant dans la direction du Sud. Doit-on voir dans cette vallée le lit provisoire 
de la rivière, qui a servi comme déviation des eaux, pendant les constructions du pont ? Cela me 
paraîtrait très probable et rentrerait bien dans le cadre du système de travail de ces époques. 

Canal sur la rive droite. — Sur la rive droite de la rivière, un autre canal e prenant nais- 



igo NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



sance à 400 mètres environ du pont (/.-), longe le pied des collines et les traverse, un peu en aval 
du pont, par le moyen de plusieurs petits tunnels percés dans les cong-lomérats. 

Ce canal prend enfin une direction S.-S.-O. et se perd dans la plaine. 

C'était sans doute un des canaux principaux qui arrosaient la Susiane, et dont on retrouve 
les embouchures dans l'Ab-é-Diz à plusieurs kilomètres plus au Sud, sur la route de Suse. 

Bifiuxation. — FJans la partie où le canal traverse les collines il y a un endroit marqué / 
(fil,;;. 477) où le canal se bifurque. L'embranchement passe par deux courts tunnels, et s'incurve 
ensuite à angle droit pour rejoindre, à une centaine de mètres, le canal principal. 

Celte bifurcation a été faite sans doute pour détourner un obstacle dans le canal principal, 
entre p et ^7, produit soit par un éboulement, soit par l'ensablement, qu'on ne savait déblayer 
faute de moyens pour draguer sous l'eau. — En Perse on observe encore à présent le môme fait : 
(in préfère détourner un canal ou un kanate, plutôt que de réparer l'endroit endommagé. 

État actuel des canaux. — Actuellement plusieurs de ces tunnels sont effondrés et les 
canaux tellement remplis que les plafonds se trouvent à plus de 10 mètres au-dessus du niveau 

originel. 

Les canaux ont au plafond une largeur d'au moins 15 mètres, tandis que les tunnels sont 
très étroits (environ 3 mètres; en tenant compte de l'érosion par l'eau et des éboulements qui se 
sont produits au cours des siècles, la largeur a dû être moindre). Il s'ensuit que la vitesse de 
l'eau, en débouchant dans les canaux, était considérablement ralentie, ce qui a provoqué en grande 
partie l'ensablement des canaux. 

Les berges de ceux-ci étant très escarpées, des éboulements se sont produits sans doute 
assez fréquemment, de sorte que les causes précitées ont contribué à la perte des canaux. 



■A-l 



POUL 



Ruines de Pa-ï-poul. — k l'endroit situé le plus au Nord-Ouest de la Susiane, où le fleuve 
de la Kcrhlia quitte les montagnes du Pouchl-é-kouh et vient se jeter dans la plaine, on ne 
retrouve plus que les débris d'un ancien pont sassanide et d'une construction en maçonnerie qui 
a servi comme prise d'eau d'un canal {{]<j;. 478). 

Pont. — Dupont, il ne reste plus que les ruines de seize piles sur la rive gauche, dont 
quatre ayant une hauteur d'environ 3 mètres au-dessus du barrage, et les autres de o", 80 au- 
dessus du terrain environnant. 

Sur la rive droite on voit les restes de deux piles qui se dressent jusqu'à la hauteur de la 
naissance des arches. 

Le barrage, qui a dû avoir 4 mètres de hauteur au-dessus du niveau des basses eaux, a 



NOTICE SUR I.KS ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 191 



disparu presque complètement entre les piles, mais se trouve encore en assez bon état entre la 
culée et la première pile de la rive gauche. 

La largeur du fleuve aux basses eaux à ce point est évaluée à 60 mètres. 

Canal sur la rive droite. — Sur la rive droite on voit dans la falaise, en aval du pont, 
l'entrée d'un tunnel formant la prise d'eau d'un canal qui longe la Kerkha et va dans la direction 
de l'ancienne ville sassanide d'.Aïvan-i-Kherkha. 

Canal sur la rive gauche et coupure. — Sur la rive gauche, à environ 300 mètres au nord 
du pont, se trouve une coupure dans le conglomérat, qui formait l'entrée d'un canal A B C D E, 
dont les bords étaient verticaux pendant les premiers 70 mètres. 

L'entrée de ce canal est taillée dans les conglomérats avec une direction S.-S.-E. et une 
inflexion à 200 mètres de l'embouchure. A 400 mètres, ce canal entre dans la plaine, mais il est 
coupé par un autre canal plus profond, et séparé du premier par les digues B et C (fig. 478). 
Nous verrons bientôt quel était l'objet de ces digues et du canal. 

Au sud de la digue C on suit le vieux canal à perte de vue dans la plaine, tandis que 
d'autres canaux le recoupent en biais. 

Le plafond du canal se trouve à environ 12 mètres au-dessus du niveau des basses eaux, 
tandis que celui du canal transversal est à 8 mètres à l'embouchure, et à 7 mètres plus à l'intérieur. 

Deuxième canal sur la rive gauche. — Ce dernier canal (a-b-c-d) prend naissance dans la 
construction en maçonnerie déjà mentionnée plus haut, située à 70 mètres environ en aval delà 
coupure dans les conglomérats. 

Prise d'eau du deuxième canal. — Cette construction (fîg. 479), formée de deux murs à 
angle droit, a été comblée par le sable. Je suppose qu'il existait six arches dans le mur a, dont 
trois étaient visibles, donnant passage aux eaux. Ce mur repose à l'une des extrémités sur les 
conglomérats de la rive, et à l'autre, sur le mur b qui se prolonge en un mur de soutènement en 
béton c, muni de contreforts d de mêmes matériaux. 

