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HARVARD COLLEGE 
LIBRARY 




FROM THB FUND OF 

CHARLES MINOT 

CLASS OF Z828 



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MEMOIRES 

SB LA 

SOGIfiTÉ NATIONALE 

DES ANTIQUAIRES 

DE FRANCE 

TOME QUARANTE-NEUVIÈME 
craQOTàios Bte», Tom ix 



Nogenl-le-RotroQ, imprimerie Daxjpelbt-Gouybrnbur. 



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MÉMOIRES 



DB LA 



SOCIÉTÉ NATIONALE 

DES ANTIQUAIRES 

DE FRANCE — 



A 



CINQUIÈME SÉRIB 
TOME NEUVIÈME 




^PARIS 
G. KLINGKSIEGK 

LIBRAIRB DE LA SOCIÉTÉ 
11, BDB DE ULLB, 11 

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Mémoires de la Soc 




SUPPLÉMENT 



▲ 



L'£TUDE SUR LA T0P06RAPHIB 

DE LA VILLE DIACRE 

AU Xni« SIÉGLE«. 

Pair M. E.-G. Ret, membre résidant. 
Lu dans la séance dn 28 mars 1888. 



Depuis l'époque où j'écrivais mon étude sur la 
topographie d'Acre au xiu^ siècle, un certain 
nombre de documents nouveaux sont venus appor- 
ter quelques éclaircissements à ce que nous savions 
déjà de cette ville et de ses environs immédiats 
au temps des croisades ; c'est ce t[ui me décide 
à ajouter ce court appendice à mon travail publié 
en 1879, 

C'est d'abord une vue des ruines d'Acre 
remontant à l'année 1 686 environ. Ce document 
unique, je crois, nous donne l'aspect de la viUe 
à une époque où subsistaient encore des restes 

1. Voy. t. XXXIX, p. 114-145. 



2 érUDE SUR LA TOPOGEÀPHIE 

considérables des édifices élevés pendant la 
période médiévale*. 

Pour la ville proprement dite, la source la plus 
intéressante est la chroniqpie intitulée : Gestes des 
ChyproiSy que M. Gaston Raynaud vient de publier 
sous les auspices du comte Riant. 

Elle nous apprend que les tours seigneuriales 
des Vénitiens, des Génois, des Pisans et autres 
communes italiennes étaient couronnées de hourds ; 
que la rue de la Reine tirait son nom d'une mai- 
son qu'y avait possédée la reine Âlix^. 

Le même texte nous apprend encore que cette 
voie était très voisine de la rue de la Garcais- 
série. 

Un peu plus loin, on lit dans cette chronique 
que l'ordre Teutonique avait c moût bel houstel 
et moût noble tour qui estoit si groce et si belle 
comme celle dou Temple^. » 

Une charte du cartulaire de l'ordre Teutonique 
fixe la position du monastère des religieuses de 

1. Lauis XIV, ayant décidé de faire relever toutes les 
rades et les mouillages de la partie orientale de la Méditer- 
ranée, chargea de cette mission Gravier d'Ortières, com- 
mandant le vaisseau le Jason, qui y employa les années 1685 
à 1687. 

Le recueil de ces dessins forme un gros atlas récemment 
entré dans le fonds géographique de la Bibliothèque natio- 
nale, où il figure sous la cote Ôr, DO. 226. 

C'est le 0.0 14 de cette série que je reproduis partielle- 
ment ici. 

2. Gestes, p. 151. 

3. Ibid., p. 253. 



M LA YILU »'A£UUL t 

Notre-Dtfoe de Tyr tout prèB de la partie de la 
maîsoD des AUemands servant d'iofirmene^. 

La maison de rHôpital, résidence du grand 
mattre, avait deux entrées, Tune sur la rue de 
Gènes, Tautre vers le Templum DomirU. Dans ma 
première étude, j'ai dit que de tous les édifices éle- 
vés, à Acre, par les Latins c'était la mabon de 
l'Hôpital dont on retrouvait les restes les plus 
reconnaissables. Le chevalier d'Ârvieux, qui visita 
ces mines en 1658, nous apprend qu'alors une 
grande partie des murs était encore debout, mais 
qu'il ne subsistait plus ni terrasses ni plandiers. 

c de qui reste (dit-il^) de plus entier est un 
grand et magnifique escalier conduisant sur la 
plate-forme. L'étage du rea^le-diaussée était par- 
tagé en plusieurs grandes salles dont les voûtes 
qui subsistent enccure en partie sont soutenues par 
de grosses cdonnes. Sous ces appartements il y 
a encore de vastes caves servant de refuges aux 
troupeaux des Turcs et des Arabes. Au bout de 
ce superbe édifice, du côté du levant, sont les 
restes de l'église Saint-Jean qui servait de chapelle 
au grand maître; c'est la partie la plus ruinée de 
cesbâtimento. » 

A l'époque où fut dessinée la vue panoranûque 
que je reproduis ici, tout le côté nord de cette 
église était encore debout. 

A Acre, l'hôtel du prince de Tyr était situé au 



i. Strehelke, Tab. ùrd. Teta., p. 426. 
2. D'Arvieax, Mém., 1. 1, p. 272. 



4 frUDB SOI LA TOFOGliPlin 

bord de la mer, dod loin de l'église du Saint- 
Sépulcre ; la plage qui s'étendait entre cet hôtel et 
la boucherie était nommée la Marine. 

L'église Saint-André, dont il ne subsiste plus 
aujourd'hui qu'un bas côté formant la chapelle 
grecque d'Acre, était encore assez bien conservée 
au temps de la visite de d'Arvieux. Il y indique 
un avant-porche large et couvert en plate-forme. 
Cette église nous est, d'ailleurs, connue par les 
dessins de Corneille de Bruyn, qui la vit presque 
intacte en 4 681 , et la planche jointe à ce mémoire 
nous présente l'état où elle se trouvait en 1 686. 

Le premier de ces auteurs parle encore des 
murailles d'Acre dont les débris jonchaient alors 
le sol et parmi lesquels les restes d'énormes tours 
se reconnaissaient facilement ; à ces murailles 
étaient adossés de vastes magasins voûtés for- 
mant plate-forme comme à Tortose. 

Il signale également le nombre énorme de bou- 
lets de pierre et de marbre qui se rencontraient 
alors dans les ruines d'Acre et dont plusieurs ne 
mesuraient pas moins de quatre pieds de diamètre, 
ce qui vient confirmer ce passage des Gestes rela- 
tif au dernier siège d'Acre S où il est dit que le 
sultan Malck-el-Aschraf avait quatre grandes 
pierrières lançant des projectiles du poids d'un 
quintaP. 

1. Gestes, p. 270. 

2. Gestes, p. 243 : « L'un de ses engins quy avoit nom 
Haveben qui vient de dire yrious, si estoit devers la garde 



M Là TTLLE d'aCU. 5 

D'Àrvieux vit encore, non loin de Fëglise Saint- 
André, le long du bassin D formant darse, des 
ruines assez considérables de Tarsenal ; on y 
trouvait les restes de deux grands bâtiments 
parallèles soutenus par de gros piliers et très 
semblables à ceux de l'arsenal de Pise. 

Un grand édifice joignait Tarsenal et était formé 
vers le port d'une muraille en gros blocs avec 
couloir ménagé dans l'épaisseur du mur et éclairé 
par des meurtrières. Au milieu de ce mur s'ou- 
vrait sur la darse une large porte percée presque 
au niveau de la mer. 

Voici ce que Gillebert de Lannoye, qui visita 
Acre en 44SI2, dit en parlant de cette darse de 
l'Arsenal : < Item, il y a de celle bende là ung 
autre petit portelet moult bien encloz de muraille 
où la mer vient, le quel sert à mettre petites 
fustes, et seroit encore legierement remis à point 
pour y mettre galées. > Le même voyageur dit 
également que le port d'Acre recevait alors faci- 
lement des navires de quatre à cinq cents ton- 
neaux. 

A l'époque de la visite du chevalier d'Arvieux, 
cest-à-dire en 1658, la darse Ë du plan était déjà 
presque entièrement ensablée. 

don Temple et l'autre engin qny getet contre la garde des 
Pizans avoit nom Mensour ce est à dire le yictoire et Fautre 
grant qne je ne vos le say nomer getoit contre la g^e de 
THospital et le cart engin getoit contre une grande tour quy 
a nom tour Maudite. » 



ê <TUM 8VE U TOFOGKàPHIB 

La partie do port comprise à l'ouest de cet 
ouvrage^ et formaot un renfoncement entre Y ex- 
trémité sud de la ville nommée le cap Furor, sur 
lequel s'élevait l'église Saint-André et la jetée, était 
désignée, au xiii® siède, sous le ncHn de Port de 
Chaîne et était commandée par la tour Sainte- 
Catherine que je crois bien retrouver en C dans 
ceHe que nous voyons dans la planche accompa- 
gnant ce mémoire. 

Au moment du siège de 1 291 , on avait placé, 
dans la mer, au pied de la tour du Légat^, un 
grand treillis en forme de herse hérissé de pointes 
de fer, pour que la cavalerie musulmane ne pût 
pas tourner cet ouvrage en passant dans la mer. 
On doit donc conclure de là qu'il n'y avait pas de 
rempart le long de la mer entre les deux enceintes. 

Les remparts d'Acre étaient pourvus, à leur 
base, de ces grands talus en maçonnerie qui sont 
un des traits caractéristiques de la fortification 
franque en Syrie. En 14291, Gillebert de Lannoye^ 
constatait leur existence sur la plus grande partie 
de la périphérie des murs de cette ville dont il 
subsistait encore, à cette époque, des restes fort 
considérables. 

Le quartier de Mont-Musard^ fut, en grande 
partie, détruit en 1234 par un incendie. Dans les 

i. Gestes, p. 170, 227. 

2. Ibid., p. 251. 

3. G. de Lannoye, p. 145. 

4. Arch. orient, lat., t. Il, p. 439. 



nMiraiHes de la face nord d'Âere étaient percées 
pluaietirs poteraes munies de ponts sur le fossé. 
L'une, située non loin de la porte SaiotrAntoine, 
s'ouvrait près de Tbôtel de Marie, dame de TAman- 
deiée; c'est par cette poterne que ftit transporté à 
ce logis le grand maître du Temple Guillaume de 
Beaujen, mortdlement blessé à l'un des derniers 
assauts d'Acre (48 mai 1S94)« Dans cette même 
partie des remparts, vers les jardins de l'hôpital 
Saint- Jean, se trouyait également une autre 
poterne dite de Maupas, par laquelle Richard 
Filangieri, maréchal de l'empereur Frédéric U, 
entra secrètement dans Acre en i230. 

JiS porte Saint-Lazare^, qui tirait son nom du 
voisinage de l'hôpital de Saint-Lazare-de»-Mesiaux, 
paraît avoir été située à l'angle nord du quartier 
de Montr-Mosard ; c'est par cette porte que fut ten- 
tée dans la nuit du 6 mai 4291 une sortie pour 
incendier les grands engins de siège des Musul- 
mans. 

Le même texte nous apprend encore que cette 
entrée de la ville était voisine d'un établissement 
du Temple (la bouverie, je crois) qui était à 
Yutremer d'elle. 

La porte dite du Ghàteau-du-Roi (MàaUa), que 
les historiens arabes appellent Bob Kalaat^lr 
Melekj parait avoir été également de ce côté^. 

Dans une des chartes du cartulaire de l'ordre 

1. Gestes, p. 245. 

2. Histor. arabes, t. lU, p. 135. 



8 jfrvvE flci II ToncupnE 

de Saint-Lazare publié par le comte de Many» 
noua trouvons b mentioD d'un Fto» ÂMgUnrwm 
situé dans le quartier de Mont-Mosard, où fl ooo- 
finait la maison de Saint-Thomas-Martyr. 

Dans ce même vicus se trouvait également 
rhôpital de SaintrMartin-des-Bretons^ fondé, en 
4254, par Gilles, ardievéque de Tyr.. 

Dans sa description des ruines d'Acre, Ridiard 
Pockok désigne les restes de la maison du Temple 
sous le nom d*Iroun Castle^ le diâteau de kr. 
MM. de Cadalvène et Barrault, dans leur relation 
du siège d'Acre, en 4 8S9, par les troupes de Mehe- 
met Aly, signalent une des tours de la face ouest 
d'Acre, qui borde la mer et est située vers la 
place où s'élevait la maison du Temple, conune 
portant encore, alors, le nom de Bordj-el-Hadid, 
la tour de fer. Cette partie des remparts a été 
complètement refaite à la suite du bombarde- 
ment anglais de 4840. 

Tout près du cimetière musulman, qui a ren>- 
placé les cimetières Saint-Nicolas et Saint-Michel 
du moyen âge, se voit, sous une petite coupole, 
une fontaine oùl'on descend par quelques marches. 
Elle est nommée, de nos jours, l'Aïn-es-Sit. 

J'y crois retrouver la source signalée par les 
historiens occidentaux sous le nom de fontaine 
Saint^Guillaume et par les Arabes sous celui de 
fontaine de la Vache. 

i. Àroh, orient. laU, t. H, p. 425. 



M U flLU » iCU. 9 

Void ce que nous lisons, à ce sujet, dans les 
Chemîm et pèlerinages de la terre sainte^ : € Par 
de hors Acre est an seint dmitière, le quel nostre 
Sire lesu Christ benequist, en quel dmitere seint 
Guillanme fit tel vertu ke il garist de celé maladie 
ke Tom apele froid e diaud, kaunt Tom ouche por 
devoci<Mi suth sa sépulture. Près de sa sépulture 
est une fontaigne, laquele l'om dist k'il fist, et pur 
œo est apelé Seint Guillame. Gel cimitere est en 
deus parties divisé, Tune en honur seint Nîcholas 
e l'autre en le honur seint Michel. En cel cimitere 
i ad aussi mult de cors seins, plus ke Tom ne 
set dire ne anunbrer. » 

Le voyageur arabe Ibn Djobalr parle également 
de cette source en ces termes : 

€ A Torient de la ville (Acre) se trouve la source 
dite de la Vache ^, qui est celle d'où Dieu tira le 
boeuf pour le donner à Adam, et à laquelle on des- 
cend par des marches unies. Près de cette source 
il y avait une mosquée dont le mirhab est resté 
intact. A l'orient de celui-ci, les Francs se sont 
construit un sanctuaire; aussi le Musulman et 
l'infidèle s'y réunissent, bien qu'il appartienne aux 
chrétiens, et chacun y fait sa prière en se tour- 
nant vers le lieu (que lui désigne sa foi). C'est 
dans cet édifice vénéré et sacré que Dieu a réservé 
aux Musulmans un endroit où ils puissent prier. » 

Nous nous trouvons donc ici en face d'un sanc- 

1. Orient. UU., série Geog, t. m, p. 199. 

2. Histor. arabes, t. III, p. 450. 



40 itHM SVl LA T0P06&APHIE 

tuaire commun aux deux cultes. Auasi œ fiiit me 
parait-il d'autant plus intéressant à signaler. 

En 1164, Guillaume, évéque d'Acre, concéda, 
dans le cimetière Saint-Nicolas, à un riche roar- 
dhand d'Amalfi, du nom de Manzoni, un empla* 
cernent spécial destiné à la sépulture et à l'édifi* 
cation, à ses frais, d'un charnier (camarium ad 
088a mortuorum reponenda) pour les Amalfitains 
qui viendraient à décéder, dans Acre^. 

Vers la campagne, le cimetière était défendu 
par la tour couronnant le Tell-el-Foukar et par les 
retranchements qui, à l'est, couvraient les jardins 
d'Acre. Dans la relation du siège ^, on lit que les 
mangonneaux des assiégeants portaient leurs 
coups dans la direction d'Aïn-eUBakar. Nous 
savons d'ailleurs que, dans l'attaque dirigée le 
1 5 avril 1 263 par le sultan Malck--ed-Dahe]>Bibars 
contre les ouvrages avancés d'Acre, les Musulmans 
prirent d'assaut ces retranchements et saccagèrent 
le cimetière SaintrNicolas et les jardins qui l'en- 
touraient^. 

En avant des cimetières dont je viens de parler, 
s'étendait, alors, jusqu'au delà du Toron (Tell-el- 
Foukar) la large zone de jardins qui régnait à l'est 
d'Acre , depuis le Belus au sud jusque vers la 
Semerie (Es Semerieh) au nord. 

Ces jardins étaient de tous points semblables à 

1. Ughelli, Ital. sacra, t. VII, p. 203. 

2. Histor. arabes, t. IH, p. 219. 

3. Arch. orient. M., t. H, p. 375. 



D8 Là TIUB D'aCU. 41 

eeux qui se voient autour des villes modernes de 
b Syrie, c'est-éndire qu'ils tenaient plus du ver- 
ger que du jardin proprement dit. La description 
des jardins de Damas que nous lisons dans G. de 
T3rr pourrait, je crois, fort bien s'appliquer à ceux 

d'Aiôe : c Li jardin qui durent bien quatre 

mil ou doq, tous pleins d'arbres si granz et si 
espès qae ce ne semble se forest non. Selonc oe 

que chacun ia son jardin il l'a dos de murs » 

Uq peu plus loin, le mémo auteur signale des bar- 
bacanes existant à l'entrée des chemins ouverts à 
travers ces jardins qui étaient considérés, avec 
raison, comme formant la première ligne des 
défenses de la ville. 

en était de même pour ceux qui nous occu- 
pent et des tours de défense, dont plusieurs nous 
sont connues, avaient été élevées par les posses- 
seurs de ces jardins pour en assurer la garde. La 
plus raf^rochée du Belus était nommée la tour 
des Moulins à cause de ceux que la rivière faisait 
tourner en ce point et dont il subsistait encore 
quelques vestiges, il y a une quarantaine d'années, 
près des moulins modernes qui , à l'époque du 
siège d'Acre par Bonaparte, furent utilisés par 
l'armée française. 

Le Sablon d'Acre était le nom donné au rivage 
sablonneux régnant entre la mer et les jardins, au 
nord de l'embouchure du Belus. 

Ce petit fleuve (Nahar-en-Naman), nommé alors 
la rivière d'Acre, était canalisé par des barrages 



12 BTCDE sut LA TOPOGRAPHIE 

(resclausa) qui en relevaient le niveau et le ren- 
daient alors navigable aux petites barques. Les 
deux ordres du Temple et de THôpital possédaient 
des moulins que faisait tourner ce cours d'eau. 
Ceux du Temple paraissent avoir été près du casai 
de Recordane. Le livre de M. DelavilleLe Roubt^ 
renferme une charte contenant un accord condu 
entre ces deux ordres en 4234 relativement à ces 
moulins et aux barrages élevés dans le lit de la 
rivière. 

En 4S67, les Musulmans détruisirent un de 
ces moulins situé à l'entrée des jardins d'Acre. II 
était nommé Ës-Sabik-<]lhahin et appartenait à 
l'HôpitaP. 

C'est sur la rive droite du Belus, vers Recor- 
dane, qu'était placé un vignoble considérable 
appartenant aux Templiers, appelé la Vigne Neuve. 
Nous savons, par la Règle du Temple^ publiée par 
M. de Gurzon^, que ce domaine était gardé par 
des Frères Gasaliers, nommés Frères de la Vigne. 

Le bras sans issue du fleuve Belus (Nahar-en- 
Naman), qui se voit encore enveloppant la pres- 
qu'île marécageuse désignée, de nos jours, sous 
le nom d'Ël Orbesa, s'appelait, au moyen âge, 
le Fleuve mort^; il est à huit cents mètres environ 
de Tell-el-Foukar. 

1. Delayille Le Roulx, Arch. de MàlU, p. 171. 

2. Hislor, arabes, t. II, p. 225. 

3. Règle, n» 616, p. 317. 

4. DelaTille Le Roolz, Arch. de Malte, p. 186. 



C'est en œ point qa'étaient sîtnés les jardins de 
la maison du Saint-Esprit d'Acre, qui donnait son 
nom à la tour dite du SaintrEsprit. Cet ouvrage 
s'élevait en avant de la partie des jardins d*Acre 
s'étendant entre le fleuve Mort et le Toron (TeU- 
e)-Foukar) ^ . Nous savons qu'elle était située sur la 
limite des jardins possédés par les Génois ^ et non 
loin de la route d'Acre au Saphet. On sait encore 
que ces tours lurent détruites en même temps que 
Téglise Saint-Nicolas à Tapprocbe des Musulmans, 
en 4865. 

Sur le Toron (Tell-el-Foukar) s'élevait une autre 
tour bâtie par les Templiers dont les jardins entou- 
raient ce tertre. Voici en quels termes les auteurs 
contemporains parlent de cet ouvrage de défense : 
€ Un Toron hautet là où il y avoit une bel tor et 
jardins et vignes dou Temple. » C'est sur cette 
même colline que fut placée la tente du sultan 
Malek-el-Aschraf pendant le siège d'Acre en 4 291 . 

La du*onique connue sous le nom du Templier 
de Tyr dit que ce tertre était à la portée d'un 
trait d'arc en avant des premiers ouvrages d'Acre. 
11 est évidemment question ici des retranchements 
qui couvraient, vers l'est, les cimetières de Saint- 
Nicolas et de Saint-Mickel. Ils furent forcés, ainsi 
que je l'ai dit plus haut, par le sultan Malek-ed- 



i. Strehelke, Tab. ord. TmL, p. 423. 
2. Ibid., p. 61: 



14 inm cnm u voiMBifBiE 

Daher-^ybars, dans Fattaqne dirigée par lui, le 

15 avril 4263, oontre les ouvrages avancés de la 
ville d'Acre. 

Ces jardins, entourés de palis et de murailles 
crénelées flanquées de tourelles, s'étendaient, vers 
le nord, du Toron à la mer. La route du Château 
du Rai (Màalia) et de MontfcMi; (le Krein) y péné* 
trait par une barbacane nommée Porte de MaiJH 
pas, nom dû, selon toutes apparences, aux ter- 
rains marécageux que la route traversait en ce 
point et qui sont encore reconnaissables, de nos 
jours, au sud du santon de Naby Saleh. 

Ainsi que je Tai dit plus haut, ces courtils ou 
jardins étaient traversés par des routes, se dîri* 
géant d'Acre vers les principales localités envi- 
ronnantes. Il nous reste à en parler. 

La premièro, par son importance, était le che- 
min d'Acre à Jérusalem et à Nazareth, par Doc et 
le Saphran (Ghefamar). C'est là que s'embrandiait 
la route de Nazareth et de Tabarie par la vallée 
de Kaiadie (Ouady Khalledyeh) et la plaine de 
Battouf (Merdj-el-BattouQ, pendant que la route 
de Jérusalem se dirigeait vers Naplouse par la 
plaine d'Esdraelon. 

Une iconographie d'Acre, qui se trouve au Musée 
britannique et dont la copie m'a été communi- 
quée par le comte Riant, indique à cette ville une 
porte dite des Moulins de Doc. 

Je serais bien tenté de penser qu'elle se trou- 



M LA TILLI B'iCtB. 4S 

vaii 8ar la route qui nous occupe à rextrémité 
des jardins, vers ce TÎllage, le premier qu'elle 
traTersait à sa sortie d'Acre et qui avait donné 
son nom à la tour défendant de ce côté les jardins. 

Cette tour, dite de Doc, qui s'élevait de ce 
c6té^, était un ouvrage en maçonnerie, entouré 
d'une palissade précédée d'un fossé. Malek-ed- 
Daher-Bybars^, s'en étant emparé le 45 avril 
4363, fit prisonnière la garnison de ce poste; 
elle était formée de quatre cavaliers et de trente 
fiintassins. Puis, ayant fait miner la tour et incen- 
dier la palissade, il ravagea la partie des jardins 
qui l'avoisinait. 

Ensuite venait la route. Via magnaj du Safiet, 
par le casai du Carrobler. Elle passait aux pieds du 
Toron dit de Salah-ed-Din (Djebel Tantour), appelé 
aussi, aujourd'hui, Tell-el-Haïadyeh, des ruines 
àa casai de la Hadie, possédé en 1254 par Roland 
Antiaume. Ce tertre joua un rôle trop important 
dans les divers sièges d'Acre pour que sa détermi- 
nation positive puisse être négligée. Le passage 
suivant d'une charte du 1 3 février 4 254 me parait 
trancher absolument la cpiestion^ : € ... Ab oriente 
est ei terra casalis de la Hadia quod tenet dominus 
Rolandus Antelmi ; a maridie est ei terra Domus 
nùlitie Templi; ab occidenti est terra Johannis 

1. JBistor. arabes, t. H, p. 218. 

2. Ardh. orient, lat, t. II, p. 375. 

3. S. PaoU, Cod. éUjd., 1. 1, p. 295. 



16 ÉTUDB BtE LA TOPO«BAPHIE 

Goste, a borrea est ei via publica que est ad pedem 
turonis qui dicitur Saladini. > 

Lors du siège de 1799, les troupes françaises 
élevèrent sur cette colline, pour couvrir les apprcK 
ches de leur camp, un ouvrage défensif qui, en 
souvenir d'un officier du génie tué à l'un des 
assauts d'Acre, prit le nom de redoute de Troye. 
On en voit encore quelques traces au sommet de 
la colline dont l'altitude est de quatre-vingts 
mètres. 

Un peu au delà de la Hadie, la route firan<^it 
un petit col et débouche sur un étroit plateau que 
domine au sud une colline nommée Djebel el Kha- 
roub. Il me semble bien retrouver ici le site du 
Garoblier, casai possédé en 4253 par les Templiers 
et que nous savons avoir été très rapproché de la 
Hadie. Ce lieu fut, en 1 267, le théâtre d'une embus- 
cade tendue à la chevalerie d'Acre par le sultan 
d'Egypte Malek-ed-Daher^Bibars et dans laquelle 
périrent ou furent faits prisonniers nombre de 
chevaliers latins^. 

Au sud de la Hadie, on aperçoit sur les contre- 
forts des collines qui, en s'infléchissant au sud- 
ouest, bornent de ce côté la plaine d'Acre les 
casaux du Brôet (el Beroueh) , de Damor (Damoun) , 
de Gabor (Kaboul), de Roeis, d'Abilin, de Tatura 
enfin, qui s'identifie avec les K*^-et-Tireh, et on 
est amené à se demander, très sérieusement, 

1. F. Bustron, éd. Mas Latrie, p. iii. 



M LA TUXB O^AGIV. 17 

quand on étudie la diarte ii° 80 du recueil de 
M. Delaville Le Roubc, si le Toron de Dame Joiette, 
qui y est indiqué comme limite occidentale du 
territdre du casai de Damor, ne doit pas se 
retrouver dans le Tell el Kisan. 

Au moyen âge, cette voie suivait le tracé du 
chemin actuel de Safet par la vallée de TOued 
Ouezzeïa et c'est un peu au delà du casai de 
Merdjelcolon (Merdjel-Karoun) que se séparait 
d'elle le chemin de Saint-Georges de Labaène. 

Le chemin royal. Via regia^ de Gafrésie (Kefer 
Yasif)^, qui parait avoir aussi conduit au Ghàteau 
du Roi (Màalia), passait au nord duTell-el-Foukar. 
Dans la traversée des jardins d'Acre, il était 
bordé par les propriétés des ordres du Temple 
et de l'Hôpital. Il y a tout lieu de penser que ce 
fut de ce c6té qu'était située la sommellerie ou 
stala des Hospitaliers de Saint-Jean, incendiée, le 
31 octobre 4369^, par Malek-^-Daher-Bibars et 
où périrent, alors, dans les flammes vingt écuyers 
et deux cents chevaux. 

La route de Montfort (le Krein) semble n'avoir 
point changé; elle venait alors, comme de nos 
jours, rejoindre le chemin d'Acre à Tyr, Via mari- 
tima^ un peu au sud du casai de la Semerie (Seme- 
rieh) • Gette route pénétrait dans les jardins d'Acre 
par la porte dite de Maupas^. 

i. DelaviUe Le Roulx, Arch. de Malte, p. 189. 

2. Amadi, Chron., p. 174. 

3. Gestes, p. 183. 

XLIX 2 



18 JTUDB SUE U TOPOffRAPBIt 0B LA HUE o'àGU. 

Nous savons que du Toron-Saladin (Dj .-Tan- 
tour*) on pouvait voir la poussière soulevée par 
un corps de cavalerie suivant cette route. 

Tels sont les renseignements nouveaux que je 
me suis efforcé de grouper à la suite de ma pre- 
mière étude et qui viennent un peu la compléter. 

i. GéHes, p. 183. 



NOTE 

80B DBS 

BIJOUX ANTIQUES ORNÉS DE DEVISES 

A raopoB 
D UNE FIBULE DE L'ÉPOQUE OSTROGOTHE 

Lue par M. Mowat, membre résidant, 
Dans la séance du 13 jnin 1888. 

Le 30 mai dernier, M. le baron de Baye nous a 
montré Tempreinte d'une fibule d'argent, au Bujet 
de laquelle il parait utile de présenter quelques 
observations. Ge bijou, découvert à Gasteldavio, 
près de Mantoue, et recueilli par un antiquaire 
distingué de Milan, M. Amiloar Aocona, est parti- 
culièfanent intéressant par rinscription qui s'y 
trouve gravée en trois lignes : 
QVIP^P^ILA 

vrvASlN 

AEO + 

Soit : Quiddila^ vivas in Dec ! 

A remarquer la croisette finale et la forme 
triangulaire des trois d qui se rencontre souvent 
dans les textes épigraphiques du Ti^ siècle. Le mot 
QuiàdHa^ précédant le souhait chrétien vioas in 



20 NOTE SUB DES BUOVX AlITiaVBS 

DeOj est indubitablemeot, au vocatif, le nom de 
la personne à laquelle la fibule a été o£ferte en 
présent. A première vue, il parait devoir se ran- 
ger dans la classe des noms goths à terminaison 
diminutive, tels que Baduilaj Suintihy TotUa, 
UlfilaK De là natt le soupçon que la fibule a peut- 
être été possédée par quelqu'un des Ostrogoths 
qui vinrent en Italie à la suite de Théodoric et 
roccupèrent passagèrement pendant une soixan- 
taine d'années, de Tan 493 à 553. Cette conjec- 
ture devient presque une certitude par une informa- 
tion singulièrement topique que fournit Gassiodore 
{Yariar.j VIII, 26) ; c'est le texte d'une proclama- 
tion par laquelle le roi Athalaric notifie aux habi- 
tants de Reate et de Nursia, dans la Sabine, la 
nomination d'un gouverneur, prtor, qui porte 
précisément le même nom, Quidila^ mais ortho- 
graphié sans redoublement de la lettre d : Glo- 
riosus domnus avus noster desideria vestra cognoê-- 
cens y Quidilanenij Sibias filium^ priorem vobis 

quidem facere disponebat atque ideo praesetUi 

auctoritate praecipimus ut eum priorem féliciter 
habere debeatis. 

La fibule que M. de Baye a eu la bonne pensée 
de faire connaître à la Société des Antiquaires est 
un objet de luxe qui, à en juger par la matière et 
par le travail, n'a pu appartenir qu'à un person- 

1. J'ai noté 125 exemples de noms propres terminés en ila 
dans une liste de diminutifs dressée par Fœrstemann. AU" 
deuUches Namenlmch, I, col. 817-819. 



OElffe DE Nnsis. 91 

nage de rang élevé dont le nom suflSt à témoH 
gner qu'il était de race oatrogothe. Et, poiaqiie 
les Gotha furent rejetés par Narsès dans le Norique 
après leur domination éphémère, il faut admettre 
que ceux d'entre eux qui furent, pendant cette 
courte période, pourvus de hautes situations 




durent être, en somme, relativement peu nom- 
breux; en fait, le nom QuidUa ou Quiddila est 
tellement rare qu'on le connaît par un seul exemple 
historique. U y a donc non seulement une grande 
vraisemblance, mais une extrême probabilité que 
la fibule en question a été portée par le favori de 
Théodoric et d'Âthalaric dont Gassiodore nous a 
conservé le nom. 

On sait d'aiUeurs qu'il était d'usage constant 
que les princes fissent à leurs officiers des présents 
consistant souvent en vêtements de luxe; les 
empereurs Claude II, Aurélien, Probus, alors 
qu'ils servaient dans les armées comme généraux 



Î2 NOTB stm ims Buomt astiques 

oa oomme simples tribuns, avaient reça de Tem* 
pereur Valérien des présents de cette sorte ^, 
accompagnés de fibnles précieuses^, expressé- 
ment mentionnés par lears historiographes. Des 
gonverneuns de provinces ont imité ces libéralités 
impériales ; ainsi , la fameuse inscription de 
Vieux ^, improprement dite marbre de Thorigny, 
nous apprend que Ti. Glaudius Paulinus, légat de 
Bretagne, donna chlamydem eanuêinanij dalmor 
ticam laodiceamj fibulam auream cum gemmis au 
Yiducasse T. Sennius SoIIemnis, qui avait servi 
sous ses ordres dans la 6^ légion comme tribun, 
au titre de la militia semestris. Déjà, sous le deu- 
xième triumvirat, la fibule du modèle adopté par 
les officiers des grades désignés sous le titre 
générique de militia, c'est-à-dire praefectus alae, 
praefectus cohortis, tribune mt/ttfim, était en or^, 
tribunieia fibula ex auto. 
CTest sans doute aussi à un vêtement offert ea 



i. TrébelliuB PolUon, Olaud,, 15, 17. — Yopiscus, Âurél., 
12, 13. 

2. Trébellius PoUion, Claud*, 14 : sagochlamydes annuas 
duos, fibulas argenteas inauratas duas, fibulam auream cum 
acu cyprea unam. — ^ Yopiscas, Prob., 4 : tunioas russulas 
duas, pallia gallica duo fibulata, 

3. Creuly, La marbre de Thorigny, dans les Mémoires de la 
Société des Antiquaires de France, t. XXXVII, pi. Vil et 
VIII; tirage à part, p. 8 et 10. 

4. Pline, Hist. nat., XXXIU, 12 {m) : sed in militia 
quoque in tantum adolemt haec luxuria, ut M. Bruti e Phi- 
lippicis campis epistulae reperiantur frementes fibulas tribu^ 
nicias ex auto geri. 



eanib oi mvibm. 28 

cadeau que la fibale de notre QuiddUa a été épin- 
glée, rinscriptioD y ayant été gravée en vue de 
faire connaître sa destination, en manière de lettre 
d'envoi ; d'après ces considérations, l'époque de 
ce bijou serait circonscrite entre les années 526 et 
534. Il va de soi qu'il convient de le reconnaître 
pour un pur édiantillon de l'art itaUen du temps, 
et que le nom barbare qu'on y lit ne saurait être 
invoqué comme allument en faveur d'un art soi- 
disant germanique ; on pourra même s'en servir 
cooune d'un étalon pour dater les fibules de 
même type qui se rencontrent dans diverses cot- 
leetions. 

V Fibule de bronze recueillie par feu Alexandre 
Gastellani, probablement enr Italie, et passée en 
vente publique, à Paris, en mai 1 886. Le catalogue 
de cette vente, dirigée par H. Hoffmann, expert, 
la décrit ainsi sous le n^ 339 : c Fibule moyen âge, 
ornée de deux petits lions couchés; légende : 
+ TANILLDI VIVAT; largeur : 0"035; [adjugée : 
27 fr.J*. » Le mot Tanilldi a sans doute été exac- 
tement transcrit ; quoi qu'il en soit de cette forme 
orthographique, c'est visiblement un nom germa- 
nique féminin dont on connaît plusieurs variantes, 
Tanechildis^j Daniildis^y Danhildis^. 



i. Bidletin épigraphigue, FV, 1886, p. 150. 

2. Marini, Papiri diplomatiei, 64. 

3. Guérard, Polyptyque de Vabbaye de SairU^Rémi de heims, 
p. 48 et 55. 

4. Guérard, Polyptyque de Vabbé Irmirum, p. 113. 



24 HOTE SFR BRS BUOVX ARTIQUES 

V Fibule émargent découverte à Edano (Italie 
méridionale) et portant la légende^ : 
TEOaA 

BIVA 

Soit : Theodaj biva pour viva(s). 

Theoda est un nom germanique que Ton con- 
naît par deux exemples, sans compter un grand 
nombre de formes variées^ au masculin et au 
féminin, Theuia, Theoda^ voire Buda^ nom d'un 
vif senatoTy cornes du roi Théodoric'. 

 noter que la lettre d affecte la même forme 
triangulaire sur les deux fibules d'Eclano et de 
Gasteldavio ; c'est un indice de contemporanéité ; 
elles font, pour ainsi^ dire, la paire. 

3° Ne quittons pas Eclano sans mentionner une 
autre fibule d'argent qui en provient et sur laquelle 
on lit l'inscription* : 

LVCI-RATELLl 
FAMOLA 

4"" Fibule d'argent, trouvée à Béné vent ^ (Italie) : 

+ [p]A8CASIA BIBAT IN DE[o] 

5** Fibule de bronze, trouvée à Bénévent^ : 

+ LVPVBIBA 



i. Corp. inser. lat., IX, 6090, 7. 

2. Fœrstemanii, Àldeutsches NamerUmeh, col. 1158-1161. 

3. Gassiodore, lY, 18, 32, 34, 39. 

4. ^.7.1., IX, 6090,5. 

5. C. I. L, IX, 6090, 6. 

6. C. /. L, IX, 6090, 12. 



ounb M DBvnn. 25 

6* Fibule d'argent , conservée dans le lohan- 
neum^, à Gratz (Autridie). D'une part : 

SEVaEUNYS 
de l'autre : 

VIVA8 > < 
T Fibule d'or, trouvée à Vad* et conservée au 
musée de Vienne (Autriche) : 

IVUANE VrVAS 
8"* Fibule d'or, provenant de Hongrie^ et con- 
servée au musée de Vienne : 
GQSTANTI 
V1VA8 

9^ Fibule d'argent, au musée de Vienne ; Hiibner 
doute de son authenticité^ : 

VTERE FELIX («» Wtrw i«trogndes) 

VIVA8 
1 0^ Fibule d'or, trouvée dans le comitat de Scha* 
rosch (Hongrie); au musée de Vienne^ : 
a VTERE FEUX ÇS 
11"* Fibule d'ai^ent, trouvée à Lorch (Autriche) ; 
musée de Vienne^ : 

VTERE) (FELIX 
W Fibule d'argent, trouvée à Tortona'' : 

VTERE FELIX 

K.C.I. L, m, 6016, iO. 
1 C. L L., m, 1639, 1. 

3. C. L L., m, 6016, 5. 

4. C. L L., m, 6016, 6. 

5. C. L L., m, 6016, 4. 

6. C, L L., m, 6016, 7. 

7. C. L L, 8122, 12. 



26 NOTE S0E MS BUOUX iHTIQCBS 

43^ Fibule en arc, bronze doré; lettres încni&- 
tées d'argent; provenance inconnue^ : 

VTBRB FBLIX 
1 4^ Fibule de bronze, au musée de Mayence^ : 

VTERE FELIX 
15** Fibule d'argent, trouvée à Cologne^ : 

VTI FELIX 
1 6'' Fibule d*ai^nt, trouvée dans un « ancien 
cimetière du Maine » : 

+ lîS STO 

Lire : + Sisto; les deux premières lettres, de 
plus grandes dimensions que les autres, se croisent 
en monogramme. Sisto est peut-être pour Seeto 
ou SextOy nom d'homme au datif; la légende signi- 
fierait donc : (donné) à SextuSy s'il s'agit ici d'un 
cadeau comme la plupart des autres fibules à ins- 
cription, à moins que ce ne soit l'indicatif du verbe 
sistere. D'autres explications ont été proposées^. 

\T Fibule de bronze étamé, trouvée à Naix 
(Meuse), collection de Widranges*^. 

1. Hoffmann, Catalogue de venté d'une collection d'antiquù 
tés chypriotes, janvier 1875, p. 47, n. 164. 

2. Brambach, C. L L., p. xxxrv, n. 2084. 

3. Jos. Kamp, Die epigraphischen Ànticaglien in Kôln, 1869, 
p. 15. 

4. Hucher, dans Bulletin monumental, XX, p. 370; abbé 
Cochet, Normandie souterraine, 2' édit., p. 270; Bdm. Le 
Blant, Inscriptions chrétiennes de la GauU, I, p. 164, n. 198 a, 
pi. XXII, f. 138; M. Deloche, dans Revue archéologique, 
3- série, t. VI, 1885, p. 321. 

5. Bulletin des Antiquaires de France, 1872, p. 139; cf. Maxe- 



OUliS 0B HVISIS. 27 

Légendes en lettres pointillées, rar une seule 
ligne : 

YROR AM ORE TVO 

C'est une devise amoureuse sous forme d'bémîs- 
tiche d'un vers pentaroétrique ; elle donne la 
réplique au numéro suivant. 

18* Fibule de bronze étamé, trouvée en 4878 à 
Genève; au musée de cette ville. 
Légende sur trois lignes^ : 
VROR 
AMOR 
ETVO 

Réplique du numéro précédent. 

< 9** Petite fibule de bronze étamé, trouvée à Niort 
(Deux-Sèvres). On y voit, au dire de M. Paren- 
teau; son éditeur, le monogramme chrétien formé 
d'un C carré et d*un P, avec l'inscription^ : 
SI • ME • AMAS • VENI 

Cette devise parait empruntée au Cantique des 
cantiques ; on en connaît une variante gravée sur 
le chaton d'une bague' : 

SI • AMAS • VENI 

20^ Fibule de bronze étamé, trouvée à Étaples, 

Werly, Colleeiion des monuments épigraphiques du Barrois, 
1S83, p. 57, vignette. 
i.CL L, Xn, 5698, 18. 

2. Catalogue de VSxposition de Nantes, n« 73 ; cf. Bulletin 
des Antiquaires de France, 1872, p. 139. 

3. Ficoroni, Oemm. ant. lit^ pi. I, 14; cf. Maxe«Werly, 
Op, laud., p. 55. 



28 NOTE SOA DBS BUOOX ilITIQlIBS 

dans une propriété de H'^* de Rocquigny. Ins- 
cription en lettres pointillées^ : 

ESGIPE SI AMAS 
Soit : eseipe (pour excipe)^ si amas; accepte, si 
tu m'aimes. 

La forme orthographique esùipe est connue par 
ailleurs; dans une inscription taurobolique de 
Lectoure^, portant la date du consulat de Gor** 
dien III et d'Aviola en Tan SI39, on lit : V(d{eria) 
Gemina vires escepit Eutychetis^ etc. Un vase de 
terre, provenant de Nouvion-en-Ponthieu* et 
appartenant à M. Van Robais, est décoré d'une 
inscription peinte en blanc, ESGIPE DA, réplique 
de la légende ESGIPE ET TRADE SODALI 
VTRE[m], également peinte en blanc sur un vase 
provenant de Gologne et recueiOi par feu Jules 
Charvet*. 

21 * Fibule de bronze, trouvée à Bouvines (Nord) ; 
inscription en lettres pointillées^ : 

QVOD 
VISEG 
OVOLO 

Soit : quod vis, ego volo. 

i. V.-J. Vaillant, Note sur une fibule ià devise trouvée à 
ÉtapUs, (Extr. du BuU. de la Oomm. des antiq. départ, du 
Pas-de-Calais, 1887.) 

2. Épigraphie antique de la Gascogne, p. 105, n. 116. 

3. Bull, de la Soc. d'émul. d^Ahbeville, 1881, p. 55, fac-similé. 

4. Bull, épigr., m, 1883, p. 159; Catalogue de vente de la 
collection Charvet à Paris, 7-12 mai -1883, n* 1716, pi. VIII. 

5. Bulletin des Antiquaires de France, 1872, p. 95. 



OWKéè DE MfUÊB. SU 

Sy Fibule de broiœ émaillé, de forme ovale; 
trouvée à Reims (Marne) • Musée de Saint-Germaio , 
n^ 84564 ; d'après ma copie : 
AVE VIPI 
Soit : (Wôj Yipi; salut» Vipius! 

On coDuait doue maintenaDt au moins vingt- 
trois fibules ornées de devises ou légendes accla- 
matives; je dis au moins, car je n'ai pas dépouillé 
tous les recueils où il peut se rencontrer des 
exemples de ce genre, de n'est point non plus le 
lieu déparier de ceUes qui portent le nom du fabri- 
cant estampillé en relief ^ , et encore moins des 
fibules à inscriptions osques^ ou étrusques^ ; mais 
je ne laisserai point échapper l'occasion de rappe- 
ler que mon excellent confrère M. Maxe-Werly se 
propose de publier une monographie complète des 
fibules à inscriptions. 

La formule dirétienne vivas in Deo^ qui donne 
un intérêt particulier à la fibule de TOstrogoth 
Quiddila, se rencontre sur une foule d'autres objets» 
des génomes, des bijoux, des ustensiles de toi- 
lette, des loupes de verre, des sceaux de bronze, 
enfin sur des pierres sépulcrales et sur des briques 
paraissant avoir servi à un usage funéraire. Je 

t. Mowat, Marques de hransiers sur objets antiques trouvés 
ou apportés en France, 1884 (eztr. du Bull, épigr,). 

2. Mittheilungen des archaeologisohen Instituts, Roine> t. II, 
1887, p. 40, 139. 

3. CaUUogue des bijoux du musée Napoléon III, 1862, p. 86, 
11.282. 



80 NOTE SUB DM BUOiTI AJITiaUES 

signalerai seulement quelques bijoux à cause de 
Fanalogie de leur destination avec telle de la 
fibule qui a servi de point de départ à la présente 
note : 

1"" Anneau d'or, trouvé dans la Saône, à Lyon, 
et devenu la propriété du cardinal de Bonald^ : 
VIVAS IN DEO 

ÂSBOLI (palme) 

S^ Anneau d'or, trouvé à Brancaster (Angle- 
terre)^ : 

VIVA8 

(denx UtM) 

IN DEO 

3° Anneau d'or, trouvé à Silchester (Angle- 
terre) •. Sur le chaton, tête grossièrement gravée 
et entourée de la légende circulaire : 

VENVS 

Sur les facettes du pourtour : 

SE I NI I CIA I NE I VI I VA I S I n I NDE 
Soit : Venus. — Senicianej vivasin De[o]. 

4^ Anneau d'or, trouvé à Narbonne en 1 843 ; 
au musée de cette ville*. Légende circulaire entou- 
rant un monogramme central dans lequel M. Hirsch- 
feld croit reconnaître les lettres SEN, initiales du 

1. A. de Boissieu, Inscriptions antiques de Lyon, p. 600; 
Edm. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gatile, I, p. 64, 
n. 29. 

2. C. L L, Vn, 1307. 

3. C. L L, vn, 1305. 

4. C. ï. L, XU, 5692, 11 ; Lebègue, Épigraphie de Nar* 
bonne, 1279, ne décrit pas le monogramme. 



oufÉi M MnriMi. ai 



nom de l'ancieD poesesseur de la bague; d'après 
l'exemple de Tanneau de Sikherter, décrit au para*- 
graphe précédent, j'incline plutôt à lire le mot 
VëNYS dont toutes les lettres se retrouvent dans 
le monogramme en question : 

AIA.VS IN DBO 
Soit : Venus. — Yivas m Deo. 
5"^ Anneau d'or, au musée de Vienne (Autriche). 



DEairaîH(^ IVIVAS 

Les mots in Deo manquent à la suite de vivas ; 
aussi est-ce par exception que je cite ce petit monu- 
ment, en raison du monogramme qui interrompt 
la légende et qui me parait avoir la plus grande 
affinité avec celui de la bague de Narbonne, expli* 
que lui-même par l'anneau de Silchester; en effet, 
je n'hésite pas à y reconnaître les quatre lettres 
du mot AMOA , auquel les éditeurs de ce petit 
texte ne semblent pas avoir songea Je lis donc : 
Amor. — Desideri, vivas ! 

6* Anneau d'or, au musée de Vienne* : 



8ELEVGE ET CVR; 



lA 
CE 



bnatM de 
deux époux 



^^8 IN DEO 



Soit : Seleuce et Cyriace viva{ti)s in Deo. 



i. C. 1. L, m, 6019, 1. 
2. c. L L, m, 6019, 10. 



32 NOTE SOB DBS BU09X ANTIQUES 

T Anneau d'or, trouvé à Massignani (Italie) et 
entré dans la collection Drury Fortnum^ : 

D 

FIDI NAN 

A 

VIVA8 (étoile) 

INDEO 
Telle est la lecture de M. de Rossi ; mais M. Fort- 
num pense qu'il y a FILI et non FIDI au com- 
menoement de la deuxième ligne. Cette divergence, 
ainsi que la lacune qui existe entre ce groupe 
controversé et NAN me donnent à penser qu'il y 
a place pour un déchiffrement plus vraisemblable : 

D 
ELPHIAN 

A 
V1VA8 
INDEO 

Soit : Delphiana (ou Delphiniana) , vivas in Deot 
8^ Bague de bronze, ancienne collection Al. Gas- 
tellani^. Sur le chaton, légende en creux : 

VIVAS IN DEO 

9^ Anneau de bronze portant une inscription en 
lettres ajourées, con la iscrizione incisa minuta^ 
mente di traforo nella piastrina^. Trouvé à Rome : 

LC.L L, IX, 6090, 2. 

2. Catalogue d» vente. Paris, mai 1884, n» 325. Bulletin 
épigraphique, IV, 1884, p. 150. 

3. Bullettino délia cammissione archeologica communale, V, 
1877, p. 274. 



OtlliS DS MKflSBS. 33 

VI 

VAS 
IND 
EO 

1 0^ Épingle de bronze trouvée à Senorbi (Sar- 
daigne); au musée de Cagliari^ : 

SENARIA IN DËO filBAS 
11"" Gemme, au musée de Naples^. 
Inscription entrecoupée par un sujet représen- 
tant un phare entre un navire et un homme nu 
en prières : 

VI VA S 
IN DE O 

\T Hématite, trouvée à la Malga (Tunisie) et 
ornée d'une lyre avec deux serpents^ : 
VIVAS IN DEO 
13^ Sceau de bronze, au musée de Turin ^ : 

(palme) EO 

VIVASIND 

U^ Sceau de bronze, au musée de PoUenza^ : 



tB 



VNSB 



A la partie supérieure : 

(fondre) VIVAS 

IN DEO 

1. C. L L, X, 8072, 18. 

2. C. 1. 1., X, 8059, 503. 

3. C. /. L, Vni, 10485, 4. 
A. CL L, V, 8116, 69. 

5. C 1. L, V, 8116, 70. 

XLIX 



84 F70TB Sm MB BXIODX iRTIQUES. 

1 5^ Sceau de bronze, au Cabinet des médailles 
et antiques de la Bibliothèque nationale ; étiqueté 
n"^ 3867, provenance inconnue; l'inscription est 
comprise dans un encadrement à queues d'aronde. 
D'après ma copie : 

8AAIA 

oaoNi 
Cet objet me parait identique avec le sceau de 
bronze qui appartenait à Peyresc et qui a été décrit 
avec fac-similé par Spon*. 

i. Spon, Recherches curieuses d*antiquité$, 1683, p. 169; 
Spon, manuscrit à la Bibl. nationale, fonds latin, 16939, 
f.22ro;(7./.I.,Xn, 5690, 137. 



SAINT-OUININ 



IT 



LA CATHÉDRALE DE VAISON. 

Par M. Robert de LàSTsm», membre résidant. 
Lu dans la séance du 14 novembre 1898. 



c L'histoire de rarchitecture en France n'est 
réellenient connue avec quelque certitude que 
depuis l'année 11 iO et les grands travaux de l'abbé 
Soger à Saint-Denis ; au delà tout est chaos. > 
Telle était la conclusion d'un mémoire justement 
remarqué que lisait à la Sorbonne^ en 1 882, un 
archéologue d'une rare perspicacité, Âltred Ramé, 
qui consacra de longues années à l'étude de nos 
monuments du moyen âge, et qui est mort pré* 
maturémeot sans avoir pu présenter au public le 
résultat de ses recherches. 

Si le jugement que je viens de rappeler peut 
paraître un peu absolu sous la forme que lui a 
donnée Alfred Ramé, personne n'eii contestera la 
rigoureuse exactitude, si on le restreint aux 
édifices antérieurs à l'an mille. La science en est 
encore pour cette période à l'état d'enfance. Les 
auteurs les plus qualifiés sont en désaccord et sur 



36 SAIIfT-QUINIIf 

le nombre des édifices antérieurs au xi* siècle 
existant aujourd'hui, et sur les caractères auxquels 
on doit les reconoaltre. Ainsi M. de Gaumont, 
dans la dernière édition de son Abécédaire (Varchéo- 
logiCj ne signale qu'une quinzaine d'édifices con- 
temporains des deux premières races. M. Révoil, 
au contraire, dans son magnifique ouvrage sur 
l'architecture romane du midi de la France, a cru 
en trouver un nombre bien supérieur à celui-là 
dans la Provence seule. Quicherat enfin, dans le 
Cours d'archéologie que la mort Ta empêché 
d'achever et qui sous sa forme imparfaite nous 
présente la dernière expression de sa doctrine, 
déclarait c difficile d'admettre qu'il nous reste 
quelque chose de plus ancien que le x^ siècle^. » 

On voit par là combien on est loin encore d'être 
fixé sur les monuments antérieurs à l'an mille et 
combien il serait intéressant de faire une étude 
détaillée de tous les édifices actuellement attribués 
à tort ou à raison aux temps mérovingiens ou 
carolingiens. 

C'est un chapitre de cette étude que je veux 
présenter ici. 

I. 

À quelques centaines de mètres de la ville 
actuelle de Vaison, dans le département de Yau- 

i. Jules Quicherat, Mélanges d'archéologie réunis par R. de 
Ijasteyrie, p. 421. 



ET LA araiMALE M VA1805. 37 

cluse, an milieu de champs qui occupent rempla- 
cement de Tandenne Vasio des Romains, se dresse 
une église sous le vocable de saint Quinin. 

CSç monument est trop connu, surtout depuis 
la publication des remarquables planches que lui 
a consacrées M. Révoil ^, pour qu'il soit nécessaire 
de le décrire bien longuement. 

Il se compose d'une nef de trois travées, voû- 
tée en berceau brisé et dénuée de bas côtés. Une 
sorte de transept formant une saillie prononcée à 
l'extérieur se soude à la nefet précède une abside 
à cinq pans. Deux absidioles rondes s'ouvrent sur 
le transept, mais, au lieu d'être posées comme 
d'ordinaire perpendiculairement à ses bras, elles 
sont placées de biais. De plus, au lieu de faire 
saillie à l'extérieur, elles sont englobées dans un 
massif de maçonnerie qui enveloppe également 
l'abside principale et qui, en plan, donne au 
sanctuaire de l'église Saint-Quinin une forme trian- 
gulaire tout à fait insolite. (Voir la planche H.) 

La singularité de ce plan et plus encore la pré- 
sence dans la décoration du monument de nom- 
breux détails de style antique ont porté la plupart 
des archéologues à assigner un âge très reculé à 
cet édifice, ou du mofns à toute sa partie orien- 
tale, car la nef a été, on le sait d'une façon posi- 
tive, restaurée vers le milieu du xvn* siècle par 

i. Architecture romane du midi de la France (Paris, Morel, 
1873, 3 vol. in-fol.), t. I, pi. XIX et XX; cf. le texte, 
p. 23 et s. 



8S SAUlT-ai'UlIll 

Tévèque Joseph-Marie Suarès^ Deux inscriptions 
qui se lisent encore sur le premier et le troisième 
doubleau de la voûte rappellent cette restaura^ 
tion^. Le transept et Tabside au contraire semblent 
n'avoir été l'objet que de retouches légères et 
M. Révoil, qui en a fait une étude approfondie, 
a parfaitement raison» je crois, de considérer cette 
partie du monument comme formant un tout 
complètement homogène. 

Le premier auteur qui ait mentionné Téglise 
SaintrQuinin est le P. Anselme Boyer, Thistorien 
de l'église de Vaison. Il la considérait comme un 
édifice du vi* ou du vu* siècle^. Il n'a d'ailleurs 
apporté aucun argument à l'appui de cette opi- 
nion qui doit nous paraître bien modérée, si l'on 
considère que Boyer écrivait à une époque où 
l'on avait une tendance marquée à voir des édi- 
fices païens dans tous nos monuments d'aspect 
archaïque, et où l'on classait comme temples drui- 
diques l'octogone de Montmorillon , l'église de 
Lanleff, etc. C'est à cette tendance qu'obéissait 

i. Les parties modernes sont indiquées dans le plan 
ci-|oint par des hachures. 

2. Elles sont ainsi conçues : 

8 • QVINIDIO* SANCTIQVINIDII 

EPI8C0P0 • 108 REPARO • VBNERABI 

EPH • MARIA • SV LETEMPLVM VTMIHI 

ARESSVGGESSOR CCELESTEM • PRAEPA 

INDIGNVS • D • DD RET • IPSE • THRONVM. 

3. Anselme Boyer, Histoire de Véglise de Vaison, p. 59 et s. 



ET LA CiraÉMUiE 08 VAISOH. 89 

encore Millin dans les premières minées de ce 
siède. Pour lui^ SainHîuinîo c présente dans sa 
partie supérieure les restes d'un temple dont Tar- 
diîtecture parait être d'ordre corinthien^, i 

c On crmt, ajoute-t-il, qu'il était dédié à Diane, 
mais seulement a cause de qudques figures de 
sanglier qu'on y remarque* > Je reparlerai plus 
loin de ce prétendu sanglier, ainsi que des autres 
figures dans lesquelles Millin a vu c un cuHraire 
et un victimaire, avec un bélier à trois rangs de 
cornes, des danses et des divertissements badii- 
ques » et deux ou trois personnages c vêtus du 
sagum militaire^. » 

Anselme Boyer n'était pas archéologue, mais 
MilKn l'était ; aussi son opinion sur Saint-Quinin 
a-t-elle eu une influence capitale sur tous les écri* 
vains qui ont écrit depuis lui. Ainsi elle fut adop- 
tée sans hésitation par Alexandre de Laborde dans 
ses Monuments de la France^. Cet auteur consi- 
dère Saint-Quioin comme c un ouvrage des der- 
niers temps du Bas-Empire > et rapporte, sans y 
rien objecter, la tradition qui en faisait un ancien 
temple de Diane. 

Nous retrouvons encore les idées de Millin à 
peine modifiées dans un mémoire spécialement 
consacré aux antiquités de Yaison et que publia 

1. Voyage dans les départements du Midi, t. IV, p. 140. 

2. Ibid., p. 441. 

3. Monuments de ia France, t. I, pi. GXVI; cf. le texte, 
p. 92. 



40 sAiNT-oimrnf 

M. Ernest Breton en 4849 ^ < L'abside de Saintr 
Quinin, > dit cet archéologue, < de construction 
romaine d'assez grand appareil, appartient évir 
deniment aux dernières années du Bas-Empire. 
Les colonnes toutes dissemblables, les fûts non 
galbés, la bizarrerie des chapiteaux et des bases, 
la grossièreté des sculptures, tout indique un 
monument d'extrême décadence... > Ernest Bre- 
ton, on le voit, cherche à justifier son apprécia- 
tion par des raisons empruntées à l'examen 
détaillé de l'édifice, mais il suffit de jeter un coup 
d'œil sur le plan qu'il donne de Saint-*Quinin pour 
se rendre compte de la légèreté qu'il avait appor- 
tée dans son examen. En réalité il n'est que 
l'écho de Millin, et il s'en est si bien inspiré qu'il 
a reproduit en partie la phrase où ce dernier parle 
du < yictimaire avec un bélier à trois rangs de 
cornes. > 

Les conclusions d'Ernest Breton, adoptées par 
les rédacteurs du Guide du voyageur dans la France 
monumentale^ y ont passé depuis lors dans bon 
nombre d'ouvrages du même genre, où tant de 
gens malheureusement vont cherdier toutes leurs 
notions d'archéologie. 

Cependant une opinion fort différente sur l'âge 
de Saint-*Quinin de Vaison avait été émise par 



1. Mémoire sur les antiquités de la ville de Vaison, p. 43. 

2. Richard et Hocquart, Guide du voyageur dans la France 
monumentale, p. 788. 



ET LA an^DIALB Dl TAISON. 41 

deux auteurs bien autremeot autorisés que ceux 
dont je viens de parler. 

Charles Lenormant, bien qu'il écrivit à une 
époque où la science de nos antiquités nationales 
sortait à peine du berceau, s'était refusé à v<Mr 
dans l'abside de Saint-Quinin un édifice romain, 
même des plus bas temps. Tout au plus attri- 
buait-il au Bas-Empire un des chapiteaux que l'on 
voit à l'extérieur de l'abside. Tout le reste, pour 
lui, était du vm^ siècle^. 

C'est à des conclusions assez voisines de celles 
de Charles Lenormant que s'est arrêté Mérimée. 
Mais, malgré toute l'indépendance scientifique de 
ce grand esprit, j'ai peine à croire qu'il n'ait été 
fortement influencé par l'opinion de son illustre 
confrère, car il a fait ressortir, comme personne 
ne l'a fait depuis lui, la plupart des raisons 
qui empêchent de donner à Saint*-Quinin une 
date tr^ reculée et il en a si bien senti la force 
qu'il hésite à conclure. Il veut bien reporter avec 
Lenormant c l'abside, l'extérieur du moins, au 
vm* siècle. Il ne serait même pas impossible, 
ajoote-t-il, de supposer que cette partie de l'église 
eût échappé aux dévastations des Sarrazins et 
qu'elle appartint à la construction primitive dont 
parle le P. Boyer. > Mais, s'il trouve c difficile 
de ne pas donner à l'abside de Saint-Quinin une 
date bien antérieure au xi* siècle, > c'est de Tex- 

i . Lettre à M. de Caumont sur l'origine de Vogive, dans la 
Revue Normande, t. II (1833), p. 17. 



42 aiUfT-nonnN 

térieur seul qu'il parle, car il croit que riutérieur 
du monument sous la forme actuelle ne remonte 
qu'au conunencement du xn* siècle ^ 

Didron a suivi l'opinion de Mérimée, mais il 
ne semble pas avoir fait une étude bien appro- 
fondie de cette église dont il n'a parlé que tout 
à fait incidemment^. Il me parait superflu d'exa- 
miner en détail ce que d'autres auteurs ont pu 
penser de la date de Saint -Quinin; qu'il me 
suffise de dire que les uns, comme MM. Guéne- 
bault^, Gourtet^, l'abbé Gorblet^, en ont fait un 
monument mérovingien; que d'autres, comme 
Daniel Ramée^, l'ont cru contemporain de Charles 
le Chauve, ou, comme M. Joanne^, du x^ siècle; 
que certains enfin, cherchant à concilier les 
diverses opinions, y ont vu une église carolin- 
gienne dans laquelle on aurait utilisé des sculp- 
tures antiques provenant d'un temple de Diane ^. 

1. Notes d'un voyage dans le midi de la France (Paris, 1835), 
p. 181, 182. 

2. « La date de Baint-Quinin, dit-il, quoique incertaine,, 
remonte bien plus haut que le xi* siècle » (Annales arckéoL, 
t. IV, p. 247). 

3. Dictionnaire des monuments, t. II, p. 389. 

4. Dictionnaire des amimunes du département de Vaucluse 
(2- édit., 1876), p. 352. 

5. Manuel élémentaire d'archéologie nationale, p. 174. 

6. Manuel de V histoire générale de Varehiteeture , t. II, 
p. 131, et Histoire générale de l'architecture, t. Il, p. 802. 

7. Géographie du département de Vaucluse (2« édit., 1881), 
p. 61. 

8. Louis de Laincel, Avignon, U Comtat et la principauté 
d'Orange (1872, in.l2), p. 99. 



BT LA CAniMiU M TAISON. 43 

Mais, de toutes les opinions, ta plus répandue 
aujourd'hui est certainement celle qu'a soutenue 
M. Révoih Cet habile ardiitecte, qui a si bien étu- 
dié les monuments religieux du midi de la France, 
s'est efforcé de démontrer que l'église Saint- 
Quînin, — la nef toujours exceptée, — est un 
édifice bien homogène bâti sous le règne de 
Gharl^magne ou de ses premiers successeurs. 

S'il m'est permis d'émettre un avis à mon tour, 
je le formulerai ainsi : l'église Saint^Quinin n'est 
ni mérovingienne ni carolingienne, c'est une égUse 
purement romane. Elle ne saurait être antérieure 
au règne de Philippe I". 

Je vais essayer de le démontrer. 

Et d'abord, il importe de bien remarquer que 
l'édifice est parfaitement homogène, sauf la nef 
restaurée par Saarès, comme je l'ai dit plus haut, 
et dont je ne m'occuperai pas, car elle a perdu 
tout caractère dans cette restauration. Ceux qui 
ont cru Textérieur plus ancien que l'intérieur se 
sont assurément trompés, M. Révoil l'a démontré 
avec évidence^, et il me permettra de répéter tex- 
tuellement sa démonstration qui me parait excel- 
lente de tout point : 

c Un examen attentif des appareils de l'abside 
et de ses petites absides latérales tant à l'intérieur 
qu'à l'extérieur permet d'affirmer qu'il n'existe 

1. Architeeture romane du midi de la France, t. I, p. 26. 



44 SilNT-QnNIN 

aucune soudure, aucun raccord dans cette cons- 
truction ; la voûte conique qui relie l'abside prin- 
cipale avec le premier arc-doubleau de la nef a 
certainement été construite par les mêmes ouvriers 
et sans solution de continuité... L'ornementation 
entière de cette abside est également en harmo- 
nie avec les réminiscences antiques de la décora- 
tion extérieure; de plus on retrouve dans cette 
abside circulaire et dans le chevet triangulaire qui 
l'enveloppe des marques lapidaires absolument 
semblables de forme, de dimension et de dispo- 
sition. 1 

Ce dernier détail qui avait déjà frappé Didron* 
est convaincant. C'est, comme le dit fort bien 
M. Révoil, un signe c de contemporanéité évi- 
dente et incontestable. > 

Mérimée s'est donc trompé en croyant l'exté- 
rieur de Saint-Quinin antérieur à l'an mille et l'in- 
térieur du commencement du xu* siècle. Le tout 
est de la même époque et, si je parviens à démon- 
trer que l'intérieur est bien de la date que j'ai dit 
plus haut, on sera forcé de m'accorder qu'il n'y 
a rien dans cette abside d'antérieur à la période 
romane. 

Examinons donc l'édifice en détail. 
Une chose frappe tout d'abord, c'est la beauté 
de l'appareil et sa régularité*. Il est partout à 

1. Annales archéologiques, t. II, p. 249. 

2. Gela se voit bien dans la planche III ci-jointe, qu'avec 



^ ET U CATl^MALB M TAI80N. 45 

joints fins^; or, sous les GaroliogieDS on bàUs- /^ 
sait ordinairement à gros joints, et je prouverai 
plus loin que Ton bâtissait ainsi à Vaison même, 
au début du x* siècle. 

Le plan peut-il fournir un argument en un sens 
cpielconque ? Cette forme angulaire qu'affecte Tab- 
aide (cf. pi. II et lY) n'a d'analogues ni à l'époque 
carolingienne, ni à l'époque romane, c'est une 
bizarrerie dont il est difficile de donner la raison 
et qui ne porte pas en soi une date bien déter^ 
minée. Je ferai seulement remarquer qu'on 
trouve parfois à l'époque romane des églises ter^ 
minées comme Saint-Quinin par trois absides 
englobées extérieurement dans un même massif 
de maçonnerie. Telle est l'église de Gueyze (Lot- 
et-Garonne)^, celle de Reddes près de Bédarieux 
(Hérault)^, etc. Mais le massif qui enveloppe les 
absides est toujours en hémicycle. L'église de 
Reddes présente un point de ressemblance de 
plus avec Saint-Quinin dans cette petite saillie 
carrée qui enveloppe deux des absides et forme 

la permission des éditeurs, j'ai empruntée à Touvrage de 
M. Révoil, ainsi que les planches V, VI, VIII et XI du 
présent mémoire. 

1. Une restauration assez grossière, qui n'a porté que sur 
une partie de la face extérieure nord de Tabside, y a intro- 
duit quelques assises plus étroites que les autres et à joints 
beaucoup pins gros. 

2. Voir Tholin, Études sur Varchitecture religieuse de VAge* 
nais, pi. XX. 

3. Voir la planche V ci-jointe, et les planches XXI et 
XXn de RévoU. 



46 SAmr<^iiim 

comme un rudiment de transept. Or, ce curieux 
édifice, avec ses voûtes en berceau brisé et ses 
doubleaux supportés par d'élégantes colonnes 
accouplées, ne peut être antérieur au milieu de 
Tépoque romane. 

Je relèverai encore à l'intérieur de l'abside 
principale de Saint-Quinin une particularité du 
plan qui a, je crois, beaucoup d'importance. 
Cette abside n'est pas ronde intérieurement, elle 
est polygonale. Or, cette disposition si fréquente 
depuis le xn* siècle ne se rencontre jamais, que je 
sache, dans les édifices carolingiens. 

On a de bonne heure dessiné à plusieurs pans 
l'extérieur des absides, mais en leur conservant 
à l'intérieur la forme ronde. C'est ce que Ton voit 
dès le vi^ siècle à l'église Saint-Apollinaire in 
Classe, de Ravenne. Cette forme d'abside devient 
commune à l'époque romane; on la trouve à la 
chapelle de Yilleneuve-lez-Avignon, à l'église des 
Saintes-Mariés dans la Camargue, aux églises de 
Saint-Ruf et du Thor, à Notre-Dame de Montma- 
jour et autres églises du xi* et du xn* siècle ^ 

Mais on n'a jamais signalé, que je sache, avant 
le xi^ siècle d'absides dont la partie interne soit à 
pans coupés. Même à l'époque romane, c'est une 
disposition fort rare en Provence. M. Révoil n'en 
cite qu'un exemple, c'est à la cathédrale de Cavail- 



i. Les plans de ces églises ont été donnés dans Ponvrage 
de M. RéYoil. 



ET LA CAraiDlALI M TAISON. 47 

lon^. Or cet édifice Ait entièremeot rebâti au com» 
meocemeot do xi? siècle, après un terrible incen- 
die qui avait détruit une grande partie de la ville* 
La dédicace en fut faite en 4093. Plus tard des 
restaurations considérables furent nécessaires, 
dans lesquelles tout le sanctuaire fut sans doute 
rebâti, puisque une nouvelle consécration du 
monument fot faite par le pape Innocent IV en 

Je me crois donc autorisé à dire que le plan ^ 
polygonal donné au o6té interne de l'abside de 
l'église Saint*-Quinin de Vaison est un bon argu- 
ment pour attribuer cette abside à l'^oque romane . 

ïea trouve un autre non moins fort dans le sys- 
tème de voûte. Mérimée l'a dit le premier, on ne 
trouverait pas avant le xi^ siècle une voûte appa- 
reillée comme celle qui surmonte le transept de 
SaintrQuinin (pL VI); aussi a-t-il supposé que cette 
partie de l'édifice n'avait été d'abord couverte que 
par un toit en charpente, et qu'elle n'avait reçu sa 
voûte qu'au commencement du xu"" siècle^. Mais, 
enc6re une fois, cette hypothèse est inadmissible. 
M. Révoil a démontré que la construction est une. /^ 
Si donc la voûte est du début du xii* siècle, toute 
l'abside est de la même date. 

Or, c'est cette date aussi qu'indique le style des / 
ornements, et ces chapiteaux historiés, et ces ^ 

1. Architecture romane du midi de la France, t. II, pi. XXV. 

2. Rèvoil, t. n, p. 24. — Cf. GaUia (^rist. nova, 1. 1, instr., 
p. 155. 

3. Voyage dans U Midi, p. 182. 



48 aàlNT-QUlNIN 

bases feuillagées, et surtout ces côloanes à &A 
décoré de façons diverses, mode.dont les exemples 
sont innombrables dans les églises provençales 
de la fin du xi* et du xn* siècle, et dont on serait 
bien embarrassé de fournir un seul exemfde dans 
un édifice remontant sans conteste aux temps 
carolingiens (voir pi. III). 

Il n'y a pas jusqu'à cette figure de < victimaire > 
dont parle Millin, jusqu'à ce prétendu sanglier qui 
a donné naissance à la légende du temple de 
Diane, qui ne fournissent des arguments topiques 
à l'appui de ma thèse. 

Le victimaire est un perso/inage vêtu à la mode 
du XII® siècle. Il porte une sorte de haubert de 
mailles et à l'extrémité de ses manches on voit 
passer le bout des longues manches de son bliaud, 
détail caractéristique que l'on retrouve presque 
toujours figuré sur les sceaux- des chevaliers de 
l'époque romane, et qui suffit à dater d'une 
façon certaine et le chapiteau et toute la partie 
extérieure de l'abside avec laquelle il fait corps 
(pi. VII). 

Quant au sanglier (voir pi. III), ce n'est autre 
chose qu'un Agnus Dei. On ne peut s'y tromper, 
malgré son aspect bizarre, car nous en trouvons 
un dans la même attitude et à la même place, 
sculpté à la clef de l'abside de Saint-Jean-du-Mou- 
tier, à Arles^ Or là, les mots EC • CE • AHGNVS • 
DEI, bien gravçs en capitales de la fin du xi* siècle, 

1. Révoil, 1. 1, pL XVII. 



KT LA GAnnbAAU M TA1805. 49 

BOUS fixent et sur le sens et sur la date approxi- 
mative de cette sculpture (voir pi. YIII). Notez 
enfin que ces bandeaux de peu de relief qui 
décorent la voûte de Tabside de Saint-Quinin se 
retrouvent également à Saint-Jean-du-Houtier et 
à Notre-Dame de Montmajour et, avec un profil 
tout autre, il est vrai, à l'église du Thor. Or, aucun 
de ces monuments n'est antérieur à l'an mille. 

J'en conclus donc forcément que Saint-Quinin 
D'est pas non plus antérieur à cette date, et, dès 
l(Nrs, on ne peut être embarrassé pour en fixer 
l'âge . Car c'est seulement aux environs de Tan 1 1 00 
que l'on peut trouver réunis dans un même édi- 
fice un appareil aussi soigné, un système de voûte 
aussi bien combiné, des ornements imités de l'an- 
tique, comme les églises provençales du xn* siècle 
en offrent tant de spécimens, et en même temps 
des figures d'un dessin encore barbare, des détails 
de sculpture empreints d'une certaine lourdeur, 
un plan enfin qui n'a pu être imaginé qu'à une 
époque d'hésitations et de tâtonnements par un 
architecte qui cherchait sa voie et qui n'a pas fait 
école. 

II. 

Quand il s'agit de déraciner une erreur aussi 
invétérée que celle que je combats en ce moment, 
on ne saurait craindre de multiplier les preuves. 
Or, toutes celles que j'ai invoquées jusqu'ici ne 
reposent que sur la comparaison de l'église Saint- 
Quinin avec des édifices notoirement romans. 
Pour que ma démonstration soit complète, il faut, 
xlh 4 



50 8infT*Qniifiii 

je le sens, que je montre ce qu'étaient les édifices 
de cette partie de la France à Tépoque caroUo- 
gienne et que je fasse voir par combien de parti- 
cularités ils diffSéraient de l'église qui nous occupe. 

Le hasard nous a conservé à Yaison même, à 
quelques mètres à peine de l'église Saint-Quinin, 
un édifice dont une grande partie est certainement 
antérieure à l'an mille. C'est l'ancienne cathédrale 
de Vaison, dédiée à Notre-^Dame et à saint Quinin. 

Cette église a la forme d'une basilique voûtée, 
avec une abside flanquée de deux absidioles dans 
le prolongement des bas côtés. Elle n'a que quatre 
travées, une très basse en avant des absides, puis 
une autre plus élevée couverte d'une coupole sur 
trompes, et enfin deux autres voûtées en berceau 
brisé (voir pi. IX et X). 

La plupart des auteurs, s'appuyant sur le témoi- 
gnage d'une charte citée par le P. Anselme Boyer, 
placent en 91 l'époque de sa construction ^ . Quel- 
ques-uns toutefois, comme Alexandre de Laborde, 
ont voulu lui donner une date bien plus reculée^, 
tandis que d'autres, conune Daniel Ramée, remar* 
quant sans doute combien il est difficile d'ad- 
mettre qu'on ait bâti un édifice voûté, comme Test 
celui-ci, au début du x^ siècle, ont cru qu'il avait 
été construit au xi^ ou au xu* siècle^. 

1. t Nous avons an acte qui nous apprend que Tévéque 
Humbert !«' (910) fit rebâtir L'église de Vaison en rhonneur 
de la sainte Vierge Marie et c'est celle qu'on voit encore 
aujourd'hui » (Hut. de V église de Vaison, p. 75). 

2. Monuments de la France, 1. 1, pi. CXV, p. 92. 

3. But. de l'architecture, t. H, p. 834 (édit. 1872). 



£T LA Cinn^ftAil ME VAISOIf. 54 

La vérité, Mérimée l'a fort bien dit, c'est que 
la cathédrale de Vaisoo a passé par plus d'une 
restauration et qu'elle est loin de former une cons- 
truction homogène que l'on puisse attribuer en 
entier soit à la date de 910, soit à toute autre ^ 

M. Révoil, qu'il faut toujours citer quand on 
parle des édifices de la Provence, s'est mieux que 
personne rendu compte de cette vérité, puisque 
c'est lui qui a dirigé les travaux de restauration 
que la Commission des Monuments historiques a 
fait faire à la cathédrale de Yaison. 

Il a cru reconnaître dans la cathédrale de Vai^ 
son les traces de quatre constructions distinctes. 

< L'abside, dit-il, et la travée qui la précède, 
ainsi que les chapelles absidales sont incontesta- 
blement les plus anciennes. La première grande 
travée, surmontée de sa coupole, les deux travées 
antérieures, avec la grande corniche à rinceaux 
de la nef, côté droit, où l'on retrouve tous les 
caractères de l'architecture carlovingienne de la 
première époque, sont postérieures à cette pre- 
mière partie. La troisième période pourrait être 
attribuée à l'évêque Humbert ; elle comprendrait 
la restauration générale de l'église dévastée par 
les barbares, la frise du côté du cloître, avec la 
grande inscription, la restauration des voûtes et 
des toitures, k construction du clocher sur l'une 
des petites absides jusqu'à la corniche et le cloître 
en partie du moins; car deux de ses travées 

1. Notes d*un w^age dam le midi de la France, p. 182 et s. 



52 SilNT-QUllfllf 

paraissent parleurs moulures ou sculptures appar- 
tenir à une époque postérieure. Il faudrait ran- 
ger dans la quatrième période, comme restaura- 
tion, la corniche du clocher et la grande corniche 
du côté gauche de la nef, toutes deux à modillons 
et faites à l'imitation de celle de Sainte-Croix de 
Montmajour, chapelle bâtie en 1016, c'est-à-dire 
au commencement du xi^ siècle. > 

M. Révoil a eu raison en signalant les traces de 
différentes reprises dans les constructions de la 
cathédrale de Yaiton, mais, si j'en ai été frappé 
comme lui, il m'est impossible de les expliquer 
et surtout de les dater comme il l'a fait. 

L'antériorité de l'abside sur toutes les autres 
parties du monument me parait évidente. C'est 
une bâtisse formée d'un moellonnage grossier; les 
cinq arcades qui en décorent les murs sont appa- 
reillées à gros joints, elles retombent sur des 
colonnes de marbre arrachées à quelque édifice 
antique, colonnes absolument hors d'échelle et 
dont les unes ont dû être sciées, les autres rallon- 
gées à l'aide de tambours; par contre, les chapi- 
teaux de ces colonnes sont en marbre blanc d'un 
assez bon travail et rappellent beaucoup le faire 
des sculpteurs chrétiens du rv^ et du v"" siècle. 
Aussi ne vois-je vraiment aucune raison formelle 
pour repousser l'idée de M. Révoil qui fait remon- 
ter cette abside aux temps mérovingiens. Je lui 
accorderai encore que les absidioles peuvent être 
de même date que l'abside principale. 

En revanche, je ne puis reculer avec lui jus- 



R LA CATHioiALB DB TAI80N. 53 

qu'à pareille époque la petite travée qui pré* 
cède l'abside. Ce n'est plus le même genre de 
bâtisse, c'est du grand appareil à gros joints, 
entremêlé çà et là de quelques assises d'appareil 
allongé ; il n'y a aucune liaison entre ces maçon* 
neries et celles de l'abside. La voûte de cette 
travée est en plein cintre ; elle est formée de moel- 
lons allongés à gros joints; or, le cul-de*four de 
l'abside est construit de même, je suis donc porté 
à croire que Ton a refait la voûte de l'abside quand 
on a construit la travée voisine; et c'est sans 
doute dans la même restauration que, pour per^ 
mettre aux murs fatigués de l'abside de supporter 
la nouveUë voûte, on les aura noyés dans cet épais 
massif carré qui forme le cbevet du monument. 
La coupole est postérieure à tout cela. M. Révoil 
a raison sur ce point. Elle est fort bien appareil- 
lée, elle porte sur quatre trompes ornées des 
figures symboliques des quatre évangélistes et 
s'élève au-dessus de quatre grands arcs nettement 
brisés. On y relève bon nombre de marques de 
tâcherons, celle entre autres d'un certain YGO sur 
laquelle M. Révoil a édifié toute une théorie qui ne 
tendrait à rien moins qu'à vieillir d'environ deux 
siècles bon nombre d'églises provençales Mkiais, la 
même marque se lisant à la cathédrale d'Âpt dont 
un texte précis^ attribue la construction à l'évêque 
Helinandus et la consécration à l'an 1 056, je me 

1. Voir Tappendice à l'Arehitecture romane du midi de la 
France. 

2. Gallia i^rist. nova, 1. 1, instr., p. 76, pièce VII. 



./ 



54 sAura-QHiinii 

crois autoridé à dire que la coupole de la catbé* 
drale de Vaison n'est pas antérieure au milieu 
du xi^ siècle* Les deux travées de nef qui la 
suivent avec leur voûte en berceau brisé ne sau- 
raient être plus anciennes (voir pi. X et XI), 
M. Révoil les croit contemporaines de la cou- 
pole; je Tadmets volontiers, quoique je n'y aie 
pas relevé les mêmes marques de tâcherons. 

La nef appartient donc au plus tôt au milieu 
du XI® siècle, mais alors cette travée de chœur 
intermédiaire entre elle et l'abside est forcément 
une construction carolingienne. Elle appartient 
nécessairement à la restauration entreprise en 
940 par l'évêque Humbert. 

Mais ce n'est pas là tout ce qui reste aujour- 
d'hui des travaux de cet évêque, car tout le pour- 
tour des bas côtés et le mur de façade, quoique 
bien défigurés, présentent encore assez de témoins 
pour qu'on puisse affirmer qu'ils appartiennent à 
la même construction que cette travée de chœur. 
Bien plus, on voit encore dans le mur méridio- 
nal du bas côté (voir pi. XII) les traces bien 
conservées de plusieurs fenêtres antérieures à 
l'édifice actuel, qui ne peuvent par conséquent 
appartenir qu'à la cathédrale bâtie en 910. Or, si 
on relève la place qu'elles occupent par rapport 
aux travées actuelles, il est possible de restituer 
avec une certitude absolue l'église du début du 
X® siècle. 

Cet édifice avait six fenêtres de chaque côté, donc 
il comptait six travées. Il avait même largeur que 



Téglise Ktiielte, donc il avait comme elle des bas 
oôtés» Ses supports n'étaient pas des oolonoes, car 
ils étaient écartés d'axe en axe de près de quinze 
pieds, et dans aucune des basiliques chrétiennes 
qui existent aujourd'hui les intervalles ne sont 
supérieurs a dix ou douze pieds au maximum. 
Ces supports étaient donc des piliers, soutenant 
des arcades en plein cintre ; ils devaient être de 
forme carrée, avoir environ quatre ou cinq pieds 
de section et devaient ressembler fort à ceux qu'on 
voit encore à l'intérieur de l'église Saint-Pierre à 
Vienne en Dauphiné, et qui vraisemblablement 
appartiennent aussi au x"* siède. Cette église enfin 
n'était pas voûtée, elle ne portait qu'une char- 
pente, car ses supports auraient été combinés tout 
autrement, s'ils avaient dû soutenir une voûte, et 
on l'aurait sans doute contrebutée à l'aide de con- 
treforts extérieurs, tandis qu'on n'en voit aucune 
farace. 

Voilà donc comment on bâtissait au début du 
X* siècle, c'est-à-dire au milieu de l'époque caro- 
lingienne. 

Est-il maintenant nécessaire de faire un long 
parallèle entre la cathédrale de Vaison et l'église 
Saint-Quinin pour prouver que, si l'un de ces édi- 
fices est carolingien, l'autre ne peut l'être? 

Dans l'un, l'appareil est grossier; dans l'autre, 
il est très soigné ; l'un est voûté, l'autre ne l'était 
pas ; l'un a son abside ronde, l'autre polygonale ; 
l'un a des sculptures délicates copiées sur des 
modèles antiques, l'autre n'a rien de semblable ou 



56 sAim'-Qunnir et u ciTEéxoLàLÈ de taison. 

du moins les seules sculptures du même style qu'il 
nous montre décorent les corniches de la nef dont 
la construction n'est pas antérieure au milieu du 
XI* siècle*. 

Je crois donc ma thèse amplement justi6ée : 
Saint-Quinin n'est qu'une église romane. Je re- 
grette à coup sûr d'être obligé de l'effacer de la 
liste déjà si restreinte des édifices notoirement 
antérieurs à l'an mille, mais j'ai hâte d'ajouter que, 
malgré la confirmation apparente que j'apporte 
ainsi à la théorie de Jules Quicherat sur la rareté 
des monuments antérieurs à l'an mille, je reste 
persuadé qu'il y a encore en France plus d'un édi- 
fice remontant par quelques parties à l'époque 
carolingienne. Les restaurations maladroites^ les 
remaniements, les additions rendent souvent dif- 
ficile de reconnaître ces parties anciennes, mais 
elles valent la peine d'être étudiées de près, car 
elles réservent bien des enseignements précieux 
à ceux qui sauront les interpréter, et elles pour- 
ront montrer que, si l'on a souvent vieilli outre 
mesure beaucoup de nos églises, on n'a pas tou- 
jours, en revanche, échappé au danger de les 
rajeunir à l'excès. 

1. Au-dessous de la corniche, à Textérieur du mur septen- 
trional de la nef, se voit une longue et belle inscription, 
dont les caractères conviennent parfaitement au xi« siècle. 



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y. 



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Mém. de la Soc. des Ântiq. de Fr., t. XLIX. 



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CHAPITEAU OE L ABSIOe 



EGLISE SAINT-QUININ DE VAISON. 
Coupe et détails. 







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Mém. de la Soc. des Antiq. de Fr,, t. XLIX. PI. V. 



PLAN DE L'ÉGLISE DE REDDES (HÉRAULT). 



}lém. de la Soc, des Antiq. de Pr., t. XLIX. 



PI. VI. 




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ÉGLISE SAINT -QUININ DE VAISON. 
Coupe longitudinale sur l'abside. 



Mm. de la Soc. des Ântiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. VII. 







EGLISE SAINT -QUININ DE VAlSOxN. 
Chapiteau de Tabside. 



MéfïL de la Soc. des Âniiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. vm. 




ÉGLISE SAINT-JEAN-DU-MOUTIER, A ARLES. 
Clef de voûte tle l'abside. 



M. de la Soc. des Antiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. VI. 






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ÉGLISE SAINT -QUIMN DE VAISON. 
Coupe longitudinale sur Tabside. 



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Mém. de la Soc. des Antiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. IX. 




CATHEDRALE DE VAISON. 

[A'o/a. — Les parties du plan teintées en noir indiquent les 
coDSlructions antérieures au xi' siècle. Les hachures indiquent les 
additions qui ont donné au monument sa physionomie actuelle.] 



PI. XII. 




.y cm. de la Soc. des Àniiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. XI. 




CATHEDRALE DE VAISON. 
Coupe transversale sur la nef. 



LES SIGNES D'INFAMIE 

AU MOYEN AGE 



JUIFS, SARRASINS, HÉRÉTIQUES, LÉPREUX, 
GA60TS ET FILLES PUBLIQUES. 

Par H. Ulysse Robebt, membre résidant. 

Lu dans les séances des 21 février 1883, 30 janvier 
et 13 février 1889. 



Depuis le commencement du xm^ siècle , les 
Juifs, les Sarrasins et les hérétiques, notamment 
les Albigeois, furent soumis à Fobligation de por- 
ter sur leurs vêtements un signe extérieur destiné 
à les faire reconnaître. Plus tard, cette obligation 
fut, par une sage mesure, étendue aux lépreux ; 
ensuite elle le fut aux cagots et autres malheureux 
de la même catégorie et enfin aux filles publiques. 
C'est une particularité que personne n'ignore, 
mais ce que Ton sait moins, c'est ce en quoi con- 
sista ce signe, quelles en furent l'origine, la forme, 
la matière, la couleur, les dimensions, etc. Les 
canons des conciles, les ordonnances des rois, les 
statuts municipaux et, pour les hérétiques, ce qui 
reste des registres de l'inquisition sont les sources 



58 LES SIGNES d'INFIMIE 

qui donnent les renseignements les plus précis 
sur cette question, également intéressante au 
point de vue historique et au point de vue archéo- 
logique. Si Pétude des signes permet de suivre 
les diverses manifestations de Tcsprit public contre 
quelques-uns de ces infortunés mis, souvent sans 
raison, au ban de la société, elle peut fournir à 
l'archéologue et à Térudit des indices presque sûrs 
pour déterminer la date et l'origine des monu- 
ments figurés où sont représentés des personnages 
avec un signe. 

Déjà, en 1883, j'avais publié dans la Revue des 
études juives^ ^ sous le titre 6" Étude historique et 
archéologique sur la roue des Juifs depuis le 
XIII^ siècle^ la première partie du présent travail. 
Je n'ignorais pas que cette Étude serait forcément 
incomplète, tant le sujet est vaste; je Voulais 
appeler sur cet essai, surtout à l'étranger, Tatten- 
tion des érudits qui se sont occupés de l'histoire 
des Juifs dans les divers pays de l'Europe et pro- 
voquer ainsi un complément d'informations ; ce 
moyen m'a réussi et j'ai pu faire à mon Étude 
primitive quelques additions importantes qui n'en 
ont cependant pas modifié les conclusions. Je n'ai 
pas besoin de dire que c'est à l'inépuisable bien* 
veillance et à la vaste érudition de M. Isidore Lœb 
que je dois d'être arrivé à des résultats à peu près 
satisfaisants. Je suis heureux de pouvoir de nou- 

i. T. VI, n» 11, janvier-mars, p. 81-95, et t. VH, n« 13, 
juillet-septembre, p. 94-102, et tirage à part âe 23 pages. 



veau lui en exprimer mes sincères remerdments. 
En ce qui concerne le signe des hérétiques, celui 
des cagots et caqueux, celui des filles publiques, 
les principaux ouvrages qui m'ont fourni les ren- 
seignements les plus complets sont : YInquisilian 
dans le Midi de la France au XIW et au XIV^ siècle; 
étude sur les sources de son histoire, par M. Charles 
Molinier; — les Études sur quelques manuscrits 
des bibliothèques d'Italie concernant Vinquisition et 
les croyances hérétiques du XW au XVI f siècle 
{rapport à if. le Ministre de Finstruction publique 
sur une mission exécutée en Italie de février à 
avril 1885)^ par le même; — la Practica inquisi- 
tùmis heretice pravitatis^ de Bernard Gui, publiée 
par M. le chanoine G. Douais ; — V Histoire des races 
maudites de la France et de VEspagne, par Fran- 
cisque Michel {% vol.), et De la prostitution en 
Europe depuis F antiquité jusqu'à la fin du 
XVI^ siècle, par Rabutaux, avec une bibliogra- 
phie par Paul Lacroix. J'ai tâché, autant qu'il 
était en mon pouvoir, de compléter par mes 
recherches personnelles les importants travaux 
des érudits dont je viens de citer les noms, mais, 
malgré les résultats acquis, la somme des lacunes 
restera encore trop considérable. J'accueillerai 
avec la plus vive reconnaissance tous les rensei- 
gnements qui me permettraient de les combler^. 

1. Je dois remercier M. Magimel, de la maison Didot, et 
M. Gerf, imprimeur de la Remis des études juives, qui ont 
bien voniu me prêter les bois utilisés dans cette publication, 



60 LES 8I«IfBS d'IHPAKIE 

I. 

Le signe DE8 Juifs. 

J'ai dit en commençant que c'est au xm^ siècle 
que les Juifs et, avec eux, les Sarrasins d'Occident 
furent tenus d'avoir sur leurs vêtements un signe 
distinct! f. M. Ghéruel, qui s'est occupé incidem- 
ment de la question*, fait remonter cette obliga- 
tion au xii^ siècle ; selon lui, lorsque le pape Inno- 
cent II fit son entrée solennelle à Saint-Denis, 
le 1 5 avril 1 1 30, les Juifs seraient venus lui offrir 
une rouelle. Mais M. Chéruel a mal interprété le 
passage de la vie de Louis le Gros par Suger*; il 
a confondu le rouleau de la loi , l'Ancien Testa- 
ment, avec la rouelle dont il sera longuement 
parlé ci-après. 

L'Église eut l'initiative du signe : elle voulait 
ainsi empêcher les unions entre Chrétiens et Juifs^. 

et MM. Vidal, de la Bibliothèque nationale, et E. Molinier, 
du Musée du Louvre, qui ont copié pour moi les peintures 
reproduites ici. 

1. Dictionnaire historique des institutions, mœurs et cou- 
tumes de la France, t. Il, 629, v* Juifs. 

2. Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XII, 
p. 58. Le texte de Suger porte : ... qusB legis litteram rotulam 
scilicet velatam offerens, etc. Le commentaire, legis litteram, 
qui accompagne les mots rotulam scilicet velatam, indique 
suffisamment qu'il s'agit du rouleau de la loi, de TÂncien 
Testament 

3. ... Gontingit interdum quod per errorem Ghristiani 
Judœorum seu Saracenorum et Judœi seu Saraceni Ghristia- 
norum mulieribus commisceantur. Ne igitur tam damnât» 



AU MOTEH A«E. 64 

Ce fut du moins le prétexte invoqué par les Pères 
du quatrième concile général de Latran, en 1 SI 5 ; 
ils décidèrent que désormais tous les Juifs de la 
(dirétienté seraient obligés de porter des vête- 
ments diilérents de ceux des chrétiens^. 

En quoi devait consister la différence? Le con- 
cile de Latran ne l'indique pas; les canons de 
quelques autres conciles tenus postérieurement, 
les textes des bulles des papes ne sont pas tou- 

commixtionis ezcessns per velamentnm erroris hnjnsmodi 
ezcosationis ulterius possint habere diffugium, statuimus nt 
taies ntriasque sezus in omni Ghristianonim provincia, et 
omni tempore qualitate habitus publico ab aliis populis dis- 
tingaantur... (Labbe, Sacrosancia concilia ad regiam editio^ 
nem exaeta, t. XUI, coi. 1003 et 1006.) -~ Prœlati procédant 
contra ipsos Judaeos interdicendo commercia cum eis... (Con- 
cile de Valence en Daupbiné, tenu vers 1248. Sacrosancia 
concilia, t. XIV, col. 114.) —In sacro generali concilie provida 
fuit deUberatione statutum ut Judaei a Ghristianis qualitate 
habitus distinguantur, ne illorum isti vel istonim illi possint 

mulieribas dampnabiliter commisceri (Bulle du pape 

Alexandre IV, du 3 septembre 1257, adressée simultanément 
à S. Louis, à Charles I*', comte d'Anjou et de Provence, 
son frère, et à Hugues IV, duc de Bourgogne. Elle a été 
publiée par M. Isidore Loeb diaprés les originaux conservés 
aux Archives nationales, sous les cotes L. 252, n<** 203-205, 
dans la Revue des études juives, t. I, juillet-septembre 1880, 
p. 116-117.) — Philippe V, dans son ordonnancedu 10 oc- 
tobre 1317, donne la même raison : Volentes etiam quod 
inter regni catholicos et Judaeos certa et nota différentia 
habeatur, ut inde multis periculis et potissime mulierum 
cathoiicamm conjunctionibus, quas fréquenter contingit, ut 
dicitur, fieri occurratur {Ordonnances des rois de France de la 
troisième race, t. XI, p. 447). 
i. Notamment dans le diocèse de Paris. 



62 LES SlGlfES 1^'nfPiMIE 



jours plus précisa Mais la forme de ce signe ne 
tardera pas à être fixée d'une façon définitive, au 
moins pour la France, l'Espagne et l'Italie; ce 
signe sera la roiie ou rouelle (rota, rotella). Je 
montrerai plus loin ce qu'il fut dans d'autres pays. 

i. Cioncile provincial de Houeù) en 1231, art. 49 : Praed- 
pimns Qt, jaxta statuta generalis concilii, Judœi omnes prop- 
ter qualitatem habitas a Ghristianis disjungantur, et signa 
déferre manifesta in pectore compellantur ; Christian! vero, 
sive Ghristianœ eidem non serviant... (Labbe, Sacrosancta 
concilia, t. XIII, col. 1257; — Dom Bessin, Concilia Roto- 
magensis provincia, p. 138.) — Innocentius episcopus, servus 
servorum Dei, veuerabili fratri archiepiscopo Bisuntino, 
salutem et apostolicam benedictionem. Gum in sacro gène- 
rali concilie provida fuerit deliberatione statutum ut Judei a 
Ghristianis habita distingaantur, ne illorum isti et istorum 
illi malieribas valeant obmisceri, fraternitati tue per apos- 
tolica scripta mandamus quatinus Judeos tue civitatis et 
diocesis, at juxta prefati statuta concilii habitum déferre 
[teneantur]^ monitione premissa per subtractionem commu* 
nis fidelium appellatione remota compellas. Datum Lugduni^ 
X kalendas novembris, pontificatus nostri anno tertio (1245) 
(Cartulaire de V archevêché de Besançon, collection Moreau à la 
Bibliothèque nationale, 862, fol. 1 v*}. — Inhibemus ne ali- 
qui Ghristiani seu Christianae Judaeis seryire in hospitiis 
suis seu cum ipsis habitare praBSumant, et prsBcipimus quod 
Judœi signa patentia déferre cogantur, per qu» a catholicis 
discemantur. (Concile de Pont-Audemer,. en 1279, art. 9, 
dans les Sacrosancta concilia, t. XIV, col. 606, et Dom Bes- 
sin, p. 150.) — ... Et tam Judei quam ipsi [leprosi] signa 
patencia defferant ut ab aliis discemantur (Statuts du concile 
provincial d'Auch, du 6 décembre 1330, titre de Judeis et 
leprosis, aux archives départementales du Gers, Livre rouge 
du chapitre d'Auch, G. 19, fol. 22 V, etc., etc.). 



io xoim Aoc. 6S 

Juifs de France. 

La roue parait être (Torigîne française et avoîr 
été en osage dans le diocèse de Paris, an moins 
dès Je commencement du xm* siècle. On trouve 
en effet dans les statuts synodaux édictés par 
l'évêque Eudes de Sully (mort le 13 juillet 1208) 
cetfe prescription : t Prsecipimus [presbyteris] 
ut moneantur non Judseis prestare rotas, secun- 
dum quod prseceptum est^ > Â partir du concile 
de Narbonne, tenu en 1227*, elle devient le signe 
imposé, pour ainsi dire, offidellement aux Juifs. 
Grégoire IX Timpose aux Juifs d'Espagne* : cette 
prescription, quant à la forme, est renouvelée par 
les conciles d'Arles, de 1234^; de Béziers, de 
1246^; d'Albi, de 1254^; d'Arles, de 1260^; de 
Nîmes, de 1284«; d'Avignon, de 1326 et.1337«; 
de Vabres, de 1368*^ de Vienne, de 1289« ; et 

i. Migne, Patrologix cursus completus, t. GGXn, col. 68. 

2. ... Déférant signum rotsB {Sacrosaneta concilia, t. XUI, 
col. 1106). 

3. Raynaldi, t. H, 97. 

4. Sacrosaneta concilia, t. XIII, col. 1314. Le mot rolm 
doit avoir été omis dans le texte ; d'après ce qui snit, il ne 
pent y avoir ancnn doute au sujet de la forme. 

5. Ibid., t. Xm, col. 97. 

6. Ibid,, t. XÏV, col. 171 et 172. 

7. Ibid., t. X^^^ col. 244. 

8. lôid., t. XIV, col. 828. 

9. Ibid., t. XV, col. 311 et 530. 

10. Ibid., t. XV, col. 896. 

11. Gharvet, Histoire de la sainU église de Vienne, p. 672. 



64 I.ES 8I6!f BS D'jDIPillIE 

par les statuts synodaux de Rodez, de 1336^, et 
de Nîmes, du 7 mars 1365^. Le fait que les Juifs 
étaient plus nombreux dans le midi de la France 
que partout ailleurs explique pourquoi nous ne 
voyons figurer dans cette énumération que des 
villes méridionales. 

C'est également dans le Midi que furent d'abord 
promulguées par le pouvoir séculier et par les 
villes les ordonnances relatives au signe des Juifs. 
En 12321, Raymond VII, comte de Toulouse, et 
le légat du pape statuent qu'ils porteront la roue ^ ; 
les coutumes d'Avignon, de 1243, prescrivent la 
roue aux hommes et le voile aux femmes^; enfin, 
d'après les statuts de Marseille, qui sont de 1255, 
ils devaient porter une calotte ou chapeau jaune ; 
s'ils ne le voulaient pas, une roue^. 

La roue fut imposée aux Juifs par les rois de 
France dans une série d'ordonnances dont la plus 



1. Martene, Thésaurus notms anecdotorum, U IV, col. 769. 

2. Ibid., t. IV, col. 1064. 

3. Gatel, Histoire des comtes de Tolose, p. 352. 

4. R. de Maulde, Coutumes et règUnients de la république 
tP Avignon, dans la Nouvelle revue historique de droit français 
et étranger, 1877, p. 595. 

5. Statuimus quod omnes Judœi a septem annis supra 
portent vel déférant calotam croceam, yel, si noluerint, 
portent in pectore unam rotam... (Statuta Massiliensia, ms. 
lat. 10126 de la Bibliothèque nationale, fol. 85 y% et Du 
Gange, au mot Jud^ei.) Dans V Histoire de la commune de Mar- 
seille, de L. Méry et F. Guindon, au livre V, chap. xiv, des 
statuts publiés par eux, il n'est pas fait mention de' la 
« calotam croceam. » 



lu VOTBII A6E. 65 

andenne est celle de S. Louis, du 19 juin 49(69^ ; 
elle fut confirmée par Philippe le Hardi^, Philippe 
le BeP, Louis X^, Philippe V^, le roi Jean^, enfin 
par Charles V^. 

A l'exemple de S. Louis, Alphonse de Poi- 
tiers obligea les Juifs de ses domaines à porter la 
roue sur leurs vêtements^. Les statuts de Nice, 
qui furent édictés en 4342, les soumirent à la 
même obligation^. En général, la roue fut le signe 
commun aux deux sexes; cependant, pour les 
femmes, elle fut remplacée par une espèce de 
voile appelé aralia^^, orales^^y camalia^^. 

L'âge auquel les Juifs devaient commencer à 
avoir le signe a varié. A Marseille, il fut fixé à sept 
ans^^. Le concile d'Arles, de 1234, le recule jus- 

1. Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. I, 
p. 294. 

2. Le 23 septembre 1271 (collectioa Dupuy, ma. n<> 532, 
fol. 112); — 20 mars 1272 (Ordonnances, t. XU, p. 323) ; — 
19 avril 1283 (Saige, les Juifs du Languedoc antérieurement 
au !!¥• siècU, p. 212). 

3; Le 18 mars 1288 (Saige, p. 220). 

4. Le 28 juiUet 1315 (Ordonnances, 1. 1, p. 596). 

5. Le 10 octobre 1317 {Ihid,, t. XI, p. 447). 

6. Le 20 ou 21 octobre 1363 [ïbid,, t. HI, p. 642). 

7. Le 18 juillet 1372 (/Wd., t. V, p. 498). 

8. Le 19 juillet 1269 (collection Dupuy, ms. n* 822, fol. 236). 

9. Monumenta historis patri», leges municipales; statuta 
Nicim, col. 148. 

10. Concile d'Arles de 1234, loc. cit., et Coutumes d^Avi' 
gnon, loc. eit, 

11. Statuts de Marseille, loc. cit. 

12. Conciles d'Avignon de 1326 et de Vabres, loc. dt. 

13. Statuts de Marseille, loc. dt. 

XLIX 5 



66 LIS glGUBS D^nVPlMIB 

qu'à treize ans pour les garçons et douze ans pov 
les filles ; ceux d'Ai^goon, de 4 3S6, et de Vabres, 
le portent à quatorze pour les garçons et douze 
pour les filles. 

La place ordinaire de la roue était sur la poi- 
trine. Elle est expressément déterminée par la 
plupart des canons des conciles^, par les statuts 
de Raymond Vil, comte de Toulouse, et par ceux 
d'Avignon, de Marseille et de Nice. Il y eut, à la 
vérité, des exceptions, mais beaucoup plus tard 
et probablement dans le seul Gomtat-Venaissin. 
J'en parlerai plus loin. S. Louis et Alphonse de 
Poitiers, par leurs ordonnances de 4269, et Phi- 
lippe le Hardi, par celles de \%1% et de 4%83, 
prescrivent une deuxième roue qui sera placée 
derrière le dos^. L'ordonnance de Louis X est 
moins précise : c Us porteront, dit-elle, le signal où 
€ ils l'avoient acousturaé de porter. > Sous le roi 
Jean, on revint à la roue unique % et cette dispo- 
sition fut maintenue par Charles V, qui veut que 

1. Notamment par ceux de Narbonne, d'Arles de 1Î34, de 
Béziers, d'Albi, d'Avignon de 1279 et de 1326, de Nîmes 
de 1284, de Vabres, et par les statuts synodaux de Rodez et 
de Nîmes. 

2. ... Rétro, disent les ordonnances de 8. Louis et d'Al- 
phonse de Poitiers; — in dorso..., et aliam inter scapulas, 
disent celles de Philippe le Hardi. — L'ordonnance de S. 
Louis et celle d'Alphonse de Poitiers, qui en est, pour ainsi 
dire, la copie, paraissent avoir été calquées' sur une bulle de 
Grégoire IX, dont il sera plus loin fait mention à diverses 
reprises. 

3. Une grant rouelle bien notable... {Ordonnances, loc, cit.) 



▲V MOTBH A». 67 

les Jiafe c portent leur enseigne acoustiimée au- 
€ dessus de k ceinture. > Elle devait être fixée 
ou cousue sur le vêtement de dessus, ou encore, 
comme le dit rordonnance de Louis X, c pourtrait 
c de fil ou de soye. > En Franche-Comté, le signe, 
qui « était un morceau d'étoffe ou galon de eou- 
c kor jaune, » plus tard blanc et rouge, au moins 
à Besançon, se portait au bonnet ou à la ceinture^. 
En ce cpii concerne la matière de la roue, les 
canons des conciles et les statuts municipaux sont 
absolument muets, maïs il est probable que le 
feutre ou le drap fiirent adoptés partout et de 
très bonne heure, en cooforinité des prescrip- 
tions d'une bulle de Grégoire IX, de 4233 ou de 
4834^. C'est la matière qui fut imposée par S. 
Louis, par Alphonse de Poitiers et, en 1Si83, par 
Philippe le Hardi ^. Si on en excepte les déroga- 
tions à cet usage qui eurent lieu postérieurement 
dans le Gomtat-Yenaissin , je pense qu'il faut 
admettre que le feutre, l'élofie, le fil etlasoie^ 

i. Morey, les Juifs en Franche'^omté au IIV^ siècle, dans 
la Revue des études juives, n' 13, juillet-septembre 1883, p. 3, 
et Éd. Clerc, Essai sur Vhistoire de Franch&^omté, t. II, 
p. 24. 

2. Raynaldi, t. U, p. 97 ; — ... rotapi de feltro seu panno 
croceo..., et José Amador de los Bios, Historia social, poli^ 
tica y reUgiosa de los Judios de Espana y Portugal, t. II, p. 22 
et 197. M. Grandjean ne donne pas cette bulle dans ses 
Registres de Grégoire JL — Miiis voir Raynaldi, t. U, p. 97. 

3. ... Rotam de feltro seu panno... Cette désignation est 
absolnment la même que dans la bulle de Grégoire IX. 

4. Yoy. l'ordonnance de Louis X. 



68 LBS SlfiHBS d'iNFIMIB 

furent seuls employés. Je ne sais ce qui a autorisé 
Pasquier à dire que les Juifs avaient jadis eu sur 
l'épaule une rouelle ou platine d'étain^ 

La couleur qui parait avoir été d'abord pres- 
crite est le jaune safran. La bulle de Grégoire IX 
nous en fournit encore le premier exemple^. 
S. Louis et Alphonse de Poitiers ordonnent aussi le 
jaune ^. Philippe le Hardi, Louis X et Philippe V 
s'en tiennent, autant qu'on peut en juger par les 
termes vagues de leurs ordonnances, aux pres- 
criptions de leurs prédécesseurs^. Le roi Jean 
modifie la couleur et, de jaune qu'était la roue, 
elle devient c partie de rouge et de blanc. > Une 
miniature du ms. français 8S0 de la Bibliothèque 
nationale {Recueil des miracles de Nostre Dame) 
nous en donne, au fol. 192, un exemple. Elle 
représente un Juif revêtu d'une robe verte et d'un 
capuchon bleu ; par-dessus, il porte un manteau 



1. Becherches sur Véiat de la France, p. 604. 

2. De feltro sea panao croceo. 

3. Le ms. 5070 (B. 1. fr. 263, fol. 18 v et 21) de la biblio- 
thèque de TÂrsenal représente des Juifs avec la roue jaune; 
de môme la Bible historiale de Pierre Comestor, traduite en 
français par Guyart des Moulins, n° 59 de la bibliothèque de 
Troyes. Yoy. la planche ci -contre, qui a déjà été publiée 
dans la Remie des études juives, t. XY Juillet-septembre 1887, 
p. 115. 

4. Ad signa portanda quemadmodum prsBdictus genitor 
noster statuit... — Et sera d!autre couleur que la robbe... 
(Ordonnances, p. 1315.) — Nec non signa quae ante eorum 
captionem portare consueverant, faciatis ipsos in eorum ves- 
tibus superioribus evidenter portare... (Ibid., p. 1317.) 



AU MOTBf AGE. 



d'un rouge p&le, avec la roue mi-partie de rouge 
plus foncé et de blauc sur la poitrine ^ Le Jfuif qui 
figure dans les miniatures des mss. fr. 81 et 81 1 
de la Bibliothèque nationale (V Apparition de Jean 
de Jlfott»), porte également la roue mi-partie rouge 
et blanc. Cette disposition des deux couleurs ne 
semble pas avoir duré ou du moins avoir été 
rigoureusement observée. Car une autre minia- 
ture du ms. lat. 919, qui est le livre d'heures du 
duc de Berry, exécuté en 1409, représente, au 
fol. 48 V**, un Juif coiffé du chapeau pointu, por- 
tant sur la poitrine une large roue, dont le pour- 
tour est rouge et le fond blanc*. Le vêtement sur 
lequel elle est appliquée est violet ; par conséquent 
la roue est pleine. 




Un autre monument figuré un peu antérieur, 
fait entre les années 1401 et 1409, nous montre 
aussi deux Juifs avec la roue sur la poitrine ; ces 

i. Voir la planche XIV, n* 1. 

2. Cette miniature appartient au genre dit des grotesques. 



70 



LB8 SIGNES D'INFIMIE 



roues ne sont pas parties ; elles sont formées par 
un simple trait. Mais cette dernière représentation 
ne me fournit aucune donnée en ce qui concerne 
la couleur 9 parce qu'elle est en camaïeu ^ 



^ 




Enfin, je trouve plusieurs exemples où la roue 
est de couleur verte. C'est le ms. 592 de la biblio- 
thèque de Besançon {Mystère de V Antéchrist) qui 
nous les fournit. Ces roues vertes et pleines sont 



1. Cette peinture est dans le magnifique ms. qui porte le 
n^ 467 du fonds français; elle est au fol. 134. Elle représente 
quatre Juifs dont deux, ceux qui sont au premier plan, ont 
la roue ; un de ceux-ci et un de ceux qui sont au deuxième 
plan ont une hotte derrière le dos ; ils sont chassés par un 
diable tenant un hâton. 



▲D XOfBK ififi. 74 

aux fol. 11, ool. a, 34, coKi, ^, ool.^ et S5v% 
col. a. Dans le mèoie ms., il y a des roues rouges 
et pleines aux fol. 10 v^ coi. ^,43 v% c€>i. a, 17, 
col. fry il y en a de jaune» aux loi. 17, col. b^ et 
fol. 24, col. b. Enfin, particularité curieuse, deux 
des peintures du n)s. nous montrent des Juifs à 
côté Tun de l'autre, avec des roues de couleurs 
différentes; jaune et rouge au fol. 47; jaune et 
verte, an fol. 24. ie ne connais aucun texte qui 
prescrive l'emploi de la couleur verte pour la roue. 
Peut-être le cdoriste ignorait-il quelles étaient 
exactement les couleurs à employer ou encore, 
dans le cas où le ms. aurait été peint à Besançon 
ou dans la région, s'en sera-t-il tenu aux indica- 
tions vagues des statuts synodaux, qui portent 
que le signe devait être apparente 

Les canons des conciles et les statuts munic^aux 
ne faisant pas mention de la couleur de la roue, 
je pense qu'il est permis d'admettre, saas crainte 
d'erreur, que le jaune fut employé au moins 
depuis que Grégoire IX en eut prescrit l'usage 
jusqu'à la promulgation de l'ordonnance du roi 
Jean. De même encore nous trouverons des 



1. ... Injangentes eisdem (Judaeis) quod aliqnod signum 
apparens publiée defierant per quod ipsos Judœos esse cul- 
libet appareat evidenter (Bibliothèque du chapitre de Besaa- 
çon. Synode de mai 1355, dté par M. Tabbô Morey, les Juifs 
en Franche-Comté au XI V^ siècle, pièces justificatives, u9 1, 
dans la Revue des études juives, t VII, n^ 13, juillet-sep- 
tembre 1883, p. 37). — Voir la planche XIV, n« 2 et 3. 



72 LB8 SIGNB8 D INFAMIE 

exceptions à ces règles dans le Gomtat-Venaissin, 
à une époque plus rapprochée de nous. 

La plupart des textes contiennent une indica- 
tion relative aux dimensions de la roue. A défaut 
de mesures précises, il est dit, par exemple, que 
la roue doit être ample, apparente, etc.*. On vou- 
lait ainsi empêcher les Juifs de dissimuler le signe, 
mais on aurait pu difficilement les empêcher 
d'interpréter à leur façon et à leur avantage des 
canons, des ordonnances ou des statuts conçus 
dans des termes trop vagues. Aussi les dimensions 
sont-elles le plus souvent déterminées d'une 
manière exacte. Voici l'indication des dimensions 
prescrites parles conciles de Narbonne, de Béziers, 
d'AIbi et les statuts de Raymond VU : pour la 
largeur du cercle, un doigt ; pour l'espace vide, 
un demi-palme^; par les conciles d'Arles, d'Avi- 
gnon, de 1 326, et de Vabres, pour la largeur du 
cercle, trois ou quatre doigts ; par les statuts de 
Marseille, un palme ; par la bulle de Grégoire IX, 
quatre doigts pour la largeur du cercle ; par les 

1. ... Rôtis aat signis aliis in exteriori eorum habitu paten- 
tibus utantur... (Concile d^\^les.) — Per quœ faciliter et dis- 
tincte valeant a Ghristianis agnosci pariter et discemi... 
(Concile d'Avignon, de 1279.) — Signum portent notabile, 
apparensrota... (Statuts de Nice.) — Bien notable... et telle 
que Ten puisse bien apercevoir ou vestement dessus, soit 
mantel ou autre habit... (Ordonnance du roi Jean.) 

2. Je ne saurais indiquer exactement les dimensions du 
palme; peut-être équivaut-il à l'étendue de la main. Littré 
dit que le palme en Provence a une longueur de neuf pouces, 
soit environ 24 centimètres. 



iV MOTIH A6B. 73 

ordonnances de S. Louis et d* Alphonse de Poi- 
tiers, quatre doigts pour la largeur du cercle et 
un palme pour l'espace vide. Sous le règne de 
Louis X, la roue c sera large d'un blanc tournois 
c d'ai^nt au plus, » soit de 1 8 ou 1 9 nïiilliniètres ; 
sous le roi Jean, elle atteindra les dimensions de 
son grand sceau, environ 35 millimètres^ ; enfin 
sous le règne de Charles Y, c sera ladicte enseigne 
c du large du seel de nostre Ghastellet de Paris, » 
environ 50 millimètres*, n y eut à ces règles des 
dérogations autorisées. M. Saige nous apprend, 
en effet, dans son ouvrage sur les Juifs du Lan- 
guedoc^ que, en 1879, l'abbé de Saint-Ântonin de 
Pamiers permit aux Juifs de porter, au lieu de la 
large roue imposée, une roue étroite, en fil, très 
peu visible, brodée sur leurs vêtements. En 1280, 
Philippe le Hardi confirma cette disposition bien- 
veillante*. 

Des textes qui m'ont fourni les renseignements 
sur les dimensions de la roue et des monuments 
figurés que j'ai signalés plus haut, il résulte que 

1. Donèt d*Ârcq, Collection de sceaux, t. I, p. 274. 

2. Ibid., t. II, p. 183. 

3. P. 40. 

4. De pins, vous laisserez les Juifs de Pamiers, que vous 
contraignez, comme nous le comprenons, à porter la marque 
dont se servent les Juifs de France, se servir de celle que 
Tabbé de Pamiers leur a prescrite, pourvu qu'elle les dis- 
tingue suffisamment des Chrétiens (Vaissète, Histoire gêné- 
raie de Languedoc, t. IV, p. 33). — Cf. J. de Lahondès, 
Annales de Pamiers, 1. 1, p. 86 et 87, qui dit que la roue des 
Juifs de Nîmes était en fil rose. 



74 LES aiGNBS d'ihfamie 

la roue était parfois pleine «t le plus souvent 
évidée. Un passage cité dans YHùtaire littéraire 
de la France donne de la roue la description sui- 
vante, assez curieuse pour être rapportée : c La 
c forme de ces signes était une roue d'étoffe cra- 
c moisie d'un palme de diamètre et de quatre 
c doigts de largeur à la circonférence, dont le 
c milieu se composait d'étoffe noire en forme de 
c lune décroissante ^ » 

Les sentiments des Chrétiens pour les Juifs pen- 
dant le moyen âge sont trop connus pour qu'on 
ne s'explique pas le peu d'empressemenî de 
ceux-'Ci à se soumettre à une mesure qui les signa- 
lait à la haine publique ; aussi cherchaient-ils à s'y 
soustraire. Mais les bulles des papes, les canons 
des conciles et les ordonnances ne tardaient pas 
à les rappeler à la réalité. La bulle de Gré- 
goire IX, du 7 juin 1233, à Sanche le Fort, roi de 
Navarro ; celle d'Innocent lY, du 33 octobre 42A5, 
àr«rchevèque de Besançon; celle d'Alexandre IV, 
adressée le 3 septembre 4257, à S. Louis, à 
Charles d'Anjou et à Hugues lY, duc de Bour- 
gogne, etc., les invitent à faire exécuter les pres- 
criptions du concile de Latran relatives aux Juifs 
et notamment en ce qui concerne le signe ^. U est 

1. T. XXVII, p. 567, traduction d'une chronique juive 
rapportée par Salojnon ibn Vecga, dans son livre a Verge 
de Juda. » 

2. ... Serenitalem (ou nobilitatem) tuam rogamus ethortar 
mur attente per apostolica tibi scripta mandantes quatinus 



kv Kinrui a«b. 75 

juste de reconnaître que TËgliâe n'a pas été au delà 
des avertissements et des menaces canoniques et 
que toutes les mesures de rigueur, amendes, 
peines corporelles, etc., prises contre les Juifs 
récalcitrants, émanaient du pouvoir séculier. C'est 
la commune de Marseille qui, la première, semble 
être entrée dans cette voie. Elk condamne tout 
Juif trouvé sans le signe à une amende d'au moins 
cinq sous pour chaque contravention^. S. Louis et 
Alphonse de Poitiers élèvent l'amende jusqu'à la 
somme de dix livres tournois, qui seront en partie 
converties en œuvres pies^ ; en outre, le dénon- 
ciateur aura le vêtement de dessus du Juif^. Phi* 
lippe le Bel prescrit la levée des amendes dues 
pour cette transgression, mais sans en fixer le 
chififre^ ; Charles V la réduit à vingt sous pariais 

predielOB Jndeoe ad defevendnm sigoom quo a Ghristianis 
qualitate habitms distinguantur (Revue des études juives, t. I, 
p. H7). 

i. ... Si quis contra fecerit, solvat période pro qaalibet vice 
pro pema qninqae eolidos vel plaaad libitum rectoris (Staiuta 
SÊaasiHengia, ma. lat. 10126, fol. 85 ; Histoire de la commune 
de MarseflU, p. 167). 

2. ... Et mhilomiaas idem Judseus qui sic inveatas fùerit 
sine signe puoiatar usqne ad x libraB turoneiMium, ita 
tamen qnod pœna hajiismodi summam non excédât priodic^ 
tam et hnjusoiodi emendae ponantur ad partem per nos vel 
de mandate nostro in pies usas convertendœ [Ordonnances, 
loc. cit.). 

3. Et si quis Jodœus postmodum sine praedicto signo in 
pnblico inventus fuerit, inventori vestis superior concedatur 
{Ordonnances, loe. cit.). 

4. Mandement dv 18 mars 1288, dans Saige, p. 220. 



70 LES SiGIfRS D'iNFAMIB 

pour chaque fois^ ; à Nice, la moitié du vêtement 
de dessus pourra être attribuée au délateur, Fautre 
moitié au Conseil de ville^; enfin, en 1415, un 
Juif qui passait sur le pont d'Ain, sans porter la 
marque, payait quatre deniers'. 

D'après la chronique rapportée par Salomon 
ibn Yerga, des châtiments corporels auraient été 
infligés à ceux des Juifs qui avaient été trouvés 
sans le signe. Des menaces de mort étaient pro- 
férées contt*e eux, mais elles ne paraissent pas 
avoir été suivies d'effet*. « Après quelque temps, 
< la main des inquisiteurs s'appesantit sur notre 
c nation; dans toute la Provence, ils tirèrent des 
c Juifs beaucoup d'argent; un grand nombre 
c d'hommes éminents à Marseille, à Âix et à Avi- 
c gnon sortirent avec les signes. L'inquisition 
c sévit surtout à Avignon, où l'on avait enfermé 
c les deux tuyaux d'or, R . Mordekal, fils de Joseph , 
c et R. Israël. Ils furent relâchés et sortirent avec 



i. ... Et qui sera trouvé sens enseigne, il paiera "vint solz 
parisis d'amende à nous pour chascune fois (Ordonnances, 
loc. cit,). 

2. Qui vero non portaverit, veste superiori sit ipso jure pri- 
vatus, cujus vestis dimidia curiae, et alia média delatori que- 
rentî. 8ed per hoc juri illorum prœjudicium inferre nolnmus 
quibus ex statuto vel consuetudine prœscripta, sicut in ali- 
quibus locis esse asseritur, vestis hujusmodi consuevit agi 
{Statuta Nicix, col. 148). 

3. Inventaire sommaire des archives de la Câte^'Or, série B, 
n* 9081. 

4. . .. Quiconque serait trouvé sans ce signe devait être mis 
à mort {Histoire littéraire, t. XX VU, p. 566). 



AU MOTSN AOB. 77 

c les signes, après avoir payé une amende 
€ éDorme^. » 

C'est à la demande de Paul Gbristiani, juif con- 
verti, que S. Louis rendit son ordonnance^. 

L'obligation pour les Juifs de porter la roue en 
public, quand ils sortaient^, était quelquefois levée 
exceptionnellement, à titre temporaire ou défini- 
tif. M. Saige dit, dans son Uvre, qu'ils pouvaient, 
moyennant finance, se soustraire à cette obtiga- 
ticm^. Elle cessait,, sans doute, aussi à la suite de 
services rendus. Parmi les rares exemptions que 
j'ai rencontrées, je signalerai celle qui fut accordée 
par Alphonse de Poitiers à Mossé de Saint-Jean- 
d'Ângely et à ses deux fils, pour les dispenser du 
port de la roue jusqu'à la Toussaint suivante^. De 
même, Charles Y, par son ordonnance du 1 8 juil- 
let 1372, exempte définitivement Manessier de 
Vezou, procureur général des Juifs du Languedoc, 
sa femme et ses enfants, Johannin, son gendre, 
Hathatias et sa mère, et Abraham, son fils^. La 
dispense fut accordée aux Juifs, lorsqu'ils étaient 

\. Histoire littéraire, t. XXVII, p. 566-567. 

2. ... Ad reqaisitionemdilectinobisinGhristofratrisPauIi 
Ghristini {Ordonnances» loc. cit.). 

3. Conciles d'Arles, d'Albi, de Nîmes, d'AYÎgnoa, de 1326, 
de Vabres et statats synodaux de Rodez et de Nimes, 1336 
et 1365. 

4. P. 22. — M. Saige cite le ms. lat. 4684, fol. 58, où 
devraient étie des exemptions. Je n'en ai tronvé ancune. 

5. Collection Dupuy, ms. 822, fol. 236, ordonnance du 
29 juillet 1270. 

6. Ordonnances, t. Y, p. 498. 



78 LES nGNBS B'iNFâMIB 

en voyage^, par les conciles d'Arles, de 1S34, 
d'Avignon, de 1 326, et par Charles Y. La partie 
de l'ordonnance de ce prince est tout à fait libé- 
rale et mérite d'être citée : c Et aussi avons octit^ 
et octroïons aus dis Juys et Juives demourans 
et qui demeurent en nostre dit royaume, que 
en allant deiiement et paisiblement par ycellui 
royaume, sens fraude et malengin pour quérir 
et faire lours neccissitez, il puissent aler paisi* 
blement parmi les villes et lieux où il ne sont 
point demourans, sens arrest et sens y faire 
aucun centraux; en païant toutevoies les tra* 
vers et païages ordenez acoustumez, sens ce que 
il soient tenus de porter ladicte enseigne, se il 
ne leur plaist, jusques à tcms que il seront 
retournez ou lieu de leur domicile tant seule- 
ment. Et oultre avons octroîé et octroïons à 
yceulx Juis et Juives, que aucun Juyf ou Juyve 
ne soit puni d'aucune transgression ou mef&itz, 
fors que cellui tant seulement qui commettra le 
délit, et que ce ne tourne à aucun préjudice aux 
autres Juys, ne à la teneur de ces presens pri- 
vilèges^. > L'ordonnance du roi Jean révoque 
tous les privilèges de ce genre qui auraient pu être 
accordés^. 



d. ... Nisi sint in viagio constituti. — D'après une com- 
munication de M. de Maulde, les médecins et les bailons 
avaient aussi le droit de n'en pas porter. 

2. Ordonnances, t. V, p. 498. 

3. ... Non contrestant quelconques privilèges que eux ou 



in SOTIH A6B. 79 

Les Imfs liaient obligés de payer au trésor 
royal use somme annuetle pour les roues^. Il 
semble aussi résulter de fragments de comptes 
qui nous ont été conservés qu'elles leur étaient 
A^endues; c^est là du moins Tinterprétation des 
auteurs du Recueil des historiens de France. Les 
baiiifs percevaient les sommes qu'dies rappor- 
taient. En 1SI85, le bailli de Mâcon reçoit vingt- 
sept sous, cinq deniers gros tournois et deux sous, 
six deniers petits tournois. Le bailli de Touraine 
reçoit soixante-une livres, deux sous; celui d'Or- 
léans, cinquante livres. En 1 SI95, ce dernier reçoit 
trente so.us^; en 1296, Jean de < Gliintrellis, » 
bailli de Màcon, reçoit pour trois années quarante- 
quatre livres, cinq sous, six deniers^. 

Dans le compte de Jean de Trie, bailli d'Au- 
vergne, pour le terme de la Toussaint 1293, nous 
trouvons que les signes des Juifs d'Auvergne 
rapportent trente livres*. 

M. L. Lazard s'est occupé de la rouelle au point 

aueuDfi d'ealx dient avoir ou aient de non porter icelle rouelle, 
lesqueix nous cassons, irritons et mettons du tout au néant 
quant à ce... {Ordonnances, t. III, p. 642.) 

4 . Saige, p. 220 ; mandement de Philippe le Bel du 48 mars 
4288- 

2. Ces fragments de comptes ont été publiés dans le Recueil 
des historiens de France, t. XXII, p. 757 et 7lB3. 

3. Fragment de compte du trésor du Louvre publié par 
M. Julien Havet dans la Bibliothèque de VÉcoU des ekartes, 
1884, p. 235, art. 246. 

4. Ghassaîng, Spicikgium Brivatense, p. 201 ...gnis Jttdeo- 
ram de Âlvernia, xxx 1. 



80 LB8 SICHBS d'iNFAIUE 

de vue des ressources qu'elle produisait au trésor 
royal ^. Il croit que la veote de ces < insignes > 
remonterait au temps de Philippe-Auguste, au 
moins à S. Louis, et il cite, à Tappui de son 
opinion, un extrait de compte, sans date, concer- 
nant Melun, où la rouelle {rubellaj traduite ainsi 
par Dieffenbach) aurait rapporté six muids et 
trois setiers d'avoine et cent vingt poules (?!) 
et ailleurs quatre livres quinze sous^. C'est avec 
plus de raison qu'il estime que Philippe le Bel eut 
le premier l'idée de faire du port ou de la vente 
de la rouelle une source nouvelle de revenus; les 
termes de l'ordonnance du 18 mars 1288 sont 
d'ailleurs formels à cet égard et les comptes 
royaux des années 1298, 1299, 1300 et 1301 
nous fournissent des renseignements très utiles 
sur les produits de la rouelle et très intéressants, 
parce qu'ils peuvent donner une idée de l'impor- 
tance de la population juive dans les provinces 
du domaine de la couronne. Des extraits des 
comptes, qui sont dans le ms. latin 9783 de la 
Bibliothèque nationale, ont été publiés par M. La- 
zard, qui a eu la bonne idée .de les rétablir dans 
l'ordre chronologique, qu'ils n'ont pas dans l'ori- 
ginal. Je reproduis une partie de ce document, 
en maintenant l'ordre suivi par M. Lazard et après 

1 . Les revenus tirés des Juifs de France dans le domaine royal 
(llll* siècle), dans la Revue des études juives, t. XY, octobre- 
décembre 1887 (p. 236-237). 

2. P. 236, n. 40, 



10 KOnH iM. 81 

avoir coUatîoiioé sw le texte da manuscrit : œ 
qui m'a permis de rectifier quelques légères 
erreurs : 

2i juin 1298. 

1 4. De roellis Judeorum Parisiensium pro ter- 
miuo Omoium Sauctorum xcvu^ per Danyelem 
Britouem qui eas émit l l. turonensium. 

15. De roellis Judeorum ballivie Bituricensis 
per Perrequioum Judeum xxxv 1. 1. 

16. De roellis Judeorum Gampanie per predic- 
tum Robertum Uobe qui eas émit g 1. t. 

27 décembre. 

17. De roellis Judeorum prepositurre Petrefon- 
tis computate per Pasquerum dericûm prepositi 
ibi super regem valent v s., x d. parisiensium. 

3 avril i299. 

40. De roellis Judeorum ejusdem ballivie [Viro- 
mandensis] xlv 1. 1. comput. per eumdem 6[ilber- 
tum Boy vin] pro ballivo super regem. 

i6 avril. 

4S. De roellis Judeârum prepositure Parisiensis 
per eumdem Danyclem [Britonem] pro termino 
Omoium Sanctorum XGVU^ l libras comput. super 
regem. 

29 mai. 

1 . De roellis Judeorum ibi [prepositure Silva- 

XLIX 6 



8i LES «MRIS S^riMIB 

nectensis] vi 1., xv s. U oomput. per Jôhaooem 
Theophioe super regem valent. 

6 octobre. 

8. De roellis Judeorum ibi [senescalcie Âgen- 
Densis] per eumdem Bernardum [de la Devese] 
xxvn 1., V s., V d. t. comput. super regem. 

J4 novembre. 

9. De roellis Judeorum ibi [ballivie Silvanec- 
tensis] ix 1., xixs., m d. t. comput. per eumdem 
Ph[ilippum Buticularium] super regem. Valent 
vu 1., XIX s., V d. parisiensium. 

d5 janvier 1300. 

20. De roellis eorumdem Judeorum rai" xii 1. 1. 
comput. per eosdem [Robertum Hobe, servientem 
Gastelleti et Dayotum de Sagia] super regem. 

8 février. 

26. De roellis Judeorum ejusdem ballivie 
[Ambianensis] G s. parisiensium comput. per 
eundem J[ohannem Loncle] pro eodem ballivo 
[Petro de Hangest]. Valent vi L, v s. tur. super 
regmi. 

ii février. 

28. De roellis Judeorum ibi [ballivie Viroman- 
densis, in prepositura Montis Desiderii] vm 1., 
n s., VI d. t., con4)ut. per eumdem [Jacobum de 



10 MOIEH AGI. 83 

HaDgest prepositum] pro eodem Ghileberto [Boy- 
vin] super regem. 

12 février. 

30. De roellis Judeonim ibî [ballivie Viroman- 
deDsis, in prepositura Perone] vm 1. , xi s. , vi d. p. , 
comput. per eumdem [Henricum, servientem 
Perone], valent x 1., xnn s., im d. tur. super 
regem. 

13 février. 

3i. De roellis Judeorum ibi [ballivie Yiroman- 
densis, in prepositura Galniaci] cxvn s. tur. com- 
put. per eumdem H[ugonem ? Guarinum ?] pro 
eodem ballivo super regem. 

36. De roellis Judeorum ibi [ballivie Yiroman- 
densis, in prepositura Roye] lu s., vi d. tur., 
computata per eumdam Ou[bertum de Villari- 
bus (?)] pro eodem ballivo super regem. 

22 février. 

43. De roellis Judeorum ibi [ballivie Yiroman- 
deofiis, in pr^ositura Sancti Quintini] per eum- 
dem R[enau(km du Ganeth] xlvi s., viQ d. t. 
comput. super regem. 

28 juin 1301. 

13. De roellis eorum [ballivie Viromandensis] 
per eumdem 6[uil1elmum] de Craodelayn xxnii 1. 1. 
super regem in lods suis. 



84 LES SIGNES d'infamie 

14 août. 

18. De roellis Judeonim ibi [ballivie Gisorcii] 
Lxxv 1., xvu s., VI d. t, comput. pro baillivo 
Gisortii per Johannem Loncle, valletum suum, 
super regem. 

5 novembre. 

84 . De roellis Judeorum balliviarum Gadomen- 
sis et Goostanciensis per Johannem de Pistres cle- 
ricumxL 1., ixs.,ud. t., 2;i*octobris super regem. 

17 novembre. 

35. De roellis Judeorum ballivie Gonstanciensis 
per Johannem de Pistres vu L, u s.» vm d. tur. 
super ballivum Gonstanciensem. 

7 décembre. 

34 . De roellis Judeorum ibi [ballivie Âmbia- 
nensis] per eumdem J[ohannem, clericum suum] 
VI 1. y IX s., I d. tur. super regem. 

9 décembre. 

33. De roellis Judeorum ibi [prepositure Galvi- 
montis, ballivie Silvanectensis] lxxii s., m d. tur. 
per eumdem Ste[phanum] super regem. 

La vente des rouelles était souvent affermée. 
Daniel le Breton avait, en 1297, la ferme des 
rouelles des Juifs de Paris, moyennant cinquante 
livres tournois; de même, un sergent au Ghâte- 



AU VOTBlf A6E. 85 

let, Robert Hobe, était, moyennant une somme de 
cent livres tournois, fermier des rouelles des Juifs 
de Champagne^. 

Enfin, nous trouvons que, parmi les objets lais- 
sés en gage, il y eut quelquefois des roues. Une 
curieuse particularité de ce genre est consignée 
dans le livre de Gustave Bayle sur les Médecins 
d* Avignon au moyen âge, dont M. Neubauer a 
rendu compte dans un numéro de la Revue des 
études juives* : c Maître Dieulosal de Stella, juif 
< et médecin d'Avignon, étant tombé malade, et 
€ sa fille Réginette ayant épuisé ses ressources 
c pour soigner son père, emprunta de l'argent à 
€ maître Bonjîies de Beaucaire, physicien, et, en 
c garantie de ce prêt, il déposa chez le préteur 
€ deux cofircs remplis de vêtements et de joyaux. 
€ Après la mort de Dieulosal on y trouva, entre 
c autres, des roues de soie pour les Juives, un 
c rouleau de parchemin contenant l'histoire d'Es- 
c tber, deux livres de matines à Tusage des femmes 
€ juives, en hébreu vulgaire ou roman. > 

Il faut aller en Savoie, en Dauphiné et dans le 
Gomtat-Venaissin pour savoir ce qui concerne, à 
partir du xy® siècle, les Juifs qui étaient restés 
sur le territoire de la France actuelle. 

Amédée VIII, qui fut le premier duc de Savoie 
et devint pape sous le nom de Félix V, prescrivit, 

i. Voy. ci-dessus les extraits des comptes du 28 juin 1298. 
2. T. V, p. 307. Le passage cité entre guillemets est extrait 
de Tarticle de M. Neubauer. 



S5 LES SIGNES d'iICPAHIE 

en 1.430, que les Juifs de ses États porteraient sur 
Tépaule gauche la roue partie de drap rouge et 
blanc, quels que fussent leur sexe et leur ège*. 

Vers cette époque, peut-être antérieurement, 
Âymon de Ghissé, évoque de Grenoble (1388- 
1445), ordonna que les Juifs de son diocèse por- 
teraient constamment sur le milieu de la poitrine 
une roue de diverses couleurs et les Juives un 
signe sur la tête 2. 

A Montélimar, le port de la roue était, parait-il, 
tombé en désuétude, quand les officiers des sei- 
gneurs de Montélimar rappelèrent, en 1439, aux 
magistrats de cette ville qu'il convenait d'appli- 
quer dans toute leur rigueur les prescriptions des 
conciles relatives au signe qu'ils étaient tenus de 
porter'. 

Le 25 octobre 1 441 , Jean de Poitiers, évêque 
de Valence, enjoignait aux Juifs qui habitaient sa 
ville épiscopale d'avoir le signe, comme ceux d'Avi- 
gnon. Gette prescription s'appliquait à tous, 
mâles et femelles, à partir de l'âge de sept ans^. 



1. Costa de Beau regard, Condition des Juifs en Savoie au 
moyen âge, dans les Mémoires de V Académie royale de Savoie, 
2« série, t. I, 1854, p. 92. 

2. A. Prudhomme, les Juifs en Dauphiné aux XIY* et 
XV siècles, p. 59, d'après les statuts synodaux d' Aymon de 
Ghissé. 

3. Prudhomme, Notes et documents sur les Juifs du Dau- 
phiné, dans la Bévue des études juives, octobre-décembre 1884, 
p. 237-238. 

4. Dans le texte, il y a sextem. 



AU MOTVR A6B* 97 

Les Juives ne devaient pas être contraintes de por- 
ter le signe sur la tête, mais sur leurs vêtements. 
Quand ils étaient hors de Valence ou lorsqu'ils 
rentraient dans la ville, ils étaient dispensés du 
port du signe jusqu'au moment où ils arrivaient 
à leur domicile. Les Juifs et les Juives du dehors 
étaient tenus de se soumettre à la loi commune 
dès le second jour de leur arrivée à Valence. 
Tous les contrevenants, soit indigènes soit étran- 
gers, trouvés en défaut par les (aciers de 
Févéque, étaient condamnés à tr(»s sous et demi 
d'amende^. 

La législation d'Avignon, qui prescrivait aux 
Juifs de porter sur leurs vêtements de dessus une 
roue sur la poitrine, du côté gauche, et aux 
fenunes un vofle, n'a pas varié à cet égard jus- 
qu'au xv^ siècle. Les statuts de 4ii4, conservés 
dans un ms. du musée Galvet, ainsi que le concile 
d^Âvignon de 1457^, reproduisent ces prescrip- 
tions qui, semble-t-il, étaient un peu tombées en 
désuétude. Deux bulles de Pie II, du 4 janvier et 
du 28 août 1459, ordonnent aux Juifs de porter 
une marque jaune c en dedans et en dehors de 



i. Ollivier, Essais historiques sur Valence, p. 30i, pièces 
justificatives, n* 24. 

2. Item, drca signnm sive uotam per Judœos deferendam 
cnin qaampluriini in eis excedunt. et vagantur hine tnde 
miscendo se pluribus, statuimus et reaoTamus laudabile sta- 
tutnm 8. Buû inconcusse observari (Sacrosancta concilia, 
t. XIX, col. 190). 



88 LES SIGHBfl D^nCFAXIB 

c leurs habits, sur deux plis^ » Ces dispositions 
ne furent pas pour cela beaucoup mieux obser- 
vées, car une autre bulle d'Alexandre YI, du 
2 avril 1494, prouve qu'ils n'employaient plus 
qu'une roue en fil blanc, presque imperceptible. 
Dans une bulle du 13 juin 4525, Clément YII 
impose aux Juifs le chapeau jaune et aux femmes 
un signe apparent^. En 1555, Paul lY, en 1566, 
Pic V et, en 1 592, Clément YIII renouvellent les 
prescriptions de leurs prédécesseurs^. Enfin les 
Juifs du Comtat-Yenaissin, s'autorisant de ce qui 
se passait à Rome même, prirent le chapeau noir, 
au lieu du jaune, se bornant à y appliquer un mor- 
ceau d'étoffe ou de taffetas jaune, gris, blanc; 
quelques-uns même un morceau de papier. Aupa- 
ravant déjà, plusieurs avaient conmiencé à porter 
un chapeau tirant sur le rouge. 

Avant de terminer cette étude sur la roue des 
Juifs de France et d'aborder celle des Juifs d'Es- 
pagne, je dirai un mot du signe des Juifs de Per- 
pignan, dont l'histoire se rattache à celle de ces 
derniers. 

Il semble résulter d'une ordonnance de Yidal 
Grimau, bailli de Perpignan, du 21 octobre 1295, 
qui prescrivait aux Juifs de ne pas sortir sans cape^, 

1. Archives d'Avigoon, boîte 2, arm. 8, n« 9, J. 

2. ... Parvum circulum fiii albi. — Cette bulle est dans le 
t. I du cartulaire de Tévéché de Garpentras, conservé aux 
archives de cette ville. 

3. Archives d'Avignon, B. 91, cote C. 2897. 

4. Pierre Vidal, les Juifs de Roussillon et dé Cerdagne, dans 



AU HOTBlf A«B. 89 

qae ce vêtement était le signe auquel on les recon- 
naissait. Mais, le 27 mars 1314, une nouvelle 
ordonnance de Bernard Davin (Davini), bailli de 
Perpignan, rendue en vertu d'un mandement du 
roi de Majorque, prescrivit aux Juifs qui ne por- 
teraient pas la cape d'avoir à prendre la roue. Elle 
devait être de fil ou de soie, être sur le vêtement 
de dessus, et au milieu de la poitrine. La couleur 
n'en est pas déterminée, mais elle devait être 
différente de celle de la robe. Elle est évidée et a 
la dimension d'un palme de Montpellier. Un dessin 
qui en existe aux archives municipales de Perpi- 
gnan, dans le Livre (P^) des ordinations (fol. 54 v**) , 
a environ 3 centimètres et demi de diamètre. Tout 
Juif, trouvé sans la roue de la forme et de la dimen- 
sion déterminées, était condamné à perdre sa 
robe, dont le délateur aurait le tiers et le Conseil 
du roi les deux tiers ^. 

Mais à Perpignan, comme ailleurs, du reste, il 

la Revue des études Juives, t. XY, juillet-septembre 1887, 
p. 48. 

1. Omnes Jadei dominacionis dicti domini régis [Majori- 
camm] qui non portabunt capas habeant portare rotam fili 
vei cirici in rauba suberina in medio pectore unum palmum 
canne Montispusellani (sic) subtus oram postis pectoris. Que 
rotam {sic) non sit talis coloris calis erit dicta rauba. Et si de 
cetero inveniatur aliquis Judens per sagiones curie qui non 
portet predictam rotam sub forma et condicione predictis, 
quod dictus Judeus amitat raubam superinam quam tune 
portabunt : de qua roba sagiones babeant terciam partem et 
curia domini régis duas partes. Que rota sit bujus magni-> 
tndinis. (Archives municipales de Perpignan, Livre des ordi- 
miions, fol. 54 r; — publié par P. Vidal, lœ. cit, p. 49.) 



90 

y eut des dispenses. Le 12 septembre 1323, le 
roi Sanche de Majorque accorda à Bonjora del 
Barri, juif de Perpignan, à ses enfants et à ses 
gendres, entre autres privilèges, de ne pas porter 
et de n'être pas contraints de porter, dans Tinté- 
rieur du royaume, sur leurs vêtements ou ailleurs 
la roue ou autre signe quelconque pouvant les 
faire reconnaître comme Juifs, parce que ce signe 
pourrait leur causer dommage pour leurs per- 
sonnes et leurs marchandises, à cause de la haine 
presque générale qu'on avait pour les Juifs. Cette 
dispense leur fut accordée moyennant le paiement 
annuel, à la Noël, de vingt livres barcelonaises^. 

Il parait qu'Alphonse Y d'Aragon accorda aux 
Juifs l'autorisation générale de voyager sans la 
roue ou tout autre signe qui pût les faire distin- 
guer des Chrétiens'. 

Mais en 1 451 , le 22 mars, Jacques de Jean, 
portier royal, en vertu d'un mandement de Guil- 
laume Rouvre, lieutenant du procureur du roi, 
ordonna à tous les Juifs de Perpignan de porter 
la roue, quand ils sortaient, sous les peines édic- 
tées à ce sujet, notamment sous celle de perdre 
leurs vêtements^. 

1. Archiyes des Pyrénées-Orientales, Registre XVII de la 
Procuration, B. 94, fol. 45; — P. Vidal, loc, cit. 

2. P. Vidal, loc. dt. 

3. Archives des Pyrénées-Orientales, Manual de la procura- 
tion royale, B. 405, fol. 7 vo. ».. Jacobus Jobannis, portarius 
regius, retolit se... mandasse omnibus Judeis Perpiniani in 
callo personaliter adinventis quaiinus snb pena in prachma- 



AU SOTin i0E. 91 

Juifê d^ Espagne et de Portugal. 

Ed Espagne, comme en France, le port du signe 
semble aussi avoir eu pour but d'empêcher le con- 
tact des Chrétiens avec les Juifs^ . Il est de bonne 
heure imposé ; et si Honorius III, par une bulle 
du mois d'avril 1 21 9, en dispense les Juifs de Cas- 
tille^, Jaime I", roi d'Aragon, par une ordonnance 
du 22 décembre 1 228, les force à porter en public 
un signe et un vêtement qui les distinguent des 
Chrétiens^. Grégoire IX, le 7 juin 1233, maode à 
Sanche le Fort, roi de Navarre, d'obliger les Juifs 
à porter un vêtement distinct de celui des Chré- 
tiens, d'après les statuts du concile général de 

ticis super hiis editis et deperdendi Testituras, habeant 
sportare la rodellet per prachmaticam regiam ordinatam. 
(Gomxnnnication de M. Bratails, archiviste des Pyrénées- 
Orientales.) 

i. Licet in sacro gênerait concilio provida fuerit délibéra- 
tione çtatutnm ut Judaei a Ghristianis habitu distingnantur, 
ne illorum isti vel istorum illi mulieribus possint dampna- 
biliter commisceri... (Bulle d'Innocent IV à Ferdinand III, 
roi de Gastille, citée par de los Rios, t. I, p. 364, aux notes. 
— Morel-Fatio, Notes et documents pour servir à V histoire des 
Juifs des Baléares sous la domination aragonaise du XIII^ au 
IV* siècle, p. 42, extrait de la Revue des études juives, t. lY, 
p. 31.) 