Les arches ont 2'",8o de largeur sur 3'", 20 de hauteur à la clé, et sont formées par des voûtes 
rondes, ce qui indiquerait qu'elles sont de construction romaine. 

Aussi suis-je d'opinion que nous devons voir dans cette construction un travail contemporain 
du pont et attribuable à Sapor I". 

Le seuil de ces arches est à i mètre au dessus des basses eaux, tandis qu'à 3"',90 au dessus 
de ce niveau on remarque les traces du passage des eaux rehaussées par le barrage du pont. 

La section nette du profil d'écoulement est de 7'"%3o ce qui donne pour les arches une section 
totale de ^j'™%So. Plus tard je ferai une comparaison entre cette section totale et le profil pro- 
bable du canal correspondant. 

Le murs de la prise d'eau sont construits de la même façon que les piles du pont, c'est-à-dire 
formés d'un noyau en béton, recouvert d'une couche protectrice, qui parait avoir été rem- 



-J'risedeaji'de' A 
h- Coupure / # .'%. 



|1 Congloméi'ats % ^ W^-, 

lA m ^# 



"%,# 



Plaine 




;«;;»,'.;;::;.',■,','„;,','-' 


iulrmc "■! 1 



Canaux de Pa-i-poîi^ 



Canaux de Sapor I. 
Anciens canaux. 

. Direction pToiatle 
de canaux. 



Eaux rehaussées parla 
barrage deSaoor. 



s icv ta 3oMiï."ss 



l'"lG. 478 




, 6,60 i( 2780.... 

Section de B arches i-3fS 
FiG. 4-9. — Pont et barrage sassamdes de pa-ï-poul 



Kerizha à 
7'J^SO..^ basses-eau^ 



'9A 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRA\AUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



placée en divers endroits, probablement au cours d'une réparation, par des briques de 
31 X 31 X 65 centimètres. 

La partie des murs au-dessus du niveau de l'eau est de construction identique comme l'in- 
dique la figure 467. 

Le mur de soutènement ne montre aucune trace de couche protectrice. 

Le canal dont la dite construction formait la prise d'eau, et que je nommerai désormais, 
pour le distinguer du premier canal passant par les conglomérats, le canal de Sapor, court 
parallèlement à l'ancien canal, aune distance de centre à centre d'environ 40 mètres. 

Profil des deux canaux. — La figure 480 montre une section transversale des deux canaux 
à l'endroit où ils courent parallèlement, d'où Ion voit la différence de niveau des plafonds actuels 
et originels, en admettant que celui de l'ancien canal fut à i mètre au-dessus du niveau des 
basses eaux de la Kerkha. 



Profil de lanjcien canal 



■*J2'. 



Plafbna ' ens ablé 



^Section 






VA 




du profil ^^ 



12 3 

FiG. 480. — Profil des deux grands canaux de pa-ï-poul 



L'étude des vestiges de ces canaux m'a convaincu que l'ancien canal, dont la prise d eau a 
été ouverte dans les conglomérats, recevait ses eaux du lit de la Kerkha, sans qu'il existât de 
barrage dans cette rivière. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TR.WAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 195 

La supposition que le plafond de cet ancien canal était à i mètre au-dessous du niveau des 
basses eaux est fondée sur les considération suivantes. 

En premier lieu le creusement du canal étant fait à la main, on s'est évidemment efforcé de 
ne pas faire l'excavation plus profonde qu'il n'était strictement nécessaire. 

Il s'ensuit qu'on se sera contenté de creuser un canal de profondeur telle que, même aux 
basses eaux, il pût contenir une petite quantité d'eau, et il me semble que le minimum est bien 
d'un mètre. Pendant les crues le volume d'eau passant par le canal a dû être tel que le peu 
de profondeur aux basses eaux n'eût guère d'importance. 

Construction du canal de Sapor. — Ces conditions étaient peu satisfaisantes, et c'est proba- 
blement la raison pour laquelle l'ingénieur chargé par Sapor de projeter un nouveau canal 
d'irrigation, lorsque l'ancien canal fut ensablé, a adopté un autre système, et fait usage d'un bar- 
rage pour rehausser le niveau. Il obtenait, par ce procédé, le double avantage que l'excavation 
était réduite, et que le niveau, à la prise d'eau, était constant pendant l'hiveraussi bien que durant 
la sécheresse et beaucoup plus élevé que le niveau naturel de la rivière. 

Ces niveaux du canal de Sapor sont donnés par la hauteur du seuil et celle des marques 
laissées par l'eau sur les parois des arches : il n'existe donc aucun doute sous ce rapport. 

En comparant les niveaux et les profils des deux canaux, on voit que le niveau du canal de 
Sapor était de 3'", 90 au-dessus de celui de l'ancien canal et le plafond à 2 mètres au-dessus de 
l'autre. 

Le profil du canal de Sapor a environ trois fois la capacité de l'ancien canal aux basses eaux 
et le rayon de l'effet obtenu pour l'irrigation était augmenté en proportion de la différence du 
niveau des deux canaux. 

Hauteur actuelle des plafonds. — Aux temps présents, la hauteur considérable des plafonds 
de ces canaux au-dessus du niveau de la Kerkha, même rehaussée par le barrage, semble à 
première vue invraisemblable, mais n'a rien d'étonnant quand on considère le laps de temps 
écoulé depuis la construction de ces canaux. 