2. De los Bios, t. I, p. 362. 

3. Mieres, Apparatus super constitutionibus curtarum Catha- 
lunis, 2« éd., Barcelone, 462!, d'après une communication 
de M. Balagner y Merino, qui, par l'intermédiaire de 
M. Morel-Fatio, a bien voulu me communiquer bon nombre 
de renseignements pour ce travail. 



92 LBS SI61IES 1/I5FAMIE 

LatranS et il insisle auprès de don Gutierre, 
archevêque de Santiago, pour que cette mesure 
reçoive son application. En 1S34, Thibaud P% roi 
de Navarre, prescrit aux Juifs de ses États Tusage 
de la roue^ de feutre ou d'étoffe jaune ^ ; de même, 
le pape Innocent IV, par une bulle adressée de 
Lyon, le 15 avril 1250, à Ferdinand III, roi de 
Gastille, lui recommande de veiller à ce que les 
Juifs aient le signe ^. Alphonse X le Sage, roi de 
Gastille, introduit dans la loi d'une manière for- 
melle l'obligation du port de la roue et condamne 
les délinquants à une amende de dix maravédis ; 

1. Gregorius episcopas, servus servorum Dei, carissimo 
in Gbristo filio illustri régi Navarre, Balutem et apostolicam 

«benedictionem. Cum in sacro generali concilio providà fuerit 
deliberatione statu tum ut ubique terrarum Judei a Chris- 
tianis diversitate babitus distinguaatur ne illorum isti et 
istorum illi mulieribus possint dampnabiliter commisceri, et 
Judei regni tui hoc, sicut accepimus, non observent, propter 
quod dampnate commixtionis excessus sub erroris potest 
velamento presumi, serenitatem tuam rogamus et mone- 
mus attente quatinus Judeos eosdem ad deferendum quo a 
Ghristianis habitum discernantur... Datum Laterani, vu idus 
junii, pontificatus nostri anno primo (Gadier, Bulles origi- 
nales du un* siècle conservées dans les arcf^ives de Navarre, 
p. 33). 

2. De los Rios, t. II, p. 22 et 362. 

3. Quoniam volumus quod Judsei a Ghristianis discemi 
valeant et cognosci , vobis mandamus quatenus imponatis 
omnibus et singulis Judseis utriusqne sexus signa, videlicet 
unam rotam de feitro seu panno croceo in superiori veste 
consutam ante pectus, et rétro ad ^eorundem cognitionem, 
cujus rotœ latitudo sit in circumferentia quatuor digitorum 
(De los Rios, t. II, p. 22 et 197 ; Raynaldi, t. H, p. 97). 

4. De los Rios, 1. 1, p. 364, aux notes. 



IV XOTBI AGE. 98 

ceux qui ne la paieraient pas recevraient dix coups 
de fouet^. 

En 1301, d'après Mieres, Jaime II renouvelle 
rordoonance de Jaime P^ Malgré les bulles des 
papes et les injonctions des rois, les Juifs d'Es- 
pagne trouvaient le moyen de se soustraire à la 
mesure qui les frappait; le concile de Zamora, 
de 1 31 3, et les certes de Pakncia, tenues la même 
année par Tinfant don Juan, en étaient réduits à 
le constater, sauf à promulguer des statuts égale- 
ment destinés à être éludés*. Parmi les ordon- 
nances du même temps, je dois encore signaler 
œlle de la commune de Barcelone, du 1 9 mai 1 31 3, 
relative à la roue, qui doit être bien apparente, 
de drap jaune ou rouge^. La couleur jaune est seule 
prescrite par une ordonnance du % janvier 1 321 

1. De lo8 Rio8, t. I, p. 469, d'après la Partida VII, a, 
tit. XXIV,leyll. 

2. Extrait des canons du concile de Zamora : Lo eéptimo 
es que tanibien Judios comoJudiasque trayan sennai çierta 
descuJbierta, por que paresca que andan departidos de los 
Ghristianos, segunt diçe ei derecho et se guarda en otras pro- 
binçias (De los Rios, t. II, pièces justificatives, p. 564). 

3. Ordonaren los conseyiers e els probomens de la ciutat 
qne tôt Juheu de qualque condicio sia deia porter capa axi 
com es acustumat. £ qui capa no portara que haia a porter 
en la vestadura subirana sus el pista {sic) près lo cabeç una 
roda qui sia be apparaxent de drap grocb ho vermeyi e que 
sia axi ample com lo pia de la palma convinent e qui contra 
aço fara pagara per ban xx sols e si pagar nols pot sera 
escobat (Archives municipales de Barcelone, Livre des déli" 
bérations d^ 1310 â 1313, fol. 42. (Communication de M. Bala- 
guer y Merino). 



94 LES BIfilfBB o'iIfPAlflB 

et la peine pronoDoée par la première contre les 
délinquants (vingt sous d'amende ou le fouet) est 
remplacée par le fouet^. 

A peu près aussi à cette époque, le roi de Gre- 
nade Ismaïl-Abul-Walid-ebn-Abu*Saïd-ben-Fara], 
qui régna de 4315 à 4326, imposa aux Juifs de 
ses États, à l'exemple des rois chrétiens ses v#î- 
sîns, un signe pour les distinguer des musulmans^. 

Les exemptions qui furent accordées aux Juifs 
paraissent avoir été relativement nombreuses; à 
en juger par l'absence de toute réglementation 
pendant une période de cànquaBte années, et par 
la sévérité des ordonnances ultérieures, il est per- 
mis de supposer que le port de la roue était à peu 
près abandonné. Voici quelques-unes de ces 
exemptions, dont je dois la communication à l'obli* 
geance de M. Balaguer. En 1327, l'infant don 
Alphonse, et en 1 336, le 1'' juillet, don Pèdre lU 
dispensent Mossé Naçan et Salomon Naçan, de 
Tarragone, de porter le vêtement propre aux 
Juifs, sauf à avoir sur leur vêtement de dessus 
une rouelle de couleur dififérente^. Le 3 jan- 

1. ... Una roda de drap groch cusida sobre la vestadara... 
E qui contra asso fara sera eacohat per la datai ab d(08) grans 
assots (Archives municipales de Barcelone, Livré des délibé" 
rations de 1321 et 1322, fol. 21 v«). — A Lérida, la peine 
infligée aux Juifs est de deux livres ou de vingt coups de 
fouet (Villanueva, t. XVII, p. 38, Ordonnances de Lérida, 
du 11 avril 1436). 

2. De los Bios, t. II, p. 198. 

3. Archives de la couronne d'Aragon, registre 859, foi. 174. 



AV MTBH àSSE. 95 

vier 1383, don Pèdre dispense lamaëi Morcat, 
Joseph et Isaae Morcat, frères, de Valence, de 
porter le manteau, la roue ou autre sigoe quel* 
comfiie^ ; le 25 mai 4 334, il accorde le même phe- 
viège à Joseph Almujucial, médecio de Lérida, 
pour le récompenser des soins qu'il avait donnés 
à plusieors malades de sa maison^ ; le 25 juin suir 
vaut, à Isaac Bonavia, juif de fialaguer'. Enfin 
pareilles exemptions sont accordées, le 4 juil- 
let 1336, par le roi don Pèdre à Astruc SaUelli, 
à Isaac Gratiani et à Vital Rosselli, de Barcelone^» 

Uns sons le règne de Henri II, roi de GastîUe, 
lesanciennes prescriptions sont remises en vigueur 
et une ordonnance de 1371 édicté, sous les peines 
les plus sévères, que les Juifs c andoviensen sena^ 
c lados^. > 

Une ordonnance, du 14 avnl 1393, promulguée 
à Vaknœ, impose aux Juifs le port de la roue 
jaune ou rouge sur la poitrine^. Une ordonnance 
de Juan V d'Aragon, datée de Perpignan, du 
4 avril 1396, concernant les Juifii de Murviedro, 
prescrit que les Juifs non convertis, pour que les 
Chrétiens puissent distinguer ceux-ci de ceux qui 

i. AichiTes de la couronne d'Aragon, registre 576, fol. 17. 

2. IbiéL, loi. 39. 

3. Jbid., foL 43. 

4. Ibid., registre 859, fol. 177. 

5. iWflL, t. n, p. 317. 

6. Sanpere y Miquel, Las easiumbres oatalanas en tiempo de 
Juan /. Barcelone, 1878, p. 280. •— La roue doit être groga 
owrmella. 



96 LES SIGNES D'UfFiMIB 

sont convertis, porteront une large gramalla ou 
autre vêtement allant jusqu'aux talons, avec, sur 
la poitrine, une rouelle de drap jaune bien 
ample, de la forme et de la grandeur que la 
portent les Juifs de Valence^. A Majorque, ils 
devaient avoir € à leur chaperon un capuchon 
c long d'un palme, fait en forme d'entonnoir pu 
c de corne et cousu jusqu'à la pointe. Lesdits Juifs 
c ne pourront pas porter de manteaux, mais ils 
c revêtiront par-dessus leurs habits de longues 
c robes {gramalles)^ où seront fixés à la partie 
c extérieure les insignes qu'ils ont coutume de 
c porter. Lorsqu'ils voyageront, les Juifs ne seront 
c pas tenus de revêtir ce costume, afin d'éviter les 
c ennuis que cet accoutrement spécial pourrait 
€ leur attirer*. > 

L'ordonnance de Ferdinand P^ relative aux Juifs 
de Majorque, semble avoir été copiée sur celle de 
Yalladolid, du 91 janvier 4 il S'. 

4.' Article de M. Ghabret sur les Juifs de Murriedro 
{Ordinaciones sobre trqjes é incomunicacion de las Judios de 
Murviedro con los eonversos), cité par la Revue des études juives, 
t. XIV, avril-juin 1887, p. 262. 

2. Morel-Patio, Notes et documents pour servir à l'histoire 
des Juifs des Baléares, p. 13, d'après Tordonnance de Ferdi- 
nand I*', donnée à Barcelone le 20 mars 1413. — Voy. Yil- 
lanueva, Viage litterario à las iglesias de Espafia, t. XXII, 
p. 258. 

3. ... A contar de los diez primeros dias de la promulga- 
cion del OrdenamierUo, no usaran los Judios capitores con 
chias luengas mas de un palmo y bêchas a manera de embudo, 
é a tu$rto cosidas todas, todas, todas enredor fasta la punla, 



10 nom iGB. 



97 



Une bulle du pape Benoit XEU, du 1 1 mai 1 41 5, 
enjoint aux Juifs de porter la roue mi-partie jaune 




LlVBE VERT DE BARCELONE. 

' Uevanda tabardos con aletas en vez de mantones, y encima de 
todo las seàaUs hermejas que ya traian, con pena de perder 
en contrario todas las prendas que vistieren (De los Rios, 
t. n, p. 500.501). 

xux 7 



98 L88 SIGNES D*fNFlMIB 

et Fouge, pour les hommes sur la poitrine et pour 
les femmes sur le front. Elle présente une parti- 
cularité curieuse ; elle reproduit la grandeur et la 
forme du signe^. Malheureusement , Âmador de 
los RioSy qui a imprimé cette bulle tout au long 
dans les Preuves de son deuxième volume, a 
négligé de relever cette particularité et la demande 
que j'ai adressée à larchiviste de Tolède pour 
avoir une reproduction de cette roue est restée 
jusqu'à ce jour sans réponse. C'est le seul exemple 

i. ... Ad hsec antiqua jura exsequentes, qnae ntriusque 
sezus Judœos in omni Gbristianorum provincia, qaalitate 
habitue publiée ab aliis tidelium populis distingui maDda- 
runt, statuimuB ut in partibus in quibus Judœi tempore ut 
prsesentis ita patens et eminens signum non portant, sicut 
hujusmodi consLitutione disponimus, amodo signum emi- 
nens impertiti coloris, rubei scilicet et crocei afixum déférant 
patenter, \idelicet mares in superiori veste super pectus; 
feminœ vero super frontem, ejus scilicet magnitudinis atque 
formse, quas in presentibus fecimus designari (De los Bios, 
t. U, p. 509 et 641). — Il semble résulter de la bulle de 
Benoit XIII que les Juifs mettaient peu d'empressement à 
porter la roue, malgré les nombreuses ordonnances, tant 
ecclésiastiques que séculières, édictées à ce sujet. Une bulle 
de Martin V, du 3 juin 1425, renouvelle une fois de plus la 
prescription : ... auctoritate apostolica statuimus et etiam 
ordinamus quod quilibet dictorum Judœorum utriusque sexus 
in habitu suo aliquod spéciale et eminens signum, sibi vigore 
prsesentium per locorum ordinarios, ut a Ghristi fidelibus dis- 
cemantur, induendum seu imponendum, deinceps in per- 
petuum déférant, quo in oculis omnium Judaeus, si masculus, 
et si femina fuerit, Judaea evidenter appareat, et absque illo 
nunquam incedere... (Gocquelines, BuUarum, privilegiorum 
ac diplo)natum Romanorum pontificum amplissima oolleetio, 
t. m, p. 453-454.) 



AU IlOnil lAE. 99 

que je trouve pour FEspagne de la roœ mi-partie. 

Enfin, une ordonnance munidpale de Barce- 
lone, du 1SI février 1479, prescrit aux Juifs qui 
entreront dans cette ville et y séjourneront plus 
de quinze jours de porter la roue rouge sur la 
poitrine^. 

Les monuments figurés représentant les Juifs 
avec la roue paraissent être aussi rares pour l'Es- 
pagne que pour la France. M. Isidore Loeb en a 
publié un, diaprés une peinture d*un ms. des 
archives de Manresa (Catalogne); la roue est 
rouge, évidée; elle est de la première moitié du 
XIV* siècle*. 

En Portugal, selon de les Aios^ Innocent III et 
Honorius III recommandent l'usage du signe, mais 
il n'était pas encore appliqué en 1289, comme il 
résulte des plaintes du clergé portugais à Nico- 
las IV. Alphonse lY ordonna aux Juifs de ses Ëtats 



i. ... Que tôt Juhen que entrara en la présent ciutat e 
atncara ultra los dits xt jorns o durant aquells no posarara 
en hostalaries o posades comunes o no portara los senyals 
acostumata esser portats per Jueus, ço es rodella vermella 
del ample del palmell de lo ma posada en los pits en tal 
forma que per tôt hom sia vista (Archives municipales de 
Barcelone, Livre des délibérations de 1479, fol. 159). 

2. Dans la Revue des études juives, n» 12, avril-juin 1883. 
Voir planche XIV, n» 2, Roven Salamo. 

3. T. I, p. 275-276. ... Mas de medio siglo... y los Judios 
de Portugal andaban por todo el reino mezclados con los 
Gristianos, sin otra distincion que la habituai de su traje un 
tanto oriental, alterado ya en gran manero conforme a los 
costumbres y traeres occidentales. 



400 IBS SIGNES D^INFAMIE 

de porter un capuchon ou chapeau jaune, sous 
peine de mille reis pour la première contraven- 
tion, de deux mille pour la deuxième ; à la troi- 
sième, leurs biens étaient confisqués et ils deve- 
naient esclaves^. Don Juan P% au conunencement 
de 1391 , remplace le chapeau jaune par la roue 
rouge c de seis piemas, » grande comme son 
sceau rond^. 11 parait qu'à cet égard les Juifs por- 
tugais furent assez tranquilles'. 

Juifs d'Italie. 

Frédéric II, dans une assemblée tenue à Mes- 
sine, en 1 %%\ , prescrivit aux Juifs de porter des 
vêtements différents de ceux des Chrétiens^ et il 
parait avoir introduit à Naples le signe vers 1 233^; 
nous savons, d'autre part, que le signe fut imposé 
aux Juifs, au moins à ceux de la Sicile, par le con- 
cile de Piazza, célébré le iO octobre 1 296 ^ A cela 
se bornent les renseignements pour le xni* siècle, 
mais il n'est pas téméraire de conjecturer que les 
prescriptions pontificales durent être appliquées 

1. llnd., d'après les Ordenaçoes é Uys do r^gno de Portugal, 
lib. Y, lit. 94. 

2. IM., t. U, p. 460. 

3. Ibid,, t. U, p. 268 et 269. 

4. Contra Judeos, ut in differentia vestium ot gestorum a 
Ghrislianis discernaatur. (Del Re, Cronaca di Ricoardo da 
S. Germano, an. 1221, cité par F. Lionti, la RoUUa rossa, 
dans VArMvio storico Sieiliano, nouvelle séhe, 1883, t. YIU, 
p. 152.) 

5. Graetz, GesehichU der Juden, t. VII, p. 30. 

6. Zunz, Zur Geschichte und Literatur, 1. 1, p. 488. 



AU MOTVH 16B. 404 

de très bonne heure aux Juifs d'Italie. Pour une 
époque relativement reculée, nous possédons 
encore les textes des canons des deuxième et 
quatrième conciles de Ravenne, de 1 31 1 et 4 31 7. 

Il y a lieu de croire aussi que, comme partout 
ailleurs, îes Juifs d'Italie furent plus ou moins 
rigoureusement astreints au port du signe ; malheu- 
reusement les documents que j'ai pu recueillir 
concernent un petit nombre de régions ou de 
villes. En voici Ténumération, avec l'indication 
des dates qui s'y rapportent : 

Sicile, 12 octobre 1366, 20 décevnbre 1369, 
10 août 1395, 1428 et 27 mai 1471 « ; 

Venise, 1 395, 5 mars 1408, 26 septembre 1423, 
22janvier U29et1i96^ 

Padoue, 22 janvier 1429, 1434 et 1443^ 

Vérone, 1422, 22 janvier 1429, 1433, 1434, 
1443, 1480 et 1527^ 

Todi, 1438^ 

Novare et Verceil, 1 6 avril 1 448 • ; 



1. Lionti, p. 157; -* Znnz, Z. G., p. 490, 492 et 495; — 
Sicilia sacra, t. U, p. 907. 

2. Edueaiore israelita, 1871, p. 48; — Steinsclmeider, 
Hébraeisehe Bibliographie, t. I, p. 17, et t. VI, p. 66. 

3. Hébraeisehe Bibliographie, t. VI, p. 66. 

4. Ibid., t. YI, p. 66; — Edueatore israelita, 1863, p. 202; 
1871, p. 49. 

5. Archivio storieo italiano, série IV, n* 19 ; — Revue des 
éludes Juives, t. H, p. 319. 

6. Hébraeisehe Bibliographie, i. VI, p. 66. 



102 LB8 8161188 d'iNFIMIE 

Parme, 1473*; 

Pirano, 1484 «; 

Rome, XV* siècle^ ; 

Asolo, 15204; 

Gênes, 16295; 

Mantoue, 1665^ 

La forme du signe et les éléments constitutifs 
qui le composent ne sont pas toujours prédsés ; 
il n'est désigné sous le nom de roue que dans les 
canons des deux conciles de Bavenne'^; dans la 
Sicilia sacra^^ il est une fois appelé rouelle, ailleurs 
encore cercle^. La dénomination générique sous 
laquelle il sera connu sera presque toujours celle 
d'O ^^, à cause de la ressemblance de la lettre 
avec la roue. En ce qui concerne la forme, il ne 
parait pas y avoir eu de différence essentielle entre 
le signe des Juifs de France, d'Espagne, de Por- 
tugal et d'Allemagne*^ et celui des Juifs d'Italie. 



1. Edueatare israelita, 1870, p. 170. 

2. Revue des études juives, t. II, p. 191. 

3. Schudt, Jûdische Denkwûrdighkeiten, l VI, p. 244-245. 

4. Revue des études juives, t. Y, p. 223. 

5. Educatore israelita, 1871, p. 171. 

6. Luigi Garnevali, Gli Israeliti a MarUova, 1878, p. 13*14. 

7. Sacrosancta concilia, t. XY, col. 58 et 193. 

8. T. n, p. 907. 

9. Schudt, 1. YI, p. 244. 

10. En Sicile, à Parme, à Pirano, à Yenise et à Yérone. 

11. ... Di panno rosso, fatto in forma di un 0. (Ordon- 
nance de Frédéric III, du 12 octobre 1366, citée par F. Lionti, 
loe. cit., p. 157.) 



Air Monn A6E. 403 

Cependant à Yércme, FO Ait remplacé, en 4433, 
par une étoile qui, à son tour, fit place, en 1480, 
à rO primitif*. 

Le chapeau jaune fut aussi , dès la, fin du 
XV* siècle, une des marques qui servirent à dis- 
tinguer les Juifs d'Italie des Chrétiens; il fut pres- 
crit à ceux de Venise, en 1 496, à ceux d'Asolo, 
en 1 SSiO, et à ceux de Vérone, le 1 5 mars 4 5S17*. 
A Venise, le chapeau remplaça la roue que les 
Juiis tenaient cachée; de jaune il devint roux; 
plus tard, il fut entouré de cheveux rouges ou 
d'une étoffe rayée^. 

J'ignore à partir de quel âge le port du signe 
était généralement obligatoire en Italie; à Pirano, 
il est fixé à treize ans^. 

Le signe devait être porté en lieu apparent, sur 
la poitrine^, au-dessous de la barbe® et sur le 
vêtement de dessus''. A Mantoue, il devait être 
sur le chapeau^. Les canons des deux conciles de 

1. Gli Ebrei di Verona, art. de D. Fortis dans VEducatare 
israelita, 1863, p. 202. 

2. Educatore israelita, 1871, p. 140; — Revue des études 
juives, t. Y, p. 223; — Educatore israelita, 1863, p. 202. 

3. Educatore israelita, 1871, p. 140. 

4. Revue des études juives, t. U, p. 191. 

5. Du Gange, au mot Jud^ei; — Educatore israelita, 1871, 
p. 48; — Schudt, 1. VI, p. 244. 

6. Sicilia sacra, t. Il, p. 907. Cf. Lionti, loc. cit., p. 157. 

7. Sacrosancta concilia, t. XV, col. 59 et 193 ; — Schudt, 
1. YI, p. 244. 

8. Je reproduis ici des extraits de Tordounance de l'archi- 
dnchesse Glaire-Isabelle, duchesse de Mantoue, à cause des 



404 us 8161118 D'mPAinB 

Ravenne et tes ordonnances de Frédéric III et du 
roi Martin prescrivent que les Juives auront la 
roue sur leur coiffure^ ; à Rome, elles portaient 
deux raies bleues sur leurs manteaux^. 

La roue était de toile, de drap ou de fil ^. Elle 
fut primitivement de couleur jaune safran^ ; elle 
était rouge en Sicile en 1 395^. En Sicile, elle avait 
la grandeur et la forme du sceau royal® ; à Venise, 
elle était de la dimension d'un pain de la valeur 
de quatre sous'' ; à Vérone, le pourtour avait un 
doigt de largeur : le diamètre était celui d'un pain 
de quatre deniers^; à Rome, le diamètre du cercle 



particularités qu'elle présente : c Noi, Isabella Clara, arcidu- 
cbessa d'Austria, duchessa di Mantova, M onferrato, ecc. eoc... 
8iano tenuti tutti gli Ebrei, niuno eccettuato, benche avesse 
particolare privilégie, ecc. ecc. a portare in questa citta e 
stato una lùta di filosello rancio sopra il capello, non a^rop- 
pata, ma unita di sopra e di sotto, si que resti in ogni parte 
in circonferenza senza potersi abbassare o piegare délia mede- 
sima altezza... e si dovere in oltre portare sempre una 
beretta o capello rancio... Di Mantova, li 30 dicembre 1665. i 
(Gamevali, lœ. cit., p. 13-14.) 
i. IMd. 

2. Ibid. 

3. Conciles de Ravenne, dans les Sacrosancta concilia, t. XV, 
col. 58 et 193; — Sidlia sacra, t. H, p. 907; — Du Cange, 
au mot JuDiBi; — Schudt, 1. YI, p. 244. 

4. Sacrosaneta concilia, t. XV, col. 58 et 493; — Du Cange, 
au mot JuDiEi; — Educaiore israelila, 1871, p. 48 ; — Schudt, 
1. VI, p. 244. 

5. Sidlia sacra, t. n, p. 907, et Lionti, loc. cit,, p. 157. 

6. Ibid. 

7. Bducatore israelita, 1871, p. 48. 

8. Ibid., 1863, p. 202. 



AU HOnif A«E. 405 

devait avoir au moins on doigt d'homme^; à 
Mantoiie, il avait 6 œntimètres^. 

En Italie aussi, quand les Juifs cherchaient à se 
soustraire à Tobligation de porter le signe, ils 
étaient punis. En Sicile, les délmquants étaient 
passibles de quinze jours de prison^; de même à 
Venise, où ils pouvaient être, en outre, condam- 
nés à une amende^. A Vérone, la peine était de 
vingt-cinq livres pour chaque contravention ; il 
n'en était fait remise sous aucun prétexte^. Cepen- 
dant, il y avait des adoucissements à ces rigueurs; 
par exemple, à Pirano, les Juifs n'étaient pas con- 
damnés quand ils cachaient le signe, pourvu toute- 
fois qu'ils le pcirtassent^ ; en voyage par terre et 
par eau, ils n'étaient pas tenus de l'avoir^; de 
même, les Juifs d'Àsolo n'étaient pas obligés de 
se couvrir du chapeau jaune quand ils voya- 
geaient^. 

Les Juifs de Trapani furent exemptés par le roi 
Martin, Je 29 juin 1 407, à la suite d'une supplique, 
de porter la roue en dehors des endroits et des 
circonstances déterminés^; ceux de Novare et 

i. Schudt, L VI, p. 244. 

2. Garneyali, loe. cit., p. 13-14. 

a. Sicilia sacra, t. H, p. 907. Cf. Lionti, loc, cit., p. 157. 

4. Edueatore israslita, 1871, p. 48. 

5. Ibid., 1863, p. 202. 

6. Revue des études juives, t. II, p. 191. 

7. Ilfid. — De môme à Mantone. Garnevali, loe. eit 

8. 7Wd., t. V, p. 231. 

9. ... Non sianu constiicti a portari la ratella ultra lu 



406 LBS SIGRBS P'iNFAMIB 

de Veroeil furent exemptés par le duc de Milan 
(16 avril 1448^); ceux de Parme obtinrent la 
même dispense de Galéas-Harie Sforza (20 sep- 
tembre 1473)^. Enfin, à o6té de ces exemptions 
générales, il y a des dispenses particulières; nous 
en trouvons une en faveur de Moïse Rap, méde- 
cin, en récompense des services rendus par lui à 
la République de Venise^; une autre, en faveur 
des familles de Samuel et Êtie Sala, de 1392, 
est citée par M. Lîonti (p. 160 et 169). 

Enfin, il résulte de textes donnés par la Sicilia 
sacra^ et par M. Lionti qu'un prélat ou un ecclé- 
siastique d'un rang élevé était chargé spéciale- 
ment de veiller à l'observation des règlements 
relatifs à la roue. Nous connaissons plusieurs fono- 



debitu et observancia costum&ta (Lionti, loc. cii,, p. 160 
et 167). 

1. Uebraeische Bibliographie, t. VI, p. 66. 

2. Educatore israelita, p. 170. 

3. Hebraeische Bibliographie, t. VI, p. 67. 

4. ... Porro signum hoc rotellse rubesB, qaibus fungebatur 
quod defferro selebant Judœi ia Siculo règne sub custodia 
alicujus praesulis vel viri ecclesiastici dignitate prsefulgentis 
satis declaratur in diplomate date Catanœ 10 aug. 1395, 
ind. 3* : F. Nicolaus de Panormo cognosceredebuerat de obser- 
vatione Judœorum rotells de panno rubeo in forma et quaa- 
titate majoris regii sigilli, per dependentiam barbœ et palmi 
distantiam in eorum exteriori veste semper et ubicumque 
in pectore portando, in distinctionem a Ghristi fidelibus 
manifestam et mulierum eoramdem in earum veste exteriori 
sub pœna quindense carceris eisdem utriusque sexns infe- 
rendâe, etc. {Sicilia sacra, t. n, p. 907; — Lionti, hc. dt,, 
p. 163). 



AU HOTKJI A6B. 407 

tîonnaires investis de cette charge : le premier se 
nommait Nicolas Papalla, de Païenne, franciscain ; 
il devint évéque de TUe de Malte. 

Il fut nommé garde de la rouelle jaune par Fré- 
déric III, le 1S octobre 1366^, et confiriné dans 
ces fonctions par Martin, le 40 août 1395'. 

n eut pour successeur, en 4 395, selon M. Lionti, 
frère Jean di Pîno, catalan, aussi franciscain ; sous 
le roi Martin, le c revisor » de la rouelle fut un 
prêtre, Jean c de Planeliario, » qui eut un procu- 
reur général, c Faymo de Piomateriis, » reconnu 
et proclamé tel, par acte du roi Alphonse, du 
24 septembre 4427^. 

1. ... Gerti ex Judeis prefatis non verentes neqae pêne 
sopplicium incurrere formidantes, predictum signum in pre- 
dicta parte Testimentorum gerere dedignantur, et propterea 
Yolentas, nt expedit, pro sainte tam temerarie presnmcioni 
dictoram Judeoram et Jndearum non portancium signam 
prefatum eorumque excessibus damnabilibus obviare, provi- 
dimas atgne statuimus quod si quis Jndeus vel Judea contra 
observanciam constitucionis prescripte venire presumserit, 
penam carceris per mensem unum debeat sustinere. In cajus 
prosecucione negocii fratrem Nicolanm de Panormo, ordinis 
Minorum, majorum helemosinarum cappellanum, familia- 
rem et dilectum nostrum de cujus fide, sufficiencia, boni- 
tate et spiritaalitate excellencia nostra confidit, tam 9uper 
investigando diligentius Judeos et Judeas forte contra dictam 
constitncionem ausu temerario venientes, quam snper cogen- 
dam, si opus fuerit, universitatem Judeornm ipsornm ad uten- 
dam sinagogis, etc. (Lionti, loc. cit., p. 162). 

2. Lionti, loc. eiL, p. 159. 

3. ... Boa Signoria bagia a comandari per soi oportuni pro* 
visioni chi purochi in il dicti robbi sive manti di li dicti 
Jadei si troyi la rotella in lu iocn chi su tenuti portarla, non 



408 ' LE8 SIGIIBS D'nfFlMIE 

Ces officiers s'acquittèrent- ils avec trop de 
rigueur de leurs fonctions? C'est probable, car 
les Juifs de Palerme adressèrent une supplique au 
vice-roi de Sicile, Lopez-Ximenez DuHrea, à Teffet 
d'être traités moins rigoureusement, quand ils 
seraient surpris sans le signe sur leurs vêtements. 
Le vice-roi, par ordonnance du SI7 mai 4471, fit 
droit à leur requête. 

Enfin, je trouve pour les Juifs de Palerme une 
particularité curieuse. Le i novembre liSS, le roi 
Alphonse leur enjoignit de placer une roue jamie 
sur leurs boutiques, notamment sur leurs bmicbe- 
ries. Cette roue devait avoir au moins un palme 
de diamètre et être dans un endroit apparent, afin 
qu'il fût visible pour chacun que c'était une bou- 
tique juive ^ 

Juifs d'Angleterre. 

Les Juifs furent chassés d'Angleterre en 1 290 ; 
ce que nous pouvons savoir du signe qu'ils étaient 
contraints de porter se réduira donc forcément à 
peu de chose. 

Il leur fîit imposé, dès 1 S22, dans un concile 



Biano molestati tali Judei tantu masculi quanto fimmini 
ancorchi tali rotella como è dicto pro inadvertencia noa si 
monstrassi ne parissi. Placet domino viceregi dam in hoc 
inadvertenter fiât et ea inadvertencia non utantur et eam sepe 
allegare non possint (Lionti, p. 157-165). 
1. Lionti, loc. dt,, p. 160, 161. 



AU lionil AGE. 40t 

provindal tenu par Etienne de Langton, arche* 
Yëque de Gantorbéry. Il se composait, pour les 
deux sexes, d'une bande d'étoffe de deux doigts 
de largeur et de quatre de longueur; elle devait 
être d'une couleur difiérente de celle du vêtement^ . 
D'après Tovey^, le signe fut d'abord blanc; sous 
Edouard I*% en 1274 ou 1275, il fut changé en 
jaune, par acte du Parlement instituant le Statu- 
tum de judaismo et prescrivant que, dès l'âge de 
sept ans, les Juifs des deux sexes seraient tenus 
d'avoir sur leurs vêtements extérieurs deux bandes 
d'étoffe, ad instar tabularum^ d'un palme de lon- 
gueur'. Cette disposition fut confirmée, le 24 mai 
1277, par Edouard P', dans un mandement à 
Hugues de Digneneton, qui remplaça l'étoffe par 
le feutce de couleur safran, de six pouces de lon- 
gueur sur trois de largeur^. Enfin, le concile 
d'Ëxham, célébré en 1 279, prescrit également aux 
Juifs l'usage de deux banderoles d'étoffe de laine 
d'une couleur différente de celle du vêtement et 



i. ToTey, Anglia judaiea, or Vie hisiary and antiquities of 
th$ Jews in England, p. 82. 

2. Ibid,, p. 205. 

3. Du daiige, au mot Judjbi. 

4. Tovey, p. 202; — Rymer, Fœdera, canventiones, Httere, 
etc., t. U, p. 83. RexHagoai de Digaeaeton, salutem... quod 
nnusquiBqae ipsorum (Judeeorani), postquam œtatem Beptem 
annorom compleverit , in saperiori vestimeato qaoddam 
signnm déférât, ad modum duarum tabolarum, de feitro cro* 
ceo, longitndinis videlicet sex pollicam et latitudinis trium 
pollicam... 



440 LES SI6RES D^IIfFÂMIE 

cousues sur la poitrine. Les dimensions fixées 
sont d'au moins deux doigts pour la largeur et de 
quatre pour la longueur ^ 

Juifs d'Allemagne^ de Suisse^ d'Autriche^ 
de Pologne et de Grèce. 

Le document le plus ancien que nous possé- 
dions sur le signe des Juifs d'Allemagne est une 
dispense accordée par Gérard, archevêque de 
Mayence, à ceux d'Erfurth. Cette dispense, du 
16 octobre 1294*, fut purement locale ; peut-être 
même fut-elle rapportée peu d'années après, en 
vertu des prescriptions édictées dans le concile 
tenu à Mayence, en 1310, car tous les Juifs des 
deux sexes de la ville, du diocèse et de la pro- 
vince ecclésiastique de Mayence étaient astreints 
de reprendre, dans le délai de deux mois, et de 
porter les signes et des vêtements qui pussent les 
distinguer des Chrétiens^. Et pour que cette obli- 

1. Ad haec districte prœcipimus ut Judasi utriusque sexus 
super vestes exteriores duas tabulas laneas habeant alterius 
coloris ad pectus consutas ; quarum latitudo digitorum duo- 
rum et longitudo quatuor sit ad minus; ut sic per diversita- 
tem habitus a catholicis disceraantur et damnatœ commix- 
tioQis excessus inter hos et ilios valeant evitari. (Sacrosaneia 
concilia, t. XIV, col. 363.) 

2. ... Nec eosdem Judeos ad portandum signa judaîca, nec 
ad alia que de Judeis in statutîs nostris specialiter sunt 
expressa, artabimus quoquo modo (CodêX diplomaties exhi- 
bens anecdota Moguntiaea, t. II, p. 886). 

3. ... Unanimi approbatione hujus concilii irrefrogabiliter 
duximus statuendum ut in universis civitatibus, oppidis, cas- 



AU MOTm A6B. 444 

gation ne pût être ignorée de personne, il Ait pre»- 
crit à tous les curés des paroisses de la ville, du 
diocèse et de la province de Mayence dans les- 
quelles il y avait des Juifs de rappeler, dans leur 
langue maternelle, ladite obligation, à la messe, 
diaque dimanche qui suivrait les Quatre-Temps^ 
A Strasbourg, dès le xrv^ siècle, les Juifs étaient 
forcés de se vêtir autrement que les Chrétiens ; ils 
devaient notamment avoir le chapeau pointu 
cJudenhut^. » Il est probable que le chapeau, 
prescrit par le concile de Vienne, en 1867^, fut, 
jusqu'au xv^ siècle, le signe distinctif des Juifs 
d'Allemagne; ainsi, le chapeau rouge fut porté 
par ceux de Nurembei^ jusqu'en 1451, époque 
où il fut remplacé par une roue jaune pour les 
hommes. La découverte de nouveaux documents 
pourrait seule apprendre si la roue fut en usage 
en Allemagne avant le xv* siècle. 
Je la trouve mentionnée, pour la première fois, 

tris et in Tiiiis cWitatis, dioceseos et provincîœ Mogantinen- 
m gens Judœonini utriusque sexus infra duos menses post 
publicationem hujus statuti talia signa et habitam quibus 
sine quaiibet ambignitate a cbristiano populo distinguatur, 
sibieligat et déférât manifeste... (Saerosaneta concilia, t. XIV, 
col. 1512.) 

1. Statuts synodaux de Mayenee, ms. lat. 11101 de la Bibiio* 
tbëqne nationale, fol. 80 y*. Le texte est meilleur que celui 
qui est dans Labbe, t. XIV, col. 1512. 

2. Communication de M. Bcheid, de Haguenau. 

3. Saerosaneta ooneilia, t. XIV, col. 365 ; — Pertz, Jfonu* 
fnmta Germanie historiea, t. IX, p. 702; — KoUar, Analeeta 
monumentorum omnis mt>i Vindobonensia, t. I, p. 18. 



U2 LES SIGNES D'niFAïaB 

dans une ordonnance de Fempereur Sigismond, 
de 1 43i, concernant les Juifs d' Augsbourg et con- 
firmée, la même année, par le Conseil de la ville ^ 
Elle est de couleur jaune et doit être fixée sur la 
poitrine; les femmes auront des coiffures poin- 
tues^. La roue jaune pour les hommes, le voile 
ou manteau, avec deux raies bleues, pour les 
fenmies sont prescrits par le concile de Ck>logne 
de 1442, comme pour les Juifs de Rome^; il en 
sera de même à Nuremberg^ et à Bambei^ 
dès 1451 ^ et à Francfort dès 1452^ D'après les 

1. Gengler, Codex juris municipalis Germanis medii œvt, 
1. 1, p. 89. 

2. Scbudt, 1. VI, p. 245. 

3. Ibid., p. 243. 

4. Wùrfel, Nachrichten von der Jttdengemeinde, p. 95. 

5. &inm^îfDenkwûrdigkeUenderdeuischenGeschiûhte, p. 151. 

6. Nicolaus, miseratione divina tituli S. Pétri ad vincula 
S. H. E. presbyter cardinaiis, etc. Gum noB alias in civitate 
Magantium provinciali synodo prsBsideremus , inter cetera 
quoddam statu tum de Judaeis et crucis Ghristi inimicis in 
eadem sinodo innovatam existit in quo sub cessationis divi- 
nomm et sub vacationis communionis pœnis districte man- 
datur quod Jade! de cœtero signa déferre debeant conformi- 
ter ut in urbe Homa. Et nonnuUi dubitare videntur quomodo 
in urbe Roma Judœi déférant. Hinc nos prout in aliis natio- 
nislocis ordinavimus, praesentium tenore deolaramus signum 
bujusmodi esse debere circulum de croceis filis visibiliter 
consutum, cajus diametor communis bominis digito minor 
non sit, ante pectus quoad mascuios in veste extrinseca, ita 
quod omnium eos intuentium oculis appareat ; et du» rigae 
blavei coloris in peplo mulierum in signum diiferentiœ ut a 
Gbristianis discernantur. Verum, uti accepimus, nonnnlli 
Judœi in opido vestro Francofurtensi et extra habitantes, ac 
ipsum opidum fréquenter visitantes, banc ordinationem 



▲D MOIUI A«K. 4:18 

ctfioDS du eoiicîle de Bamberg, la roue sera de 
fil et aura un doigt de* diamètre^ ; en plusieurs 
endroits, elle a la dimension d'un florin ou d'un 
écu^; mus rien n'a été plus variable que ces 
dimensions. 

Outre la dispense accordée, en 1294, aux Juiis 
d'Erfurth, nous en connaissons une autre donnée 
à ceux de Mayenee et de Bingen, en 1457^. 

Un tnodus vivendi donné, au mois de mars 1 547, 
par Ferdinand, roi des Romains, landgrave et 
landvogt d'Alsace, aux Juifs du haut Rhin vivant 
sous la domination autrichienne, stipulait qu'ils se 
vêtiraient autrement que les Chrétiens et qu'ils 
porteraient la roue jaune ^. Les Juifs d'Obernai 
devaient avoir un signe distinctif. Une prescrip- 
tion du commencement de l'année 1 524 édictait 
que : c Tout Juif qui viendra en ville (à Obernai) 
c portera, en un endroit visible, soit un anneau, 
c soit une marque quelconque, qui le fasse recon- 
€ naître^. » Ceux de Haguenau durent aussi, en 

minime servare curaat. Hioc, etc. Datum in opido nostro 
Brnnneck..., die 2« menais maii, anno a nativitate D. 1452, 
etc. (Schudt, 1. VI, p. 244-245.) 

1. Stumpf, p. 151. 

2. Schudt, 1. VI, p. 243. 

3. Stumpf, p. 151 ; — Schaab, IHphmatisehe Geschichte der . 
Stadt Mainz, p. 121. 

4. Archives de Strasbourg, L. 174, n* 27; communication 
de M. Scheid. 

5. Scheid^ Joselmann de Rosheim, dans la Revue des études 
juives, t. XIII, 1886, p. 67 et 70, d'après un document con- 
servé aux archives d'Obernai, BB. 9 et 11. 

XLIX 8 



444 



LES SY&irSS » INFAMIE 



vertu d'une ordonnance du même prince, de Tan- 
née 1551, prendre la roue jaune. H. Sdieid a 
bien youIu m'envoyer spontanément une copie de 
la roue dont le modèle Ggure d'un côté de rordoo- 
nance^ Nous la reproduisons ci-dessous à titre de 
spécimen, en représentant par des hachures la 
couleur jaune. 




. ^ -i, ^i .i 



i. L'original est aux archives de 
cote GG. 68. 



Haguenau, Bons la 



AO BOTtll lit. 145 

Schudt, dans ses Judiseke Denkwûrdi^keiten^j 
a donné trois fMvsîmHés de la roue des Juife de 
Francfort. Le premier, d'après une édition d'un 
règlement des ivih de 1613 et 16U, a 92 milli- 
mètres de diamètre ; le cercle de la roue a 1 2 mil- 
limètres de largeur ; le deuxième, d'après TéditioD 
de 1616, a à peu près les mêmes dimensions; le 
troi^ème, de moindre grandeur, a 48 millimètres 
de diamètre; le cercle, 8 millimètres. Dans le 
cercle jaune des deux derniers il y a, à gauche, 
la lettre 3, qui signifie sans doute ngnum. Le 
ms. G VI 7 de la bibliothèque de Ttlniversité de 
Bàle donne (fol. 72) le fac-similé d'une roue; elle 
a 96 millimètres, le cercle 10. 

La réglementation du signe des Juifs d'Aile^ 
magne n'oCEre, à vrai dire, qu'un intérêt secon- 
daire, puisqu'elle a été, à peu de chose près, la 
même que partout ailleurs. Dans l'Empire, l'esprit 
public à l'égard des Juifs se manifestait sous de 
tout autres formes. 

Dans les gravures allemandes de la fin du 
XV* siècle, ils sont représentés avec la roue, sur- 
tout lorsque l'artiste veut les rendre ridicules ou 
odieux. Schudt donne, dans son livre, une gra^ 
vure reproduisant un dessin fait après 1475 et 
qui se trouvait autrefois sur la tour d'un pont à 
Francfort. E3le représente quatre Juifs et une 
Juive; l'un est à rebours sur une truie; un autre 

i. P. H8, 455 et 165. 



446 LB8 «laMIft D'iNPiHiB 

regarde la tète ; un troisième reçoit dans la bouche 
les déjections de Fanimal ; le qua^ième, debout, 
porte deux cornes de bouc. Tous ont la roue, le 
premier et la femme sur le bord de leurs main 
teaux; le second et le quatrième sur la poitrine; 
le troisième sur la manche, près de Fépaule^ De 
même, les gravures de Woh^^emuth de Téditioa 
in-fol. du Liber ehroniearum mundif publiée à 
Nuremberg, en 1493, qui représentent le crucifie- 
ment de Tenfant Richard par les Juifs à Pontoise 
et celui de Fenfant Simon à Trente, nous montrent 
les Juifs, trois dans la première et huit dans la 
seconde, avec la roue^. Dans le Dyalogns Johannia 
Stamler,..y de diversarum gentium sectis et mundi 
religionibus (Augsbourg,^ 4508), on voit sur le 
titre , par Hans Burgmair, un Juif, Samuel , dis- 
putant avec le D"* Olivier, couvert d'un manteau, 
avec la roue sur la poitrine, sur le côté gauche^. 
En ce qui concerne le signe des Juifs établis en 
Suisse, les renseignements que j'ai pu trouver se 
réduisent aux suivants : Benoit XIII, dans une 
bulle du 31 août 1 41 1 , rapportée par Jacques de 
Godabla, officiai de Grenoble, prescrit aux Juifs de 
Genève de porter un signe qui les distingue des 
Chrétiens^ Un Juif reçu, en 1435, à Schaffouse, 

1. Entre les p. 256-257. 

2. Ces gravures ont été reproduites par M. Paul. Lacroix, 
Mœurs, usages et coutumes au moyen âge et à V époque de la 
Renaissance, p. 473 et 475. Voir planches XVI et XVII. 

3. Communication de M. le D' Kaufmann, de Budapest. 

4. ... Quod nonnulli Judei in civitate Gebenna in doaiibus 



iV VOTIlf A6E. 447 

est soumis à robligation de porter sur le devant 
de son vêtement un signe de drap i*ouge de la 
forme d'un chapeau pointue Sur une gravure 
d'Urse Graff, qui vivait à B&le vers 1 508, on voit, 
parmi les auditeurs qui écoutent le Christ prê- 
chant, un Juif représenté avec une roue sur le dos'. 
La même pénurie de documents existe pour les 
Juifs d'Autriche, de Bongrie et de Pologne. Dans 
son serment, de Tannée 1232, André II, roi de 
Hongrie, s'engage à faire porter le signe aux Juifs ^. 
Aux termes des canons du concile de Vienne tenu 
en 1267, les Juifs d'Autriche devaient, comme je 
l'ai déjà dit, porter le chapeau pointu^. Le concile 

in predicta parrocbia Sancti Gennani (Gebennensis) satis 
permixtim cum Ghristiasis morari trahebant, et per delatio- 
nem alicujus signi patentis aut alias, prout est alibi fieri 
coQsuetum, ab eisdem Christiania minime distinguebantur. 
fMs. latin 66 de la bibliothèque de Genève ; communication 
de M. Omont) 

i. Ulrich, Sammlunç jûdischer GeschichUn in der Sehweig, 
p. 463. 

2. Dans nn recueil conserrô au département des estampes 
de la Bibliothèque nationale, sous la cote Ea 25, p. 82. 

3. Item faciemus qaod Judei, Sarraceni seu Ismaélite de 
cetero certis signis distinguantur et discemantur a Ghristia- 
nis. {Endlicher, Berum Hungaricarum monumenta Arpadiana» 
Andrée II régis juramentum de reformando regno in silva 
Bereg prestitum, 1232. — Jd,, dans Theiner, Vetera monu- 
mmta hisiorica Hungariam saeram iUustrantia, I, p. 117.) 

4. ... Districte pracipimas ut Jndaei quidiscerni debentin 
habitn a Ghristianis comutnm pileum quem quidam in istis 
partibus consueverunt déferre et sua temeritate deponere 
praesumpserunt, résumant... {S€U!rosaneta concilia , t. XIV, 
col. 365. — Cf. Pertz, t. IX, p. 702, et Kollar, t. I, p. 18.) 



448 LES SI0]!l£fl P'INFÀMIE 

d'Ofen, en 4 379, prescrivit la roue de drap rouge, 
sur le côté gauche de la poitrine, wr te vêtement 
de dessus* Toute infraction à cette prescription 
devait entraîner la privation de Teau, du feu et du 
commerce avec les Chrétiens^. 

Les Juifs de Pologne étaient obligés de se coif- 
fer de chapeaux ou de bonnets vert foncé, sauf en 
voyage où ils en étaient dispensés^. 

Enfin, il semblerait résulter d'une ex^nption 
accordée, en 1462, à un Juif de Crète, Maurogo- 
nato, que les portes des maisons des Juifs établis 
dans nie devaient être marquées d'un ou d'un 6 
{thêtay. 

Signification de la roue. 
Une des principales raisons pour lesquelles on 

1. ... Presenti constitutione statuimu8 quod omnes et sin- 
guli Judaei utriusque sexus in terris nostrae legationis por* 
t^nt uQum circulum de panno rubeo, pro signo, assutam 
sive consutum ante pectus in parte sinistra, in veste supe- 
riori, quam communiter et regoiariter portant desaper vestes 
suas alias, quum extra domos sive habitationes exeant vel 
incedant vel publiée quocumque modo appareant, aut se 
exhibeant vel ostendant et bujusmodi signom infra*.. Quodsi 
in bujusmodi signe assumendo infra terminum supradictum 
aut etiam de cetero deferendo, proutsuperiusestezpressum, 
Judœi proBfati vel eorum aliqui contumaces fuerint rebelles^ 
ex tune Gbristianorum commercium, nec non ignem et 
aqaam sibi noverint interdictam. (Art. 125 du concile d'Ofén, 
de 1279, dans Romualdus Hube, Antiquissitnm eonstituHones 
synodales provinci» Gnesnensis, p. 159-160.) 

2. Dq Gange, au mot Juoisi. 

3. Sathas, 'EUijvtxa àvexâèra, p. xxvi. 



AS KORR A6E. 44i 

n'a pas jusqu'ici prêté une grande attentioo à la 
roue des Juifs, c'est que ce signe est relativement 
très rare dans les monuments figurés; ce n'est 
que tout à fait exceptionnellement qu'un Juif est 
représenté avec ce signe, — pour ne parler que 
de celui qui est employé le plus fréquemment ; •— 
chaque fois que la roue est peinte ou tracée, le 
cok»*is(e ou le dessinateur aura voulu lui donner 
une signification. 

La magnifique Bible historiée, qui porte au 
département des mss. de la Bibliothèque nationale 
le n"* 1 67, nous montre, au fol. 1 3i, des Juifs con- 
duits par un diable ricanant et armé d'un bâton ^. 
Cette représentation est accompagnée des deux 
textes suivants, en latin et en français, qui servent 
de commentaire au verset 31 du chapitre i*' des 
Proverbes : c Hoc significat quod Judei hue 
c usque separati sunt a oonsilio et auxilio Domini, 
' c quia consilio pessimo ducti petierunt ut Barra- 
c bas dimitteretur et Ghristus innocens crucifige- 
c retur. — Ceci segnefie que les Juis sont encore 
c jusques à dessevrez du conseil de Dieu, car ils 
c refusèrent le sien et usèrent de leur propre con- 
€ seil ; si en sueffrent la peine temporele de chei- 
€ tivaison par tout le monde et après esperituele. » 
Ici le commentateur est très modéré ; il se con- 
tente d'exposer que c'est en punition de la mort 
du Christ que les Jui& sont chassés et dispersés, 

1. Voir, p. 70, la représentation de cette miniature. 



120 LES SIGNES D'ilfFAMIE 

mais c'est déjà Tennemi du nom chrétien qu'il veut 
représenter. S'agii-il de les dépeindre dans un 
rôle odieux, comme les suppôts de T Antéchrist, 
les bourreaux d'Enoch et d'Élie, par exemple, ou 
les ennemis du Christ, alors les roues sont prodi- 
guées; il faut que l'on ne doute pas que c'est de 
Juifs qu'il est question. Voici, à titre de spécimen, 
le rôle que l'auteur du Mystère de V Antéchrist 
(ms. 59S de Besançon) prête aux Juifs qui ont 
juré la perte d'Enoch et d'Élie : 

ViVAifs, JUIF. (Fol. n, col. b.) 

Haa I je ay le cuer doulant et Iriste 

M'ont bon conseil enconvent querre, 

Quant venuz sont en ceste terre, 

Dui faux p[r]escbeeur, dui fiiui hermitte, 

Dui traiteur, duy ypoc^itte^ 

Qui a toute la gent deffendent 

Qu'il n'obéissent ne n*antendent 

De nulle riens à nostre maistre. 

Marquin. 

Par celui Dieu qui me flst naistre, 
Se je les puis aux mains tenir^ 
Trestantost les feray venir 
Devant noz maistres pour respondre. 
Li grans Dieux les face confondre 
Et leur doint son courrouz et s'ire î 
Gonment osent il contredire 
A celli qui est louz puissans ? 

1. Enoch et Élie. 



AU BOTtlf A6I. 124 

CORBAOUS^ JUIF. 

Marquio, je suis bien congnoissaos, 
Yeez vous là les deux faux traites 
Donnes paroles vous a dittes 
Mes chiers oncles, sire Vivans ? 

Haquin. 

Par mon seigneur à qui li vens 
Obéit et soulaux et lune, 
Je ne me pris pas une plume 
Se par la gent de nostre empire 
Ne les fkis livrer à martire. 
Venez en mi, obier compaignon. 

MABQiriIf. 

Fil a putain, mauvais gaignon, 
Traites et villains puant, 
Desloial, vil, sale et Iruant, 
Cornent estes vous si bardiz 
Que vous deux avez dès mardi 
En ce Jieu^ si con l'en m'a dit, 
Le nom mon seigneur contredit ? 
Saichiez la mort en soufiTrerez. 

Haquiic. 

Demain en put jour entrerez. 
Yostre sermon sont abatu, 
Sachiés très bien serez batu 
Et devant noz maistres menez. 

Maeqdin. (Fol. 4 8 v°.) 

Par le grant Dieu, en ce demoingne 
N'a si grant homme ne si haust 
Qui parlast si con si ribaut 
Ont ja parlé de nostre maistre 
Qu^il est fllz Dieu le roy celestre. 



Se soit à leur maie mescheance, 
Gompains, foule à cestui la panse 
Et je à ccstuy balray la teste, etc. 

(Ici a lieu le meurtre d'Enoch et d'Êlie.) 

C'est évidemment le même sentiment qui, dans 
le Liber chronicarum mundiy a inspiré l'artiste, 
lorsqu'il a représenté le crucifiement de l'enfant 
Richard par les Juifs à Pontoise et celui de l'enfant 
Simon à Trente. 

Je viens de parler du Juif ennemi des Chrétiens, 
du Juif assimilé ou Sarrasin, à l'hérétîque. L'usu- 
rier sera l'objet de la même réprobation, qui n'at- 
teindra pas le marchand ou le banquier juif dont 
la bonne foi ne sera pas suspectée; rusorier sera 
marqué de la roue. C'est ce personnage que l'au- 
teur du Miracle de Nostre Dame du marchand et 
du Juif a mis en scène. Un marchand ruiné emprunte 
de l'aident au Juif Moussé qui lui demande un 
gage, mais comme l'emprunteur n'a plus rien, il 
consent à devenir l'esclave du Juif s'il ne le rem- 
bourse pas de son prêt. Le Juif consent : 

Bailler te vueil ce que te doy 
Prester, amis, tien : par ma loy, , 

Vezcy mil livres bien comptez 
Touz en or. Or, fais qu'amontez 
Puisses estre brief d'autre mille, 
Si c*on te tiengne par la ville 
Pour bommesaîge*. 

1 . Miracles de Nostre Damé, éd. Paris et Robert, t. VI, p. 191, 
V. 613-626. 



Muni de son prêt, le marchand va à l'étranger 
et refait sa fortune. Le jour de rembourser le Juif 
est arrivé; le marchand confie à la mer un écrin 
rempli d'or et prie la Vierge de le faire arriver à 
destination. Le serviteur de Moussé trouve l'écrin 
échoué sur le rivage et Moussé l'emporte. Biais 
quand le marchand revient à Gonstantinople, le 
Juif se garde bien de lui dire que l'écrin est entre 
ses mains ; il lui rappelle leurs conventions : 

11 m'est bien. Savoir vien du prest 
Que de mes deniers vous ai fait, 
S'il m'en sera riens satisfait, 
Car quant vous prestay mon avoir 
A certain jour le duj ravoir, 
Lequel jour est pieça pa^sé. 
Ainsi le m'eustes fiancé, 
Plus, se un seul jour trespassiez 
Que mon serf à touz jours seriez. 
Se me dédites de ce point, 
Sachiez que je ne donrray point 
On festu en vostre creajtce, 
Ne nulz n*y doit avoir fiance, 
Je vous dy bien. 

Le BouaGiK>is. 

Certes, Moussé, ne te doy rien^ 
Se Dieu t'ayt; bien t'ay paie, 
N'en fait ores si Tesmaié, 
Non, je t'en pri. 

Le Juif. 

Je prouveray bien sans detry 
Que je vous prestay mon avoir, 



424 LES SIGNES D'iIfFAMTB 

Qu'à certain jour dévoie avoir. 
Mes tesmoins saray bien trouver, 
Mes certes ne pourrez prouver 
Le paiement ^ 

Le marchand alors invoque Dieu et la Viei^e, 
qui descendent du ciel avec les anges et S. Louis 
et affirment au Juif qu'il est bien et dûment payé; 
ils lui disent même où est Técrin. Frappé de la 
puissance du Dieu des Chrétiens, Moussé se fait 
baptiser et le marchand lui sert de parrain. Mais 
c*est l'usurier que Tartiste a voulu représenter sur 
la miniature, avec le manteau, le capuchon et la 
roue. 

Dans le ms. 5070 de la bibliothèque de FArse- 
nal, qui est un Décaméron de Boccace, Tusurier 
Melchisedech porte la roue jaune (fol. 21); — 
dans la deuxième nouvelle, l'histoire de Jehannot 
de Groigny et du Juif Abream que Jehannot vou- 
lait convertir, le Juif a également la roue. 

Enfin, le Juif sera toujours représenté avec la 
roue, lorsque l'auteur voudra faire ressortir sa 
haine et son mépris pour ceux de cette race. 
V Apparition de Jean de Meun, par Honoré Bonnet, 
prieur de Salon, contient à ce sujet une apostrophe 
qui mérite d'être reproduite : 

MiisTaB Jehan (parle au Juif). 

Très ort juif de faulx desroy, 
Contre Tordenance du Roy 

1. Miracles de Nostre Dame, éd. Paris et Robert, t. VI, 
p. 213, V. 1281-1304. 



AU Homf ifiB. 425 

Pourqaoy venez en ce pays ? 
Ne savés vous pas que jadiz 
Par usures, par vos péchiez 
Od vous gelta hors du royaume. 
Ou vous trouva sus tant de blaame 
Que l'en vous deusl avoir tous ars, 
Car vous n'usez de nulz bons ars> 
Ne proufOz ne utiiitez 
Ne vendront là où demourrez. 
Par vous n'est terre labourée, 
Ne la mer n'en est honnorée, 
En paradis n^avez vous part. 
Oyez, ditles, truant, paillart, 
Pour quoy estes vous venus cy ^ ? 

Le Juif à qui maistre Jehan s'adresse en termes 
si virulents porte la roue mi-partie rouge et blanc. 

Ce qui montre bien que les miniaturistes ont 
attaché à la roue un caractère d'infamie, c'est 
qu'ils ne donnent pas ce signe aux Juifs dont le 
rôle sera honnête ou indifférent. 

Je terminerai cette étude sur le signe des Juifs 
en exprimant, — mais bien timidement, je Pavoue, 
— l'opinion que la roue peut être considérée 
comme la représentation d'une pièce de monnaie^ 
allusion à Tàpreté des Juifs pour le gain ou au prix 
de trente deniers que Judas reçut pour livrer le 
Christ. 

1. Ms. fr. 810, fol. 9 V, et ms. fr. SU, fol. 8 v«. 



426 LES «ttNfiê ^'lUrrAHE 

Le signe des Sarrasins et des Hérétiques 
du midi de la france* 

Ainsi que je i'ai dit au comineDoeinent de cette 
étude, Tobligation de porter le signe était com- 
mune aux Juifs et aux Sarrasins. Ces derniers 
étaient peu nombreux dans les pays où TÉglise ou 
le pouvoir séculier avaient prise sur eux; aussi les 
textes les concernant sont-ils très rares. 

C'est le quatrième concile de Latran, de 1215, 
qui prescrit aux Sarrasins de porter des vête- 
ments différents de ceux des Glu^étiens pour se 
distinguer d'eux*. De même, en 1232, André II, 
roi de Hongrie, décide que les Sarrasins, les 
Ismaélites et les Juifs auront des signes distinc- 
tifs^ et le concile d*Ofen, de 1279, ordonne quHls 

i. :.c. GoDtingit interdum quod pet errorem Ghristiani 
Jodseorum seu Saracenorum et Judaei seu Saraceoi Ghristia- 
norum mulieribus commisceantur. Ne igitur tam damnattt 
caiHmixtionis éxcessus per Teiamentum errôrîs hnjustDodî, 
excuaationis nlterius posaint habere diffugium, statuioittsut 
talea utriusque sexus ia omni Ghrietianorum provincia et 
omni tempore qualitate habitus publiée ab aliis populis dis- 
tlugaantur. (Labbe, Saerosancta concilia, t. XIII, col. 1003 
et 1006.) 

2. Item faciemus quod Judei, Sarraceni seu Ismaélite de 
cetero certis sigais distinguaatur et discernantur a Gbristia- 
nis. (Andrée II régis juramentum de reformando regno, dans 
Endlicher, Rerum Hungaricarum monumenta Arpadiana, 
p. 437, et dans Theiner, Vetera monumenta historica Hunga^ 
riam sacram illustrantia, t. I, p. 117.) 



AV MOMf Mt. 127 

porteront sur leurs Tètements de deMus, rar le 
o6té gauche de la poitrine^ une roue d^étoffe jaune^ 
tandis que celle des Juîfii était rouget D'après 
Bonifaoe de Yitaliois, un signe aurait été aussi 
imposé aux Sarrasins à Avignon'. 

En Si€»le, ils portaient, sur ia poitrine, un roor- 
wao d*étolfe jaune, long d'un palme et lai^e de 
deux doigts^. 

En Catalogne, en vertu d'une ordonnance du 
roi Jaccpies II, Hs devaient avoir les dieveux odu^ 
pés en rond^. 

Ihis les hérétiques en général, notamment ccox 
du midi de la France, Albigeois^ Cathares ou Vau* 
dois, seront, plus que les Sarrasins et presque 
autant que les Juifs, visés par les prescriptions 

1. ... Quod autem constitutum est de Judeîs, hoc de Sar- 
racenis, Ismaelitis et quibuscamqae al ils non cofeaUbus 
baptismatis sacramentum statuimus inviolabiliter observan- 
dQm : hoc excepto quod ubi Judsei portant circnlam pro 
signo rubenm, alii snpradieti signam croceam teneaatur 
defems. (Romnaldus Hube, Antiquissima consHtutiones syno- 
dales province Gnetnensis,.. Synodus Budensis, 1279, p. i39, 
art. 125.) 

î. Cité par M. de Manlde, Bulletin historique et archéolo- 
ffique de Vauduse, 1. 1 (1879), p. 16!, n. 2. 

3. Lionii, toc. cit., p. 159. 

4. Ordenam e stataim que quiscum Sarrahi franc qtie sie 
en Gathalanya port los cabells gercenats e toits en redon o 
en cercle, per ço que sie conegut entre los Ghristians : e si 
algnn Sarrahi aço no servara, pac per pena el senyor del loc 
bon sera aqnel Sarrahi sioc sous, e si pagar nols pot o no 
▼ol, prena en la^laça deu açots. (Constitutions y altres drets 

de Oathalunya superfluos, contraris y corregits Gort de 

Lerida, 1300, chap. xii. Barcelone, 1589, p. 8.) 



f2jf( iB8 SI61IB8 D*IEVri]n£ 

relatives au digne. Nous tes ti^ouverons soumis à 
la même réglementatîoD , l'objet des mèaies exeuqp* 
tions, il est vrai, mais aussi exposés à des rigueurs 
telles que le sort des Juifs comparé au leur sera 
enviable. C'est encore l'Église qui aura pris l'ini» 
tiative d'imposer le signe aux hérétiques. 

Il est fait, pour la première fois, officiellement 
mention du signe des hérétiques au concile de 
Toulouse, de 1S1S19. Le statut 40 de ce concile 
prescrit qu'ils devront, pour témoigner qu'ils ont 
renoncé à leurs anciennes erreurs, porter deux 
croix sur la poitrine, l'une à droite, l'autre à 
gauche, et de couleur différente de celle de leurs 
vêtements^ La même prescription est renouvelée 
par les conciles de Béziers, de 1 233, et de Tarra- 
gone, de 1S14S1^ Celui qui était marqué delà croix 
était dit c crucesignatm^ . i 

1. ... In detestatione quoque veteris erroris daas cruces 
portent de cetero altius prééminentes, alterius coloris quam 
sint vestes eorum, unam a dextris et alteram a sinistris. 
(Sacrosancta concilia, t. XIII, coL 1238.) 

2. lifid., t. XIII, col. 1283 et 1469. 

3. Grucesignata est, est-il dit en parlant d'Alazaîs Debaz, 
de Verzeille, à la date du 27 mars 1249 (Molinier, p. 333). Il 
y avait également des « crucesignati, i mais ceux-ci étaient 
une association pour la répression de Thérésie ; ils portaient 
une croix sur 1 épaule. Leurs statuts, signalés par M. Moli- 
nier, existent dans le ms. 4010 de la bibliothèque du palais 
Trivulce. (Molinier, Études sur quelques manuscrits des biblio- 
thèques d'Italie, p. 68-70.) — Il y avait aussi des religieux 
hospitaliers qui portaient la croix. De même au Puy, il y 
avait, dès le xv* siècle, des donati et des donais, personnes 
qui, moyennant une somme versée ou une pension, vivaient 



At MOIBN à6E. 429 

Il est probable que ces premières mesures 
furent peu efficaces et que, faute d'indications plus 
précises, les hérétiques, comme les Juifs, trou- 
vèrent le moyen de s'y soustraire entièrement, 
au moins de les éluder. Aussi la matière, la cou- 
leur, la place et les dimensions du signe ne tar- 
dèrent-elles pas à être déterminées rigoureuse- 
ment. Les croix furent d'abord au nombre de 
deux ; elles devaient être de feutre jaune, placées 
non plus toutes deux sur la poitrine, à droite et à 
gauche, mais l'une sur la poitrine, l'autre der- 
rière le dos, entre les épaules. Elles devaient être 
cousues sur tous les vêtements des hérétiques, 
excepté la chemise, et être toujours bien appa- 
rentes. Les dimensions prescrites étaient les sui- 
vantes : pour le grand bras, de deux palmes et 
demi de long; pour le bras transversal, de deux 



en commun et avaient la croix. Ces personnes étaient fort 
honorables; souvent les donati étaient prêtres; alors, le port 
de la croix était une faveur et un honneur, dont on pouvait 
être privé à la suite d'une faute. ... Statuimus praeterea quod 
a caetero non erunt in eadem ecclesia seu hospitali praedicto 
nisi novem donati cruce signatl, comprehenso donato Acu- 
leas, et très elemosinarii... Sub pœna privationis crucis tene- 
buntur personaiiter continue interesse in eadem ecclesia 
cum curato... {Statuta ecclesis Aniciensis, du 13 novembre 
1481, p. 169 et 170, aux archives départementales de la 
Haute-Loire, série G, fonds du chapitre de Notre-Dame du 
Pny.) — Item, quod non erunt a cetero in dîcto hospitale 
nisi octo mnlieres donatœ, defferentes habitum et cruce 
signatae. (Ibid.) Il ne faudrait donc pas toujours voir des 
hérétiques dans des personnages figurés avec la croix. 
XLIX 9 



480 tB8 StaRBS D^IIfFiMIB 

palmes; de trois doigts de largeur pour chacun. 
Les hérétiques étaient tenus de porter ces croix 
aussi bien dans l'intérieur de leurs demeures qu'au 
dehors, de les réparer et de les remplacer lors- 
qu'elles étaient déchirées ou usées'. 

Le concile de Béziers, de 1246, fixa le nombre 
de ces croix à trois pour les hérétiques condam- 
nés; la troisième devait être également de couleur 
jaune et de grandeur suffisante. Les hommes la 
portaient à leur chaperon et les femmes à leur 
voile^. Un hérétique enfreignait-il une quelconque 
de ces pirescriptions, il était bien vite rappelé à 
la stricte observation du règlement. C'est ainsi 
que nous voyons, le 27 avril 1 252, donner l'ordre 
à la femme Fournier de porter des croix de la 
grandeur fixée {débite quantitati$y . 

Le port des croix était considéré avec raison, 
aussi bien par les inquisiteurs que par le peuple 

i, Imponimus et injungimus vobis... quod in omni veste 
veetra, excepta camisia interiori, portetis perpelno duas cruces 
de filtro crocei coloris, unani anterius ante pectus et aliam 
posterius inter spatulas; sine qaibus prominentibus seu appa- 
rentibus intra domum veL extra nullatenus incedatis. Qua- 
rum quantilas sit ia longitudine duorum palmorum et dimidii 
brachiam unum et duorum palmorum aliud brachium, scili- 
cet transversale, et trium digitorum in latitudine utrumque 
brachium, easdemque continuo reficiatis vel innovetis, si 
rumpantur aut deficiant vetuslate. [Practica, III* pars; 
Molinier, p. 411; éd. Douais, p. 37, 99 etpasHm,) 

2. ... £t si fuerint vestiti haeretici vel damnati, portent 
crucem tertiam competentis quantitatis seu coloris ejusdem 
ittcaputiovelinvelo. {Saerosancia concilia, t. XIV, col. 4246.) 

3. Molinier, p. 412. 



IV nom À6«. 484 

et les hérétiqaes, comme la peine la plus humi- 
ËaDte qui pût être ÎDfligée. Il occupait le troi- 
sième degré dans l'échelle des peines édictées 
contre eax; s*il venait après les peines cano- 
niques et les peines mineures, celles-ci compre* 
nant les amendes et les oeuvres pies, il était, avec 
les pèlerinages et la flagellation, au nombre des 
peines infamantes. 

Il n'y avait plus après elles que les peines 
majeures, la prison, la confiscation ou le bûcher. 
Un des moindres inconvénients auxquels étaient 
exposés les porteurs de croix, c'était d'être voués 
à la risée publique, d'être en butte aux vexations, 
au mépris et à la honte. Et il fallait qu'on eût 
bien vite reconnu que le but avait été peutrêtre 
dépassé, puisque le concile de Béziers, de 1246, 
interdisait qu'ils fussent tournés en dérision^. 

1. ... Qnodrca statuimus et in Tirtate sancti Spiritus inhi- 
bernas ne pœnitentibus quibas craces pro crimine hseresis 
impoDuntur, irhsio ulla fiât, nec a locis propriis, sen corn- 
mnnibus commerciis excludantar, ne retardeinr conversio 
peccatoram (Concile de Béuers, de 1246, Sacrosaneta concilia, 
t. XIV, coL i£46). — Frater Bernardas, inqoisitor beretice 
praTîtatis... precipimus et mandamus ne taies de tali loco 
(exprimantnr nomina) quibus tanqnam penitentibns, in peni* 
tentiam et nomine penitentie, per nos, vel sic per inqaisi- 
tores, predecessoree nostros, cruces sont imposite ad portan- 
dam et pen^rinationes injuncte ad faciendum, pro biis in 
qaibns in facto sen crimine beresis commiserant, aliqnis 
andeat irridere, nec a.locis propriis seu communibas com- 
merciis excludere vel quoqao modo aliter molestare, ne ex 
boc retardetur conversio peccatoram... (PracUca, II* pars; 
Molinier, p. 414; éd. Doaais, p. 100.) 



432 LES SIGNES d'INFIMIE 

Leurs intérêts matériels s'en trouvaient lésés, ainsi 
que les inquisiteurs eux-mêmes ont été amenés à 
le constater, dans des actes d'exemption du port 
des GToix^. Aussi n'y a-t-il sortes de moyens dont 
quelques-uns n'aient usé pour se débarrasser de 
cette marque d'infamie. Tantôt c'est une bonne 
fenune, Guillemette Ëonet, qui donne trois oies à 
Bérengère, femme de P. -G. Morlana, dans l'espé- 
rance que cette dernière la fera exempter par 
l'évêque de Garcassonne de porter les croix aux^ 
quelles elle avait été condamnée^. Raimonde Mani- 
facier, de Sauzens, veuve de Raimond Copier, 
comparaissant devant l'inquisiteur sans ses croix 
et interrogée pourquoi elle ne les portait pas, 
conmie elle y était tenue par son propre serment, 
répond que ses croix étaient usées et qu'elle 
n'avait pas de quoi en acheter de nouvelles; 
qu'elle en avait sur sa cape, mais que sa maîtresse 

i. Forma ad deponendum craces extra sermonem non 
simpliciter, sed ad tempus, ex aiiqua pia causa. Tenore pre- 
sentium pàteat Ghristi fidelibns universis quod nos, frater 
talis N., ordinis Predicatorum, inquisitor heretice pravita- 
lis, etc., piis bonorum virorum precibus inclinati ; vel sic, 
compacientes senectuti ; vel, infirmitati talis N., de tali loco; 
vel, liberis ejus, ut eis posset melius seu commodius subve- 
nire; vel, filias maritare; et sic de consimilibus causis que 
exprimi poterunt in boc loco ; moti intuitu pietatis, ad tem- 
pus dedimus eidem N. lîcentiam non portandi cruces de fil- 
tre, que olim fuerunt sibi per nos, vel, per talem inquisito- 
rem, in penitentiametnominepenitentie injuncte et imposite 
ad portandum, etc. {Practica, U^ pars; Molinier, p. 401; 
éd. Douais, p. 53 et 54.) 

2. Déclaration du 9 juin, citée par M. Molinier, p. 299. 



IV MOnN A«E. 4BS 

Âve, feirane de Laurent Ghatmar, loi avait défendu 
de mettre cette cape et lui en avait donné une 
dépourvue de croix, avec ordre de s'en servir^. 
Le concile de Toulouse, de 12S9, ne dispense, 
en principe, du port de la croix que ceux qui 
pourront justifier, par lettres de leur évèque, qu'ils 
se sont réconciliés avec TÉglise^, et les peines 
les plus sévères sont édictées contre les délin- 
quants^; tantôt la confiscation est prononcée^; 
tantôt l'intardit est lancé, comme ce fut le cas, 

i. Molixiier, p. 412. 

2. ... Nec propter croces excusetur aliquis, nisi habeat 
litteras sui episcopi testimoniales de reconciliatione ipsius 
(Soùrosancta eoneilia, t. XUI, col. 1238). 

3. Item de illis qui propria temeritate crucem deponunt 
sibi impositam propter haereticorum pravitatem, statuimus 
quod sine spe misericordiae crucem resumere compeliantur, 
ita quod inquisitores yel iUi qui prsesunt negotio eis ultra 
non posaint facere gratiam super crucem. Et si moniti cru- 
cem resumere noluerint, tanquam hœretici judicentur... 
(Concile de Valence en Dauphiné, de 1248, Sacrosancta con- 
cUia, t. XrV, col. 115-116). 

4. Item reconciliati de bseresi qui duas cruces prominentes 
ad mandatum episcopi portare noluerint pro bœreticis babean- 
tor et bona eorum confiscentur (Concile de Béziers, de 1233, 
Saerosancia concilia, t. XIII, col. 1283). — ... Etetiamsi de 
reconciliatione constiterit, nisi cruces super hoc a suo epis- 
copo admoniti ad portandum assumpserint, aut assumptas 
authoritate sua propria deposuerint, aut cum exteriua super 
vestes extraque partem pectoris anterius prominentes por- 
tare debeant, eas celare intra vestes deprehensi fuerint, poena 
simili puniantur (confiscatione), et tamen sive bona habue- 
rint, sive non, ad hoc modo debito compeliantur {Siatuia 
Raimundi oomitis Tolosani, an. 1233, Sacrosaneta concilia, 
t. Xm, col. 1279). 



43Â LKS 8IG1II8 d'IHFAIUB 

par exemple, pour la femme Foumîer, qui ne 
portait pas les croix de la grandeur réglemen- 
taire^; c'est la flagellation qui sera prescrite par 
le concile de Narbonne, de 1235, comme complé- 
ment du port de la croix'. C'est ce qui arriva à 
un nommé Ulysse, de Cabaret, qui avait obtenu, 
le 6 octobre 1 251 , de Févèque de Carcassotme la 
permission de déposer jusqu'à Noël les croix, 
qu'il devait reprendre sans attendre l'ordre de 
l'évèque ou de tout autre. Mais comme il s'était 
bien gardé d'en rien faire, les inquisiteurs le con- 
damnaient, le 26 janvier 1 252, à venir à Carcas- 
sonne, le dimanche de la Septuagésime, pour 
visiter toutes les églises du bourg, en allant de 
l'une à l'autre, nu-pieds, en chemise et en braies, 
avec une poignée de verges dans la main, et à 
en faire autant le prenper dimanche de chaque 
mois, jusqu'au moment où il s'embarquerait pour 
le voyage d'outre-mer ^. Enfin, l'emmuration était 
encore une des peines imposées à ceux qui ces- 
saient de porter les croix ou les dissimulaient. Elle 

i. Sentence du 27 avril 1252, citée par M. Molinier, p. 388. 

2. ... His [hœreticis] pœnitentias injungatis, yidelîcet ut 
cruces portent, qnoque dooiinica die inter epistolam etevan- 
^liam vestibas aiiquibns denudati, prout visum fuerit pro 
qoalitate temporis faciendum, sacerdoti parochiaB suse mis- 
sam celebranti cum virgis in manu publiée se prsesentont 
ibique recipiant disciplinam et idem faciant in omni proces- 
sione solemni {Sacrosancta concilia, t. XIII, col. 1328; — 
Fraciioa, III* pars; Molinier, p. 419. — Gf. concile de Bésciers 
de 1246, Sacrosancta concUia, t. XIV, col. 1246). 

3. Molinier, p. 416. 



iU VOTIR las. 435 

fiit infligée à Arnaud de Savinhac, de Tarasoon de 
l'Âriège, qui, cité pour ce fait devant les inqui- 
siteurs, le 14 mai 1323, avait beau affirmer qu*il 
les portait, les jours de fête, sur son manteau et 
que, les autres jours, il les déposait lorsqu'il était 
à son travail, mais qu*il les reprenait en revenant ; 
il avouait cependant être allé à Tarascon sans ses 
croix*. 

Pour les relaps, pour ceux qui rejetaient leurs 
o^oix sans autorisation, les inquisiteurs avaient 
imaginé une peine tout à fait raffinée. Puisqu'ils ne 
savaient pas se contenter de deux croix, ils en 
porteraient quatre. C'est en effet à quoi fut con- 
danmé Gaillard Vassal, de Salsigne, par sentence 
du 3 mars 1SIS3. Outre les croix ordinaires qu'il 
était tenu d'avoir sur ses vêtements, ordre lui fut 
donné d'avoir sur son chaperon deux croix, cha- 
cune d'un palme, et il était condamné à avoir 
chez lui et dehors ledit chaperon avec les croix. 
De plus, chaque dimanche du carême de cette 
année, il devait visiter toutes les églises du boui^, 
c'est-à-dire de la ville basse de Garcassonne, en 
chemise et en braies, les pieds nus, avec des 
verges dans la main et coiffé du chaperon^. Enfin, 
le concile de Béziers, de 1S46, enjoignait aux 

1. Molinier, Études sur quelques manuscrits des bibliothèques 
d'Italie, p. 107. — V. dans la Praetiea, I* pars, la Forma 
alia specialis eiiaTidi aliquem crueesignatum qui dicitur aufU" 
gisse, etc., éd. Douais, p. 3, 4, 6, il et 12. 

l. Molinier, p. 418 et 419. 



436 LES SIGlfBS d'infamie 

relaps, ou à ceux qui auraient poussé les autres à 
retomber dans l'hérésie, de mettre au-dessus des 
deux croix quMls portaient déjà sur la poitrine et 
derrière les épaules un bras transversal de la 
largeur d'un palme et de la même étoffe ^ C'est la 
croix double qui fut imposée, le 6 mai 4S46, par 
les inquisiteurs Bernard de Gaux et Jean de 
Saint-Pierre à Raimond Sabbatier, — qui avait 
été condamné à la prison perpétuelle, — pendant 
tout le temps qu'il restera avec son père infirme, 
bon catholique et pauvre. Cette croix, Sabbatier 
devait la porter sur tous ses vêtements, en même 
temps qu'un manteau noir^. 

J'ai dit plus haut qu'il y eut parfois des adou- 
cissements aux mesures de rigueur prises contre 
les hérétiques. Les uns furent dus aux démardies 
d'hommes influents^; les autres furent peut-être 

1. Et si forte dejeraverint aut induxerint alios ad dejeran- 
dum, portent in superiori parte duanim cmcum (quas portare 
habent in pectore et inter scapulas) brachiam transversale 
palmi unius vel circa. {Sacrasancta concilia, t. XIV, col. 1246. 
— ■ Cf. Practica, éd. Douais, p. 89, etc.) 

2. MoUnier, p. 73. 

3. Balle d'Innocent IV à l'archevêque de Narbonne, du 
43 janvier 1240 : Ârchiepiscopo Narbonensi. Sincère devo- 
tionis alTectus quem dilectus iilius nobilis vir... cornes Fuxen- 
sis ad personam nostram et Homanam gerit ecclesiam nos 
inducit, ut ejus precibus, quantum cum Deo possumus, 
annuamus. Hinc est quod nos, ipsius supplicationibus incli- 
nati, mandamus quatinus, vocatis inquisitoribus in Narbo- 
nensi provincia contra hereticos a Sede apostolica deputatis 
et ipsorum requisito consilio, sex personis infamatis de heresi 
vel propter hoc cruces in signum penitentie deferentibus, 



spontanés ou dictés par un sentiment de com- 
passion divers des vieillards, des infirmes, pour 
permettre à un malheureux hérétique de marier 
ses enfants ^ Hais les exemptions de porter la 
oroix sont rarement absolues; le plus souvent, 
elles sont conditionnelles^; heureux étaient ceux 
qui pouvaient payer ces exemptions à prix d'ar- 
gent ou les acheter par une faveur quelconque. 
Le 7 Doai 1254, Guillaume Fiord, de Gavanac, 
semble avoir obtenu exemption absolue de por^ 
ter la croix^. Le 30 novembre 1 250, Pierre Pelha, 
de Gouffioulens, était autorisé à déposer ses croix 
jusqu'à son retour de France où il voulait aller, 
mais, après son retour, il devait se présenter, 
dans le délai de huit jours, à Tévèque de Garcas- 
sonne et, conformément à sa volonté, reprendre 
ces <Toix ou bien d'autres^. 

qnas idem cornes tibi doxerit exprimendas, dnmmodo non 
condemnate de ipsa, vel propter hoc perpetuo carceri depa- 
tate, nec ob id in predicta provincia scandalnm generetar, 
injungas auctoritate nostra peniteniiam congraentem eis que 
craces déferont vol sunt immatate, ad tempus hujnamodi 
peniteniiam commutando. Reservamus autem nobis ut peni- 
teniiam quam personie eisdem injunxeiis, si earam saluii 
expedire noverimus, aggrayemus. E^t. Lngduni idibus janua« 
ni, anno V* (Registres S Innocent IV, éd. Berger, n* 3530, 
p. 530-531). 

1. Voy. la noie 1 de la p. 432. 

2. V. dans la PracHca, U* pars, la Forma littere testimo^ 
nialis de amovitione seu depositione crueum facta publiée in 
sermone, etc., éd. Douais, p. 36, 37, 50, 51, 52, 53 et 89. 

3. Molinier, p. 388. 

4. Molinier, p. 415. 



43S LB8 9I61fE8 d'INTAIUB 

L'exemptioo avait été accordée par le oondle 
de Béziers, de 1246, à ceux qui passeraient en 
Palestine contre les Infidèles, mais à la condition 
qu'ils porteraient les croix jusqu'au débarquement 
et qu'ils les reprendraient en se rembarquant pour 
le retour. Ils devaient également porter leurs croix 
dans les lies ^. Le pape Innocent IV, le 4 décembre 
1SI47, autorise, comme commutation de peine, le 
passage en Terre sainte^; le 30 avril 4848, il 
adresse à l'évéque d'Âgen une bulle relative au 
même objet'. 

lies pèlerinages pouvaient cependant entraîner 
la rémission complète du port des croix, sans 
doute pour ceux qui avaient donné des gages 
suffisants de repentir. Il y avait les pèlerinages 



1. Qui autem transfretare debebunt, portent cmcespredie- 
tas, donec applicuerint ultra mare, et eas ulterius non teuean- 
tur portare, donec in littore transmarino navem ad redenn* 
dum intrantes résumant easdem circa mare et in mari et in 
Insalis eas exinde perpétue portent {Sacrosaneta eoneilùi, 
t. XIV, col. 1246). 

2. Archiepiscopo Auxitano. Gum, sicut accepimus, non- 
nulli de terris dominio diiecti filii nobilis viri... comitis 
Tolosani subjectis, agentes injunctam ad tempus eis pro 
heresi penitentiam, muro clausi existant, alii veroinsignnm 
penitentie crucem ferre ad tempus similiter teneantur, nos 
fratemitatî tue presentium tenore committimus ut, si taies 
voluerint signnm crucis assumere ac in Terre sancte subsi- 
dium personaliter proficisci, posais hujusmodi eorum peni- 
tentias in dictum subsidium commutare. Dat. Lugduni, 
n nonas decembris, anno V« {Begistres d'Jnnoc$nt IV, n« 3248, 
p. 527). 

3. Registres ^Innocent IV, n« 3248, p. 527. 



ÀV VOTBN A<HS. 439 

majeurs et les pèlerinages mineurs; les premiers 
entralndent FoblîgatioD d'aller hors de France et 
de visiter une des quatre églises suivantes : Saint- 
Jacques de Gompostelie, Saint-Pierre et Sabt-Paul 
de Rome, Saint-Thomas de Gantorbéry et les 
Trois-Rois de Cologne. Pour les pèlerinages 
mineurs, il suffisait de visiter les églises de Roca- 
madour, de Notre-Dame du Puy, de Notre-Dame 
de Vauvert à Montpellier, de Notre-Dame des 
Tables à Montpellier, de Notre-Dame de Sérignan, 
de Saint-Guillem du Désert, de Saint-Gilles, de 
Saintr-Pierre de Montmajour, de Sainte-Marthe 
de Tarascon, de Sainte-Marie-Madeleine à Saint- 
Maximin, de Saint-Antoine de Vienne, de Saint- 
Martial et de Saint- Léonard en Limousin, de 
Notre-Dame de Chartres, de Saint-Denis et de 
Saint-Louis dans l'Ile-de-France, de Saint-Séve- 
rin de Bordeaux, de Notre-Dame de Souillac» de 
Sainte-Foi de Conques, au diocèse de Rodez, de 
Saint-Paul de Narbonne et de Saint-Vincent de 
Castres. Ceux qui étaient condamnés à faire le 
voyage d'outre-mer devaient s'embarquer au plus 
prochain départ^. 

Malgré les rigueurs déployées par l'Inquisition, 
il y avait avec elle des accommodements. 

1. Practica, I* pars, fol. i3 B; III" pars; Molinier, p. 404- 
406; éd. Douais, p. 37, 38, 94, 97 et 98. — V. aussi dans la 
Practica, U* pars, la Forma litUre de penitentia arbiiraria in 
sermone ptiblieo impasila seu injuneta de peregrinaiionibus 
faciendis sive crucilms portandis, etc., éd. Douais, p. 40, 
hîeibi. 



440 LES SlfiHES d'infamie 

Le 9 jttin 13IS6, Arnaud Gat dédarah. avoir 
donné à Guillem-Ârnaud Bomh, scribe du tribu- 
nal dMnquisition, la somme de vingt sous et des 
souliers, pour lui avoir obtenu Tautorisation de 
déposer ses croix. Bomh confirma lui-même cette 
déclaration ^ 

Le même jour, R • Maurel déclarait que sa fenuDe 
ayant été condamnée à porter les croix, mais 
ayant obtenu un délai, sur les instances de Tabbé 
de Montolieu, elle avait adieté, pour le prix de 
dix sous, des pierres toutes taillées et en avait fait 
don à Guillem Jourdan, neveu deTabbé^. Enfin, 
le même jour encore, B. Saissac déclarait avoir 
remis à un moine, R. d'Âlzan, qui les lui deman* 
dait, une somme de vingt sous, parce qu'il avait, 
encore sur les instances de l'abbé de Montolieu, 
obtenu de Févêque de Garcassonne d'être dispensé 
de porter les croix ^. Mais il est juste d'ajouter 
que des démarches faites, moyennant une pro- 
messe de cent sous de Melgueil et de six deniers 
de cens annuel et perpétuel par Raimond Sabba- 
tier, sans doute celui dont il a été parlé plus haut, 
auprès de Bernard de la Tour, chevalier et parent 
de l'évéque de Garcassonne, et auprès des inqui- 
siteurs, demeurèrent sans résultat. Bernard avait 
déjà reçu trente-trois sous sur la somme promise. 



i. Molinier, p. 30i. 

2. Ibid., p. 302. 

3. Ibid,, p. 303. 



iïï MOT» A6E. 444 

mais RaîmiHid dut se résigoer à rester marqué du 
signe d'infamie^. 

La rémission pouvait être révoquée en cas 
d'indignité. Guillem Bérenger, d'Âraens, en fit 
l'expérience. Pour avoir refusé d'arrêter sur la 
place publique de Limoux Raimond Monit, d'Ar* 
zens^ qu'il savait être hérétique et échappé à l'In- 
quisition, il fut, comme indigne de la grâce qui 
lui avait été faite, condamné à reprendre ses 
croix^. Enfin, l'application de la peine de la croix 
pouvait se faire sentir même après la mort des 
condamnés. Nous voyons en efibt Bernard Âlgai, 
Arnaud Guillem, Pons Gerda et Guillem de 
Marcdlenx, otés par les inquisiteurs, requis de 
prendre sur les biens de feu Raimonde Barbaira, 
qui avait été condamnée aux croix, de quoi 
payer une compensation pour les pèlerinages qui 
lui avaient été imposés de son vivant^. 

Les Juifs qui s'étaient mis dans le cas d'avoir 
à compter avec les inquisiteurs n'étaient pas 
soumis aux pèlerinages, ni au port des croix. Ils 
étaient condamnés à une amende qui était appli- 
quée en oeuvres pies^. 

Je n'ai pas trouvé de représentation figurée 
d'hérétiques portant les croix. M. Gh. Molinier, 
à qui je me suis adressé, m'informe qu'il n'en 

i. Molinier, p, 299. 

2. Ibid., p. 321. 

3. Ibid., p. 365. 

4. Practiea, U* pars, éd. Douais, p. 50. 



442 LES BIGIIKS D^nrPAllIE 

oonnalt pas. J'appelle Tattention des diereheors 
sur ce sujet qui a bien son intérêt. 

Heureusement, pour rhooneur de rhumaDité, 
ces signes paraissent avoir été localisés dans la 
région et seulement pendant le temps où sévit 
l'Inquisition. 

Il ne reste presque plus rien des archives de 
l'Inquisition et il est assez difficile de savoir ^ le 
nombre des hérétiques ainsi frappés fut considé- 
rable. Nous n'avons à ce sujet de données précises 
que pour une région comprenant quarante locali- 
tés, dont trente-trois font partie du département 
actuel de l'Ariège, et pour une période de moins 
de huit années (juillet 1318-octobre 1325). Ces 
indications sont fournies par le Processus contra 
hereticos Yaldenses, ms. 4030 de la bibliothèque 
du Vatican, qui renferme les procédures dirigées, 
présidées par Jacques Fournier, évèque de 
Pamiers (1317-1326), puis pape sous le nom de 
Benoit XII, ou faites lui étant évèque. Voici, d'a- 
près ce ms., analysé très consciencieusement par 
M. Charles Molinier^, les noms des porteurs de 
croix qui y figurent, parmi les quatre-vingt-neuf 
accusés, dont cinq furent brûlés et vingt-cinq 
emmurés : 

Par sentence du 4 juillet 1 322, < Berengarius 
Scola, de Fuxo; Arnaldus Gogul, de Lordato; 
Petrus Majoris, de Ravato, » furent condamnés 

i. Études sur quelques manuscrits des bibliothèques tf Italie, 
p. 89 et suiv., 175 et suiv. 



AU HOmi AAI. 44S 

aux crpix simples, au lieu de FeurniuratiiMi qui 
leur avait été infligée par sentence du 8 mars 4 321 . 

Furent condamnées aux croix doubles : c Bea* 
trix, uxor Othonis de Ecclesia quondam, de 
Adalone; Grazida, uxor Pétri Licerii quondam, 
de Monte Âlionis ; Guilielma, uxor quondam Ber- 
nardi Benêt, de Ornolaco » (S août 1324) ; — 
aux croix doubles, avec pèlerinages mineurs : 
< Guillerma, uxor Pétri Glerici quondam, de 
Monte Alionis; Mengardis, uxor Bernardi Bus^ 
calh, de Pradis in Âlione » (même jour) ; — par 
sentence du 19 juin 1323, aux croix doubles : 
c Ramondiis Gicredi, major dierum, de Asco ; Ber- 
nardus Lanfredi de Tinhaco; » — aux croix 
simples : < Rarounda, uxor Bernardi de Pujolibus, 
de Ascon, filiaque quondam Pétri Michelis de 
Pradis^. » 

Toutes les localités d'où ces malheureux étaient 
originaires : Foix, Lordat, Rabat, Dalou, Mon* 
taillon, Ornolac, Âscou et Tignac, sont du dépar- 
tement de l'Âriège. 



Indépendamment des croix, Thérésie albigeoise 
a donné lieu à plusieurs autres espèces de signes 
non moins curieux. Il y en avait un imposé aux 
faux témoins. Ceux-ci devaient d'abord être 

1. Études sur quHques manuserits des Mbliaihèques d! Italie, 
p. 198-202. 



444 LES SIGIfES B'IIVPIMIB 

exposés publiquement, pendant plusieurs jours et 
généralement le dimanche. Les mains liées, la tète 
nue, ils demeuraient attachés au sommet d'une 
échelle pendant la matinée et une partie de l'après- 
midi. Les vêtements qu'on leur laissait portaient 
quatre langues de drap rouge, deux par devant, 
deux par derrière, d'une longueur d'un palme et 
d'une largeur de trois doigts. Ce signe était porté 
même en prison et celui qui y était condamné était 
obligé de l'entretenir ou de le renouveler, ainsi 
qu'il était prescrit pour les croix ^ 

Les faiseurs d'incantations et de maléfices au 
moyen de l'Eucharistie portaient aussi un signe : 
c'étaient deux morceaux de feutre de couleur 
jaune, taillés en forme d'hostie et attachés au 
vêtement de dessus, l'un sur la poitrine et l'autre 
entre les épaules ; ils devaient être toujours aussi 
apparents que possible. Ce n'est ni plus ni moins 
que la roue primitive des Juifs. Il y avait obliga- 
tion rigoureuse pour ceux qui étaient condamnés 
à ces signes de les porter constamment, de les 



i. ...'Et insuper falsam testem predictum, cum duabus 
lingttis de panno rubeo, unius palmi et dimidii ia longitu- 
dine et trium digitoram in latitudine, ante in sao pectore, 
etduabns posterias inter spatulas pendentibus, ... nichilo- 
minus injungentes et mandanles eidem quod in omni veste 
sua superiori portât perpetuo dictas iingas, sine quibus 
prominentibus extra vel intra domum aut carcerem non 
incedat, et eas reficiat si rumpantur, aut renovet, si et 
quando consumpjte fuerint vetustate {Praetica, m* pars; 
Molinier, p. 423; éd. Douais, p. 105). 



AU MOTBA A6£. 445 

entretenir et de les renouveler, comme les croix 
et les langues ^. 

Les religieux et les prêtres, qui se rendaient 
coupables de maléfices, de sortilèges et d'idolâ- 
trie, étaient condamnés à porter sur leurs vête- 
ments de dessus quatre figures de feutre jaune, 
deux sur la poitrine et deux entre les épaules^ ; 
pour ceux qui avaient baptisé des figures de cire 
selon les formes rituelles, on ajoutait aux figures 
de feutre deux vases, l'un devant, l'autre der- 
rière^; enfin, le prêtre qui administrait de nou- 
veau le baptême à des chrétiens était condamné 
à porter constamment sur son vêtement supérieur 



1. Forma sententie immurationis cum signo hostie rotuûde 
contra personam aliqnam, que -de et cum corpore Ghristi 
sortilegium aut maleficium perpetravit... Portetque perpetuo 
in omni veste sua superiori figuram unius hostie rotunde de 
filtro crocei coloris ante pectus et aliam rétro inter spatulas, 
sine quibus apparentibus intra vel extra domum seu carce- 
rem deinceps non incedat, in detestationem commissi cri- 
minis circa hostiam consecratam, et ut sit ei in yelamen et 
confusionem oculorum çt aliis in ezemplum (PracHca, 
III> pars; Molinier, p. 424; éd. Douais, p. 159). 

2. ... Portetque perpetuo in omni veste sua superiori duas 
ymagines sen figuras ymaginum de fittro crocei coloris ante 
pectus et duas rétro inter spatulas dependentes, sine quibus 
apparentibus intra vel extra carcerem deinceps non incedat, 
in detestationem factionis talium ymaginum... {Practica, 
lU* pars, éd. Douais, p. 154). 

3. ... Portetque... duas figuras ymaginum cum uno urceolo' 
de filtro crocei coloris ante pectus et duas rétro inter spatulas 
cum altero urceo dependentes {Practica, in<^ pars, éd. Douais, 
p. 158). 

XLIX 40 



446 LES SIGNES D'iNFiMlE 

un petit vase ou un citron (?) de feutre jaune sur 
la poitrine et un autre entre les épaules ^ 

Quand un hérétique, condamné à la prison, 
était, par décision gracieuse, mis en liberté pro- 
visoire, il était tenu de porter sur ses vêtements, 
devant et derrière, un marteau d'étdffe jaune, et 
non rouge, comme M. Molinier Fa écrit, sans 
doute par suite d'un lapsus^. 

Enfin, les faussaires, coupables d'avoir altéré 
des lettres d'inquisition, étaient condamnés à être 
exposés publiquement, surtout les jours de foire, 
avec une lettre sur la poitrine. Ce châtiment fîit 
infligé à un certain Guillem Maurs, condamné à 
Pamiers, les 2 et 3 juillet 1 3S3, par les inquisi- 
teurs Bernard Gui et Jean de Beaune^. 

m. 

Les signes des Lépreux, Gagots, Gàqueux, etc. 

Les lépreux étaient obligés, comme les Juits, 
d'avoir un vêtement spécial. Il se composait d'une 

1. ... Portetque perpetuo in omtii yeste sua superiori 
urceolum seu citrellum unam de filtro crocei coloris ante 
pectus dependentem et alium rétro inter spatulas... {Prac- 
tica, III<^ pars, éd. Douais, p. 155). 

2. ... Intérim vero medio tempore, portet signum martelli 
de filtro crocei coloris ante in pectore et rétro inter spatulas 
in veste superiori, in signum et testimonium quod adhuc est 
de muro; sine quo intra yel extra domum aliquatenus non 
incedat (Practica, ni" pars; Molinier, p. 425). 

3. Molinier, p. 425 et 426. 



iD liOTB!f A6£. 447 

tunique ou manteau et d'une robe appelée housse 
ou escJavÎDe^ ; il était généralement gris^, quelque- 
fois noir. Un chapeau, quelquefois d'écarlate, 
d'après M. GhérueP, ou un capuchon faisait aussi 
partie du costume^. Au nombre des quelques 
objets donC Tusage leur était laissé, comme la 
besace^, le cabas, etc., à Joulouse ou à Castres^ 
par exemple, se trouvait une crécelle, c diquette » 
ou morceaux de bois que le lépreux frappait Tun 
contre l'autre pour avertir de son approche. Les 
passants s'éloignaient afin d'éviter la contagion \ 

Un concile provincial, tenu à Marciac, le 6 dé- 
cembre 1 330, par Guillaume de Flavacour, arche- 
vêque d'Audi, prescrivait, entre autres choses^ 
aux lépreux, comme aux Juifs, de porter un signe 
évident qui pût les faire distinguer^. 

Mais quels étaient les signes qu'on imposait 
aux lépreux ? Bien que j'aie feuilleté nombre d'in- 



i. Ghéruel, DicHonnaire historique des institutions, mœurs 
$t coutumes, t. II, p. 651, y« Lépeosebie. 

2. Larousse, v* Lèpre. 

3. Coutume de Hainaut, citée par Ghéruel, loc, cit. — A 
Mézières, il était aussi de camelîn gris (communication de 
M. Laurent, archiviste des Ârdennes). . 

4. Op. cit., Yo LèPRB. 

5. Ibid., y Ladre, et Coutume de Hainaut, citée par lui. 

6. Revue du département du Tarn, t. I, p. 318; — Annales 
de la ville de Castres, par Louis Barbaza, p. 264 . 

7. Coutume de Hainaut, Ghéruel et Barbaza. 

8. ... Et tam Judei quam ipsi [leprosi] signa patencia def- 
ferant ut ab aliis discemantur {Livre rouge du ciiapitre d'Auch, 
aux archives départementales du Gers, G. 19, fol. 22 v*}. 



448 LBS SIGRISS D^lNl^AiriE 

ventaires d'ardiives, d'histoires de villes, de sta- 
tuts municipaux, etc., je n'ai trouvé que très peu 
de textes précis se rapportant à ces signes. Je 
vais signaler ceux qui sont parvenus à ma con- 
naissance. 

A Castres, comme les lépreux admis dans la 
maladrerie de Saint-Qarthélemy avaient pu en 
sortir librement, les consuls, craignant que leur 
contact ne devint contagieux, émirent, en 1355, 
une ordonnance qui enjoignait aux lépreux de 
prendre un signe distinctif, afin de permettre aux 
habitants de se tenir en garde contre leur contact. 

Cette ordonnance était ainsi conçue : « Item, 
€ Que negus malaute de malautia ni autre que 
a venga aqui per estar ne auze intrar dins la dicha 
€ vila, si donx que porte per senhal un drap blanc 
< al col et las tabastells el cabas, en la forme que 
€ fan a Tholosa, ni auze, can seran dins la vila, 
€ tocar ni mazancerar neguna causa victual, sots 
c pena de corre la vila. (Qu'aucun malade de ladite 
€ maladrerie, ni de ceux qui viennent pour y 
€ rester, n'ose entrer dans la ville, s'il ne porte 
c un drap blanc au cou, les cliquettes et le cabas, 
€ comme à Toulouse. Qu'aucun des ladres qui 
c seront dans la ville n'ose toucher ni manier 
c aucune espèce de vivres, sous peine de courir 
€ par la ville ^.) > 



1. Revue du département du Tarn, i. I, p. 318 ; — Barbaza, 
Annales de la ville de Castres, p. 261. 



ÂV VOnif A6B. 449 

Celte ordonnance était encore en vigueur à 
Castres plus de deux cents ans après, car, en 
1561, le 13 septembre, un ladre de cette ville 
fut rappelé à l'observation du règlement dans les 
circonstances suivantes, qui sont assez curieuses 
pour être rapportées : 

< ... De tant quil a esté averti que ledit Donarre 
€ (ladre majorai de Thôpital de Castres) va par les 
c maisons de ladite ville de Castres panser et 
c apprendre les aleures aux chivals sans porter 
c leur merque (des ladres), qui est un grand 
€ escandale dont s'en pourroit ensuivre grand 
c dommage, requiert lui estre fait inhibitions et 
c défenses de ne aller ni fréquenter par les mai- 
« sons de ladite ville, ni autrement aller par icelle 
€ ni ailleurs, sans porter la merque de ladre, à 
c la peine d'estre tiré hors de ladite maison et 
€ hospital. 

€ Appointé qu'il est fait commandement audit 
« Donarre et tous les autres ladres, malades dudit 
« hospital, de tuer ledit chien dans trois jours et 

< néanmoins estre fait inhibitions et défenses de 
€ ne aller, hanter ni fréquenter par les maisons et 
€ habitans de ladicte ville, ni autrement aller par 
€ ladicte ville ni ailleurs, sans porter leur merque 

< de ladre, à la peine du fouet et d'estre tirés 
€ hors de ladicte maison et hospital^. » 

Le 14 mai 1578, le parlement de Bordeaux 

1. Barbaza, Annales de la ville de Castres, p. 300. 



450 IBS siGirss D'mPiMiE 

ordonna aux officiers et consuls de Casteljaloux, 
sous peine de mille écus, de faire un règlement 
contre les lépreux et en même temps contre les 
cagots et de leur faire porter la marque et le signe 
€ qu'ils ont accoustumé de tout temps porter, 
€ sçavoir est auxdits ladres et lépreux les cli- 
< quects. » Les lépreux délinquants étaient, 
comme à Castres, passibles du fouet ^ 

Dans le pays chartrain, à une époque que je ne 
saurais préciser, les lépreux étaient obligés d'avoir, 
comme marque distinctive, un linge blanc sur la 
tète, indépendamment de la cliquette qu'ils avaient 
à la main^. 

Non seulement les lépreux, mais ceux qui les 
entouraient semblent avoir été dans l'obligation 
de porter un signe distinctif. 

Louis Guillard, évéque de Chartres, décida, le 
31 mars 1SS9, que les frères du Grand-Beaulieu, 
établissement qui servit de type pour les maisons 
du même genre, porteraient une grande lettre L 
de drap roux d'un demi-pied de long sur leurs 
robes, du côté gauche, sur la poitrine, et cela 
parce qu'ils vivaient à côté des lépreux, devaient 
les toucher et leur parler ; qu'ils pouvaient être 
infectés et qu'il était à propos qu'ils portassent 
cette marque pour se faire reconnaître. 

1. Francisque Michel, Histoire des races maudites de la 
France et de VBspagne, t. I, p. 208. 

2. Bibliothèque de Chartres, Papiers Lejeune, fasc. 12, 
fol. 139 v«. (Communication de M. R. de Mianville, président 
du comité des conservateurs de la bibliothèque.) 



▲U XOnif AGE. 454 

Les frères clercs et les frères lais appelèrent 
de ce statut. Le S3 décembre 1533, le Parlement 
ordonna qu'il ne serait point exécuté à Tégard 
du prieur et des frères clercs et le confirma à 
regard des frères lais^. 

Nous trouvons aussi dans un règlement du 
31 août 1 531 pour la léproserie de Troyes, inter- 
disant aux lépreux de franchir les barrières de 
Fenclos de la maladrerie, que leurs chambrières 
seules pouvaient sortir et même venir sur le mar- 
ché, mais il leur était interdit de toucher aux objets 
avant de les avoir achetés. Et, afin d'être recon- 
nues, elles devaient porter c sur leur manche, au 
€ lieu le plus apparent, une pièce de drap rouge. » 
L'infraction à cet ordre était punie de prison^. 

Les représentations figurées de lépreux sont 
rares comme les textes. Une très curieuse et 
ancienne, puisqu'elle est de la première partie du 
xm^ siècle, est celle du bas-relief qui ornait 
autrefois le portail de Saint-Julien-le-Pauvre, à 
Paris, représentant S. Julien et S^ Basilisse, sa 
femme, qui passent dans leur bateau Jésus-Christ 
sous la figure d'un lépreux. Le Christ a la tète 
recouverte d'un capuchon; il est revêtu d'une 
tunique ou d'un manteau^. 

i. Bibliothèque de Chartres, Papiers Lejeune, fasc. 12, 
fol. 71. 

2. Harmand, Notice historique sur la léproserie de Troyes, 
pablîée dans les Métnoires de la Société d'agriculture, sciences, 
arts et belles-'leUres de l'Aube, p. 17 et 237 du tirage à part. 

3. Paul Lacroix, les Arts au moyen âge, p. 238. — La 



P^^ 452 



LES SIGNES D IUFAMIE 




Dans le ms. latin 11560 de la Bibliothèque 
nationale (ancien fonds Saint-Germain, n** 57, 
fol. 48, col. 1, fig. 2), du xm* siècle, on voit un 
lépreux encapuchonné, les bras croisés, tenant 
une cliquette. Au fol. 1 28, col, 2, du même manus- 
crit, on voit un lépreux guéri par Jésus-Christ 
qui laisse tomber cet instrument. Le ms.. 592 de 
la bibliothèque de Besançon {Mystère de V Anté- 
christ) représente aussi (fol. 12 v**) un lépreux, 
mais il tient également la cliquette à la main ^ . 



planche ci-dessus a été reproduite à Taide du bois que la 
maison Didot a bien voulu nous communiquer. 
1. Voy. pi. XVI, n- i. 



AU If0n5 A6E. 453 

Le ms. latin 773, du xiV* siècle, qui est un 
psautier écrit en Italie, contient au fol. 33 v^ des 
lépreux, mais sans signe d'aucune sorte. La même 
peinture montre le fleuve le Jourdain, dont les 
eaux passaient pour souveraines contre la lèpre. 
Un lépreux s*y baigne. 

Enfin, le département des estampes possède 
une bannière, aux armes du seigneur de la Gru* 
thuyse, exécutée en 1 503, sans doute pour une 
léproserie ou une confrérie sous le vocable de S. 
Lazare, qui représente de chaque côté des lépreux, 
avec le manteau et le chapeau, mais sans signe sur 
le vêtement. Les cliquettes sont peintes à part. 

De la rareté des textes relativement à Tobliga* 
tion pour les lépi^ux proprement dits de porter 
un signe sur leurs vêtements, on peut conclure 
que cette obligation fut loin d'être générale ^ On 
crut faire davantage, pour préserver de leur con- 
tact, en les forçant d'agiter leur cliquette ou leur 
crécelle à la vue des personnes saines. 

Il faut assimiler aux lépreux une autre classe de . 
malheureux que le peuple, sans trop savoir pour- 
quoi, avait mis au ban de la société. Pour les uns, 
ils étaient contaminés par la lèpre ; pour d'autres, 
c'étaient d'anciens Goths, Sarrasins, Albigeois, 

1. M. le D'Hecht, professeur à la Faculté de médecine de 
Nancy, qui a public un petit travail intéressant intitulé les 
Lépreux en Lorraine, — pour ne citer qu'une province, — ne* 
parle pas du signe en ce qui concerne les lépreux de la région 
dont il s'occupe. 



Juifs métis, etc., etc. Ils n'étaient peut-être, la 
plupart, rien de tout cela, mais il suffisait que 
quelqu'un le crût pour que la masse eût le droit 
de se montrer féroce envers eux. Ce que, sous le 
nom de cagots sur le versant septentrional des 
Pyrénées, de gafets ou gahets dans la Guyenne et 
le Bordelais, d'agotes dans la Navarre, de capots 
ou caasots dans la Gascogne et le Languedoc, de 
chrisHanSy crestiaa^ etc., dans cette partie du Midi, 
de caqueux ou cacous en Bretagne, dans le Maine, 
etc., ces parias de France ont eu à souffrir, sur- 
tout moralement, même jusqu'à une époque rap- 
prochée de nous, on ne saurait s'en faire une idée, 
et ce que Francisque Michel a écrit sur leur con- 
dition dans son Histoire des races maudites de la 
France et de V Espagne est sans doute encore bien 
au-dessous de la réalité. Je ne m'en occuperai 
qu'au point de vue du signe ; les éléments de cette 
partie de mon travail m'ont été surtout fournis 
par l'ouvrage que je viens de citer. 

C'est la Coutume de Marmande, de 1396, qui 
nous fournira le premier texte relatif aux cagots. 
Il leur était défendu d'entrer à Marmande sans 
avoir sur leur robe de dessus une pièce de drap 
rouge, longue d'une darne et de trois doigts d'am- 
pleur et découverte sur le devant, à gauche. La 
contravention à cette prescription était punie de 
cinq sous d'amende au seigneur et à la ville et de 
la confiscation de la robe de dessus ^ 

1. Contra los gaffet que intran en la vila sens senhal, E ean 



10 MOYEU AGE. 455 

Les règlemeots relatifs au port du signe par les 
cagots devaient être tombés en désuétude, oomme 
cela était arrivé pour, les Juifs, car, à la requête 
des capitouls de Toulouse et des consuls de plu- 
sieurs villes du Languedoc et de la Guyenne, le 
roi Charles VI, par lettres patentes du 7 mars 1 407 , 
renouvela d'anciennes ordonnances qui n'étaient 
plus observées et qui stipulaient entre autres 
choses que les personnes attaquées d'une espèce 
de lèpre ou meselierie, qui, en certaines contrées, 
sont appelées capots et dans d'autres casots^ por- 
teraient des signes ou marques qui les distingue- 
raient des personnes saines. Le 17 mars suivant, 
le duc de Berry, lieutenant du roi en Languedoc 
et en Guyenne, prescrivit aux sénéchaux de Lan- 
guedoc et à ceux du Rouergue et du Quercy de 
faire exécuter l'ordonnance royale ^ 

De même que les cagots du Languedoc, ceux du 

plus establit losdeyt cosselhs que gaffet ni gaffera estranh ni 
privai, petit[z] ni grans, no între den» la vila de Marmanda 
sens senhal de drap vermelh, lo quai portia de lonc de .i. 
dorn, et de ample de .m. ditz, en la rauba sobirana e des- 
cubert devant, apert esquera, en pena de .v. sols de gatge 
al senhor e a la vila, e la rauba sobirana encorssa (Establi- 
mens de Ut vila de Marmanda, cités par Fr. Michel, t. I, 
p. 182-183). 

1. Michel, t. I, p. 185, 186. ... Charles, etc... Que dores- 
enavant lesditz capots ou cassots ou malades de ladite mala- 
die (lèpre) ne aucun d'eulx ne soient si osés ne si hardis 
qu'ils aillent et viennent ne repèrent aucunement entre les 
saines personnes, sans porter ladite enseigne d'ancienté 
acoustamée aparament, en manière que un cbascun la puisse 
voir... {Ordonnances, t. IX, p. 299.) 



456 LB8 SIGNES D^INFAlflE 

Béarn avaient cessé de porter le signe. En 1460, 
les États demandèrent à Gaston de Béarn, prince 
de Navarre, de forcer les cagots à avoir sur leurs 
vêtements, pour être distingués des autres 
hommes, Tancienne marque qui leur était impo- 
sée, savoir le pied d*oie ou de canard, et ce dans 
la persuasion où Ton était qu'ils étaient ladres ^ 

Un siècle plus tard, en 1 573, les jurats de Bor^ 
deaux , qui semblaient jusque-là ne s'être pas 
inquiétés des cagots, rendirent contre eux une 
ordonnance dans laquelle le signe est déterminé : 
€ Item, est-il dit, est establi et ordonné que 
c doresenavant nul chrestien ne chrestienne appe- 
c lez gahectz, de quelque lieu qu'ilz soient, [ne 
c soient] si hardiz de saillir de leurs maisons ne 
c entrer en la présent ville pour aller par les 
€ ruhes, sinon qu'ilz portent l'enseigne de drap 
€ rouge cousu sur la poictrine, de la grandeur 
€ d'un grand blanc et en lieu descouvert et appa- 
€ rant, et qu'ilz ayent les piedz chaussez... sous 
€ peine de soixante-cinq soulz d'amende par tant 
c de foys qu'ilz seront trouvez venant au con- 
€ traire*. > 

Une autre ordonnance des jurats de Bordeaux, 
un peu postérieure, renouvelle exactement les 
mêmes prescriptions, quant au signe. Seulement 

1. Michel, t. I, p. 24, d'après Pierre de Marca, Histoire de 
Béarn, p. 73. 

2. Registre de la jurade de Bordeaux, de 1573, conservé à 
rhôtel de ville, fol. 6, cité par Michel, t. I, p. 204, 205. 



AIT liOTtll AfiK. 457 

h peine inflBgée aux délinquants varie : Famende 
de soixanle-ctnq sous est ramplaoée par le fouet 
c ou autre amende arbitraire ^ > 

Le 14 mai 1578, le parlement de Bordeaux, à 
la requête de Jacques la Ligne, de Gasteljaloux, 
et sur le réquisitoire du procureur général du roi, 
prescrivit aux officiers et consuls de Gasteljaloux 
de faire porter aux capots et gahets de leur ville 
€ un signal rouge à la poictrine en forme de pied 
€ de guit » (canard). Les lépreux de Gasteljaloux 
étaient condamnés à porter la cliquette. Les délin- 
quants étaient passibles du fouet et les officiers et 
consuls d'une amende de 1 ,000 écus^. 

Le même parlement, par arrêt du IS août 1 581 , 
prend la même mesure contre les capots et gahets 
de Gapbreton, leurs femmes et leurs enfants, sous 
peine du fouet pour les capots et d'une amende 
de 1 ,000 écus et la c privation de leurs estatz, > 
contns les officiers et jurats dudit Gapbreton'. 

Enfin, des ordonnances du même parlement, en 
date du 1 1 décembre 1 592, prescrivent le signal 
rouge en forme de pied de guid aux capots et 
gahets d'Ëspelette; du 30 mai 1593, à ceux du 
bailliage de Labourt, sous peine du fouet et de 
l'exil, et du 3 juillet 1604, à ceux de la Soule^. 

1. Anciens et nouveaux statuts de la ville et cité de Bourdeaus, 
cités par Michel, 1. 1, p. 205, de môme que Oihenart, Flori* 
mond de Raemond, Damai, etc. 

2. Michel, 1. 1, p. 208. 

3. Id., ibid. 

4. W., t. I, p. 209, 210 et 211. 



49S LES 8I6NI8 D*INrAinE 

Dans une des chansons contre la cagoterie 
publiées par Francisque Michel (Noees de Margue^ 
rite de Gourrigues^ du XYU* siècle), on lit : 

B'abet aquiû la grand'cagouterie 
Et tout aco que soun gens de nouaté patrie 

Que hen oasteigts oubrals. 
Qu'an la concorde rouye au cbapeû, 

Et lou pé de guit au constata 

Des deux derniers vers, il semble résulter que, 
outre la patte de canard qu'ils portaient sur la 
poitrine, les cagots avaient encore la cocarde 
rouge au chapeau. 

A Jurançon, ils étaient forcés d'avoir devant la 
principale porte de leurs maisons une figure 
d'homme sculptée en pierre. Toutes ces sculptures 
ont été détruites avec le plqs grand soin^. On peut 
vraisemblablement supposer qu'elles représen- 
taient des cagots avec le signe, car ce n'était pas 
seulement sur leurs vêtements, mais encoi^ sur 
les monuments, — sans parler des autres vexa- 
tions qu'on leur faisait subir, — qu'on se plaisait 
à leur rappeler leur condition misérable. Les 
cagots ne pouvaient entrer dans les églises que 
par une petite porte qui leur était réservée ; ils 
avaient aussi un bénitier spécial. Francisque 
Michel a signalé les églises dans lesquelles sont 
ou étaient conservés les bénitiers de cagots : dans 
la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, à Saint- 

i. Michel, t. II, p. 129. 
2. 7d., t. II, p. 104. 



m VOTBR ÂGE. 45f 

Gaudens, à Saint-Bertrand de Commingea, à 
Osaun, Juillan, Lamarque-^Pontacq, Teiranère, 
Ferrièrea, lea Gagots, Juncalas, Luz, Saint-Pé, 
ftontgaillard, Gampan, Uèches, Lannemezan; dan$ 
les Basses-Pyrénées, à Montaut, Lescar, Serre* 
Castet, Sainte-Foy de Morlaas, Canne, Espelette, 
Sare, Hasparrcn, Isturits, Ârbonne, Anhaux, 
Iholdy, rHôpital-Saint-BIaise , Lescun, Bescat, 
Iseste, Buzy, Sainte-Marie d'OIoron, Sainte-Croix 
d'Oloron, Malaussane, Yielleségnre, Salies ; dans 
les Landes, à Arengosse, le Vignau, Mont-de- 
Marsan (dans l'ancienne église), Roquefort, Ville- 
neuve de Marsan, Tilh ; dans la Gironde, Auros, 
Lîgnan, etc., etc.^ 

A Lurbe, dans les Basses-Pyrénées, une auge leur 
servait de bénitier* ; à Thèze, même département, 
ils prenaient l'eau bénite dans un chaudron sus- 
pendu derrière la porte ' ; à Brassempouy , dans 
les Landes, le bénitier porte un grand G bien 
sculpté^, qui signifie sans doute cagots; à Cam* 
pan, dans les Hautes-Pyrénées, il portait une sculp- 
ture qui a disparu en partie sous le ciseau; il 
parait qu'on peut voir dans les traces qui en 
restent la patte d'un grand oiseau ^ ; enfin, le béni- 
tier de SaintrSavin de Lavedan, étant donné sa 



i, Michel, passim, 1. 1, p. 64 et 8uiv. 

2. Id,, iHd,, p. 133. 

3. Id., ibid., p. 108. 

4. Id., ibid., p. 154. 

5. /d., ibid., p. 87. 



460 LES SIGNES D'ilfPAMIB 

destination, représente sans doute un cagot. En 
voici la reproduction, telle que nous la fournit 
Touvrage de MM . Paul Perret et Sadoux, les Pyré- 
nées françaises (p. 166)*. ^ 




Ainsi qu^on Ta vu par ce qui précède, la cou- 
leur du signe des cagots semble avoir été partout 
la même, mais la forme a varié. En ce qui con- 
cerne la patte d'oie ou de canard, on a donné bien 
des explications, dont aucune peut-être n'est la 
bonne. Je vais passer en revue les principales. 

Dans l'opinion populaire, les cagots avaient une 
patte de canard empreinte sous l'aisselle gauche^. 

Pierre de Marca, dans son Histoire de Béaruy 



i. Communiqué obligeamment par réditeur M. Oudin. 
2. Michel, t. I, p. 3. 



AD irOTKi iAE. 164 

dit : c ... On doit dériver de la mesme source (les 
Sarrasins) la marque du pied d'oye ou de canard, 
qu'ils estoieot contraincts andennement de por- 
ter, quoyque l'usage en soit maintenant aboli, 
combien que par arrest donné contradictoire- 
ment aux cagots de Soûle de porter la marque 
du pied d'oye ou de canard, car comme le plus 
fort et le plus salutaire remède qui soit proposé 
dans l'Alcoran pour la purgation des péchés 
consiste aux lavemens de tout le coips ou d'une 
de ses parties que les Mahometains pratiquent 
sq>t fois ou pour le moins trois fois chasque jour, 
on ne pouvoit conserver la mémoire de la 
superstition sarasinesque par un charactère plus 
exprès que par le pied de Toye qui est un ani- 
mal qui se plaist à nager ordinairement dans 
les eaux^... > Cette explication de la part d'un 
homme aussi savant, aussi judicieux que l'arche- 
vêque de Toulouse étonne. 

Celle qu'en donne l'abbé Bullet serait déjà plus 
&dlement admissible. Parlant de la fameuse reine 
Pedauque, l'abbé Bullet demande si l'on ne peut 
pas c conjecturer que depuis que l'on eut repré- 
f sente la reine Berthe avec un pied d'oie pour 
c faire connoitre la peine que le mépris des cen- 
€ sures lui avoit attirée, on contraignit les Albi- 
€ geois, les Yaudois qui se révoltèrent contre 
c l'Église, qui méprisoient ses excommunications 

i. P. 73. 

XLix 44 



462 LES fllGNEB D INFAMIE 

€ à porter ce signe qui leur rappeloit continuel- 
c lement le souvenir du diàtiment que Dieu tiroit 
c de ceux qui ne faisoient point de cas des peines 
c canoniques^. > 

Enfin, le D** Hecht en recherche Texplication dans 
un fait purement physique. < Le nom de cagot 
c viendrait de l'espagnol gafOj lépreux (d*oii 
€ gafedadj lèpre, léproserie), qui dérive du roman 
€ gafy croc ou crochet. Un des symptômes de la 
€ lèpre anesthésique consiste dans la rétraction 
c des muscles fléchisseurs des doigts qui imitent 
€ la disposition d'une griffe d'oiseau de proie. Le 
€ mot gafOy signifiant un homme qui a les mains 
€ crochues, a servi à désigner ensuite les lépreux^. 

< Quand les doigts ne se désarticulaient pas, les 

< ongles se recourbaient et s'apointissaient en 

< griffes^. > 

Francisque Michel a voulu voir dans une pré- 
tendue particularité du signe, qui n'est rien moins 
que certaine, l'étymologie du nom de crestats^ 
donné quelquefois aux cagots, qui sont aussi appe- 
lés m^fo'o^, etc., etc. D'après lui, la roue des cagots 
(de Bordeaux, s'entend, puisque ceux-ci seuls 
portaient la pièce de drap ronde) aurait été den- 
telée et... c le peuple, obéissant à son instinct 
€ de curiosité, dut rechercher à quel objet connu 

i. Dissertation surlamytivologie françoise, p. 62-63 ; disser- 
tation sur la reine Pedauque, citée par Fr. Michel, 1. 1, p. 33. 

2. Ias Lépreux en Lorraine, p. 45. 

3. Id,, ibid,, p. 47. 



AO KOTBN A«E. 4M 

€ il pouvait rapporter ce signe qu'il ne connais- 
c sait pas eaocoite et il ne lui fallut ni beaucoup 
c de ieBops ni grand'peine pour y voir une crête, 
c appelée en langue chi Midi cresta^ comme autre- 
€ fois en latin crista. De là il n'y avait qu'un pas 
« pour appeler les cagots crestatêy hommes à la 
c crête, crétés; il fut fait ^ » 

Les cagots du Midi sont des caqueux ou coquins 
en Bretagne, où ils sont d'ailleurs nombreux et 
considérés comme des jespèoes de Juifs lépreux. 
Le 5 décembre 1475, le duc François II leur inter- 
disait par mandemrat de voyager dans la pro- 
vince € sans avoir une merd»e de drap rouge sur 
c leur robe pour les congnoistre d'avec les gens 
c sains non suspectz ne entachez d'icelle maladie. » 
Cette ordonnance fut confirmée deux ans après^. 

IV. 

Le signe des Filles publiques. 

A Rome, les courtisanes, obligées de se distin- 
guer des femmes honnêtes, avaient d'abord porté 
des tuniques courtes, puis elles revêtirent la toge, 
d'où le nom de togatss^ qui leur fut donné ^. 

1. Michel, t.I, p. 367. 

2. Lobineau, Histoire de Bretagne, t. II, col. 1350; — 
Michel, t. I, p. 168, no ; — Léon Brunschvicg, les Juifs de 
Nantes et du pays nantais, dans la Revue des études juives, 
t. XIV, 1888, p. 87. 

3. Smapsisti virilem togaxn, quam statim muliebrem red- 



464 LES SIGNES d'IKFAIUB 

D'après Juvénal, elles devaient avoir une perruque 
blonde et une mitre décorée de peinture^. Est-ce 
en souvenir de cet usage que les filles publiques 
furent, au moyen âge, astreintes, elles aussi, à 
porter des vêtements et des signes pouvant les 
faire reconnaître, ou voulut-on les assimiler aux 
lépreux et montrer ainsi que leur contact n'était 
pas sans danger? Cette dernière hypothèse me 
parait la plus vraisemblable ; il est en effet dou- 
teux que les législateurs, du xm^ siècle et des 
siècles suivants soient allés chercher chez les 
auteurs de l'antiquité des sujets de règlements 
contre les filles publiques. 

Je laisse de côté les défenses, très nombreuses, 
qu'on leur fit de porter certains vêtements, pour 
ne m'occuper que de ceux qu'on leur imposa et 
plus particulièrement des signes distinctifs pro- 
prement dits. La ceinture dorée, dont on parle 
beaucoup, n'est pas un signe; c'est une parure 
que prirent d'elles-mêmes les filles publiques ; on 
ne la leur imposa pas. 

Pour la France, le premier texte qui soit par- 
venu à ma connaissance est l'extrait des statuts de 

didisti (Gicéron, Philip., II. — Horace, SaL, II, v. 63 : 
Togata est meretrix, quia stolata est matrona. — Martial, 
Épigr., 1. VI, 64, v. 4 : Mater togata est adultéra). 

1. Ite,quibu8 grata est picta iupa barbara mitra (Juvénal, 
SaL, m, V. 66). 

Sed nigram flayo crinem abscondente galero, 
IniraTit calidum yeleri centone lupanar. 

(Javénal, Sal, VI, y. 120.) 



AU VOTBf A6B. 165 

Marseifle, de 1365, c de meretricibus. > Il leur 
fut défendu de porter certains vêtements et des 
fourrures et on leur enjoignit d'avoir un manteau 
rayé, sans attaches^. Ce n'est que plus tard que 
Ton exigea d'elles des signes plus apparents et 
plus caractéristiques; ce furent des galons, appe- 
lés quelquefois jarretières, et les aiguillettes^. 

Si les statuts relatifs à l'établissement d'une 
maison de tolérance à Avignon ne sont pas apo- 
cryphes, — je crois qu'ils le sont, — c'est la reine 
Jeanne de Naples, comtesse de Provence, qui 
aurait imposé le signe aux filles publiques d'Avi^ 
gnon, en 1347; antérieurement à cette date, je 
n'en connais pas d'exemple. Voici un extrait de 
ces statuts : c ... Elle (la reine Jeanne) ne veut 
c pas que toutes les femmes galantes se répandent 
€ dans la ville, mais elle leur ordonne de se tenir 
c renfermées dans la maison et de porter, pour 
c être connues, une aiguillette rouge sur l'épaule, 
c — Art. II. Item, si quelque fille a eu une fai* 
c blesse et qu'elle veuille s'en permettre de nou- 
€ velles, le premier huissier la mènera par dessous 

1. Preaeiiti statuto ordiBamus ut nalla meretrix publica 
aadeat vel possit portare vestes aliquas de grana vel pelles 
varias seu grizas sive herminas, necmantellum aliquem nisi 
de panno virgato, sine stachis {Statuta Massilimsia, ms. 
lat. 10126, fol. 85). 

2. Les rois ont tenu la main à ce que les filles de débauche... 
eussent une marque apparente de leur état infâme, soit une 
jarretière au bras, soit une aiguillette sur Tépaule (Police mr 
les mendians. Paris, 1764, p. 299). 



4M LES sioRi» d'infamie 

c le bras à travers la ville, au son du tambourin, 
€ avec Taiguillette rouge sur l'épaule^. » Ce n'est 
pas, il est facile de le voir, le style du xiv* siède. 
Mais un document d'une authenticité incontes- 
table est l'ordonnance de Charles VI, réglant la 
marque que les filles de joie de Toulouse devaient 
porter. Elle fut rendue lors du voyage du roi 
dans cette ville. Jusque-là, elles avaient été con- 
traintes par les magistrats de Toulouse de porter 
c certains chaperons et cordons blancs, » ce qui 
naturellement leur était fort désobligeant, à cause 
c des injures et vitupères > que leur attiraient ces 
insignes. Elles suppUèrent donc le roi de les auto- 
riser à se vêtir selon leur plaisir. Il feignit d'y con- 
sentir et accorda aux filles de la € Grant Abbaye > 
de porter tels robes et chaperons qu'il leur plai- 
rait ; seulement, il leur prescrivit d'avoir € entour 
c l'un de leurs bras une ensaingne ou différence 
€ d'un jaretier en lisière de drap d'autre couleur 
€ que la robe qu'il auront vestue ou vestiront ^. . • » 

i . Code ou nouveau règlement sur les lieux de prostitutions (sic) 
dans la ville de Paris. Londres, 1775, p. 43. 

2. Charles, etc., sçavoir faisons à touz présens et à venir 
que oye la supplication qui faicte nous a esté de la partie 
des filles de joye du bourdel de nostre ville de Thoulouse, 
dit la Grant Abbaye, contenant que cause de pluseurs orden- 
nances et deffenses à elles faictes par les Gapitoux et autres 
officiers de nostredicte ville sur leurs robes et autres vestures, 
il ont souffert et soustenu pluseurs injures, vitupères et 
dommages, seufifrent et soustiennent de jour en jour, et ne 
se pevent pour ce vestir ne assegnier à leur plaisir, pour cause 
de certains chaperons et cordons blans, à quoy elles sont 



AU HOTBR AGE. 467 

En réalité, rien ne fut changé, à ce point de vue, 
dans la situation de œs malheureuses et eUes 

astraintes porter par icelle ordenances sanz nostre gràee et 
licence, reqnerans que nous leur veuillons, à nostre joyeux 
advenement, que faict avons présentement en nostredicte 
ville, leur faire grâce et les mettre hors d'icelie servi tu te, 
pour quoy nous, attendues les choses dessus dictes, désirans 
à chascun faire gràee et tenir en fWmchise et liberté les habi* 
tans, conversans et d^mourans en nostre royaume, avons, 
à nostredict advenement, faict en nostredicte ville, ordonné 
et ordonnons, et par ces présentes, de grâce especial et de 
nostre auctorité royal, avons octroyé et octroyons anzdietes 
suppliantea que doresenavant elles ne leurs successeurs en 
ladlcte Abbaye portent et puissent porter et vestir telles robes 
et chapperons et de telles couleur comme elles vouldront 
vestir et porter, parmi ce qu'elles seront tenues de porter 
entour Fnn de leurs bras une ensaingne ou dilleienee d'un 
jaretier en lisière de drap d'autre couleur que la robe qu'il 
auront vestue ou vestiront, sanz ce que elles en soient ou 
puissent estre traittés ne approucbiés pour ce en aucune 
amende; nonobstant les ordenances ou deflénses dessusdictee 
ne antres quelconques au contraire. Si donnons en mande* 
ment par ces présentes au seneschal et viguier de Thoulouse, 
et à touz noz autres justiciers et ofQciers présens et à venir 
ou à leurs lieuxtenans et à chascun d'eulx, si comme à lui 
appartendra, que de nostre présente grâce et octroy faoent 
lesdictes suppliantes et celles qui ou temps à venir seront et 
demourront en l'Abbaye dessusdicte joïr et user paisible- 
ment et perpétuellement, sanz les molester ne souffrir estre 
molestées ores, ne pour le temps à venir en aucune manière; 
maiz se il trouvoient le contraire estre fait, si le remettent 
ou facent mettre en estât deu, ces lettres vues, sanz delay. 
£t que ce soit ferme chose et estable à tousjours, nous avons 
fait mettre nostre seel ordené, en l'absence du grant, à ces 
présentes, sauf en autres choses nostre droit et Tautrui en 
toutes. 

Donné à Thoulouse ou moys de décembre Pan de grâce 
CGC im» et neuf, et le dizième de nostre règne. Par le Roy 



46S LES SIGFTES d'iICPAMIE 

durent sans doute subir, comme auparavant, les 
€ injures et vitupères, » dont la plus originale 
était, on le sait, le bain forcé qu'on leur faisait 
prendre dans la Garonne, dans une cage que Ton 
descendait du haut du pont. 

De même à Dijon, en 1 4S5 et peut-être aupa- 
ravant, elles étaient soumises à l'obligation d'avoir 
autour du bras une bande d'étoffe blanche ^ Une 
ordonnance municipale de Besançon, dont j'ignore 
la date, prescrit que < lesd. filles d'esteuvesou bor- 
€ deaux porteront et seront tenus de porter sur 
€ le bras droict une esguillette rouge, à différence 
c des fenmies de bien, afin que chascung puisse 
c connoistre leur pauvre estât*. • Fairont aussi 
c lesd. maistres [de l'estuve] aux garsses disso- 
c lues et de mauvaises vies porter l'esguillette 
c rouge comme celles du bourdeaul^... » A Lyon, 
une ordonnance de 1475 leur enjoignait, sous 
peine de prison et de soixante sous d'amende, de 
porter < sur le bras senestre, sur la manche de 
c leurs robes, trois doigts en dessous de la join- 

en 868 requestes, esquelles estoient mons. Pevesque de Noyon, 
le viconte de Meleun, mess. Enguerran Deudin et Jehan 
d'Estouteville, P. de Sans, L. d'Orl... (Ordonnances des rois 
dé la troisième race, t. VII, p. 327.) 

1. Archives de la ville, Reg. du secret pour Vannée 1425, 
B. 151, et Ernest Petit, Entrée du roi Charles VI à Dijon, sous 
Philippe le Hardi, fêtes et réjouissances en Bourgogne, février 
1390, p. 35. 

2. Une copie de cette ordonnance existe dans le ms. 14 
(Bibl., 188) des archives départementales du Doubs, qui m'a 
été communiqué par M. Gauthier. 



AU MOmi AGE. ^169 

€ ture de l'espaule» uneesguillette rouge, pendant 
€ en double du long du bras, demy pied. > Les 
filles de Nevers portaient cette aiguillette sur la 
manche droite^. 

Un écrivain qui s'est occupé de la législation 
sur les filles publiques, Sabatier, cite une cou- 
tume assez curieuse qui existait à Beaucaire. On 
avait établi dans cette ville des courses de pros- 
tituées, qui avaient lieu la veille de la fameuse 
foire. A celle qui la première avait atteint le but 
on donnait en prix un paquet d'aiguillettes. D'après 
Sabatier, c'efit de cet usage que proviendrait le 
proverbe, appb'qué aux femmes de mœurs légères : 
€ courir l'aiguillette^. > 

En Italie, je ne trouve que la coutume du duché 
d'Âoste qui impose un signe se rapprochant d'un 
des signes dont il vient d'être parlé. Gomme à 
Avignon, les déUnquantes étaient conduites par 
la ville au son du tambourin, avec l'aiguillette sur 
l'épaule^. 

 Bergame, un grelot, appelé sonalium^ ornait 
le bonnet rouge des maltresses de maisons; les 
filles avaient un manteau de futaine jaune. Celles 
de Mantoue étaient obligées, lorsqu'elles parcou- 
raient la ville, de porter sur leurs habits un court 

1. Rabataux, p. 112. 

2. Histoire de la législation sur les femmes publiques et les 
lieux de débauches, p. 115. 

3. Coutume du duché d'Aouste. Ghambéry, 1558, h VI, 
tit. VI, art. 18. 



470 LB8 SIGNES p'lIIFin£ 

manteau d'étoffe blanche, et d'avoir devant elles, 
sous peine de cent sous d'amende, le grelot ou 
clochette^. 

Aucun signe particulier n'était imposé à Milan, 
mais les statuts du SIS avril 1 50% déterminent le 
vêtement que les filles devaient avoir pour être 
distinguées des femmes honnêtes : ce vêtement 
était un manteau de futaine noire, de la largeur 
d'une tierce. Toute contravention à ce statut 
entraînait les délinquantes à une amende de dix 
livres impériales, partagées par moitié entre la 
ville et le délateur ; en cas de non^-paiement de 
l'amende, elles étaient fouettées sans autre forme 
de procès^. Plus tard, par l'ordonnance du 
27 août 1 541 , le manteau de futaine fut remplacé 
par un manteau de soie blanche, assez large et 
assez long pour couvrir les épaules et la poitrine, 
et qui devait être vu de tous. Il y avait, en cas de 



1. Rabutaux, p. 113. 

2. Quœlibet meretrix publica qaœBtum faciens in bordelio 
publico, quod est inter stratam existentem prope ecclesiam 
Saucti Pauli in Gompedo et cursum portae Tonsae et domum 
quatuor Mariarum Mediolani, et ecclesiam Sancti Zenonis, 
extra bordellum portet mantellum fustanei nigri supra spa- 
tulas latitudinis tertise unius, ad brachium fustanei, sub 
pœna librarum decem imperialium, qualibet vice qua contra 
fecerit applicandarum pro medietate communi Mediolani et 
pro alia medietate accusatori, quae pœna exigi posait per 
officialem buUetarum, et quemlibet aliom jusdicentem, quam 
pœnam si non solverit, fùstigetur ipsa meretrix, mandato 
cujuslibet jusdicentis criminaiiter absque alio proceasa (Gar- 
panus, Leges et statuta ducatus Mediolanensis, i, II, p. 268). 



lu non» Afii. 474 

contraveDtioDy une amende de dix écus d'or, la 
fustigation et l'exposition au carcan pendant une 
journée. De plus, chacun avait le droit d'arracher 
aux filles publiques leurs vêtements, lorsqu'elles 
étaient trouvées en contravention^. 

 Parme, elles avaient aussi un manteau d'étoffe 
blanche, descendant jusqu'à la ceinture ; à Padoue, 
elles avaient sur les épaules un collet long de trois 
aunes, et les maltresses avaient le Ixmnet rouge, 
sans le grelot^. 

Le parlement anglais ordonna , en 1 352 , aux 
femmes de mauvaise vie de porter une coiffure 
distincte de celle des femmes honnêtes et des vête- 
ments rayés de diverses couleurs^. 

Par ordonnance, le magistrat de Strasbourg 
décida, en 1388, qu'un chapeau noir et blanc, en 
forme de pain de sucre, placé par-dessus leur 
voile, serait l'insigne caractéristique des filles de 
joie et qu'une amende de trente schillings serait 
imposée aux contrevenantes^. 

1. ... Eoque casu, ut ab aliîs mulieribus dignoscantur, 
teneantur déferre vestem (quam \ulgo mantellectum \ocant) 
confectam ex bombice albo, adeo latam et patentem ut hume- 
ros et pectus cooperlat et omnibus pateat sub eadem pœna. 
Et ulterius contrafacientes fustigentur et per unam diem ad 
catenam ponantur, liceatque unicuique meretricibus contra- 
facientibus per vim auferre, tu te, libère et impune (Consti^ 
iutiones dominii Mediolanensis,.. Milan, 1574, l. IV, tit. xv, 
art. 11). 

2. Rabutaux, p. 113. 

3. Jd., ibid., p. 114. 

4. Id., ibid., p. 114. 



472 LES SIGNES d'infamie kV MOTBN AGE. 

Tels sont les renseignements que j'ai pu recueil- 
lir sur le signe des filles publiques. Us sont forcé- 
ment incomplets, je le sais, parce que le champ 
d'exploration est vaste, beaucoup plus encore que 
pour les Juifs, les hérétiques, les lépreux et les 
cagots. Ce qui est de nature à atténuer le regret 
que Ton pourrait en éprouver, c'est que le sujet 
n'est pas de ceux qui passionnent tout le monde, 
de ceux que l'on étudie pour eux-mêmes. 



de la Soc. d€M Anliq. de France, T. XUX, 



PL XIV. 





BIBL. NAT. lis. PR. 820. 



ROVEN SALOMO. 



7 A *. 



'•s;n 



•ie la So€. dê9 A*Uiq. de France. T. A7-/,V. 



PI. .VI7. 




LÉPREVX. 





JUIFS, d'après le MS. 592 DE BESANÇON. 



Mém. de la Soc, des Antiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. XV. 











'î^^^f^s. 




^;f'--V----- -f- ■.•■••:•••::-•■■ 



'4^M. de la Soc. des Àntiq. de Fr., t. XLIX. 



PI. xvr. 




ha. de la Soc. des Antiq, de Fr., t. XLIX. 



PI. XVII. 




MÉMOIRE 

SVB 

PLUSIEURS ANTIQUITÉS 

TROUVÉES A NÉRIS (ALLIER). 

Par M. L. ds Laigub, associé correspondant national. 
La dans les séances des 7 novembre, 12 et 19 décembre 1889. 

1. 

deux inscriptions découvertes a néris-les-bains 
(allier). 

En août et septembre derniers, uniquement 
pour prendre date, nous avons signalé certaines 
inscriptions latines existant à Néris. — Aujour- 
d'hui, nous pensons être en mesure de fournir une 
lecture moins douteuse de deux de ces inscriptions 
qui sont, croyons-nous, inédites^. 

Elles ont été trouvées, l'hiver passé, sur la route 
de Gommentry à Néris, par M. Marandet, dans son 

1 . D'une lettre de M. Bertrand, de Moulins, reçue le 23 oc- 
tobre dernier et bien après la rédaction de la présente note, 
il résulte que cet archéologue aurait signalé à la Société 
d'émulation de TAllier les deux monuments en question et 
qu'il se réserve d'en communiquer les estampages à M. AU- 
-mer, de Lyon. 



474 ANTIQUITES TEOmnfBS ▲ irfUS. 

fonds même, situé à la droite du chemin qui se 
rend de la seconde de ces localités à la première, 
et à environ 1 ,200 mètres de celle-là. Étant donné 
d'ailleurs que, dans cette même zone, on a mis au 
jour, à diverses époques, des tombeaux et d'autres 
tituliy mais sur le côté opposé de la route actuelle, 
et à moindre distance du boui^, il y a lieu de 
croire que l'ancienne route reliant le VICVS * 
NERIOMAGIENSIS à AVGVSTONEMETVM, par 
GANTILIÂ^, coupait en diagonale le tracé actuel 
Commentry-Néris, pour rejoindre plus loin notre 
route nationale de Moulins à Glermont. S'il est 
superflu de rappeler l'usage presque général chez 
les anciens d'enterrer les morts le long des 
grandes voies, surtout aux abords des centres 
habités, nous pouvons, à Tappui de notre hypo- 
thèse, et sans citer les estimables travaux de 
Boirotr-Desserviers ou de Tudot, renvoyer à la 
brochure, beaucoup plus récente, d'Esmonnot, 
qui relève l'existence de sépultures assez nom- 
breuses dans les mêmes parages^. 

Il s'agit, en efîet, cette fois encore, de deux 
tituli ou inscriptions funéraires gravées l'une et 
l'autre, comme celle de BRATRONOS, aussi 



1. Carte de Peutinger, Gaule {Revue archéologique, t. IX, 
p. 59), et Voies romaines de V Allier, parTuDOT (Paris, Rollin, 
1859). 

2. Boirot-Dessertibrs, Recherches sur Néris, Paris, 1822 ; 
TtJDOT, Étude sur Iféris, Moulins, Desrosiers, 1861,etEsMO!i- 
NOT, Néris, etc., Moulins, Auclaire, 1885, pi. XII. 



Ainwitift TkomtBs i ntas. I7S 

Dérieniie, mais actodlement conservée au Musée 
de Gluny * , sur uue sorte de grès qusrtzeux fort dur 
et imparfaiteiiieat dégrossi, ce qui rend les estam- 
pages assez défectueux et, dès lors, la lecture 
pénible. 

Tout d'abord, sur la face d^une véritable pierre 
de taille mesurant i^%0 de long, 0*30 de profon- 
deur et 0*^3 de haut, est ménagé un rectangle 
creux de O'iB sur O^tk où Ton croit lire les trois 
lignes suivantes : 

L • GASBIVB • L • L • EROS 

G • CASSIV8 • L • L • FAVBTVB 

GOLLIBERT 

Dans notre opinion, les traces d*interponctua- 
tien ne sont plus apparentes, si tant est que les 
lettres aient été primitivement séparées entre 
elles, détail difficile à préciser, vu la nature gre- 
nue de la pierre employée. 

Ce texte doit se lire ainsi : L{ucius) Cassius^ 
L(ucii) l(ibertus)y Eras. || C{aiui} CasHus^ L{ucii) 
l{tbertus)y Faustus || collÛfert{us) ^. 

Notre premier texte n'ayant pas un très grand 
intérêt, nous croyons inutile d'insister davantage. 
Disons seulement que les caractères, quoique assez 
développés, 0°>04 à O^'OS, sont de forme et d'as- 



4. Voy. MoWAT, Revuê archéologique, 1878, férrier-inars. 

2. ToQtefois, on trouve dans Orelli, n* 1715, un exemple 
de L'abréyiation GOLLIBER, sans le T final, pour collegium 
liberiorum. 



176 AliTIQUITtfft TROUYlfEa 1 irfBIS. 

pect médiocres, ce qui, très probablement, impli- 
que une date postérieure à l'époque des Âotonins. 

Quoique encore plus médiocre comme exécution 
matérielle, les lettres de O^OS et O'^Oi de haut 
étant grêles, allongées, superficieUes et sans 
galbe, notre second texte mérite davantage de 
fixer l'attention : il est gravé en sept lignes dans 
un rect^gle creux, de 0"37 sur 0"30, et sur 
la face d'un cippe de 1 mètre de haut sur O'^S? 
d'épaisseur. 

Voici la lecture que nous soumettons à la Com- 
pagnie : 

SEX • GLITERNIVS 
MILES 

ANIENSIS 
GREMONA 
LEGXmi 
AERORVM 

V//7/////H-S-E 

G'est-à-dire : Sew{ius) Cliternius i| miles || Aniensis 1 Cremona 
Il legionù XIIIl | aerorum || V[I1H] h(ic) s(itus) e{st) H . 