Age des deux canaux. — Si, en eiïet, nous partons de l'hypothèse que le canal de Sapor 
remonte à 1600 ans en chiffres ronds, l'ensablement depuis le niveau du seuil des arches (c'est- 
à-dire de la côte + 1 mètre jusqu'cà la côte + 7 mètres, soit 6 mètres) a eu lieu dans cet espace 
de temps, correspondant à un ensablement théorique de 6/1600 = o'",oo38 par an, en chiffres 
ronds, ce qui n'est pas exagéré. 

Si l'ancien canal s'est rempli selon la même loi (et il n'existe aucune raison pour qu'il n'en 
soit pas ainsi) on en peut facilement déduire l'âge, en tenant compte de ce que le niveau du 
plafond s'est élevé de la côte — i mètre jusqu'à la côte + 12 mètres (soit 13 mètres) et on 
trouvera l'âge probable du canal en divisant cette hauteur par l'ensablement annuel, soit 
13/0'", 0038 = 3400 ans. 



,0 NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



11 résulte de ce calcul que l'ensablement de ce canal a commencé en l'an 3400 — 1900 = 
j yoo ans av. J.-C. 

Nous pouvons donc considérer ce canal comme étant effectivement de construction élamiie. 

Projet cfirrigalion de la Susiane par Sapor. — Il est probable que le roi Sapor. en 
ordonnant de construire les canaux de Pa-ï-poul et de Dizfoul, mettait à exécution un grand 
projet d'irrigation de la plaine de Suse. 

Si ce monarque choisit pour son canal venant de Pa-'i-Poul une autre direction que celle de 
l'ancien canal, déjà ensablé de son temps, ce fut sans doute pour arroser d'autres parties plus 
éloignées de la Kerkha. On peut ainsi expliquer le fait que le canal de Sapor a-b-c-d traverse 
l'ancien canal à l'endroit B-C. 

Ce canal de Sapor passe ensuite non loin de Tépé Sindjar, monticule recouvrant les ruines 
d'une ancienne ville, peut-être la ville élamite de Haliemas, détruite au VII' siècle avant J.-C. 
par le roi assyrien Assourbanipal, lors de sa campagne contre le royaume d'Elam, au cours de 
laquelle fut aussi détruite la ville de Suse. 

Époque de r ensablement du canal de Sapor. — On peut se former une idée approximative 
de l'époque à laquelle le canal de Sapor est devenu hors d'usage, en calculant le temps néces- 
saire pour rehausser le plafond de la côte + i mètre au niveau de l'eau du bassin formé par le 
barrage c-a-d, à la cote -f 3'", 90, soit 2^^9o. Cette hauteur correspond à 2"", 90/0", 0038 = 
760 ans en chiff'res ronds, ce qui revient à dire que 760 ans après l'achèvement du canal, ou 
approximativement en l'an 1060 de notre ère, le canal était comblé jusqu'au niveau des eaux 
rehaussées et ne contenait plus d'eau d'irrigation. 

But des canau.v. — L'étude surplace des diff'érents canaux qui s'entrecoupent m'a amené 
à la théorie suivante. 

Après un certain laps de temps, l'ancien canal A B C D E aélé obstrué dans la partie A-C 
par des éboulcmcnts ; il est possible que ce soit la prise d'eau, aux bords taillés à pic dans le 
conglomérat, qui ait été comblée par les roches effondrées. 

On aura creusé alors un autre canal L E G II, pour amener l'eau dans le canal principal 
au point //. 

Ce canal doit également avoir été ruiné par une cause quelconque (peut-être l'ensablement 
de la prise d'eau), et on aura changé l'endroit de la prise d'eau, qui fut fixée au point,/. Le troi- 
sième canal aura eu alors la direction I J D, et on l'aura prolongé du côté K pour arroser 
d'autres portions du sol. — La digue D dans le canal primitif semble confirmer cette hypothèse. 

Enfin le nouveau canal et l'ancien {IJ DE) se sont ensablés, et on les aura abandonnés 
complètement. 

La partie I J a disparu, probablement emportée par le courant durant les crues, et enlevée 
par les travaux des canaux de Sapor qui lra\ crsent les anciens canaux. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



'97 



Du canal L F, il reste encore une partie visible entre l'ancien canal et celui de Sapor, où 
ils prennent une direction parallèle. 

On voit par le plan (fig. 478) la direction du canal de Sapor et de ses bifurcations. 

]"v ai indiqué les endroits où furent relevés les sections tranversales représentées ailleurs. 

Restitution des profils. — En prenant pour bases les données de mes études sur place, j'ai 
essayé de reconstituer les profils que les canaux de Pa-ï-poul ont pu avoir originellement, et j'ai 
résumé les résultats de ces recherches à la figure 481 (voir aussi le plan, fîg. 478). 

Le profil I est une coupe par le canal primitif de Sapor, c'est-à-dire le canal qui conduisit 
l'eau de la Kerkha vers l'intérieur de la plaine. 



Echelle des hauUurp 

l ï i » b «Mètres 

Echelle des largeurs 



Le trtzU fort indique les profils ac'izels 
les JuuLteiirs sont approjcimatioes 
—r-r z Terrain enlevé par la plui& 




lerja 



Fig. 481. — Restitution des profils des canaux de pa-ï-poul 



Le profil II est une coupe du même canal, à une distance plus éloignée de la prise d'eau, où 
il traverse le pied des conglomérats. 

Le profil III représente une section d'un canal secondaire, c'est-à-dire qui prend naissance 
sur le canal primaire. 

Je me suis efforcé de trouver les profils des berges de façon qu'ils fussent égaux aux 



igS NOTICE SUR LES ANCIENS TR.WAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 

profils cxcavés, en tenant compte du tassement. Les surfaces désignées par la môme teinte sont 
les parties du profil d'excavation et de déblai correspondantes, et le trait fort indique le profil 
actuel. — La cote du terrain environnant doit avoir été plus élevée que l'actuelle, le terrain étant 
abaissé par suite de l'érosion des eaux de pluie pendant les siècles écoulés. 

On voit par ces reconstitutions que la largeur des plafonds des canaux principaux a pu être 
de I 5 mètres, et des canaux secondaires de lo mètres. 

La section d'écoulement du profil I et III est de 45'"' 70, ce qui correspond assez bien à la 
section des six arches de la prise d'eau (13" '80, voir page 191). 

Mais, comme les embranchements des canaux augmentent la section totale d'écoulement, il 
en résulte que la vitesse de l'eau — la chasse — diminue, ce qui produit un ralentissement du 
courant, et, par conséquent, amène une précipitation des matières suspendues dans l'eau. 

Berges. — Il résulte évidemment de la reconstitution des profils que la pente des berges 
des canaux était beaucoup trop raidc (3, i à 1), ce qui a provoqué des éboulements. 

Actuellement on observe encore très souvent le même défaut dans les canaux qui conduisent 
l'eau sur les terrains à arroser, défaut qui produit les mêmes effets signalés plus haut (voir les 
photographies 1 et 2 du Nahr Cheick, PI. XXX). 

Aux temps anciens, les moyens mécaniques de transport des déblais manquaient absolu- 
ment, ces travaux étant exécutés à la main ; les déblais étaient donc déposés au plus près possible, 
sans s'inquiéter des conséquences, et c'est ainsi que j'explique le vice principal dans la construc- 
tion des canaux. 

J'ai remarqué dans la plaine, entre \'Ab-é-Di:. et le Chanur, près des ruines de Suse, des 
bifurcations de quatre et même de six canaux, qui avaient tous à peu près les mômes profils que 
le canal principal (fig. 482). 

Ces conditions, comme je l'ai remarqué plus haut, ont, en premier lieu, contribué à la ruine 
de ces canaux. 



Tracé de Suse a Aiiwaz 

Cjujuv. — J'ai eu l'occasion de visiter, en partie, les terrains situés entre la Kerkha et le 
Chaour, et entre la Kerkha et le Karoun, depuis Suse jusqu'à Ahwaz, et j'y ai trouvé des traces 
d'un très grand nombre d'anciens canaux, dont l'âge ne peut être établi, vu le manque de points 
de comparaison, les constructions en maçonnerie faisant défaut. 

Néanmoins une légende persiste parmi les habitants du district nommé Kheîrabad, d'où il 
résulterait qu'une des deux coupures, qui existent dans la colline séparant la vallée du Chaour 
de la Kerkha (photographie n" 3, PI, XXX), doit être attribuée à Sapor, mais il n'y a aucune 
preuve en faveur de la véracité de cette légende. 



R 






I. Nahr-Chcikh 



2. Rivicrc .Kerkhn 



Nahr-Clicikh 



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4. Rapiilcs d'Aliwaz 
(basses eaux) 











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5. Coupuix-s des Moulins 
(Aluva/) 




0. Lii„;,v;-, ...pides 
(Aluvaz) 




7. Coupure du Chaour 




8. Coupure du (^liaour 



9. Coupure du Chaour 



FI. XXX 



NOTICE SUR LES ANCIENS TR.UAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



199 



Première coupure. — Cette coupure se prolonge en direction sud par un canal qui va à la 
Kerkha (voir photographie n" 4, PI. XXX). 

La profondeur de la coupure est d'environ 25 mètres au sommet de la colline. 



Eifurcation en quatre 




Bifiir cation en six 




FlG. 4S2 



On peut très nettement suivre le cours de ce canal, dont l'entrée, au bord du Chaour, con- 
tient encore un peu d'eau (photographie n° 5, PI. XXX). 

Le plafond de ce canal est complètement rempli de terre provenant en grande partie des 
éboulements des berges. Le profil du canal ensablé a une largeur de plafond tellement grande 
(40 mètres dans la coupure et 50 mètres près de l'embouchure dans la Kerkha), qu'il aurait 
fallu une rivière beaucoup plus considérable que le Chaour actuel pour fournir l'eau nécessaire. 

Cette raison, et d'autres que je citerai plus tard, me font supposer qu'à une certaine époque 
le volume d'eau passant par le Chaour a été beaucoup plus grand qu'à présent, ce qui explique- 
rait le système d'irrigation dont on retrouve les restes dans ces parages. — système qui est basé 
sur la prise d'eau du Chaour. 

Deuxième coupure. — La deuxième coupure dans la colline, à quelques kilomètres de 



200 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



distance et parallèle à la première, a évidemment servi comme déviation du Chaour. du côté 
Est au côté Ouest des collines, afin de s'en servir pour l'irrigation. 

Le Chaour y passe encore, mais on voit que le volume actuel ne correspond plus aux 
dimensions de la coupure. 