Du gentilice Cliternius nous n'avons point su 
relever d'exemple : peut-être, dès lors, serait^il 
nouveau. Sans nous prononcer à cet égard, disons 
simplement qu'il semble dériver des noms de ville 
Gliternum ou Gliternia. 

Le surnom Aniensis se justifie d'autant mieux 
que Crémone, lieu d'origine de notre légionnaire, 
appartenait à la tribu Aniensis y tant d'après 



Aimntnis TUHTT^ss A nAus. 177 

diverses insGriptions du Corpus^ qu'au ténxHgnage 
deGrotefend^. 

En outre, Grémone est, dans d'autres tituli^ 
également désignée comme lieu de recrutement 
militaire avec la même association de mots, par 
exemple ilmie^e, Cremona duns Orelli^. 

De la légion XIIII, Gemina^ nous savons que 
d'autres soldats provenaient aussi, comme le 
nôtre, de Grémone. C'est ce qu'établit, notamment, 
le texte ci-après que nous reproduisons in 
extenso^ : 

G . ALLIV8 • CF- 
ANIE S • G R E M 
ONAMIL LEG 
Xim • GEM • ANNOR 
XXXSTIPXV-HÎ'SE 
FRATER • OB 

PIETAT 

On ne saurait méconnaître les nombreux points 
de similitude entre ces deux inscriptions qui, 
toutes deux, parlent d'un Grémonais Anienm 
comme faisant partie de la legio XIHl gemina. 
On verra, tout à l'heure, une dernière similitude 
provenant du terme stip{endiorum) . 

D^autre part, divers monuments nous montrent 

1. C. I. L., t. VI, n<« 4041, 4109. 

2. Op. et lac. cit., p. 404. Tribum Cremonensem Àniensem 
fuisse ostendunt nomina militum apud Groiefendium. 

3. N- 2728, 

4. Bbambaqh, Corp. inscr. vhen., n* 4172. 

XLix 42 



478 àUTtmti^ TB0CViiB9 1 jiuti. 

la même légion à MajenceS à Pob^, à Lyon', à 
Vérone*. 

Eh ce qui concerne Néris, noits aToi»lieu d*es- 
timer qae, pour la première fois, un soldat de oe 
corp» y est signalé, car, historiquement, on ne 
connaissait, avec certitude, que le séjour plus ou 
moins prolongé en cette ville de la legio VIU'^. 
Quant à Sex. Gliternius, était-il isolément de pas- 
sage pour soigner par les eaux une lésion trau- 
matique, ou bien teoait-il garnison avec ses corn- 
militones ? C'est sur quoi nous nous garderons de 
nous prononcer. 

Venons enfin au mot composant à lui seul la 
sixième ligne. Tel que le lapicide Ta gravé, le bar- 
barisme AëRORUM se légitime par divers précé- 
dents. En effet, si Ton se reporte à Orelli, on y 
trouve AER • XVII et AERORV • XL«. Le rappro- 
chement est d'autant plus indiqué que, si, dans les 
deux exemples proposés, le mot AER ou AERORV 
est, non moins que dans notre espèce, suivi d'un 
chiffi^, il se réfère, pareillement, à des militaires. 
Nous nous empressâmes de signaler le fait à 
M. Mowat qui s'est déjà occupé des inscripticuis 



1. Gbuter, p. 556, 7. 

2. Id., p. 447, 4. 

3. Orelli, n' 922. 

4. Id., n- 5377. 

5. EsMONNOT, op. cit. 

6. N<»»684i et6842.— Brambach, 1212, Musée de Mayence, 
donne aussi AERORV, comme le 6842 d'Ordli. 



àsnmnù nouv<£8 a rùbs. 479 

nériemies^ et «uquel noos avions soumi», non 
setdâoiQDt les estampages des deux tUuli examn 
nés prestement, maïs encore celui d'un fragment 
doDt il va être parlé tout à Theure. 

Notre savant confrère nous répondait sous la 
date du 9 octobre : c Voire estampage porte très 
certainement AERORVM. Il faut donc admettre, 
bon gré mal gré, le barbarisme AERORVM pour 
ÂERVM, génitif pluriel deaes, aeriê. . . , aeray aerwm, 
avec le sens de stipendia^ c'est-à-dire années de 
solde. > L'interprétation si judicieuse de M. Mowat 
est encore confirmée par l'inscription ci-dessus 
transcrite de C • ALLIVS où le miles • anie{n)s{i 
tribu) • cremona compte stip{endiorum) XV, En 
outre, nous avons cette fois sans aucune abrévia- 
tion le singulier terme AERORVM ordinairement 
abrégé en AER, qui peut supposer la forme légi- 
time AERVM, ou en AERORV pour AERORVM ^ 
Ainsi pour le cas où un nouvel examen de notre 
monument ne nous permettrait pas de lire le 
chiffre entier commençant par V, on peut conjec- 
turer que, vu l'espace existant entre ce chiffre et 
l'abréviation connue H • S • E , il devait y avoir 
encore quatre unités figurées, soit VIIII, ce qui 
donnerait à SEX • CLITERNIVS neuf années de 
services rétribués. 

1. Voy. p. 2, n. 1. 

2. M. Mowat a bien voulu nous fournir encore diverses 
références sur Tabréviation AEIÎ qui est citée notamment 
dans le C. L L : t. n, 2425, 2545, 2583; t. III, 4486, 4577; 
t. V, 932, 939, 948; t. VH, 484, 485. 



480 AirriQUiTÏs t&ouyi!bs a niîbis. 

Dans la même zone a également été trouvé on 
fragment dé stèle portant le gentilice Q*GARISIYS, 
connu surtout par les deniers romains de la 
république, et une autre stèle entière, avec buste 
de femme, mais sans traces de lettres. 

D'autre part, au faubourg du Péchin existe par- 
tie d'une plaque de marbre rompue en'trois mor- 
ceaux, laquelle porte, en superbes caractères de 
l'époque antonine, les lignes que voici : 

IM 
T' AVG 
O • ET- 
RVNT 

Si mutilé qu'il soit, ce texte prend un sens 
approximatif, en le rapprochant d'autres inscrip- 
tions de même époque conservées à l'établisse- 
ment thermal ; elles parlent d'un EQVESTER fla- 
men de Rome et Auguste, et de certains travaux 
exécutés aux bains antiques. Les lettres t'aug et 
la désinence runt montrent presque à coup sûr 
que le contexte général devait peu différer de 
ceux jusqu'ici connus et publiés par Esmonnot 
en1885^ 

Postérieurement à cette date a été découvert un 
important débris de plaque, d'une rédaction ana- 
logue. En voici la transcription qui manque natu- 
rellement dans l'ouvrage précité, lequel est, on 
l'a vu, de date antérieure : 

1. Voy. Esmonnot, op. cit., pi. Yl. 



8IBV8Q • P 
ITEMQVE ' FLA& en rom et aug 
cimbeR • ET • EQVESTEr 
/oNTES • NEW 

L'époque est également antonine et, à coup 
sûr, il s'agît encore ici des deux personnages 
Cimber et Equester qui furent les bienfaiteurs des 
YIGANI • NERIOMAGIENSES, comme nous aurons 
occasion de rétablir s'il nous est donné de termi- 
ner notre mémoire d'ensemble sur Néris, actuel- 
lement à l'étude. 

La physionomie épigraphique des lettres de la 
bonne époque nérienne a, d'ailleurs, mérité d'ap- 
peler l'attention du savant rédacteur des Exempta 
scripturae epigraphicae IçLtinae. Ainsi, n^ 604, sous 
la rubrique Aquis Neriis, il relève spécialement la 
forme de la lettre L dont il dit^ : c Eleganter, in 
titulo gallico linea infrà versum deducitur in cau- 
dam Q litterae similem. » C'est bien le cas aussi 
pour le fragment ci-dessus où L de flamen affecte 
l'allure un peu fantaisiste, mais fort gracieuse qui 
avait frappé Hùbner. 

D'autre part, sur le fragment du faubourg du 
Péchin, l'N de runt a le jambage central très long, 
ce qui est fort rare. < N, dit encore Hûbner, 
raro tam lata ut semel in titulo raetico. » — Il 



1. Op. cit., introduction, article sur la lettre L, p. lxi, 
col. 4". 



492 AjmwitiA TBomniES a niÈis. 

importe de relever que ce titulus raeticus men- 
tionne précisément Antonio^ 

Enfin, sauf erreur, nous croyons avoir rencon- 
tré dans les mêmes Exempta un seul type aussi 
beau que celui du Péchin : ce type, provenant de 
Poropéi, est formé c litteris pulcherrimis*. » 

II. 

LES JEUX DU CIRQUE COMME MOTIF D'ORNEHENTATIOr^ 
SUR UN FRAGMENT DE PATURE TROUVÉ A NÉRIS- 
LES-BAINS (allier). 

Les inscriptions qu'on y a rencontrées^, celles 
que Ton y rencontre encore, les ruines de ses édi- 
fices publics et privés, prouvent Surabondamment 
combien la cité des VICANINERIOMAGIENSES* 
avait d'importance surtout au temps des Antonins, 
époque à laquelle, suivant la judicieuse opinion 
de notre confrère M. Mowat*^, se rapportent les 
principaux documents épigraphiques relatifs à 
cette localité. 

Le terrain y est encore fertile en découvertes, 
ce dont témoignent, non seulement les inscriptions 

i. Ssempla, etc., n^ ^74, et introduction (6ar la lettre N), 

2. Op. cit., n* 114. 

3. Voy. surtout Esmonnût, Néris, etc., brochure in-4*. Mou- 
lins, Auclaire, 1885. 

4. Vocable emprunté à une inscription trouvée en 1776 au 
Pécbin, sous Néris, et aujourd'hui encore conservée par 
M. de Saint^eorges, propriétaire du domaine des Biiloux. 

5. Revue archéologique, février-mars 1878. 







> 






que nous avons signalées à la Compagnie au cours 
de la séance du 7 novembre dernier, mais aussi 
le petit olqet en bronze dont nous présentons 
Forigînal, dëfà soumis à plusieurs archéologues 
qui sont tombés d'accord pour en reconnaître 
unanimanent le mérite. 

Il a été découvert cet hiver, proche et au nord- 
nord-ouest des arènes antiques, zone que de fré- 
quentes trouvailles ont fait qualifier, par les habi- 
tants, du nom significatif de « Romanie. > Les 
exemples de fragments semblables sont assez 
rares. Aussi devons-nous exprimer ici notre recon- 
naissance à notre savant confrère M. Héron de 
VilfefiDsse, qui, avec son zèle habituel et sa cour- 
toisie si cobnue, nous a agnalé une pièce de tout 
point analogue, quant à la fwme, et qu'il qualifie, 
avec toute raison, d'oreille de plat ou de patère^. 

Cette c oreille > en argent, un peu plus grande 
que celle trouvée à Néris, représente la naissance 
de Vénus et, singulière coïncidence, elle a été 
également rencontrée dans une station thermale, 
Bondonneau, près Montélimart. 

Mesurant, comme corde, la IcMigueur d'un côté 
de l'hexagone inscrit dans le cercle, l'objet que» 
pour notre pari, nous mettons sous vos yeux, sup- 
pose un plat du diamètre de O^^IS environ. Vrai- 
semblablement, le sujet représenté par l'artiste 
est emprunté aux jeux du cirque, ce qui nous 

1. Mufiée du Loorre, catalogue des bronzes, n* 164. 



484 A!mQuiT<8 nioirv<Bs A if<ns. 

amène à répéter que Y c inventeur, » duquel nous 
avons directement opéré Taequisition de ce bronze, 
Ta découvert sur son fonds, voisin des arènes. . 

Dans l'espace laissé vide par les motifs d^enca- 
drement, feuilles, volutes, têtes de cygne, etc., 
traités avec élégance, on voit trois personnages 
nus, un homme et deux femmes. 

Debout dans l'attitude d'une course accélérée, 
la jambe gauche en avant, le pied à plat, sur le sol, 
et la jambe droite fort en arrière, le pied droit 
reposant seulement sur les doigts de l'orteil, 
l'homme semble faire effort pour suivre un bige 
lancé au galop, vers la droite du spectateur. Le 
corps est souple, élancé, les hanches musculeuses 
et la taille presque trop fine, tandis que le thorax, 
largement bombé, laisse deviner la libre action des 
poumons, comme il convient pour un coureur 
devant fournir une carrière ou longue ou rapide, 
sinon longue' et rapide à la fois. Sur le dos pend 
une outre soit gonflée d'air, soit pleine de liquide, 
et retenue par la main gauche, tandis que la droite 
tient un cerceau di^araissant en partie derrière 
les hanches du second personnage, une femme 
aussi presque nue. 

Montée sur le bige dont il a été parié déjà, cette 
femme est penchée en avant et semble, dans un 
mouvement bien exprimé, rendre la main aux deux 
chevaux qu'elle va toucher d'un fouet, indiqué 
par deux légers traits en creux, et que, de plus, 
elle parait animer de la voix. Sur le garrot est 



placé on collier retenu par une fibule qui en réu- 
dH les deux parties^. Quoique nue par devant, 
notre essedaria est couverte d^une sorte de courte 
jupe que la rapidité de la course déplace et ren- 
voie en arrière, sous forme d'appendice, assez 
semblable à la basque de notre habit moderne. 
Les chevaux ont du galbe, sont bien encapuchon- 
nés, avec tête petite, croupe développée, membres 
minces et solides à la fois. Gomme dans la plu- 
part des monuments antiques, la crinière est tenue 
courte. — D'autre part, détail au moins singulier, 
le galop a un tel ensemble que nos deux quadru- 
pèdes laissent voir deux jambes seulement eîi tout. 
Voulu ou non, c'est là un faire qui ne satisfait 
point rceil. 

Enfin, devant et au-dessous du char, une autre 
femme accroupie, vue seulement à mi-corps et 
ayant, sur la cuisse droite, beaucoup trop grêle, 
une très courte draperie, laissant le ventre nu, 
paraît jouer avec un cerceau à l'intérieur duquel 
OD discerne quelques légers creux, très probable- 
ment intentionnels^. Tandis que ce trockus est 
lancé au-dessus de la téte^ six très petites balles, 
marquées par des points aussi en creux, et situées 
un peu au-dessus de la main gauche, dénotent, 
sauf erreur, des passes de jonglerie. 

1. Voy. Dict. des antiquités, de Daremberg et Baglio, 
V* currus des eoiliers de diverses formes, fig. n* 2214, 2216, 
2223, etc. 

2. Yoy. dans le Dict. de Rich., v* troehus, et aussi dans 
Smith des exemples de cerceaux avec grelots. 



lie type de l'homme et des deux femmes, le 
crâne lisse et de forme caractéristique, le nés 
camard, les lèvres lippues nettement rendues, 
surtout chez la femme accroupie, montre, si 
nous ne nous trompons, que Ton a voulu repré^ 
senter ici des nègres, des Éthiopiens, comme les 
appelaient génériquement les Grecs et les Latins^ 

En outre, si l'épigraphie ne nous fournit point 
d'exemples d'auriges-femmes, il est utile de noter 
qu'au Corpus inscriptionum latinarum^j plusieurs 
cochers portent le surnom d'afer et presque tous 
les chevaux sont indiqués aussi comme afri. Ajou- 
tons, en outre, que, dès la plus haute antiquité, 
on trouve des exemples de femmes conduisant 
des chars, au moins dans la vie ordinaire. Témoin 
la gracieuse scène où Homère ' nous présente la 
jeune Nausicaa, docte au maniement des rênes, 
qui monte sur un char attelé de mules, saisit le 
fouet étincelant, puis excite l'attelage qui s'élance 
avec ardeur. A une époque moins reculée, mais 
pourtant encore archaïque, nous voyons, sur un 
bas^reiîef de l'écolç attique, conservé aujourd'hui 
à Athènes, une femme richement drapée, un pied 

i. Smith, A dictionary of greek and roman geography, 
y^ Àethiopes. 

2. C, /. L, t. VI, partie consacrée aux jeux publics (q<» 10044 
et suiv.). Sur 51 chevaux cités, avec indications d'origine, 
33 sont afri. 

3. Homère, Odyssée, chant VI, notamment : 

Vers 78 : xo^Spyj S* m^riutx àirjfjviîç. 

Vers 81 : *H 8' ïkaJBn ^tàoxvtcL xoi i^(« viytik&vna. 
Vers 316 : ^ç ipa wtrf^vma' t^awi y,Mxv{i ^ oitcv^. 



encore à terre, l'autre déjà sur le char, a'^oipa- 
rant des guidea daos «in naouv^ment rendu av'œ 
beaucoup de vérité^ 

En iHi temps moins reculé, qui est celin de 
Néron, Pétrone^ dit formellement, en parlant d'un 
individu qui va fidre une exhibition de speetaeles 
divers : Jam mannos habet etmulierem essedariam. 
Il devient donc certain que des femmes pouvaient 
figurer conmie auriges dans les jeux. Toutefois, si 
reMadw» d'où est dérivé essedaria est précisément 
un char gaulois, la forme en est fort différente de 
odie que donne notre oeuvre d'art, puisque, au lieu 
d'être ouvert par derrière, il l'étak par devant; 
c'était, d'ailleurs, surtout un char de guerre^. 

Et maintenant à queUe cat^orie des ùircen^es 
se rapporte notre scène ? Non seulement il s'agit 
d'une coursede ohars, maisaussi de jeux d'adresse. 
Tandis que la fi^nme vue. à mi-corps occupe le 
public en jonglant, le eoureiur semble s'élancer à 
la poursuite de l'aurîge, comme pour lui passer 
son cerceau autour du cou, ce qu'indique assez 
bien le geste du bras tendu en avant, non moins 
que la rapidité de l'allure des chevaux que leur 
conductrice excite avec énergie pour échapper à 
rhomme qui la suit. 

i. Ge JMis-reHef conau est reproduit notamment daas le 
Précis de l'kistoirede Vari, de Bayst, p. 57, fig. 9. 

2. Pétrone, XLV. 

3. Yoy. notamment Gabsar, B. G., IV, 33; V, 16. ^ Yms., 
Géorg., UI, 204. -^ Sbryids, A4 h Yoy. aussi la note dans 
Ga»ab, /. c, édition Hhemardt. Sinttgardt, Neef, 1889. 



4S8 ArmQmrts iKonvits a ntuB, 

Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, il est bon 
de noter que le char ici représenté rappelle, par 
son agencement général, ceux qui étaient employés 
dans le cirque* et qui, tous, étaient petits, à une 
place et bas sur roues, de manière k permettre à 
l'aurige de sauter à terre, sans trop de difficulté, 
en cas de danger. 

On peut encore rapporter deux de nos person* 
nages à la classe des ludii qui, d'après Suétone^, 
remplissaient dans les divertissements des andens 
le rôle de nos modernes clowns. Quant aux cer- 
ceaux, sur une lampe en terre cuite, on voit un 
circulator avec des animaux dressés et deux tro- 
chi enlacés^, tandis que Xénophon décrit, entre 
autres, une danseuse jonglant avec des cerceaux^. 

De l'outre servant à des tours d'adresse, nous 
trouvons la représentation sur une pierre gravée 
où des satyres cherchent à s'équilibrer sur une 
peau de cette espèce, quoiqu'elle soit gonflée et 
frottée d'huilé ^ ; mais, évidemment, ce jeu, nommé 



1. Darbnberq et Saqlio, v» circus et currus. 

2. Aug., 47. 

3. Babtoli, Lucern : vet., 17. 

4. Symposium, Il et VII. 

5. Stefanoni, Gemmae ant„ 30. On peut, toutefois, indi- 
quer comme esclayes noirs portant de petites outres dans le 
cirque ceux dont Pétrone parle ainsi (chap. xzxrv) : Duo 
ctethiapes cum pusillis utribus quales soient esse qui arenam 
utribus spargunt; mais ce texte est indiqué à titre desimpie 
renseignement, car il se réfère aux individus qui jetaient du 
sable dans le cirque pour étancher le sang des gladiateurs. 



dbxcSXta, n'a point de rapport direct avec notre 
sujet. 

'Nonobstant Tanalogie du nom et de la diose, il 
n'y a point, non plus, à parler des sacculariiy que 
le Digeste cite bien plutôt comme de punissables 
fripons que comme des prestidigitateurs^ 

Quoi qu'il en soit, malgré certaines négligences 
d'exécution, on ne saurait refuser au travail sou- 
mis à la sagace appréciation de la Compagnie 
qudque mérite d'exécution et de conception bien 
propre à faire regretter la perte du vase, dont 
cette € oreille » ou anse ne formait probablement 
que l'un des motifs d'ornementation, si l'on en 
juge par la richesse des pièces qui nous sont par- 
venues entières^. 

Disons enfin que, d'après l'avis d'hommes très 
compétents, on devrait reconnaître ici, non une 
œuvre gallo-romaine, comme le veut M. Hoff- 
mann, expert à Paris, mais bien un travail grec ou 
tout au moins étrusque, importé dans notre pays. 

III. 

DEUX DIVINITÉS TOPIQUES. 
BÂS-REUEF TROUVÉ A NÉRIS-LES-BAINS (ALLIER). 

Par un travail actuellement en préparation, nous 

i. Saccularii qui vetitM artes exercent plus quam fures 
puntejtdi. L., Saccularii. Dig., De ex crim. 

2. Yoy . notammeat au Musée de Glany les copies des pièces 
du trésor d'Hildesheim. 



Ifd àmwifi» fioofiss a lotais. 

nous proposons de mettre en relief, autant qo'il 
dépendra de nous, Timportance réelle, à l'époque 
romaine, de la ville qu'habitaient les VIGANI * 
NER10MA6IËNSES, aujourd'hui Néris-les- Bains 
(AUier). 

Quant à présent, nous nous bomom à soHiei* 
ter, une fois encore, l'attention de la Compagnie 
pour le petit groupe statuaire dont nous hîi sou- 
mettons rhéliogravure, exécutée d'après une pho- 
tographie appartenant à M. Noret, possesseur 
du groupe hii-mème découvert dans son fonds 
au faubourg du Péebin^ Noos empruntons à 
une lettre reçue de lui, le 89 septembre der- 
nier, les renseignements relatifs à c l'înventio » 
de ce petit monument que nous avons étudié direc- 
tement et en outre signalé au savant conservateur 
du Musée de Saint-Germain. 

€ Curieux de découvertes archéok)giques, • 
écrit en substance M. Nuret, c et connaissant 
la richesse du sol nérien, je résolus d'opérer des 
fouilles dans mon jardin. Après trois semaines de 
recherches infructueuses, je rencontrai, le 27 oc- 
tobre 1 877, à un mètre de profondeur, une sorte 
de voûte en maçonnerie que je crus appartenir à 
un souterrain. Mais deux heures de travail m'ame- 
nèrent à constater que j'étais en présence d'un 
puits romain mesurant 1 °*1 de diamètre et com- 



!. Voyex le plan âe Néris antiqfae» (Eômoîwot, Néris, 
recherches, etc. Moulins, Auclaire, i88&, pt. I). 



N 



blé arec de fai terre et des gravats. Ayant déblayé 
jusqu'à eoiriitHi S mètres de pnrfbndeur, je déeoct- 
vris un groupe de deux personnages, des chapi- 
teaux, une colonne et une infinité de bouteilles {sic) 
entières, des fragments de bols rouges figurés, 
un vase de bronze, des broches, etc.^ . > 

Nous ne parlerons pas avec détail des objets 
secondaires rappelés d-dessus, et parmi lesquels 
il suffit de sigimler deus vases dits samiens, rela- 
tivement pai endommagés, et le vase de bronze 
{(Bnoeàoé) dont Tanse est ornée d'un petit génie. 

Exécuté en pierre calcaire, plutôt grossière, 
fort grenue, assez dure et très blanche si on la 
gratte, notre groupe, composé de deijx. person- 
nages, un homme assis et une femme debout, est 
plat eo arrière, ce qui semble indiquer qu'il était 
adossé à un petit mur ou placé dans un édicule 
formant niche, comme Ton en a plus d'un exemple. 
— La hauteiir maximum est de O'^iS et la largeur 
de O^'SO, tan^s que l'épaisseur du bloc est seu- 
lement de O'^OS. — Les deux figures reposent sur 
une petite base de 0°^05, ménagée dans la masse 
du bloc même. 

L'honmie assis est de haute taille et de formes 
massives : il mesure, pour sa part, 0H3. L'on 
n'aperçoit aucune partie du siège, caché par les 
lourdes draperies du vêtement, lequel n'est autre 



1* Si nom avons queèqize peu modifié là forme de eMe 
lettre, nous en avons scrupuleusement respecté le sens. 



Ift2 



AlfTIOUIliS nUNJV^ES A jaiBi&é 



qu'une tunique ou indusium^ tombant jusqu'à la 
cheville et couverte d'un manteau agrafé sur 




j.j^mx^:-:..^r. ;:fe«^;sii^^;i/ 



1. L'absence d'un vêtement tel que la toge, essentiellement 
romain, pourrait être regardée comme caractéristique d'un 
type gaulois. 



l'épaule droite par une fibule ronde^ à peine 
visible, surtout dans la graTure, exécutée à moins 
de un doquième. Les plis sont traités avec une 
sorte d'unif<Mtnité conventionndie, par grandes 
lignes droites, et sans aucune préoccupation de ces 
cassures qui, dans les véritables couvres d'art, 
donnent Tillusion des souplesses de Tétoffe. 

Évidemment, on est en présence d'un travail 
dénotant tout au plus une simple pratique d'ouvrir 
€ taillear d'images, » comme disaient nos pères, 
quoique la tète, au nez régulier, aux yeux bien 
ouvris, sous des sourcils fortement arqués, res- 
pire une certaine noblesse et un grand sentiment 
de douceur. Sur les cheveux est posé un bandeau 
légèrement arrondi et diffidiement reconnaissable 
dans notre épreuve, tandis que la coiffure est 
composée de grosses boucles symétriques formant 
comme un nimbe qui contourne le front et déborde 
en masses puissantes vers les oreilles. La bouche, 
grande, semble sourire avec bienveillance et les 
lèvres apparaissent très nettement dégagées, car 
la barbe, tenue courte et légèrement ouverte en 
éventail vers le menton, les laisse bien à décou- 
vert. 

Chaussés du ealeeus noble, reproduit avec scru- 
pule jusque dans ses liens de cuir^, les pieds sont 

i. Ce système d'attache, fort usité, convient, entre autres, 
au genre de manteau dit aboUa, lequel n'était pas exclusi- 
vement porté par les militaires (Suétons, Cal., 35). 

2. Nous ne croyons pas pouvoir, au cas particulier, recôn» 



494 mnaviT^ noimiBs a néiis* 

rdativement petits» alors que les loatiis, surtout 
la gauche, sont grosses outre mesure* Daus la 
droite se voit une bourse pleioe, et la gauche 
retieut uq énonne serpeot, ayant les cornes et le 
faeieê du bélier. 

Taudis que cette première statuette est odle 
d^uo parsounage daus la force de rage, au oour 
traire la figure fémioioe demi-nue qui s*appuie 
contre Thomme et lui pose la main sur la tftte, 
comme pour le couronner, ofl&^e toifts les signes 
de la première jeunesse. Si la chevelure est abon- 
dante, et ccuffée en lourds bandeaux s'étageant de 
diaque côté, le visage, avec ses traits sommaire^ 
ment indiqués, conserve encore une expression 
presque enfantine. Les bras sont grêles, les seins 
à peine naissants et le bassin peu développé : 
même si la hanche droite soul%ne une certaine 
saillie, c^est uniquement parce que le mouvement 
du corps, penché v^rs la gauche, la £ût ressortir. 
De la draperie voilant le bas des jambes et lais* 
sant découverte l'extrémité des pieds chaussés, 
rien à dire, quoique les plis en soient un peu moins 
roides que ceux du vêtement nnsculin. 

naître le caloeus patrieius proprement dit, «orte de réuiùoa dn 
type de la sandale et du soulier. — En effet, le calceus patri- 
eius est garfti de nombreuses lanièreà, tandis que, dans notre 
figure, on relève seulement les nœuds qui retiennent la chaus- 
sure sur le cou-de-pîed. — Or, nous avons an Louvre (Gea- 
RAc, Mus. (U sculpt., in, pi. CGLXXVII, n*23!5) un mod^e 
tout semblable porté par un chevalier, G • GANINIVB • 
VALEN8, procurateur des quatre impôts d'Afrique. 



Telle est, sommaireiiieDt, k descripticHi de ee 
groupe (pie nous D*avoii& poiot la prétentioD d^ 
préMOter comme ioédit, puisque notre savaiM 
Ooofrère M. Bertrand eu a donné un croquis asset 
semblable au nôtre S çauf que Tindividu mâle est 
représenté in(ib^4)e. 

Et maintenant quel est le sujet ici représenté? 
£n expliquer le sais exact nous parait d^oat^ 
Cependant, au cours de son intéressante diaser- 
taiûon sur les triades gauloises^, le mèm^s«vant 
reconnatt dans le personnage assis un Mercure 
canu^érisé p»r la bourse pleine, et ajoute que le 
dn^on mystique à tête de bélier ne figure pas 
seulement dans t le célèbre monument d'Autun, > 
mais encore dans un c bas-rdief inédit de Ifont- 
luQOn. > — Nous nous bornons à constater que, 
d'une part, il s'agit, non d'un basHrelief , mais d'une 
rtmde bosse ou peu s'en faut, et qu'en outre cette 
ronde bosse a été trouvée à Néris même où elle 
est encore. 

En présence de l'interprétation si autorisée de 
notre docte confrère, nous ne dirons rien de l'opi- 
nion qui tendrait à identifier notre € Mercure » 
avec une sorte de dieu local des eaux, le DEYS 
NEWVS des inscriptions nériennes, lequel aurait 
alors pour attributs le serpent salutaire consacré 
à toutes les divinités médicales^ et serait asso- 

i. Bemie arehéologiqtie, t. XL, p. 14-16, et la note. 

2. Op. et lœ. cit. 

3. A. Matot, Relig, de la Grèce, I, 451, etc. 



496 ARTfaUIttfS TE0UT<B8 1 irfaiS. 

cié à sa parèdre Rosmerta, analogue à TÉpione 
('HicCovY)) ou à l'Hygie; dont on voit souvent 
Esculape accompagnée Dans cette hypothèse, lu 
bourse pleine aurait représenté le stipes consacré 
aux sources bienfaisantes^. 

Quoi qu'il en soit, on peut, jusqu'à un certain 
point, admettre que le dieu rappelle les traits de 
l'empereur Ântonin. Cette opinion est, d'ailleurs, 
plausible, car, suivant la judicieuse observation 
de notre confrère M. Howat, les inscriptions 
nériennes les plus importantes datent des princes 
de la dynastie antonine^. Or, on le sait, d'après 
la tradition, le DIVVS • PIVS était d'une famille 
originaire de Nîmes. — Ainsi serait expliquée la 
délicate pensée ayant porté un artiste gallo-romain 
à prêter la physionomie de ce prince à quelque 
numen bi^faisant de la terre gauloise^. 

1. Pausanxas, n, 27, 6 et 29, 1. 

2. Hypothèse justifiée par la trouvaille de Vicarello (OasLU- 
Hknsen, n* 5210; Ddruy, Hist. des Romains, IV, p. 17, et 
Sambon, Monnaies de la presqu'île italique Naples, petit in-fol.). 

3. Suprà, op. et loe, dt, 

4. La coiffure se rapproche sensibieideat de celle des empe- 
reurs ayant régné depuis Hadrien jusqu'à Commode (voir 
surtout GoHBN, 1~ édition, 1859, t. IH, pi. VI). 



LE NOM D'ANACLET II 

AU PALAIS DE LATRAN. 

Par M. l'abbé Dughesne, membre résidant. 

Lu dans la séance du il juillet 1889. 

Il arrivait souvent, au temps des empereurs 
romains, que le nom d'un souverain fût martelé sur 
les marbres des inscriptions officielles, les succes- 
seurs ayant des raisons d'interdire à certains de 
leurs prédécesseurs les honneurs de la postérité. 
On n'a signalé jusqu'ici aucun fait de ce genre dans 
Vépigraphie chrétienne. Je crois en avoir décou- 
vert un que je prends la liberté de recoHunander 
à l'attention de la Société, tant à cause de sa rareté 
qu'en raison de la haute importance historique du 
monument qui le fournit. 

Le pape Galixte II, après avoir heureusement 
terminé la longue querelle des investitures (1 123), 
résolut d'en perpétuer le souvenir dans la déco- 
ration d'une chapelle qu'il fit construire à l'inté- 
rieur du palais de Latran. Cette chapelle fut élevée 
sous le vocable de saint Nicolas. On y voyait, dans 
l'abside, une double série de figures : en bas, 
autour de la figure de saint Nicolas lui-même, 



498 LB NOM DANAGLBV II 

étaient rangés d'abord les deux anciens papes, 
saint Léon et saint Grégoire, puis les six pontifes 
qui, pendant près de soixante ans, avaient sou- 
tenu la lotte contre les empereurs d' Allemagne, 
c'est-à-dîre Alexandre H, Grégoire VII, Victor III, 
Urbain II, Pascal II et Gélase IL Au*dessus, dans 
la conque même de Tabside, était représentée la 
Vierge-Mère^ sur un trône, l'Enfant Jésus sur les 
genoux, deux anges à ses côtés; à droite et à 
gauche, deux grandes figures en pied représen- 
taient saint Silvestre et un autre pape ou arche- 
vêque, revêtu du pallium, mais sans tiare; aux 
pieds de la Vierge, deux papes prosternés, avec le 
nimbe carré qui caractérise les personnages con- 
temporains. Ces peintures ont disparu complète- 
ment au siècle dernier, lors de la destruction de 
l'édifice. Vers la fin du xvi^ siècle, la chapelle de 
Saint-Nicolas ayant été affectée au service de la 
conmiunauté des pénitenciers du Latran, quelques 
restaurations avaient été introduites; on en fit 
d^autres au cours du siècle suivant. 

Que Galixte II soit le fondateur de la chapelle 
et qu'il ait conçu lui-même le plan de sa décora- 
tion, c'est ce qui est suflïsamment attesté par les 
historiens contemporains ^ Gela résulte aussi de ce 
que son nom avait été peint auprès de l'un des 
deux papes agenouillés, dans la composition supé* 
rieure, et de ce qu'il figurait dans l'inscription 

i. Voy. mon édition dn Liber porUi/icalis, t. II, p. 323, 378. 



àM PiUIg M UtBifl. 199 

dédicabwe* Ceci nous est garanti par la pkw 
anctenne copie de ces ioaeriptîons, celle ^ qui ùii 
partie du recueil épîgnqf>hique oAert par Pietro 
Sabicio au roi Chartes VIÛ, lors de son passage à 
Rome, en i 495. P. Sabine vit le nom de Galixte U, 
qu'il rapporta ainsi Dm Kailistus pp. U. Quant à 
rinsmption dédicatoire, iroid comment il la 
donne : 

Sustulit hoc primo templum CallUtus ab imo 
Vir celebris late Gallorum nobilitate. 
Letus Callistus papatus culmine fretuê 
Hoc opus omavit variisque modis décor avit. 

Vers le milieu^ du xvi^ siècle, Panvinio décrivit 
cespeintures, alors très difficiles d'accès, le monu- 
ment étant en ruines ; il ne donne aucun détail sur 
la composition supérieure, sinon qu'on y voyait 
Galixte II € aux pieds du Sauveur » . Il avait donc 
lu le nom de ce pape. U omet aussi Tinscription 
métrique et se borne à énumérer les six papes 
prédécesseurs de Galixte II peints dans la zone 
inférieure. Il attribue toute la décoration à Ga- 
lixte U. 

Jusqu'ici aucun autre nom que celui de Galixte II 

1. De Rossi, Inscr. christ, t. U, p. 427, n» 29. 

2. Les témoignages relatifs aux Ticissitudes subies par ce 
monament, depuis le xvi« siècle jusqu'au milieq du xvm*, 
ont été réunis et discutés par M. de Rossi dans un travail 
intitulé Esame starico ed archeologico delV immagine di 
Orbano U papa, etc., publié dans la revue Gli Studiin lialia, 
4« année, ISSl. 



t§0 iB nom D'iiAGur u 

D*e9t proncmcé à propos de ce monumeot* Yen 
Tannée 1 595, Giacconio fit exécuter, non pas oo 
des^n d'ensemble, mais une série de dessins repré* 
sentant une à une les figures des papes que Ton 
voyait dans la dbapelle Saint-Nicolas. Au oommett- 
cernent du xvn^ siècle, le monument fut décrit 
par GrimaldiS qui prit en même temps copie de 
l'inscription métrique. Un dessin d'eosemÛe, le 
plus ancien que Ton connaisse, fut exécuté peu 
après. On le conserve actuellement au château de 
Windsor; Marriot en a donné la moitié supérieure 
dans son Vestiarium christianum^ pi. XLVI. De ces 
trois documents il résulte que, postérieurement à 
Panvinio, les noms des papes avaient été repeints 
et que plusieurs erreurs avaient été conmiises 
alors. Dans la composition inférieure, les noms 
d'Alexandre II et de Grégoire VU étaient les seuls 
qui eussent été tout à fait respectés ; ceux de Vic- 
tor III et d'Urbain II avaient été remplacés par ceux 
de Célestin P' et de Calixte V (S. CHALISTVS 
PP. I) ; pour Gélase II et Pascal II, on avait con- 
servé les noms, mais changé les numéros, de sorte 
que les papes représentés étaient maintenant 
Gélase !•' et Pascal P'. Au pied du trône on avait 
récrit le nom de Calixte II : CHALISTO PP. II, et 
celui du pape, jusqu'alors anonyme, qui lui faisait 
pendant : ANASTASIVS IIU. M. de Rossi^ insiste 



1. £. Mûnto, Bibl. des écoles d'Athènes et de Rome, 1. 1, p. 253. 

2. L c, p. 50. 



àv Piun ne KATiiir. Ml 

avec raisoD sav la rédaction rin^îèrede ces deux 
étiquettes, dont Tune est en italien et non en latin, 
tandis que Taotre omet le sigle nécessaire PP. 

C'est dans ces con<ytions que, pour la première 
fois, le nom d'Ànastase lY s'introduisit dans ces 
peintures, trois siècles et demi après Galixte II. 
En 1 570, le pape Pie Y ayant donné cette partie 
des ruines du vieux palais pontifical aux péniten* 
cîers de Saint-Jean-de-Latran, ils arrangèrent tant 
bien que mal la chapelle Saint-Nicolas pour leur 
usage conventuel. A cette occasion eurent lieu les 
restaurations où périrent les vrais noms des papes 
que l'on y avait figurés à l'origine; avec ces noms 
disparut l'expression de la haute idée qui se ratta- 
chait au monument. 

Il est sûr en tout cas que ces circonstances ne 
reconmiandent guère l'attribution du nom d'Ânas- 
tase lY à la figure du deuxième pape agenouillé. 
Cette attribution, cependant, fit fortune. Bien que 
l'inscription métrique n'eût pas été comprise dans 
les restaurations de la fin du xvi* siècle, dom 
Gostanzo Gaetani, abbé du Mont*^assin, s'ingéra 
à la retoucher. Sa vie de Gélase II, publiée à Rome 
en 1638, contient une reproduction de la déco- 
ration de l'abside de Saint-Nicolas. Le quatrième 
vers de l'inscription métrique y est ainsi rétabli : 

Yerum Anastasius papatus culmine qiiartfês. 

Le quartus a contre lui, outre le silence de Gri- 
maldi et du dessin de Windsor, le témoignage 



202 u mm ^'ahacui n 

précis de Pîetro SabÎDo qui a lu ici firetmf un mot 
tout à fidt de style. Uœ inscription de Gr^ire \D, 
à Sainte-Marie in Portieu, était^ aiosi conçue : 

Septimus hoc praesul Rtmano culmine fretus 
Gregorius templum Ckristo aaora/dit in aemim. 

On doit donc écarter la restitution de dom Gos- 
tanzo, tout comme les retouches introduites par 
les pénitenciers dans la nomenclature des papes. 
La question de Torigine du monument se pose 
ainsi qu'il suit. Deux papes étaient figurés age- 
nouillés aux pieds de la Vierge : donc deux papes 
avaient concouru à la décoration. Le premier était, 
sans aucun doute, Galixte II. Quel était le second? 

Interrogeons maintenant Tinscription métrique. 
M. de Rossi a déjà remarqué que P. Sabino ou 
son copiste a modifié l'orthographe du nom de 
Galixte II. Au xu^ siècle on écrivait Calixtus et 
non Callistus. De plus, le troisième vers ne satis- 
fait pas aux exigences du vers léonin : Callistus 
ou Calixtus ne rime pas avec fretus. M. de Rossi 
propose une inversion : Calixtus letus. 

Je vais plus loin. L'inscription elle-même me 
semble témoigner, comme la peinture qui la sur- 
monte, du concours de deux pontifes. En effet, il 
serait d'abord étrange que l'on eût répété deux 
fois le nom de Galixte dans un texte si court, sans 
aucune nécessité grammaticale ou proscNlique. 
D'autre part, Galixte II ne peut guère avoir parlé de 

1. De Roesi, Inscr. dirUi,, t. U, p. 439, n' Idô. 



AV PALAIS 08 LâriAlf. MS 

hri dans les termes da seeond vers : le eelebris tâte 
Gallorum noèiUtate a dû être dicté par une autre 
personne. Enfin Tinscription parait distinguer 
deiK temps, la conatruction : êustuUt hoc ftimû 
templum... abimoj et la décoration, commémorée 
dans le quatrième vers. Tout cela me conduit à 
penser que, du temps de P. Sabino, le commence* 
ment du troisième vers était déjà efihcé, que le$ 
mots Letus CalHstus ne représentent qu'un sup- 
plément conjectural de cet épigraphiste, et que, i 
la place de ces mots, nous devons chercher le nom 
d'un pape, successeur de Galixte II, qui aurait mis 
la dernière main à Toeuvre. 

Gela étant, deux noms seulement peuvent être 
proposés, celui d'Honorius II et cdui d'ÂnacIet IL 

Innocent II (f 1143) doit être écarté, et ses 
successeurs à plus forte raison. En effet, ces pein- 
tures sont mentionnées comme achevées dans la 
vie de Galixte II par Pandolphe^. Ce biographe, 
familier du Latran depuis de longues années, 
embrassa en 1 1 30 le parti d'ÂnacIet II. Le manus*- 
crit qui nous a conservé la vie de Galixte II écrite 
par lui est de 1 1 42 ; il a été copié, par conséquent, 
du vivant même d'Innocent IL Avant cette date, 
Innocent, à part deux séjours très rapides, ne ftit 
maître du Latran qu'en 1 138. Il est probable qu'à 
cette date la vie de Galixte II était déjà rédigée ; 
. par suite, les peintures dont elle parle doivent 

i. Voy. mon édition du Liber pontilkalii, t. II, p. 323, 1. 20. 



204 u noH d'anaclet » 

être d'Honorius ou d'Âoaclet. Eussent-elles été 
exécutées entre 1438 et 114S, que Pandolphe, 
enneiui acharnéy furibond, d'Innocent II, n'aurait 
guère eu occasion de les voir, ni surtout envie de 
les célébrer. Innocent II étant ainsi écarté, restent 
Honorius II et Anaclet II, qui furent maîtres du 
Latran, le prenuer pendant six ans, le second 
pendant huit ans. 

Le mètre léonin décide, je crois, entre les deux. 
Le nom d'Honorius n'entrerait pas facilement dans 
l'hémistiche à suppléer, tandis que celui d'Âna* 
clet s'y adapte merveilleusement : 

Praesul Anacletus papatus culmine fretus. 

Et ici je ferai remarquer que, dans la copie de 
Windsor, ce troisième vers commence par un 
groupe de lettres assez douteuses, mais dont la 
première conservée est un P, la seconde un Â. Il 
est bien facile d'agencer ces traces avec ma resti- 
tution ; on pourra en tirer ph,Aesul. M. de Rossi, 
il est vrai, dit que les restes du P lui font plutôt 
l'effet de la branche supérieure d'un G. Il serait 
peut-être utile que le dessin fût examiné à nouveau 
par une personne qui n'eût en tète aucun système 
de restitution. Dans l'état des informations, il me 
semble que le GA qui cadrerait avec la restitu- 
tion de M. de Rossi est exclu par les considé- 
rations que j'ai présentées. J'ajouterai que les 
moines qui ont suppléé ANASTASIYS ont assez 
témoigné par le choix de ce nom qu'ils n'ont 



âU 1P1UIS DE KATBAH. JM 

aperçu aueuiie trace de HONORIVS oa de INN(K 
(XNTIYS à côté de la figure du second pape âge- 
oouîHé; mais ils auraient vu un reate du nom 
ANACLBTV8, ou même ce nom tout entiw, qu'ils 
se seraient cras fondés à Técarter, et, Técartant, à 
prendre le nom d'ANASTÂSIVS qui n'en diffiare 
que de quelques lettres. 

En somme, mon opinion est que le nom d'Ana* 
det II a été effiicé de ce monument, efihcé exprès, 
après sa mort et la débite de son parti. À Ton* 
gine, les noms de Galixte et d'Anadet se lisaient 
à côté des deux papes agenouillés devant la Viei^, 
et Finscription dédicatoire était ainsi conçue : 

Sustulit hoc primo templum Calixtus ah imo 
Vir celebris late Gallorum nobilitate. 
Praesul Anacletus papatus culmine fretus 
Hoc opu8 omavit variisque modis décor avit. 

Cette solution n'enlève nullement à Galixte II 
rhonnau* d'avoir fondé le monument et même d'en 
avoir conçu et réglé la décoration. C'est bien ce 
que dit son biographe Pandolphe : Ecclesiam sancti 
Nicolai in pakUio FBcrr, cameram ampuavit, et 
pingi siciU apparet hodie miro modo praegepit. 

Du reste, Anadet II, malgré le déplorable 
schisme auquel son élection donna lieu, était tout 
à fait l'honmie des souvenirs que Calixte II avait 
vouhi perpétuer par la décoration de la chapelle 
Saint-Nicolas. 

U était fils de Pier Leone, du chef de cette riche 



SM LB NOM d'UTACLU U AU FAUIS M UTRUf . 

et paissante famine romaine dont rii^ueiioe et 
Targent avaient contribué pour une si large part 
à soutenir les papes dans leur oonflit contre ies 
souverains allemande. Porté k la papauté* il put 
croire que l'on mettait enfin à Thonneur, en sa 
personne, une famille qui depuis longtemps était 
à la peine. Loin d'avoir la moindre répugnance à 
consacrer par les monuments de l'art le triomphe 
de la papauté sur les empereurs^ il devait s*y 
trouver d'autant plus porté que son rival Inno» 
cent avait pour lui l'appui de Lothaire U, leur 
successeur. 



APOLLO VINDONNUS 

Par M. l'abbé H. TflfoE?rAT, membre résidant. 
Lu dam la Mftnoe du 28 nov^tubre 1888« 



Tous les archéolo^es oonoaisseut les décou- 
vertes de substruotions et d'objets antkiues faites 
aux Sources de la Seiœ, daos le d^artement de 
la Gôte-d'Or. Les nombreuses antiquités qui ont 
été nuses au jour en cet endroit et les ex^wto 
offi^rts, par les malades reconnaissants» à la Dea 
Sequana ont enrichi le musée de Dijon. 

M. Baudot, alors président de la Cammismn des 
antiquités du département de la Côte-d'Or^^ et, à 
uneépoque plus récente, notre confrère M. Flouest^ 
nous <Mit largement renseignés sur ce lieu cher à 
la dévotion des pq>ulations païennes de la région. 
Aussi u'estrce pas de ces découvertes que je 
désire m'occupw id. 

1. Henri Baudot, Rapport sur les découvertes archéologiques 
faites aux Sources de la Seine, dans les Mémoires de ta Com- 
mission des antiquités du département de la Câte-d'Or, 1843, 
t. II, p. 95 et sttiT. 

2. fid. floaaat, 1$ Tempte des Sonfroes de la Seine, dans le 
Bulletin de la Société des sciences historiques ei naturelles 4e 
Semur, 1869-1870, p. 35 et suiy. 



208 APOLLO yiNiM>imt6. 

Dans un arrondissement voisin, celui de Gfaft- 
tillon, il existe, sur le territoire de la conioaune 
d'Essarois, un autre lieu de pèlerinage des temps 
païens qui ofift*e, avec celui qde je viens de ap- 
peler, la plus grande analogie. 

 Essarois aussi les malades venaient cberdier, 
près de fontaines sacrées, la guérison de leurs 
maux. Là, comme aux Sources de la Seine, ils 
laissaient, en signe de reconnaissance et comme 
hommage à la puissance divine à laquelle ils 
attribuaient leur guérison, des ex-voto représen- 
tant, avec une brutalité souvent repoussante, 
les maladies guéries par l'influence des eaux bien- 
faisantes. 

Dans les mémoires de la Commission des antir 
quités du départemsnt de la Câte-d' Or y M. Mignard, 
membre de cette Commission , a publié sur les 
découvertes d'Ëssarois une étude excellente et 
étendue^. Il a fait, et non moins heureusement, 
pour ce sanctuaire ce que M. Baudot avait fait pour 
celui des Sources de la Seine. De tous les ex-voto 
signalés par M. Mignard, les monuments épigrar 
phiques sont de beaucoup les plus intéressants. 
Grâce à eux, en effet, nous savons que, à côté des 
sources (fontes) mentionnées dans une des inscrip- 
tions^, on honorait en ce lieu une divinité topique 

1. Mignard, Historique d^un temple dédié à Apollon prêt 
cP Essarois, Gâte^d'Or, dans les Mémoires de la Commission des 
ont., t. m, i847.1852, p. 110 et ss. 

2. Cf. plus loin notre n* II. 



AMI1.0 yniMMiiiOB. :iM 

identifiée à Apollon par les Romains. Le nom 
de cette divinité n'est pas encore complètement 
eomiu ; j'espère arracher leur secret aux pierres 
anjourd'boi mutilées sur lesquelles il était gravé. 

Mais avant d'aborder Fétude des inscriptions» 
j'enqprunterai au mémoire de M. Mignard quel- 
ques renseignements propres à donner aux lec- 
teurs une idée du lieu d'où elles proviennent : 

c En partant d'Essarois et en se dirigeant de 
l'est à l'ouest, on remarque un petit vallon formé 
par riq>lanissement de plusieurs coteaux calcaires, 
se prolongeant l'espace d'environ deux kilomètres 
jusqu'à la lisière du bois, où l'eau tombe en cas- 
cades. Si, de ce point de l'ellipse qu'on a parcou- 
rue, on se retourne pour regarder le village, on 
s'aperçoit que ces lieux sont un véritable cirque 
découpé par la nature et dominé par un amphi- 
théâtre de collines. Cette position a sans doute 
valu à la contrée et, par suite, à la source même, 
le nom de la Cave qu'elles portent l'une et l'autre 
de temps immémorial 

c Le lieu de la cascade se nomme la Truffière. . • 
A moins de cent mètres environ, et au tiers de la 
colline qui est assez escarpée, on rencontre la 
principale source... 

< En 1 805, les eaux mirent à sec, dans le voi- 
sinage de la source, un buste de femme On 

fouilla dans le pourtour de la source et on trouva 

des aqueducs en pierre M"'* Yictorine de Gha- 

tenay... voulut entreprendre, à ses frais, destra- 
iLix 44 



240 APou^ vmnQianMk 

vaux réguliers... Ces fouilles furent très fruc- 
tueuses et mirent successivement à nu tout ud 
système de fondations qu'on a fidèlement retracé au 
plan^ Bien plus encore» ces fouilles firent ren- 
contrer une foule de monuments*, au milieu de la 
diversité desquels on rencontre deux époques^. » 
Les sources et l'édifice élevé près d'elles nous 
étant connus, nous pouvons passer à l'étude des 
inscriptions, 

I. 

Je dois à l'extrême obligeance de notre savant 
confrère M. Flouest les photographiestle cette ins- 
cription et de la suivante. Elle est, conune on le 
voit, composée de deux morceaux. Ces mor- 
ceaux avaient été jusqu'ici publiés séparément et 
comme ayant appartenu à deux textes différents ^. 
M. Flouest a eu l'heureuse pensée de les réunir et 



1. Cf. Mignard, Historique éPun temple, etc., plan en regard 
de la page 205 v«. 

2. Statues, monnaies, objets divers et surtout membres 
votifs. Cf. Mignard, pi. I-VIU. 

3. Mignard, p. 11M15. 

4. Mignard, op, cit., p. 137, et pi. Vil, n* 7, DEO APOL- 
LINI VINDOI VSNACGY8 • V, et pi. VU, nM, VRBIGI M. 

— Id. dans Album pittoresque de l'arrondissement de Ghd^ 
tillon-sur-Seine, par A. Nesle, 1853, in-fol., p. 4 et pi. XXXV. 

— L'abbé L. Morillot, La durée du paganisme dans les cam- 
pagnes bourguignonnes, dans Bulletin d^histoire et d'archéologie 
religieuse du âioeèse de Dijon, t. I (1883), p. 58, d'après 
Mignard. 




;?; 



242 APOLLO YIIfDOlfirUB. 

de donner ainsi Tinscription entière, autant du 
inoins que le permet Tétat de mutilation de la 
pierre : 

DEO APOLLINI YINDOl//////// VRBICI 
VS FLAGCV8 V //////////M 

Ma copie, cPaprès la photographie de M. Flouest, 

Avant de tenter la restitution de ce texte, il est 
nécessaire d'examiner le suivant. 



II. 



ONNO ET F0NTIBVSJ3 
. RISGI V 8LM- 



Ma copie, d'après la photographie de M. FlouestK 

Ces deux monuments sont, Tun et Tautre, 
consacrés à Apollon. En effet, le nom d'Apollon 
est mentionné sur le premier, et la tête radiée 
du même dieu est figurée au centre du fronton 
triangulaire qui forme la partie supérieure du 
second. Dès lors il devient évident que le nom 
d'ÂpoIlon doit être restitué dans la partie man- 
quante de cette dernière inscription. 

En outre, les deux inscriptions étant dédiées au 
même dieu et dans le même temple, il est non 

i. Mignard, Album pittoresque de l'arrondissement de Chd" 
tillon, p. 5, pi. XXXV : 

d. mON • -NOBI • FONTIBVS 
apol DIVI V 8 L M 



) 



Mém. d^ la t 



iPOLLO YlMlK^HiroS. 243 

moins évidoit que la divinité topique associée à 
Apollon est la même dans les deux textes. 

Par conséquent» la première inscription nous 
donne le commencement du nom de cette divi- 
nité, la seconde inscription nous en donne la fin, 
et les deux textes doivent être complétés l'un par 
Tautre comme il suit : 



Deo ÂpoUini Yindo[nno] Urbicius Flaccus y{otum) 
[s{olint) l{iben8)] m{erito). 

[Djm ApoUini Vind]onno et Fontibus [P]risci 

(filiuê) \{otum) s{olvit) \(iUfen8) m(mto). 

Les divinités honorées à Essarois étaient donc 
Vindonnus identifié à Apollon et les sources bien- 
faisantes où les malades venaient chercher la santé. 

Maintenant que nous connaissons le nom du 
dieu Vindonnus, nous pourrons lui restituer deux 
autres inscriptions de même provenance que les 
précédentes. 

in. 

Parmi les monuments votifs trouvés à Essarois 
figure un genou en pierre que M. Flouest nous a 
communiqué il y a quelques années ^ Â la hau- 

1. BulMin des Antiquaires de France, 1881, p. 253 88. Cf. 
Mignard, Historique d'un temple , pi. Vn, n* 3. 



244 AFOLLo vnriKMnnvs. 

teur de la rotule, on lit, négligemment gravée à la 
pointe, l'inscription suivante : 

VINDAAAIF 

Dessin dô M. Flouest*, 

Cette inscription est certainement un ex-voto 
au dieu Yindonnus et doit se lire ainsi : 

yind{onno)j Mai(i) f(f 2ia), Iulia v(otiim) s{olvit) 
l{iben8) m(erito). 

Ce texte renferme une irrégularité : la filiation 
de la dédicante est mentionnée avant son nom, ce 
qui est contraire aux usages épigraphiques. La 
lecture Ma](t) {(ilia) ne m'en semble pas moins 
certaine*. 

1. M. Flouest a eu Tobligeance de me montrer le monu^ 
ment ; je n'ai pu qu'y constater la parfaite exactitude de sa 
lecture. 

2. Depuis que j'ai présenté ce mémoire, M. Héron de Ville- 
fosse a proposé de lire le texte sur deux colonnes, ce qui a 
Tavantage de faire disparaître toute irrégularité en per-> 
mettant de lire Vindonno Julia, Mai(i) f\ilia), v{otum) s{olmt) 
l{ib$ns) m(fnto). 




245 



Je donne œ dessin d'après le mémoire de 
M. Migaard^. M. Flouest a bien voulu me com- 
muniquer la pierre elle-même; mais, depuis que 
M. Mignard Ta fait dessiner, elle a beaucoup 
souffert et n'offre plus autant de lettres qu'autre- 
fois. A la première ligne, par exemple, la seule 
qui nous intéresse, les deux premières lettres 
subsistent seules. 

Ce fragment informe et mal copié faisait partie 

d'une inscription votive, puisqu'il se termine par 

/a formule [e]x, \o[to] ; trouvé dans le même temple 

que les monuments précédents, il devait avoir été 

dédié à la même divinité ; aussi il est facile de 

retrouver, dans les lettres de la première ligne, 

les éléments de la fin du mot Vindonno. 

Nous avons, en effet, la partie droite d'un 0; 
)uis UB N ; en restituant au Y qui vient ensuite le 
raît vertical que le temps a effacé, cbose assez 
aturelle, sur cette pierre fruste et en mauvais 
tât, nous avons un second N. Enfin, si nous fer- 



216 AFOUO YUIDOJnnS. 

mens dans sa partie supérieure le U> rond par le 
bas, et dont la forme n'a rien de romain ni d'épi^ 
graphique, qui termine la ligne, nous aurons un 0. 
Nous lirons donc ainsi ce dernier texte : 

[vind]onno 

• • • • VnS • • • • 

[e]x vo[to] 

Les photographies de M. Flouest nous ont donc 
permis de rétablir le nom du dieu Vindonnus et 
de lui restituer plusieurs inscriptions. 

Dans une de nos inscriptions^, Apollon Yidon- 
nus est associé aux sources bienfaisantes d'Essa- 
rois. Ce fait n'a rien de surprenant. Chez les 
Romains, aussi bien que chez les Grecs, Apollon 
était honoré comme un dieu dispensateur de la 
santé. En l'an de Rome 325 (429 avant J.-G.), 
pendant une épidémie et sur l'ordre de l'oracle 
sibyllin , les Romains vouèrent et construisirent 
un temple à Apollon pro valetudine populi*. Les 
Vestales l'invoquaient sous le nom à*Apollo Medi- 
cus^j et il avait à Rome un temple sous le même 
vocable^. Apollon est appelé salutaris et conser- 
vator sur des monnaies impériales^, et une ins- 
cription de Rome lui donne les titres de salutaris 

i. Notre n- II. 

2. Livius, 1. IV, 25; cf. 1. Y, 13. 

3. Macrobe, Saturn, 1. 1, c. 17. 

4. Liyins, 1. XL, 51. 

5. Preller, Rmmische Mythologie, 3« éd., 1. 1, p. 311, n. 4. 



APoiLo wnmmss. 247 

et medicintUiê ^ On a trouvé, à Aquae Caldae, dans 
l'Espagne tarraconaise, des inscriptions votives 
à Âpolloir^; c'est à lui que L. Marinins Marinianus, 
centurion de la septième légion , guéri par les eaux 
de Wiesbaden, adresse ses remerciements^; son 
nom est associé à celui des Nymphes sur des ins- 
criptions de la Rétie^, du Musée de Bonn^, de la 
Moselle^, d'Ischia'', de Yicarello^, dont les eaux 
étaient appelées Aquae ApolUnareê. Il est aussi 
associé à Esculape sur des inscriptions de Yica- 
rello^ et de la Bétique^^ et à Hygie sur une ins- 
cription de la Rétie ^^ . 

Le mot Yindonnus est un nom celtique, formé 
d'un radical qui se rencontre dans un grand 
nombre d'autres noms de même famille : 

Par exemple, les noms d'hommes et de femmes : 
Vindus sur des inscriptions provenant des contrées 

1. Corp. inser. lat., t. VI, n* 39. 

2. C. I. L., t. n, no* 4487, 4488, 4489, 4490. Cf. Preller, 
op. lat*d,, 1. 1, p. 302, n. i. 

3. Brambach, Corp. inscr. rhen., n» i529. Cf. J. Klein, 
Kleinere MiitfiHlunffen, dans Jahrbûeher des Yereins von 
Àlterthumsfreunden iti Bheinlande, t. LXXXIV (1887), p. 64. 

4. C. I. L, i. m, n- 5861. 

5. Klein, op. laud., p. 63. 

6. G. Robert, Épigraphiê de la Moselle, fasc. 1, p. 12. 

7. Corp. inscr. lat, t. X, n** 6786, 6787, 6788. 

8. (7. /. L, t. XI, no» 3286, 3287, 3288, 3289, 3294. Voyez 
les faits rénnis par Klein, hc. cit., p. 64. 

9. C. /. X., t. XI, n* 3294. 

10. C. I. L., t. n, no 2004. 

11. CI. L., t. m, no 5873. 



248 irOIXO TIHDOHIITO. 

rhénanes^ et du Norique*, et Vendm sur une 
inscription de Metz^, Vindu^y Vinda^^ Vmdo^, 
VuldtM^ Fffu{ta^ FtmiaMM^ VmdomM^^ Vm* 
ianus^^, Yindana^\ Vinduhf^^, Vindruna^^ Vin- 
daroicus^^y Vindaluco^^^ Vindauscia^^, YMdadus 
AriovUtus^^y Vindalus^^, YindeUcuê"-^, VindeUca^, 

1. Schuermans, Sigles figûlins, n<» 5763, 5764. 

I. C. /. L, t. in, Df 5414. 

S. Gh. Robert et R. Gagnât, ÉpigrapMe gaWhfùmainô d$ 
la MoielU, fasc. 3, p. 39. 

4. Dans le Norieum, cf. ma Liste des noms gaulois, dans 
Revue celtique, t. VIII (i887), p. 387. 

5. Grande-Bretagne, (7. /. L, t. VII, n* 509 ; Vérone, V^nàa, 
t. V, n* 3425; Pannonie supérieure, t. Ill, n» 4110; Nori- 
eum, n« 5663 ; Venafrum, t. X, n« 4969. 

6. C. L L., t. m, n~ 3380 (Pannonie inf.) ; 5076, 5105, 
5469 (Norique); Vendo, 2497, 2796, 2797, 6352 (DaimaUe). 

7. En Narbonnaise, C. L L., t. XII, n»* 830, 4019. 

8. Sur des monnaies, cf. A. de Barthélémy, Légendes des 
monnaies gauloises, dans Revue celtique, t. VIII (1887), p. 35. 
Narbonnaise, C. L L., t. XII, n* 2863; Dacie, C. /. L., t. m, 
n« 1082; Ferme, t. IX, n» 5412. 

9. En Pannonie sup., C. /. L, t. III, n» 6017, 10. 

10. Bade, Brambach, Gorpus inscr. rKm„ n» 1701. 

II. Alpes Goltiennes, C. L L., t. V, n* 7228. 

12. Garinthie, Greuly, Liste des noms supposés gaulois, dans 
Revue celtique, t. III (1877), p. 311. 

13. En Narbonnaise, 0. L L., t. XII, n* 3198. 

14. En Norique, C. L L,, t. III, n* 4972. Liste Greuly. 

15. Pannonie sup., C. L L., t. III, n* 4604. Liste Greuly. 

16. Basle. Mommsen, Inscr, Helvetiae, n*290. Liste Greuly. 

17. Narbonnaise, C. L L, t. Xn, m» 1751, 1777. Liste Gr. 

18. Grande-Bretagne, G. L L., t. YQ, n« 1320. 

19. Tarraconaise, C. /. L., t. II, n* 3208. 

20. Norique, G. I. L., t. m, p. 846, Dipl, IH, l. 41. Liste 
Greuly. 

21. En Rétie, C. /. L., t. IH, n* 5780. 



APOLLO TIl!lK>Nin». 249 

Véndillius^, Vindillus^, Vindilla^ Vindio^ Vinr 
dieta^, Vindamorucua^; les Doms géographiques : 
Vitida (rivière de la Vindélicie), Vindalicus (rivière 
de la NarboDnaise), Vindalium (Narbonnaise), 
Yindana (Gaule), Yindeleia (Tarraconaise), Vîn^ 
delicij Yindelicta, Vindenae (Mésie supérieure), 
Vindenates (Ombrie), Vinderia (rivière de la Bre- 
tagne), Vindia (Galatie), Vindilis insula (auj. 
Belle-Ile-en-nier), Vindius mons (Tarraoonaise), 
Vindobala (Bretagne), Vindobona (Pannonie supé- 
rieure), Vindogara (Bretagne), Yindogladia (Bre- 
tagne), Yindolana (Bretagne), Raeti Yindolid^ 
Vmdamagua (Narbonnaise), Vindomis (Bretagne), 
Yindamara (Bretagne), Vindonianus meus (Pan- 
nonie inférieure), VindomMa (Helvétie), Vtni«- 
fiHis (rivière de la Ligurie), etc. 

Il y aurait une étude intéressante à faire sur la 
localisation des noms celtiques de cette famille, 
dont un grand nombre se rencontre dans Tan- 
denne Vindélicie (FiWe/îoa)^. Hais ce n'est pas 
ici le lieu. 

1. Worin8,Brambach, Corp.inscr.rhen.,%^, Liste Grenly. 

2. Norique, C, I. L, t. HI, n* 4767; Milan, t. V, no 5818; 
Vindiivs, t. III, n* 4815 (Norique), et t. VUI, n* 2783 (Lam- 
bèse). 

3. En Noriqne, €. /. I., t. m, û~ 4767, 5335. Liste Grenly. 

4. En Noriqne, C. I. L, t. m, n« 5505. 

5. Nnmidie, 0. L I., t. Vni, n* 6346. 

6. Grande-Bretagne, G. L L., t. Vn, n» 948. 

7. Cf. Â. Forbiger, Bandibwh ékr alten Géographie, t m, 
p. 314. 



DE 

QUELQUES OBJETS ANTIQUES 

INCRUSTÉS DE MONNAIES. 

Par M. MowiT, membre résidant. 

Lu dans la Béance du 4 juillet 1888. 

La tablette antique de bronze qu'il m'est permis 
de présenter à la Société appartient à M. G. Lous- 
tau, notre associé correspondant à Grépy-en- 
Valois. Cet objet, recueilli il y a une quarantaine 
d'années sur le HerappeP, à six kilom. sud-ouest 
de Forbach, ancien département de la Moselle, 
par M. Motte, notaire à Sarrelouis, consiste en 
une plaque haute de 0°'137, large de 0^100, 
épaisse de O'^OOI , pesant 140 grammes; son côté 
droit est découpé en queue d'aronde ; on doit sup- 

1. Le Herappel ou Hiéraple est une montagne sur le pla*- 
teau de laquelle on a découvert des substructions et des anti- 
quités romaines; une énumération sommaire en est donnée 
par F.-X. Kraus, Kunst und Alterthum in Lothringsn, i888, 
p. 201, avec une reproduction du plan publié par Simon dans 
les Mémoires de l'Académie de Meti, 1841, p. 170. Quelques 
antiquités provenant du Hiéraple sont conservées au Musée 
de Sarrebruck. Voir aussi Korrespondensblatt, III, 1884» n. 59 
et85; VI, 1887, n. 179. 



]>B QUELQUES 0UIT8 AETIQUE8. 224 

poser, par raison de symétrie, qu'une ailette 
pareille garnissait la portion du côté opposé absente 
par suite de cassure. Une inscription de cinq 
lignes, en lettres de QU'OIS, occupe la moitié infé* 
rieure de la tablette; on y remarque quelques 
traces d'une belle patine verte que Ton a malen- 
contreusement nettoyée, sans doute pour rendre 
Tinscription plus apparente, tout en la laissant 
intacte sur la face postérieure. 

//////////•D-D- 

/////////svcio- 

///////GEPTVS 
///////MOTTIO 

mil m ' M- 

Notre regretté confrère l'intendant général 
Robert a publié ce texte ^ et démontré que c'est 
un voeu consacré à Mercure sous le vocable 
gaulois de Yisucius^ dont on connaît d'autres 
exemples par des inscriptions conservées dans les 
Musées de Nancy, de Bordeaux, de Stuttgard, de 
Garlsruhe et de Mannheim^. 

^La restitution du conunencement de la formule 
[INH'J'D'D' à la première ligne tend à prouver 
que le diamp de l'inscription devait avoir, dans son 

1. P. Gh. Robert, Épiçraphie gallo-romaine de la Moselle, 
I, p. 58, avec une gravure sur bois. 

2. Wiener, Catalogue des objets d'art et ^antiquité du Musée 
hùtorique lorrain, 6* édition (1887), n. 123. — G. Jullian, 
Inscriptions romaines de Bordeaux, I, p. 45, n. 15. — Bram- 
bach, Corpus inscriptionum rhenanarum, n. 1581, n. 1696, 
n. 1704. 



222 BB QUELQUES OBIETS AETIQUIS 

intégralité, une largeur de 0*1 70 ; cette dimension 
serait insuffisante pour admettre le mot MERGY- 
RIO avant [VISVGIO] ; il faut donc se contenter 
d'une abréviation telle que MER, à moins qu'on 




¥CLO 
PTVS 

MiOTTIO 



ts;d 





ne préfère le mol DEO qui a l'avantage d'être 
complet en trois lettres. 



Soit donc la lecture : 

[In h(pnarem)] d{omu8) d{ivinae)^ [deo Vi]9ucio 

[{f) Jfd(ius) Ac]ceptuê [et us] Mettio v{otum) 

^ilolvunt) Ubentes m{erito). 

tTex-Yoto parait avoir été consacré au dieu du 
commerce par deux individus, probablement deux 
mardiands associés, Tun portant le cognomen 
latin Aceeptus^ Tautre le nom gaulois MottiOj si 
toutefois ce mot n*a pas perdu une syllabe initiale 
et si Ton peut y voir, abstraction faite du redouble- 
ment de consonnes fréquent dans la transcription 
des mots gaulois, le même radical qui entre dans 
la composition de Dutnnamotus^ nom d'un citoyen 
santon. Quant aux gentilices des dédicants, leur 
perte rend impossible de décider si le deuxième 
n'était que la répétition du précédent, ou s'il en 
était différent. 

Une particulaiîté très remarquable, que Ton n'a 
jamais essayé d'expliquer et qui même a été jus- 
qu'à présent tout à fait passée sous silence, donne 
un grand intérêt de nouveauté à cet ex-voto. 

Au-dessus de la première ligne, quatre trous 
circulaires ont été découpés d'outre en outre dans 
l'épaisseur du métal ; ils ont O'^ÎSIO de diamètre 
et sont disposés régulièrement, l'un au-dessus de 
l'autre, sur deux rangées; on peut tenir pour 
certain que ces rangées se prolongeaient dans la 
partie absente; la largeur 0"170, que j'attribue à 
la plaque supposée entière, fournirait exactement 
la place nécessaire à deux rangées superposées, 



224 DE ÛDBLOUIS OBIBTS AIHIQUES 

de cinq trous chacune. Ce dispositif rappeUe d'une 
manière firappante celui d'un casier à médailles, 
h tel point qu'on peut se demander si réellement 
la plaque n'a pas été ajourée dans un but ana- 
logue. Cette conjecture devient presque une cer- 
titude quand on constate que le diamètre des trous 
est précisément du module habituel des monnaies 
impériales de billon ou de petit bronze du m^ au 
IV* siècle, voire même de celui d'un grand nombre 
de pièces d'or de la même époque. Dès lors on 
imagine sans peine qu'ils ont servi à loger les por- 
traits monétaires de la famille impériale régnante, 
collectivement signifiée par la formule in honorem 
damus divinae inscrite immédiatement au-dessous ; 
ce serait, en quelque sorte, une édition réduite des 
imagines domm divinae dont il est question dans 
une belle inscription de Lambèse^ dédiée aux 
Augustes par la schola optianum de la légion III 
Âugusta ; une dizaine de pièces de bronze ou de 
billon auraient eu trop peu de valeur pour être 
ainsi encastrées et faire le sujet d'une dédicace 
gravée sur bronze. Il est donc plus vraisemblable 
que l'ofi&^ande consistait en pièces d'or enchâssées 
dans une monture propre à leur donner unifor- 
mément le diamètre requis pour le sertissement. 
On remarque que la tranche des trous est en arête 
vive, avec des traces d'arrachement sur la face 



1. Corpus inscripUonum latinarum, t. YIII, n. 2554. Elle 
est actuellement au Musée du Louvre. 



DICRirST& 01 VONIIAIBS. 225 

postérieure, oomme si les médailles en avaient été 
Tiolemment débottées d'avant en arrière, sans 
doute dans un but de cupidité très explicable si 
on les suppose en métal précieux. 

Quelles étaient leurs efi^ies? Â cette question on 
ne peut répondre que par des hypothèses ; cepen- 
dant il semble raisonnable de circonscrire le champ 
des conjectures par la condition que les dix cases 
correspondent à pareil nombre de personnages 
formant à un moment donné la famille impériale, 
par conséquent sans répétition d'aucun d'eux. U 
s'agit de les déterminer ; la question posée dans 
ces termes ne comporte guère de solution en 
dehors de la dynastie jnultipartite des princes 
iUyriens ; il se trouve en effet qu'en l'année 306, 
et en cette année seulement, la famille impériale 
se composait de dix membres, ni plus, ni moins, 
dont on bonnalt des médailles d'or, à savoir, six 
Augustes : Dioclétien, Maximien I (Hercule), 
Maximien II (Galère), Maximin II (Daza), Constan- 
tin I et Licinius père ; un César : Maxence ; et 
les trois impératrices (Augustaé) : Valérie, fille de 
Dioclétien et femme de Galère, Fausta, fille de 
Maximien I et femme de Constantin I, Hélène, 
veuve de Constance I et mère de Constantin I. 
Ces personnages, issus de cinq souches différentes, 
mais unis entre eux par les liens du mariage ou 
de l'adoption, formaient une seule et même 
famille, au sens légal, sous la dénomination de 
Domus divina; c'est ce qui est prouvé par des 
xux iô 



226 Di ovoavn Mifn àsmxm 

inscriptions dans lesquelles la formule in hano^ 
rem damus divinae s'applique eollectivemeat aux 
princes nommés à sa suite, Dioctétien, Maximien I 
(Hercule), Constance I et Maximien II (Galère)^. 
La tablette du Hiéraple ne constitue pas un 
exemple unique d'ex-^voto orné de médailles. On 
a découvert au Sablon, près de Metz, c'est-à-dire 
sur un autre point du même territoire de la cité 
desMédiomatrid, deux petits cartoudies debronze 
consacrés à la déesse Icovellauna, sur lesquels je 
crois reconnaître un emplacement amâfiagé pour 
une pièce de monnaie. L'un d'eux a été signalé 
pour la première fois par M. Gh. Robert à la 
Société des Antiquaires de France^, dans la séance 
du 9 mai 1877, mais sans aucune allusion à œ 
détail intéressant, et, de plus, avec une légère 
erreur dans le déchiffinement du nom de la divi- 
nité qu'il lisait Icoflia/ima ou Icofilauna, Il convient 
de revenir sur ce sujet et de figurer ici les deux 

1. Brtmbach, Corpus inscriptionum laHnarum, n. 467 : 
INHDD I PRO SALVTE IMPP | DIOGLETIANI • ET- 
MAXIMI I ANI AVGG • C0N8TANTI | ET MAXIMIANI- 
NOBB • GAE88, etc. — Ibid., n. 1281 : IN • H • d • d • tori 
$t I IVNONI Reginoé et | MINERYAE diis dsa \ BV8QVB 
lUperù. pro j 8ALVTE ET mcolumitate | DD ' NOSTRO- 
rum, etc. Au lieu de la restitution Im[peri] proposée par 
Brambacb, il faut certainement lm[mortalibus]. 

2. Bulletin de la Soc, des Antiquaires de France, 4877, p. i38. 
D'autres monuments du culte de oette divinité ont fait le 
sujet d'une comn^unicatLon de M. Prost, ibid», 1882, p. 277. 
Cf. Jahrbikher des Vereins von Alterthumsfreunden xm Rhein- 
lande, LXVI, 1879, p. 64, pi. IV. 



nCC&IFBTit DE WMffllAIB. 



227 



tablettes en question pour qu'on puisée fiicilement 
fes comparer à celle du Hiéraple. 

Biles sont actnellenient au Musée de Metz. 

Sur la premiène est gravée une inscription qui 
se laisse aisément lire ainsi : Deae Icavellaunae^ 
$anctis9imo nummt, Genialius Satuminus v(otum) 
${obrit) l{ibeM) m{erito). 



\ \ 

\ ! 

B f àFi covf-f lAV ^ 
AT Af JArjCIiSSlMO 

NVAA^ l N l Cc/sJl A 
1 l VîS ATVA/v?INVS 

V S l KA 




Au-dessoiis et vers le milieu du bord supérieur, 
on voit une tache circulaire de patine épaisse don* 
nant l'idée d'une monnaie qui aurait été acciden- 
teUement posée sur la tablette enfouie en terre, 
ou qui lui aurait été intentionnellement soudée. 
Cet empâtement d'oxydation a 0^9i% de diamètre, 
c'est-à-dire exactement la dimension des cases de 
la tablette du Hiéraple^ : il n'a pas été représenté 

i. Notre defisinjiteuraeale tort de réduire les dimensions 
du faofiimilé de cette tablette. 



228 DE QOELOV» Oims HmQUBS 

dans la figure 903 des Exempta scripturae epigra^ 
phicae latinae de Hûbner, mais il a été soigneuse- 
ment indiqué sur le fao-simile de G. Bone dans 
les lahrbucher des Antiquaires du Rhin. 

hd nom de la divinité Icovellauna est nouveau ; 
il me parait formé de deux éléments connus de par 
ailleurs : une inscription de Bordeaux mentionne 
une femme du nom de Ica^ qui fait nécessaire- 
ment supposer une forme Ic(hs; quant au deuxième 
élément, il se retrouve, sans redoublement de {, 
dans le nom du peuple alpin Yelauni ^, OùeXou- 
v{oi^, et, avec redoublement de /, dans Tethnique 
Segovellauni^, dans le nom de lieu Vellaunodu- 
num^, etdans les noms d'homme Gassivellaunus^, 
Vercassivellanus^. 

La deuxième tablette du Sablon consiste en un 
fragment qui ne laisse apercevoir que la dernière 
moitié des trois lignes de l'inscription. 

Au-dessous du bord supérieur de la plaque et 
de manière à couper la première ligne en son 
milieu, un godet circulaire a été creusé jusqu'à 
mi-épaisseur du métal. Il a 0''021 de diamètre, 
dimension des cases de la tablette du Hiéraple; 
ici, l'analogie devient frappante; ce godet est 

1. G. Jullian, Inscr. ant, de Bordeaux, I, p. 361, n. 274. 

2. Pline, H. N., m, 20. 

3. Ghabouiilet, dans Rev. arch., XX, 1869, p. 161. 

4. PUne, H. N., m, 4. 

5. César, B. G., VH, 11, 14. 

6. Id., B, 6., V, 11, 18, 19, 21, 22. 

7. Id., B. G,, Vn, 76. 



UICE1I8T<8 ra VONNAin. 



229 



manifestement aussi une case monétaire, avec 
cette seule différence qu'elle a un fond, tandis que 
les autres sont percées à jour. On est ainsi amené 
à conclure qu'une seule et même explication con- 
vient aux tablettes du Sablon, ausn bien qu'à celle 
du Hiéraple; toutes trois étaient ornées de 
médailles du même module, et ce module est celui 
des petits bronzes, ou des aurei de la fin du 
m* siècle. 




Les trois tablettes, dont l'ornementation moné- 
taire me semble démontrée malgré l'absence des 
monnaies elles-mêmes, ouvrent une nouvelle série 
ardiéologique, celle des écrins à médailles, dont 
le plus splendide spécimen est la fameuse patère 
d'or de Rennes qui fait l'orgueil du Cabinet des 
Antiques de la Bibliothèque nationale^. Son pour- 



1. Ghabouillet, Catalogue général du Cahinet des médailles 



2S0 DE QHIWtJm OBIBTB AKTIQVES 

tour est garni de seize aurei serti^ dans répaîa- 
seur du métal autour d'un sujet central représen- 
tant Baochus et Hercule synèdres, au milieu d'un 
cortège de figures secondaires. Le type remar- 
quable de cette association mythologique, qui n'est 
autrement connue que dans la numismatique de 
Septime Sévère, fait allusion au culte fondé par ce 
prince en Thonneur de ses divinités favorites et 
cadre à merveille avec la couronne d" aurei choisis 
et disposés de manière à montrer les efSgies des 
membres de sa famille habilement entremêlées à 
celles des quatre Ântonins, auxquels il prétendait 
s'affilier par une généalogie fictive. Les détails de 
cette décoration concourent à donner à l'ensemble 
un caractère personnel tellement visible que, s'il 
fallait appliquer un nom à la patère de Rennes, on 
aurait, pour l'appeler la Coupe de Septime^évèrey 
des arguments au moins aussi bons que ceux qui 
ont valu à ses rivales le privilège d'être dénom- 
mées, l'une la Coupe de Chosroès, l'autre la Coupe 
des Ptolémées. 
Une patère découverte en 1857 à Toulouse S 

et antiques, n. 2537. — Decombe, Notice sur la patère d'or 
découverte à Rennes en 1774, avec gravure (extr. des Mém, de 
la Soc. arch. d'Hle^t-Vilaine, XIII, 1879). — Babelon, le 
Cabinet des Antiques à la Bibliothèque nationale, 1^ fatc., 1887, 
p. 25, pi. VII, photogravure. 

1. Magasin pittoresque, t. XXV, 1857, p. 95, avec vignette ; 
article attribué à Âdr. de Longpérier. -— Catalogue d'une 
Vente d*antiquités et de médailles grecques et romaines, terres 
cuites grecques, poterie, verrerie, orfèvrerie, les 15 et 16 février 
1889, M. Hoffmann expert, p. 23, n. 138. 



assurément moins prédeuae que celle de Rennes, 
n'en doit pas moins être rapportée ici à sa suite. 
Elle est en argent uni, à bordure moulurée, sans 
autre oraemeot qu'un médaillon d'or encastré 
dans sa partie centrale. Ce médaillon, qui n'est 
peutrètre qu'un simple solidus de O^'O^ de dia- 
mètre, montre le buste diadème et drapé de 
Théodose I, à droite, avec la légende D N THEO- 
DOSIYS P F AYG ; la pièce n'ayant pas été de^ * 
sertie, le revers est encore inconnu. 

GettepatèreaO'^l 85 dediamètre; elleestexhaus- 
sée sur une base tronconique lui servant de pied. 
Recueillie par M. Pujol à l'époque de sa décou- 
verte, place des Puits-Clos, elle finit par entrer 
dans la collection de M. Hc^&nann pour passer 
dans une vente publique à Paris, où elle atteignit 
le prix de 1800 francs. 

Les patères ne sont pas les seuls objets ornés 
de monnaies; voici des ustensiles d'autres genres. 

Au Musée d'Amiens, un manche de cuivre en 
forme de cachet, dans lequel est enchâssé un 
denier d'argent à la légende IMP GAES YESPA- 
SIANVSAVG*. Ma copie. 

Au Musée de Trêves, deux petits disques sphé- 
roïdaux de bronze, en forme de poids aplatis aux 
pôles ; à la face supérieure est soudé un moyen 



1. Catalogua des à^tU d'antiquité et de curiosité esposés dans 
U Musée de Picardie, éd. 1876, p. 77, n. 517, où il e«t dit, à 
tort, que la légende est illisible. 



232 m QUELQUES OMETS ASTIQUES 

bronze de Vespasien pour Tun, d'Âotoma pour 
Fautre*. 

Un manche d'ustensile de toilette indétermioé, 
auquel est rivé un médaillon de Lucille, sans autre 
indication^. 

Le contingent des objets de parure et d'orf^ 
vrerie est naturellement le plus élevé. 

Parmi eux, la paire de bracelets d'or de Pétria- 
necz (Croatie) 9 conservés au Musée impérial-royal 
de Vienne, est seule comparable, sous le rapport 
numismatique, à la patère de Rennes; chaque bra- 
celet porte quatre aurei impériaux, dont l'effigie 
est tournée en dehors et le revers laissé à décou- 
vert dans l'intérieur : sur l'un, Antonin, GordienlII, 
Yérus, Domna ; sur l'autre, Garacalla, Commode, 
Gordien III, Claude IL Tels sont du moins les noms 
et l'ordre que leur assignent les auteurs qui les 
ont publiés. Je ferai cependant remarquer qu'une 
erreur a été commise en ce qui concerne Com- 
mode ; en effet, le dessin qui accompagne la des- 
cription des éditeurs viennois et qui a été repro- 
duit dans d'autres ouvrages^ montre le revers de 

1. Westdôutsche Zeitschrift, t. Il, 1883, p. 222; F. Hettner, 
Fûhrer durch dos Provinzial Mtueum. Trier, 1883, p. 18. 

2. Frœhner, Médaillons de Vempire romain, p. xii, note. 

3. Arneth, Gold und Silber Monumente des K. K. Mûnz-und- 
Antiken Kabinettes, 1850, p. 35, pi. G. XI, 206 ; Von Sacken 
und Kenner, Die Sammlungen des K. K, Mûnz-und-'Àntikm 
Kabinettes, 1866, p. 346, n. 54, 56 ; Saglio, Dictionnaire des 
antiquités grecques et romaines, v* Armilla, fig. 534 ; Héron 
de Villefosse, dans Mémoires de la Société des Antiquaires d» 
France, XL, 1879, p. 211. 



TNGEUSnfs DE VOlflCAIIS. 233 

Vaureus diamétralement opposé à celui de Claude 
et sur ce revers on lit distinctement la légende 
SALVn AVGVSTOR TR P XVm, qui appartient 
seulement à Maro-Aurèle, en sa qualité de collègue 
de Yérus. Il faut donc éliminer le nom de Ck>m- 
mode et le remplacer par celui de son père. Cette 
rectification a de plus quelque importance, car 
elle met en évidence une intention de symétrie 
dans la disposition des aurei par la manière dont 
ils correspondent entre eux : 

l*' bracelet : Antonin, Gordien III, Yérus, 
Domna; 

S* bracelet : Claude II, Gordien III, Marc-Aurèle, 
Garacalla. 

La figure de Gordien III forme le pivot de cette 
combinaison dans laquelle Maro-Aurèle et Yérus 
se font pendants Tun à Tautre, en qualité de col- 
iques, Domna et Caracalla, comme mère et fils. 
Le rapprochement d' Antonin et de Claude II qui 
en résulte n'est donc pas fortuit et nous fixe 
sur Tâge de cette parure qui a dû être fabriquée 
sous le règne de ce dernier prince, de Tan 168 
à 270. 

Le collectionneur Jules Charvet possédait un 
bracelet d'or, orné d'un cmrettë de Septime Sévère, 
ayant au revers le buste de Domna entre ceux de 
Caracalla et dé Géta^ 



1. J. Gbanret, Notice sur des monnaies' et hijou» antiques, 
1863, p. 15. 



tu m fiOiMim ovng àxtwm 

François Lenormant avait rapporté de Grèce 
un bracelet d*or composé de petits grenats et de 
pièces surmoulées, disait-il» à Fépoque romaine 
sur d'anciennes hectés grecques, ou sixièmes de 
statère» ainsi décrites : tète de femme à droite, 
parée d^un collier ; au revers, cithare heptachorde 
dans un carré formé de quatre traits; type de 
Mitylène. Ge bracelet est devenu la propriété du 
baron Seillière^. 

Après ces bracelets viennent se placer les bagues 
à chaton monétaire; voici celles sur lesquelles j*ai 
pu recueillir des renseignements. 

1^ Au musée du Louvre, bague d'or trouvée à 
Rouen en 1 86& ; ornée d'un quinaire d'or de Sév^ 
Alexandre; buste lauré à droite entouré de la 
légende IMP G M A VR SEY ALEXAND AYG^ Le 
revers est caché à l'intérieur; on ne peut donc 
déterminer la pièce, tant qu'elle n'aura pas été 
dessertie, car on ne connaît pas moins de trois 
quinaires différents auxquels peut convenir le 
droit qui vient d'être décrit (Gohen, IV, Al. Sév., 
2S, 269, 324). Ma copie. 

^ Au Musée du Louvre, bague d'or ornée d'un 
trienê d'or de Justin I^ : buste diadème à droite, 
entouré de la légende D N IVSTINVS P F AVG. 



i. De Witte, dans GasetU des BeawAYU, XXI, 1866, 
p. 120, vignette ; Fr. Lonormant, la Monnaie dans VantiquiU, 
t. I, p. 37. 

2. LoDgpérier, CBuwres, t. m, p. 208; cf. Rm>. numism., 
1868, p. 333. 



nioiiisfiB M aoHUAiit. its 

Le revers est caché à rintérieur du chaton. Ma 
copie. 

3^ Âa Musée du Louvre, bague d'or, dans laquelle 
a été insérée, par une restauration moderne, une 
monnaie d'or siculo-punique représentant, d'une 
part, la tète de Gérés couronnée d'épis et, de 
l'autre, un cheval^. 

it^ Au Cabinet de France, bague d'or provenant 
de Vandenne collection Pellerin' ; ornée d'un qui- 
naire d'or de Maximin I, dont on voit le buste 
lauré, à droite, entouré de la légende MÂXIMI* 
NVS PIVS ÂV6 GEBM ; au revers, la Victoire, à 
gauche, et la légende VIGTOIUÂ GERM (Gohen, 
rf\ Maxim., 105). 

6** Au Cabinet de France, bague d'argent, ornée 
d'un denier d'argent sur lequel on voit le buste 
barbu du César Âelius, entouré de la légende 
L AELIYS CAESÂR. Le revers est caché». 

6^ Au Cabinet de France, bague d'or ornée d'un 
sou d'or mérovingien; efiigie de Glotaire (lequel?) 
à droite, et la légende ICHLOTARIVS REX; au 
revers, croix accostée des lettres A, R (Arelaté) 
et la légende CHLOTARIVS REX^ 

7^ Au Musée d'Orléans, bague d'or trouvée en 
1 869 dans les vignes de Saint-Marc, en dehors de 

1. Catalogue des bijùwg du Musée NapoUon III, p. 142, n. 576. 

2. Gaylus, BficwU d'antiquités, t. V, p. 313, pi. GXn, 1,2; 
Ghabouillet, Catalogue raisonné, n. 2636. 

3. Ghabouillet, Catalogue raisonné, n. 2890. 

4. Id., Ibid., n. 2639. 



236 DE Qiauffns OBJRS innoms 

la ville ; elle est ornée d'un aureus tle Pertinax, 
non décrit dans le catalogue^. 

8^ Au Musée d'Autun, bague d'or^ ornée d'un 
aureus de Tétricus père : buste lauré à droite, et 
la légende IMP TETRIGVS AVG ; au revers, la Vic- 
toire et la légende VICTORIA AVG (Cohen, IV^ 
Tétr. père, variété non décrite du n° \S%). 

9^ Ancienne coQeetion J. Gbarvet^ ; bague d'or 
trouvée dans la Saône; buste de Septime Sévère; 
au revers, la légende LIBERALITAS; en exei^goe, 
AVGG VI (Cohen, m. Sept. Sév., 300). Le Britisb 
Muséum possède aussi une bague ornée d'un 
aureus de Septime Sévère ; c'est peut-être celle 
de Gharvet. 

10^ Au Musée britannique, bague d'or ornée 
d'un triens de Justinien. Renseignement de M. S. 
A. Murray, l'un des conservateurs. 

11^ Collection de M. John Evans; bague trou- 
vée en 1880, à Londres, Euston Square; travail 
ajouré dans lequel est serti un sou d'or de Théo- 
dose II, dont le revers est tourné en dehors ; Rome 
assise sur un trône à dossier, tenant le scq>tre et 
le globe crucigère; légende : VOT XXXX MVLT 
XXXX E; en exergue, CONOB (Sabatier, Desc. 



1. Desnoyers, Catalogue du Musée historique d' Orléans, 
1884, p. 129, n. 482. 

2. De Witte, Recherches sur les empereurs romains qui ml 
régné dans les Gaules, p. 156, pi. XXXIX, 150. 

3. J. Ghanret, Notice sur des monnaies et bijou» antiques, 
1863, p. 15. 



I]fGai!8T<8 BS MORHAIBS. 287 

monn. by%., I, pK V, 6). Renseignement de 
Evans, président de la Société des Antiquaires 
Londres. 

^ Collection de MM. Rollin et Feuardent ; bague 
' provenant de la collection Hoffinann; ornée 
1 aureus sur lequel on voit le buste lauré et 
assé de Garacalla, à droite, avec la légende 
rOWNVS PIVS AVG GERM; au revers, Apol- 
solaire radié et la légende P M TR P XX GOS 
P P (Ck)hen, IV*, Carac.j 388). Celte bague, 
int 35 grammes, a été adjugée en vente publi- 
à Paris, au prix de 375 francs^. 
3^ et 1 4\ Ancienne collection de Peiresc ; Spon 
lorte avoir eu entre les mains l'inventaire du 
net de Peiresc et y avoir remarqué c un anneau 
où est enchâssée une médaille d'or d'Antonin 
poids 6 pistoles ; > et aussi c une bague de 
^ où est endiàssée une médaille de bronze 
ilien, ISIS FARIA». » 

serait facile d'allonger cette liste de bijoux 
^taires en rapportant ici les monnaies et les 
lillons montés dans un encadrement circu- 
ou polygonal. Je les laisse intentionnellement 
^té, parce qu'ils sont tellement nombreux 
faudrait leur consacrer une dissertation spé- 
D'ailleurs ils forment une catégorie à part : 
vrerse des bijoux dont je viens de m'occuper, 

italogued'ane Vented^antiquiUs et demédailles grecques, 

s 15 et 16 février 1889, p. 20, n. 122. 

pon, RechereKes curieuses d'antiquités, 1683, p. 175. 



288 DE aVBLQinS OBIElt AlITIOm. 

leur monture o'a qu'un rôle secondaire par rap* 
port à la médaille qu'elle contient; c'est un simple 
cadre d'agrandissement pouvant faciliter radapta» 
tion d'un organe de suspension qui laisse la 
médaille intacte, sans qu'on soit réduit à la perfo- 
rer ou à lui river une bélière ; tandis que, s'il s'agit 
d'une bague ou d'un braoelet, c'est la médaille qui 
est l'accessoire décoratif. 



DESCRIPTION 

DB 

QUELQUES SCEAUX-MATRICES 

BELiUFS A l'hTOIS IT ▲ LA PIGAIDIE. 

Par M. L. Dbsghamps m Pas, associé correspondant 
national. 

La dans la séance du 24 aTril 1889. 

On a dit souvent^ et c'est maintenant une diose 
admise par presque tous, que, pour se rendre 
ocxnpte d'un objet de curiosité ou d'antiquité, la 
meilleure et la plus savante description ne vaut 
pas la représentation de cet objet. C'est à ce titre 
que nous avons réuni dans les plandies ci-jointes 
les dessins d'un certain nombre de sceaux- 
matrices, dont la plus grande partie intéresse les 
andennes provinces formant aujourd'hui ledépar* 
tement du Pas-de-Calais. Ce travail ayant été 
«itrepris depuis loi^mps, il est arrivé que, 
lorsque nous avons voulu y mettre la dernière 
main, les originaux n'étaient plus dans la posse»* 
sion des amateurs qui nous les avaient communi- 
qués avec la plus grande obligeance^ . Ignorant ce 

1. Nous citerons particulièrement les collections de M. Dan- 



240 QVBLQITEB 8CEAUX-1IATUGB8 

qu'ils sont devenus, et dans les mains de qui ils 
se trouvent aujourd'hui, nous avons dû nous bor- 
ner à indiquer les noms des cabinets, pour les 
sceaux appartenant encore à leurs premiers pos- 
sesseurs, ou les musées où ils se trouvent déposés. 

PREMIÈRE SÉRIE. 

SCEAUX d'administrations ou de JURmiGTIONS 
CIVILES. 

1. 

SIGBLLUM ORDINATUM ARTESIiE PRO CON- 
TRAGTIBUS. Légende inscrite sur un ruban 
entourant un écusson aux armes d'Artois. 

Scel aux contrats du Conseil d'Artois. Nous 
avons déjà donné, dans notre histoire sigillaire de 
Saint-Omer ^, un scel semblable, mais il était d'une 
époque un peu plus ancienne. Celui-ci, d'après les 
caractères de la légende, doit être de la deuxième 
moitié du xvm® siècle. La matrice en cuivre jaune 
de O^^OiS de diamètre possède deux appendices 
destinés à la fixer dans la presse dont on se ser^ 
vait pour produire l'impression du sceau sur les 
énormes pains à cacheter recouverts de papier 
en usage à cette époque pour sceller les actes. Il 

coisne, de M. Albert Legrand et de M. Preux, ces deux der- 
nières dispersées à la mort de leurs possesseurs. 
1. Pi. XI, nr 68. 



IBLATirS A l'aBTOIS IT ▲ Là PICARDIE. S4I 

est Tniseoibldble que c'était là le sceau en usage 
à Seiot-Omer, où la matrice a été trouvée. Elle 
appartient aujourd'hui à M. Ed. Lefebvre du Prey. 

8 et 3. 

Nous donnons sous ces numéros deux sceaux 
d'Artois, qui paraissent être du xvm^ siècle 
d'après la forme des cartouches sur lesquels sont 
posés les écussons surmontés d'une couronne de 
comte. Nous ignorons d'ailleurs à quoi ils ont pu 
servir. C'étaient peut-être de simples cachets de 
l'une des administrations de la province d'Artois. 



MANUFACTURE D'ARTOIS (fleur de lis). Écus- 
son ovale aux armes d'Artois, posé sur un car- 
touche et surmonté d'une couronne comtale. 

Un droit d'importation et d'exportation existait 
en Artois pour les étofiTes. En 1767, les états de 
la province demandèrent la suppression de ce 
droit en ce qui concernait les étoffes du pays. Ce 
n^était, du reste, que le renouvellement des 
démardies entreprises antérieurement et notam- 
ment en 1752 pour obtenir le maintien des anciens 
privilèges en ce qui concernait les manufactures, 
et une marque d'intérêt des états pour l'industrie 
qu'ils encourageaient de toutes façons, soit au 
moyen de gratifications accordées aux manufac- 
turiers qui se distin^aient, soit en attribuant des 

XLIX H 



242 immcÉB scïitnt«titftiGËs 

sommes à ceux dont led affiiired étaient en souF* 
firance*. 

G^est éTidetnment à radministratiofi qui petce^ 
vait les impôts sur les étoffes qu'appartient le 
présent cachet. Peut^^tfe était-il destiné à dési- 
gner préciaémeid celles fabriquées dans la pro- 
vince. Cette matrice en fer a pu être employée à 
marquer des plombs qui auraient été attachés 
auxdites étoffes comme indication de provenance. 
Elle porte d'ailleurs tous les caractères de la 
deuxième moitié du xvni* siècle. 

5. 

Armoiries d'Artois telles qu'elles sont représen- 
tées sur le jeton bien connu des états d'Artois^ 
avec leurs supports, la couronne et le cimier qui 
les surmontent. L'écusson ovale est entouré dVn 
ruban sur lequel est inscrite la légende : 

REGIE GENERALE DARTOIS. 

C'est le cadiet dont a dû se servir le rweveut 
général des états. Au xvmT siècle « il y en âvaàt 
deux, l'un pour les centièmes, l'autre pour les 
impositions. Ces dernières sont œ que I'od désigne 
aujourd'hui sous le nom d'imf^ôts indirectSé Auquel 
des deux appartient ce cachet, il n'est pas pos* 
sible de le cÙre. 

i. Voyez Histoire des États cP Artois, par M. F. Filon, 
p. 88 et 90. 
2. Voy. Jettm d'Artois, pi. lî, n«« 7 à i2. 



IBLAnP» à K^lIVOIB n A &A PKARDIE. 249 

6. 

BUREAU DE ULLERS (fleur de lis). Cachet 
ovale ayant àà iervîr à une des admiDistrations 
fiscales de liHers au xvm* siècle. 

7. 

S£EL DV ËÀILLÂGE DE LËNS. Armoiries 
d'Artois dans un cartouche découpé surmonté d'un 
sanglier. 

Cette empreinte qui m'avait été communiquée 
m'a paru arrachée à une enveloppe de lettre ou 
à un titre quelconque. Je ne suis pas certain que 
la matrice existe encore. M. Dancoisne, dans sa 
notice sur Lens^, parle de ce cachet ou signet, et 
le date de l'époque de Louis XV. Je le croîs un 
peu plus ancien, et de la fin du xvn® siècle, ou 
tout à fait du commencement du xvm^. 

Le bailliage royal de Lens, dont l'établissement 
peut remonter au commencement du xm"" siècle, 
comprenait dans son ressort cent dix-neuf villages, 
hameaux et censés. 

8. 

WSEELDESIRES DE BAILLI DELA CONTE 
DE PONTHËY :: Ange tenant un écusson mi- 
parti aux armes de France et de Ponthieu. 

1. Dictionnaire historique et archéologique du âépartemer^ 
eu PoÊ'-d^CalaU, arrondisseiliMit de Béthme, t. lU^ p. if. 



244 QVBLQVES SCBArX-KATEIGl» 

La légende de ce scel est très singulière. Il 
semble qu'on doive lire : Scel de Sire le bailli de h 
comté de Ponthieu. Quant au W qui çonuaenoe la 
légende et se trouve directement au-dessus de la 
tète de range I j'ignore complètement ce qu'A 
signifie. 

Nous avons ici évidemment le scel du grand 
bailli de Ponthieu. Mais où était situé le siège de 
ce bailliage? Peut-être à Montreuil, chef-lieu d^une 
prévôté royale, ce qui justifierait la présence de 
fleurs de lis sans nombre dans une des moitiés de 
Técusson. S'il eût été à Âbbeville, capitale du 
comté de Ponthieu, il nous semble que les armes 
de ce comté eussent seules figuré sur l'écusson. 

Ce scel est du xvn^ siècle. L'empreinte nous a 
été communiquée par M. Quandalle, de Montreuil. 

9. 

^ SELDVBAILLAGEDENOYELLE. Écusson 
rond écartelé d'argent (?) et de gueules, surmonté 
d'une couronne de marquis, et ayant deux lions 
pour supports. 

Il y a dans le Pas-de-Calais plusieurs villages 
portant le nom de Noyelles. Ce sont : 1**Noyelles- 
Godault, canton de Carvin; T Noyelles-les-Ver- 
melles, canton de Cambrin; 3" Noyelles-sous- 
Bellonne, canton de Vitry ; 4* Noyelles-sous-Lens, 
canton de Lens; 5* r^oyelles-Vion , canton 
d'Avesnes-le- Comte; 6^ Noyelles- lès- Humières, 
canton du Parcq. A laquelle de ces localités appaiv 



ULiTl?8 1 L'iaiOIS ET A LA PIGARDIB. 245 

tient le soel que nous venons de décrire? Nous 
croyons que c'est à NoyeUe$-8oas*Lens. Nous 
lisons, en effet, que c Noyelles a été le berceau 
d'une famille illustre qui parait être une branche 
cadette des> anciens chiàtelains de Lens» aussi por- 
tait-elle écartelé d'or et de gueules^. > Ces armoi- 
ries ressemblent assez à celles de notre sceau, 
sauf l'émail des premier et quatrième cantons, dont 
le pointillage aura peut-être été oublié par le gra- 
veur. 
Matrice du xvra* siècle. 

10. 

+ SL • DV • BAIL • DE • REGNAWILLE. Écusson 
au lion debout, surmonté d'une couronne de comte, 
et ayant pour supports deux lions. 

xvn* siècle. Cabinet de M. Loir, à Arras. 

Regnauville, commune du canton d'Hesdin, 
appartenait au xm"" siècle à la famille d'Amiens- 
Ih'eux ; d'Amiens détacha cette terre de son 
domaine pour la donner à son fils puiné. Elle passa 
plus tard dans la famille du Bois par le mariage 
de Philippe, seigneur de Boyeffles, de la maison 
de Fiennes, avec Jeanne d'Amiens, dame de 
Regnauville^. Cette localité appartenait encore à 

1. Voy. Tarticle de M. Dancoisne dans le Dict. hist, et arch. 
du iép, du Pas-de-Calais, arrondissement de Béthune, t. m, 
p. 82. 

2. Voy. IHct, hist, et arch. du dép. du Pas^de^alais, anron- 
diseement de Mon treuil, par M. de Galonné, p. 254. 



246 a«£I*aVIS 8GIAirX'»MiTRI€n 

leurs desceodants au xvuf aiècle. Lea armoines 
de ce 6cel sont cellea de la maison de Fiennea qiM 
portait d'argent au lion de sable. 

Le seigneur de Regnauville avait son bailli, dont 
il est fait mention dans les coutumes de cette looa*- 
lité, art . 1 1 , et qui signe luinnéme ladite coutume ^ . 

11. 

SIG • VRBIS ET TERRITORY AVDDRUICQ. 
Évêque debout, de face, mitre, revêtu d'une chape, 
bénissant de la main droite et tenant la crosse de 
la main gauche. II est acoosté de deux petits écus- 
sons à la double croix, qui sont les armoiries de 
Saint-Omer. 

Fin du xvn* siècle ou commencement du xvnf. 
— Appartient à la ville d'Audruicq. 

Audruicq, petite ville, autrefois capitale du pays 
de Brédenarde, formé par les quatre paroisses 
de Audruicq, Polincove, NortkerqueetZutkerque. 
Ce pays avait sa coutume particulière, en vertu 
de laquelle Ton nommait tous les ans sept éche- 
vins pour le gouverner. Mais ces coutumes 
n'étaient applicables, ainsi qu'il est spécifié dans 
leur rédaction, qu'à la partie de la paroisse 
d' Audruicq située en dehors de la ville et banlieue. 
Le territoire dans l'intérieur de ces limites et la 
ville elle-même étaient régis par upe autre cou- 

I. Boulhon, Cautum&s looaks du bailliage é^ Amiens, t. II, 
p. 627. 



RBUTIF8 4 h'A9i'rm er 4 M ficakdu. 347 

tuine particulière. Un mayeur et des échevins, 
conjointement avec le baïUi, son lieutenant et le 
procureur du roi, étaieot ohurgéa de conqaltre les 
causes dvijies et crûniQeUes, sous le ressort imwé- 
dint du bailliage de Saiot^Omer. 

L'origine d'Audruîcq est ancienne. Ses armoi^ 
ries enregistrées, conformément à Tédit de 
novembre 1 696, sont ainsi blasonnées dans Tar* 
nuNrial général de France : D'argent à la figure 
éCunévêque de carnation^ vêtu d'une aube d'argenty 
d'une tunique de paurprCj bordée d'or et ayant la 
mitre en tete^ tenant de la main dextre une palme 
de sinople et de la gauche une crosse de même; le 
tout adextré et senestré d'un écusson de gueules^ 
chargé ffune croix double ou patriarcale d'argent^. 

Sauf la palme qui ne figure pas ici, et quelques 
détails de costume, c'est bien la reproduction de 
notre sceL Mais cette palme doit indiquer un saint 
martyr; nous devons donc renoncer à y voir la 
représentation de saint Orner, comme nous 
l'avions d'abord pensé, à cause des écussons qui 
l'accostent. Les auteurs qui ont écrit sur Audruicq 
ne nous renseignent pas sur le patron de la ville, 
qui dent figurer sur le scel que nous examinons^» 
Nous ignorons aussi pourquoi nous y trouvons les 
armoiries de Saint-Omer. 



1. Voy. M. Félix d^ Monnecova, Armoriai des mlle$ et 
abbayes,., département du Pas-de-Calais. 

2. lapreioiâr^ église d'Audruicq en ii^ était dédiée à 
saint Nicolas. 



248 QUELQUES SCEAUX-KATUCE8 

SCONTRA-SIGILLVMDE-BEAVRAIN-0. (M- 
tel portant au sommet trois tourelles surmontées 
d'un toit conique et de deux créneaux. La tourelle 
centrale porte un étendard. Le devant du château 
est occupé presque complètement par un écusson, 
écartelé, portant aux premier et quatrième can- 
tons trois fascesy aux deuxième et troisième trois 
doloires, et en surtout un petit écusson écartelé, 
assez confus par suite de détérioration dans cette 
partie, et qui offre deux fasces dans Tun des 
cantons, et une bande d'hermine brochant sur le 
tout*. 

XV* siècle. 

Beaurain, aujourd'hui Beaurainville, est situé sur 
la rive gauche de la Gauche. Le château qui s'y 
trouvait est célèbre dans l'histoire par la déten- 
tion que fit subir à Harold Gui , comte de Pon- 
thieu, vers l'année 1 065. Sur la fameuse tapisserie 
de Bayeux, son nom est écrit BELREM. La châtel- 
lenie de Beaurain appartenait au xii® siècle aux 
châtelains de Saint-Omer; elle passa en 1257 au 
comte de Saint-Pol, par la cession que lui en fit 
Philippe de Gréqui, fils d'Alix de Beaurain, sœur 
de Guillaume IV, châtelain de Saint-Omer*. Après 

1. Ce scel possède encore sa queue mobile autour d'une 
charnière. 

2. Dict, hist. et arch. du dép. du Pas-de-Calais, arrondisse- 
ment de Montreuil, par M. de CSalonne, p. 4. 



KELiTIFS A L'aB1H)IS BT A U PI€ABDIB. 249 

avoir changé plusieurs fois de propriétaire, 
Charles VI en fit don à Jehan de Groy, seigneur 
de Renty. Les descendants de ce seigneur la con- 
servèrent pendant près de quatre siècles, et 
finirent par prendre le titre de barons, puis comtes 
de Beaurain. Il n'est donc point étonnant que le 
scel que nous examinons porte les armes de Qroy. 

13. 

+ SIGILLVM VILLE BETHVNIENSIS AD CAV- 
SÂS. Êcusson au lion diargé d'un lambel à cinq 
pendants. 

xyf siède. 

Les armoiries primitives de Béthune étaient un 
écu bandé à plusieurs pièces, comme on le voit 
sur un scel de 1270^ C'étaient aussi celles de la 
maison de Béthune. Par quelle suite de circons- 
tances l'échevinage les arV-il abandonnées pour 
prendre l'écu au lion? C'est ce qu'il n'est pas facile 
de deviner. Remarquons seulement que, vers la 
même époque, Robert, seigneur de Béthune, fils 
deMafaaut de Béthune et de Gui, comte de Flandre, 
portait dans son contrescel pour armoiries l'écus- 
son au lion de Flandre, accosté de deux petits 
écussons aux armes anciennes de la maison de 
Béthune qui étaient d'argent à la fasce de gueules^. 

i. Dochesne, Histoire généalogique de la maison de Mkunê, 
preuves, p. 146. 
2. Duchesne, op. cit., preuves, p. 146. 



Peut*^tre esfc-ce à oette ciroon^tanoe quW dû le 
diangement des anuoines adoptées sur le scd 
municipal. La préseocse du Hou se constate sur le» 
sceaux d'un grand nombre de villes de Flandre, 
qui pourtant ne le portaiwl pas toutes dans leur» 
armoiries. G'e^t ainsi que nous le voyons figurer 
à Duokerque en 1558» à Gravelines en 1577, à 
Bergue&-Saint-Winnoc en 1578, à Audenarde 
et à Furnes en 1 56S, etc.» etc., et qu'il se trouve 
également en chef sur les armoiries de Bourbourg 
(xv* siècle). Doit'-on attribuer oe fait à Tinfluence 
de la domination des comtes de Flandre? Cepen- 
dant nous, voyons au contraire, les deux ancîemes 
capitales de ce comté, Lille et Arras, avoir des 
fleurs de Us sur leur oontresoel, signe de l'iofluence 
française. La question reste pour nous indécise, 
nous nous bornons à constater le fait. 

M. Douët d'Arcq et M. Demay^ signalent trds 
empreintes du scel aux causes de Bétbune. Maïs 
il n'y a que le n^ 5515, appliqué à une charte de 
Tannée 1 53!9 , quf paraisse dû à la matrice qui 
nous occupe. Ces empreintes sont d'aiUeurs très 
mal conservées. Nous trouvons aussi ce scel appli- 
qué comme cachet à des lettres des années 1557, 
1566, 1585». 



1. Douët d'Arcq, GoUecHon de sceaux, t. n, n^ 5M3 ei 
5515. M. Demay, Inventaire des sceaux de VÂrtois et de la 
PieardU, n- 4032, 

2. Archives municipales de SainUOmer; CorrespQndaace 
du Magistrat. 



UUnn A l'AIltlS R i lA HCABDte. 351 

Avmt ée terauner cet article, faisons observer 
qu'au XYi* sièdç, la ville de Bôthune avait pour 
anniNnee d'argent à la fasce de gueules, ainsi 
que le constateni les nooibneux méreaux de cette 
èpùqpe émis par ordre du Magi6trat^ U nous est 
in^fMSsiUe de dire à quelle cause peut être due 
oeUe différence dans kûs amnoiries employées à la 
même époque. 

1i. 

+ &«}ILIiVM:MAIOBATVS : VILLE:DB:CALBIS- 
Sanglier allant à gauche, portant à son col un 
étewbrd armoyé d'un lion léopardé aur un fond 
éobiquetét et pa^s^t devant une fon&t^r 

xiv^ ^ècle, — Probablement à la Tour de 
Londres. 

Nous avons ici le scel de la mairie de Calais, 
au pomiDencement de l'occupation anglaise. Ce 
qui |K)ua fait adopter cette date contrairement à 
ropinîon de M. Oemay qui assigne celle du 
xjn siècle, c'est que les armoiries sont tout à fait 
différentes de celles qui furent données à Calais 

i 

1. Voy. M. Dancoisne, Numismatique béthunoise. 

2. Voy. M. Deinay, Inventaire des sceaux d'Artois et de 
Picardie, n» 1036. — Cet auteur dit que le fond de Tétexidftrd 
où se trouve le lion est un vairé. Il nous semble cependant 
qu'en examinant la photographie qu'il donne de ce scel, c'est 
bien plqtôt un échiqaefté. 

Malgré cette reproduction, il nous a paru utile cependant 
de donner le dessin que nous en avons &it d'aprbs rem- 
preinte qui nous avait été remise par feu G. Derheiais, de 
GakÎA. 



252 oinaaiJis scBAvz^iaTiicBs 

pendant cette période. Celles-ci peuvent être 
décrites ainsi : De sinople à Tépée d'argent, et 
en chef d'argent à la longue cnÂx de gueules ^ 
Après la prise de Calais, Edouard III établit un 
gouverneur dans cette ville et pourvoit aux dioaes 
nécessaires pour assurer la conservation de sa 
conquête. C'est pour ce motif probablement qu'il 
s'occupa immédiatement d'y installer un hôlel de 
monnaies, et qu'il désigna les oflBciers chargés d'y 
faire fabriquer la monnaie à son nom et à ses 
armes, ainsi que le démontre la charte du SIO oc- 
tobre 1 347, par laquelle il nomme le garde des 
coins et l'essayeur de ladite monnaie^. Mais â 
voulut attendre que la ville fidlt repeuplée de ses 
nouveaux habitants et que le commerce eût repris, 
pour instituer une administration municipale, et 
ne laisser au gouverneur que ses attributions 
militaires. Ce ne fîit en effet que le 1*' mars 1363 
(v. st.) qu'Edouard III donna à Calais une charte 
de franchise, dans laquelle il dit qu'il y aura deux 
maires et vingt-quatre aldermens, lesquels auront 
une communauté et un scel ; il enjoint au gouver- 
neur et au trésorier de délivrer la garde et tout 
l'échevinage de Calais aux maires et aldermens 
nommés par lui^. 

i. Voy. Demotier, Annales de Calais. 

2. Collection des Record's, Fœdera, etc., vol. III, pan I, 
p. 440. 

S. Collection des Record*s, Fmdera, etc., vol. ni, para n, 
p. 690. 

Bien que le roi désigne dans cette charte deux maires, il 



ItUllFS A L'AIIOIS n 1 la nCAEDIB. K9 

U noQft semble, aincMi ceriain» du mcins très 
vraiMinblable que ce fut en vertu de cette duurte 
que le scel qui nous occupe fut confectionné. On 
ne pouvait, en ^et, choisir ime meilleure allé- 
f^cne poor indiquer que le nouveau Magistrat et 
ks Aiiglaia établis à Calais étaient décàés à » 
défendre la possession envers et contre tous, 
comme le sanglier acculé dans sa bauge défend 
sa vie ccMitre les diasseurs d; les chiens qui le 
poursuivent. L'analogie de la situation pouvait 
paraître frappante, car les Ab^s, chassés de 
Calais, n'avaient plus qu'à se réembarquer après 
avoir perdu une position pour eux si précieuse. 

15. 

+ SEEL DE LA CONTE DE FAVCQVEMBER- 
6HES. Faucon portant au col, suspendu par un 
ruban, un écusson d'azur à la fasce d'argent^. 

16. 

CONTRESELLE • DE • LA- VILLE • ETCONTEDE 
FAVCQVEMBERGES. Faucon aux ailes éployées*. 

17. 

SEEL-DE LACONTEE DEFAVQVENBERGVE. 

parait qa'il n'y en eut qu'un, car les chartes subséquentes 
adressées au Magistrat de Calais commencent ainsi : Re(B 
Mêetis sibi maiori et aldermannis, etc., etc. 

i. Demay, op. cit., n^ 1356. 

2. Id., n* 1041. 



154 ft«BI40BS SCBAinCHUniC» 

ÉcOBMû iiiH|MirU d'or à la bande de gmmàts^ et 
d'argeol à kt fetoe de gueoles. Il est entooté dt 
Collier de la Toison d'or et repose sur ud mmte» 
d'faertime« 11 est timbré d'une couronne* 

Le eomté de Fanquember^Ms , après arvmr 
appartenu à la finulle de Saint-Omer ei aux châ- 
telains propriétaires de cette ohàteUeme, fut cédé 
psr Sanse de Beaumont» en 4372^ à Jeanne de 
Luxembourg, Teuve de Guy de Ghàtilloo, comte 
de Saint-PoK Mais l'h^itier naturel fiit admia au 
retrait par arr6t du Parlement de Paris, du 4 8 jan* 
▼ier 4 409. Ses successeurs l'ont vendu en 4 603 k 
Antoine, baron de Ligne. 

Les sceaux précédents paraissent tous, par leur 
date qui ne doit pas être antérieure au commen- 
cement dû xvn* siècle S appartenir au temps où 
ce comté était b propriété de cette dernière faonHe. 

Les armoiries du comté de Fauquembergues 
ne nous sont pas connues. Celles qui figurent sur 
le n^ 45 paraissent être une réminiscence, sauf les 
émaux, des armoiries de la maison de Saint-Omer, 
qui portait d'azur à la fasce d'or. D'un autre oôté^ 

i. Ces matrices sont décrites par M. Demay, Inventaire dêt 
sceaux de VArtois, n»* i041, 1356 et 1357. Cet auteur leur 
assigne po«r date le rviii^ siècle. Nous les caroyons plus an- 
ciennes et remontant au moins à la seconde moitié du siècle 
précédent. IL désigne les oiseaux qui sont sur les n«« 15 et 16 
comme des aigles ; ils ressemblent en effet à des aigles, mais 
nous pensons que c'est par suite de l'inhabileté du gra^ar, 
et qu'on doit plutôt y voir un faucon, ainsi qiie le vest l'ôty- 
mologie du nom de la ville (montagne du faooon;. 



ïïBLàrm 1 t'isTûis rt A tk naiDiB. 255 

eélles qai se tromreDt dans la partie droite de 
réCttasoD da n** 47, qui pttfftidftetit être d^argent 
k k fiisce de gueules et devraient être les armoi^ 
ries du comté, soot différentes des préoédentes^« 
Qqant aux armoiries de la partie gauche de cet 
écusson, elles doivent être celles de la maison de 
Ligne, qui sont, en effet, d'or à la bande de gueules. 

L'écussoû sur le scel n"^ 17 est surmonté d^une 
couronne de marquis. Il ne nous parait pas pou^ 
voir remonter plus haut que Florent, prince de 
Ligne, mort en 1 625, qui fut le premier qui porta 
le titre de marquis de RÔubaix qu'il avait bérité 
du chef de sa mère'. 

Ces trois matrices appartiennent au Musée de 
SttoM>mer; ellea sont manies d'une douille pour 
pouvoir être emmancbées comme des cachets ordi- 
naires. 

18. 

SCa£L D£ FRBSNOY, Éousson ovale dans un 
eartoiiche ayant pour armoiries d'azur à neuf 

billettes de , posées quatre, dem et troi»^ 

portant en surtout un petit écusson de... Le car- 
touche est surmonté d'une couronne et repose sur 
une crosse. 

xvm* siècle. — Musée d'Arras. 

Fresooy, petit village du canton de Yimy. En 
1560, Tabbaye d'Âvesnes-lès-Arras acquit le 

i. Oss artdoiries sont édiles d6 Béthnne. 
2. Dictionnain de Moréri. 



256 QUBLaUBS SCfiAOX-lfiTEICBS 

domaine de Fresnoy poar remplacer un prieuré 
situé dans le Cambrésis, qui avait été vendu ^ 
C'est évidemment pour cela que notre scel porte 
une crosse. 

19. 

HEDIN. Êcusson mi-parti d'ai^ent et d'azur 
portant en chef deux étoiles de...... le tout gravé 

en relief sur bois. Il a dû servir de timbre humide. 

20. 

VILLE D'HESDIN. Écusson ovale sur un car- 
touche surmonté d'une tête d'ange ailé. Les armoi- 
ries sont mi-parties d'argent et de gueules, avec 
deux étoiles, une dans chaque moitié de l'écusson. 

Les armoiries de ces deux scdbs ont des diffé* 
rences assez notables surtout en ce qui concame 
les émaux. Elles différent aussi des véritables 
armes d'Hesdin qui sont : Parti d'argent et de 
gueules j V argent chargé en chef d'une étoile de six 
raies de gueules, et le gueules chargé en chef d'une 
étoile de six raies d'or^. 

(Quintefeîiille.) S • DE • LA • VICOMTE • DE 

i. Harbavilie, Mémorial historique du PaS'^'Galats. 

2. Dict, hist. et arch. du dép. du Pas-de-Calais, arrondisse- 
ment de Montreuil, par M. le baron de Galonné, p. 227. 1..e8 
empreintes de ces deux sceaux nous ont été communiquées 
par M. Quandalle, receveur municipal à Montreuil. 



257 

LANGLE. Sgussod au lion debout, accosté de deux 
pa^loies. Il est timbré d'une couronne de comte. 
Le pays de Langle, auquel parait appartenir ce 
scel, était formé par les quatre paroisses de Saint-- 
Folquin, Sainte-Marie-K^rque , SaintrNicolas et 
SaîntrOmer-Gapelle. Il avait sa coutume particu- 
lière ^ La justice y était exercée par un bailli « 
délégué du comte d'Artois. Nous avons probable- 
ment ici le scel dont on se servait au XYisf siècle 
pourcontre-sceller les actes émanant de cette juri^ 
diction. 

as. 

SEL- DE • LA- VILLE • ET . COMVNAVTE- DE 
WABENT ' SVR - LA - MER. GavaKer marchant à 
gauche. Il est coiffé d'une toque, tient à la main 
droite les rênes de son cheval et un annelet ou 
disque difficile à déterminer; à son bras gauche 
est up écu à trois bandes. 

Timbre humide, du xvn^ siècle. 

Waben, commune de l'arrondissement de Mon- 
treuil, était autrefois un port de pédie et de 
commerce important. Au moyen âge, c'était la 
principale ville du Ponthieu après Abbeville et 
Montreuil. Elle obtint en 1 1 99 une charte de com^ 
mune de Guillaume, comte de Ponthieu. Aujour- 
d'hui, bien déchue de son ancienne splendeur, ce 
n'est plus qu'un petit village, séparé de la mer 

i. Yoy. Dict. hist, etc., arrondissement de Saint-Omer, 
t. I, p. 326. 

xLu n 



S5S aOBLQirBB SGEABX-^HiîUGn 

par les âtterrissements de 1* Ganche^ Le aeeau 
que nous présentons est celui de la commBûe à 
la tète de laquelle étaient douze écbevins. M. de 
Galonné nous fait connaître que le cavalier qui y 
figure représente le comte de Ponthiea. La chose 
est possible, car Técu qu'il porte à son bras est 
aux armoiries de ce comtés c'est-à-^dire bandé d'or 
et d'azur. 

L^empreinte de ce sceau nous a été communia 
quée par M. Quandale^ receveur municipal à 
MontreuiK 

23. 

S^ ARGHIERS DE LENS E ARTOL Êcusson 
échancré écartelé : aux premier et quatrième, une 
croix cantonnée de quatre croisettes ; aux deuxième 
et troisième, une tour accostée de deux fleurs de 
lis, qui sont les armoiries de Lens (d'ai^ent à la 
tour d'or maçonné de sable, accompagné de.deux 
fleurs de lis de même). 

XVI* siècle. 

Les armoiries des premier et quatrième caU'* 
tons ressemblent aux armes du royaume de Jéru« 
Salem. Nous ne savons à quel titre les archers de 
Lens avaient le droit de les faire figurer dans leur 
écusaon. 

Lens, comme presque toutes les villes, avait ses 
diverses compagnies de milice bourgeoise, archers, 

i. Dict, MsL et arch. du ddp. du Poi-dè^Calais, aiTondiâfie- 
ment de Montreuil, par M. de Galonné, p. 410. 



BXUTIF9 A l'aITOIS BT A U FICABDIE. 259 

arbalétriers, arquebusiers, canonoiers. Cette der- 
nière vit ses privilèges approuvés et ratifiés 
en 1 520 par Charles^uint, qui réduisit, en même 
temps, à trente le nombre de ses membres ^ Il 
est possible que les autres compagnies aient été 
réorganisées en même temps. Toujours est-il que 
le scel d-dessus parait bien être de cette époque. 

24. 

^SEELDELAVIELLECHAPELLE. (Étoile à 
six rais.) Cartouche contenant un écusson rond, 
de gueules au chevron d'hermine, surmonté d'une 
couronne de marqMis. 

xvm* siècle. 

Yieille-Ghapelle, village dépendant du canton 
de Bétbune, faisait anciennement partie du domaine 
de la couronne et relevait du château de Lens. 
Philippe II, roi d'Espagne, l'engagea au seigneur 
de Ghistelles. Un de ses descendants contesta à 
la commune le droit de planter les rues et flégards. 
Le parlement de Paris, par un arrêt du 8 juillet 
1744, lui donna gain de cause ^. Le scel dont il est 
question ici parait être à peu près de cette époque, 
et fut peut-être confectionné au moment où les 
droits seigneuriaux du seigneur de Ghistelles 
furent confirmés. 

1. Diet, Mst. et areh, du Pas-de-Calais, arronditôement de 
Béthune, t. Il, p. 381 (article Lens, par M. Dancoisae). 

2. J>M. hist. et arch. du Pas-de^alais, arrondiBsement de 
Béthune, 1. 1, p. 236 (art. de M. Ad. de Gardevacque). 



2^0 Q0EtQUË8 aCBAUX-MlTBlCES 

25. 

LHOSTELDIEVDEMONSTROEVL. Saint Nico- 
las bénissant de la main droite et tenant la crosse 
de la main gauche. Le champ est semé d'étoiles 
à cinq rais. 

XVI* siècle. 

On sait que le nom d'H6beI-Dieu a été donné 
primitivement aux hôpitaux. Le nom d'hospice, 
hospicium^ était réservé aux établissements desti- 
nés à héberger les pèlerins. L'Uôtel-Dieu de Mon- 
treuil fut fondé au début du xm' siècle par Gau- 
tier de Maintenay et fut rapidement enrichi par 
de nombreuses donations. Le personnel se com- 
posait d'un maître ou gouverneur spirituel et 
temporel, qui était prêtre, un clerc, quatre reli- 
gieuses et cinq frères laïques. Les bâtiments furent 
augmentés en 1470. L'hôpital fut brûlé en 1537, 
lors du siège des Espagnols. Le gouverneur, Jean 
Dumont, entreprit peu après sa restauration, 
mais les travaux furent encore entravés par le 
nouveau siège de 1544. Les sœurs furent obligées 
de quêter et de provoquer les dons publics pour 
mener à bien l'achèvement de leur entréprise*. 

L'Hôtel-Dieu de Montreuil était probablement 
placé sous l'invocation de saint Nicolas, dont nous 
voyons la figure sur le scel. 

i. IHct. hist. et arch, du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil, 
p. 372, par M. de Galonné. 



KBUTifS A l'aBIOIS IT 1 U PICABDIE. 264 

DEUXIÈME SÉRIE. 
SCEAUX ECCLÉSIASTIQUES. 

26. 

(Quîntefeuilles,) PETRVS DE LANGLE EPISCO- 
PVS BOLONIENSIS. Êcusson dans un cartouche, 

aux armes de Pierre de Langle qui sont de 

à la fasce de portant en chef deux tètes d'ange 

et une quintefeuille en pointe. Le cartouche est 
accompagné de la crosse et de la mitre, et timbré 
d'une couronne de comte, le tout surmonté du 
chapeau épiscopal. 

xviii* siècle. 

Pierre de Langle, évèque de Boulogne, de 1 698 
à 1728, est très connu par ses opinions jansé- 
nistes, qu'il s'efforça, par tous les moyens pos- 
sibles, d'introduire dans son diocèse. Il eut de 
nombreuses discussions avec son chapitre. Les 
populations, qui connaissaient ses opinions reli- 
gieuses, ne l'aimaient pas, et en maintes occa- 
sions, elles manifestèrent leur antipathie à son 
égard. Ce prélat figure avec les évoques de Senez, 
de Montpellier et de Mirepoix, qui, comme lui, 
avaient refusé de recevoir la bulle UnigenituSy sur 
une belle gravure janséniste où ils sont repré- 
sentés. 



S62 QUCLQUIS 8GBA0I«HiniGBS 

27. 

SIGILLUM • SANCTi • VEa)A8TI. Armoiries de 
l'abbaye de Saint-Vaast posées sur une crosse, 
ayant pour supporte deux ours, aooostées à dextre 
des armoiries du cardinal de Rohan, abbé corn- 
mendataire. 

xvffl* siècle. — Musée de Saint-Omer. 

Ce cachet, qui est ici représenté dans ses dimen- 
sions exactes S est muni d'une douille pour être 
emmandié et, cependant, il ne paraît pas être, à 
proprement parler, le sceau de Tabbaye. C'est 
plutôt un projet. La gravure, très peu profonde, 
ressemble à celle d'une plandie propre à tirer des 
épreuves sur papier, et n'est point susceptible de 
former une empreinte sigillaire ayant quelque 
netteté. De plus, les lettres de la légende, gravées 
comme elles sont indiquées sur le dessin, donne- 
raient en empreinte une légende à l'envers. Il 
n'en est pas de même du sceau figuré n"^ 9, pL XYI 
de la sigillographie de la ville d'Arras^, et où l'on 
remarque quelques différences avec celui^^i. La 
saillie des objets, quoique un peu faible, donne 
cependant une empreinte très nette que l'autre 
est incapable de fournir^. Les principales diffé- 

1. Notre dessin n'a pas été fait d'après une empreinte, 
mais bien d'après Toriginal dont il est la reproduction exacte, 
tant sous le rapport des dispositions que sous celui des détails. 

2. Par M. A. Guesnon. 

3. Nous avons pu en juger par un cliché de ce scel de 
dimensions plus restreintes, qui nous avait été communiqué. 



rences que Ton reioarqQe sont la suppresaioo des 
rapports de l'écasson de l'abbaye, qui sont reon*- 
placés par un petit ours sortant de la base, et 
par une mitre timbrant ledit écusson. En résumé, 
le sceau ici représenté nous parait être le projet 
soumis au cardinal, et celui de la sigillographie 
d'Àrras Texécution après modification ^ 

Deux cardinaux de Rohan furent abbés de Saint* 
Yaast, dans le courant du xym* siècle. Le premier, 
Armand-Gaston de Rohan, né le 26 juin 1674, 
avait obtenu le chapeau de cardinal en 171 S. Il 
fut ensuite grand aumônier de France en*1713 et 
conunandeur de Tordre du Saint-Esprit. En 1 71 5, 
nommé par le roi abbé de Saint-Yaast, il obtint 
des buUes définitives le 1 septembre de la même 
année, et fît prendre possession de son abbaye 
par procureur le SI novembre suivant. Ce fut cet 
abbé qui commença la réédifîcation des bâtiments 
de Fabbaye dans le style que nous voyons, et qui 
ne manque pas de grandeur. Ce prélat mourut 
en 1749. 

Le second cardinal de Rohan, Louis-René- 
Êdouard, reçut l'abbaye en commende, le 7 juillet 
1780, et la garda jusqu'à la Révolution. Il est sur- 
tout fort connu par le fameux procès du Collier^. 

Le dessin donné par M. Guesaon est très propre d'ailleurs à 
la faire apprécier. 

1. Ce scel est indiqué dans Touvrage de M. Demay, Inven- 
taire des sceaux de l'Artois et de la Picardie, n* ^97. 

2. Voy. pour plue de détails VAbiMiye de Saint-Vaast, par 
MM. Ad. de Gardevacque et Aug. Termpeck, t. II. 



264 i^OELQVBS BGBAITX*IUTUGB8 

Auquel des deux abbés de Rohan doit être 
attribué le soel que nous examinons? Nous croycms 
que c*est au premier de ces prélats, qui oommeBça 
la reconstruction de son abbaye, et qui y résida 
plusieurs Ibis, tandis que le second ne s'en occupa 
nullement, si ce n'est pour en toucher les reve- 
nus. C'est, du reste, aussi l'opinion de U. Gue»- 
non*. 

SIS. 

+ S'. B'I : P'IECTI : BETH' : AD :T1AS. Aigle 
aux ailes éployées, la tète tournée à droite, tenant 
un fleuron dans son bec. 

Fin du xm® siècle, 

Scel aux causes du Prieuré de Saint-Pry à 
Béthune. 

Un établissement monastique fut fondé près du 
château, lors de la translation des reliques de 
Saint-Pry à Béthune. Une colonie de religieux du 
monastère de Saint-Prix de Saint-Quentin l'occupa 
d'abord en 1 094, des Bénédictins de Saint-Pierre 
d'Abbe ville leur succédèrent, et, surieur demande, 
en 1 11 0, la maison fut convertie en simple prieuré 
par Lambert de Guines, évèque d'Arras. Au 
XVI* siècle, l'abbaye de Saint-Bertin en fit l'acqui- 
sition et y plaça un prieur et un religieux^. 

1. Sigillographie de la ville d'Arras, p. 32. 

2. Numismatique béthunoise, par M. Dancoisne, p. 82. 



RBUnFS A L'âIVOIS IT A LA PICAIDIE. 265 

29. 

ORA WIO NOBI BEATA BERTA • L XVCXXX 
Vin FV FAIT. Sainte Berthe, debout sur un cul- 
de-hmpe et recouverte d'un dais. Elle tient dans 
la main droite un édifice avec clocher et de la 
main gauche la crosse. A ses pieds, à gauche, un 
moine à genoux dans Fattitude de la prière. 

XVI* siècle. — Collection de M. Ed. Lefebvre 
du Prey. 

Je lis la légende conmie il suit : 

OrafTo nobis o beata berta, Fan XV^ XXXYIII 
fu fait. Cette légende est formée de deux parties : 
la première est une invocation reUgieuse, la 
seconde mentionne la date de la confection du 
sceau. H. Demay lit ainsi cette seconde partie : 

...la XV' XXXYIII fufait^. 

Nous pensons que cette lettre / que Ton ne 
saurait expliquer dans ce système de lecture est 
une abréviation du mot lan qui à cette époque 
s'écrivait sans apostrophe ; quant au sigle qui suit 
cette lettre , il est identique à ceux qui sont 
employés pour le reste de la date. Nous croyons 
donc que notre lecture est exacte. La di£férence 
entre les deux est d'ailleurs insignifiante. Au 
reste, dans les deux cas c'est la même date indi- 
quée 1 538. On était alors en plein dans la période 
que l'on appelle la Renaissance; et cependant, 

1. Inventaire des sceaux de V Artois, n' 2622. 



266 QVELQQtt «cBàinMumcw 

malgré cela, la légende est encore en minuacuks 
gothiques, ce dont on trouve plusieurs exemples 
à cette époque. Ge sod a dû être oonfectionné par 
un artiste du pays. Il est d'une fiActure assea 
grossière. 

Le couvent de Blangy était prinûtivement im 
monastère de femmes, fondé par sainte Berthe. 
Ruiné par les Normands, il Ait rétabli en 1 053 et 
peuplé de moines de l'ordre de Saint-Benoit. U 
resta depuis abbaye d'bonunes. 

D'après la date inscrite sur notre scel, il doit 
avoir été confectionné pendant que François de 
Sarcus, évêque d'Anneci, fut abbé, ayant été 
pourvu du siège abbatial par une bulle du pape 
Clément VU, du S février 15S6. 

30. 

SIGIL ' PRIOR * GARH * ÂRDR. Éousson ovale 
aux armes de l'ordre des Carmes, conmie sur le 
suivant, dans un cartouche timbré d'une cou- 
ronne de fantaisie. 

xvra* siècle. 

Cachet du prieur des Carmes d'Ardres. Nous 
ignorons la date de l'introduction de cet ordre dans 
la ville d'Ardres. L'ancienne église de ce couvent 
forme aujourd'hui une partie de l'hôtel de ville. 

31. 
SIGILLPRIOR-CARMELIMONSTROLIENSIVM. 



ULATIIS ▲ L'ilfO» WS Â hk FICODIB. 367 

Saîni Jean^aptiste assis caressant un mouton 
qu'il indique de la main gauche ; près de lui à sa 
gauche, la croix portant une banderole sur laquelle 
sont insents ces mots : £CGE A6NVS DEL Au 
bas, un écusson portant une montagne, timbré 
d'une couronne de fantaisie. 

XYU* siècle. — Ck)mmuniqué par M* Quandalle, 

L*écus6on qui se trouve sur ce scel est celui de 

l'ordre des Carmes, qui a. pris son nom du Mont- 

Carmel, où se trouvait la retraite du prophète 

Élie, qu'ils regardaient comme leur fondateur. 

Les Carmes vinrent s'établir à Montreuil 
en 4994. La communauté prospéra rapidement» 
malgré les difficultés que lui suscitèrent les abbayes 
de Saint-Sauve et de Sainte-Austreberthe. Le cou- 
vent ayant été démoli pendant le siège de 1 537, 
on accorda aux religieux un asile provisoire dans 
l'hôpital Notre-Dame, et, comme ils ne se hâtaient 
pa3 de rétablir leur monastère, le Magistrat dut 
les y forcer en 1598. Les Carmes tenaient une 
école et enseignaient le latin^. 



32. 



S PRIORIS DOMVS 60SNAY. A gauche, ange 
à genoux présentant à la sainte Yiei^e, debout à 
droite, un philactère sur lequel on lit AYE MAR. 



1. Did. hist. et arek. du Pas-de-Calais, arr. de Montrenil, 
p. 372, par M. de Galonné. 



268 QUKLaUJBB SCBilITX-lUTBlGBB 

Cette scène est couronnée d'arcades avec dôcbe- 
toDS gothiques. 

XV* siècle. 

Il y avait à Gosnay, près Bétbune, deux maisons 
religieuses sous la règle de saint Bruno. L'une^ 
pour les hommes, fut fondée en 1 3Si, sur la rive 
droite de la Lawe, et fut dotée en 1 365, par la 
comtesse Marguerite, de cent quarante-cinq 
arpents de boisrtaillis. Cette même comtesse, 
en 1379, établit, sur la rive gaudiedela rivière, 
la Chartreuse pour les femmes. 

Le scel que nous donnons a dû appartenir à la 
Chartreuse d'hommes. Il est anonyme comme 
dans tous les couvents de cet ordre, et pouvait 
en conséquence servir à plusieurs prieurs suc- 
cessifs. 

33. 

SIGILLYM • SVF-FRAGIORYM (mînuscales 
gothiques). Saint François (?) dans un édîcule 
gothique ; au-dessous, un écusson à la croix sur 
un champ d'hermine. La croix porte au centre un 
cœur. 

XV* siècle. 

À quel couvent ce scel appartient-il ? Ce n*est 
pas facile à déterminer. L' écusson a quelque ana* 
logie avec celui des Chartreux du val de Sainte^ 
Âldegonde, près Saint-Omer. Cependant, ce ne 
peut être de ce monastère qu'il s'agit ici, car le 
costume du saint qui figure sur ce scel est celui 



EKLATIfS A L'iBTOIS BT ▲ Là HCIKDR. 269 

de Tordre de Saint-François, et non celui des Char- 
treux. Il faudrait trouver l'empreinte attachée à 
un acte déterminé, pour pouvoir trandier cette 
difficulté. 

Ce soel doit être celui que Ton apposait au 
résultat des suffrages énoncés dans le couvent, 
brs des élections générales d'un dignitaire de 
Tordre, ou bien même d'un dignitaire du cou- 
vent, en envoyant les votes, pour les contrôler, 
avant que Télection devint définitive. 

34. 

S' • GVILL' • D' • BOCHETO • POR • DE • OYSEYO. 
Édioule gothique abritant une sainte tenant un 
livre dans chaque maio. A ses pieds un moine à 
genoux. Au-dessus de ce dernier et immédiate- 
ment contre Tarcade de droite, une étoile à six 
rais. Au-dessous de Tédicule, un écusson d'hermine 
avec une bordure. 

iQV* siècle. 

Il est Imn d'être certain que ce scel doive être 
compris parmi ceux appartenant au Pas-de-Galais. 
En effet, Tabbaye établie auprès d'Oisy était le 
célèbre monastère du Verger, couvent de femmes, 
qui avaient pour directeurs spirituels des Pères 
de Tordre de Glteaux. Peutrètre le Guillaume du 
Bois ou du Bosquet de notre scel, qui s'intitule 
prieur d'Oisy, était-il, au xiv^ siècle, le directeur 
de la eommunauté. Nous n'oserions du reste 
Taffirmer. 



270 imUJim SCUVZ-^MiTEiCIB 

35. 

+ CONVENTVS CALETENSI8. Saint Pierre vu 
de face, nimbé, tenant de la main droite un livre 
ouvert et de la gauche une def. Au-dessus de la 
tête est inscrit CHAS. 

xvn^ siècle. — Communiqué par feu Derheims, 
bibliothécaire de la ville de Calais. 

Ce n'est qu'avec la plus grande hésitation que 
nous avons compris ce scel dans notre nomencla- 
ture. Est-ce un sceau de Calais, ou plutôt un scel 
normand appartenant au pays de Caux ? Ce qu'il 
y a de certain, c*est que Ton ne peut déterminer 
le couvent auquel il appartient. 11 nous est d'ail- 
leurs impossible de dire ce que signifie la légende 
abrégée inscrite au-dessus du saint. 

36. 

S SAINT MARTIN HORS AIRE. (Les mots de 
la légende sont séparés par des fleurons.) Saint 
Martin, à cheval, coupant son manteau pour en 
donner la moitié à un pauvre. 

XV* siècle. 

L'église de Saint-Martin date de l'origioe 
d'Aire. Dévastée par les Normands en 882, elle 
Alt reconstruite peu après. Un centre d'habitations 
s'était formé à l'entour ; le curé qui veillait à leurs 
besoins spirituels était à la nomination de la col- 
légiale, dont les chanoines dits des Quatwse per- 



BBLATfn A VkXMm Sf i LA nGAUHB. 274 

Devaient la dlme sur le teiritoire^ Bien que se 
trouvant dans la banlieue d'Aire, la parusse Saint^ 
Martin comprenait dans sa circonscription une 
partie des maisons intra muras. Elle était d'ail- 
leurs très pauvre, mais elle Urâit an peu d'impor^ 
tance du voisinage de la maladrerie à laquelle le 
curé fournissait les secours spirituels. C'est peut- 
être à cette importance relative qu'est due l'exis- 
tence du scd que nous examinons. 

37. 

SEEL • DV • PftiEVRE • DE • PAS • EN • ARTHOIS. 
Salot Martin, nimbé, à cheval, coupant son man- 
teau pour en donner la moitié à un pauvre. 

xvn* siècle. 

Le prieuré de Pas, chef-lieu du canton de ce 
nom, était sous l'invocation de saint Martin. C'est 
donc avec raison que son scel porte l'image de 
ce saint. Sa fondation est très ancienne et parait 
remonter à une époque un peu postérieure au pas- 
sage de l'apôtre des Gaules. Une collégiale, fon* 
dée vers le ix* siècle, fut réunie plus tard au 
prieuré auquel elle passa avec les biens qui en 
dépendaient. Cette réunion fut faite par Al vise, 
évèque d'Arras, qui, voulant en outre assurer plus 
complètement l'avenir du prieuré, l'affilia à l'ab- 
baye de Saint-Martin-des-Champs à Paris, en 

1. Dict. hist. et aroh. au Pa$'4e4/alais, arr. de Sain^Omer, 
1. 1, p. f% {art. dfrM. le baron Dard). 



272 QHBLaiTBSVlAirX-llAnLIGBS 

stipulant que le prieur serait tenu de fournir la 
portion congrue aux sept oures qui en dépen- 
daient. 

Le prieuré continua à exister jusqu'à la suppres- 
sion des ordres religieux ^ 

38. 

+ S* WICARDI QVLL — CVRATI DE AVIONS. 
Personnage debout, de face, la tète nimbée, 
revêtu des vêtements sacerdotaux, soutenant dans 
ses mains un objet indéterminé. 

Fin du xin* siècle. — Musée d*Arras. 

Avion, canton de Vimy, s'écrivait en 1218 
AvionSy preuve que 1'^ final de la légende n'est pas 
une superfétation. La seigneurie de ce village a 
appartenu d'abord à la famille qui en portait le 
nom. Elle passa au xy* siècle dans celle de Gou- 
pigny^. Le nimbe qui entoure la tète du persorn 
nage figurant sur le scel indique un saint, peut- 
être le patron de l'église d'Avion. Signalons aussi 
une erreur du graveur. Le nom du curé doit être 
PYLL, nom que l'on rencontre quelquefois à cette 
époque. Nous ferons remarquer que la forme de 
la lettre initiale de ce mot mise pour un Q est 
tout à fait insolite, ce qui nous la fait prendre 
pour un P retourné. 

1. Voy. Dict. hist. et arch, du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, 
t. n, p. 200 (art. de M. Gavrois-Lanloine). 

2. Ibid,, arr. d'Arras, t. II, p. ^0 (art. de M. Temynck). 



UUTIFS A l'aETOIS ET ▲ LA PICAIDIE. 273 

39. 

+ S' 6IRES PALEITE DE BREBIERE. Oiseau, 
à droite, reposant sur un mont (?). 

Fin du xm^ siècle. 

Brébières fait partie du canton de Vitry. Son 
existence remonte à une date très ancienne, puis- 
qu'un diplôme de Charles le Chauve, de 871 , con- 
firme la donation faite à Fabbaye de Saint-Amand, 
par Gozlin, d'un moulin et d'autres propriétés, 
sises à Brébières^. Le scel que nous avons sous 
les yeux appartient par sa forme à un ecclésias- 
tique. Peut-être son possesseur était^il curé de 
Brébières. 

40. 

+ S' lOff IS RECTOR' — ECCL'E • DE • FLERS. 
La Vierge avec l'enfant Jésus dans ses bras. 
Celui-ci a la tète nimbée et présente une pomme 
à sa mère. Au-dessous, un personnage à genoux, 
les mains jointes. 

XIV* siècle* 

Fiers est une commune importante du canton 
de Saint-Pol. Au moyen âge, l'abbaye d'Auchy- 
lès-Hesdin y possédait de nombreuses propriétés, 
la dlme et l'autel de ce village qui avaient été 
donnés à ce monastère lors de sa fondation, par 



i. DicL hist. et arch. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, t. II, 
p. 279 (art. de M. de Gardevacque). 



274 QVELQUSS SCEAÛt-limcfeS 

Gautier et Eoguerrand, oomtes d'Hesdin. L'^se, 
actuellement sous le vocable de saint Éloy, était 
primitivement sous )*in vocation de la Vierge', 
c'est pour cela que nous la voyons figurer sur le 
scel du curé que nous venons de décrire. 

41. 

+ S\ PBRI- DE HOVOHN. Prêtre à genoux, à 
droite» dans Tattitude de la prière. Au-dessus de 
aa tète» un (»*oissant et une fleur. 

xm* siècle. 

Scel du curé d'Houchin, commune dépendant 
du canton d'Houdain. L'autel d'Houchin apparte^ 
nait à l'abbaye du Hont-Saint-Éloy, à qui il avait 
été donné en 1 068 par i^évéque Lietbert. Les reli- 
gieux de cette abbaye reconstruisirent le chœur 
en 1619. Quant au clocher, il fut bâti en 1761, 
par les Montmorency qui étaient alors seigneurs 
d'Houchin^. 

42. 

+ S'. W PBRI • CVRATI • DE • LOVCHES. Un 
animal fantastique et un lion se faisant face. Ce 
dernier est au moyen âge le symbole du Christ, 
tandis que l'autre personnifie le diable ou l'enfer. 



1. Dict. hist. et arch. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, 
t. II, p'. 60 (art. de M. le comte G. de Hauteclotque). 

2. Id., arr. de Béthtinè, t. Il, p. 99 (art. de M. ie comte 
Ch. d'Héricourt). 



EBLATBl A I'aBIMS CT A lA riCAKDIE. 2T5 



(Mtte scène nous représeoteraît donc Notre-Seî* 
goeur ccNBibAttaat contre reofer. 

xin^sîède. 

Louches, commune inq>ortante du canton 
d'Ârdres, dépendait au xn* «iède de TArdresis 
et plus tard du comté de Gnines. Au spirituel, il 
a toujours fait partie du doyenné de Guines. La 
légende de notre scel donne lieu à une remarque. 
Ordinairement Temploi du mot Preslnfter signifie 
que c'est du curé qu'il s'agit, tandis qu'ici il a 
sa signification générale, prêtre^ puisque l'on a 
ajouté le mot curait pour bien spécifier que c'est 
le scel du curé de Louches. 

i3. 

+ S'. 6 PBRI : SCI MARTINI : IN : MONTE MOR : 
Griffon marchant à droite. 

xra* siècle. 

Scel d'un Guillaume (?), curé de Saint-Martin 
au Montrlès-Thérouanne. 

L'église Saint-Martin fut la première construite 
sur le sol de l'antique capitale des Morios. Elle 
fut élevée sur l'emplacement d'un temple du dieu 
Mars et dédiée, comme beaucoup des premières 
églises, au grand apôtre des Gaules. Elle était pri'- 
mitivement située dans l'enceinte de Thérouanoe, 
sur une petite colline qui a gardé son nom. Les 
évéques des Morins y venaient passer la nuit en 
prières, la veille de leur sacre. Lorsque l'on réduis 



276 QlîSLQirES SGlilTX-lUTEICBS 

8Ît Tenceinte, pour faciliter la défense dé la ville, 
au xiy* siècle, Téglise Saint-Martin resta en dehors, 
au milieu d'un faubourg appelé faubourg de 
Clarques. Aujourd'hui le mont Saint-Martin fait 
partie de cette dernière commune. 

Cette église dut être démolie à la suite du der- 
nier siège de Thérouanne, car, sur le plan dressé 
et signé par les conunissaires français et espagnols 
après la destruction de cette ville, Saint-Marliu 
figure comme une église ruinée, et dont il ne 
reste plus que les murs. 

44. 

S. SAINT VAST D — E BETHVNE. Saint Vaast 
accompagné de son ours, dans un édicule gothique. 
Il tient la crosse de la main gauche et bénit de la 
main droite. A sa droite est un écusson portant 
une fasce, qui sont les armoiries de la ville de 
Béthune. 

Fin di4 xiV siècle ou commencement du xv^. 

L'église Saint-Yaast était primitivement érigée 
dans le fauboui^ de Gatorive. Suivant Ferry de 
Locres, sa construction, qui daterait de 940 envi- 
ron, serait due à Hermanns, seigneur de Béthune, 
et à Éva, son épouse. Quoi qu'il en soit de la réa- 
lité de ce dire dont Duchesne n'a pas fait mention 
et qui même ne cite pas Hermanns parmi les sei- 
gneurs de la maison de Béthune, cette ^lise 
«ubsista dans le faubourg précité jusqu'au 
XVI* siècle. En 1537, Charles-Quint la fit raser 



EBLAnFS A L'ilTOlS IT A LA FICAIDIB. 277 

craaplètement et réédîfier dans rintérieur de la 
ville. Elle fut consacrée en 1545^ 

Le scel que nous examinons est au moins du 
XV* siècle et, par conséquent, antérieur à Tépoque 
de la translation de Féglise. 

45. 

+S\ lACOBI • CLERia • DE WERDRICA. Main 
tenant un arbre ou faisceau de rameaux. Sur les 
rameaux inférieurs se trouvent deux oiseaux 
retournant la tète derrière eux. 

xm* siècle. 

Wardrecques, village du canton d'Aire, s'appe- 
lait, en 1207, Werdrika; c'est donc bien à cette 
localité que s'applique le sceau que nous exami- 
nons. L'appellation de clericus que porte son pos- 
sesseur semble indiquer qu'il n'était pas le curé 
de la paroisse, lequel est toujours désigné par les 
noms depresbyter ou de curatus. C'était peut-être 
un aide du curé ou un vicaire, la paroisse de 
Wardrecques paraissant avoir été assez importante 
au moyen âge pour mériter d'en avoir un. On 
trouvera quelques détails sur ce village dans la 
notice de M. le baron Dard , relative au canton 
d'Aire*. 



1. Dict. hist et arch. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, 
1. 1 (art. Béthune, par M. d'Héricourt). 

2. Dict. hist. et arch. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, 
1. 1, p. 218. 



278 QQELQUBB 8CEiint*]EiniCI8 

46. 

+ S' MÂGRI lOmS ÂTTREB GAN S* QYIN- 
TINL Arbre, sur les branches duquel se trouTenk 
deux oiseaux adossés becquetant les fruits du 
sonunet de Tarbre. 

xm^ siècle. 

Ce scel n'appartient au Pas-de-Calais que par 
la désignation du lieu de naissance probable de 
son possesseur. Ce Jean d'Arras était chanoine 
de Saint-Quentin. Quant au sujet figuré dans le 
champ, c'est une représentation symbolique. Les 
oiseaux, forme de colombe, sont les chrétiens qui 

se nourrissent des fruits de Farbre de vie. 

« 

47. 

+ S' : lOff IS : FILn • H'BTI • DE • BETVNIA. 
Adam et Eve tenant chacun une pomme, séparés 
par Tarbre de la sdenoe du hieu et du mal. 

xsxt siècle. 

La (orme ogivale de ce scel indique qu'il appar- 
tenait à un ecclésiastique. L'identificaticm de son 
possesseur n'est paa aussi facile. Si nous consul- 
tons DuchesneS nous ne voyons que deux per- 
sonnages à qui ce scel pourrait être attribué. Le 
premier est Jean, fils de Robert V, avoué d'Arras 
et seigneur de Béthune, qui était déjà prévôt de 
l'église de Douai en 1182, devint ensuite évèque 

1. Histoire généalogique de la maison de Béthune. 



de Cambrai et mourut eo 1233, L'autre, Jeaq, 
fils de Mabaut de Bétbuoef comtesse de Flandre, 
filt éi^èque de Uetz, puis de Liège, dans la seconde 
moitié du xm* siècle. II est plutôt désigné par les 
historiens sous le nom de Jean de Flandre, parce 
qu'il était fils de Guy, comte de Flandre, mari de 
Mabaut, dame de Bétbuoe. Mais, indépendamment 
de œ que Iss données de notre scel s'opposent 
formellement à l'une de ces deux attributions, 
attendu que nous y voyons donner pour père 
Wkéa iean un nommé Herbert, et que nous ne 
retrouvons se nom nulle part dans la série des 
se^neurs de Béthune, il est évident que, si ce scel 
eût appurtenu à un des deux hauts personnages 
précités, on y aurait vu figurer leurs armoiries, 
au lieu d'un sujet banal , ou tout au moins leur 
représentation avec l'indication de leur dignité. 
Nous sommes donc conduits à conclure que le scel 
qui nous occupe appartenait à un clerc, du nom 
de Jean, fils de Herbert, lequel était originaire de 
fiéthune. L'indication du lieu de naissance ou de 
la demeure habituelle n'est pas rare au moyen 
âge et s'ajoute souvent au nom de l'individu. 

TROISIÈME SËRIE. 
SGfiilUX PARTIGUUSRS. 

48. 
S lÂQOEIE — DARDERE. Ange de face tenant 



280 QUELQUES SGEAUX-MATUCES 

un écusson écartelé aux premier et quatrième 
d'un aigle à deux tètes, aux deuxième et troisième 
de trois fasces traversées par une bande chargée 
de trois croisettes. 

XV* siècle. 

Malgré l'orthographe de la légende, n'est-ce 
point le scel de quelqu'un de la famille d'Ardres 
dont on voit un membre, David d'Ardres, faire 
partie du Magistrat de Saint-Omer, vers le mibeu 
du XV* siècle ? 

Un Jacques d'Ardres, seigneur de Guines, était 
lieutenant général du bailliage de Saint-Omer, dans 
la deuxième partie du xv* siècle. C'est peut-être 
à lui que notre sceau appartient ; les caractères 
d'époque n'y contrediraient pas. 

+ lEHAN DE 4- S + AVDEGONDE. Écusson à 
la bordure engrèlée, portant une quintefeuille 
sur un champ d'hermines, au bâton brochant sur 
le tout^ 

xrv* siècle. 

La quintefeuille fait partie des armoiries pri- 
mitives des Sainte -Aldegonde et se voit sur la 
dalle votive de Gilles de Sainte-Aldegonde dans 
l'église de Saint-Omer. Le fond d'hermines se 
trouve dans l'écusson de la première branche de 

4. Décrit par M. Demay, Inventaire des sceaux de V Artois, 
n- 1221. 



BKLATIFS A L'iETOIS BT 1 LA PIGAIDIB. 281 

cette femille, qui portait d^hermines à la croix de 
gueules chargée de cinq quintefeuilles d'or. Dans 
celui-ci, la bordure engrêlée et le bâton indiquent 
qu'il s'agit d'une branche latérale. 

Le prénom de Jean a été très commun dans la 
famiOe de Sainte-Aldegonde. Il est dès lors impos- 
sible de savoir si celui-ci a fait partie du Magistrat 
de Saint-Omer. 

50. 

S ANTONE DAVERHÔVT S DELE FEAVT. 
Êcusson fascé d'or et de sable à six pièces au 
franc quartier d'hermines, et à la bordure engrê- 
lée, surmontée d'un heaume fermé ayant pour 
cimier une tête de cygne. L'écu a pour supports 
un lion et un griffon. 

Fin du xV ou commencement du xvi^ siècle. — 
Musée de Saint-Omer. 

Un Anthoine d'Averhoult, seigneur d'Hellefaut, 
figure conune mayeur dans la liste du Magistrat 
en 1533. Or, ce scel, d'une exécution assez gros- 
sière, a peut-être été gravé à Saint-Omer, et nous 
savons, par l'exemple de plusieurs dalles tumu- 
laires, que, jusque passé le milieu du xvi^ siècle, 
on fit usage en cette ville des caractères dits 
gothiques pour les inscriptions. Nous croyons 
donc pouvoir en conclure qu'il appartient au per- 
sonnage en question. Les membres de la famille 
d'Averhoult figurent, d'ailleurs, très souvent sur 
les listes du Magistrat du xv^ et du xvi® siècle. Un 



288 OWLQfKS 9«EiVX«lliTlICB» 

AAtqiiie^GuiUauiDQ d'ÂverbouIt e^t bieii majeur 
en 1 520, maia il e3t indiqué comme étant seigneur 
de WinnezeelQ» tandis qu'ici il s'agit du seignew 
d'Hellefaut. 

Rappelons aussi qu'un Guillaume d'Averboult 
mourut à la bataille d'Âzincourt et fut enterré 
dans l'église de Saint-Penis. 

51. 

CROESER AVDINTHVN. Écusson chargé de 
trois chevrons superposés» accompagnés de trois 
baquets, deux en chef, un en pointe. Il est sur- 
monté d'un heaume de trois quarts h sept grilles, 
ayant pour cimier une tète de chien, et accompa- 
gné de lambrequins^. 

XYD^'^siècle. — Musée de SaintrOmer. 

Audenthun, aujourd'hui Àudincthun, est sHué 
entre la vallée de la Lys et la colline qui donûae 
Fauquembergue. En 1640, la seigneurie de ce 
village appartenait à Chrétien-Victor de Groeser, 
conseiller d'Artois, de par le roi d'Espagne, pen- 
dant que ce tribunal siégeait à Saint-Omer^. 

C'est peut-être à lui qu'appartient le scel que 
nous examinons. Les archives départementales 
possèdent une information relative aux droits que 
faisait valoir, dans le courant du xvn* sièclet le 
seigneur Croeser d' Audincthun, pour être oonvo^ 

1. Décrit par M. Demay, op. cit., n* 124. 

2. Dict hist. et arch, du Pas^e-Calais, arr. de Sainl-Omer, 
t. m, p. iil (urt de M. F. de Moimeç^^c^. 



BBLATm A h'àXHm R A U PIGAIDIB. SSS 

qoé aux états d'Artois. Il figure, aa reste, ocmmie 
en faisant partie, dans la Notice de Vitat ancien 
et moderne de la fravmce el comté d^Artcis, par 
Bultd. 

Un Yietor de Groeser, natif de gaint^Omer, fils 
de €3irétieD-Victar et de dame Jodique de Boomy , 
prit rhatttt religieux à SaintF>Bartin, le $& juillet 
1 688, et fit ses ya&ax en 1 6991, Il mourut le S6 sep- 
tembre 474»^ 

• 52. 

(Quintefeuille.) ALBGRT JOSEPH COMTE DÂR- 
BERG DE VALLÂNGIN ET DV S' EMPIRE BARON 
DANDRE 1748. Écusson de gueules au pal d'ar- 
gent chargé de trois chevnws de saUe. Il est 
timbré d'une couronne de dup ou de marédial et 
a pour supports deux hérauts revêtus d'une cotte 
aux armes du titulaire, et portant l'épée haute. 
Au-dessus de la couronne est un heaume de face 
à cinq grilles, timbré d'une couronne de duc ayant 
pour dmier une cotte aux armes de l'écu. Le tout 
est sur un grand manteau d'hermines. 

La famille d'Arberg, originaire d^ Suisse, a 
ensuite habité l'Autriche. Ce n'est qu'à cause du 
titre de baron d'André que ce scel figure ici. 
Nous sommes loin d'affirmei^, du reste, que ce 
soit la seigneurie d* André, près de Guines, qui est 
ici rappelée. 

i. Bulletin fmtofique de la SoeiéU des AnHqu(^ire$ de la 
Morinie, t. UI, p. 23. 



284 QUBLQDBS SGEAITX-IUTBIGES 

53. 

ROSIGNOL COIGNEUX ET BAILLENGODR. 
Écusson écartelé au premier d'or à un oiseau sur 
une branche de. . . , au deuxième de gueules à deux 
haches de... en sautoir, au troisième d'azur à un 
buste de profil à droite et au quatrième d'or à 
un lièvre de... passant à droite. Cet écusson est 
posé sur un cartouche surmonté d'une couronne 
de comte. 

xvm* siècle. — Musée d'Arras. 

Ce doit être le cachet d'une association entre les 
trois personnes désignées dans la légende. Hais 
quelle était cette association ? Nous l'ignorons. La 
famille de Bailliencourt est encore très nombreuse 
à Douai et à Béthune. 

54. 

+ S'-BEATWCIS-DOMINEDE'BELLO-MANEI- 
RIO. Dame avec un manteau fourré de vair, tenant 
sur son poing gauche un faucon. Elle a la main 
droite levée et de l'index semble commander l'at- 
tention de l'oiseau qui est déchaperonné. Ses mains 
sont protégées par des gants ^ . 

XIII* siècle. 

M. Albert Legrand a décrit ce scel dans les Bul- 
letins de la Société des antiqtuiires de la Morinie^. 



1. Décrit par M. Demay, op. cit., n« 151. 

2. T. I, p. 81-84. 



1BLATIF8 A l'aBTOIS ET A LA PICAEOIB. 285 

Sa descriptioD est accompagnée d^intéressants 
détails sur la vie des châteaux au moyen âge, que 
lui avait inspirés l'attitude de la châtelaine. 

Le lieu où a été découverte cette matrice (entre 
Lumbres et Nielles-lès-Bléquin) rend probable 
Thypothèse que la dame à qui elle a appartenu a 
dû faire partie de la noblesse d'Artois. Partant de 
ce fait, H. Duchet, dans un savant article S a exa- 
miné quelles étaient les familles auxquelles la dame 
de Bcâumanoir pouvait appartenir, et n'a pas 
hésité à la rattacher à celle de Saint^mer, et en 
fait la petite-nièce de Guillaume VI, châtelain de 
cette ville, qui aurait été mariée à Ârnould de 
Qaiestède. Il propose même, d'une manière dubi- 
tative, il est vrai, d'identifier Bellum maneifiam 
à Bellum mansum , dont la traduction est Beaumetz^ 
et il en conclut qu'Ârnould de Quiestède aurait pu 
être seigneur de Beaumetz-lès-Aire^. Quoi qu'il en 
soit, il lui parait certain que ladite dame est bien 
de la famille de Saint-Omer et en cela nous sonmies 
de son avis. 



i. Bulletin de la Société des antiquaires de la Morinie, 

t. m, p. 19. ■ 

2. Saiyant ane communication de MM. Arnould Detour- 
nay et Bonyarlet, le lieu du fief de Beaumanoir serait sur le 
territoire d'Hazebrouck. Cette terre, qui s'est appelée depuis 
d'Ollehaîn, du nom de la famille qui Ta ensuite possédée, 
est rappelée sur une dalle de 1636 (voy. Bulletin de la Société 
des antiquaires de la Morinie, t. III, p. 373). 



2«« QVBiOinB SGBâOZ^KiTBICa 

55. 

S' PIERRE DE BETYNË. Arbalète. Soel hexft- 
gone du xiv® siècle. 

Il s'agit évidemment ici d'un individu p<MtaDt 
le nom de son lieu d'origine, et non d'un membre 
de la famille de Béthune. Il est probable qu'il était 
arbalétrier. 

56. 

+ S' DSMISIELE * ÂDE DE BIAUSÂRT. Faueoo 
déchap^^nné sur une main gantée. 

xin* siècle. 

Il y a dans le département du Pas-de-Calais un 
hameau du nom de Beaussart, dépendant du vil«^ 
lage de Rumillj (canton d'Hucqueliers). Est*-ce 
bien ce hameau qui est désigné dans la l^eode de 
notre soel, ou bien un autre Beaussart situé en 
Picardie? Impossible de le savoir. De même, nous 
sommes dans l'ignorance de ce qu'était le posses- 
seur du scel^ 

57 et 58. 

+ S. MIKIEL-DE ROVERDI SEIGNËYR D'BILU. 
Écusson mi--parti ; à dextre, aux trois hadies posées 
deux et une, à senestre, à la croix d'hermines. 

1. M. Demay (op. dit,) décrit, sous les n*« 95 Bt 96, les 
sceaux de deux personnages portant le bom de Deausart 
Impossible de savoir s'ils sont de la même &mille que le 
propriétaire de notre scel. 



KBLATIft A L'ABtOlS fiT A LA FtCARDIE. S87 

-^ S' EU&ABHET DE BILLI. Grande fleur de Kfi 
avec deux oiseaux: sur les branches latérales. Ces 
àmit sceaux datent de la fin du xm*^ siècle. 

n y a en Artois deux villages du nom de Billy : 
Fun est Billy^ontigny (canton de Lens), Tautre 
Billy^Berclau (canton de Gambrin), dans le pays 
de Lalloeu. Le premier possédait un château fort. 
Le seigneur de Billy était un des doute pairs du 
château de Lens. M. Dancoisne^ donne la liste 
complète de ces seigneurs, mais, comme elle ne 
remonte pas au delà du xrv* siècle, il est possible 
que le possesseur du scel n"" 57 doive figurer sur 
eetbe liste, mais auparavant; en eflfet, les carao- 
tères archéologiques du scd le reportent au 
xm^ siècle, au plus tard à la fin. 

Quant à Elisabeth de Bitly, dont le n"" 58 porte 
le nom, nous n'avons aucune indication sur sa 
personnalité. 

59. 

+ S\ FLORENCE DE BOLÔIGNE. Écusson mi- 
parti ; à dextre, une croix chargée de cinq étoiles 
à cinq pointes et cantonnée de quatre fleurs de lis, 
à senestre, une herse. 

XIV* siècle. 

Bien que les armoiries de la partie gauche de 
Vécu soient celles des comtes de Boulogne de la 

1. 3%ci. kisê. 0t areh, âm Pas*d&-Oakiis, arr. de Béihun^, 
canton de Lens, notice sur Billy-Montigny) t. II, p. 308 



28S QVBLQUIS SGEADX-VATlfCBS 

maison d'Auvergne, il est plus probable que nous 
avons id le scel d'une femme de la famille de Boul- 
loigne dont on voit plusieurs membres figurer 
dans le corps du Magistrat de SaintOmer, dans 
le courant des xiv* et xv^ siècles. La herse est aa 
reste une des pièces de l'écusson de cette famille ^ 
Ce scel est en forme de cachet, terminé par une 
queue découpée à jour en trètle. 

60. 

S-GEL lËHÂN BOYRNEL. Écusson portant huit 
merles rangés en orle avec un petit écusson en 
abîme. Il est timbré d'un heaume fermé de profil, 
ayant pour cimier un merle, les ailes éployées. 
Les supports de Técu sont deux béliers. 

Jehan deBournel, chevalier, seigneur de Bécoud, 
était mayeur de Saint-^Omer en 1486. Ses armoi- 
ries sont d'argent à huit merlettes de sable rangées 
en orle, ayant en cœur un écusson de gueules^. 
C'est bien ainsi qu'elles figurent sur notre scel. II 
resta en chaîne jusqu'à la surprise de la ville par 
les Français dans la nuit du 27 mai 1487. Il fut 
alors remplacé par M* Jehan le Caron, qui prêta 
serment le S9 mai suivant. Depuis cette époque, 

1 . Voy. Histoire sigillaire de Saint-Omer, pi. XV, ii<» 108 
et 109. 

2. C'est ainsi qu'elles étaient figurées dans la gorge du 
plafond de la grande salle de la maison de ville, dite la Con- 
ciergerie, avant 1789. 



1ELÀT1F8 A L'AATOB IT i LA PICAIDIE. M9 

nous ne voyons plus Jean de Bournei figurer dans 
la cc»npo6Îtion du Magistrat. 

La famille de Boumel est originaire de Picardie, 
où elle était connue dès le xi* siècle. Ses armoiries 
ont été blas<»mées ainsi par Roger^ : d'argent à 
l'écu de gueules, à Torle de huit papegays ou per- 
roquets de sînople, mend^rés et becquetés de 
gueules'. Il y aurait donc une différence d'émaux 
entre cet écusson et celui du mayeur de Saint- 
Omer , qui indiquerait peut-être une autre branche^ • 

61. 

+ S' lEHAN LESAGE DE BOVRRECH. Écusson 
fretté portant un franc quartier. 

XIV* siècle. 

Bourecq est un village du canton de Norrent- 
Fontes, situé à peu de distance de Liilers. Il pos- 
sédait un château appartenant, au xni® siècle, aux 
Malaunoy. 

\ . Voy. Touvrage intitulé : Noblesse ei chevalerie. 

2. Ces armes appartiennent à Hnges de Boumel, qui fut 
gouverneur de Lille, Douai, Orchies et Bapaume, en 1583. 

3. M. Demay (Inventaire des sceaux de la collection Clai" 
rambault, 1. 1, p. 147) décrit, sous le n* 1387, un sceau de 
Louis Boumel, chevalier, appliqué à une quittance du 
i** décembre 1416, présentant comme différence avec les 
armoiries de notre scel neuf merlettes en orle au lieu de huit. 
Cependant, malgré cela, il peut très bien se faire qu'il soit 
de la xiième famille que Jehan Boumel, le plus grand nombre 
de merlettes pouvant provenir d'une erreur du graveur du 
sceau. 

XLtX 19 



^M QVELQUIB 9CBA0X«aÀTHlGBf 

Noas n'avons aucun renaei^paement sur le pro- 
priétaire de ce scel, qui a peut-être voulu indi* 
quer dans la légende son lieu d*origine ou d'ha^ 
bitation. 

68. 

S* mHAN DE BOIÂVÂLDIT GHORNVREGTRE. 
Êcusson portant un Hon passant. 

xv^ siècle. -^ Musée de Saint-Oroer. 

Boyaval est un petit village du canton d^Heu- 
chin, à peu de distance de Pemes. Jean de Boya- 
val nous est inconnu. Il devait être seigneur de ce 
village. Son scel, d'une facture très grossière, 
parait avoir été fait dans le pays. M. Demay, dans 
son Inventaire des sceaux d'Artois, Ta indiqué 
sous le n^ 2507, mais nous sommes en désaccord 
avec lui sur la lecture du surnom de son posses* 

seur. Il a lu DIT CHORINPRESTRE. Le dessin 

que nous donnons et dont nous affirmons Texac- 
titude permettra au lecteur de voir qui a raison. 
Au reste, cela a peu d'importance, car dans aucun 
des deux cas nous ne voyons quelle signification 
on pourrait donner au mot. L'inscription du sur- 
nom dans une légende de scel n'a du reste rien 
qui doive nous étonner; nous voyons bien un 
memlH'e de la famille de Sainte-Âldegonde ne 
faire inscrire sur son scel que son surnom accom- 
pagné de son prénom David le Camus^ tandis que 
les armoiries sont celles des Sainte-Âldegonde 
sans aucune brisure, preuve que ce scel était 



Uen 0^ de Damd de Samte^Aldegande^ dit le 
Cornue^. 

63. 

LESEELDE* lEHAN .PLIZET- S* DE • BRESME. 
Les mots sont s^rés par des molettes d'éperon. 
ÊCQSSon à trois papegais(?) posés deux et un. 

XVI* siècle. 

Channant petit cachet en argent, finement 
cisdé, avec beaucoup de goût. Nous n^avons 
aucun renseignement sur l'individu à qui il appar- 
tenut; d'après la légende, il était seigneur de 
Bresmes. Cette localité, commune voisined'Ârdres, 
existait déjà en 1180, époque où Arnould IV, 
baron d'Ai>dres, y fonda une chapellenie, qui fut 
rdQaie au diapitre de cette Tille en 1176. Les 
barons de Bresmes étaient pairs de la cour sei- 
gneuriale d'Ardres. 

64. 

PHILIP • SPINOLA • GRAF • V4 BRVAY. Éeusson 
portant une fasce échiquetée et une serre d*oiseau 
en chef, surmonté d'une couronne de marquis. 

XVII* siècle. 

La terre de Bruay, qui, en 1527, passa par 
échange dans la famille de Renty, fut transmise à 
celle de Spinola par le mariage de Marie de Renty, 
dame de Bruay, d'Embry, etc., avec Gaston Spi- 

1. Voy. HisU HffUlaire d$ Saini-Omer, pi. Xin, a* 92. 



292 QVBLQUBS SGEÂVXHUTEICBS 

nola, en 4686. La terre fut érigée en comté en 
1605^. Philippe Spinola, après avoir été gouver- 
neur de Namur, embrassa le parti de Charles, 
archiduc d'Autriche, depuis empereur, qui le 
nonuna son plénipotentiaire pour le traité de paix ; 
il mourut à Bruxelles, le 18 octobre 1709. 

65. 

lEHÂN DE GAVEREL. Oiseau passant à gauche. 

XVI* siècle. 

Le propriétaire de ce scel était-il de la même 
famille que Philippe de Gaverel, abbé de Saint- 
Vaast ? Impossible de le dire. 

66. 

SELIAGOTINDEGAMIERS. La sainte Vierge 
tenant Fenfant Jésus dans ses bras. 

XY* siècle. 

Gamiers, village du canton d'Ëtaples, dépendait 
de l'abbaye de Saint-Bertin, en 854. L'abbaye de 
Saint-Josse possédait une partie de la dtme de 
Gamiers, et Jean, évéque de Thérouanne, lui 
accorda, en 1235, l'autel et l'église de ce village. 

Nous ne savons ce que pouvait être le posses- 
seur de ce scel, Jacotin de Gamiers; peut-être 
s'agit-il simplement d'un individu ajoutant le nom 
de son lieu de naissance ou d'habitation à son nom 
patronymique. 

1. Dict. hisL et arch. du Pas^^e-Coiais, arr. de fiéthune, 
t. n, p. 17 (art. de M. le comte d'Hériooart). 



UUTm A L'iftlOIS BT À LA FiCABOIl. 298 

67. 

S HAHIEy DE GAMPAIGNE. Ëcusson à deux 
fasoes, surmonté d'un peanon. 

XIY* siècle. — Musée de Saînt-Omer. 

Il y a trois villages du nom de Campagne dans 
le département du Pas-de-Calais : Campagne-lès- 
Boulonnais, Campagne-lèfr-Hesdin et Gampagne- 
lès-Wardrecques. Le premier appartenait à Tab- 
baye de Saint-Bertin ; le second dépendait des 
abbayes de Saint-Riquier et de Saint-André-au- 
Bois ; le troisième appartenait au xnt siècle aux 
châtelains de Saint-Omer. Impossible de deviner 
auquel des trois notre scel a rapport. 

68. 

MORLET DE RENTI. Écusson aux trois doloires, 
les deux en chef ddossées, ayant en chef une étoile 
à six pointes et une bordure engrêlée. Deux lions 
en supports et surmonté d'un heaume ayant en 
cimier une tète de poulet. 

XV* siècle. 

Ce scel nous parait appartenir à Morlet de 
Renty, capitaine des archers du duc de Bourgogne, 
qui fut gardien de la lice au pas d'armes de Phi- 
lippe de Lalaing, à Bruges, en 1463. La bordure 
engrêlée et l'étoile en chef qui forme une brisure 
semblent indiquer que ce seigneur n'était pas de la 
branche aînée ^. 

i. L'étoile apparaît, mais en pointe de récuBson, Bur le 



294 1)V£M|UB8 8CBAIIX**MATUGBS 

Cette matrice porte sur le haut du revers une 
étoile, pour indiquer peutrétre le sens dans lequel 
elle devait être placée. 

69. 

S+ OVDART'DERENTISEIGNEVR'DEMBRI- 
GOEVRLV * GRIBOV. Écusson aux trois doloires. 
Les deux en chef adossées, avec un lambel à trois 
pendants. Il est timbré d'un heaume à six grilles, 
ayant pour cimier une tète de turc ailée. Les deux 
supports sont un cerf et un sanglier. La légende 
est inscrite sur un long ruban qui s'enroule autour 
de Técusson. Les mots sont séparés par des fleurs 
à quatre feuilles et les vides sont remplis par des 
annelets et des fleurons» 

XVI* siècle. 

Le prénom d'Oudart est commun dans la famille 
de Renty. Nous trouvons un Oudart de Renty qui 
se rendit célèbre dans la guerre des Anglais (1 346- 
13&7). Un autre chevalier du même nom périt 
en 1 475 à la bataille d'Azincourt. C'est à tort que 
H. de Laplane^ lui attribue le scel qui nous 
occupe. Les caractères archéologiques de ce scel 
lui assignent pour époque la première moitié du 
XVI* siècle. Us sont les mêmes que ceux du scel 
d'Oudart de Bersaques, prévôt de l'église de Saint- 

8Cel de Baptiste de Renty, à la date du 30 mai 1565 {Intm- 
taire des sceaux de la collection Clairambauît, par G. Oemay, 
n* 7672). 
i. Renty et ses seigneurs . 



BELlTIfB A l'HTOU BT A LA riCAEDIB. 295 

Omer, de 1539 à 1557. Nous croyons dooc qu'il 
appartient à Oudart de Renty» fils de Louis de 
Renty, qui fut inayeur de Saint-Omer en 1 532, 
1534, 1536 et 1538, et d'Adrienne de Groutche, 
dame de Griboval et de Vauohelle. Cet Oudart de 
Renty épousa, le 1 SI juillet 1 546, Marie de Recourt, 
fille du seigneur de Licques, de laquelle il eut un 
fils et trois filles^. 

Le dernier mot de la légende de notre scel doit 
se lire GRIBOVAL. Cette seigneurie était entrée 
dans la famille de Renty par la mère de notre 
Oudart, ainsi que nous Tavons vu plus baut« 

Nous ignorons pourquoi Técusson porte un lam- 
bel. Peut-être son possesseur était-il d'une branche 
cadette*. 

70. 

(Rosace.) PHILIPPEEVGENEDECROYMAR- 
QVISDE • RENTY- PRINCEDV- S^EMPIRE. Écus- 
son écartelé, aux premier et quatrième cantons, 
fascé d*or et de... de dix pièces; aux deuxième et 
troisième, de... à trois doloires de... posées deux 
et une. Le tout est chargé d'un écussoo écartelé. 



i. Promptuaire de Jean Ballin, ms. n* 799 de la biblio- 
thèque de Saint-Omer. M. Demay, dans son JnveiUair0 des 
sceaux de l'Artois, où il le décrit sous le n* 586, date ce scel 
du XVII* siècle ; nous croyons qu'il le rajeunit un peu trop. 

2. Ce lambel se retrouve du reste sur plusieurs des sceaux 
de la collection Glairambault inventoriés par M. Demay. 
Voy. les n- 7676, 7678 et 7679. 



290 QUELaUKS 9CEA0X-HATBICKS 

aux premier et quatrième de... à trois fleurs de 
li^ de. . . et aux deuxième et troisième d*or ; ayant 
en cœur un écusson d'hermines. L'écusaon est 
surmonté d'une couronne de marquise 

xyn? siècle. — Au Musée de Saint-Omer. 

Philippe de Groy, qui mourut en 1681 , fut. fait 
prince du saint-Empire par l'empereur Léopold. 
Il descendait des comtes du Rœux. 

La terre de Renty avait été érigée en marquisat 
par Gharles-Quint, au mois d'avril 1 552, en feveur 
de messire Guillaume de Groy, prince de Ghimay, 
duc d'Ârschot, de Solre, de Harchîes, etc., etc. 

71. 

+ S' MIKIEL • DAVLE. Écusson au lion. 

xrv* siècle. 

Le nom de Daulé est artésien. Il y avait des 
personnes de ce nom à Sâinf-Omer dànsie courant 
des XVII* et xviii* siècles. Nous ne l'avons pourtant 
pas vu dans les listes donnant la composition 
annuelle du Magistrat de cette ville. 

72. 

S' MÂRÂNT DE DOHEM. Écu incliné, écartelé 
aux premier et quatrième cantons d'un créquîer (?) 
et aux deuxième et troisième d'une fleur à quatre 



i. Décrit par M. Demay dans son Inventaire des sceaux de 
l'Artois sous ie n* 587. 



RELATIFS A L ABT0I8 £T A U PICARDIE. 297 

feuilles, timbré d'un heaume fermé de profil por^ 
tant pour cimier une tète ailée. 

XV* siècle. 

Dohem, village du canton de Lumbres, est situé 
sur la vœe romaine de Thérouanne à Boulogne. 
Un péage y était établi au xi* siècle. 

Les armoiries de notre scel peuvent indiquer 
pour Marant de Dohem une parenté avec la famille 
de Gréquy. Cette famille, originaire d'Artois, y 
possédait de nombreuses terres. 

73. 

+ S'— lEHA— NDOR— ESMI— AVS. Écusson à 
quatre quartiers avec un lambel à trois pendants, 
dans un entourage d'ogives réunies par des angles. 

îiv* siècle. 

La&mille Doresmieux est originaire de l'Artois, 
ou elle a encore des représentants. Plusieurs de 
ses membres ont occupé à diverses époques des 
charges municipales à Saint-Omer, ainsi que des 
charges du bailliage . 

74. 

+ S' DNl'- BALDVINI DE ATRIO. La Vierge 
couronnée debout, tenant l'enfant Jésus sur le bras 
gaucbe. A sa droite, un chandelier avec un cierge. 
A ses pieds, un personnage à genoux, dans l'at- 
titude de la prière. 

Fin du xm* siècle. 



298 QUUiQVIS flCBAirX-lUniCBS 

La fanûlle Delattre (traductioQ exacte des niots 
de atrio) habite TÂrtois depuis longtemps. Plu- 
sieurs personnes de ce nom ont occupé des fono- 
tîoDs municipales à SaintrOmer. Peut-être la double 
croix qui commence la légende de notre scel 
indique-t-elle qu'il s'agit d'un de ceux-ci. En 1 71 9, 
le comté de Neuville-en-Bourjouval (canton de 
Bertincourt) appartenait à un membre de cette 
famille. Le seigneur Delattre d'Âyettc fut le der- 
nier comte de Neuville*. 

75. 

(Rosace.) SER-— MINE o^o (rosace) DOV- 
BOIS. Écusson mi-parti : à dextre, à trois her- 
mines passant au chef cousu de.«. au lion issant, 
chargé d'un lambel à trois pendants : à senestre, 
de. . . à un arbre portant des feuilles tréflées (peut- 
être un créquier). Cet écu est renfermé dans un 
entourage formé de quatre arcs de cercle et de 
quatre angles curvilignes, contenant à la partie 
supérieure un lion couché, tournant la tète à dinoite, 
et dans les autres des fleurons. 

xrv* siècle. — Cabinet de M. Loir. 

Les familles Dubois sont nombreuses en Artois 
et en Picardie. Il est bien difficile de savoir à 
laquelle a appartenu Ermine Dubois. Quoi qu'il en 
soit, notre scel se rattache à nos contrées. Peut- 

1. DicL hist, et arch. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, eanUm 
de Bertincourt, par M. L. Gavrois, 1. 1, p. 308. 



BELATin 1 L*A1T0I8 IT A U HCAADIE. 21NI 

être les hermines introduites dans Fécusson sont- 
elles aussi une allusion ^u nom de la propriétaire 
du sceL 

76. 

S : lEHAN DE FIENNES. Écusson écartelé, aux 
premier et quatrième cantons d'un lion et aux 
deuxième et troisième d'une croix ancrée. L'écus- 
son est traversé d'une bande ^. Il est surmonté 
d'un heaume de profil, ayant pour cimier une tête 
de cerf et pour supports un griffon et un lion. 

XV* siècle. 

Les armdries des premier et quatrième cantons 
sont celles de la maison de Fiennes, qui portait 
d^ argent au lion de sable, et telles qu^on les voit 
sur le scel de Robert, connétable de France et 
cèàtelain de Saint-Omer*; le cimier du heaume 
est aussi le même. Nous aurions donc ici le scel 
d'un descendant de la maison de Fiennes, peut- 
être d'une branche latérale^. 



1. Malgré son peu de largeur, nous pensons que c'est bien 
une bande et non une banre, cellensi, quand elle figure sur 
un écusson, allant de senestre à dextre et non dans le sens 
indiqué ici. 

S. Hisi, sigilUtire de Saint-Omer, pi. VIII, n- 38. 

3. Ces mêmes armoiries, moins la bande, figurent sur les 
sceaux de Golart de Fiennes, en 1412, de Jean dit Lionel de 
Fiennes, en 1380 et 1386, et de Robert de Fiennes, écuyer, 
en 1412 {Inventaire des sceaux de la collection Clairambault, 
par M. Demay, t. I, p. 383, n»* 3609, 3613, 3614 et 3616). 
En outre, le b* 3608 porte l'écu au lion à la bande brochant. 



QVELam aCBADX-UmCBB 

77. 

+ S'NIGHOLAIDE * HABÂRG. Égussod fisocé 
d*or et d'azur de huit pièces, avec un lambel à 
cinq pendants. 

3Ûv* siècle. 

Il est assez difficile de déterminer, d'après le 
dessin de ce scel, quelles sont les véritables armoi- 
ries qui y figurent. Mais Ton peut cependant devi- 
ner que le graveur a voulu figurer celles que nous 
avons indiquées ci-dessus comme étant les armoi- 
ries de la famille de Haburcq, d'après les auteivs 
qui en ont parlée Cette famille, originaire d'Ar- 
tois, remonte à une date assez ancienne, puisqu'un 
de ses représentants vivait en 1193. L'existence 
du lambel surl'écusson de notre scel serait la 
preuve que son possesseur était d'une brandie 
cadette. 

78 et 79. 

GRAND • SCEL • DHAVRINCOVR. (Les mots 
séparés par des quibtefeuilles.) Écusson rond aux 
armes de la famille de Cardevac d'Havrincourt, 
qui sont d'hermines au chef de sable, surmonté 
d'ufl torUl de baron et d'un heaume de face, 
accompagné de lambrequins. Les supports de 
l'écusson sont deux licornes. 

PETIT • SCEL • DHAVRINCOVR (quintefeuilles). 

1. Voy. M. de la Gorgue^Rosny, op, cit., p. 709. 



uLAim à L'imims it a la ftCAiHi. tel 

Porte de diàteau accompagnée de deux toara cré- 
neléea, couvertes en poivrières, et surmontées 
diaoane d'un pennon. Aunlessus des créneaux, 
cachant une partie du toit de chaque tour, un 
petit écusson aux armes de Gardevac d'Havrin- 
court, d'hermines au dief de sable. La courtine 
<|ai réunît les deux tours est aussi créndée et sur- 
moulée d'un toit élevé. 

xvn* siède. — A M. le marquis d'Havrincourt. 

Ces deux scels sont ceux de la seigneurie d'Ha* 
vrineourt, ils paraissent tous deux de la même 
époque, A certainement antérieurs à 1693, 
puisque c'est cette année seulement que la 
terre d'Havrincourt fut érigée en marquisat par 
Louis XIY, en faveur de François-Dominique de 
Gardevac, baron d'Havrincourt. Plus tard, l'écus- 
son du grand scel aurait été timbré d'une cou- 
ronne de marquis, au lieu d'un tortil de baron. 

Le <^teau qui figure sur le petit scel doit être 
la représentation sommaire du château d'Havrin- 
court, qui fut détruit en 1695, pour faire place à 
un édifice neuf, avec terrasses dans le style de 
Mansart, et qui passe pour un des plus beaux châ- 
teaux de l'Artois. Le vieux château d'Havrincourt 
avait appartenu successivement aux familles d'Qisy 
Grèvecoeur, de Goucy, de Montmirail, de Mont- 
morency, de Luxembourg, de Béthune et enfin 
de Gardevac. . 



3M «HiLQVEg MBAinLHUXElCSfr 

+ S* IAKEMON DE HENNINEL. Êou^n d*hei^ 
mmes. 

XIV* siècle. — Au Musée d'Arras. 

Héninel, canton de GroisiUes, était, en 1 406, un 
hameau dépendant de Wanoourt. La se^neorie 
appartenait à Tabbaye d'Anchin, mais il y avait 
une autre seigneurie laïque qui appartenait à la 
maison de Wancourt. Il s'y trouvait aussi un flef 
relevant de la baronnie de Vaulx. En effet, les 
Longueval-Vaulx s'intitulaient seigneurs d'Héni- 
nel*. Rien ne vient nous révéler ici de quelle 
famille était le propriétaire de notre scel. 

81 et 82. 

(Quintefeuille.) GLAYDEDEHENNIN. Éeuflaon 
à ù croix eogrélée, portant au premier cantoa 
une hure de sanglier. Il est timbré d'un casque 
de trois quarts à trois grilles, accompagné de lam- 
brequins, et ayant pour cimier une bure da san- 
glier ailée. 

Le second scel, n"" 8Sl, eA plus petit, u'a pas de 
casque pour timbre de Técusson, et la légende est 
inscrite sur un ruban. Une croisette commence la 
légende et deux autres séparent les mots. 

xw!" siècle. 

Claude de Hennin, de la branche de» Bayniade 
Yarlaing, vivait dans la deuxième moitié du 

i. Dict kùt et arch. du PaS'^'Galais, arr. d'Arras, ean- 
ton de Groisille, t. II, p. 105 (art. de M. Leceane). 



BKUnFS k l'AKTOM BT a U PttARDIB. SOI 

XVP siècle. II avait pour armoiries celles de la 
fiomille de Haynin : d'or, à la croix engrèlée de 
gueules, avec une hure de sanglier de sable pour 
brisure dans le premier canton. Il eut un fUs appelé 
aussi Claude, qui mourut à Valeneiennes en 1 6^. 
11 est par suite assez difficile de savoir auquel des 
deux appartiennent les scels qui nous occupent. 
Néanmoins le d^ 6% parait légèrement plus ancien 
que Tautre. Nous l'attribuerons en conséquence à 
Claude de Hennin le père, et le n^ 81 à Claude de 
Hennin le fils, ou le Jeune^ comme il est désigné 
dans la généalogie ^ . 

83. 

: : ERNEST • LAMORAL • DE • LANBAS • S» • DE- 
FLEVRIVAL. Écusson écartelé, aux premier et 
quatrième cantons émanché d'argent et de gueules 
à dix pièces, qui est de Landas, et aux deuxième 
et troisième fascé de... et de... à treize pièces. Il 
est surmonté d'un heaume de trois quarts avec 
lambrequins ayant une tète de daim pour cimier. 
Deux Uons servent de support. 

xvn* siècle. — Cabinet de M. Loir, à Arras. 

La famille de Landas est très ancienne; plu* 
sieurs de ses membres ont habité l'Artois. Les 
Landas de Louvignies avaient entrée aux états de 
cette province à cause de leur terre de Cotten 

i. Miroir des notabilités nobiliaires de Belgique, des Pays- 
Bas et du nord de la France, par M. Félix- Victor Grœthals, 
1. 1, p. 49. 



804 QUBLOm flGKAUX-lUT&ICES 

(aujourd'hui Gouio, canton de Pas). Le membre 
de œtte famille rappelé sur notre soel était pro- 
bablement d'une autre branche, ainsi que l'ioÂque 
Técusson écartelé. Nous ignorons d'ailleurs oà 
était située la seigneurie de Fleurival. 

84. 

NICOLA:L:ROI— S:DE:LA:PREE. Écusson 
échancré portant un chevron chargé de trois fleurs 
de lis au pied coupé et ayant en pointe un Fion 
léopardé (?), timbré d'un heaume de trois quarts, 
à trois grilles avec lambrequins, et ayant pour 
cimier une tête d'oiseau, peut-être d'un aigle. 

XVI* siècle. 

La Prée est le nom d'un château, près de Roqué- 
toire, dépendant de la commune de Quiestède. 
La ville de Saint -Omer, dans le courant du 
XIV* siècle, fit usage du droit d'arsin contre ud 
sire de la Prée, qui avait refusé de payer ce qu'il 
devait à un boui^eois et l'avait battu. La seigneurie 
de la Prée, qui appartenait à la famille de Thieones, 
entra par acquisition dans la famille de Lenque- 
saing dans le courant du siècle dernier. Une épi- 
taphe, qui se trouve dans l'église de Quiestède, 
est relative à la femme de noble homme Demi- 
nique-Jean-Jacques de Lencquesaing, écuyer, sei- 
gneur de la Prée, morte en 4748*. 

.(. Dict. hist. et arcfi. du Pas-dM/olais, arr. de Saint-Omerf 
canton d'Aire, 1. 1, p. 208, par M. le baron Dard. 



IBLATIFS A l'aBÎOIS ET A LA PICARDIE. 305 

85. 

SIGI JVRIDICTIONVM NOBILIS GENERIS 
LESER6EANT. Êcusson d'azur à trois gerbes d'or, 
deux et une. Les supports sont deux lions. Il est 
timbré d'un heaume de trois quarts avec lambre- 
quins, et surmonté d'une couronne et ayant pour 
cimier un lion à mi-corps, tourné à dextre et 
tenant un glaive levé dans sa patte. 

xvm* siècle. 

C'est le cachet qui servait pour toutes les sei* 
gaeuriesappartenantauxLesergeant. Cette famille, 
très ancienne, est connue à Saint-Omer depuis au 
moins l'année i 570^. Une branche s'y était établie 
et ne l'a pas quitté depuis. 

86. 

♦S* ANDRIEV DE LIESTES. Écusson à trois 
alérions, posés deux et un, et à une étoile à six 
pointes en cœur^. 

xrv* siècle. 

Liestres, village du canton de Norrent-Fontes, 
fut possédé en propriété par des barons assez 
renonunés. En 1Si54, Derams et Robiers de Lieste 



1. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op. cit., p. 1385. 

2. Ce sont les mômes armoiries, sauf l'étoile, qui figurent sur 
le scel de Jean, sire de Liestres, au bas d'une quittance du 
2 juin 1351 (Inventaire des sceaux de la collection Olairam- 
hault, par M. Demay, n» 3249). 

xiix ^ 20 



S06 QITELOnBS SCBAirX«HATBIGB8 

font partie de Texpédition d'Oisy*, Un sire de 
Liestes, chevalier bachelier, assistait avec cinq 
écuyers à la journée de Saint-Omer, vers la fin de 
juillet 1340. Un Jean de Lieste figure dans une 
charte de 1!a03^ 

87. 

3 DE LIETTE. Écusson incliné portant 

une fasce frettée. 11 a pour supports deux lions et 
il est surmonté d'un heaume de profil ayant pour 
cimier un cygne issant. 

xV siècle. — Cabinet de M. Loir, à Ârras. 

Nous croyons que le personnage possesseur de 
ce scel a dû appartenir à une famille portant le 
nom de Liettre. 

88. 

+ S\ FLORENT : DE : LISKES. Écusson bandé 
d'or et d'azur à la bordure engrêlée*, au franc 
quartier à trois lions passant l'un sur Tautre. 

xrv* siècle. 

1. Mémorial historique du Pas-de-Calais^ par Harbaville, 
1. 1, p. 382. 

2. Voy. L.-E. de la Gorgue-Rosny, Recherches généalO' 
giques, t. U, p. 865. 

3. Il nous est impossible de lire le premier mot de la 
légende et de faire un sens rationnel avec les caractères exac* 
tement reproduits par nous. Nous avons donc préféré le lais- 
ser en blanc. 

4. Tous les sceaux décrits par M. Demay» dans son Invenr 
taire des sceaux de l'Artois et de la Picardie, n^ 406-409, 
portent un écusson à trois bandes et à la bordure eogrêiée. 



RELATIFS A l'aITO» ET A LA PICARDIE. 307 

M« de la Gorgue-Rosny^ fait oonnattre qu'une 
branche cadette de la maison de Licques, établie 
dans le Poothieu et à Abbeville, avait ajouté une 
bordure de gueules à l'écusson bandé d'or et 
d'azur à six pièces, mais il ne dit pas que c'est 
une bordure engrélée. U ne parle pas non plus de 
franc quartier. Quoi qu'il en soit, il nous parait 
que le propriétaire de notre scel pouvait faire 
partie de cette branche, d'autant plus qu'on y 
trouve un individu du prénom de Flourens, qui 
devait vivre dans la deuxième moitié du xiv* siècle, 
ce qui concorde avec la date de notre scel. £st*ce 
le même personnage que Florent de Lisques, 
écuyer, capitaine du château de Lisques, avec 
cinq arbalétriers, vers 1 37S1, ou un autre du même 
nom, aussi capitaine, signalé à Thérouanne, en 
1376? La chose est possible, d'autant plus que le 
prénom de Florent est très rare dans la descen- 
dance de la maison de Lisques et de ses branches^.' 

89. 

S. NICOLAS DE LICQVES 8EIGNEVR DE LA 
VERRE. Écusson écartelé; aux premier et qua- 
trième cantons, écartelé d'or et de..., aux 

i. Op, cit., t. n, p. 872. 

2. Cette probabilité devient presque une certitude en voyant 
dans l'Inventaire des sceaux de la collection Clairambault, 
sons Id n^ 5Î29, décrit le scel de Florent de Licqnes, iden- 
tique à celui qui nous occupe. Il est appliqué à une quittance 
de gages datée de Thérouanne, te 16 août 4376. 



308 QUBLQUB8 SCBAUZ-MlTaiGIS 

deicdème et troisième bandé de. .. et de... à six 
pièces^, avec une bordure ; en surtout et en oœar 
un petit écusson portant un iretté en fasoe. Il est 
suroKonté d'un heaume de face avec lambrequins, 
ayant une couronne de marquis et pour dmier 
un cygne aux ailes éployées et un bélier en regard 
Tun de l'autre. Les supports sont une chèvre et 
un bélier. Le tout est accompagné de deux pen- 
nons aux armes des quartiers de Técusson. 

xvn* siècle. 

La composition des armoiries de Técusson 
trouve son explication dans le fait suivant. Vers 
le milieu du xrv* siècle, Jeanne de Licques épouse 
Mainfroy deLens. Leurs descendants continuèrent 
cependant à s'intituler sires de Licques^.' C'est 
probablement à cette alliance qu'est due la coqh 
position de notre écusson ; car les armoiries des 
premier et quatrième cantons doivent être celles 
de la maison de Lens, qui portait écartelé d'or et 
de sable, tandis que celles des deuxième et troi- 
sième cantons sont bien celles de la maison de 
Licques. Quant au possesseur de notre scel, Nico- 
las de Licques, nous ignorons à quelle époque il 
vivait. Le petit écusson en surtout semble indi- 
quer qu'il appartenait à une autre branche. Nous 
ignorons d'ailleurs aussi ce qu'était la seigneurie 
de la Verre et où elle était située. 

i. Ce doit être un bandé d'or et d'azar à six pièces, comme 
dans le sceau précédent. 
2. Voy. M. de la Gorgue-Roeny, op, ciL, p. 871. 



ISLATIPS A l'aRTOIS ET A LA PICAIDIB. 801^ 

Ce scel est remarquable par la finesse de sa gra* 
vure et sa IxHine exécution. 



90. 

+ D' PIERON DE MAINGOVAL. Écusson por- 
tant une bande et un lambel à cinq pendants. 

xrv* siècle. 

Mingoval est du canton d^Aubigny, arrondisse- 
ment de SaintrPol. Gille de Mingoval est pair du 
château de Béthune et avoué de cette ville, en 1 21 0. 
Jean, chevalier, seigneur de Mingoval, donne, en 
1277, au prieuré d'Aubigny, plusieurs mencau- 
dées de terre pour le repos de l'âme de ses parents. 
Le seigneur de ce domaine était pair du comte de 
Béthune sous Philippe le Bel V Bien ne vient nous 
renseigner sur le possesseur de notre scel. Nous 
trouvons bien, en 1389, un Pieron d'Aule de Min- 
goval, officier de justice de la comtesse d'Artois, 
mais cette date nous parait trop récente, d'après 
les caractères archéologiques de ce petit monu- 
ment. 

M. Demay, dans son Inventaire des sceaux de 
r Artois et de la Picardie, décrit, sous le n** 460, 
un sceau d'un Robert de Mingoval, dont Técu 
porte une bande et un lambel à trois pendants, 
ce qui ne forme qu'une légère différence, vu 
l'époque (1299), avec les armoiries de notre scel. 

i. Dict. hùt, et arek. du Pas-de-'Galais, arr. de Saint-Pol, 
canton d'Âubigny, t. I, p. i05 (art. de M. de Gardevacque). 



340 HVEUttUES SGBAOX'lUTRICan 

91. 

(Étoile.) PIERRE • DV • MAINNIL. Écusson por- 
tant trois chevrons et un lambel à trois pendants. 

XIV' siècle. 

II y a bien des lieux dans le département du 
Pas-de-Calais qui portent le nom de Mainil ou 
Mesnil. Il est à peu près impossible de dire auquel 
appartient notre scel. Il pourrait cependant être 
attribué à un membre de la famille du Maisnil, 
malgré la différence d'orthographe. Cette famille 
est originaire de Picardie. Nous trouvons bien, en 
1 375, un Pierre de Maisnil, échevin d'Abbeville^ ; 
est-ce le même que celui de notre scel? La date 
ne s'y oppose pas, mais les armoiries ne sont pas 
les mêmes. Aussi ftous nous abstenons de rien 
affirmer. 

92. 

(Étoile.) BENOREL* DE : MASENGVARBE. 
Écusson contenant une gerbe picotée par deux 
oiseaux* 

XIV* siècle. 

Mazengarbe est une commune des environs do 
Béthune, aujourd'hui célèbre par ses fosses à char- 
bon. Le cartulaire de Gosnay nous fait connaître 
plusieurs membres d'une famille portant ce nom. 



1. Voy. M. do la Gorgue-Rosny, op. cit., t. U, p. 293. 

2. Les lettres £ et L liées. 



RELATire ▲ l'ABTOIS BT A LA PICABOIE. 34 I 

Ainsi, on trouve, en 1391, Jean, bailli des ohai^ 
treuses de Gosnay ; un Robert de Mazengarbe, en 
1416; un BertraiÉid, bailli féodal, en 1439, etc.^ 
Mais nous ne voyons pas figurer le possesseur de 
notre scel, sur lequel nous n'avons d'ailleurs aucun 
renseignement. 

93. 

S VmCENT DV MES. (Une fleur se trouve 
avant et après la lettre S du commencement de la 
légende, ainsi qu'entre les deux derniers mots.) 
Êcusson à trois fasces en zigzag, au franc quartier, 
ayant deux fasces bretessées et contrebretessées. 
L'écusson est porté par un cordon qu'un aigle tient 
dans son bec. Il faut remarquer aussi que le franc 
quartier se trouve à senestre au lieu d'être à 
dextre, qui est sa place normale. Peut-être le fait 
provient-il d'une erreur de gravure. 

XV* siècle. 

La famille du Mes ou Du Metz est originaire 
d'Artois. Nous voyons, en 15S11, un Antoine du 
Metz, écuyer, seigneur du Ponches, figurer dans 
la composition du Magistrat de Saint-Omer. Jean 
du Mes était échevin de Béthune en 1 37S^. Quant 
à Vincent du Mes, il nous est totalement inconnu. 

94. 

SEEL OBERT (rameau) DE (rameau) MONCHI. 

i. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op. cit., t. H, p. 973. 
2. Id., 987. 



342 QQELQCE8 8GEACI-1UTEIGES 

Écusson incliné portant une bande oomponnée et 
un lambel à trois pendants. Il est surmonté d'un 
heaume de trois quarts avec lambrequins, ayant 
un oiseau pour cimier ^ . 

XV* siècle. — Au Musée d'Ârras. 

Il y a dans le Pas-de-Calais quatre villages du 
nom de Monchy : 1^ Monchy-au-Bois, du caotoa 
de Beaumetz-lès-Loges ; 2*" Monchy-le-Preux, can- 
ton de Vitry ; 3^ Monchy-le-Breton, canton d* Au- 
bigny; i*" Monchy-Cayeux , canton d'Heuchin. 
Duquel de ces Monchy portait-il le nom, le pro- 
priétaire de notre scel ? Impossible de le deviner. 
Il faisait peut-être partie de celte famille de Mon- 
chy, dont plusieurs membres figurent comme 
ayant rempli plusieurs emplois, charges munici- 
pales et autres à Amiens, Abbeville et autres lieux 
de la Picardie dans le courant du xv* siècle^. 

95. 

PIEREDE'MOVSTREVL. Écusson avec une 
herse, ou bien un râteau ayant trois annelets en 
chef. 

XIV* siècle. 

Personnage complètement inconnu, se ratta- 
chant seulement à la localité dont il porte le nom. 
Encore n'oserions-nous pas affirmer qu'il s'agisse 
ici de Montreuil-sur-Mer. 

i. Décrit par Mi Demay, Inventaire des sceaux d'Artcis, 
n* 2929. 
2. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op. cit,, t. Il, p. 1004. 



BKLATiPS A l'IBTOIS ET ▲ LA PIGA10IB. 343 

96. 

-f S'VEASDE-PIERNES. Lion passante gauche. 

xin* siècle. — Au Musée d'Arras. 

Faut-il lire PERNES ou bien PIENNES? Nous 
penchons pour la première lecture. Deux localités 
du nom de Pernes existent dans le Pas-de-Calais ; 
Tune, située sur le Wiraereux, à peu de distance 
de Boulogne, n'a pas grande importance; l'autre 
est une petite ville qui, sous le nom de Pernes, en 
Artois, en a beaucoup plus. Impossible d'ailleurs 
de distinguer à laquelle des deux localités doit être 
attribué notre sceP. Remarquons la forme inso- 
lite du prénom que nous croyons être une traduc- 
tion corrompue du mot latin Vedastus. 

97. 

S WILLAME DV PLOICH. Écusson mi-parti, 
portant à dextre trois bandes et à senestre une 
fasce et trois merlettes. 

Les mots sont séparés par des fleurs. 

XV® siècle. 

n y a dans le Pas-de-Calais plusieurs hameaux 
qui s'appellent Le Plouy. L'un d'eux dépend de la 
commune de Colembert. II est difficile de savoir 
auquel est relatif notre scel. Nous pensons qu'il 

1. M. Demay, en décrivant ce scel dans son Inventaire des 
sceaux éP Artois, sous le n* 2934, est dans la môme incertitude 
sur son poesesseur, qu'il classe parmi les inconnus. 



344 QUBLÛ0ES SGBAin-lUTIlGfiB 

doit appartenir à la famille dont faisaient partie 
Jean, écuyer, bailli d'Aire, en 1363, et un aulre 
Jean du Ploich, évéque d'Arraa, en 1600, qui 
avaient pour armes : d'ai^ent à trois bandes d*azur. 
Plusieurs individus du nom de Willaume du Ploich 
se retrouvent dans le courant du xv* siècle, entre 
autres M* Willaume, chevalier, en 1406 et 1407, 
et un autre, propriétaire d'un fief à Surques, en 
1430^ Ajoutons que l'on retrouve le nom du fief 
du Ploich à des dates assez anciennes. Un Julien 
du Ploich figure parmi les chevaliers qui assis- 
tèrent à la dédicace de l'église d'Arrouaise en 1 1 06. 

98. 

S LIEVIN-LAVEI DE S-T LIEVINS. Écusson 
portant un lion sous une hache abaissée, dans un 
entourage formé de trois ogives et de trois cintres. 

XV* siècle. 

S'agitril ici d'un membre d'une famille de Saint- 
Liévin, dont j'ignore l'existence, ou bien d'un 
individu originaire de Saint-Liévin, qui ajoute le 
nom de son lieu d'origine à son nom patrony- 
mique, comme cela avait lieu fréquemment au 
moyen âge ? Le village qui porte aujourd'hui le 
nom de Merck-SaintrLiévin était désigné au moyen 
âge tantôt sous le nom de Merck, tantôt sous celui 
de Saint-Liévin, qui était le patron de l'agglomé- 
ration. C'est en effet le lieu désigné par la tradi- 

1. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op.ciL, p. ii50. 



RELATIFS A l'AKTOIB IT A U MCAEDIE. 345 

tion pour oehii où s'établit saint Liévin, ÉcossâM, 
en 630, pour évangéliser le pays. 

99. 

S HV£ DE (rameau) SAINT (rameau) POL (Qeu- 
rons ou rameau double). Le type se compose d'un 
grand H gothique, accosté de deux rameaux. 

XIV' ou XY* siècle. — Musée d'Arras. 

Il ne s'agit point ici d'un membre de la famille 
des comtes de Saint-Pol, qui avaient pour armoi- 
ries d'azur à une gerbe d'avoine d'or, liée de 
même. Le possesseur de notre scel faisait plutôt 
partie d'une famille de Saint-Pol, dont plusieurs 
membres sont cités par l'auteur des Recherches 
généalogiques^. Nous y trouvons précisément men- 
tionné un Hue de Saint-Pol, garde de la baillie de 
Eesdin, le 7 avril 1366 {Cart. de Gosnay), qui 
pourrait être le même personnage que celui de 
notre scel, lequel, par ses caractères, peut être 
classé à la fin du xrv^ siècle ou au commencemerit 
du XV®. M. Demay, qui le catalogue dans son 
inventaire sous le n^ 2937, ne lui donne d'ailleurs 
pas non plus d'attribution. 

100. 

+ S':BAVDVIN:DE:TANGREI. Écusson portant 
trois objets difficiles à déterminer. Ce sont des 

i. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op. cit., p.. 1344. - 



346 aVBLQIHBS 8CBAVX-HAT1IGE8 

pdgnes ou des râteaux. Ils sont posés deux et un. 

XIV* siècle. 

Ce n'est certainement pas là le scel d'un des 
possesseurs de Tingrey (arrondissement de Bou- 
logne), ou de Tangry (arrondissement de Saint- 
Pol). L'on peut hésiter sur la désignation exacte 
de la localité indiquée. Toutes les deux avaient un 
château. La première est beaucoup plus connue 
que la seconde, son château était une forteresse 
importante du Boulonnais, et avait été reconstruit 
en 1049 par Eustache, comte de Boulogne. 

104. 

S FRANÇOIS DE LE-VACQVERIE. Êcusson 
écartelé, portant au premier une fleur de lis, au 
deuxième fascé de... et de... à huit pièces, ayant 
en chef trois annelets; au troisième trois étoiles i 
six rais, posées deux et une, et au quatrième six 
tourteaux posés trois, deux et un. Il est timbré 
d'un heaume dé trois quarts, ayant pour cimier 
un faisceau de branches ou peut-être d'andouillers 
et pour supports deux oiseaux ressemblant à des 
colombes. 

XV* siècle. 

Au nombre des seigneuries portant le nom de 
la Vacquerie, nous trouvons celle de la Vacquerie- 
le-Boucq et celle de |la Vacquerie-lès-Hesdtn. Il 
est vraisemblable que c'est à l'une des deux que 
notre scel a rapport, à cause du lieu de la trou- 
vaille, le Boulonnais. 



ULATIF8 ▲ L'AETOIS ET A LA PICARDIE. 847 

Parmi les nombreux chevaliers et écuyers de 
oe nom cités par M. de Rosny^ nous trouvons 
bien un François de la Yacquerie, écuyer, lieute- 
nant du sénéchal de Ternois, bailli du comté de 
Saint-Pol et de la châtellenie de Lucheux, le 
S17 octobre 1443. Est-ce à lui qu'appartient le scel 
que nous examinons? La date n'^y contredirait pas, 
mais nous ne sav<ms si les armoiries sont bien les 
mêmes. Toujours estril qu'elles sont différentes 
de celles attribuées par les auteurs aux diverses 
branches de cette famille, dont l'une, celle origi- 
naire du comté de Saint-Pol, portait un échiqueté 
dans son écusson. 

102. 

+ S'WnJAVME • SIGNEVR • DV- VALVHVON. 
Écusson à trois alérions, posés deux et un, chargé 
d'un lambel à trois pendants. 

xm^ siècle. 

Ce seigneur de Yalhuon était bailli de Bapaume 
en 1285, il devint ensuite bailli de Saint-Omer en 
4288. Il l'était encore en 1290, ainsi que le cons- 
tatent les registres des archives de Saint-Omer. 

103. 

( Quintefeuille.) PHELIPS • VAN • DER • WOES- 
TINE. Écusson portant un chevron, accompagné 

1. Op. cit., p. 1450 et suiv. 



SIS QinLQIJES 8CIAITX-MATEIGIS 

de trois écaiOes de Saint-Jacqaes, deux et noe, et 
d'une étoile à six p<miteSy en cœur. 

XV* siècle. 

La famille Van der Woestine est originaire de 
Flandre. Des membres de cette famille habitaient 
Saint-Omer ou les environs au siècle dernier. C'est 
seulement à ce titre que nous plaçons ici ce scel. 

404. 

+ S' • RIGAVT • DE • WANDONE. Écusson aux 
trois doloires, posées deux et une. 

XIV* siècle. — Cabinet de M. de Gournay, à 
Clarques. 

Wandonne, qui a formé une commune séparée 
jusqu'en 4823, est aujourd'hui une dépendance 
d'Audincthun. Dans sa notice sur WandoaneS 
M. F. de Monnecove a cité les noms de plusieurs 
individus, probablement possesseurs de oe fief et 
qui en ont porté le nom. Nous pouvons ajouter 
à cette liste celui du propriétaire de notre scel. 
Ce ne fut que vers le commencement du xvi* siècle 
que la famille de Dion fit l'acquisition de cette 
terre. 

M. Demay a donné, dans son Inventaire des 
sceaux de V Artois et de la Picardie^ sous le n^ 698, 
la description du scel d'Andrieu de Wandoone où 
se trouve aussi l'écusson aux trois doloires qui 

i. Dict, hist, etarch. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, 
t. III, p. 143. 



RBUHFS A L'aITOIS BT A U PICARDIE. 319 

figure sur notre sœl n° 104. Il était appendu à 
une charte du S4 septembre 434S. 

105. 

X ESTEVLE DE WAVDRINGVEHEN. Écusson 
d'hermines dans un entourage de quatre ogives 
réunies par quatre angles, 

xiy* siècle. 

Nous avons donné dans notre histoire sigillaire 
de Saint-Omer, sous les n*" 69, 70 et 71, des 
sceaux appartenant à des membres de la famille 
de Waudringhem, qui étaient majeurs et échevins 
des francs-alleux, mais les armoiries diffèrent 
complètement de celles de notre n"" 98, en sorte 
qu'il n'est pas possible d'affirmer que le posses- 
seur de ce dernier était de la même branche que 
ceux cités dans l'histoire sigillaire de Saint-Omer. 
Cependant, il n'y a pas de doute qu'il fasse partie 
de la même famille, malgré la différence qui existe 
dans la manière dont le nom est orthographié 
dans les deux cas. 

QUATRIÈME SÉRIE. 

Les sceaux qui vont suivre sont tous étrangers 
à l'Artois et au Pas-de*^alais, ou du moins il n'y 
en a que très peu qui pourraient s'y rattachef , et 
encore d'une manière très hypothétique. À ce 
titre, nous eussions dû ne pas nous en occuper. 
Ce qui nous a engagé au contraire à les donner à 
la suite des autres, c'est la singularité de plusieurs 



3S0 QUBLQIItS SCBAOX-HAnfCBS 

d'entre eux qui donne lieu à quelques observa- 
tions. Mais, pour la grande majorité, nous serons 
forcé de nous borner à une simple description. 

106. 

S • CVRE • DE • LEIDRINGHEEM. Buste d'évêque 
mitre de face, accosté de deux points. 

xv* siècle, — Collection de M. Edmond Lefebvre 
du Prey. 

Ledringhem est un village du département du 
Nord. Gomme il est anonyme, nous devons en 
conclure que c'est le cachet de la cure et non 
celui d'un curé quelconque. 

107. 

+ S THOME DE LVDINIO CLIGI. Pélican au-des- 
sus de son nid où sont trois petits. 

XIV* siècle. 

Gontrairement aux usages, ce scel d'un clerc 
est circulaire au lieu d'être ogival. Gette anomalie 
existe quelquefois. La même remarque peut être 
faite pour le précédent. 

Le nom du possesseur du scel a une apparence 
étrangère, sans que nous puissions déterminer la 
nation à laquelle il appartient. 

108. 

+ S • EGD • PBRI • DE FIGNIES. Griffon passant 
adroite, 
xiu* siècle. 



fi 



Mrm. (U 



PI. XX. 




jyrr^n. l 



PI. XXI. 




'Vm, de la 





M. XXUl. 



65 




71 












77 




1 






I 



5>^ 



i^ 



PI. XXIV. 




PI. XXV, 




San 



PI. XXVI. 




122 



123 





130 




IBLiTItB A L'ilTOIS ET A LA PICAEDIE. 324 

Scel de Gilles, curé de Figoies. Le grifiPon avait 
une signification allégorique qui le fit adopter 
souvent dans les représentations religieuses. 

109. 

+ S' P'BRI DE VILLENON. Aigle nimbé tour- 
nant la tète à gauche et tenant dans ses serres un 
phylactère sur lequel est écrit lOHES. 

xra* siècle. — Au Musée d'Arras. 

Ce sceau appartenait au curé de la localité dési- 
gnée, mais, n'étant pas nominal, il a pu servir à 
plusieurs curés successifs. Quant à cette localité 
Villenomy nous ignorons où il faut la chercher. 
Toujours est-il que ce n'est pas dans le Pas-de- 
Galais^ 

110. 

+ S lOfflS • CUCI FUJI • RADVLFI • DECITE. 
Personnage assis à droite dans une chaire, lisant 
dans un rouleau déployé sur un pupitre placé 
devant lui. Au-dessus de sa tète, une colombe 
tenant dans son bec un objet analogue à un crois- 
sant. 

xm* siècle. 

Personnage inconnu, mais qui ne devait pas 
l'être à son époque, ce Jean, fils de Raoul, est 
prêtre, ou tout au moins clerc, la légende d'ailleurs 

1. Voy. M. Demay, op. cit., U9 2528. Cet auteur le ooxd- 
prend parmi les sceaux d'Artois. 

lUX 24 



322 ftUBLQVn SGEAVXHaTEICn 

l*indique. Ce devait être ud savant, un auteur 
connu et apprécié. 

Il y a une ressemblance assez remarquable entre 
le nom de Radulfus decUe et celui de Radulfus de 
Diceto, chroniqueur, du xn* au xm* siècle, qui a 
écrit sur les événements du règne de Philippe- 
Auguste. Quoi qu'il en soit de cette analogie, que 
nous nous contentons de signaler, toujours est-il 
que la forme de la légende rappelle celles des 
dalles équestres votives formant le pavage de 
Féglise de Saint-Omer au xm* siècle, et suffirait à 
elle seule pour déterminer Tépoque de notre scel, 
quand même on n'aurait pas pour cela les carac- 
tères archéologiques. 

111. 

+ SIGILLVM : MAGISTRI : ROBERTI. Person- 
nage assis à droite lisant dans son livre. 

xui* siècle. 

Personnage complètement inconnu, qui devait 
être docteur ou au moins maître es arts. Le titre 
de magister ne se décernait qu'aux individus éle- 
vés dans la science, ordinairement aux profes- 
seurs*. 

lia. 

+ AVE MARIA • XPTE • HVGONIS • D' • ANES. 

i. Décrit {Mir M. Gharvey, dans sa Dêioription des aolUc- 
tions de sceaux-matrices de M. Dongé, p. 199. 



RELÀTIP8 A L'iETO» BT A iA NGAIBOS. SIS 

Deux paoDs adossés et retournant la tète pour.se 
regarder. Ils sont séparés par un arbre. 

un* siècle. — Â M. de Goumay. 

La forme de ce scel et la légende indiquent qu'il 
appartenait à un ecclésiastique. Le sujet est lui- 
même une preuve de cette opinion. Il est 
emprunté aux étoffes du temps. Deux paons pla- 
cés d'une manière analogue figurent sur la mitre 
de saint* Louis d'Anjou^. Us existent aussi sur une 
étoffe conservée dans le trésor d'Aix-la-Chapelle^, 
bien qu'affrontés au lieu d'être adossés. Les 
diverses étoffes de style oriental donnent de fré- 
quents exemples de deux paons séparés par un 
arbre, et l'on peut admettre que le graveur de 
notre scel s'est inspiré de leur souvenir. 

Quant au motif qui a fait choisir ce type, il faut 
le chercher dans les bestiaires, ces livres d'un 
usage* si commun et en même temps si connus, 
qui nous donnent la clef du symbolisme au moyen 
âge. Nous n'insisterons pas sur ce sujet, nous 
nous contenterons de faire remarquer que l'invo- 
cation de la légende concorde avec l'image repré- 
sentée, le paon étant la représentation de l'âme, 
qui, lorsqu'elle se sent obscurcie par le péché, 
doit s'adresser à Dieu par la prière et par les 
larmes. 

1. Cf. de Liiias, Vêtements sacerdotaux, 2« série, p. 118 
et suiv. 

2. Yoy. Mélanges d*archéologie des PP. Cahier et Martin, t. II. 



324 QUBLQVRS flCBinX-KinilCES 

113. 

+ AVE • MARIA • GRACIA • PLENA • DNS • TECV. 
Pélican déchirant sa poitrine pour nourrir ses 
petits de son sang. 

xm* siècle. 

Scel anonyme, mais ayant appartenu certaine- 
ment à un ecclésiastique. Le type éminemment 
religieux qu'il porte est de nature à confirmer 
cette opinion. 

1U. 

♦ S' DV COVVENT SAINT DESIEWET. Person- 
nage couronné tourné à droite, tenant sur son 
poing gauche ijn faucon (?) déchaperonné. Der- 
rière lui, un arbre. 

XIV* siècle. 

Il nous est impossible de donner une attribu- 
tion à ce scel, que nous avons cru devoir néan- 
moins faire figurer, à cause dé sa singularité. 

115. 

+ S GVIFROIS * LIMILOS. Pélican nourrissant 
ses petits de son sang. 

xni* siècle. — Musée d'Arras. 

La forme du scel et le sujet indiquent nette- 
ment qu'il appartient à un membre du clei^é 
régulier ou séculier, mais quel était-il? Impos- 
sible de le dire. 



REUTIPS À L^ilTOIS ET ▲ LA FICULDIB. 325 

116. 

S\ lOHÀN - ROLVES. Vaisseau avec son grée- 
ment. 

Fin du xnf siècle. — Musée d'Airas. 

Le motif représenté sur ce scel est intéressant 
en ce qu'il reproduit une nef de l'époque avec sa 
proue relevée. Quant à savoir ce qu'était son pos- 
sesseur, cela est bien difficile. La forme du scel 
indiquerait qu'il était au moins clerc. Peut-^tre 
alors le vaisseau représenterait la barque de 
Pierre ou l'Église, hors de laquelle il n'y a point 
de salut. 

117. 

+ S' PETROLI • D'ALLIATE (A et L Kés). Écus- 
8on à trois bandes contrebrétessées (?). 

xm* siècle. 

Ce doit être le scel d'un banquier italien. Le 
nom est étranger. La queue est terminée en forme 
de cachet portant un P, et qui devait servir soit 
de contre-scel, soit de signet. 

118. 

' S HENRI "^ DE BAVFFREMEZ. Écusson incliné 
portant en chef trois merlettes, et en cœur un 
petit écusson. Il est timbré d'un heaume de pro- 
fil ayant une tète de cheval pour cimier. Les 
supports sont deux lions. 

XYi* siècle. 



326 QUELOUBS 8GEAVX-«ATEICES 

Les BeaufiK^emez sont une famille de Flandre 
issue de la maison de Wavrin. Elle portait poar 
armoiries d'azur à Vécusson d'argent , à trois 
merlettes d'or en chef^ Ce sont bien œlles qui 
sont figurées sur notre scel. 

119. 

♦ WILLIAVME DE BLERV. Écusson portant 
une grande quintefeuille au cœur percé. 

XIV* siècle. 

Personnage complètement inconnu. La dernière 
lettre de la. légende est incertaine, est-ce un Y ou 
unZ? 

120. 

S TIBAVT — DE CHANTEMELLE. Écusson 
incliné, portant une bande chargée de trois 
coquilles et un lambel à trois pendants. Il est tim- 
bré d'un heaume de profil, avec lambrequins, 
ayant un panache en cimier. 

XV* siècle. 

Dom Grenier (p. 19, n° 1) nous apprend que 
le sire de Ghantemerle, noble de Picardie, porte, 
vers 14S0, d'asur à la barre d'argent chargée de 
trais coquilles d'ar^. Ce sont bien les* mêmes 
armoiries que sur notre scel, et la date convien- 
drait assez, mais, le lambel qui figure dans l'écus- 

i. Voy. M. de la Gorgue-Rosny, op. ciL, p. HO. 
2. Id., 1. 1, p. 373. 



&EUTIF8 ▲ L'IKTOIS BT ▲ LA PIGAADIE. 827 

son étant uoe brisure, œ soel ne peut être celui 
du personnage dont parle dom Grenier ^ 

121. 

S.. BERTOLOME :: DAKTEYELLE. Êcusson au 
lion tenant un instrument qui parait être une 
doloire. 

XVI* ou xvn® siècle. 

Personnage complètement inconnu. 

122. 

(Ëtoile à six pointes.) SMÂROIEDELEHAIE. 
Arbres dans une haie. Sur celui du milieu un 
oiseau, derrière la tête de celui-ci une étoile. 

XIV* siècle. — Musée d'Arras. 

Le nom de Delehaye, ou Delahaye, est assez 
commun dans le Pas-de-Calais. Il nous est impos- 
sible de dire à quelle famille appartient notre scel, 
que nous donnons uniquement à cause de sa 
représentation iconographique. 

i. M. Demay (sceaux de la collection Clairambault) décrit, 
sons les n«* 2165 à 2178, divers sceaux appartenant à des 
membres de la fomiUe Ghantemerle. Ce sont bien les mômes 
armoiries que sur notre scel; mais aucun, sauf le n<^ 2468, 
ne porte de lambel et encore celui-ci a-t-il une fleur de lis 
en chef. Ceux appartenant à des individus du nom de Thî- 
band, décrits sous les n^ 2176 à 2178, quoique étant à peu 
prèa de la même époque que le nôtre (irf siècle), portent 
tous dans l'écuseon nne étoile en chef. Leurs possesseurs ne 
pouvaient donc être de la même branche que celui qui nous 
occupe. 



328 OVILOm SCKiUX-KATUGBS 

183. 

S GOLÂRT DE FREMA(N)T. Écussoa inclioé, 
écartelé aux premier et quatrième cantons d'une 
fleur de lis; aux deuxième et troisième de trois 
quintefeuilles posées deux et une. Timbré d'un 
heaume fermé, de profil. 

XV* siècle. 

Nous ignorons quelle peut être la famille indi- 
quée sur ce scel, qui doit être cependant du nord 
de la France. 

124. 

+ S'IÂKES - GRÂMING. (Étoile à six pointes.) 
Lion debout. Derrière une double croix. 

XIV* siècle. 

La présence de la double croix sur ce scel pour- 
rait faire croire qu'il s'agit ici d'un bourgeois de 
Saint-Omer. Nous ne le pensons pourtant pas. 
L'aspect du nom est plutôt flamand, et, si la double 
croix doit être un indice, nous pencherions plu- 
tôt pour Ypres, qui portait également ce signe 
dans ses armoiries. Le personnage nous est d'ail- 
leurs totalement inconnu. 

125. 

+ S' DNI lOHIS • DE • HARVEG MILITIS : 
Écusson portant une bande, et les trois pendants 
losanges d'un lambel. 

XIV* siècle. 



BEUnPS A l'AITO» R a U PIGAIDIB. 329 

Le propriétaire de ce acel devait être un die- 
valier flamand. 

126. 

(Étoile à six pointes.) S* lÂGOB' LEGHAVSET. 
Bas de chausse. 

XIV* siècle. 

Le type figuré forme des armoiries parlantes. 
La forme du scel indique que ce personnage devait 
être dans les ordres ou au moins clerc. 

127. 

So BERTRÂN LE QVIENo. Agneau à droite, 
adossé contre une croix munie d'un étendard. 

xvi« siècle. 

La famille Lequien doit être originaire d'Artois 
ou de Picardie. 

128. 

+ S' MARGHERTAN DE MANNI (étoile) . Seconde 
légende concentrique à la première AVE MARIA 
GRACIA. Vase duquel sort une tige terminée par 
une fleur de lis. 

XIV* siècle. 

Nous ne croyons pas qu'il s'agisse ici d'une 
femme de la famille des seigneurs de Manin (can- 
ton d'Avesnes-le-Comte). L'étoile qui termine la 
légende, et qui occupe une place suffisante pour 
la lettre N, semble dire que le nom était bien DE 
MANNI. 



880 QUBLaimS SCBAQX-IUTIIGIS 

129. 

s KÂTELINE DE MONTÂGHV. Damoisellè 
tenant deux écussons ; de la main droite unioas- 
son au lion et de la main gauche un écusson à 
deux chevrons. Dans le champ, sous les écussms, 
des croisettes. 

XV* siècle. — A M. Ed. Lefebvre du Prcy. 

La famille de Montaigu est originaire d'Aa- 
vergne. Il y a aussi des Montaigu en Angleterre. 
Un Jean de Montaigu était prévôt de Bétbuoe 
en 1348 (cartulaire de Gosnay)^ 

130. 

S' RENAVT DE MOVSTERLET. Écusson poi- 
tant un sautoir de vair. 

XIV* siècle. — Collection de M. de Gournay, à 
Glarques. 

Le possesseur de ce scel est peut-être de la 
famille du chroniqueur Enguerrand de Monstrelet, 
qui avait aussi pour armoiries un sautoir vairé. 
Il est également décrit dans Y Inventaire des sceaux 
de la Flandre^ par M. 6. Demay, sous le n^ 7658. 
Seulement cet auteur dit que l'écu est brisé d'une 
merlette en chef, que nous n'avons pas retrouvée 
sur l'empreinte qui nous a été communiquée. Le 
nom de Monstrelet ou Monsterlet est très com- 
mun parmi les habitants des fauboui^s du Haut- 

i. Yoy. M. de la Gorgue-Rosny, op. cit., p. 1015. 



BBUTIF8 À L'ilTOIS ET A LÀ FKARDIB. 8S4 

pont et de Lyzel à Saiot-Omer. Quelques-ans 
croient que le Chroniqueur était originaire de 
Saintr-Omer ou des environs. 

+ S' MARCHERITAIN • MOVTONNE. Bélier ou 
mouton à cornes passant à droite. 

xnr* siècle. — Musée d'Arras. 

Le type employé forme des armes parlantes 
comme nous en avons vu un exemple plus haut. 
Dans ses Recherches généalogiques^ ^ M. de la 
Gorçue-Rosny cite une famille Mouton originaire 
du Boulonnais. Serait^K^ une femme de cette 
famille qui en aurait féminisé le nom, comme cela 
est arrivé quelquefob au moyen âge? Impossible 
de le dire. 

132. 

S : lEHAN : DE — MVIRE(N)COVRT. Écusson 
incliné portant une croix chargée de quatre anne- 
lets et timbré d'un heaume de profil ayant un 
plumet pour cimier. 

XV* siècle. 

Le village de Muirencourt fait partie du dépar- 
tement de Seîne-et-Oise. 

133. 
S. EMMELINE DAME DE MVRFAVT. Écusson 

1. Voy. M. de la Gorgue-Rogny, op. ciL, p. 1048. 



332 QUELQUES SCBAUX-MATUCBS 

mi-parti, portant à dextre un lion, à senestre 
trois doloires posées deux et une* 

xiv^ siècle. 

Il est possible que la dame de Murfaut fit par- 
tie de la maison de Renty, Técusson aux trois 
doloires semblerait l'indiquer. 

134. 

S. lEHAN DV RVIT. (Les mots sont séparés par 
de petites branches; une plus grande est à la fin 
de la légende.) Écusson portant un coq accosté en 
pointe de petites branches, et ayant en chef une 
rosace. 

xv^ siècle. 

Nous ignorons ce qu'a pu être le possesseur de 
ce scel. 

135. 

+ S' PHE • DE LE PAVKE : CH'R-. Écusson 
portant un lion avec un lambel à trois pendants. 
Fin du xm* siècle. 
Personnage totalement inconnu. 

136. 

+ S'. THEOBALDI : STVL. Écusson portant un 
lion traversé par une bande. 

xin^ siècle. 

C'est l'exécuUon soignée de ce scel qui nous 
a engagé à le donner, car, de même que le précé- 
dent, le personnage nous est inconnu. 



RsunFS A l'abtois bt a la na&DR. 333 
137. 

S + HEINRICH + — VANDER + BORCH. Écus- 
son iDclifié portant deux fleurs de lis et un franc 
quartier avec une bande fuselée. H est surmonté 
d'un heaume de profil ayant pour cimier une tète 
de coq. 

XV* siècle. 

Les armoiries que nous venons de décrire sont 
celles qui figurent aux deuxième et troisième can- 
tons de Técusson d'Âlléaume de Sainte-Alde- 
gonde, figuré au n^ 91 des planches de YHistaire 
sigillaire de Saint-Omer, ce qui semble indiquer 
une alliance entre cette famille et celle des Van der 
Borch. Celle-ci serait-^Ue la même que la famille 
Van der Borcht dont plusieurs membres sont cités 
par H. F.-V. Gœthals, dans le tome P' de son 
ouvrage*, et qui était originaire des Pays-Bas? 
Nous n'oserions l'affirmer, quoique la difiPérence 
de nom soit Bien insignifiante. 

1. Miroir des notabilités nobiliaires de Belgique, des Pays» 
Bas et du nord de la France, 



334 



aOELOinSB BGBAOX-KAniCBS 



TABLE ALPHABÉTTQUE 

DB8 NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX. 



i (.,., ce 

ron à\ 52. 
Anooyme, 113. 
ArdreB (priear des Carmes d'), 

30. 

— (Jacques d'), 48. 
Artois (oooseil d'), 1. 
*-, anonymes, 2 et 3. 

— (manafactares d'). 4. 

— (régie générale a ), 5. 
Audrolcq (rille et territoire d'}, 

11. 
Arerhouet (Antoine d*), 50. 
Avion (curé d'), 38. 

Bailliencour, 53. 
Bauffremer (Henri de), 1 18. 
fieaumanoir (Béatrix de), 54. 
Beaurain, 12. 
Bétliune (?iUe de), 13. 

— (Jean de), 47. 

— (Pierre de), 55. 
Biausart (Ade de), 56. 

Billi (Hictiei de RoTerdi, sei- 
gneur de), 57. 

— (Elisabeth de), 58. 
Bléru (Willaume de). 119. 
Boiavai (Jean de), 6l 
Boloigne (Florence de). 59. 
Bournel (Jehan de), 60. 
Bourrech (Jehan Lesage de), 61. 
Brebières (curé de), 39. 
Bresmes (Jehan Plizet de), 63. 
Bruay (Ph. Spinola, comte de)^ 

Calais (TUle de), 14. 



Camiers (Jaootin de), 66. 
Campaigne (Mahieo de), 67. 
CaTerel (Jehan de), 65. 
Chantemelle (Tibaut de), 120. 
Coigneux, 53. 
Craminc (Jakes), 124. 
Croeser, Audincthou, 51. 

Dakterelle (Bertolomé), lîi. 
Daulé (Michel), 71. 
Delattre (Baudoin), 74. 
Dclehaie (Maroie), 122. 
Desiewet (couvent Saint-), 114. 
Dohem (Marant de), 72. 
Doresmiaus (Jehan), 73. 
Dubois (Hermine), 75. 

FauquemSergues, 15, 16, 17. 
Fiennes (Jehan de), 76. 
Fîgnies (curé de), 108. 
Fiers (curé de), 40. 
Freroaat (Colard de), 123. 
Fresnoy, 18. 

Gosnay (prieur de), 32. 

Habarc (Nicolas de), 77. 
Harveg (Jean de), 125. 
Hamncourt, 78 et 79. 
Hennin (Claude de), 81 et 82. 
Henninel (Jackemon de), 80. 
Hesdin, 19, 20. 
Houchin (curé de), 41. 
Hugues de Anes, 112. 

Jean d'Arras. chanoine de Saint- 
Quentin, 46. 



BBLAnfS ▲ l'aETOIS BT A LA PIGAEDUL 



335 



Jean, ftto de Baool de Cité, ItO. 

LandaB (Ernest Lamoral de), 83. 
Langle (Ticomté de), ?1. 
Langte (Pierre de), éTéqne de 

Bouloène, %6. 
Laprée (Nicolas le Boi, aeignenr 

Lechaoset (Jacob), 126. 
LedriDghem (curé de}» 106. 
Lens (bailliage de), 7. 

— (arcbers de), 23. 
Lesergeaat, 85. 
Lieetes (Andriea de), 86. 
-(...), 87. 

lâllers (Bureau de), 6. 
Uinilos (Guifroift), 115. 
Liskea (Florent de), 88. 

— (Nicolas de), 89. 
LoQcbes (caré de), 42. 
Lndinio (Thomas de), 107. 

MaingoTal (Piéron de), 90. 
Mainoil (Pierre du), 91. 
Manni (Margheritain de), 128. 
Maseoguarbe (Benorel de), 92. 
Mes (Vincent du), 93. 
Monchi (Obert de), 94. 
MoBtagu (Kateline de), 129. 
Montreuil (Hôtel-Dieu de), 25. 

— (prieur des Carmes de), 31. 
Monstrenl (Pierre de), 95. 
Monsterlet (Renaut de), 130. 
Moutonne (Margheritain), 131. 
Mnirencourt (Jeban de), 132. 
Murfant (Emmelioe de), 133. 

Noyelle-sou»-Lens(bailliage de),9. 

OJsy, 34. 

Pas (prieuré de), 37. 
Paoke (Philippe de le), 135. 
PetroU d'AlUate, 117. 



Pienie8(Vea8de).96. 
Ploich (Willame du), 97. 
Ponthieu (bailli de), 8. 

Qttien (Bertrand le), t27. 

Regnauville (bailliage de), 10. 
fienU (Horlet de), 68. 

— (Oudart de), 69. 

— (Philippe - Eugène de Croy, 
baron de), 70. 

Robert (maître), 111. 
Relues (Jehan), 116. 
Rossignol, 53. 
Rnit (Jehan du), 134. 

Saint-Uém (Lié?in-Lavd de), 

Saint-Martin (hors Aire), 36. 

— (de Thérouaone), 43. 
Saint-Pol (Hue de), 99. 
Saint-Pry (prieuré de), 28. 
Saint- Vaast (abbaye ne), 27. 

— (église de Béthune), 44. 
^ainte-Aldegoode (Jean de), 49. 
Sainte-Berlhe (abbaye de), 29. 
Stnl (Théobald), 136. 
Sulfragiorum (Sigillum), 33. 

Tangrei (Baudoin de), 100. 

Vacquerie (François de le), 101. 
Vaihuon (Willaume de), 102. 
Vanderborch (Henri), 137. 
Van der Woestines (PhiUppe), 

Vieille-Chapelle, 24. 
VlUenon (curé de), 109. 

Waben, 22. 

Wandonne (Rigaut de), 104. 
Wardrecques [curé de), 45. 
Waudringhem (Eatenle de), 105. 



VASES 

▲ 

INSCRIPTIONS BACHIQUES*. 

Par M. L Mixb-Weilt, aasocié correspondant national. 
Lu dans la séance du 28 noyembre 1888. 



On rencontre assez fréquemment dans les Mu- 
sées et les collections du nord-est de la Gaule, 
mais plus particulièrement dans les contrées rhé- 
nanes, des vases en terre et parfois en verre por- 
tant, au milieu des dessins qui les décorent, des 
légendes bachiques dont jusqu'à ce jour aucune 
liste générale n'a été dressée. Ces inscriptiixis, 
toujours tracées sur des vases à boire, n'ont, 
est-il besoin de le dire, aucun rapport avec les 
estampilles d'ouvriers potiers relevées en grand 
nombre par différents auteurs, et entre autres par 
M. Scbuermans, sur des poteries appartenant prin- 
cipalement aux deux premiers siècles de la p^iode 
gallo-romaine. Leur apparition chez les Romains^ 



1. Pendant Timpression de ce mémoire, MM. Vaillant et 
Klein ont publié des travaux auxquels nous ayons pa 
emprunter de précieuses indications. 

2. Il est bon de rappeler que Ton rencontre un cerUin 



?ASI8 ▲ m SGUPTlOliS BACaaOVBB. 337 

semble postérieure à Tépoque où Tasage des 
sceaux de potiers était presque général ; les réci- 
pients sur lesqnds nous les rencontrons sont d'une 
fabrication bien moins soignée, et tout porte à 
croire que le plus grand nombre peut être attri- 
bué au m* et au iv^ siècle. 

L'ornementation qui caractérise les vases en 
terre de cette série consiste en dessins produits 
soit par le pinceau, soit par Temploi de la barbo- 
tine; ils représentent ordinairement un feuillage 
de vigne, avec vrilles et raisins figurés plus ou 
moins habilement. Quant aux légendes tracées en 
lettres onciales ou cursives, elles sont quelquefois 
incomplètes ou rédigées sous une forme abré- 
viative qui en rend le sens obscur et difficile 
à saisir; parfois même, considérées isolément, 
elles semblent offiîr un sens tout autre que celui 
que Tartiste a voulu exprimer. On serait tenté par 
exemple de croire à un tendre aveu, à des propos 
inspirés par l'amour^, mais réunissez plusieurs de 

nombre de Tases grecs sur lesquels on lit des inscriptions de 
ce genre : Xoupe xai tcio (u (sic). — Ilpoictve i&t) xaidriK. — Xatpe 
xn ictet. Description des antiquités et oljets d'art qui composent 
la eoUêctùm de feu M. Ch. Durand, par M. J. de V^itte, 
n-1003, 1006, i007. 

1. Les mêmes légendes se retrouvent en effet sur un grand 
nombre de bagues. Là elles ne sauraient avoir comme sur 
les vases une signification bachique; ce sont des présents 
d'amour. H est même probable qu'un certain nombre de 
vases à inscriptions dites bachiques ont eu la môme desti- 
nation. Nous citerons en note les légendes des bagues 
chaque fois qu'elles donneront lieu à un rapprochement. 
xux 22 



338 visas ▲ iNscurnoHs BACffioms. 

066 légendes et vous comprendrez que ce sont 
paroles de buveurs, que la bien-aimée est la dive 
bouteille, que la scène enfin se passe au cabaret. 

Entrons-y avec le buveur. C'est là qu'il ren- 
contre les amis : lue amici bibunt^ et, en bon com- 
pagnon, il les salue gaiement : ave^ avete fdices. 
Puis, après qu'il a présenté ses hommages à la 
cabaretière : hoapita, felix muasj et serré la main 
à l'aubergiste : ave copOj jaillit aussitôt de son 
OQBur ce mot qui fut, nous dit Rabelais, le pre- 
mier cri de Gargantua usiiio, j'ai soif; edin il 
demande du vin et du meilleur : da bibere^ da 
merum; en prenant le soin de réclamer que la 
coupe soit bien pleine : merum da satis, car il est 
grand buveur : bene bibo. 

Après cette entrée en scène, les premières liba- 
tions étant faites, notre buveur, qui a le vin 
tendre, entame avec la bouteille un échange de 
douces paroles : Bonjour ma vie : ave vita; je 
t'aime mon amie : amo te arnica; je t'aime pleine, 
amo te condite; viens à moi mon amie : veni ad 
me arnica, etc., etc., et la bouteille n'est pas en 
reste : bois et vis heureux : bibe vivas felix^ lui 
répond--elle; le vin est doux pour toi : vifium tibi 
dulcis (sic) ; ami , bois du mien : bibe amice de 
meo; uses-en avec bonheur : utere felùçj mène 
joyeuse vie : hilare vivas; hois pendant de longues 
années : bibe multis annis; afin que tu sois heu- 
reux : ut felix vivas. 

Dans le nombre des inscriptions dont nous 



YàSÊS A llfSCIirn098 BAaiI«0ES« 8S9 

donnoDS h liste, il s'en est œrtainemait glissé 
d^étrangères au sujet qui nous occupe ; M. Deville 
voyait dans la légende Bene vivasj tracée sur un 
verre du Musée de Rouen, un emprunt fait aux 
païens par les nouveaux chrétiens, et une allusion 
à la connnunion sous l'espèce du vin et à la vie 
éternelle. Les inscriptions Polycarpe bibe felix et 
Fie zeses sont sans doute chrétiennes; d autres 
enfin oJBTrent un sens double, peutrétre recherché 
par leur auteur. 

Ces inscriptions bachiques présentent donc, 
par leurs formes et par leur tour piquant, un inté- 
rêt réel ; nous n'avons pas la prétention d'en don- 
ner aujourd'hui le Corpus complet, mais seulement 
un choix. On trouvera dans le nombre quelques 
légendes inédites que nous avons eu la bonne for- 
tune de rencontrer. 

Nous introduirons ici quelques textes emprun- 
tés à des monuments divers qui nous paraissent 
propres à suggérer des rapprochements instruc- 
tifs. Telle est par exemple cette fresque de Pom- 
pei qui nous a été communiquée par notre con- 
frère M. J. de Laurière. Elle représente trois 
groupes de gens attablés, hommes et femmes, 
armés de coupes et menant joyeuse vie; au-des- 
sus de ces groupes se lisent sur la muraille de la 
salle du festin ces trois inscriptions : FÂGITIS 
VOBIS SVAVITER = EGO CANTO = EST ITA 
VALEA*. 

1. Bull de la Société des Antiquaires de Franoe, 1884, p. i02.. 



340 TASB8 A IHSCUPTIOlfS BAGHIQUBS. 

Ces excllunatioDS bachiques, ces exhortatîoDS 
à prendre la vie par le o6té des jouissances 
matérielles étaient habituelles aux Romains, et 
la légende VTI FRYl, inscrite sur un vase de la 
collection Danicourt^, nous donne la suprène 
maxime de ces grands viveurs dont les satyriques 
latins et Pétrone nous ont rapporté les débauches. 
Tout le monde connaît cette scène où Trimai* 
chion, exhortant ses convives à rendre son vin 
bon en le buvant : Hoc vinum apartet vos mave 
faàiUis ^j leur montre un squelette en leur disant : 

Sic erimus cunctî, postquam nos auferet orcus ; 
Ergo Tivamus dum licet esse bene'. 

On retrouve la même préoccupation dans l'ins- 
cription suivante tracée sur un vase antique : 
Sera nimis vita est crastina vive hodie ^, et dans 
plusieurs épitaphes, celle-ci entre autres : Amici 
dum vivimus^ vivamus^. Pour ces grands viveurs 
boire était l'occupation suprême : vivere^ die 
mihi, quid estf — Bibere^ aio^ equidem^. 

1. Aujourd'hui au Muaôe de Péronne. 

2. Pétrone, XXXIX. Conférer XLVHI : Vos iUud oportet 
bonum faciatis, 

3. f Ainsi nous serong quand le Tartare nous possédera ; 
vivons donc tandis que nous pouvons jouir. » Pétrone, 
XXXIV. 

4. Buonarruoti : Observazione sopra aleuni flrammenti di 
vasi antichi di vetro, ornati di figure, trovati ne* dmiteri di 
Roma. Firenze, in-4«, 1716, 

5. Corp, inscr. lat., t. XII, n» 4548. 

6. Antiphanes cité par Athénée, I, 41. Th Sk Z^v, eUl |Aot, 
t( ioTi; ^ Tô irfveiv fiîï*' ^* 



yism A INSCKimORS BiOHIOUES. 344 

Une inscription de Pompeï nous montre une 
société de buveurs, les Sert bibij faisant de la pro- 
pagande électorale en faveur d'un certain Marcus 
Gerrenius Yatia, probablement leur confrère, can- 
didat à rédilité : 

M • CERRINIVM 

VATIAM-AEDOVPSERIBIBI (OVF liés) 

VNIVBRSI - R06ANT 

SCR • FLORVS • CVM • FRVCTO*. 



M{arcum) Cerrinium Vatiam asd(ilem) o{rant) 
u{t) f{aciat%8) Seri bibi universi ragant. Scr{ipsit) 
Flofus cwn Fructo. 

Mais si les buveurs prenaient en ce temps-là le 
soin de faire connaître le candidat de leur choix, 
c'était chez le cabaretier que Ton allait, comme 
de nos jours, se renseigner sur les mérites de 
ceux qui briguaient les suffrages de leurs conci- 
toyens. Un graffite tracé sur les murs de Pompeï 
nous apprend que le cabaretier Sabinus, s'adres- 
sant sans doute à ses clients habituels, leur indique 
son candidat préféré : 

Q-PPIVVENEM 

AED • OVF • D • R • P (OVF liés) 

8ABINV8 ROGAT GOPO 



i. « Tous les Seri bibi (ceux qui boivent tard) vous prient 
d'élire comme édile Marcus Gerrinius Vatia; Florus et Fruc- 
tus ont écrit. » Corp, inscr. laU, t. IV, ja9 581. 



842 TA8BS A IHSOUFTIOirS BiCHIQin». 

Q. P. P. Jwenemy aed{ilem) o(rat) u{t) f{aciwTs 
tis) d{ignum) r{é)p{ubliea). Sabinus rogat eopo^. 

Un autre graffite de même provenance nous 
fournit cette maxime bien digne d'un buveur : 
Si quisquis bibity cetera turba est^. 

À Bordeaux, comme à Pompei, il existait une 
corporation de buveurs, ainsi que le prouve une 
inscription funéraire découverte dans cette ville 
il y a quelques années, et dont nous sommes 
heureux de reproduire ici un bon dessin dû. au 
crayon habile de notre regretté maître et ami 
M. Gh. Robert. 

Enfin une inscription mithriaque de la cata- 
combe de Prétextât nous fournit cette exhorta- 
tion : c . .. plures me antecesserunt amnes expecto : 
manduca, vibe^ lude et béni at me; cum vibas^ 
bene foc » (pour^^, lude et veni ad mey. 

Nous n'avons pas l'intention de relever toutes 
les curieuses inscriptions relatives aux buveurs, 
mais qu'il nous soit permis de rappeler ici les 
suivantes : 

EDONII • DICIT 
ASSIBVS • HIC 
BIBITVR-DIPVNDIVim 

1. Corp. inscr. tôt., t. IV, n» 1048. 

2. /&id., nol83i. 

3. « Beaucoup m*ont devancé; j'attends tous ceux qui 
restent : Mange, bois, amuse-toi, puis yiens à moi ; tant que 
tu vis fais-toi du bien, i Garrucci, TV» sepolcri appartenenti 
aile superstizione, Napoli, 1852, in-4«. 



YASIS 1 IITOGKIfflOirB BAGIIQIIBS. 343 

SI DUDIIRIS IIIIIILIORÂ 
BIBIIS QVARTVS 
SI DIIDUIUS VINA 
FALIIRNABIB... 

[H]edone dicit : assibus (singulis) hic bibitur; 
dipundium si dederis meliora bibes; quartos si 
dederis vina FaUma bib{es) *. 

svavisvinaria 
sititrogo-voset 

valde-sitit-calpvrnia-tibidicit-vaL^ 

Une épitaphe du Musée du Vatican se termine 
ainsi : 

SIGRATVS 

HOMO • ES • MISCE • BIBE • DAMI ^ 

On lit sur une épitaphe trouvée à Antioche^ : 

TCISSONIVSQF-SER-VET 

LEGV'GALLDVMVIXI 

BIBI • LIBENTER • BIBITE • VOS 

QVIVIVITIS 



1. Hedone dit : a On boit ici ponr un as; en payant le 
double on boit du meilleur ; mais si tu paies quatre as, c'est 
du Faleme que tu boiras. » Corp, inscr, lat., t. IV, n* 1679, 
pi. IV, no 2. 

2. c La marchande de vin, Suavis, a soif, je vous en aver- 
tis et elle a bien soif. Galpurnia te salue. » •— Idem, n^ 1819. 

3. B. J., t. Xm, p. 408. 

4. Corp. inscr. lut, t. lil, SappL, n' 6825. « 



344 



YiflEs ▲ insGiipnoiis bacbiqub. 



Tx^ il'" - - 



11''^^ 



zAïvumm 

:tomnhs:',:,;;i|i'. 

L'NLtCESSI-l'u 
)VETItTIBU^ 
'PPIMVSSOKÎr 
)MhrBV5'C0P. 









iifii - 



:^ 



il- .1 



■11. 



'^P 



'Ifl- 



:iHi^ 



M 



£c6«Jle a« 0*30 



D(tw) M{anibus) Gal{li). Vlireli et omnes anHY- 
cessi: Duetil, Ttblik^ Eppimus^ Soris. Omnibus 
copotoribus BeneK 



i. Voir le long et savant commentaire de M. Camille 
Julian : Inscriptions romaines de Bordeaux, 1. 1, n* 84. 



Ti8B6 1 IHflClIPTIOirS BiCaïQUS. 345 

Les auteurs anciens nous fournissent quelques 
textes qui doivent être rapprochés des inscrip- 
tions bachiques. Athénée cite les vers suivants 
que le poète comique grec Alexis met dans la 
bouche d'un buveur : 

Puer majus àa poculum, eiquâ infunde 
amicitiae cyathos quatu&r, in quatuor praesentium hono- 
detnde ires amoris insuper adjieies; [rem; 

unusn Aniigoni régis in honoretn^ ob spkndidam vieto- 
alierumjuvmis cyathum Demetrii; [riam ; 

Ail, agcy adde tertiumj 

Aphroàiies. Salveie, eampotores, 

Quoi quaniorumqw bonarum plénum poculum bibam ^ 

Cette manière de porter des santés nous rap- 
pelle ce passage de Martial : 

Naevia sex eyaihis, septem Justina bibatur 
Quinque Lycas, Lyde quatuor, Ida tribus; 
Omnis ab infuso numeretur arnica Falemo 
Et quia nulla venit, tu mtAt, somne, veni^. 

Dans les Verrines de Gicéron, il est question 
d'une invitation à boire graeco more^. Le commen- 
tateuir (Pseudo Âsconius) interprète ainsi cette 
expression : c Est autem graecus moSj ut Graeci 

i . < Esclave, apporte une coupe plus grande et verse quatre 
coups à l'amitié, en l'honneur des quatre personnes pré- 
sentes; puis tu en verseras trois en l'honneur de F Amour; 
an pour célébrer la victoire magnifique du roi Ântigone; un 
autre pour le jeune Démétrius ; allons, verses-en un dernier 
pour Aphrodite. Salut, buveurs mes amis, de quels biens 
est pleine la coupe que je vais vider! » — Livre YI, ch. lxiv. 

2. L. I, Lxxn. 

3. In Verrem, U, i, xxvi. 



346 V1SB8 A iHseiimoifs BACBIOnS. 

ditantj cum mero cyathii saUantêê cwmm WmnÈes 
primo deoêj deinde amieas suas naminantes. Nom 
totiens merum bibuntj quotiens et Deos et cam 
suoê naminatim vocant^. > 

L'habitude de tracer des devises sur des vases 
à boire s'est perpétuée à travers les âges jusqu'à 
DOS jours. Aux premiers temps du christianisme, 
les verres avec légendes symboliques sont très 
nombreux^ et la céramique du moyen âge nous 
a conservé bon nombre d'inscriptions, sentences 
morales ou politiques, exclamations joyeuses et 
autres, dont il serait utile de dresser la liste. 

En voici quelques exemples : 

Musée de Rouen. 

Vive mieult vault tard que james ^. Sur un pichet. 

Il faut mourir. 

Sela non plus. 

Le vostre cuis (sic). 

Sans rien ne peult. 

Vaten quitte. 

Vive le roy. 

i . Pseudo Aficonius, dans le Gicéron d'Orelli, t. V, !!• partie, 
p. 178. 

2. Consulter l'abbé Martigny : Dtct. d« antiquités ehré» 
tiennes, passim. 

3. Sur un plat de 0»30 de diamètre, au fond duquel est un 
portrait de trois quarts de profil, tête jeune à cheveux plats 
coupés carrés, coiffée d'une toque à plume; époque de 
Charles VU. 



TA9I8 A mSGBIPTIOHS BiCHIOin». 847 

Penses à la mort povre sot. Sur ane cfuohe à cidre. 
Parlons de nous. » 

Qui n'a ne peult. > 

Musée Carnavalet. 

Bien va mais qui dure. Plat du x\f siècle. 

Musée de Troyes. 

Souvent je te regrette. Plat du xvi* siècle. 

Tout vient à point qui sait atedre. » 

Musée de Sèvres. 

Après vivre morir. Écuelle, n** 5788-6. 

Je suis planter pour reverdit. Plat, n"^ 1413. 

Vive le potier de terre, le pot plà tour jous. Plat, 

n^ 6602. 
Vive Dieu Poira tout. Tasse, n** 4986-2. 

Le vin de roisin vient. Carreau, n'' 5402. 

Denser y fault. > n^ 3570. 

Guider de soif . > n'681S. 

Provenances diverses. 

Vive la joie. (DuGleuziou, Poterie gauloise^ p. 241 .) 

A la cave Marie. f » 

Bois tout. > » 

 toi, à moi. » > 

Je t'aime. » > 

Vive le bon vin. Vase. Coll. Thoulouze. 

Sur un sceau du xm® siècle, attribué à une 
société de francs-buveurs, se voit un personnage 



848 TISCS A iifSGEipnoir& BACHiauia. 

entcMiré de feuilles de vigne, puis cette légende : 

BEVE • BIEN • GE • VOVS • EN • PRYE. 

Citons enfin l'inscription gravée sur une petite 
coupe du temps de la reine Elisabeth : c Ebrietas; 
quid natiK » 

ABRÉVIATIOIVS BIBUOGRAPHIQUES. 

À. de B. Anatole de Barthélémy, Vases sigilr 
Us et épigraphiques de fabrique 
gallo-romaine y dans la Ga%eiie 
archéologique. 1877. 

Â. G. F. Moreau, Album Caranda. 

À. E. Montfàucon, F Antiquité expliquée. 

Â. I. Scbœpflin, Alsatia illmtrata. 

B. D. Â. Bulletins de la Société nationale des 
Antiquaires de France, 

B.sJ. Jahrbucher des Vereins von Alter- 

thurnsfreuden^ im Bheinlande. 

Br. Brambach, Corpus inseriptiomm 

rhenanarum. 

G. Â. Roach Smith, Collectanea antiqua. 

G. L L. Corpus inscriptionum Uuinarum. 

E. Â. Terninck, Études sur VAtrébaiie. 

E. L L. Wilmanns, Exempla inscriptionum 

latinarum. 

E. M. V.-J. Vaillant, Êpigraphie de la 

Morinie. 

i . Proceedings ofihe Society ofAniiquaries o/'Lon^n, seconde 
série, t. XI, n» 4, p. 428. 



VA8BS A lifsciipnoifs BACHiom. 849 

G. A. ficoTom^GemmaeantiquaeUtteratae. 

H. G. U.duGXeoiîonj De lapoterie gauloise. 

H. V. DevUle, Histoire de rart de la ver- 

rerie dans rantiquité. 

L A* Harold de Fontenay, Inscriptions 

galUhromaines trouvées à Autun. 

R. D. W. Z. Korrespondenzblait der Westdeut- 
sehen Zeitschrift fur Geschichte 
und Kunst. 

M. D. A. Mémoires de la Société ntUionale des 
Antiquaires de France. 

M. R. Musei Kircheriani inseriptiones. 

N. S. L'abbé Cochet, Normandie souter- 

raine. 

S. F. Schuermans, Sigles figulins. 

W. Z. Westdeutsche Zeitschrift fur Ge- 

schichte und Kunst. 



MUSÉES. 



Amiens. 

AutuD. 

Bonn. 

Boulogne-sur-Mer. 

Cologne. 

Le Puy. 

LiUe. 

Mayenoe. 

Moulins. 

Mîmes. 

Orléans. 



3M visw A dacumouB lAosiQinB. 

Paris (Musée Carnavalet). 

RaiDs. 

Rome (Musée Kircher). 

Rouen. 

Saint-Germain. 

Saint-Quentin. 

Sèvres (Musée céramique). 

Soissons. 

COLLECTIONS. 

Bellon, de Rouen. 

Blavat, de Reims. 

Bonsergent, de Poitiers. 

Bulliot, d'Âutun. 

Gharvet, de Paris. 

Danicourt, de Péronne. 

Duquenelle, de Reims. 

Foucher, de Reims. 

Gréau, de Paris. 

Herstatt, de Bonn. 

Moreau (Fr.), de Paris. 

Morel (Léon), de Ghàlons-sur-Marne. 

Paillard, de Baccarat. 

Plicque (le D*^), de Lezoux. 

Wery-Mennesson, de Reims. 

Wolff, de Bonn. 

\ . — AMA ME Y 

Cologne. Coll. Wolff. Klein, B. J., t. LXXXVII, p. 6^, 
n« 970. 



TA8BS À IRSCUmOIlS MCHIfiOn. SS-I 

31. — AMaRIS 
Cologne. Klein, B. J., t. LXXXYII, p. 6i, n" 24. 

3.— AMAS 
Cologne. Br., 425. 

4. — AMAS FELIX VITA 
A. de B., p. 5. 

5. — AMAS ME 
Boan. Coll. Hcrstatt. B. /., t. LXXXVII, p. 62, n« 26. 




^•«- **^ 



Vase de la coUeethn Faucher. 

{N««.) 

6. — AME DVLaS AMIGA BIBË 



VAS» 1 IHSCUPTIOUS lUGHlOVBS. .133^ 

Légende gravée à la meule sur un Terre à boire^ au-des- 
SOS d'un sujet de chasse : chien poursuivant un lièvre; 
rinscription se termine par une palme. 

Collection de M. L. Foucber, de Reims. 

n y a lieu de rapprocher cette inscription de celle qui 
est tracée sur une bouteille, également en verre, trouvée 
dans les fouiUes de la Villa d'Ancy : mêmes formes de 
lettres, même procédé de gravure, emploi de caractères 
inscrits les uns dans les autres, même palme; enfin les 
acclamations BIBB et BIBETË reproduites à la fin des 
légendes par des lettres superposées. 

F. Horeau, £e5 fouilles de la Villa d'Ancy^f l.LXXWUj 
nouvelle série. 

Un vase en verre de la collection Gréau, dont il ne reste 

qu'un fragment, donne .:...VLGIS AI ; on peut y 

retrouver une partie de Finscription ci-dessus ou seule- 
ment la légende (D)VLGIS A(MIGA]. Ce fragment de vase 
a été trouvé à Rome. 

7. — AMME- 
Remagen. Klein, 0. J., t. LXXXVn, p. 64, n' 4448. 

8- — AMO 
Salzburg. C. /. X., t. m, n"" 6009, 4. 

. 9, — AMO LVDO 
Boulogne. Vaillant, S. M.^ p. 258. 

10. — AMO TE* 
AM-OTE 
Bords du Rhin. Cologne. Boulogne. Musée de Saint- 
Germain. Nieukerk. Coll. Herstatt. Coll. Wolff. Br., 

1. Ame te, Ama me. Bracelets en bronze doré trouvés à 
Saveme. Revue archéologique, 4852, p. 776. 
Te atno omni ope ac vita. Bague trouvée à Reims. 
lUX 23 



354 TA8B8 A IHMiimOXS BAGIiaVXS. 

2S0, 424, 426. Vaillant, E. M., p. 258. Klein, B. /., 
t I4XXXVII, p. «2, n"^ 73, 84, 977, 8558, et p. 75, n" 47. 

11.— AMO TE ABUGA^ 
Ck)Il. de M. le dooteur Plicque, de Lezoux. 

\%.'- AMO TE CONDITE 
Musée de Vienne. A. de B., p. 5. C. /. £., t. III, 
n"" 6009, \. 

13. — AMO TE VITA» 

Coll. P. Moreau. Vase en terre rouge. A. fc., SaJtot- 
nières^ pi. H. 

U. -^ AMOR ÂMORI 
GolL de M. L. Foucher de Reima. 

15. — AMV-SFE- pour AMAS FE(UX)? 
Cologne. Br., 426. 

15. — APBAKTI PIE 
Sur un vase en verre. M. K.^ p. 49. 

16. — AVE» 
Wiesbaden. Musée Carnavalet. Coll. Bellon de Bonen. 
Musées de Rouen, d'Autun et de Boulogne. On trouve 
la forme A'V'E- sur une tasse en verre découverte lors 
des fouilles de la rue NicoUe à Paris, et enfin, comme 
estampille de potier^ à Périgueat, à Montans, dans F AIHer. 
Br., n«» 822, 4359. Scbuermans, S. F., 638. Cochet, 
N. 5., p. 82. Vaillant, JP. »., p. 253. 



1. Dulcis amo te. Ficoroni, 6, A., pi. III, n» 28. 

2. Amo te vite, sur un anneau d'or. C. I. L, III, 6019, 12. 

3. Hâve, sur une pierre de bague. Ficoroni, G, A., pi. I» 
n* 10. 

Ave, sur une fibule trouvée à Reims. 



5»i.» 




Vase de la collection Foucher. 



356 TA8BS 1 inaCRIPnONS BACHIQUES. 

M. — AVE COPO 
AVECOPO:: * 

Bonn. Dormagen. Coll. Herstatt. Br., 472. Klein, B, /., 
t. LXXXYII, p. 63, n» 48. Ce salut à l'aubergiste rappelle 
Fiascription tracée au trait sur les murs de Pompel : 
A Cantoboviovindillus 
Copomlnu sal(utem). 
C.I.L., t. IV, nM 838. 

18. — AVE DOMINA SITIO 

Cette Inscription ne se trouve pas sur un vase, mais 
bien sur une tessère en schiste découyerte à Autun. Coll. 
Bulliot. 

19. — AVETE 

Musée de Boulogne. Bonn. Coll. Danicourt et Gréau. 
Coll. Herstatt et Wolfif. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 63, 
no 965. Vaillant, E. M., p. 253. 

20, — AVETE 
FELICES 

Dormand. Br., 289. 

81. _ AVET-E... 
FELICE-S... 

Dormagen. Andernach. Martinsberg. Boppard. Coll. 
Herstatt. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 63, n» 49, et 
p. 77-78, n''»2399, 4404. 

22. — AVE VALE 

Sur le fond d^un vase en terre une avec ornements. 
Coll. Bonsergent, de Poitiers. 
Ce souhait se retrouve sur une tessère sous la forme. 

AVE VALE 
BELLA TV 



T18E8 A INSCUPTIOlfS BAGHIQOKS. 357 

Harold de Fontenay, /. A., p. 400, 607. Cf. Mémoires 
de la Ccmmimon des antiquités de la Côte^d'Or, t. IV, 
4855-4856, p. xin. 

23. — AVE VITA^ 

Musées d'Orléans (E 4095) et de Boulogne. Cologne. 
Bonn. Coll. Herstatt. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 63, 
n~ 29 et 44. Vaillant, E. M., p. 253. 

24. — AVE VITAE 
Cologne. Br., 427. 

25. — BENE BIBO 
H. G., p. 255. 

26. — BIBAMVS 
Coll. Wolf. Klein, B. J,, t. LXXXVII, p. 64, n« 968. 

27. — BffiAMVS PIE 
Musée de Vienne. C. /. L., t. III, n*" 6009, 2. 

28. — BIBAS 

Sur un vase en verre. Deville, H, V., p. 30. 

29. — BIBATIS 
Br., 2022. 

30. — BIBE 
BIBE- 

Coll. Danicourt, Duquenelle, Bellon. Musée de Boulogne. 
Entrains (Nièvre), etc. Coll. Herstatt. Bords du Rhin. 
Montfoucon, A. E., t. III, pi. LXXXI. Cochet, N. S., p. 83. 
Br., 424, 734, 797, 2008. Klein, B. /., t. LXXXVII, 
p. 64, n" 72, 4335. Vaillant, E. M., p. 253. 



1. Ave vite, sur une bague de bronze. Br., 927. 

Ave mea vita, sur un anneau d'or. G, I, L, t. Vn, 4306. 



3» TASn A IVSClIPnOJIS bigbiqubs. 

Cette inseriptioii est gn^ée aoBsi sur un verre déerit par 
DiTilte, JET. F., p. 90^ paie eous la: forme BOIOBOEO but 
un vase en terre rtiproduit par Roach Smhh, C. A., i. IV, 
pi. XL, flg. 3. 

31 . — BIBE oiseau A ME 
Cologne* GoU. HerstaU. Klein, B. J., t. LXXXVII, 
p. 64, n"" 20. 

32. — BIBE ÂMIGE DE HEO 

A. de B., p. 5. Cette légende se trouve sur un vase 
découvert à Pompei; chaque lettre est séparée de la sui- 
vante par une feuille. 

33. — BIBE MVLTIS ANNIS* 

Sur un verre, Cologne. Br., 354. Dans la collection 
Gréau nous avons remarqué, tracées en relief, sw u% 
fragment de verre, les lettres LTI qui paraissent provenir 
d'mie même légende^. 

34. — BIBERE • EBIERENTI 
Cologne. K. D. W. Z., 4882, p. 53. 

35. — BIBE VIVAS 
Sur un verre décrit par Deville, H, V., p. 30. 

36. — BIBEVIYA8 FELIX 
Sur un verre décrit par Deiville, H. V., p. 30. 

1. Multis annis. Ficoroni, G, À,, pi. I, n* 1. 

Àceipe duleis et multis annis. Bague à jour. Les Mtisées de 
France, pi. XXXVUI. 

2. L'inscription Bibe muUos annos bihas, signalée par 
M. Allmer dans la Revue épigraphiqtte, t. I, p. 77, n* 103, 
comme étant tracée sur un rocher au-dessus d'une source à 
Laroque-Esteron, ne parait avoir existé que dans rimâgina- 
tion de IL Ed. Blanc. 



VAB» A nacumosB lAOBionB. 359 

37. — BIBB V1VA8 MVLTIS ANNIS 

Sur on terre de la eoUedmi Gharvet. 

38. — BffiE VIVAS MVLTOS ANNOS 
Sur un Terre trouvé à Novarre (Italie). Deville, 

jr. F.,pi. xxxni, B. 

39. — BIBETE 

Sur un vase trouvé à Vermand. 

40. — BIBITE 

Sur un vase à couverte noire du Musée de Reims. Ander- 
naeh. Kirchberg. Ck>U. Wolff. Klein, B. /., t. LXXXVB, 
p. 64, n*» 966, et 79, nM 556. 

44.— CALO- 

Frecben. Cologne. Coll. Herstatt. Klein, B. J., 
t LXXXVII, p. 64, n*»33, et p. 65, n«69. Dûntzen (B. /., 
t. XLII, p. 482) voit dans ce mot la transcription latine 
du verbe grec rakîb = invito, 

42. — C(AB)A AMO(TE) 
C'est du moins ce que nous proposons de lire sur un 
vase découvert à la Villa ffAncy. Coll. F. Moreau. 

43. — CERVESAR(IIS FELICITER) 
Banassac. A. de B., p. 8. 

Ai. _ COPO 

Coll. Charvet. 

45. — COP IMP pour COPO IMPLE 
Musée de Saint-Germain. 

46. — COPO IMPLE 
Dusseldorf. Grûnthal. Br. , 224 . Klein, B. /. , t. LXXXVII, 
p. 79, n« 790. 



860 VABEB 1 nSCMPIIOHS SAGflHHHB. 

47. — DÂ BIBERE 

A. de B., p. 5. Br., 90. DevUle, H. F., p. 30. 

48. — DA MERVM 

Musée de Cologne. Bonn. W. Z. , 4« année, \SS&^ p. 221 . 
Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 65, n« ^084. 

49. — DA MI pour DA MIHI 
DAMI- 
Cologne. Bonn. Kreuznach. Coll. HerstaU. Br., 280, 
289, 423, 2008. Klein, B. J., t. LXXXVII, p. 65-66, 
n''* 64, 74, 78, 82, 85, 402, 5455. 

50. — DA VÏNVM 
Cologne. Br., 424. 

51 . — DE ET DO pour DES ET DO 
Musée de Saint-Germain. Bn, 423. 

52. — DISCE 
DISCE 

Mayence. Cologne. Coll. Herstatt et Wolff. Br., 4292. 
Klein, B. J., t. LXXXVII, p. 66, n* 68, 90, 972. 

53. — DOS 
Cologne. Boulogne. Br., app., VI, 3 c. Vaillant, E. M., 
p. 253. 

54. — DVLCIS* 

Coll. Bulliot d*Autun. 

55. — E ME 
EME- 

Il faut peut-être lire EME, ce qui donnerait un sens 

4. Dulcis amo te. Picoroni, G. À., pi. III, n* 28. 

Dulcis wto. Ibid., pi. Vn, n* 4. 

Amor dulcis. Ibid., pi. m, n" 30. 

Dulcis vivas, sur une fibule en métal trouvée à Bavai. 



viBMB A msGiirnoirB bagbiweb* 364 

difléreDt (v. n» 56). Bonn. Gdkigne. GoU. Herstatt. Br., 
423. Klein, B. /., t. LXXXYU^ p. 66, n"* 32, 446. 

56. _ EM-0- 
Ck>logne. Kldn, B. J., t. LXXXVn, p. 66, n» 248. 

57. — ESCIPE ET TRADE SODALVTRE 

Excipe et traie sodali utrem 
Malgré la diflërence des époques, on ne peut s'empêcher 
de penser à de vers d'Euripide cité par Athénée, XI, czi : 
YaleaiiB reliqua amnia, in orbem eunie poeulo. 
Coll. Gharvet B. J., t. LXXI, p. 440, pi. III, 4. 

58. — EVPM peut-être EVPIEL Euuiet 
Br., appendices, VI, n® 4. ' 

59. — EVnPAINOV E*' HAPEI 

Edf paCvou è<p' S icopet. 
Sur la panse d'un gobelet à boire du musée de Rouen. 
Catahgue, p. 98. 

* On connaît des vases sur lesquels on lit : EÏ<E>PAINOY, 
OEINE EY«PAINOr. Secchi, niustr. di una bUibra, 
p. 26. Raoul Rochette, AtUiquités chrétiennes, p. 29 et 75. 
lettre à M. Scham, p. 493, note 3. J. de Witte, M. D. A., 
t. XXXI, p. 469. E^er, B. D. A., 4868, p. 405. 

60. — EVA EVOE 
H. G., p. 259. 

61. — EXCIPE* 
ESCIPE 
Sur un vase rouge en forme de tulipe. Bonn. Boulogne. 
Klein, B. J., t. LXXXIV, p. 442, n*» 7, et pi. II, n- 7 et 
7 a. Vaillant, E. M.^ p. 253. 

1. Escipe si amas, sur une fibule en bronze trouvée à 
Éteples. V.-J. Vaillant, B. M., p. 172. 



96S Tins A iinciimaiiB lAcuinm. 

68. — FEUX 
Bords da Rhin. BUgm. Duaseldorr Deatz. AndaniMh. 
Kirchberg. Coll. Herstatt. Br., 280, 425, 708. Klein, B.i., 
t. LXXXVn, p. 66-67, !!•• 3^ 88, 94, 4859. 

63. -^ FELIX • S-* 
Remagen. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 91, n* 4869. 

64. — FEUX VIVAS 

Sur une petite bouteille en verre du Musée de Hayence. 
Cologne. Br., 424, 4338. 

65. ~ FER ME 

Boulogne. Vaillant, E, M., p. 253, n<> 404. 

66. — FERO VINVM TIBI DVLCIS (pour DVLCE) 

Musée de Cologne. Musée de Saint-Germain. H. G., 
p. 250,% 489. Br.,869. 

67. — FLVERE 
Musée de Saint-Germain. H. C, p. 248, flg. 483. 

68. — FRVI* 
Cologne. Musée de Boulogne. Br., 423. Vaillant, £. Jf., 
p. 253. 

69. — FVTWI OSPITA 
Bonn. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 67, n* 787. 

70. —GAVDIO 
Cologne. Coll. Herstatt Schœpfiin, A. /., III, 4. Klein, 
B. J., t. LXXXVII, p. 67, n^ 61. 

71 . — HILARE SEMPER GAVDES* 
Sur un vase en terre cuite. DeviUe, H. V. , p. 30, noté 2. 

1. Félix sis, sur un anneau d'argent. Br., 1298. 

2. Fruere me. Anneau d'or. Camptes-renius des SodéliU 
iooanUs, 7» série, t. V, p. 434. 

3. S0mper in paee gaudê, mu un verre antique. G.-B. de 
Rossi, Arch, àhrét,, %• série, V* année, n« 4. 



TiMft ▲ USGglfTIOlIft BAGIIOf £•• Sêt 

72. _ [HO]C AMia BffiVN(T) 
LAletoD, Angleterra^ C. f . £., VU, 4885, 7. 

73. — HOSPITA FEUX VIVAS 
tologne. Br., 423. 

74. — IMPLE 

Cologne. Dormagen. Andernach. MarUnsberg. Remagen. 
Boulogne. Coll. Herstatt. H. G., p. 250. Klein, B. J., 
t. LXXXVn, p. 67, no 30, et p. 79, n~ 3042, 4395. 
Vaillant, E. M., p. 253. 

nUs. — IMPLE ME 
Musée de Boulogne. Vaillant, E. M., p. 253. 

ir 

75. — IMP COPO pour IMPLE COPO 
Cologne. H. G., p. 249, fig. 434. 

76. — INP-LE :: 
Remagen. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 67, n"" 4092. 

77. — INPL-EME • COPOVINI- 
Anderaach. Martinsberg. Klein, B. /., t. LXXXVII, 
p. 68, n» 2397, et p. 75, n* 2396. 

78. — ITERVm 
Amiens. Gosnay. Musée de Boulogne. Vaillant, E. M., 
p. 253. 

79. — LVDE 
LVDE 

Famarg. Cologne. Boulogne. Musée de Saint-Germain. 
Coll. Herstatt et Wolff. H. G., p. 39, flg. 27. Br., 423, 
540, 4924. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 68, n- 68, 76, 
978, 980. Vaillant, E. JT., p. 253. 

80* — M*£* (frets palnut entre despeinU) 
GolL Wolff. Klein^ B. /., t LXXXVH, p. 68, n^ 976. 



864 TiSBS i iKsctirnoRs ■icnson. 

81 . — MER(iMt) 
GoU. Wery<4feime8Mn, de Reim*. 

85. — MERVM 

Hesse. Musées de Sèvres et de Boulogne. Br., 876. 
Vaillant, E. M., p. 253. 

83. — MERVM DA 
Cologne. Musée de Saint-Germain. H. G., p. 254, 
flg. 185. Br., 423, 2008. 

84. — MERVM DA SATIS 
A. dd B., p. 5. 

85. —MERVM V 
Br., 2008. 

86. — MIAS- 

Andernach. Klein, B. /., t. LXXXYU, p. 68, n» 375. 

87, — Mise 

Dusseldorf. Coll. Herstatt. Br., 280. Klein, B. J., 
t. LXXXVn, p. 68, n« 37. 

88. — MISGE 
MiS-C-E- 

Coll. F. Moreau. Coll. Gréau. Musées de Saint-Quentin, 
de Rouen (Gat., p. 93), de Boulogne. Cologne. Dusseldorf. 
Dormagen. Andernach. Coll. Herstatt, Wolff et Delhoven. 
DeviUe, H. F., p. 31. Br., 427, 246, 289, 423, 425, 540, 
4292, 4536. Klein, B, /., t. LXXXVIl, p. 68-70, n* 35, 
39, 42, 45, 66, 79, 86, 88, 89, 378, 969, 4423, et p. 75, 
n*- 98, 763. Vaillant, E. Jf., p. 253. 

89. — MISCE COPI pour COPO 
Sur un vase de la collection Banicourt. Musée de Rouen. 



90. — IflSGE ME 
Boulogne. Vaillant, B. M., p. 2Sa, n* 440. 
Andemach. MarUnsberg. Cologne. Coll. Herstatt Klein, 

B. /., t. LXXXVll, p. 76, n* 54, et p. 78, no 2400. 

91. — MISGEMI 
Musée de Vienne. C. /. l., 1. 111, n^" 6009, 3. 

92. — MISCE MI FE 
Cologne. K. />. W. Z,, 4882, p. 53. 

93. — MISCES- 

Winningen sur la Moselle. Klein, B. J., t. LXXXVn, 
p. 70, rfi 47. 

94. — MISCE • VIVAS 
Cologne. Br., 425. 

95. — MISE (sic) 
Cologne. Coll. HerstaU. Klein, B. J., t. LXXXVII, 
p. 68, n<» 27. 

96. -^ MITE MERVM 
Nimègue. Br., 427. DeviUe, H. F., p. 34. 

97, — NE DIMITE 
Sur un vase trouvé à la Villa d'Ancy. Coll. Fr. Moreau. 

98. — OSPITA REPLE LAGONA CERVASA 
COPO GNODI TV ABES EST REPLEDA 

Légende inscrite, au droit et au revers, sur les flancs 
d\ine gourde en terre trouvée sur l'emplacement du nou- 
vel Hfttel-Dien, et déposée au Musée Carnavalet. 

Cette inscription, publiée dans la Revue archéologique , 
4868, pi. XXII, a été reproduite par H. du Cleuziou, puis 
par Wilmanns, enfin par notre confrère M. Robert Mov^at ^ 

4. Remarques sur les inseripHons antiques de Paris, p. 69. 



BM VAS» A vuscÊxnnm UGêogon. 

qui a accepté l'interprêtatioa de WSbnanns : {H)a^a 
\diea) : RepU lago{$)naffn) €ervês(Ha. Copo... (m|N)MM) : 
Tu (h)almy esi t^(d)a. -^ [Yerbum, 6«UMKM»Mr^ 
Ugitur)*. 

M. Th. Mommsen n^admettait point le dialogue avec 
désignation des interlocoteors; TinscripUcMi contiendrait, 
selon lui, une double requête adressée à la fille du comp- 
toir et à Taubergiste; le mot cnoditu devait être rétabli 
conditu{m}. M. Frœhner avait proposé la mime corne- 
tion et admis replenda pour repleda^ : Hôtesse, remplis 
la bouteille de cervoise; cabaretier, tu as la cave pleine, 
remplis la bouteille. 

a La lecture conditum étant admise, dit Fabbé H. Thé- 
« denat', peut-être serait-il préférable de voir dans ce mot 
« le nom d*un vin travail^, appelé etmdUum par les 
« auteurs anciens. Pline ^ et Apicius' en donnent la reeette, 
« redit de Dioclétien en fixe le prix*, et un des auteurs 
« de Tanthologie grecque lui a consacré une épigramme^. 

« Gomme conséquence de cette lecture, je serais assez 
« disposé à croire les deux inscriptions indépendantes l'une 
« de l'autre. Afin de décorer les deux &ces de la gourde, 
a on aura peint, sur chacune d^elles^ une 4e ces Itarmules 
« toutes faites, destinées à orner les vases à boire et dont 
« on a retrouvé un grand nombre sur des poterie 
ce antiques. Il est vrai que, dans la seconde inscription, le 
« substantif ferait défaut; mais la bouteille elle-même, 
« sur laquelle Tinscription est peinte, y supplée, ce qui ne 
a me parait présenter rien d'insolite. Cette interprétation 

i. Exwnpla inscriptionum latinarum, n^ 2839. 

2. Kritische ÀncUecten, p. 91. 

3. BulUtin critique, 1886, p. 402. 

4. ff, N,, XIV, 19, 6. Cfr. Ijampride, Elag., 21. 
5. 1, 2. 

6. Edict. DiocL, 2, 17; C. I. L, t. IH, p. 827. 

7. Anthol Palat., t. IX, 502. 



TiiM A nseupmiM iAGii«vtf . 867 

c aurait en outre Favantage de supprimer cette double 
« raquAla, ailreaséa à la fois au eopo et à VMoqritu et qui 
% semble peu naturelle. » BulMin critique, 4$g6, p. 402. 

99. — HEINE EY*PAINOÏ 
Sur un irase en terre. M, £., p. 49, n« 4. 

100. — PELBGBINA VTERE FELIX 
Sur uu vase d'argent. 

101.— PETE 
Bonn. Br., 423. 

102. — PETO 
Boulogne. Vaillant, E. M., p. 253, nM4^ 

103. — PIE 

PIE 

Musées de Soissons et de Boulogne. Cologne. Coll. 

Herslatt et Wolff. Montfaucon, A. E., t. UI, pi. LXXXI. 

Br., p. 358, VI, 6. Klein, B. J., t. LXXXVII, p. 70, n*« 58, 

963. Vaillant, E. JT., p. 253. 

104. — PIEQVIRl 
Cologne. Br., 424. 

i05. — POLYCARPE BIBE FELIX 
Sur un verre. *. if., p. 49, n* 3. 
Peut-être cette inscription est-elle chrétienne. 

i06. — POTA SE LVAT pour POTASSE IVVAT? 

C. /. i., t. IX, n« 6082,3. 

Ainsi interprétée, Tinscription ne présente aucun rap- 
port avee la scène qu'oflhre le disque en terre sur lequel 
elle est inscrite : Vénus assistant à une lutte entre Pan et 
TAmour. 



M8 



TAM8 1 IRSeuniOSS BiCnffVB. 



107. ^REMISGE 

Sur nn vase ea terra rouge courert d'un engobe de 
plombagine avec ornements et légende tracés à la barbo- 
Une. CioU. L. Foucher, de Reims. 

108. — REMISGEIIE 
Boulogne. Vaillant, E. M., p. 253, a* UB. 

109. — REPLE 

REPLE 

Cologne. Coll. Foucher etBlavat, de Reims. Coll. Gréaa. 






Vase de la collection Foucher. 
(No 409.) 

Musée de SainMiermain, provenanœ de Cologne. Musée 
de Boulogne-sur-Mer. H. G., p. 252, flg. iSl. Br., 246, 
283, 423, 540, 708. Vaillant, E. M., p. 253. 



lia. — REPLI COPO 



S69 



DeDeuvre (Meurthe-et-Moselle). Coll. Paillard, de Bac- 




(No UO.) 
Vase trouvé à Deneuvre (Meurt he-et- Moselle). 

Coll. Paillard. 

carat. Thédenat, B. D. A, 4886, p. 204. 

XLix 24 



370 VASBS A INSCftlPTIOUS BAGHIQUES. 

Hi._REPLECOPODA 

Coll. Léon Morel, de Gbâlons-sur-Biarne. 

112. — REPLEME 

Fouilles d^Amiens et de Vermand. Ândernach, Kircb- 
berg. Musée de Boulogne. Klein, B. /., t. LXXXYII, 
p. 78, n" 4344, 2384. Vaillant, E. M., p. 253. 

113. — REPLEMII 
Coll. Fr. Moreau. A. C, pi. G. 

114. — REPLEME 
COPO • MERI 
Cologne. Coll. Herstatt. Br., 423. Klein, B, J., 
t. LXXXVn, p. 76, no 49 (v. le n« 77). 

115. —REPLETE 
Cologne. Br., 455. 

116. — RET(D)I FESTIVA DIES 

Sur le fond d'un vase en verre reproduit par Deville, 
H. r.,p. 27,pLXIX, B. 

117. — SEMPERGAVDE 
Sur le couvercle d'un vase en terre. Wilmanns^ E. /. Z., 
n* 40479. 

118. — SIC VITA MIS 

1 19. — SI PLVS MISER IS MINVS BEBIS 
SI MINVS MISERES PLVS BEBI 

pour : « Si plus miser es minus bibis, si minus miser es 
plus bihia. » 

Cette inscription, tracée sur une coupe en bronze, 
appartient à une basse époque. 

CoU. Gbarvet 



TA8IS 1 I!rSCftlPnO!l5 BIGHIQOES. 374 

120. — SITM) 
SITIO 

Andernach. Cologne. Boulogne. Coll. Herstatt et Wolfif. 
Montfaucon, A, £., t. m, pi. LXXXI. Deville, if. F., 
p. 30. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 74, n~ 975, 792, et 
p. 75, n'* 46, 4339. Vaillant, E. M., p. 253. 

121. — SITIOS 

Cologne. Coll. Herstatt. Klein, B. /., t. LXXXVII, 
p. 79, u^ 22. 

122. — SITIS 
SITIS 

Cologne. Bonn. Coll. Herstatt. Br., 423. Klein, B. /., 
t. LXXXVII, p. 74,n«55. 

123. — TAM BENE FICTILIBVS 

Sur un vase en terre rouge, en lettres de 0,022"*/", 
séparées par des feuilles. Aurès, Marques de fabrique du 
Musée de Nîmes. 4876. PI. XV, n» 477. 

124. — TENE 
Bonn. Klein, B. J., t. LXXXVII, p. 74, n« 799. 

125. — TENE ME 

Dusseldorf. Cologne. CoU. Herstatt et Wolff. H. C, 
p. 255._Klein, B. /., t. LXXXVH, p. 74, n<»» 23, 57, 967. 

126. — VSVS 
Mayence. Br., 4^92. 

127. — VTERE FELIX* 
C. /. i., t. m, 6009, 5. Deville, H. F., p. 30 (sur un 
verre). Musée de Reims (cruche en terre rouge). L^abbé 

1. Vier felix, sur un anneau d'or du Musée d'Épinal. Vt* 
fel., sur un sceau pédiforme du Musée de Naples. 



S7S TAS» A iMseumaii iicamoiB. 

Cochet signale cette légende sur une bouleiile troovée 
à Asnières et vue par Tabbé Lebœaf, N. S., p. 83. 

128, — VT FELIX VIVAS 

K. de Bm p. 5. On a trouvé la forme Vn FELIX 
VIVAS. à Zahlbach « in kUerculo », Br., 4252, puis au 
n« U88 ceUe : VTI PBLIX VIV. 

129. — VTI FRVI 

Amiens. Coll. Danicourt. Boulogne. Bonn. Coll. UerstaU, 
Andernach, Kirchberg. Klein, £. /., t. LXXXVII, p. 72, 
n^ 24, et p. 76, n^ 4552. Vaillant, B. M., p. 253. 

130. — VALE* 

Cologne. Coll. Blavat, de Reims. Musée de Saint-Quen- 
tin. Coll. Herstatt. Br., 425. Klein, S. /., t. LXXXVII, 
p. 72, n*» «0. 

131. — VENIADMEAMICA 
A. deB., p. 8. 

132. -^ VERTIA TIBERINO 

Musée d'Orléans, E 403. 

133.-.VINCAS 
Cologne. K. D. W. Z., 4882, p. 53. 

134. — VINOSA 
Thérouanne. Vaillant, B. M.y p. 253, n» 449. 

<35. — VINVM 

. V-I-N-V-M 
Musée de Boulogne. Coll. L. Foucber, de Reims. Nisu- 
kerk. Cologne. Coll. Herstatt. Br., 423, 424, 4359. Klein, 
B. /., t. LXXXVII, p. 72, n°- 44, 92. Vaillant, E, M., 

1. Vakat qui fbcit. Anneau d'or du Musée de Langres. 



VAS» 1 iifSGtimoiis BAGHIOim. 878 

p. 253. M. A. de MonUigloa noiwa signalé la même inscrip- 
tion sur le manche d'une patère du Musée de Soissons. 

436. — VIVM 
Musée de Cologne. W. Z., 4885, p. \%K. M. F. Merkens 
lit YINVM; c'est peut-être YIYAH (v. n^ 448). 

137. — VINVM TIBI DVLQS (pour DVLCE) 
A. de B.^ p. 5. 

138. — VIRES 
Bonn. Coll. HerstaU. H. G., p. 250. Klein, B. /., 
t. LXXXVII, p. 72, n« 36. 

139. — VITA' 
VITA 

Dusseldorff. Coll. Blavat et L. Foucher, de Reims, 
Deville, Plicque. Musées de Saint-Germain et de Bou- 
logne. Cologne, Allebourg, Dormagen. Coll. Herstatt et 
Wolff. Br., 283, 289. Klein, B./., t. LXXXVII, p. 72-73, 
n~ 65, 75, 77, 93, 974, et p. 76, n« 53. Vaillant, E. M., 
p. 253. L'inscription VITA TIBI se trouve sur un verre 
de répoque chrétienne. 

140. —VITA MEA 
Boulogne. Vaillant, E. if., p. 253, n^" 422. 

141.~VIVA(?) 
VIY-A- 
Dusseldorff. Cologne. Coll. Herstatt. Br., 282. Klein, 
B. /., t. LXXXVII, p. 73, n~ 99, 340. 

142. — VIVAM 
Dusseldorff. Br., 248. 

1. Viia, sur un anneau de bronze. Br., 927. 



374 VASIS A IHSCBIPTKMIS BiCfllQUBB. 

U3. — VIVAMVS 

Cologne. Coll. Herstatt. Br., 356, 2054. Klein, B. /., 
t. LXXXVII, p. 73, n, 80; p. 76-77, 793, 50, 4459. 

144. — VIVAMVS 

V:I:T:A:F: E; L: i: X: Si 

Gobern-Gondorf. Arnoldi. S. /., t. LXXXVII, p. 49. 

145. — VIVAS* 
Musées du Louvre, de Saint-Germain, de Saint-QuenUD, 
du Puy, de Boulogne. Coll. Charvet. Coll. Herstatt et 
Wolff. Cologne. Dormagen. Br., 427, 246, 284, 423, 424, 
426, 686, 4359. Grivaud de la Vincelle, pi. XXXIII. EJeiD, 
B. /., t. LXXXVII, p. 73-75, n~ 34, 56, 62, 74, 84, 87, 
964, 973, 227, 3065, et p. 77, no 4097. Vaillant, E, M., 
p. 253. Nombreuses variantes. 