Il faudrait une étude spéciale, qui prendrait beaucoup de temps, pour se rendre un compte 
e.xact des canaux qui vont, pour la plupart, dans la direction sud et sud-ouest du Chaour à la 
Kerkha, et qui traversent le terrain entre Kheirabad et le coude de la /ver/c/za près /ifanï^a. — 
(Voir carte fig. 463 et photographie n" 6, PI. XXX.) 

Système d'irrigation. — Cette direction serait une indication que le Chaour fournissait toute 

l'eau pour l'irrigation et qu'il contenait, 
par conséquent, auparavant beaucoup 
plus d'eau qu'à présent. On serait 
tenté de voir une justification de cette 
hypothèse dans la largeur énorme de 
la coupure à travers les collines par où 
passe le Chaour. un peu plus au nord 
que la prise d'eau du Nahr Cheick 
(fig. 483). 

Le Chaour doit avoir reçu l'eau de 
la Kerkha : probablement le Chaour 
a été un canal par où l'on a fait entrer 
l'eau au moyen d'un barrage dans la 
Kerkha, dans le but de conduire cette 
eau sur l'arête des collines qui par- 
tagent les terrains entre la Kerkha et 
l'Ab-é-Diz. — Il est possible, et très 
probable même, que le barrage ait 
disparu et que les eaux de la Kerkha 
aient quitté le lit du Chaour pour 
suivre le lit de la rivière qui forme la 
conduite naturelle des eaux de la 

plaine aux marais Djamous. 

Actuellement le Chaour a une largeur qui ne dépasse pas 25 mètres sur une distance de 

40 kilomètres depuis sa source. 

De tous ces canaux il n'y en a qu'un qui se prolonge dans la plaine d'Ahwaz. C'est, en 

effet, l'ancien lit de ce canal que l'on suit jusqu'à une distance de 25 milles du bord du Karoun, 

quand on se rend a .\h\vaz. Là, le canal prend une direction à peu prèsN.-E., et se rend probable- 



J 

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Imo. 48J 

SySTÈ.ME Ij"iKUIGATIONS .\NTIOli;S l):\NS LA RÉGION DK KliEIKAHAI) 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



20 [ 



ment au confluent des trois rivières Choteit, Girgir et Diz, où j'ai trouvé deux canaux à hauts 
bords, dont un montrait les restes d'un barrage (fig. 484 et 485.) 

On en conclut que le niveau d'eau dans le canal était beaucoup supérieur au niveau des trois 
rivières (environ 10 mètres) et que le barrage aura servi à empêcher l'écoulement des eaux du 
canal dans le lit des trois rivières, qui était situé beaucoup plus bas que le canal. 



Berges 
Jit de J 'ancien Canaia 



Jîestes du 
barrage 




Serges 




:) 



lit de J 'ancien Canal a 




S 



Restes di 
barrage 



Berges 




FiG. 484. — Canal antique se prolongeant dans la plaine d'ahwaz pour aboutir au confluent 

DES TROIS RIVIÈRES CHOTEIT. GIRGIR ET DIZ 



C'est pourquoi je suis d'avis que ce canal prenait naissance en un point considérablement 
supérieur au niveau des rivières, etc'est le Chaour qui, suivant cette hypothèse, correspondrait très 
bien comme prise d'eau du canal. 

Ce canal est marqué c sur la carte fig. 463. 

26 



202 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



# 




Anciens 

canaux 



FiG. 485. — Anciens canaux aboutissant 

AU CONFLUENT DES TROIS RIVIÈRES 



On peut, de loin, suivre depuis le coude de la Kerkha près Kariba (photographie n° 6, 
PI. XXX), les berges de deux autres canaux, qui vont en direction parallèle à la Kerkha, se 
perdant vers Nahr Hachim; mais, comme la sécurité de ces parages était très précaire, et faute du 

temps nécessaire, je n'ai pu me détourner vers les marais de 
Djamous, pour explorer le cours des dits canaux. 



Ahwaz 



Rapides. — Le petit village d 'Ahwaz (fig. 486 et pho- 
tographie n° 6 a, PI. XXX), possède une certaine notoriété 
qu'il doit au voisinage des rapides formés dans le Karoun, 
en face de cet endroit, parla nature même du terrain. 

C'est là que se montrent les premières couches de grès, 
que l'on retrouve dans le massif des montagnes des Bakh- 
tyaris, à plusieurs kilomètres de distance. 

Ces couches traversent le lit du Karoun suivant une 
direction E. 10° S., et, se redressant à une hauteur d'en- 
viron 60 mètres, au-dessus de la plaine (photographie n" 7, PI. XXX), forment une ligne de 
collines qui se prolonge à l'Est sur un tracé de plus de quarante kilomètres. 

Au sud de ces collines, on reconnaît sur une largeur de 3 kilomètres les affleurements 
des grès, parallèles aux collines, qui rendent stérile cette zone de terrain. 

Ces affleurements du grès dans le lit de la rivière sont discontinus, laissant des passages 
navigables pour les barques indigènes et par où des vapeurs même peuvent passer pendant les 
hautes eaux ordinaires, du coté aval au côté amont des rapides. 

Le principal affleurement se trouve à environ 300 mètres au sud du village (photographie 
n°8, PI. XXX) et montre, aux basses eaux, une couche de grès d'une largeur variant de 15 à 
20 mètres. 

Barrage. — C'est sur cette couche que le barrage d'Ahwaz fut construit. 

Il était en maçonnerie de blocs de grès, ayant une longueur de 900 mètres, en chiffres ronds, 
et servant à rehausser les eaux, en amont, de 3 mètres au-dessus du niveau des basses eaux. Un 
bassin fut formé de cette façon d'où prenaient naissance deux canaux d'irrigation, un sur chaque 
rive du Karoun (fig. 486). 

Canaux. — Celui de la rive droite se prolongeait du côté de la plaine, entre Hawizeh et 
Mohammerah : on en voit très peu de traces dans la plaine, mais la prise d'eau au bord de la 
rivière donne une idée des dimensions imposantes que ce canal a dû avoir. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



203 



L'autre canal, celui de la rive gauche, prend naissance juste au nord du village d'Ahwaz ; 
il est encore reconnaissableà une assez grande distance de ce village vers la direction de Fellahieh. 







Plaine 



M 









dl41iwaz 



FiG. 486 



Ce canal a un plafond de 70 mètres environ à la prise d'eau, qui se trouve actuellement à 
5 mètres au-dessus du niveau de la rivière (fig. 487). 

Ancienne ville. — Le canal passait autrefois entre des berges, formées par les déblais de 
l'excavation et surmontées de maisons dont on trouve d'abondants vestiges sur le sol. 

Détail curieux : à en- juger par le grand nombre de tronçons de colonnes en grès que les 
habitants déterrent tous les jours, ces maisons ont dû avoir des colonnades qui, sans doute, ont 
donné un aspect d'importance et de bien-être à cette ville, dont on ne trouve à présent que des 
ruines sur une grande étendue au pied des collines, au côté nord. 

Un autre détail qui ne manque pas d'intérêt s'observe dans le site de la ville qui a été bâtie 



204 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



à côté des collines, sur le trajet que suivent les vents frais des montagnes, tandis que ces mêmes 
collines l'abritaient contre les vents brûlants du Sud-Ouest, qui régnent pendant l'été. 

Pont. — Le canal passait sous un pont en maçonnerie qui faisait communiquer la ville avec 
la rive du Karoun. 

Ce pont avait deux ouvertures de 12"", 50 et 1 1'",20 au centre de la pile. Le canal avait une 

largeur de 70 mètres en amont et en aval du pont. 
Plan desprisesdearu et se réduisait à 40 mètres environ à l'endroit où 

il coupait les derniers affleurements des grès, pour 
enfin prendre une largeur qu'on peut évaluer entre 
120 et 150 mètres. 

Comment est-il possible que ce canal, ainsi 
que l'autre sur la rive droite, et les canaux laté- 
raux, dont on voit les berges parallèles aux col- 
lines, aient été suffisamment remplis d'eau sans 
affecter le niveau du Karoun en aval du barrage? 



des anciens canaux, 
d'inigaticni. 




Fi G. .487 



Dérivation de la rivière. — Aussi suis-je 
d'opinion que ces canaux ont formé une vraie déri- 
vation de la rivière. A présent on parle encore du 
manque absolu d'eau dans le bas Karoun, du 
temps que le barrage fonctionnait, et on suppose 
que c'est au XIIP siècle que le barrage fut détruit, 
soit par l'effort de l'eau^ soit intentionnellement. 
De nos jours encore, on voit le même effet, 
résultant de causes analogues, dans diverses localités de la Perse. Ainsi le Sefid Rond dans le 
Ghilan, et le Zeyendéh Roud près iXIspahan, perdent tant d'eau par l'irrigation des champs 
de culture qu'ils n'en contiennent presque plus dans la partie basse pendant l'été. 

Construction du barrage. — La date approximative de la construction du barrage est assez 
difficile à établir. 

Le système de construction de la maçonnerie en blocs de grès montre une régularité et une 
solidité qui prouvent que le travail fut exécuté dans une période où l'architecture hvdraulique 
avait atteint un degré très élevé de savoir faire.. 

Le fait qu'on retrouve les mêmes maçonneries en grès dans des œuvres romaines à 
Chouster, me porteraient à supposer que le barrage d'Ahwaz fut construit d'après la méthode 
des travaux de cette ville ; il daterait donc de l'époque sassanide. 

Il ne subsiste du barrage que quatre tronçons dans le lit de la rivière, et les ruines des deux 
culées. Le deuxième tronçon, à compter de l'extrémité occidentale, est le plus remarquable. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



20ï 



Tronçon principal du barrage. — La figure 488 montre que ce tronçon se compose de 
trois parties. 

La première (occidentale) marquée A, indique la construction du mur d'une façon nette et 
précise, et va jusqu'aux restes de ce qui paraît avoir été une arche de pont. Mais le fait que, nulle 
part dans le barrage, on ne retrouve des restes d'une arche analogue, m'a fait rejeter la supposition 
que le barrage ait été surmonté d'un pont sur toute sa longueur. 




FiG. 488. — Barrage d'ahwaz 



Le but de cette arche doit avoir été très secondaire : peut-être a-t-elle servi pour y bâtir un 
pavillon d'où l'on avait un beau coup d'oeil sur la nappe d'eau du bassin qui tombait par 
dessus le couronnement du barrage en une cataracte plus ou moins imposante. 

La différence des maçonneries du mur et de l'arche prouve que ces constructions ne sont 
pas de la même époque. Peut-être doit-on voir dans cette dernière une manifestation de cette 
recherche de luxe et de bien-être qui est particulière aux Arabes à l'époque glorieuse des khalifes 
de Bagdad ? 