146. —VI VAS MI 
Boulogne. Vaillant, E. if., p. 253, n^ 424. 

147. — VI'B-VIP pour VIVAS BENE VIVAS PIE 

Aux quatre angles d'un vase en verre. Deville, H. V., 
pL xxvin. B. 

148. — VIVAS FELIX 

Dusseldorff. Cologne. Br., 283, 424. 

149.- VIVATIS 

Musée de Boulogne-sur-Mer. Vaillant, £. if., p. 253. 

150. — VI'VAVSV-S- 
Andernacb. Hartinsberg. Klein, B. /., t. LXXXVII, 
p. 73, n« 2398. 

i. Vivas felix mullis annis. Anneau d*or de la collection 
J. Chevrier. 



ViSIS A lUSGKIPTIOIfS BACHIQUES. 375 

154. — VIVE 

Bords du Rhin. Dormagen. GoU. Herstatt. Klein, B. J., 
t. LXXXVII, p. 75, n« 83, et p. 76, n^ 40. Br., 427, 246, 
281,289,423,490. 

452.— V-IVITE 

Cologne. Coll. Herstatt. Klein, B. /., t. LXXXVII, 
p. 77, n^ 48. 

453.— VIVE BIBE MVLTIS (sous-entendu ANNIS) 
A. deB., p. 5. 

454. — Z-ECES 

ZESES 
Musée de Saint-Germain. Coll. Herstatt. Cologne. H. C, 
p. 256, n» 493. Klein, B. /., t. LXXXVII, p. 77, n« 52. 

FRAGMENTS. 

455. — ...ATME.. peut-être ...ATM T et E liés 
Musée de Rouen. 

456. — EDE 

Musée de Rouen. 

457. -^ ...ES.. 

Musée d'Autun. 

458.— ...FED.. 
Musée d'Autun. 

459.— ...IN... 
Musée d'Autun. 

460. — ...LOIVT 
Teminck, É. A. 



376 TiOB A inctimoss ucHioms. 

161.— MARTI (?) 
Fleury, AntiquUii de t Aisne, H, p. 68. 

162. — SJMEMIN...! 
Musée de Moulins. 

163. — ..MIAIV? 

Villa (TAncy. Coll. Pr. Moreau. 

164.— ..0-LI.. 
Ternindt. 

165. — ..QISCM.. 
Br., 4359. 

166.— ..RVPE.. 
C. /. L., i. m, n» 600», 6. 

167. — ..S-C-P.. 
Terninck. 

16o. -^ ..SES.. 
Coll. BelloD. 

169. — ..VI.. 
Br., 2008. 

170. _..VITU.. 
Cologne. Br., 424. 

171.— ..VT.. 

Musée d'Autun. 

172. — VT'ER(Î) 
Coll. Bellon. 



TABLE DES MATIÈRES 

G0NTBNUB8 

DANS CE VOLUME. 



Pa«M 

DncBAMPS OB Pas, A. G. N. Description de quelques 
sceaux-matrices relatifs à l'Artois et à la Picardie. 239 

DuGHBSNB (Tabbé), M. R. Le nom d'Anaclet II au 
palais de Latran 497 

Laioub (L. db), a. g. N. Mémoire sur plusieurs anti- 
quités trouvées à Néris (Allier} 173 

Lastetbib (R. db),M.R. Saint-Quinin et la cathédrale 
de Vaison 35 

Maxe-Wbrly (L.), a. g. I^. Vases à inscriptions 
bachiques 336 

MowAT (R.), M. R. Note sur des bijoux antiques ornés 
de devises, à propos d'une fibule de l'époque ostro« 
gothe 19 

~ De quelques objets antiques incrustés de monnaies. 220 

Rby (E.-G.), m. r. Supplément à l'étude sur la topo- 
graphie de la ville d'Acre au xni« siècle .... i 

RoBBET (Ulysse), M. R. Les signes d'infamie au moyen 
âge. . ; 57 

TBéDBNAT (Fabbé), M. R. Apolk) Vindonnus. ... 207 



XLix 25 



ERRATA ET ADDENDA. 



Page 19, ligne 11, au lieu de : Gasteldavio, lises : Gastel d'Ario. 
' 20, — 26, après : Société des Antiquaires, o/outes : 
et que M. le commandeur de Rossi avait déjà signa- 
lée dans son BulleiHno'd^archêologia cristiana (1880, 
p. 173, pi. VII, no* 4, 4'; édition française, trad. de 
L. Duchesne, p. 181). 

— 32, ligna 29| au lim de : communale, lises : eomunak. 

— 223, ^ 24, au /ièu d« : 0"'220f iûfs : <H>22. 

— 227, — 8, au Ueu de : au-dessous, lises : an-^essu. 

— 227, — 13, au lieu de : 0"22, lisez : 0-020. 

— 227, «^ 24, au lieu de : exactement, lises : à très peu 

près. 
*-228, ligne 22, au lieu de : 0»21, lues : 0-019. 

— 229, — 7, au lieu de : de môme, lises : à peu près de 

même* 
•«-230, ligne 22, au lieu de : an 168, lises : an 268. 
^234, i^ès la ligne 0, itfoutes U paragraphe suivant : 
Dans la collection des papiers de Dupuy, à la Bibliothèque 
nationale, vol. 667, ff. 105 et 144, on voit le dessin d'un bra- 
celet trouvé, dit-on, à Autun et formé d'une torsade d'or 
enserrant entre ses extrémités, au moyen de charnières i 
goupille, un aureus d'Élagabaie, au revers INVIGTYS 
8AGERD08 AVG {Gùhen, t. IV, page 330, n*> 59, éd. de 1884). 
Ge bijou, pesant 4 onces moins 12 grains, poids de marc, 
appartenait alors, c'est-à-dire vers 1648, à M. le lieutenant 
de Montagu. 



AVIS, AU RELIEDR 
pour le plaeement des planches des Mémoires. 



Planche I, Ruines de la yiUe d'Acre, devant la page. i 

^ — II à XII, Saint-Quinin de Vaison, après la 

page 56 

i lies deux planches coloriées, représentant 

des Juifs et des Lépreux, mal paginées, et 
les planches XV, XVI et XVII,' devant 

la page 172 

— XVm, OreiUe de patère en argent ... 182 

^ — XIX, devant la pa^ 212 

^ -^ XX à XXVI, Sceaux picards et artésiens, 

après la page 320 



Nogeotr-le-Rotrou, imprimerie Daupblbt-Gouybrnbur. 



BULLETIN 

m u 

sogiëtS nationale 
DES ANTIQUAIRES 

DE FRANCE 



Nogcnl-le-Rolrott, imprimerie Daotblry-GoovbbnbO». 



BULLETIN 



DB U 



SOCIÉ TÉ NATIONALE 

DES ANT IQUAIRES 

DE FRANCE - 

1888 




PARIS 
G. KLINGKSIEGK 

LIBHAIRE DE LA SOCltTÉ 
11, «OS m LIUA, 11 



tfi 



BULLETIN 

DB LA 

SOCIÉTÉ NATIONALE 

DES ANTIQUAIRES 

DE FRANGE 



BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 

poua L*iNiftfB iSSH. 

MM. A. LoNONON, Président 

£. DB RoziÈftE, Premier Vice-Président.. 

G. SoHLDVBBBeER, Deuxième Yioe-Président. 

DuGHESHE (l'abbé L.)t Secrétaire. 

A. DB BoiSLULB, Secrétaire- Adjoint. 

Ed. AiTBERT, Trésorier. 

PoL. NiCABD, Bibliothécaire-Archiviste. 

Membres de la Gommiafllon des Impressions. 

MM. MiGHELANT. 
H. BORDIER. 

A. DB Bartbêlbmt. 

M. GOLLIGNON. 

Abbé Thédbnat. 
Membres de la Commission des Fonds. 

MM. L. GouRAJOD. 
K Saolio. 
Ant. Héacm db Yuxbfossb. 



LISTE 

DES MEMBRES HONORAIRES 

Au 45 Juin 1888. 



MM. 

1. NiBuwERKERKB (le comte de), G. 0. ^^ membre libre de 
riastitut (Académie des beaux-arts) (1854). 

2. Maury (Aifre4), G. ^^ membre de l'Institut (Académie 
des inscription» et bellea-lettres), directeur général des 
Archives nationales, professeur au Collège de France, 
au palais des Archives, rue des Francs-Bourgeois, 60 
(1842-1858). 

3. Dkloghb (Maximin), G. ^, membre de TListilot (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), directeur hono- 
raire au ministère de l'Agriculture et du Commerce; 
avenue de Grravelle, 60, à Saint-Maurice (Seine)* (1856- 
1879). 

4. BARTBiTLBifT (Anatole be), ^^ membre de Tlnstitut (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), membre da 
Comité deis travaux historiqui^^^t. ^cic^iM^q^^es, rue 
d'Anjou-Saint-flonoré,- 9 (1842-1882). 

5. Le Blant (Edmond), O. ^^ membre de l'Institut (Acadé- 
mie des inscriptions et belles-lettres), président da 
(jomité des travaux historiques Qt scientifiques (section 
d'archéologie), directeur de TÉcole française d'archéo- 
logie de Rome, rue Leroux, 7 (1859-1883K 

6. Chabouillet (P.-M.-Anatok), O. ^ conservateur sous- 
directeur du département des médailles et antiques de 
la Bibliothèque nationale, vice -président dû Comité 
des travaux historiques et scientifiques, rue Colbert, 
12 (1861-1884). 



— 7 — 

MM. 

7. Renan (Ernest), G. 'ffj membre de l'Institat (Académie 
française et Académie, des inscriptions et belles-lettres), 
bibliothécaire honoraire au département des manuscrits 
de la Bibliothèque nationale, admiiûstrateor du Ck)llège 
de France, place du Collège de France, 1 (1851-1884). 

8. MiGHBLANT (Heuri-Victor) , ^, membre honoraire du 
Comité des travaux historiques et scientifiques et de la 
Commission du catalogue des manuscrits des départe- 
ments, conservateur sous-directeur du département des 
manuscrits de la Bibliothèque nationale, avenue Tru- 
dahle, Il (1853-1885). 

9. Deltsle (Ijéopold), C. ij/^^ membre de Tlnstitut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), président du Comité 
des travaux historiques et scientifiques (section d'his- 
toire), président de la Commission du catalogue des 
manuscrits des départements, administrateur général 
de la Bibliothèque nationale, rue des Petits-Champs, 8 

' (1855-1885). 

10. Passy (Louis), docteur en droit, député, rue de Clichy, 
45 (1861-1886). 



Associé correspondant étranger honoraire. 

M. 
WiTTB (le baron J. db), ^, associé étranger de llnstitut 
(Académie des inscriptions et belles-lettres), membre de 
FAcadémie royale de Belgique, à Anvmn (1846^1887). 



LISTE 

DES MEMBRES RÉSIDANTS 
Au 15 Juin 1888. 



MM. 

1. MoNTAïQLON (Anatolo OE CSouRDE de)) ^, professeur à 
l'École des Chartes, membre du CSomité des travaux 
historiques et scientifiques, place Royale, 9 (10 février 
1851). 

2. BoRDiBR (Henri), bibliothécaire honoraire au département 
des manuscrits de la Bibliothèque nationale, rue de 
Rivoli, 182 (9 avril 1851). 

3. NiGARD (Pol.), rue de Sèvres, 38 (9 mai 1854). 

4. Waddinoton (William -Henry), membre de l'Institut 
(Académie des inscriptions et belles-lettres), sénateur, 
ambassadeur de France à Londres, rue Dumont-d'Ur- 
ville, 31 (19 décembre 1853). 

5. Vogué (le marquis Melchior de), G. i)^, membre libre de 
rinstitut (Académie des inscriptions et belles-lettres), 
rue Fabert, 2 (4 juillet 1860). 

6. BEâTBANB (Alexandre), ^, membre de Tlnstitut (Aca- 
démie des inscriptions et beUes-lettres), conservateur du 
Musée de 8aint-6ermaln-en-Laye, membre du Comité 
des travaux historiques et scientifiques, rue Soufflet, 
22, et au château de St-Germain (7 août 1861). 

7. Rbt (A.-E. GuaLAUME), i)i(, rue de Vigny, i (5 fé- 
vrier 1862). 



— 9 — 
MM. 

8. GoiBnr (Yictor), 3jf^ doctear ès-lettrea, rue du Regard, 5 
(3 décembre 1862). 

9. Rbad (Charles), ^^ ancielki directeur des travau^ histo- 
riques de la ville de Paris, boulevard Saint-Germain, 2 
(6 mars i867.j.. . . . 

10. Heuzet (Léon), 0. ^jf^, membre de Tlnstitut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres et Académie des beaux- 
arts), membre du C!omité des travaux historiques et 
scientifiques, professeur à l'École des Beaux-Arts et à 
rÉcole du Louvre, conservateur des antiquités orientales 
au Musée du Louvre, avenue Montaigne, 5 (!•' mai 1867). 

11. AuBERT (Edouard), rue d*Anjou-8aint-Honoré, 9 (3 juil- 
let 1867). 

12. Pebrov (Georges), O. ^^ membre de l'Institut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), membre du Comité 
des travaux historiques et scientifiques, directeur de 
rÉcole normale supérieure, professeur d'archéologie à la 
Faculté des lettres, rue d'Ulm, 45 (8 janvi^er 1868). 

19; Wesghbr ((ISarle), ^, conservateur sous-^dtrecteur adjoint 
du département des manuscrits de la Bibliothèque na- 
tionale, rue de Yangirard, 89 (3 juin 1868). 

14. Prost (Auguste), #, rue de la Banque, 21 (8 novembre 
1871). 

15. DiJPLESSi8(Georges),^con6ervateur80us-directeuradjoint 

du département des estampes de la Bibliothèque natio- 
nale, rue de Madame, 31 (6 décembre 1871). 

16. Guillaume (Edmond), ^, architecte du palais du Louvre, 
membre de la Commission des bâtiments civils, rue 
Jean-Bart, 3 (1« juillet 1874). 

17. CouRAJOD (Louis), conservateur-adjoint de la sculpture 
et des objets d'art du moyen âge, de la renaissance et 
des temps modernes au Musée du Louvre, professeur à 
l'École du Louvre, membre du Comité des travaux his- 
toriques et scientifiques, membre de la Commission des 
monuments historiques, rue Raynouard, 39, à Passy 
(5 mai 1875). 



— 10 — 
MM. 

18. RoziteB (Eagène db), O. 4^ membre de ilnstitait (Aci- 
démie des inscriptions et belles-letires), sénateur, rue 
Lincoln, 8 (5 mai 1875). 

i9. Saqlio (Edmond), ^^ membre libre de rinstitot (Acadé- 
mie des inscriptions et belles-lettres) , conservateur de la 
sculpture et des objets d'art du moyen ftge, de la renais- 
sance et des temps modernes au Musée du Louvre, rue 
de Condé, ?4 (3 novembre 1875). 

20. ViLLEFOssB (Antoine Héron djs), j)i(, membre de l'Institut 
(Académie des inscriptions et belles-lettres)^ conserva- 
teur de la sculpture grecque et romaine au Musée du 
Louvre, membre du Comité des travaux historiques et 
scientifiques, directeur -adjoint à TÉcoIe pratique des 
Hautes -Études, rue de Grenelle -Saint -Germain, 80 
(5 janvier 1876). 

21. LoNOHON (Auguste), ^, membre de TLastitut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), archiviste aux Ardiives 
nationales, membre du Ck>mité des travaux historiques 
et scientifiques, maître de conférences à l'École pratique 
des Hautes*Étttdes, boulevard des Invalides, 34 (7 juin 
1376). 

22. GuiFFREY (Jules), ^, archiviste aux Archives nationales, 
membre du Ciomité des travaux historiques et scienti- 
fiques, rue d'Hauteville^ 4 (7 féiwier 1877). 

23. ScELUMBCRGER (Gustave), ^, membre de rinstitot (Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres), membre du 
Comité des travaux historiques et scientifiques, me du 
Faubourg-Saint-Honoré, 140 (7 février !877): 

24. Gaidoz (Henri), directeur à PËcole pratique des Hautes- 
Études, rue Servandoni, 22 (7 novembre 1877). 

25. Ufam (fingèné), if^^ conservateur de la bibliothèque, dés 
archives et du musée de FÉcole des Beaux-Arts, membre 
du Comité de» tmviiax htetoriqitea ^ adeotiiiiiM, rae 

de Gondé, 14 (8 mai 1878). 



— 14 — 

MM. 
%. McmAT (RobMTt), O. ^, chef cPescadronB d'artiUerie en 
retndtft, rue des Feniltentliies, iO (6 novembre 4878). 

27. GoRBOTKR (Edouard), #, architecte du gouvernement, 
attaché à la Commission des monuments historiques, 
inspecteur général des édifices diocésains, rue de Cour* 
celles, 14 (5 février 1879). 

28. Lasteyrib (le comte Robert de), #, secrétaire du Comité 
des travaux historiques et scientifiques (section d'ar- 
chéologie), membre de la Commission des monuments 
historiques, professeur à FËoole des Chartes, me dn 
Fré^ux-Glercs, 10 his (5 novembre 1879). 

29. DuGHESNE (l'abbé L.), professeur à l'Institut catholique de 
Paris, maître de conférences à l'École pratique des 
Hautes-Études, rue de Vaugirard^ 66 (3 décembre 1879). 

30. BoiSLisLB (Arthur de), ^ membre libre de l'Institut 
(Académie des inscriptions et belles-lettres), membre 
du Comité des travaux historiques et scientifiques, rue 
de rUniversitë, 18 (4 mai 1881). 

M. Abmis db Jubainville (Henri d*), iff:^ membre de llns- 
titut (Académie des inscriptions et belles-lettres), pro- 
fesseur au Collège de France, boulevard Montparnasse, 
84 (5 avril 1882). 

32. Robert (Ulysse), ^, inspecteur général des archives et 
. / des bibliothèques départementales, Grande-Rue, 31, à 

Saint-Mandé (5 avril 1882). 

33. Rouai (le vicomte Jacques de), rue de l'Université, 35 
{5 juillet 1882). 

34. Thédbnat (l'abbé Henry), ancien directeur du collège de 
Juilly, quai des Célestins, 2 (8 novembre 1882). 

3&. Floubst (Edouard),^, ancien procureur général, rue de 
Rivoli, 158 (5 mars 1884). 

36. Bapst (Germain), boulevard Haussmann, 153 (4 février 

1885). 



— « — 

MM. 

37. MoLiNiBR (Emile), atUché au départemeat de la acolp- 
ture et des objets d*art du moyen âge, de la renaissance 
et des temps modernes au Musée du Louvre, professeur 
à rËcole du Louvre, quai Bourbon, 53 (4 février 4885). 

38. Lbgoy ob la Marche (Albert), archiviste aux Archives 
nationales, rue du Faubourg^Saint-Honoré, 222 (6 mai 
1885). 

39. CSoLLiaNON (Maxime), professeur à la Faculté des lettres, 
rue Herschel, 6 (6 janvier 1886). 

40. Babblom (Ernest), bibliothécaire au Cabinet des antiques 
à la Bibliothèque nationale, rue du Regard, 9 (7 avril 

1886). 

41. LAUBiàRB (Jules ob), secrétaire général de la Société 
française d'archéologie, rue des Saints-Pères, 15 (12 jan- 
vier 1887). 

42. Ravaisson-Mollien (Charles), conservateur-adjoint de la 
sculpture grecque et romaine au Musée du Louvre, rue 
Franklin, 8 (12 janvier 1887). 

43. HoMOLLE, j)^, professeur au Collège de France et à 
rËcole des Beaux-Arts, boulevard Saint-Germain, 177 
(4 mai 1887). 

44. DuRRiEu (Paul), attaché au département des peintures et 
des dessins au Musée du Louvre, rue de Courcelies, 75 
(7 mars 1888). 

45. Bouchot (Henri), attaché au Cabinet des estampes à la 
Bibliothèque nationale, rue Bonaparte, 47 (2 mai 1888). 



LISTE 

DES ASSOCIÉS CORRESPONDANTS 

NATIONAtJX BT AlRANGEBS 
Au 15 Juin 1888. 

Aflsoeléfl oorrespondants nationanz^ 



MM* 

PéGiiBtn (l'abbé), à Grouy, prè8 Soissons (4 mars 1857). 
MoBSAU (Frédéric), ^, à Fère-en-Tardenoîs (3 novembre 

1875). 
Pn«LOT, agent-yoyer d'arrondissement, à Saint -Quentin 

(43 février 1884). 
YAUviLLâ (Octave), à Pommiers, près Soissons (2 mars 1887). 
GoRNEAus: (l'abbé), curé de Longpont, par Villers-Ck)tterets 

(9 novembre 1887). 

Fabkb (Marc), notaire honoraire, à Larche, par Gondamine- 

Ghàtelard (4 juin 1879). 
RiFBBT-MoNGLÂB (le marquis de), >)((, au château d'Aile- 

magne, par Riez (4 février 1885). 



1. Le Comité de pabliettion eroit devoir rappeler qu'aux termes de Part. S du 
Règlement, la qnaUftoation ^Âuoeié eorre^nondant national on étranger est la 
aeole qoi poisM être prise par les personnes dont les noms suivent La qualification 
de Membre de la Société dM Antiquairet de France est réservée aux 45 membres 
résidants et aux 10 membres honoraires. 



— 14 — 

MM. 

GoLLBviLLB (le vicomte db), secrétaire général de U Pitfeo- 

tare, à Digne .(2 juin 1886). 

Alpes (Hautes-). 
RoiuN (Joseph), an cbàtaan de Pioontai, près Embrun 

(!•' mars 1876). 

Rivoli (le dnc db), à Nice (15 décembre 1886). 

Ardennes, 
Delaeaut (Charles), à GharleviUe, Sous-les-Allées, 59 (12 dé- 
cembre 1883). 
GouBjAULT (le comte db), à Mézières (6 jnillet 1887). 

Ariège, 
PASQuxBa, archiviste dn dépfrtement, à Foiz (9 novembre 
1887). 

iltc5e. 
PiOBOTTB (Léon), à Troyes, rue du Palais-de-Justice (7 fémer 

1872). 
Lalorb (rabbé Charles), ancien professeur de théologie aa 

grand séminaire, à Troyes (3 février 1875). 
Babeau (Albert), à Troyes (3 juillet 1878). 

Aude. 
BoYÉ (Marius), lieutenant au 6« régiment de cuirassiers, â 
Castelnaudary (11 mai 1887). 

Belfûft (Territoùe de). 
MossMAKN, à Belfort (6 février 1867). 

BaucheS'dii'Rkânê. 
Pabboobl (E.), ^ membm de TAcadémie de MàraeiUê, i 

Marseille (7 avril 1868). 

Pbnon (G.), directeur du Musée Borély, à Marseille (3 no* 
vembre 1860). 

Tbissibr (Octave), ^^ membre non résidant du Comité des 
travaux historiques et scientifiques, à Marseille, boule- 
vard Longchamp, 135 (2 juin 1872). 



— IS — 

MM. 

Blahgard (Loais), ^^ correspondant <le l'Institut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), ardilviste da départe- 
menty à Marseille, rue SilyabeUe, 2 (S novembre 4878). 

BAMmkauY (le docteur), à Marseille, bonloTard Ghave, Villa 
Doria (5 mai 1880). 

Cahadot. 

Ghatbl (Eugène), ancien arcltiviste du département, membre 

de l'Académie de Gaen, à Gaen (4 février 1863). 
Du Febsnb db Bbaogourt (le marquis 6.), au ch&teau de 

Morainyille, par Blangy (1" mars 1865). 
TaAYJSRS (Emile), secrétaire de la Société des beaux-arts, à 

Gaen (7 mars 1877). 
BjuuBspiJiiB (Eugène db Robillard de), ^, secrétaire de la 

Société des Antiquaires de Normandie', à Gaen (5 mai 

1879), 

Charente, 

Ghauvbt, président de la Société archéologique et historique 
de la Gharente, à Ruffec (2 avril 1884). 

MoMTÂGOT (DB), au ch&teau des Ombrais, par la Rochefou- 
cauld (2 juiUet 1884). 

Charenie^Inférieure. 

Juuto-LiAFBBEi&RB (l'abbé), chanoine de la cathédrale, à la 

Rochelle, rue des Augnstins, 8 (6 mars 1878). 
MnssBT, bibliothécaire de la ville, à la Rochelle (6 février 

1884). 
DAHeniBAUD (Gh.), conservateur du Musée de peinture et de 

numismatique, à Saintes (4 mai 1887). 
Bbaugorps (le baron A. db), au château du Fief, à Genouillé 

(7 décembre 1887). 
NoGuÈs frabbé),'à Dampierre^sur-Boutonne, par Aulnay-^lep 

Saintonge (9 novembre 1887). 

Cher. 
BuHOT DE Kbrsbrs, à Bourges (5 juin 1872). 



— H — 

GoT (Pierre pb), à Bourges {î aTril 1884). 

GuàaB (le comte Alphonse db la), à Bourges, rue de Para- 
dis, 22 (5 novembre 1884). 

BftliLOEZBS (Albert obs), à Bourges, rue JacquesHÇîœu]:| M 
(16 novembre 1887). 

RuMN (Ernest), vioe-président de la Société scientifique, his- 
torique et archéologique de la Gorrèze, à Brive, boule- 
vard des Sœurs (1« février 1882). 

Côte-d'or. 

L^pteousE (Gustave), ^^ à Gh&tillon-sur-Seine (3 juin 1863)^ 
Aabauiiont (Jules o'), secrétaire de la Commission d'archéo- 
logie de la Gôte-d'Or, à Dijon (15 novembre 1865). 
ÂUBBRTiif (Charles), correspondant du ministère de l'instmo- 

tion publique, à Beaune (10 janvier 1866). 
Beauvois (E.), à Gorberon (28 juin 1871). . 
Beaudouin (Jules), ^, suppléant de la justice de paix, i 

Gh&tillon-sur-Seine (4 décembre 1872). 
MoNTiLLE (L. db), ^, à Beaune (7 avril 1880). 
BooQOT, professeur à la Faculté des lettres, à Dijon (l*' fé^ 

vrier 1882). 
BioARifB (Gh.), à Ghorey, par Beaune (7 février 1883). 
Louis-Lucas (Paul), professeur à la Faculté de droit, à Dijon, 

boulevard Gamot, 5 (5 mars 1884)» 
Wbiss (André), professeur à la Faculté de droit, à Dijon, 

boulevard Garnot, 24 (5 mars 1884). 
MuiLON, vice«présidenfc du tiibonal civil, a Dijon (2 jiillet 

1884). 

Côiêt'dii'Nord. 

Rhonê (Arthur), à Kéravel en Piouha (5 janvier 1876). 
Creuse. 

Grs&ac (le comte P. de), au château du Mouchetard, près 
Guéret (2 décembre 1868). 



— f7 — 

MM. 
QB88AG (le vicomte Jean oe), à Guéret (2 mars 1887). 

Dordogne. 

Haady (Biichel), archiviste, à Périgueux (17 mare 1875). 
Fayollb (ie marquis db), au ch&teau de Fayolle, par Tocane- 
Saint-Apre (S juin 4885). 

Douhs. 

Gastan (Auguste), ^, correspondant de Tlnstitut (Académie 

des inscriptions et belles-lettres), bibliothécaire de la 

ville, à Besançon (3 juillet 1872). 
GAxrrHiBR (Jules), archiviste du département, à Besançon 

(8 novembre 1882). 
DuvBRNOY (G.), conservateur du Musée, à Montbéliard 

(7 mars 1883). 

Drame. 

Chevallier (le chanoine Ulysse), ^^ membre non résidant 
du Comité des travaux historiques et scientifiques, à 
Romans (3 février 1869). 

Vallentim (Ludovic), j âge, à Montélimart (9 décembre 1874). 

SiZBRANNE (le comte Fernand de la), au ch&teau de Beau- 
semblant, par Saint-Yallier (11 mai 1881). 

Eure. 

Prévost (Gustave), à Évreux (6 juin 1888). 

Eure^et'Loir. 
Gouverneur (Aristide), & Nogent-le-Rotrou (2 mai 1877). 
Finistère. 

Brbmokd d'Ars (le comte Anatole de), ^, au château de la 
Porte-Neuve, par Pontaven, et à Nantes, rue Harroûys, 5 
(3 avril 1878). 

Ghatbllier (P. du), au ch&teau de Kemuz, par Pont-l'Abbé 
(7 janvier 1880). 

. AOT. BULLETIN. 2 



— ..4« — 

Gard. 
MM. 

AuRÈs, 0. ^, ingéûieur en chef des {K>ntâ^t-chaaflBées en 

retraite^ à Nimes (ii janvier 1865). 
RÉYOtL (Henry), O. ^^ eorreipondant de llnstittit (A«adémie 

d« teaiiMiriali, architaote da gouverafliiiaii, à NtoleB 

(4 juin 1873). 
PoTHiEB (Edgard), ^^ colonel commandant le 38« régiment 

d'artillerie, à Nimes (16 janvier 1884). , 

Bs^tiAROJEtr (Emile), iietitanant au 17« réguoAnt d'infeuiterie, 

à Aiai»^ me de rH6tel-de- Ville, 14 (29 juillet 188(). 

GoroiMM (Humiez). 

RoBCHAGH (Ernest), iji^, archiviste de la ville, à Toulouse, rue 

Saint-Rome, 21 (16 janvier 1867). 
MoREL (Jean-Pierre-Marie), bibliothécaire-archiviste, à Saint- 

Gaudens (3 juin 1874). 
LiBfiGOE, p^fësseUf à la Fruité des lettrée, à Toulouse 

(14 novembre 1877). 
Sacazb (Julien), avocat, à Saint^Gaudens (28 juillet 1880).' 
Saint-Pàtil (Anthyme), à Toulouse, rue Montaudran, 31 

(9 février 1881). 
FoRTBNiLLES (Paul db), au château dds Âuriols^ par Yilimnur 

(15 février 1882). 
Prudhommb (db), capitaine au 83« régiment d'ia£Einterie, à 

Toulouse (4 mars 1885). 

Gironde, 

Dhoutn (Léo), i^, à Bordeaux, rue Desfoumlel, 30 (2 lé- 

cembre 1859). 
GaBLUBT-BAiiOUBan (Ghariev), à Bordeaux^ rue Ducan, 25 

(3 juin 1863). 

RéroMU, 

Ricard (Adolphe), secrétaire de la Société d'archéologie, à 
Montpellier (9 octobre 1852). 



— IW — 

MM. 

ÂZAÎs (Gabriei), secrétaire de la âocièté d'arobéologie, 4 
Bwierg, descante de la Citadelle (4 nars 1863). 

GâZALis DB FoNDOfJCB, à Montpellier, mé des Éitidefl, i€ 
(12 juin 1878). 

NoGuiER (Louis), à Béziers, rne de la Promenade, 6 (10 dé- 
cembre 1879). 

RoBioc (Félix), correspondant de Wnstitut (Académie des 
inscriptions et belles-lettres), professeur d'histoire à la 
Faculté des lettres, à Rennes (5 mars 1879). 

Jo'âw DIS Lonoiuifl, à ReoMs, me dn Grriflbn, A {ii avril 
1881). 

Indrt. . ' 

Daiouson (Maurice), à CbAteaurom: (14 janvier 1885). 

Palustrb (Léon)y directeur honoraire de la Société française 

' d'archéologie, à Tours (7 avril 1875). 
Dblaville Lb Roulz (J.), ardiiviste-paléographe, à Monts 
(5 février 1879). 

Isèf€. 

Oàbiel, ancien conservateur de la Bibliothèque, à Grenoble 
(4 juillet 1866). 

Jura, , î 

Bbrthblet (Charles), à Ariay (îi janvier 488^. 

Landee, 

TABTiàRE (Henry), archiviste du département, à Mont«-de- 

Marsan (7 février 1872). 
Tàix«lebois (Emile), archiviste de la Société de Borda, à 

Dax (12 décembre 1883). 

Ohatommidieb (Anguste), ^^ arcMviele du d^^tupteuftettl,^ à 

Saint-Ëtienne (6 juin 1866). 



MM. 

DuiAMD (Yineeut), secrétaire de la Société archiSoilogtque da 
Forez, à Allieu, par BoôZLoflur^LigiiOû (7 jniliot 1815); 

Gornâhd, à SaintïÉtidime, rue Saint-Lovk, ^ (f déoemM 
1879). 

jBàNHBz (ÉdoGard), à Roanne (G avinl i^i). ' 

Brabsaht (Ëleuthère), à rHôpital-sous-Rochefort, par Boën- 
8ur-Lignon (4 noyembre 18â&)« ^ 

TmoLLiER <F.)i à Saint-Êtieuae, rue de la ^urse, 28 (15 dé- 
cembre 1886). 

Loire (Haute") ^ 

Aiouto, ooDsenrateur du Mutée, att Puy (9 noTembre 184$. 
Ghassmno (Augustin), ^, juge au tribunal de première ins- 
tance, au Puy (21 février 1872). 

Lotre-Infénênre, 

NicoLUÈRB (S. OB LA), à Nautos, rue Desboulières, 1 (2 juin 
1869). 

Kbrvilbr (René Pogard-), ^, ingénieur des ponts-et^-cbaus- 
sées, à Saint-Nazaire (6 décembre 1876). 

PrrRB DB LiSLB, secrétaire de la Société archéologique, à 
Nantes, rue Félix, 12 (19 avril 1882). 

EsTOURBEiLLON (le comto Régis db l'), à Nantes, rue Sully, 1, 
et au château de Penhoet à Avessac, par Redon (14 dé- 
cembre 1887). 

Granoes de Surqèrbs (le marquis de), à Nantes, rue Saint- 
Clément, 66 (21 décembre 1887% 

Loiret, 

Boucher de Molandon, j)((, à Orléans (2 décembre 1868). 
LoiSELBUR (Jules), #, bibliothécaire de la ville, à Orléans 

(16 février 1870). 
Dbsnoters (Uabbé), président de la Société archéologique de 

rOrléanais, à Orléans (7 mai 1873). 
Gourbt (Alphonse), ancien magistrat, à Orléans (7 novembre 

1877). 



" ^ — 

Lotr-€^C^«r. 

MM- , . ... 

Du Putasis (G.), à Bloia (9 aTril 1840)» 
RoGHAUBEAiT (le xnarquis AchiUe bb), ^y au ch&teau de 

Rochambeaa, commune de Thoré (6 novembre 1867). 
SroasLLi (André), con8(arvataar du Mu&éei ik.Bloi^ (3 juillet 

. . Ami .1 

Lot'^t^Garonmê, 

Maoen (Adolphe), à Agen (!• février 1865). 

Tholin (Georges), archiviste du département, à Agen, rue 
Scaliger (5 mars 1873). 

Tahizey de La^roque, ^, correspondant de llnstitnt (AcA^ 
demie des inscriptions et belles-lettres), membre non 
résidant du Comité des travaux historiques et scien- 
tifiques, à Gontaud (6 février 1884). 

Loxère. 

Prumières (le docteur), à Marvéjols (3 mai 1876). 
Germer-Durand (François), architecte du département, à 
Monde (15 décembre 1880). 

Maine-'et''Laire. 

Gooard-Faultrisr, à Angers (11 avril 1866). ' 

Port (Gélestin), 0. ^^ membre libre de l'Institut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), membre non résidant 
du Comité des travaux historiques et scientifiques, archi* 
viste du département, à Angers (3 mars 1875). 

PiETTE (Edouard), juge au tribunal civil, à Angers, rue 
de la Préfecture, 18 (8 novembre 1876). 

Farct (Louis de), à Angers, parvis Saint-Maurice, 3 (30 jan- 
vier 1884). 

Marne, ^ 

Givelet (Charles), membre de l'Académie de Reims, à Reims 
(9 janvier 1867). 



MM. 

Bayé (le baron Joseph de), à Baye {4"» avril 1874). 

LncoT (Fabbé), chanoine archiprètre de la caAhédimh», à Chi« 

k)na«Bui>Manie (i« octobre 1879). 
DBMAieoit, archiviste de la ville, à Reimg (20 juillet 1881). 
NiGAiBB (Atigaste)^ à Oh&lons^nr^Marne (12 juillet 1882). 
Jadart (Henry), à Reixns, rue du Cîouchant, 15 (5 novembre 

1884). 
Taubsbrat (Alexandre), à Vînay, ftè» Épeniay (11 janvier 

1888). 

BaoGAai) (Henry), architecte, à Langres (3 avril 1878). 

La Boin.LAYB (Ë. Jollibu be), eonaervateur de la biblio^ 

thèqne, à Langres (17 juillet 1878). 
BouGARD (le docteur), à Bourbonne-le»-Bain8 (7 janvier 1880). 
Daguik, i Nogent-le-Roi (3 décembre 1884). 

Mayenne. 

Farcy (Paul de), à Gh&teau-Gontier, rue Dorée (10 octobre 

1877). 

Meurthe-et-Moselle. 

MouoBNOT (Léon), consul lionoraire d'Bspagfte à Nancy, à 

Malzéville, près Nancy (10 juin 1861). 
PnYMAioRE (le comte de), au château dTnglange, par Metzer- 

visse, et à Briey (4 juin 1862). 
RotJYER (Jules), à Thiaucourt (2 mars i864). 
Durand de Distroff (Anatole), avocat, à Briey (5 avril 1865). 
GouRNAULT (Charles), ijji, conservateur du Musée lorrain, à 

Malzéville, près Nancy (9 février 1870). 
Gebmain (Léon), à Nancy, rue Héré, 26 (7 mars 1883). 
Dbs Robert, à Nancy, terrasse de la Pépinière, 1 (5 déeem-* 

bre 1883). 



MM. 

Payabd ( Emile >««Ur«Qtettr des GristaUeri^a, i, Baccarat 
. (2 juiu 1886), 

Mmu. 

MjlXe-Wkrly, à Bar-ïe-Duc (!0 octobre 4877). 
Jacob (Alfred), conservateur du Musée, i Bar-ïe-Duc, place 
Saiût-Plerre (6 juillet 1881). 

Morbikak, 

Bebhabd (l'abbé E.), à Gourin (2 mai 1883). 

Nièvre, 

SovLTBArr (le comte Georges ds)^ ^^ mambre non résidant du 
Comité des travaux historiques et «oieatifiquas, h 

' Ibury'-sor-'Abroa, par Dornes (2 février 1864). 
liBSPmASSE (René.LsBLiw de), arcfoiTiste-paléographe, au 

château de Luanges, par Guérigny {i^' juillet 1868). 

Nord. 

Mannieb (£.), ancien notaire, à la Bassée (5 juin 1861). 
Yam Hbndb (Ed.), à LiU^, rue Maseéoa^ 50 (l** juillet 1866). 
Delaitae (Victor), membre de la Commission historique du 

département, à Cambrai (2 juillet 1873). 
RickAtTX (Henry), à Lille, rue de rHOpltal-Militaire, 112 (4 fé« 

vrier 1874). 
Caffiaux (Henry), archiviste de la viUe, à Valenciennes 

(!•' décembre 1875). 
DsBAisHBs (l'abbé), secrétake de l'Iaatitnt calbeUq«e, àLilitt 

il juin 1888). 
QvABBÉt-BBVBOuxBCM, à Lille, boalsfnûrd 4e la Liberté, 70 

(5 décembre 1883). 
FiBiov (Jmle^, arehiviste du département, à Lille (12 déoem-* 

bre 1883). 



— « — 

Oifc. 
BOI. 

LoHOPftRiB&-GBiiiOAXD (le comte AJfred Pr^ost de), à Long- 
périer, près Lagny-t^-dec (5 ofars 1856). 

BIakst (le comte de), directeur de fa Société française d'ar- ' 
chéologie, à Gompiôgiie (U décembre 1666). 

Gaix de Saint- Atmouh ( Amédée ob), ii|embre de la Commis- 
sion des monuments historiques, à Senlis (13 décembre 
1876). 

LuçAT (le comte de), ^, membre du Comité des travaux bis- 
toriques et scientifiques, au château de Saint-Âgnan, 
par Mouy (3 juillet 1878). 

LousTAu (G.), ijf^^ ingénieur civil, à Grépy-en- Valois, rue des 
Béguines, 4 (16 mars 1881). 

Du Lac (Jules), à Gompiègne, rue des Minimes, 10 (11 mai 
4881). 

Orne. 

JoussBT (le docteur), à Bellesme (6 janvier 1869). 

DuvAL (Louis), archiviste du département, à Alençon (18 fé- 
vrier 1868). 

Lbtrônb (Ludovic), à la Motte, par Ceton (15 novembre 1882). 

DcRUFLÉ (Gustave), au Renouard, par Vimoutiers (10 février 
1886). 

CrODBT (Tabbé), au Pas-6aint-Lhomer, par Moutier&-^u- 
Perche (7 avril 1886). 

Pas-de-Ccdaù. 

Desghamps de Pas (Louis), ^jf^y correspondant de l'Institat 
(Académie des inscriptions et belles-lettres), ingénieur 
en chef des ponts-et-chaussées en retraite, à Saint-Omer 
(19 février 1839). 

Dangoisnb, notaire honoraire, à Hénin-Liétard (5 mars 1873). 
Terningk (Â.), à Boisbernard, par Yimy (2 juillet 1873). 



-*-2» — 

MM. 

MoNNBGOVB (Félix LB Sbrosamt db), ^^ ancieA député, à Saint- 
OxfL^T (4 mare 1874), 

Dard (le bvon), O, ^ i Aire-BUï>la»Ly« <2^ juillet 1889). 
P^AMT p'BBHMAUSAaT, à Sawt^Omw (13 février 1884). . 
Gahdbtacqde (Adelphe d^v à Arras (2 juillet 1884), 

t^y-de-Dôme. 

Mallay (Emile), architecte, inspecteur des travaux d'achève- 
ment de la cathédrale, à Glermont-Ferrand (7 avril 1875). 
BouBOABB La Dardyb (de), à Lezoux (8 février 1882). 
Plicqub (le docteur), à Lezoux (20 jnÊn 1883). 



' Pyrénées (Basseâ-), 

Laobâzb (Basolb de), ^, conseiller-doyen à la Cour d'appel, 
à ï>au (9 août 1847). 

Blahchbt (Adrien), à Pau (14 décembre 1887). 

Pyrénées (Hautes^). 

Frossabd (le pasteur), à Bagnères-de^Bigorre (6 juin 1883). 

Rhône. 

Axlmbb (Auguste), ^^ correspondant de l'Institut (Académie 
. de* inscriptigns eli belles-lettres), à Lyon, quai Claude 
Bernard, 47 (6 mars 1861). 

MoRiN-PoN3 (Henry), à Lyon (4 janvier 1865). 

GuiQUB (M.-C.), >j^, archiviste du département, à Lyon 
(5 février 1868). 

Ghambbon de Rozehont (Art de), à la Girardière, par Belle- 
ville-sur-Saône (5 juillet 1876). 

Batbt (Chartes), professeur à la Faculté des lettres, à Lyon 
' (2 juillet 1879). 

GiBATTD (J.-B.), conservateur des Musées d'archéologie de la 
ville, à Lyon (7 avril 1880). 

MabtbV (Jules), maître de conférences à la Faculté des 
lettres, à Lyon (2 mai 1882). 



MM. 

Lavatb (Georgofl)^ piofeateur à la Faeolté des letins, à Lyon, 

avenue de Noailles^ 5 (4 avril !883>« 
Blooh (G.), professeur à la Faculté dea lettres, à Lyod 

(11 juin 1884). 
Va€hbz (â.),' nsrabr» de TAcaéémle 4tt Lyon^ àLyoa^jiiâi 

de la Charité, 24 (9 novembre 1887). 

Bdlliot (G.), ^^ président de 1$l Société Éduenne, à Autan 

(6 novembre 1862). 
Charmasse (Anatole de), à Autun (f 4 mars 1866). 
FoNTENAY (Harold de), à Autun (5 janvier 1870). 
Mazebolle (Femand), à Marigny (16 novembre 1887). ^ 
Pierrot-Deseilligny^ à Autun (14 décembre 1887). 

Sarihe. 

HuoHER (E.), ^, membre non résidant du Comité <dfifr tra- 
vaux historiques et scientifiques, conservatourda Musée 
archéologique de la ville, au Mans (18 novembre 1863). 

Bertrand de Broussillon (Arthur), archiviste-paléographe^, i 
vice-président de la Société historique et archéologique, 
du Maine, au Mans, rue de Tascher, 15 (2 juillet 1879). | 

Sauow. 

Rabut (Laurent), professeur au Lycéei à Ghambéry (12 ni)**< 
vembre 1873). 

Casati (Charles)» conseiller à la Cour d'appel, à Paris^ 

rue Martignac, 12 (5 mars 1873). 
Lbfort (Louis), ^^ à Paris, me de Çcm^é\ 5 (3 térnm 1875). • 
GnuxD (Paul>, prolasseiiT à k Facoita des lettresy & f^ris, 

rue Saint-Placide, 51 (15 fétrier 1882>. 



— « — 

MM. 

Càmukt (René), profenear au GoUègd de FVtfiee, à Parii, 

rue Sainte-Beuve, 7 (9 janvier 4884). 
BeuBUBR (l'abbé), profeesenr à l'Infltitut eafthotique, à Paria^ 

boulevard de Yaugirard, 4 (4 mars 4885). 
RcEiLB (Emile), à Paris, me du Gherche^Midi, 44 (9 no-* 

vembre 1887). 
Babas (Albert), ^^ à Bonlogne^sur-Seine, parc des Princes, 

rue Moisson-Desroches, villa Glématis (8 février 1888). 

8eine-et' Marne, 

Gbéau (Julien), à Nemours (4 juin 1884). 

Bordes (l*abbé), censeur au collège de Juîlly, à Juilly 

(4 mars 1885). 
ViLLEFOssE (Etienne Héron de), à Ghartronges (2 juin 1886). 

Seine-et-Oise, 

GouGNT (E.), inspecteur d'Académie, à Versailles (4 janvier 

1865)/ 
Hennebert, g. ^^ lieutenant-colonel du génie, à Versailles^ 

nie Baitit-Honoré, W (3 janvier 1872). 
Ghakddt (Paul), à Ville-d'Avray (10 décembre 1873). 
DfecouL (Auguste), à Draveil (3 avril 1878). 
FouRDRiGNiER (Édouard), à Saint- Germain-en-Laye (4 juia 

1879). 
Garoh <B.), aux Gamaldnles, par Verres (6 avril 1881). 
Lbzaille (Jos^h), à Beilevue (tO janvier 1886). 
MniLBSGAUPs (G-ustave), à Versailles (6 avril 1887). 

Seine-Inférieure, 

SEPTENvniLB (le baron Dfe), au château de Bois-Robin, par 
Aumale (1«' mars 1865). 

BBADREPAfRB (C!h. DE RoBiLLARD db)^ ^, Correspondant de 
l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), 
archiviste du dépottemcoi, à Roaen (6 a^l lëTO). 



MM. 

8AirvA0B (l'abbé E.), à Roaen, rae de la Rose,. 18 (13 no- 
vembre 1872). 

BsTÀiNTOT (le comte Robert d*), à Rouen (1« décembre 1875). 

ÂLLABD (Paul), à Rouen, rue du Rempart, 4 (10 décembre 
1879). 

Le Breton (Gaston), ^, directeur du Musée céramique, à 
Rouen, rue Thiers, 25 bis (l^ février 1882). 

KEfiMAn«QAirr (de), 41^, au Tréport (3 janvier 1883). 

8h>res (Deux-). 

Bbauchet-Filleau, juge de paix, à Ghef-Boutonne (il mai 
1865). 

Favrb (Louis), à Niort (18 décembre 1878). 

Bbrthelé (Josepb), archiviste du département, à Niort (7 no- 
vembre 1883). 

Piet-Lataudrje, à Niort (2 décembre 1885). 

Somme. 

Gagnt (le chanoine Paul de), à Amiens, rue Lemerchier, 36 
(5 mai 1858). 

Van Robais (â.), à Abbeville, rue Millevoye, 28 (12 no- 
vembre 1873). 

Janvier (Auguste), à Amiens (5 décembre 1877). 

Duhamel -DécÉJBAN, à Amiens, rue Saint- Fuscien, 72 
(23 juillet 1884). 

PoujOL DE Fréchencoubt (Fomaud), à Amiens, rue de Glo- 
riette, 6 (7 avril 1886). 

Tam. 

CIlausaob (Gustave de), avocat, à Rabastens (9 juin 1847). 

Tam'et'Garonne. 
Margellin (l'abbé), i Montauban (9 décembre 1843). 



— «a — 

Vauehue. 

- ' MM. ' 
Dblote (Auguste), ^, conservateur du Musée Galvet, à Avi- 

gnon (2 mai 1866). 
Duhamel (L.), archiviste du département, à Avignon (7 mars 

1888). 

Vendée, 

Vallettb (Beoéf, secrétaire de la Société archéologique de 
la Vendée, à Pontenay-Ie-O)mte (23 juillet i884). 

Vienne. 

Lbcointre-Dcpont (Gr.), à Poitiers (9 janvier 1844). 

AuBER (l'abbé), chanoine titulaire, historiographe du diocèse, 

à Poitiers, rue Sainte-Radègonde (9 janvier 1851). 
LiàvBB, bibliothécaire de la ville, à Poitiers (7 juin 1876). 
La Groix (le R. P. G. de), conservateur du Musée des Anti* 

quaires de TOuest, à Poitiers (!•» juin 1881). 
liBDAni (Bélisaire), à Poitiers (19 mai 1886). 
Combes (G.), au ch&teau de Velue, à Nueil-sous-Faye, par 
'• MootB^iiD-Gueanefl (9 novembre 1887). 

Vienne (Haute-). 

Fagb (René), à Limoges, boulevard Gambetta, 26 (3 no- 
vembre 16Ô6). 

Vo9§e$. 

LBQLxao (Lucien), ^, médecin-major en retraite, à Ville-sur* 
lilon, par £)ompaire*Laviéville (20 novembre 1851). 

MoaxL (Léon), receveur particulier des £mances, à Mire* 
court (!•' juillet 1874). 

VouLdT, conservateur du Musée^ à Épinal (5 février 1879). 

Haillârt, I Éphial (4 mars 1885). 

Yonne. 
Salmom (Philippe^ à Gerisiers, près Sens (9 mai 1855). 



-« M ~ 

MM* 
Jdlliot (G.), à Sens (7 février 1872). 
Pffit (Eraest), membre du Gonseit académique de la Faculté 
de Dijon, à Vauwe, par Noyers^-sur-Sereln (7 février 
1883). 

JlgérU et Timme. 

Blanohàre (René de la), ^, délégué du Ministère de Flns- 
trucUon publique, à Tunis (4 mars 1865). 

Afliuioiét Gorrospoiidimts natloiiiuix résidiuii 
à rétranffer. 

Enobl (Arthur), ancien membre des Écoles françaises de 

Rome et d'Àibènes, à B41e (Suisse) (5 décembre 1877). 
Saditb^Mabib (B. PasBOT db), jH^, consul de France, à Salo- 

nique (Turquie) (5 février 1879). 
Soauif^DoBiaNT, à Cîonstantinople (1« juin 1881). 
Saub, conservateur des archives et de la bibliothèque du 

Palais^ à Monaco (W mars 1882). ^ , 

Lallemand (l'abbé) , à Vargaville (Alsaœ-Lorralae) (7 fé\Tiipr 

1883). 
Laiqub (Louis de), 4^ consul de France, à Florence (Italie) 

(5 décembre 1883). 
Batiffol (l'abbé), chapelain de Saint*Louis-des-Français, à 

Rome (11 janvier 1888). 

Asaociét oorrespondantfl étrangers. 

AiDgktêtfe, • ' ^ • 

Boaoh Sioth (<ibarle^, membre de la Société des Antiquaires 
de Londres, à Rochester (9 avril 1851). 

GoLLiNQwooi) BatKSE (Johu), membre de la Sooiété des Anti- 
quaires de Londres, à Newcastle-sur-Tyne (9 mai 1853). 

LoFTus, à Ettrich (Ecosse) (4 novembre 1857). ' 

Maybr (Joseph), à Liverpool {11 août 1858). 

Franks (Augustus-Wollaston), membre de la Société des 
Antiquaires de Londres, conservateur au Musée Britan- 
nique (5 février 4862). ' ' ' ' 



MM. 
Eàwm (William-Hanri), à Loodm (6 iottlet 1864). . 
lamt (le R^^- BamudI Savage), fellov ^ bibliothécaire de 

€k>rpii8 Gbri9ti Goilaga, à Gambriëge <14 février 1872). 
BuNNBM. Lswuy membre de la Société des Antiquaires de 

Londres, Queen's Collège, à Cork (Irlande) (7 mars 

1883). 
Biwbt-Gjlrnac, Eeq'V k AUahabad (Indes Orientales) (10 dé» 

cembre 1884). 

Belgique. 

Ghalon (Renier), membre de T Académie royale de Belgique, 

à Braxelles (29 août 1851). 
ScHAWKBTis (A.), artiste peintre, à Bruxelles (2 juillet 1856). 
Dbl Mauiol, président de la Société archéologique de Namur, 

à Namur (20 mars 1861). 
Vah dhi BtftÀTEK PoMTHOz (le comte François), à Bruxelles, 

rue de la Loi) 13 (18 jantier 1865). 
DooNiB (Eugène-M. 0.), % à Liège (6 juin 1867). 
Helbio (Jules), directeur de la Revue de VArt chrétien^ à 

Liège, me de Joie, 8 (2 mai 1883). 
Gloqubt (L.), à Tournai, boulevard Léopold (3 décembre 

1884). 
Gdmokt, à Bruxelles, rue Vbydt, 31 (6 avril 1887). 

WoRSAAB (J. J. A.), ancien ministre, inspecteur général des 

monuments hiôtoriques du Danemark, à Copenhague 

(9 août 1854). 
Mttlleh (Louis), inspecteur du Cabinet royal des médailles, 

à Copenhague (25 mars 1858). 
ScHMmr (le professeur Waldemar), ^, à C!openhague (3 juin 

1868). 

Espagne. 

G^maAnoa i>a 1«8aj»4 (Ba«ile^bastieo)i meaibre 4e TAca^ 
demie d'archéologie, à Madrid (9 avril 1851). 



MM. 

Mabtinbjs y RsamaA (le doctonr Lèopoldo), à Bajalance, pro- 
vince de Gordoue (6 novembre 1867). 
lUiiONrSoAUJio-TojfBA, à Barceiono (i9^ novembre 1879). 
GiRBAL (Henri-Glaude), à Gérone (1« décembre 1880). 

EtaU'Unù. 

SoxjiER (E. (t.), à New- York (9 juillet 1851). 

EvBRETT (Edward), correspondant de Flnstitut (Académie 

des sciences morales et politiques), à Boston (9 juillet 

1851). 

Grke. 

RuiOiAâ (A. :ftizo), correspondant de l'Institut (Académie 
des inscriptions et belles-lettres), à Athènes (19 octobre 
1849). 

Garapanos (Constantin), ^y correspondant de Tlnstitat (Aca- 
démie des beaux-arta), à Athènes (10 avril 1878). 

HoUande. 

Wal (J. ob), professeur à l'Université, à Leyde (10 décembre 

1849). 
Leemans (le docteur Conrad), directeur du Musée d'anti' 

quités, à Leyde (9 janvier 1852). 
DiRKs (le docteur J.), à Leeuwarden (3 mars 1869). 

BoNNBPOY (l'abbé), à Jarsy (9 mars 1842). 

FusGO (Giuseppe-Maria), à Naples (9 décembre 1850). 

Rossi (le commandeur G.-B. db), ^, associé étranger de 
l'institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), 
interprète des manuscrits à la Bibliothèque du Vatican, 
membre de la Commission des antiquités chrétiennes et 
du collège philologique de l'Université, à Rome (10 jan- 
vier 1853). 

BsiTOLom (le chevalier), directeur des archives d'État, à 
Mantoue (8 janvier i879). 



— as — 

MM. 

Unobr, profeôsear à PUniversité, à Christiania (28 juin 1871). 

SifiNMiGKi (Stanislas-Joseph), à Varsovie (3 février 1875). 

QuiQusaEz, à Bellerive, près Délémont, canton de Berne 
(19 février 1847). 

VuLLiEMni (Louis), à Lausanne (10 décembre 1849). 

Fa£t (Henry)y membre du Conseil d'État, à Genève (4 fé- 
vrier 1863). 

Geyhdller (le baron Henry db), à Champitet près Lausanne 
(6 février 1884). 

Briquet (C. M.), à Genève, rue de la Cité, 6 (23 décembre 
1885). 

Ppugh-Hahttuno, à Bâle (1" décembre 1886). 



èJSFt, BULLBTnt. 



LISTE 

DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

avec lesquelles la Compagnie est en correspondance. 



Sociétés françaises. 

Académie des inscriptions et belles-lettres de l'Institut na- 
tional de France. 

AisNBy Saint'Qiientin, Société académique. 
AxitiBai Moulins. Société d'émulation. 
Alpes (Hautes-), Gap. Société des études historiques. 
ALpBS-MARrnuEs, Nice. Société des lettres, ficiencee et arts. 
Aube, Troyes. Société d'agriculture, sciences, arts et belles- 
lettres du département. 
Bblfort (Territoire de). Société Belfortaine d'émulation. 
Calvados, Coên. Société des Antiquaires de Normandie. . 

— — Académie des sciences, arts et belles-lettres. 
*- Bt^eux. Société d'agriculture, sciences, arts et' 

belles-lettres. 
Ghabbmte, Ang<miême. Société d'agriculture, arts et com- 
merce du département. 

— — Société archéologique et historique 

de la Charente. 
CHABBireir<Ii«t6»iBnRB, Saintes. Société archéologique de la 

Charente-In£6neure. 
— — Société des archives histo- 

riques de la Saintonge et 
de l'Aunis. 
*-« SaétU-Jean^Angéfy. Société linnéenne 

de la Gharente^nférieure. 



— 85 — 

Cher, BawFfm. Gonniuisaioii historiqua du dlher. 

f^ ^ Spciété ides Antiquaires du Centre. ^ 
GoRRÈzB, Brwe. Société scientifique, historique et archéolo« 

Inique de )a CSonèze. 
GAtb-d'Or, Dijon, Commission des antiquités du départe- 
qient. 

— Bêoune. Société d'archéologie, d'histoire et de 

littérature. 

— S^ttiir. Société des sciences historiques et natu- 

relles. 

û&T^s^nu-NoiU}, ^nt'Brieuc. Société archéologique et his- 
torique des G6tes-du*Nord. 

GuBpsB, Gft^re^- Société des sciences n&turçlUç et arçibéojipr 
giquès de la Creuse. 

Doanoow, PérigueH;^, Société historique e) arçjtiéolggjifjVP 
du Périgord. 

DouBS, Besançon. Société d'éiauiulation du Qouhs. 

DjbdMB, B<manM, Société d'jbustoireecclâ^iastiqoç et d'ar^o- 
logie. 

Edre-bt4^hi, Chartr4$. Société archéologique i« àéjfmft^ 

ment. 
Gàed, NvfÊfi9. 4e«d^niîe di^ Giurd. 

— Alais. Société sçJeftUfiquiS ^ littériûfe, 
Garomiib (S^ptb*), Toui^me* Académie des «cjdnces, jipf^p* 

tiens et belles-lettres. 
— -?T- Société arcbéo]ogiq\;e du midi 

à» la France. 
Gao89B, Ihrieqm, Oomjndssion des oio^nmeots ât docu- 
meiKto hisjUtfiq^es de k£rjut)nde. 

— •»« Société archièologique de Bordeaux. 
fiiBAtç^, ito9i$pffli^. Sopiét^ fgrchéologjlque. 

— Béxiers. Société archéologique. 
iLLB-BiyYiLADŒ, Rennef. ^Qm\4 arehéologj^ue. 
Indrb-et-Loire, TourM. jBociét^ 4irphéolQgiq\ie. 

rm- — SoGÂété f^^(g«^i8e4'4irchéologie. 

liANDESy Dax. Société de Borda. 



-86 — 

Loir-et-Chim, SÎoù. Société des sciencoB et lettres. 

— VeKââme. Société archéologique "dû VehdS- 

moisi ». ^ 

Loire, Monthrison. La Diana, société historique et archéo- 
logique dà Foret. ■ '" •• • V ^ 
44D1IB {HAimi-)i Le Puif. Société d'agdeultuEei sdenceiy arlB 

et commerce. 
LoiaB-lHFÈRiBORii) NwUéi, Société archéologique. 
LoiRBT, Orléans, Société archéologique de TOrléanais. 
Mainb-et-Loire, Angers, Répertoire archéologique de TAnjou. 
— — Académie des sciences et belles- 

lettres d'Angers. 
Manche, Cherbourg. Société nationale académique de Cher- 
bourg. 
Marne, ChâLonS'SW'Mame, Société d'agriculture, commerce, 
sciences et arts. 

— Reims, Académie de Reims. 

Marne (Haute-), Langres. Société bi8tori<|ue et archéolo- 
gique. -. - " 

MBuaTHE*BT-Mo8BLLB, NoMcy. Académie de Stanislas. 

— — Société d'archéologie lorraine. 

Meuse, Bar^-h'Due, Société des letlreS)- sciences et arts. 

— Vêrduu^ Société philomatbique. 

MoBBŒAN, Vannss. Société polym^Uiique du Morbihan. 
Nord, Lille, Société des sciwces, de l'agriculture et de&arts. 

— Avesnes, Société archéologique. 
*- Camhrm, Société d'émulation. 

-« DaiÊcd. Société centrale d'agriculture, sciences et arts. 
-^ Dunkerque. Société Dunkerquoise pour l'encourage- 
ment des sciences, des lettres et des art^. 
Oise, Beauvais, Société académique d'archéologie, sciences 
et arts, 
^ CompUgne. Société historique. 
Pas-de-Calais, Arras, Académie d'Arras. 

— Saint^Omer. Société des Antiquaireç de la 

Morinie. 



— 87 — 

Rhôke, Lyon. Académie des soimieee^ belles-lettres et artv. 
.SâÔH^^BX-LoiRE, Anihin, Soeiété Éduexme. • 

— CAo/ofMvr-^Sci^fM. Société des sciences natu- 

relles de Saôpa-et-Loire. ,, 

Saathb, Le Mans. Société archéologique du Maine. 

Sa-vou, €hatnMry, Société SaToisienne «{'histoire et â*a^ 
chéologie. 

Savoib (Hautb-), Annecy. Société Plorîniontane. 

Seine,' Pam. Société française de numismatique et d'archéo- 
^ logîe. 

— ' — Société de Thistoire de France. 

— — Société des études historiques. 

— — Société pUlotedinique. 

Seine-et-Marne, Melun. Société d'archéologie, scienceç, 

lettres et' arts. 

— Fontainebleau, Société archéologique du 

Gfttlnais. 

8eine*et-0ise, Versailles. Société des sciences morales, des 

lettres et des arts. 
— C!ommission des antiquités du 

département. 
-^ i?am6{ne^(rf. Société archéologique. ' ^ 

— Pontoise. Société historique et archéologique 

de Poûtoise et dn Vexin. 

SEÎNB-lNFéRnsuitE, Rouen. Académie des sciences, belles- 
lettres et arts. 

— — Commission départementale des 

antiquités de la Seihe-Infé- 
rieure. 
SèvBES (Deux-), Niort. Société de statistique. 

Somme, Amiens. Société des Antiquaires de Picardie. 

— — Académie du département de la Somme. 

— AbbevUle. Conférence scientifique d*Abbevilîe élde 

Ponthieu. 

Var, Tovlqn. Société des sciences, belles-lettres et arts. 



-* » - 

YAùcttSË, Atîgn&H. Académie dd Ysnehite. 
Vendes, La Roeke-mréYaà^ SodÂté d'émulatk»! delaVwdée. 
VtMnm, P&Mef». Société des Antiquaires de l'Ouest. 
Vienne (HAiits-), lÀmùgëi. Société archéologique et histo- 
rique du Limousin. 
Vosges, Épinal. Société d'émulation. 

— SaifU'Dié. Société philomathique vosgienne. 
Yonne, Auxerte, Société des sciences historiques et natu- 
relles. 

^ Sêhê. SMlété arohéologique. 
Algébie, Alger. Société historique algérlentie. 

— CofutaikHiië. Société ârchéologi^tie de la province. 
-^ Oran. 86Ciété de géo^fftphie et d'ardiéoiogie. 

-* Bâne. Académie d'Hippôlie. 

BodtétM étrangères. 

Alsace-Lorraine, Calmar, Société dHistoire naturelle. 

— Metx. Académie. 

— Mttlhouêt. Société industrielle. 

— Strasbourg, Société pour la conservation 

des monuments historiques de l'Alsace. 
Anoleterab, Lonàrts. Société royale des Antiquaires. 
-^ — Institut archéologique de Grande- 

Bretagne et d'IrUÛide. 

— Cambridge. Société des Antiquaires. 

— Edimbourg, Société des Antiquaires d'Ecosse. 

— Société numismatique. 

AunuGHE, FftfMiM. Académie impériale des sciences. 

— GraU, Société historique de Styrie. 

— Laybach, Société historique de la Gamiole. 

— Zagreï'Àgram. Société archéologique. 
Bade, Manheim. Société historique. 

Bavière, Afunich, Académie royale des sciences. 

— Bamherg, Société historique. 

— Nuremberg. Muséum germanique. 

— Itatishbftnè, Société historique du fiant^Palatloat. 



— $• — 

Belgique, BnaéBm. Aca^éonie royal» 4e Bil&§i(|«e. 

— — Société royal» de QunHmwtiqQO b^t^av 

— AfiMT9. Académie d'archéologie de Bal^^que. 

«^ G^nd, Ck>mité ceaUal des puUicatioas de la 
Flandre. 

— Liège, Société liégeoise de littérature wallonne. 

— Mons. Société des sciences, des aits et des lettres 

du Hainaut. 
Danemark, Copenhague. Société royale des Antiquaires du 
Nord. 

— Odentée. Société littéraire de Fionie. 
EspMkHB, Madrid. Académie royale d'histoire. 

^- — Aeadémie royale des beaux-arts de San- 

Fernando. 

— — Soeiété liUbref des «MldveB,.lûUiathè^es 

et mnsées* 

— Valence. Société archéologique. 

Etats-Unis, Baltimore. Université de John Hopkins pour 
rétude des sciences historiques et politiques. 

— Boston. Société des Antiquaires. 

— — Institut archéologique d'Amérique. 

— Neto^York. Société ethnologique d'histoire na- 

turelle. 

— Philadelphie. Société philosophique américaine. 

— Topeka, Société historique de Fétat du Kansas. 

— Urhana. Association centrale scientifique de 

rOhio. 

— Washington. Institut Smithsonien. 
(xaèCE, Athènes. Société archéologique. 
Hbsse-Darhstadt, Mayence. Société des Antiquaires. 
Hollande, Leeuwarden. Société d'histoire et des antiquités 

de la Frise. 
Italie, Rome. Académie des Lincei. 

— Modène. Académie royale des sciences, lettres et arts. 

— Turin. Académie royale des sciences. 
Luxembourg, Luxembourg, Institut Royal Grand-Ducal, sec- 
tion historique. 



— 40 — 

Nassau, Wiêsbaim. Société des Antiquaires. 
POBTU&AL, Liibamikê. Académie royale des sciences. 
PausSB, Son». Société des Antiquaires du Rhin. 

— léna. Société d'histoire et d'archéologie de la Thu- 

ringe. 
-— Trhei. ëd«iété detf îëchèrcbe^ tuiles. 
Russie, BainuFétenibourg. Académie impériale des sciences. 
Suàiw, S^oeMofat.'' Académie. rtjyUé -dés 'ûteenptiflil et 

belles^lettres. 
SuissB, BàU, Société nationale dea .'Antiquaires. 

— Genève, Société d'histoire et d*archéologie. 

— - LoMoMu. Société d'Ustoire de Ui Suisse Romande. 
■»*-> iMceme, Société historique des cinq. Gantons pri- 
mitifs. 
*é^ Zwrieh, Société des Antiquahres. 
Turquie, Comtantmople. S<>ciiHé è;etftrale. 



USTË ALPHàBËTIQUE 
DBB Â8B0GIÉS GORREBPONDÂNTB NATK)NAUX 

Au 15 Juin 1888. 



MM. 

Allard (Paul), Seine-Inférieure. 

Allmer (Augaste); Rhône. 

ABBAmfONT (Jule» d')) CSôte-d'Or. 

Atjbbr (Fabbé), Vienne. 

AuBERTm (Charles), Gôte-d'Or. 

AuBÈB, Gard. 

Aticard, Haute-Loire. 

AzaIs (Gabriel), Hérault. 

Babbau (Albert), Aube. 

Baras (A.), Seine. 

Barthélémy (le docteur), Bouches-du-Rhône. 

Batiffol (l'abbé), Rome. 

Baye (le baron Joseph de), Marne. 

Bayet (Charles), Rhône. 

Bbaucbet-Filleau, Deux-Sèvres. 

Bbaugorps (le baron A. de), Charente-Inférieure. 

BEAUDOtim (Jules), Côte-d'Or. 

BBAUREPAfRB (Eugèno DE RoBiLLAKD de), Calvados. 

Beaurepaire (Charles de Robillard de), SeineJnférieure. 

Beaitvois (E.), Gôte-dH^r. 

Bernard (Fabbé £.), Morbihan. 

BBRTBELé (J.), Deux-Sèvres. 



-42- 
MM. 

Bbbthblbt (Charles), Jura. 

;^RTRAMD DE Broossillom (Axihar), Sardie. 

Beurlie» (l'abbé), Seine. 

BioARNE (Charles), C6te-d'0r. , 

Blangarb (Louis), BDadies^i^Rhûne. 

Blanchèrb (René de la), Tunis. 

Blamchbt (Adrien)y Basses-Pyrénées. 

Bloch (G.), Rhône. 

Bordes (riJi)bé), Seine-et-Marne. 

Boucher de Molandon, Loiret. 

BouGARD (le docteur), Haute-Marne. 

BouQOT, Gôte-d'Or. 

BouRQADE La Dardte (de), Puy-de-Dôme. 

BoYÂ (Marins), Aude. 

Brassart |E.), Loire. 

Brémont d'Ars (le comte Anatole de), Finistère. 

Brocard (Henry), Haute-Marne. 

BuHOT DE Kersbrs, Cher. 

BuLLioT (G.), Saône-et-Loira 

Caffiaux (Henry), Nord. 

(}aonat (René), Seine. 

Gaqny (Fabbé Paul de). Somme. 

(}aix de Saint-Atmour (Amédée de), Oise. 

Cardevagque (Adolphe de), E^-de-Cîalais. 

Caron (E.), Seine^et-Oise. 

Casati (Charles), Seine. 

Castan (Auguste), Doobs. 

Cazalib de Fondouge, Hérault. 

Cessag (\e comte P. de). Creuse. 

Cessag (le vicomte Jean de), Creuse. 

Chambrun de Rosehont (Art. de], Rhône. 

Chardq) (Paul), Seine-et-Oise. 

Charmasse (Anatole de), Saône-et-Loire. 

Chassaing (Augustin), Haute-Loîre;^. 

Chatel (Eugène), C^Salvadosi. 

Chatbllibr (P. du), Finistère. 



— 48 — 
MM. 

Ghadvbt, Charente. 

GHAYSROimitii (Aiigatt«), Loire. 

GHSTAI.UEB (le chanoine UlyaBe), Drànth, 

Glausade (Gustaye de), Tarn. 

GoLusvn^LE (le vicomte bb), BasB8ft-AlpM« 

G0MBE8 (G.), Vienne. 

GoBMBAux (l'abbé), Aisne. 

GouoNY (E.), Seine-et-Oise. » 

GouBET (Alphonse), Loiret. 

GonaïunLT (Gharles), Meurthe-et-Moselle. 

Daquin, Haute-Marne. 

Daiqubon, Indre. 

Dangoisnb, Pa8-de*^lài8. 

Daboibeaud, Gharente-Inférirare. 

Dard (le baron), Pas-de-Galais. 

Dehaibnbs (l'abbé). Nord. 

Dblahaut, Ardennes. 

Delattbb (Victor), Nord. 

Dblayojjs Le Roulx (J.), Indre-et-Loire. 

Delotb (Auguste), Vaucluse. 

Demaison, Marne. 

Desghampb db Pas (Louis), Pas^de«-Galais. 

Dbbnotbbs (l'abbé), Loiret. 

Dbs Robert, Meurthe-et-Moselle. 

Drouyn (Léo), Gironde» 

Du Frbsne de Bbauoocrt (le marquis G.), GalYedos. 

DuHAMEL-DécâjBAM, Sommo. 

DoBAHSL (L.), Vaudnse. 

Du Lac (Jules), Oise. 

Du Plbssis (G.), LoÎT'-eMuher. 

Durabd (Vincent), Loire^ 

DuRAHD DE Distrofp (Auatole), Meurthe-et-Moselle. 

DuRUFLé (Gustave), Orne. 

Duval (Louis), Orne. 

DuvBRNOY (G.), Doubs. 

Enobl (Arthur), Suisse. 



MM. '/ :/ 

EspÉBANDiBU, Gard. ,-j .. ' • ■ 

EsTAOCTOT (le comte Robert d'), SeiiiQlixfèiieum. 
EsTOURBBiLLON (lo comte RégUrPAL^Y LdM-Iafiéneiiie. 
Fabrb (Marc), BaaseB-Aipes. i > 

Faob (René), Hante-Marae/ . 
Fargy (Louis DB), Maine-et-Loire.. 
Fa^gy (Paul DB)t Mayenne. 
Fayrb (Louis), Deux-SèYres. 
Fayollb (le marquis bb), Dor4oigDd. • 
FmoT (Jules), Nqufd. 
Fontbnay (HaroldDB), ôaône-et^lioire* 
Fortbntllbs (Paul db), Haute-OaroQue.' 
FounDRiGNiEB (Ëdouard), Seine-eWOofle. 
Frossabd, Hautes-Pyréoéei. 
Gabibl, Isère. 
Gauthibr (Jules), Ooabs. 

Gbruain (L.), Meurthe-et-Moselle. < i 

Gbrhbr-Durand (François), Lozère. 
Girard (Paul), Seine. . . ^ 

GoiAUD (J.-B.), Rhône. 
GrvBLBT (Charles), Marne. 
Godard-Faultubr, Main&*et*Loire. 
GoDBT. (l'abbé), Orne. 

GrONNARD, LoirO. - • 

GouRJAULT (le comte nB)^ ArdenniBS. . . . . ' 

GrouyBRiiBnR (Aristide), Enre-etdûtoir.' 

(3oY (Pierre db), Cher. 

Granges de Suroèrbs (le marquis db), Loiie-Xnlérieiuew 

Grâau (Julien), Seine-et-Marne. i : 

Grbllbt-Baloubrib (Charles), Gironde. . 

Guère (le comte Alphonse de la), Cher* i 

GuiGOB (M.-C), Rhône. 

HAn.LAMT, Vosges. 

Hardy (Michel), Dordogne. 

Hewœbbrt, Seine-et-Oiser 

HcGHEB, Sarthe. ..>•.... </ 



— « — 

MM. 

Jagob (Alfred), Meuse. 

Jadart (H^my), M«m«. 

jAHVfitt (ÂUgaefte), BèBdtne. 

Jbammbz (Edouard), Loire. 

JouoN DB8 LoNORAis, lUo-et- Vilaine. 

J0U8BIT (le docteur), Orne;' 

Jolien-Lafbbbièrb (le chanoine), Ghatente-Inférieure. 

JuLuoT (G.), Yonne. 

Kebmainoamt (db), Seine-Inférieure. 

Kbryilbb (René Pogard-), Loire-Inférieure. 

La Boullatb (E. Juluër bb), Haute-Marne. 

La Gaoïx (le R. P. G. m), Vienne. 

Lafatb (Georges), Rhône. 

Laqbèze (Basglb db), Bassee-Pyrénées. 

Laigub (Louis de), Florence. 

Lallbmakd (Fabbé), Alsace-Lorraine. 

Lalorb (l'abbé Charles), Aube. 

LAPéROusB (Gustave), G6te«d'0r. . 

Lebèoub, Haute-Garonne. 

Lb Brbton (Gaston), Seine-Infàrieure. 

Lbglbec (Lucien), Vosges. 

LBGonvTRB-DupoNT (G.), Vienne. 

LBDAUf (Bélisaire), Vienne. 

Lbvobt (Louis), Seine. 

liBSPnfASSB (René Leblaho db), Nièvre. 

LBTAn.LB (Joseph), Seine-et-Oise. 

Lbtrôiœ (Ludovic), Orne. 

LiftvBÉ, Vienne. . 

LoiSELEUB (Jules), Loiret. 

LoNOPiBiEB-GRiMOARD (le coflite Alfred Prévost de), Oise. 

Louis-Lucas, Gôte-d'Or. 

LousTAU (G.), Oise. 

LuQAT (le comte db), Oise. 

LuGOT (Fabbé), Marne. 

Maobn (Adolphe), Lot-et»(jaionne. 

Mallat (Emile), Puy-de-Dôme. 



— 46 — 
MM» 

Marnibr (E.), Nord. 

Margellin (i^abbé), Tam-e^GaroniiB. 

Marsy (le comte de), Oise. 

Mabtha (Jules), Rhône. 

Maxe-Wbrly, Meuse. 

BiAZBROLLE (Femaud), SaAne-etrLoire. 

MéLoiEBS (Albert ms), Cher. 

MiLLESGAMPs (Gustave), Seine-et-Oise. 

MiLLON, (]ôte-d'Or. 

MONNEGOVE (Félix LE fiBRWàNT DSf, PaS-dO-CUlÛI. 

MoNTéauT (de), GhareaCe. 

MoNTiLLE (L. de), Gôte^'Or. 

MoREAu (Frédéric), Aisne. 

MoREL (Jean-Pierre*l£arie), Eaute-GAronae. 

MoRBL (Léon), Vosges. 

MoRiN-PoNS (Henry), Rkône. 

MoBSMANN, Belfort. 

MouQENOT (Léon), Mettrthe-«t*Mo8eUe. 

Musset, Charente-Inférieure. 

NiGAisE (Auguste), Marne. 

NiGOLLiÈRE (S. DE la), Loire-Iafériettro. 

NoouÈs (l'abbé), Gharente*Iiilérieufe. 

NoouiBR (Louis), Hérault. 

Pagart d*Hermansart, Pas-de-Galaia. 

Palustre (Léon), lQd«e>»et*Loîre. 

Parrogel (E.), Bouchea^<Rhtee. 

Pasquier, Ariège. 

Payard (Emile), Meurthe-et-Moselle. 

Pécheur (l'abbé), Aisne. 

BAgoul (Auguste), Seifie-eti^Oise. 

Pbnom (G.), Bouches-du-Rhône. 

Petft (Ernest), Yonne. 

Pierrot-Dbsbilligny, Saône-et^liOice. 

Piet-Lataudrib, Deux-Sèvres. 

PiETTE (Edouard), Maiii6i«tMLoire. 

Piqeotte (Léon), Aube. 



— 47 — 

MM. 

PiLLOY, Aisne. 

Pttbe db Lislb, Loire^Inâ&rieare. 
Plicque (le docteur), Puy-de-Dûme. 
Port (Gèlestin), Maine-et-Loîre. 
PoTHTER (Edgard), Gard. 
PouJOL DE FaâcHEMGOtjRT, Sosime. 
Prévost (Gustave), Eure. 
Prudhohme (de), Haute-Gamone. 
Prunières (le docteur), Lozère. 
PuYMÀioRE (le comte de), Meurthe-et-Moselle. 
Quabré-Rbysourbom, Nord. 
Rabct (Laurent), Savoie. 
RÉvoa (Henry), Gard. 
Rhône (Arthur), Gôtes-du-Nord. 
Ricard (Adolphe), Hérault. 
RiGAUx (Henry), Noid. 

RiPERT-MoNGLAR (lo marquls de), Basses- Alpes. 
Rivoli (le duc de), Alpes-Maritimes. 
RoBiou (Félix), lUe-et-Vilaine. 
RoGHAMBBAU (le marquis Achille db), Loir-et-Cher. 
Roman (Joseph), Hautes- Alpes. 
RosGHAGH (Ernest), Haute-Garonne. 
Rouybr (Jules), Meurthe-et-Moselle. 
Ruelle (Emile), Seine. 
Rupin (Ernest), (îorrèze. 
Sagazb (Julien), Haute-Garonne. 
• Saiqe (G.), Monaco. 
Saint-Paul (Anthyme), Haute-Garonne. 
Sainte-Marie (E. Prigot de), Turquie. 
Salmon (Philippe), Yonne. 
Sauvage (l'ahbé E.), Seine-Inférieure. 
Septenvillb (le baron de), Seine-Inférieure. 
SizERANNB (le comte Monnier db la), Drôme. 
Sorlin-Dorigmy, Gonstantinople. 
Soultrait (le comte de), Nièvre. 
Storelli (André), Loir-et-Cher. 



— 4« — 

MM. 

Taillbbois (Emile), Landes. 

Tahizby db Labroqub, LotF-et-Gflronne. 

Tabtièbb (Henry), Landes. 

Taubsbrat (Alexandre), Marne. 

Tbissier (Octaye), Boaches-du-Rhône. 

Terbingk (Â.), Pas-de-Calais. 

Thiollibr (F.J, Loire. 

Thoun (Georges), Lot-et-Garonne. 

Travbrs (Emile), Calyados. 

Vaghbz (À.), Rhône. 

Vallbntir (Ludovic), Drôme. 

Vallbite (René), Vendée. 

Van Hendb, Nord. 

Vam Rodais, Somme. 

Vauvillé (Octave), Aisne. 

ViLLEPOssB (Etienne Héron de), Seine-et-Marne. 

VouLOT, Vosges. 

Wmss (André), Gôte-d'Or. 



NOTICE 



SUE 



M. P.-CH. ROBERT 

Ancien Intendant général 

Membre de Flnstitat 

et de la Société nationale des Antiquaires de France 

PAB M. Aua. PROST, mbmbbe bésidant. 



Aux funérailles de M. Pierre-Charles Robert on a pu 
entendre successivement, avec l'éloquente allocution du pré- 
sident de TAcadémie des inscriptions, deux discours qui 
auraient suffi, chacun pour sa part, à honorer la mémoire de 
deux hommes dont la vie eût été bien remplie. Dans l'un de 
ces discours était retracée une carrière militaire complète, 
poussée jusqu'au grade le plus élevé qu'elle pût atteindre ; 
dans l'autre, la vie d'un savant que l'estime et les suffrages 
éclairés de ceux dont il partageait les travaux avaient porté 
de degré en degré jusqu'à un siège à l'Institut *. Ces témoi- 
gnages si différents concernaient cependant un seul et môme 
homme ; ils s'adressaient également à la mémoire de Témi- 
nent confrère que nous avons perdu. 

Rappeler ces particularités c'est dire tout de suite qu'une 
notice consacrée à M. Gh.- Robert doit emprunter ses élé- 

1. Diecoiin prononoéB aux fanéniileB de M. P.-Cbarlet Robarl, le 10 décembre 
1887, par M. Michel BréaJ, préaideni de rAcadémie des iueripUona et belles- 
lettrw, par M. Bouché, intendant géDéral en retraite, et par M. Héron de Vilie- 
foase, présidant de la Société nationale des Antiquaires de France. 

ANT. BULLBTIN. 4 



— 50 — 

mente aux deux Boaroes à la fois qui syndiquent aiuBi. Nous 
ne séparerons pas les données qui en ressortent. On doit 
d'autant moins le faire pour celui dont nous avons à parler 
ici, que c*est sa carrière militaire qui a déterminé avant tout 
le mouvement de sa vfe dais les LIettx divers où elle s'est 
passée; et que ce sont souvent ces lieux eux-mêmes qui, en 
lui présentant des sujets d'étude, ont pu décider du choix de 
ceux qu'il a traités. Le rapprochement des faits appartenant 
à cette double ori^ne peut donc seul donner au tableau que 
nous voulons tracer sa physionomie vraie, poor fixer, comme 
il convient ce nous semble de le faire, le souvenir de l'homme 
chez ceux qui ont vécu avec lui, et pour montrer ce qu'il a 
été à ceux qui ne l'auront pas connu. 

Pierre-Charles Robert, ancien intendant général, membre 
de rinstitut, décédé à Paris le 15 décembre 1867, était né 
à Bar-le-Duc le 20 novembre 1812, issu d'une famille de 
vieille bourgeoisie ^ Il était resté Qh unique. Amené à 
Metz dans sa première enfance , il y avait commencé ses 
études et les avait poussées jusqu'au baccalauréat es lettres 
au collège royal de cette ville, où il avait ensuite fait, en 
1831, une première année de mathématiques spéciales. II 
en faisait une seconde en 1832 à Rennes, où son père 
venait d'être envoyé comme directeur des contributions 
indirectes. Tout en se préparant ainsi à l'examen d'entrée à 
rËcole polytechnique, le jeune Robert suit alors à la Faculté 
de Rennes les cours d'une première année de droit, mani- 
festant par là dès le début une facilité de travail dont il a 
donné ultérieurement plus d'une preuve, et une aptitude 
particulière à porter avec fruit son attention sur plusieurs 
sujets à la fois. L'étude du droit en effet ne nuisit alors en 
rien à celle des sciences exactes, et à la fîn de cette même 
année l'étudiant zélé obtenait un premier prix de mathéma- 
tiques et son admission à l'École polytechnique. Deux ans 

t. Pliuieon membrei d« oette famiJle m lont distingués dans les charg«s mwi- 
dpsles et dans le seirice militaire. (In grsnd-oncle de eelai dont Boas perlons s 
été maire royal de Bar-le-Duc en 1776, et son aleiâ a serri dans la gendaraerie 
ronge de Lnnétille. 'Un de Mi onclM, «apitrioe dans les éngùOM de la fguét 
impériale, est mort oolane} et oomntandev de la UgioB d^honnenr. 



— M — 

pltxs tard, «on passage de cette école & FÉcole (fappiÎGatiûii 
de FartiUerie et du géode k Metz décide de son entrée dans 
rarmée, où il débute par le gnule de sous-lienteziant du 
génie à FÉcole de Metz, le 1« octobre 1834. Ueutenant 
ensuite au 3* régiment, le 27 février 1837, pois à l'état-major 
de son arme le 15 janvier 1839, il est attaché le 20 mars de 
la même année aa service de la place de Metz, où il est 
maintenu en prenant le grade de eapiuine le 2^ janvier 1840 ; 
et il reste dans cette ville, à divers titres, jusqu'au mois 
d'octobre 1842. 

Le séjour prolongé de Gb. Robert à Metz pendant ces hmt 
années l'avait rapproché d'un homme un peu plu» â9^ que^ 
lui, mais auquel des similitudes de goûts, de caiaetèreet de 
condition rattachèrent par des liens qui ne se sont jamais 
relâchés. Nous voulons parler de M. de Baulcy, qui devait, 
fournir une si brillante carrière de savant et qui était alors- 
capitaine d'artillerie et professeur de mécanique à l'École 
d'application de Metz. Tous ceux qui ont connu M. de Sauky 
se rappellent le charme de son esprit et de son caractère; 
l'irrésistible séduction qu'il exerçait et Tinfluence qu'il a 
prise sur la plupart de ceux qui rapprochaient, sur les jeunes 
gens tout particulièrement. M. de Baulcy était déjà eatré 
assez avant alors dans ses études de numismatique; il ne 
pouvait qu'encouri^er à prendre cette direction son jeuâae 
ami, dont la vocation à cet égard n'avait di'ailleurs pas 
attendu jusque-là pour se prononcer. Elle remontait à son 
enfance même, à une époque où un savant bien coonu, le 
baron Marchant, médecin de sa famille, le voyait s'im^pUquer 
à former des collections qui n'eurent peut-être pas d'abord 
pour objet de rassembler des médailles. Le savant docteur 
dirigeant alors de ce côté les préférences de l'enfant n'avait 
pas eu de peine à donner à ses amusements un but sérieux, 
auquel correspondaient ses propres goûts. Ainsi commença 
dès l'enfance chez Gh. Robert le culte de la numismatique* 
Ces dispositions premières avaient pu sommeiller un peu, 
quand la rencontre de M. de Saulcy vint leur donner Tessor 
et faire naître entre ces deux hommes de sympathiques 
relations que la mort seule a pu briser. Gh. Robert, confirmé 



— 52 — 

par ces relations dans des tendances déjit anciennes qoi lai 
étaient propres, entrait ainsi dans ia double voie qu'il a sni- 
"vie jusipi'à la fin, la carrière militaire et la vie du savant. 

M* de 8aulcy était à ce moment tout appliqué à Tétude 
des monnaies épiscopaies de Metz. Gh. Robert s'attacbe à 
celle des monnaies de Toul, objet d'un ouvrage publié par 
lui ultérieurement (1844). Il fait auparavant, tout en pour- 
suivant Tamusante composition d'un médailler, quelques 
travaux particuliers parmi lesquels une notice sur un Tiers 
de iou d'or frappé en 557-5S8 au nom de CkUdebert I^ et de 
ton neoeu Ckramne, Ge travail, publié en 1842 par la Betue 
nmmiematique, est le premier qu'ait livré à l'impression notre 
ancien ooirfpére. Depuis lors il ne se passe guère d'années 
sans qu'il en donne quelqu'un, souvent même plusieurs <; et 
cette production, loin de se ralentir, s'accélère encore à la 
fin. Sur quatre-vingt-treize articles à peu près que comprend 
l'inventaire des travaux de notre ami, quarante-deux appar- 
tiennent aux dix dernières années de sa vie. 

En 1842 Gh. Robert quitte le service du Génie pour entrer 
dans celui de Tlutendance, où il se fixe et où ii devait confi» 
nuer et terminer sa carrière. Bn prenant cette détermination 
il suivait, on a quelque raison de le penser, une impulsion 
qu'il avait asses naturellement dû recevoir du baron Dufotir 
son oncle, alors intendant de la 3* division militaire à Metz. 
Le baron Dnfour, survivant des guerres du premier empire, 
connaissait bien et tenait en haute estime les services admi- 
nistratifs qui assurent la formation, l'entretien et la conser^ 
vation des armées. Il n'avait pu que recommander à son 
jeune parent ces importantes et utiles fonctions. 

Entré dans l'Intendance, Gh. Robert ne tarda pas à s'y 
faire distinguer. Les études spéciales auxquelles il dut se 
livrer alors, poar répondre aux exigences de sa nouvelle condî* 
tlon, lui ont fourni la matière d'un cours théorique d'admi- 
nistmtion et de législation militaii^s qu'ii a professé un peu 
plus tard et pendant plusieurs années, .à partir de 4849, 

1. Les années peu nombreuses auxquelles ne se rattache aucune publication de 
M. Ch. Robert sont, depuis 1842, les années 1843, 1847, 1854, 1833, 1856, 1865, 
187i. 



— 5S — 

d^vànties élèvos 4e l'Éooled'appUcatlon de lleiz. 11 montTsit 
aiosi quel fondement solide il s'élail eppUqfué à donner à la 
pratique des deToire particnlierB que lui imposait sa situa* 
tion. Il entendait ne rien négliger pour s'en acquitter oomme 
-il le devait. Il a su le faire — on en a mainte preuve — sans 
nuire aux travaux de nature bien différente que de plus en 
plus on le voit dès lors consacrer simultanément à l'étude 
des antiquités. Bien plus, cette étude, loin d*en être géaée, 
en tire au contraire parfois profit, rezpérienoe de Tadminis* 
trateur militaire pouvant sur bien des points é<^airer certains 
problèmes qiii se posaient devant le savant. Gh. Robert Ta 
prouvé notamment) nous le rappellerons plus loin, dans ce 
qu'il a eu à dire un jour du régime des légions romaines. 
Bon exemple fournit un argument à faire valoir contre le 
pr^ugé assez répandu qu'on ne peut bion faire qu'un travail 
auquel on se donne exclusivement. 

On a vu quelquefois des hommes trop peu scrupuleux 
sacrifier leurs devoirs professionnels à la satisfaction de 
goûts particuliers, qui leur étaient contraires. Notre ami n'a 
pas été de cemc-là, on peut l'affirmer. La facilité de travail 
dont il était doué lui a permis d'ailleurs à cet égard, plus 
peutp^tre que cela n'eût été possible à d'autres, un partage et 
comme une sorte de dualisme dans l'usage de ses fiicultéa. 
Ajoutons à ces considérations cette observation que les devoirs 
auxquels on peut se trouver assujetti exigeant par moments 
dans leur accomplissement suspension et relâche, la plu- 
part demandent ce répit — • on l'oublie trop — à des amuse^ 
mants futiles, à de stériles distractions ou à la pure oisiveté; 
tandis qu'ils pourraient, en changeant seulement d'occupa- 
tion^ satisfaire au même besoin, et remplir utilement ainsi 
dea moments qui autrement sont absolument perdus. Les 
travaux variés peuvent en efiet procurer un soulagement 
suffisant, rien qu'à se succéder ou, dans bien des cas, en 
opposant à la satiété et à la fiitigne produites par les uns le 
charme attrayant des autres. 

Gh. Robert avait distribué sa vie d'après ces principes. Là 
est le secret de la multiple activité qui lui a permis de satis* 
faire à la fois aux obligations de ses fonctions administra* 



— 54 — 

tivet «i aux lolficâtatioiis de «on §ok% ponr rétnde. Setehefe 
n*0Qt jamais en à relever de dèfiiillanee dans la manière 
dont il s'iMfiqaiUaii de ses devoirs, et ses amis osA pu coasta- 
ter en mainte oiroonstance la faeilité avec laqm^ie il passait 
des questions du métier aux spéculalicms de la science. Nous 
nous le rappelons à l'époque de ses graves et absorbantes 
fonsiions de directeur au ministère de la guerre, où nous 
l'avons vn souvent, au sortir d'an travail sur d'arides ques- 
tions de service) tirer d'une des cases de son buvean un petit 
dossier renfermant des dessins et des notes d'épigvsfbie 
on de numismatique, dont Texamen lut procurait pour 
quelques moments le délassement dont il avait besoin. GIl 
Robert a pu paroourir ainsi dans toute son étendue la car» 
riëre qu'il avait embrassée, y obtenir sucoessivement tons 
les grades, jusqu'au^ plus élevé qu'elle comporte, et en même 
temps prendre parmi les savants la situation d'un conMre 
écouté et considéré. 

Au lendemain du jour où il passait du Génie dans rinten** 
danoe, notre ami quittait Mets. D venait d'y vivre pendant 
huit années consécutives. Il y avait resserre de plus en plus 
les liens d'intimité noués entre lui et M. de Saulcy, qui s'en 
éloignait aussi vers la môme époque, nommé en 1841 con- 
servateur du Musée d'artillerie à Paris. Les deux amis pre^ 
naient à ce moment des partis très différents. Saulcy, que 
Paris attirait, sacrifiait, pour y suivre brillamment des voies 
nouvelles, son avenir militaire. Il étaitàcetls date capitaine 
d'artillerie. Dans une situation analogue, Robert, la veille 
encore capitaine du Génie, adoptait un parti qui devait &vo- 
riser au contraire le dévebppement de sa carrière dans les 
foncti(ms spéciales où il entrait. Séparés alors, les deux 
amis, prenant des directions différentes, devaient cependant 
se rapprocher plus tard en touchant au but : ils devaient se 
retrouver sur les bancs de l'Institut. 

C'est le 30 janvier ig42 que Gh. Robert abandonnait l'uni* 
forme du Génie pour celui de l'Intendance militaire. Il pre^- 
nait dans ce corps le grade d'adjoint de }« classe, provisoi- 
rement à Metz, puis, au bout de quelques mois, à Lille, où 
il était transféré avec le même emploi le % octobre 18tô. Il 



_ w _ 

rMte à Iiilb dmix ans el demi à pèn ftèê^ pmtenl teqiDftto, 
en 4844 (30 a^lembre), il p«Me à la premiÂr* cIms^ da êm 
içnde. Praflcpie en même tempe (20 oetobre) il* se mi^ i 
ReiniK, où il troate dea» aoe bomieelriQhefeiDiUe 4m |Nby$ 
la femme toœmplie dont l'afi o et nen a o iellieitede de^tU fcire 
\m ehaffme de ee vie et le toatiea de m viellleeie. LeiO ami 
1840 Gh. Bobert eel nommé à rempkû d'adjoint de pienuiir 
daese à Metz. U letionve dans celte ville ete parente q«is, 
dei^s une diaaine d'années, y résidaient. U aUijt lalHODème 
y passer encofe nenf années, sans antre intemqMtfpn qu'nne 
fdbsence de ^[nelqnes meis, en 1848 et 1849, détadié alers à 
l'armée des Alpes, où il obtenait le grade de iwis- intendant 
de deuxième elasae (15 jvin 1848). C'est en celte qnelité 
qu'après ce coart éloignement il rentre le 3 mars 1849 à 
Mets, d'où.il ne devait pins maintenaot s'éloigner ^u'^i 48^ 
pour un emploi à MarseilJe et pour Ut campegne de Grimée^ 
Pendant la période qui préoède oss évàaementa» la vis de 
notre anden confrère avait prie son assiette définitive. £|)e 
se dessine alers dans le partage qÂe nons avons indiqué entre 
ses ioDctione administratives, avec lenie obligalinns de lente 
sorte, et ses étodes.de savant, avec les attadies scientifiques 
et les publications qni en sont le donble témoignage. Cette 
sitnatioa ainsi définie s'était annoncée dès son séjour 4 liUe, 
où, en 4843, il enlAit dans la Commission bistorique du 
département du Nord — - sa premiôie affiliation inné société 
d'étndes *- puis, en 4844, dans la Société des antiquaires 
de la Morinie, donnant la même année rimportant volome de 
see JtedUfcAsf sur In mammàm dss Mqj^éÈ de T<ml (1844), 
résultat d'étndes commencées à Mets depuis longtemps déjà, 
fin 4845, Cb. Robert ^end place dans les cadres de la 
Sedété française pour la conservation des monuments his- 
toriques, et il est reçu membre de l'Académie de Beims; en 
1846 il est admis à rAcadémie de Metz, dont il est cette 
année même élu secrétaire. Il entre en mé^ne temps dans la 
Sedété des recherches utiles de Trêves, puis, en 1847, dane 
la Société grand-docale de Luxaraboorg; en 4848 il efet 
nommé correspondant de la Société nationale des antiquaires 
de France. La Rtwiê tMimitmaii^^ avait, en 1845 ^t.4846, 



— w — 

aceaeiUi d«ax artaioirM de lui, l'un sur une ùéeowtrU de 
memmUÊi en moyM d^«, Tatilm sur bu r^rt d< um dor 
fMppé à -Êtmifiae, Eb 1846, l'Académie de Mets îraprâie 
dans iOB Mémoires se* obtenatioM sar an emrmge relatif à 
VUitêêlfn dm wummim fpfféêiÊ «tt ^««00 et uae aolioe iati* 
talée DnerîfUom ^wu mo mmodê gmdtriH tnmdét à Lewmrdet. 
prè$ DMoi, tramil préaenléaatértearomeiitàlaGDmmifleiaii 
liiBtoriqae du département da Nerd à Lille. 

Gh« Robert se troamit Umt naÉnrellement posé pour 
prendre part aux krairaux da Gimgràs arciiéologique tenu à 
Meti en 1846. C'est là qu'il aborde pour la première fcÙB par 
des eensidéiaitîoos générales «n 8i]\}et dont il s'est beaucoup 
etbnUamment oecupé depuis lors, et à propos duquel il 
devait se signaler par la ttonveauté et l'originalité de ses 
ooBcepti<mB, la numismatique mérovingienne, celle ea par- 
ticulier des monétaires. U ne voyait encore à ce moment 
comme d'autres, dans les abondants spécimens de ce curieux 
monnayage, qu'un cadre d'étude» de géographie historique. 
C'est à ce point de vue spécialement qu'il en parle dans un 
mémoire intitulé La mmnmmaiêq%ie mérmnmpHnmê cam$idM$ 
da$i$ 9&Ê rcÊppwtu omo le ^éographU, lu au oongrès de 1846, 
et imprimé dans le volume de ses travaux. 

Apnàs le court déplacement ecesaionné par une eominiis- 
siou de service i l'armée des Alpes dont il aété question 
tout à l'heure, Ch. Robert avait, en 1649, comme nous l'kvws 
dit, repris à Mets, avec ses études faverites^ le oourant deses 
occupations administrativtss. Il y avait ajouté bénévolement 
la charge d'an cours d'administration et de législation mili- 
taires dont nous avons dit aittsi deux mets, cours tout à Sut 
nouveau qu'il eut le mérite de créer et de professer à celte 
École d'af^ication de l'artillerie et du génie où il avait été 
lui*méme élève une dousatne d'années auparavant^. U s'at- 
tache à ce réie particulier, tout en remplissant ses touo» 
tions ordinaires de sous-intendant; et il le fût avec assex de 
succès pour mériter d'être expressément loué de la maaiére 
dont il s'est acquitté de ce double emploi. Il en est félicité 

1. G* eimn « «té rédifé «t publié. 



— 5T -^ 

pftt itoê lettré flatleiMe do misistra de ta giMm, sur le Tap* 
port du générât inspecteur de l'École (10 sovembre 4S54). Il 
fant signaler ces faits ponr montrar tsne fois de phis la fad-» 
lité de travait dont était doué Gb. Robert, et son aptitude 
tonte parfictiMère à rétnplir sinnltanément plnsieorstAdies 
sans sacrifier l*nne à l'antre. Le jeune sous-intendant a^ait 
été cette année même nommé ^evalier de la Légion d'hoD- 
nenr (23 mars i85i). 

Tont en s'acqnittant des devoirs commandés par ses ftme- 
Uons ordinaires avxqnels il ajoutait le labenr volontaire d'un 
conrs d'enseignement, Qh. Robert poursuivait ses étodes 
favorites de numismatique, et il faisait à ce moment même 
sur ce terrain erne découverte capitale, qui, plus on moins 
contestée d'abord, a fini par être acceptée par tont le monde. 
Nous vouions parler de 6on explication du régime des moné- 
taires mérovingiens. Il avait en i849 et i 850 publié quelques 
travaux sur Lêê numnain de PoBinmê, ma celles de Btmr^ 
hourg ^êêla ytmeipaMté de Dombéa, snr des Ti§r$ de smi 
cTor hUdiiSf et son premier mémoire d'archéologie propre- 
ment dite sur une Fi!M& eauHque «»• btwu$ poriani traee 
(PANOia, dée4fwêrte au pied du mont SanU-Quenim^ prèi dt 
Mêtx, La notice sur les tiers de seu d'or inédits imprimée 
dans la Hemia nwmiMmmiiqite en 1850 ne contenait que des 
descriptions. Le 'même sujet est alx^é en 1851 à un autre 
point de mae dans deux écrits, les SÊonnaies mérçvmgiemmei 
de kt toUmUm dêfiu M, R$mmli, et les ComidéraHans iwr 
h» w i imi i V à répoquê rémane^ Où l'auteur propose des idées 
noavell0B al Kmt à fait originales sur les tiers de sou d'or 
mèrovingiims et sur le régime des monétaires aux vi«, vu* et 
vni* sidclBs. La théorie deGh. Robert, dont nous reparlerons 
un pen plus loiny est entrée dans la scienoe ; elle sort du 
cadre spécial de la numismatique et pénètre dana le domaine 
pkw large des faits économiques et de l'histoiie proprement 
dite. Après lenr première apparition dans les deax pnblica- 
tione de 1851, ces idées nouvelles sont reprodiiles dana un 
grand ouvrage denné l'année suivante, les Étudtê iNiMia- 
9uUiqtiê$ swr une partie du Nord-Est de la France (1852) 
consacrées aux monnaies de Metz, de Toul et de Verdun, 



— M — 

«mMauras m xh siècle, o'eifrA-4ire «HMvtaïuuUiu éfieq^es 
ganloiM, méiOYÛigwmie et ceroUagkîiae^ei à cette dee pi^ 
mien soûverams d'outoe-Bbia. 

Le aéîow pioloagé de Gb. Robert à Meto l'emit oatoieUe- 
ment aiaeaé à diriger «on attention ear la nnmignuUîqiie de 
cette ville, dont son aaii M. de Sank^aiait tracé les grandes 
lignes, et sur quelques partieularités de oe sujet d'éludés. De 
là deux écrits consacrés alors à cet objet spéotal, les Soim^ Bin 
nmkwmiifHU du nègê de 15^2 (i86i-*5^ et les Eêcktrckêt 
sur lêÊ mofifMMf tt lu j9iom$ dm maUrm feisiw'as de MêU 
(1853). Gb. Robert s'était vu en même temps affilier à k 
Société d'émulation de Lons4e<8aulnier (1850), à la Société 
d'arcbéologie lorraine (1854), à la Société pour laconaerration 
des monuments bistoriques de FAlsaoe (1853), à la Société 
de numiematique de Berlin (1853), à la Société d'éflauXatiop 
de Cambrai (1854). 

Les liens qui atucbaient Oh* Robert a la ville de lAeU 
s'étaient graduellement resserrés. Après ses années de collège 
il y avait passé, presque sans interruption, tontes œiles à 
peu près des commencements de sa canîère, à partir de 
rËoole d'application en 1834. Des vingt annéeeqneconq^iend 
cette période de sa vie, il n'y avait à dé&lquer comme étran- 
gères à cette résidence que les trois années de service è UUe 
(1842-1845) et les quelques mois de présence à l'armée des 
Alpes (1848-1849). Il avait pris à Mets des attaches de tout 
genre, par les relations du monde, par les rapprocbaments 
de l'amitié, par les babitudes de travail et les sqjets d'étnde. 
Il allait maintenant s'en trouver élei^sé par les exigenees de 
sa carrière, et, sauf pou^nn oourt séjour de moins de de«i 
années comme intendant militaire, en 1861 et 4862, il ne 
devait plus y revenir qu'en simple visiteur. 

En 4854, an iendemadn de la publication du volume des 
Recbercbes sur les monnaies et les jetons des maîtres éche- 
vins de Meta, un ordre de service (% mars) faisait partir 
inopinémeni Gb. Robert pour Marseille, où il tombait en 
pleine invasion du cboléra. Une épidémie est le véritable 
cbamp de bataille d'un administraleir* Le sous-inlendant 
Robert aAronta résdument QsMe redoutable épneuye* Sa 



— 50 — 

coum g ai M 0Midiiil6f Mûàt M oofttay Is irte, AinèinM «raye 
atteinte^ Mft«, §on chef d«l dsmaader poar Jni tu miaislre 
un congé de ooavaleteence. Noos noufl en iroadrions de ne 
pasiaiieeonDaline'dan qneie termes est fonnvié le rapport 
jotntà cette p^opeettion <8 août 18M) : c En yùob trans* 
« menant cette demande, dit Fintendant, il est de mon 
« devoir., M. le maréchal, de voue signaler Tattitade éoer^ 
f gtqne da aous-iatefidaiit Rebmt au mitien de i'éj^démie 
« qvâ a SbH tant de nctimes à Th^pital militaire de Mar<- 
c eeUie, et dont il a en trois atteintes saecessives. Ses longues 
a séances da Uma les imos à rh6pit8i ont exercé sur tont le 
c personnel une iafluenee très maïquée ; les infirmiers, dont 
c pkis de Tingt ont succombé, étaient heorenz de sa pré- 
« aenee et s'en trouaient eneoivagés. fin an mot, M. le 
a maiéchal, son zèle et son dévonameat méritent les pins 
€ grands éloges. » Un peu plus tard, le ministre écrivait à 
rintebdant (42 octobte 1864) : c M. L'mtenduit, je vous 
« charge de tnnsmettre le témoignage de nui vive satîsûic* 
€ tieo à M. leeous-dntendant Robert, précédemment employé 
€ è Marseille, et actaelleinent à Tsrmée d'Orient, qui m'a été 
« signalé par votre coUègne de la 9« division comme s'étant 
c particnlièsement lût remavqaer par son zèle et son dévoie- 
c ment fondant kiluiée de la dernière épidémie cholérique 
« qni a sévi dans la 9« division militaire. J'ai fidt déposer an 
c dossier ûa sons^^otendant Robert un extrait du rapport 
< qoe m'a adressé à ee rajet M. l'intendant militaire de 
« Gambie. » 

0e paietls témoignagae sont des lettres de noblesse. La 
seoBods pièce signale une phase nouvelle de la vie militaire 
de notie àoeien oonlfrère. U appartient maintenant à l'armée 
d'Orient. La commission qui ïy attache porte la date du 
96 septembre 48S4. Il avait quitté Marseille au commence^ 
ment d'août avec un congé de dena mois. Bon congé à peine 
expiré, il revient s'y embarquer. Le 15 octobre il est à Andri- 
aople, et le & novembre à Goostaotinople. Lei9 décembre il 
est promu sous-intmidant de première classe, attaché au 
grand quartier général en Grimée, et le 1^ février 1855 il 
prend comme directeur le service des subsistances de l'armée. 



— M — 

Da prosMatM aaoï^atkRM et une ipinde imiwMiinhiiHfi ne 
IftiBeent gnère de liberté d'ancnoa sorte à l'admiiuetnitear 
pendant cette période de guerre. G'eel ce ^e Qh. ftobert 
explique plus taid à M. de Longpérier dans nae tetire publiée 
par la Aamc wnmismaiiquê en 1959, UnrÊ à M. tde Imgfé- 
tUr tut çutlquêi médmillêê tr ouv é es m$€rimé9, où il parle de 
ce qa'il a entendu dire alors des récoltes de médaiiisB faites 
par les Anglais, et de rimpeesibilité où ilaétéloinmèosede 
faire aucune recherche, sinon au dernier moment, en fot^ 
lot 1856, peu de jours avant rerabaïquement. Quelques 
fouilles pratiquées alors prédpitaminentdant remplaeeinoat 
de la seconde Kerson ne donnèrent preequs tien : une 
médaille grecque antique et, avec une trentaine de petila 
bronzes de la fin du iv* siècle et du v«, quelques moosiaies 
des ix% X* et xi* siècles. 

La part des conquêtes en numismatique était faible, fions 
d'autres rapporta le serviteur de la sdence avait été plus 
heureux. Au commencement de 1855 il avait vu d^aïquer 
en Grimée un ancien camarade du Crénie entré eoBime lui 
dans Tadministration, le sous-inteadant Blondeau, qai arri» 
vait d'Afrique pour prendre part à la eampegne. M. Bloa* 
deau avait été envoyé, au coûtant de cette «Kiée, daaa la 
Dobrudja pour y diriger lee récoltes ibunagèies deatiaées à 
la cavalerie de Tarmée. Il était tombé à Ku«|Bndjé*ainr Vtm» 
placement d'une ville antique dont plusieurs iaacriptittDs 
lui avaient permis de constater l'identité avec celle de Ûbbsi 
lieu d'exil d'Ovide, des inscriptions étaient graviéee sur des 
blocs de pierre, quelques-uns irte voiumineax, qneH* Blon- 
deau avait fait embarquer comme lest avee les founages et 
envoyés ainsi à son ami Robert, qui de Grimée patkaaapé* 
dier d'une manière analogue à Marseille. De li ces corieax 
monuments eont parvenus à Paris, où ils ont pris piaee dans 
les collections épigrapbiques du Louvre ^ . 

i. Qualqves nonatox dédaisntei ^noiqae bob d^poonus d^Urtl, Mt 4té iift- 
nis •près les choix Xaiti par Im •dmioiitntoius du mQaée« et aoBt /BOMoMMAt. 
•DcastréB dans le mur latéral de la petite coar ména^ en avant de l'U^tel de 
M. Blondeau, aujourd'hui préaident de section an Conseil d*fitat, me de Hambooiv. 
B* 8, à Paria. 



— et — 

Ghartat-Botan nvioat de Grimée «fec ht orelx d'officier 
de la LégioB d'hotuiear (14 septembre 4855) et le Medjidié 
Ç&7 ma» 1816). Xi reçeit en même temps (i9 avril 1856) mi 
ordre deaervioa qai rattachait à la garde impériale et qui 
dowft^ib ramener è Paris. Mais, avant de venir prendre ce 
poste envié, il doit reslw près d'an an à Aix-^n-Provenee 
poaar le travail de liqttidation des comptes de l'armée d'Orient. 
Il avait xeça pendant ce tonps la médaille anglaise, puis la 
médaille sarde de Grimée. 

Un pea de répit étant donné dès lors à l'administratenr 
dana l'expédition dee attûres de service, il revient graduel- 
lament à ses études favorites. Il avait dû à peu près les sus- 
pendre pendant les années 1854, 18&5 et 1856. Il n'avait rien 
donné depuis les recherches sur les monnaies et jetons des 
maîtres échevins de Metz (1853). G'est à Meta que s'étaient 
arrêtées ses publications, c'est à Metz qu'il veut les reprendre 
et il envoie en 1857 à l'Académie de cette ville sa note sur 
lea antiquités de Koatendjé, Nott tur dei débris aniigwu 
rceastUtt €» 1855 à Kuiùtndfé [Dobrudga)^ dont nous avons 
parié tant à l'heure. Bn 1858 it adresse à la Reime hOgt de 
mmnmnaiiquê nue lettre sur l'origine d'un type singulier 
obserfé sur un denier carolingien de Valenciennes, Denier 
am^mafiê frappé à Valeneêeimeê. A 1859 appartiennent deux 
lettres à M: de Longpérier publiées dans la Revue numiewui^ 
a^Êêi Im première, dont nous avons déjà dit deux mots, sur 
la milité de ses trouvailles de monnaies anciennes en Gri- 
mée; la seconde intitulée Lettre à M. de Longpérier sur dee 
f gMo^oaeùineej où il confirme une théorie récem- 
} établie paf M. de Sàulcy touchant la présence de noms 
de jgouDinieurs romains sur les monnaies gauloises des 
peuples placée sous leur autorité. 

Sn 18t^, Oh. Robert adresse à Metz, à la Société d'archéo* 
logie et d'histoire de la Moselle, sous ce titre, Notet^ sur des 
monmaiùs austrasietmes inédites, la description de quelques 
tiflBs de sou d'oF nouveaux appartenant à la ré^on de l'an- 
eisnne Austrasie; et il re&it à cette occasion encore une fois 
l'exposition de sa théorie sur le régime des monétaires. Il 
écrit en outre pour la Revue, mitmismatiqne un travail eom*-^ 



— 62 — 

OMoeé d«piii« longtemps sur te Mommk^dê Maem jviqa'âu 
commencemeiit du ui^^ site^ i parti» de» bnomÊM «tttitaés 
aux ÉduenS) et ime A^e<îc« n^o^o^t^iw Jttr M. h wm^^ de 
Lagoy^ avec aaa Prêmièté lUiPt à M. de LongpMer é» 
fuelqum eoUecii^n» ihi Piémont 9t de la L e mkm rdie, <éttee- 
tions qu'il «voit pa iroir en parooarant le paye pendant la 
campagne d'Italie. U avait prie part ea effol; à eette cua- 
pagne, en 1869, avec la ^urie impériale, an fervîee de 
laquelle il était attaché, nous Tavoiit difl^ depuis een ratoar 
de Oriméei II avait été en cette année 1868 leçn memlire delà 
Société pour la oonnaneance de Faotifaité et lee reoberelM» 
historiquee de Nassau. En 1861 il est nommé membis de 
l'Institut royal de Lombardie. 

Au commencement de 1861 Gtt. Robert est envnyév le 
13 mars, à Mets pour y Mre fonction d'iatendant milttaae 
de la 5* division, en attendant la ooUaCion proekaîne de ce 
grade^ auquel il reçoit en effet sa nomination le^ 25 mai sai- 
vant. A Mets, qui était devenu pour lui comme «ne pétrie 
d'adoption, il retrouvait encore sa mère qu'il a conservée 
jusqu'en 1862 (4 juillet) ; son père y était mort depuis nne 
dizaine d'années déjà, le 4 juillet 1860. On voit quala liens 
de tout genre rattachaient de plus en plus à cette ville aimée, 
où il était en quelque sorte chez Ini» iLy revenait napcmfaint 
alors pour la dernière fois et comme pour un instant anale- 
ment, après plusieurs années d'éioignement. Il y refaraisseît 
avec un grade que, dans i'Intendaafee, il n'est donné qn'à an 
petit nombre de dépasser, et qai pour beaucoup^est le eon- 
ronnement de lenr carrière. Il ne devait pas en tee ainm de 
notre ancien confinère. Relativement an chemin qn'il aamt 
parcouru, il était jeune encore, n'ayant pas cinquanm ans. Il 
pouvsit justement prétendre ne pas s'arrétsr à oe poiat. Il 
avait de beaux états de service. Il s'était fidt remanqaer on 
pins d'une circonstance par son lèle et sa capacité. Il s'était 
tresivé partout à la hauteur dn rôtequi lot avaî* été asngnâ 
Il était naturellement désigné ponr un.empiei da premier 
ordre quand l'occasion s'en présenterait, fille s'offre faiopin^- 
ment vers la. £n de 1862. Moins de deux ans après son retour 
à Mets, l'intendant militatre Robert est appelé à Paris pour 



— «8 — 

y -preûàréy an mmiaCèra de te gaefm» Its importante toao 
tiaos ée dineteur de i'aâmiiBfllratwn de Taoraiée {20 dé- 
cembre 1862;. Dans cette posithm éminente ot son mérite 
reeennu le maintieat pendant einq années, les honneors 
^enneot naturellenrant au-demint de lui. En 1865 il est 
nommé eommandeur de la Légion d'honnear (14 mars) et, 
preefs'en même temps, comnmndew également de l'ofére 
éiraÂger de Wasa. Ven la fin de la einquième année de ses 
foaetio&s de direelear, un mont^Mnent dans le personnel lui 
ftdt quitter le ministèfe. U est nommé alors intendant géné- 
ral mepeeienr (% oeteln^ 1M7) et memlMre do oomité d'ad- 
miniatmtion (31 octobre 1867). 

Ces! dans cette situation qae le trooye Tépouvantable 
tonrmenle de 1870. Noue Favone va alors passer an débnt de 
la campagne à Blets, calme et co^bbnt encore. U était atts^ 
ché à rarsBtée du Rkin et duurgé d'organiser le service d'éva* 
cnation des amlraianees sur l'intérieur. L'intérieur, béUuil 
était le cadre étsoit dans lequel nous aillons nous trouver 
retenus d'abord, refoulés ensuite. Quelques semaines en 
eflét après nous avoir serré la main à Meta, où nous étions 
maintenant enfermé, Gh. Robert était intendant en chef de 
Itemée de la Loire, à Tours d'abord, à Bordeaux ensuite 
à la fin de eetle guerre oraelle, terminée par une paix 
dotrioureose qui ne Tétait pas moins. L'étoîle de la France 
avait p&li. Pereomtellement Gh. Robert avait,» à la suite de 
ses fiatigues, subi les atteintes d'une grave maladie, et il 
avait vu son fils atné, lieutenant aux mobiles de la Sarthe, 
U»nber grièvement blessé sur le champ de bataille de Goul- 
mîera. Après la paix il revient à Paris où il reprend sa place 
au ceaké d^administration, voué alors au travail pressant 
de reconstitution de notre année, de nos arsenaux, de nos 
magsaifts» 

On n'a paa onblié la tempête de récriminations déchaînée 
alors par l'opinion follement emportée contre l'institution de 
ilntendance militaire. M. l'intendant général Bouché, en 
adressant à sou ancien chef les suprêmes adieui, a rappelé 
les énavgiqaes protestations formulées par lui contre ces 
aveugles accusations, c II avait, dit M. Bouché, justement 



— M — 

« ^^léeté itore ee qu'était le £uit6me paagioniiêmept éToqaé 
t d'oa duaiiâme qui n'a jamais existé entre le commande- 
« ment tout^uissant et l'intendance militaire, dévouée tou- 
c jonrS| et docilement suJMrdonnée dans les limites sage- 
« ment tracées^ en vue de l'intérêt supérieur de l'État, par des 
c lois et des réglementa tatélaires. Aussi jaloux de la bonne 
€ administration des tvoupes que des deniers de rÉtat» il 
c affirmait par de judicieuses et éclatantes démiHiatratioQs 
c combien avait été fiructueuse et efficace, pendant une 
c période presque séculaire^ la eoneentration dans lee mêmes 
f mains de la direction et du oontrêle administratif de 
« l'armée. » 

Tel était, au témoignage d'un de ses collègues, le langage 
de l'intendant général Robert revenu après la guerre à ses 
travaux antérieurs de membre du comité d'administration. 
Il prend en 1676 (7 mars) la présidence de ce comité. L'an- 
née suivante, la limite d'âge le lait passer dans ce que par 
euphémisme on appelle pour les officiers généraux le cadre 
de réserve. U est à la retraite (W novembre 1877). Il avait 
servi son pays pendant quarante<^nq ans; il avait à son actif 
toutes les campagnes auxquelles il lui avait été possible de 
prendre part pendant cette longue période, et pouvait pro- 
duire des témoignages particuliers de sa^sfaction de ses 
chefs pour la manière dont il avait partout fîBLit son devoir, 
quelquefois pkn que son devoir; il avait été enfin honoré de 
nombreuses marques de distinction an cours de sa carrière ^ 
Nous avons jugé à propos de présenter dans son ensemble 
et sans en rompre les lignes le tableau des dernières années 
de la carrière militaire de notre ancien confrère, à paitir du 
jour où elle parait se fixer définitivement à Paris en 1861 
Depuis cette époque, sauf la courte interruptioa de la guerre 
d'Italie, il y réside d'une manière continue. Ge qui caimcté- 
rise l'existenee qui lui est ainsi frite, c'est une grande régu- 

1. M. Gh. Robert éUil oonmandsor de le Légion d'honneur depuie 1865 ei fat 
f&it en 18S2 officier de l'Instruction publique. Il était de plus décoré des médailles 
anglaise et sarde de Crimée et de la croix du lilérite militaire de Sardaigne, officier 
de Tordre des SS. Maurice et Lazare, eommandenr de Tordre de W«t« tl dt 
Uedjidié, eheralier gmd^rots de saint Qrégoire le Qmid. 



— es — 

larîté d'occupations, avec le calme et la sécurité morale 
qu'on éprouye à voir devant soi le but à peu près assuré où 
Von tend, sans avoir à redouter ni arrêt ni contretemps 
avant de l'atteindre. Pure illusion bien souvent, il est vrai ; 
mais à distance des faits cette illusion suffit à la tranquillité 
de l'esprit. C'est pour la plupart la situation la plus favorable 
aux travaux intrilectuels dans une vie d'études. Elle paraît 
avoir été telle pour Gh. Robert, dont les inroductions, résul- 
tat de ses études particulières, prennent un notable dévelop* 
pement pendant cette dernière partie de sa carrière. A peu 
près nulles pendant les quatre années absorbées par la guerre 
de Grimée (1854-1857), leur nombre remonte ensuite' annuel- 
lement à un cbiffire qui dépasse celui des temps antérieurs. 

Nous avons mentionné déjà quelques-uns de ces écrits des 
années 1857 à 1860. En 1861 l'auteur donne en un fort 
volume enrichi de nombreuses gravures sa NumùntUique dM 
Cambrai, travail commencé depuis longtemps et que parait 
lui avoir inspiré originairement son séjour dans le Nocd 
(1842-1844). La môme année il insère dans les Actes de 
l'Institut lombard une liettrê à M. Bûmdelli sur les mtto- 
lioM osirogotheg des soue et du tien de sou d*or romains, en 
Italie. La Revue numismatique imprime en même temps des 
observations qu'il lui adresse sur les monnaies de Lorraine 
ducales et épiscopales, à propos notamment d'une trouvaiUe 
récente appréciée dans une Lettre à M, de Saulcy sur Ug 
monnaies trouvées à ContrexévUle^ et l'examen des U^vaux de 
M. Ghalon sur les Monnaies du eomtes de Namur. L'Acadé- 
mie de Reims accueille de son cêté dans ses mémoires un 
travail donné par lui sous ce titre, Note sur Us monnaies 
provinoises des comtés de Champagne^ avec une discussion sur 
les origines et le caractère du fameux type monétaire du 
peigne. 

En 1862 notre ancien confrère publie dans isLJUvue.numiS' 
matique, pour faire suite à la lettre de 1860, une Seconde lettre 
à M. de Longpérier sur les collections de Fltalie, celles qu'il 
avait pu voir dans cette contrée pendant la campagne de 
4859, et il donne dans le Bulletin de la Société d'archéologie 
et d'histoire de la Moselle l'appréciation d'un ouvrage d'Oli- 

ANT. BULLETIN. 5 



— fe — 

irierl sur 1m Momuiim h m i dM m au 8p im oï a^ ce qui lui 
foarait VoctM$ïon de lignater U parti airanUgeux qn'au 
xvn* siëole les petits princes italien» tiraient des produits de 
leur monnayage, reoherchés dans les échelles dn Levant, ot| 
le type de la monnaie de Dombes jonissait, nous dit-il en 
passant, de la même faveur. 

L'année même et à la veille dn jour où il venait prendra 
résidence à Paris qu'il ne devait plus guère quitter, Qu 
Robert avait reçu le titre envié de correspondant de rinsti* 
tut à l'Académie des inscriptions et belles-lettres; quelques 
années plus tard (8 juillet 4871) il en était élu membre libre 
pour y succéder à Mérimée. La fréquentation de cette savanie 
Compagnie, dont il suivait volontiers les séances, devait 
attirer notre nouveau confrère sur le terrain d'études à peu 
près nouvelles pour loi, qui y sont particulièrement en bon* 
neur aujourd'hui, rarehéologie et surtout Tépigraphie. Il avait 
été reçu en 1869 membre résidant à la Société des antiquairss, 
où il avait trouvé déjà les mêmes tendances. Il les trouve 
également au sein de la Commission de la topographie des 
Gaules, où il est appelé en 1873, et au Comité des travaux 
historiques et scientifiques près le ministère de Tinstruction 
publique, où il prend place en 4875. Cest ainsi que Gb. 
Robert entre dans la voie des études d'épigraphie. Ce n*est 
pas qu'il abandonne alors la numismatique. Loin de là; elle 
restera jusqu'à la fin Tobjet principal de ses travaux ; mais 
il y associe avec succès quelques études d'un antre ordre, 
montrant par là une fois de plus la souplesse de son esprit 
et la variété de ses aptitudes. 

Ponr prouver ce qu'on peut appeler la fidélité de notre 
ancien confrère à l'objet de ses premières études, à la nnmis- 
matique, il £aut citer les travaux consacrés alors par lai aux 
monnaies des Trois-Évéchés : ses considérations sur VÉtoi 
de la mtmimHëiiquê de Toml (1868), depuis ce qu'il en avait 
dit vingt ans et plus auparavant (1844) ; sa Si^logn^^ ds 
Timl (1868), complément de sa numismatique, ouvrage corn* 
mencé depuis longtemps ; ses Monnaies et jeton» de» évêqae» 
de Verdun (1886); ses.études sur la numismatique messine, 
auxquelles se rattachent un article sur les Monnaie» de Ttève», 



~ er — 

Mtt% et Verdun (i866) et des mémoires sut les BÊ&nnaiêê \ 
dpaies de Met» stms Uê r&is de France (1869*'4870), sur lefi 
Monnaies de Gone (1870), Bar les MédmOea commémotatioeB 
de la défense de Mein en 1552 (1874), sar les Monnaies meenne» 
d« trésor de Saint- Vith (1877), trouvaille qui comblait une 
lacuite des séries épiscopales de Mets, sur Fr.^-JB. de Baran" 
eouri'Chantbley, doyen du chapitre de Mete; monnaie dé eempte 
dont il se servait y son jeton et sa devise (1884). Sigûalons 
encore, à oôté de ces travaux, un remaniement du olasse*' 
ment de la série tout entière des Monnaies^ jetonê et 
médailles des éoéques de Metsi (1887), où notre ami Ux)nvait 
des difficultés de chronologie dont il nous a souvent entre* 
tenu dans ces dernières années : œuvre oonsldérable, très 
avancée et déjà en cours de publication quand la mort de 
Tauteur est venue inopinément Tarrèter *. C'est Metz, la ville 
an quelque sorte adoptée comme sienne par Gh. Robert après 
y avoir passé tant d'heureuses années, c'est Mets qui a été 
robjet de ses derniers travaux. Il aimait Metz; il y avait 
immobilisé une partie de sa fortune; il y avait marié sa fille; 
il y revenait dans ces derniers temps chaque année pour 
passer dans ses environs quelques semaines. U avait depuis 
la guerre conçu pour cette noble victime les sentiments d'at* 
tachement redoublé que lui ont voués ses propres enfants. 
Ces sentiments n'étaient assurément pas étrangers au choix 
qu'il fait un jour du sujet traité par lui dans une lecture 
publique à. l'une des séances annuelles de l'Académie des 
inscriptions : les Médailles eommémoratives de la défense de 
Mets en 1552, travail que nous avons mentionné tout à 
l'heure. 

Avec les études sur la numismatique des Trois-Évéchës, 
il convient de rapporter encore à Tœuvre des dernières 
années de notre ancien confrère, dans cet ordre de faits, une 
notice sur une Trouvaille de monnaies ^or du bas^empire 
(1866) ; un grand travail sur la Numiemaiique du Languedoc 
(1876, 1879, 1880), destiné à entrer comme appendice dans 



t. Ce travail m termiae «t t'impriiie on ce monMat, pw l«t Miil»4« M. Swrore» 
dsM rAnMaîn de U Société friaçtiie 4e naniMftttiqiM. 



— «8 — 

la aotiTelle édition de l'histoire de cette province par Dom 
Vaiseette, et tout i fait digne d'être annexé i oe savant 
ouvrage. Nous mentionnerons également pour compléter œ 
qui peut être dit des travaux de numismatique de Gh. 
Robert, depuis que sa vie s'était fixée à Pans, ses publica- 
tions dans divers recueils sur des sujets qui s'y rapportent : 
les monnaies gauloises (1864, 1868, 1876, 1880, 1884, 1885» 
1886) * ; les monétaires mérovingiens (1863, 1867, 4876, 1879, 
1882, 1885)'; Lê$ sceau et monMoieê de Zwentibold^ roi de Lot- 
rotJM, dont on connaît l'importance historique, et les mon- 
naies de son frère Louis TBnfant (1863) ; le Tréeor de Ckùum 
(1882) ; la Prétendue reitauration du pouvoir de Maurice Tibère 
dane la province rotnaine^ etc. (1883). Ces deux derniers 
mémoires fournissent à leur auteur l'occasion de compléter 
l'étude d une question déjà touchée dans sa lettre à M. Bion- 
delli (1861) et dans sa numismatique du LAnguedoc (1876, 
1879), l'imitation par les rois barbares de l'Europe occiden- 
tale, des sous d'or émis par les empereurs. Aux derniers 
travaux de Gh. Robert sur la numismatique se rattachent 
naturellement les Catalogues descriptifiB de ses collections 
(1880, 1886) '; des études importantes sur les médaillons con- 
torniates (1868, 1879, 1881, 1882, 1885) ^ dont nous aurons 

1. ifoNfiatM ff9uloii4t au t}fp€ d» perêotmoffe omm etc. (iS64) ; Essmi de 
rapprochement entre les mannaiet celtiquei du Danube et quelquet monnaies 
anépigraphen de la Gauie cisrhénane (1868) ; Numiematiçue de la provinee 
du Languedoc^ I (1876); Deicr^tion raitonnéedes monnaieê gaadoUe* appar- 
tenant â M. P,-Ch. Robert (1880) ; Examen d'un tréeor de monnaies gau- 
leUes dites Jlegenbogen-Sehiuselehen (1884) ; Lettre à M, A. de Barthélemg sur 
les monnaies gauloises (1885; ; Ogmius dieu de l'éloquente figure-t-il sur les 
monnaies armoricaines? (1886); Arcantodan en gaulois est un nom commun 
et, suivant toute apparence^ le titre d^un magistrat mon^aire (1886). 

2. Monnaies mérovingiennes inédites : Agaune^ Awœrre etc. (1863) ; Mon- 
naies de PfaUel etc., (1863); Tiers de sou d'or austrasiens (1867); Numitma- 
tique de la province du Languedoc, 1 et II (1876, 1879;; Tiers de sou d'or de 
Marsal, Vie etc. (1882); Notice sur un triens mérovingien inédit portant le 
nom de Vienne il 885); Dissémination et centralisation alternatives de la 
fabrication monétaire depuis les Gaulois jusqu'au commencement de la domi- 
nation carolingienne (1885). 

3. Monnaies gauloises appartenant â M. Ch. Robert^ 1" fascicule (1880); 
Collection numiematique de M. Ch. Robert, 2« et 3« fascicule (1866). 

i. Médaillons cotUorniates inédits (18681; Catalogue des médaillons eon- 



— 69 — 

à dire quelques mots tout à l'heure; et, pour ne rien négli- 
ger, des articles consacrés aux Médaiïkurs de la Renaiuanee : 
comptes-rendus des publications de M. A. Heiss sur ce sujet 
(1882, 1883, 1884, 1885, 1886). 

En archéologie et en épigraphie, Gh. Robert parait suiTre 
jusqu'à un certain point, dans Tordre de ses travaux, le hasard 
des rencontres où les sujets s'en offrent à lui. Il avait débuté 
en 1850 dans les publications de ce genre par quelques obser- 
vations sur une fibule antique découverte au pied du mont 
Saint-Quentin près de la ville de Metz où il était alors. 
C'était là de l'archéologie proprement dite, objet d'étude 
auquel 11 ne devait revenir de nouveau que beaucoup plus 
tard et d'une manière tout accidentelle. Ce n'est en effet 
qu'après un intervalle de vingt-cinq années qu'il trouve 
occasion de traiter encore une question d'archéologie, à pro- 
pos d'un fragment de bronze antique inexpliqué du musée 
de Grenoble, où d'ingénieux rapprochements lui permettent 
de reconnaître le manche élégamment orné d'un boutoir 
romain, instrument appartenant à l'humble industrie du 
maréchal -ferrant. Cette découverte est consignée dans un 
curieux mémoire intitulé Le boutoir romain (1876). Quelques 
années auparavant les études épigraphiques s'étaient offertes 
à lui dans un monument fortuitement rencontré à Milan, où 
il lit et explique Vlntcription tunnUaire tTun Ciniê medioma» 
trieus (1870). 

L'archéologie et l'épigraphie se mêlent dans ses* travaux 
ultérieurs, dans les intéressants rapports entie autres que de 
1876 à 1878 il présente au Comité des travaux historiques et 
scientifiques près le ministère de l'instruction publiques 
Comité dont il faisait partie depuis 1875 (15 février). Des 
travaux tout personnels sont consignés en outre par notre 



tomiolef de la eoUecHon de M. P.-Ch. Bohert (1879) ; Médailhiu eontor- 
niatet inédite (1881); Étude sur let médaillons eontomiates (1882); Lés 
phases du mythe de Cybèle et dPÂtys rappelées par les médaillons eontor- 
niates (1885). 

1. Les voies commerciales de la poterie romaine (1876); L'épigraphie 
romaine de Venee et de ses environs (1877) ; Les antiquités du département 
des Alpes-Maritimes (1877). 



-^70 — 

aOfiiaii MBffère dans un» NôHa «nr wm stahmiU de terre 
cmU oMc ifUcHptitms <t878}, petit monoment tnmvé près 
d'Angen; àuïê uœ totre iatUolée Strona (1879) sur une 
divinité indigène qui semble en reUtion avec U» tovoes, 
lottt parUculièromeat peut-être avec lâs sources UiArmales, 
associée, sor certains monumeats, au personnage d'Âpol- 
ion * ApoUo granus >, dont le surnom pourrait bien avoir 
une signification analogue : particularité sur laquelle on 
n'est au reste pas d'accord. Ailleurs il présente sous ce 
titre» Qi^lquei wu>t$ #tir U mobilier prékistçrique (1886), de 
jodicieuses observations touchant les découvertes opérées 
dans las sUtions et les sépultures préhistoriques, et fait à 
cette occasion de sages recommandations contre les entrai* 
nements auxquels on n'est que trop exposé, en fait d'hypo- 
thèses, dans les études encore nouvelles et fort en crédit de 
nos jours sur ce sujet. Mentionnons également des considé* 
rations sur Les nome de Cologne en Uuin et dan» Ue langues 
modernes^ è propee d^un denier inédit de Lothaire I (1886}, et 
un dernier travail enfin sur Vineoriptian de VoUino et ses 
interprétoHons (1887). 

Ces études toutes particulières ont leur mérite; mais 
au-dessus d'elles il faut placer, en les recomnundant spé* 
(paiement, les travaux d'un intérêt plus général de notre 
ancien confrère sur les légions romaines par exemple (1866, 
1867, 1868, 1871, 1875, 1877, 1884) <; d'autres sur Cinq 
necr^iianê trtmtféee à Leotonre (1881), sur les Inscriptions 
de Bordeaux (1879, 1881, 1883)3, et enfin son ÉpigrespJde 
geUfHTomaine de la MoeélU (1873, 1883, 1887), dont le der- 
nier fascicule, auquel avait collaboré M. CÎagnat, allait 
paraître au moment de la mort du principal auteur. Ce der* 

1. Inscriptions de Troêsmis (1866); Coup d'oeil générai sur les légions de 
VEmpire (1867); Les légions d'Auguste (1868); Emplacement des légions 
r^m^ines (1871 «t 1879) { InteHption de Périgueux mmtwmMuU les PHmam 
(1877) ; Inscriptions laissées dam une carrière 4e la hauta Moeelie par te 
légions romaines (1884). 

2. Étude sur quelques inscriptions antiques du, musée de BordeawB (1879} 
Nouvelles observations sur les noms des dmus premiers Gordien (1881) 
Quelques noms gaulois empruntés à cinq inscriptions de Bordeaux (1881) 
Les étrangers à Bordeaux (1883). 



— 71 — 

niar outrage était d« tmn qu'atait dû mtturalleiaeat lui 
ixupif or flOB amour pour Mets, a?reQ le boMixi Ceo porter 
témoignage eu préseooe de Teffi^yable ùtuatiou laite par 
Les événementa à oette itialbeurease ville. Gb. Robert a pu 
suivre en cela rimpalsioft de b^ aeiitiiD^ts patriotiques- U 
a fiût en xnème tempe, dans un cadre bien cboiM) un 
ouvrage des plue remarquables* L'épigrapbie de la MoscUe 
est, dans son principe, ht deseription raisonnée du muaée 
lapidaire longtemps attendu dont nous tenninions Tinstalr 
li^on et que nous inaugurions à Mets» au moment m4me 
où notre obère viUe nous était arracbée pour ôtre livrée 
comme rançon de la France aux mains de l'ennemi. Libéré 
par la dure immolation imposée à la noble cité, le pays 
n'oubliera jamais la dette qu'il a contractée envers elle. 

Nous venons de donner un aperçu des travaux qui ont 
rempli la dernière partie d^ la vie de Gb. Robert ^ C'est au 

i. No» avons fUt oonnaltre an eoon Ae la présenta MliM léi ttvnxn qui 
avalant ptéêUA oemx4à. Now «?qu aoan muntinmié p«iv ]ea épéqjsmvMmwmt 
k BMQit qna les laits sa prvdoiwiaot, raC9|Utk» de Unt aut^or à drr^rsia 3oçi^ 
tés savantes et pour les derniers tempst en i 862, sa nomination de correspondant 
de rinstitnt; en 1869, celle de membre résidant de la Société des Antiquaires de 
Fraaee dont il était eorraspondant depuis fft46. Rappelons eneore son HetUon 
conuné ttonihf» Ukra à rAeadémie des jnMri|itioas sa 1971, st «on adwffion inn 
la CoBiiMssion de J« topographie des Gaolsa an 1873, pnis an Comité dss tra^aax 
historiques et scientifiques près le ministère de l'Instruction publique en 1875. 
Nous signalerons maintenant, à partir de 1862, sa nomination à la Société des 
Antiquaires de l'Onest en cette année mSme de 18M, à la Sdeiété belge d« nitmls* 
nat^oe en 1818, à l4 BoeléCtf des Antiquaini 4n Rhin en 18|4. i Tlpstitat de 
«omap9ndan<e anhéologiqua de Roma eo 1868, à l'Académie aroihéolo^qve de 
Belgique en 1873, à la Société académique du Périgord en 1874, à la Société des 
belles-lettres et arts de Bar-le-Duc en 1875, à la Société archéologique du Midi 
de la France en 1877, à la Soeiété snisse de numismatique et à rAeadémie des 
adenaas et lettraa de Saroie en ItSO, à l'Aeadéais d'Hippone en 1883, à la SMiété 
nnmiematlqoe de Vienne (Autriche) en 1883, à la Société des Antiquaires df 
Centre en 1884, à la Société du Comminges en 1885; à plusieurs autres Sociétés 
académiques encore, sous des dates que nous ne connaissons pas ; ^nsi à la Société 
d'agriculture, seiences et commerce du Pny, à la Société phllomatiqne de Verdun, 
i la Soeiété d'arehéologie de llootpeUiar, à la Sool^ de géographie et d'archéo* 
logie d'Oraa, à la Soeiété académique de la Corrèse, à TUiatitut archéologique 
d*Arlon, à la Société des Antiquaires du Nord (Copenhague), k la Société histo- 
rique et archéologique du Maine, à la Société archéologique et numismaUque dd 
Philadelphie, à la Société archéologique de Bordeaux, à la Soeiété royale des Antf^ 
qnaires de Londres et à la Société Qunisnatiqne de 1» même ville. 



— T» — 

miliee de ces oeeupstieiie que l'faewe de la reUaUe avait 
sonné en 1877 pour l'intendant général inepeetenr, rhenie 
de la mise an cadre de réserve du vieil officier : ledootable 
épreuve pour dee hommes habituée à une vie de travail et de 
mouvement qui voient tout d'un coup s'arrêter ainsi comme 
étalement, dans le régime de leur existence, toute activité. 
Cette activité la nature lui impose sans doute elle-même des 
bornes; mais dans les conditions ordinaires elle ne la frappe 
pas d'une brusque suppression. Elle en subordonne la dimi- 
nution graduelle à celle des forces de l'individu. Dans ces 
termes le jeu bienfaisant de ses lois procure un soulagement 
qui ne ressemble en rien à un coup violent, comme celui 
auquel il faut le plus souvent s'attendre à l'extrême limite 
d*une carrière consacrée au service public. Là, quand est 
venue l'heure &tale de la retraite, la mesure s'impose bruta- 
lement; le choc n'est amorti par aucun ménagement. Ceux- 
là seulement savent en adoucir les effets qui, prévoyant ce 
brusque arrêt, se sont assuré une prolongation d'activité dans 
raccomplissement de certaines tâches procédant de leur ini- 
tiative et qui, dépendant de leur seule volonté, ne peuvent 
leur être enlevées. Malheureusement la prévision ne va pas 
plus loin parfois qu'à se dire qu'on y avisera quand se fera 
sentir le besoin d'y pourvoir. Mais il est trop tard pour y 
penser quand le coup est porté; et beaucoup, faute de s'être 
préparés à temps, y succombent. 

Gh. Robert pouvait justement se considérer sur ce pcûnt 
comme à l'abri du danger. Il atait devant les mains et pour 
longtemps des travaux assurés, de ceux-là mêmes qu'il aimait 
le plus. Il en avait, à l'état d'ébauche, à défier toutes les 
prévisions ; et il en a finalement laissé encore sans emploi. 
Il vivait donc en toute sécurité et regardait tranquillement 
marcher les années. On comprend son effroi, on peut dire 
son désespoir, quand lui semble s'écrouler tout à coup l'édi- 
fice de ses espérances, au moment où il s'apprêtait à s'y 
arranger un sûr refuge. Quelques mois après sa mise à la 
retraite, étant aux eaux de Royat (1878), il se trouve, dans 
une crise soudaine tout à fait inattendue, menacé de perdre 
la vue. Les choses heureusement n'allèrent pas jusque-là; 



— 7» — 

un habile pratieieii pot mtoie le rasrarer bientôt, en lut 
afibmtnt qu'an tenl cail avait été atteint et que l'autre était 
sauf, aseez singuliàrement protégé par une cataracte qui 
mur^mit très lentement et dont il n'y avait pas lieu de ae 
préooeuper. H lui déclarait en même temps qu'il n'avait pas 
mtee à s'imposer la cessation de toute lecture^, comme il y 
avait été dans les premiers moments mal à propos condamné. 
Il lui était loisible au contraire de lire et d'écrire, avec 
mesure cependant. L'essentiel était de n'en être pas complè* 
tement empêché. Ch. Robert a lu, il a écrit, non sans 
quelque réseive il est vrai, pendant prés de dix années 
encore. 

n y avait pourtant une menace dans le fait qui venait de 
se produira. Notre ami sut l'envisager sans trouble. Grâce à 
l'énergie de son caractère, il se remit tranquillement après 
cette algarade à ses études, comme le prouvent les nombreux 
et importants travaux publiés par lui ultérieurement. Il s'y 
était plus que jamais adonné, avec un calme qu'ébranlaient 
à peine quelques années après de nouveaux accidents de 
santé et la diminution graduelle de ses forces physiques. A la 
même époque il avait le chagrin de perdre son vieil ami et 
éminent confrère, M. de Baulcy, mort le 4 novembre 18d0, 
auquel il a consacré une Notice imprimée en 1883. C'était là 
une atteinte sensible. Gh. Robert trouva le courage d'y résister 
comme aux autres. Le moral chez lui était excellent, et ses 
lacultés intellectuelles étaient intactes quand le coup fatal le 
frappant lui-même vint tout arrêter, surprenant le travail- 
leur en pleine activité d'esprit. Sa dernière journée avait été 
tout entière consacrée à la composition d'une note qu'il 
devait lire le lendemain à l'Académie, pour justifier certaines 
opinions opposées par lui à celles d'un confrère avec lequel 
il était en vive mais courtoise polémique à ce moment ^ 

Les pénibles épreuves qui vers la fin de sa vie ne lui 

i. n •'agiMiit de Ift qaMtU» dm bom d*or ftdiriqoét ptr !• roi TModtberi à 
rimitaiion des noonûeB impéritlM. M. Deloehe «Ttil im% à w s^jai dM opinioD» 
que oombttUit M. Ch. Robert. La note de ce dernier a été remise à TAeedémie. 
n est permis d'espérer qu'elle ne sera pas néglig^ée dans le eompte-rendn qui sera 
fait da débat qa*elle intéresse. 



— Tl — 

aiMdfiit paf été éfMfgnéee avaieal misenreliaf tosiaiw qna* 
lités momies qui distinguaient notre ancien eonfrèce* Une 
fermeté douce, qui sans se laisaer entamer ne heurtait jamais 
et ne pouvait choquer les autres, donnait à son esprit une 
sérénité aimable et bienveillante qui en est le trait domi- 
nant pour tous ceux qui l'ont approché. IL y joignait une 
disposition naturelle à Tenjouement qui se manileetait lilMre- 
ment dans la oonversation. Gh. Robert était un causeur 
charmant. Nous ne saurions taire après cela, mais nous ne 
mentionnerons que discrètement ce qu'on pourrait dire enoore 
des généreuses inspirations de son cosur. Nous nons conten- 
terons de signaler pour cela, sans y insister, son extrême 
obligeance pour tous, et dans les occasions où elle était 
réclamée, une bienfaisance délicate dont les témoignages 
reconnaissants ne manquent pas. 

Avons-nous réussi i rappeler aux uns, à £ûre connaître 
aux autres comme nous l'aurions souhaité Thomme exœl- 
lent dont nous avions à parler ? Nous avons essayé de tracer 
un tableau de ce qu'avait été sa vie si remplie, en présen- 
tant avec la suite des faits qui la constituent une succincte 
énumération de ses écrits. Fournir ici de ses nombreux tra« 
vaux une analyse même écourtée eût été impossible. Aân 
de donner au moins quelque idée de leur importance, nous 
voudrions avant de finir mettre dans un jour suffisant pour 
en faire apprécier le mérite quelques points de cette œuvre 
considérable. Ces points seront de ceux où l'on s'accorde à 
reconnaître i|ue les recherches de notre ancien confrère ont 
pour la solution de diverses questions ouvert la voie et quel' 
quefois touché le but, ou bien ont au moins laissé dans la 
science une trace durable. Nous les prendrons dans ce qu'il 
a dit par exemple de la numismatique gauloise, des légions 
romaines, des médaillons contorniates et du régime des 
monétaires mérovingiens. 

La numismatique gauloise avait été un des objets des pre- 
mières études de €h. Robert, fille est celui du dernier grand 
ouvrage entrepris par lui. Cet ouvrage est reeté malheureu- 
sement inachevé. L'auteur avait préparé de loin ce travail 
par une collection considérable de dessins et d'empreintes. 



- 7d — 

ptr des notes nombreiues contenant ses observations, avec 
un oannnenoement de rédaction, éléments divers qu'on a 
trouvés réunis dans ses cartons. La collection de dessins des 
monnaies gauloises avait été commencée il y a longtemps 
déjà. Gfa. Bobert en parle dans plusieurs de ses écrits. Dès 
1859 il pensait à sa publication en collaboration avec son 
ami M. de Saulcy et il Tavait finalement entreprise à lui seul 
depuis quelques années, quand la mort l'a surpris. L'ouvrage 
n'est qn'ébaucbé; l'auteur y aurait dit son dernier mot sur 
des questions longuement agitées dans son esprit. 

A ses yeux, d'après les indications éparses répandues dans 
•es diverses publications ^ le monnayage gaulois aurait eu 
pour principe non une institution politique, une manifesta- 
lion de la puissance publique, mais simplement la satisfac- 
tion de certains intérêts économiques, les exigences natu- 
relles du commerce. Les formes de ce monnayage découlent 
de ces particularités originaires. lia monnaie gauloise pour 
oe qui est de ses conditions matérielles procéderait surtout de 
l'imitation des monnaies étrangères, des statères et des 
drachmes grecques pour les époques les plus anciennes, des 
deniers romains pour les plus récentes. Leurs types seraient 
avant tout des imitations des types accrédités que recom- 
mandaient les habitudes commerciales. On ne saurait donc 
y trouver et Ton n'y doit pas chercher des traces de symbo- 
lisme religieux, des images, des noms de divinités propres 
à la Gaule. On n'y rencontre qu'en petit nombre et pour les 
temps seulement voisins de la conquête romaine des noms 
de peuples et de leurs chefs. Les monnaies gauloises en un 
mot présentent des types d'emprunt d'une valeur surtout 
oommerciale plutôt que des types religieux et politiques. 
Cependant à la longue quelques formes particulièrement 
usitées suivant les lieux avaieut pu prendre sur dififérents 



i. Noos tYODs donné el-de«8DB, dans une note, la liste des pnbHcatione fkitée par 
M. Gb. Robert eor les moonaiea ganloisee depuis 1862. 11 Cnii y joindre oeUes que 
noof avons signalies & des dates antérieures : Deteription d'une monnaie gaU' 
loise trouvée à Lewarde près Douai (1846); Études numismatiques sur une 
partie du NordrEst de la France (1852) ; Lettre à M. de Longpérier sur des 
monnaies gaCU^romainês (1M9). 



— 76 — 

points an caractftre en quelque sorte national. Cette obser- 
vation justifie pour ces monuments, d'apiès ces formes, des 
tentatives de classification régionale dont Gb. Robert lui- 
même a fourni un exemple dans le Catalogue imprimé de sa 
collection ; car tout en conservant leur caractôre originaire, 
comme il vient d'être défini, certains types sont plus ou 
moins propres à tel ou tel peuple. 

Le numéraire gaulois était, suivant Ch. Robert, très abon- 
dant et, quoique sa fabrication ait cessé avec Tantonomie du 
pays sous Auguste, il a encore longtemps après continué à 
être en usage et à circuler dans la Geule graduellement 
romanisée. En 1885 Gb. Robert avait commencé à rédiger 
pour la itfims nnmwmoltgiM des considérations générales sur 
la numismatique gauloise, dont il parie dans une Uttrt à 
M. A, de Barihéhmy but Uê wu>nnai$$ gauUritti ^ publiée alors 
par cette Revue. Ce travail parait être resté malheureuse- 
ment inachevé. On le retrouvera peut-être partiellement au 
moins dans les cartons où l'auteur a laissé ses notes pour le 
grand ouvrage commencé sur le même sujet. 

Les légions romaines ont été aussi un des objets qui ont 
particulièrement attiré Tattention de Ch. Robert. H semble 
y avoir été amené par une étude datée de 1866 sur les ins- 
criptions de Troôsmis dans la MoBsie inférieure, n avait 
dégagé de Tezamen de ces inscriptions, échelonnées au 
nombre de 23 de Tépoque d'Adrien à celle de Constantin, un 
trait historique qui Tavait frappé, la fixité arrêtée en prin- 
cipe des légions dans les mêmes lieux, malgré les incidents 
des opérations militaires. Ce qu'il avait vu là pour les légions 
du Danube chargées de la défense de cette frontière, il le 
reconnut également dans la condition des légions du Rhin 
chargées sur le cours de ce fleuve d'un service analogue. Il 
conçut dès lors la pensée d'écrire l'histoire de ces légions du 
Rhin. De là un ouvrage longuement élaboré qui est main- 
tenant prêt à paraître, et des travaux préparatoires qui l'ont 
naturellement précédé, publiés à diverses époques. Le prin- 
cipal a été donné en 1867 sous le titre de Coup dTœil général 
sur Us légions de VEmpire, pour servir d'introduction à une 
histoire des légions du Rhin. Cet écrit contient, avec quelques 



— 7T — 

notions nouvelles, un tableau d'ensemble des données éparses 
qui ressoitent des textes relevés soit dans les historiens, soit 
snr les médailles et les inscriptions lapidaires, touchant 
les légions romaines, du i^ au v* siècle. L'auteur y associe 
des observations qu'il a pu faire au point de vue pratique, 
grâce à son expérience des choses et de l'administration 
militaires, sur le recrutement, l'entretien, l'instruction et la 
mise en action des armées. Ces idées complètent heureuse- 
ment et en certains cas éclairent les données fournies sur ces 
divers sujets dans l'antiquité par Térudition. C'est ainsi qu'à 
ses yeux acquiert toute son importance le fiiit qui, dans 
l'histoire des légions romaines, lui semble dominer les autres 
et auquel il donne la première place parmi les institutions 
militidres qui les vivifiaient. Ce fait indiqué tout à l'heure 
est la distribution fixe, ce qu'il appelle le mode d'emplace- 
ment des légions. 

Chaque légion avec toutes ses parties accessoires consti- 
tuait dans son ensemble un corps d'armée complet. Les 
études. que notre ancien confrère consacre à ce sujet sont 
pour lui l'occasion de remarques nombreuses, notamment 
sur la distinction essentielle à faire entçe le service séden- 
taire des légions aux frontières de r£mpire et celui des déta- 
chements mobiles qui portaient en même temps leur nom et 
leur numéro dans des pays très divers et parfois très éloignés 
les uns des autres ; ce qui a dû tromper souvent ceux qui se 
sont occupés de ce sujet, et dénaturer à leurs yeux le carac- 
tère permanent de l'établissement et de l'action de la légion 
elle-même dans un lieu déterminé auquel elle restait avant 
tout attachée. Ce régime de fixité de la légion est, malgré 
son excellenoe, graduellement abandonné, l'auteur le cons- 
tate, au milieu des troubles politiques qui par la suite occa- 
sionnent la dispersion des légions dans l'intérieur des pro- 
vinces; système régularisé par Constantin comme par ses 
successeurs, et dont une des premières et des plus graves 
conséquences est l'affaiblissement de la digue opposée long- 
temps avec succès par les légions fixes aux invasions des 
barbares. 

La question des légions romaines est reprise encore sur 



— 78 — 

quelques points de détail par Gh. Robert dans des U«,Taiix 
particnliers que nous avons signalés précédemment déjà*. 
Nous aurons le dernier mot de Tauteur sur ce sujet dans 
rhistoire des légions du Rhin, annoncée depuis longtemps, 
laissée par lui inacheyée, mais très avancée, et que nous 
posséderons bientôt, on peut Pespérer, grftce à un collabora- 
teur de son choix, M. Gagnât. 

Sur les médaillons contomiates, les travaux de Gh. Robert 
nous oCE^nt des conclusions bien arrêtées auxquelles, an 
point de vue général, il y a peu de chose  ajouter. Ge qui 
résulte de ses idées à ce sujet constitue une théorie complète 
offhint désormais une base solide aux études dont peuvent 
être l'objet ces curieux monuments à peu près inexpliqués 
jusqu'à présent. Grâce à lui, « ces médaillons ne sont plus, 
« comme au temps de Gui Patin, d'Eckhel ou de Sabatier, 
c des énigmes. » Ainsi s'exprime un bon juge en œs 
matières, M. Babelon, dans une note qu'il nous a communi- 
quée à ce sujet; et, ajoute-t-il, les principes d'oà M. Gh. 
Robert déduit les explications qu'il en donne sont si simples, 
si clairs, si nets, que Ton s'étonne que personne avant lui ne 
s'en soit avisé. Gh. Robert n'a pas eu le temps de résumer 
dans un ouvrage définitif sa théorie pour l'explication des 
Gontorniates. Elle ressort néanmoins d'une manière suffi* 
santé des écrits consacrés par lui à cet objets de 1866 à 
1885 *, auxquels on peut joindre un mémoire intitulé MédaH- 
Ions de terre du cabinet DuqueneUe (1881) sur des médaillons 
en terre cuite trouvés à Reims, dont les types présentent de 
l'analogie avec ceux des Gontorniates. 

Les médaillons contorniates ont pour caractères communs 
leurs dimensions généralement supérieures à celles des mon^ 
naies ordinaires, la moulure saillante qui les envrioppe, 
contomo^ d'où leur vient ié qualificatif qui sert à les dési- 
gner, et, sur leurs deux faces, d'un c6té une tète de roi ou 
d'empereur pris dans une série qui va d'Alexandre et Oftaar 

1. Noui avosi doDDé ai«dMi«i, d«i» m» not** k M«ta dw jp^MuatMM de M. Gk. 

Robert sur les légions romainee. 

2. On trouTerm ci-deuiUf dans une note, la liste des publications faites par 
M. Ch. Robert sur les médafllons contomiatés. 



— » — 

jtisqu'k Attthemlat, quelquefois la tète d'un penonnage 
illostre, d*an poète ou d'un pfailoBophe; de Tautre o6té, une 
image représentant dea scènes mythologiques ou historiques, 
des fêtes, des jeux, des oérémonies, des figures allégoriques 
se rapportant i des spectacles, à des luttes, à des concours. 
Gh. Robert établit d'abord en fait que les médaillons contor^ 
niâtes sont des tessères et non des monnaies ; qu'ils appar- 
tiemient tous à la région de Tancien empire d'Occident et à 
une basée époque limitée aux ly et y* siècles ; qu'il n'existe 
aucune relation entre leur date et la tète royale, impériale 
on antre qui les décore, l'adoption de cette tète n'ayant qu'un 
caractère décoratif à titre d'hommage; que ces médaillons 
enfin étaient destinés à être distribués comme marques de 
satisfaction ou récompenses honorifiques aux individus qui 
a'étaieDJt distingués dans les oérémonies, les fêtes, les jeux, 
dans les spectacles ou concours rappelés par l'image qu'ils 
portent. Quant au sigie P qui figure souvent sur ces médail- 
lons et qui a beaucoup occupé les savants, il représenterait, 
suivant notre ancien confrère, le mot Praemiay et les barres, 
qui au nombre de une, deux, trois ou quatre accompagnent 
ordinairement la haste du P, exprimeraient l'importance du 
prix ainsi désigné et signifieraient une, deux, trois ou quatre 
fois 10,000 sesterces. 

des explications devaient être suivies de développements 
que ht mort de l'auteur a malheureusement arrêtés. Il a eu 
cependant le temps de donner, comme pour fournir une 
ccmfirmation de sa théorie, un dernier travail consacré à 
l'interprétation, en vertu de ces principes, d'une suite de 
scènes réputées jusqu'alors inexplicables, et représentant sur 
des médaillons oontomiates les phases successives du mythe 
de Gybèle et d'Atys. Ge mythe était le fondement d'un culte, 
d'origine orientale, introduit à Home pendant la seconde 
guerre punique et qui se célébrait annuellement, du 22 au 
27 mars, dans une série de fêtes de caractères divers rappe- 
lant la première rencontre, la mort, puis la résurrection et 
le triomphe du fiivori de la grande déesse. 

Gh. Robert laisse, on le voit, sur les médaillons contor- 
niates une théorie nouvelle concernant leur origine et leur 



— so — 

expliealion. Ces iDgéoieuses oonoeptiom jurtifiéecr fw les 
faiu appartiennent à la dernière période de sa vie, à l'époque 
où, fixé définitivement à Paris, il y jonissait des avantages 
de fréquentations sctentifiqnee particnlièrement favorables 
aux travaux de recherchée. Il y a en eflét pour Tesprit, dans 
ces conditions, un principe d'excitation et d'émulation qui en 
féconde le travail sans rien ôter au mérite de Tinvention, et 
qui, pour ce qui regarde notre anci^i confrère, ne diminue 
aucunement dans le cas présent la valeur d'idées propres qtii 
font honneur à la sagacité de son intelligence. 

Nous ne voulons plus citer maintenant comme dernier 
exemple de cette sagacité remarquable qu'un fait. Gelni-ci 
se produit dans de tout autres conditions que le précédent; 
il appartient non plus aux dernières années, mais aux années 
de début du savant dans la carrière. Ge fait se présente alors 
comme la conséquence d'une de ces inspirations hardies qui 
entraînent quelquefois un jeune esprit au delà du vrai, mais 
lui permettent d*y rentrer ensuite par la réflexion, et le 
laissent alors en possession de résultats inattendus qu'il 
aurait peut-être difficilement obtenus en suivant d'autres 
voies. Nous voulons parler de la théorie de Gh. Robert sur 
le monnayage des monétaires mérovingiens. 

La question des monétaires s'offrait alors comme une 
énigme à la curiosité des hommes d'étude. On n'avait encore 
trouvé, on ne soupçonnait môme aucune /scpiicatîon plau- 
sible de la multitude et de la variété des types que présentent 
les tiers de sou d'or frappés dans les royaumes mérovingiens 
du VI* au vm« siècle. On voyait sur ces pièces d'un côté avec 
la tête, imitation de celle qui se trouve sur les monnaies 
romaines, non pas une légende impériale comme sur celles-ci, 
ou du moins royale ainsi qu'on eût pu s'y attendre, mais des 
noms de lieux; et ces noms diversifiés en grand nombre 
étaient inconnus pour la plupart ou bien appartenaient le plus 
souvent à des localités d'importance tout à fait secondaire; 
de l'autre côté on lisait des noms d'officiers monétaires aussi 
nombreux et non moins obscurs accompagnant en exeigue 
une croix ou quelque autre figure analogue. L'explication 
de ces faits dépassait le cadre des lois ordinaires de hinumis- 



— «I — 

matiqne. Gh. Robert eut Tidée de la demcnder à..aa autre 
ordre de considérations, au r^ime des intérêts éeoBomiqnes. 
U lui sembla qu'il pouvait exister un rapport entre la pro^ 
duction multiple que paraissaient indiquer ces monnaies et 
les sources multiples également des revenus dont elles 
auraient représenté la valeur. De là une théorie qui^ après 
quelques oscillations, se fixe dans les t^mes suivants : 
c Le régime des monétaires ne peut, dit Tautsar, s'ex- 
c pliquer que par une liaison intime entre les moanaies et 
f les revenus de nature si diverse établis sur un .|;raad 

« nombre de points du territoire Les fonetionnairesy 

c ajoute-t-il, chargés d'une peroeption, les fen&ieFs d!un 
c revenu auraient fait monnayer dans l'oâiciBe la pto voi^. 
c sine ou sur place, par los soins d'un agent nomma mooé- 
c taire, le montant des sommes dont ils étaient redévabiea 
c envers les ayants droit, et par rinscriptton do nom d'une 
c cité, d'un pagus, d'une localité ils* auraient indiqué i'ori^ 
f gine de la somme versée^ p catia somine ayajit été an préat, 
lable convertie en tiers de sou d'or, et ainsi «onstitaée- avec 
la garantie du nom du monétaire qui figurait sunies espèces. 
C'était là une vue d'historien; elle frappa ,beauconpi: un 
homme éminemment compétent .pour en juger, M. Guisot, 
qui dès 1851, après les premières comnittmGaftiohs..de ïmxi* 
teur à ce sujet, l'en féUcitait --^.notts tenonSwle faitidàjnffitre 
ami lui-môme -* dans des termes qui me pouvaient» que ;le 
flatter beaucoup. Ck^tte théorie .fut cependant eooitaeÉée 
d'abord. Elle ne l'est plus guère aujourd'hui, telles qwe- son 
auteur l'a finalement formulée dans un dernier écrit de 1882, 
auquel npus yenons d'en eiaprunter r.expreaston.ËUe' avait 
été graduellement ramenée par Ini à ces termes dans aae 
suite de publications que lui«méu9ye il signale comme en cou* 
tenant la. démonstration; décliwralion ulliérieurement. repro- 
duite, conformément à son témoignage, par tous ceux qui 
oAt repris d'après lui les méi^A» expUcatioos. Ces publica- 
tions sont les Cam9id4raliim$. mir te. mannaU à, Z'^pogics 
romoM (18&1), 4e^. Étudia nmmu^afigii^ -^r. ^tn^rpartiê ^\ 
Nard'Est de la France (1852), les Notes sur des monnaies 
ANT. .BywpTni. « 



— 8f — 

r iikéiUn (iMÙi, la Nwm Ê maHqnede la 
du Lemguêioc^ II, période framquê (1879), les TUn de fM (for 
dêMatmd, Ftc, «fe. <18B2). 

Pour se rendre un campie oxact de la maoière dont ces 
idéeB ODt pris naiesanoe dans Tesprit de Tautenr, il faut 
o^ndaas remonter un peu plus haut qu'il ne dit et jusqv'à 
la description des Mênauâm mérwingUnMm de la cMêctiom de 
fm M. Emundt (1851), qpii est de la même année que les 
Gensidârations sur la monnaie à l'époque romane, mais qui 
lenr est néanmoins antérieure, car elle y est citée ^. Dans ce 
premier éodt, Gh. Robert «rait proposé, non sans bien des 
réserves, de oonôdérer le mot tnauêbio et autres analogues, 
qni figufent sur des tiers de sou d'or du vi« siècle et du 
conmencemeat du tii«, comme des formes dégénérées de 
mÊombÙÊ dont le sens est aident provenant de la vente du 
botin, et d'admettre comme a^^t cette origine le métal des 
monnaies où on Ikait ces mots, destinés lui semblait-il à 
distinguer les pièces ainsi marquées dee monnaies ordinaires 
représentant les revenus des palais et domaines royaux. 
O^était là une erreur que Tanteur abandonna bientôt; mais 
en* mén». temps s'était produite dans son esfmt l'idée vraie 
dM devait décooler soa système. On ne saurait en douter 
quand on lit dan» le même écrit, dans la description de la 
o oHi o t io n Aenaulty ovqvi suit : c Quant aux monnaies les 
cpl«S'Oom»ones de l'époque mérovingienne, elles portent 
€ simplement' le nom de l'alelier et celui du monétaira ; et 

< l'^tt pput croins qu'eties ne sont autre chose que le signe 
• représetikatif de l'impôt local on du revenu de la ville... ea 
€ générai affemcé à an agent qui percevait les coBtributi#as 
c en nalare en en monnaies remaiaes^t étrangères, et livrait 
« ie moals»! de son fermage en monnaie courante garantie 
c par uae signature,... soit la sienne... soit celle d'un ooa- 

< Mleur. » -*. « Il faut s'attendre, ajout^-t-il un peu plus 
t tard (4800), à rencontrer une monnaie spéciale au nom de 
« tou^ localité où s'ouvre la caisse d'un agent du fisc ou du 
« eolleoteuriJPan revenu tftitAeonque appartenant aux chefe 

i. ConMétoHon net la monnaie à Vipoqw romane^ fSSi, p. 4S, Bol» 3. 



— w — 

« Francs ou à leurs leudesi aux villes, aux maisons reli* 
c gieuaes, etc.^ » 

Telle est dans son pirinmpe la théorie de Gh. Robert sur 
le régime des monétaires, régime singulier exclusivement 
propre aux monarchies n^érovingiennes du vi« an v:ii« siècle. 
Cette théorie, dont L'expression définitive est donnée deum la 
brochure de 1882 sur les Tiers de sou d*or de Mursaly Vic^ 
etc., est affirmée déjà dans celle de 1851 intitulée : Considé- 
raH&ns sur 2a vummme à V époque nmcme, comme l'antevr i'a 
rappelé depuis; mais antérieurement déjà, nous venons de 
le montrer, elle se manifeste pour la première fols danâ là 
description des Monnaies mérovingiennes de la collection de 
feu M. Renault où notre ancien confrère la propose, non sans 
réserve du reste, en ajoutant modestement : « Ai-je fait fausse 
r route? C'est fort possible. Mais je suis convaincu qu'avec 
« le sens critique que Tarchéologie a puisé aujourd'hui dans 
« le contact des autres sciences, il doit être permis de deman- 
« der aux monnaies mérovingiennes autre chose qu'un sté- 
« rile dictionnaire de noms de lieux et de noms d'hommes. > 

Ainsi était venue à Ch. Robert l'idée de rattacher la fabri- 
cation des tiers de sou d'or des monétaires mérovingiens à 
la perception des revenus fournis à un titre quelconque par 
les lieux dont ces pièces portaient le nom, et d'en attribuer 
l'émission aux agents chargés de faire on de contrôler cette 
perception. 

Dans le vaste champ de la science, il n'est guère de cher- 
cheur qui ne puisse se flatter de trouver à l'écart quelque point 
inexploré où il lui soit permis de reconnaître, en y concen- 
trant son attention, ce que personne avant lui n*y avait 
aperçu. De pareilles découvertes sont à peu près à la portée de 
tous. Mais s'attaquer à une question posée par les savants 
en pleine lumière et agitée depuis longtemps ; la résoudre en 
triomphant le premier de difficultés qui avaient arrêté jusque- 
là tout le monde ; réussir là où les autres avaient tous échoué ; 

1. Notes sur des monnaies austrasimnes inédites, p. 62, dans les Mémoires 
de la Société ^^archéologie et dChistoire de la Moselle, 1860. Ces notes por- 
tant à la fin la date de « Paris 25 juin 1850 », où le millésime est évidemment 
inexact et doit être la 1860. En 1850 Ch. Robert était à Metz et non à Paris. 



- M - 

c'est ce qui n'est donné qu'à un petit nombre ; c^est ce qu*a 
8u faire Gli. Robert. Il a eu deux fois notamment cette bonne 
fortune, en fournissant l'explication longtemps et vainement 
cherchée des médaillons contomiates, et en ex pti^ant d'une 
manière originale et tout à fait inattendue le régime des 
monétaires mérovingiens. Ces deax déconrertes resteront 
attachées à son nom ^ 

1 . Dta oolM àÊmâappêM qm nooi (torou à robligwoee d« d*u hommM eon- 
patenta» MM. Btbeleo et Prau, Tiia et Tutre atUehét au GabîMt des médtiJIei 
df la Bibliotbéqm oationale, juatiflent cette appréciation à laquelle il nom «0)616 
bon de donner la conflnnaiion d'ausu importants témoignages. 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

DU 1« TRIMESTRE DE 1888. 



Séance du 11 Janvier 1888. 

Présidence de MM. Ânt. HAron de Villefosbb 
et A. LoNOMON. 

M. Ant. Héron de Villefosse, président sortant, prend la 
parole et s'exprime en ces termes : 

€ Messieurs, 

c En me nommant président de la Société des Antiquaires 
de France^ ^ous m'avez donné une marqae particulière de 
YOtre estime que je ne saurais oublier. Je serais bien ingrat 
si, au moment de quitter ce fouteuil où m*ont appelé vos 
suffrages, mes premières paroles n'étaient pas des paroles 
de reconnaissance et si je n'ajoutais pas en môme temps 
combien j'ai été et combien je reste fier de cet honneur. 
Vous dire que je Fai accepté sans appréhension serait 
inexact; je redoutais l'imprévu, les pierres et les épines que 
l'on trouve quelquefois sur la route, les difficultés inhérentes 
à toutes les choses humaines, et je craignais de ne pas me 
montrer toujours digne du mandat que votre confiance me 
décernait. Mais ma tâche a été rendue facile et douce par le 
précieux concours de votre amitié et de votre bon vouloir et 
par les témoignages constants de votre bienveillance. 

c( Une pieuse tradition me prescrit d'évoquer en ce jour le 
souvenir des confrères que nous avons perdus depuis un an. 
Ck)mme tous mes prédécesseurs, j'avais espéré qu'au moins 
je n'aurais pas à remplir ce douloureux devoir vis^à-vis 
d'aucun des membres ordinaires de la Société. Je redoutais 
plus que tout le reste l'obligation pénible d'avoir à a4res8er 



— w — 

l'adieu suprême à un ami, à un compagnon de vie et 
d'études, et, comme on est facilement porté à croire ce que 
l'on désire, je me réjouissais à l'avance en pensant que je 
pourrais retracer un jowr devanl; vous Thistoire d'une année 
sans deuil. Mon rôve n'a pas été long. Je venais à pane 
d'entrer en fonctions que la mort frappait sans pitié le plus 
jeune, le plus ardent, le plus brillant des membres de notre 
Compagnie. Le 23 février dernier, je vous ai dit quelle perte 
nous avions faite et je vous ai rappelé la carrière si courte 
et déjà si bien i^iopUe d'Olivier Rayet Je ne veux point 
raviver aujourd'hui cette douleur. Je laisse à celui de nos 
confrèrts qui s'est chaiigé d'écilre sa biogra^e le soin de 
consacrer définitivement «elte chère mémoire. Je tiens 
cependant à vous annoncer que VHistoire de la céramique 
grecque^ dont vous aviez entendu quelques fragments, vient 
d'être terminée par ce môme confrère. M. Gollignon, en 
complétant l'œuvre inachevée d'O. Rayet, nous a donné une 
noir^milB preuve de Taffeotion qu'il lai portaii. 

€ Pendant dix mois, j^i cm que nom n'aunons pas 
d'itttre« tristesses. L'année allait ficùr, quand tout à coup la 
iiDQTéite se répandit ^e rhiteodant général Robert venait 
de n«us être sûbiNmnent enlerré. Rien ne faisait prévoir une 
fin si rapide. Nous on avons tous été frappés et cruellement 
Siffeetés. Il y a quelques jours à petae, je me faisais récho 
de 'votre douleur et de vos regrets : j'ai tenu à rappeler en 
niistre »o«tt quelle place coosidéraUs ses mérites d'érudit loi 
avaient conquise et combien il était ûmé et apprécié parmi 
nous pour ses qualités personnelles. Un de nos confirères, 
^i a été son ami et quelquefois le confident àe ses travaux, 
semblait tout désigné pour vous parler plue ^oquemment de 
cette noble existence et pour faire devant vous l'examen 
complet de son œuvre. Il a bien voulu me promettre qu'il 
remplirait ce pieux devoir. 

t II y a aujourd'hui treise ans, l'intendant général Robert 
était assis dans ce fauteuiL Après avoir rendu aux confrères 
qvte nous avions perdus dans l'année un hommage ému et 
iiusrt sincère que celui dont nous honorons sa mémoire, il 
fious paiiait de oe grand anoétro dont le busle préside à nos 



— 87 — 

réasàonê. Il mettait, à ce propo», den» mm 4iflQPorB une 
oerfaîoe ineirtence et ocnnine une forte de coquetterie, car il 
avait, comme lui, su manier toar k tour la plume et Fépée. 
Il voulait ainsi vous rappeler lee services que l'armée avait 
rendus de tont tempe à rarohéologie et vous remercier 
d'avoir teqionrs réservé aux officiers une place dans vos 
rangs. C'est one tradition qni n'est pas près de disparaître, 
pas plus que le souvenir de notre vénéré confrère, car la 
bonté, la vertu et la science ne s'oublient pas. 

€ La liste funèbre de nos associés correspondants natio- 
naux est longue cette année. Elle ne comprend pas moins de 
onze noms qui se répartissent entre huit départements : 
l'Eore-et-Loir, la Loire-Inférieure, la Sarthe, î'Aveyron, le 
Paa*de»Galais, la Dordogne, les Bouches-du-Rhéne et la 
Seine. Nous n'avons plus aucun lien avec le département de 
I'Aveyron. 

€ M. Auguste Moutié a été un de ces savantB modestes 
auxquels rien n'est étranger de ce qui touche à l'histoire où 
aux antiquités de sa province. Son nom y restera honoré. 
Le Voyage kiftoriquê de Paru à Chartres, la Notice mr ie 
domaine et le château de RamhouUUt^ VHittoire de MamU» et 
de set numwnents^ les Rêcherekes sur Chevreuse^ pour ne citer 
que les principaux de ses travaux, se présentent à nous 
comme les témoins de son activité et de son ardeur à scruter 
les documents écrits et à étudier les ruines des édifices 
locaux. Ce n'est pas un mince mérite que de comprendre le 
langage des chartes et des pierres, et surtout de ne pas leur 
faire dire autre chose que la vérité. Il a été l'un des éditeurs 
du Cartnlaite de Vahhaye de Notre-Dame des Vaux-de^emay» 
11 eut l'idée première de cette publication que la libéralité 
du duc de Luynes lui permit d'entreprendre et de réaliser. 
Il avait rencontré parmi des papiers vendus en 1793 la 
copie d'une déclaration de tous les biens de l'abbaye des 
Vaux<-de-Gemay, rendue par les moines à la Cour des 
comptes de Paris en i&ii. Frappé des renseignements utiles 
que renfermait ce document et sachant l'intérêt que le dnc 
de Luynes y prendrait, il le lui communiqua en lui soumet- 
tant l'idée de le pubher, complété toutefois par les titres qui 



-- M — 

pourmient se renooiitrer dans les dépôts d'archives imbika 
ou privés. Cest ainsi que fot recomtitiié oe prèdeax «aitn- 
laire. Les ouvrages de M. Augaste Moutié sexoni' les meil* 
leurs gardiens de sa mémoire. 

4 M. le baron de Wtsmes était un coDhèrt d'ao esprit 
singulièrement éveillé et dans le commerce duquel on avait 
toujours quelque chose à apprendre. JX séduisait tons ceux 
qui rapprochaient par la vivacité de mm intelligence et la 
sûreté de sa mémoire. U savait donner à ses idées un tour 
original et saisissant qui les rendait agréables et les faisait 
accepter sans trop de résistance; dés qu'il parlait la conquête 
de son auditoire était faite. Vous l'avez entendu ici même 
vous raconter d'une manière fort attachante les fouilles 
entreprises par lui dans les tumulns de Pornic; il vous en 
apportait les premiers résultats. Il a voulu mettre aussi sous 
vos yeux les curieuses poteries mérovingiennes et les divers 
fragments antiques découverts à Nantes devant la cathédrale. 
Notre BuiUtin lui doit encore la communication d'un rare 
et précieux monument qui nous a valu une savante note de 
M. Léopold Delisle; c'est une tablette de cire du xiv« siècle 
contenant un compte des recettes de l'abbaye de Preuiily. 
Il était à la fois artiste, littérateur et archéologue. Mais l'ar- 
chéologie ne lui paraissait point sévère ; c'était pour lui une 
scioice charmante et variée qui lui fournissait l'occasion 
d'exercer sa verve piquante et de montrer des qualités de fin 
connaisseur. Plusieura d'entre vous ont pu apprécier les belles 
eaux-fortes qu'il a exécutées et la collection si importante de 
ses propres dessins formant comme l'album archéologique 
des monuments de la Vendée, du Maine et de l'Anjou. Les 
Annalei dé la Société archéologique de Nantes^ dont il a été le 
président, la Rtvue des provinces de VOuest et d'autres recueils 
locaux ont publié la plupart de ses travaux, d'où s'échappe 
comme un reflet des qualités brillantes dont je viens de 
parler. 

< M. l'abbé Robert Charles avait trouvé dans sa famille, 
auprès de 8<^i propre père, un excellent initiateur aux études 
historiques et archéologiques vers lesquelles il se sentait 
attiré. Il débuta même en se faisant l'éditeur des travaux 



patenelg ; je n'ai pas besoin de Tons dire avec quel eœor et 
quels sentiments affectaenx il accomplit ce devoir filial. Bes 
ouvrages |»ncmnelft, vraiment et utilement locaux, sont 
clairs, sobres, accompagnés de preuves, de commentaires, de 
desmiptiens exactes et de plancdies explicatives bien choisies. 
C'était un archéologue compétent et réfléchi. On en trouve 
la preuve dans toutes ses publications. Sa notice sur le théâtre 
romain d'Aubigné, qui avait longtemps passé pour un camp, 
n'a qu'un défaut, c'est d'être trop courte. Dans la Description 
des moMtmenis de CMieeM-^onlier^ à propos de la date de 
deux édifices, l'église Saint^ean et la chapelle actuelle du 
collège de cette ville, l'ancienne église du prieuré de Notre- 
Dame du Geneteil, il a donné des conclusions perBonnelles 
qui montrent la droiture de son jugement et la justesse de 
ses appréciations. Ctontrairement à une opinion trop répan* 
due dont le principal objectif est de vieillir outre mesure nos 
édifices nationaux, il soutint énergiquement que ces deux 
églises n'étaient pas du x« siècle et qu'elles ne pouvaient pas 
être antérieures à la moitié du xn«. Leur simplicité résulte, 
disaît^l, de la nature rebelle des matériaux employés. Et les 
textes, et les analogies de style avec d'autres églises du pays 
à date certaine lui ont donné raison. C'est un grand mérite 
que de savoir résister au courant d'une opinion reçue, de dire 
la vérité et de la faire triompher ; dans certains milieux, c'est 
quelquefois une preuve de courage. Le dévouement que notre 
confrère apportait à l'étude des monuments de l'ancien Maine, 
l'esprit critique avec lequel il les examinait nous font vive- 
ment regretter d'être privé de ses lumières. 

a M. Vàhhè Gérés, directeur du Musée de Rodez, s'éuit 
donné, lui aussi, sans réserve, à l'étude des antiquités locales. 
Et, pour leur appartenir plus entièrement, il était devenu leur 
plus humble serviteur. Il resta toute sa vie à la tête du Musée 
de Rodez, auquel son nom est désormais attaché. Il lui donnait 
son temps, ses veilles, il en suivait les progrès avec amour, 
ne reculant jamais devant aucun sacrifice, ni devant aucune 
fatigue pour contribuer à l'augmenter et à Tenrichir. C'était 
son labeur quotidien. Les procès-verbaux de la Société des 
sdenees^ lettres et arts de VAwyron nous présentent en quelque 



— •• — 

sorte le joanial de mn exiiteiice. OInqie fois qu'une déooa- 
verte est signalée, on qu'une fouille eet à £dni, il psri, malgré 
les frimes on les difficultés de la routa; rien ne rarréle, il 
s'agit d'enrichir son cher Musée, de sauver un docoment^ de 
rapporter quelques débris précieux ou intéressants. Il a, été 
toute sa vie un archéologue militant. Aussi il ne perd pas 
son temps à écrire de longs mémoires. Ses n^ports sont 
courts ; on dirait qu'il les a composés sur le diamp de bataille, 
après la victoire. Au Puech du Gayla, au Mas Majroou, à 
Montolieu, à Montrosier, au Puech de Buseins et sur bien 
d'autres points du département de rAveyron, il a ûùt d'heu- 
reuses et utiles constatations, il a été l'un des auxiliaires les 
plus vaillants de la Commission de la carte des Gaules. Vous 
lui»avez aussi quelques obligations. Il vous a envoyé, entre 
autres, le texte d'une importante inscription romaine relevée 
sur une colonne de la chapelle Saint- Vincent, à Rodes. S a 
voulu nous communiquer également les prémices de ses 
découvertes au confluent du Tarn et de la Deurbie, dans la 
plaine de Graufesenque. U parait certain, comme il l'avait 
indiqué, qu'il faut reconnaître en ce lieu remplacement de 
Condai<magu$^ station que la table de Peutinger place eatfe 
Rodez et Lodève, mais dont la détermination exacte n'avait 
pas encore été faite. Sans lui, nous ne connaîtrions pas ces 
curieuses poteries de Bannassac, portant des acclamations 
en l'honneur de certains peuples gaulois, les Rèmes, les 
Gabaies, les Lingons, etc., dont vous aves admiré les spéci- 
mens ici même. C'est grâce à son entremise que le Musée de 
Saint-Germain a pu acquérir la plus grande partie de ces 
beaux et précieux vases; c'est grâce à sa générosité que le 
même Musée possède aussi les importants graphites recueilliB 
à la Graufesenque. Nous sommes désormais privés d'un col- 
laborateur actif et dévoué qui nous tenait au courant da 
mouvement archéologique d'un pays dans Lequel il reste 
encore tant de découvertes à faire. 

« Nous avons perdu dans le département du Pas-de-Calais 
trois de nos associés correspondants, M. le chanoine van 
Drivai, M. Ch. de Linas et M. Becq de Fouquières. 

« Les deux premiers étaient «itrés dans la vie la môme 



— M — 

aimée, en 1B12; lit ont fourni tons denx «ne carrière égale, 
TÎvaDt e6teà côte dans la mtee vilie, attachée l'un et Tautre 
à l'Académie d'Arras par iee liens les fdns étroits. La mort 
ne les a pas séparés; sUê les a frappés à quelques jours de 
distanoe. 

V M. le chanoine ytn DriTal a composé nn grand nombre 
d'onvrages; la liste de ses travaux ne comprend pas moins 
de tventeH}«atre volumes. U lui fallut une rare énergie pour 
mener de front les occupations bI délicates et si absoiiiantes 
de direeteur d'un grand séminaire et la composition de tant 
d'œuvres diverses. Nous le voyons tour à tour décrivant les 
Tapisseriei d^Arra$ et le Trésor tmcré de la cathédrale^ étu- 
diant les fonts baptismaux, la construction et l'ameublement 
des églises, expliquant les cMmonies de la messe, au point 
de vue du symbolisme, ou se livrant à des études d'histoire 
locale. On lai doit la publication des CartuUdree et du Nécro- 
luge de Saint-VaMt ^Arroê, ainsi qu'un Légendaire de la 
Morime. Ses études d'hagiographie provinciale ont été com- 
plétées par VHiêieire des éoêques de Boulogne, Absorbé par 
des redierches si variées, l'écrivain s'effiice souvent pour 
laisser la parole, à chaque époque, aux monuments contem- 
porainB. On ne saurait lui en faire nn reproche puisque ses 
ouvrages ont ainsi gagné en intérêt historique ce qu'ils ont 
perdu en harmonie littéraire. Je iw veux pas négliger de 
vous parler de ses études de haute philologie, de ses travaux 
sur rÉgypte, et de vous rappeler le courage avec lequel il 
aborda, jeune encore, loin des monuments, des livres et des 
maîtres, le difficile problème de l'origine de récriture et les 
redoutables questions que soulève la grammaire comparée 
des langues sémitiques. On ne saurait refuser sa sympathie 
à une hardiesse quelquefois heureuse. Les maîtres mêmes, 
q«ii ont la gloire d'ouvrir de nouveaux champs à la scûmce, 
ne sont pas les moins indulgents pour les efforts de ceux qui 
viennent recueillir sur leurs pas les moissons dues à leur 
génie. 

c M. Gh. de Linas a été aussi un travailleur infatigable. 
li^gt mort en travaillant. Il s'occupait d'une notice sur les 
peintures munies de la caihédrale de Brunswick ; la phrase 



— « — 

qu'il avait oommeiioée eat restée' taaiflievée ! Ghai^, il y a 
près de quarante ans, par le lainistm de PinMnictien pvUiqoe, 
de rechercher et de signaler les aneienstisBua du meyte Age 
conservés dans nos égiises et dans nos oonections pritées, ii 
s'acquitta de cette tàehe de façon à prenais utte |^ce tout à 
fût distingnée dans l'^ardiéologie. Ses dennt prédenx vohunes 
snr les ViUimnis taoêrdotuux noue ont donné le résaltal de 
cette enquête. La Acom de Part ehrêiimy les AtiMaim arekéo* 
l^giquêi^ la OaMetie archéologique^ d'antres recneile enoore, 
se disputaient Phonneur de compter au nombre de leurs od- 
laborateurs les plus assidus un savant auquel ses travaux 
spéciaux avaient acquis une légitime oélébrité. Son intelli- 
gence vive et pénétrante le poussa à entreprendre une sérielle 
monographies qui se retrouvent entre les mains de tons les 
amis de l'art du moyen âge. Avec quelle ardeur, avec quelle 
verve pleine d'humeur et en même temps quelle finesse dis- 
crète il se lançait dans la mêlée, lorsqu'il s'agiseait d'une 
étoffe historiée, d'une pièce d'oifèvrerîe, d'un émail ou d'un 
ivoire 1 Son nom doit être inscrit en première ligne parmi 
ceux des historiens de l'orfèvrerie qui ont étudié les monu- 
ments originaux avec le plus de conscience et d'exaciitode. 
Il sufSt de citer les titres de quelqueenins de ses ouvrages, 
tels que le Catquo ^AmfMmXU^ les (Euntu âe mmt âot, 
VÉmmUlerie lùiharingiênmê^ pour rappeler les difficultés de la 
téche qu'il avait entreprise. Toujours sévère envers lui-même, 
loyal dans ses écrits comme dans sa vie, ne marohandant ni 
son temps ni sa peine pour arriver à la vérité, il n'aocoidait 
rien au hasard et ne reculait pas dervant un voyage loin- 
tain pour chercher un document capable de consolider, et 
même de détruire l'édifice qu'il avait élevé de ses propres 
mains. En 1867, une occasion se présenta d'utiliser la variété 
de ces connaissances. VBiaoité du traioM à VEscpc^Mm 
umivêrMeUê contient un inventaire très complet de tons les 
objets d'art ancien envoyés alors à Paris par les pays étimn* 
gers. Que de renseignements utiles et profitables sont réunis 
dans ce beau livre ! Je me reprocherais de ne pas signaler 
son grand ouvrage, Ut Origines de Vorfèorerie cUiùo m mk^ 
dont le troisième volume sera bientêt publié par les seins 



— -te — 

pi«oz d'un de hm eonfirèreB. Peu d'exteteneee ont été ausei 
noblcnneni et «imû "otUemeiit remplies ! 

■ M. Becq' de Fouq«iéres n'a pris à nos travaux qu'une 
part virtoelle. L'édition qu'il a donnée des poésies d^ André 
Ghénier est entourée de tout l'appareil scientifique propre 
snz éditions des auteur» anciens. Il a su montrer, par d'iur* 
gémeox et intéressants rapprochements, qu'il fallait recher- 
obaT) surtout chez les poètes grecs, les sources d'inspiration 
de ces poésies. André Ghénier les lisait et les relisait sans 
cesse : ansm ses vers renferment-ils un parfum d'hellénisme 
qu'aueun autre moderne n'a eu an môme degré que lui. 
N'aH^on pas cependant prouvé récemment que certain mor* 
oeou de ses idylles antiques avait été inspiré par la seule vue 
de dessins archéologiques et qu'on chercherait en vain dans 
toute la* peéme grecque ua passage littéraire qui en eût donné 
la première idée au poète ? JLe traité des Jmutdeê ancMMest 
ua travail plus personnel et plus étendu qui suppose des 
connaissances très variées en littérature grecque et latine, 
une grande £uniliarité>avec les monuments et qui dénote 
chez notre regretté con&ère un véritable talent de composi- 
ten* Bien. divisé, eUirement rédigé, d'une lecture facile et 
raAme amusante, saas que l'auteur ait fait trop de sacrifices 
à Ul curiosité foUle du vulgaire, ce livre serait parfait s'il 
était suffisamment illustré. Les jeux et les monuments qui 
s'y rapportent occupent dans l'étude générale de Tantiquité 
une si gtande place que nous étions heureux de voir cette 
étude jeprésentée dans notre Société par un connaisseur 
aussi instruit que l'hait M. Becq de Fouquières. 

c Dans la Dordogne, nous avons été également prouvés 
par une double perte, celles de M. le docteur Galy et de 
M. Victor Gay. 

« M. le docteur Galy avait mérité vos suffrages par ses 
nombreux et utiles travaux eur les antiquités du Périgord. lï 
avait su donner aux étndas de la SociM historique et archéo- 
logique de Périgueux, dont il était le président, une direc- 
tion excellente ; les heureux résultats ne s'en étaient point 
fait attendre. Les articles qu'il â insérés dans le Bulletin de 
cette Société, notamment ses mémoires sur le dolmen de Saint* 



— t4 — 

AqoiKii, m» \ê tomtom du PoDk*Vi6aK, tar le portlipe du 
temple de Vesuoiu, mr Téglùe de BaiaWAjnand de Goly 
moutrentUnUei lêe reisoinçet de «on esprit sagace ei pronveat 
l'ardeur a^ee laquelle il cherchait à mettre en lumière les 
moDumeuta anciens de sa protince, témoins étoqueata de la 
grandeur du paaaé*. On sent dans ces diwrs écrits un attar 
chement des plus vih pourra ^le dent il deriat le premier 
magistfat; tout y rsapiie le seatiineat profond d'un artisie et 
la passioa d*un archéologue* Devenu directeur du Mueée du 
département de la Dordogne^ il trouva dans l'exeroioe de ees 
déUcates fonctions l'occasion de satisfaire sea ^oàts en fen- 
dant les pfau aignalés serrioes à son pays. C'est grâce à ses 
soins que cette collection précieuse d'antiquités a été claaaèe, 
décrite et, depuis lors, appréciée comme elle méritait de l'dtie. 
Le CataUffm ihi Muiéê airehéoiogiqm dm ééparUmmU de le 
Dofdùffm^ dont il est Tauteur et qui a été publié à un» ^poqoe 
oà l'inventaire officiel de nos richesses pcovinciales n'était 
pas encore commencé, en e fitii ressortir l'intérêt. U a pnm«é 
une fois de plus « que l'on ne découvre aucun fragment de 
c l'antiquité, si petit qu'il soit, qui ne puiese acquérir par 
« d'ingénieux rapprochements ua mérite particulier yas^ 
c qu'alors inconnu et qni ne le rende propre à eervir ou d'au- 
ft torité à l'antiquaire ou de modèle à l'artiste >. » 

■ M. Victor Qayapparten^tàlaracedescheitthettrs patiente 
et érudits. OoUahorateur de VioUefr*le«J>Qc et de JUhrouste, 
puie architecte diooésain de Boueges, il avait reaoïicé depuis 
plusieoia années à ses travaux piofessionnels pour vivre pins 
complètement dan| l'intimité d\in passé où rien ne ini était 
étranger* Dessinateur habile et précis, deaé d'on esprit 
curieux et sagaee, il possédait une scianeetoutàfiit'person- 
nelle et de bon aloi. Sa collection était vraiment oelie d'un 
savant. On n'y voyait peint de ces morceaux parâûts, d'une 
conservation exoeptioimfllle, pour la possessicm desquels nos 
grands amateurs sont prêts à tous les sacriioBS, mais, eomine 

1. Uae liste oomf^lètft dts oaynim» 4a M« 1« 0' Q«iy a éU publiée d^n le 
Bulletin de la Société hiitoriquê et archéologique du Périgord^ l. XIV, 
p. SOS, à la suite d*aiie notice nécrologique pT M. Michel Hardy. 

t. RIAMioM de QiatMiBère de QdÉby. 



— n — 

l'a dit m critii|ae aatorisé^ c il cheiehail de préfésenee la 
« menue enrioeitè, pourvu qu'elle eût an sent, le fiagment 
< aignifioatify lee débris intéressants, le renseignement, la 
f noie; il s'aecommodait des miettes de Thistoire, laissant 
€ aux grands seigneurs la table luxueuse et les régals de 
c prinœ. Ciommeneée sans tafMige., continuée sans relâche et 
« dirigée vers le même but par un esprit tenace, patient, 
c conTaineu, sa coUeotion occupait une place très personnelle 
« dans la ourioelté parisienne. » Pour mieux connaître les 
procédés arlistîques qu'il étudiait, il avait essayé de les mettre 
tui-méme en pratique et on voyait dans son cabinet un reli- 
quaire en argent, orné d'émaux, dans le style du xm" siècle, 
qui était entièrement TcBUvre de ses mains. Gette collection 
usiique fut pour lui le moyen d'atteindre le but vers lequel 
tendaient sans cesse ses efforts et sa volonté. U avait entre- 
pris sous une forme nouvelle tue véritable encyclopédie du 
moyen âge, un répertoire alphabétique de textes et de monu- 
ments originaux auquel il consacrait sa vie et toutes ses 
forces. Le Giosêairê archéologique d» fnoytn 6fé H de la 
BenaÙMOMco reste malhenreusement inachevé; notre cher et 
regretté oonfirère n'a pu le conduire que jusqu'à la lettre J. 
Ia mort ne nous apporte jamais qoe des tristesses, mais corn* 
bien ses coups nous semblent pins crueis lorsqu'elle frappe 
cenr en qui nous mettions nos plus chères espérances avant 
qu'ils aient achevé rœo vie utile à laquelle ils s'étaient dévonés 
sans partage 1 «le suis certain d'être TiAtecptète de vos senti- 
ments en exprimant le vœu de voir bientôt terminé par les 
soins afiéctneux d'un aini le vaste et précieux recueil pour 
lequel M. Victor Gaj aviût amassé des miUiers de textes et 
de dessins, da perte nous est partioulièrement seoaible ; nous 
avons tons à cœur d'honorer la mémoire d'un confrère dont 
le savoir égalait la modestie et le désintéressement. 

« M. f99^ de Rémasat sortait d'une de œe vieilles et 
BoUea familles tbsa lesquelles le goftt dea arU et 1^ culte du 
bea» i$e perpéonent comme une tradition. Élevé sur lescAtes 
de Provence, au mâieu de ces rocâier» où vient expirer la 

1. u. aSm. BtniMfll. 



_ 96 ' 

brise qui nous arrive de la Grèce el de TOrient, il manifesta 
de bonne heure un penchant très vif pour L'archéologie, et 
dès qu'il fut le maître de ses destinées, il commença une col- 
lection d'antiquités choisies avec un discernement parfait et 
avec une délicatesse que lui enviaient les plus célèbres ama- 
teurs. Cette épuration du goût, qui ne s'acquiert ordinaire- 
ment qu'avec le temps et après un long apprentissage, a été 
chez lui comme un don naturel et inimordial dont il a su 
profiter dès sa jeunesse. Les lecteurs de la Gaxêitt atchkio* 
giquê connaissent les beaux bronzes de sa collection si libé- 
ralement ouverte et où pins d'un d'entre nous a trouvé la 
solution d'un problème scientifique ou Toecasion d'une publi- 
cation intéressante. La bonne grâce du possesseur en facili- 
tait à tous l'accès et l'étude. Nous garderons le souvenir d*un 
confrère que nous avions à peine entrevu, mais que nous 
avions déjà eu le temps d'aimer et d'apprécier. 

« M. Masard était un de nos correspondants les plus zélés ; 
il assistait régulièrement à nos réunions. Il nous a été enlevé 
le 30 décembre : le dernier jour de l'année a été pour nous 
un jour de deuil. Il revenait de Russie; il n'avait pas hésité 
à entreprendre un long et fatigant voyage, malgré le mau- 
vais état de sa santé, dans le but de rechercher des docu- 
ments précieux pour nos études ; il comptait nous en faire 
profiter. C'est à la bibliothèque du Musée de Saint-Gonnain, 
dont il avait commencé le cbtssement à titre purement gia* 
cieux et bénévole, qu'il pht le goût de l'adrchéologie. Ce 
dépôt de livres et de manuscrits spéciaux doit beaucoup à 
ses soins et à son dévouement. En s'y rendant, il traversait 
chaque jour ces riches galeries où l'un de nos savante con- 
frères a su grouper avec tant d'art et de méthode les restes 
précieux de l'industrie de nos ancêtres et les témoignages 
les plus certains de notre histoire. U se .prit d'affection pour 
ces vieux témoins de nos origines. Son ÉiwàB deêcr ipi黀 de 
la céramique du Mvêéê d» auUgmiés natiamàu de SaûU'Gêr^ 
num-en-Layfi forme conmie une histoire de l'art du potier 
dans notre vieille Gaule; elle fut particulièrement utile à 
une époque où le catalogue de ce Musée n'avait pas encore 
paru. Il y ajouta d'ingénieuses remarques sur les vernis et 



— 97 T- 

les glaçures antiques de l'époque romaine. Il connaissait à 
fond tontes les découvertes intéressantes, relatives au temps 
de l'indépendance, faites en France, en Italie ou sur les 
lK>rds du Rhin; les sépultures gauloises du Bolonais lui 
étaient aussi familières que celles de la Champagne. Nous 
en avons eu maintes fois la preuve dans ses écrits et dans 
les discussions auxquelles il prenait part. Sa perte sera par- 
ticulièrement ressentie par tous ceux qui s'intéressent à nos 
antiquités nationides. 

c II faat ajouter, hélas i encore deux noms à ce long nécro- 
loge. Nous avons perdu deux associés correspondants étran- 
gers, l'un en Italie, l'autre en Suisse, M. Guillaume Henzen 
et M. Morel-Fatio. 

c Henzen est^ mort à Rome le 27 janvier. Il habitait cette 
ville depuis un demi-siècle, y remplissant les fonctions de 
premier secrétaire de l'Institut de correspondance archéolo- 
gique. Après Borghesi, c'est peut-être le savant qui avait le 
mieux réussi à faire comprendre tout l'intérêt des inscrip- 
tions pour l'étude d6 l'histoire et des institutions romaines. 
U était l'un des directeurs du Corpus inscriplionum lalwa^ 
mm; il avait pris une part très importante à la rédaction de 
ce vaste recueil, en particulier pour les inscriptions de la 
ville de Rome. Épigraphie grecque, latine et italJote, topo- 
graphie, histoire militaire et administrative, céramographie, 
institutions sacerdotales, Henzen avait tout étudié et il l'avait 
fait de telle façon que sa place était marquée au premier 
rang parmi les archéologues de notre temps. Si, par son éru- 
dition et par ses travaux, il avait conquis dans la science 
une place aussi distinguée, par sa courtoisie, par l'aménité 
de son caractère, par sa bienveillance il s'était attiré la sym- 
pathie et l'amitié de tous ceux qui ont été en rapport avec 
lui. A Rome, oi^ toute l'Europe savante a passé, chacun 
appréciait le charme et la sûreté de ses relations. Pour nous, 
il était resté le représentant des vieilles traditions de l'ancien 
Institut de correspondance archéologique où le réle de la 
France avait été si noble et si généreux. 

c Morel-Fatio est mort le 10 août, à Beauregard-sous- 
Lausanne. Sa science de prédilection était la numisma- 

ANT. BULLETIN. 7 



— w - 

tique. Depuû près é$ Tingi^iaq att, il était oo&iervatinr 
du Musée cautoiiâL ^a4ois; c'est à eoA JEèle et à bob désin* 
léreeteaent que les ooilectioue d'âutiquilée et Lausanne 
éoi^eiit ie développemeut lout k fait ezcq>tioiuiel qu'elles 
oot pria dau9 ces dernières années. L'affection qu'il portait 
à son pays d'origine ne i'empécluût pas de songer aussi à lu 
France) où il était ué, où s'était éooulée sa jeunesse et où il 
comptait de mMnbœux amis. La mort l'a frappé au moment 
où il venait de donner au Cabinet des médailles de notre 
BibliotMque aatiouale une importante collection de mon- 
naies mérovingiennes d*argent dont 41 préparait la descrip*- 
tion. don nom sera donc inscrit à c6té de ceux des généreux 
donateurs auxquels notre pays doit une partie de ses richeBses. 
Quant 4 son souvenir, il restas toujours vivant dans le cœur 
es ceux qui l'ont connu et qui ont pu appiécisr sa natare 
droite, frandie et généreuse. 

« J'ai fini l'appel des morts» Que de bons ouvriers ont die» 
paru et que d'œuvres vont rester inachevkéesl 

€ Vous aves sa, par des choix judieieux et exceUentSi^Kwn* 
bler les vides qui s'étaient produits dans vos range et réparer 
les pertes que vous avies éprouvées. JFe n'ai pas 4 ûdre l'éloge 
de nos nouveaux confrères et je leur ai déjà soulMâté la bien- 
venue. M. Jules de Iiaurière, si tamiliarisé avec les monu- 
ments de notre arabileotuie naiionale, M. CÉiarlee Bavais- 
sen-MoUien, qui oentiaue au Musée du Liouvie les tradîtioos 
paternelles et dent les beaux travaux sur tes manusents de 
Léonard avaient attiré votre attention, M* Hemelhs, dont le 
nom est désormûs insépaimble de oslui de Oélos^ nous 4iat 
apporté cette année le concours' préciettx de leur expénsoce 
et de leur dévouement Tous urois tiendront à bosnenr de 
nous communiquer le fruit de leurs rechercbes, et nous 
espérons qu'ils voudront bien nous entretenir souvent de 
leurs travaux et de leurs découvertes. 

c Vous avez désiré rendre un hommage particulier 4 l'un 
de nos associés étrangers les plus éminents, M. le barea de 
Witte, en créant pour hii un titre spécial qui n'aiait eacere été 
accordé 4 personne, celui d'associé comapondant étranger 
honoraire. Vous avet décidé, dans la séance du 8 jum, qoe 



— ♦§ — 

flOB nom «endt insent^ oomiiM eehii 4'i» maître iUiM» et 
respecté, tiTtnt hi liste des membres résidants. Une doM* 
tion téritablemènc prindère faite au Oabinst des médailles, 
aTec la pins exquise délicatesse, a servi de prétexte à cet 
hommage qu'une suite ininterrompue de travaux archéolo- 
giques de premier ordm et un dévouement absolu à la science 
méritaient sans conteste à ce coiiirère vénéré. 

ff Dixwneof nouveaux associés correspondants nationaux 
ont obtenu Thoimeur de vos sufifrages, ce sont i MM» Octave 
Vauvillé (Aisne), Jean de Gessae (Qreuse), Dangiband (Gha* 
rexite*-Iaférieore), Gustave Millescamps (Beine-et^Oise), 
Marias Boyé (Aude), le comte de Gourjault (Ardennes), 
Félix Pasquîer (Ariége), Yaebex (RMae), des Méloizes 
(Cher), Ruelle (Seine), Tabbé Gorneaux (Aisne), Gombes 
(Viecme), Maxerolies (Sa6ne*et-Loire), Fabbé Nogués ^Gha- 
rente-Inférieure), le baron de Beaucorps (Charente-Infé- 
rieure), le marquis de Surgères (Loire-Infiârieure), Blanohet 
(Basses-Pyrénéesh le comte Régis de TEstourbeillon (Lom* 
Inférieure) et Pierrot Deseilligny (Saéne-et-Loire). Plusieurs 
d'entre eux sont encore parés de cette fleur charmante qu'on 
nomme la jeunesse ; l'avenir leur appartlMit; ils douneront 
un nouvel élan à vos prospères destinées. Mais je dois leur 
rappeler robiigaUon qu'ils ont contractée Tis-à^^is de la 
Compagnie et qui est inscrite dans Fartlole 17 de notre règle* 
ment. Ils sont invités à donner, au moins une fois par an, à 
la Société, communication d'un ouvrage ou d'un mémoire. 

« C'est également un devoir pour les membres résidants. 
Je voudrais pouvoir dire que tous, ou presque tous, nous 
l'avons accompli cette année. Le BuUmH»^ -dans lequel vous 
retreaverez avec tant de plaisir le résumé de vos travaux et 
quiietracesi exaotement'la physionomie de nos réunion» et 
de nos entretiens, le volume des Mémoires, qui contient vos 
dissertations plus étendues et plus approfondies, fourniront 
à ceux qui en auraient besoin l'occasion de faire leur exa- 
mea 4e conscience à œ sujet. 

c Gee publications soai l'objet des soins constants de nos 
o s aftèr es de 1$. Gommisaiop des impressions; ils y intro- 
duisent chaque année deaeméliorations dont je lesiemeDCie 



— 4M — 

▼HenMnt en totre notn. GTesl nn rôle ingrat et modeste, 
mis bien utile, que œlai dévoio an membre de cette Gom- 
mimion pins spédelement chargé du Bmtttiim : omis devons 
à M. l'abbé Thédenat nn témoignage spécial de notre giati- 
tnde. U a été partiéoUèrement secondé par notre secrétaire, 
dont le séle ne s'est pas nn seul instant démenti. 

c Pnis-je oublier de tous parier anssi da trésorier dévoué 
et vigilant qui s'occupe avec tant de cœur des intérêts de la 
Société et de vous dire combien votre président a été henreux 
de trouver constamment auprès de lui, en la personne de 
M. Pol Nieard, notre vénéré doyen, notre excellent archi- 
viste et bibliothécaire, nn conseiller plein de prudence et 
de bonté, un guide sûr qui lui a permis de garder fidèlement 
les traditions de votre Compagnie? 

« Ma tâche est terminée ; mon devoir est rempli. J'invite 
M. Auguste Longnon, votre nouveau président, à me rem- 
placer dans ce fauteuil, et M. l'abbé Duchesne, votre nou- 
veau secrétaire, à prendre place an bureau à ses côtés. » 

Sur la proposition de M. A. Longnon, président élu, des 
remerciements sont votés an président et au bureau sortant. 

La Compagnie décide que le discours de M. Ant Héron 
de Villefosse sera imprimé dans le BvUUtm. 



Ouvrages offerts : 
Animudfê de la Société frtmçaûe de numiimaiique et d^areké<h 

logie^ novembre-décembre 1887. Paris, in-8*. 
BuUêUn critiqué^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingold, Lescœur, Thédenat, IX* année, n« 1. Paris, 1888, 

in-8\ 
-^dêïa Société académique de Brut, 2« série, t. XII, idSS* 

4887. Brest, 1887, in-8'. 
— monumentale publié sous la direction de M. le comte de 

Marsy, 6« série, t. m. Gaen, 1887, in-8*. 
Jahrhacher des VereinM von alterthumâfreunden im Rheinlande^ 

Uvr. LXXXIV. Bonn, 1887, in-8û. 



— 4W — 

KûTUipmideMÛflatt dér WeHdêuttckên Zeiiêekrift JUr O^ 

Mckickie und Kunêty 6« année, n« i2. Trêves, 4887, in-8*. 
Wmiieutteke Zntmsknft fur Gmckic^^ xnd Kuntt^ 6« année, 

n« 12. Trêve», 1887, in-8». 
DBLAniB (Victor). Enguerrand de Mamtrelêiy hittorien ef 

privât de Cambray. Douai, 1888, in-8*. 
Hébon ]» YnxBFOSSB (Antoine). Les mosatqueê récemment 

déanKvertet em Afrique, Paris, 1887« in«<8*. 
La GftAMOB et Lonis Gloqdbt (A. ra). Étudee wr Vart de Tomr^ 

nai et tur Us anciens artistes de cette ville. Tournai, in-8*« 
liBsniiASSB (René db>. Cariulaire du prieuré de la Charité-sur" 

Loire {Nihre), ordre de Cluny. Nevers, 1887, in-8o. 
Mabst (Comte se). CuêUhir numismatique, Paris, in-8<». 
QuABRÉ-RsTiiouiiBON (L.). Pcucol-FronçoiS'Josepk Gouelinj 

géographe Mois. Lille, 1887, in-8<'. 

Correspondance. 

M. Baras, capitaine de cavalerie, présenté par MM. R. de 
Lasteyrie et l'abbé H. Thédenat, écrit pour poser sa candida- 
ture au titre d'associé correspondant national à Boulogne-sur- 
Seine. Le Président désigne MM. Héron de Villefosse, J. de 
Laurière et A. de Montaiglon pour former la commission 
chargée de présenter un rapport sur les titres scientiûques 
du candidat. 

Trawmx. 

Au nom des commissions nommées à cet effet, M. Tabbé 
Thédenat lit des rapports favorables sur les candidatures de 
MM. Tabbé Pierre Batiff'ol et Alexandre Tausserat au titre 
d'associé correspondant national. On procède au vote, et les 
dMx candidats, ayant obtenu le nombre de sufflrages exigé 
par le règlement, sont proclamés associés correspondants 
nationaux, le premier à Home, le second à Vinets (Marne). 

M. le baron de Baye, associé correspondant national à 
Baye (Marne), lit un mémoire aur des.bijoox vandales trou- 



— IM — 

yé$ aax envinnift du Boue (Afrique), et conierTé» mi Mtuk 
knimmifWÊ. 

Le Mémoire de M. de Biye est raitosré à k Gmnmîinai 
des impressions. 

M. Gonrajod, membre réeidaat, préseate une série de d»- 
eine friDco^lbuiiaiids da Cabinet des estampes de Dresde, 
représentant les sept joups de la semaine. 

M. d'Ârbois de Jubainville, membre résidant, fait la com- 
munication soivante sur Mamurra : 

c Une des causes qui ont amené le succès de César dans 
la guerre des Gaules a été la supériorité des Romains dans 
les travaux qui se rattachent au génie militaire. Quand on 
lit les Commentaires^ il semble que c'est à César que revient 
rhonneur d'avoir dirigé ces travaux si bien conçus. Diodore 
de Sicile, qui était à peu près contemporain, parle avec 
admiration du pont jeté par ordre de César sur le Rhin et 
parait rapporter exclusivement au général romain la gloire 
de cette entreprise hardie. Mais nous savons par Pline le 
nom de Tingénieur dont César a eu soin de taire le nom et 
auquel il doit en grande partie ses succès. C'était le cheva* 
lier romain Mamurra : Primum Romcu parietes ervsta mar» 
morts operuisse totos domus suae in Caelio monte ComeliMS 
Nepos tradit Mamurram Formiis nalnifi, «^uifesi Bomaman, 
praefectum fabrum C. Caesaris in GaUia, ne quid indignittiti 
desit tali auctore inventa re. Hic namque est Mamurra CatvlU 
Veroniensis earminihus proscissus quem^ «/ res est^ dowÊMS 
ipsias danus quam CatuUus dixit Aabere quidquid hahuisset 
comata GaUia*» 

f On connaît les vers de Catulle > : 

Qttis hoc potesi videre, quis potest pati, 
Nis^impudicus et vorax ei aleo, 

1. Biitoire naturelle, t. XXXVI, p. 8; édition Teob««r lalm, t V, p. il4. 
Un critiqQe m*ft fait obnrwr ^'aa tMips où éeritmit PliM, r«zpnniw G, Gmmt 
désignait Caligula. Celte ezprewion n*a pu là même ▼«leur âa temps de Goine- 
lias Nepos, mort Tingt^joatre ans arant notre ère, et anqael Pline empranle ee 
renseignement. 

2. XXIX, 1-4; ef. XU, 4; XUII, 8; LVn, 4. 



— 41» — 

âfo«fticiTam habere qitod tfinato ÇaUia 

Hab^Hii anU et ultima MrUat^nia f 
« M. E. Benoist a inséré une savante étude sur Mamurra 
dans le Gatalle de M. Roetan, t. Il« p. 440 et iuivantes, qui 
a été publié à Paris en 1892 < et dont uue suite paraîtra bien- 
tôt. Nous la devrons à M, Bmile Thomas, professeur à la 
Faculté des lettres de lille, connu par de remarquables tra- 
vaux sur le grammairien Servius et sur deux disoours de 
Gîcéron. » 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, fait la commu- 
nication suivante : 

c A la date du 18 déceipbre 1887, j'ai reçu de M. J.-P. 
Thiers, membre de la Cîomipission archéologique de Nar- 
bonne, une lettre contenant une restitution épîgraphique 
très importante. En étudiant le^ fragments d'inscriptions 
entassés dans l'ancienne église de Lamourguier, M. Thiers 
a été amené à reconnaître que quatre fragments, publiés jus- 
qu'ici isolément et trouvés, à des époques différentes, dans 
les remparts de la ville, appartenaient à une seule et même 
inscription. Le texte rétabli nous fournit des détails inespé- 
rés et intéressants sur une des villes de la Gaule. 

« Les quatre fragments en question sont les suivants, dont 
je donne Tindication d'après 1^ recueil de M. Lebègue^ : 

c No 606. Bloc rectangulaire, trouvé à la courtine des bas- 
tions Damville et MontiQorency. 

< N* 347. Fragment de stèle rectangulaire surmontée d'un 
bandeau arrondi, trouvé à la porte de Perpignan. 

« N<> 92. Fragment rectangulaire, incomplet à droite, 
trouvé au bastion Saint-Félix. 

c N* 569. Bloc rectangulaire surmonté d'une partie arron- 
die, trouvé à la courtine de la porte Connétable. 

1. Marqntrdt, ffandbueh der roemisêhen Aiêtrtkumer, t. V {Roemiiehe ttatU- 
«iMnpalAoïdr, t. II, S* édit.» p. $iff, note 6), «t un p«a bref lar Mamorra. Dut 
riDtrodnctkm aa Dé bello gallioo de Kxaner (il* édit., p. 90, { 22, Die Fabri), 
le aom même de Hamarra n'est paa mentionné. Outre les textes cités pins hant, 
on pent eonsulter sor Uamaira : Boraoe, Satire, I, 5, 37; Oeéroo, Ad Attietm, 
VII, 7, et Suétone, Cétar, 73. 

s. Épigrtifhie de Narborme, Tonlonae, iS37, in-4*. 



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— 4« — 

« Poar arriter à cet rapprochemeats, M. Thiera a fait des 
relevés très exaeto et très préeia de Ut hauteur de» lettres et 
il a pa constater que cette hauteur était uniforme pour cba* 
cane des lignes dans les quatre fragments : 

ff ligne 1) hauteur des lettres, 0*43. 

t Ligne 2, — — 0«!0. 

t Ligne 3, — — (H)8. 

c n est à remarquer, en outre, que le premier A de SAE- 
GYLARI8 a été coupé en deux par le joint. Les deux fmg<* 
ments existent encore, l'un sur le n« 606, l'autre sur le 
n- 347. n en est de même pour le T qui précède PATRONO, 
et dont une partie se trouve sur le n« 347 et l'autre partie 
sur le n* 92. 

c II ne peut donc subsister aucun doute sur ces rapproche- 
ments. Mais il reste à rechercher un cinquième Ihtgment 
qui doit compléter l'inscription. Nous souhaitons bien sincè- 
rement à M. Thiers de le découvrir. 

c En résumé, le tombeau au-dessus duquel était gravée 
cette inscription contenait les épitaphes : 

c 1* De Q. JuUus BarharuMf édile de la colonie de Digne, 
patron du suivant. 

c 2» De JuliuM Saeadarii^ auteur principal du monument, 
vivant 

c 3« De Julia, affranchie de Saecularis, morte. 

« 4« De P. ÀtHus PhUargynUy afi&anchi d'Ëros, vivant. 

« 5« De Attia UrhoMOy mère de Saecularis. 

c Tout l'intérêt du texte réside dans la première ligne. 
Nous y apprenons trois choses importantes : !<> Dinia (Digne) 
avait reçu le titre de colonie ; 2^ ses habitants étaient inscrits 
dans la tribu Voltinia; 3« Dinia avait un surnom commen- 
çant par les lettres LV6; la découverte du cinquième frag- 
ment nous permettra seule de le compléter. 

c Tous les historiens locaux sont d'accord pour reconnaître 
que, sans les témoignages de Ptolémée^ de Pline* et de la 

I. II. 10, 19. àvAa, TiU» en Statii, mtolioimée tm !• titre <to «oloak, 
taadis qos kt bium de NtrbouM, CkTiilloD, Aiz, ArlM, FHjiit «nt ralTii du 

S. H. n,, m, 5, 6. A la fin de M deMri|^OB de 1« NtiboniMlM, PUm, epr«e 



Noiica dt l'BBi]tiraS en m poonraît pu smfpomt q«V y «it 
«0 «n oantra habile, à l^épeqoe imoaiM, à l'endreil i»ù «W¥b 
MjoQid'hni la idlto da Digne. Les raines mémea <m^ p^ 
Mais aacQD des ténoigiiages des écrivaitts aociens ne oeaa 
fournissait les renseigneioento qne eoatieBiMlit lea quatre 
fragments de Narbonne. 

i On a trouTé, en Grande-Bretagne, à Gaerieon (l'aatique 
/«oa SUurfm)^oii la seconde légion avaH ses oantonnoni^nts, 
nno inscription ^ anjoard'bui consenée an Ifnsée do obUd 
Yille, et qni se rapporte à nn vétéran) originaire do Digne. 

Q • IVLI • 8EVERI 
DINIA • VETBRANI 
LiiG • II- AVG • GoNIVX • F • G • 

« L'inscription de Narbonne et celle de Caarleon sont les 
seuls documents lapidaires connus mentioniwit la Dinia des 
Romains, i 

M. Héron de Villefosse signale ensuite plnsienrs décon- 
vertes faites par le docteur Plicque, associé correspondant à 
Lezoux (Puy-de-Dôme). H présente, an nom de notre eon- 
frère, l'empreinte d*nn grand médaillon, incomplet, en pftte 
blanche, sur lequel est figurée une scène erotique. Le doc- 
teur Plicque a trouvé récemment, dans ses fonilles de Lezoux, 
quelques médaillons bronzés en terre culte, dont Ton repré- 
sente un épisode de la guerre de Troie. On y voit plusieurs 
guerriers cuirassés, casqués, armés d'un bouclier, et s'avan- 
çant dans l'attitude du combat. L*un d*eur, nu et casqué, 
d*une taille plus élevée que les autres, porte an-dessus de 
la tête une inscription qni fait connaître son nom, AIAX. 

Dans un groupe en granit gisant sur le bord d^nn che- 
min, à 12 kilomètres de Glermont, et vénéré sons le nom 
de saint Greorges et sainte Madeleine, le docteur PUcqtfe a 
reconnu le groupe souvent signalé dn cavalier victorieux 
terrassant, un anguipède. 



1. CivUat DitiienH^m. 

S. C#ni. ûmm. IfllM.. U vu, ■• itS. 



Séance du 1 8 J^vier. 

t^résidenoe de M. À. Lomaion, ptéâdent. 

Ouvrages oSarto : 
Bidleim de la SoeUté archMogique de Nantes et du diparte- 
m»Kk-dé la L&êre-Infirteute^ aa. 1887, l**" semestfe. Nantes, 
488T; iû^B».- 

— <2t 2a Sœiéié de Borda, XII» année, 4^ trfiÀeètre. Dat, 
1887, in-8*. 

— de la Société polymathique du Morbihan^ 1S86. Vannes, 
1887, in-^. 

->«* d^hiâtùire eœUsiaetifue et d'arckéoUgie religieuee dê$ âio* 

cèses de Vaienœ^ Qap, Cttnùble H Vwierg, TU* ttnn. 4887, 

in*8*. 
*^ de la Société hietôrique et arehéoUgique du Pétigùrd^ 

tu XIV, 6» iiw. Périgueux, 1887, in-8*. 
Buttettim) di areàm>logia. e etoria dalmata^ X« att., ii« i^. 8pa- 

lalo, i887, in^â^. 
Uimaim de VAcudémiê de Met», 3» «érie, XIII* année, {883* 

1884. Meti^ 1887, itïS^, 
BêcuêU de la Commiuion dee or te et monemmie^ kietariqnee de 

la Charente-Infériâure ei Société d^archéohgiê de Scàetee, 

3» série, t. n, Utt. lâ..6aiatea, 1888, in-d*. 
Be9ae de SabUç9§e et .d!4biû; hîOeiiM de. la Société dee 

anki9e» hùtanqueê^ %. VIU, livr. 1. Sentes, 1888» in-8*. 
Vieetnii krvaisioga arcksologi€a Df^tnoy fc..X. AgmaSt i888, 

BxMnr (fen)). Bisteire générede de Forif , topographie hiêto^ 

féquê du vieÊiz Farté, contimtée et eampléiée* De t Unifier* 

eiié. Parie, 1887, iQ-8o. 
Lbooy DR LA Marchb. Loms XI. ei la eucceêition de Propemce. 

Puis, 1888, in-8«. 
PALtisTRB (Léon). Monograpkie dé Végliee de Saint^Clémeni de 

Tour». Toon, 1887, iii-4'. 
Souff (Henri et Louis). £m preemr» 4gee du fnéUU dam le 

emd^t de VEepagnê. Anvers, 1887, in«4«. 



ROKAM (J.). Arft dm OTffum de Nûirû'lkmiêdPBmbfm. Puis, 

Taiozkt db Lauooub* Im^TêitUmê de voyage dm la Pro- 
MM« admire, par Piem de Gutendi. Digne, 1887, in-B*. 

f70f fifIFpOIMHMCff* 

M. A. Tanasenk et M. Tabbé P. Batilfol éeriwnt poar 
remercier la Compagnie de les a^r admis an nombre des 
associé» oorreapoodants» 

Travaux. 

M. Lecoy de Ut Marche, membre résidant, préeenie à la 
Compagnie un mémoire qa'il a lu dernièrement à FAcadémie 
des inscriptions et qai vient d'être tiré à part après avoir été 
imprimé dans ia Itstme det çuêslioni hittoriquêi. Ce mémoire, 
intitulé : Lomis XI, etc., offre nn double Intérêt : !• il parait 
au moment où la Provence vient de célébrer le 4* cente- 
naire de sa réunion à la France, et ainsi son sujet offire une 
certaine actualité ; 2« il montre, au moyen de documents 
inédits, par quels procédés, plus habiles que loyaux, Louis XI 
assura à la couronne cette importante succession de Pro* 
vence, convoitée tour à tour par le duc de Bourgogne, par 
le roi aragonais de Naples et par le duc de Lorraine, tons 
trois ennemis de la France. Les intrigues de ces derniers 
princes et Tinsuccès de leurs démarches auprès dn roi R«ié 
forment la première partie du mémoire. Dans la seconde, 
on voit, par de très curieuses lettres de IjOUîs XI, que ce 
monarque, abusant de la fiûblesse du vieux roi de Sicile, 
alla jusqu'à lui promettre, par écrit, de grosses sommes 
qu'il n'avait nulle intention de lui payer et qu'il ne lui pays 
pas en effet; car, d'après un traité passé entre eux, la mort 
de René, si elle arrivait, devait dispenser Louis XI de payer 
les termes non encore échus de la dette. Or, le roi, q^éeu- 
lant sur cette mort, que Ton craignait, s'arrangea ai bien, 
qu'elle survint avant l'échéance même du preaûer tenue, de 
sorte qu'il n'eut pas un denier à débourser. Ce eaienl, quelque 
peu odieux^ est avinié sans aitiAce dans u n^pert de F. de 



— 409 — 

Gênas et dans une totire de Louis XI. Ce curieux exemple 
de l'astucieuse politique de Louis XI méritait d'être signalé 
à rattentioQ de la Compagnie. 

M. Héron de Villefosse offre à la Société, au nom de 
M. Ph. Tamizey de Larroque, un travail intitulé Impreuianâ 
de vojfoge de Pierre Gatsendi dan» la Provence alpestre. On y 
trouve deux intéressantes lettres de Gassendi à Peiresc, 
écrites de Digne, en 1635, et qui contiennent le récit d'une 
excursion de ce grand savant en Provence. La cascade do 
Sillans, l'aqueduc de Roquetailiade, les fontaines salées, la 
source de Golmars font tour à tour Tobjet de ses observa- 
tions. Il est regrettable que Gassendi n'ait pas* jugé à propos 
de parler des antiquités de Fréjuft, qu'il dit cependant avoir 
visitées avec intérêt. Notre savant confrère a accompagné 
ces lettres de notes nombreuses et d'éclaircissements. Il les 
a fiEiit suivre d'un appendice qui contient trois autres lettres 
de Gassendi, adressées, Tune à François Luillier, les deux 
autres à Ismaêl Boulliau. 

Au nom de M. Âubert, empêcbé, M. A. de Barthélémy, 
membre honoraire, donne lecture du rapport annuel sur la 
situation financière de la Compagnie pendant l'exercice de 
1887. 

c Messieurs, 

c J'ai le regret de commencer mon rapport annuel en vous 
donnant deux nouvelles qui, si elles ne sont pas menaçantes 
pour l'avenir de nos finances, sont cependant de nature à 
mériter toute votre attention. La première est une décision 
du ministre de l'instruction publique annonçant que, forcé 
par le vœu des Chambres de diminuer les dépenses de tous 
les services de son département, il est obligé de réduire à 
cinq cents francs notre subvention annuelle qui était de 
mille francs. La seconde est la conversion de la rente 4 1/2 Vo 
en rente 3 ^o. Cette mesure nous fait perdre 134 fr. de revenu 
annuel. Je n'ai pas voulu payer la soulte exigée pour con- 
server le même chiffre de rente. Cela m'a semblé être une 
opération très contestable pour les raisons que voici : un 



— 140 — 

mgitù efiployéeA rsftle pt é wu lBp— dé ( 
tâliOD, tandis qoW achètent dei obligationt da gnadet 
lignes de chemin de fer, nous «fons, à tids pev pién, àaaitea 
revenn, mais nous acquérons la eertitade de voir s'aecioitre 
notre capital. Les obligalions que l'on achète aujoard'hoi 
^lent 390 flr. en moyenne et sont rembooEsaMes à 500 ir. 
Cest donc «ne prime de iU) fr. qui nous est assaréa» car les 
flodétés comme la nôtre ne sont pas SDAfieUes ainsi que de 
simples humains, et, sinon nous, da moios nos BoeoesasorB 
sont ceitainB de tooehar œtte prime. 

c Gela dit,j'ai l'honneur deiFOttssoasiettre^coaimed'iisagey 
le tableau des recettes et des dépenses de \êl CSompagnie. Ce 
tableau, dressé par catégories, Tons permettra de foos rendre 
aisément compte des opérations de finance eiécntées par le 
trésorier pendant reaercioe de 1867. 

« Au 1* Janvier 1887, nous avions en caisse. 3905 fr. 49 
c Les recettes de 1887 se sont élevées à la 
somme de 7848 44 



Total 11753 93 

c U fcat déduire de ce total le montant des 
dépenses de cette même année 1887, qui est de. ô69i 86 

f II reste donc en caisse le 1«' janvier 1888. 6061 fr. 67 

c Pendant l'exercice de 1887, ayant encaissé 7848 fr. 44, 
et dépensé seulement 5692 fr. 26, nos recettes dépassant nos 
dépenses de 2156 ir. 18. Un tel excédent est dû au peu de 
frais des iUustrations du tome XLVXI et du BulUlim de 1886. 
En effet, en 1887| nous n'avons eu à payer aux dessinateurs, 
graveurs et dichaurs que la faible somme de 427 fir. 45. Cette 
économie vraiment surprenante a deux causes : 1<> une par- 
tie des gravures avait été soldée sur l'exercice de 1886^ 2' Is 
tome XLVU contient un savant et intéressant travail de 
M. Prost, question de droiti qui, traitée avec la complète 
compétence de notre confrère, n'exige pas le secours de la 
gravure. Il est bon d'ajouter aussi à ces deux causes le peu 
d'impoitaaeades Irais payés par l'agenaeL Ces frais, qui s'éie- 
ivaien& ias aimées pvécédtentasda bdù fr«À.65QfiE^, ne agacent 



— U4 — 

mr is uMetttt que fMwr ^mb Mmme de 307 k. Ctok Uent au 
tmmté de là p«lili(»tào& da filtl&0lll^ fai^ n'ayuki pas para, 
ii'li pas été affranchi. Il né ftmdraftt pas prendre pour base de 
noft ealouls cette année tonl exoepiienskie. 

c Noue void en ârae d'an enoaîsBe trop important pour nos 
èesrâis. Afin d'agir avec pmdenoe^ il nous ftittl oonserrer nn 
ftmd de vonlenteni de 3609 fr., afin de parer atix payements 
à ItiredAas les trais preoûers mois de chaqne année, alors 
qua née reairées ne sont pas encore efféctnées et de ne pas 
risquer d'être pris an d^urra. Mais 0000 fr« en caisse, 
o^eet tmpi Je demanderai donc à la Société de «n'autoriser 
à employer tOOO fr. entiron à lUebat de quelques obligations 
de Paiis^Lyon*Méditerranée, qui viendront s'ajouter à celles 
qaia la Compagnie possède déjà. J'ai dit plus haut ce que je 
pense de ces titres ; Us offrent autant de sécurité que la 
rente sur l'Eut, ils sont tiés facilement négociables sans 
perte; enfin ils assurent à l'acheteur une prime de ilO fr. 
iors du remboursement. 

« Voioi l'état de nos associés correspondants : M. de Ville- 
fosse, président sortant, dans son discours de fin d'année, 
vous a donné les noms de tous les correspondants disparus 
de nos listes enlevés par la mort, la démission ou le chan- 
gement d'état fin conséquence, je me contenterai de vous 
4iiier ies-ehifiï^* 

€ Au 1« janvier 188T, la Société comptait un nombre 
dl'associés correspondants d'élevant à %65 

« Dans le cours de cette même année elle en a 
perdu 18 : 2 associés, nommés résidants, 3 démission- 
naires, 1 nommé honoraire, 1 effacé de (a liste pour 
échange de publications, et 11 décédés, à déduire . 18 
« Il en restait alors 247 

c Eh 1887, vous avez admis 20 associés correspon- 
dants qu'il faut ajouter 20 

c Le nombre des associés inscrits au l«r janvier 
1888 est donc de 267 

« Nos associée correspondants se sont accrus de denx. 
C'est bien peu 1 C'est à peine si les vides aant comblés. Il 



— 442 — 

est viti que la mort a été cruelle cette année et i|Q'elle a 
frappé la Gompasuie dWe £içoa hearenfemeat iBuitéo. 
Mais nos correspondants avancent comme noua dans k YÎe 
et on peut craindre que nos pertes ne deviennent de plus «a 
plus fréquentes. Il &ut donc très sérieusement penser an 
recrutement et ne pas oublier surtout qu'il y a encore dii- 
httit départements dans lesquels nous ne sommes pas repré- 
sentés ^ Y chercher des correspondants, c'est répandre dans 
toute la France notre enseignement et nos publications. 
J'appelle donc toute votre sollicitude sur cette question. 

« Je vous demande aussi, Messieurs, Tautorisation de 
compter à Boucher, notre appariteur, la gratification de 250 fir. 
pour Tannée 1887. Vous accordez cette somme depuis plu- 
sieurs années, et notre employé ne se dément pas ; son intel^ 
ligente activité, son dévouement aux intérêts de la Société 
restent les mêmes. Ses véritables services justifient le vote 
que je sollicite. 

c £n terminant, je prie M. le président de vouloir bien 
mettre aux voix mes deux propositions : la première relative 
à Tachât de quelques obligations de chemin de fer; la 
deuxième relative au payement de la gratification de Boucher. 

a Gomme je sais condamné momentanément à rester au 
logis, M. le délégué de la Commission des fonds peut choisir 
le jour et Theare qui lui conviendront le mieux pour la véri- 
fication des écritures. Je lui soumettrai les registres, las 
pièces comptables et Tencaisse. J^ai fait de mon mieux et 
j'espère que le rapport du délégué sera favorable à la gestion 
de vos finances. » 

M. Germain Bapst, membre résidant, expose que la ques- 
tion de Tétain dont il a déjà eu Thonneur d'entretenir la 
Société, a soulevé depuis peu de nombreuses controverses, 
et que la question s'est, sinon éclaircie, au moins transfor- 
mée. M. Germain Bapst n'admet pas que Tétain ait pu 
venir du Caucase ni qu*on Tait Uré de la presqu'île de 

i. Voioi iM BOOM da oei 18 dépariaiMnis : Ain, Allitr, Ardèebe, Awyran, 
Canttl, Cône, 2, Eara, Gen, Lot, Muebe, PyrénéM-OrienUiet, Haote-SiAM, 
Haate-Savoie, Vw, Alg«ri«, S. 



— 413 — 

Maiaeca ou du Khonssao, indiqués comme ayant fourni 
ce métal dans la plus haute antiquité. Pour lui Tétain a dû 
yenir de TAlta!, et il cite à Tappui de cette théorie le fait 
que les Turcs habitant ces hauts plateaux ont dû connaitre 
rétain sans le tenir d'aucun autre peuple avoisioant, attendu 
qu'ils le désignent dans leur langue sous un nom qui n*a 
son similaire dans aucune autre langue. 

Ea second lieu, il expose que les Chinois ont connu Tétain 
deux mille ans avant notre ère, que les bronzes proviennent 
du nord de la Chine, et que tout concorde à faire croire que 
Tétain dont ils sont composés provenait des limites septen- 
trionales de Tempire ; enfin que la légende persistante qui 
consiste à dire qu'on allait chercher Tétain au fond de la 
mer Noire tendrait à démontrer qu'en effet des comptoirs 
établis sur l'embouchure du Phase recevaient, du centre de 
l'Asie, de Tétain qui de là était transporté par les Phéniciens 
ou autres peuples navigateurs dans les différents centres 
civilisés du monde ancien. 

Enfin il résulte de nombreuses expériences faites tout der- 
nièrement qu'il paraît vraisemblable qu'avant l'âge du bronze, 
il a existé un âge de cuivre pur ; qu'à côté de ces expériences, 
nombre de faits d'un ordre moral viennent confirmer les faits 
matériels. 

M. d'Arbois de Jubainville, membre résidant, fait des 
objections aux assertions de M. Germain Bapst : 

c Notre savant confrère M. Bapst prétend qu'il faut cher- 
cher en Asie les mines d'étain d'où les plus anciens fabri- 
cants de bronze de la région orientale du bassin de la 
Méditerranée ont tiré Tétain qu'ils ont mélangé au cuivre. 
L'opinion généralement répandue est, je crois, que cet étain 
vient d'Espagne et des Iles-Britanniques d'où il a été amené 
dans la région orientale du bassin de la Méditerranée par les 
navires phéniciens. Dès l'année iiOO avant J.-C, Cadix 
était une colonie tyrienneS rien ne prouve que les navires 
phéniciens n'aient pas fréquenté les côtes de l'Espagne, dans 

1. Dvnoker, Gtschichie det AUerthums, t. IJ, 5< édlt. (1878), p. 64. 
ANT. BULL. 8 



— 444 — 

la période sidonieDiM de l'histoire ées Phèi^ctas, MW- 
if 00*. Or, rBBfMgne a en des miBOs d'étain,' épanèea avjoiir- 
d'hui, qui peaveni avoir fosmi jadk beaucoup d'écais. QÎia&d 
leur prodoctioii derint influffisante, les Pàêuicions reooo" 
mreat aux mines d'élain de ia Grande-Bretagne. Personne 
n'a démontré qn'il existe nn objet de bronse fabriqué duu le 
bassin de la Atéditerranée avant la découverte par les Pbé- 
niciens des gisements d'étain d'Espagne ou même de Grande- 
Bretagne^ • 

Bn réponse aux objections de M. d'Ârbois de JubaÎBviHe, 
M. Germain Bapst Ikit observer qu'à son avis, il est inad- 
missible qoe la civilisation ait eu une mardie en senst^posé 
à la navigation des peuples, et que les peuplée oili toujours 
p ro g re s s é de rorieot à rOeddeot; qoe rbistoire ei le boa 
sens nous apprennent qne la dvilisaHon a eu la ménoe 
marche^ et qu'enin les Chinois ayant connu le bnmxe desx 
mille ans avant notre ère, l'assertion de M. d'Arbois de 
Jobainville, qui consiste à dire qu'il était plus facile pour les 
Phéniciens d*aUer chercher Tétain en Espagne plotdt que 
dans TAltu, tombe devant ce ftùt que les Ohinois avaient 
moins de chemin à faire pour aller le chercher dans FÂltaî 
qu'en Espagne. 

M. Germain Bapst ajoute que, devant ces deux misons, il 
maintient son dire. 

M. d' Arbois de Jubainvilie, membre résidant, fait la com- 
mnnlcation suivante : 

€ Tous les savants qui s'occupent des origines de notre 
histoire connaissent le prédeux recueil auqud M., AUmer a 
donné le titre de lUve épigrspkiqme du midi ds la Fnmee. 
Dans le tome I*', p. 14, de cette publication si excellente, ce 
compétent érudit a donné, sons le n« 9B, le texte d'une 
inscription du musée de Périgueux qui est très intéressante 
pour rhistoire du culte du dieu Imgu-ê ches les Gdtes du 
continent. Cest l'épitaphe d'une fraime appelée JuUa Imçu- 



1. Movwr, Dtt$ phmnisiêekM AUerthm, i* pwtw, p. ilS-liS. 

î. Cf. Dnneker, Getehiehte de$ AUerthwi(^, t. II, 5< édil. (1878), p. t». 



— 445 — 

JMva, Lmfu-^dm verni <Mre c propriété^ po«8e3noB de lMgu*$^ 
celle qai appartient à Lugus. • On peut comparer le booi propie 
gre6 ^MvAoç^ 4 esclave de Dieo, » et le nom propre franc 
Atue-deut^ seeelave dec Anses, » e'eet4-éire «des dieax. » Selva 
est identique an vieil irlandue mI^, proDOoees êdû ou tdw^ 
tbème féminin en a qui veut dire « propriété, pestesiion. » 
En gallois, hflw^ qni a le môme sens, est le même mot avec 
cette seule difierence qa'il est masculin ; TA initial de helw 
tient lieu d'nne s primitive. Jnlia Luffv^Séha à Périgueux 
fiut pendant à VcUriM LugnaéUems dent le fils, Voierms Anmo^ 
né à Osma en Espagne, nons est coanu par son épitapfae 
conservée à Ségovie^. fMgu^dva est un composé dont Luçu-s 
est le premier terme. Lugnaêictês est on dérivé de l^gu-ê. Le 
Bttffixe -adicw dans Lugu-adicus peut être eonsidéré eomae 
identique au suffixe ^aticcus dans Epaitccuê-, EpaiiecM a été 
signalé dans une légende monétaire de la Grande-Bretagne 
et dans les inscriptions du trésor de Bernay. Bpatiecns est 
presque le môme mot que Firlandais B&chaid c= *EqualêXy 
génitif Echdack = "^Equatex-os, L'irlandais a aussi un nom 
propre Lugaid = 'LugticUex^ génitif Lugdach = ^Luguadec-os, 
Lugaîd est à Luguadicus dans le même rapport que Eœhaid 
à Epaticcus. Ebchaid est presque le môme mot que le latin 
eqm€êy equit-ii^ c cavalier. » Luguadicus peut être comparé 
aux noms propres grecs dérivés de noms dfvins tels que : 
àt^'fixpwçf AiortnScrioc, lIoastdeovGÇ, *Ep\uctt6^, 'EptAfimovic* I^es Grecs 
ni'avaient pas le monopole des noms propres dérivés de noms 
divins. Les Gaulois en formaient aussi. Tel est Envius à*Esui; 
Esmnug a été rendu célèbre par les deux empereurs gaulois 
Teiricita dont il était le gentilite^. Nous citerons encore le 
gendfioe Cumuliniuêy dérivé de Camulus^ dans «ne inscription 
du musée de Trêves* et de ce gentilice on perut rapprocher le 
gentilice CamuUius dans une inscription de Vaison conservée 
au musée d'Avignon. Cette inscription a été publiée par 
M. Allmer dans sa précieuse Revue épigraphique à laquelle 
il faut toujours revenir quand, dans les questions d'onomas- 

i. Corpus ùueriptionum latinttrumi t. n, a» 2732. 

2. Voir l'artidt qv lear a «onutaré ViBMai 4e VU| Onemutêiaon^ U II, p. 765. 

a. BnmUch, Corp, ùtter. Bhgm,^ >• 8M. 



— 146 — 

tique gAuloise, on veut établir bs floines doctrineB sur des 
basée solides^. 

« Quant à des noms d'hommes gauims composée, dont le 
premier tenue est un nom divin, on peut comparer à Lmgm^ 
séva : Etu-nerius^ « celui qui a la force d^Esus^; » Esm<Êutjpms*^ 
c celui qui est puissant comme Esus; > Toioii-ysM, c fils de 
TeuUtès^ » 

M. Ant. Héron de Villefosse, membre résidant, danoe tec^ 
ture d'un mémoire de M. Tabbé Rabiet sur quelques inscrip- 
tions trouvées à Gadenet (Vaucluse). 

A Toccasion de ce mémoire, M. Tabbè Thédenat, membre 
résidant, donne quelques détails sur des déoouverlee arcbéo- 
logiques faites à Gadenet, d'après des renseignements qu'il 
a recueillis dans les papiers de Galvet, à la bibliothèque de 
Marseille et à la bibliothèque d'Avignon. 

Le mémoire de M. l'abbé Rabiet et la communication de 
M. l'abbé Thédenat sont renvoyés à la Gommisaion des 
impressions. 

M. Read, membre résidant, présente un coq en bronse 
acheté à Trieste. 

M. Héron de Yillefosse rend compte d'une visite qu'il a 
faite à notre confrère M. Frédéric Moreau, dont l'importante 
collection irient de s'enrichir encore par le produit des fouilles 
de la ViUa d'Ancy. 

Gette villa était connue des archéologues par quelques 
découvertes d'objets romains. Un vieux pcmt voisin, nonuné 
le PoîU (VAncy, était jeté sur TAisne, près de Braiane, au 
passage de la voie romaine de Reims à Amiens. Lorsque les 
eaux sont basses, on aperçoit encore les restes des culées de 
ce pont. Quant à la villa, tout a disparu de la surlaoe du sol, 
et ce n'est qu'à (H>0 environ de profondeur qu'on trouve les 

1. Revu/i ipigmphiqyiet 1. 1, p. 169, n* 300. 
S. Ailner, Inteription de Vienne, lU, .146. 

3. Mevut archéologique, nouvelle série, t. IV (1861), p. 138. 

4. Corput intcriptionum latinarwn, t VI, ii< 3407. 



— 447 — 

i«itcfl 4ie4nara et las eubstruçtioiui dont notre zélé confrère 
a fait reletver le plan et les dispositions intérieures. Ces murs 
ont;eocoffe9"40 4e lianteur. On y recueille des fragments de 
marbre de différentes couleurs, une quantité innombrable de 
cobes de aesaîque ei de ucHubreux morceaux d'enduits peints 
sur lesquels sont figurés des fleurs, des feuillages et des 
fruits. Deux grands panneaux de mosaïques bien conservés 
ont été retirés de ces fouilles; Tun représente un ours, l'autre 
un cerf au galop. Mais Tobjet le plus important est sans 
œntndit un vase en verre portant près du col une inscrip- 
tion circulaire gravée qui parait contenir deux noms propres 
et une invitation & boire. Ce verre, brisé en petits morceaux, 
a été reconstitué avec une patience et une babileté dignes 
d'éloges. N4>tre vénérable confrère conserve toujours sa ver- 
deuT et son activité et se propose d'entreprendre bientôt de 
nouvelles explorations. 

M. Héron de Yillefosse ajoute que le terrain sur lequel ont 
lieu ces découvertes appartient à M. Edmond de Saint-Ma^- 
ceaux de la Rodie. Déjà, à plusieurs reprises^ on y a fait 
d'intéressantes trouvailles, et, en 1858 notamment, on en a 
•sliomé une stataette d'Eroê dmmoMi en marbre blanc <. 



Séance do 85 Janvier. 

Présidence de M. Â. Lowgvon, président. 

Ouvrages offerts : 
AiH dêOa reale Aeatdemia dn LmeH, ao. GGLXXXIV, 

série rv, t. ni, fasc. 6-7. Rome, 1887, in-4*. 
MUêiim critique, publié sous la direction de MM. Ducbesne, 

Ingold, Lesoœur, Thédenat, IX* année, n« 2. Paris, 

4888, in-8o. 
^déU SoeUié arehMogiquê d' Eurent-Loir, n« 181 . Chartres, 

1888, in-8v 

1. Cf. Bulletin de la Société archéologique de Soiiions, t. XII, iS98, p. 180 
et •«▼.; Toir umI Ibid,^ p. 30. 



-m- 

«- de Itf Société ordkMogî^, idenH/lque el Utiérairê ëe 

Béturs, n* série, t. XIV, \tn. i. Ëétiert, 188T, m^, 
-^deîa Société kUtorique et ainoKéôhgiqwB de Ltmgro»^ t. UI. 

LaDgres, 1887, in-8». 
— tfe 2a 5oct^^ tnâuêtriMê de MnlAouit^ naT.Miéc. 1887. 

Mulhouse, in-8*. 
Méaunrti de f Académie iMipérîaU été tûiencei de Smimt'Pé^n* 

bourg, VIT* série, t. XKXV, n» 3, 4, 6, 6 ei 7. 8ain^ 

Pétersbourg, 1887, în-4*. 
Revme de F Afrique françatMey publiée aons fai dife^oa ëe 

M. Poinssot, Vn« année, n» 38. Pttis, in-8*. 
Verkamdiungem dee histùtischei^ Verèini von OberpfitU wnd 

Hegenshurg, t. XLI, 1887, in-8«. 
Âuft&a (A.). Rapport eurttmepubHotaioû de M. /. Oppert rdoHve 

aux uusuree astgrienne» ée tupetfcée, ^ i>artie. Nimes, 

1887, in-8-. 
BabeaU (Albert). L'Acfidémie dé Trogee et lee emteurs des 

mémoires publiés sous son nom. Troyes, 1887, iQ-8«. 
Bbrthblot. Collection des anciens alchimistes grecs. Puis, 

1887, in.4*. 
Ferbièrb (0« Hector i>ë la). Lettres de Omkerime de Méikis, 

t. m, 1567-1570. Paris, 1887, in-4*. 

Correepo ndan ee. 

M. Duhaiael, archiviste.de VauokisêY piéseaté par MM. de 
Boislisle et Ant. Héron de Villefosse, écrit pour poser sa 
candidature au titre d'associé correspondant national. Le 
Président désigne MM. Lécay de la Marthe» A. de Barthé- 
lémy et d'Arbois de Jabainville pour former la commission 
chargée de présenter un rapport t«r les titres aeienCîfiqiiei 
du candidat. 

Travaux. 

M. Flouest, membre résidant, fait hommage à la Soefété, 
de la part de M. Aurès, associé correspondant national ft 
Ntmes, de la deuxième partie do Rapport préaenlé par le 
savant ingénieur & l'académie de Ntaes, éQ¥ la ooBtrofvrA 



à hqaaUe douife» lita «ne publiettteix iréOBnte relative aux 
I ftssyriewMS de «Upêrteie. 



M. d'ArJ)oi8 de Jubainville, membre résidant, fait la corn- 
«lunieàtion toitante : 

< Mon savant maître, M. Jales Quiohertit, a {mblié, en 1B7&-, 
une histoire da costame en France, fai a ebteniè an succièi 
ikiérité. Il y donne (p. il), d'aiprès ua savant danois, M. Gen- 
rad Ëngelhardt, le dessin d'an pantalon, tronvé dans nne 
tourbière du Jatland* On cneit qae oe pantalon remonta an 
temps des Gimbres. A la jambe gauche on voit eneore fixé 
le débris reconnaissabl» d'un chaînon. 

« Je me demande si ce pantalon ne serait pas la *kum gei^ 
manique, par oppoaition & la hrâca gauloise. 

« Xiâ^Attfo parait avoir participé du pantalon, de la guêtre et 
de la chaassare. La < hease i^ française, qai porte le mène 
nom, ne eoavfait. que le tfaas de la jambe et le pied; tandis 
que la braie couvrait le haut des .jambes, les cuisses et 
le tronc. 

« Les langues germaniques ont adc^pté le mot gaulois hrâeay 
mais elles ont continué à donner au mot ^Amo, en allemand 
moderne Aom, un sens plus étendu ; pe ;ipm désigne à ia fois 
ches elles le pantalon, la guêtre et le soulier. » 

M. l'abbé Beurlier, associé correspondant national 4 Paris, 
propose une nouvelle restitution d'une inscriptioft de* Tigibba 
(Algérie), mentionnant ua toi^ador tué d'un coup de corne 
par un taureau. 

La communication de M. l'abbé Beurlier est renvoyée 
à la commission des impressions, pour être réunie à son 
mémoire sur les courses de taureaux dans l'antiquité. 

M. Nieard, membre résidant, communique un rapport de 
M. le chanoine Grenat, de 8ion, sur la découverte récenbe 
de quatre dolmens situés. au-<ies«is de l'hospice du Mont- 
Saint-Beroard , sur une montagne appelée, en patois du 
paya, Tschoal, mont a sacrifice. Ces dolmens, placés à une 
hauteur de deux mille mètres au moins, ont été atilevés et 



— 480 — 

portés aa mus^ dd la vUto de Sion ; Im fomites pratiipiéet 
aa pied de ceg dolmene ont foanii un asses grand nrâxbre 
d'objets en pierre, principalement dee haches. 

M. Héron de Viilefosse, membre résidant, présente i la 
Bodété une très balle lampe ehréUenne, trouvée en Tonisie 
à l'Henchir-Thine (l'antique Themu) : 

c Cette lampe, sur laquelle est figuré un poisson et qui est 
d'une oonservation tout à fait exceptionneUa, vient d'être 
offerte au Musée du Louvre, par M. Max. Esnard. 

« Déjà en 4881 {Bulleliny p. 233-234), j'ai eu l'occasion de 
parler des fouilles faites, en Tunisie, par M. Max Esnard 
et des lampes païennes qu'il avait découvertes à rH^achir- 
Thiue. Je crois devoir rectifier la lecture que j'ai donnée alors 
d'une marque do potier inscrite sous la lampe n* 6 repré- 
sentant Mercure à cheval sur un coq ^ La lampe en question 
iait maintenant partie des coUeolions du Louvre, et l'estam- 
pille doit se lire ainsi : 

EXOG- 
AMAm/////l 
ANI 

c Probablement : ex o\fieiM) Gitdij '^(nim) ir(m[«]icnH. 
i M. Max Esnard, qui est un voyageur émérite, m'a r^oais, 
pour être soumise à la Société, la copie d'une inscription 
grecque relevée par lui à Alexandrie d'£gypte,piée du canal 
Mahmoudieh : 

AÏTOKPATO 
ÔEOÏNKPOT 
NEPOÏANTP 
SEBASTONBB 
AAKIK 

a C'est le fragment d'une inscription en l'honneur de l'em- 
pereur Trajaa. U suffît d'introduire tcoia petites modifications 
de lettres aux lignes 4 et 5 pour obtenir un teaile oorrect : 
ArrOKPATOpi Kà(v«p« 

I. Sof eitf» evHMto rèprdlMilitiM, ef. Ift teomi dA Ife ttMbtAiam.,BréÈm, 
n* 1098, Mercure rar on coq. 



6EOT NEPOToc vl^ 
NSPOYAN TPaionÀv 

JSEM/CE!rOS FEf^^Mvm^ 

AAKIKbv.* 

c L'inscriptioa a été gravée postérieurement à l'année 102, 
puisque Trajan y porte le titre de Docictu. . > 

Ia place de M. Giiarles Boberi, nyembre résidant, décédé 
au mois de décembre dernier^ est déclarée vacante. L'élection 
eet Gxée au pramier mercredi de mara, , 



Séance du 1*^ Février* 

Présidence de M, A. Lononon, président. 

Ouvrages offerts : 
Bntrmgê xur Vaierîandùcken Oêêchiektê herattsgegebek von 

dêr kiêtormhêm und 4iniiqwirùich9B Ge$fùchaft in Bofêlj 

oouv. série» 4. U, livr. 4. B&Ie,. 1888, in-8«. 
SfiUêiim eritifuê^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingold, Lescœur, Thédenat, IX« année, n<> 3. Paris, 1888;^ 

in-S». 
^âêhi IHam, jùfflét, t« IV, B^M. MéniMaoi^ 1818; id^o. 
w <2e lir Société é^éHOM^é» Eééêék^âlpéê^ ^VQi^mnééy j«to^ 

vier-mars 1888. Gap, 1888, in-S». . ' :.. 

— de la Siociété Wfiy^tifiqy^^ histoxiqw tt archéologique de la 

Corrèfey t. IX, 4« Uvr. Brive, 1888* in-8o. 
Korreepondenublatt der westdevLtscHen Zeitschrifi fur Ge- 

eekichte vnd Kwmî, VIII« année, n« 1. Trêves, 1888, in-8*. 
Revue de VéfHque française^ publiée sous la direelion de 
' M. Poin880t,VII» année, n» 34. Paris, i888vin-8».. 
Weeideùiecke ZeUeehrift/urGetehiekte und Kunet^ VII* année, 

livr. i. Trêves, 1888, in-8*. 
Psou (Maurice). CmMoguedumémmiêi mérovingiemne$ dAu' 

iun. Autun, 1888, in«8<». 
-Rocu fGélealiii). (&Kfrm po e i ku mm, le wumde a§i9ommi§ue, 

Gap, 1888, ioF^*. 



CqrrgsjpondoMie, 

M. de Mély, présenté par MM.' A. de Barthélémy et Cor- 
royer, et M. le baron de Baye, présenté par MM. Âubert et 
LongnoD, écrivent ponr poser leur candidïttire à la place de 
membre résidant laissée vacatite par la mort de M. Ch. Robert. 
MM. A. de Montaiglon, Pol Nicard et GaiflPirey, déjà désignés, 
c(mt{n\ie)ront à former la commission chargée de présenter 
un rapport »ur les titfes Mte&tt^eB de M. de Mély; le 
Président désigne MM. PloûéëC, A. de Barthélémy et ^rott, 
pour former la commission chargée de présenter un rapport 
sur les titres scientiBques de M. le baron de Baye. 

TrcLoaux. 

M. A. de Barthélémy, membre résidant, offre de la part de 
M. Maurice Prou un ouvrage intitulé' : CataUtfpm des wummaiei 
m/ésovinffietMes tPAutun. 

M. le Président ttnnonce la mort de M. Ie;^iedinle de 
Ponton d'Amécourt, associé correspondant toaticniil t THl- 
port (Seîne-et-Marnejj-èt ^e faît' l*interpiètê de» regretede 
la Compagnie. 

. M. YftttTiJMr i^wooift wareai^iviiuAt jadiosaL k, Pommiers 
<4iini»)t.o€in(iiiiie te Jkawa.iJ^ 4oa4p4inc4re aur l'oppidum 
de Pommiers. 

}X. de Baye, associa correspondant national Vfiayé (Màitie), 
lit une note sur des objets antique^, de travail 'barbare, 
trouvés en'CÎriraée, 

M. Bapst, membre résidant, prétend <[iiek|aes obeervu- 
tions sur i'authentidté des objets analogues que i'oa d^nne 
eomme -venant du Qauoase el qui panuaseat preteak-ea féâr 
lité de Kertch (Grimée). 

'M. il'Afhois de Jtibaia^lle<^ mniQhv» tésidant, témoigne 
quelqu'étonnement que M. Bapst viaima de parter de hîjoox 
mértyvifigiéiiB dti ni» alMa 4ê*D0«rB ém oMMaie ayasil'été 
trouvés aux environs du Caucase. Il païlnft odadnie et là 



— 4W — 

qsta m* Mècli, tes anottre» ée OloviB «inti«it haèteé i» 
TOlànage^dv Cteone* Cette idootriiie sertit bien hardia Los 
6enii«liis étaisut èatbiis antr» kr Ji)hàn «t i& VistÉte dé» is 
nv» stèclsafsift aotra èie et. jizabtbteaieat beaucoiip pàus 
sMienûsnient. PytbélWy att i9* mM» av. J.-G., trouva des 
TeutoHi sar les borda de la mer «i». Nord. Aarcommeiioe* 
mMit dtt tv^'siôel», fitratmi lums paiie du âK^asièfvilARiorit 
qui ûgam au «riotnrf^he de Gefnnaidoasi Deudorix.cat ie 
même tiom que l^lïietiderieas'des roèa mét^vïtufsjieaA 

M. 9loQeBtti'hêèite''pa6li)omt)^e^u;^gtim0fltieiwadf<»mm^ 
mérovhigieD^ des ^Ijeov dé^iivA^te dans^dee «^trisôres 3PoU 
sities dû CSaaeiAe, ni'M.'BapdV^^'^MkMaâueonieriatears 
éù Masée â» 8aint*Pétêrsboafg>, qtii ont lpu4lis' <|wiHûeratiC«^ 
n'otit efiiteodii rattachev les «sorte <{iii en étatsntpanle aux 
groupes de popolatione qui ont inUtjdM;^' dais le ^nord et 
Fest de la Fraoôe actoefte-, kust tènlps (foie' ttotte rUiitoSiire 
nationale ndus aiktorifie- à appeler tDéroviagieA^,'deebi)oa!r 
de mémo fkcttite et de ménse styte.Oest en Firaâee qao odW 
classe spéciale d'af&tiquités a été yemarqaëé^^tF-inéllliodlqti»* 
tMit étddià pour la pnemièns ibis t ce- sont des* Iratti»! 
fhLncafs (cent'd^ l'àbbé (^cliet notamment) «qui paraissent 
aTbfr lémt fl'abôiHl tfj^pelé l'attenl^ sot elle. Bn séparant 
ces ahtiqnftés éitt celles àtec lesquelliss on le^ avait phie on 
moins -confohdtiee jtisqnè^lSl, eix tss iifK^dQ«fHttint d*unê 
feçon nftîonnelle eft èrMiéQttffqtië pai^ltt' description de^levips 
particularités caractéristiques, nos pirédêceâs»euiiB emt «ppM 
à plusiéarsde ieai'sémùleséftrangek^à^lesooanaître. Ceuat-ci 
ont pris dans leur pays l'habilede d'en parler d'après enx et 
se sont ainsi servis, peur lés désigner et se fkiro cbn^fsndM 
dn pins grand nombre, d'une terminologie <{ninei peut a^r 
que dtes nens nne vnlenr postM^e.*'!! convienc de permeltte 
ans archéologues 'd^employer dans on sens plu» kitge cer» 
taines expressions qui ont dans le demaine de la géographie 
politique et des textes historiques une signification rigo»* 
renée. Dans hi diStermination dm types qui servent ée 
bhse A ces cAassffieations, t'ainhéelogie »e peut pas umjfonn 
tMâir m eeaapte'ttbaelu iHi ttvoé prMa doa ûontièm «rdes 
iègiMiiitiiittQMr aiha tf Mte ^ ont été> soinoek: le .maaoïeirti 



— «« — 

M otmm tà ê n m ai«o oe inné. HUb a ImmIii ée poimff 
pMlidiè ton Mm oà«Ue la trovre.; la peeridanoB des catm* 
tèrM-fonéaneiilàoi M penBet,engéi^M,djai« leamBailn 
aiflénwiii : «lie te noittme aton da nom- qu'cUe lui a défà 
donné, nn» le préoeeoper 4rap^ il faat Favquer^ -ées Tittiatî- 
Indes at des trtnsfovmatteis de la ^contrée o& ette se mncemrew 
miese ftâtliès aatlamanl eoMpreadre de ses sennuits dans 
oes'eonditiOBs; avec on pta.de «bcmae ^alonlé* ià dmei|i 
facile ans érudits versés danala connaissance des textes de 
ne pas se méprend» sur caqn-il y a parfois^ et néeeesnirr 
ment, d'nn peu oonventiomiel dans son langage. 

D'aiUeitfs les taaftag^dont oo,ne.contie8te.pasrinestilnMbl0 
pnx» mais dont la valeur probante sa limite souvent 4 un 
aumient da passé ou à nn^poiAt du pays, suffisent^ila à tons 
les besoins et peuvent^ils toujours répondre anx questions 
qui s'imposent? Ils sont, il fuit le reconnaître, singulièrement 
ekdffsemés.et laconiques avant notre ève, pour ce qui n'ap- 
partenait pas aux. rives méditermnéemieat ou à leurs aliords 
immédiats. Gomkien e^>eadant était d^.grafide dans les 
vastes territoires s'étendant en Europe, au delà du versant 
méridional des Alpes, Tsctivité hum^ne que Tarchéologie 
des fouilles et des coUeeUona a seule révélée I, Que d'événe- 
ments considérables, que de modifications progressives, que 
de rénoyatiaas paftielle^ ou totale^ y sont certainement 
ialerveaust dept aucnn historien, ancun géographe n'a pu 
saisir la mmndre trace 1 

Il serait peu rationnel de* vouloir ju^sr dea peuplas bar- 
bares de l'antiquité par les aggioraérations nationales qu'ont 
montrées les temps postérieurs. On na peut avois^ à lanr 
égard, de la frontiète etdes^onséquencesqn'onen ùdtjésul- 
ler, la ooneeptSea quia eu cours plus «asd. La vie nomade-et 
ses influences indéfiniment transferanistes s-imposaiaat en 
principe et, quelqu^imporiants. qu'ils âiasent, à des groupe- 
ments de. familles ne sachant guère bâtir que des hutles et 
ne oonnaissalU do la prapriété*:que la>euisaanfie coUactive. 
Bans doute, il restait ordinairement sur place un gros de 
population suiasaat pdurcamolémer «aa^natiaii,4 uRpûint 
de vue .d'ensemble et occuper un emphcementapprértable 



; rtttntaalàMi 4e r«ipaoe, sais Itt elw» »<itiimicpt «ans 
oeiM iw mu dans lea autras, taaidt en viandes niimei et 
fBs la TîolflBeei tanlÀt iMir âaâlCMfcioiia ientee et sueoessiveB 
à 1a fiavear de i'hospitalUé oonaeiitie) et c'eal aiaai qo'aa- 
joard'htti l'antiquaire peut reDeaDtrer, sur de trèaiopge par- 
eoivsy des ^reatigee ideiiliqiieB lea un» aux a«traa à qui U lui 
faut bien appliquer la mdnie qualificatif»! déterminativev 
qoelle q«e aoît, pour ia géograpbie régusiale ou pour refthuo- 
grapliie, la diversité des territoires. Lorsque, en pays eseen- 
ti^meut gaulois, les sépultures de nos ano6tres nous livrent 
le vase de GnockwlU, le seau funéraire à o6te de Magny-Lam- 
beit et d'fiygenbilsen, ou les parures militaires de la Gofge- 
Meillet^deSomm^Bicmneet de Ghampigny, nous mention- 
nons TÂrtémis asiatique, la ciste étrusque, les spirales 
pamioniennes et le casque assyrien, sans craindre qu'on nous 
soupçonne de croire que les Ombriens ou Proto-Ëtrusques 
de Felsina, les Kalkeutes du bas-Danube, les prêtres phry- 
giens ou les guerriers d'Assyrie aient jamais banté les lieux 
où nous recueillons ces précieuses antiquités. 



Séance du 8 Février. 
Présidence de M. Â. Lononon, président. 

Ouvrages offerts : 
Aui dêOa noUAccademia dei Lincei, an. GGLXXXIY, t. lU, 

ùmc 8. Rome, 1887, in«8*. 
BUlêtw de la Société archéologique du midi dé la Frauce^ 

nonv. série, an. 1887, n» 4. Toulouse, in-8*. 
^dê la Sociélé de s/a/if/i^ac, scieace$^ UUrê» et art$ du 

département de$ Dmuy^èvree, n»* 10-12. Niort, 1887, in-8«. 
^^dela Société danoise; archéologie^ histoire^ icicncee et artf , 

n* 75. Ghàteaudun, 1888, in-8*. 
Journal de» Savants, décembre 1887; janvior 1888. Paris, 

in«4^ 
âÊémoiree de HAeadémU de Vauchse, t. YI, an. 1887, 3«et 4« tr. 

Avignon, 1887, in*8\ 



— «M — 

C» IhniMii. DuAniMv ^9S1, l»4*. . . 

Sovn et Ed. Ftoeén (€. «I JJ. Le» r M « « / Mi 4< J fa w tf wiiy i Wi, 

Bâ«iiVR (U.). U C'fl»te(ar, jwb CWm^. AvigBOirf tM4, iii4*. 

m-a*. 

M. Dnrriea, présenté par MM. Â. de Barthélémy et Ck)u- 
rajod, et M. Bouchot, présenté p*ar MM. Dnplessis et Ulysse 
Robert, écrivent pour poser leur candidature à la place de 
membre résidant laissée vacante par la mort de M. O. Rayet 
Les membres déjà désignés continueront à former les com- 
missions chargées de présenter un rapport sur les titres 
scientlBqnes des candidats; ce sont, pour M. Durrîeu, MM. de 
Boi6li8le,8ag]io,Th6denat, et, pour M. Bouchot, MM. MoG- 
nier, Bapst et Babelon. 

TravoMX. 

M. Ânt. Héron de Yillefosse, membre résidant, chargé de 
vérifier les comptes du trésorier, lit xm rapport liavorabie. 

Les conclusions de ce rapport sont mises aux voix et 
adoptées à l'unanimité. 

Sur la proposition du Président, des remerciements sont 
votés au trésorier. 

M. Ânt. Héron de Yillefoese rappelle que, dans la séance 
du t6 mars 1887^, il a communiqué à la Société le dessin 
d*un bas-relief récemment exhumé à Rom par M. Blumerean, 
notaire dans cette localité. M. Blumereau vient de lui annon- 
cer que, n'ayant pas cessé depuis un an de déblayer en 
plein terrain romain, il a découvert beaucoup d'autres objets. 
Mais ces objets disparaissent devant l'importance des sobstruc- 

i. Voir Bulletin, 1S87, p. ISt. 



~*SI7-- 



4lMit/ MuBlMieMia fgtftge m mèmaltfB ééteVlé^ mt ms 
fottilltfl (|ai «*élMiéeiit 8«f «n iMctva A» tarriin ea^vtai. il 
7« nomm iim» < w wtn i cri oii prîAdpala vnt des aonana. 
Depuis h»it jonrv il a Manneiieé le dtètoiwnent d'un puits 
romaiD dont les dimeMione sent Traifflenl extraordinaires : 
M-a peës de deax mètres de diamèlrB. 11 espère y iilra d^in- 
léressantee découvertes; màlhenreuseinent ce poito est en 
domsraniea^n a^ec la rivière, ce qui r<Mi9e à suspendre 
cette fouille partielle jusqu'aux beaux jours. 

M. Ant. Héron de Villefosse lit ensuite ht note suivavte 
qui lui a été adressée par M. Berthelé, associé corresposAuiit 
national à Niort (Deux-Sèvres). 

« Il y a un an- environ, AI. BtUoau, maire de la Chapelle- 
âaint-Laurent (Deux*^vres), a découvert, «^dans les remanie- 
ments de terrain nécessités par l'établissement d'une gsre 
audit lieu de ta Chapelle-Baint-Laurent , sur la nouvelle 
ligne de Poitiers à Angers par Parthenay et Bcessuire^ ^^ un 
curieux fragment d'ancien moule à enseignes de pèlerinage 
(xvu« siècle?), aujourd'hui conservé dans la coUectioa archéo- 
logique de M. Casimir Puichand, de Moocoutant (Denx- 
Bèvres). 

€ Le pèlerinage pour lequel ce moule servait autrefois à 
fabriquer des enseignes est évidemment celui de Notre4>ama- 
de-Pitié, dont le sanctuaire, encore très fréquenté aujour- 
d'hui, est situé à quelques centaines de mètres seulement de 
la Ghapelle-Saint-Laurent. 

c Ce fragment de moule, qui est en schiste ardoisier d'une 
couleur gris-verdètre, présente deux images gravées, qua- 
dnmgulaires, anépigraphes, dans un état de conservation 
presque parfait. D'un c6té une pieià (reûsemble de ce pre- 
mier si)jet, encadrement compris, mesure 0»022 de haut sur 
0>»tôO de large). De Tautre cèté : le Christ crucifié et les 
instruments de la passion (l'ensemble de ce deuxième sujet 
mesure 0«*02i de hant sur 0"02l de large). 

c Le moule ecmplet se eomposait de trois parties, deux 
extérieures, une médiane. C'est la partie médiane qui a été 
retrouvée. — On voit encore parfaitement la place dea pitons 



àe mêuk 41Ù iervtiiùl à tbm «B8nble.l»4coûi pta9Mft4ii 
monie. — On pondit couler deux entcignes à la foii.. Lm 
rifDlas, par letfiwllet le Iiiiaîll*ii^iai«iidm9laiiiib<»plalèt 
de Fétain, étaient an neinbfe de tma en Gfttéde Ia|wfà| ait 
Domtee da deux da eété de la cn»iizioii« 

€ Le fragmanl de moale pèeeédé par M« Paieàiaiid permt 
de reeonstiiner on type d'eDeat^Des de pèlerisege anci—Bee, 
dont aoeuo spécimen, croyonfr»nou8, n'était connu jusqu'ici. 

c On a trouvé en Poitou quelfueBeosei^nae de pàierinaifes 
éirangên cm Poitou, Cest la première fois, si noue ne nom 
trompons, que Ton rencontre renseigne d'u& pèleriae^e 
poiimri$^. 1 

M. Rey, membre résidant, fait la communication suivanle : 

c L'identification de la bourgade médiévale de Paimerium, 
en Galilée, n'a pas encore été tentée ; je crois avoir réussi à 
fiier ce point important de la géographie des croisades. 

c Palmerium formait un des fiefs de la princée de Galilée 
et possédait une abbaye de moines de Tordre de Saint-Baooh. 

c Nous savons^ qu'en 1180» Al vise, dame de PalmeriiuB, 
donna à l'abbaye du Mont-Thabor éomo$ agmà Pahmêfim 
quod et SoHnum dieilur.,., ainsi qu'un terrain s'étendant de 
la maison élevée par Jean (alors abbé du Mont^Tbabor), 
ancien prieur de Palmerium, «tgas ad portum Ca^re. La 
donatrice excepta seulement une parcelle de tene située mi 
radieem moiUis. 

c Je crois devoir rechercber le site de Bolinum dans fiou* 
lem, gros village, situé sur la pente méridionale du Petite 
fiermon, et à six cents mètres duquel se trouvent* de belles 
sources nommées, encore de nos jours, Alrounl*Kaîorah qui 
fournissent l'eau nécessaire aux babitaots de Soulem. 

« La mention de la pièce de terre située ad radicem. «ea- 
ti$ me parait venir encore corroborer ridentiflcacion que je 
propose. 

c Quant à l'origine du nom de Palmerium, elle doit éHe 
attribuée, selon moi, à. quelque bois d^ palndeca, aujour- 

t. Cod. D^U^ t. I, B* 173, p. Si4. 



~4» — 

d'iMii éi^Aro^ qui an su» âède oatoiinlt le «ilJage <k 



I Les pios beaux palmiers de Syrie ae Yôent.aujouJrdliQi 
à DjenÎB, village tout Toisdn do celui qui nous occupe. 

c Palmerium possédait cour de bourgeoisie et justice et 
était régie par la coutume de Burie, qui par^t avoir été 
alors en usage dans toute la princes de GaUlée. > 

M. Babdon, membre résidant, lit une communication 
sur la ville de Aba en Carie; il démontre qu'il n'y a aucune 
monnaie de cette localité ; que celles qui lui ont été attri- 
buées sont d*Olba de Gilicie. Il conjecture que Tethnique 
TABHNÛN doit être restitué sur une inscription récemment 
trouvée à Home, où l'on a lu ABHNÛN. 

M. Héron de Yiliefosse présente à la Société une casse- 
role d*aigenty au sujet de laquelle il fait la communication 
suivante : 

c Cette casserole, qui vient d'être acquise par le Musée du 
Louvre, a été trouvée en Angleterre, près de Douvres, dans 
une propriété ^pelée Gaspet, située aux environs d'Hastings. 
Le mancbe est richement ciselé. Il est orné à Tune de ses 
extrémités d'une tôte de Silène barbu dont la coiffure pré- 
sente un caractère particulier. Cette tête est placée entre deux 
têtes de cygne du bec desquels sortent d'élégants fleurons 
qui couvrent et décorent tout le manche. Deux autres têtes 
de cygne garnissent Textrémité adhérente à la panse de la 
casserole. Le dessin ci-joiut permet de se rendre compte de 
cette décoration. 

c Mais ce qui fait le principal intérêt de ce petit rnonu* 
ment, c'est une inscription très légèrement tracée à la pointe 
sons le fond de la casserole. Ce fond, malheureusement 
détaché, a reçu un coup violent qui, en altérant pon inté« 
grité, a fait disparaître quelques lettres de Tinscription tracée 
drculairement (voir le fac-similé) : 

NVM AVOVS DEO l ROMVLVS CAMYLO 

QSNI Fa . 

poayiT . 

ANT. BULLETIN. 9 



— «30 — 

c il ne peut manquer plos de contre à ciaq i«ttrefr«près 
le mot râo et il me parait certain qn^il fiiat am^lèter 
MfARTIj. Il y a, du reste, un indice très certain de lalettie 




initiale IIL Le mot M(ercurio) serait trop long. Les inscrip- 
tions en l'honneur du dieu Mars sont très fréquentes en Bre- 



U^pieei le père to iMioMrt; p^rt^ eft «ntre» «p nom qui 




■ LMnscription se tft ninsi : ' 

iV«m(tnt) .^^M^f t) 'DiBD â[arî%] Rùmuliti Camulogeni JU{iM$) 
poskU. . , ) 

c Le nom de Casindogmmf saA flf était pas encore rencontré 
snr les monameata é{ltgratil^iqnâ6,.mai&ll nous est particu- 
lièrement cher, pui«l|si*it4i' M poÂè par le célèbre défenseur 
de Paris, tué cous leis tmir« .-de «le TiUe en combattant pour 
ripd^pQodance de la patrie 3. Le nom de Gamulus se retrouve 
é^le^ent dans le nom d^homme Oamulognatus, II se retrouve 
ausiii dans les noms de deux villes de Bretagne, Comulo'^ 
dunum et Camulossesa. > 



1. Corp. t«*fr. ïa/iW., t. VI, n»46; l. Vn, n« 1103; Brwnbich, Corp, imer, 
rkenan., n* 104. 
%. i»nT, Bell Ml, », 73, 



M. Ravftiftsoti-MoWeir, tnâmtnrd rééidatxt, à pfopos de la 
tète figarée sur cette easserole, eonmnmiqne (pieiqneft obser- 
vations relatiTes à la façon dont la coiffdre eat traitée sur 
les monuments antiques. - 

M. Mowat, membre résidant, présente la photographie, 
qu'il doit à Tobligeance de M. le comte Riant, de magni- 
fiques fragments d'un taureau en bronze, de grandeur natu-* 
relie, trouvés à Martigny en Valais par M. le chanoine 
Grenat et maintenant déposés an musée de Sion; d'après 
les trous qui se voient sur le front de l'animal, il y a lieu de 
croire qu'il avait été figuré avec trois cornes; celle dû milieu 
est cassée. 

M. Héron de Viliefosse présente quelques observations 
sur le 'caraetèrd iBobile des cornes de tanro^x dans les 
monuments antiques. 

M. de Laurière, membre résidant, lit la noté saivante : 
c J'ai l'honneur de communiquer à la Qpciét^ l'empreinte 
d'un fragment d'inscription, gravé sur majbre, qui m'a été 
envoyée de Home par M. l'abbé Le Lguêt. Cette inscripUon 
se trouve sur Tune des marches d'un petit escalier condoisant 
à l'entrée d'une catacombe, convertie actueUement en cave, 
et située dans une vigne, à rembrancheapept de la .route fl'Os- 
tie et 4^ chemin des Trojifli-foataines. M. l'abbé. Le Louêt 
croit ce fragment inédit. En voici le texte : 

• ...:.ANKXn MB...... ' 

.....FLrSYAGiaOtS -^ 

NNXIpMHNSÔL.. ' 

MBROBÂYDfi G.... 

[Vixit] ANN(w) Xn MËtim5iif ^'..] FL(awo) SYAGRIO... 
[VisU a]NN(M). XI MENSSI[6t« K.] MÊROBAVDB qoa- 

c II s'agit donc de deux jeunes défunts dont nous n'avons 
pas les noms, probablement deux frères, inhumés dans la 
iaaéme sépulture, morts, le premier à Page dé douze ans et 
tant de mois, sous l'un des consulats de Flavius Syagrîus, 



— 4a? — 

et Pantre à THige de onze ang et tant de mois, sons l'un des 
consulats de Mérohaude* 

« La première de ces dates peut se rapporter à Tan 381 ou 
à Tan 382 qui correspondent à deux consulats de Sya^^s 
et la seconde à Tan 383 qui correspond an deuxième consu- 
lat de Mérobaude. » 

Séance du 1 5 Février. 

Présidence de M. Â. Héron de Villbfossb, ancien président. 

Ouvrages offerts : 
Bulîêtiino di archeologia e sioria dodmata. An. XI, n* i. 8pa« 

lato, in-8«. 
Ftùuedàngs of ihe Society of AMqdainu of Limdon^ 28 avril- 

30 juin 1887. Londres, in-8o. 
Remie de VAri chrétien^ nouv. série, t. VI. Toulouse, 1888, in-8». 
Bayb (baron J. de). Étttâée archéologiques, époque des inve^ 

siens barbares; industrie longobarde. Paris, 1888, in-4*. 
Flocest (Ed.). Le Dieu gantois au marteau, Paris, 1887, in4<». 
•^ Note sur trois bronzes de la haute antiquité trouvés dans le 

département de la Drame, Paris, 4887, în-8«. 
Geïoy (Alfred). Dos MOhtrecht in Brugg, Bàle, 1887, in-8*. 
— Médaille dite de la truite, Bàle, 1888, in-8^ 
LAtmiÈRE (J. de). Promenade archéologique dans le val éPAran. 

Gaen, 1887, in-8*. 
RoMAir (J.). Obituaire du chapitre de Saint-Mary-de-Forcal' 

quîer, 1074-1583. Digne, 1887, iB-8«. 
Ruelle (Emile). Biblioçrtipkiê générale des Gaules. Paris, 1888, 

in-8o. 

Correspondance, 

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. Marie 
Brown qui désirerait provoquer la réunion d'un congrès pré- 
historique qui se tiendrait à Borne en 1889. 

M. le capitaine Barras écrit pour remercier la Compagnie 
de ravoir admis au nombre des associés correspondants. 



— 484 — 

M. Fkmal fidt hommage à la Sociéié de deux brochures 
qu'il a réoemment pabliéea. 

Il disealpe dans la premiàre* la planche Xm de ses Deux 
«làltff de Larmrt\ à qui un article de la Gagette arckéoloçiqwt 
impale une ■ inexactitude de deaein » qui ne serait rien 
moins, dans l'espèce, qu'une supercherie, puisqu'elle aurait 
eu pour but de procurer à la statuette, représentée par cette 
planche, c un attribut qu'elle n'a jamais possédé'. » II s'agit 
du gros marteau à long manche fixé au socle, en arrière de 
la statuette, et duquel s'échappent, en manière d'auréole, cinq 
petits marteaux de même caractère. La démonstration de 
l'erreur dans laquelle son contradicteur est tombé est fournie 
par M. Flouest de la façon la plus décisive. Elle s'appuie 
sur des témoignages recommandables entre tous, dont plu- 
sieurs émanent de membres de la Société. Au surplus, 
l'attribut si légèrement contesté n'est pas une particularité 
isolée; le Musée de Saint-Germain en possède un deuxième 
exemplaire * provenant, comme le premier, de Vieime. H 
n'est pas entier, il est vrai, mais ce qui en subsiste est très 
démonstratif. Si trois des petits marteaux n'ont pas résisté 
aux atteintes du temps, deux sont encore en place et divergent 
du gros marteau central, qui a conservé la majeure partie 
de son long manche. L'assertion de M. Bazin est donc le 
résultat certain d'une appréciation inexacte. 

La seconde brochure, consacrée à trois objets en bronze de 



1. V. U Dim çauhù «s mctImii, «zIrmI d» te limiiw il-42, 1887, p. 106, 
dt 1a G^JUtt» arehéolo0ifue et Téditeor A. Léry, me de UTayette, 13. 

s. V. Dmx stèiei d» iMmir^t avec appendiêe ntr U wigm sgmboliqm m S, 
Ftri^ 188S, 1 Tol. iD-8»«i 19 ^^ |rabli« ûnm im Êtu4^ iTarehéùioçk d «fe 
tHIfthologiê goMloUet de 1* Bibliothègue archéalùgi^ d*EniMEt Lenmx, éditeur, 
me Bonaperle, S8. 

3. V. Hippolyto Bute, VBmrmU gwtUùis ti VSfaxmk fmii^-r&mam de 
Vienne^ Itère, du» la lirr. n* 7-8. i3< uu6e« 1887, dé U Gazette arekéolo- 
fiqme: A. Léry, éditcv. 

4. N* SS205 dn GaUlofvie. Cesl une pMce oiigiiMle en hnnat et ooa us 
BMlege. 



— 4S6 — 

grande antiquité recueillis dans le département de la Drôme*, 
a, au dire de l'auteur, le tort d^Bm>ir été prématurément 
publiée. £ile eût, en effet, considérablement gagné en 
intérêt et portée persuasive 4 un retard de quelques mi»s; 




S S 

^ §• 

ce; ^ 



cg- 



M. Léon Heuzey écrivait, pendant qu^le était sous preise, 
son savant mémoire sur la êtasst d^wrtMê et U ek apitmm 

i. y. Note »ur trois bronset de la hauU OHtiquUé découteri$ dtut* le dépar- 
tement de la Drame, dans U livr. «TftoAt 1887, des MaUriaux pour rhUtoire 
primitive et naturelle de rhomme, pabliét par E. Carthailhae et E. Quatre. 
Paris, ReinwaM, édiU 



— M7 — 

oMyrlMM^ Ce mémoire fournit «ne ample moisson d'trgn- * 
meolsaa piofifcjdeia thàse exposée par M. Fkmest à Foecafiton 
du sphéroïde de RochetaiUée. 

Entre temps, M. Vacher, l'habile pécheur d'antiquités du 
lac du Bourget, retirait de la station de Grésine le cylindre à 
anneaux bruissants le plus parfait qu'on ait encore rencontré. 
Il favorise encore plus que la seconde des antiques signalée 
par M. Flouest une interprétation rationnelle de ce singulier 
appareil. 

Il est manifeste que les sphéroïdes de bronze^ recueillis 
en territoire gaulois et expliqués dans la Note des McUériaux, 
présentent tous les caractères d'une étroite parenté avec 
l'élément terminal de la masse d'armes assyrienne, tout à la 
fois engin de combat et attribut symbolique de la puissance 
civile ou religieuse. L'ordre de faits et l'évolution d'idées, 
auxquels il est logique de rattacher les deux objets, paraissent, 
en dépit de l'espace, avoir été les mômes. Cest un type de 
plus à inscrire chez nous, dans la série des curieuses anti- 
quités révélant une affinité, mal définie encore, mais bien 
intéressante, entre certains groupes de population fondus 
dans la grande nationalité gauloise et les clans guerriers 
qu'ont fait connaître les travaux sur les Hethéens et qui 
occupaient, sept ou huit siècles avant notre ère, les versants 
occidentaux du Taurus. 

. Quant au nouveau cylindre bruissant, qu'il faut désormais 
mentionner en tète de tous ceux que M. Flouest a signalés 
ou rappelés, aucun autre n'apporte, par sa riche décoration 
chevronnée, finement tracée au burin, et les combinaisons 
invariablement ternaires des vingt-sept anneaux mobiles 
dont il est pourvu, un élément plus propice à l'admission de 
l'hypothèse qui le range, comme les sphéroïdes, parmi les 
insignes d'une suprématie de haut rang. Il a droit d'y 
trouver place au même titre que les clochettes d'or gar- 
nÎMant, dans l'antiquité, le mdir du grand-prétre des Juifs, 
on la robe royale des souverains de la Perse. Il procède des 
mômes données que les pendeloques sonores de forme et de 

t. V. Bmntê ttrekéoloffîqvê, Un, à» nor.-déc. 1887, p. Sâ8 et «. 



— 4W — 

Bêturt si diverses, misée ea eswve^ dtns les 
relèye la iVelv publiée dans les MaténmKM^ pov 




T-S' 




f I 



En 



Cylindre de Grésinê {SM9iè). 

(Réd. d'an tiers.) 
parures et certains usages «pii y sonl jQ^deuséoienl eMs. 



— 4M -- 

M. Mftnts, membre réstdant, présente nn portrait de 
Mi^hiae Gorviji, reGomrapar lui dans un desein de la biblio- 
thèque Baiberini. Ge portrait est le seul qui représente le 
roi de Hongrie à cheyal, aTec son armure. 

M. Gourajod, membre résidant, signale quelques antres 
portraits du même roi qui complètent la série de ceux que 
M. Mfintz a ënumérés & propos du dessin Barberini. 

M. Germain fiapst, membre résidant, reyient sur la ques« 
don du commerce de Tétain dans l'antiquité et appuie par de 
nouveaux arguments son opinion que TÂltaî a été, avant 
TËspagne et avant les îles Cassitérides, le pays de prove- 
nance de ce métal. 

M. Léon Palustre, associé correspondant national à Tours, 
communique diverses pièces d'orfèvrerie du xi*au xvn« siècle, 
trouvées ou conservées en Touraine. 

La communication de M. Léon Palustre est renvoyée à la 
Commission des impressions, pour être publiée dans le 
volume des Mémoires. 



Séance du %% Février. 
Présidence de M. A. Lononom, président. 

Ouvrages offerts : 

Afckêohgia or miiceUaneous tracts reloHng to an/tgut/y, t. L. 
Londres, 1887, in-4*. 

Mémoires de la Société histàriquê et archéologique de hongres^ 
année 1888. Langres, in-4^. 

Mémoires de la Société royàU des Antiquaires du Nord^ nou- 
velle série, an. 1887. Copenhague, in-8». 

Revue de VAfiti^^ française, publiée sous la direction de 
M. Poinssot, VII« année, n» 35. Paris, 1888, in-8*. 

H6iU)N Tx^ VniLBFOSSE (Antoine). Anse d'amphore de hronse 
û^fparteiuuU au Musée du Louvre. Paris, 1887, in-4<*. 



— 44# — 

Travaux. 

Le Préaident annonce la mort de M. Sdinéller, aModé 
correspondant étranger à Luceme, et de fth llnterprète des 
regrets de la Compagnie. 

M. MftntZf membre résidant, présente, de la part de 
M. Tabbé BatiiTol, associé correspondant national, résidant 
à Rome, une liste d'objets d'art et d'antiquités, ayant lait 
partie de la collection de la famille Zanobis^ à Aviginon. 

c Cette collection n'était jusqu'ici connue que par la men- 
tion qu'en fait Peiresc, vers 1628 ^ L'inventaire conservé à 
la bibliothèque Barberini, à Rome, parmi les papiers de 
Suarès (ms. n« xxxiz, 72), contient le a r61e des pièces du cabi- 
net» (peut-être identique à celui que mentionne Peiresc), et 
énumère une longue suite de bronzes (dont quelques-uns 
sont attribués faussement à Michel-A.nge), d'albâtres, de 
médailles, de curiosités d'histoire naturelle, etc. 

f Quelque laconiques que soient ces notices, il y aura inté- 
rêt, croyons-nous, à les publier : elles permettront peui4trQ 
de retrouver et d'identifier dans les collections modernes l'nn 
ou l'autre des objets antiques réunis aux xvi* et xvn* siècles 
par une famille d'amateurs justement appréciée en Pro- 
vence. 

c Râle dê$ pièen du eMnet de Zatuièii en Jvigmm, 

« Un Marc Aurele à cheval de Michel-Ange bonorot, 
« bronze. 
« Un Sanson du mesme bronze, 
i Un Tibre albaslre du mesme. 
c Un corps sans bras ny jambes du mesme bronze, 
c Un cheval ayant les yeux d'argent bronze du mesme. 
c Un aultre cheval bronze ancien, 
c Deux aultres chevaux sur pieds-destals bronze andens. 
c Deux hercules anciens bronze, 
t Un Roy captif bronze. 

f . Bftnaaffé, Dicnùiuuûn iêà amàiêuri /hm^oic M XW/« «Ifef». Pub, 48*4; 
7». 7». 



— 144 — 

c Due femme roounae bronze, 
c Un petit enfknt brome anticq. 
c Un âatire braoïe aalioq. 
t La teste de Gioéroa brome antioque. . ■ 
« Une P«Uas «ur non pied^dettftlbnaBe; 
« Deux chevaliers sur piedsdestals bronze, v 
c Une teste avec les yeux dar^t antlbqne. 
> « CFnCk>tiBéal itimein «iileq. bittnze. 
« Une idole de bronze sur un pied destal. ■ 
c Un Turc bronze servant cPorto^e dore, 
c Un chevalier bronze»* 
« Deux iasipes andedes brottze. 
c Un dragon de bronze ancien. 
€ *DeÉac nympiiés onbieBes 'brome; 
• Deux crucifix à quatre eloiks. brome, 
c Un paris Alexanéreancieir bronze. 

< Ott*inmAe aiMéen bronze. - • • 
«Un Mercure brome ancien.- 

« Trois medallies dalbostre isn néron im domîtian et sa 
c femme à demy relfef. 

c Une nymphe dormante albâstrld ant. 

c Un Tibre albastre anticq. 
"^m Un vase dalbastre antioq. 

c Une teste d*un petit enfent mourant aUmstre. 

« Oeox sÉttèpee ^taOboKi». 

c Deux saliàres de Z. Jayet avec un vaze. 

« Un grand vaze de poroeilèine et trois escuelles. 

c Une cocqniile de porcelieine lasonnee sur un pied dar- 
€ gent. 

< Une Nostra Damé avec ses misteres à lenteur dyvoire 
t anticque. 

c Une aultre grande dyvoire toticque. 

« Un juge dyvoire anticq.* 

c Un Rusticq dyvoire aaticq. 
, c Deux pyramides de porphire. 

c Deux aultres de jaspe.* 

c'Une^rande imié de-'v^nre avee les -eendres eilesrOsse- 
« ments de dedam. 



' iltt^ 



« Deux anlkres gnuidas de Itore rigHlèt 

• Deux aulires de terre. 

€ Deax grands laimoirs de werve maism e( «iB« F^U 
c aultres de verre. 

f Deux noix ea laçati: gaime» i'u§sni m «oUiw noix 
c muscate». . . 

ff Quatre mab dfaiiitiBiiclie. 

« Deux bastouB det Biadlifat* Ua de fireiil et Taiitie de 
• bois de gaiat. 

c Deux graudes queneade poinoa smkffd* 

« Un dard de jonc arme de cannOi • • 

t Deux lampes de guerre de brome ancîMMu 

c Un cachot de fer. 

(Suit la mention d'un esrtain SMBBbre deeurîosilésd'liis- 
toire naturelle. Nous iee omeltont.) 

«... Ginc lampes ensemble «iMienee.. 

ff Quatre aultree petites de tenre H daÉ»^da»bsemn, 

f Un petit corcelet de fer... / 

c ... Un paire ^'espérons du Boy Eièné. 

fl Un aultre paire de la maison de fioiii. ^ 

f Trois pins du mont Liban» 

ff Une main de terre. 

fl Deux modelles du S* Sépnlcre un de bois Taotoe de 
i terre. 

i Deux vases de tecre sigillée avec la> BftmfW imW^^ 
« turc. .' : • 

(C Dix pièces de terre de 4^ Peut» 

ff Quatre pièoes de cire. > y, - 

c Quatre urnes de terre. 

• Les di043?^ Ëotpereurs ^Q terr^ ouHid, 

fl Sept aultres pièces en terre cuitte. 

« Les douze Empereun^ eo bronae à deipy n^Ue^ , 

f Quarante petites pièces de brooae ^Miofufts. • . 

« Une grande idole de terre et sii: petites. . .' . 

f Quinze boules de jaspe^ , > 

« Deux grosses boules de jai^e. 

fl Les douie mois de rennèa^ni/asiQpiJU a{iAftileHri^}adre 
ff dore. . ,, j.ii • 



t Les quatorze gouTernenra qui oofe goavemé la Flandre 
f despais Charles cinquiesme. 

ff si^tante six pièoBs de médailles de ploinl> dones dor de 
« ducat. 

« Dix et sept gnaê&B medailleB dmaes dor de dooat. 

c Qoatre grandes cornes de gaeelle. 

« Deux pièces de tableau de la amin da Bananier. 

« Vint petites pièces de tableau à Fuile. 

« Dix petits plats de verean de la Chine. 

t Quatorze asiêttes de bois de la Ciiine. 