La deuxième partie, construite en forme de demi-cercle, parait être l'œuvre de réparation 
d'une brèche. 

Elle est indiquée par la lettre B. 

La troisième partie C n'oflfre aucun détail qu'on ne retrouve dans la première, sauf que les 
blocs en grès ont des dimensions beaucoup plus grandes. 



206 NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 



On voit que l'architecte du barrage a suivi la ligne la plus haute de l'affleurement du rocher, 
pour y bâtir le mur, ce qui a causé l'inflexion indiquée dans la figure. 

La base avait une largeur de 7^,40, mais il n'existe aucune partie du barrage où le cou- 
ronnement soit intact. 

Il est évident que le barrage a été construit sur le grès sans i'encoff'rer dans la roche, comme 
c'est la pratique moderne, le contact étant fait par l'adhérence du ciment sur la roche, en profi- 
tant de l'inclinaison de la couche. 

Là où l'adhérence s'est maintenue, le mur est resté en place : c'est à l'endroit des quatre 
tronçons existants ; mais, sur cinq autres longueurs, le ciment a lâché prise et le mur a disparu 
complètement. La couche des grès est restée intacte aux endroits où le courant ne passe pas, tandis 
qu'en deux endroits l'érosion des rapides a considérablement abaissé la hauteur de la couche. 

Culées et autres constructions. — Les deux culées ont été déformées par des coupures 
pour le passage de l'eau destinée à des moulins. 

Dans les roches qui s'élèvent sur la rive gauche, en aval de la culée du barrage, on distingue 
plusieurs coupures qui ont servi de passage pour l'eau, probablement encore afin d'actionner 
des moulins, qui du reste ont disparu, les coupures étant complètement ensablées (fig. 488 
et photographie n" 9, PI. XXX). 

Nivellements. — Avant de terminer cette étude, il me reste à prendre en considération le 
système qu'on employait pour le nivellement des terrains. 

Il est presque certain qu'on ne possédait pas d'instruments de nivellement à l'époque 
sassanide, aucun auteur n'en faisant mention. 

Il est probable que, pour établir les cotes sur les berges d'un terrain élevé, on profitait 
du niveau de l'eau, qu'on fixait à divers endroits simultanément, au moyen de marques, et 
que, surtout, on attendait les crues pour en déduire les points de départ du creusement des 
canaux. 

En ce qui concerne les plaines, il est probable qu'on a suivi le cours de l'eau pendant une 
grande crue, ou bien le cours des eaux de pluie, afin d'adopter cette ligne comme direction du 
canal. C'est ce qui expliquerait les nombreuses courbes observées dans les anciens canaux. 

Quant aux kanates, je suppose qu'ils furent creusés autrefois de même façon que de nos 
jours, un peu au hasard, avec le flair que les ouvriers avaient obtenu par la pratique dans 
d'autres cas précédents qui avaient eu un bon résultat. 

C'est donc, à mon avis, la méthode empirique qu'on a probablement suivie pendant 
les études préliminaires des canaux, méthode lente, incertaine, dépendante de circonstances 
au-dessus du pouvoir humain et qui ne répond plus aux exigeances modernes de l'art hydrau- 
lique. 

Toutefois cette méthode a donné dans ces époques éloignées des résultats tellement sur- 
prenants, qu'on en reste étonné. 



NOTICE SUR LES ANCIENS TRAVAUX HYDRAULIQUES EN SUSIANE 207 

L'art hydraulique actuel, dans cette partie de la Perse, comme dans les autres provinces per- 
sanes^ s'est réduit aux plus primitifs éléments ; il est tellement en décadence que les habitants 
préfèrent abandonner de riches terrains de culture, plutôt que de se livrer au travail, assez 
difficile il est vrai, de la construction de nouveaux canaux. Du reste, ils ne sauraient plus 
comment s'y prendre, la pratique leur manquant absolument. 

La signification même de plusieurs des monumentshydrauliques, laissés par leurs ancêtres, 
leur est inconnue. 



ERRATA 



Page I. Après État des Travaux à Suse en 1904. ajouter par J. de Morgax. 

Pag-e 6. ligne 18. Au lieu de : je place sur le site, même des soldats. . ., lire : je place sur 

le site même, des soldats. . . 
Page 8, ligne 15. Au lieu de : statue de bronze d'Atapaksou. lire : statue de bronze de 

Napir-Asou. 
Page 10. ligne 20. Au lieu de : période historique, lire : période préhistorique. 
Page 19. ligne i de la note. Au lieu de : Héracoupolis. lire : Héraconpolis. 
Page 2y ligne ,| de la note. Au lieu de : Travels and Rescarches. lire : Travels and Researches. 
Page 63. ligne 2. Au lieu de : parrallélement. lire : parallèlement. 
Page 179. ligne i. Au lieu de : Arabi Hayau. lire : Arabi Hassan. 



TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 



Pages 

I. Bas-reliefs archaïques trouvés à Suse 21 

II. Base d'obélisque trouvée à Suse -i 

III. Stèle trouvée à Suse 25 

IV. Statuette d'ivoire, grandeur naturelle 26 

\^ Code de Hammourabi jç 

VI. Parure byzantine, grandeur naturelle 4^ 

\'ll. .Masque d'argent. (Epoque élamite) 4? 

\lli. Petite coiffure, grès émaillé, face. (Époque élamite) 45 

IX. Petite coiffure, grès émaillè. profil. (Époque élamite) 46 

.X. Grande coiffure, grès émaillé. (Kpoque élamite) 48 

XI. Statuettes de fondation en bronze, au nom de Dungi, grandeur naturelle 63 

XII. Objets d'or. (Dépôts de fondation du temple de Chouchinak) 65 

Xill. Tète de griffon et ornements en or. Lion en agate. Tète de taureau en lapis et 

pendeloques en cornaline à montures d'or. (Dépôts de londation du temple de 

Chouchinak) 67 

Xl\'. Bagues en or. Dépôts de fondation du temple de Chouchinak. (Échelle double) ... 68 

XV. Statuettes de bronze. Dépôts de fondation du temple de Chouchinak (grand, nat.'l. . . 7^ 

XVI. Figurines et tresse en bronze. Dépôts de fondation du temple de Chouchinak gr. nat.) . 76 

XVII. Crosse de sceptre, figurines et hache votive en bronze. Clous de bronze à tête d'or. 

(Dépôts de fondation du temple de Chouchinak) 78 

XV\U. Figurines et objets de bronze. Dépôts de fondation du temple de Chouchinak igr. nat.) . 8n 

XIX. Objets de bronze. (Dépôts de fondation du Temple de Chouchinak) 83 

XX. Cylindres, grandeur naturelle. (Dépôts de fondation du temple de Chouchinak) ... 90 

XXI. Cylindres et cachets, grandeur naturelle. (Dépôts de fondation du temple de Chouchinak). 92 

XXII. Cylindres, grandeur naturelle. (Dépôts de fondation du temple de Chouchinak) ... 95 

XXIII. Tête de masse en albâtre. Statuettes en pâte émaillée. Tète de lion en jaspe rouge. Tète 

de taureau et figurines d'animaux en calcaire blanc ou noir. (Dépôts de londation du 
temple de Chouchinak) . . . ' 



100 



'lABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 



l'i^CS 



XXIV. Statuettes d'or et d'argent. Bâtonnet de schiste à tête de lion en or. (Dépôts de fondation 

du temple de Chouchinaki 152 

.\.\\. (lolomhe en lapis-lazuli avec semis de clous d'or. Lion en calcaiie blanc. Dépôts de 

fondation du temple de Chouchinak) 15^ 

\\\ I. Koudourou n" X\'I de .Marduk-apal-iddin i^^ 

\\\ II. Koudourou inachevé n' XX d'époque kassite 1 17 

X.WIIi. Koudourou inachevé n" .XX d'époque kassite i.|9 

XXI.X. ( )rirande à .VpoUon Didyméen, découverte à Suse 157 

XXX. .Xahr-Cheikh. Rivière Kerkha. Rapides d'.Vhwaz. Coupures des moulins. Coupure du 

(ihaour 199 



TABLE DES MATIERES 



Pages 

Introduction, par J. de Morgan I a III 

État des Travaux à Suse en 1904, par J. de Mok'.vn .... i"o 

Fouilles de Suse de 1899 à 1902, par (i. Jéqiier ')- )0 

Description des .Monuments 9 

Période préhistorique ' ' 

Période archaïque 

Époque des Patésis -^^ 

Premier rovaume Susien - 

Deuxième royaume Susien ^*-* 

'l'roisième royaume Susien > 

Périodes achéménide. parthe. sassanide et arabe -^0 

Trouvaille du Masque d'Argent, par J. de.MoRcw A^~A^ 

Trouvaille de la Colonne de briques, par J. de .Morcan ^Q-59 

Offrandes de fondation du Temple de Chouchinak. par R. de Mecqlevew - • 61-130 

Objets d or ^5 

Objets d'argent ^9 

Objets de plomb 7~ 

Objets de bron/c 73 

Objets de fer • ■ 9° 

Objets de pierre — Cylindres et cachets 9° 

,) Figurines 99 

,) Tablettes • '«3 

)) Masses ... ■ . . . 107 

» Ornements ^ ^ ' 

» Vases '•'^ 

Objets en terre . . ' ■.■••• "^ 

Objets d ivoire "9 

Objets de nacre '" 



2 14 TABLE DES MATIERES 

1- 



Trouvaille de la statuette d'or, par R. de Mecquenem i^i-ij6 

Koudourrous, par J. de -\1or<;an . 1^7-15^ 

1 ,i^lc des Koiidûun DUS connus jusqu à ce jour i j7 

Koudouiiou n" XIII 139 

Koudounou n' \l\ 14" 

Koudounou n' W 141 

Koudounou n' W I 142 

Koudounou n' .W 1! 145 

Koudourrou n' W III 145 

Koudounou n" XIX 146 

Koudounou n° XX , • ■ 146 

Di\inités représentées ou nommées sur les Koudourrous 151 

Offrande à Apollon Didyméen. par 13. H.\ussoul.i.ier i>î-i6s 

Notice sur les anciens travaux hydrauliques en Susiane. pari». !.. f "mv.vDr van Rogge.\, Ingénieur. 166-207 

Choustcr 174 

Dizfoul 187 

Pa-Ï-Pûui 190 

Tracé de Susc à .\h\v;iz 19° 

Ahwax: . . . . • -'02 



CHALON-SUR-SAONE, I.MP. KKANÇAISF F.1 ORIENTALE E. BEKTRANn 



r 



DS 
261 
F8 
t. 7 



France, Mission archéolo- 
gique en Iran 
Mémoires 



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