« Sept plats de la Chine» 

t Deux fruitières de la Chine. 

c Deux fruitières de cristal de Yenize. 

€ Quarante grands mres on vazes de cristal de Venize. 

« 

« Un lict de sauvage da cotton. 

f Un paresol chinois de papi«r et de «anoo. 

c » ; 

ff Trois brouttes de bnis grai^ees anciennes. 

€ Deux grands couteaux aoaoiens. 

f Un pied de Raphaël d'urbin plâtre. 

« Une petite arquebuze. 

« * • • • . 

c Une grosse pierre d'aigle. 

« Une quiliero sacrificatoire de bronze. 

€ Deux pièces de rocher avec des os humains empienres« 

f Un bassin desmail bleud. 

ff Un manequin. 

« Douze petits paysages. - 

a . ' . . ' : . . . ' . • • . . • 

« Un petit chien artificiel. 

f Un esprevier de plume artificiel. 

c Un triangle éa ^stal. 

c Deux Rttstioe de bui». ^ 

M Une pièce de cocher incombuslible, , 

• Deux grandes médailles dyvoire antioques. 

ff Un astrolabe de cuivre. 

c Une femme d'yvoire anticque. 



— 444 — 

« Un cadran de coitie. 
« Un lirre chinois de papier de aoye. 
« Un gmad y%rte de oonaerve blend. 
« Un arc de baleine. 
« Une piene avec nae croix naturelle, 
t Une grosse pierre dettolle. 
f Vaiei pièces de piem de congélation, 
ff Un baston de Jacop. 
t Une dage avec son bouclier ancien, 
f Mille médailles ou médaillons anciens, 
fl Un petit tableau garni d'argent, 
c Deux images de cire, 
i Deax grands dards et leur bois débeine. 
t Gine ou sis sens cocquUlies de mer de diverse sorte. 
« Un paire de souliers turqnois. 
c Un soulier chinois de cuir bouli. 
f Deux petites cornes d'agaselle. 
c Dix et sept petites urnes longes anticquee. 
f Trois petites urnes de terre anticq. 
c Une grosse dent d'un géant, 
c Un cerf volant, 
c Une boite dyvoire ancienne. 

c Une médaille en relief d'un Judas baisant Nostre 8ei- 
f gneur. i 

. M. dlArbois de Jubainville, membre résidant, répond aux 
arguments présentés par M. 6. Bapst, dans la dernière 
séance, à l'appui de son opinion sur Tétain de TAltai : 

« Le poète mélique sicilien Stésichore, 632-550 environ 
avant J.-C, a parlé des mines d'argent d'Espagne : 

Taptt)tfooO KotaiAoO icapà «ay^ ohrttpoyoc aprupo^ouç 

*Bv xcuSfiûvt icitpac.** 
Prèi des 9<mre9S du fleuve TarteiU {Quadtà^ww)^ sourca 
immenees aux racines d^atgent^ cachàu dam le rùc *. 
<t Diodore est donc d&ns rermir quand il attribue aux 



1. Stnbon, 1. IIL e. 2, g 11; éd. Didot, p. 128, 1. 4-5; cf. Bei^ck, Antkohçi* 
lyriea, 2* édition, p. 391. 



— 4« — 

Garthaginoû la plus anci^QiT'^ploitatioii des mines d'Es- 
pagne ^ :^j*.. 

ff Cette erreur est probaUemeat le résultat d'une interpré- 
tation exagérée du passage oC\ Polybe décrivait les mines de 
Carthagène >. 

s La domination car&aginoise en Espagne est du m« siècle 
snmtJ.-G. 

- c Stésichore est contemporain de la domination tyrienne, 
qui parait commencer vers i^aanée 4100 et qui finit avec le 
VI* siècle. C'est Melkarth qui la personnifie mythologique- 
ment; et lielkarth, autrement Midacritus, non content d'ex- 
ploiter les mines /i'£ispiigP<,'aUa cluBrcher Pétain dans les 
îles Gassiterides : 

c Plumbum eX'Gassitfiffide insTda primas adportavit Mida- 
c cri tus'. » 

« Antérieurement à l'hégéihonie tyrienne, les Phéniciens 
peuvent, avoir fréquenté l'Espagne et en avoir apporté de 
l'étain. 

« Je n'ai en aucune façon la prétention de soutenir que la 
plus ancienne fabrication du bronze se soit faite avec l'étain 
d'Espagne. Je veux seulement dire qu'une partie des argu- 
ments sur lesquels se fonde notre savant con&ère M. Bapst 
me semble en contradiction avec les monuments écrits de 
l'antiquité classique. » 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, communique de 
la part de M. A. Tausserat, associé correspondant national à 
Yinay (Marneltt l'estampage d'une inscription grecque. 

Elle est gravée sur une base carrée, en marbre, surmontée 
d'une colonnette, forme bien connue des cippes funèbres de 
la nécropole de Bidon ; le monument provient sans aucun 
doate de Sayda : 

cthIt 
oeoie 

1. L. V, c. 38, S i; éd. Didot, t. I, p. i78, 1. 1-2. 

2. StrtboB, 1. m, e. 2, § 10; éd. Didot, p. 122» 1. 26. 

3. Pline, ff. N„ IH, 197. 

▲MT. BULLETIN. 1Q 



— If» — 

RNcec 

TIAIOC 
ZHCAC 
KAAOJC 

Lai daq d«nîèrM lignes eonigrtvéèt wr la iN»e carrée; 
U première ligne a été ajoutée sur le pied de la oolonae 
pane ^11 n'y atait pina de pJace aar la baae. Cetl Tépi- 
tapha de Ca(<taf) SuH U um qoi a véea traiae ana. 



Séanee du S9 Février. 

Préndeaee de M. Lomiim, préeident. 

Ouvragée oflEsrte : 
I déparimumiatê it la Soeiité éémÊkAim iê la Vt^ 

dét. La Roche-Bur^Yon, 1887, 10-8'. 
-- dm h&UotkèqmiM €f dm 4»nàhê$ j»mr 1888. Paris, 1888, 

ia-18. 
Md détta rsali^toadcMa 4l» LMM,aii. OQLXXXIY, 1887, 

4« série, t. lU, &ac. 9». Rome, 4887, in«4«. 
BuUtim cfirîgae, publié sous la directioD de MM. Dudiesne, 

Ingold, Lescœar, Thédenat, IX* amiée, a* 4. Paris, 1888, 

in-8«. 
--* dt$ 5iUîaf A^fssf et âa arekwes, année 1887, n* 3. Paris, 

in-8'. 
Mémoiret d$ VAcadému des fcienea, iter^Hons ei Mle>« 

ïettrts de rovfottfc, \m* série, t. IX. Toulouse, 1887, in-8». 

— de la Société d^Mttaire, d^arekéologie H de Httéraiure, 
an. 1886. Beaune, 4887, in-8«. 

Bats (le baron J. de). Études archéologiques^ époque des nww 
sions barbares^ industrie kmg^bmrde, Paris, 1888, in-4*. 

GoBROTER (Edouard). VarchUedure romams, Paris, 1887, in-S*. 

DoHAMBL. Les Architectes da palais des papes. Avignon, 1882, 
in-8*. 

— ra»«oMde JeaaJDUJ,{soardtaatiniaKddf Ftîa.Toari, 
ùi-8». 



— 147 — 



ko (JBnmmoaH, Mm Strmià B&mtam dé 1Burin»^â Momgi-^ 

morm. Twiit, 4MB, iM*". 
fj^àBft (Henrit. Im mmÊmêniB Aitto r ip w de ftfrroMKtMiiuiil 

de RHkêl. BèiJkBl, i^^^ i^A9. 
RÉon M L'fincnmEiLLOK <le eointc)^ LêOkêtêm dt làOékr* 

hefoUière. Gaen, 1888, in-S». 
Tambct db Lamoqijb. LBilrm de Femme mac'/tàrm DtipKff, 

1. 1, dàcemkB.i617Mlécembre 1628. Paris, 1888^ îii*4\ • 
Taussbrat (A.). ImU Pmrit, 4802^1887. Arçis-eniwAubtv 

1887^ ii*.^. 

Travmut. 

M. Mowat, membre rttidfiiit, prétenle, de ht psrt de 
M. lirmaiiiio Fermro, mmbm,d^ i'Acadéime de l^ôrin, un 
mémoire intitulé La strada rowuuid éi'TnHmù al âfongineofa 
(extr. des Memorie ^kUa R. Acoaémia Mie scknxe di Torino^ 
sér. n, t. XXXVIII, 1888, ixL-4«, 17 pages avec carte). 11 fait 
ressortir l'importance de ce travail, particulièrement intéres- * 
sant pour le raccordement du résea.u .de.8 voies romaines de 
la Gaule avec celui de rltalîe. Toutes les sources dlnforma- 
tion, textes d'auteurs, itinéraires anciens, inscilptions éï 
bornes miliiaires, ont été mises en œuvre par rauteup avec 
la même sûreté et la même compétence qui caractérisent ses 
ppéoédents travaux. Le sujet tiaité dans ce mémoire nous 
tonohe de poès,.ila donc droit à toute raitention^les émdîce 
français. 

M. Corroyer, membre n&aidant, dépose sur le bureau KHi^ 
ouvrage intitulé : L'arckiteeturê romam, 

M. l'abbé Thédenat, membre résidant, dépose sur le 
bureau un dessin qui lai a été communiqué par notre con« 
frère M. Maxe-Werly. 

Ce dessin représente une pierre qui formait la partie supé- 
rieure d'un monument frinéraire* Elle a été récemment 
découverte, brisée en cinq morceaux, dans un puits antique, 
sur le territoire de la commune de Grand (Vosges^. 



— «s — 

• Jà* ÉoûJe Ptore^ mmaoAat à fiordekiacoim, dont le tèle 
pour Tarchéologie est connu, et. qui a lai«m6me exéenlé i 
GondriewrtdegftMulké dontM.Max&^Werly nous a expoaèf 
à une séance précédente, les intéressant» résnltats, a acheté 
celtèVi^>è el «H a fait doA à M. Maze^ Werly^ pour le Masée 
de Bar. 

. fille est coaveiie, sar toute sa longueur, par une inscrip- 
tion de trois lignes, ornée à chaque extrémité d'an dessin 
en forme de pelta, tracé avdc éléf^nca. 

Sur les flancs de la pierre on remarque les -vestiges très 
visibles d'une sculpture en relief qui, d'après les renseigne- 
ments qui m'ont été fournis par M. Maxe-Werly, devait 
représenter un aigle aux ailes éployées. 

Je donna le texte de Finscription d'après le dessin exécoté 
par M. Emile Pierre et d'après «n estampage pris sur la 
pierie par M. Maxe-Werly. 

VIDVGVo LrrVGENirii.bIBi • ET- 
a VTVRJ P* ^^XSORITEST^^MENTO 
FIEWI\b VTVRAYÎSORHP- 

VidMCUi^ LUugeni fU(iu$)y êih{i) et Matur(a)e vxêori^ testa* 
tnento fUri jus[$it, M]aturay uxior, h(eres) p{osuU). 

Les deux noms celtiques Viducus et Liiugtmu sont déjà 
eonmis. 

* Le nom Vidueut^ absent de la liste Greuly, se rencontre 
cependant sur des poteries; on en a trouvé ou on en conserve 
à Nimègue, à Rheinzabern, à Wiesbaden, à Londres, à 
Tongres, à Namur, à Mons, à Rens, à Bavay, à Poitiers, 
èsAsJ^^AiUer^ h Vienne en Pauphiné'; il se rencontre sous 
la forme Viducos sur des poteries de Wiesbaden, de Poitiers, 
de Londres, de l'Allier'. 

..Quant au nom Litugenus^ on Ta relevé aussi sur un assez 
grand nombre de monuments antiques. On le lit dans un 
graffite tracé à la pointe sur une brique trouvée à Ghester- 



1. Cf. Sctraermann, Siglet figuKns, n*< 5786-5741. 

S. AUner, JfueriptUm antiquet de Viauuf, t. IV, p. 171, ■• 144S. 

8. SchaermaBB, ■« 5738, 5740. 



— 14» — 

ford (EHer)S sur nne anse dlunphore'^et sar un plal'da 
Musée britannique; il appamit ee«8 sa forme lémtninsrisQc 
des inscriplions de Geleia*, de NarboAne^^, de Rabeinstaîn^. 
Il appartient à nne famille de noins eeltiques, dérivés do 
radiciU LUu qui lui^néme est un nom'' lUhtêCks^^ Zafioiara^ 
LUuona*^. 

M. Gourajodf membre lésidant, présente' •&> la Société le 
moulage d'un buste d'homme de û fin àaxv sièel^et s'ev* 
prime ainsi : 

fl Le buste d'homme ftgé et coiffé d'un bonnet, conservé 
actuellement à la bibliothèque de la ville de Versailles, est 
un portrait de Tempereur d'Allemagne Frédéric III. En effet, 
ce buste ressemble d'une part à la médaille de Frédéric 
(Trésor de numismatique. Médailles allemandes, p. 2,^ pi. I) 
et, d'autre part, au portrait peint de ce personnage, classé à 
Vienne, dans la collection d'Ambras, salle lY, sous le n« 51, 
au milieu dé la série des portraits des souverains autrichiens. 

t Le portrait peint de la collection d'Ambras, par ses lignes 
générales, rappelle, tout comme le buste de la bibliothèque 
de Versailles, la tète de Voltaire vieilli et n'est pas sans 
analogie avec le type connu et répandu de la physionomie 
de Voltaire à Femey, dessinée en chaîne par Denon : nez 
prononcé (le nez du buste de Versailles a été cassé et refait)', 
m&choire très saillante, grande perruque, nombreuses rides. 
Frédéric ni, qui vit le jour le 21 septembre 1415, mourut à 
Linz le 49 août i493, à Vkg^ de soizante^izrhoit ans. 

c Loin d'être belle, oette soilptwe est cependant in tér es! 

1. Cofp. Huer. tet. U VU« n* ISSS. 
t. im., B» 1331, 66. 

3. Jbid,, n« 1336, 563. 

4. Creuly, Liste des nonu tuppoiés gauloiê dans U l{evue celtique ^ t. IH 
(1877). 

5. Id., Ibid. 

6. C. /. Zm U m, n» 50M. 

7. C. I. L., t. m. !!• 5501. 

8. Bulletin dei Antig., 1885, p. 1Î6; C. /. X., l. V, n« 7887. 

9. Uito Qr«iily. 

10. Lûte Ckmly. 



— ISO — 

Mmle. Par son aigrie^ elle réfliane ^praitemUablamuit d'an 
atdMff àsûM IflfMl tos.fiMfligffemepte d» l'école îlaiieDiié 
étnBDl.pntkil|aéft par des BMiiaB aUemandât^ el aUto aerap« 
ptfDoba d'una manlifa qû boimi est déjà camua par laa battes 
an luastta da Fiédétie'la âaga, à DraBde, et de Faaiipenai 
Maximilien à la collecUon d'Ambras de Vienne. > 

M. M&ntz, membre résidant, rapproche de ces trois por- 
tiaitatmanuniadttatlannoiaa réeemaant publiée dans l^An- 
I dea maséas ImpériAoK* 



M. Héron de Villefosse, membre résidant, communique 
l'estampage d'une inscription nouvellement découverte à 
Préjus, 

« C'est à Tobligeance de M!. Goérin, receveur de Tenregis- 
trement à Préjus, que Je dois le double estampage déposé 
sur le bureau de la Société. On y lit : 

FINES 
FASCSAB 
PVNM 
PAOATIAHI 

c Cette inscription indiquait la limite d'une propriété par- 
ticulière. L'expression fascia rappelle les limites fasciati des 
agronomes romains. > 

M. Héron de Villsfosse annoBiea ensuite qu'il vient de 
facavoir de ftL TMeM^ niembrv da la Société archéologique 
de Narbonne, la photographie et Testampage d'un document 
épigraphique de la plus haute importance. C'est an fragmeut 
d'inscription sur plaque de bronze qui a été trouvé tout 
récemment dans la banlieue de Narbonne, sur la route d'Ar- 
missan, dans la propriété de M. François Delprat. 

Ce fragment, qui se compose de trente lignes plus ou 
moins mutilées, appartient à une loi concernant le flamine 
de la Narbonnaîse et par conséquent rassemblée provinciale 
dont il avait la présidence. On y reconnaît cinq paragraphes 
différents qui peuvent être ainsi désignés : 



. i« Dde hônneon amqodli oui droit le flamfawel 1» flaml» 
nique. 

2« Des hotmeon à dèeern^ stf ftadrine toHant dé chai^ 

S» Des mesQMS k pre&dre lorsque le i«iii&e n'est pas 
dans la ville. 

40 Du lien de réunion de l'assemblée provinciale. 

5« De la gestion des fonds. 

On voit par ce rapide aperça l'importance du nouveau 
texte de Narbonne que M. Thiers a pris soin de nous signa- 
ler, n intéressera certaineikient tous les épigraphistevet tous 
les amis de lUistoire de la Gaule. 

M. Thiolléf, associé correspondant national à Baint* 
Etienne, présente & la Gompagaie une série d'héliogiavum 
des monuments du Forea et des régions voisines. 



Séance du 7 Mars. 

Présidence de M. LoireMO», président. 

Ouvrasse offerte 3 
Antmairê êê la ScelM f^an^çaiMB âê janaiMKtffjftfé d â^wnkh» 

ïogie^ janv.-févr. 1888. Paris, 1888, in^g». 
Aiti délia realê Accademia dei Lineeij an. GCLXXXIY, 1887, 

sorte tV, t. m, fiisc. tO-ii. Home, 1887, iB-4*. 
BattMf ùriU^^ publié S0fts la direction de MM. DoehesBô, 

Ingold, Lescœur, Thédenat, IX* année, n* 5^ Paris, idS», 

in-8*. 
-^ de la Cùmmlêdtm dê$ omHqtiké» d§ la Ben^imféntwra^ 

t. Vn, %• livr, Rouen, 1887, in-^o. 
'^dêla SôàléU dm arehwn kûiariqoêt dé la Samiûmgê ei de 

rAanU, t. vn. Saintes, 1887, in-4*. 
CotrmpÊmdaaeidndinaim»f$d$tAo$MmiêdeFfame9àE9a^ 

publiée par A. de Montaiglon, 1 1. Palis, 1887, ia«6«w 
JoAns hopkins unwernty étudies in historkaà aàd pMiieti 

eéUiuse, 2* sMe, t. XJI. — Emnpetaê êeiœk kUtory and 

foUiia, bf Asdnnr D. Wbite. BEtUlmore, 1887^ in^. 



— in — 

Karrupo mà ên Mm t der WêêÉdtutHkêm ^Miêokrifi fir Gt- 
ickiehte mmd Kumt^ VU* an., n« 2. Trêves, 1888, in-8*. 

tkmê de Samiomg9 ti dPAMmû. Mltlw de la Scdété det 
orckwti kisionqmm, i. VIII, %• livr. Saintes, 1888, m-S*. 

^dêla Soeiéiédé» éiudgt kiitoriçum, 4« série, t. V, LIU«an. 
Paris, 1887, l]i-8«. 

Travaux, 

L'ordre da jour appelle rèlectioa d'un membre résîdaot 
en remplacement de M. Charles Robert, décédé. Au nom 
des commissions nommées à cet effet, MM. Fioaest, Moli- 
nier, de Boislisleet de Montaiglon lisent des rapports snrles 
candidatures de MM. de Baye, Bouchot, Durrieu et deMély. 
On passe au vote, et M. Durrieu, ayant obtenu, au troisième 
tour de scrutin, les deux tiers des voix, est proclamé membre 
résidant 

Au nom de la commission nommée à cet effet, M. Lecoy 
de la Marche lit un rapport favorable sur la candidature de 
M. Duh4mel.au titre d'associé correspondant; on procède 
au vpte, et M. Duhamel, ayant obtenu le nombre des voix 
exigées parle règlement, est proclamé associé correspondant 
national à Avignon. 

M. G. Sterian lit une notice sur les terres cuites émaiUées 
des églises édifiées par Etienne le Grand, prince de Molda- 
vie (1457-1504). 

< Les églises d'Etienne le Grand sont presque toutes iden- 
tiifues, petites comme beaucoup d'églises byxantines, et sont 
construites en briques apparentes et en moulons. 

c n n'y a rien de remarquable dans rarchitecture de ces 
édifices : trois rangées d'arcades superposées font le tour de 
la construction, et, au-dessus, sous la corniche, se trouve 
une fHsé formée de disques en terre cuite émaillée, verts, 
jaunes et bruns. ^ 

« Ces disques» ont, suivant les. églises^ de 15 à 20 centi- 
mètres de diamètre et font partie intégrante d'un cylindre 



de Î5 cenUiuètres ênViiH)ii, qui, remfti de ehanX) permettait 
de les encastrer dans le mur. 

« Bar tous ces disques sont figurés en relief des sujets 
héraldiques, comme une sirène tenant deux dauphins (ce 
sont les armes de la Bessarabie), ou deux soldats tenant 
une tôle de Mson avec l'étoile et le croissant (ce sont les 
armes de la Moldarie). Enfin, sur d'autres, on toit un cerf, 
un dragon, un soleil, ou une figure géométrique formée de 
cercles enlacés. 

• Tous ces sujets sont d'une facture toute primitive, et 
pour la plupart très mal exécutés; Téinaîl est assez épais, 
et les figures représentées se rapportent généralement à des 
traditions du pays; tout nous porte donc à croire que ces 
disques sont le produit d'une industrie locale. 

41 Celui de ces sujets qui semble le plus digne d'intérêt 
est on androcéphale figuré sur le dessin ci-joint. 




Brique en terre cuite êmaiïUe provenmU d^ime église 
de JUoïdavie. 



ff Nous croyons qu'on a touIu représenter là le Voîfode 
Etienne le Grand, sous la forme d'une sorte de dragon eoimu 



— 454 --- 

en MolAma §om le nûm é$ Imea (Lmkm) et qui Vkrbn est 
le symbole de la force et de la hcwoure. 

« Qe que lei Yieiilea légendes pf^iilaires moldaiea disent 
éù Lmeii eerrespood aeeez à l'ima^» que noas avons «ras 
les yeux. 

c Qe sujet se iTOûTe entre autres dans les égUseadeDovohoï, 
de Piatra et de BaUnesti (liolâa;ri^. » 

M. Le lieutenant Espérandieu, associé correspondant natio- 
nal à Âlais (Gard), fait la communication suivante : 

« Il y a quelques jours, le R. P. Camille de la Croix, cor- 
respondant de la Société à Poitiers, m'a remis quelques mon- 
naies ou médailles que j'ai Phonneur de placer sous vos yeux. 

ft Ces monnaies, découvertes à Poitiers, dans le courant 
de Tannée dernière, sont pour la plupart assez répandues 
dans Touest de la P^ance; trois d'entre elles, firappées & 
Melle, n'offrent qu'un intérêt purement local et je ne m'attar- 
derai pas à les décrire ; il en est deux cependant sur lesquelles 
je me permettrai d'attirer votre attention. 

• L'une est en or; c'est un trions mérovingien portant au 
droit : 

+ NOVOVIGO PI- 

tète diadémée à droite, 
t Au revers^: 

+ LEDARIDOMO - 

dans le champ croix & branches égales, 
f II faut lire sans donte : Ledarido maffÊêtario) Novatrico 

« Ledaridnu est un nom de monétaire que je crois inédit 
On ne le trouve ni dans la liste des monétaires, dressée par 
M. Â. de Barthélémy, ni dans les ouvrages de M. Deloëbe 
sur les monnaies du Limousin et de M. de Ponton d'Amé- 
court sur les monnaies du Maine. 

« Novofficus a été identifié avec différents lieux, entre 
autres Nouïc, dans la Haute- Vienne, et Neuvic, dans l'Indre- 
tUiAAfe. On peerrait protmer eneûce use îdeatiteition 
IMmvelle : ee eeniH celle de Nenvieqt dise la Ghaveilte- 



hOMefat^f loedilé oà ont été MocmirarU de nombrraz 
lombeauz méiro^ringien». 

ff La seconde médaille qai m'a été reaadse par le P* de la 
Groix Mt en argent. Slie perte f effigie d^Anthème et a été 
par suite fHippée de 467 à 47!^. 

ff On lit atf droit : 

DN ANTHBMIVS PP AVtt- 

tète diadémée d'Anthème à droite, 
a Au revers : 

8ALY3 RE^2»/icA£ • 

dans le chanip^ un personnage debout, peuk^tre Anthème, le 
pied posé sur quelque eheee dlndéterminèqui pourrait bien 
être le* serpent à tète hnnMtine dont il est queetion dans 
Cohen, au n* 43 des monnaies d'or à l'eifigie d'Anthème. 

c Le méoM pereonnage tient à la main deux objets »sez 
indéfinissables : ce sont peut-être une longue croix et une 
tige tenninée par le ^obe érocifèie. 

m A l'ezergoe : GONOB 

c Les monnaies d'argent à T^ffigie d'Antbème sont très 
rares. Le recueil «de Cîohen n'en contient qu'un exemple, 
encore son revers est-il diffàreot de celui-ci. La pièce qui 
Yons est soumise doit donc être par suite considérée comme 
Inédite. » 

M. Seglio^ membre tésidant, pcéeenle «ne seslf tore en 
•tue point attribuée h Jaeopo délia Qnercia. 



Séance du 14 Mars. 

Présidence de M. Lononon, président. 

Ottvragee offert» : 
BtiU^HMde r Académie du Var, nooTelle séile, t. XIV, i** faac 

TOBlon^ 1887, in-9*. 
-^ dela8écUUarekdolo^ifmê^$eU%tifiçt^Hiiitérui9eém Vm^ 

d&mMy t. XXVI, 1887. Vendôme, 1887, in*8o. 



— 4M — 

JMmmm« r«0iM0 ^ «ylMogif, Uttéraiure jm^mIoîk^ Imdi- 

«ioiit et «M^ct, publié par MM. £L G«idoi et £. RoUand. 

Paris, i884-8&, in-ê*. 
Mémairu et deoimmkiê pMiét par la Société d'kUUÀft €t iar- 

ekéologiê de Genèv^ t. XX, livr. 3. Genève, 1888, in-B*. 
Proeê§diag9 of thê ammoaan pkUoêopkical Soeitty^ t. XXIV, 

juillet-décembre 1887, ia-8«. 
AfPtM de r Afrique françaiêê^ publiée sous la directiou de 

M. Poinssot, Vn» année, n* 36, 1" mars 1888. Paris, in-8*, 
GAETisa (Emile) et RrvoiRB (Alfred), Catalogué des livres 

appartenant à la Société eThittoire et iTarehéoloçie de 

Oenhfe, deuxième édition. Genève, 1887, in*8«. 
DuHAMBL (L.). Inventaire du Tréeor de VégUee métropoUiaine 

au XVI^ eOde, 1511-1546. Paris, 1880, in-8-. 

— Lee originee dm palais des Papes, Tours, in-8<». 

^ Le Tombeau de Jean XXII à Avignon. Avignon, 1887, 
in-8». 

— Le Tombeau de Eaymond de Beaufbrt. Paris, 1883, in-8*. 
RoHAir (J.). La BataiUe de Mustiase-CeUrnss et la CwUasBigfh 

magensis. Digne, 1888, in-8*. 

Travaux, 

M. Héron de Villefoese, membre résidant, fait la commu- 
nication suivante : 

fl A propos de la communication iîiite à la préeédente 
séance, par M. le lieutenant fisp^randieu, d'une monnaie 
mérovingienne trouvée à Poitiers, je crois devoir Caire obser- 
ver que cette monnaie m'a été communiquée, au mois d'oc- 
tobre 1887, par le Père de la Croix. Je pense qu'il £ant lire tu 
revers : f LEBARIDO MO. La troisième lettre du nom du 
monétaire est un B dont la boucle supérieure n'est pu 
venue à la frappe par suite de l'insuffisance du métal; je 
rappellerai à cette occasion qu'ayant envoyé la description 
de cette pièce à notre regretté confifère M. le vicomte de 
Ponton d'Amécourt, si compétent pour tout ce qui regar- 
dait Ut numismatique mérovingienne, celui-ci m'avait écrit, 
à la date du 4 novembre dernier, que, malgré le style 



limousiD de odICe momude, il cfoy«it 4evQip Uutt^boer « 
NoQTy (8arthe)> beaUté eilée dans 1^ testo» mévQv^agi^iiB 
et dont il avait signalé déjà «un cert%ta o^nibn» de jpre^ttito 
monétaires dans ses Recherchu »ur U» momiaMs m^rovtn* 
giennes du Cemmumnicuin^ n* 30, p. 163-171. i 

M. Nicard, membre résidant, présenté^ la photographie 
d'an bouclier sculpté, trouvé, dit-on, dans ïe département 
da Doubs, et eiprime des doutes sur son -authenticité'.- " - 

M. de Yillefosse s'associe aux doutes exprimés par 
M. Nicard et croit que le monument est £iux. 

A propos de la sculpture en stuc présentée, dans la der- 
nière séance, par M. Saglio, M. CSourajod insiste sur l'impor- 
tance de l'œuvre artistique de Jacdpo deila Quercia. Il com« 
munique une série de photographies des principales sculptures 
de ce maître, et conclut que le monument présenté par 
M. Saglio est en effet, soit de Jacopo, soit de son école. 

M. Mûntz, prenant ensuite la parole, làit remarquer l'in- 
fluence que l'étude des œuvres antiques a exercée sur le style 
de ce maître. 

M. Héron de Yillefosse lit une note envoyée par M. Georges 
La&ye, associé correspondant national à Lyon. 

« Mon frère, M. René Lafisiye, juge au triimnal civil d'Âix- 
en-Provence, m'a envoyé le dessin, qu'il a lui-même exécuté, 
d'un monument antique. Ce monument se trouvait, il n'y a 
pas longtemps, au hameau de Saint-Pons, près du village 
des MiUes (canton d'Aix), dans une maison de campagne 
âpparteuant à M. Rochebrun, négociant i Marseille. Il était 
adossé à un mur extérieur, quand le prédécesseur du pro- 
priétaire actuel acheta le domaine. M.' Rochebrnn, pour le 
soustraire aux injures de l'air, le plaça dans le vestibule de 
la maison. C'est là que mon frère le vit il y a quelques mois. 
Sur sa demande, M. Rochebrun a bien voulu le céder au 
musée de la ville d'Aix, qui vient d'en prendre possession. 

< C'est un fragment de cîppe funéraire en marbre blanc de 
l'époque romaine. Deux faeea contiguê^, œlle de. derrière et 



— IS8 — 

eelte de dréite; «ont M96M. La faes antArtoara porte, n 
nliiea d*«ii cartouéhe) entouré de riiioeaiiz, rinser^on titi- 
-VMUte, gmrée en beaaz earaotèreB : 

D(m) 

. « La lace de gauche est à ^u près intacte; elle même 
0»65 de haut «ur On35 de Urge; on y iroit représentés qnatie 
oiseaux» opposés deux à deux, qui l)eoquètent les fruits d'un 




, SUU twomUê mut 9fM>ir4>n» d^Àùc^m^-Provêace, 



aitee assea semblable A un laurier ou % un olivier; la lue de 
dfoita dewût aussi ^tre ornée d'ufi jDas-relief. 

« Saint-Pens n'e^t ps^ sans avoir, attiré déjà Tattention 
des archéolegMee, La ririère de l'Arc y est traversée par un 
poiH « dpnt la voûte, dit M. Qilles S est formée de deux par 
îies juxtaposées; Fune, au nord, en blocage de gros appareil, 
mais de construction moderne, qui porte sur la clef de sa 
voûte la. date de 1757 ; l'autre, au sud, en blocage de jnoyen 
app^ureil) à bossage, de construction beaucoup plus ancienne, 

1. J. Gilles, Lei Voies romainet et,maâ»ilienne$ daiu le d^tartemtmt det 
Bouches-du-RhAne (ParU, Thorin, 1884), p. 111 et U eirte. Sur la Taleor de 
Det <»smg«, V. GftmUte lullka «tet U BmUem ipigttfhifm, ISSS» p. If. 



— «5t — 

Bttda ^» «iHM jifoioiii «tinbuèr a i'époqt»>roMàiii». La^du^ 
pelle d» fliint Pniin, rip ciaBtrpctiDii rtiioflotim, ft tftô proha 
blenest lecoastoéite et mke.floa» i^mvOtttioade ce saincit 
ONise de la ooiiooniaDiiie de sçq dom éves celui du moniH 
anem avprèi' daqael- elle était piaoée*» •M.^^Ules euppeee 
qn'ea oet «aduoM peteait 9oe;TDie lodiaiiMi qui reliait «atie 
eilai' là grande- artère delà Yoie Awrélieane et la croule de 
Marmiie aux -Fo8Bfie»'Jleriaâae.' Maie cet am^NoaipheBeiii 
n^t menlfoiuié par anopn tatteaaoiea e^ sr l'en te repoito 
icenx qse now posaédoiu et qui eeuls ibnt aatointé,oiir ne 
oempsend pas sur qaéitraeéSaintoPoiu aurait paeetrenvcr;' 
kl ^ie de'ManaiUe à Aiz pa9sait tieaueonp plus à l'aet, an 
lillage desi Mlica^ et comme uUe-ae rencentcait, an mopaanb 
dY aniv^Y aocmi accident de terrain, on ne Toit pas pour* 
quoi elle aurait iSût oa crocbet vers Touest du c^té de Baiiit- 
Pona; de plus, entre Septèmea, où on en trouve la* trace 
certaine, Bt le TiHagede Milles, on doit, d'après les donnéet 
positives dont nous disposons, compter sept milles romains, 
et ils seraient largement dépassés si on admettait cette dévia- 
tion ^ D'autre part^ia voie de MarseiUe aax Fossae^Marianae 
traversait FArc lieauconp plus bas; il n'est pas à présumer 
qu^eUe se fût écartée du littoral au pcHBt. de. remonter juequ*à 
Saint-Poœi; pour que cette hypothèse fût possible, il &udrait 
encore dépasser le noinbre de milles fixé par la table de 
Peuiinger^. Le plus simple est donc de supposer ici l'ezis- 
tenee de quelque villa romaine, qui s'est transformée en châ- 
teau au moyen Age et dont la maison de AL Rechebrun occupe 
encore remplacement. On m'assure que les substructions en 
sont d'appareil ronudn ; mais je reproduis ce renseignement 
sous toutes réserves. Le cippê de Saint-Pons est d'un assez 
beau travail; je l'attribuerais volontiers au i<>'ûu au n« siècle 
de notre ère; il convient assez bien à la sépulture d'un riche 
propriétaire de campagne ou de quelque membre de sa 
iililiiUfl^. 
€ Le bas-relief présente un certain intérêt. Les oiseaux 



i. V. JUMTte *r«aMM^or, teUlft £3i 4Aii>, et Jolfian, irt. «lé, p. ». 
S. B. DMJwdiiis, Tublè 4â PetUmger, p. «4, «I. S «n Ui. 



— «M — 

becffiielaàl'4ai^ fr«m pat été «nrvtiit repiéstatés nr les 
mottiii&etiU <Ui €li»i<tiaaim«-piiaikif ; on- interprète en gêné- 
Mil te motif eomiti» le symbole de l'àme ^bienheareoBe §eù- 
Mmt après la mort les joies pares du paradis^ Mais il est 
prabable que les artistes -^pi trayaillaiént poor les fidèlea 
l'avaient emprunté à l'art du paganisme; tout an moina il 
parait avoir -été oonànin aux deux religions. M; Leblaat a 
signalé qmriqaes monuments é'ofigine profane snr ksifiielB 
cHi Fa observé^ en*ne oesHitltaiit qnejmee soavemis.ii me 
semMe qu'on ponreak giossif la liate qu'il eo ajdnaBée; en 
toiitr cas il faut y aiouter le cip|ie de Saint-Pons. Il vandcait 
k 'pieiB& de Tscb^p^nr si ce snjet est véritafaleorant d'inveii*- 
tion paienne, si on y attschait avant le ohristlanisme un 
sens symbolique, quelle idée il .traduinît et qsand il appa- 
raît pour la première ibis sor les monuments figurés. » 

M. Pabbé Tbédenat, membre réaidant, fait .observer, à 
propos des réflexions de M. G. La&ye reiaiives aux oiseaux 




Fragment défrise hymiarite, 
becquetant des fruits, que notre savant confrère, M. Sorlin- 

1. V. par exemple F. Rrtus, HecU'enqfelopaedU de» ehiristliehen alterthi- 
mer. Freibiuip im Breitgau (1886), arlide Taube. 

3. nuance» de V4eoU fMBnçmte de Rime, 1863, p. 440. — Swreopka§e» 
chrétien» de la Gaule, p. ^, iwt^ €.. 



— 464 — 

Dorigny, associé correspondant national résidant à Gonstan- 
tinople, nous a, il y a quelques années^, communiqué un 
fragment de frise hymiarite de sa collection, représentant 
des oiseaux qui becquètent des raisins. 




Lampe trouvée en Asie-Mineure. 
M. Sorlin-Dorigny a démontré Torigine orientale de ce 



1. Bulletin de» Antiquaire», 1883, p. 115-117. 
ANT. BULLETIN. 



il 



— 462 — 

saj«lf emprunté aux peuples eémitiqnefi par lee HomAins et 
par lia chrétiens. 

M. Tabbé Thédenat rappelle ensuite qn'il a commnniqaé, 
en 1881 *, une lampe de la collection de M. Sorlin, ornée de 
pampres et de grappes de raisin, et représentant un can- 
thare dans lequel boivent deux oiseaux. 

Cette lampe provient d'Asie-Mineure. Gomme le précé- 
dent, le. sujet figuré est d'origine orientale'; comme lui 
aussi il a été emprunté par les chrétiens sur les monuments 
desquels figurent très souvent le canthare et les deux oiseaux. 




La Vénuu du vote de Weltingem. 

Les païens aussi se le sont approprié; on le voit entre autres 
sur la belle mosaïque trouvée en 1737 dans la villa d'Ha- 



1. BulUtint 1881, p. 226. 

2. Cf. Soriin, loe. eiL 



<«- 168 ^ 

dri«D« ; il len d'%llribu( à Yéoug lur le vmo en «ige^t de 
WettmgeQ (S«iMe)^, etc. 

C'est sans doute aussi en Orient qu'il faut chercher la pre- 
mière origine du sujet à ]a fois chrétien et païen représenté 
sur la stèle communiquée par M. G. Lafaye. 

M. R(Hn((«) associé correspondant national dans las Basses- 
AJpes, 49PQiinunique le renseignement suivant, d'aprè$ Tim- 
partial (U Boman» et de Bourg-de^l^éagei n* du 8 mars 1888 : 

c M. Ghabert, propriétaire à la Part-Dieu, communç de 
s Giiatttzaoges, a découvert, en fouillant le sol d'un de ses 
c champs, une collection vraiment curieuse d'objets dont 
« quelques-uns remontent très probablement au n*' siècle de 
€ notre ère. La collection se compose d'un saladier dont le 
a fond, enrichi de figures en relief, est en argent; d'un pla- 
û teau d'argent assea grand avec une incrustation remar* 
c quablo dans le milieu ; d'une tasse à poignée fixe couverte 
c de dessins symboliques en relief; enfin d'une autre sorte 
c de tasse dont la poignée, qui est mobile, mérite de fixer 
c l'attention par la beauté et le fini de ses décorations. » 

M. Héron de Villefbsse, membre résidant, donna une des- 
cription beaucoup plus complète du même trésor : 

c J'ai reçu le 29 février dernier, de M. Alphonse Nttgues, 
dameuiant à Romans, une lettre fort intéimsante relative à 
ia déeouyerta d'un trésor de vaisselle d'argent, faite la 
10 février à Ghatuzanges. Cette localité appartient au cwton 
de Bourg-dui-Péage (Dréme). 

c Les objets découverts ont été acquis par un amateur da 
Grenoble, M. Ghaper, propriétaire à la Salle>-Diau, commune 
de Ghatuzanges. Ils se composent de six pièces : 

c {• Grand plateau circulaire, en argent, pesant 1920 ^.; 
son diamètre est de 0»40. — Il est décoré d'un cordon da 
perles sur le bord extérieur et de quelques filets. Au centre 
il porte une croix gammée en nielle, incrustée si profondé- 

1. Ficorooi, Oemmae anUquoêf part. U, pi. zxt. 

2. OtLMetit arehéologiquê, 1879, pi. i. Cf. dut Pline (iT. N., XXXVf, lzi, 
1) la description d'âne moniqne ornée d'un sujet semblable. 



— 464 — 

ment dans Paissent que les formes en sont tisiUes ptr des- 
sons. Sons le fond sont tracés à la pointe les signes : 

P(ando) VI. = Poids 6 livres. 

« 2« Patèrê en argent pur, du poids de 730 gr.; le diamètre 
est de Ob13. — Le manche est séparé. — Cannelures et 
godrons incurvés montrant en relief des serpents, des dau- 
phins enroulés sur des tridents, coquilles, palmettes. Tous 
ces ornements portent des traces de dorure. 

t 3* Mtmche, en argent pur, s'adaptant parfidtement à la 
patère précédente, du poids de 280 gr. — A Pendroit il est 
merveilleusement ciselé ; on y voit des fouilles d'acanthe, de 
lierre et de vigne mêlées à des enroalements d'une finesse 
extrême, un vase rempli d'offrandes, des tètes de cygnes 
tenant des lézards. Tous ces ornements sont encore en par- 
tie dorés. A l'envers Tornementation est plus simple, mais 
de grand style. Sous la poignée on remarque un graffite : 

ISILI 

c La lecture de ce nom est douteuse. 

€ 4* Patàre^ en argent pur, un peu moins grande que la 
précédente, du poids de 320 gr., munie de son manche. Elle 
a la forme de nos passoires modernes. Sur le manche est 
figurée une fomme appuyée sur un cippe, tenant d'une main 
un caducée et de l'autre une corne d'abondance; dans le 
diamp, un objet ressemblant à un phallus. Au-dessous, 
deux maisons circulaires à toit pointu, un arbre en pleine 
terre, un arbuste en vase, un personnage tenant une torche 
allumée et foisant un sacrifice sur un autel carré ; à terre, 
une pyxide, un vase, une colonne, des corbeilles de fruits, 
des moutons, une syrinx. — Sous le fond de la patère on lit 
les trois graffîtes^ : 

LVCILI VJENVSn IVCVNDINI 

« Sous le manche est répété le nom IVGVNDINI. 



1. [Cm lactures «ppartiMiDent à M. Alph. Nognet. Peat-étre ftiit-il iîr» 
VENVSTl ?] 



— 465 — 

c 5* Gnmdê coup», en fonne de tulipe, de 0»36 de diamètre 
enyiron; la profondeur est de 0»10. Les parois sont godron- 
nées à convexité intérieare avec imbrication de feuilles asses 
sommairement traitée. Le corps de la coupe est mince ; le 
métal est moins pur que celui des autres pièces et en 
médiocre état. £ile était probablement munie de deaz anses 
mobiles, jouant dans quatre anneaux de suspension fixés 
deux à deux^ Un de ces anneaux était encore fixé à la pièce 
au moment de la découverte ; il s'en est détaché depuis. Les 
trois autres n'ont pas été retrouvés, pas plus que les anses. 
Un médaillon central (emblema), d'un argent plus pur et 
de 0»10 ou 0°>i2 de diamètre, était appliqué sur le fond. U 
représente trois femmes nues, groupées dans la pose tradi- 
tionnelle des Trois Grâces; Tune tient trois épis, une autre 
verse un liquide dans une élégante œnochoé. 

c 6<» Coupe peu profonde et sans pied, en argent mince 
d'un titre inférieur; largeur, 0»18; profondeur, O^OS. Elle 
est ornée de godrons à convexité extérieure et d'un ombilic 
central faisant saillie à Tintérieur. 

c L'ensemble de ces six objets pèse environ 4 kilogr. 1/2. 
On a trouvé avec eux un as de la colonie de Lyon >. » 



Séance du %\ Mars. 

Présidence de M. Lohohon, président. 

Ouvrages offerts : 
Arehiv fiir œsierreichische Geschickte, t. VIII, 2« partie. 

Vienne, 4887, in-8«. 
BuUetin de correspondance hellénique^ XI« année, décembre 

1887. Xn« année, janvier-février 1888. Paris, in-8«. 

1. {Dans ee eu c'était plutôt on Mao qn'ime coope. Cf. le sean da trésor de 
Monoomet (Aisne).] 

3. [D'après des renseignements qni nous sont parrenni depuis la lecture de cette 
note, le trésor de Chatosaages aurait été acquis par on Lyonnais, M. de Magoe- 
Tal. D'autre part, dans le courant do mois d'arril, on annonçait qu'il arait été 
acheté par un marchand de Paris, nommé Rothschild.] 



— ^«6 — 

-^iëîa Sùciité dei AntiqfudrêB 4m Vihut, an. 4887, 4« tri- 
mestre. Poitiers, in-8». 
BàlUnino di areheologia e êtoria Dàlmatm, an. XI, n* l. 

Spalato, 1888, in-8«. 
Catalogue de la Bibliothè^ de t Académie rofole dé pemtute 

et ictUpture au XVIII* eiède. 
Mémoiree de P Académie des ecieneee^ agricfdture^ arte et MI«- 

lettres d^Aix, tome XIIL Aix, 1887, în-«*. 
Betme de P Afrique française, VII* année, n* 37. Pacis, 4888, 

ln.8o. 
Béanee publique de V Académie des «ctance», agriculture^ arts 

et heUeS'leftres éTAix, Aix, 1886, in-6<». 
Sittungsberichte der Kaiserliehen Akademiê der Witsemehtf* 

ten, t. CXn-GXIV. Vienne, 1886-1887, in-8*. 
The american journal of arehaeology and the kisiorff oj thê 

fine arts, 1888, n«» 1-2. Baltimore, in-S». 
Ghariubse (Anatole db). Les Pèlerinages à Saini^Sébastien 

éPUchon. Autuû, 1888, in-8*. 
GHATBLLtEB (Paul Du). Tumulus emblématiques de VAmériqu 

du Nord, Paris, 1887, in-8». 
Maxb-Wbrly (L.). Découverte dune épée de bronxe dans U 

région du Barrois, In-8«. 

Travaux. 

M. G. Lafaye, associé correspondant national à Lyon, 
envoie la note suivante : 

« J'ai communiqué, vendredi dernier, à la Société des 
Antiquaires, un dessin qui représentait un fragment de cippe 
funéraire recueilli récemment à Saint-Pons (Bonches-du- 
Rhône), et destiné au Musée d'Aix en Provence. 

« On m^écrit aujourd'hui que ce fragment se raccorde 
exactement avec un autre, qui faisait déjà partie depuis 
longtemps des collections du Musée d'Aix ,* il figurait dans 
le Catalogue de M. Honoré Gibert^ sous le m 130. Il y était 
mentionné comme* ayant été trouvé à Aix c dans la maison 
c de Peiresc » et comme provenant « du fonds Saint-Vin- 

1. Aix, llakain, 1882. 



— 467 — 

c cens (1824). » On en voit, parait-il, nn dessin « snr la 
c planche gravée par Juramy, qui accompagne le travail de 
c Sainte Yinoens, intitulé : Imcriptian grêcquê tirée dé la 
c masfoi» qu'aoaU habitée Peireec. Âix, Henricq, in-4«, 1798. » 
c M. Gibert, conservateur du Musée d'Aiz, vient d'opérer 
lui-même le rapprochement entre les deux morceaux. L'ins* 
cription, enfermée dans un encadrement, est complète et 
doit être lue ainsi : 

DIS 
MANIBVS 

Le cippe cependant n'est pas encore entier. Il y manque à 
peu près le troisième tiers, qui doit porter le bas-relief du 
côté droit. 

c II me parait évident que le fragment de Peiresc, recueilli 
• dans sa maison, » provenait de Saint-Pons. Peut-être en 
trouverait-on la preuve dans celles de ses lettres qui ont été 
publiées récemment. 

t M. Gibert vient d'envoyer à M. Hirschfeid, pour le Cor- 
pus, une copie du cippe de Saint-Pons. » 

M. Mftntz, membre résidant, communique la photogra- 
phie d'un dessin représentant le mausolée du cardinal de la 
Grange à Avignon et provenant des collections de la maison 
Barberini. On y distingue, outre la statue du gisant, trois 
scènes de la Nativité, de la Présentation au Temple et de 
l'Assomption de la Vierge vénérée par un souverain pontife, 
tandis qu'un comte figure dans la première scène et un duc 
dans la seconde. Les ressemblances de divers personnages 
avec les statues dont M. Gourajod a communiqué des pho- 
tographies venant du Musée d'Avignon permettraient de 
croire que ces statuettes proviennent du mausolée, un des 
plus riches monuments du xv* siècle. 

M. TabbéThédenat, membre résidant, donne lecture d'une 
note de M. l'abbé P. Batiffol, associé correspondant national 
à Rome : 

c J'ai l'honneur de présenter à la Société le fac-similé 
d'un manuscrit grec que je viens de recevoir des environs de 



— 468 — 

Janina et qui est destmé à entrer incessamment à la Biblio- 
thèque nationale. 

« Ce manuscrit est un lectionnaire des évangiles, un gros 
Tolume in-4*de 321 feuillets, numérotés cahiers par cahiers, 
n est écrit sur deux colonnes, et porte en tête une miniature 
à fond d'or, assez altérée aujourd'hui et représentant les 
quatre évangélistes. La première page offre un titre omé, 
une initiale décorée, etc., décoration et calligraphie dans le 
style ordinaire à Técole byzantine à cette époque. 

< L'intérêt particulier de ce manuscrit tient à ce qu'il a 
été & Tusage propre d'une église de Gonstantinople, Téglise 
de Sainte-Marie des Ghalcopratia. Ainsi, le jour de la fête de 
saint Siméon Stylite, on nous dira : « Aux Ghalcopratia on 

< célèbre aujourd'hui la fête de la sainte Vierge. A l'office 
« de la grande Église (Sainte-Sophie) on lit l'évangile sui- 
« vant..,, mais aux Ghalcopratia on lit celui-ci... » 

« Mais ce qui offre le plus d'intérêt, c'est que le manuscrit 
est souscrit d'une souscription fort remarquable (fol. 321), 
ainsi conçue : 

c Ce livre saint et pur a été fait aux frais de ConsiantiMy 
c prêtre, le plus humble des prêtres, et acheté par lui le vingt 
c janvier de Pan 6628 [1170 de l'ère chrétienne], indiction huit. 
€ H a été écrit par Pierre^ ypaïAi&artxbc tt|ç axo^ tûv XaXxoicpa- 

< t(wv. Que ceux qui le liront prient pour nous le Seigneur. ■ 
« Gette souscription, qui vaut une inscription byzantine, 

appelle quelque commentaire. 

c L'église dont il est ici question était située à Gonstanti- 
nople, dans le quartier des Ghalcopratia ou des Vendeurs de 
bronze. Ge quartier avait été à l'origine le Ghetto de Gons- 
tantinople. Au y siècle, Théodose U en chassa les Juifs que 
Constantin avait laissés s'y établir, et y bâtit l'église qu'il 
dédia à la Vierge. Au \^ siècle, cette église est ruinée par 
un tremblement de terre et reconstruite par Justin II. 
Au ix« siècle, elle est restaurée par Basile le Macédonien, 
qui relève les voûtes des nefs, ouvre de larges baies dans le 
vaisseau qu'il trouve trop obscur, et l'agrandit en ajoutant 
un transept, dont chaque bras est terminé par une abside. 
Après Sainte-^Sophie, c'est la première basilique de la noa- 



— 469 — 

yelle Rome. Le jour de la fête de rAnnonciation notani'' 
ment, le patriarche s'y rend processionnellement, et, avec 
lui, l'empereur et la cour, ponr une liturgie solennelle. Les 
chroniqaeors byzantins ne manquent pas de rappeler que 
c'esti de plus, une basilique riche et dont le clergé est très 
considéré, que Michel Rangabé y a été lecteur, ainsi que 
Bardas, Fonde de Michel Ui, et nombre des premiers 
ministres de l'empire, icoUo\ t(^ iMtriarpuv. J'empruute ces 
détails partie aux continuateurs de Théopfaane (Y, 93) et à 
Georges Hamartolos (Y, 26), partie à Tauteur anonyme des 
Aniiquiiaiei C. P., publiées par Banduri (Migne^ P. G., 
GXXn, p. 1232), qui compilait sa description de Gonstanti- 
nople sous Alexis I*' Gomnène (1081-1117), peu après Tan- 
née où notre- manuscrit fut copié. 

c L'école des Ghaloopratia est connue aussi. Un poète sati* 
riqne, qui vivait à Gonstantinople , sous les règnes de 
Michel lY et de Gonstantin IX (1034-1053), et auxquels il 
est probable qnll survécut, Ghristophoros, mentionne, non 
seulement les Ghalcopratia, mais l'école des* Ghalcopratia. 
L'épigramme de Ghristophoros est dirigée contre le maître 
de l'école, tbv |tat«Ttt»pa x9iç «xoXtic : le poète adjure le public 
de fuir l'établissement, et, faisant allusion au métier des 
habitants des Ghalcopratia, qui sont fondeurs en bronze, il 
accuse le |iafrrc»p de vouloir fondre en or son pédantisme, 
en foisant payer ses leçons un prix exorbitant. L'école est 
appelée ^X^^^ "^ IlapOfvou, oxoXv) tv|c icotvdcYvou, o^oX^ xfiv XaXxo- 
Kpaxitùw (Rocchi, Versi di Chriitoforo PoUrixio^ 1887, p. 25). 
On peut déduire de ce texte que l'école était en vue et fré- 
quentée par la jeunesse ricbe de Gonstantinople, et que pro- 
bablement elle était unie à l'église de la Yierge. 

« Les professeurs d'une école comme celle des Ghalcopra* 
tia ne s'appelaient [iataxtù^ que par dérision. Leur titre véri- 
table était ypa\tJ{ULxtxoiy maîtres es lettres. Ils formaient à 
Gonstantinople un corps nombreux, considéré pour sa cul- 
ture. Dans les épigrammes de Ghristophoros, et il ne faut 
pas oublier que Ghristophoros est un poète reçu à la cour et 
dans la plus haute société, je retrouve plusieurs Yp«iHMtTtxo{, 



— «d — 

Taa entre antres dn nom de Georges et qne le poète nille 
d'écrire en bonttrophédon (Rocchi, p. fS). 

c Très sottYent, en eflèt, le TP«wumxic est copiste. Un 
mannscrit de la bibliotbèqne de Vienne, copié en 924, porte 
la signature d'un TpstMMmK6c nommé Jean (Gardthaosea, 
OfUekuehê Pal. y p. 302). Il n'est donc pas surprenant de 
Toir que le copiste de notre manuscrit doit être un tp«ih>«' 
vo^ de réoole des Ghalci^ratia. 

c J'ajouterai qne parmi les épigrammes de Ghristopboros 
il y en a deux qui sont adressées à un Pierre TP«iNURn^« 
Ghristopboros avait fait quelques vers sur la mort de sa 
sœur et les avait passés à Pierre, son ami. Il les lui rede* 
manda et, les vers lui ayant été retournés, il le remercia 
(Rocchi, p. 4). Ce Ilérpoc t^n^j^axvtM est-il le copiste de notre 
manuscrit ? Étant donné que l'on ignore à quelle date mou- 
rut Ghristophoros et quel âge avait Pierre en 1070, on peut 
les tenir pour contemporains et penser que c'est du nôtre 
que parle Ghristophoros, à condition cependant de n'y voir 
qu'une hypothèse vraisemblable, i 

M. HomoUe communique les photographies et estampages 
de deux bas-reliefs votifs trouvés par lui à Délos, et £ût 
valoir l'intérêt que présentent ces monuments, qui doivent 
être reportés, comme époque, au v« ou au iv« siècle, en rai- 
son du caractère attique des personnages et de la composi- 
tion, et peuvent être rangés dans la classe des bas-ralie& 
en-têtes de décrets. 



Séance du 88 Mars. 

Présidence de M. Duplbsbib, ancien président. 
Ouvrages offerts : 
BêlIUHm etiHqwty publié sous la direction de MM. Duchesne, 
Ingold, Lescœur et Thédenat, IK« année, n« 6. Paris, 
1886, in-8o. 
— ds la Société de BoTâm, Xill« année, 1« trimeetre. Daz, 
1888, in-8*. 



— m — 

lié Lhfê dW dé Fùntmuiif*U^omiê, Fbntenay, 1888» in<*8«. 

louer. i?oitier8, in-8*. 
Hitetrào (l'abbé). Mimoftaphie dé la catkddrëU du Chartres^ 

tome II, n* i. Chartres, 1888, in-8«. 
Maxe-Wbrly (Léon). Étude du tracé de la chaussée romaine 

entre Âriola et Fines, Bar-le-Dac, 1888, in-8<>. 
— Étude sur les sceaux romains en hrotute du Musée de Bar^ 

lé'Due. Bar-le-Dnc, 1887, in-8*. 

Travaux, 

M. Héron de «ViUefosee, membre résidant, communique 
une note et un dessin de M. Delattre, associé correspondant 
à Cambrai, relatifs à deux objets en bronze trouvés à Cam- 
brai, dans des terrains romains. L'un de ces objets a la forme 
d'un diapason; l'antre est un petit entonnoir muni d'un 
anneau de suspension. 

M. Gaidoz, membre résidant, offre, de la part de 
M. Emault, professeur à la Faculté des lettres à Poitiers, 
un mémoire intitulé : la Revue archéologique et les inscrip^ 
tions gauloises, 

M. G. Rey, membre résidant, lit une addition à son étude 
sur la topographie d'Acre au ztn« siècle, publiée dans les 
Mémoires de la Société en 1879. 

M. Miintz, membre résidant, présente un travail sur 
Tunique reproduction que Ton possède de la colonne Théo- 
doeienne, dont le piédestal subsiste sur le forum d'Arcadius, 
à Constantinople. L'Académie possédait le dessin original 
qui est maintenant au Louvre, et dont une copie est conser- 
vée à i'Ëcole des beaux-arts. M. Mûntz en réfute Tattribntion 
à Gentil Bellin, comme une hypothèse inacceptable émise 
par le P. Ménétrier et par Félibien; il admettrait plutôt que 
c'est une œuvre de Franco, et exprime le souhait qu'on puisse 
en faire une reproduction digne de Timportanoe du monu- 
ment. 



— 4T2 — 

M. Pol Nlcardy membre résidant, lit une note sur le tra- 
^nU récent de M. Bertolotti, relatif aux architectes firançais 
ayant travaillé à Rome. 

Cette note est renvoyée à la CSommission des impressUms. 

La Compagnie déclare vacante la place de membre rési- 
dant de M. le comte Riant, et fixe Télection au 2 mai. 



EXTRAIT DES PROGÈS-YERBÀUX 
DU 2« TRIBŒ8TRE DE 1888. 



Séance du 4 Avril. 
Présidence de M. Duplbssib, ancien président. 
Ouvrages offerts : 
BuUêtm critiqué^ publié sous la direction de MM. Dacbesne, 

Ingold, Lescœur, Tbédenat, IX* année, n* 7. Paris, 1888, 

in-8'. 
^ de îa SoeUié Âitiori^Hê H arckMogiqnê du Périgord/ 

t. XV, i^ livr. Périgneuz, 1888, in-8\ 
BuUêitimo di arehêologia s êtoria dtUmata^ an. XI, &« 3. 8pa- 

lato, 1888, in-8*. 
Journal du Savaniê^ février-man 1888. Paris, in-4*. 
Mémohu de la Soeiiié dê$ sciêneêM 9i iMtu de Loir^-OUr, 

t. Xn, l" paras. Bloifl, 1888, in-8». 
Bastblabr (D.-â. van). Mêmoiru aitchMogiqwBi^ t IV. Mons, 

1886, in-8«. 

CortupondaMCê. 

M. G. Boucbot, présenté par MM. Duplessis et Ulysse 
Robert, écrit pour poser sa csndidatnre à la place de membre 
résidant de M. le comte Riant. La Commission chaigée de 
présenter un rapport sur les titres du candidat reste com- 
posée de MM. Molinier, G. Bapst et E. Bsbelon. 



— 478 — 

Trctvaux, 

M. Oemaison, associé oorrespoodant à Reims, comma- 
niqqe des inscriptions relevées sur des stèles funéraires 
trouvées à Reims aux mois d^octobre et de novembre 1887, 
dans un cimetière antique sitaé au lieu dit Deuouê Us 
cm^èfts* 

D M 

LALLI-DA 
NOMARO 

2o 

DIS- MA 
VERGVND 
Diê Mainthu) Ver[e)cund(i). 

Point parasite entre 11 et TS, dans le mot DIS. On remar- 
quera dans Vtrcundi la chute de \'ê avant l'accent tonique. 
Ge fait est assez intéressant, car il témoigne déjà dans le 
latin populaire d'une tendance qui s'est développée depuis 
dans les langues romanes. (Cf. le français vergogne^ de vere- 
cundia.) 

30 

D M 

BRIGIA 

4o 

D M 

SINGGV// 

• iv////////// 

50 

D M 

GARA 

/>(») «(ojiî&tM) Garanti». 



— «4 — 

6» 
NONNAE 

loscription gravée au-dessus d'un buste de femme sculpté 
dans une niche. 

70 

D M 

RIO////AE (?) 

Caractères frustes, gravés d'une manière très snperfidelle. 
Sous le fronton de la stèle s'ouvre une petite niche servant 
d'orifice à un conduit oblique, qui aboutit par derrière à la 
partie inférieure du monument. 

M. Pol Nicard, membre résidaoti communique des détails 
sur un recueil manuscrit de l'architecte de Pérac. 

M. Germain Bap&t, membre résidant^ fait uaa commnoi- 
CÊÈAxm tendant à dmontrer que Henri III, en prenant pos* 
session dv %r(^m. de Fruiooi avait cherché à abolir la loi 
salîqae. 

M. Germain Bapst communique ensuite la quittance 
d'achat d'un objet d'art conservé au Louvre (un Christ en 
jade oriental avec piédestal d'or émaillé). Cette pièce a été 
achetée en i67i, par le^ soins de Golbert sur Tordre de 
Louis XIV. 

M. Pol Nicard continue la lecture de son étude sur le tre* 
vail de M. Bertolotti, relatif aux artistes français fixés en 
Italie. 

Séance du 11 Avril. 

Présidence de M. Lononon, président. 
Ouvrages offerte : 
Académie tPHipponê. Comptes^rendva det réumion$^ n* 21, 
an. i888. Bone, 4888, in-8<». 



— 175 — 

AtH dêttm fmU aeeademia M LmeHy an. GGLXXXIV, 1887, 

IV* sèrie^ t. m, fiwc. iS. Rome, i88t, in-4*. 
BuOetim dé VAemiimU cTB^ipaiM, bulletin n* 22, ftwe. 3 et 4. 

Bone, 1888^ in-8«. 
Mémoiru de la Société académique de Mak^ê-^uLoirê^ leitrês 

et ufi», t. XXKVU. Angwft, f888, in-8-. 
MaeaeU dé la Cammmion des arU et momammUê kutùrigwu 

dé Ja OkarmUê'Imféricarc ci SoeUU d^arckéolcgic de Saintes, 

3* série, t. II, 44 livr. Saintes, 1888, in-8*. 
Bernas hëge de nstmismoHfoCj XLIV* année, 1888, litr. l^î. 

Brazelles, in-8o. 
SoeUté des antiquaires de la Morimic^ XXX Vil* année, nonv . 

série, 145« livr., jauT.-mars 1888. Baint^Omer, in-8*. 
Viestnik hrvaiskoga areheologickoga DnuUvaj t. X, livr. 2* 

Agram, 1888, m-8<». 
Batb (baron J. db). Crois lombardes trouvées en Italie, Parie, 

1888, in-4*. 
Briquet (G.-M.). De Putiliié des filigranes du papier et de 

leur sign^caiion à propos d^un récent procès. Berne, 1888, 

in-8*. 
DoGis (le chanoine). L'Epaona du coneUe de 517. Thonon, in-8». 
— 8aini Maurice et la légion thébéeune. Annecy, 1887, in*8*. 
Lastbybie (Robert db). Cariuiaire général de Paris, ou recueil 

de documents réUâifs à Vhéstoire et à la topographie de 

Paris, 1. 1, 528-1180. Paris, 1887, in-4*. 
Margus (Ad.). Les Verreries du comté de BUche, Nancy, 

1887, in-8*. 

Correspondance, 

M. le baron J. de Baye, présenté par MM. Aubert et 
Longnon, écrit poor poser sa candidature à la place de 
membre résidant de M. le comte Riant. La commission 
chargée de présenter un rapport sur les titres du candidat 
reste composée de MM. Flouest, A. de Barthélémy et Proet. 

TraooMx. 

M. Lecoy de la Marche, membre résidant, a la parole pour 
on hommage d'auteur : 



-m - 

€ Dtns «on volnme sur Soàil Maurice et Ulégion t k AknMe , 
M. Tabbé Daeis^ archivUte da la Haute-Savoie, est airivé, 
par l'étude de la topographie, des inscriptions, des vues 
romaines, à rétablir les faits si souvent controversés qui se 
sont passés, au moment du passage de Maximien Hercule, 
dans le célèbre défilé d'Agaune. U a montré que le terrain, 
qui se prêterait difficilement aujourd'hui au campement 
d'une armée, offîrait autrefois une configuration toute diffé- 
rente, et que Tarmée romaine se rendait alors en Afrique au 
lieu de se diriger vers le nord, comme on l'a cru, ce qui per- 
met d'expliquer d'une façon plus rationnelle le récit de saint 
Eucher. H a tracé ensuite à grands traits l'histoire du culte 
de saint Maurice et de ses compagnons, de la célèbre abbaye 
qui porte son nom et de ses principales succursales. 

c En môme temps que cet ouvrage, M. Fabbé Ducis m'a 
prié d'offrir à la Compagnie son travail sur ïEpaona dm otm- 
die de 517, qui a été communiqué en 1886 an congrès de 
Thonon. » 

M. le baron de Baye, associé correspondant national à 
Baye, présente un mémoire, accompagné de photographies, 
sur un cercueil de bois décoré d'ornements en fer et conservé 
au Musée d'Innsbruck. 

Le mémoire de M. le baron de Baye est renvoyé à la 
Commission des impressions. 

M. Courajod, membre résidant, communique des photo- 
graphies de plusieurs statues de la cathédrale de Reims. Il 
signale dans ces monuments une inspiration qui permet de 
les rapprocher des œuvres de l'art grec, bien que les sculp- 
teurs du moyen Age n'aient eu à Reims d'autres modèles 
que des œuvres romaines des bas temps. 

M. Coilignon s'associe à cette appréciation, tout en faisant 
observer que les œuvres grecques prises par M. Courajod 
pour termes de comparaison appartiennent à l'art asiatique 
du IV* siècle avant J.-C, qui est le commencement de l'art 
romain. 

M. Courajod continue son étude en comparant certaines 



— 477 — 

figures sculptées appartenant an même édifice, avec les têtes 
de Léonard de Vinci. Bien qu'il n'existe pas de sculptures 
de Léonard, on a lieu de croire que des têtes de Rasticci, 
au baptistère de Florence, ont été retouchées par lui. Or, elles 
ressemblent beaucoup à celles de Reims. 

M. de Ripert-Monclar, associé correspondant national, 
dépose deux petites pierres gravées trouvées en Tunisie; 
elles ont fait partie d'un collier dont le reste est dispersé ; 
la matière est probablement de l'ambre; les sujets, Apollon 
et Marsyas. 

M. Gollignon, membre rendant, communique la photo- 
graphie d'une tête en marbre récemment trouvée à Tralles 
(Asie-Mineure). 

M. le Président lit la note suivante, qui lui a été envoyée par 
M. Grellet JBalguerie, associé correspondant à Bordeaux : 

« J'ai rhonneur de vous communiquer une découverte que 
j'ai faite en cherchant dans YAÎsatia Uhutrata l'opinion de 
l'auteur sur Tintronisation de Childebert, fils de Grimoald, le 
prétendu adoptivus du roi Sigebert III d'Austrasie, tuteur de 
Grimoald, qui maintint son fils sur le trône pendant sept 
ans, suivant le Librarius^ pendant sept jours, d'après VArt 
de vérifier les dates^ et pendant sept mois, selon Schœpflin 
que tous les auteurs ont répété depuis. M. Krusch seul a eu 
l'idée de ressusciter une vieille rêverie des moines de Lobbes 
et de Liège : il nous dote en effet d'un roi nouveau et fait 
régner Grimoald lui-même après son fils et sept ans comme 
lui; cependant tous les anciens chroniqueurs affirment que 
Grimoald, livré à Glovis II, périt dans une prison à Paris 
après d'affreux supplices. Du reste, Henger, justement abbé 
de Lobbes, et avant lui S. Notker, l'illustre et savant éco- 
làtre de Stavelo, devenu évêque de Liège, confirment aussi 
le supplice de Grimoald et le châtiment du crime de ce 
triste personnage, assassin, parjure et voleur. M. Krusch le 
fait régner sept ans après le règne de sept ans de son fils, soit 
jusqu'en 663, date où il place l'avènement de Ghildéric II. 

ANT. BULLBTIN. 12 



— IW — 

< Dtns Schœpflin, j'ai trouvé une charte qui n'est pas 
daaa les Tables de Bréquigny, mais qui a été poliÛée 
dans la Donvelle édition des Diphmaiê, de Pardessns. Cette 
charte est datée du 5 octobre an V du règne du roi BLY- 
DOVIGI et ne peut appartenir à Glovis dit m, fils de 
Thierry m, en réalité Glovis IV, mais au roi CSovis III,fiU 
de Oigobert II, qui signe HLVDO V£ VS ; car Qovis IV, fils 
de Thierry III, ne régna que trois ans et mourut dans )a 
IV* année de son règne; e4t*il régné cinq ans, jamais il 
n'aurait pu atteindre même le 18 mai de son an V; aussi ane 
charte à cette date ddit-elle être restituée au vrai Glovis m, 
lequel donne un diplôme le 25 juin 672 ou 673. 

c Si Glovis IV ne put jamais atteindre le 18 mai de son 
an V (au jugement de Pagi, de Pardessus, des Bollan- 
distes, etc.), car son père Ghildebert était, en 699, i 
Pâques, 23 mars, dans sa V* année, à fortiori Glovis FV ne 
put atteindre le 5 octobre de son an V. Donc cette charte est 
de Glovis III déjà révélé par le diplôme du 25 juin an U, 
par la charte du 18 mai an V, mort en 677, le 8 août an V 
de Glovis lU, fils de Dagobert; intronisé par Glovis de 672 
ou 673 à 677, année où, k son grand regret, il fut forcé de 
restaurer Thierry m. » 



Séance du 1 8 Avril. 

Présidence de M. Lonqnon, président. 

Ouvrages offerts : 
Jarboçêr for nordish oldkynâighed og historié, t. U, livr. 1. 

Gopenhague, 1887, in-8*. 
Annales de la Société historique et archéologique du GâtinaUy 

1887, 4« trimestre. Fontainebleau, 1887, in-8». 
Bulletin de la Société des sciences naturelles de Saône-et-Loire, 

t. IV, 2- livr. Chalon-sur-Saône, 1888, in-8o. 
Documents publiés par la Société historique et archéologique 

du Oâtinais, II. l*es séjours des rois de France doM 2< 

Oétinais, 481-1789, par M. G, Toison. Paris, 1888, in-8\ 



— 4T9 — 

Korrêspandmublaii dêr Wgstdêutsehen Zeiiêehrift fikr Ge-- 
icÂichie vmd Kwut, VU* année, n* 3. Trêves, 1887, in-S». 

Revu$ dé rAfriqtu française^ YU^ année, n« 39. Paris, 1888, 
in-8v 

Beaucohps (A. db). Adalbert Le Tumnhu dé ReuiUy, son vase 
funéraire à cordons saillants, Orléans, 1888, in-4<'. 

Travaux. 

M. le baron de Baye, associé correspondant à Baye, 
annonce la découverte, aax environs de Trente, d'un sque- 
lette, accompagné de quelques antiquités longobardes. 

M. Durrieu, membre résidant, lit un mémoire sur la vie 
et les travaux de Fenlumineur flamand Loyset Leydet, dont 
il a retrouvé une série d'œuvres importantes, exécutées de 
4460 à 1478, pour les ducs de Bourgogne et pour Louis de 
Bruges, seigneur de Gruthuyse. 

M. Mûntz, membre résidant, communique les photogra- 
phies de sculptures que M. Gourajod a fait exécuter au Musée 
d'Avignon et établit, par leur comparaison avec un dessin du 
xvn* siècle, que ces statues proviennent du tombeau du car- 
dinal de Lagrange, mort en 1402. 

M. Molinier, membre résidant, lit une note de M. Bouchot 
sur un portrait de Diane de Poitiers : 

« Le portrait de femme du xvi* siècle, conservé à Moulins 
et dont M. Bertrand nous a communiqué la photographie, 
appartient à Técole française du xvi« siècle. Il représente 
Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, à cinquante ans 
environ, soit aux environs de Tannée 1550. Ce portrait était 
anonyme, mais, en le comparant à diverses peintures simi- 
laires et en le rapprochant des dessins, nous avons pu recon- 
naître la maîtresse de Henri II, dans ses atours de veuve, 
avec la coiffure adoptée par elle en l'honneur du comte de 
Maulevrier, son mari défunt. 



— 480 — 

c L'artiste qui l'a peinte sur ce panneau a mis dans son 
travail plus de galanterie que ses confrères. Diane était une 
femme un peu forte, aux traits communs, au profil légère- 
ment relevé à la Roxelane. Un crayonneur de 1537 noii8 Va 




Diane de Poitiers, 

conservée à l'époque précise où elle sWcointa avec le futur 
dauphin, et il ne la flatte guère. La médaille gravée laisse 
entrevoir une expression de visage singulièrement bouffie 
et triviale. Ce n'est point la très belle dame que les louanges 
officielles nous ont décrite. Les portraits de sa vieillesse ne 



— 4S4 — 

sont point non plus très flatteurs ; M. Roman, correspondant 
national des Antiquaires, en possède un des plus intéressants, 
mais peint à une époque où Diane no luttait plus très victo- 
rieusement contre les rides et les dépressions de la chair. 
Une Diaue identique se trouve à Gastle Howard, en Angle* 
terre, et a été publiée dans le livre de lord Ronald Gower 
{Fràneh-portraiU, I, 39). 

( Sans entrer dans le détail des nombreuses portraitures 
originales de la célèbre favorite, je puis dire que le panneau 
de Moulins est seul de sa date. C'est encore la Diane fêtée 
et redoutée, la vraie reine de France d'alors, celle dont Bran- 
tôme disait : • Qu'une grande dame, estant fort aux bonnes 
« grâces d'un roi voires en délices, s'habilla un peu plus à 
« la modeste, mais de soye pourtant tousjours, affin qu'elle 
« peust mieux adombrer et cacher son jeu, et par ainsi les 
c vefves de la court la voulant imiter en faisoient de mesme 
« qu'elle. Si ne refformoit-elle point tant ny si à Taustérité 
« qu'elle ne s'habillast gentiment et pompeusement, mais 
c tout de noir et blanc; et y paroissoit plus de mondainté 
ff que de refformation de veufve, et surtout monstroit tous- 
« jours si belle gorgée » 

« Et c'est bien elle au temps précis de sa vie où elle a 
gardé toute sa fraîcheur en dépit de son âge. Brantôme, 
auquel il faut toujours revenir en pareille matière, a beau 
nous assurer qu'à soixante-six ans, au moment de sa mort, 
elle était aussi fraîche et aussi belle qu'à trente ans, les pein- 
tures sont là dans leur brutale franchise pour lui douner un 
démenti formel. Mais seize ans plus tôt elle devait être telle 
que nous la voyons ici, grâce aux subtilités de tout genre 
dont elle usait et abusait. 

ff Le portrait de Moulins est donc un document assez inté- 
ressant de notre école de portraitistes. Quant à en nommer 
l'auteur, je ne le saurais faire, n*ayant pas vu l'original. 
Était-il de ce Corneille de La Haye dit de Lyon, qui avait 
peint tous les seigneurs et dames de la cour en 1548, lors du 
passage de Henri II à Lyon ? Est-ce une copie d'après lui ? 

i. Édit. Lalaane. IX, 036. 



— in — 

h» aooe80oires et le lâché du eostimie ne permettent pas 
<f en faire honneur à François Gloaet. » 

M. Gourajod, membre résidant, entretient la Société de 
trois objets conservés dans le trésor de la cathédrale de 
Reims ; il établit que deux d'entre eux, bien qu'ils portent 
les armoiries de Henri II et de Henri III, remontent cepen* 
dant à une date beaucoup plus ancienne. 

MM. Bapst, Durrieu et Muntz, membres résidants, signalent 
d'autres finits analogues. 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, présente, au 
nom de M. Pierrot- Deseilligny, associé correspondant natio- 
nal à Autun, un petit fragment d'inscription latine sur 
marbre blanc, qui a été découvert par M. Lafon dans les 
fouilles de Tamphithéàtre de Lyon. Ce petit fragment, dont 
les lettres conservent encore des traces de couleur rouge très 
brillantes, est ainsi conçu : 

...TA 

...EXX... 

Il ne reste que quatre lettres, et les traces certaines de la 
cinquième qui est un X barré par le milieu, sigle du mot 
denarius. Il y avait donc à cette ligne la mention d'une 
somme d'argent. C'était la dernière ligne du texte, comme 
on peut le constater sur le marbre. 

M. Héron de Villefosse fait la communication suivante : 
c J'ai reçu de M. Demaeght, commandant du recrutement 
de la province d'Oran, l'un des archéologues les plus zélés 
de TAlgérie, la copie d'une intéressante inscription qui vient 
d'être découverte dans les ruines de l'antique Maoa de 
Maurétanie, près de Lamoricière. 

IMP a GAES (S MAV 
RELIO \antoni] 

[TT] PIO PELIGI 



- 4M — 
A VG (S P C5 MAX Cf TRIB 
POTKSTATIS {5^CSP0 
Go8 (5 m (5 PROœNS (S 
DIVI PII a SEVERI 
NEPOTI DIVI MA 
GNI |gii<Qmtn'r| 



PII \fiUo\ ORDO 
PIV* ET POPVLARES 
ALT a DEVOTI NVMI 
NI EIV8 

Iinp{eratoti) Caês{ar(j M{arco) Awrdio [Anttmhio] pio fdici 
Aug{u3to)y piontifici) mctx(imo)^ tr^{uniciae) potestàtis^ p{€afî\ 
jf{atriae\ eo(n)ê{uli} III, procons{uKj, divi pii Severi nepoti, 
divi magni [Antonini] pn \filio], ordo piu[s] et popuîaréi 
Àlt(avensium) devoti numini efus. 

€ L'inscription se rapporte à Tannée 220 ou à Tannée 22i ; 
l'empereur honoré est Elagabale. 

« L'expression populares se trouve également à Aumale^ 
Je pense qu'il faut entendre par ce mot la population civile 
de Tendroit, par opposition à la population militaire. En 
effet, le mot popularê» est souvent opposé dans le texte au 
mot mUiteê*. En outre, les constatations faites sur le terrain 
par M. de Tugny ■ prouvent qu'il y avait une sorte de ville 
purement militaire à côté de la ville proprement dite. Ce 
fait nous est du reste attesté par les inscriptions de la eohors 
êecunda Sardorum retrouvées dans cette localité, v 

M. Demaeght signale dans sa lettre les dangers que courent 
plusieurs monuments épigraphiques de la province d'Oran 



1 . Decyarionn et popularéê, Corp. înter. lat,t VUI, d. 906S, 9063. 

2. K PestUentia gnvis multa milia et popularium et miliium interemertt. » 
Capitol, in M. Aurel. 17. — « Débet dispositos milites etationarios habere ad 
tueiidam pf^tarium qoietem. » Ulp., Dig., 1, 12, 1. 

3. Corp. inser. lat„ VIU, p. 841. 



— 484 — 

et parttcalièremânt l'importante inscription d'Aflou. nsdrait 
à soahaiter que le ministère Youlût bien accorder une sub- 
vention à la Société d'Oran, afin de lui permettre de prendre 
immédiatement des mesures pour sauv^iarder les monn- 
ments en péril. 



Séance du 85 Avril. 

Présidence de M. 6. Sghlumbbrgbr, vice-président. 

Ouvrages offerts : 
/itti ddla reàU Aeeaiemia dei Lincn^ année GGLXXXV, 

4888, IV* série, t. IV, fasc. 1. Rome, 1888, in-4*. 
Atti délia reaU Accademia délie tctoutf di Tormo^ t. XXIII, 

1887-88, livr. 6-8. Turin, in-8«. 
BoUettino deUe opère moderne Straniere acqidslate daUe 6tb2to- 

theehe pMiche govemative del regno d^Itaîia, t. Il, u^ 4-6! 

Rome, 1887, in-8\ 
BMeti» critique, publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingold, LescoBur, Thédenat, IX« année, n* 8. Paris, 1888, 

in-8\ 
-^ de la Société archéologique et kiêtorique de VOrléam»^ 

t. IX, n* 134. Orléans, 4887, in-8-. 
-^ de la Société des amis des monuments parisiens, t. II, 

année 1888, n* 7. Paris, in-8«. 
-^ delà Société départementale d'archéologie^ de statistique de 

la Drame, année 4888, 85» livr. Valence, in-8\ 
^dela Société d'études des Haut es- Alpes, VII* année, avril- 
juin 4888. Gap, 1888, in-8\ 

— delà Société danoise; archéologie, histoire, sciences et arts, 
t. V, 4885-1887. Châteaudun, 4888, in-8*. 

— de la Société dunoise; archéologie, histoire, sciences et arts, 
no 76. Châteaudun, 4888, in-8v 

•^ delà Société historique et archéologique de Langres, t m. 

Langres, 4888, in-S». 
'^ delà Société scientifique, historique et archéologique de la 

Corrhe, t. X, 4«'« livr. Brive, 1888, in-8«. 



— 485 — 

Bayb (le baron J. de). UatchMogU prMitùriqve. Paris, 

1888, in.l8. 
Dbschamps de Pas (L.). Le monument funéraire d^Oudart de 

BereaqneSj dernier privât de ViglUe eoUégiale de ScmU-Omer^ 

iii-8*. 
HoMOLLE (Th.). Poui-Daniel-Olkner Rayet, 1888, iii-8o. 
Ledai!! (Bélisaire). Èpigraphie romaine du Poitou, Poitiers, 

1887, in-8*. 
— Les livres de raison et journaux historiques du Poitou, 

Niort, 1888, in-8o. 
Pagart d'Hermansart. Le siikge de SainUOmer en 1677. Saint« 

Orner, 1888, in-8*. 
Prost (Aug.). Les anciens sarcophages chrétiens de la Gaule. 

Paris, 1887, in-8». 

Travaux, 

M. Prost, membre résidant, offre son mémoire intitulé : 
Les anciens sarcophages chrétiens de la Gaule. 

M. Bélisaire Ledain, associé correspondant à Poitiers, 
dépose sur le bureau deux mémoires dont il est Fauteur : 
Épigraphie romaine du Poitou et les Livres de raison et jour- 
naux historiques du Poitou. 

M. le baron de Baye, associé correspondant à Baye, fait la 
communication suivante : 

c La contrée à laquelle appartient l'intéressante découverte, 
dont j*ai Thonneur d'entretenir la Compagnie, a déjà fourni 
d'importantes sépultures gauloises. Celles de Somme-Bionne, 
de la Gorge-Meillet, de Bourvandau vous sont connues. 

c £n i887, une sépulture contenant plusieurs squelettes a 
été explorée sur le territoire de 8aint-Jean-sur-Tourbe, lieu 
dit le Jardinet. Cette tombe mesurait 2»60 cent, de longueur 
sur 2^20 cent, de profondeur. Deux étages de squelettes 
existaient à des niveaux différents. Les quatre corps compo- 
sant la couche supérieure avaient la tête tournée vers le nord. 

c Le premier sujet avait été inhumé sans objets funé- 
railles. Le deuxième, au contraire, était accompagné d'un 



— tu — 

torqaes minée et léger, en brome, imitant une torsade 
fortement serrée. Deox bracelets, pareillement ouYiagés, 
complétaient la paiure. Le troisième squelette était dépoarva 
d'objets foDéraires. Le quatrième ayait une lance en fer et 
trois anneaux de bronze. 

i Au-dessous de ces quatre inbumattons, sur le fond même 
de la fosse, gisait un cinquième squelette dont la tête était 
dirigée yen le midi. Il appartenait à un individu âgé de seize 
à vingt ans au plus. Le crâne brachycéphale offre une con- 
formation particulière. Sa norma veriicalis décrit un triangle 
dont Toccipital forme la base. Les os vrormiens, grands et 
nombreux, affirment le développement excessif d*an cerveau 
malade. Ge crâne si étrange serait-»il un exemple de défor* 
mation artificielle ? La rareté du fait dans Test et le nord 
de la Gaule ne permet pas d'y reconnaître une déformation 
etbnique. 

• Voici rénumération des objets composant le mobilier 
funéraire déposé avec le cinquième sujet. 

« 1* Une paire de boucles d'oreille en bronze affectant lâ 
forme reconnue plusieurs fois dans les cimetières gaulois de 
la Champagne. 

a 2^ Un torques d'une grande simplicité. Un léger fil de 
bronze rattaché au collier portait de petites perles en verre, 
en ambre et en corail. Le torques avait de plus un anneau 
dans lequel il était passé. Une défense de sanglier, une amu- 
lette phallique, deux pierres de forme bizarre et trois coquil- 
lages percés y étaient suspendus. Deux de ces derniers sont 
des fossiles de Gourtagnon^. 

« 3' Une fibule en bronze qui s'éloigne du type caractérisant 
les sépultures gauloises de la Champagne. M. Hildebrand 
attribue cette forme au groupe de Halstatt. Les tumuli du 
Jura en ont fourni plusieurs spécimens. 

• 4* Un bracelet en brmize, de forme simple, orné senle- 
m^t d'une gorge. 

c &> Un second bracelet formé d'un fil de bronze très fort, 
les extrémités sont recourbées en crochets. Neuf grains 

1. Prii Reims (UwiM). 



— 187 — 

d'ambre soût passés dans ce fil. Ces grains différant de 
vohime présentent des dimensions qui n'ont pas encore été 
remarquées dans les sépultures gauloises. Une pierre percée 
naturellement et un anneau de bronze pendaient près de ces 
grains d'ambre. Enfin, une rondelle en os, teintée par l'oxyde 
de cuivre, complétait ce bracelet d'une intéressante origi- 
nalité. 

« L'abondance et la grosseur insolite des grains d'ambre 
constituent un fait digne d'attention. Les perles ou les autres 
objets en ambre sont relativement rares dans les sépultures 
gauloises où ils se trouvent à l'état d*unité. C'est principale- 
ment à titre d'amulettes que les grains d'ambre et de verre 
ont été déposés dans les sépultures. Jamais ils ne sont assez 
abondants pour être considérés comme des parures. Les 
peuples anciens en général, et les Gaulois en particulier, 
attribuaient à l'ambre des propriétés médicinales. La supers- 
tition lui reconnaissait aussi des vertus merveilleuses. Dans 
les temps modernes, le succin joue encore un rôle bien 
connu ; et, de nos jours, on donne des colliers d'ambre aux 
enfants. 

« L'état maladif du jeune Gaulois accompagné de ces nom- 
breux grains d'ambre semble indiquer le rôle curatif de cette 
matière. 

c La statuette, rencontrée pour la première fois en Cham- 
pagne, mérite que nous insistions sur son importance. 

c Les amulettes phalliques, fort nombreuses dans les collec- 
tions, sont composées de matières variées et quelquefois 
précieuses. Souvent elles consistent en une simple repré- 
sentation de l'organe, auquel on ajoutait une bélière pour 
le suspendre. Ces amulettes, dues à l'inspiration romaine, 
diffèrent de celle dont nous allons parler. 

< La petite statuette de Saint-Jean-sur-Tourbe n'est pas 
romaine. Les idées qu'elle évoque, le milieu archéologique- 
ment daté d'où elle provient lui donnent un grand intérêt. 
Elle appartient, sous le rapport de l'inspiration et de l'art, 
à un ensemble d'objets semblables trouvés sur divers points 
de l'Europe. Les milieux qui ont donné ces nombreuses sta- 
tuettes phalliques sont encore insuffisamment datés. Néan- 



— ISS — 

moins il est admis qu'elles sont très andemnes et ant^ieures 
à l'époque romaine. 

« La statuette phallique en bronze découverte dans une 
sépulture à Oomèvre-en-Haye (Meurthe-et-Moselle) est attri- 
buée par MM. Bieicher et Barthélémy à la fin de Fâge du 
bronxe. 

t Les statuettes analogues^, proyenant des tumuli de 
Lunkofen (Argovie), sont dépourvues de caractères grecs ou 
romains. Elles étaient accompagnées d'objets portant une 
empreinte orientale. 

c Les savants hongrois attribuent à Tàge du bronze les sta- 
tuettes du même type trouvées à Lipté-Szent-Yvan et à 
Gsalad. 

c Les nombreuses figurines de Retlo, découvertes par 
M. Germain Bapst* dans une localité du Caucase, qui en 
avait fourni plus de deux cents, peuvent é^ rapprochées de 
celle de 8aint-Jean*sur-Tourbe. 

« Enfin, M. Chantre' signale aussi de semblables statuettes 
provenant du Caucase, remontant au premier &ge du fer et 
datées par les objets qui les accompagnaient. 

c Les régions d'où proviennent ces diverses figurations 
sont éloignées les unes des autres. Néanmoins, il est probable 
que ces bronzes sont les produits d'une même inspiration et 
d'une origine commune. Berait-il téméraire de les regarder 
comme des importations ? La nuance orientale du mobilier 
funéraire de Lunkofen permet de le supposer. Les gisements 
de la Hongrie et du Caucase ne sont-ils pas des étapes? 
Nous aurions ainsi l'indication de la route suivie. Déjà les 
sépultures gauloises ont affirmé plusieurs fois des relations 
avec l'Orient. 

c La ressemblance des statuettes, l'époque de leur appari- 

1. Bévue archéologique ^ 1879, planche XIX. 

2. Association française pour Vavancement des sûiences. Congru de Blois. 
1884. Fouilles «rehéologiques dan» la grande chaîne du CoMcate^ par M. n«r- 
ntain Bapat. 

3. E. ChuUe, Meeherehes anthropologiques dan» le Caneoêe, 1879-1881. 
M. ChiDtre pense que ces sUtaettes, rattachées d*abord an coite de Priape, se 
rapportent plutôt à celui d'Attarté que les protophéniciens ont répandu daoi 
l'An» ooeidentale et en Sarope. 



— 489 — 

tiOQ, leur destiiiatioD religieuse, leur inspiration étrangère 
anx influences grecques et romaines «ont autant de motifs 
de les réunir dans un même groupe. 

c L'art fait complètement défaut dans ces figurines. Le but 
proposé était la représentation des organes génitaux exagé- 
rément développés. Les autres détails étaient négligés de 
propos délibéré. 

< La statuette de Saint-Jean-sur-Tourbe a été longtemps 
portée. Les bras ne sont plus que d'informes moignons; 
néanmoins, ce qui en reste nous fait supposer que leur 
position primitive suivait la direction observée sur une des 
statuettes de M. Bapst et mieux indiquée sur celle de Maria 
Gsalad. . 

« Le groupe si important des nécropoles gauloises de Cham- 
pagne n'avait encore rien donné de semblable au mobilier 
funéraire de cette curieuse sépulture. L'abondance des amu* 
Jettes jointe à l'état morbide du crâne lui donne un caractère 
particulier. Une maladie cérébrale se traduit toujours par des 
troubles bizarres, extraordinaires, que l'ignorance et l'éton- 
nement ont voulu combattre par des moyens aussi extraor- 
dinaires et aussi mystérieux que le mal à conjurer. Les 
maladies mentales comportent des phases étranges inter- 
prétées de tout temps par les populations ignorantes conune 
traduisant un état surnaturel. 

« Ces amulettes n'étaient-elles pas autant de moyens 
employés pour combattre la maladie dont cette tète mal déve- 
loppée était incontestablement le siège ? Elles ont accom- 
pagné le sujet après la mort qu'elles n'avaient pu conjurer. > 

M. Mowat, membre résidant, et M. Gournault, associé cor- 
respondant à Nancy, discutent sur la qualification de phal- 
lique attribuée par M. de Baye à Tune des figures trouvées 
dans cette fouille. 

M. Maxe-Werly, associé correspondant national, fait une 
communication sur les vases à inscriptions bachiques trou- 
«vés dans le nord de la Gaule. 

M. Homolle, membre résidant, offre une notice sur 
M. 0. Rayet. 



— 190 — 

M. Gourajod, membre réaidant, présente une sttloette en 
bois, représentant M^rïse; c'est un trafail italien delà fin du 
XIV* siècle. A cette occasion, il compare ensemble divers pro- 
duits, notamment des ivoires, appartenant à Part italien et 
à l'art franco-flamand de la mdme période, intermédiaire 
entre l'àfie gothique et la Renaissance. 

M. Homolle communique une inscription trouvée par lai 
à Délos et contenant un nouveau nom d'artiste, Tététîmos. 
Le texte est celui d'un décret mentionnant les travaux exé- 
cutés par ce sculpteur dans le temple d' Apollon. Parmi ces 
travaux figure la statue d'une Stratonice, qui parait être la 
femme de Séleucus I**, roi de Syrie, fille de Démétrios 
Poliorcète. 



Séance du 2 Mai. 

Présidence de M. A. Lonqnon, président. 

Ouvrages offerts : 

AnnaUs de VAcadémie d^agriculiurê de Belgique^ 4" série, 
t. IL Anvers, 1886, in-8o. 

BuUêtin de l Académie d'archéologie de Belgique, t XI-XY. 
Anvers, 1887, in-8'. 

-^de la Société des aniiquairei de Picardie^ année 4887, 
n* 4. Amiens, it{88, in-8o. 

-^dela Société industrielle de Mulhouse^ janvier-mars 1888. 
Mulhouse, 1888, in-8o. 

Korrespondenzblalt der toestdeutscken Zeilsehrift fur Ge» 
echichte und Kunst^ VII* année, n» 4. Trêves, 1888, in-8*. 

Mémoires de r Académie de MetM, seconde période, LXVI« an- 
née, 1884-1885. Metz, 1888, in-8«. 

— de r Académie de Vaucluse, t. YII, année 1888, !•' tri- 
mestre. Avignon, 1888, in-8®. 

The American Journal of archaeology and ofihe kistory of 
the fine aris^ t. III, n«« 3-4. Baltimore, in-8o. 

Blanghbt (Adrien). Jeem FFarm. Note» hiograpMquêe, MAeon, 
1888, in.8o. 



— 4W — 

DAAE1IBBR0 et Edm. Baùuq (Gh.). Dictionnaire dg$ antiquités 
grecques et rmnaines^ fasc. XII. Paris, 1888, in-4*. 

Correspondance. 

M. le Président lit ane lettre du président de la Société 
des antiquaires de Picardie, annonçant la mort de M. Gar- 
nier, secrétaire de cette société et associé correspondant de 
la nôtre, et se fait l'interprète des regrets de la Compagnie. 

Travaux. 

L'ordre du jour appelle l'élection d'un membre résidant à 
la place de M. Riant. Au nom des commissions nommées à 
cet effet, MM. Â. de Barthélémy et Molinier lisent des 
rapports sur les candidatures de MM. le baron de Baye et 
Bouchot. On procède au vote, et M. Bouchot, ayant obtenu, 
au second tour de scrutin, les deux tiers des voix, est pro- 
clamé membre résidant. 

M. Molinier, membre résidant, communique une plaquette 
milanaise du xvi* siècle, appartenant à M. Auguste Picard 
et reproduisant une gravure de Léonard de Vinci. A propos 
des idées exposées à la séance précédente p^r M. Goursyod 
sur les origines de la Renaissance, M. Mûntz signale le grand 
nombre d'imitations de Tantique que Ton peut constater 
dans les œuvres les plus anciennes de l'architecture, de la 
sculpture et de la peinture italiennes en Toscane. Dans 
l'Italie du nord, au contraire, l'imitation de l'antique est 
extrêmement rare. 

M. Gourajod fait remarquer que l'imitation de l'antique 
avec le sens de l'antique ne se constate guère que dans les 
œuvres de Nicolas de Pise et de Guglielmo d'Agnello. Après 
eux la tradition s'interrompt, de sorte que la Renaissance 
italienne ne se rattache pas à ces premières tentatives. 

M. Ëm. Rnelle, associé correspondant à Paris, donne des 
informations puisées à la source officielle sur la découverte 



— 492 — 

d'un fragment de VOrêstê d'Euripide que porte un papyrus 
grec du Fayoum, conservé à Vienne dans les collections de 
rarchiducHegnier. Ce fragment comprend les vers 334 à 345. 
Il sera publié dans la prochaine livraison de Touvrage publié 
sous les auspices de l'Académie impériale des sciences de 
Vienne. On pourra vérifier alors s'il contient, comme on Ta 
dit, au-dessus de chaque ligne, des caractères que Ton sup- 
pose être des notes musicales. 

Séance du 9 Mai. 

Présidence de M. G. ScnLUMBEROBR, vice-président. 

Ouvrages offerts : 
Annuaire-BtUletin de la SocUiè dé Vhiêtoirê de France^ année 

4887. Paris, 4887, in-8". 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 
* Ingold, Lescœur, Thédenat, IX« année, n» 9. Paris, 4888, 

in-8o. 
Mémoires de V Académie des seienceSy des lettres et des arts 

d'JmienSy t. XXXII, année 1885. Amiens, 1887, in-8«. 
'-^dela Société dunkerquoise pour V encouragement des sciences, 

des lettres et des arU^ 1885-1886. Dunkerque, 1887, in-8». 
Report presented to the Cambridge antiquarian Society, Mai 24, 

1886, with an abstract of the proceedings of the Society^ 

1885-1886, n* XXVIU. Cambridge, 1888, in-8«. 
Revue de V Afrique française^ VII« année, n® 40. Paris, 1888, 

in-8<>. 
EssEX (James). Journal of a tour through part of Flanders 

and France in August 1773. Cambridge, 1888, in-8». 
Lièvre. Les fana ou vememetSy dits piles romaines du sud' 

ouest de la Gaule. Paris, 1888, in-8*. 

Travaux, 

M. d'Arbois de Jubainville, membre résidant, commu- 
nique le résultat de ses recherches dans les textes des his- 
toriens qui mentionnent l'usage des chars de guerre chez les 
Gaulois. 



— 493 — 

M. l'abbé Diicbesne propose une conjecture sur les origines 
des évéchés d'Avenches, de Windiscb et de Constance. 

On admet généralement que les deux sièges d'Avencbes 
et de Windiscb furent les sièges de deux évéchés distincts, 
et que celui de (Constance n'est autre que celui de révécbé 
de Windiscb, transféré à Constance vers la fin du vi* siècle 
ou le commencement du vii«. 

Or, s'il est sûr que l'évéché de Constance n'a aucun docu- 
ment antérieur au vu* siècle, il est beaucoup moins certain 
qu'il soit la continuation de celui de Windiscb. En effet, 
non seulement Windiscb et Constance ne sont pas compris 
dans les limites de la même cité, mais ces localités appar- 
tiennent à deux provinces différentes, et même à deux dio- 
cèses et à deux préfectures distinctes : Windiscb est situé 
dans la dvUas Helvetiorum^ qui appartient au groupe des 
provinces gallicanes, tandis que Constance fait partie de la 
province de Rbétie. Sans doute, le système provincial romain 
avait cessé de fonctionner au temps où l'on suppose que la 
translation a eu lieu ; mais les relations ecclésiastiques intro- 
duites sous l'influence de ce système provincial lui ont sur- 
vécu partout et l'on n'a nul droit de soupçonner ici une 
exception à la règle générale. 

D'autre part, qu'est-ce que la localité de Windiscb ? Ce 
n'est pas un chef-lieu de cité, mais un simple castrumy qui 
figure à ce titre dans le groupe de localités que la Notitia 
Galliarum joint à Ténumération des cités de la province de 
Séquanaise. Ces cités sont au nombre de quatre, celle de 
Besançon, de Bâle, des Helvètes et des Equestres. Les deux 
premières se sont conservées dans les diocèses du même 
nom; le diocèse d'Avenches, dont le siège fut transféré plus 
tard à Lausanne, représente l'ancienne cité des Helvètes; 
enfin le diocèse de Belley est, avec quelques rectifications de 
limites, la continuation de la cité des Équestres. Quant aux 
cinq localités qui viennent ensuite dans la Notitia, le cas^ 
trum Vindmissense, le castrum Ebredunetise, le castrum Argen- 
tariense, le castrum Eaurcu:ense et le portus Ahucini^ aucune 
d'elles, sauf la première, Windiscb, n'est connue comme 
ayant été siège épiscopal. Le cas de Windiscb est donc, de 

AMT. BULLETIN. 13 



— 494 — 

ce chef, une anomalie. La province ecclëdastique de Besan- 
çon, pendant le moyen âge» ne comprend que les quatre dio- 
cèses correspondant aux quatre cités de la NotUia, 

Une autre anomalie, c'est que, Windisch étant aituée sur 
le territoire de la civitas Hehêtiarum^ cette cité semble avoir 
en deux évoques, ce qui, eu égard au temps et au lieu, est 
irrégulier. 

Tout s'arrange en supposant que la cité des Helvètes n'a 
jamais eu qu'un siège épiscopal et que ce siège, d'abord fixé 
à Windisch, fut ensuite transféré à Âvenches, avant de l'être 
à Lausanne. Les rares documents qui nous sont parvenus sur 
les évoques de ce pays concordent très bien avec cette hypc 
thèse. On ne connaît que deux évéques de Windisch, dont 
l'un, Bobulcus, siégeait au concile d'Épame,en 517, l'autre, 
Gramintitts, assista aux conciles francs, en 535, 541 et 549. 
Après cette dernière date, il n'est plus question du siège de 
Windisch ; mais on trouve, en 585, un évèque d' Avenches, 
Marins, l'auteur de la Chronique qui figura au deuxième 
concile de Màcon. 

M. l'abbé Duchesne propose donc de considérer ces trois 
évéques comme appartenant à la même série épiscopale et 
d'identifier le diocèse de Windisch avec celui d' Avenches. 



Séance du 16 Mai* 

Présidence de M. A. Lonqnon, président. 
Ouvrages offerts : 
AnnaUs de la Société archéologique de Namur^ t. V, VI, VII, 

IX, X, XI, Xn, Xni, XV, XVI. Namur, !857.1883. 
'^dê la Société archéologique de Namur, tcAle des vol. /• 

Xir. Namur, 1877, in-8». 
'—delà Société des lettres^ sciences et arts des Àlpee^Marir 

times^ t. XI. Nice, 1887, in-8o. 
Atti ddla rsale Aceademia dei Ltactft, année GGLXXXY, 

4888, IV* série, t. IV, fasc. 3. Rome, 1888, in-4«. 
BuUetin de la Société historique et archéologique du Férigord^ 

t. XV, 2« livr., mars-avril 1888. Périgueux, in-8-. 



— 495 — 

^dêta Soeîdtép]til(m<Uiqu9vo$gie»n€, XIII* année, 1887-88. 

Saint^Dié, 1888, in-8o. 
JMleitwo di archiologia e sloria Didmata^ année XI, n* i . 

Spalato, 1888, in-8*. 
Bâm$ta archeologiea e hisiorica^ t. I-U, livr. 1-4. Lisbonne, 

1887-1888, in*8-. 
Revue de Comminge». Pyrénéen centrahâj t. IV, année 1888, 

{•' trimestre. Saint-GaudenB, 1888, in-8*. 
DoMEN. Bibliographie namurtnie^ 1'*, 2* et 3* parties. Namur, 

1884, in-8«. 

Travaux, 

M. Mftntz^ membre résidant, lit une note sur un architecte 
jusqu'ici inconnu du Palais des papes à Avignon : 

c Dans de précédentes oonununications, j'ai fait connaître 
les noms de deux^des architectes du Palais des papes d'Avi- 
gnon sous le règne d'Urbain V (1362*1370), Bertrand Nogay- 
roi (1361-1376) et Bernard de Manso. 

« Je suis en mesure d'enrichir cette liste d'un nom nouveau : 
AIricus ou Olricus ou Henricus Gluselli. Ce personnage, 
qualifié de « director operum Palacii, » ou encore de « dis- 
tributor operum Palacii, » ou a director operum coopertare 
cappelle magne, > fait son apparition en 1367 ; il reçoit à ce 
moment une somme destinée aux réparations du Palais 
apostolique. Au mois de novembre 1369, il est chargé de 
faire exécuter la toiture de la grande chapelle du Palais, toi- 
ture incendiée peu de temps auparavant. U ayait pour col- 
lègues Manso et Nogayrol, dont les noms reviennent à chaque 
instant à c6té du sien. On le voit toucher des sommes fort 
considérables pour ce travail, qui se poursuivit pendant une 
partie de Tannée 1370 ^ 

c AIricus Gluselli était simultanément occupé dans d'autres 
parties du palais, il surveillait en môme temps la restaura- 
tion de tentures (« pro pannis rosatis reparandis »). Nous le 
trouvons en 1374 encore chargé d'une surveillance de cette 

t. Etgisin H* 33Î, fol. 26 v«, 27, 30, 31, 82 r*, 86 ▼*, 40 t«, 45 t», 56 r*, 66. 



— 496 — 

oatare : < Pro expensis folarie, panais rosatû et istoriatis. » 
(R. 327, fol. 59 V, 97 y.) 

c Giusel avait, comme Bernard de Manso, embrassé l'état 
ecclésiastique, ainsi que le prouve la qualification de t pres- 
« byter » qoi accompagne son nom. Dans un document du 
27 août 1367, il est appelé « Henricus Cluselli, prior eccle- 
t siae Sancti Antheni Ruthen... » (R. 321, fol. 148.) Voici, 
à titre de spécimens, quelques extraits des registres de la 
comptabilité pontificale : 

c 1369» 5 octobre. — c Eadem die traditi fuerunt domino 
« Alrico Cluselli pro emendis Ugnis, trabibus et lapides (nc)^ 
c calce cum arena pro reparanda copertura Gapelle magne 
c que casu fortuite fuit combusta, de quibus idem dominus 
c Alricus computabit ipso manualiter redpiente m^ flor. » 
(Reg. 327, fol. 107.) 

« 1369, 7 novembre. — t Eadem die de mandato domini 
c tbesaurarii cum cedula pro operibus oooperture cappelle 
« magne Palacii cum fuerint domino Olrico Cluselli pr^y- 
a tero directori operum cooperture cappelle predicte \m^ flo- 
t reni traditi, et ultra predictos assererat se debere pro opère 
< jam facto iit<* lxxi florenos et v solides monete Âvinionis 
c de quibus ni« lxxi florenis v solidis dictus Olricus in suis 
• compatis declaiabit, etc. » 

M. Nicard, membre résidant, fait la commanication sni- 
vante : 

c II résulte d'uae note de M. Walter, insérée dans le n« 2 
de rindicateor des antiquités suisses, publié au mois d'avril 
dernier, accompagnée de figures, que M. Dosommerard, 
auteur de la description des objets d*art conservés au Musée 
de Cluny, s'est trompé en décrivant, dans le n« 1421 da 
même catalogue, un pupitre d'église, sorte de lutrin, de 
forme octogonale, en bois sculpté; ce meuble était ua dres- 
soir ou une crédence; en l'attribuant à Técole allemaude 
et en le faisant remonter au xv* siècle, une restauration plus 
ou moins heureuse en a altéré le caractère ; mais toutefois 
en le rapprochant d*un dessin à la plume d'Gsteri, artiste 
suisçe, qui le représente, et qui se voit aujourd'hui dans la 



— ^97 — 

collection de la Société des .artistes de Zurich, on peut 
constater que le prétendu lutrin diffère très peu du dessin ; 
il est permis de l'attribuer avec probabilité à Tannée 1515 et 
à David von Winlhelsheim (1499-1525), dernier abbé du 
monastère de Saint-Georges, né à Stein-sur-le-Rhin. On 
doit à cet abbé un assez grand nombre d*œuvres d'art, exé- 
cutées par ses ordres pour Fabbaye en question et notamment 
pour la décoration de la salle capitulaire. Malheureusement 
l'église conventuelle a été détruite et les stalles qui en fai- 
saient Fornement sont depuis longtemps dispersées, peut- 
être même brûlées. Le dressoir en question a été dessiné 
par M. Ulseri à une date postérieure à 1797. Cet Ulseri était 
neveu du dernier bailli de Stein. » 

M. de Montégut, associé correspondant dans la Charente, 
présente la photographie d'un monument qui se trouve dans 
le cimetière de Thauron (Creuse). Ce monument a la forme 
d'une borne milliaire, surmontée d'une pomme de pin. 

M. Gourajod, membre résidant, donne lecture d'un mémoire 
sur la polychromie dans la sculpture du moyen âge et de la 
Renaissigice. 

Le mémoire de M. Gourajod est renvoyé à la Commission 
des impressions. 

M. Germain Bapst, membre résidant, communique la 
photographie d'une aiguière de travail sassanide, trouvée à 
Kharkoff, en Russie. Il entretient ensuite la Société des 
fouilles récemment exécutées à Kiev par M. le comte 
Bobrinsky, et signale l'importance acquise vers le x« siècle 
par l'état de Yaroslav. 

M. Mowat, membre résidant, fait circuler des photogra- 
phies qui lui ont été adressées par M. Louis Âudiat, de 
Saintes, et qui représentent des bas-reliefs romains de pierre 
découverts dans cette ville en 1816. Ces monuments ont été 
depuis longtemps décrits, et l'un d'eux même gravé % mais 
n'ont encore reçu aucune explication. 

1. Ch&udruc de Craztnnes, Notice mr les antiguitéê de laMlle de Saintet 



— 408 — 

GêB pierres ont l'ane et l*atitre environ 65 centimètres de 
largeur sur 9$ de hauteur, mais en ont perdn an moins ^ 
à la partie inférieure. Celle qui est actuellement catalognée 
sous le n* 142 est sculptée sur deux faces adjacentes, ayant en 
conséquence nécessairement formé l'angle d'un piédestal ou 
d'un soubassement d'une hauteur d'environ nn mètre et d'une 
longueur difficile à déterminer. Sur la face principale, on voit 
une femme debout, drapée dans de longs vêtements, adossée à 
l'un des pieds-droits d'une arcature en plein cintre, soutenant 
de la main gauche un sac en forme de grosse bourse /o2Kr, 
dont elle tient l'ouverture dans la main droite; à son con, 
un collier fermé par une boule. Sur la face latérale gauche, 
très fortement endommagée, on distingue encore nn homme 
drapé et assis à droite; la tôte, les jambes et le devant du 
corps ont disparu ; le siège paraît être un massif plein, à en 
juger par son panneau latéral à encadrement orné d'une 
frise d'oves et d'un fleuron semblable à une fleur de lis dans 
chacun des angles supérieurs. Publié en fac-similé par 
Ghaudruc de Graxannes. 

L'autre pierre représente un homme barbu et drapé, dans 
une attitude pareille à celle du précédent personnage; il est 
de même assis à droite sur un siège plein, à panneau bordé 
d'un encadrement; des deux mains tendues en avant, il 
semble toucher ou compter des pièces de monnaie qu'un 
personnage barbu, placé à sa gauche, étale devant lui en 
vidant nn fotlis sur une mensa argentaria^ table ou comptoir 
massif couronné d'une corniche et orné d'un panneau k 
encadrement de moulures ; en arrière, on aperçoit la tète 
d'un troisième personnage, barbu et paraissant suivre Topé- 
ration. Il est visible que les trois bas-reliefs appartiennent à 
une même composition, malheureusement iort incomplète ; 
ce qui en reste est cependant assez caractéristique pour 
donner l'idée du recouvrement de l'impôt ou dea revenus de 
quelque domaine public. Une scène de ce genre, qui se 

déeùtttterte* en ISlS et 1816, 1817, p. 19 et 20, pi. VI, 6. — Id.. AntiçvUês de 
la vUi« dé Seiintêê et du dépeurtement de ta Charente-Inférieure, pi. Vl. 6. — 
L. Audiat, Catalogué det antiquité» gaUo-rommine$ du Musée de ta viiU de 
Sainte*, 1888. n* US et 143. 



— 4n — 

renoQYelait périodiquement tous les ans, n'aurait sans doute 
pas mérité de fournir matière à une représentation artis- 
tique, si elle ne se rattachait à quelque événement historique 
important, par exemple le premier recensement quinquen- 
nal, ad eensus accipiendjos, institué dans la cité des Santons 
par Tadministration romaine. 



Séance du 83 filai. 
Présidence de M. Â. Lonqnon, président. 

Ouvrages offerts : 
Bulletin critiqué^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingold, Lescœur, Thédenat, K« année, n« 10. Paris, 

1888, in-8^ 
Bmme a/riçaiM^ n* 184. Alger, 1887, in-8o« 

— de r Afrique française, \U* année, n^ 40-41. Paris, 1888, 
in-8o. 

— savoisienney XXIX« année, janvier 1888. Annecy, in-8<>. 
BvAKS (John). Adresê io the Society of antiq¥arie$ of LoU" 

don. London, 1888, in-8*. 

Travaux, 

M. des Méloizes, associé correspondant à Bourges, lit un 
travail sur un marché passé en 1503 avec Guillaume Bour- 
cier, marchand tombier de Paris, pour l'exécution de la 
tombe d'Ambroys de Villers, seigneur de Yallengoujart, 
dans Tabbaye de Notre-Dame-du-Val. Cette tombe n'existe 
plus, mais les portefeuilles de Gaignières à la Bibliothèque 
nationale en renferment un bon dessin. 

M. Pierre de Goy, associé correspondant à Bourges, lit 
une note sur un certain nombre de stèles découvertes der- 
nièrement à Bourges et acquises par la Société des Antiquaires 
du Centre. Il en dépose en même temps les photographies 
sur le bureau : 



— 200 — 

{• 
DAVNILLA-M 

LeB lettres sont d'une bonne époque. Hauteur : 0"80; lar- 
geur : 0«30, 

2o 

Stèle plate représentant un enfant accompagné d'un 
chien : 

D • IVNIANO • M 

On a déjà trouvé à Bourges une stèle représentant un 
enfant et un chien. II y a lieu de rapprocher ces stèles de 
celles d'Essarois et des Sources de la Seine décrites par 
M. Flouest. 

Stèle d'un bon style, représentant une femme : 
D • SEVERA XXX • M 
Hauteur : 0«77 ; largeur : 0«33. 

On a déjà trouvé à Bourges deux stèles portant l'une le 
nom de SEVERA , l'autre celui de SEVERILLA. Sur le 
côté droit de cette stèle on a représenté une ascia. Cest la 
première fois que ce symbole est découvert en Berry dans 
ces conditions. 

40 
Stèle barbare. On y lit, gravé à la pointe, le nom gaulois 
TOVTILLA 
50 
Stèle de bon style mais lourde : 
DHSMA 
NIBVS 
ÏVLIA 
VERBGV 
NDA 
Hauteur : 0™76; largeur : 0"»55. 



— 204 — 

60 
Stèle carrée : 

D • MARINV8 
A rapprocher de la stèle de MÂRINIA trouvée à Bourges. 

7* 
Stèle à fronton accosté d'acrotères : 
N0R6ANI 
D M 

Autel avec la pomme de pin. C'est la quatrième stèle 
ornée de ce symbole que possède le Musée de Bourges. 

8o 

Stèle de lecture difficile : 

D • CnSORD • M 

Le R et le D sont liés. 

Les diptyques et les stylets représentés sur cette stèle font 
penser à la sépulture d'un scribe. Les cAtés sont ornés. 

Ces stèles sont déposées au Musée lapidaire. Ce musée est 
insuffisant, parce que Thôtel Gujas est laissé depuis trois ans 
sans couverture et exposé à une destruction rapide, la 
municipalité de Bourges s'opposant à toute reconstruction. 
L'auteur de la note espère cependant que les démarches 
faites auprès du ministre compétent amèneront une solution. 

M. L. Gourajod, membre résidant, continue la lecture de 
son mémoire sur la polychromie dans la sculpture du moyen 
âge et de la Renaissance. 

M. Pilloy, associé correspondant national à Saint-Quentin, 
présente un fragment de petite figurine en os, qui semble 
avoir fait partie d'une amulette. 

M. Demaison, associé correspondant national à Reims, 
communique un petit bronze de travail romain, représen- 
tant un sphinx et trouvé à Reims. 

M. Julliot, associé correspondant national à Sens, pré- 
sente une crosse du xnr* siècle, trouvée à Sens. 



— 2W — 

ff Vers la fin de l'année 1887» le pavage du sanctuaire de la 
cathédrale de Sens était devenu si défectueux qu'une réfec- 
tion totale fut jugée indispensable. Les travaux nécessités 
pour asseoir le nouveau dallage amenèrent la découverte de 
plusieurs petits caveaux servant de lieux de sépulture à dix 
archevêques de Sens, dont les mausolées ou les pierres tom- 
bales ont disparu. En voici la liste par ordre chronologique : 

« Etienne Bécard de Penoul, mort en 1309. 

< Cruillaume de Melun I"', mort en 1329. 

c Philippe de Melun, mort en 1345. 

a Guillaume de Melun 11, mort en 1376. 

f Etienne Tristan de Salazar, mort en 1519. 

c Etienne de Pencher, mort en 1524. 

c ÂntoinCi cardinal du Prat, mort en 1535. 

« Le cœur de Nicolas de Pellevé, mort en 1594. 

« Jacques Davy, cardinal du Perron, mort en 1618. 

« Jean Davy du Perron, mort en 1621. 

c II serait trop long de lire ici le procès- verbal de la décou- 
verte de chacune de ces sépultures. Je me contenterai de 
soumettre à l'examen des membres de la Société l'objet le 
plus intéressant qu'on y ait trouvé. C'est une crosse dépo- 
sée dans le cercueil de Guillaume de Melun I^^, mort le 
27 octobre 1329. Elle est fort bien conservée et, sans être un 
objet d'un travail hors ligne, elle nous fournit un beau spé- 
cimen de l'orfèvrerie religieuse à la fin du xm« siècle. En 
voici la description : elle est en cuivre fondu, ciselé et doré; 
les deux faces en sont presque identiques. La douille est un 
cylindre haut de 115 millimètres avec un diamètre de 27 mil- 
limètres, portant une bague étroite à chaque extrémité. Entre 
ces bagues, s'enroulent en hélices quatre bandelettes ornées 
de feuillages. La pomme, haute de 22 millimètres et large 
de 63, est ornée de huit côtes très saillantes se détachant sur 
un fond pointillé. La couronne, haute de 17 millimètres, pré- 
sente dix dents lancéolées. La volute mesure 15 centimètres 
de hauteur sur 10 de largeur. Sa surface est ornée d'élégants 
rinceaux gravés, son bord extérieur est hérissé de petits cro- 
chets, et son extrémité terminée par une tète de serpent. Un 
rameau se détache au-deiaous de cette tête, et vient se ratia- 



— 808 — 




Crosse de Gtnllaum» dt MeUn /*', arehevique de Sens. 



— 201 — 

cher par deux points un peu au-dessus de la couronne. 
L'œil de cette volute est garni d'une plaque quadrilobée, sur 
laquelle est rivée une applique repercée à jour et ciselée. 
On y voit, au milieu de rinceaux un peu lourds, un agneau 
en haut relief, la tète ornée d'un nimbe crucifère, et portant 
un livre fermé et un étendard. 

c C'est une de ces crosses à serpent et à agneau étudiées 
par M. l'abbé Barrault et le Père Arthur Martin dans leur 
beau livre intitulé : le Bdtan pastoral. Le serpent n'oavre 
pas la gueule et ne se dresse pas contre rétendard de l'agneau 
comme sur la crosse en ivoire du cabinet Soltikof; il ne 
mord pas la queue de l'agneau comme sur les crosses de 
Troyes et de Provins; sa tête, au Heu d'être de profil, est vue 
en dessus comme dans la crosse de Tiron, décrite par M. le 
comte Âug. de Bastard, mais il ne dévore pas, comme dans 
cette dernière, deux petits serpenteaux. Ses yeux en émail 
noir brillent d'un vif éclat; peut-être guette-t-il l'agneau 
qui, de son côté, dresse le cou, porte le front en avant et 
semble prêt à écraser avec le pied gauche de derrière la 
tète de Satan. Toute la surface de cette crosse était recou- 
verte d'iine épaisse couche *de patine verte. Je l'ai fait dispa- 
raître d'un côté seulement, pour qu'on puisse juger de la 
finesse de la gravure. C'est ce côté que représente la figure 
ci-jointe. La patine verte enlevée par un acide faible, j'ai 
aperçu une myriade de petites taches rouges transparentes 
disséminées sur toute la surface. J'ai cru d'abord que la 
crosse avait été couverte en entier d'un émail translucide 
ou d'un vernis transparent rouge. Peut-être n'est-ce qu'an 
sous-oxyde de cuivre qui s'est fait jour à travers la feuille 
d'or qui recouvre ce métal. » 

Séance du 30 Mai. 

Présidence de M. Héron de Yh^lefossb, ancien président. 

Ouvrages offerts : 
Annuaire de la Société française de numismatique et d^archéo- 
logie, mars-avril 4888. Paris, in-8*. • 



— 305 — 

AUi ddia rtaU Jeeademia dei Lùicei, année CXILXXXV, 

1888, IV» série, t. IV, fasc. 4. Rome, 4888, in-4?. 
Bulletin de la Société induatridU de Muihouse, avril 1888. 

Mulhouse, in-8*. 
Mémoires de la Société des lettres^ sciences et arts de Bar-k^ 

I/uc, !!• série, t. VII. Bar-le-Duc, 1888, in-8». 
Froceedings of the Canadian Institute, t. XXIII. Toronto, 

1888, in.8o. 
SmUhsonian miscellaneous coUections^ t XXXI. Washington, 

1888, in-8«. 
AuBBRTm (Charles). Notice sur la sépulture de Guigone de 

Salins^ chancelier de Bourgogne. Dijon, 1888, in-8<>. 
Bayb (le baron J. db). Bijoux vandales des environs de Bône 

{Afrique), Paris, 1888, in-8'.* 
Blanchet (J.-Adrien). Jetons du duc <rÉpemon et de sa 

famille. Dax, 1888, in-8«. 
Lbbrcii. Tondu de Noyon^ ministre des affaires étrangères en 

1793. Noyon, 1877. 
Mâloizbs (Albert des). Les vitraux de la cathédrale de Bourges 

postérieurs au XIII» siècle. Paris, 1887, in-8<». 
MûLLBR (l'abbé E.). Découvertes archéologiques faites à hi^ 

cathédrale de Senlis. SenUs, 1887, in-8*. 

— De Vapostolat de saint Rieul, premier évêque de Senlis, 
Tours, in-8*. 

— Essai sur les sources hagiographiques de la vie de saint 
Lucien. Setilis, 1878, in-8o. 

-^ Guide dans les rues et les environs de Senlis, Senlis, 1887, 
in-8». 

— Le cardinal Jean Cholet. Beauvais, 1883, in-8o. 

•>— Monographie des rues^ places et monuments de Senlis, Sen* 

Hs, 1880-82, in-8o. 
-— Nicolas Sanguin^ évêque de Senlis. Beauvais, 1886, in-8«. 

— Notice sur quelques églises romano^auvergnates y Mosat^ 
CUrmont^Ferrandy Saint^NectcUre. Senlis, 1886, in-8o. 

— Fromenade archéologique à Noyon. Noyon, 1888, in-8<». 

— Quelques notes de voyage : Cuise^a-Motte^ Sets et les envù 
ronsy la Ferté^Milon. Senlis, 1884, in-8\ 



— 206 — 

-^ TffÀM fkmehiê pour êervir à Fkiêtoire eu dmeké de Vakù. 
Senlis, 4888, m-8*. 

— VUraU de saint Pamiàléim à la cathédrale de iVoyM. 
Arras, 1881, in-8*. 

PiiKTOST (G.-Â.). FouiOes à Samt-Ouen dé Rouen, in-4*. 

— La vie privée d'un wutgietrat au cemmencement du XVHb s. 
Paris, 1884, in-8*. 

— Le ban et Varrière'^n dans les éUctians de Bemay et de 
lÀeieux^ et la défense dm eâtes normandes en 1703. Bernay, 
1888, m-8«. 

~r Les invasions barbares de la Gaule au V* sikU, Paris, 

1879, in-8-. 
•« Notice archéologique et historique sur Véoêcki dÉvreux. 

GaoD, 1888, ia-^*. 
Taillbbois et H. Poydbnot (E.). Bibliographie pour le coU' 

gras archéologique de Dax et de Bagonne. Gaen, 1888, in-8«. 
TzARN (Es.). Le compte des recettes et dépenses du roi de 

Navarre en France et en Normandie, rfe 1367 à 1370. Paris, 

1885, in.8*. 
WiLMOwsKY (J.-N.). Roemische Mosaihen ans Trier. Trêves, 

1888, in-4* et in-fol. 

Correspondance. 

M. Prévost, présenté par MM. L. Delisle et L. Passy, éerit 
pour poser sa candidature au titre d'associé correspondant 
national à Évreux. Le Président désigne MM. Dorrieu, 
Ravaisson et Prost pour former la commission chaiigée de 
présenter un rapport sur les titres scientifiques du candidat. 

M. Duhamel, archiviste de Vaucluse, écrit pour remercier 
la Compagnie de l'avoir admis au nombre des associés cor- 
respondants. 

Travaux. 

M. le Président annonce ia mort de M. Edouard de Bar- 
thélémy, associé correspondant national à Conrmelois (Marne), 
et se fait Tinterprète des regrets de la Compagnie. 



— »7 — 

M. le Présidait de ia Société française d'archéologie fait 
eonnaitre aux membres de la (jompagme les facilités accor- 
dées par les chemins de fer aax personnes qui désirent 
prendre part aux travaux du prochain congrès qui se tiendra 
à Dax. 

M. Mûntz, membre résidant, signale les travaux d'archi- 
tecture, de sculpture, de peinture exécutés en Italie et par- 
ticulièrement à Milan, au xiv« siècle, par des artistes fran- 
çais ou allemands. Il explique, par rintervention de ces 
artistes, les traces d'influences septentrionales que l'on 
remarque dans beaucoup de statues italiennes de cette 
époque. 11 insiste en particulier sur les relations créées entre 
la France et l'Italie par le séjour des papos à Avignon, et 
par le retour à Rome de la cour pontificale sous Urbain V 
et Grégoire XI. 

MM. Prost et Bordier ajoutent quelques observations à ia 
communication de M. Mûntz. 

M. Gourajod montre que les faits recueillis par M. Mûntz 
viennent à Tappui de sa théorie sur Tinfluence franco-fla- 
mande dans la renaissance de l'art au xiv« siècle. 

M. le baron J. de Baye, associé correspondant national à 
Baye, communique la photographie d'une fibule trouvée à 
Gasteldavio, près Mantoue, et portant l'inscription 

QVIDDIGA VIVA8 IN DEO + 

M. de Lasteyrie, membre résidant, communique un estam- 
page qui lui a été adressé par M. Gomillon, bibliothécaire 
de la ville de Vienne, et qui reproduit une inscription chré- 
tienne dont le texte est ainsi conçu : 

IN HOC TVMVLO REQVIESGIT 
IN PAGE BONE MEMORIAE 
R0MANV8 SVBD • QVI VIXIT 
ANNVS PLV8 MINVS • LX • OBUT 
IN XPO KL NOV BAS 

Gette inscription a été récemment découverte dans la cha* 



pelle Saini-Georges attenante à Féglise Baint^Pierre de 
Vienne. Elle était gravée sur une pierre engagée dans le 
dallage. Les deux dernières lignes en sont très fmstes ; on 
peut toutefois reconnaître qu'elles contenaient la date du 
décès du diacre Homanus, qui mourut un certain nombre 
d'années après le consulat de Basilius. 

M. Albert Babeau, associé correspondant national à 
Troyes, dépose sur le bureau de la Société et soumet à son 
appréciation le moulage en plâtre d'une tète qui parait aroir 
servi d'anse à un mortier. Ia disposition des yeux à fleur 
de tête et légèrement relevés vers les tempes, la petitesse de 
la bouche, Tovale de la figure, les ornements qui l'accom- 
pagnent à droite et à gauche présentent beaucoup d'analogie 
avec certains types anciens de la Phénicie ou de Chypre. 
Cette tête a été trouvée, au mois d'octobre 1887, par les 
ouvriers du gaz, dans la rue de la Tour-Boileau, à 'Troyes, 
en dehors de l'ancienne enceinte des remparts de cette ville. 
Elle était enfouie à une profondeur de 2"50 environ, avec 
des pieds-droits ornés d'élégantes sculptures de l'époque de 
François !•', et d'autres fragments de la même époque. 
Gr&ce à M. Yennot, architecte de la ville, elle figure aujour- 
d'hui dans les vitrines du Musée archéologique de Troyes. 

M. Héron de Yillefosse, membre résidant, place sous les 
yeux de ses confrères les acquisitions qu'il vient de faire 
pour le compte du Musée du Louvre, à la vente de la collec- 
tion H. Hoffmann, qui a eu lieu à l'hôtel Drouot le 28 et le 
29 mai. Ces acquisitions se composent d une tète en marbre 
et de douze bronzes dont nous empruntons la description 
au magnifique catalogue de cette collection, rédigé par 
M. W. FrOhner. Nous faisons suivre la mention de chaque 
objet de son prix d'adjudication : 

€ 1. — No 351. Très belle tête d'un personnage romain 
âgé, de la fin de la République. Le front est ridé et les joues 
fortement pllssées. Il existe dans les collections de Rome 
plusieurs répliques de cette tête. Marbre de Paros. Trouvée 
kRome, , 150 fr. 



— 209 — 

« 2. — N« 969. Figurine de femme drapée, d'ancien style, 
les bras nus et tendus en avant. Bronze, patine verte. 35 fr. 

« 3. — N* 376. Manche de patère, d'ancien style étrusque. 
Minerve drapée et ailée, l'égide sur la poitrine, une chouette 
sur la main gauche avancée, la main droite portée à Fun des 
couvre-joues du casque. Deux rosaces saillantes décorent la 
plaque d'attache façonnée en feuille de lierre. Bronze, 
patine verte 240 fr. 

a 4. — N* 392. Miroir en bronze à légendes latines. Un 
suppliant (Luqorcos)^ tourné de face, le genou gauche appuyé 
sur un autel, tient un enfant nu (Pilonicos Taseio filios) qu'il 
menace de son glaive. Il a les cheveux hérissés, le corps nu ; 
sa chlamyde, agrafée sous le menton et flottant au gré du 
vent, se relève au-dessus de sa tête ; sa main droite tient un 
glaive court. L'enfant est paré d'une guiriande sur la poitrine 
et de périscélides; il étend le bras droit vers son père comme 
s'il l'appelait au secours. Le père {Taseos), barbu, une bande- 
lette dans les cheveux, le pilos suspendu à la nuque du cou, 
tient dans la main gauche avancée le fourreau de son épée, 
tandis que, de la main droite, il s'apprête à frapper avec son 
glaive court le suppliant qui s'est réfugié sur l'autel; il n'est 
vêtu que d'une chlamyde qui laisse le corps tout entier à 
découvert. L'autel est surmonté d'un grand vase à rebord 
ciselé. — Ce beau miroir, dont le sujet a plus d'une fois 
exercé la sagacité des archéologues, a été découvert à Pales- 
trùui en 1866 2950 fr. 

f 5. — N« 418. Vase décoré de bas-reliefs. Quatre hommes 
imberbes, coiffés de bonnets pointus et n'ayant pour vête- 
ment que le perizoma, célèbrent une fête en prenant des 
poses grotesques. Ce sont probablement des grylles, c'est-à- 
dire des danseurs égyptiens, les mêmes qu'on retrouve sur 
les pierres gravées et sur les lampes. Le premier joue de la 
double flûte, un autre danse en jouant des cymbales ; le troi- 
sième tient une ténie, une coupe et un simpule, pendant que 
le quatrième attise le feu d'un brasier sur lequel on chauffe 
du vin dans une marmite. Dans le champ, une petite table 
à trois pieds sculptés est chargée d'une situle et de deux 
tasses. Trois bandelettes et une amphore à vin sont suspen* 

ANT. BULLETIN. 14 



— 140 — 

dues au mur. Sar le coi du vase on yoit un crocodile atta- 
quant un Pygmée casqué, armé d'un bouclier et d'une masse 
d'armes. Les flots du Nil et un bouquet de papyrus animent 
le paysage. L'anse, amortie dans le haut par un buste de 
cheval, dans le bas par un masque tragique, est ornée d*un 
rameau en relief. Les feuilles sont plaquées d'argent, ainsi 
que les yeux du masque et du cheval. Bronze, patine verte. 
Trouvé en 1861, sur les bords du Rhône, en face de C<n^ 
dmu, avec les deux têtes de mulet de la collection Thiers, 
actuellement au Musée du Louvre. Ancienne collection 
Gharvet 3050 fr. 

c 6. ^ N* 451. Jupiter nu, allant à grands pas yen la 
droite, la jambe gauche en avant. U étend hohzontalemeat 
le bras gauche, portant sur le revers de sa main un aigle 
éployé ; la main droite abaissée tient le foudre. Barbe taillée 
en pointe. Les deux pieds manquent. Bronze d'ancien style, 
trouvé dans le Péloponè$e 200 fr. 

c 7. — N* 460. Hercule nu, assis sur un rocher sur lequel 
il a étendu sa peau de lion. La tête, ceinte d'un strophium, 
est tournée à droite ; la main gauche manque. Bronze grec, 
provenant de la collection His de la 8alie. ... 315 fr. 

« 8. — N* 467. Minerve, debout, vêtue d'une tunique 
talaire et d'un manteau, chaussée de sandalee, coiffée d'un 
casque à aigrettes et armée de l'égide en peau de chèvre. La 
main gauche tenait une lance, Fautre est tendue en avant et 
ouverte. Charmante figure en bronze, à patine vert dair 
exceptionnellement belle , . . . . 3600 fr. 

c 9. -- N* 471. Homme barbu, en costume servile, la tête 
tournée de c6té. Le geste de ses bras semble indiquer qu'il 
conduisait ou arrêtait un cheval. Belle patine . . 160 fr. 

« 10. — N' 478. Très petite figurine de Jupiter, debout sur 
une base circulaire. Le dieu est nu, couronné de chêne et sa 
chlamyde est pliée en écharpe. Son bras gauche s^appuie sur 
un sceptre, sa main droite levée tient le foudre. L'aigle est 
à ses pieds. Trouvé en Phénicie^ sous le socle d'un très beau 
bronze que possède déjà le Louvre 400 fr. 

f 11. — N» 493. Couverture de diptyque; plaque oblongue 
en bronze, incrustée d'argent. On y voit un aurige, tenant 



— 2« — 

d'une main son fouet, de Tautre une palme. Il est coiffé d'un 
bonnet, vêtu d'une tunique quadrillée à manches longues et 
munie d'un large ceinturon. Ses pieds sont chaussés de san- 
dales, ses jambes entourées de bandes de cuir. A sa droite, 
trois palmes sont plantées dans une caisse qui affecte la 
forme d'un autel; à sa gauche un second aurige, plus petit 
que lui, agite son fouet. Légendes : dans le haut, NVS (fin 
d^un nom propre); dans le bas, FBGI. Monument rare et 
précieux, trouvé à Bomê 500 fr. 

« 12. — N* 512. La déesse Salus (personnifiant la Banté), 
assise et tenant dans la main droite avancée une patère à 
ombilic. Son diadème est surmonté d'une perle, son collier 
gravé au trait; sa draperie se compose d'une tunique talaire 
dont les manches fendues et boutonnées s'arrêtent au coude, 
puis d'un manteau qui recouvre le bas du corps. L'avant- 
bras gauche manque. Les yeux sont incrustés d'argent; 
Grand bronze, patine verte, trouvé à Reims , . . 5600 fr. 

« 13. — N<»» 597-651. Cinquante-cinq (kmronnes et frag- 
ments de couronnes trouvés en 1884 près d'Epidaure* Limera 
(Monembasia) dans le Pelopùnèie^ sur l'emplacement d'un 
temple d'Apollon. Ce sont des bandelettes taillées dans de 
minces feuilles de bronze et portant, en lettres ponctuées et 
ajourées, de curieuses inscriptions. Nons apprenons paf ces 
textesi^ue chaque prêtre et chaque porte-flambeau du temple 
(le titre de prêtresse n'y figure qu'une seule fois) offrait une 
couronne à la divinité, soit à son entrée en fonctions, soit 
au sortir de sa charge. L'inscription se développe suf toute 
la longueur de chaque bandeau 2500 fr. 

« M. Héron de Ylllefosse donne des détails et des explica- 
tions sur l'intérêt que présentent ces différents monuments. 
Il présente ensuite une tête d'Hercule, en ambre, d'une con- 
servation très remarquable, qu'il vient d'acquérir également 
en vente publique pour le compte du Musée, t 



— 2<2 — 

Séance du 6 Juin. 
Présidence de M. Lonqnon, président. 

Oayrages offerts : 
Atti dêUa rêoU Aecatkmia ddU seiêwte di Tormo^ t. XXXIII 

(1887-88), n«» 9-10. Turin, 1888, in-8<». 
Bulletin dé la Société archéologique de Touraine, t. VU, 

année 1887, 3« et 4« trimestres. Tours, 1888, in-8*. 
~ de la SocUté helforiaiMe d'émulaiion, n* VUl, 1886-1887. 

Belfort, 1887, in-8'. 
^dela Société de$ sciences historiques et naturelles de VYonnê^ 

année 1887, t. XLI. Auxerre, in-8*. 

— d'histoire et d^arckéologie religieuses du diocèse de Dijon, 
in-8». 

Catalogue de la bibliothèque municipale de Belfort, Belfort, 

1887, in-8o. 
La méthode d'instruction mutuelle. Paris, 1888, in-S». 
BuQQB (Sophus). Remarques sur les inscriptions runiques du 

bractéates en or, Copenhague, 1871, in-8*. 
KoRHBRUP (J.). Les anciennes églises à tour géminée dans les 

villages danois. Copenhague, 1870, in-8*. 
MoRiLLOT (l'abbé L.). Étude sur V emploi des clochettes chez les 

anciens, Dijon, 1888, in-8<>. 
*- Vahbé Soisset, supérieur du petit séminaire de Plombières, 

1830-1833. In-80. 
-- L'ancienne église de Saint-Julien-en-Val, Dijon, 1884, in-8*. 

— Mythologie et légendes des Esquimaux du Groenland. Paris, 
1874, in-8o. 

Sghiern (£.). Traduit par M. l'abbé Morillot. Une énigme 

ethnographique de Vantiquité, Copenhague, in-8*. 
WoRSAiB (L.-J.-A.). Traduit par M. l'abbé Morillot. Discours 

prononcé devant la Société royale des antiquaires du Nord, 

le % janvier 1875, in-8». 
— * Traduit par M. l'abbé Morillot. La cioUisation danoise 

à r^oque des WUkings. Copenhague, 1880, in-8<». 



— 243 — 

Corretpondance. 

M. l'abbé Morillot, curé de Beire-le-Ghâtel (Gôte-d'Or), 
présenté par MM. A. de Barthélémy et Robert Mowat, écrit 
pour poser sa candidature au titre d'associé correspondant 
national à Beire-le-Ghâtel. Le Président désigne MM. Flouest, 
Gourajod et Mûntz pour former la commission chargée de 
présenter un rapport sur les titres scientifiques du candidat. 

Travaux. 

Au nom de la commission nommée à cet effet, M. Durrieu 
lit un rapport favorable sur la candidature de M. Prévost au 
titre d'associé correspondant. On procède au vote, et M. Pré- 
vost, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le régle> 
ment, est proclamé aesocié correspondant national à Ëvreux. 

M. d'Arbois de Jubainville, membre résidant, fait la com- 
munication suivante : 

< Le nom du Rhône» Rkodamus^ s*écrit encore aujourd'hui 
avee un h après IV initial. Gét h est un témoin qui atteste 
la nationalité grecque des plus anciens textes écrits auxquels 
ce nom de fleuve a été emprunté. Les Grecs de Marseille 
sont probablement les premiers qui Tout écrit; or, à Tépoqne 
de la fondation de Marseille, Tan 600 avant Jé8u&*Ghrist, et 
plus tard, quand fut rédigé le périple de Bcyiax, au iv« siècle 
avant notre ère, les Marseillais n'avaient que des Ligures 
pour voisins. Les Gaulois paraissent n^étre arrivés qu'au 
ni« siècle dans le voisinage de Marseille. Rhodantu est un 
mot ligure ou appartient à une langue plus ancienne dont 
le nom nous est inconnu. Mûllenhoff, dans sa Deui$cke 
Altertumshindên a fait cette observation à laquelle il en a joint 
une autre : c'est que le nom du grand fleuve continental 
parait identique au nom antique de la principale rivière de 
rile de Gorse, RAoianos chez Ptolémée (1. III, c. 2, g 5, éd. 
Didot, t. I, p. 369, 1. 6), aujourd'hui Tanignamo. Sénëque, ad 
Hdnam^ mentionne les Ligures parmi les anciens habitants 
de la «Gorse, et jamais les Gaulois n'ont conquis cette île. 



A Chose curieuse, le Rh6ne n'est pas en Gaule le seul 
cours d'eau qui ait porté le nom de Rhodxmus ou RodoMMS ; 
on peut en signalçr trois autres : un dans le bassin du Rhin, 
un dans celui de U Garonne, un autre dans celui de la 
liOire. 

c Fortunat, au vi* siècle de notre ère, a consacré une 
pièce de vers à la description d'un château bâti par Nicétius, 
éyèque de Trêves, son contemporain. Ce château, qui portait 
un nom gaulois, était par conséquent bâti sur remplacement 
d'un groupe d'habitations plus ancien que Nicétius ; il s'ap- 
pelait Mediolanum^ et il était entouré â la fois par la Moselle 
et par une petite rivière du nom de Rodamu : 

Q116H Moiella tomens Rodanus qaoqw ptnrulas ainbîL 

(Fortanat, lU, 12, 7, éd. Léo, p. 64.) 

c II y avait on autre Rodanus dans le voisinage du Mans. 
Au u* siècle, Âldric, évoque de cette ville, fonda à Talodié 
(Sarthe), super Jluviolum Rhodani^ un monastère sous le 
vocable de saint Pierre {Gettm Aidrieij chez Baluze, Mùcd- 
lanea, IH, 58). 

c Un quatrième Rodamus se trouvait en Querey, in pago 
Catutcino. Suivant un document du ix* siècle que nous a 
conservé le Gartulaire de Beaulieu, publié par M. M. Deloche, 
p. 254, un lieu dit Aureliacta et situé en Qaercy était bordé 
d'un côté par un /luviui Hodanuê. 

« Si 'le nom de Rodanuê est bien ligure, 'il nous offre un 
témoignage de la présence des Ligures dans une grande 
partie de la Gaule, conformément à quelques textes histo* 
riques. 

« En tout cas, ce nom de cours d'eau n'est pas gaulois, et 
il semble attester l'unité d'un peuple qui s^est étendu jadis 
sur une grande partie de la Gaule avant Toecupalion de ce 
pays par la race celtique. On peut ffeire en tutre l'observa- 
tion que la plupart des noms de rivières do la Gaule ne 
peuvent s'expliquer par les langues celtiques. Si le Rhin 
semble porter un nom celtique, les langues celtiques ne 
peuvent jeter aucune lumière sur le sens de noms comme 
ScaldiSy Escaut; IUoba^ Meuse; Axmia^ Aisne; /eenuM, 
Yonne; Auturay Eure; Sequana^ Seine; Arar ou ShoooMj 



— ai5 — 

Saône; lÀdua^ Loir; Idger^ Loire^ etc.; tous oes noms panas- 
sent noas faire remonter à une population préceitique; peut- 
être même en est^-il ainsi de certains noms de ville comme 
VapiRcum^ Gap; AgMncum, Sens; LewnneuMy fauhéurg de 
Ghambéry, etc. 

c C'est un sujet d'études intéressant, qui peut être indi- 
qué, mais qui ne peut être traité dans cette courte note. » 

M. Germain Bapst, membre résidant, communique des 
moules en bronze gravés, qui démontrent que les grandes 
pièces d'orfèvrerie d'étain de la Renaissance ont été fondues 
dans des moules de cuivre gravés en creux; il prouve ensuite 
que ces objets ont été surmoulés et imités à toute époque, 
mais que Thonneur de la composition et de la fabrication des 
originaux revient à des artistes français, principalement à 
François Briot. 

M. Mûntz, membre résidant, lit une note sur un émail du 
Louvre inspiré par les Geiia Bomanorum. 

f M. le marquis de Laborde décrit, sous le n^ 182, un émail 
de la suite des Pénicaud, dans lequel il voit un trait de 
piété filiale. 

< Un homme qui semble mort est attaché, dit-il, par des 
€ cordes contre le tronc d'un arbre qui occupe le bord de 
« Pémail, sur la gauche; il a le corps percé d'une flèche, les 

< jambes sont enveloppées d'un manteau. Un jeune homme 

< tient un arc tendu et est prêt à décocher une seconde 
« flèche; un autre jeune homme agenouillé embrasse ses 
« genoux. Du côté droit sont assis deux personnages que 
« leurs insignes indiquent comme des juges de Faction, 
c Tun tient un sceptre et porte sur la tête une couronne à 
« pointes : il est sans barbe ; l'autre, plus âgé, est coiffé d'un 
a turban. Mariette avait recueilli une légende qui doit être 
c le sujet de cette composition : Deux hommes se dispu- 
« taient l'héritage d'un mort et chacun pour se l'attribuer 

< prétendait être son fils unique. Le juge, embarrassé, 
c ordonna que le corps fût apporté et déclara que l'héritage 
c appartiendrait à celui des deux prétendants qui le perce- 



— 246 — 

ff rait d'une flèche. L'imposteur y consent, le fils tombe aux 
< genoux du juge, se refusant à accomplir un acte qni lai 
• faisait horreur. » 

M. Darcel, de son côté (n<» D 230 de son catalogue), voit 
le Martyre de saint Sébastien dans cette scène, dont il fait 
honneur à Jean III Pénicaud. 

t En étudiant récemment la compilation connue sous le 
nom de Ge$ta Romanorumy j'y retrouvai Thistoire^ assez con- 
nue d'ailleurs (Holbein Ta représentée sur la maison Her- 
tenstein à Lucerne^}, des fils de roi qui tirent sur le cadavre 
de leur pore pour établir leurs droits à la succession (n* 44 
de l'édition OEsterley). 

« Un roi, en mourant, laissa quatre fils, mais dont le der- 
nier seul portait son sang dans ses veines, les trois aînés 
étant le fruit d'un adultère commis par la reine. Les quatre 
frères se disputèrent l'héritage. Pour les mettre d'accord, un 
chevalier leur persuada de tirer du tombeau le cadavre de 
leur père et de s'en servir comme de cible : celui qui fera 
pénétrer le plus profondément sa flèche dans son corps, leur 
dit-il, celui-là sera roi. Les trois aînés de décocher, chacun 
à tour de rôle, une flèche sur le cadavre. Mais lorsque le plus 
jeune, le fils véritable du défunt, fut appelé à tirer élé- 
ment, il se mit à gémir, s'écriant : « Hélas, mon père, pour- 
« quoi faut-il que je voie ton corps blessé par tes fils ! Loin 
A de moi la pensée de frapper le corps de mon père, soit 
c vivant, soit mort. » Le peuple, frappé de ces paroles, 
reconnut en lui l'héritier légitime, et lui donna la couronne 
en chassant ses frères utérins. 

« Sur rémail du Louvre la scène est simplifiée : au lieu 
de quatre princes, on n'en voit que deux. Mais l'identité des 
deux scènes n'est pas douteuse. Mariette, suivi par M. de 
Laborde, avait donc entrevu la vérité et il faut ajouter l'émail 
du Louvre à la liste des œuvres d'att inspirées par les Geeta 
Romanormn, i 

A propos de cette communication, MM. Gaidoz et Dur- 
rieu, membres résidants, échangent quelques observations 
avec M. Mûntz. 

1. Woltmtiin, Bolbêin und semé Zeit^ 1** Mit., t. 1, p/Ul. 



-. 247 — 

M. Dnrriea pense qne le sujet indiqué par M. Mûniz pro- 
vient plutôt de la BibU histoHak. 

MM. Gaidoz et Lecoy de la Marche, membres résidants, 
indiquent les sermons, les recueils appelés Prompluaria et. la 
tradition orale comme ayant pu fournir le sujet en question. 

M. Auguste Nicaise, associé correspondant à Reims, com- 
munique des épingles en os trouvées à Lyon, en 1883, dans 
le cimetière gallo-romain de Saint-Just. 

Elles étaient placées dans un vase en bronze renfermant 
un corps incinéré. 

M. Nicaise signale spécialement : une ét)ingle surmontée 
du buste de Crispina Auguaia^ femme de Commode, accusée 
d'adultère, exilée et mise à mort. Elle est représentée telle 
que la donne un médaillon en bronze du Cabinet de France. 

— Un buste d'affranchi , coiffé du bonnet caractéristique. 

— Une Cybèle, à tête tourelée, qui représente peut-être le 
génie de la ville de Lyon. — Un groupe humain, formé d'un 
homme et d'une femme, savamment modelés, malgré leur 
petite dimension qui est d'un centimètre et demi environ. 

— Une autre tête de femme, au profil grec, d'un beau 
caractère. — Une main tenant un miroir dont il ne reste 
plus qne le manche. — Enfin un rhyton, terminé par une 
représentation ithyphallique et sur le côté duquel est sculp- 
tée, en demi-relief, une scène erotique. 

< Ces épingles, dit M. Nicaise, sont bien conservées; il est 
très rare de rencontrer parmi les ornements de ce genre des 
œuvres aussi remarquables par leur exécution et par l'état 
dans lequel elles sont parvenues jusqu'à notre époque. • 

M. Nicaise présente ensuite un camée de la Renaissance 
sur sardonyx. Le sujet figuré sur ce camée représente une 
bacchante lutinée par deux satyres et élevant le bras gauche, 
dont la main tient et parait presser une grappe de raisin. Un 
des satyres, placé devant elle, soulève à deux mains le voile 
qui recouvre le bas de son corps. L'autre, placé derrière 
elle, lui pose la main droite sur l'épaule. 

Ce sujet a été assez souvent traité par les artistes de l'an- 
tiquité et on connaît deux ou trois scènes de ce genre repro- 
duites par les coroplastes gréco-asiatiques. 



— w» — 

M. Jal68 de Lvirièro, membre résManl, fait etrenler la 
photographie d'un groupe «Btiqua trouvé à Ariee et ropié- 
aentant un sujet bien eonnu^ dont il eiiste un gnuod nmbre 
de répétitions ou plutôt d'imitations. C'est le groupe du 
JmtMM P^m oeermÊpi Hromi um ^pim du pkd dmm Saiprê. Le 
Musée du Louvre possède une de ces répliques qui provient 
de la villa Borghèse^ 

M. l'abbé Thédenat, membre résidant, fait la communica- 
tion suivante : 

« Dans son Novm$ Thésaurus inscriptùmum IcUimanm^ 
Muratori a publié le texte solvant : ' 

Props vicum Moirant^^ 

in Sêquanis^ sfoss. Muo Ckrisii 1734. 

Mint Bimardus. 

LATINIO POMPT 
ALATINTFILCATA 
PANO vAEDVO SA 
GERDIIIPROVIN 
CIARVM GALLIAR 
OFFIGIS ET HONO 
RIBVSOMNIBVS 

FVNCTO SEQ 

ANI • PVBUGE 

« Ge texte offre plusieurs particularités : le nom dOopa* 
HM, qui peut paraître, sinon celtique, au moins barbare; la 
formule aficiis et omnibus àonorihus functus sans indication 
de la cité où le personnage en question a franchi les diffé- 
rents degrés de la hiérarchie municipale. 

c Frappé de ce fait insolite, Auguste Bernard a cru qu'il 
ne s'agissait pas ici de fonctions municipales, et a essayé 
d'en tirer son principal argument en faveur d'une théorie 
personnelle, à savoir qu'il y avait, au ooncitium des trois 
Gaules y toute une série de fonctions; et que ceux qni les 

I. rtttlner, NoHee de lu âimlptwrt nautique, b« Ml. 
i. DftBB le Jare. 



— 2« — 

avaient toutes exercées successivement avaient le titre de 
omnièus honorihus Juntti in trikus pravincHs Galliarum*. 

9 Je Qe m'attarderai pas à réfuter cette opinion que per- 
sonne n'admet. Je le ferai d'autant moins que le monument 
étant érigé par les Sequani, on peut conclure de ce fait que 
1% personnage en question a exercé dans leur république les 
fonctions municipales. Mon intention est de faire connaître 
un texte meilleur et plus complet de Tinscription du soi- 
disant Catapamu. Mnratori n'a pas connu ce texte, publié 
cependant avant l'apparition de son recoeil ; et les auteurs 
qui, après lui, ont eu à s'occuper de cette inscription, ceux 
du moins que je connais, lui ont emprunté la copie incom- 
plète et défectueuse qu'il tenait de fiimard. 

« Au moment même de la découverte, Dunod, qui ache- 
vait en ce moment son Histoire du comté de Bwrgogne 
(1735-1737), reçut d*un nommé Piard une communication 
qu'il expose en ces termes ^ : 

« L'on a découvert, dans les ruines de la Ville ancienne, 
a qui étoit auprès de Moirans, une inscription mutilée que 
« M. Piard a copiée avec exactitude, comme on en jugera 
« par l'extrait suivant de la lettre qu'il m'a fait le plaisir 
c de m'écrire sur ce fait, et qui est datée du !4 mars 1734. 

< Extrait de la lettre : a Des paîsans du Grand-Villars, 
c labourans, il y a sept ou huit jours, un champ, à trente 
« pas du Pont des Arches, levèrent une grosse pierre qui, 
« depuis longtemps, résistoit à leur charrue. Ils y aperçurent 
c des caractères, et le bruit s'en étant répandu, je fus hier 
« sur les lieux, et je transcrivis ces caractères, de manière 
c que, par la distance des lettres, vous puissiez suppléer celles 
< que le choc de la charrue a enlevées. La pierre est haute 
« de trois pieds un pouce sur deux pieds deux pouces de 
c large. Les lettres sont de vingt-deux lignes en hauteur et 
« les interlignes ont un pouce. Je n*ai point vu de caractères 
c mieux formés ni plus beaux dans les livres les mieux 
A imprimés. Voici Tinscription telle qu'elle m'a été envoyée. » 



i. Le tsmple tFAuffuttê M Jt mtiOMJUti 0^Mioit9, p. M et 91. 
2. Hitt. du comté de Bourgogne^ p. 200 st. 



— 220 — 



SIIORO'MPÎ 
ArLAriMFF€M 

TKDIŒERDVM- 

aSETHON) 

TO'SEQ/ 
VBUCE 

Inscription trouvée à Moirans (Jura). 



— 224 — 

c II suffit de jeter un coap d'œil sur ce texte pour recoa- 
naître qu'il a presque la valear d*un fac-similé. 

c Donod l'envoya à M. Bouhier, qui lui adressa une lec- 
ture de rioscription avec restitution des lettres disparues. 

c L'inscription de Moirans doit se lire ainsi : 

....fartNIO- POMPTI 
«ALATINIFILGAM 
pANO • AEDVO • SA 
GERD • m PROVIN 
cIARVM • GALLIAR • 
o^GISETHONO 
ribuS OMNIBVS- 
tti reh * publias • 
suis funcTO ' SEQ ' 
puBLIGE • 

[LcUi]iUo, Pompii[n]a {tribu)^ Latini fil(io)y Cam[p]anOy 

jied%o^ sacerd(oti) trium provinciarum GaUiar(um)^ [offi\ci{ijs 
et hano[rilm]s omnibus [in r^{us) publ]icis [suis func]tOy 
Seqiuani) [pu]bliee. 

c Cette restitution est celle que Bouhier indique dans sa 
lettre à Ounod, sauf le mot suis^ à la neuvième ligne, qui 
me semble nécessaire. 

« On volt que le nom Catapanus est remplacé par le nom 
latin bien connu Campanus. De plas, la comparaison des 
deux copies montre qu'une ligne a été omise dans celle de 
Bimard ; c'est la neuvième : in rébus publicis. 

c L'auteur de l'inscription n'a pas jugé à propos d'indi- 
quer autrement que par Tadjectif suis les noms des deux 
reipublictie dans lesquelles Latinius Gampanus était omnibus 
kùuoribus Junctus ; cette indication était d'ailleurs suffisante, 
puisqu'elle peut être bien facilement complétée à l'aide 
du contexte. Gampanus en effet était Éduen et l'inscrip- 
tion honorifique lui a été élevée par les Séquanes. C'est 
donc chez les Ëduens et chez les Séquanes qu'il a exercé les 
fonctions municipales. 



— 222 — 

c Nont ayons d'ailleurs une inscription analogue troayée 
à Tarraco. Boufaier la signale à Donod, d'après Gmter*. Ea 
voici le texte d'après la copie meilleure prise par M. Hâbner'. 

CN • GAVIO • CN • 

'GAVI • 8EVERI • FILIO 

Q VIRCf 
AMETH YSTO- 
BALEARIGO • PALMENSI (me lié.) 
ET- GVIVNTANO 
OMNIBVS • H0N0RIBV8 
IN REBVS • PVBLICIS • SVIS 

FVNCTO 
f l a m i n i. p. h, c, 

p. k. c. 

< L'inscription de Moiraus n'est pas sans intérêt, puis- 
qu'elle concerne un prêtre des trois Gaules; la copie, publiée 
par Maratori, et, après lui, par Auguste Bernard, était 
incomplète, il m'a semblé qu'il y avait lieu de tirer de Toubli 
le texte exact et complet envoyé par M. Piard à Dnnod. i 

Séance du 13 Juin. 

Présidence de M. A. de Barthélémy, ancien président. 
Ouvrages offerts : 
Bulletin critiqué^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingûld, Lescœur, Thédenat, IX* année, n* 11. Paris, 1888, 

in-8». 
— de te Diana, t. IV, n» 5. Montbrison, 1888, in-8». 
^dela Société archéologique d' Eure-et-Loir , n« 182, mai 4888. 

Procès-verbaux. Chartres, 1883, in-8o. 
Exposition universelle de 1889, construction d'une sphère 

monumentale terrestre. Paris, 1888, in-8*. 
Korrespondensblatt der westdeutschen Zntschrift fur Ge- 

schichte und Kunst, VII* année, n* 5. Trêves, 1888, in-8*. 

i. cccLXxxvn, i. 

2. Corp, inser. lot., II, 4218. 



Rtnmé «afoiitcmM, XXIX« année^ avril-juin 1888. Annecy, 

in^. 
Robert (F.-Gh.). Une médaiUe géograpkiqwtmtMeure à 1461. 

Paris, 1887, in-8». 
— et René CUonat. ÉpigraphU çaUo^romamê de la Mo$Me^ 

3« &8C. Paris, 1888, in-4\ 
WiBSNBa (Jalius). Die mikt^kopiiche Untereitchung des 

Papiere. Vienne, 1887, in-4<>. 

Travaux, 

M. Mowat, membre résidant, a la parole pour un hom- 
mage : 

c J'ai l'honneur de présenter à la Société, de la part de 
M»* Gh. Robert, veuve de notre éminent et regretté confrère, 
la deuxième et la troisième partie de son Épigraphie gaUo" 
romaine de la Moselle, Il vous avait lui-même, il y a quelques 
années, fait hommage du premier fascicule, intitulé : Monu- 
ments élevés aux dieux. Les fascicules que je dépose sur le 
bureau sont relatifs, l'un aux Dédicaces impériales et aux 
inscriptions publiques ^ l'autre aux Inscriptions funéraires^ 
avec accompagnement de cinq belles planches en photogra- 
vure Dujardin. Ainsi que cela est indiqué par le titre et 
expliqué dans l'avant-propos de ces nouveaux fascicules, 
M. Robert, atteint d'un affaiblissement de la vue, avait 
accepté l'offre de collaboration de M. René Gagnât ; mais ce 
n'était nullement pour se soustraire à sa tâche avant son 
entier accomplissement. Un billet qu'il adressait, en date du 
21 octobre dernier, avec son portrait photographié, à l'un de 
nos amis communs, débute par ces mots, qu'il m'est permis 
de transcrire comme la dernière manifestation de sa labo- 
rieuse activité intellectuelle : < Nous voici rentrés à notre 
i tour à Paris; je vais pendant quelques jours consacrer 
c mes matinées à terminer mon Épigraphie de la Moselle 
c avec l'aide de M. Gagnât. » 11 y a travaillé jusqu'à la der- 
nière page; les tables mêmes étaient rédigées, et il ne res- 
tait qu'à les imprimer lorsque la mort est venue le surprendre. 

c L'éloge de ce beau livre serait incomplet si je n'en faisais 



— 324 — 

ressortir la canctéristtque dominante, à savoir rheoreose 
alliance du commentaire épigraphique avec Tétude archéo- 
logiqae des monuments sur lesquels les textes sont grarâ 
ou des bas-reliefs qui les accompagnent. Je n'en veux donner 
pour exemple que la classification des inscriptions funéraires; 
un épigraphiste de profession les eût immanquablement dis- 
posées dans l'ordre alphabétique des noms de titulaires. 
M. Robert, plus soucieux de Tintérét archéologique que de 
la commodité d*un répertoire, les groupe d'après leurs formes 
architectoniques : 1« monument hémisphérique; îf cippeà 
fronton, sans ornement; 3« cippe à fronton, encadrement 
en relief, etc. 

c Mais ce qui, dans cette œuvre, nous touche par-dessas 
tout, c*est que l'histoire des monuments de la cité messine, 
à répoque romaine, se trouve désormais retenue dans le 
domaine de notre archéologie nationale par la plume même 
d'un enfant du pays, auquel oi^ devait déjà le recueil de la 
numismatique lorraine. » 

M. Lecoy de la Marche, membre résidant, fait la commu- 
nication suivante : 

« A propos de deux ou trois communications toutes récentes, 
faites en séance par nos savants confrères MM. Mûntz et 
Gourajod, je demande à la Société la permission de lui don- 
ner connaissance de quelques anecdotes populaires qui s*y 
rapportent; elles font partie d'un recueil de morceaux ana- 
logues qui va paraître incessamment. Ces morceaux, presque 
tous inédits, sont exclusivement tirés des manuscrits du 
xni* siècle et constituent une mine importante pour l'his- 
toire des mœurs et de la littérature du temps. U y en a 
même qui intéressent l'histoire de l'art, et c'est à cette caté- 
gorie qu'appartiennent ceux dont j'ai à vous parler. 

c M. Mûntz nous entretenait, dans la dernière séance, 
d'un sujet sculpté dont l'auteur s'était inspiré, d'après lui, 
du texte des Gesta Romanoruwi, La curieuse historiette dont 
il s'agit fait justement partie de mon nouveau recueil, et je 
vais d'abord vous donner lecture de la version qui s'y trouve 
reproduite. 



— 225 — 

c Un outre fugtmemt de Sahmon. 

« Un père de famille avait une femme qui Favait trompé, 
« et dont il passait pour avoir trois fils. Celle-ci, irritée des 
« justes reproches qu'il lui adressait, finit par lui dire ; 

i — Pour vous punir par une angoisse de tous les ins- 
« tants, je vous déclare qu'un seul de ces trois est votre 
c enfant. Les deux autres ne vous appartiennent pas ; mais 
c l'amour du premier vous forcera de les élever et de les 
a entretenir tout comme lui, car vous ne saurez jamais lequel 
f est le vôtre. 

c Aucun raisonnement, aucune considération ne put lui 
< arracher son secret ; si bien que le pauvre homme, conduit 
c au tombeau par le chagrin, mit dans son testament qu'il 
c laissait tous ses biens à celui qui était son vrai fils, à l'ex- 
c clusion des deux autres. Au moment de sa mort, on le 
c pressa de questions : il ne put rien dire de plus clair. 

c Chacun, des trois jeunes gens prétendit naturellement 
c être Théritier légitime et voulut entrer en possession de 
« la fortune paternelle. On fut obligé de les mener devant le 
« juge. 

< Le magistrat, après avoir examiné la cause, prononça la 
i sentence suivante : le défunt devait être attaché à un arbre ; 
« chacun des trois fils serait muni d'un arc et d'une flèche, 
« et celui qui l'atteindrait le plus près du cœur serait reconnu 
• pour l'héritier. 

« Deux d'entre eux eurent le courage de tirer, et leur 
c flèche s'enfonça profondément dans le corps. Le troisième, 
c à cette vue, s'écria que janiais il ne tirerait sur son père, 
« et que, si quelqu'un osait le frapper de nouveau, il ne 
c laisserait pas son crime impuni. Et, en disant cela, il ver- 
ci sait des larmes. 

« Alors le juge déclara que celui-là était le véritable fils 
a et que les autres n'étaient que des intrus, car l'instinct 
c naturel l'avait poussé à prendre pitié de son père. De là 
« est venue cette locution proverbiale : le cœur ne ment pas. i 

a Cette version curieuse est empruntée au dominicain 
Etienne de Bourbon, dont j'ai déjà publié des extraits en 

AMT. BULLETIN. 15 



latin, et qui vivait an taraps de saint Louis. Elle est plus 
développée que celle des Guta RcmoMorum^ et elle figare, 
avec quelques variantes, dans plusieurs autres recueils 
d'anecdotes populaires du xai« ou du xiv« siècle. On la 
retrouve notamment dans les sermous d'Albert de Padoue, 
dans les Latin stories réunies par Thomas Wright; dans le 
recueil de Bromyard (au mot FUiaiio), puis dans un fkbliau 
publié par Méon (II, 440), qui attribue à Balomon lui-même 
le jugement de l'ingénieux magistrat. L'anecdote a été repro* 
duite ensuite par Tauteur dés Cent Nouvelles noweOei, au 
chapitre intitulé : Lee Vraie pèree^ et par Shakespeare, dans 
un passage de son J^tii^ John. Enfin on la rencontre, à peine 
déûgurée, jusque dans les contes populaires des Tàrtares. 
C'est donc évidemment une de ces ipille légendes venues 
du fond de TOrient, qui sont de tous les temps et de tous les 
pays, et il est possible qu'elle ait été rapportée de l'Asie, à une 
époque reculée, par les pèlerins de Jérusalem. £n tout cas, 
c'est peut-être dans la tradition orale et dans le récit qui se 
perpétuait de génération en génération, soit aux longues 
heures de la veillée, soit à Theure, parfois plus longue encore, 
du sermon quotidien, du sermon familier, que le sculpteur 
a dû aller prendre son sujet, plutôt que dans un ouvrage 
latin quil n'était sans doute en état ni de lire ni de com- 
prendre. 

c Maintenant, dans notre version, le père n'a que trois fils, 
tandis que dans la scène sculptée il en aurait quatre, sui- 
vant M. Mûntz. Mais le quatrième personnage peut très bien 
être le juge, qui assistait à l'exécution de sa sentence; et 
d'ailleurs le nombre des enfants est un détail qui a pu, dans les 
racontages populaires, varier au gré du narrateur. Toujours 
est-il que notre confrère a parfaitement reconnu la nature 
du sujet traité par Tartiste, et que la divergence qui peut se 
produire sur la source où il Ta puisée n'enlève rien au mérite 
de son interprétation. C'est un exemple à suivre, et beau- 
coup d'autres sujets sculptés ou peints, demeurés obscurs 
jusqu'à présent, pourront être éclaircis avec le même succès 
si l'on se décide enfin à consulter et à étudier les coileetions 
d'exempàsa ou d'anecdotes populaires. 



c M. Gourajod nous a communiqué dernièrement le réêumé 
de aee mtéressantes recherches sur la statuaire polychrome 
du moyen âge. Voici une autre historiette qui confirme abso- 
Inment Texistence de cet usage oublié de peindre les statues, 
et sa généralisation au xni* siècle. Il s'agit ici d'une vieille 
coquette qui se maquillait^ manie ridicule, que la moquerie 
populaire poursuivait alors impitoyablement. 

c L'inconvénient du maqutlkige, 

c Une vieille femme tonte maquillée était venue trouver 
f un grand et puissant personnage p<hr lui demander quelque 
« faveur. Il la reçut la tète appuyée sur un oreiller, et, vou« 
c lant la confondre, il pratiqua, pendant qu'elle lui parlait, un 
c petit trou dans l'enveloppe du coussin. Puis, en appuyant 
c légèrement dessus, il en fit sortir des plumes, et, d*Bn 

< souffie adroit, les dirigea l'une après l'autre sur le visage 
c de la coquette. Là elles se collèrent sur la peinture encore 

< fraîche et sur les onguents qui raccompagnaient. 

c La chambre était plongée dans une demi-obscurité; si 
a bien qu'elle ne s'en aperçut pas. Mais, quand elle en sor- 
c tit, tout le monde lui vit la figure couverte de plumes et la 
c tourna en ridicule. Plus elle se frottait pour les enlever, et 
i plus dles se collaient ensemble, mettant à nu ses rides et 
c formant un véritable gâchis. On eût dit une statue pointe 
c en réparation. » 

c Nous voyons même, par le mot de la fin de cette anec- 
dote satyrique, que l'on avait alors l'habitude de réparer et de 
refaire }a peinture des statues lorsqu'elle était dégradée. Ainsi 
donc, il faut bien se garder d'attribuer toujours à cette pein- 
ture le même &ge qu'à la statue, ou de prendre la peinture 
qui nous reste pour l'œuvre certaine de l'artiste qui a pu 
peindre le premier cette même statue. 

« Enfin, voici un trait qui se rapporte aux débuts de la 
belle école bourguignonne de sculpture dont M. Gourajod 
nous signalait, il y a quelque temps, le mérite et l'initiative. 
Seulement, il n'indique pas précisément, chez les habitants 
du pays, un goût artistique bien prononcé, ni une apprécia- 



tion bien juste de la valeur des chefs-d'oMiyre exécutés sous 
leurs yeux. Il y avait sans doute, alors comme anjourdliui, 
des Philistins. 

i F«iiefl« mariage d^ua usurier de Difon, 

c II advint dans la ville de Dijon qu'un riche usurier vou- 
c lut se marier et donner à ses noces le plus grand éclat. Le 
« cortège nuptial, accompagné de musiciens jouant de divers 
a instruments, se dirigea vers Téglise paroissiale de Notre- 
c Dame. On arriva sous le porche, et là les époux s'arré^ 
c tèront, suivant la coutume, pour échanger leur consente- 
c ment mutuel et ratifier le mariage par paroles de présent. 

« Ils allaient pénétrer dans Tintérieur de réglise pour 
a assister à une messe solennelle et au complément de la 
c cérémonie, et déjà les portes s'ouvraient joyeusement 
t devant eux, lorsqu'un autre usurier, un usurier de pierre, 
« faisant partie des sculptures du portail, où il était repré- 
« sente au moment d'être précipité dans Tabime par un 
a démon également en pierre, se détacha et tomba, avec sa 
c bourse, sur la tête de son collègue, c'est-à-dire du marié, 
c qu'il écrasa et blessa mortellement. Les noces forent chan> 
c gées en deuil, et la joie en tristesse. L'usurier sculpté se 
« chargea d'interdire l'église et les sacrements à l'usurier 
« vivant, que des prêtres ne craignaient pas d'y admettre. 

c A la suite de cet accident, les autres usuriers de la ville 
c se cotisèrent et, moyennant une grosse somme, firent 
« détruire toutes les statues qui se trouvaient sur le devant 
« du portail, tant ils avaient peur de subir, en pareil cas, un 
c sort analogue, i 

c L'église de Notre-Dame de Dijon, monument historique, 
est, comme vous le savez, la plus grande église de cette ville. 
£lle est encore aujourd'hui remarquable par son portail et 
remonte justement au xm* siècle. Le narrateur, Etienne de 
Bourbon, ajoute qu'il a vu de ses yeux la mutilation accom- 
plie et que Girard ou Guiard, évêque de Qambrai, en fit vers 
le même temps l'objet d'un sermon aux habitants de Dijon. 
Réussit-il à leur inspirer plus de zèle pour la conservation 



— 229 — 

de leurs trésors artistiques ? Je l'ignore i mais ce détail nous 
fournit un synchronisme utile, car Té vaque en question 
mourut en 1247. D'ailleurs, Etienne de Bourbon place lai- 
méme le fait aux environs de Tan 1240. Ainsi Téglise de 
Notre*Dame devait être alors toute neuve ou à peu près, ce 
qui ne Mt qu'aggraver la faute et Favouglement des vandales 
dijonnais. 

c La précision de ces indications ne permet pas de douter 
du caractère historique de Tanecdote. Ce n'est pas, comme 
tant d'autres, une simple légende populaire ou un conte venu 
des pays orientaux. Par conséquent, Thistoire peut, comme 
Tarchéologie, tirer des recueils comme celui-ci des lumières 
nouvelles, des ressources inattendues, et je serais très heu- 
reux si j'avais pu donner aux membres de la Société une 
faible idée de l'intérêt multiple qu'ils nous offrent. » 

M. Mûntz, membre résidant, fait observer que certains 
détails du sujet, dans Témail du Louvre, le nombre des fils 
et leur qualité de fils de roi, ne se retrouvent que dans les 
Gesta Romanorum, 

M. Gaidoz signale dans le Talmud une variante très 
notable de la même légende. 

M. Durneu, membre résidant, donne des détails sur la 
place occupée par la représentation de cette c histoire » dans 
les illustrations de la Bible historiale. Elle y fait pendant au 
jugement de Salomon. De même, on peut voir au Louvre, à 
côté de rémail qui a donné lieu à tout ce débat, un autre 
émail, représentant le jugement de Salomon, qui paraît être 
de la même main. 

M. Mo^at, membre résidant, lit un mémoire dans lequel 
il établit que le nom QuiddUa, qui se lit sur une fibule 
signalée par M. de Baye, dans la séance du 80 mai dernier, 
est le nom d'un personnage goth. 

MM. Prost, Gaidoz et Duchesne, membres résidants, 
échangent quelques observations sur le sens de la formule 
vivas in Deo^ qui se rencontre sur la même fibule. 

Le mémoire de M. Mowat est renvoyé à la Commission 
des impressions. 



M. GtidoSy membre rendant, signale une peinlnre sur 
verre du Mnsée de Nnraoïbei^, qni i^réaente le lai d'Âii»» 
tôle : 

c Dans la séance précédente, M. Mûnte nous a signalé un 
certain nomiire de sujets d'oBuvres d'art de la Renaissance 
empruntés aax contes et récits de la littératore du temps. 
Gela me sert de prétexte à vous communiquer une gravure 
représentant une peinture sur yerre du Musée germaniqae 
de Nnrembeig (sous la cote MM 143); cette gravure a été 
donnée, i! y a quelques années, dans VAjuteiger, publié par 
ce Musée (KatJog êer GUugmMk, taf. Vm). 

• Le sujet, comme vous voyez, est emprunté an c^èbre 
« lai ou fabliau d'Aristote. » Ce thème a été des plus popu« 
laires dans l'art, du xu* au xvi* siècle, surtout dans les 
sculptures des monuments, et, à ce point de vue, il a été 
étudié par notre regretté confrère M. de Gniihermy^ 

c L'exemple nouveau qui nous arrive de Nuremberg est im 
exemple mmihU en quelque sorte. Û figure sur un médaillon 
en \erre de 0»33 de diamètre exécuté entre iôOO et 1520. 
Le sujet est traité suivant les données ordinaires. Aristote, 
avec la large barbe qui passait pour caractériser les hommes 
sages, est à quatre pattes dans le jardin; il est bridé; sur son 
dos est assise, fouet en main, la belle et perfide victorieuse. 
A un balcon du cbéteau, Alexandre s'amuse du spectacle 
que lui donne son professeur de philosophie et de morale. > 

M. Durrieu, membre résidant, lit un mémoire sar un 
manuscrit des statuts de Tordre de Saint-Michel. Il juge que 
ce manuscrit est un des deux que le roi Louis XI ordonna 
d'exécuter avec un soin spécial, et qu'il fut destiné au duc 
de Guyenne. H reconnaît dans l'illustration de ce manuscrit 
une œuvre de Jean Fouqué, qui nous y a conservé les por- 
traits de plusieurs grands personnages du temps. 

Le mémoire de M. Durrieu est renvoyé à la Commission 
des impressions. 

1 . De GuUbermy, V Iconographie dn fabliaux : Aristote et VirffUe, àéu iw 
Ànnalea archéologiques de Didron, t. VT (1847), p. 145 et rair. 



— 8W — 

Séance du 20 Juin. 

Présidence de M. Probt, andexi président. 

Ouvrages offerts : 
Aarhogtr amnaies der iMrdiêk oldkifnéighêd og Mitûriêj t. III, 

2« livr. Copenhague, 1888, in-8% 
Album de la collection de D, Fnmeùeo Miquel y Bendim^ 

année 1887. Barcelone, 1888, in-8o. 
Asociaiion artittico argueologica Bareehmese, lÀeta, de loi 

socios que la compene^ ano 1888. Barcelone, 1888, in-8*. 
Atti délia reale Accademia dei Lincei^ année GGLXXXV, 

1888, IV» série, t. IV, fasc. 5. Rome, 1888, in-4*. 
BuUeiin de la Société de$ sciencee naturelles de Saâne^t'Lotre^ 

t. m, 3* fasc. Chalon-sur-Saône, 1888, in«4«. 
'^ de la Société de etatietique^ sciences, lettres et arts du 

département des Deux^èvres, n« 13, janvier^mars 1888. 

Niort, in-8'. 
-—delà Société industrielle de Mulhouse ^inhi 1888. Mulhouse, 

1888, in-8o. 
Mémoires de la Société nationale d'agriculture^ sciences et arts 

d^ Angers f ancienne Aeadémie d'Angers^ IV« série, 1. 1 (1887). 

Angers, 1888, in-8*. 
Revue de V Afrique française^ VII« année, no 43. Paris, 1888, 

in-8*. 

— de Saintonge et d'Aunis; Bulletin de la Société des archives 
historiques, t. VIII, 3« livr. Saintes, 1888, in-8'>. 

— saooisienne^ XXIX» année, février-mars 1888. Annecy, 
in-8o. 

GouBAjOD (L.). Les véritables origines de la Renaissance. In-8*. 
Ddmuys (Léon). Description du château de Chantecocq. Orléans, 
1883, in-8*. 

— Documents d'épigraphie orléanaise, Orléans, 1886, in-8*. 

— Le ckant de la passion dans la Sologne orléanaise, Orléans, 
1881, in-8o. 

— Les fouilles de Sanxay {Vienne). Orléans, 1882, in-8o. 



— î» — 

— Mémmtt mt U mamU wkénffrimçiâm, Oriéiiis, 1885, in-^. 

— Noie de PéçUse ^Amau {Ckaremié^ et le tiire de Ftom^ 
çou F/, dmcdela RockrfoMcamld. AiigDalême,.i887, in-S". 

— Pmiis Jmmérairet de Gemabmm, FauiUes des ruée de U Brf 
Ummerie et dee Hui^uemoU, avril 1880. Orléans, 188Î, iii-8>. 

— Seekerekee mr Ui eataeomhe» dCOrUem». Oriéans, 1888, 
iii-8v 

— Une exeurtiom ardUoiogique en dngonwufis. Melle, 1884, 
m-8*. 

IUtet (O.) et GoLLiOMOR (Max.). BUtoire de la c ir a miq ee 

grecqne, Paris, 1888, in-4«. 
DuvBKifOT (Gl.). Athena, Montbéliard, 1888, iii-8*. 

Correspfmdamce, 

M. l'abbé Mûller, présenté par MM. Nicard et Babelon, 
écrit poar solliciter le titre d*as80cié correspondant national 
à Sentis; le Président désigne MM. de Barthélémy, Mnntz 
et Flonest poar former la commission chargée de présenter 
an rapport sur les titres scientifiqnes du candidat. 

M. Dumays, présenté par MM. de Barthélémy et R. de 
Lasteyrie, écrit pour solliciter le titre d'associé correspon- 
dant à Orléans ; le Président désigne MM. Babelon, d'Ârbois 
de Jubainville et Molinier pour former la commission char- 
gée de présenter un rapport sur les titres du candidat. 

M. Gourajod, membre résidant, fait hommage d*nn mémoire 
intitulé : Les véritables origines de la Renaissance^ imprimé 
en janvier 1888 dans la Gazette des beaux-arts et la à la 
Société dans sa séance du 27 juillet 1887. 

M. Max. CSollignon présente YHistoire de la céramigme 
grecque^ par 0. Rayet, ouvrage qu'il a terminé après la mort 
de notre regretté confrère. 

M. A. de Barthélémy, membre du Comité de publication, 
lit un rapport concluant à l'impression de denx mémoires 
de MM. Mûntz et C!ourajod. 

Les conclusions de ce rapport sont adoptées. 



— 2SS — 

M. Mûntz, membre résidant, étudie les origines du réa- 
lisme dans Part italien du xni* et du xrv* siècle. Il établit 
qne les artistes qui se sont le pins inspirés de Fandqnité^ 
les Pisans, Giotto, Lorenzetti, etc., sont aussi ceux qui ont 
su le mieux copier la nature. 

M. CiOurajod, membre résidant, s'associe à la plupart des 
conclusions présentées par M. Mûntz, et il est heureux de 
constater que cette doctrine est, sur beaucoup de points,^ 
identique à celle qu41 enseigne lui-même depuis deux ans 
dans un cours de Técole du Louvre, notamment à propos de 
rétude de la nature dans les ateliers des artistes italiens du 
XIV» siècle. 

M. HomoUe, membre résidant, présente une base archaïque 
en marbre, découverte par lui à Délos, auprès de l'autel des 
Cornes. Elle est de forme triangulaire ; aux angles se voient 
deux gorgones et une tête de bélier. Sur la face supérieure 
on distingue encore les pieds de la statue, qui devait être 
une statue d'Apollon. Une inscription archaïque, qui se 
lit sur une des faces, contient le nom du sculpteur Iphicar- 
tides. M. HomoUe estime que ce monument remonte au 
vn« siècle ; la signature dlphicartides est la plus ancienne 
des signatures d'artistes que Ton connaisse. 

M. Vauvillé, associé correspondant national à Pommiers, 
près Soissons, lit une note sur des sépultures à incinérations 
de l'époque de la pierre. 

c Dans la séance du 7 décembre i887, j'ai eu l'honneur de 
vous présenter divers instruments en silex et des poteries de 
l'époque de la pierre polie, recueillis par moi en septembre 
dernier dans une galerie couverte, située sur la commune 
de Montigny-l'Engrain, près de Vie-sur- Aisne. 

< Je viens d'exécuter de nouvelles fouilles dans la même 
localité. 

« Au nord et adossées à la galerie couverte précédemment 
fouillée, j*ai découvert des sépultures à incinérations, déposées 
dans une cavité de i»30 au-dessous du sol actuel, et for- 
mant, au fond, un rectangle de l^^QO de longueur sur i">25 de 
largeur. 



— «84 — 

« Le côté ouMt de cette cavité était fbnné de trois pierres 
plates, de i»20 de hauteur, verticales et are-bontées en 
arrière par trois antres pierres. A l'est se trouvait une espèce 
de mnr, dont les assises montaient en forme de voûte et le 
rapprochaient vers le bant, jusqu'à 0»80 du mur opposé. Le 
côté sud a pour mur les pierres verticales de la galerie cou- 
verte précédemment fouillée. Il wistait au nord un mur en 
pierres plates; mais il avait certainement été déplacé plu- 
sieurs fois, car, entre les assises de pierre, j'ai trouvé beau- 
coup de poteries grossières et d'ossements calcinés ; il me 
parait même probable que c'est par là que l'on a introduit, 
à plusieurs reprises, les sépultures que j'ai fouillées en der- 
nier lieu. 

< Il y a environ vingt ans, on a enlevé la couverture de 
la grotte en même temps que celle de la galerie voisine; c'est 
sans doute pendant cette opération que toutes les poteries 
ont été brisées. 

« Cette grotte artificielle était dallée au fond avec des pierres 
plates. J'y ai découvert de grossières poteries, façonnées à la 
main, des débris de crânes et autres ossemente humains 
brûlés, des cendres, des charbons et un mobilier funéraire 
assez importent dont voici l'inventaire : 

( Objets en nlex, — Une hache polie, soigneusement cachée 
dans le fond entre deux pierres du mur; douze fragmente de 
haches polies; dixnaept lames, dont une de i95 millimètres 
de longueur; trois scies; trente-huit tranchets ; deux pointes 
de flèches reteuchées ; trois grattoirs ; vingt-deux éclats ou 
pièces diverses. Au total, quatre-^vingt^lix-huit pièces en 
silex. 

c Objets divers. — Quatre poinçons façonnés dans de gros 
ossements sciés avec des outils en silex ; un manche d'outil 
en os; un autre manche en bois de cervidé, dans lequel se 
trouvait un petit tranchet; une pendeloque formée d'un 
coquillage percé. 

« La pièce la plus intéressante est certainement le tramek&t 
emmanché^ pièce très concluante an snjet de ia qoestion de 
la flèche à tranchant transversal ou du tranchet. 

fl II est curieux de remarquer que les trente-sept traochets 



— 38» — 

non emmaneliés, reeaeilliB dans cette foQUle, sont tous iden- 
tiqnes à celui qui est emmandhé, et, comme lui, retoueliés 
de chaque côté. 





Silex emmanché j trouvé à Montigny-FEngrain (Aisne), 

« Ces sépultures, renfermées dans des murs de deux cons* 
tructions bien différentes, paraissent être de l'époque de la 
fin de la pierre polie ; peut-être sont-elles du commencement 
de l'époque du bronse, quoiqu'on n'ait rien trouvé de ce 
métal ; on pourrait peut-être expliquer ainsi que des sépul- 
tures par incinération aient été contiguês aux sépultures par 
inhumation de la galerie couverte précédemment fouillée. » 



M. le baron de Baye, associé correspondant national à 
Baye, Mt quelques observations sur le tranchet emmanché 
dont M. Vauvillé a présenté le dessin : 
' « L'objet que nous avons sous les yeux est composé de 
deux éléments : le silex et le manche. La môme sépulture 
les contenait. Mais ces deux parties étaient-elles primitive- 
ment associées pour former un instrument? C'est un devoir 



— 236 * 

d'en douter. La cavité pratiquée dans le manche ne oorree^ 
pond pas à la forme plate du silex. Elle est au contraire 
arrondie et conique. Les pièces trouvées dans la môme fouille 
n'étaient pas destinées à former ensemble un instrument 
unique. Il est très fréquent de trouver dans les mêmes grottes 
des silex et des manches isolés qui ne doivent pas être réunis 
sous peine de commettre de grandes erreurs. 

« Le silex qui nous est communiqué est recouvert sur 
toute son étendue d'une patine blanche parfaitement homo- 
gène sur les surfaces. Cette patine s'est donc produite sous 
l'influence d'agents atmosphériques dont l'action était uni- 
forme. Il n'en serait pas ainsi si le silex avait été engagé 
dans le manche. Le talon, recouvert par la corne, n'aurait 
pas été cacholonné ; la patine n'existerait que sur la partie 
libre, sur le tranchant. Les faits les mieux constatés éta- 
blissent qu'il en est toujours ainsi. 

< Des observations nombreuses, sérieusement discutées, 
démontrent que le silex à tranchant transversal est un pro- 
jectile. Les preuves en ont été données par des archéologues 
célèbres des pays les plus éloignés. Les flèches engagées dans 
des ossements humains et dans les squelettes des animaux 
l'attestent également. Les spécimens munis de leur monture 
conservés aux Musées de Copenhague, de Leyde, de Berlin 
et dans la collection John Ëvans, les représentations qui se 
voient sur les sarcophages égyptiens ont toujours leur valeur 
démonstrative. Lors même que l'instrument découvert' dans 
le département de l'Aisne se trouverait dans de meilleures 
conditions, il laisserait subsister l'emploi reconnu. Un usage 
exceptionnel, un réle secondaire n'atténuent pas la destina- 
tion réelle d'un objet. Les pécheurs attachent des balles de 
plomb à leurs filets, la balle cesse-t-elle d'être un projectile ? 
Dans certains pays de la Champagne, les canons de fusil sont 
employés pour souffler le feu. S'ensuit-il que le canon du 
fusil n'est plus une arme meurtrière ? Ne pourrait-on pas 
supposer que, pour un usage spécial, un individu a pu 
utiliser une flèche comme grattoir ou comme burin ? » 



— 237 — 
Séance du S7 Juin. 

Présidence de M. Lononon, président. 
Ouvrages offerts : 
AwKuaiTe de la Société française de munùmaiique et dlarchéo* 

loffUj l** année, 1866. Paris, in-8*. 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 
Ingold, Lescœur, Thédenat, IX« année, n« 12. Paris, 1888, 
in-8*. 
'-'de la Société archéologique et historique de la Charente^ 
V« série, t. IX, année 1887. Angouléme, 1888, in-8*. 

— de la Société archéologique du nddi de la France. Séances 
du 8 novembre 1887 au 20 mars 1888. Toulouse, 1888, in-8*. 

— de 2a Société de Borda^ XIII* année, 2* trimestre. Dax, 
1888, in-8\ 

Mémùires de la Société académique d^agrieuUure^ des sciences, 
arts et belles-lettres du département de lÀube, t. LI de la 
collection, III« série, t. XXIV. Troyes, 1887, in*8«. 

— delà Société académique d^ archéologie, sciences et arts du 
département de VOise, t. XTII, 2* partie. Beauvais, 1887, in-8«. 

Poirroii d'Amégouet (vicomte de). Aperçu général de la situa- 
tion, les développements et les tendances des collections par^ 
ticulières. Paris, 1866, in-8o. 

— Article nécrologique sur M, Edmond Gourdin, Paris, 1867, 
in-«o. 

-— Con^tS'-rendu d^une excursion archéologique dans Seine^et" 
Marne. Meauz, 1865, in-8*. 

— Conférence sur les monnaies mérovingiennes. Meaux, 1870, 
in-8o. 

— Description raisonnée des monnaies mérovingiennes de Cha- 
ion-surSoSne. Paris, 1874, in-8«. 

— Discours d'ouverture prononcé le 10 décembre 1^7 4<a sec» 
tion de, céramique de la Société française de numiematique 
et d'archéologie. Pans, 1887, in-S». 

— Entretien sur les moteurs légers. Lu à la Société de namga' 
tion aérienne dans la séance du 6 février 1884. Paris, 1884, 
in-8». 



- 2W -- 

-^ Eum $ur la witmiiwuUiqMe mérovingienne cùmpcBréê k la 
géographie de Gtégoht de Tours. Fmiëf 1864, in-S*. 

— Excnrsian numismatique dans la Bourgogne' dn VII* siède 
tt sur Us frontières de VAustrasie. Paris, 1866, in-S». 

— Farihsr notes on tht gold tains diseovered in 1828 Ai Crow 
dal. Londres, 1872, iii-8«. 

— La conquête de Fair par VhéHce; eaposé if im nouveau sgs* 
tème d*aviaiion. Paris, m-8*. 

— Le commerce des médaèUes à Paris, Park, 1866, in-8». 

— Lettre au Rev, professeur Samuel Lewis, Monnaie de VEÊep- 
imrekie angiû-smsBowne. Un trieme de Winckesier, roftmme 
de Wesse». Paris, ia-8*. 

^ Mélanges numiswuUiques, Paris, 1867, in^«. 
-^M^Udmcde Blaoas i^Aulps, Paris, 1866, iii-8«. 
-— Monnaies de r École palatine, Paris, in-8*. 

— Monnaies mérovingiennes de Saint-Denis, Mftcoû, 1884, in*8<>. 
•— Monnaies mérooingienmes du Géeaudan» Paris, 488i, is^. 
•— Monnaies romaines et mérovingiennes exposées au Troeo" 

déro en 1878. Paris, 1880, ia-8«. . 
«~ Noie tsur un tiers^de^sol mérovingien frappé à UeuseùU^ 

Seine-el'Mame, Meaux, 1866, in-8«. 
— « Notes sur qudques ateliers monétaires mérovingiens de 

Bris et de Champagne. Paria, 1884^ iB-8«. 

— Notice nécrologique sur M, Ernest Garité, Paris, in*8** 

— Numismatique mérovingienne. Paris, 1873, in«8*. 

-— Origine du nom de TrUport et preuve de F existence de cette 
localité à Vépoque gaUo^romtane. Meanx, 1865, in-^. 

— Recherches des monnaies mérovingiennes du Cenommmieum. 
Le Mans, r883, iii»8'. 

— Recherches sur les monnaies mérovingiennes de Tauraine, 
Paris, 1870, ia-8\ 

— Monnaies mérovingiennes du Palais et de fÈcoU, Paris, 
188»^ iof^o. 

•^ 7|ips de votant snr Us monnaies métovingienneSy ia«8*. 

— Vies des saints traitées au point de vue de la géogra p h i e 
kietorique. Paris^ 1870-187», ia^. 

PaiMXLLY (de). Le vkomie Gustave de PmUon é^Améeourt, 
Paris, in-8'. 



Correspondance. 

M»* la vicomtesse de Ponton d'Améconrt écrit pour annon- 
cer qu'elle envoie à la Compagnie la collection des œuvres 
de feu son mari qui était adsocié coftespondaiit de la Société. 

Le président transmettra & M»* la vicomtesse de Ponton 
d'Âmécourt les remerciements de la Compagnie. 

Trm>a\a. 

M. le baron de Baye, associé correspondant national à 
Baye, communique un dessin de carreaux émaillés du 
ziv* siècle trouvés à Reims. 

M. Nicaise, associé correspondant national, présente un 
sceau trouvé par lui à Fontaine-sur-Goole (Marne). 

M. J. de Laurière, membre résidant, de retour d'un récent 
voyage en Italie, présente plusieurs photographies qu'il a 
rapportées d'Ostie et qui reproduisent les dernières fouilles 
exécutées au mois de mai 1888 sur remplacement de cette 
ancienne ville. 

« Ces fouilles, dit-il, ont mis à découvert d'intéressants 
fragments de sculpture et d'architecture qui se trouvaient 
dans un édifice construit en briques, composé de plusieurs 
chambres et salles. Parmi les débris figurés sur les photo- 
graphies, il faut signaler une belle statue de femme vêtue et 
debout, mais dont la tête manque, un tronçon de statue 
d'homme nu, ces deux pièces d'excellente facture. On y voit 
aussi des colonnes de marbre renversées et un magnifique 
chapiteau d'ordre corinthien, le tout d'un fort module. Une 
chambre voisine contient un pavage bien conservé en 
mosaïque à sujets noirs sur fond blanc. Ils représentent des 
animaux fantastiques, chevaux marins, béliers à cornes en 
spirales, lion à tête ailée, un Amour monté debout sur un 
dauphin et le conduisant par des rênes. Toutes ces compo- 
sitions sont remarquables par la vive allure et l'originalité 
du dessin. 



— 24è — 

« On a trouvé aussi les deux inscriptions suivantes gra- 
vées sur des piédestaux. 

T • PETRONIO ♦ T • F 

ANIEN8 • PRI8G0 
PROGVRATOM • AVG 

FERRARIARVMjETANNONAE 
08TI8PRAEFALAE UPANNONIOR 
TRIB • LEJGr ' VU • GEMIN AE • FELICI8 
PRAEF-GOH •///////////// 
millllll/HHII/llll 
l/llllllllllllll 
llllllllll/ll/ll 
lll/llllllllllll 
hYmilllll 
L-D-////// 

T(Uo) Petronio, T(itt\ F(ilio), Aniens(e tribu), Prisco, Pro- 
curatori Aug(usti) Ferrariarum et annonae Ostis, praefecto 
Alae II Pannoniorum, Tribune Legionis VII Greminae feli- 

ds, Praefecto Coh(orti8) T Lyn....\ L(oco) D(ato) 

[D(ecreto) D(ecunonum)]. 

a Cette inscription nous fait connaftre le nom d'un nou- 
veau Procurator Augusti Annoiuie à Ostie, T. Petronùu 
Priscus, Outre la charge de Procurator Annoiuie^ celui-ci 
avait eu aussi la charge de Procurator des Mines de fer. 
C'est la première fois, croyons-nous, que l'on trouve un 
même personnage ayant exercé ces deux fonctions, du moins 
à Ostie où les inscriptions ont révélé un grand nombre de 
ProcurcUores Amnanae, 

M * Aurelio 

ANTONINO 

Pic ' Felici • Inv • Aug 



— 244 — 

NOBILI88IMO • GABS • 

PRINGIPI • IVVENTVTIS 

IMP GAE8 • L • Septwnl • SEVERI 

PerrtnacM PU • FELICIS • AVG 

TRIB • P0TE8T • C08 • DESIGN 

tn • P • P • PROGOS • FILIO 

VALERIO • TITANIANO 

PRAEF • VIG • E • M • V 

GVRANTE 

FLAVIO • LVPO • 8VBPRABF 

M(arco) [Aurêlio] Antonino [pio felici inv{icto) Aug{usto)]^ 
Dobilissimo caes(art), princîpi juventutis, imp(«ra^om) Gae- 
a(am) L(iic») [S€pUm]i{%j Severi [Pertinacis]^ pii, felicis, 
Àug(i»/t), inh{unitiœ) pote8t(a<w), co{n)B(ulU) desigii(a<«) 
[i]II, p(a/rû) p(a^rfae), proco(ti)s(tt;û) , filio, Valerio Tita- 
niano; praef(ec<o) yig(iluni)^ e(gregiae) miemoriae) y(iro)y 
Flavîo Lupo subpraef(^<o). 

c L'inscription est dédiée à Garacalla, qualifié de Nobilis- 
simu3 Caesar et de Princejps juventutis avant son avènement 
à l'empire. Garacalla fut fait Gésar en 196; à cette époque, 
Septime-Sévère était consul pour la seconde fois depuis 194. 
Septime-Sévère étant, dans cette inscription, consul désigné, 
il ne peut s'agir que de son troisième consulat qui est de 
l'an 20^; l'inscription doit donc être attribuée à l'année 201. 
L'année de la puissance tribunitienne n'est pas indiquée, 
mais c'est la dixième. Garaealla est le premier prince qui ait 
reçu, étant Auguste, le titre de Princeps juventutis. i 

Séance du 4 Juillet. 
Présidence de M. Duplbsbis, ancien président. 
Ouvrages offerts : 
Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse^ juin 1888. 

Muibouse et Paris, in^^S^. 
— hiâtarique de la Société des Antiquaires de la Morxnie^ nou- 
velle série, 146« livr., avril-juin 1888. Saint-Omer, in-8«, 

AMT. BULLETIN. 16 



— 242 — 

Préeit taudytiquê dm travaux de VAeadémk des •ctmcct , bdUs" 
lêtiret et arte de Rimem^ an. 1886-1887. Rooen, 1888,iii-8«. 

Retme africaine^ XXXl*aiiiiée, septembre-octobre 1887. Alger, 
1887, m-8». 

Revue de F Afrique française^ publiée sous la direction de 
M. Poinssot, n* 44, l*' juillet 1888. Paris, 1888, in-8*. 

— de Saintonge et d^Aunie. Bulletin de la Société det areknu 
historiques^ t. VIII, 4« livr., !•' juillet 1888. Saintes, in-8*. 

Société archéologique de Bordeaux, Comptes^rendus des séances, 
an. 1881-82 et 1883-84. Bordeaux, in-8*. 

— archéologique de Bordeaux^ t. XII, 2«-3« fosc. Bordeaux, 

1887, in-8». 

Ravaisson-Mollien (Gb.). Les manuscrits de Léonard de Vtud, 
Manuscrits C^E et Kdela bibliothèque de V Institut, Paris, 

1888, in-4«. 

Tra»a»ix* 

M. Gh. RaTaisson-Mollien, membre résidant, présente le 
troisième volume de sa publication intitulée : Les manuscriis 
de Léonard de Vind, 

Au nom de la commission nommée à cet effet, M. Flouest, 
membre résidant, lit un rapport favorable sur la candidature 
de M. Tabbé Morillot au titre d'associé correspondant natio- 
nal. On procède au vote, et M. Tabbé Morillot, ayant obtenu 
le nombre de voix exigé par le règlement, est proclamé as60- 
cié correspondant national à Beire-le-Gbâtel (Gôte-d'Or). 

M. Letaille, associé correspondant national, présente des 
pbotographies de sculptures de l'époque romaine récemment 
découvertes à Philippeville. 

M. £. Babelon, membre résidant, commence la lecture 
d'un mémoire sur les monnaies d'or d'Atbènes. 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, informe la Société 
des faits suivan^ qui lui sont signalés par ^L Bertrand, de 
la Société d'émulation de TAliier : 

c II y a dix ou douze ans, un habitant de Néris, M. F. 
Vincent, entrepreneur de menuiserie, découvrit, au fond d'un 



— 243 — 

puite antique aitné dans sa ptopriété, un vase en bronse sur 
lequel était gravé au pointillé la légende DEO IB080. Il 
vendit ce vase à rétablissement thermal où il est déposé. Le 
même propriétaire vient de fouiller un autre puits antique 
situé au même endroit et il en a retiré les objets suivants : 
« Trente-trois vases en terre cuite jaune foncée, à oouverte 
micassée, intacts, dont plusieurs sont à goulots trilobés ; un 
fragment de vase rouge cylindrique, à reliefs, de la fabrique 
de Lezoux; deux coupes en terre rouge ornées sur les bords 
de feuilles de lotus ; un bol en terre rouge i reliefs représen- 
tant des animaux ; plusieurs monnaies romaines : un grand 
bronze de Trajan, un moyen bronze de Faustine, une pièce 
percée qui a été portée comme amulette ; un compas en fer, 
bien conservé ; deux clefs en bronze et une en fer ; un j^tyle 
en fer; un grand clou et plusieurs autres plus petits; une 
fibule en bronze; deux fragments en verre; deux fragments 
en terre blanche dont Tun représente un bouc en relief; une 
bélière en bronze à double col de cygne avec mascaron et 
palmettes. La pièce la plus importante de cette trouvaille est 
un vase en bronze jaune, sans patine, de 0n28 de hauteur. 
Il est à une seule anse et le goulot est circulaire, sans bec i 
verser. L'anse est richement décorée : on y voit un mascaron 
orné d'une tète à la chevelure ondulée, plusieurs têtes 
humaines de profil, une chèvre^ un tambourin, une palmette 
et deux téte^ de cygne au raccord du goulot. Le fond est ren- 
forcé par des cercles concentriques exécutés au tour. Ce vase 
en bronze présente une similitude absolue avec un vase en 
terre cuite micassée trouvé à Vichy et dont Tanse porte la 
même décoration, i 

M. Héron de Villefosse fait ensuite la communication sui- 
vante : 

« M. le capitaine Boutron-Damazy, qui commande Tatelier 
des travaux publics de Gherchell et sous Thabile direction 
duquel ont été exécutées les récentes fouilles si fructueuses 
et si intéressantes dont M. Waille, professeur à TÉcole des 
lettres d'Alger, a rendu compte à l'Académie des inscrip- 
tions, m'a communiqué divers papiers provenant de M. Gay, 



— 244 — 

médecin de colonisation à Tenès. Au milieu de lettres adres- 
sées en 1862 au directeur de la Revue africaine et qui ne 
semblent pas être parvenues à destination, j'ai trouvé, sur 
une feuille volante, la copie d'une inscription des environs 
de Tenès ^ déjà publiée. Au revers de cette feuille, on lit la 
note suivaAe : 

c Sur le bord de la mer, au nord-ouest des Hahiiûs et sur an 
promontoire qae les Arabes appellent Kafaran, existent des mines 
romaines, restes d'un poste fortifié assez important. Ce promon- 
toire, de forme demi-circulaire, situé à ^ mètres an-dessos dn 
niveau de la mer, a une superficie de 40 à 50 mètres; il est joncbé 
de débrii de poteries romaines et d'une trentaine de pierres de 
taille provenant de Tancienne fortification. J'y ai trouvé un petit 
bronze de Maxence, un Crispas et l'inscription suivante : 

* LIBERO PATRl 

SACBVK 
L • F - S£N£CIO 
V S .L M 

a Je ne citerai ici qu'une seule des lettres dont j'ai parlé 
plus haut; les autres n'offrant pas d'intérêt. Elle est adressée 
à Berbrugger et se rapporte précisément à la ruine dont il 
est question dans la note précédente : 

c Tenès, ce 7 Janvier 1862. 
c Monsieur le Rédacteur de la Revue africaine, 

c L'année dernière, dans le mois d'août, me rendant aux Mahinls, 
à quinze kilom. ouest de Tenès, pour donner mes soins à un jeune 
indigène blessé par un sanglier, je revisitais avec an peu plos d'at- 
féntion des ruines situées au bord de la mer. Elles sont assises sur 
un promontoire s'élevant à pic et ayant au moins 25 mètres au- 
dessus du niveau de la mer, Je remarquai un grand nombre de 
vestiges de poteries et plnsieurs pierres sans inscription. A 3(K) mètres 
à l'ouest de ce promontoire qui parait être un ancien bony et com- 
mande la belle vallée des Mahinis, je trouvai, sur les bords de la 
mer, une pierre dont un tiers était baigné par les eaux. Cette pierre 
a 1*45 de longueur et 0"42 de largeur. 

c Au sommet de cette pierre se trouve gravée une tête de Méduse 

1. Trourée à Bou-Kedour et publiée dans le Corpus, VllI, a. 9665. Voy. «usai 
Revue africaine y t. V, p. 188. 



— 245 — 

eotoorée d'on serpent plaeé en forme de craTate, la tête regardant 
à ganche et la qneae à droite. Dessoaa cette tète, on lit rinaerip* 
tion saÎTante^ : 

V 

G • FABRIGIVS 

G • L • TlTIVS 

MVIR 

c Sur nne autre pierre ayant & peu près les mêmes dimensions, 
j'ai trouté nne autre inscription que je Tais transcrire; elle est par- 
faitement conservée, excepté le dernier mot de la dernière ligne 
dont la terminaison est incomplète : 

V F- 

LLVCIVS lAFRIC- 
LVOIOMAVRIT- 
FRAT-BT-LVCIA* 
PRIMILLABMATRI 
FAvSTlQHYGU 
SIBI FAVSTi£Q-GRA 



c Agréez, etc.. 



fGay, 
c Médecin de colonisation à Tenès. 



f Les Arabes nomment l'endroit de ce promontoire Kafaraan; 
c*est à 500 mètres d'Bl-Kala, confluent de TOoed qui traverse la 
plaine des Mahinis. § 

M. Vauvillé, associé correspondant national, lit an mémoire 
sur un oppidum gaulois situé à Saint-Thomas (Aisne). 

Le mémoire de M. Vauvillé est renvoyé à la Commission 
des impressions. 

M. Mowat, membre résidant, présente une plaque de bronze 
trouvée au Hiéraple, près Saint*Avold, et publiée par 
Gh. Robert dans son Épigraphie de la Moselle. C'est une 
tablette votive ; elle présente à la partie supérieure un cer- 
tain nombre de trous que M. Mowat pense avoir été destinés 



1. A U ligne 4, il fut b«ds doute oorriger II< VIR. 



— 246 — 

à reosToir des pièoês de monnaie à Pefôgie des memkesde 
la ftmiille impériale. 

Le mémoire de M. Mowat est renvoyé à la Commission 
des impressions. 

Séance du 1 1 Juillet. 
Pfésidenee de M. Â. Hâion db Villsfossb, ancien président. 

Ouvrages offerts : 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Dochesne, 
Ingold, Lescœur, Thédenat, IX* année, n* 13. Paris, 1888, 
in-8-. 

— de r Académie impériaie des sciences de Saint-Pétershourgy 
t. XXXII, n* 1. Saint-Pétersbourg, 1888, in-4*. 

— delà Société des Antiquaires de Picardie, année 1888, n« 1. 
Amiens, 1888, in-8«. 

Annuaire de la Société française de numismatique et d'arekéo' 

logifi, mai-juin. Paris, 1888, in-8«. 
BuXUtin de la Société historique et archéologique du Périgoré, 

t. XV, 3« livr. Périgueux, 1888, in-8\ 
'■^ delà Société liégeoise de littérature wallonne^ 2* série, t. X. 

Liège, 1887, in-8v 

— delà Société scientifique^ historique et archéologique de la 
Corrèse, i. X, 2» livr. Brive, 1888, in-8*. 

Mémoires de F Académie de Nîmes. Nîmes, 1887, in-8*. 

Mémoires de F Académie impériale des sciences de Saint-Péters- 
bourg^ VII* série, t. XXXV, n«» 8-10. Saint-Pétersbourg, 
1888, in-4-. 

AnaÈs (A.). Théorie de Varpentage chex les Assyriens, Nîmes, 
1888, in-4-. 

Berthblot et Gh.-Ém. Ruelle. Collection des anciens oZcAi- 
mistes grecs, Paris, 1888, in-8*. 

LAURifcRB (J. DE). La mos€nque romaine de Girone (Espagne), 
Gaen, 1887, in-8*. 

N Travaux. 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, offre à la Société, 
au nom de notre confrère M. Jules de Laorière, un mémoire 



— 247 — 

intitulé : la Mosaïque romaine de Girone (Espagne). Cette 
mosaïque représente des courses de chars dans le cirque. 
M. de Laurière en a publié un excellent dessin que Tétat 
déplorable dans lequel elle se trouve aujourd'hui rend fort 
précieux. Des inscriptions placées près des chars se rap- 
portent aux cochers et aux chevaux. Ce qui donne à cette 
composition une importance particulière, c'est qu'elle est 
signé* par un artiste romain nommé CaedUanus. M. de Lau- 
rière a rappelé à cette occasion les noms connus des artistes 
du même genre, grecs ou romains, et il en a dressé une liste 
très intéressante. 

M. Tabbé Pierrot Deseilligny, associé correspondant natio- 
nal, présente, de la part de M. Pabbé Sauvage, associé cor- 
respondant national, un dessin sur parchemin qui semble 
avoir rapport à un projet de flèche pour la cathédrale de 
Rouen. 

M. Gaidoz, membre résidant, communique le dessin de 
longues tenailles en fer formées de losanges, appelées en 
gallois gefail gwn^ « pince à chiens, » et qui, dans les der- 
niers siècles, servaient à saisir et à expulser les chiens qui 
troublaient le service divin dans Péglise. ' 

M. Gourajod, membre résidant, communique la photogra- 
phie d'un groupe de pièces d'orfèvrerie d'église, conservées 
au Musée de Copenhague et datées de 1333. C'est le plus 
ancien spécimen d'émail translucide parmi ceux qui portent 
une date certaine. (Y. la planche p. 248.) 

M. Miintz, membre résidant, signale un mémoire de 
M. Stevenson, de Bome, dans lequel ce savant fait con- 
naître l'emploi des médaillons en bronze du xv« siècle, entre 
autres de ceux de PisaneUo, pour l'ornementation de tuiles 
en plomb. 

M. Héron de Villefosse, membre résidant, présente à la 
Société l'estampille d'un sceau rectangulaire en bronze dont 




Orfèvrerie d* église du XIV* siècle conservée au Musée 
de Copenhague, 



— 249 — 

rorigtnal appartient à M. René de Savigny qni l'a acheté 
réeemment à Grasse : 



TERENTIAE 
PiPiSEXTILLAB 



(AE liés) 
(AË liés) 



Cette estampille doit se lire ainsi : 
Terentiaey P(tthlii)/[iliae), Sexiillae. 

M. Darrieu, membre résidant, pour faire suite aux inté-^ 
ressantes études de M. Cîourajod sur la part de la polychro- 
mie dans la statuaire du moyen &ge, signale une miniature 
qui ajoute un nouvel argument à ceux que M. Cîourajod a 
déjà réunis, en attestant une fois de plus l'usage si répandu 
chez nos pères de recouvrir de couleurs les ouvrages de ronde 
bosse. 

Cette miniature se trouve dans un exemplaire de la traduc- 
tion en français du traité de Boccace, De clar%$ et nohUHnu 
mulieribus^ qui appartient i la Bibliothèque nationale, manus- 
crit français 12420. 

Le manuscrit ne porte par lui-même aucune indication 
relative à son origine première. Mais la comparaison permet 
d'affirmer qu'il a été fait dans le mtoae atelier, et à la même 
époque, qu'un autre exemplaire de la même traduction éga- 
lement conservé i la Bibliothèque nationale, manuscrit fran- 
çais 598. Or, l'histoire de ce second manuscrit est connue. Il 
a été exécuté très certainement à Paris, comme l'attestent 
récriture, la disposition générale et le style de l'ornementa- 
tion, entre le 12 septembre 1401, jour où la traduction en 
français fut terminée, et le mois de février 1404, époque à 
laquelle le volume fut donné au duc Jean de Berry, par Jean 
de la Barre, receveur général des finances en Languedoc et 
en Guyenne ^ 

La miniature signalée par M. Durrieu ofiTre donc cet avan- 
tage, toujours précieux pour un document archéologique, de 



1. L. Deliile, Le Cabinet des tnanuserits de la Bibliothèque nationale, I, 
p. «0, 6i m, p. iSO. 



— 250 — 

se présenter i nous airec «ne origine locale indiacatabk et 
une date relatiyement très précise ; on penl la citer en toute 
sûreté comme l'œuvre d'un miniaturiste qui travaillait à 
Paris, et dans les premières années du xv« siècle. U faut 
ajouter qu'elle est excessivement fine et jolie. Sans avoir une 
valeur d'art particulière, elle peut, à bon droit, servir k jus- 
tifier la haute réputation dont jouissaient alors les produits 
de la librairie parisienne. 

Les enlumineurs chargés d'illustrer la traduction du livre 
D9 dari» tt nohUttui muUeribu* avaient pour tâche de repré- 
senter successivement l'image de chacune des femmes illustres, 
appartenant presque toutes à la mythologie et à l'histoire 
ancienne, sacrée ou profane, dont Boccace fait l'éloge* Sui- 
vant l'habitude du temps, ils ont rempli le programme en 
transportant toujours la scène dans le milieu de leur époque. 
Sous prétexte de figurer c la royne Sémiramis, > c la très 
noble Minerve, > « la très belle Vénus, » Médée, Déjanire, 
Glytemnestre, Didon, Véturie, Bérénice, Lucrèce et autres 
héroïnes grecques et romaines, ils nous montrent en réalité 
de charmantes Françaises, contemporaines d'Isabeau de 
Bavière, habillées à la dernière mode de Paris. Eve, elle- 
même, que l'on voit au commencement du volume, assise 
dans un jardin, est une élégante jeune dame qui eût fait la 
meilleure figure à la cour du roi Charles VI, portant une 
robe luxueuse d'étoffé de soie brodée, garnie de menu vair, 
hermétiquement boutonnée jusqu'au menton. 

Parmi les femmes célébrées par Boccace, et dont la série 
s'étend depuis la mère du genre humain jusqu'à la reine 
Jeanne de Naples, il en est trois qui doivent cet honneur à 
leur talent en peinture : la grecque Thamar, Yrène ou Gyrène 
et la romaine Marcie, fille de Varron. Autant d'occasions 
données au miniaturiste, qui commente le texte, de nous 
introduire dans des ateliers d'artistes de son temps. De là, 
de petites coobpositions fort curieuses à étudier, où tous les 
accessoires obligés : chevalets ou tables de travail munis d'une 
sorte de tablier redressé servant de point d'appui, palettes, 
généralement de forme rectangulaire et munies d'un manche 
allongé, godets à couleurs, pinceaux, rédpieols en faïence 



— 2BM — 

servant à laver ies brosses, etc.., sont rigoareusement emprun* 
tés à la réalité et reproduits avec le plus grand soin. 

C'est sur une de ces miniatares que M. Durrieu croit devoir 
attirer particulièrement Tatt^tion de la Société des Anti- 
quaires, sur celle qui se réfère i Gyrëne et qui se trouve au 
fol. 92 V* du manuscrit. 

De cette Gyrène (appelée Yrène dans le manuscrit fran- 
çais 598) Boccace, par la plume du traducteur, ne dit rien 
autre chose, sinon que « on croist mienlx qu'Ole fut grecque 
et fille et disciple ensemble et escolière d'un peintre appelé 
Gratin. > L'indication est vague et laisse toute latitude à la 
fiUEitaisie de Tillustralenr. Gelui*ci, dans le manuscrit fran-» 
çais i2420, a représenté une jeune femme au costume simple, 
vêtue d'une robe verte, d'un surcot rouge et la tète couverte 
d'une coiffe violette, tenant son pinceau de la main droite et 
sa palette de la main gauche, assise dans un ftiuteuil de bois 
devant sa table de travail. Sur cette table est un taUeau ter* 
miné, de forme cintrée du haut, représentant une sainte 
fiice qui s'enlève sur un fond rose. Ge tableau nous indique 
que l'artiste ou, comme dit le texte, « la pointresse » s'oc- 
cupe aussi des œuvres ordinaires de plate peinture, ainsi que 
le font) sur les deux autres miniatures du même genre con- 
tenues dans le manuscrit, Thamar et Marcie^ Mais, pour le 
moment, ce n'est pas sur un panneau qu'elle s'apprête à pas- 
ser son pinceau chargé de couleurs, c'est sur une statue de 
Vierge debout, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, de demi- 
grandeur naturelle, qui est posée sur la table de travail à côté 
et un peu en avant de l'image de la sainte face*. 

Cette statue est coloriée dans toutes ses parties avec autant 
' » 

t. Dau le iDHiQScrit françtu 13430 (fol. 86 et 101 ▼•), de mime qoe dans le 
nanuorit (iraoçaU 508 (fol. 86 et 100 v»), Thamer teraine sor i|n cheyalet an 
tableaa représentant la Madone vue à mi-corps, et Marcie peint son propre por- 
trait à l'aide d'un miroir. 

2. Dau la miniatore correspondante da manascrit ftrançaifl 508, Yràne a la même 
poae et un eoatnme identiqae à quelques détaila prés. Mais, sur la table de trarail, 
on Toit seulement un oarrage de plate peinture, consistant dans un dyptique sur 
fond d'or représenté ourert. Le volet de gaucho, auquel l'artiste donne ses der- 
niers coups de pinceau, porte une sainte faoe comme dans le mannserit 12430. Le 
Volet drait n'est pas encore cooomeBeé et le fond d'or n'a reflu aueane peinture. 



— 252 — 

de 6oin qne le tableau qui l*acconipagne. Les carnations, le 
visage et les mains de la Vierge, ainsi que le corps nu de 
l'Enfant Jésus sont peints au naturel, d'un ton de dïair. Der^ 
rière les deux tètes sont fixés des disques dorés formant 
nimbes. La robe de la Vieige est teinte en rouge, et le grand 
manteau qui Tenveloppe en bleu, avec du vert pour la dou- 
blure et de l'or pour un galon qui en décore le bord. 

La miniature nous montre en outre que la statue est peinte 
à plusieurs coucbes. En effet, le travail n'est pas encore tout 
à fait fini; la partie supérieure du manteau entièrement 
achevée est d'un beau bleu foncé ; U partie inférieure, au 
contraire, que l'artiste s'occupe à parachever, est aussi bleue^ 
mais d'un bleu beaucoup plus pâle. Le miniaturiste a très 
bien fait sentir l'effet produit par la transparence, sous une 
première application de couleur encore trop mince, du ton 
blancbfttre de la matière subjective, pierre, marbre ou bois 
recouvert d'une préparation crayeuse. 

Ce rapprochement, sur la table de travail de la femme 
peintre, d'un tableau et d'une statue polychromée est tout à 
fait caractéristique. Il est le commentaire expressif et comme 
la mise en action de ces documents d'archives qui nous 
montrent les peintres français du xiv* et du xv« siède^ et les 
plus renommés dans leur art, appelés tout aussi bien à colo- 
rier des œuvres de ronde bosse qu'à tracer des dessins et i 
exécuter des peintures proprement dites sur des sur&ces 
planes, telles que panneaux, murs ou feuilles de parchemin. 

M. Adrien Blanchet, associé correspondant à Pau, commu- 
nique la copie d'un dessin qu'il a relevé dans le manuscrit 
français 45634, à la Bibliothèque nationale. 

Ce dessin, exécuté au commencement du siècle dernier, 
donne la représentation d'un autel trouvé à Toul, en 1700, et 
qui paraît perdu. On y voit figuré le dieu au marteau, y si 
connu depuis les récents travaux relatifs aux divinités gau- 
loises. Le dieu tient une coupe de la main droite et un mar- 
teau de la main gauche; à ses pieds, un animal, probable- 
ment un chien. 

L'autel de Toul donne lieu à deux remarques intéressantes : 



!• le chien semble flairer deux frwUn randt placés devant lui ; 
2« i gauche du dieu, on voit deux objets posés Fun sur l'autre, 
ressemblant à des barils. 

M. Ë. Flouest fait observer que les fruits peuvent ôtre des 
grenades. U y a des exemples de divinités tenant ce fruit, 
emblème de la fécondité. 

MM. Gaidoz, Héron de Yiliefosse et A. de Barthélémy 
présentent également diverses observations au sujet du dieu 
au marteau. 

M. Héron de Villefosse fait la communication suivante : 
a Au mois de janvier dernier, j'ai eu l'honneur de signar 
1er à la Société le fragment d'un médaillon bronzé, en terre 
cuite, représentant un épisode de la guerre de Troie et 
découvert à Lezoux par le docteur Plicque. Sur ce médail- 
lon, on distinguait Ajax (AIAX), dans l'attitude du combat, 
entouré de plusieurs guerriers grecs. En visitant à Mou- 
lins la belle collection de terres cuites de M. Bertrand, j'ai 
eu la bonne fortune de découvrir un second fragment du 
même médaillon qui nous fournit la contrepartie de la scène. 
On y voit le Troyen Deiphobe (DEIPHOBVS) cuirassé et 
casqué, tenant une torche allumée ; le milieu de la composi- 
tion manque. Ce second fragment a été découvert à Vichy 
et provient d'un autre exemplaire du même médaillon. Un 
troisième fragment provenant encore d'un médaillon sem- 
blable, trouvé également à Vichy, mais appartenant à une 
épreuve moins bonne, s'applique exactement à côté de la 
figure de Deiphobe et fournit ainsi une partie de la compo- 
sition centrale placée entre Deiphobe et Ajax : on y dis- 
tingue un guerrier cuirassé, dont la tète manque et qui étend 
la main droite au-dessus de la tête de Deiphobe. Par sa taille 
imposante, ce guerrier doit être un des principaux person- 
nages de la scène ; il est représenté dans les mêmes propor- 
tions qu'Ajax, contre lequel il semble combattre en présence 
des Grecs, d'un côté, et des Troyens, de l'autre. On ne peut 
guère douter que ce personnage ne représente Hector et que 
le sujet de la composition n'ait été le combtU entre Ajax et 
Hector, 



— 2W — 

« M. le doctefiir Plicq«« eominne à loaiOer à Lezoux œs 
riches officines de potiers romains qni ont déjà fonnii tant 
de précieux documents aux historiens de la eérami^e. Pftnni 
les nouvelles marques de poteries qu'il a recueillies, il faut 
citer celle de SËNISER. — Dans Fofficine de Soilnus (SOU- 
NIOFI; SOLIMOF), il a rencontré de superbes pofteries 
bronzées, plus de trente poinçons creux, des maquettes et un 
joli Silène en bronze. 

« Plusieurs pièces portent des signatures tracées en creux 
et à la pointe avant la cuisson. Par exemple : VIIGUTYS, 
Vegttus; DRVBV8 I, Drmius «...; SISSVS, Sisnt» (plus de 
SO exemplaires de ce dernier nom). 

fl Enfin notre zélé correspondant a découvert un brome 
d'une rare beauté qui, d'après sa descriptîen, doit étie la 
représentation de la télé du fimve Aeheloàs avec les oomes 
de taureau. » 

M. Babelon, membre résidant, termine la lecture de son 
mémoire sur les monnaies d'or d'Athènes. Le mémoire de 
M. fiabelon est renvoyé à la Commission des impressions. 

M. Yau ville, associé correspondant national, lit deux 
mémoires, l'un sur l'enceinte de Montigny-l'Engrain (Aisne), 
l'autre sur le camp d'Espagny situé dans le même départe- 
ment. — Les mémoires de M. Vauvillé sont renvoyés à la 
Commission des impressions. 



Séance du 1 8 Juillet. 

Présidence de M. Prost, ancien président. 
Ouvrages ofiferts : 
BuUeim de la Société archéologique (TEurê-^t-Loir^ n* ifiS, 

juillet. Chartres, i888, in-8«. 
— dé 2a Société d^ histoire neOureUe de Ootmar^ 27«, 28» et 

Î9« années, 4886-1888, in-8V 
Journal des Savamts^ avril-mai. Paris, 1888, in-4«. 
Retme de T Afrique française^ VII* année, n* 45. Paris, 
in-8o. 



— »5 — 

TrmoŒÈU de €Aemiémm naiùnmU de Bmmty année i8K-1886, 

tome n. Reims, 1888, in«^*. 
DiflMYSBB (rahbé). Lu Muêémdt province. Orléans^ i888,in-8*. 

M. Babelon, membre résidant, présente le moulage d'u&e 
pierre gravée (amétbyste)i du Gai^iaet.des médailles, d'une 
exécution remarquable. Elle est signée IIAM4»IA0T et repré- 
sente la Méduse. M. Babelon donne quelques détails tant sur 
le sujet que sur l'artiste, qu'il croit être de l'époque hellénis- 
tique. 

M. Rayaisson, membre résidant, rapproche cette pierre 
gravée d'une tôte conservée au Musée du Louvre. 

M. Mowat, membre résidant, communique une note sur 
le dieu gaulois Uxelius : 

fl Le Cabinet des Médailles et Antiques possède une tes* 
aère de bronae cataloguée sous le numéro 856 et reléguée 
parmi un certain nombre d'objets d'origine suspecte. Elle 
consiste en nne tablette quadrangulaire allongée se termi- 
nant i une extrémité par un anneau fixe, i l'autre par nn 
fleuron à jour, formé de deux volutes opposées ; longueur 
totale, 0»102; largeur, (h»0i9; épaisseur décroissant, de 0»007 
i 0™006. Le métal ne porte aucune trace de patine, mais des 
coups de lime très apparents peuvent être attribués à un net- 
toyage maladroit de taches d'oxydation. Sur chacune des 
tranches, on aperçoit un dessin buriné en forme de longue 
palme ou d'àréte do poisson ; sur les plats, on lit une ins- 
cription gravée en caractères qui ne décèlent aucun indice 
de falsification; d'une part : 

AVG-SAGR 
D E 

d'autre part : 

VXELLO 

t Soit Aug(usto) tacr(um); deo UtuUo. 

« La rédaction de cette dédicace est, en tous points, con« 



— 256 — 

forme à eeUe de quelques ex-voio découyerts plus particaliè- 
rement, semble-t-ii, en Bourgogne, dans Test de la Gaule : 

c Aug(iuto) Me(ncfli) , deo Botvoni €i Candido (Entrains, 
Nièvre). 

c Auginêto) êae{rum)^ dsoê CbUimdaê (Mesves, Nièvr^. 

c AugiMilo) tae{rum) , dto Marti CicoUui ( Aignay-le-Duc, 
Gdte-d'Or). 

« Aug(MMto) fac(nuii), (feoeStf^aiMiê (8aint-Seine-r Abbaye, 
Gôto-d'Or). 

« Amg(nito) Mcfrum), de(u letmni (Âuxerre, Yonne). 

fl Dans une inscription d'Hyères, publiée pour la première 
fois par M. le baron de Bonstetten ^, dont la copie a été repro- 
duite dans le Corpus inueriptionum latinarumy t. XII, 387, 
M. Hirscbfeld a cru trouver, à Taide d'une légère correction 
conjecturale, le nom d'un dieu Uxéllus, La vérification de 
cette lecture offre un certain intérêt, car elle tendrait à réha- 
biliter Tauthenticité de la tessère du Cabinet. J'ai donc prié 
M. le baron de Bonstetten d'estamper l'inscription d'Hyères. 
Sur l'estampage que j'ai reçu, je me suis assuré que sa lec- 
ture du mot Uxdio est exacte, mais que le surplus de sa 
copie, telle qu'elle est reproduite dans le Cofpvt , doit être 
légèrement modifié ainsi qu'il suit : 

VXELIO-V-Sy/// 
CPROPERTA// 

« Les lettres S et Â, quoique à moitié emportées par la cas- 
sure qui a détruit la fin des lignes, sont certaines. Sauf le 
cognomen du dédicant dont il ne subsiste qu'un A initial, 
l'inscription peut être restituée de la manière suivante : 

« Uxilio vo(tuin) ${olvU] [l{%betu) m(erUo)] C{cttM$] Proper- 
l«<w) A ]. 

c On aurait donc affaire ici à un dieu UxeUus dont le 
nom semble être une variété voisine à'UxêUui. Un dérivé de 

1. Carte archéologique du d^artement du Var, !'• édition, 1873, p. 25, 
S* édition» 1888, p. 31 : à U Font des HorU, chez M. Aitee, 
• VXELIO-V-//// 
■ PROPBRT///// 



— 257 — 

ce dernier se rencontre sons la lonne d'épithëte superlatiTO 
accolée au nom de Japiter dans une inscription du Norique, 
à Bukovza, près Tueffer^ : 

lOM 
VXELLIMo 

8ERANDIV8 (AN liés) 

VERINV8 
DECCBLPI 

POMP 
VR8VLAEIV8 
GVMVR80FIL 

V-SLM 

« On voit que le qualificatif Uxellimo tient ici, après /(om) 
OipHmo) Jf(axtmo), la même place que les superlatifs summo^ 
exctlletUissimo , exsuperaniUsimo dans un grand nombre 
d'autres dédicaces, par exemple : 

« lovi Oiptimo) M((iximo) êummo exsuperantùstmo y à 
Utrecht»; 

c I{ovi) 0{ptimo) M(aximo) stanmo exceUentissimOy à Gapoue^. 

c On en déduit que le mot gaulois uxellimoê est l'équiva- 
lent du superlatif latin summus; que, par conséquent, le mot 
uxellos est, au degré positif, l'équivalent du mot uasal, qui 
signifie altus en irlandais, comme uchel enjbreton et en gal- 
lois 4. C'est le même mot qui sert à dénommer les villes de 
Bretagne Off^eUa et OvÇeXXov dans là Géographie de Ptolémée, 
et qui se retrouve en composition dans le nom Uxdlodumim 
attribué à deux villes, Elleuborough, en Bretagne', et Puy« 
d'issojiu, en Gaule*. Topographiquement, Uxdlodunum peut 
signifier t forteresse élevée, > mais l'emploi mythologique 
que les Gaulois ont fait des mots uxellos^ uxéUimoSy uxelios 
dans les monuments épigraphiques qui font le sujet de cette 

i. Cùrp. imer. lot., UI, 5145. 

S. Brambach, Corp. inser. rhen.^ 55. 

3. Corp, ttuer. tof., X, 3805. 

4. ZêuM, Grammatiea eêUiea, 2* édit., 1871, p. 34, 126. 

5. Anonyme de RaTenne, V, 31. 

e. Céttr» Bell, gall., VUI, 32, 39, 40. 

AMT. BULLETIN. 17 



— 2W — 

note permet de eroire que Uxdhdwwm sintiifie plutôl c fort 
consacré à UxéUos » (Japiler gaulois), puisque C^uRMloètmm 
signifie certainement « fort consacré à Gamulos i (Mars gau- 
lois). » 

M. Babelon expose les raisons qui ont fait ranger cette 
tessère parmi les monuments d'une authenticité contestable. 

M. Mowat persiste à la croire authentique. 

M. Gaidoz, membre résidant, partage son avis; il rappelle 
qu'il a lui-môme interprété 1-inscription du Norique comme 
M. Mowat. 



Séance du 25 Juillet. 
Présidence de M. G. ScHLUMOEaaBR, vice-président. 

Ouvrages offerts : 
Jarboger for nordisk oîkyndighed og Historié, IL* série, t. m, 

2« llvr. Kjobenhavn, 1888, in-8». 
AnaUcta holandiana^ publiés par Garolus de Smedt, Josephus 

de Backer, Garolus Houze, i^ranciscus van Ortroy, tomes I, 

n, m, IV, V, VI et Vn, l"» partie. Paris, Bruxelles, 1882- 

i888, in-8». 
Arehivos do Museu nacional do Rio de Janeiro^ t. Vil. Rio-de- 

Janeiro, 1887, m-4o. 
Atti delîa recde Accademia dei Linceiy anno GGLXXXV, 

série IV, t. IV, fasc. 6, 7, 8, 9, 10. Rome, 1888, in-8-. 

— deUa reale Accademia délie ecienxe di Torino, t. XXTTT, 
Uvr. 11, 12, 1887-1888. Turin, in-8o. 

Bulletin critiquej publié sous la direction de MM. Duchesne, 
Ingold, Lescœur et Thédenat, IX* année, n» 14. Paris, 
15 juillet 1888. 

— de la Société archéologique et historique du iMousin, 
t. XXXV, t. XIII de la deuxième série. Limoges, 1888, 
in^o. 

'-'delà Société départementale d'archéologie et de statistique 
de la Drâmcy année 1888, juillet, 86* livraison. Valence, in-8'. 

^dela Société d'études des Bautes-AlpeSj VII* année, juîUet- 
août-septembre, n<» 3 (27). Gap, 1888, in-8«. 



— »9 — 

— dei Mbiêoihèqiui a en oreAtocf , pabbé 8on8 les anspioes 

du Ministère de rinstruelioa publique, année 1888, n* \, 

Paris, in-8». 
-^de la Société dimotM, n« 77, juillet 1888. Gbàteaudun, 

in-8\ 
BvUettino di areheologia e ttoria dàlmata^ an. XI, n» 5. 8pa- 

kto, 1888, in-8*. 
Ds Vrijû Friêi Mtngelingtn uitgegeven door hêt Fnuch GêtMO' 

tsehap van Guehitd'OudhMêm Ttudhmdêj t. XYII, liyr. 3. 

Leeuwarden, 1887, in-8*. 
JaMmcher de$ Vertim von Aliertkumifrounden im RhomtofuUf 

liTT. LXXXV. Bonn, 1888, in-4«. 
KorrespondenxhlaU der WesidevUschon ZeittehriftfiirGoêekichte 

U9d Kunst, VII* année, n* 6. Trêves, 1888, in-8*. 
Mémoires et comptes-rendus de la Société scientifique et litté» 

raire d^Jlaù, année 1886, t. XVIU. Alais, 1887, in-8«. 
MittheUungen der antiquariscken GeseUschaft in Zurich^ 

t. XXU, Uyr. 2 et 4, et t. XXm, Uyr. 1. Leipzig, 1888, 

in-4*. 
Negenonoijftigste Vorslag der Bandelingen von ket Frieseh 

Oenootsckap vcm Gesehied-oudheid-en Taalkunde. Leeuwar- 
den, 1886-1887, in-8«. 
Frocndàngs of the ametican antipuarian Society^ nouTelle 

série, t. IV. Worcester, 1888, in-8^. 
Proeeedings of the american phUosophicai Society y t. XXV, 

n« 127. Philadelphie, 1888, in-8«. 
Proeeedings of the royal Society ofEdémburgh, années 1883- 

1884, 1884-1885, 188&-1886, 1886-1887. Edimbourg, in-8o. 
Beale Accademia di Modena, Opère inoiatê negli anni 1886, 

1887. Modène, 1888, in-4*. 

The twenty-ninlh ammal Report of the Cooper Union fbr the 
advancement of science and arty 26 mai 1888. New-Yoric, 

1888, in-8^ 

Thuringische Gesekiehtsguellenj nouvelle série, t. III, l^^^ par- 
tie, léna, 1888, in-8o. 

Transactions of the royal Society of Edinburgh^ t. XXX, 
4* partie, XXXI, XXXn et XXXHl. Edimbourg, 1882- 
4888, in-4«. 



— 2«0 — 

Wêitdeuisehê Ztitiekrift fêr GuchkIUe und Anu/, H* X, 

année 1888. Trêves, i888, in-8«. 
ZeUsckri/t JUr Thûringische Gesehiehie und Mieffumêkimdi^ 

nouvelle série, t. VI, livr. 1-2. léna, 1888, in-8«. 
Grioroii (L.)' La cheminée Renaissance de la saJle des séances 

du Conseil général. Gh&lons, 1888, in-8o. 
Rbitsma (J.). Regisier van GeesttUjke Opkomsten tkns Oostergo. 

Leeuwarden, 1888, in-8». 
RoMAK(J.). Ohituaire du ekt^tre de Saint'Mary de Forçai' 

quier, 1074-1593. Digne, 1887, in-8*. 
RoMBiN (T. -A.). Naamlist der Predikamien sedert de keroor* 

ming tôt nutoe in de Hervormde GetuefUen van Friesland. 

Leenwarden, 1888, in-8*. 
Thuot (J.-B.). Les ruines romaines de la forêt de Ckabrières, 

Travaux, 

Au nom des commissions nommées i cet effet, MM. A. de 
Barthélémy et E. Babelon lisent des rapports favorables sur 
les candidatures de MM. Tabbé Muller et L. Dumuys au titre 
d'associés correspondants. On procède au vote, et les candi- 
dats, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règle- 
ment, sont proclamés associés correspondants nationaux, 
M. Muller à Benlis et M. Dumuys à Orléans. 

M. Mûntz, membre résidant, communique des dessins 
exécutés par Léonard de Vinci dans Tatelier de Verrocchio 
et tendant à prouver que Verrocchio s*est plus d'une fois 
inspiré de son élève. U signale en même temps l'analogie 
entre les anges de Verrocchio appartenant au Musée Thiers 
et un retable conservé près de Pérouse, à S. Maria di 
Monteiuce. 

M. Ruelle, associé correspondant national à Paris, lit une 
note sur le chant des sept voyelles grecques d'après Démé- 
trius et les papiers de Leyde : 

« On lit au chapitre 71 du traité de VÈlocution qui porte 
le nom de Démétrius de Phalère : t £n Egypte, les prêtres 



— 264 — 

« célèbrent les dieux au moyen dee sept Toyelles en les 
c chantant de suite, etc. » 

« D'autre part, le papyrus W, au Musée archéologique de 
Leyde, publié par le directeur, M. G. Leema^fb^ contient de 
nombreux groupes de ces voyelles, diversement disposées et 
amenées par un contexte qui en rend manifeste le caractère 
musical et astronomique. Des groupes analogues se rencon- 
trent aussi sur des pierres gnostiques et ont été étudiés, 
d'après ces pierres, par Tabbé Barthélémy; mais l'interpré- 
tation qu'il en a donnée au point de vue musical n'est pas 
admissible. L'auteur du Voyotge du jeune Anacharsts a bien 
reconnu qu'il y avait un rapport entre les voyelles et les 
sons de l'échelle heptacorde antique, mais il n'a pas observé 
de tout point les conditions nécessaires à la solution du 
problème, et, par suite, cette solution restait à connaître. 
Voici celle que l'on propose. 

c La corrélation ét^lie par les anciens entre les sept 
astres, qu'ils nommaient les planètes, et les sept voyelles est 
un fait bien connu, que vient encore confirmer le papyrus W 
de Leyde. D'autre part, celle que les musicographes ont cru 
voir entre ces sept astres et les sept cordes de la lyre se 
présente chez ces auteurs sous diverses formes. 

c En rapprochant les tableaux de concordance qui parais- 
sent établis par les meilleures autorités, on obtient le résul* 
tat suivant : 



A Lune 
E Mercure 


Nète synemménon 
Paranète — 


RÉ 
UT 


H Vénus 


Trite — 


SI bémol. 


I Soleil 


Mèse 


LA 


Mars 


Lichanos méson 


SOL 


T Jupiter 
û' Saturne 


Parhypate — 
Hypate — 


PA 
HI 


c Les extraits ci-après du papyrus W, accompagnés d'une 
nduction en notation musicale, conforme à la solution 



i. Papyrx graeei musei an^i^uant\ptidZtei\ Lagdani-BaUri. Régis angostissimi 
jussa, edidit^ mterI>reUtionem latinam, adnoUtionem, indices et tabulas addidit 
C Leemans. Tomos IL Lagdani-BatayônuD, apad E. J. Brill, 1885, in-4*. 



— ses — 

proposée, peuvent donner .quelque idée deg phraeeB mélo- 
diqnes contenues dans ce précieux document. 

P.14dupapyrtis,l.27: I Y E T H OÛAB H 

LA FA UT FA BShémûi BOL MI RÉ UT Slbteol 

— 1. 3i:AE H lOTÛÛÛ 

&i UT Sibtaiol LA SOL FA MI MI Ml 

— 1. 85 : I I Y Y A H A Y O 

LA LA FA FA SOL RÊ Slbénol RÉ FA SOL 

P. ÎO, 1. 2: I Y E Y o 

LA FA UT FA SOL 

— l. 15 : I A I A Y 

LA RÉ LA Ri FA 

a Les notes ré, ut sont à Taigu de cette échelle qui va en 
descendant. » 

8ur une observation de M. Gaidoz, M. Ruelle reoonnait 
que cette musique était une importation grecque en Egypte. 

M. Mowat, membre résidant, annonce qu'une œnochoé, 
signalée par lui lors de sa découverte en Chypre, i886, et 
portant le nom du roi Ptolémée Philopator, vient d'être 
remise en vente publique. Il la compare à trois autres ana- 
logues portant les noms de Bérénice, d'Arsinoé et démontre 
que ces vases ne faisaient point partie de la vaisselle parti- 
culière des personnages dont ils portent le nom, mais appar- 
tenaient au culte qui leur était rendu. 



Séance du 5 Septembre. 

Présidence de M. E. Saguo, ancien président. 

Ouvrages offerts : 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 
Ingold, LescoBur, Thédenat, IX« année, n^ 15-16. Paris, 
1888, in-8*. 



-^ de la Société archéologigpB ei kiâtoriquê de rOrléanaû, 
t. IX, n* 135. Orléans, 1888, iii-8*. 

— dtf 2a Société de9 Antiquairei de Picardie^ année 1888, n« 2. 
Amiens, 1888, in-8o. 

— delà Société de$ iciencee hisiorigueê et naturellee de PYotuu^ 
année 1888. Aùxerre, in-8«. 

^^ de la Société de statistique, sciefices, lettres et arts du dépar- 
tement des Deux-Sèvres^ an. 1888, n»* 4-6. Niort, in-8*. 

— delà Société historique et archéologique du Périgord, t. XY, 
4« livr. Périgueux, 1888, in-8*. 

Congrès archéologique de France^ LUI* session. Séances gêné» 
raies tenues à Nantes en 1886. Paris, Gaen, 1887, in-8*. 

Journal des Savants^ juin-juillet, 1888. Paris, in-4*. 

Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie^ t. XI. 
Amiens, 1888, in-4*. 

— delà Société des sciences naiureUes et archédogiqueê de la 
Creuse^ 2* série, 2« livr. Guéret, 1888, in-8*. 

-^dela Société éduenne, nouvelle série, t. XV. Autun, 1888, 
in.8*. • 

— delà Société pkilomathique de Verdun^ t. X. Verdun, 1888, 
in-8*. 

Becueil des notices et mémoires de la Société archéologique de 
Constantine^ t. III, 3« série, *1886-1887. Gonstantine, 1888, 
in-8-. 

Revue africaine, XXXI* année, n* 186, novembre-décembre 

1887. Alger, in-8*. 

— de CommingeSy Pyrénées-Centrales^ t. IV, année 1888, 2« et 
3* trimestres. Saint-Gaudens, in-8*. 

— de V Afrique française^ Vil» année, n»» 46, 47, 48. Paris, 

1888, in-8». 

— de VArt ekrétien, nouvelle série, 1888, t. VI, 8* livr. Lille, 
Paris, in-4'. 

GHASSAmo (Aug.). Cartukttre des Hospitaliers. Ordre de Saênt" 
Jean de Jérusalem dwVelay. Paris, 1888, in-8*. 

Ghauvbt (G.). Coup d'enl sur la période néolithique dans le 
département de la Charente. Angouléme, in-8<». 

Gloquvt (L.). De V origine du style gothique à propos d*une 
conférence de M. Dieulafoy^ in-4o. 



— 264 — 

— Description de VéglUe paroiseiaU de Lobhe», Lille , 1888, 
in-S*. 

— L'autel chrétien. Lille, 1888, in-8o. 

— QtiestwnM relatioes à V architecture gothique en Belgi^. 
Bruxelles, 1888, in-8». 

DuMUYS (L.). ^ote n^r une stèle hébraïque du XIII* nède 
trouvée à Orléans, Orléans, 1888, in-8*. 

Correspondance. 

M. Dumuys et M. Tabbé Muiler écrivent ponr remercier la 
Gompa^ie de les avoir élas associés correspondants natio- 
naux. 

Travaux. 

M. le Président annonce la perte douloureuse que la Ck>m- 
pagnie vient de faire dans la personne de M. Bordier, monbre 
résidant. — La Société charge M. Read de rédiger une 
notice sur la vie et sur les travaux de M. Bordier. 

M. de Laigue, associé correspondant national résidant à 
Florence, communique les estampages de plusieurs inscrip- 
tions trouvées à Néris et se propose de revenir, avec plus de 
détails, sur celte communication. 

M. Babelon, membre résidant, communique les moulages 
de plusieurs pièces récemment acquises par le Cabinet des 
médailles, entre autres un tétradrachme de Marathus, 
représentant le héros Marathos, et un médaillon en bronze 
de Commode portant au revers une galère. 

M. J. de Laurière, membre résidant, présente l'estampage 
qu'il a pris, au mois d'avril dernier, d'un» inscription 
métrique découverte à Arles vers la fin de Tannée 1886 et 
déposée plus tard au Musée de cette ville. 

d Cette inscription, dit notre cotifrère, gravée sur une 
plaque de marbre qui mesure 0»60 de haut sur On40 de 
large, est incomplète et contient Tépitaphe en douze vers 
d'un Faber Navalis^ Caecilius Niger, à lui dédiée par ses 
collègues de la môme corporation. 



— 265 — 

f Voici le texte exact de cet estampage a^ec reetitiition 
des parties disparues : 

Caeciliof 
NIGRO ¥kbro mvali. 

i. PfwfcRlÉNSQVlCVMQVELEGÉSHcwc earmina nostra 

2. QttAETIBIDEFVNGTiNOMINA- VERa dahunt 

3. /«comp/oSELEGOSVENIAMPETONEVERaarw 

4. PERLEGEREET-DIGASCARMENHa5ere bene . 

5. CAEGILIVSNIGEREST HIGILLE-SgmZTtw eum^dem' 

6. QVOGERNISTITVLyMSTARc hahet ecce locum 

7. NVNGTIBINAVALES-PAVGlDAMVSVL^tma vota 

8. HOGETDEFVNGTO-GORPORE-MVNttf hahe 

9. 0SSATVl8VRNlS0PTAMVSDVLGEQVIE*ca«< 
10. 8ITQVELEVISMEMBRISTERRAMo/«/a tuis 
14. ARTI/îGlARTIFlCESNIGRODAMVSISTA-SoioZ* 
12. CARMINAQVAEGLA VDIT-IAM- RESoîii/a salua 

[Caecilio] Nigro fa[bro navali] 

[Praete]riens quicumque leges h[aec earmina nostra] 

[Qtt]ae tibi défuncH nomina ver[a dabunt] 
[fne(mpto]s sUgos^ veniam peto^ ne ver[earis] 

Perlegere et dicas carmen h[àbere bene], 
CaecUius niger est hic Ule s[epuî]t[us; eumdem] 

Quo cernis titulum star[e kabet ecce locum], 
y une tibi navales pauci damus ul[tima vota]^ 

Hoc et defuncto corpore mun[us habe] ; 
Ossa tuis umis optamus dulce quie[scant] 

Sitque levis membris terra m[olesta tuis], 
Arti[fi]ci artifices nigro damus ista s[odali] 

Carmina quae elauditjam res[oluta salus], 

« Après avoir pris cet estampage, je l'ai communiqué à 
notre confrère, M. l'abbé Thédenat, et c'est à lui que je dois 
les restitutions de la fin du troisième vers, des deux der- 



nien moto da cinquiènie, de la fin du sixième et da hui- 
tième et le dernier mot du doiftième. 

c Deux mois plus tard, le XIY* volume du Coffu 
intcnptUnniÊM laiiaMTum a publié cette inscription d'après un 
estampage non oplime factum^ et il a eu soin d'établir des 
réserves sur quelques-unes de ses restitutions. L'estampage 
que j'ai Tbonneur de soumettre à la Société, comparé au 
texte du Corpus^ démontre en effet que quelques-unes des 
restitutions de ce recueil ne sauraient être acceptées : 

■ Le premier vers est ainsi rétabli au Corpus : 
[PraêU]BJE^& QVIGYMQVE LEGES E[t cannina wMccff]. 

« Il e)St facile de voir sur l'estampage que le fragment de 
la lettre qui vient après LEGES appartient à un H et non 
à un E. Il n'y avait donc pas E[l carmina nosces]^ d'autant 
mieux que leges et carmina nosces constitue un pléonasme 
inutile. Je propose E[aec carmina nottra] ou B[aee carmiMa 
pcmea], 

« Au troisième vers, le Corpuê 'restitue ineaw^toi et 
VBR[eam], et au quatrième vers : 

PERLEGERE ET DIGAS CARMEN E[ab€re betu]. 

€ On lit aussi dans le Corput^ aux cinquième et sixième 
vers : 

NVNC TIBI NAVALBS PAVd DAMVS VL[ft«a d^ma] 
flO[c] ET DEPVNCTO CORPORB MVN[«# trU]* 
et au onzième vers : 

[No8, vel «c, vel fedpau]ÇSL ARTIFICES NIGRO DAMVS 

[ISTA 80[d<rft]. 
« Au commencement de ce vers, on voit clairement sur 
l'estampage un A auquel il ne manque que la partie supé- 
rieure. Viennent ensuite la partie inférieure d'un R et les 
extrémités inférieures de deux tiges verticales; puis il y a 
un vide pour deux lettres : je lis ARTI[;î]Gl ARTIFICES 

et 

« Le douzième vers est ainsi complété par le Corput : 
CARMINA QVAE GLAVDIT lAM R[cipû2iM Bkodams], 
« On voit avec certitude sur l'estampage que le mot que 



— a57 — 

le Corpui lit B[apidu$] commençait par R£8 Bapidmt 

Rhodanus devient donc impossible. Je propose R£S[o2tiA»] 
on RE8[o2iito]. 

c Sur ce dernier vers, M. Alhner, dans nne double publi- 
oation^ du reste très sobre de restitutions (Reoueépigr.y 1886, 
p. 227 et 231), a proposé de lire Bapidum salvej d'après l'es- 
tampage communiqué au Corpus, ce qui est conforme au 
sens, mais entièrement contraire aux exigences de la proso- 
die. De même, au huitième vers, il a lu Corpore munuselum, 

€ Quoi qu'il en soit de ces diverses restitutions, ce texte 
est très intéressant en ce qu'il nous fournit un document 
nouveau sur la corporation des Fabri navales d'Arles. » 

M. J. de Laurière montre ensuite l'estampage d'un frag- 
ment d'inscription découvert récemment à Saint-Bertrand- 
de-Gomminges (Haute-Garonne), et conservé dans cette 
localité par M. Trie-Sigalis. Il est remarquable par la pureté 
et par la vigueur des caractères qui indiquent la meilleure 
époque. La plaque de marbre est bordée, sur trois cétés, 
de moulures, et nous devons croire que cette inscription 
appartenait à un monument de grande importance. 

GA' 

CE 

.IV 

IV 



EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 

DU 4* TRIMESTRE DE 1888. 



Séance du 7 Novembre. 

Présidence de M. G. Sgelumberobb, vice-président. 

Ouvrages offerts : 

AnnaUs de la Société du département des Vosges, année 4888. 

Annuaire de la Société française de numismatique et d^archéo" 

logiê^ juillet-octobre 1888. Paris, in-8». 



— 368 — 

AUi délia R. Aecademia ddU sâensê di Toniio, t XXm, 

livr. 13-15. Turin, 1888, in-8». 
BuUetin archéologique du Comité des travaux Mttofiqum et 

edentifiquêe, année 1888, n» 1. Paris, in-8*. 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Benrlie^, 

Duchesne, Lescœur, Tliédenat, IX* année, n«* 17, 18, 19, 

20, 21. Paris, 1888, in-8«. 
-—delà Diana, avril-juillet, 1888, in-8*. 
^^de la Société archéologique et hùtorique de rOrléaMis^ 

t. IX, n* 136. Orléans, 1888, in-8*. 
^de la Société de Borda^ XIU* année, 3« trimestre, Daz, 

1888, in-8«. 

— d€ 2a Société des Antiquaires de VOuest^ an. 1888, 2« et 
3« trimestres. Poitiers, in-8*. 

^dela Société dunoise^ n* 71, 1888. Ghâteaudun, 1888, in-8«. 

— delà Société historique et archéologique du Périgord^ t. XV, 
5^ livraison. Périgueux, 1888, in-8«. 

•^ de la Société industrielle de Mulhouse, juillet-septembre, 

1888. Mulhouse, in^8*. 
^ de la Société polymathique du Morbihan^ année 1887. 

Vannes, 1888, in-8*. 

— de la Société scientifique ^ historique et archéologique de h 
Corrhe^ t. X, 3» livr. Brive, 1888, in-8*. 

-" d'histoire ecclésiastique et ^^archéologie religieuse des ctib- 
cèses de Valence y Gap^ Grenoble et Viviers ^ rédigé par 
M. Tabbé Ulysse Chevallier, VIII" année, janvier-août 
1888. Valence, in-8*. 

Commission des Antiquités et des arts du département de Seine* 
et'Oise, t. VIH. VersaiUes, 1888, in-8*. 

Journal des Savants^ août-septembre 1888. Paris, in-4*. 

Mémoires de rAcadékie de Stanislas, GXXXVIII* année, 
5* série, t. V. Nancy, 1888, in-8*. 

-^dela Société d'émulation du Douhs, VI* série, t. Il, 1887. 
Besançon, 1888, in-8*. 

— delà Société d'émulaticn du Jura^ IV* série, t. UI, 1887. 
Lons-le-Saunier, in-8*. 

— de 2a Société des Antiquaires du Centre, 1887-1888, t. XV. 
Bourges, 1888, in-8*. 



•-- 269 — 

-^dela Société d^hûMre et (Tarehéologiê de ChaloH'iur'Saâney 
t. Vn, IV partie. Chalon-sur-Saône, in-4». 

-—delà Société historique dm Cher, 4« série, t. IV. Bourges, 
in.8». 

— delà Société de siatiitique, sciences^ lettrée et arts du dépar^ 
tement des Deux^èvres, 3« série, t. Y. Niort, 1888, in-^*. 

— et documents publiés par la Société d^ histoire et d'arehéùh' 
gie de Qenève^ nouvelle série, t. III, l^* livr. Genève^, i888, 
in-8o. 

Recueil de la Commission des arts et monuments historiques de 
la Charente-Inférieure^ 3« série, t II, i6« livr. Saintes, 
1888, in-S*. 

— des Ordonnances des Pays-Bas autrichiens^ t. VI. Bruxelles, 

1887, in-fol. 

Revue africmne, n* 187. Alger, 1888, in-8«. 

Rem^ de V Afrique française^ n^ 49, 50, 51. Paris, 1888, in-8\ 

-^deSainionge et d'Aunù, i. VIII, b* livr. Saintes, 1888, in-8*. 

— historique et archéologique du Maine^ t. XXUI, an. 1888, 
l«r semestre. Le Mans, in-8o. 

Travaux de V Académie nationale de Reims^ t. LXXXI. Reims, 

1888, in-8o. 

Bayb (baron J. de). Les Francs Saliens et les Francs Ripuaires 
au congrès de Charleroi en 1888. Angers, 1888, in-8o. 

Briquet. Le papier arabe au moyen âge et sa fabrication, 
Berne, 1888, in-S». 

— Papiers et filigranes des archioes de Gênes^ 1154 à 1700. 
Genève, 1888,'in-4o. 

BuLTBAU (l'abbé). Monographie de la cathédrale de Chartres ^ 

t. n, n* 2. Chartres, 1888, in-8'. 
Ghallamel (Jules). Loi du 30 mars 1887 sur la conservation 

des monuments historiques et des objets d^art, Paris, 1888. 
Des Robert (F.). Campagnes de Charles /K, duc de Lorraine 

et de Bar, Paris, 1888, in-8«. 
GiLUOTS VAN SsvBRBN (L.). Coutumes des pays et comté de 

Flandre. Coutumes de la prévôté de Bruges, Bruxelles, 1887, 

in-4». 
Baillant (N.). Bibliographie vosgienne de l'année 1885 et sup* 

plément aux années 1883-1884. Épinal, 1888, in-8*. 



— 370 — 

Jaoàmx (Henry). Dm$x réiMei.de la Jtowttfcwc» 4M Muk de 

RcîBtf. Reima» 1888, in-8«. 
— Lm anciêmms croie ii« dlantM dt eatrefimrs «# di «»•- 

tih^ dans U pays rémoi» 4t le» Ardênnes. Reims, 1888, iii-8*. 
JuLLiOT (G.) et Pbou (Maurice;. Geoffroy de Courlo», Le JUorc 

dee rtÙfiM» de Vdfhttye de SaùU-Pierre4e'Vifde Sene. Sens, 

i887, in-18. 
liAYALBrrB (F. db). FoUmiqwee aJtpme» ; «m reetifuaiiom, Gap, 

1888, in-8». 
Lbgot db ul Mamchb. UEepHt de net otaix. Paris, 1888, 

iii-18. 
MussBT (Georges). Le lac d^eau douce d^Arvert et delà Trem' 

hlade, La Rochelle, 1888, in^-S». 
Petit (E.). l^ eéjoun de Charles F (1364-1380). Paris, 1888, 

in-8«. « 

TAiLLBBOts (E.). Le Trésor de Lahas (Gers). Daz, 1888, îii-8*. 

Correspondance, 

M. Robert de Guyencourt, présenté par MM. Bertrand et 
Schlumberger, écrit poar poser sa candidature au titre d'as- 
socié correspondant national; MM. Courajod, Thédeoafc et 
Bapst sont désignés pour faire un rapport sur les titres pré- 
sentés par le candidat. 

Travaux, 

M. Etienne Héron de Yillefosse, associé correspondant à 
Ghartronges, présente une brochure de M. Ghallamel sur 
la loi du 30 mars 1887, relative à la conservation des monu- 
ments historiques et des objets d'art, et insiste sur Tutilité 
de ce travail qui fait connaître les efforts faits depuis cin- 
quante ans par les sociétés savantes et contient un exposé 
des législations étrangères sur la matière, ainsi qu'un com- 
mentaire de la nouvelle loi française. 

La Société déclare vacante la place de M. H. Bordier et 
fixe l'élection de son successeur au deuxième mercredi de 
janvier. 

M. le marquis de FayoUe, associé correspondant à Péri- 



— 271 — 

gnenx, adresse le f&c-similé d'une marque, représentant une 
main tracée au fer rouge au revers d'un tableau de TËcole 
de peinturé d'Anvers. 

M. Cioarajod fait observer que cette marque a déjà été 
signalée à la Compagnie, par lui et par M. Corroyer, sur des 
panneaux et des sculptures en bois; il annonce qu'il revien- 
dra prochainement sur cette question. 

M. Mowat, membre résidant, présente l'estampage d'une 
inscription qu'il a pu examiner au Musée de Saint-Quentin 
dans les conditions les plus favorables, gi*âce à l'obligeance 
de M. Théophile £ck, directeur de cet établissement devenu 
rapidement très important en antiquités locales par la libé- 
ralité de plusieu^ donateurs et par le zèle de la Société aca- 
démique. • 

C'est une tablette de pierre calcaire, large de 0»330, haute 
de 0"375, épaisse de 0»060, brisée en plusieurs fragments ; 
l'inscription est gravée sur huit lignes, en lettres hautes de 
deux centimètres. Au-dessous de la dernière ligne, on 
remarque trois cavités circulaires ou godets, de trois centi- 
mètres de diamètre, à l'intérieur desquels du plomb a été 
coulé de manière à simuler les sceaux buUaires fixés au bas 
des anciennes chartes. En tenant compte des éraflures qui 
ont emporté quelques lettres, on lit : 



I ANNO : SEXTO • C//NTN 
IPOSITUS : FUIT : HOC 
IMONIMÊTUM : PER : 

i/////SSU C// /OTAR /////// : 
IFRANCORU//// : REX/// 

1C////LPERIC1 : FiLius : 

I I////R//ACIES ; SUESIONE 

|DlES: lANUARIi VIGENTI 

000 



Sôivant l'auteur anonyme d'un article du Journal de Sahu- 
(iuêuHm {m^ du 29 janvier 1826), intitulé Notice sur une ws- 
cripiion trouvée à Samt-Quentiu le ^janvier 1826, et para- 
phrasé dans diverses publications S cette inscription aurait 
été découverte sur remplacement de Tancien bastion de Gou- 
lombié, près de la porte 8aint-Martin, en creusant un ter- 
rain appartenant à M. Lemaire-Dufourj lequel aurait Mi 
abandon de la trouvaille à la Société des sciences et arts, sur 
les instances de son président et du sous-préfet. Les éditeurs 
de ce texte l'ont ainsi lu : 

Anno sexto centesimo positus fuit hoc monumentum per 
jussum Clotarius Francorum rex ChUperici filius iter fadens 
Suessionem dies januari vigenti. 

M. Mowat relève Tétrangeté de cette rédiction qui ne sau- 
rait être mise au compte d'une certaine barbarie de langage 
du vu* siècle, comme on Ta allégué, mais qui décèle la mala- 
dresse d'un moderne faussaire demi-lettré. Les inscriptions 
et les actes des rois mérovingiens, bourguignons, wisigoths 
étaient invariablement datées de Tannée de leur règne et du 
jour des calendes, nones ou ides du mois. D'ailleurs, l'abré- 
viation GENTEN pour centesimo est absolument apocryphe; 
la locution anno sexto centesimo ne peut se traduire que par 
Van 106; il eût fallu anno sexcentesimo pour signifier Tan 600 
qui était évidemment dans la pensée du rédacteur. Posilus 
pour positum et Clotarius pour Clotarii sont deux autres énor- 
mités grammaticales; en style épigraphique , mowumentum 
n'a jamais eu que le sens de tombeau. La filiation est inusitée 
dans les inscriptions royales de cette époque et, en tout cas, 
elle ne peut avoir été rejetée après le titre de Francorum rex 
que par une bévue d'écolier. Les pseudo-bulles de plomb 
fixées au bas de ce texte lapidaire assimilé à une charte 
achèvent la démonstration de sa fausseté. A Saint-Quentin 

1. GoMette de France, n* du 6 féTrier 1826. — Journal de Saùtt-QuenH»t 
n* du i% février 1826, lettre signée LEOPOLD TRPIK (iic), — Ainuuiodk ie 
Saint-Quentin pour F année 1834. — Magasin pittoresque, t. XX, 1851, p. 240, 
fec-eimUé. — H. Bordier et Ed. ChartoD, ffistoire de France, 1. 1, 1859, p. 143, 
fae-similA. — Ch. Gomart, Études Saint-Quentinoises, t. II, 1862, p. 59, &e- 
■imilé. — Ed. Fleury, Antiquités et monuments du département de VAitne, 
t. Il, 1876, p. 207, fac-BÎfflilé. 



— 27S — 

cependant, son authenticité paraît solidement établie, puisque 
la ruê et la place Cïotairt II doivent leur nom à la décou- 
Terte de cette inscription. 

M. de Laigue, associé correspondant à Florence, lit un 
mémoire sur deux inscriptions découvertes récemment à 
Néris-les-Bains, et dont il a déjà entretenu la Compagnie à 
la séance du 5 septembre. 

Le mémoire de M. de Laigue est renvoyé à la Commission 
des impressions. 

M. l'abbé Thédenat, membre résidant, signale une inscrip^ 
tion latine, trouvée à Louqsor, qui fait connaître un person- 
nage chargé d'un commandement militaire important à 
Tépoqua de Constantin : 

« Je dois à l'obligeance de M, Maspéro la photographie d'une 
inscription récemment trouvée dans les ruines du temple de 
Luna À Louqsor, pendant les fouilles exécutées par TËcole 
française du Caire. 

c L'inscription est gravée sur une base surmontée d'une 
corniche : 

FORTISSIMO oG PIISSIMO* 
IMPDNFLVAZ(K)NSTANTINO 
PF INVIGTO AVGVSTO- 

VALROMETALCAVPDVX 

AEGBTTHEBVTRARVMQBCf 
LIBfi ' NMQ • EIVSSEMPËR 
DICATI88IMVS- 

Fortissimo [a]c pOssimo imp{eratorij D{omino) n{oslro) F/(a- 
vio) Va[l{erio) C]oiutantino ^ p(io) ^ /{èlicij ^ invicto^ Augusto^ 
Val(€Tius) Rometaka^ v(ir) p(er/ect%ssimus)^ dux Aegiypti) si 
Thêbiaidos)^ utrarumq(u)s Lib{yarum), »(«mtAt) m(ajest<Ui}q(uê} 
ejus semper dicatissimus, 

« Les E sont lunaires, les V presque ronds à Textrémité 

AMT. BULLETUf. 18 



— 1T4 — 

infèrioare. La fonoe des lettres est très eamctéristiqae de 
répoqae à laquelle appartient rinsoription. 

« A la ligne 5, le iapidde a omis de graver le dernier "V 
du mot utrarumque*, 

f Cette inscription nous fidt connaître le nom â*nn per- 
sonnage qui| sous le règne de Constantin, fut chargé d'un 
commandement militaire important. U avait» en effet, le 
commandement militaire des provinces d'Egypte et de Thé- 
baîde et des deux Lybies. 

« Cest un fait intéressant à noter. Constantin, on le sait, 
s'attacha à diviser le pouvoir. Il suivit cette politique dans 
l'administration militaire aussi bien que dans Tadministra- 
tion civile. L'autorité étendue dont vâlerius Rometalca était 
revêtu est donc, à l'époque où fut érigée cette inscription, un 
fait assez exceptionnel. Si cette exception a été voulue, elle 
est facile à expliquer. U ne serait pas surprenant que Vem- 
pereur Constantin ait compris la nécessité de laisser concen- 
trées sous une main ferme toutes les forces militaires de ces 
trois provinces. Sans remonter jusqu'à Diodétlen, qui eut à 
soutenir des luttes longues et pénibles en Egypte contre 
l'usurpateur Achilleus, et au sud de la Thébalde contre les 
Blemmies, dont les brigandages devenaient intolérables, on 
sait que, sous Constantin, les discordes religieuses, poussées 
dans ces trois provinces à l'état aigu, engendrèrent de graves 
séditions et une agitation presque continuelle. En outre, 
dans ces mêmes provinces, les impôts ne rentraient qu'avec 
une extrême difficulté, et, plus d'une fois, il fallut recourir 
aux forces militaires pour en opérer le recouvrement. 

« Le cognomen Rometalca, porté par le dux Yalerius, rap- 
pelle celui de souverains qui régnèrent en Thrace sous le 
protectorat des empereurs romains. 



1. Cette omission, jointe à ce fhit qne le point qui termiiie la ligne n'est pes 
Tisible mr la photographie, m'aTaient d'abord fait lire : JhuÊ Âe§{ypti) H The- 
6(atdttm) wtrarumq{itM) f [<] Lih\jfwrum). Il réfultait de oette leotore que ee texte 
nous aurait fait connaître, sons l'emperenr Constantin, une dîrision momentanée 
de la Tbébalde en deux provinces. Un estampage que IL Bénédite a en l'obligeaiMe 
de mettre à ma dispoùtîov m'a peimia de reotifler vnsX llmpceanon cette enenr 
de lecture. 



— 275 — 

c  Thèbes, une des villes importantes du commandement 
confié à Yaleiius Rometalca , on visitait les anciens tom- 
beaux des rois. Là, parmi les sentences et les noms gravés 
par les nombreux voyageurs de toutes les époques, on lit le 
graffîte suivant^ : 

tTCupoîMHT^XK.\C Ç\\ON 

Grafitt de$ tombeaux des rois^ à Thibet, 

*ETâ» *Poi|JiY)TdXxac eI8ov. 

c Yalerius Rometalca dut être plus d'une fois appelé à 
Thébes par ses fonctions. Gomme tous les voyageurs de ce 
temps, il visita sans doute les célèbres tombeaux. Est-ce lui 
qui a gravé ces trois mots, témoignages de son passage ? Il 
serait curieux de pouvoir donner un autographe du person- 
nage dont Tinscription vient d'être retrouvée à Louqsor. Il 
est cependant fort possible que ce graffite soit Pœuvre d'un 
des princes de la famille royale des *Pot|iYiTdXxocc. » 

M. Germain fiapst, membre résidant, signale un certain 
nombre d'erreurs dans un ouvrage publié par M. Vanderheym 
sous le titre de Notice historigue eur les joyaux de la Cou- 
romie conservée au Musée du Louvre. 

M. Saglio confirme les critiques formulées par M. Bapstet 
proteste contre les assertions de l'autear qui parait vouloir 
attribuer à l'administration du Louvre, et à lui en particu- 
lier, une collaboration à cette publication. 

M. JuUiot, associé correspondant à Sens, présente une 
statuette en ivoire du xv* siècle, représentant la Vierge et 
FEufant Jésus, ainsi que deux petits bustes, également en 
ivoire, d'une époque un peu postérieure. 

1. Letrftne, Recueil des inscriptions grecques et latines de VÉgyplCy t. II, 
p. t89 et plraebe XXIV, n* 25. — G. DeyiUe, Inscriptions grecques d'Egypte 
recueillies en 1861, dani les Archives des missions scientifiques et littéraires, 
S* série, t. II (18«8), p. 467, tfl 70. 



— 276 — 

M. Durrieu, membre résidant, lit une note de M. CaBtan, 
associé correspondant à Besançon, sar une bague romaine 
trouvée à Yaire«ie-Grand (Doubs) : 

« Dans le village de Vaire-le-Grand, situé sur la rive gauche 
du Doubs, au pied d'un promontoire rocheux qui supporte 
un château moderne ayant vraisemblablement remplacé un 
cattrum antique, une poule, en grattant le sol d'un emplace- 
ment occupé par des sépultures romaines, a fait surgir une 
petite bague en or pur, du poids de 6 gr. 40, dont le chaton 
circulaire, de 9 millimètres de diamètre, porte, en pointillé, 
une inscription transversale qui est ainsi conçue : a AD CX)NL t 

fl Cet anneau, dont le jonc, grossièrement forgé, n'a que 
13 millimètres de diamètre intérieur, ne pouvait guère des- 
cendre au-dessous de la seconde phalange du plus petit des 
doigts d'une main très effilée; mais les sculptures antiques 
montrent des exemples de mains ornées de bagues qui ne 
dépassent même pas la première phalange des doigts*, c Ne 
« porter qu'une bague au petit doigt, t écrivait Pline TAn- 
cien>, c c'est dire avec orgueil qu'on en a sous clé de plus 
« précieuses. » 

c L'inscription ci-dessus transcrite ne peut laisser aucun 
doute sur le caractère de l'anneau qui en est pourvu. Cest 
un annuhu pronubus, anneau de fiançailles, et l'inscription 
qu'il porte me semblerait devoir être interprétée suivant l'une 
ou l'autre de ces formules, d'ailleurs synonymes entre elles : 
AD • œNIu^m , AD • COmunctianen* , AD ' GONIiu^ai- 
dum; c'est-à-dire en vu€ du mariage ou pour le mariage, L'in* 
terprétation AD * CONlugem (à V adresse de V épousée ou poiur 
ïépouse) serait également plausible. 

a Vannulus pronuhus était offert par le fiancé à sa future, 
peu de temps avant le mariage, comme gage de la sincérité 

1. Voyex ptrttcultdrement « une main «n bronze, fragment d*iuie eUtae cod- 
■erré au Musée dei OrScee, à Florence » (Seglio, Dictionnaire des antiquités, 
fig. 3»3, t. I, p. 296, col. 2). 

2. K Et ttnnm (annulum) in ninimo digito habuisie, pretioaioris in recondito 
supelleetUia ostenUUo est » (Pline, Bist. nat., lib. XXXIII, c. yi). 

3. L'expression conjunctio se troure rapprochée do mot annultu dans oe pas- 
sage de Tertollien : « Neque vestitus ririlis, neqne annnlus aut coiganctio mari- 
talis, de alicujus idoli honore descendit » {De IdoUUria, c. xti). 



— 277 — 

des promesses échangées entre eux. Juvénal parle de cet 
usage <; Pline T Ancien l'atteste également, mais en disant 
que la bagne de fiançailles était de fer, sans pierre pré- 
cieuse au chaton'. U est toutefois contredit par TertuUien' 
et Isidore de Séville^ qui l'un et l'autre affirment que la 
hague de fiançailles était en or. 

c Quel parti, dit à ce propos l'érudit Kirchmann', devrons- 
a nous adopter en face d'une contradiction aussi flagrante ? 
a Certes, Je me trouve à cet égard absolument perplexe. » 

ff La contradiction s'explique cependant avec facilité. La 
bague de fiançailles, originairement en fer, se transforma 
plus tard en or par suite de l'invasion du luxe dans les 
mœurs romaines, Pline l'Ancien, lui-même, semble affirmer 
incidemment cette transformation, lorsqu'il dit, au sujet 
des diverses sortes de bagues <^ : « Le luxe y a apporté des 
« modifications nombreuses, ainsi qu*à tout ce qu'il touche. • 

ff Je dois la communication de cette bague à l'obligeance 
de M. Reboul de la Juiliière, propriétaire du château de 
Yaire-le-Grand. » 

M. Héron de Yillefosse, membre résidant, envoie à la 
Société une note extraite de la Gaxitie de Fraise {{•' mars 
4782, p. 89) ; elle est relative à une célèbre inscription bilingue 
trouvée à Malte et conservée aujourd'hui au Musée du Louvre, 
dans la salle des antiquités phéniciennes 7. 

1. « CoiiTentain Umva et ptctam, et spooMlit nostn 
TempesUte paras; jam a toniore magistro 
PecteriSf et digito pigaos fortaase dedieti. » 

(Sot., VI, 25-27.) 

2. a Qqo argamento etiam nane eponeae maneri ferrens annolas mittitar, Uqne 
aine grauna » (Pline, ffist. nat„ Ub. XXXIII, c it) . 

3. « Cîrca feminas qnidem eliam illa majoram instituta eecidenint...; cnm aunun 
nulla norat, praeter unico digito quem sponsue oppigneraeset pronubo annolo » 
{Apologet.^ e. n). 

4. « Feminae non nsae annulis, niai qnoa virgini sponsua mieerat : neqne amplios 
qnam binoa aoreos in digitia habere solebant « (^fymoJ., lib. XIX, c. xxxii). 

5. Job. Rirchmaxuii De Amiuliê, Lugd.-BàtaT., 1672, in-i2, p. 157. 

6. « Moltia hoo modis, ut cetera onmia, luxuria Tariavit » (Hi»t, nat., lib. XXXIII, 

c. Tl). 

7. Il s*agit de rinsciiption bilingae, grecque et phénieienne, publiée dans le 
Corpus mseriptiomm temitiearum loos le n* 122. 



— 278 — 

D'après la tradition, ce monument aurait été donné au roi 
Louis XVI, en 1780, par le chevalier de Rohan, grand maitie 
de Malte, et le roi l'aurait fait déposer à la bibliothèque 
Maxarine. La note de la Gatêtu nous apprend, au contraire, 
que le don fut fait directement par TOrdre de Malte à l'Aca- 
démie des inscriptions et beUes^lettres et que le comman* 
deur de Boscheron, agent général de l'Ordre, fit apporter l'ins- 
cription à l'endroit même où la Compagnie tenait séance, le 
16 février 1782. U y a, dans cette note, des détails précis et 
une date certaine qu'il importe de relever < : 

c L'ordre de Malte vient de donner à l'Académie des ins- 
ff criptions et belles-lettres une preuve de rintérét qu'il 
c prend à ses travaux. On conservait dans cette île deux 
« marbres, sur chacun desquels était gravée une même 
f inscription phénicienne, que l'abbé Barthélémy avait 
« expliquée; mais, comme il n'en avait eu que des moules 
f en plâtre qui n'avaient pas l'authenticité des originaux, 
« l'Ordre a voulu que l'un des marbres fùt présenté de sa 
« part à l'Académie, et le commandeur de Boscheron, agent 
« général de l'Ordre, l'a fait tmnsporter le 16 février. La 
c Compagnie Ta reçu avec une vive reconnaissance et l'a 
« placé avec distinction dans sa bibliothèque. Il ne s'agit 
A dans l'inscription que d'un vœu adressé par deux Ty riens 
« à Hercule ; mais ce qui en fait le prix, c'est qu'elle sert à 
c fixer la valeur, jusqu'à présent incertaine, de plusieurs 
c lettres phéniciennes, qu'elle a engagé plusieurs savants de 
c l'Europe à s'occuper de ce genre de littérature et qu'elle a 
« donné lieu à de| découvertes importantes, i 

M. Ant. Héron de Villefosse présente ensuite, de la part de 
M. G. Musset, associé correspondant national à la Rochelle, 
une liste d'objets trouvés en Tunisie. Ces différents objets 
ont été rapportés par M. Lebois, vétérinaire de l'armée 
d'occupation, et acquis par M. G. Musset en 1887 : 

lo Lampe romaine en terre jaune-rougeàtre terne. Long., 



I. Je doit la eomiAiwuM at la eopia da oa patit docnmaftt à mon «har M saTiat 
eonfirâra M. Lndorie Lalanna, Mbiiottiéaaln âa rbatitot. 



— m — 

OMi50; larg., 0<M00. Un m^ mUomré de guUlêchmm. Nom 
an potier : GAPRARI, C^^mnlt). Provenance : Garthage. 

2<> Lampe romaine en terre jaune-rougefttre terne. Long., 
0*150; larg., 0»072. Dianétmrun cêrf^ entourée d'ovee. Oki Ut : 

EXOP 
VINDI 
GIS 
Ex of{ficina) Vindicis. 

Provenance : Garthage. 

30 Lampe romaine en terre jaune-rongeâtre terne. Long., 
0*120; larg., 0»093. Apollon tnr un higé^ entouré de guillo- 
chnres. Aucun nom de potier apparent. Provenance : Garthage. 

4« Lampe romaine en terre ronge très lustrée. Long., 0*150 ; 
larg., 0*075. Omem^tation rayonnante dana le centre; à Ten- 
tour, des cœurs alternés avec des quatrefeuîlles ou des rosaces. 
Provenance : El Djem. 

^ Petit vase allongé, à une anse, en terre rouge&tre deve- 
nne grise à la surface. Long., 0»140; largeur de la base, 
0»040; de l'ouverture, 0«030. Provenance : El Djem. 

6* Tronc de statuette mutilée, en marbre blanc, nu, de très 
bon style. Larg., 0*600. Provenance : Tina, 10 février 1884. 

7* Pointée de flôcbes, lames, grattoirs, en silex blond, 
robenhausiens, patine brune, brillante et translucide ; sans 
indication de provenance, sauf une pointe de flèche à base 
arrondie, très finement retoucbée, qui provient de Sfax. 



Séance du 1& Novembre. 

Présidence de M. G. Ddplessis, anden président. 

Ouvrages offerts : 

Atti délia JR. Accademia dei Lincei^ année GGLXXXIV, 
4« série, t. m, part. 12 ; t. lY, part. 1-12. Home, 1888, in-4». 

Banquet given hy ihe Leamed eocieties of PkUad^hia at tke 
americaà Àcadêmp o/musie^ septembre 17, 1887. Philadel- 
phie, 1888, in-8\ 



— 280 — 

BMeitmo ai Ard^êoloffia Ctùikma del commendaftore Gio- 
▼anni Battista de Rossi. IV* série, lY* année. Rome, 48^, 
in-8*. 

— di atcheoUgia t itoria Dabmaia^ anno XI^ n* 8, 1888. 
Spalato, in-8*. 

— delU operê moderne straniere acquistttte dalle bibUotecke 
puhUehe govemaiive del regno d^Ualia^ t. IH, n«* 1-3. Rome, 
i888, in.8*. 

Der Geêchichtsfreund MUiheilungem des historischen Vereùu 

der Junf Orte ijuxem, Ury, ScàwyXy Untertoalden nmd Zug, 

t. XlAIl. Einsilden, 1888, ia-8^ 
École frwnçmie ê^Athh^eê, BuUetin de corretpondance hdU^ 

nique, XII* année, aYril*novembre. Athènes, in-8<>. 
KoTTeapomdenMatt der Wutde^sehen Zeitechrift fikr Ge» 

sehickte und Kunet, VII* année, n«« 9 et 10. Trêves, 1888, 

in-8*. 
MiUheilungen des historischen Vereim fur Sieiermarky 

t. XXXVl. Grai, 1888, in-8-. 
Proeeedings of the Society of antiquaries ofLondon^ 19 a?ril- 

23 juin 1888. Londres, in-8*. 
Revue belge de numismatique^ année i888, 4* livr. Bruxelles, 

in-8«. 

— de Saintonge et d^Aunis^ t. VIII. Saintes, 1888, in-8*. 

— savoisienne^ XXIX* année, juillet-août 1888. Annecy, 
1888, in-8*. 

Smithsonian miscellaneous Collections^ t. XXXII. Washing- 
ton, 1888, in-8*. 

The american Journal of Archoeology and of thé fine arts^ 
juin 1888. Boston, in-8*. 

SocUti des Antiquaires de la Morinie^ bulletin historique^ 
XXXVn» année, 147* livr. Saint-Omer, 1888, in-8*. 

Viestnik hrvatskoga arkeologickoga druxtva^ t. X. Agram, 
1888, in.8«. 

Westdeutsehe Zeitschrift fiir Gesehichte und Ktnst, n« 11, 
année 1888. Trêves, 1888, in-8*. 

Blanghet (J.-Adrien). Denier coronnat de Charles le Marnais^ 
1343-1387. Dax, in.8-. 



— 284 — 

— yumitmoHquê héamaii€. Les gravet^rs m Béam. Dax, 

1888, in-8'. 

— Scemi de la Monnaie de Tournai. Màcon, 1888, in-8*. 
Ghavbronoibr (Augaste). Notice sur le recueil des testaments 

enregistrés en la chancellerie de Foret^ 1272-1467. Saint- 
Etienne, 1888, in-8'. 

EspÉRANDiBU (Ëm.)> Note sur quelques monnaies découvertes à 
Poitiers par leR. P. Camille delà Croix, Poitiers, 1888, in-8*. 

Flahmarion (Jules). Remontrances du Parlement de Paris ou 
XVIIl* siècle, t. I, 1715-1753. Paris, Imprimerie natio- 
nale, 1888, in-4v 

Heiss (Âloys). Description des monnaies antiques de VEspagne, 
Paris, 1870, in-4o. 

— Description générale des monnaies des rois wisigothê d^Es» 
pagne. Paris, 1872, in-4<'. 

PiLLOY (J.). Études sur d'anciens lieux de sépultures dans 
fAisne, t. H, l*^ livr. Saint-Quentin, in-8'. 

Robert (F. des). Campagnes de Charles IV y duc de Lorraine 
et de Bar y en Franche-Comté^ en Alsace^ en Lorraine et en 
Flandres, 1638-1643. Paris, 1888, in-8<». 

Thédenat (E,),La stèle de Senobena, Paris et Gaen, 1888, in-8*. 

— Mémoire sur les milliairu de V embranchement de la voie 
aurélienne qui allait à Riex. Paris, 1888, in-8*. 

Correspondance. 

M. Maurice Prou, présenté par MM. E. Le Blant et Gha- 
bouillet, et M. le baron J, de Baye, présenté par MM. Aulbert 
et Longnon, écrivent pour poser leurs candidatures à la 
place laissée vacante par la mort de M. Bordier; la com- 
mission chargée de faire un rapport sur les titres de M. Prou 
est composée de MM. Babelon, de Barthélémy et Durrieu ; 
la commission chargée de présenter un rapport sur les titres 
de M. de Baye reste composée de MM. Flouest, A. de Bar- 
thélémy et Prost. 

M. Aloys Heiss, présenté par MM. de Barthélémy et 
Schlumberger, écrit pour poser sa candidature au titre d'as- 
socié correspondant national à Sceaux ; le Président désigne 



— M2 — 

MM. Btbelon, Molinier et MûnU pour ftirmer la oommlfi- 
sion chargée de présenter un rapport sur les titres da 
candidat. 

M. £. Mûntz fait, au nom de M. J. de Lanriàre, la com- 
monication suivante : 

« M. Tabbé Carsalade, rérudit président de la Commission 
des archives de Gascogne, avec une gracieuse obligeance 
pour laquelle nous lui témoignons toute notre graiitnde, a 
bien voulu nous communiquer le document suivant extrait 
de rinventaire des archives des comtes d*Annagnac, docu- 
ment qui nous révèle le nom de l'orfèvre^ auteur du tom- 
beau de Clément Y, à Uzeste. 

Extrait de VinventairB des arekhei des comtes d^Armagmae. 

c Item ung vidimus du marché de la tombe, sépulture, 
c chasse et tumbeau du feu Pape Clément cinquiesme, &ict 
« entre le procureur de Bertrand de Guot, vicomte de 
« Lomaigne et d'Autvillars, d'une part, et Jehan de Bonne^ 
« val, marchant et bourgeois, orfèvre demourant à Orléans, 
f faict l'an mil CCC quinze, le mardy après la quinzaine de 
a Panthecouste, signé de notaire et scellé en cire vert du 
scel de la prévosté d'Orléans, coté au doz n xx. 

« Item une sentence arbitraire signée de notaire, faicte 
« Tan mil CGC dix-neuf le xvi« jour de juing, sur le débat de 
f la capse ou tumbe du feu pape Clément cinquiesme qui 
ff estoit entre messire Bertrand de Guot etson procureur d'une 
a part, et Jehan de Bonneval, bourgeois d'Orléans et autres 
« orfèvres qui avoient fkict ladite capse, d'autre part. Et fut 
c laditte sentence prononcée à Yilbaudraud au diocèse de 
« Bourdeaux, à laquelle sont annexées les lettres de i'offi- 
c cial de Bourdeaux, scellées du scel de l'officialité, conte- 
c nant comment maistre Jehan de Lessac, qui a signé ladite 
« sentence, est notaire. Coté au doz ir. lxxx. » 

M. R. de Lasteyhe, membre résidant, lit un mémoire sur 
l'église de Salnt-Quinin de Yaison; il reconnaît dans cet 
édifice un ouvrage du milieu de l'époque romane. 



— 283 — 

Le mémoire dé M. R. de Lasteyrie est renvoyé à la Com- 
mission des impressions. 

M. Babelon, membre résidant, lit, an nom de M. Manrifie 
Prou, une note relative aux inscriptions carolingiennes des 
cryptes de Téglise Saint-Germain d'Auxerre. Quelques-unes 
avaient été aperçues par M. Alfred Ramé en 1S80. M. Prou, 
en faisant tomber le badigeon du xvi* siècle qui les recou- 
vrait, a pu en découvrir quelques autres. Ces inscriptions 
sont peintes en rouge; elles se composent de lettres capi- 
tales; les mots ne sont pas séparés; elles sont en vers hexa- 
mètres. 

A gauche de l'arcade qui précède le tombeau de saint 
Germain, on lit : 

///////NS 8///CRA QVAM C0NFKS8I0 Po///// 
/////GVM VIGET AG RoPVR DANT 088A BEATA 
8VPPL1C1BY8 MANAT TbLLYS YENERATA SALvTbM 

à droite : 

/////8TI8 me IVRE PREGATA REDVNDAT 
///TVTYM IVBAR EGR0TI8 PE\ ///////////// 
OPTIMA 81 POSGIT 8PéS HING BB////////// 

Plus près du tombeau de saint Germain, à la naissance de 
la voûte en berceau qui lé précède, du côté gauche : 

GERMANO DS ANNVIT HOG REQV///// 
REMIGIVS GVM HILARIo SAGBR EXP//// 
à droite : 

////LEVA TENENT BEATORVM GoRPoRA QVORVM 
En un autre endroit de la crypte, près du tombeau de saint 
Gensoir : 

[8]GI GEN8VRn EPI ET //// 
Au-*dessus, il y avait une autre ligne dont on n'aperçoit 
plus que des lettres isolées. 

Toutes ces inscriptions sont, d'après M. Prou, celles qui, 
au dire de Thistorien Raoul Glaber, avaient été composées 
par des viri scolasiici et que Raoul avait été chaiigé, au début 



— 284 — 

da XI* siècle, de restaurer. Il est donc probable qu'elles 
remontent à l'époque même de rachèvement de la crypte, 
c'est-À-dire à Tannée 859. Peut-être sont-elles l'œuvre du 
moine Héric. Quant à Raoul Glaber, il a dû se contenter 
d'en rafiraicbir la couleur. 

La fin du second et celle du troisième vers de la seconde 
inscription rapportée plus haut ne pourront jamais être 
retrouvées, car elles ont été recouvertes par une inscription 
du XIII* siècle dont les lignes sont peintes alternativement 
en rouge et en noir, et dont quelques mots seulement étaient 
jusqu'ici visibles. 

HIG TVMVLATA lAGENT 
FRÂTERNI MENBRA BEAT! 
QVI 8EDIT IN EPISCoPATV 
DIE VNO SVCCEDENS TER 
CI POST BEATVM 6ER 
MANVM ET GV PALMA 
MARTmn FELIX MIGRAV 
AD XRM TERGIO KLOGTOB 



Séance du 21 Novembre. 

Présidence de M. A. db BARTUiLEinr, ancien président. 
Ouvrages offerts : 
Acia de V Académie nationale de» sciences j beUes^itres et arts 

de Bordeaux^ 3« série, 48* année (1886). Bordeaux, 1886- 

1887, in-8o. 
Atti délia reale Accademia deilÂncei^ anno GGLKXXV, 1888, 

série IV, t. XII, fasc. 2, 3, 4, 5. Rome, 1888, in-4«. 
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Duchesne, 

Ingold, Lescœur, Thédenat, IX* année, n« 22. Paris, 1888, 

in-8«. 
— de la Société départementale d'archéologie et de statistique 

de la Drame, octobre 1888. Valence, in-8«. 
^dela Société des AnHquaires de Picardie, année 1888, n* 3. 

Amiens,. 1888, in-8^ 



— 285 — 

-^dela Société é^Hudes dêi HcmtwAfyu, Vn« année, 1888, 

n* 4 (28). Gap, 1888, in-8». 
Jahrbucher dêi Vereins von Alierthurnsfreunden tm BAêin- 

lande, livr. LXXXVI. 3onn, 1888, in-8<». 
Mémoires de la Société académique des sciences^ arts, beUeS'- 

lettres, agriculture et industrie de Saint-^iuenHny IV* série, 

tome VU, années 1884-1885. Saint-Quentin, 1.888, in-8o. 
-^dela Société d^émulation de Cambrai^ t. GXLUi. Cambrai, 

1888, in-8*. 
Revue de V Afrique française^ YII* année, n« 53. Paris, 4888, 

in-8<'. 
— savoisienne^ année XXIX, octobre-novembre 1888. Annecy, 

1888, in-8». 
Charmasse (A. de). L'Horlogerie et unefamiUe d^horlogers à 

Autun et à Genève aux XVI* et XV^^ siècles. Autun, 1888, 

in-8«. 
Ledain (Bélisaire). Bressuire {Deux^Sèvres). Notice géogra^ 

phiqne^ historique et archéologique. Poitiers, 1888, in-8«. 

Correspondance. 

M. Robert de Gnyencoart, présenté par MM. A. Bertrand 
et G. Scblamberger, écrit pour solliciter le titre d'associé 
correspondant national à Amiens. Le Président désigne 
MM. Gourajod, de Lasteyrie et Mowat pour former la com- 
mission chargée de présenter un rapport sur les titres scien* 
iiiiques du candidat. 

Travaux. 

M. Flouest, membre résidant, fait hommage, au nom de 
M. J. Pilloy, associé correspondant national à Saint-Quen- 
tin, du premier fiiscicule du second volume de ses Études 
sur d*anciens lieux de sépultures dans l'Aisne. Il se plait à 
signaler l'intérêt soutenu d'une œuvre ayant fait faire, depuis 
quelques années, à la connaissance des temps mérovingiens, 
sous le rapport archéologique, les plus sérieux progrés. 

M. Molinier, membre résidant, communique les photo- 
graphies du buste reliquaire de saint Baudime conservé dans 



réglÎM de Stint-Necttire (Puy-de^Dôm^; il prêtante égale» 
ment lee photographies de chapiteaux de l'^gliae de Nonc. 

M. Durrien, membre résidant , présente nn tableau qui 
vient d'être donné au Musée du Louvre par M. Maciet. Cest 
nn volet de tript^^ue représentant la célèbre dame de Beau- 
jeu, Anne de France, fille de Louis XI, et qui est le pendant 
d'un autre volet du même triptyque que possédait déjà le 
Musée du Louvre, où Ton voit le mari de la dame de Beau- 
jeu, Pierre n, duc de Bourbon. M. Durrieu présente aussi 
une autre petite peinture française, de la fin du xv« siècle, 
qui iait également partie du don de M. Maciet. 

M. de Boislisle, membre résidant, commence, en commu- 
nication, la lecture d'un mémoire sur les statues de Louis XIY 
conservées en province. 

A cette occasion, M. Bapst, membre résidant, signale on 
acte notarié d'où il résulte que le cardinal de Richelieu com- 
manda, en 1639, pour le château de Richelieu, une statue 
de bronze représentant une Renommée; Tezécution de cette 
statue était confiée au sculpteur Guillaume Bertholet. 

M. Charles Ravaisson-Mollien, membre résidant, lait la 
communication suivante : 

f Les restaurations des sculptures antiques ont produit 
toutes sortes d'erreurs. Quelques-unes, des plus graves, ont 
été signalées dans la Revue archéologique de 1876, d'autres 
plus récemment, et ces exemples ont prouvé Tutilité des éti- 
quettes analytiques placées depuis plusieurs années devant 
nos marbres grecs et romains au Louvre. Cependant quelques 
personnes se demandent encore s'il est utile que la distinction 
des parties antiques et modernes soit poussée jusqu'aux 
détails; la connaissance do ces détails est, en réalité, néces- 
saire pour une juste appréciation d'œuvres masquées, abâtar- 
dies, ridiculement encadrées. Un nouvel exemple suffira 
peut-être pour le montrer, celui de notre amaione blessée, 
dont le torse, avec la tête, d'une grande béante^ a été oonsi- 



déré oomine reprodnkant nue osam de Grânlas, puis, àet" 
nièraiDient) ntpporté à Polyclète^ 

ff Jadis on ie€oimut) an costume, que le bas de cette statue, 
pas plus que les bras, n'appartenaient an torse ni à la tête ; 
en effet, les jambes sont yètues, et ce n'est qu'avec une 
tunique an-dessus des genoux que de nombreux monuments 
antiques représentent les amasones. Toutefois ces jambes 
drapées ne parurent pas d*un temps très récent, et, sans en 
distinguer le travail de celui des mains, on regarda toute la 
restauration comme « du xvi* siècle; b c'est avec cette attri- 
bution qu'on voit l'ensemble du sujet dont il s'agit gravé 
dans le Mutée de tcuipture de Glarac (pi. GGLXV), tandis 
qu'une autre gravure, à o6té de la précédente, représente le 
torse avec la tète comme seule « partie antique. » Depuis, 
on a compris que, par « restauration du xvi* siècle, t il fal- 
lait entendre : parties êodptéeê au xvi« siècle. Or, un examen 
moins sommaire des fragments qui forment notre statue fait 
voir que ladite restauration se compose d'au moins deux 
genres de travail très différents, l'un moderne, avec des par- 
ties faites pour s'ajuster aux cassures de l'antique, l'autre 
d'un style plus ancien que celui de la Renaissance et ne 
s'adaptant qu'au moyen de raccords. 

« La tète a été séparée du torse, mais lui appartient (pen- 
télique à grain égal). Au contraire, i* entre le torse et les 
jambes, il y a de no